Mon Entreprise 1/2025
Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.
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1 | 2025
Mon ENTREPRISE
Le magazine d’AXA destiné aux PME
Les clés du
marketing digital
Page 8
Comment les PME utilisent
l’intelligence artificielle
Page 22
«Le succès ne
me tombe pas tout
cuit dans le bec»
Le restaurateur Michel Péclard fait souffler
un vent de fraîcheur sur la gastronomie
zurichoise en proposant des concepts novateurs.
À découvrir dans notre grand entretien.
Page 30
Mein Ma fierté Stolz
La santé des arbres,
une priorité
Photo: Jeremy Bierer
Meine Mon ENTREPRISE
FIRMA
Fondée il y a plus de 30 ans, notre entreprise Arborisme
Leuba assure la santé, la sécurité et la beauté des arbres
qui agrémentent les parcs des villes romandes et ornent
les jardins. Mon frère et moi sommes la deuxième génération.
Pour nous, chaque arbre a une histoire et une
valeur inestimable. L’arbre délivre de nombreux bienfaits
et est une pierre angulaire de la biodiversité en nature
comme en ville. Voilà pourquoi nous prodiguons
des soins adaptés à chaque arbre, allant entre autres
de la taille raisonnée à la lutte biologique contre les
maladies, en passant par les diagnostics. Grâce à notre
expertise, nous avons su gagner la confiance de communes
et de particuliers, et notre fierté est de réunir
l’arbre et l’être humain.
arborisme-leuba.ch
Jonathan et Thibaut
Leuba, gardiens des
arbres en ville
2 03/2024 01/2025
Ma fierté
Entre racines et modernité
Depuis l’âge de cinq ans, j’aime passer mon temps derrière
les fourneaux. Grâce à ma formation en restauration,
j’ai pu exercer le métier de mes rêves. Après
l’Hôtel Adlon à Berlin, le Käfer au Bundestag, l’Hôtel
Waldhaus à Flims et le Mövenpick Gastronomie, j’ai
eu la chance en 2023 de participer à la création de RIVI
Gastro AG à Neuhausen. Le complexe Rhyfall Village
se distingue par une harmonie singulière entre son
architecture industrielle historique et la modernité
de la RhyfallTower. Sa richesse gastronomique et son
ambiance vibrante en font un lieu tout simplement
unique. Je suis très fier de ce que nous avons accompli
ces derniers mois. Perché à 136 mètres d’altitude
au-dessus des chutes du Rhin, notre restaurant au
17 e étage offre un panorama à couper le souffle, des
spécialités culinaires exquises et un service chaleureux.
Nous sommes particulièrement attachés à la région
de Schaffhouse et de Neuhausen. C’est pourquoi
nous sélectionnons des produits frais et locaux, cultivés
avec soin. J’en profite pour remercier ma brigade
de 34 collègues, qui m’épaule au quotidien, ainsi que
toute notre clientèle de la région, qui nous a soutenus
avec ferveur ces derniers mois. Nous espérons que
vous continuerez à venir nombreux. Soyez assurés que
nous vous réserverons toujours le meilleur accueil.
rhyfall-village.ch
Photo: Alessandro Della Bella
Mon 01/2025 ENTREPRISE
Marco Wahl,
hôte et gérant de
RIVI Gastro AG
3 Mon ENTREPRISE 03/2023
Découvrez des
bureaux et des
espaces
commerciaux.
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Sommaire
7
8
14
Succès
Marketing digital: tirer parti
du SEO et d’autres outils
Logistique: tendances et
défis dans la branche
Éditorial
Le changement,
c’est maintenant?
Photos: Dan Cermak; Daniel Ammann; Daniel Winkler; Gaëtan Bally
19
20
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2
3
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35
18
Sécurité
Gestion du changement:
accompagner vos équipes
dans la transformation
Intelligence artificielle:
comment les PME suisses
l’utilisent
Responsabilité
Externalisation:
une solution attrayante,
y compris pour les PME
Entretien: Michel Péclard
nous parle de la gastronomie
zurichoise et de
poisson frit
Rubriques
Ma fierté
Jonathan et Thibaut Leuba
Marco Wahl
Ulrich Marbot
Susanne Schmid
Infographie: médias
IMPRESSUM
8
26
30
Lisez notre e-paper sur www.meine-firma.ch ou rendez-vous sur LinkedIn à l’adresse
www.linkedin.com/company/axaswitzerland.
Éditeur: AXA, Newsroom
Adresse de la rédaction: AXA, Mon Entreprise, Römerstrasse 17, 8400 Winterthour,
www.mon-entreprise.ch, e-mail: mon.entreprise@axa.ch
Rédaction: Melanie Ade (rédactrice en chef) A collaboré à ce numéro: Lorenz Heinzer
En ligne: Urs Wildi Traduction: Language Services, AXA Conception et production: Der Layouter,
Beni Spirig, 6004 Lucerne Impression et expédition: Vogt-Schild Druck AG, Gutenbergstrasse 1,
4552 Derendingen Parution: trois fois par an en français, en allemand et en italien
Tirage: 84 000 exemplaires Régie publicitaire: Galledia Fachmedien AG, Burgauerstrasse 50,
9230 Flawil, ornella.assalve@galledia.ch, www.galledia.ch
Changements d’adresse et désabonnements: merci d’adresser vos demandes à meine.firma@axa.ch
Imprimé
myclimate.org/01-24-227513
Vous avez pris de bonnes résolutions
pour la nouvelle année? Personnellement,
ce n’est pas ma tasse de thé. Je
ne vois pas pourquoi je devrais manger
plus sainement ou faire plus de
sport à partir du 1 er janvier, puisque
je peux tout aussi bien m’y mettre
le 15 avril ou le 26 août. Dans un
contexte professionnel, il est vrai que
planifier son année peut être judicieux
dans la plupart des domaines,
mais soyons honnêtes: notre monde
est si complexe et évolue tellement
vite que nous devons sans cesse nous
remettre en question, nous développer
et nous améliorer dans notre
travail pour rester performants. En
tant qu’entrepreneuse ou entrepreneur,
vous le savez sans doute mieux
que moi.
Vous vous êtes malgré tout fixé des
objectifs pour la nouvelle année?
Peut-être souhaitez-vous développer
vos activités de marketing numérique
en créant enfin un compte
LinkedIn? Ou bien externaliser certains
processus, tels que l’informatique
ou la comptabilité, afin de vous
concentrer davantage sur votre cœur
de métier? Alors, suivez le guide!
Dans ce numéro, vous trouverez des
conseils et des exemples de bonnes
pratiques.
Le changement est une bonne chose,
et c’est d’ailleurs la seule constante
dans notre vie. Mais n’oubliez pas
d’embarquer vos collaborateurs et
collaboratrices dans l’aventure. Pour
cela aussi, nous vous avons préparé
de précieux conseils.
Bonne lecture!
Melanie Ade
Rédactrice en chef de
«Mon Entreprise»
01/2025 5
Mon ENTREPRISE
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Inclus
Pour sociétés
avec contrat
LPP ou APG
d'AXA.
Succès
Questions des lecteurs
Règlement de
sinistres
à l’étranger
Pendant nos vacances en Espagne,
un conducteur a percuté le côté
de notre véhicule et nous a dit que
son assurance réglerait tout
directement avec nous. Existe-t-il
une autre possibilité?
P. B., Nyon
Dans ce cas, c’est le système de la
protection des visiteurs qui s’applique.
Il couvre les personnes victimes d’un
accident de la circulation survenu à
l’étranger. Le besoin de protection
résulte du fait que les personnes lésées
doivent s’adresser aux responsables
à l’étranger ou à leurs assureurs pour
faire valoir leurs prétentions. D’une
part, c’est le droit étranger qui s’applique
le plus souvent, et d’autre part,
la barrière linguistique peut compliquer
les échanges directs et donc le traitement
du sinistre automobile. Pour
surmonter ces difficultés, le système de
la protection des visiteurs prévoit que
chaque État possède son propre bureau
d’information chargé de venir en aide
aux victimes de sinistres à l’étranger.
En l’occurrence, vous pouvez vous
adresser à l’organisme de règlement
des sinistres de l’assureur espagnol
en Suisse et faire valoir vos droits. Cet
organisme veillera à ce que vous receviez
votre indemnisation dans un délai
raisonnable.
nbi-ngf.ch
Patrick Villiger
Responsable
Sinistres Véhicules
automobiles
Photo: iStock/Micha Steinmann
Le fonds AXA Real Estate Fund Switzerland a encore consolidé sa position de leader.
Exercice réjouissant pour
le fonds AXA Real Estate Fund
Fusionné en mars 2024, le fonds AXA Real Estate Fund Switzerland a enregistré
un exercice réjouissant. Le rendement du placement a atteint 4,27%. Les investisseurs
recevront une distribution de 31.49 francs suisses par part au total. Le
plus grand fonds immobilier basé sur la VNI pour les institutions de prévoyance
en Suisse dispose d’un portefeuille diversifié à l’échelle nationale, comprenant
187 immeubles pour une valeur de marché de 4,90 milliards de francs suisses.
Le fonds concentre ses placements sur l’immobilier résidentiel, qui entre pour
59% dans la composition du portefeuille global. La partie restante est composée
d’immeubles commerciaux situés à des emplacements de premier ordre, principalement
à usage de bureaux, qui représentent environ un tiers des avoirs,
ainsi que d’immeubles à usage mixte (8%). En juin 2024, le fonds a procédé à
une augmentation de capital à hauteur de 279,35 millions de francs suisses.
Il a ainsi pu renforcer ses capitaux propres, élargir de manière ciblée sa base
d’investisseurs et diversifier davantage son portefeuille. Avec une fortune nette
totale de 4,20 milliards de francs suisses au 30 septembre 2024, le fonds AXA
Real Estate Fund Switzerland a consolidé sa position de leader en tant que plus
grand fonds immobilier basé sur la VNI pour les institutions de prévoyance en
Suisse. Il devrait poursuivre sa croissance durant le prochain exercice.
«Une logistique de fret efficace renforce notre compétitivité,
stimule l’économie et assure notre prospérité.»
Peter Acél, fondateur et CEO de l’entreprise de conseil aux entreprises Dr. Acél & Partner AG, page 15
01/2025 7
Mon ENTREPRISE
MARKETING NUMÉRIQUE
L’important,
c’est le mix
Le bouche-à-oreille, c’est dépassé. Aujourd’hui, ce qui compte en marketing, c’est un compte
Instagram bien alimenté. À ce qu’il paraît. Le marketing numérique ne peut pas garantir à lui seul
la réussite de l’entreprise, mais propose des perspectives intéressantes, y compris pour les PME.
Texte Melanie Ade Photos Dan Cermak
Mon Entreprise
Mooris.ch est un site de
vente de mobilier de style et
de décoration. Créé en 2012
par trois amis, Lea Montini,
Frank Urech et Claudio Beffa,
il propose aux aficionados du
design et aux amoureux des
beaux meubles une sélection
innovante et personnalisée
de produits recommandés.
mooris.ch
A
vant, c’était plus simple, penset-on
parfois. Alors qu’il y a vingt
ans, il suffisait de passer un encart
dans l’édition régionale du Journal
des arts et métiers ou de financer
des panneaux pour l’équipe locale de football,
aujourd’hui, les actions de marketing se déroulent
de plus en plus en ligne. Lettres d’information
quotidiennes, billets de blog, sites Web
ou encore comptes Instagram: pour être visible,
il faut être connecté. Et quand on n’y connaît
pas grand-chose, on est vite perdu entre SEO,
SEA, leads ou KPI. Mais les PME doivent-elles
vraiment miser sur le marketing numérique?
«Oui, affirme Anja Däumigen, Managing Director
de l’agence Mindshare Suisse. Le marketing
en ligne permet avant tout aux petites entreprises
d’être plus visibles et de mieux cibler
leurs clients potentiels. Nous sommes de plus
en plus connectés, Internet est notre première
source d’informations, et nous effectuons toujours
plus d’achats en ligne. Si elles ne veulent
pas se faire distancer, les PME doivent aller
chercher les clients sur leur terrain.»
