22.10.2024 Vues

Mon Entreprise 3/2024

Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.

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3 | <strong>2024</strong><br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

Le magazine d’AXA destiné aux PME<br />

La gestion des risques,<br />

un enjeu majeur<br />

pour les PME aussi<br />

Page 14<br />

Entretien avec<br />

le roi des chips<br />

Christoph Zweifel<br />

Page 30<br />

Mission durabilité<br />

Hanna et Johan Olzon Åkerström,<br />

de Soeder Seifen, créent des<br />

produits de soins naturels<br />

bons pour la peau et la planète.<br />

Page 8


Ma fierté<br />

Christian Bonnot,<br />

fondateur et propriétaire<br />

de Bonnot’s Event House<br />

Pour des événements réussis et sans stress<br />

Menuisier, chauffeur, constructeur de stands<br />

et de scènes, technicien son et vidéo... Plus<br />

jeune, j’ai touché à de nombreux métiers. Et un<br />

jour, j’ai découvert ma véritable passion grâce<br />

à mon beau-frère et créé ma première agence<br />

événementielle en 1987. Toutes les compétences<br />

que j’avais acquises auparavant m’ont été très<br />

utiles, surtout à mes débuts. Chemin faisant,<br />

mon agence existe maintenant depuis 37 ans. La<br />

transparence et le dialogue sont notre priorité<br />

absolue: nous fournissons à nos clients exactement<br />

ce qu’ils veulent, sur mesure et en fonction<br />

de leurs besoins, mais sans frais cachés.<br />

Manifestations pour la clientèle, anniversaires<br />

d’entreprise, présentations de produits ou repas<br />

de Noël, nous pouvons tout organiser. Parmi<br />

nos clients figurent principalement de grandes<br />

entreprises et des PME, mais aussi des associations,<br />

des fondations caritatives et des particuliers.<br />

Dans notre métier, la confiance mutuelle<br />

et un bon réseau nous permettent de nouer des<br />

relations précieuses avec nos clients, nos fournisseurs<br />

et nos artistes, avec lesquels nous travaillons<br />

parfois depuis des décennies. Ce que je<br />

souhaite pour les années à venir? Je ne cours<br />

pas après les lauriers, je souhaite simplement<br />

pouvoir continuer à exercer mon métier avec<br />

autant de plaisir et organiser des événements<br />

qui resteront gravés dans les mémoires.<br />

bonnotseventhouse.ch<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

2 03/<strong>2024</strong>


Ma fierté<br />

Offrir une perspective<br />

Nous avons fondé «Grundschritt» en 2017. Notre<br />

association s’engage en faveur de personnes qui<br />

ont des difficultés à trouver un emploi. Certaines<br />

n’ont pas pu suivre de formation, d’autres ne<br />

parlent pas notre langue ou sont tributaires de<br />

l’aide sociale après avoir connu une longue pause<br />

professionnelle. Nous leur offrons une chance de<br />

réintégrer le marché du travail. En plus d’un programme<br />

quotidien bien structuré, «Grundschritt»<br />

leur permet de prendre des responsabilités, de<br />

se sentir considérées et de renforcer leur estime<br />

d’elles-mêmes. Nous proposons divers services<br />

dans les domaines de l’entretien des bâtiments,<br />

du nettoyage et du jardinage. Et nous livrons des<br />

repas à des entreprises grâce à notre propre vélo<br />

cargo. L’association s’autofinance entièrement.<br />

Certes, notre activité à tous les deux est principalement<br />

bénévole, et nous ne faisons pas de bénéfices<br />

pour le moment, mais nous sommes heureux<br />

de pouvoir payer les salaires, le loyer et les<br />

assurances à la fin du mois. Pour l’avenir, nous<br />

souhaitons donc une croissance organique et durable,<br />

bien sûr, mais aussi pouvoir compter sur un<br />

soutien financier externe pour que notre projet<br />

puisse perdurer. L’association nous tient vraiment<br />

à cœur: elle est comme une petite famille, qui s’entraide<br />

dès que le besoin s’en fait sentir. Nous entretenons<br />

une culture d’équipe très respectueuse,<br />

fondée sur la gratitude et une communication ouverte.<br />

Notre fierté, c’est elle. C’est aussi que notre<br />

travail ait un sens et que nous puissions offrir à de<br />

nombreuses personnes une mission, et donc une<br />

perspective.<br />

grundschritt.ch<br />

Stefan Lüscher, président,<br />

et Yvonne Grabo, responsable<br />

opérationnelle de l’association<br />

«Grundschritt»<br />

03/<strong>2024</strong><br />

3 <strong>Mon</strong> ENTREPRISE


Ensemble pour<br />

plus de durabilité<br />

Nous vous soutenons avec des produits<br />

et des services tournés vers l’avenir.<br />

Know You Can<br />

AXA.ch/durabilite


Sommaire<br />

Photos: Dan Cermak; Marco Vara; Gaëtan Bally<br />

7<br />

8<br />

14<br />

19<br />

20<br />

22<br />

25<br />

26<br />

30<br />

2<br />

3<br />

34<br />

35<br />

18<br />

Succès<br />

Responsabilité sociale<br />

d’entreprise: en chemin<br />

vers la neutralité climatique<br />

Gestion des risques:<br />

identifier les zones d’ombre<br />

pour éviter les problèmes<br />

Sécurité<br />

Développement de<br />

l’organisation: la culture<br />

d’entreprise en tant<br />

qu’avantage concurrentiel<br />

Enquête sur les PME: les<br />

salariés toujours plus<br />

exigeants<br />

Responsabilité<br />

Brand Management: la<br />

marque comme un outil<br />

Entretien: Christoph<br />

Zweifel nous parle de<br />

chiffres d’affaires record,<br />

des tendances dans le<br />

snacking et du Nutri-Score<br />

Rubriques<br />

Ma fierté<br />

Christian Bonnot<br />

Yvonne Grabo et<br />

Stefan Lüscher <br />

Michael Eckhardt <br />

Markus Kreis<br />

Infographie: Transport de<br />

conteneurs <br />

8<br />

26<br />

30<br />

Lisez notre e-paper sur www.meine-firma.ch ou rendez-vous sur LinkedIn à l’adresse<br />

www.linkedin.com/company/axaswitzerland.<br />

IMPRESSUM<br />

Éditeur: AXA, Newsroom<br />

Adresse de la rédaction: AXA, <strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong>, Römerstrasse 17, 8400 Winterthour,<br />

www.mon-entreprise.ch, e-mail: mon.entreprise@axa.ch<br />

Rédaction: Melanie Ade (rédactrice en chef) A collaboré à ce numéro: Lorenz Heinzer<br />

En ligne: Urs Wildi Traduction: Language Services, AXA Conception et production: Der Layouter,<br />

Marco Vara, AXA Newsroom Impression et expédition: Vogt-Schild Druck AG, Gutenbergstrasse 1,<br />

4552 Derendingen Parution: trois fois par an en français, en allemand et en italien<br />

Tirage: 84 000 exemplaires Régie publicitaire: Galledia Fachmedien AG, Burgauerstrasse 50,<br />

9230 Flawil, ornella.assalve@galledia.ch, www.galledia.ch<br />

Changements d’adresse et désabonnements: merci d’adresser vos demandes à<br />

meine.firma@axa.ch<br />

Drucksache<br />

myclimate.org/01-24-573510<br />

Éditorial<br />

Allier durabilité<br />

et visibilité<br />

La durabilité ne cesse de gagner<br />

en importance, dans la société en<br />

général, mais aussi dans la sphère<br />

économique. Pourtant, cette thématique<br />

est encore laissée de côté<br />

par certaines PME. Une étude d’AXA<br />

montre en effet que seule une<br />

entreprise sur cinq vise la neutralité<br />

climatique, et qu’une sur huit seulement<br />

a quantifié ses émissions de<br />

CO 2. Mieux vaudrait se pencher sur<br />

la question sans tarder: la clientèle<br />

se fait de plus en plus exigeante en la<br />

matière et le durcissement réglementaire<br />

visant les grandes entreprises se<br />

répercute sur leurs fournisseurs. À<br />

partir de la page 8, vous découvrirez<br />

quelles mesures peuvent être prises<br />

en amont et à qui vous adresser pour<br />

obtenir de l’aide.<br />

De l’aide, de nombreuses PME en<br />

sollicitent aussi pour la gestion et<br />

le positionnement de leur marque,<br />

un aspect souvent délaissé quand les<br />

agendas sont bien remplis. Ce serait<br />

là gâcher un gros potentiel que de<br />

négliger son image de marque. La<br />

marque positionne une entreprise<br />

sur le marché et accroît sa capacité<br />

d’attirer et de fidéliser des clients,<br />

mais aussi de nouvelles recrues.<br />

Elle se révèle donc un atout décisif<br />

pour recruter les meilleurs talents,<br />

plus convoités que jamais. Plongez<br />

sans plus attendre dans la présente<br />

édition pour en savoir plus.<br />

Bonne lecture!<br />

Melanie Ade<br />

Rédactrice en chef<br />

de «<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong>»<br />

03/<strong>2024</strong> 5<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


Découvrez des<br />

bureaux et des<br />

espaces<br />

commerciaux.<br />

Maintenant sur<br />

newhome.ch<br />

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Succès<br />

Questions des lecteurs<br />

Voiture<br />

endommagée<br />

par la grêle<br />

Cet été, mon véhicule a subi<br />

d’importants impacts de grêle.<br />

Je suis nouveau client chez AXA,<br />

et je ne sais pas encore si je<br />

souhaite une réparation ou un<br />

versement. Que puis-je faire?<br />

J. G., La Chaux-de-Fonds<br />

Après avoir déclaré le sinistre par<br />

téléphone ou en ligne sur axa.ch/grele,<br />

vous recevez rapidement un lien par<br />

e-mail et par SMS. Il vous permet de<br />

réserver un rendez-vous pour une<br />

inspection dans notre drive-in. Sur<br />

place, votre véhicule passe par un scanner<br />

spécialement conçu pour les<br />

dégâts dus à la grêle, qui détecte les<br />

impacts en quelques minutes et envoie<br />

les résultats directement à notre expert<br />

sur place. Ce dernier vérifie les<br />

résultats, les compare avec le véhicule<br />

et contrôle si aucun dégât n’a été omis.<br />

Toujours sur place, vous discutez<br />

ensuite des résultats et du montant du<br />

sinistre et choisissez entre la réparation<br />

au drive-in, la réparation dans un<br />

garage partenaire ou un versement.<br />

Patrick Villiger<br />

Responsable Sinistres<br />

Véhicules automobiles<br />

Photo: màd<br />

Official Partner of UEFA Women’s EURO 2025<br />

AXA partenaire de l’EURO<br />

féminin de l’UEFA 2025<br />

L’UEFA Women’s EURO se déroulera en Suisse du 2 au 27 juillet 2025, et AXA<br />

en est la fière partenaire. En sponsorisant ce championnat, elle renforce son engagement<br />

actuel dans le football féminin. AXA se réjouit d’être partie prenante<br />

du plus grand événement de sport d’équipe féminin d’Europe en 2025. Si l’on<br />

considère le nombre de billets, l’UEFA Women’s EURO 2025 sera par ailleurs la<br />

plus grande manifestation sportive dont la Suisse est le seul pays hôte depuis le<br />

«Miracle de Berne» en 1954. Fabrizio Petrillo, CEO d’AXA Suisse, a déclaré: «Je<br />

suis ravi qu’AXA Suisse soutienne l’EURO féminin de l’UEFA 2025 en qualité<br />

de sponsor principal, en collaboration avec d’autres sociétés AXA européennes.<br />

Nous envoyons un message fort, contribuons à ce que les joueuses et les supporters<br />

vivent un événement grandiose et continuons à promouvoir le football<br />

féminin. J’ai hâte de vivre un été 2025 fantastique sous le signe du football!»<br />

Depuis 2020, AXA Suisse soutient le football féminin suisse en tant que sponsor<br />

principal et a donné son nom à l’AXA Women’s Super League et à l’AXA Women’s<br />

Cup, conformément à sa promesse de marque «Know You Can», par laquelle elle<br />

encourage sa clientèle à croire en elle. À travers son engagement, elle veut aussi<br />

que les femmes reçoivent la reconnaissance qu’elles méritent dans le football et<br />

dans le sport en général.<br />

«En 1997, on voulait avoir l’air cool quand on se retrouvait dans un bar<br />

branché après le travail. Cela aurait été difficile avec une trottinette.»<br />

Wim Ouboter, inventeur des trottinettes Micro, page 8<br />

03/<strong>2024</strong> 7<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


DURABILITÉ<br />

Elles agissent!<br />

Depuis que les activistes du climat bloquent des routes, les débats autour de la durabilité<br />

se sont tendus. La Suisse s’est pourtant engagée à atteindre la neutralité carbone<br />

d’ici à 2050. Mais il reste beaucoup à faire. Trois entreprises nous montrent, avec des solutions<br />

individuelles, comment apporter sa pierre à l’édifice.<br />

Texte Melanie Ade Photos Dan Cermak<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

