09.04.2025 Vues

LG-266

A-t-on déjà autant scruté les moindres faits et gestes d’un seul homme que ces derniers mois ? Depuis le 20 janvier, chaque mouvement des lèvres du président Trump, chaque signature apposée sur le papier fait tressaillir de ce côté de l’Atlantique. La menace de guerre commerciale qui planait comme une ombre sur une scène internationale déjà bien sombre ne s’est pas dissipée. Que du contraire. Comme redouté, les barrières douanières s’élèvent de toutes parts, plus hautes que nécessaires pour ne prétendre qu’à un rééquilibrage des flux commerciaux en faveur des États-Unis. Si son offensive repose davantage sur des considérations géopolitiques qu’économiques, la guerre n’en est pas moins déclarée sur ce plan. (lire la suite dans le lecteur...)

A-t-on déjà autant scruté les moindres faits et gestes d’un seul
homme que ces derniers mois ? Depuis le 20 janvier, chaque mouvement
des lèvres du président Trump, chaque signature apposée
sur le papier fait tressaillir de ce côté de l’Atlantique. La menace de
guerre commerciale qui planait comme une ombre sur une scène
internationale déjà bien sombre ne s’est pas dissipée. Que du
contraire. Comme redouté, les barrières douanières s’élèvent de
toutes parts, plus hautes que nécessaires pour ne prétendre qu’à
un rééquilibrage des flux commerciaux en faveur des États-Unis.
Si son offensive repose davantage sur des considérations géopolitiques
qu’économiques, la guerre n’en est pas moins déclarée sur
ce plan. (lire la suite dans le lecteur...)

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MARS / AVRIL 2025 - N˚266

www.gemengen.lu

MARIE-CHARLOTTE PAINDAVOINE,

PIERRE-JEAN FORRER ET GEORGIANA HRISCU

EY Luxembourg | Gouvernance des données : à la conquête de la souveraineté

JACQUES SEYWERT

Schroeder & Associés

Quand ingénieurs et architectes

dessinent l’avenir

P. KAUTEN, O. MARTIN

ET B. SCHEITLER

Energipark Réiden S.A.

L’énergie verte, ça se partage

GILLES CHRISTNACH

Sur le chemin de l’ingéniosité



3

ÉDITO

Tariffs are « great again »

PAR ADELINE JACOB

A-t-on déjà autant scruté les moindres faits et gestes d’un seul

homme que ces derniers mois ? Depuis le 20 janvier, chaque mouvement

des lèvres du président Trump, chaque signature apposée

sur le papier fait tressaillir de ce côté de l’Atlantique. La menace de

guerre commerciale qui planait comme une ombre sur une scène

internationale déjà bien sombre ne s’est pas dissipée. Que du

contraire. Comme redouté, les barrières douanières s’élèvent de

toutes parts, plus hautes que nécessaires pour ne prétendre qu’à

un rééquilibrage des flux commerciaux en faveur des États-Unis.

Si son offensive repose davantage sur des considérations géopolitiques

qu’économiques, la guerre n’en est pas moins déclarée sur

ce plan.

Le Luxembourg est-il particulièrement menacé ? Sans doute

moins que d’autres pays européens. Ses exportations vers les

États-Unis sont en réalité relativement limitées : seuls 3% des

biens vendus à l’étranger gagnent le pays de l’Oncle Sam. Cette

part s’élève toutefois à environ 7% pour les métaux et produits

métalliques et à 10% pour les textiles. En matière d’échanges de

services, les USA représentent 4 à 5% des exportations totales du

Grand-Duché. L’exposition directe est donc relativement faible,

mais le pays pourrait subir les conséquences d’une moindre

demande des États-Unis vis-à-vis de ses partenaires européens ou

pâtir d’effets de contagion via les marchés financiers. Ce seraient

donc les effets indirects liés à la dégradation de la conjoncture

internationale qui seraient les plus à craindre.

Car les droits de douane annoncés ce mercredi 2 avril, journée

baptisée pour l’occasion « Liberation Day » par Donald Trump,

et présentés comme une « déclaration d’indépendance économique

» infligent un taux global de 10% sur l’ensemble des importations

américaines et un taux personnalisé pour de nombreux

pays parmi lesquels les États membres de l’Union européenne. Les

exportations de ces derniers se verront appliquer un prélèvement

de 20% (contre 46% pour le Vietnam, 34% pour la Chine, 32% pour

Taïwan, 26% pour l’Inde ou encore 24% pour le Japon). Après la

loi Hawley-Smoot promulguée suite au krach boursier de 1929,

jamais plus les USA n’avaient élevé de telles barrières. Ce faisant

aujourd’hui, ils remettent en cause le système commercial fondé

sur le principe de non-discrimination bâti au lendemain de la

Deuxième Guerre mondiale. Les observateurs sont d’accord : l’administration

Trump vient de sonner le glas de la mondialisation.

Un « coup dur pour l’économie mondiale » de l’aveu de la présidente

de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui,

bien qu’elle travaille sur un nouveau paquet de contre-mesures,

espère encore pouvoir négocier avec la Maison Blanche.

Dès lors, qui sait, à l’heure d’écrire ces lignes, si elles seront

encore d’actualité une fois imprimées ? L’imprévisibilité, voilà à

quoi il faut désormais se préparer !


4

| DOSSIER

LËTZEBUERGER GEMENGEN

Publication éditée par Living Green sàrl-s

www.gemengen.lu

Société éditrice

Living Green sàrl-s

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange

Régie publicitaire

Julien Malherbe

julienm@livinggreen.lu

FORMATION ET INNOVATION

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

Administration

Lucia Ori

Tél. 58 45 46 29

secretariat@livinggreen.lu

Rédaction

Pierre Birck

pierreb@livinggreen.lu

Adeline Jacob

adelinej@livinggreen.lu

Barbara Pierrot

barbarap@livinggreen.lu

Julien Menegalli

Conception et réalisation graphique

Elodie Malherbe

elodiem@livinggreen.lu

Photographie

Made Creative

Eric Devillet

Nader Ghavami / Photopro Luxembourg

Yves Kortum

Freepik/Unsplash

Impression

Imprimerie Centrale

SOMMAIRE

08

Gouvernance

COVERSTORY

EY Luxembourg

des données : à la conquête de la souveraineté

FORMATION ET INNOVATION

12 | Fujitsu Luxembourg

L’expérience digitale de demain : entre défis,

opportunités et impact

14 | PwC Luxembourg

Le Luxembourg, un bouclier pour l’Europe ?

16 | Marks & Clerk

Naviguez dans le monde de la propriété intellectuelle

18 | Ministère de la Digitalisation

Les nouvelles technologies au cœur de la 3 e réunion du

Haut Comité à la transformation numérique

20 | Chambre des salariés

Apprendre tout au long de sa vie

© Living Green

Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.

Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la

rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord

de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas

restitués. Les reportages signés n’engagent que

leurs auteurs.

Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et

peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne

pourrait nullement être tenu pour responsable.

ISSN 3093-110X


5

ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

ACTUALITÉS COMMUNALES

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

24 | Vinçotte Luxembourg

Des innovations qui réinventent l’inspection

44 | Eurosolar Lëtzebuerg asbl

Communautés énergétiques : mode d’emploi

26 | Agence Immobilère Sociale

Le canton de Redange confie son service logement à l’AIS

28 | ALHO Systembau

Immeubles flexibles : les bâtiments modulaires d’ALHO

changent de taille, d’utilisation et même d’emplacement

46 | Ministère de l’Environnement, du Climat et de la

Biodiversité

40 ans d’éducation environnementale au Benelux

50 | Energipark Réiden S.A.

L’énergie verte, ça se partage

30 | Fonds du Logement

Trouver un terrain d’entente pour assurer un logement

abordable

ACTUALITÉS COMMUNALES

32 | Ministère du Logement et de l’Aménagement du

territoire

La loi relative au logement abordable : optimisations

ciblées pour une mise en œuvre renforcée

36 | Peintures Robin

Robin, les couleurs du Luxembourg

38 | Schroeder & Associés

Tout projet commence par une vision : quand ingénieurs

et architectes dessinent l’avenir

54 | Commune de Strassen

Strassen : un souffle vert et solidaire pour l’avenir

60 | Commune de Mondorf-les-Bains

Mondorf-les-Bains : un avenir prometteur au cœur de

l’est luxembourgeois

66 | Commune de Frisange

Un nouvel essor culturel et environnemental

pour Frisange

76 Sur

PORTRAIT

GILLES CHRISTNACH - CRTI-B

le chemin de l’ingéniosité


6

INDEX

8 | PIERRE-JEAN FORRER

Partner, Government and

Public Sector Leader

EY Luxembourg

8 | MARIE-CHARLOTTE

PAINDAVOINE

Manager

EY Luxembourg

8 | GEORGIANA HRISCU

Manager

EY Luxembourg

12 | LAURA MATHIEU

Head of Digital &

Sustainability

Fujitsu Luxembourg

14 | ANDREA LUCCHINI

Director

PwC Luxembourg

14 | DAVID BERNARD

Manager

PwC Luxembourg

16 | CHRISTOPHE VAN ZYL

Senior Associate

Marks & Clerk

20 | SANDRA GRUNEWALD

Conseillère de direction

Chambre des salariés

24 | RENAUD TRAPP

Operations Manager

Vinçotte Luxembourg

24 | GAUTHIER BAUDOIN

Operations Manager

Vinçotte Luxembourg

26 | GÉRARD ZOLLER

Responsable du service

logement

Canton de Redange

26 | GILLES HEMPEL

Directeur

Agence Immobilière

Sociale


7

30 | SOPHIE JULLIEN

Chargée d’acquisitions

bâties

Fonds du Logement

30 | NOLWENN THIBAUT

Chargée d’acquisitions

bâties

Fonds du Logement

38 | JACQUES SEYWERT

Ingénieur-associé

Schroeder & Associés

44 | PAUL ZENS

Président

Eurosolar Lëtzebuerg asbl

50 | BEN SCHEITLER

Ingénieur

Energipark Réiden S.A.

50 | OLIVIER MARTIN

Ingénieur

Energipark Réiden S.A.

54 | NICO PUNDEL

Bourgmestre

Commune de Strassen

60 | STEVE RECKEL

Bourgmestre

Commune de

Mondorf-les-Bains

60 | CLAUDE SCHOMMER

Échevin

Commune de

Mondorf-les-Bains

60 | TESSY ALTMANN

Échevine

Commune de

Mondorf-les-Bains

66 | ROGER BEISSEL

Bourgmestre

Commune de Frisange

76 | GILLES CHRISTNACH

Directeur

CRTI-B


8

| COVERSTORY

GOUVERNANCE

DES DONNÉES :

À LA CONQUÊTE DE

LA SOUVERAINETÉ

Avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle émerge

une nouvelle dynamique autour des données, soumettant acteurs

publics et privés à une pression croissante pour structurer une

infrastructure numérique capable de répondre aux défis technologiques

à venir. Au Luxembourg, de récentes initiatives ont permis de

poser les premières pierres d’un écosystème national des données.

Pierre-Jean Forrer, Partner, Government and Public Sector Leader,

Marie-Charlotte Paindavoine et Georgiana Hriscu, Managers chez EY

Luxembourg, évoquent une série d’enjeux y relatifs.

Le Luxembourg exprime de plus en plus

concrètement sa volonté de renforcer

sa souveraineté numérique et de faire

émerger un écosystème national des

données. Quelles sont les dernières initiatives

qui témoignent de cette ambition

et quels enjeux soulèvent-elles ?

PJF : Cette volonté s’est manifestée très

clairement au cours des douze derniers

mois. Le lancement de Clarence, la première

infrastructure de cloud souverain

du pays, ou de la plateforme Lenada,

conçue pour faciliter la gestion et l’accès

aux données d’électricité et de gaz,

témoignent de la nécessité pour les États

et les entreprises de mieux contrôler leurs

infrastructures de données. L’enjeu principal

est double : assurer la souveraineté

numérique en maintenant un contrôle

total sur les données sensibles tout en

garantissant des performances et innovations

à la hauteur des besoins des organisations

luxembourgeoises.

MCP : Si la dynamique s’accélère

aujourd’hui, le Grand-Duché a en réalité

investi très tôt dans les moyens

humains et les infrastructures nécessaires

à l’émergence d’un écosystème

national des données. Il y a quelques

années déjà, le Luxembourg Government

Cloud (GovCloud) a été mis en place pour

permettre aux administrations publiques

d’héberger leurs services informatiques

de manière sécurisée et conforme aux

normes locales et européennes, soulevant

en même temps la question de l’interopérabilité

des systèmes. Il est en effet impératif

que les organisations garantissent la

circulation efficace des données personnelles

entre les différents environnements

cloud pour faciliter leur exploitation. La

classification des données représente elle

aussi un enjeu majeur pour les entreprises

et les administrations car elle permet

l’identification des informations sensibles

et des risques associés à la perte ou à la

compromission de celles-ci.

GH : Les exploitants des data centers

doivent aussi être en mesure de démontrer

leur conformité aux exigences réglementaires

nationales et européennes. À ce titre,

il faut distinguer les réglementations qui

concernent les données en général, comme

le Data Governance Act qui crée un cadre

facilitant à la fois la gestion et l’interopérabilité

des données au sein de l’Union européenne,

de celles qui touchent aux données

personnelles spécifiquement, à savoir le

RGPD, et les articuler avec la directive

NIS2, qui permet de renforcer la cybersécurité

des infrastructures critiques, ou encore

le règlement sur l’intelligence artificielle

entré en vigueur le 1 er août dernier.

Justement, en quoi les initiatives visant

à renforcer la souveraineté des données

sont-elles cruciales à l’heure où

l’IA est en plein boum ?

PJF : Elles le sont à plusieurs niveaux. L’IA

repose sur l’accès et l’exploitation massive

de données. Le contexte géopolitique

actuel nous démontre qu’il est essentiel

de mieux sécuriser les data centers de telle

sorte que les informations qu’ils renferment

aient effectivement une valeur pour

des usages statistiques, mais aussi qu’elles

soient protégées des attaques extérieures.

Un cloud souverain garantit que les données

sensibles demeurent sous contrôle

local. Les dernières initiatives lancées en

ce sens offrent également au Luxembourg

des infrastructures modernes et performantes,

capables de traiter un volume de

données qui croît de façon exponentielle

ainsi que d’accueillir les dernières innovations

disponibles dans le cloud et permettant

l’usage de l’intelligence artificielle

à son plein potentiel. Et puis, avec des

règlementations aussi strictes que celles


9

Marie-Charlotte Paindavoine, Pierre-Jean Forrer et Georgiana Hriscu

que nous avons évoquées, il est crucial

d’héberger les modèles et données d’IA

dans des infrastructures conformes aux

normes européennes.

Dès lors, pourquoi les administrations

et entreprises devraient-elles considérer

le cloud souverain dans leur

stratégie ?

PJF : Elles ont intérêt à recourir à des

data centers souverains pour plusieurs

raisons, l’une d’elles étant le développement

de l’innovation. Plutôt que de se

limiter au déploiement de systèmes de

gestion traditionnels, les organisations

publiques et privées devraient désormais

tirer parti de l’analyse avancée des données

pour en extraire une véritable intelligence.

Basée sur la technologie de Google

Cloud, Clarence offre à ce titre une réelle

valeur ajoutée à l’ensemble des administrations

et ministères qui sont d’importants

consommateurs de données. Dans

cette optique, l’intégration progressive au

cloud souverain apparaît comme un choix

naturel.

L’enjeu principal

est double : assurer la

souveraineté numérique

tout en garantissant des

performances et innovations

à la hauteur des besoins

des organisations

luxembourgeoises

MCP : D’un point de vue technique, une

infrastructure locale garantit une meilleure

latence et une haute disponibilité

des services. Elle permet également de

développer des solutions qui soient vraiment

en phase avec les besoins du marché

luxembourgeois. Et puis, comme évoqué,

les données y sont mieux protégées contre

les risques juridiques liés aux lois extraterritoriales

comme le Cloud Act américain.

S’agissant du stockage et du traitement

des données, quelles sont les

principales réglementations à respecter

et comment assurer sa mise en

conformité ?

GH : Le stockage de données personnelles

est un traitement de données à caractère

personnel ; par conséquent, toutes les

obligations imposées par le RGPD et par

la loi de 1 er août 2018 portant organisation

de la Commission nationale pour

la protection des données et du régime

général sur la protection des données

s’imposent. Les principes essentiels à respecter

sont la licéité, la loyauté, la transparence,

la minimisation des données, la

limitation de la conservation, la sécurité

et la responsabilité. Ainsi, les données

personnelles ne peuvent être conservées

plus longtemps que nécessaire au regard

des finalités pour lesquelles elles ont été

collectées. Il est donc primordial d’adopter

des procédures définissant des durées

de conservation claires et précises.

Des mesures de sécurité robustes, tant


10

physiques que numériques, doivent aussi

être mises en place pour protéger l’intégrité,

la confidentialité et la disponibilité

de ces données. Dans la pratique, cela se

traduit notamment par le chiffrement des

données en transit et au repos, leur anonymisation,

la gestion des accès logiques

et le développement d’une procédure

de gestion des incidents de sécurité.

Le RGPD impose aussi des restrictions

concernant les transferts de données

personnelles en dehors de l’Espace économique

européen. Des garanties appropriées,

comme des clauses contractuelles

types établies par la Commission européenne,

sont requises pour protéger les

droits et libertés des personnes concernées.

Pour se conformer au RGPD, les

entreprises qui exploitent des centres

de données doivent également obéir au

principe de responsabilité, c’est-à-dire

être en mesure de démontrer leur conformité

aux exigences réglementaires et

législatives en vigueur. Cela se traduit

notamment par la mise en place d’une

documentation rigoureuse en matière

de protection des données personnelles,

reflétant une conduite exemplaire dans

ce domaine à travers des politiques, des

procédures, des plans de contrôle, des

notices d’information ainsi qu’une stratégie

de protection des données, entre

autres.

À quelles évolutions faut-il s’attendre

dans les prochaines années ?

PJF : Personnellement, j’identifie trois

axes de développement. Premièrement,

nous assisterons à des évolutions technologiques

: que ce soit d’un point de vue

technique, logiciel ou matériel, les choses

avancent de façon très rapide ; d’où l’enjeu

entourant les terres rares qui servent

à alimenter ces nouvelles technologies.

Deuxièmement, nous verrons les cas

d’usage proliférer. L’appétit pour ce type

d’infrastructure viendra avec la pratique

et les opportunités se multiplieront à

mesure que nous découvrirons ses capacités.

Troisièmement, le cloud souverain

boostera l’innovation. Sa puissance nous

épate de jour en jour et continuera de

nous étonner dans les années à venir.

MCP : Il faut également s’attendre à un

renforcement des réglementations européennes.

Bien que l’UE ait sans doute été

tentée de trop réguler comparativement

aux États-Unis et qu’elle puisse sembler

faire marche arrière sur certains aspects,

elle continuera à structurer le marché

avec des normes strictes en matière de

protection et de gouvernance des données,

poussant les organisations à privilégier

les infrastructures conformes et

souveraines.

Comment pouvez-vous aider les

acteurs publics et privés luxembourgeois

à améliorer la gouvernance de

leurs données dans un tel contexte ?

MCP : Nos premiers contacts avec les

ministères et administrations soulignent

l’importance d’établir une stratégie

claire, à la fois pour eux-mêmes et pour

les utilisateurs. Il y a énormément de prérequis

à valider avant de se lancer dans

l’utilisation des nouvelles infrastructures

cloud et des services associés. Il convient

d’évaluer les risques afférents, de définir

la stratégie selon laquelle seront autorisés

un certain nombre de cas d’utilisation,

mais aussi de mettre en place de

nouveaux processus. Chez EY, nous soutenons

concrètement nos clients en établissant

un diagnostic rapide selon leurs

objectifs, identifiant d’éventuels manquements

en matière de gouvernance,

évaluant les risques et procédures, partageant

des retours d’expérience pertinents

et en les accompagnant dans leur mise

en conformité réglementaire afin qu’ils

puissent pleinement tirer profit des dernières

solutions disponibles.

EY Luxembourg

35E, Avenue John F. Kennedy

L-1855 Luxembourg

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12

| FORMATION ET INNOVATION

L’EXPÉRIENCE DIGITALE

DE DEMAIN : ENTRE DÉFIS,

OPPORTUNITÉS ET IMPACT

Laura Mathieu


13

Dans un monde où les attentes des utilisateurs et les impératifs

business évoluent rapidement, la conception d’expériences digitales

efficaces repose sur une compréhension fine des besoins. Loin

d’être uniquement technologique, l’approche doit être centrée sur

l’optimisation des processus, la pertinence des services et l’accessibilité

des interactions. En combinant intelligence artificielle, exploitation

intelligente des données et une méthodologie rigoureuse, il

devient possible de créer des expériences à forte valeur ajoutée,

répondant aux défis de demain.

L’expérience digitale, un levier de performance

business et humaine

Créer une expérience digitale pertinente

ne se limite pas à un design attrayant. Il

s’agit avant tout de répondre à des objectifs

clairs : améliorer l’efficacité opérationnelle,

optimiser les coûts et fournir

aux utilisateurs finaux des outils adaptés

à leurs besoins quotidiens. Aujourd’hui,

une entreprise qui néglige l’impact de ses

services digitaux prend le risque de perdre

en compétitivité. Un service peu ergonomique

ou ne répondant pas précisément

aux attentes entraîne une baisse de productivité

pour les employés et une frustration

accrue pour les clients. Au contraire,

une solution bien pensée fluidifie les

processus, facilite l’adoption et crée un

cercle vertueux où l’expérience utilisateur

devient un moteur de croissance.

L’intelligence artificielle au service de

la pertinence

L’IA ne doit pas être une simple vitrine

technologique, mais un véritable moteur

d’optimisation. Bien intégrée, elle permet

d’analyser les données en temps réel,

d’anticiper les besoins et de suggérer

des actions adaptées. Cela se traduit par

des recommandations de contenu pertinentes,

des processus automatisés qui

allègent la charge des employés et des

outils d’aide à la décision qui améliorent

l’expérience utilisateur tout en optimisant

la gestion des ressources. Par exemple,

dans le domaine industriel, elle optimise

la maintenance prédictive, réduisant les

coûts et minimisant les interruptions

d’activité. Ces usages concrets montrent

que l’IA, lorsqu’elle est bien exploitée,

devient un levier stratégique de transformation.

Dans le secteur bancaire, elle peut

modifier profondément l’expérience client

et l’efficacité opérationnelle. Elle permet

entre autres de détecter les fraudes en

analysant en temps réel les transactions

suspectes, mais aussi d’améliorer la gestion

des risques, l’octroi de crédits ou

encore la personnalisation des offres en

fonction des comportements des clients.

On peut également envisager l’accès à des

agents virtuels assistés par l’IA pour faciliter

les interactions en répondant instantanément

aux questions des utilisateurs

et en initiant de nombreux processus,

comme l’ouverture de compte ou la modification

de contrats. Ces avancées ne sont

qu’un aperçu des multiples opportunités

qu’offre l’IA dans ce domaine.

Une méthodologie éprouvée pour

transformer la vision en réalité

La création d’une expérience digitale

impactante ne repose pas uniquement

sur la technologie, mais aussi sur une

méthodologie rigoureuse. Chaque étape

du projet doit être pensée pour assurer

une transition fluide, de la compréhension

des besoins à la mise en production.

L’approche pragmatique adoptée permet

d’aligner les objectifs business avec les

attentes des utilisateurs tout en s’assurant

que chaque décision repose sur des

données tangibles. Collecter les bons

éléments dès le départ, tester en continu

et ajuster au fil du projet garantit la réussite

d’une solution qui ne se contente pas

d’exister, mais qui apporte une véritable

valeur ajoutée. Prenons l’exemple de la

mise en place d’une nouvelle interface utilisateur

pour un service public. Une bonne

approche consisterait à impliquer dès le

début des usagers finaux, à identifier leurs

attentes, puis à tester différentes versions

du produit avant son déploiement. Ce processus

itératif assure une adoption fluide

et limite les frictions une fois le service en

place.

Anticiper les défis réglementaires et

garantir l’accessibilité

Alors que la réglementation évolue avec

des textes comme l’Accessibility Act, les

entreprises doivent adapter leurs services

pour garantir une accessibilité

universelle. Intégrer ces exigences dès la

conception permet d’assurer une conformité

sans compromis sur l’innovation.

