13.12.2024 Vues

NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2024 - N˚264

Pour rester dans la course, l’Europe va donc devoir dépenser beaucoup, très vite et stratégiquement. Le jeu en vaut-il la chandelle ? À n’en pas douter. Tenir la comparaison avec les États-Unis et la Chine lui permettra de rehausser les performances de l’industrie européenne – à la condition que l’IA la pénètre verticalement – et, par conséquent, de rétablir sa compétitivité. Sur le plan de la géopolitique technologique, devenir producteurs d’IA plutôt que simples consommateurs permettra aux Européens de renforcer leur souveraineté. Comme l’a souligné Ursula von der Leyen lors de la présentation du Collège des commissaires et de son programme, dans un monde où « toute relation de dépendance est exploitée », « notre liberté et notre souveraineté dépendent plus que jamais de notre puissance économique. Notre sécurité est tributaire de notre capacité à nous montrer compétitifs, à innover et à produire ».

Pour rester dans la course, l’Europe va donc devoir dépenser beaucoup,
très vite et stratégiquement. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
À n’en pas douter. Tenir la comparaison avec les États-Unis et la
Chine lui permettra de rehausser les performances de l’industrie
européenne – à la condition que l’IA la pénètre verticalement –
et, par conséquent, de rétablir sa compétitivité. Sur le plan de la
géopolitique technologique, devenir producteurs d’IA plutôt que
simples consommateurs permettra aux Européens de renforcer
leur souveraineté. Comme l’a souligné Ursula von der Leyen lors
de la présentation du Collège des commissaires et de son programme,
dans un monde où « toute relation de dépendance est
exploitée », « notre liberté et notre souveraineté dépendent plus
que jamais de notre puissance économique. Notre sécurité est tributaire
de notre capacité à nous montrer compétitifs, à innover et
à produire ».

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NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2024 - N˚264

www.gemengen.lu

ALAIN WAGNER, MYRIAM HENGESCH

ET CARL KLEEFISCH

LSC360, le nom du changement

S. BAGAT ET F. VINGTANS

BPI Real Estate

« ROOTS » : le projet qui redéfinit

la construction durable à Belval

JULIEN BAUDOUIN

Proximus NXT

Le NB-IoT : une évolution

technologique pour une

connectivité intelligente

et durable

J-F. WIRTZ ET C. KEITH

PwC Luxembourg

Évaluer pour mieux décider :

guide pratique pour améliorer

les politiques publiques


Rénovation énergétique

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de votre habitation.

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3

ÉDITO

Course à l’IA

PAR ADELINE JACOB

C’est une nouvelle Commission qui, malgré un soutien historiquement

faible du Parlement européen, a été adoubée le mercredi

27 novembre à Strasbourg. Rempilant pour un second mandat,

Ursula von der Leyen reprend les rênes de l’exécutif européen

dans un contexte géopolitique inédit et tendu, c’est le moins que

l’on puisse dire. L’Allemande entend donc aller vite, promettant

de prendre de nombreuses mesures lors des 100 premiers jours

de sa nouvelle mandature. Au-delà du « mythe politique », il y a

effectivement urgence à agir. Entre son investiture le 1 er décembre

2024 et le retour à la Maison Blanche de Donald Trump le 20 janvier

2025, la nouvelle équipe n’a que 50 jours pour se préparer

à l’imprévisible. Menaçant une économie européenne déjà en

décrochage par rapport à ses concurrents américains et chinois,

les promesses politiques du prochain président états-unien

pressent l’Europe à rattraper son retard en matière d’innovation

et de défense, notamment.

En effet, l’UE subit un déclassement compétitif majeur que le rapport

Draghi, dévoilé le 9 septembre dernier, impute presqu’exclusivement

à son retard dans le secteur de la tech. C’est la raison pour

laquelle le lancement « d’usines d’IA » figure parmi les priorités de

la Commission von der Leyen II. Présentées comme des écosystèmes

dynamiques qui favorisent l’innovation, la collaboration et

le développement dans le domaine de l’intelligence artificielle, ces

« fabriques » devront rassembler les ingrédients nécessaires (puissance

informatique, données et talents) pour créer des modèles

d’IA générative de pointe. C’est en tirant parti de la capacité de

supercalcul de l’entreprise commune EuroHPC que la présidente

de la Commission espère « faire de l’Europe le continent de l’IA ».

Et les objectifs sont concrets puisqu’Henna Virkkunen, viceprésidente

exécutive désignée à la Souveraineté technologique, a

confié son ambition de lancer au moins cinq usines d’IA endéans

ce cap symbolique des 100 premiers jours.

Ce 10 décembre, trois mois jour pour jour après avoir lancé deux

appels à manifestation d’intérêt pour sélectionner les entités

hôtes qui hébergeront et exploiteront les premières usines d’IA,

EuroHPC a annoncé avoir retenu, entre autres, la candidature du

Luxembourg. La nouvelle fabrique, qui sera déployée l’an prochain,

sera hébergée et exploitée par LuxProvide, à Bissen. Au

cœur du projet : MeluXina-AI, un nouveau superordinateur spécialement

optimisé pour l’intelligence artificielle et conçu pour

relever les défis critiques auxquels sont confrontés les utilisateurs

d’IA dans des secteurs stratégiques tels que la finance, l’espace,

la cybersécurité et l’économie verte. Cet outil aux capacités horsnormes

devrait confirmer la position du pays en tant que leader

européen de l’intelligence artificielle.

Mais le Luxembourg pourra-t-il rivaliser avec les grands du secteur

pour autant ? L’UE, qui jusqu’à présent a préféré réguler

sur l’intelligence artificielle plutôt que de la développer, devrait

gagner une véritable course contre la montre pour que l’on puisse

répondre à cette question par l’affirmative. En effet, l’initiative

« usines d’IA » est jugée trop tardive par certains qui ne peuvent

qu’observer, impuissants, les entreprises européennes les plus

prometteuses faire équipe – faute d’alternative européenne

solide – avec les géants américains. Pour d’autres, moins défaitistes

peut-être, il resterait à l’UE quelque 36 mois pour agir

avant que le rattrapage ne devienne trop coûteux. Car se hisser

au niveau des entreprises de la tech qui prospèrent outre-

Atlantique ne se fera pas sans mettre la main au porte-monnaie.

Un des risques : une dispersion des fonds qui ne permettrait d’octroyer

qu’un financement modeste à chaque usine et empêcherait

ainsi tout espoir de voir émerger sur le Vieux Continent un compétiteur

sérieux à l’échelle internationale.

Pour rester dans la course, l’Europe va donc devoir dépenser beaucoup,

très vite et stratégiquement. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

À n’en pas douter. Tenir la comparaison avec les États-Unis et la

Chine lui permettra de rehausser les performances de l’industrie

européenne – à la condition que l’IA la pénètre verticalement –

et, par conséquent, de rétablir sa compétitivité. Sur le plan de la

géopolitique technologique, devenir producteurs d’IA plutôt que

simples consommateurs permettra aux Européens de renforcer

leur souveraineté. Comme l’a souligné Ursula von der Leyen lors

de la présentation du Collège des commissaires et de son programme,

dans un monde où « toute relation de dépendance est

exploitée », « notre liberté et notre souveraineté dépendent plus

que jamais de notre puissance économique. Notre sécurité est tributaire

de notre capacité à nous montrer compétitifs, à innover et

à produire ».


4

| DOSSIER

LËTZEBUERGER GEMENGEN

Publication éditée par Living Green sàrl-s

www.gemengen.lu

Société éditrice

Living Green sàrl-s

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange

Régie publicitaire

Julien Malherbe

julienm@livinggreen.lu

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

DIGITALISATION

Administration

Lucia Ori

Tél. 58 45 46 29

secretariat@livinggreen.lu

Rédaction

Pierre Birck

pierreb@livinggreen.lu

Adeline Jacob

adelinej@livinggreen.lu

Barbara Pierrot

barbarap@livinggreen.lu

Julien Menegalli

SOMMAIRE

Conception et réalisation graphique

Elodie Malherbe

elodiem@livinggreen.lu

Photographie

Made Creative

Eric Devillet

Nader Ghavami / Photopro Luxembourg

Yves Kortum

08

LSC360,

COVERSTORY

LSC360

le nom du changement

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

Impression

Imprimerie Centrale

12 | BEST Ingénieurs-Conseils

Préserver le patrimoine sans nuire au développement

urbain

16 | +ImpaKT

Looppark : quand la construction circulaire allie

économie et flexibilité

18 | Betic, part of Sweco

Design durable : une rencontre entre longévité, sobriété

et pragmatisme

22 | ALHO Systembau

Maison relais en construction modulaire : conception

durable et intégration harmonieuse sur le campus

24 | CBL

Le « lifestyle » à la new-yorkaise à Bonnevoie

© Living Green

Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.

Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la

rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord

de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas

restitués. Les reportages signés n’engagent que

leurs auteurs.

Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et

peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne

pourrait nullement être tenu pour responsable.

28 | BPI Real Estate

« ROOTS » : le projet qui redéfinit la construction durable

à Belval

32 | Fonds du Logement

An der Schmëtt : « concilier logements abordables,

durabilité et mobilité douce »


5

ÉNERGIE

SECTEUR PUBLIC

34 | Fondation pour l’Accès au Logement

15 années d’actions pour répondre à la crise du logement

36 | ADAPTH asbl

Bâtiments résidentiels : impact sur les communes et le

parc immobilier présent et à venir

DIGITALISATION

40 | Proximus NXT

Le NB-IoT : une évolution technologique pour une

connectivité intelligente et durable

42 | Fujitsu Luxembourg

Repenser la confidentialité : au service des citoyens et

des entreprises

46 | Ministère de la Digitalisation

L’IA, la sécurité des données et les technologies

quantiques au cœur de la visite de travail de Stéphanie

Obertin et Elisabeth Margue en Californie

ÉNERGIE

54 | Biogasvereenegung asbl

Développer le biogaz au Luxembourg

SECTEUR PUBLIC

58 | PwC Luxembourg

Évaluer pour mieux décider : guide pratique pour

améliorer les politiques publiques

60 | SYVICOL

Davantage de visibilité et de poids politique pour faire

face aux défis

64 | Commune de Schifflange

Bienvenue chez Teranga

68 | Commune de Mamer

Inaugurations en série sur le site du Kinneksbond

72 | Commune de Lenningen

Lenningen - Canach : du nouveau en 2025

76 | Commune de Remich

La « Perle de la Moselle » en pleine mutation

50 | Enovos

Enoprimes : boostez l’efficience énergétique de votre

entreprise

52 | Soler - SEBES

Quand l’or bleu devient vert


INDEX

8 | MYRIAM HENGESCH

6

Administrateur délégué

LSC360

8 | CARL KLEEFISCH

Administrateur délégué

LSC360

8 | ALAIN WAGNER

Administrateur délégué

LSC360

12 | CHRISTIAN PETER

Responsable du service

archéologie

BEST Ingénieurs-Conseils

12 | LAURENT BUSANA

Associé-gérant

BEST Ingénieurs-Conseils

12 | CLOÉ BERNIER

Archéologue

BEST Ingénieurs-Conseils

16 | JEANNOT SCHROEDER

Dirigeant

+ImpaKT

18 | ELISE REIN

Team Manager

Sustainable Design

Betic, part of Sweco

24 | HUGO PAILLON

Project Manager

CBL S.A.

32 | STEVE MAJERUS

Chef de projet

Fonds du Logement

40 | JULIEN BAUDOUIN

Innovation Manager

Proximus NXT

42 | SVEN RASMUSEN

Ingénieur en cybersécurité

Fujitsu Luxembourg

42 | SOFIANE LAGRAA

Ingénieur en cybersécurité

Fujitsu Luxembourg

52 | PAUL ZEIMET

Managing Director

Soler S.A.

52 | ANDRÉ WEIDENHAUPT

Président

SEBES

54 | POL WAGNER

Président

Biogasvereenegung asbl


7

54 | CLAUDE BERSCHEID

Membre

Biogasvereenegung asbl

54 | FABIENNE THOMMES

Membre

Biogasvereenegung asbl

54 | KHADIDJA CHAIB DRAA

Conseillère

Biogasvereenegung asbl

58 | JACQUES-FÉLIX WIRTZ

Director

PwC Luxembourg

58 | CONSTANTIN KEITH

Associate Consultant

PwC Luxembourg

60 | EMILE EICHER

Président

SYVICOL

64 | PAUL WEIMERSKIRCH

Bourgmestre

Commune de Schifflange

64 | FRANCESCA SAVO

Animatrice pédagogique

SOS Faim asbl

68 | LUC FELLER

Bourgmestre

Commune de Mamer

72 | TIM KARIUS

Bourgmestre

Commune de Lenningen

76 | JACQUES SITZ

Bourgmestre

Commune de Remich

76 | RITA WALLERICH

Échevine

Commune de Remich

76 | JEAN-PAUL KIEFFER

Échevin

Commune de Remich


8

| COVERSTORY

LSC360,

LE NOM DU CHANGEMENT

PAR XXXX

Alain Wagner, Carl Kleefisch et Myriam Hengesch


9

C’est le propre de toutes les

grandes entreprises de savoir

se réinventer, de repenser

son organisation pour rester

agile, gagner en efficacité et en

visibilité sur le marché. C’est

justement ce que s’apprête à

faire LSC Engineering Group en

annonçant la fusion de sept de

ses filiales. Rencontre avec les

trois protagonistes en charge

de ce grand projet : Myriam

Hengesch, Carl Kleefisch et

Alain Wagner.

Avant de parler nouveauté, revenons

au point de départ : qui est LSC

Engineering Group, quelles sont ses

activités, qui sont ses clients ?

MH : LSC Engineering Group est un bureau

d’études qui rassemble aujourd’hui 380

collaborateurs, représentant plus de 60

métiers et experts différents. Nous sommes

présents principalement au Luxembourg,

mais aussi en France, en Allemagne et

dans certains pays africains (Côte d’Ivoire,

Sénégal, Guinée). Nos clients sont issus du

secteur public tout comme du secteur privé.

AW : Nous couvrons l’intégralité des compétences

nécessaires pour mener à bien

un projet, c’est-à-dire du développement

de l’analyse financière à l’étude de faisabilité

en passant par les demandes d’autorisation,

jusqu’à l’exécution, le suivi des

travaux ainsi que la coordination de l’ensemble

des études.

CK : Nous pouvons dire que nous

savons gérer un projet de B à Z, A étant

l’architecture.

MH : Une des priorités de notre société est

la durabilité. Notre stratégie, le développement

de nos projets ainsi que l’accompagnement

de nos clients sont fortement

axés sur ce sujet.

AW : La dimension humaine reste également

une part importante de notre ADN

dans notre organisation. C’est d’ailleurs précisément

cet aspect qui interpelle souvent

nos clients. Ils sont nombreux à constater les

liens forts qui unissent nos collaborateurs.

2025 marquera un tournant pour LSC,

qu’êtes-vous sur le point d’annoncer ?

MH : En effet, nous avons pris la décision

stratégique de rassembler les sept sociétés

luxembourgeoises dont nous sommes

100% actionnaires en une seule et même

entité. Cette fusion est le fruit d’une

réflexion que nous menons depuis avril

2022 et qui a pris vie à la mi-novembre

2024.

CK : Cette entité s’appelle LSC360 et va

donc absorber juridiquement et administrativement

sept sociétés (Luxplan,

Simon-Christiansen & Associés, LSC

Environmental Engineering, Devolux,

Zilmplan, Mersch Ingénieurs-Paysagistes

et Luxsense Geodata). Cependant, il est

très important de souligner que LSC

Engineering Group continue à exister !

La seule différence notable réside dans

la réduction du nombre d’entités au sein

du groupe, sans impact sur son effectif

global.

AW : Les collaborateurs de la nouvelle

entité sont donc tous issus des sept

sociétés antérieures. Nous regroupons

finalement toutes les compétences et

les expertises dont nous disposions déjà

auparavant mais qui étaient réparties

dans différentes filiales.

MH : À travers ce nom, LSC360, c’est

notre multidisciplinarité qui s’exprime,

mais aussi la circularité, la volonté de

durabilité qui nous anime et bien sûr

le bien-être, la dimension humaine et

l’empathie partagée par chacun d’entre

nous.

Pourquoi cette fusion ? À quels enjeux

et ambitions répond-t-elle ?

CK : Il s’agit d’améliorer la visibilité de

notre groupe vis-à-vis de notre clientèle

et vers l’extérieur en général. Certains

clients travaillent avec nous depuis plus

de quinze ans mais ont parfois des difficultés

à identifier « qui est qui » et « qui

fait quoi ». Nous en profitons finalement

pour mettre le projet en avant, au-delà

des spécificités que chaque entité participante

pouvait revendiquer.

AW : Comme le disait Carl, ce sont nos

clients qui ont véritablement amorcé le

changement. Ils ne parvenaient pas à distinguer

clairement les différences entre

les différentes sociétés qui intervenaient

sur un même projet. Il faut savoir que,

finalement, sur les 380 collaborateurs du

groupe LSC, 300 vont faire partie de la

nouvelle entité LSC360. D’un point de vue

plus organisationnel, la sous-traitance

et la facturation interne entre les différentes

filiales entraînait une charge

administrative conséquente. Ce changement

va nous permettre de gagner en

simplicité, en fluidité et en efficacité.

MH : Cette nouvelle structure va également

nous permettre d’aborder plus

facilement le marché international, de

participer à des appels d’offres de plus

grande envergure.

Qu’est-ce que cela va changer pour les

clients ?

CK : Le changement simplifiera considérablement

les interactions et le suivi

du projet pour nos clients. Le nombre

d’interlocuteurs sera réduit à parfois

une seule personne de contact, ce qui est

généralement très apprécié.

AW : La complexité d’un projet ne réside

pas toujours dans sa difficulté, mais plutôt

dans sa dimension humaine, c’està-dire

dans l’interaction des différents

experts qui gèrent le projet. LSC360 permettra

de simplifier cette coordination en

la personne d’un Senior Project Director

auquel incombera la responsabilité du

chef d’orchestre.

MH : La multidisciplinarité, la pluralité

d’expertise dont nous faisons preuve

aujourd’hui sera bien plus visible, plus

accessible et finalement plus profitable à

tous nos clients.

Qu’est-ce que cela change en interne,

pour les collaborateurs ?

MH : Nous avons procédé à plusieurs

exercices participatifs incluant tous

nos collaborateurs, notamment sur les

volets mission / vision / valeurs. Une

phrase qui résume bien notre état d’esprit

aujourd’hui est apparue durant ces

ateliers : « Nous guidons nos clients dans

le développement de projets intégrés,

de toute envergure, alliant efficacité et

empathie ». J’insiste notamment sur les

notions d’efficacité et d’empathie qui,

nous le croyons, nous distinguent de nos

concurrents.


10

je prendrai aussi en charge la stratégie

financière, le contrôle de gestion. Des

mathématiques donc !

Au regard du changement qui s’annonce,

de quoi êtes-vous les plus

impatients aujourd’hui ?

MH : Pour ma part, j’ai hâte de voir la

réaction de nos clients, quel en sera

l’impact, quelles seront leurs questions.

Nous y avons bien sûr beaucoup réfléchi

en amont donc nous sommes prêts à

y répondre. Je suis également impatiente

de voir quels segments de marché

peuvent s’ouvrir à nous !

Nous avons aussi travaillé sur notre

identité visuelle, à travers un processus

collectif de rebranding, afin que chacun

de nos collaborateurs se sente investi et

se retrouve dans les choix qui ont été

faits.

CK : Nous avons aussi profité de cette

fusion pour rassembler certains collaborateurs

en fonction de leurs compétences

ou de leur métier afin de garantir

une meilleure collaboration entre chacun

d’eux, de simplifier nos processus

et d’optimiser la lisibilité-client. Il est

en effet arrivé par le passé qu’une même

prestation soit dispatchée entre différentes

entités. Concrètement, pour nos

collaborateurs, cela signifie « déménager

» dans un autre bureau. Ce n’est pas

anodin, mais ce n’est pas un changement

radical non plus.

AW : Le quotidien de nos collaborateurs

ne sera pas bouleversé. Nous avons

veillé à ce que les changements en

interne soient les plus légers possible,

conscients que cela pouvait être vécu

comme une contrainte, même si à la fin

le résultat est positif.

Comment la répartition des rôles

s’opère-t-elle entre vous trois ?

MH : Ce point est intéressant car, auparavant,

nous dirigions tous les trois une

entité qui va fusionner. Depuis six mois

donc, chacun de nous a pris le temps

de se faire connaître de l’ensemble des

collaborateurs, d’échanger avec eux,

afin qu’ils sachent vers qui se tourner à

l’avenir.

CK : Nous souhaitions à tout prix éviter

de reconstituer une hiérarchie entre

nous trois. Ce que je retiens pour ma

part, c’est notre complémentarité : chacun

a ses forces et ses faiblesses. Nous

avons établi un système qui privilégie la

flexibilité, l’agilité mais aussi la stabilité.

Sur une thématique donnée que l’un

de nous prend en charge, il y a toujours

un back-up, un autre qui peut prendre la

relève si besoin.

AW : Notre complémentarité permet

d’établir une direction solide et cohésive.

Nous sommes un directeur à trois têtes,

doté de très nombreuses compétences

finalement ! Aucun de nous trois n’impose

sa vision de manière unilatérale,

ce qui facilite le dialogue et renforce

davantage notre leadership collectif.

Si l’on parle plus particulièrement de

champ d’expertise, je m’occuperai des

questions liées à l’innovation, au développement

et aux nouvelles niches

qui pourraient se créer au sein de

l’entreprise.

MH : En ce qui me concerne, je m’investirai

davantage sur les thématiques en

lien avec les ressources humaines et le

développement durable.

CK : Mon expérience me portera plutôt

vers l’ingénierie technique, mais

CK : De mon côté, il me tarde de voir

nos initiatives, si mûrement réfléchies,

prendre vie en interne tout d’abord. Je

suis très optimiste quant au succès de

cette transformation, je pense même que

les résultats dépasseront nos attentes,

mais voir cela « en action » sera un

moment très satisfaisant.

AW : Nous travaillons depuis si longtemps

sur ce projet que l’attente est

grande. De la part de nos clients, comme

de la part de nos collaborateurs, toutes

les réactions seront intéressantes et

constructives.

À quelles autres nouveautés peut-on

s’attendre demain ?

MH : Comme je l’évoquais précédemment,

notre identité visuelle a été entièrement

revue. Pour figurer cette nouvelle

entité, LSC360, un nouveau logo ainsi

qu’un nouveau site web ont été conçus

par Lola Strategy & Design. Nous avons

souhaité faire la part belle à la modernité,

à l’instar des nombreux jeunes

gens qui travaillent dans nos bureaux au

quotidien.

AW : Nous vous donnons rendez-vous

dans un an, pour faire le bilan de cette

grande et belle aventure dont nous

sommes tous très fiers d’écrire les premières

pages.

LSC360 S.A.

4, rue Albert Simon

L-5315 Contern

www.lsc360.lu


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12

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

PRÉSERVER

LE PATRIMOINE

SANS NUIRE AU

DÉVELOPPEMENT

URBAIN

Petit par la taille mais grand par son histoire riche, le Luxembourg

fait face à des défis majeurs en matière de préservation du patrimoine

: un domaine dans lequel il doit composer avec un développement

urbain fort et croissant. Pour répondre à ces enjeux,

la législation luxembourgeoise a adopté une approche proactive,

notamment avec la loi du 25 février 2022 relative au patrimoine

culturel. Celle-ci exige une intégration systématique des préoccupations

archéologiques dans les projets d’aménagement dès leur

phase initiale. Explications avec Christian Peter, Laurent Busana et

Cloé Bernier, respectivement responsable du service archéologie

préventive, associé-gérant et archéologue.

Répondre aux exigences légales

« C’est suite à la loi du 25 février 2022 relative

au patrimoine culturel que le bureau

d’études BEST Ingénieurs-Conseils a créé

un département y dédié afin de répondre

aux nouvelles exigences légales et d’assurer

une synergie entre la préservation

du patrimoine et les projets de développement

urbain et d’infrastructures du

territoire », explique Christian Peter, le

responsable du service. La mise en œuvre

de cette loi s’inspire de la Convention de

Malte, signée par le Luxembourg en 1992,

qui appelle à une protection renforcée

du patrimoine archéologique européen.

Ce patrimoine, bien commun du Grand-

Duché, est une ressource précieuse et non

renouvelable protégée par la loi. L’État

agit pour sa préservation, en lien avec les

autres acteurs de l’archéologie.

