04.03.2025 Vues

Mon Entreprise 1/2025

Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.

Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

1 | 2025

Mon ENTREPRISE

Le magazine d’AXA destiné aux PME

Les clés du

marketing digital

Page 8

Comment les PME utilisent

l’intelligence artificielle

Page 22

«Le succès ne

me tombe pas tout

cuit dans le bec»

Le restaurateur Michel Péclard fait souffler

un vent de fraîcheur sur la gastronomie

zurichoise en proposant des concepts novateurs.

À découvrir dans notre grand entretien.

Page 30


Mein Ma fierté Stolz

La santé des arbres,

une priorité

Photo: Jeremy Bierer

Meine Mon ENTREPRISE

FIRMA

Fondée il y a plus de 30 ans, notre entreprise Arborisme

Leuba assure la santé, la sécurité et la beauté des arbres

qui agrémentent les parcs des villes romandes et ornent

les jardins. Mon frère et moi sommes la deuxième génération.

Pour nous, chaque arbre a une histoire et une

valeur inestimable. L’arbre délivre de nombreux bienfaits

et est une pierre angulaire de la biodiversité en nature

comme en ville. Voilà pourquoi nous prodiguons

des soins adaptés à chaque arbre, allant entre autres

de la taille raisonnée à la lutte biologique contre les

maladies, en passant par les diagnostics. Grâce à notre

expertise, nous avons su gagner la confiance de communes

et de particuliers, et notre fierté est de réunir

l’arbre et l’être humain.

arborisme-leuba.ch

Jonathan et Thibaut

Leuba, gardiens des

arbres en ville

2 03/2024 01/2025


Ma fierté

Entre racines et modernité

Depuis l’âge de cinq ans, j’aime passer mon temps derrière

les fourneaux. Grâce à ma formation en restauration,

j’ai pu exercer le métier de mes rêves. Après

l’Hôtel Adlon à Berlin, le Käfer au Bundestag, l’Hôtel

Waldhaus à Flims et le Mövenpick Gastronomie, j’ai

eu la chance en 2023 de participer à la création de RIVI

Gastro AG à Neuhausen. Le complexe Rhyfall Village

se distingue par une harmonie singulière entre son

architecture industrielle historique et la modernité

de la RhyfallTower. Sa richesse gastronomique et son

ambiance vibrante en font un lieu tout simplement

unique. Je suis très fier de ce que nous avons accompli

ces derniers mois. Perché à 136 mètres d’altitude

au-dessus des chutes du Rhin, notre restaurant au

17 e étage offre un panorama à couper le souffle, des

spécialités culinaires exquises et un service chaleureux.

Nous sommes particulièrement attachés à la région

de Schaffhouse et de Neuhausen. C’est pourquoi

nous sélectionnons des produits frais et locaux, cultivés

avec soin. J’en profite pour remercier ma brigade

de 34 collègues, qui m’épaule au quotidien, ainsi que

toute notre clientèle de la région, qui nous a soutenus

avec ferveur ces derniers mois. Nous espérons que

vous continuerez à venir nombreux. Soyez assurés que

nous vous réserverons toujours le meilleur accueil.

rhyfall-village.ch

Photo: Alessandro Della Bella

Mon 01/2025 ENTREPRISE

Marco Wahl,

hôte et gérant de

RIVI Gastro AG

3 Mon ENTREPRISE 03/2023


Découvrez des

bureaux et des

espaces

commerciaux.

Maintenant sur

newhome.ch

powered by


Sommaire

7

8

14

Succès

Marketing digital: tirer parti

du SEO et d’autres outils

Logistique: tendances et

défis dans la branche

Éditorial

Le changement,

c’est maintenant?

Photos: Dan Cermak; Daniel Ammann; Daniel Winkler; Gaëtan Bally

19

20

22

25

26

30

2

3

34

35

18

Sécurité

Gestion du changement:

accompagner vos équipes

dans la transformation

Intelligence artificielle:

comment les PME suisses

l’utilisent

Responsabilité

Externalisation:

une solution attrayante,

y compris pour les PME

Entretien: Michel Péclard

nous parle de la gastronomie

zurichoise et de

poisson frit

Rubriques

Ma fierté

Jonathan et Thibaut Leuba

Marco Wahl

Ulrich Marbot

Susanne Schmid

Infographie: médias

IMPRESSUM

8

26

30

Lisez notre e-paper sur www.meine-firma.ch ou rendez-vous sur LinkedIn à l’adresse

www.linkedin.com/company/axaswitzerland.

Éditeur: AXA, Newsroom

Adresse de la rédaction: AXA, Mon Entreprise, Römerstrasse 17, 8400 Winterthour,

www.mon-entreprise.ch, e-mail: mon.entreprise@axa.ch

Rédaction: Melanie Ade (rédactrice en chef) A collaboré à ce numéro: Lorenz Heinzer

En ligne: Urs Wildi Traduction: Language Services, AXA Conception et production: Der Layouter,

Beni Spirig, 6004 Lucerne Impression et expédition: Vogt-Schild Druck AG, Gutenbergstrasse 1,

4552 Derendingen Parution: trois fois par an en français, en allemand et en italien

Tirage: 84 000 exemplaires Régie publicitaire: Galledia Fachmedien AG, Burgauerstrasse 50,

9230 Flawil, ornella.assalve@galledia.ch, www.galledia.ch

Changements d’adresse et désabonnements: merci d’adresser vos demandes à meine.firma@axa.ch

Imprimé

myclimate.org/01-24-227513

Vous avez pris de bonnes résolutions

pour la nouvelle année? Personnellement,

ce n’est pas ma tasse de thé. Je

ne vois pas pourquoi je devrais manger

plus sainement ou faire plus de

sport à partir du 1 er janvier, puisque

je peux tout aussi bien m’y mettre

le 15 avril ou le 26 août. Dans un

contexte professionnel, il est vrai que

planifier son année peut être judicieux

dans la plupart des domaines,

mais soyons honnêtes: notre monde

est si complexe et évolue tellement

vite que nous devons sans cesse nous

remettre en question, nous développer

et nous améliorer dans notre

travail pour rester performants. En

tant qu’entrepreneuse ou entrepreneur,

vous le savez sans doute mieux

que moi.

Vous vous êtes malgré tout fixé des

objectifs pour la nouvelle année?

Peut-être souhaitez-vous développer

vos activités de marketing numérique

en créant enfin un compte

LinkedIn? Ou bien externaliser certains

processus, tels que l’informatique

ou la comptabilité, afin de vous

concentrer davantage sur votre cœur

de métier? Alors, suivez le guide!

Dans ce numéro, vous trouverez des

conseils et des exemples de bonnes

pratiques.

Le changement est une bonne chose,

et c’est d’ailleurs la seule constante

dans notre vie. Mais n’oubliez pas

d’embarquer vos collaborateurs et

collaboratrices dans l’aventure. Pour

cela aussi, nous vous avons préparé

de précieux conseils.

Bonne lecture!

Melanie Ade

Rédactrice en chef de

«Mon Entreprise»

01/2025 5

Mon ENTREPRISE


Plus de benefits.

Pour vous et vos collaborateurs.

Avec les avantages modulaires de Swibeco, vous augmentez le pouvoir

d’achat de vos employés. Très simplement grâce aux réductions

permanentes auprès de centaines d’enseignes et grâce aux benefits

personnalisés, entièrement exonérés d'impôts. Ainsi vous attirez les

meilleurs talents et améliorez la motivation de vos collaborateurs.

Calculez vos économies et demandez une démo.

www.swibeco.ch/MF

Inclus

Pour sociétés

avec contrat

LPP ou APG

d'AXA.


Succès

Questions des lecteurs

Règlement de

sinistres

à l’étranger

Pendant nos vacances en Espagne,

un conducteur a percuté le côté

de notre véhicule et nous a dit que

son assurance réglerait tout

directement avec nous. Existe-t-il

une autre possibilité?

P. B., Nyon

Dans ce cas, c’est le système de la

protection des visiteurs qui s’applique.

Il couvre les personnes victimes d’un

accident de la circulation survenu à

l’étranger. Le besoin de protection

résulte du fait que les personnes lésées

doivent s’adresser aux responsables

à l’étranger ou à leurs assureurs pour

faire valoir leurs prétentions. D’une

part, c’est le droit étranger qui s’applique

le plus souvent, et d’autre part,

la barrière linguistique peut compliquer

les échanges directs et donc le traitement

du sinistre automobile. Pour

surmonter ces difficultés, le système de

la protection des visiteurs prévoit que

chaque État possède son propre bureau

d’information chargé de venir en aide

aux victimes de sinistres à l’étranger.

En l’occurrence, vous pouvez vous

adresser à l’organisme de règlement

des sinistres de l’assureur espagnol

en Suisse et faire valoir vos droits. Cet

organisme veillera à ce que vous receviez

votre indemnisation dans un délai

raisonnable.

nbi-ngf.ch

Patrick Villiger

Responsable

Sinistres Véhicules

automobiles

Photo: iStock/Micha Steinmann

Le fonds AXA Real Estate Fund Switzerland a encore consolidé sa position de leader.

Exercice réjouissant pour

le fonds AXA Real Estate Fund

Fusionné en mars 2024, le fonds AXA Real Estate Fund Switzerland a enregistré

un exercice réjouissant. Le rendement du placement a atteint 4,27%. Les investisseurs

recevront une distribution de 31.49 francs suisses par part au total. Le

plus grand fonds immobilier basé sur la VNI pour les institutions de prévoyance

en Suisse dispose d’un portefeuille diversifié à l’échelle nationale, comprenant

187 immeubles pour une valeur de marché de 4,90 milliards de francs suisses.

Le fonds concentre ses placements sur l’immobilier résidentiel, qui entre pour

59% dans la composition du portefeuille global. La partie restante est composée

d’immeubles commerciaux situés à des emplacements de premier ordre, principalement

à usage de bureaux, qui représentent environ un tiers des avoirs,

ainsi que d’immeubles à usage mixte (8%). En juin 2024, le fonds a procédé à

une augmentation de capital à hauteur de 279,35 millions de francs suisses.

Il a ainsi pu renforcer ses capitaux propres, élargir de manière ciblée sa base

d’investisseurs et diversifier davantage son portefeuille. Avec une fortune nette

totale de 4,20 milliards de francs suisses au 30 septembre 2024, le fonds AXA

Real Estate Fund Switzerland a consolidé sa position de leader en tant que plus

grand fonds immobilier basé sur la VNI pour les institutions de prévoyance en

Suisse. Il devrait poursuivre sa croissance durant le prochain exercice.

«Une logistique de fret efficace renforce notre compétitivité,

stimule l’économie et assure notre prospérité.»

Peter Acél, fondateur et CEO de l’entreprise de conseil aux entreprises Dr. Acél & Partner AG, page 15

01/2025 7

Mon ENTREPRISE


MARKETING NUMÉRIQUE

L’important,

c’est le mix

Le bouche-à-oreille, c’est dépassé. Aujourd’hui, ce qui compte en marketing, c’est un compte

Instagram bien alimenté. À ce qu’il paraît. Le marketing numérique ne peut pas garantir à lui seul

la réussite de l’entreprise, mais propose des perspectives intéressantes, y compris pour les PME.

Texte Melanie Ade Photos Dan Cermak

Mon Entreprise

Mooris.ch est un site de

vente de mobilier de style et

de décoration. Créé en 2012

par trois amis, Lea Montini,

Frank Urech et Claudio Beffa,

il propose aux aficionados du

design et aux amoureux des

beaux meubles une sélection

innovante et personnalisée

de produits recommandés.

mooris.ch

A

vant, c’était plus simple, penset-on

parfois. Alors qu’il y a vingt

ans, il suffisait de passer un encart

dans l’édition régionale du Journal

des arts et métiers ou de financer

des panneaux pour l’équipe locale de football,

aujourd’hui, les actions de marketing se déroulent

de plus en plus en ligne. Lettres d’information

quotidiennes, billets de blog, sites Web

ou encore comptes Instagram: pour être visible,

il faut être connecté. Et quand on n’y connaît

pas grand-chose, on est vite perdu entre SEO,

SEA, leads ou KPI. Mais les PME doivent-elles

vraiment miser sur le marketing numérique?

