17.11.2024 Vues

GI 2024 2 Fr

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G ALÁPA<br />

G<br />

édition automne <strong>2024</strong><br />

O S<br />

I<br />

N TER<br />

N E<br />

Des nouvelles de l‘ambitieux<br />

projet de conservation de la<br />

nature sur l‘île de Floreana<br />

Le sauvetage des fourmis des<br />

Galápagos : Un projet pionnier<br />

Les taxes du parc national<br />

augmentent<br />

Bulletin<br />

d‘information<br />

des Amis des Îles<br />

Galápagos (Suisse)


Éditorial<br />

Chères amies et chers amis des Galápagos<br />

Nous avons régulièrement évoqué ici le grand projet<br />

visionnaire de renaturation de Floreana, dont l‘objectif<br />

est de réintroduire des espèces localement disparues<br />

sur Floreana afin de restaurer l‘écosystème de toute<br />

une île. Ce projet ambitieux a pu annoncer ces jours-ci<br />

une grande victoire d‘étape : alors qu‘aucun rat invasif<br />

n‘a été observé depuis des mois, le projet entre dans<br />

sa deuxième phase avec la libération des géospizes<br />

maintenus en quarantaine. L‘objectif de ramener les<br />

espèces disparues de Floreana se rapproche donc de<br />

plus en plus.<br />

Des nouvelles réjouissantes ont également été annoncées<br />

sur l‘île de Santa Cruz : les moucherolles vermillons<br />

et les géospizes des mangroves ont enregistré<br />

cette année la période de reproduction la plus réussie<br />

depuis le début des études. Grâce à des mesures de<br />

protection ciblées dans les habitats des oiseaux et à la<br />

lutte contre les espèces invasives, le nombre de jeunes<br />

à l‘envol n‘a cessé d‘augmenter. Le Dr Birgit Fessel et<br />

son équipe travaillent sans relâche pour sauver ces<br />

espèces d‘oiseaux menacées.<br />

D‘autres nouvelles très réjouissantes proviennent de<br />

la réserve marine autour des îles Galápagos : Une zone<br />

de reproduction potentielle pour le requin-marteau<br />

lisse (Sphyrna zygaena) a été découverte dans la partie<br />

occidentale. Cette découverte importante souligne la<br />

nécessité de poursuivre les recherches sur et autour<br />

des Galápagos, afin que les éventuelles mesures de<br />

protection nécessaires puissent être mises en place<br />

avec succès.<br />

L‘appel aux dons que nous lançons dans ce numéro<br />

n‘est toutefois pas en faveur de la mégafaune, mais des<br />

petits animaux auxquels on accorde souvent moins<br />

d‘attention. Nous voulons soutenir un projet de protection<br />

des fourmis charpentières des Galápagos. Le<br />

Dr Henri Herrera s‘intéresse depuis longtemps à la<br />

biologie et à l‘évolution des fourmis endémiques de<br />

l‘archipel, mais aussi aux fourmis charpentières invasives.<br />

Ces fourmis invasives représentent une grande<br />

menace pour les espèces de fourmis endémiques. Afin<br />

de mieux comprendre l‘interaction entre les espèces<br />

invasives et indigènes et leur rôle dans l‘écologie de<br />

l‘archipel, nous souhaitons soutenir cet important<br />

projet.<br />

Contenu<br />

3 Les dessous du projet de santé pour<br />

les oiseaux terrestres<br />

4 Des nouvelles de l‘ambitieux projet<br />

de conservation de la nature sur l‘île<br />

de Floreana<br />

5 Les iguanes d‘en haut<br />

6 Le sauvetage des fourmis des Galápagos<br />

: Un projet pionnier<br />

8 Moucherolles vermillon et géospize<br />

des mangroves : des histoires à succès<br />

dans la protection des espèces<br />

9 La protection de la nature du futur<br />

10 Lutte contre la pollution plastique aux<br />

Galápagos<br />

11 Les taxes du parc national augmentent<br />

12 Nouvelles des Galápagos<br />

Mentions légales :<br />

Amis des Îles Galápagos (Suisse)<br />

c/o Zoo de Zurich, Zürichbergstrasse 221, 8044 Zürich<br />

Téléphone : 044 254 26 70<br />

E-Mail : freunde.galapagos@zoo.ch<br />

Page d‘accueil : www.galapagos-ch.org<br />

Avec la collaboration de :<br />

Lukas Keller, Claudia Haas, Karin Ramp, Veronika Huebl,<br />

Doris Hölling Patrick Schmitz. Imprimé sur du papier<br />

certifié FSC.<br />

La prochaine édition du<br />

Galápagos interne<br />

paraîtra au printemps 2025<br />

Follow us also on Social Media<br />

Grâce à votre aide, des expéditions vers d‘autres îles,<br />

des analyses génomiques et des études écologiques<br />

freundegalapagos<br />

intensives seront possibles. Chaque contribution contribue<br />

à assurer l‘avenir des fourmis des Galápagos<br />

et à préserver ainsi une partie importante du patrimoine<br />

naturel des Galápagos.<br />

2 Galápagos Interne<br />

Ce n‘est qu‘ensemble que nous pourrons faire avancer<br />

la protection des îles Galápagos et de leur biodiversité<br />

unique. C‘est pourquoi je vous remercie<br />

pour votre soutien continu et votre engagement<br />

en faveur des îles Galápagos et vous souhaite une<br />

bonne lecture.<br />

Lukas Keller, Président<br />

friendsofgalapagos<br />

Image de<br />

couverture<br />

Iguane terrestres<br />

roses, © Giuliano<br />

Colosmo


Les dessous du projet de santé pour les oiseaux terrestres<br />

Gislayne Mendoza Alcívar, une technicienne de<br />

laboratoire engagée à la station Charles Darwin,<br />

donne dans une interview du Galápagos Conservation<br />

Trust (GCT) un aperçu précieux du projet<br />

de santé des oiseaux terrestres sur les îles Galápagos<br />

et transmet sa grande passion pour ce travail.<br />

Un aperçu du projet et de ses objectifs<br />

Le projet de santé des oiseaux terrestres est au<br />

cœur du programme de conservation des oiseaux<br />

terrestres, qui vise à protéger et à conserver à long<br />

terme les petites populations d‘oiseaux terrestres<br />

des Galápagos. Parmi ces oiseaux figurent les célèbres<br />

pinsons de Darwin et les curieux merles moqueurs.<br />