Fondée par Wim Ouboter,<br />

Micro Mobility Systems AG<br />

est célèbre pour sa trottinette<br />

Micro inventée dans<br />

les années 1990. Fidèle à<br />

sa vision d’une mobilité<br />

écologique et compacte,<br />

l’entreprise offre désormais<br />

plus de 50 produits pour enfants,<br />

adolescents et adultes<br />

dans 80 pays. Elle se lance<br />

aujourd’hui à la conquête du<br />

marché des microvoitures<br />

avec sa biplace Microlino.<br />

L’entreprise, dont le siège se<br />

trouve à Küsnacht, emploie<br />

50 personnes.<br />

micro-mobility.com<br />

microlino-car.com<br />

V<br />

oilà déjà plus de 25 ans que le<br />

visionnaire Wim Ouboter a révolutionné<br />

la mobilité urbaine en<br />

inventant la trottinette Micro. À<br />

l’époque, sa priorité n’est pas encore<br />

la durabilité, mais la commodité. «Le trajet<br />

de mon bureau à mon snack favori dans le<br />

centre de Zurich était trop court pour sortir le<br />

vélo de la cave et trop long pour être effectué<br />

à pied. Il me fallait donc un moyen de transport<br />

se prêtant aux microdistances. Je ne savais<br />

pas faire de skateboard et, à 30 ans, je n’avais<br />

aucune envie de m’y mettre. La solution était<br />

donc une trottinette», se souvient-il. Par rapport<br />

aux trottinettes pour enfants qui existent<br />

déjà, son modèle présente deux différences: il<br />

est équipé de petites roues de rollers dont la<br />

plus faible résistance au roulement garantit un<br />

déplacement bien plus rapide, et il est pliable.<br />

À la fin du trajet, il suffit de replier l’engin et<br />

de le ranger dans un sac: «En 1997, on voulait<br />

avoir l’air cool quand on se retrouvait dans un<br />

bar branché après le travail. Cela aurait été<br />

difficile avec une trottinette», plaisante-t-il. La<br />

trottinette pour adultes urbains était née.<br />

Un moyen de locomotion écologique<br />

et compact<br />

La trottinette Micro connaît ensuite un succès<br />

retentissant: vendue à plus de 90 millions<br />

d’exemplaires et maintes fois copiée, elle fait<br />

encore partie intégrante du paysage urbain<br />

dans le monde entier. Dans les années suivantes,<br />

d’autres innovations viennent s’ajouter,<br />

comme la Mini Micro pour les jeunes enfants<br />

ou la version électrique pour des déplacements<br />

encore plus confortables. Aujourd’hui, l’entreprise<br />

familiale suisse développe, produit et<br />

distribue plus de 50 produits de mobilité dans<br />

80 pays. Sa toute dernière invention, Wim Ouboter,<br />

«risktaker» autoproclamé, l’a conçue<br />

avec ses fils Merlin et Oliver: la voiture citadine<br />

«Microlino». Et cette fois, la durabilité est<br />

clairement au cœur du développement.<br />

«C’est un fait: la quasi-totalité des ménages<br />

suisses ont deux véhicules à essence longue<br />

distance. Or pour 95% de nos trajets quotidiens,<br />

ces voitures thermiques sont largement<br />

surmotorisées. Dans de nombreuses villes, la<br />

vitesse est de toute façon limitée à 30 km/h<br />

maintenant. Sans parler des problèmes de stationnement<br />

et des particules fines.» Selon Wim<br />

Ouboter, il faut donc changer les mentalités en<br />

matière de mobilité. Autrement dit, abandonner<br />

les gros véhicules au profit de voitures plus<br />

petites. «Pour la mobilité du futur, nous avons<br />

besoin de solutions qui, tout en étant écologiques<br />

et compactes, ne nous font pas perdre<br />

sur d’autres tableaux.»<br />

SUV: ni d’actualité ni un objet de prestige<br />

L’entrepreneur enchaîne sur la présentation<br />

de son véhicule: la Microlino est une petite<br />

citadine maniable qui offre de la place pour<br />

▶<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

8 03/<strong>2024</strong>


Développée en 1997, la trottinette Micro a connu un succès retentissant. Wim Ouboter espère que la Microlino suivra le même chemin.<br />

03/<strong>2024</strong> 9<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


Avec des ingrédients 100% naturels et beaucoup de passion, Hanna et Johan Olzon Åkerström veulent améliorer la transparence dans l’industrie cosmétique.<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE 10<br />

03/<strong>2024</strong>


DURABILITÉ<br />

«Malheureusement, l’industrie cosmétique manque toujours<br />

totalement de transparence concernant ses ingrédients.»<br />

Johan Olzon Åkerström, Soeder<br />

Photo: màd<br />

deux personnes et les courses de la semaine,<br />

se recharge en seulement quatre heures sur<br />

une prise domestique et se gare facilement un<br />

peu partout. Sur un même trajet, elle émet en<br />

outre jusqu’à 60% de CO 2 en moins qu’une voiture<br />

traditionnelle, ce qui en fait le véhicule<br />

idéal pour parcourir, à l’abri des intempéries,<br />

des distances moyennes à longues pouvant aller<br />

jusqu’à 200 kilomètres.» La vision de Wim<br />

Ouboter est de remplacer dans chaque ménage<br />

la deuxième voiture longue distance par une<br />

Microlino. «Aujourd’hui, le SUV n’est plus dans<br />

l’air du temps. Et ce n’est plus un objet de prestige,<br />

bien au contraire. Un nombre croissant de<br />

grandes villes imposent des mesures pour éloigner<br />

ces gros tout-terrain des centres urbains.»<br />

Selon lui, le problème est que «tout le monde<br />

réclame une baisse des émissions de CO 2, mais<br />

peu de gens agissent. La Confédération, le gouvernement<br />

et même les communes pourraient<br />

donc apporter une énorme contribution en<br />

utilisant une Microlino pour les petits trajets.»<br />

D’ailleurs, les patrons de Gucci et de Rolex<br />

montrent l’exemple, puisqu’ils roulent déjà en<br />

Microlino. Et récemment, Swiss a lancé un essai<br />

pilote pour les courtes distances à l’aéroport de<br />

Zurich. En Suisse, Micro Mobility Systems en a<br />

déjà vendu 800 unités, et les affaires marchent<br />

encore mieux aux Pays-Bas, en Turquie et en<br />

Angleterre. Wim Ouboter est convaincu que<br />

son concept s’imposera dans le monde entier:<br />

«parce que c’est un plaisir incroyable de circuler<br />

en ville en Microlino et parce que cela<br />

permet en même temps de faire une bonne<br />

action».<br />

Des produits de soins néfastes pour l’humain<br />

et pour l’environnement<br />

Une bonne action, c’est aussi ce que permettent<br />

de faire les produits d’Hanna et Johan<br />

Olzon Åkerström. Pour l’environnement<br />

bien sûr, mais aussi pour soi-même. Dans les<br />

anciens ateliers des CFF à Zurich, l’équipe de<br />

leur marque Soeder, fondée en 2013, développe<br />

et fabrique des produits à base d’ingrédients<br />

100% naturels. «Malheureusement, l’industrie<br />

cosmétique manque toujours totalement de<br />

transparence concernant ses ingrédients. Les<br />

fabricants utilisent des produits synthétiques<br />

peu coûteux et de mauvaise qualité, qui peuvent<br />

être néfastes pour les personnes comme pour<br />

l’environnement. «Et 99% des produits déclarés<br />

naturels contiennent de l’huile de palme»,<br />

explique Johan Olzon Åkerström. Avec le label<br />

«naturel», les consommateurs se croient en<br />

sécurité et pensent faire un geste pour l’environnement<br />

et pour eux-mêmes. Mais c’est<br />

le contraire. «Prenons l’exemple des aprèsshampoings<br />

et des déodorants. Un aprèsshampoing<br />

contient presque toujours des silicones,<br />

ce qui revient de fait à s’enduire les<br />

cheveux de plastique. Un déo dorant renferme<br />

des métaux lourds. Ceux-ci éliminent les bactéries,<br />

mais sont nocifs pour l’organisme. Faute<br />

de lois exigeant de mentionner clairement ces<br />

ingrédients, les consommateurs sont induits<br />

en erreur: ils n’ont aucun moyen de savoir si<br />

ce qu’ils achètent est vraiment bon pour leur<br />

peau», précise sa femme Hanna.<br />

Une situation à laquelle ce couple originaire<br />

de Suède veut remédier: «Notre mission est de<br />

rendre l’industrie cosmétique plus transparente<br />

4 questions à...<br />

… Alexander Keberle,<br />

responsable du département<br />

Environnement,<br />

énergie et infrastructure<br />

chez economiesuisse.<br />

Alexander Keberle, où en<br />

est-on en Suisse en matière<br />

de durabilité?<br />

Le climatologue Reto Knutti<br />

a récemment déclaré:<br />

«L’économie a de l’avance<br />

par rapport à la politique climatique.»<br />

Il a raison: la thématique<br />

est désormais bien<br />

implantée dans l’économie<br />

suisse. D’abord, la durabilité<br />

bénéficie d’une grande<br />

attention au niveau international,<br />

ce qui accroît les<br />

exigences et les attentes de<br />

la clientèle à l’égard des entreprises.<br />

Ensuite, la hausse<br />

des prix de l’énergie confère<br />

encore plus d’importance à<br />

la durabilité. Les entreprises<br />

ne peuvent tout simplement<br />

pas se permettre de ne pas<br />

être durables.<br />

Avec la loi sur le climat<br />

adoptée en 2023, la Suisse<br />

vise la neutralité carbone<br />

d’ici à 2050. Dans quelle<br />

mesure cela concerne-t-il<br />

aussi les PME?<br />

Énormément. Selon des<br />

études, la part des émissions<br />

provenant des PME<br />

suisses est d’environ 40%;<br />

la durabilité les concerne<br />

donc tout autant que<br />

les autres entreprises et<br />

l’humanité en général. Par<br />

ailleurs, les règles de plus<br />

en plus strictes imposées<br />

aux grandes entreprises se<br />

répercutent aussi sur leurs<br />

fournisseurs. Maillons de<br />

la chaîne d’approvisionnement,<br />

les PME sont tout autant<br />

visées par la réglementation<br />

que leurs homologues<br />

de grande taille.<br />

Quelles mesures les PME<br />

peuvent-elles prendre?<br />

Il y en a trois. Premièrement:<br />

demandez-vous quelles<br />

règles s’appliquent à votre<br />

clientèle; vous connaîtrez<br />

alors aussi celles qui<br />

concernent votre PME.<br />

Deuxièmement: créez les<br />

bases. Par exemple, dans<br />

les années à venir, peu de<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

Après avoir démarré avec un<br />

savon liquide, Soeder est aujourd’hui<br />

une entreprise de<br />

produits de soins bien établie<br />

dont l’offre va du savon à la<br />

crème solaire en passant par<br />

le shampoing, l’aprèsshampoing<br />

et le déodorant.<br />

Swiss est son principal client,<br />

avec plus d’un million de<br />

produits achetés. Fondée<br />

en 2013 par les époux Olzon<br />

Åkerström, l’entreprise<br />

emploie désormais 65 personnes.<br />

soeder.ch<br />

PME pourront encore se<br />

permettre de ne pas établir<br />

de bilan carbone. Et troisièmement:<br />

dialoguez avec la<br />

politique et les associations.<br />

Il est important que le Parlement<br />

apprenne du terrain<br />

ce qui est faisable et ce qui<br />

l’est moins.<br />

Où peut-on réaliser les<br />

principales économies de<br />

CO 2?<br />

Pour une PME, l’essentiel est<br />

de savoir où elle consomme<br />

le plus de ressources, que<br />

ce soit du CO 2, de l’eau ou<br />

de l’électricité. Ensuite, elle<br />

doit déterminer comment<br />

actionner ces grands leviers<br />

de façon simple et économique.<br />

L’assainissement des<br />

bâtiments et la mobilité, par<br />

exemple, présentent des<br />

possibilités d’économies<br />

à long terme. De manière<br />

générale, il est conseillé de<br />

prendre du temps, tous les<br />

deux ans, pour réévaluer<br />

son efficacité. Pour obtenir<br />

de l’aide, voir<br />

go-for-impact.ch<br />

▶<br />

03/<strong>2024</strong> 11<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


