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Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
LA FORCE MULTINATIONALE
SE RENFORCE !
Premye minis Kanadyen
an, Justin Trudeau
anonse demisyon l
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How Aristide’s Lavalas Family
Party Has Lurched to the Right
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Voir page 3
Écrire la révolution
haïtienne !
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Les vendredi 3 et samedi 4 janvier 2025, la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité en Haïti
(MMAS) a accueilli un contingent de 157 militaires en provenance du Guatemala et du Salvador
DANS LE CAMION
DE LA DGM !
L’exode des Haïtiens
de Springfield, Ohio,
pourrait être un signe
avant-coureur de ce
qui va arriver !
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Voir page 4
Dans le camion: « Vous valez moins qu’un porc. Ils s’en fichent que vous soyez étudiant,
commerçant, professeur, maçon, peu importe.»
Les agriculteurs
indiens sont prêts à
marcher à nouveau
sur Delhi
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Editorial
Y a-t-il une guerre en Haïti ?
HAITI
1583 Albany Ave
Brooklyn, NY 11210
Tel: 718-421-0162
Fax: 718-421-3471
3, 2ème Impasse Lavaud
Port-au-Prince, Haiti
LIBERTÉ
Par Berthony Dupont
Dans son discours du 1 er janvier 2025, le Président du Conseil Présidentiel
de Transition Leslie Voltaire, représentant du parti Fanmi
Lavalas au sein de l’Exécutif au service des oligarques corrompus et
des puissances impérialistes, a expliqué que le déclin actuel est dû à
une prétendue guerre en cours dans le pays.
Dialectiquement, cette vérité contient un grand mensonge.
Certes, Haïti est bel et bien en guerre et ce depuis la déclaration d’indépendance
le 1 er janvier 1804. Elle s’est illustrée avec le parricide du
fondateur de la Nation Jean-Jacques Dessalines, le 17 octobre 1806.
Une guerre permanente en somme, menée avec une subtilité classique
et dont les dirigeants refusent d’accepter les dégâts qui ne font que
s’aggraver davantage. L’objectif fondamental de cette guerre est de
précipiter la décadence totale et complète du pays, par une déstabilisation
à outrance, de manière à le paralyser par tous les moyens
possibles et imaginables. Selon les protagonistes de cette guerre permanente,
Haïti est un État à ignorer, à mépriser et à affaiblir jusqu’à
sa plus simple expression. C’est à cette guerre criminelle et de plus en
plus meurtrière que le peuple haïtien fait face quotidiennement depuis
son accession à l’indépendance.
Cette guerre a conduit à la première occupation américaine du
pays de 1915 à 1934 et au massacre de nombreux paysans, notamment
les combattants Cacos. Une guerre dont les conséquences sur
la classe ouvrière ainsi que la grande majorité de la population sont
désastreuses. Elles souffrent du manque d’infrastructures de base :
routes, électricité, eau potable, école publique, hôpitaux, ce qui entraîne
une insécurité alimentaire dans les communautés rurales où
les masses paysannes sont régulièrement victimes d’inondations et
d’autres catastrophes naturelles.
Cette guerre destructrice se poursuit inlassablement sur le pays.
D’ailleurs, c’est grâce à elle qu’aujourd’hui un Conseil Présidentiel de
Transition est en place pour assurer la continuité de la déstabilisation
tout en faisant barrage à tout mouvement populaire pouvant renverser
la structure corrompue de l’État. C’est grâce à elle que les puissances
capitalistes dominantes ont fini par placer à la tête de l’État neuf charlatans
pour mener leur politique d’exclusion au profit de l’élite privilégiée.
De plus, les troupes policières ou militaires étrangères arrivant
du Kenya, du Guatemala, de la Jamaïque, du Salvador, des Bahamas,
du Belize doivent assurer la poursuite progressive de cette guerre tout
en protégeant l’oligarchie haïtienne, la classe politique traditionnelle,
particulièrement cette bande d’accapareurs et de voleurs actuellement
au pouvoir.
Mais le vilain mensonge de Leslie Voltaire n’est pas ce à quoi il
fait référence lorsqu’il déclare « À la guerre comme à la guerre ». Selon
lui et ses complices, des Conseillers qui veulent se faire passer pour
des femmes et des hommes de cœur, sensibles au sort du peuple, «
C’est une guerre implacable qui continuera en 2025 contre les gangs
qui sèment la mort, la terreur, le viol, le pillage et le trafic ignoble
d’organes, victimisant une population paisible. » La guerre contre
les gangs de Leslie Voltaire est une solution cosmétique pour maquiller
le malheur du peuple et cacher les conséquences de la déstabilisation
impérialiste. La réalité est qu’on ne peut pas guérir d’une maladie sans
d’abord éliminer les sources ou les racines qui la produisent. Nous
pouvons éliminer tous les gangs, comme nous l’avons fait dans le
passé, mais la mauvaise gouvernance, les inégalités sociales et la pauvreté
conduiront à leur multiplication rapide et excessive.
Par ailleurs, il y a cette flambée des prix qui étrangle la population,
avec pour résultat une pauvreté qui s’étend, et la faim qui gagne
de plus en plus du terrain. Comment remédier au mal de la domination
de la bourgeoisie parasitaire qui pille l’État, organise la catastrophe
sociale ? Aujourd’hui la justice, la police, l’Etat sont au service de qui ?
Comment expliquer que des policiers puissent se livrer au trafic de
munitions, au kidnapping pour survivre? Tandis que certains fonctionnaires
de l’Etat, des magistrats se livrent eux aussi au détournement
de fonds publics, au trafic d’influence, d’abus de confiance, pendant
que la justice se vend au plus offrant.
N’est-ce pas là l’évidence même du résultat d’une certaine politique
inappropriée ? L’insécurité n’est guère une fatalité, c’est l’arme
des corrupteurs permettant aux membres de la classe politique, au
nom des crises de se remplir les poches en exploitant toujours plus les
misérables travailleurs. La vraie guerre contre le peuple est la politique
délibérée des gouvernements passés et présents consistant à engraisser
les riches, appauvrir et affamer encore plus les masses opprimées en
les plongeant dans le dénuement et la misère la plus abjecte.
Quel pays au monde n’est pas confronté au phénomène des
gangs? C’est un pur mensonge que de dire que les gangs sont responsables
de l’inflation et de l’insécurité. Les vrais coupables sont
les forces politiques et l’élite économique qui mènent depuis toujours
une politique corruptrice de ruine du pays. Le symbolisme de la guerre
contre les gangs auquel Leslie Voltaire fait référence est de jeter de la
poudre aux yeux du peuple pour qu’il ne demande compte aux véritables
dirigeants de l’État qui devraient assurer le développement et le
progrès du pays alors que les Conseillers-Présidentiel ont eux-mêmes
participé à la dilapidation des fonds publics.
La bourgeoisie haïtienne, sinon la classe politique traditionnelle,
se défend âprement pour s’absoudre de toute responsabilité. Ce que les
travailleurs, les jeunes et les paysans attendent des Conseillers Présidentiels
qui prétendent agir en leur nom, ce n’est pas une déclaration
de guerre aux gangs, qui ne sont que des victimes comme tous les autres
citoyens d’une politique anti-peuple. C’est plutôt une action concrète
qui assurera à chacun un salaire qui lui permette de vivre décemment,
rompant une fois pour toutes avec toute politique de mendicité,
de soumission, d’exploitation, de vol et de pillage impérialiste, source
de misère, de pauvreté et de toutes formes de violence et d’insécurité.
La véritable guerre qui est conforme à la démocratie et aux besoins
de la grande majorité de la population n’est pas la survie de
la classe politique haïtienne, qui se fait au prix de la destruction de
la classe ouvrière, victime de la famine, de la surexploitation, de la
misère et des déplacements forcés. Mais celle contre les puissances
impérialistes, afin que nous ayons un pays sans exploiteurs ni exploités
et pour que chacun puisse bénéficier équitablement de sa part
de la richesse.
Les solutions à nos problèmes ne viendront pas de ce système
pourri qui ne nous réserve qu’un avenir de guerre et de misère. Organisons-nous
pour nous libérer de la véritable guerre contre nos principaux
ennemis, nos gouvernants qui sont à la solde des intérêts capitalistes
et impérialistes. Oui, il existe une guerre véridique en Haïti,
c’est celle de l’élite dirigeante richissime résolument dressée contre les
masses oppressées et opprimées !
Email :
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Berthony Dupont
RÉDACTEUR EN CHEF
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2 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
A Travers Haiti
La force multinationale se renforce !
A l’aéroport Toussaint Louverture, les soldats ont été accueillis par
: de gauche à droite l’ambassadeur américain Dennis Hankins, Normil
Rameau, directeur général de la Police nationale haïtienne, le Premier
ministre Alix Didier Fils-Aimé, le conseiller Leslie Voltaire, Godfrey
Otunge, commandant de la Mission multinationale et son adjoint le colonel
Kevron Henry
Par Marie Laurette Numa
Alors que la situation continue de se
détériorer, l’impérialisme américain
lui-même se démène pour trouver de
plus en plus de troupes des pays soumis
à son diktat pour organiser cette force
internationale de façon qu’il continue
en accord avec la classe dirigeante sa
domination complète sur le pays.
Ainsi les vendredi 3 et samedi 4
Janvier 2025, la Mission multinationale
d’appui à la sécurité en Haïti (MMAS),
dirigée par le Kenya, a accueilli un contingent
de soldats provenant particulièrement
du Guatemala. Au total, 150
policiers militaires, membres de l’armée
guatémaltèque, sont arrivés à bord
d’un avion militaire américain.
Le vendredi, il était au nombre
de 75 policiers guatémaltèques et de 8
salvadoriens et le lendemain 77 autres
policiers-militaires guatémaltèques ont
été débarqués. Ces 158 agents de sécurité
du Guatemala et du Salvador ont
Le contingent militaire du Guatemala est arrivé en Haïti
été accueillis sur le tarmac de l’aéroport
Toussaint Louverture, par le conseiller
Leslie Voltaire, le Premier ministre Alix
Didier Fils-Aimé, Normil Rameau, directeur
général de la Police nationale
haïtienne, Godfrey Otunge, commandant
Kenyan, chef de la Mission multinationale
d’appui à la sécurité, son
adjoint de la Jamaïque, le colonel Kevron
Henry et l’ambassadeur américain
Dennis Hankins.
Comme cette mission est totalement
construite sur un mensonge, il
s’agit de combattre les gangs. En bon
élève à l’école des démagogues ainsi que
son président Wiliams Ruto qui récemment
annonçait triomphalement qu’un
contingent de 600 autres kenyans
était en route, encore un autre mensonge
éhonté, Otunge pour plaire aux
classes dirigeantes haïtiennes déclarait
avec ruse mêlé d’une audace inouïe à
la réception des guatémaltèques «L’année
ne sera pas facile pour les gangs, le
règne des gangs armés en Haïti prendra
fin en 2025 » Pour couronner le
tout, le maître-chanteur ajouta « Nous
sommes prêts et nous continuerons à
être prêts. Les gangs vont bientôt expérimenter
notre entière détermination
»
Il a profité également pour remercier
les autorités guatémaltèques «
Aujourd’hui, alors que nous recevons
le deuxième et dernier groupe
d’officiers guatémaltèques, je tiens à
exprimer ma profonde gratitude au
gouvernement du Guatemala pour
son soutien et pour avoir fait preuve
d’une véritable solidarité envers le
peuple haïtien. Ce nouveau contingent
guatémaltèque comprend des policiers
militaires spécialisés, hommes et
femmes, ainsi que des personnels salvadoriens
spécialistes de l’aviation,
qui renforceront notre pouvoir de combat
contre les gangs »
Par ailleurs, sur le réseau social
X (anciennement Twitter), l’armée
guatémaltèque elle-même a détaillé
les missions de sa force constituée de
150 officiers, dont 19 femmes. « Cette
unité de police militaire contribuera à
la Mission multinationale d’appui à la
sécurité d’Haïti, dirigée par le Kenya,
en accomplissant les tâches suivantes
: Maintien de la discipline, de la
loi et de l’ordre des unités militaires;
Sécurité physique des installations
militaires; Contrôle et régulation de
la circulation des unités du quartier
général, entre autres »
L’armée guatémaltèque indique «
De cette manière, nous contribuerons
à la paix mondiale et démontre le soutien
de l’État guatémaltèque au peuple
haïtien et à la sécurité régionale. Nous
réitérons que la coopération internationale
est essentielle pour construire
un avenir plus juste et plus sûr. »
Leslie Voltaire, président du Conseil
présidentiel de transition (PTC),
pour sa part enchaina « Nous comptons
sur votre soutien pour rejoindre les
forces de l’ordre haïtiennes et les autres
membres de la mission multinationale
pour rétablir la paix dans le pays. »
Cette Mission multinationale de soutien
à la sécurité (MSS), composé de 6 pays
comprend désormais 572 membres des
2 500 prévus.
N’est-il pas important de rappeler
que ce n’est pas la première fois que le
Guatemala participe à une mission en
Haïti, le neuvième contingent de la Police
Militaire de l’Armée guatémaltèque
était dans le pays en 2010 dans le cadre
de la mission internationale de maintien
de la paix des Nations Unies pour
la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) qui
a laissé tant de mauvais souvenirs à la
population haïtienne !
Avec cette nouvelle force multinationale
basée sous une domination
impérialiste, aucune solution sérieuse
ne sera trouvée. N’en déplaise aux partisans
de cette force, tout ce renforcement
des pays laquais des Etats-Unis
n’aboutira à rien. La crise va continuer
Les policiers militaires, membres de l’armée guatémaltèque et du Salvador
ont été débarqués à bord d’un avion militaire américain
à s’aggraver et le système capitaliste
exploitant ainsi que ces agents de la
classe politique moribonde seront responsables.
A ce stade, sauf un balayage
révolutionnaire porté par un mouvement
de masse insurrectionnel ayant
un programme économique, politique
et social solide peut sauver le pays de
son enfer et le sortir du carcan du système
capitaliste barbare et criminel.
Leslie Voltaire saluant un soldat guatémaltèque
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Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
3
A Travers Haiti et la République Dominicaine
Dans le camion de la Direction Générale des Migrations !
Des camions de la Direction Générale des Migrations (DGM)
Par Jhak Valcourt
« Vous valez moins qu’un porc. Ils
s’en fichent que vous soyez étudiant,
commerçant, professeur, maçon, peu
importe. »
La patrouille de police s’arrête à
côté de vous. L’un des trois agents
de la Direction Générale des Migrations
(DGM) vous demande d’arrêter.
Vous obéissez. Vous vous efforcez
pour contrôler les tremblements de
vos mains car, bien que vous soyez
en situation régulière, vous savez
qu’être noir et haïtien en République
Dominicaine est une malédiction.
Vous essayez de rester calme, si vous
n’avez violé aucune loi, il n’y a pas
de quoi s’inquiéter, vous dites-vous,
mais au fond vous sentez l’imminence
du déshonneur.
« Où allez-vous ? » Je vais à
Caribe Tours pour récupérer un colis.
Pendant que vous répondez, une
autre personne vous palpe, soulève
votre chemise. « Donnez-nous vos
papiers ! » Vous avez un livre à la
main, votre portable dans les poches,
votre portefeuille avec une copie de
votre passeport, votre carte d’étudiant
et votre carte de régularisation.
Tout à jour. Vous les sortez et les leur
donnez. Ils les regardent, vous regardent,
se regardent. « Emporte-les
! » ordonne le patron, agacé, comme
s’il voulait vous voir sans papiers. «
Moreno, ce sont des faux papiers
! » vous dites un autre, presque en
s’excusant. Il vous attrape par le dos,
entre votre pantalon et votre chemise,
et vous tire dans la voiture comme si
vous étiez un voleur.
En chemin, vous passez
quelques appels. Parce qu’une fois
dans le détachement, on vous coupe
toute communication. Ils vous enlèvent
votre ceinture, vos lacets,
votre téléphone portable, ils vous
enferment dans une cellule de porc
qui pue plus qu’un camion poubelle
qui n’a pas été vidé depuis des mois.
En guise de consolation, on vous dit
Centre de contrôle des migrations de Haina
: « si vous êtes en ordre, vous n’avez
rien à craindre ». Mais ils ne vous
disent jamais que puisque vous êtes
légal, vous êtes libre. Le pire, c’est
que vous avez toutes les preuves que
vous êtes en règle.
Au bout d’un moment, ils ouvrent
la porte, vous emmènent avec
d’autres Haïtiens. Certains sont ici
depuis la veille. Ils n’ont rien mangé.
Ils n’ont rien bu. Ils rédigent un rapport,
vous mettent dans un autre
véhicule de patrouille et vous emmènent
dans un autre détachement. Estce
pour tromper les gens que vous
avez appelé à l’aide ?
Là-bas, c’est pire. Dès que vous
franchissez la porte de cet autre centre
de détention, les prisonniers vous
accueillent avec des menaces, comme
le font les policiers : ils vous baissent
le pantalon, vous palpent jusqu’aux
fesses pour voir ce que vous portez.
Si vous avez de l’argent, ils vous le
prennent. Vous courez le risque d’être
battu, agressé, et si cela arrive, les
officiers s’en fichent complètement ;
car pour eux, personne dans cette cellule
n’est humain. Vous valez moins
qu’un cochon. Ils se fichent que vous
soyez étudiant, commerçant, professeur,
maçon, peu importe !
Ici, dans ce trou, vous avez
perdu tout droit d’être humain. En
fait, votre dignité s’est effondrée à
l’endroit même où ils vous ont arrêté,
elle est restée là, écrasée. Ce qu’ils
emportent avec eux est une chose,
rien ne vous distingue d’un animal.
Personne ne se soucie que vous ayez
soif. L’odeur de merde et d’urine
séchée, accumulée depuis des siècles,
vous crève les poumons. Vous entendez
votre portable sonner. Ce sont les
gens que vous avez appelés à l’aide,
mais ils ne vous laissent pas passer
des appels alors qu’ils vous avaient
dit que si quelqu’un venait vous chercher,
ils vous libéreraient. C’était un
mensonge. Ici, tous les agents sont
sourds à toute plainte, à toute supplication.
Les agents d’immigration arrivent,
peut-être que la police les a appelés
pour les informer du bétail qu’ils
viennent de capturer pour eux. Il n’y
a aucune façon humaine de leur expliquer
votre cas pour les sensibiliser.
En fait, dans leur code d’honneur, il y
a des mots qui n’existent pas : sensibilité,
cœur, respect, humanisme…
Ils vous mettent dans le camion
qui, plein d’ordures et d’humidité,
pue autant que les cellules de
détention. Une fois que vous êtes
là-dedans, vous n’avez pas le droit
de sortir pour faire vos besoins, peu
importe le nombre de fois qu’ils parcourent
la ville à la recherche d’autres
« animaux » comme vous. Et
quand vous voyez la façon dont ils
les chassent, vous ne savez pas si
vous devez être reconnaissant d’avoir
été arrêté par la police, et ainsi de ne
pas avoir à être poursuivi comme si
vous aviez commis le pire des crimes.
L’impuissance, la rage vous remplissent
jusqu’à l’éclatement. Vous avez
envie de pleurer. Vous résistez, pour
ne pas leur donner le plaisir maudit
de profiter de votre humiliation, de
leur revanche absurde. Mais de quoi
se vengent-ils ? Qu’avons-nous fait
pour susciter tant de haine, tant de
mépris ?
Si vous n’aviez pas vos papiers
en règle, vous pourriez vous en
prendre à vous-même, ou au gouvernement
de votre pays. Mais vous
avez un statut légal, vous avez les
documents que le bureau d’immigration
lui-même vous a remis et pour
lesquels vous avez payé plus de 20
000 pesos pendant le plan de régularisation,
en plus de ce que vous
payez chaque année, pour le renouvellement
ou pour être maltraités ?
Oui, ici, en République dominicaine,
les Haïtiens paient l’immigration pour
être maltraités, pour être humiliés,
pour piétiner leur dignité !
Chaque année, un avocat vous
prend entre 2 500 et 3 500 pesos
pour vous obtenir une lettre de travail,
entre 2 000 et 3 000 pour un
certificat de bonne conduite, vous
payez 2 000 pour le renouvellement
de la carte qu’ils vous donneront soidisant
dans les 2 mois suivant la demande,
mais vous attendez jusqu’à
un an ou plus pour qu’ils vous la donnent,
car pendant ce temps, ils vous
considèrent comme illégal, et si vous
êtes illégal, l’affaire de vous expulser
et de vous faire payer votre retour se
passe à merveille. Un coup de maître.
« Ici, si vous voulez survivre,
vous devez vous boucher le nez pour
avaler l’eau puante ; et il vaut dix
mille fois mieux tomber entre les
mains des voleurs que dans celles
de la police ou de l’immigration, car
ce sont des voleurs légaux, avec le
pouvoir et la bénédiction du gouvernement
», dit un compagnon de
camion, ou de fourgon de la prison
? À ce moment-là, vous levez la
tête, vous le regardez avec une telle
admiration, car ce moins que rien,
avec les mots justes pour exprimer
notre tragédie, ne sera entendu par
personne ; personne ne saura qu’il a
été arrêté avec des documents légaux
comme vous.
Constamment, le chauffeur
freine brusquement comme s’il transportait
des vaches qui vont à l’abattoir,
comme pour dire qu’elles sont
déjà mortes, à quoi bon s’en occuper.