L’accessibilité numérique ne concerne pas

uniquement les personnes en situation

de handicap, mais l’ensemble des utilisateurs,

en garantissant une expérience

fluide, intuitive et inclusive. Concevoir

un service digital performant signifie

donc prendre en compte une diversité de

besoins et de contextes d’utilisation, afin

d’offrir des parcours optimisés et accessibles

à tous.

Créer un monde digital durable et

responsable

Un autre des enjeux actuels est de concevoir

des expériences digitales qui s’inscrivent

dans une logique durable, tant

sur le plan environnemental qu’organisationnel.

Réduction de l’empreinte carbone

des services numériques, conception

éthique des solutions et amélioration

continue sont autant de leviers à activer

pour garantir des expériences digitales qui

apportent une réelle valeur ajoutée.

À l’ère de l’IA et de la transformation

numérique, les entreprises sont confrontées

à de nouveaux défis mais aussi à des

opportunités sans précédent pour améliorer

leurs performances et leur impact.

La capacité à intégrer l’intelligence artificielle

et les données de manière pertinente

n’est plus une option, mais une

nécessité pour répondre aux attentes

croissantes des utilisateurs et aux exigences

réglementaires. Les défis, qu'ils

soient d’ordre technique, réglementaire

ou environnemental, ouvrent la voie à

des solutions innovantes, créant ainsi un

environnement propice à l’émergence

de services plus performants, inclusifs et

responsables. L’avenir des expériences

digitales repose sur cette capacité à saisir

ces opportunités et à les transformer en

leviers de succès tangibles pour les entreprises,

tout en apportant une valeur réelle

à leurs utilisateurs.

Fujitsu Luxembourg

89C, rue Pafebruch

L-8303 Capellen

www.fujitsu.com/lu


14

| FORMATION ET INNOVATION

LE LUXEMBOURG,

UN BOUCLIER

POUR L’EUROPE ?

L’heure est au réarmement sur le Vieux Continent. L’Union européenne

prévoit d’investir massivement et rapidement dans sa sécurité.

Et si, dans ce contexte, le Luxembourg devenait catalyseur

d’une industrie européenne de la défense compétitive et résiliente ?

Pour Andrea Lucchini et David Bernard, respectivement Director et

Manager au sein du département Industry & Public Sector Advisory

de PwC Luxembourg, il a toutes les cartes en main pour y parvenir.

Plus que de sortir l’artillerie lourde, il lui suffirait d’investir stratégiquement

pour créer un impact bien supérieur à sa petite taille !

En suivant les initiatives du Luxembourg,

je crois fermement que le pays se dirige

effectivement dans cette direction.

DB : Si le Luxembourg s’est montré aussi

compétitif ces dernières années, c’est

en raison des « chemins courts » dont il

tire parti dans la prise de position politique.

C’est le privilège des petits États :

ils peuvent réagir rapidement aux changements

de régulation et ainsi accélérer

l’innovation. L’autre avantage du Grand-

Duché, ce sont les relations étroites

qu’entretiennent les décideurs politiques

et économiques, débouchant sur des partenariats

publics-privés moteurs de développement

eux aussi. Bien sûr, la présence

d’institutions internationales sur son sol

facilite aussi les échanges et la coopération

multilatérale.

Le Luxembourg peut-il devenir un

acteur de poids dans la modernisation

de la défense européenne ? Quelles

sont les principales forces de son écosystème

actuel à cet égard ?

AL : Nous le pensons, car il détient toutes

les pièces du puzzle pour ce faire : il a

su construire une place financière des

plus solides, développer une industrie

spatiale reconnue et bénéficiera bientôt

d’infrastructures critiques de pointe avec

sa prochaine usine d’IA et son futur ordinateur

quantique qui viendront supporter

le superordinateur Meluxina. Un tel écosystème

lui confère une position unique

en Europe et devrait en faire un acteur clé

en matière d’innovation dans la défense.

Comment peut-il tirer parti de ces

avantages intelligemment ?

DB : En raison de sa taille, le Luxembourg

est forcé de réfléchir à la meilleure façon

de dépenser son argent pour générer le

maximum d’impact. Une bonne manière

d’y parvenir est d’investir dans les technologies

à double usage, à savoir des innovations

pouvant être utilisées à la fois à des

Andrea Lucchini et David Bernard


15

fins civiles et militaires. Notons d’ailleurs

qu’une grande partie des nouvelles technologies

de défense développées actuellement

sont presque à double usage par

nature puisque liées à l’intelligence artificielle

ou, plus généralement, à la digitalisation.

Par exemple, le développement

de satellites pour la navigation d’appareils

militaires renforcera aussi les outils

de communications utilisés dans la vie

quotidienne. La « dualité » s’impose donc

presque naturellement et nous devons

nous emparer de cette opportunité car

le Luxembourg ne sera jamais un grand

dépensier en matière d’équipement militaire

en tant que tel.

AL : Une autre manière d’agir intelligemment

serait de tirer profit d’investissements

privés. Au Grand-Duché comme

ailleurs, la nécessité d’investir davantage

dans la défense va inévitablement peser

sur les finances publiques. Les gouvernements

devraient motiver les investisseurs

à financer cet effort avec eux de manière

que pour chaque euro dépensé, un, deux

ou trois autres soient déboursés par le

secteur privé. Enfin, il serait judicieux de

miser sur la collaboration européenne. La

petitesse du Luxembourg pénalise le pays

en termes d’échelle. Pour la pallier, nous

devrions envisager un cercle vertueux

au sein duquel le Grand-Duché jouerait

en quelque sorte un rôle d’incubateur en

finançant des entreprises innovantes dans

les technologies à double usage et en les

laissant tirer profit de l’écosystème unique

que nous venons d’évoquer afin qu’elles

puissent ensuite atteindre une portée

continentale grâce à des instruments et

fonds européens.

Dans quelles technologies le

Luxembourg devrait-il investir en priorité

compte tenu de son écosystème

actuel ?

DB : Certains sujets sont particulièrement

stratégiques dans le domaine des

technologies à double usage et devraient

donc faire l’objet d’investissements prioritaires.

La sécurité informatique des

satellites en est un. Au vu du rôle croissant

de ces derniers dans l’industrie de

la défense, il est essentiel de prévenir les

risques de piratage ou de dysfonctionnement.

Le Luxembourg, en investissant dans

la cybersécurité – notamment en tirant

profit de l’informatique quantique, peut

réellement faire la différence à ce point de

vue. Son intervention dans la protection

d’infrastructures critiques telles que les

réseaux satellitaires est d’autant plus

cruciale que l’Europe a trop longtemps

dépendu des technologies américaines.

Les événements récents ont mis en évidence

le rôle du secteur spatial dans les

opérations de défense et révélé l’urgence

de développer des alternatives européennes

robustes.

AL : La seconde technologie sur laquelle

le Grand-Duché devrait miser est bien

entendu l’intelligence artificielle. Celle-ci

jouera un rôle de plus en plus central

dans le domaine militaire, permettant le

déploiement de drones et de véhicules

autonomes capables de poursuivre leur

mission même en cas de brouillage des

communications par exemple. Destiné à

accueillir l’une des usines d’IA de l’UE, le

Luxembourg devra trouver le juste équilibre

entre innovation, respect des cadres

règlementaires et éthique pour exploiter

ces technologies de manière responsable.

Miser sur ces deux domaines dans lesquels

nous disposons d’acteurs déjà bien établis

nous permettra d’obtenir des résultats

rapides et un retour sur investissement à

court terme.

Dans ce contexte, quel devrait être

le rôle du secteur public et de la

recherche ?

DB : Le secteur public a un rôle clé à jouer

dans la mise en relation des parties prenantes

ainsi que dans le déploiement de

l’assistance et des instruments nécessaires

à la création d’un écosystème dédié

à la défense. En d’autres termes, il doit

créer un cadre adapté au sein duquel les

PME disposeront des conditions qui leur

permettront d’échanger sur leurs besoins,

d’innover, de prétendre à des financements

européens et qui les rendront

visibles et « bankable » aux yeux des investisseurs

privés. Cela nécessite d’établir

une stratégie qui réponde à des questions

relatives aux besoins financiers et instruments

requis pour atteindre les objectifs

fixés puis de la mettre en œuvre en débloquant

effectivement les fonds. Ce déblocage

peut se faire via des instruments tels

que l’European Defence Fund (EDF) ou le

Nato Innovation Fund (NIF), qui investissent

notamment dans des startups du

secteur de la défense.

AL : Quant au monde de la recherche,

c’est le berceau de l’innovation ! De

nombreuses startups sont en réalité des

spin-offs de projets académiques. Il est

donc important que des acteurs comme

le SnT (Interdisciplinary Centre for

Security, Reliability and Trust), l’Université

du Luxembourg ou d’autres centres

de recherche communiquent sur les obstacles

qu’ils rencontrent pour accéder aux

financements qu’ils convoitent. Parfois,

de simples considérations pratiques

comme l’accès à des locaux adéquatement

sécurisés permettent l’obtention de financements

additionnels. Il est donc essentiel

que ces besoins soient exprimés et que les

secteurs public, privé et la recherche travaillent

ensemble dans la même direction.

Chez PwC, comment pouvez-vous les

aider à créer les conditions qui permettront

l’émergence d’un écosystème de

la défense ?

AL : Au niveau stratégique et politique,

nous aidons à définir et à mettre en place

le cadre le plus adapté aux priorités du

pays. Cela inclut notamment l’identification

des instruments financiers

nécessaires et l’évaluation des capacités

requises. Ce type de mission, nous l’exerçons

régulièrement au niveau européen en

collaboration avec des institutions comme

la BEI. Sur le plan plus opérationnel, nous

contribuons à structurer les instruments

identifiés grâce à notre expertise dans le

secteur financier, mettons en relation les

différents acteurs de l’écosystème (publics

ou privés) et proposons des services de

coaching. Nous aidons ainsi les entreprises

innovantes à atteindre un niveau

de maturité suffisant pour intéresser les

investisseurs privés et accéder à des financements

européens. Nous les soutenons

aussi dans la structuration de leur modèle

économique pour favoriser leur expansion

vers d’autres marchés. D’ailleurs,

nos experts dans des domaines tels que

la cybersécurité et notre réseau international

nous permettent de mobiliser

des spécialistes étrangers dans certains

domaines de niche pour accompagner les

acteurs luxembourgeois dans des projets

novateurs.

PwC Luxembourg

2, rue Gerhard Mercator

L-1014 Luxembourg

www.pwc.lu


16

| FORMATION ET INNOVATION

NAVIGUEZ

DANS LE MONDE

DE LA PROPRIÉTÉ

INTELLECTUELLE

Au Luxembourg, Marks & Clerk, cabinet spécialisé en propriété

intellectuelle (PI), accompagne les entreprises dans la défense

de leurs innovations. Christophe Van Zyl, Senior Associate au

sein de l’entreprise, nous éclaire sur le rôle stratégique de la propriété

intellectuelle dans un environnement économique concurrentiel.

Entre protection des dessins et modèles, enregistrement

de marques et enjeux transfrontaliers, il revient sur la manière

dont le cabinet aide ses clients à sécuriser et valoriser leurs actifs

immatériels.

Pouvez-vous nous parler de Marks

& Clerk ? Quelles sont les spécificités

luxembourgeoises en matière

de protection des marques et des

dessins / modèles ?

Nous sommes l’un des leaders mondiaux

dans le domaine de la propriété intellectuelle,

avec des bureaux implantés dans

de nombreuses juridictions à travers le

monde, dont ici au Luxembourg. Nous

offrons une gamme complète de services

liés aux droits de propriété intellectuelle :

marques, brevets, dessins, modèles, droits

d’auteur… Ce qui distingue notre cabinet,

c’est sa forte portée internationale : nous

accompagnons à la fois des clients étrangers

souhaitant protéger leur propriété

intellectuelle au Grand-Duché, mais

aussi des entreprises luxembourgeoises

désireuses d’étendre leur protection pardelà

nos frontières.

Contrairement à d’autres pays, nous ne

disposons pas d’un système national

d’enregistrement des marques. Celles-ci

sont protégées via le système Benelux,

qui couvre le Luxembourg ainsi que

la Belgique et les Pays-Bas. Le Grand-

Duché fait également partie du système

de marques de l’Union européenne, qui

permet une couverture dans l’ensemble

des États membres. Les entreprises, soucieuses

d’une protection complète, envisagent

donc souvent des enregistrements

nationaux en France et en Allemagne,

parallèlement à une stratégie de dépôt

Benelux et européenne.

Concrètement, comment accompagnezvous

les entreprises – en particulier les

PME – dans le processus d’enregistrement

de marques ?

Fort de ma précédente expérience en

gestion d’entreprise, notamment en

tant qu’ancien directeur d’une filiale en

Afrique du Sud et dans le développement

de nouveaux services à Bruxelles, je considère

la protection des marques comme un

véritable projet stratégique. J’y applique

une méthode qui consiste à définir les

besoins et objectifs de la marque, mesurer

les coûts et cibler les marchés appropriés,

analyser l’alignement entre la marque et

la stratégie commerciale, implémenter les

dépôts de façon rigoureuse, puis suivre et

contrôler le portefeuille sur le long terme.

Les PME, qui ne disposent pas toujours de

services juridiques internes, bénéficient

de l’accompagnement de Marks & Clerk

pour simplifier et rendre ce processus

accessible. Nous nous occupons des

recherches d’antériorité, choisissons

la stratégie la plus adaptée (nationale,

européenne ou internationale), gérons

les oppositions et assurons le suivi des

droits. Bien au-delà des aspects juridiques,

nous intégrons les marques dans

une réflexion stratégique globale. Une

protection réfléchie dès le départ permet

d’éviter des conflits coûteux et les risques

de devoir changer de marque en pleine

croissance. Souvent confrontées à des

budgets limités et à la nécessité de flexibilité,

les PME peuvent tirer parti d’une

protection sans nécessairement dépenser

massivement dans des droits enregistrés.

Cependant, pour celles qui visent

une présence à long terme, investir dans

l’enregistrement des dessins et modèles

garantit une préservation plus solide et

durable.

Justement, quelles sont les différences

entre les droits de dessins et modèles

enregistrés et non enregistrés ?

Les droits de dessins et modèles enregistrés

offrent une protection robuste et à

long terme, pouvant durer jusqu’à 25 ans

dans l’Union européenne, et sont obtenus

par une procédure formelle. Ils garantissent

une protection complète contre

les copies et sont idéaux pour les entreprises

ayant une vision commerciale de

longue durée.

Une protection réfléchie

dès le départ permet

d’éviter des conflits coûteux

et les risques de devoir

changer de marque en

pleine croissance

En revanche, les droits non enregistrés

sont automatiques, offrant une protection

de trois ans sans formalité, mais

leur mise en œuvre est plus complexe car

il faut prouver la première divulgation

et la copie. Ils conviennent davantage

pour du court terme ou aux sociétés ne


17

Christophe Van Zyl

souhaitant pas investir dans un enregistrement

officiel.

Quelles sont les erreurs les plus courantes

que les entreprises commettent

lorsqu’elles enregistrent une marque ?

L’un des premiers écueils est de ne pas

enregistrer de marque du tout. Beaucoup

pensent, à tort, que le simple fait d’avoir

un nom de domaine ou une raison

sociale leur confère des droits exclusifs.

En réalité, seule une marque déposée

offre une véritable protection juridique.

D’autres entreprises se lancent sur le

marché, développent leur marque, investissent

dans leur communication… puis

se rendent compte trop tard qu’un tiers

détient déjà des droits sur un nom identique

ou similaire. Il est donc primordial

de réfléchir à la stratégie de dépôt dès

le départ, en tenant compte des zones

géographiques où l’entreprise compte se

développer.

Pourquoi la protection des dessins estelle

particulièrement importante sur

les marchés luxembourgeois et de la

Grande Région ?

Elle permet de préserver l’aspect unique

des produits, crucial dans un environnement

commercial international

comme celui du Luxembourg. En tant

que centre économique au cœur de l’Europe,

le pays est exposé à des échanges

transfrontaliers, renforçant la nécessité

d’une protection des dessins pour éviter

la contrefaçon, en particulier dans des

secteurs comme la mode, l’électronique

et les produits de luxe où l’aspect visuel

joue un rôle clé. L’enregistrement des

droits confère une protection juridique

solide, applicable à l’échelle européenne,

ce qui permet aux entreprises de maintenir

leur identité visuelle face à la concurrence.

Marks & Clerk

44, rue de la Vallée

L-2661 Luxembourg

www.marks-clerk.com


18

| FORMATION ET INNOVATION

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES

AU CŒUR DE LA TROISIÈME

RÉUNION DU HAUT COMITÉ À LA

TRANSFORMATION NUMÉRIQUE

Le 3 mars 2025 s'est tenue la troisième réunion du Haut Comité à

la transformation numérique au château de Senningen. La réunion

était présidée par Stéphanie Obertin, ministre de la Digitalisation

et ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, en présence

d’Élisabeth Margue, ministre déléguée auprès du Premier

ministre, chargée des Médias et de la Connectivité, ainsi que de

représentants du ministère de l’Économie, du ministère de la Santé

et de la Sécurité sociale, du ministère de la Famille, des Solidarités,

du Vivre ensemble et de l’Accueil, du ministère de l’Éducation nationale,

de l’Enfance et de la Jeunesse, ainsi que de la Direction de la

protection des consommateurs.

© MinDigital © SMC

Le Haut Comité à la transformation

numérique est un élément central de la

gouvernance numérique adoptée par le

Conseil de gouvernement en février 2020.

Il rassemble des membres du gouvernement

ainsi que des représentants de la

société civile, du patronat, de la recherche

publique et des experts, afin de favoriser

les échanges sur les opportunités, les défis

et les enjeux liés à la digitalisation, et de

discuter des solutions voire d’exprimer

les besoins de ses membres dans les différentes

thématiques.

Les stratégies nationales relatives à l’intelligence

artificielle, aux technologies

quantiques et aux données ont figuré à

l’ordre du jour de la réunion du 3 mars.

Les ministères responsables de leur élaboration

ont présenté les résumés exécutifs

de ces stratégies ainsi que les ambitions

et des actions pour la mise en œuvre. Ce

Haut Comité donne suite aux ateliers thématiques

dédiés à l’intelligence artificielle

et aux données organisés en 2024. Ces ateliers

avaient permis aux membres du Haut

Comité d'identifier les besoins, les défis et

les opportunités dans les domaines liés

aux données et à l’IA.

L’évolution rapide des technologies

numériques au cours des dernières années

a transformé l’économie et la société, touchant

tous les secteurs d’activité et la vie

quotidienne des citoyens. Les données,

l’IA et les technologies quantiques sont

au cœur de cette transformation et l’innovation

fondée sur celles-ci apportera des

avantages considérables aux citoyens, à

l’économie et au secteur de la recherche

scientifique dans l’intérêt public.

À cette fin, ces trois stratégies nationales

en cours d’élaboration et coordonnées


19

par quatre ministères (ministère d’État –

Service des médias, de la connectivité et

de la politique numérique ; ministère de

la Recherche et de l’Enseignement supérieur

; ministère de l’Économie ; ministère

de la Digitalisation) afin d’identifier

les complémentarités et d’interconnecter

les initiatives, les objectifs et les

actions.

© MinDigital

Quant à la stratégie nationale des données,

elle forme une base importante

pour les stratégies liées aux technologies

quantiques et à l’IA. Avec la stratégie des

données, le Luxembourg vise à souligner

l’importance et la valeur des données qui

est un pilier stratégique lié à la souveraineté

nationale d’un pays. Il est évident

que dans l’ère numérique, la gestion et

le traitement des données mais aussi le

stockage et la réutilisation des données

en respectant les droits fondamentaux

et la protection de la vie privée sont

une base importante du développement

de l’économie luxembourgeoise préparée

pour une ère digitale compétitive

mais aussi respectueuse des valeurs et

principes humains fondamentaux. Afin

d’exploiter pleinement le potentiel des

données dans l’intérêt public, la stratégie

nationale des données vise à offrir un

cadre d’implémentation à la valorisation

des données dans un environnement de

confiance par leur utilisation et réutilisation

des données au Luxembourg.

Le domaine des technologies quantiques

est, quant à lui, un secteur en pleine croissance,

tant sur le plan de la recherche

que sur le plan économique. Il offre un

potentiel énorme en matière d’innovation

et de développement de pointe,

susceptible d’entraîner de profonds

changements sociétaux et économiques.

Le Luxembourg, doté d’une communauté

de recherche en matière des technologies

quantiques dynamique et diversifiée, a

bénéficié des efforts gouvernementaux et

privés significatifs pour développer une

base solide d’infrastructures quantiques.

Dans cette perspective, le Luxembourg

aspire à consolider ses atouts, à harmoniser

les initiatives en cours et à initier

de nouvelles actions dans le cadre d’une

stratégie quantique nationale. Cette

feuille de route ambitieuse vise à préparer

le pays à l’ère quantique et à le positionner

en tant qu’acteur de premier plan, en

stimulant à la fois le progrès scientifique

et la croissance économique.

Enfin, nous assistons également au

rôle croissant de l’intelligence artificielle

dans les transformations de notre

société. Le gouvernement est déterminé

à saisir les opportunités que ces changements

offrent à notre pays et à garantir

la souveraineté numérique du pays dans

le cadre européen. La nouvelle stratégie

IA s’appuiera ainsi sur les forces du pays,

avec un accent particulier sur l’IA appliquée

et son déploiement concret pour

améliorer la qualité de vie et la croissance

économique. Elle adoptera une approche

transversale (« whole-of-government »)

en assurant une coordination entre tous

les secteurs concernés. Les points clés

de la stratégie seront une IA centrée sur

l’humain, une administration publique

efficace et proactive, une compétitivité

renforcée des entreprises par l’innovation,

et une recherche basée sur les

talents.

« Les trois stratégies doivent guider

et préparer le Luxembourg à devenir

Élisabeth Margue et Stéphanie Obertin

davantage une place intéressante pour les

entreprises qui souhaitent se développer

dans le numérique. Elles doivent respecter

les valeurs et les droits fondamentaux

de tous les citoyens, renforcer notre souveraineté

à l’ère numérique et faire progresser

la modernisation de l’État et des

services publics », a déclaré Stéphanie

Obertin, ministre de la Digitalisation.

Communiqué par le ministère de la Digitalisation,

le ministère de la Recherche et de

l’Enseignement supérieur, le ministère de

l’Économie et le Service des médias, de la

connectivité et de la politique numérique

© MinDigital


20

| FORMATION ET INNOVATION

APPRENDRE

TOUT AU LONG

DE SA VIE

toujours un moment fort en émotions

d’échanger avec eux, de voir comment la

formation les a marqués et transformés.

Ils parlent d’abord de ce que cela leur a

apporté humainement – comme satisfaire

leur soif de connaissances, s’enrichir

au contact des autres, gagner en

confiance, puis viennent sur les bénéfices

professionnels en évoquant de nouvelles

opportunités, des évolutions de carrière

ou des prises de responsabilités.

Dans un monde en perpétuelle évolution, marqué par les avancées

technologiques, l’essor de l’intelligence artificielle et le développement

des énergies vertes, se former à de nouvelles compétences

est non seulement essentiel, mais aussi une véritable opportunité,

tant sur le plan professionnel que personnel. Acteur majeur de la

formation, la Chambre des salariés du Luxembourg (CSL) veille à ce

que ses formations correspondent aux besoins des salariés et aux

défis du marché. Rencontre avec Sandra Grunewald, conseillère de

direction.

Pouvez-vous nous parler de la Chambre

des salariés et de sa mission ?

La Chambre des salariés représente plus

de 630.000 salariés, apprentis, retraités

et demandeurs d’emploi, indépendamment

de leur nationalité et de leur lieu

de résidence. Nos missions principales

sont d’émettre des avis relatifs aux projets

de loi et de règlement grand-ducaux

pour défendre les intérêts de nos ressortissants,

mais aussi de les informer et de

les former. Via notre département de formation

continue, le Luxembourg Lifelong

Learning Center (LLLC), nous proposons

des séminaires, des formations universitaires,

des formations spécialisées, des

formations pour seniors et des cours du

soir.

Peut-on s’attarder sur les emblématiques

cours du soir de la CSL et leur

évolution depuis leur création ?

Ils ont été initiés en 1971, en réponse

aux besoins de formation aux outils

informatiques et en comptabilité, puis

ont évolué sans pour autant que leur

ADN ne s’en trouve modifié. De nos

jours, les parcours de cours du soir sont

modulaires, diplômants et toujours proposés

à un tarif accessible. Pour la CSL,

chacun doit avoir accès à la formation

continue. L’offre compte aujourd’hui

275 cours dans 7 domaines. L’an dernier,

ce sont plus de 4.700 participants qui en

ont bénéficié.

