NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2024 - N˚264
Pour rester dans la course, l’Europe va donc devoir dépenser beaucoup, très vite et stratégiquement. Le jeu en vaut-il la chandelle ? À n’en pas douter. Tenir la comparaison avec les États-Unis et la Chine lui permettra de rehausser les performances de l’industrie européenne – à la condition que l’IA la pénètre verticalement – et, par conséquent, de rétablir sa compétitivité. Sur le plan de la géopolitique technologique, devenir producteurs d’IA plutôt que simples consommateurs permettra aux Européens de renforcer leur souveraineté. Comme l’a souligné Ursula von der Leyen lors de la présentation du Collège des commissaires et de son programme, dans un monde où « toute relation de dépendance est exploitée », « notre liberté et notre souveraineté dépendent plus que jamais de notre puissance économique. Notre sécurité est tributaire de notre capacité à nous montrer compétitifs, à innover et à produire ».
Pour rester dans la course, l’Europe va donc devoir dépenser beaucoup,
très vite et stratégiquement. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
À n’en pas douter. Tenir la comparaison avec les États-Unis et la
Chine lui permettra de rehausser les performances de l’industrie
européenne – à la condition que l’IA la pénètre verticalement –
et, par conséquent, de rétablir sa compétitivité. Sur le plan de la
géopolitique technologique, devenir producteurs d’IA plutôt que
simples consommateurs permettra aux Européens de renforcer
leur souveraineté. Comme l’a souligné Ursula von der Leyen lors
de la présentation du Collège des commissaires et de son programme,
dans un monde où « toute relation de dépendance est
exploitée », « notre liberté et notre souveraineté dépendent plus
que jamais de notre puissance économique. Notre sécurité est tributaire
de notre capacité à nous montrer compétitifs, à innover et
à produire ».
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NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2024 - N˚264
www.gemengen.lu
ALAIN WAGNER, MYRIAM HENGESCH
ET CARL KLEEFISCH
LSC360, le nom du changement
S. BAGAT ET F. VINGTANS
BPI Real Estate
« ROOTS » : le projet qui redéfinit
la construction durable à Belval
JULIEN BAUDOUIN
Proximus NXT
Le NB-IoT : une évolution
technologique pour une
connectivité intelligente
et durable
J-F. WIRTZ ET C. KEITH
PwC Luxembourg
Évaluer pour mieux décider :
guide pratique pour améliorer
les politiques publiques
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3
ÉDITO
Course à l’IA
PAR ADELINE JACOB
C’est une nouvelle Commission qui, malgré un soutien historiquement
faible du Parlement européen, a été adoubée le mercredi
27 novembre à Strasbourg. Rempilant pour un second mandat,
Ursula von der Leyen reprend les rênes de l’exécutif européen
dans un contexte géopolitique inédit et tendu, c’est le moins que
l’on puisse dire. L’Allemande entend donc aller vite, promettant
de prendre de nombreuses mesures lors des 100 premiers jours
de sa nouvelle mandature. Au-delà du « mythe politique », il y a
effectivement urgence à agir. Entre son investiture le 1 er décembre
2024 et le retour à la Maison Blanche de Donald Trump le 20 janvier
2025, la nouvelle équipe n’a que 50 jours pour se préparer
à l’imprévisible. Menaçant une économie européenne déjà en
décrochage par rapport à ses concurrents américains et chinois,
les promesses politiques du prochain président états-unien
pressent l’Europe à rattraper son retard en matière d’innovation
et de défense, notamment.
En effet, l’UE subit un déclassement compétitif majeur que le rapport
Draghi, dévoilé le 9 septembre dernier, impute presqu’exclusivement
à son retard dans le secteur de la tech. C’est la raison pour
laquelle le lancement « d’usines d’IA » figure parmi les priorités de
la Commission von der Leyen II. Présentées comme des écosystèmes
dynamiques qui favorisent l’innovation, la collaboration et
le développement dans le domaine de l’intelligence artificielle, ces
« fabriques » devront rassembler les ingrédients nécessaires (puissance
informatique, données et talents) pour créer des modèles
d’IA générative de pointe. C’est en tirant parti de la capacité de
supercalcul de l’entreprise commune EuroHPC que la présidente
de la Commission espère « faire de l’Europe le continent de l’IA ».
Et les objectifs sont concrets puisqu’Henna Virkkunen, viceprésidente
exécutive désignée à la Souveraineté technologique, a
confié son ambition de lancer au moins cinq usines d’IA endéans
ce cap symbolique des 100 premiers jours.
Ce 10 décembre, trois mois jour pour jour après avoir lancé deux
appels à manifestation d’intérêt pour sélectionner les entités
hôtes qui hébergeront et exploiteront les premières usines d’IA,
EuroHPC a annoncé avoir retenu, entre autres, la candidature du
Luxembourg. La nouvelle fabrique, qui sera déployée l’an prochain,
sera hébergée et exploitée par LuxProvide, à Bissen. Au
cœur du projet : MeluXina-AI, un nouveau superordinateur spécialement
optimisé pour l’intelligence artificielle et conçu pour
relever les défis critiques auxquels sont confrontés les utilisateurs
d’IA dans des secteurs stratégiques tels que la finance, l’espace,
la cybersécurité et l’économie verte. Cet outil aux capacités horsnormes
devrait confirmer la position du pays en tant que leader
européen de l’intelligence artificielle.
Mais le Luxembourg pourra-t-il rivaliser avec les grands du secteur
pour autant ? L’UE, qui jusqu’à présent a préféré réguler
sur l’intelligence artificielle plutôt que de la développer, devrait
gagner une véritable course contre la montre pour que l’on puisse
répondre à cette question par l’affirmative. En effet, l’initiative
« usines d’IA » est jugée trop tardive par certains qui ne peuvent
qu’observer, impuissants, les entreprises européennes les plus
prometteuses faire équipe – faute d’alternative européenne
solide – avec les géants américains. Pour d’autres, moins défaitistes
peut-être, il resterait à l’UE quelque 36 mois pour agir
avant que le rattrapage ne devienne trop coûteux. Car se hisser
au niveau des entreprises de la tech qui prospèrent outre-
Atlantique ne se fera pas sans mettre la main au porte-monnaie.
Un des risques : une dispersion des fonds qui ne permettrait d’octroyer
qu’un financement modeste à chaque usine et empêcherait
ainsi tout espoir de voir émerger sur le Vieux Continent un compétiteur
sérieux à l’échelle internationale.
Pour rester dans la course, l’Europe va donc devoir dépenser beaucoup,
très vite et stratégiquement. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
À n’en pas douter. Tenir la comparaison avec les États-Unis et la
Chine lui permettra de rehausser les performances de l’industrie
européenne – à la condition que l’IA la pénètre verticalement –
et, par conséquent, de rétablir sa compétitivité. Sur le plan de la
géopolitique technologique, devenir producteurs d’IA plutôt que
simples consommateurs permettra aux Européens de renforcer
leur souveraineté. Comme l’a souligné Ursula von der Leyen lors
de la présentation du Collège des commissaires et de son programme,
dans un monde où « toute relation de dépendance est
exploitée », « notre liberté et notre souveraineté dépendent plus
que jamais de notre puissance économique. Notre sécurité est tributaire
de notre capacité à nous montrer compétitifs, à innover et
à produire ».
4
| DOSSIER
LËTZEBUERGER GEMENGEN
Publication éditée par Living Green sàrl-s
www.gemengen.lu
Société éditrice
Living Green sàrl-s
24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange
Régie publicitaire
Julien Malherbe
julienm@livinggreen.lu
IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
DIGITALISATION
Administration
Lucia Ori
Tél. 58 45 46 29
secretariat@livinggreen.lu
Rédaction
Pierre Birck
pierreb@livinggreen.lu
Adeline Jacob
adelinej@livinggreen.lu
Barbara Pierrot
barbarap@livinggreen.lu
Julien Menegalli
SOMMAIRE
Conception et réalisation graphique
Elodie Malherbe
elodiem@livinggreen.lu
Photographie
Made Creative
Eric Devillet
Nader Ghavami / Photopro Luxembourg
Yves Kortum
08
LSC360,
COVERSTORY
LSC360
le nom du changement
IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
Impression
Imprimerie Centrale
12 | BEST Ingénieurs-Conseils
Préserver le patrimoine sans nuire au développement
urbain
16 | +ImpaKT
Looppark : quand la construction circulaire allie
économie et flexibilité
18 | Betic, part of Sweco
Design durable : une rencontre entre longévité, sobriété
et pragmatisme
22 | ALHO Systembau
Maison relais en construction modulaire : conception
durable et intégration harmonieuse sur le campus
24 | CBL
Le « lifestyle » à la new-yorkaise à Bonnevoie
© Living Green
Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.
Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la
rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord
de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas
restitués. Les reportages signés n’engagent que
leurs auteurs.
Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et
peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne
pourrait nullement être tenu pour responsable.
28 | BPI Real Estate
« ROOTS » : le projet qui redéfinit la construction durable
à Belval
32 | Fonds du Logement
An der Schmëtt : « concilier logements abordables,
durabilité et mobilité douce »
5
ÉNERGIE
SECTEUR PUBLIC
34 | Fondation pour l’Accès au Logement
15 années d’actions pour répondre à la crise du logement
36 | ADAPTH asbl
Bâtiments résidentiels : impact sur les communes et le
parc immobilier présent et à venir
DIGITALISATION
40 | Proximus NXT
Le NB-IoT : une évolution technologique pour une
connectivité intelligente et durable
42 | Fujitsu Luxembourg
Repenser la confidentialité : au service des citoyens et
des entreprises
46 | Ministère de la Digitalisation
L’IA, la sécurité des données et les technologies
quantiques au cœur de la visite de travail de Stéphanie
Obertin et Elisabeth Margue en Californie
ÉNERGIE
54 | Biogasvereenegung asbl
Développer le biogaz au Luxembourg
SECTEUR PUBLIC
58 | PwC Luxembourg
Évaluer pour mieux décider : guide pratique pour
améliorer les politiques publiques
60 | SYVICOL
Davantage de visibilité et de poids politique pour faire
face aux défis
64 | Commune de Schifflange
Bienvenue chez Teranga
68 | Commune de Mamer
Inaugurations en série sur le site du Kinneksbond
72 | Commune de Lenningen
Lenningen - Canach : du nouveau en 2025
76 | Commune de Remich
La « Perle de la Moselle » en pleine mutation
50 | Enovos
Enoprimes : boostez l’efficience énergétique de votre
entreprise
52 | Soler - SEBES
Quand l’or bleu devient vert
INDEX
8 | MYRIAM HENGESCH
6
Administrateur délégué
LSC360
8 | CARL KLEEFISCH
Administrateur délégué
LSC360
8 | ALAIN WAGNER
Administrateur délégué
LSC360
12 | CHRISTIAN PETER
Responsable du service
archéologie
BEST Ingénieurs-Conseils
12 | LAURENT BUSANA
Associé-gérant
BEST Ingénieurs-Conseils
12 | CLOÉ BERNIER
Archéologue
BEST Ingénieurs-Conseils
16 | JEANNOT SCHROEDER
Dirigeant
+ImpaKT
18 | ELISE REIN
Team Manager
Sustainable Design
Betic, part of Sweco
24 | HUGO PAILLON
Project Manager
CBL S.A.
32 | STEVE MAJERUS
Chef de projet
Fonds du Logement
40 | JULIEN BAUDOUIN
Innovation Manager
Proximus NXT
42 | SVEN RASMUSEN
Ingénieur en cybersécurité
Fujitsu Luxembourg
42 | SOFIANE LAGRAA
Ingénieur en cybersécurité
Fujitsu Luxembourg
52 | PAUL ZEIMET
Managing Director
Soler S.A.
52 | ANDRÉ WEIDENHAUPT
Président
SEBES
54 | POL WAGNER
Président
Biogasvereenegung asbl
7
54 | CLAUDE BERSCHEID
Membre
Biogasvereenegung asbl
54 | FABIENNE THOMMES
Membre
Biogasvereenegung asbl
54 | KHADIDJA CHAIB DRAA
Conseillère
Biogasvereenegung asbl
58 | JACQUES-FÉLIX WIRTZ
Director
PwC Luxembourg
58 | CONSTANTIN KEITH
Associate Consultant
PwC Luxembourg
60 | EMILE EICHER
Président
SYVICOL
64 | PAUL WEIMERSKIRCH
Bourgmestre
Commune de Schifflange
64 | FRANCESCA SAVO
Animatrice pédagogique
SOS Faim asbl
68 | LUC FELLER
Bourgmestre
Commune de Mamer
72 | TIM KARIUS
Bourgmestre
Commune de Lenningen
76 | JACQUES SITZ
Bourgmestre
Commune de Remich
76 | RITA WALLERICH
Échevine
Commune de Remich
76 | JEAN-PAUL KIEFFER
Échevin
Commune de Remich
8
| COVERSTORY
LSC360,
LE NOM DU CHANGEMENT
PAR XXXX
Alain Wagner, Carl Kleefisch et Myriam Hengesch
9
C’est le propre de toutes les
grandes entreprises de savoir
se réinventer, de repenser
son organisation pour rester
agile, gagner en efficacité et en
visibilité sur le marché. C’est
justement ce que s’apprête à
faire LSC Engineering Group en
annonçant la fusion de sept de
ses filiales. Rencontre avec les
trois protagonistes en charge
de ce grand projet : Myriam
Hengesch, Carl Kleefisch et
Alain Wagner.
Avant de parler nouveauté, revenons
au point de départ : qui est LSC
Engineering Group, quelles sont ses
activités, qui sont ses clients ?
MH : LSC Engineering Group est un bureau
d’études qui rassemble aujourd’hui 380
collaborateurs, représentant plus de 60
métiers et experts différents. Nous sommes
présents principalement au Luxembourg,
mais aussi en France, en Allemagne et
dans certains pays africains (Côte d’Ivoire,
Sénégal, Guinée). Nos clients sont issus du
secteur public tout comme du secteur privé.
AW : Nous couvrons l’intégralité des compétences
nécessaires pour mener à bien
un projet, c’est-à-dire du développement
de l’analyse financière à l’étude de faisabilité
en passant par les demandes d’autorisation,
jusqu’à l’exécution, le suivi des
travaux ainsi que la coordination de l’ensemble
des études.
CK : Nous pouvons dire que nous
savons gérer un projet de B à Z, A étant
l’architecture.
MH : Une des priorités de notre société est
la durabilité. Notre stratégie, le développement
de nos projets ainsi que l’accompagnement
de nos clients sont fortement
axés sur ce sujet.
AW : La dimension humaine reste également
une part importante de notre ADN
dans notre organisation. C’est d’ailleurs précisément
cet aspect qui interpelle souvent
nos clients. Ils sont nombreux à constater les
liens forts qui unissent nos collaborateurs.
2025 marquera un tournant pour LSC,
qu’êtes-vous sur le point d’annoncer ?
MH : En effet, nous avons pris la décision
stratégique de rassembler les sept sociétés
luxembourgeoises dont nous sommes
100% actionnaires en une seule et même
entité. Cette fusion est le fruit d’une
réflexion que nous menons depuis avril
2022 et qui a pris vie à la mi-novembre
2024.
CK : Cette entité s’appelle LSC360 et va
donc absorber juridiquement et administrativement
sept sociétés (Luxplan,
Simon-Christiansen & Associés, LSC
Environmental Engineering, Devolux,
Zilmplan, Mersch Ingénieurs-Paysagistes
et Luxsense Geodata). Cependant, il est
très important de souligner que LSC
Engineering Group continue à exister !
La seule différence notable réside dans
la réduction du nombre d’entités au sein
du groupe, sans impact sur son effectif
global.
AW : Les collaborateurs de la nouvelle
entité sont donc tous issus des sept
sociétés antérieures. Nous regroupons
finalement toutes les compétences et
les expertises dont nous disposions déjà
auparavant mais qui étaient réparties
dans différentes filiales.
MH : À travers ce nom, LSC360, c’est
notre multidisciplinarité qui s’exprime,
mais aussi la circularité, la volonté de
durabilité qui nous anime et bien sûr
le bien-être, la dimension humaine et
l’empathie partagée par chacun d’entre
nous.
Pourquoi cette fusion ? À quels enjeux
et ambitions répond-t-elle ?
CK : Il s’agit d’améliorer la visibilité de
notre groupe vis-à-vis de notre clientèle
et vers l’extérieur en général. Certains
clients travaillent avec nous depuis plus
de quinze ans mais ont parfois des difficultés
à identifier « qui est qui » et « qui
fait quoi ». Nous en profitons finalement
pour mettre le projet en avant, au-delà
des spécificités que chaque entité participante
pouvait revendiquer.
AW : Comme le disait Carl, ce sont nos
clients qui ont véritablement amorcé le
changement. Ils ne parvenaient pas à distinguer
clairement les différences entre
les différentes sociétés qui intervenaient
sur un même projet. Il faut savoir que,
finalement, sur les 380 collaborateurs du
groupe LSC, 300 vont faire partie de la
nouvelle entité LSC360. D’un point de vue
plus organisationnel, la sous-traitance
et la facturation interne entre les différentes
filiales entraînait une charge
administrative conséquente. Ce changement
va nous permettre de gagner en
simplicité, en fluidité et en efficacité.
MH : Cette nouvelle structure va également
nous permettre d’aborder plus
facilement le marché international, de
participer à des appels d’offres de plus
grande envergure.
Qu’est-ce que cela va changer pour les
clients ?
CK : Le changement simplifiera considérablement
les interactions et le suivi
du projet pour nos clients. Le nombre
d’interlocuteurs sera réduit à parfois
une seule personne de contact, ce qui est
généralement très apprécié.
AW : La complexité d’un projet ne réside
pas toujours dans sa difficulté, mais plutôt
dans sa dimension humaine, c’està-dire
dans l’interaction des différents
experts qui gèrent le projet. LSC360 permettra
de simplifier cette coordination en
la personne d’un Senior Project Director
auquel incombera la responsabilité du
chef d’orchestre.
MH : La multidisciplinarité, la pluralité
d’expertise dont nous faisons preuve
aujourd’hui sera bien plus visible, plus
accessible et finalement plus profitable à
tous nos clients.
Qu’est-ce que cela change en interne,
pour les collaborateurs ?
MH : Nous avons procédé à plusieurs
exercices participatifs incluant tous
nos collaborateurs, notamment sur les
volets mission / vision / valeurs. Une
phrase qui résume bien notre état d’esprit
aujourd’hui est apparue durant ces
ateliers : « Nous guidons nos clients dans
le développement de projets intégrés,
de toute envergure, alliant efficacité et
empathie ». J’insiste notamment sur les
notions d’efficacité et d’empathie qui,
nous le croyons, nous distinguent de nos
concurrents.
10
je prendrai aussi en charge la stratégie
financière, le contrôle de gestion. Des
mathématiques donc !
Au regard du changement qui s’annonce,
de quoi êtes-vous les plus
impatients aujourd’hui ?
MH : Pour ma part, j’ai hâte de voir la
réaction de nos clients, quel en sera
l’impact, quelles seront leurs questions.
Nous y avons bien sûr beaucoup réfléchi
en amont donc nous sommes prêts à
y répondre. Je suis également impatiente
de voir quels segments de marché
peuvent s’ouvrir à nous !
Nous avons aussi travaillé sur notre
identité visuelle, à travers un processus
collectif de rebranding, afin que chacun
de nos collaborateurs se sente investi et
se retrouve dans les choix qui ont été
faits.
CK : Nous avons aussi profité de cette
fusion pour rassembler certains collaborateurs
en fonction de leurs compétences
ou de leur métier afin de garantir
une meilleure collaboration entre chacun
d’eux, de simplifier nos processus
et d’optimiser la lisibilité-client. Il est
en effet arrivé par le passé qu’une même
prestation soit dispatchée entre différentes
entités. Concrètement, pour nos
collaborateurs, cela signifie « déménager
» dans un autre bureau. Ce n’est pas
anodin, mais ce n’est pas un changement
radical non plus.
AW : Le quotidien de nos collaborateurs
ne sera pas bouleversé. Nous avons
veillé à ce que les changements en
interne soient les plus légers possible,
conscients que cela pouvait être vécu
comme une contrainte, même si à la fin
le résultat est positif.
Comment la répartition des rôles
s’opère-t-elle entre vous trois ?
MH : Ce point est intéressant car, auparavant,
nous dirigions tous les trois une
entité qui va fusionner. Depuis six mois
donc, chacun de nous a pris le temps
de se faire connaître de l’ensemble des
collaborateurs, d’échanger avec eux,
afin qu’ils sachent vers qui se tourner à
l’avenir.
CK : Nous souhaitions à tout prix éviter
de reconstituer une hiérarchie entre
nous trois. Ce que je retiens pour ma
part, c’est notre complémentarité : chacun
a ses forces et ses faiblesses. Nous
avons établi un système qui privilégie la
flexibilité, l’agilité mais aussi la stabilité.
Sur une thématique donnée que l’un
de nous prend en charge, il y a toujours
un back-up, un autre qui peut prendre la
relève si besoin.
AW : Notre complémentarité permet
d’établir une direction solide et cohésive.
Nous sommes un directeur à trois têtes,
doté de très nombreuses compétences
finalement ! Aucun de nous trois n’impose
sa vision de manière unilatérale,
ce qui facilite le dialogue et renforce
davantage notre leadership collectif.
Si l’on parle plus particulièrement de
champ d’expertise, je m’occuperai des
questions liées à l’innovation, au développement
et aux nouvelles niches
qui pourraient se créer au sein de
l’entreprise.
MH : En ce qui me concerne, je m’investirai
davantage sur les thématiques en
lien avec les ressources humaines et le
développement durable.
CK : Mon expérience me portera plutôt
vers l’ingénierie technique, mais
CK : De mon côté, il me tarde de voir
nos initiatives, si mûrement réfléchies,
prendre vie en interne tout d’abord. Je
suis très optimiste quant au succès de
cette transformation, je pense même que
les résultats dépasseront nos attentes,
mais voir cela « en action » sera un
moment très satisfaisant.
AW : Nous travaillons depuis si longtemps
sur ce projet que l’attente est
grande. De la part de nos clients, comme
de la part de nos collaborateurs, toutes
les réactions seront intéressantes et
constructives.
À quelles autres nouveautés peut-on
s’attendre demain ?
MH : Comme je l’évoquais précédemment,
notre identité visuelle a été entièrement
revue. Pour figurer cette nouvelle
entité, LSC360, un nouveau logo ainsi
qu’un nouveau site web ont été conçus
par Lola Strategy & Design. Nous avons
souhaité faire la part belle à la modernité,
à l’instar des nombreux jeunes
gens qui travaillent dans nos bureaux au
quotidien.
AW : Nous vous donnons rendez-vous
dans un an, pour faire le bilan de cette
grande et belle aventure dont nous
sommes tous très fiers d’écrire les premières
pages.
LSC360 S.A.
4, rue Albert Simon
L-5315 Contern
www.lsc360.lu
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12
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
PRÉSERVER
LE PATRIMOINE
SANS NUIRE AU
DÉVELOPPEMENT
URBAIN
Petit par la taille mais grand par son histoire riche, le Luxembourg
fait face à des défis majeurs en matière de préservation du patrimoine
: un domaine dans lequel il doit composer avec un développement
urbain fort et croissant. Pour répondre à ces enjeux,
la législation luxembourgeoise a adopté une approche proactive,
notamment avec la loi du 25 février 2022 relative au patrimoine
culturel. Celle-ci exige une intégration systématique des préoccupations
archéologiques dans les projets d’aménagement dès leur
phase initiale. Explications avec Christian Peter, Laurent Busana et
Cloé Bernier, respectivement responsable du service archéologie
préventive, associé-gérant et archéologue.
Répondre aux exigences légales
« C’est suite à la loi du 25 février 2022 relative
au patrimoine culturel que le bureau
d’études BEST Ingénieurs-Conseils a créé
un département y dédié afin de répondre
aux nouvelles exigences légales et d’assurer
une synergie entre la préservation
du patrimoine et les projets de développement
urbain et d’infrastructures du
territoire », explique Christian Peter, le
responsable du service. La mise en œuvre
de cette loi s’inspire de la Convention de
Malte, signée par le Luxembourg en 1992,
qui appelle à une protection renforcée
du patrimoine archéologique européen.
Ce patrimoine, bien commun du Grand-
Duché, est une ressource précieuse et non
renouvelable protégée par la loi. L’État
agit pour sa préservation, en lien avec les
autres acteurs de l’archéologie.
« L’objectif principal de cette législation
est d’intégrer les considérations archéologiques
dans les projets d’aménagement
dès leur phase de conception. Cela permet
de minimiser les risques de destruction de
vestiges importants et d’éviter des retards
coûteux pour les promoteurs », précise
Laurent Busana, associé-gérant. Les missions
du département comprennent la
réalisation de diagnostics archéologiques.