« Hé, patron », lance un Haïtien à
un agent, « combien vous voulez
pour me laisser partir ? Je laisse ma
femme qui vient d’accoucher et deux
autres garçons. Aujourd’hui, c’est
le jour de la paie et je suis leur seul
espoir. Ils ne savent même pas que
je suis ici ». Le patron sourit sans
vergogne et lui montre cinq doigts
dégoûtants. « Cinq mille », explique
un compatriote d’une voix triste
et rauque. L’homme soupire, serre la
mâchoire, « Oh mon Dieu, regardez
notre misère ! », dit-il en secouant
la tête avant de mettre la main dans
sa poche avec résignation et de tendre
quelque chose à l’agent à travers
les barreaux. L’agent remet l’argent à
un autre, puis ouvre la porte et, par
erreur, libère la mauvaise personne.
Maintenant, tout prend son sens :
c’est un business lucratif, ça se sent
sur le ventre de chaque agent d’immigration.
Combien d’Haïtiens paient
ces 5 000 dollars chaque jour ?
Un autre arrêt brusque nous
jette à l’arrière du bus-prison. On ne
peut pas se permettre de tomber par
terre, car cette puanteur, cette saleté,
est difficile à enlever même en la
frottant avec de l’eau de javel, car ce
n’est pas une tache qui colle à la peau
ou aux vêtements, mais à l’âme. C’est
la tache qu’on vous imprime sur le
front dès votre arrivée en République
Dominicaine, pour que vous n’oubliiez
pas votre condition d’Haïtien,
de noir, d’indigné, de méprisable, de
rejeté...
« Centre d’accueil de vacances
Haina ?! », attendez, laissez-moi vous
expliquer ces mots : ceux qui sont accueillis
sont des personnes à qui on
offre l’hospitalité, ou un abri ; des
personnes accueillies dans un établissement
de CHARITÉ ; et Vacances,
en vacances ?!, eh bien ! Migration
devrait penser à un meilleur nom,
peut-être qu’il s’identifierait plus
étroitement à : « Centre de collecte
de rêves de vaches de Haina », car
même s’ils nous traitent comme des
animaux, nous rêvons, nous rêvons
qu’un jour ils nous traiteront comme
des êtres humains, avec toute la dignité
que nous méritons, sans haine,
sans mépris, sans haïtianophobie.
Refuge de vaches… beurk ! Ironique,
n’est-ce pas ? Bien sûr, nous sommes
en vacances. Nous rêvons de vaches.
Pourquoi pas ? Quelle est la différence
entre une vache et vous, dans cette
situation ?
Déjà dans la cour du centre,
vous aimeriez qu’ils vous sortent du
bus-prison pour que vous puissiez
respirer un peu d’air frais, mais non,
ils vous laissent là, enfermé, pendant
que le soleil frappe le métal du
bus-prison, la chaleur pénètre votre
cerveau. Vous avez le sentiment que
leurs intentions sont de te tordre
jusqu’à aspirer la dernière goutte de
sueur, jusqu’à ce que vous perdez
connaissance. Quand ils vous laissent
enfin partir, vous vous mettez en
rang de dix, vous prenez des photos,
preuve d’un travail héroïque et patriotique
: pornographie de votre misère,
parce que dans ce centre de vacances
de rêve vous êtes allés poser.
Les immigrés arrêtés et transportés dans le « camion » (bus
pénitentiaire)
À l’intérieur, ça pue comme une
prison. Un sol en ciment humide, où
dorment ceux qui restent plus longtemps.
Dehors, les gens paient pour
faire libérer leurs proches. Ceux qui
n’ont pas d’argent, eh bien, ils attendent,
ils réfléchissent à leur sort. Pendant
ce temps, vous vous demandez,
s’ils nous traitent ainsi, nous les gens
légaux et visibles, comment vont-ils
traiter les invisibles, les sans-papiers
et les sans-voix ? Mais le plus triste,
c’est que, quand ils vous laissent enfin
partir, la République dominicaine
n’a plus le même goût. Elle a un
goût de pourriture, de décomposition.
Alors vous vous inquiétez, ça vous
fait mal, de ne pas regarder vos amis
de ce pays avec le même respect, la
même appréciation et le même amour,
même si ce n’est pas de leur faute.
Acento 19 Juillet 2023
4 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
ODYANS PIBLIK SOU PWOJÈ KAPITAL
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Metropolitan Transportation Authority, nan non MTA New York City Transit ak filyal li yo – MTA Long Island Rail Road, MTA Metro-North Railroad, MTA Construction & Devlopment, ak MTA Bus Company (yo tout ansanm rele “MTA”) ap òganize yon
odyans piblik pou mande kòmantè sou pwopozisyon sibvansyon federal MTA pou Ane Fiskal 2025. Odyans sa a pral fèt nan yon fòma ibrid, ki pèmèt patisipasyon tou de an pèsòn ak nòmalman atravè platfòm sou entènèt Zoom an ak karakteristik
apèl konferans, epi li pral gen ladan yon difizyon an dirèk sou sit entènèt odyans MTA 2025 Capital Projects la.
MTA a resevwa lajan federal annamoni ak Federal Transit Administration (FTA) nan Depatman Transpò Etazini, Seksyon 5307, 5309, 5310, 5337 5339 ak 5340 Tit 49, Kòd Etazini (49 U.S.C. 5300 et seq.), osi byen ke Lwa sou Enfrastrikti Toule de
Pati (Lwa Transpò Sifas ak lòt afektasyon federal). Gouvènè Eta New York la, otorite lokal yo, operatè sèvis piblik yo te deziyen MTA pou resevwa kalite sibvansyon sa yo.
Lajan yo mande a se pou kategori pwojè enfrastrikti yo ki mansyone anba e yo pi byen dekri nan Pwojè Pwogram MTA yo. Pwojè Pwogram MTA yo disponib pou revizyon nan https://new.mta.info/transparency/public-hearings oswa lè ou rele
nimewo ki mansyone anba a. MTA mande epi ankouraje kòmantè founisè transpò prive yo. Amelyorasyon enfrastrikti yo nan kad Pwogram sa a fèt jeneralman nan rezo MTA oswa nan yon pwopriyete vil la oswa Eta a posede. Acha byen oswa
relokasyon ap fèt konfòmeman avèk dispozisyon legal ak reglemantè apwopriye yo. Pwojè ki enkli nan odyans sa a fè pati Pwogram Kapital 2015-2019, 2020-2024 ak 2025-2029 ki apwouve yo
Òganizasyon Planifikasyon Metwopoliten yo pou rejyon metwopolitèn New York yo te andose pwojè kapital yo, oswa yo prevwa yo, epi yo an konfòmite avèk Plan Enplemantasyon Eta a (SIP) jan Amannman 1990 nan Clean Air Act egzije sa.
Pwojè a pa ta dwe gen okenn enpak negatif anviwònmantal enpòtan. Si FTA prepare yon deklarasyon fòmèl sou enpak anviwònman an sou nenpòt nan pwojè ki pwopoze yo, MTA ap bay yon avi piblik pou rann deklarayon an disponib. Tout egzijans
legal yo ki gen rapò avèk kliyan granmoun ansanm avèk sa ki andikape ap satisfè.
Li prevwa nenpòt diferans ant depans pwojè a ak lajan sibvansyon federal la ap satisfè grasa lajan ki te disponib pa youn oswa plizyè nan sous ki annaprè yo: Lajan ajans leta, lokal, ki afilye (tankou MTA Bridges and Tunnels oswa MTA); kredi pou
pataje pwojè ki pa federal ki te pwodwi nan revni peyaj yo an akò ak lwa federal (23 U.S.C. 120 (i)); oswa lavant pwopriyete oswa revni pwogram.
Nan Ane Fiskal Federal 2024 a, MTA te resevwa $914.9 milyon finansman seksyon 5307, $1.201 milya Seksyon 5337 State of Good Repair funds, ak $29.8 milyon Seksyon 5339 nan Lajan pou Bis ak Batiman Pou Bis yo. Repatisyon pou Ane
Fiskal Federal 2025 la poko disponib. Lajan Federal yo dwe jeneralman koresponn ak yon kontribisyon lokal pataje pou asistans enfrastrikti 20 pousan pou pifò kategori finansman yo.
LONG ISLAND RAIL ROAD
Kategori Pwojè $M
Estasyon $184.00
Ray 244.00
Fason Liy yo Fèt 44.00
Kominikasyon ak Siyal 21.00
Acha ak Santye 18.00
Kouran 89.00
Divès 33.00
Total LIRR $633.00
METRO-NORTH RAILROAD
Kategori Pwojè $M
Estasyon $8,00
Ray ak Estrikti 317.54
Kominikasyon ak Siyal 281.60
Kouran 65.20
Acha ak Santye 9.60
Divès 20.80
Bato Ferry yo 7.40
Total MNR $710.14
MTA BUS COMPANY
Kategori Pwojè $M
Ranplasman Otobis $89,58
Etablisman yo 7.20
Total Otobis MTA $96.78
DAT AK LÈ ODYANS PIBLIK LA
ODYANS PIBLIK SOU PWOJÈ ENFRASTRIKTI ANE 2025
Madi, 4 fevriye 2025 · Odyans lan kòmanse a 6:00 P.M. ·Odyans Piblik Ibrid pral gen ladan l an pèsòn ak platfòm
vityèl.
Fason Odyans Piblik la ap Fèt
Odyans lan ap yon odyans kote moun ka chwazi patisipe an pèsòn, ak sou platfòm entènèt sou Zoom ak apèl konferans,
avèk yon difizyon andirèk ki disponib sou sit entènèt odyans pwojè enfrastrikti MTA 2025 la https://new.mta.
info/2025-capital-projects-hearing.
Ou sipoze enskri alavans pou ou pale nan odyans piblik vityèl la. Chak moun ki enskri pou l pale ap gen de (2) minit
pou l pale.
DAT AK LÈ ODYANS PIBLIK LA
Tout odyans piblik yo ap fèt an pèsòn nan Syèj Sosyal MTA a ki nan 2 Broadway, 20th Floor – William J. Ronan Board
Room, New York, NY 10004.
KATEGORI PWOJÈ/ESTIMASYON DEMANN FEDERAL LA (Dola an Milyon)
CONSTRUCTION & DEVELOPMENT
Kategori Pwojè $M
Aksè Penn Station $2,513.83
Divès 40.00
Total MTA C&D $2,553.83
NEW YORK CITY TRANSIT
Kategori Pwojè $M
Tren $1800.00
Ranplasman Otobis 1620,00
Estasyon Pasaje 750.00
Ekipman pou Liy 5.00
Fason Liy yo Fèt 2000,00
Siyal ak Kominikasyon 235.00
Kouran 1050,00
Acha ak Santye 180.00
Depo 205.00
Bèt pou Sèvis 95.00
SIRTOA 142.00
Divès 100.00
Total NYCT $8,182.00
MTA GRAND TOTAL $12,175.75
Lòt Fason Pou W Fè Kòmantè Oswa Pou W Mande Enfòmasyon
Pou w jwenn plis enfòmasyon, pou w enskri alavans pou w pale, oswa pou w voye kòmantè, itilize metòd ki annaprè
yo:
• Nouvèl sou entènèt Imèl kòmantè oswa enskri pou pale sou sitwèb
MTA la https://new.mta.info/2025-capital-projects-hearing.
• Nan Telefòn: Rele Liy Dirèk Odyans Piblik la nan (646) 252-6777. Ajan telefòn yo disponib apati
6 AM jiska 10 PM chak jou.
• An pèson: Soumèt kòmantè oswa enskri pandan odyans piblik la.
Gid pou temwayaj vèbal ak alekri
• Prezantasyon aloral yo ap ka dire de (2) minit sèlman.
• Yo ka soumèt deklarasyon alekri kòm yon temwayaj oral siplemantè konsènan pwojè yo pwopoze yo.
Enskripsyon pou Odyans Piblik
Pou w anrejistre pou w pale nan odyans piblik ibrid la, tanpri enskri pou w pale swa an pèsòn, oswa sou entènèt sou
https://new.mta.info/2025-capital-projects-hearing oswa rele Liy Dirèk Odyans Piblik la nan (646) 252-6777.
Enskripsyon pou Odyans Piblik la ap louvri 3 Janvye 2025. Y ap ekri tout kòmantè yo epi y ap fè pati dosye pèmanan
odyans sa.
Patisipe nan Odyans Piblik la
Si w anrejistre pou w pale, ou ka patisipe swa sou Zoom sou entènèt, an pèsòn oswa sou telefòn lè w suiv enstriksyon
sa yo.
• Patisipe nan Seyans K ap Fèt sou Zoom sou Entènèt la:
Pou w jwenn aksè nan seminè sou entènèt sou Zoom nan, ale sou sit entènèt la ki se:
https://new.mta.info/2025-capital-projects-hearing. Ou kapab ale tou sou zoom.us/join epi antre nimewo
webinè (Webinar ID: 812 0352 3827)
• Patisipe ak Òdinatè pòtab/Tablèt/Telefòn Entèlijan:
Use the following link: https://mta.zoom.us/j/81203523827 - (ID seminè sou entènèt: 812 0352 3827)
• Patisipe nan Seyans sou Entènèt la sou Telefòn:
Pou w antre nan seyans k ap fèt sou Zoom nan sou telefòn, tanpri rele 1-877-853-5247 (gratis). Epi antre ID
seyans sou entènèt la:,Webinar ID: 812 0352 3827, epi peze siy dyèz (#) la.
• Gade Sèlman Sou Entènèt:
Moun ki nan piblik la ki ta renmen annik gade odyans lan ka konekte nan evènman an andirèk sou
https://new.mta.info/2025-capital-projects-hearing.
Pou w Voye Kòmantè yo Ale
Yo dwe voye tout komantè ekri yo ale disi 6:00 PM nan dat 4 Fevriye 2025. Nou p ap konsidere kòmantè nou
resevwa apre dat ak lè sa a.
Pou w jwenn yon Kopi nan Pwojè Pwogram Konplè MTA yo
W ap jwenn yon lis konplè pwojè ki kalifye pou finansman daprè pwopozisyon sa a ki disponib sou plas ak sou sit
entènèt MTA a ki se https://new.mta.info/2025-capital-projects-hearing
W ap jwenn enfòmasyon sou lokal piblik yo ansanm avèk pwojè yo ki kalifye pou finansman sou sitwèb MTA oswa lè
ou kontakte MTA nan adrès ki anba. MTA pral fè pwogram final pwojè yo disponib sou sit entènèt li a https://new.mta.
info/transparency/grant-management pou pwojè Seksyon 5307-finanse lè FTA bay sibvansyon Federal ane fiskal
2025 la.
Adrès postal pou kòmantè alekri yo:
• Pou w voye yon kòmantè, pou w jwenn lòt enfòmasyon, oswa pou w mande kopi aplikasyon yo e
pou yo voye pwojè pwogram final yo pou nan FTA, yo dwe voye lèt yo nan:
MTA Capital Program Funding / Grants Management, RE: 2025 Capital Projects Public Hearing,
2 Broadway, D16.94, New York, NY 10004.
Tout lèt yo dwe gen so lapòs disi 4 Fevriye 2025.
Kòmantè yo resevwa apre dat sa a pa pral enkli nan transkripsyon an.
Sèvis Aksesiblite ak Sèvis Èd pou kesyon Lang
Nan odyans piblik la, sèvis soutitraj CART ak Lang Siy Ameriken (ASL) ap disponib.
• Pou moun ki soud oswa ki gen pwoblèm pou tande:
Sèvi ak sèvis relè ou pi pito oswa sèvis relè gratis 711 pou konekte avèk Liy Dirèk Odyans Piblik la
nan (646) 252-6777.
• Pou moun ki avèg oswa ki gen vizyon ba:
Demann pou akomodasyon nan oswa anvan 1ye Fevriye 2025, swa:
o Sou entènèt: https://new.mta.info/2025-capital-projects-hearing, oswa
o Pa Telefòn: Rele Liy Dirèk Odyans Piblik la nan (646) 252-6777.
• Pou sila yo ki pa gen aksè a Entènèt:
Rele odyans lan lè ou rele seyans sou entènèt sou Zoom nan (gratis) nan 1-877-853-5247 epiantre
ID seyans sou entènèy la: 812 0352 3827, epi apresa antre siy dyèz (#) la.
• Pou Asistans Lang oswa Lòt Akomodasyon:
Voye yon demann omwen senk jou ouvrab anvan dat odyans lan nan youn nan fason ki annapre yo:
o Anliy: https://new.mta.info/2025-capital-projects-hearing
o Nan Telefòn: Rele Liy Dirèk Odyans Piblik la nan (646) 252-6777, oswa
Pa Lapòs: Voye yon lèt nan: MTA Capital Program Funding / Grants Management,
RE: 2025 Capital Projects Public Hearing, 2 Broadway, D16.94 , New York, NY 10004
Metropolitan Transportation Authority
Going your way
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Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
5
Kwonik Kreyòl
Premye minis Kanadyen an, Justin
Trudeau anonse demisyon l
William O’Neill denonse
atak sou sistèm sante Ayiti
Justin Trudeau
Se aprè prèske dizan nan
tèt peyi Kanada, Justin
Trudeau anonse demisyon l
kòm Premye Minis. Li pran
desizyon sa a paske pati Liberal
la ap travèse yon gwo
kriz, ki vin pi agrave ak divizyon
politik entèn yo, ki
lakòz yo pèdi anpil sipò tou
nan mitan popilasyon an.
Robenson
Rendel sasinen
nan lakou
legliz pèpetyèl
Ekspè endepandan Nasyonzini an
sou dwa moun an Ayiti, William
O’Neill, lanse yon alam sou vyolans
ki vize frape sektè sante a nan peyi
a. Vandredi 3 janvye a , li te denonse
tout kalte atak k ap fèt sou lopital yo,
tankou lopital Bernard Mevs ak lopital
William O’Neill
jeneral.
Dwa ak lasante se yon dwa fondamantal
ki dwe pwoteje a tout pri.
O’Neill te mete aksan tou, sou enpòtans
ki genyen nan mobilizasyon
rapid ak kowòdone pou pwoteje lopital
ak tout sant Lasante.
Nouvèl nan Leyogàn
D
imanch maten 5 janvye an nan
lakou legliz Nòtredam Pèpetyel
Sekou ki chita nan Delmas 75, dapre
enfòmasyon yo fè konnen, jèn antreprenè
37 lane ta resevwa plizyè bal .
Apre krim lan, asasen yo te kouri kite
zòn lan sou plizyè motosiklèt.
Nan kòmansman lane 2025
lan, anpil moun nan lokalite
Flon Lafeone, Kanago, nan Bòy,
nan Kolin ak anpil lòt kote ki sou
jiridiksyon komin Leyogàn, se ak
anpil kontantman tout moun te
resevwa nouvèl Leriche, yon kriminèl
sanfwanilwa ki se alye bandi
Maryani yo, ki mouri.
Bissainthe
Anneseau
KONBIT POU MONTRE TOUT
AYISYEN LI, EKRI AK KONPRANN
LANG AYISYEN AN
esponsò
Konfederasyon Nasyonal
Vodouyizan Ayisyen (KNVA NY)
P.O. Box 640206
Oakland Gardens, NY 11364
Tel: 718-776-2870
917-442-0491
www.Knva.org/NY
25 out 2024
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P.O. Box 610316
Bayside, NY 11361
Tel:347-886-6941
www.ayobyo.org
6 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Perspectives
Écrire la révolution haïtienne !
Par Frédéric Thomas
Tant par sa forme que par son contenu,
Les Jacobins noirs constitue un
marqueur. À l’instar de L’Histoire de
la Commune de 1871 de Lissagaray,
le livre de C. L. R. James invente une
narration qui correspond à l’événement,
à son caractère inédit : la seule
révolte d’esclaves qui ait réussi, en
menant à l’indépendance d’Haïti.
Marxiste atypique, né à Trinité-et-Tobago,
alors colonie britannique,
C. L. R. James (1901-1989),
lui-même descendant d’esclaves, écrit
Les Jacobins noirs en 1938, avec une
double focale historique et politique.
Il s’agit de donner au soulèvement
d’esclaves dans la colonie française
de Saint-Domingue la place qui lui revient,
à savoir celle d’un événement
mondial qui exige de repenser la Révolution
française et de décentrer le récit
historique fixé sur l’Occident. Dans le
même temps, ce livre, écrit au regard
du mouvement anticolonialiste africain
qui émerge alors, entend montrer
la filiation avec le précédent haïtien
et renforcer les luttes anti-impérialistes
des années 1930 en invitant les
combattants à méditer l’exemple de la
révolution haïtienne.
Dès les premières pages, le ton
et le sens général de l’ouvrage sont
donnés : « les propagandistes du temps
arguaient que, malgré la cruauté de
la traite, l’esclave africain était moins
malheureux en Amérique qu’au sein
de la civilisation africaine. Aujourd’hui
encore, nous vivons une époque de
propagande. Nous ne surpassons nos
ancêtres que pour la méthode et l’organisation,
mais nous mentons aussi
facilement et impunément qu’eux. Au
XVIe siècle, l’Afrique centrale était un
territoire paisible et une civilisation
heureuse » (page 37).
La seule révolte d’esclaves qui ait réussi, en menant
à l’indépendance d’Haïti
`La colonie française de Saint-
Domingue était considérée au 18e
siècle comme « la perle des Antilles »
en raison de sa production de cannes à
sucre. Or, cette richesse dépendait de la
surexploitation de centaines de milliers
de Noirs, arrachés à l’Afrique et mis
en esclavage. La violence et la férocité
étaient consubstantielles à cette économie.