Concrètement, comment les cours du

soir sont-ils structurés ?

Nous proposons 47 parcours de formation

en cours du soir. Chaque parcours

est constitué de 4 à 6 cours. Chacun d’eux

dure environ 25 heures et se clôture par un

examen officiel. La réussite de plusieurs

modules permet d’obtenir un diplôme,

co-signé par le ministère de l’Éducation

nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse

et la CSL.

La formation

tout au long de la vie

est un levier essentiel

du développement

personnel et professionnel

Quel est l’impact de ces formations sur

les salariés et leur carrière ?

Chaque année, nous organisons une

remise de diplômes pour valoriser les

efforts de formation de nos participants

et recueillir leurs témoignages. C’est

Comment assurez-vous que vos formations

soient pertinentes et en phase

avec les besoins du marché ?

Nous nous appuyons sur plusieurs

sources. D’un côté, nous analysons le

marché, l’actualité socio-économique,

l’évolution de la thématique et l’impact

des technologies, notamment à travers les

offres d’emploi ainsi que les publications

de l’ADEM et du Statec par exemple. De

l’autre, nous nous basons sur l’expertise

de nos équipes pédagogiques, composées

d’académiques et de professionnels du

terrain, ainsi que sur les retours de nos

participants.

Comment adaptez-vous l’offre de formation

en conséquence ?

Nous avons mis en place des cercles de

qualité pour nous assurer que nos formations

restent en phase avec les évolutions

du marché et les besoins des salariés

et des entreprises. Ces deux dernières

années, nous avons révisé une vingtaine

de parcours de formation, soit une centaine

de cours au total. Cette refonte a

notamment permis de créer des formations

partiellement digitalisées offrant

plus de flexibilité, de mettre en place

des parcours avec un tronc commun et

des spécialisations, ou d’intégrer des

modules pratiques en fin de parcours

pour appliquer directement les acquis.

Enfin, chaque équipe a analysé l’impact

des nouvelles technologies, telles que

l’IA, ainsi que des enjeux environnementaux

et des énergies vertes sur son

domaine d’expertise pour pleinement

intégrer la double transition numérique

et écologique.

Nous proposons des parcours révisés

dans les domaines du web, de la cybersécurité,

de la comptabilité, des ressources


21

Sandra Grunewald

humaines ou du droit pour ne citer que

ceux-ci. Actuellement, six autres parcours

en marketing, communication et en

fiscalité sont en cours de révision.

En quoi ces cercles de qualité

permettent-ils d’améliorer vos

formations ?

Ces espaces d’échange sont essentiels

pour nos formateurs. Ils leur permettent

d’enrichir leurs pratiques et de garantir

la cohérence des cours. Ils contribuent à

l’évolution des contenus et des méthodes

pédagogiques, assurant ainsi des formations

en adéquation avec les besoins du

terrain. En plus, nous leurs proposons des

ateliers avec des experts pour challenger

leurs pratiques et enrichir leurs outils.

Nous organisons aussi des événements

et des conférences thématiques. Toutes

ces initiatives contribuent à renforcer la

collaboration au sein des équipes et au

maintien d’une dynamique d’amélioration

continue.

Comment les salariés intéressés

peuvent-ils s’inscrire à vos formations ?

J’invite les lecteurs à consulter notre site

internet www.lllc.lu pour trouver plus

d’informations sur toutes nos formations

et les cours du soir en particulier,

et à s’y inscrire. Qu’ils n’hésitent pas,

au besoin, à nous contacter par courriel

formation@lllc.lu.

À la CSL, nous sommes convaincus que

la formation tout au long de la vie est un

levier essentiel pour évoluer, acquérir de

nouvelles compétences, s’ouvrir à de nouvelles

perspectives et opportunités. Elle

permet de développer la résilience, de

rester agile, d’anticiper et de s’adapter aux

exigences et aux défis futurs.

LE CHIFFRE

47

parcours de formation en cours

du soir

Chambre des salariés Luxembourg

18, rue Auguste Lumière

L-1950 Luxembourg

www.csl.lu


22

BRÈVES

COMMUNALES DU SUD

PAR BARBARA PIERROT

DIFFERDANGE

Du 2 avril au 10 mai, l’exposition Natura

2000 se déroule au Aalt Stadhaus

à Differdange. Gratuite, elle présente

les paysages et espèces protégés des

zones Natura 2000 de la Minette à travers

les photographies de Guy Conrady,

Mario Cordella, Roland Felten, Jan Herr

et Marc Weis. L’exposition itinérante,

composée de 29 panneaux, sensibilise

le public à la reconquête écologique

des anciennes zones minières du sud

du Luxembourg. Elle circule dans diverses

communes, notamment dans

des mairies, pour toucher un large public.

Source : differdange.lu

ESCH-SUR-ALZETTE

La première édition de l’EschTechWeek

a eu lieu du 31 mars au 5 avril, transformant

la ville d’Esch-sur-Alzette en un

hub technologique. L’événement a proposé

des conférences sur l’innovation

et l’IA, un procès fictif sur les médias

sociaux, des ateliers pour les jeunes,

des visites d’entreprises locales, ainsi

qu’une Nuit de la Tech avec projections

de films. La semaine s’est clôturée par

un salon de gaming et des concours de

cosplay. Toutes les activités étaient gratuites

et ouvertes à tous.

Source : citylife.esch.lu

BETTEMBOURG

La commune de Bettembourg a rejoint

le réseau Hoplr pour offrir à ses habitants

une plateforme numérique favorisant

les échanges de proximité. Cette

initiative permet de partager des idées,

d’organiser des événements et de s’entraider

au quotidien, par exemple via

le prêt d’outils ou la recommandation

de services locaux. L’inscription est ouverte

via l’application, accessible avec le

code 9L922, pour créer un environnement

de voisinage plus solidaire.

Source : bettembourg.lu

LEUDELANGE

Le centre de Leudelange sera entièrement

réaménagé d’ici 2026, avec un

nouveau bâtiment « Um Wäschbuer »

comprenant des commerces, un centre

médical, des appartements et un parking

souterrain. Les places publiques

seront transformées, comme la Place

du Lavoir qui sera verdoyée et apaisée

du point de vue de la circulation. Une

piste cyclable reliera le centre à Cessange

à long terme. Les travaux sont

estimés à 28,7 millions d’euros. Le projet

vise à améliorer la convivialité et la

connectivité du centre pour les habitants.

Source : leudelange.lu

SCHIFFLANGE

L’exposition « Den DemokratieLabo »,

ouverte du 2 avril au 30 mai à Schifflange,

est une expérience interactive

multilingue pour explorer la démocratie.

Les visiteurs sont invités à réfléchir

sur leurs idées politiques, à discuter de

la diversité de la société luxembourgeoise

et à analyser le système démocratique.

Cet événement propose

une approche immersive pour mieux

comprendre et participer à la vie démocratique

du Luxembourg. Pour plus

d’informations, consultez le site de la

commune.

Source : schifflange.lu

PÉTANGE

La commune de Pétange recherche

des candidats pour rejoindre l’« Équipe

Pacte Nature », dédiée à la protection

de la nature et des ressources naturelles.

Les candidatures sont ouvertes

jusqu’au 14 avril. Les membres de

l’équipe, nommés sur base volontaire,

travailleront en collaboration avec

des associations environnementales.

Les dossiers doivent inclure une lettre

de motivation et un CV. Pour plus

d’informations, contactez le service

de l’environnement de Pétange au

+352 50 12 51 3081.

Source : pétange.lu


Les experts internationaux en propriété intellectuelle

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Marks & Clerk est votre accès à des

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Luxembourg, nous fournissons des

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24

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

DES INNOVATIONS

QUI RÉINVENTENT

L’INSPECTION

L’un des principaux organismes de contrôle au Grand-Duché,

Vinçotte Luxembourg, révolutionne ses méthodes d’inspection en

intégrant les drones et les robots à ses opérations. Ces technologies

qui permettent d’accéder à des zones difficiles garantissent notamment

la sécurité des techniciens et inspecteurs. Renaud Trapp et

Gauthier Baudoin, tous deux Operations Manager, nous présentent

les avantages de ces nouvelles techniques et reviennent sur la

simplification de la rédaction des rapports d’inspection qui réduit

les délais de transmission et améliore la lisibilité pour les clients.

Interview.

Comment peut-on définir les activités

de Vinçotte Luxembourg ?

GB : Notre groupe a été fondé en Belgique

en 1872 pour assurer la sécurité des

ouvriers industriels, mais Vinçotte

Luxembourg a été créée bien plus tard,

en 1986. Nous avons ensuite intégré

le groupe néerlandais Kiwa en 2022.

Présents dans 40 pays, nous comptons

aujourd’hui plus de 10.000 collaborateurs.

Nous sommes un organisme de

contrôle et d’inspection dont les activités

principales sont la sécurité des personnes,

la conformité des installations et

la protection de l’environnement. Nous

travaillons principalement dans les secteurs

de la construction, du génie civil

et de l’industrie. Parmi nos principaux

partenaires, nous comptons également

les communes, les Bâtiments Publics et

d’autres institutions.

Gauthier Baudoin et Renaud Trapp


25

RT : Nous souhaitons nous développer et

continuer à investir et innover dans de

nouveaux services, notamment autour de

la formation ou du secteur TIC (Testing,

Inspection, Certification).

Les drones et robots

nous permettent d’améliorer la

prévention, d’anticiper

les besoins en maintenance

et de faciliter l’accès à

des interventions ciblées

À ce sujet, vous vous spécialisez dans

de nouvelles techniques d’inspection à

l’aide de drones et de robots…

GB : En effet, en fin d’année dernière,

nous avons noué un partenariat avec le

groupe Skyebase, un pionnier des inspections

et analyses de données par drones

et robots. Ces technologies deviennent

aujourd’hui des atouts majeurs pour

Vinçotte Luxembourg. Utilisés pour

l’inspection des infrastructures industrielles,

des bâtiments, des ponts et des

installations énergétiques, les drones et

les robots nous permettent d’accéder à

des zones difficiles ou dangereuses sans

exposer nos techniciens à des risques

inconsidérés. Ces outils sont munis de

capteurs haute résolution ou de caméras

thermiques. Cela nous aide à collecter des

données précises qui faciliteront l’analyse

des inspections et la prise de décision par

la suite ou à réaliser des cartographies et

des vues aériennes pointues.

Grâce à ces technologies, nous réduisons

non seulement les coûts et les délais

d’inspection, mais nous améliorons également

la précision des diagnostics. Par

exemple, dans le secteur de l’énergie, les

drones sont en mesure d’examiner les

éoliennes et les lignes électriques pour

détecter d’éventuels défauts structurels

avant qu’ils ne deviennent critiques.

RT : Autre cas de figure : dans le domaine

de la construction, ils permettent un

suivi en temps réel de l’état d’avancement

des chantiers et garantissent la

conformité aux normes en vigueur. Les

robots peuvent à la fois se faufiler dans

des endroits exigus, là où des risques

d’étouffement existent, et être utilisés

pour les inspections sous-marines d’ouvrages

d’art immergés ou les réservoirs

d’incendie qu’il n’est plus nécessaire de

vider.

Cela change nos méthodes de travail et

offre de nombreux avantages pour nous

et nos clients au niveau opérationnel.

Les drones et robots nous permettent

d’améliorer la prévention, d’anticiper les

besoins en maintenance et de faciliter

l’accès à des interventions ciblées, ce qui

réduit les arrêts momentanés d’activité et

les coûts de réparation. Toutes ces nouvelles

technologies diversifient nos services

et ouvrent le champ des possibles.

Vous avez amélioré vos processus en

interne et en externe, notamment au

niveau de la rédaction des rapports

d’inspection. Pourquoi ?

GB : Nous nous sommes focalisés sur la

digitalisation de nos inspections et sur

nos méthodes de communication à notre

clientèle. En créant une nouvelle interface

et un portail client, nous facilitons

la prise de rendez-vous et la consultation

des rapports. De notre côté, l’un des

grands bénéfices de cette digitalisation

est la production quasi automatisée de

rapports d’inspection pour les émettre

le plus vite possible. Pourquoi ? Parce

que la réactivité est un enjeu essentiel

pour nos clients. Grâce à des outils de

reporting intelligents, nous sommes en

mesure de générer des documents clairs,

détaillés et illustrés qui facilitent aussi

la compréhension des résultats. Une fois

rédigés, ces rapports peuvent être partagés

instantanément via des plateformes

numériques sécurisées pour garantir

une accessibilité rapide aux données et

une meilleure collaboration entre les

différentes parties prenantes. Cette réactivité

renforce l’efficacité de nos processus

d’inspection et permet à nos clients

d’être au courant des rapports sans délai

et quand ils le souhaitent.

RT : Cette optimisation de notre système

a été lancée il y a quelques années. À

l’heure actuelle, nous garantissons que

plus de 50% de nos rapports sont diffusés

le jour même, et 90 à 95% en moins

de cinq jours, dépendant de la taille du

projet et de ses spécificités. L’inspection

d’un engin de levage de type ascenseur

est moins chronophage qu’une inspection

de plus grande ampleur sur un site.

Nous sommes fiers d’avoir changé ce

modèle où, dans notre métier, la rédaction

était autrefois mise de côté au profit

de la connaissance et de la technique

pure. Grâce à ce système, nos inspecteurs

ont plus de temps à consacrer à leur cœur

de métier.

Quels sont les autres défis à relever

pour les années à venir ?

GB : Nous sommes à l’écoute du marché

et développons des solutions visant

à simplifier la vie de nos clients. Par

exemple, nous avons adopté une solution

permettant de simplifier la gestion

des actifs de nos clients dans le cas où

ils disposent d’un large parc d’appareils

à contrôler. Cette plateforme permet de

centraliser toutes les données et informations

pour aider les opérateurs dans ce

type de management.

Notre force :

50% de nos rapports

sont diffusés le jour-même,

95% en moins de 5 jours

RT : Qui dit innovation et nouvelles technologies

dit forcément perfectionnement

via des formations techniques, au sein de

notre groupe ou grâce à d’autres organismes

de formation. Notre vocation,

c’est avant tout la sécurité de tout un

chacun. Notre objectif est aussi de transmettre

notre savoir et notre expertise ;

et pour maintenir cette excellence, nous

misons fortement sur la formation continue

de nos experts.

Vinçotte Luxembourg

74, Mühlenweg

L-2155 Gasperich

www.vincotte.lu


26

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

LE CANTON

DE REDANGE CONFIE

SON SERVICE

LOGEMENT À L’AIS

des communes luxembourgeoises qui collaborent

avec nous. Actuellement, nous

travaillons avec 67 d’entre elles pour la

GLS.

GZ : De plus, il était essentiel d’entretenir

d’excellentes relations humaines

avec notre partenaire externe. Une bonne

entente et une collaboration fluide sont en

effet primordiales pour garantir le succès

d’un tel partenariat. La décision a été prise

en fin d’année dernière et nous avons très

rapidement mis en place les contrats pour

démarrer ce projet dès le début 2025.

Pour faire face aux défis organisationnels et réglementaires, le canton

de Redange a fait le choix d’externaliser son service logement

auprès de l’Agence Immobilière Sociale (AIS). Cette transition vise

à le professionnaliser et à optimiser l’accompagnement des locataires

pour offrir plus de sécurité aux propriétaires. Gérard Zoller,

bourgmestre de la commune de Saeul et responsable du service

logement du canton de Redange, et Gilles Hempel, directeur de

l’AIS, nous expliquent les ressorts de ce partenariat.

Pouvez-vous nous présenter brièvement

le canton de Redange ?

GZ : Notre canton est un peu particulier

dans la région dans la mesure où nous

sommes en réalité un syndicat intercommunal

à vocation multiple regroupant

neuf communes. Notre objectif est d’encourager

le développement de la subsidiarité

et de mutualiser nos forces pour

faciliter le travail des élus au quotidien

et, par extension, la qualité de vie des

citoyens. En tant que bourgmestre de la

commune de Saeul, je suis responsable du

service logement du canton de Redange.

Nous veillons à trouver de nouvelles solutions

comme le déploiement de résidences

pour les personnes âgées ou à mobilité

réduite. Nous travaillons également au

niveau du développement des habitations

à prix abordable grâce à la gestion locative

sociale (GLS) notamment.

Pour quelles raisons avez-vous décidé

d’externaliser le service logement vers

l’AIS ?

GZ : Jusqu’à présent, nous gérions nousmêmes

la partie opérationnelle du service

logement, avec notre propre personnel

financé par le canton de Redange.

Plusieurs raisons nous ont néanmoins

amenés à revoir notre organisation.

D’une part, nous avons été confrontés à

plusieurs départs à la retraite parmi nos

collaborateurs. D’autre part, de nouvelles

obligations légales en matière de logement

sont venues complexifier notre travail.

Deux choix se sont alors présentés :

soit embaucher de nouvelles personnes

– ce qui impliquait un investissement

conséquent en ressources humaines, soit

externaliser cette mission vers une structure

spécialisée.

Après une analyse approfondie du marché

et des acteurs disponibles, nous avons

conclu que l’AIS était le partenaire idéal

pour répondre à nos besoins. C’est une

organisation expérimentée et professionnelle

qui a fait ses preuves en matière

de gestion locative sociale. Nous nous

sommes dit qu’elle pouvait nous offrir une

collaboration efficace et durable dans le

temps.

Qu’est ce qui a fait pencher la balance

en votre faveur ?

GH : Nous sommes aujourd’hui l’un des

acteurs les plus expérimentés dans la gestion

locative sociale en raison de notre

expertise et de notre capacité d’adaptation

aux besoins spécifiques des communes et

autres offices sociaux. Avec ce partenariat,

nous avons dépassé le cap des deux tiers

Concrètement, quels seront les services

proposés par l’AIS aux bénéficiaires,

aux propriétaires et au syndicat ?

GH : Notre principale mission est d’assurer

la gestion locative sociale des 25

logements déjà construits par le syndicat

et d’établir de nouveaux contrats avec les

propriétaires qui voudraient louer leurs

biens. Nous nous occupons ainsi de la gestion

quotidienne de ces logements. Cela

représente un véritable soulagement pour

le syndicat. Celui-ci pourra se concentrer

sur d’autres missions stratégiques mais

restera néanmoins impliqué dans le suivi

du projet.

Les propriétaires, de leur côté, bénéficieront

d’un partenaire fiable doté d’un service

technique performant. Nous avons

une équipe dédiée capable d’intervenir

rapidement en cas de besoin et de gérer la

rotation des locataires efficacement. L’un

des grands avantages de l’AIS est sa capacité

à reloger rapidement des bénéficiaires

si un propriétaire souhaite récupérer son

bien. En plus d’être flexibles, nous réduisons

considérablement les risques d’inoccupation

prolongée et permettons par la

même occasion d’entretenir le bâtiment.

Enfin, les locataires profitent de tous les

avantages que nous offrons depuis plusieurs

années. Chaque bénéficiaire disposera

d’une visite de notre coach logement

qui lui expliquera les bonnes pratiques

pour vivre dans son logement de façon

optimale. Cela inclut des conseils sur les

écogestes, la gestion du chauffage pour

empêcher l’humidité de s’installer, ainsi

que des recommandations pour maintenir

une bonne relation avec le voisinage.

Ce type d’accompagnement est essentiel

pour assurer un cadre de vie agréable.


27

Gérard Zoller et Gilles Hempel

Comment se déroulera la transition

pour les locataires et les propriétaires ?

GH : Tous les bénéficiaires et propriétaires

concernés signeront un nouveau contrat

avec l’AIS. Toutefois, cela ne nécessitera

pas de démarches compliquées de leur

part car nous souhaitions que la transition

soit la plus fluide possible. Dans les faits,

rien ne change. Ils auront simplement

une nouvelle personne de référence pour

la gestion de leur logement. Nous avons

déjà réalisé la majorité des transferts avec

les propriétaires et nous allons maintenant

finaliser ceux des bénéficiaires. Cette

période de transition devrait être entièrement

achevée d’ici le 1 er juillet.

avec des communes. C’est donc notre première

convention avec un syndicat couvrant

l’ensemble d’un canton.

GZ : Cela représente un enjeu stratégique

majeur, car notre territoire comptabilise

22.000 habitants. Gérer un parc de logements

pour un syndicat intercommunal

implique une coordination large et c’est

en ce sens que nous avons noué ce partenariat

afin de mutualiser les efforts et de

développer le principe de gestion locative

sociale à une plus grande échelle.

Quels sont les objectifs concernant

le parc de logements du canton de

Redange ?

habitations ne suffiront pas pour répondre

aux besoins croissants en matière de logement

à prix abordable.

GH : Une fois la transition des 25 logements

finalisée, nous allons lancer une

campagne d’information auprès des propriétaires.

Nous prévoyons des réunions

publiques et des articles dans les magazines

communaux pour sensibiliser les

citoyens désireux de louer leurs biens.

Beaucoup de logements restent vacants

faute d’accompagnement et de garanties

pour les propriétaires. Nous voulons leur

démontrer que l’AIS offre une solution

sécurisée, grâce à laquelle leur bâtiment

est bien entretenu et ils bénéficient d’une

prise en charge complète.

L’AIS collabore pour la première fois

avec un syndicat intercommunal…

GH : Jusqu’alors, nous travaillions principalement

avec des offices sociaux regroupant

plusieurs communes ou directement

GZ : À l’heure actuelle, nous comptons

25 logements sous gestion, mais notre

ambition est d’atteindre 40 unités dans un

premier temps, puis 60 à plus long terme.

Le canton de Redange est une grande

région et nous sommes conscients que 40

Fondation pour l’Accès au Logement

202 B, rue de Hamm

L-1713 Luxembourg

www.fondation-logement.lu


28

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

IMMEUBLES FLEXIBLES :

LES BÂTIMENTS MODULAIRES

D’ALHO CHANGENT DE TAILLE,

D’UTILISATION ET MÊME

D’EMPLACEMENT

Les défis écologiques de notre époque rendent la réorientation du

secteur de la construction nécessaire, en commençant par une planification

globale, l’utilisation de matériaux respectueux de l’environnement,

la conservation des ressources dans la production, la

construction et l’exploitation, jusqu’au démantèlement et à la réutilisation.

ALHO s’est fixé pour objectif d’être un pionnier pour un

meilleur bilan environnemental grâce à sa méthode de construction

modulaire circulaire avec des structures de bâtiments flexibles

et démontables.

Les ressources de notre planète sont toujours

utilisées de manière intense, même

s’il est clair depuis longtemps qu’elles

ne sont souvent plus disponibles qu’en

quantité limitée. Le secteur de la construction

est traditionnellement l’un des secteurs

économiques les plus gourmands en

ressources.

Toutefois, il ne suffit pas d’aborder le

thème de la durabilité des bâtiments en

se basant uniquement sur la consommation

de ressources lors de l’exploitation.

Il est nécessaire de considérer l’ensemble

du cycle de vie du bâtiment, des matériaux

de construction à la déconstruction

et au recyclage en passant par la conception,

l’exploitation et la transformation. En

effet, la fabrication des matériaux ainsi que

la construction et la démolition d’un bâtiment

consomment justement de grandes

quantités d’énergie. Cette énergie est

appelée « énergie grise » et représente près

de la moitié du bilan énergétique d’un bâtiment

au cours de son cycle de vie.

En comparaison, la construction modulaire

ne nécessite que peu d’énergie grise. Dans

ce contexte, outre la production optimisée

en matière de ressources, ce sont surtout la

flexibilité de la réutilisation et la facilité de

la déconstruction qui ont un effet positif

sur l’empreinte écologique.

La flexibilité, un critère de la durabilité

La Société allemande pour la construction

durable (DGNB) est l’une des institutions

principales pour l’évaluation de la

durabilité des bâtiments. Selon le type de

bâtiment, jusqu’à 40 critères de durabilité

sont pris en compte dans l’évaluation. Un

critère essentiel de la durabilité selon la

DGNB est la possibilité de réutilisation.

Les bâtiments modulaires offrent ici des

avantages considérables. La base en est

l’ossature métallique autoportante du système

de construction ALHO. Il en résulte

la possibilité d’adapter de manière flexible

les bâtiments modulaires à l’évolution des

exigences et des utilisations ultérieures

par des modifications du plan. Les murs

peuvent être déplacés ou ouverts, la surélévation

et l’extension sont possibles sans

problème et en très peu de temps. Le système

de construction modulaire est donc

extrêmement flexible et très bien adapté

aux modifications et aux changements

d’affectation ultérieurs.