Ceux-ci prennent deux formes principales
: les sondages préventifs et le suivi
de travaux. « Le suivi consiste en une surveillance
archéologique active des travaux
en cours, facilitant ainsi la progression
des projets tout en garantissant la protection
du patrimoine. Les sondages, quant
à eux, sont des interventions réalisées en
amont des travaux, pour une durée fixée
par l'État. Ils permettent notamment de
mettre au jour, d’examiner, de documenter
et d’étudier les vestiges potentiels avant le
début de toute activité de construction »,
poursuit Cloé Bernier, archéologue.
Une équipe archéologique aux multiples
spécialités
Le département d’archéologie préventive
de BEST est composé de six archéologues
aux profils variés. Sous la direction de
Christian Peter, chef de service et archéologue,
l’équipe se compose de trois responsables
d’opérations, Émeric Cornet,
Sebastian Rudolf, Charlotte Fèvre et Cloé
Bernier, qui est aussi spécialisée en anthropologie,
ainsi que d’une archéologuetechnicienne,
Christine Schmit.
« Les responsables d’opérations supervisent
l’ensemble des interventions
archéologiques : ils sont chargés de la
conduite des diagnostics sur le terrain, de
l’étude des vestiges et de la rédaction du
rapport. Ils sont épaulés par les techniciens
de fouilles qui apportent un soutien
essentiel lors de l’opération et des découvertes
majeures », indique Christian Peter.
Ces techniciens assurent le nettoyage des
structures archéologiques et leur documentation
avec le responsable, ils s’occupent
ensuite du lavage et de l’inventaire
du mobilier issu des vestiges découverts
et de leur traitement. Chacun possède sa
propre expertise. « Pour ma part, je suis
par exemple spécialisée en archéologie
funéraire. Je suis en mesure d’apporter
une expertise spécifique lors de la découverte
de sépultures », précise Cloé Bernier.
Chacun s’organise de manière efficace
pour répondre aux exigences administratives
et scientifiques de chaque projet.
« Les missions de l’équipe incluent la
rédaction des documents administratifs
requis par la loi dans un délai précis, tels
que le projet scientifique d’intervention et
le rapport final d’opération. Nos archéologues
réalisent également des diagnostics
préventifs, suivent les travaux et étudient
les vestiges archéologiques mis au jour
lors de ces opérations. Parallèlement, les
ingénieurs jouent un rôle clé en assurant
la liaison avec les projets de construction
afin de faciliter l’intégration en
amont des enjeux archéologiques dans les
calendriers de développement », explique
Laurent Busana.
Concilier le développement urbain et la
préservation du patrimoine
Le Grand-Duché est un pays en pleine
expansion comme en témoignent les
nombreuses infrastructures qui sont
construites chaque année. Celles-ci sont
indispensables car elles répondent toutes
aux besoins d’une population qui croît
d’année en année. Depuis l’introduction
de la loi, de nombreux projets sont
13
L’équipe du service d’archéologie préventive de BEST : Christian Peter, Émeric Cornet, Sebastian Rudolf, Cloé Bernier, Laurent Busana, Christine Schmit et Charlotte Fèvre
régulièrement concernés par des opérations
préventives d’archéologie. Cette
situation soulève une question centrale :
comment concilier les impératifs de
développement tout en garantissant la
protection du patrimoine ? « Pour autant
que l’archéologie ait été intégrée suffisamment
tôt, les retards en raison de
découvertes sont rares, bien que toujours
théoriquement possibles ; pratiquement,
il est rarissime que des projets soient
abandonnés en raison de découvertes »,
répond Christian Peter.
Dans ce cadre, l’anticipation joue un rôle
clé. « En travaillant en amont avec les promoteurs,
les architectes et les communes,
nous sommes en mesure d’intégrer les
préoccupations archéologiques dès les
premières étapes de planification des
projets. Cette approche proactive de l’archéologie
préventive réduit considérablement
les risques de retard et garantit que,
même en cas de découverte exceptionnelle,
les délais soient respectés », assure
Cloé Bernier. Ce faisant, grâce à une bonne
communication sur l’archéologie préventive
auprès des clients, une proximité avec
les archéologues de l’Institut National de
la Recherches Archéologiques (INRA), et
par des évaluations et recommandations
précises des archéologues de BEST, la
planification des projets est plus fluide
offrant ainsi aux différents aménageurs
une perspective apaisée de l’avancement
de leurs projets.
Un soutien pour les communes
Pour les communes, qui occupent une
position clé dans la mise en œuvre des
projets, la prise en compte des aspects
archéologiques dans leurs initiatives se
révèle parfois complexe. « Nous les accompagnons
en leur offrant un soutien global
qui couvre les aspects méthodologiques,
administratifs, techniques et scientifiques.
Cet accompagnement vise à renforcer
leur capacité à intégrer les enjeux
archéologiques dès les premières phases
de planification de leurs projets d’aménagement
», explique Laurent Busana. BEST
exprime également son engagement en
sensibilisant les acteurs locaux à l’importance
de la protection du patrimoine
archéologique.
« Dans ce cadre, nous mettons à disposition
notre expertise approfondie et nos ressources
pour les guider à chaque étape du
processus. Cela inclut l’identification des
incidences archéologiques potentielles et
l’intégration des contraintes archéologiques,
aussi en cas de découvertes, dans
le calendrier et le budget des projets. Nous
veillons également à les informer des
obligations légales et réglementaires en
vigueur, tout en leur offrant des solutions
14
Aspelt
Luxembourg
en cours de développement ou qui ne
manqueront pas de se développer prochainement
en Éislek, une région particulièrement
riche en vestiges de l’histoire
mondiale récente. De nouvelles méthodes
d’investigations associant des technologies
innovantes pourraient alors être intégrées
dans nos recherches sur le terrain »,
déclare Christian Peter.
adaptées à leurs besoins spécifiques. Grâce
à cette approche, nous contribuons à créer
une synergie entre la protection du patrimoine
et le développement du territoire,
ce qui garantit que les projets se déroulent
dans le respect des exigences patrimoniales,
tout en minimisant les impacts sur
les délais et les coûts », indique Christian
Peter.
L’INRA, entité centrale
Les interventions menées par le département
du cabinet d’ingénieurs-conseils
sont soumises aux directives de l’INRA.
Celui-ci assure la supervision scientifique
des opérations et est également chargé de
l’inventaire, la conservation et la valorisation
du patrimoine archéologique national.
Il joue un rôle clé dans la gestion et la
protection des découvertes.
« Notre bureau d’études intervient en
réponse à une demande de l’INRA Les
responsables archéologiques de l’Institut
assurent la supervision scientifique de
toutes les opérations menées sur le territoire.
Les archéologues de notre bureau
sont ainsi directement subordonnés à
l’INRA », précise Christian Peter.
Certes, le Luxembourg n’a jamais été
pionnier en matière d’archéologie préventive,
mais il a fait, sous la houlette
des services de l’État, et particulièrement
de Foni Lebrun-Ricalens, le directeur de
l’INRA, des progrès très significatifs ces
dernières années dans la mise en place
d’une archéologie préventive à même de
concilier aménagement du territoire et
protection du patrimoine archéologique.
« Le Grand-Duché se positionne actuellement,
en matière de législation archéologique,
dans le peloton de tête des pays
signataires de la Convention de Malte »,
poursuit le chef de département.
Les défis futurs
Bissen
L’urbanisation croissante, notamment
dans le nord du pays, entraînera forcément
une hausse des activités. « Contrairement
au sud ou au centre du pays, c’est un territoire
encore insuffisamment exploré d’un
point de vue archéologique qui nécessite
une vigilance accrue lors des projets
Renforcer la capacité
des communes à intégrer
les enjeux archéologiques
dès les premières phases
de planification de leurs
projets d’aménagement
À plus court terme, le département envisage
de s’engager également dans des
opérations de fouilles archéologiques.
« Celles-ci sont souvent confondues à tort
avec les diagnostics par le grand public. Si
un diagnostic révèle des vestiges importants,
l’INRA peut demander la poursuite
de la mise au jour des vestiges par une
opération de fouilles archéologiques
impliquant des moyens plus importants
et des investigations scientifiques réalisées
dans un délai défini par l’État. La
connaissance scientifique de ce patrimoine
archéologique est ainsi acquise et
le projet peut continuer », conclut Cloé
Bernier.
BEST Ingénieurs-Conseils
2, rue des Sapins
L-2513 Senningerberg
www.best.lu
16
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
LOOPPARK :
QUAND LA CONSTRUCTION
CIRCULAIRE ALLIE ÉCONOMIE
ET FLEXIBILITÉ
Le Looppark situé à Bissen incarne une vision audacieuse de l’économie circulaire : construire pour
démonter, réutiliser et s’adapter aux besoins futurs. Alliant modularité et durabilité, ce projet novateur
repousse les limites des infrastructures classiques. Jeannot Schroeder, dirigeant chez +ImpaKT,
entreprise privée de conseil, revient sur les principes fondateurs et les ambitions derrière cette réalisation
pionnière.
Jeannot Schroeder
17
Pouvez-vous nous expliquer l’origine et
la vision derrière le projet innovant du
Looppark ?
Nous avons toujours cherché à innover et
à intégrer les principes de l’économie circulaire
dans nos projets. Le Looppark est
une concrétisation de cette vision. Ce parking
n’est pas un simple bâtiment : c’est un
concept, un modèle d’infrastructure pensé
pour s’adapter à l’avenir. L’idée de départ
est née d’un principe simple mais essentiel
: construire pour pouvoir démonter
et remonter. Chaque composant de cette
structure, qu’il s’agisse des dalles en béton
ou des colonnes en acier, a été conçu pour
être réutilisé ailleurs, ce qui réduit considérablement
les déchets habituellement
générés par la démolition.
Le projet a été imaginé pour être extensible,
avec une capacité initiale de 550 places de
stationnement et une option d’ajout de
350 emplacements supplémentaires. Cette
modularité répond à une demande du
ministère de l’Économie qui souhaitait une
infrastructure évolutive pour la zone d’activités
de Bissen. Nous avons opté pour une
trame standardisée et une rampe latérale
indépendante, des choix qui permettent
une extension future sans compromis sur
l’existant. Contrairement à un parking
classique à demi-niveaux, souvent plus
difficile à agrandir, notre approche garantit
une flexibilité totale. L’infrastructure
intègre également des panneaux photovoltaïques
ainsi que des bornes de chargement
électriques.
La conception et la construction ont été
assurées par des acteurs de premier plan :
les architectes RAU Architects et ABA
Workshop, le bureau statique PlanB, le
bureau technique EnTec, ainsi que les entreprises
Jans, Astron et Briand. La gestion de
projet a été confiée à Progroup, tandis que
l’inventaire des matériaux et les calculs de
démontabilité ont été réalisés par Progroup
en collaboration avec +ImpaKT. Le projet a
remporté le Trophée Bâtiment Circulaire
dans la catégorie conception circulaire lors
du concours organisé dans le cadre de l’initiative
« Booster du Réemploi », valorisant
ainsi son engagement pionnier dans l’économie
circulaire.
Quels ont été les critères financiers étudiés
pour évaluer la viabilité du démontage
et du réemploi des matériaux ?
Pour ce projet, l’évaluation financière a
joué un rôle déterminant pour démontrer
l’intérêt économique des principes de l’économie
circulaire. Trop souvent, cet aspect
est négligé au profit de la seule notion de
circularité. Or, pour nous, cette approche
ne peut être dissociée de cette dimension.
Contrairement à une démarche classique
de développement durable, souvent perçue
comme génératrice de surcoûts, l’économie
circulaire, lorsqu’elle est intégrée dès la
phase de conception, vise à créer une véritable
plus-value économique.
Cette réflexion a donc conduit à une analyse
approfondie de la valeur résiduelle du
parking après son cycle de vie initial. La
question clé était de savoir si, après 20 ans,
le démontage et la réutilisation des matériaux
seraient financièrement viables. Les
coûts de démontage, de retraitement et les
éventuelles pertes ont été minutieusement
estimés pour évaluer si le projet pouvait
offrir une valeur résiduelle positive. En
d’autres termes, l’objectif était de s’assurer
que le démontage du Looppark ne se traduirait
pas en une charge excessive, mais au
contraire en une opportunité économique.
Pour parvenir à ces conclusions, différents
scénarios ont été envisagés : des hypothèses
optimistes comme pessimistes.
Dans chaque cas, les résultats ont montré
que le projet conservait une valeur résiduelle
intéressante, renforçant ainsi la faisabilité
et l’intérêt du réemploi à l’avenir.
Quelle a été la valeur ajoutée de l’inventaire
des matériaux dans la conception
et la gestion du projet ?
Cela constitue une étape fondamentale
dans la réalisation du Looppark, tant pour
garantir sa conformité aux principes de
l’économie circulaire que pour anticiper
son cycle de vie. Grâce à la plateforme
Madaster, véritable « cadastre des matériaux
», chaque composant du parking a été
minutieusement documenté, permettant
de connaître avec précision le poids total
des matériaux utilisés. Cette démarche va
bien au-delà d’un simple relevé : elle transforme
un tas informe en un stock organisé,
traçable et valorisable. Ce travail d’inventaire
est essentiel pour évaluer la réutilisation
ou le recyclage des matériaux en fin de
cycle d’usage. En quantifiant ces derniers
par catégorie et origine, et en suivant leurs
flux entrants et sortants, il devient possible
de calculer des indices clés, tels que l’indice
de circularité des ressources ou encore
celui de démontabilité.
L’approche adoptée dans ce projet a également
nécessité des calculs supplémentaires
dès la phase de conception. En effet,
anticiper le démontage d’un bâtiment
commence bien avant sa construction.
Cette prévoyance a permis de maximiser
la démontabilité et d’intégrer des couches
de matériaux, « shearing layers », pour une
planification simplifiée du désassemblage.
En fin de cycle, chaque élément pourra
ainsi être réutilisé ou redéployé avec une
empreinte écologique minimale.
+ImpaKT
11, rue de l’industrie
L-8399 Windhof
www.positiveimpakt.eu
18
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
DESIGN DURABLE :
UNE RENCONTRE ENTRE
LONGÉVITÉ, SOBRIÉTÉ
ET PRAGMATISME
Ce que nous qualifions de « durable » évolue au fur et à mesure
que nous nous questionnons sur le sens à donner à ce terme popularisé
par la crise climatique. Il recouvre aujourd’hui des idées si
complexes et s’applique à des domaines si variés que nul professionnel
ne peut prétendre maîtriser la « durabilité ». C’est la raison
pour laquelle le bureau d’ingénieurs-conseils Betic, part of
Sweco, a réuni, au sein d’un pôle dédié à la conception durable,
une équipe de spécialistes multidisciplinaire vouée à ériger des
constructions à faible empreinte écologique. Elise Rein, Team
Manager du Pôle Sustainable Design (SuD), revient sur les missions
de son département, son approche et les défis à relever
pour faire de la construction durable un réflexe au Luxembourg.
Interview.
Quelle est votre définition du design
durable ?
Au début de ma carrière, il y a une dizaine
d’années, je pensais que construire
durable équivalait à construire en bois,
matériau renouvelable et qui stocke du
carbone, contrairement au béton. Ma définition
a quelque peu changé depuis que je
considère le bâtiment comme une banque
de matériaux. J’estime désormais que tous
les modes constructifs se défendent à
condition d’appréhender la construction
de manière non plus linéaire mais circulaire.
Il s’agit donc, dès le début d’un projet,
de se poser la question de l’évolution
d’utilisation potentielle du bâtiment au
cours de sa vie, mais aussi à sa fin de vie
et d’appréhender ses éléments constitutifs
en ce sens.
Aujourd’hui, j’entends donc par « durable »
un design pérenne. Ainsi, la durabilité
d’un immeuble est aussi liée à sa qualité
et son confort. C’est la raison pour
laquelle, par exemple, la conception
acoustique fait partie intégrante de notre
pôle « Sustainable Design » : si celle-ci est
Elise Rein et Steven Rassart
19
mauvaise, le manque de confort pour les
occupants peut sérieusement influer sur
la longévité du bâti. Partant de ce point
de vue, la durabilité se doit d’être l’affaire
d’un vaste panel d’experts qui échangent
autour d’une même table pour prendre
des décisions pragmatiques sur tous les
facteurs pouvant peser sur la durabilité
des constructions.
Ce panel de spécialistes, vous
l’avez institué au sein de votre pôle
« Sustainable Design ». Quelles expertises
propose-t-il ?
Le pôle SuD, comme nous l’appelons, a
vu le jour en 2017 pour répondre à deux
besoins essentiels : d’une part, accompagner
les architectes face aux nombreuses
questions liées à la durabilité et, d’autre
part, lever les obstacles qui empêchaient
la concrétisation de projets ambitieux,
notamment ceux en bois, souvent abandonnés
en cours de route. Ces obstacles
étant variés, nos expertises le sont également.
Pour lever les doutes sur la sécurité
incendie, la composition des parois, les
surchauffes et l’acoustique, nous avons
développé respectivement le commodo-incommodo,
des missions de physique
du bâtiment, des compétences en simulation
thermique dynamique et engagé des
acousticiens notamment. Les coûts de
la construction en bois étant considérés
comme un frein également, nous avons
aussi mis en place un accompagnement
pour l’obtention de subsides.
Ma vision ayant évolué, nous avons
diversifié les services rendus par le pôle
pour appréhender la durabilité dans son
ensemble. Nous avons développé des
expertises en matière d’énergie, de certifications
environnementales ou encore
de gestion et de traitement de l’eau. Plus
récemment, nous avons obtenu les agréments
de contrôleur technique en accessibilité
et mis en place un accompagnement
pour établir les registres des matériaux
(obligatoires à partir du 1 er janvier 2025
pour les bâtiments de plus de 3.500 m²).
Enfin, nous venons de nous lancer dans les
études d’impact environnemental (EIE) et
les inventaires de déconstruction. Il est
certain que nous ne nous arrêterons pas
là puisque de nouveaux besoins émergent,
notamment en raison des évolutions
réglementaires.
Partant du constat que cette base réglementaire
était devenue tout bonnement
trop importante et trop complexe pour
être maîtrisée par un unique interlocuteur,
qu’il s’agisse d’un architecte ou d’un
ingénieur, nous avons conçu notre pôle
« Sustainable Design » comme une équipe
sur laquelle les maîtres d’ouvrage pourraient
se reposer. Chacun de nos experts
est spécialisé dans un domaine bien spécifique
tant chaque aspect est vaste.
Nous avons diversifié
les services rendus par le pôle
pour appréhender la durabilité
dans son sens large
Quels outils utilisez-vous pour assurer
la durabilité de vos projets ?
Nous avons récemment développé des
projets basés sur le concept « low tech »
baptisé « 2226 » qui vise à maintenir une
température intérieure entre 22 et 26°C
tout au long de l’année sans installation
technique traditionnelle. Il n’y a ni production
centralisée de chauffage (seulement
des appoints), ni production centralisée de
froid, ni centrale de traitement d’air. Nous
avons éliminé énormément de techniques
en optant pour une ventilation naturelle
avec des ouvrants motorisés. L’idée n’est
pas de renoncer aux méthodes conventionnelles,
et d’une manière générale
aux installations techniques, mais bien
de s’interroger en amont du projet sur
celles qui sont réellement indispensables
au fonctionnement optimal du bâtiment
concerné, au vu de son utilisation à long
terme. Pour valider ce genre de solution,
nous nous appuyons sur des simulations
thermiques dynamiques. C’est un de
nos outils de prédilection dès qu’il s’agit
d’évaluer des concepts énergétiques novateurs
qui nécessitent d’aller plus loin que
les normes en vigueur.
Pour comparer deux variantes, nous
recourons également à une méthode qui
consiste à vérifier le poids carbone de
chaque solution, non seulement durant
l’exploitation mais aussi en tenant compte
de « l’embodied carbon », c’est-à-dire du
carbone qui a été émis pour fabriquer tel
matériau ou équipement. En effet, rien ne
sert d’ériger des bâtiments qui remplissent
des exigences environnementales élevées
si cela implique de consommer une quantité
de ressources démesurée pour ce faire.
Quelles réactions ces méthodes suscitentelles
auprès des maîtres d’ouvrage ?
Sortir des sentiers battus comporte toujours
un risque. Nous comprenons les
réticences de certains maîtres d’ouvrage
qui, in fine, portent la responsabilité de
la réussite d’un projet. Mais il n’y a pas
d’innovation sans prise de risque. La
conception durable nécessite donc de faire
preuve d’un certain courage et d’ouverture
d’esprit et c’est le cas de beaucoup de nos
clients.
Quels sont les principaux défis auxquels
vous êtes confrontés dans la construction
durable au Luxembourg et comment
parvenez-vous à les surmonter ?
J’ai récemment participé à la conférence
« Feuille de Route Construction
Bas Carbone » organisée par l’OAI. Si les
échanges ont mis en lumière les limites
induites par la réglementation, les dérogations
existent pour permettre l’innovation.
Or, pour qu’une dérogation soit
acceptée, toutes les parties prenantes
au projet doivent adhérer à l’idée qui la
rend nécessaire. La meilleure solution
pour mener à bien un projet durable est
donc de travailler en équipe, avec tous les
experts nécessaires (en génie technique,
génie civil et architecture a minima, et en
durabilité dans l’idéal) dans une approche
multidisciplinaire, avant même que l’architecte
n’ait donné son premier coup de
crayon.
À l’heure actuelle, la durabilité passe
parfois au second plan des préoccupations
des maîtres d’ouvrage pour des
raisons économiques. Comment les
convaincre de poursuivre sur la voie de
la transition malgré tout ?
Il est vrai que nous sommes fortement
incités à réduire les coûts. Si l’augmentation
des prix favorise la rénovation plutôt
que des projets neufs – ce qui est positif
20
puisque cela permet de pérenniser le bâti
existant – construire durable n’est pas
forcément plus onéreux. Certes, un projet
durable nécessite davantage de réflexion
en amont, ce qui engendre un surcoût en
phase d’étude, mais celui-ci sera compensé
par les économies réalisées à l’usage
et la longévité du bâtiment. Ainsi, à long
terme, le retour sur investissement d’un
immeuble durable sera forcément plus
intéressant, mais cela implique un changement
de mentalité qui, comme toute
grande évolution de pensée, demande du
temps.
La conception durable
nécessite de faire preuve
d’un certain courage et
d’ouverture d’esprit
Les difficultés financières actuelles
devraient pourtant nous inciter d’autant
plus à tendre vers la sobriété, une idée malheureusement
trop associée à une punition
ou à la frustration. Or, pour reprendre un
slogan de l’OAI, « Less is more, if less is
quality and health ». Construire une maison
un peu plus petite mais avec des matériaux
sains semble « naturellement » avoir
plus de valeur que quelques mètres carrés
supplémentaires…
Si le changement des mentalités s’opère
lentement, l’économie sera peut-être un
moteur plus puissant. Prenons l’exemple
de l’eau : même si son coût est déjà très
élevé, nous ne systématisons pas encore
la récupération de l’eau de pluie dans tous
les projets, mais nous pouvons bien imaginer
que lorsque son prix atteindra des
sommets, ce type de dispositif sera systématisé.
De même, il faudra certainement
qu’acquérir une propriété devienne hors
de portée pour tous pour que nous acceptions
de vivre dans des espaces plus compacts,
sans pour autant que ceux-ci soient
moins confortables. Je vois ainsi l’économie
comme un levier qui nous donnera
l’occasion de construire différemment, de
façon plus pragmatique et de manière que
les gens vivent dans des environnements
agréables et sains sans qu’il ne soit nécessaire
de mettre en péril notre planète et
ses ressources. C’est un challenge enthousiasmant
qui donne tout son sens à notre
métier.
Betic, part of Sweco
2, route de Luxembourg
L-4972 Dippach
25, rue Henri Koch
L-4354 Esch-sur-Alzette
1, rue de la Montagne
L-6586 Steinheim
5, Zac Salzbaach
L-9559 Wiltz
www.betic.lu
21
BRÈVES
ÉCONOMIQUES
PAR BARBARA PIERROT
© MECO
AVANCÉES STRATÉGIQUES
POUR ATTIRER LES TALENTS
INTERNATIONAUX
Le 4 décembre, le Haut comité pour
l’attraction, la rétention et le développement
de talents, présidé par Lex
Delles, ministre de l’Économie, s’est
réuni pour faire le point sur des projets
majeurs. Parmi ceux-ci, un portail
numérique pour talents internationaux,
attendu en 2025, et un Employers
Toolkit pour accompagner les PME
dans leurs démarches de recrutement.
Steve Duncan, expert, a présenté des
études stratégiques visant à renforcer
l’attractivité du Luxembourg. Lex Delles
a souligné l’importance de ces outils
pour dynamiser l’économie. La prochaine
réunion, prévue au printemps
2025, permettra de suivre l’évolution
des initiatives.
