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Supplément gratuit du
Moniteur Automobile
Cover
Stephan Vanfleteren
Une production de
S.A. ProduPress
Avenue de L’Humanité 292
1190 Bruxelles
Éditeur responsable
Bill Stockman
Rédacteur en chef
Serge Vanmaercke
Secrétariat de rédaction
Olivier Maloteaux
Rédaction
Laura Centrella, Jules Gevaert,
Ben Herremans,
Serge Vanmaercke,
Chris Vermuyten
Mise en page
Bert Baekelandt
Images
Thomas LeScrainier
Operational Director
Marc Hootelé
Project Manager Advertising
Emilie Le Blan
eleblan@produpress.be
Service publicité
Frédéric De Cooman
fdecooman@produpress.be,
Frank Debrauwer
fdebrauwer@produpress.be
ÉDITO
Le triomphe des marques
Au début des années 1960, les amateurs d’art, de soupe et de limonade n’ont plus
jamais regardé une boîte Campbell ni une bouteille de Coca-Cola de la même
manière. Andy Warhol (1928-1987) venait d’élever au rang d’art la représentation de
produits de consommation de masse. D’autres marques suivront : Brillo, Pepsi, Heinz,
Marlboro que Warhol flatte autant qu’il n’en dénonce la surconsommation. Au fil des
ans, des labels haut de gamme, eux aussi, se retrouvent à la fois dans les pubs de
magazines glossy et dans des galeries d’art : le même Warhol avec Chanel N°5 ou son
compère britannique Richard Hamilton (1922-2011) avec le logo de Ford, par exemple.
En littérature, une avalanche de noms de marques – essentiellement de mode –
apparut soudain en 1991 dans une œuvre de Bret Easton Ellis : American Psycho. Son
retentissement fut mondial. Giorgio Armani, Hugo Boss, Ralph Lauren, Calvin Klein
y côtoient Hermès, Gucci et autres Jean Paul Gaultier, pour décrire une mentalité
d’élitisme ou de superficialité basée sur le look chez des yuppies des eighties.
Même s’il bat sans nul doute un record d’abondance dans la citation de marques,
Ellis ne fut cependant pas le premier à recourir au procédé. Marcel Proust évoque
Boucheron dans la Recherche, F. Scott Fitzgerald mentionne Rolls Royce dans The
Great Gatsby, Ford est cité chez Ernest Hemingway ou Aldous Huxley…
Inversement, des marques ont recouru assez tôt à des artistes et à des œuvres d’art
pour véhiculer leur publicité ou illustrer leurs produits. Ainsi, le Moulin Rouge à Paris
sollicite Henri de Toulouse-Lautrec dès 1891; le papier à cigarettes Job s’adresse à
Alfons Mucha en 1896 ; les cigarettes Belga, à René Magritte en 1935 ; Yves Saint
Laurent crée des robes de cocktail évoquant des compositions de Piet Mondriaan en
1966 ; Dom Pérignon, de son côté, a récemment associé Jean-Michel Basquiat à son
étiquette, tandis que dans le même groupe (LVMH), en 2017, Jef Koons avait déjà fait
reproduire du Van Gogh, Rubens, Fragonard ou Da Vinci sur des sacs Louis Vuitton.
Pourquoi le luxe se priverait-il du succès récolté par le bas de gamme qui reproduit
à tire-larigot des œuvres de Manet, Monet ou Renoir pour orner chaussettes, mugs,
foulards et autres tote-bags ?
Comme l’art, les médias ne sont pas exempts d’une mise en valeur des marques,
volontaire ou non.
Pour informer et commenter l’actualité des industries en tous genres, des banques,
des partis politiques, des clubs de foot et autres, la presse, même dite sérieuse
contribue, elle aussi, à sanctifier les noms de qui elle parle, pas plus que ne le fait
la presse lifestyle d’ailleurs, axée sur les marques de mode, d’accessoires, de design,
de gadgets, etc. Ce magazine en témoigne.
Il faut bien identifier de qui on parle ! Et puis, c’est bon pour le commerce !
Seuls, peut-être, les thèmes sociaux, environnementaux ou culturels ainsi que les
chats écrasés, sont-ils exempts de labellisations à outrance. Et encore…
C’est un fait : les marques s’imposent toujours plus en réclamant parfois jusqu’à la
place dévolue à un éditorial, voire en monopolisant la une de journaux dits sérieux,
sous forme d’enveloppe, en reléguant la véritable une à la page trois...
Peut-être convient-il à un moment donné d’évaluer jusqu’où on va aller trop loin.
Chacun son produit, chacun son métier, et les vaches seront bien gardées.
Là-dessus, je dépose ma plume.
Serge Vanmaercke
Rédacteur en chef
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3
39
26
32
© Alexandra de Cossette
IDENTITÉ
3 Édito
4 Sommaire
RUBRIQUES
10 Livres
11 Montres
12 Goûts
13 Techno
14 Design
15 Senteurs
PORTRAITS
SOMMAIRE
20 Stephan Vanfleteren
39 Damien De Lepeleire
© Lydie Nesvadba
DESIGN
26 Artisan du cuir
29 Comme sur du velours
48
32 Émaillerie belge
35 Autofiction
MOTEURS
42 Belgian Bikers
VOYAGE
© LC
56
44 Croisière sur le Danube
52 Le Jura : montres,
architecture et absinthe
44
GASTRONOMIE
48 Quatre saisons à Venise
MONTRES
56 Du neuf chez Patek
59 Calendriers perpétuels
PORTFOLIO
62 Secret cars by Mr. François
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4
RADO.COM
MASTER OF MATERIALS
CAPTAIN COOK HIGH-TECH CERAMIC SKELETON
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IBAN BE76 0017 8828 2195, rpm bruxelles. informations environnementales [A.R. 19.03.2004] sur www.renault.be
renault.be
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« J’AIME LE DESIGN INTEM
À LA TÊTE DE LA CÉLÈBRE MAISON NATAN DEPUIS 1983, EDOUARD VERMEULEN CULTIVE L’AMOUR DU RAFFINEMENT,
LE RESPECT DES VALEURS ET LA PASSION DES BELLES CHOSES TOUT EN PENSANT AUX GÉNÉRATIONS FUTURES.
DE KNOKKE À BRUXELLES, LE CRÉATEUR BELGE NOUS A EMMENÉ À BORD DU RANGE ROVER P550E ELECTRIC
HYBRID.
À
l’instar du chef multi-étoilé
Sergio Herman
et du célèbre designer
Piet Boon, Edouard
Vermeulen fait partie de cette
nouvelle génération de leaders
ayant choisi de faire confiance
au quotidien à Range Rover.
« Je suis depuis de nombreuses
années déjà fan de
Range Rover en raison de leur
design intemporel, de leur luxe
inégalé et de leur sécurité »,
précise d’emblée le directeur
de la célèbre Maison Natan,
une icône dans l’univers de la
mode. « Les valeurs de Natan
et de Range Rover sont ainsi
très proches. »
Sur la route nous emmenant
de Knokke à Bruxelles, où se
situent les bureaux et l’atelier
de sa maison de mode,
Edouard Vermeulen profite généralement
du calme régnant
à bord pour faire avec son
équipe par téléphone le point
sur différents dossiers : « Ce
Range Rover m’offre un cocon
dans lequel je peux discuter en
restant concentré, mais aussi
profiter d’un moment de détente
en écoutant du piano. »
CONFIANCE ET DURABILITÉ
Même s’il est attaché à la
tradition, Edouard Vermeulen
est avant tout un entrepreneur
moderne, un parfait représentant
de cette nouvelle génération
de leaders qui apprécient
de laisser s’exprimer les jeunes
talents. Dans son atelier, au
sein duquel fut notamment
imaginée la robe de mariée de
la Reine Mathilde, la liberté de
création est une valeur cardinale.
« Grâce à cette nouvelle
génération, je suis convaincu
que la marque continuera à
exister, même quand je ne
serai plus là », sourit-il.
Grâce à la généreuse autonomie électrique de son Range Rover P550e hybride rechargeable, Edouard Vermeulen peut souvent profiter du silence feutré inhérent à la conduite électrique.
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MILES X RANGE ROVER
POREL DE RANGE ROVER »
Entre Knokke et Bruxelles, Edouard Vermeulen a tout le loisir d’apprécier le confort de son Range Rover.
Un style intemporel et un luxe empreint de discrétion, c’est cela aussi qu’apprécie le créateur de la Maison Natan.
Natan et Range Rover partagent de nombreuses valeurs, à l’instar de la durabilité.
L’une des valeurs communes
partagées par Natan et
Range Rover est assurément
la durabilité. Voici trois ans, la
Maison Natan a introduit dans
sa collection de prêt-à-porter
un nouveau matériau révolutionnaire,
un cuir végétal respectueux
de l’environnement,
à base de cactus, qui s’inscrit
dans une démarche de mode
durable. « Nous considérons
qu’il est de notre responsabilité
de contribuer à la transition
de la ‘fast fashion’ vers une
mode entièrement durable »,
enchaîne avec conviction
notre chauffeur, ardent défenseur
de l’écoresponsabilité.
TOUJOURS SE RÉINVENTER
Pour ses trajets usuels,
Edouard Vermeulen fait appel
à un véhicule parfaitement
en phase avec ses convictions.
Grâce à sa batterie de
38,2 kWh et à une autonomie
électrique réelle de plus de
90 kilomètres, le Range Rover
P550e Electric Hybrid lui
permet d’effectuer la plupart
de ses déplacements à la
seule force des ions et sans
produire la moindre émission.
Aujourd’hui, l’ensemble de
la gamme Range Rover est
disponible en hybride rechargeable
(PHEV). En 2025,
Range Rover présentera aussi
un modèle 100 % électrique.
« J’aime le luxe tranquille, et
cette voiture l’incarne parfaitement
», conclut avec le sourire
notre hôte en garant son
Range Rover devant ses bureaux,
Avenue Louise. « Tout
comme je dois constamment
réinventer Natan, et me réinventer,
Range Rover innove
avec ce véhicule, sans rien
concéder sur le plan de l’expérience
du luxe qui caractérise
tellement la marque. » ■
POUR EN SAVOIR
PLUS, SURFEZ SUR
LANDROVER.BE
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LIVRES
HORS DE L’ORDINAIRE
Un monument disparu en BD, l’homme comme modèle, un superman méconnu, l’onirique sous
le pinceau et comprendre les symboles en peinture : la culture entre rêve, réalité ou cauchemar.
1. DÉCHIFFRER LES CODES Le langage symbolique est par
essence codé. En peinture, il ouvre l’espace de représentation à
ce qu’il ne représente pas. Les symboles sont en effet pourvus
d’un sens littéral et d’un surcroît de sens (chien/fidélité, grenade/
fécondité, balance/justice). Le public contemporain des époques
médiévale, renaissante et classique déchiffrait ces symboles mieux
que nous aujourd’hui. Ce livre richement illustré est donc d’un
grand secours.
Les Symboles Dans La Peinture - Robert Bared – Éditions Hazan
2. ARCHITECTURE ET 9E ART L’intrigue passionne, le style séduit
1
2
3
et les images (de Venise où débute l’histoire à Bruxelles, où aura
lieu le scandale en 1965) empliront les anciens de nostalgie et
les jeunes de curiosité. Bande dessinée axée sur la démolition
malheureuse de la Maison du peuple de Victor Horta à Bruxelles,
l’album regorge, en fin de volume, de documents et informations
sur le bâtiment, l’architecte, l’Art nouveau et Bruxelles comme
capitale de ce mouvement architectural.
Maison du Peuple 65 - Patrick Weber, Baudouin Deville,
Bérengère Marquebreucq - Anspach
3. PEINTRES FREUDIENS Avoir, faire ou voir un rêve ? Que se passet-il
vraiment au-delà des paupières closes du sommeil ? Freud et
autres experts se sont penchés sur le phénomène. Ici l’approche
a lieu via la peinture en tant que signe extérieur d’un inaccessible
vécu. Au croisement de l’interprétation des rêves et de l’analyse
des images, l’auteur tente de rendre visible ce qui est occulté. Ce
livre richement documenté interroge le rêve par le biais de sa
représentation picturale. Un défi. Intéressant.
La Fabrique Du Rêve - Victor I. Stoichita – Éditions Hazan
4. SCIENTIFIQUE HÉROÏQUE En 1932, il effectue avec Auguste
Piccard une ascension en ballon, jusqu’à 17.000 m. Durant la
Deuxième Guerre mondiale, il réalise d’importants sabotages qui
lui valurent la torture et la déportation à Dachau où il échappe
à la chambre à gaz. Après le conflit, il élabore une recherche
nucléaire belge de pointe et participe à des plongées d’essai en
bathyscaphe à -3000 m avec le commandant Cousteau. Max
5
Cosyns (1906-1998) fut ingénieur, biophysicien, physicien atomiste,
médecin et spéléologue. Excusez du peu.
L’incroyable épopée de Max Cosyns - Grégoire Hennebert –
Racine
5. L’HOMME MODÈLE Collectionneur et mécène, Gustave
Caillebotte (1848-1894) était aussi peintre. À l’heure où Manet
peignait des Parisiennes à la mode, Monet des femmes à
l’ombrelle, Degas des danseuses ou Renoir des femmes au bain,
Caillebotte, lui, peignait d’élégants Parisiens, des canotiers, des
raboteurs de parquet ou des peintres en bâtiment. Il promouvait
4
ainsi une masculinité virile très 19e, mais flattait en même temps
le regard d’une minorité alors passée sous silence. Cet ouvrage qui
accompagne une expo à Paris en témoigne.
Caillebotte, Peindre Les Hommes - Scott Allan – Éditions Hazan
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MONTRES
LE TEMPS EN COULEURS ET TEXTURES
Du jean pointu pour une montre japonaise trendy, un éclat de météorite pour associer l’éternel au temps
qui passe pour une marque avec un passé en partie belge, le temps en noir et blanc pour le roi horloger
de la céramique, une lumière bleue pour lire l’heure la nuit comme un aviateur, et de l’acier où on ne
l’attendait pas pour une icône nipponne. Ça bouge, chez les designers horlogers.
1. PIONNIER En 1986, Corum introduisait les premières montres «Météorite».
Cette année, elle remet le couvert dans sa collection Admiral 42 avec deux
modèles dont le cadran, en gris nature ou teinté en bleu, a été taillé dans une
météorite trouvée en Suède et vieille de plus de 4 milliards d’années. Marque
Swiss Made en mains chinoises aujourd’hui, Corum a été dirigée par le Belge
Sylvain Wunderman qui l’a redressée au début des années 2000.
www.corum-watches.com
2. ÉCHEC ET MAT EN NOIR ET BLANC Au fil des ans, Rado s’est imposé dans
le recours à la céramique haute technologie en horlogerie et en enrichissant
régulièrement sa palette de nouvelles teintes. Mais tout a commencé avec
le noir et le blanc. Aujourd’hui, la True Square Limited Edition bicolore rend
hommage à ces deux couleurs avec un cadran à cœur ouvert et des index
diamants blancs et noirs. www.rado.com
3. MODE ET HORLOGERIE Le label japonais Seiko 5 Sports présente
une édition Denham limitée en collaboration avec la marque de denim
néerlandaise pointue dans le secteur de la mode. La lunette, le cadran et
le bracelet sont réalisés dans différentes teintes d’indigo. Le pourtour du
cadran et le bracelet en nylon rappellent les coutures que l’on retrouve sur le
denim. www.seikowatches.com www.denham.com
4. DE JOUR, DE NUIT Investie dans la recherche, notamment en matière de
luminescence, la marque Bell & Ross va au-delà du cadran pour proposer
une montre au boîtier entièrement luminescent. BR-X5 Blue Lum offre une
couleur bleue dans l’obscurité et succède à la BR-X5 Green Lum lancée
l’année dernière. Son composant luminescent est réalisé à partir de fibres
de quartz et de matière luminescente diffusant une lumière vive et teintée.
www.bellross.com
5. ROBUSTE ÉLÉGANCE Casio lance cinq nouveaux modèles G-Shock
dans la série GM-2110, dotés de lunettes octogonales en acier et de cadrans
métalliques colorés : bleu ciel, bleu marine, vert citron, orange et argent.
Le boîtier en résine fine renforcée par de la fibre de verre est recouvert de
métal, avec un profil de 11,8 mm, ce qui en fait la montre la plus fine de la
gamme analogique-numérique de G-Shock. https://gshock.casio.com
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GOÛTS
CÉLÉBRATION DES SAVEURS
Quatre boissons et un dessert festifs pour clôturer 2024 dans cette rubrique
qui célèbre les saveurs pour honorer le délicat palais de nos lecteurs.
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© Estate of Jean-Michel Basquiat.
Licensed by Artestar, New York
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© Lukas Wouters
Wingman Agency
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1. CAFÉ EN FÊTE Pour les fêtes de fin d’année, Nespresso lance une
collection de cafés en édition limitée, élaborée par le chef français Jean
Imbert, qui tutoie et collabore avec des célébrités telles que Pharell
Williams ou Alain Ducasse et sert une clientèle huppée au Monsieur Dior
à Paris. Que pensez-vous d’un ‘Almond Croissant Flavour’ ou d’un ‘Peanut
and Roasted Sesame Flavour’ ? www.nespresso.com
2. VIN BELGO-HONGROIS En 2021, les Gantois Alain et Valérie Bostoen-
Bourdeau lancent à Villány en Hongrie, Artor Winery, dont le nom provient
de la fusion du début et de la fin des prénoms de leurs fils Arthur et
Hector. Deux vins : Arto (60% Merlot, 20% Cabernet Franc, 20% Cabernet
Sauvignon) et Alter by Artor (combinaison de Cabernet Franc et de Syrah)
pour 13.000 bouteilles par an d’un vin qui a séjourné en fût de chêne
pendant minimum 16 mois. www.artor.hu
3. UN NEWYORKAIS À REIMS Dom Pérignon et Jean-Michel Basquiat sont
réunis pour une édition spéciale du Vintage 2015 affichant un tête-à-tête
graphique qui superpose le blason Maison et la couronne à trois branches,
signature de l’artiste new-yorkais. Cette collection Dom Pérignon Tribute
to Basquiat se décline en 3 coffrets: Blue Design, Green Design et Yellow
Design. www.domperignon.com
4. BELGIQUE, PAYS VITICOLE La cuvée Mont des Anges Blanc de Blancs
2021 est un effervescent 100% chardonnay parcellaire, issu des argiles à
silex de Spiennes. Pur fruit de son terroir, il reflète toute la délicatesse et
l’énergie du chardonnay, tout comme la fraîcheur crayeuse et la vibration
du silex. Fruits de mer, chèvre crémeux ou dessert glacé ne demandent
qu’à l’épouser. https://montdesanges.be
5. SUCCULENCE AU CARRÉ L’inventeur revendiqué de la praline belge,
Neuhaus, s’est associé à la Maison Dandoy, souveraine en matière
de spéculoos et autres biscuits haut de gamme belges, pour lancer
«Les Gourmands». Quatre biscuits pour cette nouvelle collaboration :
le biscuit caramel, le sablé pistache, le biscuit Earl Grey et le biscuit
chocolat noir.
www.neuhauschocolates.com & www.maisondandoy.com
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TECHNO
MIEUX : ENTRE BON ET LE MEILLEUR
Dans nombre de secteurs, des créateurs contemporains s’entendent souvent dire que tout a déjà été fait. Si tel était
vraiment le cas, nous vivrions tous dans le même décor et d’une période à la suivante, aucune amélioration
ne se ferait jamais jour. Voici cinq outils qui améliorent résolument le traitement de l’utile et de l’agréable.
1. N’OUBLIEZ PAS DE NAGER Les indications utiles à des activités
aquatiques affichées via app sur l’Apple Watch sont tellement variées
qu’on en oublierait de nager en les consultant. Détection automatique du
type de nage, comptage des longueurs en piscine, nouveau profondimètre
jusqu’à 6 m et capteur de température de l’eau, temps passé sous l’eau…
Selon la marque à la pomme, l’Apple Watch Series 10 est encore mieux
adaptée aux activités en immersion. www.apple.com
2. FORMULES DE JEU Acer lance Nitro Blaze 7, un gameplay rapide et
fluide avec jusqu’à 39 TOPS d’IA au total, jusqu’à 2 To de stockage et 16
Go de mémoire LPDDR5x. La nouveauté est équipée de Ryzen AI et de la
nouvelle application Acer Game Space qui regroupe les titres AAA préférés
dans une seule bibliothèque. Les gamers comprendront. www.acer.com
3. TOUT PROPRE Léger, puissant, compact. Facilement rangeable,
pratique et efficace. Clean it de Rowenta n’existait pas : il a fallu l’inventer.
La boue du jardin sur le tapis du salon ? Les dossier et siège de la chaise de
bureau salis par les ans ? Petit accident sur le matelas du bébé ? Une cure
de rajeunissement pour vos Vans ou Pataugas ? Pulvérisation nettoyante,
brossage (3 tailles) et aspiration font le nécessaire. Il est recommandé de
se familiariser avec l’orientation du pulvérisateur avant de passer à l’action.
