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Supplément gratuit du

Moniteur Automobile

Cover

Stephan Vanfleteren

Une production de

S.A. ProduPress

Avenue de L’Humanité 292

1190 Bruxelles

Éditeur responsable

Bill Stockman

Rédacteur en chef

Serge Vanmaercke

Secrétariat de rédaction

Olivier Maloteaux

Rédaction

Laura Centrella, Jules Gevaert,

Ben Herremans,

Serge Vanmaercke,

Chris Vermuyten

Mise en page

Bert Baekelandt

Images

Thomas LeScrainier

Operational Director

Marc Hootelé

Project Manager Advertising

Emilie Le Blan

eleblan@produpress.be

Service publicité

Frédéric De Cooman

fdecooman@produpress.be,

Frank Debrauwer

fdebrauwer@produpress.be

ÉDITO

Le triomphe des marques

Au début des années 1960, les amateurs d’art, de soupe et de limonade n’ont plus

jamais regardé une boîte Campbell ni une bouteille de Coca-Cola de la même

manière. Andy Warhol (1928-1987) venait d’élever au rang d’art la représentation de

produits de consommation de masse. D’autres marques suivront : Brillo, Pepsi, Heinz,

Marlboro que Warhol flatte autant qu’il n’en dénonce la surconsommation. Au fil des

ans, des labels haut de gamme, eux aussi, se retrouvent à la fois dans les pubs de

magazines glossy et dans des galeries d’art : le même Warhol avec Chanel N°5 ou son

compère britannique Richard Hamilton (1922-2011) avec le logo de Ford, par exemple.

En littérature, une avalanche de noms de marques – essentiellement de mode –

apparut soudain en 1991 dans une œuvre de Bret Easton Ellis : American Psycho. Son

retentissement fut mondial. Giorgio Armani, Hugo Boss, Ralph Lauren, Calvin Klein

y côtoient Hermès, Gucci et autres Jean Paul Gaultier, pour décrire une mentalité

d’élitisme ou de superficialité basée sur le look chez des yuppies des eighties.

Même s’il bat sans nul doute un record d’abondance dans la citation de marques,

Ellis ne fut cependant pas le premier à recourir au procédé. Marcel Proust évoque

Boucheron dans la Recherche, F. Scott Fitzgerald mentionne Rolls Royce dans The

Great Gatsby, Ford est cité chez Ernest Hemingway ou Aldous Huxley…

Inversement, des marques ont recouru assez tôt à des artistes et à des œuvres d’art

pour véhiculer leur publicité ou illustrer leurs produits. Ainsi, le Moulin Rouge à Paris

sollicite Henri de Toulouse-Lautrec dès 1891; le papier à cigarettes Job s’adresse à

Alfons Mucha en 1896 ; les cigarettes Belga, à René Magritte en 1935 ; Yves Saint

Laurent crée des robes de cocktail évoquant des compositions de Piet Mondriaan en

1966 ; Dom Pérignon, de son côté, a récemment associé Jean-Michel Basquiat à son

étiquette, tandis que dans le même groupe (LVMH), en 2017, Jef Koons avait déjà fait

reproduire du Van Gogh, Rubens, Fragonard ou Da Vinci sur des sacs Louis Vuitton.

Pourquoi le luxe se priverait-il du succès récolté par le bas de gamme qui reproduit

à tire-larigot des œuvres de Manet, Monet ou Renoir pour orner chaussettes, mugs,

foulards et autres tote-bags ?

Comme l’art, les médias ne sont pas exempts d’une mise en valeur des marques,

volontaire ou non.

Pour informer et commenter l’actualité des industries en tous genres, des banques,

des partis politiques, des clubs de foot et autres, la presse, même dite sérieuse

contribue, elle aussi, à sanctifier les noms de qui elle parle, pas plus que ne le fait

la presse lifestyle d’ailleurs, axée sur les marques de mode, d’accessoires, de design,

de gadgets, etc. Ce magazine en témoigne.

Il faut bien identifier de qui on parle ! Et puis, c’est bon pour le commerce !

Seuls, peut-être, les thèmes sociaux, environnementaux ou culturels ainsi que les

chats écrasés, sont-ils exempts de labellisations à outrance. Et encore…

C’est un fait : les marques s’imposent toujours plus en réclamant parfois jusqu’à la

place dévolue à un éditorial, voire en monopolisant la une de journaux dits sérieux,

sous forme d’enveloppe, en reléguant la véritable une à la page trois...

Peut-être convient-il à un moment donné d’évaluer jusqu’où on va aller trop loin.

Chacun son produit, chacun son métier, et les vaches seront bien gardées.

Là-dessus, je dépose ma plume.

Serge Vanmaercke

Rédacteur en chef

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3


39

26

32

© Alexandra de Cossette

IDENTITÉ

3 Édito

4 Sommaire

RUBRIQUES

10 Livres

11 Montres

12 Goûts

13 Techno

14 Design

15 Senteurs

PORTRAITS

SOMMAIRE

20 Stephan Vanfleteren

39 Damien De Lepeleire

© Lydie Nesvadba

DESIGN

26 Artisan du cuir

29 Comme sur du velours

48

32 Émaillerie belge

35 Autofiction

MOTEURS

42 Belgian Bikers

VOYAGE

© LC

56

44 Croisière sur le Danube

52 Le Jura : montres,

architecture et absinthe

44

GASTRONOMIE

48 Quatre saisons à Venise

MONTRES

56 Du neuf chez Patek

59 Calendriers perpétuels

PORTFOLIO

62 Secret cars by Mr. François

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RADO.COM

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« J’AIME LE DESIGN INTEM

À LA TÊTE DE LA CÉLÈBRE MAISON NATAN DEPUIS 1983, EDOUARD VERMEULEN CULTIVE L’AMOUR DU RAFFINEMENT,

LE RESPECT DES VALEURS ET LA PASSION DES BELLES CHOSES TOUT EN PENSANT AUX GÉNÉRATIONS FUTURES.

DE KNOKKE À BRUXELLES, LE CRÉATEUR BELGE NOUS A EMMENÉ À BORD DU RANGE ROVER P550E ELECTRIC

HYBRID.

À

l’instar du chef multi-étoilé

Sergio Herman

et du célèbre designer

Piet Boon, Edouard

Vermeulen fait partie de cette

nouvelle génération de leaders

ayant choisi de faire confiance

au quotidien à Range Rover.

« Je suis depuis de nombreuses

années déjà fan de

Range Rover en raison de leur

design intemporel, de leur luxe

inégalé et de leur sécurité »,

précise d’emblée le directeur

de la célèbre Maison Natan,

une icône dans l’univers de la

mode. « Les valeurs de Natan

et de Range Rover sont ainsi

très proches. »

Sur la route nous emmenant

de Knokke à Bruxelles, où se

situent les bureaux et l’atelier

de sa maison de mode,

Edouard Vermeulen profite généralement

du calme régnant

à bord pour faire avec son

équipe par téléphone le point

sur différents dossiers : « Ce

Range Rover m’offre un cocon

dans lequel je peux discuter en

restant concentré, mais aussi

profiter d’un moment de détente

en écoutant du piano. »

CONFIANCE ET DURABILITÉ

Même s’il est attaché à la

tradition, Edouard Vermeulen

est avant tout un entrepreneur

moderne, un parfait représentant

de cette nouvelle génération

de leaders qui apprécient

de laisser s’exprimer les jeunes

talents. Dans son atelier, au

sein duquel fut notamment

imaginée la robe de mariée de

la Reine Mathilde, la liberté de

création est une valeur cardinale.

« Grâce à cette nouvelle

génération, je suis convaincu

que la marque continuera à

exister, même quand je ne

serai plus là », sourit-il.

Grâce à la généreuse autonomie électrique de son Range Rover P550e hybride rechargeable, Edouard Vermeulen peut souvent profiter du silence feutré inhérent à la conduite électrique.

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MILES X RANGE ROVER

POREL DE RANGE ROVER »

Entre Knokke et Bruxelles, Edouard Vermeulen a tout le loisir d’apprécier le confort de son Range Rover.

Un style intemporel et un luxe empreint de discrétion, c’est cela aussi qu’apprécie le créateur de la Maison Natan.

Natan et Range Rover partagent de nombreuses valeurs, à l’instar de la durabilité.

L’une des valeurs communes

partagées par Natan et

Range Rover est assurément

la durabilité. Voici trois ans, la

Maison Natan a introduit dans

sa collection de prêt-à-porter

un nouveau matériau révolutionnaire,

un cuir végétal respectueux

de l’environnement,

à base de cactus, qui s’inscrit

dans une démarche de mode

durable. « Nous considérons

qu’il est de notre responsabilité

de contribuer à la transition

de la ‘fast fashion’ vers une

mode entièrement durable »,

enchaîne avec conviction

notre chauffeur, ardent défenseur

de l’écoresponsabilité.

TOUJOURS SE RÉINVENTER

Pour ses trajets usuels,

Edouard Vermeulen fait appel

à un véhicule parfaitement

en phase avec ses convictions.

Grâce à sa batterie de

38,2 kWh et à une autonomie

électrique réelle de plus de

90 kilomètres, le Range Rover

P550e Electric Hybrid lui

permet d’effectuer la plupart

de ses déplacements à la

seule force des ions et sans

produire la moindre émission.

Aujourd’hui, l’ensemble de

la gamme Range Rover est

disponible en hybride rechargeable

(PHEV). En 2025,

Range Rover présentera aussi

un modèle 100 % électrique.

« J’aime le luxe tranquille, et

cette voiture l’incarne parfaitement

», conclut avec le sourire

notre hôte en garant son

Range Rover devant ses bureaux,

Avenue Louise. « Tout

comme je dois constamment

réinventer Natan, et me réinventer,

Range Rover innove

avec ce véhicule, sans rien

concéder sur le plan de l’expérience

du luxe qui caractérise

tellement la marque. » ■

POUR EN SAVOIR

PLUS, SURFEZ SUR

LANDROVER.BE

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LIVRES

HORS DE L’ORDINAIRE

Un monument disparu en BD, l’homme comme modèle, un superman méconnu, l’onirique sous

le pinceau et comprendre les symboles en peinture : la culture entre rêve, réalité ou cauchemar.

1. DÉCHIFFRER LES CODES Le langage symbolique est par

essence codé. En peinture, il ouvre l’espace de représentation à

ce qu’il ne représente pas. Les symboles sont en effet pourvus

d’un sens littéral et d’un surcroît de sens (chien/fidélité, grenade/

fécondité, balance/justice). Le public contemporain des époques

médiévale, renaissante et classique déchiffrait ces symboles mieux

que nous aujourd’hui. Ce livre richement illustré est donc d’un

grand secours.

Les Symboles Dans La Peinture - Robert Bared – Éditions Hazan

2. ARCHITECTURE ET 9E ART L’intrigue passionne, le style séduit

1

2

3

et les images (de Venise où débute l’histoire à Bruxelles, où aura

lieu le scandale en 1965) empliront les anciens de nostalgie et

les jeunes de curiosité. Bande dessinée axée sur la démolition

malheureuse de la Maison du peuple de Victor Horta à Bruxelles,

l’album regorge, en fin de volume, de documents et informations

sur le bâtiment, l’architecte, l’Art nouveau et Bruxelles comme

capitale de ce mouvement architectural.

Maison du Peuple 65 - Patrick Weber, Baudouin Deville,

Bérengère Marquebreucq - Anspach

3. PEINTRES FREUDIENS Avoir, faire ou voir un rêve ? Que se passet-il

vraiment au-delà des paupières closes du sommeil ? Freud et

autres experts se sont penchés sur le phénomène. Ici l’approche

a lieu via la peinture en tant que signe extérieur d’un inaccessible

vécu. Au croisement de l’interprétation des rêves et de l’analyse

des images, l’auteur tente de rendre visible ce qui est occulté. Ce

livre richement documenté interroge le rêve par le biais de sa

représentation picturale. Un défi. Intéressant.

La Fabrique Du Rêve - Victor I. Stoichita – Éditions Hazan

4. SCIENTIFIQUE HÉROÏQUE En 1932, il effectue avec Auguste

Piccard une ascension en ballon, jusqu’à 17.000 m. Durant la

Deuxième Guerre mondiale, il réalise d’importants sabotages qui

lui valurent la torture et la déportation à Dachau où il échappe

à la chambre à gaz. Après le conflit, il élabore une recherche

nucléaire belge de pointe et participe à des plongées d’essai en

bathyscaphe à -3000 m avec le commandant Cousteau. Max

5

Cosyns (1906-1998) fut ingénieur, biophysicien, physicien atomiste,

médecin et spéléologue. Excusez du peu.

L’incroyable épopée de Max Cosyns - Grégoire Hennebert –

Racine

5. L’HOMME MODÈLE Collectionneur et mécène, Gustave

Caillebotte (1848-1894) était aussi peintre. À l’heure où Manet

peignait des Parisiennes à la mode, Monet des femmes à

l’ombrelle, Degas des danseuses ou Renoir des femmes au bain,

Caillebotte, lui, peignait d’élégants Parisiens, des canotiers, des

raboteurs de parquet ou des peintres en bâtiment. Il promouvait

4

ainsi une masculinité virile très 19e, mais flattait en même temps

le regard d’une minorité alors passée sous silence. Cet ouvrage qui

accompagne une expo à Paris en témoigne.

Caillebotte, Peindre Les Hommes - Scott Allan – Éditions Hazan

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MONTRES

LE TEMPS EN COULEURS ET TEXTURES

Du jean pointu pour une montre japonaise trendy, un éclat de météorite pour associer l’éternel au temps

qui passe pour une marque avec un passé en partie belge, le temps en noir et blanc pour le roi horloger

de la céramique, une lumière bleue pour lire l’heure la nuit comme un aviateur, et de l’acier où on ne

l’attendait pas pour une icône nipponne. Ça bouge, chez les designers horlogers.

1. PIONNIER En 1986, Corum introduisait les premières montres «Météorite».

Cette année, elle remet le couvert dans sa collection Admiral 42 avec deux

modèles dont le cadran, en gris nature ou teinté en bleu, a été taillé dans une

météorite trouvée en Suède et vieille de plus de 4 milliards d’années. Marque

Swiss Made en mains chinoises aujourd’hui, Corum a été dirigée par le Belge

Sylvain Wunderman qui l’a redressée au début des années 2000.

www.corum-watches.com

2. ÉCHEC ET MAT EN NOIR ET BLANC Au fil des ans, Rado s’est imposé dans

le recours à la céramique haute technologie en horlogerie et en enrichissant

régulièrement sa palette de nouvelles teintes. Mais tout a commencé avec

le noir et le blanc. Aujourd’hui, la True Square Limited Edition bicolore rend

hommage à ces deux couleurs avec un cadran à cœur ouvert et des index

diamants blancs et noirs. www.rado.com

3. MODE ET HORLOGERIE Le label japonais Seiko 5 Sports présente

une édition Denham limitée en collaboration avec la marque de denim

néerlandaise pointue dans le secteur de la mode. La lunette, le cadran et

le bracelet sont réalisés dans différentes teintes d’indigo. Le pourtour du

cadran et le bracelet en nylon rappellent les coutures que l’on retrouve sur le

denim. www.seikowatches.com www.denham.com

4. DE JOUR, DE NUIT Investie dans la recherche, notamment en matière de

luminescence, la marque Bell & Ross va au-delà du cadran pour proposer

une montre au boîtier entièrement luminescent. BR-X5 Blue Lum offre une

couleur bleue dans l’obscurité et succède à la BR-X5 Green Lum lancée

l’année dernière. Son composant luminescent est réalisé à partir de fibres

de quartz et de matière luminescente diffusant une lumière vive et teintée.

www.bellross.com

5. ROBUSTE ÉLÉGANCE Casio lance cinq nouveaux modèles G-Shock

dans la série GM-2110, dotés de lunettes octogonales en acier et de cadrans

métalliques colorés : bleu ciel, bleu marine, vert citron, orange et argent.

Le boîtier en résine fine renforcée par de la fibre de verre est recouvert de

métal, avec un profil de 11,8 mm, ce qui en fait la montre la plus fine de la

gamme analogique-numérique de G-Shock. https://gshock.casio.com

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GOÛTS

CÉLÉBRATION DES SAVEURS

Quatre boissons et un dessert festifs pour clôturer 2024 dans cette rubrique

qui célèbre les saveurs pour honorer le délicat palais de nos lecteurs.

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© Estate of Jean-Michel Basquiat.

Licensed by Artestar, New York

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© Lukas Wouters

Wingman Agency

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1. CAFÉ EN FÊTE Pour les fêtes de fin d’année, Nespresso lance une

collection de cafés en édition limitée, élaborée par le chef français Jean

Imbert, qui tutoie et collabore avec des célébrités telles que Pharell

Williams ou Alain Ducasse et sert une clientèle huppée au Monsieur Dior

à Paris. Que pensez-vous d’un ‘Almond Croissant Flavour’ ou d’un ‘Peanut

and Roasted Sesame Flavour’ ? www.nespresso.com

2. VIN BELGO-HONGROIS En 2021, les Gantois Alain et Valérie Bostoen-

Bourdeau lancent à Villány en Hongrie, Artor Winery, dont le nom provient

de la fusion du début et de la fin des prénoms de leurs fils Arthur et

Hector. Deux vins : Arto (60% Merlot, 20% Cabernet Franc, 20% Cabernet

Sauvignon) et Alter by Artor (combinaison de Cabernet Franc et de Syrah)

pour 13.000 bouteilles par an d’un vin qui a séjourné en fût de chêne

pendant minimum 16 mois. www.artor.hu

3. UN NEWYORKAIS À REIMS Dom Pérignon et Jean-Michel Basquiat sont

réunis pour une édition spéciale du Vintage 2015 affichant un tête-à-tête

graphique qui superpose le blason Maison et la couronne à trois branches,

signature de l’artiste new-yorkais. Cette collection Dom Pérignon Tribute

to Basquiat se décline en 3 coffrets: Blue Design, Green Design et Yellow

Design. www.domperignon.com

4. BELGIQUE, PAYS VITICOLE La cuvée Mont des Anges Blanc de Blancs

2021 est un effervescent 100% chardonnay parcellaire, issu des argiles à

silex de Spiennes. Pur fruit de son terroir, il reflète toute la délicatesse et

l’énergie du chardonnay, tout comme la fraîcheur crayeuse et la vibration

du silex. Fruits de mer, chèvre crémeux ou dessert glacé ne demandent

qu’à l’épouser. https://montdesanges.be

5. SUCCULENCE AU CARRÉ L’inventeur revendiqué de la praline belge,

Neuhaus, s’est associé à la Maison Dandoy, souveraine en matière

de spéculoos et autres biscuits haut de gamme belges, pour lancer

«Les Gourmands». Quatre biscuits pour cette nouvelle collaboration :

le biscuit caramel, le sablé pistache, le biscuit Earl Grey et le biscuit

chocolat noir.

www.neuhauschocolates.com & www.maisondandoy.com

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TECHNO

MIEUX : ENTRE BON ET LE MEILLEUR

Dans nombre de secteurs, des créateurs contemporains s’entendent souvent dire que tout a déjà été fait. Si tel était

vraiment le cas, nous vivrions tous dans le même décor et d’une période à la suivante, aucune amélioration

ne se ferait jamais jour. Voici cinq outils qui améliorent résolument le traitement de l’utile et de l’agréable.

1. N’OUBLIEZ PAS DE NAGER Les indications utiles à des activités

aquatiques affichées via app sur l’Apple Watch sont tellement variées

qu’on en oublierait de nager en les consultant. Détection automatique du

type de nage, comptage des longueurs en piscine, nouveau profondimètre

jusqu’à 6 m et capteur de température de l’eau, temps passé sous l’eau…

Selon la marque à la pomme, l’Apple Watch Series 10 est encore mieux

adaptée aux activités en immersion. www.apple.com

2. FORMULES DE JEU Acer lance Nitro Blaze 7, un gameplay rapide et

fluide avec jusqu’à 39 TOPS d’IA au total, jusqu’à 2 To de stockage et 16

Go de mémoire LPDDR5x. La nouveauté est équipée de Ryzen AI et de la

nouvelle application Acer Game Space qui regroupe les titres AAA préférés

dans une seule bibliothèque. Les gamers comprendront. www.acer.com

3. TOUT PROPRE Léger, puissant, compact. Facilement rangeable,

pratique et efficace. Clean it de Rowenta n’existait pas : il a fallu l’inventer.

La boue du jardin sur le tapis du salon ? Les dossier et siège de la chaise de

bureau salis par les ans ? Petit accident sur le matelas du bébé ? Une cure

de rajeunissement pour vos Vans ou Pataugas ? Pulvérisation nettoyante,

brossage (3 tailles) et aspiration font le nécessaire. Il est recommandé de

se familiariser avec l’orientation du pulvérisateur avant de passer à l’action.