« L’objectif principal de cette législation

est d’intégrer les considérations archéologiques

dans les projets d’aménagement

dès leur phase de conception. Cela permet

de minimiser les risques de destruction de

vestiges importants et d’éviter des retards

coûteux pour les promoteurs », précise

Laurent Busana, associé-gérant. Les missions

du département comprennent la

réalisation de diagnostics archéologiques.

Ceux-ci prennent deux formes principales

: les sondages préventifs et le suivi

de travaux. « Le suivi consiste en une surveillance

archéologique active des travaux

en cours, facilitant ainsi la progression

des projets tout en garantissant la protection

du patrimoine. Les sondages, quant

à eux, sont des interventions réalisées en

amont des travaux, pour une durée fixée

par l'État. Ils permettent notamment de

mettre au jour, d’examiner, de documenter

et d’étudier les vestiges potentiels avant le

début de toute activité de construction »,

poursuit Cloé Bernier, archéologue.

Une équipe archéologique aux multiples

spécialités

Le département d’archéologie préventive

de BEST est composé de six archéologues

aux profils variés. Sous la direction de

Christian Peter, chef de service et archéologue,

l’équipe se compose de trois responsables

d’opérations, Émeric Cornet,

Sebastian Rudolf, Charlotte Fèvre et Cloé

Bernier, qui est aussi spécialisée en anthropologie,

ainsi que d’une archéologuetechnicienne,

Christine Schmit.

« Les responsables d’opérations supervisent

l’ensemble des interventions

archéologiques : ils sont chargés de la

conduite des diagnostics sur le terrain, de

l’étude des vestiges et de la rédaction du

rapport. Ils sont épaulés par les techniciens

de fouilles qui apportent un soutien

essentiel lors de l’opération et des découvertes

majeures », indique Christian Peter.

Ces techniciens assurent le nettoyage des

structures archéologiques et leur documentation

avec le responsable, ils s’occupent

ensuite du lavage et de l’inventaire

du mobilier issu des vestiges découverts

et de leur traitement. Chacun possède sa

propre expertise. « Pour ma part, je suis

par exemple spécialisée en archéologie

funéraire. Je suis en mesure d’apporter

une expertise spécifique lors de la découverte

de sépultures », précise Cloé Bernier.

Chacun s’organise de manière efficace

pour répondre aux exigences administratives

et scientifiques de chaque projet.

« Les missions de l’équipe incluent la

rédaction des documents administratifs

requis par la loi dans un délai précis, tels

que le projet scientifique d’intervention et

le rapport final d’opération. Nos archéologues

réalisent également des diagnostics

préventifs, suivent les travaux et étudient

les vestiges archéologiques mis au jour

lors de ces opérations. Parallèlement, les

ingénieurs jouent un rôle clé en assurant

la liaison avec les projets de construction

afin de faciliter l’intégration en

amont des enjeux archéologiques dans les

calendriers de développement », explique

Laurent Busana.

Concilier le développement urbain et la

préservation du patrimoine

Le Grand-Duché est un pays en pleine

expansion comme en témoignent les

nombreuses infrastructures qui sont

construites chaque année. Celles-ci sont

indispensables car elles répondent toutes

aux besoins d’une population qui croît

d’année en année. Depuis l’introduction

de la loi, de nombreux projets sont


13

L’équipe du service d’archéologie préventive de BEST : Christian Peter, Émeric Cornet, Sebastian Rudolf, Cloé Bernier, Laurent Busana, Christine Schmit et Charlotte Fèvre

régulièrement concernés par des opérations

préventives d’archéologie. Cette

situation soulève une question centrale :

comment concilier les impératifs de

développement tout en garantissant la

protection du patrimoine ? « Pour autant

que l’archéologie ait été intégrée suffisamment

tôt, les retards en raison de

découvertes sont rares, bien que toujours

théoriquement possibles ; pratiquement,

il est rarissime que des projets soient

abandonnés en raison de découvertes »,

répond Christian Peter.

Dans ce cadre, l’anticipation joue un rôle

clé. « En travaillant en amont avec les promoteurs,

les architectes et les communes,

nous sommes en mesure d’intégrer les

préoccupations archéologiques dès les

premières étapes de planification des

projets. Cette approche proactive de l’archéologie

préventive réduit considérablement

les risques de retard et garantit que,

même en cas de découverte exceptionnelle,

les délais soient respectés », assure

Cloé Bernier. Ce faisant, grâce à une bonne

communication sur l’archéologie préventive

auprès des clients, une proximité avec

les archéologues de l’Institut National de

la Recherches Archéologiques (INRA), et

par des évaluations et recommandations

précises des archéologues de BEST, la

planification des projets est plus fluide

offrant ainsi aux différents aménageurs

une perspective apaisée de l’avancement

de leurs projets.

Un soutien pour les communes

Pour les communes, qui occupent une

position clé dans la mise en œuvre des

projets, la prise en compte des aspects

archéologiques dans leurs initiatives se

révèle parfois complexe. « Nous les accompagnons

en leur offrant un soutien global

qui couvre les aspects méthodologiques,

administratifs, techniques et scientifiques.

Cet accompagnement vise à renforcer

leur capacité à intégrer les enjeux

archéologiques dès les premières phases

de planification de leurs projets d’aménagement

», explique Laurent Busana. BEST

exprime également son engagement en

sensibilisant les acteurs locaux à l’importance

de la protection du patrimoine

archéologique.

« Dans ce cadre, nous mettons à disposition

notre expertise approfondie et nos ressources

pour les guider à chaque étape du

processus. Cela inclut l’identification des

incidences archéologiques potentielles et

l’intégration des contraintes archéologiques,

aussi en cas de découvertes, dans

le calendrier et le budget des projets. Nous

veillons également à les informer des

obligations légales et réglementaires en

vigueur, tout en leur offrant des solutions


14

Aspelt

Luxembourg

en cours de développement ou qui ne

manqueront pas de se développer prochainement

en Éislek, une région particulièrement

riche en vestiges de l’histoire

mondiale récente. De nouvelles méthodes

d’investigations associant des technologies

innovantes pourraient alors être intégrées

dans nos recherches sur le terrain »,

déclare Christian Peter.

adaptées à leurs besoins spécifiques. Grâce

à cette approche, nous contribuons à créer

une synergie entre la protection du patrimoine

et le développement du territoire,

ce qui garantit que les projets se déroulent

dans le respect des exigences patrimoniales,

tout en minimisant les impacts sur

les délais et les coûts », indique Christian

Peter.

L’INRA, entité centrale

Les interventions menées par le département

du cabinet d’ingénieurs-conseils

sont soumises aux directives de l’INRA.

Celui-ci assure la supervision scientifique

des opérations et est également chargé de

l’inventaire, la conservation et la valorisation

du patrimoine archéologique national.

Il joue un rôle clé dans la gestion et la

protection des découvertes.

« Notre bureau d’études intervient en

réponse à une demande de l’INRA Les

responsables archéologiques de l’Institut

assurent la supervision scientifique de

toutes les opérations menées sur le territoire.

Les archéologues de notre bureau

sont ainsi directement subordonnés à

l’INRA », précise Christian Peter.

Certes, le Luxembourg n’a jamais été

pionnier en matière d’archéologie préventive,

mais il a fait, sous la houlette

des services de l’État, et particulièrement

de Foni Lebrun-Ricalens, le directeur de

l’INRA, des progrès très significatifs ces

dernières années dans la mise en place

d’une archéologie préventive à même de

concilier aménagement du territoire et

protection du patrimoine archéologique.

« Le Grand-Duché se positionne actuellement,

en matière de législation archéologique,

dans le peloton de tête des pays

signataires de la Convention de Malte »,

poursuit le chef de département.

Les défis futurs

Bissen

L’urbanisation croissante, notamment

dans le nord du pays, entraînera forcément

une hausse des activités. « Contrairement

au sud ou au centre du pays, c’est un territoire

encore insuffisamment exploré d’un

point de vue archéologique qui nécessite

une vigilance accrue lors des projets

Renforcer la capacité

des communes à intégrer

les enjeux archéologiques

dès les premières phases

de planification de leurs

projets d’aménagement

À plus court terme, le département envisage

de s’engager également dans des

opérations de fouilles archéologiques.

« Celles-ci sont souvent confondues à tort

avec les diagnostics par le grand public. Si

un diagnostic révèle des vestiges importants,

l’INRA peut demander la poursuite

de la mise au jour des vestiges par une

opération de fouilles archéologiques

impliquant des moyens plus importants

et des investigations scientifiques réalisées

dans un délai défini par l’État. La

connaissance scientifique de ce patrimoine

archéologique est ainsi acquise et

le projet peut continuer », conclut Cloé

Bernier.

BEST Ingénieurs-Conseils

2, rue des Sapins

L-2513 Senningerberg

www.best.lu



16

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

LOOPPARK :

QUAND LA CONSTRUCTION

CIRCULAIRE ALLIE ÉCONOMIE

ET FLEXIBILITÉ

Le Looppark situé à Bissen incarne une vision audacieuse de l’économie circulaire : construire pour

démonter, réutiliser et s’adapter aux besoins futurs. Alliant modularité et durabilité, ce projet novateur

repousse les limites des infrastructures classiques. Jeannot Schroeder, dirigeant chez +ImpaKT,

entreprise privée de conseil, revient sur les principes fondateurs et les ambitions derrière cette réalisation

pionnière.

Jeannot Schroeder


17

Pouvez-vous nous expliquer l’origine et

la vision derrière le projet innovant du

Looppark ?

Nous avons toujours cherché à innover et

à intégrer les principes de l’économie circulaire

dans nos projets. Le Looppark est

une concrétisation de cette vision. Ce parking

n’est pas un simple bâtiment : c’est un

concept, un modèle d’infrastructure pensé

pour s’adapter à l’avenir. L’idée de départ

est née d’un principe simple mais essentiel

: construire pour pouvoir démonter

et remonter. Chaque composant de cette

structure, qu’il s’agisse des dalles en béton

ou des colonnes en acier, a été conçu pour

être réutilisé ailleurs, ce qui réduit considérablement

les déchets habituellement

générés par la démolition.

Le projet a été imaginé pour être extensible,

avec une capacité initiale de 550 places de

stationnement et une option d’ajout de

350 emplacements supplémentaires. Cette

modularité répond à une demande du

ministère de l’Économie qui souhaitait une

infrastructure évolutive pour la zone d’activités

de Bissen. Nous avons opté pour une

trame standardisée et une rampe latérale

indépendante, des choix qui permettent

une extension future sans compromis sur

l’existant. Contrairement à un parking

classique à demi-niveaux, souvent plus

difficile à agrandir, notre approche garantit

une flexibilité totale. L’infrastructure

intègre également des panneaux photovoltaïques

ainsi que des bornes de chargement

électriques.

La conception et la construction ont été

assurées par des acteurs de premier plan :

les architectes RAU Architects et ABA

Workshop, le bureau statique PlanB, le

bureau technique EnTec, ainsi que les entreprises

Jans, Astron et Briand. La gestion de

projet a été confiée à Progroup, tandis que

l’inventaire des matériaux et les calculs de

démontabilité ont été réalisés par Progroup

en collaboration avec +ImpaKT. Le projet a

remporté le Trophée Bâtiment Circulaire

dans la catégorie conception circulaire lors

du concours organisé dans le cadre de l’initiative

« Booster du Réemploi », valorisant

ainsi son engagement pionnier dans l’économie

circulaire.

Quels ont été les critères financiers étudiés

pour évaluer la viabilité du démontage

et du réemploi des matériaux ?

Pour ce projet, l’évaluation financière a

joué un rôle déterminant pour démontrer

l’intérêt économique des principes de l’économie

circulaire. Trop souvent, cet aspect

est négligé au profit de la seule notion de

circularité. Or, pour nous, cette approche

ne peut être dissociée de cette dimension.

Contrairement à une démarche classique

de développement durable, souvent perçue

comme génératrice de surcoûts, l’économie

circulaire, lorsqu’elle est intégrée dès la

phase de conception, vise à créer une véritable

plus-value économique.

Cette réflexion a donc conduit à une analyse

approfondie de la valeur résiduelle du

parking après son cycle de vie initial. La

question clé était de savoir si, après 20 ans,

le démontage et la réutilisation des matériaux

seraient financièrement viables. Les

coûts de démontage, de retraitement et les

éventuelles pertes ont été minutieusement

estimés pour évaluer si le projet pouvait

offrir une valeur résiduelle positive. En

d’autres termes, l’objectif était de s’assurer

que le démontage du Looppark ne se traduirait

pas en une charge excessive, mais au

contraire en une opportunité économique.

Pour parvenir à ces conclusions, différents

scénarios ont été envisagés : des hypothèses

optimistes comme pessimistes.

Dans chaque cas, les résultats ont montré

que le projet conservait une valeur résiduelle

intéressante, renforçant ainsi la faisabilité

et l’intérêt du réemploi à l’avenir.

Quelle a été la valeur ajoutée de l’inventaire

des matériaux dans la conception

et la gestion du projet ?

Cela constitue une étape fondamentale

dans la réalisation du Looppark, tant pour

garantir sa conformité aux principes de

l’économie circulaire que pour anticiper

son cycle de vie. Grâce à la plateforme

Madaster, véritable « cadastre des matériaux

», chaque composant du parking a été

minutieusement documenté, permettant

de connaître avec précision le poids total

des matériaux utilisés. Cette démarche va

bien au-delà d’un simple relevé : elle transforme

un tas informe en un stock organisé,

traçable et valorisable. Ce travail d’inventaire

est essentiel pour évaluer la réutilisation

ou le recyclage des matériaux en fin de

cycle d’usage. En quantifiant ces derniers

par catégorie et origine, et en suivant leurs

flux entrants et sortants, il devient possible

de calculer des indices clés, tels que l’indice

de circularité des ressources ou encore

celui de démontabilité.

L’approche adoptée dans ce projet a également

nécessité des calculs supplémentaires

dès la phase de conception. En effet,

anticiper le démontage d’un bâtiment

commence bien avant sa construction.

Cette prévoyance a permis de maximiser

la démontabilité et d’intégrer des couches

de matériaux, « shearing layers », pour une

planification simplifiée du désassemblage.

En fin de cycle, chaque élément pourra

ainsi être réutilisé ou redéployé avec une

empreinte écologique minimale.

+ImpaKT

11, rue de l’industrie

L-8399 Windhof

www.positiveimpakt.eu


18

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

DESIGN DURABLE :

UNE RENCONTRE ENTRE

LONGÉVITÉ, SOBRIÉTÉ

ET PRAGMATISME

Ce que nous qualifions de « durable » évolue au fur et à mesure

que nous nous questionnons sur le sens à donner à ce terme popularisé

par la crise climatique. Il recouvre aujourd’hui des idées si

complexes et s’applique à des domaines si variés que nul professionnel

ne peut prétendre maîtriser la « durabilité ». C’est la raison

pour laquelle le bureau d’ingénieurs-conseils Betic, part of

Sweco, a réuni, au sein d’un pôle dédié à la conception durable,

une équipe de spécialistes multidisciplinaire vouée à ériger des

constructions à faible empreinte écologique. Elise Rein, Team

Manager du Pôle Sustainable Design (SuD), revient sur les missions

de son département, son approche et les défis à relever

pour faire de la construction durable un réflexe au Luxembourg.

Interview.

Quelle est votre définition du design

durable ?

Au début de ma carrière, il y a une dizaine

d’années, je pensais que construire

durable équivalait à construire en bois,

matériau renouvelable et qui stocke du

carbone, contrairement au béton. Ma définition

a quelque peu changé depuis que je

considère le bâtiment comme une banque

de matériaux. J’estime désormais que tous

les modes constructifs se défendent à

condition d’appréhender la construction

de manière non plus linéaire mais circulaire.

Il s’agit donc, dès le début d’un projet,

de se poser la question de l’évolution

d’utilisation potentielle du bâtiment au

cours de sa vie, mais aussi à sa fin de vie

et d’appréhender ses éléments constitutifs

en ce sens.

Aujourd’hui, j’entends donc par « durable »

un design pérenne. Ainsi, la durabilité

d’un immeuble est aussi liée à sa qualité

et son confort. C’est la raison pour

laquelle, par exemple, la conception

acoustique fait partie intégrante de notre

pôle « Sustainable Design » : si celle-ci est

Elise Rein et Steven Rassart


19

mauvaise, le manque de confort pour les

occupants peut sérieusement influer sur

la longévité du bâti. Partant de ce point

de vue, la durabilité se doit d’être l’affaire

d’un vaste panel d’experts qui échangent

autour d’une même table pour prendre

des décisions pragmatiques sur tous les

facteurs pouvant peser sur la durabilité

des constructions.

Ce panel de spécialistes, vous

l’avez institué au sein de votre pôle

« Sustainable Design ». Quelles expertises

propose-t-il ?

Le pôle SuD, comme nous l’appelons, a

vu le jour en 2017 pour répondre à deux

besoins essentiels : d’une part, accompagner

les architectes face aux nombreuses

questions liées à la durabilité et, d’autre

part, lever les obstacles qui empêchaient

la concrétisation de projets ambitieux,

notamment ceux en bois, souvent abandonnés

en cours de route. Ces obstacles

étant variés, nos expertises le sont également.

Pour lever les doutes sur la sécurité

incendie, la composition des parois, les

surchauffes et l’acoustique, nous avons

développé respectivement le commodo-incommodo,

des missions de physique

du bâtiment, des compétences en simulation

thermique dynamique et engagé des

acousticiens notamment. Les coûts de

la construction en bois étant considérés

comme un frein également, nous avons

aussi mis en place un accompagnement

pour l’obtention de subsides.

Ma vision ayant évolué, nous avons

diversifié les services rendus par le pôle

pour appréhender la durabilité dans son

ensemble. Nous avons développé des

expertises en matière d’énergie, de certifications

environnementales ou encore

de gestion et de traitement de l’eau. Plus

récemment, nous avons obtenu les agréments

de contrôleur technique en accessibilité

et mis en place un accompagnement

pour établir les registres des matériaux

(obligatoires à partir du 1 er janvier 2025

pour les bâtiments de plus de 3.500 m²).

Enfin, nous venons de nous lancer dans les

études d’impact environnemental (EIE) et

les inventaires de déconstruction. Il est

certain que nous ne nous arrêterons pas

là puisque de nouveaux besoins émergent,

notamment en raison des évolutions

réglementaires.

Partant du constat que cette base réglementaire

était devenue tout bonnement

trop importante et trop complexe pour

être maîtrisée par un unique interlocuteur,

qu’il s’agisse d’un architecte ou d’un

ingénieur, nous avons conçu notre pôle

« Sustainable Design » comme une équipe

sur laquelle les maîtres d’ouvrage pourraient

se reposer. Chacun de nos experts

est spécialisé dans un domaine bien spécifique

tant chaque aspect est vaste.

Nous avons diversifié

les services rendus par le pôle

pour appréhender la durabilité

dans son sens large

Quels outils utilisez-vous pour assurer

la durabilité de vos projets ?

Nous avons récemment développé des

projets basés sur le concept « low tech »

baptisé « 2226 » qui vise à maintenir une

température intérieure entre 22 et 26°C

tout au long de l’année sans installation

technique traditionnelle. Il n’y a ni production

centralisée de chauffage (seulement

des appoints), ni production centralisée de

froid, ni centrale de traitement d’air. Nous

avons éliminé énormément de techniques

en optant pour une ventilation naturelle

avec des ouvrants motorisés. L’idée n’est

pas de renoncer aux méthodes conventionnelles,

et d’une manière générale

aux installations techniques, mais bien

de s’interroger en amont du projet sur

celles qui sont réellement indispensables

au fonctionnement optimal du bâtiment

concerné, au vu de son utilisation à long

terme. Pour valider ce genre de solution,

nous nous appuyons sur des simulations

thermiques dynamiques. C’est un de

nos outils de prédilection dès qu’il s’agit

d’évaluer des concepts énergétiques novateurs

qui nécessitent d’aller plus loin que

les normes en vigueur.

Pour comparer deux variantes, nous

recourons également à une méthode qui

consiste à vérifier le poids carbone de

chaque solution, non seulement durant

l’exploitation mais aussi en tenant compte

de « l’embodied carbon », c’est-à-dire du

carbone qui a été émis pour fabriquer tel

matériau ou équipement. En effet, rien ne

sert d’ériger des bâtiments qui remplissent

des exigences environnementales élevées

si cela implique de consommer une quantité

de ressources démesurée pour ce faire.

Quelles réactions ces méthodes suscitentelles

auprès des maîtres d’ouvrage ?

Sortir des sentiers battus comporte toujours

un risque. Nous comprenons les

réticences de certains maîtres d’ouvrage

qui, in fine, portent la responsabilité de

la réussite d’un projet. Mais il n’y a pas

d’innovation sans prise de risque. La

conception durable nécessite donc de faire

preuve d’un certain courage et d’ouverture

d’esprit et c’est le cas de beaucoup de nos

clients.

Quels sont les principaux défis auxquels

vous êtes confrontés dans la construction

durable au Luxembourg et comment

parvenez-vous à les surmonter ?

J’ai récemment participé à la conférence

« Feuille de Route Construction

Bas Carbone » organisée par l’OAI. Si les

échanges ont mis en lumière les limites

induites par la réglementation, les dérogations

existent pour permettre l’innovation.

Or, pour qu’une dérogation soit

acceptée, toutes les parties prenantes

au projet doivent adhérer à l’idée qui la

rend nécessaire. La meilleure solution

pour mener à bien un projet durable est

donc de travailler en équipe, avec tous les

experts nécessaires (en génie technique,

génie civil et architecture a minima, et en

durabilité dans l’idéal) dans une approche

multidisciplinaire, avant même que l’architecte

n’ait donné son premier coup de

crayon.

À l’heure actuelle, la durabilité passe

parfois au second plan des préoccupations

des maîtres d’ouvrage pour des

raisons économiques. Comment les

convaincre de poursuivre sur la voie de

la transition malgré tout ?

Il est vrai que nous sommes fortement

incités à réduire les coûts. Si l’augmentation

des prix favorise la rénovation plutôt

que des projets neufs – ce qui est positif


20

puisque cela permet de pérenniser le bâti

existant – construire durable n’est pas

forcément plus onéreux. Certes, un projet

durable nécessite davantage de réflexion

en amont, ce qui engendre un surcoût en

phase d’étude, mais celui-ci sera compensé

par les économies réalisées à l’usage

et la longévité du bâtiment. Ainsi, à long

terme, le retour sur investissement d’un

immeuble durable sera forcément plus

intéressant, mais cela implique un changement

de mentalité qui, comme toute

grande évolution de pensée, demande du

temps.

La conception durable

nécessite de faire preuve

d’un certain courage et

d’ouverture d’esprit

Les difficultés financières actuelles

devraient pourtant nous inciter d’autant

plus à tendre vers la sobriété, une idée malheureusement

trop associée à une punition

ou à la frustration. Or, pour reprendre un

slogan de l’OAI, « Less is more, if less is

quality and health ». Construire une maison

un peu plus petite mais avec des matériaux

sains semble « naturellement » avoir

plus de valeur que quelques mètres carrés

supplémentaires…

Si le changement des mentalités s’opère

lentement, l’économie sera peut-être un

moteur plus puissant. Prenons l’exemple

de l’eau : même si son coût est déjà très

élevé, nous ne systématisons pas encore

la récupération de l’eau de pluie dans tous

les projets, mais nous pouvons bien imaginer

que lorsque son prix atteindra des

sommets, ce type de dispositif sera systématisé.

De même, il faudra certainement

qu’acquérir une propriété devienne hors

de portée pour tous pour que nous acceptions

de vivre dans des espaces plus compacts,

sans pour autant que ceux-ci soient

moins confortables. Je vois ainsi l’économie

comme un levier qui nous donnera

l’occasion de construire différemment, de

façon plus pragmatique et de manière que

les gens vivent dans des environnements

agréables et sains sans qu’il ne soit nécessaire

de mettre en péril notre planète et

ses ressources. C’est un challenge enthousiasmant

qui donne tout son sens à notre

métier.

Betic, part of Sweco

2, route de Luxembourg

L-4972 Dippach

25, rue Henri Koch

L-4354 Esch-sur-Alzette

1, rue de la Montagne

L-6586 Steinheim

5, Zac Salzbaach

L-9559 Wiltz

www.betic.lu


21

BRÈVES

ÉCONOMIQUES

PAR BARBARA PIERROT

© MECO

AVANCÉES STRATÉGIQUES

POUR ATTIRER LES TALENTS

INTERNATIONAUX

Le 4 décembre, le Haut comité pour

l’attraction, la rétention et le développement

de talents, présidé par Lex

Delles, ministre de l’Économie, s’est

réuni pour faire le point sur des projets

majeurs. Parmi ceux-ci, un portail

numérique pour talents internationaux,

attendu en 2025, et un Employers

Toolkit pour accompagner les PME

dans leurs démarches de recrutement.

