15.04.2025 Vues

J3e d'avril 2025 : IA, anticiper les impacts

J3e d'avril 2025 : IA, anticiper les impacts - Interview : Yannick Jacquemart, directeur Transformation de l’Exploitation du Système électrique et Intégration des Flexibilités, RTE (Réseau de Transport d’Électricité)Datacenters : L’arrivée de l’IA pose de nombreux défis techniques - Smart Hospital : Soigner le confort des patients et l’empreinte énergétique...

J3e d'avril 2025 : IA, anticiper les impacts - Interview : Yannick Jacquemart, directeur Transformation de l’Exploitation du Système électrique et Intégration des Flexibilités, RTE (Réseau de Transport d’Électricité)Datacenters : L’arrivée de l’IA pose de nombreux défis techniques - Smart Hospital : Soigner le confort des patients et l’empreinte énergétique...

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Le courant passe entre nous depuis 75 ans

Datacenters

L’arrivée de l’IA

pose de nombreux

défis techniques

Smart Hospital

Soigner le confort

des patients

et l’empreinte

énergétique

IA, ANTICIPER

LES IMPACTS

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

WWW.FILIERE-3E.FR

ISSN 0758-3826 / AVRIL 2025

917


2 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


ISSN 0758-3826 / AVRIL 2025

ÉDITO

L’IA, moteur électrique

du XXI e siècle

© DR

‘‘

En France, l’essor

des datacenters s’inscrit

dans un contexte

électrique complexe, mais

plutôt favorable, entre

montée en puissance des

énergies renouvelables

intermittentes et

disponibilité du parc

nucléaire. Cependant,

pour accueillir de

nouvelles charges sur

le réseau, la flexibilité

est au centre

des attentions.

Le courant passe entre nous depuis 75 ans

Datacenters

L’arrivée de l’IA

pose de nombreux

défis techniques

Smart Hospital

Soigner le confort

des patients

et l’empreinte

énergétique

’’

IA, ANTICIPER

LES IMPACTS

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

WWW.FILIERE-3E.FR 917

Dans

ce numéro :

J3e se penche sur les défis

techniques que représente

l’arrivée massive de l’IA dans les

datacenters, notamment pour leur

alimentation et le refroidissement

des serveurs..

© Adobe Stock

La révolution de l’intelligence artificielle ne se limite pas à transformer nos

usages, nos industries ou nos communications : elle redessine en profondeur

la carte mondiale de l’énergie. Le dernier rapport de l’Agence internationale de

l’énergie (AIE), publié le 10 avril dernier, met en lumière une réalité encore largement

sous-estimée : d’ici à 2030, la consommation électrique des centres de données – les

poumons numériques de l’IA – devrait plus que doubler. Elle atteindrait alors près de

945 térawattheures, soit près de 3 % de la consommation d’électricité mondiale. Une

hausse fulgurante, équivalente à la consommation actuelle du Japon.

Ce bond énergétique n’est pas sans conséquences. Déjà très énergivores, les datacenters

voient leur appétit redoublé par l’essor de l’IA générative, qui mobilise des capacités

de calcul colossales. Chaque requête traitée, chaque image générée, chaque modèle

entraîné a un coût électrique. Et demain, certains centres atteindront une consommation

annuelle avoisinant les 2 GW, équivalente à celle de deux millions de foyers, contre

100 MW aujourd’hui.

Ces infrastructures, massivement concentrées dans quelques régions du monde

– États-Unis, Europe, Chine – posent d’importants défis locaux. En France, l’essor des

datacenters s’inscrit dans un contexte électrique complexe, mais plutôt favorable, entre

montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes et disponibilité du parc

nucléaire. Cependant, pour accueillir de nouvelles charges sur le réseau, la flexibilité est

au centre des attentions.

Si les leviers de flexibilité des datacenters font l’objet de discussions entre les acteurs, leur

fonctionnement selon des usages dits « en ruban », c’est-à-dire qu’ils fonctionnent autant le

jour que la nuit et autant la semaine que le week-end, rend leur potentiel de flexibilité assez

faible. Ces infrastructures ne joueront pas, ou très peu, sur la pointe hivernale.

Plus que jamais, la performance énergétique doit devenir une priorité stratégique. Le

refroidissement – ou cooling – des serveurs représente aujourd’hui jusqu’à 40 % de la

consommation d’un centre de données. L’innovation dans ce domaine est cruciale :

immersion des serveurs dans des liquides caloporteurs (liquid cooling), récupération

de la chaleur fatale, pilotage intelligent grâce aux DCIM… Autant de sujets abordés

dans ce numéro de J3e, au travers d’un dossier dédié aux défis techniques que représente

l’arrivée massive de l’IA dans les datacenters, notamment pour leur alimentation et le

refroidissement des serveurs. Au-delà des équipements techniques, l’optimisation

énergétique passe aussi par l’écoconception des bâtiments, l’usage d’algorithmes moins

gourmands, et le recours à des énergies locales et bas carbone.

La France, avec son mix électrique déjà largement décarboné, à plus de 95 % en 2024,

son importante disponibilité énergétique et ses ambitions en matière de flexibilité, a une

carte à jouer. Pour cela, il faudra anticiper les besoins, accompagner les acteurs, encadrer

les implantations et encourager l’innovation. L’enjeu n’est pas seulement énergétique.

Il est aussi stratégique : faire de l’IA un levier de compétitivité durable plutôt qu’un

fardeau invisible.

Bonne lecture,

Alexandre Arène,

rédacteur en chef

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 3


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j3e est édité par la société 3e Médias,

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SA au capital de 140 000 euros ;

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Siège social : 32 rue du faubourg

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Poissonnière - 75010 Paris

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Bureaux : 17 rue de l'amiral Hamelin -

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75016 Paris

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Représentant légal : David Catelain.

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© 3e Médias, Paris.

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Reproduction interdite.

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Toutefois, des photocopies peuvent être

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réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.

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Celle-ci pourra être obtenue auprès du

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Centre français du copyright, 20, rue des

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Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel

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3e Médias a donné mandat pour le

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représenter auprès des utilisateurs.

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Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70

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Dépôt légal : avril 2025

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Conception graphique - Réalisation :

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Planète Graphique Studio - Paris 17 e

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Impression : IPPAC / Imprimerie

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de Champagne 52500 Langres.

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Directeur de la publication : David Catelain

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Rédaction

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3e Médias

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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris

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Email : redaction@filiere-3e.fr

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Rédacteur en chef : Alexandre Arène

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Ont collaboré à ce numéro :

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Jean-Paul Beaudet

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et Jean-François Moreau.

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Marketing & Publicité

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3e Médias

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Sandrine de Montmorillon

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Responsable publicité print & digital

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3e Médias

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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris

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Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68

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sdm@filiere-3e.fr

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Diffusion

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Relations abonnements

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Juliette Aguelon

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compta.3emedias@gmail.com

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Pour l’étranger : 165 € HT franco ;

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185 € HT par avion

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Prix au numéro : 17 €

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Corrections

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Laurence Chabrun

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laurencechabrun@gmail.com

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© Seignette-Lafontan

06

INTERVIEW

Yannick Jacquemart

Directeur Transformation de

l’Exploitation du Système électrique

et Intégration des Flexibilités, RTE

(Réseau de Transport d’Électricité)

12

ACTUALITÉS

12 / Énergie

Fin de l’ARENH : les industriels

à l’heure de l’adaptation

Éclairage

Ledvance lance son premier

catalogue Déco Pro

ÉduRénov

Sept communes lauréates pour des

rénovations scolaires ambitieuses

DANS CE NUMÉRO

‘‘

Nous vivons une période

historique d’évolution du système

électrique dans son ensemble, y

compris dans son fonctionnement

physique.

13 / Recyclage

Un moratoire annoncé

de la Rep PMCB pour refonder

la filière

14 / The smarter E Europe

Comment parvenir à

l’approvisionnement énergétique

renouvelable 24 h/24 7 j/7

15 / Mobilité

Déploiement d’un service

de navettes automatisées sur

le parc d’activités de Rovaltain

(Valence TGV-Drôme)

16

ÉVÉNEMENT

’’

Yannick Jacquemart

Global Industrie Lyon 2025

confirme son rôle de plus

grand rassemblement industriel

de France

4 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


© Legrand

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

23

L’ARRIVÉE DE L’IA POSE

DE NOMBREUX DÉFIS TECHNIQUES

18

AGENDA

19

DÉVELOPPEMENT

19 / Stéphanie Gay-Torrente

Directrice du salon Drive to

Zero et du pôle salons et congrès

collectivités et immobilier

d’Infopro Digital

20 / Bruno Cazabat

Président de l’association des

Ingénieurs hospitaliers de France

21

ANALYSE

IA : les datacenters disposent-ils

des installations adéquates ?

DANS CE NUMÉRO

© B.E.G.

Smart Hospital

38

SOIGNER LE CONFORT

DES PATIENTS ET L’EMPREINTE

ÉNERGÉTIQUE

46

SOLUTIONS

La sélection de la rédaction

50

3 QUESTIONS À

David Le Souder

Président de Smart Green Execution

LISTE DES ANNONCEURS :

• 2 e COUV – IBS

• 3 e COUV – ENERJ-MEETING

• 4 e COUV – DRIVE TO ZERO

• P. 13 - CITEL

• P. 29 - ABB

• P. 33 - VERTIV

• P. 39 - SAUTER

• P. 41 - B.E.G.

• P. 43 - AIRZONE

• P. 45 - LEDVANCE

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David Catelain

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Directeur de la publication

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Alexandre Arène

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Rédacteur en chef

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alexandre.arene@filiere-3e.fr

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Jean-François Moreau

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Journaliste spécialiste supervision,

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efficacité énergétique, BIM

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journalistes@filiere-3e.fr

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Jean-Paul Beaudet

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Journaliste spécialiste

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datacenters, stockage de

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l’énergie, énergies renouvelables,

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véhicules électriques et IRVE

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journalistes@filiere-3e.fr

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Sandrine de Montmorillon

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Responsable publicité,

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partenariats & réseaux sociaux

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Groupe 3e Médias

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sdm@filiere-3e.fr

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j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 5


INTERVIEW

Propos recueillis par Alexandre Arène

Yannick

Jacquemart

Directeur Transformation

de l’Exploitation du

Système électrique et

Intégration des Flexibilités,

RTE (Réseau de Transport

d’Électricité)

© Seignette-Lafontan

‘‘

Nous vivons une période historique

d’évolution du système électrique dans

son ensemble, y compris dans son

fonctionnement physique.

’’

Alors que la France est engagée depuis une décennie dans une transformation profonde de

son mix énergétique et que l’électrification des usages s’accélère, le réseau électrique fait

face à des défis inédits. Yannick Jacquemart, directeur Transformation de l’Exploitation

du Système électrique et Intégration des Flexibilités chez RTE, revient sur les mutations

historiques que connaît le système électrique français. Il y détaille les grands enjeux liés à

l’adaptation du réseau, de la montée en puissance des énergies renouvelables aux évolutions

géographiques et temporelles des flux, en passant par l’électrification massive de nouveaux

usages, avec, en toile de fond, un impératif de flexibilité. Car si la production devient de plus

en plus intermittente, il devient crucial de pouvoir ajuster la consommation. RTE accompagne

cette transition à la fois en développant et en adaptant le réseau physique, en sensibilisant

les parties prenantes au développement de flexibilités et en revoyant les processus de

coordination avec les différents acteurs du système électrique.

j3e - Quels sont les principaux enjeux actuels

sur le réseau électrique français ?