«Oui, affirme Anja Däumigen, Managing Director

de l’agence Mindshare Suisse. Le marketing

en ligne permet avant tout aux petites entreprises

d’être plus visibles et de mieux cibler

leurs clients potentiels. Nous sommes de plus

en plus connectés, Internet est notre première

source d’informations, et nous effectuons toujours

plus d’achats en ligne. Si elles ne veulent

pas se faire distancer, les PME doivent aller

chercher les clients sur leur terrain.»

Transposer le showroom dans

le monde virtuel

Chez Mooris.ch, un site de vente de mobilier, le

marketing numérique est une réalité depuis la

création de l’entreprise en 2012. Lea Montini, sa

cofondatrice, nous explique pourquoi: «Frank,

mon associé, avait un magasin de meubles

avec un showroom à Zurich. Il s’est vite rendu

compte que sa boutique physique n’aurait jamais

la même portée que si elle était sur Internet.

L’idée fondamentale de Mooris.ch était donc

de transposer l’effet showroom dans le monde

virtuel.» Cela semble simple aujourd’hui, mais

à l’époque, l’idée ne paraissait pas aussi séduisante.

«On ne dépense pas 10 000 francs d’un

simple clic sur Internet, il faut d’abord qu’il y ait

une relation qui se crée, un lien de confiance qui

s’établisse», explique Lea Montini, architecte

d’intérieur de formation.

Dès le départ, Mooris.ch a misé exclusivement

sur le marketing numérique, adoptant un langage

propre et une identité visuelle marquée:

«Nous racontons l’histoire de nos produits,

comme si les clients venaient chez nous. Nous

présentons les meubles que nous aimerions

avoir dans notre intérieur. C’est ce qui nous

a permis de gagner rapidement la confiance

de nos clients.» Outre une newsletter quotidienne,

dans laquelle Mooris.ch a remplacé le

marketing produit par des évocations d’ambiances,

l’équipe est également présente sur les

réseaux sociaux et investit dans les Google Ads.

«Aujourd’hui, c’est incontournable», sourit Lea

Montini. Le contenu publié sur les réseaux est

produit en interne, mais pour les publicités

payantes sur Google, c’est une agence spécialisée

qui s’en occupe. «Le volet technique est trop

complexe et évolue bien trop rapidement pour

que nous puissions suivre le rythme, compte

tenu de nos compétences mesurées dans ce domaine»,

précise Lea Montini.

Anja Däumigen partage cet avis: «Plus le dossier

est complexe et les exigences en matière

de marketing importantes, plus il est pertinent

de faire appel à un intervenant extérieur pour

pouvoir se concentrer sur son cœur de métier.»

«Nous sommes de plus en

plus connectés, Internet

est notre première source

d’information. Si elles

ne veulent pas se faire

distancer, les PME doivent

aller chercher les clients

sur leur terrain.»

Anja Däumigen, Managing Director de l’agence Mindshare Suisse

Mon ENTREPRISE

8 01/2025


Pour Lea Montini, cofondatrice du site de vente de mobilier Mooris.ch, les maîtres-mots de la création de contenu sont l’authenticité, la confiance et l’honnêteté.

01/2025 9

Mon ENTREPRISE


Rolf Schlagenhauf, CEO de Team Schlagenhauf, et Altin Kurtaj, son responsable marketing, ont opté pour un marketing mix mêlant mesures hors ligne et présence numérique.

Mon ENTREPRISE 10

01/2025


MARKETING NUMÉRIQUE

Photos: màd

«Un bon marketing nous

permet de transmettre

nos valeurs et de rendre

notre marque plus visible

et plus sympathique.»

Rolf Schlagenhauf, propriétaire de Team Schlagenhauf

Le b.a.-ba d’un marketing réussi reste toutefois

la définition d’objectifs précis, mesurables,

réalistes et pertinents, et une connaissance

fine de la clientèle potentielle. Les intérêts du

cœur de cible de Mooris.ch se confondent avec

ceux des fondateurs de l’entreprise: un public

urbain, entre 35 et 50 ans, amateur de design,

avec un goût pour le style et le mobilier. «C’est

une chance, cela nous permet de connaître au

mieux ce qui plaît à notre public», sourit Lea

Montini. Sur les réseaux sociaux, c’est donc

l’équipe interne qui joue le premier rôle, et les

résultats suivent: «L’important, c’est de rester

soi-même et d’assumer ce qu’on dit et ce qu’on

montre. Les gens remarquent immédiatement

quand on veut les pousser vers un produit.» Et

Anja Däumigen de compléter: «Un autre obstacle

à éviter serait un contenu de mauvaise qualité,

qui ne serait pas pertinent pour la cible. Un

contenu de qualité, qui présente des informations

de fond, apporte une valeur ajoutée et se

montre divertissant ou instructif, attire l’attention

du public et encourage l’engagement et la

fidélité à la marque.»

Pour une marque visible

Chez Team Schlagenhauf, le tout-numérique

n’est pas une option par nature. Ce spécialiste

de la rénovation, de la transformation et de

la construction neuve installé à Meilen en est

convaincu: «La meilleure publicité, cela reste

un travail de qualité et l’engagement personnel

de nos équipes», explique Rolf Schlagenhauf,

propriétaire de la société. L’entreprise accorde

néanmoins une large place au marketing, aussi

bien analogique que numérique. Outre ses enseignes

et le marquage des véhicules, un magazine

papier pour ses clients et son personnel, le

parrainage d’associations sportives ou encore

les annonces dans la presse locale, elle est très

active sur les réseaux sociaux et, au début de

l’année, a procédé à une refonte générale de son

site Internet dans le cadre de son rebranding.

Rolf Schlagenhauf explique: «Je suis convaincu

que la communication et le marketing jouent

un rôle essentiel dans le succès de notre entreprise.

Un bon marketing nous permet de transmettre

nos valeurs et de rendre notre marque

plus visible et plus sympathique.»

Pour lui, l’enjeu ne consiste pas seulement à

remporter de nouveaux contrats: «Nos activités

de marketing numérique nous permettent

aussi de nous adresser à des collaborateurs

potentiels. Pour nous, c’est un outil d’optimisation

de notre attractivité en tant qu’employeur.»

Anja Däumigen partage son avis:

«Dans le processus de recrutement, le marketing

numérique peut se montrer très utile pour

attirer du personnel qualifié, dans la mesure où

la recherche d’emploi commence très souvent

en ligne, pour s’informer sur les employeurs

potentiels.» Mais en interne aussi, les actions

de marketing ont toute leur importance, poursuit

Rolf Schlagenhauf: «Une communication

professionnelle et de qualité, qu’elle soit analogique

ou numérique, contribue également à ce

que les équipes soient fières de leur lieu de travail.

Et dans le domaine du second œuvre, cela

constitue un avantage décisif dans la bataille

pour trouver une main-d’œuvre qualifiée.»

Malgré tout, Rolf Schlagenhauf doit miser encore

davantage sur le marketing en ligne. Altin

Kurtaj, 27 ans, responsable marketing de l’entreprise,

en est convaincu: «Même si notre secteur

d’activité se situe plutôt hors ligne, notre

cible de demain sera de plus en plus connectée,

Glossaire

SEO (Search Engine

Optimization)

Optimisation du contenu et

des caractéristiques techniques

d’un site Internet

afin d’améliorer le référencement

naturel sur les

moteurs de recherche.

SEA (Search Engine

Advertising)

Publicités payantes sur

les moteurs de recherche,

placées au-dessus ou à côté

des résultats naturels de

recherche.

Marketing de contenu

Élaboration et diffusion de

contenus intéressants, pertinents

et cohérents, afin

d’attirer et de fidéliser un

groupe cible donné.

Marketing des réseaux

sociaux

Utilisation des réseaux sociaux

(Facebook, Instagram,

Twitter, LinkedIn, etc.) pour

interagir avec les clients

et atteindre ses objectifs

marketing.

Marketing par e-mail

Marketing direct par e-mail

visant à envoyer des informations,

des offres et des

contenus à un groupe cible

donné.

ROI (Return on Investment)

Rentabilité d’un investissement.

En marketing numérique,

le terme est souvent

utilisé pour mesurer l’efficacité

d’une campagne.

KPI (Key Performance

Indicator)

Indicateurs de performance

utilisés pour mesurer le succès

d’activités de marketing

numérique.

Mon Entreprise

Peinture, plâtre, maçonnerie,

revêtements de sols,

ravalements ou rénovations

intégrales: Team Schlagenhauf

est «le» spécialiste de la

construction, de la transformation

et de la rénovation

dans la région de Zurich.

Créée en 1934, l’entreprise,

dont le siège est à Meilen, est

aujourd’hui dirigée par Rolf

Schlagenhauf, petit-fils du

fondateur.

schlagenhauf.ch

Analytics

Collecte et analyse de

données sur le comportement

des utilisateurs d’un

site Internet, fournissant

des informations sur la performance

et des bases de

décisions.

Génération de leads

Nombre de leads générés,

autrement dit de clients

potentiels manifestant un

intérêt pour un produit ou

un service.

Trafic

Nombre de visites sur un

site ou une page Web.

Source: Mindshare

01/2025 11

Mon ENTREPRISE


MARKETING NUMÉRIQUE

Photo: màd

L’experte

Anja Däumigen est Managing

Director de Mindshare

Suisse depuis janvier 2024.

Sociologue de formation,

elle possède plus de 20 ans

d’expérience dans le secteur

des médias et est spécialisée

dans le conseil en communication

numérique et en

planification médias.

mindshareworld.com

Mon Entreprise

4B est le numéro un des

enveloppes de bâtiments

intelligentes en Suisse.

Fondée en 1896, cette entreprise

familiale, dont le siège

est à Hochdorf, développe

des solutions de façades

et de fenêtres innovantes,

confortables et respectueuses

de l’environnement. Elle a

rejoint le groupe international

d’huisseries extérieures

DOVISTA A/S à la fin de l’année

2024.

4-b.ch

et nous devons en tenir compte dans notre

marketing mix. Le marketing numérique nous

permet d’accroître notre portée et de montrer

à notre clientèle que nous sommes présents et

innovants, y compris dans le monde moderne.

Mais il va encore falloir travailler un peu pour

convaincre mon chef», sourit-il. Il n’aura pas

besoin de le faire, dans la mesure où une newsletter

régulière et des articles de blog sur le site

Web de l’entreprise sont déjà dans les tuyaux.

«Sur le plan de la rapidité et de l’économie, le

numérique a clairement l’avantage. Mais malgré

tout, dans notre secteur en particulier, le

contact humain restera indispensable», affirme

Rolf Schlagenhauf.

Rester soi-même

La société 4B, qui fabrique des fenêtres à Hochdorf,

utilise certes les mesures de marketing

hors ligne classiques, du type publireportages

ou publicités télévisées, mais a aussi recours

au numérique. «Nous sommes une entreprise

manufacturière classique, mais nous vendons

nos produits directement aux consommateurs

finaux. Il est donc essentiel que nous connaissions

précisément leurs besoins et que nous

ayons un accès direct à eux. Le numérique est

alors bien plus adapté», explique Fabiana Grilli

Mühlebach, responsable du marketing et de la

communication de la société. Outre les classiques

bannières Google et autres publications

sur les réseaux sociaux, 4B possède aussi son

blog. «Pour trouver les sujets de nos articles,

nous analysons les données comportementales

sur notre site Internet, les mots-clés des requêtes

SEO ainsi que les questions fréquentes

des clients que nous transmet l’équipe des

ventes», poursuit Fabiana Grilli Mühlebach.

Sur les réseaux sociaux, le credo de 4B, c’est

l’authenticité: «Ce qui intéresse les gens, c’est

l’humain. C’est pour cela que nous publions

beaucoup d’histoires mettant en scène nos

équipes, ou que nous montrons l’envers du

décor de 4B», explique la responsable du marketing.

Anja Däumigen ne peut qu’approuver:

«Les collaborateurs peuvent présenter de façon

authentique le fonctionnement du produit ou

du service, ou tous les avantages qu’il procure.