Transposer le showroom dans
le monde virtuel
Chez Mooris.ch, un site de vente de mobilier, le
marketing numérique est une réalité depuis la
création de l’entreprise en 2012. Lea Montini, sa
cofondatrice, nous explique pourquoi: «Frank,
mon associé, avait un magasin de meubles
avec un showroom à Zurich. Il s’est vite rendu
compte que sa boutique physique n’aurait jamais
la même portée que si elle était sur Internet.
L’idée fondamentale de Mooris.ch était donc
de transposer l’effet showroom dans le monde
virtuel.» Cela semble simple aujourd’hui, mais
à l’époque, l’idée ne paraissait pas aussi séduisante.
«On ne dépense pas 10 000 francs d’un
simple clic sur Internet, il faut d’abord qu’il y ait
une relation qui se crée, un lien de confiance qui
s’établisse», explique Lea Montini, architecte
d’intérieur de formation.
Dès le départ, Mooris.ch a misé exclusivement
sur le marketing numérique, adoptant un langage
propre et une identité visuelle marquée:
«Nous racontons l’histoire de nos produits,
comme si les clients venaient chez nous. Nous
présentons les meubles que nous aimerions
avoir dans notre intérieur. C’est ce qui nous
a permis de gagner rapidement la confiance
de nos clients.» Outre une newsletter quotidienne,
dans laquelle Mooris.ch a remplacé le
marketing produit par des évocations d’ambiances,
l’équipe est également présente sur les
réseaux sociaux et investit dans les Google Ads.
«Aujourd’hui, c’est incontournable», sourit Lea
Montini. Le contenu publié sur les réseaux est
produit en interne, mais pour les publicités
payantes sur Google, c’est une agence spécialisée
qui s’en occupe. «Le volet technique est trop
complexe et évolue bien trop rapidement pour
que nous puissions suivre le rythme, compte
tenu de nos compétences mesurées dans ce domaine»,
précise Lea Montini.
Anja Däumigen partage cet avis: «Plus le dossier
est complexe et les exigences en matière
de marketing importantes, plus il est pertinent
de faire appel à un intervenant extérieur pour
pouvoir se concentrer sur son cœur de métier.»
«Nous sommes de plus en
plus connectés, Internet
est notre première source
d’information. Si elles
ne veulent pas se faire
distancer, les PME doivent
aller chercher les clients
sur leur terrain.»
Anja Däumigen, Managing Director de l’agence Mindshare Suisse
▶
Mon ENTREPRISE
8 01/2025
Pour Lea Montini, cofondatrice du site de vente de mobilier Mooris.ch, les maîtres-mots de la création de contenu sont l’authenticité, la confiance et l’honnêteté.
01/2025 9
Mon ENTREPRISE
Rolf Schlagenhauf, CEO de Team Schlagenhauf, et Altin Kurtaj, son responsable marketing, ont opté pour un marketing mix mêlant mesures hors ligne et présence numérique.
Mon ENTREPRISE 10
01/2025
MARKETING NUMÉRIQUE
Photos: màd
«Un bon marketing nous
permet de transmettre
nos valeurs et de rendre
notre marque plus visible
et plus sympathique.»
Rolf Schlagenhauf, propriétaire de Team Schlagenhauf
Le b.a.-ba d’un marketing réussi reste toutefois
la définition d’objectifs précis, mesurables,
réalistes et pertinents, et une connaissance
fine de la clientèle potentielle. Les intérêts du
cœur de cible de Mooris.ch se confondent avec
ceux des fondateurs de l’entreprise: un public
urbain, entre 35 et 50 ans, amateur de design,
avec un goût pour le style et le mobilier. «C’est
une chance, cela nous permet de connaître au
mieux ce qui plaît à notre public», sourit Lea
Montini. Sur les réseaux sociaux, c’est donc
l’équipe interne qui joue le premier rôle, et les
résultats suivent: «L’important, c’est de rester
soi-même et d’assumer ce qu’on dit et ce qu’on
montre. Les gens remarquent immédiatement
quand on veut les pousser vers un produit.» Et
Anja Däumigen de compléter: «Un autre obstacle
à éviter serait un contenu de mauvaise qualité,
qui ne serait pas pertinent pour la cible. Un
contenu de qualité, qui présente des informations
de fond, apporte une valeur ajoutée et se
montre divertissant ou instructif, attire l’attention
du public et encourage l’engagement et la
fidélité à la marque.»
Pour une marque visible
Chez Team Schlagenhauf, le tout-numérique
n’est pas une option par nature. Ce spécialiste
de la rénovation, de la transformation et de
la construction neuve installé à Meilen en est
convaincu: «La meilleure publicité, cela reste
un travail de qualité et l’engagement personnel
de nos équipes», explique Rolf Schlagenhauf,
propriétaire de la société. L’entreprise accorde
néanmoins une large place au marketing, aussi
bien analogique que numérique. Outre ses enseignes
et le marquage des véhicules, un magazine
papier pour ses clients et son personnel, le
parrainage d’associations sportives ou encore
les annonces dans la presse locale, elle est très
active sur les réseaux sociaux et, au début de
l’année, a procédé à une refonte générale de son
site Internet dans le cadre de son rebranding.
Rolf Schlagenhauf explique: «Je suis convaincu
que la communication et le marketing jouent
un rôle essentiel dans le succès de notre entreprise.
Un bon marketing nous permet de transmettre
nos valeurs et de rendre notre marque
plus visible et plus sympathique.»
Pour lui, l’enjeu ne consiste pas seulement à
remporter de nouveaux contrats: «Nos activités
de marketing numérique nous permettent
aussi de nous adresser à des collaborateurs
potentiels. Pour nous, c’est un outil d’optimisation
de notre attractivité en tant qu’employeur.»
Anja Däumigen partage son avis:
«Dans le processus de recrutement, le marketing
numérique peut se montrer très utile pour
attirer du personnel qualifié, dans la mesure où
la recherche d’emploi commence très souvent
en ligne, pour s’informer sur les employeurs
potentiels.» Mais en interne aussi, les actions
de marketing ont toute leur importance, poursuit
Rolf Schlagenhauf: «Une communication
professionnelle et de qualité, qu’elle soit analogique
ou numérique, contribue également à ce
que les équipes soient fières de leur lieu de travail.
Et dans le domaine du second œuvre, cela
constitue un avantage décisif dans la bataille
pour trouver une main-d’œuvre qualifiée.»
Malgré tout, Rolf Schlagenhauf doit miser encore
davantage sur le marketing en ligne. Altin
Kurtaj, 27 ans, responsable marketing de l’entreprise,
en est convaincu: «Même si notre secteur
d’activité se situe plutôt hors ligne, notre
cible de demain sera de plus en plus connectée,
Glossaire
SEO (Search Engine
Optimization)
Optimisation du contenu et
des caractéristiques techniques
d’un site Internet
afin d’améliorer le référencement
naturel sur les
moteurs de recherche.
SEA (Search Engine
Advertising)
Publicités payantes sur
les moteurs de recherche,
placées au-dessus ou à côté
des résultats naturels de
recherche.
Marketing de contenu
Élaboration et diffusion de
contenus intéressants, pertinents
et cohérents, afin
d’attirer et de fidéliser un
groupe cible donné.
Marketing des réseaux
sociaux
Utilisation des réseaux sociaux
(Facebook, Instagram,
Twitter, LinkedIn, etc.) pour
interagir avec les clients
et atteindre ses objectifs
marketing.
Marketing par e-mail
Marketing direct par e-mail
visant à envoyer des informations,
des offres et des
contenus à un groupe cible
donné.
ROI (Return on Investment)
Rentabilité d’un investissement.
En marketing numérique,
le terme est souvent
utilisé pour mesurer l’efficacité
d’une campagne.
KPI (Key Performance
Indicator)
Indicateurs de performance
utilisés pour mesurer le succès
d’activités de marketing
numérique.
Mon Entreprise
Peinture, plâtre, maçonnerie,
revêtements de sols,
ravalements ou rénovations
intégrales: Team Schlagenhauf
est «le» spécialiste de la
construction, de la transformation
et de la rénovation
dans la région de Zurich.
Créée en 1934, l’entreprise,
dont le siège est à Meilen, est
aujourd’hui dirigée par Rolf
Schlagenhauf, petit-fils du
fondateur.
schlagenhauf.ch
Analytics
Collecte et analyse de
données sur le comportement
des utilisateurs d’un
site Internet, fournissant
des informations sur la performance
et des bases de
décisions.
Génération de leads
Nombre de leads générés,
autrement dit de clients
potentiels manifestant un
intérêt pour un produit ou
un service.
Trafic
Nombre de visites sur un
site ou une page Web.
Source: Mindshare
▶
01/2025 11
Mon ENTREPRISE
MARKETING NUMÉRIQUE
Photo: màd
L’experte
Anja Däumigen est Managing
Director de Mindshare
Suisse depuis janvier 2024.
Sociologue de formation,
elle possède plus de 20 ans
d’expérience dans le secteur
des médias et est spécialisée
dans le conseil en communication
numérique et en
planification médias.
mindshareworld.com
Mon Entreprise
4B est le numéro un des
enveloppes de bâtiments
intelligentes en Suisse.
Fondée en 1896, cette entreprise
familiale, dont le siège
est à Hochdorf, développe
des solutions de façades
et de fenêtres innovantes,
confortables et respectueuses
de l’environnement. Elle a
rejoint le groupe international
d’huisseries extérieures
DOVISTA A/S à la fin de l’année
2024.
4-b.ch
et nous devons en tenir compte dans notre
marketing mix. Le marketing numérique nous
permet d’accroître notre portée et de montrer
à notre clientèle que nous sommes présents et
innovants, y compris dans le monde moderne.
Mais il va encore falloir travailler un peu pour
convaincre mon chef», sourit-il. Il n’aura pas
besoin de le faire, dans la mesure où une newsletter
régulière et des articles de blog sur le site
Web de l’entreprise sont déjà dans les tuyaux.
«Sur le plan de la rapidité et de l’économie, le
numérique a clairement l’avantage. Mais malgré
tout, dans notre secteur en particulier, le
contact humain restera indispensable», affirme
Rolf Schlagenhauf.
Rester soi-même
La société 4B, qui fabrique des fenêtres à Hochdorf,
utilise certes les mesures de marketing
hors ligne classiques, du type publireportages
ou publicités télévisées, mais a aussi recours
au numérique. «Nous sommes une entreprise
manufacturière classique, mais nous vendons
nos produits directement aux consommateurs
finaux. Il est donc essentiel que nous connaissions
précisément leurs besoins et que nous
ayons un accès direct à eux. Le numérique est
alors bien plus adapté», explique Fabiana Grilli
Mühlebach, responsable du marketing et de la
communication de la société. Outre les classiques
bannières Google et autres publications
sur les réseaux sociaux, 4B possède aussi son
blog. «Pour trouver les sujets de nos articles,
nous analysons les données comportementales
sur notre site Internet, les mots-clés des requêtes
SEO ainsi que les questions fréquentes
des clients que nous transmet l’équipe des
ventes», poursuit Fabiana Grilli Mühlebach.
Sur les réseaux sociaux, le credo de 4B, c’est
l’authenticité: «Ce qui intéresse les gens, c’est
l’humain. C’est pour cela que nous publions
beaucoup d’histoires mettant en scène nos
équipes, ou que nous montrons l’envers du
décor de 4B», explique la responsable du marketing.
Anja Däumigen ne peut qu’approuver:
«Les collaborateurs peuvent présenter de façon
authentique le fonctionnement du produit ou
du service, ou tous les avantages qu’il procure.
Ils peuvent être des ambassadeurs de l’entreprise.
Par leur présence, ils montrent aux futurs
collaborateurs ce qui les attend. Il est du
reste important qu’ils soient volontaires et que
leur présence sur les réseaux de leur employeur
ne soit pas une contrainte.»
«Ce qui intéresse les gens,
c’est l’humain. C’est pour
cela que nous publions
beaucoup d’histoires
mettant en scène nos
équipes, ou que nous
montrons l’envers du
décor de 4B».