Testé et approuvé par Miles. www.rowenta.be

4. COMME DES ENCEINTES Bang & Olufsen lance le Beoplay H100, le

casque le plus performant de la Maison à ce jour portant sur la qualité du

son (qui s’inspire des performances des enceintes Beolab), l’annulation du

bruit numérique, la construction modulaire du casque et son design. Trois

coloris : Infinite Black, Hourglass Sand et Sunset Apricot. Jusqu’à 5 heures

d’autonomie en 5 minutes de charge. Complètement chargé, le Beoplay

H100 offre jusqu’à 34 heures d’autonomie. www.bang-olufsen.com

5. RAPPROCHER L’ÉLOIGNÉ L’objectif Fujinon XF500mm de Fujifilm

combine performances optiques et design compact avec un poids

d’environ 1.335 g. Ce super-téléobjectif à autofocus haute vitesse

silencieux et précis a une longueur focale de 500 mm équivalente à 762

mm en format 35 mm avec une ouverture de F5.6. Il est particulièrement

adapté à la photographie d’oiseaux, d’animaux sauvages et d’avions.

www.fujifilm.com

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DESIGN

SUBLIME SIMPLICITÉ

Si un chat est un chat, en design ce n’est pas le cas, sinon plus aucun designer n’aurait encore

du travail. Certains d’entre eux surchargent leur création pour en affirmer la nouvelle pertinence,

d’autres procèdent par soustraction. Hommage, ici, à ces derniers.

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© ChloéLeReste

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1. PAPIER LUMINEUX (I) Les premiers objets en papier mâché de Marie

Michielsen chez Serax datent de 2018. Sa collection Earth comprend des

dizaines de vases, lampes et autres objets décoratifs. Le lampadaire Earth

en papier mâché transcende sa fonction utilitaire pour devenir une œuvre

d’art dégageant une lumière chaude et diffuse. La lampe est fournie avec

un cordon de deux mètres doté d’un interrupteur à pied. www.serax.com

2. HOMMAGE AU CALCAIRE Depuis sa fondation il y a près de trois siècles,

la Maison de champagne Ruinart s’ancre dans un riche terroir culturel

en invitant des créateurs sensibles au lien nature-culture. L’architecte

japonais Sou Fujimoto s’est penché sur le site du 4 Rue Des Crayères à

Reims, qui se visite au terme d’un parcours qui débute dans Le Chemin

Des Crayères (photo), où le calcaire local est roi et se déploie dans un parc

arboré de 7000 m 2 . www.ruinart.co

3. VALORISER LES CHUTES Entreprise de travail adapté, dont l’objet social

consiste à permettre aux personnes en situation de handicap de trouver

un environnement de travail personnalisé et valorisant, Metalgroup à

Marcinelle, lance la marque Scrap. Ce projet est né de l’envie de réutiliser

des chutes de matériaux, en leur procurant une plus-value apportée par

deux designers belges, Sylvain Busine et Patrick Everaert, qui partagent les

valeurs de cette entreprise. www.scrapdesign.be

4. PAPIER LUMINEUX (II) Pli porte bien son nom. Ce luminaire a été

conçu par la Danoise Felicia Arvid pour l’éditeur de design italien Foscarini.

Le travail d’Arvid est axé sur la simplification du design en associant le

fonctionnel et le décoratif. Mission accomplie avec cette lampe en papier.

www.foscarini.com

5. PORTES OUVERTES Marc Melis et Jean Marc Piron ont ouvert une

nouvelle galerie chez eux à Anvers : Melis & Piron Living Room. Un lieu

pour créateurs d’ici et d’ailleurs, ouvert aux arts visuels, graphisme, design,

architecture, musique et arts de la scène. Piron, lui-même designer (Chine,

Mer du Nord), exposera son travail « Copains » (photo) - des sculptures

douces en tissu - du 5 décembre au 11 janvier prochains. Melis (ex L’Anverre

et Zanotta) : « Pour nous, l’expression créative fait partie de la vie et dans la

nôtre, nous voulons ouvrir un maximum de portes ». Ils ont commencé par

les leurs. www.melispiron.be

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GROOMING

OFFRANDES À SOI

Un soin, une ambiance, des fragrances : voici quelques nouveautés à s’offrir ou à se

faire offrir pour les fêtes de fin d’année. Si vous avez la patience d’attendre jusque-là.

1. ADOUCIR LES BARBUS Pour l’entretien de leur barbe, la marque STMNT,

au logo noir sur noir assez illisible sur certains de ses produits, propose Beard

Oil aux hommes qui la laissent pousser. Quelques gouttes chauffées en

frottant les mains facilitent une répartition homogène pour nourrir les poils

et adoucir des zones rugueuses, tandis que le peignage au peigne dédié

assure une apparence soignée. www.stmntgrooming.com

2. SILLAGE DURABLE Dans sa collection Botanical Rainbow, caractérisée

par une concentration élevée en huiles essentielles pour un sillage durable,

Loewe lance 7 Elixir. Ce nouveau parfum, le neuvième de la collection,

combine des notes intenses de patchouli avec des baies de poivre rouge et

de l’ambre accompagnant l’accord de base complexe et résineux de la ciste

sauvage d’Espagne, ADN olfactif de la marque. www.loewe.com

3. SPIRITUEUX AU PARFUM L’acteur britannique Lucien Laviscount est

l’ambassadeur du nouveau parfum Kilian, Old Fashioned. Le jus a été élaboré

avec des accords de whisky inspirés par le goût d’un single malt de 18 ans

d’âge. « Lucien incarne parfaitement la fusion du charme britannique et de

la sophistication française, l’essence même d’Old Fashioned », selon Kilian

Hennessy qui a avait déjà créé un parfum Angel’s Share, également inspiré

par le monde des spiritueux. Avec ce nom-là… www.bykilian.fr

4. BELGE ET DURABLE La marque belge de soins et bien-être Rituals

Cosmetics lance son édition limitée pour l’hiver : The Alchemy. Des produits

pour la maison et le corps, enrichis d’ambre et de myrrhe. La collection

célèbre la synergie entre la terre, les étoiles et les éléments naturels. Elle a été

conçue dans un souci de durabilité avec des conditionnements en verre et en

aluminium recyclables. www.rituals.com

5. CADEAU HORLOGER Dans le cadre du programme Made of Makers, Jaeger-

LeCoultre lance trois parfums élaborés par le nez français Nicolas Bonneville.

Destinés aux clients, ils évoquent des aspects de la marque horlogère.

« Les Histoires Intemporelles » s’inspire de l’univers culturel de la Reverso.

« L’odyssée Céleste » rend hommage aux trois corps qui fascinent les horlogers :

la lune, le soleil et les étoiles. Et « Le Pionnier De La Précision » incarne la quête

perpétuelle d’exactitude chronométrique. www.jaeger-lecoultre.com

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La Coupe de l’America, c’est l’histoire

d’un défi. Un défi dont le premier

chapitre s’écrivit voici quelque

173 ans. En 1851, en pleine ère victorienne.

Sur toutes les mers du globe,

la marine britannique régnait en maître.

En marge de l’Exposition universelle de

Londres, organisée au cœur de l’emblématique

Crystal Palace, dans Hyde

Park, le Royal Yacht Squadron décida

de mettre sur pied une régate. Fondé

quelques années plus tôt, le New York

Yacht Club choisit de relever le défi face

aux navires britanniques, engageant

dans cette course de prestige autour de

l’île de Wight, au large de Southampton,

une goélette sobrement baptisée America.

Et à la surprise générale, surtout

des Britanniques, et sous les yeux de

leur plus illustre représentante, la Reine

Victoria, c’est l’équipage américain qui

remportait cette régate.

Six ans plus tard, le New York Yacht

Club remettait le trophée en jeu, instituant

pour l’occasion des règles aussi

immuables qu’opaques accordant aux

détenteurs du titre une liberté quasi-totale

sur le déroulement de la course

et les conditions dans lesquelles les

« Challengers » pourraient tenter de

décrocher le graal. L’avantage accordé

au détenteur du titre allait permettre aux

Américains et au NYYC de conserver le

trophée sans discontinuer durant 132

ans, jusqu’en 1983 ! Après 24 victoires

consécutives, le New York Yacht Club

cédait cette année-là le titre au Royal

Perth Yacht Club et à son bateau, Australia

II.

L’HONNEUR DE L’EUROPE

Depuis cet intermède australien, les

victoires sur l’America’s Cup ont été partagées

entre deux grandes nations de

la voile, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande.

À l’exception de l’édition de 2007,

remportée par les Suisses d’Alinghi.

Pour cette édition 2024, la France effectuait

son retour avec l’Orient Express

Racing Team, défendant les couleurs de

la Société Nautique de Saint-Tropez. La

patrie d’Éric Tabarly, Olivier de Kersauson,

Florence Arthaud, Loick Perron,

Isabelle Autissier ou encore Franck

Cammas pour ne citer qu’eux renouait

ainsi avec la tradition puisque nos voisins

furent, entre 1970 et 2007, la seule

nation avec les États-Unis à avoir pris

part à chacune des éditions de l’America’s

Cup. Pour le défi français, une seule

et unique ambition : ramener à moyen

terme cette coupe en Europe !

À LA CONQUÊTE DE

L’AMERICA’S CUP

ÉVÈNEMENT À LA PORTÉE RÉELLEMENT PLANÉTAIRE, L’AMERICA’S

CUP EST TOUT SIMPLEMENT LE PLUS ANCIEN TROPHÉE SPORTIF

INTERNATIONAL. SA NAISSANCE REMONTE À 1851. PLONGÉE DANS

UN UNIVERS DE HAUTE TECHNOLOGIE ET DE DÉFIS AVEC L’ORIENT

EXPRESS RACING TEAM, SOUTENU NOTAMMENT PAR ALPINE.

Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de ProduPress Advertising SA.


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MILES X ALPINE


1

Grâce à sa victoire lors de la précédente

édition de l’America’s Cup, qui s’était

tenue en 2021 à Auckland, le Emirates

Team New Zealand – le « Defender » –

avait la liberté de choisir, en compagnie

du premier yacht club à le mettre au défi

– le « Challenger of Record » – la date

et le lieu de la remise en jeu du trophée.

Plutôt que de répondre aux sirènes

sonnantes et trébuchantes de la péninsule

arabique, les Kiwis avaient jeté leur

dévolu sur le port olympique de Barcelone,

ravie de pouvoir accueillir de août

à octobre le 37e opus de ce prestigieux

événement à l’aura planétaire.

HAUTE TECHNOLOGIE

Mobilisant quelque 120 personnes depuis

plus de douze mois, le défi français

recevait le soutien de grands partenaires

défendant avec vigueur les couleurs de

l’Hexagone, comme le groupe Accor,

propriétaire désormais de la marque des

trains de luxe Orient Express, le groupe

L’Oréal ou encore Alpine, qui retrouvait

dans ce projet de nombreuses similitudes

avec ses valeurs.

Véritable F1 des mers, construit en Bretagne,

l’AC75 de l’Orient Express Racing

Team est un condensé de technologies

de pointe. Mesurant près de 23 mètres

de long et doté d’un mât de 26 mètres

soutenant les 229 m2 de voiles, ce

monocoque à foils pèse à peine plus de

6 tonnes grâce à l’emploi de matériaux

légers, comme le carbone et l’aluminium.

Bardé d’électronique et comme les F1

ou les Hypercars d’Alpine engagées en

Championnat du Monde d’Endurance,

l’AC75 est le fruit du travail de dizaines

d’ingénieurs, spécialisés ici dans les

composites, l’hydrodynamique ou encore

l’analyse des données.

DES PILOTES ET DES… CYCLISTES

Pour cette édition 2024, les équipages

des AC75 ont été réduits de 11, comme

en 2021, à 8 membres. Répartis sur deux

lignes, à tribord et à bâbord, avec une

cellule avant et une cellule arrière. À

l’avant, les deux régleurs ont pour mission

de contrôler le vol du bateau, en gérant

les foils et les flaps qui créent la portance

et donc la montée ou la descente

du bateau. Derrière eux dans la cellule

avant, les barreurs sont les pilotes du

bateau, l’un contrôlant la direction tandis

que l’autre, selon la position, analyse le

plan d’eau et gère l’aspect tactique.

Si barreurs et régleurs sont avant tout

des spécialistes de la voile et du nautisme,

la cellule arrière accueille pour sa

part un autre genre de sportifs accomplis

: des cyclistes, des avironnistes ou

des champions de crossfit pour l’Orient

Express Racing Team. Leur mission ? Pédaler

le plus vite et le plus fort possible

quand cela est nécessaire afin de générer

l’énergie nécessaire pour entraîner la

pompe hydraulique qui gère l’ensemble

des vérins commandant tout ce qui se

trouve au-dessus du pont. Sans eux,

régler la voile ou pivoter le mât serait

mission impossible. Reliée par un système

de communication afin de coordonner

ses efforts, cette équipe de quatre

« Power Sailors » est même dédoublée

afin de leur permettre de récupérer entre

les régates. En effet, l’effort réclamé est

comparable à l’ascension finale d’un col

alpin… au sprint.

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ET MÊME UN SIMULATEUR

À la fois épreuve d’adresse, de pilotage,

d’audace, d’endurance et de vitesse – les

bateaux pouvant atteindre plus de 50

nœuds, soit près de 100 km/h –, l’America’s

Cup se prépare aussi désormais

dans une salle fermée, sur un simulateur.

Et même deux puisque l’Orient Express

Racing Team avait amené à Barcelone

deux simulateurs faisant appel notamment

à la réalité virtuelle pour son AC75

et l’AC40 utilisé pour la compétition

féminine – une nouveauté en America’s

Cup – et celle dédiée aux jeunes de 18 à

25 ans.

Afin de pouvoir affronter en Finale

l’équipe néo-zélandaise, le Defender

étant automatiquement qualifié pour

l’ultime duel, il fallait d’abord remporter

la Coupe Louis Vuitton, qui opposait

l’ensemble des Challengers. L’Orient

Express Racing Team devait baisser pavillon

face à la très expérimentée équipe

INEOS Britannia. Le bateau du Royal

Yacht Squadron allait ensuite à son tour

s’incliner face à Taihoro, le monocoque

néo-zélandais, lors d’une édition très

animée de cette prestigieuse America’s

Cup. Désormais, pour les 120 membres

du défi français, tous les regards sont

2

MILES X ALPINE

1 › Véritables F1 des mers surfant

sur leurs foils au-dessus de l’eau,

les monocoques AC75 filent souvent

à plus de 90 km/h.

2 › La cellule arrière de l’AC75

de l’Orient Express Racing Team

est occupée par des… cyclistes.

tournés vers la prochaine étape, la 38e

édition de la Coupe de l’America. Où

et quand ? La décision sera prise dans

quelques mois par Emirates Team New

Zealand et son Challenger of Record, le

Royal Yacht Squadron britannique. Un

nouveau défi s’annonce. ■

ALPINE PARTENAIRE DE L’OERT

L’agilité, l’aérodynamique, l’esprit d’équipe, la recherche

continue de la performance et la mobilisation des moyens

technologiques et humains ne sont pas les seules valeurs

communes à l’Orient Express Racing Team et à Alpine,

l’un des partenaires majeurs du projet français sur l’America’s

Cup. « Exprimer le savoir-faire à la française figure

aussi parmi les priorités de notre marque », précise Julie

D’Hauwers, la jeune Country Brand Manager d’Alpine

Belux. « Ce partenariat est parfaitement complémentaire

avec nos nombreux engagements en compétition automobile,

comme la Formule 1 ou encore le WEC, le Championnat

du Monde d’Endurance. »

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PORTRAIT

STEPHAN VANFLETEREN

MAÎTRE ANCIEN DE LA

PHOTO CONTEMPORAINE

Dans son atelier, dans la ville et la nature ou sur le terrain des événements : depuis plus de trois décennies,

Stephan Vanfleteren (°1969) photographie la mer, la mort et la vie, le bonheur et la misère. Il a portraituré les

plus grands de ce monde : des pêcheurs de la mer du Nord au petit peuple carolo, en passant par Stromae,

Michael Haneke ou autres Kevin De Bruyne. Le Hangar à Bruxelles lui consacre une expo géante.

Serge Vanmaercke

© Stephan Vanfleteren

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L’attrait de Stephan Vanfleteren pour la

lumière s’est manifesté dès l’adolescence,

en promenade dans les dunes

autour de la maison parentale à la côte

belge. Une fois écartée définitivement,

vers 16-17 ans, la tentation de devenir

architecte céda d’emblée la place à la

volonté de devenir photographe. « La

photographie m’attirait d’autant plus qu’elle permet

de travailler seul, d’être flexible tout en étant axée

sur l’image, la forme, les proportions. J’ai très vite

été conscient qu’elle constituerait ma voie ». Après

Sint-Lukas à Bruxelles, Vanfleteren a fait ses premières

armes dans les rues de Bruxelles poursuivant

sa pratique sur les chemins du photojournalisme au

journal De Morgen, avec des publications dans Le

Monde, Die Zeit et autres supports. Plusieurs fois primé,

notamment à six reprises au réputé World Press

Photo, il a photographié les joies et les misères de ce

monde, avec non seulement une technique d’expert

mais aussi avec un cachet personnel et une empathie

qui lui ont valu la reconnaissance sur le plan national

et international.

Mais, aussi inconfortables qu’étaient les sujets et les

circonstances dans lesquelles il pratiquait son métier

de photojournaliste, autant la reconnaissance

dont il faisait l’objet l’avaient placé dans une zone de

confort qui n’était plus son truc.

Golf, Noordzee

(Vague, Mer du Nord) -

« … une consolation pour

les uns, l’évocation d’une

idée, d’une émotion ou d’un

souvenir pour les autres. »

© Stephan Vanfleteren

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© Stephan Vanfleteren

Swan, Veurne, Belgium (Cygne,

Furnes, Belgique) – « La mort est

très présente dans mon travail.

Pas uniquement à travers

les natures mortes d’ailleurs. »

« J’occupais un poste très attrayant et après dix ans,

j’avais déjà atteint un sommet dans ma carrière au

Morgen, où j’étais respecté et où je gagnais correctement

ma vie. Mais j’ai décidé d’arrêter pour « recommencer

». J’ai souvent envie de recommencer.

Par exemple en choisissant un thème inconnu pour

le découvrir avec une intensité nouvelle. Que ce soit

la ville Charleroi, des surfeurs, le Mur de l’Atlantique…

autant de sujet auxquels je m’adonne de manière obsessionnelle

et presque de façon maniaque. Si un jour

cette intensité ne m’habite plus, ce sera terminé pour

moi. Le projet qui m’occupe actuellement me fera à

nouveau ressortir de mon atelier. La façon dont la lumière

tombe, dont elle est absorbée et reflétée ainsi

que la couleur, seront des éléments très importantes

dans ce travail. »

Maître en son art

Stephan Vanfleteren est un photographe que, paradoxalement,

l’on placerait volontiers aujourd’hui entre des

grands maîtres de la peinture, un art dont son œuvre

est pourtant totalement indépendante. La tentation

est grande de le situer entre des peintres avec lesquels

il a à la fois tout et rien à voir : pour la forme, l’ancien

maître José de Ribera (1591-1652), par exemple, qui marie

ténèbres et lumière rasante dans son clair-obscur ;

et pour le fond, le contemporain Michaël Borremans

(°1963), par exemple, qui confère à une réalité figurative

le mystère du cérémonial.

Ensemble, ces trois artistes partagent tous ces aspects

dans des proportions qui leur sont propres.

Si l’œuvre photographique de Stephan Vanfleteren

fait penser à ces artistes peintres et à d’autres encore,

comme Rembrandt, Caravaggio ou Zurbaran, elle ne

constitue en rien un sous-genre de la peinture.

Le hasard fait bien les choses. Pour vous en convaincre :

ces trois noms figurent à l’affiche d’importantes expositions

cet hiver.

Vanfleteren, avec « Atelier » jusqu’au 21 décembre au

Hangar à Bruxelles donc, et avec « Pèèrdevisschers » au

Navigo à Oostduinkerke jusqu’au 4 janvier 2025. Ribera

jusqu’au 23 février 2025 au Petit Palais à Paris, et Borremans

jusqu’au 23 mars 2025 au Musée Voorlinden à

Wassenaar.

L’exposition Atelier de Vanfleteren à Bruxelles réunit 12

ans de travaux réalisés, pour la quasi-totalité, dans la lumière

naturelle de son atelier à Furnes, qui mesure 60

m2 et est tapissé de toiles grises exposées à la lumière

du sud. Cette expo géante présente en taille réelle –

souvent grand format – une large sélection des photos

parues récemment dans un livre éponyme paru chez

Hannibal Books.

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© Stephan Vanfleteren

Le monde invité à l’atelier

Dernièrement, comme en témoignent les photos de

l’exposition au Hangar à Bruxelles et du livre Atelier,

Vanfleteren ne s’est plus déplacé dans le monde : il

a fait entrer le monde dans son propre lieu de travail,

où il le met en scène avec sobriété et sophistication,

de manière quasi-théâtrale, comme pour un rituel

cérémonial dans un décor gris saupoudré de lumière

naturelle.

Miles – Par rapport aux décors naturels, un atelier offre

moins d’espace et de profondeur : un défi ou un atout ?

Stéphan Vanfleteren - « Travailler dans un atelier aux

dimensions réduites et avec une lumière naturelle provenant

du sud, implique des limitations que je revendique,

que j’accueille à bras ouverts, que je maudis, que

je hais même parfois. Mais je suis le plus souvent heureux

de disposer d’un flux de lumière que je ne contrôle

pas. Car avec une lumière artificielle sur pied, un photographe

qui connaît son métier sait à l’avance quel résultat

il va obtenir, ce qui n’est pas ma manière de faire.