Source : SIP
LE LUXEMBOURG MISE SUR
LE DIALOGUE SOCIAL ET
LA TRANSITION DURABLE
Le 2 décembre, Gilles Roth, ministre
des Finances et Lex Delles, ministre
de l’Économie, ont échangé avec les
partenaires sociaux au château de
Senningen dans le cadre du Semestre
européen. Lors de cette rencontre,
le lancement du cycle 2025 et les avis
sur le budget de l’État ont été abordés.
Gilles Roth a souligné l’importance du
dialogue social pour maintenir la cohésion
dans un contexte incertain. Lex
Delles a insisté sur les investissements
et les réformes nécessaires pour renforcer
la compétitivité et accélérer la
double transition digitale et durable,
essentielle au redressement économique
du Luxembourg.
Source : SIP
INAUGURATION
DE L’AUTOMOBILITY INCUBATOR
À BISSEN
Le 3 décembre, l’Automobility Incubator
a été officiellement inauguré au sein
de l’Automobility Campus à Bissen. Lex
Delles, ministre de l’Économie, David
Viaggi, bourgmestre de Bissen et Diego
De Biasio, CEO du Technoport, ont présenté
ce nouvel incubateur dédié aux
startups et entreprises innovantes dans
le secteur de la mobilité. Ce bâtiment
de 2.100 m², conçu selon les principes
de la circularité, inclut des bureaux,
des ateliers de R&D et des espaces de
rencontre. Le Technoport gérera l’incubateur
visant à stimuler l’innovation et
la collaboration internationale dans la
mobilité intelligente et durable.
Source : SIP
L’ÉLECTRICITÉ ABORDABLE :
SOUTIEN RENFORCÉ ET NOUVELLE
TARIFICATION
À partir du 1 er janvier 2025, le gouvernement
luxembourgeois prolongera
sa subvention au prix de l’électricité
pour alléger la hausse des coûts pour
les ménages. Avec 171 millions d’euros
alloués, cette mesure bénéficiera
automatiquement aux consommateurs
utilisant moins de 25.000 kWh par an.
En parallèle, une nouvelle structure
tarifaire pour l’utilisation des réseaux
électriques sera introduite, visant
à moderniser le réseau et encourager
une consommation flexible. Les
ménages standards subiront un impact
limité, mais des économies restent possibles
via des comportements adaptés.
Ces initiatives soutiennent la transition
énergétique tout en maintenant l’électricité
à un coût compétitif.
Source : SIP
LA SARRE ET LE LUXEMBOURG
RENFORCENT LEUR COOPÉRATION
POUR L’AVENIR
Le 21 novembre, les ministres de l’Économie
de la Sarre, Jürgen Barke, et du
Luxembourg, Lex Delles, ont signé une
déclaration d’intention pour renforcer
leur coopération dans les secteurs économiques,
industriels et énergétiques.
Cette collaboration se concentrera
notamment sur l’économie de l’hydrogène,
la numérisation et l’économie
circulaire. Les deux régions s’engagent
à échanger des projets transfrontaliers,
créer un réseau de politiques et d’entreprises
et organiser des événements
communs. Cette initiative marque le
début d’une coopération de trois ans,
visant à relever les défis énergétiques
et industriels tout en favorisant une
croissance durable.
Source : SIP
SÉMINAIRE ÉCONOMIQUE SUR
LA DIVERSIFICATION DES MÉNAGES
ET FAMILLES
Le 2 décembre 2024, le Statec, l’Université
du Luxembourg et le LISER ont
organisé un séminaire sur la diversification
des ménages et types de
familles. Présenté par le professeur
Louis Chauvel, l’événement a analysé
les résultats du recensement de 2021,
mettant en lumière des évolutions profondes
dans la structure des ménages.
Le couple marié avec enfants ne représente
plus qu’une moitié des situations,
avec une croissance des ménages
monoparentaux et des ruptures familiales.
Des changements plus complexes
sont observés, notamment le
départ plus tardif des enfants du domicile
parental. La diversité des structures
familiales témoigne d’une société
luxembourgeoise en pleine mutation.
Source : Statec
22
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
MAISON RELAIS
EN CONSTRUCTION MODULAIRE :
CONCEPTION DURABLE ET
INTÉGRATION HARMONIEUSE
SUR LE CAMPUS
La maison relais de l’administration communale de Rosport-Mompach est un bel exemple de la manière
dont les éléments naturels peuvent être utilisés pour créer des espaces élégants et fonctionnels.
Le bâtiment modulaire d’une généreuse surface brute de 943 m² composé de 36 modules offre le
cadre idéal pour un concept pédagogique innovant, basé sur des méthodes d’enseignement et d’apprentissage
modernes et qui les reflète dans sa conception.
Un cadre pédagogique innovant adapté
aux enfants
Le bâtiment de deux étages, avec son
architecture lumineuse, offre aux enfants
âgés de trois à douze ans un excellent
environnement d’accueil et d’apprentissage.
Il dispose d’une variété de pièces
telles que des bureaux, des salles pour
le personnel, un théâtre, des salles de
projets et de création, une cuisine, une
salle des jeunes et une salle multimédia.
La base de la maison relais est le concept
éducatif « Weltatelier ». Tant l’offre que
l’environnement sont basés sur les intérêts
des enfants, qui sont au centre du
©ALHO Unternehmensgruppe
©ALHO Unternehmensgruppe
©ALHO Unternehmensgruppe
Façade moderne en bois : combinaison d’élégance naturelle et conception durable
23
©ALHO Unternehmensgruppe
©ALHO Unternehmensgruppe
travail quotidien. La participation des
enfants est particulièrement importante.
Jouer, manger, faire les devoirs, s’amuser
ou se détendre ensemble dans un environnement
adapté aux besoins des enfants.
Les devoirs peuvent être effectués quotidiennement
dans un environnement
surveillé et calme. À l’heure du déjeuner,
les enfants se voient proposer un déjeuner
équilibré dans la cuisine moderne et
équipée.
Un aperçu des pièces modernes, ouvertes et lumineuses. Ici, les
enfants peuvent apprendre, jouer ou faire leurs devoirs ensemble
©ALHO Unternehmensgruppe
Tant l’offre
que l’environnement
sont basés sur les intérêts
des enfants, qui sont au centre
du travail quotidien
Une intégration durable au cœur de la
communauté
D’une capacité de 120 places, la maison
relais de Rosport a été soigneusement
conçue pour répondre aux besoins de la
communauté et des usagers. Grâce à son
intégration au campus scolaire existant,
comprenant des bâtiments voisins, des
équipements sportifs et une aire de jeux,
le bâtiment modulaire ALHO fait partie
intégrante du complexe pédagogique. En
intégrant harmonieusement le bâtiment
dans la pente, un lien organique avec le
paysage environnant a été réalisé. Un
système photovoltaïque contribue à la
durabilité du bâtiment et souligne l’engagement
du client et d’ALHO en tant que
constructeur en faveur de solutions spatiales
respectueuses de l’environnement.
La planification et la mise en œuvre ont
eu lieu en étroite collaboration avec la
communauté et les utilisateurs afin de
garantir que les besoins et les exigences
soient satisfaits au plus haut degré. La
conception a été adaptée de manière
optimale aux conditions, en tenant
compte des conceptions préliminaires de
l’architecte externe.
La maison relais de Rosport n’est pas
seulement un lieu d’apprentissage et
d’accueil, mais aussi un symbole d’innovation,
de fonctionnalité et de design.
LE CHIFFRE
120
places
capacité de la maison relais
ALHO Systembau S.à r.l.
3, rue Fontebierg
L-3381 Livange
www.alho.com
24
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
LE « LIFESTYLE »
À LA NEW-YORKAISE
À BONNEVOIE
Sous ses faux airs new-yorkais et malgré son nom emprunté au
célèbre quartier américain, « Brooklyn » est en réalité un nouveau
lieu de vie bien luxembourgeois. Ce quartier qui émerge à proximité
immédiate du centre-ville de la capitale signe le renouveau
de Bonnevoie. Dans moins d’un an, les acquéreurs des premiers
logements à sortir de terre recevront leurs clés. Hugo Paillon,
Project Manager chez CBL, entreprise générale qui s’est vu confier
la réalisation du 1 er lot par le développeur Eaglestone, nous fait
visiter le chantier.
Les premiers jalons du « nouveau
Bonnevoie »
À quelques centaines de mètres derrière
la voie ferrée de la gare centrale,
sur une ancienne friche urbaine enclavée
entre différentes infrastructures de
transport et marquée par un tissu bâti
des plus hétérogène, s’élèvera prochainement
un « tout nouveau Bonnevoie ».
L’objectif ? Rehausser la qualité urbaine
de l’îlot, créer quelque 130 nouveaux
logements ainsi que des espaces de rencontre
tout en préservant la mixité du
quartier et en facilitant sa connexion
avec son environnement. Accepté en
juin 2019, le nouveau PAP représente
18.982 m 2 de surface constructible brute
sur laquelle le développeur Eaglestone
promet un entrelacement de résidences,
de bureaux, de commerces et de locaux
professionnels pour une belle harmonie
de quartier.
CBL pilote l’entièreté
du projet technique et gère
toute l’exécution du chantier
©Eaglestone
©Eaglestone
Confiés aux mains expertes de l’entreprise
générale CBL, les travaux du 1 er lot
de Brooklyn vont bon train. « Nous avons
pour mission la réalisation clé en main
des deux premiers immeubles du quartier.
Du gros-œuvre à la livraison aux
futurs occupants en passant par le clos et
couvert, les façades et le parachèvement,
CBL pilote l’entièreté du projet technique
et gère toute l’exécution du chantier.
Pour ce 1 er lot, il s’agit d’ériger deux résidences
avec une structure en béton armé
et trois niveaux de sous-sol : deux dédiés
au stationnement des véhicules des occupants
et un pour les caves. En façade
(isolante), le mélange de bardage en acier
et de briquettes de parement rappelle
les fabriques qui s’élevaient précédemment
sur le site autant qu’il confère aux
bâtiments un style new-yorkais auquel
le quartier doit son nom. C’est là que
viennent s’insérer d’élégants châssis en
aluminium avec vitrage acoustique qui
apporteront tout le confort nécessaire
aux habitants de ce quartier de la capitale
», introduit Hugo Paillon.
25
Hugo Paillon
Des logements aux nombreux atouts
Derrière leurs murs, les deux résidences
abriteront un total de 44 appartements
allant du studio de 35 m 2 au penthouse
trois chambres de 130 m² et bénéficiant
chacun d’un balcon / loggia ou
d’une terrasse pour profiter de l’extérieur.
Sous une hauteur sous-plafond
généreuse de 2,73 m, les propriétaires
profiteront de revêtements de qualité
puisque le cahier des charges de base
prévoit du carrelage dans les pièces
de vie et la salle de bain et un parquet
chaleureux dans les chambres. « Ces
44 biens – dont 20 sont encore disponibles
– sont tous soumis à acquisition,
en vente en l’état futur d’achèvement.
Le promoteur nous a confié la gestion
acquéreurs, c’est-à-dire que nous
répondons aux demandes particulières
des futurs propriétaires quant aux
finitions de leur appartement. Nous
les envoyons visiter les showrooms de
nos partenaires en sanitaire, revêtement
de sol, menuiseries, peintures,
etc. afin qu’ils puissent façonner leur
intérieur selon leurs désirs. Et, même
si le chantier avance alors que tous les
biens n’ont pas encore été acquis, nous
essayons d’offrir un maximum de flexibilité
à ceux qui achètent « en cours de
route ». Les intéressés pourront d’ailleurs
visiter nos appartements témoins
dès la fin janvier 2025 », précise le
Project Manager.
Dans l’air du temps, les résidences
proposent de nombreuses prestations
« eco-friendly » : elles font la part belle
à la verdure grâce à leurs toitures végétalisées,
encouragent la mobilité douce
avec leurs locaux à vélos et génèrent de
l’énergie renouvelable via des panneaux
solaires qui contribuent à la production
d’eau chaude. Avec leurs 36 cm d’isolation
en toiture et 20 cm en façade, les
bâtiments détiennent des certificats
de performance énergétique « ABA » et
répondent aux normes énergétiques
actuelles.
Depuis Brooklyn,
chaque résident pourra
trouver tout le nécessaire
à son épanouissement à moins
de quinze minutes de chez lui
L’un des principaux avantages des biens
mis en vente demeure leur situation
géographique. La proximité immédiate
de Bonnevoie avec le centre de
Luxembourg, la gare et tous les accès
routiers en font une localisation stratégique,
pratique et surtout très agréable
où le concept de « ville du quart d’heure »
26
©Eaglestone
©Eaglestone
©Eaglestone
se concrétise. En effet, depuis Brooklyn,
chaque résident pourra trouver tout
le nécessaire à son épanouissement à
moins de quinze minutes de chez lui :
travail, divertissement, commerces,
écoles, infrastructures sportives, centres
médicaux, parcs, etc. Un secteur idéal
pour tous les types de ménages !
Qualité et rapidité d’exécution pour
maîtres-mots
Les premiers résidents du nouveau quartier
profiteront de tous ces atouts dès
octobre 2025. « CBL réalise ici un type
de projet qu’elle maîtrise parfaitement.
Le principal défi est dès lors de respecter
les délais. 20 mois, c’est le temps dont
nous disposions pour faire sortir de
terre ces deux résidences. Une préparation
consciencieuse et un planning
millimétré nous permettront de livrer
les logements en temps et en heure, à
l’été. La rapidité d’exécution est une
grande force de notre entreprise. CBL
est réputée pour respecter les délais et
ses engagements, mais aussi et surtout
pour sa qualité d’exécution élevée ! Rien
n’est plus important pour nous que la
satisfaction du client », conclut Hugo
Paillon.
CBL S.A.
Rue Hahneboesch
L-4578 Niederkorn
www.cbl-sa.lu
LE CHIFFRE
44
nouveaux logements au sein
des deux premières résidences
de Brooklyn
mcluxembourg.lu
Äre Strategieberoder
fir den
Secteur Public
STRATEGIEBERODUNG
GESTION DE PROJET
ËFFENTLECH INFRASTRUKTUREN
KLIMABERODER
CONSEILLER LOGEMENT
DEN ERFUERENE GUIDE UN ÄRER SÄIT
Strategesch. Ganzheetlech. Onofhängeg.
28
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
« ROOTS » : LE PROJET
QUI REDÉFINIT
LA CONSTRUCTION
DURABLE À BELVAL
Dans un monde en pleine transition écologique, le secteur de la
construction joue un rôle prépondérant dans la réduction des émissions
de gaz à effet de serre. Le projet « ROOTS », co-développé par
BPI Real Estate et Unibra Real Estate s’impose comme une référence
ambitieuse en matière de construction durable. Situé au cœur de
Belval, il incarne une vision innovante qui allie excellence environnementale
et certifications exigeantes comme la Low Carbon
Building Initiative (LCBI). Explications avec Stéphane Bagat, Project
Director, et Frédéric Vingtans, Design Director, chez BPI Real Estate.
LCBI, une certification qui harmonise
les codes
« ROOTS » prend racine à Belval, au
« Central Square ». Il fait partie intégrante
du développement urbain de la ville et est
piloté par Agora qui finalise la conversion
de cette ancienne friche sidérurgique en
un quartier moderne et durable. Mené
par BPI Real Estate et Unibra Real Estate,
« ROOTS » occupe une position stratégique
puisqu’il relie les hauts fourneaux
historiques aux nouveaux quartiers résidentiels
qui ont été érigés ces dernières
années. « C’est de là que le projet tire
aussi son nom avec l’idée de transformer
un site autrefois industriel. Comment ?
En faisant naître un projet exemplaire par
son positionnement environnemental et
sociétal », explique Frédéric Vingtans,
Design Director.
En effet, si ce projet mixte qui accueille
102 logements et des espaces de bureaux
s’aligne avec la taxonomie européenne, il
29
ne se contente pas seulement de respecter
les exigences réglementaires ; « ROOTS »
les dépasse puisqu’il se calque sur la
méthodologie LCBI. Celle-ci a été conçue
pour répondre à une problématique centrale
dans le secteur de la construction :
l’empreinte carbone des bâtiments. « Plus
d’une dizaine de projets pilotes ont été
retenus en Europe pour tester concrètement
cette approche et seuls deux ont
été certifiés... et le nôtre en fait partie,
au niveau de certification le plus haut »,
indique Stéphane Bagat, Project Director.
Trois strates de décarbonation
La méthodologie LCBI vise à quantifier
et à réduire les émissions de gaz à effet
de serre sur l’ensemble du cycle de vie
d’un bâtiment, de sa conception à sa
déconstruction en passant par son usage
au quotidien. « C’est dans ce cadre que le
cycle de vie prend une plus grande importance
car l’impact carbone se mesure sur
plusieurs strates. Il y a d’abord le carbone
opérationnel, c’est-à-dire les consommations
du bâtiment durant sa durée de vie.
Disons qu’au Luxembourg, actuellement,
ce point est plutôt bien avancé grâce aux
performances thermiques intéressantes
de chaque nouvelle construction. LCBI va
encore plus loin puisque la certification
comptabilise le carbone embarqué qui
correspond aux émissions des matériaux
nécessaires à la construction, alors que
rien n’est encore officiellement réglementé
à ce niveau », déclare Frédéric
Vingtans. Les standards des bâtiments
qui se trouvent au Grand-Duché s’élèvent
entre 1.000 et 1.200 kg de CO 2
par m 2 .
« Notre projet atteint les 740 kg de CO 2
par
m 2 , soit 30% de moins que la moyenne »,
se félicite le Design Director.
BPI Real Estate met en avant le bois
comme élément central du projet. « Dans
l’analyse du cycle de vie, un troisième
volet se rapporte à la construction en
bois : le carbone biogénique. L’utilisation
du bois revêt d’un double intérêt. Ce
matériau est d’abord moins carboné que
le béton ou l’acier. Il fait aussi partie d’un
long processus : l’arbre capte du CO 2
, il est
ensuite coupé pour faire du bois d’œuvre
puis, à la déconstruction, peut être réutilisé
pour d’autres usages jusqu’à ce qu’il
soit brûlé pour du chauffage par exemple.
C’est ce qu’on appelle la séquestration de
carbone », précise Frédéric Vingtans.
S’il a déjà obtenu la certification LCBI, le
projet « ROOTS » vise l’obtention d’autres
distinctions comme LENOZ, un label
luxembourgeois axé sur les espaces résidentiels,
BREEAM niveau excellent, l’une
des récompenses les plus reconnues à
l’échelle internationale et WELL Building
Standard niveau gold. « Cette dernière est
la seule qui prenne en compte le bienêtre
dans les bureaux. De notre côté,
nous avons intégré des éléments tels que
la lumière naturelle, l’omniprésence du
bois en intérieur et une acoustique soignée
pour favoriser le confort physique et
mental des occupants », indique Stéphane
Bagat.
Une vitrine pour la construction
durable
« ROOTS » ne se contente pas d’être un
projet exemplaire : il aspire à devenir
un véritable laboratoire pour l’avenir. Le
siège social en bois de BPI Real Estate
Luxembourg, inauguré il y a deux ans à
Leudelange, est déjà une vitrine reconnue.
Baptisé « Wooden », celui-ci est régulièrement
visité par des professionnels,
des investisseurs et des acteurs publics.
« ROOTS » pourrait suivre la même trajectoire.
Bien que le chantier en cours
en soit encore à ses débuts puisque les
premiers lots d’habitations seront livrés
fin 2026, l’ambition est claire : faire du
nouveau projet à Belval une référence qui
inspirera d’autres initiatives sur le territoire
luxembourgeois.
« Disons également que le secteur de
la construction a des habitudes encore
bien ancrées. Ce projet est une remise en
question profonde des pratiques traditionnelles.
Nous avons commencé ses premières
esquisses en 2019, à une époque
où le marché n’était pas encore prêt et
ouvert à toutes ces nouvelles solutions.
Celui-ci commence à prendre conscience
de ces enjeux et cela implique une grande
30
remise en question. Aujourd’hui, les
lignes bougent et « ROOTS » pourrait bien
devenir le fer de lance de cette transformation
», espère Frédéric Vingtans.
Des défis techniques… et humains
La réalisation de « ROOTS » n’a pas été sans
obstacles. « L’un des principaux défis a été
de rassembler les bonnes compétences
autour de la table. Il fallait trouver des
personnes capables de traiter des sujets
techniques, économiques et environnementaux
complexes, tout en dialoguant
avec les parties prenantes d’un projet et le
secteur public », explique Stéphane Bagat.
Ce sont des concepts et solutions qui sont
parfois nouveaux pour les acteurs de la
construction concernés et qui posent de
nouvelles questions réglementaires. « La
construction en bois, particulièrement,
a posé des défis en matière de protection
incendie ou d’ajouts de niveaux. Le savoirfaire
accumulé au fil des projets a permis
de lever progressivement ces obstacles
pour pouvoir, à terme, construire toujours
plus haut par exemple », développe
Frédéric Vingtans.
Construire des bâtiments
durables et à haute
performance sans pour autant
compromettre la qualité de vie
ni les standards du marché
Un écrin de verdure
« ROOTS » innove également en matière
de gestion énergétique. Le projet mixte
intègre des panneaux photovoltaïques sur
les toitures résidentielles afin que l’énergie
produite alimente les bureaux. Cette
approche compense le manque d’espace
sur les toitures des bureaux et maximise
l’autoconsommation. « Cette complémentarité
a été pensée avec beaucoup
de bon sens. Il suffit de faire coïncider la
production avec la consommation », selon
Stéphane Bagat.
Au-delà des performances purement techniques,
« ROOTS » mise sur la création
d’une véritable communauté. Le projet
comprend un espace partagé végétalisé
avec des aires de jeux pour enfants, des
bancs et un jardin « L’idée était vraiment
d’amener la végétation au cœur du projet.
Cet espace n’est pas seulement esthétique
: il joue un rôle écologique. Il sert
en effet de zone de rétention d’eau, ce qui
crée un îlot de fraîcheur, tout en limitant
l’usage d’eau potable pour arroser cet écrin
de verdure », indique Frédéric Vingtans.
En alliant innovation technique, performance
environnementale et bien-être
des occupants, « ROOTS » incarne une
nouvelle façon de concevoir la ville et les
constructions. « Ce projet prouve qu’il est
possible de construire des bâtiments écologiques
et à haute performance sans pour
autant compromettre la qualité de vie
ni les standards du marché qui sont très
élevés au Luxembourg », conclut Stéphane
Bagat.
BPI Real Estate Luxembourg
8, rue du Chateau d’Eau
L-3364 Leudelange
lu.bpi-realestate.com
AGENCE IMMOBILIÈRE SOCIALE
Le leader luxembourgeois de la gestion locative sociale
26 48 39 52
www.ais.lu
32
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
AN DER SCHMËTT :
« CONCILIER LOGEMENTS
ABORDABLES, DURABILITÉ
ET MOBILITÉ DOUCE »
Le Fonds du Logement développe, en collaboration avec la commune
de Biwer, un projet immobilier d’envergure baptisé « An der
Schmëtt ». Cette initiative ambitieuse vise à transformer l’ancienne
Cité Syrdrall en un nouveau quartier résidentiel alliant durabilité,
logements abordables et mobilité douce. Alors que les travaux
du gros-œuvre ont officiellement démarré en novembre, Steve
Majerus, chef de projet au Fonds du Logement, dévoile les grandes
lignes de ce futur quartier.
En novembre, les travaux de gros-œuvre
du projet d’envergure « An der Schmëtt »
ont officiellement commencé. Pouvezvous
nous expliquer la vision derrière ce
projet ?
« An der Schmëtt » consiste en la réhabilitation
complète de l’ancienne Cité Syrdall,
qui a longtemps été laissée à l’abandon.
Notre objectif est d’y créer un quartier
moderne et durable, avec une diversité de
logements abordables, tout en intégrant
une approche écologique. Nous souhaitons
en faire un espace de vie où la mobilité
douce et le bien-être des habitants seront
favorisés.
Jusque-là le site était à l’abandon...
Pouvez-vous nous en dire plus ?
C’est un site qui a connu plusieurs vies.
Au départ, il y avait une imprimerie, puis
la zone a été envisagée pour accueillir des
logements étudiants d’une université qui
n’a finalement jamais vu le jour. Par la suite,
l’ancienne cité est devenue une zone de
récréation mais, là non plus, le succès n’était
pas au rendez-vous. Le site a fini par être
abandonné et, après la faillite de la société
Norabo, à l’initiative du projet, certains
bâtiments ont été vendus aux enchères. Ce
n’est qu’en 2016 que le Fonds du Logement
devient propriétaire d’une grande majorité
du foncier des lieux et peut alors envisager
une réhabilitation complète de la zone.
Quels défis techniques cela a-t-il engendré
pour le Fonds du Logement ?
Construire sur des friches implique en
effet quelques défis. Le site a dû être désamianté,
puis entièrement assaini. Nous
en avons aussi profité pour travailler avec
la commune de Biwer afin de renaturer le
cours d’eau de la Syre qui traverse la zone.
