27.01.2025 Vues

COLLECT Belgique Février 2025

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COLLECT

Mensuel ne paraît pas en janvier, en juillet ni en août -8,95 € - P608061

n° 540 / février 2025

Jean Prouvé

Rêve de métal et de bois

Berlinde De Bruyckere

La marque du temps

Panamarenko

Un marché paradoxal


L’antenne belge de la maison de ventes historique ADER

Vente aux enchères de vins et spiritueux en préparation

Expertises et estimations gracieuses et confidentielles sur photographies

ou partout en Belgique sur rendez-vous, par notre expert Denis Bernard et

notre commissaire-priseur M e Octavie Bordet.

Pour inclure des vins et spiritueux dans cette vente, merci de nous contacter

à info@ader-brussels.be ou aux 0032 2 268 85 88 / 0032 493 19 27 68

ADER BRUSSELS Royal Tervuren. Avenue de Tervuren 113 – 1040 Bruxelles

photo © Claire Jachymiak


Contemporary

Art Fair

13>16 MARCH 2025

LILLE GRAND PALAIS

OFFICIAL PARTNERS

ONLINE TICKETING

lilleartup.com


FURNITURE DESIGN BY

CHRISTOPHE GEVERS (C.1980)

ARTWORK BY: JOHN LEBRUN - PHOTOGRAPHY BY MAX VICCA

Gallery Zabulum

27 rue des Minimes

Minimenstraat. 27

1000 Bruxelles - Brussel

Gallery Zabulum

Altenaken 11

3320 Hoegaarden

Tel +32 16 765400

VINTAGE DESIGN


COLLECT

Est. 1971 – février 2024 n°540

Édito

Rédacteur en Chef

Christophe Dosogne

Rédaction

Els Bracke

Christophe Dosogne

Trice Hofkens

Collaborateurs

Gilles Bechet, Tamara Beheydt,

Jean-Marc Bodson, Thijs Demeulemeester,

Gwenaëlle de Spa, Gwennaëlle

Gribaumont, Elien Haentjens, Diane

Hennebert, Ben Herremans, Anne

Hustache, Ewoud Mijnlief, Bernard Roisin,

Christine Vuegen

Vers plus de qualité et de mélange !

Mise en pages

Renaldo Candreva

Ellis De Vuyst

Administration, Rédaction, Agenda

Begijnhoflaan 464 G

9000 Gand

Tél. : 09/216.20.20

collect@ips.be

www.collectaaa.be

Publicité

Secteur Art : Joris van Glabbeek

Tél. : 09/216.20.24

collect.net@ips.be

Tout autre secteur :

MAC-Strat SRL /

Yves de Schaetzen

Tél. : 0475/82.96.00

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Librairies

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Pays d’Abonnements, Ambachtenlaan 21,

Unit 2A - 3001 Heverlee

Tél. 02/808.55.23

serviceclient@paysdabonnements.be

Belgique 52 €, Europe 90 €

Les abonnements sont à reconduction

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au minimum deux mois avant la date

d’échéance. Un abonnement offert en

cadeau se termine automatiquement

au bout d’un an. Pour un changement

d’adresse, une résiliation, un numéro

manquant, ou toute autre question,

surfez sur : www.paysdabo.be

Membre de l’Union des Editeurs

de la Presse Périodique

Pour les auteurs d’art visuel et les photographes

: © CISAC / SABAM Belgium 2025

Portrait : © Guy Kokken

Editeur responsable :

Patrick Snoeck

En couverture

Berlinde De Bruyckere, Plunder I

(détail), 2024-2025, linoléum, feuille

d’or. © de l’artiste / photo : Mirjam

Devriendt

Nulle partie de cette publication ne peut être reproduite

et/ou publiée par impression, photocopie ou

de toute autre manière que soit, sans l’autorisation

écrite de l’éditeur. Ni la rédaction ni l’éditeur ne

peuvent être tenus pour responsables des opinions

et faits contenus dans les articles signés ou les

contributions de ce magazine, lesquels n’engagent

que leurs auteurs. COLLECT ne peut être tenu pour

responsable du contenu des annonces publicitaires

publiées, la responsabilité en incombant uniquement

à l’annonceur. © Arts Antiques Auctions, Gand

Que nous réserve le marché de

l’art en 2025 ? La question est sur

toutes les lèvres, notamment parce

que les dernières semaines de 2024

furent relativement mouvementées, tant à

l’international, avec les coupes sombres et les

revirements stratégiques opérés par Sotheby’s,

que plus près de chez nous, avec la faillite

inopinée d’une des plus anciennes salles de

ventes bruxelloises, la Galerie Moderne. Si ces

événements, chacun à sa propre extrémité du

marché, n’ont naturellement rien en commun,

ils éclairent toutefois différentes facettes d’un

écosystème multiple et complexe. Empêtrée

dans un mode de fonctionnement obsolète, à

l’heure de l’omnipotence des ventes en ligne

et du numérique, dont elle n’a pas su ou voulu

prendre à temps le virage, souffrant aussi d’une

image par trop classique, pour ne pas dire

démodée, la Galerie Moderne n’a ainsi pas su

se défaire de ses vieux réflexes, quitte à réduire

la voilure au bénéfice de la qualité, ni sentir

le vent tourner en explorant de nouveaux

segments. D’autres, comme la salle liégeoise

Mosan, ont déjà fait les frais de ce tropisme

passéiste et ce n’est peut-être pas fini. Car, plus

que jamais, le marché, qu’il soit local ou international,

se veut ‘‘granulaire’’, à savoir dépendant

de la qualité de l’œuvre vendue. C’est vrai

aussi bien en art moderne et contemporain

que dans le domaine de l’ancien, longtemps

considéré comme moribond, mais qui tend à

retrouver un certain dynamisme en attirant

peu à peu les nouvelles générations. « Renouveler

et rajeunir les troupes », voilà d’ailleurs qui

devrait être une priorité absolue de tout acteur

du marché. Ainsi, à l’image des résultats obtenus,

en novembre dernier, dans les grandes

ventes d’art ancien et du XIXe siècle, les collectionneurs

de contemporain et de moderne

diversifient de plus en plus leurs portefeuilles

en se tournant vers les maîtres anciens. Pour

autant qu’on parvienne à les y intéresser, en

éduquant leur regard comme en les rendant

La réalité du marché

est qu’il n’existe et ne

fonctionne que lorsque,

loin de toute spéculation,

les collectionneurs d’art le

collectionnent vraiment

pour ce qu’il est.

ludiques, et qu’on décrypte pour eux les nombreux

avantages de leur acquisition, ainsi que

leur valeur en regard de l’art contemporain, désormais

aiguillonné par le grand retour de l’abstraction.

Si cette tendance à la diversification

semble profonde, elle demande, pour le plus

grande bénéfice de tous, à être renforcée chez

les trentenaires, notamment par l’utilisation

d’outils de communication qui les touchent, à

l’image de Tik Tok ou d’Instagram, mais aussi,

dans un marché encore miné par les faux, en

garantissant le pedigree et l’absolue authenticité

des œuvres proposées. Christie’s remarquait

ainsi que près de 80 % de ses clients ayant enchéri

sur sa dernière vente de maîtres anciens

étaient également des acheteurs d’œuvres modernes

et contemporaines, ou des collectionneurs

‘‘20/21’’, comme elle les nomme. Quant

à Sotheby’s, elle confirmait cette lame de fond

intersectorielle, qu’elle n’a eu de cesse d’encourager

depuis plusieurs années. Or, la réalité du

marché est qu’il n’existe et ne fonctionne que

lorsque, loin de toute spéculation, les collectionneurs

d’art le collectionnent vraiment pour

ce qu’il est. Et qu’il le soit en ventes publiques

ou privées, où se concentrent les plus belles

transactions, ne change rien à l’affaire. Pourvu

que l’a qualité soit au rendez-vous !

Christophe Dosogne

5


28

38

La chevalière,

un bijoux

symbolique

78

L’avis de l’expert :

des jouets

chez Jordaens

Samuel van Hoogstraten

en rétrospective

68

Panamarenko :

un marché paradoxal

42

Au fil du temps :

l’étain

« Panamarenko est

l’un des artistes les plus

aimés et les plus connus

chez les jeunes. »

6


46

Les divers visages

du rêve américain

Sommaire

Février 2025

Dossiers

Ventes

74

Jean Prouvé, un rêve de

métal et de bois

14 Berlinde De Bruyckere,

un phénomène

26 L’oeuvre révèle l’artiste :

Grace Schwindt

28 Samuel van Hoogstraten

en rétrospective

36 L’oeuvre révèle l’artiste :

Wael Shawky

38 La chevalière,

un bijoux symbolique

42 Au fil du temps : l’étain

46 Les divers visages du rêve

américain

68 Panamarenko :

un marché paradoxal

74 Jean Prouvé, un rêve de

métal et de bois

Rubriques

78 L’avis de l’expert : des

jouets chez Jordaens

82 Focus International

84 La surprise du mois : Dario

Villalba chez Bonhams

Cornette de Saint Cyr

85 Ventes en Belgique

Agendas

56 Musées

64 Galeries

106 Ventes

107 Foires & Salons

108 Salles de ventes

109 Bonnes adresses

& Petites annonces

8 Up to date

12 Personalia

24 L’artiste du mois :

Robin Wen

32 Zoom : Saul Leiter

50 La vie du conservateur :

Joris Van Grieken

52 Musées

58 Paroles de galeriste :

Plus-One Gallery

59 Galeries

72 Conseils pour les

débutants : les enchères

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7


Up to date

->

Vue du Pavillon Chinois de Laeken, janvier 2025. © D. R.

->

Léon Spilliaert, Portrait de Mademoiselle Simonne Kremer, 1937. Collection Mu.ZEE. © photo : Cedric

Verhelst

Signa temporum, ars temporis…

Léon Spilliaert et Ostende sont inextricablement

liés. Afin de faire découvrir

l’histoire de cet artistes ostendais

iconique à un large public, le Mu.ZEE, la

ville d’Ostende et l’Office du tourisme de

Flandres viennent de lancer le site www.

leonspilliaert.be S A Bruxelles, le groupe

sculpté de Victor Rousseau, intitulé La

Maturité, qui trônait depuis 1922 au cœur

d’un jardinet le long de la rue Ravenstein

a vu sa demande de classement refusée,

le 12 décembre, par la Région de

Bruxelles-Capitale, car il véhiculerait «des

valeurs qui ne sont plus en phase avec

celles de la société actuelle ». Encrassé par

la pollution et vandalisé, ce chef-d’œuvre

spectaculaire, composé de six figures en

marbre, revêt pourtant un intérêt patrimonial

indéniable, selon la Commission

Royale des Monuments et Sites (CRMS)

qui ne décolère pas contre ces arguments

fallacieux et ce wokisme imbécile. Il va

de soi qu’on annonce, en lieu et place, la

commande d’une sculpture contemporaine

« plus en phase » avec le verbatim

désormais dominant… S A Knokke, après

son installation en 2018 à l’issue de la

Triennale Beaufort, la sculpture de l’artiste

français Jean-François Fourtou, Beach

Castle, composée de cabines de plages

empilées, devait être démantelée, courant

du mois de janvier, pour raisons de sécurité.

Elle sera remplacée prochainement

par une œuvre plus pérenne. S La Galerie

Martine Ehmer vient d’annoncer son déménagement

vers Waterloo, après deux

décennies dans le centre de Bruxelles, en

un espace de 200 m². www.galeriemartinehmer.com

S L’Espace Vanderborght

accueille (du 7 au 9 février) la douzième

édition de l’exposition collaborative

Carte de Visite / ARTopentKUNST, qui

réunit plus de trois cents artistes bruxellois.

www.cartedevisite.brussels S Sur

proposition du secrétaire d’État sortant

en charge de la Régie des Bâtiments,

Mathieu Michel, le Conseil des ministres

a approuvé définitivement, le 20 décembre

dernier, la concession domaniale,

la création et la validation des statuts de

l’ASBL du Pavillon Chinois nouvellement

renommée ‘‘Palais Chinois et des pays

des routes de la soie’’, à Laeken. L’association

poursuivra deux objectifs essentiels

: d’abord le financement et le suivi

de la restauration du Pavillon Chinois, de

ses annexes, ainsi que ses équipements

futurs, son entretien et son animation en

coordination avec les services compétents.

Ensuite la garantie du fonctionnement

et la qualité de la nouvelle affectation

du Pavillon Chinois, orientée à la fois

vers une activité culturelle, des objectifs

diplomatiques et l’entretien des relations

amicales entre des entreprises et institutions

belges et asiatiques. S A Tervuren,

8


UP TO DATE

->

L’installation des œuvres d’Ernesto Neto au Bon Marché Rive Gauche. © photo : Stéphane Aboudaram

Nadia Nasayi, en charge de la programmation

culturelle de l’Africa Museum,

critiquant sa hiérarchie, s’est dite prête à

démissionner si l’institution n’entamait

pas rapidement un vrai travail de questionnement

sur son héritage colonial et sa

légitimité future. www.africamuseum.be

S Cinquante ans après sa création, Milan

inaugurait enfin, le 7 décembre, son nouveau

musée d’art moderne et contemporain.

Sis au sein du Palazzo Citterio, impressionnante

bâtisse du XVIIIe siècle, ce

nouveau musée fait partie du complexe

culturel Grande Brera, qui comprend la

Pinacothèque, la Bibliothèque et d’autres

institutions voisines. Il abrite une importante

collection d’œuvres, notamment de

Picasso, Morandi, Boccioni et Modigliani,

et vise à rivaliser avec les grands centres

culturels comme Florence et Rome. www.

palazzocitterio.org S L’Arabie saoudite

s’est engagée à verser 50 millions d’euros

pour la rénovation du Centre Pompidou à

Paris, marquant ainsi une étape importante

dans le partenariat culturel croissant

entre les deux nations. Cette injection de

fonds soutient la rénovation du Centre

Pompidou, d’une valeur de 262 millions

d’euros, qui débutera en mars prochain.

Elle s’inscrit dans le cadre d’un partenariat

culturel de dix ans entre l’Arabie saoudite

et la France. Dans le cadre de cet accord,

cette dernière l’aidera à mener à bien

plusieurs initiatives culturelles, dans les

efforts du pays pour améliorer son image

internationale et diversifier son économie.

S A Paris, avant d’investir le Grand Palais

à l’été prochain, le sculpteur brésilien

Ernesto Neto (1964) vient d’envahir les

espaces du Bon Marché Rive Gauche

(jusq. 23-02). Son exposition, intitulée

Le La Serpent, se compose de plusieurs

structures monumentales en crochet.

www.lebonmarche.com

Excellent bilan

pour Piasa

->

Frédéric Chambre, directeur général de la maison de ventes Piasa.

© photo : Jonathan Dureisseix

Dans une perspective globale, plutôt positive pour les

salles de ventes françaises contrairement à leurs consœurs

anglo-saxonnes, la salle Piasa, qui inaugurait en janvier

son antenne belge, dirigée par Sabine Mund, tire largement

son épingle du jeu. Son directeur général, Frédéric

Chambre, explique : « Piasa enregistre depuis 2019,

chaque année, une croissance positive. Cette année 2024

a confirmé cette tendance avec un résultat de près de 65

millions d’euros d’adjudication (frais acheteurs inclus),

en progression de 8 % par rapport à l’année 2023. » Les

deux départements les plus importants de la salle sont,

respectivement, le design (39 millions d’euros, en progression

de 11 %) et l’art moderne et contemporain (18 millions

d’euros, en progression de 7 %). A noter également une

croissance soutenue dans le domaine des bijoux et de

l’horlogerie (3 millions d’euros). Comment expliquer cette

insolente santé ? Outre une attention élevée accordée à la

qualité irréprochable des lots proposés, de même qu’une

diversification des segments de marché, au sein même

de ses spécialités, notamment le design, à contre-courant

de ses rivales, la salle considère qu’il ne faut pas tout

miser sur le digital et que les catalogues imprimés, qu’elle

continue d’envoyer de manière sélective, demeurent aussi

des vecteurs de communication importants, qui attirent

de nouveaux clients et contribuent à son rayonnement

international. www.piasa.fr

9


UP TO DATE

->

La Galerie

Moderne

en faillite

Début janvier, la salle de vente bruxelloise

Galerie Moderne, entreprise

familiale fondée en 1935, se déclarait

en faillite. Toutes les ventes à venir

sont donc annulées. Pour cette

enseigne incontournable du maillage

des enchères à Bruxelles, le second

semestre 2024 a été une période

particulièrement difficile, notamment

quant à la quête d’œuvres de qualité

et de grandes collections. Qui plus est,

outre la concurrence de ses consœurs

belges et des salles étrangères, nombreuses

dans la capitale, l’explosion

du commerce en ligne depuis la pandémie

a contribué à miner un modèle

économique vieillissant. Totalement

inattendue, cette faillite a provoqué

un grand émoi dans le landerneau,

à un moment où le marché traverse

d’importantes turbulences avec des

perspectives d’avenir incertaines. NB :

La Galerie Moderne étant désormais

sous curatelle, le paiement des lots

vendus jusqu’en décembre 2024 a

été interrompu jusqu’à nouvel ordre !

www.galeriemoderne.be

Sombres perspectives

pour Sotheby’s

->

Les tous nouveaux bureaux de Sotheby’s, à Paris. © D. R.

Depuis le printemps 2024, l’auctioneer Sotheby’s

a licencié près de deux cents collaborateurs

à l’échelle mondiale. Si les victimes sont,

pour la plupart, des employés de back office,

des juniors et des spécialistes de différents

départements, nombre de directeurs et de

managers, notamment en Belgique, ont

été la cible de ces coupes sombres, opérées

alors que la maison de vente, propriété de

l’homme d’affaires franco-israélien Patrick

Drahi (groupe Altice), avait été recapitalisée,

fin novembre, par le fonds souverain d’Abou

Dhabi, à hauteur d’1 milliard de dollars. Une

grande partie de cet investissement aurait

toutefois déjà été utilisée pour rembourser

une partie de la dette fixe de 1,65 milliard

de dollars liée aux activités de vente aux enchères

de Sotheby’s. Selon The Art Newspaper,

ces licenciements, attribués par l’auctioneer

aux conditions difficiles du marché,

auraient fait d’emblée partie des négociations

avec les investisseurs émiriens. En novembre,

pour rappel, Sotheby’s avait enregistré une

baisse significative des revenus de ses ventes

phares de New York, en art impressionniste

et moderne, chutant à 533,1 millions

de dollars, contre 1,2 milliard de dollars en

2023. En outre, un rapport ayant fait l’objet

d’une fuite a révélé une baisse de 88 % des

bénéfices de base et une diminution de 25 %

des enchères pour le premier semestre 2024.

Sotheby’s aurait également été confrontée à

des difficultés de trésorerie, malgré le rachat

de son siège new-yorkais pour 100 millions de

dollars (l’équivalent de ce qu’elle chercherait

à économiser) et l’ouverture de nouvelles

succursales, à Hong Kong et Paris. En outre,

l’introduction, l’an dernier, d’une nouvelle

structure de frais, ayant réduit la prime des

acheteurs en faveur d’un transfert des coûts

vers les vendeurs, n’a fait qu’amplifier les

difficultés de la société, devenue moins

attractive au sourcing. Depuis, celle-ci a fait

marche arrière, revenant à des conditions

d’honoraires ‘‘sur mesure’’ pour les vendeurs,

et fixant la prime pour l’acheteur entre 15

à 27% du prix d’adjudication. Pour autant,

l’avenir n’apparaît guère serein…

Un Jordaens retrouvé en France

->

Jacob Jordaens, une version du Retour de la

Sainte Famille d’Egypte dans les collections

des musées d’Etat de Berlin. © IRPA

Un tableau du peintre baroque flamand Jacob Jordaens (1593-1678), Le retour de la Sainte

Famille d’Égypte, a été retrouvé chez un antiquaire décédé, dans le sud de la France. Il avait

été volé à une famille juive d’Anvers durant la Seconde Guerre mondiale, qui en a donc

repris possession 80 ans plus tard. L’historien de l’art Brecht Vanoppen du Rubenianum a

confirmé le pedigree de cette œuvre volée. Jordaens fut l’un des grands maîtres flamands,

aux côtés de Rubens et Van Dyck. La rumeur veut que Fernand Huts (Phoebus Foundation)

serait particulièrement intéressé par son acquisition.

10


UP TO DATE

Dans l’intimité

des salons

spécialisés

S ARTISTS PRINT, salon indépendant des

livres d’artistes et des multiples, est organisé

pour la seizième fois par Jeunesse et

Arts Plastiques (JAP) en la Maison des Arts

de Schaerbeek. Les 1er et 2 février, plus de

35 exposants sélectionnés se réunissent,

parmi lesquels des artistes et des éditeurs

de renommée internationale, ainsi que

des écoles d’art et des initiatives individuelles.

En hommage à l’artiste et architecte

Peter Downsbrough (1940-2024), décédé à

Bruxelles l’été dernier, une exposition de ses

livres emblématiques est prévue. Ce salon

indépendant est devenu une référence

pour la scène bruxelloise de la micro-édition,

des livres d’artistes et des multiples.

www.jap.be S Affordable Art Fair Brussels

revient cette année à Tour & Taxis, du 5 au

9 février. Comme son nom l’indique, cette

foire vise à démocratiser l’art contemporain

et à le rendre accessible à tous. Plus de 85

galeries, tant nationales qu’internationales,

présentent des milliers d’œuvres à des

prix abordables. Un cadre idéal pour les

collectionneurs d’art, qu’ils soient novices

ou patentés, pour découvrir les joies de la

collection. www.affordableartfair.com S La

cinquième édition du salon Art on Paper

d’Amsterdam, prévue du 6 au 9 février, se

déroule dans un nouveau lieu : le Kromhout

Hall sur l’IJ. Il accueille une quarantaine de

galeries et dix grands marchands. Venus de

->

Helmut Griese, extraordinaire service à thé en argent. Courtesy Uta König / Wavre Fine Art Fair

Belgique, on compte Coppejans, Sofie Van

Den Bussche, NQ, Settantotto et Shoobil.

www.artonpaperamsterdam.nl S Egalement

à noter, la troisième édition du salon Wavre

Fine Art Fair. Du 20 au 23 février, plus de

cinquante marchands belges et étrangers se

réuniront à nouveau à La Sucrerie de Wavre.

Parmi eux, des nouveaux venus comme

René Claeys et Christophe Adrians (Remarkable

Paintings). Pour cette édition, les

organisateurs ont sélectionné de nouvelles

spécialités telles que la broderie, les armures,

les arts de la table, des noms prestigieux

de la vaisselle et de la porcelaine françaises

ainsi que des orfèvres de renom. www.

wavrefineart.com S Du 20 février au 2 mars,

Rotterdam accueille la première édition de

sa biennale de design (Design Biennale

Rotterdam, www.designbiennalerotterdam.com).

Organisé par Liv Vaisberg,

initiatrice du salon COLLECTIBLE (Bruxelles

et New York), l’événement, qui investira une

dizaine de lieux emblématiques, souhaite

rendre compte du dynamisme de la scène

locale. S En parlant de Rotterdam, la foire

emblématique Art Rotterdam déménage

et change de date, pour se dérouler du 28 au

30 mars. Elle fêtera donc sa 26e édition dans

un nouveau lieu, plus spacieux et pouvant

accueillir un éventail diversifié de galeries,

sculptures, installations et performances.

www.artrotterdam.com

Vic Gentils à l’honneur

chez Campo & Campo

Connue comme maison de vente mais aussi comme galerie, Campo & Campo organise,

pour la 16e fois, une Triennale de sculpture. L’exposition réunit un large éventail

de techniques et célèbre la polyvalence de la sculpture sous toutes ses formes. Tous

les trois ans, une trentaine d’artistes contemporains sont ainsi invités à présenter leurs

œuvres aux côtés d’une sélection de sculptures d’artistes renommés provenant de

collections privées. Comme pour les éditions précédentes, un hommage est rendu à

un artiste disparu. Cette année, l’honneur revient à l’artiste anversois Vic Gentils (1919-

1997). Une large sélection de ses assemblages sera donc à voir (du 14-02 au 28-03).

S www.campocampo.be

->

Vic Gentils, Le roi des aigles, 1985, assemblage,

180 x 70 x 130 cm. © Campo & Campo

11


Têtes de l’Art

Lorraine O’Grady

In memoriam : Artiste, écrivaine, traductrice

et critique musicale américaine.

Lorraine O’Grady (1934) est

décédée le 13 décembre, à New York.

Travaillant dans le domaine de l’art

conceptuel et de la performance, qui

intègre l’installation photo et vidéo,

elle explorait la construction culturelle

de l’identité, et en particulier

celle de la subjectivité féminine

noire, telle qu’elle fut façonnée par

l’expérience de la diaspora africaine

et de l’hybridité.

© photo : Stefan Ruiz

Marie-Claude Beaud

In memoriam : Personnalité essentielle

de l’art contemporain, qui fut

directrice du Nouveau Musée National

de Monaco (NMNM), de 2009

à 2021, Marie-Claude Beaud (1946)

est décédée le 29 décembre, à Toulon.

Avec un parcours exceptionnel,

qui l’a conduit à diriger le Musée de

Grenoble, le Musée de Toulon, la

Fondation Cartier puis le Musée

d’Art Moderne Grand-Duc Jean

de Luxembourg (MUDAM), elle

s’était vue confier en 2005 la direction

artistique du Prix international

d’art contemporain de la Fondation

Prince Pierre. A partir de 2009,

elle avait contribué à moderniser le

NMNM qui bénéficia en 2010 d’un

nouvel espace d’exposition, la Villa

Paloma. Elle clôturait sa carrière en

2021 en présentant au public Marginalia,

sa dernière exposition dédiée

à l’art de la bande-dessinée.

© photo : Michaël Alesi

Sheikha Hoor

Al Qasimi

Oliviero Toscani

In memoriam : Le photographe italien

Oliviero Toscani, célèbre pour

son œuvre aussi culte que controversée

dans le cadre de campagnes

de publicité pour la maison italienne

de mode Benetton, est décédé

le 13 janvier, à l’âge de 82 ans. Né

en 1942, il avait longtemps dirigé

l’image controversée de la marque

de mode italienne, à l’époque de sa

période faste, dans les années 1980

et 1990. Il avait notamment réalisé

le cliché choc d’un homme mourant

du Sida (Dying on AIDS, 1992)

et une série de portraits de prisonniers

américains, dans le couloir de

la mort (Sentenced to death, 2000).

© D. R.

Top 100 : Directrice de la Biennale

de Sharjah depuis 2003 et fondatrice

de la Sharjah Art Foundation en

2009, Sheikha Hoor Al Qasimi est

arrivée en tête de la 23e édition du

classement annuel de l’ArtReview

Power 100. Son influence a permis

à la scène locale de passer d’une

perspective occidentale à une perspective

mondiale. Elle a récemment

assuré le commissariat de la deuxième

édition de la Biennale de Lahore

(2020) ; elle a également été nommée

directrice artistique de la Triennale

d'Aichi 2025 au Japon ; et sera

commissaire de la Biennale de Sydney,

en 2026.

© photo : Sebastian Böttcher

Ed Dolman

Mercato : Ed Dolman, président de

l’auctioneer Phillips, quittera son

poste en mai prochain pour se consacrer

à un rôle de conseiller. Actif

chez Phillips depuis 2014, d’abord

en tant que directeur général puis,

à partir de 2021, en tant que président,

sous son leadership, le chiffre

d’affaires annuel a doublé, s’étendant

à de nouveaux marchés et dans des

initiatives numériques. Ancien président

de la British Art Market Federation,

Martin Wilson a été nommé

pour le remplacer.

© photo : Brigitte Lacombe

12


Kate Crawford et Vladan Joler

Emmanuel

Van de Putte

Lauréats : Le 18 décembre, la Fondation

Boghossian récompensait, à

Bruxelles, les lauréats de la première

édition de son Prix International.

Les artistes honorés pour leur

talent ont en commun de mener

une réflexion autour du dialogue

interculturel. Prix des Arts Visuels,

Kate Crawford et Vladan Joler

explorent les impacts cachés et les

rapports mondiaux de l’intelligence

artificielle à travers leur art. Joy Harvey

remporte le Prix de la Joaillerie

pour ses pièces mêlant l’orfèvrerie

florentine, les techniques arméniennes

et l’innovation numérique.

Remportant le Prix du Design et de

l’Artisanat, Kim Mupangilaï explore

dans son travail l’intersection entre

l’art congolais et l’Art nouveau belge,

dans le but d’approfondir la compréhension

des récits culturels.

© Fondation Boghossian

Christine

de Schaetzen

Mercato : Historienne de l’art diplômée

de l’ULB et spécialisée en art

moderne et contemporain, Christine

de Schaetzen a fait ses armes

chez Patrick Derom puis à la Fondation

pour l’Architecture avant

de rejoindre la maison de ventes

Lempertz, à Bruxelles, et de porter

le projet de sa nouvelle implantation

rue du Grand Cerf. A la tête de

l’équipe belge de la maison germanique

jusqu’en 2016, elle avait ensuite

pris les rênes de l’antenne belge

de Bonhams, supervisant en 2022

l’intégration en son sein du bureau

belge de l’étude parisienne Cornette

de Saint Cyr, devenue Bonhams

Cornette de Saint Cyr. Début décembre,

elle quittait l’enseigne pour revenir

à ses anciennes amours en tant

que directrice de la Galerie Patrick

Derom, à Bruxelles. Elle y collaborera

avec Edouard et Partrick Derom

à la mise sur pied d’expositions d’art

moderne et contemporain.

© Bonhams

Naomi Beckwith

Nomination : Naomi Beckwith a été

nommée directrice artistique de la

documenta 16, qui se tiendra à Kassel

en 2027. Actuellement directrice

adjointe et conservatrice en chef

du Solomon R. Guggenheim, elle a

été sélectionnée parmi cinq candidats.

Forte d’une solide expérience

dans le commissariat d’expositions

sur l’identité et l’influence de la culture

noire au musée d’Art contemporain

de Chicago, elle apporte une

perspective globale à la documenta.

Il s’agit de la deuxième commissaire

américaine à diriger la manifestation.

© D. R.

Mercato : A la mi-décembre, alors

que l’auctioneer procédait depuis

des mois à des coupes sombres dans

ses équipes au niveau mondial (environ

deux cents collaborateurs, lire

par ailleurs), le directeur opérationnel

de Sotheby’s Belgique, Emmanuel

Van de Putte se voyait signifier la

fin de son contrat avec cette maison

de vente, qu’il avait rejointe en

2013. Ayant débuté sa carrière en

tant que directeur de l’antenne belge

de Lempertz, il avait ensuite intégré

le département d’art impressionniste

et moderne de Christie’s en tant

que spécialiste entre Paris, Londres

et Bruxelles. Il a également travaillé

comme directeur général de Chester

Collections, société spécialisée dans

la gestion de collections privées.

© Sotheby’s

Koyo Kouoh

Nomination : Koyo Kouoh a été nommée

commissaire de l'édition 2026

de la Biennale de Venise, entrant ainsi

dans l'histoire en tant que première

femme africaine à occuper

ce poste prestigieux. Commissaire

d’exposition camerouno-suisse, elle

est depuis 2019 directrice exécutive

du Zeitz Museum of Contemporary

Art Africa, au Cap en Afrique du Sud,

et est connue pour sa vision panafricaine.

Sa nomination souligne un

engagement continu en faveur de

l’inclusivité, malgré les changements

politiques en Italie. Sa vision sera de

maintenir la Biennale comme ‘‘maison

du futur’’.

© photo : Art Basel

13


Berlinde

De Bruyckere

Un phénomène

14


Vie et mort, amour et souffrance,

brutalité et tendresse, promesse

et apocalypse, beauté et laideur,

lourdeur et légèreté, drame et

consolation, rapprochement et

déchirement : dans son œuvre,

Berlinde De Bruyckere accumule les

paradoxes. Alors qu’elle prépare une

grande exposition à Bozar, COLLECT

s’est entretenu avec un couple

de collectionneur, la directrice

des expositions de l’institution, la

commissaire de l’exposition, mais

aussi avec l’artiste elle-même.

Pour ou contre Berlinde De

Bruyckere ? « On ne peut pas aimer

mon œuvre juste un peu. »

DOSSIER : BEN HERREMANS

Lost V, 2021-2022, dépouille de cheval, marbre, textile,

fer, époxy. © de l’artiste / photo : Mirjam Devriendt

15


Deux corps

partageant une

tranche de vie

Indépendamment l’un de l’autre,

le couple de collectionneurs

Philippe le Hodey et Béatrice de

Liedekerke s’émerveillent devant

l’œuvre Deux Corps de Berlinde

De Bruyckere.

C’est en 2019 que l’artiste réalisait

Deux Corps, œuvre qui représente

deux troncs d’arbre dans un placard.

Les troncs sont attachés par

une corde, ensemble et solidairement du

placard ouvert à l’avant et fermé à l’arrière.

L’intérieur est revêtu de papier peint. Les

collectionneurs Philippe le Hodey et son

épouse Béatrice de Liedekerke l’ont acquise

à l’occasion de leur anniversaire de mariage.

Philippe le Hodey : « L’œuvre était exposée

en 2021 à la TEFAF de Maastricht. Comme

nous n’avions pas beaucoup de temps, nous

avons décidé de visiter le salon chacun de

son côté et chacun à son rythme. J’emmagasine

les images très vite, Béatrice s’attarde

davantage, absorbe l’art de manière plus

méditative. Une seule œuvre nous a précisément

marqués. Nous ne savions pas à

l’époque qu’elle s’appelait Deux Corps. Elle

semblait représenter un couple demeuré

ensemble pour la vie et ayant fondé une

famille. Le caisson symbolise la maison dans

laquelle il vit. Nous avons partagé cette perception

avant même que l’artiste n’explique

son œuvre. Nous y avons lu des blessures et

une évolution et en avons été profondément

touchés. » Béatrice de Liedekerke : « Pour

moi, cela représente un mariage. Deux

corps qui partagent une tranche de vie, l’un

à côté de l’autre. Ils ne fusionnent pas, car

le mariage ne possède pas cette capacité,

chacun demeurant séparé. Un morceau de

corde les relie entre eux et avec le monde

extérieur. L’artiste y exprime son monde

intérieur, avec un papier peint ancien qu’elle

avait chez elle. Ce qui le rend subtilement

authentique. J’y trouve une grande joie. Nos

enfants en ont eu peur, ayant cru que c’était

un cercueil. C’est l’une des rares œuvres

de notre collection à produire un tel choc.

Elle déstabilise. Nous l’avons installée dans

le hall d’entrée. Elle valorise ainsi les autres

œuvres et les situe dans un autre contexte.

Toute la maison s’est adaptée à cette œuvre

qui n’est ni négative ni agressive. Elle suscite

de nombreuses réactions, soulève des

débats. Dès que nous expliquons qu’elle correspond

à notre vision de deux corps et d’un

couple, les avis changent. Les visiteurs la

regardent alors avec d’autres yeux. Je pense

que l’art de Berlinde De Bruyckere a besoin

d’explication pour être compris. Il est possible

d’y voir des tas de choses, car il regorge

de symboles. »

COMPASSION

Le couple admire Berlinde De Bruyckere.

Béatrice de Liedekerke : « C’est l’une

des artistes les plus courageuses que je

connaisse. Elle ose briser les codes de la

beauté. Elle le fait de manière très physique,

parfois même brutale, avec des matériaux

qui lui permettent d’explorer les limites

du repoussant. Son art nous parle de nous

et de choses inexprimables. Il mène à une

spiritualité et à la vérité la plus profonde

sur l’homme. Il fait réfléchir. Je connais peu

de personnes capables de bouleverser à ce

point. » Philippe le Hodey : « Elle choque et

« Béatrice et moi

avons eu l’impression

que Deux Corps

représente un couple

demeuré ensemble

pour la vie et qui a

fondé une famille. »

fait bouger le spectateur. Il y a souvent, au

premier abord, quelque chose d’attrayant.

Mais ce qui reste gravé dans la mémoire,

c’est la prise de conscience abrupte que cela

touche au plus profond. » Béatrice de Liedekerke

souligne la douleur présente dans son

œuvre, mais elle n’exprime ni pessimisme

ni négativisme : « C’est le drame de la vie et

de la souffrance. Il y a pourtant toujours une

lueur d’espoir, une perspective d’avenir et

de progrès. Peut-être que l’esprit du temps,

turbulent et incertain, pousse à en faire

une lecture négative. Mais aussi brutal qu’il

puisse paraître, c’est un art très féminin :

fragile, tendre, subtil, respectueux. Et rassurant.

» Philippe le Hodey : « Ses couvertures,

par exemple, ont vécu. Elles ont protégé des

gens et caché la misère. Elles possèdent la

patine de la vie et du temps. C’est dramatique

et touchant, cela suscite de la compassion.

Ses œuvres font preuve de compassion

pour ce qui est abîmé. Cela relève profondément

de la ‘‘condition humaine’’. La mort est

dans tout. Nous savons que nous mourrons,

mais nous l’oublions. Dans son œuvre, la

16


mort est présente avec tendresse et délicatesse.

Il y a toujours l’amour qui dure éternellement.

Berlinde De Bruyckere expose des

corps en décomposition, mais ces dégâts

n’ont jamais été infligés par la force. Elle

montre la vie telle qu’elle est, décatie par le

temps. Il faut accepter cette réalité. Expérimenter

la transcendance, en quelque sorte.

Son art réconforte. Plutôt que religieux, il

procède d’une transcendance universelle

qui s’ouvre à tous. » Béatrice de Liedekerke :

« Il est pourtant chrétien : le Christ a donné

sa vie dans la souffrance, une souffrance qui

symbolise le plus grand amour possible. La

vie ne finit pas seulement dans la douleur et

les souffrances, dans les blessures et la mort.

Son art me paraît résolument religieux,

sacré. Elle prêche la rédemption. »

« Il est possible

d’y voir des tas

de choses,

car son art regorge

de symboles. »

CONTACT PERSONNEL

Que retiennent Philippe le Hodey et Béatrice

de Liedekerke de leur contact personnel

avec l’artiste ? Philippe le Hodey :

« Nous l’avons rencontrée après avoir

acquis son œuvre. Elle en a parlé en toute

franchise et modestie. Sans chichis, ayant

le marketing en horreur, sans coquetterie.

Elle n’a pas besoin d’être admirée. Elle est

perfectionniste, chaque détail compte.

Personne ne regarde son œuvre avec

autant d’exigence qu’elle-même. Mais son

jugement prévaut. » Béatrice de Liedekerke

: « Elle m’a impressionnée. Berlinde est

quelqu’un de sobre, l’art régit sa vie et ses

pensées, elle s’y consacre comme on entre

en religion. Son art est prophétique : ce

qu’elle souhaite dire, elle l’exprime le plus

précisément possible. Ce qu’elle désire

obtenir, ce n’est pas la perfection de son

travail, mais le travail comme expression

parfaite de ce sa pensée. Le contact a

été chaleureux, c’est une artiste sympathique,

joyeuse. Je la trouve extraordinaire,

à la fois en tant que plasticienne et

comme personne. »

Béatrice de Liedekerke et Philippe le Hodey, aux côtés de l’œuvre Deux Corps de Berlinde De Bruyckere. © photo : Guy Kokken

17


Compassion

universelle

La directrice des expositions de

Bozar, Zoë Gray, et la commissaire

Ann Geeraerts nous expliquent

leur démarche et leur rapport à

l’œuvre de Berlinde De Bruyckere.

Quelle est notre humanité ou

notre animalité ? Tel est le thème

de ses sculptures.

Lingam II, 2012, cire, verre, bois, fer, époxy. Collection Frank Schelstraete & Sophie Depuydt.

© photo : Mirjam Devriendt

Comment une exposition de

Berlinde De Bruyckere s’inscritelle

dans la politique stratégique

de Bozar ? Zoë Gray : « Nous

désirons organiser, environ une fois par an,

une grande exposition conçue comme un

dialogue ». L’historienne de l’art britannique

dirige depuis l’été 2023 les expositions de

l’institution : « Nous avons baptisé cette série

Conversation Pieces. Un artiste réputé expose

ses œuvres avec d’autres artistes. Berlinde De

Bruyckere est la première. Pour le public qui

la connaît déjà, cette présentation offre une

nouvelle manière de regarder ses œuvres.