Un ciel couvert, la pluie, puis un soleil à telle hauteur et

sous tel angle à telle heure en telle saison… et tout qui

change dix minutes plus tard : fantastique ! Tout cela a

un effet sur ce que je photographie. Je m’arme de patience

et de silence en fonction de la lumière.

M - Votre style est reconnaissable à travers les genres

que vous pratiquez.

SV - Le fil rouge qui traverse mes photos depuis le début

est une réponse positive à la question de savoir si,

en tant que photographe, je peux faire un travail pertinent

pour moi-même et pour d’autres à l’endroit où

je me trouve. Si la réponse est non, je passe. Vers 18-20

ans, j’ai d’abord voulu être photographe de rue pour

devenir ensuite photo-reporter au Morgen, ce qui a

évolué vers des reportages ou des thèmes destinés

aux suppléments du week-end, puis des portraits…

Mon travail a toujours évolué : dans ma manière de regarder

les choses, mais aussi de retourner parfois à ce

que j’avais déjà fait, comme ce fut le cas en 2015 avec

mon travail pour l’expo au Musée de la Photographie

de Charleroi et le livre (Ed. Hannibal) qui l’accompagnait

: ‘Charleroi – Il est Clair que le Gris est Noir’. Là, il

a fallu me réhabituer à régler et déclencher vite avec

une petite caméra reflex. Au début, j’étais toujours

trop tard, je ratais tout, j’avais perdu la main comme

photographe de rue. Mais après quelques semaines,

les automatismes sont revenus pour me permettre

d’oublier la technique et m’occuper de capturer ce

que je voulais dans mon champ de vision. Avec le projet

Atelier, je crois être allé le plus loin que je pouvais,

dans le sens où je prends le temps qu’il me faut. Je ne

Atelier – « La lumière qui se pose

sur un sujet-objet de mon atelier

y arrive vieille et fatiguée après

un parcours de plus de huit

minutes depuis le soleil. »

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© Stephan Vanfleteren

© Peter Cox, courtesy Zeno X Gallery, Antwerp

1 2

me gêne pas par exemple pour photographier simplement

une tache de lumière sur une toile grise et

me dire : voilà ma photo. Pareil pour la photo d’une

vague en mer. Le contenu de ces images justifie amplement

pour moi la volonté de les partager. Elles seront

une consolation pour les uns, l’évocation d’une

idée, d’une émotion ou d’un souvenir pour les autres.

Je laisse plus de place aujourd’hui pour qu’émergent

des émotions devant mon travail.

M - D’où vous est venue l’envie de devenir photographe

?

SV - J’ai été élevé à la mer. En été : la joie, le monde, la

fête avec les touristes. En hiver : le silence, la mélancolie,

la solitude, le vide. Ce que j’ai toujours vécu intensément

quelle que fût la saison. J’ai toujours eu une

veille âme en moi. Je peux être très joyeux, mais mes

tristesses, mélancolies, préoccupations ou même mes

irritations me sont très utiles dans mon métier, notamment

pour donner une signification à mes images. En

hiver, je me promenais pendant des heures dans les

dunes et j’observais déjà leurs transformations, leurs

déplacements en fonction du vent et des tempêtes.

J’étais sensible aux différences de lumière selon que

je me trouvais sur la plage pour regarder l’intérieur du

1. Large Rocket, 2019 de Michaël

Borremans Collection Museum

Voorlinden.

2. Marius– Fisherman (Pêcheur),

Stephan Vanfleteren.

3. Ticio de José de Ribera.

4. Corpus (Wim Vanlessen),

Stephan Vanfleteren.

pays ou au sommet d’une dune pour regarder la mer.

Cela a assurément eu un impact sur ma capacité à

voir et à regarder : bien plus que mon éducation à la

maison ou mes études.

Gratitude pour la lumière

Ilja Leonard Pfeijffer, (Grand Hôtel Europa en 2021 et

La Superba en 2017 chez Actes Sud), auteur néerlandais

ami de Vanfleteren qui l’a portraituré et a réalisé

les couvertures de ses derniers livres, a préfacé le

livre Atelier de Stephan Vanfleteren en insistant sur

l’approche particulière de la lumière chez son ami

photographe. « Par un contrôle total de la composition

de ses sculptures de lumière, Vanfleteren poursuit

la recherche entamée depuis des siècles par les plus

grands peintres. (…) Pour la majorité des gens de la rue,

les photos sont un rendu de la réalité, qui figent et

fixent pour l’éternité un moment fugitif. À cette opinion

généralement admise, il n’existe pas de réfutation

plus radicale que les photos d’atelier de Vanfleteren

réunies dans ce recueil. Rien n’est plus éloigné

de la spontanéité pétrifiée des instantanés que ces

miroirs de la lumière des maîtres anciens, soigneusement

pensés et composés jusque dans les moindres

détails. »

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M - Pfeijffer souligne votre approche particulière

de la lumière et vous parlez vous-même souvent de

« vieille » lumière. Pourquoi ?

SV – D’abord, au sens littéral, la lumière qui se pose

sur un sujet-objet de mon atelier y arrive vieille et fatiguée

après un parcours de plus de huit minutes depuis

le soleil. Mais la notion de vielle lumière est surtout

importante pour moi à un autre niveau. Je ne me

compare pas du tout à eux, mais quand je me trouve

devant un Carvaggio, un Ribera ou un Rembrandt, je

vois, je ressens, je reconnais quelque chose que je vois

aussi dans mon atelier en photographiant un nu ou un

portrait. Avec une même sorte de lumière que celle

perçue par ces artistes dans leurs ateliers aux siècles

passés. Cette lumière qui pénètre mon atelier en 2024

et qui établit une connexion avec un artiste qui en faisait

quelque chose également, il y a 300 ou 400 ans,

me procure une sensation très particulière.

« JE NE ME COMPARE PAS DU TOUT

À EUX, MAIS QUAND JE ME TROUVE

DEVANT UN CARVAGGIO, UN RIBERA

OU UN REMBRANDT, JE VOIS, JE

RESSENS, JE RECONNAIS DANS

LEURS TABLEAUX QUELQUE CHOSE

QUE JE VOIS AUSSI DANS MON

ATELIER EN PHOTOGRAPHIANT UN

NU OU UN PORTRAIT. »

M - On se promène librement dans une exposition.

Dans un livre, on suit le plus souvent un ordre au

fil des pages. La dernière image du livre Atelier

représente une table recouverte d’une toile grise

sur laquelle repose l’ombre d’une silhouette

humaine, comme sur un catafalque. Pourquoi cette

image à cet endroit ?

SV - Je trouvais que c’était une belle manière de

conclure le livre. Dans mon travail, les tables font souvent

office d’autel. La mort est très présente dans mon

travail. Pas uniquement à travers les natures mortes

d’ailleurs. La photographie est un media qui est très

proche de la mort parce que dès qu’on a photographié

quelque chose, cette chose n’est déjà plus. La

photographie ne suscite aucune attente projetée

dans l’avenir. Elle est ce qu’elle est et restera ainsi. n

www.stephanvanfleteren.be

3

4

© Stephan Vanfleteren © Museo Nacional del Prado

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ARTISANAT

DE L’AGILITÉ D’ESPRIT

À L’INTELLIGENCE DE LA MAIN

Thomas Lescrainier (43) est un maroquinier-garnisseur unique en son genre. Il pratique le point

sellier, devenu de plus en plus rare, pour des produits en cuir de qualité, avec un côté brut raffiné.

Rencontre dans sa boutique-atelier dans les Marolles à Bruxelles.

Jules Gevaert

Voilà un joyeux bordel dans cet ancien

cabinet de curiosités où régnaient

jusqu’il y a 4 ans, masques,

amulettes et autres gris-gris. Thomas

Lescrainier y a installé son

atelier où il aligne dans le désordre

les projets en attente, en cours et

terminés, parmi des outils dont la

nomenclature constitue dans sa bouche un véritable

poème. Des luminaires, corsets, ceintures, sacs ou fauteuils

y côtoient des coupes de cuir provenant d’une

des deux tanneries dignes de ce nom subsistant en Belgique

: Radermecker, à Comines-Warneton.

Thom commence par nous expliquer la différence entre

le point sellier et la couture machine en maroquinerie.

Le premier est peu pratiqué de nos jours. Il fait encore

la réputation de Hermès. Et chez Delvaux – fierté belge

dans l’industrie du luxe – on y recourt toujours pour certaines

finitions, rapporte Lescrainier.

« La couture machine consiste à amener avec une aiguille

le fil du dessus du cuir vers le dessous tandis qu’un

crochet emmène le fil d’en haut autour du fil d’en bas,

de sorte que les deux fils vont s’accrocher l’un à l’autre.

Si par accident, on fait sauter le fil le long d’un point,

quel que soit le côté, tout s’ouvre et se défait. Ce qui n’est

pas possible avec un point sellier parce que là, on coud

avec un seul fil, sur les deux bouts duquel on va monter

une aiguille, et on va faire se croiser – voire nouer – les

deux bouts du fil à chaque point pré-percé. Ici, en cas

d’accident, deux à trois points peuvent éventuellement

se défaire, mais pas toute la couture. Le point sellier est

donc plus solide et durable. »

Outils spécifiques

Sur la table de travail de Thom, on trouve des cutters

pour couper le cuir sur un tapis de coupe, des roulettes

qui marquent le cuir pour y indiquer les points où le percer

à l’aide d’une alène et d’un maillet sur un martyr en

nylon, en bois ou un cuir à semelle épaisse. Plus loin, un

compas à pointes sèches pour indiquer les points sur

des morceaux de cuir en courbe… Par le passé, les fils à

coudre pour la maroquinerie étaient en lin câblé. Mais

Thomas Lescrainier utilise aujourd’hui du fil en polyester,

plus propre et plus solide, qui résiste à l’humidité et aux

rayons UV, et qui ne se dessèche pas.

Pour le cuir, notre artisan choisit un tannage végétal,

parce que bien qu’il soit plus sensible que le tannage

minéral au chrome, il offre en revanche une belle patine

en vieillissant. Cette préférence n’est pas étonnante

quand on observe les créations de Lescrainier qui, à

côté de l’expertise avec laquelle elles sont réalisées, présentent

un côté brut raffiné.

« Wabi Sabi est un terme japonais référant à la perfection

qui réside dans l’imperfection », aime-t-il à évoquer

à ce propos. Pour Lescrainier « une création peut être

sobre, voire brute sans finition impeccable, mais elle

doit être de qualité, solide et durable pour s’embellir à

l’usage. » On verra par exemple rarement un sac à main

doublé, signé Lescrainier.

Éventail de créations

1

3 4

Outre des créations de formats divers, allant de la petite

maroquinerie à des canapés 5 places en passant

par des sacs à main, des menus de restaurant, des

sangles pour accordéons ou autres instruments de

musique, des lustres, abat-jours, plafonniers, appliques,

etc., notre artisan se charge aussi de restaurations et

il travaille avec des architectes d’intérieur pour réaliser

comptoirs, vitrines, ou lobbies d’entreprise. Il modifie

1. Lescrainier est un des rares

maroquiniers et garnisseurs

à pratiquer le point sellier,

garantie de solidité et de

durabilité dans le haut de

gamme.

2+3+4. Exemples des créations

réalisée avec une grande

expertise, mais qui laisse au cuir

la capacité de s’exprimer jusque

dans ses imperfections pour

s’embellir avec le temps.

5. Thomas Lescrainier, un artisan

maroquinier atypique dans son

atelier des Marolles, à Bruxelles.

2

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5

POUR LESCRAINIER « UNE CRÉATION PEUT ÊTRE

SOBRE, VOIRE BRUTE SANS FINITION IMPECCABLE,

MAIS ELLE DOIT ÊTRE DE QUALITÉ, SOLIDE ET

DURABLE POUR S’EMBELLIR À L’USAGE. »

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aussi des selles de moto selon le gabarit du motocycliste

ou place des sièges en cuir véritable

dans des voitures haut de gamme qui ne sont

pas toutes partisanes, comme l’est Bentley par

exemple, d’un travail supérieur du cuir pour leur

habitacle.

Des commandes hors de l’ordinaire ? Pas de

soucis ici. Corsetterie en cuir, harnachement –

brides, harnais etc. pour ces messieurs-dames…

Même le théâtre de la Monnaie s’y intéresse pour

la scène. Théâtre, cabaret burlesque et fantaisies

sado-macho trouvent un intérêt certain dans la

sensualité du cuir qui, selon Thomas Lescrainier,

deviendra « le » matériau à la mode chez les

amateurs.

Parcours atypique

Si les études supérieures de Thomas Lescrainier

n’étaient pas étrangères au monde de l’art ou de

l’artisanat, ses formations de caméraman et directeur

photo à l’IAD à Bruxelles ou de création

publicitaire à Saint-Luc, suivies d’une spécialisation

en color management, ont abouti à un

gagne-pain bienvenu pendant quelques années,

mais n’ont évidemment pas conduit directement

à un atelier de maroquinerie.

L’ambiance atelier ne lui était pas moins familière

pour autant. Adolescent, Thom aimait à rejoindre

son père, directeur d’industrie chez British Leyland

à Seneffe, où il a connu des mécaniciens et

des formeurs de carrosserie. « J’étais déjà fasciné

par l’esprit atelier à l’époque », dit-il.

C’est en aidant sa femme artisan de la mode qui

a une marque propre - Nuage d’Automne - avec

des tissus d’origine organique comme la soie, le

chanvre, le lin ou le coton et des teintures végétales,

que tout a commencé. Lescrainier avait en

effet appris à coudre en faisant des ourlets pour

des robes de mariées. Cycliste assidu et amateur,

il s’est dans la foulée cousu des sacs et sacoches

pour vélos. Il s’est essayé au cuir, mais par rapport

aux tissus, l’approche n’est quand même pas

Parmi les commandes atypiques, des corsets,

harnachement et autre fantaisies pour

soirées galantes ou spectacles burlesques.

tout à fait la même. Le cuir l’intéressait. YouTube

l’a quelque peu aiguillé mais il a surtout dû se

débrouiller seul avec des livres et des outils rudimentaires,

le plus souvent trouvés aux puces de

la Place du Jeu de Balle, à Bruxelles.

Il a fait ses premières armes avec des cuirs de récupération,

comme des canapés abandonnés sur

le trottoir, par exemple. Sa première création, il y

a 12 ans, fut un petit portefeuille. Il est toujours là !

Sans compromis

L’homme a persévéré. Il a tout appris seul. Il a acquis

plus d’outils et de machines. Et puis un jour,

il s’est acheté une première peau neuve à la tannerie

Radermecker : environ 2 m2 pour 350 €. De

quoi faire des ceintures, qu’il a vendues d’abord à

son entourage. Et puis, petit à petit, les créations

et les clients se sont multipliés. Mais pas à n’importe

quel prix ! Lescrainier est un homme scrupuleux

: quand il prévoit qu’il ne pourra pas réaliser

une commande à la perfection, il la refuse.

Pas de compromis possible !

Pas de boutique en ligne non plus. Vous passez

chez lui dans les Marolles ou visitez son compte

Instagram @lscrnr.

Les principaux atouts de notre artisan maroquinier-sellier

et garnisseur ?

La rareté de son activité à Bruxelles et même en

Belgique ; l’excellence à laquelle il est parvenu ;

et sa situation dans les Marolles « un quartier qui

brasse une clientèle très intéressante de connaisseurs

avec un pouvoir d’achat en conséquence ».

Mérite le détour. n

lscrnr.com

THÉÂTRE, CABARET BURLESQUE ET

FANTAISIES SADO-MACHO TROUVENT

UN INTÉRÊT CERTAIN DANS LA

SENSUALITÉ DU CUIR.

Selles de motos pour gabarits

atypiques ou sièges de voiture haut

de gamme dont le cuir est absent

en livraison standard.

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28


DESIGN

AVEC DES YEUX DE VELOURS

MARC VAN HOE AU MUSÉE HORTA

Jusqu’au 30 juin 2025, l’opulence et la beauté du textile s’exposent au Musée Horta à Bruxelles. Quatre grands

concepteurs – Louisa Carmona, Flore&Pauline Fockedey, Elise Peroi et Marc Van Hoe – s’emparent

de la beauté et de la chaleur du velours. Marc Van Hoe nous guide à travers tant de splendeur.

Chris Vermuyten

Avec l’Art nouveau, dont il est

l’un des principaux concepteurs,

Victor Horta a apporté

beaucoup de légèreté et de

joie de vivre à l’architecture du

début du XXe siècle, reflétant

en partie l’économie florissante

de l’époque. Les classes aisées

aspiraient à la gaieté et savaient l’apprécier. Les styles

architecturaux lourds et pompeux étaient donc abandonnés

au profit de courbes joyeuses et de légèreté

absolue : l’Art nouveau prit son élan !

À Bruxelles, l’architecte Victor Horta a d’emblée été

la véritable incarnation de ce style. Sa maison et son

bureau, aujourd’hui musée Horta, reflètent encore

son style et sa philosophie. Horta a su transformer des

objets utilitaires en art. Avec lui, nous sommes loin de

l’art pour l’art. Horta était aussi un grand amateur de

textiles car, pour lui, c’était la source de l’architecture,

le moule d’où émergeaient les ornements. La nouvelle

exposition – Comme sur du velours – s’inscrit donc à

merveille dans le cadre du musée. Marc Van Hoe,

maître designer spécialisé en textile et artiste réputé

dans le secteur – il a notamment remporté le Prix Van

De Velde 2010 pour l’ensemble de sa carrière – nous

accueille dans le salon familial de Victor Horta, qu’il a

rhabillé pour cette exposition.

Des murs recouverts d’une tapisserie verte, une nappe

verte et des rideaux écrus en velours de lin : voilà pour le

décor. Les rideaux ne sont pas doublés : l’envers du tissu

est si beau qu’il serait dommage de le cacher derrière

une doublure. Ils flanquent des murs tapissés de soie

moirée de couleur verte avec un effet brillant et ondulé.

© Thomas Lancz

Art ou artisanat ?

Une nappe ou un rideau ne sont-ils pas des accessoires

usuels ordinaires ? Parle-t-on d’art ici ? Marc Van Hoe :

« Pendant de nombreuses années, j’ai dessiné des motifs

textiles pour plusieurs usines de tissage belges. Mais j’ai

toujours travaillé le côté artistique du textile. Autrement

dit, j’essaie de relier l’artisanat à l’art ou d’élever l’artisanat

au rang d’art. Pas de manière dogmatique, mais

avec une touche de subtilité ». Et cela correspond tout à

fait à la philosophie de l’architecte Horta. Marc Van Hoe

poursuit : « J’aime particulièrement le velours et le moiré.

Ce sont des matériaux qui requièrent un véritable savoir-faire.

Il est très difficile de les fabriquer uniquement

à la machine. Pour cette exposition, j’ai travaillé en étroite

collaboration avec l’usine de tissage de velours Van Ne-

der. C’est l’un des rares fabricants de textile en Belgique

à pouvoir tisser du velours de manière semi-artisanale, ce

que l’on appelle le velours côtelé. Il s’agit d’un processus

méticuleux et exigeant en main-d’œuvre.

La tapisserie dans cette pièce, par exemple, a nécessité

le recours à 2.560 bobines de fil utilisées en même

temps, et qui devaient toutes être disposées et rempla-

Il faut 2560 bobines placées à la

main sur le métier à tisser, pour

tisser une étoffe de velours.

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1

« J’APPRÉCIERAIS

PARTICULIÈREMENT QUE LES

DESIGNERS AUTOMOBILES

CONÇOIVENT, POUR UN NOUVEAU

MODÈLE DE VOITURE, UNE BELLE

GARNITURE INTÉRIEURE EN

VELOURS DOUX. »

VELOURS

Le velours est un tissu doux et brillant

utilisé pour des vêtements précieux et

des tissus d’ameublement. Il s’agit d’un

matériau tissé dans lequel le duvet de

soie, par exemple, est tissé avec les fils de

chaîne, puis rasé. De nos jours, d’autres

matériaux tels que le lin, la laine, le coton

et de nouveaux matériaux (par exemple

la viscose) sont également utilisés.

2

© Thomas Lancz

cées manuellement. Il existe aujourd’hui des métiers

à tisser qui peuvent tout faire automatiquement – le

fabricant belge de machines textiles Van De Wiele y

travaille. Mais c’est chez Van Neder que j’ai trouvé le

« véritable » outil de travail !

Un processus

d’apprentissage permanent

Marc Van Hoe a cherché à apprendre tout au long de

sa vie. Chaque fois qu’il devait relever un nouveau défi

en création textile, il partait à la recherche de l’expertise

ad hoc. « Je me suis d’abord imposé une formation

technique qui m’a été très utile pour apprendre à

connaître tous les métiers à tisser. Je me suis ensuite

inscrit à l’Académie de Courtrai, chez Boudewijn Delaere.

Après, j’ai suivi les cours de Liesbeth De Saedeleer

au studio De Saedeleer à Etikhove. J’ai réalisé des

créations purement commerciales pour mes clients,

mais j’ai également évolué à la croisée de l’artisanat

et de l’art. J’ai ainsi été sélectionné pour la 10e Biennale

de la Tapisserie à Lausanne. J’y ai rencontré Pierre

Daquin, artiste et expert de la structure des tapisseries.