Cela a été une étape importante pour améliorer
l’environnement naturel du site. De
plus, nous avons traité les sols avec de la
chaux et du ciment, ce qui nous a permis de
réutiliser la majeure partie des excavations
comme sous-bassement pour les futures
constructions.
Justement, la première phase de
construction a commencé cet automne.
Que comprendra-t-elle ?
La première phase du projet concerne la
construction de 95 logements : 23 appartements
répartis en 4 résidences, 46 maisons
unifamiliales dont 6 avec logement intégré
et 10 maisons bi-familiales. Au total, nous
prévoyons de construire 164 logements,
principalement destinés à la location et à
la vente abordable, et un espace affecté à
un commerce ou à une profession libérale.
Le quartier se veut durable et conçu
autour de la mobilité douce. Quelles
infrastructures sont mises en place pour
y parvenir ?
Steve Majerus
Nous avons fait le choix de concentrer
la circulation automobile aux entrées du
quartier. Les parkings sont regroupés sous
des carports, aussi bien au sud qu’au nord
du site, afin de préserver le cœur du quartier
pour les piétons et les cyclistes. Côté
sud, ces carports ont aussi un rôle de brisevue
pour isoler les résidences des voies de
chemin de fer avoisinantes.
33
©Infovision
Une autre mesure phare est la construction
d’une passerelle de 78 m de long
reliant les parties nord et sud du site.
Cette dernière, de 1,20 m de large, est
réservée aux piétons et aux cyclistes et
permet aux habitants de traverser le quartier
facilement et en toute sécurité sans
avoir à utiliser leur voiture. Les écoliers
pourront ainsi se rendre sans encombre
aux arrêts de bus, et les résidents auront
un accès direct à la gare routière.
La durabilité est clairement au centre
de ce projet. Quelles initiatives sont
prises pour le rendre plus écologique ?
Dès le départ, nous avons visé une
construction durable et respectueuse
de l’environnement. Une partie des
constructions disposera de la certification
LENOZ, qui permettra aux acquéreurs
de bénéficier d’une prime supplémentaire,
mais qui garantira surtout un haut
niveau de performance énergétique et
une utilisation optimale des matériaux.
La certification inclut aussi des critères
de démontabilité, pour minimiser l’empreinte
environnementale sur le long
terme.
Nous avons également opté pour un
système de gestion des eaux de pluie en
surface, avec des bassins de rétention
qui permettent un déversement naturel
dans la Syre. Ce choix a impliqué de nombreuses
études pour optimiser la topographie
des accès au quartier.
Qu’en est-il de la production d’énergie
sur le site ?
Tous les toits des bâtiments et les carports
seront équipés de panneaux photovoltaïques.
Nous estimons que la production
annuelle d’électricité sera de 1.469.913 kWh,
pour une consommation théorique de
756.000 kWh pour l’ensemble du quartier.
Cela signifie que celui-ci produira
plus d’électricité qu’il n’en aura besoin. La
réflexion s’articule donc aujourd’hui autour
de la façon dont nous allons utiliser ce surplus
d’énergie. Une piste pourrait être la
création d’une communauté énergétique,
permettant ainsi de partager cet excédent
tout en réduisant la facture électrique des
résidents.
Par ailleurs, le quartier sera équipé d’un
système de chauffage par pompe à chaleur.
Ce choix répond à notre volonté de minimiser
l’impact environnemental et d’offrir
un confort thermique aux résidents tout
en étant économe en énergie.
Le quartier vise à favoriser le bienêtre
des habitants. Comment cela se
traduit-il ?
Effectivement, nous avons souhaité faire
de ce quartier un lieu où il fait bon vivre,
où les habitants peuvent se rencontrer
et échanger. Pour cela, nous avons prévu
plusieurs placettes et espaces publics,
ainsi qu’une aire de jeux pour les familles.
Ces espaces sont conçus pour favoriser les
échanges et renforcer le lien social entre
les résidents.
Quand les premiers logements serontils
livrés ?
La livraison des logements de la première
phase est prévue à partir de 2026. Ceux de
la partie sud seront les premiers habités.
Une seconde phase de construction suivra
en 2027.
Comment décririez-vous l’impact global
de ce projet sur la commune et ses
habitants ?
Avec « An der Schmëtt », nous souhaitons
offrir un modèle de développement
durable et abordable. En d’autres termes,
concilier logements abordables, durabilité
et mobilité douce. Ce quartier transformera
l’ancienne Cité Syrdall en un lieu
de vie attractif et écologique, et répondre
aux besoins en logements abordables en
intégrant les valeurs de durabilité et de
mobilité douce. C’est un projet qui bénéficiera
non seulement aux futurs résidents,
mais à toute la commune en renforçant
son attractivité et en redonnant vie à ce
site historique.
Fonds du Logement
52, Boulevard Marcel Cahen
L-1311 Luxembourg
www.fondsdulogement.lu
34
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
15 ANNÉES D’ACTIONS
POUR RÉPONDRE À LA
CRISE DU LOGEMENT
Le 26 novembre 2024, la Fondation pour l’Accès au Logement
(FAL) a célébré son 15 e anniversaire au Forum Geesseknäppchen.
L'événement a réuni environ 180 participants issus principalement
du secteur social pour échanger sur les enjeux du logement social
au Luxembourg et au-delà.
Depuis sa création en 2009, la Fondation
a grandi pour devenir un acteur indispensable
dans la lutte contre la précarité
des locataires et la pénurie de logements
au Luxembourg. Aujourd’hui, elle gère
près de 700 logements sociaux, collabore
avec 57 communes et emploie au total 52
salariés. Lors de leurs discours d’ouverture,
Patrick Bousch (président), Marco
Hoffmann (président honoraire) et Gilles
Hempel (directeur) ont mis en lumière les
accomplissements de la Fondation durant
ces nombreuses années. Ils ont également
rappelé l’urgence d’agir face à une crise du
logement qui ne cesse de s’intensifier.
Des échanges enrichissants autour du
logement social
Les conférences ont permis de mettre en
perspective des approches nationales et
internationales. Jean-Michel Campanella,
président du Mieterschutz Lëtzebuerg,
a présenté l’évolution de la première
association qui protège les locataires au
Grand-Duché. Il a souligné le besoin de
défendre ces derniers dans un pays où
moins de 3% des logements sont sociaux
avant de conclure « Housing for people,
not for profit ».
Dr. Gerlinde Gutheil-Knopp-Kirchwald,
de la Fédération autrichienne des promoteurs
à but non lucratif, a présenté le
modèle exemplaire du logement social en
Autriche, connu pour sa pérennité et son
accessibilité.
Laurent Ghékière, directeur des affaires
européennes de l’Union sociale pour
35
Patrick Bousch
l’habitat, a expliqué les mécanismes
financiers et les politiques publiques qui
permettent de maintenir un parc de logements
sociaux durable en France.
Gilles Hempel, Max Hahn, Claude Meisch et Magali De Rocco
Imaginer le Luxembourg en 2040
Un moment fort de la journée fut l’atelier
de prospective, où les participants se sont
projetés dans quinze ans pour imaginer
le paysage immobilier luxembourgeois.
S’appuyant sur les exemples autrichien et
français, les participants ont créé des unes
fictives de journaux datées en 2040, mettant
en avant leurs visions d’un avenir en
matière de logement au Luxembourg.
Les résultats ont été présentés à Claude
Meisch, ministre du Logement et de l’Aménagement
du territoire, et Max Hahn,
ministre de la Famille, des Solidarités,
du Vivre ensemble et de l’Accueil, lors
d’une discussion constructive et ouverte.
Les ministres ont accueilli positivement
les idées présentées et ont échangé avec
les participants dans une ambiance
conviviale.
Laurent Ghékière
Marco Hoffmann
Au regard de la conjoncture, les activités
de la FAL restent plus que jamais indispensables.
Avec une équipe grandissante
et une mission ancrée dans l’inclusion
sociale par le logement, la Fondation
espère continuer à développer ses activités
et à renforcer son impact dans les
années à venir.
Fondation pour l’Accès au Logement
202B, rue de Hamm
L-1713 Luxembourg
www.fondation-logement.lu
36
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
BÂTIMENTS RÉSIDENTIELS :
IMPACT SUR LES COMMUNES
ET LE PARC IMMOBILIER
PRÉSENT ET À VENIR
Avec une population vieillissante en Europe, la demande de logements
confortables augmentera probablement. Des personnes
s’orienteront vers une accessibilité plus aisée sans pour autant être
en situation de handicap. En prévision d’une réduction de la mobilité
dont nous ferons tous l’expérience tôt ou tard, certains chercheront
à vendre leur maison individuelle avec escaliers intérieurs et extérieurs,
accès à la cave et au garage au sous-sol laborieux et jardin
à entretenir… En plus de deux ans et demi, Oliver Thomas Böhm,
architecte et formateur à l’ADAPTH, a conseillé divers acteurs du
domaine du bâtiment, formé de nouveaux contrôleurs techniques
en accessibilité, informé architectes et ingénieurs-conseils tout
comme maîtres d’ouvrage, administrations communales et promoteurs
sur la nouvelle loi portant sur l’accessibilité. Il nous en dit plus.
Comment savoir si le projet est
concerné ?
Tout d’abord en se référant à la définition
légale. Les définitions sont données dans
l’article 1 er de la loi du 7 janvier 2022. Il
y est stipulé qu’une résidence est un bâtiment
d’habitation collectif (BHC) quand il
comporte :
− au moins cinq unités distinctes,
− dont au moins trois logements, qui sont
réparties, même partiellement,
− sur au moins trois niveaux et
− qui sont desservies par des parties
communes.
Par unité, on entend un logement, un local
commercial ou un lieu dans lequel les professions
libérales prestent leurs services.
Si une des quatre conditions n’est pas
remplie, il ne s’agit pas d’un BHC au sens
de la loi.
L’article 4 de ladite loi traite des nouvelles
constructions de bâtiments d’habitation
collectifs. Mais est-ce bien la date d’introduction
de la demande d’autorisation de
construire qui fait foi ? Oui, ceci est défini
à l’article 15. disposition transitoire de la
loi.
Depuis le 1 er juillet 2023, toute demande
d’autorisation de travaux doit être accompagnée
d’un certificat de conformité
des plans. Ainsi, un nouveau projet de
résidence visé par la loi devra respecter
l’entièreté du Règlement Grand-Ducal
– Bâtiments d’habitation collectifs
(RGD-BHC).
En ce qui concerne les logements, afin de
présenter un minimum d’accessibilité,
tous devront respecter les quatre exigences
d’accessibilité décrites à l’article 16
37
du RGD-BHC, à savoir le passage libre de
la porte d’entrée, un espace de manœuvre
de porte à l’intérieur du logement pour
qu’une personne en fauteuil roulant
puisse quitter le logement de manière
indépendante, les portes intérieures et les
circulations intérieures.
Et les logements accessibles aux personnes
à mobilité réduite ?
En plus des exigences précitées, 10% des
logements situés au rez-de-chaussée ou
aux niveaux desservis par un ascenseur
doivent être conçus et disposés de manière
à être accessibles. Le nombre minimal de
logements accessibles est arrondi à l’unité
supérieure.
Ces logements présentent les exigences
d’accessibilité suivantes : outre le fait
que l’unité de vie soit réalisée sur un seul
niveau, certaines exigences dimensionnelles
sont à respecter dès la construction.
Le passage libre des portes intérieures et
la largeur minimale des circulations intérieures
sont augmentés, un passage d’une
largeur minimale de 150 cm devant les
appareils ménagers de la cuisine doit être
libre et une circulation autour de l’emprise
d’un lit de 160 cm x 200 cm d’au moins une
chambre est à assurer pour un utilisateur
de fauteuil roulant. Des espaces libres d’au
moins 150 cm de diamètre sont à prévoir
dans au moins une chambre et une salle
d’eau. Une salle d’eau et un local WC au
moins offrent des dimensions minimales
décrites en détail dans l’article 17 (RGD-
BHC) et les portes de ces pièces ne peuvent
pas s’ouvrir vers l’intérieur.
Ce qui est indispensable
à 10-15% de la population est
nécessaire à 40% et confortable
pour tous
Pour être crédible sur le marché de
l’immobilier demain, autant être
conforme et accessible dès à présent
Dans les projets de résidence dont la
demande d’autorisation de construire a
été introduite avant le 1 er juillet 2023, il est
possible de se rapprocher de l’accessibilité
sur une base volontaire en analysant les
plans en phase d’exécution. C’est en effectuant
cet exercice que nous nous sommes
rendu compte qu’au-delà d’un certain
nombre de mètres carrés, un logement est
parfois même conforme aux exigences de
l’article 17 sans que l’on ait voulu le désigner
comme étant un « logement PMR ».
Toutes les exigences y sont parfaitement
respectées, sans coût supplémentaire. Il
s’agit juste d’une architecture contemporaine
avec hall d’entrée donnant sur
cuisine-séjour ouvert – aérée, lumineuse,
généreuse – et accessible.
La mise en conformité de bâtiments
résidentiels existants n’est pas une
obligation. Oui, mais… Qu’en est-il des
commerces ou locaux de professions
libérales installés dans une résidence ?
La situation rencontrée comporte un ou
plusieurs commerces au rez-de-chaussée
et des cabinets médicaux au premier
étage. Ceux-ci sont des lieux ouverts au
public ou y sont assimilés. Dès lors, l’exploitant
devra se soucier de mettre son
lieu en conformité pour 2032 au plus tard.
Le premier nommé dans l’article 3 est le
propriétaire. Des parties à un bail peuvent
convenir que les travaux de mise en accessibilité
soient assumés par le locataire.
Faut-il tout transformer ?
Pas nécessairement. Des demandes de
dérogation ou de solution d’effet équivalent
peuvent être demandées au ministère
de la Famille.
Des aides financières sont-elles prévues ?
Oui, des subventions en capital de 50% des
coûts HTVA pour travaux, études, conseils
et expertises d’un maximum de 24.000
euros par lieu et aménagement. Voir l’article
12.
ADAPTH asbl
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Tél. : +352 43 95 58 – 1
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38
BRÈVES
MINISTÉRIELLES
PAR BARBARA PIERROT
©CNL
MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE,
DE L’ALIMENTATION ET
DE LA VITICULTURE
Le Conseil de gouvernement a adopté
le 6 décembre le projet de loi instituant
une aide à la construction de serres
horticoles, porté par la ministre de
l’Agriculture, Martine Hansen. Ce dispositif
propose une subvention en capital
pour soutenir les agriculteurs actifs
dans la construction de serres destinées
à produire, stocker ou conditionner
fruits et légumes. Avec un budget
total de 20 millions d’euros, les aides
couvriront 40% des investissements,
voire 55% pour les jeunes agriculteurs.
L’objectif est de renforcer la production
locale, diversifier l’agriculture luxembourgeoise
et répondre à une demande
croissante de produits frais et locaux.
Source : SIP
MINISTÈRE DE L’ÉGALITÉ
DES GENRES ET DE LA DIVERSITÉ
Le 1 er décembre, infoMann (ActTogether
asbl) a lancé le Service d’assistance aux
hommes victimes de violence domestique
(SAVVD). Yuriko Backes, ministre
de l’Égalité des genres et de la Diversité,
a salué cette initiative qui complète les
services existants en offrant un soutien
spécifique aux victimes masculines. Ce
service, axé sur la prise en charge psychologique,
administrative et juridique,
marque une avancée dans la reconnaissance
des hommes en tant que victimes
potentielles. Le SAVVD infoMann
collaborera étroitement avec celui de
Femmes en détresse, contribuant à un
cadre d’intervention global et inclusif
pour toutes les victimes de violence
domestique.
Source : SIP
MINISTÈRE DE LA CULTURE
Le 9 décembre, la remise des prix
du Concours littéraire national s’est
tenue au Centre national de littérature
à Mersch. Le ministre de la Culture,
Eric Thill, a récompensé les lauréats :
Charles Meder (1 er prix auteurs/trices
adultes) pour Urd, Antoine Pohu (2 e
prix auteurs/trices adultes) pour Les
Bienheureux, Eric Abbott (3 e prix
auteurs/trices adultes) pour Second
Zechariah, et Aimée Dhonte (1 er prix
jeunes auteurs/trices de 12-19 ans)
pour It’s Raining Cats and Dogs. Cette
45 e édition, dédiée aux pièces de
théâtre, a vu sa dotation passer à
17.250 euros, affirmant le soutien à la
création littéraire. Le concours 2025
portera sur les romans.
Source : SIP
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT,
DU CLIMAT ET DE LA BIODIVERSITÉ
Lors de la COP29 à Bakou, le
Luxembourg, mené par le ministre
Serge Wilmes, a confirmé son rôle de
leader dans le financement climatique
international. Une nouvelle enveloppe
de 320 millions d’euros pour la période
2026-2030 a été annoncée, marquant
une augmentation significative de l’engagement
du pays. Le Luxembourg
a également présenté quatre projets
issus de l’incubateur Resilient
Landscapes Luxembourg. De plus, les
jeunes déléguées climatiques luxembourgeoises
Natasha Lepage et Frida
Thorsteinsdottir ont activement participé
aux négociations.
Source : SIP
MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION
NATIONALE DE L’ENFANCE ET
DE LA JEUNESSE
Le rapport national sur l’éducation
2024 met l’accent sur la diversité et
l’inclusion dans l’éducation luxembourgeoise.
Quatre réformes majeures sont
soulignées : l’amélioration de l’éducation
précoce avec un programme
plurilingue et des intervenants supplémentaires
dans les crèches, la création
d’écoles européennes publiques pour
réduire les inégalités linguistiques,
le projet pilote « Alpha – zesumme
wuessen » pour diversifier l’alphabétisation
et un dépistage précoce des déficiences
visuelles afin de soutenir les
élèves concernés. Ces initiatives visent
à améliorer l’équité et les chances de
réussite pour tous les enfants, en particulier
dans un contexte scolaire de plus
en plus hétérogène.
Source : SIP
MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ ET
DES TRAVAUX PUBLICS
Le 5 décembre à Bruxelles, Yuriko
Backes, ministre de la Mobilité et des
Travaux publics, a pris part au Conseil
« Transports » abordant des enjeux clés
comme les droits des passagers et la
sécurité routière. Elle a plaidé pour des
réglementations simplifiées et inclusives,
particulièrement en faveur des
personnes à mobilité réduite, et soutenu
des compromis visant une harmonisation
européenne. La ministre a
également signé un accord renforçant
le fret ferroviaire entre ports nordeuropéens
et la Méditerranée. Enfin,
des avancées sur la directive relative
au retrait de permis pour infractions
graves ont marqué un pas important
vers une sécurité routière accrue en
Europe.
Source : SIP
NOUVEAU :
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J’en profite
40
| DIGITALISATION
LE NB-IOT : UNE ÉVOLUTION
TECHNOLOGIQUE POUR UNE
CONNECTIVITÉ INTELLIGENTE
ET DURABLE
Avec le déploiement du Narrowband IoT (NB-IoT) au Luxembourg, Proximus NXT marque un tournant
dans la connectivité des objets du quotidien. Cette technologie innovante, pensée pour les environnements
complexes et les besoins en faible consommation énergétique, redéfinit les bases de l’Internet
des Objets. Julien Baudouin, Innovation Manager, nous en explique les enjeux, les applications et l’impact
stratégique pour le pays.
Julien Baudouin
41
Une technologie au service de l’efficacité
et de l’innovation
Le NB-IoT repose sur l’utilisation d’une
bande de fréquence étroite, ce qui lui
permet d’atteindre des zones où d’autres
procédés échouent, comme les sous-sols
ou les bâtiments denses. Cette caractéristique,
combinée à une faible consommation
d’énergie, en fait un outil idéal pour
les objets fixes équipés de batteries, souvent
difficiles d’accès, et nécessitant une
maintenance limitée. Ce sont ces atouts
techniques qui permettent au NB-IoT de
répondre aux exigences croissantes des
entreprises et des collectivités en matière
de connectivité et d’efficacité énergétique.
Les applications du NB-IoT sont variées
et couvrent un large éventail de secteurs.
Dans les villes intelligentes, cette technologie
permet de suivre en temps réel le
niveau de remplissage des poubelles, de
réguler l’éclairage public, de surveiller la
qualité de l’air ou encore de gérer l’occupation
des places de parking. « Elle trouve
également des usages dans la télémétrie,
par exemple pour les compteurs d’eau, de
gaz ou d’électricité intelligents. Ces dispositifs
collectent automatiquement des
données, facilitant ainsi la gestion des
ressources et réduisant les interventions
humaines », explique Julien Baudouin.
Dans le secteur de la construction et de
la gestion des bâtiments, le NB-IoT optimise
les opérations grâce à des capteurs
capables de surveiller l’état des infrastructures
ou de suivre au plus près la consommation
énergétique.
Un choix stratégique
La solution offre plusieurs avantages,
notamment en matière d’automatisation
et de réduction des coûts. Elle permet de
standardiser des processus qui auparavant
nécessitaient une intervention manuelle.
Par exemple, au lieu de devoir relever
des compteurs ou effectuer des contrôles
réguliers, les dispositifs NB-IoT collectent
et transmettent automatiquement les
données, ce qui permet de gagner du
temps et de réduire les erreurs humaines.
Du point de vue financier, les capteurs
l’utilisant sont généralement peu chers.
Cette différence de tarif est due à la simplicité
de la technologie, qui permet de
fabriquer des capteurs à faible coût tout en
offrant une performance fiable. En outre,
le fait que ces derniers transmettent peu
de données permet de limiter les frais
associés à leur gestion et à l’infrastructure
nécessaire pour les transmettre.
Enfin, un autre grand avantage réside
dans sa faible consommation d’énergie.
Les appareils nécessitent moins de batterie,
ce qui réduit les besoins en maintenance.
Ils ont donc une durée de vie plus
longue, entraînent moins de recharges
et engendrent des coûts d’entretien plus
faibles, permettant une utilisation plus
durable et rentable.
Des standards élevés pour protéger les
données
cellulaires comme LoRa (Long Range Wide
Area Network), le NB-IoT repose sur des
normes établies par la 3GPP, une organisation
internationale de normalisation
des technologies mobiles. Ces standards
garantissent un niveau élevé de sécurité
grâce à des mécanismes tels que le chiffrement
de bout en bout, l’authentification
des appareils et d’autres protocoles
inclus dès sa conception. « Contrairement
aux solutions non cellulaires, le NB-IoT
intègre des protocoles de sécurité stricts,
ce qui en fait un procédé particulièrement
robuste », précise Julien Baudouin.
En complément, les opérateurs téléphoniques
jouent un rôle clé en surveillant
en temps réel les éventuelles tentatives
de fraude ou d’intrusion. Ce double niveau
de protection, à la fois structurel et opérationnel,
fait du NB-IoT une technologie
fiable pour la gestion des données
sensibles dans des environnements
connectés.
Vers une intégration à la 5G
« Les premiers retours sont déjà positifs.
Dans des secteurs tels que les énergies
renouvelables ou la construction, nos utilisateurs
soulignent la valeur ajoutée du
NB-IoT pour automatiser des processus
auparavant chronophages », poursuit-il.
L’avenir de cette technologie s’annonce
prometteur. Actuellement basée sur les
standards de la 4G, celle-ci est conçue
pour être pleinement compatible avec la
5G, garantissant une transition fluide sans
coûts additionnels pour les utilisateurs.
Cette évolution permettra d’améliorer
certains paramètres techniques, comme
la latence et la bande passante, tout en
préservant l’autonomie des batteries.
Proximus NXT explore également des
technologies émergentes, telles que la 5G
Red Cap (Reduced Capacity), qui pourrait
combiner une consommation énergétique
maîtrisée avec une capacité de transmission
de données plus importante. Cette
solution est envisagée notamment pour
des applications nécessitant des débits
plus élevés, comme la vidéosurveillance
ou les dispositifs portables avancés.
La sécurité, un enjeu crucial pour le
NB-IoT, est assurée par une architecture
cellulaire strictement encadrée.
Contrairement aux méthodes non
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42
| DIGITALISATION
REPENSER LA CONFIDENTIALITÉ :
AU SERVICE DES CITOYENS
ET DES ENTREPRISES
Le partage de données est devenu incontournable dans notre
quotidien, qu’il s’agisse de nos activités personnelles ou professionnelles.
Dans ce contexte, il est essentiel d’allier innovation
technologique et respect de la confidentialité pour répondre aux
attentes des citoyens et des entreprises. Chez Fujitsu Luxembourg,
les ingénieurs en cybersécurité Sven Rasmusen et Sofiane Lagraa,
en collaboration avec des partenaires européens, travaillent sur
deux solutions innovantes pour garantir un partage de données
sécurisé, transparent et conforme au RGPD. Ces outils, conçus
dans le cadre de projets européens, visent à transformer la
manière dont les données sont collectées et utilisées.