Testé et approuvé par Miles. www.rowenta.be
4. COMME DES ENCEINTES Bang & Olufsen lance le Beoplay H100, le
casque le plus performant de la Maison à ce jour portant sur la qualité du
son (qui s’inspire des performances des enceintes Beolab), l’annulation du
bruit numérique, la construction modulaire du casque et son design. Trois
coloris : Infinite Black, Hourglass Sand et Sunset Apricot. Jusqu’à 5 heures
d’autonomie en 5 minutes de charge. Complètement chargé, le Beoplay
H100 offre jusqu’à 34 heures d’autonomie. www.bang-olufsen.com
5. RAPPROCHER L’ÉLOIGNÉ L’objectif Fujinon XF500mm de Fujifilm
combine performances optiques et design compact avec un poids
d’environ 1.335 g. Ce super-téléobjectif à autofocus haute vitesse
silencieux et précis a une longueur focale de 500 mm équivalente à 762
mm en format 35 mm avec une ouverture de F5.6. Il est particulièrement
adapté à la photographie d’oiseaux, d’animaux sauvages et d’avions.
www.fujifilm.com
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DESIGN
SUBLIME SIMPLICITÉ
Si un chat est un chat, en design ce n’est pas le cas, sinon plus aucun designer n’aurait encore
du travail. Certains d’entre eux surchargent leur création pour en affirmer la nouvelle pertinence,
d’autres procèdent par soustraction. Hommage, ici, à ces derniers.
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© ChloéLeReste
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1. PAPIER LUMINEUX (I) Les premiers objets en papier mâché de Marie
Michielsen chez Serax datent de 2018. Sa collection Earth comprend des
dizaines de vases, lampes et autres objets décoratifs. Le lampadaire Earth
en papier mâché transcende sa fonction utilitaire pour devenir une œuvre
d’art dégageant une lumière chaude et diffuse. La lampe est fournie avec
un cordon de deux mètres doté d’un interrupteur à pied. www.serax.com
2. HOMMAGE AU CALCAIRE Depuis sa fondation il y a près de trois siècles,
la Maison de champagne Ruinart s’ancre dans un riche terroir culturel
en invitant des créateurs sensibles au lien nature-culture. L’architecte
japonais Sou Fujimoto s’est penché sur le site du 4 Rue Des Crayères à
Reims, qui se visite au terme d’un parcours qui débute dans Le Chemin
Des Crayères (photo), où le calcaire local est roi et se déploie dans un parc
arboré de 7000 m 2 . www.ruinart.co
3. VALORISER LES CHUTES Entreprise de travail adapté, dont l’objet social
consiste à permettre aux personnes en situation de handicap de trouver
un environnement de travail personnalisé et valorisant, Metalgroup à
Marcinelle, lance la marque Scrap. Ce projet est né de l’envie de réutiliser
des chutes de matériaux, en leur procurant une plus-value apportée par
deux designers belges, Sylvain Busine et Patrick Everaert, qui partagent les
valeurs de cette entreprise. www.scrapdesign.be
4. PAPIER LUMINEUX (II) Pli porte bien son nom. Ce luminaire a été
conçu par la Danoise Felicia Arvid pour l’éditeur de design italien Foscarini.
Le travail d’Arvid est axé sur la simplification du design en associant le
fonctionnel et le décoratif. Mission accomplie avec cette lampe en papier.
www.foscarini.com
5. PORTES OUVERTES Marc Melis et Jean Marc Piron ont ouvert une
nouvelle galerie chez eux à Anvers : Melis & Piron Living Room. Un lieu
pour créateurs d’ici et d’ailleurs, ouvert aux arts visuels, graphisme, design,
architecture, musique et arts de la scène. Piron, lui-même designer (Chine,
Mer du Nord), exposera son travail « Copains » (photo) - des sculptures
douces en tissu - du 5 décembre au 11 janvier prochains. Melis (ex L’Anverre
et Zanotta) : « Pour nous, l’expression créative fait partie de la vie et dans la
nôtre, nous voulons ouvrir un maximum de portes ». Ils ont commencé par
les leurs. www.melispiron.be
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GROOMING
OFFRANDES À SOI
Un soin, une ambiance, des fragrances : voici quelques nouveautés à s’offrir ou à se
faire offrir pour les fêtes de fin d’année. Si vous avez la patience d’attendre jusque-là.
1. ADOUCIR LES BARBUS Pour l’entretien de leur barbe, la marque STMNT,
au logo noir sur noir assez illisible sur certains de ses produits, propose Beard
Oil aux hommes qui la laissent pousser. Quelques gouttes chauffées en
frottant les mains facilitent une répartition homogène pour nourrir les poils
et adoucir des zones rugueuses, tandis que le peignage au peigne dédié
assure une apparence soignée. www.stmntgrooming.com
2. SILLAGE DURABLE Dans sa collection Botanical Rainbow, caractérisée
par une concentration élevée en huiles essentielles pour un sillage durable,
Loewe lance 7 Elixir. Ce nouveau parfum, le neuvième de la collection,
combine des notes intenses de patchouli avec des baies de poivre rouge et
de l’ambre accompagnant l’accord de base complexe et résineux de la ciste
sauvage d’Espagne, ADN olfactif de la marque. www.loewe.com
3. SPIRITUEUX AU PARFUM L’acteur britannique Lucien Laviscount est
l’ambassadeur du nouveau parfum Kilian, Old Fashioned. Le jus a été élaboré
avec des accords de whisky inspirés par le goût d’un single malt de 18 ans
d’âge. « Lucien incarne parfaitement la fusion du charme britannique et de
la sophistication française, l’essence même d’Old Fashioned », selon Kilian
Hennessy qui a avait déjà créé un parfum Angel’s Share, également inspiré
par le monde des spiritueux. Avec ce nom-là… www.bykilian.fr
4. BELGE ET DURABLE La marque belge de soins et bien-être Rituals
Cosmetics lance son édition limitée pour l’hiver : The Alchemy. Des produits
pour la maison et le corps, enrichis d’ambre et de myrrhe. La collection
célèbre la synergie entre la terre, les étoiles et les éléments naturels. Elle a été
conçue dans un souci de durabilité avec des conditionnements en verre et en
aluminium recyclables. www.rituals.com
5. CADEAU HORLOGER Dans le cadre du programme Made of Makers, Jaeger-
LeCoultre lance trois parfums élaborés par le nez français Nicolas Bonneville.
Destinés aux clients, ils évoquent des aspects de la marque horlogère.
« Les Histoires Intemporelles » s’inspire de l’univers culturel de la Reverso.
« L’odyssée Céleste » rend hommage aux trois corps qui fascinent les horlogers :
la lune, le soleil et les étoiles. Et « Le Pionnier De La Précision » incarne la quête
perpétuelle d’exactitude chronométrique. www.jaeger-lecoultre.com
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La Coupe de l’America, c’est l’histoire
d’un défi. Un défi dont le premier
chapitre s’écrivit voici quelque
173 ans. En 1851, en pleine ère victorienne.
Sur toutes les mers du globe,
la marine britannique régnait en maître.
En marge de l’Exposition universelle de
Londres, organisée au cœur de l’emblématique
Crystal Palace, dans Hyde
Park, le Royal Yacht Squadron décida
de mettre sur pied une régate. Fondé
quelques années plus tôt, le New York
Yacht Club choisit de relever le défi face
aux navires britanniques, engageant
dans cette course de prestige autour de
l’île de Wight, au large de Southampton,
une goélette sobrement baptisée America.
Et à la surprise générale, surtout
des Britanniques, et sous les yeux de
leur plus illustre représentante, la Reine
Victoria, c’est l’équipage américain qui
remportait cette régate.
Six ans plus tard, le New York Yacht
Club remettait le trophée en jeu, instituant
pour l’occasion des règles aussi
immuables qu’opaques accordant aux
détenteurs du titre une liberté quasi-totale
sur le déroulement de la course
et les conditions dans lesquelles les
« Challengers » pourraient tenter de
décrocher le graal. L’avantage accordé
au détenteur du titre allait permettre aux
Américains et au NYYC de conserver le
trophée sans discontinuer durant 132
ans, jusqu’en 1983 ! Après 24 victoires
consécutives, le New York Yacht Club
cédait cette année-là le titre au Royal
Perth Yacht Club et à son bateau, Australia
II.
L’HONNEUR DE L’EUROPE
Depuis cet intermède australien, les
victoires sur l’America’s Cup ont été partagées
entre deux grandes nations de
la voile, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande.
À l’exception de l’édition de 2007,
remportée par les Suisses d’Alinghi.
Pour cette édition 2024, la France effectuait
son retour avec l’Orient Express
Racing Team, défendant les couleurs de
la Société Nautique de Saint-Tropez. La
patrie d’Éric Tabarly, Olivier de Kersauson,
Florence Arthaud, Loick Perron,
Isabelle Autissier ou encore Franck
Cammas pour ne citer qu’eux renouait
ainsi avec la tradition puisque nos voisins
furent, entre 1970 et 2007, la seule
nation avec les États-Unis à avoir pris
part à chacune des éditions de l’America’s
Cup. Pour le défi français, une seule
et unique ambition : ramener à moyen
terme cette coupe en Europe !
À LA CONQUÊTE DE
L’AMERICA’S CUP
ÉVÈNEMENT À LA PORTÉE RÉELLEMENT PLANÉTAIRE, L’AMERICA’S
CUP EST TOUT SIMPLEMENT LE PLUS ANCIEN TROPHÉE SPORTIF
INTERNATIONAL. SA NAISSANCE REMONTE À 1851. PLONGÉE DANS
UN UNIVERS DE HAUTE TECHNOLOGIE ET DE DÉFIS AVEC L’ORIENT
EXPRESS RACING TEAM, SOUTENU NOTAMMENT PAR ALPINE.
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MILES X ALPINE
1
Grâce à sa victoire lors de la précédente
édition de l’America’s Cup, qui s’était
tenue en 2021 à Auckland, le Emirates
Team New Zealand – le « Defender » –
avait la liberté de choisir, en compagnie
du premier yacht club à le mettre au défi
– le « Challenger of Record » – la date
et le lieu de la remise en jeu du trophée.
Plutôt que de répondre aux sirènes
sonnantes et trébuchantes de la péninsule
arabique, les Kiwis avaient jeté leur
dévolu sur le port olympique de Barcelone,
ravie de pouvoir accueillir de août
à octobre le 37e opus de ce prestigieux
événement à l’aura planétaire.
HAUTE TECHNOLOGIE
Mobilisant quelque 120 personnes depuis
plus de douze mois, le défi français
recevait le soutien de grands partenaires
défendant avec vigueur les couleurs de
l’Hexagone, comme le groupe Accor,
propriétaire désormais de la marque des
trains de luxe Orient Express, le groupe
L’Oréal ou encore Alpine, qui retrouvait
dans ce projet de nombreuses similitudes
avec ses valeurs.
Véritable F1 des mers, construit en Bretagne,
l’AC75 de l’Orient Express Racing
Team est un condensé de technologies
de pointe. Mesurant près de 23 mètres
de long et doté d’un mât de 26 mètres
soutenant les 229 m2 de voiles, ce
monocoque à foils pèse à peine plus de
6 tonnes grâce à l’emploi de matériaux
légers, comme le carbone et l’aluminium.
Bardé d’électronique et comme les F1
ou les Hypercars d’Alpine engagées en
Championnat du Monde d’Endurance,
l’AC75 est le fruit du travail de dizaines
d’ingénieurs, spécialisés ici dans les
composites, l’hydrodynamique ou encore
l’analyse des données.
DES PILOTES ET DES… CYCLISTES
Pour cette édition 2024, les équipages
des AC75 ont été réduits de 11, comme
en 2021, à 8 membres. Répartis sur deux
lignes, à tribord et à bâbord, avec une
cellule avant et une cellule arrière. À
l’avant, les deux régleurs ont pour mission
de contrôler le vol du bateau, en gérant
les foils et les flaps qui créent la portance
et donc la montée ou la descente
du bateau. Derrière eux dans la cellule
avant, les barreurs sont les pilotes du
bateau, l’un contrôlant la direction tandis
que l’autre, selon la position, analyse le
plan d’eau et gère l’aspect tactique.
Si barreurs et régleurs sont avant tout
des spécialistes de la voile et du nautisme,
la cellule arrière accueille pour sa
part un autre genre de sportifs accomplis
: des cyclistes, des avironnistes ou
des champions de crossfit pour l’Orient
Express Racing Team. Leur mission ? Pédaler
le plus vite et le plus fort possible
quand cela est nécessaire afin de générer
l’énergie nécessaire pour entraîner la
pompe hydraulique qui gère l’ensemble
des vérins commandant tout ce qui se
trouve au-dessus du pont. Sans eux,
régler la voile ou pivoter le mât serait
mission impossible. Reliée par un système
de communication afin de coordonner
ses efforts, cette équipe de quatre
« Power Sailors » est même dédoublée
afin de leur permettre de récupérer entre
les régates. En effet, l’effort réclamé est
comparable à l’ascension finale d’un col
alpin… au sprint.
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ET MÊME UN SIMULATEUR
À la fois épreuve d’adresse, de pilotage,
d’audace, d’endurance et de vitesse – les
bateaux pouvant atteindre plus de 50
nœuds, soit près de 100 km/h –, l’America’s
Cup se prépare aussi désormais
dans une salle fermée, sur un simulateur.
Et même deux puisque l’Orient Express
Racing Team avait amené à Barcelone
deux simulateurs faisant appel notamment
à la réalité virtuelle pour son AC75
et l’AC40 utilisé pour la compétition
féminine – une nouveauté en America’s
Cup – et celle dédiée aux jeunes de 18 à
25 ans.
Afin de pouvoir affronter en Finale
l’équipe néo-zélandaise, le Defender
étant automatiquement qualifié pour
l’ultime duel, il fallait d’abord remporter
la Coupe Louis Vuitton, qui opposait
l’ensemble des Challengers. L’Orient
Express Racing Team devait baisser pavillon
face à la très expérimentée équipe
INEOS Britannia. Le bateau du Royal
Yacht Squadron allait ensuite à son tour
s’incliner face à Taihoro, le monocoque
néo-zélandais, lors d’une édition très
animée de cette prestigieuse America’s
Cup. Désormais, pour les 120 membres
du défi français, tous les regards sont
2
MILES X ALPINE
1 › Véritables F1 des mers surfant
sur leurs foils au-dessus de l’eau,
les monocoques AC75 filent souvent
à plus de 90 km/h.
2 › La cellule arrière de l’AC75
de l’Orient Express Racing Team
est occupée par des… cyclistes.
tournés vers la prochaine étape, la 38e
édition de la Coupe de l’America. Où
et quand ? La décision sera prise dans
quelques mois par Emirates Team New
Zealand et son Challenger of Record, le
Royal Yacht Squadron britannique. Un
nouveau défi s’annonce. ■
ALPINE PARTENAIRE DE L’OERT
L’agilité, l’aérodynamique, l’esprit d’équipe, la recherche
continue de la performance et la mobilisation des moyens
technologiques et humains ne sont pas les seules valeurs
communes à l’Orient Express Racing Team et à Alpine,
l’un des partenaires majeurs du projet français sur l’America’s
Cup. « Exprimer le savoir-faire à la française figure
aussi parmi les priorités de notre marque », précise Julie
D’Hauwers, la jeune Country Brand Manager d’Alpine
Belux. « Ce partenariat est parfaitement complémentaire
avec nos nombreux engagements en compétition automobile,
comme la Formule 1 ou encore le WEC, le Championnat
du Monde d’Endurance. »
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PORTRAIT
STEPHAN VANFLETEREN
MAÎTRE ANCIEN DE LA
PHOTO CONTEMPORAINE
Dans son atelier, dans la ville et la nature ou sur le terrain des événements : depuis plus de trois décennies,
Stephan Vanfleteren (°1969) photographie la mer, la mort et la vie, le bonheur et la misère. Il a portraituré les
plus grands de ce monde : des pêcheurs de la mer du Nord au petit peuple carolo, en passant par Stromae,
Michael Haneke ou autres Kevin De Bruyne. Le Hangar à Bruxelles lui consacre une expo géante.
Serge Vanmaercke
© Stephan Vanfleteren
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L’attrait de Stephan Vanfleteren pour la
lumière s’est manifesté dès l’adolescence,
en promenade dans les dunes
autour de la maison parentale à la côte
belge. Une fois écartée définitivement,
vers 16-17 ans, la tentation de devenir
architecte céda d’emblée la place à la
volonté de devenir photographe. « La
photographie m’attirait d’autant plus qu’elle permet
de travailler seul, d’être flexible tout en étant axée
sur l’image, la forme, les proportions. J’ai très vite
été conscient qu’elle constituerait ma voie ». Après
Sint-Lukas à Bruxelles, Vanfleteren a fait ses premières
armes dans les rues de Bruxelles poursuivant
sa pratique sur les chemins du photojournalisme au
journal De Morgen, avec des publications dans Le
Monde, Die Zeit et autres supports. Plusieurs fois primé,
notamment à six reprises au réputé World Press
Photo, il a photographié les joies et les misères de ce
monde, avec non seulement une technique d’expert
mais aussi avec un cachet personnel et une empathie
qui lui ont valu la reconnaissance sur le plan national
et international.
Mais, aussi inconfortables qu’étaient les sujets et les
circonstances dans lesquelles il pratiquait son métier
de photojournaliste, autant la reconnaissance
dont il faisait l’objet l’avaient placé dans une zone de
confort qui n’était plus son truc.
Golf, Noordzee
(Vague, Mer du Nord) -
« … une consolation pour
les uns, l’évocation d’une
idée, d’une émotion ou d’un
souvenir pour les autres. »
© Stephan Vanfleteren
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© Stephan Vanfleteren
Swan, Veurne, Belgium (Cygne,
Furnes, Belgique) – « La mort est
très présente dans mon travail.
Pas uniquement à travers
les natures mortes d’ailleurs. »
« J’occupais un poste très attrayant et après dix ans,
j’avais déjà atteint un sommet dans ma carrière au
Morgen, où j’étais respecté et où je gagnais correctement
ma vie. Mais j’ai décidé d’arrêter pour « recommencer
». J’ai souvent envie de recommencer.
Par exemple en choisissant un thème inconnu pour
le découvrir avec une intensité nouvelle. Que ce soit
la ville Charleroi, des surfeurs, le Mur de l’Atlantique…
autant de sujet auxquels je m’adonne de manière obsessionnelle
et presque de façon maniaque. Si un jour
cette intensité ne m’habite plus, ce sera terminé pour
moi. Le projet qui m’occupe actuellement me fera à
nouveau ressortir de mon atelier. La façon dont la lumière
tombe, dont elle est absorbée et reflétée ainsi
que la couleur, seront des éléments très importantes
dans ce travail. »
Maître en son art
Stephan Vanfleteren est un photographe que, paradoxalement,
l’on placerait volontiers aujourd’hui entre des
grands maîtres de la peinture, un art dont son œuvre
est pourtant totalement indépendante. La tentation
est grande de le situer entre des peintres avec lesquels
il a à la fois tout et rien à voir : pour la forme, l’ancien
maître José de Ribera (1591-1652), par exemple, qui marie
ténèbres et lumière rasante dans son clair-obscur ;
et pour le fond, le contemporain Michaël Borremans
(°1963), par exemple, qui confère à une réalité figurative
le mystère du cérémonial.
Ensemble, ces trois artistes partagent tous ces aspects
dans des proportions qui leur sont propres.
Si l’œuvre photographique de Stephan Vanfleteren
fait penser à ces artistes peintres et à d’autres encore,
comme Rembrandt, Caravaggio ou Zurbaran, elle ne
constitue en rien un sous-genre de la peinture.
Le hasard fait bien les choses. Pour vous en convaincre :
ces trois noms figurent à l’affiche d’importantes expositions
cet hiver.
Vanfleteren, avec « Atelier » jusqu’au 21 décembre au
Hangar à Bruxelles donc, et avec « Pèèrdevisschers » au
Navigo à Oostduinkerke jusqu’au 4 janvier 2025. Ribera
jusqu’au 23 février 2025 au Petit Palais à Paris, et Borremans
jusqu’au 23 mars 2025 au Musée Voorlinden à
Wassenaar.
L’exposition Atelier de Vanfleteren à Bruxelles réunit 12
ans de travaux réalisés, pour la quasi-totalité, dans la lumière
naturelle de son atelier à Furnes, qui mesure 60
m2 et est tapissé de toiles grises exposées à la lumière
du sud. Cette expo géante présente en taille réelle –
souvent grand format – une large sélection des photos
parues récemment dans un livre éponyme paru chez
Hannibal Books.
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© Stephan Vanfleteren
Le monde invité à l’atelier
Dernièrement, comme en témoignent les photos de
l’exposition au Hangar à Bruxelles et du livre Atelier,
Vanfleteren ne s’est plus déplacé dans le monde : il
a fait entrer le monde dans son propre lieu de travail,
où il le met en scène avec sobriété et sophistication,
de manière quasi-théâtrale, comme pour un rituel
cérémonial dans un décor gris saupoudré de lumière
naturelle.
Miles – Par rapport aux décors naturels, un atelier offre
moins d’espace et de profondeur : un défi ou un atout ?