Yannick Jacquemart – Les enjeux sont multiples.

Il faut d’abord adapter le réseau – au sens

physique, qui comprend les lignes, les câbles –

aux nouveaux composants qui s’y raccordent,

qu’il s’agisse de la production, de la consommation

ou du stockage. Cet enjeu est adressé par le

Schéma décennal du développement du réseau

(SDDR), publié récemment. Le SDDR reprend

des éléments importants : lorsque de nouveaux

équipements de production demandent à se raccorder

dans des zones où il n’y a pas beaucoup

de réseau, ce qui est le cas de l’éolien offshore

ou des EnR terrestres, le réseau doit se développer.

C’est vrai aussi pour le stockage ou pour les

grandes zones de consommation, notamment

les zones industrielles, où l’électrification amène

à des puissances de demande de raccordement

inédites. Nous vivons une période historique

d’évolution du système électrique dans son

ensemble et du réseau physique en particulier.

La question de la taille du dimensionnement

du réseau se pose pour répondre à ces évolu-

6 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


INTERVIEW

Yannick Jacquemart

tions. Au niveau géographique, beaucoup de

nouveaux acteurs se raccordent sur la façade

ouest de la France pour produire de l’électricité.

Les consommations vont s’intensifier dans les

grandes zones industrielles, en quelques points

du territoire. Les échanges européens continuent

de s’accroître vers l’est. Nous avons donc

une problématique de sens des flux, à la fois de

l’ouest vers l’est et du sud vers le nord, ce qui

nécessite un renforcement du réseau de grand

transport.

Le deuxième élément nouveau concerne le système

électrique dans son ensemble – autrement

dit l’équilibre de la production et de la consommation

qui passe par le réseau. Les enjeux du

système électrique sont doubles, avec des considérations

sur le volume et le rythme.

En volume, l’histoire qui doit s’écrire est celle de

la décarbonation, qui implique une augmentation

à terme des consommations d’électricité.

Pour le moment, l’augmentation n’est pas significative,

mais elle a repris légèrement en 2024, et

devrait s’accentuer dans les années qui viennent,

l’électricité étant l’un des principaux vecteurs

pour décarboner l’énergie. L’objectif d’ici 2050

est donc de tendre vers plus d’électricité pour

moins de CO 2

.

Concernant les rythmes du système électrique,

les moments où l’électricité décarbonée est très

disponible sont en train de changer de façon

structurelle. Historiquement, ces rythmes du

système électrique étaient directement liés à

la consommation. La production suivait cette

consommation. Aujourd’hui, les rythmes sont

créés par la consommation, qui n’a pas changé

de tempo, avec des heures plus chargées en

journée que la nuit, plus en semaine que le

week-end, plus l’hiver que l’été. L’élément nouveau

est le rythme de la production. Nous avons

désormais une part significative de la production

qui est non décalable : si elle n’est pas utilisée

à l’instant T, elle est perdue pour la suite.

C’était historiquement le cas de l’hydraulique

au fil de l’eau, généré par les fleuves, et c’est

aujourd’hui le cas pour l’éolien et le photovoltaïque

dans des volumes importants. Cela crée

naturellement deux nouveaux rythmes dans le

système électrique. L’un lié au rythme du soleil,

avec une production le jour, plus l’été que l’hiver.

C’est ce rythme qui est le plus structurant

dans la décennie actuelle. À la maille mondiale

et européenne, le photovoltaïque se développe

extrêmement rapidement. En 2024, il s’est installé

en Europe 60 GW de photovoltaïque,

soit l’équivalent de la consommation de pointe

de la France l’essentiel de l’année. Entre 200 et

300 GW de solaire seront donc raccordés en

Europe d’ici 2030, ce qui va peser très fortement

sur la nature des flux et sur les prix.

Le deuxième rythme est lié à l’éolien, moins

régulier et moins prévisible par nature, avec des

périodes de quelques jours avec beaucoup de

vent, suivies de périodes sans vent. À l’échelle

française, et surtout européenne, la présence

de vent en Allemagne, en Angleterre ou en

Espagne conditionne les équilibres, les opportunités

d’importer ou d’exporter, les niveaux de

prix… Le soleil et le vent créent donc un nouveau

rythme du système électrique.

Nous avons désormais deux périodes où l’électricité

décarbonée est très disponible et assez

peu chère : la nuit, ce qui était déjà le cas historiquement,

et la journée pendant les heures

ensoleillées. Et donc deux périodes de pointes

de prix, courtes : le matin entre 7 h et 9 h et le

soir entre 18 h et 20 h. Il s’agit d’une donnée

très nouvelle, qui ouvre un nouvel horizon

à des flexibilités courtes. Cette nouvelle réalité

est structurante, notamment pour le bâtiment.

Auparavant, les incitations à l’effacement

concernaient des journées très chargées l’hiver,

et demandaient des réductions des consommations

sur des journées entières. Ce besoin n’est

plus aussi important. Il existe en revanche un

intérêt plus fréquent dans l’année à éviter de

consommer le matin et le soir sur les périodes

de pointe de prix. Cette nouvelle réalité crée un

besoin de flexibilité, qui est définie par la capacité

de la production, de la consommation et du

stockage à décaler des appels de puissance ou

des injections de puissance sur le réseau, avec

des préavis plus ou moins longs. Il y a aussi de

la flexibilité programmée des années à l’avance,

notamment la tarification des heures pleines et

des heures creuses. Ces mécanismes de flexibilité

visent à aider la consommation décalable,

sans impact sur le confort, à se positionner au

bon moment.

j3e - Comment le gestionnaire de réseau

fait-il évoluer l’infrastructure pour répondre

à l’électrification des usages ?

Y. J. – RTE développe et adapte le réseau physique

aux nouveaux sites de consommation, de

stockage et de production. Le SDDR à horizon

2040, qui prévoit un investissement de 100 milliards

d’euros environ, sera soumis à débat

public dans l’année qui vient. Dans le dimensionnement

du réseau, RTE veille à permettre

le raccordement de toutes les industries qui

souhaitent venir en France, ou celles qui souhaitent

se décarboner, mais aussi des produc-

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 7


INTERVIEW

Yannick Jacquemart

© Seignette-Lafontan

teurs d’électricité, des stockeurs, tout en veillant

à un optimum technico-économique. Le réseau

de grand transport européen va être dimensionné

afin de faciliter les flux. Depuis 2019 et

la précédente version du SDDR, RTE applique

le « dimensionnement optimal », qui équilibre

le développement du réseau et la diminution

ponctuelle de la production. Cela signifie que

le réseau n’est pas toujours dimensionné pour

accueillir la production maximale lorsqu’elle est

peu fréquente. C’est en particulier le cas sur les

réseaux régionaux, et cela représente une économie

pour la collectivité.

Par ailleurs, RTE dispose d’un programme de

transformation du réseau pour intégrer les flux

européens et renforcer les interconnexions.

‘‘

RTE, en partenariat avec Enedis, lance

la saison 3 de Cube Flex, qui démarre en mai,

et se déroulera sur une année complète.

’’

Cela permet à tous de bénéficier d’une électricité

décarbonée, la moins chère possible, partout

en Europe.

j3e - Le sujet de la flexibilité est l’une des

conditions pour adapter le réseau à la

fois à l’augmentation de la demande et à

l’intégration des énergies renouvelables.

Pouvez-vous nous expliquer au travers de

quelques exemples concrets les leviers pour

apporter de la flexibilité sur le réseau ?

Y. J. – RTE a une action plus minime sur l’équilibre

offre-demande. RTE agit sur la production

et la consommation, exclusivement pour l’équilibrage

du système dans la dernière heure. Tout

ce qui se passe avant la dernière heure, c’est au

marché de le faire. Les producteurs, les fournisseurs

et les responsables d’équilibre effectuent

des transactions sur les marchés de l’électricité,

sans aucune intervention de RTE. Concernant

le développement de flexibilités, RTE a plutôt

un rôle de conseil, au travers de sa fonction

d’éclaireur, pour inciter au développement des

flexibilités en amont, sur des régimes d’heures

creuses ou des flexibilités dynamiques. Il s’agit

d’une action de service public et non opérationnelle.

Dans le cadre de ce rôle d’éclaireur, RTE anime

tout un écosystème, composé du Gimelec, de

l’Ignes, de la SBA, de l’AICN, de l’Ademe, de la

CRE, d’Enedis et de Think Smartgrids. Nous

avons publié le Baromètre des Flexibilités, qui

revient notamment sur la gestion énergétique

des bâtiments tertiaires, le déploiement des

BACS (ou gestionnaires techniques de bâtiment

en français) et le projet 100 000 BACS à

horizon 2030 du Gimelec. Nous poussons au

développement des flexibilités régulières, qui

englobent les heures pleines-heures creuses, et

des flexibilités dynamiques. RTE a également

contribué à la marque « Flex Ready », portée

par l’association professionnelle des smartgrids,

Think Smartgrids. Les BACS permettent d’optimiser

le fonctionnement des différents usages

électriques au sein du bâtiment. Flex Ready

est une réponse pour coordonner l’optimisation

générée par les BACS à l’optimisation du

système électrique. Les BACS pourront donc

adapter leur programmation aux signaux

envoyés par des acteurs du système électrique,

qu’il s’agisse de fournisseurs, d’agrégateurs ou

du gestionnaire de réseau le cas échéant, pour

des problèmes locaux ou des signaux EcoWatt.

Les prix sont du simple au double entre le cœur

de journée et les périodes de pointe du matin

et du soir, il y a donc un intérêt à optimiser les

8 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


INTERVIEW

Yannick Jacquemart

usages décalables, notamment la recharge des

véhicules électriques, la production de chaleur,

la production de froid ou de glace, sans réduire

le confort des occupants.

La troisième initiative est le concours Cube

Flex, intégré aux Championnats de France des

économies d’énergie. RTE est à l’initiative de

ce concours, qui vise à l’apprentissage concret

de la flexibilité. Nous avons organisé deux saisons

durant les hivers 2022-2023 et 2023-2024.

Ces deux éditions étaient centrées sur la flexibilité

d’urgence, en cas d’alerte EcoWatt. RTE,

en partenariat avec Enedis, lance la saison 3 de

Cube Flex, qui démarre en mai prochain, et se

déroulera sur une année complète. Cette édition

vise les nouvelles flexibilités du quotidien,

en mesurant la capacité des bâtiments à décaler

leurs consommations de 2 heures le matin

et le soir, tous les jours de l’année. Nous invitons

tous les bâtiments tertiaires, qu’ils soient

privés, publics, bureaux, commerces, sportifs,

culturels, ou d’enseignement, à participer au

concours. Cela leur permettra d’apprendre et de

comprendre les ressources à mettre en œuvre au

sein d’un bâtiment pour décaler ses consommations.

Pour les participants, ces actions peuvent

être valorisées par la suite, par exemple en leur

donnant du poids pour négocier un nouveau

contrat avec leur fournisseur.

j3e - Selon vos prévisions, quel est l’impact

de l’électrification des usages (véhicules

électriques, pompes à chaleur, etc.) sur la

pointe de consommation hivernale d’ici 2035 ?