En quoi la sensibilisation à l’usage des
données personnelles est-elle devenue
essentielle ?
SR : Il est primordial pour les citoyens
que leurs données soient utilisées dans le
respect de leurs exigences en matière de
confidentialité. Quant aux prestataires de
services, ils doivent respecter les réglementations
en vigueur et démontrer des
contrôles rigoureux pour protéger les
Sven Rasmusen et Sofiane Lagraa
43
données qu’ils détiennent. Avec la montée
en puissance de l’IA et son utilisation
généralisée, il devient de plus en plus
important de rester conscient des données
que l’on partage.
SL : Prenons l’exemple des recommandations
personnalisées visant à améliorer
l’expérience client de la recherche, réservation
ou enregistrement dans un hôtel.
Cela implique un certain partage de données
pour obtenir les meilleurs résultats.
Ces données sont généralement partagées
avec le site de réservation, l’hôtel et
potentiellement avec des tiers proposant
des services personnalisés durant tout
le séjour. La participation de nombreux
acteurs soulève des enjeux de conformité
au RGPD, notamment en matière de
transparence, de sensibilisation des utilisateurs,
de sécurisation des transferts de
données, de stockage, ainsi que de traçabilité
et d’audit dans le cadre d’accords de
partage de données entre entreprises.
Chez Fujitsu, nous développons deux
solutions dans le cadre des projets
Horizon Europe : la plateforme « Privacy
Assurance », au sein de TANGO (Digital
Technologies Acting as a Gatekeeper to
Information and Data Flows), et le « Data
Agreement Manager », intégré dans
TRUSTEE (Trust and Privacy Preserving
Computing Platform for Cross-Border
Federation of Data). Ces outils permettent
de partager, contrôler et surveiller l’utilisation
des données personnelles.
Quels secteurs ciblent ces solutions, et
qui en profite ?
SR : Les entreprises qui collectent et
traitent directement les données des
citoyens, ainsi que celles qui coopèrent
en partageant des données, peuvent tirer
un grand bénéfice de ces systèmes. Par
exemple, les secteurs de l’hôtellerie intelligente,
de l’assurance, de la distribution
et de la banque peuvent utiliser ces données
pour améliorer l’expérience client
grâce à la personnalisation.
SL : La plateforme « Privacy Assurance »
donne aux citoyens un moyen clair et
facile de garder une vue d’ensemble sur
qui détient leurs informations personnelles.
En parallèle, elle peut s’intégrer
à un « Data Agreement Manager », une
solution qui permet aux entreprises de
créer des accords de partage de données
traçables et conformes au RGPD.
Quels avantages les citoyens peuventils
tirer de ces solutions ?
SR : Lorsque nous utilisons des services
en ligne (sites web ou applications), il
nous est souvent demandé de partager des
informations personnelles avec plusieurs
tiers. La plateforme « Privacy Assurance »
permet au citoyen d’utiliser une plateforme
unique, intégrant un niveau supplémentaire
de contrôle de la confidentialité,
en complément du RGPD. Ces contrôles,
définis par le citoyen, déterminent leurs
préférences générales en matière de partage
de données.
Donner aux citoyens un moyen
clair et facile de garder
une vue d’ensemble sur qui
détient leurs informations
personnelles
SL : Prenons à nouveau l’exemple d’un
citoyen réservant un hôtel. Dans le cas
classique, quatre parties sont impliquées :
le citoyen, l’hôtel, les tiers associés à l’hôtel
et les autorités locales. Pour enrichir
l’expérience client, l’hôtel et ses services
tiers peuvent demander des informations
supplémentaires, comme les activités
préférées ou des restrictions alimentaires.
La plateforme « Privacy Assurance » guide
le citoyen tout au long de ce parcours,
garantissant un consentement éclairé et
continu. Avec son assistant IA intégré, la
plateforme applique automatiquement
les contrôles de confidentialité prédéfinis
par le citoyen et met en évidence les
points clés à revoir avant de donner son
consentement.
Pourquoi l’industrie hôtelière doitelle
repenser sa gestion des données
personnelles ?
SR : L’industrie hôtelière, comme d’autres,
ne peut éviter la collecte et le traitement
de données personnelles, car certaines
informations sont nécessaires pour
répondre aux exigences légales nationales
en matière de tourisme. Bien que les hôtels
ne soient pas forcément mal intentionnés
lorsqu’ils définissent leur politique
de confidentialité, des erreurs humaines
peuvent survenir, ou des systèmes informatiques
mal configurés peuvent entraîner
des failles dans la conformité au
RGPD. Ces lacunes peuvent entraîner des
amendes substantielles et nuire à la relation
avec les clients, mettant en péril la
réputation de la marque.
SL : La plateforme « Privacy Assurance »
offre des outils pour fournir des contrôles
proactifs de confidentialité et un suivi
constant. Le « Data Agreement Manager »
facilite la collaboration interentreprises
en imposant des évaluations d’impact sur
la vie privée et en assurant une conformité
au RGPD lors de la création d’accords
de partage de données infalsifiables.
Ensemble, ces solutions aident les entreprises
à adopter un modèle conforme au
RGPD, intégrant la protection de la vie
privée dès la conception et un contrôle
des accès basé sur les rôles, tout au long
du cycle de vie de la gestion des données.
Qu’en est-il des autorités de supervision
? Comment sont-elles intégrées ?
SR : Au Luxembourg, comme dans tout
État membre de l’UE, une autorité de
supervision veille à l’application du
RGPD, à savoir la Commission nationale
pour la protection des données
(CNPD). L’écosystème formé par « Privacy
Assurance » et « Data Agreement Manager »
pourrait permettre aux autorités de supervision
d’enregistrer les entreprises qui
traitent des données personnelles et d’auditer
les accords numériques signés. Grâce
à ces technologies innovantes, des vérifications
automatisées réduisent la nécessité
d’interventions humaines, tandis que
des accords commerciaux transparents et
infalsifiables renforcent la confiance dans
le partage et le traitement des données.
Fujitsu Luxembourg
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L-8303 Capellen
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44
| DIGITALISATION
Gaston Schmit, Stéphanie Obertin, Léon Gloden et Philippe Schram
LES COMMUNES À L’HONNEUR POUR LES INTERNET DAYS
Lex Delles
Gemengen Dag
La 11 e édition des Internet Days au Luxembourg s’est déroulée les 19 et 20
novembre derniers dans les locaux de la Chambre de Commerce. Organisé
par LU-CIX, l’événement a accueilli 1.300 professionnels représentant plus de
500 entreprises. Les thématiques principales qui ont été choisies cette année
portaient sur la connectivité, la lutte contre les attaques DDoS et la résilience.
La Roumanie s’est jointe à l’événement en tant que pays partenaire. L’ambassadrice
Alexandrina-Livia Rusu s’est exprimée sur ces sujets et cinq entreprises
roumaines ont fait le déplacement pour exposer et renforcer leurs relations
avec les entreprises grand-ducales. Quatre ministres luxembourgeois ont également
visité l’espace Expo et participé à des sessions de bienvenue : Elisabeth
Margue, ministre déléguée auprès du Premier ministre pour les Médias et la
Connectivité, Stéphanie Obertin, ministre de la Digitalisation, Lex Delles, ministre
de l’Économie et Léon Gloden, ministre de l’Intérieur.
Cette édition des Internet Days a aussi permis à LU-CIX de lancer officiellement
Luxchat4Gov pour les communes. « Les agents communaux et des offices sociaux
vont désormais pouvoir profiter eux aussi de cette application dont les
Délégation roumaine
45
LUNOG7 (LUxembourg Network Operator Group)
Visite de l’espace Expo
Gemengen Dag
atouts sont indéniables et dont les performances ont dépassé toutes les espérances
du ministère de la Digitalisation » a notamment déclaré Stéphanie Obertin.
D’autres événements se sont ajoutés au programme des Internet Days tels
que la « Conférence LUNOG7 » pour une plongée approfondie dans les aspects
techniques de l’exploitation des réseaux et, surtout, la première édition du
« Gemengen Dag ». Une après-midi entière a été consacrée aux défis spécifiques
du secteur communal en matière d’informatique, de connectivité et
de numérisation. Une table ronde autour de la thématique NIS2 a marqué le
début de la journée dédiée aux communes. Puis, des professionnels et des
bourgmestres se sont tour à tour succédés pour révéler des bonnes pratiques
ou des cas d’usages, comme la « cage partagée », une solution mise en œuvre
par Luxconnect et implémentée à Roeser sur la sécurisation des données
communales ou le projet pilote mené par MyConnectivity à Berdorf pour offrir
100% de connectivité ultra haut débit aux communes.
Espace Expo
Paul Konsbruck, Michel Lanners, Nicolas Debeffe, Daniel Nickels, Elisabeth Margue,
Claude Demuth, Frédérique Ulrich, Yves Schaaf, Carlo Thelen et Razvan-Petru Radu
46
| DIGITALISATION
L’IA, LA SÉCURITÉ DES DONNÉES ET
LES TECHNOLOGIES QUANTIQUES AU
CŒUR DE LA VISITE DE TRAVAIL DE
STÉPHANIE OBERTIN ET ELISABETH
MARGUE EN CALIFORNIE
Stéphanie Obertin, ministre de la Digitalisation, ministre de la
Recherche et de l’Enseignement supérieur, et Elisabeth Margue,
ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Médias
et de la Connectivité, se sont rendues en Californie du 20 au 26
novembre 2024 pour une visite de travail. Ce déplacement s’inscrit
dans le cadre de l’élaboration des stratégies nationales des données,
de l’intelligence artificielle et des technologies quantiques et
visait à approfondir les collaborations existantes et à explorer de
nouvelles perspectives.
© MinDigital
La visite a débuté par un échange avec
Gerard de Graaf, haut-représentant de
l’Union européenne pour le numérique et
chef du bureau de l’UE à San Francisco. Les
ministres Obertin et Margue ont pu discuter
avec lui du paquet législatif européen
sur le numérique, ainsi que son impact sur
les entreprises américaines actives dans
ce domaine. Chez Microsoft, la délégation
a pu explorer les opportunités offertes
par des solutions cloud innovantes pour
le secteur public et privé, tout en approfondissant
des sujets cruciaux comme la
cybersécurité, l’IA éthique et la souveraineté
des données. La première journée
s’est conclue par une visite de l’université
de Stanford, où les ministres ont pu échanger
avec des chercheurs dans les domaines
des technologies et systèmes quantiques,
dont le Luxembourgeois Felix Mayor.
Le 22 novembre, la visite de travail
s’est poursuivie par des entrevues avec
Advanced Micro Devices (AMD). Les
Visite chez NVIDIA
© MinDigital
Démonstration chez NVIDIA
Visite chez Perplexity AI
47
discussions visaient à échanger sur les
perspectives des technologies émergentes
ainsi qu’à identifier des opportunités pour
renforcer l’agenda numérique luxembourgeois
dans le but d’une meilleure implication
dans les dynamiques globales en
matière d’IA. Cette deuxième journée s’est
terminée par une visite chez Palo Alto
Networks, leader mondial de la cybersécurité.
Cette rencontre a permis d’explorer
comment les solutions de cybersécurité
peuvent s’adapter à l’ère quantique.
© MinDigital
Le 25 novembre, le programme a débuté
par une rencontre avec Ami Bhatt, professeure
de médecine et de génétique à
l’université de Stanford. Cette visite a permis
notamment d’échanger sur l’approche
collaborative et interdisciplinaire de la
recherche pratiquée à la Stanford School
of Medicine. Ensuite, la délégation s’est
rendue chez NVIDIA, leader mondial de
l’informatique accélérée. Les activités de
l’entreprise en matière de calcul accéléré
et d’IA ont un impact considérable sur les
industries, telles que la conduite autonome,
la robotique, les jumeaux numériques,
les soins de santé et le gaming.
La journée s’est terminée par un échange
chez l’entreprise Oracle, multinationale
de premier plan spécialisée dans les logiciels
de base de données, les solutions en
nuage et les systèmes de planification des
ressources de l’entreprise.
Photo de groupe - Visite chez Perplexity AI
Visite de la Stanford School of Medicine
La dernière journée de la visite de travail
aux États-Unis était dédiée à une
rencontre avec les responsables du Bay
Area Council Economic Institute suivie
d’une visite chez Perplexity AI, spécialisée
dans le développement d’un assistant
de recherche intelligent. La troisième
étape de la journée était une rencontre au
consulat général du Luxembourg avec des
représentants de la communauté luxembourgeoise
à San Francisco.
© MinDigital
Visite chez Microsoft
© MinDigital
Visite de la Stanford School of Medicine
Enfin, la visite de travail s’est terminée
par une rencontre avec la présidence de
l’université de San Francisco et la direction
du « Center for AI & Data Ethics »,
qui se concentre sur les questionnements
éthiques liés au développement des nouvelles
technologies.
Communiqué par le ministère de
la Digitalisation, le ministère de la
Recherche et de l’Enseignement supérieur
et le Service des médias, de la
connectivité et de la politique numérique
Rencontre au consulat général du Luxembourg avec des représentants
de la communauté luxembourgeoise à San Francisco
48
BRÈVES
COMMUNALES DU CENTRE
PAR BARBARA PIERROT
STRASSEN
Le 13 novembre 2024, la commune
de Strassen a accueilli le Forum
International « Bridges of Solidarity »,
réunissant des représentants luxembourgeois
et ukrainiens. À l’issue de
cet événement, le bourgmestre Nico
Pundel a signé un accord de coopération
avec trois villes ukrainiennes :
Boutcha, Skadovsk et Lviv, représentées
par leurs édiles. Cet engagement
repose sur des principes de paix et de
solidarité, visant à soutenir des initiatives
humanitaires et sociales. Face aux
défis du conflit en Ukraine, ce partenariat
se concentre sur la reconstruction
et le soutien aux populations locales.
Strassen affirme ainsi son engagement
pour la résilience et la coopération
internationale.
Source : strassen.lu
LUXEMBOURG
Pendant les Winterlights, du 22
novembre 2024 au 1 er janvier 2025,
Luxembourg-ville brillera de mille feux.
Les enfants seront comblés avec les
Winterkids sur la place Guillaume II,
proposant ateliers créatifs, séances de
lecture et spectacles de marionnettes.
Les marchés de Noël animeront les
places emblématiques : Lëtzebuerger
Chrëschtmaart (place d’Armes),
Wantermaart (place de la Constitution)
et Niklosmaart (place de Paris). La patinoire
et les attractions du Wanterpark
à la Kinnekswiss, la grande roue et la
pyramide géante émerveilleront petits
et grands. Jusqu’au 12 janvier 2025, les
illuminations transformeront les rues
en un spectacle féérique inoubliable.
Source : vdl.lu
HESPERANGE
Du 7 décembre 2024 au 3 janvier 2025,
la commune d’Hesperange accueille
une exposition dédiée aux artistes
locaux dans son espace art accueil.
Peintures, photographies et sculptures
y seront mises à l’honneur, offrant une
vitrine exceptionnelle aux talents de la
région. Le vernissage de l’événement
a eu lieu le samedi 7 décembre 2024
à 16h, marquant le coup d’envoi de
cette célébration artistique. Une belle
occasion pour les amateurs d’art et
les curieux de découvrir des œuvres
variées et originales dans un cadre
convivial.
Source : hesperange.lu
MERSCH
Le concert de chants de Noël organisé
par l’Union Grand-Duc Adolphe (Ugda),
en collaboration avec l’Union Saint-Pie,
l’INECC et la Mierscher Musek, s’est tenu
le samedi 7 décembre à 16h30 à l’église
de Mersch. La paroisse a ouvert les
portes de son église prestigieuse pour
sauver cet événement qui a réuni des
chanteuses et chanteurs de diverses
chorales du pays. Accompagnés par
les musiciens de la Mierscher Musek,
les participants ont offert un spectacle
interactif et unique, invitant le public
à chanter avec eux. Ce moment convivial,
placé sous le signe de la fête et du
partage, a ravi les spectateurs venus
nombreux pour profiter de cette performance
exceptionnelle, dont l’entrée
était entièrement gratuite.
Source : mersch.lu
BERTRANGE
Désireuse de faire vivre la participation
citoyenne, la commune de Bertrange
organise pour la première fois un budget
participatif. Ce type d’initiative, qui
a déjà porté ses fruits dans d’autres
communes du pays, permet aux habitants
de proposer des projets d’intérêt
général qui seront ensuite soumis au
vote de leurs concitoyens. Une enveloppe
totale de 100.000 euros sera ainsi
consacrée à des initiatives relevant des
domaines suivants : environnement,
urbanisme, mobilité, culture, action
sociale, éducation, jeunesse, sport ou
toute autre compétence communale.
Les habitants âgés de quatorze ans et
plus ainsi que les groupes ont jusqu’au
31 décembre pour soumettre leurs
idées sur la plateforme www.jeparticipe.bertrange.lu.
Source : bertrange.lu
WALFERDANGE
Cet hiver, la commune de Walferdange
lancera le projet pilote « Service hivernal
blanc ». Son objectif : réduire l’utilisation
de sel de déneigement pour
préserver l’environnement. Certaines
rues – à faible pente et de trafic local –
seront donc privées d’épandage. En cas
de chute de neige supérieure à 10 cm,
les portions de voirie en question
bénéficieront néanmoins d’un service
de déneigement sans salage. Quant
aux trottoirs, ils devront être dégagés
conformément au règlement de police.
La commune recommande toutefois
d’utiliser des alternatives écologiques
au sel, comme du sable ou du gravier
portant le label vert « Der Blaue Engel ».
Source : walfer.lu
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public ensemble
Plus que jamais, le secteur public se
transforme, se modernise, et devient
plus performant.
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l’avenir du secteur public repose sur l’innovation,
la transformation et l’efficacité. Les défis
d’aujourd’hui exigent des solutions novatrices et
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50
| ÉNERGIE
ENOPRIMES :
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Si vous souhaitez réaliser des projets d’optimisation énergétique
et accéder à la sobriété énergétique, pensez au programme d’aides
enoprimes pour décarboner et rendre votre entreprise plus efficiente.
Véritable acteur indépendant œuvrant
pour l’intérêt général, enoprimes s’est
imposé comme un pilier de la transition
énergétique au Luxembourg. Depuis son
lancement en 2015, ce programme de subventions
a déjà accompagné plus de 3.000
sociétés et conseillé 34.000 clients particuliers,
valorisant plus de 1.000 GWh d’économie
d’énergie. Sa mission est claire :
améliorer l’efficience énergétique, accompagner
la décarbonation et promouvoir la
sobriété énergétique, et ce tant pour les
particuliers que pour les professionnels et
les administrations.
Expertise et accompagnement
Le programme enoprimes se distingue par
son accompagnement sur mesure et son
expertise de haut niveau. Avec un réseau
de plus de 750 partenaires qualifiés, enoprimes
offre un suivi personnalisé. En
2023, 180 visites gratuites de sociétés ont
été réalisées, offrant des conseils spécifiques
adaptés aux besoins de chaque
entreprise.
Des primes simples, rapides et
cumulables
L’un des atouts majeurs d’enoprimes
réside dans la simplicité et la rapidité des
démarches pour bénéficier des subsides.
Par exemple, grâce à son simulateur en
51
ligne, il est facile et rapide d’évaluer les
primes pour des opérations standardisées
telles que le remplacement d’un moteur,
l’isolation ou l’installation d’une nouvelle
presse d’injection. De plus, les primes sont
cumulables avec d’autres subventions privées
ou étatiques.
Des vouchers pour plus de durabilité
Le montant des primes est directement
proportionnel aux économies d’énergie
réalisées, indépendamment du coût des
investissements. Pour les projets générant
plus de 500 MWh d’économie d’énergie
ou plus de 12.500 euros de primes,
90% de la prime est versée par Enovos
et les 10% restants sont rétribués sous la
forme de vouchers valables deux ans. Ces
derniers sont utilisables pour divers services
énergétiques d’accompagnement
et conseil proposés par l’energieagence
et les sociétés partenaires enoprimes,
comme des études énergétiques, des
audits ou encore de la gestion d’énergie.
Des trucs et astuces sans investir un sou
enoprimes valorise également les actions
et primes sans investissement, notamment
tout ce qui touche à l’optimisation
d’un processus. Par exemple, la réduction
des fuites d’air comprimé dans l’industrie
ou l’abaissement de la consigne de température
dans les bâtiments tertiaires,
où un degré de moins correspond à environ
7% d’économies sur la facture de
chauffage.
enoprimes, c’est donc bien plus qu’un
programme de subventions. C’est un partenaire
stratégique pour tous ceux qui
souhaitent s’engager dans la transition
énergétique, offrant un accompagnement
personnalisé et une expertise reconnue
pour maximiser les gains énergétiques
et réduire l’empreinte carbone de votre
entreprise.
Pour plus d’informations,
rendez-vous sur enoprimes.lu
52
| ÉNERGIE
QUAND L’OR BLEU DEVIENT VERT
Paul Zeimet et André Weidenhaupt
Lorsqu’un syndicat intercommunal
à portée industrielle
décide de réduire son
empreinte carbone, la solution
peut se révéler de grande
ampleur. C’est ainsi que, grâce à
Soler, qui développe et exploite
des installations de production
d’énergie à partir de sources
renouvelables, le Syndicat des
eaux du barrage d’Esch-sur-
Sûre (SEBES) est devenu l’initiateur
d’un nouveau parc éolien,
le « Wandpark Eschdorf », qui
permettra de couvrir la quasitotalité
de ses besoins en électricité.
Paul Zeimet, Managing
Director de Soler, et André
Weidenhaupt, président du
SEBES, nous expliquent comment
ils comptent faire de l’or
bleu une ressource plus verte !
Au printemps, vous avez annoncé
votre projet commun « Wandpark
Eschdorf ». Sa particularité : reposer
sur une joint-venture entre Soler et le
SEBES. Pourquoi avoir opté pour cette
solution ?
AW : Le SEBES, qui approvisionne près de
50% de la population luxembourgeoise en
eau potable, a récemment remis à neuf sa
station de traitement des eaux, une installation
qui fait du syndicat le plus gros
consommateur d’énergie électrique de la
commune d’Esch-sur-Sûre. Soucieux de
réduire notre empreinte carbone, nous
avons décidé d’équiper nos toitures de
panneaux photovoltaïques. Une fois réalisée,
l’infrastructure permettra de couvrir
10% de notre consommation électrique.
Pour combler les 90% restants,
nous avons pensé à l’énergie éolienne et
nous nous sommes donc rapprochés de
Soler.
PZ : De tels partenariats permettent à
Soler d’exploiter de nouveaux sites propices
au développement de l’éolien. Nous
opérons déjà 14 parcs avec 49 éoliennes
à travers tout le pays et, le territoire
n’étant pas extensible, nous cherchons de
plus en plus à nouer des partenariats avec
des professionnels de l’industrie désireux
de réduire leur empreinte carbone pour
assigner de nouveaux sites à la production
d’énergie renouvelable.
La quasi-totalité des besoins du SEBES
sera couverte par une seule et unique
éolienne. Quelles sont ses caractéristiques
techniques ?
PZ : Ce qui rend le projet exceptionnel
c’est le choix de l’éolienne : un modèle
de toute dernière génération, l’Enercon-E-175,
une tour en acier et béton
de 162 m équipée de pales de 86 m dont
53
la puissance installée s’élève à 6 MW.
Sa production annuelle est estimée à
23,5 GWh, soit plus de 6 fois les besoins
énergétiques annuels des ménages de la
commune d’Esch-sur-Sûre, ce qui souligne
l’envergure régionale du projet.
Ces performances ont pu être obtenues
grâce au développement technologique
continu qui a permis de multiplier par 40
l’énergie produite par une seule éolienne
depuis les premiers modèles installés au
Luxembourg dans les années 1990. Selon
le calcul standard utilisé pour établir une
comparaison avec les émissions d’une
turbine à gaz, l’électricité produite par
le « Wandpark Eschdorf » permettra ainsi
d’économiser environ 15.275 tonnes de
CO 2
par an.
Nous explorons
d’autres pistes qui
nous permettraient
de développer davantage
l’énergie éolienne
échevinal de la commune d’Esch-sur-
Sûre depuis le début des études. Dans
un second temps, nous avons organisé
conjointement une séance d’information
à destination des habitants. Une centaine
d’entre eux ont répondu présents et ont
accueilli le projet avec enthousiasme.
L’approche participative est chère à
Soler. Les citoyens auront-ils l’opportunité
de participer au capital de la
société dans ce cas-ci ?
PZ : En effet, tous nos projets comportent
une dimension participative. Un an après
la mise en service de l’éolienne – le temps
de nous assurer de la productivité et de
la rentabilité du parc, nous ouvrirons le
capital de la société aux citoyens de la
commune ou à la commune. C’est un élément
clé à nos yeux pour obtenir l’acceptation
de la population.