Elle les fait en même temps découvrir à des

personnes qui ne la connaissent pas, car

Berlinde De Bruyckere est assez méconnue,

notamment dans la partie francophone du

pays. Ou alors les gens la connaissent, mais

trouvent ses œuvres brutales et déroutantes.

Nous tentons, par cette exposition, de les

convaincre de sa pertinence. L’Anglaise

Rachel Whiteread sera la suivante de la

série. » Le genre a aussi guidé ce choix : « Ces

vingt dernières années, Bozar a organisé

80 % d’expositions d’artistes masculins.

Par rapport à d’autres institutions, ce n’est

pas un mauvais score, mais il est temps de

changer. » Troisième motivation : pour sa

première grande exposition à Bruxelles,

Berlinde De Bruyckere a donné elle-même

la préférence à Bozar. Zoé Gray : « En 1990,

c’est ici qu’elle a montré ses œuvres pour la

première fois, en tant que lauréate du prix

18


« Le dialogue

avec les âmes sœurs

est omniprésent

dans son œuvre. »

ZOË GRAY

de la Jeune Peinture Belge (1989). En 2005,

le commissaire suisse Harald Szeemann

incluait certaines de ses œuvres dans l’exposition

collective C’est arrivé près de chez nous.

Et en 2011, elles côtoyaient les tableaux de

Giovanni Bellini dans l’exposition Venetian

and Flemish Masters. Berlinde De Bruyckere

a donc une longue relation avec Bozar. Sa

dernière grande exposition personnelle en

Belgique remonte à 2015, au S.M.A.K., depuis

lors, elle est connue internationalement. »

ATLAS DE SCULPTURES

Curatorial Project Coordinator, c’est ainsi que

le communiqué de presse définit la contribution

d’Ann Geeraerts. Comme co-organisatrice

avec l'artiste : « Berlinde De Bruyckere

organise sa propre exposition. J’ai collaboré

étroitement avec elle et la suit depuis longtemps.

Elle dispose d’un atlas de sculptures

dans la tête, regarde et pense en sculptures.

Elle utilise pour cela de nombreuses sources

d’inspiration qu’elle qualifie de ‘‘compagnons

de route’’. Son œuvre s’inscrit dans diverses

traditions. Il est étonnant de la voir traduire

cet iconoclasme dans une exposition qui,

contrairement à notre époque de stimuli

excessifs, offre calme et réflexion. L’exposition

se lit comme une carte de l’esprit, dans

laquelle l’artiste réunit ses influences – personnes,

générations, histoires – et les mêle à

l’actualité, sans que cela devienne tapageur

et polémique. Ses sculptures constituent une

interprétation condensée de la condition humaine,

actuelle et passée. Le temps s’égrène

dans ses œuvres. Son art est anachronique.

Le recyclage des matériaux y traduit non

seulement une vision écologique, mais aussi

un autre rapport au temps. On décèle beaucoup

de préoccupation, d’espoir, de réconfort

et de beauté dans son œuvre. Du moins,

pour qui y prête attention. »

UNE SALLE CHORALE

Khóros est le titre de l’exposition. Ann Geeraerts

: « Les choristes, des danseurs à l’origine,

jouaient un rôle crucial dans le théâtre

grec antique. Cela reflète l’idée de collaboration

artistique et d’influence. Le commissaire

américain Gary Carrion-Murayari, rédacteur

d’un texte pour le catalogue, parle de ‘‘chœur

de voix’’. » Zoé Gray : « Le titre coïncide avec

le thème saisonnier de Bozar : a room full of

voices. L’institution propose un programme

intégral où s’harmonisent les différentes

disciplines. » Ann Geeraerts : « Nous montrons

leurs influences et sources d’inspiration.

Le dialogue avec les âmes sœurs est

omniprésent dans son œuvre qui regorge

de références. Ces dialogues facilitent leur

compréhension thématique. Sans devenir

didactiques, nous fournissons d’amples informations.

C’est une synergie – mais parfois

aussi une collision – de voix. Cela n’en demeure

pas moins une exposition de l’artiste.

Les dialogues s'insinuent et se connectent à

son œuvre. Ils ont leur utilité. »

CÔTÉ CYCLIQUE

Berlinde De Bruyckere travaille toujours in

situ. Khóros a été pensée pour s’adapter aux

salles historiques de Bozar, conçues par

Victor Horta. Ann Geeraerts : « L’artiste a

beaucoup réfléchi à ces salles, à la structure

de l’exposition, à l’atmosphère, la façon dont

« Berlinde De

Bruyckere dispose

d’un atlas de sculptures

dans la tête, regarde et

pense en sculptures. »

ANN GEERAERTS

elle s’y inscrit. Des œuvres des vingt-cinq

dernières années y sont présentées. Mais

ce n’est pas une rétrospective, plutôt une

exposition expérimentale, montée d’un

point de vue contemporain et fondée sur la

position qu’elle occupe aujourd’hui. Berlinde

De Bruyckere a établi un parcours cyclique,

davantage basé sur des thématiques que

sur une chronologie. Les thèmes y sont

récurrents. L’artiste aime procéder par séries.

Dès que celles-ci sont épuisées, elle passe à

un autre thème et/ou langage visuel, jamais

éloigné des thèmes et formes antérieurs,

qu’elle reprend d’ailleurs parfois. C’est le

côté cyclique et circulaire de son art. Il n’en

finit pas de se ramifier tout en demeurant

inchangé. L’artiste reste fidèle à elle-même et

à ses thématiques, mais son langage visuel

évolue. Il découle souvent de nouveaux

matériaux. La matérialité de son œuvre établit

un contact direct avec le spectateur. Une

relation physique naît aussi avec l’artiste. »

Cette nouvelle matérialité confère à ses thématiques

une dimension et une signification

différentes. Ann Geeraerts préfère ne pas en

donner de définition : « Tout ce qui se situe

entre les humains, entre l’homme et l’animal

et entre l’homme et la nature ; en bref, l’existence

humaine. L’homme, dans sa métamorphose

éternelle. L’œuvre de Berlinde

De Bruyckere nous renvoie à nous-mêmes.

Qu’est-ce que notre propre humanité ou animalité

? » Ann Geeraerts : « Les stimuli nous

submergent aujourd’hui, ce qui conduit à

une forme d’immunité et d’indifférence. Les

sculptures de Berlinde De Bruyckere brisent

ce carcan et appellent à une forme de compassion

universelle. »

VISITER

Berlinde De Bruyckere. Khóros

du 21-02 au 31-08

Bozar

Bruxelles

www.bozar.be

LIRE

Coll., Berlinde De Bruyckere. Khoros, Bozar

Books / Fonds Mercator, Bruxelles, 2024, ISBN

978-9-46230-387-4, 29,95 €

19


Berlinde De Bruyckere dans son atelier. © de l’artiste / photo : Mirjam Devriendt

20


« On ne peut

aimer mon œuvre

juste un peu »

Elle dialogue avec d’autres artistes

dans Khóros, mais d’abord dans

COLLECT. Berlinde De Bruyckere

évoque un autre type d’homme,

la réalité imparfaite et les rires au

bloc opératoire. « Je suis consciente

du degré de difficulté de mon

œuvre. »

Une fois sa journée de travail terminée,

Berlinde De Bruyckere parvient-elle à faire

le vide dans sa tête ? « Pas de problème. Je

fais le trajet de mon atelier vers ma maison

à pied, mon fils me rend visite, je cuisine. »

Un large sourire s’affiche sur son visage

lorsqu’elle conclut : « En un mot, la vie. » Il

reste quelques semaines avant l’ouverture

de son exposition à Bozar. Le temps presse

et il y a encore beaucoup à faire, voire de

nouvelles œuvres à créer. Mais elle nous

accorde davantage de temps que prévu et

déclare, au moment de nous quitter, que

c’était un bel entretien.

Fournissez-vous volontiers des

explications sur votre œuvre ?

« J’ajoute du discours avec parcimonie, car

il rétrécit la lecture et affaiblit le mystère.

Mon œuvre s’exprime dans son apparence,

ce qui souvent interpelle. On ne sait pas

d’emblée de quoi il s’agit, on ajoute ses

propres éléments et charge ainsi la sculpture.

Cette expérience confère ampleur

et complexité à l’œuvre. Je suis ouverte à

toute information à ce sujet. »

Les réactions négatives vous

dérangent-elles ?

« On ne peut aimer mon œuvre juste un

peu. Je m’intéresse à la beauté caduque,

pas à celle des paillettes ou de la perfection.

Ceux qui s’en repaissent ne

connaissent sans doute pas mon œuvre.

Elle appartient à un autre type de personnes.

On ne peut pas plaire à tout le

monde. Mon œuvre parle d’imperfection.

Je souhaite raconter quelque chose qui

compte pour la société et ne tente pas

d’échapper à la réalité. Je suis consciente

du degré de difficulté qu’elle recèle. Certains

n’y sont pas perméables, voire s’en

détournent, car y voient trop de violence.

J’y perçois toujours de l’espoir et du

réconfort, mais je comprends que cela leur

échappe. »

« Mon œuvre

s’exprime par son

apparence, ce qui

souvent interpelle.

On ne sait d’emblée

de quoi il s’agit, on

ajoute ses propres

éléments et charge

ainsi la sculpture. »

Votre œuvre reflète-t-elle votre

personnalité ?

« Oui, même si l’humour n’apparaît pas

dans mon art. Je souhaite appeler à la

vigilance et défendre ce qui n’a plus de

valeur. Cela s’applique à toute mon œuvre.

Je suis heureuse dans mon atelier, avec ma

famille et mes amis. Nous nous amusons

beaucoup, même dans l’atelier. Des amis

chirurgiens abondent dans ce sens : ils ne

peuvent opérer que parce qu’ils rient beaucoup

au bloc opératoire. Cela requiert du

cran. Si cette légèreté est dans ma nature,

cette gaieté ne se retrouve pas dans mon

œuvre. J’ai toujours été sensible à une

forme de réalité dramatique. Je tente de

la rendre plus supportable que dans les

images télévisuelles. Je courrais à l’échec

si je traduisais cela de façon frontale en ne

montrant que l’abomination. Dans mon

art, je souhaite rendre accessibles des

thématiques qu’on préfère souvent ne pas

aborder. Mais comme la situation est de

plus en plus désastreuse, je m’interroge :

jusqu’où puis-je aller en tant qu’artiste ?

Mon œuvre n’est pas devenue plus riante

pour autant. Je comprendrais qu’on s’en

désintéresse. C’est une préoccupation. »

21


Plunder I, 2024-2025, linoléum, feuille d’or. © de l’artiste

/ photo : Mirjam Devriendt

Peter Buggenhout, I am the Tablet #8, 2022, marbre de carrare, fer, PET, polyester, plastic, ruban adhésif en

papier, époxy, ruban d’aluminium. © de l’artiste / Courtesy Axel Vervoordt Gallery / photo : Dirk Pauwels

Qu’en faites-vous ?

« Je ne vais pas créer des œuvres décoratives

ou atténuer leur noirceur pour les

rendre acceptables. Certains n’aiment pas

mes œuvres car ils ne veulent pas voir cette

réalité. Par ailleurs, il me semble inutile de

détourner les yeux, cela rend plus vulnérable.

Mon œuvre invite aussi au dialogue.

On y trouve une réponse à ses propres

interrogations et préoccupations. »

Vos réponses sont résolument physiques ?

« J’aspire toujours à l’expérience physique

de mes sculptures. Il est donc important

d’en faire le tour. Et la matérialité de mes

œuvres facilite cette expérience physique. »

Khóros est aussi placé sous le signe du

dialogue…

« C’est une requête intéressante de Bozar.

Tout au long de mon parcours, il y a eu ce

bagage d’histoire de l’art, de cinéma, d’arts

du spectacle et de sculptures de la réalité,

tels qu’ils se présentent dans les médias

et la vie quotidienne. J’ai sélectionné des

artistes qui travaillent de la même manière

que moi. L’étude de l’œuvre de Lucas Cranach

m’a permis d’ajouter de la spiritualité

à mes œuvres, grâce à sa façon de peindre

les corps dans des couches de glacis et de

les déformer. Ce qui était dans mes gênes,

j’ai pu le traduire dans mes sculptures en

regardant Cranach. »

Comment Pier Paolo Pasolini,

le cinéaste, travaillait-il ?

« Avec de l’intemporalité dans ses films.

Ses paysages et costumes ne contiennent

aucune référence temporelle. Sa manière

de diriger ses acteurs est aussi reconnaissable.

Pour Pasolini, un acteur n’est pas un

interprète, mais un corps qui incarne la

communication avec son propre langage.

Il recherchait des personnes proches de

lui. Pour L’Évangile selon Matthieu, il a ainsi

confié le rôle de Marie à sa mère. »

Dans Khóros, vous dialoguez avec votre

mari, l’artiste Peter Buggenhout.

« Mon mari est mon plus ancien compagnon

de route. Nous créons, avec le même

matériau, des sculptures totalement

différentes. Difficile de préciser là où nous

nous rencontrons et nous opposons. C’est

Patti Smith qui décrit le mieux ce genre

de situation. L’idée d’ajouter sa voix au

dialogue entre Peter et moi me plaît. Patti

Smith a vieilli et sa voix a changé : chaleureuse

et soutenue. »

22


« Je ne vais pas créer

des œuvres

décoratives

ou atténuer leur

noirceur pour les

rendre acceptables.

Mon travail invite

aussi au dialogue. »

voit encore les plis. Mais je ne vais pas les

repasser. Je confère ainsi une valeur et une

dignité nouvelles à un déchet. »

Pourquoi Plunder ?

« La poétesse sud-africaine Antje Krog a

écrit un recueil intitulé Plunder. J’ai travaillé

avec elle pour une exposition au MO.CO

de Montpellier. Le mot plunder (pillage)

revêt une connotation négative. Mais, j’ai

beaucoup de sympathie pour ceux qui

pillent car ils le font pour survivre. »

Vous avez grandi dans la compassion…

« Jetez-moi en prison avec les plus grands

criminels et j’en repartirai avec une belle

histoire. »

Tout n’est-il qu’une question de

matériau ?

« J’ai réalisé ma nouvelle œuvre Plunder

dans un nouveau matériau : le linoléum.

J’en ai acquis plusieurs rouleaux et, en les

déroulant, ai constaté qu’ils étaient en partie

abîmés, en train de s’altérer et de se fissurer.

Ce matériau m’a paru très beau : une

sorte de sculpture avec beaucoup de relief.

On dirait de l’écorce de bouleau. Je l’ai posé

sur un fond de brocart d’or récupéré sur

des chasubles achetées et découpées. Il y

a de la nudité là-dedans, du pillage. Cela

me rappelle les vieilles armoires de musée,

dont les fonds mis à nus portent parfois

les traces de ce qui s’y trouvait autrefois. »

Dans votre travail, les matériaux sont

toujours recyclés ?

« Quand je trouve un objet jeté aux

ordures mais qui peut encore servir, je me

sens dans l’obligation d’en faire quelque

chose. Je préserve la beauté qu’il a conservée

et la mets en exergue. Ces chasubles

sont demeurées longtemps pliées. On en

San Sebastian, 2022, cire, bronze, textile, fer, époxy. © de l’artiste / photo : Mirjam Devriendt

23


L’ARTISTE DU MOIS

Robin Wen

Dans cette série, COLLECT s’intéresse à la place occupée par les jeunes

artistes dans le monde contemporain. Pourquoi ont-ils choisi cette voie,

d’où leur vient leur inspiration et comment se positionnent-ils ?

Ce mois-ci : Robin Wen (1994, Taiwan ; vit et travaille à Bruxelles).

TEXTE : ELIEN HAENTJENS

PORTRAIT : GUY KOKKEN

Avec ses dessins au stylo à bille, ses

peintures et ses sculptures, Robin

Wen incarne l’univers de ce que

l’on appelle la free party. Durant sa

jeunesse à Gap, en France, il a souvent participé

à des fêtes illégales : « J’adore ce style

de musique et, à travers mon art, je souhaite

donner à voir au monde extérieur cet univers

underground qui a souvent une image

négative, injustifiée. Dans mon travail, je joue

avec les codes propres à ces fêtes, en mettant

en avant dans chaque série l’aspect poétique

lié à l’histoire de l’art. Des chiens évoquent

ainsi des souvenirs de scènes de chasse, ou

je réalise des drapés avec des bâches qui

renvoient aux vêtements de l’art classique.

Comme des témoins silencieux, ils offrent un

aperçu du temps passé. Si la fête techno est

bruyante, rapide et underground, les dessins

sont silencieux, lents et nobles ». Robin Wen

réalise ses portraits de dos, comme le peintre

néerlandais Johannes Vermeer : « Plus que

des individualités, mes portraits en bleu et

blanc dépeignent la jeunesse et constituent

une étude anthropologique de la manière

dont celle-ci se distingue par ses vêtements

ou ses caractéristiques extérieures. Cet anonymat

est également lié à la nature illégale de

la free party. Il m’arrive de prendre des photos

sur place, mais la plupart du temps, les personnes

viennent faire des prises de vue dans

mon atelier où je peux déterminer la position

la plus intéressante et le bon éclairage. Je

traduis des images en dessin et parfois en

peinture. Une autre série, plus colorée, se

concentre sur des personnes qui s’étreignent.

Leurs corps et leurs visages semblent se

fondre, des compositions abstraites, quelque

peu étranges, en émergent. »

ECSTASY ET LSD

L’éclairage de fête est également une source

d’inspiration dans son travail. Robin Wen :

« Les membres du milieu de la free party

peuvent décoder ces éléments. Pour d’autres

observateurs, cela reste des détails abstraits

pouvant évoquer un microcosme ou un

macrocosme. La référence à l'exploration

spatiale est propre à la free party, comme

en témoigne, par exemple, la fusée sur les

pilules d’ecstasy censées vous emmener au

septième ciel. J’ai également créé une série

sur les levers de soleil s’inscrivant thématiquement

dans l’histoire de l’art, mais réalisée

sur un papier buvard spécial. Les feuilles sont

divisées en carrés, sur lesquels est proposé

du LSD». Comme dans les fêtes, l’artiste

cherche à recréer l’ambiance de la nuit :

« Comme pour une gravure, j'applique un

trait après l'autre. Je soulève mon stylo à bille

à chaque mouvement pour m'assurer qu'il

n'y a pas de bavures. Car il serait impossible

24


L’ARTISTE DU MOIS

de les effacer. En superposant différentes

couches de traits, je crée des parties plus

claires et plus sombres. Ainsi, le dessin

devient pratiquement méditatif. Comme

la danse, cela me met dans une sorte de

transe. Je travaille entre trente et soixante

heures pour un petit dessin, et plusieurs

semaines pour les œuvres monumentales ».

Pour les œuvres de la série Blue Rave, il

a utilisé un bic bleu : « Ce stylo à bille est

démocratique et accessible. On en trouve

dans chaque salle de classe ou sur chaque

bureau. J’aime le fait de pouvoir créer

un langage visuel classique avec un outil

considéré comme ‘‘pauvre’’. Pour la série

Entremêler, je travaille avec des bics à quatre

couleurs. Comme il y a aussi de l’orange et

du violet qui se mélangent avec toutes les

couleurs, l’image prend l’aspect d’une vieille

photographie ».

LIBERTÉ ET CONFIANCE

Si l’artiste est surtout connu pour ses dessins

au stylo à bille, il réalise également des

peintures, des sculptures et des installations.

Robin Wen : « Les peintures sont réalisées

sur la base de collages. J’ai, par exemple,

intégré un ballon kitsch, vu lors d’une fête,

dans une composition abstraite avec un

ciel nuageux classique, conférant à la scène

un aspect étrange. L’année dernière, j’ai

également créé Boule de dread, une sculpture

pour laquelle j’ai empilé des coiffes

africaines avec des dreadlocks pour en faire

une sorte de totem. Cette référence à la

tribu et à une danse rituelle convient à la fois

à la scène techno et aux cultures traditionnelles.

L’installation Feu de camp, datant

également de 2024, a été influencée par

une image devenue virale sur Internet, il y a

quelques années, lorsque les organisateurs

Ecstasy, 2023, stylo à bille sur papier, 90 x 90 cm. © de l’artiste

– Prix : 6.000 €

Entremêler, 2019-2025, stylo à bille, dimensions variables. © de l’artiste – Prix : 3.000 €

« Dessiner me

met dans une sorte

de transe »

d’une free party avaient préféré brûler le

matériel audio plutôt que de le voir confisqué

par la police. Il s’agissait d’un acte à la

fois politique et symbolique. Personnellement,

j’y ai surtout vu de la poésie: superficiellement,

le grand feu semble chaleureux,

mais en réalité il ne fait que détruire ce qui

avait rassemblé les gens ». Robin Wen a étudié

à La Cambre, parce que l’enseignement

artistique belge est organisé en fonction

du médium : « En France, on mélange tout,

mais comme j'ai toujours dessiné étant enfant

et que j'ai suivi une formation artistique

dans le secondaire, je voulais me consacrer

à ce seul médium. Le dessin est spontané,

direct et intime. De plus, l’héritage culturel

de la Belgique, avec les primitifs flamands,

Pierre Paul Rubens et le surréalisme, m’a

également séduit. Les dessins d’animaux

d’Albrecht Dürer et la façon dont il utilise le

clair-obscur me fascinent aussi. Tout comme

le travail d’artistes contemporains tels que

Johan Muyle, Fabian Merveille ou les frères

Rabus. Un sentiment d’étrangeté caractérise

leurs œuvres. Ce n’est peut-être pas une

coïncidence qu’ils soient représentés par

les mêmes galeries ». Actuellement, quatre

galeries (Belgian Gallery, Galerie C, Wilde

Gallery et UN-SPACED) représentent son

travail : « Cela nécessite parfois un surplus

d’organisation, mais la plupart du temps,

cela me procure surtout une grande liberté.

Comme chaque galerie a sa spécialité,

mon travail y trouve sa place. Cela renforce

le rayonnement de mon œuvre, permet

à un plus grand nombre de personnes

de le connaître et augmente la confiance

des collectionneurs. La ligne artistique et

le contact humain avec la galerie passent

avant tout. En outre, quatre collectionneurs

me soutiennent depuis le début, comme

des mécènes. Je reste en contact étroit avec

eux. La seule chose que je trouve parfois

difficile, c'est que les œuvres se vendent très

vite, alors qu'elles n'ont pratiquement pas

été vues par le public. C’est pourquoi, j’ai

présenté une série complète lors du dernier

salon Art on Paper. Parfois, j’organise des

visites d’atelier pour que les collectionneurs

puissent voir davantage d’oeuvres. Comme

celles-ci se vendent bien et qu’il y a parfois

des listes d’attente, j’arrive à vivre de mon

art. J’ai abandonné mon travail dans l’enseignement.

Je ne subis aucune pression liée

à la performance et j’apprécie la liberté de

pouvoir vivre à mon rythme nocturne. »

VISITER

Robin Wen & Antonin Gerson

jusq. 05-04

Maison Culturelle d’Ath

Vergeet mij niet

du 23-03 au 22-06

Stedelijk Museum

Hoogstraten

SURFER

www.robinwen.be

25


Grace Schwindt

De l’importance du toucher

A History of Touch au musée M de

Louvain est la première exposition

personnelle de Grace Schwindt en

Belgique. Il s’agit d’une sélection

de nouvelles œuvres, inspirées

du soin apporté aux sculptures

endommagées et cassées dans

la collection. L’artiste allemande

est connue pour sa pratique

protéiforme : spectacles, films,

sculptures, dessins et, depuis

peu, peintures monumentales. La

fragilité du corps, les blessures, le

toucher et le soin sont ses thèmes

principaux.

TEXTE : CHRISTINE VUEGEN

Grace Schwindt (1979) a une

histoire commune avec la Belgique

et le musée M de Louvain.

Lors de sa résidence au WIELS,

en 2012, elle a rencontré la conservatrice

du musée, Eva Wittocx. Elle a été invitée

deux fois au festival Playground et fut, en

2023, son premier Thinker in Residence. Ces

dernières années, son étude de la fragilité

du corps s’est étendue à une fascination

pour les sculptures réalistes, endommagées.

Dans les réserves, elle fut fascinée par le

soin apporté aux objets, en particulier aux

fragments de sculptures et autres pièces

cassées ou ébréchées. Ses recherches ont

donné lieu à de nouvelles aquarelles et

sculptures en céramique, notamment produites

par le M sur base de fragments d’un

Christ en pierre de la collection. Lors de sa

résidence au WIELS, Frank Demaegd (Zeno

X Gallery) découvrait sa pratique artistique.

De 2013 à sa fermeture, fin 2023, l’enseigne

anversoise l’a donc représentée. Elle a déjà

exposé au Kunstmuseum Saint-Gall (2022),

à Amsterdam (2019) et dans des musées,

institutions et galeries à Vigo (Espagne),

Londres, Glasgow et New York. L’intérêt

pour son œuvre ne cesse de croître: en 2026,

des expositions sont prévues à la Kunsthal

de Wiesbaden et au Tank Museum de

Shanghai.

HISTOIRE DU CORPS

L’art de Grace Schwindt n’est pas forcément

associé aux tableaux monumentaux,

même si l’œuvre When a Body Becomes a

Landscape est présentée dans l’exposition A

History of Touch. À la fin de l’année dernière,

elle faisait l’objet d’une présentation chez

Peter Kilchmann, à Paris, première exposition

personnelle en France. La toile présente

de manière fluide une silhouette allongée,

délicate et transparente, évocation d’un

corps exposé aux intempéries et marées.

Des traces de blessures et cicatrices sur la

peau forment une sorte de topographie de

lignes et de couleurs. Le corps devient un

paysage entrelacé et lié à l’environnement.

Comme en une union entre l'homme et la

nature, un oiseau noir déploie ses ailes en

un geste bienveillant et protecteur, semblant

contempler cette silhouette avec

amour. Une fois de plus, l’importance du

toucher est soulignée comme facteur de

guérison. Le tableau a beau paraître vivant,

l’artiste ne représente aucun humain. Par ailleurs,

elle s’inspire de sculptures anciennes

conservées dans des collections muséales,

len l'occurrence des sculptures hellénistiques

en bronze découvertes en mer, au large

des côtes de la Sicile. L’artiste s’y intéresse

surtout en ce qu’elles témoignent du regard

porté sur le corps, au fil de l’Histoire. La représentation

humaine influence notre façon

de voir et de traiter les corps. Un séjour au

fond de la mer, ou sous terre, offre une certaine

patine aux corps sculptés, comme une

couche protectrice à notre regard critique.

Grace Schwindt est aujourd’hui représentée

par la Galerie Peter Kilchmann (Zurich / Paris).

Le prix de ses tableaux exposés à Paris

variait de 30.000 à 45.000 euros.

26


L’œuvre révèle l’artiste

Lorsqu’un corps devient paysage, 2024, huile, encre et crayon sur toile, 170 x 260 cm. © de l’artiste / Courtesy Galerie Peter Kilchmann, Zurich / Paris

Les traces des blessures et cicatrices sur la

peau composent une sorte de topographie

de lignes et de couleurs. Le corps devient

un paysage.

LE POUVOIR DES BLESSURES

Les oiseaux constituent un motif récurrent

évoquant une rencontre majeure dans les

îles Shetland. L’artiste y fit, en 2015, la connaissance

d’un ornithologue qui surveillait

les oiseaux marins pour repérer les

pollutions aux hydrocarbures. Lors de ses

promenades quotidiennes sur la plage, elle

le vit ramasser un oiseau échoué afin de

contrôler les taches de pétrole. Il procédait

sans gants, à mains nues. Elle y a vu un

geste d’amour, un symbole de fragilité et

de préoccupation résumant les nombreux

thèmes sur lesquels elle se penchait, notamment

la tension entre force et vulnérabilité.

Tout a débuté par des conversations

avec son grand-père juif qui avait échappé

aux nazis pendant la Seconde Guerre

mondiale en s’infiltrant dans l’armée allemande

et en se livrant aux Anglais. Lors de

matchs de boxe clandestins dans le camp

d’internement, il fut blessé mais considéra

ces blessures et cicatrices comme

une force positive, une preuve que son

corps était toujours vivant. Cette histoire

a inspiré les spectacles Opera and Steel au

Kaaitheater de Bruxelles (2017), The Boxer

à Londres (2018) et la version révisée de

The Boxer à Saint-Gall (2022), avec une

boxeuse, un bodybuilder, une chanteuse et

un batteur punk. Grace Schwindt entretient

depuis longtemps des liens avec ce

qu’elle nomme A History of Touch. Elle s’est

notamment inspirée du penseur palestino-américain

Edward W. Saïd, considéré

comme le père des études postcoloniales,

qui favorisa les rencontres afin de mieux

comprendre les cultures. Elle encourage

aussi les rencontres et contacts directs

pour extirper la violence et l’exclusion du

monde. L’importance du toucher dépasse

donc son expression dans ses œuvres.

VISITER

A History of Touch

du 14-02 au 16-11

Musée M

Louvain

www.mleuven.be

27


Autoportrait, 1645, huile sur panneau, 54 x 45 cm. Vaduz / Vienne, Liechtenstein, The Princely Collections.

28


Samuel van

Hoogstraten

L’illusionniste

Le peintre Samuel van Hoogstraten

souhaitait illustrer tout ce qu’il

voyait et connaissait du monde,

mais sans qu’il soit possible de

distinguer son œuvre de la réalité.

Grâce à ses tableaux illusionnistes,

il parvint même à duper l’empereur

d’Autriche.

TEXTE : BERNADETTE VAN DER GOES

Samuel van Hoogstraten (1627-

1678) avait environ quinze ans

lorsque, en 1642 ou 1643, il entra

comme apprenti chez Rembrandt,

à Amsterdam. Alors tout juste âgé de vingt

ans, ce dernier était déjà connu comme

peintre d’histoire et portraitiste. Durant

l’été 1642, il avait achevé son chef-d’œuvre,

La Ronde de Nuit. Né à Dordrecht, Samuel

van Hoogstraten avait appris, au cours des

années précédentes, les rudiments de la

peinture avec son père, l’orfèvre et peintre

Dirck van Hoogstraten, puis fréquenté

l’école latine. Chez Rembrandt, il souhaitait

améliorer ses compétences et imiter

sa façon réaliste de peindre. Un excellent

choix pour un apprenti ambitieux,

car Rembrandt était déjà célèbre au-delà

des frontières des Pays-Bas. A la fin de sa

vie, dans son livre sur la peinture, l’artiste

singulier que fut Van Hoogstraten qualifiait

Rembrandt d’ingénieux, de créatif et

de révolutionnaire. De ce maître, en sus

de compétences techniques, il apprit la

théorie de l’art. Il se souvint qu’il était un

apprenti assidu qui n’aimait pas voir reconnaître

ses erreurs et se mettait parfois à

pleurer quand il échouait dans son travail.

Rembrandt lui disait alors de ne pas se

montrer aussi impatient et de simplement

réessayer. Il vécut environ quatre ans chez

Rembrandt à Amsterdam, avant de retourner

à Dordrecht.

« S’il fut le plus

brillant apprenti

de Rembrandt, il

sombra ensuite peu à

peu dans l’oubli. »

INSAISISSABLE

Près de quatre cents ans plus tard, la

première exposition consacrée à Van

Hoogstraten est organisée aujourd’hui

dans l’actuelle Rembrandthuis. Il s’agit

pour beaucoup d’un premier contact avec

son œuvre. Epco Runia, conservateur,

explique : « Le lieu est logique, car il y a

fait son apprentissage. Avec cette exposition,

nous souhaitons offrir un visage à

Van Hoogstraten, jusqu’ici plutôt insaisissable.

La simple évocation de peintres

du XVIIe siècle hollandais, comme Jacob

van Ruisdael, Jan Steen ou Vermeer, suffit

à les associer à leurs réalisations. Il en va

tout autrement de Samuel van Hoogstraten

qui fut très polyvalent, ne s’attachant

ni à un thème ni à un style de peinture en

particulier, mais en changeant sans cesse.

Dans son art, il cherchait à explorer son

environnement, souhaitant reproduire

tout ce qui était visible et estimant, en

29


Rembrandt, détail de La Ronde de Nuit, 1642, huile sur toile, 379,5 x 453,5

cm. Amsterdam, Rijksmuseum. Le capitaine Frans Banninck Cocq se

trouve à gauche et le lieutenant Willem van Ruytenburch à droite.

en train d’écrire, soit résolument comme

un artiste érudit. Cette publication illustre

aussi en partie la pratique de la peinture

acquise pendant ses années passées chez

Rembrandt et reflète les conceptions

artistiques de ce dernier, à l’époque de La

Ronde de Nuit.

Portrait de Ferdinand Comte de Werdenberg, 1652, huile sur toile, 187 x 127 cm.

Kunstmuseum Winterthur.

« Grâce à des

astuces visuelles,

il a amélioré sa

représentation de

la tridimensionnalité,

peignant des

perspectives et

autres trompe-l’œil. »

tant qu’artiste, pouvoir tout représenter. Il

nous a légué des natures mortes, portraits,

œuvres architecturales et scènes de la vie

quotidienne, tout comme des représentations

bibliques et mythologiques. »

UN LIVRE BIEN PENSÉ

Travailleur acharné, Van Hoogstraten s’est

aussi adonné à la littérature. Il peignait le

jour, lisait et écrivait le soir. Plus de cinq

cents de ses tableaux, dessins et estampes

sont connus. S’il fut le plus brillant apprenti

de Rembrandt, il sombra ensuite peu

à peu dans l’oubli, restant surtout connu

grâce à son traité de peinture publié l’année

de sa mort, en 1678. Il y exposait son

avis sur la théorie et la pratique de la peinture

étant, selon lui, plus une science qu’un

artisanat. On notera qu’il s’y est représenté

DUPERIE

Le souhait de l’institution amstellodamoise

d’organiser une exposition autour

de Van Hoogstraten a abouti à un grand

projet collaboratif avec le Kunsthistorisches

Museum de Vienne, le Musée de

Dordrecht et le Rijksbureau voor Kunsthistorische

Documentatie (RKD). Avec

ce dernier, le Museum Rembrandthuis

mettra en ligne, à l’issue de l’exposition,

un catalogue des œuvres de l’artiste. A

Vienne, l’exposition proposait un dialogue

artistique entre Rembrandt et Van

Hoogstraten. A Amsterdam, il s’agit plus

de pointer ce qui distingue l’œuvre de Van

Hoogstraten de celle de ses contemporains.

Epco Runia : « Nous avons conclu à

l’illusionnisme optique. Van Hoogstraten

fut pionnier dans ce domaine. Il aspirait

non seulement à illustrer de son mieux

le monde visible, mais s’efforçait aussi

de tromper l’œil humain et de surpasser

ainsi les autres artistes. » Dans son

ouvrage, l’artiste évoque ses motivations

plastiques : « Tout peintre accompli est

comme un miroir de la nature qui fait voir

des choses qui n’existent pas et dupe ainsi

d’une manière tout à fait divertissante et

appréciable. »

30


« Van Hoogstraten s’efforçait de

tromper l’œil humain et de surpasser

ainsi les autres artistes. »

EPCO RUNIA, MUSEUM REMBRANDTHUIS

IMPRESSIONNER L’EMPEREUR

Avec pareilles ambitions, Samuel van

Hoogstraten s’inscrivait dans une longue

tradition. Déjà dans l’Antiquité grecque,

les artistes tentaient de se surpasser en

travestissant la réalité. À son époque, ses

efforts furent soutenus par les dernières

découvertes scientifiques, comme la

camera obscura. A l’issue de son apprentissage

chez Rembrandt, Van Hoogstraten

avait, grâce à des trucages visuels,

amélioré sa représentation de la tridimensionnalité,

peignant des perspectives et

autres trompe-l’œil. Par son utilisation

judicieuse de la perspective et l’expression

parfaite des matériaux représentés,

il était ainsi parvenu à créer une illusion

tridimensionnelle et à atténuer les limites

entre réalité et représentation, ce qui lui

valut un immense succès international. En

1651, l’artiste s’est rendu en Italie, en passant

par l’Allemagne et l’Autriche. Faisant

étape à Vienne, il y fut reçu par l’empereur

Ferdinand III. Il racontera plus tard à son

apprenti Arnold Houbraken une belle

anecdote sur ces rencontres : présentant,

lors de sa visite, trois tableaux au souverain,

un portrait, un Christ portant une

couronne d’épines et une nature morte en

trompe-l’œil, cette dernière fut l’œuvre la

plus appréciée. Il est ainsi parvenu à impressionner

l’empereur, ce qui passa pour

un immense compliment. Arnold Houbraken

raconte que le tableau fut confisqué

en guise de punition. L’artiste fut toutefois

récompensé d’une médaille en or à l’effigie

du monarque, qu’il arbora ensuite avec

fierté dans ses autoportraits.

ILLUSIONNISME

La nature morte qui a impressionné

l’empereur d’Autriche était peut-être un

tableau à lettres, sur lequel enveloppes

et autres objets divers étaient représentés

derrière des bandes de cuir tendues.

Nature morte en trompe-l’œil, 1664, huile sur toile, 45,5 x 57,5 cm. Dordrechts Museum.

31


Rembrandt, La Sainte Famille, 1646, huile sur panneau, 46,5 x 69 cm. Cassel, Museumslandschaft Hesse, Musée du château de Wilhelmshöhe.

A la fin de sa vie, dans son livre

sur la peinture, l’artiste singulier

que fut Van Hoogstraten qualifiait,

Rembrandt d’ingénieux, de créatif et

de révolutionnaire.

Ces objets, indiscernables de la réalité,

revêtent parfois une signification personnelle.

Par exemple, dans la Nature morte

en trompe-l’œil de 1664, figurant des objets

personnels de l’artiste et de son épouse,

Sara Balen, entre autres, la médaille

remise par l’empereur. Epco Runia : « Avec

ce genre de tableaux illusionnistes, devenus

sa marque de fabrique, Van Hoogstraten

a dépassé son maître. Sur les tableaux

à lettres, il suggère un espace peu profond

et plat. Comme il y a partout la même profondeur,

l’effet est optimal, quel que soit

l’angle sous lequel on les regarde. L’artiste

est ainsi parvenu à transformer tout un

tableau en spectacle illusionniste. Pour ce

faire, il fallait que les objets représentés

le soient en grandeur nature. Car, comme

l’écrit le peintre, la duperie atteint son

paroxysme lorsqu’on représente un objet

plat sur une surface plane. L’illusionnisme

envahit alors tout le tableau. Au contraire

de Rembrandt qui se limite souvent aux

bords de la surface plane. »

MOUVEMENT

L’illusionnisme de Samuel van Hoogstraten

s’inspire toutefois bel et bien de

Rembrandt. Car, avant même que son

cadet ne devienne son apprenti, le maître

avait expérimenté des astuces pour tromper

l’œil du spectateur. En suggérant,

par exemple, un mouvement, comme en

atteste clairement La Sainte Famille, seule

œuvre de Rembrandt présentée dans

l’exposition. Marie, Joseph et l’enfant

Jésus sont représentés à l’intérieur d’une

maison, autour d’un feu crépitant. Pour

offrir davantage de profondeur au tableau

et en accentuer l’illusion, Rembrandt a

peint un cadre autour de la scène, une

tringle avec un rideau qui cache en partie

l’intérieur de la pièce. Quelqu’un semble

en avoir soulevé un coin, car le rideau

donne l'impression de bouger encore.

Dans La Ronde de Nuit, Rembrandt a créé

une illusion de mouvement encore plus

forte. Van Hoogstraten a sans doute vu ce

chef-d’œuvre, au début de son apprentissage

chez le maître. Dans son Portrait

de Ferdinand Comte de Werdenberg, peint

dix ans plus tard, en 1652, Van Hoogstraten

a représenté l’aristocrate dans une

pose identique à celle du capitaine Frans

Banninck Cocq, dans La Ronde de Nuit. Il

a même repris l’ombre de sa main gauche

tendue. Les deux artistes ont aussi peint

des personnages près de fenêtres, souvent

des jeunes filles ou des femmes dans un

tableau, une porte entrebâillée ou un

rebord de fenêtre. Elles se penchent et

posent leurs mains sur le bord du tableau,

donnant l’illusion de franchir la limite du

cadre et de faire partie de notre monde.