Steve Duncan, expert, a présenté des

études stratégiques visant à renforcer

l’attractivité du Luxembourg. Lex Delles

a souligné l’importance de ces outils

pour dynamiser l’économie. La prochaine

réunion, prévue au printemps

2025, permettra de suivre l’évolution

des initiatives.

Source : SIP

LE LUXEMBOURG MISE SUR

LE DIALOGUE SOCIAL ET

LA TRANSITION DURABLE

Le 2 décembre, Gilles Roth, ministre

des Finances et Lex Delles, ministre

de l’Économie, ont échangé avec les

partenaires sociaux au château de

Senningen dans le cadre du Semestre

européen. Lors de cette rencontre,

le lancement du cycle 2025 et les avis

sur le budget de l’État ont été abordés.

Gilles Roth a souligné l’importance du

dialogue social pour maintenir la cohésion

dans un contexte incertain. Lex

Delles a insisté sur les investissements

et les réformes nécessaires pour renforcer

la compétitivité et accélérer la

double transition digitale et durable,

essentielle au redressement économique

du Luxembourg.

Source : SIP

INAUGURATION

DE L’AUTOMOBILITY INCUBATOR

À BISSEN

Le 3 décembre, l’Automobility Incubator

a été officiellement inauguré au sein

de l’Automobility Campus à Bissen. Lex

Delles, ministre de l’Économie, David

Viaggi, bourgmestre de Bissen et Diego

De Biasio, CEO du Technoport, ont présenté

ce nouvel incubateur dédié aux

startups et entreprises innovantes dans

le secteur de la mobilité. Ce bâtiment

de 2.100 m², conçu selon les principes

de la circularité, inclut des bureaux,

des ateliers de R&D et des espaces de

rencontre. Le Technoport gérera l’incubateur

visant à stimuler l’innovation et

la collaboration internationale dans la

mobilité intelligente et durable.

Source : SIP

L’ÉLECTRICITÉ ABORDABLE :

SOUTIEN RENFORCÉ ET NOUVELLE

TARIFICATION

À partir du 1 er janvier 2025, le gouvernement

luxembourgeois prolongera

sa subvention au prix de l’électricité

pour alléger la hausse des coûts pour

les ménages. Avec 171 millions d’euros

alloués, cette mesure bénéficiera

automatiquement aux consommateurs

utilisant moins de 25.000 kWh par an.

En parallèle, une nouvelle structure

tarifaire pour l’utilisation des réseaux

électriques sera introduite, visant

à moderniser le réseau et encourager

une consommation flexible. Les

ménages standards subiront un impact

limité, mais des économies restent possibles

via des comportements adaptés.

Ces initiatives soutiennent la transition

énergétique tout en maintenant l’électricité

à un coût compétitif.

Source : SIP

LA SARRE ET LE LUXEMBOURG

RENFORCENT LEUR COOPÉRATION

POUR L’AVENIR

Le 21 novembre, les ministres de l’Économie

de la Sarre, Jürgen Barke, et du

Luxembourg, Lex Delles, ont signé une

déclaration d’intention pour renforcer

leur coopération dans les secteurs économiques,

industriels et énergétiques.

Cette collaboration se concentrera

notamment sur l’économie de l’hydrogène,

la numérisation et l’économie

circulaire. Les deux régions s’engagent

à échanger des projets transfrontaliers,

créer un réseau de politiques et d’entreprises

et organiser des événements

communs. Cette initiative marque le

début d’une coopération de trois ans,

visant à relever les défis énergétiques

et industriels tout en favorisant une

croissance durable.

Source : SIP

SÉMINAIRE ÉCONOMIQUE SUR

LA DIVERSIFICATION DES MÉNAGES

ET FAMILLES

Le 2 décembre 2024, le Statec, l’Université

du Luxembourg et le LISER ont

organisé un séminaire sur la diversification

des ménages et types de

familles. Présenté par le professeur

Louis Chauvel, l’événement a analysé

les résultats du recensement de 2021,

mettant en lumière des évolutions profondes

dans la structure des ménages.

Le couple marié avec enfants ne représente

plus qu’une moitié des situations,

avec une croissance des ménages

monoparentaux et des ruptures familiales.

Des changements plus complexes

sont observés, notamment le

départ plus tardif des enfants du domicile

parental. La diversité des structures

familiales témoigne d’une société

luxembourgeoise en pleine mutation.

Source : Statec


22

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

MAISON RELAIS

EN CONSTRUCTION MODULAIRE :

CONCEPTION DURABLE ET

INTÉGRATION HARMONIEUSE

SUR LE CAMPUS

La maison relais de l’administration communale de Rosport-Mompach est un bel exemple de la manière

dont les éléments naturels peuvent être utilisés pour créer des espaces élégants et fonctionnels.

Le bâtiment modulaire d’une généreuse surface brute de 943 m² composé de 36 modules offre le

cadre idéal pour un concept pédagogique innovant, basé sur des méthodes d’enseignement et d’apprentissage

modernes et qui les reflète dans sa conception.

Un cadre pédagogique innovant adapté

aux enfants

Le bâtiment de deux étages, avec son

architecture lumineuse, offre aux enfants

âgés de trois à douze ans un excellent

environnement d’accueil et d’apprentissage.

Il dispose d’une variété de pièces

telles que des bureaux, des salles pour

le personnel, un théâtre, des salles de

projets et de création, une cuisine, une

salle des jeunes et une salle multimédia.

La base de la maison relais est le concept

éducatif « Weltatelier ». Tant l’offre que

l’environnement sont basés sur les intérêts

des enfants, qui sont au centre du

©ALHO Unternehmensgruppe

©ALHO Unternehmensgruppe

©ALHO Unternehmensgruppe

Façade moderne en bois : combinaison d’élégance naturelle et conception durable


23

©ALHO Unternehmensgruppe

©ALHO Unternehmensgruppe

travail quotidien. La participation des

enfants est particulièrement importante.

Jouer, manger, faire les devoirs, s’amuser

ou se détendre ensemble dans un environnement

adapté aux besoins des enfants.

Les devoirs peuvent être effectués quotidiennement

dans un environnement

surveillé et calme. À l’heure du déjeuner,

les enfants se voient proposer un déjeuner

équilibré dans la cuisine moderne et

équipée.

Un aperçu des pièces modernes, ouvertes et lumineuses. Ici, les

enfants peuvent apprendre, jouer ou faire leurs devoirs ensemble

©ALHO Unternehmensgruppe

Tant l’offre

que l’environnement

sont basés sur les intérêts

des enfants, qui sont au centre

du travail quotidien

Une intégration durable au cœur de la

communauté

D’une capacité de 120 places, la maison

relais de Rosport a été soigneusement

conçue pour répondre aux besoins de la

communauté et des usagers. Grâce à son

intégration au campus scolaire existant,

comprenant des bâtiments voisins, des

équipements sportifs et une aire de jeux,

le bâtiment modulaire ALHO fait partie

intégrante du complexe pédagogique. En

intégrant harmonieusement le bâtiment

dans la pente, un lien organique avec le

paysage environnant a été réalisé. Un

système photovoltaïque contribue à la

durabilité du bâtiment et souligne l’engagement

du client et d’ALHO en tant que

constructeur en faveur de solutions spatiales

respectueuses de l’environnement.

La planification et la mise en œuvre ont

eu lieu en étroite collaboration avec la

communauté et les utilisateurs afin de

garantir que les besoins et les exigences

soient satisfaits au plus haut degré. La

conception a été adaptée de manière

optimale aux conditions, en tenant

compte des conceptions préliminaires de

l’architecte externe.

La maison relais de Rosport n’est pas

seulement un lieu d’apprentissage et

d’accueil, mais aussi un symbole d’innovation,

de fonctionnalité et de design.

LE CHIFFRE

120

places

capacité de la maison relais

ALHO Systembau S.à r.l.

3, rue Fontebierg

L-3381 Livange

www.alho.com


24

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

LE « LIFESTYLE »

À LA NEW-YORKAISE

À BONNEVOIE

Sous ses faux airs new-yorkais et malgré son nom emprunté au

célèbre quartier américain, « Brooklyn » est en réalité un nouveau

lieu de vie bien luxembourgeois. Ce quartier qui émerge à proximité

immédiate du centre-ville de la capitale signe le renouveau

de Bonnevoie. Dans moins d’un an, les acquéreurs des premiers

logements à sortir de terre recevront leurs clés. Hugo Paillon,

Project Manager chez CBL, entreprise générale qui s’est vu confier

la réalisation du 1 er lot par le développeur Eaglestone, nous fait

visiter le chantier.

Les premiers jalons du « nouveau

Bonnevoie »

À quelques centaines de mètres derrière

la voie ferrée de la gare centrale,

sur une ancienne friche urbaine enclavée

entre différentes infrastructures de

transport et marquée par un tissu bâti

des plus hétérogène, s’élèvera prochainement

un « tout nouveau Bonnevoie ».

L’objectif ? Rehausser la qualité urbaine

de l’îlot, créer quelque 130 nouveaux

logements ainsi que des espaces de rencontre

tout en préservant la mixité du

quartier et en facilitant sa connexion

avec son environnement. Accepté en

juin 2019, le nouveau PAP représente

18.982 m 2 de surface constructible brute

sur laquelle le développeur Eaglestone

promet un entrelacement de résidences,

de bureaux, de commerces et de locaux

professionnels pour une belle harmonie

de quartier.

CBL pilote l’entièreté

du projet technique et gère

toute l’exécution du chantier

©Eaglestone

©Eaglestone

Confiés aux mains expertes de l’entreprise

générale CBL, les travaux du 1 er lot

de Brooklyn vont bon train. « Nous avons

pour mission la réalisation clé en main

des deux premiers immeubles du quartier.

Du gros-œuvre à la livraison aux

futurs occupants en passant par le clos et

couvert, les façades et le parachèvement,

CBL pilote l’entièreté du projet technique

et gère toute l’exécution du chantier.

Pour ce 1 er lot, il s’agit d’ériger deux résidences

avec une structure en béton armé

et trois niveaux de sous-sol : deux dédiés

au stationnement des véhicules des occupants

et un pour les caves. En façade

(isolante), le mélange de bardage en acier

et de briquettes de parement rappelle

les fabriques qui s’élevaient précédemment

sur le site autant qu’il confère aux

bâtiments un style new-yorkais auquel

le quartier doit son nom. C’est là que

viennent s’insérer d’élégants châssis en

aluminium avec vitrage acoustique qui

apporteront tout le confort nécessaire

aux habitants de ce quartier de la capitale

», introduit Hugo Paillon.


25

Hugo Paillon

Des logements aux nombreux atouts

Derrière leurs murs, les deux résidences

abriteront un total de 44 appartements

allant du studio de 35 m 2 au penthouse

trois chambres de 130 m² et bénéficiant

chacun d’un balcon / loggia ou

d’une terrasse pour profiter de l’extérieur.

Sous une hauteur sous-plafond

généreuse de 2,73 m, les propriétaires

profiteront de revêtements de qualité

puisque le cahier des charges de base

prévoit du carrelage dans les pièces

de vie et la salle de bain et un parquet

chaleureux dans les chambres. « Ces

44 biens – dont 20 sont encore disponibles

– sont tous soumis à acquisition,

en vente en l’état futur d’achèvement.

Le promoteur nous a confié la gestion

acquéreurs, c’est-à-dire que nous

répondons aux demandes particulières

des futurs propriétaires quant aux

finitions de leur appartement. Nous

les envoyons visiter les showrooms de

nos partenaires en sanitaire, revêtement

de sol, menuiseries, peintures,

etc. afin qu’ils puissent façonner leur

intérieur selon leurs désirs. Et, même

si le chantier avance alors que tous les

biens n’ont pas encore été acquis, nous

essayons d’offrir un maximum de flexibilité

à ceux qui achètent « en cours de

route ». Les intéressés pourront d’ailleurs

visiter nos appartements témoins

dès la fin janvier 2025 », précise le

Project Manager.

Dans l’air du temps, les résidences

proposent de nombreuses prestations

« eco-friendly » : elles font la part belle

à la verdure grâce à leurs toitures végétalisées,

encouragent la mobilité douce

avec leurs locaux à vélos et génèrent de

l’énergie renouvelable via des panneaux

solaires qui contribuent à la production

d’eau chaude. Avec leurs 36 cm d’isolation

en toiture et 20 cm en façade, les

bâtiments détiennent des certificats

de performance énergétique « ABA » et

répondent aux normes énergétiques

actuelles.

Depuis Brooklyn,

chaque résident pourra

trouver tout le nécessaire

à son épanouissement à moins

de quinze minutes de chez lui

L’un des principaux avantages des biens

mis en vente demeure leur situation

géographique. La proximité immédiate

de Bonnevoie avec le centre de

Luxembourg, la gare et tous les accès

routiers en font une localisation stratégique,

pratique et surtout très agréable

où le concept de « ville du quart d’heure »


26

©Eaglestone

©Eaglestone

©Eaglestone

se concrétise. En effet, depuis Brooklyn,

chaque résident pourra trouver tout

le nécessaire à son épanouissement à

moins de quinze minutes de chez lui :

travail, divertissement, commerces,

écoles, infrastructures sportives, centres

médicaux, parcs, etc. Un secteur idéal

pour tous les types de ménages !

Qualité et rapidité d’exécution pour

maîtres-mots

Les premiers résidents du nouveau quartier

profiteront de tous ces atouts dès

octobre 2025. « CBL réalise ici un type

de projet qu’elle maîtrise parfaitement.

Le principal défi est dès lors de respecter

les délais. 20 mois, c’est le temps dont

nous disposions pour faire sortir de

terre ces deux résidences. Une préparation

consciencieuse et un planning

millimétré nous permettront de livrer

les logements en temps et en heure, à

l’été. La rapidité d’exécution est une

grande force de notre entreprise. CBL

est réputée pour respecter les délais et

ses engagements, mais aussi et surtout

pour sa qualité d’exécution élevée ! Rien

n’est plus important pour nous que la

satisfaction du client », conclut Hugo

Paillon.

CBL S.A.

Rue Hahneboesch

L-4578 Niederkorn

www.cbl-sa.lu

LE CHIFFRE

44

nouveaux logements au sein

des deux premières résidences

de Brooklyn


mcluxembourg.lu

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Secteur Public

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GESTION DE PROJET

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KLIMABERODER

CONSEILLER LOGEMENT

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28

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

« ROOTS » : LE PROJET

QUI REDÉFINIT

LA CONSTRUCTION

DURABLE À BELVAL

Dans un monde en pleine transition écologique, le secteur de la

construction joue un rôle prépondérant dans la réduction des émissions

de gaz à effet de serre. Le projet « ROOTS », co-développé par

BPI Real Estate et Unibra Real Estate s’impose comme une référence

ambitieuse en matière de construction durable. Situé au cœur de

Belval, il incarne une vision innovante qui allie excellence environnementale

et certifications exigeantes comme la Low Carbon

Building Initiative (LCBI). Explications avec Stéphane Bagat, Project

Director, et Frédéric Vingtans, Design Director, chez BPI Real Estate.

LCBI, une certification qui harmonise

les codes

« ROOTS » prend racine à Belval, au

« Central Square ». Il fait partie intégrante

du développement urbain de la ville et est

piloté par Agora qui finalise la conversion

de cette ancienne friche sidérurgique en

un quartier moderne et durable. Mené

par BPI Real Estate et Unibra Real Estate,

« ROOTS » occupe une position stratégique

puisqu’il relie les hauts fourneaux

historiques aux nouveaux quartiers résidentiels

qui ont été érigés ces dernières

années. « C’est de là que le projet tire

aussi son nom avec l’idée de transformer

un site autrefois industriel. Comment ?

En faisant naître un projet exemplaire par

son positionnement environnemental et

sociétal », explique Frédéric Vingtans,

Design Director.

En effet, si ce projet mixte qui accueille

102 logements et des espaces de bureaux

s’aligne avec la taxonomie européenne, il


29

ne se contente pas seulement de respecter

les exigences réglementaires ; « ROOTS »

les dépasse puisqu’il se calque sur la

méthodologie LCBI. Celle-ci a été conçue

pour répondre à une problématique centrale

dans le secteur de la construction :

l’empreinte carbone des bâtiments. « Plus

d’une dizaine de projets pilotes ont été

retenus en Europe pour tester concrètement

cette approche et seuls deux ont

été certifiés... et le nôtre en fait partie,

au niveau de certification le plus haut »,

indique Stéphane Bagat, Project Director.

Trois strates de décarbonation

La méthodologie LCBI vise à quantifier

et à réduire les émissions de gaz à effet

de serre sur l’ensemble du cycle de vie

d’un bâtiment, de sa conception à sa

déconstruction en passant par son usage

au quotidien. « C’est dans ce cadre que le

cycle de vie prend une plus grande importance

car l’impact carbone se mesure sur

plusieurs strates. Il y a d’abord le carbone

opérationnel, c’est-à-dire les consommations

du bâtiment durant sa durée de vie.

Disons qu’au Luxembourg, actuellement,

ce point est plutôt bien avancé grâce aux

performances thermiques intéressantes

de chaque nouvelle construction. LCBI va

encore plus loin puisque la certification

comptabilise le carbone embarqué qui

correspond aux émissions des matériaux

nécessaires à la construction, alors que

rien n’est encore officiellement réglementé

à ce niveau », déclare Frédéric

Vingtans. Les standards des bâtiments

qui se trouvent au Grand-Duché s’élèvent

entre 1.000 et 1.200 kg de CO 2

par m 2 .

« Notre projet atteint les 740 kg de CO 2

par

m 2 , soit 30% de moins que la moyenne »,

se félicite le Design Director.

BPI Real Estate met en avant le bois

comme élément central du projet. « Dans

l’analyse du cycle de vie, un troisième

volet se rapporte à la construction en

bois : le carbone biogénique. L’utilisation

du bois revêt d’un double intérêt. Ce

matériau est d’abord moins carboné que

le béton ou l’acier. Il fait aussi partie d’un

long processus : l’arbre capte du CO 2

, il est

ensuite coupé pour faire du bois d’œuvre

puis, à la déconstruction, peut être réutilisé

pour d’autres usages jusqu’à ce qu’il

soit brûlé pour du chauffage par exemple.

C’est ce qu’on appelle la séquestration de

carbone », précise Frédéric Vingtans.

S’il a déjà obtenu la certification LCBI, le

projet « ROOTS » vise l’obtention d’autres

distinctions comme LENOZ, un label

luxembourgeois axé sur les espaces résidentiels,

BREEAM niveau excellent, l’une

des récompenses les plus reconnues à

l’échelle internationale et WELL Building

Standard niveau gold. « Cette dernière est

la seule qui prenne en compte le bienêtre

dans les bureaux. De notre côté,

nous avons intégré des éléments tels que

la lumière naturelle, l’omniprésence du

bois en intérieur et une acoustique soignée

pour favoriser le confort physique et

mental des occupants », indique Stéphane

Bagat.

Une vitrine pour la construction

durable

« ROOTS » ne se contente pas d’être un

projet exemplaire : il aspire à devenir

un véritable laboratoire pour l’avenir. Le

siège social en bois de BPI Real Estate

Luxembourg, inauguré il y a deux ans à

Leudelange, est déjà une vitrine reconnue.

Baptisé « Wooden », celui-ci est régulièrement

visité par des professionnels,

des investisseurs et des acteurs publics.

« ROOTS » pourrait suivre la même trajectoire.

Bien que le chantier en cours

en soit encore à ses débuts puisque les

premiers lots d’habitations seront livrés

fin 2026, l’ambition est claire : faire du

nouveau projet à Belval une référence qui

inspirera d’autres initiatives sur le territoire

luxembourgeois.

« Disons également que le secteur de

la construction a des habitudes encore

bien ancrées. Ce projet est une remise en

question profonde des pratiques traditionnelles.

Nous avons commencé ses premières

esquisses en 2019, à une époque

où le marché n’était pas encore prêt et

ouvert à toutes ces nouvelles solutions.

Celui-ci commence à prendre conscience

de ces enjeux et cela implique une grande


30

remise en question. Aujourd’hui, les

lignes bougent et « ROOTS » pourrait bien

devenir le fer de lance de cette transformation

», espère Frédéric Vingtans.

Des défis techniques… et humains

La réalisation de « ROOTS » n’a pas été sans

obstacles. « L’un des principaux défis a été

de rassembler les bonnes compétences

autour de la table. Il fallait trouver des

personnes capables de traiter des sujets

techniques, économiques et environnementaux

complexes, tout en dialoguant

avec les parties prenantes d’un projet et le

secteur public », explique Stéphane Bagat.

Ce sont des concepts et solutions qui sont

parfois nouveaux pour les acteurs de la

construction concernés et qui posent de

nouvelles questions réglementaires. « La

construction en bois, particulièrement,

a posé des défis en matière de protection

incendie ou d’ajouts de niveaux. Le savoirfaire

accumulé au fil des projets a permis

de lever progressivement ces obstacles

pour pouvoir, à terme, construire toujours

plus haut par exemple », développe

Frédéric Vingtans.

Construire des bâtiments

durables et à haute

performance sans pour autant

compromettre la qualité de vie

ni les standards du marché

Un écrin de verdure

« ROOTS » innove également en matière

de gestion énergétique. Le projet mixte

intègre des panneaux photovoltaïques sur

les toitures résidentielles afin que l’énergie

produite alimente les bureaux. Cette

approche compense le manque d’espace

sur les toitures des bureaux et maximise

l’autoconsommation. « Cette complémentarité

a été pensée avec beaucoup

de bon sens. Il suffit de faire coïncider la

production avec la consommation », selon

Stéphane Bagat.

Au-delà des performances purement techniques,

« ROOTS » mise sur la création

d’une véritable communauté. Le projet

comprend un espace partagé végétalisé

avec des aires de jeux pour enfants, des

bancs et un jardin « L’idée était vraiment

d’amener la végétation au cœur du projet.

Cet espace n’est pas seulement esthétique

: il joue un rôle écologique. Il sert

en effet de zone de rétention d’eau, ce qui

crée un îlot de fraîcheur, tout en limitant

l’usage d’eau potable pour arroser cet écrin

de verdure », indique Frédéric Vingtans.

En alliant innovation technique, performance

environnementale et bien-être

des occupants, « ROOTS » incarne une

nouvelle façon de concevoir la ville et les

constructions. « Ce projet prouve qu’il est

possible de construire des bâtiments écologiques

et à haute performance sans pour

autant compromettre la qualité de vie

ni les standards du marché qui sont très

élevés au Luxembourg », conclut Stéphane

Bagat.

BPI Real Estate Luxembourg

8, rue du Chateau d’Eau

L-3364 Leudelange

lu.bpi-realestate.com


AGENCE IMMOBILIÈRE SOCIALE

Le leader luxembourgeois de la gestion locative sociale

26 48 39 52

www.ais.lu


32

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

AN DER SCHMËTT :

« CONCILIER LOGEMENTS

ABORDABLES, DURABILITÉ

ET MOBILITÉ DOUCE »

Le Fonds du Logement développe, en collaboration avec la commune

de Biwer, un projet immobilier d’envergure baptisé « An der

Schmëtt ». Cette initiative ambitieuse vise à transformer l’ancienne

Cité Syrdrall en un nouveau quartier résidentiel alliant durabilité,

logements abordables et mobilité douce. Alors que les travaux

du gros-œuvre ont officiellement démarré en novembre, Steve

Majerus, chef de projet au Fonds du Logement, dévoile les grandes

lignes de ce futur quartier.

En novembre, les travaux de gros-œuvre

du projet d’envergure « An der Schmëtt »

ont officiellement commencé. Pouvezvous

nous expliquer la vision derrière ce

projet ?

« An der Schmëtt » consiste en la réhabilitation

complète de l’ancienne Cité Syrdall,

qui a longtemps été laissée à l’abandon.

Notre objectif est d’y créer un quartier

moderne et durable, avec une diversité de

logements abordables, tout en intégrant

une approche écologique. Nous souhaitons

en faire un espace de vie où la mobilité

douce et le bien-être des habitants seront

favorisés.

Jusque-là le site était à l’abandon...

Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est un site qui a connu plusieurs vies.

Au départ, il y avait une imprimerie, puis

la zone a été envisagée pour accueillir des

logements étudiants d’une université qui

n’a finalement jamais vu le jour. Par la suite,

l’ancienne cité est devenue une zone de

récréation mais, là non plus, le succès n’était

pas au rendez-vous. Le site a fini par être

abandonné et, après la faillite de la société

Norabo, à l’initiative du projet, certains

bâtiments ont été vendus aux enchères. Ce

n’est qu’en 2016 que le Fonds du Logement

devient propriétaire d’une grande majorité

du foncier des lieux et peut alors envisager

une réhabilitation complète de la zone.