La collaboration entre vos deux entités
ne s’arrête pas là puisqu’une
seconde joint-venture a vu le jour,
cette fois pour garantir la production
d’eau potable en cas de blackout…
sur le long terme puisque nous explorons
d’autres pistes qui nous permettraient de
développer davantage l’énergie éolienne.
Nous analysons actuellement quelques
implantations potentielles le long des
structures d’adduction du SEBES. Le
grand avantage est que les infrastructures
du syndicat sont toujours couplées
à un réseau de câblage électrique, et la
joint-venture nous permet d’en profiter.
Nos deux entités sont donc gagnantes.
Nous espérons que ce projet exemplaire
encouragera d’autres acteurs à envisager
un partenariat du même type. Nous ne
demandons qu’à collaborer avec d’autres
syndicats intercommunaux ou entreprises
industrielles qui partageraient la
même volonté de réduire leur empreinte
carbone !
Parlez-nous de la genèse du projet.
Comment les premières phases de
conception se sont-elles déroulées ?
PZ : Si les prémices du projet « Wandpark
Eschdorf » remontent à quelques années,
sa conception dans sa forme actuelle a
démarré en 2021. Nous avons alors analysé
les alentours du SEBES pour identifier
les meilleurs sites. Celui que nous
avons retenu en premier se prête parfaitement
au projet puisqu’il est proche des
infrastructures qui permettent de relier
l’éolienne au réseau électrique. Situé à
1.200 m des premières habitations, il permet
de respecter les normes acoustiques
strictes en vigueur au Luxembourg.
Quant aux études environnementales,
elles n’ont révélé aucune contrindication.
Nous avons donc introduit tous les
dossiers nécessaires auprès des autorités
compétentes et attendons les autorisations
pour donner le feu vert à Enercon.
La construction et la mise en service sont
prévues en 2026.
AW : Notons que nous avons veillé à
impliquer les acteurs locaux dans le
processus, en premier lieu le collège
AW : Effectivement. En érigeant sa nouvelle
station, le SEBES a construit une
station de transformation d’énergie électrique
connectée au réseau haute tension
de Creos et dimensionnée pour permettre
– moyennant une convention avec l’État
et Soler, respectivement propriétaire
et exploitant – le couplage à la centrale
hydroélectrique d’Esch-sur-Sûre. Ainsi,
le cas échéant, il suffit d’ouvrir les vannes
et de laisser turbiner les installations
du barrage pour y capter directement de
l’énergie. C’est crucial pour assurer la
continuité d’un service qui est résolument
critique, ce que ne pouvaient nous
garantir des énergies intermittentes
comme celle du soleil et du vent. Cette
joint-venture fait de nous l’un des rares
producteurs d’eau potable au monde à
bénéficier d’une autonomie énergétique
le rendant opérationnel même en cas de
panne.
Avez-vous pour ambition de renforcer
votre collaboration à l’avenir ?
PZ : Tout à fait. Ce n’est que le début d’un
beau partenariat que nous envisageons
LE CHIFFRE
23,5 GWh
production annuelle estimée
du futur « Wandpark Eschdorf »
Soler S.A.
2, rue Pierre d’Aspelt
L-1142 Luxembourg
www.soler.lu
SEBES
20, Um Quatre Vents
L-9150 Eschdorf
www.sebes.lu
54
| ÉNERGIE
DÉVELOPPER LE BIOGAZ
AU LUXEMBOURG
Face aux défis climatiques et énergétiques et aux différentes crises
géopolitiques, le biogaz a tendance à s’imposer comme l’une des solutions
d’avenir au Luxembourg. L’association Biogasvereenegung
joue un rôle central dans cette transition en mettant en avant des
objectifs clairs pour développer le secteur. Pol Wagner, président,
Claude Berscheid et Fabienne Thommes, membres de l’asbl, et
Dr. Khadidja Chaib Draa, conseillère, partagent leur vision stratégique.
Ils reviennent également sur les objectifs de l’association
et les défis à surmonter pour consolider et maximiser l’impact
d’une production de biogaz durable et intégrée dans l’économie
locale et circulaire.
Promouvoir l’indépendance énergétique
locale
L’un des objectifs majeurs de l’asbl
Biogasvereenegung est de renforcer l’indépendance
énergétique du Luxembourg.
En encourageant la production de biogaz à
partir de ressources locales, et notamment
à travers le processus de la biométhanisation,
l’association souhaite réduire la
dépendance du pays aux énergies importées
et à l’envolée des prix à la suite du
conflit entre la Russie et l’Ukraine, par
exemple. « Le biogaz est une énergie stable,
produite localement, qui permet de diversifier
nos sources énergétiques tout en
valorisant les déchets agricoles », explique
Pol Wagner, le président de l’asbl. À l’heure
actuelle, cette énergie permet de chauffer
Claude Berscheid, Fabienne Thommes, Pol Wagner et Dr. Khadidja Chaib Draa
55
environ 3.000 ménages au Luxembourg et
produit 186 GWh d’énergie renouvelable
« et nous n’en sommes encore qu’aux prémices
de son plein potentiel à l’échelle
nationale », poursuit-il.
Pour atteindre cet objectif, l’association
travaille en étroite collaboration avec les
agriculteurs afin de mettre en place des
installations adaptées à leurs exploitations.
Ces unités de production transforment
les effluents agricoles et autres
matières organiques en énergie qui contribue,
in fine, à la création d’un cercle vertueux.
« En somme, c’est la suite logique et
l’étape finale de l’activité de l’agriculteur »,
indique Fabienne Thommes, membre de
l’association.
Valoriser les effluents agricoles
En effet, transformer les déchets organiques
en biogaz permet non seulement
de produire de l’énergie renouvelable,
mais aussi de réduire les émissions de
gaz à effet de serre en évitant le recours
aux engrais chimiques très énergivores et
leur transport gourmand en CO 2
jusqu’aux
exploitations agricoles.
L’association participe à la Stratégie
nationale pour le développement de la
production de biogaz au Luxembourg
que le gouvernement a mise en place
récemment. « Les incitations financières
jouent un rôle clé dans cette démarche
grâce à la prime de lisier. Pour l’obtenir,
il est nécessaire que 70% de la ration
d’intrants dans l’installation soit constituée
d’effluents d’élevage. Cependant, les
exploitants qui valorisent jusqu’à 90%
de ces effluents peuvent bénéficier de
primes significatives », précise Dr. Khadidja
Chaib Draa, conseillère référente. « Nous
voulons montrer que le biogaz n’est pas
seulement une solution énergétique, mais
aussi un outil de développement rural qui
contribue à la vie économique locale »,
poursuit-elle.
Communiquer avec les communes
Les communes, justement, ont un rôle
à jouer dans le déploiement du biogaz.
Elles peuvent fournir les producteurs avec
leurs déchets liés à l’entretien des espaces
verts par exemple. Les administrations
locales mettent également à disposition
des conteneurs spécialement conçus pour
recevoir les résidus organiques de leurs
citoyens. « Les installations de biogaz sont
en mesure de valoriser ces déchets afin
qu’ils ne soient pas brûlés ou compostés
sans utiliser leur plein potentiel », indique
Claude Berscheid.
En outre, les communes peuvent aussi
contribuer au développement des
infrastructures nécessaires, qu’il s’agisse
de renforcer le réseau de chaleur pour
faciliter la distribution locale ou d’améliorer
la disponibilité du réseau électrique
pour accompagner les projets de biogaz.
Montrer que le biogaz n’est
pas seulement une solution
énergétique, mais aussi
un outil de développement
rural qui contribue à la vie
économique locale
« L’intérêt des communes pour notre ressource
s’accroît d’année en année. Nous
le constatons depuis le conflit russoukrainien
qui a renforcé l’envie d’acheter
de la chaleur locale et renouvelable à prix
moins onéreux. De plus, le biogaz permet
de chauffer les bâtiments publics, tels que
les écoles et les piscines, ou privés, comme
les grandes surfaces ou tout simplement
les maisons d’habitation. Il suffit d’être
relié à un réseau de chaleur », explique
Dr. Khadidja Chaib Draa. En plus, actuellement,
trois installations sont en mesure
d’injecter du biométhane sur l’ensemble
du réseau public grand-ducal.
Accompagner les porteurs de projet
L’un des autres objectifs de l’asbl est de
multiplier ces projets, petits ou grands,
afin de renforcer la part du biogaz dans
l’approvisionnement énergétique national.
« Une fois purifié, le biométhane
possède les mêmes propriétés que le
gaz naturel, ce qui facilite son injection
dans le réseau », explique Pol Wagner.
L’association milite aussi pour la création
d’infrastructures adaptées et pour
une meilleure reconnaissance du biogaz
comme ressource énergétique de premier
plan. Cela passe notamment par des discussions
régulières avec les autorités
locales, les administrations publiques et
les gestionnaires de réseaux.
Le président déplore néanmoins que
la mise en place d’une installation, qui
nécessite l’approbation de trois ministères,
soit parfois complexe. « La surcharge
administrative représente l’un des principaux
freins au développement du biogaz
au Luxembourg, mais nous proposons
un accompagnement personnalisé pour
aider les porteurs de projet à respecter
les normes en vigueur et à sécuriser leurs
installations ».
Assurer la formation et la sensibilisation
Parmi ses nombreuses activités, l’asbl
Biogasvereenegung accorde une grande
importance à la formation des acteurs du
secteur. « Nous organisons des séminaires
et des formations pour les agriculteurs qui
désirent se lancer dans un tel projet. Ces
sessions abordent des thématiques variées,
allant de la biologie pour optimiser la production
à la conformité réglementaire. La
formation est essentielle pour garantir la
pérennité des installations. Elle assure
également la sécurité des opérations »,
souligne Fabienne Thommes.
Par ailleurs, les responsables de l’asbl
mènent des actions de sensibilisation
auprès du grand public et des décideurs
politiques pour faire connaître les avantages
du biogaz. « En somme, nous souhaitons
créer un environnement favorable au
développement de cette énergie renouvelable
sur le territoire national », conclut Pol
Wagner.
LE CHIFFRE
environ
3.000
ménages luxembourgeois
chauffés au biogaz
(186 GWh d’énergie renouvelable)
Biogasvereenegung asbl
6, rue Eugène Reiser
L-9175 Niederfeulen
www.biogasvereenegung.lu
56
BRÈVES
COMMUNALES DU SUD
PAR BARBARA PIERROT
DUDELANGE
Le jeudi 12 décembre, de 18h à 19h, la
place Am Duerf à Dudelange accueille
un moment solidaire sous la pyramide
de Noël. L’intégralité des recettes
de cette initiative est reversée à une
bonne cause, offrant à tous l’opportunité
de contribuer à un projet caritatif
tout en profitant de l’esprit des fêtes.
Cet événement, organisé dans le cadre
du Wantermaart, invite habitants et
visiteurs à partager un instant chaleureux
en soutenant une action qui fait la
différence pour la communauté.
Source : dudelange.lu
LEUDELANGE
La commune de Leudelange organise le
dimanche 26 janvier 2025 une nouvelle
édition du Leidelenger Wanterlaf, une
course hivernale ouverte à tous les âges.
Le programme inclut une course pour
enfants de 1,25 km (départ à 9h30) et
des parcours de 10 km, 15 km et 21,5 km,
qui démarreront à 10h. Cet événement
est une belle opportunité pour explorer
les paysages hivernaux tout en relevant
un défi sportif. Coureurs amateurs ou
confirmés apprécieront l’ambiance
conviviale et le cadre naturel unique.
Pour plus d’informations et inscription,
rendez-vous sur le site officiel :
wanterlaf-leideleng.lu.
Source : leudelange.lu
ESCH-SUR-ALZETTE
Le 29 novembre, la ville d’Esch a tenu
avec succès la première édition de
son Symposium sur l’Architecture et le
Patrimoine à la Kulturfabrik. Plus de 100
participants, professionnels et grand
public, ont assisté à cet événement
qui a exploré les liens entre héritage
et innovation dans le développement
urbain. Les discussions ont abordé
les défis de la préservation du patrimoine
tout en intégrant des approches
modernes. La traduction simultanée en
français et en allemand a garanti l’inclusivité
de l’événement.
Source : citylife.esch.lu
SANEM
La commune de Sanem et la
Commission culturelle organisent
la cérémonie du Mérite culturel le
17 décembre à 19h30 à l’Artikuss, à
Soleuvre. Cette soirée met à l’honneur
deux talents locaux : Christophe
Wagner, réalisateur et scénariste, qui
recevra le Mérite culturel et Esther
Conter, actrice de comédie musicale
et compositrice-interprète, distinguée
par le Prix d’encouragement culturel.
Ces artistes illustrent le rayonnement
de Sanem au-delà de ses frontières.
L’inscription est obligatoire à l’adresse
e-mail service.rpc@suessem.lu. Une
belle occasion de célébrer la culture
et le talent dans un cadre convivial et
inspirant.
Source : suessem.lu
FRISANGE
Le 6 décembre, la commune de Frisange
a célébré l’inauguration des annexes
restaurées du château d’Aspelt,
en présence des ministres Éric Thill et
Lex Delles. Monument national du 13 e
siècle, le château a bénéficié d’une restauration
complète entre 2011 et 2024.
Avec un budget de 7,17 millions d’euros,
le projet a transformé ses 1.500 m²
en un espace communal, culturel et
sociétaire moderne. Cette réalisation
exemplaire conjugue tradition et innovation,
offrant un lieu de rencontre
vivant au cœur de Frisange, pour valoriser
son histoire tout en répondant aux
besoins actuels.
Source : frisange.lu
DIFFERDANGE
Le 14 novembre, l’Association des
Parents d’Élèves (APE) du Lycée Michel-
Rodange a célébré ses 50 ans d’engagement
au service des élèves et de
leurs familles. Fondée en 1974, après
une mobilisation parentale pour la
construction du lycée, l’APE a marqué
l’histoire scolaire en devenant un
acteur clé du dialogue avec l’administration
communale. Au fil des décennies,
elle a œuvré pour la sécurité,
le bien-être des élèves et des projets
innovants, tels que des formations en
premiers secours. Ces réalisations ont
renforcé son rôle central dans la vie
éducative, témoignant d’un demi-siècle
de collaboration fructueuse au sein de
la communauté scolaire.
Source : differdange.lu
DEPUIS 2020,
JE SUIS
SOBRE
ÉNERGÉTIQUEMENT
enoprimes
Vous aussi, réalisez des projets d’optimisation énergétique
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d’aides enoprimes pour décarboner et rendre
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58
| SECTEUR PUBLIC
ÉVALUER POUR MIEUX DÉCIDER :
GUIDE PRATIQUE POUR AMÉLIORER
LES POLITIQUES PUBLIQUES
Moderniser et renforcer la fonction publique, c’est l’objectif que le
gouvernement entend atteindre en prônant l’efficacité et la transparence,
selon les termes de l’accord de coalition actuel. Et si la
pratique de l’évaluation faisait partie de la solution ? C’est ce qu’estiment
Jacques-Félix Wirtz et Constantin Keith, respectivement
Director et Associate Consultant au sein du département « Industry
& Public Sector Consulting » de PwC Luxembourg. Pourquoi évaluer
une initiative publique ? Selon quels critères et quelles méthodes ?
Et, surtout, comment s’approprier les résultats ainsi obtenus ?
Éléments de réponse.
À ma connaissance, aucun organisme
ne propose actuellement de formation y
dédiée aux employés et fonctionnaires du
secteur public », remarque Jacques-Félix
Wirtz. Par ailleurs, ressources humaines et
financières font souvent défaut elles aussi.
« C’est pourquoi nous recommandons toujours,
en amont, de dédier un pourcentage
du budget d’un projet à l’évaluation »,
conseille Constantin Keith.
Une pratique aux multiples bénéfices…
À ne pas confondre avec l’audit, l’évaluation
est un processus systématique
et structuré permettant de mesurer la
pertinence, la cohérence, l’efficacité,
l’efficience, l’impact et / ou la durabilité
de projets, programmes et autres politiques.
« Ces critères – retenus par l’OCDE
– visent notamment à assurer que les
initiatives publiques répondent à un réel
besoin, se coordonnent adéquatement et
n’entrent pas en contradiction les unes
avec les autres. Ils permettent également
de vérifier qu’un programme, un projet
ou une politique atteigne effectivement
ses objectifs et que les ressources à disposition
(humaines, financières ou encore
technologiques) soient correctement
utilisées pour ce faire. Quant aux deux
derniers critères, ils permettent d’évaluer
les effets à moyen et long terme (attendus
ou non) des mesures mises en place »,
explique Jacques-Félix Wirtz.
In fine, l’analyse de tous ces critères doit
mener à une prise de décision éclairée,
basée sur des données probantes, mais
pas seulement. Pour le secteur public,
il s’agit aussi d’une affaire de transparence.
« Nous vivons dans un monde qui
priorise l’opérationnel et dans lequel
nous prenons rarement le temps de faire
pause pour réfléchir à nos actions et les
réorienter le cas échéant. L’évaluation, en
ce sens, permet de consacrer du temps à
l’amélioration continue. C’est d’autant
plus important dans le secteur public où
projets et programmes sont menés avec
l’argent du contribuable. Les évaluer, c’est
rendre compte de l’utilisation de ces ressources
financières. Il est ainsi question
de redevabilité, mais aussi d’accroître la
confiance du citoyen envers les pouvoirs
publics », considère Constantin Keith.
« Ainsi, l’évaluation permet de répondre
aux ambitions de l’accord de coalition
2023-2028, qui plaide justement pour une
fonction publique modernisée, digitalisée,
mais aussi plus transparente et efficiente.
Malheureusement, force est de constater
qu’une telle culture évaluative fait défaut
au Luxembourg », souligne Jacques-Félix
Wirtz.
… mais encore trop peu répandue
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’intérêt
limité pour les pratiques évaluatives.
La première relève d’une maîtrise parfois
incomplète du processus au sein du secteur
public. En effet, les administrations
ne disposent pas toujours des outils, des
connaissances et des compétences nécessaires
pour mener à bien une évaluation de
laquelle elles pourraient tirer de véritables
leçons. « La pratique évaluative n’est pas
encore institutionnalisée au Luxembourg.
Autre explication à ce désintérêt pour
l’évaluation : le manque de pression
externe. « Sauf dans le cadre d’initiatives
financées par des fonds européens et
d’autres cas spécifiques, nos administrations
ne sont pas tenues de procéder à
l’évaluation de leurs actions. Or, en l’absence
d’obligation, il est fréquent que ces
démarches ne soient pas systématiquement
entreprises », soulève Jacques-Félix
Wirtz.
Et puis, il y a la crainte non négligeable
des résultats. « La peur de constater qu’on
mène un programme ou une politique non
efficiente ou qui ne porte pas ses fruits
est réelle. Certains porteurs de projet,
qui recourent parfois à l’autoévaluation,
nous ont déjà confié faire abstraction des
résultats déplaisants de leurs rapports
d’évaluation ! En plus d’être plus subjective
qu’objective, cette façon de faire ne
laisse pas la place à l’amélioration, ôtant
tout intérêt à l’exercice. Rappelons-le :
l’évaluation doit être vue comme un soutien
et non comme un contrôle », affirme
Jacques-Félix Wirtz.
Alors que faire ?
Pour que la démarche porte réellement
ses fruits, confier l’évaluation à un professionnel
objectif et rompu à l’exercice
semble alors tout indiqué. « Nous évaluons
systématiquement les initiatives de nos
59
Jacques-Félix Wirtz et Constantin Keith
clients à l’aune de la théorie du changement.
Il s’agit d’identifier les « inputs » (les
ressources mises à disposition du projet),
les activités réalisées avec ceux-ci et leurs
« outputs » (résultats). Suite à cela, nous
pouvons analyser l’effet du projet et son
impact, ce qui nous permet de déterminer
objectivement si l’intervention fait sens »,
explique Jacques-Félix Wirtz.
Sorte de préambule à l’évaluation, la théorie
du changement permet aux équipes de
PwC de comprendre les tenants et aboutissants
du projet de leur client avant de
se pencher sur les critères d’évaluation les
plus pertinents. « Nous veillons toujours à
organiser une session de cadrage avec le
commanditaire afin de comprendre précisément
ses attentes. En effet, certains
clients souhaitent évaluer la pertinence et
la cohérence de leur projet plutôt que son
efficacité, son efficience ou son impact,
par exemple. Des critères à étudier dépendront
alors les méthodes à appliquer, les
données nécessaires à l’évaluation (et,
par conséquent, les sources dont nous
pourrons extraire ces informations) et la
mise en place d’une matrice évaluative
complète et cohérente garantissant la pertinence
de l’exercice », indique Jacques-
Félix Wirtz.
Le cabinet de conseil intervient avec une
approche formative et participative qui
implique le commanditaire au maximum
afin que celui-ci s’approprie non seulement
le processus évaluatif, mais aussi et
surtout ses résultats. « Nous organisons
des ateliers collaboratifs pour travailler
ensemble sur les éléments clés qui permettraient
d’améliorer les éventuelles faiblesses
détectées au terme de l’évaluation.
C’est primordial pour tirer des leçons et
des bénéfices de la démarche. Sans cela,
les résultats risquent de terminer au fond
d’un tiroir », précise Constantin Keith.
Quant au bon timing pour se lancer ? Il
n’y en a pas. Tout dépend des attentes
placées dans le processus. « L’exercice peut
être effectué à différents stades d’un programme.
L’évaluation dite « ex-ante » se
rapproche de l’étude de faisabilité et l’évaluation
« ex-post » est généralement réalisée
plusieurs années après l’achèvement
du projet, du programme ou de la politique
en question pour juger son impact à long
terme. Plus courante, l’évaluation finale
vise à en mesurer les effets directement à
son terme. Intéressante également, l’évaluation
à mi-parcours permet de réajuster
le tir en cours de route si nécessaire. Elle
est particulièrement utile dans le cadre
de programmes pluriannuels qui se succèdent
directement, par exemple », poursuit
Constantin Keith.
Une constante néanmoins : l’évaluation
se prépare en amont, par l’allocation d’un
budget et la mise en place d’un système
de collecte de données, sans quoi il est
impossible de procéder à une évaluation
rigoureuse !
PwC Luxembourg
2, rue Gerhard Mercator
L-1014 Luxembourg
www.pwc.lu
60
| SECTEUR PUBLIC
SYVICOL :
DAVANTAGE DE VISIBILITÉ
ET DE POIDS POLITIQUE
POUR FAIRE FACE AUX DÉFIS
Constitué en 1986 sous le statut de syndicat de communes à l’initiative
de son père fondateur Henry Cravatte, un homme politique
de gauche, le Syndicat des villes et communes luxembourgeoises
est l’organisation faîtière des 100 communes du Grand-Duché de
Luxembourg. Fort de l’adhésion de l’ensemble des communes, le
SYVICOL a réussi à s’imposer comme leur porte-parole en devenant
l’interlocuteur privilégié du gouvernement pour toutes
les questions concernant le secteur communal. Emile Eicher, le
député-échevin de Clervaux, qui préside le syndicat depuis le 7
mai 2012, fait le point sur le passé et l’avenir, et aborde les défis
qui attendent les communes.
Quelles sont les missions et activités du
SYVICOL ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que
ses missions sont nombreuses et diversifiées.
En tant que représentant général
des 100 communes, sa principale mission
consiste à rédiger des avis sur tout projet
de loi ou de règlement ayant un impact
au niveau communal. Ces avis sont adoptés
par notre comité, dont les 18 membres
sont les délégués des 100 communes.
Pour évaluer le mieux possible l’impact
des nouvelles législations sur le secteur
communal, nous pouvons recourir à trois
commissions internes, composées d’élus
et d’agents communaux, qui nous fournissent
un retour d’expérience précieux.
Le SYVICOL représente également les
communes luxembourgeoises au sein
des instances européennes et internationales
qui ont pour objectif la défense
des intérêts des collectivités locales. Une
autre mission du syndicat consiste à promouvoir
la coopération transfrontalière
et interterritoriale des communes par le
biais de jumelages de villes ou d’autres
partenariats avec des collectivités territoriales
étrangères.
Si vous deviez faire le point sur le mandat
écoulé, comment le SYVICOL a-t-il
évolué ?
Le SYVICOL est plus que jamais l’interlocuteur
privilégié du gouvernement pour
les questions touchant aux communes. Je
dirais même que nous sommes devenus un
acteur incontournable, comme nous avons
considérablement gagné en visibilité et
surtout en poids politique au cours des
dernières années.
Nous sommes actuellement très sollicités,
même si le gouvernement est libre de nous
consulter ou non. Raison pour laquelle le
SYVICOL revendique depuis longtemps
l’institutionnalisation de sa consultation
sur tout projet de loi ou de règlement
affectant les communes. Je suis confiant
que nous y parviendrons d’ici la fin de la
législature, étant donné que l’accord de
coalition comporte une stipulation dans
ce sens, même si nous aurions souhaité
une formulation plus claire.
Vous avez été réélu président en janvier
dernier, comment abordez-vous ce
nouveau mandat et quelles seront vos
priorités ?