Van Hoogstraten emploie la même

32


Pour Van Hoogstraten,

la peinture était plus

une science qu’un

artisanat.

VISITER

Samuel van Hoogstraten. L’Illusionniste

du 01-02 au 04-05

Museum Rembrandthuis

Amsterdam

www.rembrandthuis.nl

méthode dans sa Jeune femme dans une

porte entrebâillée, peinte dans l’atelier

de Rembrandt. Des doutes ont plus tard

plané quant à la paternité de cette toile.

Si la signature est celle de Rembrandt, le

tableau a depuis été attribué à son élève.

VUES ILLUSIONNISTES

Samuel van Hoogstraten fut le premier des

deux à utiliser l’illusionnisme. Epco Runia :

« Il l’a abordé de manière scientifique et a

décrit, dans son livre, les différents degrés

de lumière d’une pièce, les rendant mesurables.

Alors que Rembrandt opérait de

manière plus intuitive, Van Hoogstraten

va plus loin. En mai 1662, il s’est installé

cinq ans durant en Angleterre où il a peint

pour une élite intéressée par les sciences.

Comme à Vienne, il y a imposé avec succès

le style réaliste. Les perspectives qu’il a

réalisées sur place sont célèbres. Il s’agit de

tableaux d’intérieurs illusionnistes grandeur

nature. Ses maisons de campagne

servaient souvent de toiles de fond. »

L’artiste a exécuté une de ces vues dans

l’œuvre Les Pantoufles, un de ces intérieurs

de dames dignes d’un Pieter de Hooch, Gerard

ter Borch ou Johannes Vermeer. Mais

il s’y est surtout concentré sur la perspective

et l’illusion de profondeur qu’évoquent

les pièces en enfilade. L’espace est vide,

à l’exception de personnages dans un

tableau de Gerard ter Borch, à l’arrièreplan.

Epco Runia est particulièrement

heureux du nombre d’œuvres qu’il est parvenu

à obtenir, comme ce Vieillard à une

fenêtre peint à Vienne. Tout y est reproduit

avec précision et authenticité : la tête du

vieillard, les vitraux et le cadre de la fenêtre

en pierre naturelle : « Même la plume sur le

rebord de la fenêtre. Van Hoogstraten était

obsédé par le monde visible. Ce devait être

une sorte de spectacle pour les amateurs

de l’époque, un agréable divertissement

de cour. Mais surtout un plaisir visuel,

comme si c’était la réalité, mais peinte. »

Les Pantoufles, ca. 1658, huile sur toile, 103 x 71 cm. Paris, Musée du Louvre.

33


ZOOM

Saul Leiter

L’œil en coin

Présentée actuellement au FOAM

d’Amsterdam, sous l’intitulé An

Unfinished World, l’œuvre de Saul

Leiter n’a rien d’inachevé. Les

quelques deux cents photographies

exposées témoignent d’un regard

sur le monde en phase avec son

époque et pourtant singulier, voire,

par l’emploi précoce de la couleur,

franchement avant-gardiste.

TEXTE : JEAN-MARC BODSON

Saul Leiter (1923-2013) est un peu

comme un ami de longue date

qui, tout au long des promenades,

vous pointe des menus événements,

à première vue anodins, des petits

riens qui, au bout du compte, se révèlent à

la fois jouissifs et pleins d’enseignements.

« Il se trouve que je crois à la beauté des

choses simples. Je crois que la chose la

plus inintéressante peut être très intéressante

», disait ce natif de Pittsburg, fils de

rabbin, venu à New York en 1946 pour se

consacrer à la peinture, mais qui devint

photographe après avoir vu une exposition

d’Henri Cartier-Bresson au Museum of

Modern Art, en 1947. Egalement, doit-on

préciser, peu après qu’il se fut lié d’amitié

avec le peintre expressionniste abstrait

Richard Pousette-Dart, qui expérimentait

lui-même la photographie. Dès ses

premières images en noir et blanc, prises

au Leica, sa vision des choses s’est affirmée

comme intimiste, y compris dans

ses snapshots pris en rue. C’est d’ailleurs

ce qu’avait très bien mis en évidence le

remarquable double album Early Black

and White, publié en 2015 par Steidl et

la Galerie Howard Greenberg de New

York. Que ce soit dans le premier volume,

consacré aux intérieurs, ou dans le second,

consacré à la rue, la plupart des images

semblent manifestement prises à la sauvette,

comme si leur auteur épiait ce qui

l’entourait en se dissimulant.

Ana, 1950. © de l’artiste / Saul Leiter Foundation

34


ZOOM

« Les photographies

sont souvent

considérées comme

des moments

importants, alors

qu'elles ne sont que

des fragments et des

souvenirs d'un monde

inachevé »

SAUL LEITER

NÉ DE LA VILLE

À l'intérieur, il nous fait partager son intimité

à travers des miroirs, des fenêtres,

des plans successifs ou des flous qui en

tiennent lieu. On se retrouve ainsi en observateur

clandestin des faits et gestes de ses

amis proches, mais surtout des femmes

de sa vie – Ines, Barbara, Lynn, Fay, Jay et

les autres – qu'il photographie à la dérobée,

au propre comme au figuré, c'est-àdire

déshabillées et comme par surprise. À

l’extérieur, la méthode est la même. On le

sent embusqué au coin d’une rue et l’on se

fait complice, voyeur avec lui des menues

occurrences de la vie urbaine. Ici, dans un

rayon de soleil, une petite fille, de profil,

encerclée de passants. Là, en vue plongeante,

un promeneur arrêté sur le bord

d’un trottoir, comme au bord d’une rivière.

Ou là encore, des promeneurs avalés par les

reflets des vitrines. Pas étonnant, dès lors,

qu’on l’ait assimilé à la mouvance photographique

de l’École de New York, à laquelle

on associe des auteurs aussi différents

que Lisette Model, Sid Grossman, Helen

Levitt, Diane Arbus ou Robert Frank, qui

ont cependant en commun d’être fascinés

par la vitalité de la rue, et surtout, comme

le disait Dave Heath, de faire des photos

« qui ne sont pas sur la ville, mais nées de

la ville ». De la même façon, peut-on dire

que, dans les photographies en couleur de

Saul Leiter, c’est la couleur qui tient lieu

Footprints, ca. 1950. © de l’artiste / Saul Leiter Foundation

de sujet. Cela n’étonne pas quand on sait

qu’il a continué à pratiquer la peinture et le

dessin, tout au long de sa vie. Lui qui allait

jusqu’à sur-peindre les tirages de ses images,

comme on peut le voir dans cette exposition,

trouva donc évident de commencer à

utiliser des pellicules en couleur pour son

travail de street photography, à une époque

où l’on estimait comme artistique la seule

photographie en noir & blanc. Dès 1948,

c’est-à-dire bien avant l’exposition William

Eggleston’s Guide, en 1976 au MoMA de New

York, considérée comme le point de départ

de la reconnaissance institutionnelle de

la photographie en couleur, Saul Leiter a

réalisé un travail couleur splendide, dans la

même veine que celui en noir et blanc. Sans

doute sa maîtrise de la technique couleur

l’aida-t-elle à être employé comme photographe

de mode par des grands magazines

américains tels que Esquire ou Harper’s Bazaar,

pendant une vingtaine d’années. C’est

d’ailleurs ce qui explique sa reconnaissance

tardive en tant que street photographer, six

ou sept ans avant son décès.

VISITER

Saul Leiter. An Unfinished World

FOAM

Amsterdam

www.foam.org

jusq. 23-04

35


Wael Shawky

Un sublime opéra dramatique

Le musée Bonnefanten de

Maastricht organise une exposition

de l’artiste égyptien Wael

Shawky. Il n’y présente que son

dernier film, Drama 1882, acquis

conjointement par l'institution, le

Stedelijk Museum d’Amsterdam

et le Centraal Museum d’Utrecht.

Wael Shawky y traduit une

révolte anticoloniale achevée

par l'occupation britannique de

l’Egypte, en un bouleversant opéra

dramatique, conçu spécialement

pour le pavillon égyptien de la

dernière Biennale de Venise.

TEXTE : CHRISTINE VUEGEN

Wael Shawky a

souhaité délivrer

un message fort,

comme toujours, en

remontant le temps.

C’était un incontournable ! La

presse internationale fut très élogieuse

à son égard. Wael Shawky

a représenté son pays avec le

« somptueux récit d'une révolution ratée,

offrant de l'espoir dans un paysage politique

agité », rapportait ainsi le New York

Times. Pour son film Drama 1882, cofinancé

par les quatre galeries le représentant –

Lisson (Londres), Sfeir-Semler (Beyrouth/

Hambourg), Lia Rumma (Naples/Milan) et

Barakat Contemporary (Séoul) –, l’artiste

a exigé carte blanche, sans interférence

du gouvernement de son pays. Il souhaitait

délivrer un message fort et, comme

toujours, l’a fait en remontant le temps.

Ses films sont des reconstitutions, à la

fois précises et fabuleuses, d’événements

historiques, destinées à nous faire mieux

comprendre ce qui se passe dans le monde

aujourd’hui. L’œuvre de Wael Shawky

(1971) n’est pas seulement visuellement

séduisante et émouvante, elle revêt également

une dimension d’urgence. Drama

1882 est un opéra filmé de 44 minutes,

chanté en arabe classique et sous-titré en

anglais. L’artiste y transporte le spectateur

à l’été 1882, moment décisif de l’histoire

de l’Égypte. En huit chapitres, il reconstitue

les événements ayant conduit à

l’occupation britannique, qui n’a pris fin

qu’en 1956. Le film peut faire penser à la

guerre en Ukraine, aux bombardements

de Gaza et à l’évolution des positions

dominantes au Moyen-Orient et dans le

reste du monde. Non pas que l’artiste y

fasse allusion, il s’est strictement cantonné

aux sources historiques pour écrire le

livret. Il a également composé lui-même

la musique et conçu la scénographie, les

décors, les costumes et la chorégraphie. Le

spectacle fut joué, par une importante distribution

locale, dans un théâtre en plein

air d’Alexandrie, sa ville natale. L’artiste a

demandé aux acteurs de se déplacer au

ralenti : l’expression est ainsi dans les mouvements,

non dans les visages. Il s’agit de

son premier film réalisé avec des acteurs

adultes après s'être débarrassé de toute

dramatisation des fillms précédents, en

faisant jouer des poupées, des marionnettes

et des enfants. Intitulé Drama 1882,

l'artiste explique : « Le mot ‘‘drame’’ revêt

plusieurs significations. Il crée une impression

de faux-semblant, de divertissement,

de catastrophe, et suscite un doute

inhérent face à l’histoire ». Il s’agit d’une

histoire avec des étrangers et des traîtres.

Mais qui est l’étranger, le traître, le héros?

Tout dépend du côté où l'on se trouve.

UN DRAME MAGNÉTIQUE

Dans l’image de droite, deux groupes se

font face. D’un côté, le personnage principal,

Ahmet Urabi, fils de paysan devenu

colonel dans l’armée égyptienne. C’est lui

qui a mené la révolte contre le khédive,

vice-roi, marionnette des Britanniques et

des Français. De l’autre côté, le khédive (en

blanc) et le consul général britannique.

Chaque groupe marche lentement, à tour

de rôle, vers l’autre, puis recule, les corps

du groupe qui avance étant penchés vers

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L’œuvre révèle l’artiste

Drama 1882, 2024, vidéo 4K (couleur, son), VFX, arabe avec sous-titres anglais. © de l’artiste / Courtesy Sfeir-Semler Gallery, Beyrouth / Hambourg

Qui est l’étranger, le traître, le héros ?

Tout dépend du côté où se l'on trouve.

l’avant et ceux de celui qui recule vers

l’arrière. Ce balancement régulier, d’avant

en arrière, comme ce chant magnifique,

sont absolument hypnotiques. Wael

Shawky sait, comme nul autre, traduire un

sujet lourd en spectacle enchanteur, non

sans légèreté et humour. Dans un décor

de bâtiments roses, légèrement de guingois,

un homme originaire de Malte, alors

colonie britannique, se rend en trottinant

au consulat britannique d’Alexandrie. Il demande

ensuite à un homme, accompagné

d’un âne, de le transporter à travers la ville.

Le Maltais, qui discute le prix de la course,

par poignarder le propriétaire de l’âne, les

émeutes anti-européennes qui s’ensuivent

font quelque trois cents morts, le bombardement

britannique d’Alexandrie, la

conférence internationale d’Istanbul sur

l’Égypte, lors de laquelle l’ambassadeur

britannique déclara qu’il n’interviendrait

qu’en cas d’urgence, l’attaque surprise de

l’armée britannique contre l’armée d’Urabi,

la prise du Caire forment un spectacle

dans lequel tout est précis, jusqu’aux couleurs

et à la composition.

RÊVER DE CHANGEMENT

Peintre de formation, Wael Shawky compare

le film à une peinture en mouvement.

Dans ses expositions, il entraîne les visiteurs

dans l’univers du cinéma, de la sculpture

et de la peinture. Il travaille souvent

avec des matériaux artisanaux, comme

le verre de Murano. Auparavant, il avait

ébloui le public avec sa trilogie cinématographique

Cabaret Crusades (2010-2015),

l’histoire des croisades vues du point de

vue arabe, jouée par des marionnettes.

Wael Shawky est un artiste très sollicité.

La longue liste de ses expositions personnelles

comprend le MOMA PS1 de New

York, le M Leuven et le Mathaf de Doha,

au Qatar. Auparavant, il n’avait exposé

qu’une seule fois aux Pays-Bas. En 2005, il

avait réalisé la vidéo The Cave : Amsterdam

pour une exposition collective. Marchant

lentement dans un supermarché,

il y récitait un verset coranique. Celui-ci

évoque des hommes qui dorment dans

une grotte jusqu’à ce que le tyran soit parti

et qui se réveillent 309 ans plus tard dans

un monde meilleur. Ce rêve d’une société

différente, la seule œuvre dans laquelle

l’artiste joue lui-même, fut vendue chez

Sotheby’s à Doha, en 2015, pour 56.250

dollars, ce qui reste le prix le plus élevé aux

enchères pour son œuvre. Aujourd’hui,

Drama 1882 est la première création de

l’artiste à figurer dans la collection d’un

musée néerlandais. Il s’agit d’une critique

de l’historiographie entourant le colonialisme,

longtemps écrite uniquement du

point de vue des intérêts européens. Une

des grandes tendances du monde de l’art

contemporain est de battre en brèche ce

discours univoque.

VISITER

Wael Shawky : Drama 1882

jusq. 30-03

Bonnefanten

Maastricht

www.bonnefanten.nl

37


La chevalière

Un bijou symbolique

Qui l’eut cru ? Ringardisée à

la fin du siècle dernier, bague

symbole de l’aristocratie et d’une

certaine bourgeoise traditionnelle,

la fameuse chevalière fait un

retour remarqué dans les codes

vestimentaires de la jeune

génération. Fini le temps ou ce

bijou, repoussoir pour beaucoup,

était relégué dans l’oubli des fonds

de tiroir. Un retour en grâce qui se

traduit évidemment par nombre de

détournements.

TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE

Rare chevalière armoriée d’époque élisabéthaine, 1568, or et cristal de roche. Bonhams, Londres, 07-04-2005.

© Bonhams – 15.600 £ (18.600 €)

Ainsi, « la cheche (prononcer

cheu-cheu) de bourge », la bague

la plus clivante de la joaillerie,

a retrouvé les doigts de la

jeunesse. Qu’ils soient artiste, bobo ou

hipster, à trente ans, nombre d’hommes

portent à nouveau la chevalière, tandis

que leurs alter-egos féminines ont fièrement

ressorti le rang de perle de leurs

grands-mères. Et, s’il lui arrive d’en détourner

l’usage, c’est bien dans sa version la

plus classique, c’est-à-dire en or et gravée

d’armoiries familiales, que cette nouvelle

jeunesse l’aime, décomplexée et à l’aise

avec l’image connotée qu’elle renvoie. Car,

il est désormais bien loin le temps des

codes figés et des classifications de genre.

Dans le grand mouvement de décloisonnement

auquel on assiste depuis le début

de la décennie, la chevalière vient rejouer

la partition des rockers et des punks qui,

dès les années 1970, en la portant à tous

les doigts, l’avaient érigée en symbole de la

38


De nos jours, le port

d’une chevalière

témoigne plus de

racines identitaires

qu’il ne requiert de

titre de noblesse.

contre-culture, tandis que, dans les années

1990, les rappeurs la récupéraient comme

ils l’auraient fait d’une armure clinquante.

Directrice artistique de la marque de

joaillerie française traditionnelle Arthus

Bertrand qui, depuis 1803, s’est faite une

spécialité de la confection de chevalières,

Camille Toupet précise : « A la différence

de leurs pères, qui sont encore bloqués par

son côté BCBG, les jeunes hommes se parent

et s’habillent sans se soucier du qu’en

dira-t-on. Mais ils se réfèrent, consciemment

ou non, à de grands classiques. La

chevalière est ainsi un bijou séculaire, qui

puise sa valeur dans son histoire. On la

porte car elle signifie vraiment quelque

chose. De plus, elle est esthétiquement

assez masculine grâce à sa table à l’effet

coup de poing américain d’une star de

hip-hop. » Devenue un symbole de liberté,

associée aux vedettes de la nouvelle Pop et

Chevalière armoriée, Angleterre, 1570, or, diam.

2,4 cm. Christie’s, Londres, 03-07-2024.

© Christie’s Images Ltd. – 21.420 £ (25.300 €)

Chevalière ornée d’un camée représentant une Vierge à l’Enfant, Italie, XVe siècle, or, diam. 2,4

cm. Christie’s, Londres, 03-07-2024. © Christie’s Images Ltd. – 13.860 £ (16.370 €)

du Septième Art, elle témoigne aussi d’un

certain désir de retour à l’ordre, illustré

par la remontée en puissance des droites

politiques dans toute l’Europe. La chevalière

rejoue donc une partition ancienne,

qui puise aux sources de la culture européenne.

UN USAGE MILLÉNAIRE

Dite aussi ‘‘arme blanche de mains’’, la chevalière

est une bague à large chaton (appelé

aussi table), sur lequel sont gravées des

armoiries ou des initiales. Généralement

destinée aux descendants de familles

nobles ou à des personnes non nobles portant

des armes depuis longtemps, la chevalière

est donc souvent liée à l’aristocratie.

L’origine de son nom remonte ainsi aux

chevaliers, les premiers après le souverain,

qui s’en servait de sceau, à obtenir le droit

de porter une bague au doigt. Au fil du

temps, son usage fut dès lors empreint de

toute une symbolique sociale et culturelle.

Pourtant, au départ, il s’agissait plutôt

d’un objet fonctionnel, un sceau portatif

monté sur une bague portée à l’index. Car,

ce doigt étant celui utilisé pour désigner

les choses, y porter une chevalière était

autrefois interprété comme un signe de

puissance. Les premières bagues chevalières

dont on ait connaissance remontent

à l’Egypte ancienne, il y a plus de quatre

millénaires, lorsqu’elles symbolisaient le

rang social de leur titulaire et servaient

à l’authentification des documents. Ces

anneaux sigillaires présentaient un motif

gravé qui a varié au fil des siècles, passant

du cartouche hiéroglyphique aux

représentations mythologiques, effigies,

symboles, armoiries ou inscriptions. Chez

les Grecs et les Romains de l’Antiquité, la

chevalière était également un symbole

de pouvoir et d’autorité, à Rome, le port

d’un anneau d’or étant même déjà le signe

distinctif de l’ordre équestre. En Europe,

la chevalière royale apparaît au milieu du

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« On porte

aujourd’hui la

chevalière car elle

signifie vraiment

quelque chose. »

CAMILLE TOUPET

Chevalière, Egypte, Nouvel Empire, ca. 1323-1319 av. J.-C., or, 2,9 x 2,6 cm. Leyde, Rijksmuseum van Oudheden,

inv. AO 8iv.

Chevalière dit Anneau épiscopal orné d’une intaille

figurant Saint-Jean-Baptiste, France, XIXe siècle,

or, améthyste, poids : 6,9 g. Berard-Peron, Lyon,

01-02-2021. © Berard-Peron – 2.150 €

Moyen Âge, vers les XIe et XIIe siècles, où

elle sert là aussi comme sceau pour cacheter

des documents à la cire. Facilement

reconnaissable, elle sert d’identification

à une époque où un fort pourcentage de

la population est analphabète. Ainsi, la

chevalière est-elle d’abord une matrice

dont le dessin est soit moulé en relief, soit

gravé en intaille, c’est-à-dire en négatif (à

l’envers) afin de pouvoir servir comme

sceau lorsqu’il est appliqué sur un cachet

de cire. Souvent réalisée en or ou en argent,

la bague peut aussi s’orner d’une pierre

fine, semi-précieuse ou précieuse, insérée

dans une table de forme ovale, en tonneau,

ronde ou carrée.

UN SYMBOLE DE STATUT

Au fil des siècles, l’anneau sigillaire perdant

de son utilité au profit des signatures

manuscrites, il tend à disparaître. Négligé

aux XVIe et XVIIe siècles, son usage revient

au XVIIIe, notamment dans la noblesse

française qui se sert de la chevalière pour

justifier son lignage agnatique. Si elle ne

renseigne pas alors directement sur le titre

de noblesse de celui qui la porte, elle peut

clairement indiquer l’importance de son

statut. Ainsi, les matériaux utilisés et la

complexité du bijou donnent une idée de

son pouvoir, qu’il soit familial ou individuel.

Déjà à la Renaissance, plus une chevalière

était luxueuse, plus elle appartenait à une

personnalité de haut rang. Dans la seconde

moitié du XIXe siècle, notamment en

France, suite à l’abolition des privilèges et à

l’essor de la grande bourgeoisie, tandis que

les cachets armoriés portés à la ceinture

sont abandonnés, la chevalière devient

plus que jamais un signe de prestige qui

s’incarne dans le pouvoir et la puissance

attribués aux pierres précieuses ou dures

(diamant pour l’invincibilité, rubis pour la

vitalité, onyx pour la force). Au XXe siècle,

avec l’érosion des règles sociales, elle se

popularise davantage, voire se démocratise,

devenant souvent le signe d’une

appartenance à un groupe, qu’il s’agisse

de l’armée, de la franc-maçonnerie, d’une

université ou d’une profession particulière.

40


En définitive, portée tant par les hommes

que par les femmes, elle atteint toutes les

classes sociales, s’ornant souvent d’initiales

identifiant son propriétaire. Ainsi,

de nos jours, son port témoigne plus de

racines identitaires qu’il ne requiert de

titre de noblesse.

UN USAGE CODIFIÉ

Le port d’une chevalière est une tradition

ancrée de longue date chez les

grandes familles européennes. Selon les

anciennes règles chevaleresques de la

noblesse française, les hommes aînés de

leur famille placent la chevalière à leur

annulaire gauche, soit au même doigt que

leur alliance. Ce positionnement remonte

au Moyen Âge, l’anneau se portant alors à

l’annulaire gauche en signe de distinction

pour rappeler l’engagement du chevalier.

Femmes et hommes, cadets ou benjamins

de leur famille, se devaient, quant à eux,

de porter la chevalière à l’auriculaire droit.

Cette règle vaut également aux Pays-Bas et

en Allemagne, tandis que la Suisse privilégie

l’annulaire droit. Dans d’autres pays, la

chevalière se portera plutôt à l'auriculaire.

En Angleterre, par exemple, il est d'usage

de porter une chevalière (signet ring) en

or massif à l’auriculaire de la main gauche.

En Belgique, la tradition veut qu’il n’y ait

pas de différence entre les sexes quant au

port de la chevalière. Hommes et femmes,

porteurs du nom de famille rattaché aux

armoiries représentées, la portent à l’auriculaire

gauche, l’annulaire étant exclusivement

réservé au port de l’alliance. En

règle générale, la chevalière peut se porter

de trois manières : le port ‘‘en baisemain’’,

c’est-à-dire le motif orienté vers l’extrémité

du doigt, symbolise que la personne est

libre ; le port ‘‘en bagarre’’ ou ‘‘en bataille’’,

A la Renaissance,

plus une chevalière

était luxueuse, plus

elle appartenait à

une personnalité

de haut rang.

soit le motif orienté dans la direction du

cœur signifiant que la personne est engagée

dans une relation sérieuse ; enfin ‘‘en

deuil’’, le motif orienté vers la paume de

la main, illustre le décès d’un proche lié

aux armoiries présentes sur la chevalière.

Traditionnellement, dans la noblesse,

une chevalière était offerte aux femmes

pour marquer des événements heureux et

importants de la vie, comme le mariage.

A cette occasion, la fiancée en recevait

une aux armoiries de son futur époux. Aux

Pays-Bas, les familles de la noblesse ou du

patriciat portent encore des chevalières

ornées d’armoiries familiales, même si

cette exclusive tend, comme partout, à

disparaître. Pour les hommes, l’ensemble

des armoiries est généralement gravé à

même l’anneau. Pour les femmes célibataires,

celles-ci sont gravées dans un

losange, pour les femmes mariées, dans

un support ovale. Comme partout, le port

d’armoiries familiales non conformes aux

usages héraldiques ou d’armoiries usurpées

y est considéré comme un faux pas...

En revanche, de nos jours et de manière

générale, le port d’une chevalière, qu’elle

soit simple ou ornée, constituée ou non

de métal précieux, relève exclusivement

du goût et de l’imagination de celui qui y

souscrit. En la matière, toutes les fantaisies

sont permises…

SURFER

www.arthusbertrand.com

Cartier, chevalière armoriée en intaille, ca. 1910-1920, or, saphir, poids : 12,3 gr. Christie’s, Genève, 19-11-

2024. © Christie’s Images Ltd. – 15.120 CHF (18.000 €)

Arthus Bertrand, chevalière enlacée, argent 925,

diam. 2 cm. © Arthus Bertrand – 450 €

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L’étain

Un minerai protéiforme

Il a connu ses heures de gloire dans

le domaine décoratif et un grand

usage comme objet de vaisselle,

chope ou cruche. Mais l’étain a

aussi connu de larges périodes de

déclin. Retour sur l’une des plus

anciennes matières, utilisée pour

elle-même, mais aussi pour ses

valeurs dans l’alliage et l’étamage.

TEXTE : ANNE HUSTACHE

Dans la nature, l’étain se présente

à l’état d’oxyde, la cassitérite

qui, dès la Préhistoire, a servi à

fabriquer le bronze, en alliage

avec le cuivre. Il ne fut employé comme

métal propre que vers 2000 avant notre ère.

Les Romains en firent grand usage pour les

ustensiles de la table. A cette époque déjà

et durant toute son histoire, il a été utilisé

pour protéger d’autres métaux contre l’oxydation.

Mais, dès le XIIe siècle, l’étain est

coulé, tourné, soudé et ciselé pour fabriquer

des ustensiles de vaisselle indispensables

telles que les cruches et autres chopes.

L’industrie de l’étain s’épanouit alors dans

toute l’Europe et, au XVIIe siècle, est mis

au point un ‘‘étain noble’’ qui va servir à la

fabrication de chefs d’œuvres d’art décoratif

comme le plat de la Tempérance de François

Briot. La matière connaît toutefois une

grande période de déclin, dès la seconde

moitié du XVIIe siècle, pour renaître à la fin

du XVIIIe, mais aussi au début du XXe siècle

et jusque tard dans l’après-guerre à la faveur

d’un engouement pour le style ‘‘fermette

rustique’’, désormais complètement désuet.

De nos jours pourtant, l’étain demeure

une matière aux multiples usages : il sert

en soudure, dans la fabrication de boîtes

métalliques, et joue un rôle conséquent

dans les arts décoratifs, par exemple pour le

revêtement des comptoirs et des tables des

cafés, mais aussi pour la confection d’objets

spécifiques comme les seaux à champagne.

VISITER

Etain, de la mine à l’atelier

Museum für Kunst und Gewerbe

Hambourg

www.mkg-hamburg.de

du 14-02 au 10-08

Tin

Rijksmuseum van Oudheden

Leyde

www.rmo.nl

jusq. été 2026

Efficacité romaine

ca. 43- 410

Les Romains furent parmi les premiers

grands utilisateurs de l’étain, non seulement

pour la fabrication d’objets comme

ce bol, mais aussi afin de protéger d’autres

matières contre l’oxydation : nombre de

boucles de ceinture et de fibules étaient

ainsi ‘‘étamées’’. Pratique, ce petit bol

n’en est pas moins élégant avec la forme

évasée de son pied ainsi que de son col.

A l’extérieur, sur la panse, a été incisé le

mot ‘‘ISARNINUS’’. Émanant de la culture

romano-britannique, ce bol fut trouvé à

Icklingham (Suffolk) et témoigne peut-être

d’une production importante d‘objets en

étain dans un pays qui fut longtemps gros

fournisseur de ce minerai.

Bol, époque romano-britannique, Angleterre, étain

coulé, H. 5,1 cm. Londres, The British Museum, inv.

1894, 0224.42.

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Elégant

ca. 1325-1375

Au cours du Moyen Âge et jusqu’au XVIIIe siècle, l’étain a été utilisé pour

façonner d’innombrables pichets. Les collections des musées regorgent de

pièces démontrant la variété des formes qui furent inventées à partir d’un

même concept : un ‘‘vase’’, un poucier et une anse. Notre exemple a fière

allure, avec son corps en forme de balustre à huit facettes. Sur le couvercle,

un fier lion assis sert de bouton. Le repose-pouce est formé de deux glands

et se prolonge, via une charnière à double mâchoire, dans la poignée qui

s’étend presque directement vers le bas, après un virage. Une marque de

maison est gravée sur le manche.

Pichet, Europe (Suisse ?), étain, H. 23.5 cm. Amsterdam, Rijksmuseum, inv. BK-16457.

Santé !

ca. 1550-1575

La chope était un autre domaine privilégié

de l’étain usuel. Le potier d’étain avait-il de

l’humour ? Il a donné à la panse la forme

d’un tonneau, référence aux tonneaux de

bière, le liquide pour la consommation

duquel cet objet fut conçu. Cette chope est

fermée par un couvercle bombé. A la différence

des chopes actuelles, elle dispose

d’un couvercle comme d’ailleurs, toutes

celles de son époque. Un détail qui semble

relever de son histoire : face aux ravages

de la peste, qui sévit pendant tout le

XIVe siècle, les grands dirigeants de

l’époque, dont l’empereur germanique,

prirent des mesures afin d’endiguer la

progression du fléau. L’une d’entre elles

était l’obligation de couvrir tous les

récipients destinés à recevoir des denrées

alimentaires. Les ‘‘pots’’ à bière se

virent donc chapeautés d’un couvercle

en étain, donnant ainsi naissance au

modèle récurrent de la ‘‘chope’’.

Chope à bière, Pays-Bas, étain coulé, H. 11,5 cm. Amsterdam,

Rijksmuseum, inv. BK-16411.

L’acmé

1585

François Briot, Plat de la Tempérance, France, étain décoratif ou ‘‘noble’’, diam. : 45 cm, prof. : 4,5

cm. Londres, The Victoria and Albert Museum, Inv. 2063-1855.

A la fin de l’époque gothique, l’étain ‘‘décoratif ’’ ou

‘‘noble’’ est mis au point : à la différence de l’étain

usuel, celui-ci reçoit un abondant décor, creusé

en relief dans le moule qui sert à sa fabrication.

La Renaissance est l’époque par excellence de ce

type d’étain, uniquement destiné à orner : l’objet

prenait place sur des buffets à plusieurs niveaux

supportant des objets luxueux, d’or, d’argent, etc.

François Briot (ca. 1545-1616), célèbre médailleur

originaire de Montbéliard, réussit un véritable

chef d’œuvre avec ce plat de la Tempérance, dont

les répliques existantes témoignent toutes de la

virtuosité nécessaire à la réalisation des motifs.

L’ombilic du plat représente une figure féminine

portant un verre de vin et une aiguière, qui donne

son nom à l’objet. Autour de la Tempérance se

déploient les allégories des quatre éléments et

sur le bord extérieur, se répartissent les sept arts

libéraux autour de Minerve.

43


Foisonnant

ca. 1685

Le célèbre ébéniste André-Charles Boulle (1642-1732) mit au point une

technique tellement remarquable qu’elle porte son nom : la marqueterie

Boulle, qui consiste à incruster des meubles d’écaille de tortue, de corne, de

laiton ou de cuivre et, bien sûr, d’étain. Ce meuble à perruques est l’un des

exemples les plus élaborés de son genre, œuvre d’un grand raffinement et savoir-faire

qui montre l’importation de la marqueterie française dans les pays

germanophones, grâce à des artistes comme Johann Daniel Sommer II. Destiné

à contenir un accessoire indispensable dans l’apparence d’un homme

de cour, ce cabinet était aussi un objet décoratif attestant du statut de son

propriétaire. Un soin particulier a été conféré au mélange des matières et à

la délicatesse des motifs floraux, tandis qu’un brin d’exotisme s’invite dans le

couvercle, en forme de pagode.

Johann Daniel Sommer II, Cabinet de coiffure (meuble à perruques),

Allemagne, chêne et noyer plaqués d’ébène, bois noirci et marqueterie

d’étain et de nacre sur corne sur peinture, simulant l’écaille de tortue,

argent, damassé en brocart (ajout ultérieur), 40,6 × 45,7 × 34,3 cm. New

York, The Metropolitan Musem of Art, inv. 2004.417.

Ludique

fin du XVIIe siècle

A côté de la laque et de la nacre incrustée

dans le bois, l’étain fut aussi utilisé pour

réaliser des paravents généralement bichromes,

se mariant alors avec le laiton.

Ce type de décor fut particulièrement prisé

dans la Chine de la fin du XVIIe siècle, sous

la dynastie Qing. Sur ce paravent, la scène

représente une femme dans son jardin

jouant au touhu. Ce jeu d’habileté était

pratiqué lors des banquets ou cérémonies

dès l’époque des Zhou (1050-221 avant

notre ère) et se perpétua au fil des siècles.

Il consiste à lancer des flèches dans le col

étroit d’un petit vase ou dans les deux tubes

qui lui sont attachés. Au dos de l’écran

figure une citation d’un poème de Shen

Quanqi, réalisé sous la dynastie Tang (ca.

650-729).

Paravent, Chine, dynastie Qing, étain et laiton, H.

22,4 cm. New York, The Metropolitan Museum of Art,

inv. 2006.430a, b.

Ondulante

ca. 1700-1815

Vase à eau pourvu d’un bec, l’aiguière est un des objets les plus utilisés

dans toutes les sociétés et depuis des millénaires. A l’origine, elle était

accompagnée d’un bassin car l’eau servait avant tout à laver les mains

des convives avant le repas. L’apparition des couverts devait rendre

cet usage obsolète, mais la présence d’un contenant a eau n’a pas pour

autant disparu. De nombreux modèles d’aiguière ont vu le jour et, parmi

ceux-ci, l’aiguière ‘‘casque’’ fut extrêmement populaire. Cet exemplaire

se distingue par son côté ‘‘virevoltant’’, grâce aux courbes qui ondulent

en diagonales depuis le pied jusqu’au col. Certains spécialistes estiment

que ce pourrait être une copie du XIXe siècle d’un original du début du

XVIIIe, et non l’original lui-même.

Petite aiguière casque à anse contournée. Strasbourg (?), étain, H. 19 cm. Paris, Musée du

Louvre, inv. OAR 339. © Musée du Louvre, Dist. Grand Palais Rmn / photo : Philippe Fuzeau

44


Collaboration gagnante

ca. 1899-1909

L’étain a connu plusieurs phases de rejet au cours de son histoire.

Mais, à la fin du XIXe siècle, il est remis à l’honneur tant par les

industriels au fait des évolutions techniques que par les artistes

de l’Art nouveau, attirés par les qualités intrinsèques du matériau.

Pas étonnant que Peter Behrens (1868-1940) s’en soit emparé,

lui qui évolue de l’Art nouveau d’essence florale à un fonctionnalisme

élégant, comme en témoigne la forme de ces pièces,

aux lignes générales simplifiées et au décor floral dominé par de

rigoureuses lignes géométriques. Cet ensemble relève aussi de la

collaboration entre l’artiste et les directeurs d’une usine métallurgique

désireux d’assurer la fabrication et la diffusion de ces objets

pratiques, séduisants avec le poli donné à la matière et le soin

apporté à la forme et qui resteraient aussi abordables.

Peter Behrens, Trois éléments de service, Manufacture E. & R.Hueck, étain

moulé et poli, H. cruche : 21,1 cm. Hambourg, Museum für Kunst und Gewerbe.

© photo : Roman Mishchuk

Courant sur la table

ca. 1902-1908

L’entreprise familiale Leuconide Metalware Factory et Trading

Company J.P Kayser and Son, à Krefeld-Bockum, fut l’une des

principales usines de fabrication d’étain, entre 1894 et 1925. Son

fondateur, Englebert Kayser, donna le nom de ‘‘Kayserzinn’’ à

un alliage d’étain artistique sans plomb. Comme en témoigne

l’exposition présentée à Hambourg, l’étain demeure tributaire

de la nature de son alliage et aussi des finitions qui lui sont

apportées, tandis que la Révolution industrielle apportait son

lot d’innovations. La firme fut surtout connue pour son style

volontairement progressiste, car elle a embauché des artistes

et des sculpteurs afin de concevoir des objets de haute qualité

dans le style Art nouveau et Jugendstil. Ces teckels donnent à

ces porte-couteaux une joyeuse vivacité, leur dos s’étendant

naturellement pour servir la fonction.

J. P. Kayser Sohn, porte-couteau, étain, L. 9,3 cm. Hambourg, Museum für

Kunst und Gewerbe. © photo : Roman Mischchuk

D’un cabinet de curiosités

seconde moitié du XXe siècle

L’étain possède une forte conductivité thermique, qui lui permet

de retenir naturellement le chaud comme le froid. C’est donc,

par prédilection, une matière adéquate pour les seaux à champagne,

comme en témoignent les nombreux exemplaires du passé.

Celui-ci défie tout ennui avec ses diverses références mêlées : tête

féminine (buste antique ou rococo ?) et coquillages. L’inspiration

semble tout droit sortie des cabinets de curiosités et correspond

bien au créateur de l’objet, Piero Figura (1936). Pluridisciplinaire

(architecte, peintre, designer, professeur), curieux de tout, ce Milanais

d’adoption est devenu antiquaire et adore mixer les objets de

toutes origines. Ce seau à champagne comporte différentes versions

: celle-ci avec des coquillages, une autre avec des roses.

Piero Figura, Seau à champagne, Milan, étain poli, H. 48 cm. Piasa, Paris, 29-11-

2017. © Piasa – 7.800 €

45


Les divers visages

du Rêve américain

Amanda Lopez, Homegirls. © de l’artiste

En plus de deux cents œuvres,

une exposition au Rijksmuseum

d’Amsterdam met en lumière

l’histoire riche et variée de

la photographie aux Etats-

Unis et montre à quel point

ce support s’est ancré dans la

société américaine et a influencé

le monde. Entretien avec sa

commissaire, Mattie Boom.