Les bâtiments modulaires présentent

toutefois une autre particularité : ce sont

des « immeubles mobiles ». La construction

modulaire en acier permet de déconstruire

les édifices en les démontant en

modules individuels, puis en les transportant

vers un autre endroit où ils seront à

nouveau assemblés. Grâce à l’ossature en

acier, les bâtiments peuvent ainsi avoir

une deuxième vie - ou une troisième, une

quatrième...

Bonnes pratiques : de la modernisation

à l’immeuble mobile

Au Luxembourg, de multiples exemples

montrent à quel point les bâtiments

modulaires ALHO sont flexibles lorsqu’il

s’agit de les adapter aux besoins actuels,

de les réutiliser à un autre emplacement

ou de les réaffecter complètement sur un

nouveau site. Deux exemples peuvent être

nommés.

Le premier concerne un bâtiment scolaire.

En 2010, ALHO a réalisé pour la commune

de Préizerdaul à Bettborn une extension

avec trois salles de classe, des sanitaires

et un local technique. En été 2023, ces

infrastructures ont été déplacées à l’intérieur

de Bettborn. Pour ce faire, la façade

et la toiture du bâtiment, ainsi que les

sols, les plafonds et les murs aux joints des

modules sont ouverts. Les modules sont

ensuite séparés les uns des autres et transportés

vers le nouvel emplacement. Tout


29

cela s’est déroulé pendant les vacances

d’été, de sorte que le bâtiment scolaire

puisse être mis en service sur le nouveau

site pour la rentrée.

Le second est un immeuble de bureaux

qui se transforme en école. Le monde du

travail évolue – le travail mobile ou le

télétravail ont fait leurs preuves durant

la pandémie par nécessité et font désormais

partie du quotidien des salariés. C’est

pourquoi le besoin en surfaces de bureaux

stagne et que les propriétaires envisagent

de réaffecter ces espaces. C’est là que les

bâtiments d’ALHO jouent pleinement leur

rôle de flexibilité. Ainsi, un immeuble de

bureaux de trois étages, utilisé jusqu’à présent

par Enovos à Strassen, a été démonté

en été 2022. Après un stockage intermédiaire

– nécessaire pour conserver l’ordre

des étages pour des raisons statiques – le

bâtiment a été réassemblé à Clervaux.

Grâce à la structure en porte-à-faux avec

des murs non porteurs, il a été possible

d’adapter la répartition des pièces à l’intérieur

aux exigences du nouvel utilisateur,

le Lycée Edward Streichen. En ouvrant les

murs, plusieurs anciens bureaux ont été

simplement reliés pour former une salle

de classe. Dans le même temps, le bâtiment

a été complété par quinze modules

nouvellement fabriqués et a ainsi été

agrandi de cinq axes sur trois étages.

La construction modulaire est un précurseur

en matière de préservation des

ressources

Les exemples décrits par ALHO

démontrent que les idées d’une utilisation

plus durable des bâtiments peuvent déjà

être mises en œuvre dans la construction

modulaire en raison de la flexibilité du

système. Ainsi, la construction modulaire

en acier est l’un des précurseurs dans le

secteur du bâtiment en matière de durabilité

et d’efficacité des ressources.

© ALHO Holding GmbH © ALHO Holding GmbH

© ALHO Holding GmbH

École Préizerdaul à Bettborn

Bâtiment administratif Enovos à Strassen

ALHO Systembau S.à r.l.

3, rue Fontebierg

L-3381 Livange

www.alho.com

Lycée Edward Streichen à Clervaux


30

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

TROUVER UN TERRAIN

D’ENTENTE POUR ASSURER

UN LOGEMENT ABORDABLE

Dans un contexte économique difficile, le Fonds du Logement se porte

acquéreur (ou intermédiaire-facilitateur) de projets en VEFA (Vente

en l’État Futur d’Achèvement) ou « clés en main ». Par cette activité,

il se positionne comme un acteur clé pour soutenir le secteur de la

construction tout en répondant à la demande croissante de logements

dits abordables. Explications avec Emmanuel Erard, responsable du

service Urbanisme et Foncier, Nolwenn Thibaut et Sophie Jullien,

chargées d’acquisitions bâties au sein du Fonds du Logement.

Depuis un peu plus de deux ans, le

Fonds du Logement acquiert des projets

bâtis ou prochainement bâtis.

Dans quel contexte cette activité complémentaire

a-t-elle été mise en place ?

EE : À la fin de l’année 2022, le pays a dû

faire face à l’émergence d’une crise financière

et immobilière qui a touché tous les

secteurs. La quasi-absence de financements

bancaires liée à la baisse notable

du nombre de projets en construction a

réduit de façon considérable l’activité de

production de logements. Face à cette

situation, le Fonds du Logement et l’État

ont recherché des financements, constitué

des budgets et décidé de se structurer afin

d’intervenir rapidement et de procéder

à des acquisitions salvatrices et ciblées.

L’objectif était double : répondre à la

demande de logements et soutenir, autant

que possible, le domaine de la construction

durant cette période.

Tous les logements peuvent-ils être

rachetés de cette manière par le Fonds

du Logement ?

EE : Non, les projets proposés doivent être

conformes et respecter « stricto sensu » le

cahier des charges élaboré par le ministère

du Logement et de l’Aménagement du territoire.

Ce document très complet définit

notamment l’ensemble de nos recommandations

structurelles, techniques,

typologiques et financières ; ceci permettant

d’aboutir, in fine, à la construction et

l’ajout dans le parc immobilier de logements

abordables.

L’idée est de trouver

une démarche « win-win »

EE : L’enjeu est de trouver une démarche

« win-win » en offrant aux promoteurs

une certaine flexibilité et sécurité / garantie

tout en permettant au Fonds du

Logement d’acquérir des biens « Log-Abo

compatibles ».

NT : Notre besoin reste suffisamment

large pour permettre l’achat de logements

variés, du studio à la maison cinq

chambres, sur l’ensemble du territoire.

Quelles sont les principales difficultés

rencontrées lors du traitement de ces

dossiers ?

SJ : Probablement le respect du cahier des

charges. Nous avons pu observer que les

projets reçus répondaient à une demande

issue du marché privé en quête de plus

de confort, alors que notre objectif est de

prioriser la praticité et l’optimisation.

NT : Les projets acquis doivent garantir

un équilibre financier répondant à la

fois aux besoins du promoteur et à ceux

du Fonds du Logement, dans l’optique

d’une utilisation rationnelle de l’argent

public.

Quels sont donc les principaux atouts

de la VEFA ?

Comment cette initiative se traduit-elle

concrètement ?

EE : Au sein du Fonds, une équipe a été

constituée, tout comme le « modus operandi

» de gestion. Nous nous sommes

rapidement formés à cette nouvelle thématique.

Nous avons créé notre réseau

relationnel (interne et externe) et définissons

maintenant, chaque fin d’année,

une enveloppe budgétaire consacrée à ces

acquisitions. Nous avons, par ailleurs, des

objectifs annuels. En parallèle, nous collaborons

étroitement avec l’État sur ce sujet.

Comment sélectionnez-vous donc les

projets ?

SJ : Nous analysons attentivement chaque

projet. Le but est de garantir une cohérence

entre l’offre et la demande en

matière de logements abordables tout en

respectant le cahier des charges ministériel.

Avant de prendre une décision, via

notre Commission d’Acquisition interne,

nous étudions la demande régionale, la

typologie des logements, leur proximité

avec les bassins d’emploi, les transports

et/ou autres services.

SJ : Le Fonds du Logement achète en

bloc. Pour le promoteur-vendeur, cela

simplifie le suivi acquéreur des projets et

cela lui permet d’optimiser la gestion de

la construction par l’uniformisation des

logements ou la rationalisation des coûts

par exemple.

EE : Un autre atout est que le Fonds est

un organisme solvable. Étant sous tutelle

ministérielle et nos dépenses étant entérinées

préalablement par le conseil d’administration,

nos projets d’acquisitions

bâties sont donc engagés sous garanties


31

Nolwenn Thibaut et Sophie Jullien

d’État – élément rassurant évidemment

les promoteurs-vendeurs. Par ailleurs,

la VEFA permet un échelonnement des

paiements par tranches achevées et

constatées sur place. Le promoteur et ses

sous-traitants sont donc payés au fur et

à mesure de l’avancée du chantier, ce qui

n’est pas négligeable en période de crise.

Combien de logements ont été livrés

depuis le début de cette activité ?

NT : L’an dernier, en collaboration avec

la Commission d’Acquisition Logement

(CAL), trois projets ont déjà pu être livrés :

une acquisition en VEFA et deux achats

« clés en main ». Au total, 30 unités de

logement ont été achevées au sein des

communes d’Ettelbruck et Pétange, permettant

l’emménagement de plusieurs

familles.

D’autres projets sont-ils en cours ?

NT : Douze dossiers sont en cours de

construction, qu’il s’agisse d’acquisitions

par le Fonds ou suivis, en tant que futur

emphytéote, pour le compte de l’État.

SJ : Quelques projets supplémentaires

devraient également aboutir prochainement.

EE : Au total, 205 logements sont engagés

et en attente de livraison jusqu’à un horizon

début 2028. Cela permettrait d’y loger

environ 450 personnes. Actuellement,

nous nous concentrons, dans notre

stratégie d’acquisition, sur la période

2028-2030.

Comment voyez-vous l’avenir de ce

dispositif ?

SJ : Cette nouvelle manière d’acquérir des

logements s’est révélée être un très bon

complément à nos propres projets, répondant

à la demande croissante de logements

abordables.

EE : En interne et hors période de crise,

l’avenir de cette démarche va inéluctablement

(mais non exclusivement) être lié à

la loi « Pacte Logement ». Celle-ci demande

aux maîtres d’ouvrage concernés par un

PAP d’une relative envergure et dans le

respect d’une mixité sociale de réserver

un certain ratio de logements abordables.

L’application de cette loi engendre déjà

actuellement de nombreuses discussions

entre promoteurs et Fonds. Ces cessions

de lots ciblés vont donc générer de nouveaux

dossiers VEFA ou « clés en main », et

cela dans un avenir relativement proche.

Le présent dispositif, dont le premier bilan

est très satisfaisant, a donc un bel avenir

au sein du Fonds du Logement.

Vous avez un bien immobilier, un

terrain ou un projet à proposer à la

vente ?

Le Fonds du Logement pourrait être

intéressé ! Un formulaire en ligne

est disponible sur le site internet de

l’établissement pour soumettre votre

proposition en quelques clics.

Retrouvez-le à l’adresse :

https://fondsdulogement.lu/fr/

vendre-mon-bien-terrain-ou-projetprive

Fonds du Logement

52, Boulevard Marcel Cahen

L-1311 Luxembourg

www.fondsdulogement.lu


32

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

LOI RELATIVE AU LOGEMENT

ABORDABLE : OPTIMISATIONS CIBLÉES

POUR UNE MISE EN ŒUVRE RENFORCÉE

©MLOGAT

Claude Meisch

Lors de la conférence de presse, Claude Meisch, ministre du Logement

et de l’Aménagement du territoire, a expliqué les mesures

principales du projet de loi visant à optimiser l’application de la loi

modifiée du 7 août 2023 relative au logement abordable. Ce projet

de loi s’inscrit dans une volonté d’optimisation ciblée du cadre législatif

existant. Il est issu d’un dialogue structuré avec les acteurs

du terrain et d’un retour d’expériences pratiques. Il réaffirme également

que le logement abordable constitue une mission d’utilité

publique, essentielle à la cohésion sociale et à la dignité de chacun.

L’objectif est clair : faciliter et encourager davantage la création de

logements abordables, dans l’intérêt tant des ménages en besoin

d’un logement abordable que des promoteurs sociaux et des bailleurs

sociaux.

par la loi de 2023 et réunissant les représentants

de la FEDAS, du Syvicol, du Fonds

du Logement, de la SNHBM et du ministère

du Logement et de l’Aménagement du

territoire.

Poursuivant sa volonté de concevoir l’action

du ministère en fonction de la réalité

du terrain, le ministre Claude Meisch

a également entamé un large tour des

communes. Ces rencontres avec les responsables

politiques locaux ont pour but

d’écouter activement les besoins des communes,

de favoriser les synergies avec les

acteurs locaux dans une dynamique commune

: identifier les obstacles, valoriser

les potentiels fonciers et transformer les

intentions en projets concrets.

Dans cet esprit, et aligné avec la logique

ambitieuse de la loi de 2023, des pistes

concrètes d’optimisation au sens large

ont été identifiées afin de rendre l’action

des promoteurs sociaux et des bailleurs

sociaux encore plus attractive et efficace.

Axes d’optimisation pour mieux

répondre aux besoins en logements

abordables

Un cadre consolidé, construit dans le

dialogue

Adoptée en 2023, la loi relative au logement

abordable a introduit un cadre

attirant pour soutenir la création de logements

abordables destinés à la location

ou à l’acquisition avec emphytéose. Son

entrée en vigueur, le 1 er octobre 2023, a

marqué une étape importante dans la politique

nationale du logement, en dotant le

Luxembourg d’un instrument ambitieux

et innovant.

Cette loi englobe trois piliers fondamentaux

: le promoteur social, l’instauration

du bailleur social allant de pair avec un

encadrement du bail abordable, ainsi que

la création du Registre national des logements

abordables (RENLA). Elle a permis

de poser les bases d’un dispositif cohérent,

structurant et prospectif pour développer

une offre pérenne de logements abordables

au Luxembourg.

Dès son entrée en fonction, le ministre du

Logement et de l’Aménagement du territoire,

Claude Meisch, a placé la création

de logements abordables au centre de son

action. Conscient que cet objectif ne peut

être atteint sans l’implication active de

tous les acteurs concernés, il a initié une

démarche de retours d’expériences dans le

contexte du dialogue structuré formalisé

Le Luxembourg fait face à une réalité préoccupante

: près d’un quart des enfants

sont exposés au risque de pauvreté, selon

les dernières données du Statec. La situation

est particulièrement critique pour les

familles monoparentales, dont 44% vivent

sous le seuil de pauvreté. Elles font face à

une accumulation de difficultés en matière

de logement : conditions de vie précaires

(surpeuplement, humidité, obscurité),

environnement résidentiel dégradé et

charges financières élevées. Afin d’apporter

des réponses concrètes à ces enjeux,

le projet de loi propose l’introduction de

la monoparentalité en tant que nouveau

critère socio-économique dans le cadre

de l’attribution d’un logement abordable.


33

Cette mesure vise à accroître l’accès au

logement abordable pour les ménages

monoparentaux. Elle s’inscrit dans une

démarche plus large de lutte contre la

pauvreté infantile et de renforcement des

perspectives pour toutes les familles.

Dans le but de rendre la création de

logements abordables par les promoteurs

sociaux encore plus attractive, des

incitations financières supplémentaires

sont mises en place. Un nouvel incitatif

financier est introduit pour encourager la

rénovation de bâtiments existants en vue

de la création de logements abordables.

Ce nouvel outil vient compléter les deux

bonus existants liés à la résilience au

changement climatique et à l’innovation,

avec lesquels il est cumulable. Il offre ainsi

un cadre particulièrement attrayant pour

valoriser le bâti existant tout en répondant

aux besoins de durabilité en matière

de logement.

Une segmentation géographique du

foncier est introduite afin d’adapter les

plafonds de la participation financière

du ministère aux réalités locales. Cette

approche permet de tenir compte des

écarts de prix du foncier entre les communes

et les régions et de mieux orienter

l’effort public vers les zones où les besoins

en logements abordables sont les plus

pressants. Les terrains situés dans des secteurs

stratégiques deviennent accessibles,

grâce à un soutien financier renforcé, permettant

la production de logements abordables

aux endroits les plus appropriés,

tout en renforçant la cohérence du développement

territorial à l’échelle nationale.

Chaque commune est un promoteur social

potentiel. Pour encourager davantage

l’implication des communes dans la production

de logements abordables, le projet

de loi prévoit l’élargissement de leur

soutien financier. Ainsi, les communes

pourront bénéficier d’une rémunération

de leur capital investi pour les projets de

logements abordables, et ce même avec

effet rétroactif au 1 er octobre 2023.

Les bailleurs sociaux jouent un rôle central

dans la gestion des logements abordables

et dans la promotion d’une mixité

sociale. Afin de mieux les soutenir dans

leurs missions complexes, qui évoluent

avec les réalités du terrain, le projet de loi

prévoit un ensemble de mesures concrètes

visant à faciliter leur action au quotidien.

« En optimisant les dispositions relatives

au bail abordable conformément aux

expériences remontées et partagées par

les bailleurs sociaux, nous leur donnons

les moyens d’offrir des logements de qualité

à un plus grand nombre de personnes,

dans un cadre plus stable et durable », a

précisé Claude Meisch.

Parmi ces mesures, une aide financière

complémentaire est introduite spécifiquement

pour la gestion des logements

dédiés aux salariés. Cette mesure répond

à un besoin croissant en matière de logements

liés à l’emploi et permet d’en assurer

une gestion durable et efficiente, tout

en contribuant à une meilleure mixité

fonctionnelle et sociale dans les quartiers

concernés.

Dans le même esprit, le projet de loi prévoit

également un forfait de gestion pour

les logements étudiants, si ceux-ci sont

gérés par un bailleur autre que l’Université

du Luxembourg, afin d’élargir davantage

l’éventail de l’offre de logements.

Un nouveau seuil du « contingent libre »

des logements dits « tous publics » sera

introduit : désormais, le contingent libre

sera à la disposition de tout bailleur social

gérant un parc de logements abordables

de 100 unités ou plus, de sorte à élargir le

cercle des promoteurs sociaux, et notamment

des communes, pouvant y avoir

recours.

Cette évolution du contingent libre s’inscrit

dans une démarche plus large de

ciblage social renforcé, qui vise à adapter

les attributions des logements aux réalités

rencontrées par les professionnels

du terrain œuvrant pour les ménages à la

recherche d’un logement.

À l’instar de l’appel à projets lancé en

février pour augmenter les capacités d’accueil

des structures de logement pour

jeunes Jugendwunnen, il est prévu de

lancer des appels à projets pour d’autres

catégories de logements dédiés et plus

particulièrement les logements dédiés aux

personnes âgées de soixante ans ou plus

et aux salariés, afin de soutenir une offre

plus ciblée et respectueuse des multiples

besoins de mixité.

À l’avenir, les bailleurs sociaux, afin de

renforcer leur capacité d’action sur l’ensemble

du territoire et, par la même, les

besoins de mixités sociale et fonctionnelle,

entre autres, pourront également

intégrer dans leur parc des logements

abordables via la location de logements

réalisés dans le cadre d’un partenariat

avec des investisseurs privés.

Optimisations complémentaires : le

Fonds du Logement et les aides individuelles

au logement

Le projet de loi modifiant la loi organique

du Fonds du Logement de 2017 met en

valeur la fonction d’acteur central de la

politique du logement de cet établissement

public. Il consacre expressément

l’utilité publique des missions du Fonds,

et adapte ses outils et modes de fonctionnement

afin de mieux répondre aux

enjeux actuels.

De plus, un projet de loi distinct prévoit

des modifications à la loi relative aux

aides individuelles au logement de 2023,

dans le but de simplifier les démarches

administratives pour les citoyens et pour

le Service des aides au logement.

Vers une application plus claire et

concertée du logement abordable

Finalement, le projet de loi instaure le

statut d’utilité publique du logement

abordable. Cette reconnaissance souligne

l’importance du logement abordable en

tant que réponse structurelle à la pénurie

de logements abordables et son rôle fondamental

dans la mise en œuvre du droit

au logement inscrit dans la Constitution.

« Grâce à ces optimisations, nous visons

à impliquer un réseau élargi de promoteurs

sociaux. À terme, ce seront plus de

100 communes, promoteurs publics par

excellence à côté du Fonds du logement

et de la SNHBM, tout comme l’ensemble

des autres promoteurs sociaux – qui

pourront participer pleinement à la création

de logements abordables dans notre

pays », a souligné Claude Meisch, ministre

du Logement et de l’Aménagement du

territoire.

Communiqué par le ministère du Logement

et de l’Aménagement du territoire


34

BRÈVES

MINISTÉRIELLES

PAR BARBARA PIERROT

© MMTP

MINISTÈRE DE LA CULTURE

Le ministère de la Culture et l’INPA

(Institut national pour le patrimoine

architectural) lancent un appel à projets

pour les Journées européennes du

patrimoine 2025 qui se tiendront du 19

au 28 septembre. Placée sous le thème

« Patrimoine et architecture : fenêtres

sur le passé, portes sur l’avenir », cette

édition mettra en lumière la richesse

du patrimoine architectural européen,

à l’occasion des 50 ans de l’« Année

européenne du patrimoine architectural

». Les institutions, associations,

communes et particuliers sont invités

à proposer des visites, ateliers, conférences

ou projets innovants. Toutes les

informations sont disponibles sur le

site du ministère de la Culture.

Source : SIP

MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET

DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

Les ministres Martine Deprez et Stéphanie

Obertin ont annoncé le lancement

officiel de l’Espace européen

des données de santé (EEDS). Cette

initiative européenne vise à garantir un

accès sécurisé et harmonisé aux données

de santé à travers l’UE. Pour les citoyens,

cela signifie un accès gratuit et

numérique à leurs dossiers médicaux

partout en Europe. Les professionnels

de santé bénéficieront d’un meilleur

suivi transfrontalier des patients.

L’EEDS soutiendra aussi la recherche

et les politiques de santé. Sa mise en

œuvre s’étalera jusqu’en 2029, avec un

important travail préparatoire déjà en

cours au Luxembourg.

Source : SIP

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION

NATIONALE, DE L’ENFANCE ET

DE LA JEUNESSE

Le 21 mars a eu lieu l’inauguration officielle

des nouveaux bâtiments de

l’École nationale de santé du Luxembourg

(ENSA), des logements étudiants

Villa Flo et du hall des sports du Centre

de logopédie à Strassen. Les ministres

Claude Meisch et Yuriko Backes ont

souligné l’importance de ces infrastructures

pour la formation des futurs professionnels

de santé. Ce complexe moderne

et fonctionnel vise à répondre

aux besoins spécifiques des étudiants

et à promouvoir un environnement

propice à l’épanouissement personnel

et professionnel. Le projet reflète un

investissement dans l’avenir de la santé

au Luxembourg.

Source : SIP

MINISTÈRE DE LA JUSTICE

Le ministère de la Culture, en collaboration

avec le ministère de la Justice et

l’Administration pénitentiaire, a lancé

la 3 e édition de l’appel à projets « Kultur

am Prisong ». Cette initiative vise

à garantir l’accès à la culture pour les

personnes détenues, en tant que droit

fondamental. Elle y est perçue comme

un levier de réinsertion, d’estime de soi

et de réduction de la violence et permet

également de lutter contre l’inactivité

en milieu carcéral. Les modalités

de participation sont disponibles sur le

site du ministère de la Culture.

Source : SIP

MINISTÈRE DES SPORTS

Le 14 mars, le ministre des Sports

Georges Mischo a rencontré Glenn

Micallef, commissaire européen en

charge du sport. Ils ont discuté du futur

document stratégique européen

sur le sport, prévu pour 2026. Georges

Mischo a insisté sur la nécessité d’un

financement durable et sur la crise du

bénévolat. Le commissaire a partagé

ces préoccupations, soulignant l’importance

de la solidarité entre sport

amateur et de haut niveau. Ils ont également

abordé la double carrière des

sportifs au Luxembourg et la transformation

de l’ALAD (Agence Luxembourgeoise

Antidopage) en point d’entrée

unique pour l’intégrité dans le sport.

Les échanges se poursuivront dans les

mois à venir.

Source : SIP

MINISTÈRE DU LOGEMENT ET DE

L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

Le 18 mars, Claude Meisch, ministre du

Logement et de l’Aménagement du territoire,

a pris part à une rencontre stratégique

pour renforcer la coopération

transfrontalière entre le Luxembourg et

la Wallonie. Deux Zones fonctionnelles

transfrontalières (ZFT) ont été mises en

place dans le cadre du programme Interreg

2021-2027, avec un financement

européen du FEDER. Elles visent à promouvoir

une planification territoriale

partagée et à améliorer la qualité de

vie des habitants grâce à des initiatives

locales et transfrontalières. Cinq projets

ont déjà été approuvés, avec des

opportunités supplémentaires pour la

ZFT Sud.

Source : SIP



36

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

ROBIN, LES COULEURS

DU LUXEMBOURG

Aujourd’hui seul et unique fabricant de peintures au Luxembourg,

Robin est fière de son héritage. La manufacture conçoit et produit

ses peintures à Useldange depuis 1927. Si l’entreprise exporte désormais

près d’un tiers de sa production vers 27 pays dans le monde,

elle demeure résolument attachée à son territoire, où elle continue

d’exercer l’ensemble de ses activités de R&D, de production et

de commercialisation. Parmi ses nombreuses gammes de produits

destinées aux professionnels et aux particuliers, deux collections

exclusives incarnent l’essence même de l’identité et du patrimoine

luxembourgeois.