C’est avec beaucoup de fraîcheur et de
motivation que j’ai entamé mon nouveau
mandat. Après les grandes avancées
décrites plus haut, nous sommes
désormais régulièrement consultés,
avant même qu’un projet de loi ne soit
écrit. C’est crucial car, une fois le projet
déposé, il est plus difficile d’y apporter des
modifications.
À l’heure actuelle, les échanges avec le
gouvernement sont excellents et nous
avons de plus en plus l’impression que les
communes sont enfin considérées comme
un véritable partenaire, non seulement
dans le discours, mais aussi dans les faits.
C’était d’ailleurs une de nos revendications
formulées dans le cadre d’une prise
de position adoptée par le comité précédent
en octobre 2022. 1
Ce qui me tient particulièrement à cœur,
ce sont les finances communales. Si les
communes disposent de ressources financières
suffisantes, elles pourront non seulement
recruter le personnel dont elles
ont besoin pour améliorer leurs services,
mais surtout jouer un rôle décisif dans la
relance tant attendue de la construction.
Quels sont les enjeux actuels auxquels
les communes luxembourgeoises sont
confrontées, notamment en matière de
logement et d’infrastructure ?
Comme je l’ai déjà dit, c’est la question
financière. Le SYVICOL salue le fait que
le ministre des Affaires intérieures et le
ministre des Finances aient reconnu que
les dotations aux communes devaient
être renforcées. Des mesures concrètes,
telles que la révision des modalités de
calcul des contributions communales au
1
« Des communes fortes et autonomes au service des citoyens – 36 propositions pour la prochaine période législative ». Plus d’informations sur :
www.syvicol.lu/media/93069766-9c5f-4207-812a-adfba76ad11e/pp22-01-priorites-politiques-pour-les-elections-2023.pdf
61
Le président Emile Eicher
Fonds pour l’emploi, l’allègement de la
participation financière des communes au
CGDIS et l’adaptation d’une série de subsides
étatiques, constituent à cet égard des
premiers pas importants dans la bonne
direction.
Une priorité essentielle est le contrôle de
la mise en œuvre du principe constitutionnel
de la connexité, qui ne se limite pas à
la mise à disposition de moyens financiers
supplémentaires lors de l’attribution de
nouvelles missions aux communes, mais
qui doit s’appliquer dans le temps. Cela
implique une adaptation régulière des
dotations à l’évolution des tâches et de
leurs coûts.
Et si les communes doivent jouer un rôle
différent de celui qu’elles ont tenu jusqu’à
présent dans le domaine du logement et
de l’infrastructure, elles doivent disposer
non seulement des moyens financiers
nécessaires, comme le prévoit ce principe,
mais aussi de ressources humaines. Les
petites communes ne disposent en général
pas du personnel qualifié nécessaire
dans le domaine de la gestion de logements.
L’échange de bonnes pratiques et
d’expériences est également important si
nous voulons progresser dans ce domaine,
car il n’est pas nécessaire de réinventer la
roue.
Quelles initiatives sont prises pour
renforcer la participation citoyenne au
niveau communal ?
Tout d’abord, il est important de souligner
l’importance de ce thème, étant
donné que les citoyens souhaitent non
seulement être représentés par la politique
locale, mais aussi participer activement
aux discussions, à la conception et
à la prise de décision. En tant que responsables
politiques, nous devons tirer parti
de cette nouvelle tendance. Le SYVICOL
salue par conséquent l’introduction d’outils
qui visent à renforcer la participation
citoyenne.
Je ne vais pas entrer dans les détails, mais
tout simplement citer un exemple concret
de ma commune d’origine, Clervaux, où
nous avons adopté une approche participative
pour la conception d’une aire de
jeux pour tous. L’objectif était de faire
participer les citoyens, mais aussi de créer
des aires de jeux accessibles à tous. Avant
l’élaboration même du projet, le collège
des bourgmestre et échevins a cherché
le dialogue avec les habitants. Cette initiative
a été très bien accueillie. Et les
citoyens étaient nombreux à participer à
la planification et même à la réalisation
du projet.
Comment soutenez-vous les communes
dans la mise en place du Pacte Communal
du Vivre-Ensemble Interculturel, et
quelles actions concrètes sont menées
pour promouvoir la cohésion sociale et
l’intégration locale ?
Ici, j’aimerais également citer un exemple
d’une commune de l’Est du pays, où un
grand projet de logement entraînera une
forte augmentation de la population. La
commune en question doit faire face à
de multiples défis, comme la création
de l’espace scolaire nécessaire, l’augmentation
de la capacité de la station
d’épuration ou l’accroissement de l’approvisionnement
en eau potable, pour ne
citer que ces trois-là.
62
Le comité du SYVICOL
Par ailleurs, la nouvelle loi relative au
vivre-ensemble interculturel implique un
changement de paradigme de l’intégration
des non-Luxembourgeois dans notre
société vers un réel vivre-ensemble de
toute la population et tous les transfrontaliers
qui passent une grande partie de
leur temps au Luxembourg chaque jour.
Les nouveaux citoyens, les résidents de
longue date et les travailleurs transfrontaliers
doivent se sentir chez eux dans
leur commune afin de garantir la cohésion
sociale de notre société.
En signant le « Gemengepakt », le pacte
communal du vivre-ensemble interculturel,
une commune ou un groupement de
communes, le SYVICOL et le ministère
de la Famille, des Solidarités, du Vivre
ensemble et de l’Accueil (MFSVA) s’engagent
dans une collaboration étroite, en
vue d’un processus pluriannuel et participatif
pour promouvoir cette cohésion
sociale. Ce processus met l’accent sur
l’accès à l’information, la participation
de toutes les personnes résidant ou travaillant
dans la commune. S’y ajoute la
lutte contre le racisme et toute forme de
discrimination.
La petite trentaine de communes, 33
pour être précis, qui a déjà signé le
« Gemengepakt » est également censée
motiver les citoyens à s’engager, par
exemple en signant le « Biergerpakt », le
pacte citoyen avec le MFSVA. Le pacte
communal prévoit d’ailleurs cinq phases :
l’engagement politique, l’état des lieux,
les ateliers citoyens élaborant des actions
concrètes, la mise en place d’actions
concrètes et l’évaluation du travail effectué.
Sa mise en œuvre est étroitement
accompagnée par le ministère, ses partenaires
conventionnés ASTI et CEFIS, ainsi
que cinq conseillers au vivre-ensemble
interculturel qui mettent leur expertise à
disposition des communes. Et l’ensemble
du soutien financier apporté par le ministère
est très attractif. Il y a notamment
une subvention annuelle plafonnée à
30.000 euros par commune pour les frais
d’un coordinateur pacte communal.
Mais pour répondre à la question sur
la façon dont le SYVICOL soutient les
communes dans la mise en place du
Pacte Communal du Vivre-Ensemble
Interculturel, je tiens à préciser que le
syndicat a été impliqué étroitement dans
la conception du « Gemengepakt ». Il s’engage
fortement dans la mise en réseau des
communes et dans le partage des bonnes
pratiques dans le cadre du « Forum fir
d’Zesummeliewen an eise Gemengen »
(anciennement GRESIL) dont il est un des
coorganisateurs. Ceci correspond parfaitement
aux missions confiées au SYVICOL
par ses membres.
Face à la transition numérique, en particulier
la digitalisation des services
publics et l’amélioration de l’accès
pour les citoyens, quelles aides sont
mises en place pour les communes ?
La digitalisation, aussi souhaitable soitelle,
s’accompagne de risques. Pour
sensibiliser le secteur au sujet de la cybersécurité
et informer sur les mesures déjà
mises en place, nous avons organisé le 7
mai une conférence intitulée « Wéi digital
resilient ass de Gemengesecteur ? » en collaboration
avec le ministère des Affaires
intérieures, la Luxembourg House of
Cybersecurity et l’Institut luxembourgeois
de régulation. Cette conférence a connu
un franc succès, ce qui nous encourage à
prévoir d’autres actions dans cette matière
pour le futur. Par ailleurs, parmi les revendications
formulées dans la prise de position
que je viens de citer figurent, entre
autres, la pose d’un cadre légal pour renforcer
la digitalisation de l’administration
communale et la création d’un « guichet
unique » dans le cadre de la simplification
administrative et de la digitalisation,
ainsi que le soutien au développement des
« Smart Cities ».
Quelles sont les priorités du SYVICOL
pour les prochaines années ?
Accompagner et poursuivre la modernisation
de la loi communale et créer
un vrai « statut de l’élu local ». De plus,
depuis quelques mois, nous ne nous limitons
pas à proposer une simple formation
initiale en début de mandat, mais nous
voulons que les élus locaux se forment
en continu pour mieux se mettre au service
des citoyens. Une des priorités sera
aussi de trouver un nouveau siège pour
le SYVICOL qui réponde mieux aux exigences
modernes. Enfin, nous devrons
continuer à nous renforcer sur le plan
du personnel, car davantage de visibilité,
de poids politique et de défis sont synonymes
de davantage de travail.
63
BRÈVES
COMMUNALES DU NORD
PAR BARBARA PIERROT
CLERVAUX
Les 14 et 15 décembre 2024, Clervaux
célèbre le 80 e anniversaire de la Bataille
des Ardennes avec un programme riche
en événements. En collaboration avec
le Cercle d’Études sur la Bataille des
Ardennes (CEBA), la commune organise
des cérémonies, des conférences
et des activités autour de ce moment
historique. Le char Sherman, restauré
avec soin, est de retour à Clervaux et
sera présenté lors de l’événement. Les
visiteurs pourront accéder gratuitement
au Musée Bataille et Châteaux,
assister à des discours, des présentations
historiques et des concerts. Des
stands d’information, de boissons et de
nourriture agrémenteront ce week-end
commémoratif.
Source : clervaux.lu
WILTZ
Le Fotoclub Wooltz vous invite à découvrir
l’exposition Panorama Éislek qui
se tiendra dans la salle culturelle du
château de Wiltz du 9 au 31 décembre.
L’exposition sera ouverte tous les jours,
de 9h à 12h et de 14h à 17h (sauf les
dimanches). En complément, un Salon
des Auteurs propose six expositions
individuelles : Makro (Marc Bemtgen),
Waasser an Amerika (Rol Diederich),
Australien (Arny Kaspar), Sonn,
Mound a Stären (Nic Malget), Island
(Fernand Schaul) et Schottland (Claude
Windeshausen). Vous découvrirez également
le nouveau livre Natur an der
Gemeng Wooltz.
Source : wiltz.lu
PARC HOSINGEN
À Holzthum des fouilles menées par
l’INRA de 2020 à 2024 ont révélé les
fondations d’un « burgus », édifice fortifié
du Bas-Empire romain, ainsi qu’un
trésor exceptionnel de 141 solidi en or
datant de 364 à 408 après J.-C. Cette
découverte rare offre un aperçu unique
sur l’époque romaine. Les fouilles, réalisées
avec le soutien du SEDAL pour
gérer les munitions de la Seconde
Guerre mondiale, ont permis d’examiner
ces pièces dans leur contexte original.
L’État a indemnisé les ayants droit à
308.600 euros, reflétant la valeur historique
et l’excellent état des monnaies.
Source : SIP
DIEKIRCH
La saison artistique 2024 des membres
de La Palette s’achève avec l’Exposition
d’Hiver, organisée à la Galerie du Musée
de Diekirch. Du 7 au 29 décembre, les
57 membres de l’association présenteront
leurs œuvres récentes, témoins
de leur créativité et de leur diversité.
Une belle occasion de rencontrer les
artistes, d’échanger avec eux et d’admirer
leurs travaux. Un rendez-vous
incontournable pour les passionnés
d’art et les curieux, dans une atmosphère
chaleureuse. Entrée libre pour
tous.
Source : diekirch.lu
ETTELBRUCK
Le Wantermaart vous attend du 6 au 22
décembre sur la place Marie-Adélaïde
pour profiter de l’ambiance festive de
fin d’année. Ce marché d’hiver sera
ponctué d’afterworks musicaux, organisés
les 11 et 19 décembre. Le 11
décembre, Kevin Heinen vous accueillera
en musique de 17h à 18h, suivi
de DJ Ben Paulson de 18h à 21h. Le 19
décembre, l’atmosphère sera assurée
par DJ Dee de 17h à 21h.
Source : ettelbruck.lu
ESCH-SUR-SÛRE
La Philharmonie d’Esch-sur-Sûre vous
invite à son traditionnel Concert de
l’Épiphanie. Cet événement, dirigé
par Fernand Meunier et présenté par
Myriam Zoetaert-Goedert, aura lieu le
dimanche 5 janvier 2025 à 16h, dans
le cadre enchanteur de l’église d’Eschsur-Sûre.
Un moment musical unique,
empreint de chaleur et de tradition,
qui rassemble la communauté locale
autour de compositions variées et
festives.
Source : esch-sur-sure.lu
64
| SECTEUR PUBLIC
BIENVENUE
CHEZ TERANGA
Francesca Savo, Paul Weimerskirch et Erika Salbego
65
Le 35 Avenue de la Libération,
à Schifflange, s’est totalement
métamorphosé pour abriter
aujourd’hui un tiers-lieu dédié
à la transition alimentaire.
Témoin des valeurs de solidarité
et de durabilité chères à la commune,
le projet a pris vie grâce à
une étroite collaboration entre
la commune de Schifflange et
les responsables de SOS Faim.
Paul Weimerskirch, bourgmestre,
et Francesca Savo,
animatrice pédagogique pour
l’asbl, nous ont ouvert les portes
de la maison Teranga et raconté
la genèse du projet.
La rencontre
Teranga, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre
: celle de l’asbl SOS Faim, qui cherchait
un espace convivial où sensibiliser
les citoyens aux problèmes du système alimentaire
mondial, et celle de la commune
de Schifflange, qui disposait d’une maison
à affecter spécifiquement à un projet
solidaire. « Il y a quelques années, Roger
Entenich a cédé à la commune la maison
où il avait établi son magasin de cycles.
La donation stipulait toutefois que son
bâtiment devrait accueillir un centre de
bienfaisance ou de solidarité. Lorsque SOS
Faim, à la recherche d’un lieu de rencontre
et d’échange d’idées autour du thème
de l’alimentation durable, a pris contact
avec nous, nous avons eu le sentiment
d’avoir trouvé l’affectation idéale pour cet
espace, non seulement parce que le projet
correspondait aux souhaits du donateur,
mais aussi parce que Schifflange est une
commune de la solidarité », raconte Paul
Weimerskirch.
Le conseil communal de l’époque a alors
voté un budget de 1,7 million d’euros
pour désamianter et démolir l’ancienne
maison et élever sur le terrain un nouvel
immeuble socio-commercial et résidentiel
avec un passage public donnant accès
au futur parking souterrain projeté par
la commune. En raison de la succession
de crises survenues depuis le début du
chantier en janvier 2021 et d’un incendie
malheureusement déclaré alors que la
rénovation était bien avancée, 3,2 millions
d’euros seront finalement déboursés pour
construire ce bâtiment avec des matériaux
écologiques et biosourcés.
Le projet
Le tiers-lieu a été pensé comme un espace
de rencontre, de débat et d’échange sur
le thème de l’alimentation durable et des
droits des paysans. Ses concepteurs ont
pour objectif de participer à la construction
collective d’un avenir équitable ;
un impératif pour SOS Faim à l’heure
où notre système alimentaire basé sur
l’agro-industrie épuise notre planète,
plonge des millions d’agriculteurs dans
la précarité et laisse 733 millions de personnes
vivre dans la faim. « La mission de
Teranga est de conscientiser la population
à ces enjeux, de même qu’aux liens qui
unissent le nord global et le sud global, et
de lui donner les clés pour faire les bons
choix dans une société qui a une fâcheuse
tendance à surproduire, surconsommer et
gaspiller la nourriture », indique Francesca
Savo.
Un tiers-lieu pensé comme un
espace de rencontre, de débat
et d’échange sur le thème de
l’alimentation durable
Une sensibilisation qui passera par des ateliers
pratiques autour du grand ilot central
de la cuisine de Teranga, des cinés-débats,
des conférences ou encore des rencontres
avec des producteurs. Au-delà d’une programmation
riche, l’ancienne maison
Entenich proposera un espace d’échange
avec une zone ludothèque / bibliothèque
ainsi qu’un coin consommation où les
citoyens pourront déguster les produits
de l’épicerie. « Petits et grands pourront
se servir parmi les jeux et les livres proposés,
tous sélectionnés avec soin pour
aborder la thématique de l’alimentation,
mais aussi les bonnes pratiques environnementales
plus généralement. Les
niveaux de complexité sont variés afin
que chacun, quel que soit son âge ou son
implication, puisse trouver une ressource
à sa portée. Ceux qui auront un petit creux
pourront également goûter les produits de
nos producteurs locaux dans notre espace
de consommation. Ils n’auront qu’à faire
leur choix parmi les mets proposés au
coin épicerie. Seuls les produits en vrac,
issus de productions luxembourgeoises
biologiques ou pratiquant l’agroécologie
trouveront leur place sur nos étagères »,
explique l’animatrice pédagogique.
Pour donner vie au projet, deux volontaires,
l’Italienne Erika et la Française
Rosalie, animeront les ateliers, élaboreront
la programmation, assureront
la gestion de l’épicerie et le service des
consommations, expliqueront les règles
des jeux de la ludothèque et, plus globalement,
répondront aux interrogations
des visiteurs. Elles seront assistées par les
six étudiants qui occupent les chambres
situées aux étages supérieurs de la maison.
« SOS Faim agit également ici en
tant que bailleur social. Sur un total de
huit logements, six sont réservés à des
étudiants de différentes nationalités qui
suivent un cursus dans diverses branches
au Luxembourg. Ceux-ci s’engagent à participer
à nos activités de sensibilisation
à hauteur de 5h par semaine », précise
Francesca Savo.
Un plus qui reflète les valeurs d’inclusion
chères à la commune. « Schifflange est une
commune de l’accueil, de la solidarité et
du partage. Elle rassemble des habitants
de plus de 100 nationalités différentes qui
vivent ensemble de manière conviviale,
dans un vaste mélange de cultures et de
religions. D’ailleurs, « Teranga » est un
mot sénégalais qui renvoie à l’idée d’hospitalité.
Dans cette actualité morose, j’ai
tenu à rappeler, lors de l’inauguration de
ce tiers-lieu, que la solidarité était une
nécessité qui devait être soutenue non
seulement par les États et les organisations
internationales, mais également par
toutes les communautés, telles que les
associations locales. Et Schifflange n’en
manque pas. Je pense à l’asbl Schëffleng
Hëlleft qui a vu le jour pour soutenir les
victimes du tsunami qui a frappé l’Asie du
66
©atelier70 ©atelier70
©atelier70
Sud-Est en décembre 2004 et qui, depuis, a
élargi son champ d’action pour se consacrer
à l’aide humanitaire à grande échelle.
Par la suite, la commune s’est engagée en
faveur du commerce équitable à travers
l’asbl Fairtrade Schëffleng. Aujourd’hui,
elle collabore avec SOS Faim dans la même
logique. Bien que l’aide au développement
ne soit pas une obligation communale, je
suis persuadé que les communes peuvent y
apporter un soutien important. La preuve
en est ! », déclare Paul Weimerskirch.
Bien que l’aide au
développement ne soit pas une
obligation communale, je suis
persuadé que les communes
peuvent y apporter un soutien
important
Le lancement
La maison Teranga a été officiellement
inaugurée le 12 novembre dernier en
présence d’une foule de curieux. « Le fort
engagement de la commune a très certainement
suscité l’intérêt des habitants
venus en nombre. Nous avons été touchés
de voir à quel point ceux-ci étaient demandeurs
d’un tel lieu et ravis de répondre à
un réel besoin citoyen. Certains résidents
nous ont déjà soumis des idées d’activité
ou des propositions d’atelier et, maintenant
que les travaux sont terminés, nous
souhaitons encourager au maximum cette
participation citoyenne. Par la suite, nous
aimerions également tisser des liens avec
d’autres acteurs communaux comme
les écoles ou les maisons relais car nous
sommes persuadés que les enfants, qui
sont les consommateurs de demain,
seront moteurs du changement. Il est donc
important pour nous de les conscientiser
quant à l’impact qu’ils peuvent avoir
sur notre planète et de leur montrer que
d’autres choix sont possibles », souligne
l’animatrice pédagogique.
Les lieux étant désormais inaugurés, il
reste à les investir. Le 28 novembre a eu
lieu le premier ciné-débat à Teranga,
organisé conjointement par SOS Faim et
FairTrade Schëffleng. Quelques activités
de Noël devraient ponctuer le mois de
décembre avant que les volontaires ne
mettent au point l’agenda des activités
2025. Pour ne rien rater, il suffit de suivre
le projet sur les réseaux sociaux ou de
s’inscrire à sa newsletter. En attendant le
prochain événement, vous pouvez pousser
la porte de Teranga les mardis, jeudis et
samedis de 10h à 17h.
LE CHIFFRE
733
Millions
le nombre de personnes qui
souffrent de la faim dans le monde
Administration communale
de Schifflange
BP 11, Avenue de la Libération
L-3801 Schifflange
www.schifflange.lu
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v
68
| SECTEUR PUBLIC
INAUGURATIONS
EN SÉRIE SUR LE SITE
DU KINNEKSBOND
Une piscine, une maison relais et une école de musique viennent de
sortir de terre à Mamer, redessinant le campus scolaire du Kinneksbond
tout en optimisant son fonctionnement. Ces trois nouvelles
infrastructures viennent compléter l’offre déjà disponible sur le
site pour répondre à la croissance démographique d’une part et à
l’engouement généré par l’introduction récente de la gratuité de
certains services de l’autre. Luc Feller, bourgmestre, revient sur les
investissements conséquents consentis pour faire de Mamer une
commune accueillante pour les jeunes familles.
Un quart de siècle d’investissements
La commune de Mamer inaugure quasiment
simultanément trois grands projets
sur le site du Kinneksbond. Il faut remonter
au début du millénaire pour en comprendre
la genèse. « Au tournant du siècle,
la commune, idéalement située par rapport
à la capitale, s’est donné pour ambition
de se montrer plus attrayante pour les
travailleurs et jeunes familles. C’est la raison
pour laquelle elle a décidé de développer
le Kinneksbond, un complexe scolaire,
sportif et culturel devant combler leurs
attentes. Si elle avait peu investi dans ses
infrastructures éducatives avant l’an 2000,
elle a eu alors l’opportunité d’acquérir des
terrains qui permettaient non seulement
de répondre à ses besoins de l’époque
mais qui offraient aussi des possibilités
d’agrandissement futur. C’est ainsi
qu’ont été développés l’école accueillant
des élèves du précoce jusqu’au cycle 4.2
de l’enseignement fondamental, un hall
sportif et un centre culturel », raconte Luc
Feller.
Mais la forte croissance démographique
des dix dernières années, l’émergence
prochaine de nouveaux lotissements et
de récentes décisions gouvernementales
ont nécessité, comme anticipé en 2000,
de repenser le site. « L’introduction de la
gratuité des maisons relais et des écoles
de musique a inévitablement eu des répercussions
importantes sur la commune, à
tel point que nous avons dû développer
le site du Kinneksbond pour y créer deux
nouvelles infrastructures : une destinée
à l’éducation non formelle et l’autre à
l’apprentissage de la musique. Jusqu’à
présent, les leçons de musique étaient
données soit au centre culturel, soit dans
les salles de classe de l’école fondamentale.
Avec quelque 800-850 inscriptions
(pour 500 élèves) aux cours de solfège et
d’instruments aujourd’hui, nous avons
dû investir dans un bâtiment y dédié.
Les élèves profitent ainsi de 4 salles de
solfège, de 3 grandes salles réservées aux
répétitions pour les chorales, aux cours
d’expression corporelle et à l’initiation à
la musique, de 11 espaces pour les cours
individuels, d’une pièce pour un groupe
combo et d’un auditorium d’une capacité
de 125 places. Ce projet de 23 millions
d’euros a été inauguré en novembre,
quelques mois avant la nouvelle maison
relais qui prendra place à l’extrémité sudouest
du campus. Ce second édifice, une
construction modulaire en bois à 12 millions
d’euros, abritera des salles de classe,
des ateliers, un petit gymnase, des réfectoires,
des bureaux et sera équipé d’une
aire de jeux. Il pourra recevoir jusqu’à 220
enfants. De quoi répondre à la forte hausse
des inscriptions qui a découlé du vote de
la loi sur la gratuité des maisons relais »,
développe le bourgmestre.