Y. J. – C’est là que la flexibilité joue un rôle

important. Il existe trois grands secteurs de

l’électrification : l’industrie et le datacenter, la

mobilité électrique et le chauffage électrique.

L’industrie et le datacenter fonctionnent selon

des usages dits « en ruban », c’est-à-dire qu’ils

fonctionnent autant le jour que la nuit et autant

la semaine que le week-end. Leur potentiel de

flexibilité est donc assez faible et ces usages ne

joueront pas, ou très peu, sur la pointe hivernale.

Il existe éventuellement un potentiel de

flexibilité d’urgence sur les datacenters, nous en

discutons avec les acteurs.

Concernant la mobilité électrique, tout dépend

de la façon dont les véhicules sont rechargés et

du pilotage de la recharge. Il s’agit d’un enjeu de

premier ordre. Si la recharge se fait au moment

du branchement du véhicule sur une prise ou

une borne, il n’y a pas de flexibilité possible.

Les véhicules particuliers sont souvent branchés

le soir en rentrant chez soi ou le matin

en arrivant sur le lieu de travail, dans les deux

‘‘

Les véhicules électriques

représentent un potentiel, selon

nos études, de 5 à 6 GW de

consommation décalable.

’’

cas en plein dans les périodes de pointe. Idem

pour les flottes professionnelles, les véhicules

se rechargent souvent en fin de journée. Les

véhicules électriques représentent un potentiel,

selon nos études, de 5 à 6 GW de consommation

décalable. RTE a publié dans son bilan prévisionnel

2023 un chapitre sur la flexibilité qui

souligne ces dynamiques. Le premier enjeu est

donc de programmer la recharge, pas forcément

de manière complexe, mais déjà hors des heures

pleines, soit la nuit, soit au milieu de la journée,

ou le week-end pour la recharge hebdomadaire.

Côté réseau, cela permet d’agir considérablement

sur la puissance de pointe, et côté client,

cela a un réel impact sur la facture, avec les disparités

de prix que nous avons évoquées.

Enfin, concernant le chauffage et notamment

le passage à la pompe à chaleur, RTE a publié

une étude en décembre dernier. Le chapitre 13

du bilan électrique sur le bâtiment montre que

depuis 15 ans le volume d’électricité dédié au

chauffage électrique n’augmente pas et reste aux

alentours de 65 TWh, bien qu’il y ait de plus en

plus de surfaces chauffées à l’électricité. Cette

même tendance ressort dans nos prévisions

pour 2035. En revanche, s’il y a davantage de

chauffage électrique, cela va mécaniquement

augmenter l’impact du chauffage en période de

pointe. RTE, dans sa dernière étude, souligne

que l’augmentation pourrait être de 6 GW à

horizon 2030 et 4 GW à horizon 2035, par rapport

à l’année de référence 2019. Cela ne pose

aucun problème d’approvisionnement et l’enjeu

CO2 est très important, car l’objectif est de remplacer

les chaudières au fuel et au gaz. Sur les

PAC, nous commençons à étudier des leviers de

flexibilité. Nous serons très attentifs aux conclusions

de Cube Flex. Nous ne sommes plus dans

la situation où toutes les heures se valent et où

le chauffage doit être baissé toute la journée. Si

le bâtiment est préchauffé entre 6 et 7 h, qu’il

est en maintien de température entre 8 et 10 h

et que le chauffage est relancé à 10 h, l’impact

sur le réseau est bien meilleur. Tout dépend de

comment les 6 GW mis en évidence par notre

étude sont modulés au cours de la journée. Pour

un bâtiment tertiaire, s’il est chauffé jusqu’à

18 h, il n’est peut-être pas nécessaire de pour-

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 9


INTERVIEW

Yannick Jacquemart

10 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr

suivre la chauffe si le dernier occupant quitte

les lieux vers 19 h 30. L’étude ne prend pas en

compte ces rythmes de chauffage, il s’agit donc

de leviers d’action supplémentaires. Les PAC

air-eau présentent des caractéristiques d’inertie

intéressantes, en raison du circuit d’eau chaude

qui alimente les radiateurs, et c’est encore plus

vrai en présence de planchers chauffants. Ces

caractéristiques sont très différentes de celles

des PAC air-air, qui ont un effet plus immédiat

sur les occupants en cas d’arrêt de chauffe. Nous

devons donc apprendre ces éléments. Cube Flex

est un beau terrain d’expérimentation et d’apprentissage.

Mais il ne faut surtout pas oublier que nous

avons aujourd’hui un système électrique avec

des records d’export, une très grande disponibilité

de l’électricité décarbonée et prêt à accueillir

la décarbonation dès maintenant. Ce sujet sur

les pointes ne doit donc pas focaliser l’attention

à très court terme.

j3e - Avec la montée en puissance des EnR,

quels défis pose l’intermittence et quelles

solutions privilégiez-vous ?

Y. J. – Tous les sujets abordés précédemment sur

les rythmes du système électrique concernent la

prise en compte des énergies renouvelables. Le

réseau s’est toujours adapté aux rythmes de la

‘‘

En 2024, l’électricité française était

décarbonée à 95 %, ce qui en fait un formidable

levier de décarbonation de l’économie.

’’

© Seignette-Lafontan

consommation. Il nous semble plus simple de

s’adapter à des pointes très courtes et largement

prévisibles. La priorité est de décaler la consommation

qui peut l’être, car cette mesure peut être

rapide et n’entraîne pas de question de matières

rares à utiliser.

Il y a deux conditions indispensables dans la

mise en œuvre.

La première est d’ordre technique et nécessite

la bonne programmation des appareils. À travers

les BACS, Flex Ready ou des programmateurs

dans le domaine du résidentiel, il existe

aujourd’hui des solutions.

La deuxième condition est d’avoir des offres

de fourniture qui reflètent bien ces nouveaux

rythmes. En 2024, sur l’ensemble de l’année, les

prix moyens entre 10 h et 18 h étaient 65 % plus

bas qu’entre 18 h et 20 h, et 144 % plus bas le

week-end. La CRE fait évoluer le tarif d’utilisation

des réseaux publics d’électricité (TURPE)

dans ce sens. Il faut que les fournisseurs ajoutent

la part énergie pour suivre ces rythmes, qui

doivent se retrouver sur les factures des clients.

Cela encouragera les consommateurs à décaler

leurs consommations.

Les batteries sont une autre réponse à ces

enjeux. Elles rendent le même service que le

décalage des consommations. Il faut cependant

les acheter, les raccorder, les entretenir et il y a

un enjeu de matières premières. Les batteries

représentent un surcoût, car on ajoute un composant

au système électrique, à l’inverse de la

flexibilité de consommation qui est gratuite.

La plupart des pays du monde vivent ces mêmes

enjeux liés aux énergies renouvelables, avec une

production en journée assurée par le solaire,

moins de consommations la nuit et la même

pointe du soir et du matin. La Californie, par

exemple, a remplacé le gaz par les batteries pour

passer ces pointes du soir. Les batteries sont

donc un levier complémentaire pour les flexibilités

courtes.

La problématique se situe sur les périodes de

plusieurs jours sans vent. Cela nécessite un

mélange de flexibilités courtes et de flexibilités

plus longues. Dans les autres pays, cette

problématique ne peut être résolue que par les

centrales à gaz. À horizon 2040 ou 2050 dans

le monde, nous espérons avoir des centrales

thermiques qui utilisent du gaz décarboné, ce

qui n’est pas le cas aujourd’hui. En France, nous

avons une base nucléaire, hydraulique, solaire et

éolienne qui nous aide à faire très peu appel au

gaz. En 2024, l’électricité française était décarbonée

à 95 %, ce qui en fait un formidable levier

de décarbonation de l’économie.


INTERVIEW

Yannick Jacquemart

j3e - Quelles sont les opportunités offertes

par l’électrification de certains usages, à

l’image de la mobilité ?

Y. J. – Il y a plusieurs usages possibles des batteries.

Pour nous, le sujet premier reste le décalage

de la recharge, au travers de la programmation,

qui est neutre d’usage pour l’utilisateur.

Le deuxième usage est le Vehicle to Grid (V2G)

ou Vehicle to Home (V2H), qui nécessite des

batteries bidirectionnelles. Le marché tend

vers ces solutions, techniquement saines à nos

yeux, dans la mesure où les batteries servent

en premier lieu à la mobilité et proposent une

fonctionnalité complémentaire. Ces batteries

sont très largement dimensionnées, car elles

ont été conçues pour une grande autonomie

de mobilité. Elles ont plus d’énergie que les

batteries installées sur le réseau électrique, qui

ne stockent que 1 à 2 heures de leur puissance

maximale. Décharger une batterie de véhicule

pour la consommation électrique de la maison,

de l’ordre de 3 à 6 kW, permet de tenir 10 à

20 heures, alors qu’il suffit de 2 heures de décalage

au maximum. Techniquement, c’est intéressant

; sur le plan environnemental, c’est intéressant,

car cela évite de mettre une nouvelle

batterie sur le marché. La question récurrente

est celle de l’usure des batteries générée par la

multiplication des cycles de charge/décharge.

Dans la mesure où il ne s’agit pas de décharges

extrêmes, l’impact est minime.

La question de la rentabilité se pose, notamment

en raison de la bidirectionnalité de la batterie et

des convertisseurs.

Il s’agit d’une voie d’avenir très intéressante. Vu

du réseau, cela reviendrait à changer le rythme

de la consommation, en rendant la courbe plus

plate et en réduisant considérablement le besoin

de flexibilité.

j3e - Quelles sont les actions à mettre

en œuvre pour inciter les gestionnaires

de bâtiments tertiaires et industriels à

contribuer à la flexibilité du réseau ?

Y. J. – Pour les flexibilités du quotidien, celles

qui se programment soit longtemps à l’avance,

soit la veille, le principal levier est la tarification

des fournisseurs et le prix qui se reflétera sur

la facture du consommateur. Nous regardons

de près les nouvelles offres des fournisseurs,

qui vont inciter les gestionnaires de bâtiments,

tertiaires comme résidentiels, à s’adapter à ces

nouveaux rythmes du système électrique.

Le dispositif EcoWatt est un deuxième levier,

cette fois entre les mains du gestionnaire de

réseau. Mais il s’agit d’un dispositif d’urgence,

‘‘

Le dispositif prévoit de saisonnaliser les

heures pleines/heures creuses, ce qui est un élément

nouveau : cela signifie que les heures pleines/heures

creuses ne seront pas les mêmes en hiver et en été.

utile en cas de crise. C’est l’« airbag du système

électrique » : l’objectif est de l’utiliser le moins

possible.

j3e - Pouvez-vous nous expliquer dans les

grandes lignes les raisons de la réforme du

dispositif heures pleines/heures creuses ?

Y. J. – Le dispositif heures pleines/heures creuses

est évidemment un levier de flexibilité. Il vaut

pour le résidentiel, mais aussi pour le tertiaire,

en moyenne tension et pour les consommateurs

basse tension supérieurs à 36 kVA. Ce dispositif

est régulé, via le tarif d’utilisation des réseaux

publics d’électricité. L’objectif est de décaler une

partie des consommations vers les après-midi,

au moins pour les mois les plus ensoleillés. Le

dispositif prévoit de saisonnaliser les heures

pleines/heures creuses, ce qui est un élément

nouveau : cela qui signifie que les heures

pleines/heures creuses ne seront pas les mêmes

en hiver et en été. Pendant la période d’été, qui

s’étale du 1er avril au 31 octobre, le gestionnaire

du réseau de distribution devra positionner

davantage d’heures creuses en après-midi plutôt

que la nuit. Cette modification du dispositif

interviendra en 2026. La CRE a annoncé préparer

un deuxième temps, qui conduira à une

augmentation du nombre d’heures creuses. Les

heures de la nuit restent creuses et de nouvelles

heures en journée vont devenir creuses. L’évolution

à moyen terme, d’ici 2 à 5 ans, sera donc de

passer à davantage d’heures creuses, au moins

pendant les mois d’été.