Stéphan Vanfleteren - « Travailler dans un atelier aux
dimensions réduites et avec une lumière naturelle provenant
du sud, implique des limitations que je revendique,
que j’accueille à bras ouverts, que je maudis, que
je hais même parfois. Mais je suis le plus souvent heureux
de disposer d’un flux de lumière que je ne contrôle
pas. Car avec une lumière artificielle sur pied, un photographe
qui connaît son métier sait à l’avance quel résultat
il va obtenir, ce qui n’est pas ma manière de faire.
Un ciel couvert, la pluie, puis un soleil à telle hauteur et
sous tel angle à telle heure en telle saison… et tout qui
change dix minutes plus tard : fantastique ! Tout cela a
un effet sur ce que je photographie. Je m’arme de patience
et de silence en fonction de la lumière.
M - Votre style est reconnaissable à travers les genres
que vous pratiquez.
SV - Le fil rouge qui traverse mes photos depuis le début
est une réponse positive à la question de savoir si,
en tant que photographe, je peux faire un travail pertinent
pour moi-même et pour d’autres à l’endroit où
je me trouve. Si la réponse est non, je passe. Vers 18-20
ans, j’ai d’abord voulu être photographe de rue pour
devenir ensuite photo-reporter au Morgen, ce qui a
évolué vers des reportages ou des thèmes destinés
aux suppléments du week-end, puis des portraits…
Mon travail a toujours évolué : dans ma manière de regarder
les choses, mais aussi de retourner parfois à ce
que j’avais déjà fait, comme ce fut le cas en 2015 avec
mon travail pour l’expo au Musée de la Photographie
de Charleroi et le livre (Ed. Hannibal) qui l’accompagnait
: ‘Charleroi – Il est Clair que le Gris est Noir’. Là, il
a fallu me réhabituer à régler et déclencher vite avec
une petite caméra reflex. Au début, j’étais toujours
trop tard, je ratais tout, j’avais perdu la main comme
photographe de rue. Mais après quelques semaines,
les automatismes sont revenus pour me permettre
d’oublier la technique et m’occuper de capturer ce
que je voulais dans mon champ de vision. Avec le projet
Atelier, je crois être allé le plus loin que je pouvais,
dans le sens où je prends le temps qu’il me faut. Je ne
Atelier – « La lumière qui se pose
sur un sujet-objet de mon atelier
y arrive vieille et fatiguée après
un parcours de plus de huit
minutes depuis le soleil. »
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© Stephan Vanfleteren
© Peter Cox, courtesy Zeno X Gallery, Antwerp
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me gêne pas par exemple pour photographier simplement
une tache de lumière sur une toile grise et
me dire : voilà ma photo. Pareil pour la photo d’une
vague en mer. Le contenu de ces images justifie amplement
pour moi la volonté de les partager. Elles seront
une consolation pour les uns, l’évocation d’une
idée, d’une émotion ou d’un souvenir pour les autres.
Je laisse plus de place aujourd’hui pour qu’émergent
des émotions devant mon travail.
M - D’où vous est venue l’envie de devenir photographe
?
SV - J’ai été élevé à la mer. En été : la joie, le monde, la
fête avec les touristes. En hiver : le silence, la mélancolie,
la solitude, le vide. Ce que j’ai toujours vécu intensément
quelle que fût la saison. J’ai toujours eu une
veille âme en moi. Je peux être très joyeux, mais mes
tristesses, mélancolies, préoccupations ou même mes
irritations me sont très utiles dans mon métier, notamment
pour donner une signification à mes images. En
hiver, je me promenais pendant des heures dans les
dunes et j’observais déjà leurs transformations, leurs
déplacements en fonction du vent et des tempêtes.
J’étais sensible aux différences de lumière selon que
je me trouvais sur la plage pour regarder l’intérieur du
1. Large Rocket, 2019 de Michaël
Borremans Collection Museum
Voorlinden.
2. Marius– Fisherman (Pêcheur),
Stephan Vanfleteren.
3. Ticio de José de Ribera.
4. Corpus (Wim Vanlessen),
Stephan Vanfleteren.
pays ou au sommet d’une dune pour regarder la mer.
Cela a assurément eu un impact sur ma capacité à
voir et à regarder : bien plus que mon éducation à la
maison ou mes études.
Gratitude pour la lumière
Ilja Leonard Pfeijffer, (Grand Hôtel Europa en 2021 et
La Superba en 2017 chez Actes Sud), auteur néerlandais
ami de Vanfleteren qui l’a portraituré et a réalisé
les couvertures de ses derniers livres, a préfacé le
livre Atelier de Stephan Vanfleteren en insistant sur
l’approche particulière de la lumière chez son ami
photographe. « Par un contrôle total de la composition
de ses sculptures de lumière, Vanfleteren poursuit
la recherche entamée depuis des siècles par les plus
grands peintres. (…) Pour la majorité des gens de la rue,
les photos sont un rendu de la réalité, qui figent et
fixent pour l’éternité un moment fugitif. À cette opinion
généralement admise, il n’existe pas de réfutation
plus radicale que les photos d’atelier de Vanfleteren
réunies dans ce recueil. Rien n’est plus éloigné
de la spontanéité pétrifiée des instantanés que ces
miroirs de la lumière des maîtres anciens, soigneusement
pensés et composés jusque dans les moindres
détails. »
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M - Pfeijffer souligne votre approche particulière
de la lumière et vous parlez vous-même souvent de
« vieille » lumière. Pourquoi ?
SV – D’abord, au sens littéral, la lumière qui se pose
sur un sujet-objet de mon atelier y arrive vieille et fatiguée
après un parcours de plus de huit minutes depuis
le soleil. Mais la notion de vielle lumière est surtout
importante pour moi à un autre niveau. Je ne me
compare pas du tout à eux, mais quand je me trouve
devant un Carvaggio, un Ribera ou un Rembrandt, je
vois, je ressens, je reconnais quelque chose que je vois
aussi dans mon atelier en photographiant un nu ou un
portrait. Avec une même sorte de lumière que celle
perçue par ces artistes dans leurs ateliers aux siècles
passés. Cette lumière qui pénètre mon atelier en 2024
et qui établit une connexion avec un artiste qui en faisait
quelque chose également, il y a 300 ou 400 ans,
me procure une sensation très particulière.
« JE NE ME COMPARE PAS DU TOUT
À EUX, MAIS QUAND JE ME TROUVE
DEVANT UN CARVAGGIO, UN RIBERA
OU UN REMBRANDT, JE VOIS, JE
RESSENS, JE RECONNAIS DANS
LEURS TABLEAUX QUELQUE CHOSE
QUE JE VOIS AUSSI DANS MON
ATELIER EN PHOTOGRAPHIANT UN
NU OU UN PORTRAIT. »
M - On se promène librement dans une exposition.
Dans un livre, on suit le plus souvent un ordre au
fil des pages. La dernière image du livre Atelier
représente une table recouverte d’une toile grise
sur laquelle repose l’ombre d’une silhouette
humaine, comme sur un catafalque. Pourquoi cette
image à cet endroit ?
SV - Je trouvais que c’était une belle manière de
conclure le livre. Dans mon travail, les tables font souvent
office d’autel. La mort est très présente dans mon
travail. Pas uniquement à travers les natures mortes
d’ailleurs. La photographie est un media qui est très
proche de la mort parce que dès qu’on a photographié
quelque chose, cette chose n’est déjà plus. La
photographie ne suscite aucune attente projetée
dans l’avenir. Elle est ce qu’elle est et restera ainsi. n
www.stephanvanfleteren.be
3
4
© Stephan Vanfleteren © Museo Nacional del Prado
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ARTISANAT
DE L’AGILITÉ D’ESPRIT
À L’INTELLIGENCE DE LA MAIN
Thomas Lescrainier (43) est un maroquinier-garnisseur unique en son genre. Il pratique le point
sellier, devenu de plus en plus rare, pour des produits en cuir de qualité, avec un côté brut raffiné.
Rencontre dans sa boutique-atelier dans les Marolles à Bruxelles.
Jules Gevaert
Voilà un joyeux bordel dans cet ancien
cabinet de curiosités où régnaient
jusqu’il y a 4 ans, masques,
amulettes et autres gris-gris. Thomas
Lescrainier y a installé son
atelier où il aligne dans le désordre
les projets en attente, en cours et
terminés, parmi des outils dont la
nomenclature constitue dans sa bouche un véritable
poème. Des luminaires, corsets, ceintures, sacs ou fauteuils
y côtoient des coupes de cuir provenant d’une
des deux tanneries dignes de ce nom subsistant en Belgique
: Radermecker, à Comines-Warneton.
Thom commence par nous expliquer la différence entre
le point sellier et la couture machine en maroquinerie.
Le premier est peu pratiqué de nos jours. Il fait encore
la réputation de Hermès. Et chez Delvaux – fierté belge
dans l’industrie du luxe – on y recourt toujours pour certaines
finitions, rapporte Lescrainier.
« La couture machine consiste à amener avec une aiguille
le fil du dessus du cuir vers le dessous tandis qu’un
crochet emmène le fil d’en haut autour du fil d’en bas,
de sorte que les deux fils vont s’accrocher l’un à l’autre.
Si par accident, on fait sauter le fil le long d’un point,
quel que soit le côté, tout s’ouvre et se défait. Ce qui n’est
pas possible avec un point sellier parce que là, on coud
avec un seul fil, sur les deux bouts duquel on va monter
une aiguille, et on va faire se croiser – voire nouer – les
deux bouts du fil à chaque point pré-percé. Ici, en cas
d’accident, deux à trois points peuvent éventuellement
se défaire, mais pas toute la couture. Le point sellier est
donc plus solide et durable. »
Outils spécifiques
Sur la table de travail de Thom, on trouve des cutters
pour couper le cuir sur un tapis de coupe, des roulettes
qui marquent le cuir pour y indiquer les points où le percer
à l’aide d’une alène et d’un maillet sur un martyr en
nylon, en bois ou un cuir à semelle épaisse. Plus loin, un
compas à pointes sèches pour indiquer les points sur
des morceaux de cuir en courbe… Par le passé, les fils à
coudre pour la maroquinerie étaient en lin câblé. Mais
Thomas Lescrainier utilise aujourd’hui du fil en polyester,
plus propre et plus solide, qui résiste à l’humidité et aux
rayons UV, et qui ne se dessèche pas.
Pour le cuir, notre artisan choisit un tannage végétal,
parce que bien qu’il soit plus sensible que le tannage
minéral au chrome, il offre en revanche une belle patine
en vieillissant. Cette préférence n’est pas étonnante
quand on observe les créations de Lescrainier qui, à
côté de l’expertise avec laquelle elles sont réalisées, présentent
un côté brut raffiné.
« Wabi Sabi est un terme japonais référant à la perfection
qui réside dans l’imperfection », aime-t-il à évoquer
à ce propos. Pour Lescrainier « une création peut être
sobre, voire brute sans finition impeccable, mais elle
doit être de qualité, solide et durable pour s’embellir à
l’usage. » On verra par exemple rarement un sac à main
doublé, signé Lescrainier.
Éventail de créations
1
3 4
Outre des créations de formats divers, allant de la petite
maroquinerie à des canapés 5 places en passant
par des sacs à main, des menus de restaurant, des
sangles pour accordéons ou autres instruments de
musique, des lustres, abat-jours, plafonniers, appliques,
etc., notre artisan se charge aussi de restaurations et
il travaille avec des architectes d’intérieur pour réaliser
comptoirs, vitrines, ou lobbies d’entreprise. Il modifie
1. Lescrainier est un des rares
maroquiniers et garnisseurs
à pratiquer le point sellier,
garantie de solidité et de
durabilité dans le haut de
gamme.
2+3+4. Exemples des créations
réalisée avec une grande
expertise, mais qui laisse au cuir
la capacité de s’exprimer jusque
dans ses imperfections pour
s’embellir avec le temps.
5. Thomas Lescrainier, un artisan
maroquinier atypique dans son
atelier des Marolles, à Bruxelles.
2
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5
POUR LESCRAINIER « UNE CRÉATION PEUT ÊTRE
SOBRE, VOIRE BRUTE SANS FINITION IMPECCABLE,
MAIS ELLE DOIT ÊTRE DE QUALITÉ, SOLIDE ET
DURABLE POUR S’EMBELLIR À L’USAGE. »
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aussi des selles de moto selon le gabarit du motocycliste
ou place des sièges en cuir véritable
dans des voitures haut de gamme qui ne sont
pas toutes partisanes, comme l’est Bentley par
exemple, d’un travail supérieur du cuir pour leur
habitacle.
Des commandes hors de l’ordinaire ? Pas de
soucis ici. Corsetterie en cuir, harnachement –
brides, harnais etc. pour ces messieurs-dames…
Même le théâtre de la Monnaie s’y intéresse pour
la scène. Théâtre, cabaret burlesque et fantaisies
sado-macho trouvent un intérêt certain dans la
sensualité du cuir qui, selon Thomas Lescrainier,
deviendra « le » matériau à la mode chez les
amateurs.
Parcours atypique
Si les études supérieures de Thomas Lescrainier
n’étaient pas étrangères au monde de l’art ou de
l’artisanat, ses formations de caméraman et directeur
photo à l’IAD à Bruxelles ou de création
publicitaire à Saint-Luc, suivies d’une spécialisation
en color management, ont abouti à un
gagne-pain bienvenu pendant quelques années,
mais n’ont évidemment pas conduit directement
à un atelier de maroquinerie.
L’ambiance atelier ne lui était pas moins familière
pour autant. Adolescent, Thom aimait à rejoindre
son père, directeur d’industrie chez British Leyland
à Seneffe, où il a connu des mécaniciens et
des formeurs de carrosserie. « J’étais déjà fasciné
par l’esprit atelier à l’époque », dit-il.
C’est en aidant sa femme artisan de la mode qui
a une marque propre - Nuage d’Automne - avec
des tissus d’origine organique comme la soie, le
chanvre, le lin ou le coton et des teintures végétales,
que tout a commencé. Lescrainier avait en
effet appris à coudre en faisant des ourlets pour
des robes de mariées. Cycliste assidu et amateur,
il s’est dans la foulée cousu des sacs et sacoches
pour vélos. Il s’est essayé au cuir, mais par rapport
aux tissus, l’approche n’est quand même pas
Parmi les commandes atypiques, des corsets,
harnachement et autre fantaisies pour
soirées galantes ou spectacles burlesques.
tout à fait la même. Le cuir l’intéressait. YouTube
l’a quelque peu aiguillé mais il a surtout dû se
débrouiller seul avec des livres et des outils rudimentaires,
le plus souvent trouvés aux puces de
la Place du Jeu de Balle, à Bruxelles.
Il a fait ses premières armes avec des cuirs de récupération,
comme des canapés abandonnés sur
le trottoir, par exemple. Sa première création, il y
a 12 ans, fut un petit portefeuille. Il est toujours là !
Sans compromis
L’homme a persévéré. Il a tout appris seul. Il a acquis
plus d’outils et de machines. Et puis un jour,
il s’est acheté une première peau neuve à la tannerie
Radermecker : environ 2 m2 pour 350 €. De
quoi faire des ceintures, qu’il a vendues d’abord à
son entourage. Et puis, petit à petit, les créations
et les clients se sont multipliés. Mais pas à n’importe
quel prix ! Lescrainier est un homme scrupuleux
: quand il prévoit qu’il ne pourra pas réaliser
une commande à la perfection, il la refuse.
Pas de compromis possible !
Pas de boutique en ligne non plus. Vous passez
chez lui dans les Marolles ou visitez son compte
Instagram @lscrnr.
Les principaux atouts de notre artisan maroquinier-sellier
et garnisseur ?
La rareté de son activité à Bruxelles et même en
Belgique ; l’excellence à laquelle il est parvenu ;
et sa situation dans les Marolles « un quartier qui
brasse une clientèle très intéressante de connaisseurs
avec un pouvoir d’achat en conséquence ».
Mérite le détour. n
lscrnr.com
THÉÂTRE, CABARET BURLESQUE ET
FANTAISIES SADO-MACHO TROUVENT
UN INTÉRÊT CERTAIN DANS LA
SENSUALITÉ DU CUIR.
Selles de motos pour gabarits
atypiques ou sièges de voiture haut
de gamme dont le cuir est absent
en livraison standard.
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28
DESIGN
AVEC DES YEUX DE VELOURS
MARC VAN HOE AU MUSÉE HORTA
Jusqu’au 30 juin 2025, l’opulence et la beauté du textile s’exposent au Musée Horta à Bruxelles. Quatre grands
concepteurs – Louisa Carmona, Flore&Pauline Fockedey, Elise Peroi et Marc Van Hoe – s’emparent
de la beauté et de la chaleur du velours. Marc Van Hoe nous guide à travers tant de splendeur.
Chris Vermuyten
Avec l’Art nouveau, dont il est
l’un des principaux concepteurs,
Victor Horta a apporté
beaucoup de légèreté et de
joie de vivre à l’architecture du
début du XXe siècle, reflétant
en partie l’économie florissante
de l’époque. Les classes aisées
aspiraient à la gaieté et savaient l’apprécier. Les styles
architecturaux lourds et pompeux étaient donc abandonnés
au profit de courbes joyeuses et de légèreté
absolue : l’Art nouveau prit son élan !
À Bruxelles, l’architecte Victor Horta a d’emblée été
la véritable incarnation de ce style. Sa maison et son
bureau, aujourd’hui musée Horta, reflètent encore
son style et sa philosophie. Horta a su transformer des
objets utilitaires en art. Avec lui, nous sommes loin de
l’art pour l’art. Horta était aussi un grand amateur de
textiles car, pour lui, c’était la source de l’architecture,
le moule d’où émergeaient les ornements. La nouvelle
exposition – Comme sur du velours – s’inscrit donc à
merveille dans le cadre du musée. Marc Van Hoe,
maître designer spécialisé en textile et artiste réputé
dans le secteur – il a notamment remporté le Prix Van
De Velde 2010 pour l’ensemble de sa carrière – nous
accueille dans le salon familial de Victor Horta, qu’il a
rhabillé pour cette exposition.
Des murs recouverts d’une tapisserie verte, une nappe
verte et des rideaux écrus en velours de lin : voilà pour le
décor. Les rideaux ne sont pas doublés : l’envers du tissu
est si beau qu’il serait dommage de le cacher derrière
une doublure. Ils flanquent des murs tapissés de soie
moirée de couleur verte avec un effet brillant et ondulé.
© Thomas Lancz
Art ou artisanat ?
Une nappe ou un rideau ne sont-ils pas des accessoires
usuels ordinaires ? Parle-t-on d’art ici ? Marc Van Hoe :
« Pendant de nombreuses années, j’ai dessiné des motifs
textiles pour plusieurs usines de tissage belges. Mais j’ai
toujours travaillé le côté artistique du textile. Autrement
dit, j’essaie de relier l’artisanat à l’art ou d’élever l’artisanat
au rang d’art. Pas de manière dogmatique, mais
avec une touche de subtilité ». Et cela correspond tout à
fait à la philosophie de l’architecte Horta. Marc Van Hoe
poursuit : « J’aime particulièrement le velours et le moiré.
Ce sont des matériaux qui requièrent un véritable savoir-faire.
Il est très difficile de les fabriquer uniquement
à la machine. Pour cette exposition, j’ai travaillé en étroite
collaboration avec l’usine de tissage de velours Van Ne-
der. C’est l’un des rares fabricants de textile en Belgique
à pouvoir tisser du velours de manière semi-artisanale, ce
que l’on appelle le velours côtelé. Il s’agit d’un processus
méticuleux et exigeant en main-d’œuvre.
La tapisserie dans cette pièce, par exemple, a nécessité
le recours à 2.560 bobines de fil utilisées en même
temps, et qui devaient toutes être disposées et rempla-
Il faut 2560 bobines placées à la
main sur le métier à tisser, pour
tisser une étoffe de velours.
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1
« J’APPRÉCIERAIS
PARTICULIÈREMENT QUE LES
DESIGNERS AUTOMOBILES
CONÇOIVENT, POUR UN NOUVEAU
MODÈLE DE VOITURE, UNE BELLE
GARNITURE INTÉRIEURE EN
VELOURS DOUX. »
VELOURS
Le velours est un tissu doux et brillant
utilisé pour des vêtements précieux et
des tissus d’ameublement. Il s’agit d’un
matériau tissé dans lequel le duvet de
soie, par exemple, est tissé avec les fils de
chaîne, puis rasé. De nos jours, d’autres
matériaux tels que le lin, la laine, le coton
et de nouveaux matériaux (par exemple
la viscose) sont également utilisés.
2
© Thomas Lancz
cées manuellement. Il existe aujourd’hui des métiers
à tisser qui peuvent tout faire automatiquement – le
fabricant belge de machines textiles Van De Wiele y
travaille. Mais c’est chez Van Neder que j’ai trouvé le
« véritable » outil de travail !
Un processus
d’apprentissage permanent
Marc Van Hoe a cherché à apprendre tout au long de
sa vie. Chaque fois qu’il devait relever un nouveau défi
en création textile, il partait à la recherche de l’expertise
ad hoc. « Je me suis d’abord imposé une formation
technique qui m’a été très utile pour apprendre à
connaître tous les métiers à tisser. Je me suis ensuite
inscrit à l’Académie de Courtrai, chez Boudewijn Delaere.