Ils peuvent être des ambassadeurs de l’entreprise.

Par leur présence, ils montrent aux futurs

collaborateurs ce qui les attend. Il est du

reste important qu’ils soient volontaires et que

leur présence sur les réseaux de leur employeur

ne soit pas une contrainte.»

«Ce qui intéresse les gens,

c’est l’humain. C’est pour

cela que nous publions

beaucoup d’histoires

mettant en scène nos

équipes, ou que nous

montrons l’envers du

décor de 4B».

Fabiana Grilli Mühlebach, responsable du marketing et de

la communication de 4B

Associer différents canaux

Pour Fabiana Grilli Mühlebach, les avantages

du marketing numérique sont la flexibilité, la

transparence et la mesurabilité: «La mesurabilité

est capitale pour nous, car nous devons

faire attention à l’utilisation de nos ressources

et à l’efficience. Cela dit, il n’est pas interdit

de faire des expériences, de tenter des choses

nouvelles et d’en tirer des leçons.» Elle tempère

toutefois ses propos: «Souvent, le marketing

numérique seul ne suffit pas pour réaliser

les KPI. Il contribue à la portée, mais compte

tenu de la rapidité des interactions et du faible

temps de consultation par les utilisateurs, les

canaux numériques ne sont pas la meilleure

solution pour transmettre des informations.

Dans bien des cas, les supports papier sont plus

adaptés pour transmettre en détail des informations

complexes. Le plus efficace, c’est donc

plutôt d’associer le marketing numérique et les

méthodes classiques.»

Pour Anja Däumigen, il est crucial que chaque

PME étudie en amont les mesures susceptibles

d’avoir un effet de levier maximal: «Les stratégies

numériques ne doivent pas être envisagées

isolément. Intégrez-les dans une stratégie

marketing globale et réunissez tous les intervenants

autour d’une même table pour garantir

la cohérence du message de la marque sur

l’ensemble des canaux.» Qu’il s’agisse de marketing

de contenu, de réseaux sociaux ou de

marketing événementiel, chaque format présente

ses avantages, et son efficacité peut donc

varier en fonction du public visé, du budget et

des objectifs de l’entreprise. «Il est important

de mettre au point une stratégie marketing intégrée,

qui associe différents canaux, de façon à

toucher une clientèle aussi large que possible et

à optimiser l’efficacité de l’action marketing.»

Elle incite par ailleurs toutes les PME à faire

preuve de patience: «Le marketing numérique,

c’est souvent un travail de fond. Soyez patients,

n’attendez pas de résultats immédiats. L’adaptation

et l’optimisation en continu, voilà les

clés de la réussite.»

Mon ENTREPRISE

12 01/2025


Pour Fabiana Grilli Mühlebach, responsable du marketing et de la communication, les avantages du marketing numérique sont la flexibilité et la mesurabilité.

01/2025 13

Mon ENTREPRISE


LOGISTIQUE DE TRANSPORT

Sur la bonne voie

La logistique de transport est cruciale

pour la Suisse, car nous produisons peu

nous-mêmes.

Photo: iStock/mr-fox

Mon ENTREPRISE

14 01/2025


LOGISTIQUE DE TRANSPORT

Transport en lots, livraison de colis,

services de coursier ou élimination

des déchets: la logistique de transport

joue un rôle clé dans l’économie

suisse. Découvrez l’évolution du

secteur et les défis et tendances

qui se dessinent.

Texte Melanie Ade Photos Gian Vaitl

boulonnée par le carrossier local; ce serait

hors de prix. On la commande facilement et

à moindre coût en Extrême-Orient», explique

Peter Acél. Et cela a du sens: «Une logistique de

fret efficace renforce notre compétitivité, soutient

l’économie et la consommation et assure

ainsi notre prospérité. Si nous devions tous

nous retrouver dans une situation où chacun

subvient à ses propres besoins, nous aurions du

mal à maintenir notre niveau de vie actuel.»

Photo: màd

S

ans logistique, rien ne va plus: c’est

une des leçons de la pandémie de coronavirus,

quand les chaînes d’approvisionnement

se sont interrompues

et que l’approvisionnement en biens

essentiels n’a plus été assuré. Mais même après

cet épisode, la logistique reste un élément moteur

dans notre quotidien, comme le confirme

Peter Acél, fondateur et CEO de la société de

conseil aux entreprises Dr. Acél & Partner AG:

«Les biens physiques sont partout autour

de nous. Les matières premières nécessaires

doivent être transportées jusqu’aux producteurs,

puis les produits finis jusqu’aux commerces

et aux consommateurs. Cela vaut aussi

pour les produits simples comme les aliments:

nous sommes peu nombreux à avoir encore un

potager pour faire pousser nos propres salades.

Celles-ci doivent donc être transportées depuis

le champ jusqu’aux détaillants, et jusqu’au réfrigérateur

familial.»

La logistique de transport est tout particulièrement

importante en Suisse, car nous produisons

peu de produits de consommation

courante et dépendons donc de l’accès aux

marchés internationaux et de l’import-export.

«La mondialisation et la division du travail ont

entraîné une hausse des flux de transport internationaux

et l’externalisation de certaines

étapes de production auprès de prestataires

tiers, permettant aux entreprises de réduire

leurs coûts et de se concentrer sur leur cœur

de métier. Aujourd’hui, une voiture n’est plus

Conjoncture économique et consommation

Comme le montrent les chiffres de l’Office

fédéral de la statistique (OFS), le transport de

marchandises en Suisse se fait principalement

par voie terrestre, c’est-à-dire par la route et le

rail. En 2023, 62% du transport terrestre était

assuré par des véhicules routiers et 38%, par le

train. Ensemble, ces deux modes de transport

ont totalisé une capacité de 26,1 milliards de

tonnes-kilomètres cette même année. Le chiffre

le plus élevé jusqu’alors avait été enregistré en

2014, avec 28,2 milliards de tonnes-kilomètres.

Ces dernières années, le fret en Suisse a augmenté

moins fortement que le produit intérieur

brut. «Une croissance économique accrue

entraîne une augmentation de la demande de

biens, qui doivent être transportés des usines

vers les consommateurs. À l’inverse, le ralentissement

économique des dernières années a

un effet négatif sur la consommation et donc

sur le transport de marchandises», précise Peter

Acél.

Des véhicules de livraison en forte

augmentation

En 2023, selon l’OFS, 6,4 millions de véhicules

routiers étaient immatriculés en Suisse, dont

près de 4,8 millions de voitures de tourisme.

Les véhicules servant principalement au transport

de marchandises sont bien moins nombreux:

on comptait 485 303 véhicules de fret

immatriculés en 2023, dont 430 062 véhicules

de livraison, 42 503 camions et 12 738 semiremorques.

Le parc de véhicules de livraison est

de loin celui qui a connu la plus forte hausse

entre 2010 et 2023: pas moins de 52%. Avec 4%,

l’augmentation du nombre de camions a été relativement

faible sur la même période.

Le défi du développement durable

Pour André Kirchhofer, vice-directeur de l’Association

suisse des transports routiers (ASTAG),

«la forte hausse du nombre de véhicules de

livraison repose sur l’effet de structure des

L’expert

André Kirchhofer est vicedirecteur

de l’Association

suisse des transports routiers

(ASTAG). Au nom de ses

quelque 3750 membres et

partenaires, l’association défend

les intérêts du secteur

du transport routier. Outre

le transport professionnel de

marchandises et le transport

pour compte propre, l’ASTAG

représente également le

transport de personnes avec

les deux groupes professionnels

Car et Taxi.

astag.ch

01/2025 15

Mon ENTREPRISE


LOGISTIQUE DE TRANSPORT

Photo: Gian Vaitl

L’expert

Peter Acél est fondateur et

CEO de la société Dr. Acél &

Partner AG, fondée en 1996.

Avec son équipe, il conseille

les entreprises et les institutions

dans les domaines

du lean management, de la

gestion de la logistique et

de la SCM, de la production

et des technologies. Basé à

Zurich, le cabinet de conseil

international emploie

dix personnes.

acel.ch

biens. La taille des marchandises transportées

a tendance à se réduire et le nombre de grosses

marchandises en vrac, à diminuer, en raison de

la désindustrialisation de la Suisse.» André Kirchhofer

estime que la mutation accélérée vers

une société de services, où la part de l’industrie

est en perte de vitesse, entraîne une stagnation,

voire un recul de la production dans l’industrie

de base et, en parallèle, une hausse de la proportion

de biens de consommation et d’investissement

de qualité. Il en résulte une baisse du

fret en vrac et une augmentation du transport

en lots. Cet effet s’observe dans toutes les économies

très développées.

André Kirchhofer considère toutefois que le

plus grand défi de la logistique est le développement

durable: «À l’ASTAG, nous revendiquons

clairement l’objectif de zéro émission

nette d’ici à 2050. Le secteur déploie des efforts

importants pour réduire les émissions de

CO 2. Mais ce n’est pas si simple. Les camions

électriques sont encore deux fois plus chers à

l’achat que les camions diesel. De plus, la disponibilité

des bornes de recharge, et plus généralement

de l’énergie requise, reste insuffisante

en Suisse. Ces défis vont bien au-delà de notre

secteur et nécessitent une réflexion pluridisciplinaire

et des solutions intersectorielles.»

Peter Acél conseille les entreprises et les institutions sur la gestion de la logistique.

Des changements structurels dus

à l’e-commerce

André Kirchhofer balaie aussi les critiques

émises à l’égard du transport routier: «La densification

du trafic découle de facto de l’augmentation

du trafic de loisirs et des changements

structurels induits par l’e-commerce.

Les personnes qui se plaignent des embouteillages

sur l’autoroute ou dans les centres-villes

devraient s’interroger sur leur propre contribution

à cette situation.» Chaque année, plusieurs

centaines de millions de paquets sont

expédiés en Suisse et doivent être distribués,

et souvent récupérés. Chaque commande passée

génère donc du trafic supplémentaire. «La

réduction du trafic implique toujours un renoncement

individuel», souligne André Kirchhofer.

Peter Acél abonde dans son sens: «Tout le

monde veut économiser sur tout, sauf sur soimême.

Ce calcul n’est pas probant.» Les deux

experts s’accordent sur le fait que la pénurie

de personnel qualifié constitue un autre défi

pour la logistique de transport. «Nous observons

une pénurie de main-d’œuvre qualifiée en

raison de l’évolution démographique et de la

pénibilité du travail. Le métier de chauffeur est

éreintant et attire peu de monde aujourd’hui»,

explique Peter Acél. Pour lui, la solution réside

dans les nouvelles technologies. «Dans le futur,

nos marchandises seront transportées par

des véhicules autonomes. Cela deviendra une

réalité plus vite que nous ne le pensons. Les

progrès techniques sont constants, si bien que

les États-Unis ont déjà dépassé le stade des projets

pilotes. L’arrivée de la conduite totalement

automatisée en Europe ne tient plus qu’à des

aspects de réglementation.»

Des drones pour le dernier kilomètre

Sur le dernier kilomètre, à savoir entre la gare

ferroviaire et le domicile, notamment dans

les centres-villes, Peter Acél juge l’utilisation

de drones très utile: «Les drones sont moins

chers, plus rapides et plus écologiques qu’un

véhicule de livraison. C’est donc une solution

particulièrement intéressante pour la livraison

de paquets jusqu’à cinq kilos.»

Camions diesel, véhicules autonomes ou

drones: la logistique de transport va continuer

à gagner en importance à l’avenir. «Les

Perspectives d’évolution du transport 2050 du

Département fédéral de l’environnement, des

transports, de l’énergie et de la communication

(DETEC) prévoient aussi une augmentation du

trafic pour tous les modes de transport au cours

des prochaines années. Cela est dû à la croissance

démographique et économique, mais

aussi à l’évolution de nos modes de vie: nous

voulons voyager, nous voulons consommer.