Ce sont les 60 GW de solaire raccordés par an

qui créent le mouvement. Tant que l’Europe

développe du solaire à ce rythme, la part de

la production non décalable, donc perdue si

elle n’est pas utilisée, va aller en augmentant,

et renforcera ces nouveaux rythmes. En 2024,

pendant les épisodes de prix négatifs, c’està-dire

lors des périodes de trop forte production

renouvelable, il y a eu en moyenne 5 GW

de production renouvelable perdue pendant

ces heures. La réforme du dispositif va permettre

de déplacer entre 7 et 8 GW vers les

nouvelles heures creuses de l’après-midi. Les

heures creuses sont vraiment de nature à éviter

de perdre de la production d’énergies renouvelables

décarbonées.

’’

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ACTUALITÉ

Énergie

Fin de l’ARENH :

les industriels à l’heure

de l’adaptation

Le mécanisme de

l’ARENH, qui

contraint EDF à vendre

chaque année 100 TWh

d’électricité nucléaire

à un tarif régulé de

42 €/MWh, s’achèvera

le 31 décembre 2025.

Créé pour permettre

aux fournisseurs et aux

consommateurs, en

particulier industriels,

de bénéficier d’une

électricité à prix

réduit, ce dispositif est

vivement critiqué par

EDF et la Commission

européenne, qui le jugent

désavantageux pour

l’énergéticien public. Un

nouveau système entrera

en vigueur en 2026 : l’État

captera une partie des

revenus d’EDF lorsque

le prix de l’électricité

dépassera 70 €/MWh,

avec pour objectif de

redistribuer cet excédent

aux consommateurs.

Toutefois, les

modalités de cette

redistribution restent à

ce jour incertaines. Cette

transition marquera

un tournant pour les

industriels électrointensifs,

qui couvraient

jusqu’à 70 % de leur

consommation à tarif

régulé. Avec des prix

de marché tournant

autour de 60 €/MWh,

le nouveau mécanisme

n’offrira de protection

que lors de flambées

tarifaires. Les industriels

doivent donc se préparer

à une hausse estimée

à 25 % de leur facture

énergétique.

Éclairage

Ledvance lance

son premier

catalogue Déco Pro

Le catalogue Déco

Pro a été pensé

pour les professionnels

de l’éclairage et de la

décoration. Riche de

plus de 600 références,

cette offre regroupe

des luminaires

intérieurs et extérieurs,

lampes décoratives et

produits connectés.

Elle s’adresse aux

architectes, décorateurs

et prescripteurs à la

recherche de solutions

à la fois design

et fonctionnelles.

Ledvance mise sur la

diversité des matériaux

– bambou, béton, raphia,

argile – pour proposer

des styles variés,

adaptés à tous types

d’espaces : résidentiels,

commerces, restaurants

ou lieux d’accueil.

Avec cette nouvelle

gamme, l’entreprise

confirme sa volonté de

conjuguer esthétique,

innovation et praticité

pour accompagner les

professionnels dans leurs

projets, du plus classique

au plus audacieux.

© Ledvance

ÉduRénov

Sept communes lauréates

pour des rénovations

scolaires ambitieuses

La Banque des

territoires et la

Fédération des élus des

entreprises publiques

locales (FedEPL) ont

dévoilé les lauréats

du second appel à

manifestation d’intérêt du

programme ÉduRénov,

lancé en septembre

2024. Ce dispositif vise à

soutenir les communes de

moins de 20 000 habitants

dans la réalisation de

rénovations énergétiques

ambitieuses de leurs

bâtiments scolaires, en

s’appuyant sur la maîtrise

d’ouvrage déléguée.

Réuni fin janvier dernier,

le jury a sélectionné sept

projets : l’école maternelle

Roger-Sudre (Revel),

l’école Les Deux Vallées

(Chamouille), l’Éco2-

campus Microville 112

(Courcy), le groupe

scolaire Georges-

Brassens-Kergomard

(Oignies), les écoles

Cambourin et Clos

Mirman (Caissargues),

l’école La Colline

(Toulon-sur-Allier) et

l’école de Juillac-le-

Coq. Ces opérations

se distinguent par leur

ambition : atteindre,

voire dépasser, 40 %

d’économie d’énergie.

Les deux partenaires

saluent la qualité des

projets retenus, témoins

d’un engagement

fort en faveur de la

transition énergétique

dans les établissements

scolaires.

© Freepik

12 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


ACTUALITÉ

Recyclage

Un moratoire annoncé de la Rep PMCB

pour refonder la filière

La ministre de

la Transition

écologique, Agnès

Pannier-Runacher, a

annoncé le 20 mars

dernier un moratoire sur

certaines dispositions

de la filière de

Responsabilité élargie

du producteur (Rep) des

produits et matériaux

de construction du

bâtiment (PMCB).

Cette pause, effective

dans les prochaines

semaines, concerne les

mesures initialement

prévues pour entrer en

vigueur courant 2025.

Objectif : refonder la

filière en tenant compte

des spécificités du

secteur du bâtiment.

Des concertations se

tiennent tout au long

du mois d’avril avec

les parties prenantes

afin de définir les

conditions d’un nouveau

déploiement, mieux

adapté aux attentes du

terrain. Très critiquée

par les professionnels

du bâtiment depuis

plusieurs mois, la Rep

PMCB est jugée coûteuse

pour les producteurs

et peu satisfaisante

pour les artisans,

malgré l’ouverture de

plus de 6 000 points

de collecte (dont

1 800 acceptent tous les

types de déchets). Le

gouvernement s’engage

désormais à étudier

les propositions des

acteurs pour optimiser

le dispositif et restaurer

la confiance dans ce

mécanisme clé de

l’économie circulaire.

© DR

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 13


ACTUALITÉ

PUBLI-INFORMATION

The smarter E Europe

Comment parvenir à l’approvisionnement énergétique

renouvelable 24 h/24 7 j/7

Les énergies

renouvelables

connaissent une

croissance sans

précédent. D’après

l’Agence internationale de

l’énergie, l’accroissement

annuel mondial à partir

de 2030 approchera les

940 gigawatts (GW),

sachant que l’énergie

solaire joue un rôle

essentiel. Cependant, pour

tirer pleinement parti de

la production d’électricité

renouvelable, il faut une

flexibilité croissante,

des réseaux électriques

numérisés ainsi que des

éléments d’intégration

système comme les

accumulateurs à batteries.

L’Europe aussi mise sur les

renouvelables, notamment

le solaire. Une étude

récente de SolarPower

Europe montre qu’une

étape importante a été

franchie en 2024 avec une

augmentation record des

capacités photovoltaïques

de 65,5 GW. La puissance

installée en Europe devrait

atteindre 816 GW d’ici

2030, soit un triplement

en seulement six ans.

L’Allemagne fait figure

de pionnière : selon

l’Association fédérale

allemande de l’industrie

solaire (BSW-Solar), la

barre des 100 GW de

puissance photovoltaïque

cumulée a été franchie

en 2024, couvrant ainsi

environ 14 % de la

consommation électrique

nationale.

Défis et changement

de système

La transition énergétique

apporte aussi son lot de

défis : les congestions du

réseau, l’électrification

insuffisante dans

la chaleur et les

transports ainsi que la

divergence entre les

profils de production

et la consommation.

La numérisation,

la flexibilisation et

l’intégration des

accumulateurs sont

essentielles pour bâtir

un système énergétique

stable et durable

s’appuyant sur les

énergies renouvelables.

Les centrales hybrides et

accumulateurs à batteries

jouent un rôle clé, car ils

garantissent la stabilité

du réseau, optimisent les

rendements et mettent à

disposition des capacités

flexibles.

Dans ce contexte,

les technologies de

stockage connaissent une

croissance fulgurante :

selon une enquête de

BloombergNEF, le marché

mondial a progressé

en 2024 de 76 %, pour

atteindre 69 GW. Les

accumulateurs de grande

puissance agissent

comme des « lignes de

transport virtuelles »,

stabilisent les réseaux et

fournissent des services

de stabilisation du réseau.

Avec les systèmes logiciels

pilotés par l’intelligence

artificielle l’efficacité de

ces accumulateurs sera

encore optimisée.

L’enjeu clé de la flexibilité

La flexibilité est de plus

en plus au cœur de la

transition énergétique.

Les consommateurs

peuvent injecter de

l’électricité ou adapter

leur consommation pour

éviter les congestions

du réseau. La recharge

bidirectionnelle, en

particulier avec la

technologie V2G(Vehiculeto-grid),

recèle un grand

potentiel : les voitures

électriques font office

d’accumulateurs mobiles

qui stockent de l’énergie

temporairement et la

réinjectent dans le réseau

si nécessaire. Selon E.ON,

un véhicule électrique

peut alimenter 11 foyers.

Les Instituts Fraunhofer

constatent des économies

annuelles atteignant

22 milliards d’euros

dans l’UE et un recul des

besoins en accumulateurs

stationnaires allant

jusqu’à 92 %.

The smarter E Europe

2025

The smarter E Europe,

la plus grande alliance

européenne de salons

pour le secteur de

l’énergie, attire plus de

3000 exposants et plus

de 110 000 visiteurs.

Dans le contexte d’un

monde de l’énergie

tourné vers l’avenir,

elle met en avant les

énergies renouvelables,

la décentralisation et

la numérisation, ainsi

que des solutions

intersectorielles pour

un approvisionnement

énergétique durable

24 h/24 et 7 j/7 dans les

secteurs de l’électricité,

de la chaleur et des

transports. The smarter E

Europe réunit les quatre

salons professionnels

Intersolar Europe, ees

Europe, Power2Drive

Europe et EM-Power

Europe.

Les temps phares, cette

année, sont l’exposition

spéciale sur la recharge

bidirectionnelle, la remise

du prix The smarter E

AWARD, la Start-up Area,

où les jeunes entreprises

pourront se présenter sur

4 000 m² d’exposition, et

les conférences de

The smarter E Europe.

Ces conférences sont

l’occasion pour les

experts les plus en

vue de présenter les

dernières évolutions

technologiques, des

applications innovantes et

des tendances décisives

sur le marché pour un

monde de l’énergie

durable. Profitez de cette

opportunité pour mettre

à jour vos connaissances

dans le domaine du

photovoltaïque, de la

technologie de stockage,

de l’électromobilité et

des réseaux intelligents.

Les quatre conférences

spécialisées (Intersolar

Europe Conference,

ees Europe Conference,

Power2Drive Europe

Conference et EM-Power

Europe Conference)

se dérouleront les 6

et 7 mai prochain à

l’International Congress

Center Messe München.

Un seul ticket donne

accès aux quatre

conférences.

The smarter E Europe

aura lieu du 7 au

9 mai prochain à la Messe

München. Ne manquez

pas cette occasion et

venez construire le monde

de l’énergie de demain !