Quels défis techniques cela a-t-il engendré

pour le Fonds du Logement ?

Construire sur des friches implique en

effet quelques défis. Le site a dû être désamianté,

puis entièrement assaini. Nous

en avons aussi profité pour travailler avec

la commune de Biwer afin de renaturer le

cours d’eau de la Syre qui traverse la zone.

Cela a été une étape importante pour améliorer

l’environnement naturel du site. De

plus, nous avons traité les sols avec de la

chaux et du ciment, ce qui nous a permis de

réutiliser la majeure partie des excavations

comme sous-bassement pour les futures

constructions.

Justement, la première phase de

construction a commencé cet automne.

Que comprendra-t-elle ?

La première phase du projet concerne la

construction de 95 logements : 23 appartements

répartis en 4 résidences, 46 maisons

unifamiliales dont 6 avec logement intégré

et 10 maisons bi-familiales. Au total, nous

prévoyons de construire 164 logements,

principalement destinés à la location et à

la vente abordable, et un espace affecté à

un commerce ou à une profession libérale.

Le quartier se veut durable et conçu

autour de la mobilité douce. Quelles

infrastructures sont mises en place pour

y parvenir ?

Steve Majerus

Nous avons fait le choix de concentrer

la circulation automobile aux entrées du

quartier. Les parkings sont regroupés sous

des carports, aussi bien au sud qu’au nord

du site, afin de préserver le cœur du quartier

pour les piétons et les cyclistes. Côté

sud, ces carports ont aussi un rôle de brisevue

pour isoler les résidences des voies de

chemin de fer avoisinantes.


33

©Infovision

Une autre mesure phare est la construction

d’une passerelle de 78 m de long

reliant les parties nord et sud du site.

Cette dernière, de 1,20 m de large, est

réservée aux piétons et aux cyclistes et

permet aux habitants de traverser le quartier

facilement et en toute sécurité sans

avoir à utiliser leur voiture. Les écoliers

pourront ainsi se rendre sans encombre

aux arrêts de bus, et les résidents auront

un accès direct à la gare routière.

La durabilité est clairement au centre

de ce projet. Quelles initiatives sont

prises pour le rendre plus écologique ?

Dès le départ, nous avons visé une

construction durable et respectueuse

de l’environnement. Une partie des

constructions disposera de la certification

LENOZ, qui permettra aux acquéreurs

de bénéficier d’une prime supplémentaire,

mais qui garantira surtout un haut

niveau de performance énergétique et

une utilisation optimale des matériaux.

La certification inclut aussi des critères

de démontabilité, pour minimiser l’empreinte

environnementale sur le long

terme.

Nous avons également opté pour un

système de gestion des eaux de pluie en

surface, avec des bassins de rétention

qui permettent un déversement naturel

dans la Syre. Ce choix a impliqué de nombreuses

études pour optimiser la topographie

des accès au quartier.

Qu’en est-il de la production d’énergie

sur le site ?

Tous les toits des bâtiments et les carports

seront équipés de panneaux photovoltaïques.

Nous estimons que la production

annuelle d’électricité sera de 1.469.913 kWh,

pour une consommation théorique de

756.000 kWh pour l’ensemble du quartier.

Cela signifie que celui-ci produira

plus d’électricité qu’il n’en aura besoin. La

réflexion s’articule donc aujourd’hui autour

de la façon dont nous allons utiliser ce surplus

d’énergie. Une piste pourrait être la

création d’une communauté énergétique,

permettant ainsi de partager cet excédent

tout en réduisant la facture électrique des

résidents.

Par ailleurs, le quartier sera équipé d’un

système de chauffage par pompe à chaleur.

Ce choix répond à notre volonté de minimiser

l’impact environnemental et d’offrir

un confort thermique aux résidents tout

en étant économe en énergie.

Le quartier vise à favoriser le bienêtre

des habitants. Comment cela se

traduit-il ?

Effectivement, nous avons souhaité faire

de ce quartier un lieu où il fait bon vivre,

où les habitants peuvent se rencontrer

et échanger. Pour cela, nous avons prévu

plusieurs placettes et espaces publics,

ainsi qu’une aire de jeux pour les familles.

Ces espaces sont conçus pour favoriser les

échanges et renforcer le lien social entre

les résidents.

Quand les premiers logements serontils

livrés ?

La livraison des logements de la première

phase est prévue à partir de 2026. Ceux de

la partie sud seront les premiers habités.

Une seconde phase de construction suivra

en 2027.

Comment décririez-vous l’impact global

de ce projet sur la commune et ses

habitants ?

Avec « An der Schmëtt », nous souhaitons

offrir un modèle de développement

durable et abordable. En d’autres termes,

concilier logements abordables, durabilité

et mobilité douce. Ce quartier transformera

l’ancienne Cité Syrdall en un lieu

de vie attractif et écologique, et répondre

aux besoins en logements abordables en

intégrant les valeurs de durabilité et de

mobilité douce. C’est un projet qui bénéficiera

non seulement aux futurs résidents,

mais à toute la commune en renforçant

son attractivité et en redonnant vie à ce

site historique.

Fonds du Logement

52, Boulevard Marcel Cahen

L-1311 Luxembourg

www.fondsdulogement.lu


34

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

15 ANNÉES D’ACTIONS

POUR RÉPONDRE À LA

CRISE DU LOGEMENT

Le 26 novembre 2024, la Fondation pour l’Accès au Logement

(FAL) a célébré son 15 e anniversaire au Forum Geesseknäppchen.

L'événement a réuni environ 180 participants issus principalement

du secteur social pour échanger sur les enjeux du logement social

au Luxembourg et au-delà.

Depuis sa création en 2009, la Fondation

a grandi pour devenir un acteur indispensable

dans la lutte contre la précarité

des locataires et la pénurie de logements

au Luxembourg. Aujourd’hui, elle gère

près de 700 logements sociaux, collabore

avec 57 communes et emploie au total 52

salariés. Lors de leurs discours d’ouverture,

Patrick Bousch (président), Marco

Hoffmann (président honoraire) et Gilles

Hempel (directeur) ont mis en lumière les

accomplissements de la Fondation durant

ces nombreuses années. Ils ont également

rappelé l’urgence d’agir face à une crise du

logement qui ne cesse de s’intensifier.

Des échanges enrichissants autour du

logement social

Les conférences ont permis de mettre en

perspective des approches nationales et

internationales. Jean-Michel Campanella,

président du Mieterschutz Lëtzebuerg,

a présenté l’évolution de la première

association qui protège les locataires au

Grand-Duché. Il a souligné le besoin de

défendre ces derniers dans un pays où

moins de 3% des logements sont sociaux

avant de conclure « Housing for people,

not for profit ».

Dr. Gerlinde Gutheil-Knopp-Kirchwald,

de la Fédération autrichienne des promoteurs

à but non lucratif, a présenté le

modèle exemplaire du logement social en

Autriche, connu pour sa pérennité et son

accessibilité.

Laurent Ghékière, directeur des affaires

européennes de l’Union sociale pour


35

Patrick Bousch

l’habitat, a expliqué les mécanismes

financiers et les politiques publiques qui

permettent de maintenir un parc de logements

sociaux durable en France.

Gilles Hempel, Max Hahn, Claude Meisch et Magali De Rocco

Imaginer le Luxembourg en 2040

Un moment fort de la journée fut l’atelier

de prospective, où les participants se sont

projetés dans quinze ans pour imaginer

le paysage immobilier luxembourgeois.

S’appuyant sur les exemples autrichien et

français, les participants ont créé des unes

fictives de journaux datées en 2040, mettant

en avant leurs visions d’un avenir en

matière de logement au Luxembourg.

Les résultats ont été présentés à Claude

Meisch, ministre du Logement et de l’Aménagement

du territoire, et Max Hahn,

ministre de la Famille, des Solidarités,

du Vivre ensemble et de l’Accueil, lors

d’une discussion constructive et ouverte.

Les ministres ont accueilli positivement

les idées présentées et ont échangé avec

les participants dans une ambiance

conviviale.

Laurent Ghékière

Marco Hoffmann

Au regard de la conjoncture, les activités

de la FAL restent plus que jamais indispensables.

Avec une équipe grandissante

et une mission ancrée dans l’inclusion

sociale par le logement, la Fondation

espère continuer à développer ses activités

et à renforcer son impact dans les

années à venir.

Fondation pour l’Accès au Logement

202B, rue de Hamm

L-1713 Luxembourg

www.fondation-logement.lu


36

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

BÂTIMENTS RÉSIDENTIELS :

IMPACT SUR LES COMMUNES

ET LE PARC IMMOBILIER

PRÉSENT ET À VENIR

Avec une population vieillissante en Europe, la demande de logements

confortables augmentera probablement. Des personnes

s’orienteront vers une accessibilité plus aisée sans pour autant être

en situation de handicap. En prévision d’une réduction de la mobilité

dont nous ferons tous l’expérience tôt ou tard, certains chercheront

à vendre leur maison individuelle avec escaliers intérieurs et extérieurs,

accès à la cave et au garage au sous-sol laborieux et jardin

à entretenir… En plus de deux ans et demi, Oliver Thomas Böhm,

architecte et formateur à l’ADAPTH, a conseillé divers acteurs du

domaine du bâtiment, formé de nouveaux contrôleurs techniques

en accessibilité, informé architectes et ingénieurs-conseils tout

comme maîtres d’ouvrage, administrations communales et promoteurs

sur la nouvelle loi portant sur l’accessibilité. Il nous en dit plus.

Comment savoir si le projet est

concerné ?

Tout d’abord en se référant à la définition

légale. Les définitions sont données dans

l’article 1 er de la loi du 7 janvier 2022. Il

y est stipulé qu’une résidence est un bâtiment

d’habitation collectif (BHC) quand il

comporte :

− au moins cinq unités distinctes,

− dont au moins trois logements, qui sont

réparties, même partiellement,

− sur au moins trois niveaux et

− qui sont desservies par des parties

communes.

Par unité, on entend un logement, un local

commercial ou un lieu dans lequel les professions

libérales prestent leurs services.

Si une des quatre conditions n’est pas

remplie, il ne s’agit pas d’un BHC au sens

de la loi.

L’article 4 de ladite loi traite des nouvelles

constructions de bâtiments d’habitation

collectifs. Mais est-ce bien la date d’introduction

de la demande d’autorisation de

construire qui fait foi ? Oui, ceci est défini

à l’article 15. disposition transitoire de la

loi.

Depuis le 1 er juillet 2023, toute demande

d’autorisation de travaux doit être accompagnée

d’un certificat de conformité

des plans. Ainsi, un nouveau projet de

résidence visé par la loi devra respecter

l’entièreté du Règlement Grand-Ducal

– Bâtiments d’habitation collectifs

(RGD-BHC).

En ce qui concerne les logements, afin de

présenter un minimum d’accessibilité,

tous devront respecter les quatre exigences

d’accessibilité décrites à l’article 16


37

du RGD-BHC, à savoir le passage libre de

la porte d’entrée, un espace de manœuvre

de porte à l’intérieur du logement pour

qu’une personne en fauteuil roulant

puisse quitter le logement de manière

indépendante, les portes intérieures et les

circulations intérieures.

Et les logements accessibles aux personnes

à mobilité réduite ?

En plus des exigences précitées, 10% des

logements situés au rez-de-chaussée ou

aux niveaux desservis par un ascenseur

doivent être conçus et disposés de manière

à être accessibles. Le nombre minimal de

logements accessibles est arrondi à l’unité

supérieure.

Ces logements présentent les exigences

d’accessibilité suivantes : outre le fait

que l’unité de vie soit réalisée sur un seul

niveau, certaines exigences dimensionnelles

sont à respecter dès la construction.

Le passage libre des portes intérieures et

la largeur minimale des circulations intérieures

sont augmentés, un passage d’une

largeur minimale de 150 cm devant les

appareils ménagers de la cuisine doit être

libre et une circulation autour de l’emprise

d’un lit de 160 cm x 200 cm d’au moins une

chambre est à assurer pour un utilisateur

de fauteuil roulant. Des espaces libres d’au

moins 150 cm de diamètre sont à prévoir

dans au moins une chambre et une salle

d’eau. Une salle d’eau et un local WC au

moins offrent des dimensions minimales

décrites en détail dans l’article 17 (RGD-

BHC) et les portes de ces pièces ne peuvent

pas s’ouvrir vers l’intérieur.

Ce qui est indispensable

à 10-15% de la population est

nécessaire à 40% et confortable

pour tous

Pour être crédible sur le marché de

l’immobilier demain, autant être

conforme et accessible dès à présent

Dans les projets de résidence dont la

demande d’autorisation de construire a

été introduite avant le 1 er juillet 2023, il est

possible de se rapprocher de l’accessibilité

sur une base volontaire en analysant les

plans en phase d’exécution. C’est en effectuant

cet exercice que nous nous sommes

rendu compte qu’au-delà d’un certain

nombre de mètres carrés, un logement est

parfois même conforme aux exigences de

l’article 17 sans que l’on ait voulu le désigner

comme étant un « logement PMR ».

Toutes les exigences y sont parfaitement

respectées, sans coût supplémentaire. Il

s’agit juste d’une architecture contemporaine

avec hall d’entrée donnant sur

cuisine-séjour ouvert – aérée, lumineuse,

généreuse – et accessible.

La mise en conformité de bâtiments

résidentiels existants n’est pas une

obligation. Oui, mais… Qu’en est-il des

commerces ou locaux de professions

libérales installés dans une résidence ?

La situation rencontrée comporte un ou

plusieurs commerces au rez-de-chaussée

et des cabinets médicaux au premier

étage. Ceux-ci sont des lieux ouverts au

public ou y sont assimilés. Dès lors, l’exploitant

devra se soucier de mettre son

lieu en conformité pour 2032 au plus tard.

Le premier nommé dans l’article 3 est le

propriétaire. Des parties à un bail peuvent

convenir que les travaux de mise en accessibilité

soient assumés par le locataire.

Faut-il tout transformer ?

Pas nécessairement. Des demandes de

dérogation ou de solution d’effet équivalent

peuvent être demandées au ministère

de la Famille.

Des aides financières sont-elles prévues ?

Oui, des subventions en capital de 50% des

coûts HTVA pour travaux, études, conseils

et expertises d’un maximum de 24.000

euros par lieu et aménagement. Voir l’article

12.

ADAPTH asbl

36, route de Longwy

L-8080 Bertrange

Tél. : +352 43 95 58 – 1

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38

BRÈVES

MINISTÉRIELLES

PAR BARBARA PIERROT

©CNL

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE,

DE L’ALIMENTATION ET

DE LA VITICULTURE

Le Conseil de gouvernement a adopté

le 6 décembre le projet de loi instituant

une aide à la construction de serres

horticoles, porté par la ministre de

l’Agriculture, Martine Hansen. Ce dispositif

propose une subvention en capital

pour soutenir les agriculteurs actifs

dans la construction de serres destinées

à produire, stocker ou conditionner

fruits et légumes. Avec un budget

total de 20 millions d’euros, les aides

couvriront 40% des investissements,

voire 55% pour les jeunes agriculteurs.

L’objectif est de renforcer la production

locale, diversifier l’agriculture luxembourgeoise

et répondre à une demande

croissante de produits frais et locaux.

Source : SIP

MINISTÈRE DE L’ÉGALITÉ

DES GENRES ET DE LA DIVERSITÉ

Le 1 er décembre, infoMann (ActTogether

asbl) a lancé le Service d’assistance aux

hommes victimes de violence domestique

(SAVVD). Yuriko Backes, ministre

de l’Égalité des genres et de la Diversité,

a salué cette initiative qui complète les

services existants en offrant un soutien

spécifique aux victimes masculines. Ce

service, axé sur la prise en charge psychologique,

administrative et juridique,

marque une avancée dans la reconnaissance

des hommes en tant que victimes

potentielles. Le SAVVD infoMann

collaborera étroitement avec celui de

Femmes en détresse, contribuant à un

cadre d’intervention global et inclusif

pour toutes les victimes de violence

domestique.

Source : SIP

MINISTÈRE DE LA CULTURE

Le 9 décembre, la remise des prix

du Concours littéraire national s’est

tenue au Centre national de littérature

à Mersch. Le ministre de la Culture,

Eric Thill, a récompensé les lauréats :

Charles Meder (1 er prix auteurs/trices

adultes) pour Urd, Antoine Pohu (2 e

prix auteurs/trices adultes) pour Les

Bienheureux, Eric Abbott (3 e prix

auteurs/trices adultes) pour Second

Zechariah, et Aimée Dhonte (1 er prix

jeunes auteurs/trices de 12-19 ans)

pour It’s Raining Cats and Dogs. Cette

45 e édition, dédiée aux pièces de

théâtre, a vu sa dotation passer à

17.250 euros, affirmant le soutien à la

création littéraire. Le concours 2025

portera sur les romans.

Source : SIP

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT,

DU CLIMAT ET DE LA BIODIVERSITÉ

Lors de la COP29 à Bakou, le

Luxembourg, mené par le ministre

Serge Wilmes, a confirmé son rôle de

leader dans le financement climatique

international. Une nouvelle enveloppe

de 320 millions d’euros pour la période

2026-2030 a été annoncée, marquant

une augmentation significative de l’engagement

du pays. Le Luxembourg

a également présenté quatre projets

issus de l’incubateur Resilient

Landscapes Luxembourg. De plus, les

jeunes déléguées climatiques luxembourgeoises

Natasha Lepage et Frida

Thorsteinsdottir ont activement participé

aux négociations.

Source : SIP

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION

NATIONALE DE L’ENFANCE ET

DE LA JEUNESSE

Le rapport national sur l’éducation

2024 met l’accent sur la diversité et

l’inclusion dans l’éducation luxembourgeoise.

Quatre réformes majeures sont

soulignées : l’amélioration de l’éducation

précoce avec un programme

plurilingue et des intervenants supplémentaires

dans les crèches, la création

d’écoles européennes publiques pour

réduire les inégalités linguistiques,

le projet pilote « Alpha – zesumme

wuessen » pour diversifier l’alphabétisation

et un dépistage précoce des déficiences

visuelles afin de soutenir les

élèves concernés. Ces initiatives visent

à améliorer l’équité et les chances de

réussite pour tous les enfants, en particulier

dans un contexte scolaire de plus

en plus hétérogène.

Source : SIP

MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ ET

DES TRAVAUX PUBLICS

Le 5 décembre à Bruxelles, Yuriko

Backes, ministre de la Mobilité et des

Travaux publics, a pris part au Conseil

« Transports » abordant des enjeux clés

comme les droits des passagers et la

sécurité routière. Elle a plaidé pour des

réglementations simplifiées et inclusives,

particulièrement en faveur des

personnes à mobilité réduite, et soutenu

des compromis visant une harmonisation

européenne. La ministre a

également signé un accord renforçant

le fret ferroviaire entre ports nordeuropéens

et la Méditerranée. Enfin,

des avancées sur la directive relative

au retrait de permis pour infractions

graves ont marqué un pas important

vers une sécurité routière accrue en

Europe.

Source : SIP


NOUVEAU :

SERVICE DE

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L’offre TOUT-EN-UN

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J’en profite


40

| DIGITALISATION

LE NB-IOT : UNE ÉVOLUTION

TECHNOLOGIQUE POUR UNE

CONNECTIVITÉ INTELLIGENTE

ET DURABLE

Avec le déploiement du Narrowband IoT (NB-IoT) au Luxembourg, Proximus NXT marque un tournant

dans la connectivité des objets du quotidien. Cette technologie innovante, pensée pour les environnements

complexes et les besoins en faible consommation énergétique, redéfinit les bases de l’Internet

des Objets. Julien Baudouin, Innovation Manager, nous en explique les enjeux, les applications et l’impact

stratégique pour le pays.

Julien Baudouin


41

Une technologie au service de l’efficacité

et de l’innovation

Le NB-IoT repose sur l’utilisation d’une

bande de fréquence étroite, ce qui lui

permet d’atteindre des zones où d’autres

procédés échouent, comme les sous-sols

ou les bâtiments denses. Cette caractéristique,

combinée à une faible consommation

d’énergie, en fait un outil idéal pour

les objets fixes équipés de batteries, souvent

difficiles d’accès, et nécessitant une

maintenance limitée. Ce sont ces atouts

techniques qui permettent au NB-IoT de

répondre aux exigences croissantes des

entreprises et des collectivités en matière

de connectivité et d’efficacité énergétique.

Les applications du NB-IoT sont variées

et couvrent un large éventail de secteurs.

Dans les villes intelligentes, cette technologie

permet de suivre en temps réel le

niveau de remplissage des poubelles, de

réguler l’éclairage public, de surveiller la

qualité de l’air ou encore de gérer l’occupation

des places de parking. « Elle trouve

également des usages dans la télémétrie,

par exemple pour les compteurs d’eau, de

gaz ou d’électricité intelligents. Ces dispositifs

collectent automatiquement des

données, facilitant ainsi la gestion des

ressources et réduisant les interventions

humaines », explique Julien Baudouin.

Dans le secteur de la construction et de

la gestion des bâtiments, le NB-IoT optimise

les opérations grâce à des capteurs

capables de surveiller l’état des infrastructures

ou de suivre au plus près la consommation

énergétique.

Un choix stratégique

La solution offre plusieurs avantages,

notamment en matière d’automatisation

et de réduction des coûts. Elle permet de

standardiser des processus qui auparavant

nécessitaient une intervention manuelle.

Par exemple, au lieu de devoir relever

des compteurs ou effectuer des contrôles

réguliers, les dispositifs NB-IoT collectent

et transmettent automatiquement les

données, ce qui permet de gagner du

temps et de réduire les erreurs humaines.

Du point de vue financier, les capteurs

l’utilisant sont généralement peu chers.

Cette différence de tarif est due à la simplicité

de la technologie, qui permet de

fabriquer des capteurs à faible coût tout en

offrant une performance fiable. En outre,

le fait que ces derniers transmettent peu

de données permet de limiter les frais

associés à leur gestion et à l’infrastructure

nécessaire pour les transmettre.

Enfin, un autre grand avantage réside

dans sa faible consommation d’énergie.

Les appareils nécessitent moins de batterie,

ce qui réduit les besoins en maintenance.

Ils ont donc une durée de vie plus

longue, entraînent moins de recharges

et engendrent des coûts d’entretien plus

faibles, permettant une utilisation plus

durable et rentable.

Des standards élevés pour protéger les

données

cellulaires comme LoRa (Long Range Wide

Area Network), le NB-IoT repose sur des

normes établies par la 3GPP, une organisation

internationale de normalisation

des technologies mobiles. Ces standards

garantissent un niveau élevé de sécurité

grâce à des mécanismes tels que le chiffrement

de bout en bout, l’authentification

des appareils et d’autres protocoles

inclus dès sa conception. « Contrairement

aux solutions non cellulaires, le NB-IoT

intègre des protocoles de sécurité stricts,

ce qui en fait un procédé particulièrement

robuste », précise Julien Baudouin.

En complément, les opérateurs téléphoniques

jouent un rôle clé en surveillant

en temps réel les éventuelles tentatives

de fraude ou d’intrusion. Ce double niveau

de protection, à la fois structurel et opérationnel,

fait du NB-IoT une technologie

fiable pour la gestion des données

sensibles dans des environnements

connectés.

Vers une intégration à la 5G

« Les premiers retours sont déjà positifs.

Dans des secteurs tels que les énergies

renouvelables ou la construction, nos utilisateurs

soulignent la valeur ajoutée du

NB-IoT pour automatiser des processus

auparavant chronophages », poursuit-il.

L’avenir de cette technologie s’annonce

prometteur. Actuellement basée sur les

standards de la 4G, celle-ci est conçue

pour être pleinement compatible avec la

5G, garantissant une transition fluide sans

coûts additionnels pour les utilisateurs.

Cette évolution permettra d’améliorer

certains paramètres techniques, comme

la latence et la bande passante, tout en

préservant l’autonomie des batteries.

Proximus NXT explore également des

technologies émergentes, telles que la 5G

Red Cap (Reduced Capacity), qui pourrait

combiner une consommation énergétique

maîtrisée avec une capacité de transmission

de données plus importante. Cette

solution est envisagée notamment pour

des applications nécessitant des débits

plus élevés, comme la vidéosurveillance

ou les dispositifs portables avancés.

La sécurité, un enjeu crucial pour le

NB-IoT, est assurée par une architecture

cellulaire strictement encadrée.

Contrairement aux méthodes non

Proximus House

18, rue du Puits Romain

L-8070 Bertrange

www.proximusnxt.lu


42

| DIGITALISATION

REPENSER LA CONFIDENTIALITÉ :

AU SERVICE DES CITOYENS

ET DES ENTREPRISES

Le partage de données est devenu incontournable dans notre

quotidien, qu’il s’agisse de nos activités personnelles ou professionnelles.