Cela entraîne automatiquement une hausse

des services de transport. Que l’on trouve cela

bien ou mal, c’est simplement une réalité»,

conclut André Kirchhofer, de l’ASTAG. ●

Mon ENTREPRISE

16 01/2025


Sources: statistiques du transport de marchandises de l’OFS 2024: transport de marchandises en Suisse 2023

Le marché suisse de la logistique en chiffres

Fret en vrac

Comprend le transport de grandes quantités de

marchandises homogènes, essentiellement non

emballées, dont les minerais, le charbon, les

céréales et le pétrole. Le transport et la

manutention de ces biens nécessitent des

véhicules et des équipements spécialisés, tels

que des véhicules citernes et des convoyeurs.

Cela couvre les produits liquides et les produits

secs en vrac.

191 541 268 tonnes 52%

Reste48%

Fret en conteneur

Se concentre sur le transport de marchandises

dans des conteneurs standardisés, transportés

par bateau, par train ou par poids lourd.

L’utilisation de conteneurs standardisés facilite

considérablement la manutention des marchandises,

car il n’est pas nécessaire de les reconditionner.

Ce segment comprend tous les

transports de grands conteneurs et de contenants

similaires.

30 952 471 tonnes 92%

Reste8%

Transport en lots

Concerne le transport de marchandises emballées

individuellement, de différentes dimensions et

natures, telles que les gros colis, les palettes et les

fûts. Contrairement au fret en vrac, il y a un

traitement individuel de ces produits, qui sont

regroupés en unités de chargement plus grandes.

Ce secteur est considéré comme une composante

essentielle de la gamme de prestations de la

logistique.

98 798 001 tonnes 73%

Reste27%

Part des modes de transport

Trafic automobile

74,59%

Autres

4,12%

Fret routier

21,29%

Services CEP (dont lettres et journaux)

Les services CEP (courier express parcel) se

spécialisent dans le transport de produits de

faible poids et volume, comme les petits

paquets, les lettres, les journaux et les magazines.

Ils se caractérisent par des délais de

livraison rapides et une grande souplesse, car le

transport se fait principalement par la route.

4 696 131 tonnes 1%

Reste99%

Autres marchés partiels

Les «autres marchés partiels» regroupent les

quantités transportées qui ne peuvent pas être

clairement affectées aux domaines logistiques

définis. Cela comprend par exemple les

transports spéciaux et les services de grutage,

qui se distinguent des segments classiques.

4 107 948 tonnes 11%

Reste89%

Les accidents,

ça coûte cher.

Prévenir les accidents de loisirs profite à tout

le monde. Aussi bien aux collaboratrices et

collaborateurs qu’aux entreprises.

Le BPA est votre partenaire fiable en la matière.

Bureau de prévention

des accidents

01/2025 17

bpa.ch/entreprises

Mon ENTREPRISE


INFOGRAPHIE: MÉDIAS

La dégringolade de la presse

Après avoir façonné l’opinion publique pendant des siècles,

les journaux suisses voient leurs tirages fondre comme neige

au soleil. Le triomphe des réseaux sociaux fait planer la menace

d’un vide informationnel croissant.

Illustrations Daniel Karrer

37% Réseaux sociaux

Les médias gratuits, premiers

vecteurs d’information

Seuls 17% des Suisses ont souscrit une offre

d’information en ligne payante. Les sites

d’actualité sur Internet n’en sont pas moins la

principale source d’information. Sources

d’information et pourcentage de personnes y

ayant recouru la semaine précédente.

Source: Reuters Digital News Report 2024

20 minutes

2014: 477 000

62% Sites d’actualités 51% Télévision 28% Presse 28% Radio

Blick

164 000

Une chute abyssale

Aucun titre de la presse écrite n’échappe à la débâcle.

Premier d’entre eux à y avoir laissé des plumes: «Blick».

Les tirages en chiffres d’une sélection de journaux.

Source: OFS/Wemf

Tages-Anzeiger

173 000

Tribune de Genève

44 000

Corriere del Ticino

36 000

2024: 298 000 69 000 92 000 22 000 26 000

Un désintérêt grandissant

Moins de la moitié de la population suisse – et

seulement un quart chez les jeunes – affiche

aujourd’hui un intérêt marqué pour l’actualité.

50%

50%

Âge 18–24 25–34 35–44 45–54

55+

Pourcentage de personnes se disant «très» voire

«extrêmement» intéressées par l’actualité.

Source: Digital News Report 2014

Netflix plutôt que le journal

Les ménages suisses ont deux fois plus d’abonnements

de streaming que d’abonnements à des

journaux.

Source: Étude James 2024 de la ZHAW

80% Abonnements films et séries en streaming

72% Abonnements musique en streaming

45% Abonnements TV

40% Abonnements journaux

36% Abonnements magazines

35% Abonnements forfaitaires jeux

12% Abonnements IA

11% Abonnements livres électroniques

10% Abonnements Premium réseaux sociaux

09% Abonnements Premium YouTube

Le syndrome de fatigue informationnelle

Près d’un tiers des Suisses renoncent à se tenir

informés de l’actualité. Beaucoup, notamment les

jeunes femmes, se disent mentalement épuisés face à

l’afflux constant de nouvelles anxiogènes.

50%

Femmes

Hommes

50%

52

18–24

57

33 35 36

25–34

53

35–44

46

42 40 39

45–54

55+

Pourcentage de personnes, par âge et par

sexe, qui se disent harassées par la profusion

d’informations disponibles.

Source: Reuters Institute Digital News Report 2024

Mon ENTREPRISE

18 01/2025


Sécurité

Questions des lecteurs

Cas de force

majeure ou

faute propre?

Mon collaborateur est arrivé avec

une heure de retard au travail en

raison de fortes chutes de neige.

Puis-je lui réclamer de rester plus

longtemps?

S. L., Bâle

Oui, vous en avez le droit. Une

absence ne doit être comptabilisée

comme temps de travail que si elle

tient à la personne de l’employé. C’est

le cas par exemple lorsqu’un salarié

accomplit son service militaire. En

revanche, si le train de votre collaborateur

est supprimé ou si ce dernier

est pris dans les bouchons, son retard

n’est pas dû à des motifs inhérents à

sa personne. Le temps de travail

perdu est alors soit récupéré ultérieurement,

soit retenu sur le salaire. Il en

va autrement lorsque le travail est

interrompu en raison d’un problème

relevant du risque d’exploitation de

l’entreprise, telle que la défaillance

d’une machine. Si, pour ces motifs,

l’employeur empêche l’exécution du

travail, il se trouve en demeure

d’accepter le travail et doit verser à

ses employés l’intégralité de leur

salaire sans qu’ils aient à fournir le

travail ultérieurement.

Carole Kaufmann Ryan

Avocate chez AXA-ARAG

Photos: màd; iStock/Jinda Noipho

La déclaration électronique des salaires soulage les PME de leurs tâches administratives.

Transmission directe

des données salariales

AXA est l’une des premières caisses de pension à permettre à ses entreprises clientes

d’effectuer les déclarations à l’AVS, à la Suva et aux assurances directement depuis

leur comptabilité salariale. Prévoyance professionnelle, assurance-accidents ou

assurance indemnité journalière maladie: grâce à la déclaration électronique des

salaires (ELM), vous nous transmettez vos données salariales en quelques clics.

C’est rapide, simple et sûr. Il vous suffit de disposer d’un logiciel de paie certifié

Swissdec. Swissdec assure la transmission des données salariales aux assurances

sociales et aux autorités dans le respect des normes de sécurité les plus strictes.

De quoi décharger sensiblement les entreprises sur le plan administratif, puisque

les données sont envoyées en une seule fois à tous les destinataires. Le logiciel

regroupe automatiquement pour chacun d’eux toutes les données salariales pertinentes.

Un simple clic suffit ensuite à les adresser à l’AVS, à la Suva, aux assurances,

aux administrations fiscales et à l’OFS. Grâce à la coopération entre AXA

et Swissdec, les PME peuvent très simplement transmettre à AXA leurs données

salariales pour la prévoyance professionnelle LPP (entrées, sorties, modifications

de salaire ou de taux d’occupation, départs à la retraite, décès, arrêts de travail

pour accident ou maladie, etc.) dans leur logiciel de gestion salariale. En retour,

la caisse de pension communique les taux de cotisations directement au logiciel

de paie. Pour en savoir plus:

axa.ch/elm

«Comme en Suisse, les textes doivent être traduits en plusieurs

langues, l’intelligence artificielle est d’un grand secours.»

Kathrin Braunwarth, responsable Data, Technology & Innovation chez AXA Suisse, page 22

01/2025

19 Mon ENTREPRISE


GESTION DU CHANGEMENT

Une seule constante:

le changement

Dans notre monde complexe, les PME doivent se développer et se transformer

sans cesse. La participation active du personnel au processus de changement présuppose

un plan structuré et réfléchi, et une gestion adéquate du changement.

Texte Melanie Ade

L’expert

Marcel Rüfenacht est expert

en transition numérique,

inspiration leader et chargé

de clientèle Développement

personnel et organisationnel

à la KV Business School

Zurich. Il propose un accompagnement

et des conseils

sur les thèmes clés de la

transformation numérique,

du leadership, des nouveaux

modèles de travail et des

compétences du futur. En

outre, il est enseignant et

formateur dans le domaine

du numérique.

Marcel Rüfenacht, qu’entend-on

par «gestion du changement»?

Par définition, la gestion du changement

englobe tous les projets, méthodes et mesures

qui doivent entraîner un changement plus ou

moins important dans une organisation. Pour

l’essentiel, il s’agit d’impliquer ses collaboratrices

et collaborateurs dans un processus de

transformation et de leur en expliquer la nécessité

et les avantages afin qu’ils soient acteurs

de cette évolution. Par conséquent, la gestion

du changement ne définit pas la transformation

en elle-même, mais plutôt son accompagnement.

Ce thème est-il également important

pour les PME?

Oui, absolument. Les petites et moyennes entreprises

doivent elles aussi évoluer sans cesse,

car les modèles commerciaux traditionnels ne

fonctionnent plus toujours aujourd’hui. Les

problématiques actuelles, comme le blocage

des réformes et de la digitalisation, la pénurie

de main-d’œuvre qualifiée et les difficultés à

trouver des repreneurs, représentent pour les

PME des défis majeurs, qui appellent une réponse.

Les PME peuvent-elles entreprendre

seules cette démarche ou doivent-elles

solliciter une aide externe?

Je suis un fervent défenseur de l’initiation

du changement en interne. D’expérience, cette

approche est mieux acceptée au sein de l’organisation

que les mesures imposées par des

sociétés de conseil externes. Rien n’empêche

évidemment de faire appel ponctuellement à

une aide externe au besoin, par exemple pour

présenter des outils et des méthodes utiles,

élaborer conjointement une stratégie ou tout

simplement bénéficier d’un avis extérieur. Souvent,

les PME ne savent pas quels changements

sont nécessaires pour subsister sur le marché,

ni comment s’y prendre.

Quelle est la meilleure méthode?

Pour commencer, il faut se demander pourquoi

un changement est nécessaire. La pression

vient-elle du marché, des collaboratrices et collaborateurs,

ou encore de la société? Amorcer

une transformation juste pour le plaisir de

changer n’apporte rien. Les équipes doivent

comprendre le caractère impératif de ce changement

pour pouvoir l’appuyer. Cela passe par

une compréhension commune de la situation

actuelle et de l’orientation souhaitée. D’où

l’importance d’avoir d’emblée une vision qui

mette au clair le sens et le but de la transformation.

Nous avons l’habitude d’utiliser le terme

d’étoile polaire, à savoir une vision d’avenir

nous servant de point de référence à l’horizon,

mais sans chemin tout tracé pour y parvenir.

Et une fois l’étoile polaire définie?

Nous avons besoin d’une analyse solide de

la situation de départ: où en est l’entreprise?

Quels sont nos points forts et nos points

faibles? Comment nous positionnons-nous

sur le marché et vis-à-vis de la concurrence? Y

a-t-il des processus ou des branches d’activité

qui fonctionnent mieux que d’autres? Sur quoi

nous concentrer pour l’avenir? Sur cette base,

on formule l’objectif à atteindre, à savoir l’état

cible, avec les mesures adéquates pour y parvenir.

Ainsi, les PME peuvent expliquer en toute

transparence la nécessité du changement, les

éléments à modifier et la manière dont elles

parviendront à l’objectif.