14 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


ACTUALITÉ

Mobilité

Déploiement d’un service de navettes automatisées

sur le parc d’activités de Rovaltain (Valence TGV-Drôme)

Depuis le 10 mars un

service de navettes

automatisées de niveau

L4 est déployé sur un

parcours de 3,3 km

qui dessert la gare de

Valence TGV, les parkings

longue durée et la zone

d’activités de Rovaltain

entre Valence et Romans

(150 entreprises et plus de

3000 salariés).

Ce déploiement, une

première en Europe,

s’est fait grâce à la

collaboration de 4 acteurs

impliqués depuis

plusieurs années dans

le développement des

nouvelles mobilités : beti,

opérateur de mobilité

automatisée et filiale du

transporteur drômois

Bertolami, Renault Group,

la Macif et WeRide,

constructeur de ces

navettes automatisées

de 6 m de long pouvant

transporter jusqu’à

8 passagers. WeRide

fournit son Robobus

pour la première fois en

Europe pour un service

de transport de passagers

sur route ouverte en trafic

mixte et sans conducteur

mais a déjà plus de

1000 navettes opérant

Intérieur de la navette autonome.

dans 9 pays.

« Notre collaboration

avec beti nous permet

d'exécuter notre premier

déploiement commercial

de Robobus en Europe, en

utilisant nos antécédents

éprouvés sur les marchés

chinois, singapourien

et du Moyen-Orient, et

finalement renforcer notre

position de leader mondial

dans le déploiement et la

commercialisation de la

conduite autonome L4, a

déclaré Jennifer Li,

directrice financière

et responsable des

affaires internationales

chez WeRide. Mais cela

représente beaucoup

de challenges, chaque

pays ayant ses propres

régulations et des

législations très

différentes. »

On parle souvent de

véhicule autonome,

mais les navettes de

Rovaltain sont des

véhicules automatisés

car, comme le précise

Benjamin Beaudet, CEO

de beti, « si nous parlons

de mobilité "automatisée"

et non "autonome", c’est

véritablement parce que

ce concept et les services

© beti - Alpcat Médias

Navette beti desservant la zone d'activités de Rovaltain et la gare de

Valence TGV.

de transport associés

que nous exploitons

sont veillés par l’humain.

Cela se traduit, par

la présence physique

d’opérateurs à bord lors

des phases de lancement

grand public et par une

solution d’"hypervision"

constante éprouvée (à

partir des caméras situées

sur et dans la navette).

Derrière leur écran, les

"hyperviseurs" ne peuvent

pas conduire la navette à

distance, mais ils peuvent

réagir aux alertes, stopper

le véhicule, dialoguer

avec les passagers,

monitorer le service,

assurer une seconde

couche de sécurité sur la

conduite automatisée et

assurer une amélioration

continue du dispositif.

Nous avons ouvert le

1 er centre d’hypervision

européen à Saint-Donatsur-l’Herbasse,

en juillet

2024. 10 nouveaux emplois

d’hyperviseurs de niveau

3 et 4, tous titulaires du

permis de conduire D et

de la formation adéquate

à la gestion d’un service à

distance, devraient

être créés en 2025 ».

C’est la 1 ère fois à l’échelle

mondiale que WeRide

s’appuiera sur un

opérateur de mobilité

privé local pour déployer

et opérer sa technologie de

conduite automatisée de

niveau 4, sur des navettes

de mobilité partagée.

Le choix technologique

recommandé par

l’exploitant beti, dans le

cadre de son analyse et de

ses expertises, conduit à

l’exploitation d’un matériel

roulant permettant une

vitesse cohérente avec

les règles de circulation

(jusqu’à 40 km/h),

le contournement

dynamique d’obstacles

et le déploiement d’un

service d’hypervision local

et français.

Cette réalisation Rovaltain

s’inscrit ainsi dans

l’appel à projets France

2030, comme le rappelle

Florence Gallay chargée

de missions transports

automatisés de la DGITM,

pour la décarbonation des

mobilités au service de

tous les territoires ruraux

et périurbains.

Jean-Paul Beaudet

© beti - Alpcat Médias

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 15


ÉVÉNEMENT

Global Industrie Lyon 2025

confirme son rôle de plus

grand rassemblement

industriel de France

Avec une participation en forte progression, l’édition lyonnaise 2025

(du 11 au 14 mars) a confirmé son rôle central au sein de l’écosystème

industriel, attirant un public toujours plus nombreux et diversifié. Sur

l’ensemble des quatre jours, les chiffres témoignent d’une dynamique : avec

45 000 visiteurs, la fréquentation a enregistré une hausse de 20 % par rapport

à la dernière édition lyonnaise de 2023, illustrant l’attractivité croissante de

l’événement. La progression est encore plus marquée avec 2 500 industriels

exposants, dont 85 % de PME et d’entreprises de taille intermédiaire.

Lors du point presse organisé

sur Global Industrie le 12 mars,

Julie Voyer, directrice de Global

Industrie, a confirmé que « c’est un vrai

signal qui est envoyé, une nouvelle fois, de

cette envie des industriels d’être présents sur

le salon, avec de nouvelles thématiques ».

Des thématiques présentes sur les

100 000 m 2 du salon et réparties en

14 univers dans les 6 halls : Automatisation,

Digitalisation/IA, Énergie,

Environnement, Process et Services

offraient une vision claire des évolutions

industrielles majeures pour les visiteurs

concernés par la transition énergétique

et écologique, la transformation numérique

ou encore la recherche de nouvelles

compétences.

Cette édition 2025 était placée sur de

nombreux stands sous le signe de l’innovation

robotique et cobotique, en particulier

dans les halls 4 et 2.

Ainsi, ABB Robotics & Discrete Automation,

entreprise leader sur ce marché

de la robotique avec une gamme complète

de robots, de robots mobiles autonomes

et de solutions d’automatisation

16 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

des machines, présentait quelques-unes

de ses solutions pour les entreprises de

toute taille et de tous secteurs, de l’automobile

à l’électronique, en passant par la

logistique. ABB Robotics exposait sa nouvelle

armoire de commande OmniCore.

Cette armoire intelligente assure l’intégration

des capteurs, de l’IA, du cloud et

des systèmes informatiques Edge. Mais

comme le précisait Stéphane Monard,

responsable des ventes services d’ABB,

« ABB développe aussi ses solutions de

rénovation et de remise à niveau des équipements

électriques, avec suivi du cycle de

vie, modernisation des tableaux, conseils

aux PME/ETI sur l’état de leur matériel et

audits électriques et de cybersécurité ».

Universal Robots (UR) présentait ses

cobots de nouvelle génération UR20 et

UR30 dotés d’une charge utile de 25 à

35 kg, ainsi que sa nouvelle plateforme

logicielle PolyScope X, avec son kit AI

Accelerator, un ensemble d’outils pour

faciliter le développement d’applications

cobotiques alimentées par l’IA.

Des applications montraient les possibilités

d’utilisation de cobots UR dans

plus d’une dizaine d’applications industrielles,

UR voulant proposer une technologie

accessible aux PME.

De son côté, Codra présentait ses solutions

MES (Manufacturing Execution

System), BIM et SCADA pour l’Industrie

4.0 : Panorama et COOX pour le

pilotage des process, l’efficacité énergétique

et la digitalisation des opérations.

Schneider Electric dévoilait ses dernières

innovations et solutions autour de deux

enjeux clés pour l’industrie : la décarbonation

et la transformation digitale.

Benjamin Houel, directeur national des

ventes industrie de Schneider Electric,

présentait des solutions pour accompagner

les industriels dans leur transition

énergétique : « Cela inclut les variateurs

de vitesse (jusqu’à 1 MW) pour réduire

la consommation des moteurs, les automates

industriels avec la gamme Modicon

M660 dotée de lala nouvelle technologie

de contrôle de mouvement IPC qui tire

parti des technologies Edge Computing.

Lexium Scara, un robot ultra-compact

et rapide permet d’optimiser les processus

industriels en étant 40 % plus petit que les

modèles standards.

Nous pouvons également faire un jumeau

numérique d’une machine pour concevoir

cette machine, ses réglages (si besoin à

distance) et détecter des problèmes pour

la conception, le suivi, l’exploitation ou la

maintenance.

La décarbonation passe aussi par la fourniture

à nos clients de produits venant

de l’économie circulaire ou l’utilisation

d’acier décarboné pour nos armoires.

Pour la distribution électrique, une innovation

majeure réside dans notre cellule

moyenne tension (MT) RM AirSeT, avec

une coupure dans le vide qui remplace le

SF6, un gaz à effet de serre.

Pour les bâtiments, notre solution EcoStruxure

Building Operation (EBO) permet

d’optimiser en temps réel toutes les

consommations avec une intégration

fluide avec les systèmes existants. »

Wago dévoilait ses dernières innovations

en automatisation et connectivité industrielle

avec le contrôleur PFC 300 et son

processeur dual-core 64 bits et le Compact

Controller 100 Multi-I/O.

Ce rapide tour d’horizon ne donne

qu’une vision partielle de toutes les

innovations présentées à ce salon, mais

un prochain rendez-vous est déjà donné

à Global Industrie Paris 2026 du 30 mars

au 2 avril 2026.

Jean-Paul Beaudet

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 17


AGENDA

20 au 22 mai 21 et 22 mai

4 au 5 juin

4 au 6 juin

SANTEXPO

Paris Expo, porte

de Versailles – Hall 1

SantExpo est l’événement

leader français de la

Fédération hospitalière

de France, qui rassemble

chaque année plus

de 30000 visiteurs,

notamment des décideurs

et professionnels de

santé impliqués dans le

management, la gestion,

le numérique, le parcours

de soin, l’expérience

patient, l’équipement, les

matériels, la construction

et la transformation des

établissements de santé et

médico-sociaux.

Contacts/informations

www.santexpo.com

ARCHITECT@WORK

MARSEILLE

Parc Chanot Hall 8

- Palais de l’Europe,

Marseille

ARCHITECT@WORK

Marseille ouvrira ses portes

pour la 6 e fois les 21 et

22 mai 2025 au Parc Chanot.

L’événement proposera

une sélection rigoureuse

de nouveaux produits,

un programme riche et

complet d’interventions

et d’expositions sur

l’architecture. À venir

découvrir sans modération !

Lors de cette édition 2025,

la thématique « Ressources

du Sud » fait référence

aux matériaux, habitudes

et savoir-faire locaux et

aux ressources/énergies

naturelles.

Contacts/informations

www.architectatwork.com/fr

DRIVE TO ZERO

Paris Expo,

porte de Versailles, Hall 5

Drive to Zero est le rendezvous

des acteurs publics

et privés qui innovent pour

accélérer le déploiement

d’une mobilité décarbonée.

Face aux défis climatiques

et réglementaires, la

décarbonation des

transports est cruciale.

Mais des freins persistent :

idées reçues, complexité

des solutions, inégalités

territoriales. Drive to Zero,

salon de l’innovation pour la

mobilité décarbonée, réunit

tous les acteurs clés pour

lever ces freins et construire

ensemble l’avenir de la

mobilité.