Il m’a encouragé à étudier les techniques modernes

de tissage et m’a appris à expérimenter de nouveaux

matériaux. À la même époque, j’ai également conçu

des tissus jacquard pour différentes entreprises, dont

Ter Molst et Romain Maes. Je suis donc toujours resté

actif dans plusieurs domaines : les textiles d’intérieur,

l’artisanat et l’art.

Matière royale

La plupart des créations textiles de Marc Van Hoe sont

en velours. D’où lui vient l’attrait pour cette matière ?

« En examinant les peintures de Holbein ou de Van

Eyck, par exemple, on observe qu’ils représentent les

tissus les plus luxueux. Qu’il s’agisse de vêtements,

de tapisseries ou de nappes. Et c’est toujours la grandeur

souveraine du velours qui est mise en avant. Le

velours est une expression de la richesse, c’est avant

tout une matière noble. D’ailleurs, la fuite de Louis XVI

avant d’être capturé et décapité, a eu lieu dans un carrosse

secret, mais pas moins doublé d’un intérieur en

velours dernier cri et très onéreux ! Le velours a toujours

été un textile luxueux. Non seulement en France,

mais aussi en Grande-Bretagne, où il était très convoité,

notamment par les adeptes de l’Arts and Crafts. De là,

1. Le salon de Victor Horta est baigné

de lumière, le revêtement mural

moiré lui confère une élégance

naturelle.

2.Les rideaux ne sont pas doublés :

l’envers du tissu est tout simplement

trop beau pour cela.

3. Marc Van Hoe, maître designer

en textile : « j’essaie d’élever le

métier de tisserand au rang d’art. »

4. Jacquard de lin conçu par Marc

Van Hoe.

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LE MOIRÉ

Le matériau de base

du moiré est la soie.

Le textile tissé est

mouillé, plissé et passé

dans une calandre.

L’humidité cherche

alors à se frayer un

chemin à travers le

tissu nervuré, ce qui

donne lieu à une sorte

de motif ondulé dans

le tissu. Ce motif a

une forme tout à

fait naturelle et crée

un jeu de lumière

particulièrement beau

au sein d’une même

teinte.

il a gagné le nord de la Belgique. Dans les environs de

Courtrai, notamment, il existait une production textile

de velours, liée à l’industrie du lin. C’est pourquoi on y

trouve encore des producteurs de velours aujourd’hui. »

L’aspect luxueux du velours est surtout lié aux effets visuel

et tactile du tissu. « Lorsque l’on frotte la main sur

le velours, les fils s’aplatissent ou se relèvent. Cela crée

une lumière changeante, de sorte que même un morceau

de velours uni offre de belles nuances de tons. Il

faut le voir et le toucher. La matière incite d’ailleurs au

toucher ! On retrouve également ce jeu de couleurs

dans la matière moirée, avec laquelle nous avons recouvert

le mur des pièces voisines ».

Aujourd’hui et demain

Marc Van Hoe n’est pas seulement présent au musée

Horta aujourd’hui, on retrouve aussi ses créations à

New York, notamment dans le bar sur le toit du Rockefeller

Center. « C’était une merveilleuse commande

pour l’entreprise de tissage OSKR de concevoir le revêtement

des fauteuils et des chaises du bar. Je l’ai fait

en pensant à Woody Allen. Une mission exceptionnelle,

car le Rockefeller Center n’est pas vraiment le petit café

du coin. Non pas que je trouverais ce dernier indigne

de moi, car j’ai également dessiné le velours marron

du fauteuil de la série populaire de la VRT « De Kampioenen

». On peut tout faire avec le velours. En fait, on

pourrait parler d’une simplicité compliquée ».

Bien que Marc Van Hoe ait reçu plusieurs commandes

prestigieuses, un rêve reste inassouvi : « J’aimerais que

les designers automobiles conçoivent également de

beaux aménagements intérieurs pour un nouveau

modèle de voiture. Aujourd’hui, cela se limite souvent

à un revêtement cuir ou imitation cuir, mais je trouve

cela peu inspirant. Il serait certainement plus créatif de

revêtir les sièges de ces voitures de velours doux, de lin

touffeté ou de laine coupée. Avec un motif sobre et discret,

un dessin exubérant ou un motif personnalisé. n

© Thomas Lancz

3 4

© Thomas Lancz

MARC VAN HOE :

« LE VELOURS

EST UNE MATIÈRE

QUI INCITE À

L’OBSERVER ET

À LA TOUCHER. »

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DESIGN

LA RENAISSANCE DE L’ÉMAIL

L’émail est une matière vitreuse, opaque ou translucide qui recouvre et décore d’une fine couche

des objets en métal, en verre ou en céramique. Tout un art, pour un fleuron national : Émaillerie

Belge, qui travaille aussi bien pour des pouvoirs publics qu’avec des artistes et designers.

«L

orsque j’ai visité l’entreprise,

j’ai eu un

coup de foudre immédiat

». Nous sommes

en 2016. Vincent Vanden

Borre a alors à

peine 25 ans et l’entreprise

en question,

Émaillerie Belge, était sur le point de rendre l’âme. «

Pour moi, c’était comme un musée en mouvement :

toutes ces machines si incroyablement authentiques

qui fonctionnaient encore... Aujourd’hui, j’ai deux

filles et je n’ose presque pas l’avouer, mais Émaillerie

Belge a été pour moi mon premier enfant. »

Sauf que cette Émaillerie Belge, fondée en 1923,

était en mauvaise posture à l’époque. « Sur les 140

personnes que comptait autrefois l’entreprise, il en

restait cinq qui ne travaillaient que deux jours par

Ben Herremans

semaine et étaient en chômage partiel les trois

autres », explique Vanden Borre. Dès 2012, l’ancien

propriétaire, Benoît d’Ydewalle, avait cherché un

repreneur. Il a été approché par des entrepreneurs

de renom, mais aucun n’entrevoyait un avenir viable

pour l’entreprise. En 2016, d’Ydewalle a donc décidé

de cesser toute activité. En mai, il vendait les bâtiments

et en septembre, l’entreprise fermerait ses

portes. Lorsque je l’ai visitée en juin, on m’a donné

deux semaines pour prendre une décision. »

Vincent Vanden Borre (fils d’entrepreneurs, études

d’économie, puis Vlerick Business School) se lance.

« Nous avons accompli un parcours fantastique depuis

lors », dit-il huit ans plus tard. « Entre-temps,

tous les vices cachés ont été résolus, tout a été remis

en ordre et nous suivons une nouvelle route. Nous

travaillons actuellement avec 10 personnes. Lorsque

nous avons déménagé de Molenbeek à Forest il y

1. Projet « Vivre » pour le restaurant

deux étoiles « La Scène » de la chef

parisienne Stéphanie Le Quellec :

tables en aquamaille.

2. 101 ans d’Emaillerie Belge

en assiettes individuelles.

3. Vincent Vanden Borre,

PDG de l’Emaillerie Belge.

© Marceau Antoine /

Agence Costa

1 2

© Burobonito

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32


© Burobonito

a six ans, nous avons radicalement modifié notre

production. Nous disposions d’une chaîne de production

vieille d’un demi-siècle, avec un four à bois

qui avait été converti au gaz : il était hors de question

de l’emmener avec nous. Mais investir dans une

entreprise en difficulté n’est évidemment pas une

sinécure. »

3

Notoriété mondiale

L’investissement a néanmoins porté ses fruits. « En

huit ans, notre chiffre d’affaires a au moins triplé.

Émaillerie Belge est aujourd’hui réputée dans le

monde entier », affirme Vincent Vanden Borre.

« La mondialisation y contribue, de même que la

réputation de notre pays en matière d’émaillerie.

C’est la raison pour laquelle nous y référons dans le

nom de l’entreprise. L’émail est un marché de niche

et le marché belge ne suffit pas pour survivre. Pour

croître, nous avons dû nous orienter vers l’étranger.

Nos collaborations avec de grands designers, architectes

et artistes nous permettent de nous y faire

connaître.

« Pour les secteurs de la publicité et de la signalisation,

nous visons le Benelux et la France. Mais

pour le travail destiné aux artistes et designers, nous

sommes présents dans toute l’ Europe et surtout

en Amérique du Nord. Le marché classique d’antan

qui s’était tourné vers la Pologne et la République

tchèque, est revenu vers nous. Si nos tarifs sont plus

élevés que ceux la concurrence, nous offrons beaucoup

plus de précision, de qualité et de résistance.

Nos méthodes valent plus. Y compris en termes de

complexité et de flexibilité. Nous maîtrisons le savoir-faire

spécifique de A à Z, de la matière à émailler

au produit assemblé. Une partie du travail reste

artisanale, mais nous évoluons avec notre temps,

tout en gardant un œil sur l’aspect écologique. Nous

sommes certifiés EcoVadis et nous visons d’ailleurs à

renforcer cette certification.

« De plus, nous misons sur la finition et la créativité.

À ce jour, nous avons développé 220 couleurs.

Notre concurrent le plus proche en propose 65.

Nous offrons huit possibilités de finition, la concurrence

: trois. Il n’est pas étonnant que des artistes

et designers se tournent vers nous... Muller Van Severen,

Ben Storms, Marc Newson. Kasper Bosmans

a même quitté Amsterdam pour s’installer dans un

studio juste à côté de chez nous. À leur niveau, on

exige une qualité, une complexité et une technicité

haut de gamme. Ces collaborations sont stimulantes

car il s’agit de professionnels en avance sur

leur temps qui visent des choses qui semblent impossibles

à réaliser au premier abord. Nous procédons

sans cesse à des échanges, ce qui crée un lien.

Ensuite, il s’agit d’être capable de se surpasser. En

général, nous sommes en mesure de procurer une

réponse à leurs demandes. »

Les atouts de l’émail

« Émaillerie Belge tourne à plein régime aujourd’hui,

mais nous avons encore beaucoup de nouveaux

projets en vue », souligne Vincent Vanden Borre.

« NOUS VOULONS DONNER À

L’ÉMAIL UNE IMAGE MODERNE ET

LE REMETTRE AU GOÛT DU JOUR. »

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« Dès le lendemain de mon arrivée, j’ai directement

commencé à réfléchir aux possibilités offertes par

l’émail. Non seulement pour le marché traditionnel,

mais aussi pour des applications qui doivent encore

être développées. Cela n’arrête jamais. Quand on

parle d’émail, en général, les gens – même ceux de

ma génération – réfèrent encore aux plats, aux pots

et aux poêles vieux jeu de leur grand-mère. Cette

perception des choses est toujours en vigueur. La

génération de mes parents et de mes grands-parents

parle encore de la baignoire ou du lavabo

qui ne s’use jamais. La plupart des gens ne savent

même pas que le travail de l’émail existe encore

aujourd’hui. Nous le remarquons chez nos visiteurs

étonnés, qui s’imaginaient une visite de musée et se

retrouvent dans une usine en production.

« Il existe beaucoup d’idées fausses à propos de

l’émail et nous devons corriger cette image. Mon

objectif initial était non seulement de faire connaître

Émaillerie Belge, mais de remettre l’émail sur le devant

de la scène en tant que tel. L’émail est souvent

perçu comme rétro, ce qui ne me dérange pas. Mais

son raffinement demeure, son authenticité et sa

résistance inspirent confiance. Nous voulons donc

donner à l’émail une image moderne, le rendre à

nouveau branché. C’est pourquoi nous mettons

l’accent sur la créativité. Les œuvres d’art qui sortent

d’ici... on a parfois du mal à croire qu’il s’agit d’émail

! C’est tellement beau en termes de finition, de couleur

et de technicité. Nous aimons attirer l’attention

sur ce côté branché et innovant. En communiquant,

mais surtout en stimulant la curiosité des gens.

Montrer au bon moment, au bon endroit. Sans explications.

C’est là que les gens s’interrogent. « C’est

de l’acrylique ou de laque ? ». Ou bien ils réalisent

que c’est de l’émail et nous disent: Comment diable

avez-vous réussi à faire cela ? C’est là que nous

avons l’occasion de nous présenter. Notre premier

contact est toujours un moment d’émerveillement

et d’admiration ». n

1

1. Quobus de Marc Newson

pour la Galerie Kreo (2021).

2. Émaillerie Belge maîtrise

les savoir-faire de A à Z,

de la tôle d’acier au produit

assemblé. Une partie du

travail reste artisanale.

« NOTRE PREMIER

CONTACT EST

UN MOMENT

D’ÉMERVEILLEMENT

ET D’ADMIRATION. »

© Alexandra de Cossette

© Burobonito

2

LA VOITURE QUI N’A

JAMAIS VU LE JOUR

L’émail et les voitures ? Les

enjoliveurs des roues de la

Minerva étaient émaillés,

signale Vincent Vanden

Borre. « Et l’intérieur du pot

d’échappement de certains

modèles Harley-Davidson

était émaillé, pour contribuer

à engendrer le grondement

typique de la moto. Il avait

été question de réaliser une

voiture en émail avec Audi

et de l’exposer, comme

nous sommes situés dans le

même quartier.

Mais on a d’autres chats à

fouetter là pour l’instant. Ce

projet Audi ne s’est donc pas

concrétisé ».

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CULTURE

AUTOMOBILE ET SOCIÉTÉ

De l’art ? Rarement ! Du design ? Parfois ! Mais alors qu’est-ce ? Avec Autofiction, une Biographie de l’Objet Automobile,

le Centre d’Innovation et de Design (CID) présente, au Grand-Hornu jusqu’au 16 février 2025, un matériel abondant

pour une exposition « documentaire » permettant de réfléchir sur le rôle de la voiture dans la société. Confondant.

Serge Vanmaercke

Même si, depuis la disparition

de la Minerva au milieu

des années 1930 ou la

récente faillite de Van Hool,

il n’existe plus de marque

belge de voitures ou de

bus/véhicules utilitaires,

notre pays a toujours été

très lié à l’industrie automobile à travers des lignes de

production et/ou d’assemblage de plusieurs marques

mondiales… avec les problèmes collatéraux que cela

a impliqué.

De la fermeture des usines Renault à Vilvorde en 1997

à la situation actuelle chez Audi, en passant par Opel à

Anvers en 2010, Ford à Genk en 2014 ou Caterpillar

à Charleroi en 2016, nombre de travailleurs belges du

secteur en ont fait les frais. L’option de la mondialisation

à laquelle l’Europe et notre pays ont souscrit dans

les années 1990 a notamment conduit aux délocalisations.

Et si, durant les « Trente Glorieuses » précédant

le choc pétrolier de 1973, la Belgique était devenue le

premier pays assembleur de voitures par habitant au

monde, l’industrie du secteur est prête à se réduire de

plus en plus en une peau de chagrin.

Pourquoi ici et maintenant

Si le but de l’exposition en cours était loin d’être politique,

Marie Pok, la directrice du CID, précise d’emblée

qu’en raison des nouvelles réglementations concernant

les moteurs thermiques, les centres piétonniers dans les

villes ou la situation chez Audi, la voiture est plus que

jamais un thème d’actualité, abordé sous plusieurs aspects

: le statut qu’on donne à la voiture, l’occupation

singulière dans des véhicules grand format, la pénurie ci et

là de bornes de chargement pour voitures électriques, la

question de la voiture à acheter quand la vôtre ne peut plus

entrer dans telle ou telle ville sous peine d’amende… Sans

parler du Cybercab ou Robotaxi – Tesla utilise indifféremment

les deux dénominations -, sans volant ni

pédales, présenté par la marque de voitures électriques à

la mi-octobre, mais non (encore ?) en production. Cette

exposition vient donc à point nommé.

Plus de 1,2 milliard d’automobiles circulent actuellement

sur la Terre, dont 5,9 millions en Belgique.

« L’ADN du CID n’a pas vraiment d’originalité, nous suivons

l’évolution du design et de l’innovation. Le design d’aujourd’hui

ne consiste plus uniquement à former de beaux

objets intelligents, rationnellement conçus, il sert aussi à

1. Pour célébrer le 50e

anniversaire de la R5 qui s’est

vendue à plus de 5 millions

d’exemplaires entre 1972 et

1984, Renault a sollicité le

designer-décorateur Pierre

Gonalons. Résultat : un

concept de rétrofit électrique

et éclectique haut de gamme

baptisé R5 Diamant. Un bijou.

2. En 1908, André Michelin

lance le Bureau d’itinéraires

qui, pendant plus de vingt

ans, procure gratuitement

par courrier à qui le demande

un itinéraire, mais aussi les

curiosités croisées sur la route.

Un GPS épistolaire en quelque

sorte.

1 2

© Caroline Dethier

© Michelin

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35


1

© Caroline Dethier

répondre à des questions de société, qu’elles soient anthropologiques

ou sociologiques. Et nous tentons d’y faire

écho avec cette exposition et d’autres qui débordent du

design de l’objet. Nous sommes convaincus que cette vision

du design d’aujourd’hui figure parmi ce que l’on va

laisser de nous aux générations futures et constitue donc

une archéologie de demain. Le design parle de nous, de

nos préoccupations et le CID en témoigne. »

Former autant que montrer

« Mon objectif était de monter une exposition documentaire

» explique, de son côté, le commissaire de l’exposition

et designer français, Olivier Peyricot (°1969), qui en

avait proposé une première version à la Cité du Design

en 2022 à Saint-Étienne en France.

« L’exposition est documentaire dans le sens où l’on met à

disposition des éléments et du matériel pour réfléchir. En

tant que commissaire et designer, j’ai souhaité impliquer

les visiteurs dans la discussion en leur apportant un petit

accompagnement, un regard propre, pour finalement

essayer de les guider vers une réflexion plus collective. »

Le titre et le sous-titre de l’exposition réfèrent à des

genres littéraires. « Ce n’est qu’un clin d’œil », dit Peyricot

: il n’en résulte pas moins qu’on évoque ici la façon

dont l’automobile se raconte à travers ses créateurs et

dont elle s’inscrit dans nos imaginaires avec des fictions

plus ou moins réelles. « Certaines histoires ont colonisé

les imaginaires en féminisant l’objet automobile, en

parlant de ses styles, en disant qu’elle est belle… D’autres

fictions seront davantage liées à des technologies, des

fantasmes mais aussi des choses très réelles comme

l’univers des voitures sans cesse réassemblées à Cuba en

raison du blocus économique. »

va bien au-delà de l’identification de l’artiste, du titre de

l’œuvre et de sa date de création.

Peyricot explique. « On voit émerger énormément de positions

très critiques vis-à-vis de la production automobile

et elles sont de plus en plus constructives. Nous sommes

passés de la plaidoirie épidermique à l’analyse en profondeur

des mécanismes à l’œuvre pour en débattre. »

Le secteur évolue sans cesse. C’est ainsi que par rapport

à l’expo de 2022 à Saint-Etienne, on trouve ici, inspirée

de la trois roues BMW Isetta (1955-1962), un exemplaire

de la nouvelle Microlino Car (électrique) de Micro Mobility

Systems AG, producteur suisse de trottinettes et

scooters électriques. Nous exposons aussi l’étonnante

R5 Diamant électrique, avec notamment son tableau de

bord gainé en crin de cheval ou un volant en marbre de

forme plutôt particulière, œuvre du designer-décorateur

français Pierre Gonalons, réalisée à l’occasion du 50e anniversaire

de ce modèle phare de Renault. » Un exemple

haut de gamme du rétrofit…

1. Le IMV 0 de Toyota est

un véhicule rudimentaire qui peut

être équipé pour des spécificités

locales (transports de matériaux,

de personnes, etc.). Objectif :

permettre le développement

d’activités de carrosserie sur

mesure et d’auto-réparation dans

des pays aux économies frugales.

2. L’artiste belge Eric Van Hove,

installé au Maroc, confronte des

pièces détachées de véhicules

d’occasion de production industrielle

voire automatisée, à la renaissance

de l’artisanat dans un 21e siècle

post-fordiste.

3. Inspirée de la trois roues BMW Isetta

(1955-1962), voici la nouvelle Microlino

Car (électrique) de Micro Mobility

Systems AG, producteur suisse de

trottinettes et scooters électriques.

4. Le commissaire de l’exposition

et designer français, Olivier

Peyricot (°1969).

2

Regard critique

Les objets exposés donnent à voir, mais pour profiter

pleinement du thème proposé, il faudra néanmoins lire

et écouter beaucoup durant le parcours. Car chaque

objet exposé s’accompagne d’une notice explicative qui

© Bard El Hardag

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Ode à l’espace réduit et à l’écologie d’un côté, et implication

de l’artisanat haut de gamme de l’autre : des

approches qui nourrissent les débats actuels autour de

l’automobile.

« Les éléments exposés ici traduisent en effet la tendance

à multiplier les registres de réflexion sur l’automobile »,

souligne le commissaire. « Google a réalisé un boom

dans le secteur avec la présentation de son concept de

Self Driving Car dès 2010. Cela a perturbé pas mal de

monde. Comme les congestions urbaines, des centresvilles

sans voitures, des Gilets Jaunes qui utilisent un

accessoire obligatoire dans la voiture pour protester et

le font parfois violemment en brûlant des voitures, combustible

facile à incendier… tout cela perturbe de plus en

plus les industriels. » Et de souligner que « le social impacte

beaucoup l’automobile en ce moment ».