Robin est aujourd’hui le seul et unique

fabricant de peintures luxembourgeois

Collection Art de la Nature : une palette

inspirée de la richesse du patrimoine

naturel et bâti luxembourgeois

C’est en s’inspirant des paysages, de la

faune, de la flore, des châteaux et du

patrimoine exceptionnel du Luxembourg

que Robin a conçu sa collection Art de

la Nature. Vives ou douces, sombres ou

claires, ses 151 teintes exclusives offrent

des possibilités infinies d’associations

pour décorer murs, sols et plafonds dans

l’une des 10 finitions disponibles.

Conçue à base d’eau, cette collection

inclut une émulsion murale mate à base

d’ingrédients 100% naturels. Elle ne

contient ni composé organique volatil

(COV), ni cosolvant, ni aucun dérivé

pétrolifère. Testée et validée par le ministère

de la Santé, elle répond aux attentes

des crèches, écoles, collectivités et des

nombreux particuliers recherchant des

finitions premium à la fois saines et respectueuses

de l’environnement.

151 teintes exclusives

en 15 qualités, dont une

émulsion 100% biosourcée,

composent la collection

Robin Art de la Nature

Collection Terre & Tradition pour

façades : le reflet du Luxembourg en 81

teintes

Light Orange 3072 – Collection Robin Art de la Nature

Les 81 teintes de la collection de peintures

Terre & Tradition sont le reflet

des terres et des pierres de toutes les

régions luxembourgeoises. Elles sont

le fruit d’une collaboration étroite avec

l’Institut national pour le patrimoine

architectural du Luxembourg, anciennement

Service des sites et monuments

nationaux.


37

Peintures Robin Terre & Tradition pour façades :

le reflet du Luxembourg en 81 teintes

Élaborées sur la base de pigments minéraux

récoltés dans l’ensemble du pays,

elles permettent à chaque bâtiment de

s’intégrer harmonieusement dans le

paysage urbain ou rural de sa région.

La collection

Terre & Tradition est

élaborée sur la base de

pigments minéraux récoltés

dans l’ensemble du pays

Un environnement sain avec les finitions murales 100% biosourcées de la Collection Art de la Nature

Grâce à leur résistance aux UV et à

leur effet « lotus » autonettoyant, les

peintures pour façades de la collection

Robin Terre & Tradition assurent dans

le temps la protection et l’esthétique des

bâtiments, qu’ils soient contemporains

ou historiques.

Un accompagnement sur mesure

Au-delà de la qualité de ses peintures,

Robin se distingue par un accompagnement

technique et logistique sur

mesure, garantissant un service fiable et

efficace.

L’engagement Robin : conjuguer innovation et responsabilité

environnementale

Depuis plus de 20 ans, Robin s’engage en faveur d’un monde plus respectueux de

l’Homme et de son environnement. Quatre fois lauréate du Prix de l’Environnement

de la FEDIL, l’entreprise développe des alternatives aux peintures traditionnelles

en intégrant des composants naturels, des matières premières renouvelables

et en favorisant le circuit court.

Grâce à son laboratoire de recherche, Robin conçoit notamment des peintures

100% biosourcées tout en garantissant des performances techniques élevées. À

la demande et en collaboration avec les acteurs de l’industrie, l’Université du

Luxembourg et au sein d’UNIFAP, le laboratoire de Robin explore chaque année

de nouvelles solutions pour fabriquer des peintures conjuguant performance et

durabilité.

– Conseil et suivi personnalisé : une

assistance experte pour orienter le choix

des teintes et des produits selon les exigences

spécifiques de chaque projet ;

– stock et livraison rapide : une disponibilité

immédiate des références et une

expédition rapide sur tout le territoire

luxembourgeois ;

– mise à la teinte sur mesure : un service

permettant d’adapter précisément les

couleurs aux besoins uniques de chaque

réalisation ;

– suivi des couleurs : la possibilité de

recommander les couleurs pour rafraîchir

ou repeindre tout support avec les

mêmes références.

Peintures Robin

31, rue de la Gare

L-8705 Useldange

www.robin.lu

www.robinpro.com


38

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

TOUT PROJET COMMENCE

PAR UNE VISION : QUAND

INGÉNIEURS ET ARCHITECTES

DESSINENT L’AVENIR

Avant qu’un bâtiment ne s’élève ou qu’une infrastructure ne prenne

forme, il y a une idée, un besoin, une ambition. Définir précisément

ces attentes est la clé d’un projet réussi. Architectes et ingénieurs

unissent leurs expertises dès les premières étapes pour transformer

une vision en réalité. Rencontre avec Jacques Seywert, ingénieurassocié

chez Schroeder & Associés.

Tout projet de construction commence par

une étape essentielle : l’analyse approfondie

des besoins et des idées du maître d’ouvrage.

Qu’il s’agisse d’un projet de logement, de

mobilité ou d’infrastructures publiques,

cette étape initiale permet d’établir les spécifications

techniques et les objectifs du

projet. Ingénieurs et architectes collaborent

dès cette phase pour concevoir des solutions

adaptées et durables.

« Notre mission, en tant que bureau

d’ingénierie-conseil, est d’encadrer cette

phase cruciale avec nos équipes pluridisciplinaires,

afin d’offrir au maître d’ouvrage

une vision claire, structurée et réaliste de

son projet », explique Jacques Seywert,

ingénieur-associé chez Schroeder &

Associés.

La maîtrise d’œuvre, l’équipe clé pour la

réussite du projet

Une fois cette première étape franchie

et que le maître d’ouvrage a bien mis en

© Christof Weber

avant ses attentes, la maîtrise d’œuvre,

composée au moins d’un architecte, d’un

ingénieur civil et d’un ingénieur en génie

technique, entre en scène. Structurée

par son coordinateur, elle commence

par réaliser des esquisses du projet afin

d’intégrer tous les paramètres essentiels

à sa conception. La coordination de la

maîtrise d’œuvre est souvent réalisée par

l’architecte, mais peut, selon les spécificités

du projet, aussi être octroyée à un

autre bureau spécialisé.

La phase de l’APS (Avant-Projet

Sommaire) permet de concrétiser les

idées en un projet réel et de préparer les

demandes d’autorisations nécessaires si

le projet semble viable, économiquement

et techniquement réalisable.

« C’est à ces premiers stades du projet que

se joue son succès futur. Ici Schroeder &

Associés intervient de manière optimale,

en s’appuyant sur une expertise multidisciplinaire

et une large gamme de services

complémentaires », déclare Jacques

Seywert.

L’architecte travaille en étroite collaboration

avec les techniciens et les spécialistes

du bâtiment pour affiner les aspects

techniques et esthétiques du projet sur

plan. En effet, sans une approche rigoureuse

en statique, ingénierie technique

et gestion des matériaux, la concrétisation

du projet est impossible. Une fois

de plus, l’échange entre les différents

acteurs joue un rôle essentiel pour aboutir

à un projet finalisé à la fin de la phase

APS. C’est à ce moment que sont définis

des éléments clés tels que la qualité des

matériaux, l’optimisation des surfaces,

la conformité aux exigences du maître

d’ouvrage ainsi que l’intégration des


39

demandes spécifiques. Le budget estimatif,

validé par le maître d’ouvrage, assure

ainsi la viabilité économique et la pérennité

du projet.

Une collaboration essentielle entre

tous les acteurs

L’interaction entre le maître d’ouvrage,

les ingénieurs et l’architecte reste

essentielle. À mesure que le projet se

concrétise, la phase suivante, celle de

l’APD (Avant-Projet Définitif), est décisive

: chaque détail est analysé et toutes

les exigences doivent être scrupuleusement

respectées, rendant la concertation

entre les acteurs incontournable.

C’est également à ce stade que des

experts, tels que les acousticiens et les

physiciens du bâtiment, interviennent

pour affiner encore davantage le projet.

« Nos équipes pluridisciplinaires

prennent alors le relais, apportant leur

expertise sur divers aspects : coordination

sécuritaire, logistique, acoustique,

impact environnemental, digitalisation,

gestion de projet, et bien plus encore.

Grâce à la complémentarité et diversité

de nos missions et à notre approche

globale, nous sommes pleinement en

mesure d’accompagner le maître d’ouvrage

et de faire progresser le projet

vers une nouvelle dimension », explique

l’ingénieur-associé.

La méthodologie MOAI : un cadre de

référence pour la maîtrise d’œuvre

Pour garantir la collaboration fluide et

structurée entre architectes et ingénieurs,

la méthodologie MOAI (Maîtrise

d’Œuvre OAI), élaborée par l’Ordre des

Architectes et des Ingénieurs-Conseils,

est mise en œuvre. Spécifiquement

conçue pour le Luxembourg, cette

approche définit des procédures claires

et rigoureuses pour le bon déroulement

d’un projet de construction. Elle précise

les rôles de chaque acteur ainsi que les

délais à respecter, assurant ainsi une

planification méthodique et efficace.

En tant que bureau d’ingénierie-conseil,

Schroeder & Associés a contribué au

développement de cette méthodologie

et considère cette base comme un levier

essentiel pour la réussite des projets.

Sur le terrain : coordination et expertise

Sur le chantier, l’architecte assure souvent

la direction générale des travaux,

épaulé par les ingénieurs pour les volets

du gros œuvre et des équipements techniques.

La maîtrise d’œuvre veille à ce que

chaque intervention soit en parfaite adéquation

avec la vision globale du projet,

garantissant une réalisation conforme

aux règles de l’art tout en respectant les

impératifs budgétaires et qualitatifs. Le

coordinateur de la maîtrise d’œuvre joue

un rôle central, orchestrant l’ensemble

du processus jusqu’à la remise des clés.

« Forts de plus de 60 ans d’expérience, tant

au niveau national qu’international, nous

avons développé une expertise reconnue,

nous permettant de collaborer avec une

grande diversité d’acteurs. Cette expérience

nous permet de répondre aux exigences

spécifiques des maîtres d’ouvrage,

notamment sur des sujets tels que le Pacte

Climat, le bilan carbone ou encore les

certifications diverses comme le DGNB.

Grâce à nos experts, nous sommes en

mesure de gérer ces missions en interne,

ce qui simplifie considérablement le processus

», explique Jacques Seywert.

© Christof Weber

© Christof Weber

© Christof Weber


40

l’école fondamentale et la maison relais

de Colmar-Berg, l’école de musique du

campus scolaire Kinneksbond à Mamer,

ainsi que la maison relais Sprëtzenhaus à

Esch-sur-Alzette.

Un bureau local pour façonner le

Luxembourg

En tant que bureau d’ingénierie-conseil

ancré localement, Schroeder & Associés

s’engage pleinement à répondre aux

besoins spécifiques du territoire et à contribuer

activement à son développement.

« Les projets qui nous tiennent le plus à

cœur sont ceux que nous utilisons chaque

jour. Cela renforce notre engagement et

nous motive encore davantage dans notre

travail », confie l’ingénieur-associé.

Parmi ses réalisations emblématiques

récentes figurent le château d’eau du Ban

de Gasperich et le tram de Luxembourg,

deux infrastructures majeures témoignant

de son savoir-faire et de son impact sur le

territoire.

Une approche globale et intégrée

Les départements internes dédiés aux services,

aux structures et aux infrastructures

au sein du bureau d’ingénierie-conseil

garantissent une approche transversale

et cohérente des projets. Plutôt que de se

limiter aux seules limites du chantier, les

équipes analysent également les répercussions

urbaines et environnementales du

projet, en tenant compte des infrastructures

publiques connexes (routes, réseaux

de canalisation, espaces verts, etc.).

« Nous avons la capacité de piloter un

projet dans son ensemble, offrant ainsi

une solution clé en main et un accompagnement

personnalisé aux maîtres d’ouvrage

», souligne Jacques Seywert.

Schroeder & Associés collabore avec de

nombreuses communes à travers le pays,

facilitant ainsi la coordination entre différents

chantiers et soutenant efficacement

les services techniques municipaux. Son

approche multidisciplinaire, associée à

une expérience éprouvée et à un savoirfaire

reconnu, représente un véritable

Jacques Seywert

atout. Et lorsqu’une mission requiert une

expertise spécifique qu’il ne possède pas

en interne, il s’appuie sur son vaste réseau

de spécialistes. Cette capacité d’adaptation

et de collaboration constitue un

avantage stratégique majeur dans un

environnement complexe comme celui du

Luxembourg.

Une collaboration réussie pour des

infrastructures scolaires

Un bon exemple de collaboration est le

projet récent du bâtiment scolaire « Prënz

Charles » réalisé sur mandat de la commune

de Steinsel. Conçu en partenariat

avec le bureau Architecte Lorang S.à r.l.,

ce campus scolaire devait initialement

être construit en béton. Cependant, en

raison d’un calendrier très serré, une

construction préfabriquée et durable s’est

imposée, à savoir des planchers en caisson

en bois. La coopération étroite de la

MOE a permis de respecter les délais et

d’assurer le bon déroulement du projet.

Parmi d’autres réalisations récentes pour

les administrations communales figurent

Une évolution constante vers l’avenir

Le bureau luxembourgeois a toujours su

évoluer avec son époque, en s’adaptant

aux tendances et en affinant continuellement

son expertise. Grâce à sa longévité,

il accompagne les projets tout au long

de leur cycle de vie, de la conception à la

transformation, voire à la déconstruction.

L’accent est mis sur la transformation

des infrastructures afin d’en maximiser

la durabilité, un enjeu plus crucial que

jamais. La durabilité fait partie intégrante

de son ADN, et l’entreprise s’efforce d’être

à la fois flexible et innovante dans chacun

de ses projets.

« Construire pour l’avenir, c’est aussi planifier

dès aujourd’hui les infrastructures

durables de demain », conclut Jacques

Seywert.

Schroeder & Associés S.A.

13, rue de l’Innovation

L-1896 Kockelscheuer

www.schroeder.lu


Agissons maintenant

pour un avenir meilleur

Participez à la stratégie d’adaptation

aux effets du changement climatique !

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42

BRÈVES

ÉCONOMIQUES

PAR BARBARA PIERROT

© MECO

LEX DELLES DÉFEND UNE ACTION

EUROPÉENNE CLAIRE ET

HARMONISÉE

Lors du Conseil « Compétitivité » à

Bruxelles, le ministre Lex Delles a plaidé

pour un marché intérieur simplifié

et efficace. Il a soutenu le paquet

« omnibus » de la Commission visant

à réduire les charges administratives,

tout en appelant à agir contre les pratiques

de contournement du Mécanisme

d’Ajustement Carbone. Il a insisté

sur l’urgence d’un soutien renforcé à

la sidérurgie européenne et demandé

une initiative législative contre les restrictions

territoriales de l’offre. Pour

Lex Delles, il est temps de « remplacer

le millefeuille réglementaire par des

règles claires », au bénéfice des PME et

de la compétitivité européenne.

Source : SIP

À LA RECHERCHE DES CHAMPIONS

LUXEMBOURGEOIS

DE L’ENTREPRENEURIAT

Le concours European Enterprise Promotion

Awards (EEPA) 2025 est lancé !

Organisé par la Commission européenne,

il récompense les meilleures

initiatives soutenant l’entrepreneuriat.

Autorités publiques, associations ou

programmes éducatifs peuvent candidater

jusqu’au 4 juin. Six catégories

sont ouvertes, de la transition numérique

à l’entrepreneuriat inclusif. Les

projets doivent exister depuis quinze

mois minimum. Deux initiatives seront

sélectionnées pour représenter le

Luxembourg au niveau européen, avec

des prix remis lors de la SME Assembly

en novembre. Infos et formulaire sur le

site Promoting Enterprise ou à l’adresse

e-mail chris.welter@eco.etat.lu.

Source : SIP

DEUX NOUVEAUX SME PACKAGES

POUR ACCOMPAGNER

LA DIGITALISATION DES PME

Lors des Future Ready Days, le ministre

Lex Delles a annoncé deux nouveaux

SME Packages dédiés à l’intelligence artificielle

et à la cybersécurité. Ces aides

visent à soutenir les PME dans leur

transition numérique grâce à des solutions

concrètes, simples et accessibles.

Désormais, jusqu’à 70% des coûts éligibles

(3.000 à 25.000 euros) peuvent

être pris en charge. Les entreprises

peuvent cumuler plusieurs packages

successifs. Organisé avec la Chambre

de Commerce et la Chambre des Métiers,

l’événement a rassemblé 300

participants autour de témoignages,

d’expertises et de stands d’information

dédiés à l’innovation numérique.

Source : SIP

ADOPTION DE LA LOI SUR LES

RÉSEAUX D’HYDROGÈNE :

VERS LA DÉCARBONATION

Le 20 mars, la Chambre des députés du

Luxembourg a adopté le projet de loi

8298 sur les réseaux de transport d’hydrogène,

marquant une avancée majeure

dans la stratégie hydrogène du

pays. Cette législation établit un cadre

pour la planification, le développement

et l’exploitation des infrastructures de

transport d’hydrogène, tout en favorisant

l’intégration avec les pays voisins.

Lex Delles, ministre de l’Économie, a

salué cette loi, soulignant son rôle clé

dans la décarbonation des secteurs

industriels et du transport. Elle inclut

des procédures d’autorisation, un plan

de développement à long terme et des

règles de sécurité pour garantir des infrastructures

durables et sûres.

Source : SIP

LANCEMENT DU PLAN D’ACTION

POUR LES START-UP ET SCALE-UP

AU LUXEMBOURG

Le 24 mars, Lex Delles, ministre de

l’Économie, et Gilles Roth, ministre des

Finances, ont dévoilé un plan d’action

en dix points pour soutenir les startup

et scale-up. Ce plan inclut des mesures

fiscales, des aides à la création de

spin-offs, un « talent desk » pour attirer

les talents internationaux et un financement

supplémentaire de 300 millions

d’euros par la SNCI pour les cinq

prochaines années. Il vise à renforcer

l’écosystème luxembourgeois en tant

que hub d’innovation, stimulant ainsi la

compétitivité et l’attractivité internationale

du pays.

Source : SIP

LEX DELLES PRÉSENTE DES

MESURES DE SIMPLIFICATION

ADMINISTRATIVE POUR LES PME

Le 21 mars, le ministre de l’Économie,

Lex Delles, a présenté de nouvelles mesures

visant à simplifier les démarches

administratives des PME. Ces réformes

incluent la création d’une procédure

unique pour l’enregistrement des entreprises,

une cartographie des zones

d’activités économiques, ainsi que la

simplification des aides d’État. Un outil

numérique pour le reporting en matière

de durabilité et l’application du

principe Once-Only facilitant le partage

d’informations entre administrations

ont également été annoncés. Ces initiatives

visent à réduire la charge administrative,

permettant aux PME de se

concentrer sur leur développement et

d’améliorer leur compétitivité.

Source : SIP


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44

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

COMMUNAUTÉS

ÉNERGÉTIQUES :

MODE D’EMPLOI

Votre habitation est mal exposée ? Imaginez que vous puissiez quand

même bénéficier d’une production d’électricité photovoltaïque locale…

Votre facture d’électricité vous coûte trop cher ? Imaginez que

vous puissiez vous passer des frais de réseau… Tout cela est possible

en rejoignant une communauté énergétique, une forme d’association

reposant sur la production et le partage d’électricité verte entre

voisins. Paul Zens, président d’Eurosolar Lëtzebuerg, nous en dévoile

le fonctionnement ainsi que les nombreux avantages.

L’énergie au meilleur prix

Partager l’énergie photovoltaïque produite

sur sa toiture entre voisins, c’est possible

; et les moyens d’y parvenir, prévus

par la loi et guidés par les réglementations

européennes, sont multiples. La communauté

énergétique locale en est un, et il

comporte plusieurs avantages. Constituée

sous forme de société – généralement une

coopérative ou une asbl – elle permet la

production et le partage d’énergie renouvelable

entre les utilisateurs d’un réseau

éloignés au maximum de 300 m. Elle est

économiquement intéressante puisque le

prix de l’électricité produite est autodéterminé

par ses membres. « Les énergies

vertes exploitées au niveau local sont

garantes d’une facture stable et allégée :

le modèle de la communauté énergétique

Paul Zens


45

permet en effet une exonération des taxes

relatives à l’utilisation du réseau, deuxième

élément le plus coûteux dans le

calcul du prix de l’électricité après le prix

du marché. Dans cette configuration, on

s’affranchit également des fluctuations :

un pays producteur de pétrole a décidé

d’augmenter les prix ? Peu importe : avec

le soleil, on est soi-même décideur du

montant », avance Paul Zens.

Le pouvoir de décider

En effet, les communautés énergétiques

redonnent le pouvoir aux citoyens.

Créées et rejointes sur base volontaire,

elles sont administrées par leurs

membres, des non-professionnels, certes,

mais souvent bien renseignés sur le sujet

C’est finalement une affaire de bon voisinage, où ceux qui

ne produisent pas, en raison d’une mauvaise orientation ou

d’une exposition amoindrie par de la végétation, par exemple,

peuvent partager l’électricité de ceux qui en génèrent

et enclins à échanger entre eux sur leurs

bonnes pratiques. « C’est finalement une

affaire de bon voisinage, où ceux qui ne

produisent pas, en raison d’une mauvaise

orientation ou d’une exposition amoindrie

par de la végétation, par exemple,

peuvent partager l’électricité de ceux

qui en génèrent », estime le président

d’Eurosolar Lëtzebuerg. La forme juridique

de la communauté est déterminée

par ses membres. Les associations

et coopératives se prêtent mieux à ce

type d’activité, mais tout type de société

est en réalité possible. Il suffit ensuite

d’en notifier la constitution à l’Institut

Luxembourgeois de Régulation (ILR) puis

de signer une convention avec le gestionnaire

de réseau et, le cas échéant, de

conclure un contrat de rachat de l’électricité

excédentaire. Afin de déterminer

les modalités de répartition, le prix de

l’électricité partagée et les conditions

de paiement, les membres rédigent et

signent enfin une convention de répartition

d’électricité. Ensuite, il ne reste plus

qu’à autoconsommer !

La communauté énergétique

est un modèle pertinent

pour la plupart du territoire

luxembourgeois

Si les limites géographiques prévues par

la loi peuvent sembler restreindre les possibilités,

elles reposent en réalité sur des

préoccupations techniques qu’il est possible

d’outrepasser. « Le rayon de 300 m

entre deux points d’injection ou de prélèvement

défini par la législation luxembourgeoise

est certes inférieur à celui

pratiqué dans d’autres pays, mais ne doit

pas être considéré comme un obstacle par

des voisins intéressés mais trop éloignés.

En effet, il est possible de constituer une

asbl unique, mais divisée en différents

sous-groupes de partage respectant individuellement

cette contrainte. De cette

manière, la communauté énergétique est

un modèle pertinent pour la plupart du

territoire luxembourgeois, là où l’habitat

est constitué principalement de maisons

unifamiliales ou de petites résidences et

où règne une certaine proximité entre les

habitants. Les communes devraient d’ailleurs

jouer un rôle dans leur promotion

tant leurs avantages sont nombreux »,

affirme Paul Zens.

Une approche européenne

Si les façons de faire sont déjà nombreuses

au Luxembourg, elles le sont encore plus

à l’échelle européenne où émergent une

multitude de bonnes pratiques. En tant

que membre de REScoop, un réseau de

2.500 communautés d’énergie renouvelables

en Europe et représentant plus de 2

millions de citoyens, Eurosolar Lëtzebuerg

constate qu’il y a des exemples à suivre

par-delà nos frontières. « Rappelons que le

marché de l’énergie est européen. En participant

à l’European Energy Community

Forum qui s’est tenu en mai 2024 à Prague,

nous avons pu découvrir le grand éventail

des possibles permis par les directives

de l’Union. Le Grand-Duché ne compte

qu’une seule communauté énergétique

professionnelle : l’E-Community. D’autres

États membres, dont les communautés

rassemblent parfois 1.500 ou 2.000

adhérents, en dénombrent davantage.

Certaines produisent et distribuent non

seulement de l’électricité, mais aussi de la

chaleur et du froid. Le forum 2025 se tiendra

à Cracovie. Nous y serons pour nous

laisser inspirer par nos voisins », conclut le

président d’Eurosolar Lëtzebuerg.