Dans ce contexte, il est essentiel d’allier innovation

technologique et respect de la confidentialité pour répondre aux

attentes des citoyens et des entreprises. Chez Fujitsu Luxembourg,

les ingénieurs en cybersécurité Sven Rasmusen et Sofiane Lagraa,

en collaboration avec des partenaires européens, travaillent sur

deux solutions innovantes pour garantir un partage de données

sécurisé, transparent et conforme au RGPD. Ces outils, conçus

dans le cadre de projets européens, visent à transformer la

manière dont les données sont collectées et utilisées.

En quoi la sensibilisation à l’usage des

données personnelles est-elle devenue

essentielle ?

SR : Il est primordial pour les citoyens

que leurs données soient utilisées dans le

respect de leurs exigences en matière de

confidentialité. Quant aux prestataires de

services, ils doivent respecter les réglementations

en vigueur et démontrer des

contrôles rigoureux pour protéger les

Sven Rasmusen et Sofiane Lagraa


43

données qu’ils détiennent. Avec la montée

en puissance de l’IA et son utilisation

généralisée, il devient de plus en plus

important de rester conscient des données

que l’on partage.

SL : Prenons l’exemple des recommandations

personnalisées visant à améliorer

l’expérience client de la recherche, réservation

ou enregistrement dans un hôtel.

Cela implique un certain partage de données

pour obtenir les meilleurs résultats.

Ces données sont généralement partagées

avec le site de réservation, l’hôtel et

potentiellement avec des tiers proposant

des services personnalisés durant tout

le séjour. La participation de nombreux

acteurs soulève des enjeux de conformité

au RGPD, notamment en matière de

transparence, de sensibilisation des utilisateurs,

de sécurisation des transferts de

données, de stockage, ainsi que de traçabilité

et d’audit dans le cadre d’accords de

partage de données entre entreprises.

Chez Fujitsu, nous développons deux

solutions dans le cadre des projets

Horizon Europe : la plateforme « Privacy

Assurance », au sein de TANGO (Digital

Technologies Acting as a Gatekeeper to

Information and Data Flows), et le « Data

Agreement Manager », intégré dans

TRUSTEE (Trust and Privacy Preserving

Computing Platform for Cross-Border

Federation of Data). Ces outils permettent

de partager, contrôler et surveiller l’utilisation

des données personnelles.

Quels secteurs ciblent ces solutions, et

qui en profite ?

SR : Les entreprises qui collectent et

traitent directement les données des

citoyens, ainsi que celles qui coopèrent

en partageant des données, peuvent tirer

un grand bénéfice de ces systèmes. Par

exemple, les secteurs de l’hôtellerie intelligente,

de l’assurance, de la distribution

et de la banque peuvent utiliser ces données

pour améliorer l’expérience client

grâce à la personnalisation.

SL : La plateforme « Privacy Assurance »

donne aux citoyens un moyen clair et

facile de garder une vue d’ensemble sur

qui détient leurs informations personnelles.

En parallèle, elle peut s’intégrer

à un « Data Agreement Manager », une

solution qui permet aux entreprises de

créer des accords de partage de données

traçables et conformes au RGPD.

Quels avantages les citoyens peuventils

tirer de ces solutions ?

SR : Lorsque nous utilisons des services

en ligne (sites web ou applications), il

nous est souvent demandé de partager des

informations personnelles avec plusieurs

tiers. La plateforme « Privacy Assurance »

permet au citoyen d’utiliser une plateforme

unique, intégrant un niveau supplémentaire

de contrôle de la confidentialité,

en complément du RGPD. Ces contrôles,

définis par le citoyen, déterminent leurs

préférences générales en matière de partage

de données.

Donner aux citoyens un moyen

clair et facile de garder

une vue d’ensemble sur qui

détient leurs informations

personnelles

SL : Prenons à nouveau l’exemple d’un

citoyen réservant un hôtel. Dans le cas

classique, quatre parties sont impliquées :

le citoyen, l’hôtel, les tiers associés à l’hôtel

et les autorités locales. Pour enrichir

l’expérience client, l’hôtel et ses services

tiers peuvent demander des informations

supplémentaires, comme les activités

préférées ou des restrictions alimentaires.

La plateforme « Privacy Assurance » guide

le citoyen tout au long de ce parcours,

garantissant un consentement éclairé et

continu. Avec son assistant IA intégré, la

plateforme applique automatiquement

les contrôles de confidentialité prédéfinis

par le citoyen et met en évidence les

points clés à revoir avant de donner son

consentement.

Pourquoi l’industrie hôtelière doitelle

repenser sa gestion des données

personnelles ?

SR : L’industrie hôtelière, comme d’autres,

ne peut éviter la collecte et le traitement

de données personnelles, car certaines

informations sont nécessaires pour

répondre aux exigences légales nationales

en matière de tourisme. Bien que les hôtels

ne soient pas forcément mal intentionnés

lorsqu’ils définissent leur politique

de confidentialité, des erreurs humaines

peuvent survenir, ou des systèmes informatiques

mal configurés peuvent entraîner

des failles dans la conformité au

RGPD. Ces lacunes peuvent entraîner des

amendes substantielles et nuire à la relation

avec les clients, mettant en péril la

réputation de la marque.

SL : La plateforme « Privacy Assurance »

offre des outils pour fournir des contrôles

proactifs de confidentialité et un suivi

constant. Le « Data Agreement Manager »

facilite la collaboration interentreprises

en imposant des évaluations d’impact sur

la vie privée et en assurant une conformité

au RGPD lors de la création d’accords

de partage de données infalsifiables.

Ensemble, ces solutions aident les entreprises

à adopter un modèle conforme au

RGPD, intégrant la protection de la vie

privée dès la conception et un contrôle

des accès basé sur les rôles, tout au long

du cycle de vie de la gestion des données.

Qu’en est-il des autorités de supervision

? Comment sont-elles intégrées ?

SR : Au Luxembourg, comme dans tout

État membre de l’UE, une autorité de

supervision veille à l’application du

RGPD, à savoir la Commission nationale

pour la protection des données

(CNPD). L’écosystème formé par « Privacy

Assurance » et « Data Agreement Manager »

pourrait permettre aux autorités de supervision

d’enregistrer les entreprises qui

traitent des données personnelles et d’auditer

les accords numériques signés. Grâce

à ces technologies innovantes, des vérifications

automatisées réduisent la nécessité

d’interventions humaines, tandis que

des accords commerciaux transparents et

infalsifiables renforcent la confiance dans

le partage et le traitement des données.

Fujitsu Luxembourg

89C, rue Pafebruch

L-8303 Capellen

fujitsu.com/lu


44

| DIGITALISATION

Gaston Schmit, Stéphanie Obertin, Léon Gloden et Philippe Schram

LES COMMUNES À L’HONNEUR POUR LES INTERNET DAYS

Lex Delles

Gemengen Dag

La 11 e édition des Internet Days au Luxembourg s’est déroulée les 19 et 20

novembre derniers dans les locaux de la Chambre de Commerce. Organisé

par LU-CIX, l’événement a accueilli 1.300 professionnels représentant plus de

500 entreprises. Les thématiques principales qui ont été choisies cette année

portaient sur la connectivité, la lutte contre les attaques DDoS et la résilience.

La Roumanie s’est jointe à l’événement en tant que pays partenaire. L’ambassadrice

Alexandrina-Livia Rusu s’est exprimée sur ces sujets et cinq entreprises

roumaines ont fait le déplacement pour exposer et renforcer leurs relations

avec les entreprises grand-ducales. Quatre ministres luxembourgeois ont également

visité l’espace Expo et participé à des sessions de bienvenue : Elisabeth

Margue, ministre déléguée auprès du Premier ministre pour les Médias et la

Connectivité, Stéphanie Obertin, ministre de la Digitalisation, Lex Delles, ministre

de l’Économie et Léon Gloden, ministre de l’Intérieur.

Cette édition des Internet Days a aussi permis à LU-CIX de lancer officiellement

Luxchat4Gov pour les communes. « Les agents communaux et des offices sociaux

vont désormais pouvoir profiter eux aussi de cette application dont les

Délégation roumaine


45

LUNOG7 (LUxembourg Network Operator Group)

Visite de l’espace Expo

Gemengen Dag

atouts sont indéniables et dont les performances ont dépassé toutes les espérances

du ministère de la Digitalisation » a notamment déclaré Stéphanie Obertin.

D’autres événements se sont ajoutés au programme des Internet Days tels

que la « Conférence LUNOG7 » pour une plongée approfondie dans les aspects

techniques de l’exploitation des réseaux et, surtout, la première édition du

« Gemengen Dag ». Une après-midi entière a été consacrée aux défis spécifiques

du secteur communal en matière d’informatique, de connectivité et

de numérisation. Une table ronde autour de la thématique NIS2 a marqué le

début de la journée dédiée aux communes. Puis, des professionnels et des

bourgmestres se sont tour à tour succédés pour révéler des bonnes pratiques

ou des cas d’usages, comme la « cage partagée », une solution mise en œuvre

par Luxconnect et implémentée à Roeser sur la sécurisation des données

communales ou le projet pilote mené par MyConnectivity à Berdorf pour offrir

100% de connectivité ultra haut débit aux communes.

Espace Expo

Paul Konsbruck, Michel Lanners, Nicolas Debeffe, Daniel Nickels, Elisabeth Margue,

Claude Demuth, Frédérique Ulrich, Yves Schaaf, Carlo Thelen et Razvan-Petru Radu


46

| DIGITALISATION

L’IA, LA SÉCURITÉ DES DONNÉES ET

LES TECHNOLOGIES QUANTIQUES AU

CŒUR DE LA VISITE DE TRAVAIL DE

STÉPHANIE OBERTIN ET ELISABETH

MARGUE EN CALIFORNIE

Stéphanie Obertin, ministre de la Digitalisation, ministre de la

Recherche et de l’Enseignement supérieur, et Elisabeth Margue,

ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Médias

et de la Connectivité, se sont rendues en Californie du 20 au 26

novembre 2024 pour une visite de travail. Ce déplacement s’inscrit

dans le cadre de l’élaboration des stratégies nationales des données,

de l’intelligence artificielle et des technologies quantiques et

visait à approfondir les collaborations existantes et à explorer de

nouvelles perspectives.

© MinDigital

La visite a débuté par un échange avec

Gerard de Graaf, haut-représentant de

l’Union européenne pour le numérique et

chef du bureau de l’UE à San Francisco. Les

ministres Obertin et Margue ont pu discuter

avec lui du paquet législatif européen

sur le numérique, ainsi que son impact sur

les entreprises américaines actives dans

ce domaine. Chez Microsoft, la délégation

a pu explorer les opportunités offertes

par des solutions cloud innovantes pour

le secteur public et privé, tout en approfondissant

des sujets cruciaux comme la

cybersécurité, l’IA éthique et la souveraineté

des données. La première journée

s’est conclue par une visite de l’université

de Stanford, où les ministres ont pu échanger

avec des chercheurs dans les domaines

des technologies et systèmes quantiques,

dont le Luxembourgeois Felix Mayor.

Le 22 novembre, la visite de travail

s’est poursuivie par des entrevues avec

Advanced Micro Devices (AMD). Les

Visite chez NVIDIA

© MinDigital

Démonstration chez NVIDIA

Visite chez Perplexity AI


47

discussions visaient à échanger sur les

perspectives des technologies émergentes

ainsi qu’à identifier des opportunités pour

renforcer l’agenda numérique luxembourgeois

dans le but d’une meilleure implication

dans les dynamiques globales en

matière d’IA. Cette deuxième journée s’est

terminée par une visite chez Palo Alto

Networks, leader mondial de la cybersécurité.

Cette rencontre a permis d’explorer

comment les solutions de cybersécurité

peuvent s’adapter à l’ère quantique.

© MinDigital

Le 25 novembre, le programme a débuté

par une rencontre avec Ami Bhatt, professeure

de médecine et de génétique à

l’université de Stanford. Cette visite a permis

notamment d’échanger sur l’approche

collaborative et interdisciplinaire de la

recherche pratiquée à la Stanford School

of Medicine. Ensuite, la délégation s’est

rendue chez NVIDIA, leader mondial de

l’informatique accélérée. Les activités de

l’entreprise en matière de calcul accéléré

et d’IA ont un impact considérable sur les

industries, telles que la conduite autonome,

la robotique, les jumeaux numériques,

les soins de santé et le gaming.

La journée s’est terminée par un échange

chez l’entreprise Oracle, multinationale

de premier plan spécialisée dans les logiciels

de base de données, les solutions en

nuage et les systèmes de planification des

ressources de l’entreprise.

Photo de groupe - Visite chez Perplexity AI

Visite de la Stanford School of Medicine

La dernière journée de la visite de travail

aux États-Unis était dédiée à une

rencontre avec les responsables du Bay

Area Council Economic Institute suivie

d’une visite chez Perplexity AI, spécialisée

dans le développement d’un assistant

de recherche intelligent. La troisième

étape de la journée était une rencontre au

consulat général du Luxembourg avec des

représentants de la communauté luxembourgeoise

à San Francisco.

© MinDigital

Visite chez Microsoft

© MinDigital

Visite de la Stanford School of Medicine

Enfin, la visite de travail s’est terminée

par une rencontre avec la présidence de

l’université de San Francisco et la direction

du « Center for AI & Data Ethics »,

qui se concentre sur les questionnements

éthiques liés au développement des nouvelles

technologies.

Communiqué par le ministère de

la Digitalisation, le ministère de la

Recherche et de l’Enseignement supérieur

et le Service des médias, de la

connectivité et de la politique numérique

Rencontre au consulat général du Luxembourg avec des représentants

de la communauté luxembourgeoise à San Francisco


48

BRÈVES

COMMUNALES DU CENTRE

PAR BARBARA PIERROT

STRASSEN

Le 13 novembre 2024, la commune

de Strassen a accueilli le Forum

International « Bridges of Solidarity »,

réunissant des représentants luxembourgeois

et ukrainiens. À l’issue de

cet événement, le bourgmestre Nico

Pundel a signé un accord de coopération

avec trois villes ukrainiennes :

Boutcha, Skadovsk et Lviv, représentées

par leurs édiles. Cet engagement

repose sur des principes de paix et de

solidarité, visant à soutenir des initiatives

humanitaires et sociales. Face aux

défis du conflit en Ukraine, ce partenariat

se concentre sur la reconstruction

et le soutien aux populations locales.

Strassen affirme ainsi son engagement

pour la résilience et la coopération

internationale.

Source : strassen.lu

LUXEMBOURG

Pendant les Winterlights, du 22

novembre 2024 au 1 er janvier 2025,

Luxembourg-ville brillera de mille feux.

Les enfants seront comblés avec les

Winterkids sur la place Guillaume II,

proposant ateliers créatifs, séances de

lecture et spectacles de marionnettes.

Les marchés de Noël animeront les

places emblématiques : Lëtzebuerger

Chrëschtmaart (place d’Armes),

Wantermaart (place de la Constitution)

et Niklosmaart (place de Paris). La patinoire

et les attractions du Wanterpark

à la Kinnekswiss, la grande roue et la

pyramide géante émerveilleront petits

et grands. Jusqu’au 12 janvier 2025, les

illuminations transformeront les rues

en un spectacle féérique inoubliable.

Source : vdl.lu

HESPERANGE

Du 7 décembre 2024 au 3 janvier 2025,

la commune d’Hesperange accueille

une exposition dédiée aux artistes

locaux dans son espace art accueil.

Peintures, photographies et sculptures

y seront mises à l’honneur, offrant une

vitrine exceptionnelle aux talents de la

région. Le vernissage de l’événement

a eu lieu le samedi 7 décembre 2024

à 16h, marquant le coup d’envoi de

cette célébration artistique. Une belle

occasion pour les amateurs d’art et

les curieux de découvrir des œuvres

variées et originales dans un cadre

convivial.

Source : hesperange.lu

MERSCH

Le concert de chants de Noël organisé

par l’Union Grand-Duc Adolphe (Ugda),

en collaboration avec l’Union Saint-Pie,

l’INECC et la Mierscher Musek, s’est tenu

le samedi 7 décembre à 16h30 à l’église

de Mersch. La paroisse a ouvert les

portes de son église prestigieuse pour

sauver cet événement qui a réuni des

chanteuses et chanteurs de diverses

chorales du pays. Accompagnés par

les musiciens de la Mierscher Musek,

les participants ont offert un spectacle

interactif et unique, invitant le public

à chanter avec eux. Ce moment convivial,

placé sous le signe de la fête et du

partage, a ravi les spectateurs venus

nombreux pour profiter de cette performance

exceptionnelle, dont l’entrée

était entièrement gratuite.

Source : mersch.lu

BERTRANGE

Désireuse de faire vivre la participation

citoyenne, la commune de Bertrange

organise pour la première fois un budget

participatif. Ce type d’initiative, qui

a déjà porté ses fruits dans d’autres

communes du pays, permet aux habitants

de proposer des projets d’intérêt

général qui seront ensuite soumis au

vote de leurs concitoyens. Une enveloppe

totale de 100.000 euros sera ainsi

consacrée à des initiatives relevant des

domaines suivants : environnement,

urbanisme, mobilité, culture, action

sociale, éducation, jeunesse, sport ou

toute autre compétence communale.

Les habitants âgés de quatorze ans et

plus ainsi que les groupes ont jusqu’au

31 décembre pour soumettre leurs

idées sur la plateforme www.jeparticipe.bertrange.lu.

Source : bertrange.lu

WALFERDANGE

Cet hiver, la commune de Walferdange

lancera le projet pilote « Service hivernal

blanc ». Son objectif : réduire l’utilisation

de sel de déneigement pour

préserver l’environnement. Certaines

rues – à faible pente et de trafic local –

seront donc privées d’épandage. En cas

de chute de neige supérieure à 10 cm,

les portions de voirie en question

bénéficieront néanmoins d’un service

de déneigement sans salage. Quant

aux trottoirs, ils devront être dégagés

conformément au règlement de police.

La commune recommande toutefois

d’utiliser des alternatives écologiques

au sel, comme du sable ou du gravier

portant le label vert « Der Blaue Engel ».

Source : walfer.lu


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50

| ÉNERGIE

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de plus de 750 partenaires qualifiés, enoprimes

offre un suivi personnalisé. En

2023, 180 visites gratuites de sociétés ont

été réalisées, offrant des conseils spécifiques

adaptés aux besoins de chaque

entreprise.

Des primes simples, rapides et

cumulables

L’un des atouts majeurs d’enoprimes

réside dans la simplicité et la rapidité des

démarches pour bénéficier des subsides.

Par exemple, grâce à son simulateur en


51

ligne, il est facile et rapide d’évaluer les

primes pour des opérations standardisées

telles que le remplacement d’un moteur,

l’isolation ou l’installation d’une nouvelle

presse d’injection. De plus, les primes sont

cumulables avec d’autres subventions privées

ou étatiques.

Des vouchers pour plus de durabilité

Le montant des primes est directement

proportionnel aux économies d’énergie

réalisées, indépendamment du coût des

investissements. Pour les projets générant

plus de 500 MWh d’économie d’énergie

ou plus de 12.500 euros de primes,

90% de la prime est versée par Enovos

et les 10% restants sont rétribués sous la

forme de vouchers valables deux ans. Ces

derniers sont utilisables pour divers services

énergétiques d’accompagnement

et conseil proposés par l’energieagence

et les sociétés partenaires enoprimes,

comme des études énergétiques, des

audits ou encore de la gestion d’énergie.

Des trucs et astuces sans investir un sou

enoprimes valorise également les actions

et primes sans investissement, notamment

tout ce qui touche à l’optimisation

d’un processus. Par exemple, la réduction

des fuites d’air comprimé dans l’industrie

ou l’abaissement de la consigne de température

dans les bâtiments tertiaires,

où un degré de moins correspond à environ

7% d’économies sur la facture de

chauffage.

enoprimes, c’est donc bien plus qu’un

programme de subventions. C’est un partenaire

stratégique pour tous ceux qui

souhaitent s’engager dans la transition

énergétique, offrant un accompagnement

personnalisé et une expertise reconnue

pour maximiser les gains énergétiques

et réduire l’empreinte carbone de votre

entreprise.

Pour plus d’informations,

rendez-vous sur enoprimes.lu


52

| ÉNERGIE

QUAND L’OR BLEU DEVIENT VERT

Paul Zeimet et André Weidenhaupt

Lorsqu’un syndicat intercommunal

à portée industrielle

décide de réduire son

empreinte carbone, la solution

peut se révéler de grande

ampleur. C’est ainsi que, grâce à

Soler, qui développe et exploite

des installations de production

d’énergie à partir de sources

renouvelables, le Syndicat des

eaux du barrage d’Esch-sur-

Sûre (SEBES) est devenu l’initiateur

d’un nouveau parc éolien,

le « Wandpark Eschdorf », qui

permettra de couvrir la quasitotalité

de ses besoins en électricité.

Paul Zeimet, Managing

Director de Soler, et André

Weidenhaupt, président du

SEBES, nous expliquent comment

ils comptent faire de l’or

bleu une ressource plus verte !

Au printemps, vous avez annoncé

votre projet commun « Wandpark

Eschdorf ». Sa particularité : reposer

sur une joint-venture entre Soler et le

SEBES. Pourquoi avoir opté pour cette

solution ?

AW : Le SEBES, qui approvisionne près de

50% de la population luxembourgeoise en

eau potable, a récemment remis à neuf sa

station de traitement des eaux, une installation

qui fait du syndicat le plus gros

consommateur d’énergie électrique de la

commune d’Esch-sur-Sûre. Soucieux de

réduire notre empreinte carbone, nous

avons décidé d’équiper nos toitures de

panneaux photovoltaïques. Une fois réalisée,

l’infrastructure permettra de couvrir

10% de notre consommation électrique.

Pour combler les 90% restants,

nous avons pensé à l’énergie éolienne et

nous nous sommes donc rapprochés de

Soler.

PZ : De tels partenariats permettent à

Soler d’exploiter de nouveaux sites propices

au développement de l’éolien. Nous

opérons déjà 14 parcs avec 49 éoliennes

à travers tout le pays et, le territoire

n’étant pas extensible, nous cherchons de

plus en plus à nouer des partenariats avec

des professionnels de l’industrie désireux

de réduire leur empreinte carbone pour

assigner de nouveaux sites à la production

d’énergie renouvelable.

La quasi-totalité des besoins du SEBES

sera couverte par une seule et unique

éolienne. Quelles sont ses caractéristiques

techniques ?

PZ : Ce qui rend le projet exceptionnel

c’est le choix de l’éolienne : un modèle

de toute dernière génération, l’Enercon-E-175,

une tour en acier et béton

de 162 m équipée de pales de 86 m dont


53

la puissance installée s’élève à 6 MW.

Sa production annuelle est estimée à

23,5 GWh, soit plus de 6 fois les besoins

énergétiques annuels des ménages de la

commune d’Esch-sur-Sûre, ce qui souligne

l’envergure régionale du projet.

Ces performances ont pu être obtenues

grâce au développement technologique

continu qui a permis de multiplier par 40

l’énergie produite par une seule éolienne

depuis les premiers modèles installés au

Luxembourg dans les années 1990. Selon

le calcul standard utilisé pour établir une

comparaison avec les émissions d’une

turbine à gaz, l’électricité produite par

le « Wandpark Eschdorf » permettra ainsi

d’économiser environ 15.275 tonnes de

CO 2

par an.

Nous explorons

d’autres pistes qui

nous permettraient

de développer davantage

l’énergie éolienne

échevinal de la commune d’Esch-sur-

Sûre depuis le début des études. Dans

un second temps, nous avons organisé

conjointement une séance d’information

à destination des habitants. Une centaine

d’entre eux ont répondu présents et ont

accueilli le projet avec enthousiasme.

L’approche participative est chère à

Soler. Les citoyens auront-ils l’opportunité

de participer au capital de la

société dans ce cas-ci ?

PZ : En effet, tous nos projets comportent

une dimension participative. Un an après

la mise en service de l’éolienne – le temps

de nous assurer de la productivité et de

la rentabilité du parc, nous ouvrirons le

capital de la société aux citoyens de la

commune ou à la commune. C’est un élément

clé à nos yeux pour obtenir l’acceptation

de la population.

La collaboration entre vos deux entités

ne s’arrête pas là puisqu’une

seconde joint-venture a vu le jour,

cette fois pour garantir la production

d’eau potable en cas de blackout…

sur le long terme puisque nous explorons

d’autres pistes qui nous permettraient de

développer davantage l’énergie éolienne.