L‘objectif du projet est de surveiller l‘état<br />

de santé de ces oiseaux et d‘identifier les agents<br />

pathogènes potentiels à l‘aide de techniques moléculaires<br />

modernes. Ces précieuses informations<br />

permettront d‘identifier et de combattre les nouvelles<br />

menaces qui pèsent sur les oiseaux sauvages<br />

et domestiques ainsi que sur les habitants des<br />

îles.<br />

Méthodes et importance de la recherche<br />

Gislayne et son équipe collectent des échantillons<br />

d‘oiseaux sauvages apparemment sains afin de les<br />

analyser pour détecter des agents infectieux. Cela se<br />

fait par la capture des oiseaux, suivie d‘un examen<br />

de santé général et du prélèvement d‘écouvillons<br />

buccaux et cloacaux. Au laboratoire, on utilise ensuite<br />

des techniques modernes telles que la PCR (réaction<br />

en chaîne par polymérase), qui est également utilisée<br />

pour le diagnostic du COVID-19. Cette méthode<br />

permet d‘identifier des maladies connues comme<br />

les herpèsvirus ou les adénovirus et de découvrir<br />

de nouveaux virus. La collecte de ces données est<br />

essentielle à l‘élaboration de plans de gestion et de<br />

réintroduction qui contribuent à la protection et à<br />

la conservation de ces espèces d‘oiseaux menacées.<br />

Comment les données sanitaires aident à<br />

protéger les oiseaux<br />

„Nous ne pouvons pas protéger ce que nous ne<br />

Collecte d‘échantillons pour le projet de santé des oiseaux<br />

terrestres, © CDF<br />

Géospice pique-bois en train de chasser, © M. Dvorak, CDF<br />

connaissons pas“, souligne Gislayne. Il est donc<br />

indispensable de faire des recherches sur les virus,<br />

les bactéries et les parasites présents chez les<br />

différentes espèces d‘oiseaux des Galápagos, ainsi<br />

que sur leur répartition géographique. Ces informations<br />

sont essentielles pour sélectionner les régions<br />

et les espèces appropriées pour les projets<br />

de réintroduction et pour minimiser le risque de<br />

transmission de maladies. De telles connaissances<br />

détaillées sont la clé du succès des programmes<br />

visant à préserver les espèces menacées et à<br />

sauvegarder leurs habitats.<br />

Conseils pour les futurs conservateurs de la<br />

nature<br />

Gislayne a des conseils clairs à donner aux jeunes<br />

qui se destinent à une carrière dans la protection<br />

de la nature : „Croyez en votre potentiel, soyez<br />

constants, patients et humbles“. Elle reconnaît<br />

les défis de ce domaine d‘activité, mais souligne<br />

l‘importance de rester fort et de travailler dur pour<br />

réaliser ses rêves. Il est essentiel d‘avoir un objectif<br />

clair en tête. Gislayne elle-même rêve de protéger<br />

la faune des îles Galápagos, un endroit qu‘elle<br />

aime depuis son enfance. Elle nous rappelle que<br />

le monde animal n‘a pas de voix propre - mais que<br />

nous sommes là pour le défendre.<br />

Un lien particulier avec la nature<br />

Lorsqu‘on lui demande quelle est son espèce<br />

préférée aux Galápagos, les yeux de Gislayne<br />

s‘illuminent : „Le pinson (Camarhynchus pallidus)<br />

est mon préféré“. Ce petit oiseau la fascine par son<br />

comportement remarquable lors de la recherche<br />

de nourriture. Pendant la saison sèche, ce géospize<br />

utilise habilement de petites branches ou des<br />

épines pour aller chercher ses proies dans les cavités<br />

des arbres – un exemple impressionnant de la<br />

capacité d‘adaptation de la nature.<br />

Le dévouement et le travail de Gislayne dans le<br />

projet de santé pour les oiseaux terrestres sont une<br />

source d‘inspiration. Elle apporte ainsi une contribution<br />

essentielle à la protection de ces espèces<br />

d‘oiseaux uniques et de leurs habitats sur les îles<br />

Galápagos.<br />

Galápagos Interne<br />

3


Des nouvelles de l‘ambitieux projet de conservation de la nature<br />

sur l‘île de Floreana<br />

L‘île de Floreana, qui fait partie de l‘archipel des Galápagos,<br />

est au cœur d‘un ambitieux projet de conservation<br />

visant à éradiquer les espèces invasives et à<br />

restaurer les populations d‘oiseaux indigènes. Ce projet<br />

monumental, qui s‘étend désormais sur plus d‘une<br />

décennie, atteint maintenant les phases décisives.<br />

Calendrier<br />

Le projet de restauration sur l‘île de Floreana a débuté<br />

en 2012, lorsque le service des parcs nationaux a commandé<br />

une étude de faisabilité sur l‘éradication des<br />

espèces invasives telles que les rats, les souris et les<br />

chats sauvages. Ces espèces invasives représentaient<br />

une menace importante pour l‘écosystème local, car<br />

elles menaçaient la faune indigène et perturbaient<br />

l‘équilibre naturel des habitats de l‘île.<br />

De 2018 à 2021, des travaux préparatoires ont eu<br />

lieu, comme des essais de maintien de cinq espèces<br />

de géospizes, aussi appelés pinsons de Darwin, qui<br />

n‘avaient jamais été maintenues en captivité. Ces tests<br />

étaient essentiels pour mettre au point des protocoles<br />

de capture, de détention et de soins de ces oiseaux<br />

pendant le processus d‘éradication. Le travail a consisté<br />

à construire des volières à la fois dans les basses terres<br />

et sur les hauts plateaux de Floreana afin de s‘adapter<br />

aux différentes conditions climatiques dans lesquelles<br />

vivent les oiseaux.<br />

En 2023, après la transformation des volières, la phase<br />

d‘extermination proprement dite a commencé. Cette<br />

phase a nécessité un effort logistique considérable.<br />

Quatorze volontaires ont été recrutés pour soutenir le<br />

projet de mai 2023 à février <strong>2024</strong>. Malgré les défis posés<br />

par El Niño, qui a retardé la saeison de reproduction<br />