À quoi faut-il également prêter attention?

Veillez à inclure d’emblée vos équipes, afin

qu’elles ne soient pas spectatrices, mais actrices

du changement. L’élaboration conjointe

de l’objectif et des mesures concrètes par une

approche ascendante confère au changement

un ancrage et un soutien plus forts dans l’entreprise

que si la direction l’accapare et se

contente, au mieux, de communiquer les décisions

aux niveaux hiérarchiques inférieurs.

Sans aller forcément jusqu’à consulter chaque

membre du personnel, l’idéal est de constituer

un groupe représentatif de tous les services de

l’entreprise. Toutefois, je recommande toujours

d’inclure des personnalités non conformistes

et sceptiques dans l’équipe de projet.

Cela implique un certain courage, mais cela

Mon ENTREPRISE

20 01/2025


GESTION DU CHANGEMENT

L’élaboration conjointe de

l’objectif et des mesures

concrètes confère au changement

un ancrage et un soutien

plus forts dans l’entreprise.

Photos: iStock/Charday Penn; màd

peut faire toute la différence. On s’assure ainsi

de tenir compte de leurs idées, de leur témoigner

de l’estime et de les transformer en ambassadrices

et ambassadeurs qui, en plus de

soutenir le changement, vont l’instiller dans

les différents services de l’organisation.

Quels sont les obstacles à surmonter?

En général, les entreprises échouent au niveau

de la communication. Il faut sacraliser la

transparence. Une planification en vase clos

ne fait que créer de l’incertitude au sein du

personnel. Dès que la situation de départ, l’objectif

et les mesures requises ont été définis, il

convient d’envoyer une première communication

exhaustive à toute l’organisation, même

si ce changement n’affecte pas tout le monde

dans les mêmes proportions. Il est important

d’expliquer la direction choisie ainsi que l’existence

d’un plan concret et probant, et de définir

clairement les responsabilités. Informez

régulièrement vos équipes en toute franchise,

évoquez les avancées, mais aussi les déconvenues

et les échecs, et célébrez les étapes clés.

Il est inutile de présenter un plan directeur

au personnel si vous n’en parlez plus pendant

trois ans par la suite.

Comment gérer l’opposition

systématique au changement chez

certains collaborateurs et collaboratrices?

La résistance est et restera inscrite dans

notre ADN. Nous sommes des êtres routiniers,

qui n’apprécient guère le changement. Il est

important de ne pas ignorer cette opposition

et de prendre au sérieux les personnes concernées.

Il y aura toujours des collaboratrices et

collaborateurs qui auront besoin d’être davantage

accompagnés et soutenus pour faire face

au changement. Cherchez le dialogue personnel,

faites preuve de compréhension et d’empathie,

et essayez de comprendre leurs motivations.

Donnez-leur l’occasion d’exprimer leur

opinion, mais fixez tout de même des limites et

suivez une ligne claire. Sans quoi vous perdrez

en crédibilité.

Souhaitez-vous donner un dernier

conseil à nos PME?

Ayez le courage de faire marche arrière.

Si vous remarquez que le processus de changement

vous mène droit dans une impasse,

prenez du recul, repensez votre stratégie et

changez de direction si nécessaire. Depuis la

pandémie, nous savons que nous vivons dans

un monde complexe, où tout peut changer du

jour au lendemain. Vous pouvez donc tout à

fait être amené à changer plusieurs fois de cap.

Ne quittez jamais des yeux votre étoile polaire,

mais restez flexible et agile dans la trajectoire

de mise en œuvre. Et gardez toujours une chose

à l’esprit: s’ils nécessitent beaucoup de temps

et de ressources, les changements sont un investissement

à long terme dans votre entreprise,

pour lui assurer un avenir prospère. ●

Bonnes pratiques:

huit facteurs de

réussite de la gestion

du changement pour

les PME

1.

2.

3.

4.

Autoriser les succès

rapides

Impliquer les personnes

critiques

Intégrer la culture

d’entreprise dans le

changement

Accepter d’allouer

des ressources au

changement

5. Accepter

la résistance

6.

7.

8.

Transformer les

perdants en gagnants

Avoir une communication

ouverte

et transparente

Définir une équipe

centrale

weiterbildung-in-kmu.ch/fr

01/2025 21

Mon ENTREPRISE


ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI

Seule une PME sur cinq

voit dans l’IA une menace

Illustration: iStock

Plus de la moitié des PME suisses intègrent déjà

l’intelligence artificielle (IA) dans leurs processus

de travail. Quel est l’effet de cette technologie sur

leur charge de travail? Les craintes de suppression

de postes dues à l’intelligence artificielle

sont-elles réellement fondées? AXA Suisse fait le

point dans sa dernière étude.

Texte Melanie Ade

Depuis le lancement du chatbot

ChatGPT en novembre 2022, tout

le monde parle de l’intelligence

artificielle et de ses conséquences.

Comme le montrent les résultats de

l’étude 2024 d’AXA sur le marché du travail, les

PME suisses ont elles aussi pris cette thématique

à bras-le-corps. Plus de la moitié (55%) des entreprises

interrogées intègrent l’intelligence artificielle

dans leurs processus. Un tiers d’entre elles

en sont encore au stade de l’expérimentation et

utilisent l’IA uniquement pour certains projets

ou à l’initiative de certains collaborateurs

et collaboratrices. En revanche, un cinquième

des PME (22%) l’incluent déjà pleinement dans

leurs processus: 6% d’entre elles y ont recours

dans tous les domaines de leur activité, et 16%

pour certains projets seulement. À noter que

45% des entreprises sondées n’utilisent encore

aucun outil d’IA dans leurs processus.

Les échanges personnels avec la clientèle

restent importants

L’étude révèle également qu’une grande partie

des PME interrogées recourent à l’IA notamment

pour des tâches de communication et de

rédaction. En effet, 48% utilisent les outils d’IA

pour des traductions et 40% pour des travaux

de correspondance, par exemple pour simplifier

et accélérer la rédaction d’e-mails et de

lettres. «Dans ce domaine, les applications d’IA

peuvent apporter une réelle valeur ajoutée et

s’intégrer assez simplement dans les processus

de travail en place. Dans un pays multilingue

comme la Suisse, dont l’économie est fortement

interconnectée au niveau international,

des textes, des e-mails ou des présentations

doivent constamment être traduits dans différentes

langues, et l’intelligence artificielle

Mon ENTREPRISE

Mon ENTREPRISE

22 01/2025


ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI

«Les applications d’IA peuvent apporter une réelle valeur ajoutée

dans les tâches de rédaction et de communication.»

Kathrin Braunwarth, responsable Data, Technology & Innovation d’AXA Suisse

apporte ici une aide efficace», déclare Kathrin

Braunwarth, responsable Data, Technology &

Innovation d’AXA Suisse.

Un bon tiers (36%) des entreprises interrogées

utilisent l’IA pour la création de textes publicitaires.

Les PME en font un usage plus modéré

pour la génération d’images (21%). Environ un

quart des PME qui recourent à l’IA le font pour

optimiser des étapes de travail et des analyses

de données. «Dans ces domaines, l’intégration

de l’IA prend un peu plus de temps et nécessite

une plus grande expérience que dans le

domaine de la communication», explique Michael

Hermann, directeur de l’institut de recherche

Sotomo, qui a réalisé l’étude pour le

compte d’AXA. La publicité personnalisée et

l’assistance à la clientèle sont les applications

de l’IA les moins fréquentes, puisqu’elles ne

concernent que 15% des entreprises sondées.

«Les échanges personnels avec la clientèle

restent donc importants. Ils sont certes facilités

par l’IA, par exemple pour la correspondance,

mais ne sont pas entièrement remplacés

par celle-ci», ajoute Michael Hermann.

Un tiers des PME voient l’IA comme

une opportunité

Dans la plupart des entreprises, l’intelligence

artificielle est encore plutôt en phase de test

que totalement intégrée. Mais c’est la position

de principe des entreprises qui dictera l’avenir

de cette technologie. Les résultats de l’étude

d’AXA montrent ainsi que 45% d’entre elles

adoptent un positionnement neutre vis-à-vis

de l’intelligence artificielle et n’y voient ni une

menace ni une chance pour leur activité. Près

d’un tiers des PME estiment que les applications

d’IA offrent des opportunités et les voient d’un

œil favorable. Elles sont bien moins nombreuses

(env. 20%) à considérer l’intelligence artificielle

(plutôt) comme une menace pour leurs affaires.

On observe de nettes différences en fonction

de la taille de l’entreprise: plus de la moitié

(52%) des entreprises sondées employant plus

de 50 personnes perçoivent l’intelligence artificielle

comme une évolution positive. Ce

taux passe à 41% pour les entreprises de taille

moyenne occupant jusqu’à 49 personnes et à

27% seulement pour les PME employant de

5 à 9 personnes.

Du côté des petites entreprises, un quart des

répondants estiment même que l’IA représente

une menace pour leur activité, contre

15% seulement des PME de taille moyenne ou

grande. «Une mise en œuvre judicieuse de l’IA

Tâches de l’IA dans l’entreprise

«Pour quelles tâches utilisez-vous des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT?

(plusieurs réponses possibles)», uniquement les PME qui utilisent déjà l’IA.

Traductions

Optimisation des étapes de travail

Analyse des données

Génération d’images

Textes publicitaires

Correspondance

Publicité personnalisée

Service et assistance à la clientèle

48%

23%

22%

21%

36%

40%

15%

16%

0% 10% 20% 30% 40% 50%

Intégration de l’IA dans les processus d’entreprise

«Comment intégrez-vous l’intelligence artificielle dans vos processus?»

Pas d’utilisation de l’IA

Expérimentation de l’IA dans

certains projets

Expérimentation de l’IA par des

collaborateurs et collaboratrices,

à leur propre initiative

Intégration résolue de l’IA dans

tous les domaines de l’entreprise

Intégration résolue de l’IA dans

certains projets

Impact de l’IA sur la charge de travail

«Quel est l’impact de l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle sur votre charge

de travail aujourd’hui ■ ? Et dans les deux prochaines années ■?»

La mise en œuvre prendra plus de temps qu’elle ne permettra d’en

gagner, ce qui entraînera une augmentation du nombre de postes.

La mise en œuvre prendra plus de temps qu’elle ne permettra

d’en gagner, sans effet sur le nombre de postes.

Aucun impact perceptible.

Elle permettra des gains de temps, mais n’aura pas

d’impact sur le nombre de postes.

Les gains de temps réalisés permettront

de réduire le personnel.

6%

8%

14%

12%

53%

37%

25%

35%

2%

8%

0% 20% 40% 60%

01/2025 23

Mon ENTREPRISE


ÉTUDE D’AXA SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI

nécessite souvent des ressources techniques et

un personnel maîtrisant leur utilisation. Les

grandes PME disposent plus facilement de ces

ressources que les petites», déclare Kathrin

Braunwarth d’AXA.

L’une des craintes le plus souvent évoquées à

propos de l’intelligence artificielle est la réduction

du nombre de postes de travail. Elle se

fonde sur l’hypothèse que certaines tâches aujourd’hui

effectuées par des humains pourront

être automatisées grâce à l’IA. Cela concerne

notamment les opérations courantes hautement

standardisées. D’après l’étude d’AXA auprès

des PME, les craintes liées à de potentielles

suppressions d’emplois dues à l’IA sont actuellement

exagérées. Plus de la moitié (53%) des

entreprises interrogées déclarent ne ressentir

encore aucun effet sur la charge de travail. Si

plus d’un quart (27%) des entreprises estiment

que l’IA permet de gagner du temps, un cinquième

d’entre elles pensent que sa mise en

œuvre augmente pour l’instant la charge de

travail plutôt qu’elle ne la diminue.

À l’horizon de deux ans, les PME qui considèrent

que l’IA réduira la charge de travail sont

plus nombreuses (43%) que celles qui pensent

le contraire (20%). Mais là aussi, on observe

des disparités, notamment en fonction de la

branche d’activité. Sans grande surprise, c’est

en premier lieu le secteur de la communication

(67%) qui s’attend à d’importants gains

de temps à l’avenir. «L’intelligence artificielle

étant avant tout utilisée pour les traductions

et la correspondance, il paraît logique que les

entreprises actives dans le domaine de la communication

et des médias en profitent le plus.