Nous analysons actuellement quelques

implantations potentielles le long des

structures d’adduction du SEBES. Le

grand avantage est que les infrastructures

du syndicat sont toujours couplées

à un réseau de câblage électrique, et la

joint-venture nous permet d’en profiter.

Nos deux entités sont donc gagnantes.

Nous espérons que ce projet exemplaire

encouragera d’autres acteurs à envisager

un partenariat du même type. Nous ne

demandons qu’à collaborer avec d’autres

syndicats intercommunaux ou entreprises

industrielles qui partageraient la

même volonté de réduire leur empreinte

carbone !

Parlez-nous de la genèse du projet.

Comment les premières phases de

conception se sont-elles déroulées ?

PZ : Si les prémices du projet « Wandpark

Eschdorf » remontent à quelques années,

sa conception dans sa forme actuelle a

démarré en 2021. Nous avons alors analysé

les alentours du SEBES pour identifier

les meilleurs sites. Celui que nous

avons retenu en premier se prête parfaitement

au projet puisqu’il est proche des

infrastructures qui permettent de relier

l’éolienne au réseau électrique. Situé à

1.200 m des premières habitations, il permet

de respecter les normes acoustiques

strictes en vigueur au Luxembourg.

Quant aux études environnementales,

elles n’ont révélé aucune contrindication.

Nous avons donc introduit tous les

dossiers nécessaires auprès des autorités

compétentes et attendons les autorisations

pour donner le feu vert à Enercon.

La construction et la mise en service sont

prévues en 2026.

AW : Notons que nous avons veillé à

impliquer les acteurs locaux dans le

processus, en premier lieu le collège

AW : Effectivement. En érigeant sa nouvelle

station, le SEBES a construit une

station de transformation d’énergie électrique

connectée au réseau haute tension

de Creos et dimensionnée pour permettre

– moyennant une convention avec l’État

et Soler, respectivement propriétaire

et exploitant – le couplage à la centrale

hydroélectrique d’Esch-sur-Sûre. Ainsi,

le cas échéant, il suffit d’ouvrir les vannes

et de laisser turbiner les installations

du barrage pour y capter directement de

l’énergie. C’est crucial pour assurer la

continuité d’un service qui est résolument

critique, ce que ne pouvaient nous

garantir des énergies intermittentes

comme celle du soleil et du vent. Cette

joint-venture fait de nous l’un des rares

producteurs d’eau potable au monde à

bénéficier d’une autonomie énergétique

le rendant opérationnel même en cas de

panne.

Avez-vous pour ambition de renforcer

votre collaboration à l’avenir ?

PZ : Tout à fait. Ce n’est que le début d’un

beau partenariat que nous envisageons

LE CHIFFRE

23,5 GWh

production annuelle estimée

du futur « Wandpark Eschdorf »

Soler S.A.

2, rue Pierre d’Aspelt

L-1142 Luxembourg

www.soler.lu

SEBES

20, Um Quatre Vents

L-9150 Eschdorf

www.sebes.lu


54

| ÉNERGIE

DÉVELOPPER LE BIOGAZ

AU LUXEMBOURG

Face aux défis climatiques et énergétiques et aux différentes crises

géopolitiques, le biogaz a tendance à s’imposer comme l’une des solutions

d’avenir au Luxembourg. L’association Biogasvereenegung

joue un rôle central dans cette transition en mettant en avant des

objectifs clairs pour développer le secteur. Pol Wagner, président,

Claude Berscheid et Fabienne Thommes, membres de l’asbl, et

Dr. Khadidja Chaib Draa, conseillère, partagent leur vision stratégique.

Ils reviennent également sur les objectifs de l’association

et les défis à surmonter pour consolider et maximiser l’impact

d’une production de biogaz durable et intégrée dans l’économie

locale et circulaire.

Promouvoir l’indépendance énergétique

locale

L’un des objectifs majeurs de l’asbl

Biogasvereenegung est de renforcer l’indépendance

énergétique du Luxembourg.

En encourageant la production de biogaz à

partir de ressources locales, et notamment

à travers le processus de la biométhanisation,

l’association souhaite réduire la

dépendance du pays aux énergies importées

et à l’envolée des prix à la suite du

conflit entre la Russie et l’Ukraine, par

exemple. « Le biogaz est une énergie stable,

produite localement, qui permet de diversifier

nos sources énergétiques tout en

valorisant les déchets agricoles », explique

Pol Wagner, le président de l’asbl. À l’heure

actuelle, cette énergie permet de chauffer

Claude Berscheid, Fabienne Thommes, Pol Wagner et Dr. Khadidja Chaib Draa


55

environ 3.000 ménages au Luxembourg et

produit 186 GWh d’énergie renouvelable

« et nous n’en sommes encore qu’aux prémices

de son plein potentiel à l’échelle

nationale », poursuit-il.

Pour atteindre cet objectif, l’association

travaille en étroite collaboration avec les

agriculteurs afin de mettre en place des

installations adaptées à leurs exploitations.

Ces unités de production transforment

les effluents agricoles et autres

matières organiques en énergie qui contribue,

in fine, à la création d’un cercle vertueux.

« En somme, c’est la suite logique et

l’étape finale de l’activité de l’agriculteur »,

indique Fabienne Thommes, membre de

l’association.

Valoriser les effluents agricoles

En effet, transformer les déchets organiques

en biogaz permet non seulement

de produire de l’énergie renouvelable,

mais aussi de réduire les émissions de

gaz à effet de serre en évitant le recours

aux engrais chimiques très énergivores et

leur transport gourmand en CO 2

jusqu’aux

exploitations agricoles.

L’association participe à la Stratégie

nationale pour le développement de la

production de biogaz au Luxembourg

que le gouvernement a mise en place

récemment. « Les incitations financières

jouent un rôle clé dans cette démarche

grâce à la prime de lisier. Pour l’obtenir,

il est nécessaire que 70% de la ration

d’intrants dans l’installation soit constituée

d’effluents d’élevage. Cependant, les

exploitants qui valorisent jusqu’à 90%

de ces effluents peuvent bénéficier de

primes significatives », précise Dr. Khadidja

Chaib Draa, conseillère référente. « Nous

voulons montrer que le biogaz n’est pas

seulement une solution énergétique, mais

aussi un outil de développement rural qui

contribue à la vie économique locale »,

poursuit-elle.

Communiquer avec les communes

Les communes, justement, ont un rôle

à jouer dans le déploiement du biogaz.

Elles peuvent fournir les producteurs avec

leurs déchets liés à l’entretien des espaces

verts par exemple. Les administrations

locales mettent également à disposition

des conteneurs spécialement conçus pour

recevoir les résidus organiques de leurs

citoyens. « Les installations de biogaz sont

en mesure de valoriser ces déchets afin

qu’ils ne soient pas brûlés ou compostés

sans utiliser leur plein potentiel », indique

Claude Berscheid.

En outre, les communes peuvent aussi

contribuer au développement des

infrastructures nécessaires, qu’il s’agisse

de renforcer le réseau de chaleur pour

faciliter la distribution locale ou d’améliorer

la disponibilité du réseau électrique

pour accompagner les projets de biogaz.

Montrer que le biogaz n’est

pas seulement une solution

énergétique, mais aussi

un outil de développement

rural qui contribue à la vie

économique locale

« L’intérêt des communes pour notre ressource

s’accroît d’année en année. Nous

le constatons depuis le conflit russoukrainien

qui a renforcé l’envie d’acheter

de la chaleur locale et renouvelable à prix

moins onéreux. De plus, le biogaz permet

de chauffer les bâtiments publics, tels que

les écoles et les piscines, ou privés, comme

les grandes surfaces ou tout simplement

les maisons d’habitation. Il suffit d’être

relié à un réseau de chaleur », explique

Dr. Khadidja Chaib Draa. En plus, actuellement,

trois installations sont en mesure

d’injecter du biométhane sur l’ensemble

du réseau public grand-ducal.

Accompagner les porteurs de projet

L’un des autres objectifs de l’asbl est de

multiplier ces projets, petits ou grands,

afin de renforcer la part du biogaz dans

l’approvisionnement énergétique national.

« Une fois purifié, le biométhane

possède les mêmes propriétés que le

gaz naturel, ce qui facilite son injection

dans le réseau », explique Pol Wagner.

L’association milite aussi pour la création

d’infrastructures adaptées et pour

une meilleure reconnaissance du biogaz

comme ressource énergétique de premier

plan. Cela passe notamment par des discussions

régulières avec les autorités

locales, les administrations publiques et

les gestionnaires de réseaux.

Le président déplore néanmoins que

la mise en place d’une installation, qui

nécessite l’approbation de trois ministères,

soit parfois complexe. « La surcharge

administrative représente l’un des principaux

freins au développement du biogaz

au Luxembourg, mais nous proposons

un accompagnement personnalisé pour

aider les porteurs de projet à respecter

les normes en vigueur et à sécuriser leurs

installations ».

Assurer la formation et la sensibilisation

Parmi ses nombreuses activités, l’asbl

Biogasvereenegung accorde une grande

importance à la formation des acteurs du

secteur. « Nous organisons des séminaires

et des formations pour les agriculteurs qui

désirent se lancer dans un tel projet. Ces

sessions abordent des thématiques variées,

allant de la biologie pour optimiser la production

à la conformité réglementaire. La

formation est essentielle pour garantir la

pérennité des installations. Elle assure

également la sécurité des opérations »,

souligne Fabienne Thommes.

Par ailleurs, les responsables de l’asbl

mènent des actions de sensibilisation

auprès du grand public et des décideurs

politiques pour faire connaître les avantages

du biogaz. « En somme, nous souhaitons

créer un environnement favorable au

développement de cette énergie renouvelable

sur le territoire national », conclut Pol

Wagner.

LE CHIFFRE

environ

3.000

ménages luxembourgeois

chauffés au biogaz

(186 GWh d’énergie renouvelable)

Biogasvereenegung asbl

6, rue Eugène Reiser

L-9175 Niederfeulen

www.biogasvereenegung.lu


56

BRÈVES

COMMUNALES DU SUD

PAR BARBARA PIERROT

DUDELANGE

Le jeudi 12 décembre, de 18h à 19h, la

place Am Duerf à Dudelange accueille

un moment solidaire sous la pyramide

de Noël. L’intégralité des recettes

de cette initiative est reversée à une

bonne cause, offrant à tous l’opportunité

de contribuer à un projet caritatif

tout en profitant de l’esprit des fêtes.

Cet événement, organisé dans le cadre

du Wantermaart, invite habitants et

visiteurs à partager un instant chaleureux

en soutenant une action qui fait la

différence pour la communauté.

Source : dudelange.lu

LEUDELANGE

La commune de Leudelange organise le

dimanche 26 janvier 2025 une nouvelle

édition du Leidelenger Wanterlaf, une

course hivernale ouverte à tous les âges.

Le programme inclut une course pour

enfants de 1,25 km (départ à 9h30) et

des parcours de 10 km, 15 km et 21,5 km,

qui démarreront à 10h. Cet événement

est une belle opportunité pour explorer

les paysages hivernaux tout en relevant

un défi sportif. Coureurs amateurs ou

confirmés apprécieront l’ambiance

conviviale et le cadre naturel unique.

Pour plus d’informations et inscription,

rendez-vous sur le site officiel :

wanterlaf-leideleng.lu.

Source : leudelange.lu

ESCH-SUR-ALZETTE

Le 29 novembre, la ville d’Esch a tenu

avec succès la première édition de

son Symposium sur l’Architecture et le

Patrimoine à la Kulturfabrik. Plus de 100

participants, professionnels et grand

public, ont assisté à cet événement

qui a exploré les liens entre héritage

et innovation dans le développement

urbain. Les discussions ont abordé

les défis de la préservation du patrimoine

tout en intégrant des approches

modernes. La traduction simultanée en

français et en allemand a garanti l’inclusivité

de l’événement.

Source : citylife.esch.lu

SANEM

La commune de Sanem et la

Commission culturelle organisent

la cérémonie du Mérite culturel le

17 décembre à 19h30 à l’Artikuss, à

Soleuvre. Cette soirée met à l’honneur

deux talents locaux : Christophe

Wagner, réalisateur et scénariste, qui

recevra le Mérite culturel et Esther

Conter, actrice de comédie musicale

et compositrice-interprète, distinguée

par le Prix d’encouragement culturel.

Ces artistes illustrent le rayonnement

de Sanem au-delà de ses frontières.

L’inscription est obligatoire à l’adresse

e-mail service.rpc@suessem.lu. Une

belle occasion de célébrer la culture

et le talent dans un cadre convivial et

inspirant.

Source : suessem.lu

FRISANGE

Le 6 décembre, la commune de Frisange

a célébré l’inauguration des annexes

restaurées du château d’Aspelt,

en présence des ministres Éric Thill et

Lex Delles. Monument national du 13 e

siècle, le château a bénéficié d’une restauration

complète entre 2011 et 2024.

Avec un budget de 7,17 millions d’euros,

le projet a transformé ses 1.500 m²

en un espace communal, culturel et

sociétaire moderne. Cette réalisation

exemplaire conjugue tradition et innovation,

offrant un lieu de rencontre

vivant au cœur de Frisange, pour valoriser

son histoire tout en répondant aux

besoins actuels.

Source : frisange.lu

DIFFERDANGE

Le 14 novembre, l’Association des

Parents d’Élèves (APE) du Lycée Michel-

Rodange a célébré ses 50 ans d’engagement

au service des élèves et de

leurs familles. Fondée en 1974, après

une mobilisation parentale pour la

construction du lycée, l’APE a marqué

l’histoire scolaire en devenant un

acteur clé du dialogue avec l’administration

communale. Au fil des décennies,

elle a œuvré pour la sécurité,

le bien-être des élèves et des projets

innovants, tels que des formations en

premiers secours. Ces réalisations ont

renforcé son rôle central dans la vie

éducative, témoignant d’un demi-siècle

de collaboration fructueuse au sein de

la communauté scolaire.

Source : differdange.lu


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58

| SECTEUR PUBLIC

ÉVALUER POUR MIEUX DÉCIDER :

GUIDE PRATIQUE POUR AMÉLIORER

LES POLITIQUES PUBLIQUES

Moderniser et renforcer la fonction publique, c’est l’objectif que le

gouvernement entend atteindre en prônant l’efficacité et la transparence,

selon les termes de l’accord de coalition actuel. Et si la

pratique de l’évaluation faisait partie de la solution ? C’est ce qu’estiment

Jacques-Félix Wirtz et Constantin Keith, respectivement

Director et Associate Consultant au sein du département « Industry

& Public Sector Consulting » de PwC Luxembourg. Pourquoi évaluer

une initiative publique ? Selon quels critères et quelles méthodes ?

Et, surtout, comment s’approprier les résultats ainsi obtenus ?

Éléments de réponse.

À ma connaissance, aucun organisme

ne propose actuellement de formation y

dédiée aux employés et fonctionnaires du

secteur public », remarque Jacques-Félix

Wirtz. Par ailleurs, ressources humaines et

financières font souvent défaut elles aussi.

« C’est pourquoi nous recommandons toujours,

en amont, de dédier un pourcentage

du budget d’un projet à l’évaluation »,

conseille Constantin Keith.

Une pratique aux multiples bénéfices…

À ne pas confondre avec l’audit, l’évaluation

est un processus systématique

et structuré permettant de mesurer la

pertinence, la cohérence, l’efficacité,

l’efficience, l’impact et / ou la durabilité

de projets, programmes et autres politiques.

« Ces critères – retenus par l’OCDE

– visent notamment à assurer que les

initiatives publiques répondent à un réel

besoin, se coordonnent adéquatement et

n’entrent pas en contradiction les unes

avec les autres. Ils permettent également

de vérifier qu’un programme, un projet

ou une politique atteigne effectivement

ses objectifs et que les ressources à disposition

(humaines, financières ou encore

technologiques) soient correctement

utilisées pour ce faire. Quant aux deux

derniers critères, ils permettent d’évaluer

les effets à moyen et long terme (attendus

ou non) des mesures mises en place »,

explique Jacques-Félix Wirtz.

In fine, l’analyse de tous ces critères doit

mener à une prise de décision éclairée,

basée sur des données probantes, mais

pas seulement. Pour le secteur public,

il s’agit aussi d’une affaire de transparence.

« Nous vivons dans un monde qui

priorise l’opérationnel et dans lequel

nous prenons rarement le temps de faire

pause pour réfléchir à nos actions et les

réorienter le cas échéant. L’évaluation, en

ce sens, permet de consacrer du temps à

l’amélioration continue. C’est d’autant

plus important dans le secteur public où

projets et programmes sont menés avec

l’argent du contribuable. Les évaluer, c’est

rendre compte de l’utilisation de ces ressources

financières. Il est ainsi question

de redevabilité, mais aussi d’accroître la

confiance du citoyen envers les pouvoirs

publics », considère Constantin Keith.

« Ainsi, l’évaluation permet de répondre

aux ambitions de l’accord de coalition

2023-2028, qui plaide justement pour une

fonction publique modernisée, digitalisée,

mais aussi plus transparente et efficiente.

Malheureusement, force est de constater

qu’une telle culture évaluative fait défaut

au Luxembourg », souligne Jacques-Félix

Wirtz.

… mais encore trop peu répandue

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’intérêt

limité pour les pratiques évaluatives.

La première relève d’une maîtrise parfois

incomplète du processus au sein du secteur

public. En effet, les administrations

ne disposent pas toujours des outils, des

connaissances et des compétences nécessaires

pour mener à bien une évaluation de

laquelle elles pourraient tirer de véritables

leçons. « La pratique évaluative n’est pas

encore institutionnalisée au Luxembourg.

Autre explication à ce désintérêt pour

l’évaluation : le manque de pression

externe. « Sauf dans le cadre d’initiatives

financées par des fonds européens et

d’autres cas spécifiques, nos administrations

ne sont pas tenues de procéder à

l’évaluation de leurs actions. Or, en l’absence

d’obligation, il est fréquent que ces

démarches ne soient pas systématiquement

entreprises », soulève Jacques-Félix

Wirtz.

Et puis, il y a la crainte non négligeable

des résultats. « La peur de constater qu’on

mène un programme ou une politique non

efficiente ou qui ne porte pas ses fruits

est réelle. Certains porteurs de projet,

qui recourent parfois à l’autoévaluation,

nous ont déjà confié faire abstraction des

résultats déplaisants de leurs rapports

d’évaluation ! En plus d’être plus subjective

qu’objective, cette façon de faire ne

laisse pas la place à l’amélioration, ôtant

tout intérêt à l’exercice. Rappelons-le :

l’évaluation doit être vue comme un soutien

et non comme un contrôle », affirme

Jacques-Félix Wirtz.

Alors que faire ?

Pour que la démarche porte réellement

ses fruits, confier l’évaluation à un professionnel

objectif et rompu à l’exercice

semble alors tout indiqué. « Nous évaluons

systématiquement les initiatives de nos


59

Jacques-Félix Wirtz et Constantin Keith

clients à l’aune de la théorie du changement.

Il s’agit d’identifier les « inputs » (les

ressources mises à disposition du projet),

les activités réalisées avec ceux-ci et leurs

« outputs » (résultats). Suite à cela, nous

pouvons analyser l’effet du projet et son

impact, ce qui nous permet de déterminer

objectivement si l’intervention fait sens »,

explique Jacques-Félix Wirtz.

Sorte de préambule à l’évaluation, la théorie

du changement permet aux équipes de

PwC de comprendre les tenants et aboutissants

du projet de leur client avant de

se pencher sur les critères d’évaluation les

plus pertinents. « Nous veillons toujours à

organiser une session de cadrage avec le

commanditaire afin de comprendre précisément

ses attentes. En effet, certains

clients souhaitent évaluer la pertinence et

la cohérence de leur projet plutôt que son

efficacité, son efficience ou son impact,

par exemple. Des critères à étudier dépendront

alors les méthodes à appliquer, les

données nécessaires à l’évaluation (et,

par conséquent, les sources dont nous

pourrons extraire ces informations) et la

mise en place d’une matrice évaluative

complète et cohérente garantissant la pertinence

de l’exercice », indique Jacques-

Félix Wirtz.

Le cabinet de conseil intervient avec une

approche formative et participative qui

implique le commanditaire au maximum

afin que celui-ci s’approprie non seulement

le processus évaluatif, mais aussi et

surtout ses résultats. « Nous organisons

des ateliers collaboratifs pour travailler

ensemble sur les éléments clés qui permettraient

d’améliorer les éventuelles faiblesses

détectées au terme de l’évaluation.

C’est primordial pour tirer des leçons et

des bénéfices de la démarche. Sans cela,

les résultats risquent de terminer au fond

d’un tiroir », précise Constantin Keith.

Quant au bon timing pour se lancer ? Il

n’y en a pas. Tout dépend des attentes

placées dans le processus. « L’exercice peut

être effectué à différents stades d’un programme.

L’évaluation dite « ex-ante » se

rapproche de l’étude de faisabilité et l’évaluation

« ex-post » est généralement réalisée

plusieurs années après l’achèvement

du projet, du programme ou de la politique

en question pour juger son impact à long

terme. Plus courante, l’évaluation finale

vise à en mesurer les effets directement à

son terme. Intéressante également, l’évaluation

à mi-parcours permet de réajuster

le tir en cours de route si nécessaire. Elle

est particulièrement utile dans le cadre

de programmes pluriannuels qui se succèdent

directement, par exemple », poursuit

Constantin Keith.

Une constante néanmoins : l’évaluation

se prépare en amont, par l’allocation d’un

budget et la mise en place d’un système

de collecte de données, sans quoi il est

impossible de procéder à une évaluation

rigoureuse !

PwC Luxembourg

2, rue Gerhard Mercator

L-1014 Luxembourg

www.pwc.lu


60

| SECTEUR PUBLIC

SYVICOL :

DAVANTAGE DE VISIBILITÉ

ET DE POIDS POLITIQUE

POUR FAIRE FACE AUX DÉFIS

Constitué en 1986 sous le statut de syndicat de communes à l’initiative

de son père fondateur Henry Cravatte, un homme politique

de gauche, le Syndicat des villes et communes luxembourgeoises

est l’organisation faîtière des 100 communes du Grand-Duché de

Luxembourg. Fort de l’adhésion de l’ensemble des communes, le

SYVICOL a réussi à s’imposer comme leur porte-parole en devenant

l’interlocuteur privilégié du gouvernement pour toutes

les questions concernant le secteur communal. Emile Eicher, le

député-échevin de Clervaux, qui préside le syndicat depuis le 7

mai 2012, fait le point sur le passé et l’avenir, et aborde les défis

qui attendent les communes.

Quelles sont les missions et activités du

SYVICOL ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que

ses missions sont nombreuses et diversifiées.

En tant que représentant général

des 100 communes, sa principale mission

consiste à rédiger des avis sur tout projet

de loi ou de règlement ayant un impact

au niveau communal. Ces avis sont adoptés

par notre comité, dont les 18 membres

sont les délégués des 100 communes.

Pour évaluer le mieux possible l’impact

des nouvelles législations sur le secteur

communal, nous pouvons recourir à trois

commissions internes, composées d’élus

et d’agents communaux, qui nous fournissent

un retour d’expérience précieux.

Le SYVICOL représente également les

communes luxembourgeoises au sein

des instances européennes et internationales

qui ont pour objectif la défense

des intérêts des collectivités locales. Une

autre mission du syndicat consiste à promouvoir

la coopération transfrontalière

et interterritoriale des communes par le

biais de jumelages de villes ou d’autres

partenariats avec des collectivités territoriales

étrangères.

Si vous deviez faire le point sur le mandat

écoulé, comment le SYVICOL a-t-il

évolué ?

Le SYVICOL est plus que jamais l’interlocuteur

privilégié du gouvernement pour

les questions touchant aux communes. Je

dirais même que nous sommes devenus un

acteur incontournable, comme nous avons

considérablement gagné en visibilité et

surtout en poids politique au cours des

dernières années.

Nous sommes actuellement très sollicités,

même si le gouvernement est libre de nous

consulter ou non. Raison pour laquelle le

SYVICOL revendique depuis longtemps

l’institutionnalisation de sa consultation

sur tout projet de loi ou de règlement

affectant les communes. Je suis confiant

que nous y parviendrons d’ici la fin de la

législature, étant donné que l’accord de

coalition comporte une stipulation dans

ce sens, même si nous aurions souhaité

une formulation plus claire.

Vous avez été réélu président en janvier

dernier, comment abordez-vous ce

nouveau mandat et quelles seront vos

priorités ?

C’est avec beaucoup de fraîcheur et de

motivation que j’ai entamé mon nouveau

mandat. Après les grandes avancées

décrites plus haut, nous sommes

désormais régulièrement consultés,

avant même qu’un projet de loi ne soit

écrit. C’est crucial car, une fois le projet

déposé, il est plus difficile d’y apporter des

modifications.