Contacts/informations

www.drivetozero.fr/

CONGRÈS IHF

Centre de Congrès, Lyon

Les 65 es Journées d’Études

et de Formation – JEF – de

l’association des Ingénieurs

Hospitaliers de France –

IHF– ont lieu à Lyon du 4 au

6 juin prochain au Centre

des Congrès. Au-delà

des hôpitaux lyonnais,

les questionnements

sur les orientations en

matière d’investissements

hospitaliers seront

largement abordés lors des

JEF 2025. Le patrimoine

existant est à interroger

avec de nouvelles

approches intégrant les

bilans carbone et la maîtrise

des énergies.

Contacts/informations

www.journees-ihf.com

10 au 12 juin 3 au 5 septembre 16 au 18 septembre 30 sept et 1 er octobre

PRÉVENTICA PARIS

Paris Expo,

porte de Versailles

Il est désormais acquis

pour la plupart des

employeurs que la qualité

de vie et des conditions

de travail constituent

un facteur déterminant

pour l’engagement des

collaborateurs, et donc pour

la performance globale.

Dans un marché du travail

actuel très tendu, les

entreprises sont donc à la

recherche des meilleures

solutions susceptibles de

fidéliser leurs salariés et

de valoriser leur marque

employeur.

Contacts/informations

www.preventica.com/

salon/paris-2025

SIBCA

Grand Palais, Paris

Pour sa 4 e édition, le

Sibca réunira plus de

12 500 professionnels,

250 exposants et

320 intervenants autour

d’une programmation

construite sur les grands

défis climat de toute la

profession : décarbonation

des bâtiments,

transformation des grands

projets urbains et des

territoires, investissements,

industrialisation et

adaptation climatique.

Récemment rénové, le

Grand Palais devient l’écrin

du Sibca 2025. Une occasion

d’élargir la réflexion

à la décarbonation du

patrimoine.

Contacts/informations

https://sibca.fr/fr

NRF RETAIL’S

BIG SHOW

Paris Expo, porte

de Versailles, Halls 4 et 5

La National Retail Federation

(NRF) et Comexposium

font évoluer le salon Paris

Retail Week, rendez-vous

majeur pour tous les

professionnels du retail, qui

deviendra NRF Retail’s Big

Show Europe cette année.

Cette première édition de

l’événement accueillera des

milliers de retailers et de

partenaires commerciaux

issus de toute l’Europe,

qui viendront découvrir de

nouveaux outils, de nouvelles

approches et des innovations

pour répondre au mieux aux

besoins de leurs clients.

Contacts/informations

www.nrfbigshoweurope.

com/fr

IBS

Paris Expo, porte de

Versailles, Hall 2.2

La 15 e édition d’IBS

accueillera la première

édition du symposium

Innovative City. Témoin

et catalyseur des grandes

tendances, IBS 2025 sera

une vitrine technique

montrant les dernières

nouveautés en matière

d’IoT smart, de supervision

et de solutions software

de pilotage intelligent.

Il devrait poursuivre

comme sur les dernières

éditions la promotion

des solutions durables et

résilientes, parmi lesquelles

le stockage d’énergie

couplé aux EnR du

bâtiment (photovoltaïque,

géoénergie…).

Contacts/informations

www.ibs-event.com/

18 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis

par Alexandre Arène

© DR

‘‘

Le salon Drive to Zero met

en avant les solutions pour

décarboner les usages de la route.

’’

Stéphanie Gay-Torrente,

Directrice du salon Drive to Zero et du pôle salons

et congrès collectivités et immobilier d’Infopro Digital

À l’heure où la transition vers une mobilité plus durable s’accélère, le salon Drive to

Zero se positionne comme un rendez-vous clé pour les acteurs publics et privés engagés

dans la décarbonation des usages de la route. Stéphanie Gay-Torrente, directrice

de l’événement, revient sur les thématiques principales et les temps forts de cette

nouvelle édition, qui se tiendra les 4 et 5 juin prochain à la porte de Versailles.

j3e - Pouvez-vous nous présenter Drive to Zero,

les typologies d’exposants et de visiteurs ?

Stéphanie Gay-Torrente – Le salon Drive to Zero met en

avant les solutions pour décarboner les usages de la route. Il

réunit des acteurs institutionnels, des entreprises de travaux,

des énergéticiens et des équipementiers, notamment dans les

domaines des IRVE. Un focus est fait sur les véhicules légers

intermédiaires, soutenus par l’Ademe via le programme

« eXtrême Défi ». Le salon accueille aussi des acteurs des

services, comme les gestionnaires de flottes et les éditeurs

de logiciels. Drive to Zero est un lieu de networking qui

alimente le débat sur la mobilité décarbonée, en abordant

à la fois les innovations technologiques, les modes de

gouvernance et les coopérations.

j3e - Quelles sont les thématiques principales

de cette édition ?

S. G.-T. – Nous avons regroupé les différentes thématiques

en 4 grands « Comment ? ». Le premier concerne les

infrastructures et l’aménagement du territoire pour

préserver les usages et la mobilité. Il s’adresse principalement

aux acteurs de l’urbanisme, des travaux publics et aux

fournisseurs d’énergie. La plénière d’ouverture, sur le thème

« La route, un bien commun en perpétuelle évolution :

revue des tendances vers la route de 2050 », traitera

du partage entre tous les types de véhicules : camions,

voitures, transports en commun, vélos… Le deuxième axe

porte sur les services de mobilité, ou comment réduire

notre dépendance à la voiture individuelle. Il mobilise les

entreprises de transport et les opérateurs, avec des enjeux

de maintenance, de logistique et d’intermodalité. Une

plénière intitulée : « La route et le rail, passions françaises :

une continuité et une complémentarité nécessaires au

service de la décarbonation » établira le lien avec le rail.

Le troisième volet, dédié à l’énergie et aux technologies,

explore comment les innovations peuvent soutenir le mix

énergétique et une mobilité décarbonée. Sur ce sujet, une

plénière « Mobilités et électrification entre souverainetés

technologique, industrielle et énergétique » abordera la

souveraineté électrique de la France et les investissements

nécessaires. Elle sera complétée par un focus sur les Electric

Ways : « Quel avenir pour les autoroutes électriques à travers

l’Europe ? » Enfin, le quatrième axe traite des financements,

coopérations et modes de gouvernance, avec une plénière

intitulée « L’Europe à la manœuvre de la décarbonation et

de l’innovation : quels enjeux européens pour le transport et

la mobilité des années à venir ? »

j3e - Pouvez-vous nous présenter les temps forts

de cette édition ?

S. G.-T. – En premier lieu, nous réitérons cette année nos

prix de l’innovation, avec 6 catégories : Vélo et modes

actifs ; Technologie et innovation des véhicules ; Services

de mobilités et mobilités connectées ; Fret longue distance

et logistique urbaine ; Infrastructures & Énergies ;

Infrastructures & Aménagements. Le jury des prix est

constitué de membres du comité d’organisation du salon.

Nous accueillons également sur le salon une session de

pitch organisée par le programme d’accompagnement et

de financement des startup françaises Graines de Boss :

5 start-ups annonceront leurs levées de fonds et tenteront

d’obtenir des investissements. Par ailleurs, tous les candidats

aux prix de l’innovation vont pitcher sur le salon pour

valoriser et faire découvrir leurs innovations. Enfin, un

circuit permettra aux visiteurs de tester les véhicules légers

intermédiaires sur le salon.

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 19


DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis

par Alexandre Arène

© DR

‘‘ Le thème central de cette 65e édition

des JEF est la performance énergétique

des bâtiments hospitaliers.

’’

Bruno Cazabat

Président de l’association des Ingénieurs

hospitaliers de France

Pour cette 65 e édition des journées d’étude et de formation (JEF) de l’association des

Ingénieurs hospitaliers de France (IHF), le programme se concentre sur trois thèmes

principaux de l’ingénierie hospitalière que sont le développement durable, la maîtrise de

l’énergie et la responsabilité sociétale des organisations. Ces journées, qui se tiendront du 4 au

6 juin prochain à Lyon, sont l’occasion de découvrir des retours d’expériences qui brossent les

problématiques des différents métiers de l’ingénierie hospitalière, soit la maîtrise d’ouvrage,

l’architecture, ou la gestion de l’énergie. Bruno Cazabat, président de l’association IHF, revient

sur les temps forts de cette édition et sur les enjeux de la transformation hospitalière.

j3e - Quels sont les principaux thèmes abordés

et les temps forts de cette édition ?

Bruno Cazabat – Le thème central de cette 65 e édition

des JEF est la performance énergétique des bâtiments

hospitaliers. Ce sujet est au cœur de nos préoccupations

depuis maintenant trois ans, poussé par les pouvoirs publics,

la réglementation et les coûts de l’énergie. La première

journée est composée de deux séances plénières. La première

a pour thème la performance énergétique, au travers de

trois retours d’expériences, pour prouver qu’il est possible

d’apporter des réponses pertinentes d’efficacité énergique à

la conception vertueuse des bâtiments de santé. La seconde

séance plénière, ayant pour thème « réussir un projet », sera

l’occasion de revenir sur des bonnes pratiques en conduite

de projets. La deuxième journée est constituée de six ateliers,

lors desquels trois retours d’expériences seront présentés

pour chaque thématique. Les thématiques abordées sont

les suivantes : maîtrise d’ouvrage, équipements techniques,

développement durable, architecture hospitalière, gestion

patrimoniale et conduite de projets. Enfin, deux ateliers

supplémentaires sont prévus la troisième journée, ayant

pour thèmes : hôpital et numérique et conception technique.

j3e - Comment imaginez-vous l’hôpital de 2050 ?

Bruno Cazabat – L’hôpital de 2050 sera la plupart du temps

situé en milieu urbain, dans des bâtiments déjà existants,

qui devront être réhabilités. Il sera créé en concertation

avec la Ville. Sa conception sera flexible et le bâtiment devra

être adaptable et évolutif, par exemple en permettant de

transformer des chambres en bureaux et inversement, ou

d’adapter les blocs opératoires à la charge en temps réel.

C’est déjà le cas aujourd’hui, mais l’objectif est de réduire la

part d’hébergement et de favoriser l’ambulatoire. Au niveau

énergétique, les toitures des hôpitaux seront nativement

végétalisées et disposeront de panneaux solaires, comme

le prévoit la loi APER (accélération de la production

d’énergies renouvelables). Pour ce qui est des matériaux,

l’hôpital de demain sera constitué de plus de matériaux

naturels et biosourcés, notamment le bois pour la structure

et des isolants naturels. Enfin, ce sera un hôpital numérique,

digitalisé et piloté qui offrira des services à ses patients et

soignants. En prenant en compte ces différentes tendances,

il est évident que nous dessinons aujourd’hui les bâtiments

de santé qui seront livrés dans les 10 prochaines années.

j3e - Quels sont les leviers pour atteindre ces objectifs ?

Bruno Cazabat – Il faut davantage communiquer et

informer les ingénieurs hospitaliers des bonnes pratiques

et des retours d’expériences, ce qui est l’objectif des JEF.

En revanche, nous vivons une réelle intensification

des complexités administratives et des contraintes

réglementaires. Il faut également agir sur l’attractivité de

nos métiers, car nous sommes confrontés à une pénurie

d’ingénieurs. Le statut d’ingénieur hospitalier a fait l’objet

d’une révision, ce qui améliore l’attractivité de nos métiers.

Les écoles d’ingénieurs ne prennent pas suffisamment

en compte les spécificités de l’ingénierie hospitalière et

nous prônons notamment la mise en place de cursus de

spécialisation. La conception et la gestion de l’hôpital

touchent à toutes les sciences de l’ingénieur.