Les propriétaires appliquaient «
un régime de brutalité et de terreur calculée
» afin de soumettre les esclaves.
L’indocilité, la révolte, « l’intelligence
indomptée » et « le rêve de liberté » des
Noirs se lisaient au creux de cette violence
coloniale.
Haïs et méprisés, les esclaves
réalisèrent l’impensable en se soulevant
en août 1791. Ils « détruisaient
infatigablement. Comme les paysans
de la jacquerie ou les briseurs
luddites, ils cherchaient leur salut
dans l’activité la plus évidente, c’està-dire
dans la destruction de ce qui
avait été la cause de leurs souffrances.
Et comme ils avaient beaucoup
souffert, ils détruisaient beaucoup.
Ils savaient qu’ils devraient travailler
jusqu’à la mort dans ces plantations
tant qu’elles seraient debout ; il fallait
donc les détruire » (page 126).
La force du récit des Jacobins
noirs tient largement à l’analyse des
dynamiques à l’œuvre, qui identifie
les points de jonction et de tension
avec la Révolution française. Ainsi,
dans la colonie, les alliances changent
et évoluent en fonction des rapports
de force et de l’intérêt qui prime tous
les autres : la conservation du modèle
des plantations. « Mulâtres et grands
Blancs [principaux propriétaires]
avaient un lien commun, la propriété.
Quand la Révolution serait lancée, les
grands Blancs devraient choisir entre
leurs alliés de race et leurs alliés de
propriété. Ils n’hésiteraient pas longtemps
» (page 79). De même, les relations
entre mulâtres libres et esclaves
noirs passaient de la collaboration à
l’opposition et inversement. Les couleurs
se confondaient largement avec
les classes sociales, mais au fur et à
mesure que s’étendait et se radicalisait
le soulèvement, le mouvement révolutionnaire
se compliquait de nuances,
de divisions, de dissensions. À ceci
près que demeurait l’ennemi commun
: les anciens propriétaires d’esclaves
– et leurs alliés en métropole – qui
n’avaient pas (entièrement) renoncé à
revenir au régime antérieur.
L’esclavage avait en effet été
aboli. Sous la pression des événements,
comme il l’écrira, le commissaire révolutionnaire
envoyé à Saint-Domingue,
Sonthonax, « débordé de tous côtés,
cherchant de l’aide contre l’ennemi
intérieur et extérieur » – Anglais et
Espagnols qui combattaient la France
sur le territoire de Saint-Domingue –, «
avait dû se résoudre à proclamer l’abolition
de l’esclavage, le 29 août 1793.
C’était sa dernière carte » (page 169).
Les Noirs étaient donc libres,
mais ils savaient que cette liberté avait
été gagnée par les armes et que leurs
droits dépendaient avant tout de leur
force. Qui plus est leur liberté s’arrêtait
en grande partie à l’entrée des plantations
auxquelles le nouveau gouvernement,
à la tête duquel se tenait
le général noir, Toussaint-Louverture,
entendait les attacher : la République,
affirmait ce dernier, « n’a pas de place
pour les paresseux ou les incapables ».
Cela revenait à imposer le travail forcé.
En 1802, ayant signé la paix
avec la Grande-Bretagne, Napoléon
avait les mains libres pour reconquérir
la colonie qui, de fait, se gouvernait
seule, et pour rétablir l’esclavage. Ce
furent à nouveau des combats et des
trahisons, des retournements et des
négociations, qui se poursuivirent en
guerre d’extermination. Les troupes
napoléoniennes recoururent à des mesures
atroces. C’était cela ou renoncer à
la colonie. Elles n’en furent pas moins
battues, et le 1er janvier 1804, l’ancienne
colonie devînt indépendante sous
le nom d’Haïti.
Loin de tout simplisme, C. L. R.
James raconte l’histoire par en bas,
montrant que Toussaint-Louverture,
qu’il admire cependant, en cherchant à
rassurer les propriétaires, à relancer le
système des plantations et à offrir des
gages à la métropole, s’était de plus en
plus aliéné les masses qui s’étaient révoltées
et pour lesquelles, « les mots
d’ordre de liberté et d’égalité, les mots
d’ordre de la Révolution, avaient (…)
plus de portée que pour n’importe quel
Français » (page 245). Et de conclure
son analyse en affirmant : « c’est une
erreur de négliger le facteur racial, de le
traiter comme une question purement
accessoire – une erreur seulement
Y & D
HANDYMAN
Plumbing, Heating,
Electrical, Painting,
Cement, Apartment
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Yves Dumornay (Owner)
516- 870-6752
yvesdumornay@gmail.com
moins grave que d’en faire le facteur
fondamental » (page 344).
Écrire la révolution haïtienne
revenait pour C. L. R. James à révolutionner
l’écriture. Se mettre à la hauteur
de ce bouleversement, en lui empruntant
une part de sa fièvre et de son
souffle. L’enjeu était de donner à voir «
la capacité créatrice du peuple » et de
rompre avec l’ensilencement et la falsification
de la révolution en Haïti. C’est
à l’aune de celle-ci – et du récit qu’en
fait James – que l’histoire de la Révolution
française, de l’anticolonialisme et
de la modernité, mais aussi le narratif
décolonial, doivent être repensés et
réécrits.
CETRI – Centre tricontinental 30
décembre 2024
Joel H. Poliard
M.D., M.P.H.
Family and Community
Medicine
Public health and Pediatrics
5000 N.E. Second Ave,
Miami FL, 33137
tel. (305) 751-1105
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
7
Haïti, d’une Transition à l’Autre (154)
Garry Conille, les raisons de son limogeage !
Par Catherine Charlemagne
(4 e partie)
Pendant que les deux branches du
Pouvoir exécutif se disputent la gouvernance
du pays, leur autorité de tutelle,
les Etats-Unis d’Amérique, les rappellent
à l’ordre le mercredi 16 octobre 2024 par
l’entremise du Conseiller-adjoint chargé
de la Sécurité nationale, Jon Finer en
déclarant « Nous conseillons les autorités
haïtiennes à placer l’intérêt du
pays avant celui des partis et tenir leurs
promesses de travailler pour tous les
Haïtiens ». Une déclaration qui n’a fait ni
chaud ni froid aux principaux intéressés.
Pire, Garry Conille et Leslie Voltaire poursuivaient
l’œuvre d’affaiblissement de
leur propre autorité en continuant leur
querelle par des courriers réciproques.
Agacé, Washington a lancé une deuxième
vague de messages encore plus précis
aux deux dirigeants politiques. Cette
fois, c’est Brian A. Nichols qui montait
au créneau. Assistant-Secrétaire d’État
américain pour les Affaires de l’hémisphère
occidental, Brian A. Nichols est
depuis des années en charge du dossier
d’Haïti au Département d’État (Ministère
des Affaires Étrangères).
Il est avec la CARICOM (Communauté
des États caribéens), l’un des artisans
de la création du Conseil Présidentiel
de la Transition (CPT) sous l’autorité
d’Antony Blinken, le chef du Département
d’État. Dans un Twett datant du
lundi 21 octobre 2024, Nichols revient
à la charge et poste ceci à l’intention du
CPT et de la Primature « Comme cela
a été évoqué avec le CPT et le Premier
ministre, l’heure est à l’unité nationale
haïtienne dans la lutte internationale
contre les gangs. Ce n’est pas le moment
de se livrer à des querelles politiques.
Nous soutenons fermement les efforts
du Premier ministre Conille et de son
cabinet pour faire avancer les priorités
nationales établies par le CPT ». Peine
perdue! En dépit de ces rappels à l’ordre,
aucun des protagonistes ne veut entendre
raison. Les contacts étaient pratiquement
coupés. C’est de loin que le chef du
gouvernement et le Président du Conseil
Présidentiel se sont salués lors de l’installation,
le mercredi 18 octobre 2024, d’un
CEP (Conseil Electoral Provisoire) incomplet
compte tenu des difficultés de deux
secteurs - femme et vaudou - de se mettre
d’accord sur le nom de leurs représentants
au sein du CEP.
Mais, le CPT paraissait trouver le
point faible du Premier ministre puisque
celui-ci, en refusant de donner son accord
pour un remaniement gouvernemental,
se mettait logiquement en rébellion contre
la présidence. Alors, Leslie Voltaire
va appuyer là où il sait que ça fait mal. Il
Leslie Voltaire et Garry Conille
relançait l’idée de convoquer un Conseil
des ministres pour le 23 octobre 2024
sachant pertinemment que Garry Conille
allait forcément récuser cette convocation
comme il l’avait fait auparavant. Comme
c’était prévisible, en effet, la Primature
n’a pas répondu positivement à l’invitation
de la présidence. Pire, Garry Conille
n’a pas répondu du tout, en tout cas, c’est
ce que l’un des Conseillers-Président avait
déclaré à la presse en soulignant que
même la rencontre pour préparer, comme
il est de coutume, la séance du Conseil
des ministres n’a pas eu lieu puisque la
Primature n’a point donné de réponse.
Pour s’en défendre, les responsables du
service du gouvernement ont laissé entendre
qu’à aucun moment le Premier
ministre n’a été notifié d’un Conseil des
ministres pour le 23 octobre.
Dans le journal Le Nouvelliste,
justement, le 23 octobre 2024, un ministre
a souligné que « C’est le Secrétaire
général du Conseil des ministres sous instruction
du Conseil Présidentiel de Transition
qui convoque le gouvernement en
Conseil des ministres. Nous n’avons pas
été convoqués ce mercredi 23 octobre. »
Or, selon la présidence, il y a bien eu
une convocation mais c’est volontairement
que Garry Conille a préféré ignorer
la démarche du Conseil Présidentiel de
Transition. Pourtant, d’après un Conseiller-Président,
il ne fait aucun doute,
non seulement il y a lieu de procéder à
un remaniement ministériel vu l’état de
dégradation des relations entre les deux
branches de l’Exécutif et l’état du pays
compte tenu de la crise mais aussi à un
changement de Premier ministre si c’est
nécessaire.
« Dans l’état actuel du pays,
il faut un remaniement au gouvernement,
M. Conille est Premier ministre
et ministre de l’Intérieur en même temps,
la ministre de l’Économie et des Finances
est aussi ministre de la Planification,
le ministre de la Justice et de la Sécurité
publique fait des sorties intempestives
dans les médias, la ministre des Affaires
étrangères fonctionne sans tenir compte
du CPT alors que la diplomatie du pays
est l’affaire du Conseil... On n’est au
courant de rien de ce que fait madame
Dupuy. Au CPT, nous sommes d’accord
pour le renvoi du Premier ministre. Ça
ne marche pas avec lui. Mais, le moment
n’est pas opportun pour changer
le chef du gouvernement. À défaut de ce
changement, le remaniement ministériel
n’est pas discutable. Les dernières
visites du Premier ministre au Quartier
général des Forces Armées d’Haïti et à
l’Académie de police sont incompréhensibles.
Il a demandé aux policiers s’ils
sont avec lui... On ne sait pas ce qui lui
est passé par la tête. Le CPT n’a pas encore
eu une rencontre formelle avec Garry
Conille sur le dossier de remaniement
» avait indiqué la présidence. Retranchés
à quelques mètres au haut Bourdon,
Leslie Voltaire et Garry Conille se font la
guerre à distance.
Les deux s’envoyaient la balle
pendant que les gangs, profitant de la
guéguerre entre les deux hommes, s’activent
et marchent de conquêtes en conquêtes
vers d’autres territoires abandonnés
par la puissance publique. En pleine
chamaillerie, le 23 octobre 2024, l’OEA
(Organisation des États Américains), par
le biais de son Secrétaire général, Luis
Almagro, entrait en scène après avoir
été chauffé à blanc par la ministre des
Affaires Étrangères, Dominique Dupuy,
comme on le sait, qui était devenue la
bête noire du Conseil Présidentiel de Transition,
notamment de Leslie Voltaire, le
Président en exercice du CPT. En effet,
suite à un appel téléphonique et une
longue conversation avec cette dernière,
Luis Almagro, sur son compte X, s’était
nettement penché du côté du Premier
ministre en rappelant au CPT son engagement
à propos de l’Accord du 3 avril
2024. « Il est important de rappeler au
Conseil Présidentiel de Transition son engagement
en faveur de la transparence
et du respect de l’Accord du 3 avril, ainsi
que de la Constitution haïtienne.
L’OEA encourage les acteurs haïtiens
à aller au-delà des intérêts particuliers
au profit de l’intérêt supérieur
du peuple haïtien ». Or, en invoquant ce
fameux Accord, le patron de l’OEA sait
clairement qu’il fait un travail de sape au
profit du Premier ministre qui soutient
que le CPT ne respecte pas ledit Accord
en gardant dans son rang Smith Augustin,
Louis Gérard Gilles et Emmanuel
Vertilaire, les trois Conseillers-Président
accusés de corruption dans le scandale de
la BNC et que le juge d’instruction, Benjamin
Felismé avait été désigné pour instruire
le dossier. Deux jours après le Tweet
du Secrétaire général de l’OEA, la tension
semblait baissé d’un cran. Le vendredi 25
octobre 2024, on apprenait enfin que les
deux protagonistes se sont rencontrés à
la Villa d’Accueil et un semblant de trêve
a été établi puisque, d’après l’un des neuf
membres du CPT, ils ont pu parler du bien-fondé
d’un remaniement ministériel
sans toutefois confirmer que Garry Conille
a accepté ce à quoi il était toujours opposé.
« Nous avons exprimé au Premier
ministre nos préoccupations sur la recrudescence
de l’insécurité, les déplacés
internes, le problème économique.
Le gouvernement est incapable
d’apporter des réponses à ces situations.
Nous lui avons dit que le CPT
veut remplacer les ministres des Affaires
étrangères, des Haïtiens vivant à
l’étranger, Justice et Sécurité publique,
Planification, Défense, Santé publique,
Intérieur et des Collectivités territoriales
» avançait le Conseiller-Président le
25 octobre aux médias après la rencontre
ayant eu lieu entre le chef du gouvernement
et les membres du CPT. Suite
à cette réunion, certains observateurs
avaient décidé de demeurer prudents
dans leurs commentaires ce d’autant plus
que les partisans du Premier ministre ne
cessaient d’inonder les réseaux sociaux
d’informations contradictoires, allant
même jusqu’à avancer qu’il n’a jamais
été question d’un remaniement en tout
cas c’est hors de question pour Garry
Conille de laisser tomber les ministères
clés que le CPT voudrait récupérer.
Après les Etats-Unis le 16, l’OEA
le 23, c’était le tour de la CARICOM de
prendre le relais le mercredi 29 octobre
2024 par un communiqué sur le conflit
entre les deux parties de l’Exécutif. Élément
prépondérant dans la mise en place
de cette structure collégiale et soutien
sans ambiguïté du Premier ministre nommé
par la Communauté internationale, la
CARICOM ne pouvait ne pas dire son mot
dans ce conflit même si elle devait le faire
après Washington. Comme toujours, les
dirigeants de la Communauté caribéenne
n’ont pas été tendres avec les dirigeants
politiques haïtiens, particulièrement avec
les deux parties en conflit. Ils les appellent,
comme les américains, à prioriser le
pays et les Haïtiens au lieu de se chamailler
pour le contrôle du pouvoir. Dans la
note publiée sur le site de l’organisation
régionale ce 29 octobre 2024, les dirigeants
de la CARICOM expliquaient que
« La Communauté des Caraïbes (CAR-
ICOM) se dit profondément préoccupée
par ce conflit ouvert entre le Président
du Conseil Présidentiel de Transition et le
Premier ministre d’Haïti.
Pour la CARICOM, ce manque
croissant de cohésion met en péril le
processus de Transition basé sur l’esprit
et les principes de compromis, de
consensus et d’inclusivité énoncés dans
l’Accord politique du 11 mars 2024 en
Jamaïque et l’Accord politique du 3 avril
2024 élaboré par les parties prenantes
haïtiennes. La CARICOM affirme que
ce conflit entre Leslie Voltaire et Garry
Conille est indécent et distrayant dans
un contexte où l’insécurité et les crises
humanitaires se détériorent gravement
en Haïti. Ces différends entre les dirigeants
de l’Exécutif sapent également
la confiance entre les partenaires d’Haïti
et la Communauté internationale au
sens large, ce qui entrave la fourniture
de l’aide essentielle dont Haïti a besoin
pour faire face et surmonter la crise complexe
dans laquelle elle se trouve actuellement.
» Entretemps, une autre affaire
allait encore troubler les relations entre
les deux entités exécutives. Ce sont des
journalistes étrangers cette fois qui apportent
sur un plateau un nouveau dossier
à Leslie Voltaire qui ne tardera pas à s’y
engouffrer.
Le CPT a été informé, en effet, par
des journalistes étrangers qu’un groupe
de mercenaires étrangers serait à pied
d’œuvre dans le pays à la demande du
Premier ministre haïtien dans le cadre de
la lutte que le gouvernement mène contre
l’insécurité et les gangs. Or, il semblerait
qu’aucun membre du CPT n’avait entendu
parler de ces hommes travaillant
exclusivement pour le compte de la Primature,
sans que la présidence ne soit
informée. Aussitôt la nouvelle parvenue
aux Conseillers-Président, aussitôt l’ordre
est donné de convoquer une fois de
plus Carry Conille pour explication. C’est
la Secrétaire générale de la présidence,
madame Régine Haddad, qui s’en était
chargée par un courrier en date du 29
octobre 2024 à l’intention de son homologue
de la Primature, Me Camille Junior
Edouard. « Pour donner suite à une
instruction du Conseil Présidentiel de
Transition (CPT), le Secrétariat général
de la présidence vous prie de bien vouloir
transmettre au Premier ministre, monsieur
Garry Conille, une invitation à une
séance de travail le mercredi 30 octobre
2024 à la Villa d’Accueil, à 2h00 p.m.
L’objet de cette rencontre urgente
portera sur l’éventuelle présence d’une
compagnie privée qui intervient dans les
questions de sécurité publique. Le CPT
apprécierait la communication de toutes
les correspondances et protocole d’accord
y afférents » écrivait madame Haddad.
Surpris et embarrassé, sans doute en
apprenant que la presse étrangère avait
découvert le pot-aux-roses, si la Primature
n’a pas fait une communication pour
démentir l’information, le Premier ministre
préféra faire profil bas en demandant
de reporter la séance d’explication à la
semaine d’après le temps qu’il bâtit sa
défense devant le CPT qui, décidément,
n’arrivait pas à contrôler son Premier
ministre qui fait tout dans son dos. Le
même jour, en effet, la Primature s’est fendue
en quatre pour diligenter sa réponse à
la présidence. Me Camille Junior Edouard
a vite accusé réception du courrier de la
présidence en écrivant « Le Secrétariat
général de la Primature accuse réception
de votre correspondance, datée du
29 octobre 2024, par laquelle vous lui
transmettiez, sous instruction du Conseil
Présidentiel de Transition, une invitation
faite au Premier Ministre à une séance
de travail sur l’éventuelle présence d’une
compagnie privée qui intervient dans les
questions de sécurité publique, ce mercredi
30 octobre 2024, à la Villa d’accueil,
à 2h00 p.m. Ledit Secrétariat vous
informe que le Premier Ministre se trouve
dans l’obligation de demander le report
de cette rencontre à la semaine prochaine,
à un jour fixé à la convenance
du Conseil Présidentiel de Transition. »
A l’annonce que des mercenaires seraient
dans la ville, la presse haïtienne afflue
à la Villa d’Accueil pour de plus amples
informations auprès du CPT. Surtout, les
journalistes locaux cherchaient à savoir
si, à titre individuel, les Conseillers étaient
au courant qu’un groupe armé étranger
opérait en Haïti contre les gangs ou pour
protéger certains officiels du régime intérimaire.
En guise de réponse, le CPT avait
répondu « Nous n’avons jamais eu d’information
officielle sur la présence d’un
groupe de mercenaires dans le pays.
Nous n’avons jamais été informés
sur ce dossier. De ce fait, nous ne savons
pas s’il y a des mercenaires étrangers qui
opèrent sur le territoire. Pour avoir des
informations sur la présence ou non de
mercenaires dans le pays, nous avons
convoqué le mercredi 30 octobre le Premier
ministre. S’il y a eu un contrat avec
un groupe de mercenaires, il nous faut ce
Le 17 octobre 2024, poignée de main hypocrite entre le président
du Conseil présidentiel Leslie Voltaire et le chef du gouvernement
Garry Conille
contrat pour savoir quel est leur objectif,
combien ils sont, le coût du contrat... Le
Premier ministre n’a pas répondu mercredi
à la convocation du CPT. Il nous a
demandé de programmer la convocation
pour la semaine prochaine. Probablement,
il a besoin de temps pour préparer
ses dossiers. » Cette affaire de mercenaires
est d’autant plus bizarre et curieuse
que, quelques jours auparavant, le ministre
de la justice, Me Carlos Hercule, avait
annoncé dans la presse sans donner de
détails que le gouvernement était au courant
qu’il existe un plan pour assassiner
plusieurs hauts dirigeants politiques.