Après, j’ai suivi les cours de Liesbeth De Saedeleer
au studio De Saedeleer à Etikhove. J’ai réalisé des
créations purement commerciales pour mes clients,
mais j’ai également évolué à la croisée de l’artisanat
et de l’art. J’ai ainsi été sélectionné pour la 10e Biennale
de la Tapisserie à Lausanne. J’y ai rencontré Pierre
Daquin, artiste et expert de la structure des tapisseries.
Il m’a encouragé à étudier les techniques modernes
de tissage et m’a appris à expérimenter de nouveaux
matériaux. À la même époque, j’ai également conçu
des tissus jacquard pour différentes entreprises, dont
Ter Molst et Romain Maes. Je suis donc toujours resté
actif dans plusieurs domaines : les textiles d’intérieur,
l’artisanat et l’art.
Matière royale
La plupart des créations textiles de Marc Van Hoe sont
en velours. D’où lui vient l’attrait pour cette matière ?
« En examinant les peintures de Holbein ou de Van
Eyck, par exemple, on observe qu’ils représentent les
tissus les plus luxueux. Qu’il s’agisse de vêtements,
de tapisseries ou de nappes. Et c’est toujours la grandeur
souveraine du velours qui est mise en avant. Le
velours est une expression de la richesse, c’est avant
tout une matière noble. D’ailleurs, la fuite de Louis XVI
avant d’être capturé et décapité, a eu lieu dans un carrosse
secret, mais pas moins doublé d’un intérieur en
velours dernier cri et très onéreux ! Le velours a toujours
été un textile luxueux. Non seulement en France,
mais aussi en Grande-Bretagne, où il était très convoité,
notamment par les adeptes de l’Arts and Crafts. De là,
1. Le salon de Victor Horta est baigné
de lumière, le revêtement mural
moiré lui confère une élégance
naturelle.
2.Les rideaux ne sont pas doublés :
l’envers du tissu est tout simplement
trop beau pour cela.
3. Marc Van Hoe, maître designer
en textile : « j’essaie d’élever le
métier de tisserand au rang d’art. »
4. Jacquard de lin conçu par Marc
Van Hoe.
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LE MOIRÉ
Le matériau de base
du moiré est la soie.
Le textile tissé est
mouillé, plissé et passé
dans une calandre.
L’humidité cherche
alors à se frayer un
chemin à travers le
tissu nervuré, ce qui
donne lieu à une sorte
de motif ondulé dans
le tissu. Ce motif a
une forme tout à
fait naturelle et crée
un jeu de lumière
particulièrement beau
au sein d’une même
teinte.
il a gagné le nord de la Belgique. Dans les environs de
Courtrai, notamment, il existait une production textile
de velours, liée à l’industrie du lin. C’est pourquoi on y
trouve encore des producteurs de velours aujourd’hui. »
L’aspect luxueux du velours est surtout lié aux effets visuel
et tactile du tissu. « Lorsque l’on frotte la main sur
le velours, les fils s’aplatissent ou se relèvent. Cela crée
une lumière changeante, de sorte que même un morceau
de velours uni offre de belles nuances de tons. Il
faut le voir et le toucher. La matière incite d’ailleurs au
toucher ! On retrouve également ce jeu de couleurs
dans la matière moirée, avec laquelle nous avons recouvert
le mur des pièces voisines ».
Aujourd’hui et demain
Marc Van Hoe n’est pas seulement présent au musée
Horta aujourd’hui, on retrouve aussi ses créations à
New York, notamment dans le bar sur le toit du Rockefeller
Center. « C’était une merveilleuse commande
pour l’entreprise de tissage OSKR de concevoir le revêtement
des fauteuils et des chaises du bar. Je l’ai fait
en pensant à Woody Allen. Une mission exceptionnelle,
car le Rockefeller Center n’est pas vraiment le petit café
du coin. Non pas que je trouverais ce dernier indigne
de moi, car j’ai également dessiné le velours marron
du fauteuil de la série populaire de la VRT « De Kampioenen
». On peut tout faire avec le velours. En fait, on
pourrait parler d’une simplicité compliquée ».
Bien que Marc Van Hoe ait reçu plusieurs commandes
prestigieuses, un rêve reste inassouvi : « J’aimerais que
les designers automobiles conçoivent également de
beaux aménagements intérieurs pour un nouveau
modèle de voiture. Aujourd’hui, cela se limite souvent
à un revêtement cuir ou imitation cuir, mais je trouve
cela peu inspirant. Il serait certainement plus créatif de
revêtir les sièges de ces voitures de velours doux, de lin
touffeté ou de laine coupée. Avec un motif sobre et discret,
un dessin exubérant ou un motif personnalisé. n
© Thomas Lancz
3 4
© Thomas Lancz
MARC VAN HOE :
« LE VELOURS
EST UNE MATIÈRE
QUI INCITE À
L’OBSERVER ET
À LA TOUCHER. »
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DESIGN
LA RENAISSANCE DE L’ÉMAIL
L’émail est une matière vitreuse, opaque ou translucide qui recouvre et décore d’une fine couche
des objets en métal, en verre ou en céramique. Tout un art, pour un fleuron national : Émaillerie
Belge, qui travaille aussi bien pour des pouvoirs publics qu’avec des artistes et designers.
«L
orsque j’ai visité l’entreprise,
j’ai eu un
coup de foudre immédiat
». Nous sommes
en 2016. Vincent Vanden
Borre a alors à
peine 25 ans et l’entreprise
en question,
Émaillerie Belge, était sur le point de rendre l’âme. «
Pour moi, c’était comme un musée en mouvement :
toutes ces machines si incroyablement authentiques
qui fonctionnaient encore... Aujourd’hui, j’ai deux
filles et je n’ose presque pas l’avouer, mais Émaillerie
Belge a été pour moi mon premier enfant. »
Sauf que cette Émaillerie Belge, fondée en 1923,
était en mauvaise posture à l’époque. « Sur les 140
personnes que comptait autrefois l’entreprise, il en
restait cinq qui ne travaillaient que deux jours par
Ben Herremans
semaine et étaient en chômage partiel les trois
autres », explique Vanden Borre. Dès 2012, l’ancien
propriétaire, Benoît d’Ydewalle, avait cherché un
repreneur. Il a été approché par des entrepreneurs
de renom, mais aucun n’entrevoyait un avenir viable
pour l’entreprise. En 2016, d’Ydewalle a donc décidé
de cesser toute activité. En mai, il vendait les bâtiments
et en septembre, l’entreprise fermerait ses
portes. Lorsque je l’ai visitée en juin, on m’a donné
deux semaines pour prendre une décision. »
Vincent Vanden Borre (fils d’entrepreneurs, études
d’économie, puis Vlerick Business School) se lance.
« Nous avons accompli un parcours fantastique depuis
lors », dit-il huit ans plus tard. « Entre-temps,
tous les vices cachés ont été résolus, tout a été remis
en ordre et nous suivons une nouvelle route. Nous
travaillons actuellement avec 10 personnes. Lorsque
nous avons déménagé de Molenbeek à Forest il y
1. Projet « Vivre » pour le restaurant
deux étoiles « La Scène » de la chef
parisienne Stéphanie Le Quellec :
tables en aquamaille.
2. 101 ans d’Emaillerie Belge
en assiettes individuelles.
3. Vincent Vanden Borre,
PDG de l’Emaillerie Belge.
© Marceau Antoine /
Agence Costa
1 2
© Burobonito
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32
© Burobonito
a six ans, nous avons radicalement modifié notre
production. Nous disposions d’une chaîne de production
vieille d’un demi-siècle, avec un four à bois
qui avait été converti au gaz : il était hors de question
de l’emmener avec nous. Mais investir dans une
entreprise en difficulté n’est évidemment pas une
sinécure. »
3
Notoriété mondiale
L’investissement a néanmoins porté ses fruits. « En
huit ans, notre chiffre d’affaires a au moins triplé.
Émaillerie Belge est aujourd’hui réputée dans le
monde entier », affirme Vincent Vanden Borre.
« La mondialisation y contribue, de même que la
réputation de notre pays en matière d’émaillerie.
C’est la raison pour laquelle nous y référons dans le
nom de l’entreprise. L’émail est un marché de niche
et le marché belge ne suffit pas pour survivre. Pour
croître, nous avons dû nous orienter vers l’étranger.
Nos collaborations avec de grands designers, architectes
et artistes nous permettent de nous y faire
connaître.
« Pour les secteurs de la publicité et de la signalisation,
nous visons le Benelux et la France. Mais
pour le travail destiné aux artistes et designers, nous
sommes présents dans toute l’ Europe et surtout
en Amérique du Nord. Le marché classique d’antan
qui s’était tourné vers la Pologne et la République
tchèque, est revenu vers nous. Si nos tarifs sont plus
élevés que ceux la concurrence, nous offrons beaucoup
plus de précision, de qualité et de résistance.
Nos méthodes valent plus. Y compris en termes de
complexité et de flexibilité. Nous maîtrisons le savoir-faire
spécifique de A à Z, de la matière à émailler
au produit assemblé. Une partie du travail reste
artisanale, mais nous évoluons avec notre temps,
tout en gardant un œil sur l’aspect écologique. Nous
sommes certifiés EcoVadis et nous visons d’ailleurs à
renforcer cette certification.
« De plus, nous misons sur la finition et la créativité.
À ce jour, nous avons développé 220 couleurs.
Notre concurrent le plus proche en propose 65.
Nous offrons huit possibilités de finition, la concurrence
: trois. Il n’est pas étonnant que des artistes
et designers se tournent vers nous... Muller Van Severen,
Ben Storms, Marc Newson. Kasper Bosmans
a même quitté Amsterdam pour s’installer dans un
studio juste à côté de chez nous. À leur niveau, on
exige une qualité, une complexité et une technicité
haut de gamme. Ces collaborations sont stimulantes
car il s’agit de professionnels en avance sur
leur temps qui visent des choses qui semblent impossibles
à réaliser au premier abord. Nous procédons
sans cesse à des échanges, ce qui crée un lien.
Ensuite, il s’agit d’être capable de se surpasser. En
général, nous sommes en mesure de procurer une
réponse à leurs demandes. »
Les atouts de l’émail
« Émaillerie Belge tourne à plein régime aujourd’hui,
mais nous avons encore beaucoup de nouveaux
projets en vue », souligne Vincent Vanden Borre.
« NOUS VOULONS DONNER À
L’ÉMAIL UNE IMAGE MODERNE ET
LE REMETTRE AU GOÛT DU JOUR. »
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« Dès le lendemain de mon arrivée, j’ai directement
commencé à réfléchir aux possibilités offertes par
l’émail. Non seulement pour le marché traditionnel,
mais aussi pour des applications qui doivent encore
être développées. Cela n’arrête jamais. Quand on
parle d’émail, en général, les gens – même ceux de
ma génération – réfèrent encore aux plats, aux pots
et aux poêles vieux jeu de leur grand-mère. Cette
perception des choses est toujours en vigueur. La
génération de mes parents et de mes grands-parents
parle encore de la baignoire ou du lavabo
qui ne s’use jamais. La plupart des gens ne savent
même pas que le travail de l’émail existe encore
aujourd’hui. Nous le remarquons chez nos visiteurs
étonnés, qui s’imaginaient une visite de musée et se
retrouvent dans une usine en production.
« Il existe beaucoup d’idées fausses à propos de
l’émail et nous devons corriger cette image. Mon
objectif initial était non seulement de faire connaître
Émaillerie Belge, mais de remettre l’émail sur le devant
de la scène en tant que tel. L’émail est souvent
perçu comme rétro, ce qui ne me dérange pas. Mais
son raffinement demeure, son authenticité et sa
résistance inspirent confiance. Nous voulons donc
donner à l’émail une image moderne, le rendre à
nouveau branché. C’est pourquoi nous mettons
l’accent sur la créativité. Les œuvres d’art qui sortent
d’ici... on a parfois du mal à croire qu’il s’agit d’émail
! C’est tellement beau en termes de finition, de couleur
et de technicité. Nous aimons attirer l’attention
sur ce côté branché et innovant. En communiquant,
mais surtout en stimulant la curiosité des gens.
Montrer au bon moment, au bon endroit. Sans explications.
C’est là que les gens s’interrogent. « C’est
de l’acrylique ou de laque ? ». Ou bien ils réalisent
que c’est de l’émail et nous disent: Comment diable
avez-vous réussi à faire cela ? C’est là que nous
avons l’occasion de nous présenter. Notre premier
contact est toujours un moment d’émerveillement
et d’admiration ». n
1
1. Quobus de Marc Newson
pour la Galerie Kreo (2021).
2. Émaillerie Belge maîtrise
les savoir-faire de A à Z,
de la tôle d’acier au produit
assemblé. Une partie du
travail reste artisanale.
« NOTRE PREMIER
CONTACT EST
UN MOMENT
D’ÉMERVEILLEMENT
ET D’ADMIRATION. »
© Alexandra de Cossette
© Burobonito
2
LA VOITURE QUI N’A
JAMAIS VU LE JOUR
L’émail et les voitures ? Les
enjoliveurs des roues de la
Minerva étaient émaillés,
signale Vincent Vanden
Borre. « Et l’intérieur du pot
d’échappement de certains
modèles Harley-Davidson
était émaillé, pour contribuer
à engendrer le grondement
typique de la moto. Il avait
été question de réaliser une
voiture en émail avec Audi
et de l’exposer, comme
nous sommes situés dans le
même quartier.
Mais on a d’autres chats à
fouetter là pour l’instant. Ce
projet Audi ne s’est donc pas
concrétisé ».
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CULTURE
AUTOMOBILE ET SOCIÉTÉ
De l’art ? Rarement ! Du design ? Parfois ! Mais alors qu’est-ce ? Avec Autofiction, une Biographie de l’Objet Automobile,
le Centre d’Innovation et de Design (CID) présente, au Grand-Hornu jusqu’au 16 février 2025, un matériel abondant
pour une exposition « documentaire » permettant de réfléchir sur le rôle de la voiture dans la société. Confondant.
Serge Vanmaercke
Même si, depuis la disparition
de la Minerva au milieu
des années 1930 ou la
récente faillite de Van Hool,
il n’existe plus de marque
belge de voitures ou de
bus/véhicules utilitaires,
notre pays a toujours été
très lié à l’industrie automobile à travers des lignes de
production et/ou d’assemblage de plusieurs marques
mondiales… avec les problèmes collatéraux que cela
a impliqué.
De la fermeture des usines Renault à Vilvorde en 1997
à la situation actuelle chez Audi, en passant par Opel à
Anvers en 2010, Ford à Genk en 2014 ou Caterpillar
à Charleroi en 2016, nombre de travailleurs belges du
secteur en ont fait les frais. L’option de la mondialisation
à laquelle l’Europe et notre pays ont souscrit dans
les années 1990 a notamment conduit aux délocalisations.
Et si, durant les « Trente Glorieuses » précédant
le choc pétrolier de 1973, la Belgique était devenue le
premier pays assembleur de voitures par habitant au
monde, l’industrie du secteur est prête à se réduire de
plus en plus en une peau de chagrin.
Pourquoi ici et maintenant
Si le but de l’exposition en cours était loin d’être politique,
Marie Pok, la directrice du CID, précise d’emblée
qu’en raison des nouvelles réglementations concernant
les moteurs thermiques, les centres piétonniers dans les
villes ou la situation chez Audi, la voiture est plus que
jamais un thème d’actualité, abordé sous plusieurs aspects
: le statut qu’on donne à la voiture, l’occupation
singulière dans des véhicules grand format, la pénurie ci et
là de bornes de chargement pour voitures électriques, la
question de la voiture à acheter quand la vôtre ne peut plus
entrer dans telle ou telle ville sous peine d’amende… Sans
parler du Cybercab ou Robotaxi – Tesla utilise indifféremment
les deux dénominations -, sans volant ni
pédales, présenté par la marque de voitures électriques à
la mi-octobre, mais non (encore ?) en production. Cette
exposition vient donc à point nommé.
Plus de 1,2 milliard d’automobiles circulent actuellement
sur la Terre, dont 5,9 millions en Belgique.
« L’ADN du CID n’a pas vraiment d’originalité, nous suivons
l’évolution du design et de l’innovation. Le design d’aujourd’hui
ne consiste plus uniquement à former de beaux
objets intelligents, rationnellement conçus, il sert aussi à
1. Pour célébrer le 50e
anniversaire de la R5 qui s’est
vendue à plus de 5 millions
d’exemplaires entre 1972 et
1984, Renault a sollicité le
designer-décorateur Pierre
Gonalons. Résultat : un
concept de rétrofit électrique
et éclectique haut de gamme
baptisé R5 Diamant. Un bijou.
2. En 1908, André Michelin
lance le Bureau d’itinéraires
qui, pendant plus de vingt
ans, procure gratuitement
par courrier à qui le demande
un itinéraire, mais aussi les
curiosités croisées sur la route.
Un GPS épistolaire en quelque
sorte.
1 2
© Caroline Dethier
© Michelin
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1
© Caroline Dethier
répondre à des questions de société, qu’elles soient anthropologiques
ou sociologiques. Et nous tentons d’y faire
écho avec cette exposition et d’autres qui débordent du
design de l’objet. Nous sommes convaincus que cette vision
du design d’aujourd’hui figure parmi ce que l’on va
laisser de nous aux générations futures et constitue donc
une archéologie de demain. Le design parle de nous, de
nos préoccupations et le CID en témoigne. »
Former autant que montrer
« Mon objectif était de monter une exposition documentaire
» explique, de son côté, le commissaire de l’exposition
et designer français, Olivier Peyricot (°1969), qui en
avait proposé une première version à la Cité du Design
en 2022 à Saint-Étienne en France.
« L’exposition est documentaire dans le sens où l’on met à
disposition des éléments et du matériel pour réfléchir. En
tant que commissaire et designer, j’ai souhaité impliquer
les visiteurs dans la discussion en leur apportant un petit
accompagnement, un regard propre, pour finalement
essayer de les guider vers une réflexion plus collective. »
Le titre et le sous-titre de l’exposition réfèrent à des
genres littéraires. « Ce n’est qu’un clin d’œil », dit Peyricot
: il n’en résulte pas moins qu’on évoque ici la façon
dont l’automobile se raconte à travers ses créateurs et
dont elle s’inscrit dans nos imaginaires avec des fictions
plus ou moins réelles. « Certaines histoires ont colonisé
les imaginaires en féminisant l’objet automobile, en
parlant de ses styles, en disant qu’elle est belle… D’autres
fictions seront davantage liées à des technologies, des
fantasmes mais aussi des choses très réelles comme
l’univers des voitures sans cesse réassemblées à Cuba en
raison du blocus économique. »
va bien au-delà de l’identification de l’artiste, du titre de
l’œuvre et de sa date de création.
Peyricot explique. « On voit émerger énormément de positions
très critiques vis-à-vis de la production automobile
et elles sont de plus en plus constructives. Nous sommes
passés de la plaidoirie épidermique à l’analyse en profondeur
des mécanismes à l’œuvre pour en débattre. »
Le secteur évolue sans cesse. C’est ainsi que par rapport
à l’expo de 2022 à Saint-Etienne, on trouve ici, inspirée
de la trois roues BMW Isetta (1955-1962), un exemplaire
de la nouvelle Microlino Car (électrique) de Micro Mobility
Systems AG, producteur suisse de trottinettes et
scooters électriques. Nous exposons aussi l’étonnante
R5 Diamant électrique, avec notamment son tableau de
bord gainé en crin de cheval ou un volant en marbre de
forme plutôt particulière, œuvre du designer-décorateur
français Pierre Gonalons, réalisée à l’occasion du 50e anniversaire
de ce modèle phare de Renault. » Un exemple
haut de gamme du rétrofit…
1. Le IMV 0 de Toyota est
un véhicule rudimentaire qui peut
être équipé pour des spécificités
locales (transports de matériaux,
de personnes, etc.). Objectif :
permettre le développement
d’activités de carrosserie sur
mesure et d’auto-réparation dans
des pays aux économies frugales.
2. L’artiste belge Eric Van Hove,
installé au Maroc, confronte des
pièces détachées de véhicules
d’occasion de production industrielle
voire automatisée, à la renaissance
de l’artisanat dans un 21e siècle
post-fordiste.
3. Inspirée de la trois roues BMW Isetta
(1955-1962), voici la nouvelle Microlino
Car (électrique) de Micro Mobility
Systems AG, producteur suisse de
trottinettes et scooters électriques.
4. Le commissaire de l’exposition
et designer français, Olivier
Peyricot (°1969).
2
Regard critique
Les objets exposés donnent à voir, mais pour profiter
pleinement du thème proposé, il faudra néanmoins lire
et écouter beaucoup durant le parcours. Car chaque
objet exposé s’accompagne d’une notice explicative qui
© Bard El Hardag
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Ode à l’espace réduit et à l’écologie d’un côté, et implication
de l’artisanat haut de gamme de l’autre : des
approches qui nourrissent les débats actuels autour de
l’automobile.
« Les éléments exposés ici traduisent en effet la tendance
à multiplier les registres de réflexion sur l’automobile »,
souligne le commissaire. « Google a réalisé un boom
dans le secteur avec la présentation de son concept de
Self Driving Car dès 2010. Cela a perturbé pas mal de
monde. Comme les congestions urbaines, des centresvilles
sans voitures, des Gilets Jaunes qui utilisent un
accessoire obligatoire dans la voiture pour protester et
le font parfois violemment en brûlant des voitures, combustible
facile à incendier… tout cela perturbe de plus en
plus les industriels. » Et de souligner que « le social impacte
beaucoup l’automobile en ce moment ».