Fabiana Grilli Mühlebach, responsable du marketing et de
la communication de 4B
Associer différents canaux
Pour Fabiana Grilli Mühlebach, les avantages
du marketing numérique sont la flexibilité, la
transparence et la mesurabilité: «La mesurabilité
est capitale pour nous, car nous devons
faire attention à l’utilisation de nos ressources
et à l’efficience. Cela dit, il n’est pas interdit
de faire des expériences, de tenter des choses
nouvelles et d’en tirer des leçons.» Elle tempère
toutefois ses propos: «Souvent, le marketing
numérique seul ne suffit pas pour réaliser
les KPI. Il contribue à la portée, mais compte
tenu de la rapidité des interactions et du faible
temps de consultation par les utilisateurs, les
canaux numériques ne sont pas la meilleure
solution pour transmettre des informations.
Dans bien des cas, les supports papier sont plus
adaptés pour transmettre en détail des informations
complexes. Le plus efficace, c’est donc
plutôt d’associer le marketing numérique et les
méthodes classiques.»
Pour Anja Däumigen, il est crucial que chaque
PME étudie en amont les mesures susceptibles
d’avoir un effet de levier maximal: «Les stratégies
numériques ne doivent pas être envisagées
isolément. Intégrez-les dans une stratégie
marketing globale et réunissez tous les intervenants
autour d’une même table pour garantir
la cohérence du message de la marque sur
l’ensemble des canaux.» Qu’il s’agisse de marketing
de contenu, de réseaux sociaux ou de
marketing événementiel, chaque format présente
ses avantages, et son efficacité peut donc
varier en fonction du public visé, du budget et
des objectifs de l’entreprise. «Il est important
de mettre au point une stratégie marketing intégrée,
qui associe différents canaux, de façon à
toucher une clientèle aussi large que possible et
à optimiser l’efficacité de l’action marketing.»
Elle incite par ailleurs toutes les PME à faire
preuve de patience: «Le marketing numérique,
c’est souvent un travail de fond. Soyez patients,
n’attendez pas de résultats immédiats. L’adaptation
et l’optimisation en continu, voilà les
clés de la réussite.»
●
Mon ENTREPRISE
12 01/2025
Pour Fabiana Grilli Mühlebach, responsable du marketing et de la communication, les avantages du marketing numérique sont la flexibilité et la mesurabilité.
01/2025 13
Mon ENTREPRISE
LOGISTIQUE DE TRANSPORT
Sur la bonne voie
La logistique de transport est cruciale
pour la Suisse, car nous produisons peu
nous-mêmes.
Photo: iStock/mr-fox
Mon ENTREPRISE
14 01/2025
LOGISTIQUE DE TRANSPORT
Transport en lots, livraison de colis,
services de coursier ou élimination
des déchets: la logistique de transport
joue un rôle clé dans l’économie
suisse. Découvrez l’évolution du
secteur et les défis et tendances
qui se dessinent.
Texte Melanie Ade Photos Gian Vaitl
boulonnée par le carrossier local; ce serait
hors de prix. On la commande facilement et
à moindre coût en Extrême-Orient», explique
Peter Acél. Et cela a du sens: «Une logistique de
fret efficace renforce notre compétitivité, soutient
l’économie et la consommation et assure
ainsi notre prospérité. Si nous devions tous
nous retrouver dans une situation où chacun
subvient à ses propres besoins, nous aurions du
mal à maintenir notre niveau de vie actuel.»
Photo: màd
S
ans logistique, rien ne va plus: c’est
une des leçons de la pandémie de coronavirus,
quand les chaînes d’approvisionnement
se sont interrompues
et que l’approvisionnement en biens
essentiels n’a plus été assuré. Mais même après
cet épisode, la logistique reste un élément moteur
dans notre quotidien, comme le confirme
Peter Acél, fondateur et CEO de la société de
conseil aux entreprises Dr. Acél & Partner AG:
«Les biens physiques sont partout autour
de nous. Les matières premières nécessaires
doivent être transportées jusqu’aux producteurs,
puis les produits finis jusqu’aux commerces
et aux consommateurs. Cela vaut aussi
pour les produits simples comme les aliments:
nous sommes peu nombreux à avoir encore un
potager pour faire pousser nos propres salades.
Celles-ci doivent donc être transportées depuis
le champ jusqu’aux détaillants, et jusqu’au réfrigérateur
familial.»
La logistique de transport est tout particulièrement
importante en Suisse, car nous produisons
peu de produits de consommation
courante et dépendons donc de l’accès aux
marchés internationaux et de l’import-export.
«La mondialisation et la division du travail ont
entraîné une hausse des flux de transport internationaux
et l’externalisation de certaines
étapes de production auprès de prestataires
tiers, permettant aux entreprises de réduire
leurs coûts et de se concentrer sur leur cœur
de métier. Aujourd’hui, une voiture n’est plus
Conjoncture économique et consommation
Comme le montrent les chiffres de l’Office
fédéral de la statistique (OFS), le transport de
marchandises en Suisse se fait principalement
par voie terrestre, c’est-à-dire par la route et le
rail. En 2023, 62% du transport terrestre était
assuré par des véhicules routiers et 38%, par le
train. Ensemble, ces deux modes de transport
ont totalisé une capacité de 26,1 milliards de
tonnes-kilomètres cette même année. Le chiffre
le plus élevé jusqu’alors avait été enregistré en
2014, avec 28,2 milliards de tonnes-kilomètres.
Ces dernières années, le fret en Suisse a augmenté
moins fortement que le produit intérieur
brut. «Une croissance économique accrue
entraîne une augmentation de la demande de
biens, qui doivent être transportés des usines
vers les consommateurs. À l’inverse, le ralentissement
économique des dernières années a
un effet négatif sur la consommation et donc
sur le transport de marchandises», précise Peter
Acél.
Des véhicules de livraison en forte
augmentation
En 2023, selon l’OFS, 6,4 millions de véhicules
routiers étaient immatriculés en Suisse, dont
près de 4,8 millions de voitures de tourisme.
Les véhicules servant principalement au transport
de marchandises sont bien moins nombreux:
on comptait 485 303 véhicules de fret
immatriculés en 2023, dont 430 062 véhicules
de livraison, 42 503 camions et 12 738 semiremorques.
Le parc de véhicules de livraison est
de loin celui qui a connu la plus forte hausse
entre 2010 et 2023: pas moins de 52%. Avec 4%,
l’augmentation du nombre de camions a été relativement
faible sur la même période.
Le défi du développement durable
Pour André Kirchhofer, vice-directeur de l’Association
suisse des transports routiers (ASTAG),
«la forte hausse du nombre de véhicules de
livraison repose sur l’effet de structure des
L’expert
André Kirchhofer est vicedirecteur
de l’Association
suisse des transports routiers
(ASTAG). Au nom de ses
quelque 3750 membres et
partenaires, l’association défend
les intérêts du secteur
du transport routier. Outre
le transport professionnel de
marchandises et le transport
pour compte propre, l’ASTAG
représente également le
transport de personnes avec
les deux groupes professionnels
Car et Taxi.
astag.ch
▶
01/2025 15
Mon ENTREPRISE
LOGISTIQUE DE TRANSPORT
Photo: Gian Vaitl
L’expert
Peter Acél est fondateur et
CEO de la société Dr. Acél &
Partner AG, fondée en 1996.
Avec son équipe, il conseille
les entreprises et les institutions
dans les domaines
du lean management, de la
gestion de la logistique et
de la SCM, de la production
et des technologies. Basé à
Zurich, le cabinet de conseil
international emploie
dix personnes.
acel.ch
biens. La taille des marchandises transportées
a tendance à se réduire et le nombre de grosses
marchandises en vrac, à diminuer, en raison de
la désindustrialisation de la Suisse.» André Kirchhofer
estime que la mutation accélérée vers
une société de services, où la part de l’industrie
est en perte de vitesse, entraîne une stagnation,
voire un recul de la production dans l’industrie
de base et, en parallèle, une hausse de la proportion
de biens de consommation et d’investissement
de qualité. Il en résulte une baisse du
fret en vrac et une augmentation du transport
en lots. Cet effet s’observe dans toutes les économies
très développées.
André Kirchhofer considère toutefois que le
plus grand défi de la logistique est le développement
durable: «À l’ASTAG, nous revendiquons
clairement l’objectif de zéro émission
nette d’ici à 2050. Le secteur déploie des efforts
importants pour réduire les émissions de
CO 2. Mais ce n’est pas si simple. Les camions
électriques sont encore deux fois plus chers à
l’achat que les camions diesel. De plus, la disponibilité
des bornes de recharge, et plus généralement
de l’énergie requise, reste insuffisante
en Suisse. Ces défis vont bien au-delà de notre
secteur et nécessitent une réflexion pluridisciplinaire
et des solutions intersectorielles.»
Peter Acél conseille les entreprises et les institutions sur la gestion de la logistique.
Des changements structurels dus
à l’e-commerce
André Kirchhofer balaie aussi les critiques
émises à l’égard du transport routier: «La densification
du trafic découle de facto de l’augmentation
du trafic de loisirs et des changements
structurels induits par l’e-commerce.
Les personnes qui se plaignent des embouteillages
sur l’autoroute ou dans les centres-villes
devraient s’interroger sur leur propre contribution
à cette situation.» Chaque année, plusieurs
centaines de millions de paquets sont
expédiés en Suisse et doivent être distribués,
et souvent récupérés. Chaque commande passée
génère donc du trafic supplémentaire. «La
réduction du trafic implique toujours un renoncement
individuel», souligne André Kirchhofer.
Peter Acél abonde dans son sens: «Tout le
monde veut économiser sur tout, sauf sur soimême.
Ce calcul n’est pas probant.» Les deux
experts s’accordent sur le fait que la pénurie
de personnel qualifié constitue un autre défi
pour la logistique de transport. «Nous observons
une pénurie de main-d’œuvre qualifiée en
raison de l’évolution démographique et de la
pénibilité du travail. Le métier de chauffeur est
éreintant et attire peu de monde aujourd’hui»,
explique Peter Acél. Pour lui, la solution réside
dans les nouvelles technologies. «Dans le futur,
nos marchandises seront transportées par
des véhicules autonomes. Cela deviendra une
réalité plus vite que nous ne le pensons. Les
progrès techniques sont constants, si bien que
les États-Unis ont déjà dépassé le stade des projets
pilotes. L’arrivée de la conduite totalement
automatisée en Europe ne tient plus qu’à des
aspects de réglementation.»
Des drones pour le dernier kilomètre
Sur le dernier kilomètre, à savoir entre la gare
ferroviaire et le domicile, notamment dans
les centres-villes, Peter Acél juge l’utilisation
de drones très utile: «Les drones sont moins
chers, plus rapides et plus écologiques qu’un
véhicule de livraison. C’est donc une solution
particulièrement intéressante pour la livraison
de paquets jusqu’à cinq kilos.»
Camions diesel, véhicules autonomes ou
drones: la logistique de transport va continuer
à gagner en importance à l’avenir. «Les
Perspectives d’évolution du transport 2050 du
Département fédéral de l’environnement, des
transports, de l’énergie et de la communication
(DETEC) prévoient aussi une augmentation du
trafic pour tous les modes de transport au cours
des prochaines années. Cela est dû à la croissance
démographique et économique, mais
aussi à l’évolution de nos modes de vie: nous
voulons voyager, nous voulons consommer.
Cela entraîne automatiquement une hausse
des services de transport. Que l’on trouve cela
bien ou mal, c’est simplement une réalité»,
conclut André Kirchhofer, de l’ASTAG. ●
Mon ENTREPRISE
16 01/2025
Sources: statistiques du transport de marchandises de l’OFS 2024: transport de marchandises en Suisse 2023
Le marché suisse de la logistique en chiffres
Fret en vrac
Comprend le transport de grandes quantités de
marchandises homogènes, essentiellement non
emballées, dont les minerais, le charbon, les
céréales et le pétrole. Le transport et la
manutention de ces biens nécessitent des
véhicules et des équipements spécialisés, tels
que des véhicules citernes et des convoyeurs.