20 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


ANALYSE

IA : les datacenters disposent-ils

des installations adéquates ?

Par Alexandre Javel, responsable prescription nationale chez Socomec

© DR

Les centres de données sont au cœur d’un

changement majeur. Et pour cause, l’intelligence

artificielle (IA) accélère le besoin en électricité tout

en créant de nouvelles demandes et perspectives.

Elle crée des charges de travail lourdes et irrégulières

qui nécessitent des infrastructures informatiques

renforcées, avec une stabilité et une fiabilité encore

plus importantes qu’auparavant.

Comment peut-on donc s’assurer

que les équipements et services

nécessaires pour prendre

en charge ce développement fulgurant

de l’IA seront à même de faire face à ce

bouleversement ?

Faire face aux fluctuations

de charge induites par l’IA

Si l’instabilité de l’alimentation électrique

a toujours été une problématique

majeure pour les opérateurs de centres

de données, elle est aujourd’hui encore

plus critique avec l’émergence de l’IA.

Les applications d’intelligence artificielle

présentent en effet des caractéristiques

de charge uniques, avec des

fluctuations allant de 0 à plus de 100 %.

Dès lors, les systèmes d’alimentation

électrique doivent absolument pouvoir

fonctionner de manière fiable et rester

stables face à une demande croissante.

Les onduleurs traditionnels, conçus

pour des charges plus prévisibles et plus

régulières, auront du mal à répondre

à ces exigences. Les demandes d’énergie

soudaines et importantes risquent

d’entraîner des instabilités au niveau

du réseau électrique, et se traduire par

de coûteuses interruptions, de nombreuses

heures de calcul perdues et de

l’énergie gaspillée.

C’est pour pallier ce risque que des

systèmes d’alimentation sans interrup-

tion (ASI) ont été conçus, de façon à

faire face aux fluctuations rapides des

applications d’intelligence artificielle.

Conformes à la norme IEC 62040-3,

définissant des exigences très strictes

en matière de performance dynamique,

ces onduleurs sont à même de gérer

d’importantes variations de charges.

‘‘

Les systèmes

d’alimentation sans

interruption (ASI) ont été

conçus pour faire face aux

fluctuations rapides des

applications d’intelligence

artificielle. Conformes à

la norme IEC 62040-3,

ces onduleurs sont à même

de gérer d’importantes

variations de charges.

’’

Vers une gestion avancée

des générateurs pour

les applications d’IA

Cela devient particulièrement évident

lorsque l’équipement est alimenté par

un générateur, car la stabilité et la fiabilité

sont vitales pour gérer l’impact des

charges répétitives et pour atténuer les

chutes de tension et de fréquence. Lors-

qu’une ASI performante est alimentée

par le réseau, des fonctions avancées

entrent en jeu. On peut par exemple lisser

la consommation d’entrée, en l’adaptant

à la capacité maximale du réseau et

en tenant compte du gradient de puissance

acceptable.

Parmi les autres fonctionnalités avancées,

on peut citer l’écrêtement des

pointes, où l’onduleur gère la consommation

d’énergie en définissant la

puissance maximale acceptable par

le réseau. Ce faisant, il réduit la pression

globale sur le réseau électrique et

améliore la fiabilité de l’alimentation.

Toutefois, les générateurs sont particulièrement

sensibles aux impacts de

charge répétitifs, qui peuvent entraîner

des baisses de tension et de fréquence,

provoquant en fin de compte

des perturbations pour les charges

connectées.

Dans ce contexte, il convient de recourir

à des ASI à même de gérer dynamiquement

la stabilité du générateur, en

surveillant en permanence sa fréquence.

Lorsque le générateur est instable, que

sa fréquence et sa tension commencent

à baisser, l’ASI intervient intelligemment

en délestant temporairement une partie

de la charge. Le générateur peut donc

retrouver sa fréquence nominale, et

assurer une alimentation électrique sans

interruption.

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 21


LES DOSSIERS

DU MOIS

38 23

SMART HOSPITAL

Établissements hospitaliers,

soigner le confort des

patients et l’empreinte

énergétique

DATACENTERS

© Legrand

© B.E.G.

22 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

L’arrivée de l’IA dans les

datacenters pose de nombreux

défis techniques pour leur

alimentation électrique, leur

refroidissement et leur gestion

L’adoption rapide de l’IA accélère à un niveau inédit l’augmentation de

la puissance nécessaire pour les datacenters. Même si la performance

énergétique des équipements IT et des solutions de refroidissement

a permis une quasi-stagnation des consommations énergétiques des

datacenters pour les applications informatiques classiques, l’arrivée

de l’IA pourrait changer la donne, avec des densités et des puissances

jamais vues. Les équipementiers développent des solutions pour répondre

rapidement à ces nouveaux besoins qui touchent l’alimentation électrique,

le refroidissement ou la gestion, tout en améliorant leur empreinte

environnementale.

Depuis plusieurs semaines, la presse se

fait tous les jours l’écho de nouvelles

annonces de datacenters dédiés à l’IA

aux quatre coins du monde. La France n’échappe

pas à ces annonces depuis le sommet annuel mondial

de l’IA en février dernier à Paris et l’entrée de

la France dans la course à la puissance de calcul

pour l’IA. Les montants d’investissement donnent

le vertige, avec des promesses de 109 milliards

d’euros d’investissements pour la construction de

nouveaux centres de données bas carbone et le

développement d’algorithmes souverains.

De nouvelles solutions techniques pour l’alimentation

électrique, le refroidissement, la gestion des

ressources doivent être trouvées pour faire face

à la croissance exponentielle de cette demande

en améliorant son efficience environnementale :

optimisation énergétique, écoconception et innovation

dans la construction des datacenters.

Quelles caractéristiques et contraintes pour

ces datacenters de demain ?

Tout le monde du datacenter – concepteurs,

exploitants, fournisseurs d’équipement – se pose

la question : avec l’évolution rapide des solutions

d’IA, de leur incidence sur l’architecture et les

équipements techniques du datacenter et de son

évolution, que sera-t-il demain et en 2028-2030 ?

Sébastien Cruz-Mermy, Datacenter Innovation

& Tech explore League leader de Schneider Electric,

donne quelques réponses : « Le premier point

est la performance de calcul avec une meilleure

efficacité énergétique ; une efficacité énergétique

au niveau de l’IA qui devrait aussi concerner la

distribution électrique et le système de refroidissement.

Le second élément est d’avoir dès la phase de

conception, avec l’intégration des différents environnements,

un design qui minimise l’empreinte

carbone, la consommation d’eau, protège la biodiversité

tout en intégrant une composante de flexibilité,

notamment pour être capable de s’adapter à

de nouvelles charges. Mais demain, le datacenter

deviendra un acteur beaucoup plus actif et dynamique

pour contribuer à la décarbonation de son

infrastructure.

Aujourd’hui, on est dans un contexte d’hypercroissance

tirée par le développement de l’IA générative

représentant au niveau européen environ 20 GW

de puissance installée. À cela s’ajoutent trois ruptures

principales : une rupture liée au profil des

charges, une rupture au niveau du développement

durable pour minimiser l’impact environnemental

de ces datacenters dès leur phase de conception, la

troisième rupture étant l’accès à l’énergie. Tout cela ...

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 23

. . . . . . . . .


. . . . . . . .

...

24 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

pour des datacenters qui auront un cycle de vie de

15, 20 ou 25 ans. Au niveau mondial, 40 % de la

capacité installée était déjà liée à l’IA en 2024.

Nous travaillons avec Nvidia depuis plusieurs

mois pour définir les caractéristiques d’un cluster

haute densité, par exemple avec leur dernière version

de GPU Blackwell, pour lequel la densité peut

atteindre 132 kW par rack. On s’est aussi intéressé

à la typologie du système pour arriver à un PUE

inférieur à 1,3, avec comme objectif 1,1 suivant les

zones géographiques avec un système de refroidissement

qui va évoluer vers le liquid cooling. »

L’alimentation électrique doit s’adapter

à cette évolution/révolution

Le fonctionnement de tous ces équipements

informatiques énergivores repose sur une alimentation

électrique disponible et fiable du

Grid-to-chip (du réseau à la puce).

Tous les équipements électriques (poste et cellules

MT, transformateurs, équipements de distribution

dans les racks-PDU, onduleurs et batteries)

doivent être fiables, souvent redondants,

évolutifs, peu consommateurs d’énergie, faciles

à maintenir et avec l’empreinte carbone la plus

réduite possible.

Des projets déjà en cours de lancement

Parmi les projets

identifiés, on distingue

celui de Sesterce qui

prévoit un datacenter

de 40 000 GPU près

de Valence et un

investissement de

450 millions d’euros; le

projet de l’entreprise

britannique Fluidstack

pour un supercalculateur

de 1 GW alimenté par

l’énergie nucléaire et qui

devrait être opérationnel

en 2026, ou encore celui

de Mistral AI sur le site

d’Eclairion, à Bruyères-le-

Châtel (Essonne), un site

spécialisé dans toutes

les activités de calcul

haute performance (HPC).

Des investissements

sont aussi annoncés,

comme celui du fonds

canadien Brookfield

qui prévoit d’investir

20 milliards d’euros d’ici

2030 en France, avec la

construction, à Cambrai

(Nord), d’un second

datacenter de 1 GW.

Un développement de

datacenter devrait aussi se

faire à Grenoble. Charles-

Antoine Beyney, PDG de

DataOne, vient d’annoncer

le démarrage du chantier

de ce datacenter dédié

à l’IA près de Grenoble.

Sur un site de 7 hectares

comprenant plus de

25 000 m 2 de bâtiments

(ancien site HPE et DXC

Technology) seront

hébergés 10 000 GPU livrés

en juillet prochain et 15 000

de plus en fin d’année. La

puissance d’alimentation

sera de 15 MW, avec une

montée en puissance qui

pourrait atteindre 400 MW.

Un PUE objectif de 1,1 a

été annoncé avec, à terme,

la récupération de chaleur

fatale. Un second site

en Isère est prévu près

de Villefontaine.

Une carte de zones

prêtes pour l’implantation

de centres de données

bas carbone pour l’IA

dans les différentes

régions françaises a été

publiée. 35 sites ont été

identifiés en concertation

Nouvelle cellule MT sans SF6 UniSec Air d’ABB.

L’augmentation de la puissance des datacenters

de l’IA demande de nouvelles solutions, comme

l’explique Hatem Bouzidi, responsable du segment

Data Centers France et directeur commercial

Distribution Solutions d’ABB France : « Les

datacenters, moteurs de l’économie numérique,

connaissent une expansion rapide pour répondre

aux besoins en puissance de calcul du cloud et de

l’IA, ce qui entraîne une forte augmentation de la

consommation d’énergie. En effet, les datacenters

de l’IA demandent beaucoup de puissance. Dans

Des zones prêtes pour l’implantation de centres de

données bas carbone pour l’IA à travers la France.

avec RTE et EDF, avec une

disponibilité du foncier

entre 2025 et 2028. L’Île-de-

France, les Hauts-de-France

et le Grand Est sont en tête

pour le nombre de sites

identifiés.

© ABB

...


...