Peyricot n’en aborde pas tous les aspects dans l’expo
pour autant. « Nous sommes face à un objet de consommation
qui est devenu problématique et multiple.
Quand vous achetez une nouvelle voiture, par exemple,
vous ne vous posez pas la question du devenir de l’ancienne.
On ne peut pas tout simplement la jeter. On ne
se demande pas encore si un jour on va devoir en assurer
soi-même le recyclage. Nous ne soulevons pas ce problème
car cela deviendrait très compliqué… »
Entre philosophie et politique
L’exercice ici est philosophique, voire expérimental. Nous
sommes donc clairement passés des expositions propagande
des designers d’antan à des expositions de formation
ou à une exposition documentaire comme c’est
le cas ici.
Pour Olivier Peyricot, le design automobile a un impact
politique réduit dans une économie de marché. « L’infrastructure
routière fait en sorte qu’on voit des voitures
partout. Le capitalisme l’a emporté dans le domaine automobile.
L’impact du designer y est donc assez faible,
car au service de l’idéologie. Le design se contente
donc souvent de donner des formes reconnaissables
aux véhicules et d’aménager leur intérieur. Néanmoins,
Toyota a procédé à une expérience intéressante dont
nous faisons écho dans l’exposition. Inspiré du Land
Cruiser, véhicule apparu sur le marché en 1952 pour
concurrencer les jeeps, et succès mondial de la marque
Toyota, le IMV 0 est un véhicule rudimentaire qui peut
être équipé pour des spécificités locales (transports de
matériaux, de personnes, activités mobiles diverses, etc.).
Objectif des designers: permettre le développement
d’activités de carrosserie sur mesure et d’auto-réparation
dans des pays aux économies frugales.
Cela dit, Musk mis à part, un haut responsable d’entreprise
automobile n’en est plus jamais le fondateur
ajourd’hui : il hérite donc d’une série d’impératifs qui
entourent sa marque. Et cela laisse parfois peu de place
à de nouvelles idées utiles au consommateur et profitables
pour l’entreprise. »
Trois parties
L’automobile n’est pas qu’un assemblage de milliers de
pièces : en s’automatisant, elle est de plus en plus un
objet numérique qui dévore des données, enregistre et
décrit notre environnement. Son appétit pour les res-
DURANT LES TRENTE GLORIEUSES
PRÉCÉDANT LE CHOC PÉTROLIER
DE 1973, LA BELGIQUE ÉTAIT
DEVENUE LE PREMIER PAYS
ASSEMBLEUR DE VOITURES PAR
HABITANT AU MONDE.
3
4
© Caroline Dethier
© SEM Design
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37
© Stéphane Couturier
sources, qu’elles soient numériques ou physiques, n’est
pas nouveau : dès sa création, les ressources minérales et
fossiles ont été exploitées pour sa fabrication, ressources
naturelles qui supportent de plus en plus difficilement
son développement extensif.
Une première partie de l’expo est consacrée à l’automobile
comme un appareil électronique intelligent - « smart
electronic device » - à quatre roues. Objet numérique,
automatisé, captant : la voiture d’aujourd’hui produit une
description de nos environnements et de nous-mêmes
qui renforce sa qualité d’objet connecté, d’objet système.
La deuxième partie met en scène une brève biographie
fossile de l’automobile pour s’ouvrir ensuite sur celle, plus
vaste, des enjeux extractifs d’aujourd’hui.
La troisième et dernière partie d’Autofiction ouvre sur de
nouvelles pistes narratives pour l’automobile. Les histoires
proviennent d’artistes et de designers, venant de Wolfsburg
en Allemagne après la crise du diesel gate ; de Lubumbashi
en République Démocratique du Congo où
l’industrie des métaux rares pour les véhicules électriques
provoque des ravages ; de Cuba où la désobéissance
technologique permet une survie fragile du secteur ; ou
de France où des designers-céramistes investissent le
passé de l’automobile comme une nouvelle ressource.
Enfin, tout juste devant l’entrée du CID - situé sur un
superbe site industriel minier - Mathilde Pellé et Arthur
Pocheron, deux designers français, ont travaillé avec des
étudiants du Lycée Provincial Hornu-Colfontaine et de
l’Institut Saint-Luc Tournai sur deux véhicules existants,
un patrimoine qu’ils interrogent. L’un, sous l’angle du
soin en transformant des éléments de la voiture en abri.
Et l’autre sous l’angle de la réduction qui a notamment
conduit à l’idée d’options soustractives.
En évoquant de nouveaux imaginaires techniques provenant
de pratiques amateurs, l’expo invite ici le visiteur
à découvrir ce que pourrait être une démocratie technique,
renouant avec la notion d’automobile comme objet
populaire via l’implication des citoyens dans le débat
sur le futur de l’automobile.
Voilà vraiment une expo à découvrir pour qui désire voir
plus loin que le design et la mécanique dans le secteur
automobile. n
1
1. La carcasse d’une Fiat 600 devient
four à céramique pour des pièces
détournées à partir de pièces
détachées du véhicule.
2. Usine Toyota n° 1, 2005.
MARIE PUK :
« L’ADN DU CID N’A
PAS VRAIMENT
D’ORIGINALITÉ :
NOUS SUIVONS
L’ÉVOLUTION DU
DESIGN ET DE
L’INNOVATION.
LE DESIGN PARLE
DE NOUS, DE NOS
PRÉOCCUPATIONS
ET LE CID EN
TÉMOIGNE. »
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2
© Caroline Dethier
PORTRAIT
LA POÉSIE DU PEINT
Damien De Lepeleire (°1965) est artiste-peintre. Ce Belgo-italien fut, à 21 ans, le plus jeune lauréat
en 1986 du Prix de la Jeune Peinture Belge. Encyclopédie vivante, il soumet des propositions
poétiques et parfois humoristiques d’un quotidien sublimé, à nos regards et émotions. Le plus
souvent sous la forme de séries. L’enfant en lui reste passionné de voitures et son art en témoigne.
Serge Vanmaercke
Chaussée de Waterloo, à
Uccle. Sur une large façade
sombre entrecoupée
de larges baies vitrées,
une petite pancarte
blanche, atteinte par les
intempéries et le temps
qui passe, signale que le
show-room de McLaren a déménagé.
Derrière ces larges baies vitrées, on ne trouve
plus, en effet, de bolides élancés mais des tableaux
de grande taille adossés aux murs par
ici, un chevalet par-là, des aquarelles posées les
unes sur les autres sur une petite table ailleurs,
des tubes de peinture, des pinceaux… et pas mal
d’œuvres liées au monde de l’automobile.
C’est dans ce show-room transformé en atelier,
qu’avant démolition pour un nouveau projet
immobilier, Damien De Lepeleire nous reçoit.
Un ancien garage : rien de plus pratique pour
un peintre dont les toiles sont généralement de
(très) grand format.
D’emblée, De Lepeleire nous explique le pourquoi
de ses grands formats : « grâce à la grande
taille, tout le corps de qui regarde mes tableaux
est convoqué. Et pas seulement les yeux. Plusieurs
aspects vous viennent ainsi à l’esprit en
fonction de la lumière, de votre emplacement
ou du temps passé devant le tableau. »
L’artiste travaille par séries. Des séries inspirées par
la mosaïque romaine antique « Inferno’s Floor » ;
d’autres, « House Music », représentant des silhouettes
de femmes en aplats blancs sur fond
géométriquement coloré comme de la marqueterie
de marbre cosmatesque du Moyen-âge, les
traits de ces dames apparaissant comme par
magie, si le regard insiste, dans le blanc qui les
couvre.
Plus loin, des tableaux grand format affichent
des mots courts en typographie disco ; toujours
en séries, des couvertures de livres « Portrait »,
des tickets de caisse « I am still alive » ou des
bustes et statues antiques « Masterpieces » réalisés
en aquarelle ou encre de chine translucide…
Là, près d’une large baie vitrée, des petits ronds
noirs sur fond blanc aussi, « Old Gold », qui font
penser à la disposition des points en relief d’un
texte en braille. Sauf qu’ici, contrairement aux
apparences et en y regardant de plus près, ces
points ne sont pas exactement ronds et que leur
noir consiste en une superposition de couleurs
vives chaudes et froides, clairement visibles sur
le pourtour de chaque point quand on s’en approche.
Combiné au fond blanc, le tout vibre.
Et ailleurs encore, d’énormes toiles en cours de
réalisation représentent des personnages hauts
en couleurs dont les têtes sont alignées à une
Damien De Lepeleire peint le plus souvent
en grand format.L’artiste passant devant
l’œuvre « Dino » (200 x 240).
© Lydie Nesvadba
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même hauteur, mais présentant des silhouettes de
tailles différentes, ce qui les déplace visuellement vers
l’avant ou l’arrière dans le tableau, lui procurant une
impression de profondeur. « Des tableaux où les figures
que l’on regarde, nous regardent, explique Damien De
Lepeleire. Une fois l’aspect figuratif dépassé, on entre
dans des formes ou des rapports propres au tableau et
cela devient un dialogue avec la peinture, à travers des
histoires qu’on s’invente en la regardant. »
Et puis, il y a les autos, datant le plus souvent du troisième
quart du siècle dernier. Des séries plutôt colorées:
les unes en grand format, « Dino », « Miura »
et d’autres en petites aquarelles : toutes méticuleusement
représentées. Et puis, cette grande série « Portrait
of a Friend », où De Lepeleire peint scrupuleusement
des roues avec pneus, jantes et enjoliveurs caractéristiques
de voitures que les connaisseurs reconnaîtront
au premier coup d’œil.
« DÈS QUE MA MAIN DÉRAPE
DANS LE DESSIN D’UNE
MUSTANG, LA VOITURE EST
DÉFORMÉE ET TOUT LE MONDE
S’EN RENDRA COMPTE. »
La loi des séries
Pourquoi des séries ? Damien De Lepeleire : « J’ai eu
la chance de profiter de beaucoup d’attention à mes
débuts. D’une part comme lauréat du prix de la Jeune
Peinture Belge et, d’autre part, grâce au soutien de la
Galerie Christine et Isy Brachot qui était très réputée
et influente à l’époque. Mais comme autodidacte,
je voulais me perfectionner et ne pas m’arrêter à ce
pour quoi j’avais été récompensé. J’ai cherché à rencontrer
Walter Swennen, Jan Vercruysse et Panamarenco.
Ils m’ont enseigné ce que m’auraient enseigné
des professeurs non choisis à l’académie. J’ai appris
en me confrontant à eux. Je ne voulais pas devenir le
fonctionnaire de mon propre travail. Et c’est pour me
perfectionner donc, que j’ai commencé à faire des séries
en tentant de m’améliorer de tableau en tableau
sur un même thème. Cela ne m’a plus jamais quitté.
Ces séries sont des propositions. J’en ai fait une bonne
cinquantaine à ce jour. Autant vous dire que commercialement,
ce n’était pas idéal pour les galeries au début.
Et même si cela va mieux aujourd’hui, ce ne l’est
toujours pas. Les galeries sont tenues de vendre ce qui
se vend plutôt que ce qu’elles aiment vraiment. Par la
force des choses, il y a donc des artistes qui passent
plus de temps à être entrepreneurs qu’à être artiste.
Il n’y a plus tellement de place pour les poètes ou les
artistes qui risquent de ne pas être vendus d’emblée.
On ne laisse plus beaucoup de chances aux jeunes
artistes de se développer. Comme j’ai souvent travaillé
sans galerie, je suis moins affecté. Mais je suis un
survivant. Je m’occupe d’un sujet pendant quelques
semaines, mois ou années. Et quand je sens que je
commence à me copier ou en avoir fait le tour, j’ai besoin
d’un nouveau défi. »
L’art et la méthode
L’art de Damien De Lepeleire se laisse difficilement ranger
dans un genre donné, même si quelques dénominateurs
communs traversent ses œuvres depuis qu’il a
commencé à peindre à l’âge de 18 ans. « Même si les
séries sont différentes entre elles, stylistiquement, on
verra un jour que c’est quand même un seul et même
artiste qui est derrière », souligne-t-il.
De Lepeleire vit de son art depuis ses débuts, même si
quelques petits boulots divers et variés - graphiste, DJ,
cuisinier… - se sont révélés nécessaires pour survivre à
ces débuts.
Il peint à l’huile, il peint des aquarelles, il utilise l’encre
de Chine. « Et toujours, je laisse à mes peintures le droit
d’exister par elles-mêmes et de prendre le dessus. J’accepte
les petits accidents et le fait que finalement, elles
ne résultent pas en ce que j’avais envie de faire à l’origine.
Quand je commence un tableau, je ne sais jamais
quand je vais m’arrêter ou quel sera le résultat final, ce
qui rendrait le tout figé. La vie du tableau serait moins
riche pour moi si je ne procédais pas ainsi. »
1. Dans l’atelier de l’artiste. Sur le
chevalet, une œuvre de la série
Beautiful Landscape.
2a+2b. Deux œuvres de la
série d’aquarelles Beautiful
Landscape. Encre de Chine et
Aquarelle (29,7 x 42).
3a+3b+3c. Trois œuvres de la
série Portrait of a friend. Encre
de Chine et aquarelle (76 x 56).
1
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2a
2b
La peinture qui prend le dessus ? A première
vue, ce n’est quand même pas tout à fait le cas
pour les séries consacrées aux voitures. « J’aime
les voitures depuis que je suis tout petit. Ce qui
me plaisait en les peignant, c’est que le sujet ne
m’appartient pas. Les voitures ont un pouvoir évocateur
énorme, préalable à ce que je peins, mais
aussi grâce à ce que je peins. Mes amis qui étaient
parmi les premiers à voir cette série avaient pratiquement
tous des réactions très personnelles,
face à l’un ou l’autre modèle. Ces aquarelles ont
quelque chose d’un hold-up sentimental, en allumant
une image ou un souvenir très précis chez
ceux qui les regardent : ‘à l’insu de leur plein-gré’,
comme j’aime à l’évoquer en paraphrasant l’expression
savoureuse du coureur français Richard
Virenque tentant de se défendre dans une affaire
de dopage à la fin des années 1990. »
Passion des autos
Pourquoi le sujet des voitures était-il différent
des autres thèmes que peint Damien De Lepeleire
? « En tant qu’artiste, je ne pouvais pas
m’accorder ici la liberté souveraine de tout faire
à ma guise. Je ressentais une espèce d’obligation
morale de bien faire. Une douce violence,
en quelque sorte. Dès que ma main dérape dans
le dessin d’une Mustang, la voiture est déformée
et tout le monde s’en rendra compte. Je me suis
donc appliqué à respecter méticuleusement
les formes, les lignes et les détails de chaque
modèle. Pour les petits formats, les voitures ne
remplissent pas la feuille. Je laisse beaucoup de
blanc autour, car je voulais garder le format de
la petite voiture avec laquelle on joue. Comme
jadis avec les Dinky Toys. Cette série d’aquarelles
s’appelle « Beautiful Landscape » et l’espace
autour de chaque voiture permet de se faire le
paysage qu’on veut. J’ai peint la voiture qu’avait
ma tante quand j’étais petit, j’ai peint la voiture
jaune moutarde de mes parents… Une fois que
la série était terminée, je me suis rendu compte
que notamment en raison de leur silhouette
distincte et des couleurs parfois prononcées de
ces voitures, elle représente aussi un monde qui
s’efface. Elle a un côté sociologique sans que je
le veuille, et elle nous plonge dans un ailleurs. »
L’image et son double
Des tableaux de Damien De Lepeleire font
partie, notamment, des collections du SMAK
à Gand, du MACS au Grand-Hornu, du Musée
d’Ixelles et des collections privées Merode à Renaix
et Udoha à Liège.
Nous reproduisons ici quelques-unes de ses
œuvres et l’artiste lui-même les publie sur ses
pages Instagram et Facebook. Mais la reproduction
d’un tableau procure évidemment une
impression tout autre que le tableau lui-même.
De Lepeleire : « Une peinture, c’est une image,
la matière, un format et des couleurs : un objet
dans un espace. Quand une peinture est reproduite,
trois de ces quatre éléments deviennent
des abstractions : seule l’image reste, la matière
n’est plus perceptible, le format est modifié et
l’intensité de la couleur par la même occasion.
Trop souvent, on se dit que si on a vu l’image,
on a vu la peinture. Une peinture reste présente
mais on passe souvent très vite devant : regardez
le temps que passent la majorité des gens
devant les peintures dans un musée… En plus,
aujourd’hui, contrairement aux époques passées,
nous sommes bombardés d’images. Une
des manières que j’ai trouvées pour entrer en
compétition avec ce flux tendu d’images, c’est
de produire des images qu’on a l’impression de
connaître déjà : voitures, chaussure, montre… et
qui par leur côté familier suscitent un temps
d’arrêt en mettant en doute ce qu’on croit
connaître par rapport à ce qu’on voit ou inversement,
tout en remettant en cause les idées reçues
pour soi et ceux qui regardent. Les artistes
sont en quelque sorte des vigies qui mettent
ces idées reçues en danger. » n
3a 3b 3c
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LIFESTYLE
1
UN CLUB MOTO PREMIUM
Oubliez les bandes de motards sur des engins bien plus bichonnés que leurs tenues. Ici,
pas de Hells Angels copieusement tatoués, accoutrés de blousons noirs gothiquement égayés
de têtes de mort. A Elewijt, les Belgian Bikers se retrouvent dans un club flambant neuf au milieu
d’un grand domaine ancien et ses membres seront de bon aloi : élégants, soignés, voire raffinés.
Jules Gevaert
Le nouveau club est destiné à rassembler
des passionnés partageant
plus d’un dénominateur
commun : ils sont notamment
clients chez Gregoir Motor-Bikes
(www.gregoir.com) dans le triangle
Bruxelles-Gand-Anvers, amateurs
de motos BMW, et ils affichent un
solide penchant pour célébrer l’art de vivre en un
lieu singulier.
Le club des Belgian Bikers n’est donc pas ouvert
à tous les amateurs belges de motos. Mieux vaut
le préciser. L’enjeu du club se développera sur
place au Kasteel Diependael, en balade (à moto)
et chez soi, si les objets et le mobilier du club
inspirent les membres. Car outre les voitures et
les motos, Gregoir développe désormais un pilier
lifestyle dénommé « Rêve by Gregoir ».
Visite des lieux avec l’initiateur Hervé Gregoir.
Clubhouse haut de gamme
La Tervuursesteenweg est banale. Mais une fois
franchie la double porte à rue, l’arrivée au club
est plutôt majestueuse. The Belgian Bikers a ici
établi son quartier général dans une grande villa
restaurée, baptisée depuis longtemps Kasteel
Diependael, à Elewijt au Nord-Est de Bruxelles.
Construit comme pavillon de chasse par la Seigneurie
de ter Borght en 1740, Diependael a été
réaménagé en 1891 en trois propriétés sur un domaine
de 2 ha. Après d’importants dommages
infligés durant la Première Guerre mondiale, le domaine
a su renaître de ses cendres. Il a notamment
abrité pendant 32 ans le restaurant étoilé du chef
Noël Neckebroeck, qui a fermé ses portes en 2021.
Désormais, Kasteel Diependael jouera donc un
nouveau rôle en tant que clubhouse officiel des
Belgian Bikers, d’où sera organisé un large éventail
d’événements, allant de randonnées pour les
membres à diverses initiatives caritatives. « Nous
voulions partager notre passion pour les motos
et construire une communauté permettant de
nouer des relations de qualité tout en vivant
des expériences hors du commun », expliquent
d’une seule voix Hervé et Dylan Gregoir.
Hervé Gregoir est CEO du Gregoir Group réputé
dans le secteur automobile, tandis que son fils
Dylan est responsable de Gregoir Motor-Bikes.
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2
« NOUS VOULIONS
PARTAGER NOTRE
PASSION POUR
LES MOTOS ET
CONSTRUIRE UNE
COMMUNAUTÉ
PERMETTANT
DE NOUER DES
RELATIONS DE
QUALITÉ, TOUT
EN VIVANT DES
EXPÉRIENCES HORS
DU COMMUN »
3 4
« La moto a toujours été ma grande passion,
dit Dylan Gregoir. La liberté et les expériences
qu’offre la moto constituent un style de vie
unique. Et BMW Motorrad propose des modèles
qui répondent parfaitement aux besoins d’un tel
style de vie. »
Mais pourquoi donc des (nouveaux) propriétaires
d’une moto BMW éprouveraient-ils le besoin
de se réunir, comme le font par exemple
ceux d’une Harley Davidson ?
« Quand un client BMW achète par exemple
une R 18, une moto dans le genre d’une Harley-Davidson,
il ne rejoint pas une communauté
de passionnés convaincus comme le ferait un
propriétaire de Harley. Nous voulons justement
créer un nouveau type de communauté où les
premiers peuvent se retrouver. A partir de 40
ans, des hommes et des femmes cherchent de
petits défis personnels dans la vie et s’achètent
par exemple une moto comme la R 18. Mais s’il
n’existe pas de communauté avec laquelle partager
leurs expériences, leurs passions, leurs découvertes,
leurs balades, leurs voyages à moto
ou autres, cette moto sera bien vite oubliée
dans un coin du garage. Nous proposerons donc
des initiatives, des rencontres, des voyages, des
conseils santé physique et psychologique… »
Art de vivre
Une situation « Win Win », donc, pour les initiateurs
qui entretiennent ainsi le contact avec une
clientèle au pouvoir d’achat intéressant, partisane
d’un haut de gamme de qualité en matière
d’art de vivre, et des membres qui se retrouvent
pour réseauter, voyager, découvrir, se divertir en
pays de connaissance.