des géospizes et compliqué les efforts de capture,<br />

l‘équipe a adapté ses méthodes afin de garantir la<br />

sécurité et la santé des oiseaux en captivité.<br />

Éradication des espèces envahissantes<br />

Le processus d‘éradication a concerné les rats, les<br />

souris et les chats retournés à l‘état sauvage, qui<br />

avaient fortement décimé les populations locales<br />

d‘animaux sauvages. Dans le cadre de cette mesure,<br />

des appâts empoisonnés ont principalement été utilisés,<br />

qui étaient certes efficaces, mais encore fallait-il<br />

soigneusement veiller à ne pas nuire à des espèces<br />

n‘appartenant pas aux groupes cibles. Les premiers<br />

succès obtenus dans l‘éradication des rongeurs sur<br />

d‘autres îles des Galápagos ont servi de modèle à<br />

Floreana, mais la présence des habitants a rendu<br />

l‘action encore plus complexe.<br />

L‘éradication des chats sauvages, connus pour leur<br />

nature insaisissable, s‘est révélée particulièrement<br />

difficile. Elle a nécessité une combinaison de méthodes,<br />

y compris l‘utilisation de pièges sous forme de cages<br />

et de chiens spécialement formés pour traquer et<br />

capturer les chats restants. On s‘attend à ce qu‘il faille<br />

une année supplémentaire pour que ce processus soit<br />

entièrement terminé.<br />

Libération des oiseaux<br />

Le point culminant de ces efforts a été la libération<br />

des géospizes captifs dans leur habitat naturel. Cet<br />

événement a été une étape importante qui symbolise<br />

la restauration de l‘environnement naturel de Floreana.<br />

La participation de la population a été un élément<br />

important : des habitants, des écoliers et des représentants<br />

de différentes organisations de protection de<br />

la nature ont pris part aux opérations de libération,<br />

qui ont eu lieu aussi bien dans les basses terres que<br />

dans les hautes terres.<br />

Les oiseaux ont été relâchés dans des volières spécialement<br />

conçues pour leur permettre de s‘envoler à leur<br />

propre rythme, afin de minimiser le stress des animaux.<br />

De la nourriture et de l‘eau ont été fournies pour leur<br />

transition vers la vie sauvage. Le suivi des oiseaux<br />

relâchés, y compris l‘utilisation de radiogoniomètres,<br />

a montré que beaucoup d‘entre eux s‘adaptaient rapidement<br />

à la nouvelle situation, revenaient sur leur<br />

territoire d‘origine et reprenaient leur comportement<br />

naturel.<br />

Progrès<br />

Les premiers résultats de l‘éradication sont prometteurs<br />

et les premiers signes apparaissent d‘un meilleur succès<br />

de reproduction des géospizes. Un suivi continu<br />

et une évaluation des données seront essentiels pour<br />

évaluer le succès à long terme du projet et s‘assurer<br />

que les espèces indigènes continuent de prospérer<br />

sans la menace des prédateurs envahissants.<br />

Le parcours de l‘île de Floreana, qui est passée d‘un<br />

écosystème fortement menacé par les espèces envahissantes<br />

à un écosystème qui s‘est rétabli, est un bon<br />

témoignage de l‘engagement et de la collaboration<br />

des protecteurs de la nature, des scientifiques et de<br />

la population locale. Cela donne des raisons d‘espérer<br />

et constitue un bon exemple pour des efforts de protection<br />

similaires dans le monde entier.<br />

Les pinsons de Darwin sont relâchés à Floreana, © Rashid Cruz<br />

4<br />

4 Galápagos Interne


Les iguanes d‘en haut<br />

Ils n‘existent qu‘aux Galápagos et sont un exemple<br />

parfait de la théorie de l’évolution selon Darwin : les<br />

iguanes marins (Amblyrhynchus cristatus).<br />

Pour pouvoir survivre dans l‘archipel aride, ils ont<br />

déplacé leur recherche de nourriture de la terre vers<br />

l‘eau et ont ainsi appris à nager, à plonger et à se<br />

nourrir sous l‘eau : ils se nourrissent d‘algues. Pour<br />

cela, ils se sont adaptés : leur museau est plus plat<br />

que celui de leurs cousins terrestres afin de pouvoir<br />

racler plus efficacement les algues sur les rochers ; ils<br />

ont développé de longues phalanges pour pouvoir<br />

s‘agripper plus facilement lorsqu‘ils se nourrissent<br />

sous l‘eau ; leur queue est fortement aplatie sur le<br />

côté et sert d‘organe de propulsion et de direction<br />

lorsqu‘ils nagent ; ils peuvent éliminer le surplus de<br />

sel absorbé par le nez en éternuant violemment ;<br />

leur coloration sombre favorise le réchauffement<br />

de ces animaux à sang froid au soleil après des<br />

plongées qui peuvent durer jusqu‘à une heure. Il<br />

y a quelques années seulement, on a appris qu‘ils<br />

étaient même capables de contrôler la longueur de<br />

leurs os : en période de sécheresse due à El Niño,<br />

la taille de leur corps diminue, ce qui favorise leur<br />

survie lorsque l‘offre de nourriture est réduite.<br />

Il existe onze sous-espèces dans l‘archipel. Pour<br />

pouvoir les protéger au mieux, il faut savoir combien<br />

il y a d‘animaux et où vivent les populations. Un<br />

projet à l‘université de Leipzig, que nous soutenons,<br />

comble depuis 2019 cette lacune d‘informations<br />

dans le cadre d‘un travail de pionnier innovant : Pour<br />

la première fois, des drones volent systématiquement<br />

le long des côtes et enregistrent des photos<br />

et des vidéos des différents tronçons. Grâce à cette<br />

méthode sûre, rapide et peu coûteuse par rapport<br />

à des visites à terre nettement plus complexes, il<br />

est possible d‘observer et de compter de manière<br />

Décollage d‘un drone depuis un bateau, © Andrea Varela<br />

remarquable les iguanes marins, mais aussi d‘autres<br />

êtres vivants, sans les perturber ni leur habitat. Ainsi,<br />

les deux tiers de l‘ensemble du littoral de l‘île de<br />

Fernandina ont pu être enregistrés en seulement<br />