Peyricot n’en aborde pas tous les aspects dans l’expo

pour autant. « Nous sommes face à un objet de consommation

qui est devenu problématique et multiple.

Quand vous achetez une nouvelle voiture, par exemple,

vous ne vous posez pas la question du devenir de l’ancienne.

On ne peut pas tout simplement la jeter. On ne

se demande pas encore si un jour on va devoir en assurer

soi-même le recyclage. Nous ne soulevons pas ce problème

car cela deviendrait très compliqué… »

Entre philosophie et politique

L’exercice ici est philosophique, voire expérimental. Nous

sommes donc clairement passés des expositions propagande

des designers d’antan à des expositions de formation

ou à une exposition documentaire comme c’est

le cas ici.

Pour Olivier Peyricot, le design automobile a un impact

politique réduit dans une économie de marché. « L’infrastructure

routière fait en sorte qu’on voit des voitures

partout. Le capitalisme l’a emporté dans le domaine automobile.

L’impact du designer y est donc assez faible,

car au service de l’idéologie. Le design se contente

donc souvent de donner des formes reconnaissables

aux véhicules et d’aménager leur intérieur. Néanmoins,

Toyota a procédé à une expérience intéressante dont

nous faisons écho dans l’exposition. Inspiré du Land

Cruiser, véhicule apparu sur le marché en 1952 pour

concurrencer les jeeps, et succès mondial de la marque

Toyota, le IMV 0 est un véhicule rudimentaire qui peut

être équipé pour des spécificités locales (transports de

matériaux, de personnes, activités mobiles diverses, etc.).

Objectif des designers: permettre le développement

d’activités de carrosserie sur mesure et d’auto-réparation

dans des pays aux économies frugales.

Cela dit, Musk mis à part, un haut responsable d’entreprise

automobile n’en est plus jamais le fondateur

ajourd’hui : il hérite donc d’une série d’impératifs qui

entourent sa marque. Et cela laisse parfois peu de place

à de nouvelles idées utiles au consommateur et profitables

pour l’entreprise. »

Trois parties

L’automobile n’est pas qu’un assemblage de milliers de

pièces : en s’automatisant, elle est de plus en plus un

objet numérique qui dévore des données, enregistre et

décrit notre environnement. Son appétit pour les res-

DURANT LES TRENTE GLORIEUSES

PRÉCÉDANT LE CHOC PÉTROLIER

DE 1973, LA BELGIQUE ÉTAIT

DEVENUE LE PREMIER PAYS

ASSEMBLEUR DE VOITURES PAR

HABITANT AU MONDE.

3

4

© Caroline Dethier

© SEM Design

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37


© Stéphane Couturier

sources, qu’elles soient numériques ou physiques, n’est

pas nouveau : dès sa création, les ressources minérales et

fossiles ont été exploitées pour sa fabrication, ressources

naturelles qui supportent de plus en plus difficilement

son développement extensif.

Une première partie de l’expo est consacrée à l’automobile

comme un appareil électronique intelligent - « smart

electronic device » - à quatre roues. Objet numérique,

automatisé, captant : la voiture d’aujourd’hui produit une

description de nos environnements et de nous-mêmes

qui renforce sa qualité d’objet connecté, d’objet système.

La deuxième partie met en scène une brève biographie

fossile de l’automobile pour s’ouvrir ensuite sur celle, plus

vaste, des enjeux extractifs d’aujourd’hui.

La troisième et dernière partie d’Autofiction ouvre sur de

nouvelles pistes narratives pour l’automobile. Les histoires

proviennent d’artistes et de designers, venant de Wolfsburg

en Allemagne après la crise du diesel gate ; de Lubumbashi

en République Démocratique du Congo où

l’industrie des métaux rares pour les véhicules électriques

provoque des ravages ; de Cuba où la désobéissance

technologique permet une survie fragile du secteur ; ou

de France où des designers-céramistes investissent le

passé de l’automobile comme une nouvelle ressource.

Enfin, tout juste devant l’entrée du CID - situé sur un

superbe site industriel minier - Mathilde Pellé et Arthur

Pocheron, deux designers français, ont travaillé avec des

étudiants du Lycée Provincial Hornu-Colfontaine et de

l’Institut Saint-Luc Tournai sur deux véhicules existants,

un patrimoine qu’ils interrogent. L’un, sous l’angle du

soin en transformant des éléments de la voiture en abri.

Et l’autre sous l’angle de la réduction qui a notamment

conduit à l’idée d’options soustractives.

En évoquant de nouveaux imaginaires techniques provenant

de pratiques amateurs, l’expo invite ici le visiteur

à découvrir ce que pourrait être une démocratie technique,

renouant avec la notion d’automobile comme objet

populaire via l’implication des citoyens dans le débat

sur le futur de l’automobile.

Voilà vraiment une expo à découvrir pour qui désire voir

plus loin que le design et la mécanique dans le secteur

automobile. n

1

1. La carcasse d’une Fiat 600 devient

four à céramique pour des pièces

détournées à partir de pièces

détachées du véhicule.

2. Usine Toyota n° 1, 2005.

MARIE PUK :

« L’ADN DU CID N’A

PAS VRAIMENT

D’ORIGINALITÉ :

NOUS SUIVONS

L’ÉVOLUTION DU

DESIGN ET DE

L’INNOVATION.

LE DESIGN PARLE

DE NOUS, DE NOS

PRÉOCCUPATIONS

ET LE CID EN

TÉMOIGNE. »

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2

© Caroline Dethier


PORTRAIT

LA POÉSIE DU PEINT

Damien De Lepeleire (°1965) est artiste-peintre. Ce Belgo-italien fut, à 21 ans, le plus jeune lauréat

en 1986 du Prix de la Jeune Peinture Belge. Encyclopédie vivante, il soumet des propositions

poétiques et parfois humoristiques d’un quotidien sublimé, à nos regards et émotions. Le plus

souvent sous la forme de séries. L’enfant en lui reste passionné de voitures et son art en témoigne.

Serge Vanmaercke

Chaussée de Waterloo, à

Uccle. Sur une large façade

sombre entrecoupée

de larges baies vitrées,

une petite pancarte

blanche, atteinte par les

intempéries et le temps

qui passe, signale que le

show-room de McLaren a déménagé.

Derrière ces larges baies vitrées, on ne trouve

plus, en effet, de bolides élancés mais des tableaux

de grande taille adossés aux murs par

ici, un chevalet par-là, des aquarelles posées les

unes sur les autres sur une petite table ailleurs,

des tubes de peinture, des pinceaux… et pas mal

d’œuvres liées au monde de l’automobile.

C’est dans ce show-room transformé en atelier,

qu’avant démolition pour un nouveau projet

immobilier, Damien De Lepeleire nous reçoit.

Un ancien garage : rien de plus pratique pour

un peintre dont les toiles sont généralement de

(très) grand format.

D’emblée, De Lepeleire nous explique le pourquoi

de ses grands formats : « grâce à la grande

taille, tout le corps de qui regarde mes tableaux

est convoqué. Et pas seulement les yeux. Plusieurs

aspects vous viennent ainsi à l’esprit en

fonction de la lumière, de votre emplacement

ou du temps passé devant le tableau. »

L’artiste travaille par séries. Des séries inspirées par

la mosaïque romaine antique « Inferno’s Floor » ;

d’autres, « House Music », représentant des silhouettes

de femmes en aplats blancs sur fond

géométriquement coloré comme de la marqueterie

de marbre cosmatesque du Moyen-âge, les

traits de ces dames apparaissant comme par

magie, si le regard insiste, dans le blanc qui les

couvre.

Plus loin, des tableaux grand format affichent

des mots courts en typographie disco ; toujours

en séries, des couvertures de livres « Portrait »,

des tickets de caisse « I am still alive » ou des

bustes et statues antiques « Masterpieces » réalisés

en aquarelle ou encre de chine translucide…

Là, près d’une large baie vitrée, des petits ronds

noirs sur fond blanc aussi, « Old Gold », qui font

penser à la disposition des points en relief d’un

texte en braille. Sauf qu’ici, contrairement aux

apparences et en y regardant de plus près, ces

points ne sont pas exactement ronds et que leur

noir consiste en une superposition de couleurs

vives chaudes et froides, clairement visibles sur

le pourtour de chaque point quand on s’en approche.

Combiné au fond blanc, le tout vibre.

Et ailleurs encore, d’énormes toiles en cours de

réalisation représentent des personnages hauts

en couleurs dont les têtes sont alignées à une

Damien De Lepeleire peint le plus souvent

en grand format.L’artiste passant devant

l’œuvre « Dino » (200 x 240).

© Lydie Nesvadba

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même hauteur, mais présentant des silhouettes de

tailles différentes, ce qui les déplace visuellement vers

l’avant ou l’arrière dans le tableau, lui procurant une

impression de profondeur. « Des tableaux où les figures

que l’on regarde, nous regardent, explique Damien De

Lepeleire. Une fois l’aspect figuratif dépassé, on entre

dans des formes ou des rapports propres au tableau et

cela devient un dialogue avec la peinture, à travers des

histoires qu’on s’invente en la regardant. »

Et puis, il y a les autos, datant le plus souvent du troisième

quart du siècle dernier. Des séries plutôt colorées:

les unes en grand format, « Dino », « Miura »

et d’autres en petites aquarelles : toutes méticuleusement

représentées. Et puis, cette grande série « Portrait

of a Friend », où De Lepeleire peint scrupuleusement

des roues avec pneus, jantes et enjoliveurs caractéristiques

de voitures que les connaisseurs reconnaîtront

au premier coup d’œil.

« DÈS QUE MA MAIN DÉRAPE

DANS LE DESSIN D’UNE

MUSTANG, LA VOITURE EST

DÉFORMÉE ET TOUT LE MONDE

S’EN RENDRA COMPTE. »

La loi des séries

Pourquoi des séries ? Damien De Lepeleire : « J’ai eu

la chance de profiter de beaucoup d’attention à mes

débuts. D’une part comme lauréat du prix de la Jeune

Peinture Belge et, d’autre part, grâce au soutien de la

Galerie Christine et Isy Brachot qui était très réputée

et influente à l’époque. Mais comme autodidacte,

je voulais me perfectionner et ne pas m’arrêter à ce

pour quoi j’avais été récompensé. J’ai cherché à rencontrer

Walter Swennen, Jan Vercruysse et Panamarenco.

Ils m’ont enseigné ce que m’auraient enseigné

des professeurs non choisis à l’académie. J’ai appris

en me confrontant à eux. Je ne voulais pas devenir le

fonctionnaire de mon propre travail. Et c’est pour me

perfectionner donc, que j’ai commencé à faire des séries

en tentant de m’améliorer de tableau en tableau

sur un même thème. Cela ne m’a plus jamais quitté.

Ces séries sont des propositions. J’en ai fait une bonne

cinquantaine à ce jour. Autant vous dire que commercialement,

ce n’était pas idéal pour les galeries au début.

Et même si cela va mieux aujourd’hui, ce ne l’est

toujours pas. Les galeries sont tenues de vendre ce qui

se vend plutôt que ce qu’elles aiment vraiment. Par la

force des choses, il y a donc des artistes qui passent

plus de temps à être entrepreneurs qu’à être artiste.

Il n’y a plus tellement de place pour les poètes ou les

artistes qui risquent de ne pas être vendus d’emblée.

On ne laisse plus beaucoup de chances aux jeunes

artistes de se développer. Comme j’ai souvent travaillé

sans galerie, je suis moins affecté. Mais je suis un

survivant. Je m’occupe d’un sujet pendant quelques

semaines, mois ou années. Et quand je sens que je

commence à me copier ou en avoir fait le tour, j’ai besoin

d’un nouveau défi. »

L’art et la méthode

L’art de Damien De Lepeleire se laisse difficilement ranger

dans un genre donné, même si quelques dénominateurs

communs traversent ses œuvres depuis qu’il a

commencé à peindre à l’âge de 18 ans. « Même si les

séries sont différentes entre elles, stylistiquement, on

verra un jour que c’est quand même un seul et même

artiste qui est derrière », souligne-t-il.

De Lepeleire vit de son art depuis ses débuts, même si

quelques petits boulots divers et variés - graphiste, DJ,

cuisinier… - se sont révélés nécessaires pour survivre à

ces débuts.

Il peint à l’huile, il peint des aquarelles, il utilise l’encre

de Chine. « Et toujours, je laisse à mes peintures le droit

d’exister par elles-mêmes et de prendre le dessus. J’accepte

les petits accidents et le fait que finalement, elles

ne résultent pas en ce que j’avais envie de faire à l’origine.

Quand je commence un tableau, je ne sais jamais

quand je vais m’arrêter ou quel sera le résultat final, ce

qui rendrait le tout figé. La vie du tableau serait moins

riche pour moi si je ne procédais pas ainsi. »

1. Dans l’atelier de l’artiste. Sur le

chevalet, une œuvre de la série

Beautiful Landscape.

2a+2b. Deux œuvres de la

série d’aquarelles Beautiful

Landscape. Encre de Chine et

Aquarelle (29,7 x 42).

3a+3b+3c. Trois œuvres de la

série Portrait of a friend. Encre

de Chine et aquarelle (76 x 56).

1

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2a

2b

La peinture qui prend le dessus ? A première

vue, ce n’est quand même pas tout à fait le cas

pour les séries consacrées aux voitures. « J’aime

les voitures depuis que je suis tout petit. Ce qui

me plaisait en les peignant, c’est que le sujet ne

m’appartient pas. Les voitures ont un pouvoir évocateur

énorme, préalable à ce que je peins, mais

aussi grâce à ce que je peins. Mes amis qui étaient

parmi les premiers à voir cette série avaient pratiquement

tous des réactions très personnelles,

face à l’un ou l’autre modèle. Ces aquarelles ont

quelque chose d’un hold-up sentimental, en allumant

une image ou un souvenir très précis chez

ceux qui les regardent : ‘à l’insu de leur plein-gré’,

comme j’aime à l’évoquer en paraphrasant l’expression

savoureuse du coureur français Richard

Virenque tentant de se défendre dans une affaire

de dopage à la fin des années 1990. »

Passion des autos

Pourquoi le sujet des voitures était-il différent

des autres thèmes que peint Damien De Lepeleire

? « En tant qu’artiste, je ne pouvais pas

m’accorder ici la liberté souveraine de tout faire

à ma guise. Je ressentais une espèce d’obligation

morale de bien faire. Une douce violence,

en quelque sorte. Dès que ma main dérape dans

le dessin d’une Mustang, la voiture est déformée

et tout le monde s’en rendra compte. Je me suis

donc appliqué à respecter méticuleusement

les formes, les lignes et les détails de chaque

modèle. Pour les petits formats, les voitures ne

remplissent pas la feuille. Je laisse beaucoup de

blanc autour, car je voulais garder le format de

la petite voiture avec laquelle on joue. Comme

jadis avec les Dinky Toys. Cette série d’aquarelles

s’appelle « Beautiful Landscape » et l’espace

autour de chaque voiture permet de se faire le

paysage qu’on veut. J’ai peint la voiture qu’avait

ma tante quand j’étais petit, j’ai peint la voiture

jaune moutarde de mes parents… Une fois que

la série était terminée, je me suis rendu compte

que notamment en raison de leur silhouette

distincte et des couleurs parfois prononcées de

ces voitures, elle représente aussi un monde qui

s’efface. Elle a un côté sociologique sans que je

le veuille, et elle nous plonge dans un ailleurs. »

L’image et son double

Des tableaux de Damien De Lepeleire font

partie, notamment, des collections du SMAK

à Gand, du MACS au Grand-Hornu, du Musée

d’Ixelles et des collections privées Merode à Renaix

et Udoha à Liège.

Nous reproduisons ici quelques-unes de ses

œuvres et l’artiste lui-même les publie sur ses

pages Instagram et Facebook. Mais la reproduction

d’un tableau procure évidemment une

impression tout autre que le tableau lui-même.

De Lepeleire : « Une peinture, c’est une image,

la matière, un format et des couleurs : un objet

dans un espace. Quand une peinture est reproduite,

trois de ces quatre éléments deviennent

des abstractions : seule l’image reste, la matière

n’est plus perceptible, le format est modifié et

l’intensité de la couleur par la même occasion.

Trop souvent, on se dit que si on a vu l’image,

on a vu la peinture. Une peinture reste présente

mais on passe souvent très vite devant : regardez

le temps que passent la majorité des gens

devant les peintures dans un musée… En plus,

aujourd’hui, contrairement aux époques passées,

nous sommes bombardés d’images. Une

des manières que j’ai trouvées pour entrer en

compétition avec ce flux tendu d’images, c’est

de produire des images qu’on a l’impression de

connaître déjà : voitures, chaussure, montre… et

qui par leur côté familier suscitent un temps

d’arrêt en mettant en doute ce qu’on croit

connaître par rapport à ce qu’on voit ou inversement,

tout en remettant en cause les idées reçues

pour soi et ceux qui regardent. Les artistes

sont en quelque sorte des vigies qui mettent

ces idées reçues en danger. » n

3a 3b 3c

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LIFESTYLE

1

UN CLUB MOTO PREMIUM

Oubliez les bandes de motards sur des engins bien plus bichonnés que leurs tenues. Ici,

pas de Hells Angels copieusement tatoués, accoutrés de blousons noirs gothiquement égayés

de têtes de mort. A Elewijt, les Belgian Bikers se retrouvent dans un club flambant neuf au milieu

d’un grand domaine ancien et ses membres seront de bon aloi : élégants, soignés, voire raffinés.

Jules Gevaert

Le nouveau club est destiné à rassembler

des passionnés partageant

plus d’un dénominateur

commun : ils sont notamment

clients chez Gregoir Motor-Bikes

(www.gregoir.com) dans le triangle

Bruxelles-Gand-Anvers, amateurs

de motos BMW, et ils affichent un

solide penchant pour célébrer l’art de vivre en un

lieu singulier.

Le club des Belgian Bikers n’est donc pas ouvert

à tous les amateurs belges de motos. Mieux vaut

le préciser. L’enjeu du club se développera sur

place au Kasteel Diependael, en balade (à moto)

et chez soi, si les objets et le mobilier du club

inspirent les membres. Car outre les voitures et

les motos, Gregoir développe désormais un pilier

lifestyle dénommé « Rêve by Gregoir ».

Visite des lieux avec l’initiateur Hervé Gregoir.

Clubhouse haut de gamme

La Tervuursesteenweg est banale. Mais une fois

franchie la double porte à rue, l’arrivée au club

est plutôt majestueuse. The Belgian Bikers a ici

établi son quartier général dans une grande villa

restaurée, baptisée depuis longtemps Kasteel

Diependael, à Elewijt au Nord-Est de Bruxelles.

Construit comme pavillon de chasse par la Seigneurie

de ter Borght en 1740, Diependael a été

réaménagé en 1891 en trois propriétés sur un domaine

de 2 ha. Après d’importants dommages

infligés durant la Première Guerre mondiale, le domaine

a su renaître de ses cendres. Il a notamment

abrité pendant 32 ans le restaurant étoilé du chef

Noël Neckebroeck, qui a fermé ses portes en 2021.

Désormais, Kasteel Diependael jouera donc un

nouveau rôle en tant que clubhouse officiel des

Belgian Bikers, d’où sera organisé un large éventail

d’événements, allant de randonnées pour les

membres à diverses initiatives caritatives. « Nous

voulions partager notre passion pour les motos

et construire une communauté permettant de

nouer des relations de qualité tout en vivant

des expériences hors du commun », expliquent

d’une seule voix Hervé et Dylan Gregoir.

Hervé Gregoir est CEO du Gregoir Group réputé

dans le secteur automobile, tandis que son fils

Dylan est responsable de Gregoir Motor-Bikes.

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2

« NOUS VOULIONS

PARTAGER NOTRE

PASSION POUR

LES MOTOS ET

CONSTRUIRE UNE

COMMUNAUTÉ

PERMETTANT

DE NOUER DES

RELATIONS DE

QUALITÉ, TOUT

EN VIVANT DES

EXPÉRIENCES HORS

DU COMMUN »

3 4

« La moto a toujours été ma grande passion,

dit Dylan Gregoir. La liberté et les expériences

qu’offre la moto constituent un style de vie

unique. Et BMW Motorrad propose des modèles

qui répondent parfaitement aux besoins d’un tel

style de vie. »

Mais pourquoi donc des (nouveaux) propriétaires

d’une moto BMW éprouveraient-ils le besoin

de se réunir, comme le font par exemple

ceux d’une Harley Davidson ?

« Quand un client BMW achète par exemple

une R 18, une moto dans le genre d’une Harley-Davidson,

il ne rejoint pas une communauté

de passionnés convaincus comme le ferait un

propriétaire de Harley. Nous voulons justement

créer un nouveau type de communauté où les

premiers peuvent se retrouver. A partir de 40

ans, des hommes et des femmes cherchent de

petits défis personnels dans la vie et s’achètent

par exemple une moto comme la R 18. Mais s’il

n’existe pas de communauté avec laquelle partager

leurs expériences, leurs passions, leurs découvertes,

leurs balades, leurs voyages à moto

ou autres, cette moto sera bien vite oubliée

dans un coin du garage. Nous proposerons donc

des initiatives, des rencontres, des voyages, des

conseils santé physique et psychologique… »

Art de vivre

Une situation « Win Win », donc, pour les initiateurs

qui entretiennent ainsi le contact avec une

clientèle au pouvoir d’achat intéressant, partisane

d’un haut de gamme de qualité en matière

d’art de vivre, et des membres qui se retrouvent

pour réseauter, voyager, découvrir, se divertir en

pays de connaissance.