A cette annonce, plus d’un s’interrogeait
sur la nécessité et la pertinence
d’une telle communication après que le
pays ait connu un drame similaire avec
l’assassinat d’un Président en exercice
quatre ans plus tôt. Surtout, depuis
quelque temps, Garry Conille répétait
sans se préoccuper du reste qu’il y a
certaines informations sensibles sur la
sécurité qu’il n’entendait pas révéler aux
Conseillers-Président. Une déclaration qui
allait susciter encore plus de malentendu
et d’animosité entre les deux parties sans
parler des soupçons de coup de force à
l’égard du CPT. (A suivre)
C.C
8 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
This week in Haiti
How Aristide’s Lavalas Family Party Has Lurched to the Right
Today Collaborating with Washington and its Agents in Haiti
Interim TPC President Leslie Voltaire (left) shaking hands with new Prime
Minister Alex Didier Fils-Aimé at the latter’s swearing-in on Nov. 11, 2024.
This government reflects a new Lavalas/Inite alliance representing Haiti’s
“bourgeoisie patripoche.”
by Travis Ross
(The first of two parts)
When former Catholic liberation
theologian priest Jean-Bertrand
Aristide burst onto the world stage
in the late 1980s and early 1990s it
was as an opponent and victim of U.S.
imperialism. He challenged Washington-supported
neo-Duvalierist military
regimes, called capitalism “a mortal
sin,” survived several assassination attempts,
and eventually won the presidency
twice – in 1990 and 2000 – in
the face of U.S. opposition.
Today, however, the party he
founded in 1996 (and by whose founding
charter he is “leader for life”), the
Lavalas Family Political Organization
(Fanmi Lavalas or FL) is Washington’s
principal ally in Haiti, agreeing to request
foreign military intervention and
occupation to crush an erratic but effective
resistance by a motley coalition of
armed neighborhood committees which
are calling for radical social change or,
at the very least, inclusive national dialogue.
The Lavalas Family’s transformation
from popular champion to imperial
quisling has occurred in stages over the
past three decades and has parallels in
Latin America. One could take the example
of Argentina’s Juan Perón whose
first reign from 1945 to 1955 was generally
considered nationalist and, by
some of his followers, leaning towards
socialism. But when Perón finally returned
to power from an 18-year exile
in 1973, he worked hand-in-hand with
Washington in crushing revolutionary
groups and massacring the Peronist left
while embracing neighboring dictators
like Chile’s Augusto Pinochet and Paraguay’s
Alfredo Stroessner.
The FL’s transformation has been
more gradual, but the end result is the
same. The figure and party which once
could mobilize thousands by inspiring
the masses with hope have now become
either ineffectual or even reviled.
This article cannot trace the
Lavalas Family’s entire history but will
examine its role, and that of its allies, in
the past five years or so.
When a Lavalas leader is rejected
by the population
Haiti’s Transitional Presidential Council
(TPC) recently nominated Printemps
Bélizaire to the powerful executive post
of Delegate for the West Department,
which includes Haiti’s capital and largest
city, Port-au-Prince.
Bélizaire is the former FL deputy
for Port-au-Prince’s 3rd District, which
comprises greater Carrefour, the capital’s
southern flank.
The reaction from some Portau-Prince
residents was swift. On the
morning of Dec. 4, a protest began in
the Canapé-Vert neighborhood. Protesters
erected barricades of burning
tires in several streets. Dorvil Webestson
reported that local brigades blocked
several other neighborhoods, including
Debrosse and Bois Patate.
Ergens Saint-Pierre, a resident
Former Lavalas Deputy Printemps Bélizaire was recently appointed the
West Department’s Delegate.
Arnold Junior Pierre/ The Haitian.
attending the Canapé-Vert protest, explained
that the neighborhood’s people
felt they should have a say in the
choice of their representatives. “It is up
to the people of Canapé-Vert to choose
who should represent them. We do not
accept just anyone, especially if it risks
worsening the security situation.”
Other residents attending the protest
explained to Haiti Standard why
Bélizaire’s nomination risks worsening
the security situation. “This former MP
is known for his links with armed individuals,”
a resident said.
This swift rejection of an FL politician
may have shocked some, particularly
those in the West who continue
to view the party as Haiti’s democratic
vanguard.
FL MPs’ alleged connections to
criminal armed groups
Bélizaire made headlines in Haiti in June
2019 when he was recorded saying in
Parliament that he “burn[ed] down police
stations and murder[s] people with
machetes.”
This bizarre outburst came about
six months after Bélizaire was summoned
for questioning in connection to
the 2018 murder of journalist Vladimir
Legagneur. He responded by claiming
that he had a diplomatic engagement
in Canada and couldn’t attend. There is
no evidence Bélizaire went to Canada.
Nonetheless, he disappeared from public
life until the summons expired. He
never testified.
The summons to testify and his
subsequent temporary disappearance
from public view followed weeks of
back and forth accusations between
Bélizaire and Sen. Joseph Lambert.
Lambert, who is now sanctioned
by the U.S. and Canada for abusing his
position “to traffic drugs” as well as
collaborating with “criminal and gang
networks,” accused Bélizaire of helping
then notorious gang leader Arnel Joseph
to avoid arrest.
Bélizaire was the elected representative
of the capital’s 3 rd District,
which comprises the neighborhoods of
Grand Ravine, Ti-Bois, and Village de
Dieu, among others. Arnel Joseph was
based in Village de Dieu, while Vladimir
Legagneur was investigating gang
activity in Grand Ravine when he disappeared.
Bélizaire’s friend and former FL
deputy Roger Millien was also associated
with criminal armed groups.
Millien admitted to Le Nouvelliste
that he personally knew Hervé Bonnet
Barthélémy alias Bout JanJan, leader
of the then criminal armed group Projet
Lasaline. He even drove an injured
Bout JanJan, along with other members,
to the hospital after an attack by a rival
armed group.
It was Millien who first alleged
that the attacks in La Saline were politically
motivated. He accused local
Haitian Bald-Headed Party (PHTK) politicians
of planning the attacks.
Millien’s version of events insist
that the PHTK planned the Lasaline attacks
to target FL supporters. On Nov.
15, 2018, less than 48 hours after the
clashes, the FL published a press release,
which preceded any other report.
The press release said that the party
“strongly condemns the massacre that
the [President] Jovenel [Moïse] and
[Prime Minister Jean-Henry] Céant regime
conducted in Lasaline.”
Millien alleged there was a planning
meeting for the attacks in Lasaline
attended by Jimmy “Barbecue” Cherizier
(leader of an adjoining neighborhood),
Ti Junior (leader of a rival Lasaline
armed group called Nan Chabon), and
some PHTK members. These allegations
appeared in the first two “human rights”
group reports on what they dubbed the
Lasaline “massacre.” The human rights
groups were the Open Eyes Foundation
(FJKL) and the National Human Rights
Defense Network (RNDDH). Both reports
directly reference Millien’s version
of events, and he appears to be the sole
source for this allegation.
Millien never offered an explanation
on how he could know the details
of a planning meeting which he did not
attend. Nor did he explain why he didn’t
warn Lasaline residents of the impending
attack. It is worth noting, however,
that according to a Jun. 21, 2019 UN
report on the attacks in Lasaline, the
members of the Projet Lasaline gang
fled before Nan Chabon’s attack, indicating
they may have been forewarned.
Millien’s efforts successfully reframed
and politicized what was initially
understood by many residents to
be deaths resulting from an ongoing
turf war instead of an attack by PHTK
agents on Fanmi Lavalas supporters.
Fanmi Lavalas and the Democratic
Popular Sector (SDP)
Millien and Bélizaire collaborated closely
with another Fanmi Lavalas leader,
Dr. Schiller Louidor.
Louidor had several public battles
with Maryse Narcisse, the head of the
FL’s executive council, going as far as
calling her “incompetent” and openly
challenging her leadership of the party
in June 2018.
Louidor also co-founded the Secteur
Démocratique et Populaire (Democratic
Popular Sector or SDP) with André
Michel and Marjorie Michel, although
he never officially split from the FL.
After Jovenel Moïse’s Jul. 7,
2021 assassination, both André and
Marjorie Michel would go on to become
ardent supporters of Ariel Henry, while
Louidor eventually left the coalition.
Former FL senator Nènel Cassy was
also an SDP leader for years.
Fanmi Lavalas struggles to remain
relevant
Following Jovenel Moïse’s assassination,
the Fanmi Lavalas Executive
Council decided to support the Montana
Accord, which was signed and announced
on Aug. 30, 2021, claiming to
represent “a broad spectrum” of Haitian
civil society.
Before throwing their support behind
Montana, the FL had been promoting
their “Chavire chodyè a” (Overturn
the cauldron) plan, which had failed to
garner a significant amount of support
in Haiti.
The decision to support the Montana
Accord was a large concession by
the FL, signaling that it could no longer
easily garner mass support for its initiatives.
Father Jean-Bertrand Aristide preaching liberation theology at St. Jean
Bosco in Port-au-Prince in the late 1980s. At that time, he was antiimperialist.
The Montana Accord’s leadership
in the Bureau de Suivi de l’accord (BSA
or Agreement Monitoring Office) included
political figures who were active
in the 2004 coup against Jean-Bertrand
Aristide and Fanmi Lavalas.
Key players in the coalition included
individuals like Pierre Esperance,
RNDDH’s head, at whose offices the
Montana leadership often met. Esperance
played a pivotal role in the destabilization
campaign against Aristide and
Lavalas, working with the coup government
to target and jail party militants
and leaders. Magali Comeau Denis, the
Montana Accord’s main spokesperson,
also was central to the destabilization
Former Lavalas Deputy Roger Millien with FL leader Maryse Narcisse.
Haiti Films/Crowing Rooster Arts
campaign, leading the intellectuals of
“Collectif Non” and efforts to persecute
and jail FL leader Father Gérard Jean-
Juste following the coup. Comeau Denis
became the coup regime’s Culture Minister.
The FL withdrew after five
months from Montana’s National Transition
Council, because it did not choose
the leadership they wanted. Other
popular and labor organizations also
suite à la page(16)
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
9
L’EXODE DES HAÏTIENS DE SP
ÊTRE UN SIGNE AVANT-COURE
Par Michael Slager
Le Telegraph a récemment rapporté
qu’avant l’investiture du
président élu Donald Trump plus
tard ce mois-ci, des milliers d’immigrants
haïtiens ont déjà quitté
Springfield, Ohio, ou prévoient de
le faire. La communauté haïtienne
vit dans la peur depuis des mois, et
leur fuite pourrait annuler certains
des gains économiques et sociaux
que la ville de la ceinture de rouille
a gagnés grâce au travail acharné
et aux contributions culturelles de
sa communauté d’immigrants. Ce
qui se passe à Springfield pourrait
être un signe avant-coureur dans
des endroits similaires une fois que
Trump occupera le bureau ovale.
Springfield est devenue le
centre de l’attention l’automne
dernier lorsque le candidat Trump,
lors d’un débat avec la vice-présidente
Kamala Harris, a prétendu
à tort que les immigrants haïtiens
mangeaient les chats et les
chiens des habitants de Springfield.
Le sénateur de l’Ohio J.D.
Vance, colistier de Trump, a déclaré
plus tard que ces histoires étaient
basées sur « des témoignages de
première main de mes électeurs
». Il n’a fourni aucune preuve, et
les responsables de Springfield ont
déclaré à plusieurs reprises qu’aucun
animal de compagnie n’avait
Le procureur républicain du comté
de Clark, Daniel Driscoll
disparu ou n’avait fini dans des
rôtisseries.
Incapable de maintenir plus
longtemps les affirmations ridicules
de son patron ou de lui-même,
Vance a ensuite changé de cap et
a déclaré qu’inventer des histoires
sur les immigrants était parfaitement
acceptable tant qu’elles attiraient
l’attention sur la façon dont
les villes américaines souffrent aux
mains de migrants pernicieux.
Leurs remarques xénophobes
A la suite des accusations de Trump et de Vance, plus de trente menaces
à la bombe ont été proférées contre des agences de la ville…
Des milliers d’immigrants haïtiens ont déjà quitté Springfield, Ohio, ou prévoient de le faire.
ont eu des résultats prévisibles. Les
membres de la communauté haïtienne
de Springfield ont immédiatement
été menacés de violence et
d’actes de vandalisme. Lors d’une
réunion du conseil municipal, un
résident local et suprémaciste blanc
virulent, Drake Berentz, a déclaré
: « Je suis venu apporter un avertissement.
Arrêtez ce que vous
faites avant qu’il ne soit trop tard.
La criminalité et la sauvagerie ne
feront qu’augmenter avec chaque
Haïtien que vous amenez. » La
police l’a expulsé de la réunion. Il
n’existe aucun programme d’importation
de migrants.
De plus, à la suite des accusations
de Trump et de Vance, plus de
trente menaces à la bombe ont été
proférées contre des agences de la
ville, ce qui a entraîné des fermetures
répétées d’écoles et des annulations
d’événements. Les parents
et tuteurs haïtiens ont signalé que
même les jours où tout était clair,
ils hésitaient à envoyer leurs enfants
à l’école, et certaines personnes
se sont plaintes à la police
de nombreux actes de vandalisme
et de dommages matériels.
Les membres de la diaspora
haïtienne à Springfield sont
légalement aux États-Unis, et
beaucoup bénéficient des dispositions
du statut de protection temporaire
(TPS), que Trump a promis
d’abolir. Le TPS signifie que les
ressortissants étrangers peuvent
rester et travailler aux États-Unis si
le conflit civil ou les catastrophes
naturelles dans leur pays d’origine
sont si graves que leur vie pourrait
être en danger s’ils y retournent.
Haïti est actuellement dans un
état de chaos social, et la violence
y a considérablement augmenté.
Trump insiste pour qu’ils soient
renvoyés.
Le cas de Springfield démontre
également la fausseté des affirmations
du Parti républicain sur
le lien de cause à effet entre les
migrants et la criminalité. Vance
a soutenu que les Haïtiens ont fait
augmenter le taux de meurtres à
Springfield de 80 % en se basant
sur la différence entre le nombre de
cas d’homicides en 2021 et 2023,
où il y a eu respectivement cinq
et neuf meurtres. Cependant, le
site Web de la ville de Springfield
indique que les Haïtiens sont plus
susceptibles d’être les cibles de
crimes que les auteurs de ceux-ci.
Ce fait se généralise dans d’autres
régions du pays. Cependant, Vance
a affirmé que quatre autres meurtres
démontraient une tendance
générale. Ce n’est pas le cas.
Selon le procureur républicain
du comté de Clark, Daniel Driscoll,
au cours de ses 20 ans de carrière
dans les forces de l’ordre, il n’y a
pas eu un seul cas d’Haïtien ayant
commis un meurtre à Springfield.
En outre, l’argument selon lequel
les politiques d’immigration
sévères de Trump ont réduit la
criminalité et accru la sécurité dans
tout le pays ne résiste pas à l’examen.
Les statistiques du FBI montrent
que plus d’homicides ont eu
lieu à Springfield sous Trump que
sous les administrations Obama
ou Biden. En d’autres termes, la
politique d’immigration du sommet
n’a rien à voir avec les fluctuations
légères et statistiquement
insignifiantes de la criminalité sur
le terrain. On pourrait tout aussi
bien blâmer la météo. Étude après
étude, des concentrations d’immigrants
supérieures à la moyenne
ne contribuent pas à l’augmentation
de la criminalité et pourraient
même la réduire.
Les Haïtiens ont commencé
à s’installer à Springfield en 2017
en raison des nombreuses opportunités
d’emploi et du faible coût de
la vie. La pénurie de main-d’œuvre
locale signifiait que leur travail était
cruellement nécessaire, et leurs
Springfield, Ohio, annule un festival de la ville après de violentes
menaces contre des résidents haïtiens
impôts ont contribué à remplir les
caisses de la ville pour toute une
gamme de services nécessaires. Les
employeurs étaient ravis de voir
des hommes et des femmes haïtiens
occuper les postes vacants.
De plus, selon les données citées
dans le Springfield News-Sun, 1
milliard de dollars ont été générés
en recettes fiscales en 2023, contre
864 millions de dollars en 2022.
Ces chiffres représentent une augmentation
spectaculaire des fonds
disponibles pour les services municipaux.
Ainsi, l’ajout d’environ
15 000 personnes en moins d’une
décennie – qui se trouvent être originaires
d’Haïti – est devenu partie
intégrante du tissu de la ville et a
amélioré sa situation économique.
Ils ont travaillé dur, loué des appartements,
acheté des maisons et
créé leurs propres entreprises, ce
qui a enrichi la vie d’un endroit qui
avait besoin de leurs compétences.
Les villes comptant une importante
population immigrée
dans les États rouges pourraient
connaître une émigration similaire
vers des endroits qui semblent plus
sûrs. Outre l’Ohio, des États comme
la Pennsylvanie, la Floride et le
Texas accueillent actuellement des
milliers de migrants qui prêtent une
attention particulière aux menaces
émanant du vacarme des meetings
de Trump ou de sa principauté
kitsch de Mar-a-Lago.
Trump et son entourage
voudraient inverser les évolutions
positives qu’apporte l’immigration.
Puisque le Grand Old Party
offre très peu aux gens ordinaires,
le théâtre consistant à les
protéger de menaces inexistantes
doit continuer à l’être au nom de
l’opportunisme politique. Ils sont
parfaitement disposés à vilipender
des gens qui n’ont jamais fait
de mal à personne et à susciter la
10 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
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Au milieu des menaces et de l’attention nationale portée à la population haïtienne à Springfield, des partisans
ont commencé à remplir les restaurants haïtiens. (Spectrum News 1/Sheena Elzie)
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peur chez des millions d’autres.
Les résultats pourraient bien être
une plus grande érosion des liens
communautaires dans des endroits
comme Springfield et de nouveaux
ralentissements économiques dans
d’autres régions de la ceinture de
rouille du pays qui comptent d’importantes
populations immigrées.
Il pourrait cependant y avoir
une méthode derrière cette folie. En
suscitant une plus grande peur, en
augmentant l’atomisation sociale
et en créant davantage de précarité
économique, on peut manipuler
plus facilement les électeurs.
Mais plus important encore,
les déportations massives vers des
pays en proie à la violence pourraient
coûter des vies innocentes.
C’est à nous de résister à cela.
*Michael Slager est professeur
d’anglais à l’université Loyola de
Chicago.
Counterpunch 8 janvier 2025
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Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
11
Perspectives
Des fichiers divulgués montrent que le projet secret du
Royaume-Uni en Syrie a favorisé le HTS de Joulani
Ahmed al-Sharaa, alias Mohammad al-Jolani, chef de Hayat Tahrir al-
Sham (HTS), avec Stephen Hickey, directeur du département Moyen-
Orient et Afrique du Nord au ministère britannique des affaires étrangères,
du Commonwealth et du développement à Damas
Par Kit Klarenberg
Au nom de la construction d’une
« opposition modérée », Londres
a mis en place un service social et
un réseau de médias dans les zones
contrôlées par HTS, au profit du
groupe qu’elle a pourtant qualifié de
dangereux affilié d’Al-Qaïda.
Des fuites de dossiers des services
de renseignement britanniques
examinés par The Grayzone
soulèvent de graves questions quant
à savoir si Londres a aidé à la montée
en puissance de Hayʼat Tahrir al-Sham,
le groupe islamiste qui était
proscrit par les gouvernements occidentaux
jusqu’à ce qu’il prenne le
pouvoir en Syrie en décembre dernier.
Le Premier ministre Keir Starmer
a déclaré (stated) qu’il était « trop
tôt » pour retirer HTS de la liste britannique
des organisations terroristes
proscrites. Lorsque le groupe a été
ajouté à la liste en 2017 (was added),
il était indiqué qu’il devait être
considéré comme l’un des « noms
alternatifs » d’Al-Qaïda. Il était donc
illégal pour les représentants du gouvernement
britannique de rencontrer
des représentants de HTS tant que
son statut perdurait.
Toutefois, le 16 décembre, des
diplomates britanniques, dont Ann
Snow, représentante spéciale de Londres
pour la Syrie, ont organisé un
sommet avec Joulani et d’autres dirigeants
du HTS à Damas. Le même
jour, le Times de Londres a accordé
à Joulani une interview flatteuse
(sympathetic interview), au cours
de laquelle il a appelé à la levée des
sanctions occidentales contre le pays,
promettant que la Syrie ne serait pas
une « rampe de lancement pour des
attaques contre Israël » sous son
mandat. Cet entretien faisait suite à
un profil flatteur visant à mettre en
évidence le « rebranding » de HTS par
Joulani. Le décor semble désormais
planté pour que la proscription de
HTS soit annulée et que Londres reconnaisse
le groupe comme dirigeant
légitime de la Syrie post-Assad.
L’adhésion du Royaume-Uni à
HTS représente l’aboutissement d’un
processus long et secret qui a commencé
lorsque la direction du groupe
était encore étroitement alignée sur
la branche syrienne d’Al-Qaïda,
Jabhat Al-Nousra, et même sur l’État
islamique. Alors que les services de
renseignement britanniques se sont
lancés dans une campagne visant
à affaiblir HTS dans les zones contrôlées
par l’opposition en Syrie, tout
en cultivant des factions prétendument
« modérées », des fuites de dossiers
examinées par The Grayzone
révèlent que les efforts clandestins
ont fini par renforcer l’organisation
de Joulani, l’aidant ainsi à se frayer
un chemin vers le pouvoir. Plus troublant
encore, ces documents suggèrent
que, contrairement aux récits
traditionnels sur la séparation du
groupe d’Al-Qaïda, les deux groupes
maintiennent d’étroite collaboration
en Syrie.