Les sociétés informatiques, qui appartiennent

également à ce secteur, sont prédestinées à tirer

profit des outils d’IA au niveau de l’analyse

de données et de la programmation», explique

Michael Hermann de Sotomo. Dans l’industrie

(59%), le secteur manufacturier (53%) et le commerce

(47%), près de la moitié des entreprises

prévoient également des économies de temps

grâce aux applications d’IA. Toutes branches

confondues, la part des PME qui tablent sur des

gains de temps dans un proche avenir est plus

élevée que la proportion qui n’en attend pas.

«Avec la

diffusion de

l’IA, les profils

d’exigences

pour les

collaboratrices

et

collaborateurs

devraient

évoluer.»

Michael Hermann, directeur de

l’institut de recherche Sotomo

le secteur manufacturier (22%), le commerce

(18%) et l’industrie (14%). Dans ces branches,

les tâches standardisables au niveau de la production,

du tri ou de la logistique sont relativement

nombreuses, ce qui explique le fort

potentiel de suppressions d’emplois. Fait intéressant,

seules 7% des PME opérant dans les

secteurs de l’information et de la communication,

où l’on s’attend actuellement à d’importants

gains de temps, prévoient des réductions

de postes. «Même si des applications d’IA sont

aujourd’hui utilisées, surtout dans la communication,

les outils d’IA dédiés à la traduction

ou à la correspondance semblent plutôt considérés

comme une aide, et non comme une solution

de remplacement. Le secteur de l’information

réalise des gains de temps substantiels,

puisque les collaboratrices et les collaborateurs

peuvent confier les tâches lourdes, voire fastidieuses,

aux applications d’IA. Nous constatons

qu’actuellement, l’IA simplifie le travail sans

réduire les effectifs», précise la responsable

DTI, Kathrin Braunwarth. Pour les PME interrogées,

l’utilisation accrue de cette technologie

ne conduit pas nécessairement à des réductions

de postes.

Reste à savoir si les outils d’IA ne feront que

simplifier certaines étapes de travail ou s’ils

modifieront les modes de collaboration et

donc les exigences posées au personnel qualifié.

Comme le révèle l’étude sur le marché

de l’emploi, les PME se montrent encore sceptiques

face à ces développements. Plus de la

moitié d’entre elles estiment que les applications

d’IA ne modifieront pas les profils d’exigences

pour le personnel, et 21% seulement

pensent que l’intelligence artificielle aura une

influence sur le profil d’exigences. Mais cette

situation va sans doute évoluer avec le recours

accru à l’IA. «Chez les PME ayant adopté l’IA,

29% observent un changement au niveau des

exigences posées. Avec la diffusion de l’IA au

sein des entreprises, on peut donc s’attendre à

ce que les profils d’exigences pour les collaboratrices

et collaborateurs évoluent considérablement»,

estime Michael Herman. ●

Photo: Marco Vara

Aucune réduction de personnel prévue

dans le sillage de l’IA

En dépit des gains de temps anticipés, seule

une minorité de PME envisagent des coupes

dans leurs effectifs à cause de l’IA. Les réductions

de postes prévues concernent avant tout

À propos de l’étude

Pour la présente étude, l’institut de recherche

Sotomo a interrogé 300 PME suisses employant cinq

personnes ou plus en Suisse romande et en Suisse

alémanique. Les données ont été collectées entre le

5 et le 13 février 2024 auprès du panel d’entreprises

d’AmPuls.

Mon ENTREPRISE

Mon ENTREPRISE

24 01/2025


Responsabilité

Questions des lecteurs

Report des

prestations de

vieillesse

L’un de mes collaborateurs n’a pas

pu transférer la totalité de son avoir

de libre passage dans la caisse de

pension et dispose donc d’un compte

auprès d’une fondation de libre

passage. Il atteindra l’âge de référence

l’année prochaine, mais

souhaite continuer à travailler et

ajourner le versement de ses prestations

de vieillesse tant dans la caisse

de pension que dans la fondation de

libre passage. À quoi doit-il s’attendre

s’il décide finalement de

renoncer à son activité lucrative?

A. M., Gossau SG

Depuis l’entrée en vigueur de la réforme

de l’AVS au 1 er janvier 2024, toutes les

personnes assurées dans la prévoyance

professionnelle qui continuent de travailler

après avoir atteint l’âge réglementaire

de la retraite ou l’âge de référence

ont le droit légal de différer leurs prestations

de vieillesse jusqu’à l’âge de

70 ans (art. 13, al. 2, LPP). Un ajournement

de la prestation de libre passage

jusqu’à l’âge de 70 ans est également

possible dans la plupart des fondations

de libre passage. Toutefois,

contrairement à l’ajournement dans

la prévoyance professionnelle, un

délai transitoire de cinq ans s’applique

(jusqu’à fin 2029), pendant lequel

l’ajournement n’est pas nécessairement

lié à la poursuite de l’activité lucrative;

cela ne changera qu’au 1 er janvier 2030

(art. 16, al. 1, OLP).

Sabine Spross

Avocate

Senior Legal Counsel

Group Life

Photos: màd, iStock/wah_fotobox

La start-up suisse «Neustark» a mis au point une technologie qui capte le CO 2 émis par

les installations de biogaz et le stocke dans des gravats de béton.

Nouveaux partenariats pour

l’élimination du CO 2

L’Accord de Paris sur le climat a fixé l’objectif de zéro émission nette de gaz à

effet de serre à l’échelle mondiale d’ici à 2050. À cette date, les émissions atmosphériques

de gaz à effet de serre comme le CO 2 ne devront pas être supérieures

aux capacités d’élimination de ces substances de l’atmosphère. Si l’on veut parvenir

aux niveaux nécessaires d’élimination du CO 2, il faut impérativement développer

bien en amont différentes technologies à cet effet. C’est pourquoi, à

partir de 2026, AXA Suisse s’attachera à soutenir les technologies d’élimination

du CO 2 au lieu de compenser son bilan carbone. Dans le cadre de sa stratégie

modifiée, AXA Suisse soutiendra deux nouveaux projets d’élimination du CO 2

sur la période 2026-2030: la start-up germano-brésilienne «InPlanet» élimine le

CO 2 par un procédé dit d’«altération forcée» de certains minéraux. Elle procède à

l’épandage d’une fine poussière de roche sur des terres agricoles au Brésil, ce qui

permet d’accélérer le processus naturel de fixation du CO 2. Ce procédé concourt

à réaliser en moins de dix ans ce qui prend normalement des siècles. D’ici à 2028,

InPlanet assurera le captage et le stockage durable de 1950 tonnes de CO 2, et la

start-up suisse «Neustark» fera de même pour 1800 tonnes supplémentaires à

l’horizon 2030. Neustark a mis au point une technologie qui capte le CO 2 émis

par les installations de biogaz et le stocke dans des gravats de béton. Sa solution

innovante est déjà mise en œuvre sur différents sites de Suisse et d’Europe.

«Aujourd’hui, si un cuisinier refuse d’inscrire à la carte des plats

végans ou végétariens, c’est qu’il n’a rien compris.»

Michel Péclard, chef d’entreprise et restaurateur zurichois, page 30

01/2025 25

Mon ENTREPRISE


EXTERNALISATION

Tirer profit de

l’externalisation

Depuis longtemps déjà, les grandes entreprises

externalisent les processus et fonctions sans lien direct

avec leur création de valeur, afin de pouvoir se

concentrer sur leurs compétences clés. Mais

l’externalisation peut aussi être intéressante pour

les PME.

Texte Melanie Ade Photos Daniel Ammann

C

es dernières années, le transfert de

certaines tâches ou processus dans

des pays de la zone euro, où les

coûts sont plus faibles, est devenu

un thème central du paysage industriel

suisse. Face aux coûts de production

élevés en Suisse et à la perte de compétitivité

qui en résulte, les entreprises doivent chercher

activement de nouveaux moyens de réduire

leurs coûts et de renforcer leur efficacité. Le

recours stratégique à l’externalisation s’est

avéré un instrument efficace pour relever ces

défis et accroître durablement le succès des

entreprises. Mais externalisation ne veut pas

nécessairement dire étranger. «L’externalisation

consiste généralement à confier à un tiers

un certain nombre de processus de sa propre

chaîne de prestations. La prestation propre devient

ainsi une prestation tierce», explique Roland

Schegg, Director Consulting Entreprises

familiales chez PwC Suisse.

Avantage de l’externalisation pour les PME

De plus en plus de PME confient à des prestataires

externes certains processus comme la

Mon Entreprise

Depuis 1996, le groupe kybun

Joya développe, produit

et distribue des chaussures

ergonomiques de qualité.

Karl Müller et Claudio Minder

ont fondé Joya en 2008,

l’ont fusionnée avec kybun

en 2021 et dirigent depuis

cette entreprise employant

200 personnes. La société,

dont le siège est à Roggwil,

produit chaque année

environ 400 000 paires de

chaussures des marques

kybun, Joya et Kandahar,

distribuées dans 1200 points

de vente à travers le monde.

kybunjoya.swiss

comptabilité ou le traitement des salaires, une

pratique jadis réservée aux grandes entreprises.

«Pratiquement toutes les prestations d’une entreprise

peuvent être externalisées», affirme

R. Schegg. L’externalisation de l’infrastructure

informatique est un grand classique. «L’exploitation

de structures de stockage propres et la

sécurité des données qu’elle implique posent

des défis de plus en plus grands aux entreprises

dont l’informatique n’est pas le cœur de métier.

Mais en principe, l’externalisation est envisageable

pour n’importe quel processus ou

domaine», explique le consultant.

Même si de plus en plus de PME optent pour

une externalisation stratégique, rares sont

celles qui transfèrent des parties de leur

chaîne de création de valeur à l’étranger. Le

groupe kybun Joya de Roggwil a franchi ce

pas. Ces «chausseurs de la nation», comme on

les surnomme, produisent leurs chaussures

sur quatre sites différents: dans leurs propres

ateliers, situés l’un à Sennwald (SG) et l’autre

dans le nord de l’Italie, ainsi que sur deux

autres sites de production en Corée du Sud et

en Indonésie. «Lorsque nous avons fondé notre

entreprise en 2008, nous savions déjà que nous

ne pourrions pas produire uniquement en

Suisse. Il y manque des spécialistes qualifiés

et les machines nécessaires à la fabrication des

chaussures. L’Italie, en revanche, possède une

industrie de la chaussure très solide, avec le

savoir-faire nécessaire et des fournisseurs», explique

Karl Müller, CEO du groupe kybun Joya.

De ce fait, les chausseurs de Suisse orientale

avaient dans un premier temps délocalisé la

production de leurs chaussures ergonomiques

dans le nord de l’Italie. Depuis quelques années,

ils produisent aussi divers modèles de la

marque kybun en Suisse; la marque Kandahar,

quant à elle, est fabriquée exclusivement à

Sennwald. «À long terme, nous entendons produire

en Suisse la majorité de nos chaussures,

afin de renforcer la place industrielle suisse et

de créer des emplois», affirme K. Müller.

Plusieurs sites, divers avantages

La pluralité des sites ne rend-elle pas le processus

de production plus compliqué et coûteux?

«C’est normalement le cas», déclare le directeur

Claudio Minder. «Pour nos chaussures kybun,

il est judicieux d’avoir deux sites, car certaines

technologies de production ne peuvent

être développées qu’en Italie. En Suisse, il nous

manque encore le savoir-faire et l’infrastructure

nécessaires pour reproduire toute la

chaîne de création de valeur», précise-t-il.

Les chaussures de la marque Joya, pour leur

part, sont produites en Corée du Sud et en Indonésie,

non sans raison. «Nos chaussures Joya

sont environ de 30% moins chères que celles de

la marque kybun. Les facteurs de coûts jouent ▶

Mon ENTREPRISE

26 01/2025


1 Claudio Minder et Karl Müller

produisent avec passion des

chaussures ergonomiques de

qualité.