DURABILITÉ<br />

«Nous ne pouvons plus construire comme avant, avec ces déserts<br />

de béton et ces forêts de fers d’armature.»<br />

Hugo Schumacher, Polyloft<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

Hugo Schumacher, fondateur<br />

de Polyloft, veut changer nos<br />

modes de construction. Grâce<br />

à son système adaptable à<br />

chaque besoin, il peut tout<br />

proposer, du mini-loft à la<br />

maison plurifamiliale; les<br />

modules de base en bois sont<br />

préfabriqués et montés sur<br />

place. Tous les éléments sont<br />

évolutifs: ils peuvent être<br />

assemblés, puis démontés et<br />

réutilisés en toute simplicité.<br />

Les personnes intéressées<br />

peuvent visiter le loft témoin<br />

à Riedholz SO pour se faire<br />

une idée de la vision de l’entrepreneur.<br />

polyloft.ch<br />

et surtout de montrer qu’une autre approche<br />

est possible.» Tout a commencé avec les savons<br />

Soeder, que l’on retrouve aujourd’hui dans de<br />

nombreux hôtels et restaurants. «Lors de nos<br />

recherches, nous avons découvert que les savons<br />

vendus dans le commerce ne contiennent<br />

même plus de savon. Des demi-produits synthétiques<br />

sont mélangés, ce qui empêche la traçabilité<br />

ou le contrôle des matières premières»,<br />

déclare Johan Olzon Åkerström en secouant la<br />

tête. Chez Soeder, en revanche, le savon est<br />

d’origine 100% naturelle: des huiles bio pressées<br />

à froid de chanvre, d’olive, de noix de coco<br />

ou de jojoba; des huiles essentielles de plantes<br />

pour le parfum; des protéines de blé et du miel<br />

suisse pour protéger la peau. Les produits sont<br />

par ailleurs contenus dans des flacons en verre<br />

qui peuvent être facilement rechargés dans<br />

l’une des sept boutiques de la marque. «Grâce à<br />

la réutilisation des flacons, nous économisons<br />

énormément de CO 2 sur leur fabrication. C’est<br />

un avantage supplémentaire.»<br />

Le concept plaît: Soeder a enregistré une croissance<br />

constante ces dernières années. Sa clientèle<br />

comprend 3000 entreprises, sans compter<br />

la distribution sur la boutique en ligne. Les<br />

produits de soins de la marque zurichoise sont<br />

désormais disponibles dans le commerce de<br />

détail, et la tendance est à la hausse. Mais selon<br />

les Olzon, le succès de Soeder tient réside<br />

surtout dans la sensation agréable que les produits<br />

laissent sur la peau. «Nos produits parlent<br />

d’eux-mêmes, c’est la raison pour laquelle ils<br />

se vendent bien. Ce qui est déterminant, c’est<br />

qu’en plus d’être agréables au toucher, ils<br />

contribuent à la protection de l’environnement.<br />

L’expérience client est parfaite», indique<br />

Hanna Olzon Åkerström. Et son mari d’ajouter:<br />

«Loin de nous l’idée de donner des leçons. Mais<br />

aujourd’hui, nous savons que les conditions de<br />

fabrication de nombreux biens de consommation<br />

sont douteuses. Il appartient à la société de<br />

changer les choses.»<br />

Système de construction circulaire<br />

Changer les choses: telle était aussi l’ambition<br />

d’Hugo Schumacher quand il a développé<br />

Polyloft il y a cinq ans. Maçon de métier, il a<br />

longtemps travaillé dans la construction. Au<br />

fil du temps, un constat s’est imposé à lui: la<br />

branche n’évolue plus. Tout le monde parle de<br />

durabilité, mais personne ne fait rien. «Dans le<br />

secteur de la construction, nous en sommes encore<br />

à l’âge de pierre. On entend partout parler<br />

de "re-use". Mais à part quelques fenêtres, rien<br />

n’est jamais vraiment réutilisé. Pourtant, il devrait<br />

être possible de créer des espaces pouvant<br />

être recyclés dans leur globalité, pas seulement<br />

leurs composants individuels.» Le conducteur<br />

de travaux s’est donc fixé un objectif: trouver<br />

une solution pour rendre le secteur de la<br />

construction plus durable. «Les ressources se<br />

raréfient, certaines matières premières essentielles<br />

ne sont plus disponibles qu’en quantités<br />

limitées. Nous ne pouvons plus construire<br />

comme avant, avec ces déserts de béton et ces<br />

forêts de fers d’armature», insiste-t-il.<br />

Il se met alors à réfléchir à un système susceptible<br />

de révolutionner le secteur. Ce système devait<br />

être durable, évolutif et suffisamment modulable<br />

pour permettre de composer sa maison<br />

en fonction de ses besoins. Résultat: une maison<br />

dont les éléments de base sont livrés préfabriqués<br />

et n’ont plus qu’à être assemblés et<br />

montés sur place. «L’avantage de ce système est<br />

que, dans 50 ou 70 ans, les éléments pourront<br />

simplement être démontés et réutilisés. C’est<br />

impossible aujourd’hui, même avec les maisons<br />

en bois durables qui existent déjà. Leurs<br />

éléments sont collés et doivent être brûlés plus<br />

tard.» Jusqu’à présent, Hugo Schumacher a<br />

vendu sept maisons individuelles. Mais ses aspirations<br />

sont plus grandes: «Je voudrais que<br />

tout le monde construise de façon circulaire<br />

pour qu’ensemble, nous rendions le monde<br />

plus durable.»<br />

Le secteur de la construction vent debout<br />

contre son idée<br />

Hugo Schumacher est convaincu que son<br />

concept s’imposera. Même si le secteur conservateur<br />

de la construction manifeste clairement<br />

son opposition. «Beaucoup parlent de durabilité,<br />

mais peu se mobilisent. Or pour changer<br />

les choses, il faut un comportement disruptif.<br />

Ce n’est pas du goût de tout le monde. D’autant<br />

que notre système rendrait superflus quelques<br />

emplois très rémunérateurs», ironise-t-il. L’entrepreneur<br />

veut à présent prouver l’évolutivité<br />

de son système et construire une maison plurifamiliale.<br />

«En plus d’offrir un mode de construction<br />

durable, notre système crée des espaces sociaux<br />

pour toutes et tous qui modifient notre<br />

façon de vivre ensemble.» Hugo Schumacher<br />

n’a pas encore de financements pour son projet.<br />

Mais tous les espoirs sont permis. Après tout, la<br />

vision est là.<br />

●<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

12 03/<strong>2024</strong>


La particularité du système de construction d’Hugo Schumacher est la forme en alvéole qui fait gagner de l’espace à l’intérieur; il en présente ici un modèle réduit.<br />

03/<strong>2024</strong> 13<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


GESTION DES RISQUES<br />

L’art de maîtriser<br />

les risques<br />

Un entrepreneur a tout intérêt à identifier et à évaluer<br />

systématiquement les risques auxquels son entreprise<br />

est exposée. En effet, une mauvaise décision entraîne<br />

des conséquences dont il est personnellement<br />

responsable. Or de nombreux chefs d’entreprise,<br />

administrateurs et gérants ne sont pas conscients de<br />

la portée de leur responsabilité.<br />

Texte Melanie Ade Photos Marco Vara<br />

Le CFO Adrian Michel mise sur un<br />

mode de gestion durable sur le plan<br />

économique, écologique et social.<br />

Cela implique aussi une identification<br />

systématique des risques.<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

14 03/<strong>2024</strong>


GESTION DES RISQUES<br />

Avec ses 18 bars à expresso<br />

ViCAFE et la boisson culte<br />

Vivi Cola, ViCOLLECTIVE est<br />

une figure marquante du<br />

marché suisse des boissons.<br />

Photos: màd<br />

L<br />

a success story de la marque de boissons<br />

zurichoise Vivi Kola remonte à<br />

1938. Cette année-là, la source minérale<br />

d’Eglisau lance Vivi Kola, la première<br />

boisson suisse au cola. Considérée<br />

comme la «bière des cyclistes», la boisson<br />

se fait connaître dans tout le pays à partir de<br />

1949. La production cesse toutefois dans les années<br />

1980 face à la concurrence américaine devenue<br />

trop forte. En 2010, Christian Forrer, originaire<br />

d’Eglisau, fait renaître le cola suisse de<br />

ses cendres et contribue à la nouvelle percée de<br />

cette boisson culte. D’abord vendu dans un petit<br />

magasin d’Eglisau, le ViCAFE, le Vivi Kola est à<br />

nouveau disponible dans de nombreux hôtels,<br />

cafés, restaurants et services traiteurs de Suisse.<br />

Et son succès reste inchangé auprès des inconditionnels.<br />

Quatre ans plus tard, Christian Forrer<br />

ouvre avec trois partenaires le premier bar à<br />

expresso ViCAFE sur la Goldbrunnenplatz à Zurich.<br />

Avec ses 18 bars à expresso à Zurich, à Bâle<br />

et à Eglisau, il est devenu une figure marquante<br />

du marché suisse. En 2021, il ouvre à Eglisau<br />

la société ViCOLLECTIVE, qui regroupe les<br />

deux marques. Il s’agit de la seule installation<br />

de remplissage de verre, de PET et de canettes<br />

en Suisse. Et depuis 2022, l’entreprise propose<br />

aussi des solutions simples pour les entreprises<br />

sous le nom de «ViCAFE at Work»: l’abonnement<br />

au café en grains ou l’offre complète incluant<br />

machine, café, révision et entretien permet aux<br />

entreprises abonnées de régler leur café mensuellement<br />

sur facture.<br />

L’importance de la réduction des risques<br />

«Nous sommes sur le point de passer du statut<br />

de start-up à celui de PME. L’entreprise a connu<br />

une forte croissance ces dernières années,<br />

et nous devons satisfaire à de nouvelles exigences.<br />

Nos effectifs ont fortement augmenté,<br />

tout comme notre responsabilité vis-à-vis des<br />

diverses parties prenantes», explique le CFO<br />

Adrian Michel. Cela implique des structures et<br />

des processus plus solides et une gestion rigoureuse<br />

des risques. «Nous nous sommes donné<br />

pour mission d’adopter un mode de gestion<br />

durable sur le plan économique, écologique et<br />

social. Cela implique une connaissance et une<br />

«L’entreprise a connu une forte croissance ces dernières<br />

années, et nous devons satisfaire à de nouvelles exigences.»<br />

Adrian Michel, CFO de ViCOLLECTIVE<br />

Bruno Staubli,<br />

expert en risques chez AXA<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

ViCOLLECTIVE AG réunit les<br />

deux marques Vivi Kola et<br />

ViCAFE. Fondée initialement<br />

en 1938, la marque Vivi Kola<br />

renaît de ses cendres en<br />

2010 grâce à Christian Forrer,<br />

qui crée aussi ViCAFE, le<br />

deuxième pilier de l’entreprise.<br />

Environ 200 personnes<br />

travaillent dans l’installation<br />

de remplissage maison à<br />

Eglisau, les 18 bars à expresso<br />

à Zurich, à Eglisau et à<br />

Bâle ainsi que sur le site de<br />

torréfaction à Zurich-<br />

Altstetten.<br />

vicafe.ch<br />

vivikola.ch<br />

Photo: màd<br />

▶<br />

03/<strong>2024</strong> 15<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


GESTION DES LA RISQUES SANTÉ<br />

Manuel Sieger (à g.) et son cousin Patrick sont la troisième génération à diriger Granol SA. Ils ont fait examiner leur entreprise sous toutes les coutures.<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

Granol SA est l’un des premiers<br />

fabricants d’enduits en<br />

Suisse. L’entreprise implantée<br />

à Sursee offre une vaste<br />

gamme de produits destinés<br />

aux nouvelles constructions,<br />

aux transformations et aux<br />

assainissements, allant du<br />

système de support à la finition<br />

des surfaces. Fondée en<br />

1956, l’entreprise est dirigée<br />

par la troisième génération<br />

et emploie environ 100 personnes.<br />

granol.ch<br />

bonne maîtrise de nos risques», affirme l’ancien<br />

consultant, un économiste d’entreprise diplômé.<br />

Une étape importante également pour<br />

Bruno Staubli, expert en risques chez AXA. «La<br />

gestion des risques aide les entreprises à identifier<br />

les risques opérationnels, juridiques et liés<br />

aux processus, ainsi qu’à les éviter ou du moins<br />

à les réduire grâce à des mesures préventives.<br />

Même dans les petites PME ou entreprises familiales,<br />

les organes répondent personnellement<br />

des mauvaises décisions relevant de la<br />

négligence. Il nous importe donc de sensibiliser<br />

notre clientèle à ce sujet.»<br />

L’utilité d’un regard extérieur<br />

B. Staubli sait par expérience que les PME<br />

manquent souvent de temps et de savoir-faire<br />

pour se consacrer à ce sujet. Or «il n’est jamais<br />

trop tôt pour s’y intéresser: un rien peut déstabiliser<br />

une start-up», précise-t-il. Aussi l’expert<br />

conseille-t-il à toutes les PME de commencer par<br />

réfléchir aux risques qui pourraient menacer<br />

l’existence de l’entreprise. Elles devraient ensuite<br />

faire appel à un expert externe qui, fort de<br />

son regard extérieur, pourra les aider à établir<br />

un rapport sur les risques. «Si l’on analyse la<br />

situation soi-même, on est souvent trop foca-<br />

«Les organes répondent personnellement des mauvaises<br />

décisions relevant de la négligence.»<br />

Bruno Staubli, expert en risques chez AXA<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