Outre le club destiné aux passionnés de motos

BMW, Kasteel Diependaal abritera aussi des objets

et mobilier “Rêve by Gregoir”, nouveau segment

lifestyle du groupe qui distribuera à la fois

des produits de marque et des créations Gregoir

aux détaillants du pays. n

1. Hervé Gregoir (à gauche) et Dylan (à droite),

les initiateurs du nouveau club The Belgian

Bikers.

2. Ancienne seigneurie, ancien restaurant

étoilé et nouveau clubhouse pour passionnés

de motos BMW : The Belgian Bikers.

3. Hervé Gregoir, CEO du Gregoir Group

et père de Dylan.

4. Le clubhouse est meublé et décoré avec

des produits du nouveau pilier lifestyle du

Gregoir Group, baptisé « Rêve by Gregoir ».

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VOYAGE

L’Amadeus Silver II (2015) est long

de 135 m et large de 11,40 m. Il emploie

46 membres d’équipage et peut

accueillir jusqu’à 168 passagers

dans ses 84 cabines.

LE BEAU DANUBE EN JEU

L’eau fascine autant qu’elle peut effrayer. Au passage de l’été à l’automne, changements climatiques aidant,

les eaux du Danube ont gonflé jusqu’à inonder les rives sur une partie de son parcours. Spectacle de désolation

autour d’un fleuve calme mais puissant et majestueux. Miles l’avait remonté sous un soleil ardent tout juste avant,

de la Roumanie à l’Allemagne. S’il n’est pas bleu, entre la Forêt Noire et la Mer Noire, le Danube est bel et bien beau.

Serge Vanmaercke

Un départ aux aurores

pour rejoindre Bucarest

en une matinée et un retour

à la case départ en 11

jours, après avoir traversé

la Roumanie, la Bulgarie,

la Serbie, la Hongrie, la

Slovaquie, l’Autriche et

l’Allemagne.

Un voyage allant quasiment de l’embouchure à

la source du fleuve, mais pas tout à fait. Pourquoi

?

La guerre en Ukraine et des difficultés de navigation

dans le delta du fleuve, face à la Mer Noire,

en territoires ukrainien et roumain, expliquent

une montée à bord sur l’Amadeus Silver II à Giurgiu,

à une soixantaine de kilomètres au sud de la

capitale roumaine, Bucarest.

Le débarquement à Passau à quelque 150 km à

l’est de Munich et à environ 400 km des sources

du Danube s’explique, lui, par le fait que le Danube

n’est navigable en largeur et profondeur qu’à

partir de Kelheim à une heure de Passau.

« Des » sources ? Oui, vous avez bien lu. Deux localités

revendiquent d’être à la source du Danube.

Le fait est que le Danube est formé à l’est de

la petite ville de Donaueschingen dans la Forêt

Noire du Bade-Wurtemberg, par le confluent

de deux petits cours d’eau : la Breg et la Brigach,

dont les sources sont éloignées de 10 km

environ.

Entre la Forêt Noire et la Mer Noire, les eaux du

Danube parcourent 2.783 km, dont 2.414 km

sont navigables. A bord de l’Amadeus Silver II,

nous l’avons remonté vers l’amont.

Les bateaux de croisière se déplacent à une vitesse

d’environ 25 km/h vers l’aval et de 18 km/h

vers l’amont. De sa naissance, près de Donaueschingen

à 678 m au-dessus du niveau de la

mer, à son embouchure dans la mer Noire, le

dénivelé est en moyenne de 24 cm par km. De

Passau à l’embouchure ou inversement, il faut

passer 13 écluses au total.

Après la Volga, le Danube est le deuxième fleuve

d’Europe en longueur.

Calme et voluptés

Des rivages animés à l’approche des grandes

villes Belgrade, Budapest, Bratislava ou Vienne,

aux rivages calmes et plats d’une escale à l’autre,

en passant par la magie des manœuvres aux

nombreuses écluses et le spectacle majestueux

dans les Portes de Fer entre la Roumanie et la

Serbie, cette croisière proposée par Rivages du

Monde est un véritable festival de calme, de sensations

fortes et de douces voluptés.

Et d’escale en escale, la vie à bord est à la hauteur

de l’intérêt du voyage. L’Amadeus Silver II,

construit en 2015, est un navire d’une sobre modernité,

long de 135 m et large de 11,40 m. Avec

ses 46 membres d’équipage, il peut accueillir

jusqu’à 168 passagers en occupation double de

ses 84 cabines, réparties sur trois ponts desservis

par un ascenseur. Toutes les cabines donnent sur

l’extérieur. Elles disposent d’un ameublement de

style contemporain et confortable, avec deux lits

rapprochables. Au pont inférieur (appelé Principal

à bord), les cabines Confort disposent d’une

superficie de 16 m² et d’une fenêtre haute qui ne

s’ouvre pas. Aux ponts Supérieur et Panorama,

les cabines Deluxe de 17,5 m² disposent, elles,

d’une large baie vitrée ouvrable donnant sur le

fleuve. Le pont Panorama est également pourvu

de 12 Junior Suites de 26,4 m² avec canapé

et balcon privatif. Comme à l’hôtel, toutes les

Toute copie non autorisée est strictement interdite sans le consentement écrit préalable de ProduPress Advertising SA.

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cabines sont équipées d’une salle d’eau avec

douche, d’une TV, de la climatisation, d’un téléphone,

d’un sèche-cheveux et d’un coffre-fort. Les

cabines des ponts Supérieur et Panorama disposent

également d’un mini-bar.

Le pont Soleil sur le toit du bateau propose une

aire de jeux et de chaises longues. Les plus sportifs

y font leur jogging matinal. À l’avant du pont

Panorama, devant le restaurant, un salon bar

dispose dans son prolongement, à l’extérieur, de

la River Terrace qui permet de profiter de la navigation

à l’abri du vent.

Esprit chaleureux

À l’arrière du bateau, on trouve l’Amadeus Club

qui est un petit salon au calme disposant d’une

petite bibliothèque et d’une machine à café/thé

automatique.

Au pont inférieur, la salle de gymnastique plutôt

bien équipée est en libre accès. Le bateau propose

également un service de coiffure et de

massage ainsi qu’une boutique. Le Wifi est disponible

gratuitement à bord mais il faut avouer

qu’il faut souvent réintroduire ses codes pour

y accéder et qu’il lui arrive de temps en temps

d’avoir ses caprices.

Les repas, que nous avons trouvés particulièrement

savoureux et variés, sont servis sur des tables

avec nappes et serviettes en tissu, dans le

restaurant panoramique. Ici, le personnel en suffisance

est particulièrement professionnel, souriant

et attentionné. Chaque jour, le menu propose

un choix différent de plusieurs options en

entrée, plat principal et dessert. L’eau et le vin, le

thé ou le café sont compris, mais si vous préférez

une petite bière avec votre repas, on vous l’offrira

aussi, même si ce n’est pas prévu dans l’offre.

Dans la même salle, le petit-déjeuner est proposé

sous forme de buffet abondant et tout

aussi varié.

Seul bémol pour les amateurs de café : si le café

en percolateur est succulent, aucune machine à

expresso digne de ce nom n’est présente à bord

de l’Amadeus Silver II. Étonnant vu l’excellence

de l’ensemble de l’offre par ailleurs.

À bord, ce qui compte aussi, c’est l’esprit. Il est

ici particulièrement chaleureux et rapidement

adopté par les passagers de tout âge et de tout

genre. S’il est vrai que la moyenne représente

l’âge de la sagesse et le couple traditionnel,

Rivages du Monde et l’ensemble des passagers

accueillent les variantes avec tout autant de bienveillance.

Agréable et instructif

Le restaurant est un grand atout du

navire, pour son personnel, la qualité

des repas et son côté chaleureux.

Une gastronomie adaptée à la région

visitée, ici servie sur le pont soleil.

Toutes les cabines donnent sur l’extérieur du navire.

Tout commence par un accompagnement dans

votre langue – français et néerlandais – pour ce

qui est de la communication à bord et pour les

conférences. L’essentiel des passagers est francophone.

Lors de notre croisière, nous avons

compté une bonne trentaine de passagers néerlandophone.

Pour le service à table, la permanence

à la réception et les guides lors des excursions,

il faut reconnaître que le français et l’anglais

sont plus courants. Une grande partie du personnel

à bord est originaire de l’Ile Maurice.

Que le bateau soit à taille humaine favorise par

ailleurs les échanges à bord, tout en permettant

de respecter l’indépendance et l’intimité de

chacun. Si la formule n’est pas obligatoire, on

recommande d’occuper la même place à table

aux repas, ce qui permet au personnel de personnaliser

le service et de retenir vos préférences

ou restrictions alimentaires. Elle permet aussi

de mieux connaître ses commensaux.

Et, last but not least, les conférences (Strauss

et Sissi, vous connaissez ?) et les informations

générales et culturelles : du fonctionnement des

écluses à l’origine de la table de Trajan en l’an 101

dans les Portes de Fer, en passant les épaves de

la Seconde Guerre mondiale, bourrées d’explosifs

et heureusement localisées avec précision

en Serbie, constituent une mine d’informations.

Elles sont ainsi fournies par le directeur de croisière

– l’érudit et très recommandable Frédéric

Mathieu était le nôtre –, rendant cette croisière

non seulement agréable et reposante mais aussi

extrêmement instructive. Sans oublier les spectacles

folkloriques locaux invités à bord et les

festivals de gastronomie régionale sur le toit du

bateau.

En plus des lieux d’escale, Rivages du Monde

propose la visite de lieux plus éloignés, lors d’excusions

payantes à réserver à l’avance. Mais à

vrai dire, les visites aux lieux d’escale sont déjà

tellement dépaysantes, même s’ils sont parfois

moins connus, que ces excursions sont surtout

indiquées pour qui veut avoir tout vu dans la vie

et pour les revenants avides de nouvelles découvertes.

Voici, en ce qui nous concerne, quelques point

forts qui nous ont paru pertinents à rapporter ici,

parmi l’offre abondante au cours de cette croisière

sur un fleuve qui longe tel pays sur l’une de

ses rives et tel autre pays sur la rive d’en face. Un

trait d’union en longueur et en largeur. n

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JOUR 1

Bucarest (Roumanie) : un tour guidé de la ville est prévu après

l’arrivée. Nous avons déjeuné au Hanu’ lui Manuc (1879), qui

sert une cuisine traditionnelle roumaine. Petites chapelles

byzantines, cafés majestueux, et puis l’obscène Palais de

Ceausescu, grandiose dans toute sa laideur, mais à voir.

https://romaniatourism.com/bucharest.html

JOUR 2

Roussé

(Bulgarie) :

avec ses

petites

boutiques

et une

architecture

brutaliste à

l’abandon,

des sgraffitis

de l’époque

communiste

et des graffitis d’aujourd’hui, des passages à niveau sans

barrières et puis cette cathédrale Sveta Troitsa à moitié sous

terre à côté d’un opéra pas très somptueux. Dépaysant.

https://obshtinaruse.bg/en/

JOUR 3

Oryahovo (Bulgarie) :

amarrage dans un lieu

désert dont les rives

sont parsemées de villas

anciennes abandonnées

et envahies par la nature,

devant un semblant de

plage avec des parasols

dépareillés le long du

fleuve. Des vestiges d’un

hammam ottoman du 16e

siècle, des promenades

dans les collines. Et

puis le petit village avec

des bustes de ses héros communistes, de l’architecture

brutaliste abandonnée ici aussi, des vendeurs de rue devant

un carton de six melons ou de quelques kilos d’oignons. Des

petites gens. Touchant. www.oriahovo.bg

JOUR 4

Journée de navigation entre la Roumanie

et la Serbie, où commence le défilé

des Portes de Fer. Encastrés dans les

montagnes, on y croise notamment,

commandée par un milliardaire italoroumain,

Losif Constantin Dragan, une

sculpture (haute de 40 m et large de 20 m)

de Décébale, le dernier roi des Daces de

87 à 106, qui a combattu sans succès les

empereurs romains Domitien et Trajan,

pour défendre l’indépendance de son pays,

l’actuelle Roumanie. Sur l’autre rive, en

territoire serbe, en face de la sculpture, se

trouve la Table de Trajan, vestige romain

plus modeste qu’a fait réaliser l’empereur

Trajan pour commémorer une victoire qui

a conduit à la conquête de la Dacie en l’an

105. Table est ici à interpréter au sens des

tables de loi plutôt qu’une table de cuisine.

JOUR 5

Belgrade (Serbie) : tous

les guides en ligne

vous renseigneront les

choses grandioses à voir

à Belgrade. Signalons

peut-être Saint Sava,

la plus grande église

orthodoxe du monde

et les collections

prestigieuses des

musées. Mais ne

cherchez plus le

musée de l’Automobile

que certains guides

renseignent encore :

après la mort du

collectionneur qui l’avait fondé, sa fille l’a paraît-il fait

disparaître, selon un nostalgique qui rodait encore sur les

lieux. www.tob.rs/en

JOUR 6

Journée de navigation de Vukovar - où descendent les participants

aux excursions -, vers Mohacs en Hongrie, où le bateau

arrive en fin de journée pour récupérer les excursionnistes. Non

loin du lieu d’amarrage, une église orthodoxe abrite des vitraux

contemporains d’une rare beauté.

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JOUR 7

Budapest (Hongrie) :

Ici aussi un guide

sera plus utile qu’un

paragraphe pour

découvrir cette perle

architecturale avec

ses musées, ses bains,

ses promenades et ses

cafés comme le New

York où le raffinement

réside plus dans le

décor que dans la

clientèle devenue

essentiellement

touristique.

www.budapestinfo.hu

JOUR 8

Bratislava (Slovaquie) : Ville superbe avec ses cafés -

notamment le superbe bar Antique, ses églises, ses boutiques,

ses musées et ses nombreuses promenades urbaines

où le piéton est roi. www.visitbratislava.com

JOUR 10

Melk (Autriche) : Un centre pittoresque, restauré à tel point

qu’on le dirait neuf. Son abbaye bénédictine, bâtie en

surplomb du Danube et où on vous interdit de prendre

la moindre photo, est immense. C’est d’ici qu’est originaire le

bénédictin Adso de Melk, héros du roman à succès Le Nom

de la Rose d’Umerto Eco (1980), adapté au cinéma par

Jean-Jacques Annaud, en 1986.

www.visitmelk.com

JOUR 9

Vienne (Autriche) : Allez-y voir Le Baiser de Gustav Klimt au

Belvedere qui est à Vienne, ce que la Joconde est au Louvre

à Paris Que dire qui n’a pas encore été dit ? Ville immense,

riche en culture et en art de vivre. Fascinante.

www.wien.info

JOUR 12

Fin de la croisière. Débarquement à Passau pour rejoindre

Munich où nous aurons la possibilité de flâner quelque peu

avant le vol du retour vers notre royaume. Avec le stade du

Bayern des architectes suisses Herzog & de Meuron en toile

de fond sur la route du centre vers l’aéroport.

www.muenchen.de

JOUR 11

Linz (Autriche) : Ville trop peu connue chez nous. Avec

son immense cathédrale de l’Immaculée conception, son

marché et ses saints aux regards troubles dans quelques

églises. Son Lentos - musée d’art contemporain à

l’architecture particulière au bord du Danube -, est considéré

comme le meilleur du genre en Autriche.

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VOYAGE

QUATRE SAISONS À VENISE

Déambuler dans ses ruelles, boire un vin cultivé sur place, goûter aux cicchetti,

s’émerveiller devant des toiles du Tintoret… Venise offre mille et un plaisirs.

AAntonio Lucio Vivaldi est né à Venise en

1678. On lui doit l’un des concertos pour

violon les plus connus : Les Quatre Saisons.

Une musique baroque et un thème

qui sied bien à une ville qui se savoure en

toute saison.

Printemps

Le printemps est l’occasion de découvrir la prestigieuse Biennale

d’art contemporain, qui a lieu tous les deux ans entre

avril et novembre, en alternance avec celle consacrée à l’architecture.

En 2024, la thématique « Étranger partout » invitait à une réflexion

sur les multiples crises migratoires mondiales et sur les différentes

expériences vécues par les « étrangers ». À découvrir à

l’« Arsenale », ancien chantier naval fondé en 1104, et dans les

« Giardini » créés par Napoléon au début du XIXe siècle. Le

pavillon central y a été édifié pour la première Biennale en

1895, suivi par les 29 pavillons nationaux, dont certains signés

par de grands architectes. Comme Josef Hoffman, l’une des

principales figures de la Sécession viennoise, auteur du pavil-

Laura Centrella

lon autrichien en 1934. Mais la Biennale, c’est aussi l’occasion

de découvrir les pavillons de petits pays installés dans des «

palazzi » ou églises méconnus.

Du côté des délicatesses vénitiennes, c’est le moment de

l’année où l’on peut déguster les fameuses « moeche », des

crabes mous - c’est la saison où ils muent et perdent leur

carapace - frits, ou des « castraure ». Ces derniers, de petits artichauts

violets réputés dans toute la péninsule, sont cultivés

sur l’île de Saint-Érasme, le grand potager de Venise depuis

le XVIe siècle. En saison, on dégustera ces deux spécialités

à la charmante Trattoria alla Maddalena, un peu éloignée

de tout sur l’île de Mazzorbo, mais reliée par un pont à la

très photogénique île de Burano, où les maisons colorées

s’égrènent au fil des canaux.

À Burano, on visitera le musée de la dentelle, où l’on admirera

le fameux « point en l’air », inventé par les dentellières

de l’île au XVIe siècle, et on goûtera aux biscuits « bussolai »

(ou leur variante en forme de « S ») de Carmelina Palmisano,

une personnalité de l’île qui a ouvert sa biscuiterie en 1950.

Avec les premiers rayons de soleil, on filera à Venise sur le très

agréable campo Santa Margherita pour déguster un spritz

1. À la Biennale, l’artiste

britannico-nigérian

Yinka Shonibare alertait

notamment sur la montée

des eaux et les conséquentes

migrations que celle-ci

entraîne avec son « réfugié

astronaute ».

2. Rituel obligatoire, le spritz

au Caffè Rosso sur le Campo

Santa Margherita.

3. L’impressionnant feu

d’artifices tiré pendant

la fête du Rédempteur.

4. Pendant la Régate

historique, on est plongé

dans une autre époque…

5. Les tramezzini du Bar Alla

Toletta. On ne manquera pas

d’y goûter celui aux sfliacci

di cavallo (viande fumée de

cheval), une spécialité locale.

6. Le Français Michel

Thoulouze a relancé la

viticulture sur l’île de Saint-

Érasme pour proposer le vin

Orto di Venezia.

7. Un plat du restaurant ORO,

à l’hôtel Belmond Cipriani,

qui met en valeur les

artichauts de l’île de Saint-

Érasme.

8. La splendide basilique

Saint-Marc, une église à

coupoles qui suit le modèle

des édifices byzantins.

© Matteo de Mayda

© Erik Valebrokk

2

1 3

© Vela Spa

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© Vela Spa

au Caffè Rosso. Cet apéritif qui a fait le tour du monde se

déguste ici avec le fameux Aperol. Mais tout bon Vénitien qui

se respecte choisira le Select, une liqueur à base d’infusion

d’oranges douces et amères associées à 30 herbes et racines,

née à Venise en 1920.

Été

L’été, c’est la saison des fêtes vénitiennes ! Il y a d’abord la fête

du Rédempteur, célébrée le troisième dimanche du mois de

juillet pour commémorer la grande épidémie de peste qui

toucha la ville de 1575 à 1577, couronnée par un impressionnant

feu d’artifices qui vient mourir sur l’eau. Et le premier

dimanche de septembre, a lieu la Regata Storica. Un somptueux

défilé d’embarcations légères, typiques de la lagune

© LCMG_0541

5

7

8

4

© ortodivenezia

6

© Marco Valmarana

de Venise, transportant des personnages en costumes historiques...

Tandis que sur le Lido, les stars hollywoodiennes se

pressent sur le tapis rouge pour assister à la Mostra, le plus

ancien festival de cinéma au monde, qui a lieu durant dix

jours, fin août-début septembre.

L’été est aussi la saison où l’on profite pleinement de la

dolce vita vénitienne. Où l’on prend le temps de se baigner

au Lido… Si le splendide Grand Hôtel des Bains continue de

tomber en décrépitude, la plage Des Bains 1900, où a été

tourné le film mythique de Luchino Visconti « Mort à Venise »,

est toujours en activité.

À Venise, on débutera la journée par un café et deux « tramezzini

», ces sandwichs de pain de mie triangulaires aux

garnitures variées. On goûtera ceux de la pâtisserie chic

Rosa Salva, sur le campo San Giovanni e Paolo, tout en jetant

un œil à la somptueuse façade renaissance de l’hôpital

du même nom. Ou ceux du plus populaire Bar Alla Toletta,

situé près des « Gallerie dell’Accademia », où l’on s’émerveillera

devant les toiles de peintres vénitiens célèbres, comme

le Titien, Véronèse, Tiepolo ou encore Canaletto. Ce dernier a

signé de splendides panoramas de la Sérénissime au XVIIIe

siècle. Et l’on se rend compte que la ville n’a finalement pas

beaucoup changé…

Se perdre dans les « calle » (petites ruelles) de la Cité des

Doges est un plaisir immense lorsque les journées rallongent.