2 Les chaussures kybun sont

fabriquées à Sennwald, dans

le canton de Saint-Gall, et dans

le nord de l’Italie.

3 L’entreprise produit environ

400 000 paires de chaussures

par an.

1

2

01/2025 27 Mon ENTREPRISE

3


EXTERNALISATION

1

2

1 En Suisse, il manque

encore au «chausseur

de la nation» une part

de savoir-faire et

certaines infrastructures

pour reconstituer

l’intégralité de la

chaîne de création de

valeur.

2 Le groupe kybun Joya

mise sur la qualité et

l’artisanat: chaque

chaussure est contrôlée

manuellement.

3 À long terme, il est

prévu de produire la

majorité des chaussures

kybun en Suisse,

afin de renforcer la

place économique.

3

Mon ENTREPRISE

28 01/2025


EXTERNALISATION

donc un rôle décisif dans le choix du site de production.

Rapatrier la production Joya en Suisse

nous obligerait à relever le prix au niveau de

kybun. Cela créerait une concurrence entre nos

différentes marques, ce qui n’est bien entendu

pas dans notre intérêt», affirme K. Müller. Les

deux entrepreneurs avaient choisi la Corée du

Sud, car le père de K. Müller, fondateur de la

société MBT, produisait ses chaussures en Extrême-Orient;

ils pouvaient dès lors utiliser le

réseau existant de partenaires de production

locaux. «De plus, comme ma mère est originaire

de Corée du Sud et que j’y ai longtemps

vécu, la culture et la langue me sont familières,

ce qui est aussi un atout», explique K. Müller.

Avantages en termes de coûts et d’efficacité

Pour des raisons de coûts, les deux fondateurs

ont toutefois dû transférer une partie de la

production Joya en Indonésie il y a quelques

années. «Les salaires en Corée du Sud sont

maintenant au même niveau qu’en Allemagne.

En Indonésie, ils restent nettement plus bas»,

précise C. Minder. Les deux sites ont cependant

leurs avantages: «La Corée du Sud possède un

grand savoir-faire dans l’utilisation de matériaux

techniques pour la fabrication de chaussures,

un atout qui nous permet de développer

notre marque. Mais depuis l’usine en Indonésie,

nous pouvons livrer directement et sans

taxe au Japon, le principal marché final de Joya

en dehors de nos marchés traditionnels.» Un

bon exemple, selon l’expert R. Schegg: «L’externalisation

permet d’exploiter une expertise

externe pour dégager des avantages en termes

de coûts et d’efficacité. Des avantages peuvent

aussi se présenter au niveau de la distribution,

lorsque le partenaire dispose d’un meilleur accès

à certains marchés.» Outre une réduction

des coûts, l’externalisation peut aussi induire

une hausse de qualité. Sans oublier qu’en externalisant

des fonctions non centrales, les entreprises

peuvent concentrer leurs ressources

internes sur des domaines plus importants

d’un point de vue stratégique, ce qui améliore

l’efficacité et la productivité.

Priorité au cœur de métier

La concentration sur le cœur de métier et le

développement de leur entreprise sont des éléments

centraux pour les deux fondateurs de

kybun Joya. «Tout ce que d’autres font mieux

que nous, nous l’externalisons. Ainsi, nous

avons engagé une agence externe pour des missions

de marketing spécifiques. De même, nous

Roland Schegg, Director

Consulting Entreprises

familiales, PwC Suisse.

«En principe,

l’externalisation

est

envisageable

pour

n’importe

quel processus

ou domaine.»

1. Comptabilité

L’externalisation de la comptabilité est

courante parmi les petites entreprises.

Des comptables expérimentés gèrent

efficacement les processus financiers et

les normes de compliance de plusieurs

entreprises, permettant à ces dernières de

gagner du temps et de l’argent.

2. Distribution

Si votre entreprise ne dispose pas d’un

personnel de vente ou du savoir-faire

requis, le recours à des sociétés ou à des

professionnels spécialisés pourra vous

faire gagner des clients et signer plus de

contrats.

3. Marketing

Des agences de marketing externes

peuvent accélérer la croissance de votre

entreprise en s’occupant de tâches telles

que la conception publicitaire, le développement

de contenus et la gestion des

réseaux sociaux. Vous pourrez ainsi vous

concentrer sur les processus internes, tout

en tirant profit de l’expertise des spécialistes

du marketing.

4. Services informatiques

Les chiffres du marché mondial de la délocalisation

des prestations informatiques

avons créé récemment un poste de responsable

opérationnel, pour pouvoir nous concentrer

encore plus sur la stratégie et l’innovation

de notre entreprise.» Une décision qu’appuie

R. Schegg: «En recourant habilement à des

partenaires d’externalisation, les entreprises

peuvent améliorer leur santé financière tout

en accroissant leur compétitivité. Mais attention

toutefois: la collaboration avec des tiers

crée des interfaces externes. Il faut donc bien

penser la gestion de ces interfaces, de façon à

maintenir son efficacité. Pour tirer le meilleur

parti de l’externalisation, il faut trouver un

mode de collaboration où les partenaires sont

sur un pied d’égalité. Étudiez donc bien cette

décision. Et certains domaines d’activité ne

doivent en aucun cas être externalisés: les compétences

de cœur de métier et les technologies

clés doivent toujours rester dans l’entreprise.»

Sept domaines dont l’externalisation peut

aussi être intéressante pour une PME

sont impressionnants et soulignent le

succès de l’externalisation dans ce secteur.

La collaboration avec des fournisseurs de

services gérés ou des sociétés apportant un

soutien ciblé pourra résoudre efficacement

vos problèmes techniques.

5. Tâches administratives

La gestion des tâches administratives

passe de plus en plus par des assistants

virtuels. Certains d’entre eux, bon marché

et efficaces, s’occupent de votre messagerie

électronique ou de vos contributions

sur les réseaux sociaux.

6. Service à la clientèle

Les entreprises qui interagissent surtout

en ligne ou par téléphone avec leur clientèle

peuvent améliorer leur efficacité dans

ce domaine en confiant leur stratégie de

service clientèle à des centres d’appels

externes ou à des services de chat, pour

décharger leur équipe interne.

7. Expédition et logistique

Les entreprises de commerce électronique

peuvent optimiser leurs processus

en confiant l’expédition et le traitement

des commandes directement à des

centres de production ou à des services

de livraison.

Sources: Linkedin, Vineo Services GmbH – Photo: màd

01/2025

29

Mon ENTREPRISE


MARKETING

ENTRETIEN

«Si les gens veulent

du poisson frit, je leur

sers du poisson frit»

Enfant terrible, pape du poisson frit, esprit libre. Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire

Michel Péclard. Adulé des uns, détesté des autres, ne mâchant jamais ses mots, cet exploitant

de 19 restaurants autour du lac de Zurich a toujours divisé. Ce qui ne l’empêche pas de connaître

un succès retentissant. Dans cet entretien, l’entrepreneur zurichois nous explique ce qu’il fait

mieux que d’autres et pourquoi il ne se considère pas comme un restaurateur.

Entretien Melanie Ade

Photos Daniel Winkler

Vous venez de passer douze jours sur

un voilier aux Caraïbes avec votre

personnel d’encadrement. Vacances

gratuites ou workation?

Je tiens à ce que les cadres de mes établissements

s’entendent bien. Car de cette façon,

ils s’entraident dans les situations tendues.

Une fois par an, j’invite donc en vacances les

34 gérants et chefs des différents restaurants.

Le résultat est incroyable: c’est une équipe qui

part, et c’est une famille qui revient. Cela me

rend très heureux. Après tout, on passe 60% de

son temps au travail: mieux vaut avoir de bons

rapports avec ses collègues. Nous renforçons

ainsi l’esprit d’équipe, tout en puisant de l’inspiration

culinaire dans nos voyages. Pendant ce

temps, les équipes en Suisse font tourner les

établissements sans les responsables, ce qui

les motive aussi énormément. Tout le monde

y gagne.

Est-ce que cela fait partie de

votre culture d’entreprise?

Absolument. Je souhaite que chaque personne

se sente bien chez nous, quels que soient

ses origines, sa couleur de peau, son sexe, sa religion,

son appartenance ethnique ou son orientation

sexuelle. J’emploie d’anciens toxicomanes,

des réfugiés, des ex-détenus et des travestis. Je

n’ai que faire des diktats de la société. Nous

sommes toutes et tous égaux. Et je crois fermement

que tout le monde a droit à une deuxième

chance. D’ailleurs, les personnes à qui on donne

une chance offrent en retour énormément de

gratitude et de motivation.

À quoi prêtez-vous attention lorsque

vous recrutez du personnel?

Je ne regarde jamais le curriculum vitæ.

Lorsque des cadres postulent chez nous, je passe

toujours une soirée avec eux au «Coco». Nous

mangeons ensemble, buvons du vin jusqu’à

deux heures du matin, et je sonde la personne

pour savoir si elle peut s’intégrer dans l’équipe.

Mes longues années d’enseignement à l’école

hôtelière de Lucerne m’ont appris une chose:

un seul mouton noir suffit à tirer tout un

groupe vers le bas.

Le secteur de la restauration n’a pas

vu d’un très bon œil votre décision de

passer au salaire au pourcentage.

C’est un fait: tous les restaurateurs se

plaignent d’avoir du personnel incompétent.

Mais ils sont trop avares pour investir dans

leur main-d’œuvre. Soyons honnêtes: à Zurich,

les serveuses et serveurs gagnent environ

4200 francs, ce qui ne suffit pas pour vivre dans

cette ville. Rien d’étonnant à ce que les personnes

qualifiées partent. Dans ces conditions,

il faut faire preuve d’inventivité. Sois généreux

envers ton personnel et il le sera envers toi.

Et ce modèle fonctionne?

Parfaitement! Notre chiffre d’affaires a augmenté

de 30% et notre bénéfice de 50%, alors

que nos charges de personnel ont baissé de 5%.

Conclusion: travailler pour soi rend plus productif.

Nous avons en outre nettement moins

d’absences, notamment pour cause de maladie,

et moins de réclamations.

D’aucuns prétendent que ce système

incite le personnel à pousser à l’achat.

C’est ce que je craignais en effet. Et pour

deux de mes employés, cela a été le cas. Je les

«Je ne regarde

jamais

le curriculum

vitæ. Lorsque

des cadres

postulent chez

nous, je passe

toujours une

soirée avec

eux au ‹Coco›.»

Michel Péclard

Plus on le met au défi, plus

il se dépasse: Michel Péclard est

un créatif à l’esprit libre.

Mon ENTREPRISE

30

01/2025


01/2025 31

Mon ENTREPRISE


MARKETING

ENTRETIEN

«L’histoire des

16 000 francs

de salaire

mensuel s’est

répandue

comme une

traînée de

poudre à

travers toute

l’Europe, et

depuis, les

candidatures

affluent en

masse.

On m’accoste

même

pendant mes

vacances pour

me demander

si j’embauche.»

Michel Péclard

Portrait

Michel Péclard est un entrepreneur

et restaurateur zurichois.

Né en 1968 à Kilchberg,

il suit d’abord des études de

comptabilité. En 1994, aux

fêtes de Zurich, il tient avec

succès un stand de brochettes

et se découvre ainsi une

passion pour la restauration.

Après avoir achevé l’école

hôtelière, il ouvre la «Pumpstation»

en 1998, avec sa

cousine Janka, décédée d’un

cancer en 2014. Aujourd’hui,

l’empire Péclard englobe

19 restaurants répartis autour

du lac de Zurich. Depuis 2010,

avec son associé Florian

Weber, Michel Péclard dirige

la société Pumpstation

Gastro GmbH, qui emploie

750 personnes. Michel

Péclard a été marié et a deux

fils adultes.

peclard.net

ai licenciés sans ménagement: un tel comportement

n’a pas sa place chez moi. Depuis, mon

équipe sait que je ne plaisante pas avec ce sujet.

Le problème ne s’est jamais reproduit.

N’est-ce pas injuste pour les personnes

qui œuvrent en coulisses?