deux jours.<br />

Le comptage se fait de différentes manières : Des<br />

experts – des scientifiques impliqués dans le projet<br />

– estiment le nombre d’iguanes marins sur les<br />

images. Parallèlement, des volontaires ont été invités<br />

sur Zooniverse à participer également au comptage<br />

– une démarche de plus en plus populaire sous<br />

le nom de Citizen Science ou science citoyenne.<br />

Nous avons également un lien vers ce projet sur<br />

notre site web ; ainsi peut-être avez-vous déjà<br />

contribué à la collecte de chiffres pour le projet. La<br />

troisième méthode consiste à utiliser l‘apprentissage<br />

automatique pour apprendre aux ordinateurs à<br />

reconnaître et à compter les iguanes marins sur les<br />

images. Les résultats seront ensuite validés par des<br />

comptages classiques et la méthode de recapture<br />

sur place dans des colonies sélectionnées.<br />

L‘objectif principal du projet est de dresser un inventaire<br />

aussi complet que possible des animaux<br />

et de leur habitat, afin de pouvoir en déduire des<br />

mesures de protection pour assurer la pérennité<br />

des populations. En outre, l‘utilisation de drones et<br />

l‘assistance de bénévoles et l‘apprentissage automatique<br />

(et par la suite l‘intelligence artificielle) seront<br />

évalués en vue d‘autres possibilités d‘utilisation. En<br />

outre, les images seront archivées afin de pouvoir<br />

les utiliser pour de futurs projets et défis.<br />

Equipe d‘expédition avec équipement de l‘expédition de décembre<br />

2021, © Team Amy MacLeod<br />

Actuellement, les plus de 130 000 photos prises<br />

par les drones autour des 13 îles principales sont<br />

en cours d‘évaluation. Les photos proviennent de<br />

142 points d‘observation et représentent environ<br />

740 kilomètres de côtes. L‘équipe espère pouvoir<br />

chiffrer les populations pour les 11 sous-espèces<br />

d‘ici début 2025.<br />

Veronika Huebl<br />

Galápagos Interne<br />

5


Le sauvetage des fourmis des Galápagos : Un projet pionnier<br />

Les îles Galápagos ne comptent actuellement aucune<br />

espèce d‘insectes faisant l‘objet d‘une protection<br />

particulière. Mais plusieurs espèces d‘insectes<br />

endémiques y sont présentes, dont plusieurs espèces<br />

de fourmis charpentières. Elles n‘existent que sur<br />

les îles Galápagos. Leur protection et l‘étude de<br />

leur biologie sont essentielles pour préserver la<br />

biodiversité unique des îles. Le „projet fourmis des<br />

Galápagos“ est un projet de recherche précurseur<br />

qui se consacre à cette tâche importante.<br />

Sous la direction du Dr Henri Herrera, une équipe<br />

internationale de chercheurs étudie la biologie et<br />

l‘évolution des fourmis charpentières endémiques,<br />

mais aussi invasives, des Galápagos. Les chercheurs<br />

veulent dresser un tableau complet de ces espèces<br />

de fourmis en obtenant des données écologiques,<br />

génétiques et morphologiques, puis en les combinant.<br />

Le projet vise à étudier les différences génétiques<br />

et visuelles entre les différentes populations<br />

de fourmis et à en déduire des mesures pour leur<br />

protection.<br />

Contexte<br />

De nouvelles connaissances montrent que les barrières<br />

géographiques, telles que les montagnes, la<br />

mer ou les coulées de lave dans les îles Galápagos,<br />

favorisent la diversification génétique, c‘est-à-dire<br />

la scission d‘une lignée pour occuper des niches<br />

écologiques, ce qui peut conduire à l‘apparition<br />

de nouvelles espèces. Alors que de nombreuses<br />

études ont porté sur la diversification d‘animaux tels<br />

que les tortues géantes, les lézards et les escargots,<br />

l‘évolution des insectes, et notamment des fourmis,<br />

reste largement inexplorée.<br />

Les fourmis charpentières du genre Camponotus<br />

jouent un rôle important dans l‘écosystème des<br />

îles, mais leur écologie et leur comportement sont<br />

peu documentés.<br />

Les espèces de fourmis Camponotus planus et Camponotus<br />

macilentus vivant aux Galápagos sont des<br />

espèces de fourmis appartenant à un genre de<br />

fourmis connues pour leur taille impressionnante<br />

et leur comportement remarquable.<br />

Ces deux espèces de fourmis jouent un rôle important<br />

dans l‘écosystème des Galápagos, car elles<br />

pollinisent les plantes et contrôlent les parasites.<br />

Elles sont des exemples fascinants de la diversité et<br />

de la capacité d‘adaptation du monde des fourmis.<br />

Objectifs du projet<br />

1. étude de la biologie des fourmis charpentières<br />

endémiques et invasives : Le projet étudie principalement<br />

deux espèces endémiques (Camponotus<br />

planus et Camponotus macilentus) et une<br />

espèce invasive (Camponotus zonatus). L‘objectif<br />

est de comprendre la distribution, le comportement<br />

et les interactions écologiques de ces<br />

espèces.<br />

Camponotus planus vit principalement dans les régions tropicales<br />

et subtropicales. Elles construisent souvent leurs nids<br />

dans des arbres morts ou dans des sols humides. Les fourmis<br />

sont diurnes et se nourrissent de nectar, de sève de plantes et<br />

de petits insectes. © Henri Herrera, CDF<br />

2. analyses génétiques : le séquençage des génomes<br />

de différentes populations de fourmis<br />

permettra d‘étudier les différences génétiques<br />

et les adaptations des fourmis aux différents<br />

environnements insulaires.<br />

3. études morphologiques : de nombreuses données<br />

morphologiques seront également collectées<br />

afin de documenter les différences physiques<br />

entre les espèces et les populations de<br />

fourmis.<br />

D‘ores et déjà, les résultats préliminaires du projet<br />