TEXTE : KOOS DE WILT

«

Dans

les années 1980, le

directeur du Cabinet

Royal des Estampes,

J.W. Niemeijer, estimait

que la photographie présentait des similitudes

avec la gravure et le dessin », explique

Mattie Boom, conservatrice du département

Photographie du Rijksmuseum. « La

photographie se traduit de la même façon sur

le papier, dans des albums et livres. Ce qui a

offert une nouvelle voie au musée : la collection

de photographies du XIXe siècle contient

celles du photographe Willem Diepraam et

de l’amateur de photos et juriste Bert Hartkamp,

acquises en 1984. Ces éminents collectionneurs

s’y étaient intéressés à une époque

où la photographie n’avait pas encore le vent

en poupe. A partir de 1993, un petit budget

fut dégagé pour acquérir des photographies

en plus de la collection existante. » La collection

de photographies américaines s’est

rapidement étoffée, en 2005, avec la nouvelle

orientation prise par le musée lors de sa rénovation

et l’accent mis sur le XXe siècle. Mattie

Boom : « A l’époque, comme l’exprimait le

directeur Ronald de Leeuw, le sentiment de

beauté et la notion de temps primaient. Il

importait de remonter le temps par le biais

d’une configuration mixte. Et, au XXe siècle, il

s’agissait donc aussi de la photographie américaine.

Si nous n’avions pas encore beaucoup

d’œuvres, grâce au sponsoring de Baker &

McKenzie, nous avons pu acquérir des photographies

jusque là méconnues. »

46


« Des grands noms,

mais aussi des

cartes de visite, des

stéréophotographies,

des brochures, voire

de l’artisanat. »

IMAGES INTRIGANTES

Au Rijksmuseum, Mattie Boom s’est

efforcée de favoriser le développement

de la photographie comme forme artistique.

Depuis la fin des années 1980, avec

Hans Rooseboom, elle s’est chargée de

constituer la collection du musée et est

l’auteure de divers ouvrages sur la photographie.

L’exposition American Photography

a la particularité de présenter, pour

la première fois, la collection de photographies

américaines de l’institution, en

sus de prêts de collections néerlandaises,

européennes et américaines. Elle réunit

des œuvres emblématiques, dont celles

de Sally Mann, Robert Frank, Lisette

Model, Nan Goldin, Richard Avedon, Andy

Warhol, Paul Strand, Diane Arbus et James

Van Der Zee. Mais aussi de nombreuses

images étonnantes d’auteurs anonymes :

« La qualité d’une image ne tient pas tant

au nom du photographe qu’au sujet photographié,

à sa rareté ou à sa captivante

singularité. Ce qui peut aussi concerner

une simple photographie anonyme. Une

Num diti imoluptatis sum rerro dolenitatent et estiumquas et doluptae pre rem sanit, culliti

dolore litatia sitions ecerum quatet, qui quatiscitae

Anonyme, Famille debout à côté de sa voiture, ca. 1957-1960, impression chromogénique (Kodak

Instamatic), 7,6 x 7,6 cm. Amsterdam, Rijksmuseum, inv. RP-F-2023-26-7.

image du retour des troupes françaises,

en 1859, est, par exemple, intéressante en

soi, car elle anticipe un genre particulier.

Un examen plus approfondi a révélé que

son auteur était le célèbre photographe

Nadar. Contrairement à la peinture, mon

travail porte sur d’innombrables images

présentes sous nos yeux et sur le moyen

de trouver celles qui manquent à la collection,

peu importe l’auteur. Il s’agit de

dénicher l’inédit, l’image intrigante. Cela

peut être une question de niveau, high et

low. Donc de grands noms, mais aussi des

cartes de visite, de stéréophotographie,

des brochures, voire de l’artisanat. Une

superbe nature morte de bonbons, par

exemple, des images encadrées, prises par

des anonymes pour orner leur maison,

ou des albums photos de particuliers. Un

menu ou encore un éplucheur à légumes

fabriqué par Ansel Adams. »

Ming Smith, L’Amérique vue à travers des étoiles et rayures, New York City, 1976, tirage gélatino-argentique,

31,8 x 47 cm. Richmond, Virginia Museum of Fine Arts, inv. 2016.241 ; Adolph D. and Wiliams C. Williams Fund

LE RÔLE DES GALERIES

À ses débuts, au milieu du XIXe siècle, la

photographie était spécifiquement française

: « Le Rijks possédait déjà une belle

collection de photographies françaises,

souvent sans que nous en ayons réalisé

un inventaire précis : les images étaient

souvent éparpillées, essentiellement dans

des livres. Nous avons eu, par exemple,

une image unique de 1860 représentant les

restes d’un temple de Baalbek, au Liban, un

panorama de Gustave le Gray. Une véritable

découverte. Dès que je serai à la retraite,

j’en rechercherai la provenance exacte. »

47


Boîte composée de paquets de cigarettes avec des portraits de

colocataires, fin des années 1960, bois, paquets de cigarettes tissés

à la main, tirages gélatino-argentique, 14 x 11 x 19,5 cm. Collection

Daile Kaplan, Pop Photographica, New York. © photo : Andy Romer

Photography, New York

Bruce Wrighton, Portrait d’une femme, Binghampton, NY (Woolworth Shopper), impression chromogénique,

25,4 x 20,2 cm. Amsterdam, Rijksmuseum, inv. RP-F-2009-151. © Succession Bruce Wrighton. Courtesy

Laurence Miller Gallery

« Il faut voir

beaucoup et

faire quantité de

recherches »

MATTIE BOOM

Si la France fut, au XIXe siècle, le principal

pays de la photographie, au XXe siècle, elle a

été dépassée par l’Amérique du Nord : « Ce

bouleversement s’est opéré alors que l’Amérique

est devenue, après la Seconde Guerre

mondiale, la principale puissance économique

et culturelle du monde. Dans les

années 1930, les plus grands photographes

se sont rendus de Paris et Berlin vers New

York où ils ont apporté une contribution

importante. Les artistes new-yorkais

touchaient, à l’époque, des subventions,

faisant valoir l’art au sens le plus large du

terme. Beaucoup d’entre eux ont travaillé

dans la publicité et défini la culture visuelle

de l’époque, une culture de l’image qui

a influencé le monde entier. Les photographes

ont alors commencé à être pris au

sérieux. Ainsi d’Aaron Siskind, par exemple,

dont les images de murs délabrés, prises à

la fin des années 1940, ont été exposées en

la galerie de Charles Egan, à Manhattan. Il

fut le premier photographe de cette galerie.

Je pense que, dans son domaine, ce fut un

expressionniste abstrait qui a enseigné avec

Harry Callahan et tous deux passent pour

des pionniers de la photographie en tant

que forme artistique. La Limelight Gallery

et la galerie de Roy DeCarava ont, par ailleurs,

joué un rôle important dans le développement

de la photographie américaine.

Il y eut ensuite, dans les années 1970, une

exposition de Sam Wagstaff, ami et mentor

de Robert Mapplethorpe, qui fut littéralement

l’œil de la photographie, collectionneur

de tout et n’importe quoi. L’histoire de

la photographie a, entre autres, connu un

essor grâce à lui, à Howard Greenberg, Joel-

Peter Witkin et Stephen White. Depuis, on

voit le monde à travers les yeux de ceux qui

l’ont illustré : les artistes, la publicité et les

personnes comme vous et moi. »

THE AMERICANS

Avec son collègue Hans Rooseboom, Mattie

Boom a effectué, sept années durant,

des recherches pour cette exposition :

« Il faut beaucoup regarder et opérer des

recherches sur ce qui tombe sous la main.

Comme la peinture, la photographie est

devenue, en quelques décennies, une

forme d’art qui représente un certain enjeu

financier. Nous traitons ici trois siècles de

photographie, de 1840 à nos jours, avec

des images qui se croisent dans les salles.

La plus ancienne est due à Henry Fitz

Jr., fabricant d’instruments engagé par

d’autres photographes pour produire des

portraits daguerréotypés. Un des premiers

autoportraits américains saté de février

1840, représente un homme aux yeux fermés.

Des images plus récentes sont dues

à Dawoud Bey : paysages nocturnes, mai-

48


« Pour son livre The Americans, Robert Frank

se fit conspuer dans les années 1950, alors

qu’une première impression de ces clichés vaut

aujourd’hui pas moins de dix mille euros. »

gumes de Blue Note et des photos de livres

d’enfants, par exemple. Certaines brochures

sont intégrées à l’exposition. Nous

avons choisi ces petits objets parce qu’ils

racontent la diffusion de la photographie.

Nous ne montrons pas uniquement des

créations d'artistes, mais aussi des images

de la culture visuelle commune. »

première impression de ces images vaut

aujourd’hui pas moins de dix mille euros. »

Sur le mur d’en face, c’est une autre manière

de capter l’Amérique du Nord, avec

des images de magazines de 1955 et 1956 :

« Nous y reconnaissons le rêve américain,

surtout des Blancs. Plus loin, les salles

sont consacrées à l’usage domestique de

la photographie, des images qui racontent

une histoire intéressante d’objets souvent

jetés aux ordures. Des éplucheurs de lésons

et terrains en Amérique, les derniers

arrêts d’un réseau de routes et de refuges

qui ont aidé les Afro-Américains réduits

en esclavage sur le chemin de la liberté.

Nous montrons aussi des images réalisées

par des femmes, des Amérindiens et des

clichés tirés du livre emblématique The

Americans qui présente un échantillon de

la société américaine des années 1950, vue

par Robert Frank. À l’époque, le photographe

s’était fait conspuer, alors qu’une

VISITER

American Photography

Rijksmuseum

Amsterdam

www.rijksmuseum.nl

du 07-02 au 09-06

Bryan Schutmaat, Tonopah, Nevada, 2012. © de l’artiste / Courtesy Rijksmuseum, Amsterdam

49


La vie du conservateur

Joris Van Grieken – #001

Dürer, première superstar

de l’histoire de l’art

Depuis l’enfance, Joris Van Grieken, conservateur des

Estampes et Dessins à la Bibliothèque Royale de Belgique

(KBR) est fasciné par l’œuvre d’Albrecht Dürer. Une

étincelle, jaillie il y a dix ans, s’est concrétisée en une

exposition qui ramène le grand maître à ses racines

belges. De ses chefs-d’œuvre graphiques à son influence

sur les artistes anversois, la première superstar de

l’histoire de l’art reprend vie, en un regard neuf sur une

œuvre qui ne cesse d’inspirer.

Extrait des Meisterstiche, Melencolia I, 1514, gravure, 23,9 x 16,8 cm. Bruxelles,

KBR, inv. S.I 2370.

« Ses trois

gravures

maîtresses

réunissent à

la perfection

tous les aspects

de son talent

exceptionnel. »

JORIS VAN GRIEKEN

COLLECT : Qu’est-ce qui a

motivé cette exposition ?

Joris Van Grieken : « Cela

remonte à une dizaine d’années.

Plusieurs historiens de l’art ont

estimé, presque en même temps,

que la visite de Dürer à Anvers

et aux Pays-Bas, en 1520-1521,

devait s’inscrire dans les célébrations

de son 500e anniversaire.

Nous avons donc réuni un

groupe de travail afin de préparer

une double exposition, à Anvers

et Aix-la-Chapelle. Les circonstances,

notamment le report de

l’ouverture du musée royal des

Beaux-Arts d’Anvers, ont voulu

que l’exposition débute à Aix-la-

Chapelle. Dans cette optique, la

Bibliothèque Royale de Belgique

(KBR) a prêté quelques œuvres

et j’ai rédigé un texte traitant de

l’importance de cette visite de

Dürer sur le développement de

l’art graphique dans les Pays-Bas.

L’examen minutieux du fonds de

la KBR a révélé qu’elle conservait

une collection magnifique

et presque complète d’œuvres

graphiques de l’artiste. L’institution

dispose toutefois de moyens

limités pour faire connaître son

riche patrimoine à l’international.

Lorsque le musée De Reede

s’est déclaré prêt à accueillir des

expositions sur de grands artistes

graveurs, nous avons réagi avec

enthousiasme. »

Quels furent vos critères de

sélection ?

« Ce fut une démarche logique.

Nous voulions valoriser notre

propre collection, qui contient

quasiment toutes les impressions,

souvent dans différents

états et éditions. L’exposition

devait offrir une vue d’ensemble,

la plus complète possible, des

œuvres graphiques de Dürer.

Mais nous voulions mettre aussi

l’accent sur sa période anversoise.

A Anvers, Dürer a réalisé

très peu d’estampes, mais il en

a vendu et également offert afin

de nouer des contacts. Il était

déjà célèbre bien avant son arrivée

dans la ville, où il influença

des peintres et créateurs

d’estampes comme Jan Gossaert,

et surtout Lucas de Leyde,

qu’il a dû rencontrer en personne

sur place. Il fut invité chez Dirck

Vellert, peintre et verrier qui,

après son départ, s’est lui-même

mis à créer des estampes. Dürer

est demeuré longtemps célèbre

à Anvers et dans les Pays-Bas,

comme en témoignent, entre

autres, certaines œuvres des

frères Wierix, lesquels s’exercèrent

très jeunes à l’art de la

gravure en copiant les œuvres de

Dürer. Hendrick Goltzius tenta

ensuite d’imiter, voire de dépasser

son modèle en réalisant des

gravures dans le style de Dürer.

L’histoire que j’ai souhaité raconter

est vite devenue limpide, dans

ses grandes lignes. Nous avons

réuni les plus belles gravures de

notre collection. »

Quelle œuvre est, selon vous, au

cœur même de cette histoire ?

« Les trois gravures maîtresses

que sont La Mélancolie I, Saint

Jérôme dans son étude et Le Chevalier,

la Mort et le Diable passent

traditionnellement pour le point

culminant de l’œuvre graphique

de Dürer. Tous les aspects de son

exceptionnel talent y sont réunis

à la perfection. Dürer gravait

lui-même ses plaques d’impression.

Une démarche rare, car la

50


plupart des artistes ne savaient

pas le faire et confiaient à des

professionnels la réalisation des

gravures au départ de leurs dessins

ou peintures. Ce sont aussi

des œuvres très complexes sur

un plan iconographique, riches

en détails, qui donnent lieu à

de nombreuses interprétations.

La Mélancolie I passe ainsi pour

l’œuvre la plus discutée de toute

l’histoire de l’art. Le dernier chapitre

de l’exposition, qui traite de

l’influence de Dürer sur d’autres

créateurs d’estampes, me

paraît très important. Il montre

comment son œuvre est vite

devenue un canon de référence

et demeure d’actualité, en dépit

des changements de goût et de

l’esprit du temps. Nous présentons

son célèbre Rhinocéros dans

une version imprimée au XVIIe

siècle. Pour adapter cette pièce

aux goûts changeants et masquer

l’usure du bloc d’impression,

un nouveau bloc, vert olive, fut

réalisé, qui confère une couleur

fraîche à cet exemplaire ancien. »

Quel rôle jouez-vous dans cette

exposition ? Etes-vous un guide,

un conteur ?

« Un peu des deux, mon rôle

consistant aussi à opérer des

choix parmi les centaines

d’œuvres potentiellement retenues

pour raconter cette histoire.

Je les ai examinées et interrogées

avec deux stagiaires : où se

situent les meilleures impressions

et quelles œuvres racontent

le plus clairement cette histoire ?

Il n’était pas question d’organiser

une trop grande exposition. Il

faut toujours penser au spectateur,

qui doit rester stimulé

et intéressé jusqu’au bout. Une

petite centaine d’estampes sont

finalement exposées. C’est beaucoup,

mais certaines proviennent

de séries, comme la fameuse

Apocalypse, qu’il convient de

considérer comme une œuvre à

part entière. »

Que souhaitez-vous que les

visiteurs retiennent de cette

exposition ?

« J’espère qu’ils apprécieront les

œuvres et seront convaincus de

la qualité plastique exceptionnelle

des gravures de Dürer. Il

n’est peut-être pas très connu

en dehors de l’Allemagne, mais

se situe, pour nous, entre des

artistes tels que Léonard de Vinci,

Raphaël, Rubens ou Rembrandt.

Par la qualité de ses gravures, il

devint aussi la première superstar

de l’histoire de l’art. J’espère

que les gens apprendront à

les regarder et les apprécieront

comme une forme d’art à

part entière et indépendante.

J’entends trop souvent dire qu’il

ne s’agit ‘‘que de reproductions’’,

pas aussi originales que des

dessins, ni aussi précieuses que

des peintures. Les estampes sont

certes multiples, mais chacune

est singulière. En outre, Dürer

les considérait toujours comme

des œuvres indépendantes,

jamais comme des dérivés de ses

peintures. »

« Dürer se situe entre des artistes

comme Léonard de Vinci,

Raphaël, Rubens ou Rembrandt. »

Si vous deviez choisir une œuvre

à emporter chez vous, quelle

serait-elle et pourquoi ?

« Némésis, la déesse ailée de la

vengeance qui plane dans les

nuages au-dessus de la Terre.

Dürer la représente sur un fond

blanc, suspendue en l’air, audessus

d’un monde humain très

détaillé. Il joue ici aussi avec les

contrastes de manière magistrale.

Nous avions à la maison

un livre avec des reproductions

de toutes les estampes de Dürer

et je le regardais pendant des

heures, dans mon enfance. Cette

gravure m’est toujours restée en

mémoire. »

Dürer à Anvers. Chefs-d’œuvre

de la collection de la KBR

jusq. 31-03

Musée De Reede

Anvers

www.museum-dereede.com

Rhinocéros, 1515, gravure avec bloc de ton ajouté, après 1620, gravure sur bois,

21,2 x 19,8 cm. Bruxelles, KBR, inv. S.I 13946. Némésis, ca. 1502, gravure, 32,9 x 22,4 cm. Bruxelles, KBR, inv. F 37563.

51


Sélection Musées

Figuration panafricaine

du 07-02 au 17-08

BOZAR

Bruxelles

www.bozar.be

Une marche créatrice

du 01-02 au 27-04

WIELS

Bruxelles

www.wiels.org

Cette vaste exposition,

réunissant quelques

cent-cinquante œuvres

réalisées par environ

cent-vingt plasticien.

ne.s, souhaite répondre

à une question emblématique

: comment

les artistes d’Afrique

et de sa vaste diaspora

ont-ils représenté la vie

quotidienne au cours

du siècle dernier ?

Et quel rôle y joue la

figuration ? Pour étayer

le propos, six thèmes

sont abordés : le Quotidien,

Joie et Allégresse,

Repos, Sensualité,

Spiritualité, ainsi que

Triomphe et Émancipation.

La commissaire,

Koyo Kouoh (directrice

et commissaire en chef

du Zeitz MOCAA au

Cap et future commissaire

de la Biennale de

Venise 2026) souhaite, par ces thèmes, offrir une vision riche et nuancée de la vie et

de la pensée panafricaine, soulignant la résilience, l’essence et la charge politique

de la gaieté panafricaine. (ah)

Kudzanai-Violet Hwami, An evening in Mazowe, 2019. © de l’artiste / Courtesy Jorge M. Pérez

Collection, Miami

Né au Brésil, Paulo Nazareth (1977) crée en

marchant, suivant à pied ou en bus les routes

de la migration, franchissant les frontières des

pays d’Amérique et d’Afrique. Son travail explore

l’interaction entre la mémoire, le langage et les

rituels au sein des communautés façonnées par

les mouvements afro-brésiliens, indigènes et

anticoloniaux. A travers un travail protéiforme

(performance, vidéo, photographie et sculpture),

il souhaite rendre compte des tensions sociales

tout en exhumant des pans de mémoire collective.

Cette exposition, intitulée Patua/Patois,

constitue la première rétrospective d’importance

consacrée à l’artiste en Belgique, réunissant une

série d’œuvres toutes récentes, autant que celles

qui témoignent de toute sa carrière artistique.

(ah)

Paulo Nazareth, CA-C’QUE VOUS VOULEZ ?, 2003.

© de l’artiste / Courtesy Mendes Wood DM, Sao Paulo /

Bruxelles / Paris / New York

A propos de ‘‘blanchité’’

du 01-02 au 11-05

BPS22

Charleroi

www.bps22.be

Quelle définition donner à la ‘‘blanchité’’ ? Ni ‘‘blancheur’’, qui apparaît

trop affaire d’épiderme et de candeur, ni ‘‘blanchitude’’ qui renvoie

à la prise de conscience de l’appartenance à une culture blanche

spécifique, mais plutôt ‘‘blanchité’’ pour désigner une condition souvent

décrite comme la norme et la référence, une construction sociale,

historique et politique. Cette ‘‘blanchité’’ est au cœur du travail de

Candice Breitz (1972), femme blanche, née et formée à Johannesburg,

et qui s’interroge sur la domination des uns sur les autres qu’autorise

cette notion. Les fictions de masse (films hollywoodiens, clips vidéos,

séries télévisées, publicités, ....) sont le matériau de l’artiste qui, par le

biais de collages, de montages ou de détournements, déjoue les discours

d’individus privilégiés quand d’autres sont laissés dans l’ombre

et condamnés à l’anonymat. Pour cette première exposition personnelle

en Belgique, elle investit l’intégralité du BPS22. (ah)

Candice Breitz, Digest (détail),

2020, cassette vidéo dans un étui

en polypropylène, papier, peinture

acrylique. © de l’artiste / Courtesy

Goodman Gallery, Londres / photo :

Saverio Cantoni

52


La mode à l’italienne

jusq. 31-03

Grand Palais

Paris

www.paris.dolcegabbanaexhibition.com

Cimabue,

le novateur

jusq. 12-05

Le Louvre

Paris

www.louvre.fr

Cette exposition, qui

fut d’abord présentée

à Milan, fait découvrir

les sources d’inspiration

de Domenico Dolce

et Stefano Gabbana,

à travers des pièces

uniques de leurs collections

d’Alta Moda,

d’Alta Sartoria et d’Alta

Gioielleria. Riches de

leurs propres racines

familiales, siciliennes

pour Domenico Dolce et

milanaises pour Stefano

Gabbana, ces créateurs

emblématiques,

inventeurs de nombreux

costumes pour

Madonna, ont imaginé

des collections aux

références artistiques et

culturelles puisées dans

la culture italienne : la

peinture, l’architecture,

la sculpture, la décoration

d’intérieur, les arts

de la scène et le folklore.

Le parcours met aussi en

lumière le profond attachement des deux couturiers aux savoir-faire traditionnels

de l’artisanat italien. Il témoigne de cette approche singulière dans le monde du

luxe, faite d’élégance, de sensualité, d’humour et d’extravagance. (ah)

Dolce&Gabbana, Divinités. © photo : Michael Adair

Deux événements

d’importance

ont amené

à la mise sur

pied de cette

exposition

consacrée à

Cimabue : la restauration

de sa

célèbre Maestà

et l’acquisition

d’un panneau

inédit, redécouvert

en France

en 2019, La

Dérision du Christ. Peu d’éléments concernant la

vie de Cenni di Pepe, dit Cimabue (ca. 1240-1302),

ont traversé le temps pour éclairer la personnalité

de ce peintre qui, pourtant, a ouvert la voie

au naturalisme dans la peinture occidentale. De

fait, il dépassa les conventions de l’art byzantin,

introduisant un espace tridimensionnel, des corps

en volumes et modelés par de subtils dégradés,

des membres articulés, des gestes naturels et des

émotions humaines. Les différentes sections de

l’exposition partent à sa recherche en établissant

d’abord le contexte dans lequel il a évolué, à savoir

la peinture entre Florence, Pise et Assise, au milieu

du XIIIe siècle. Les divers aspects de son travail sont

ensuite explorés autour d’œuvres mises en comparaison

avec celles de ses contemporains et ensuite

de ses célèbres disciples, comme Giotto. La Maesta

constitue le pivot de ce parcours passionnant. (ah)

Cimabue, La Dérision du Christ, après restauration. © Grand

Palais Rmn (musée du Louvre) / photo : Gabriel de Carvalho

La fascination de l’or

du 11-02 au 06-07

Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Paris

www.quaibranly.fr

Guo Pei, Robe de mariée traditionnelle,

Chine, or. © de l’artiste / photo :

Minghua Li

Depuis le Ve millénaire avant notre ère, l’or séduit les êtres humains dont certains en ont fait la

couleur des dieux. Dès la plus haute Antiquité, ce matériau, dont le nom dérive du latin aurum

(‘‘briller’’), s’est transformé en bijou, parure et arme. De même, depuis des siècles, il est utilisé dans

de nombreuses sociétés pour la confection de costumes d’apparat, de tenues fastueuses traduisant

la richesse de ceux qui les portent. L’histoire de l’or s’écrit grâce aux remarquables artisans et artistes

qui ont rivalisé d’ingéniosité et d‘inventivité pour mêler ce métal aux tissus les plus précieux, pour

l’inscrire en de subtils motifs aux matières les plus diverses. C’est donc un voyage fascinant que propose

cette exposition, qui réunit un ensemble impressionnant de costumes originaires du Maghreb

au Japon, en passant par les pays du Moyen-Orient, l’Inde et la Chine. (ah)

53


Sélection Musées

Une étrange beauté

du 12-02 au 01-06

Museum Kunstpalast

Düsseldorf

www.kunstpalast.de

Le déguisement

comme œuvre d’art

du 27-02 au 31-08

Tate Modern

Londres

www.tate.org.uk

Depuis sa participation à la Biennale de Venise en 2022, avec la présentation à

l’Arsenale de son œuvre The Milk of Dream, Elias Sime (1968) a acquis une réputation

mondiale. Cet artiste d’origine éthiopienne propose une expérience saisissante pour

le regard : il compose de larges tableaux abstraits en récupérant les déchets d’appareils

informatiques, câbles électriques, touches de claviers et claviers, puces électroniques,

… L’artiste collecte ce matériel dans les vastes marchés en plein air de sa ville

natale, Addis-Abeba, et en dégage une esthétique captivante. Par delà son envoûtante

beauté, ce travail pose aussi la question de l’influence de la technologie sur notre quotidien

et de l’immense gaspillage qui en découle. Cette première exposition monographique

en Allemagne a d’abord été présentée aux Etats-Unis et au Canada. (ah)

Elias Sime, TIGHTROPE, Behind the Processor #6, 2022. © de l’artiste

Malgré sa très courte carrière, Leigh Bowery

s’impose certainement comme l’un des

artistes les plus influents de la scène londonienne

des années 1980-1990, traversant

les frontières de la mode, du show télévisé,

de la performance, de la peinture et de la

musique. Comme le démontre cette exposition,

le jeune australien débarque à Londres

en 1980 et se démarque vite dans le monde

underground de la nuit, où il rejoint des

personnalités comme Boy George, par ses

costumes extravagants et ses maquillages

hautement expressifs. De manière explosive,

il remet en question les normes d’esthétique,

de sexualité et de genre. Il a créé d’incroyables

costumes pour le danseur et chorégraphe

Michael Clark. Mais alors qu’il élève

le déguisement en œuvre d’art, c’est comme

muse, nue, qu’il inspire Lucian Freud pour

une poignante série de portraits. L’exposition

pointe aussi l’influence qu’il a exercée sur

une jeune génération de créateurs comme

Alexander McQueen. (ah)

Fergus Greer, Leigh Bowery Session I Look 2, 1988.

© de l’artiste / Courtesy Michael Hoppen Gallery

D‘Oslo à Ottawa

jusq. 25-05

Fondation Beyeler

Bâle

www.fondationbeyeler.ch

Hilma af Klint, Sunrise (Preworks for

Group III), 1907, huile sur toile, 95 x 60

cm. © The Hilma af Klint Foundation

Qu’est-ce qui réunit les œuvres d’un Edvard Munch et celles d’Hilma af Klint si ce n’est une fascination

identique pour la nature du nord et en particulier la forêt boréale ? Autour de ces deux figures

référentielles, cette exposition réunit près de quatre-vingt paysages peints entre 1880 et 1930 par

des artistes originaires de Scandinavie et du Canada ayant pour inspiration commune des forêts

s’étendant à perte de vue, la lumière rayonnante des jours d’été sans fin, les longues nuits d’hiver et

les phénomènes naturels comme les aurores boréales. De telles “muses” ont donné naissance à une

peinture moderne spécifiquement nordique, qui ne reste pas seulement descriptive mais entraîne

souvent à une méditation spirituelle. Parmi ces artistes, Helmi Biese, Anna Boberg, Emily Carr, Prince

Eugen, Gustaf Fjæstad, Akseli Gallen-Kallela, Lawren Harris, Ivan Chichkine, Harald Sohlberg et Tom

Thomson. (ah)

54


Une quête spirituelle

du 30-01 au 01-06

Louisiana Museum of Modern Art

Humlebaek

www.louisiana.dk

Alexej Jawlensky figure

parmi les expressionnistes

les plus célèbres,

partageant l’aventure

du mouvement au

début du XXe siècle en

compagnie de ses amis

Wassily Kandinsky et

Gabrielle Münter et de

sa compagne Marianne

Werefkin. C’est d‘ailleurs

par l’évocation de

cette période munichoise

que débute cette

exposition dont le but

principal est d’attirer

l’attention sur le thème

du visage, qui obséda

l’artiste d’origine russogermanique

pendant

toute sa carrière et

surtout, durant les vingt

dernières années de sa

vie. Ses mains perclues

d’artrite, l’interdiction

faite par les nazis

d’exposer, et sa quête

spirituelle personnelle

l’amenèrent à produire des séries d’oeuvres de petits formats, ses “variations” dans

lesquelles, petit à petit, le visage est épuré, et finalement réduit à l’essentiel. (ah)

Alexej Jawlensky, Tête mystique, tête de jeune fille (face), 1918, huile et crayon sur papier sur carton,

40 × 30 cm. Bâle, Kunstmuseum, Stiftung im Obersteg. © photo : Martin P. Bühler

Rétrospective

Mona Hatoum

du 01-02 au 04-05

Kunsthal KAde

Amersfoort

www.kunsthalkade.nl

KAdE présente une grande exposition personnelle

de Mona Hatoum (1952), incluant des

œuvres couvrant l’ensemble de sa carrière,

des performances et vidéos des années

1980 aux sculptures et installations récentes.

L’artiste, née au Liban et fille d’exilés palestiniens,

vit à Londres depuis 1975. Son œuvre

s’articule autour de la tension entre le foyer, le

déplacement et l’exil. Les objets du quotidien

sont mis sous tension, le globe devient

une carte bourdonnante en néon rouge et

les formes en verre sont piégées dans des

structures semblables à des cages. Par son

esthétique minimaliste et son utilisation poétique

du quotidien, Mona Hatoum parvient à

transformer la thématique du conflit mondial

en sculptures et installations imaginatives.

Mona Hatoum, Hot Spot III, 2009. © de l’artiste /

Courtesy MdbK Leipzig

L’or de Klimt

du 21-02 au 07-09

Belvedere

Vienne

www.belvedere.at

Gustav Klimt a fait un usage abondant de l’or dans ses œuvres. Mais, comment l’artiste appliqua-t-il

ce matériau précieux ? Quel type de feuille utilisa-t-il ? Voilà les diverses questions

auxquelles cette exposition vient donner des réponses, alimentées par de récentes recherches

scientifiques. Des images macroscopiques ont ainsi démontré que Klimt utilisait exclusivement

de très précieuses feuilles d’or : Judith, la première et iconique œuvre à inclure cette matière,

est présente dans l’exposition pour le prouver. Un autre volet d’importance concerne les

peintures que l’artiste viennois réalisa pour le hall de l’Université, toiles monumentales représentant

les allégories de la Philosophie, de la Médecine et de la Jurisprudence. Détruites par

les bombardements au cours de la Seconde Guerre mondiale, ces œuvres n’étaient connues

que par des photographies en noir et blanc. Grâce à l’intelligence artificielle, elles font l’objet

d’une hypothétique re-colorisation. (ah)

Gustav Klimt, La Jurisprudence, peinture de la Faculté, 1900-1907, re-colorisation d’après une photographie

historique (2021). © Belvédère / Vienne / Google Image

55


Agenda Musées

Vue de l’exposition Lucy McKenzie : Super Palace, 2024. © de l’artiste / Courtesy Z33, Hasselt / photo : Useful

Art Services

Aalst

Netwerk

△ Filmclub

till 31-05

Netwerk

△ Joy Boy, a Tribute

To Julius Eastman /

Prologue. Ula sickle / Info

Angel: Over Het Water

07-02 till 20-04

Stedelijk Museum

△ In Onze Handen

till 27-04

Aarschot

Stedelijk Museum

△ Slingeraap. Marcel van

Maelle & Zena Van Den

Block

till 03-02

Antwerpen

DIVA

△ Bijoux d’aujourd’hui

till 21-04

Extra City

△ Silent Times

till 30-03

△ Periphery

till 31-12

FOMU

△ No longer not yet.

Katja Mater en FOMU-

Collectie

28-02 till 04-01

△ Lee Miller in Print

28-02 till 08-06

△ Cindy Sherman

till 02-02

KMSKA

△ Panamarenko.

Oneindige verbeelding

till 04-05

△ What’s the story ll?

till 09-02

M HKA

△ Hugo Roelandt. Het

einde is een nieuw begin

12-02 till 25-05

△ De toestand is vloeibaar

till 03-01-2027

△ Panamarenko. Reis naar

de sterren

till 07-09

△ Bruno Zhu. Buiten

till 11-05

△ Today’s Place

till 11-05

△ Janina Fritz. Can i be in

your house

till 23-02

MAS

△ Compassion. Over

de vele gezichten van

medeleven

till 31-08

MoM

△ Jan-Jan Van Essche -

Khayal

till 08-06

MoMu

△ Maskerade. Make-Up

& Ensor

till 02-02

Snijder&Rockox Huis

△ Wanderlust. Oude

landschappen in een

nieuw perspectief

till 31-08

Ath

Maison Culturelle

△ Robin Wen & Antonin

Gerson

till 05-04

Brugge

Adornes

△ Anselm Adornes: Glorie

en tegenslag van een

15de eeuwse reiziger

till 01-03

CC Brugge

△ Renarrative

till 02-02

△ Diego Latruwe. Trespassers

till 07-02

△ Diego Latruwe en 8

kunstenaars

till 09-03

Groningue Museum

△ Ensor: Meester op

papier

till 18-02

Brussels

Argo

△ Tabula Rasa: A Divination

of the Art Institution

till 22-12

Art et Marges

△ Michel Goyon.

Arborescences

till 13-04

Atelier 34zero

Muzeum

△ Réflexion: le trou dans

la pierre

till 30-03

Autoworld

△ Maserati 110 Years

till 23-02

Belfius Art Gallery

△ Art Pops. Where Art

Truly comes to life

till 21-06

Botanique

△ Emi, Ethel Lilienfeld

13-02 till 06-04

Bozar

△ When We See Us.

Un siècle de peinture

figurative panafricaine

07-02 till 10-08

△ Berlinde De Bruyckere.

Khorós

21-02 till 31-08

△ Afropolitan Festival

2025

27-02 till 02-03

△ Monira Al Qadiri. The

Archaeology of Beasts

till 09-03

Centrale for

Contemporary Art

△ Hosting

till 09-02

△ Juan Agustin David

Llosa

till 30-03

CIVA

△ Pre-Architectures

till 30-03

Design Museum

△ Een andere blik op de

collectie

till 09-03

△ Here We Are! Women

in Design, 1900-Today

till 09-03

△ Vrouwelijke ontwerpers

in België 1880-1980

till 13-04

Fondation A

△ À partir d’elle. Des

artistes et leur mère

till 18-05

Fondation

Boghossian

△ Alechinsky, Pinceau

voyageur

till 16-03

△ Echoes of Art Deco

till 25-05

Fondation CAB

△ Kasper Bosmans

till 15-03

iMal

△ Einde en begin

till 16-02

ISELP

△ Mostafa Saifi Rahmouni.

Seed Dispersal

till 22-03

KMKG

△ Spelen als was het 1701!

22-02 till 09-03

Korean Cultural

Center

△ Traditional Korean

Painting

till 28-02

La Maison des Arts

△ Terrain de jeux

22-02 till 11-05

△ Artists Print XII

till 02-02

MAD

△ Duos en Résonances

till 22-02

Mediatine

△ exposition prix

médiatine 2025

till 23-03

MRBAB

△ René Margritte x Emily

Mae Smith

till 02-03

△ DRAFTS. Rubens to

Khnopff

till 16-02

△ Oude Tekeningen. Van

Breugel tot Rubens

till 16-02

△ Point of View(s)

till 16-02

Musée Art & Histoire

△ Fireflies

till 09-02

Musée Horta

△ Comme sur du velours

till 30-06

René Margritte

Museum

△ En compagnie de René

Margritte: Les amitiés

belges

till 01-06

Tour & Taxis

△ Terracotta Army

till 09-03

Train World

△ Dessine-moi un train

till 21-08

WIELS

△ Willem Oorebeek.

Obstakles / Paulo

Nazareth. Patuá/ Patois

01-02 till 27-04

56


Wittockiana

△ L’Atelier du Faux

till 02-02

△ Matou et les Chiens

till 08-03

Charleroi

BPS22

△ Candice Breitz. Off

Voices

01-02 till 11-05

Le Musée de la

Photograhie

△ Studio Stone /

Jean-Marc Wull / Lucie

Pastreau / Pablo Briones

/ Loredana Marini

01-02 till 18-05

Charleroi

Musée Du Verre

△ Symbiose, le verre en

duo

till 09-03

Court-Saint-

Etienne

Centre Culturel du

Brabant-Wallon

△ Gaël Turine & Céline

Gautier. Les Temps Vécus

till 16-03

Deurle

Museum Dhondt-

Dhaenens

△ Out of This World /

Eloquent Formalism

till 06-04

Deurne

Museum De Wieger

△ De schoonheid van het

onbekende. Kunstenaars

op reis 1880-1950

till 25-05

Eupen

IKOB

△ Christian Odzuck.

Infinite Library

till 30-03

Genk

C-Mine

△ Hier wil ik wonen!

13-02 till 01-06

Gent

Huis van Alijn

△ Ja Santé!

till 27-04

Kunsthal Gent

△ Isabelle Andriessen.

Vermin / Fiona Hallinan.

We turn Towards

an Ending and Pay

Attention / Dani Bershan.

Gut Matters

07-02 till 04-05

Museum Dr. Guislain

△ Eigen Huis

till 27-09-2026

△ Op losse schroeven

till 30-12

SMAK

△ Joris Van de Moortel.

Hell On Earth, in search

of PUR, NUR an FUR

till 02-03

△ Tsai Ming-liang. Walker

series

till 09-03

△ PRESENTS. Private

schenkingen aan

S.M.A.K.

till 09-03

△ Together: Collaborative

Art Practices

till 09-03

△ Museumplein 02. Peter

Downsbrough: Other

/ The

till 26-03

△ Private Passion x

Public Duty. Hoet &

Matthys-Colle: Through

Collectors’ Eyes

till 28-09

STAM

△ The Gates. On the edge

of the city

till 31-08

Herbert Foundation

△ Rodney Graham.

Sumptuous Allegories

of Nothingness / Jan

Vercruysse. Avis au

lecteur

till 27-07

MSK

△ Restauratie Lam Gods

till 01-03

Grimbergen

CC Strombeek

△ Rindon Johnson. Why

tell a dead man the

future / Maarten Van

Roy. Us Open

28-02 till 25-05

Hasselt

CC Hasselt

△ Tom D. Jones. True

Wildlife / Lieven Gouwy.

Before The Stones / Ren

hang, 233 - Lin Zhipens

& Pixy Liao

till 16-02

Het ModeMuseum

△ M&OTHERS. Mode en

Moederschap

till 09-03

Historisch stadhuis

△ Kunstuur Hasselt

till 09-03

Z33

△ Lucy MxKenzie. Super

Palace

till 23-02

Hoogstraten

Stedelijk Museum

△ Schone kunsten

till 09-03

Hornu

CID

△ Encounter(s). Young

artists award by the

parliament of the

Wallonia-Brussels

Federation

till 13-04

△ Autofiction. A

biography of the

automobile

till 16-02

MACS

△ Daniel Turner.

Compresseur

till 06-04

Jabbeke

Permekemuseum

△ Constant Permeke.

Down to Earth

till 21-04

Knokke

Peiremuzee

△ Luc Peire en Roland De

Brock. Recht(lijnig)

till 09-06

La Louvière

Centre Daily-Bul & C

△ Luna Lambert. Je

souffle mes bougies,

pays de feu follet

till 09-03

△ Manifestes et

contremanifestes

surréalistes

till 09-03

Centre de la Gravure

△ Celles et Ceux de

Marchoul

till 18-05

Keramis

△ Jeanne er Georges

Vercheval. La possibilité

d’un portrait / Rachel

Labastie et Nicolas

Delprat. L’obscur objet

des désirs les plus clairs.

till 02-03

Leuven

M Museum

△ Grace Schwindt

14-02 till 16-11

△ Sigefride Bruna

Hautman

14-02 till 31-08

△ OEEEEEEUUUUVVRE.