Cela couvre les produits liquides et les produits
secs en vrac.
191 541 268 tonnes 52%
Reste48%
Fret en conteneur
Se concentre sur le transport de marchandises
dans des conteneurs standardisés, transportés
par bateau, par train ou par poids lourd.
L’utilisation de conteneurs standardisés facilite
considérablement la manutention des marchandises,
car il n’est pas nécessaire de les reconditionner.
Ce segment comprend tous les
transports de grands conteneurs et de contenants
similaires.
30 952 471 tonnes 92%
Reste8%
Transport en lots
Concerne le transport de marchandises emballées
individuellement, de différentes dimensions et
natures, telles que les gros colis, les palettes et les
fûts. Contrairement au fret en vrac, il y a un
traitement individuel de ces produits, qui sont
regroupés en unités de chargement plus grandes.
Ce secteur est considéré comme une composante
essentielle de la gamme de prestations de la
logistique.
98 798 001 tonnes 73%
Reste27%
Part des modes de transport
Trafic automobile
74,59%
Autres
4,12%
Fret routier
21,29%
Services CEP (dont lettres et journaux)
Les services CEP (courier express parcel) se
spécialisent dans le transport de produits de
faible poids et volume, comme les petits
paquets, les lettres, les journaux et les magazines.
Ils se caractérisent par des délais de
livraison rapides et une grande souplesse, car le
transport se fait principalement par la route.
4 696 131 tonnes 1%
Reste99%
Autres marchés partiels
Les «autres marchés partiels» regroupent les
quantités transportées qui ne peuvent pas être
clairement affectées aux domaines logistiques
définis. Cela comprend par exemple les
transports spéciaux et les services de grutage,
qui se distinguent des segments classiques.
4 107 948 tonnes 11%
Reste89%
Les accidents,
ça coûte cher.
Prévenir les accidents de loisirs profite à tout
le monde. Aussi bien aux collaboratrices et
collaborateurs qu’aux entreprises.
Le BPA est votre partenaire fiable en la matière.
Bureau de prévention
des accidents
01/2025 17
bpa.ch/entreprises
Mon ENTREPRISE
INFOGRAPHIE: MÉDIAS
La dégringolade de la presse
Après avoir façonné l’opinion publique pendant des siècles,
les journaux suisses voient leurs tirages fondre comme neige
au soleil. Le triomphe des réseaux sociaux fait planer la menace
d’un vide informationnel croissant.
Illustrations Daniel Karrer
37% Réseaux sociaux
Les médias gratuits, premiers
vecteurs d’information
Seuls 17% des Suisses ont souscrit une offre
d’information en ligne payante. Les sites
d’actualité sur Internet n’en sont pas moins la
principale source d’information. Sources
d’information et pourcentage de personnes y
ayant recouru la semaine précédente.
Source: Reuters Digital News Report 2024
20 minutes
2014: 477 000
62% Sites d’actualités 51% Télévision 28% Presse 28% Radio
Blick
164 000
Une chute abyssale
Aucun titre de la presse écrite n’échappe à la débâcle.
Premier d’entre eux à y avoir laissé des plumes: «Blick».
Les tirages en chiffres d’une sélection de journaux.
Source: OFS/Wemf
Tages-Anzeiger
173 000
Tribune de Genève
44 000
Corriere del Ticino
36 000
2024: 298 000 69 000 92 000 22 000 26 000
Un désintérêt grandissant
Moins de la moitié de la population suisse – et
seulement un quart chez les jeunes – affiche
aujourd’hui un intérêt marqué pour l’actualité.
50%
50%
Âge 18–24 25–34 35–44 45–54
55+
Pourcentage de personnes se disant «très» voire
«extrêmement» intéressées par l’actualité.
Source: Digital News Report 2014
Netflix plutôt que le journal
Les ménages suisses ont deux fois plus d’abonnements
de streaming que d’abonnements à des
journaux.
Source: Étude James 2024 de la ZHAW
80% Abonnements films et séries en streaming
72% Abonnements musique en streaming
45% Abonnements TV
40% Abonnements journaux
36% Abonnements magazines
35% Abonnements forfaitaires jeux
12% Abonnements IA
11% Abonnements livres électroniques
10% Abonnements Premium réseaux sociaux
09% Abonnements Premium YouTube
Le syndrome de fatigue informationnelle
Près d’un tiers des Suisses renoncent à se tenir
informés de l’actualité. Beaucoup, notamment les
jeunes femmes, se disent mentalement épuisés face à
l’afflux constant de nouvelles anxiogènes.
50%
Femmes
Hommes
50%
52
18–24
57
33 35 36
25–34
53
35–44
46
42 40 39
45–54
55+
Pourcentage de personnes, par âge et par
sexe, qui se disent harassées par la profusion
d’informations disponibles.
Source: Reuters Institute Digital News Report 2024
Mon ENTREPRISE
18 01/2025
Sécurité
Questions des lecteurs
Cas de force
majeure ou
faute propre?
Mon collaborateur est arrivé avec
une heure de retard au travail en
raison de fortes chutes de neige.
Puis-je lui réclamer de rester plus
longtemps?
S. L., Bâle
Oui, vous en avez le droit. Une
absence ne doit être comptabilisée
comme temps de travail que si elle
tient à la personne de l’employé. C’est
le cas par exemple lorsqu’un salarié
accomplit son service militaire. En
revanche, si le train de votre collaborateur
est supprimé ou si ce dernier
est pris dans les bouchons, son retard
n’est pas dû à des motifs inhérents à
sa personne. Le temps de travail
perdu est alors soit récupéré ultérieurement,
soit retenu sur le salaire. Il en
va autrement lorsque le travail est
interrompu en raison d’un problème
relevant du risque d’exploitation de
l’entreprise, telle que la défaillance
d’une machine. Si, pour ces motifs,
l’employeur empêche l’exécution du
travail, il se trouve en demeure
d’accepter le travail et doit verser à
ses employés l’intégralité de leur
salaire sans qu’ils aient à fournir le
travail ultérieurement.
Carole Kaufmann Ryan
Avocate chez AXA-ARAG
Photos: màd; iStock/Jinda Noipho
La déclaration électronique des salaires soulage les PME de leurs tâches administratives.
Transmission directe
des données salariales
AXA est l’une des premières caisses de pension à permettre à ses entreprises clientes
d’effectuer les déclarations à l’AVS, à la Suva et aux assurances directement depuis
leur comptabilité salariale. Prévoyance professionnelle, assurance-accidents ou
assurance indemnité journalière maladie: grâce à la déclaration électronique des
salaires (ELM), vous nous transmettez vos données salariales en quelques clics.
C’est rapide, simple et sûr. Il vous suffit de disposer d’un logiciel de paie certifié
Swissdec. Swissdec assure la transmission des données salariales aux assurances
sociales et aux autorités dans le respect des normes de sécurité les plus strictes.
De quoi décharger sensiblement les entreprises sur le plan administratif, puisque
les données sont envoyées en une seule fois à tous les destinataires. Le logiciel
regroupe automatiquement pour chacun d’eux toutes les données salariales pertinentes.
Un simple clic suffit ensuite à les adresser à l’AVS, à la Suva, aux assurances,
aux administrations fiscales et à l’OFS. Grâce à la coopération entre AXA
et Swissdec, les PME peuvent très simplement transmettre à AXA leurs données
salariales pour la prévoyance professionnelle LPP (entrées, sorties, modifications
de salaire ou de taux d’occupation, départs à la retraite, décès, arrêts de travail
pour accident ou maladie, etc.) dans leur logiciel de gestion salariale. En retour,
la caisse de pension communique les taux de cotisations directement au logiciel
de paie. Pour en savoir plus:
axa.ch/elm
«Comme en Suisse, les textes doivent être traduits en plusieurs
langues, l’intelligence artificielle est d’un grand secours.»
Kathrin Braunwarth, responsable Data, Technology & Innovation chez AXA Suisse, page 22
01/2025
19 Mon ENTREPRISE
GESTION DU CHANGEMENT
Une seule constante:
le changement
Dans notre monde complexe, les PME doivent se développer et se transformer
sans cesse. La participation active du personnel au processus de changement présuppose
un plan structuré et réfléchi, et une gestion adéquate du changement.
Texte Melanie Ade
L’expert
Marcel Rüfenacht est expert
en transition numérique,
inspiration leader et chargé
de clientèle Développement
personnel et organisationnel
à la KV Business School
Zurich. Il propose un accompagnement
et des conseils
sur les thèmes clés de la
transformation numérique,
du leadership, des nouveaux
modèles de travail et des
compétences du futur. En
outre, il est enseignant et
formateur dans le domaine
du numérique.
Marcel Rüfenacht, qu’entend-on
par «gestion du changement»?
Par définition, la gestion du changement
englobe tous les projets, méthodes et mesures
qui doivent entraîner un changement plus ou
moins important dans une organisation. Pour
l’essentiel, il s’agit d’impliquer ses collaboratrices
et collaborateurs dans un processus de
transformation et de leur en expliquer la nécessité
et les avantages afin qu’ils soient acteurs
de cette évolution. Par conséquent, la gestion
du changement ne définit pas la transformation
en elle-même, mais plutôt son accompagnement.
Ce thème est-il également important
pour les PME?
Oui, absolument. Les petites et moyennes entreprises
doivent elles aussi évoluer sans cesse,
car les modèles commerciaux traditionnels ne
fonctionnent plus toujours aujourd’hui. Les
problématiques actuelles, comme le blocage
des réformes et de la digitalisation, la pénurie
de main-d’œuvre qualifiée et les difficultés à
trouver des repreneurs, représentent pour les
PME des défis majeurs, qui appellent une réponse.
Les PME peuvent-elles entreprendre
seules cette démarche ou doivent-elles
solliciter une aide externe?
Je suis un fervent défenseur de l’initiation
du changement en interne. D’expérience, cette
approche est mieux acceptée au sein de l’organisation
que les mesures imposées par des
sociétés de conseil externes. Rien n’empêche
évidemment de faire appel ponctuellement à
une aide externe au besoin, par exemple pour
présenter des outils et des méthodes utiles,
élaborer conjointement une stratégie ou tout
simplement bénéficier d’un avis extérieur. Souvent,
les PME ne savent pas quels changements
sont nécessaires pour subsister sur le marché,
ni comment s’y prendre.
Quelle est la meilleure méthode?
Pour commencer, il faut se demander pourquoi
un changement est nécessaire. La pression
vient-elle du marché, des collaboratrices et collaborateurs,
ou encore de la société? Amorcer
une transformation juste pour le plaisir de
changer n’apporte rien. Les équipes doivent
comprendre le caractère impératif de ce changement
pour pouvoir l’appuyer. Cela passe par
une compréhension commune de la situation
actuelle et de l’orientation souhaitée. D’où
l’importance d’avoir d’emblée une vision qui
mette au clair le sens et le but de la transformation.
Nous avons l’habitude d’utiliser le terme
d’étoile polaire, à savoir une vision d’avenir
nous servant de point de référence à l’horizon,
mais sans chemin tout tracé pour y parvenir.
Et une fois l’étoile polaire définie?
Nous avons besoin d’une analyse solide de
la situation de départ: où en est l’entreprise?
Quels sont nos points forts et nos points
faibles? Comment nous positionnons-nous
sur le marché et vis-à-vis de la concurrence? Y
a-t-il des processus ou des branches d’activité
qui fonctionnent mieux que d’autres? Sur quoi
nous concentrer pour l’avenir? Sur cette base,
on formule l’objectif à atteindre, à savoir l’état
cible, avec les mesures adéquates pour y parvenir.
Ainsi, les PME peuvent expliquer en toute
transparence la nécessité du changement, les
éléments à modifier et la manière dont elles
parviendront à l’objectif.
À quoi faut-il également prêter attention?