16 03/<strong>2024</strong>


GESTION DES RISQUES<br />

«En tant qu’entrepreneur, je suis responsable de la sécurité<br />

de mon personnel et de celle des tiers.»<br />

Manuel Sieger, directeur Vente et Opérations de Granol SA<br />

lisé ou on occulte l’un ou l’autre risque. Grâce<br />

à notre outil d’expertise des risques, nous pouvons<br />

analyser systématiquement les risques à<br />

l’aide d’un catalogue de questions spécifique<br />

à la branche et en déduire les mesures appropriées.»<br />

ViCOLLECTIVE a, elle aussi, établi un<br />

ensemble de mesures avec le soutien d’AXA et<br />

entend le suivre à la lettre. A. Michel a donc<br />

défini des responsabilités et des délais clairs au<br />

sein de la Direction générale afin d’examiner<br />

et d’appliquer les mesures préconisées: «Sinon,<br />

le rapport ne servirait à rien de plus qu’à caler<br />

un meuble.» Il conseille aussi aux autres PME<br />

de se pencher sur le sujet: «Les risques sommeillent<br />

en arrière-plan, jusqu’au jour où ils se<br />

réveillent. À ce moment-là, il est souvent trop<br />

tard.»<br />

Utile en cas de coup dur<br />

M. Sieger a donc examiné son entreprise sous<br />

toutes les coutures avec AXA. «Le regard extérieur<br />

d’AXA a été très précieux. Même s’il n’est<br />

pas agréable d’entendre une personne externe<br />

vous dire où sont vos failles, cela permet d’identifier<br />

les zones d’ombre.» Le rapport sur les<br />

risques aide non seulement à repérer les vulnérabilités,<br />

mais montre aussi si la couverture est<br />

suffisante en cas de dommage. «Nous avons pris<br />

diverses mesures sur la base du rapport, que ce<br />

soit dans le domaine des bâtiments, des processus<br />

ou des assurances», précise le chef d’entreprise.<br />

Et cela en a valu la peine: fin juillet, un<br />

incident s’est produit avec un silo de matières<br />

premières sur le site de Granol SA, entraînant<br />

un important dommage matériel. «Nous avons<br />

tout simplement pu sortir d’un tiroir le concept<br />

de communication et de comportement applicable<br />

après un événement majeur», explique<br />

M. Sieger avec gratitude. En se préparant bien,<br />

on a déjà accompli la moitié du chemin. ●<br />

Analyse des risques<br />

pour les entreprises<br />

La gestion des risques constitue<br />

un élément essentiel du<br />

quotidien de chaque entrepreneuse<br />

et entrepreneur.<br />

Avec son outil d’expertise<br />

des risques, AXA vous aide à<br />

identifier les dangers potentiels<br />

suffisamment tôt afin<br />

de les éviter, de les atténuer<br />

ou de les transférer à temps<br />

et de façon systématique.<br />

axa.ch/entreprises<br />

Le devoir de tout entrepreneur<br />

Granol SA a également mené une réflexion<br />

sur la gestion des risques au cours des derniers<br />

mois. «Nous avons toujours misé sur une gestion<br />

globale de la qualité, et pour moi, la gestion<br />

des risques en fait partie», explique Manuel Sieger,<br />

40 ans et directeur Vente et Opérations du<br />

principal fabricant d’enduits de Suisse. Avec son<br />

cousin Patrick, il dirige l’entreprise familiale<br />

fondée en 1956, qui existe déjà depuis trois générations.<br />

Il est convaincu que les risques potentiels<br />

doivent être analysés régulièrement. «Dans<br />

une entreprise de production telle que la nôtre,<br />

les zones à risque sont nombreuses, par exemple<br />

aux postes de déchargement des camions, près<br />

des chariots élévateurs ou dans notre menuiserie<br />

interne.» D’après M. Sieger, tout entrepreneur a<br />

le devoir d’identifier les zones dangereuses et<br />

de faire tout son possible pour éviter la survenance<br />

d’un problème. Il ne s’agit pas nécessairement<br />

d’une catastrophe. Il suffit qu’un sac de<br />

plâtre tombe d’une hauteur de trois mètres. Si<br />

quelqu’un est touché, les conséquences peuvent<br />

être désastreuses», affirme le technicien en bâtiment<br />

diplômé. «En tant qu’entrepreneur, je suis<br />

responsable de la sécurité de mon personnel et<br />

de celle des tiers. Si des personnes subissent des<br />

dommages, on préfère éviter de se sentir coupable<br />

d’une tragédie juste parce qu’on n’a pas<br />

pris à temps des mesures préventives.»<br />

«Chaque PME devrait disposer<br />

d’un système de gestion des risques»<br />

Trois questions à Déborah Carlson-<br />

Burkart, avocate, administratrice et enseignante<br />

à la Swiss Board School/HSG.<br />

À quelles exigences minimales légales<br />

les PME doivent-elles satisfaire dans la<br />

gestion des risques?<br />

Selon le code des obligations, les sociétés<br />

anonymes (SA) et les sociétés à responsabilité<br />

limitée (Sàrl) doivent disposer d’une<br />

gestion des risques formelle englobant<br />

l’identification, l’évaluation et la gestion<br />

des risques; les entreprises individuelles<br />

ne sont pas soumises à des exigences<br />

légales spécifiques, hormis celles portant<br />

sur les risques d’exploitation (protection<br />

de l’environnement, prévention des<br />

accidents, etc.) et les règles comptables.<br />

L’existence d’une gestion des risques est<br />

néanmoins aussi importante pour les entrepreneurs<br />

individuels, qui répondent sur<br />

leur fortune personnelle.<br />

Quelles sont les conséquences de la survenance<br />

d’un dommage?<br />

Les entrepreneurs individuels répondent<br />

personnellement des dommages dus à une<br />

mauvaise gestion des risques. Les SA et les<br />

Sàrl s’exposent à une perte potentielle de<br />

leur capacité juridique (faillite), à des prétentions<br />

en dommages-intérêts de la part<br />

des créanciers, à la perte d’autorisations et<br />

à des sanctions pénales (amendes). Face à<br />

la complexité croissante des prescriptions<br />

et des directives, les entrepreneurs doivent<br />

connaître et gérer activement leurs risques<br />

afin d’éviter les mauvaises décisions et<br />

leurs répercussions.<br />

Comment se protéger de telles erreurs?<br />

Chaque PME devrait disposer d’un système<br />

de gestion des risques. Celui-ci sert non<br />

seulement à identifier ainsi qu’à éviter ou<br />

limiter les risques potentiels, mais aussi à<br />

reconnaître et saisir les opportunités. Le<br />

système devrait répondre aux besoins individuels<br />

et aux spécificités de l’entreprise<br />

concernée. Il doit être vérifié régulièrement<br />

à l’aide de mécanismes de contrôle<br />

et de surveillance et adapté constamment<br />

aux nouvelles conditions-cadres. Le choix<br />

des personnes chargées de la gestion des<br />

risques est un facteur de succès crucial.<br />

Déborah Carlson-Burkart<br />

03/<strong>2024</strong> 17<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


INFOGRAPHIE: TRANSPORT DE CONTENEURS<br />

Le monde mis en boîte<br />

Les conteneurs permettent de transborder des marchandises de manière<br />

simple et rapide. Ainsi, en quelques décennies, ces caisses en acier uniformes<br />

sont devenues la norme dans le commerce mondial.<br />

Géants des mers<br />

Lancé en 2022, l’Ever Alot de la<br />

compagnie maritime taïwanaise<br />

Evergreen Marine Corporation est<br />

le plus grand porte-conteneurs au<br />

monde. À l’instar des dix autres<br />

navires de taille similaire, il navigue<br />

entre l’Asie et l’Europe. Au total,<br />

l’entreprise prévoit la fabrication de<br />

15 cargos dans le cadre du projet<br />

«Evergreen A-class».<br />

Surface de transport:<br />

3,5 terrains de football<br />

Largeur:<br />

61,5 mètres<br />

Hauteur de chargement<br />

du navire: équivaut à un<br />

immeuble de 22 étages<br />

Vitesse:<br />

22,6 nœuds<br />

(42 km/h)<br />

Capacité:<br />

24 004<br />

conteneurs de<br />

20 pieds<br />

Longueur:<br />

400 mètres<br />

2,4 m<br />

17 M<br />

16<br />

15<br />

14<br />

13<br />

12<br />

11<br />

10<br />

9<br />

8<br />

7<br />

6<br />

5<br />

4<br />

Capacité de charge:<br />

240 000 tonnes, soit<br />

le poids de<br />

1600 baleines bleues.<br />

5,9 m<br />

2,4 m<br />

Norme internationale<br />

Un conteneur standard de 20 pieds<br />

mesure 5,89 mètres de long,<br />

2,35 mètres de large et 2,39 mètres de<br />

haut. Un conteneur standard de<br />

40 pieds est deux fois plus long mais a<br />

la même hauteur et la même largeur<br />

qu’un conteneur de 20 pieds. Le<br />

conteneur moderne fut inventé en 1956<br />

par l’Américain Malcolm McLean.<br />

Bananarama<br />

Un conteneur de 40 pieds peut<br />

contenir 1080 cartons de bananes. Le<br />

transport de ces fruits tropicaux de<br />

l’Amérique du Sud à l’Europe coûte<br />

environ trois centimes à l’unité.<br />

Compagnie maritime<br />

Nb. de navires<br />

1 – MSC Suisse814<br />

2 – APM-Maersk Danemark 699<br />

3 – CMA CGM Group France 632<br />

4 – Cosco Shipping Co Ltd Chine 494<br />

5 – Hapag Lloyd Allemagne 281<br />

6 – Ocean Network Express Japon 235<br />

7 – Evergreen Line Chine217<br />

8 – Zim Israël 131<br />

9 – Yang Ming Marine Transport Corp. Taïwan94<br />

10 – HMM Co Ltd Corée du Sud 74<br />

Source: Handelsblatt<br />

Tirant d’eau:<br />

17 mètres<br />

Principales compagnies<br />

maritimes en <strong>2024</strong><br />

Même si la plupart des marchandises transportées<br />

proviennent d’Asie, le marché du transport des conteneurs<br />

reste dominé par l’Europe. La plus grande compagnie<br />

maritime du monde est l’entreprise suisse Mediterranean<br />

Shipping Company (MSC) sise à Genève.<br />

Plus grand port au monde:<br />

Shanghai, en Chine<br />

Routes maritimes<br />

principales<br />

Routes maritimes<br />

secondaires<br />

<strong>Mon</strong>opole du transport<br />

En 2023, 5823 porte-conteneurs<br />

étaient en service. Chaque année, ils<br />

transportent 226 millions de<br />

conteneurs. Plus de 90% de toutes<br />

les marchandises transportées dans<br />

le monde effectuent au moins un bout<br />

de voyage sur un porte-conteneurs.<br />

www.marinetraffic.com<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

18 03/<strong>2024</strong>


Sécurité<br />

Questions des lecteurs<br />

Contrôle<br />

des absences<br />

L’une de mes collaboratrices est<br />

en arrêt maladie depuis quatre<br />

semaines. Puis-je effectuer une<br />

visite de contrôle?<br />

L. S., Berne<br />

Les appels téléphoniques et les visites<br />

de contrôle par les responsables<br />

hiérarchiques ne sont pas autorisés<br />

puisqu’il s’agit d’une atteinte à la vie<br />

privée. En tant qu’employeur, si vous<br />

doutez qu’une personne soit malade,<br />

vous pouvez l’envoyer consulter un<br />

médecin-conseil. Les frais sont à la<br />

charge de l’entreprise. Le médecin-conseil<br />

vous confirmera si la<br />

personne est en incapacité de travail<br />

ou non. Toutefois, il n’a pas le droit de<br />

se prononcer sur la cause de la<br />

maladie.<br />

Erratum<br />

Carole Kaufmann Ryan<br />

Avocate chez AXA-ARAG<br />

Dans l’édition précédente, nous<br />

nous sommes trompés sur le poids<br />

minimal des drones devant être<br />

enregistrés dans la réponse à une<br />

question des lecteurs quant aux<br />

éléments à prendre en compte lors<br />

de l’utilisation quotidienne de ces<br />

aéronefs. La bonne réponse est<br />

250 g et non 25 kg.<br />

Photos: màd; iStockphoto.com<br />

Pour environ un quart des personnes sondées, l’achat d’une voiture électrique est inenvisageable.<br />

La voiture électrique freinée<br />

dans son essor<br />

Cette année, le Baromètre d’AXA sur la mobilité dresse le constat suivant: par<br />

rapport à l’an dernier, le nombre de personnes déclarant vouloir opter pour un<br />

modèle électrique a considérablement reculé, passant de 34% en 2023 à 23%<br />

en <strong>2024</strong>. Et plus de la moitié des personnes sondées envisageant d’acquérir une<br />

voiture affirment préférer une motorisation thermique. Cependant, bien que<br />

l’engouement soit moindre, les personnes sondées manifestent une ouverture<br />

d’esprit inchangée à cet égard en comparaison de l’enquête de l’année dernière.<br />

Quelque 60% de celles et ceux ayant déclaré vouloir acheter une voiture peuvent<br />

s’imaginer opter pour un modèle électrique. Un quart seulement ne l’envisagent<br />

pas du tout. Une personne interrogée sur deux estime impératif d’améliorer l’autonomie<br />

de ces véhicules, leurs possibilités de recharge et leur prix d’achat pour<br />

qu’elle puisse en acquérir un. L’électromobilité revêt donc un vaste potentiel inexploité.<br />

Par exemple, encourager la vente de voitures électriques d’occasion au<br />

moyen de tests de batterie pourrait donner un coup de pouce à l’électromobilité<br />

et la rendre accessible à un plus grand nombre. Par ailleurs, le manque de possibilités<br />

de recharge dissuade en particulier les locataires d’opter pour ce mode de<br />

transport. Il faut également améliorer la simplicité d’utilisation des stations de<br />

recharge publiques. Néanmoins, 80% des personnes qui en possèdent déjà une<br />

sont agréablement surprises par le plaisir et le confort de conduite et ne veulent<br />

plus y renoncer.<br />

«La plupart des PME prennent les devants pour remédier<br />

à la pénurie de main d’œuvre.»<br />

Michael Hermann, gérant de l’institut de recherche Sotomo, page 22<br />

03/<strong>2024</strong><br />

19 <strong>Mon</strong> ENTREPRISE


CULTURE D’ENTREPRISE<br />

«Une corbeille de fruits ne fait<br />

pas une culture d’entreprise»<br />

Lorsque les conditions du marché évoluent, les entreprises doivent repenser leur stratégie.<br />

Mais la culture d’entreprise doit également suivre le pas. La spécialiste<br />

Muriel Bouakaz explique pourquoi il est judicieux d’aborder ce thème régulièrement.<br />