montrent que les fourmis charpentières endémiques<br />

sont de plus en plus remplacées par des<br />

espèces invasives. Cette situation est particulièrement<br />

inquiétante, car les espèces de fourmis<br />

indigènes vivent souvent dans des niches écologiques<br />

étroites et ont des interactions importantes<br />

avec la flore et la faune locales.<br />

6 Galápagos Interne


L‘importance du projet<br />

Ce projet de recherche est le premier du genre à<br />

se concentrer sur les écosystèmes néotropicaux et<br />

insulaires. Les données obtenues seront cruciales<br />

pour protéger les fourmis endémiques des Galápagos<br />

et préserver leurs fonctions écosystémiques. En<br />

outre, le projet fournira des informations précieuses<br />

aux autorités de protection de la nature afin de<br />

développer et de mettre en œuvre des mesures de<br />

protection ciblées.<br />

Soutien<br />

Le „projet fourmis des Galápagos“ a besoin de moyens<br />

financiers pour atteindre ses objectifs ambitieux.<br />

La réalisation du travail sur le terrain et les<br />

analyses génétiques approfondies nécessitent des<br />

ressources considérables. Vos dons seront directement<br />

affectés à la réalisation des expéditions, au<br />

séquençage génétique et à l‘analyse des données.<br />

Chaque contribution permet de protéger les espèces<br />

uniques de fourmis des Galápagos et de préserver<br />

ainsi une partie importante du patrimoine<br />

naturel mondial.<br />

Votre soutien permet de<br />

--<br />

d‘entreprendre des expéditions vers d‘autres îles<br />

afin de trouver des populations non encore découvertes<br />

et de documenter leurs interactions<br />

écologiques.<br />

--<br />

D‘utiliser des analyses génomiques, car le séquençage<br />

et l‘analyse des génomes sont importants<br />

pour étudier les différences et les adaptations<br />

génétiques des fourmis.<br />

Fourmis Camponotus zonatus avec œufs, © Henri Herrera, CDF<br />

Nid de Camponotus zonatus, © Henri Herrera, CDF<br />

--<br />

Réaliser des études écologiques afin d‘étudier<br />

de manière plus complète les interactions entre<br />

les fourmis et la flore et la faune indigènes.<br />

Dans ce projet, la combinaison de techniques modernes<br />

de génétique du paysage et des populations<br />

avec des études écologiques et morphologiques<br />

traditionnelles fournit des données cruciales<br />

pour la protection des fourmis et de l‘ensemble de<br />

l‘écosystème des Galápagos. Grâce à ces connaissances,<br />

les autorités de protection de la nature<br />

seront en mesure de développer et de mettre en<br />

œuvre des mesures de protection ciblées et efficaces.<br />

Le „projet fourmis des Galápagos“ est un projet de<br />

recherche novateur qui étudie pour la première<br />

fois de manière approfondie la diversité génétique<br />

et écologique des fourmis charpentières des<br />

Galápagos. Il fournit des données précieuses pour<br />

la protection de la nature et contribue à préserver<br />

la biodiversité unique des îles Galápagos. Grâce<br />

à votre soutien, ce projet peut apporter une contribution<br />

significative à la protection des espèces<br />

d‘insectes menacées et préserver la biodiversité<br />

des Galápagos.<br />

Camponotus macilentus se trouve dans des habitats similaires<br />

les Camponotus planus, mais préfère les zones sèches<br />

et chaudes. Leurs nids se trouvent généralement sous des<br />

pierres ou dans des morceaux de bois sec. Ces fourmis sont<br />

également diurnes et ont un régime alimentaire similaire à<br />

celui de Camponotus planus. © Henri Herrera, CDF<br />

Aidez-nous à assurer l‘avenir des<br />

fourmis des Galápagos !<br />

Galápagos Interne<br />

7


Moucherolles vermillon et géospize des mangroves : des<br />

histoires à succès dans la protection des espèces<br />

Les îles Galápagos abritent de nombreuses espèces<br />

uniques, dont le moucherolle vermillon des<br />

Galápagos (Pyrocephalus nanus) et le géospize des<br />

mangroves (Camarhynchus heliobates). Grâce aux<br />

efforts intensifs de la Charles Darwin Foundation<br />

(CDF) et de l‘Autorité du parc national des Galápagos<br />

(GNPD), ces deux espèces d‘oiseaux montrent cette<br />

année des signes de rétablissement remarquables.<br />

Moucherolle vermillon : année record pour la<br />

période de reproduction<br />

Le moucherole vermillon de l‘île de Santa Cruz a<br />

enregistré en <strong>2024</strong> sa saison de reproduction la<br />

plus réussie depuis le début des études en 2018,<br />

avec 15 jeunes à l‘envol. Cette reprise est due à<br />

l‘amélioration continue de l‘habitat des oiseaux<br />

et à la lutte contre les espèces invasives comme la<br />

mouche vampire des oiseaux (Philornis downsi). Depuis<br />

le début de ces mesures, le nombre de nichées<br />

n‘a cessé d‘augmenter, passant de seulement un<br />

ou deux jeunes oiseaux au départ à sept en 2022<br />

et douze en 2023. Ces évolutions positives laissent<br />

espérer que la population continuera à croître si la<br />

gestion se poursuit.<br />

Le Dr Birgit Fessel, responsable des projets d‘oiseaux<br />

terrestres de la CDF, et son équipe sont ravis de ces<br />

résultats positifs. Après plusieurs années de travail<br />

acharné, ils savent désormais comment aider les<br />

moucherolles vermillon menacés. Ils peuvent ainsi<br />

espérer que la population se rétablisse et que les<br />

oiseaux soient à nouveau présents en grand nombre<br />

à Santa Cruz.<br />

Jeune géosizes des mangroves, © Max Harvey, CDF<br />

Pinson des mangroves avec sisal, © Max Harwey, CDF<br />

Des méthodes innovantes de lutte contre les parasites<br />

ont donné des résultats prometteurs. Les<br />

oiseaux ont accepté des fibres de sisal proposées<br />