Veillez à inclure d’emblée vos équipes, afin
qu’elles ne soient pas spectatrices, mais actrices
du changement. L’élaboration conjointe
de l’objectif et des mesures concrètes par une
approche ascendante confère au changement
un ancrage et un soutien plus forts dans l’entreprise
que si la direction l’accapare et se
contente, au mieux, de communiquer les décisions
aux niveaux hiérarchiques inférieurs.
Sans aller forcément jusqu’à consulter chaque
membre du personnel, l’idéal est de constituer
un groupe représentatif de tous les services de
l’entreprise. Toutefois, je recommande toujours
d’inclure des personnalités non conformistes
et sceptiques dans l’équipe de projet.
Cela implique un certain courage, mais cela
Mon ENTREPRISE
20 01/2025
GESTION DU CHANGEMENT
L’élaboration conjointe de
l’objectif et des mesures
concrètes confère au changement
un ancrage et un soutien
plus forts dans l’entreprise.
Photos: iStock/Charday Penn; màd
peut faire toute la différence. On s’assure ainsi
de tenir compte de leurs idées, de leur témoigner
de l’estime et de les transformer en ambassadrices
et ambassadeurs qui, en plus de
soutenir le changement, vont l’instiller dans
les différents services de l’organisation.
Quels sont les obstacles à surmonter?
En général, les entreprises échouent au niveau
de la communication. Il faut sacraliser la
transparence. Une planification en vase clos
ne fait que créer de l’incertitude au sein du
personnel. Dès que la situation de départ, l’objectif
et les mesures requises ont été définis, il
convient d’envoyer une première communication
exhaustive à toute l’organisation, même
si ce changement n’affecte pas tout le monde
dans les mêmes proportions. Il est important
d’expliquer la direction choisie ainsi que l’existence
d’un plan concret et probant, et de définir
clairement les responsabilités. Informez
régulièrement vos équipes en toute franchise,
évoquez les avancées, mais aussi les déconvenues
et les échecs, et célébrez les étapes clés.
Il est inutile de présenter un plan directeur
au personnel si vous n’en parlez plus pendant
trois ans par la suite.
Comment gérer l’opposition
systématique au changement chez
certains collaborateurs et collaboratrices?
La résistance est et restera inscrite dans
notre ADN. Nous sommes des êtres routiniers,
qui n’apprécient guère le changement. Il est
important de ne pas ignorer cette opposition
et de prendre au sérieux les personnes concernées.
Il y aura toujours des collaboratrices et
collaborateurs qui auront besoin d’être davantage
accompagnés et soutenus pour faire face
au changement. Cherchez le dialogue personnel,
faites preuve de compréhension et d’empathie,
et essayez de comprendre leurs motivations.
Donnez-leur l’occasion d’exprimer leur
opinion, mais fixez tout de même des limites et
suivez une ligne claire. Sans quoi vous perdrez
en crédibilité.
Souhaitez-vous donner un dernier
conseil à nos PME?
Ayez le courage de faire marche arrière.
Si vous remarquez que le processus de changement
vous mène droit dans une impasse,
prenez du recul, repensez votre stratégie et
changez de direction si nécessaire. Depuis la
pandémie, nous savons que nous vivons dans
un monde complexe, où tout peut changer du
jour au lendemain. Vous pouvez donc tout à
fait être amené à changer plusieurs fois de cap.
Ne quittez jamais des yeux votre étoile polaire,
mais restez flexible et agile dans la trajectoire
de mise en œuvre. Et gardez toujours une chose
à l’esprit: s’ils nécessitent beaucoup de temps
et de ressources, les changements sont un investissement
à long terme dans votre entreprise,
pour lui assurer un avenir prospère. ●
Bonnes pratiques:
huit facteurs de
réussite de la gestion
du changement pour
les PME
1.
2.
3.
4.
Autoriser les succès
rapides
Impliquer les personnes
critiques
Intégrer la culture
d’entreprise dans le
changement
Accepter d’allouer
des ressources au
changement
5. Accepter
la résistance
6.
7.
8.
Transformer les
perdants en gagnants
Avoir une communication
ouverte
et transparente
Définir une équipe
centrale
weiterbildung-in-kmu.ch/fr
01/2025 21
Mon ENTREPRISE
ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI
Seule une PME sur cinq
voit dans l’IA une menace
Illustration: iStock
Plus de la moitié des PME suisses intègrent déjà
l’intelligence artificielle (IA) dans leurs processus
de travail. Quel est l’effet de cette technologie sur
leur charge de travail? Les craintes de suppression
de postes dues à l’intelligence artificielle
sont-elles réellement fondées? AXA Suisse fait le
point dans sa dernière étude.
Texte Melanie Ade
Depuis le lancement du chatbot
ChatGPT en novembre 2022, tout
le monde parle de l’intelligence
artificielle et de ses conséquences.
Comme le montrent les résultats de
l’étude 2024 d’AXA sur le marché du travail, les
PME suisses ont elles aussi pris cette thématique
à bras-le-corps. Plus de la moitié (55%) des entreprises
interrogées intègrent l’intelligence artificielle
dans leurs processus. Un tiers d’entre elles
en sont encore au stade de l’expérimentation et
utilisent l’IA uniquement pour certains projets
ou à l’initiative de certains collaborateurs
et collaboratrices. En revanche, un cinquième
des PME (22%) l’incluent déjà pleinement dans
leurs processus: 6% d’entre elles y ont recours
dans tous les domaines de leur activité, et 16%
pour certains projets seulement. À noter que
45% des entreprises sondées n’utilisent encore
aucun outil d’IA dans leurs processus.
Les échanges personnels avec la clientèle
restent importants
L’étude révèle également qu’une grande partie
des PME interrogées recourent à l’IA notamment
pour des tâches de communication et de
rédaction. En effet, 48% utilisent les outils d’IA
pour des traductions et 40% pour des travaux
de correspondance, par exemple pour simplifier
et accélérer la rédaction d’e-mails et de
lettres. «Dans ce domaine, les applications d’IA
peuvent apporter une réelle valeur ajoutée et
s’intégrer assez simplement dans les processus
de travail en place. Dans un pays multilingue
comme la Suisse, dont l’économie est fortement
interconnectée au niveau international,
des textes, des e-mails ou des présentations
doivent constamment être traduits dans différentes
langues, et l’intelligence artificielle
Mon ENTREPRISE
Mon ENTREPRISE
22 01/2025
ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI
«Les applications d’IA peuvent apporter une réelle valeur ajoutée
dans les tâches de rédaction et de communication.»
Kathrin Braunwarth, responsable Data, Technology & Innovation d’AXA Suisse
apporte ici une aide efficace», déclare Kathrin
Braunwarth, responsable Data, Technology &
Innovation d’AXA Suisse.
Un bon tiers (36%) des entreprises interrogées
utilisent l’IA pour la création de textes publicitaires.
Les PME en font un usage plus modéré
pour la génération d’images (21%). Environ un
quart des PME qui recourent à l’IA le font pour
optimiser des étapes de travail et des analyses
de données. «Dans ces domaines, l’intégration
de l’IA prend un peu plus de temps et nécessite
une plus grande expérience que dans le
domaine de la communication», explique Michael
Hermann, directeur de l’institut de recherche
Sotomo, qui a réalisé l’étude pour le
compte d’AXA. La publicité personnalisée et
l’assistance à la clientèle sont les applications
de l’IA les moins fréquentes, puisqu’elles ne
concernent que 15% des entreprises sondées.
«Les échanges personnels avec la clientèle
restent donc importants. Ils sont certes facilités
par l’IA, par exemple pour la correspondance,
mais ne sont pas entièrement remplacés
par celle-ci», ajoute Michael Hermann.
Un tiers des PME voient l’IA comme
une opportunité
Dans la plupart des entreprises, l’intelligence
artificielle est encore plutôt en phase de test
que totalement intégrée. Mais c’est la position
de principe des entreprises qui dictera l’avenir
de cette technologie. Les résultats de l’étude
d’AXA montrent ainsi que 45% d’entre elles
adoptent un positionnement neutre vis-à-vis
de l’intelligence artificielle et n’y voient ni une
menace ni une chance pour leur activité. Près
d’un tiers des PME estiment que les applications
d’IA offrent des opportunités et les voient d’un
œil favorable. Elles sont bien moins nombreuses
(env. 20%) à considérer l’intelligence artificielle
(plutôt) comme une menace pour leurs affaires.
On observe de nettes différences en fonction
de la taille de l’entreprise: plus de la moitié
(52%) des entreprises sondées employant plus
de 50 personnes perçoivent l’intelligence artificielle
comme une évolution positive. Ce
taux passe à 41% pour les entreprises de taille
moyenne occupant jusqu’à 49 personnes et à
27% seulement pour les PME employant de
5 à 9 personnes.
Du côté des petites entreprises, un quart des
répondants estiment même que l’IA représente
une menace pour leur activité, contre
15% seulement des PME de taille moyenne ou
grande. «Une mise en œuvre judicieuse de l’IA
Tâches de l’IA dans l’entreprise
«Pour quelles tâches utilisez-vous des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT?
(plusieurs réponses possibles)», uniquement les PME qui utilisent déjà l’IA.
Traductions
Optimisation des étapes de travail
Analyse des données
Génération d’images
Textes publicitaires
Correspondance
Publicité personnalisée
Service et assistance à la clientèle
48%
23%
22%
21%
36%
40%
15%
16%
0% 10% 20% 30% 40% 50%
Intégration de l’IA dans les processus d’entreprise
«Comment intégrez-vous l’intelligence artificielle dans vos processus?»
Pas d’utilisation de l’IA
Expérimentation de l’IA dans
certains projets
Expérimentation de l’IA par des
collaborateurs et collaboratrices,
à leur propre initiative
Intégration résolue de l’IA dans
tous les domaines de l’entreprise
Intégration résolue de l’IA dans
certains projets
Impact de l’IA sur la charge de travail
«Quel est l’impact de l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle sur votre charge
de travail aujourd’hui ■ ? Et dans les deux prochaines années ■?»
La mise en œuvre prendra plus de temps qu’elle ne permettra d’en
gagner, ce qui entraînera une augmentation du nombre de postes.
La mise en œuvre prendra plus de temps qu’elle ne permettra
d’en gagner, sans effet sur le nombre de postes.
Aucun impact perceptible.
Elle permettra des gains de temps, mais n’aura pas
d’impact sur le nombre de postes.
Les gains de temps réalisés permettront
de réduire le personnel.
6%
8%
14%
12%
53%
37%
25%
35%
2%
8%
0% 20% 40% 60%
▶
01/2025 23
Mon ENTREPRISE
ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI
nécessite souvent des ressources techniques et
un personnel maîtrisant leur utilisation. Les
grandes PME disposent plus facilement de ces
ressources que les petites», déclare Kathrin
Braunwarth d’AXA.
L’une des craintes le plus souvent évoquées à
propos de l’intelligence artificielle est la réduction
du nombre de postes de travail. Elle se
fonde sur l’hypothèse que certaines tâches aujourd’hui
effectuées par des humains pourront
être automatisées grâce à l’IA. Cela concerne
notamment les opérations courantes hautement
standardisées. D’après l’étude d’AXA auprès
des PME, les craintes liées à de potentielles
suppressions d’emplois dues à l’IA sont actuellement
exagérées. Plus de la moitié (53%) des
entreprises interrogées déclarent ne ressentir
encore aucun effet sur la charge de travail. Si
plus d’un quart (27%) des entreprises estiment
que l’IA permet de gagner du temps, un cinquième
d’entre elles pensent que sa mise en
œuvre augmente pour l’instant la charge de
travail plutôt qu’elle ne la diminue.
À l’horizon de deux ans, les PME qui considèrent
que l’IA réduira la charge de travail sont
plus nombreuses (43%) que celles qui pensent
le contraire (20%). Mais là aussi, on observe
des disparités, notamment en fonction de la
branche d’activité. Sans grande surprise, c’est
en premier lieu le secteur de la communication
(67%) qui s’attend à d’importants gains
de temps à l’avenir. «L’intelligence artificielle
étant avant tout utilisée pour les traductions
et la correspondance, il paraît logique que les
entreprises actives dans le domaine de la communication
et des médias en profitent le plus.