Un dossier daté de 2020 (voir
ci-dessous) indique que les affiliés
locaux d’al-Qaïda « coexistent »
pacifiquement avec HTS dans le
nord-ouest du pays, ce qui « offre
un espace » au « groupe transnational
explicitement salafiste et djihadiste
» pour « maintenir un refuge
alimenté par l’instabilité en Syrie, à
partir duquel il peut s’entraîner et
se préparer à une expansion future
» en dehors du pays. Avec la chute
d’Assad, cependant, les diplomates
britanniques semblent avoir jeté
ces évaluations aux oubliettes alors
qu’ils se précipitent à Damas pour
embrasser Joulani.
La propagande du MI6 au
service de l’« opposition »
syrienne
Dès les premiers jours de la crise syrienne,
l’État britannique a secrètement
employé une constellation de
contractants (constellation of contractors),
composés de vétérans de
l’armée et du renseignement, pour
mener des opérations psychologiques
élaborées, pour un coût de plusieurs
millions de livres. L’objectif était de
diaboliser et de déstabiliser le gouvernement
d’Assad, de convaincre la
population nationale, les organismes
internationaux et les citoyens occidentaux
que les groupes militants qui
pillaient le pays représentaient une
alternative « modérée », tout en inondant
les médias d’une couverture
favorable.
En cours de route, le réseau
soutenu par l’Occident a essaimé
de nombreux médias d’opposition,
tout en formant une petite armée de
soi-disant « journalistes citoyens »
pour produire une propagande habile
à l’intention du public national
et international.Deux des principaux
sous-traitants britanniques étaient
ARK et Global Strategy, tous deux
dirigés par des vétérans du MI6.
Dans une soumission conjointe
au ministère des affaires étrangères
qui a fait l’objet d’une fuite, les
sous-traitants se sont vantés de la
manière dont ils ont procédé depuis
2011 : « [Nous] avons développé
de vastes réseaux couvrant les parties
prenantes à travers la Syrie,
des membres clés des structures de
gouvernance civile, des commandants
de brigade et des membres de
quatre-vingt-dix groupes de l’OMA
[opposition armée modérée] aux
organisations de la société civile,
aux prestataires de services et aux
activistes. ARK et TGSN ont fourni
des rapports continus à ce sujet
au [gouvernement de Sa Majesté]
et, par l’intermédiaire de la liaison
spécialisée du projet MAO, à la Coalition
internationale, et tous deux
disposent de réseaux de recherche
étendus et bien établis dans les
zones tenues par l’opposition. »
ARK et Global Strategy ont,
indépendamment et en tandem,
pris l’initiative de tenter de « saper »
HTS par le biais d’efforts de « communication
stratégique » clandestins
et de projets de la société civile.
Cependant, de manière incongrue,
les dossiers divulgués relatifs à ces
efforts soulignent que ces initiatives
ne doivent pas « critiquer directement
HTS (ou les groupes qui lui sont liés)
». D’une part, on estime qu’une censure
ouverte de HTS pourrait être «
polarisante » dans les zones contrôlées
par l’opposition, « pour beaucoup
qui la considèrent comme une
force de résistance légitime, mais pas
comme un acteur souhaitable de la
gouvernance ».
En outre, « toute remise en
cause apparente du contrôle exercé
par HTS pourrait entraîner l’arrestation
du personnel, des partenaires et
des bénéficiaires du projet ou d’autres
sanctions à l’encontre du projet ».
Cette évaluation reflète le fait
que les agents et les ressources des
services de renseignement britanniques
dans la Syrie occupée ont
compris que leur sécurité dépendait
de la protection contre le HTS. En
évitant de s’attaquer directement au
groupe extrémiste, ARK et Global
Strategy espéraient pouvoir mener
des « activités permettant indirectement
aux communautés de contester
le contrôle du HTS ».
Parallèlement aux efforts de
guerre psychologique visant à vanter
un « récit positif autour des activités
de gouvernance de l’opposition
modérée » et reposant sur des «
messages fondés sur des valeurs »,
les services de renseignement britanniques
visaient à créer des « espaces
sûrs pour les rassemblements communautaires
» dans les territoires de
l’opposition.
Selon les fichiers divulgués,
les participants auraient pu profiter
de films de propagande créés par les
Britanniques vantant les vertus «
modérées », d’« activités partagées
telles que des cours de sport et d’art
» et de présentations « informatives »
sur des sujets allant des « soins psychosociaux
[aux] munitions non explosées
» – « en coordination » avec
la Défense civile syrienne créée par
ARK, plus connue sous le nom de
Casques Blancs.
Les forces britanniques opèrent
sous la protection des HTS
Les Casques blancs n’étaient qu’une
composante d’un effort plus large
visant à établir une série de quasi-États
sous contrôle étranger à
travers la Syrie occupée, avec des
structures de gouvernance parallèles
dotées d’un personnel local formé et
financé par la Grande-Bretagne, l’UE
et les États-Unis. La propagande
et les médias occidentaux ont universellement
présenté ces colonies
islamistes dissidentes comme des
réussites « modérées », alors qu’en
réalité elles étaient profondément
chaotiques et dangereuses, dirigées
d’une main de fer par des éléments
extrémistes violents comme le HTS,
souvent dans le cadre d’interprétations
extrêmement strictes de la charia.
Comme l’a noté un contractant
britannique dans un document
qui a fait l’objet d’une fuite au Foreign
Office, « la présentation [c’est
nous qui soulignons] d’un modèle à
la fois fonctionnel et cohérent dans
les zones libérées de Syrie renforcera
l’opposition et servira de base à
une nouvelle architecture de sécurité
de l’État, dirigée par des civils
et responsable ». Daté de 2016, le
document prévoit également que
les structures de gouvernance et les
entités gérées par les Britanniques,
telles que les Casques blancs et la
Police syrienne libre (PSL), seront
exportées « dans les territoires nouvellement
libérés » dans le pays.
Au fur et à mesure que les
fonds occidentaux affluaient vers
les territoires tenus par l’opposition,
le pouvoir de HTS s’est accru de
manière exponentielle.
Un document ayant fait l’objet
d’une fuite indique que HTS a pu «
consolider sa position, neutraliser ses
adversaires et se positionner comme
un acteur clé dans le nord de la Syrie
». Ce phénomène était particulièrement
prononcé à Idlib, où HTS avait
« considérablement accru son influence
et son contrôle territorial dans
tout le gouvernorat ». Et tandis que
l’allié d’Al-Qaïda renforçait son contrôle,
les structures de gouvernance
et les éléments d’opposition soutenus
par les Britanniques opéraient sous
sa surveillance avec une liberté quasi-totale,
à l’abri de violentes représailles.
Un autre dossier particulièrement
frappant indique que « le HTS et
d’autres groupes armés extrémistes
sont nettement moins susceptibles
d’attaquer des entités de l’opposition
qui reçoivent un soutien » du
Fonds pour les conflits, la stabilité et
la sécurité (CSSF) du gouvernement
britannique.
Selon l’évaluation britannique,
l’approche amicale des HTS à l’égard
des « entités de l’opposition » telles
que les Casques blancs et la police
syrienne libre s’explique par le fait
qu’elles « fournissent manifestement
des services essentiels » aux
résidents des territoires occupés. En
finançant un réseau d’organisations
de services sociaux dans le domaine
immédiat de HTS, tout en produisant
des vagues de couverture médiatique
positive sur la vie dans les zones qu’il
contrôle, les sous-traitants britanniques
tels que ARK et Global Strategy
ont involontairement renforcé la
crédibilité du groupe extrémiste en
tant qu’entité gouvernante.
La fuite fait référence à plusieurs
reprises à la nécessité de «
[sensibiliser] à la fourniture de services
par l’opposition modérée » et de
fournir au public « des récits et des
démonstrations convaincants d’une
alternative crédible au régime [d’Assad]
». Ce besoin était particulièrement
prononcé chez les citoyens qui
avaient peut-être soutenu le changement
de régime, mais qui pensaient
désormais que « la révolution était
morte », et chez les résidents des territoires
occupés qui « s’accommodent
des HTS, en particulier s’ils reçoivent
des services de leur part ». Dans de
nombreux cas, cependant, ces « services
» étaient fournis par des mandataires
des services de renseignement
britanniques.
Un autre document divulgué
indique que « pour assurer sa domination,
HTS a accepté de travailler
avec un ensemble de groupes plus
Ahmad al-Sharaa (Joulani) avec la délégation britannique à Damas. Pas
de hijab pour l’envoyée spéciale du Royaume-Uni pour la Syrie, Ann Snow
(@UKSyriaRep. Différent de l’interview de CNN. Pas directement l’un à
côté de l’autre, mais un changement intéressant
modérés ». Il s’agit très certainement
des mêmes éléments « modérés » que
les services de renseignement britanniques
cherchaient à promouvoir.
Bien entendu, aucune de ces factions
n’adhérait véritablement à une quelconque
définition du terme « modéré
», mais le fait qu’elles ne soient pas
interdites par les lois britanniques
sur le terrorisme a permis une collaboration
directe et un financement
étendus qui auraient été interdits s’ils
avaient été accordés directement à
HTS.
À Washington, entre-temps,
une campagne de lobbying avait
commencé en 2018 pour permettre
à HTS de recevoir de l’aide, mais «
indirectement », par l’intermédiaire
d’autres groupes opérant à
suite à la page(16)
12 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Hommage
Cuba : 66 ans de résistance et de réflexion
sur l’avenir du socialisme
Cuba célèbre le 66e anniversaire de sa Révolution, plongée dans la
défense de son droit à la souveraineté, à l’autodétermination et au
développement, face à l’hostilité croissante des États-Unis.
Par Gabriel Vera López
Les célébrations populaires s’étendent
à toute l’île. La foule s’est rassemblée
dans toutes les rues pour
assister au défilé des jeunes qui,
pendant des années, ont tenu tête à
la dictature. C’était comme un carnaval.
Six longues années de lutte populaire
s’étaient écoulées, contre
tout réalisme politique, jusqu’à ce
que la dictature de Fulgencio Batista
soit finalement renversée le 1er janvier
1959. Les événements survenus
sur cette petite île des Caraïbes,
jusqu’alors pratiquement inconnue
du reste du monde, se sont rapidement
transformés en un véritable
tremblement de terre social, culturel
et politique dans le monde entier.
La révolution cubaine est
rapidement devenue l’un des
évènements les plus importants de
l’Amérique latine et des Caraïbes.
Toute l’histoire de la seconde partie
du XXe siècle sur le continent
a été profondément marquée par
l’influence de la révolution dans ce
petit pays qui a fait que « pour la
première fois, le socialisme parlait
espagnol »
66 ans après le triomphe de
la révolution, ce mercredi 1er janvier,
Cuba affronte d’énormes et
complexes défis. Assiégé par le blocus
étasunien asphyxiant et illégal,
le pays traverse des moments de
crise difficiles et des années de profondes
transformations sociales et
économiques tandis que la révolution
affronte l’un des défis les plus
complexes de son histoire : ne pas
devenir une nostalgie du passé, continuer
à être contemporaine de sa
propre époque.
En ce nouvel anniversaire de
l’épopée cubaine, Brasil de Fato a
parlé avec trois jeunes de leur vision
du présent et de l’avenir de la révolution,
ainsi que des défis générationnels
en temps de crise.
Le pouvoir de l’apprentissage
peut nous faire avancer ».
L’année 2024 a de nouveau été marquée
par la crise. « Cette affirmation
ne doit pas être prise à la légère »,
déclare Ernesto Teuma, professeur
de théorie politique, qui note que
le sentiment que “la crise s’est trop
étendue” est largement répandu.
« Je pense que le coût de la crise
n’est pas seulement économique
et social, dans le sens des transformations
qui sont en train de se
produire. Elle a aussi été subjective.
Nous affrontons une série de questions
que nous devons affronter directement.
Pouvons-nous continuer
à avancer, pourrons-nous en sortir,
comme des pires moments du passé
? Sommes-nous réellement devant
la pire crise que la révolution ait subie
dans son histoire ? »
Loin de tout optimisme irréfléchi,
il souligne que, pendant ces années,
il y a aussi eu « un résidu, une
puissance, un processus d’apprentissage
qui pourrait peut-être nous faire
avancer. » Il affirme que la révolution
affronte les « défi de ses propres
réussites. »
« Assumer les défis de la révolution,
implique de pouvoir répondre
à cette question : « que signifie
aujourd’hui le socialisme à Cuba ?
Après la réforme économique, après
la naissance du secteur privé et des
inégalités et au milieu de la crise
d’affrontement total, avec la présidence
des États-Unis. » »
« Que signifie le socialisme
? Pas seulement pour Cuba mais
pour la gauche latino-américaine
qui voit encore aujourd’hui Cuba
comme un phare et une référence.
Pas seulement pour sa résistance
mais pour la possibilité d’un développement
positif de la révolution
elle-même qui trouve des solutions
à des défis sans précédent pour
nous, mais aussi pour le reste de la
gauche qui cherche, au milieu de la
crise, une issue. Une issue.. Et qui
sait qu’elle existe, mais est encore
en train de la chercher. »
Il souligne qu’on ne peut
répondre à ces questions avec la certitude
du passé. Ce sont les nouvelles
générations qui doivent assumer leur
engagement historique envers une
révolution qui a la capacité de se
projeter vers le futur. « Comme le disait
Frantz Fanon, chaque génération
doit trouver sa propre mission
et l’accomplir ou la trahir. Il y a un
défi générationnel dans le socialisme
cubain et la révolution cubaine
qui implique de parler une langue et
de reformuler un ensemble d’idées
qui ne se réfèrent pas seulement à
la tradition. Elles n’ont rien à voir
avec Marti et Fidel mais avec les
défis historiques que suppose, précisément,
le triomphe des idées de
cette génération, le triomphe d’une
option radicale pour l’indépendance
et la justice sociale présente dans ce
siècle. »
Teuma souligne que comme
dans tous processus de débat et de
rénovation, la recherche de nouvelles
questions et de nouvelles
réponses est toujours un processus
complexe. « Je pense que ce sera un
débat malaisé, précisément, parce
que les nouvelles idées ne peuvent
pas, ne pas être gênantes, parce
qu’elles impliquent de quitter ces
lieux dans lesquels nous nous sommes
senti à l’aise pendant tellement
de temps, des lieux discursifs, des
lieux intellectuels, des lieux politiques,
et de nous sentir exposés
à de nouvelles situations, à des
questions pour auxquelles, probablement,
nous n’avons pas encore
de réponse, mais auxquelles il est
impératif de les trouver. »
« Nous luttons parce qu’il y a de
l’espoir dans le monde. »
Dans le cadre des profondes traditions
internationalistes de la révolution,
une partie de la jeunesse
cubaine embrasse le projet révolutionnaire
sur l’île comme une extension
des luttes mondiales pour un
monde sans oppression. Une lutte
qui, comme en 1959, doit continuer
à échapper à toute la « misère du
possible », en luttant contre toute
l’adversité du « ce n’est pas possible
» et continuer à rêver d’un monde
différent.
« Je pense qu’aspirer à une
société dans laquelle nous pouvons
tous décider à tout moment et où
nous pouvons tous avoir le même
destin est quelque chose qui me
motive particulièrement à sortir et
à lutter contre Goliath. Quand je
sors pour lutter contre Goliath, tel
que nous l’entendons dans le pays,
je ne pense pas seulement à Cuba »,
déclare le jeune mathématicien José
Julián Díaz Pérez.
Il souligne que Cuba est le nom
d’un chaînon important dans la lutte
pour la justice et l’égalité. Des luttes
qui se sont développées sur différents
territoires et dans différents pays. «
Je pense que le destin de Cuba n’est
pas seulement Cuba. Quand Cuba
lutte contre Goliath, elle ne lutte
pas seulement, pour elle-même, elle
lutte pour tous les pays du monde,
pour les millions et les millions de
personnes qui n’ont pas à manger,
pour les millions et les millions de
personnes qui n’ont pas l’occasion
de décider si elles seront vivantes
demain ou non. Je pense que quand
nous luttons contre Goliath, nous
luttons pour tout cela. Nous luttons
pour qu’il y ait dans le monde l’espoir
de changer la société pour toujours
en faisant que ce ne soit plus
le capital le centre du monde, mais la
vie humaine. »
« Peut-être que l’avenir de
Cuba est en danger aujourd’hui plus
que jamais, » déclare l’étudiant. «
Et nous ne pouvons pas croire que
les temps de Cuba ont été faciles,
ils ont toujours été très compliqués.
C’est pourquoi, en ce sens, je pense
qu’il est nécessaire de procéder à des
changements importants. Nous ne
pouvons pas penser aujourd’hui à
mettre des pansements pour résoudre
les problèmes de demain, nous
devons penser ce que nous faisons
aujourd’hui, parce que nos vies sont
en jeu, chaque transformation peut
signifier l’avenir de Cuba ».
Un peuple qui croit encore à la
construction de la révolution
La révolution n’a jamais été égale à
elle-même. Chaque époque, avec ses
défis, ses certitudes et ses erreurs,
a signifié « révolutionner la révolution.
» Et toute révolution, pour être
véritable, a besoin de la participation
active des travailleurs.
Le jeune sociologue Javier
Sanchez Rivero souligne que aussi
bien la mobilisation du peuple que
la participation du peuple sont les
clés pour trouver des solutions. C’est
pourquoi la grande mobilisation du
« peuple en lutte » contre le blocus,
en décembre dernier, a été un exemple
de la capacité et de la conscience
que le peuple cubain a encore. «
Voir cette mobilisation et voir que
les gens continuent à répondre à la
révolution, surtout en allant marcher,
nous remplit d’espoir et nous
réactive. Cela te permet de comprendre
la stature de ces gens. Comment
ces gens, malgré tout le mal qui est
en train de se passer, sont encore
conscients, veulent encore construire
un modèle de société différent de
celui du capital et veulent encore
rendre possible l’impossible. »
Souligne que « voir ses gens
dans les rues, en train de célébrer,
de se divertir, mais aussi en train
de crier des obscénités à l’adresse
de l’ambassade yankee donne la
mesure de la stature du peuple cubain.
»
« Si nous arrivons à mobiliser
cette force, si nous ne la laissons
pas de côté, et si nous nous attelons
à la tâche de renforcer le socialisme,
alors nous aurons une révolution
pour longtemps, », affirme-t-il.
Brasil de Fato 1 Janvier 2025
Edición: Lucas Estanislau
Bolivar Infos 2 Janvier 2025
66 ans après le triomphe de la révolution, Cuba affronte d’énormes et complexes défis. Assiégé par le blocus
étasunien asphyxiant et illégal…
LA DIFFERENCE
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Cell: 917-407-8201
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
13
Perspectives
Ne glorifions pas Jimmy Carter !
On rappellera qu’en 1990 Jimmy Carter s’est fait en quelque sorte le porte-parole de Washington en allant en Haïti
expressément pour demander au très populaire candidat Jean Bertrand Aristide de se désister en faveur de Marc Bazin
favori des États-Unis alors que tous les sondages donnaient Aristide largement gagnant. En effet, au dépouillement
du scrutin, ce dernier avait gagné avec plus de 60% des voix.
Par Chris Hedges
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut
octroyé contre le défendeur à l'audience précitée pour le profit, déclare fondée
ladite action ; admet en conséquence le divorce de la dame Olner JEAN née
Norveline MOISE, d'avec son époux pour injures graves et publiques; prononce
la dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à
l'officier de l'état Civil de Port-au-Prince, Section Sud de transcrire sur les
registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera
publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages-intérêts
envers les tiers s'il y échet; Commet l'huissier Yvon ZETRENNE pour la
signification de ce jugement. Compense les dépens.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, Juge en audience civile,
ordinaire et publique du mercredi vingt-deux Juin deux mille vingt-deux, en
présence de Me Wesley PAUL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce
ressort et avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du
siège
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi...etc…
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après l'examen et sur les conclusions du Ministère Public,
autorise le Directeur des Archives Nationales à recevoir et å conserver au
rang des minutes la première expédition de l'acte de naissance de
l'exposant dressé le vendredi vingt six Mars mille neuf cent soixante seize
à onze heures du matin par l'officier de l'état Civil de Chantal pour en être
délivrer copie ou extrait au besoin conformément à la loi avec la mention
suivante: Et en marge Acte de naissance de: Joseph Bito FERJUSTE, né le 03
Juillet 1976. Dit que la présente décision sera portée dans le registre de
l'état Civil de Chantal par simple mention à la suite du répertoire daté et
signé.-
AINSI JUGE ET PRONONCE par nous: Marie Joceline CAZIMIR, Doyen en
audience civile et publique de ce jour vingt six juillet deux mille dix. En
présence de Me Gaetjens BENJAMIN, Substitut Commissaire du Gouvernement
de ce ressort avec l'Assistance du Greffier Joseph PIERRE LOUIS.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examens sur les conclusions du ministère public, maintient
le défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit
déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur
André JEAN Contre son épouse la dame Rose Guerline DOMERÇANT pour
abandon du toit conjugal ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux
ayant existés entres lesdits époux; ordonne à l'officier de l'état-civil de la
commune d'Aquin de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du
présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêt envers les tiers s'il y
échet; compense les dépens, commet l'huissier Anthony SAINT GERMAIN
pour la signification de ce jugement.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Jean Emmanuel ZÉPHIR, juge en
audience civile, ordinaire et publique en date du vingt-et-un Août deux
mille vingt-trois en présence de Me Lithan ISAAC, Substitut commissaire du
gouvernement de ce ressort avec l'assistance du greffier Paulin CIVIL
PAR CES MOTIFS
Jimmy Carter a eu le courage de dénoncer
« l’oppression et la persécution abominables
» et la « ségrégation stricte » du
peuple palestinien en Cisjordanie et à Gaza
(une fois qu’il n’a plus été président, bien
sûr) dans son livre de 2006 « Palestine : la
paix, pas l’apartheid ».