Peter Morrens

till 02-03

△ Collectie van M

till 29-04-29

STUK

△ Hilde Overbergh.

Pussshhh

till 16-02

Liège

B3 - Les Passage Des

Arts

△ … En Suspension.

Impression(s)

till 15-02

ESA Saint-Luc Liège

△ Imprimons!

10-02 till 23-02

Fonds Patrimoniaux

△ Point de Vue

till 16-03

La Boverie

△ Triennale de Gravure

2024

till 16-03

△ Les mondes de Paul

Delvaux

till 16-03

La Cité Miroir

△ Illusions

02-04 till 30-08

△ Picturing the invisible /

Cordons

08-02 till 09-03

Théâtre De Liège

△ Une Synecdoque

07-02 till 09-03

Trinkall Museum

△ Dan Miller. À l’oeuvre

- Modesties d’Andre

Wostijn

till 09-03

Mechelen

De Garage

△ The Last Place They

Thought Of

till 02-03

Museum Hof van

Busleyden

△ Euwige Lente. Tuinen

en Wandtapijten in de

Renaissance

till 16-03

Menen

CC De Steiger

△ After The Goldrush

till 31-08

Middelkerke

Cultuurstek De

Branding

△ 1925 in kleur

till 09-03

△ Les Rêves d’Henri et

Emilie

till 21-04

Mons

BeCraft / les Anciens

Abattoirs

△ Maestria. Prix

européen des arts

appliqués 2024

till 16-02

CAP / musée des

Beaux-Arts de Mons

△ Restaurer les choses

- BENTO x Corentin

Mahieu

till 16-02

△ Le surréalisme:

bouleverser le réel

till 16-02

Morlanwelz

Musée Royal de

Mariemont

△ Bouddha. L’experience

du Sensible

till 20-04

Namur

Le Delta

△ Bernard Rie

photographie le jazz

till 09-02

△ Release. La quinzaine

de la musique

électronique

till 13-03

Musée Félicien Rops

△ Het Album van de

Duivel. De verleiding van

Félicien Rops

till 09-03

△ Focus-Tentoonstelling

Rops & Het Klimaat

till 30-05

Théatre & CCN De

Namur

△ Olivier de Sagazan

till 22-02

TreM.a.

△ Reflets d’Orient au

Moyen Âge

till 16-02

Roeselaere

Kasteel van Rumbeke

△ Kunst&Kasteel:

privécollectie

till 23-02

Schilde

Musem Albert Van

Dyck

△ Expo Music-Hall

till 30-03

Seneffe

Château de Seneffe

△ Thierry Bontridder.

Sculpteur de Bijoux

till 11-11

Torhout

CC De Brouckere

△ Larsenb Bervoets.

Stand Van Zaken

till 15-03

Turnhout

De Warande

△ Tinne Roza Van Der

Steen. Momentum

till 02-02

△ Sebastiaan

Van Doninck.

Wandeltekeningen

till 03-03

△ Sharon Van

Overmeiren

till 20-04

Waterloo

CC Waterloo

△ Monochrome

07-02 till 23-02

Musée Wellington

△ Horses: A Human Story

till 16-03

Zulte

Het Roger Raveel

Museum

△ 25 jaar Roger Raveel

Museum / MONOS / De

leegte om mij heen

till 09-02

Envoyez vos informations pour le

mois de mars à collect@ips.be avant

le 5 février !

57


Paroles de galeriste

PLUS-ONE Projects – #074

Vers un autre modèle

de galerie

Après sept ans de collaboration intensive avec Sofie Van

de Velde à Anvers, Jason Poirier, dit Caulier, de PLUS-

ONE Gallery, éprouvait le besoin de prendre un nouveau

départ, porté par une dynamique nouvelle. C’est pourquoi,

à la fin de l’année, il décidait de mettre gentiment un

terme à cette collaboration et de continuer seul, sous le

nom de PLUS-ONE Projects. Une étape naturelle pour

laisser chacune des deux enseignes emprunter sa propre

voie et poursuivre son développement en s’appuyant sur

ses propres forces vives.

© photo : Joost Joossen

Avec quelle intention lancezvous

PLUS-ONE Projects ?

« PLUS-ONE Projects souhaite

explorer une approche alternative

au modèle traditionnel de la

galerie. Nous souhaitons adopter

une méthode de travail plus

flexible, basée sur des projets,

adaptée au contexte en rapide

évolution du monde de l’art.

C’est une invitation à penser

autrement, à travailler différemment

et à trouver de nouveaux

rythmes, correspondant aux défis

et opportunités de notre époque.

Il s’agit d’une exploration de

la façon de soutenir les pratiques

artistiques d’une manière

durable et tournée vers l’avenir,

sans perdre les valeurs essentielles

de qualité et de sens ».

Comment décririez-vous le

profil de PLUS-ONE Projects ?

« Il s’agit d’une plateforme

dynamique pour présenter de

nouvelles collaborations fondées

sur de nouveaux projets artistiques.

Nous voulons offrir un

espace où les artistes peuvent

évoluer et expérimenter afin de

définir et développer en toute

liberté leur propre trajectoire.

Dans un monde où la technologie

et l’art fusionnent de

plus en plus, nous voulons

jouer le rôle de pionnier dans la

découverte et la présentation

de nouvelles possibilités dans le

domaine de l’art numérique et

des formes d’exposition. Ainsi,

nous seulement nous pourrons

rester pertinents, mais aussi

contribuer à la progression du

champ artistique. En initiant des

collaborations et en développant

des projets qui dépassent

les modèles traditionnels de

la galerie, nous créerons un

cadre dans lequel les artistes et

leur public pourront évoluer en

fonction des développements

actuels ».

Qu’est-ce qui influence votre

décision au moment de choisir

un artiste ?

« L’œuvre doit avoir une certaine

pertinence et un caractère

novateur. Les compétences

techniques peuvent également

jouer un rôle, bien que la base

conceptuelle soit souvent décisive.

Le fait que l’œuvre cadre

avec l’air du temps est également

un critère important. À

plus long terme, nous accordons

de l’importance au potentiel de

croissance et à la cohérence de

la pratique de l’artiste ».

Comment évoluez-vous sur ce

marché turbulent ?

« PLUS-ONE Projects s’efforce

d’y trouver une troisième voie,

une position qui se situe entre

espace dédié à des projets et

galerie classique. Nous pensons

que dans cet écosystème mouvant,

il y a de la place pour un

modèle plus flexible, répondant

mieux aux besoins des artistes

comme des commissaires

d’exposition. Ce modèle autorise

une dynamique qui met moins

de pression sur les deux parties,

tout en offrant une marge

pour l’approfondissement et la

croissance à long terme. Nous

considérons le marché de l’art

comme un espace de collaboration,

d’innovation et de soutien

mutuel, où l’artiste et le public

occupent une place centrale.

Nous souhaitons également

jouer un rôle de catalyseur dans

le paysage artistique : un endroit

où de nouvelles idées peuvent

émerger et où les artistes, les

collectionneurs et le public

trouvent un environnement inspirant

et invitant au dialogue ».

Quels sont les défis futurs ?

« Le paysage artistique est en

pleine mutation. La vitesse

actuelle du marché n’est pas

viable à long terme, en raison

de l’offre pléthorique d’artistes,

de foires et d’informations

en ligne. Pour les nouvelles

galeries, ce défi réside dans

l’adoption de nouvelles formes

entrepreneuriales. La collaboration

et le développement d’un

réseau solide sont, à ce titre,

indispensables. Un lien durable,

avec un public fidèle, est

essentiel, l’expérience occupant

une place centrale. Si l’espace

physique continue de jouer un

rôle crucial, il est également

nécessaire d’investir dans de

nouvelles formes d’exposition,

en dehors des lieux permanents,

même en ligne ».

Quelle œuvre d’art ou quel

artiste vous a profondément

touché ?

« Il m'est impossible d'en citer

un seul, mais s’il faut vraiment

faire un choix, je dirais ces troislà

: Keith Haring, Richard Prince

et Jean Brusselmans. Keith

Haring parce que ma découverte

personnelle de cet artiste fut

une expérience très agréable,

qui a éveillé mon intérêt pour

l’art. Richard Prince parce que

c’est l’un des artistes que mon

père m’a fait découvrir, et Jean

Brusselmans parce que j’espère

un jour être en mesure d’ajouter

l’une de ses œuvres à ma

collection. J’aime ses sujets tirés

du quotidien, sa composition

et son utilisation des couleurs.

Ses œuvres sont toujours aussi

contemporaines. »

Bram Kinsbergen, Waking up

the roads

jusq. 15-02

Arvida Byström

du 20-02 au 22-03

PLUS-ONE Projects

Anvers

www.plus-one.be

58


Sélection Galeries

France Dubois et

Susanne Roewer

jusq. 01-03

Berlin Brussels Art Projects

Bruxelles

www.bbap.art

Lucien Hervé, de

Paris à Jaïpur

jusq. 22-02

Galerie La Forest Divonne

Bruxelles

www.galerielaforestdivonne.com

La photographe belge France Dubois (1976) et la sculptrice allemande Susanne

Roewer (1971) nous emmènent dans un voyage à travers l’espace et le temps, faisant

contraster force et fragilité, obscurité et lumière, avec pour constante la recherche

d’un équilibre personnel et matériel entre l’humain et la nature. Avec Le Chant de

l’Ours, France Dubois relate la rencontre mystérieuse et transcendante de deux

figures féminines avec les forces de la nature dans une forêt obscure. Une recherche

d’harmonie tant intérieure qu’avec l’environnement qui semble proposer, non sans

générosité, un abri et une reconnexion avec nous-mêmes et avec l’univers. L’œuvre

sculpturale de Susanne Roewer, intitulée Symbiosis, associe la pierre naturelle

au verre. Celui-ci prend la forme de gouttes de pluie géantes et translucides qui

touchent le sol. Les formes organiques se rencontrent naturellement pour saisir le

moment fascinant d’un phénomène naturel, récurrent mais éphémère. (gg)

France Dubois, Sans titre (de la série Le Chant de l’Ours), 2023, photographie, 70 x 50 cm, tirage :

15 exemplaires. © de l’artiste / Courtesy Berlin Brussels Art Projects – Prix : entre 950 et 1.200 €

Dans le cadre du Brussels Photo Festival,

la Galerie La Forest Divonne présente une

exposition exceptionnelle de tirages signés

de Lucien Hervé (1910-2007). De son vrai nom

Laszlo Elkan, Lucien Hervé est né en Hongrie.

En 1929, il arrive à Paris. Vingt ans plus tard, il

fait la connaissance du Corbusier dont il devient

le photographe officiel. Le travail et l’œil

visionnaire de Lucien Hervé suscitent rapidement

l’intérêt d’autres architectes (Alvar Aalto,

Marcel Breuer, Pier Luigi Nervi, Richard Neutra,

Oscar Niemeyer, Jean Prouvé…). Ses clichés

d’architecture, de grands chantiers parisiens

ou encore les photographies de son appartement

parisien (Paris sans quitter ma fenêtre)

privilégient les cadrages en plongée, les vues

obliques, l’économie de moyens et une volonté

d’abstraction. Autant de traits singuliers et

distinctifs qui le différencient de ses contemporains.

(gg)

Lucien Hervé, Eiffel Plage, 1948, tirage vintage signé,

17 x 13 cm. © de l’artiste / Courtesy Galerie La Forest

Divonne – Prix : entre 4.000 et 6.500 €

François Bellabas -

unloadingoverdrive

jusq. 23-03

Contretype

Bruxelles

www.contretype.org

François Bellabas, Synthetic Roots Network-01,

2024, tirage photographique, 120 x 155 cm.

© de l’artiste – Prix : entre 3.500 et 4.500 €

Évoluant entre Paris et Los Angeles, François Bellabas (1989) développe une œuvre complexe

où l’image photographique se transforme, grâce aux technologies numériques et à l’IA, en une

matière plastique et sensible. La photographie traditionnelle, ancrée dans un contexte humain

et temporel précis, saisit la rencontre entre un sujet (même éloigné du réel) et la lumière. À

l’inverse, l’intelligence artificielle génère des images à partir d’algorithmes et de données, sans

véritable compréhension des environnements qu’elle crée. Pour François Bellabas, l’IA n’est pas

simplement un outil séduisant ou menaçant, capable de produire des images à la fois troublantes

et spectaculaires, et de bouleverser notre rapport à la vision et à la représentation. En

effaçant les frontières entre le réel et le virtuel, et en générant des flux d’images dématérialisées

et organiques, elle offre une nouvelle manière d’enrichir nos connaissances, nos pratiques

et nos réflexions. (gg)

59


Sélection Galeries

Marie Zolamian.

Outside Nature

jusq. 08-03

Whitehouse Gallery

Bruxelles

www.whitehousegallery.be

Ross Bleckner.

Commune

jusq. 01-03

Maruani Mercier

Bruxelles

www.maruanimercier.com

Marie Zolamian (1975)

imagine la peinture

comme un dialogue

intime et continu, où

chaque tableau naît

d’une nécessité profonde

de se connecter

au présent. L’artiste

explique qu’elle ne suit

pas de thème prédéfini

mais qu’elle peint dans

l’urgence du quotidien,

guidée par la matière

vivante et immersive de

la peinture à l’huile. Selon

elle, cette substance

colorée impose sa propre

dynamique, exigeant une

concentration extrême et

devenant une force qui

transcende la destruction

pour accéder à une pure

création. À ses yeux, la

peinture est un moyen

de traduire la complexe

réalité du monde qu’elle

ne peut saisir autrement.

C’est aussi un outil de

survie, une tentative d’appréhender l’existence et de s’y insérer. Ce processus, à

la fois magique et métaphysique, transforme les difficultés de l’être en un état

nouveau et acceptable. (gg)

Marie Zolamian, Subsumer, 2024, huile sur toile, 150 x 100 cm. © de l’artiste / Courtesy

Whitehouse Gallery – Prix : entre 3.000 et 5.000 €

Ross Bleckner (1949) est un artiste de renom dont

l’œuvre a exploré la fragilité de la vie, en particulier

dans le contexte de la crise du Sida qui a saisi

New York dans les années 1980. Ses peintures

sont des méditations sur le changement, la perte

et la mémoire, avec des thèmes récurrents tels

le corps, la santé et la maladie. Dans Commune,

les contours délicats des figures, des plantes,

des lignes sinueuses et des champs de couleurs

semblent inondés de lumière, comme s’ils surgissaient

brièvement dans notre champ visuel à partir

d’un fond sombre irisé. Les compositions vacillent

parfois dans notre perception, passant de formes

abstraites à des corps célestes, puis à des têtes

humaines. Ce sont des réflexions sur la possibilité

de communier avec le monde extérieur et sur

l’importance de l’empathie avec les autres dans les

moments d’agitation sociale et politique. (gg)

Ross Bleckner, What is the Grass, 2022, huile sur toile,

183 x 244 cm. © de l’artiste / Courtesy Maruani Mercier –

Prix sur demande

René Wirths.

I can’t get no

jusq. 01-03

Templon

Bruxelles

www.templon.com

René Wirths (1967) est connu pour ses ‘‘natures mortes’’, à la fois objectives et méditatives, où

chaque objet représenté (une basket, une cafetière, un casque audio) est traité de manière

hyperréaliste, captant chaque détail et texture. Au-delà de l’imitation du réel, l'artiste donne

aux objets du quotidien une présence presque sculpturale, révélant leur charge symbolique et

leur essence silencieuse. La représentation s’efface au profit d’une réflexion et d’une expérience

physique et métaphysique. Avec cette nouvelle série, René Wirths place pour la première fois ses

sujets au centre d’un prisme de lumière aux rayons divergents. Son regard oscille entre réalité

accessible et vision subjective, pour se concentrer sur le rôle de l’image dans notre expérience

du monde. Il livre également un hommage tout personnel aux grands maîtres de l’histoire de

l’art, du Fifre d’Édouard Manet au Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David

Friedrich. (gg)

René Wirths, Le Fifre (d’après Manet), 2024, huile sur toile, 160 x 105 cm. © de l’artiste / Courtesy Templon –

Prix : entre 25.000 et 70.000 €

60


Jean-Baptiste Bernadet

& Aly Helyer

jusq. 01-03

Almine Rech

Bruxelles

www.alminerech.com

Dino Chatila.

Peintures

du 19-02 au 22-03

Galerie Détour

Jambes

www.galeriedetour.be

Les tableaux de Jean-

Baptiste Bernadet

(1978) se proposent

d’explorer l’une des

mille variations qui

existent entre l’état

solide de la toile

peinte, avec sa permanence

d’objet définitif,

et l’état liquide

de nos émotions : le

flux continu et distrait

de nos perceptions, le

rêve éveillé des souvenirs

qui remontent

furtivement à la

surface, dans la houle

constante de notre

conscience. L’artiste

partage l’affiche avec

Aly Helyer (1965).

Ses peintures sont

d’abord des dessins

souvent composés de

fragments de magazines,

de souvenirs et

d’imagination. Saša

Bogojev : « Au premier

abord, les images semblent vives, colorées, basées sur le dessin et leur contenu

relativement simple. Mais, quand on y regarde de plus près et dans le contexte plus

ample de son œuvre, le jeu des couleurs, la délicatesse du pinceau et des surfaces,

les expressions nuancées, les perspectives qui se chevauchent et les interactions

ambiguës les élèvent au rang de représentation profonde de l’existence humaine et

des relations. » (gg)

Inspiré par la

spatialité et l’architecture,

Dino

Chatila (1964)

crée des œuvres

minimalistes où

lumière, formes

et textures se

rencontrent

pour inviter à

une contemplation

méditative.

« J’aime montrer

les deux faces de toute vérité, l’endroit

et l’envers d’une même réalité », affirme-t-il.

Sa technique se caractérise par des superpositions

de couches qu’il gratte pour dévoiler

des fragments, pénétrant jusqu’à la toile. Dino

Chatila combine peinture, dessin et sculpture,

élaborant des compositions tridimensionnelles.

Ses thématiques récurrentes incluent l’ordre,

le chaos, l’équilibre et la perception, explorant

l’interaction entre espaces négatifs et positifs.

Reconnu pour son approche intellectuelle et

esthétique, il s’impose dans les cercles de l’art

contemporain. Ses œuvres, souvent présentées

dans des galeries et institutions majeures,

interrogent les frontières entre abstraction et

réalité, concept et émotion. (gg)

Dino Chatila, Blue, 2014, technique mixte sur toile de

lin, 250 x 190 x 3,5 cm © de l’artiste / Courtesy Galerie

Détour – Prix sur demande

Aly Helyer, Brothers, 2024, huile sur toile, 122 x 92 cm. © de l’artiste / Courtesy Almine Rech / photo :

Melissa Castro Duarte – Prix : entre 10.000 et 35.000 €

Cécilia Shishan

du 01 au 23-02

ESPACE 001

Louvain-la-Neuve

www.espace001.com

Cécilia Shishan, Sans titre, 2022, acrylique sur toile,

50 x 60 cm. © de l’artiste / Courtesy Espace 001 –

Prix : entre 300 et 4.000 €

Cécilia Shishan(1969) explore l’enfance et l’adolescence, périodes formatrices marquées

par des émotions complexes et des souvenirs troubles. À travers des récits

subtils, elle peint les strates invisibles des expériences enfantines, notamment les peurs

et les tensions identitaires des jeunes filles. Ses œuvres mêlent face-à-face duels et

figures isolées, traduisant fragilité et complexité. Avec des couleurs vibrantes et des

jeux de transparence, Cécilia Shishan capture l’ambiguïté et la quête d’émancipation.

Ses scènes de jeunes pratiquant le skateboard célèbrent la solidarité féminine et

l’affirmation personnelle, opposant une vision libératrice à la domination masculine.

Par couches et textures multiples, elle reflète le flou des souvenirs et l’introspection des

jeunes années. Une approche rigoureuse qui célèbre la jeunesse comme un espace de

résilience et de transformation sociale, où émergent toutes les potentialités. (gg)

61


Sélection Galeries

Stacii Samidin

jusq. 25-03

NQ Gallery

Anvers

www.nqgallery.be

Les abris de

Gideon Kiefer

du 01-02 au 09-03

Barbé Gallery

Gand

www.barbegallery.be

NQ Gallery entame

la nouvelle année par

plusieurs expositions

de jeunes artistes et

d’autres plus connus.

Stacii Samidin (1987)

attire l’attention bien

au-delà des Pays-

Bas sur l’œuvre de

sa vie, Societies : des

photographies et des

vidéos de personnes

et communautés de

sa ville natale, Rotterdam,

de la capitale

jamaïcaine Kingston,

de Chicago, de Berlin,

de Nairobi, de Bali et

d’ailleurs. Ces derniers

temps, il décidait de

déplacer l’attention,

des personnes vers leur

environnement. Son

exposition de photographies

de paysages,

présentées pour la

première fois, montre

comment il photographie

la nature et les

environnements urbains du monde. Les jeunes artistes Sarah van Vliet et Wout

Vandevenne présentent peintures et dessins dans le cadre de l’exposition The

question mark must be a sign. A voir aussi l’exposition Moonlight de l’artiste allemand

Johannes Nagel, qui réalise d’exceptionnels vases-sculptures en céramique,

associant art sculptural et pictural. (cv)

Stacii Samidin, Landscape : Kingston, 2024-2025, photo sur papier lustré Hanemühle, encadrée,

40 x 60 cm. © de l’artiste – Prix : entre 1.500 et 2.500 €

Qu’il s’agisse de jolis dessins sur des couvertures

de livres, de petites et grandes peintures, d’installations

et, depuis peu, de peintures en plein air, la

pratique artistique en pleine expansion de Gideon

Kiefer (1970) trouve un écho international. Partant à

chaque fois de souvenirs d’enfance, l’artiste aborde

des questions d’actualité comme le changement

climatique. The Fragile Excavation est sa première

exposition personnelle à la Barbé Gallery, qui le

représente désormais. L’artiste emmène le visiteur

dans le vide sanitaire de la maison d’un voisin, où

tous deux avaient installé leur club-house lorsqu’ils

étaient enfants. Toute une salle de la galerie est

transformée pour symboliser cet abri. Dans ses

peintures, Gideon Kiefer représente des abris

dans la nature de Neerpelt. Mais aujourd’hui, son

œuvre évoque la menace de guerre et la recommandation

de préparer un kit d’urgence. (cv)

Gideon Kiefer, Texture Like Sun, 2024, peinture à l’huile,

aérosol, acrylique, crayon, marqueur Uni Posa, stylo à

bille, marqueur Stabilo et métal soudé sur contreplaqué,

15 x 21 cm. © de l’artiste / Courtesy Barbé Gallery – Prix : de

3.900 à 30.000 €

Dialogue avec Ilse D’Hollander

du 22-02 au 20-04

Verduyn Gallery

Moregem

www.verduyngallery.com

La peintre belge Ilse D’Hollander (1968-1997) jouit d’une renommée internationale depuis

une dizaine d’années, soit bien après qu’elle ait mis fin à ses jours. Elle n’avait alors pas encore

29 ans et laissait surtout des peintures assez petites, souvent inspirées d’impressions

nées lors de ses longues promenades. Une œuvre d’apparence sobre et tout en retenue,

mais puissante et sensible. Abstraction et figuration s’y entremêlent dans une exploration

de ce que peut être la peinture. La Verduyn Gallery explore l’impact de sa peinture, dans

un dialogue avec cinq artistes contemporains : les paysages désolés de Koen van den

Broek, les peintures sculpturales de Joke Hansen et les œuvres de trois artistes étrangères,

Rosana Antolí, Gina Kuschke et Catherine Long. Quelque part, tous posent la même

question : comment la peinture peut-elle être une expérience à la fois intellectuelle et

physique ? (cv)

Ilse D’Hollander, Untiteld (MT655), 1995, gouache

sur papier, 24 x 34 cm. © photo : Guy Braeckman –

Prix : entre 3.000 et 50.000 €

62


Salomon van Ruysdael Eaux intérieures hollandaises, probablement le Wijkermeer, avec le bac

Huile sur panneau, 45 x 52,5 cm. Résultat € 520.000

1798

VENTES EN PRÉPARATION :

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Art Contemporain, Art Moderne, Photographie, Art d’Asie

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Agenda Galeries

Katy Heck, Rodeo, 2024, huile sur toile, 100 x 120 cm. © de l’artiste / Courtesy Tim Van Laere Gallery, Antwerpen

Antwerpen

Annie Gentils Gallery

△ Gert Verhoeven. Artists

on duty

till 30-03

Fred & Ferry Gallery

△ Agreement

till 08-02

Galerie Art Forum

△ Eva Dijkstra / Sven Boel

till 28-03

Galerie Ronny Van de

Velde

△ George Grosz. The

Fairy Tale Drawings, 1936

till 30-03

Galerie Vrijdag

△ Valérie Novello

till 29-03

GNYP Gallery

△ Mary With(Out) Child

till 28-02

Micki Chomicki

Gallery

△ Séverine Gallardo.

Archi-textile

till 12-02

NG Gallery

△ The question must be

a sign

till 25-03

Tim Van Laere Gallery

△ To Live Is To Fly

till 05-04

VCRB Gallery

△ Katrin Brause & Willy

Verginer. Onirico

till 16-03

Gallery Fifty One

△ Saul Leiter. Carte

Postale / la Petite

Boutique

till 01-02

Brussels

Almine Rech Brussels

△ Jean-Baptiste

Bernadet / Aly Heyler

till 01-03

Art Whitehouse

Gallery

△ Marie Zolamian &

Witold Vandenbroeck.

Outside Nature

till 08-03

Bernier/Eliades

Brussels

△ Xolo Cuintle & Maxime

Testu. Landscaping

till 29-03

Box Galerie

△ Mark Steinmetz. From

Our Home

till 08-03

Contretype

△ François Bellabas.

Unloadingoverdrive

till 23-03

Espace Constantin

Chariot

△ Johan Van Mullem.

Living Memory / Charles

Henry Sommelette. Voir

Venir

till 02-03

Fondation CAB

△ Kasper Bosmans

till 15-03

△ Nicolas Bourthoumieux.

Artist In Residence

till 28-02

Frédérick Mouraux

Gallery

△ Jörg Bräuer. Im /

Permanence

till 01-03

Galerie Christophe

Gaillard Brussels

△ Pierre Milinier / Letha

Wilson

till 01-03

Galerie de La

Béraudière

△ Ceramics from Picasso

to the present day

till 07-02

Galerie du Botanique

△ Ethel Lilienfeld. EMI

13-02 till 06-03

△ Futur(s) Parallèles.

Yannick Jacquet

till 02-02

64


Galerie Eric Mouchet

△ Eikoh Hosoe -

Bertrand Hughes

till 23-03

Galerie Faider

△ Alberto Reguera

till 15-02

Galerie La Foresrt

Divonne

△ Patrice Giorda. Le

Paradis Perdu

till 08-03

Galerie La Patinoire

Royale Bach

△ Irina Rasquinet. Le

monde sera blue… ou

ne sera pas / Geneviève

Levivier. Un arbre à soi

till 01-03

Galerie Marie-Ange

Boucher

△ Dessine-Moi un

Mouton

till 16-02

Galerie Nathalie

Obadia

△ La représentation et

son double

till 01-03

Galerie Rodolphe

Janssen

△ Wim Delvoye. Cloaca.

Celebration 2000-2025

till 09-03

Galerie Zotto

△ Pâte-à-Sel Brussels

till 22-02

Galerie Zwart Huis

△ Atmosfeer

till 01-03

Gallery Sofie Van den

Busssche

△ Yves Malfliet. Convoi

Exceptionnel

till 22-02

Gauli Zitter

△ Céline Mathieu.

Manipulation de l’index

till 01-03

Hangar

△ Almagine.

Photography and

generative images

till 15-06

Hopstreet Gallery

△ The Emergence of

Memory

till 01-03

HU! Galerie

△ US vs US

till 06-02

Husk Gallery

△ Marc Brousse

till 01-03

Irène Laub Gallery

△ Bernard Villers

& Tatiana Wolska.

Assemblages

till 01-03

La Verrière

△ Pelagie Gbaguidi.

Antre

till 29-03

Le Salon d’Art

△ Koyuki Kazahaya.

Oeuvres récentes

till 22-02

L’Enfant Sauvage

△ Chloé Azzopardi. Non

Technological Devices

till 16-03

Maruani Mercier

△ Ross Bleckner.

Commune

till 01-03

Meessen

△ Léa Belooussovitch.

Submersion

till 01-03

Michèle Schoonjans

Gallery

△ Denis Brihat x Danielle

Kwaaitaal

till 01-03

Modesti Perdriolle

Gallery

△ Joel Denot. Plaques

Sensibles

till 08-03

Nationale 8 Gallery

△ Frederik Buyckx. WOLF

till 09-02

Odradek XL

△ Paysage-Bois

till 29-03

OV Project

△ Genesis

till 22-02

Parlementarium

△ Changemakers.

From committed art to

democratic activism

till 16-02

QG Brussels

△ French Touch

till 13-04

Schönfeld Gallery

△ Tina Berning. One

Another / Albert

Pepermans. Stolen

Moments

till 01-03

Stems Gallery

△ Michael Bühler-Rose

27-02 till 22-03

Super Dakota

△ Janne Schimmel. But

Can It Run Doom

till 21-02

Templon

△ René Wirths. I Can’t

Get No

till 01-03

Xavier Hufkens

△ Cathy Wilkes

13-02 till 12-04

△ McArthur Binion /

Lynda Benglius

till 08-03

Genk

Uitstalling Art Gallery

△ Szawel Plóciennik. The

Machines Fro Living

till 02-03

Gent

Barbé Galerie

△ Gideon Kiefer. The

Fragile Excavation

01-02 till 09-03

Galerie S&H De Buck

△ Jean-Paul Govaerts

till 28-02

Kristof De Clercq

Gallery

△ Christophe Lezaire.

Larsen

till 16-02

Settantotto Art

Gallery

△ Fieldworks. Marlise

Breye. Herman De Vries.

Bert De Geyter

till 02-02

Galerie Zuid Knokke

△ Winter Art Weekends

till 16-02

Stephane Simoens

Contemporary Fine

Art

△ London Calling

till 17-02

Leuven

Faculty Club

△ Johan Heylen. Mensen

Onderweg

till 12-09

Liège

B3 - Le Passage Des

Arts

△ … En Suspension.

Impression(s)

till 15-02

Espace 251 Nord

△ Regarder l’invisible

till 22-02

Galerie 23

△ T.I.A.

till 16-02

Galerie bonnemaison

△ Benoît Jacquemin. Pas

de pierre, pas de palais

27-02 till 13-04

△ Chantal Olivier. Une

Chambre à soi

till 02-02

Galerie Christine

Colon

△ Julien Allègre &

Romain Van Wissen

till 09-02

Galerie Du Churchill

△ Jean-Claude Salemi.

Les Chefs-d’oeuvre

gravés

till 23-02

Galier L’Inventaire

△ Racines. Sabine

Delhaut & Bérénice

Joëssel

till 12-02

Le Comptopir Du

Livre

△ Archipel

21-02 till 15-03

△ Esperluète a 30 ans!

till 15-02

Le Hangar

△ Échos…

till 22-02

Les Brasseurs

△ Vincent Evrard.

Incendie / Louanne

Deltenre. La loi du

Cerbère

till 22-02

Maison Arc-En-Ciel

△ Les Zinzinprimeurs

till 28-02

Louvain-La-

Neuve

Espace 001

△ Cécilia Shishan

01-02 till 23-02

Merelbeke

Sofacq Gallery

△ Xavier Mary. Good

Year

till 16-03

Namur

Galerie Detour

△ Alexandre Christiaens.

S’Enforester

till 08-02

Oostende

CAPS

△ CAPS Coda. 10jr CAPS

till 02-02

Verviers

Galerie ABS&Design

△ Marie-France

Bonmariage, Roby

Comblain et Dragana

Franssen-Bojic

08-02 till 22-02

Wijnegem

Axel Vervoordt

Gallery

△ Michel Mouffe. Into

The Veil

till 26-04

Tatjana Pieters

△ FLUX / Matthijs Kime &

Anne Marie Laureys

till 23-02

Knokke

McArthur Binion, Visual:Ear(Maestro Duke), 2024. © de l’artiste / Courtesy

Xavier Hufkens, Bruxelles

Aqualex Concept

Store

△ Aqua V

till 21-03

Envoyez vos informations, pour le mois

de mars, à collect@ips.be avant le

5 février !

65


présente

WAVRE

F I N E

A R T

F A I R

A n t i q u e s , M o d e r n & C o n t e m p o r a r y A r t

20 th -23 rd February 2025

La Sucrerie, le hall événementiel de Wavre accueille 50 exposants internationaux

Son accessibilité à 3 minutes de la sortie 6 de l’autoroute E411 Bruxelles-Namur, et son parking face à l’entrée du hall,

offrent aux visiteurs le confort d’une visite détendue. Un Lunch Bar et un Salon de Thé sont présents au cœur du salon.

Thursday: 2:00 PM - 10:00 PM

Friday, Saturday, Sunday: 11:00 AM - 7:00 PM

wavrefineart.com


Coup d’œil sur l’édition 2025

The Old Treasury

A long chain

G. Vascellari

Made in Milan Italy

1970

www.theoldtreasury.nl

Claeys Gallery

M-L Baugniet

Jardin des Hespérides

1934

www.claeysgallery.com

Galerie Blue Art

Grand Cheval

3 ème siècle après J-C

Chine

CH-Interlaken

Château de Deulin

Simon de Harlez

Mobilier antique scandinave

du XVIIe au XIXe siècle

deulinantiques.com

Uta König

Helmut Griese

Service à thé en

argent exceptionnel

Qualité musée

antiquitaeten-koenig-soest.de

Galerie

Loiseau & Zajega

Masque Passeport Dan

XX ème siècle

loiseau-zajega.be

Remarkable Paintings

Dans De Beaux Draps

Chatons jouant dans un

coffret à bijoux »

Huile sur toile de

Charles Van Den Eycken

remarkablepaintings.be

Art de la table

Lalique, St Louis,

Baccarat,..

dansdebeauxdraps.fr

Art Thema Galerie

Galerie Katheleys

René Julien,1937-2016

«Elle rêve Mozart»

Sac Chanel

Défilé Croisières 2014

artthema.com

katheleys.com


E-Max, 2002, cire, caoutchouc, métal, feutre, fer et peinture, 65 x 35 x 65 cm. © de l’artiste / Courtesy Samuel Vanhoegaerden Gallery / © photo : Vincent Everarts

Panamarenko

Au royaume des machines volantes, les multiples s’envolent

Visionnaire, fantasque et

résolument iconoclaste,

Panamarenko a imaginé un univers

unique où la mécanique rencontre

la poésie. Ses créations, machines

volantes, tapis magiques, sousmarins

et objets hybrides tout

droit échappés du laboratoire d’un

savant fou, cachent, derrière leur

apparente fantaisie, une réflexion

rigoureuse sur les limites humaines

et les moyens de les dépasser.

TEXTE : GWENNAËLLE GRIBAUMONT

Dans l’œuvre de Henri Van

Herwegen, dit Panamarenko

(1940-2019), voler ne relève pas

seulement de la quête obstinée

de transcender les lois terrestres, mais

devient une métaphore de l’émancipation,

un élan vers l’infini. Chaque mécanisme,

savamment dessiné, devient la

composante d’un récit plus vaste : une

allégorie de la liberté et de l’imagination.

Sa rencontre, en 1966, avec Joseph Beuys

fut déterminante en ce qu’elle ancra sa

pratique dans le champ de l’art tout en lui

conférant une dimension philosophique.

Dès lors, Panamarenko a poursuivi son

rêve avec une ténacité ludique, donnant

naissance à des objets qui, bien que techniquement

réalisables, paraissent voués

à exister dans un espace onirique, où le

possible et l’impossible se confondent.

Aujourd’hui, l’héritage de Panamarenko

est celui d’un philosophe des étoiles, d’un

inventeur-poète qui nous rappelle que la

curiosité et le jeu sont des forces essentielles

pour réinventer notre regard sur

le monde. À travers ses constructions,

souvent spectaculaires, il nous invite à

redécouvrir l’émerveillement, qualité rare

et précieuse qui, selon lui, constitue le véritable

moteur de la création humaine. En

2025, la Fondation Panamarenko célèbre le

85 e anniversaire de la naissance de l’artiste

avec une série d’expositions à travers

la Belgique (KMSKA, M HKA et Centre

culturel Scharpoord de Knokke-Heist). Des

événements accompagnés de la publication

d’un nouvel ouvrage de référence,

Panamarenko Fundamentals, co-signé par

68


« Panamarenko est

l’un des artistes les

plus aimés et les

plus connus chez les

jeunes. »

SAMUEL VANHOEGAERDEN

Jo Coucke et Eveline Hoorens. Au KMSKA

(Anvers), la rétrospective Panamarenko.

Imagination infinie met en lumière ses

créations les plus ludiques, offrant également

un éclairage tout particulier à ses

croquis scientifiques, ses machines et

ses objets originaux issus de collections

publiques et privées.

DES ŒUVRES ÉTONNAMMENT

ACCESSIBLES

Acteur incontournable du marché de Panamarenko,

comptant assurément parmi

les plus fervents défenseurs de l’artiste,

le galeriste Samuel Vanhoegaerden lui

dédiait, en 2001, l’exposition inaugurale de

sa galerie de Knokke. Ce fut le début d’une

Archaeopterix III, 1990, sculpture (bois, colle, fil de métal, fil de nylon, cellules solaires). © de

l’artiste / Courtesy Samuel Vanhoegaerden Gallery

Étude pour Flying Island, 2003, crayon, crayon de couleur et feutre, 143 x 164,5 cm. © de l’artiste / Courtesy

Samuel Vanhoegaerden Gallery

collaboration de plusieurs années que le

galeriste entretint tant avec son confrère,

Ronny Van de Velde, qu’avec l’artiste

lui-même. Samuel Vanhoegaerden nous

explique sa passion : « Panamarenko fut le

premier artiste dans lequel j’ai osé investir,

sans le moindre stress et fort d’une totale

conviction. Jamais je n’ai regretté d’avoir

acheté une de ses œuvres, et je pense

que ce sentiment est partagé par tous les

collectionneurs qui ont acquis ses œuvres

chez moi. » Depuis les années 1980, Panamarenko

s’est imposé parmi les artistes

belges incontournables. Mais, avant

d’observer la structure toute particulière

de son marché, il faut poser une première

balise : l’œuvre de Panamarenko apparaît

relativement limitée. Critique d’art et commissaire

d’exposition, Hans Theys apporte

quelques éléments de réponse. Il a en effet

publié un ouvrage aux allures de catalogue

raisonné recensant les œuvres uniques de

Panamarenko : un état des lieux s’arrêtant

à 1992, treize ans avant la fin des activités

de l’artiste en 2005. Or, on sait que ces

dernières années furent très productives.

Le recensement de Hans Theys dénombre

69


« Le marché de

Panamarenko s’est,

ces dernières années,

fortement concentré

sur les multiples et

son travail graphique.