Les sociétés informatiques, qui appartiennent
également à ce secteur, sont prédestinées à tirer
profit des outils d’IA au niveau de l’analyse
de données et de la programmation», explique
Michael Hermann de Sotomo. Dans l’industrie
(59%), le secteur manufacturier (53%) et le commerce
(47%), près de la moitié des entreprises
prévoient également des économies de temps
grâce aux applications d’IA. Toutes branches
confondues, la part des PME qui tablent sur des
gains de temps dans un proche avenir est plus
élevée que la proportion qui n’en attend pas.
«Avec la
diffusion de
l’IA, les profils
d’exigences
pour les
collaboratrices
et
collaborateurs
devraient
évoluer.»
Michael Hermann, directeur de
l’institut de recherche Sotomo
le secteur manufacturier (22%), le commerce
(18%) et l’industrie (14%). Dans ces branches,
les tâches standardisables au niveau de la production,
du tri ou de la logistique sont relativement
nombreuses, ce qui explique le fort
potentiel de suppressions d’emplois. Fait intéressant,
seules 7% des PME opérant dans les
secteurs de l’information et de la communication,
où l’on s’attend actuellement à d’importants
gains de temps, prévoient des réductions
de postes. «Même si des applications d’IA sont
aujourd’hui utilisées, surtout dans la communication,
les outils d’IA dédiés à la traduction
ou à la correspondance semblent plutôt considérés
comme une aide, et non comme une solution
de remplacement. Le secteur de l’information
réalise des gains de temps substantiels,
puisque les collaboratrices et les collaborateurs
peuvent confier les tâches lourdes, voire fastidieuses,
aux applications d’IA. Nous constatons
qu’actuellement, l’IA simplifie le travail sans
réduire les effectifs», précise la responsable
DTI, Kathrin Braunwarth. Pour les PME interrogées,
l’utilisation accrue de cette technologie
ne conduit pas nécessairement à des réductions
de postes.
Reste à savoir si les outils d’IA ne feront que
simplifier certaines étapes de travail ou s’ils
modifieront les modes de collaboration et
donc les exigences posées au personnel qualifié.
Comme le révèle l’étude sur le marché
de l’emploi, les PME se montrent encore sceptiques
face à ces développements. Plus de la
moitié d’entre elles estiment que les applications
d’IA ne modifieront pas les profils d’exigences
pour le personnel, et 21% seulement
pensent que l’intelligence artificielle aura une
influence sur le profil d’exigences. Mais cette
situation va sans doute évoluer avec le recours
accru à l’IA. «Chez les PME ayant adopté l’IA,
29% observent un changement au niveau des
exigences posées. Avec la diffusion de l’IA au
sein des entreprises, on peut donc s’attendre à
ce que les profils d’exigences pour les collaboratrices
et collaborateurs évoluent considérablement»,
estime Michael Herman. ●
Photo: Marco Vara
Aucune réduction de personnel prévue
dans le sillage de l’IA
En dépit des gains de temps anticipés, seule
une minorité de PME envisagent des coupes
dans leurs effectifs à cause de l’IA. Les réductions
de postes prévues concernent avant tout
À propos de l’étude
Pour la présente étude, l’institut de recherche
Sotomo a interrogé 300 PME suisses employant cinq
personnes ou plus en Suisse romande et en Suisse
alémanique. Les données ont été collectées entre le
5 et le 13 février 2024 auprès du panel d’entreprises
d’AmPuls.
Mon ENTREPRISE
Mon ENTREPRISE
24 01/2025
Responsabilité
Questions des lecteurs
Report des
prestations de
vieillesse
L’un de mes collaborateurs n’a pas
pu transférer la totalité de son avoir
de libre passage dans la caisse de
pension et dispose donc d’un compte
auprès d’une fondation de libre
passage. Il atteindra l’âge de référence
l’année prochaine, mais
souhaite continuer à travailler et
ajourner le versement de ses prestations
de vieillesse tant dans la caisse
de pension que dans la fondation de
libre passage. À quoi doit-il s’attendre
s’il décide finalement de
renoncer à son activité lucrative?
A. M., Gossau SG
Depuis l’entrée en vigueur de la réforme
de l’AVS au 1 er janvier 2024, toutes les
personnes assurées dans la prévoyance
professionnelle qui continuent de travailler
après avoir atteint l’âge réglementaire
de la retraite ou l’âge de référence
ont le droit légal de différer leurs prestations
de vieillesse jusqu’à l’âge de
70 ans (art. 13, al. 2, LPP). Un ajournement
de la prestation de libre passage
jusqu’à l’âge de 70 ans est également
possible dans la plupart des fondations
de libre passage. Toutefois,
contrairement à l’ajournement dans
la prévoyance professionnelle, un
délai transitoire de cinq ans s’applique
(jusqu’à fin 2029), pendant lequel
l’ajournement n’est pas nécessairement
lié à la poursuite de l’activité lucrative;
cela ne changera qu’au 1 er janvier 2030
(art. 16, al. 1, OLP).
Sabine Spross
Avocate
Senior Legal Counsel
Group Life
Photos: màd, iStock/wah_fotobox
La start-up suisse «Neustark» a mis au point une technologie qui capte le CO 2 émis par
les installations de biogaz et le stocke dans des gravats de béton.
Nouveaux partenariats pour
l’élimination du CO 2
L’Accord de Paris sur le climat a fixé l’objectif de zéro émission nette de gaz à
effet de serre à l’échelle mondiale d’ici à 2050. À cette date, les émissions atmosphériques
de gaz à effet de serre comme le CO 2 ne devront pas être supérieures
aux capacités d’élimination de ces substances de l’atmosphère. Si l’on veut parvenir
aux niveaux nécessaires d’élimination du CO 2, il faut impérativement développer
bien en amont différentes technologies à cet effet. C’est pourquoi, à
partir de 2026, AXA Suisse s’attachera à soutenir les technologies d’élimination
du CO 2 au lieu de compenser son bilan carbone. Dans le cadre de sa stratégie
modifiée, AXA Suisse soutiendra deux nouveaux projets d’élimination du CO 2
sur la période 2026-2030: la start-up germano-brésilienne «InPlanet» élimine le
CO 2 par un procédé dit d’«altération forcée» de certains minéraux. Elle procède à
l’épandage d’une fine poussière de roche sur des terres agricoles au Brésil, ce qui
permet d’accélérer le processus naturel de fixation du CO 2. Ce procédé concourt
à réaliser en moins de dix ans ce qui prend normalement des siècles. D’ici à 2028,
InPlanet assurera le captage et le stockage durable de 1950 tonnes de CO 2, et la
start-up suisse «Neustark» fera de même pour 1800 tonnes supplémentaires à
l’horizon 2030. Neustark a mis au point une technologie qui capte le CO 2 émis
par les installations de biogaz et le stocke dans des gravats de béton. Sa solution
innovante est déjà mise en œuvre sur différents sites de Suisse et d’Europe.
«Aujourd’hui, si un cuisinier refuse d’inscrire à la carte des plats
végans ou végétariens, c’est qu’il n’a rien compris.»
Michel Péclard, chef d’entreprise et restaurateur zurichois, page 30
01/2025 25
Mon ENTREPRISE
EXTERNALISATION
Tirer profit de
l’externalisation
Depuis longtemps déjà, les grandes entreprises
externalisent les processus et fonctions sans lien direct
avec leur création de valeur, afin de pouvoir se
concentrer sur leurs compétences clés. Mais
l’externalisation peut aussi être intéressante pour
les PME.
Texte Melanie Ade Photos Daniel Ammann
C
es dernières années, le transfert de
certaines tâches ou processus dans
des pays de la zone euro, où les
coûts sont plus faibles, est devenu
un thème central du paysage industriel
suisse. Face aux coûts de production
élevés en Suisse et à la perte de compétitivité
qui en résulte, les entreprises doivent chercher
activement de nouveaux moyens de réduire
leurs coûts et de renforcer leur efficacité. Le
recours stratégique à l’externalisation s’est
avéré un instrument efficace pour relever ces
défis et accroître durablement le succès des
entreprises. Mais externalisation ne veut pas
nécessairement dire étranger. «L’externalisation
consiste généralement à confier à un tiers
un certain nombre de processus de sa propre
chaîne de prestations. La prestation propre devient
ainsi une prestation tierce», explique Roland
Schegg, Director Consulting Entreprises
familiales chez PwC Suisse.
Avantage de l’externalisation pour les PME
De plus en plus de PME confient à des prestataires
externes certains processus comme la
Mon Entreprise
Depuis 1996, le groupe kybun
Joya développe, produit
et distribue des chaussures
ergonomiques de qualité.
Karl Müller et Claudio Minder
ont fondé Joya en 2008,
l’ont fusionnée avec kybun
en 2021 et dirigent depuis
cette entreprise employant
200 personnes. La société,
dont le siège est à Roggwil,
produit chaque année
environ 400 000 paires de
chaussures des marques
kybun, Joya et Kandahar,
distribuées dans 1200 points
de vente à travers le monde.
kybunjoya.swiss
comptabilité ou le traitement des salaires, une
pratique jadis réservée aux grandes entreprises.
«Pratiquement toutes les prestations d’une entreprise
peuvent être externalisées», affirme
R. Schegg. L’externalisation de l’infrastructure
informatique est un grand classique. «L’exploitation
de structures de stockage propres et la
sécurité des données qu’elle implique posent
des défis de plus en plus grands aux entreprises
dont l’informatique n’est pas le cœur de métier.
Mais en principe, l’externalisation est envisageable
pour n’importe quel processus ou
domaine», explique le consultant.
Même si de plus en plus de PME optent pour
une externalisation stratégique, rares sont
celles qui transfèrent des parties de leur
chaîne de création de valeur à l’étranger. Le
groupe kybun Joya de Roggwil a franchi ce
pas. Ces «chausseurs de la nation», comme on
les surnomme, produisent leurs chaussures
sur quatre sites différents: dans leurs propres
ateliers, situés l’un à Sennwald (SG) et l’autre
dans le nord de l’Italie, ainsi que sur deux
autres sites de production en Corée du Sud et
en Indonésie. «Lorsque nous avons fondé notre
entreprise en 2008, nous savions déjà que nous
ne pourrions pas produire uniquement en
Suisse. Il y manque des spécialistes qualifiés
et les machines nécessaires à la fabrication des
chaussures. L’Italie, en revanche, possède une
industrie de la chaussure très solide, avec le
savoir-faire nécessaire et des fournisseurs», explique
Karl Müller, CEO du groupe kybun Joya.
De ce fait, les chausseurs de Suisse orientale
avaient dans un premier temps délocalisé la
production de leurs chaussures ergonomiques
dans le nord de l’Italie. Depuis quelques années,
ils produisent aussi divers modèles de la
marque kybun en Suisse; la marque Kandahar,
quant à elle, est fabriquée exclusivement à
Sennwald. «À long terme, nous entendons produire
en Suisse la majorité de nos chaussures,
afin de renforcer la place industrielle suisse et
de créer des emplois», affirme K. Müller.
Plusieurs sites, divers avantages
La pluralité des sites ne rend-elle pas le processus
de production plus compliqué et coûteux?
«C’est normalement le cas», déclare le directeur
Claudio Minder. «Pour nos chaussures kybun,
il est judicieux d’avoir deux sites, car certaines
technologies de production ne peuvent
être développées qu’en Italie. En Suisse, il nous
manque encore le savoir-faire et l’infrastructure
nécessaires pour reproduire toute la
chaîne de création de valeur», précise-t-il.
Les chaussures de la marque Joya, pour leur
part, sont produites en Corée du Sud et en Indonésie,
non sans raison. «Nos chaussures Joya
sont environ de 30% moins chères que celles de
la marque kybun. Les facteurs de coûts jouent ▶
Mon ENTREPRISE
26 01/2025
1 Claudio Minder et Karl Müller
produisent avec passion des
chaussures ergonomiques de
qualité.
2 Les chaussures kybun sont
fabriquées à Sennwald, dans
le canton de Saint-Gall, et dans
le nord de l’Italie.
3 L’entreprise produit environ
400 000 paires de chaussures
par an.