Eurosolar Lëtzebuerg asbl

6, Jos Seyler Strooss

L-8522 Beckerich

www.eurosolar.lu


46

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

40 ANS D’ÉDUCATION

ENVIRONNEMENTALE AU BENELUX

Les 26 et 27 mars 2025, le Centre nature et forêt Biodiversum situé

à Remerschen au Grand-Duché du Luxembourg a accueilli les Journées

Benelux de l’éducation à la nature et à l’environnement. Ce

séminaire, organisé en collaboration avec la présidence luxembourgeoise

du Benelux et dédié à l’éducation climatique, a été inauguré

en présence de Serge Wilmes, ministre de l’Environnement, du Climat

et de la Biodiversité.

© MECB/Studion Photography

Jean-Claude Meyer, Carin Lobbezoo et Serge Wilmes

Plus de 100 participants, parmi lesquels

des experts, des décideurs politiques et

des jeunes, ont pris part à cet événement

marquant, célébrant 40 ans d’engagement

du Benelux en faveur de l’éducation environnementale.

L’éducation à l’environnement

ne se limite pas à transmettre des

savoirs sur le climat ou la biodiversité :

elle vise surtout à former des citoyens

capables de comprendre le monde qui les

entoure, d’anticiper les défis de demain et

d’innover pour y répondre. L’événement

souligne également l’importance d’une

approche interministérielle pour relever

les défis climatiques à venir.

Depuis 1985, le Benelux s’est affirmé

comme un pionnier dans l’incubation

de projets et d’idées axés sur la préservation

de la nature et la sensibilisation

écologique. Au fil des décennies, cette

tradition s’est enrichie, faisant de l’éducation

climatique un pilier essentiel en

2025, et préparant ainsi les générations

futures à relever les défis liés au changement

climatique. Cet héritage de 40 années

constitue désormais une base solide

pour une intensification de l’action climatique,

positionnant le Benelux comme

un modèle inspirant pour l’ensemble de

l’Europe.

Les ministres inaugurent le séminaire

© MECB/Studion Photography

Lors de l’ouverture du séminaire, le ministre

Serge Wilmes ainsi que l’ambassadrice

du royaume des Pays-Bas au Luxembourg,

Carin Lobbezoo, accompagnés de

Jean-Claude Meyer, secrétaire général

adjoint du Benelux, ont salué 40 années

d'efforts dévoués à l'éducation environnementale.

« La protection du climat nous concerne

tous et appelle une action collective à tous

les niveaux : gouvernemental, associatif,

local et personnel. L’information et la sensibilisation

de manière systématique du

grand public peut initier un changement

durable. Cette incitation à la résilience


47

doit également cibler les jeunes, à travers

l’éducation formelle à l’école, mais aussi

dans leurs activités en dehors du cadre

scolaire. C’est en mobilisant toutes les

générations que nous pourrons ensemble

relever les défis climatiques d’aujourd’hui

et de demain », a soulevé le ministre de

l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité,

Serge Wilmes.

© MECB/Studion Photography © MECB/Studion Photography

Jean-Claude Meyer a souligné l’importance

de la coopération internationale :

« Le climat ne s’arrête pas aux frontières

des pays du Benelux. Il exige une collaboration

renforcée avec les régions et pays

voisins ainsi qu’avec d'autres groupements

régionaux, en particulier au sein de

l’Union européenne, afin de peser sur les

débats internationaux ».

Un programme riche avec des experts

internationaux et des jeunes

Le séminaire a offert un programme varié

et captivant, comprenant des sessions

dédiées à l’état des connaissances scientifiques

sur le changement climatique,

avec l’intervention notable du professeur

Jean-Pascal Van Ypersele, ancien

vice-président du GIEC. D’autres sessions

ont abordé des défis psychologiques tels

que l’éco-anxiété, tout en mettant en

avant des exemples inspirants de bonnes

pratiques provenant de la région Benelux.

Le deuxième jour, le 27 mars, les Climate

Youth Delegates du Luxembourg, de Belgique

et des Pays-Bas ont partagé leurs

expériences et recommandations après

une année de représentation des jeunes.

Deux ateliers parallèles ont suivi pour approfondir

les discussions : l’un portant sur

l’intégration de l’éducation climatique

dans les programmes scolaires, et l’autre

consacré à la communication efficace autour

des enjeux climatiques. Ces sessions

visaient à transformer les idées en actions

concrètes.

Un regard tourné vers l’avenir

Les Journées Benelux de l’éducation à la

nature et à l'environnement se sont achevées

le 27 mars par une session de clôture

axée sur les perspectives pour les années

à venir. Cette session a eu pour objectif

d’identifier des pistes concrètes afin

d'intensifier l’éducation climatique dans

les écoles, de mobiliser les jeunes générations

autour d’initiatives durables et

d’accélérer la transition écologique dans

les trois pays. Ces efforts reflètent l’engagement

du Benelux à bâtir un avenir résilient

face aux défis climatiques.

Communiqué par le ministère de l’Environnement,

du Climat et de la Biodiversité, le ministère

de l’Éducation nationale, de l’Enfance

et de la Jeunesse et le Secrétariat général de

l’Union Benelux


48

BRÈVES

COMMUNALES DU CENTRE

PAR BARBARA PIERROT

BERTRANGE

Monique Smit-Thijs a annoncé sa démission

au poste de bourgmestre de

Bertrange. Dans un message adressé

aux habitants, elle explique vouloir

aborder sa vie « de manière plus détendue

», tout en restant active au sein du

conseil communal. Fière du parcours

accompli, elle se dit reconnaissante

de la confiance reçue et de l’honneur

d’avoir servi une commune « belle et

dynamique ». Ce départ marque la fin

d’un chapitre engagé, mais pas d’un retrait

total : elle continuera à contribuer

à la vie politique locale en tant que

conseillère.

Source : bertrange.lu

HESPERANGE

L’artiste Kingsley Ogwara a présenté son

exposition COMMUNITIY à l’espace art

accueil de la commune d’Hesperange

du 28 février au 26 mars. À travers ses

œuvres, il a exploré les liens humains et

la notion de communauté avec sensibilité

et puissance visuelle. L’exposition a

attiré de nombreux visiteurs curieux de

découvrir l’univers coloré et expressif

de l’artiste. Ce rendez-vous culturel a

offert un moment fort d’échange et de

réflexion sur le vivre-ensemble, dans

un lieu symbolique.

Source : hesperange.lu

STRASSEN

Lors de sa séance du 6 mars, le conseil

communal de Strassen a adopté plusieurs

décisions majeures. Il a signé

la charte « Meng Gemeng lieft Sport »

avec le ministère des Sports, accompagnée

d’une convention pour recruter un

coordinateur sportif. Un soutien financier

renforcé a également été accordé

à six clubs locaux pour encourager le

sport chez les jeunes. Enfin, le conseil

a décidé de lancer une étude sur les

conséquences des fortes pluies dans

la commune, incluant une analyse du

réseau de canalisations et l’élaboration

de mesures préventives, présentées

ensuite aux citoyens pour discussion.

Source : strassen.lu

LUXEMBOURG

Les samedi 29 et dimanche 30 mars, la

Ville de Luxembourg a invité le public à

découvrir l’ancien abattoir de Hollerich,

transformé pour l’occasion en terrain

d’expérimentation. Le samedi, concerts

et ambiance alternative ont animé le

skatepark, avec des sets entre rampes

et murs et une installation audiovisuelle

présentant les futurs artistes en

résidence. Le dimanche, des workshops

variés ont permis aux visiteurs de s’initier

au skate, à la sérigraphie, au graffiti

et au DJing. Cette ouverture de saison

a fusionné musique, arts urbains et

culture skate dans une atmosphère

conviviale et immersive.

Source : vdl.lu

CONTERN

Des travaux de renouvellement de la

couche de roulement auront lieu du 7

au 18 avril dans les rues Kiem et Gappenhiehl

à Moutfort. Les rues seront

accessibles aux riverains pendant les

travaux préparatoires, mais complètement

fermées à ces dates pour l’application

de la nouvelle couche. L’accès

se fera uniquement à pied et des parkings

sont disponibles à proximité. Des

déviations seront mises en place pour

la circulation routière et les lignes de

bus seront modifiées pendant cette période.

Source : contern.lu

WALFERDANGE

Le camp de jumelage international de

Walferdange aura lieu du 19 au 26 juillet

2025. Des jeunes de Schmitshausen

(Allemagne), Longuyon (France) et Limana

(Italie) se retrouveront pour une

semaine d’activités variées, comme des

visites, des excursions et des moments

de détente. Ce camp est ouvert aux enfants

de 10 à 15 ans, avec un nombre

limité à 10 participants de Walferdange.

Les inscriptions sont ouvertes auprès

de l’administration communale.

Source : walfer.lu


D’Energiefroe mat den Ouere geholl!

Lauschtert eise Podcast.


50

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

L’ÉNERGIE VERTE,

ÇA SE PARTAGE

Produire, partager et consommer son électricité en circuit court,

c’est le pari des communautés énergétiques. Partout en Europe, ces

rassemblements citoyens se développent pour rendre l’énergie plus

verte, plus locale et plus accessible. À Beckerich, une communauté

unique en son genre s’apprête à voir le jour à l’initiative de la commune.

Confiée à Energipark Réiden S.A., sa conception relève d’une

approche innovante que nous dévoilent Paul Kauten, administrateur

délégué, Olivier Martin et Ben Scheitler, ingénieurs en énergies

renouvelables pour la société spécialisée dans l’approvisionnement

énergétique durable.

Promoteur de la transition énergétique

Fondée en 1999 pour promouvoir les

énergies renouvelables et l’efficience

énergétique, Energipark Réiden S.A. propose

une gamme de services complète en

la matière. Conception technique d’infrastructures

énergétiques, élaboration de

modèles économiques et d’exploitation,

mise en œuvre et gestion technique et

administrative des projets… l’entreprise

accompagne ses clients à chaque étape,

quelle que soit l’envergure de la mission.

Agissant par ailleurs comme « conseiller

Pacte Climat », l’entreprise coopère aussi

étroitement avec le secteur communal.

Une communauté d’un nouveau genre

C’est donc tout naturellement que la

société s’est vu confier par la commune

de Beckerich la conception d’un modèle

de communauté énergétique comme il

n’en existait jusqu’alors pas au Grand-

Duché. « Des communautés énergétiques

se constituent lentement depuis 2023.

Ces groupements où producteurs et

consommateurs partagent l’électricité les

uns avec les autres permettent de valoriser

l’électricité produite localement,

généralement par les panneaux photovoltaïques

de leurs membres. La particularité

de celle de Beckerich est d’intégrer

aussi une éolienne de 4 MW, exploitée par

une société dont le capital est détenu à

40% par la commune et ouvert aux résidents

intéressés. Si les projets éoliens qui

reposent sur une participation financière

des citoyens ne sont pas rares, celui-ci

est unique puisque les membres de la

communauté ne recevront pas des dividendes,

mais une électricité renouvelable

locale à un prix bien plus intéressant que

ceux pratiqués par les fournisseurs traditionnels.

À la clé : une facture allégée tous

les mois et, par conséquent, nous l’espérons,

une plus grande acceptation des projets

éoliens », explique Ben Scheitler.

Mais la communauté énergétique de la

commune de Beckerich ne misera pas

que sur la force du vent. Les installations

photovoltaïques communales existantes

l’alimenteront aussi via la plateforme

nationale E-Community qui lui redistribuera

l’énergie produite et facturera

automatiquement l’électricité consommée.

Les habitants et les entreprises de

la commune, qu’ils détiennent des panneaux

photovoltaïques ou non, pourront

la rejoindre sur le même principe pour

profiter de cette énergie verte et locale.

Née à l’initiative de la commune de

Beckerich, dont l’objectif affiché est d’atteindre

l’autonomie énergétique d’ici

2030, cette communauté a pu voir le jour

grâce à un écosystème d’acteurs engagés.

Les ingénieurs d’Energipark Réiden S.A.

ont mis leur savoir-faire au service de la

commune et de ses citoyens en élaborant

un concept innovant dont ils assureront

la gestion ultérieure. Les sociétés filles

de l’entreprise, E-Community et Energy

Revolt, se chargeront respectivement du

partage du courant produit localement

et de fournir un complément d’électricité

en cas d’insuffisance de la production

locale ou de la revente de la production

excédentaire en dehors du territoire communal

le cas échéant. Pour permettre le

partage de l’électricité produite par l’éolienne,

OekoStroum, le promoteur de

l’infrastructure, deviendra membre de la

communauté. Enfin, partenaire de cette

initiative innovante via un projet Interreg,

le Luxembourg Institute of Science and

Technology (LIST), opérera trois batteries

de 150 kWh au bénéfice de la communauté.

L’objectif : optimiser la valorisation

locale de l’énergie renouvelable produite

sur le territoire. « Avec le LIST, nous travaillerons

aussi sur différents scénarios

pour optimiser la couverture locale et

explorerons des pistes supplémentaires,

que ce soit en matière de production, de

stockage ou de consommation », précise

Ben Scheitler.

Dupliquer le modèle

Alors que la mise en service de l’éolienne

est prévue pour le mois d’août et

que les installations photovoltaïques et

batteries devraient bientôt alimenter les

premiers membres de la communauté,

Energipark Réiden S.A. a pour ambition de


51

Ben Scheitler et Olivier Martin

promouvoir le concept aux quatre coins

du pays. « L’intérêt de valoriser de l’énergie

produite localement en temps réel est

de plus en plus communément reconnu

et les demandes pour ce faire augmentent.

Nous avons déjà cartographié toutes

les installations de production d’énergie

renouvelable de certaines communes afin

d’identifier de nouvelles communautés

énergétiques potentielles. Nos ingénieurs

établissent ensuite des plans stratégiques

pour montrer aux responsables communaux

de quelle manière ils peuvent développer

leur stratégie énergétique pour le

futur et, ainsi, accroître leur indépendance

vis-à-vis des marchés tout en stabilisant le

prix de l’énergie, ce qui renforce l’économie

locale », indique Olivier Martin.

d’énergie en les incitant à utiliser l’électricité

lorsqu’ils la reçoivent au meilleur

prix. Nous espérons d’ailleurs que cela

contribuera au remplacement des énergies

fossiles en encourageant la population

à substituer les chaudières à gaz ou

à mazout par des pompes à chaleur ou

les véhicules thermiques par des voitures

électriques », ajoute Paul Kauten.

L’objectif : optimiser

la valorisation locale

de l’énergie renouvelable

produite sur le territoire

concept. Ces dernières sont nombreuses

à avoir investi dans des installations photovoltaïques

et témoignent aussi d’une

volonté de partager l’énergie produite

sur leurs toitures. De même, un syndicat

intercommunal qui possèderait des

installations sur différents sites pourrait

réunir sa production dans une communauté

qui lui serait propre, par exemple.

Il existe de multiples possibilités et nous

sommes là pour accompagner les intéressés

à développer les modèles appropriés »,

conclut l’administrateur délégué.

« Permettant de fournir de l’électricité à

un prix abordable et stable, les projets

de ce type comportent une dimension

sociale indéniable. L’idée selon laquelle ils

seraient réservés à des personnes aisées

est donc tout bonnement erronée. La communauté

énergétique sensibilise simplement

ses membres à leur consommation

Les avantages offerts par la communauté

énergétique sont donc nombreux.

Flexible, le modèle peut bénéficier à une

grande variété d’acteurs dans toutes

sortes de contextes. « À côté des administrations

communales, les entreprises

manifestent un grand intérêt pour le

Energipark Réiden S.A.

6, Jos Seylerstrooss

L-8522 Beckerich

info@energiepark.lu

www.energiepark.lu


52

BRÈVES

COMMUNALES DE L’EST

PAR BARBARA PIERROT

BETZDORF

Le 14 mars, la commune de Betzdorf a

accueilli la conférence Zukunft Doheem

– Wunnen & Fleeg – Zesummen am

Duerf au Syrkus à Roodt-sur-Syre.

L’événement a permis aux habitants de

découvrir des solutions pour vivre plus

longtemps à domicile, en toute sécurité

et avec confort. Divers services, comme

l’aide à domicile, les soins médicaux et

des innovations technologiques, y ont

été présentés. Des alternatives de logement

ont également été abordées.

Des tables d’information ont facilité les

échanges avec les professionnels présents.

Source : betzdorf.lu

LENNINGEN

La commune de Lenningen et l’association

des parents organiseront la Fête

des Nations le 9 mai à Canach. Cet événement

convivial invite les résidents

à découvrir des spécialités culinaires

du monde et à partager un moment

d’échange interculturel. Dix nations

sont invitées à participer en préparant

des amuse-bouches, avec un budget

fourni par la commune. Inscription à

vivreensemble.lenningen@gmail.com.

Source : lenningen.lu

MONDORF-LES-BAINS

L’inauguration du pavillon du « JuKa-

Gang » à Mondorf-les-Bains a eu lieu

le 27 mars, rassemblant les habitants

autour de ce projet communautaire. Ce

pavillon est le résultat d’une collaboration

entre le « JuKaGang », la « Jugendstuff

Munneref », la maison relais et le

service menuiserie de la commune. Situé

sur l’aire de pique-nique publique,

l’événement a permis aux participants

de découvrir cet espace dédié à la jeunesse

et aux enfants. La cérémonie a

été suivie d’un vin d’honneur offert par

l’administration Communale, offrant

ainsi un moment convivial de partage

et de rencontre entre les résidents.

Source : mondorf-les-bains.lu

STADTBREDIMUS

Les 15 et 16 mars derniers a eu lieu le

Festival des Migrations, des Cultures

et de la Citoyenneté à Luxexpo au

Kirchberg. Arna, Blanche, Josiane et

Latifa, membres de la commission

du vivre-ensemble interculturel de

la commune de Stadtbredimus, ont

représenté leur localité lors de cet événement.

Ces dernières, qui organisent

régulièrement le Babbeleck, ont profité

de l’occasion pour mettre en avant la

diversité et la convivialité qui caractérisent

la commune. Le festival constitue

un rendez-vous important pour promouvoir

les échanges interculturels et

encourager l’inclusion et la citoyenneté

active au sein de la société.

Source : stadtbredimus.lu

BEAUFORT

À la veille de la Journée mondiale de

l’eau, le 21 mars, le réservoir « op der

Heed » a été inauguré en présence des

ministres Léon Gloden et Serge Wilmes.

Ce projet renforce l’autonomie en eau

potable de la commune de Beaufort et

joue un rôle clé dans l’approvisionnement

régional. Il permet de sécuriser la

distribution grâce à une interconnexion

avec d’autres infrastructures, notamment

à Reisdorf. Construit entre 2019

et 2023, il garantit une meilleure résilience

face aux crises, comme les inondations

passées. Ce nouvel ouvrage

modernise l’infrastructure et assure un

accès fiable à l’eau pour les habitants

de la région.

Source : beaufort.lu

SCHENGEN

En mars, la commune de Schengen a

participé à l’initiative « Les rues au féminin

», en collaboration avec le Conseil

National des Femmes du Luxembourg

et le SYVICOL. Du 8 au 31 mars, neuf

rues ont été renommées en hommage

à des femmes ayant marqué l’histoire.

Sélectionnées par la commission culturelle,

ces figures ont ainsi gagné en visibilité,

soulignant l’importance de l’égalité

entre les sexes. Ce projet symbolique

a rappelé que les femmes méritent une

place égale dans l’espace public, avec

l’espoir qu’un jour, cette reconnaissance

devienne une évidence plutôt

qu’une exception.

Source : schengen.lu



54

| ACTUALITÉS COMMUNALES

STRASSEN :

UN SOUFFLE VERT

ET SOLIDAIRE

POUR L’AVENIR

À Strassen, le vivre-ensemble se construit autour d’un équilibre

entre nature, sécurité et solidarité. Avec des projets de déminéralisation

pour verdir l’espace public, des initiatives sociales visant à

favoriser l’insertion des plus fragiles et un engagement constant

pour renforcer les liens communautaires, la commune place l’humain

et l’environnement au cœur de son développement. Rencontre

avec son bourgmestre, Nico Pundel.

Réintroduire la nature au cœur de la

ville

L’arrivée des beaux jours invite naturellement

à repenser notre rapport à la nature

et aux espaces extérieurs. Dans la commune

de Strassen, cette réflexion est pleinement

intégrée aux priorités politiques.

Même si elle reste une municipalité à

caractère urbain, un tiers de son territoire

est couvert de forêts, un patrimoine que

l’équipe communale entend préserver et

valoriser : « Bien que nous ne soyons pas

dans un cadre entièrement naturel, nous

avons la chance de disposer de nature sur

notre territoire, et nous souhaitons l’enrichir

autant que possible », explique Nico

Pundel.

Dans cette démarche, deux projets de

déminéralisation sont en création. Le premier

concerne un parking situé rue Henri

Dunant, qui sera bientôt transformé. Le

bitume y sera en partie retiré au profit

d’un revêtement perméable permettant

l’infiltration des eaux de pluie. Les plans

sont finalisés, la soumission est faite et les

travaux devraient démarrer sous peu. Le

deuxième projet touche une grande place

minéralisée au sud de la cité Pescher, un

quartier résidentiel récent. « Lors de la

conception du PAP, cette place avait été

pensée comme un espace polyvalent pour

des marchés ou des petites fêtes », précise

le bourgmestre. « L’objectif est désormais

clair : y réintroduire des îlots de fraîcheur

grâce à la végétation. Une première réunion

d’échange avec les riverains est prévue

le 28 avril pour co-construire l’avenir

de cet espace », poursuit-il.

L’attention portée à la nature s’étend également

à l’environnement scolaire. Une

toute nouvelle école sera construite sur

l’actuel terrain de football. Ce bâtiment

moderne intégrera une cour de récréation

largement végétalisée, pensée pour apporter

ombre, fraîcheur et biodiversité. Dans

la foulée, les cours des écoles voisines,

aujourd’hui très minérales, seront elles

aussi réaménagées. « Nous voulons éviter

les surfaces bitumées qui surchauffent en

été et offrir aux enfants des espaces de

détente plus agréables », souligne Nico

Pundel.

L’objectif est désormais clair :

y réintroduire des îlots de

fraîcheur grâce à la végétation

Autour de la maison communale, plusieurs

parkings et zones fortement minéralisées

seront réorganisés. L’idée est de leur

redonner vie en y réintroduisant massifs

fleuris, arbres et revêtements naturels,

une stratégie résolument tournée vers

l’avenir et un cadre de vie plus vert pour

les habitants de Strassen.

Un cadre sûr pour tous

La sécurité reste une priorité à Strassen,

d’autant plus essentielle dans un

contexte de développement continu des

infrastructures et d’une population toujours

plus diversifiée. Cette vigilance

s’illustre notamment dans le cadre de

l’aménagement du nouveau terrain de

football, l’un des projets phares de la

commune. Si le gazon est prêt à temps

pour accueillir les matchs du championnat

prévu dès le mois d’août, un


55

Nico Pundel

contretemps est survenu du côté de la

buvette. Les travaux ont pris du retard

en raison d’un regrettable acte de vandalisme

commis par des jeunes.

Cet incident a mis en lumière le besoin

de renforcer la sécurité. La commune

est convaincue que chaque citoyen doit

pouvoir se sentir en sécurité dans les

rues de Strassen, et elle prendra toutes

les mesures nécessaires pour le garantir.

Cela a également conduit à une réflexion

collective sur l’éducation des jeunes et

sur le rappel de leur rôle d’ambassadeurs

de la commune, que ce soit dans le cadre

de leurs activités associatives ou sportives.

« Dans notre commune, où 60% de

la population représentent 116 nationalités

différentes, une des choses que

l’on entend souvent est « we feel safe ».

De nombreux habitants, qu’ils soient

Luxembourgeois ou étrangers, se disent

pleinement satisfaits de l’ambiance paisible

et de la sécurité qui règnent dans le

village. Il n’est pas rare que des citoyens

affirment se sentir en sécurité même

lorsqu’ils se promènent seuls à 23h. Nous

souhaitons que cela reste ainsi », insiste

le bourgmestre.

Une commune qui tend la main

La qualité de vie va bien au-delà de la

beauté des paysages ou de l’efficacité des

infrastructures. Elle se mesure aussi à la

capacité d’une municipalité à accueillir

les plus fragiles, à tisser du lien social, à

redonner une place et du sens à chacun.

À cet égard, Strassen déploie une série

de projets sociaux qui traduisent un véritable

engagement humain et solidaire.

L’un des premiers dispositifs lancés dans

la commune est le projet PINSS (Projet

d’INclusion Sociale Strassen) qui consiste

en des ateliers d’insertion, installés dans

une ancienne maison au cœur du village.