Il existe un large

public pour ces

œuvres car elles sont

belles et abordables. »

SAMUEL VANHOEGAERDEN

Sac à dos volant argenté, 1984, sculpture (perspex, bois, métal, textile), 160 x 94 x 125 cm. De Vuyst, Lokeren,

10-03-2018. © De Vuyst – 150.000 € (est. 110.000-140.000 €)

une bonne centaine d’objets et environ

trois-cent-cinquante dessins. Samuel

Vanhoegaerden : « Mais, l’œuvre de Panamarenko

demeure relativement limitée,

surtout si l’on considère ce qui peut être

logé en terme de taille dans les collections

privées, chez les particuliers. C’est notamment

en raison de leurs formats d’envergure,

mais également compte tenu de leur

rareté que je pense que ces œuvres uniques

se retrouveront prochainement dans les

collections muséales. » Sur le marché,

Panamarenko paraît occuper une place

paradoxale. Ses œuvres uniques restent

relativement abordables pour un artiste de

son envergure. Si les chiffres que nous fournit

Artprice sont toujours à prendre avec la

plus grande précaution, notamment parce

que de très nombreux lots acquis en salles

de vente le sont par des marchands qui

présentent les mêmes œuvres, dans la foulée,

sur le second marché, il est toutefois

intéressant de constater que de belles réalisations,

à l’image des deux Archaeopterix,

tout à fait originales et assurément emblématiques,

ont été vendues pour quelque

50.000 euros chez Cornette de Saint

Cyr à Bruxelles. Samuel Vanhoegaerden

explique : « Panamarenko lui-même aurait

pu faire beaucoup plus pour défendre son

marché, mais il préférait que son travail

demeure accessible à ‘‘monsieur tout le

monde’’, plutôt que de devenir inabordable

et n’être acheté que par le ‘‘collectionneur

d’art snob’’. C’est tout à son honneur en

tant qu’artiste, bien sûr, même s’il mérite

aujourd’hui une place plus élevée dans

la hiérarchie des prix du marché. » Sur la

plateforme Artprice, le top trois est détenu

par Prova-Car (1967), prix au marteau de

200.000 livres sterling, soit 301.580 euros,

chez Christie’s London en juin 2005 ; Scimitar,

vendu chez Campo & Campo en mars

2018 pour 230.000 euros, suivi par Sac à

dos argenté (1984), enregistrant chez De

Vuyst (mars 2018) quelque 150.000 euros.

UN MARCHÉ DE JEUNES COLLECTION-

NEURS

Mais, le plus surprenant, expliqué par

Samuel Vanhoegaerden et confirmé par

nos propres recherches, ce sont les résultats

élevés obtenus par les multiples. Une

fois n’est pas coutume, c’est ce segment de

marché, habituellement négligé, qui est le

plus performant : « Le marché de Panamarenko

s’est, ces dernières années, fortement

concentré sur les multiples et son travail

graphique. Il existe un large public pour ces

œuvres car elles sont belles et abordables.

Le marché des œuvres plus chères (originales/uniques)

est aujourd’hui, en réalité,

très bas en regard de ce marché des mul-

70


tiples. » Une observation vérifiée comme le

prouve cet exemple : si la sculpture unique

d’un Archaeopterix obtint, comme détaillé

plus tôt, quelque 50.000 euros, les impressions

sur toile, éditées à trente-quatre

exemplaires, représentant un croquis préparatoire

et détaillé de l’œuvre, atteignent

au marteau 7.500 euros. Plus troublant,

ce résultat n’est pas une exception. Deux

lithographies en couleurs ont attiré notre

Attention faux !

Comme pour tout artiste majeur,

quelques faux circulent. Fort heureusement,

depuis quelques mois,

la Fondation Panamarenko, fondée

par Eveline Hoorens, épouse de

l’artiste, veille à ce que les contrefaçons

soient détectées et retirées

du marché. Garante de la protection

d’un fabuleux patrimoine, la

Fondation délivre sur demande

des certificats d’authenticité. Une

démarche qui devrait rapidement

assainir le marché.

attention : Meikever (Cockchafer), dont le

tirage 34/100 obtenait, en 2021, chez Sotheby’s,

le prix marteau de 14.000 euros (soit

17.640 euros avec frais), alors que l’estimation

plaçait l’œuvre dans une fourchette

allant de 500 à 700 euros. The Aeromodeller

(1972), lithographie tirée à septantecinq

exemplaires, obtenait pour sa part, à

quatre reprises, des résultats entre 7.000

et 10.000 euros. Plus interpellant encore,

le Scotch Gambit in the Bonaparte ga ruine

kay (2001) dont l’impression sur toile

atteignait les 20.000 euros chez Bernaerts,

à Anvers. Samuel Vanhoegaerden explique

le dynamisme de ce segment par la cible,

largement composée de jeunes collectionneurs

: « Panamarenko est l’un des

artistes les plus aimés et les plus connus

chez les jeunes. Et c’est aussi la raison pour

laquelle les multiples ont tant de succès

chez les collectionneurs de ce segment,

car les pièces uniques sont encore un peu

au-dessus de leur budget. » Quant à définir

les œuvres les plus recherchées, Samuel

Vanhoegaerden nous répond sans hésiter :

« Celles qui font rêver ! Celles qui font voyager

vers d’autres mondes ! » Les périodes

auraient ici peu d’importance, même si le

galeriste nous confie sa préférence pour les

œuvres des années 1970 à celles réalisées

après 2000, considérant que les premières

sont généralement plus pures : « Ces

œuvres-là n’ont pas été conçues pour être

vendues. On y retrouve vraiment l›artiste

dans toute sa splendeur. » En conclusion,

si vous aimez l’œuvre de Panamarenko,

c’est assurément le moment d’acheter une

pièce unique, avant que cette année 2025

ne redynamise le marché.

VISITER

Panamarenko. Infinite Imagination

jusq. 04-05

KMSKA, Anvers

www.kmska.be

SURFER

www.panamarenko.foundation

Archéoptérix IV, sculpture (bois, colle, fil de métal, fil de nylon, cellules solaires), 15 x 37 x 40 cm. Cornette de Saint Cyr, Bruxelles, 14-12-2020. © Bonhams-Cornette

de Saint Cyr – 45.000 € (est. 45.000-60.000 €)

71


Conseils pour les débutants

Première

enchère

Entre appréhension et excitation

Dans une salle de vente ou derrière un écran, les enchères ne

semblent pas en manque d’un nouveau public. La mécanique

est simple, mais il convient toutefois de rester prudent.

TEXTE : GILLES BECHET

« Les personnes qui

participent à leur

première enchère en

ligne sont souvent

surprises que tout

s’accélère et se

bouscule dans les

dernières minutes. »

SOPHIE BREMERS

General Manager Christie’s Amsterdam

Avec la généralisation des ventes

en ligne, l’accès aux enchères

s’est indéniablement élargi et

démocratisé. Si les enchères à

la criée, avec le suspense et l’excitation

supplémentaires qui y sont liés, sont

loin d’avoir disparu, un ordinateur ou un

smartphone suffisent aujourd’hui pour

acquérir l’oeuvre ou la pièce convoitée

d’un simple mouvement de l’index depuis

son canapé, une terrasse de vacances ou

l’arrière d’un taxi. Le public des enchères

se renouvelle régulièrement et celles-ci

continuent de séduire les plus jeunes.

Ainsi, en 2023, 35 % des clients de Christie’s

étaient nouveaux et se stabiliseraient

à 30 % pour la première moitié de 2024.

Chez Adams Amsterdam Auctions, Bethe

Van Veggel-Tupker estime les nouveaux

acheteurs à 30 %. Tandis qu’à Bruxelles, la

salle de vente Vanderkindere enregistre

une croissance mensuelle de 15 à 25 %

de nouveaux clients. Dans une vente aux

enchères, tout est fait pour rendre les

choses les plus simple et lisible possibles.

Mais d’abord peut-être, pourquoi acheter

aux enchères plutôt qu’en galerie ou chez

un marchand ? Si ces derniers, généralement

spécialisés dans un domaine précis,

peuvent prodiguer des conseils et laisser

le temps de la réflexion, l’ensemble des

objets mis aux enchères à chaque moment

compose la plus grande vitrine du monde,

un vertigineux ensemble d’objets et

d’oeuvres de tout style, de toutes époques

et à tous les prix. On pourra ainsi acquérir

une bonbonnière en cristal montée sur

argent du XIXe siècle pour 140 euros ou un

chandelier en bronze doré et cristal signé

Baccarat pour 20.000 euros ; une peinture

hyperréaliste d’Adelin Guyot pour 260

euros, un dessin de Rubens pour 156.000

euros ou encore une toile de René Magritte

pour 121 millions de dollars. « Dans les

salles de vente, le collectionneur adopte

une posture de ‘‘chineur’’, explorant une

offre variée où les prix, inconnus à l’avance,

permettent parfois de réaliser une ‘‘bonne

affaire’’. En live, l’ambiance des enchères,

dynamique et immersive, est un spectacle

en soi. Elle apporte une dimension supplémentaire

à l’expérience d’achat », confie

Stéphane Nicais, directeur de la salle Vanderkindere,

à Bruxelles.

72


« Dans les salles de

vente, le collectionneur

adopte une posture de

‘‘chineur’’, explorant

une offre variée où

les prix, inconnus à

l’avance, permettent

parfois de réaliser une

‘‘bonne affaire’’. »

STÉPHANE NICAIS

Hôtel de ventes Vanderkindere

DEXTÉRITÉ, RAPIDITÉ ET PRÉCAUTION

Les procédures sont assez simples, que ce

soit en ligne ou en présentiel. Il faut d’abord

s’inscrire en créant un compte, avec une

pièce d’identité et, dans la plupart des cas,

avec un numéro de carte de crédit. Les

enchères peuvent se faire à l’avance, par

téléphone ou en ligne, et être suivies en

salle ou en ligne, souvent en collaboration

avec des plateformes telles que Invaluable

ou Drouot. Les enchères en ligne peuvent

se faire en direct ou s’étaler sur plusieurs

jours. La règle est simple : c’est l’offre la

plus haute qui peut acquérir le lot. En salle,

on signale son enchère en brandissant

une petite palette reçue à l’inscription ou

simplement en levant la main. En ligne,

où la progression des enchères apparaît

sur l’écran, on peut d’emblée indiquer son

enchère maximale où alors préférer jouer

le jeu et réagir en temps réel aux autres

enchères, mais il conviendra alors d’être

attentif et rapide. Au prix qui s’affiche ou

qui tombe sous le marteau, on ajoutera

les taxes (buyer’s premium), qui peuvent

varier en fonction de la maison et du lieu.

Chez Christie’s Amsterdam, elles sont par

Il suffit désormais

d'un ordinateur ou

d'un smartphone pour

acheter le lot convoité

d'un simple geste du

doigt.

exemple de 31,46 % pour les lots jusqu’à

800.000 euros, 21 % de 800.000 à 4 millions

et 15 % au-delà de 4 millions. Chez Vanderkindere,

elles sont de 25 %, et pour la salle

de ventes Rops, où tout se fait en ligne, de

12,5 %. Il y a aussi les frais de transport, qui

varient bien évidemment avec le volume,

la taille de l’objet, la distance à parcourir et

le type de transporteur. Là aussi, il est toujours

possible de se renseigner à l’avance.

BON A SAVOIR !

Le meilleur conseil à donner à

l’acheteur novice, c’est de se renseigner

sur la ou les pièces convoitées,

en consultant les catalogues

ou en venant voir sur place lors des

journées d’exposition, quand il y en

a et que c’est possible. Sinon, les

salles disposent toujours d’experts

prêts à offrir des renseignements,

fournir des photos ou des condition

reports complets des pièces mises

à l’encan. « On passe beaucoup

de temps à répondre aux questions

des nouveaux acheteurs, tant

sur le fonctionnement que sur les

caractéristiques des lots », confirme

Paul de Sauvage, de la salle

Rops à Suarlée. Surtout, pour une

première fois, il est important de

se fixer des limites financières à ne

pas dépasser. Tout peut aller très

vite et on peut se laisser entrainer

par l’excitation de l’enchère. En

ligne, il est plus facile de garder une

distance. En contrepartie, il faut

rester attentif parce que, lors des

ventes étalées sur plusieurs jours,

les prix bougent d’abord très peu :

« Les personnes qui participent à

leur première enchère sont souvent

surprises que tout s’accélère

et se bouscule dans les dernières

minutes », remarque ainsi Sophie

Bremers, General Manager de

Christie’s Amsterdam. Lorsqu’on

achète aux enchères, les regrets

ne sont pas de mise. Une fois la

vente actée, il n’y a pas de retour

en arrière possible : « Si on n’est

pas satisfait de son achat après la

vente, la seule solution, c’est de le

remettre aux enchères mais, à ma

connaissance, c’est assez rare », se

réjouit Benthe Van Veggel-Tupker

d’Adams Amsterdam Auctions. La

magie des enchères semble agir sur

la durée.

73


Jean Prouvé

Un rêve de métal et de bois

Jean Prouvé, voilà un nom qui

fait rêver les amateurs de design

d’exception ! Figure emblématique

de l’aventure moderniste au

XXe siècle, celui qui fut à la fois

architecte, constructeur et designer

a trouvé son inspiration dans le

métal. Célèbre pour sa méthode

révolutionnaire dans la conception

de meubles et de structures par

l’utilisation de matériaux industriels,

il séduit les nouvelles générations et

bénéficie d’une cote au beau fixe.

TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE

Fauteuil Visiteur FV22 ou Kangourou, variante avec assise à rainures embouties, 1948, acier, tôle

d’aluminium, chêne, contreplaqué d’okourne, caoutchouc, 84,5 x 66,5 x 87,5 cm. Christie’s, Paris, 02-11-

2021. © Christie’s Images Ltd.– 800.000 €

L’œuvre unique de Jean Prouvé

(1901-1984) se distingue par une

esthétique fonctionnelle, usant principalement

de matériaux industriels

comme l’acier et l’aluminium. Elle englobe

presque tout ce qui peut être construit

et usiné, du coupe-papier aux ferrures de

portes et de fenêtres, en passant par les luminaires,

meubles, maisons préfabriquées

et systèmes de construction modulaire.

Grand défenseur des méthodes de production

industrielle, le créateur a notamment

utilisé des pièces de tôle pour fabriquer

du mobilier. Tout au long de sa carrière, il

a ainsi testé et expérimenté de nouvelles

matières, de nouvelles techniques, de

nouveaux composants, parvenant dans de

nombreux travaux à marier ses attentes du

point de vue de la fonctionnalité, de l’adéquation

du matériau et de l’économie aux

exigences complexes d’une production en

série. Emboutie, pliée, nervurée et soudée,

la tôle d’acier a ainsi trouvé chez lui un

usage mobilier et architectural puisqu’il

est parvenu à tirer des qualités du métal

74


Ateliers Jean Prouvé, Nancy, table S. A. M Tropique, ca. 1951, modèle n°503, acier laqué, aluminium, 71,8 x 90,2 x 189,9 cm. © Sotheby’s Art Digital Studio

Jean Prouvé a radicalement renié

l’ornementation dans l’architecture et le

mobilier, car cette décoration superflue

nuisait à la lecture de l’objet.

quantité de trouvailles ingénieuses telles

que coques, sheds, portiques, béquilles ou

murs rideaux qui ont fait sa renommée.

Définie en une équation parfaitement maîtrisée,

cette démarche est le reflet d’une

préoccupation constante du créateur pour

intégrer le design à l’environnement. Ce

qui rend sa création résolument moderne

et explique notamment l’engouement qu’il

suscite auprès des jeunes collectionneurs,

en quête de fonctionnalité mais aussi

d’écologie et de durabilité. Fervent adepte

des préceptes du Corbusier, avec lequel

il a cofondé en 1929 l’Union des artistes

modernes (UAM), Jean Prouvé a aussi

radicalement renié l’ornementation dans

l’architecture et le mobilier, car « cette

décoration superflue nuisait, selon lui, à la

lecture de l’objet ». Ce principe plastique

renforce aujourd’hui d’autant son attractivité

car, se fondant dans n’importe quel

intérieur où elles disparaissent au profit de

leur fonctionnalité, ses pièces de mobilier

s’harmonisent avec tous les styles et

toutes les époques. Ainsi, Jean Prouvé est

célèbre pour son approche pratique, qui

met l’accent sur la construction modulaire

et la capacité d’adaptation de ses designs

à différents environnements. Ses créations

intègrent souvent des solutions innovantes

pour le confort et l’efficacité, en respectant

les principes du design industriel.

Un de ses fervent défenseurs, le galeriste

parisien François Laffanour, fondateur

de la Galerie Downtown, explique : « Ses

bâtiments comme ses meubles exposent

leurs systèmes d’articulation et d’assemblage,

dévoilent les forces en présence qui

s’exercent les unes contre les autres, tels

que les piétements de sa chaise Standard,

‘‘en forme d’égale résistance’’, conçue pour

ne pas casser quand on se balance. Il appliquera

ce ‘‘principe constructif ’’ à tous les

meubles conçus entre 1930 et le milieu des

années 1950, ainsi qu’aux multiples bâtiments

conçus à cette époque et réalisés à

partir d’éléments préfabriqués en série. »

UNE PERSPECTIVE ENRICHISSANTE

Si Jean Prouvé fut talentueux dans plusieurs

domaines, il se voulait avant tout un homme

d’usine avant d’être un artiste. Pour lui,

mettre sa créativité et son design au service

de tous était un principe fondamental. Son

mobilier est donc simple et pratique, conçu

dans un esprit de durabilité. Aujourd’hui,

l’ensemble de ses créations, des bureaux aux

75


chaises en passant par les tables, les lits, les

bancs et les escabeaux, sont considérées

comme des icônes du design moderne.

Ces pièces sont donc très recherchées par

les collectionneurs et les amateurs. Depuis

2017, sa cote est assez stable, même si elle

s’est considérablement renforcée depuis

la pandémie, avec des estimations pour

ses meubles de 20.000 à 2.000.000 d’euros,

et pour ses structures architecturales de

50.000 à 3.000.000 d’euros. « L’évolution de

la cote de Jean Prouvé illustre un intérêt

soutenu sur le marché du design, marqué

par son approche révolutionnaire de la

construction et du design mobilier en utilisant

des matériaux industriels », confirme

le commissaire-priseur Lucas Tavel, qui

collabore notamment avec la salle Millon.

« Ses contributions significatives au design

industriel et à l’architecture moderne du

XXe siècle, caractérisée par l’harmonie entre

fonctionnalité et forme esthétique, offrent

une perspective enrichissante sur l’intégration

de l’industriel dans l’habitat moderne et

la fonctionnalité durable. Ainsi, ses meubles

et ses structures présentent des formes

simples et utilitaires, avec une visibilité

claire de leur structure et assemblage. L’utilisation

caractéristique du métal, traité de

Panneau, ca. 1950, contre-plaqué, aluminium, aluminium peint, verre, 232 x 104 x 5,3 cm. Phillips, Londres,

02-11-2022. © Phillips – 81.900 £ (95.122 €)

Armoire, modèle n°100, 1945, tôle d’acier pliée laquée et bois, 100 x 161 x 55 cm. Piasa, Paris, 23-02-2023.

© Piasa – 32.784 €

« Prouvé est connu

pour son usage

novateur du bois,

combiné avec des

éléments métalliques

pour renforcer

la structure des

meubles. »

LUCAS TAVEL

76


manière à mettre en valeur sa beauté fonctionnelle

et sa durabilité constitue un signe

distinctif de son travail. Prouvé est aussi

connu pour son usage novateur du bois,

combiné à des éléments métalliques pour

renforcer la structure des meubles. »

UNE COTE AU BEAU FIXE

La cote d’un meuble signé Prouvé est

tributaire de plusieurs facteurs. Comme

pour d’autres créateurs, elle dépend de

la renommée, de l’authenticité, de l’état

de conservation de l’œuvre (la présence

d’une peinture d’origine constitue à ce

titre une plus-value, de même qu’un état

nécessitant peu de restauration), de son

historique de propriété et de la demande

actuelle sur le marché du design. Etre sûr

de l’authenticité est toutefois essentiel car

il y a, depuis plusieurs décennies, eu beaucoup

de copies et de rééditions. De fait,

grâce à leur géniale conception, destinée

en priorité à la production industrielle,

Vitra a, dès 2002, commencé à rediffuser

ses créations sous formes de rééditions,

en étroite collaboration avec la famille,

notamment la fille du créateur, Catherine

Prouvé. L’éditeur suisse a ainsi mis à jour

la collection en y introduisant de nouvelles

couleurs ainsi qu’un certain nombre

de nouveaux modèles peu connus. Ces

rééditions, produites en quantité relativement

importantes, ont tout naturellement

une valeur moins élevée que les meubles

fabriqués du vivant du designer. Afin d’en

certifier le pedigree, toute pièce de mobilier

considérée comme authentique, ou

d’époque, sera donc idéalement accompagnée

d’une documentation et d’un

historique de provenance. Aujourd’hui,

si son marché est à plus de 50 % français

et concerne à 82 % le mobilier, selon le

site de référence Artprice, les pièces les

plus recherchées sont celles qui furent

produites en petites quantités ou conçues

pour des projets spécifiques. En décembre

2021, une table modèle n°506, conçue vers

1952 pour le siège d’Air France à Brazzaville

au Congo, était ainsi emportée 1,4

million de dollars (1,23 million d’euros)

chez Sotheby’s, à New York. En juin 2022,

l’auctioneer obtenait 1,3 million de dollars

(1,22 million d’euros) d’une table Refectory

(ca. 1939), aux fameux hublots caractéristiques.

Le 11 décembre dernier, Phillips

New York adjugeait 80.000 dollars (76.260

euros) un panneau perforé de hublots (ca.

1950), bien loin toutefois des 4,96 millions

de dollars (3,67 millions d’euros) obtenus

par Christie’s New York, en juin 2007, pour

le prototype de la maison Tropicale (ca.

1950-1951), montée à Brazzaville, puis

abandonnée, squattée et récupérée par

l’antiquaire parisien Eric Touchaleaume.

Aujourd’hui, la valeur des sièges de Prouvé,

suivant qu’ils soient originaux ou réédités,

oscille entre 500 et 150.000 euros (865

euros pour une chaise du modèle Standard

chez Vitra) ; une table EM vaut 3.050

euros (Vitra), mais un bureau original peut

s’envoler jusqu’à 400.000 euros. Enfin, Vitra

propose en réédition la fameuse lampe

Potence (petit modèle) dès 949 euros.

SURFER

www.jeanprouve.com

www.vitra.com

« Ses bâtiments

comme ses meubles

exposent leurs

systèmes d’articulation

et d’assemblage,

dévoilant les forces

en présence qui

s’exercent les unes

contre les autres »

FRANÇOIS LAFFANOUR

Ensemble de six chaises démontables, modèle standard N 300, 1952, tôle d’acier pliée et peinte, contreplaqué

de hêtre, 80 x 42 x 49 cm (chaque). Christie’s, Paris, 30-06-2020. © Christie’s Images Ltd. – 187.500 €

77


L’avis de l’expert

Les enjeux du jouet

COLLECT s’est rendu chez

Jordaens, à Mortsel, qui vend

une ancienne maison de poupée,

mais la conversation s’est

rapidement orientée vers les

jouets modernes.

TEXTE : BEN HERREMANS

«

Je

n›ai jamais rien vu de tel »,

déclare Rik Martens, propriétaire

de la salle Jordaens.

« Sauf en photo, dans un magazine

américain spécialisé. Jamais en vrai.»

Rik et son fils Johan se tiennent près d’une

ancienne maison de poupée, mise en vente

à la fin du mois de février. « Elle nous a été

confiée par les héritiers d’une personne

qui collectionnait ces maisons. Elle avait

été acquise chez Ladenburger Spielzeugauktion

ou Bertoia Auctions pour la

somme de 25.000 euros. » Comme elle doit

encore faire l’objet de quelques recherches,

père et fils n’en ont pas encore d’estimation

précise : « Elle fut réalisée vers 1900, peutêtre

à partir de 1880, dans le style Jugendstil.

Un très beau travail, la décoration est

soignée jusque dans les moindres détails et

tout fonctionne. Les coussins sont garnis

de plumes, les bougies brûlent, les portes

s’ouvrent et se ferment, le pendule de l’horloge

descend, le papier peint est imprimé,

les fleurs sont recouvertes de feuille d’or,

les poupées de porcelaine fabriquées à la

main. La maison se compose de deux parties

: une pièce rouge et une pièce blanche,

qui fut rajoutée plus tard. Il s’agit peut-être

d’une œuvre de maîtrise d’un fabricant de

meubles, d’un verrier ou d’un maquettiste.

C’est trop bien fait pour être du bricolage.

Cette maison a probablement appartenu

à une riche famille, qui l’a acquise pour un

enfant qui n’a peut-être jamais été autorisé

à jouer avec. Sa valeur ? 1.500 euros, en

fonction de la demande. Mais, il y a trente

ou quarante ans, elle aurait pu valoir entre

5.000 et 6.000 euros. »

Maison de poupée, ca. 1900. © Jordaens

78


BITCOINS

Père et fils entament une conversation à

bâtons rompus. Rik Martens : « Les collectionneurs

sont, par définition, des nostalgiques

et chez ceux qui collectionnent

les jouets, c’est encore plus marquant :

ils ont la nostalgie de leur jeunesse. Les

jouets anciens prennent de la valeur avec

l’âge. Il y a trente, quarante ans, lorsque

nous proposions des poupées d’Armand

Marseille, elles partaient souvent entre

deux et trois mille euros. Aujourd’hui, ces

jouets n’intéressent plus personne. » Johan

Martens : « Les jouets de mon enfance,

ce sont les cartes Magic, Transformers... »

Rik Martens : « En ce qui me concerne, il

faut remonter aux années 1960, l’époque

des Dinky Toys. Il y a peu, ces petites

voitures étaient très demandées sur le

marché. Mais elles n’intéressent plus la

jeune génération. » Johan Martens : « Les

premiers Transformers étaient encore en

métal. Ils sont devenus ridiculement chers

aujourd’hui. Les Power Rangers, premiers

robots arrivés en Europe dans les années

1990, atteignent aujourd’hui des prix

de 600.000 euros, alors qu’il ne s’agit que

d’objets en plastique. Toute une industrie

tourne autour des cartes Pokémon

et Magic. La première génération, celle

de 1993, dépasse allègrement les 50.000

à 200.000 euros. Au début des années

2000, après le passage à l’euro, les prix ont

explosé. J’ai alors pu acquérir, à Anvers,

la carte Black Lotus pour 500 euros. Mes

parents m’auraient tué si j’avais cassé ma

tirelire pour une carte comme celle-là. Elle

était dessinée à la main et signée Christopher

Rush. Aujourd’hui, elle vaut 100.000

euros. Il y a les bitcoins et il y a les cartes

Magic. Quantité de sites Internet y sont

consacrés, c’est un phénomène mondial.

De nouvelles cartes sortent chaque mois.

Mais les tirages originaux, les versions

alpha et bêta, se vendent facilement entre

60.000 et 70.000 euros. »

« Les collectionneurs

sont par définition

des nostalgiques

et chez ceux qui

collectionnent les

jouets, c’est encore

plus marqué : ils ont

la nostalgie de leur

propre jeunesse. »

RIK MARTENS

COMPTABILITÉ

Lorsque le négoce s’en saisit, les choses

peuvent rapidement évoluer. Rik Martens

: « Une fois, nous avons été inondés de

figurines Hummel. Il y avait encore des collectionneurs

qui les recherchaient, et c’est

toujours le cas aujourd’hui. Mais lorsque

l’entreprise s’est installée aux États-Unis,

elle s’est mise à produire à tour de bras. En

raison de cette surproduction, l’intérêt s’est

émoussé. Lorsque l’offre est trop pléthorique,

le collectionneur décroche. » Johan

Martens : « Mais les tirages de ces cartes

Magic ou Pokémon ne changent pas. Nous

savons exactement combien d’exemplaires

ont été imprimés. Quoi qu’il en soit, plusieurs

centaines ou milliers d’entre elles ont

sans doute déjà été détruites, il y en a donc

moins aujourd’hui. Il existe une liste de

celles qui ne seront plus jamais imprimées.

Leur valeur demeure donc stable. Si elles

devaient être réimprimées, c’est toute une

industrie qui s’effondrerait. Idem pour les

Transformers. Ils se divisent en Autobots et

Decepticons, les bons et les méchants, qui

se battent les uns contre les autres. Toute

une narration fut développée autour d’eux.

A la première génération, ces créatures

étaient de tailles différentes, car provenant

de deux producteurs différents. Mais même

pour les Transformers, il n’y a pas de doute

sur le nombre d’exemplaires fabriqués.

Cette stabilité est rendue possible pour les

jouets actuels, car une comptabilité précise

est tenue. Ce qui n’est pas le cas pour cette

maison de poupée. » « Mais où sont les

79


« Toute une industrie

tourne autour des

cartes Pokémon et

Magic. »

JOHAN MARTENS

grandes collections et que se passera-t-il si

elles étaient mises sur le marché ? » s’interroge

Rik Martens. « Supposons que,

dans le monde, quelques collectionneurs

possèdent toutes les meilleures cartes

Magic. Qu’adviendra–t-il au décès de ces

personnes ? Dans le domaine du jouet, ce

ne sont pas seulement les collections qui

changent, mais aussi les successions. Dans

ma propre succession, on trouve une pile

de bandes dessinées Bob & Bobette, usées à

force d’être lues. Peut-être y a-t-il des personnes

de ma génération qui possèdent des

exemplaires intacts ? J’ai ainsi vu une collection

de Dinky Toys datant d’environ 1963,

toutes encore dans leur boîte, parfaitement

intactes. Les miennes étaient endommagées,

rayées, avec la peinture écaillée, il

leur manquait des roues. » Johan Martens:

« J’aimerais beaucoup que ces jouets, dits

modernes, performent aux enchères, mais

ils n’y ont actuellement aucune valeur.

Ce qui n’est pas le cas des cartes Magic,

où on parle de sommes hallucinantes,

jusqu’à 200.000 euros pièce. Wizards of the

Coast est une société américaine, mais

les premières cartes furent imprimées en

Belgique, chez Carta Mundi à Turnhout. Il

semblerait qu’une épreuve de la première

Black Lotus existe encore dans notre pays.

Une épreuve avec un verso noir, donc pas

de la bonne couleur, fut vendue 850.000

euros. Une carte de Charizard, le dragon de

Pokémon, recouverte d’un revêtement photographique,

s’est vendue des millions. »

TINTIN AU CONGO

Le marché des cartes étant en plein essor,

il n’est toutefois pas nécessaire de passer

par les enchères pour les écouler. Johan

Martens : « Ces cartes relèvent davantage

d’un marché boursier que des enchères.

C’est donc plus que de la nostalgie. Cela va

très vite. Un nouveau jeu de cartes sort et

soudain l’industrie est en alerte parce que

tout le monde veut avoir la première édition.

Lorsque nous étions petits, il y avait des

modes dans la cour de récréation : Magic,

Pokémon. Toujours de nouvelles tendances,

mais nous n’étions pas informés comme aujourd’hui.

Désormais, lorsqu’une nouveauté

sort, il faut absolument posséder la première

édition. » Rik Martens : « Je pense au Standaard

qui avait apposé l’étiquette ‘‘première

édition’’ sur le dernier Bob & Bobette. Tiré à

600.000 exemplaires, cette bande dessinée

ne valait rien. Après tout, la bande dessinée

est aussi une forme de jeu. Nous y observons

également des changements. Auparavant,

la première édition de 1931 de l’album Tintin

au Congo était très recherchée. Aujourd’hui,

cette première édition ne suffit plus, il faut

une planche originale d’Hergé. Ou une page

de titre signée Willy Vandersteen. Ceux qui

ont naguère investi dans l’édition bleue de

Bob & Bobette ne peuvent plus rien en faire.

» Johan Martens : « Chez Magic, ce sont les

cartes de 1993 et 1994 qui attirent l’attention.

Wizards of the Coast a déjà annoncé

Carte Magic. « Il y a les bitcoins. Et il y a les cartes

Magic. » © Jordaens

vouloir doubler ses revenus. L’entreprise

propose également le jeu populaire Donjons

& Dragons. Wizards of the Coast commence

ainsi à produire de façon démesurée, ce

qui fâche les collectionneurs. Une nouvelle

édition, parfois plus de dix séries, en une

seule année : un collectionneur professionnel

devait y consacrer plus de mille euros

par mois pour rester à jour. Cela devient

irrationnel. »

POCHETTES DE DISQUES

Rik Martens : « Les modèles originaux de

ces cartes sont parfois très bien dessinés.

C’est carrément de l’art. » Johan Martens :

« Les premières cartes Magic étaient plutôt

moches, sans doute peintes sur toile et le

scanner utilisé alors pour reproduire le motif

n’avait rien à voir avec ceux d’aujourd’hui.

Mais la carte Black Lotus originale était vraiment

peinte, généralement signée du nom

de l’artiste. Les artistes espèrent en tirer un

bon revenu, car si cette carte devient soudainement

importante dans le jeu, tout le

monde la voudra. » Rik Martens : « Bientôt,

ce sera l’IA qui dessinera ces cartes. » Johan

Martens : « Parfois, il y a une indication en

petit : Chat GTP. Mais l’intervention d’un

être humain pour corriger les erreurs est

toujours nécessaire. » Rik Martens : « L’IA

s’améliore chaque jour. Bientôt, des discussions

surgiront quant aux droits d’auteur. »

Johan Martens : « Une rétrospective des jeux

Pokémon, Charizard. « Ces cartes relèvent davantage

d’un marché boursier que des enchères. » © Jordaens

80


Dinky Toys. « Ceux qui n’ont pas joué avec ces Dinky Toys ne s’y intéressent pas. » © Jordaens

« Les ventes de

comptes numériques

battent leur plein.

Cette industrie

existe déjà, ses

collectionneurs

aussi. »

vidéo est actuellement diffusée sur Amazon

Prime. Il y avait un épisode sur Unreal

Tournament d’Epic, devenue depuis une

entreprise d’un milliard de dollars. Epic a

construit des mondes numériques sans

modèle original et concret (peinture, sculpture)

et donc sans valeur. Ce qui a provoqué

une rupture. La nouvelle génération trouve

normal que les ordinateurs génèrent ces univers

et que leur qualité ne cesse d’augmenter.

Des couteaux et des armes numériques,

valant des milliers d’euros, sont générés pour

le jeu Counter-Strike. Mais il s’agit d’armes

numériques, c’est-à-dire contenues dans

une base de données. Ce qui nous rapproche

considérablement des NFTs, avec une

signature numérique unique. Une combinaison

de paramètres permet la production

d’une arme en exemplaire unique. Celui-ci

vaut alors, disons, 16.000 euros. Certains

collectionneurs possèdent ainsi des comptes

numériques qui valent des milliers d’euros. »

Il cite World of Warcraft, qui existe depuis

vingt ans. « Des millions de personnes ont

joué à ce jeu. Certaines ont des comptes datant

du tout début, ce qui nous renvoie aux

premières éditions. On trouve une phrase sur

ces comptes : « Tu as fait cela, et il n’y a que

x personnes qui l’ont fait un jour. » Nombre

de ces comptes ont aujourd’hui disparu, ce

qui confère une valeur de collection à ceux

restants. Le négoce des comptes de World of

Warcrafts bat ainsi son plein. » Rik Martens:

« Pour la défense des enchères classiques,

l’être humain veut du tangible. Quelque

chose qu’il peut tenir en main et regarder,

qu’il peut sentir, écouter. »

Johan Martens : « Ma génération s’en fiche.

Il y a des choses sur mon ordinateur qui

ont une valeur réelle pour moi. Des choses

aussi tangibles que les objets qu’on peut voir,

entendre, sentir, toucher. » Rik Martens: « À

douze ans, j’avais une petite voiture Lamborghini

de Politoys. Plus de cinquante ans plus

tard, je me souviens encore de son odeur. »

Johan Martens : « Je suis de la génération des

premiers ordinateurs. En 1991, nous avions

un Macintosh SD. Je jouais encore avec des

Transformers physiques. Mais au début des

années 2000, tout est devenu numérique.

Je me souviens très bien de la découverte

d’une arme incroyablement rare pour Diablo

II. Je connais quelqu’un qui a payé ses

études universitaires avec sa revente. »

NERDS

Selon Johan Martens, la collection numérique

existe déjà : « Cela devient petit à petit

courant, avec par exemple Fortnite, où des

rappeurs se produisent. Par des micro-transactions,

vous déterminez l’apparence de

votre personnage pour des montants relativement

faibles. Les éditions limitées existent

également dans les jeux vidéo. L’éditeur

de cartes Magic annonce qu’il ne produira

plus certaines d’entre elles et détruira les

documents originaux, comme les fonderies

détruisent leurs moules. C’est ainsi que

les choses demeurent rares. De nombreux

gamers décrochent en cours de route. Après

coup, ils regrettent ce qu’ils ont perdu. Ils

peuvent alors se tourner vers les personnes

qui sont allées jusqu’au bout et souhaitent

vendre. Et celles-ci demandent facilement

500 ou 600 euros en échange. » Mais nous

revoilà avec notre maison de poupée. Rik

Martens : « Ce qui fut continue d’exister. Les

choses viennent s’y ajouter, tout simplement.

Les tendances se succèdent de plus

en plus vite. » Johan Martens : « Il y a des

périodes historiques, mais ma génération se

moque de l’histoire des styles. À l’âge de dixhuit

ans, j’étais déjà un ancien de l’internet.

Pensez-vous que les jeunes connaissent les

jeux auxquels je jouais adolescent ? Quake ?

Doom ? Lorsque je les montre à mes neveux,

ils me regardent avec des yeux écarquillés.

Alors je leur dis : « Les gars, en 1995, cela

s’est encore plus vendu que Windows 95. »

Magic existe depuis plus de trente ans et

Transformer était à la mode de la fin des

années 1970 au début des années 1980.

Mais il n’y a pas encore de conscience de sa

valeur. Aujourd’hui, les jeux informatiques

définissent votre identité, avec leur propre

culture et leur propre jargon. Vous êtes ce

que vous jouez. » Rik Martens : « C’était déjà

vrai à l’époque. L’un dansait sur du disco,

l’autre s’extasiait sur Deep Purple. » Johan

Martens : « Et nous étions les rares nerds

à posséder un ordinateur. Aujourd’hui,

tout le monde a accès au gaming. Et cette

industrie se concentre actuellement sur les

téléphones. Les personnes possédant un

ordinateur se font de plus en plus rares. »

ENCHÉRIR

Salle de ventes Jordaens

Mortsel

www.jordaens.eu

le 25-02

81


Focus

International

28.000.000 $ (26.462.000 €)

Gilbert Adrian, escarpins de rubis, portés

par Judy Garland dans Le Magicien d’Oz

de Victor Fleming, 1939. Heritage Auctions,

Dallas, 07-12. © Heritage Auctions

604.800 $ (576.500 €)

Bernard II Van Riesen Burgh, bureau plat,

Paris, époque Louis XV, ca. 1735-1740, bois

satiné laqué, bronze doré. Christie’s, New

York, 12-12. © Christie’s Images Ltd.

150.000-250.000 $ (147.000-245.000 €)

Pieter Claesz., Nature morte au verre de vin et huîtres, huile sur panneau,

50,2 x 70,2 cm. Christie’s, New York, 05-02. © Christie’s Images

Ltd.

ON A VENDU

Record pour les

escarpins du

Magicien d’Oz chez

Heritage Auctions

Les chaussures portées par la jeune

Judy Garland dans Le Magicien

d’Oz (1939) étaient mises aux

enchères à Dallas, le 7 décembre,

par Heritage Auctions. Comptant

parmi les souliers les plus célèbres

de l’Histoire, ils dépassaient

allègrement l’estimation initiale

de 3 millions de dollars, à l’issue

d’une bataille acharnée, devenant,

à 28 millions de dollars, l’objet

cinématographique le plus cher

jamais adjugé aux enchères.

L’ensemble de la vente, qui

comprenait également le célèbre

chapeau noir de la Méchante

Sorcière de l’Ouest, jouée par

Margaret Hamilton, atteignait

38,6 millions de dollars. C’est tout

naturellement que les fameux

escarpins, dont il existe en tout

quatre paires, volaient la vedette.

Dérobées, il y a près de vingt ans,

par Terry Martin qui les croyait

incrustées de vrais rubis, lors

d’une exposition au Judy Garland

Museum de Grand Rapids, dans

le Minnesota, où elles avaient

été prêtées par un collectionneur

privé, ces chaussures dessinées

par Gilbert Adrian, à l’époque

chef costumier des Studios MGM,

n’avaient été retrouvées qu’en

2018.