Mais la dolce vita, c’est aussi prendre le bateau-navette qui

relie la sublime place Saint-Marc à l’hôtel Cipriani, propriété

de de la chaîne d’hôtel de luxe Belmond depuis 1976 et ouvert

uniquement de fin mai à début octobre.

Dans cet hôtel fréquenté par les plus grandes stars de la

Mostra, on dégustera un negroni dédié à Cate Blanchett.

Avant de passer à table au Ristorante Oro*, où, sous la supervision

du célèbre chef de Modène Massimo Bottura (Osteria

Francescana***), la cheffe Vania Ghedini propose une cuisine

italienne ultraraffinée. Elle y travaille des ingrédients locaux

et s’inspire de la lagune vénitienne ou de ses souvenirs d’enfance

à Ferrara, ville dont elle est originaire. Dans ses assiettes,

elle évoque aussi son séjour marocain, avec des « bigoli in

© Vela Spa

SE PERDRE DANS

LES CALLE DE LA CITÉ

DES DOGES EST UN

PLAISIR IMMENSE.

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salsa », un plat de pâtes typiquement vénitien aux oignons et

anchois, ici parfumés au cumin et au citron confit. Une merveilleuse

adresse, où l’excellent sommelier offre un voyage en

Italie au travers de cépages et d’appellations peu connus.

© LC

2

Automne

L’automne est une saison plus calme à Venise. Septembre,

c’est le temps des vendanges sur l’île de Saint-Érasme, très

agréable à parcourir à vélo. On ne manquera pas d’y visiter

le vignoble Orto (potager en italien). Au XVIe siècle, l’île était

recouverte de vignobles et le Français Michel Thoulouze et

sa famille ont décidé de relancer cette activité viticole, avec

l’expertise de Lydia et Claude Bourguignon, fondateurs du

Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, et celle

d’Alain Graillot, dont les crozes-hermitage sont réputés mondialement.

Michel Thoulouze a planté ses premières vignes

franches de pied en 2002 et voilà qu’il vend déjà le millésime

2021 du domaine. Très agréable, ce vin blanc minéral, sans

passage en fût de chêne, est un assemblage de cépages antiques

italiens autour de la malvoisie istrienne.

À Venise, on visitera la splendide basilique Saint-Marc, reconstruite

au Xe siècle. Et l’on restera certainement pantois

devant l’un des plus grands ensembles de mosaïques du

monde, entièrement sur fond d’or… Ou l’on s’aventurera dans

une visite secrète du Palais des Doges pour admirer l’impressionnante

charpente en bois du bâtiment, pour y découvrir

les geôles et marcher à l’intérieur du pont des soupirs… Pas

ceux des amoureux qui voguent dessous en gondoles, mais

ceux des malheureux qui furent retenus dans les geôles du

palais.

La chaleur n’a pas tout à fait quitté Venise à l’automne, et

on saisira l’occasion pour faire un tour au Marché du Rialto

et profiter des derniers légumes en provenance de Saint-

Érasme, et surtout faire un tour au superbe marché aux poissons.

C’est le moment de commencer un « bacaro tour », soit

une exploration des bars à « cicchetti » (tapas vénitiens) de

la ville. Premier arrêt au All’Merca pour un mini « panino »

(sandwich) à la « sopressa » (charcuterie de porc) et un verre

1

3

© LC

© LC

© Erik Valebrokk

4

de vin nature de qualité de chez Damijan ou Radikon par

exemple, deux vignobles réputés du Frioul-Vénétie julienne.

Non loin de là, impossible de manquer All’Arco, où on fait la

file pour déguster les meilleurs « cicchetti » de la ville, entre

classiques (« baccalà mantecato », sorte de brandade de morue

vénitienne, ou « sarde in saor », sardines à l’aigre-doux) ou

plus créatifs, réalisés avec les poissons du Marché du Rialto.

À deux pas, la Cantina Do Mori vaut le coup d’œil pour son

plafond constellé de chaudrons en cuivre et son large assortiment

de délices : salade de poulpe, boulettes, fonds d’artichauts,

polenta aux calamars à l’encre de seiche…

Fatigué de déambuler dans les ruelles? On s’attablera alors

au Wildner, sur la riva degli Schiavoni, à deux pas de la place

Saint-Marc, pour déguster des classiques vénitiens parfaitement

réalisés, avec, en terrasse, une vue sur l’église de San

Giorgio Maggiore. Ne manquez surtout pas le « risotto di gò »

(réalisés avec des gobies, petits poissons de la lagune) ou le «

tiramisù », un dessert inventé dans la région.

Hiver

L’hiver est l’une des périodes de l’année où Venise accueille

le plus de touristes, qui se massent au carnaval, dont la ré-

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© Erik Valebrokk

5

7

© LocalVenezia

6

© Bacan

putation a fait le tour du monde. Il commence dix jours

avant le mercredi des cendres et se poursuit jusqu’au mardi

gras. Les Vénitiens revêtent alors leurs plus beaux atours

pour le plus grand plaisir des photographes. C’est aussi le

seul moment de l’année où l’on peut dénicher les « fritole »,

des beignets de carnaval avec des raisins et des pignons de

pin.

Dès le matin, on ira se réchauffer

dans les superbes salons du Caffè

Florian sur la place Saint-Marc, l’un

des plus anciens cafés du monde,

fondé en 1720. Si, à table, l’addition

est salée, faites comme les Vénitiens,

prenez votre café et votre pâtisserie

al banco (au comptoir), c’est beaucoup

moins cher…

Les « scuole » (corporations) à visiter ne manquent pas à Venise,

dont la magnifique Scuola Grande di San Rocco. Parmi

les moins connues, la Scuola Dalmata présente les superbes

toiles du cycle de Saint-Georges réalisées par le peintre vénitien

Vittore Carpaccio au XVe siècle. C’est en référence à

son rouge caractéristique que Giuseppe Cipriani a inventé

ALL’ARCO,

ON DÉGUSTERA

LES MEILLEURS

« CICCHETTI »

DE LA VILLE.

le fameux plat homonyme dans les années 1950 et qui se

déguste toujours au Harry’s Bar. Délicieux, mais hors de prix!

Mieux vaut casser sa tirelire pour déguster la cuisine du chef

napolitain Salvatore Sodano, qui a reçu une étoile au Local.

Il y propose une excellente cuisine italienne contemporaine

faisant la part belle aux ingrédients « vénitiens » comme le

« baccalà » (morue salée). Tandis

que le sommelier offre de parfaits

accords avec des vins italiens ou du

thé.

Si vous avez l’âme plus aventureuse,

poussez la porte du Bacán de Marco

Zambon et Silvia Rozas. Ce couple

italo-espagnol s’est pris de passion

pour la cuisine latino-américaine et

propose un menu très abordable

inspiré par le Mexique ou le Pérou, avec des poissons et des

plantes halophytes de la lagune. Même les tortillas de maïs

nixtamalisé (maïs traité à la chaux) proviennent d’une entreprise

italienne située en Ombrie. Preuve que la Cité des

Doges n’est pas enfermée dans ses traditions et sait évoluer

avec son temps… n

1. Les merveilleux

poissons du marché

du Rialto, qui se tient à

Venise depuis le 11e siècle.

2. Des cicchetti et un verre

de spritz, le parfait apéro,

ou plus si affinités...

3. Les petits sandwichs

du All’Merca avec une

ombra de vin, un petit

verre de vin en vénitien.

4. C’est l’adresse à ne

pas manquer à Venise!

All’Arco offre les meilleurs

cicchetti de la ville.

5. Venise pendant

le carnaval.

6. Baccalà, et sa langue

sauce pil-pil, un plat raffiné

du restaurant Local à Venise.

7. Petits calamars

sauce mole. Chez Bacán,

des ingrédients locaux

sont préparés à la sauce

latino-américaine.

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VOYAGE

AU PAYS DE NEUCHÂTEL

ENTRE ARCHITECTURE, ABSINTHE ET HORLOGERIE

Au fil des ans, la Suisse a vu naître des architectes d’exception, la production et la prohibition

d’un spiritueux « qui rendait fou » et des montres parmi les plus enviées au monde.

C’est au Pays de Neuchâtel plus précisément qu’est né Le Corbusier, que fleurit la meilleure

absinthe et que l’on développe les plus grandes complications horlogères. Visite éclectique des lieux.

Jules Gevaert

Al’invitation de Suisse Tourisme et du Pays de Neuchâtel,

nous voilà accueillis à 1.111 mètres d’altitude

– quel hasard ! –, au Grand Hôtel Les Endroits

www.lesendroits.ch qui domine la petite ville de la

Chaux-de-Fonds. Un hôtel au décor international

courant, mais un paradis pour amateurs de bienêtre,

avec ses 1.000 m2 réservés à sept saunas,

une grande piscine intérieure, un bassin extérieur,

des espaces de détente. Le restaurant est plus que correct et, rétrospectivement,

il aura surtout eu le mérite de lancer le crescendo des saveurs

qui nous seront servies par la suite dans des restaurants locaux de toutes

gammes.

Mais avant la détente, le bien-être et le repas du soir, visite dans un hautlieu

situé plus bas dans la ville : la Villa Jeanneret-Perret dite la Maison

Blanche, la toute première réalisation du jeune Charles-Edouard Jeanneret

(Le Corbusier) en tant qu’architecte indépendant.

LE CORBUSIER INITIAL

La Maison Blanche a été construite en 1912 pour les parents

du Corbusier et présente les prémisses du style et de la

philosophie de ses futures créations. Les Jeanneret n’y vivront

que jusqu’en 1919 et plusieurs propriétaires s’y succéderont.

Aujourd’hui, la villa est accessible au public. Elle a été

restaurée plusieurs fois et on a retrouvé des meubles et objets

d’origine qui entouraient les tout premiers propriétaires. Le

papier peint du salon a été réalisé à l’identique en Belgique par

Geert Wisse (1965-2021) de Zwalm, en Flandre orientale, sur

la base de deux bouts du papier original trouvés dans la niche

d’un radiateur.

Avant la Maison Blanche, à 18 ans, le jeune Charles-Édouard

avait déjà dessiné la Villa Fallet (1905) toujours debout, mais

il travaillait alors chez une autre célébrité du coin : Charles

L’Eplattenier qui était par ailleurs son professeur à l’Ecole

d’Arts appliqués de La Chaux-de-Fonds.

En 1916 Le Corbusier concevra aussi, pour le plus grand

employeur horloger de l’époque, la Villa Schwob, également

appelée Villa Turque, qui appartient aujourd’hui à la marque de

montres Ebel.

www.maisonblanche.ch

Le papier peint réalisé à

l’identique en Belgique sur la

base de petits bouts retrouvés

dans la niche d’un radiateur.

Le salon de la Maison Blanche dans son état actuel

et à l’époque où y vivaient les parents du Corbusier.

La maison Blanche,

première réalisation

architecturale du Corbusier

comme architecte indépendant.

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PRATIQUE HORLOGÈRE ET URBANISME

Après un petit-déjeuner copieux, rencontre avec le guide

érudit Wolfgang Carrier, passionné d’horlogerie et de culture

locale. Direction : le « Garde Temps », un atelier où des artisans

chevronnés aident le néophyte à démonter et surtout à remonter

les composants du mouvement d’une montre : ponts, vis, roues,

rouages minuscules à manipuler avec des pincettes…

De l’architecture à l’horlogerie, le saut peut paraître périlleux.

Mais à la Chaux-de-Fonds, ce serait oublier que les deux sont

intimement liés. Dans les montagnes du Jura suisse, sur des

terrains peu propices à l’agriculture, les villes voisines La Chauxde-Fonds

et Le Locle illustrent en effet un développement

architectural et urbain original qui reflète les besoins d’organisation

rationnelle de la production horlogère. Planifiées au début du

19e siècle, ces villes sont en effet entièrement destinées à cette

production. Leurs tracés selon un schéma ouvert et en bandes

parallèles, imbriquant l’habitat et les ateliers, correspondent aux

besoins de lumière de la culture professionnelle horlogère qui

remonte au 17e siècle et se maintient aujourd’hui. L’Urbanisme

horloger de La Chaux-de-Fonds et du Locle a été inscrit au

Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2009.

Parcourir la Chaux-de-Fonds, c’est découvrir une ville créée par et

pour l’horlogerie. Outre des lieux uniques du patrimoine horloger,

on y trouve aussi des trésors Art nouveau promus à l’époque

par les horlogers les plus fortunés. Et – ô surprise ! – on peut y

découvrir une sculpture en hommage à… Louis Chevrolet : le

fondateur de la marque automobile américaine éponyme est en

effet né ici.

www.chaux-de-fonds.ch

CULTURE DU GOÛT ET DE L’HEURE

Même si son décor peut paraître ancien, la ville est aussi le

bercail d’un art de vivre contemporain. Notre déjeuner du jour

en est une preuve vivante. Le restaurant La Halle des Sens, qui

sert des plats de la cuisine traditionnelle locale mais aussi des

variantes à la sauce d’aujourd’hui, est localisé à l’étage, dans

les halles de la ville : le marché couvert, baptisé L’Hall’titude.

Si votre mets préféré n’est pas au menu du jour, vous pouvez

demander qu’on aille en dénicher les ingrédients au marché en

bas de l’escalier…

www.halltitude.market

Le restaurant

La Halle des Sens.

Après le déjeuner, Wolfgang Carrier nous emmène dans le

bâtiment brutaliste souterrain du musée international d’horlogerie

de la Chaux-de-Fonds, situé dans le flanc d’une petite colline

urbaine depuis 1974.

Voici le musée d’horlogerie le plus important du monde avec

ses 4.500 pièces, plus rares les unes que les autres. Les visiteurs

belges ne seront pas insensibles aux immenses panneaux de

l’artiste Hans Erni, qui ont jadis décoré les murs du Pavillon suisse

lors de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958. On y trouve

aussi de vieux coucous, des montres futuristes, des Swatch, des

montres-bijoux, les premiers instruments de mesure du temps…

fascinant pour les passionnés.

Chargés de connaissance nouvelles, nous entamons ensuite notre

retour à l’altitude 1.111 pour un moment de détente et le dîner.

www.mih.ch

Hommage inattendu à un natif de la Chaux-de-Fonds :

le fondateur de la marque automobile américaine Chevrolet.

Le musée international

d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds.

LA VILLA JEANNERET-PERRET, DITE LA MAISON

BLANCHE, EST LA TOUTE PREMIÈRE RÉALISATION DU

JEUNE CHARLES-EDOUARD JEANNERET (LE CORBUSIER)

EN TANT QU’ARCHITECTE INDÉPENDANT.

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LEVÉE D’INTERDICTION

Ensuite Môtiers et l’Hôtel des Six-

Communes, une bâtisse imposante où

déguster en saison une entrecôte de

marcassin, un civet de lièvre, une selle

de chevreuil ou du bœuf à votre manière.

L’hôtel a été reconstruit vers 1590 et au fil

du temps, il a accueilli des marchés, une

auberge ou le siège de la justice locale.

Aujourd’hui, c’est une des tables les plus

réputées de la région.

www.sixcommunes.ch

l’Hôtel des Six-Communes à Môtiers.

En guise de digestif, on se rend ensuite à

pied à la Maison de l’Absinthe. Un musée

qui conte l’histoire du breuvage et un jardin

de plantes flanqué d’un laboratoire qui en

expliquent la fabrication.

L’absinthe est un spiritueux obtenu par

macération et distillation des plantes qui

lui ont donné son nom : la grande et la

petite absinthe. La plupart des recettes

incluent quatre plantes : grande absinthe,

petite absinthe, anis vert et fenouil. Elle se

AUTHENTIQUE MANUFACTURE

Voyage en train, direction Le Locle, un trajet de 30 minutes,

montre (suisse) en main. On entamera la journée par une visite

à la Manufacture Zenith, pendant des décennies l’une des rares

à véritablement mériter sa dénomination de « manufacture »

horlogère. Zenith a notamment créé en 1969 un mouvement

légendaire qui a été utilisés par les plus grandes marques :

le mouvement chronographe automatique El Primero, réputé

aujourd’hui encore pour son extrême précision. Bien que

produisant des produits de grande qualité, pendant des

décennies, Zenith a aussi été une marque dont le rapport qualitéprix

ne frisait jamais l’obscène. Aujourd’hui, elle produit toujours

des montres de qualité, mais sous la houlette du groupe LVMH…

Si l’ensemble de la visite vaut la peine, de l’entrée (dans les murs

de laquelle sont déposées les cendres du fondateur Georges

Favre-Jacot) à la sortie, c’est le grenier de Monsieur Charles

Vermont qui nous intéressera le plus. Contre l’avis de ses patrons,

bien décidés à passer au numérique et au quartz dans les années

1970, cet horloger avait déménagé clandestinement l’essentiel

des étampes et des machines pour la fabrication des composants

de montres mécaniques. Elles auront été bien utiles lors de

la renaissance des montres mécaniques dès les années 1980.

Comme le cœur, le temps aussi a ses raisons que la raison ne

connaît pas.

www.zenith-watches.com

Le grenier de la manufacture Zenith, où un horloger avait

clandestinement stocké le matériel pour fabriquer des montres

mécaniques à l’époque où ses patrons ne juraient que par le quartz…

Horloger à son établi dans la manufacture

de montres Zenith au Locle : un métier

d’antan exercé par une jeunesse

contemporaine motivée.

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consomme diluée dans de l’eau. Dans un

verre d’absinthe, versez 1 dose d’absinthe

pour 3 à 5 volumes d’eau. Faites couler

doucement l’eau fraîche, voire glacée, afin

de permettre aux arômes de se développer

lentement. Vous pouvez également

déposer un sucre sur une cuillère à Absinthe

percée, posée sur le verre. Versez ensuite

l’eau glacée très lentement sur le sucre qui

se dissoudra petit à petit.

Petite et grande absinthe déterminent

le goût du breuvage alors que l’anis et le

fenouil sont indispensables à l’obtention

de la « louche », le trouble qui se produit

au mélange de l’alcool et de l’eau. Mais

certaines recettes intègrent plus d’une

vingtaine de plantes. L’absinthe est

naturellement incolore. Elle peut être

teintée naturellement en vert avec des

plantes riches en chlorophylle, d’où son

surnom de « fée verte ».

L’absinthe est la boisson distillée qui

présente le plus haut titrage d’alcool, son

taux oscillant entre 48 et 77 degrés.

La plupart titrent entre 50 et 55 degrés.

Le bar de la Maison de l’Absinthe permet

de déguster près de 30 sortes d’absinthes

différentes : de préférence pas toutes lors

d’une même session.

Une boutique permet d’en emmener

quelques-unes en souvenir (https://

maison-absinthe.ch), à moins que vous ne

préfériez vous rendre chez un distillateur.

Ce que nous avons fait. La distillerie La

Valote-Willy Bovet n’est pas loin. En plus

d’une généreuse dégustation d’absinthes,

nous y apprendrons tout sur leur naissance

au 18e siècle et leur déclin en raison de leur

interdiction en 1910 pour mille raisons (en

substance dans le langage populaire, parce

qu’elle rendait fou), avant la renaissance

légale en 2005. Willy Bovet avait été une

figure mythique de la clandestinité depuis

1968 quand un fameux contrebandier de

l’absinthe (Marcel Lebet appelé Le Teub) lui

avait proposé un alambic. La fille de Bovet,

Françoise, qui nous a reçus, a repris son

activité en toute légalité en 2018.

www.absinthe-bovet.ch

L’absinthe

comme elle se

consommait

jadis dans

les règles

de l’art.

L’intérieur du restaurant le Cardinal à Neuchâtel,

un plaisir pour le regard et le palais.

FINIR EN BEAUTÉ

le superbe Laténium : www.latenium.ch) et autres lieux en vous déplaçant

gratuitement avec les transports publics du canton de Neuchâtel

(train, funiculaire, bus). Les traversées sur les lacs de Neuchâtel

et des Brenets, ainsi que la location journalière d’un vélo à

Neuchâtel ou au Locle, sont également offerts avec cette

carte. Excusez du peu.

Egayés par les histoires et l’éventail des goûts d’absinthe de degrés divers qui nous ont été

offerts, nous voilà en route vers la gare de Môtiers pour rejoindre Neufchâtel et le bel Hotel

Beaulac… au bord du lac (www.beaulac.ch).

Le charme de la ville opère d’emblée. Et il sera à son comble en poursuivant les ablutions de

l’après-midi avec d’excellents vins suisses pour accompagner le menu dans un petit bijou

de l’Art nouveau lors du dîner à la Brasserie Le Cardinal (www.lecardinal-brasserie.ch).

Le lendemain, nous nous sommes attablés avec une même satisfaction grandissante au

Restaurant Lake Side - en lien mais à distance avec notre hôtel et au restaurant le Silex

(www.lesilex.ch).