dans des distributeurs et traitées au larvicide, qu‘ils<br />

ont intégrées dans leurs nids. Cela a eu pour effet de<br />

réduire le nombre de larves de parasites. En outre,<br />

les chercheurs ont pulvérisé du larvicide dans les<br />

nids afin d‘assurer une protection supplémentaire.<br />

<strong>Fr</strong>ancesca Cunninghame, responsable du projet, a<br />

déclaré : „Malgré quelques défis, la saison a été très<br />

fructueuse et le traitement des nids, tout comme<br />

le contrôle efficace des rats, ne sont possibles que<br />

grâce à l‘engagement et à la flexibilité de l‘équipe“.<br />

Couple de moucherolle vermillon des Galápagos, © David Anchundia<br />

Géospize des mangroves : progrès et connaissances<br />

Le géospize des mangroves d‘Isabela a également<br />

connu une saison de reproduction réussie. Une<br />

équipe du CDF et du GNPD a travaillé intensivement<br />

pendant sept semaines dans des zones isolées pour<br />

surveiller l‘espèce et la protéger des rats, des chats<br />

et de la mouche vampire des oiseaux. Cette année,<br />

onze jeunes oiseaux ont pris leur envol, ce qui porte<br />

le nombre total à 27 au cours des deux dernières<br />

saisons de reproduction.<br />

Importance des mesures de protection<br />

Le succès du rétablissement des populations<br />

moucherolle vermillon et de géospize des mangroves<br />

illustre l‘importance des mesures de protection<br />

ciblées pour les espèces d‘oiseaux menacées. Il est<br />

crucial de continuer à améliorer les habitats des<br />

moucherolle vermillon et d‘étendre les méthodes<br />

de protection des géospize des mangroves afin<br />

de protéger ces espèces à long terme. Les chiffres<br />

actuels sont encourageants et confirment que les<br />

mesures de gestion scientifiquement fondées sont<br />

efficaces. Notre association continuera à entretenir<br />

un contact étroit avec Birgit et son équipe afin<br />

de contribuer à offrir un avenir prometteur à ces<br />

oiseaux menacés.<br />

8 Galápagos Interne


La protection de la nature du futur<br />

Le voyage historique de Charles Darwin aux Galápagos<br />

en 1835 a été accompagné par les dernières<br />

avancées technologiques à bord du HMS-Beagle. De<br />

nos jours, les moyens techniques à la disposition des<br />

scientifiques aux Galápagos ont considérablement<br />

évolué et permettent des mesures de conservation<br />

révolutionnaires.<br />

Drones pour le projet de lézards marins d‘Amy MacLeod,<br />

© Andres Marmol<br />

Les scientifiques d‘aujourd‘hui bénéficient de la<br />

technologie satellitaire qui permet de suivre la faune<br />

sauvage en temps réel, tandis que les drones<br />

sans pilote fournissent des cartographies détaillées<br />

des côtes et des habitats. Les progrès génétiques<br />

permettent de reconnaître les espèces à partir de<br />

traces d‘ADN, et les récents succès de l‘intelligence<br />

artificielle révolutionnent la collecte et l‘analyse des<br />

données pour des stratégies de conservation ciblées.<br />

Toutefois, les chercheurs et les défenseurs de la nature<br />

sont confrontés à des défis majeurs en matière<br />

de collecte de données sur le terrain accidenté des<br />

Galápagos. L‘infrastructure et la connexion Internet<br />

limitées en dehors des zones peuplées compliquent<br />

les efforts de recherche, mais il existe des solutions<br />

innovantes. Les piège-caméras, développés par George<br />

Shiras III dans les années 1890, sont aujourd‘hui<br />

largement utilisés aux Galápagos pour suivre les<br />

mouvements de la faune sauvage, y compris les espèces<br />

invasives. La surveillance acoustique a gagné<br />

en importance et permet d‘observer de manière non<br />

invasive le comportement des espèces animales et la<br />

densité de leur population. Ces technologies aident<br />

à surveiller l‘introduction d‘espèces et à évaluer le<br />

succès des mesures de conservation, comme la<br />

réintroduction du Géospize pique-bois sur l‘île de<br />

Pinzón. L‘intégration de capteurs en réseau permet<br />

une surveillance en temps réel, ce qui révolutionne<br />

les efforts de conservation en réduisant la nécessité<br />

d‘une maintenance physique sur le terrain. Cela permet<br />

de réagir immédiatement aux menaces telles<br />

que le braconnage et la déforestation et d‘améliorer<br />

ainsi les succès de la protection de la nature.<br />

Il reste des défis importants à relever, comme la<br />

connexion Internet limitée, qui entrave une collecte<br />

de données basée sur le cloud. Toutefois, des<br />

projets comme Starlink promettent de lever ces<br />

obstacles et d‘améliorer le traitement et la collecte<br />

automatique des données. Les énormes quantités<br />

de données collectées posent un autre défi : le traitement.<br />

L‘intelligence artificielle et l‘apprentissage<br />

automatique offrent des solutions prometteuses qui<br />

permettent l‘analyse automatisée des données et<br />

l‘identification des espèces en temps réel. Le système<br />

Sentinel, qui utilise l‘IA pour traiter les images des<br />

caméras-pièges, est un autre exemple du potentiel<br />

de ces technologies pour la conservation de la nature.<br />

La capacité de l‘intelligence artificielle à tirer des<br />

conclusions à partir de données photographiques et<br />

vidéo, également connue sous le nom de vision par<br />

ordinateur, a de nombreuses applications possibles<br />

dans le domaine de la conservation, allant du suivi<br />

de requins-baleines individuel à la prédiction des<br />

sites optimaux pour les opérations de nettoyage<br />

des plastiques.<br />

Avec des projets tels que le projet CETI, l‘IA est utilisée<br />

pour interpréter et traduire la communication<br />

entre les cachalots, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités<br />