Outre le club destiné aux passionnés de motos
BMW, Kasteel Diependaal abritera aussi des objets
et mobilier “Rêve by Gregoir”, nouveau segment
lifestyle du groupe qui distribuera à la fois
des produits de marque et des créations Gregoir
aux détaillants du pays. n
1. Hervé Gregoir (à gauche) et Dylan (à droite),
les initiateurs du nouveau club The Belgian
Bikers.
2. Ancienne seigneurie, ancien restaurant
étoilé et nouveau clubhouse pour passionnés
de motos BMW : The Belgian Bikers.
3. Hervé Gregoir, CEO du Gregoir Group
et père de Dylan.
4. Le clubhouse est meublé et décoré avec
des produits du nouveau pilier lifestyle du
Gregoir Group, baptisé « Rêve by Gregoir ».
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VOYAGE
L’Amadeus Silver II (2015) est long
de 135 m et large de 11,40 m. Il emploie
46 membres d’équipage et peut
accueillir jusqu’à 168 passagers
dans ses 84 cabines.
LE BEAU DANUBE EN JEU
L’eau fascine autant qu’elle peut effrayer. Au passage de l’été à l’automne, changements climatiques aidant,
les eaux du Danube ont gonflé jusqu’à inonder les rives sur une partie de son parcours. Spectacle de désolation
autour d’un fleuve calme mais puissant et majestueux. Miles l’avait remonté sous un soleil ardent tout juste avant,
de la Roumanie à l’Allemagne. S’il n’est pas bleu, entre la Forêt Noire et la Mer Noire, le Danube est bel et bien beau.
Serge Vanmaercke
Un départ aux aurores
pour rejoindre Bucarest
en une matinée et un retour
à la case départ en 11
jours, après avoir traversé
la Roumanie, la Bulgarie,
la Serbie, la Hongrie, la
Slovaquie, l’Autriche et
l’Allemagne.
Un voyage allant quasiment de l’embouchure à
la source du fleuve, mais pas tout à fait. Pourquoi
?
La guerre en Ukraine et des difficultés de navigation
dans le delta du fleuve, face à la Mer Noire,
en territoires ukrainien et roumain, expliquent
une montée à bord sur l’Amadeus Silver II à Giurgiu,
à une soixantaine de kilomètres au sud de la
capitale roumaine, Bucarest.
Le débarquement à Passau à quelque 150 km à
l’est de Munich et à environ 400 km des sources
du Danube s’explique, lui, par le fait que le Danube
n’est navigable en largeur et profondeur qu’à
partir de Kelheim à une heure de Passau.
« Des » sources ? Oui, vous avez bien lu. Deux localités
revendiquent d’être à la source du Danube.
Le fait est que le Danube est formé à l’est de
la petite ville de Donaueschingen dans la Forêt
Noire du Bade-Wurtemberg, par le confluent
de deux petits cours d’eau : la Breg et la Brigach,
dont les sources sont éloignées de 10 km
environ.
Entre la Forêt Noire et la Mer Noire, les eaux du
Danube parcourent 2.783 km, dont 2.414 km
sont navigables. A bord de l’Amadeus Silver II,
nous l’avons remonté vers l’amont.
Les bateaux de croisière se déplacent à une vitesse
d’environ 25 km/h vers l’aval et de 18 km/h
vers l’amont. De sa naissance, près de Donaueschingen
à 678 m au-dessus du niveau de la
mer, à son embouchure dans la mer Noire, le
dénivelé est en moyenne de 24 cm par km. De
Passau à l’embouchure ou inversement, il faut
passer 13 écluses au total.
Après la Volga, le Danube est le deuxième fleuve
d’Europe en longueur.
Calme et voluptés
Des rivages animés à l’approche des grandes
villes Belgrade, Budapest, Bratislava ou Vienne,
aux rivages calmes et plats d’une escale à l’autre,
en passant par la magie des manœuvres aux
nombreuses écluses et le spectacle majestueux
dans les Portes de Fer entre la Roumanie et la
Serbie, cette croisière proposée par Rivages du
Monde est un véritable festival de calme, de sensations
fortes et de douces voluptés.
Et d’escale en escale, la vie à bord est à la hauteur
de l’intérêt du voyage. L’Amadeus Silver II,
construit en 2015, est un navire d’une sobre modernité,
long de 135 m et large de 11,40 m. Avec
ses 46 membres d’équipage, il peut accueillir
jusqu’à 168 passagers en occupation double de
ses 84 cabines, réparties sur trois ponts desservis
par un ascenseur. Toutes les cabines donnent sur
l’extérieur. Elles disposent d’un ameublement de
style contemporain et confortable, avec deux lits
rapprochables. Au pont inférieur (appelé Principal
à bord), les cabines Confort disposent d’une
superficie de 16 m² et d’une fenêtre haute qui ne
s’ouvre pas. Aux ponts Supérieur et Panorama,
les cabines Deluxe de 17,5 m² disposent, elles,
d’une large baie vitrée ouvrable donnant sur le
fleuve. Le pont Panorama est également pourvu
de 12 Junior Suites de 26,4 m² avec canapé
et balcon privatif. Comme à l’hôtel, toutes les
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cabines sont équipées d’une salle d’eau avec
douche, d’une TV, de la climatisation, d’un téléphone,
d’un sèche-cheveux et d’un coffre-fort. Les
cabines des ponts Supérieur et Panorama disposent
également d’un mini-bar.
Le pont Soleil sur le toit du bateau propose une
aire de jeux et de chaises longues. Les plus sportifs
y font leur jogging matinal. À l’avant du pont
Panorama, devant le restaurant, un salon bar
dispose dans son prolongement, à l’extérieur, de
la River Terrace qui permet de profiter de la navigation
à l’abri du vent.
Esprit chaleureux
À l’arrière du bateau, on trouve l’Amadeus Club
qui est un petit salon au calme disposant d’une
petite bibliothèque et d’une machine à café/thé
automatique.
Au pont inférieur, la salle de gymnastique plutôt
bien équipée est en libre accès. Le bateau propose
également un service de coiffure et de
massage ainsi qu’une boutique. Le Wifi est disponible
gratuitement à bord mais il faut avouer
qu’il faut souvent réintroduire ses codes pour
y accéder et qu’il lui arrive de temps en temps
d’avoir ses caprices.
Les repas, que nous avons trouvés particulièrement
savoureux et variés, sont servis sur des tables
avec nappes et serviettes en tissu, dans le
restaurant panoramique. Ici, le personnel en suffisance
est particulièrement professionnel, souriant
et attentionné. Chaque jour, le menu propose
un choix différent de plusieurs options en
entrée, plat principal et dessert. L’eau et le vin, le
thé ou le café sont compris, mais si vous préférez
une petite bière avec votre repas, on vous l’offrira
aussi, même si ce n’est pas prévu dans l’offre.
Dans la même salle, le petit-déjeuner est proposé
sous forme de buffet abondant et tout
aussi varié.
Seul bémol pour les amateurs de café : si le café
en percolateur est succulent, aucune machine à
expresso digne de ce nom n’est présente à bord
de l’Amadeus Silver II. Étonnant vu l’excellence
de l’ensemble de l’offre par ailleurs.
À bord, ce qui compte aussi, c’est l’esprit. Il est
ici particulièrement chaleureux et rapidement
adopté par les passagers de tout âge et de tout
genre. S’il est vrai que la moyenne représente
l’âge de la sagesse et le couple traditionnel,
Rivages du Monde et l’ensemble des passagers
accueillent les variantes avec tout autant de bienveillance.
Agréable et instructif
Le restaurant est un grand atout du
navire, pour son personnel, la qualité
des repas et son côté chaleureux.
Une gastronomie adaptée à la région
visitée, ici servie sur le pont soleil.
Toutes les cabines donnent sur l’extérieur du navire.
Tout commence par un accompagnement dans
votre langue – français et néerlandais – pour ce
qui est de la communication à bord et pour les
conférences. L’essentiel des passagers est francophone.
Lors de notre croisière, nous avons
compté une bonne trentaine de passagers néerlandophone.
Pour le service à table, la permanence
à la réception et les guides lors des excursions,
il faut reconnaître que le français et l’anglais
sont plus courants. Une grande partie du personnel
à bord est originaire de l’Ile Maurice.
Que le bateau soit à taille humaine favorise par
ailleurs les échanges à bord, tout en permettant
de respecter l’indépendance et l’intimité de
chacun. Si la formule n’est pas obligatoire, on
recommande d’occuper la même place à table
aux repas, ce qui permet au personnel de personnaliser
le service et de retenir vos préférences
ou restrictions alimentaires. Elle permet aussi
de mieux connaître ses commensaux.
Et, last but not least, les conférences (Strauss
et Sissi, vous connaissez ?) et les informations
générales et culturelles : du fonctionnement des
écluses à l’origine de la table de Trajan en l’an 101
dans les Portes de Fer, en passant les épaves de
la Seconde Guerre mondiale, bourrées d’explosifs
et heureusement localisées avec précision
en Serbie, constituent une mine d’informations.
Elles sont ainsi fournies par le directeur de croisière
– l’érudit et très recommandable Frédéric
Mathieu était le nôtre –, rendant cette croisière
non seulement agréable et reposante mais aussi
extrêmement instructive. Sans oublier les spectacles
folkloriques locaux invités à bord et les
festivals de gastronomie régionale sur le toit du
bateau.
En plus des lieux d’escale, Rivages du Monde
propose la visite de lieux plus éloignés, lors d’excusions
payantes à réserver à l’avance. Mais à
vrai dire, les visites aux lieux d’escale sont déjà
tellement dépaysantes, même s’ils sont parfois
moins connus, que ces excursions sont surtout
indiquées pour qui veut avoir tout vu dans la vie
et pour les revenants avides de nouvelles découvertes.
Voici, en ce qui nous concerne, quelques point
forts qui nous ont paru pertinents à rapporter ici,
parmi l’offre abondante au cours de cette croisière
sur un fleuve qui longe tel pays sur l’une de
ses rives et tel autre pays sur la rive d’en face. Un
trait d’union en longueur et en largeur. n
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JOUR 1
Bucarest (Roumanie) : un tour guidé de la ville est prévu après
l’arrivée. Nous avons déjeuné au Hanu’ lui Manuc (1879), qui
sert une cuisine traditionnelle roumaine. Petites chapelles
byzantines, cafés majestueux, et puis l’obscène Palais de
Ceausescu, grandiose dans toute sa laideur, mais à voir.
https://romaniatourism.com/bucharest.html
JOUR 2
Roussé
(Bulgarie) :
avec ses
petites
boutiques
et une
architecture
brutaliste à
l’abandon,
des sgraffitis
de l’époque
communiste
et des graffitis d’aujourd’hui, des passages à niveau sans
barrières et puis cette cathédrale Sveta Troitsa à moitié sous
terre à côté d’un opéra pas très somptueux. Dépaysant.
https://obshtinaruse.bg/en/
JOUR 3
Oryahovo (Bulgarie) :
amarrage dans un lieu
désert dont les rives
sont parsemées de villas
anciennes abandonnées
et envahies par la nature,
devant un semblant de
plage avec des parasols
dépareillés le long du
fleuve. Des vestiges d’un
hammam ottoman du 16e
siècle, des promenades
dans les collines. Et
puis le petit village avec
des bustes de ses héros communistes, de l’architecture
brutaliste abandonnée ici aussi, des vendeurs de rue devant
un carton de six melons ou de quelques kilos d’oignons. Des
petites gens. Touchant. www.oriahovo.bg
JOUR 4
Journée de navigation entre la Roumanie
et la Serbie, où commence le défilé
des Portes de Fer. Encastrés dans les
montagnes, on y croise notamment,
commandée par un milliardaire italoroumain,
Losif Constantin Dragan, une
sculpture (haute de 40 m et large de 20 m)
de Décébale, le dernier roi des Daces de
87 à 106, qui a combattu sans succès les
empereurs romains Domitien et Trajan,
pour défendre l’indépendance de son pays,
l’actuelle Roumanie. Sur l’autre rive, en
territoire serbe, en face de la sculpture, se
trouve la Table de Trajan, vestige romain
plus modeste qu’a fait réaliser l’empereur
Trajan pour commémorer une victoire qui
a conduit à la conquête de la Dacie en l’an
105. Table est ici à interpréter au sens des
tables de loi plutôt qu’une table de cuisine.
JOUR 5
Belgrade (Serbie) : tous
les guides en ligne
vous renseigneront les
choses grandioses à voir
à Belgrade. Signalons
peut-être Saint Sava,
la plus grande église
orthodoxe du monde
et les collections
prestigieuses des
musées. Mais ne
cherchez plus le
musée de l’Automobile
que certains guides
renseignent encore :
après la mort du
collectionneur qui l’avait fondé, sa fille l’a paraît-il fait
disparaître, selon un nostalgique qui rodait encore sur les
lieux. www.tob.rs/en
JOUR 6
Journée de navigation de Vukovar - où descendent les participants
aux excursions -, vers Mohacs en Hongrie, où le bateau
arrive en fin de journée pour récupérer les excursionnistes. Non
loin du lieu d’amarrage, une église orthodoxe abrite des vitraux
contemporains d’une rare beauté.
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JOUR 7
Budapest (Hongrie) :
Ici aussi un guide
sera plus utile qu’un
paragraphe pour
découvrir cette perle
architecturale avec
ses musées, ses bains,
ses promenades et ses
cafés comme le New
York où le raffinement
réside plus dans le
décor que dans la
clientèle devenue
essentiellement
touristique.
www.budapestinfo.hu
JOUR 8
Bratislava (Slovaquie) : Ville superbe avec ses cafés -
notamment le superbe bar Antique, ses églises, ses boutiques,
ses musées et ses nombreuses promenades urbaines
où le piéton est roi. www.visitbratislava.com
JOUR 10
Melk (Autriche) : Un centre pittoresque, restauré à tel point
qu’on le dirait neuf. Son abbaye bénédictine, bâtie en
surplomb du Danube et où on vous interdit de prendre
la moindre photo, est immense. C’est d’ici qu’est originaire le
bénédictin Adso de Melk, héros du roman à succès Le Nom
de la Rose d’Umerto Eco (1980), adapté au cinéma par
Jean-Jacques Annaud, en 1986.
www.visitmelk.com
JOUR 9
Vienne (Autriche) : Allez-y voir Le Baiser de Gustav Klimt au
Belvedere qui est à Vienne, ce que la Joconde est au Louvre
à Paris Que dire qui n’a pas encore été dit ? Ville immense,
riche en culture et en art de vivre. Fascinante.
www.wien.info
JOUR 12
Fin de la croisière. Débarquement à Passau pour rejoindre
Munich où nous aurons la possibilité de flâner quelque peu
avant le vol du retour vers notre royaume. Avec le stade du
Bayern des architectes suisses Herzog & de Meuron en toile
de fond sur la route du centre vers l’aéroport.
www.muenchen.de
JOUR 11
Linz (Autriche) : Ville trop peu connue chez nous. Avec
son immense cathédrale de l’Immaculée conception, son
marché et ses saints aux regards troubles dans quelques
églises. Son Lentos - musée d’art contemporain à
l’architecture particulière au bord du Danube -, est considéré
comme le meilleur du genre en Autriche.
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VOYAGE
QUATRE SAISONS À VENISE
Déambuler dans ses ruelles, boire un vin cultivé sur place, goûter aux cicchetti,
s’émerveiller devant des toiles du Tintoret… Venise offre mille et un plaisirs.
AAntonio Lucio Vivaldi est né à Venise en
1678. On lui doit l’un des concertos pour
violon les plus connus : Les Quatre Saisons.
Une musique baroque et un thème
qui sied bien à une ville qui se savoure en
toute saison.
Printemps
Le printemps est l’occasion de découvrir la prestigieuse Biennale
d’art contemporain, qui a lieu tous les deux ans entre
avril et novembre, en alternance avec celle consacrée à l’architecture.
En 2024, la thématique « Étranger partout » invitait à une réflexion
sur les multiples crises migratoires mondiales et sur les différentes
expériences vécues par les « étrangers ». À découvrir à
l’« Arsenale », ancien chantier naval fondé en 1104, et dans les
« Giardini » créés par Napoléon au début du XIXe siècle. Le
pavillon central y a été édifié pour la première Biennale en
1895, suivi par les 29 pavillons nationaux, dont certains signés
par de grands architectes. Comme Josef Hoffman, l’une des
principales figures de la Sécession viennoise, auteur du pavil-
Laura Centrella
lon autrichien en 1934. Mais la Biennale, c’est aussi l’occasion
de découvrir les pavillons de petits pays installés dans des «
palazzi » ou églises méconnus.
Du côté des délicatesses vénitiennes, c’est le moment de
l’année où l’on peut déguster les fameuses « moeche », des
crabes mous - c’est la saison où ils muent et perdent leur
carapace - frits, ou des « castraure ». Ces derniers, de petits artichauts
violets réputés dans toute la péninsule, sont cultivés
sur l’île de Saint-Érasme, le grand potager de Venise depuis
le XVIe siècle. En saison, on dégustera ces deux spécialités
à la charmante Trattoria alla Maddalena, un peu éloignée
de tout sur l’île de Mazzorbo, mais reliée par un pont à la
très photogénique île de Burano, où les maisons colorées
s’égrènent au fil des canaux.
À Burano, on visitera le musée de la dentelle, où l’on admirera
le fameux « point en l’air », inventé par les dentellières
de l’île au XVIe siècle, et on goûtera aux biscuits « bussolai »
(ou leur variante en forme de « S ») de Carmelina Palmisano,
une personnalité de l’île qui a ouvert sa biscuiterie en 1950.
Avec les premiers rayons de soleil, on filera à Venise sur le très
agréable campo Santa Margherita pour déguster un spritz
1. À la Biennale, l’artiste
britannico-nigérian
Yinka Shonibare alertait
notamment sur la montée
des eaux et les conséquentes
migrations que celle-ci
entraîne avec son « réfugié
astronaute ».
2. Rituel obligatoire, le spritz
au Caffè Rosso sur le Campo
Santa Margherita.
3. L’impressionnant feu
d’artifices tiré pendant
la fête du Rédempteur.
4. Pendant la Régate
historique, on est plongé
dans une autre époque…
5. Les tramezzini du Bar Alla
Toletta. On ne manquera pas
d’y goûter celui aux sfliacci
di cavallo (viande fumée de
cheval), une spécialité locale.
6. Le Français Michel
Thoulouze a relancé la
viticulture sur l’île de Saint-
Érasme pour proposer le vin
Orto di Venezia.
7. Un plat du restaurant ORO,
à l’hôtel Belmond Cipriani,
qui met en valeur les
artichauts de l’île de Saint-
Érasme.
8. La splendide basilique
Saint-Marc, une église à
coupoles qui suit le modèle
des édifices byzantins.
© Matteo de Mayda
© Erik Valebrokk
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© Vela Spa
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© Vela Spa
au Caffè Rosso. Cet apéritif qui a fait le tour du monde se
déguste ici avec le fameux Aperol. Mais tout bon Vénitien qui
se respecte choisira le Select, une liqueur à base d’infusion
d’oranges douces et amères associées à 30 herbes et racines,
née à Venise en 1920.
Été
L’été, c’est la saison des fêtes vénitiennes ! Il y a d’abord la fête
du Rédempteur, célébrée le troisième dimanche du mois de
juillet pour commémorer la grande épidémie de peste qui
toucha la ville de 1575 à 1577, couronnée par un impressionnant
feu d’artifices qui vient mourir sur l’eau. Et le premier
dimanche de septembre, a lieu la Regata Storica. Un somptueux
défilé d’embarcations légères, typiques de la lagune
© LCMG_0541
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© ortodivenezia
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© Marco Valmarana
de Venise, transportant des personnages en costumes historiques...
Tandis que sur le Lido, les stars hollywoodiennes se
pressent sur le tapis rouge pour assister à la Mostra, le plus
ancien festival de cinéma au monde, qui a lieu durant dix
jours, fin août-début septembre.
L’été est aussi la saison où l’on profite pleinement de la
dolce vita vénitienne. Où l’on prend le temps de se baigner
au Lido… Si le splendide Grand Hôtel des Bains continue de
tomber en décrépitude, la plage Des Bains 1900, où a été
tourné le film mythique de Luchino Visconti « Mort à Venise »,
est toujours en activité.
À Venise, on débutera la journée par un café et deux « tramezzini
», ces sandwichs de pain de mie triangulaires aux
garnitures variées. On goûtera ceux de la pâtisserie chic
Rosa Salva, sur le campo San Giovanni e Paolo, tout en jetant
un œil à la somptueuse façade renaissance de l’hôpital
du même nom. Ou ceux du plus populaire Bar Alla Toletta,
situé près des « Gallerie dell’Accademia », où l’on s’émerveillera
devant les toiles de peintres vénitiens célèbres, comme
le Titien, Véronèse, Tiepolo ou encore Canaletto. Ce dernier a
signé de splendides panoramas de la Sérénissime au XVIIIe
siècle. Et l’on se rend compte que la ville n’a finalement pas
beaucoup changé…
Se perdre dans les « calle » (petites ruelles) de la Cité des
Doges est un plaisir immense lorsque les journées rallongent.