Texte Melanie Ade<br />

Photo: màd<br />

Muriel Bouakaz, qu’entend-on<br />

exactement par culture d’entreprise?<br />

La culture d’entreprise englobe les<br />

valeurs, les croyances et les schémas<br />

de comportement d’une organisation.<br />

Elle influence le fonctionnement<br />

d’une entreprise, la mise en place des<br />

structures, le mode de communication<br />

et de collaboration, et même le<br />

style vestimentaire. Elle représente<br />

en quelque sorte les règles du jeu<br />

officieuses suivies intuitivement par tous les<br />

membres du personnel. La culture d’entreprise<br />

intervient souvent à un niveau implicite, mais<br />

elle est fortement influencée par l’équipe de direction.<br />

Pourquoi la culture d’entreprise est-elle si<br />

importante?<br />

La culture d’entreprise est un fort vecteur<br />

de bien-être. Elle favorise la motivation, la performance<br />

et la cohésion au sein du personnel.<br />

Une bonne culture d’entreprise peut libérer une<br />

grande énergie. Beaucoup ont du mal à aborder<br />

le sujet, car la culture n’est pas quantifiable.<br />

Son potentiel est pourtant considérable: quand<br />

un salarié se sent bien, il prend davantage d’initiatives,<br />

veut contribuer au développement de<br />

l’entreprise et montre un visage plus positif à la<br />

clientèle. Tout cela contribue au final au succès<br />

de l’entreprise.<br />

Y compris pour les PME?<br />

Surtout pour les PME! En termes de salaires<br />

et de prestations salariales accessoires, les<br />

PME sont souvent moins bien placées que les<br />

grandes entreprises. Une culture d’entreprise<br />

progressiste peut donc constituer un avantage<br />

concurrentiel déterminant dans la course aux<br />

talents. Elle joue également un rôle important<br />

en matière d’innovation: pour être innovante,<br />

une entreprise doit promouvoir l’ouverture<br />

Muriel Bouakaz est spécialisée dans<br />

la culture d’entreprise.<br />

L’experte<br />

Muriel Bouakaz enseigne<br />

dans le MAS Travail 4.0 à la<br />

Haute École spécialisée à<br />

Distance Suisse (HESD) et est<br />

chargée de cours à l’USG et<br />

à la HSLU. Elle accompagne<br />

par ailleurs les entreprises<br />

dans leur changement culturel<br />

avec son Studio Ithaka,<br />

et occupe le poste de Head<br />

of People and Organizational<br />

Development chez TX<br />

Group AG. Dans ses fonctions<br />

professionnelles et académiques,<br />

elle s’intéresse<br />

d’une part au management<br />

et à la collaboration, et<br />

d’autre part à la créativité<br />

et à l’innovation dans le<br />

contexte de la mégatendance<br />

du New Work.<br />

d’esprit, la sécurité psychologique et<br />

une communication transparente.<br />

Quelles valeurs une culture<br />

d’entreprise doit-elle intégrer?<br />

La confiance, la transparence, la<br />

considération et la bienveillance. Il<br />

faut notamment permettre un travail<br />

autonome et encourager le partage<br />

de connaissances. Au lieu de<br />

contrôler systématiquement chaque<br />

étape de travail, on peut ainsi partir<br />

du principe que le personnel souhaite ce qu’il<br />

y a de mieux pour l’entreprise et agit en conséquence.<br />

Existe-t-il une bonne et une<br />

mauvaise culture d’entreprise?<br />

Oui et non. Tout dépend des valeurs que<br />

l’organisation souhaite incarner. Les administrations<br />

classiques s’appuient souvent sur une<br />

culture basée sur les processus, tandis que les<br />

jeunes start-up de la tech prônent plutôt une<br />

culture ouverte et innovante. Ces deux approches<br />

se défendent. L’important est que la<br />

culture s’aligne sur l’orientation de l’entreprise<br />

et que les valeurs qu’elle diffuse vers l’extérieur<br />

soient également vécues de l’intérieur.<br />

Ce qui n’est jamais sain, c’est une culture de la<br />

peur toxique qui empêche les gens de s’exprimer<br />

par crainte de représailles.<br />

Quand est-il judicieux de faire évoluer<br />

une culture d’entreprise?<br />

Une approche proactive de la culture d’entreprise<br />

est toujours pertinente. Il est particulièrement<br />

indiqué de la faire évoluer en cas de<br />

changements tels que l’arrivée d’un nouveau<br />

CEO, une réorientation stratégique liée à l’évolution<br />

des conditions du marché ou l’intégration<br />

d’une nouvelle entreprise. Et il est impératif<br />

de le faire quand les choses se dégradent<br />

et que de nombreux membres du personnel<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

20 03/<strong>2024</strong>


CULTURE D’ENTREPRISE<br />

quittent l’entreprise. Mais même lorsque tout<br />

va bien et que l’équipe de direction est en place<br />

depuis longtemps, il est toujours intéressant de<br />

se pencher sur le sujet à intervalles réguliers.<br />

Comment aborder cette évolution?<br />

L’équipe de direction doit d’abord réfléchir<br />

aux valeurs qui lui sont chères et qu’elle<br />

souhaite faire vivre dans l’entreprise. Lors du<br />

recrutement, cette approche permet par ailleurs<br />

de formuler clairement des critères et<br />

ainsi de cibler les bonnes personnes. La direction<br />

doit ensuite s’interroger sur la manière<br />

dont cette culture doit s’exprimer. Comment<br />

voulons-nous collaborer? Qu’en est-il de notre<br />

culture de réunion? Encourageons-nous suffisamment<br />

la cohésion d’équipe? Nos collaborateurs<br />

et collaboratrices sont-elles épanouis<br />

ou devons-nous changer quelque chose? Les<br />

locaux sont-ils en adéquation avec nos valeurs?<br />

Comment réussir le développement d’une<br />

culture d’entreprise ciblée?<br />

En fixant des étapes! Il est également bon<br />

de marquer les étapes franchies. Le thème<br />

de la culture doit être abordé régulièrement,<br />

au sein de la direction mais aussi lors de<br />

réunions d’équipe. Les enquêtes auprès du<br />

personnel permettent de se faire une idée de<br />

l’état d’esprit général. L’équipe dirigeante doit<br />

également faire son autocritique et remettre en<br />

cause ses méthodes. Son rôle est généralement<br />

crucial: pour qu’une culture d’entreprise fonctionne,<br />

les valeurs doivent être portées par tous<br />

les cadres.<br />

Quels sont les obstacles à anticiper?<br />

La mise en place d’une culture relève d’un<br />

marathon et non d’un sprint. Elle nécessite<br />

du temps et des ressources. Il faut en avoir<br />

conscience. Il faut plus qu’une corbeille de<br />

fruits pour créer une culture d’entreprise. Parler<br />

de culture deux fois par an ne suffit pas. La<br />

culture doit être vécue au quotidien.<br />

Selon l’étude d’AXA <strong>2024</strong> sur le marché de<br />

l’emploi des PME, les jeunes ont tendance<br />

à formuler des exigences holistiques, tandis<br />

que leurs aînés s’attachent avant tout<br />

au salaire. Comment réussir à satisfaire<br />

tout le monde?<br />

Les besoins varient en fonction du mode<br />

de vie, ce n’est pas forcément une question de<br />

génération. Mais le besoin d’appartenance, de<br />

considération, de reconnaissance et d’implication<br />

est commun à tous les êtres humains. Une<br />

entreprise capable de répondre à ces attentes<br />

est déjà en très bonne voie. <br />

●<br />

«Parler de<br />

culture deux<br />

fois par an<br />

ne suffit pas.<br />

La culture<br />

doit être vécue<br />

au quotidien.»<br />

Muriel Bouakaz<br />

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02/<strong>2024</strong> 21<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI<br />

Personnel exigeant:<br />

un défi grandissant<br />

pour les PME<br />

La pénurie persistante de main-d’œuvre qualifiée modifie le rapport<br />

des forces sur le marché du travail: les PME doivent pouvoir réagir à cette situation<br />

si elles veulent pourvoir leurs postes vacants.<br />

Texte Melanie Ade<br />

Illustration: iStock/Yutthana Gaetgeaw<br />

Malgré la tendance baissière sur<br />

le marché suisse de l’emploi,<br />

la pénurie de main-d’œuvre<br />

reste de loin le principal défi<br />

pour les PME. Plus de la moitié<br />

d’entre elles (51%) – en particulier dans les<br />

secteurs du bâtiment, de la santé et des affaires<br />

sociales – rencontrent systématiquement des<br />

problèmes de recrutement. C’est ce que révèle<br />

l’étude d’AXA sur le marché de l’emploi des<br />

PME, réalisée pour la troisième fois cette année.<br />

En outre, de nombreuses PME observent un<br />

manque persistant de main-d’œuvre spécialisée.<br />

Quelque 28% des PME sont davantage<br />

confrontées à des revendications salariales,<br />

23% ressentent plus de pression quant aux horaires<br />

de travail et 18% se heurtent à une plus<br />

grande résistance en cas de hausse de la charge<br />

de travail. «Le manque de main-d’œuvre qualifiée<br />

modifie les rapports de force sur le marché<br />

du travail: les salariés et salariées connaissent<br />

leur valeur et ont plus d’attentes vis-à-vis de<br />

leurs futurs employeurs. Les PME doivent pou-<br />

<strong>Mon</strong><br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

ENTREPRISE<br />

22 03/<strong>2024</strong>


ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI<br />

voir réagir à ces changements si elles veulent<br />

pourvoir les postes vacants», explique Michael<br />

Hermann, directeur de l’institut de recherche<br />

Sotomo, qui a réalisé l’étude pour le compte<br />

d’AXA.<br />

Faire preuve d’initiative pour attirer<br />

les meilleurs talents<br />

Dans cette course au recrutement, les entreprises<br />

misent par exemple sur l’assouplissement<br />

des taux d’occupation ou des horaires.<br />

Près de la moitié des entreprises interrogées<br />

(48%) ont indiqué vouloir proposer davantage<br />

de postes à temps partiel en <strong>2024</strong>. Et 47%<br />

offrent plus de flexibilité dans l’organisation<br />

du travail, tel que télétravail ou temps de travail<br />

basé sur la confiance. En outre, environ<br />

un tiers des PME misent sur des avantages supplémentaires,<br />

comme des vacances ou des formations<br />

continues, et un cinquième (21%) proposent<br />

des salaires de départ nettement plus<br />

élevés. De plus, 32% ont indiqué accorder des<br />

augmentations de salaire substantielles à leur<br />

personnel afin de le fidéliser.<br />

Seules deux PME sur cinq forment<br />

des apprentis<br />

Une autre approche pour attirer de nouvelles<br />

recrues consiste à se concentrer sur les personnes<br />

qui viennent d’arriver sur le marché<br />

du travail. Dans le monde entier, la formation<br />

professionnelle suisse est considérée comme<br />

un modèle de réussite et occupe une place<br />

centrale dans le système éducatif du pays. Les<br />

petites et moyennes entreprises jouent à cet<br />

égard un rôle clé en tant que pôles de formation<br />

pour les talents de demain. Une situation<br />

gagnant-gagnant, dans la mesure où les PME<br />

peuvent ainsi former une main-d’œuvre bien<br />

préparée et la fidéliser, du moins en apparence.<br />

Selon l’étude, seules 40% d’entre elles proposent<br />

des places d’apprentissage. Deux tiers<br />

(67%) des entreprises qui font appel à des apprentis<br />

justifient leur choix par le fait qu’elles<br />

peuvent ainsi former directement sur place des<br />

spécialistes mieux préparés et les garder (51%).<br />

Pas moins de 37% des entreprises interrogées<br />

veulent rendre un service à la société, et près<br />

d’un cinquième (22%) espèrent ainsi améliorer<br />

leur image. Enfin, près d’une entreprise sur<br />

sept admet attirer ainsi une main-d’œuvre bon<br />

marché.<br />

L’industrie de production offre le plus de<br />

places d’apprentissage<br />

Malgré tout, 60% des PME sondées ne proposent<br />

pas de places d’apprentissage. Deux<br />

tiers d’entre elles indiquent ne pas disposer des<br />

conditions requises, par exemple par manque<br />

de domaines d’activité pour y employer des apprentis.<br />

Deuxième raison invoquée, le manque<br />

Graphique 1: Mesures contre la pénurie de main-d’œuvre<br />

«Quelles mesures avez-vous prises pour recruter suffisamment de personnel<br />

malgré la pénurie de main-d’œuvre?» (Plusieurs réponses possibles)<br />

Possibilité de travailler<br />

à temps partiel<br />

Organisation plus flexible<br />

du travail<br />

Avantages supplémentaires<br />

Salaires nettement plus élevés<br />

Recrutement permanent<br />

Recherche active à l’étranger<br />

Rien de particulier<br />

Graphique 3: Différences intergénérationnelles<br />

dans les critères de choix de l’employeur<br />

Réalisation de soi<br />

Offres de formation<br />

Possibilités de carrière<br />

Modèle de temps de travail flexible<br />

Équilibre entre vie privée et vie professionnelle<br />

Hiérarchies plates<br />

Activité porteuse de sens<br />

Savoir-vivre<br />

Respect de l’ancienneté<br />

«D’après votre expérience,<br />

quels critères privilégient les<br />

salariés de plus de 30 ans<br />

lorsqu’ils choisissent un<br />

employeur, par rapport aux<br />

salariés de moins de 30 ans?»<br />

Salaire<br />

Esprit d’équipe<br />

Considération<br />

10%<br />

0% 25% 50%<br />

Graphique 2: Raisons de proposer des places d’apprentissage<br />

Votre entreprise<br />

propose-t-elle des<br />

places d’apprentissage?<br />

Non<br />

60%<br />

Oui<br />

40%<br />

17%<br />

16%<br />

21%<br />

33%<br />

Pourquoi votre entreprise propose-t-elle des<br />

places d’apprentissage?<br />

Spécialistes mieux<br />

préparés<br />

Maintien du personnel<br />

qualifié dans l’entreprise<br />

Service<br />

à la société<br />

Difficulté à trouver du<br />

personnel qualifié<br />

Avantage en termes<br />

d’image<br />

Permet de mieux se connaître<br />

avant une embauche définitive<br />

Main-d’œuvre<br />

bon marché<br />

0%<br />

17%<br />

15%<br />

22%<br />

22% 33%<br />

22% 28%<br />

25% 27%<br />

40% 39%<br />

39% 38%<br />

22% 20%<br />

31% 22%<br />

34% 12%<br />

31% 7%<br />

50% 24%<br />

46% 13%<br />

31%<br />

54% 15%<br />

37%<br />

51%<br />

25% 50%<br />

48%<br />

47%<br />

67%<br />

«Et quels critères privilégient<br />

les salariés de moins<br />

de 30 ans lorsqu’ils<br />

choisissent un employeur,<br />

par rapport à leurs aînés de<br />

plus de 30 ans?»<br />

60% 40% 20% 0% 20% 40% 60%<br />

03/<strong>2024</strong> 23<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI<br />