pour l‘étude de la communication entre les<br />

différentes espèces.<br />

Malgré les défis de mise en œuvre et les considérations<br />

éthiques, les avantages potentiels de ces<br />

technologies sont immenses dans la lutte contre le<br />

changement climatique et l‘appauvrissement de la<br />

biodiversité.<br />

Pour maximiser l‘impact de ces technologies, il est<br />

essentiel de renforcer la collaboration et le partage<br />

des données entre les projets et les disciplines. En<br />

analysant de vastes ensembles de données et en<br />

réagissant en temps réel aux menaces, les défenseurs<br />

de la nature peuvent mieux protéger les écosystèmes<br />

et les espèces menacés.<br />

En résumé, l‘évolution des technologies de conservation<br />

offre des possibilités insoupçonnées pour<br />

la préservation de la biodiversité unique des Galápagos.<br />

Grâce à des solutions innovantes et à des<br />

efforts conjoints, ces technologies permettent aux<br />

conservateurs de s‘attaquer aux problèmes environnementaux<br />

urgents et de préserver le patrimoine<br />

naturel des Galápagos pour les générations futures.<br />

Steven Blake fixe un émetteur GPS sur une tortue géante,<br />

© Christan Ziegler<br />

La technologie satellitaire, initialement développée<br />

à des fins militaires, joue aujourd‘hui un rôle crucial<br />

dans le suivi des migrations de la faune et le contrôle<br />

des aires marines protégées. Les drones se sont révélés<br />

être un outil précurseur facilitant l‘exploration de<br />

zones éloignées et aidant à l‘éradication d‘espèces<br />

invasives.<br />

Galápagos Interne<br />

9<br />

9


Lutte contre la pollution plastique aux Galápagos<br />

Les îles Galápagos, connues pour leur biodiversité<br />

unique et inscrites au patrimoine naturel mondial<br />

de l‘UNESCO en raison de leur importance historique,<br />

sont confrontées à une menace majeure : la<br />

pollution plastique. Cet archipel isolé, une merveille<br />

de la nature qui a inspiré Charles Darwin pour sa<br />

théorie de l‘évolution, est aujourd‘hui un réceptacle<br />

de déchets plastiques provenant du monde entier.<br />

Il y a là un grand besoin d‘agir, et il est important<br />

d‘agir sans délai.<br />

Sources et effets<br />

Les déchets plastiques arrivent aux Galápagos principalement<br />

de deux sources : des pays lointains via<br />

les courants marins et des pollutions régionales dues<br />

au tourisme et à la pêche. Il en résulte un mélange<br />

de microplastiques – de minuscules particules provenant<br />

de la décomposition d‘objets plus grands<br />

– et de macroplastiques tels que les bouteilles, les<br />

sacs et les engins de pêche. Cette pollution a de<br />

graves conséquences sur la faune et les différents<br />

écosystèmes.<br />

Les animaux marins, comme les tortues, les oiseaux<br />

de mer et les poissons, ingèrent souvent du plastique<br />

qu‘ils prennent à tort pour de la nourriture. Cela<br />

entraîne la malnutrition, l‘obstruction intestinale et<br />

souvent la mort. Les animaux peuvent se prendre<br />

dans de gros morceaux de plastique, ce qui entraîne<br />

des blessures, des noyades ou des asphyxies. En<br />

outre, les déchets plastiques modifient les habitats et<br />

affectent les sites de reproduction et de nidification.<br />

Mesures d‘endiguement régionales<br />

Les communes, les organisations de protection de la<br />

nature et de nombreux bénévoles organisent régulièrement<br />

des opérations de nettoyage des plages<br />

et des fonds marins. Ces efforts sont essentiels pour<br />

éliminer les déchets plastiques visibles et prévenir<br />

d‘autres dommages environnementaux.<br />

Mais il est également indispensable de développer<br />

les installations de recyclage et les campagnes de<br />

réduction des déchets. En encourageant une meilleure<br />

gestion des déchets, les habitants peuvent<br />

réduire considérablement la quantité de plastique<br />

qui se retrouve dans l‘écosystème.<br />

Les déchets plastiques collectés sont mis dans des sacs, © Sofia<br />

Green<br />

En outre, la protection de l‘environnement est intégrée<br />

dans les programmes scolaires, ce qui permet aux<br />

enfants d‘apprendre l‘importance de la préservation<br />

de la nature unique de l‘archipel. Les campagnes de<br />

sensibilisation du public jouent également un rôle important.<br />

Les habitants, mais aussi les touristes, y sont<br />

informés des effets de la pollution plastique et de<br />

l‘urgence d‘adopter un comportement responsable.<br />

Le gouvernement équatorien a pris une mesure courageuse<br />

en interdisant les plastiques à usage unique<br />

tels que les sacs, les pailles et les récipients en polystyrène<br />

sur les îles Galápagos. Cette politique est un pas<br />

important vers la réduction des déchets plastiques.<br />

Des règles plus strictes concernant l‘utilisation des<br />

engins de pêche ont également été appliquées, et<br />

les pêcheurs ont été informés de nouvelles méthodes<br />

de pêche plus respectueuses de l‘environnement,<br />

afin de réduire les filets fantômes ou les lignes et<br />

de promouvoir des pratiques de pêche durables.<br />

Le service des parcs nationaux, en collaboration avec<br />

la station de recherche Charles Darwin et d‘autres<br />

organisations internationales, mène des études scientifiques<br />

afin de surveiller l‘ampleur de la pollution<br />

plastique et d‘analyser son impact sur la faune. Cette<br />

collecte systématique de données aide à développer<br />

des stratégies ciblées pour réduire la pollution.<br />

Déchets plastiques sur les plages des Galápagos, © GCT<br />

10 Galápagos Interne


Des solutions innovantes<br />

L‘utilisation de produits respectueux de l‘environnement<br />

et la création d‘incitations pour les entreprises<br />

et les consommateurs à passer à des alternatives<br />

durables contribuent à réduire considérablement les<br />

déchets plastiques. Il existe aujourd‘hui des technologies<br />

innovantes, telles que les systèmes de nettoyage<br />

des mers, qui permettent de récupérer et d‘éliminer<br />

le plastique dans les mers et le long des côtes.<br />

La situation isolée des Galápagos représente un défi<br />

logistique pour la gestion des déchets et les opérations<br />

de nettoyage. Des efforts financiers continus<br />

et importants sont nécessaires pour maintenir et<br />

étendre ces initiatives. Étant donné qu‘une grande<br />

partie du plastique provient de sources internationales,<br />

une coordination et une coopération plus<br />

globales sont indispensables.<br />

La protection des îles Galápagos contre la pollution<br />

plastique est une responsabilité de la société dans<br />

son ensemble. C‘est pourquoi nous soutenons des<br />

Morceaux de plastique déchiquetés par la mer sur une plage,<br />

© John Fiske, GCT<br />

projets de protection de la nature et de recherche<br />

ainsi que des travaux de nettoyage. Cette aide est<br />

essentielle pour poursuivre à long terme les efforts<br />

de protection de cet environnement unique et riche<br />

en espèces.<br />

En effet, ce n‘est qu‘ensemble que nous pouvons<br />

garantir que les Galápagos restent un paradis naturel<br />

intact pour les générations futures.<br />

Les taxes du parc national augmentent<br />

En mars <strong>2024</strong>, la direction du parc national des Galápagos,<br />