Ces derniers visent à accompagner

des personnes bénéficiaires du REVIS

(REVenu d’Inclusion Sociale, anciennement

RMG) suivies par les offices sociaux

des communes de Strassen, Steinfort

et Mamer. Ce sont aussi souvent des

réfugiés venus d’Ukraine, de Syrie ou

d’Afghanistan, qui n’ont pas encore les

clés pour accéder au marché de l’emploi.

Elles y trouvent un cadre rassurant pour

se reconstruire, apprendre et reprendre

pied dans une vie sociale active. À travers

des activités simples, mais fédératrices

comme la cuisine, le tricot ou des ateliers

de menuiserie et ateliers créatifs, elles

reprennent confiance, se sentent utiles


56

et commencent à s’enraciner dans leur

nouveau lieu de vie. « L’objectif n’est pas

uniquement professionnel : il s’agit aussi

de créer un sentiment d’appartenance, de

briser l’isolement et de favoriser l’insertion

dans la vie communautaire », confie

le bourgmestre.

Dans notre commune,

où 60% de la population

représentent 116 nationalités

différentes, une des choses

que l’on entend souvent est

« we feel safe »

Forte de cette première expérience, la

commune a développé un deuxième projet

« D’Stuff », en lien avec son office social et

soutenu par l’Œuvre Nationale. Ce nouvel

espace de rencontre dédié aux femmes

vulnérables prend place dans une maison

communale appelée « Haus 48 », elle aussi

située au cœur du village. L’idée est de proposer

un lieu accueillant pour se retrouver,

se ressourcer et créer les initiatives

favorisant le bien-être, l’estime de soi et

l’insertion professionnelle et sociale. Un

salon de coiffure y a été aménagé, avec

la venue régulière d’un coiffeur bénévole.

Une cuisine permet également de préparer

des repas collectifs, de boire un café,

de créer des moments de convivialité qui

comptent autant, sinon plus, que des aides

matérielles.

Toujours dans la volonté de soutenir

l’autonomie et de favoriser l’intégration,

la commune a récemment investi

dans un troisième lieu : une ancienne

ferme située dans le centre « Haff A

Schmatts ». Tandis que ses vastes espaces

sont utilisés pour stocker du matériel

communal, la maison attenante a été

réaménagée pour accueillir de nouveaux

projets dédiés à la promotion du travail

social. Un premier occupant y a déjà pris

place : un couturier, arrivé à Strassen en

tant que réfugié syrien, à qui la commune

a souhaité offrir un tremplin pour relancer

son activité. Il dispose désormais d’un

lieu pour exercer son métier, développer

sa clientèle et se réinsérer professionnellement.

Dans cette même maison, la

commune a également mis en place la

« Givebox Stroossen » en avril 2025. Les

habitants peuvent y déposer du matériel

en bon état qu’ils n’utilisent plus afin que

d’autres en bénéficient. « Contrairement

aux armoires à dons anonymes que l’on

peut trouver dans certaines villes, ce dispositif

est encadré et géré localement afin

de garantir la qualité des équipements

mis à disposition », rassure Nico Pundel.

Enfin, un autre projet, encore en cours

de mise en place, trouvera aussi sa place

dans le « Haff A Schmatts » : il s’agit de

« Gutt Geschier », une initiative de l’EBL –

Ëmweltberodung Lëtzebuerg, une bibliothèque

où l’on peut emprunter des outils.

Strassen fera ainsi partie de l’un des quatre

points de retrait au Luxembourg.

Ces initiatives illustrent l’engagement de

Strassen à construire une communauté

inclusive, solidaire et tournée vers l’avenir,

démontrant que la qualité de vie ne

réside pas seulement dans les infrastructures,

mais aussi dans le vivre-ensemble.

Administration communale

de Strassen

1, Place Grand-Duchesse Charlotte

L-8041 Strassen

www.strassen.lu



58

LES ÉLUS LOCAUX SE DÉVOILENT

THIERRY LAGODA

HENRY RASQUÉ

MARC GERGEN

BECKERICH ELL PRÉIZERDAUL

Thierry Lagoda est le bourgmestre

de Beckerich. Depuis son élection, la

commune se distingue par plusieurs

initiatives axées sur le développement

durable et l’amélioration de la qualité

de vie des habitants.

Ses priorités politiques : promouvoir

la transition énergétique avec des projets

tels que des centrales à biomasse

et de méthanisation, encourager les

énergies renouvelables comme le photovoltaïque

et l’éolien et développer des

infrastructures pour le logement et le

sport, en préservant l’environnement.

Henri Rasqué est le bourgmestre d’Ell.

Grâce à lui, plusieurs initiatives ont été

mises en place pour améliorer la qualité

de vie des habitants et soutenir le développement

de la commune.

Ses priorités politiques : favoriser le

développement démographique et

l’attractivité résidentielle, soutenir les

infrastructures culturelles et associatives

et améliorer la mobilité locale avec des

solutions de transport variées, y compris

des navettes et des lignes de bus.

Marc Gergen est le bourgmestre de

Préizerdaul. Depuis son élection, plusieurs

initiatives importantes ont été

mises en place pour améliorer la qualité

de vie des habitants et soutenir le développement

de la commune.

Ses priorités politiques : l’élaboration

du Plan d’Aménagement Général (PAG)

pour structurer l’urbanisation, la mise

en œuvre du Programme d’Action Local

pour des logements abordables et

durables et la participation aux Plans

Directeurs Sectoriels Transports pour

une mobilité durable.

Pacte Climat : 81% - Pacte Nature : 52,6%

Pacte Climat : 74,6% - Pacte Nature : 41,9%

Pacte Climat : 78,1% - Pacte Nature : 40,9%

MYRIAM BINCK

HENRI GEREKENS

GÉRARD ZOLLER

RAMBROUCH REDANGE-SUR-ATTERT SAEUL

Myriam Binck est la bourgmestre de

Rambrouch. Elle mène des actions pour

améliorer la qualité de vie des habitants

et soutenir le développement durable

de la commune.

Ses priorités politiques : créer des logements

abordables et durables grâce au

Programme d’Action Local, améliorer

les infrastructures sportives avec la

construction d’une buvette à Perlé et

protéger l’environnement à travers des

initiatives comme le Contrat de Rivière.

Henri Gerekens est le bourgmestre de

Redange-sur-Attert. Depuis son élection,

il œuvre pour améliorer la qualité

de vie des habitants tout en soutenant le

développement économique et durable

de la commune.

Ses priorités politiques : renforcer

l’approvisionnement en eau potable,

améliorer les infrastructures routières,

développer la zone industrielle et valoriser

écologiquement la Vallée de l’Attert.

Gérard Zoller est le bourgmestre de

Saeul. Il œuvre depuis plusieurs années

pour un développement harmonieux

et durable de la commune en mettant

l’accent sur l’amélioration de la qualité

de vie de ses habitants et la transition

énergétique.

Ses priorités politiques : la création

de logements abordables et durables

à travers le Programme d’Action Local

« Logement », la promotion de l’énergie

solaire avec le projet « Solar Community

Schwebach » et l’amélioration des

infrastructures locales.

Pacte Climat : 60,6%

Pacte Climat : 60,5% - Pacte Nature : 42,4%

Pacte Climat : 65,5% - Pacte Nature : 40,5%


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60

| ACTUALITÉS COMMUNALES

MONDORF-LES-BAINS :

UN AVENIR PROMETTEUR AU

CŒUR DE L’EST LUXEMBOURGEOIS

Tessy Altmann, Steve Reckel et Claude Schommer


61

Située aux portes de la France

et de l’Allemagne, la commune

de Mondorf-les-Bains est engagée

dans une approche durable

et participative. Elle renforce

son attractivité en plaçant le

bien-être des citoyens au cœur

de ses initiatives. Steve Reckel,

bourgmestre, ainsi que Claude

Schommer et Tessy Altmann,

échevins, nous présentent les

grands projets et les enjeux de

la commune.

Comment décririez-vous Mondorfles-Bains

?

SR : Mondorf-les-Bains est une commune

historique et moderne à la fois, qui

se trouve en constante évolution, d’une

part au niveau de sa population passée

de 4.000 à 5.445 résidents en quelques

années et d’autre part au niveau de ses

projets, où l’objectif principal est d’offrir

un niveau de vie élevé aux résidents et

aux nombreux visiteurs. Nous nous efforçons

de maintenir la commune propre et

sécurisée, voire attractive et accueillante

pour les jeunes comme pour les moins

jeunes.

CS : En plus de cette augmentation

démographique, nous nous distinguons

par notre caractère unique. Il s’agit de la

seule commune au Luxembourg qui allie

un domaine thermal et un casino, ce qui

en fait une destination recherchée pour

les visiteurs et un cadre de vie idéal pour

nos résidents.

Comment la commune repense-t-elle

ses espaces pour intégrer davantage

de nature et répondre aux enjeux

écologiques ?

SR : La nature joue un rôle crucial, surtout

avec une population composée de nombreuses

familles et de sportifs. Nous voulons

intégrer davantage d’espaces verts

au cœur de la commune et ainsi nous

débarrasser peu à peu des constructions

en béton datant des années 1990 à 2000.

Aujourd’hui, tous nos projets sont pensés

dans une logique écologique. Nous

misons davantage sur la végétation et

favorisons les zones d’ombre, un besoin

d’autant plus essentiel avec les périodes

de chaleur intense. Actuellement, nous

menons deux projets principaux qui

visent à réduire les surfaces minéralisées

et à accroître la verdure dans des lieux

stratégiques. Le premier projet concerne

la « Place des Villes Jumelées », située

juste devant l’administration communale

où nous prévoyons un réaménagement

favorisant l’incorporation de végétation

afin de créer un environnement plus

agréable et naturel.

TA : Le deuxième projet concerne les

cours de récréation des écoles. L’objectif

est de remplacer une partie des surfaces

bétonnées par des espaces verts tout en y

installant des jardins pédagogiques où les

enfants pourront directement s’impliquer.

CS : L’écologie est au cœur de nos projets,

c’est un principe qui fait partie intégrante

de notre manière de penser et d’agir.

C’est une approche instinctive qui ne

nécessite même plus d’être mise en évidence.

Chaque idée que nous développons

intègre systématiquement des critères

écologiques. Notre approche est transversale

; ce mot résume bien notre façon

d’agir. La commune est d’ailleurs membre

du Pacte Nature et du Pacte Climat, ce qui

nous permet de travailler sur la durabilité

de chaque projet.

L’écologie est au cœur de nos

projets, c’est un principe qui

fait partie intégrante de notre

manière de penser et d’agir

Quels sont les investissements qui

marqueront le développement de la

commune dans les années à venir ?

SR : Plusieurs projets d’envergure transformeront

bientôt la commune. Le plus

important est sans doute le réaménagement

de la traversée de la commune.

Ce chantier, d’une valeur de 16 millions

d’euros, concerne la N16 qui parcourt la

localité de Mondorf-les-Bains et plus particulièrement

l’Avenue Frantz-Clément et

une partie de la Route de Remich. Ces travaux

visent à moderniser des infrastructures

vieillissantes, certaines datant des

années 60 à 70, et à améliorer l’aspect du

noyau du village.

Par ailleurs, un autre projet d’envergure

pour l’avenir de notre commune est la

construction du vélodrome nous permettant

de devenir le centre du cyclisme

national de haut niveau. Une piscine y

sera également construite. Les travaux

de terrassement ont déjà été effectués et

nous prévoyons l’achèvement du chantier

pour 2028-2029. Cela représente

un investissement majeur pour la commune

et aura un impact durable sur son

développement.

CS : Pour renforcer notre attractivité,

nous rénovons également l’ancien bâtiment

de la poste à Mondorf-les-Bains,

datant des années 1930, pour en faire

un nouveau centre d’information touristique

adapté aux exigences du touriste

d’aujourd’hui. Ce projet comprend parallèlement

une salle d’exposition pour

organiser des événements culturels. La

commune a travaillé en étroite collaboration

avec l’INPA (Institut national pour

le patrimoine architectural) pour préserver

le caractère authentique de la bâtisse

tout en l’adaptant aux besoins modernes

des visiteurs. Ce centre devrait être opérationnel

prochainement.

SR : Le logement abordable constitue

une priorité pour la commune et

nous avançons concrètement dans ce

domaine. Actuellement, nous avons sept

projets en cours. L’un des choix stratégiques

que nous avons faits est d’être

notre propre promoteur, sans recourir

aux acteurs publics. Nos projets restent

de taille modeste, mais nous adoptons

une approche proactive en nous associant

avec des propriétaires privés pour

faciliter le développement de terrains

constructibles. D’ici 2030, notre objectif

est d’ajouter 70 logements abordables

aux 26 déjà existants dans la commune. À

Ellange, par exemple, nous avons acquis

une ancienne grange datant de 1822 afin

de la transformer en un espace multifonctionnel

comprenant une brasserie au

rez-de-chaussée et deux logements abordables

à l’étage.

TA : Il est essentiel pour nous que chaque

localité de la commune bénéficie de projets

adaptés à ses besoins. Altwies, Ellange

et Mondorf-les-Bains ont chacune leur

identité et leur dynamique propre. Nous

veillons donc à investir dans des aménagements

qui profitent à tous les résidents,

quelle que soit la localité où ils résident.


62

Mondorf-les-Bains est en plein développement,

avec de nombreux projets

en cours. Que pouvez-vous nous dire

sur l’évolution de la population et l’engagement

des habitants dans la vie

locale ?

SR : Effectivement, nous connaissons

une belle évolution ces dernières années.

Les nouveaux résidents s’intègrent rapidement

et apprécient la qualité de vie.

Beaucoup d’entre eux nous confient

qu’ils regrettent de ne pas s’être installés

plus tôt dans la commune de

Mondorf-les-Bains, ce qui est bon signe.

Ils s’impliquent activement et ont un réel

sentiment d’appartenance. C’est également

grâce à nos commissions consultatives,

comme les commissions « Vivre

ensemble interculturel » et « Cohésion

sociale, égalité des chances, du 3 e âge et

de la jeunesse », qui organisent des activités

et des fêtes au sein de la commune.

Un bon exemple est également l’action

du grand nettoyage de la commune qui

rassemble chaque année près de 200

personnes motivées pour entretenir

les espaces publics. Ce type d’initiative

montre bien que les résidents sont fiers

de leur commune et souhaitent contribuer

à son bien-être.

TA : Grâce aux associations locales, de

nombreux événements sont organisés

tout au long de l’année, en particulier

durant l’été. Les mois à venir représentent

une période très active avec une multitude

de manifestations qui attirent à la fois les

résidents et les visiteurs. La vie sociale est

dense et il y a un programme pour tous les

goûts : des manifestations culturelles de

tous genres comme des concerts, des festivals,

des pièces de théâtre...

SR : Je tiens d’ailleurs à remercier chaleureusement

nos associations locales.

Leur engagement contribue essentiellement

à l’image de la commune. Elles

sont le moteur de ces événements et nous

permettent de rester une municipalité

vivante et accueillante. Sans elles, beaucoup

de ces initiatives n’auraient pas lieu

et la diversité du programme d’activités de

la commune serait bien moins riche.

Finalement, je pense que ce qui rend

notre municipalité unique, c’est cette

capacité à évoluer tout en préservant une

forte identité locale. C’est un endroit qui

bouge, qui s’adapte, mais qui conserve

cette proximité et ce sentiment de communauté.

Les résidents s’engagent,

prennent soin de leur commune et participent

activement à la vie communautaire

et c’est ce qui fait d’elle un lieu où il

fait vraiment bon vivre.

LE CHIFFRE

70

nombre de nouveaux logements

abordables d’ici 2030

Mondorf-les-Bains

1, Place des Villes Jumelées

L-5627 Mondorf-les-Bains

www.mondorf.lu


DES LOGEMENTS

ABORDABLES,

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DURABLES.

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64

LES ÉLUS LOCAUX SE DÉVOILENT

POLLO BODEM

LUC RECKEN

PAUL ENGEL

USELDANGE VICHTEN GROUSSBUS- WAL

Pollo Bodem est le bourgmestre

d’Useldange depuis 2000.

Ses priorités politiques : investir dans

des infrastructures modernes avec

l’extension de l’école et de la maison

relais pour accueillir 335 enfants

au printemps 2025, le lancement du

projet de logements abordables « Im

Schiesberg » en collaboration avec le

Fonds du Logement et le déploiement

des compteurs d’eau intelligents « Smart

Water » pour une gestion optimisée des

ressources.

Luc Recken est le bourgmestre de

Vichten, une commune engagée dans

un développement structuré et durable.

Ses priorités politiques : la refonte du

Plan d’Aménagement Général (PAG),

adoptée en septembre 2024 pour assurer

une planification urbaine cohérente,

et la participation aux Plans Directeurs

Sectoriels Transports (PST) afin d’intégrer

Vichten dans une stratégie de mobilité

durable.

Paul Engel est le bourgmestre de

Groussbus-Wal, commune née de la

fusion de Grosbous et de Wahl en septembre

2023. Ancien bourgmestre de

Grosbous depuis 2017, il poursuit son

engagement pour un développement

harmonieux et durable.

Ses priorités politiques : assurer la réussite

de la fusion en optimisant les services

communaux et renforcer l’engagement

environnemental avec le Pacte Climat, en

favorisant les énergies renouvelables et

des modes de vie plus écologiques.

Pacte Climat : 71,3% - Pacte Nature : 44,2%

Pacte Climat : 60,6% - Pacte Nature : 18,7%

Pacte Climat : 70,8% - Pacte Nature : 43,6%

GUY ALTMEISCH

DIFFERDANGE

SIMONE ASSELBORN-BINTZ

SANEM

THIERRY SCHUMAN

KOPSTAL

Guy Altmeisch est le bourgmestre

de Differdange, une commune dynamique

reconnue pour son engagement

envers le développement local.

Ses priorités politiques : développer

les infrastructures éducatives avec

l’inauguration du nouveau bâtiment du

Lycée privé Emile Metz (LPEM) et l’ouverture

de nouvelles classes en 2025,

soutenir l’économie locale avec le 1535°

Creative Hub dédié aux industries créatives

et renforcer la sécurité autour du

Parc Gerlache.

Simone Asselborn-Bintz est la bourgmestre

de Sanem. Elle a pris ses fonctions

en 2020 et œuvre activement pour

améliorer la qualité de vie des habitants.

Ses priorités politiques : le plan

directeur « Éducation 2035 », le logement

abordable, un engagement en

faveur de la compensation écologique,

une gestion budgétaire prudente et la

mise en valeur de la culture locale.

Thierry Schuman est le bourgmestre

de Kopstal depuis novembre 2020. Il

a également été assermenté comme

membre du Conseil d’État en septembre

2024.

Ses priorités politiques : développer

des infrastructures modernes comme

une nouvelle maison relais à Bridel,

l’agrandissement de l’école fondamentale

et le réaménagement du cimetière

de Bridel. Il soutient également la revalorisation

du centre de Kopstal.

Pacte Climat : 52,4% - Pacte Nature : 53%

Pacte Climat : 69,2% - Pacte Nature : 43,4%

Pacte Climat : 51,4% - Pacte Nature : 44%


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v


66

| ACTUALITÉS COMMUNALES

UN NOUVEL

ESSOR CULTUREL ET

ENVIRONNEMENTAL

POUR FRISANGE

Roger Beissel


67

Frisange s’apprête à vivre une

année riche en événements.

Après l’inauguration en décembre

dernier du château

d’Aspelt fraîchement rénové,

la commune mise sur une programmation

culturelle variée

afin de booster le tourisme sur

son territoire. Roger Beissel, le

bourgmestre, nous dévoile les

nouveautés et revient sur les

projets écologiques ambitieux

qui participent à l’amélioration

de la qualité de vie des

Frisangeois.

Une programmation culturelle ambitieuse

Inauguré en décembre, le château d’Aspelt,

situé dans la commune de Frisange,

s’est mué en véritable lieu culturel. La

première manifestation qui s’y est déroulée

a été un succès. « Notre commune

est jumelée avec celle de Saint-Julien de

Coppel en France, en Auvergne. Nous

avons décidé de projeter un film de 2h

sur cette belle région et avons rassemblé

plus de 80 spectateurs », se réjouit Roger

Beissel. Le bourgmestre avait hâte d’être

au mois de février pour lancer les programmations

officielles. Le 28 février,

par exemple, un concert de piano a été

organisé. C’était le premier d’une longue

série prévue pour le printemps. « Nous

espérons proposer au moins un grand

concert chaque mois pour animer la vie

de notre commune », déclare-t-il.

Les arts visuels ne sont pas en reste car

l’offre ne se limite pas qu’aux spectacles

vivants : des expositions seront mises en

place. À ce propos, un vernissage accompagné

d’un encadrement musical a également

eu lieu fin février. Des artistes

ont pu présenter leurs œuvres tout en

invitant des musiciens à enrichir l’expérience

des visiteurs. « Pour l’instant,

nous mettons nos différents espaces

(environ 150 m²) à disposition de nos artistes

locaux sans demander de frais de

location ; un soutien qui pourrait néanmoins

évoluer vers une contribution

symbolique à l’avenir. Par ailleurs, les

concerts, encore gratuits aujourd’hui,

pourraient bientôt nécessiter une petite

participation financière afin de pérenniser

l’offre culturelle à Frisange », admet

Roger Beissel.

Plutôt que d’être célébrés dans un bureau administratif,

les mariages se dérouleront désormais dans un cadre

historique et chaleureux qui offrira une touche

d’authenticité aux cérémonies

Un patrimoine réhabilité et valorisé

Le château abrite aujourd’hui ces espaces

culturels et une salle de spectacle.

Celle-ci peut accueillir 110 personnes et

a été intégrée dans le bâtiment. En face

de l’édifice se trouve une cave historique

qui servait de grange et d’étables depuis

les années 1850. De grands travaux ont

été entrepris pour le rénover et répondre

à toutes les normes en vigueur. Pour ce

faire, le bourgmestre a dû faire face à

un grand défi. « Il a fallu respecter son

architecture d’origine tout en intégrant

des améliorations environnementales.

Nous avons activement collaboré avec

l’Institut national pour le patrimoine

architectural (INPA) pour conserver l’architecture

et le patrimoine historique

du château. Doté de murs épais limitant

la déperdition thermique, le bâtiment

dispose d’un chauffage au gaz efficace,

d’une bonne isolation, notamment au

niveau du toit et des fenêtres, et offre

une acoustique optimisée. C’est idéal

pour les concerts et les expositions », explique-t-il.

Nous espérons proposer au

moins un grand concert chaque

mois pour animer la vie de

notre commune

En annexe, des gîtes ont été construits.

Ceux-ci ouvriront leurs portes en avril

et ont été érigés en bois afin de minimiser

leur impact environnemental. « Au

nombre de deux, ils ont été conçus pour

accueillir jusqu’à quatre personnes. Celui

qui se trouve au rez-de-chaussée est

également conforme à toutes les normes

d’inclusivité pour les personnes à mobilité

réduite », révèle le bourgmestre.

La commune les exploitera en collaboration

avec Simpleview, une entreprise

spécialisée dans la gestion de logements

touristiques, et s’occupera par exemple

des petits-déjeuners et des déjeuners.

« Ces deux chalets serviront également

d’hébergement pour les artistes qui se

rendent à Frisange. Ceux-ci n’auront plus

besoin de se préoccuper de la réservation

d’une chambre d’hôtel par exemple »,

précise-t-il.

Un espace pédagogique

Le château ne sera pas seulement un lieu

dédié aux expositions et aux concerts. Il

deviendra aussi un espace pédagogique.

« Avant les vacances de carnaval, toutes

les classes des cycles 2, 3 et 4 de notre

commune l’ont visité suite à l’initiative

et avec l’étroite collaboration des amis

du château d’Aspelt. Les enfants ont ainsi

découvert son histoire et nous avons

profité de l’occasion pour organiser

un concours de dessin sur ce sujet. Les

œuvres des jeunes artistes seront exposées

en mai et les meilleures d’entre elles

seront récompensées par divers prix »,

explique Roger Beissel.

Une salle de mariage unique

Autre nouveauté : la salle principale du

château a été désignée comme lieu de

célébration des mariages. « Plutôt que

d’être célébrés dans un bureau administratif,

les mariages se dérouleront désormais

dans un cadre historique et chaleureux

qui offre une touche d’authenticité

aux cérémonies », se réjouit-il.

Si Frisange entend désormais se positionner

comme une commune dynamique

où culture, patrimoine et tourisme

se conjuguent, les élus n’oublient pas

non plus l’aspect environnemental pour

offrir à ses habitants un cadre de vie dans

lequel il fait bon vivre.

Un engagement fort pour l’environnement

Au-delà des initiatives culturelles, Frisange

s’engage aujourd’hui en effet dans


68

des projets environnementaux d’envergure.