«Les sondages indiquent que les jeunes collaborateurs changent<br />

plus facilement d’emploi que leurs aînés.»<br />

Michael Hermann, directeur de Sotomo<br />

Photo: Marco Vara<br />

de ressources au sein de l’entreprise: près d’un<br />

tiers des entreprises interrogées n’ont ni le<br />

temps ni les qualifications nécessaires à la formation.<br />

Près d’une entreprise sur sept déclare<br />

avoir déjà proposé des places d’apprentissage<br />

sans avoir toutefois trouvé de personnes intéressées.<br />

À noter que les PME du secteur de la<br />

production forment beaucoup plus d’apprentis<br />

que celles actives dans les services. «Historiquement,<br />

l’industrie de production est davantage<br />

liée à l’apprentissage, et les métiers qui y sont<br />

exercés reposent plus souvent sur une formation<br />

professionnelle que dans le secteur des services»,<br />

explique Michael Hermann.<br />

D’après l’étude, près de la moitié des PME proposant<br />

des places d’apprentissage éprouvent des<br />

difficultés à les pourvoir. Fait paradoxal, le secteur<br />

de la production a nettement plus de peine<br />

à trouver des apprentis que celui des services,<br />

bien qu’il offre beaucoup plus de places d’apprentissage.<br />

«Les jeunes qui entrent dans la vie<br />

professionnelle jugent les places d’apprentissage<br />

dans la production moins attrayantes, car elles<br />

impliquent souvent un travail physique, des horaires<br />

décalés et des salaires plus bas que dans<br />

les services. La construction, en particulier, est<br />

connue pour avoir des difficultés à recruter des<br />

apprentis», ajoute Michael Hermann.<br />

Une vision partiellement fausse de la jeune<br />

génération<br />

Si l’on en croit le discours officiel, les jeunes<br />

générations Y et Z souhaitent «le beurre et<br />

l’argent du beurre»: travailler le moins possible<br />

et de manière flexible, mais avec un salaire<br />

élevé et un environnement de travail épanouissant<br />

et formateur. Les résultats de l’étude<br />

montrent toutefois que cette vision n’est que<br />

partiellement exacte. Certes, le point de vue<br />

des entreprises correspond à bien des égards à<br />

celui de l’opinion publique: plus d’un tiers des<br />

personnes interrogées estiment que les jeunes<br />

accordent plus d’importance à la flexibilité des<br />

horaires de travail (39%) et à l’équilibre entre<br />

vie professionnelle et vie privée (38%) que les<br />

travailleurs plus âgés, et 33% indiquent que la<br />

jeune génération veut davantage s’épanouir<br />

dans son travail.<br />

Une comparaison plus approfondie des générations<br />

montre toutefois que les jeunes travailleurs<br />

n’ont pas d’exigences plus élevées que les<br />

anciennes générations, au contraire. Selon les<br />

PME, les plus de 30 ans ont même beaucoup<br />

plus de revendications vis-à-vis de leurs employeurs.<br />

Contrairement au cliché selon lequel<br />

Michael Hermann, directeur de<br />

l’institut de recherche Sotomo<br />

seuls les jeunes exigent des conditions de travail<br />

flexibles, l’étude montre qu’il s’agit d’une<br />

préoccupation commune. Un équilibre sain<br />

entre vie professionnelle et vie privée ainsi que<br />

des modèles de travail flexibles sont importants<br />

pour tous les groupes d’âge. Par contre,<br />

on observe de grandes différences au niveau<br />

du salaire en tant que facteur décisif pour le<br />

choix de l’employeur. Ainsi, la moitié des entreprises<br />

interrogées ont constaté que le salaire<br />

était un critère plus important pour les plus de<br />

30 ans. Seules 24% considèrent que les jeunes<br />

font davantage du salaire l’une de leurs priorités.<br />

Les salariés plus âgés attendent donc une<br />

plus grande reconnaissance matérielle pour<br />

leur travail que les générations Y et Z. Selon<br />

les PME interrogées, les aspects immatériels<br />

tels que la reconnaissance, l’esprit d’équipe ou<br />

le savoir-vivre sont aussi des aspects nettement<br />

plus souvent recherchés par les collaborateurs<br />

plus âgés.<br />

Les jeunes sont moins performants et moins<br />

fidèles, mais pas plus souvent malades<br />

Contrairement à l’opinion répandue, les jeunes<br />

collaborateurs demandent donc moins de<br />

contreparties pour leur engagement. Dans le<br />

même temps, leur contribution à l’entreprise<br />

est aussi jugée de manière moins positive,<br />

comme le montrent les résultats de l’étude.<br />

Les jeunes travailleurs assument moins de responsabilités<br />

que leurs collègues plus âgés et<br />

affichent une volonté de performance moins<br />

marquée. De grandes disparités ont été constatées<br />

notamment dans l’évaluation de la fidélité<br />

envers l’entreprise. «Les sondages indiquent<br />

que les jeunes collaborateurs changent plus<br />

facilement d’emploi que leurs aînés, comme<br />

en témoignent les résultats de notre enquête.<br />

Mais cette appréciation devrait être quelque<br />

peu nuancée dans la mesure où les jeunes salariés<br />

ont eu moins de temps pour prouver leur<br />

loyauté envers l’entreprise que les employés de<br />

longue date», explique Michael Hermann. ●<br />

À propos de l’étude<br />

Pour la présente étude, l’institut de recherche<br />

Sotomo a interrogé 300 PME suisses employant cinq<br />

personnes ou plus en Suisse romande et en Suisse<br />

alémanique. Les données ont été collectées entre<br />

le 5 et le 13 février <strong>2024</strong> auprès du panel d’entreprises<br />

d’AmPuls.<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

24 03/<strong>2024</strong>


Responsabilité<br />

Questions des lecteurs<br />

Exigences de<br />

l’assurance Cyber<br />

J’ai lu dans un article qu’une<br />

cyberassurance supposait certains<br />

engagements de la part des clients.<br />

Nous préservons les données de<br />

notre entreprise en les sauvegardant<br />

sur deux serveurs différents situés<br />

sur nos sites externes. Est-ce que cela<br />

répond aux exigences requises?<br />

G. P., Coire<br />

Nous sommes ravis que vous preniez la<br />

sécurité des données au sérieux. Il est<br />

important que l’une des deux sauvegardes<br />

soit hors ligne. De cette manière,<br />

un pirate n’a aucun moyen de la modifier<br />

ou de la détruire. Les sauvegardes effectuées<br />

sur deux sites différents protègent<br />

également vos données contre les incendies<br />

ou les dégâts d’eau. L’assurance<br />

Cyber requiert en outre une sauvegarde<br />

hebdomadaire de toutes les données<br />

importantes.<br />

David Oberlin<br />

Risk Engineer<br />

Assurances Cyber<br />

Photos: màd, iStock/wah_fotobox<br />

L’expérience montre que de nos jours, les intempéries sont plus fréquentes qu’autrefois.<br />

Augmentation des phénomènes<br />

météorologiques extrêmes<br />

Grâce à sa position de premier assureur toutes branches de Suisse, AXA dispose<br />

de données très complètes sur la localisation, la fréquence et l’intensité des dommages<br />

liés aux intempéries. Les statistiques sur 25 ans montrent que l’année<br />

2021 a battu tous les records, en termes de nombre de sinistres comme en termes<br />

de coûts. On note que 1999, 2000, 2004, 2009, 2012, 2013, 2022 et 2023 ont également<br />

connu un volume très élevé de sinistres, tandis que la période de 2014 à<br />

2020 a été plutôt calme. «Nous constatons une augmentation de la fréquence sur<br />

les trois dernières années, mais cette période est encore trop courte pour pouvoir<br />

parler de tendance. Les dommages liés aux intempéries sont très volatils»,<br />

explique Stefan Müller, responsable Sinistres Assurances de choses chez AXA.<br />

«On note toutefois que les phénomènes sont désormais plus fréquents et plus intenses.»<br />

En prenant quelques précautions, on peut diminuer le risque de voir ses<br />

biens subir des dommages lors d’intempéries. Quand la météo devient instable,<br />

plusieurs applications avec notifications push lancent en temps réel des alertes<br />

localisées. En cas de fortes pluies, il faut dégager les bouches d’écoulement des<br />

eaux et fermer les fenêtres. Et lors de chutes de grêle, mettre les véhicules à l’abri<br />

et remonter les volets roulants. En fonction des objets endommagés, différentes<br />

assurances peuvent intervenir. Les dommages causés au mobilier et aux installations<br />

sont couverts à la valeur à neuf par l’assurance Inventaire du ménage. Les<br />

dommages aux véhicules sont pris en charge par la casco partielle. Pour les immeubles,<br />

c’est l’assurance des bâtiments – généralement gérée par le canton – qui<br />

est compétente.<br />

«La tendance n’est plus aux classiques repas du matin, du midi et du<br />

soir: les Suisses privilégient de plus en plus les collations.»<br />

Christoph Zweifel, CEO de Zweifel Chips, page 30<br />

03/<strong>2024</strong> 25<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


BRAND MANAGEMENT<br />

Bien plus<br />

qu’un logo<br />

Le brand management est immédiatement associé à<br />

des stratégies de marketing et aux grandes entreprises.<br />

Or une gestion de marque solide rehausse la valeur<br />

et le prestige d’une entreprise et de ses produits, ce qui<br />

en fait un outil central pour les PME également.<br />

Texte Melanie Ade Photos Marco Vara<br />

L<br />

’entreprise Stuber Team s’est attelée<br />

très tôt à la question. Cette menuiserie<br />

créée en 1963 par Otto et Maria Stuber<br />

s’appelait à l’origine «Otto Stuber AG».<br />

Lorsque les fils Gerd et Roger en ont<br />

repris les rênes en 1997, ils ont trouvé que ce<br />

nom n’était plus adapté. Il fallait en changer.<br />

Comme tous deux avaient déjà la conviction<br />

qu’on ne peut être performant qu’en équipe,<br />

aussi bien en interne qu’avec la clientèle, l’entreprise<br />

a été rebaptisée «Stuber Team». «Un<br />

nom vraiment inhabituel dans les années 1990<br />

mais qui incarnait bien les valeurs de l’entreprise,<br />

à savoir parvenir à un résultat ensemble,<br />

d’égal à égal», explique l’actuelle gérante Simone<br />

Stuber. La fille de Gerd Stuber a rejoint<br />

l’équipe en 2017. Elle a ensuite dirigé l’entreprise<br />

avec son père à partir de 2020 avant d’en<br />

reprendre seule la tête en 2021, pendant que<br />

Gerd Stuber se concentrait sur son mandat au<br />

conseil d’administration.<br />

Première étape: le site Internet<br />

Simone Stuber ne tarda pas à remarquer que<br />

des mesures s’imposaient en matière de gestion<br />

de marque. «Ces dernières années, nous avons<br />

fortement développé notre gamme de produits<br />

et avons maintenant plusieurs casquettes: me-<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