Il a consacré son temps à superviser les
élections, notamment en défendant de
manière controversée (pour les politiciens
et les médias occidentaux) l’élection d’Hugo
Chavez au Venezuela en 2006, et à défendre
les droits de l’homme dans le monde. Il
a attaqué le processus politique américain,
le qualifiant d’« oligarchie » dans laquelle «
la corruption politique illimitée » crée « une
subversion complète de notre système politique
en guise de paiement aux gros contribuables
».
Mais les années de Carter en tant
qu’ancien président ne doivent pas occulter
son service acharné à l’empire, son
penchant à fomenter des guerres par procuration
désastreuses, sa trahison envers les
Palestiniens, son adhésion à des politiques
néolibérales néfastes et sa servilité envers
les grandes entreprises en tant que président.
Carter a joué un rôle important dans
le démantèlement des lois du New Deal en
déréglementant les grandes industries, notamment
les compagnies aériennes, les
banques, le transport routier, les télécommunications,
le gaz naturel et les chemins
de fer. Il a nommé Paul Volcker à la tête de
la Réserve fédérale, qui, dans une tentative
de combattre l’inflation, a augmenté les taux
d’intérêt et a conduit les États-Unis dans la
plus profonde récession depuis la Grande
Dépression, inaugurant une période d’austérité
et de coupes budgétaires sévères. Carter
est le parrain du pillage connu sous le
nom de néolibéralisme - une doctrine toujours
attribuée à tort à son successeur Ronald
Reagan - et que son colistier, le démocrate
Bill Clinton, allait mettre en mode turbo.
Carter tomba sous l’influence désastreuse
de son conseiller à la sécurité nationale,
Zbigniew Brzezinski, un Polonais
exilé qui s’opposait à la volonté de Nixon
et de Kissinger de se détendre avec l’Union
soviétique. Brzezinski, qui voyait le monde
en noir et blanc, avait une mission vitale :
affronter et détruire l’Union soviétique, ainsi
que tout gouvernement ou mouvement qu’il
considérait comme sous l’influence communiste
ou sympathisant avec elle.
Sous l’influence de Brzezinski, Carter
abandonna les pourparlers sur la limitation
des armes stratégiques (SALT II) avec
l’Union soviétique, qui avaient pour but de
limiter le déploiement d’armes nucléaires. Il
augmenta les dépenses militaires. Il envoya
une aide militaire à la dictature indonésienne
du Nouvel Ordre pendant l’invasion et
l’occupation indonésiennes du Timor oriental,
que beaucoup ont qualifiées de génocide.
Il soutint, aux côtés du régime d’apartheid
sud-africain, le groupe contre-révolutionnaire
sanguinaire Union nationale pour
l’indépendance totale de l’Angola (UNITA),
dirigé par Jonas Savimbi. Il a apporté son
aide au dictateur zaïrois brutal Mobutu Sese
Seko. Il a soutenu le dictateur philippin brutal
Ferdinand Marcos.
Il a demandé à la CIA de soutenir les
groupes et partis politiques d’opposition
qui tentaient de renverser le gouvernement
sandiniste au Nicaragua lorsqu’il a pris
le pouvoir en 1979, ce qui a conduit plus
tard, sous l’administration Reagan, à la formation
des Contras et à une contre-insurrection
sanglante et insensée soutenue par
les États-Unis. Il a fourni une aide militaire
ininterrompue à la dictature du Salvador, ignorant
l’appel de l’archevêque Oscar Romero
– assassiné plus tard – à arrêter les livraisons
d’armes.
Il a empoisonné les relations des États-
Unis avec l’Iran en soutenant le régime répressif
du Shah Mohammad
Reza Palavi
jusqu’à la dernière
minute, puis en l’autorisant
à se faire
soigner à New York
après sa destitution,
déclenchant l’occupation
de l’ambassade
américaine à
Téhéran et la « crise
des otages » qui a
duré 444 jours. La
belligérance de Carter
– gel des avoirs
iraniens, arrêt des
importations de
pétrole iranien et
expulsion de 183
diplomates iraniens
des États-Unis – a
contribué à la diabolisation
des États-
Unis par l’ayatollah
Khomeini (pratique
de longue date par
les masses arabes) et
à ses appels à un gouvernement islamique.
Il a approuvé une opération secrète de la
CIA et des Marines pour envahir l’Iran et
sauver les otages, qui s’est soldée par un
échec cuisant. Des hélicoptères abattus par
une tempête de sable, des avions entrant
en collision les uns avec les autres, d’autres
tombant en panne de carburant, des
soldats morts et blessés abandonnés dans le
désert…
Carter a donné des milliards de dollars
d’aide militaire au président philippin Ferdinand
Marcos, alors qu’il gouvernait sous la
loi martiale. Il a armé les moudjahidines en
Afghanistan après l’intervention soviétique
en 1979 – pour soutenir le gouvernement
progressiste qui encourageait l’éducation
universitaire des femmes entre autres mesures
socialistes – une décision qui a coûté
3 milliards de dollars aux États-Unis, a entraîné
la mort de 1,5 million d’Afghans et a
donné naissance aux talibans et à Al-Qaïda.
Les conséquences de la politique étrangère
de Carter ont été catastrophiques.
Il a également soutenu l’armée sudcoréenne
en 1980 lorsqu’elle a assiégé la
ville de Gwangju, où des manifestants d’un
soulèvement populaire contre la dictature de
Chun Doo-hwan avaient formé une milice,
Statuant à charge d'appel et par défaut, le Tribunal après en avoir délibéré
conformément à loi, se déclare compétent pour connaître de la cause; Déclare
recevable l'action en dénonciation de nouvelle œuvre intentée par le sieur Jean
Marie Emmanuel Jacques DELPÊCHE contre le sieur William DOLCÉ; Maintient le
défaut octroyé contre le défendeur; Ordonne la suspension et la démolition de tous
travaux entrepris sur le fonds voisin ou d'autres fonds environnants, par le sieur
Willam DOLCÉ ou toutes autres personnes empêchant le ruissellement originel des
eaux vers la ravine et causant le déversement de celles-ci sur la propriété possédée
par le demandeur; Dit qu'est réservée au sieur Jean Marie Emmanuel Jacques
DELPÊCHE le droit d'intenter ultérieurement une action en dommages intérêts ;
Ordonne l'exécution provisoire sans caution de la présente sentence ; Condamne
le sieur Willam DOLCÉ aux frais et dépens de l'instance ; Commet l'huissier Paul
CHARLES pour la signification et l'exécution de la présente décision de justice
Ainsi jugé et prononcé par nous, Magistrat Sandy ALEXIS, Juge de Paix de
Pétion-Ville en audience ordinaire, civile et publique du vendredi huit décembre
deux mille vingt trois
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi...etc...
Fritzcien ST THOMAS, Greffier
ce qui a conduit au massacre de quelque 2
000 civils.
Enfin, il a trahi les Palestiniens lorsqu’il
a négocié un traité de paix entre le
président égyptien Anouar el-Sadate et le
Premier ministre israélien Menahem Begin
en 1979, connu sous le nom d’accords de
Camp David. L’accord exclut l’Organisation
de libération de la Palestine des négociations.
Malgré ses promesses à Carter, Israël
n’a jamais tenté de résoudre la question
palestinienne avec la participation de la Jordanie
et de l’Égypte. Il n’a pas permis aux
Palestiniens de s’autogouverner en Cisjordanie
et à Gaza dans les cinq ans. Il n’a pas
mis fin aux colonies israéliennes, un refus
qui a conduit Carter à prétendre plus tard
que Begin lui avait menti. Mais comme l’accord
ne prévoyait aucun mécanisme pour sa
mise en œuvre et que Carter n’était pas disposé
à défier le lobby israélien pour imposer
des sanctions à Israël, les Palestiniens se
sont retrouvés, une fois de plus, impuissants
et abandonnés.
Il faut reconnaître que Carter a nommé
Patricia Derian, militante des droits civiques,
au poste de sous-secrétaire d’État aux droits
de l’homme et aux affaires humanitaires, ce
qui a conduit au blocage des prêts et à la
réduction de l’aide à la junte militaire en Argentine
pendant la sale guerre, restrictions
que Reagan a supprimées. L’engagement de
Derian en faveur des droits de l’homme était
authentique. Il a soutenu le dirigeant philippin
Benigno S. Aquino Jr. et le dissident et
ancien président sud-coréen Kim Dae-jung.
Carter lui a permis de mettre en colère certains
de nos alliés les plus répressifs. Mais
sa politique des droits de l’homme, avec
des allusions à un soutien au tiers monde,
était principalement destinée à soutenir les
dissidents pro-occidentaux et les syndicats
financés par la CIA et le Vatican en Europe
centrale et orientale, en particulier en Pologne,
dans le but d’affaiblir l’Union soviétique.
Carter avait une décence qui manque
à la plupart des politiciens, mais les croisades
morales qu’il a entreprises une fois sorti
du pouvoir ressemblent à une forme de
pénitence. Son bilan en tant que président
est sanglant et désastreux, mais pas autant
que celui des présidents qui lui ont succédé.
C’est le meilleur que l’on puisse dire de lui.
La Haine 5 janvier 2025
AVIS JUDICIAIRE
Sur la demande de Me Venel JULLES. Le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince,
compétemment réuni en son siège ordinaire, a rendu en audience publique, ordinaire et en
ses attributions civiles de divorce, le jugement suivant: ENTRE: I) Maître Venel JULES,
Avocat au Barreau de Port-au-Prince, propriétaire, demeurant et domicilié à Pétion-Ville,
partie demanderesse d'une part. ; 2) La dame Venel JULES, née Katia SANON, demeurant
et domiciliée à Delmas, partie défenderesse, d'autre part.
PAR CES MOTIFS Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, MAINTIENT le
défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée : pour le profit, déclare fondée
ladite action; Admet en conséquence le divorce du Maître Venel JULES, d'avec son épouse
née Katia SANON pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse; Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; Ordonne à l'officier de
l'état Civil de Delmas, de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous
peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet; Commet l'huissier Emmanuel JEAN
de ce siège pour la signification de ce jugement, Compense les dépenses.
Ainsi Jugé et prononcé par nous, Nelson CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et
publique du jeudi cinq décembre deux mille vingt-quatre, en présence de Me Dominique
NOEL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort et avec l’assistance du sieur
Mozart TASSY, Greffier du siège.
Me Venel JULES, Av.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut octroyé
contre le défendeur à l'audience précitée ; pour le profit déclare fondée ladite
action, admet en conséquence le divorce de la dame Enock RENÉ, femme née
Marie Rose CARIUS, d'avec son époux Enock RENÉ pour injures graves et
publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre lesdits époux. Ordonne à l'officier de l'état Civil de la Section Est de
Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la
Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet
l'huissier Emmanuel JEAN de ce siège pour la signification de ce jugement;
Compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous Nelson CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire
et publique du jeudi douze Décembre deux mille vingt-quatre, en présence de Me
Dominique NOEL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort et avec
l'assistance du sieur MOZART TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi… etc…
14 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Perspectives
Bases militaires françaises et étrangères : retrait
concertée ou décision souveraine ?
Par Diagne Fodé Roland
Fermeture d’une base de l’armée française au Sénégal
Les patriotes panafricains se sont
réjouis à juste titre de l’expulsion
des troupes françafricaine, eurafricaine
et usafricaine du Mali, du
Burkina et du Niger, trois pays qui
ont ensuite souverainement fondé
la Confédération des États du Sahel
(AES). Le Tchad puis le Sénégal ont
par la suite annoncé le départ des
bases militaires françaises.
Jusque là, il n’y avait que des raisons
de se réjouir de ces décisions
souveraines de mettre fin à l’occupation
militaire française qui perdure
depuis les années 60 sur la base
des « accords de défense militaire
» partie intégrante des « accords
de coopération » incluant la pérennisation
du franc colonial CFA, le
monopole de l’exploitation par les
Multinationales que De Gaulle avait
imposé aux renégats de la lutte anticoloniale
faisant passer nos pays de
colonies en néo-colonies.
Mais voilà que celui qui a été
fait président de la Côte d’Ivoire
sur les chars du 43éme BIMA et du
bataillon d’infanterie de marine de
Port-Bouët piliers de l’armada occupante
française vient de jeter le trouble
lors de son message de fin d’année
en déclarant : « Nous pouvons
être fiers de notre armée dont la
modernisation est désormais effective.
C’est dans ce cadre que nous
avons décidé du retrait concerté et
organisé des forces françaises en
Côte d’Ivoire … Ainsi, le camp du
43ème BIMA, le bataillon d’infanterie
de marine de Port-Bouët, sera
rétrocédé aux forces armées de Côte
d’Ivoire dès ce mois de janvier 2025
».
Nos camarades du Parti Communiste
du Bénin (PCB) attire l’attention
sur l’audition parlementaire,
en janvier 2024, du Chef d’État-major
français des Armées (CEMA),
le général Thierry Burkhard, qui
recommandait la nécessité d’invisibiliser
l’occupation militaire de
l’Afrique par l’impérialisme françafricain,
eurafricain et usafricain ainsi
: « Nous avons des bases au Sénégal,
au Tchad, en Côte d’Ivoire et au
Gabon. Elles sont installées dans
les capitales, et même parfois enclavées
dans des aires urbaines en
expansion. Leur empreinte et leur
visibilité sont devenues difficiles
à gérer. Nous devrons sans doute
modifier notre schéma d’implantation
pour réduire nos vulnérabilités
». Et le président Macron de
préciser aux « armées françaises
» à Djibouti le 20 décembre 2024
que « Notre rôle change en Afrique
[…] parce que le monde change
en Afrique, parce que les opinions
publiques changent, parce que les
gouvernements changent... vis-àvis
desquels nous devons aider à
la formation, à l’équipement, en
renseignement, pour des opérations
spécifiques ».
Nos camarades du Parti Communiste
Révolutionnaire de Côte
d’Ivoire (PCRCI) informent que «
Créé en 1914, le 43ème Régiment
d’Infanterie (RI) est un détachement
de l’armée coloniale qui a servi
de poste pour les deux guerres mondiales,
la guerre d’Indochine, d’Algérie.
Il a été rebaptisé en 1978,
43ème BIMA (Bataillon d’Infanterie
de la Marine à Abidjan) sans
changer la mission principale à lui
assignée, à savoir, veiller sur les intérêts
des puissances impérialistes
en particulier français, surveiller les
pouvoirs néocoloniaux et intervenir
militairement si nécessaire pour
imposer l’ordre néocolonial ».
Nos camarades communistes
de Côte d’Ivoire précisent : « il
ne s’agit pas d’une décision de
Ouattara de faire partir l’armée
française, mais d’une rétrocession
du patrimoine foncier de la France
à la Côte d’Ivoire. Pour que le peuple
de Côte d’Ivoire considère que
c’est une décision de faire partir le
43ème BIMA, il eut fallu d’abord
rompre les accords de défense de
1961, qui octroient la propriété de
cette terre à la France ».
Ils ajoutent :« Basée à Port
Bouet, cette armée française, selon
les accords de défense entre la
Côte d’Ivoire et la France de 1961,
a le droit d’importer et d’exporter
tous matériels sans autorisation de
la douane. Elle a le droit de faire
des opérations militaires sur toute
l’étendue du territoire, sans autorisation
des autorités militaires
et politiques nationales ou régionales…
L’armée française, a créé
une école internationale de lutte
contre le terrorisme à Jacqueville.
De même, les militaires américains
chassés du Sahel ont eu l’autorisation
de créer une base militaire dans
la région d’Odienné, une région près
de la frontière avec le Mali et la
Guinée. La décision de récupération
du 43ème BIMA ne mentionne pas
ces autres bases militaires ».
Le PCRCI mentionne que « Le
mot d’ordre du départ sans condition
des armées françaises de Côte
d’Ivoire est devenu, depuis 2011,
un mot d’ordre du peuple de Côte
d’Ivoire en lutte pour sa souveraineté
totale. En effet, les combats
contre la rébellion de 2002 à 2011,
armée par la France, le bombardement
du palais présidentiel par
l’armée française pour déloger
Gbagbo et installé Ouattara, ont
mis à l’ordre du jour cette revendication
longtemps propagée par les
communistes et les panafricanistes
».
Important le rappel suivant du
PCRCI : « En 1958, Houphouët a dit
oui à la communauté pour tuer le
désir d’indépendance et le panafricanisme.
Aujourd’hui ce combat
reste entier en Afrique et en Côte
d’Ivoire où il s’exprime par la violence
avec des millions de morts.
Les pays membres de la CEDEAO
ont décidé en 2014, de mettre en
place une monnaie unique non arrimée
à une quelconque monnaie.
En 2019, Alassane Ouattara propose
à grande pompe avec Macron
la création de l’ECO-CFA. Le projet
ECO, tel que voulu par les peuples
est mort… Hélas pour ces charlatans,
les peuples ont largement
gagné en maturité dans le combat
contre l’impérialisme. Le verdict
dans les rues d’Abidjan est sans
appel; cette décision est du pipeau
(une sorte d’arnaque politique) disent
les Ivoiriens ».
Il apparaît donc que la sortie
de l’actuel président Ivoirien est une
conséquence des mobilisations populaires
pour dire « Non à l’occupation
de nos pays par les bases militaires
françafricaine, eurafricaine
et usafricaine. Mais c’est là aussi
un stratagème partie prenante de
la nouvelle manœuvre néocoloniale
qui ressemble fort à une tentative de
transformer nos armées africaines
en une nouvelle « force noire de tirailleurs
» au service du maintien
de la domination et de l’hégémonie
de l’impérialisme françafricain, eurafricain,
usafricain. Ils partent tout
en restant tout comme L.S. Senghor
voulait « l’indépendance immédiate
mais pas immédiatement » avant
1960.
Le nouveau pouvoir souverainiste
du Sénégal doit clairement
adosser sa décision de faire partir
les bases militaires françaises et
étrangères à la rupture donc à l’annulation,
y compris par voie parlementaire,
« des accords de défense
» de 1960.
05 Janvier 2025
Plus de 2000 invités internationaux à l’investiture
de Nicolas Maduro !
Plus de 2000 invités internationaux
sont arrivés au Venezuela pour assister
à l’investiture du président Nicolas
Maduro vendredi 10 janvier.
Ce groupe de délégués comprend des
représentants de Gouvernements,
de mouvements sociaux et culturels
qui se sont rendus dans le pays à un
moment que le président Maduro qualifie
d’historique. Le président, président
vénézuélien a affirmé : « Nous sommes
en train d’écrire la belle et grande histoire
de ce XXIe siècle. »
Et il a souligné l’importance de
réfléchir sur les réussites obtenues ces
dernières années par le Venezuela, en
particulier dans le domaine de la croissance
économique et dans celui de la
récupération sociale.
Il a ajouté que bien qu’il affronte
les plans impérialistes de l’épidémie
fasciste, de haine, d’intolérance et
de violence », le Venezuela a réussi
à poursuivre sa route de croissance
économique et de renforcement de la
démocratie, ce qui représente « un motif
de fierté pour le pays. »
Le chef de l’État a affirmé que
le peuple vénézuélien est « guéri de
ses peurs » et prêt à aller de l’avant
dans la construction de son avenir. Il a
également souligné la nécessité d’une
« immunité spirituelle, psychologique
et politique » contre les campagnes de
haine et de division qui cherchent à
provoquer la confrontation entre les
Vénézuéliens.
Maduro a aussi souligné que
la défense des valeurs patriotiques
est une composante fondamentale de
son projet politique et que l’unité des
Vénézuéliens est cruciale pour avancer
dans l’ordre du jour national.
Et il a affirmé que la véritable
inspiration, du Venezuela vient de son
histoire et de ses grands hommes, pas
de puissance étrangère : « Notre inspiration
vient de Bolivar, pas de Washington.
» Le président a souligné que le
développement du pays doit s’enraciner
dans sa culture et ses valeurs propres
: « notre projet est sud-américain, pas
washingtonien. »
Enfin, Maduro a conclu, en disant
que l’inspiration du Venezuela « est ici,
sur notre terre, dans loque Orénoque,
» et il a confirmé sa connexion avec
l’histoire et l’héritage de personnalité,
comme Simon Bolivar comme guide
pour l’avenir du pays.
Telesur 7 Janvier 2025
Traduction Françoise Lopez
Bolivar infos 7 Janvier 2025
FRANTZ DANIEL JEAN
FUNERAL SERVICES INC.
• Funerals in All Boroughs
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Nou pale kreyòl.
5020 Foster Avenue
Brooklyn, NY 11203
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Brooklyn, NY 11236
718-257-2890
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
15
Suite de la page (12)
Idlib. James Jeffrey, un diplomate
de l’administration Trump qui s’est
révélé être l’un des principaux promoteurs
de HTS, a affirmé aux médias
américains à l’époque que Jolani
l’avait supplié : « Nous voulons être
votre ami. Nous ne sommes pas des
terroristes. Nous ne faisons que combattre
Assad. »
Dans des évaluations secrètes
réalisées sur le terrain, des contractants
britanniques ont cependant
donné une vision beaucoup plus inquiétante
de la dynamique dans la
région d’Idlib contrôlée par le HTS.