À l’heure actuelle, les échanges avec le

gouvernement sont excellents et nous

avons de plus en plus l’impression que les

communes sont enfin considérées comme

un véritable partenaire, non seulement

dans le discours, mais aussi dans les faits.

C’était d’ailleurs une de nos revendications

formulées dans le cadre d’une prise

de position adoptée par le comité précédent

en octobre 2022. 1

Ce qui me tient particulièrement à cœur,

ce sont les finances communales. Si les

communes disposent de ressources financières

suffisantes, elles pourront non seulement

recruter le personnel dont elles

ont besoin pour améliorer leurs services,

mais surtout jouer un rôle décisif dans la

relance tant attendue de la construction.

Quels sont les enjeux actuels auxquels

les communes luxembourgeoises sont

confrontées, notamment en matière de

logement et d’infrastructure ?

Comme je l’ai déjà dit, c’est la question

financière. Le SYVICOL salue le fait que

le ministre des Affaires intérieures et le

ministre des Finances aient reconnu que

les dotations aux communes devaient

être renforcées. Des mesures concrètes,

telles que la révision des modalités de

calcul des contributions communales au

1

« Des communes fortes et autonomes au service des citoyens – 36 propositions pour la prochaine période législative ». Plus d’informations sur :

www.syvicol.lu/media/93069766-9c5f-4207-812a-adfba76ad11e/pp22-01-priorites-politiques-pour-les-elections-2023.pdf


61

Le président Emile Eicher

Fonds pour l’emploi, l’allègement de la

participation financière des communes au

CGDIS et l’adaptation d’une série de subsides

étatiques, constituent à cet égard des

premiers pas importants dans la bonne

direction.

Une priorité essentielle est le contrôle de

la mise en œuvre du principe constitutionnel

de la connexité, qui ne se limite pas à

la mise à disposition de moyens financiers

supplémentaires lors de l’attribution de

nouvelles missions aux communes, mais

qui doit s’appliquer dans le temps. Cela

implique une adaptation régulière des

dotations à l’évolution des tâches et de

leurs coûts.

Et si les communes doivent jouer un rôle

différent de celui qu’elles ont tenu jusqu’à

présent dans le domaine du logement et

de l’infrastructure, elles doivent disposer

non seulement des moyens financiers

nécessaires, comme le prévoit ce principe,

mais aussi de ressources humaines. Les

petites communes ne disposent en général

pas du personnel qualifié nécessaire

dans le domaine de la gestion de logements.

L’échange de bonnes pratiques et

d’expériences est également important si

nous voulons progresser dans ce domaine,

car il n’est pas nécessaire de réinventer la

roue.

Quelles initiatives sont prises pour

renforcer la participation citoyenne au

niveau communal ?

Tout d’abord, il est important de souligner

l’importance de ce thème, étant

donné que les citoyens souhaitent non

seulement être représentés par la politique

locale, mais aussi participer activement

aux discussions, à la conception et

à la prise de décision. En tant que responsables

politiques, nous devons tirer parti

de cette nouvelle tendance. Le SYVICOL

salue par conséquent l’introduction d’outils

qui visent à renforcer la participation

citoyenne.

Je ne vais pas entrer dans les détails, mais

tout simplement citer un exemple concret

de ma commune d’origine, Clervaux, où

nous avons adopté une approche participative

pour la conception d’une aire de

jeux pour tous. L’objectif était de faire

participer les citoyens, mais aussi de créer

des aires de jeux accessibles à tous. Avant

l’élaboration même du projet, le collège

des bourgmestre et échevins a cherché

le dialogue avec les habitants. Cette initiative

a été très bien accueillie. Et les

citoyens étaient nombreux à participer à

la planification et même à la réalisation

du projet.

Comment soutenez-vous les communes

dans la mise en place du Pacte Communal

du Vivre-Ensemble Interculturel, et

quelles actions concrètes sont menées

pour promouvoir la cohésion sociale et

l’intégration locale ?

Ici, j’aimerais également citer un exemple

d’une commune de l’Est du pays, où un

grand projet de logement entraînera une

forte augmentation de la population. La

commune en question doit faire face à

de multiples défis, comme la création

de l’espace scolaire nécessaire, l’augmentation

de la capacité de la station

d’épuration ou l’accroissement de l’approvisionnement

en eau potable, pour ne

citer que ces trois-là.


62

Le comité du SYVICOL

Par ailleurs, la nouvelle loi relative au

vivre-ensemble interculturel implique un

changement de paradigme de l’intégration

des non-Luxembourgeois dans notre

société vers un réel vivre-ensemble de

toute la population et tous les transfrontaliers

qui passent une grande partie de

leur temps au Luxembourg chaque jour.

Les nouveaux citoyens, les résidents de

longue date et les travailleurs transfrontaliers

doivent se sentir chez eux dans

leur commune afin de garantir la cohésion

sociale de notre société.

En signant le « Gemengepakt », le pacte

communal du vivre-ensemble interculturel,

une commune ou un groupement de

communes, le SYVICOL et le ministère

de la Famille, des Solidarités, du Vivre

ensemble et de l’Accueil (MFSVA) s’engagent

dans une collaboration étroite, en

vue d’un processus pluriannuel et participatif

pour promouvoir cette cohésion

sociale. Ce processus met l’accent sur

l’accès à l’information, la participation

de toutes les personnes résidant ou travaillant

dans la commune. S’y ajoute la

lutte contre le racisme et toute forme de

discrimination.

La petite trentaine de communes, 33

pour être précis, qui a déjà signé le

« Gemengepakt » est également censée

motiver les citoyens à s’engager, par

exemple en signant le « Biergerpakt », le

pacte citoyen avec le MFSVA. Le pacte

communal prévoit d’ailleurs cinq phases :

l’engagement politique, l’état des lieux,

les ateliers citoyens élaborant des actions

concrètes, la mise en place d’actions

concrètes et l’évaluation du travail effectué.

Sa mise en œuvre est étroitement

accompagnée par le ministère, ses partenaires

conventionnés ASTI et CEFIS, ainsi

que cinq conseillers au vivre-ensemble

interculturel qui mettent leur expertise à

disposition des communes. Et l’ensemble

du soutien financier apporté par le ministère

est très attractif. Il y a notamment

une subvention annuelle plafonnée à

30.000 euros par commune pour les frais

d’un coordinateur pacte communal.

Mais pour répondre à la question sur

la façon dont le SYVICOL soutient les

communes dans la mise en place du

Pacte Communal du Vivre-Ensemble

Interculturel, je tiens à préciser que le

syndicat a été impliqué étroitement dans

la conception du « Gemengepakt ». Il s’engage

fortement dans la mise en réseau des

communes et dans le partage des bonnes

pratiques dans le cadre du « Forum fir

d’Zesummeliewen an eise Gemengen »

(anciennement GRESIL) dont il est un des

coorganisateurs. Ceci correspond parfaitement

aux missions confiées au SYVICOL

par ses membres.

Face à la transition numérique, en particulier

la digitalisation des services

publics et l’amélioration de l’accès

pour les citoyens, quelles aides sont

mises en place pour les communes ?

La digitalisation, aussi souhaitable soitelle,

s’accompagne de risques. Pour

sensibiliser le secteur au sujet de la cybersécurité

et informer sur les mesures déjà

mises en place, nous avons organisé le 7

mai une conférence intitulée « Wéi digital

resilient ass de Gemengesecteur ? » en collaboration

avec le ministère des Affaires

intérieures, la Luxembourg House of

Cybersecurity et l’Institut luxembourgeois

de régulation. Cette conférence a connu

un franc succès, ce qui nous encourage à

prévoir d’autres actions dans cette matière

pour le futur. Par ailleurs, parmi les revendications

formulées dans la prise de position

que je viens de citer figurent, entre

autres, la pose d’un cadre légal pour renforcer

la digitalisation de l’administration

communale et la création d’un « guichet

unique » dans le cadre de la simplification

administrative et de la digitalisation,

ainsi que le soutien au développement des

« Smart Cities ».

Quelles sont les priorités du SYVICOL

pour les prochaines années ?

Accompagner et poursuivre la modernisation

de la loi communale et créer

un vrai « statut de l’élu local ». De plus,

depuis quelques mois, nous ne nous limitons

pas à proposer une simple formation

initiale en début de mandat, mais nous

voulons que les élus locaux se forment

en continu pour mieux se mettre au service

des citoyens. Une des priorités sera

aussi de trouver un nouveau siège pour

le SYVICOL qui réponde mieux aux exigences

modernes. Enfin, nous devrons

continuer à nous renforcer sur le plan

du personnel, car davantage de visibilité,

de poids politique et de défis sont synonymes

de davantage de travail.


63

BRÈVES

COMMUNALES DU NORD

PAR BARBARA PIERROT

CLERVAUX

Les 14 et 15 décembre 2024, Clervaux

célèbre le 80 e anniversaire de la Bataille

des Ardennes avec un programme riche

en événements. En collaboration avec

le Cercle d’Études sur la Bataille des

Ardennes (CEBA), la commune organise

des cérémonies, des conférences

et des activités autour de ce moment

historique. Le char Sherman, restauré

avec soin, est de retour à Clervaux et

sera présenté lors de l’événement. Les

visiteurs pourront accéder gratuitement

au Musée Bataille et Châteaux,

assister à des discours, des présentations

historiques et des concerts. Des

stands d’information, de boissons et de

nourriture agrémenteront ce week-end

commémoratif.

Source : clervaux.lu

WILTZ

Le Fotoclub Wooltz vous invite à découvrir

l’exposition Panorama Éislek qui

se tiendra dans la salle culturelle du

château de Wiltz du 9 au 31 décembre.

L’exposition sera ouverte tous les jours,

de 9h à 12h et de 14h à 17h (sauf les

dimanches). En complément, un Salon

des Auteurs propose six expositions

individuelles : Makro (Marc Bemtgen),

Waasser an Amerika (Rol Diederich),

Australien (Arny Kaspar), Sonn,

Mound a Stären (Nic Malget), Island

(Fernand Schaul) et Schottland (Claude

Windeshausen). Vous découvrirez également

le nouveau livre Natur an der

Gemeng Wooltz.

Source : wiltz.lu

PARC HOSINGEN

À Holzthum des fouilles menées par

l’INRA de 2020 à 2024 ont révélé les

fondations d’un « burgus », édifice fortifié

du Bas-Empire romain, ainsi qu’un

trésor exceptionnel de 141 solidi en or

datant de 364 à 408 après J.-C. Cette

découverte rare offre un aperçu unique

sur l’époque romaine. Les fouilles, réalisées

avec le soutien du SEDAL pour

gérer les munitions de la Seconde

Guerre mondiale, ont permis d’examiner

ces pièces dans leur contexte original.

L’État a indemnisé les ayants droit à

308.600 euros, reflétant la valeur historique

et l’excellent état des monnaies.

Source : SIP

DIEKIRCH

La saison artistique 2024 des membres

de La Palette s’achève avec l’Exposition

d’Hiver, organisée à la Galerie du Musée

de Diekirch. Du 7 au 29 décembre, les

57 membres de l’association présenteront

leurs œuvres récentes, témoins

de leur créativité et de leur diversité.

Une belle occasion de rencontrer les

artistes, d’échanger avec eux et d’admirer

leurs travaux. Un rendez-vous

incontournable pour les passionnés

d’art et les curieux, dans une atmosphère

chaleureuse. Entrée libre pour

tous.

Source : diekirch.lu

ETTELBRUCK

Le Wantermaart vous attend du 6 au 22

décembre sur la place Marie-Adélaïde

pour profiter de l’ambiance festive de

fin d’année. Ce marché d’hiver sera

ponctué d’afterworks musicaux, organisés

les 11 et 19 décembre. Le 11

décembre, Kevin Heinen vous accueillera

en musique de 17h à 18h, suivi

de DJ Ben Paulson de 18h à 21h. Le 19

décembre, l’atmosphère sera assurée

par DJ Dee de 17h à 21h.

Source : ettelbruck.lu

ESCH-SUR-SÛRE

La Philharmonie d’Esch-sur-Sûre vous

invite à son traditionnel Concert de

l’Épiphanie. Cet événement, dirigé

par Fernand Meunier et présenté par

Myriam Zoetaert-Goedert, aura lieu le

dimanche 5 janvier 2025 à 16h, dans

le cadre enchanteur de l’église d’Eschsur-Sûre.

Un moment musical unique,

empreint de chaleur et de tradition,

qui rassemble la communauté locale

autour de compositions variées et

festives.

Source : esch-sur-sure.lu


64

| SECTEUR PUBLIC

BIENVENUE

CHEZ TERANGA

Francesca Savo, Paul Weimerskirch et Erika Salbego


65

Le 35 Avenue de la Libération,

à Schifflange, s’est totalement

métamorphosé pour abriter

aujourd’hui un tiers-lieu dédié

à la transition alimentaire.

Témoin des valeurs de solidarité

et de durabilité chères à la commune,

le projet a pris vie grâce à

une étroite collaboration entre

la commune de Schifflange et

les responsables de SOS Faim.

Paul Weimerskirch, bourgmestre,

et Francesca Savo,

animatrice pédagogique pour

l’asbl, nous ont ouvert les portes

de la maison Teranga et raconté

la genèse du projet.

La rencontre

Teranga, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre

: celle de l’asbl SOS Faim, qui cherchait

un espace convivial où sensibiliser

les citoyens aux problèmes du système alimentaire

mondial, et celle de la commune

de Schifflange, qui disposait d’une maison

à affecter spécifiquement à un projet

solidaire. « Il y a quelques années, Roger

Entenich a cédé à la commune la maison

où il avait établi son magasin de cycles.

La donation stipulait toutefois que son

bâtiment devrait accueillir un centre de

bienfaisance ou de solidarité. Lorsque SOS

Faim, à la recherche d’un lieu de rencontre

et d’échange d’idées autour du thème

de l’alimentation durable, a pris contact

avec nous, nous avons eu le sentiment

d’avoir trouvé l’affectation idéale pour cet

espace, non seulement parce que le projet

correspondait aux souhaits du donateur,

mais aussi parce que Schifflange est une

commune de la solidarité », raconte Paul

Weimerskirch.

Le conseil communal de l’époque a alors

voté un budget de 1,7 million d’euros

pour désamianter et démolir l’ancienne

maison et élever sur le terrain un nouvel

immeuble socio-commercial et résidentiel

avec un passage public donnant accès

au futur parking souterrain projeté par

la commune. En raison de la succession

de crises survenues depuis le début du

chantier en janvier 2021 et d’un incendie

malheureusement déclaré alors que la

rénovation était bien avancée, 3,2 millions

d’euros seront finalement déboursés pour

construire ce bâtiment avec des matériaux

écologiques et biosourcés.

Le projet

Le tiers-lieu a été pensé comme un espace

de rencontre, de débat et d’échange sur

le thème de l’alimentation durable et des

droits des paysans. Ses concepteurs ont

pour objectif de participer à la construction

collective d’un avenir équitable ;

un impératif pour SOS Faim à l’heure

où notre système alimentaire basé sur

l’agro-industrie épuise notre planète,

plonge des millions d’agriculteurs dans

la précarité et laisse 733 millions de personnes

vivre dans la faim. « La mission de

Teranga est de conscientiser la population

à ces enjeux, de même qu’aux liens qui

unissent le nord global et le sud global, et

de lui donner les clés pour faire les bons

choix dans une société qui a une fâcheuse

tendance à surproduire, surconsommer et

gaspiller la nourriture », indique Francesca

Savo.

Un tiers-lieu pensé comme un

espace de rencontre, de débat

et d’échange sur le thème de

l’alimentation durable

Une sensibilisation qui passera par des ateliers

pratiques autour du grand ilot central

de la cuisine de Teranga, des cinés-débats,

des conférences ou encore des rencontres

avec des producteurs. Au-delà d’une programmation

riche, l’ancienne maison

Entenich proposera un espace d’échange

avec une zone ludothèque / bibliothèque

ainsi qu’un coin consommation où les

citoyens pourront déguster les produits

de l’épicerie. « Petits et grands pourront

se servir parmi les jeux et les livres proposés,

tous sélectionnés avec soin pour

aborder la thématique de l’alimentation,

mais aussi les bonnes pratiques environnementales

plus généralement. Les

niveaux de complexité sont variés afin

que chacun, quel que soit son âge ou son

implication, puisse trouver une ressource

à sa portée. Ceux qui auront un petit creux

pourront également goûter les produits de

nos producteurs locaux dans notre espace

de consommation. Ils n’auront qu’à faire

leur choix parmi les mets proposés au

coin épicerie. Seuls les produits en vrac,

issus de productions luxembourgeoises

biologiques ou pratiquant l’agroécologie

trouveront leur place sur nos étagères »,

explique l’animatrice pédagogique.

Pour donner vie au projet, deux volontaires,

l’Italienne Erika et la Française

Rosalie, animeront les ateliers, élaboreront

la programmation, assureront

la gestion de l’épicerie et le service des

consommations, expliqueront les règles

des jeux de la ludothèque et, plus globalement,

répondront aux interrogations

des visiteurs. Elles seront assistées par les

six étudiants qui occupent les chambres

situées aux étages supérieurs de la maison.

« SOS Faim agit également ici en

tant que bailleur social. Sur un total de

huit logements, six sont réservés à des

étudiants de différentes nationalités qui

suivent un cursus dans diverses branches

au Luxembourg. Ceux-ci s’engagent à participer

à nos activités de sensibilisation

à hauteur de 5h par semaine », précise

Francesca Savo.

Un plus qui reflète les valeurs d’inclusion

chères à la commune. « Schifflange est une

commune de l’accueil, de la solidarité et

du partage. Elle rassemble des habitants

de plus de 100 nationalités différentes qui

vivent ensemble de manière conviviale,

dans un vaste mélange de cultures et de

religions. D’ailleurs, « Teranga » est un

mot sénégalais qui renvoie à l’idée d’hospitalité.

Dans cette actualité morose, j’ai

tenu à rappeler, lors de l’inauguration de

ce tiers-lieu, que la solidarité était une

nécessité qui devait être soutenue non

seulement par les États et les organisations

internationales, mais également par

toutes les communautés, telles que les

associations locales. Et Schifflange n’en

manque pas. Je pense à l’asbl Schëffleng

Hëlleft qui a vu le jour pour soutenir les

victimes du tsunami qui a frappé l’Asie du


66

©atelier70 ©atelier70

©atelier70

Sud-Est en décembre 2004 et qui, depuis, a

élargi son champ d’action pour se consacrer

à l’aide humanitaire à grande échelle.

Par la suite, la commune s’est engagée en

faveur du commerce équitable à travers

l’asbl Fairtrade Schëffleng. Aujourd’hui,

elle collabore avec SOS Faim dans la même

logique. Bien que l’aide au développement

ne soit pas une obligation communale, je

suis persuadé que les communes peuvent y

apporter un soutien important. La preuve

en est ! », déclare Paul Weimerskirch.

Bien que l’aide au

développement ne soit pas une

obligation communale, je suis

persuadé que les communes

peuvent y apporter un soutien

important

Le lancement

La maison Teranga a été officiellement

inaugurée le 12 novembre dernier en

présence d’une foule de curieux. « Le fort

engagement de la commune a très certainement

suscité l’intérêt des habitants

venus en nombre. Nous avons été touchés

de voir à quel point ceux-ci étaient demandeurs

d’un tel lieu et ravis de répondre à

un réel besoin citoyen. Certains résidents

nous ont déjà soumis des idées d’activité

ou des propositions d’atelier et, maintenant

que les travaux sont terminés, nous

souhaitons encourager au maximum cette

participation citoyenne. Par la suite, nous

aimerions également tisser des liens avec

d’autres acteurs communaux comme

les écoles ou les maisons relais car nous

sommes persuadés que les enfants, qui

sont les consommateurs de demain,

seront moteurs du changement. Il est donc

important pour nous de les conscientiser

quant à l’impact qu’ils peuvent avoir

sur notre planète et de leur montrer que

d’autres choix sont possibles », souligne

l’animatrice pédagogique.

Les lieux étant désormais inaugurés, il

reste à les investir. Le 28 novembre a eu

lieu le premier ciné-débat à Teranga,

organisé conjointement par SOS Faim et

FairTrade Schëffleng. Quelques activités

de Noël devraient ponctuer le mois de

décembre avant que les volontaires ne

mettent au point l’agenda des activités

2025. Pour ne rien rater, il suffit de suivre

le projet sur les réseaux sociaux ou de

s’inscrire à sa newsletter. En attendant le

prochain événement, vous pouvez pousser

la porte de Teranga les mardis, jeudis et

samedis de 10h à 17h.

LE CHIFFRE

733

Millions

le nombre de personnes qui

souffrent de la faim dans le monde

Administration communale

de Schifflange

BP 11, Avenue de la Libération

L-3801 Schifflange

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68

| SECTEUR PUBLIC

INAUGURATIONS

EN SÉRIE SUR LE SITE

DU KINNEKSBOND

Une piscine, une maison relais et une école de musique viennent de

sortir de terre à Mamer, redessinant le campus scolaire du Kinneksbond

tout en optimisant son fonctionnement. Ces trois nouvelles

infrastructures viennent compléter l’offre déjà disponible sur le

site pour répondre à la croissance démographique d’une part et à

l’engouement généré par l’introduction récente de la gratuité de

certains services de l’autre. Luc Feller, bourgmestre, revient sur les

investissements conséquents consentis pour faire de Mamer une

commune accueillante pour les jeunes familles.

Un quart de siècle d’investissements

La commune de Mamer inaugure quasiment

simultanément trois grands projets

sur le site du Kinneksbond. Il faut remonter

au début du millénaire pour en comprendre

la genèse. « Au tournant du siècle,

la commune, idéalement située par rapport

à la capitale, s’est donné pour ambition

de se montrer plus attrayante pour les

travailleurs et jeunes familles. C’est la raison

pour laquelle elle a décidé de développer

le Kinneksbond, un complexe scolaire,

sportif et culturel devant combler leurs

attentes. Si elle avait peu investi dans ses

infrastructures éducatives avant l’an 2000,

elle a eu alors l’opportunité d’acquérir des

terrains qui permettaient non seulement

de répondre à ses besoins de l’époque

mais qui offraient aussi des possibilités

d’agrandissement futur. C’est ainsi

qu’ont été développés l’école accueillant

des élèves du précoce jusqu’au cycle 4.2

de l’enseignement fondamental, un hall

sportif et un centre culturel », raconte Luc

Feller.

Mais la forte croissance démographique

des dix dernières années, l’émergence

prochaine de nouveaux lotissements et

de récentes décisions gouvernementales

ont nécessité, comme anticipé en 2000,

de repenser le site. « L’introduction de la

gratuité des maisons relais et des écoles

de musique a inévitablement eu des répercussions

importantes sur la commune, à

tel point que nous avons dû développer

le site du Kinneksbond pour y créer deux

nouvelles infrastructures : une destinée

à l’éducation non formelle et l’autre à

l’apprentissage de la musique. Jusqu’à

présent, les leçons de musique étaient

données soit au centre culturel, soit dans

les salles de classe de l’école fondamentale.

Avec quelque 800-850 inscriptions

(pour 500 élèves) aux cours de solfège et

d’instruments aujourd’hui, nous avons

dû investir dans un bâtiment y dédié.

Les élèves profitent ainsi de 4 salles de

solfège, de 3 grandes salles réservées aux

répétitions pour les chorales, aux cours

d’expression corporelle et à l’initiation à

la musique, de 11 espaces pour les cours

individuels, d’une pièce pour un groupe

combo et d’un auditorium d’une capacité

de 125 places. Ce projet de 23 millions

d’euros a été inauguré en novembre,

quelques mois avant la nouvelle maison

relais qui prendra place à l’extrémité sudouest

du campus. Ce second édifice, une

construction modulaire en bois à 12 millions

d’euros, abritera des salles de classe,

des ateliers, un petit gymnase, des réfectoires,

des bureaux et sera équipé d’une

aire de jeux. Il pourra recevoir jusqu’à 220

enfants. De quoi répondre à la forte hausse

des inscriptions qui a découlé du vote de

la loi sur la gratuité des maisons relais »,

développe le bourgmestre.

Les deux infrastructures s’élèvent non

loin de la nouvelle piscine du campus

qui vient d’ouvrir ses portes aux élèves

des écoles de Mamer et Capellen et qui

accueillera progressivement le grand

public au cours du premier semestre

2025. « La commune a toujours eu pour

ambition de réaliser une piscine scolaire

dès qu’elle aurait rassemblé les fonds

nécessaires. Chaque année, nos écoles

éprouvaient plus de difficultés à trouver

des créneaux dans les communes voisines

et les cours de natation extrascolaires

étaient rapidement complets, de sorte

que beaucoup d’enfants n’apprenaient

plus à nager. Grâce aux 30 millions d’euros

alloués, tous nos élèves ont désormais

accès à deux nouveaux bassins, l’un de 8 m

sur 15 avec fond ajustable permettant de

régler la profondeur jusqu’à 180 cm pour

les apprenants et l’autre de 15 m par 25,


69

Luc Feller

d’une profondeur maximale de 220 cm,

pour les nageurs confirmés », ajoute Luc

Feller.