1
2
01/2025 27 Mon ENTREPRISE
3
EXTERNALISATION
1
2
1 En Suisse, il manque
encore au «chausseur
de la nation» une part
de savoir-faire et
certaines infrastructures
pour reconstituer
l’intégralité de la
chaîne de création de
valeur.
2 Le groupe kybun Joya
mise sur la qualité et
l’artisanat: chaque
chaussure est contrôlée
manuellement.
3 À long terme, il est
prévu de produire la
majorité des chaussures
kybun en Suisse,
afin de renforcer la
place économique.
3
Mon ENTREPRISE
28 01/2025
EXTERNALISATION
donc un rôle décisif dans le choix du site de production.
Rapatrier la production Joya en Suisse
nous obligerait à relever le prix au niveau de
kybun. Cela créerait une concurrence entre nos
différentes marques, ce qui n’est bien entendu
pas dans notre intérêt», affirme K. Müller. Les
deux entrepreneurs avaient choisi la Corée du
Sud, car le père de K. Müller, fondateur de la
société MBT, produisait ses chaussures en Extrême-Orient;
ils pouvaient dès lors utiliser le
réseau existant de partenaires de production
locaux. «De plus, comme ma mère est originaire
de Corée du Sud et que j’y ai longtemps
vécu, la culture et la langue me sont familières,
ce qui est aussi un atout», explique K. Müller.
Avantages en termes de coûts et d’efficacité
Pour des raisons de coûts, les deux fondateurs
ont toutefois dû transférer une partie de la
production Joya en Indonésie il y a quelques
années. «Les salaires en Corée du Sud sont
maintenant au même niveau qu’en Allemagne.
En Indonésie, ils restent nettement plus bas»,
précise C. Minder. Les deux sites ont cependant
leurs avantages: «La Corée du Sud possède un
grand savoir-faire dans l’utilisation de matériaux
techniques pour la fabrication de chaussures,
un atout qui nous permet de développer
notre marque. Mais depuis l’usine en Indonésie,
nous pouvons livrer directement et sans
taxe au Japon, le principal marché final de Joya
en dehors de nos marchés traditionnels.» Un
bon exemple, selon l’expert R. Schegg: «L’externalisation
permet d’exploiter une expertise
externe pour dégager des avantages en termes
de coûts et d’efficacité. Des avantages peuvent
aussi se présenter au niveau de la distribution,
lorsque le partenaire dispose d’un meilleur accès
à certains marchés.» Outre une réduction
des coûts, l’externalisation peut aussi induire
une hausse de qualité. Sans oublier qu’en externalisant
des fonctions non centrales, les entreprises
peuvent concentrer leurs ressources
internes sur des domaines plus importants
d’un point de vue stratégique, ce qui améliore
l’efficacité et la productivité.
Priorité au cœur de métier
La concentration sur le cœur de métier et le
développement de leur entreprise sont des éléments
centraux pour les deux fondateurs de
kybun Joya. «Tout ce que d’autres font mieux
que nous, nous l’externalisons. Ainsi, nous
avons engagé une agence externe pour des missions
de marketing spécifiques. De même, nous
Roland Schegg, Director
Consulting Entreprises
familiales, PwC Suisse.
«En principe,
l’externalisation
est
envisageable
pour
n’importe
quel processus
ou domaine.»
1. Comptabilité
L’externalisation de la comptabilité est
courante parmi les petites entreprises.
Des comptables expérimentés gèrent
efficacement les processus financiers et
les normes de compliance de plusieurs
entreprises, permettant à ces dernières de
gagner du temps et de l’argent.
2. Distribution
Si votre entreprise ne dispose pas d’un
personnel de vente ou du savoir-faire
requis, le recours à des sociétés ou à des
professionnels spécialisés pourra vous
faire gagner des clients et signer plus de
contrats.
3. Marketing
Des agences de marketing externes
peuvent accélérer la croissance de votre
entreprise en s’occupant de tâches telles
que la conception publicitaire, le développement
de contenus et la gestion des
réseaux sociaux. Vous pourrez ainsi vous
concentrer sur les processus internes, tout
en tirant profit de l’expertise des spécialistes
du marketing.
4. Services informatiques
Les chiffres du marché mondial de la délocalisation
des prestations informatiques
avons créé récemment un poste de responsable
opérationnel, pour pouvoir nous concentrer
encore plus sur la stratégie et l’innovation
de notre entreprise.» Une décision qu’appuie
R. Schegg: «En recourant habilement à des
partenaires d’externalisation, les entreprises
peuvent améliorer leur santé financière tout
en accroissant leur compétitivité. Mais attention
toutefois: la collaboration avec des tiers
crée des interfaces externes. Il faut donc bien
penser la gestion de ces interfaces, de façon à
maintenir son efficacité. Pour tirer le meilleur
parti de l’externalisation, il faut trouver un
mode de collaboration où les partenaires sont
sur un pied d’égalité. Étudiez donc bien cette
décision. Et certains domaines d’activité ne
doivent en aucun cas être externalisés: les compétences
de cœur de métier et les technologies
clés doivent toujours rester dans l’entreprise.»
●
Sept domaines dont l’externalisation peut
aussi être intéressante pour une PME
sont impressionnants et soulignent le
succès de l’externalisation dans ce secteur.
La collaboration avec des fournisseurs de
services gérés ou des sociétés apportant un
soutien ciblé pourra résoudre efficacement
vos problèmes techniques.
5. Tâches administratives
La gestion des tâches administratives
passe de plus en plus par des assistants
virtuels. Certains d’entre eux, bon marché
et efficaces, s’occupent de votre messagerie
électronique ou de vos contributions
sur les réseaux sociaux.
6. Service à la clientèle
Les entreprises qui interagissent surtout
en ligne ou par téléphone avec leur clientèle
peuvent améliorer leur efficacité dans
ce domaine en confiant leur stratégie de
service clientèle à des centres d’appels
externes ou à des services de chat, pour
décharger leur équipe interne.
7. Expédition et logistique
Les entreprises de commerce électronique
peuvent optimiser leurs processus
en confiant l’expédition et le traitement
des commandes directement à des
centres de production ou à des services
de livraison.
Sources: Linkedin, Vineo Services GmbH – Photo: màd
01/2025
29
Mon ENTREPRISE
MARKETING
ENTRETIEN
«Si les gens veulent
du poisson frit, je leur
sers du poisson frit»
Enfant terrible, pape du poisson frit, esprit libre. Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire
Michel Péclard. Adulé des uns, détesté des autres, ne mâchant jamais ses mots, cet exploitant
de 19 restaurants autour du lac de Zurich a toujours divisé. Ce qui ne l’empêche pas de connaître
un succès retentissant. Dans cet entretien, l’entrepreneur zurichois nous explique ce qu’il fait
mieux que d’autres et pourquoi il ne se considère pas comme un restaurateur.
Entretien Melanie Ade
Photos Daniel Winkler
Vous venez de passer douze jours sur
un voilier aux Caraïbes avec votre
personnel d’encadrement. Vacances
gratuites ou workation?
Je tiens à ce que les cadres de mes établissements
s’entendent bien. Car de cette façon,
ils s’entraident dans les situations tendues.
Une fois par an, j’invite donc en vacances les
34 gérants et chefs des différents restaurants.
Le résultat est incroyable: c’est une équipe qui
part, et c’est une famille qui revient. Cela me
rend très heureux. Après tout, on passe 60% de
son temps au travail: mieux vaut avoir de bons
rapports avec ses collègues. Nous renforçons
ainsi l’esprit d’équipe, tout en puisant de l’inspiration
culinaire dans nos voyages. Pendant ce
temps, les équipes en Suisse font tourner les
établissements sans les responsables, ce qui
les motive aussi énormément. Tout le monde
y gagne.
Est-ce que cela fait partie de
votre culture d’entreprise?
Absolument. Je souhaite que chaque personne
se sente bien chez nous, quels que soient
ses origines, sa couleur de peau, son sexe, sa religion,
son appartenance ethnique ou son orientation
sexuelle. J’emploie d’anciens toxicomanes,
des réfugiés, des ex-détenus et des travestis. Je
n’ai que faire des diktats de la société. Nous
sommes toutes et tous égaux. Et je crois fermement
que tout le monde a droit à une deuxième
chance. D’ailleurs, les personnes à qui on donne
une chance offrent en retour énormément de
gratitude et de motivation.
À quoi prêtez-vous attention lorsque
vous recrutez du personnel?
Je ne regarde jamais le curriculum vitæ.
Lorsque des cadres postulent chez nous, je passe
toujours une soirée avec eux au «Coco». Nous
mangeons ensemble, buvons du vin jusqu’à
deux heures du matin, et je sonde la personne
pour savoir si elle peut s’intégrer dans l’équipe.
Mes longues années d’enseignement à l’école
hôtelière de Lucerne m’ont appris une chose:
un seul mouton noir suffit à tirer tout un
groupe vers le bas.
Le secteur de la restauration n’a pas
vu d’un très bon œil votre décision de
passer au salaire au pourcentage.
C’est un fait: tous les restaurateurs se
plaignent d’avoir du personnel incompétent.
Mais ils sont trop avares pour investir dans
leur main-d’œuvre. Soyons honnêtes: à Zurich,
les serveuses et serveurs gagnent environ
4200 francs, ce qui ne suffit pas pour vivre dans
cette ville. Rien d’étonnant à ce que les personnes
qualifiées partent. Dans ces conditions,
il faut faire preuve d’inventivité. Sois généreux
envers ton personnel et il le sera envers toi.
Et ce modèle fonctionne?
Parfaitement! Notre chiffre d’affaires a augmenté
de 30% et notre bénéfice de 50%, alors
que nos charges de personnel ont baissé de 5%.
Conclusion: travailler pour soi rend plus productif.
Nous avons en outre nettement moins
d’absences, notamment pour cause de maladie,
et moins de réclamations.
D’aucuns prétendent que ce système
incite le personnel à pousser à l’achat.
C’est ce que je craignais en effet. Et pour
deux de mes employés, cela a été le cas. Je les
«Je ne regarde
jamais
le curriculum
vitæ. Lorsque
des cadres
postulent chez
nous, je passe
toujours une
soirée avec
eux au ‹Coco›.»
Michel Péclard
Plus on le met au défi, plus
il se dépasse: Michel Péclard est
un créatif à l’esprit libre.
▶
Mon ENTREPRISE
30
01/2025
01/2025 31
Mon ENTREPRISE
MARKETING
ENTRETIEN
«L’histoire des
16 000 francs
de salaire
mensuel s’est
répandue
comme une
traînée de
poudre à
travers toute
l’Europe, et
depuis, les
candidatures
affluent en
masse.
On m’accoste
même
pendant mes
vacances pour
me demander
si j’embauche.»
Michel Péclard
Portrait
Michel Péclard est un entrepreneur
et restaurateur zurichois.
Né en 1968 à Kilchberg,
il suit d’abord des études de
comptabilité. En 1994, aux
fêtes de Zurich, il tient avec
succès un stand de brochettes
et se découvre ainsi une
passion pour la restauration.
Après avoir achevé l’école
hôtelière, il ouvre la «Pumpstation»
en 1998, avec sa
cousine Janka, décédée d’un
cancer en 2014. Aujourd’hui,
l’empire Péclard englobe
19 restaurants répartis autour
du lac de Zurich. Depuis 2010,
avec son associé Florian
Weber, Michel Péclard dirige
la société Pumpstation
Gastro GmbH, qui emploie
750 personnes. Michel
Péclard a été marié et a deux
fils adultes.
peclard.net
ai licenciés sans ménagement: un tel comportement
n’a pas sa place chez moi. Depuis, mon
équipe sait que je ne plaisante pas avec ce sujet.
Le problème ne s’est jamais reproduit.
N’est-ce pas injuste pour les personnes
qui œuvrent en coulisses?