Mais la dolce vita, c’est aussi prendre le bateau-navette qui
relie la sublime place Saint-Marc à l’hôtel Cipriani, propriété
de de la chaîne d’hôtel de luxe Belmond depuis 1976 et ouvert
uniquement de fin mai à début octobre.
Dans cet hôtel fréquenté par les plus grandes stars de la
Mostra, on dégustera un negroni dédié à Cate Blanchett.
Avant de passer à table au Ristorante Oro*, où, sous la supervision
du célèbre chef de Modène Massimo Bottura (Osteria
Francescana***), la cheffe Vania Ghedini propose une cuisine
italienne ultraraffinée. Elle y travaille des ingrédients locaux
et s’inspire de la lagune vénitienne ou de ses souvenirs d’enfance
à Ferrara, ville dont elle est originaire. Dans ses assiettes,
elle évoque aussi son séjour marocain, avec des « bigoli in
© Vela Spa
SE PERDRE DANS
LES CALLE DE LA CITÉ
DES DOGES EST UN
PLAISIR IMMENSE.
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salsa », un plat de pâtes typiquement vénitien aux oignons et
anchois, ici parfumés au cumin et au citron confit. Une merveilleuse
adresse, où l’excellent sommelier offre un voyage en
Italie au travers de cépages et d’appellations peu connus.
© LC
2
Automne
L’automne est une saison plus calme à Venise. Septembre,
c’est le temps des vendanges sur l’île de Saint-Érasme, très
agréable à parcourir à vélo. On ne manquera pas d’y visiter
le vignoble Orto (potager en italien). Au XVIe siècle, l’île était
recouverte de vignobles et le Français Michel Thoulouze et
sa famille ont décidé de relancer cette activité viticole, avec
l’expertise de Lydia et Claude Bourguignon, fondateurs du
Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, et celle
d’Alain Graillot, dont les crozes-hermitage sont réputés mondialement.
Michel Thoulouze a planté ses premières vignes
franches de pied en 2002 et voilà qu’il vend déjà le millésime
2021 du domaine. Très agréable, ce vin blanc minéral, sans
passage en fût de chêne, est un assemblage de cépages antiques
italiens autour de la malvoisie istrienne.
À Venise, on visitera la splendide basilique Saint-Marc, reconstruite
au Xe siècle. Et l’on restera certainement pantois
devant l’un des plus grands ensembles de mosaïques du
monde, entièrement sur fond d’or… Ou l’on s’aventurera dans
une visite secrète du Palais des Doges pour admirer l’impressionnante
charpente en bois du bâtiment, pour y découvrir
les geôles et marcher à l’intérieur du pont des soupirs… Pas
ceux des amoureux qui voguent dessous en gondoles, mais
ceux des malheureux qui furent retenus dans les geôles du
palais.
La chaleur n’a pas tout à fait quitté Venise à l’automne, et
on saisira l’occasion pour faire un tour au Marché du Rialto
et profiter des derniers légumes en provenance de Saint-
Érasme, et surtout faire un tour au superbe marché aux poissons.
C’est le moment de commencer un « bacaro tour », soit
une exploration des bars à « cicchetti » (tapas vénitiens) de
la ville. Premier arrêt au All’Merca pour un mini « panino »
(sandwich) à la « sopressa » (charcuterie de porc) et un verre
1
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© LC
© LC
© Erik Valebrokk
4
de vin nature de qualité de chez Damijan ou Radikon par
exemple, deux vignobles réputés du Frioul-Vénétie julienne.
Non loin de là, impossible de manquer All’Arco, où on fait la
file pour déguster les meilleurs « cicchetti » de la ville, entre
classiques (« baccalà mantecato », sorte de brandade de morue
vénitienne, ou « sarde in saor », sardines à l’aigre-doux) ou
plus créatifs, réalisés avec les poissons du Marché du Rialto.
À deux pas, la Cantina Do Mori vaut le coup d’œil pour son
plafond constellé de chaudrons en cuivre et son large assortiment
de délices : salade de poulpe, boulettes, fonds d’artichauts,
polenta aux calamars à l’encre de seiche…
Fatigué de déambuler dans les ruelles? On s’attablera alors
au Wildner, sur la riva degli Schiavoni, à deux pas de la place
Saint-Marc, pour déguster des classiques vénitiens parfaitement
réalisés, avec, en terrasse, une vue sur l’église de San
Giorgio Maggiore. Ne manquez surtout pas le « risotto di gò »
(réalisés avec des gobies, petits poissons de la lagune) ou le «
tiramisù », un dessert inventé dans la région.
Hiver
L’hiver est l’une des périodes de l’année où Venise accueille
le plus de touristes, qui se massent au carnaval, dont la ré-
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© Erik Valebrokk
5
7
© LocalVenezia
6
© Bacan
putation a fait le tour du monde. Il commence dix jours
avant le mercredi des cendres et se poursuit jusqu’au mardi
gras. Les Vénitiens revêtent alors leurs plus beaux atours
pour le plus grand plaisir des photographes. C’est aussi le
seul moment de l’année où l’on peut dénicher les « fritole »,
des beignets de carnaval avec des raisins et des pignons de
pin.
Dès le matin, on ira se réchauffer
dans les superbes salons du Caffè
Florian sur la place Saint-Marc, l’un
des plus anciens cafés du monde,
fondé en 1720. Si, à table, l’addition
est salée, faites comme les Vénitiens,
prenez votre café et votre pâtisserie
al banco (au comptoir), c’est beaucoup
moins cher…
Les « scuole » (corporations) à visiter ne manquent pas à Venise,
dont la magnifique Scuola Grande di San Rocco. Parmi
les moins connues, la Scuola Dalmata présente les superbes
toiles du cycle de Saint-Georges réalisées par le peintre vénitien
Vittore Carpaccio au XVe siècle. C’est en référence à
son rouge caractéristique que Giuseppe Cipriani a inventé
ALL’ARCO,
ON DÉGUSTERA
LES MEILLEURS
« CICCHETTI »
DE LA VILLE.
le fameux plat homonyme dans les années 1950 et qui se
déguste toujours au Harry’s Bar. Délicieux, mais hors de prix!
Mieux vaut casser sa tirelire pour déguster la cuisine du chef
napolitain Salvatore Sodano, qui a reçu une étoile au Local.
Il y propose une excellente cuisine italienne contemporaine
faisant la part belle aux ingrédients « vénitiens » comme le
« baccalà » (morue salée). Tandis
que le sommelier offre de parfaits
accords avec des vins italiens ou du
thé.
Si vous avez l’âme plus aventureuse,
poussez la porte du Bacán de Marco
Zambon et Silvia Rozas. Ce couple
italo-espagnol s’est pris de passion
pour la cuisine latino-américaine et
propose un menu très abordable
inspiré par le Mexique ou le Pérou, avec des poissons et des
plantes halophytes de la lagune. Même les tortillas de maïs
nixtamalisé (maïs traité à la chaux) proviennent d’une entreprise
italienne située en Ombrie. Preuve que la Cité des
Doges n’est pas enfermée dans ses traditions et sait évoluer
avec son temps… n
1. Les merveilleux
poissons du marché
du Rialto, qui se tient à
Venise depuis le 11e siècle.
2. Des cicchetti et un verre
de spritz, le parfait apéro,
ou plus si affinités...
3. Les petits sandwichs
du All’Merca avec une
ombra de vin, un petit
verre de vin en vénitien.
4. C’est l’adresse à ne
pas manquer à Venise!
All’Arco offre les meilleurs
cicchetti de la ville.
5. Venise pendant
le carnaval.
6. Baccalà, et sa langue
sauce pil-pil, un plat raffiné
du restaurant Local à Venise.
7. Petits calamars
sauce mole. Chez Bacán,
des ingrédients locaux
sont préparés à la sauce
latino-américaine.
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VOYAGE
AU PAYS DE NEUCHÂTEL
ENTRE ARCHITECTURE, ABSINTHE ET HORLOGERIE
Au fil des ans, la Suisse a vu naître des architectes d’exception, la production et la prohibition
d’un spiritueux « qui rendait fou » et des montres parmi les plus enviées au monde.
C’est au Pays de Neuchâtel plus précisément qu’est né Le Corbusier, que fleurit la meilleure
absinthe et que l’on développe les plus grandes complications horlogères. Visite éclectique des lieux.
Jules Gevaert
Al’invitation de Suisse Tourisme et du Pays de Neuchâtel,
nous voilà accueillis à 1.111 mètres d’altitude
– quel hasard ! –, au Grand Hôtel Les Endroits
www.lesendroits.ch qui domine la petite ville de la
Chaux-de-Fonds. Un hôtel au décor international
courant, mais un paradis pour amateurs de bienêtre,
avec ses 1.000 m2 réservés à sept saunas,
une grande piscine intérieure, un bassin extérieur,
des espaces de détente. Le restaurant est plus que correct et, rétrospectivement,
il aura surtout eu le mérite de lancer le crescendo des saveurs
qui nous seront servies par la suite dans des restaurants locaux de toutes
gammes.
Mais avant la détente, le bien-être et le repas du soir, visite dans un hautlieu
situé plus bas dans la ville : la Villa Jeanneret-Perret dite la Maison
Blanche, la toute première réalisation du jeune Charles-Edouard Jeanneret
(Le Corbusier) en tant qu’architecte indépendant.
LE CORBUSIER INITIAL
La Maison Blanche a été construite en 1912 pour les parents
du Corbusier et présente les prémisses du style et de la
philosophie de ses futures créations. Les Jeanneret n’y vivront
que jusqu’en 1919 et plusieurs propriétaires s’y succéderont.
Aujourd’hui, la villa est accessible au public. Elle a été
restaurée plusieurs fois et on a retrouvé des meubles et objets
d’origine qui entouraient les tout premiers propriétaires. Le
papier peint du salon a été réalisé à l’identique en Belgique par
Geert Wisse (1965-2021) de Zwalm, en Flandre orientale, sur
la base de deux bouts du papier original trouvés dans la niche
d’un radiateur.
Avant la Maison Blanche, à 18 ans, le jeune Charles-Édouard
avait déjà dessiné la Villa Fallet (1905) toujours debout, mais
il travaillait alors chez une autre célébrité du coin : Charles
L’Eplattenier qui était par ailleurs son professeur à l’Ecole
d’Arts appliqués de La Chaux-de-Fonds.
En 1916 Le Corbusier concevra aussi, pour le plus grand
employeur horloger de l’époque, la Villa Schwob, également
appelée Villa Turque, qui appartient aujourd’hui à la marque de
montres Ebel.
www.maisonblanche.ch
Le papier peint réalisé à
l’identique en Belgique sur la
base de petits bouts retrouvés
dans la niche d’un radiateur.
Le salon de la Maison Blanche dans son état actuel
et à l’époque où y vivaient les parents du Corbusier.
La maison Blanche,
première réalisation
architecturale du Corbusier
comme architecte indépendant.
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PRATIQUE HORLOGÈRE ET URBANISME
Après un petit-déjeuner copieux, rencontre avec le guide
érudit Wolfgang Carrier, passionné d’horlogerie et de culture
locale. Direction : le « Garde Temps », un atelier où des artisans
chevronnés aident le néophyte à démonter et surtout à remonter
les composants du mouvement d’une montre : ponts, vis, roues,
rouages minuscules à manipuler avec des pincettes…
De l’architecture à l’horlogerie, le saut peut paraître périlleux.
Mais à la Chaux-de-Fonds, ce serait oublier que les deux sont
intimement liés. Dans les montagnes du Jura suisse, sur des
terrains peu propices à l’agriculture, les villes voisines La Chauxde-Fonds
et Le Locle illustrent en effet un développement
architectural et urbain original qui reflète les besoins d’organisation
rationnelle de la production horlogère. Planifiées au début du
19e siècle, ces villes sont en effet entièrement destinées à cette
production. Leurs tracés selon un schéma ouvert et en bandes
parallèles, imbriquant l’habitat et les ateliers, correspondent aux
besoins de lumière de la culture professionnelle horlogère qui
remonte au 17e siècle et se maintient aujourd’hui. L’Urbanisme
horloger de La Chaux-de-Fonds et du Locle a été inscrit au
Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2009.
Parcourir la Chaux-de-Fonds, c’est découvrir une ville créée par et
pour l’horlogerie. Outre des lieux uniques du patrimoine horloger,
on y trouve aussi des trésors Art nouveau promus à l’époque
par les horlogers les plus fortunés. Et – ô surprise ! – on peut y
découvrir une sculpture en hommage à… Louis Chevrolet : le
fondateur de la marque automobile américaine éponyme est en
effet né ici.
www.chaux-de-fonds.ch
CULTURE DU GOÛT ET DE L’HEURE
Même si son décor peut paraître ancien, la ville est aussi le
bercail d’un art de vivre contemporain. Notre déjeuner du jour
en est une preuve vivante. Le restaurant La Halle des Sens, qui
sert des plats de la cuisine traditionnelle locale mais aussi des
variantes à la sauce d’aujourd’hui, est localisé à l’étage, dans
les halles de la ville : le marché couvert, baptisé L’Hall’titude.
Si votre mets préféré n’est pas au menu du jour, vous pouvez
demander qu’on aille en dénicher les ingrédients au marché en
bas de l’escalier…
www.halltitude.market
Le restaurant
La Halle des Sens.
Après le déjeuner, Wolfgang Carrier nous emmène dans le
bâtiment brutaliste souterrain du musée international d’horlogerie
de la Chaux-de-Fonds, situé dans le flanc d’une petite colline
urbaine depuis 1974.
Voici le musée d’horlogerie le plus important du monde avec
ses 4.500 pièces, plus rares les unes que les autres. Les visiteurs
belges ne seront pas insensibles aux immenses panneaux de
l’artiste Hans Erni, qui ont jadis décoré les murs du Pavillon suisse
lors de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958. On y trouve
aussi de vieux coucous, des montres futuristes, des Swatch, des
montres-bijoux, les premiers instruments de mesure du temps…
fascinant pour les passionnés.
Chargés de connaissance nouvelles, nous entamons ensuite notre
retour à l’altitude 1.111 pour un moment de détente et le dîner.
www.mih.ch
Hommage inattendu à un natif de la Chaux-de-Fonds :
le fondateur de la marque automobile américaine Chevrolet.
Le musée international
d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds.
LA VILLA JEANNERET-PERRET, DITE LA MAISON
BLANCHE, EST LA TOUTE PREMIÈRE RÉALISATION DU
JEUNE CHARLES-EDOUARD JEANNERET (LE CORBUSIER)
EN TANT QU’ARCHITECTE INDÉPENDANT.
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LEVÉE D’INTERDICTION
Ensuite Môtiers et l’Hôtel des Six-
Communes, une bâtisse imposante où
déguster en saison une entrecôte de
marcassin, un civet de lièvre, une selle
de chevreuil ou du bœuf à votre manière.
L’hôtel a été reconstruit vers 1590 et au fil
du temps, il a accueilli des marchés, une
auberge ou le siège de la justice locale.
Aujourd’hui, c’est une des tables les plus
réputées de la région.
www.sixcommunes.ch
l’Hôtel des Six-Communes à Môtiers.
En guise de digestif, on se rend ensuite à
pied à la Maison de l’Absinthe. Un musée
qui conte l’histoire du breuvage et un jardin
de plantes flanqué d’un laboratoire qui en
expliquent la fabrication.
L’absinthe est un spiritueux obtenu par
macération et distillation des plantes qui
lui ont donné son nom : la grande et la
petite absinthe. La plupart des recettes
incluent quatre plantes : grande absinthe,
petite absinthe, anis vert et fenouil. Elle se
AUTHENTIQUE MANUFACTURE
Voyage en train, direction Le Locle, un trajet de 30 minutes,
montre (suisse) en main. On entamera la journée par une visite
à la Manufacture Zenith, pendant des décennies l’une des rares
à véritablement mériter sa dénomination de « manufacture »
horlogère. Zenith a notamment créé en 1969 un mouvement
légendaire qui a été utilisés par les plus grandes marques :
le mouvement chronographe automatique El Primero, réputé
aujourd’hui encore pour son extrême précision. Bien que
produisant des produits de grande qualité, pendant des
décennies, Zenith a aussi été une marque dont le rapport qualitéprix
ne frisait jamais l’obscène. Aujourd’hui, elle produit toujours
des montres de qualité, mais sous la houlette du groupe LVMH…
Si l’ensemble de la visite vaut la peine, de l’entrée (dans les murs
de laquelle sont déposées les cendres du fondateur Georges
Favre-Jacot) à la sortie, c’est le grenier de Monsieur Charles
Vermont qui nous intéressera le plus. Contre l’avis de ses patrons,
bien décidés à passer au numérique et au quartz dans les années
1970, cet horloger avait déménagé clandestinement l’essentiel
des étampes et des machines pour la fabrication des composants
de montres mécaniques. Elles auront été bien utiles lors de
la renaissance des montres mécaniques dès les années 1980.
Comme le cœur, le temps aussi a ses raisons que la raison ne
connaît pas.
www.zenith-watches.com
Le grenier de la manufacture Zenith, où un horloger avait
clandestinement stocké le matériel pour fabriquer des montres
mécaniques à l’époque où ses patrons ne juraient que par le quartz…
Horloger à son établi dans la manufacture
de montres Zenith au Locle : un métier
d’antan exercé par une jeunesse
contemporaine motivée.
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consomme diluée dans de l’eau. Dans un
verre d’absinthe, versez 1 dose d’absinthe
pour 3 à 5 volumes d’eau. Faites couler
doucement l’eau fraîche, voire glacée, afin
de permettre aux arômes de se développer
lentement. Vous pouvez également
déposer un sucre sur une cuillère à Absinthe
percée, posée sur le verre. Versez ensuite
l’eau glacée très lentement sur le sucre qui
se dissoudra petit à petit.
Petite et grande absinthe déterminent
le goût du breuvage alors que l’anis et le
fenouil sont indispensables à l’obtention
de la « louche », le trouble qui se produit
au mélange de l’alcool et de l’eau. Mais
certaines recettes intègrent plus d’une
vingtaine de plantes. L’absinthe est
naturellement incolore. Elle peut être
teintée naturellement en vert avec des
plantes riches en chlorophylle, d’où son
surnom de « fée verte ».
L’absinthe est la boisson distillée qui
présente le plus haut titrage d’alcool, son
taux oscillant entre 48 et 77 degrés.
La plupart titrent entre 50 et 55 degrés.
Le bar de la Maison de l’Absinthe permet
de déguster près de 30 sortes d’absinthes
différentes : de préférence pas toutes lors
d’une même session.
Une boutique permet d’en emmener
quelques-unes en souvenir (https://
maison-absinthe.ch), à moins que vous ne
préfériez vous rendre chez un distillateur.
Ce que nous avons fait. La distillerie La
Valote-Willy Bovet n’est pas loin. En plus
d’une généreuse dégustation d’absinthes,
nous y apprendrons tout sur leur naissance
au 18e siècle et leur déclin en raison de leur
interdiction en 1910 pour mille raisons (en
substance dans le langage populaire, parce
qu’elle rendait fou), avant la renaissance
légale en 2005. Willy Bovet avait été une
figure mythique de la clandestinité depuis
1968 quand un fameux contrebandier de
l’absinthe (Marcel Lebet appelé Le Teub) lui
avait proposé un alambic. La fille de Bovet,
Françoise, qui nous a reçus, a repris son
activité en toute légalité en 2018.
www.absinthe-bovet.ch
L’absinthe
comme elle se
consommait
jadis dans
les règles
de l’art.
L’intérieur du restaurant le Cardinal à Neuchâtel,
un plaisir pour le regard et le palais.
FINIR EN BEAUTÉ
le superbe Laténium : www.latenium.ch) et autres lieux en vous déplaçant
gratuitement avec les transports publics du canton de Neuchâtel
(train, funiculaire, bus). Les traversées sur les lacs de Neuchâtel
et des Brenets, ainsi que la location journalière d’un vélo à
Neuchâtel ou au Locle, sont également offerts avec cette
carte. Excusez du peu.
Egayés par les histoires et l’éventail des goûts d’absinthe de degrés divers qui nous ont été
offerts, nous voilà en route vers la gare de Môtiers pour rejoindre Neufchâtel et le bel Hotel
Beaulac… au bord du lac (www.beaulac.ch).
Le charme de la ville opère d’emblée. Et il sera à son comble en poursuivant les ablutions de
l’après-midi avec d’excellents vins suisses pour accompagner le menu dans un petit bijou
de l’Art nouveau lors du dîner à la Brasserie Le Cardinal (www.lecardinal-brasserie.ch).
Le lendemain, nous nous sommes attablés avec une même satisfaction grandissante au
Restaurant Lake Side - en lien mais à distance avec notre hôtel et au restaurant le Silex
(www.lesilex.ch).