Stuber Team est une entreprise<br />

familiale de troisième<br />

génération. Depuis plus de<br />

60 ans, elle fait de la conception<br />

et de la réalisation<br />

d’espaces et de mobilier une<br />

expérience unique. Simone<br />

Studer et son équipe s’emploient<br />

à planifier, à concevoir<br />

et à mettre sur pied,<br />

de A à Z, des solutions sur<br />

mesure pour la cuisine, les<br />

pièces de vie et les espaces de<br />

travail, ainsi que des pièces<br />

d’ouvrage. L’entreprise basée<br />

à Rotkreuz emploie actuellement<br />

70 personnes.<br />

stuber-team.ch<br />

nuisier, cuisiniste classique et partenaire pour<br />

l’aménagement intérieur complexe et toujours<br />

design. En outre, nous avons emménagé en<br />

2000 dans nos nouveaux locaux à Rotkreuz,<br />

dont le showroom moderne reflète parfaitement<br />

notre offre et nos produits. Mais l’image<br />

renvoyée vers l’extérieur paraissait datée, la<br />

conception du site Internet était rudimentaire<br />

et le logo avait fait son temps. Notre positionnement<br />

ne correspondait plus à ce que nous<br />

sommes.» La gérante décida donc de concevoir<br />

un nouveau site Internet.<br />

Stuber Team fit appel à la société de conseil<br />

et de services Hotz Brand Consultants pour le<br />

soutien technique. Le CEO de Hotz, Chris Steinacker,<br />

juge tout à fait judicieux de solliciter<br />

l’aide d’un professionnel: «Dans huit cas sur<br />

dix, le visuel de marque des PME ne rend pas<br />

compte de leurs points forts ni de leur qualité.<br />

Un site Internet statique ainsi qu’un design et<br />

un langage visuel démodés donnent souvent<br />

de l’entreprise une image vieillotte, bien éloignée<br />

de la réalité. L’entreprise est alors sousvalorisée<br />

aux yeux du public et encourt le<br />

risque de se faire dépasser par la concurrence.»<br />

Ce que confirme Simone Stuber: «À cause de<br />

notre site obsolète, nos commandes provenaient<br />

surtout du bouche-à-oreille ou de personnes<br />

déjà clientes, car on ne nous trouvait<br />

pas sur Internet.»<br />

Rendre l’expertise visible<br />

Un problème courant chez les PME, que<br />

Chris Steinacker connaît bien: «La gestion de<br />

marque n’est pas une priorité au quotidien.<br />

Les PME mettent toutes leurs forces dans les<br />

affaires opérationnelles, ce qui explique d’ailleurs<br />

qu’elles soient aussi performantes dans<br />

leur domaine. Mais elles gâchent un potentiel<br />

en ne rendant pas visible de l’extérieur ce qui<br />

les distingue. La gestion de marque consiste ni<br />

plus ni moins à faire connaître ses particularités<br />

et caractéristiques à des groupes cibles. La<br />

marque positionne l’entreprise sur le marché<br />

et développe un pouvoir d’attraction non seulement<br />

envers la clientèle, mais aussi auprès<br />

des collaboratrices et collaborateurs actuels ou<br />

potentiels. Dans la lutte actuelle que se mènent<br />

les entreprises pour s’attirer les meilleurs talents,<br />

il s’agit là d’un avantage concurrentiel<br />

décisif.»<br />

En plus d’avoir fait peau neuve en ligne, Stuber<br />

Team a effectué une refonte totale de son identité<br />

visuelle ces dernières années. «L’analyse de<br />

Hotz a montré qu’un nouveau site Internet ne<br />

«L’image renvoyée vers l’extérieur paraissait datée,<br />

le site Internet était rudimentaire et le logo avait fait son temps.»<br />

Simone Stuber, gérante de Stuber Team<br />

▶<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

26 03/<strong>2024</strong>


1<br />

1 Depuis plus de 60 ans, l’entreprise<br />

fait de la conception et de<br />

la réalisation d’espaces et de<br />

mobilier une expérience unique.<br />

2 La gérante Simone Stuber se<br />

réjouit que ce qui fait l’identité<br />

de l’entreprise soit désormais<br />

visible de l’extérieur.<br />

3 Le nouveau logo est désormais<br />

en phase avec le showroom<br />

moderne.<br />

4 Les clients peuvent se laisser<br />

inspirer et se faire conseiller<br />

dans le showroom moderne de<br />

Rotkreuz.<br />

2<br />

3<br />

03/<strong>2024</strong> 27<br />

4<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


REPORTAGE SUR UN CAS DE SINISTRE<br />

1 Lorsque Thomas Good a rejoint<br />

Früh Verpackungstechnik AG il y<br />

a seize ans, le service marketing<br />

était modeste.<br />

2 Aujourd’hui, outre le logo et le<br />

hall d’accueil, le site Internet de<br />

l’entreprise a été entièrement<br />

relooké, lui aussi.<br />

3 L’entreprise familiale traditionnelle<br />

riche d’une longue histoire<br />

est certes restée fidèle à ses<br />

valeurs et à ses principes, mais<br />

elle a pour la première fois bâti<br />

une communication et un visuel<br />

tout autour.<br />

1<br />

2<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

3<br />

28 03/<strong>2024</strong>


BRAND MANAGEMENT<br />

«Nous tenions à ce que le personnel tout comme les visiteurs voient<br />

tout de suite que nous étions entrés dans une nouvelle ère».<br />

Thomas Good, responsable Marketing, Früh Verpackungstechnik AG<br />

suffisait pas. Nous avons donc tout revu étape<br />

par étape: site Internet, logo, papier à lettres,<br />

brochures, enseignes, flocage des véhicules<br />

d’entreprise, tenue du personnel et présence<br />

sur les réseaux sociaux», détaille Simone Studer.<br />

Une stratégie certes coûteuse, mais qui<br />

en vaut la peine, selon Chris Steinacker: «Une<br />

identité visuelle moderne, tangible et logique<br />

améliore la perception et accroît la valeur de<br />

marché. Au final, la gestion de marque est un<br />

investissement dans le succès de l’entreprise.»<br />

Décalage entre ADN et perception<br />

Thomas Good aspirait, lui aussi, à une identité<br />

visuelle marquante et moderne sur tous les canaux<br />

pour son entreprise Früh Verpackungstechnik<br />

AG, à Fehraltorf. «Quand j’ai commencé<br />

ici il y a seize ans, le service marketing<br />

était très modeste», se souvient le responsable<br />

Marketing. Fondée en 1980, l’entreprise familiale<br />

affiche une belle réussite depuis plusieurs<br />

années et est considérée comme le «hidden<br />

champion» de la branche. Mais elle avait toujours<br />

en ligne de mire la croissance et non la<br />

perception extérieure. «Ces dernières années,<br />

nous avons connu un fort développement et<br />

sommes devenus plus actifs à l’international.<br />

L’importance de notre identité visuelle s’en est<br />

trouvée renforcée, et nous avons alors constaté<br />

le décalage entre notre positionnement externe<br />

et notre évolution interne.»<br />

Selon Selina Zeder, Director Brand Management<br />

chez Hotz Brand Consultants, de telles<br />

situations sont très courantes. «Nombre de<br />

PME brillent dans leur domaine mais, faute<br />

de ressources, la gestion de marque n’y est pas<br />

solidement ancrée. Quand l’entreprise enregistre<br />

une forte croissance, doublée éventuellement<br />

d’un changement de génération ou<br />

d’une réorientation stratégique, l’entreprise<br />

elle-même évolue, mais son visuel de marque<br />

reste le même. Si l’entreprise ne parvient pas<br />

à rendre son évolution perceptible vis-à-vis de<br />

l’extérieur, il en résulte un décalage qui doit<br />

être comblé.»<br />

Préserver ses valeurs et son identité<br />

L’entreprise Früh Verpackungstechnik a décidé<br />

de revoir de fond en comble son visuel de<br />

marque. «Nous ne nous sommes fixé aucune<br />

limite, tout y est passé: la documentation commerciale<br />

sur les supports imprimés tels que<br />

flyers, brochures de présentation et brochures<br />

produits, notre promesse de marque, le logo,<br />

et même le hall d’accueil de notre immeuble<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

Créée en 1980, Früh Verpackungstechnik<br />

AG conçoit<br />

et produit des solutions<br />

d’emballage et des matériaux<br />

de conditionnement<br />

pour la technique médicale<br />

et la pharmacie à l’intention<br />

de clients du monde entier.<br />

L’entreprise familiale de<br />

deuxième génération basée<br />

à Fehraltorf propose en<br />

outre un conditionnement<br />

s’appuyant sur des processus<br />

et des méthodes validés et<br />

hautement efficients. Elle<br />

emploie 700 personnes.<br />

fruh.ch<br />

<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong><br />

Hotz Brand Consultants AG<br />

conseille les entreprises<br />

dans la gestion de marque.<br />

L’équipe de 25 personnes<br />

développe avec ses clients<br />

des solutions complètes<br />

leur permettant de bâtir des<br />

relations précieuses avec<br />

leurs groupes cibles. De<br />

l’élaboration d’une stratégie<br />

à sa réalisation en passant<br />

par l’exécution créative et<br />

la mesure de l’efficacité, le<br />

cabinet aide les entreprises à<br />

utiliser leur marque comme<br />

un outil et à renforcer ainsi<br />

leur impact commercial.<br />

hotzbrandconsultants.ch<br />

Chris Steinacker, CEO,<br />

Hotz Brand Consultants<br />

Selina Zeder, Director<br />

Brand Management,<br />

Hotz Brand Consultants<br />

commercial. Nous tenions à ce que le personnel<br />

tout comme les visiteurs voient tout de suite<br />

que nous étions entrés dans une nouvelle ère»,<br />

souligne Thomas Good. L’entreprise familiale<br />

traditionnelle riche d’une longue histoire est<br />

certes restée fidèle à ses valeurs et à ses principes,<br />

mais elle a pour la première fois bâti une<br />

communication et un visuel tout autour.<br />

Un point essentiel, selon Selina Zeder: «Il ne<br />

faut pas se contenter de suivre la tendance du<br />

moment, mais se laisser impérativement guider<br />

par la propre identité et les valeurs de l’entreprise.<br />

Une bonne marque ne naît jamais dans<br />

une agence de branding. Elle procède de la performance<br />

de l’entreprise et de l’engagement de<br />

longue date du personnel. Même si l’image que<br />

le public a d’une entreprise est fondée sur sa<br />

création de valeur et non sur son logo, un nouveau<br />

visuel de marque peut changer la donne,<br />

car l’entreprise sera automatiquement perçue<br />

comme plus dynamique et plus moderne.» Thomas<br />

Good le constate en effet: «Nous observons<br />

notamment que nous attirons d’autres profils<br />

lors des recrutements. La nouvelle conception<br />

des annonces a tout à coup augmenté notre attrait<br />

auprès de jeunes talents dotés d’une solide<br />

formation, que nos anciennes annonces assez<br />

sages rebutaient auparavant. Et pourtant, nous<br />

proposons depuis des années des emplois passionnants<br />

dans des immeubles de bureaux et<br />

des salles de production ultramodernes, avec<br />

des hiérarchies horizontales et des modèles de<br />

travail attrayants. Mais notre identité visuelle<br />

ne reflétait pas cette réalité.» Comme quoi,<br />

l’habit fait parfois le moine.<br />

●<br />

Coupon<br />

Les lectrices et lecteurs de «<strong>Mon</strong> <strong>Entreprise</strong>»<br />

peuvent bénéficier d’un entretien gratuit d’une<br />

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03/<strong>2024</strong><br />

29<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


30<br />

MARKETING<br />

ENTRETIEN<br />

«Une<br />

réglementation<br />

trop stricte nuit<br />

à l’économie»<br />

Qui ne connaît pas les célèbres chips Zweifel? Paprika, Provençale ou<br />

Poulet au panier: les Suisses raffolent de «leurs» chips Zweifel.<br />

Dans ce long entretien, Christoph Zweifel, le CEO, nous explique en<br />

quoi le secteur des collations offre à ses yeux un potentiel considérable<br />

et pourquoi les chips ne sont pas si mauvaises pour la santé.<br />

Entretien Melanie Ade<br />

Photos Marco Vara<br />

Christoph Zweifel, quand on est CEO<br />

de Zweifel, peut-on manger des chips<br />

d’autres marques?<br />

Bien sûr! C’est même un devoir, pour des<br />

raisons professionnelles! J’ai en effet besoin<br />

de savoir si c’est bien nous qui fabriquons<br />

toujours les meilleures. (Rires.) Plus sérieusement,<br />

nous organisons régulièrement des dégustations<br />

chez Zweifel. Mais à titre personnel,<br />

j’aime bien aussi tester les snacks des autres<br />

fabricants.<br />

Quelle est donc la recette du succès de<br />

votre entreprise?<br />

Nous fabriquons des chips depuis 66 ans<br />

et possédons ainsi une certaine expertise en<br />

la matière. Mais le secret de notre réussite, ce<br />

sont avant tout nos équipes. Nous disposons<br />

des bonnes personnes aux postes adéquats et<br />

entretenons une excellente culture d’entreprise.<br />

C’est selon moi l’ingrédient le plus important<br />

de notre réussite.<br />

Avant de rejoindre Zweifel Chips, vous<br />

avez travaillé dans de grandes entreprises<br />

comme Unilever ou Hiestand.<br />

Pourquoi ne pas avoir commencé dans<br />

l’entreprise familiale?<br />

<strong>Mon</strong> père aurait aimé me voir intégrer l’entreprise<br />

familiale dès la fin de mes études d’ingénieur<br />

en technologie alimentaire, mais je<br />

n’étais pas encore prêt. Je devais d’abord faire<br />

mes propres expériences. Je ne voulais pas que<br />

l’on puisse me reprocher d’être né avec une<br />

cuillère en argent dans la bouche.<br />

Avez-vous ressenti une forte pression<br />

à votre arrivée au poste de CEO d’une<br />

entreprise familiale suisse aussi<br />

connue et ancrée dans la tradition?<br />

J’ai peut-être été un peu naïf au début, si<br />

bien que j’ai abordé la chose de façon plutôt<br />

décontractée. Mais je me suis très vite rendu<br />

compte qu’être employé dans l’entreprise familiale<br />

n’était pas une mince affaire. Cela<br />

implique aussi une grande responsabilité à<br />

l’égard des collaboratrices et collaborateurs, et<br />

on se doit de donner l’exemple. Il est important<br />

d’en avoir conscience.<br />

Quelles ont été vos réalisations en tant<br />

que CEO au cours des quatre dernières<br />

années?<br />

Ma grande fierté, c’est le changement culturel<br />

que nous avons opéré ces quatre dernières<br />

années. On me dit souvent que le personnel<br />

a aujourd’hui plus de liberté et peut s’impliquer<br />

davantage dans l’entreprise. Ainsi, quel<br />

que soit leur échelon hiérarchique, tous les<br />

membres du personnel disposant des compétences<br />

requises peuvent participer à des initiatives<br />

stratégiques et contribuer à façonner<br />

l’avenir de cette firme, ce qui est très apprécié.<br />

L’an dernier, vous avez enregistré<br />

pour la huitième fois un chiffre d’affaires<br />

record et vous voulez encore<br />

poursuivre sur cette lancée. Comment<br />

comptez-vous y parvenir?<br />

Nous avons encore beaucoup d’idées et de<br />

projets pour développer et faire grandir cette<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

30<br />

03/<strong>2024</strong>


entreprise. Les changements dans les comportements<br />

alimentaires jouent en notre faveur.<br />

La tendance n’est plus aux classiques repas<br />

du matin, du midi et du soir: les Suisses privilégient<br />

de plus en plus les collations. Nos<br />

produits répondent parfaitement à ce besoin<br />

de consommer «H24», à savoir le snacking en<br />

continu du matin au soir.<br />

Dans le secteur agroalimentaire, on<br />

observe un durcissement des réglementations<br />

par les politiques, avec<br />

notamment la législation sur le sucre.<br />

Qu’en pensez-vous?<br />

D’une façon générale, je pense qu’une réglementation<br />

trop stricte nuit à la force économique<br />

suisse. Pour autant, c’est un sujet à<br />

prendre très au sérieux. Je suis un fervent défenseur<br />

de l’alimentation raisonnée. Mais les<br />

produits sucrés ou gras y ont aussi toute leur<br />

place; c’est avant tout une question d’équilibre.<br />

Que pensez-vous du Nutri-Score?<br />

Je n’en pense rien. C’est comme une mise<br />

sous tutelle de la population. Les Suisses<br />

savent ce qu’est une alimentation équilibrée<br />

et n’ont pas besoin d’un label pour leur dire<br />

si un aliment est bon ou mauvais. Nous avons<br />

ici l’une des législations les plus strictes sur les<br />

denrées alimentaires; il n’y a de facto aucun<br />

aliment «malsain». Le chocolat ou les chips<br />

ne sont pas non plus nocifs pour notre corps,<br />

tant que nous les consommons avec modération.<br />

J’aimerais que le gouvernement suisse<br />

investisse davantage dans la promotion de<br />

l’activité physique, et que les thèmes de l’alimentation<br />

et du sport figurent par exemple<br />

au programme scolaire.<br />

Migros a abandonné le Nutri-Score<br />

depuis peu.<br />

En effet, et nous soutenons cette action.<br />

Comme dit, je ne crois pas aux labels alimentaires.<br />

Si la loi suisse sur les denrées alimentaires<br />

nous avait imposé le Nutri-Score, nous<br />

nous y serions soumis, bien sûr, mais nous nous<br />

réjouissons de ne pas avoir eu à en arriver là.<br />

Christoph Zweifel est fier d’avoir<br />

réussi à prendre pied dans le secteur<br />

des collations avec les gaufres Vaya.<br />

Quelle serait la valeur Nutri-Score<br />

de vos chips?<br />

Un C orange, et cela nous aurait plutôt bien<br />

convenu. (Rires.) Je ne suis pas contre le Nutri-Score<br />

parce que j’ai peur des résultats, bien<br />

au contraire. Mais je ne pense pas que ce soit la<br />

bonne approche.<br />

▶<br />

03/<strong>2024</strong> 31<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