Un vase chinois de

famille rose vole

la vedette chez

Bonhams

Un magnifique et incroyablement

rare vase chinois, ‘‘dragon’’, de

famille rose, était le lot-phare de

la vente d’art asiatique organisée

par Bonhams Cornette de Saint

Cyr, à Paris, le 10 décembre.

Adjugé 1.161.600 euros (frais

inclus), il avait été estimé entre

300.000 et 500.000 euros. Inclus

à l’origine dans la collection de

l’homme d’affaires anglais William

Dederich (1872-1926), mécène des

expéditions antarctiques de Sir

Ernest Shackleton, il avait depuis

été transmis dans la même famille.

Ignorant sa rareté et sa valeur, il

était demeuré, pendant plusieurs

décennies, dans le couloir d’une

demeure du centre de Londres,

avant d’y être redécouvert

récemment, lors d’une visite,

par les experts de Bonhams. Ce

vase, acquis initialement dans le

premier quart du XXe siècle, est

la copie exacte d’un exemplaire

du même sujet et de même taille

vendu par Bonhams à Hong Kong,

en 2011.

Premier succès

pour les

memorabilia

sportifs chez

Aguttes

Lors de la vente inaugurale de

son département Sports, Aguttes

adjugeait plus de 82 % des lots,

le dimanche 15 décembre, à

Neuilly-sur-Seine. Avec 212 lots,

cette vente mettait à l’honneur dix

disciplines : football, basket, boxe,

handball, tennis, rugby, hockey,

ski, cyclisme et athlétisme. Elle

totalisait près de 400.000 euros,

avec des acheteurs de dix-sept

nationalités. À cette occasion, était

dispersée une collection unique

constituée pendant plus de vingt

ans par un passionné, dirigeant

d’entreprise et entrepreneur

suisse. Cet ensemble comprenait

des souvenirs concernant

une dizaine de disciplines et

racontant la grande histoire

du sport. Provenant de cette

fabuleuse collection, la ceinture

de Champion du Monde WBA,

conquise par Evander Holyfield

lors d’un match contre Mike Tyson,

en 1996, s’adjugeait 78.000 euros.

Autre lot convoité, la raquette

de Roger Federer changeait

de mains à 22.712 euros. Le

tennisman l’avait utilisée lors de la

finale de Wimbledon remportée

contre Andy Roddick, en 2005.

Engouement également pour

la raquette de tennis d’Arthur

Ashe, envolée à 18.200 euros.

Probablement utilisée par ce

joueur lors de la saison 1979, cette

raquette témoigne de l’intérêt du

public pour ce vainqueur de trois

tournois du Grand Chelem en

simple et deux en double.

Les arts décoratifs

en forme à New

York

Les arts décoratifs continuent de

produire de superbes résultats

chez Christie’s, à New York où, le

12 décembre, le mobilier français

totalisait 9,76 millions de dollars.

Cette vente, qui se déroulait lors de

la semaine du luxe de l’auctioneer,

illustre l’attrait du design français

depuis la cour de Versailles

jusqu’aux couturiers actuels. Des

enchérisseurs du monde entier,

notamment d’Asie, d’Europe,

d’Amérique du Nord et du Moyen-

Orient (dont 10 % de nouveaux

venus), s’y sont précipités. Le

lot le plus important était une

commode en laque japonaise et

ébène, montée sur bronze doré,

datant de la fin du règne de Louis

XV, très certainement fournie à

la duchesse de Mazarin pour le

château de Chilly-Mazarin, qui

générait 819.000 dollars. Parmi les

autres résultats, citons un bureau

plat en laque de Chine et bois

satiné monté sur bronze doré,

d’époque Louis XV, par BVRB, l’un

des deux seuls de ce type connus

à ce jour, adjugé 604.800 dollars ;

une commode d’amarante, tulipier

et marqueterie, avec bronzes

dorés, de la fin du règne de Louis

XV, fournie au banquier de la cour

Micault d’Harvelay en 1774, qui

rapportait 693.000 dollars ; et une

rare paire de consoles en bronze

doré et acier poli de la fin de

l’époque Louis XV, adjugée 415.000

dollars.

82


2.000.000-3.000.000 $

(1.962.000-2.943.000 €)

Tazza, Pays-Bas du Sud, ca. 1587-1599,

vermeil, 40 x 37,3 cm. Christie’s, New York,

06-02. © Christie’s Images Ltd.

Est. 70.000-100.000 £

(85.000-120.000 €)

Fernand Khnopff, Le collier de

médailles, technique mixte, 17 x

12 cm. Christie’s, Londres, 13-02.

© Christie’s Images Ltd.

Est. 1.500.000-2.000.000 €

Camille Claudel, L’Âge mûr, dit La Jeunesse et L’Âge mûr, 1898, bronze à

patine brune, signé, ex. n° 1, 61,5 x 85 x 37,5 cm. Philocale, Orléans, 16-02.

© Philocale

ON VENDRA

Peintures

flamandes et

hollandaises chez

Christie’s

Un ensemble d’importantes

peintures hollandaises et

flamandes du XVIIe siècle,

provenant des collections du

Museum of Fine Arts de Boston

(MFA), est dispersé par Christie’s

New York le 5 février. Le MFA

possède l’une des plus belles

collections d’art néerlandais au

monde, qui couvre toutes les

catégories et comprend un large

éventail d’artistes. Ce groupe

de près de vingt tableaux, dont

beaucoup ont été retirés du

marché depuis un demi-siècle

ou plus, est mis aux enchères

pour financer de futures

acquisitions qui permettront

d’approfondir la collection et

de mieux répondre aux besoins

évolutifs du public du musée.

Le lot principal de la vente est

Bandits menant des prisonniers,

paysage italianisant typique de

Jan Both (est. 1.000.000-1.500.000

dollars). Parmi les autres tableaux,

citons également la Nieuwe

Kerk d’Emanuel de Witte (est.

400.000-600.000 dollars), vue

atmosphérique de l’importante

église du XVe siècle située sur

le Dam à Amsterdam ; une

importante nature morte tonale de

Pieter Claesz (est. 150.000-250.000

dollars) ; et Paysage fluvial avec un

bac et une église de Jan Josefsz.

van Goyen (est. 150.000-250.000

dollars).

L’exceptionnelle

Collection Selim et

Mary Zilkha chez

Christie’s

Le 6 février, Christie’s New York

disperse la collection de Selim et

Mary Zilkha. Ce riche et spectaculaire

ensemble d’œuvres rares,

allant de la Renaissance au XIXe

siècle, réunit des savoir-faire

sublimes et des provenances

illustres, unique parmi les collections

américaines. Parmi les pièces

maîtresses, citons l’exquise tazza

Aldobrandini représentant l’empereur

Néron, réalisée dans les Pays-

Bas du Sud, entre 1587 et 1599,

sous le règne des archiducs Albert

et Isabelle, et acquise vers 1602 par

la famille florentine Aldobrandini

(est. 2.000.000-3.000.000 dollars) ;

une impressionnante coupe à

nautile en argent doré exécutée à

Nuremberg par Hans I Clauss, ca.

1630 (est. 700.000-1.000.000 dollars)

; le seul jeu complet de cartes

à jouer en argent du XVIIe siècle

connu, signé Michael Frömmer,

Augsbourg, 1616 (est. 500.000-

800.000 dollars) ; et une coupe et

un couvercle en forme d’autruche

en argent doré, émaillé et serti

de pierres précieuses, marque

d’Andreas I Wickert, Augsbourg,

1651-1654 (est. 500.000-800.000

dollars).

La collection de

Barry Humphries

chez Christie’s

La collection personnelle du

regretté Barry Humphries, artiste

décédé en avril 2023 et dont Dame

Edna Everage était l’alter ego

vestimentaire, est prévue chez

Christie’s à Londres, le 13 février.

Parmi les deux cent cinquante lots

proposés figurent évidemment les

fameuses lunettes incrustées de

diamants portées par Dame Edna

éructant son célèbre « Possums ! ».

Ces lunettes uniques, au motif

de l’opéra de Sydney, ont été

modestement estimées 1.500 livres

sterling. Parmi les autres pièces

d’intérêt, citons une première

édition de The Importance of

Being Earnest d’Oscar Wilde,

dédicacée par l’auteur, estimée

150.000 livres sterling, mais aussi

quantité d’œuvres d’art européen

du XIXe siècle, notamment belge

et néerlandais, avec des œuvres de

Jan Sluijters (est. 70.000-100.000

livres sterling), Jean Delville ou

encore un superbe portrait par

Fernand Khnopff (est. 70.000 à

100.000 livres sterling).

Un Camille Claudel

redécouvert par

Philocale

L’Âge mûr, œuvre majeure de

Camille Claudel 1864-1943),

dont on avait perdu la trace,

découverte par Matthieu Semont,

commissaire-priseur à Orléans,

est proposé aux enchères le 16

février chez Philocale. Ce magistral

bronze, disparu depuis ses

premières présentations en la

Galerie d’Eugène Blot, en 1907 et

1908, est l’œuvre la plus mythique

et mystifiée de la célèbre sculptrice

Camille Claudel. Elle a été

redécouverte cachée sous un drap,

lors d’un inventaire réalisé dans

un appartement inhabité depuis

plus de quinze ans, situé au pied

de la Tour Eiffel, à Paris. Avec L’Âge

mûr, la sculptrice est parvenue à

montrer sa maîtrise artistique et sa

créativité, arrivées à maturité. Elle

traite ici du temps qui passe, de la

vieillesse et de la mort, sujets chers

aux symbolistes. La composition,

parfaitement maîtrisée, traduit

la fuite inexorable du temps :

une diagonale relie le corps de

la jeune femme suppliante à la

main tendue de l’homme et à

la draperie de la vieille femme.

L’apparition sur le marché de

cet exemplaire, fondu en 1907

par Eugène Blot, est un véritable

évènement. On l’estime entre 1,5

et 2 millions d’euros.

83


76.600 €

La surprise du mois

Né en 1939 à San Sebastiàn et mort

en 2018 à Madrid, Darío Villalba fut

l’un des artistes espagnols les plus

influents de la seconde moitié du

XXe siècle, dont l’œuvre très personnelle

ne répondait à aucun canon artistique de

son temps. Représentant généralement

des figures humaines, souvent solitaires et

démunies face à des situations extrêmes, son

art s’est exprimé sous forme de photographies

qu’il manipulait, répétait et transformait

en véritables icônes, témoins de leur pouvoir

d’expression face à la douleur, la maladie, la

mort et la souffrance. Fils de diplomate, la

situation familiale de Darío Villalba l’amena

très tôt à vivre dans des cercles différents de

ceux de la plupart des artistes espagnols de sa

génération. Les séjours qu’il effectua à l’étranger

lui permirent ainsi de connaître et de participer

à la naissance des nouvelles pratiques

artistiques qui se développaient en Europe et

aux États-Unis, dans les années 1950. Après

des études d’art à Madrid et à Boston, Darío

Villalba s’est consacré à la peinture en 1957

avant de s’installer rapidement à Paris pour

travailler dans l’atelier d’André Lhote. En

1962, il obtenait une bourse pour étudier à

l’Université de Harvard. Au début des années

1970, il initiait une de ses séries des plus

singulières et avant-gardistes, questionnant

notre perception du temps et de la réalité en

encapsulant dans des constructions de grand

format en méthacrylate et plexiglas des photographies

de personnages marginaux. Ces

portraits expressifs semblent flotter dans une

chrysalide, comme des moments éternellement

suspendus. C’est à cette série séminale,

présentée en 1970 à la Biennale de Venise et

qu’il poursuivra quelques temps, obtenant

même le prix international de peinture de la

12e Biennale de São Paulo, en 1973, qu’appartenait

l’œuvre proposée, début décembre,

en la salle Bonhams Cornette de Saint Cyr, à

Bruxelles. Estimée ridiculement bas (2.500 à

3.500 euros), un enchérisseur emportait le travail

de cet artiste, inclus dans les plus grandes

collections du monde (Met, Guggenheim,

Reina Sofia, Pinault) et tiré ici d’une collection

privée bruxelloise, jusqu’à 76.600 euros (frais

inclus). Egalement d’une collection privée,

une seconde œuvre (Delincueta, 1969, plexiglas

et huile sur toile), plus ancienne, estimée

3.000 à 5.000 euros, s’adjugeait 53.740 euros

(frais inclus). Logique.

Dario Villalba, La oración, 1974, émulsion photographique,

huile, feuille d'aluminium et méthacrylate,

170 x 110 x 40 cm. Est. 2.500-3.500 €. Bonhams

Cornette de Saint Cyr, Bruxelles, 09-12. © Bonhams

Cornette

84


On a vendu

Belgique

05, 12, 19 & 26-11 Jan Van Beers crée la surprise au Mont-de-Piété

2.300 €

Rolex Oyster Perpetual, montrebracelet

pour dames automatique,

, acier et or, L. ca. 15 cm.

© Mont-de-Piété, 05-11

1.500 €

Cartier, bague, or jaune 18 carats,

perle, saphirs et turquoises, taille :

56. © Mont-de-Piété, 26-11

1.200 €

Jan Van Beers, Femme à l’éventail et Homme

en tenue de soirée, huile sur panneau, 11,5 x

20 cm et 15 x 20 cm. © Mont-de-Piété, 19-11

520 €

Jan Bucquoy, Trump (Musée du slip

belge), technique mixte avec slip rose

sous plexi. © Mont-de-Piété, 19-11

06-11 Wolfers double son estimation à Flanders Auctions

16.000 €

Philippe Wolfers, Été ou Femme

Assise, 1925, Art déco, bronze

patiné, fonderie Montaguelli à

Bruxelles, socle en marbre Portoro,

H. 31 cm. Est. 5.000-8.000 €.

© Flanders Auctions

7.000 €

Jean Emile Puiforcat, vase en argent et

verre, marqué 950/1000, diam.: 22 cm. Est.

1.500-2.500 €. © Flanders Auctions

Flanders Auctions faisait une nouvelle fois impression avec une vente

remarquablement réussie en novembre. Le clou du spectacle était Été

ou Femme Assise de l’artiste belge Philippe Wolfers (1858-1929). Cette

œuvre exceptionnelle était vendue au prix de 16.000 euros, le double

de sa valeur estimée. Cette sculpture en bronze patiné sur socle en

marbre fut fondue par Montaguelli, à Bruxelles, en 1925. Seuls trois

exemplaires sont connus. Un résultat tout aussi remarquable était

obtenu pour deux porte-reliques de taille exceptionnelle. Ces pièces

rapportaient, elles aussi, 16.000 euros. La partie de la vente consacrée

à l’art religieux atteignait, pour sa part, un taux de vente de 99%, ce

qui confirme une fois de plus la forte position de Flanders Auctions

dans ce segment. Les collectionneurs ont ensuite pu acquérir des

œuvres de Jean Emile Puiforcat (1897-1945). Un rare vase en argent de

2,3 kg était vendu cinq fois l’estimation, soit 7.000 euros.

07-11 Le symbolisme européen chez Bonhams Cornette de Saint Cyr

50.000 €

William Degouve de Nuncques, Vers

le Cap Formentor, 1902, huile sur toile.

Est. 50.000-70.000 €. © Bonhams

Cornette

14.000 €

Constant Montald, La Sainte du

marais, 1893. Est. 9.500-14.000 €.

© Bonhams Cornette

12.000 €

Armand Rassenfosse, La danseuse,

1920, huile sur panneau, 90 x 69 cm.

Est. 7.000-9.000 €. © Bonhams

Cornette

7.200 €

Fernand Khnopff, Carnet d’études,

1878-79. Est. 8.000-12.000 €.

© Bonhams Cornette

85


On a vendu

Belgique

11 & 12-11 L’armada triomphe chez Horta

36.000 €

École hollandaise, L’arrivée de l’armada, XVIIe siècle,

huile sur cuivre, 10,5 x 25 cm. Est. 3.500-4.500 €.

© Horta

23.000 €

Ado Chale, deux tables de salon, années 1970, tranches

de bois de sequoia pétrifiés, socle métallique, H. 37 et

39 cm. Est. 10.000-15.000 €. © Horta

20.000 €

Léon Spilliaert, Marine, Soir, 1920, technique

mixte sur papier, n° 32, 37 x 55,5 cm. Est.

15.000-20.000 €. © Horta

12-11 Les Belges en forme chez Native Auctions

56.000 €

U’u Club, Iles Marquises,

Polynesie, bois toa et

fibres, H. 145 cm. Est.

40.000-60.000 €. © Native

Auctions

44.000 €

Maternité Kongo,

Phemba, RDC, bois,

miroirs et perles, H. 28

cm. Est. 20.000-30.000 €.

© Native Auctions

41.000 €

Pol Bury, 49 boules sur

une demi-sphère, 1968,

laiton et moteur électrique,

diam. 42 cm. Est.

20.000-30.000 €. © Native

Auctions

37.000 €

Walter Swennen, Sans titre

(Pince à linge), 1990, huile

sur panneau, 122 x 125

cm. Est. 10.000-15.000 €.

© Native Auctions

19.500 €

Maarten Van Severen, K7V 90,

1990, armoire suspendue, aluminium,

280 x 40 x 40 cm, éd. Top

Mouton. Est. 15.000-20.000 €.

© Native Auctions

12 & 13-11 Un triptyque flamand chez Vanderkindere

29.000 €

Edgard Tytgat, Par la fenêtre ou

Une vue du petit champ de foire

à Watermael, 1912, huile sur toile,

60 x 79 cm. Est. 18.000-24.000 €.

© Vanderkindere

25.000 €

Ecole flamande, XVIe siècle, triptyque figurant L’Adoration des

Mages sur le panneau central et représentant sur les volets

deux Evêques dont un donnant l’aumône, les volets extérieurs

représentent Saint Michel et saint Jean-Baptiste entourant les

donateurs, huile sur panneau, 47,2 x75 cm (ouvert). Est. 6.000-

8.000 €. © Vanderkindere

16.000 €

Jean Vanden Eeckhoudt,

Les cyprès,

1918, huile sur toile,

107 x 88 cm. Est. 5.000-

7.000 €. © Vanderkindere

13.500 €

Léon De Smet, Champs à

Laethem-Saint-Martin, 1907, huile

sur toile, 42 x 60 cm. Est. 4.000-

6.000 €. © Vanderkindere

86


C R

VEILINGHUIS

-Art Auctions

VENTE D’ANTIQUITÉS & COLLECTIONS

Vente 19 février 2025 à 13h00

(Enchérir uniquement par offre écrite – téléphone, et

Live-online sur The Saleroom – Lot-Tissimo et Invaluable)

Overleiestraat 126B, 8530 Harelbeke, Belgique

Tel:+32 56 903 240

info@cr-art-auctions.be

Exposition:

11 au 15 février

10h30 à 17h00

Catalogue complet sur:

cr-art-auctions.be

87


On a vendu

Belgique

Du 14 au 16-11

Rares monnaies chez Elsen

65.000 €

Pays-Bas espagnols, Philippe II, réal d’or frappé

à Tournai après la reconquête de la ville par

Alexandre Farnèse, s.d. (1590-1600), seulement trois

exemplaires connus. Est. 15.000 €. © Elsen

64.000 €

France, Troisième République, 50 francs or, 1900,

Paris, extrêmement rare, seulement 200 exemplaires

frappés. Est. 15.000 €. © Elsen

46.000 €

France, Louis-Philippe Ier, 40 francs or, 1839, Paris,

la dernière et la plus rare de tous les 40 francs or,

seulement 17 exemplaires frappés. Est. 20.000 €.

© Elsen

16-11 Record chez Damien Voglaire

Cette vente d’automne en art moderne et contemporain

donnait lieu à de beaux résultats, avec un prix record pour

une huile sur toile d’André Beullens, vendue 9.500 euros.

Succès également pour Stéphane Mandelbaum avec un

dessin représentant Salomon Mandelbaum ( ?) parti à 8.000

euros ou encore son Portrait d’homme au chapeau vendu

4.000 euros. Le postimpressionniste Charles Atamian faisait

belle figure avec une petite huile sur toile représentant une

baigneuse qui virevoltait jusqu’à 5.800 euros. Une Pieta

peinte avec le sang du peintre Philippe Vandenberg réalisait

un beau score à 4.000 euros, tandis que trois œuvres

originales sur carton de Tinguely réalisaient respectivement

5.000, 5.000 et 3.600 euros. Du même artiste, un dessin de

1959 obtenait 3.800 euros. Autre belle enchère pour l’artiste

chilienne Sandra Vasquez de La Horra, avec un dessin

diabolique qui enflammait la salle à 3.200 euros. On notera

que la photographie ne fût pas en reste avec les 3.000 euros

au marteau pour Fukushima d’Antoine d’Agata.

9.500 €

André Buellens, Santal V, 1972, huile sur

toile, 122 x 122 cm. Est. 2.500-3.000 €. ©

Damien Voglaire.

4.000 €

Stéphane Mandelbaum, Portrait

d’homme au chapeau, crayon gras

sur papier, 55 x 38 cm. Est. 4.000-

6.000 €. © Damien Voglaire.

18-11 Surprenante écuelle en argent chez Haynault

14.000 €

Léon Spilliaert, Cyclamens

à l’orée du parc, 1937,

encre et aquarelle. Est.

6.000-8.000 €. © Haynault

11.000 €

Travail autrichien, autel domestique

baroque ou «altarmodell»,

1657, bois sculpté, peint et doré,

sur le fronton Dieu le Père,

au centre Jésus crucifié entre

Saint Jean et La Vierge, fond

peint d’un paysage. Est. 4.000-

6.000 €. © Haynault

10.000 €

Peeter Jr. Alio, écuelle

ronde, Bruxelles, 1717-1725,

argent à décor de motifs

stylisés sur fond amati,

anse à charnière. Est. 300-

500 €. © Haynault

6.500 €

Travail français, fin du XVIIIe

siècle, pendule-lyre Louis

XVI, bronze doré et marbre

blanc, mouvement dit

squelette, cadran émaillé

rouge et noir indiquant les

heures en chiffres romains

et les minutes en chiffres

arabes ainsi que les quantièmes.

Est. 1.500-2.000 €.

© Haynault

3.900 €

Jean Léon Ary-Bitter, Susse

Frères, paire de serre-livres aux

éléphants, ca. 1930, bronze à

patine brun foncé, socles en

bois teinté incrusté de filets de

bois clair. Est. 2.000-3.000 €.

© Haynault

88


VENTE PUBLIQUE

18 et 19 février à 18h30

Exposition : 22-23-24-25 février

Les entrepôts

de Paul De Grande

“Ogebopa” en marbre blanc de Carrare sculpté.

Signé Tercafs. Ecole belge. H. (hors socle):+/-18cm.

28 FÉVRIER

coronariauctions.com

“Le semeur se protégeant du

soleil”, bronze, signé C. Meunier,

cachet du fondeur Verbeyst,

Ecole belge. H.:+/-55cm.

Vase modèle “Tartarin” en cristal

du Val-Saint-Lambert doublé

orange et urane, travail belge,

début XXème, H:+/-59.5cm.

Louis Thevenet

Koen Vanmechelen

Huile sur toile marouflée sur toile “Scène de cuisine animée”.

Anonyme. Ecole flamande . Epoque: XVIIème. Dim.:+/-92x120cm.

EXPOSITION

14, 15 et 16 février de 10 à 18h

Guy Vandenbranden

Dates de la vente

Samedi 15 février 11h00

Dimanche 16 février 11h00

Lundi 17 février 17h00

Geo Verbanck

Exposition

Du 07 au 14 février

www.maisonjules.be

HOTEL DE VENTES VANDERKINDERE S.A.

Chaussée d'Alsemberg 685-687, 1180 Brussel,

Tel. 02 344 54 46 | info@vanderkindere.com | parking privé

www.vanderkindere.com


On a vendu

Belgique

23 & 24-11 Bonnes surprises à la Maison Jules

Cette dernière vente de 2024 apportait son lot de bonnes

surprises. Les Bateaux sur la Zuiderzee, œuvre de Frits Van

den Berghe datée de 1919, était ainsi adjugée 16.000 euros.

Particulièrement remarquable et personnelle, une huile

sur toile de Marc Maet était adjugée 7.500 euros à l’issue

d’enchères acharnées, tandis que Panamarenko générait

6.200 euros pour un dessin conceptuel recto-verso et respectivement

2.400 et 2.600 euros pour deux autres dessins.

De beaux scores étaient également enregistrés pour,

entre autres, une grande huile sur toile de Joseph Willaert

(8.000 euros) ou Anna De Weert avec 4.200 euros pour ses

Saules têtards sur la Lys. L’adorable petit chien Tom sur un

panneau brossé par Charles Boland, s’envolait rapidement

à 3.000 euros, alors qu’il était estimé 200 à 300 euros. De

son côté, une commode vintage de Jules Wabbes, en bois

de rose, atteignait 2.600 euros et une Rolex Submariner Big

Crown (1959) était emportée 22.000 euros.

22.000 €

Rolex 6538 Submariner

Big Crown, 1959, James

Bond. Est. 15.000-17.000 €.

© Maison Jules

3.000 €

Charles Boland, Tom,

un griffon bruxellois,

huile sur panneau.

Est. 200-300 €.

© Maison Jules

7.500 €

Marc Maet, Schilderende Zot,

huile sur toile. Est. 400-600 €.

© Maison Jules

24-11 Un concert de Sadji chez MJV Soudant

78.000 €

Sha Qi dit Sadji,

Le concert II,

huile sur toile.

Est. 10.000-

12.000 €. © MJV

Soudant

11.000 €

Bague, platine et diamant taille ancienne de

forme coussin, ca. 2 carats bordé de rubis

calibrés, taille : 56. Est. 4.000-6.000 €. © MJV

Soudant

6.000 €

Antonin Daum, garniture Art nouveau à

décor automnal, verre multicouches sur fond

marmoréen, accident au pied de la jardinière

centrale, H. 35 et 20 cm. Est. 6.000-8.000 €.

© MJV Soudant

26-11 Un Warhol pour AZ Auction

19.000 €

Léon Spilliaert, Arbres à

la sortie de l’hiver, mars

1941, encre de Chine et

aquarelle sur papier, 48,1

x 37,4 cm. Est. 10.000-

20.000 €. © AZ

14.000 €

Lucien Wercollier, Affranchissement,

importante

épreuve en bronze doré,

cachet de fondeur Brotal

Mendrisio, H. 107 cm. Est.

10.000-20.000 €. © AZ

12.500 €

Vase à décor floral, Chine,

époque République (1912-1949),

marque apocryphe à six caractères

Qianlong, porcelaine de

famille rose, , socle en bronze

de style Louis XVI, H. 36 cm. Est.

800-1.200 €. © AZ

12.000 €

Andy Warhol, Electric

chair, sérigraphie sur toile

libre roulée, 199 x 140,5

cm. Est. 4.000-6.000 €.

© AZ

10.500 €

Marcel Wolfers et Arthur de

Waeghe, ca 1928-1929, coupe

en bois laqué sur fond rouge,

41 x 37,5 x 17 cm. Est. 3.000-

5.000 €. © AZ

90


Sol LeWitt

VENTE AUX ENCHÈRES

ART CONTEMPORAIN,

MODERNE ET MAÎTRES ANCIENS

Samedi 1 mars 2025

Exposition : 19 au 26 février - 10h -19h

Désirez-vous vendre ?

Contactez Renaat Sapyn : +32 9 348 54 40

ou renaat.sapyn@de-vuyst.com.

Rendez-vous à domicile.

Hôtel de Ventes De Vuyst - Kerkstraat 22-54 - 9160 Lokeren (Belgique) - +32 9 348 54 40 - info@de-vuyst.com - www.de-vuyst.com


On a vendu

Belgique

27-11 Brillantes pierres précieuses chez AZ Auction

5.000 €

Bague, or jaune 18 carats, saphirs rose tirant

sur le pourpre, taille coussin de ca. 2,67 carats,

diamants taille old mine et old European,

ca. 0,50 et 0,30 carats, taille : 60. Est. 5.000-

8.000€. © AZ

3.500 €

Bague, or jaune 18 carats, ,petits

diamants ronds brillants, saphir bleu

ovale de Ceylan naturel de ca. 5,80

carats, taille : 58. Est. 3.500-4.500 €.

© AZ

3.500 €

Collier, or jaune et blanc 18 carats,

deux chaînes en maillons à nid

d’abeilles devenant trois chaînes sur

le devant du collier et se terminant

en franges retenues par un nœud

souligné de petits diamants, L. 40 cm.

Est. 1.500-2.500 €. © AZ

2.500 €

Gabrielle Haardt, Trois danseuses,

1973, important pendentif

pectoral, argent, poids :

94 g. Est. 1.500-2.000 €. © AZ

01, 02 et 14-12 Records pour Tintin chez Dagoty

7.200 €

Superbe diamant cultivé en

labo, taille carrée de 10,09

carats, couleur : F, pureté :

VS1, certificat IGI. © Dagoty

3.000 € (record)

Hergé/Tintin, coffret anniversaire composé

de 24 pièces illustrant Tintin, édité

par la monnaie de Paris vers 1993 à 2500

ex. pour l’anniversaire de la mort d’Hergé,

argent massif, 24 x 20 cm. Est. 800-1.000 €.

© Dagoty

2.700 € (record)

Hergé/Tintin, sculpture de Nestor dans

sa pose légendaire tiré de l’album

Les 7 boules de cristal, Atelier Leblon

Delienne pour Moulinsart, édité vers

1999, 28 x 40 cm. Est. 700-1.000 €.

© Dagoty

1.100 € (record)

Graton/Michel Vaillant, sculpture de

la Vaillante n°3 Le Mans 1961, tirée de

l’album Le 13 est au départ, Atelier Leblon

Delienne, éditée vers 2004 et n°/999 ex.,

résine et métal peint, L. 35 cm. Est. 400-

500 €. © Dagoty

Du 02 au 08-12

Un estampe de Soulages chez Rops

11.000 €

Pierre Soulages, eau

forte sur Arches, 1957,

cuivre variant en noir

épreuve d’essai, 59,5 x

43,5 cm. Est. 7.000-

9.000 €. © Rops

5.500 €

Faber à Bruxelles, trois

coupes ajourées, ca 1820,

porcelaine blanc et or,

décor de têtes de bélier,

H. 40 cm et 31,5cm. Est.

2.000-3.000 €. © Rops

5.500 €

Odiot à Paris, Paire de légumiers couverts,

argent, Minerve 1er titre, doublures

en argent, avec plateaux, poids : 4640 gr.

Est. 5.000-6.000 €. © Rops

4.300 €

Travail français, bague

d’époque Art déco, or

jaune 18 carats et platine,

centrée d’un saphir

dans un entourage de

diamants, taille ancienne

et saphirs calibrés. Est.

1.200-1.600 €. © Rops

1.900 €

Arsène Matton, Mère

d’Afrique à l’Enfant,

bronze patiné sur socle

en marbre, H. 42cm. Est.

800-1.000 €. © Rops

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03 & 04-12 Record pour un petit plat à la Galerie Athéna

49.500 €

Jane Graverol, Le Jour. Est. 15 000-

20 000 €. © Galerie Athena

20.000 €

Petit plat à l’image du dragon impérial.

Est. 300-400 €. © Galerie Athena

16.800 €

Rare assiette, porcelaine de Chine,

époque Yong Zeng, petite restauration.

Est. 800-1,200 €. © Galerie Athena

12.400 €

Fernand Toussaint, L’attente. Est.

4.500-6.000 €. © Galerie Athena

03 & 05-12 Pistoletto double l’estimation chez Bernaerts

220.000 €

Michelangelo

Pistoletto, Quadro

Specchiante Attesa

n. 8, 1962-1973,

sérigraphie sur

acier inoxydable

poli miroir, n° 363,

225 x 125 cm. Est.

100.000-120.000 €.

© Bernaerts

110.000 €

Frans Ykens, Scène de marché,

1649, huile sur toile. Est.

50.000-60.000 €. © Bernaerts

56.000 €

James Ensor, Marine, 1880,

huile sur toile. Est. 25.000-

35.000 €. © Bernaerts

42.000 €

Emile Claus, En Flandres, ca. 1890, huile

sur panneau. Est. 30.000-35.000 €.

© Bernaerts

07-12 L’art chinois surprend chez DVC

32.000 €

Impressionnante console ancienne, richement

sculptée, Chine, bois de fer, motifs floraux détaillés et

oiseau au centre, plateau en marbre, 74 x 192 x 66 cm.

Est. 500-1.500 €. © DVC

14.000 €

Brûle-parfum, Chine, XIXe siècle, couvercle ajouré

surmonté d’un éléphant couché et reposant sur trois

pieds en forme d’éléphant, bronze avec restes de

dorure et cabochons incrustés, H. 47 cm. Est. 500-

1.500 €. © DVC

8.000 €

Hydrie (cruche), Grande Grèce

antique, IVe siècle av. J.-C., faïence

à décor finement peint représentant

des femmes en position d’offrande,

H. 42 cm. Est. 3.000-5.000 €. © DVC

93


On a vendu

Belgique

09-12 Un vase de Hunebelle chez Haynault

2.400 €

André Hunebelle, important vase

guirlande, ca. 1930, verre moulé

pressé opalescent. Est. 500-600 €.

© Haynault

2.200 €

Pierre Chapo, commode R14A, 1965, orme massif. Est.

2.000-3.000 €. © Haynault

1.300 €

Roger Capron, Vallauris, table basse «grain de café»,

bois teinté et carreaux de céramique. Est. 500-800 €.

©Haynault

09-12 Etonnantes enchères chez Bonhams Cornette de Saint Cyr

88.000 €

Yaacov Agam, Sans titre, 1977,

peinture laquée sur aluminium.

Est. 60.000-80.000 €. © Bonhams

Cornette

85.000 €

Jesús Rafael Soto,

Rojo con un plata. Est.

60.000-80.000 €.

© Bonhams Cornette

85.000 €

Jean-Michel Folon, Le

départ. Est. 60.000-

80.000 €. © Bonhams

Cornette

57.000 €

Hans Hartung, HH6170, 1948,

œuvre sur papier. Est. 60.000-

80.000 €. © Bonhams Cornette

35.000 €

Wim Delvoye, Trophy, 2010,

sculpture en bronze poli. Est.

50.000-70.000 €. © Bonhams

Cornette

09 & 10-12 Une montre et une broche étonnent chez Horta

22.000 €

Camille Claudel, La vague, bronze

à multiples patines, tirage 5/8,

cachet de fonderie représentant un

pingouin et D, 59 x 62 x 45 cm. Est.

20.000-25.000 €. © Horta

20.000 €

Patek Philippe, montre-bracelet

d’homme, mouvement

mécanique, modèle Calatrava,

or rose, diam. 3,7 cm.

Est. 9.000-10.000 €. © Horta

14.000 €

Marc Lalique, élégante table ronde Cactus,

huit palmes en verre moulé, monture de métal

chromé, tablette de verre, France, 1987, modèle

créé en 1951, diam. 150,5 cm. Est. 15.000-20.000 €.

© Horta

12.000 €

Claude Wesel pour Demaret,

broche pendentif, or jaune,

cabochons de saphir pour ca.

4,60 carats, perles Mabe, 4,2 x 7

cm. Est. 3.800-4.000 €. © Horta

94


10 & 11-12 Une petite salière crée la surprise chez Vanderkindere

15.000 €

Philippe Patek, montre en or

jaune 18 carats, modèle Nautilus,

cadran doré avec index appliqués,

affichage de la date par

guichet à 3 heures, mouvement

à quartz. Est. 15.000-20.000 €.

© Vanderkindere.

5.400 €

Ecole vénitienne, La Sainte Famille,

Italie, fin XVIe début XVIIe siècle,

huile sur panneau parqueté,

81 x 97 cm. Est. 1.500-2.000 €.

© Vanderkindere

4.000 €

Petite salière, aux poinçons de Liège daté

«C» pour 1746, au poinçon d’orfèvre GB

pour Gilles Berryer (1715-1762), sous le

prince-évêque Jean Théodore de Bavière,

argent partiellement vermeil, poids : ca.

120 gr. Est. 600-800 €. © Vanderkindere

3.200 €

Ecole française, Composition, 1952,

aquarelle et encre sur papier,

65 x 50 cm. Est. 500-700 €.

© Vanderkindere

12-12 Belles enchères chez Old Master Print

15.000 €

Rembrandt van Rijn, T’is

vinnich kout, dats niet, rare

ensemble d’eaux-fortes. Est.

7.500-12.500 €. © Old Master

Print

7.500 €

Albrecht Dürer, Couple

rustique marchant dans

un paysage. Est. 5.000-

7.000 €. © Old Master Print

6.000 €

Hendrick Goltzius, gravure sur bois en clairobscur

d’un paysage avec un couple assis. Est.

2.800-4.500 €. © Old Master Print

4.200 €

Hendrik Goltzius, Les

Chefs-d’œuvre, L’Adoration

des Mages, 1594. Est. 400-

2.200 €. © Old Master Print

Du 12 au 14-12

Record pour Raveel chez Arenberg

34.000 €

René Magritte, lettre signée et illustrée à Louis Scutenaire,

Bruxelles, 2 mars 1949. Est. 3.000-4.000 €. © Arenberg

23.000 €

Livre de prières enluminé, en

néerlandais, Bruges, ca. 1545-1550.

Est. 12.000-15.000 €. © Arenberg

21.000 €

Roger Raveel et Hugo Claus, Genesis, s. d., série

complète de 33 lithographies en couleur. Est. 10.000-

12.000 €. © Arenberg

95


On a vendu

Belgique

14-12 Record de vente historique au Mont-de-Piété

Le Mont-de-Piété de la Ville de Bruxelles clôturait l’année

sur un record de vente. Avec près de deux cents lots d’exception,

comprenant notamment bijoux prestigieux, montres de

grandes maisons horlogères et œuvres d’art, cette vente réunit

de nombreux acheteurs, totalisant 1 409 enchères. Elle a ainsi

marqué un record avec un total d’adjudications de 350.580

euros, confirmant le succès grandissant de cette institution

bruxelloise unique. Cette vente illustre également l’engagement

du Mont-de-Piété envers les clients ayant recours aux

services de prêt sur gage. L’institution veille toujours à ce que,

si le montant de l’adjudication dépasse la somme due, l’excédent,

appelé boni, soit intégralement reversé au propriétaire

initial. Cette approche éthique et responsable est au cœur des

valeurs de cette institution publique bruxelloise, qui combine

expertise reconnue et mission d’intérêt général depuis plus de

400 ans.

28.000 €

Emil Nolde, Couché de

soleil, gouache sur papier,

vendue avec certificat.

Est. 10.000-15.000 €.

© Mont-de-Piété

17-12 Singulières figures chez Bonhams Cornette de Saint Cyr

90.000 €

Rapa Nui (Île de Pâques),

figure d’homme-lézard,

tangata moko. Est. 80.000-

120.000 €. © Bonhams

Cornette

20.000 €

Figure reliquaire Fang,

Gabon, H. 31,5 cm. Est.

25.000-30.000 €. © Bonhams

Cornette

14.000 €

Figure d’ancêtre Korwar, baie

de Cenderawasih, Indonésie.

Est. 10.000-15.000 €. © Bonhams

Cornette

10.000 €

Figure Fon Boccio, République

du Bénin. Est.

15.000-20.000 €. © Bonhams

Cornette

20-12 Pièces exceptionnelles chez Coronari Auctions

28.000 €

Théo van Rysselberghe,

Maud

assise, 1916, huile sur

toile. Est. 20.000-

40.000 €. © Coronari

Auctions

13.500 €

Rarissime assiette en acier, Delft,

XVIIIe siècle. décor bleu-blanc sur

fond jaune, Est. 12.000-18.000 €.

© Coronari Auctions

La salle Coronari proposait une vente particulière :

75 pièces exceptionnelles passaient sous le marteau.

Un beau chandelier en bronze du XIVe siècle était

vendu 7.500 euros et une rare assiette de Delft du

XVIIIe siècle, à décor bleu-blanc sur fond jaune, était

adjugée 13.500 euros. A noter également, une aquarelle

de Pierre Alechinsky, A pleine voix (1974), et un

petit dessin de James Ensor, tous deux adjugés 15.000

euros, ainsi qu’un nu debout et penché de Constant

Permeke parti à 18.000 euros. Enfin, mentionnons

l’œuvre Maud assise (1916) de Théo van Rysselberghe

et une nature morte de Jan van Kessel, adjugées

respectivement 28 000 et 36 000 euros.