le conseil de gouvernement des Galápagos<br />

et le ministère équatorien du tourisme ont annoncé<br />

une augmentation des taxes du parc national.<br />

La taxe de parc national est une taxe que chaque<br />

touriste doit payer depuis 1998 après l‘atterrissage à<br />

Baltra lors du contrôle d‘identité. Jusqu‘à présent, elle<br />

s‘élevait à 100 USD pour les visiteurs internationaux,<br />

avec des réductions pour les visiteurs des pays du<br />

CAN/MERCOSUR, de l‘Équateur et pour les enfants.<br />

Cette taxe a été augmentée à 200 USD à partir du<br />

1er août <strong>2024</strong>.<br />

Cette décision fait suite à des années de discussions.<br />

La raison en est l‘augmentation massive du nombre<br />

de touristes dans l‘archipel, accompagnée d‘un déplacement<br />

significatif de l‘accent mis sur les croisières<br />

maritimes vers davantage de séjours basés sur la<br />

terre ferme. Cela pousse les systèmes de gestion des<br />

déchets à leurs limites, menace l‘approvisionnement<br />

en eau potable et la sécurité alimentaire et augmente<br />

considérablement le risque d‘introduction d‘espèces<br />

invasives. Fin 2023, l‘UNESCO a salué dans un communiqué<br />

les efforts et les succès de la conservation de<br />

l‘archipel, mais a aussi clairement demandé au gouvernement<br />

équatorien de mettre en place une stratégie<br />

touristique claire avec un plan d‘action d‘ici fin <strong>2024</strong>,<br />

afin de garantir une croissance zéro, un moratoire sur<br />

les nouveaux projets de construction touristique et<br />

une limitation du nombre de vols vers les Galápagos.<br />

L‘augmentation des taxes tient compte de cette exigence.<br />

Les fonds collectés sont directement affectés<br />

à la protection de l‘archipel, à l‘amélioration des infrastructures<br />

et aux programmes communautaires.<br />

En comparaison avec d‘autres parcs nationaux, les<br />

taxes de 200 USD pour les Galápagos sont extrêmement<br />

faibles : elles doivent être payées une seule fois<br />

pour l‘ensemble du séjour jusqu‘à 60 jours, alors que<br />

d‘autres parcs nationaux célèbres comme par exemple<br />

le Serengeti (Tanzanie) ou le Masai Mara (Kenya) exigent<br />

des taxes journalières avec lesquelles un séjour<br />

d‘une semaine coûte déjà plusieurs fois plus cher (voir<br />

tableau ci-dessous).<br />

Veronika Huebl<br />

Galápagos Interne<br />

11


Nouvelles des<br />

Galápagos<br />

Le calendrier des Galápagos 2025<br />

Après avoir trouvé dans nos archives de nombreuses<br />

photos de paysages magnifiques des Galápagos, la<br />

décision était prise : pour l‘année 2025, nous voulons<br />

créer un calendrier consacré aux différentes îles de<br />

l‘archipel.<br />

Comme les photos de paysages sont mieux mises en<br />

valeur en format horizontal, le calendrier sera cette<br />

année à nouveau conçu dans le format horizontal A4<br />

habituel. Cela vous permet d‘admirer chaque mois une<br />

magnifique photo de l‘une des îles les plus populaires<br />

des Galápagos, représentant un paysage à couper le<br />

souffle ou un site touristique très apprécié.<br />

Réjouissez-vous de découvrir de magnifiques photos<br />

de Bartolomé, Española, Floreana, Isabela, Fernandina,<br />

San Cristóbal, Santa Cruz, Rábida, Santa Fé, Darwin,<br />

Seymour et Santiago. En outre, vous découvrirez des<br />

faits intéressants ou des particularités pour chaque<br />

photo. En regardant les photos, vous pourrez vous<br />

remémorer de bons souvenirs de votre voyage là-bas<br />

ou peut-être que cela vous donnera envie de visiter<br />

à nouveau l‘archipel.<br />

souhaitiez l‘offrir à quelqu‘un d‘autre, les photos qu‘il<br />

contient vous permettront de vous rapprocher de ce<br />

lieu de rêve que sont les Galápagos pendant un an.<br />

Nous sommes très heureux de pouvoir proposer cette<br />

année encore le calendrier au prix de 22 CHF (frais de<br />

port inclus). Vous pouvez le commander facilement en<br />

effectuant un virement sur notre compte avec la mention<br />

„Calendrier D“ ou „Calendrier F“ et la quantité<br />

souhaitée. L‘envoi se fera ensuite automatiquement<br />

fin novembre <strong>2024</strong>, comme les années précédentes.<br />

En passant cette précommande, vous vous assurez de<br />

recevoir dans tous les cas fin novembre <strong>2024</strong> le nombre<br />

souhaité de calendriers des Galápagos pour 2025.<br />

Le calendrier Galápagos 2025 est donc certainement un<br />

must pour tous ceux qui s‘intéressent aux Galápagos.<br />

Bien entendu, le calendrier est également un excellent<br />

petit cadeau de Noël ou un présent pour les personnes<br />

qui vous sont chères. Que vous commandiez le calendrier<br />

Galápagos 2025 pour vous-même ou que vous<br />

Découverte d‘une zone de reproduction potentielle pour les requins-marteaux lisses aux<br />

Galápagos<br />

Dans une baie de la partie occidentale des Galápagos,<br />

une expédition de recherche a fait une découverte<br />

importante au début de l‘année <strong>2024</strong> : une zone de<br />

reproduction potentielle pour le requin-marteau<br />

lisse. Cette espèce, classée comme menacée sur la<br />

liste rouge de l‘UICN, n‘avait pas été confirmée dans<br />

la réserve marine des Galápagos depuis vingt ans.<br />

Aujourd‘hui, des jeunes y ont été observés pour la<br />

première fois !<br />

Les chercheurs ont découvert une douzaine de requins<br />

nouveau-nés. Ils ont pu fixer un émetteur satellite<br />

sur l‘un des jeunes plus âgés. Le petit requin<br />

a ensuite séjourné encore deux mois dans la région<br />

où il a été trouvé. Cette découverte sensationnelle<br />

soulève des questions : existe-t-il aux Galápagos des<br />

zones de reproduction pour les requins-marteaux<br />

lisses ? Dans quelle mesure les requins-marteaux<br />

lisses sont-ils menacés ?<br />

Bien que les requins-marteaux lisses soient protégés,<br />

ils sont menacés par la pêche illégale. La découverte<br />

des jeunes souligne la nécessité de renforcer les mesures<br />

de protection et de poursuivre les recherches<br />

afin d‘assurer la survie de cette espèce fascinante.<br />

Requin-marteau lisse bébé, © Sophie Cooke-Greenpeace<br />

12 Galápagos Interne

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