Impossible de décrire ici en quelques lignes tous les attraits de Neuchâtel. Son site
de tourisme en ligne www.neuchateltourisme.ch est très complet. Une promenade
improvisée vous mènera au marché (2 à 3 fois par semaine), le long de petits commerces
typiques, comme Dada le vin suisse (www.dada-swiss.ch), les montres Curtit Swiss
Watches (https://curtitswisswatches.ch), Sterchi La Maison du Fromage
(https://sterchi-fromages.ch/neuchatel/) ou La Grapilleuse
(seconde main) www.grappilleuse.ch.
Signalons qu’avec la Neuchâtel Tourist Card, loisirs et
transports sont offerts gratuitement à partir d’une
nuit passée dans le pays de Neuchâtel. À vous
les visites de 31 musées (notamment
Le château de la chaleureuse petite ville de Neuchâtel.
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MONTRES
NOUVEAUTÉ D’ABORD,
COMMENTAIRES APRÈS
Faute de créativité ou se reposant sur leurs acquis, nombre de marques horlogères rechignent à multiplier les
lancements de véritables nouveautés, préférant décliner des modèles existants en de nouvelles matières, couleurs
ou autres séries limitées. « La » référence du monde de l’horlogerie – Patek Philippe – vient de lancer une véritable
nouveauté alliée à un véritable patrimoine existant. Les commentaires fusent et le big boss explique.
Serge Vanmaercke
Par souci marketing ou - c’est
selon - pour éviter la chasse
au scoop et donner la chance
à tous les médias de publier
une nouvelle en même
temps, des actualités sont
régulièrement adressées à la
presse sous embargo jusqu’à
une date donnée.
Ce fut le cas avec Patek Philippe qui nous téléphona
en juillet dernier pour annoncer « un événement
important » qui aurait lieu en octobre.
Au compte-gouttes, votre serviteur – seul invité
pour la Belgique – fut mis au courant de la date
exacte, le 17 octobre, et du lieu : Munich. Avec
prière de ne rien annoncer avant cette date. On
se doutait qu’il s’agirait d’un lancement.
Le 14 octobre, courriel de Patek Philippe : « Suite
au non-respect de l’embargo de publication
par le magazine Fortune dans le cadre de notre
prochain lancement… » Fortune avait tout simplement
publié dans un numéro avancé - sans
en prévenir l’annonceur - une pub illustrant les
trois modèles de la nouvelle Collection Cubitus
de Patek Philippe supposée être divulguée trois
jours plus tard…
Les goûts et les couleurs
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce qu’avant
même le lancement, tous les curieux se sont
jetés sur le numéro en question, tandis que
l’affaire Fortune déliait les langues aux quatre
coins de la planète horlogerie. Et pas vraiment
de manière très louangeuse. Certains commentaires
invoquant même une fausse piste comme
coup marketing ou carrément une blague. En
substance : pas possible qu’une marque comme
Patek Philippe lance une nouvelle collection qui
ressemble à ce point à la Collection Nautilus et,
en plus, en moins élégant selon certains.
Si tout le monde a des avis divergents sur la
question de l’élégance, il est vrai qu’aussi bien
avant qu’après le lancement, il y eut un large
consensus dans les commentaires quant aux similitudes
entre la nouvelle Collection Cubitus et
la Collection Nautilus, le grand succès Patek Philippe.
L’affaire Fortune n’était donc pas un coup
marketing et, encore moins, une blague. Quels
qu’aient été ou soient les commentaires, Patek
Philippe n’a évidemment aucun souci à se faire.
Si les goûts et les couleurs se discutent, ce n’est
pas l’excellence universellement reconnue de la
marque qui souffrira après ce lancement.
Ses inconditionnels et les collectionneurs qui
peuvent se le permettre se bouscule(ro)nt à nouveau
au portillon pour acquérir un des trois premiers
modèles de cette nouvelle collection, voire
les trois en même temps. Et ceux qui suivront…
Pour ces collectionneurs et ceux qui rêvent d’en
être, une réaction du numéro un de la marque,
Thierry Stern, immédiatement après la divulgation
de la collection, ne sera toutefois pas sans
intérêt (voir encadré).
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Naissance d’un triplé
En 2021, quand Patek Philippe annonça la fin de
la production de la Nautilus Référence 5711 en
acier, Thierry Stern nous avait signalé que la Maison
remplace toujours une disparition par une
nouveauté. On ne s’attendait pas cependant à ce
qu’une toute nouvelle collection fasse son entrée.
Aux sommets du haut de gamme horloger, Patek
Philippe tient évidemment à limiter son offre en
boîtiers acier. Si la naissance de la Cubitus référence
5821/1A-001 en acier vient combler le vide
laissé par la Nautilus 5711 dans ce même métal,
les deux autres modèles initiaux de la nouvelle
collection sont bel et bien en métal précieux :
platine pour la 5822P-001 et or rose associé à
l’acier pour la 5821/1AR-001. Cadrans, bracelets
et matériaux mis à part, le design des trois modèles
s’uniformise tout en se différenciant. Gros
plan, donc, sur la star de la nouvelle collection :
la Cubitus Grande Date, Jour et Phases de Lune
Instantanés, référence 5822P-001 en platine.
Patek Philippe propose ici des affichages mariant
une grande date, une indication du jour et des
phases de lune instantanées mues par un nouveau
mouvement à remontage automatique.
LE DESIGN DU BOÎTIER DE FORME
CARRÉE AUX COINS COUPÉS, AVEC
DIAMÈTRE DE 45 MM, EST FLATTÉ
PAR LE CONTRASTE ENTRE FINITIONS
POLIES ET SATINÉ VERTICAL.
Six demandes de brevets ont été déposées, touchant
entre autres à la gestion de l’énergie pour
les divers affichages et leurs sauts simultanés en
18 millisecondes. La grande date s’affiche dans un
double guichet à 12h au moyen de deux disques
placés exactement sur le même plan. La lisibilité
du cadran bleu, avec relief horizontal frappé, est
assurée par des index appliques de type « bâton »
en or gris et des aiguilles heures/minutes de type
« bâton » arrondi en or gris, tous pourvus d’un revêtement
luminescent blanc.
Le design du boîtier en platine de forme carrée
aux coins coupés, avec diamètre de 45 mm, est
flatté par le contraste entre finitions polies et
satiné vertical. Le fond en verre saphir permet,
lui, d’observer le mouvement, avec son mini-rotor
excentré en or arborant le même décor
horizontal que le cadran. Comme tous les
modèles Patek Philippe en platine, ce gardetemps
est orné d’un diamant. Cette fois de
taille baguette, serti sur la lunette à 6h. Le bracelet,
d’abord envisagé en platine, a finalement
été remplacé, pour une question de poids, par
un autre en matière composite avec boucle
déployante Cubitus… en platine, elle. Quandmême
! n
1. Les trois premiers modèles d’une nouvelle
collection Cubitus chez Patek Philippe.
2. Le modèle Cubitus 5821/1A-001 en acier
vient combler le vide laissé par la Nautilus
5711 dans ce même métal.
3. Sport élégant, alliant acier et or rose,
la Cubitus 5821/1AR-00, se pare
d’un cadran bleu.
4. Le top de la nouvelle collection Cubitus :
la référence 5822P-001 en platine
avec Grande Date, Jour et Phases
de Lune Instantanés.
5a+5b. Les inspiratrices qui transmettent
leur ADN à la nouvelle collection Cubitus :
à gauche la Nautilus et à droite, l’Aquanaut.
5a
5b
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Thierry Stern, Président de
la Maison familiale Patek
Philippe qui a aussi présidé
au design de la nouvelle
collection Cubitus.
RENCONTRE AVEC LE BOSS
Après la présentation de la nouvelles collection, Miles a eu l’occasion de recueillir les réactions à vif de Thierry Stern
(°1970). Le président de Patek Philippe s’est en effet impliqué corps et âme dans cette nouvelle collection Cubitus.
« J’ai longtemps été responsable création chez Patek quand mon père en
était encore le président. Je n’ai pas fait d’école de design, mais je suis bon
là-dedans. J’ai appris et aimé ça au contact des horlogers. Pour l’Aquanaut
en 1997, j’avais été impliqué à 20% dans son design : je débutais. Mais pour
la Twenty ~4 en 1999, à 100% déjà. Comme pour la nouvelle collection
Cubitus. Et pour la conception de
son mouvement à complications
avec Philip Barat, je suis quandmême
impliqué à 50-60 %.
« Pour la collection Cubitus, nous
sommes partis de l’Aquanaut et de
la Nautilus. Ce n’est ni une coïncidence
ni une copie. Nous utilisons
ce qui nous appartient, ce qui
marche et ce que l’on sait faire. Et
c’est comme ça que j’ai réussi à
développer ce design. La Cubitus
a l’ADN de ces pièces-là, mais avec
sa propre identité. Elle en est proche et c’était le but. A première vue, les
gens vont se dire : tiens, Patek a fait une Nautilus carrée. Mais plus on la
verra, plus ils la porteront, plus ils réaliseront qu’elle a sa propre personnalité.
Cette famille doit grandir. Des montres dames, avec d’autres tailles,
suivront.
« LES GENS VONT SE DIRE : PATEK
A FAIT UNE NAUTILUS CARRÉE.
MAIS PLUS ON LA VERRA, PLUS
ILS LA PORTERONT, PLUS ILS
RÉALISERONT QU’ELLE
A SA PROPRE PERSONNALITÉ. »
« La capacité de production de Patek Philippe n’augmentera pas avec cette
nouvelle collection. Mais j’espère que certaines personnes basculeront
d’Aquanaut ou Nautilus - qui représentent ensemble environ 40% de notre
production annuelle (au total 72.000 pièces) -, vers Cubitus. Il y aura donc
une réduction de production sur les lignes existantes. Et c’est voulu : quand
j’ai décidé de clôturer la Nautilus
en acier 5711, c’était pour réduire
la production de la Nautilus, éviter
le danger de devenir mono-produit
tout en ayant trop d’acier dans
nos collections. On a un ADN chez
Patek et on doit le respecter. En
ce qui concerne les matériaux, par
exemple, Patek ne se lance pas
dans le carbone ou le titane. Nos investissement
colossaux sont dédiés
aux matériaux nobles.
« On se fait souvent flinguer quand
on sort une nouveauté. Mais j’ai confiance. Ce lancement n’est pas un coup
de tête. J’ai un nez, une expérience et des professionnels autour de moi.
Donc si je sors cette collection, c’est parce que j’y crois. Il faut croire en une
nouveauté en devenir. Il faut se permettre de surprendre et d’aller dans des
segments difficiles. Je ne le redoute pas. » n
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MONTRES
JUSQU’À LA FIN DES TEMPS OU PRESQUE
Le calendrier perpétuel est une complication horlogère qui permet aux montres automatiques, portées au poignet
ou rangées dans un remontoir automatique, d’afficher avec précision et sans réglage manuel, l’heure, le jour, la date,
le mois et parfois la phase de lune, pendant des années, même pendant les années bissextiles. En cette fin d’année,
Miles en a sélectionné dix. Attention, le réglage du temps éternel n’est pas pour rien…
Serge Vanmaercke
En horlogerie, on parle indifféremment
de calendrier ou
de quantième. Un calendrier
ou un quantième simple doit
être réglé à tout passage d’un
mois à l’autre. Les montres à
calendrier annuel, par contre,
ne nécessitent qu’un seul
réglage manuel par an, lors du passage de
février à mars, mais pour le reste, elles reconnaissent
les mois de 30 et 31 jours. La montre
à calendrier perpétuel, elle, ne nécessitera aucun
réglage durant des décennies, à quelques
exceptions près (un peu compliquées à expliquer
ici) ; mais pour les montres concernées,
ces réglages ne devront de toute façon pas
avoir lieu avant 2100, puis en 2200 et en 2300,
et déjà plus en 2400. On a donc le temps de
voir venir… Si notre calendrier est si complexe,
avec ses années bissextiles et ses mois de différentes
durées, c’est parce qu’il existe une
discordance entre la façon dont nous divisons
le temps et les révolutions des corps célestes
qui servent de base à ces calculs. L’année civile
de 365 jours est ainsi presque 6 heures plus
courte que l’année solaire (le temps qu’il faut à
la Terre pour revenir à la même position dans
l’univers après un cycle de saisons), qui dure
quelque 365,2425 jours.
Voici notre sélection. n
LE TOP !
PATEK PHILIPPE – RÉF. 5236P-10
En 2021, Patek Philippe avait dévoilé un nouveau quantième
perpétuel avec indications du jour, de la date et du mois
dans un grand guichet unique à 12h dans un boîtier en
platine marié à un cadran bleu dégradé noir. La manufacture
revisite ce modèle en platine, en le dotant d’un cadran opalin
doré or rose d’inspiration « vintage », rehaussé par des index
appliques et aiguilles facettées de type « bâton » en or gris
de couleur anthracite.
www.patek.com
AMBITION SÉCULAIRE
IWC – PORTUGIESER ETERNAL CALENDAR 44
La marque de Schaffhausen rend un humble hommage à
l’éternité, avec ce premier calendrier perpétuel séculaire
d’IWC. En plus de distinguer les différentes durées de mois
et d’ajouter un jour intercalaire tous les quatre ans fin février,
la Portugieser Eternal Calendar tient également compte des
exceptions du calendrier grégorien en omettant trois années
bissextiles par période de 400 ans.
www.iwc.com
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DAVID VAUT BIEN GOLIATH
BAUME & MERCIER - CLIFTON 10583
Montre automatique à calendrier perpétuel de 42 mm
de diamètre, dotée d’un mouvement manufacture Baumatic
BM13 et d’une réserve de marche de 5 jours. Elle se présente
dans un boîtier en or rose poli et son disque à phases de lune
est doré et laqué bleu.
www.baume-et-mercier.com
LA GRANDE MAISON
JAEGER LECOULTRE - MASTER ULTRA THIN
PERPETUAL CALENDAR
En 2024, la collection propose une nouvelle interprétation
de la Master Ultra Thin Perpetual Calendar, avec une réserve
de marche largement accrue jusqu’à 70 heures. Quatre
variantes sont proposées, dont celle-ci à cadran bleu nuit
dégradé en contraste avec la boîte en or rose. La finition
azurée des compteurs se démarque du cadran soleillé pour
créer un jeu de lumière.
www.jaeger-lecoultre.com
INSPIRATION NATURE
BLANCPAIN VILLERET QUANTIÈME PERPÉTUEL
Blancpain pare sa nouvelle création d’un cadran vert intense
inspiré des forêts du Brassus, dans le Jura suisse. Habillée
d’un boîtier en or rouge, cette véritable mémoire mécanique
ne nécessitera aucun réglage jusqu’en février 2100, mois
qui ne sera pas bissextile en raison d’une exception se
produisant trois siècles sur quatre dans le calendrier
grégorien.
www.blancpain.com
MUSIQUE MAESTRO !
AUDEMARS PIGUET ROYAL OAK
QUANTIÈME PERPÉTUEL
La manufacture a collaboré avec le chanteur, guitariste et
collectionneur John Mayer pour concevoir une nouvelle
version de ce modèle équipé du Calibre 5134. Il en résulte
une montre en or gris avec un cadran d’un bleu profond
parsemé d’innombrables détails reproduisant un ciel
cristallin.
www.audemarspiguet.com
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MAIS C’EST BYZANCE !
BREITLING – TROIS QUANTIÈMES PERPÉTUELS
Pour fêter son 140e anniversaire, la marque pourvoit trois
modèles de la complication quantième perpétuel : la
Premier, la Navitimer et la Chronomat. L’édition anniversaire
de la Navitimer est équipée de sa célèbre règle à calcul noire
sur un cadran en or rouge. Le bracelet en cuir d’alligator est
doté de surpiqûres contrastantes et d’une boucle déployante
en or. Chaque modèle est équipé du Calibre B19, qui garantit
une réserve de marche de 96 heures et une précision
pendant un siècle, sans réglage majeur.
www.breitling.com
SAVEUR HORLOGÈRE
H. MOSER & CIE - ENDEAVOUR PERPETUAL
CALENDAR PASSION FRUIT
Jamais dépourvue d’humour, la marque présente une
collaboration fruitée avec Studio Underd0g pour un
chronographe monopoussoir et un calendrier perpétuel. Deux
créations ludiques qui font la paire. Le quantième perpétuel
propose l’association savoureuse d’un petit cadran dans un
cadran en émail « Grand Feu » sur une base en or jaune. Une
véritable explosion de couleurs acidulées et audacieuses,
pour ces créations en hommage à la passion et la créativité.
www.h-moser.com
LE NICHE SÉDUIT PAR L’ABORDABLE
FREDERIQUE CONSTANT - SLIMLINE
PERPETUAL CALENDAR MANUFACTURE
Cette année, l’horloger anglais Peter Speake, fondateur de
la marque de niche Speake-Marin, et Frederique Constant
dévoilent le fruit d’une collaboration inattendue. Ce
quantième perpétuel dans une boîte en acier de 42 mm offre
un équilibre entre esthétique et technique, où la première
s’efface par un jeu discret d’ajourage, pour laisser apparaître
la mécanique du quantième perpétuel. Une création limitée
à 135 exemplaires.
www.frederiqueconstant.com
TOUT EN FINESSE
BULGARI - OCTO FINISSIMO
CALENDRIER PERPETUEL
La collection Octo Finissimo s’est imposée dans le paysage
de la Haute Horlogerie en explorant l’ultra miniaturisation
des mouvements à complication. Ce modèle est disponible
en deux variantes : titane et platine.
Pas moins de 408 composants d’un mouvement épais
de seulement 2,75 mm interagissent dans l’espace
extrêmement limité d’un boîtier élancé de 5,80 mm de haut.
www.bulgari.com
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61
SECRET CARS
CRÉATIVITÉ RÉELLE ET
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Pour ce projet, François Mercier (53 ans) travaille sous son pseudonyme :
Mr. François. Grâce à un logiciel d’intelligence artificielle, à un monde onirique
auquel il a laissé libre cours et beaucoup de travail, le réalisateur et photographe
a créé une série de promptographies (*) avec pour objet un détournement
de sa passion pour les belles voitures des années 1960 à 80.
Serge Vanmaercke
PORTFOLIO
Résultat : Secret Cars, un
compte Instagram (animé)
et un livre (Ed. Luster) d’une
imagination débordante,
avec des images toujours
étonnantes, parfois
provocantes et très souvent
humoristiques, jusque dans
l’identification des véhicules.
Une version raccourcie d’une Porsche 356 devient
ainsi une Porsche 35,6 par exemple.
Mr. François est honnête et transparent. Il
explique sa méthode et signale ses sources pour
un travail qui n’en porte pas les traces à première
vue. Il se prononce d’ailleurs en faveur d’une
réglementation concernant le recours à l’IA.
« Je ne demande pas à l’IA de me faire une image
à la manière de tel ou tel photographe. Je ne
m’approprie pas le style de quelqu’un. J’utilise un
logiciel Midjourney avec un « prompt » dans lequel
j’introduis une série de mots décrivant l’image que
je souhaite créer. La voiture, le décor, le paysage ou
les personnages de cette image sont donc créés
de toute pièce. J’entre en discussion avec mon
outil, j’affine l’image et je la sauve. Le processus
peut durer des heures, voire une semaine entière.
L’image créée n’est donc pas une photo puisque
rien dans cette image n’a jamais existé. C’est un
assemblage de pixels répondant aux mots que j’ai
communiqués à l’IA. »
À travers ce prisme, le projet offre un récit nouveau,
mélangeant IA générative et une apparence
de photographie traditionnelle pour créer des
images brouillant la frontière entre le plausible et
l’absurde.
« Je suis un story teller. Je raconte des histoires.
Pour l‘image Lamborgini Puntach CF, par exemple,
j’ai imaginé les funérailles d’une personnalité
connue, une foule entourant le corbillard dans un
cimetière en automne avec une lumière voilée… »
La poésie, la nostalgie ou le romantisme ne sont
pas absents. L’absurde non plus, d’ailleurs. « L’IA
fait des erreurs. J’en corrige certaines mais j’en
préserve aussi, comme indices : une voiture avec
moteur à l’arrière transformée en camping-car,
par exemple : tout simplement impossible. »
Le délire n’est donc pas absent avec des grandes
marques transformées en voiture pompier,
camion poubelle ou ambulance.
Et si l’IA n’a pas été sollicitée pour faire des images
« à la manière de », en examinant toutes les
images, on se rend compte qu’elles reflètent bel
et bien un style propre à Mr. François. « Avant de
lui décrire l’image, je lui décris mon style et cette
formule reste évidemment secrète». n
https://en.lusterpublishing.com/products/
secret-cars-300-promptographs
IG @ secret_cars_
(*) Promptographie : mot inventé par
le photographe péruvien, Christian Vinces
et popularisé par le photographe Boris
Eldagsen qui a refusé un prix Sony de
photographie en 2023 pour une image
réalisée avec un logiciel text-to-image.
Ford GT41
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62
© MR Francois
© MR Francois
Ferrari Ardente
© MR Francois
Lamborghini Puntach CF
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63
Porsche 35,6
© MR Francois
Cadillac Panamerica
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64
© MR Francois
© MR Francois
Jaguar Duplex
© MR Francois
Lamborghini Miuralino
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65
Mercedes Luncher
© MR Francois
Citroën Grand DSi
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66
© MR Francois
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