Un grand nombre de personnes étrangères
travaillent dans nos cuisines. Celles qui interviennent
dans nos restaurants au bord du lac,
et qui ne sont mobilisées que l’été, ont quatre
à cinq mois de congés l’hiver et peuvent alors
rentrer dans leurs pays, à salaire plein. Les
autres, dont les familles sont en Suisse et qui
aident en hiver dans d’autres établissements,
reçoivent pendant cette période un double salaire.
Tout le monde y trouve donc son compte.
Vous n’êtes donc pas concerné par
la pénurie de personnel qualifié?
Non. L’histoire des 16 000 francs de salaire
mensuel s’est répandue comme une traînée de
poudre à travers toute l’Europe, et depuis, les
candidatures affluent en masse. On m’accoste
même pendant mes vacances pour me demander
si j’embauche. Nous avons juste du mal à
trouver de bons chefs cuisiniers. C’est pourquoi
nous misons sur le perfectionnement en
interne: nous avons fondé notre propre école
de cuisine où nous formons notre personnel
de cuisine pendant trois mois en hiver et leur
apprenons tout de A à Z. Ce qui n’est pas si
simple, car beaucoup ne savent ni lire ni écrire.
Il faut alors tout leur montrer ou avoir recours
à des vidéos. Mais, là aussi, la clé est de faire
preuve de créativité et d’investir dans ses collaboratrices
et collaborateurs.
Vous êtes loin de faire l’unanimité.
Est-ce un avantage ou un inconvénient?
Ce que les autres restaurateurs ou les médias
pensent de moi, ça m’est égal! Je tiens en
revanche à ce que mon équipe m’apprécie. Et
il faut croire que nous avons trouvé la bonne
formule: dans la restauration, le personnel
reste quatre à cinq ans en moyenne dans un
établissement; chez nous, il reste 15 ans. Mais
oui, il n’est pas toujours facile de travailler avec
moi: je déborde d’idées, je suis perfectionniste,
et il m’arrive d’exploser. Nous nous disputons
et puis nous nous réconcilions, comme dans
une vraie famille.
Quel est donc le secret de
votre réussite?
Beaucoup de gens prétendent que tout me
tombe tout cuit dans le bec. C’est faux. J’ai le
courage d’oser des choses et de sortir des sentiers
battus. Il est vrai qu’on me propose chaque
jour de reprendre un restaurant. Mais ces éta-
blissements existaient déjà auparavant. C’est
juste que leur approche n’était pas la bonne.
Pour réussir, il faut parfois être un peu fou. Et
j’ai à mes côtés mon partenaire Florian Weber,
associé à 50% dans tous les restaurants, qui est
l’élément calme de notre duo. Il s’occupe des
aspects entrepreneuriaux, ce qui me laisse la
liberté de création dont j’ai besoin.
Quand vous inventez de nouveaux
concepts, comment gérez-vous l’équilibre
entre tradition et innovation?
Là aussi, Flo m’est d’une aide précieuse. Je
lui soumets cinq nouvelles idées par jour, et
il en rejette quatre de façon catégorique. Je
suis le créatif à l’esprit libre, il est l’intellectuel
pragmatique qui maîtrise tout. D’où notre
parfaite complémentarité. C’est donc lui qui
dirige notre entreprise et ses quelque 750 collaboratrices
et collaborateurs. Si c’était moi,
nous aurions fait faillite depuis longtemps.
Sans lui, rien ne fonctionnerait. Comme je dis
toujours: celui-là, s’il se sauve un jour, je lui
courrai après. (Rires.)
Y a-t-il aussi eu des coups durs?
Bien sûr, cela fait partie de la vie d’une entreprise.
Au cours des quinze dernières années,
avec le «Schönau» à Erlenbach, le «Schober»
dans le Niederdorf zurichois, et le «NZZ Bistro»
à Bellevue, j’ai connu trois échecs cuisants, qui
m’ont coûté des millions. J’avais mis au point
des concepts auxquels je ne croyais pas moimême.
Ça ne me ressemblait pas, c’était perdu
d’avance.
On vous reproche de servir partout
la même cuisine: du poisson frit et des
frites à la truffe.
Si les gens veulent du poisson frit, je leur
sers du poisson frit. Mes confrères ont beau
faire la fine bouche, je reste convaincu qu’un
restaurateur doit servir ce que sa clientèle lui
demande, pas ce que lui-même préfère. C’est
pourquoi je ne me considère pas comme un restaurateur,
mais comme un hôte. Quand je visite
un restaurant, je me mets toujours à la place
de la clientèle: pourquoi est-elle là? Qu’est-ce
qui lui plaît dans cet établissement, dans cette
carte? Pourquoi est-elle prête à dépenser de
l’argent ici et pas ailleurs?
Quel est votre restaurant préféré?
Toujours mon projet le plus récent. (Rires.)
Non, plus sérieusement, j’adore relever des défis.
En ce sens, j’aime les projets dans lesquels je
peux laisser libre cours à ma créativité, comme
pour le «Rooftop» de la Bahnhofstrasse. Autrefois,
c’était un local technique de ventilation.
Quand j’ai annoncé que je voulais y installer
un restaurant, les gens m’ont pris pour un fou.
Mon ENTREPRISE
32 01/2025
Il sait très bien qu’il divise.
Mais son succès lui donne
raison: Michel Péclard vient
d’ouvrir son 19 e restaurant.
Plus on me met au défi, plus je me dépasse.
Par exemple, je ne rachèterais jamais un restaurant
comme le «Kronenhalle», car c’est une
affaire qui tourne. Je m’y ennuierais.
De nos jours, les gens ont-ils
tendance à dépenser plus ou moins
pour leurs repas?
C’est très générationnel. Les jeunes préfèrent
manger un peu moins à l’extérieur et investir
un peu plus dans des produits régionaux de
qualité. Ils sont donc ravis que notre poisson
soit fraîchement pêché dans le lac de Zurich par
nos propres pêcheurs. Les personnes plus âgées
prêtent davantage attention au prix.
Quels autres changements
observe-t-on dans la restauration?
Les gens veulent une alimentation plus
saine. À la «Pumpstation», la clientèle commande
30% de saucisses en moins qu’il y a dix
ans, mais plus de salades. Un tiers des jeunes
femmes sont véganes ou végétariennes, et les
hommes surveillent eux aussi leur consommation
de glucides (sauf qu’ils n’en parlent pas). Il
faut donc adapter l’offre en conséquence. C’est
pourquoi au «Lulu», à l’intérieur de l’opéra,
nous misons sur une cuisine française légère.
Aujourd’hui, lorsqu’un cuisinier refuse d’inscrire
à la carte des plats végans ou végétariens,
c’est qu’il n’a rien compris. Lorsqu’on n’avance
pas avec son temps, il ne faut pas s’étonner de
faire faillite.
Ressentez-vous l’inflation?
Nous remarquons que la situation économique
a changé ces deux dernières années, surtout
dans nos établissements un peu plus haut
de gamme comme le «Coco Grill» ou «L’O». En
revanche, dans les périodes moins favorables
sur plan économique, le chiffre d’affaires augmente
dans les restaurants moins coûteux,
comme la «Pumpstation» ou le «Fischer’s
Fritz». Un transfert s’opère: les gens veulent
continuer à manger à l’extérieur, mais en dépensant
moins.
Comment réagissez-vous à
cette situation?
Il ne sert à rien de se lamenter sur la mauvaise
conjoncture. Après tout, nous sommes
tous dans le même bateau. Ce qu’il faut,
c’est s’adapter à l’évolution des besoins de la
clientèle. Un exemple: aujourd’hui, les gens
consomment beaucoup moins d’alcool. Au lieu
de nous en plaindre, nous avons modifié notre
carte. Au «Rooftop», nous vendons désormais
plus de cocktails sans alcool qu’avec alcool.
Pour le même prix, notez bien.
Le succès vous donne raison.
Aujourd’hui, vous êtes millionnaire.
L’argent seul ne fait pas le bonheur. Je
connais des banquiers de premier plan qui
gagnent énormément, mais qui sont très malheureux.
Comme je dis toujours: on ne vit
qu’une fois, alors autant en tirer le meilleur.
Que m’apporteraient une grande villa et une
voiture de luxe? Ce que j’aime, c’est inventer de
nouveaux concepts et être créatif. Voilà ce qui
me rend heureux. Et j’espère pouvoir le faire
encore très longtemps.
●
«L’argent seul
ne fait pas le
bonheur. Je
connais des
banquiers de
premier plan
qui gagnent
énormément,
mais qui
sont très
malheureux.»
Michel Péclard
01/2025 33
Mon ENTREPRISE
Ma fierté
Ulrich Marbot, propriétaire de Presento AG,
photographié à la Fondation Karolinenheim,
un partenaire de production.
De l’estime et bien plus
Photo: Raffael Waldner
Mon ENTREPRISE
Après avoir longtemps travaillé comme comptable
et responsable financier, j’ai voulu exprimer mon
côté créatif. J’ai fondé il y a plus de 20 ans une maison
d’édition de cartes de vœux spécialisée dans les
messages et cadeaux personnalisés. C’est en m’entretenant
avec des CEO et des responsables RH que
j’ai eu l’idée de marques d’attention faisant appel
au sens du toucher. Ces cadeaux répondent à un réel
besoin. Dans le monde du travail, ils sont encore
trop rares, même si le thème de la reconnaissance
gagne en importance en cette période de pénurie
de main-d’œuvre qualifiée et d’Employer Branding.
Avec Presento AG, nous transposons les valeurs
de chaque entreprise dans des cadeaux uniques et
transmettons un message qui va au-delà de la reconnaissance.
Nos clientes et nos clients sont fortement
impliqués dans le processus et participent à
la conception des objets. Pour une commande, des
bouteilles en verre usagées ont été transformées en
bocaux personnalisés. Une autre fois, nous avons
imaginé un Puissance 4 en trois dimensions pour
évoquer la coopération interactive. La production
se fait exclusivement dans des ateliers à vocation sociale.
En plus d’être utiles et durables, nos cadeaux
ont donc une dimension régionale et sociale. Je
suis fier de cette collaboration avec mes nombreux
clients au fil des années, pour trouver des idées originales
à même d’enthousiasmer leurs collaborateurs
et leurs collaboratrices.
presento-ag.ch
34 01/2025
Ma fierté
Susanne Schmid,
propriétaire de Haarkult
Photo: Herbert Zimmermann
01/2025
Ma mère a fondé son salon de coiffure «Ursula»
en 1967 et l’a dirigé avec passion pendant des décennies.
J’y ai moi-même fait mon apprentissage,
puis, après quelques années passées dans d’autres
entreprises, je suis revenue en 1997 pour diriger
le salon avec ma mère. En 2008, j’ai officiellement
repris l’entreprise et l’ai rebaptisée «Haarkult». En
2013, je suis tombée enceinte. Au même moment,
ma mère est tombée malade: elle est décédée d’un
cancer deux mois après la naissance de mon fils.
Cet événement éprouvant a provoqué chez moi
une prise de conscience. J’ai commencé à m’intéresser
aux substances nocives en général et à
celles contenues dans les produits cosmétiques en
particulier, et j’ai banni un maximum de produits
Priorité aux produits naturels
chimiques de ma vie et de mon salon. Penser et
agir de façon écologique est essentiel à mes yeux.
C’est pourquoi nous misons sur les pigments végétaux.
Nos soins capillaires et produits coiffants
sont eux aussi fabriqués à partir d’ingrédients
naturels. Nous n’utilisons des produits chimiques
que lorsqu’il n’existe aucune alternative. Par ailleurs,
nous informons notre clientèle en toute
transparence sur la composition des produits lors
de nos consultations capillaires. Au début, notre
approche a parfois été qualifiée d’ésotérique. Mais
la santé et les produits naturels sont maintenant
devenus des sujets de société, et notre salon ne désemplit
pas. Cela me rend très fière.
haarkult.ch
35 Mon ENTREPRISE
Ensemble pour
plus de durabilité
En créant 1 m 2 de surface dédiée à la biodiversité pour
chaque client, AXA soutient d’ici à 2025 des projets
qui favorisent la diversité biologique en Suisse. Au total,
environ 2 millions de m 2 seront revalorisés.
Know You Can
AXA.ch/biodiversite