« Nous ne pouvons pas estimer le
nombre de personnes qui […] n’ont
pas rejoint Daesh ou le HTS »
Pas plus tard qu’en 2020, les
services de renseignement britanniques
inondaient Idlib d’argent pour
des projets officiellement destinés à
« saper » le HTS, tout en déplorant
l’« influence croissante » du groupe,
dont l’« impact » était, selon eux, «
susceptible d’être durable ».
En conséquence, les espions
britanniques ont averti que les « acteurs
salafistes et djihadistes » seraient
« de plus en plus considérés
comme synonymes de l’opposition à
Assad ». Dans les documents soumis
au Foreign Office, Global Strategy a
effectivement admis sa défaite, reconnaissant
qu’elle était confrontée à
des « difficultés » pour « fournir des
données crédibles qui établissent des
liens de cause à effet » de ses opérations
anti-HTS, ou tout simplement
des résultats tangibles dans le monde
réel : « Nous ne pouvons pas estimer
le nombre de personnes qui, grâce
au projet, n’ont pas rejoint Daesh ou
HTS […] il n’existe aucun moyen
rigoureux de déterminer avec certitude
dans quelle mesure leur résistance
collective à la propagande des
extrémistes violents s’est accrue.
Les services de renseignement
britanniques ont bien compris que la
montée en puissance de HTS avait annulé
tous les efforts déployés par Londres
pour neutraliser les opérations et
l’attrait d’autres groupes extrémistes
en Syrie. Les affiliés d’Al-Qaïda dans
les territoires occupés auraient non
seulement « [coexisté] avec HTS »,
mais la « domination de HTS » dans
le nord du pays aurait activement «
fourni de l’espace à HTS ».
Les services de renseignement
britanniques ont bien compris que la
montée en puissance de HTS avait
annulé tous les efforts déployés par
Londres pour neutraliser les opérations
et l’attrait d’autres groupes
extrémistes en Syrie. Les affiliés
d’al-Qaïda dans les territoires occupés
auraient non seulement « [coexisté]
avec HTS “, mais la ” domination
de HTS “ sur le nord du pays aurait
activement ” fourni un espace d’existence
aux groupes et aux individus
alignés sur [al-Qaïda] ». À partir de
ce « refuge », les éléments djihadistes
avaient toute latitude pour se concentrer
sur « des objectifs et des cibles qui
s’étendent au-delà des frontières de la
Syrie ».
En outre, ils ont conclu que la
« consolidation de l’influence du HTS
à Idlib » favorisait une « dynamique
binaire » dans laquelle le HTS et Assad
représentaient les seuls candidats
potentiels sérieux pour combler le
vide du pouvoir.
Comme on pouvait s’y attendre,
les dossiers divulgués ne contenaient
aucune réflexion sur la question
de savoir si les vastes opérations
de guerre psychologique menées par
la Grande-Bretagne en Syrie pour
diaboliser Assad et promouvoir la «
prestation de services par l’opposition
modérée » avaient pu contribuer
à cette même « dynamique binaire ».
Ce n’est pas la première fois
que les connivences de Londres profitent
aux extrémistes qui se déchaînent
en Syrie. En 2016, les services
de renseignement britanniques ont
lancé une opération visant à former
des combattants rebelles syriens «
modérés » dans une base secrète en
Jordanie. Des documents ayant fait
l’objet d’une fuite indiquent que les
entrepreneurs ayant soumissionné
pour le projet ont conclu que les militants
achemineraient inévitablement
l’aide qui leur était fournie par Londres
vers Al-Nousra, ISIS et d’autres
« acteurs extrémistes ».
Plutôt que d’abandonner ce
projet voué à l’échec, les entrepreneurs
ont décidé de « tolérer » le risque
jusqu’à un « degré raisonnable ».
Près d’une décennie plus tard,
et après avoir dépensé des dizaines
de millions de livres sterling pour
construire une opposition prétendument
modérée, le ministère britannique
des affaires étrangères est sorti
de l’ombre pour embrasser le bénéficiaire
ultime de son projet syrien secret
– Joulani, le fondateur de la filiale
d’Al-Qaïda dans le pays et ancien
chef adjoint d’ISIS – alors qu’il prend
le pouvoir à Damas. Le bilan du nouveau
dirigeant en matière de violence
sectaire épouvantable est pratiquement
oublié alors que le Premier ministre
britannique Keir Starmer, manifestement
enthousiaste, promet que
son pays va désormais « jouer un rôle
plus présent et plus cohérent dans
l’ensemble de la région ».
The Grayzone 26 décembre 2024
Traduit par Brahim Madaci
Afrique Asie 31 décembre 2024
Suite de la page (9)
Joël Édouard “Pasha” Vorbe is a
member of the Lavalas Family’s
Executive Committee.
began to from the Montana Accord
as it became clear that their principal
strategy for attaining power was to
appeal to Washington.
Fanmi Lavalas’ next move was
to support the Transitional Presidential
Council, organized in March 2024 by
CARICOM under the watchful eye of
Washington and the CORE group. As
Dr. Jemima Pierre pointed out in her
article Anatomy of an Invasion, the
members of this council were handpicked
by Washington and all had to
agree to support a foreign invasion in
the form of the Multinational Security
Support Mission (MSS).
The FL Executive Committee’s
shift towards the enlightened liberal
bourgeoisie, first observed in 2013, was
officially consummated by its decision
to join the TPC and agree to another foreign
occupation force. It was a complete
capitulation to the imperialists.
Fanmi Lavalas takes control of
dysfunctional TPC
The FL represents the TPC’s “left flank”
along with the Montana Accord.
The Montana Accord’s BSA announced
that since Jun. 7, 2024 it had
broken off all communication with its
representative on the TPC, Fritz Alphonse
Jean, accusing him of embezzling
“intelligence funds for personal
gain.”
Meanwhile, FL’s executive has
publicly criticized Leslie Voltaire, their
TPC who also occupies the rotating
presidency.
Speaking on behalf of FL’s executive
committee, Joël Édouard “Pasha”
Vorbe told journalists: ““We have asked
Leslie Voltaire to take strong measures,
including the removal of the three
councillors charged. They cannot sit on
the Council until a clear court decision
has been made.”
Interestingly, FL’s executive committee
has not criticized Voltaire for requesting
a UN occupation force. In an
October letter to the UN Secretary General,
Voltaire asked “that the MSS be
transformed into a peacekeeping mission
as soon as possible.”
Given the UN’s repressive role in
the aftermath of the 2004 coup and the
opposition of most Haitians to another
UN occupation force, Voltaire’s demand
is shocking.
Vorbe was referring to three TPC
members currently embroiled in a bribery
scandal: Smith Augustin, Louis
Gérald Gilles and Emmanuel Vertilaire.
Gilles, formerly of an FL senator,
represents the signatories of the Dec.
21 Accord, which supported Ariel Henry.
Augustin represents former Prime
Minister Claude Joseph’s EDE/RED coalition,
while Vertillaire represents former
Sen. Moïse Jean-Charles’ Pitit Desalin
(Dessalines’ Children) party.
Haiti’s Anti-Corruption Unit
(ULCC) accuses these three TPC
members of trying to extort close to
$800,000 from the former chairman
of the board of directors of the National
Credit Bank (BNC).
According to Le Nouvelliste’s
Robenson Geffrard, a source close to
the ULCC said that Vertillaire was also
accused of embezzling 1.5 million
gourdes (about $11,500) for the benefit
of the Dessalines’ Children party.
These three members, along
with ex-TPC rotating President Edgard
Leblanc Fils, are all considered to have
some connection to the PHTK and represent
the TPC’s political “right flank.”
Leblanc represents the Jan. 30
Collective, which includes PHTK President
Liné Balthazar and UNIR’s leader
Clarens Renois. (Balthazar’s PHTK
faction is also technically part of the
Montana Accord, but it never actively
participated in it.) Since completing his
tenure as TPC interim president, Leblanc
has become somewhat embattled
in both the TPC and his coalition. Balthazar
held a press conference to say that
the Jan. 30 Collective no longer supports
Leblanc and is intent on replacing
him as its TPC representative.
In sum, most of the TPC’s political
appointees are either accused of corruption
or have lost all or some support
of the political sector that nominated
them. Only FL’s Voltaire and Laurent
St-Cyr, who represents the “business
sector” (i.e. oligarchs), remain on more
or less good terms – at least publicly –
with their sponsors.
Fanmi Lavalas now leads Haiti’s
Patripoche Bourgeoisie
The current state of affairs prompted
Haïti Liberté journalist Marie Laurette
Numa to write in a recent article that
the “Patripoche [pocket oriented i.e.
greedy] bourgeoisie has somehow
secured political control of Executive
power.”
Indeed, with this new alliance
built around Prime Minister Alix Didier
Fils-Aimé and TPC president Leslie
Voltaire, the Fanmi Lavalas is shoulder
to shoulder with the oligarchs and the
Vant Bèf Info
Liné Balthazar, president of the
Haitian Bald-Headed Party (PHTK)
enlightened bourgeoisie.
Numa points out that PM Fils-
Aimé is “very close to the Inite camp
and Lespwa, directly connected to the
oligarch Dimitri Vorbe, who is also a
member of the same political movement.”
She also pointed out that it is
“clear that this new ministerial cabinet
is under the thumb of the Private Business
Sector.”
Dimitri Vorbe is the vice-president
of Sogener, a private energy company
in Haiti. Sogener’s CEO is Dimitri’s father,
Jean-Marie Vorbe, who was sanctioned
by the Canadian government.
According to the Global Affairs website,
the Canadian government believes
Jean-Marie Vorbe is “fueling the violence
and instability in Haiti through
corruption and other criminal acts and
by enabling the illegal activities of
armed gangs that terrorize the population
and threaten peace and security in
Haiti.”
Dimitri is the brother of “Pasha”
Vorbe, the FL’s current spokesperson.
Indeed, the Patripoche bourgeoisie
stands to control the TPC until the
promised elections. The current succession
plans sees Fritz Alphonse Jean taking
over in March and Laurent Saint-
Cyr in August.
Assuming Fils-Aimé stays on as
Prime Minster, the Patripoche bourgeoisie
will retain control of the interim government
until – if their plan succeeds – a
new elected government is sworn in on
Feb. 7, 2026.
The enlightened liberal bourgeoisie
– as embodied by the new Lavalas/
Inite government alliance – may have
finally won its battle against its PHTK
rival to regain control of the Haitian
State.
(To be continued)
Travis Ross is a teacher based
in Montreal, Québec. He is also the
co-editor of the Canada-Haiti Information
Project at canada-haiti.ca. Travis
has written for Haiti Liberté, Black
Agenda Report, The Canada Files,
TruthOut, and rabble.ca. He can be
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16 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
A Travers le monde
Les agriculteurs indiens sont prêts à
marcher à nouveau sur Delhi
Les agriculteurs se sont rassemblés en mars 2024 à New Delhi pour exiger
que le gouvernement respecte ses engagements envers les agriculteurs.
Photo : AIKS
Par Abdul Rahman
Un blocage a été observé dans certaines
régions de l’Inde le 30 décembre
en soutien aux agriculteurs
protestataires qui demandent au gouvernement
de mettre en œuvre un prix
de soutien minimum légal pour tous
les produits agricoles comme promis
en 2021.
Les habitants de la province du
Pendjab, dans le nord-ouest de
l’Inde, ont observé un blocage complet
le lundi 30 décembre en soutien aux
agriculteurs qui réclament un prix de
soutien minimum garanti (MSP) pour
leurs produits agricoles.
Les agriculteurs en grève affirment
également qu’ils sont à nouveau
prêts à marcher vers la capitale
nationale Delhi dans les prochains
jours si leurs revendications ne sont
pas satisfaites par le gouvernement
comme promis en 2021. L’appel à une
marche proposée intervient alors que
la grève de la faim illimitée de l’un des
dirigeants agricoles, Jagjit Singh Dallewal,
est entrée dans son 37e jour mercredi
1er janvier.
Les agriculteurs réclament un
MSP légal sur la base de la formule
C2+50% (coût total de production +
50% de profit) recommandée par un
comité nommé par le gouvernement
au milieu des années 2000 comme
l’un des moyens de rendre l’agriculture
rentable pour les agriculteurs en Inde.
Pendant ce temps, Samyukta Kisan
Morcha (SKM), un front uni de la
plupart des groupes d’agriculteurs qui
ont participé à l’agitation contre trois
lois agricoles en 2020-21, a décliné
l’invitation d’un comité de haut niveau
(HPC) constitué par la plus haute cour
de l’Inde à se joindre à sa réunion du
3 janvier. Le comité a été formé par la
Cour suprême de l’Inde (SCI) dans le
but de trouver des moyens de résoudre
le conflit entre les agriculteurs et
le gouvernement en septembre dernier.
Le SKM a rappelé à la cour qu’il
n’avait aucun rôle à jouer dans l’agitation
menée par les agriculteurs. « Les
agriculteurs se battent sur des questions
politiques avec le gouvernement
de l’Union, donc le tribunal n’a aucun
rôle à jouer » dans cette affaire, a déclaré
le SKM dans son communiqué de
presse mercredi, soulignant également
qu’il n’est officiellement pas partie
prenante de la grève de la faim actuelle.
L’agitation actuelle est menée
par une scission du SKM se qualifiant
d’»apolitique» ainsi que par d’autres
groupes organisés sous la bannière de
Kisan Mazdoor Morcha (KMM-Front
des travailleurs paysans). Des centaines
d’agriculteurs sont assis près de
l’une des frontières de la capitale nationale
depuis février 2024.
Le gouvernement du BJP refuse
encore une fois de dialoguer avec
les agriculteurs
La manifestation a été déclenchée par
le fait que le gouvernement de l’Union
dirigé par le Premier ministre Narendra
Modi n’a pas tenu sa promesse d’un
MSP légal trois ans après avoir promis
de le faire en 2021. La charte préparée
par les agriculteurs comprend également
plusieurs autres revendications.
Les agriculteurs ont déjà tenté
d’entrer dans la capitale à plusieurs reprises,
mais le gouvernement a utilisé
la force pour les en empêcher. Ils ont
déclaré qu’ils tenteraient à nouveau
d’entrer dans la capitale dans les prochains
jours.
L’histoire semble se répéter puisque
le gouvernement d’extrême droite
du Bharatiya Janata Party (BJP) dirigé
par Modi a de nouveau refusé de dialoguer
avec les agriculteurs en colère.
Ce gouvernement avait déjà été contraint
d’abandonner trois lois agricoles
pro-entreprises qu’il avait introduites
en 2020 à la suite de manifestations
qui ont duré plus d’un an menées par
les agriculteurs sous la direction du
SKM.
Les agriculteurs du SKM rappellent
depuis lors au gouvernement ses
promesses par le biais de manifestations.
Cependant, au lieu de répondre
aux préoccupations soulevées par les
agriculteurs, le gouvernement a tenté
de fuir sa responsabilité et de laisser les
tribunaux intervenir dans cette affaire.
Mercredi, le ministre indien de
l’agriculture, Shivraj Singh Chauhan, a
même déclaré que son gouvernement
accepterait tout jugement rendu par la
SCI dans cette affaire. Cependant, les
agriculteurs ont clairement fait savoir
qu’ils ne se conformeraient pas à l’ordonnance
du tribunal et qu’ils poursuivraient
leur agitation jusqu’à ce que
toutes leurs demandes soient satisfaites.
Entre-temps, le gouvernement
Modi a également présenté un projet
de « Cadre politique national sur la
commercialisation agricole (NPFAM) »
dans le but de créer un « écosystème
de commercialisation agricole compétitif
et transparent ». Les agriculteurs
en colère et le SKM se sont opposés à
cette mesure en affirmant que le NP-
FAM était similaire à trois lois agricoles
auxquelles ils s’étaient opposés et ont
forcé le gouvernement à se retirer plus
tôt.
Le SKM et l’All India Kisan
Sabha (AIKS), un parti de gauche
du SKM, ont déjà organisé des manifestations
à travers le pays contre le
NPFAM. Le SKM a également écrit au
président Draupadi Muru pour une
réunion afin de faire part de son opposition
à cette mesure.
Peoples Dispatch
2 Janvier 2025
Le Tchad réagit aux propos de Macron !
Par Amarana Malga
Les autorités tchadiennes ont réagi
ce lundi aux propos du président
français Emmanuel Macron, tenus
plus tôt dans la journée. Dans un
communiqué, le ministre des Affaires
étrangères, de l’Intégration Africaine,
des Tchadiens de l’Etranger, de la
Coopération internationale, porte-parole
du Gouvernement, Abderaman
Koulamallah, a dénoncé « une attitude
méprisante à l’égard de l’Afrique
et des Africains», affirmant
que « les dirigeants français doivent
apprendre à respecter le peuple africain
»
Le président français Emmanuel
Macron a accusé, lundi, au cours de
la conférence des ambassadeurs, certains
« gouvernants africains » d’avoir
oublié de dire merci » à la France pour
son engagement en matière de lutte
contre le terrorisme au Sahel « Je le
Le ministre des Affaires étrangères,
de l’Intégration Africaine, des
Tchadiens de l’Etranger, de la
Coopération internationale,
porte-parole du Gouvernement,
Abderaman Koulamallah
dis pour tous les gouvernants africains
qui n’ont pas eu le courage, visà-vis
de leurs opinions publiques, de
le porter, aucun d’entre eux ne serait
aujourd’hui avec un pays souverain
si l’armée française ne s’était pas
déployée dans cette région et j’ai une
pensée émue pour nos soldats qui,
parfois ont donné leur vie, et pendant
des années se sont battus »,
a-t-il lancé.
« Le Gouvernement de la République
du Tchad exprime sa vive
préoccupation suite aux propos tenus
récemment par le Président de
la République française, Emmanuel
Macron, qui reflètent une attitude
méprisante à l’égard de l’Afrique et
des Africains », indiquent les autorités
tchadiennes en réaction, dans
le communiqué consulté par Anadolu.
Abderaman Koulamallah a en
outre rappelé que le Tchad « n’a aucun
problème avec la France en tant
que nation ni avec le peuple français,
avec lequel il partage une histoire
marquée par des relations humaines
et culturelles ». Cependant, dit-il « les
Le Rapporteur spécial
des Nations unies pour
la Palestine appelle à un
boycott médical mondial
contre Israël
Point de presse de Francesca Albanese, rapporteur spécial sur la situation
des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés au siège de
l’ONU à New York le 27 octobre 2022.
Dans une déclaration relayée par plusieurs
médias, Francesca Albanese
a accusé Israël de mener un «génocide»
à Gaza. Elle appelle les professionnels
de santé du monde entier à
rompre leurs liens avec l’Éta hébreu
en réponse à la destruction du système
de santé palestinien et à l’arrestation
controversée du docteur Hussam Abu
Safiya.
Lundi 30 décembre 2024, le Rapporteur
spécial des Nations unies
pour la Palestine, Francesca Albanese,
a publié un appel clair sur le réseau social
X: «J’exhorte les professionnels de
la santé du monde entier à chercher à
rompre tous les liens avec Israël comme
moyen concret de dénoncer avec
force la destruction totale par Israël du
système de santé palestinien à Gaza,
un outil essentiel de son génocide en
cours», a-t-elle indiqué. Cette déclaration
intervient dans un contexte où
les infrastructures médicales de Gaza
sont systématiquement ciblées par les
frappes israéliennes, exacerbant une
crise humanitaire déjà désastreuse.
Les accusations contre Israël incluent
la destruction de l’hôpital Kamal
Adwan, le dernier établissement opérationnel
dans le nord de Gaza, désormais
rendu inopérant après des semaines
d’attaques. Le directeur de cet hôpital,
le docteur Hussam Abu Safiya, a été
arrêté par les forces israéliennes. Selon
Truthout, Safiya serait détenu dans
un centre connu pour des pratiques de
torture à l’encontre des Palestiniens.
L’Organisation mondiale de la santé
(OMS) a exprimé son inquiétude, appelant
Israël à «libérer immédiatement»
le médecin, dont l’état reste inconnu à
ce jour.
dirigeants français doivent apprendre
à respecter le peuple africain et
reconnaître la valeur de ses sacrifices
», affirmant que « l’Afrique, y compris
le Tchad, a joué un rôle déterminant
dans la libération de la France
lors des deux guerres mondiales, un
fait que la France n’a jamais véritablement
reconnu ».
Et de poursuivre que « les sacrifices
immenses consentis par les
soldats africains pour défendre la
liberté de la France ont été minimisés,
et aucun remerciement digne
de ce nom n’a été exprimé », avant
de souligner que la construction de
l’armée tchadienne n’est pas l’œuvre
de la France.
« Notre armée, forte et résiliente,
est le fruit de la bravoure du
peuple tchadien et des sacrifices consentis
avec des moyens modestes »,
Israël justifie ses actions en affirmant
que l’hôpital Kamal Adwan servait
de base de commandement pour
le Hamas, accusations non prouvées,
selon les organisations humanitaires.
Amnesty International a dénoncé ces
arrestations et demandé la libération
immédiate des Palestiniens détenus
arbitrairement. «Les hôpitaux et les
travailleurs de la santé ne sont pas des
cibles», a rappelé l’organisation.