« Nous nous apprêtons à lancer

des jardins communautaires en partenariat

avec l’association « Coin de Terre

et Foyer ». Nous mettons une parcelle

de 200 m² à disposition de l’asbl et des

citoyens intéressés. Ce projet pourrait

s’étendre à d’autres terrains s’il rencontre

un franc succès et si la demande

le justifie », prévoit le bourgmestre.

Nous nous apprêtons à lancer

des jardins communautaires en

partenariat avec l’association

« Coin de Terre et Foyer »

De plus, la commune a acquis un terrain

de 4 ha à Hellange, près de la fondation

Linster-Weydert. Situé sur une zone humide,

il sera destiné à plusieurs usages.

« Une partie sera réaménagée en prairies

protégées pour préserver la biodiversité

locale. Ce projet s’inscrit dans le cadre

du Pacte Nature qui vise à améliorer la

préservation des espaces naturels, de la

faune et de la flore. Bien que nous n’ayons

pas encore reçu de label, nous travaillons

activement en ce sens avec un conseiller

environnemental pour structurer nos actions

et obtenir une reconnaissance officielle

dans ce domaine si important qui

est la protection de l’environnement »,

déclare Roger Beissel.

Des zones non-fumeurs

Le bourgmestre entend également faire

de ses lieux publics des espaces sains.

Pour y parvenir, il s’est associé avec la

Fondation Cancer pour promouvoir les

zones non-fumeurs. « Nous avons déjà la

médaille de bronze en tant que commune

sans tabac mais nous souhaitons aller

encore plus loin dans la démarche. Il est

désormais interdit de fumer aux abords

de l’administration communale. Nous

allons étendre cette initiative sur l’ensemble

du campus scolaire pour garantir

un air pur à nos enfants », conclut-il.

LE CHIFFRE

110

places dans la nouvelle salle

de spectacle

Administration communale

de Frisange

10, Munnerëferstrooss

L-5750 Frisange

www.frisange.lu


AGENCE IMMOBILIÈRE SOCIALE

Le leader luxembourgeois de la gestion locative sociale

26 48 39 52

www.ais.lu


70

ZOOM SUR LES SYNDICATS

MINETT-KOMPOST

S.I.A.CH.

SIGI

Le Syndicat Minett-Kompost, fondé en

1993, regroupe plusieurs communes

luxembourgeoises engagées dans la

valorisation des déchets organiques.

Situé à Mondercange, il exploite un

centre de compostage et de méthanisation

où les biodéchets collectés sont

transformés en produits réutilisables.

Ses missions incluent la collecte et le

traitement des biodéchets des communes

membres, leur compostage

pour produire un amendement organique

de haute qualité, ainsi que leur

méthanisation, mise en place en 2011,

pour générer du biogaz épuré en biométhane

et injecté dans le réseau de

gaz naturel. Le syndicat commercialise

également divers produits issus de

cette valorisation, tels que du compost,

du terreau FloraVitalis, du Minett

Mulch et des écorces de pin broyées.

En optimisant la gestion des biodéchets,

Minett-Kompost contribue à

la préservation des ressources naturelles

et à la réduction des émissions

de CO 2

. Ses communes membres sont

Bettembourg, Contern, Differdange,

Dippach, Dudelange, Esch-sur-

Alzette, Frisange, Habscht, Käerjeng,

Kayl, Leudelange, Mondercange,

Niederanven, Pétange, Reckange-sur-

Mess, Roeser, Rumelange, Sandweiler,

Sanem, Schifflange et Schuttrange.

Le Syndicat Intercommunal pour

l’Assainissement du bassin de la

Chiers (S.I.A.CH.) regroupe les communes

de Differdange, Käerjeng

(partiellement), Pétange et Sanem

(partiellement) afin d’assurer l’assainissement

des eaux usées. Il

exploite et entretient les infrastructures

essentielles, dont une station

d’épuration, bassins de rétention,

déversoirs d’orage et stations de

pompage, garantissant un fonctionnement

optimal du réseau. En parallèle,

le syndicat planifie et réalise la

construction de nouveaux collecteurs

d’eaux usées pour améliorer

la gestion des effluents et renforcer

l’efficacité du système intercommunal.

Plusieurs projets sont en cours

pour moderniser et optimiser ces

infrastructures, répondant aux exigences

environnementales et aux

besoins croissants des habitants.

Grâce à ses actions, le S.I.A.CH. joue

un rôle clé dans la préservation des

ressources en eau et la qualité de

vie des résidents des communes

membres, tout en assurant une

gestion durable et performante du

réseau d’assainissement.

Le Syndicat Intercommunal de

Gestion Informatique (SIGI), fondé en

1982, accompagne les communes et

administrations locales luxembourgeoises

dans leur transformation

numérique. Le SIGI développe des

solutions technologiques innovantes,

inclusives et durables adaptées aux

besoins de 99 communes, 60 syndicats

intercommunaux, 30 offices

sociaux, 616 services d’éducation et

d’accueil et 326 assistants parentaux.

Avec plus de 100 collaborateurs,

il joue un rôle clé dans la modernisation

des services publics et la

création de communautés numériquement

compétentes, résilientes et

interconnectées. Sa mission est de

moderniser les services publics en

proposant des solutions adaptées et

en assurant la sécurité des données.

Il accompagne ses partenaires avec

des conseils experts, des formations

sur mesure et un soutien continu. Le

SIGI est dirigé par un comité de direction,

avec Sylvain Momin comme

directeur, sous la supervision d’un

Bureau présidé par Philippe Meyers.


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72

BRÈVES

COMMUNALES DU NORD

PAR BARBARA PIERROT

WILTZ

L’exposition « Eternelles Instantanéités

» d’Alborz Teymoorzadeh, organisée

par DIALOGUE en coopération avec

la Kulturfabrik, se déroule du 2 mars au

30 avril à l’espace d’art Prabbeli à Wiltz.

L’artiste iranien, qui a vécu au Luxembourg

de 2019 à 2024, explore à travers

ses photographies, vidéos et performances

le caractère à la fois éphémère

et constant de l’existence humaine.

Son travail met en lumière les liens

entre biologie, psychologie, culture et

société. Les visiteurs découvriront ses

œuvres, allant des images de mains

aux études de nus en passant par des

performances théâtrales, offrant ainsi

un regard profond sur la condition humaine.

Source : wiltz.lu

CLERVAUX

La commission consultative des sports

et de la jeunesse de la commune de

Clervaux organisera une soirée pour

récompenser les « sportifs méritants »

et les « membres bénévoles méritants »

pour la période d’août 2023 à décembre

2024. Les récompenses concernent les

sportifs individuels ou en équipe ainsi

que les bénévoles engagés dans des

clubs sportifs. Les conditions d’octroi

incluent un classement parmi les trois

premiers dans un championnat national,

une montée en division supérieure

ou un engagement bénévole notable.

Les candidatures doivent être envoyées

par e-mail avant le 18 avril, avec

un argumentaire et les coordonnées

complètes.

Source : clervaux.lu

ETTELBRUCK

Le 28 mars, les vignerons indépendants

du Luxembourg, en collaboration avec

l’Ettelbruck City Tourist Office, ont organisé

la traditionnelle foire aux vins,

Wäikues, au Däichhal Ettelbruck. De

16h à 21h, les visiteurs ont eu l’occasion

de découvrir et de déguster les meilleurs

vins et crémants luxembourgeois.

Le prix du verre de dégustation était

de 15€. L’événement a été un véritable

succès, offrant une atmosphère conviviale

et chaleureuse où les produits locaux

ont été mis à l’honneur. La foire a

permis à de nombreux amateurs de vin

de savourer les richesses viticoles du

Luxembourg.

Source : ettelbruck.lu

DIEKIRCH

L’exposition « ARCbrëll » revient à la

Maison de la Culture de Diekirch en

avril 2025 pour sa quatrième édition.

Ce jeu de mots entre « ARC », « Abrëll »

(avril) et « Brëll » (lunettes) fait honneur

à l’association ARC qui invite ses

membres à explorer des œuvres autour

du thème des lunettes. Après des

éditions en 2016, 2019 et 2022, ARC

poursuit cette tradition et, pour ses 65

ans, présente un catalogue de plus de

300 pages illustrant le parcours de ses

76 membres. L’exposition se tient à la

galerie d’art municipale de Diekirch du

5 au 27 avril.

Source : diekirch.lu

PARC HOSINGEN

Le samedi 29 mars, la commission pour

le vivre-ensemble interculturel de la

commune de Parc Hosingen a organisé

un événement culinaire et culturel sous

le slogan « A Taste of Culture ». Il s’est

tenu au centre culturel de Hosingen,

avec de nombreux stands gastronomiques

permettant aux visiteurs de découvrir

des saveurs du monde entier.

Cette année, le Portugal était le pays

invité et des spécialités portugaises ont

été mises en avant.

Source : hosingen.lu

LAC DE LA HAUTE-SÛRE

La commune du Lac de la Haute-Sûre

organise son grand nettoyage annuel le

12 avril à partir de 9h. Différents points

de rencontre seront disponibles dans

les huit villages et un coordinateur y

distribuera des sacs poubelles et des

instructions. Un barbecue est prévu à

midi au camping Saint-Hubert à Harlange

pour remercier les participants.

L’inscription au barbecue est obligatoire

avant le 7 avril 2025. Pour plus

d’infos, contactez le service population

par téléphone ou e-mail.

Source : lac-haute-sure.lu


ÉNERVANT

ÉTONNANT

La pollution due à la saleté et au bruit sur les chantiers

ALHO est réduite à un minimum grâce à la préfabrication

des modules en usine et à la durée courte de construction sur

site. Cela augmente l’acceptation des résidents.

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74

| ACTUALITÉS COMMUNALES

SYVICOL

NEWS

Lëtzebuerger Gemengen publie

régulièrement, sous la responsabilité

rédactionnelle du

SYVICOL, la rubrique « SYVICOL

News » dont le but est d’impliquer

davantage les élus et le

personnel du secteur communal

dans le travail de l’association

faîtière des 100 communes

du pays.

Les quatre réunions régionales du

SYVICOL furent un succès franc

© SYVICOL

« Kommt schwätzt mat ! », tel était le slogan

des rencontres régionales du SYVICOL

avec les communes qui ont eu lieu en mars

2025 à Bergem, Marnach , Beringen et,

pour finir, au « Centre culturel Machera »

de Grevenmacher, en présence du ministre

de l’Intérieur Léon Gloden.

Avec près de 200 participants venus s’informer

sur la manière dont le SYVICOL

s’engage pour eux aux niveaux communal,

national et international, les quatre

rencontres ont connu un franc succès. Un

sujet important abordé durant les séances

est la formation continue qui est proposée

depuis fin 2024 par le SYVICOL et qui sera

développée au cours de cette année.

Les réunions étaient en plus l’occasion de

lancer la publication « D’Gemengegesetz

liicht gemaach », qui présente la législation

communale d’une façon accessible

et compréhensible. La partie des réunions

consacrée aux échanges avec les représentants

locaux a fait l’objet d’une attention

particulière, donnant au syndicat des

orientations pour ses activités futures.

Le bureau du SYVICOL a rencontré la

Fondation Cancer

Le 10 mars 2025, le bureau du SYVICOL

a rencontré la Fondation Cancer. Dans ce

cadre, le projet « Commune Sans Tabac »,

une initiative phare de la stratégie visant

à encourager les communes à adopter des

mesures concrètes pour créer des espaces

sans tabac, a été présentée. Les communes

qui y participent se verront décerner le

label « Commune Sans Tabac » qui récompense

leur engagement pour permettre

aux enfants et aux jeunes de grandir dans

une atmosphère plus saine, afin de devenir

la première « génération d’adultes sans

tabac » d’ici 2040.

Un autre point central de l’entrevue a

été l’exposition au soleil dans la planification

des nouvelles infrastructures

communales, notamment les complexes

sportifs ou les établissements scolaires.

La Fondation Cancer a souligné l’importance

d’intégrer ces préoccupations dès

les premières phases de conception afin de

garantir un environnement sain pour tous.

Séance inaugurale du mandat quinquennal

du Comité européen des

régions

Les membres de la délégation luxembourgeoise

du Comité européen des régions

(CdR), composée de Roby Biwer, Natalie

Silva, Simone Beissel, Tom Jungen, Lou

Linster et Alex Donnersbach, se sont réunis

à Bruxelles du 19 au 21 février 2025

pour participer à la séance inaugurale du

nouveau mandat du CdR.

La session a débuté avec l’élection de la

socialiste hongroise Kata Tüttő à la tête

des régions et des villes de l’UE. Lors

de son discours, la présidente a affirmé

qu’elle mettrait l’accent sur le renforcement

de la démocratie locale, le soutien

aux politiques climatiques, de cohésion

et de logement, ainsi que sur l’implication

active des villes et des régions dans

la construction de l’avenir de l’Union

européenne.

Réunion du bureau du Congrès des

pouvoirs locaux et régionaux du

Conseil de l’Europe au Luxembourg

Le 10 février 2025, une réunion du Bureau

du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux

du Conseil de l’Europe (CPLRE)

s’est tenue à Luxembourg. Cette réunion

à laquelle participait une trentaine

d’élus issus des 46 États membres visait,

entre autres, à préparer la 48 e Session du

Congrès qui s’est tenue du 24 au 27 mars

à Strasbourg.

Elle a également été l’occasion d’un

échange de vues entre les élus locaux

et régionaux du Congrès avec Claude

Wiseler, président de la Chambre des

députés. Pour clôturer le déplacement au

Grand-Duché, les membres du bureau ont

été reçus à l’Hôtel de Ville de Luxembourg

par la bourgmestre Lydie Polfer et Léon

Gloden, ministre des Affaires intérieures.

SYVICOL

3, rue Guido Oppenheim

L-2263 Luxembourg

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76

| PORTRAIT

Gilles Christnach


77

SUR LE CHEMIN

DE L’INGÉNIOSITÉ

PAR ADELINE JACOB

Aucune route n’est jamais toute tracée. Gilles Christnach le sait ;

il se plaît même à emprunter les chemins alternatifs. C’est ce qu’il

nous confie en nous racontant son parcours. Il nous narre une carrière

faite de hauts et de bas où s’exprime une constante : la volonté

de rendre service à la société en proposant, même à tâtons, des

solutions innovantes. Le fondateur du bureau d’ingénieurs-conseils

Betic semble donc taillé pour sa nouvelle fonction de directeur du

Centre de ressources des technologies et de l’innovation pour le

bâtiment (CRTI-B). Il nous éclaire sur la façon dont il aborde ce défi

en se prêtant au jeu du portrait.

Itinéraire

C’est à Leudelange, à deux pas de la

capitale luxembourgeoise où il est né

le 15 décembre 1972, que grandit Gilles

Christnach. Second fils d’un couple d’enseignants,

il sait très jeune qu’il ne marchera

pas dans les pas de ses parents. Nuits

passées à corriger des copies et gestion des

problèmes de discipline lui feront passer

l’envie d’embrasser cette carrière. Surtout,

il aspire à suivre une formation à même

de lui ouvrir différents horizons. « Je suis

de nature curieuse, j’aime la découverte,

l’innovation et sortir des sentiers battus.

Quand tout le monde prend la route qui

mène à droite, j’ai l’envie irrépressible

d’explorer celle de gauche », confie-t-il.

C’est ainsi qu’après avoir quitté l’Athénée

de Luxembourg où il faisait « le minimum

syndical », l’élève fasciné par la physique se

dirige vers l’ingénierie, une discipline qui

pourrait lui ouvrir toutes sortes de portes

et satisfaire ses envies de « construire ».

« Fan de LEGO® Technic, je fabriquais des

engins en cachette sous la couette, tard

dans la nuit. À 3h du matin, je pouvais

peaufiner un projet de téléphérique qui

reliait un bout à l’autre de ma chambre.

J’ai aussi installé un funiculaire dans l’escalier

principal de la maison, au grand

mécontentement de ma mère. Ce goût du

« bricolage » me venait probablement de

mon grand-père qui avait construit de ses

mains une grande foreuse avec des pièces

de récupération », se souvient-il, amusé.

Son « alma mater », il la choisit comme

le reste : « Mon frère est parti faire ses

études à Zurich. Il était exclu pour moi

de le rejoindre. J’avais besoin d’explorer

d’autres horizons. Puisque mes camarades

de classe se dirigeaient vers des universités

allemandes, j’ai opté pour celle de

Liège. On m’a souvent demandé ce que

je trouvais à cette ville dont la principale

industrie – sidérurgique – était déjà en

déclin. Je n’ai pourtant jamais regretté

mon choix. Les Liégeois sont des gens

vrais, simples, ce qui m’a plu. L’université

elle-même, bien qu’elle disposait de

moyens limités, a produit des ingénieurs

reconnus. Leur force ? Trouver des solutions

en innovant étape par étape, quitte

à devoir faire marche arrière. C’est ce que

j’ai appris. Faute d’ateliers et d’ordinateurs

dernier cri, j’y ai suivi une formation

très théorique qui m’aura permis d’acquérir

une solide méthodologie », explique

Gilles Christnach.

Premiers pas

En 1996, son diplôme de génie mécanique

en poche, il décline un doctorat

pour mettre directement les mains

dans le cambouis… mais les places sont

rares dans l’industrie. Il intègre alors un

bureau d’ingénieurs-conseils en génie

technique nouvellement créé, S&E

Consult, dont il devient le premier salarié.

« L’univers du chantier m’intéressait

beaucoup, mais il m’était finalement

inconnu. Heureusement, deux mois après

mon arrivée, Daniel Langue, un ingénieur

expérimenté dans le domaine, a rejoint la

société. C’est à son contact que j’ai appris

les réflexes du métier. Le conseil en génie

technique étant en plein boum à l’époque,

nous sommes rapidement montés en puissance.

Seule ombre au tableau : nos vues

divergeaient parfois de celle de notre

direction. C’est pourquoi, en décembre

2000, désireux de travailler à notre façon,

Daniel et moi créons Betic. Six mois plus

tard, David Determe, un drôle de spécimen

avec lequel j’avais sympathisé chez S&E

Consult, vient renforcer notre équipe », se

remémore Gilles Christnach, un sourire

taquin aux lèvres.

C’est ainsi que l’ingénieur fait ses premiers

pas d’entrepreneur… avant qu’une

première embûche ne le freine dans son

élan. Un an après la fondation du bureau,

Daniel Langue annonce à son associé

qu’il rejoint les Communautés européennes.

Un coup de tonnerre pour Gilles

Christnach. « C’était juste avant Noël.

J’étais en pleurs. David était face à moi. Je

lui ai demandé : « On s’arrête ou on continue

? ». Il m’a répondu : « Bien sûr qu’on

continue ». Cet événement a constitué

une deuxième naissance pour Betic si j’ose

dire. Bien qu’il n’ait pas créé la société statutairement,

j’ai toujours considéré David

comme un fondateur du bureau pour cette

raison », livre Gilles Christnach.

Quand tout le monde prend la

route qui mène à droite, j’ai

l’envie irrépressible d’explorer

celle de gauche

Malgré ces turbulences, l’entreprise

décolle, portée par un duo soudé et des

vents favorables. La période est propice

aux nouvelles approches, les maîtres

d’ouvrage sont particulièrement ouverts

à l’innovation et prêts à mettre en œuvre

de nouvelles techniques. « C’est dans ce

contexte que l’Administration des bâtiments

publics confie le projet du lycée

de Redange à un jeune bureau comme le

nôtre. Grâce à son tout nouveau concept

énergétique, il restera l’un de nos projets

emblématiques, représentatif de notre

façon d’envisager la profession et de nos

valeurs. J’ai toujours considéré l’ingénieur

comme un prestataire de services et

non pas un « refuseur » de mission. Notre

métier est d’apporter la meilleure solution

possible au maître d’ouvrage, pour

la société dans son ensemble, en pensant


78

remis sa démission. Thierry Hirtz m’a

donc proposé de prendre sa relève. Je n’ai

pas eu à réfléchir très longtemps. L’idée

de me mettre au service du secteur de la

construction dans son ensemble m’a vite

enthousiasmé », raconte le nouveau directeur

du CRTI-B.

Redirection

« out of the box ». Cette philosophie nous

a apporté une réelle continuité dans la

croissance », déclare Gilles Christnach.

Rebond

Les années passent ; les projets, petits et

grands, se suivent et ne se ressemblent

pas ; l’équipe s’agrandit jusqu’à compter

110 collaborateurs. Et pour continuer à

proposer des expertises toujours plus pointues

à ses clients, le bureau d’ingénieursconseils

s’associe, en juin 2020, au groupe

belge VK Architects & Engineers, luimême

racheté trois ans plus tard par le

bureau d’ingénierie et d’architecture

Sweco. « Ce rachat était une bonne chose

en soi. L’idée de pouvoir importer un vaste

éventail de compétences sur le marché

luxembourgeois me semblait géniale.

Malheureusement, cela ne s’est pas fait

dans le respect des spécificités locales.

L’arrivée d’un Country Manager étranger,

alors que la gouvernance nationale était

bien ancrée, s’est heurtée à notre vision ;

raison pour laquelle David et moi avons

successivement décidé de ne pas poursuivre

l’aventure. Je me suis alors donné

six mois pour préparer les collaborateurs

à mon départ, transmettre les dossiers et

accompagner les clients. À l’idée de quitter

l’entreprise que j’avais fondée et fait évoluer,

mon esprit cartésien a été submergé

par une vague d’émotions très fortes. J’ai

dû compter sur mon épouse ainsi que

sur un soutien professionnel pour sortir

la tête de l’eau. J’en suis finalement

venu à la conclusion apaisante que la vie

d’une entreprise évolue comme celle des

enfants : grandir et quitter le nid sont des

passages obligés et il faut savoir les laisser

voler de leurs propres ailes », explique-t-il

non sans émotion, mais sereinement.

J’ai toujours considéré

l’ingénieur comme

un prestataire de services

et non pas un « refuseur »

de mission. Notre métier est

d’apporter la meilleure

solution possible

Un carnet d’adresses bien rempli entre

les mains, Gilles Christnach profite de ses

six mois de transition pour multiplier les

rencontres au sein de son réseau. Bientôt,

de nombreuses opportunités s’offrent à

lui, que ce soit auprès d’autres bureaux

d’études ou d’installateurs ; des propositions

intéressantes et qu’il envisage

sérieusement jusqu’à ce qu’une offre

sorte du lot. « J’avais prévu un déjeuner

avec Thierry Hirtz, président du Centre

de ressources des technologies et de l’innovation

pour le bâtiment (CRTI-B) que

je connaissais en sa qualité d’architecte

auprès de l’Administration des bâtiments

publics. Deux jours avant ce rendez-vous,

Moreno Viola, directeur du CRTI-B, avait

À peine a-t-il repris les rênes du Centre

que l’ancien patron de Betic prévoit d’organiser

un grand brainstorming réunissant

les maîtres d’ouvrage, les concepteurs

et les entreprises exécutantes pour identifier

et comprendre les besoins du secteur

dans un contexte de multicrise. L’objectif :

instaurer un climat de confiance et entretenir

le dialogue afin d’y accroître l’harmonisation,

d’en renforcer la durabilité et

d’assurer sa transition digitale. « Bien sûr,

nous ne partons pas d’une page blanche.

Mon prédécesseur a fait un excellent travail

que j’entends bien poursuivre, tout

en questionnant tout élément sur lequel

je pourrais poser un regard neuf. J’ai toujours

vu le Luxembourg comme un pays

de niche. Avec ses chemins courts, son

aisance financière et sa concentration de

compétences très pointues, il s’est distingué

dans la sidérurgie, le secteur bancaire,

et même spatial. Pourtant, il n’est plus forcément

à la pointe dans la construction. Si

les initiatives y sont nombreuses, elles ne

sont probablement pas assez concertées.

Je pense que le CRTI-B est un des acteurs

qui pourrait y remédier pour faire du

secteur du bâtiment luxembourgeois un

pôle d’innovation en Europe. Nous avons

toutes les cartes en main, évitons simplement

de nous mettre des bâtons dans les

roues avec des cadres réglementaires trop

contraignants. La Bavière, par exemple,

a développé le concept de « Gebäudetyp

E » pour désigner des bâtiments expérimentaux

ou simples (voire simplifiés)

qui, parce qu’ils recourent à des nouveaux

matériaux ou des nouveaux concepts

techniques ou constructifs, peuvent être

exemptés de certaines contraintes normatives.

C’est une approche que le CRTI-B

pourrait importer au Luxembourg pour

accélérer l’innovation », indique le nouveau

directeur, impatient d’apporter sa

pierre à l’édifice.



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