MARKETING<br />

ENTRETIEN<br />

«<strong>Mon</strong> père était déjà un pionnier: c’est grâce à lui que<br />

la Suisse est aujourd’hui le pays du paprika.»<br />

Vous transformez 90% de pommes de<br />

terre suisses. Pourquoi pas 100%?<br />

Nous n’avons hélas aucun contrôle sur la<br />

météo. Ces quatre dernières années, la récolte<br />

de pommes de terre a été très compliquée: il<br />

faisait soit trop sec, soit trop humide. Par conséquent,<br />

nos plants ne poussent pas systématiquement,<br />

même si nous prévoyons toujours en<br />

plus une réserve de 10% à 20% du contingent<br />

nécessaire pour compenser les fluctuations.<br />

Mais si la récolte n’est pas suffisante, nous devons<br />

nous tourner vers l’étranger.<br />

À propos de l’étranger: quelle est<br />

la part des exportations des snacks<br />

Zweifel?<br />

Nous ne donnons pas de chiffres précis, mais<br />

le taux reste inférieur à 10%. L’an dernier, la<br />

situation a été compliquée en raison de la<br />

hausse des prix des matières premières, y compris<br />

pour l’exportation. Le marché d’exportation<br />

est encore une jeune pousse fragile qui ne<br />

cesse toutefois de croître et dans laquelle nous<br />

devons aussi investir stratégiquement des ressources<br />

pour la développer.<br />

Il y a aussi de plus en plus de petites<br />

manufactures qui font leur apparition<br />

sur le marché suisse. Craignez-vous de<br />

perdre le monopole?<br />

Au contraire, je m’en réjouis. Si d’autres entreprises<br />

arrivent sur le marché, tout le monde<br />

en profite: plus de variété et de choix pour les<br />

consommateurs, plus de ventes pour les détaillants<br />

et plus de considération pour le secteur.<br />

C’est une situation gagnant-gagnant. Nous gardons<br />

bien sûr un œil sur la concurrence, car<br />

nous voulons rester les meilleurs. Et je dis cela<br />

sans aucun mépris: la concurrence stimule les<br />

affaires.<br />

Avec le lancement des mélanges<br />

d’épices en 2017 et de la nouvelle<br />

gamme Vaya en 2018, vous misez<br />

fortement sur les produits innovants.<br />

Quelle est l’importance accordée à la<br />

gestion de l’innovation chez Zweifel?<br />

C’est très important. <strong>Mon</strong> père était déjà un<br />

pionnier: c’est grâce à lui que la Suisse est aujourd’hui<br />

le pays du paprika. Bien sûr, nous ne<br />

réussissons pas non plus tout du premier coup:<br />

huit innovations sur dix font généralement un<br />

flop! Il faut savoir gérer ça. Mais la clientèle<br />

s’attend à un certain degré d’innovation. Notre<br />

réservoir d’idées est donc toujours bien rem-<br />

Portrait<br />

Christoph Zweifel dirige<br />

depuis 2020 l’entreprise<br />

familiale, dont le siège<br />

administratif et le site de<br />

production principal se<br />

situent à Spreitenbach.<br />

Avant de rejoindre l’entreprise<br />

en qualité de directeur<br />

Marketing et ventes en 2015,<br />

le technologue en denrées<br />

alimentaires de 55 ans, diplômé<br />

en sciences techniques<br />

de l’EPF, a occupé différents<br />

postes chez Unilever et Aryzta<br />

(anciennement Hiestand).<br />

Fondée en 1958, Zweifel<br />

Chips & Snacks AG fabrique<br />

depuis 66 ans des chips et<br />

des snacks de qualité supérieure<br />

et emploie aujourd’hui<br />

plus de 500 personnes.<br />

zweifel.swiss/fr<br />

pli. Et il est également important d’explorer de<br />

nouveaux secteurs d’activité. L’an dernier, nous<br />

avons donc lancé les gaufres Vaya, à base de pois<br />

chiches, qui sont des articles de biscuiterie et de<br />

biscotterie et non des snacks classiques.<br />

Vous vous lancez ainsi dans la vente<br />

de collations du matin. C’est un pas<br />

supplémentaire vers une stratégie H24.<br />

Cela se passe comment?<br />

Très bien. Il faut du cran, si on choisit de ne<br />

pas innover dans son propre segment, pour sortir<br />

de sa zone de confort et s’aventurer en terre<br />

inconnue. Nous n’en sommes qu’au tout début,<br />

mais tout le monde est satisfait: la clientèle, les<br />

détaillants... et nous!<br />

Pourquoi les gaufres Vaya sont-elles<br />

fabriquées à l’étranger?<br />

Nous disposons d’un espace très limité à<br />

Spreitenbach, et nous aurions aussi dû acheter<br />

une nouvelle machine de plusieurs millions de<br />

francs pour la production. Le risque d’un tel investissement<br />

est bien trop élevé, surtout quand<br />

on innove dans un secteur sans avoir encore<br />

de l’expérience et sans avoir la certitude que le<br />

projet aboutira. Nous allons suivre l’évolution<br />

et relocaliser la production en Suisse en temps<br />

utile, si cela en vaut vraiment la peine.<br />

L’une de vos nouvelles saveurs,<br />

«Poulet au panier», connaît un franc<br />

succès. Comment l’expliquez-vous?<br />

Avant chaque Coupe du monde ou Euro,<br />

nous avions pour habitude de proposer des<br />

éditions limitées et de demander à notre communauté<br />

sur Facebook les saveurs qu’elle souhaitait.<br />

«Poulet au panier» en faisait partie.<br />

L’accueil a été tel que nous avons décidé de<br />

l’inclure dans notre gamme permanente. Une<br />

excellente décision, puisqu’elle est rapidement<br />

devenue la quatrième variété préférée, après<br />

«Paprika», «Nature» et «Salt & Vinegar». Mais<br />

beaucoup ignorent d’ailleurs qu’il n’y a pas de<br />

poulet dans les chips, qui sont véganes comme<br />

beaucoup de nos produits.<br />

Comment gérez-vous l’innovation?<br />

Avez-vous un département spécifique?<br />

Non. Chez nous, tous les membres du personnel<br />

peuvent et doivent apporter leur contribution<br />

à la gestion de l’innovation. Si une personne<br />

voit un snack intéressant pendant ses<br />

vacances, elle nous en rapporte pour le tester.<br />

Nous les incitons à garder les yeux ouverts, à<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

32 03/<strong>2024</strong>


ENTRETIEN<br />

effectuer des relevés de prix et à faire preuve<br />

de créativité. Ainsi, la gestion de l’innovation<br />

s’étend à toute l’entreprise et ne repose pas<br />

seulement sur quelques épaules.<br />

En 2022, vous avez annoncé la reprise<br />

de l’entreprise Berger Backwaren<br />

à Münsingen, connue pour ses «coquins».<br />

Une nouvelle action dans le<br />

cadre de la stratégie H24?<br />

Tout à fait. Nous commercialisons les biscuits<br />

de la société Berger par le biais de notre<br />

service Frais depuis 2004 déjà. En l’absence<br />

de successeur pour l’entreprise en 2020, nous<br />

l’avons donc rachetée, mais nous distribuons<br />

toujours les produits sous l’ancienne marque.<br />

La marque Berger est synonyme de compétences<br />

dans le secteur des snacks sucrés et<br />

couvre donc plutôt les produits du matin. Cela<br />

s’inscrit parfaitement dans notre stratégie H24.<br />

L’intérêt accru porté par la société<br />

aux questions de santé n’a-t-il pas une<br />

incidence sur votre chiffre d’affaires?<br />

Si, absolument. La tendance va dans le sens<br />

d’une alimentation plus équilibrée, nous devons<br />

en tenir compte. Une tendance que nous<br />

avons toutefois détectée très tôt, et nous avons<br />

donc volontairement orienté nos innovations<br />

et nos nouvelles gammes de produits dans ce<br />

sens. C’est le cas par exemple de la gamme<br />

Près de 10 000 tonnes de chips<br />

quittent chaque année le site<br />

de production de Spreitenbach,<br />

et la tendance est à la hausse.<br />

Vaya, qui est très riche en fibres et en protéines,<br />

mais pauvre en graisses et en sel. Ainsi,<br />

toutes les personnes attachées à une alimentation<br />

raisonnée et équilibrée trouvent aussi<br />

chez nous une variante de snack adaptée.<br />

Quelle est la part de la gamme Vaya<br />

dans le chiffre d’affaires total?<br />

Les chips classiques représentent toujours<br />

nos best-sellers et je ne pense pas qu’il y aura<br />

un raz-de-marée. Nous produisons des aliments<br />

qualitatifs et savoureux, et il n’y a pas de raison<br />

que cela change. Même si la gamme Vaya enregistre<br />

une croissance à deux chiffres, cela reste<br />

un faible pourcentage.<br />

Quelles sont vos ambitions?<br />

Je souhaite que notre entreprise entre<br />

dans la prochaine décennie auréolée de succès,<br />

et aussi transmettre une affaire saine et<br />

florissante à la prochaine génération (la cinquième<br />

maintenant). Pour cela, nous devons<br />

actuellement investir, notamment 40 millions<br />

de francs dans la construction de la nouvelle<br />

usine de snacks. Or, si nous poursuivons notre<br />

croissance sans rien faire, nous ferons face à<br />

des difficultés de production d’ici à 2029. Mais<br />

il y a sans doute des problèmes plus graves que<br />

de devoir augmenter sa capacité de production<br />

en raison d’une forte croissance.<br />

●<br />

03/<strong>2024</strong> 33<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE


Ma fierté<br />

Michael Eckhardt,<br />

fondateur et<br />

CEO de Komforthaus<br />

Photo: Raffael Waldner<br />

<strong>Mon</strong> ENTREPRISE<br />

Devenir propriétaire, un rêve réalisable<br />

Je suis un indépendant, un investisseur privé et un<br />

visionnaire passionné. Toujours à la recherche de<br />

concepts innovants et prometteurs, j’ai déjà fondé<br />

plusieurs start-up. L’idée derrière Komforthaus<br />

m’est venue d’une expérience personnelle. Il y a de<br />

cela quelques années, ma famille et moi voulions<br />

construire une maison. Mais les devis qui nous étaient<br />

proposés étaient beaucoup trop élevés en raison des<br />

importantes marges pratiquées. Grâce à ma longue<br />

expérience au sein d’un groupe international du secteur<br />

de la construction et à mon savoir-faire acquis<br />

dans le cadre de projets réalisés à titre privé, je savais<br />

qu’il était possible de trouver moins cher. J’ai<br />

donc demandé par moi-même plus de 220 offres pour<br />

chacune des phases du projet. Et j’ai constaté qu’une<br />

34<br />

planification rigoureuse, un concept intelligent, des<br />

achats directs et des matériaux innovants permettaient<br />

des économies non seulement d’argent, mais<br />

aussi de temps. Chez Komforthaus, nous proposons à<br />

notre clientèle une offre complète. Établi sur mesure,<br />

notre concept répond aux besoins individuels et comprend<br />

toutes les phases de construction allant de la<br />

planification à la maison prête à l’emploi. Nous proposons<br />

le tout sans frais cachés ou marges excessives<br />

grâce à notre réseau d’artisans dans toute la Suisse et<br />

à une méthode efficace et au goût du jour, qui utilise<br />

des matériaux à la fois modernes et naturels. À l’avenir,<br />

je souhaite permettre à de nombreuses personnes<br />

de construire leur maison de rêve.<br />

komforthaus.eu/fr/<br />

03/<strong>2024</strong>


Ma fierté<br />

Markus Kreis, Swiss 3D<br />

Guards (à droite)<br />

Pour garder le sourire<br />

Aux États-Unis, le port d’un protège-dents pour le<br />

hockey sur glace est obligatoire depuis longtemps.<br />

Même pour les jeunes enfants, son port est tout<br />

aussi normal que celui du casque. J’ai moi-même<br />

pratiqué ce sport toute ma vie et je n’ai jamais<br />

compris pourquoi la prévention n’occupait pas<br />

une place plus importante: dans le commerce de<br />

détail, un protège-dents est bon marché mais inconfortable<br />

et inadapté, et chez le dentiste, il est<br />

certes fabriqué sur mesure, mais inabordable. Chez<br />

Swiss 3D Guards, nous avons développé une solution<br />

qui résout ce problème. Grâce à notre scanner<br />

intra-oral mobile ou en collaboration avec des dentistes<br />

locaux, nous effectuons en quelques minutes<br />

un scan détaillé de la mâchoire, le convertissons<br />

avec précision à l’aide d’un logiciel spécial et fabriquons<br />

le protège-dents sur mesure et d’une seule<br />

pièce avec une imprimante 3D, garantissant un produit<br />

confortable et bien ajusté. Une solution simple,<br />

rapide et durable adaptée non seulement au hockey<br />

sur glace, mais aussi à la boxe, au rugby, aux sports<br />

d’hiver ou au VTT de descente. Tout le monde devrait<br />

pouvoir bénéficier d’une protection dentaire<br />

sur mesure et abordable, peu importe l’âge. C’est<br />

ma conviction et j’y mets du cœur à l’ouvrage au<br />

quotidien. Nous avons déjà fabriqué plus d’un millier<br />

de protège-dents, et les nombreux retours positifs<br />

montrent que notre offre répond à un réel<br />

besoin. Et il n’y a rien de plus motivant.<br />

swiss3dguards.ch<br />

03/<strong>2024</strong><br />

35 <strong>Mon</strong> ENTREPRISE

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