Francesca Albanese insiste sur
la responsabilité des leaders mondiaux
face à ces actes qu’elle qualifie
de «génocidaires». Dans des propos
rapportés par Euro-Med Monitor, une
organisation indépendante à but non
lucratif pour la protection des droits de
l’homme, elle déclare: «Les Palestiniens
doivent être protégés, en particulier
ceux qui, comme le docteur Abu Safiya,
incarnent l’humanité dans des conditions
inhumaines». Sa prise de position
s’accompagne d’un appel à une
enquête internationale sur les attaques
israéliennes contre les infrastructures
médicales.
De nombreuses voix se sont
jointes à cette dénonciation. Le directeur
général de l’OMS, Tedros Adhanom
Ghebreyesus, a déclaré: «L’hôpital
Kamal Adwan est hors service après le
raid, l’évacuation forcée des patients et
la détention de son directeur. Nous demandons
sa libération immédiate».
Cette demande s’ajoute à celles
d’autres organisations, comme Euro-Med
Monitor, qui affirme que la destruction
de l’hôpital est une violation
flagrante du droit humanitaire international.
RT 1 janvier 2025
souligne le porte-parole du Gouvernement
tchadien. « La France n’a
jamais doté l’armée tchadienne de
manière significative ni contribué
à son développement structurel. En
60 ans de présence, marqués par
des guerres civiles, des rébellions et
une instabilité politique prolongée,
la contribution française a souvent
été limitée à des intérêts stratégiques
propres, sans véritable impact durable
pour le développement du peuple
tchadien » a-t-il affirmé.
« Au lieu de s’en prendre à l’Afrique,
le Président Macron devrait
concentrer ses efforts sur la résolution
des problèmes qui préoccupent
le peuple français», a conclu le ministre
tchadien.
Agence Anadolu
07 janvier 2025
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
17
Ousmane Sonko conteste la déclaration de Macron
Emmanuel Macron et Ousmane Sonko
Le Premier ministre sénégalais
Ousmane Sonko commentant
la déclaration d’Emmanuel
Macron sur le retrait de l’armée
française d’Afrique. Sonko a contesté
la déclaration de Macron,
soulignant que la décision du
Sénégal était entièrement souveraine
et indépendante de toute
négociation avec la France.
Sonko a déclaré: «Aucune
discussion ou négociation n’a eu
lieu jusqu’à aujourd’hui et la décision
prise par le Sénégal n’est
que sa propre volonté en tant que
pays libre, indépendant et souverain.»
En outre, il a souligné:
« La France n’a ni légitimité ni
capacité à assurer la sécurité
en Afrique.» Il a rappelé que la
France avait contribué à la déstabilisation
de certains pays africains,
comme la Libye, ce qui avait
des conséquences désastreuses
pour la stabilité et la sécurité du
Sahel.
Le Premier ministre a
souligné l’injustice envers les soldats
africains qui ont combattu
pour la France pendant La seconde
guerre Mondiale: «Sans soldats
africains souvent mobilisés
de force, la France resterait peutêtre
encore sous contrôle allemand.
« Cette déclaration a été un
rappel des sacrifices que l’armée
africaine a faits pour la France,
des sacrifices que Sonco estime
aujourd’hui injustement oubliés.
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7 janvier 2025
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18 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Venezuela : Qui sera président le 10 janvier ?
Par Guillermo Cieza
La politique vénézuélienne réserve
toujours des surprises. Cette fois, les
préparatifs qui se font dans le pays
pour que Nicolas Maduro assume son
troisième mandat se heurtent à des
informations qui arrivent de l’étranger
et disent que Edmundo Gonzalez
annonce qu’il va se programmer président.
Comme l’a déjà démontré l’opération
« Juan Guaido », les fictions
politiques ont une limite. Le nuage
médiatique qui obscurcit la réalité
vénézuélienne permet de dessiner les
fantaisies les plus inquiétantes mais
ensuite, il faut affronter des réalités
plus urgentes, comme gouverner un
pays à rebrousse-poil de l’opinion
de la majorité, des pouvoirs institutionnels
et de la décision des forces
armées. La politique de blocus et de
sanctions imposée par les États-Unis
et l’Union européenne a frappé le
peuple vénézuélien et le chavisme qui
gouverne depuis 25 ans mais n’a pas
contribué à organiser une opposition
prestigieuse et fiable pour la majorité
de la population.
Le contexte politique actuel du
pays n’est pas favorable à l’opposition.
Le Venezuela est passé pendant
des années par des situations à la limite
de l’absence d’approvisionnement
et a eu des taux de pauvreté qui ont
atteint 75 %. Mais depuis deux ans,
il a une croissance économique avec
des indices au-dessus des autres pays
d’Amérique latine, à l’exception du
Guyana. Pour cette année, la CEPAL
avait prévu 6 % de croissance mais
elle dépasse les 8 %. Cette croissance
a permis, par exemple, aux indices de
pauvreté d’être équivalent à ceux de
l’Argentine (environ 50 %) mais avec
des chiffres de pauvreté extrême qui
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Le président élu du Venezuela Nicolas Maduro
sont la moitié de ceux de notre pays.
À Caracas, on ne trouve pas, comme
à Buenos Aires et dans d’autres
grandes villes argentines, de familles
qui vivent dans la rue. Le Venezuela
a aussi amélioré considérablement sa
sécurité. Il avait été l’un des pays qui
avait le plus fort indice de criminalité
en Amérique du Sud, et il est devenu
un pays très calme. Avec un indice
de 3,49 homicides pour 100 000 habitants,
il est très loin de la Jamaïque
(56), de l’Equateur (27), du Mexique
(26), de la Colombie (25) et du Brésil
(20). L’Argentine, avec 4 pour 1000
habitants est aussi un pays moins sûr
que le Venezuela. Le Venezuela a aussi
amélioré l’indice GINI qui mesure les
inégalités de revenus. Avec un indice
de 0,41, il est moins inégal que l’Argentine
qui a un indice de 0,435 et
beaucoup moins que le Brésil qui a un
indice de 0,52.
Les opinions politiques continuent
à diviser la société vénézuélienne
mais la majorité des habitants du pays
ne discute plus de ce qui s’est passé
aux élections présidentielles. Aujourd’hui,
son attention est fixée sur les
fêtes et elle est préoccupée par ce que
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peut leur réserver le Gouvernement de
Trump qui sera investi le 20 janvier.
Avec enthousiasme ou à contrecœur,
ils sont convaincus qu’il y aura Maduro
pour six ans de plus.
Le discrédit de l’opposition
vénézuélienne est énorme. La dernière
manifestation convoquée par Maria
Corina Machado sur la place de la
Candelaria n’a pars rassemblé plus de
300 personnes. La menace d’actes de
sabotage ou d’attentats réalisés par
une partie des anciens dirigeants qui
vivent en exil à Miami ou en Espagne
renforce le Gouvernement qui est fermement
engagé dans la défense de la
paix et de la tranquillité.
La déception à cause de la direction
politique de l’opposition s’est
également étendue à ce qu’il reste de
la bourgeoisie locale. Ils leur ont sans
arrêt promis de chasser Maduro du
Gouvernement et ensuite d’aborder
les mesures les plus diverses, mais ils
n’ont obtenu que des échecs. FEDE-
CAMARAS et d’autres organisations
patronales qui étaient présentes lors
de la tentative de coup d’Etat de 2002
et ont accompagné ensuite d’autres
tentatives ratées, semblent résignées à
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la survie du chavisme à la présidence
et, actuellement, cherchent plus à
gagner des positions dans la politique
économique du Gouvernement, qu’à
se joindre aux désirs de l’étranger.
Le plan d’imposer un gouvernement
depuis l’étranger dans une
portion du territoire (Zulia) qui se
séparerait de l’État national en prêtant
serment devant une assemblée nationale
dont le mandat est caduc depuis
des années semble une manœuvre insensée.
Mais on a vu qu’en politique
international, tout est permis. Ce qui se
passe au Moyen-Orient démontre que
peu importent les raisons des enjeux
politiques, ce qui compte, ce sont les
forces pour les imposer.
Il y a quelques mois, le parti au
pouvoir s’inquiétait beaucoup de cette
possibilité, ce qui l’a amené à renforcer
les contrôles aux frontières et à se focaliser
sur les déplacements des bandes
paramilitaires colombiennes qui circule
entre les deux pays et sur la possibilité
que des mercenaires de différents pays
entrent au Venezuela. C’est dans cette
situation qu’a été arrêté le chef argentin
Nahuel Agustín Gallo, aujourd’hui
soumis aux tribunaux vénézuéliens,
accusé d’espionnage et de faire partie
de groupes qui sont entrés dans le
pays pour provoquer la déstabilisation
politique. La menace de l’opération
Zulia reste présente, mais à mesure
que les jours passent et que le jour de
la proclamation du président approche,
cette possibilité semble plus lointaine.
Dans la remontée économique,
les chiffres commencent à ressembler à
ceux des années 2015–2016, quand la
crise a commencé à se renforcer après
avoir touché le fond en 2021. Mais le
Venezuela est un pays qui a changé. Il
est passé d’une dépendance de 80 %
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aux aliments importés à une autosuffisance
de 80 %. La capacité industrielle
qui était tombée à 8 %, aujourd’hui
est remontée à 45 %. L’augmentation
des exportations de pétrole d’environ
16 % en 2024 a été accompagnée par
l’augmentation de 6 % d’autres productions.
Le Gouvernement semble avoir
pris note du fait que la centralisation
excessive des décisions, le secret, une
gestion bureaucratique de certaines de
ses fonctionnaires, la recherche permanente
d’alliances avec des entreprises
privées aux antécédents douteux, plus
la persécution arbitraire de dirigeants
communautaires qui avaient exprimé
des revendications ou des dénonciations
avaient détérioré l’adhésion de
la base chaviste. La revalorisation du
ministère des communes et les convocations
successives des communes
par le président ont permis de rétablir
des attentes et des avancées avec un
secteur stratégique de l’organisation
territoriale qui peut apporter beaucoup
à la production.
Au-delà des alliances de circonstance,
la plus grande force du
chavisme a toujours été la présence
du peuple dans la rue. Même aux pires
moments de la crise, il n’a jamais perdu
contre l’opposition sur cette scène.
Le 10 janvier 2025, au Venezuela,
débutera un nouveau cycle
présidentiel pour le chavisme. Si cela
n’arrive pas, ce ne sera pas du fait du
peuple vénézuélien et grâce à lui mais
du fait des États-Unis et grâce à eux.
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Résumé latino-américain
2 janvier 2025
Traduction Françoise Lopez
Bolivar Infos 3 Janvier 2025
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025
Haiti Liberté
19
Les larmes de nos enfants !
Malak Mattar (Gaza, Territoire palestinien occupé), Vol prématuré, 2023.
Galal Yousif Goly, Soudan, Sans titre, 2024. (Via Tricontinental : Institute
for Social Research)
Malak Mattar, Gaza, Territoire
palestinien occupé, Tiger Embracing
the Boy, 2024.
Par Vijay Prashad
De la Palestine au Soudan, les guerres
impérialistes détruisent la vie d’enfants
innocents, laissant des blessures physiques
et psychologiques à long terme sur
ceux qui survivent.
Une étude est sortie en décembre qui
m’a fait pleurer. Intitulée Étude des
besoins : Impact de la guerre à Gaza sur
les enfants vulnérables et leurs familles,
elle a été menée par le Centre de formation
communautaire pour la gestion des crises
(CTCCM) à Gaza. Écrite dans un style clinique,
rien dans le langage n’aurait dû
m’affecter autant. Mais les conclusions de
l’étude étaient choquantes. Voici quelques
faits bruts :
79 % des enfants de Gaza souffrent
de cauchemars. 87 % d’entre eux éprouvent
une peur intense. 38 % des enfants
déclarent faire pipi au lit. 49 % des personnes
qui s’occupent d’eux ont déclaré
que leurs enfants pensaient qu’ils allaient
mourir pendant la guerre. 96 % des enfants
de Gaza pensaient que la mort était
imminente. En termes simples, chaque
enfant de Gaza a le sentiment qu’il va
mourir.
Cet article, mon premier de 2025,
aurait pu s’arrêter après cette dernière
ligne. Que faut-il dire de plus ? Mais il y a
encore beaucoup à dire.
En mars 2024, le Comité des droits
de l’enfant des Nations Unies a publié une
déclaration cinglante sur la guerre au Soudan
entre les forces armées soudanaises et
Ismail Shammout, Gaza,
Territoire palestinien occupé,
Nous ne partirons pas, 1987.
(Via Tricontinental : Institut de
recherche sociale)
les forces paramilitaires de soutien rapide,
toutes deux soutenues par diverses puissances
étrangères.
Cette déclaration contenait ses propres
faits marquants : 24 millions d’enfants
au Soudan – près de la moitié de la
population totale du pays de 50 millions –
risquent une « catastrophe générationnelle
». 19 millions d’enfants ne sont pas scolarisés.
4 millions d’enfants sont déplacés.
3,7 millions d’enfants souffrent de malnutrition
aiguë.
Le premier point fait référence à la
totalité des enfants du Soudan, qui sont
tous exposés à une « catastrophe générationnelle
».
Ce concept, qui a été utilisé pour la
première fois par les Nations Unies pour
décrire le traumatisme et les revers subis
par les enfants en raison des confinements
liés au Covid-19, signifie que les
enfants du Soudan ne se remettront pas
de l’épreuve que la guerre leur a infligée.
Il faudra des générations avant que
quelque chose qui ressemble à la normalité
ne revienne dans le pays.
Une étude scientifique de 2017 a
révélé que les traumatismes profonds de
l’enfance peuvent marquer une personne
à la fois physiquement et psychologiquement.
Les traumatismes réorientent le
système nerveux en développement des
enfants, les rendant extrêmement alertes
et anxieux même des décennies plus tard.
Ce processus, écrivent les auteurs,
génère un mécanisme appelé « traitement
amélioré des menaces ». Il n’est pas étonnant
que des études sur les enfants ayant
vécu des guerres antérieures montrent
qu’ils souffrent de manière disproportionnée
de problèmes médicaux, notamment
de maladies cardiaques et de cancer.
En mars 2022, cinq médecins d’Afghanistan,
d’Inde, d’Irlande et du Sri Lanka
ont écrit une lettre sincère au Lancet
dans laquelle ils rappelaient au monde le
sort des enfants d’Afghanistan.
En 2019, tous les enfants d’Afghanistan
étaient nés et avaient grandi
pendant la guerre. Aucun d’entre eux
n’avait connu la paix. Les auteurs ont
noté que « les études sur les interventions
psychothérapeutiques chez les enfants et
les adolescents afghans sont rares et les
preuves qu’elles ont produites sont de
faible qualité ».
Ils ont donc proposé un plan de
soins de santé intégré pour les enfants
afghans qui s’appuierait sur les soins de
télésanté et sur des professionnels non
médicaux. Dans un autre monde, ce plan
aurait pu être débattu.
Une partie des fonds qui ont enrichi
les marchands d’armes pendant cette
guerre aurait plutôt été dépensée pour
réaliser ce plan. Mais ce n’est pas la voie à
suivre dans notre monde.
Cette déclaration sur les marchands
d’armes n’est pas faite en l’air. Selon une
fiche d’information de décembre 2024 de
l’Institut international de recherche sur la
paix de Stockholm (SIPRI), les 100 plus
grandes entreprises mondiales de production
d’armes et de services militaires
ont augmenté leurs revenus combinés
d’armes de 4,2 % en 2023, atteignant le
chiffre stupéfiant de 632 milliards de dollars.
Cinq entreprises basées aux États-
Unis ont représenté près d’un tiers de ces
revenus. Ces 100 entreprises ont augmenté
leurs revenus totaux d’armes de 19
% entre 2015 et 2023.
Bien que les chiffres complets pour
2024 ne soient pas encore disponibles,
si l’on examine les déclarations trimestrielles
des principaux marchands de mort,
leurs revenus ont encore augmenté. Des
milliards pour les fauteurs de guerre, mais
rien pour les enfants qui naissent dans des
zones de guerre.
En 2014, les bombardements israéliens
sur Gaza ont entraîné la mort
d’enfants innocents. Deux incidents
survenus en juillet ont particulièrement
touché la région. Tout d’abord, Israël a tiré
un missile qui a touché le Fun Time Beach
Café (Waqt al-Marah) à Khan Younis à 23
h 30 le 9 juillet.
Dans le café, une structure de fortune
située à environ 30 mètres de la
mer Méditerranée, plusieurs personnes
s’étaient rassemblées pour regarder la
demi-finale de la Coupe du monde de la
FIFA 2014 entre l’Argentine et les Pays-
Bas. Ils étaient tous de fervents fans de
football.
Le missile israélien a tué neuf
jeunes : Musa Astal (16 ans), Suleiman
Astal (16 ans), Ahmed Astal (18 ans),
Mohammed Fawana (18 ans), Hamid
Sawalli (20 ans), Mohammed Ganan (24
ans), Ibrahim Ganan (25 ans) et Ibrahim
Sawalli (28 ans).
Ils n’ont jamais pu voir l’Argentine
remporter le match aux tirs au but ni voir
l’Allemagne remporter le tournoi dans un
match tendu quelques jours plus tard.
Les bombardements israéliens,
quant à eux, n’ont pas faibli. Trois jours
plus tard, le 16 juillet, plusieurs garçons
jouaient au football – comme s’ils rejouaient
la Coupe du monde sur la plage
de Gaza – lorsqu’un navire de la marine israélienne
a tiré d’abord sur une jetée, puis,
alors que les garçons fuyaient l’explosion,
sur les garçons.
Israël a tué quatre d’entre eux – Ismail
Mahmoud Bakr (9 ans), Zakariya
Ahed Bakr (10 ans), Ahed Atef Bakr (10
ans) et Mohammad Ramez Bakr (11 ans)
– et en a blessé d’autres.
Le bombardement israélien de Gaza
en 2014 a tué au moins 150 enfants au
total. Lorsque l’organisation de défense
des droits de l’homme B’Tselem a produit
une publicité pour diffuser les noms
des enfants à la télévision israélienne,
l’Autorité israélienne de radiodiffusion l’a
interdite.
Le poète britannique Michael Rosen
a répondu aux meurtres et à l’interdiction
avec le magnifique poème « Ne mentionnez
pas les enfants ».
Ne mentionnez pas les enfants.
Ne nommez pas les enfants morts.
Mahoud Ahmad, Irak, titre inconnu, « Ahmad 9 », 1976.
Pacita Abad, Philippines, Water of Life, 1980. (Via Tricontinental :
Institute for Social Research)
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Luckner Brave Tax Preparer
Les gens ne doivent pas connaître
les noms des enfants morts.
Les noms des enfants doivent être
cachés.
Les enfants doivent être anonymes.
Les enfants doivent quitter ce
monde sans avoir de nom.
Personne ne doit connaître les
noms des enfants morts.
Personne ne doit prononcer les
noms des enfants morts.
Personne ne doit même penser que
les enfants ont des noms.
Les gens doivent comprendre qu’il
serait dangereux de connaître les noms
des enfants.
Les gens doivent être protégés contre
la connaissance des noms des enfants.
Les noms des enfants pourraient se
propager comme une traînée de poudre.
Les gens ne seraient pas en sécurité
s’ils connaissaient les noms des enfants.
Ne donnez pas de noms aux enfants
morts.
Ne vous souvenez pas des enfants
morts.
Ne pensez pas aux enfants morts.
Ne dites pas : « enfants morts ».
Oui, les enfants ont des noms. Nous
continuerons à nommer tous ceux dont
nous nous souvenons des noms. Nous ne
les oublierons pas.
En septembre 2024, le ministère
palestinien de la Santé a publié une liste
mise à jour des noms des Palestiniens tués
lors du génocide américano-israélien d’octobre
2023 à août 2024.
Sur cette liste figurent 710 nouveau-nés
dont l’âge est indiqué comme
zéro. Beaucoup d’entre eux venaient juste
d’être nommés. Bien que la liste soit trop
longue pour être reproduite ici, l’histoire
d’Ayssel et Asser Al-Qumsan est emblématique.
Le 13 août 2024, Mohammed
Abu Al-Qumsan a quitté son appartement
de Deir al-Balah, dans la « zone de sécurité
» du centre de Gaza, pour enregistrer la
naissance de ses jumeaux Ayssel et Asser.
Il a laissé les jumeaux à leur mère,
le Dr Jumana Arfa (29 ans), qui leur avait
donné naissance trois jours plus tôt à
l’hôpital Al-Awda de Nuseirat. Le Dr Jumana
Arfa était une pharmacienne formée
à l’université Al-Azhar de Gaza. Quelques
jours avant de donner naissance à ses enfants,
elle a publié sur Facebook un article
sur le ciblage des enfants par Israël, citant
une interview du chirurgien juif-américain
Dr Mark Perlmutter dans un puissant
segment de CBS News intitulé Children of
Gaza.
Lorsque Mohammed est revenu
après avoir enregistré les jumeaux, il a
découvert que leur maison avait été détruite
et que sa femme, ses nouveau-nés et sa
belle-mère avaient tous été tués dans une
frappe israélienne.
Ayssel Al-Qumsan.
Asser Al-Qumsan.
Nous devons donner un nom aux
enfants morts.
Tricontinental : Institute for Social
Research 2 janvier 2025
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Tel: 786-537-4986
20 Haiti Liberté
Vol 18 # 28 • Du 8 au 14 Janvier 2025