Les deux infrastructures s’élèvent non
loin de la nouvelle piscine du campus
qui vient d’ouvrir ses portes aux élèves
des écoles de Mamer et Capellen et qui
accueillera progressivement le grand
public au cours du premier semestre
2025. « La commune a toujours eu pour
ambition de réaliser une piscine scolaire
dès qu’elle aurait rassemblé les fonds
nécessaires. Chaque année, nos écoles
éprouvaient plus de difficultés à trouver
des créneaux dans les communes voisines
et les cours de natation extrascolaires
étaient rapidement complets, de sorte
que beaucoup d’enfants n’apprenaient
plus à nager. Grâce aux 30 millions d’euros
alloués, tous nos élèves ont désormais
accès à deux nouveaux bassins, l’un de 8 m
sur 15 avec fond ajustable permettant de
régler la profondeur jusqu’à 180 cm pour
les apprenants et l’autre de 15 m par 25,
69
Luc Feller
d’une profondeur maximale de 220 cm,
pour les nageurs confirmés », ajoute Luc
Feller.
Cohérence et durabilité
Confiées aux architectes du cabinet
Jim Clemes Associates qui avaient déjà
imaginé les premiers immeubles du
Kinneksbond, les nouvelles infrastructures
doivent s’inscrire harmonieusement
sur le campus. « La commune souhaitait
non seulement que le site soit pensé
comme un ensemble homogène du point
de vue architectural (grâce au recours au
béton brut et au bois), mais aussi qu’il
fonctionne de manière cohérente. Ainsi,
la maison relais qui accueille les plus
jeunes élèves est proche des bâtiments
du précoce et du préscolaire, tandis que
l’infrastructure fréquentée par les plus
grands est située à proximité des locaux
du cycle 4 », précise le bourgmestre.
La commune souhaitait
que le Kinneksbond soit pensé
comme un ensemble homogène
du point de vue architectural,
mais aussi qu’il fonctionne
de manière cohérente
Parallèlement, la commune tire profit de
ses nouvelles toitures pour investir, avec
l’aide du Fonds européen de développement
régional (FEDER), dans la mise en
place de quatre installations photovoltaïques
sur le site. Permettant d’économiser
quelque 279.000 kg de CO 2
par an,
ces panneaux participeront à couvrir 50%
des besoins énergétiques de l’ensemble
des bâtiments communaux.
Un espace aux mains des citoyens
Dans un tout autre cadre, mais sur le
même site, l’administration communale
a également aménagé un jardin
communautaire que peuvent désormais
exploiter les résidents. « Deux projets de
70
participation citoyenne ont été lancés
cette année, dont celui-ci, en collaboration
avec le Leader Centre Ouest et la
Commission pour la Transition énergétique,
la Protection de l’Environnement
et le Développement durable. Cet
espace vert a été conçu pour et par les
habitants intéressés lors de réunions de
partage d’idées. Quiconque a manifesté
sa volonté de participer au projet a reçu
une parcelle d’une certaine surface aménagée
par la commune et peut désormais
y cultiver ses propres plants », explique
Luc Feller, profitant de l’occasion pour
évoquer son second projet. « De plus, la
commune a prévu un budget participatif
de 100.000 euros pour que ses résidents
puissent réaliser les projets de leur choix.
Via le site internet jeparticipe.mamer.lu,
ceux-ci peuvent soumettre leurs idées
à leurs concitoyens. Seules conditions :
celles-ci doivent être techniquement
et juridiquement réalisables et, bien
entendu, rentrer dans le budget fixé.
75.000 euros seront alloués pour répondre
aux souhaits des 12 ans et plus et 25.000
euros seront attribués à des projets destinés
aux enfants de moins de 12 ans dans
le cadre scolaire. Le dépôt des propositions
est possible depuis la fin du mois
de novembre. Les citoyens auront ensuite
trois mois pour voter pour les idées qu’ils
souhaitent voir se concrétiser ».
Nous mettons
un point d’honneur
à demeurer une commune
accueillante pour les familles
Pour aujourd’hui et pour demain
Quant à l’avenir du Kinneksbond, il n’est
certainement pas figé. « Il n’est pas exclu
que nous devions encore construire une
maison relais au cours des cinq années
à venir. Tout dépendra de la croissance
démographique. Nous réalisons actuellement
deux grands projets en matière
de logement, l’un avec un constructeur
privé, l’autre avec le Fonds du Logement.
Nous étudierons alors la nécessité de
créer un quatrième bâtiment en fonction
de la composition des ménages que nous
allons accueillir. Tant que nous le pourrons,
nous ferons en sorte de garantir une
place dans nos établissements à chaque
enfant. Nous mettons un point d’honneur
à demeurer une commune accueillante
pour les familles de manière que celles-ci
puissent profiter de nos atouts, à savoir
la proximité avec la capitale mais aussi
avec la nature et les zones de loisirs dans
lesquelles nous investissons beaucoup
également. Pour que la vie dans la commune
leur soit la plus agréable possible,
nous misons aussi sur le vivre-ensemble
avec plusieurs semaines de festivités par
an. Notre programme hivernal a d’ailleurs
été lancé ce 29 novembre lors de
l’ouverture de nos traditionnels « Winter
Moments » avec la patinoire, le marché
de Noël, des concerts et afterworks »,
annonce le bourgmestre.
Administration communale
de Mamer
1, Place de l’Indépendance
L-8252 Mamer
www.mamer.lu
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72
| SECTEUR PUBLIC
LENNINGEN - CANACH :
DU NOUVEAU EN 2025
Jean-Marie Hermann, Tim Karius et Philippe Gengler
73
Appuyée sur la frontière allemande,
aux portes des côtes
de la Moselle, la commune de
Lenningen marque par son
caractère bucolique. Avec la
localité de Canach, elle forme
un ensemble rural attractif,
puisque situé à seulement 15 km
des commodités de la capitale.
Nous avons rencontré son
bourgmestre, Tim Karius, pour
évoquer ses projets pour 2025
et les années à venir.
Avec l’approbation d’un nouveau PAG
par le ministère de l’Intérieur, l’utilisation
des sols sera revue et de nouvelles
infrastructures verront le jour dans les
mois et années à venir. Une bonne nouvelle
puisque la hausse démographique
se poursuit au sein de la commune et le
besoin de créer de nouveaux bâtiments
ou de renouveler les infrastructures existantes
se fait ressentir. « Nous devons
être capables de nous projeter dans le
futur, d’avoir une vision globale et à long
terme sur l’avenir de la commune. Ne pas
le faire aujourd’hui serait préjudiciable
pour demain », indique Tim Karius avant
de préciser : « la commune de Lenningen
est et restera cependant une commune
rurale ; son évolution sera donc conditionnée
par cette caractéristique fondamentale,
appréciée de tous ses résidents ».
Un nouvel atelier communal
Les dirigeants ont souhaité inscrire la
construction de ce bâtiment dans une
perspective innovante et durable, puisque
des panneaux photovoltaïques seront
d’abord installés sur le toit, puis peutêtre
sur la façade dans un second temps.
« Nous avons insisté auprès de l’architecte
sur notre volonté de disposer d’un bâtiment
fonctionnant grâce à des sources
énergétiques durables et respectueuses
de l’environnement », précise le responsable
politique. Les travaux commenceront
durant la deuxième moitié de l’année
2025.
Écoles et maison relais
Occupée à 99%, la maison relais actuelle de
la commune ne pourra bientôt plus recevoir
de nouveaux enfants et devra donc être
agrandie. Afin de s’inscrire dans une perspective
globale et long-termiste, c’est aussi
la modernisation des bâtiments scolaires
qui est pensée conjointement à l’extension
de la maison relais. Les différents
cycles d’enseignement fondamental étant
répartis sur trois sites (un à Lenningen, les
deux autres à Canach), les 190 enfants scolarisés
dans la commune perdent pas mal
de temps dans les bus pour rejoindre leur
établissement respectif. C’est donc la piste
d’une sorte de campus, un ensemble scolaire
pouvant accueillir 300 enfants, qui est
à l’étude par les responsables politiques.
« La recherche d’un site pour construire cet
ensemble est en cours et une solution a été
identifiée », révèle Tim Karius.
En parallèle, un embellissement des
voies piétonnes est également prévu,
tout comme une renaturation des places
publiques.
Parmi les projets qui tiennent à cœur
au bourgmestre, il y a celui d’un chemin
piéton et cyclable reliant Lenningen et
Canach. « Une étude de faisabilité sera
réalisée et nous ferons tout notre possible
pour acquérir les terrains nécessaires à
l’établissement de cette voie de circulation
», indique-t-il. Au-delà de la mobilité
douce, c’est de la sécurité des promeneurs,
sportifs et écoliers dont il est question,
ainsi que du lien social à maintenir entre
les deux localités.
Développement durable
La commune de Lenningen comprendra
dans un futur proche deux parcs de panneaux
photovoltaïques privés de grande
envergure sur son territoire. Pour aller
plus loin dans le développement de ces
infrastructures énergétiques durables, les
responsables politiques de la commune
sont en discussion avec leurs homologues
d’une municipalité voisine pour l’implantation
d’un parc éolien. L’installation de
deux à trois éoliennes est à l’étude avec
la société luxembourgeoise Soler et Tim
Karius est confiant sur la faisabilité d’un
tel projet : « je crois en l’aboutissement
de ce projet, même s’il faudra également
que le ministère de l’Environnement nous
donne son aval ».
Projet phare de la commune, la construction
d’un atelier communal a pris une
nouvelle envergure après les élections de
2023. En effet, le bourgmestre nouvellement
élu et son équipe ont pris la décision
d’étendre le projet – jugé trop petit pour
satisfaire les besoins actuels de la commune
– et donc de lui trouver un nouvel
emplacement plus adapté. Un choix judicieux
sur le long terme, mais qui occasionne
évidemment quelques retards sur
le planning initial.
Parmi les ajouts architecturaux, on trouve
une salle de loisirs multifonctionnelle
pouvant recevoir une centaine de personnes
ainsi qu’une salle de formation
capable d’accueillir une cinquantaine de
participants. L’atelier communal abritera
en outre le centre d’incendie et de secours
en son sein.
Nous devons être capables
de nous projeter, d’avoir une
vision globale et à long terme
sur l’avenir de la commune
Mobilité
Si le réseau routier ne nécessite quant à lui
pas d’aménagement particulier, l’implantation
de zones à 30km/h dans l’agglomération
sera nécessaire pour la sécurité des
piétons. En effet, le fort trafic automobile
dû au passage de travailleurs frontaliers
allemands impose la mise en place de ce
type d’adaptation de la circulation.
Soucieux de préserver le cadre naturel
exceptionnel dans lequel se trouve la commune,
les dirigeants sont particulièrement
attentifs au fait d’établir un développement
responsable et durable à tous les niveaux.
Après des périodes de canicule répétées
puis de fortes précipitations, la question
de l’eau, notamment sa quantité comme sa
qualité, a fait l’objet d’une vigilance renforcée.
« Tous les voyants sont au vert en ce
qui concerne la capacité en eau potable de
la commune ou bien le fonctionnement de
notre réseau d’évacuation des eaux usées »,
tient à préciser le bourgmestre.
Logement
L’élargissement du PAG résulte pour une
grande partie dans la demande constante
de biens immobiliers, en vente ou en
74
© morph4 architecture
Nouvel atelier communal
© morph4 architecture
location. Des parcelles où pourront se
construire des maisons individuelles
sont donc prévues mais, pour faire face
aux réalités économiques d’aujourd’hui,
la construction de bâtiments de six
appartements est également planifiée.
Comme le prévoit l’article 29 bis de la loi
modifiée du 19 juillet 2004 concernant
l’aménagement communal et le développement
urbain, la commune proposera
une vingtaine de logements abordables
dans les années à venir. « C’est une belle
avancée puisque nous ne disposions
pas de biens immobiliers de ce type
jusqu’à présent », tient à préciser notre
interlocuteur.
Vie associative, culturelle et sportive
Avec près de 60 nationalités cohabitant
paisiblement sur son territoire, la commune
de Lenningen s’inscrit définitivement
sur un plan multiculturel. En
atteste son Festival des Nations qui se
déroule chaque 9 mai, à l’occasion de la
journée de l’Europe.
Le besoin de créer
de nouveaux bâtiments
ou de renouveler
les infrastructures existantes se
fait ressentir
Depuis quelques années enfin, un marché
de Noël s’anime à Canach. « On voit que
les gens apprécient ce vivre-ensemble.
La vie associative et les différents clubs
présents dans la commune sont dynamiques
et nous mettons tout en œuvre
pour soutenir leurs initiatives », souligne
le bourgmestre.
Preuve de cet engagement des responsables
politiques, suite à la demande répétée
des administrés pour disposer d’une
connexion internet à très haut débit, la
fibre optique sera déployée courant 2025.
Un indispensable pour une commune
aussi cosmopolite.
Rendez-vous courant 2025 pour faire le
point sur l’avancée des projets !
Administration communale
de Lenningen
3, rue de l’Église
L-5414 Canach
www.lenningen.lu
75
BRÈVES
COMMUNALES DE L’EST
PAR PIERRE BIRCK
BEAUFORT
Les communes de Beaufort, Heffingen
et Waldbillig ont accueilli le Klimaforum
2024 au centre polyvalent Kummelsbau.
Au programme : présentation du Pacte
Climat 2.0 par des consultants et conférences
sur la protection du climat grâce
à des initiatives locales, notamment
sur le thème « le photovoltaïque pour
les particuliers et les entreprises ». Il
y était par exemple question des subventions
ou de l’autoconsommation.
Beaufort, déjà élue meilleure commune
européenne en 2023, maintient
son excellence en se classant deuxième
à l’échelle continentale.
Source : beaufort.lu
GREVENMACHER
Les citoyens de Grevenmacher peuvent
introduire une demande pour la
location d’un emplacement de stationnement
dans le parking souterrain
« Centre », ouvert depuis le 28
novembre. Il y a 20 places disponibles
pour les résidents de la ville et 5 pour
les commerçants ou professions libérales
locaux. La location d’un emplacement
de stationnement s’élève à 150
euros / mois. Quant au dépôt de garantie,
il est de 110 euros. S’il y a plus de
demandes valables que de places disponibles,
il sera procédé à un tirage au
sort. La demande doit être introduite
pour le 31 décembre 2024 au plus tard
et le formulaire à remplir est disponible
sur le site internet de la commune.
Source : grevenmacher.lu
BOUS-WALDBREDIMUS
Dans le cadre de l’introduction du nouveau
règlement-taxe portant sur l’élimination
des déchets, les poubelles pour
déchets ménagers ont été équipées
avec des transpondeurs entre le 9 et
le 13 décembre dernier. Seuls les habitants
de la section de Bous devaient
déposer leurs poubelles aux abords de
leur propriété, ceux de Waldbredimus
étant déjà en règle. Les poubelles qui
ne disposeront par de transpondeurs
ne pourront pas être vidées à partir du
1 er janvier 2025.
Source : bouswaldbredimus.lu
JUNGLINSTER
Lundi 2 décembre dernier, la construction
de l’école de musique et de la
crèche nature à Junglinster a été officiellement
lancée lors d’une cérémonie
symbolique. Le ministre de l’Éducation
nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse,
Claude Meisch, était présent pour s’informer
personnellement sur le projet.
Situés sur le site « Op de Fréinen », les
travaux devraient durer jusqu’à la fin
de l’année 2026. Pour rappel, l’école de
musique et la crèche pourront respectivement
accueillir près de 500 élèves et
plus de 110 enfants.
Source : junglinster.lu
MONDORF-LES-BAINS
L’Administration communale de
Mondorf-les-Bains installe des caméras
de surveillance dans son parking pour
lutter contre les incivilités (dégradations,
vols, dépôts sauvages) et renforcer
la sécurité des usagers. Les images
capturées sont conservées huit jours et
peuvent être transmises à la police en
cas d’infraction. Les données collectées
incluent visages, plaques d’immatriculation
et comportements. Les citoyens
disposent de droits sur leurs données
(accès, opposition, effacement) conformément
au RGPD. L’administration
communale garantit des mesures de
protection strictes contre tout usage
abusif et malveillant des images
filmées.
Source : mondorf-les-bains.lu
GREVENMACHER
Le 27 novembre 2024, la ministre de la
Mobilité et des Travaux publics, Yuriko
Backes, a célébré le 60 e anniversaire
de la navigation à grand gabarit sur la
Moselle à Grevenmacher. En présence
des ambassadrices de France et d’Allemagne
et des représentants de la
Commission de la Moselle, une plaque
commémorative a été dévoilée et trois
érables boules ont été plantés. Depuis
l’inauguration de la mise à grand gabarit
de la rivière en 1964, la Moselle,
reliant le Luxembourg, l’Allemagne et
la France, est devenue un axe essentiel
du transport européen qui favorise le
développement économique et promeut
une coopération transfrontalière
durable.
Source : SIP
76
| SECTEUR PUBLIC
LA « PERLE DE LA MOSELLE »
EN PLEINE MUTATION
Remich, commune de la Moselle luxembourgeoise, attire de nombreux
visiteurs chaque année grâce à ses vignobles, ses forêts et sa
promenade unique le long de la rivière. En pleine transformation,
la « Perle de la Moselle » investit dans divers projets pour moderniser
ses infrastructures et améliorer la qualité de vie de ses habitants.
La commune met également l’accent sur la préservation de
son patrimoine culturel et naturel, et salue l’accord de principe
des nouveaux ministères de l’Intérieur et de l’Environnement
pour créer davantage de logements abordables sur son territoire.
Jacques Sitz, bourgmestre, et les deux échevins, Rita Wallerich et
Jean-Paul Kieffer, nous en disent plus.
Pouvez-vous présenter brièvement la
commune de Remich ?
JS : Agréable et entourée par les vignes
et les forêts, Remich est une commune
touristique de la Moselle luxembourgeoise
qui attire chaque année de nombreux
visiteurs. Ceux-ci peuvent à la
fois visiter la ville, se promener sur son
esplanade unique au Luxembourg, flâner
le long de la Moselle, boire un verre sur
Rita Wallerich, Jacques Sitz et Jean-Paul Kieffer
77
les terrasses avec vue sur la rivière ou
encore découvrir nos vignobles ainsi que
notre patrimoine culturel.
RW : Nous comptons aujourd’hui 4.500
habitants. Si nous tenons à rester une ville
touristique, nous sommes dans une phase
de transformation en raison des nombreux
chantiers en cours et qui démarreront ces
prochains mois.
Quels sont ces projets prioritaires ?
JS : Nous travaillons au niveau de la
Cité Buschland. Nous y avons établi un
bassin de rétention. Nous devons également
refaire tous les réseaux souterrains
de la cité. Ce ne sont pas seulement les
canalisations, mais aussi les réseaux
électriques et de télécommunication qui
doivent être mis à jour. Tout est repensé
pour répondre aux besoins modernes, y
compris l’installation de la fibre optique
et des réseaux de télécommunication.
Nous y travaillons depuis une année
et nous en prévoyons encore une autre
pour finaliser l’ensemble. Nous profitons
de cette occasion pour reconfigurer
la surface : certaines rues seront réaménagées,
ce qui nous permettra de créer
une zone 30 pour améliorer la sécurité et
le confort des habitants.
JPK : L’un des chantiers les plus importants
n’est autre que celui de la rénovation
de l’esplanade qui est dans les petits
papiers depuis 2005. La première phase
du projet a eu lieu l’an dernier : de la cave
Saint-Martin jusqu’au centre de Remich.
Cette partie terminée, nous engageons
la deuxième étape des travaux, à savoir
la protection face aux grandes crues du
centre vers Bech-Kleinmacher. Puis, la
troisième phase de rénovation pourra
débuter et se déploiera jusqu’à la maison
de retraite.
Nous privilégions par exemple l’usage de ressources
locales, comme le bois, et de techniques de construction
durables pour réaliser des économies tout en agissant pour
l’environnement
RW : Ces chantiers prioritaires arrivent
à peu près simultanément et l’objectif
sera de bien les gérer afin de ne pas
affecter la mobilité et ne pas trop entraver
nos transports publics et scolaires
notamment.
Vous souhaitez aussi mettre en valeur
le centre de Remich. Pouvez-vous
nous en dire plus ?
JS : Oui. Pour ce faire, nous souhaitons
promouvoir la mobilité douce avec la création
d’un réseau de chemins pédestres et
cyclables au centre de la ville. Nous établirons
également une connexion piétonne
entre l’esplanade et le parc Jeannot Belling
pour permettre aux touristes de découvrir
la vieille ville, ses rues anciennes et ses
lieux magnifiques.
RW : Pour ce faire, nous avons ajouté
des pavés et des parterres de fleurs pour
embellir le centre. L’idée est d’encourager
nos visiteurs à se promener dans ses
charmantes ruelles historiques. Nous
voulons rendre ces zones attractives pour
les visiteurs et les habitants, en y ajoutant
des bancs et des plantes pour créer des
espaces de détente agréables.
La transformation de l’administration
communale a démarré récemment…
JS : En effet, l’infrastructure existe depuis
plusieurs décennies. Elle ne répond logiquement
plus aux exigences actuelles
en matière de consommation d’énergie,
d’aménagement ou de connectivité. Nos
nouveaux équipements informatiques
sont performants mais freinés par les
problèmes de réseau que rencontre cette
ancienne bâtisse. Tout en respectant l’architecture
ancienne, celle-ci sera entièrement
réaménagée à l’intérieur et mise
aux normes à tous les points de vue. Un
ascenseur existe déjà. Néanmoins, nous
créerons un accès pour les personnes à
mobilité réduite qui sera par exemple
situé au niveau de l’entrée principale afin
de se conformer à la loi.
JPK : Les travaux de rénovation ont
démarré le 19 juillet et s’étendront sur
deux ans. En attendant, nous avons déménagé
dans un bâtiment dans lequel se
trouvait une banque. Celui-ci est situé
à quelques mètres de l’édifice actuel.
C'est un projet important pour rendre
notre administration plus efficace et plus
accueillante car nous souhaitons offrir de
meilleurs services à nos citoyens.
JS : L’an dernier, nous avons aussi effectué
la première phase de la restauration
de la Place Dr. Fernand Konz, notre place
touristique principale. En décembre,
nous avons commencé la deuxième.
Celle-ci inclut la démolition du kiosque
existant pour construire une nouvelle
structure plus adaptée aux événements
comme les marchés et les concerts. Nous
ajouterons également un nouveau jeu
d’eau pour les enfants et des terrasses
modernisées.
78
RW : Nous atteignons déjà 50% des
objectifs fixés pour le Pacte Climat, ce qui
est significatif pour une petite commune
comme la nôtre. À ce titre, nous avons
par exemple soutenu la mise en place
d’une coopérative énergétique locale qui
aide à l’installation de panneaux photovoltaïques
chez les particuliers.
Comment abordez-vous la question
du logement abordable ?
JS : C’est toujours malheureux de voir
nos jeunes habitants quitter la ville et
passer l’autre côté de la Moselle pour
s’y installer. Nous avons plusieurs projets
pour créer du logement abordable,
à nous de nous lancer dans leur planification.
Nous détenons par exemple une
ancienne bâtisse qui a été achetée par
nos prédécesseurs. Nous la démolirons
pour y établir huit nouvelles habitations.
Un mot sur le campus scolaire qui
figure dans le masterplan « Réimech
2035 » ?
JPK : Celui-ci est en partie dédié à l’optimisation
des infrastructures communales
et à la construction d’un nouveau
campus scolaire. « Réimech 2035 » a été
développé avec le soutien de la population
et des différents corps associatifs
professionnels qui composent notre
commune afin de proposer une stratégie
qui réponde aux besoins de notre
population. Le nouveau campus scolaire
s’étendra sur 14.500 m². L’école pourra
accueillir près de 450 enfants. Puis, dans
une deuxième phase, nous procéderons
à l’agrandissement de la maison relais et
à la construction d’une nouvelle salle de
sport.
JS : Ce projet nous permet de rassembler
tous les services éducatifs sur un seul et
même site. De notre point de vue, éparpiller
ces structures dans la commune
était une aberration. L’école qui se situe
aujourd’hui près de la route nationale
n’est pas sécurisée en raison des dangers
liés au trafic. La maison relais actuelle,
mise en service en 2014, est déjà trop
petite. Malheureusement, nous avons
dû réévaluer ce projet en raison de
contraintes financières, mais nous progressons
bien.
Comment remédier aux problématiques
budgétaires ?
JS : Nous devons être très prudents
avec nos finances, surtout en ces temps
économiquement difficiles. Nos projets
sont divisés en plusieurs phases et
nous visons à réduire leurs coûts sans en
compromettre la qualité. Nous privilégions
par exemple l’usage de ressources
locales, comme le bois, et de techniques
de construction durables pour réaliser
des économies tout en agissant pour
l’environnement.
JPK : De plus, une forêt nous appartient
dans le secteur Buschland. Dans les
années 1960, cette zone avait été validée
pour étendre notre commune. Nous
avons pour idée d’utiliser cette parcelle
pour y établir partiellement des logements
abordables. Bien que celle-ci se
situe en zone verte, le ministère de l’Environnement
nous a finalement donné
un avis favorable pour commencer les
démarches nécessaires au lancement du
projet.
Administration communale
de Remich
B.P. 9
L-5501 Remich
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