Impossible de décrire ici en quelques lignes tous les attraits de Neuchâtel. Son site

de tourisme en ligne www.neuchateltourisme.ch est très complet. Une promenade

improvisée vous mènera au marché (2 à 3 fois par semaine), le long de petits commerces

typiques, comme Dada le vin suisse (www.dada-swiss.ch), les montres Curtit Swiss

Watches (https://curtitswisswatches.ch), Sterchi La Maison du Fromage

(https://sterchi-fromages.ch/neuchatel/) ou La Grapilleuse

(seconde main) www.grappilleuse.ch.

Signalons qu’avec la Neuchâtel Tourist Card, loisirs et

transports sont offerts gratuitement à partir d’une

nuit passée dans le pays de Neuchâtel. À vous

les visites de 31 musées (notamment

Le château de la chaleureuse petite ville de Neuchâtel.

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MONTRES

NOUVEAUTÉ D’ABORD,

COMMENTAIRES APRÈS

Faute de créativité ou se reposant sur leurs acquis, nombre de marques horlogères rechignent à multiplier les

lancements de véritables nouveautés, préférant décliner des modèles existants en de nouvelles matières, couleurs

ou autres séries limitées. « La » référence du monde de l’horlogerie – Patek Philippe – vient de lancer une véritable

nouveauté alliée à un véritable patrimoine existant. Les commentaires fusent et le big boss explique.

Serge Vanmaercke

Par souci marketing ou - c’est

selon - pour éviter la chasse

au scoop et donner la chance

à tous les médias de publier

une nouvelle en même

temps, des actualités sont

régulièrement adressées à la

presse sous embargo jusqu’à

une date donnée.

Ce fut le cas avec Patek Philippe qui nous téléphona

en juillet dernier pour annoncer « un événement

important » qui aurait lieu en octobre.

Au compte-gouttes, votre serviteur – seul invité

pour la Belgique – fut mis au courant de la date

exacte, le 17 octobre, et du lieu : Munich. Avec

prière de ne rien annoncer avant cette date. On

se doutait qu’il s’agirait d’un lancement.

Le 14 octobre, courriel de Patek Philippe : « Suite

au non-respect de l’embargo de publication

par le magazine Fortune dans le cadre de notre

prochain lancement… » Fortune avait tout simplement

publié dans un numéro avancé - sans

en prévenir l’annonceur - une pub illustrant les

trois modèles de la nouvelle Collection Cubitus

de Patek Philippe supposée être divulguée trois

jours plus tard…

Les goûts et les couleurs

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce qu’avant

même le lancement, tous les curieux se sont

jetés sur le numéro en question, tandis que

l’affaire Fortune déliait les langues aux quatre

coins de la planète horlogerie. Et pas vraiment

de manière très louangeuse. Certains commentaires

invoquant même une fausse piste comme

coup marketing ou carrément une blague. En

substance : pas possible qu’une marque comme

Patek Philippe lance une nouvelle collection qui

ressemble à ce point à la Collection Nautilus et,

en plus, en moins élégant selon certains.

Si tout le monde a des avis divergents sur la

question de l’élégance, il est vrai qu’aussi bien

avant qu’après le lancement, il y eut un large

consensus dans les commentaires quant aux similitudes

entre la nouvelle Collection Cubitus et

la Collection Nautilus, le grand succès Patek Philippe.

L’affaire Fortune n’était donc pas un coup

marketing et, encore moins, une blague. Quels

qu’aient été ou soient les commentaires, Patek

Philippe n’a évidemment aucun souci à se faire.

Si les goûts et les couleurs se discutent, ce n’est

pas l’excellence universellement reconnue de la

marque qui souffrira après ce lancement.

Ses inconditionnels et les collectionneurs qui

peuvent se le permettre se bouscule(ro)nt à nouveau

au portillon pour acquérir un des trois premiers

modèles de cette nouvelle collection, voire

les trois en même temps. Et ceux qui suivront…

Pour ces collectionneurs et ceux qui rêvent d’en

être, une réaction du numéro un de la marque,

Thierry Stern, immédiatement après la divulgation

de la collection, ne sera toutefois pas sans

intérêt (voir encadré).

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1


2 3 4

Naissance d’un triplé

En 2021, quand Patek Philippe annonça la fin de

la production de la Nautilus Référence 5711 en

acier, Thierry Stern nous avait signalé que la Maison

remplace toujours une disparition par une

nouveauté. On ne s’attendait pas cependant à ce

qu’une toute nouvelle collection fasse son entrée.

Aux sommets du haut de gamme horloger, Patek

Philippe tient évidemment à limiter son offre en

boîtiers acier. Si la naissance de la Cubitus référence

5821/1A-001 en acier vient combler le vide

laissé par la Nautilus 5711 dans ce même métal,

les deux autres modèles initiaux de la nouvelle

collection sont bel et bien en métal précieux :

platine pour la 5822P-001 et or rose associé à

l’acier pour la 5821/1AR-001. Cadrans, bracelets

et matériaux mis à part, le design des trois modèles

s’uniformise tout en se différenciant. Gros

plan, donc, sur la star de la nouvelle collection :

la Cubitus Grande Date, Jour et Phases de Lune

Instantanés, référence 5822P-001 en platine.

Patek Philippe propose ici des affichages mariant

une grande date, une indication du jour et des

phases de lune instantanées mues par un nouveau

mouvement à remontage automatique.

LE DESIGN DU BOÎTIER DE FORME

CARRÉE AUX COINS COUPÉS, AVEC

DIAMÈTRE DE 45 MM, EST FLATTÉ

PAR LE CONTRASTE ENTRE FINITIONS

POLIES ET SATINÉ VERTICAL.

Six demandes de brevets ont été déposées, touchant

entre autres à la gestion de l’énergie pour

les divers affichages et leurs sauts simultanés en

18 millisecondes. La grande date s’affiche dans un

double guichet à 12h au moyen de deux disques

placés exactement sur le même plan. La lisibilité

du cadran bleu, avec relief horizontal frappé, est

assurée par des index appliques de type « bâton »

en or gris et des aiguilles heures/minutes de type

« bâton » arrondi en or gris, tous pourvus d’un revêtement

luminescent blanc.

Le design du boîtier en platine de forme carrée

aux coins coupés, avec diamètre de 45 mm, est

flatté par le contraste entre finitions polies et

satiné vertical. Le fond en verre saphir permet,

lui, d’observer le mouvement, avec son mini-rotor

excentré en or arborant le même décor

horizontal que le cadran. Comme tous les

modèles Patek Philippe en platine, ce gardetemps

est orné d’un diamant. Cette fois de

taille baguette, serti sur la lunette à 6h. Le bracelet,

d’abord envisagé en platine, a finalement

été remplacé, pour une question de poids, par

un autre en matière composite avec boucle

déployante Cubitus… en platine, elle. Quandmême

! n

1. Les trois premiers modèles d’une nouvelle

collection Cubitus chez Patek Philippe.

2. Le modèle Cubitus 5821/1A-001 en acier

vient combler le vide laissé par la Nautilus

5711 dans ce même métal.

3. Sport élégant, alliant acier et or rose,

la Cubitus 5821/1AR-00, se pare

d’un cadran bleu.

4. Le top de la nouvelle collection Cubitus :

la référence 5822P-001 en platine

avec Grande Date, Jour et Phases

de Lune Instantanés.

5a+5b. Les inspiratrices qui transmettent

leur ADN à la nouvelle collection Cubitus :

à gauche la Nautilus et à droite, l’Aquanaut.

5a

5b

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Thierry Stern, Président de

la Maison familiale Patek

Philippe qui a aussi présidé

au design de la nouvelle

collection Cubitus.

RENCONTRE AVEC LE BOSS

Après la présentation de la nouvelles collection, Miles a eu l’occasion de recueillir les réactions à vif de Thierry Stern

(°1970). Le président de Patek Philippe s’est en effet impliqué corps et âme dans cette nouvelle collection Cubitus.

« J’ai longtemps été responsable création chez Patek quand mon père en

était encore le président. Je n’ai pas fait d’école de design, mais je suis bon

là-dedans. J’ai appris et aimé ça au contact des horlogers. Pour l’Aquanaut

en 1997, j’avais été impliqué à 20% dans son design : je débutais. Mais pour

la Twenty ~4 en 1999, à 100% déjà. Comme pour la nouvelle collection

Cubitus. Et pour la conception de

son mouvement à complications

avec Philip Barat, je suis quandmême

impliqué à 50-60 %.

« Pour la collection Cubitus, nous

sommes partis de l’Aquanaut et de

la Nautilus. Ce n’est ni une coïncidence

ni une copie. Nous utilisons

ce qui nous appartient, ce qui

marche et ce que l’on sait faire. Et

c’est comme ça que j’ai réussi à

développer ce design. La Cubitus

a l’ADN de ces pièces-là, mais avec

sa propre identité. Elle en est proche et c’était le but. A première vue, les

gens vont se dire : tiens, Patek a fait une Nautilus carrée. Mais plus on la

verra, plus ils la porteront, plus ils réaliseront qu’elle a sa propre personnalité.

Cette famille doit grandir. Des montres dames, avec d’autres tailles,

suivront.

« LES GENS VONT SE DIRE : PATEK

A FAIT UNE NAUTILUS CARRÉE.

MAIS PLUS ON LA VERRA, PLUS

ILS LA PORTERONT, PLUS ILS

RÉALISERONT QU’ELLE

A SA PROPRE PERSONNALITÉ. »

« La capacité de production de Patek Philippe n’augmentera pas avec cette

nouvelle collection. Mais j’espère que certaines personnes basculeront

d’Aquanaut ou Nautilus - qui représentent ensemble environ 40% de notre

production annuelle (au total 72.000 pièces) -, vers Cubitus. Il y aura donc

une réduction de production sur les lignes existantes. Et c’est voulu : quand

j’ai décidé de clôturer la Nautilus

en acier 5711, c’était pour réduire

la production de la Nautilus, éviter

le danger de devenir mono-produit

tout en ayant trop d’acier dans

nos collections. On a un ADN chez

Patek et on doit le respecter. En

ce qui concerne les matériaux, par

exemple, Patek ne se lance pas

dans le carbone ou le titane. Nos investissement

colossaux sont dédiés

aux matériaux nobles.

« On se fait souvent flinguer quand

on sort une nouveauté. Mais j’ai confiance. Ce lancement n’est pas un coup

de tête. J’ai un nez, une expérience et des professionnels autour de moi.

Donc si je sors cette collection, c’est parce que j’y crois. Il faut croire en une

nouveauté en devenir. Il faut se permettre de surprendre et d’aller dans des

segments difficiles. Je ne le redoute pas. » n

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MONTRES

JUSQU’À LA FIN DES TEMPS OU PRESQUE

Le calendrier perpétuel est une complication horlogère qui permet aux montres automatiques, portées au poignet

ou rangées dans un remontoir automatique, d’afficher avec précision et sans réglage manuel, l’heure, le jour, la date,

le mois et parfois la phase de lune, pendant des années, même pendant les années bissextiles. En cette fin d’année,

Miles en a sélectionné dix. Attention, le réglage du temps éternel n’est pas pour rien…

Serge Vanmaercke

En horlogerie, on parle indifféremment

de calendrier ou

de quantième. Un calendrier

ou un quantième simple doit

être réglé à tout passage d’un

mois à l’autre. Les montres à

calendrier annuel, par contre,

ne nécessitent qu’un seul

réglage manuel par an, lors du passage de

février à mars, mais pour le reste, elles reconnaissent

les mois de 30 et 31 jours. La montre

à calendrier perpétuel, elle, ne nécessitera aucun

réglage durant des décennies, à quelques

exceptions près (un peu compliquées à expliquer

ici) ; mais pour les montres concernées,

ces réglages ne devront de toute façon pas

avoir lieu avant 2100, puis en 2200 et en 2300,

et déjà plus en 2400. On a donc le temps de

voir venir… Si notre calendrier est si complexe,

avec ses années bissextiles et ses mois de différentes

durées, c’est parce qu’il existe une

discordance entre la façon dont nous divisons

le temps et les révolutions des corps célestes

qui servent de base à ces calculs. L’année civile

de 365 jours est ainsi presque 6 heures plus

courte que l’année solaire (le temps qu’il faut à

la Terre pour revenir à la même position dans

l’univers après un cycle de saisons), qui dure

quelque 365,2425 jours.

Voici notre sélection. n

LE TOP !

PATEK PHILIPPE – RÉF. 5236P-10

En 2021, Patek Philippe avait dévoilé un nouveau quantième

perpétuel avec indications du jour, de la date et du mois

dans un grand guichet unique à 12h dans un boîtier en

platine marié à un cadran bleu dégradé noir. La manufacture

revisite ce modèle en platine, en le dotant d’un cadran opalin

doré or rose d’inspiration « vintage », rehaussé par des index

appliques et aiguilles facettées de type « bâton » en or gris

de couleur anthracite.

www.patek.com

AMBITION SÉCULAIRE

IWC – PORTUGIESER ETERNAL CALENDAR 44

La marque de Schaffhausen rend un humble hommage à

l’éternité, avec ce premier calendrier perpétuel séculaire

d’IWC. En plus de distinguer les différentes durées de mois

et d’ajouter un jour intercalaire tous les quatre ans fin février,

la Portugieser Eternal Calendar tient également compte des

exceptions du calendrier grégorien en omettant trois années

bissextiles par période de 400 ans.

www.iwc.com

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DAVID VAUT BIEN GOLIATH

BAUME & MERCIER - CLIFTON 10583

Montre automatique à calendrier perpétuel de 42 mm

de diamètre, dotée d’un mouvement manufacture Baumatic

BM13 et d’une réserve de marche de 5 jours. Elle se présente

dans un boîtier en or rose poli et son disque à phases de lune

est doré et laqué bleu.

www.baume-et-mercier.com

LA GRANDE MAISON

JAEGER LECOULTRE - MASTER ULTRA THIN

PERPETUAL CALENDAR

En 2024, la collection propose une nouvelle interprétation

de la Master Ultra Thin Perpetual Calendar, avec une réserve

de marche largement accrue jusqu’à 70 heures. Quatre

variantes sont proposées, dont celle-ci à cadran bleu nuit

dégradé en contraste avec la boîte en or rose. La finition

azurée des compteurs se démarque du cadran soleillé pour

créer un jeu de lumière.

www.jaeger-lecoultre.com

INSPIRATION NATURE

BLANCPAIN VILLERET QUANTIÈME PERPÉTUEL

Blancpain pare sa nouvelle création d’un cadran vert intense

inspiré des forêts du Brassus, dans le Jura suisse. Habillée

d’un boîtier en or rouge, cette véritable mémoire mécanique

ne nécessitera aucun réglage jusqu’en février 2100, mois

qui ne sera pas bissextile en raison d’une exception se

produisant trois siècles sur quatre dans le calendrier

grégorien.

www.blancpain.com

MUSIQUE MAESTRO !

AUDEMARS PIGUET ROYAL OAK

QUANTIÈME PERPÉTUEL

La manufacture a collaboré avec le chanteur, guitariste et

collectionneur John Mayer pour concevoir une nouvelle

version de ce modèle équipé du Calibre 5134. Il en résulte

une montre en or gris avec un cadran d’un bleu profond

parsemé d’innombrables détails reproduisant un ciel

cristallin.

www.audemarspiguet.com

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MAIS C’EST BYZANCE !

BREITLING – TROIS QUANTIÈMES PERPÉTUELS

Pour fêter son 140e anniversaire, la marque pourvoit trois

modèles de la complication quantième perpétuel : la

Premier, la Navitimer et la Chronomat. L’édition anniversaire

de la Navitimer est équipée de sa célèbre règle à calcul noire

sur un cadran en or rouge. Le bracelet en cuir d’alligator est

doté de surpiqûres contrastantes et d’une boucle déployante

en or. Chaque modèle est équipé du Calibre B19, qui garantit

une réserve de marche de 96 heures et une précision

pendant un siècle, sans réglage majeur.

www.breitling.com

SAVEUR HORLOGÈRE

H. MOSER & CIE - ENDEAVOUR PERPETUAL

CALENDAR PASSION FRUIT

Jamais dépourvue d’humour, la marque présente une

collaboration fruitée avec Studio Underd0g pour un

chronographe monopoussoir et un calendrier perpétuel. Deux

créations ludiques qui font la paire. Le quantième perpétuel

propose l’association savoureuse d’un petit cadran dans un

cadran en émail « Grand Feu » sur une base en or jaune. Une

véritable explosion de couleurs acidulées et audacieuses,

pour ces créations en hommage à la passion et la créativité.

www.h-moser.com

LE NICHE SÉDUIT PAR L’ABORDABLE

FREDERIQUE CONSTANT - SLIMLINE

PERPETUAL CALENDAR MANUFACTURE

Cette année, l’horloger anglais Peter Speake, fondateur de

la marque de niche Speake-Marin, et Frederique Constant

dévoilent le fruit d’une collaboration inattendue. Ce

quantième perpétuel dans une boîte en acier de 42 mm offre

un équilibre entre esthétique et technique, où la première

s’efface par un jeu discret d’ajourage, pour laisser apparaître

la mécanique du quantième perpétuel. Une création limitée

à 135 exemplaires.

www.frederiqueconstant.com

TOUT EN FINESSE

BULGARI - OCTO FINISSIMO

CALENDRIER PERPETUEL

La collection Octo Finissimo s’est imposée dans le paysage

de la Haute Horlogerie en explorant l’ultra miniaturisation

des mouvements à complication. Ce modèle est disponible

en deux variantes : titane et platine.

Pas moins de 408 composants d’un mouvement épais

de seulement 2,75 mm interagissent dans l’espace

extrêmement limité d’un boîtier élancé de 5,80 mm de haut.

www.bulgari.com

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SECRET CARS

CRÉATIVITÉ RÉELLE ET

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Pour ce projet, François Mercier (53 ans) travaille sous son pseudonyme :

Mr. François. Grâce à un logiciel d’intelligence artificielle, à un monde onirique

auquel il a laissé libre cours et beaucoup de travail, le réalisateur et photographe

a créé une série de promptographies (*) avec pour objet un détournement

de sa passion pour les belles voitures des années 1960 à 80.

Serge Vanmaercke

PORTFOLIO

Résultat : Secret Cars, un

compte Instagram (animé)

et un livre (Ed. Luster) d’une

imagination débordante,

avec des images toujours

étonnantes, parfois

provocantes et très souvent

humoristiques, jusque dans

l’identification des véhicules.

Une version raccourcie d’une Porsche 356 devient

ainsi une Porsche 35,6 par exemple.

Mr. François est honnête et transparent. Il

explique sa méthode et signale ses sources pour

un travail qui n’en porte pas les traces à première

vue. Il se prononce d’ailleurs en faveur d’une

réglementation concernant le recours à l’IA.

« Je ne demande pas à l’IA de me faire une image

à la manière de tel ou tel photographe. Je ne

m’approprie pas le style de quelqu’un. J’utilise un

logiciel Midjourney avec un « prompt » dans lequel

j’introduis une série de mots décrivant l’image que

je souhaite créer. La voiture, le décor, le paysage ou

les personnages de cette image sont donc créés

de toute pièce. J’entre en discussion avec mon

outil, j’affine l’image et je la sauve. Le processus

peut durer des heures, voire une semaine entière.

L’image créée n’est donc pas une photo puisque

rien dans cette image n’a jamais existé. C’est un

assemblage de pixels répondant aux mots que j’ai

communiqués à l’IA. »

À travers ce prisme, le projet offre un récit nouveau,

mélangeant IA générative et une apparence

de photographie traditionnelle pour créer des

images brouillant la frontière entre le plausible et

l’absurde.

« Je suis un story teller. Je raconte des histoires.

Pour l‘image Lamborgini Puntach CF, par exemple,

j’ai imaginé les funérailles d’une personnalité

connue, une foule entourant le corbillard dans un

cimetière en automne avec une lumière voilée… »

La poésie, la nostalgie ou le romantisme ne sont

pas absents. L’absurde non plus, d’ailleurs. « L’IA

fait des erreurs. J’en corrige certaines mais j’en

préserve aussi, comme indices : une voiture avec

moteur à l’arrière transformée en camping-car,

par exemple : tout simplement impossible. »

Le délire n’est donc pas absent avec des grandes

marques transformées en voiture pompier,

camion poubelle ou ambulance.

Et si l’IA n’a pas été sollicitée pour faire des images

« à la manière de », en examinant toutes les

images, on se rend compte qu’elles reflètent bel

et bien un style propre à Mr. François. « Avant de

lui décrire l’image, je lui décris mon style et cette

formule reste évidemment secrète». n

https://en.lusterpublishing.com/products/

secret-cars-300-promptographs

IG @ secret_cars_

(*) Promptographie : mot inventé par

le photographe péruvien, Christian Vinces

et popularisé par le photographe Boris

Eldagsen qui a refusé un prix Sony de

photographie en 2023 pour une image

réalisée avec un logiciel text-to-image.

Ford GT41

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© MR Francois


© MR Francois

Ferrari Ardente

© MR Francois

Lamborghini Puntach CF

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Porsche 35,6

© MR Francois

Cadillac Panamerica

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© MR Francois


© MR Francois

Jaguar Duplex

© MR Francois

Lamborghini Miuralino

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Mercedes Luncher

© MR Francois

Citroën Grand DSi

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66

© MR Francois


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