Cohérence et durabilité

Confiées aux architectes du cabinet

Jim Clemes Associates qui avaient déjà

imaginé les premiers immeubles du

Kinneksbond, les nouvelles infrastructures

doivent s’inscrire harmonieusement

sur le campus. « La commune souhaitait

non seulement que le site soit pensé

comme un ensemble homogène du point

de vue architectural (grâce au recours au

béton brut et au bois), mais aussi qu’il

fonctionne de manière cohérente. Ainsi,

la maison relais qui accueille les plus

jeunes élèves est proche des bâtiments

du précoce et du préscolaire, tandis que

l’infrastructure fréquentée par les plus

grands est située à proximité des locaux

du cycle 4 », précise le bourgmestre.

La commune souhaitait

que le Kinneksbond soit pensé

comme un ensemble homogène

du point de vue architectural,

mais aussi qu’il fonctionne

de manière cohérente

Parallèlement, la commune tire profit de

ses nouvelles toitures pour investir, avec

l’aide du Fonds européen de développement

régional (FEDER), dans la mise en

place de quatre installations photovoltaïques

sur le site. Permettant d’économiser

quelque 279.000 kg de CO 2

par an,

ces panneaux participeront à couvrir 50%

des besoins énergétiques de l’ensemble

des bâtiments communaux.

Un espace aux mains des citoyens

Dans un tout autre cadre, mais sur le

même site, l’administration communale

a également aménagé un jardin

communautaire que peuvent désormais

exploiter les résidents. « Deux projets de


70

participation citoyenne ont été lancés

cette année, dont celui-ci, en collaboration

avec le Leader Centre Ouest et la

Commission pour la Transition énergétique,

la Protection de l’Environnement

et le Développement durable. Cet

espace vert a été conçu pour et par les

habitants intéressés lors de réunions de

partage d’idées. Quiconque a manifesté

sa volonté de participer au projet a reçu

une parcelle d’une certaine surface aménagée

par la commune et peut désormais

y cultiver ses propres plants », explique

Luc Feller, profitant de l’occasion pour

évoquer son second projet. « De plus, la

commune a prévu un budget participatif

de 100.000 euros pour que ses résidents

puissent réaliser les projets de leur choix.

Via le site internet jeparticipe.mamer.lu,

ceux-ci peuvent soumettre leurs idées

à leurs concitoyens. Seules conditions :

celles-ci doivent être techniquement

et juridiquement réalisables et, bien

entendu, rentrer dans le budget fixé.

75.000 euros seront alloués pour répondre

aux souhaits des 12 ans et plus et 25.000

euros seront attribués à des projets destinés

aux enfants de moins de 12 ans dans

le cadre scolaire. Le dépôt des propositions

est possible depuis la fin du mois

de novembre. Les citoyens auront ensuite

trois mois pour voter pour les idées qu’ils

souhaitent voir se concrétiser ».

Nous mettons

un point d’honneur

à demeurer une commune

accueillante pour les familles

Pour aujourd’hui et pour demain

Quant à l’avenir du Kinneksbond, il n’est

certainement pas figé. « Il n’est pas exclu

que nous devions encore construire une

maison relais au cours des cinq années

à venir. Tout dépendra de la croissance

démographique. Nous réalisons actuellement

deux grands projets en matière

de logement, l’un avec un constructeur

privé, l’autre avec le Fonds du Logement.

Nous étudierons alors la nécessité de

créer un quatrième bâtiment en fonction

de la composition des ménages que nous

allons accueillir. Tant que nous le pourrons,

nous ferons en sorte de garantir une

place dans nos établissements à chaque

enfant. Nous mettons un point d’honneur

à demeurer une commune accueillante

pour les familles de manière que celles-ci

puissent profiter de nos atouts, à savoir

la proximité avec la capitale mais aussi

avec la nature et les zones de loisirs dans

lesquelles nous investissons beaucoup

également. Pour que la vie dans la commune

leur soit la plus agréable possible,

nous misons aussi sur le vivre-ensemble

avec plusieurs semaines de festivités par

an. Notre programme hivernal a d’ailleurs

été lancé ce 29 novembre lors de

l’ouverture de nos traditionnels « Winter

Moments » avec la patinoire, le marché

de Noël, des concerts et afterworks »,

annonce le bourgmestre.

Administration communale

de Mamer

1, Place de l’Indépendance

L-8252 Mamer

www.mamer.lu


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72

| SECTEUR PUBLIC

LENNINGEN - CANACH :

DU NOUVEAU EN 2025

Jean-Marie Hermann, Tim Karius et Philippe Gengler


73

Appuyée sur la frontière allemande,

aux portes des côtes

de la Moselle, la commune de

Lenningen marque par son

caractère bucolique. Avec la

localité de Canach, elle forme

un ensemble rural attractif,

puisque situé à seulement 15 km

des commodités de la capitale.

Nous avons rencontré son

bourgmestre, Tim Karius, pour

évoquer ses projets pour 2025

et les années à venir.

Avec l’approbation d’un nouveau PAG

par le ministère de l’Intérieur, l’utilisation

des sols sera revue et de nouvelles

infrastructures verront le jour dans les

mois et années à venir. Une bonne nouvelle

puisque la hausse démographique

se poursuit au sein de la commune et le

besoin de créer de nouveaux bâtiments

ou de renouveler les infrastructures existantes

se fait ressentir. « Nous devons

être capables de nous projeter dans le

futur, d’avoir une vision globale et à long

terme sur l’avenir de la commune. Ne pas

le faire aujourd’hui serait préjudiciable

pour demain », indique Tim Karius avant

de préciser : « la commune de Lenningen

est et restera cependant une commune

rurale ; son évolution sera donc conditionnée

par cette caractéristique fondamentale,

appréciée de tous ses résidents ».

Un nouvel atelier communal

Les dirigeants ont souhaité inscrire la

construction de ce bâtiment dans une

perspective innovante et durable, puisque

des panneaux photovoltaïques seront

d’abord installés sur le toit, puis peutêtre

sur la façade dans un second temps.

« Nous avons insisté auprès de l’architecte

sur notre volonté de disposer d’un bâtiment

fonctionnant grâce à des sources

énergétiques durables et respectueuses

de l’environnement », précise le responsable

politique. Les travaux commenceront

durant la deuxième moitié de l’année

2025.

Écoles et maison relais

Occupée à 99%, la maison relais actuelle de

la commune ne pourra bientôt plus recevoir

de nouveaux enfants et devra donc être

agrandie. Afin de s’inscrire dans une perspective

globale et long-termiste, c’est aussi

la modernisation des bâtiments scolaires

qui est pensée conjointement à l’extension

de la maison relais. Les différents

cycles d’enseignement fondamental étant

répartis sur trois sites (un à Lenningen, les

deux autres à Canach), les 190 enfants scolarisés

dans la commune perdent pas mal

de temps dans les bus pour rejoindre leur

établissement respectif. C’est donc la piste

d’une sorte de campus, un ensemble scolaire

pouvant accueillir 300 enfants, qui est

à l’étude par les responsables politiques.

« La recherche d’un site pour construire cet

ensemble est en cours et une solution a été

identifiée », révèle Tim Karius.

En parallèle, un embellissement des

voies piétonnes est également prévu,

tout comme une renaturation des places

publiques.

Parmi les projets qui tiennent à cœur

au bourgmestre, il y a celui d’un chemin

piéton et cyclable reliant Lenningen et

Canach. « Une étude de faisabilité sera

réalisée et nous ferons tout notre possible

pour acquérir les terrains nécessaires à

l’établissement de cette voie de circulation

», indique-t-il. Au-delà de la mobilité

douce, c’est de la sécurité des promeneurs,

sportifs et écoliers dont il est question,

ainsi que du lien social à maintenir entre

les deux localités.

Développement durable

La commune de Lenningen comprendra

dans un futur proche deux parcs de panneaux

photovoltaïques privés de grande

envergure sur son territoire. Pour aller

plus loin dans le développement de ces

infrastructures énergétiques durables, les

responsables politiques de la commune

sont en discussion avec leurs homologues

d’une municipalité voisine pour l’implantation

d’un parc éolien. L’installation de

deux à trois éoliennes est à l’étude avec

la société luxembourgeoise Soler et Tim

Karius est confiant sur la faisabilité d’un

tel projet : « je crois en l’aboutissement

de ce projet, même s’il faudra également

que le ministère de l’Environnement nous

donne son aval ».

Projet phare de la commune, la construction

d’un atelier communal a pris une

nouvelle envergure après les élections de

2023. En effet, le bourgmestre nouvellement

élu et son équipe ont pris la décision

d’étendre le projet – jugé trop petit pour

satisfaire les besoins actuels de la commune

– et donc de lui trouver un nouvel

emplacement plus adapté. Un choix judicieux

sur le long terme, mais qui occasionne

évidemment quelques retards sur

le planning initial.

Parmi les ajouts architecturaux, on trouve

une salle de loisirs multifonctionnelle

pouvant recevoir une centaine de personnes

ainsi qu’une salle de formation

capable d’accueillir une cinquantaine de

participants. L’atelier communal abritera

en outre le centre d’incendie et de secours

en son sein.

Nous devons être capables

de nous projeter, d’avoir une

vision globale et à long terme

sur l’avenir de la commune

Mobilité

Si le réseau routier ne nécessite quant à lui

pas d’aménagement particulier, l’implantation

de zones à 30km/h dans l’agglomération

sera nécessaire pour la sécurité des

piétons. En effet, le fort trafic automobile

dû au passage de travailleurs frontaliers

allemands impose la mise en place de ce

type d’adaptation de la circulation.

Soucieux de préserver le cadre naturel

exceptionnel dans lequel se trouve la commune,

les dirigeants sont particulièrement

attentifs au fait d’établir un développement

responsable et durable à tous les niveaux.

Après des périodes de canicule répétées

puis de fortes précipitations, la question

de l’eau, notamment sa quantité comme sa

qualité, a fait l’objet d’une vigilance renforcée.

« Tous les voyants sont au vert en ce

qui concerne la capacité en eau potable de

la commune ou bien le fonctionnement de

notre réseau d’évacuation des eaux usées »,

tient à préciser le bourgmestre.

Logement

L’élargissement du PAG résulte pour une

grande partie dans la demande constante

de biens immobiliers, en vente ou en


74

© morph4 architecture

Nouvel atelier communal

© morph4 architecture

location. Des parcelles où pourront se

construire des maisons individuelles

sont donc prévues mais, pour faire face

aux réalités économiques d’aujourd’hui,

la construction de bâtiments de six

appartements est également planifiée.

Comme le prévoit l’article 29 bis de la loi

modifiée du 19 juillet 2004 concernant

l’aménagement communal et le développement

urbain, la commune proposera

une vingtaine de logements abordables

dans les années à venir. « C’est une belle

avancée puisque nous ne disposions

pas de biens immobiliers de ce type

jusqu’à présent », tient à préciser notre

interlocuteur.

Vie associative, culturelle et sportive

Avec près de 60 nationalités cohabitant

paisiblement sur son territoire, la commune

de Lenningen s’inscrit définitivement

sur un plan multiculturel. En

atteste son Festival des Nations qui se

déroule chaque 9 mai, à l’occasion de la

journée de l’Europe.

Le besoin de créer

de nouveaux bâtiments

ou de renouveler

les infrastructures existantes se

fait ressentir

Depuis quelques années enfin, un marché

de Noël s’anime à Canach. « On voit que

les gens apprécient ce vivre-ensemble.

La vie associative et les différents clubs

présents dans la commune sont dynamiques

et nous mettons tout en œuvre

pour soutenir leurs initiatives », souligne

le bourgmestre.

Preuve de cet engagement des responsables

politiques, suite à la demande répétée

des administrés pour disposer d’une

connexion internet à très haut débit, la

fibre optique sera déployée courant 2025.

Un indispensable pour une commune

aussi cosmopolite.

Rendez-vous courant 2025 pour faire le

point sur l’avancée des projets !

Administration communale

de Lenningen

3, rue de l’Église

L-5414 Canach

www.lenningen.lu


75

BRÈVES

COMMUNALES DE L’EST

PAR PIERRE BIRCK

BEAUFORT

Les communes de Beaufort, Heffingen

et Waldbillig ont accueilli le Klimaforum

2024 au centre polyvalent Kummelsbau.

Au programme : présentation du Pacte

Climat 2.0 par des consultants et conférences

sur la protection du climat grâce

à des initiatives locales, notamment

sur le thème « le photovoltaïque pour

les particuliers et les entreprises ». Il

y était par exemple question des subventions

ou de l’autoconsommation.

Beaufort, déjà élue meilleure commune

européenne en 2023, maintient

son excellence en se classant deuxième

à l’échelle continentale.

Source : beaufort.lu

GREVENMACHER

Les citoyens de Grevenmacher peuvent

introduire une demande pour la

location d’un emplacement de stationnement

dans le parking souterrain

« Centre », ouvert depuis le 28

novembre. Il y a 20 places disponibles

pour les résidents de la ville et 5 pour

les commerçants ou professions libérales

locaux. La location d’un emplacement

de stationnement s’élève à 150

euros / mois. Quant au dépôt de garantie,

il est de 110 euros. S’il y a plus de

demandes valables que de places disponibles,

il sera procédé à un tirage au

sort. La demande doit être introduite

pour le 31 décembre 2024 au plus tard

et le formulaire à remplir est disponible

sur le site internet de la commune.

Source : grevenmacher.lu

BOUS-WALDBREDIMUS

Dans le cadre de l’introduction du nouveau

règlement-taxe portant sur l’élimination

des déchets, les poubelles pour

déchets ménagers ont été équipées

avec des transpondeurs entre le 9 et

le 13 décembre dernier. Seuls les habitants

de la section de Bous devaient

déposer leurs poubelles aux abords de

leur propriété, ceux de Waldbredimus

étant déjà en règle. Les poubelles qui

ne disposeront par de transpondeurs

ne pourront pas être vidées à partir du

1 er janvier 2025.

Source : bouswaldbredimus.lu

JUNGLINSTER

Lundi 2 décembre dernier, la construction

de l’école de musique et de la

crèche nature à Junglinster a été officiellement

lancée lors d’une cérémonie

symbolique. Le ministre de l’Éducation

nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse,

Claude Meisch, était présent pour s’informer

personnellement sur le projet.

Situés sur le site « Op de Fréinen », les

travaux devraient durer jusqu’à la fin

de l’année 2026. Pour rappel, l’école de

musique et la crèche pourront respectivement

accueillir près de 500 élèves et

plus de 110 enfants.

Source : junglinster.lu

MONDORF-LES-BAINS

L’Administration communale de

Mondorf-les-Bains installe des caméras

de surveillance dans son parking pour

lutter contre les incivilités (dégradations,

vols, dépôts sauvages) et renforcer

la sécurité des usagers. Les images

capturées sont conservées huit jours et

peuvent être transmises à la police en

cas d’infraction. Les données collectées

incluent visages, plaques d’immatriculation

et comportements. Les citoyens

disposent de droits sur leurs données

(accès, opposition, effacement) conformément

au RGPD. L’administration

communale garantit des mesures de

protection strictes contre tout usage

abusif et malveillant des images

filmées.

Source : mondorf-les-bains.lu

GREVENMACHER

Le 27 novembre 2024, la ministre de la

Mobilité et des Travaux publics, Yuriko

Backes, a célébré le 60 e anniversaire

de la navigation à grand gabarit sur la

Moselle à Grevenmacher. En présence

des ambassadrices de France et d’Allemagne

et des représentants de la

Commission de la Moselle, une plaque

commémorative a été dévoilée et trois

érables boules ont été plantés. Depuis

l’inauguration de la mise à grand gabarit

de la rivière en 1964, la Moselle,

reliant le Luxembourg, l’Allemagne et

la France, est devenue un axe essentiel

du transport européen qui favorise le

développement économique et promeut

une coopération transfrontalière

durable.

Source : SIP


76

| SECTEUR PUBLIC

LA « PERLE DE LA MOSELLE »

EN PLEINE MUTATION

Remich, commune de la Moselle luxembourgeoise, attire de nombreux

visiteurs chaque année grâce à ses vignobles, ses forêts et sa

promenade unique le long de la rivière. En pleine transformation,

la « Perle de la Moselle » investit dans divers projets pour moderniser

ses infrastructures et améliorer la qualité de vie de ses habitants.

La commune met également l’accent sur la préservation de

son patrimoine culturel et naturel, et salue l’accord de principe

des nouveaux ministères de l’Intérieur et de l’Environnement

pour créer davantage de logements abordables sur son territoire.

Jacques Sitz, bourgmestre, et les deux échevins, Rita Wallerich et

Jean-Paul Kieffer, nous en disent plus.

Pouvez-vous présenter brièvement la

commune de Remich ?

JS : Agréable et entourée par les vignes

et les forêts, Remich est une commune

touristique de la Moselle luxembourgeoise

qui attire chaque année de nombreux

visiteurs. Ceux-ci peuvent à la

fois visiter la ville, se promener sur son

esplanade unique au Luxembourg, flâner

le long de la Moselle, boire un verre sur

Rita Wallerich, Jacques Sitz et Jean-Paul Kieffer


77

les terrasses avec vue sur la rivière ou

encore découvrir nos vignobles ainsi que

notre patrimoine culturel.

RW : Nous comptons aujourd’hui 4.500

habitants. Si nous tenons à rester une ville

touristique, nous sommes dans une phase

de transformation en raison des nombreux

chantiers en cours et qui démarreront ces

prochains mois.

Quels sont ces projets prioritaires ?

JS : Nous travaillons au niveau de la

Cité Buschland. Nous y avons établi un

bassin de rétention. Nous devons également

refaire tous les réseaux souterrains

de la cité. Ce ne sont pas seulement les

canalisations, mais aussi les réseaux

électriques et de télécommunication qui

doivent être mis à jour. Tout est repensé

pour répondre aux besoins modernes, y

compris l’installation de la fibre optique

et des réseaux de télécommunication.

Nous y travaillons depuis une année

et nous en prévoyons encore une autre

pour finaliser l’ensemble. Nous profitons

de cette occasion pour reconfigurer

la surface : certaines rues seront réaménagées,

ce qui nous permettra de créer

une zone 30 pour améliorer la sécurité et

le confort des habitants.

JPK : L’un des chantiers les plus importants

n’est autre que celui de la rénovation

de l’esplanade qui est dans les petits

papiers depuis 2005. La première phase

du projet a eu lieu l’an dernier : de la cave

Saint-Martin jusqu’au centre de Remich.

Cette partie terminée, nous engageons

la deuxième étape des travaux, à savoir

la protection face aux grandes crues du

centre vers Bech-Kleinmacher. Puis, la

troisième phase de rénovation pourra

débuter et se déploiera jusqu’à la maison

de retraite.

Nous privilégions par exemple l’usage de ressources

locales, comme le bois, et de techniques de construction

durables pour réaliser des économies tout en agissant pour

l’environnement

RW : Ces chantiers prioritaires arrivent

à peu près simultanément et l’objectif

sera de bien les gérer afin de ne pas

affecter la mobilité et ne pas trop entraver

nos transports publics et scolaires

notamment.

Vous souhaitez aussi mettre en valeur

le centre de Remich. Pouvez-vous

nous en dire plus ?

JS : Oui. Pour ce faire, nous souhaitons

promouvoir la mobilité douce avec la création

d’un réseau de chemins pédestres et

cyclables au centre de la ville. Nous établirons

également une connexion piétonne

entre l’esplanade et le parc Jeannot Belling

pour permettre aux touristes de découvrir

la vieille ville, ses rues anciennes et ses

lieux magnifiques.

RW : Pour ce faire, nous avons ajouté

des pavés et des parterres de fleurs pour

embellir le centre. L’idée est d’encourager

nos visiteurs à se promener dans ses

charmantes ruelles historiques. Nous

voulons rendre ces zones attractives pour

les visiteurs et les habitants, en y ajoutant

des bancs et des plantes pour créer des

espaces de détente agréables.

La transformation de l’administration

communale a démarré récemment…

JS : En effet, l’infrastructure existe depuis

plusieurs décennies. Elle ne répond logiquement

plus aux exigences actuelles

en matière de consommation d’énergie,

d’aménagement ou de connectivité. Nos

nouveaux équipements informatiques

sont performants mais freinés par les

problèmes de réseau que rencontre cette

ancienne bâtisse. Tout en respectant l’architecture

ancienne, celle-ci sera entièrement

réaménagée à l’intérieur et mise

aux normes à tous les points de vue. Un

ascenseur existe déjà. Néanmoins, nous

créerons un accès pour les personnes à

mobilité réduite qui sera par exemple

situé au niveau de l’entrée principale afin

de se conformer à la loi.

JPK : Les travaux de rénovation ont

démarré le 19 juillet et s’étendront sur

deux ans. En attendant, nous avons déménagé

dans un bâtiment dans lequel se

trouvait une banque. Celui-ci est situé

à quelques mètres de l’édifice actuel.

C'est un projet important pour rendre

notre administration plus efficace et plus

accueillante car nous souhaitons offrir de

meilleurs services à nos citoyens.

JS : L’an dernier, nous avons aussi effectué

la première phase de la restauration

de la Place Dr. Fernand Konz, notre place

touristique principale. En décembre,

nous avons commencé la deuxième.

Celle-ci inclut la démolition du kiosque

existant pour construire une nouvelle

structure plus adaptée aux événements

comme les marchés et les concerts. Nous

ajouterons également un nouveau jeu

d’eau pour les enfants et des terrasses

modernisées.


78

RW : Nous atteignons déjà 50% des

objectifs fixés pour le Pacte Climat, ce qui

est significatif pour une petite commune

comme la nôtre. À ce titre, nous avons

par exemple soutenu la mise en place

d’une coopérative énergétique locale qui

aide à l’installation de panneaux photovoltaïques

chez les particuliers.

Comment abordez-vous la question

du logement abordable ?

JS : C’est toujours malheureux de voir

nos jeunes habitants quitter la ville et

passer l’autre côté de la Moselle pour

s’y installer. Nous avons plusieurs projets

pour créer du logement abordable,

à nous de nous lancer dans leur planification.

Nous détenons par exemple une

ancienne bâtisse qui a été achetée par

nos prédécesseurs. Nous la démolirons

pour y établir huit nouvelles habitations.

Un mot sur le campus scolaire qui

figure dans le masterplan « Réimech

2035 » ?

JPK : Celui-ci est en partie dédié à l’optimisation

des infrastructures communales

et à la construction d’un nouveau

campus scolaire. « Réimech 2035 » a été

développé avec le soutien de la population

et des différents corps associatifs

professionnels qui composent notre

commune afin de proposer une stratégie

qui réponde aux besoins de notre

population. Le nouveau campus scolaire

s’étendra sur 14.500 m². L’école pourra

accueillir près de 450 enfants. Puis, dans

une deuxième phase, nous procéderons

à l’agrandissement de la maison relais et

à la construction d’une nouvelle salle de

sport.

JS : Ce projet nous permet de rassembler

tous les services éducatifs sur un seul et

même site. De notre point de vue, éparpiller

ces structures dans la commune

était une aberration. L’école qui se situe

aujourd’hui près de la route nationale

n’est pas sécurisée en raison des dangers

liés au trafic. La maison relais actuelle,

mise en service en 2014, est déjà trop

petite. Malheureusement, nous avons

dû réévaluer ce projet en raison de

contraintes financières, mais nous progressons

bien.

Comment remédier aux problématiques

budgétaires ?

JS : Nous devons être très prudents

avec nos finances, surtout en ces temps

économiquement difficiles. Nos projets

sont divisés en plusieurs phases et

nous visons à réduire leurs coûts sans en

compromettre la qualité. Nous privilégions

par exemple l’usage de ressources

locales, comme le bois, et de techniques

de construction durables pour réaliser

des économies tout en agissant pour

l’environnement.

JPK : De plus, une forêt nous appartient

dans le secteur Buschland. Dans les

années 1960, cette zone avait été validée

pour étendre notre commune. Nous

avons pour idée d’utiliser cette parcelle

pour y établir partiellement des logements

abordables. Bien que celle-ci se

situe en zone verte, le ministère de l’Environnement

nous a finalement donné

un avis favorable pour commencer les

démarches nécessaires au lancement du

projet.

Administration communale

de Remich

B.P. 9

L-5501 Remich

www.bierger.remich.lu



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