96


Bavikhoofsestraat 74, 8530 Harelbeke

056/711 580 | info@debaveye.be

v e n t e s p u b l i q u e s

EXPO

21 - 25

fevrier

1 - 2

mars

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Zandloperstraat 10

9030 Gand-Mariakerke

P. D’EPINAY ‘Centure

dorée, carrara H. 96 cm

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d’Haenens Marc H.

117 cm. (5 pièces)

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Vente d’art et d’antiquités :

12 & 13 février à 13h30

www.dvc.be

+32 9 224 14 40

dvc@dvc.be

Exposition : samedi 8, dimanche 9

et lundi 10 février de 14h à 18h

8/02/25

VENTE

AUX ENCHÈRES

de bijoux, montres,

tableaux, ...

Exposition des lots :

Jeudi 6/02 - 9h30 à 15h

Vendredi 7/02 - 9h30 à 15h

Samedi 8/02 - 9h30 à 11h30

Vente : Samedi 8/02 dès 13h

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Estimation : 5.200-6.000 €

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On vendra

Belgique

Du 04 au 06-02

Une collection privée autour de Toulouse-Lautrec

pour Carlo Bonte

Parmi les lots intéressants de cette venta cataloguée, on signale surtout une

collection privée réunie autour de la figure d’Henri de Toulouse-Lautrec, contenant

un dessin original de Jimmy Michael, des lithographies et un livre sur l’artiste écrit

par le premier ministre français Georges Clemenceau, incluant des lithographies

originales. On signale plusieurs œuvres procédant du mouvement CoBrA : une

de Pierre Alechinsky, Le feu de la fin (1968), acrylique sur papier marouflé sur toile

(114 x 157 cm) ; de Karel Appel, une composition abstraite de 1958 ; ainsi qu’un bronze

patiné, Les deux amies de Corneille. De la première moitié du XXe siècle, on note,

entre autres, des œuvres de Léon Spilliaert, Floris Jespers, Ferdinand Schirren,

Guillaume Vogels, Maurice Sijs et Valerius De Saedeleer. Parmi la vaste sélection de

peintures du XIXe siècle, on signale un petit chevalet d’Eugène Verboeckhoven. La

seconde moitié du XXe siècle est représentée par Bram Bogart, Miguel Berrocal et

Isabelle de Borghgrave. Du côté des produits de luxe : un large choix de Rolex, Jaeger-

LeCoultre, Van Cleef & Arpels et Louis Vuitton.

EST. 6.000-12.000 €

Brûle-parfum à décor d’oiseaux et de cerfs dans un paysage

montagneux, sur fond bleu vif, Chine, dynastie Qing, bronze

doré et émail cloisonné, H. 77,5 cm. © Carlo Bonte

07 & 08-02 Un rare Broodthaers chez Damien Voglaire

EST. 1.500-1.800 €

Fernand Léger, lithographie originale. © Damien Voglaire

EST. 10.000-15.000 €

Marcel Broodthaers, rare carnet à dessins, ca. 1970.

© Damien Voglaire

C’est un rare carnet à dessins de Marcel Broodthaers (1924-1976) qui est

le point d’orgue de la vente de livres et d’art classique de la salle Damien

Voglaire. Il contient pas moins de dix dessins, dont deux titrés Schizophrénie

et Conscience, réalisés sur du papier millimétré. L’un porte la date de

1970. Ce rare ensemble est estimé 10.000 à 15.000 euros. On annonce, en

outre, une grande section de livres de photographie, dont certains avec des

tirages originaux, comme par exemple ce lot de lettres de Lucien Clergue

adressées à Jean Cocteau et dont certaines parlent du lien à Picasso. On

trouvera aussi, pour les amateurs d’artistes contemporains, un magnifique

portfolio des éditions POUR écrire la liberté, dans lequel figurent trente-etun

objets divers et des multiples signés par des artistes tels que Carl André,

Ben, Beuys, Boltanski, Byars, Darboven, Filliou, Immendorf, Le Gac, Lewitt,

Lohaus, Penck, Polke, Annette Messager ou Yoko Ono (est. 3.000-4.000

euros). Egalement à noter, la présence d’un livre intitulé Les Constructeurs,

publié à l’occasion de l’exposition de Fernand Léger à la Maison de

la Pensée Française, accompagné d’un envoi de Léger et d’une très belle

lithographie originale en couleurs (est. 1.500-1.800 euros).

98


08-02 Bijoux exclusifs au Mont-de-Piété

EST. 5.200-6.000 €

Cartier, Juste un Clou, bracelet inflexible en

or blanc 18 carats, numéroté et accompagné

de sa boîte et de son certificat d’origine.

© Mont-de-Piété

EST. 1.200-1.400 €

Demaret, broche, or jaune 18 carats sertie de

cinq diamants taille ancienne pour environ un

carat et de sept perles. © Mont-de-Piété

En février, le Mont-de-Piété de la Ville de Bruxelles

organise quatre ventes. Celle du samedi 8 février

propose une exceptionnelle sélection de bijoux,

montres de luxe et autres objets de collection. Du

côté des bijoux, une broche Art déco en platine

avec épingle et fermoir en or blanc 18 carats se distingue

par ses détails raffinés et ses 165 diamants

de taille ancienne (est. 4.000-4.500 euros). A noter

également, une étonnante broche en or jaune 18

carats, signée Demaret (est. 1.200-1.400 euros). Le

bracelet rigide Juste un Clou de Cartier incarne

parfaitement l’audace et l’élégance minimaliste

d’un design iconique, sous la forme d’un clou

qui s’enroule autour du poignet (est. 5.200-6.000

euros). Un bracelet en platine serti de cinq brillants

et diamants de taille ancienne et de 390 diamants

de taille 8/8 (est. 4.000-4.500 euros) complète

cette sélection. Pour les amateurs de montres, un

exemplaire pour dame en platine de Rolex, serti de

96 diamants de taille baguette, conique et triangulaire,

avec un brillant central, est estimé 14.000

à 17.000 euros. Des objets de collection sont également

proposés, tel cet impressionnant service à

café et à thé en argent (est. 1.200-1.400 euros).

Du 10 au 12-02

Hommage à Magritte à Flanders Auctions

L’offre de la vente en art, antiquités et design de Flanders Auctions comprend un certain nombre de lots

intéressants, dont une paire de vases de famille rose du XIXe siècle (est. 10.000-15.000 euros). Quant à elle,

l’œuvre Belgian Living Room for Magritte d’Etienne Elias est estimée entre 7.000 et 9.000 euros. Autre pièce

de choix, une eau-forte et aquatinte de Pablo Picasso datant de 1922 (est. 3.000-5.000 euros). Un meuble

bas de Cees Braakman de 1960 est estimé entre 2.400 et 3.400 euros.

EST. 10.000-15.000 €

Paire de grands vases de Famille Rose, Chine,

XIXe siècle, H. 91 cm. © Flanders Auctions

EST. 7.000-9.000 €

Etienne Elias, Belgian Living Room for Magritte, 1969, huile sur

toile, 170 x 150 cm. © Flanders Auctions

EST. 3.000-5.000 €

Pablo Picasso, Les Saltimbanques,

1922, estampe et aquatinte,

70 x 95 cm. © Flanders Auctions

99


On vendra

Belgique

11-02 Jenny Montigny chez Loeckx

EST. 10.000-15.000 €

Jenny Montigny, Vers l’école, 1926, huile sur toile. © Loeckx

EST. 8.000-

12.000 €

Guanyin, Chine,

dynastie Ming,

bronze doré au

feu. © Loeckx

Quelques pièces remarquables

sont incluses dans la prochaine

vente d’art et d’antiquités de

Loeckx. Il s’agit notamment de la

peinture à l’huile Vers l’école de

Jenny Montigny, datée de 1926

(est. 10.000-15.000 euros) et d’une

collection de paysages urbains

gantois de, entre autres, Pieter

Frans De Noter et François Boulanger.

Les estimations bassent

s’échelonnent entre 250 et 2.500

euros. A noter également une statue

en bronze doré de Guanyin,

réalisée en Chine sous la dynastie

Ming (est. 8.000-12.000 euros).

12-02 Beaux bijoux chez AZ Auction

EST. 50.000-80.000 €

Bague en platine et or blanc 18 carats (750 millièmes) sertie

d’une superbe émeraude colombienne d’environ 11,50 ct. au

traitement mineur à l’huile, taille octogonale à degrés, d’un

vert intense à saturation moyenne à forte, certificat SSEF du

26-11-2024, nr. 142735, taille : 54. © AZ Auction

AZ Auction présente sa deuxième vente intitulée 50 bijoux et leur Histoire. Dans

cette sélection, figurent des pierres très précieuses, voire introuvables sur le marché

actuellement. On y trouve également des bijoux d’artistes ou portés par des

stars, tel ce collier ayant appartenu à Sarah Bernhardt. AZ Auction pense également

à mettre en avant l’eco-responsabilité en présentant deux bijoux de Saskia

Shutt certifiée au niveau international utilisant du fairmined gold et fairmined

silver, ornés de pierres minées de manière équitable. Les artisans travaillent

dans de bonnes conditions, en sécurité, les enfants vont à l’école et l’impact sur

l’environnement est minime. Le département joaillerie d’AZ Auction ne présente

pas que des bijoux anciens, c’est également le très précieux et les nouvelles tendances

plus respectueuses des hommes et de la nature qui sont mis en avant.

12 & 13-02 Offre variée chez Debaveye

Cette vente propose une offre

variée d’environ 1070 lots. Parmi

les noms dans la section art, citons

A. Declerck, Delvaux, Ensor, Keith

Haring, Duyck, Ingres et Matisse.

Parmi les sculptures, on trouve

des pièces en céramique grandeur

nature de José Vermeersch,

des sculptures en marbre de,

entre autres, Prosper d’Epinay et

Denechay ; un grand vase en porcelaine

de Sèvres, à double décor

de cavalerie, de scènes de champ

de bataille et de vue de château

signé Desprez. Du côté des autres

objets figurent des garnitures et

pendules en bronze, des icônes

russes, du mobilier d’époque Louis

XV et XVI, du mobilier design, de

la verrerie, une superbe collection

de fusils du XVIIIe siècle, des cartes

et livres anciens, une collection de

masques et statues africains et des

tapis d’Orient noués main ainsi

que des tapisseries flamandes.

EST. 3.000-5.000 €

Prosper d’Epinay, Ceinture

dorée, Rome, marbre de

carrare, H. 96 cm. © Debaveye

EST. 2.500-3.500 €

Jean de Bologne, L’enlèvement de

Déjanire par le centaure Nassus,

bronze sur socle en marbre,

H. 82,5 cm. © Debaveye

EST. 800-1.200 €

Antoon Declerck, Observer la pause de Delvaux,

nu allongé, pastel, 54,5 x 54,5 cm. © Debaveye

100


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Anno 1897

Nos meilleurs voeux

pour 2025!

Ventes en préparation

Dépôt de vos lots tous les jours (sauf dimanche) -

samedi uniquement sur rendez-vous

vente bourgeoise 01.02.2025

vente d’estampes 05.04.2025

vente d’art moderne 29.04.2025

vente classique 20.05.2025

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Sélection variée d’artistes contemporains

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On vendra

Belgique

Du 15 au 17-02

Mélange de classique, moderne et contemporain

à la Maison Jules

Maison Jules propose un beau mélange d’antiquités classiques

provenant des caves d’un antiquaire respecté, entrecoupé de grands

noms et d’un surprenant design vintage. Parmi les œuvres les

plus traditionnelles, des signatures telles que Geo Verbanck, Louis

Thevenet, Henri Victor Wolvens ou Jan Frans Deboever, des œuvres

provenant directement de la succession de Stijn Streuvels, Servaes

et Saverys. Comme d’habitude, le troisième jour sera consacré à

l’art moderne et contemporain, avec des œuvres de Joseph Willaert,

Anton Rooskens, Panamarenko et Keith Haring, Guy Vandenbranden

et Koen Vanmechelen, entre autres.

EST. 2.000-3.000 €

Louis Thevenet, Intérieur au chat, 1911, huile sur toile.

© Maison Jules

EST. 4.000-6.000 €

Koen Vanmechelen, technique

mixte sur papier. © Maison

Jules

EST. 3.000-4.000 €

Guy Vandenbranden, acrylique sur toile. © Maison Jules

17 & 18-02 Artistes modernes chez Horta

EST. 10.000-

12.000 €

Joseph Coomans,

Femme et enfants dans

un intérieur à l'antique,

1866, huile sur toile, 80 x

100 cm. © Horta

EST. 20.000-30.000 €

Agustin Cardenas, Composition, 1975,

marbre, H. 70 cm. © Horta

Cette vente cataloguée mensuelle fera la part belle aux artistes modernes, avec notamment des

œuvres de Wifredo Lam, Agustin Cardenas, André Lanskoy, Jo Delahaut ou Pierre Tal-Coat. Du côté

des artistes des XIXe et XXe siècles, on note des œuvres de Modest Huys, Anto Carte (Les quatre

saisons, avec les signes du zodiaque, est. 15.000-25.000 euros), Raoul Dufy ou Joseph Coomans. Enfin,

quantité de bijoux sont à prendre, dont un collier en or blanc serti de diamants taille brillant et de

boules de saphir, dans son écrin d’origine de la maison Leysen (est. 22.000-24.000 euros), de même

qu’une collection de bronzes animaliers, signés Raymond de Meester ou Edouard Marcel Sandoz.

102


19-02 Objets religieux pour CR-Art Auctions

EST. 4.000-5.000 €

Exceptionnel reliquaire, style Louis

XIV, bronze. © CR-Art Auctions

EST. 1.000-1.200 €

Ciboire en vermeil enchâssé de dixsept

diamants. © CR-Art Auctions

EST. 300-350 €

Deux assiettes à décor d’oiseaux

polychromes, Tournai, XVIIIe siècle,

porcelaine. © CR-Art Auctions

CR-Art Auctions propose une

collection d’objets religieux

de la région de Courtrai, dont

plusieurs sculptures en bois, des

peintures et des représentations

en ivoire de Sainte-Catherine

d’Alexandrie. Parmi les autres

objets proposés figurent de

l’art asiatique, de la porcelaine

de Tournai et des bijoux, ainsi

qu’une paire de sculptures en

bois de style néo-Renaissance

datant d’environ 1855 et réalisées

par le sculpteur et ébéniste

français Jean-Paul Mazaroz.

21-02 Un singulier pendentif chez MJV Soudant

Les bijoux seront au cœur de cette vente, qui proposera, entre autres,

un étonnant pendentif en or de César (1921-1998), compression de

bijoux et de pièces de monnaie, authentifiée par Stéphanie Busuttil-

Janssen, présidente de la Fondation César et détentrice du droit moral

de l’artiste. Il figure dans les archives des bijoux de Denyse Durand-

Ruel, sous la cote 828.

EST. 8.000-12.000 €

César, pendentif en or, ca. 1970, compression de bijoux et de pièces de

monnaie, poids : 69,62 gr. © MJV Soudant

24-02 Repos dominical pour Amberes

La prochaine vente d’art et d’antiquités

d’Amberes proposera un

large éventail de maîtres anciens,

modernes et contemporains, avec

des noms tels que Permeke, Dennis

Tyfus, Walasse Ting, Floris Jespers, Jos

Schippers, Delvaux, Ensor, Ferdinand

Khnopff, Dotremont et Alechinsky,

Herman Brood, Jan Cremer, Corneille,

Jef Van Tuerenhout, Emmanuel

Vierin, Willem Dolphyn, Koen Vanmechelen,

Gerstein, Jeanne Jacquemin,

Verboeckhoven, Van Mieghem, Walter

Vaes, Arman, Bareau, De Wever,

Marioton, Moreau, Picault, Szukalski,

Dubucand, etc. On annonce également

des bijoux, de la porcelaine,

des gravures, de l’argenterie, des

tapis, de l’art religieux, des icônes et

des antiquités.

EST. 8.000-12.000 €

Jos Schippers, Repos dominical, 1936, huile sur toile,

70 x 88 cm. © Amberes

EST. 3.000-4.000 €

Patrick Villas, bronze patiné, 2000, cire perdue,

1/8, fondeur Art Casting, 48 x 62 x 20 cm.

© Amberes

103


On vendra

Belgique

24-02 Vente Civilisations : d’un empire à l’autre chez Haynault

EST. 1.500-2.500 €

Bouddha Amitâyus, Tibet, XVIIIe

siècle, cuivre doré. © Haynault

EST. 500-600 €

E. Seng Chong (Thaïlande), service à thé et café, argent.

© Haynault

Cette vente aura pour thème l’Orient

des arts, avec notamment une collection

provenant d’un ancien diplomate belge.

Coté Perse, de nombreuses pièces de

céramique, dont des vases et une grande

verseuse à décor floral, devraient attirer

les amateurs. Plusieurs pièces d’orfèvrerie

ottomane entoureront un élégant coffret

recouvert d’une broderie de velours et fils

d’argent qui devrait susciter une bataille

d’enchères. Un Amitâyus en cuivre sinotibétain

du XVIIIe siècle, accompagné

d’une importante collection de porcelaine

chinoise, représenteront l’Extrême-

Orient. Enfin, un bel ensemble d’armes

complètera cette vente, dont plusieurs

sabres orientaux à lames damasquinées

qui côtoieront des pistolets du Caucase.

Du 25 au 27-02

Design danois chez Bernaerts

Une petite mais exquise collection de design

danois passera sous le marteau lors de cette

vente intitulée A New Start. Une quarantaine

de lots de designers renommés des années

1950-1970 passeront en revue, avec un accent

particulier sur Hans J. Wegner (1914-2007),

présent avec, entre autres, la chaise China (est.

1.000-1.500 euros), le rare bar Cube de 1956 (est.

3.000-4.000 euros) ou le système modulaire

Regal System RY 100 de 1955, fabriqué par Rybo

(est. 3 000-4.000 euros). Des meubles de designers

tels que Nanna Ditzel, Poul Henningsen,

Ib Kofod-Larsen, Arne Norell, Børge Mogensen

et d’autres seront également dispersés. Notons,

par ailleurs, une œuvre de l’artiste anversois Jos

Schippers, Au Musée des Ancêtres de 1927 (est.

6.000-8.000 euros), aux côtés de toiles classiques

de Cornelis Raaphorst et Charles Van den

Eycken, ainsi que d’une vue d’un port italien du

XVIIe siècle par Anton Goubeau (est. 5.000-

6.000 euros).

EST. 6.000-8.000 €

Jos Schippers, Au Musée des Ancêtres,

1927. © Bernaerts

EST. 3.000-4.000 €

Ib Kofod-Larsen Ope Mobler (Olof Persson Fatoljindustri),

fauteuil Sälen, ca. 1956, teck et cuir cognac.

© Bernaerts

28-02 Le stock de Paul De Grande dispersé chez Coronari Auctions

Après le grand succès de la vente du contenu de son château,

en juin 2022, l’antiquaire belge Paul De Grande et la maison de

vente Coronari unissent à nouveau leurs forces. Cette éminence

grise des antiquités en Flandre, vedette de la télévision, connu

pour les émissions Pieces of People et Pieces of Dealers, ouvrira

exceptionnellement les portes d’un de ses entrepôts. Avec des

prix de départ commençant à cinquante euros, il sera possible à

chacun de s’emparer d’une pièce de sa collection. On s’attend

à un éventail diversifié de meubles, sculptures et autres objets

décoratifs et appliqués datant de plusieurs siècles. Parmi les

lots d’importance, un cabinet rectangulaire allemand, ca. 1700,

à la belle marqueterie qui lui confère un aspect particulièrement

sympathique.

EST. 1.500-2.500 €

Cabinet allemand, ca. 1700, bois

marqueté. © Coronari Auctions

104


01-03 Perles impressionnistes chez De Vuyst

EST. 460.000-

550.000 €

Théo Van Rysselberghe, Trois

baigneuses à la fontaine,

1908, huile sur toile,

148 x 115 cm. © De Vuyst

EST. 150.000-200.000 €

Sol LeWitt, Squiggly brushstrokes, 1996, gouache sur papier,

154 x 154 cm. © De Vuyst

De Vuyst dispersera plus de 600 œuvres, dont des peintures, sculptures,

dessins, gravures, photographies, etc. Le catalogue fera la part

belle aux joyaux impressionnistes de Théo Van Rysselberghe, Emile

Claus et Jenny Montigny, entre autres. Lièvre et corbeau est une

nature morte caractéristique d’Ensor datée de 1908, dans laquelle le

grand maître a recyclé une composition déjà utilisée de 1883 et lui a

insufflé une esthétique progressiste. On annonce aussi une touche

orientale, avec plusieurs œuvres de Walasse Ting, une peinture de

Tsuguharu Foujita et un étang de lotus de Lin Fengmian. Attention

aussi à Nightlife, sculpture haute de 3,5 mètres et imposante

silhouette en aluminium de Henk Visch. À ne pas manquer non plus,

une peinture de Pierre Alechinsky, un collage de Karel Appel, une toile

de Heimo Zobernig et plusieurs sculptures de Folon.

01 & 02-03 Une vente pour la bonne cause chez DVC Gand

Une belle vente en art classique,

moderne et contemporain,

antiquités et design,

d’objets asiatiques, bijoux,

arts décoratifs et tapis

d’Orient est en préparation

chez DVC, à Gand. Plus de

cent lots y seront vendus

au profit d’associations

caritatives (Médecins sans

Frontières et SOS Villages

d’Enfants). Parmi les pièces

proposées, un beau cartel

marqué F. Lesage, horloger

de l’empereur Napoléon

III. A noter également, une

composition abstraite de

Joseph Lacasse.

EST. 1.000-1.500 €

François Lesage, beaux cartel français du XIXe siècle

(klok) sur console assortie, H. 75 cm. © DVC Gand

EST. 12.000-20.000 €

Joseph Lacasse, Composition abstraite, 1958, huile sur toile,

80 x 100 cm. © DVC Gand

105


Auction calendar january—march 2025

Belgium

JANUARY

24-03/02 Bonhams Cornette

de Saint Cyr

Prints and multiples ONLINE

FEBRUARY

01 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

01 Campo & Campo

Burgerveiling ANTWERPEN

02-03 Dagoty Auction

Vente de Saint-Valentin:

Bijoux et diamants ONLINE

02-09 Salle de ventes Rops

Art et antiquités ONLINE

03 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

03 Salle de ventes Uccle

Saint-Job

Verrerie ONLINE

03-09 Salle de ventes Rops

Art et antiquités ONLINE

04 Vanderkindere

Vente bourgeoise BRUXELLES

04 Berg van Barmhartigheid

Juwelen, sieraden en

numismatiek BRUSSEL

04-06 Carlo Bonte Auctions

Kunst en antiek BRUGGE

07 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

07-08 Damien Voglaire

Livres et peintures BRUXELLES

08 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

08 Berg van Barmhartigheid

Speciale verkoop BRUSSEL

10 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

10-12 Flanders Auctions

Kunst, antiek en design

WINGENE

11 Berg van Barmhartigheid

Juwelen, sieraden en

numismatiek BRUSSEL

11 Loeckx

Europese en oosterse kunst

GENT

12 AZ Auction

50 bijoux et leur histoire

BRUXELLES

12-13 Debaveye Auctions

Kunst en antiek HARELBEKE

14 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

15 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

15-16 Maison Jules

Kunst en antiek GENT

16 Dagoty Auction

Vente bandes dessinés ONLINE

16 MonsAntic

Art et antiquités MONS

17 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

17 Ventes Elysée

Art et antiquités

GRIVEGNÉE-LIÈGE

17-18 Horta

Art et antiquités BRUXELLES

18 Berg van Barmhartigheid

Zilver, edelsmeedwerk en

juwelen BRUSSEL

18 Ventes Elysée

Art et antiquités ONLINE

18-19 Vanderkindere

Art et antiquités BRUXELLES

19 CR-Art Auctions

Kunst, antiek en religieuze

objecten HARELBEKE

20-22 Sylvie’s Wine Auctions

Valentijnsveiling wijnen

ANTWERPEN

21 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

21 MJV Soudant

Bijoux GERPINNES

21-25 DVC Gent

Kunst en antiek GENT

22 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

24 Amberes

Kunst en antiek ANTWERPEN

24 Haynault

L’Orient des arts BRUXELLES

25-26 Jordaens

Kunst en antiek MORTSEL

25-27 Bernaerts

A New Start: kunst, antiek en

design ANTWERPEN

28 Coronari Auctions

The Paul De Grande

Warehouse Sale NAZARETH

28 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

MARCH

01 De Vuyst

Hedendaagse, moderne en

oude meesters LOKEREN

01 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

01-02 DVC Gent

Kunst en antiek GENT

02 MJV Soudant

Vente online 6 ONLINE

03 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

07 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

08 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

10 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

10 AZ Auction

Peintures, art et antiquités

BRUXELLES

11 Berg van Barmhartigheid

Wijn, juwelen en numismatiek

BRUSSEL

The Netherlands

FEBRUARY

01 Van Sabben Auctions

Affiches HOORN

03-08 Derksen Veilingbedrijf

Kunst, antiek, design, en

brocante ARNHEM

05 Hessink’s Fine Art

Auctioneers

Sieraden, zilver, brons en

kristal BEEK

06 Hessink’s Fine Art

Auctioneers

Boeken, prenten en

manuscripten BEEK

10 Veilinghuis Bouwman

Vintage toys en automobilia

ONLINE

10-14 Korst van der Hoeff

Kunst en antiek ONLINE

12-13 Vendu Rotterdam

Algemene veiling ONLINE

12-15 Heritage Auctions

Europe

Fine art and collectibles

IJSSELSTEIN

14 Vendu Rotterdam

Single owner sale ONLINE

PROPRIÉTAIRE UNIQUE

VENTE DE DESIGN

Pierre Mazairac (1943), Quatre chaises

en aluminium, par Pastoe, Utrecht,

design 1972

Début le 7 février

Fin le 14 février

Journées d’exposition les 10 et 11 février

010 - 411 85 44

VENDUROTTERDAM.NL

15 Hessink’s Fine Art

Auctioneers

Kunst, antiek en brocante

BEEK

17-24 Veilinghuis Korendijk

Kunst en antiek ONLINE

17-04/03 Venduehuis Den

Haag

Jewellery and watches ONLINE

18-19 Veilinghuis De Jager

Kunst, antiek, juwelen en

aziatica GOES

18 Veilinghuis Omnia

Kunst en antiek

KOLMHAM/HOOGEZAND

23 Veilinghuis Peerdeman

Kunst en antiek ONLINE

24-27 Van Spengen

Kunst en antiek ONLINE

24-04/03 Venduehuis Den

Haag

Next Door I + II ONLINE

24-12/03 Venduehuis Den

Haag

Classical Paintings and

drawings ONLINE

24-13/03 Venduehuis Den

Haag

Indonesian Art Sale ONLINE

28-09/03 Moart Veilinghuis

Kunst en antiek ONLINE

MARCH

03-04 Van Zadelhoff

Algemene veiling HILVERSUM

06 Veilinghuis De Ruiter

Juwelen en diamanten

KLAASWAAL

07 Veilinghuis De Ruiter

Zilver KLAASWAAL

08 Veilinghuis De Ruiter

Horloges en luxe accessoires

KLAASWAAL

10 Medusa Auctioneers

Kunst en antiek BREDA

10 ADAMS Amsterdam

Auctions

NRC Kunst AMSTERDAM

Luxembourg

FEBRUARY

01 Goldfield Auctions

Luxembourg

Objets d’art et antiquités du

monde WEISWAMPACH

Louis van Teeffelen (1921-1972), Meuble mural en teck,

design Wébé furniture factory, Beneden Leeuwen, 1960s

106


Fair calendar

january—march 2025

Belgium

JANUARY

23-23/02 PhotoBrussels

Festival

BRUSSELS

France

FEBRUARY

28-03/03 art3f Strasbourg

STRASBOURG

MARCH

Italy

FEBRUARY

07-09 Arte Fiera

BOLOGNA

14-16 Arte Genova

GENOVA

Spain

MARCH

05-09 ARCOMadrid

MADRID

05-09 Art Madrid

MADRID

United Kingdom

FEBRUARY

28-02/03 COLLECT

LONDON

26-02/02 BRAFA ART FAIR

FEBRUARY

BRUSSELS

01-02 JAP Artists Print XII

SCHAARBEEK

05-09 Affordable Art Fair

BRUSSELS

20-23 Wavre Fine Art Fair

WAVRE

08-11 ART UP !

LILLE

Germany

FEBRUARY

20-25 art KARLSRUHE 2024

KARLSRUHE

Luxemburg

JANUARY

29-02/02 Antiques & Art Fair

Luxembourg

LUXEMBURG

Morocco

JANUARY

30-02/02 1-54 Art Fair

MARRAKECH

The Netherlands

FEBRUARY

06-09 Art on Paper

Amsterdam

AMSTERDAM

08-09 Art and Luxury Fair

NOORDWIJK

08-09 Art Eindhoven

EINDHOVEN

MARCH

15-20 TEFAF Maastricht

MAASTRICHT

Switzerland

JANUARY

30-02/02 Artgenève

GENÈVE

VENTE D’ART

ET ANTIQUITÉS

mardi 11 février 2025

LOECKX.BE

107


Chambre Royale Belgo-

Luxembourgeoise des salles de ventes

aux enchères, commissaires-priseurs, courtiers et experts mobiliers

asbl fondée en 1936

Avenue Louise 500,

1000 Bruxelles

Tél. 0475-62 71 85

Fax 02-741 60 70

www.auctions-in-belgium.be info@auctions-in-belgium.be

Extrait de la liste des membres (Liste complète disponible au sécretariat ci-dessus)

ANVERS

Amberes sprl

(Dir. Rik Dupain - Marc Royer)

Terninckstraat 6-8-10,

2000 Antwerpen

T.03/226.99.69 - 0745/708782

www.amberes.be.

info@amberes.be

Ventes aux enchères

d’œuvres d’art cataloguées,

estimations pour successions

et assurances. Catalogues

illustrés. Ventes bourgeoises

hebdomadaires. Plus de 35

000 lots attribués par an.

Bernaerts

(Dir. Ch. & P. Bernaerts)

Verlatstraat 16-22,

2000 Antwerpen

T.03/248.19.21

info@bernaerts.be

www.bernaerts.be

Live & online.

Maîtres anciens, romantiques

et modernes.

Antiquités, arts appliqués,

design, œuvres sur papier.

Expertises pour succession et

assurance.

Campo & Campo

(Dir. Guy Campo)

Grote Steenweg 19-21,

2600 Berchem

T.03/218.47.77

F.03/218.53.63

guy@campocampo.be

www.campocampo.be - 5

Ventes aux enchères cataloguées

d’art et d’antiquités,

de peintures, d’estampes, de

sculptures, de meubles, de

porcelaine, d’argenterie, de

tapis, de vins, etc.

DVC

(Dir. D. Van Cappel)

Ellermanstraat 36-38,

2060 Antwerpen

T.03/232.36.64

F.03/234.22.14

Ventes aux enchères d’art et

d’antiquités cataloguées, estimations

et évaluations pour

successions et assurances.

dvc@dvc.be

www.dvc.be

Jordaens SA

Drabstraat 74 - 2640 Mortsel

T.03/449.44.30

info@jordaens.eu

www.jordaens.eu

Ventes publiques d’œuvres

d’art, d’antiquités, de bijoux,

de vins, de collections et

mobilier. Évaluations pour

succession et assurance.

BRABANT-WALLON

Salle de Ventes du

Beguinage s.p.r.l.

(Olivier Bolens - Samy Greif)

Avenue Vésale 11, 1300 Wavre

T.02/218.17.42 – F.02/218.86.50

www.salledeventesdubeguinage.be

info@svbeguinage.com

Online via Drouot digital

BRUXELLES

Arenberg Auctions

(Dir. Henri Godts)

Rue aux Laines 19 bte 2,

1000 Bruxelles

T. 02-5441055

info@arenbergauctions.com

www.arenbergauctions.com

Vente aux enchères d’atlas,

de livres, d’estampes et de

dessins rares. Également

bibliothèques entières,

archives et manuscrits rares.

AZ Auction

Dir. Arnaud de Partz

Av. des Casernes, 39B

1040 Etterbeek

T. 02/218.00.18

www.azauction.be

info@azauction.be

Ventes de Tableaux et objets

d’art, d’Arts d’Asie, de bijoux

et de bandes dessinées.

Ventes Haynault

(Dir. Rodolphe de

Maleingreau d’Hembise)

Rue de Stalle 9 - 1180 Uccle

T.02/842.42.43

www.haynault.be

info@haynault.be

Neuf ventes aux enchères

spécialisées par an : bijoux,

orfèvrerie, pièces de monnaie,

collections et souvenirs historiques,

peintures, œuvres

d’art d’Europe et d’Asie.

Lempertz 1798

(Dir. Emily Jolly)

Rue du Grand Cerf 6,

1000 Bruxelles

T. 02 514 05 86

brussel@lempertz.com

jolly@lempertz.com

www.lempertz.com

Estimations et évaluations du

lundi au vendredi de 9h à 13h

et de 14h à 17h.

Hôtel de Ventes Horta

(Dir. Dominique de Villegas)

70/74 Avenue de

Roodebeek, 1030 Schaerbeek

T.02/741.60.60 – F.02/741.60.70

www.horta.be – info@horta.be

Ventes mensuelles cataloguées

d’antiquitées, oeuvres

d’art, bijoux et vins.

Mont-de-Piété

21 Rue Saint-Ghislain,

1000 Bruxelles

T. 02/512.13.85

appreciateurs@montdepiete.be

montdepiete.be

Ventes aux enchères de

bijoux, maroquinerie,

argenterie, céramique, vins,

tableaux, sculptures, BD,

objets de collection, etc.

Estimations gratuites sans

rendez-vous du lundi au

vendredi de 8h30 à 15h30,

sauf le mardi jusqu’à 18h.

FLANDRE ORIENTALE

Coronari

(Dir. Tim De Doncker)

Steenweg 144/A, 9810 Nazareth

T. 09/3123240

info@coronariauctions.com

www.coronariauctions.com

Coronari Auctions organise

quatre ventes aux enchères

internationales d’art et d’antiquités

par an. Spécialisée

dans l’art européen, asiatique

et islamique, avec un accent

particulier sur la porcelaine

chinoise, les maîtres anciens

et les peintures des XIXe

et XXe siècles. Audience

internationale. Expertise

scientifique. Estimations,

recherches, conseils.

DVC

(Dir. D. Van Cappel)

Zandlopersstraat 10 -

9030 Mariakerke

T.09/224.14.40

F.09/225.04.14

dvc@dvc.be

www.dvc.be

Ventes aux enchères

d’œuvres d’art et d’antiquités

cataloguées. Successions

et évaluations pour successions

et assurances.

Galerie et Salle de Ventes

Pictura sprl

Brusselsesteenweg 656

9050 Gentbrugge

T.0475/74.49.25

henk.vervondel@telenet.be

www.pictura.be

Loeckx Auctioneers

(Dir. Cécile La Pipe,

Peter en Natan Loeckx)

Ingelandgat 4, 9000 Gand

T.09/223.37.93 – F.09/233.76.71

www.loeckx.be

info@loeckx.be

International art & antiques

auctions. Expertises.

De Vuyst

(Dir. Guy De Vuyst &

Pascale Philips)

Kerkstraat 22-54, 9160 Lokeren

T.09/348.54.40

F.09/348.92.18

www.de-vuyst.com

info@de-vuyst.com

Vente aux enchères et expositions

internationales, du XVIIe

siècle à l’art contemporain.

Successions et évaluations de

successions et assurances.

FLANDRE OCCIDENTALE

Carlo Bonte Auctions

Kardinaal Mercierstraat 20,

8000 Brugge

www.carlobonte.be

info@carlobonte.be

T. 050 33 23 55

Ventes aux enchères internationales

en ligne, art et

antiquités, art asiatique,

art occidental, antiquités,

design. Conseils de ventes -

expertises - estimations.

Van de Wiele Auctions

Groeninge 34, 8000 Bruges

T.050 49 07 69

auctions.vandewiele@proximus.be

www.vdw-auctions.com

Imprimés et manuscrits

rares, cartes anciennes,

atlas, gravures et peintures.

Estimations pour assurances

et successions.

HAINAUT

Monsantic

(Dir: Daniel Otten)

Rue Grande 193b, 7020 Mons

T.065/73.94.00 – F.065/73.94.09

otten@monsantic.com

www.monsantic.com

Ventes publiques cataloguées.

Expertises le mercredi,

le samedi ou sur rendez

vous - déplacement gratuit à

domicile.

LIEGE

Hôtel des Ventes Elysée

(Dir. José & Ch. Fairon)

Boulevard Cuivre et Zinc 28,

4000 Liège

T.04/221.09.09

F. 04/221.15.05

www.ventes-elysee.be

info@ventes-elysee.be

Ventes publiques mensuelles

d’antiquités et objets d’art,

Vintage, Maroquinerie,

Bijoux. Expertises et accueil

du lundi au vendredi. Fermé

le mercredi.

Légia Auction

Rue de Cras-Avernas 12,

4280 Hannut

Tél. : 019/63.55.59

0495/87.99.01 (Bruno de

Wasseige) 0475/27.73.87

(Vincent de Lange)

www.legia-auction.com

contact@legia-auction.com

Ventes publiques d’Arts et

d’Antiquités, tapis, mobiliers,

bijoux, tableaux, Art d’Asie,…

Expertises gratuites sur rendez-vous.

Librairie Lhomme

(Dir. David Lhomme)

Rue des Carmes 9, 4000 Liège

T.04/223.24.63

F.04/222.24.19

www.michel-lhomme.com

librairie@michel-lhomme.com

Livres anciens et modernes

de qualité, gravures,

tableaux, curiosités.

Hôtel des Ventes Legros

(Dir. Benoît Legros)

Rue Peltzer de Clermont 41,

4800 Verviers

T. 087/33.01.00

www.venteslegros.com

info@venteslegros.com

Ventes régulières d’antiquités

et objets d’art.

Hôtel des Ventes Mosan

(Dir. Maxence Nagant de

Deuxchaisnes)

Rue du Nord belge 9,

4020 Liège

T.04/344.91.70 - F.04/341.39.19

www.hvm.be

Expertises gratuites tous les

vendredi de 9h à 12h30 et de

14h à 18h

NAMUR

Salle de Ventes Rops

(Dir. Paul & Benoît de

Sauvage)

Avenue d’Ecolys 2,

5020 Namur

T.081/74.99.88 – F.081/74.99.86

www.rops.be

www.rops-online.be

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deux mois d’antiquités

et ventes bourgeoises.

Expertises gratuites.

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MUSÉE DE L’EROTISME ET

DE LA MYTHOLOGIE

Musée de l’Erotisme et de la Mythologie

. Le musée, situé dans une maison

ancienne du Sablon, offre un aperçu

historique de l’art érotique de l’antiquité

à nos jours. Cette collection privée,

parmi les plus belles d’Europe, présente

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T : +32(0) 2/514.03.53

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Recherche

Dans le cadre de la rédaction du

catalogue raisonné de l’artiste Marten

Melsen (Bruxelles 1870-Stabroek 1947),

la Fondation Melsen recherche toute

information/images relatives à l’œuvre

de ce peintre de la vie paysanne, ainsi

que tout document qui y serait lié.

Contact : Fondation Melsen : Avenue

Huart-Hamoir 47a, 1030 Bruxelles ou

jan_melsen@yahoo.com

Collectionneur cherche à acquérir

des dessins ou peintures des XVIIe

et XVIIIe siècle : marines, batailles,

fleurs et natures mortes. Jean Pierre

Moerman, Tél. : 0472/30 81 06

Nous sommes en possession

d’œuvres d’art signées : R E M.

Quelqu’un peut-il nous aider à identifier

cet artiste ? Formation, voyages,

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