Un grand nombre de personnes étrangères

travaillent dans nos cuisines. Celles qui interviennent

dans nos restaurants au bord du lac,

et qui ne sont mobilisées que l’été, ont quatre

à cinq mois de congés l’hiver et peuvent alors

rentrer dans leurs pays, à salaire plein. Les

autres, dont les familles sont en Suisse et qui

aident en hiver dans d’autres établissements,

reçoivent pendant cette période un double salaire.

Tout le monde y trouve donc son compte.

Vous n’êtes donc pas concerné par

la pénurie de personnel qualifié?

Non. L’histoire des 16 000 francs de salaire

mensuel s’est répandue comme une traînée de

poudre à travers toute l’Europe, et depuis, les

candidatures affluent en masse. On m’accoste

même pendant mes vacances pour me demander

si j’embauche. Nous avons juste du mal à

trouver de bons chefs cuisiniers. C’est pourquoi

nous misons sur le perfectionnement en

interne: nous avons fondé notre propre école

de cuisine où nous formons notre personnel

de cuisine pendant trois mois en hiver et leur

apprenons tout de A à Z. Ce qui n’est pas si

simple, car beaucoup ne savent ni lire ni écrire.

Il faut alors tout leur montrer ou avoir recours

à des vidéos. Mais, là aussi, la clé est de faire

preuve de créativité et d’investir dans ses collaboratrices

et collaborateurs.

Vous êtes loin de faire l’unanimité.

Est-ce un avantage ou un inconvénient?

Ce que les autres restaurateurs ou les médias

pensent de moi, ça m’est égal! Je tiens en

revanche à ce que mon équipe m’apprécie. Et

il faut croire que nous avons trouvé la bonne

formule: dans la restauration, le personnel

reste quatre à cinq ans en moyenne dans un

établissement; chez nous, il reste 15 ans. Mais

oui, il n’est pas toujours facile de travailler avec

moi: je déborde d’idées, je suis perfectionniste,

et il m’arrive d’exploser. Nous nous disputons

et puis nous nous réconcilions, comme dans

une vraie famille.

Quel est donc le secret de

votre réussite?

Beaucoup de gens prétendent que tout me

tombe tout cuit dans le bec. C’est faux. J’ai le

courage d’oser des choses et de sortir des sentiers

battus. Il est vrai qu’on me propose chaque

jour de reprendre un restaurant. Mais ces éta-

blissements existaient déjà auparavant. C’est

juste que leur approche n’était pas la bonne.

Pour réussir, il faut parfois être un peu fou. Et

j’ai à mes côtés mon partenaire Florian Weber,

associé à 50% dans tous les restaurants, qui est

l’élément calme de notre duo. Il s’occupe des

aspects entrepreneuriaux, ce qui me laisse la

liberté de création dont j’ai besoin.

Quand vous inventez de nouveaux

concepts, comment gérez-vous l’équilibre

entre tradition et innovation?

Là aussi, Flo m’est d’une aide précieuse. Je

lui soumets cinq nouvelles idées par jour, et

il en rejette quatre de façon catégorique. Je

suis le créatif à l’esprit libre, il est l’intellectuel

pragmatique qui maîtrise tout. D’où notre

parfaite complémentarité. C’est donc lui qui

dirige notre entreprise et ses quelque 750 collaboratrices

et collaborateurs. Si c’était moi,

nous aurions fait faillite depuis longtemps.

Sans lui, rien ne fonctionnerait. Comme je dis

toujours: celui-là, s’il se sauve un jour, je lui

courrai après. (Rires.)

Y a-t-il aussi eu des coups durs?

Bien sûr, cela fait partie de la vie d’une entreprise.

Au cours des quinze dernières années,

avec le «Schönau» à Erlenbach, le «Schober»

dans le Niederdorf zurichois, et le «NZZ Bistro»

à Bellevue, j’ai connu trois échecs cuisants, qui

m’ont coûté des millions. J’avais mis au point

des concepts auxquels je ne croyais pas moimême.

Ça ne me ressemblait pas, c’était perdu

d’avance.

On vous reproche de servir partout

la même cuisine: du poisson frit et des

frites à la truffe.

Si les gens veulent du poisson frit, je leur

sers du poisson frit. Mes confrères ont beau

faire la fine bouche, je reste convaincu qu’un

restaurateur doit servir ce que sa clientèle lui

demande, pas ce que lui-même préfère. C’est

pourquoi je ne me considère pas comme un restaurateur,

mais comme un hôte. Quand je visite

un restaurant, je me mets toujours à la place

de la clientèle: pourquoi est-elle là? Qu’est-ce

qui lui plaît dans cet établissement, dans cette

carte? Pourquoi est-elle prête à dépenser de

l’argent ici et pas ailleurs?

Quel est votre restaurant préféré?

Toujours mon projet le plus récent. (Rires.)

Non, plus sérieusement, j’adore relever des défis.

En ce sens, j’aime les projets dans lesquels je

peux laisser libre cours à ma créativité, comme

pour le «Rooftop» de la Bahnhofstrasse. Autrefois,

c’était un local technique de ventilation.

Quand j’ai annoncé que je voulais y installer

un restaurant, les gens m’ont pris pour un fou.

Mon ENTREPRISE

32 01/2025


Il sait très bien qu’il divise.

Mais son succès lui donne

raison: Michel Péclard vient

d’ouvrir son 19 e restaurant.

Plus on me met au défi, plus je me dépasse.

Par exemple, je ne rachèterais jamais un restaurant

comme le «Kronenhalle», car c’est une

affaire qui tourne. Je m’y ennuierais.

De nos jours, les gens ont-ils

tendance à dépenser plus ou moins

pour leurs repas?

C’est très générationnel. Les jeunes préfèrent

manger un peu moins à l’extérieur et investir

un peu plus dans des produits régionaux de

qualité. Ils sont donc ravis que notre poisson

soit fraîchement pêché dans le lac de Zurich par

nos propres pêcheurs. Les personnes plus âgées

prêtent davantage attention au prix.

Quels autres changements

observe-t-on dans la restauration?

Les gens veulent une alimentation plus

saine. À la «Pumpstation», la clientèle commande

30% de saucisses en moins qu’il y a dix

ans, mais plus de salades. Un tiers des jeunes

femmes sont véganes ou végétariennes, et les

hommes surveillent eux aussi leur consommation

de glucides (sauf qu’ils n’en parlent pas). Il

faut donc adapter l’offre en conséquence. C’est

pourquoi au «Lulu», à l’intérieur de l’opéra,

nous misons sur une cuisine française légère.

Aujourd’hui, lorsqu’un cuisinier refuse d’inscrire

à la carte des plats végans ou végétariens,

c’est qu’il n’a rien compris. Lorsqu’on n’avance

pas avec son temps, il ne faut pas s’étonner de

faire faillite.

Ressentez-vous l’inflation?

Nous remarquons que la situation économique

a changé ces deux dernières années, surtout

dans nos établissements un peu plus haut

de gamme comme le «Coco Grill» ou «L’O». En

revanche, dans les périodes moins favorables

sur plan économique, le chiffre d’affaires augmente

dans les restaurants moins coûteux,

comme la «Pumpstation» ou le «Fischer’s

Fritz». Un transfert s’opère: les gens veulent

continuer à manger à l’extérieur, mais en dépensant

moins.

Comment réagissez-vous à

cette situation?

Il ne sert à rien de se lamenter sur la mauvaise

conjoncture. Après tout, nous sommes

tous dans le même bateau. Ce qu’il faut,

c’est s’adapter à l’évolution des besoins de la

clientèle. Un exemple: aujourd’hui, les gens

consomment beaucoup moins d’alcool. Au lieu

de nous en plaindre, nous avons modifié notre

carte. Au «Rooftop», nous vendons désormais

plus de cocktails sans alcool qu’avec alcool.

Pour le même prix, notez bien.

Le succès vous donne raison.

Aujourd’hui, vous êtes millionnaire.

L’argent seul ne fait pas le bonheur. Je

connais des banquiers de premier plan qui

gagnent énormément, mais qui sont très malheureux.

Comme je dis toujours: on ne vit

qu’une fois, alors autant en tirer le meilleur.

Que m’apporteraient une grande villa et une

voiture de luxe? Ce que j’aime, c’est inventer de

nouveaux concepts et être créatif. Voilà ce qui

me rend heureux. Et j’espère pouvoir le faire

encore très longtemps.

«L’argent seul

ne fait pas le

bonheur. Je

connais des

banquiers de

premier plan

qui gagnent

énormément,

mais qui

sont très

malheureux.»

Michel Péclard

01/2025 33

Mon ENTREPRISE


Ma fierté

Ulrich Marbot, propriétaire de Presento AG,

photographié à la Fondation Karolinenheim,

un partenaire de production.

De l’estime et bien plus

Photo: Raffael Waldner

Mon ENTREPRISE

Après avoir longtemps travaillé comme comptable

et responsable financier, j’ai voulu exprimer mon

côté créatif. J’ai fondé il y a plus de 20 ans une maison

d’édition de cartes de vœux spécialisée dans les

messages et cadeaux personnalisés. C’est en m’entretenant

avec des CEO et des responsables RH que

j’ai eu l’idée de marques d’attention faisant appel

au sens du toucher. Ces cadeaux répondent à un réel

besoin. Dans le monde du travail, ils sont encore

trop rares, même si le thème de la reconnaissance

gagne en importance en cette période de pénurie

de main-d’œuvre qualifiée et d’Employer Branding.

Avec Presento AG, nous transposons les valeurs

de chaque entreprise dans des cadeaux uniques et

transmettons un message qui va au-delà de la reconnaissance.

Nos clientes et nos clients sont fortement

impliqués dans le processus et participent à

la conception des objets. Pour une commande, des

bouteilles en verre usagées ont été transformées en

bocaux personnalisés. Une autre fois, nous avons

imaginé un Puissance 4 en trois dimensions pour

évoquer la coopération interactive. La production

se fait exclusivement dans des ateliers à vocation sociale.

En plus d’être utiles et durables, nos cadeaux

ont donc une dimension régionale et sociale. Je

suis fier de cette collaboration avec mes nombreux

clients au fil des années, pour trouver des idées originales

à même d’enthousiasmer leurs collaborateurs

et leurs collaboratrices.

presento-ag.ch

34 01/2025


Ma fierté

Susanne Schmid,

propriétaire de Haarkult

Photo: Herbert Zimmermann

01/2025

Ma mère a fondé son salon de coiffure «Ursula»

en 1967 et l’a dirigé avec passion pendant des décennies.

J’y ai moi-même fait mon apprentissage,

puis, après quelques années passées dans d’autres

entreprises, je suis revenue en 1997 pour diriger

le salon avec ma mère. En 2008, j’ai officiellement

repris l’entreprise et l’ai rebaptisée «Haarkult». En

2013, je suis tombée enceinte. Au même moment,

ma mère est tombée malade: elle est décédée d’un

cancer deux mois après la naissance de mon fils.

Cet événement éprouvant a provoqué chez moi

une prise de conscience. J’ai commencé à m’intéresser

aux substances nocives en général et à

celles contenues dans les produits cosmétiques en

particulier, et j’ai banni un maximum de produits

Priorité aux produits naturels

chimiques de ma vie et de mon salon. Penser et

agir de façon écologique est essentiel à mes yeux.

C’est pourquoi nous misons sur les pigments végétaux.

Nos soins capillaires et produits coiffants

sont eux aussi fabriqués à partir d’ingrédients

naturels. Nous n’utilisons des produits chimiques

que lorsqu’il n’existe aucune alternative. Par ailleurs,

nous informons notre clientèle en toute

transparence sur la composition des produits lors

de nos consultations capillaires. Au début, notre

approche a parfois été qualifiée d’ésotérique. Mais

la santé et les produits naturels sont maintenant

devenus des sujets de société, et notre salon ne désemplit

pas. Cela me rend très fière.

haarkult.ch

35 Mon ENTREPRISE


Ensemble pour

plus de durabilité

En créant 1 m 2 de surface dédiée à la biodiversité pour

chaque client, AXA soutient d’ici à 2025 des projets

qui favorisent la diversité biologique en Suisse. Au total,

environ 2 millions de m 2 seront revalorisés.

Know You Can

AXA.ch/biodiversite

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!