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

Sesterce implantera son premier datacenter dédié à l’IA

près de Valence

Un datacenter dédié à l’IA

devrait être opérationnel

fin 2026 près de Valence

(Drôme). C’est l’annonce qui

a été faite le 13 mars dernier

au Pôle Ecotox de la zone

d’activités Rovaltain, dans

un bâtiment dans lequel

va s’installer ce datacenter,

à deux pas de la gare de

Valence-TGV.

La présentation de ce projet

a été faite par Anthony

Tchakerian, cofondateur

et directeur général de

la société marseillaise

Sesterce. « Le choix

de ce site s’est imposé

naturellement, explique

Anthony Tchakerian. Ce

site se trouve sur le passage

du réseau de fibre noire,

près de la gare de Valence-

TGV, ce qui permettra des

liaisons faciles avec Paris ou

Marseille pour nos équipes.

Nous disposerons avec

Enedis d’une énergie 100 %

bas carbone et l’existence

de ce bâtiment très récent

pour lequel l’Institut

Mérieux nous passe le

relais, nous permettra

d’avancer rapidement. Il y a

aussi la proximité des écoles

d’ingénieurs de Lyon et

Grenoble et un écosystème

industriel dynamique. »

Dans ce projet, Sesterce

va investir 450 millions

d’euros pour la première

tranche de l’infrastructure

d’un datacenter équipé

de 40 000 GPU pour des

services d’inférence et

d’entraînement à l’IA.

Cette implantation devrait

générer plusieurs centaines

d’emplois qualifiés dans

le domaine de l’ingénierie,

de la maintenance et de

la sécurité et développer

un campus d’IA avec des

start-up connectées au

supercalculateur et de

grandes entreprises.

Ce sera aussi une démarche

vertueuse sur le plan

environnemental, car,

comme l’explique Anthony

Tchakerian, « nous visons

un PUE de 1,1 avec un

refroidissement liquide par

boucles d’eau fermées et une

récupération de la chaleur

fatale par un réseau de

chaleur local. Cela permet

un rendement énergétique

un rapport de 1 à 5 par rapport à un datacenter

classique, et il faut beaucoup plus de matériel électrique,

de câbles, d’équipements de sécurité. Le

niveau d’exigence en termes de continuité de service

est le même.

Face à cette demande croissante, et pour soutenir

la transition énergétique des datacenters vers un

modèle plus efficace et écologique, ABB met l’accent

sur la réduction de l’empreinte carbone pour

laquelle nous pouvons citer deux actions : la première

porte sur l’arrêt de l’utilisation du gaz sans

hexafluorure de soufre (SF6) dans les produits

électriques moyenne tension, le SF6 étant un des

gaz nocifs à effet de serre le plus puissant que nous

connaissons. Du fait des directives européennes qui

imposent à partir du 1 er janvier 2026 la suppression

du SF6 dans les matériels électriques, ABB a

développé deux gammes de tableaux électriques

sans SF6 : la gamme UniSec Air conçue pour la

distribution secondaire HTA jusqu’à 24 kV et la

gamme SafePlus Air compacte et étanche. »

de 98 % tout en économisant

96 % d’eau par rapport aux

solutions classiques ».

Les projets de Sesterce ne

s’arrêtent pas là, puisque

leur plan d’investissement

atteint un montant global

de 52 milliards d’euros

pour le déploiement

d’infrastructures d’IA en

France d’une puissance

de 1,5 GW et 1,2 million de

GPU à l’horizon 2030. Après

Rovaltain, Sesterce prévoit

deux projets sur des sites

dans le Grand Est pour

une puissance globale de

Schneider Electric a également remplacé le SF6

dans ses équipements électriques moyenne

tension HTA 24 kV avec un nouveau produit :

RM AirSeT. « Le RM AirSeT permet de limiter

le réchauffement climatique, contribuant ainsi

à atteindre les objectifs de développement durable

de nos clients. Plutôt que d’utiliser le gaz SF6, nous

© Schneider Electric

Bâtiment de Sesterce pour l’implantation de son nouveau datacenter

dédié à l’IA.

600 MW et 500 000 GPU

d’ici 2028, puis 1,2 GW

d’ici 2030. Sesterce devrait

aussi développer un

supercalculateur dans

le sud de la France pour

renforcer les capacités de

calcFranceFrance dans

le domaine de l’IA. Des

réalisations qui devraient

améliorer la souveraineté

française car aujourd’hui,

comme le précise Anthony

Tchakerian, « 75 % du cloud

d’IA est contrôlé par des

hyperscaleurs américains et

moins de 10 % pour l’Europe ».

...

Cellule moyenne

tension 24 kV RM

AirSeT de Schneider

Electric.

© j3e

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 25

. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© DR

AVIS D’EXPERT

« Les datacenters et les

réseaux périphériques sont

essentiels au fonctionnement

des applications d’IA, utilisant

des grappes de calcul à haute

performance, interconnectées

par des réseaux à faible

latence. Cela permet un

traitement parallèle et des

temps d’apprentissage rapides

pour gérer efficacement les

données complexes de l’IA.

Cependant, cette activité

intense nécessite une

énergie stable et dégage une

chaleur plus importante, qui

nécessite une infrastructure

spéciale pour la refroidir

et l’alimenter électriquement.

Le calcul haute performance

a transformé notre monde,

et l’infrastructure numérique

critique doit suivre le rythme.

Comment évoluent les

systèmes de refroidissement ?

26 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

Jean-Pierre Tournemaine, directeur régional Europe du Sud de Vertiv

Tous ces développements de l’IA nécessitent

de disposer rapidement des équipements

techniques adaptés

Chaque acteur de cet

écosystème s’efforce de relever

ce défi et de montrer l’exemple,

surtout lorsque la technologie

et le développement durable

se rencontrent. Cela implique

notamment de promouvoir

l’utilisation d’énergies

alternatives, de développer

des réseaux hybrides

et intelligents, ainsi que de

concevoir des datacenters

innovants pour fournir des

solutions fiables, tout en

réduisant l’impact sur notre

planète.

Selon le rapport 2022 Data

Center Thermal Management

Market Analysis d’Omdia,

la demande énergétique

des baies informatiques des

datacenters devrait passer de

5 à 7 kW à 50 kW ou plus. Cette

augmentation représente une

évolution significative.

À mesure que les

supercalculateurs se

miniaturisent, notre industrie

s’attelle continuellement

à résoudre le défi du

refroidissement tout

en améliorant l’efficience

et en explorant l’utilisation

Les datacenters d’IA pourront héberger des centaines de baies de GPU.

de sources d’énergie

alternatives pour répondre à

la demande croissante.

Les défis posés par la

montée en puissance

de l’IA mobilisent

les ingénieurs. Certains

datacenters pourraient

opter pour des rénovations,

tandis que les futures

installations exploreront

vraisemblablement diverses

conceptions pour relever les

défis liés à la densité et à la

dissipation de la chaleur.

L’IA est une technologie qui

promet de transformer notre

monde, mais son évolution

exacte et ses implications

restent à découvrir. Pour

évaluer son potentiel,

nous devons tenir compte

de la capacité des

datacenters mondiaux

à soutenir l’intelligence

“informatique” croissante

qu’elle nécessitera. Notre

industrie doit donc continuer

à évoluer, en fournissant des

solutions de refroidissement

et d’alimentation

dynamiques et innovantes,

adaptées aux nouveaux défis

des datacenters, afin

de soutenir le potentiel

de l’IA. »

© Vertiv-Nvidia

© Vertiv


... utilisons de l’air pur et la technologie du vide pour

l’isolation et la coupure. L’appareillage de commutation

MT sans SF6 est un meilleur choix, non

seulement pour l’environnement, mais aussi sans

compromis sur les fonctionnalités ni les performances,

explique Mahssa Kafai, vice-présidente

de l’activité Power Systems de Schneider Electric

France. Le RM AirSeT utilise de l’air pur en conservant

les fonctions et les avantages des équipements

moyenne tension (HTA) de la génération précédente.

Sa conception innovante lui apporte plus de

robustesse et de longévité et constitue une solution

en ligne avec les normes de demain. »

Les transformateurs sont un élément important

de l’alimentation électrique des datacenters. Pour

réduire leur empreinte carbone, les transformateurs

moyenne tension-basse tension de Schneider

Electric sont recyclables à plus de 80 %.

Il faut aussi mesurer les consommations électriques

à tous les niveaux de l’installation pour

réduire sa consommation. Pour ce faire, Socomec

a développé le système de mesure DIRIS Digiware.

« Ce système répond aux besoins de la catégorie de

mesure PUE3 de la norme EN 50600-4-2 et garantit

les mesures de consommation depuis l’alimentation

principale jusqu’aux serveurs, explique Denis Hoff,

Area Business Developer Energy Efficiency de

Socomec. Grâce à sa classe de précision 0,5, DIRIS

Digiware conduit à une mesure extrêmement fine

du PUE. Son intégration sur toute une installation

électrique – à unités tap-off ou PDU – permet ainsi

d’obtenir une cartographie détaillée de la répartition

des consommations et des pertes du datacenter. »

Onduleur modulaire MegaFlex DPA d'ABB.

LES DOSSIERS DU MOIS

© ABB

Datacenters

Système de mesure DIRIS Digiware de Socomec.

Onduleur moyenne tension HiPerGuard d’ABB.

Des onduleurs plus puissants, modulaires,

plus flexibles pour une alimentation sécurisée

des sites

Les systèmes d’alimentation sécurisés doivent faire

face à ces nouvelles contraintes pour des sites de

plus en plus puissants, tout en ayant une modularité

et une flexibilité pour suivre l’évolution de ces

sites. L’efficacité énergétique est également un point

important pour limiter les pertes et réduire les coûts

opérationnels.

Comme l’explique Hatem Bouzidi, « la 2 e action

d’ABB pour réduire l’empreinte carbone concerne nos

onduleurs modulaires de forte puissance MegaFlex

DPA, reposant sur une architecture parallèle décentralisée

(DPA). Avec une conception et un encombrement

réduit, cette solution permet également de

réduire l’empreinte carbone grâce à son haut rendement

(97,4 %) et donc, de réduire la consommation

d’énergie pendant toute la durée de vie du produit.

Ces onduleurs ont obtenu le label PEP ecopassport

qui vérifie la performance tout au long du cycle de vie

du produit dans un cadre de référence international.

Ces différentes solutions sont parfaitement adaptées

au secteur des datacenters ou encore dans les

...

© Socomec

© ABB

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. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© Socomec

Nouvel onduleur

Galaxy VXL

500-1250 kW

de Schneider

Electric.

© Schneider Electric

Onduleur Delphys

XM 800 kW de

Socomec.

...

28 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

infrastructures critiques. Elles représentent l’avenir

et ouvrent la voie à des pratiques plus vertueuses

pour l’environnement. Le bilan carbone

d’un datacenter avec ces solutions est positif. Nous

travaillons également sur la recyclabilité de nos

produits sur toute la chaîne de valeur. Nous avons

notamment mis en place pour notre gamme UPS

le programme ABB EcoSolutions qui intègre les

principes de circularité et permet une transparence

totale sur les impacts environnementaux tout au

long du cycle de vie du produit.

L’augmentation de la demande en données nécessite

des datacenters de plus en plus énergivores.

L’arrivée massive des datacenters de l’IA change

totalement l’échelle de puissance (de x1 à x5

concernant la taille des datacenters). Pour

répondre à cette tendance, ABB a

développé l’onduleur moyenne tension

HiPerGuard, la nouvelle génération

de système d’alimentation sans interruption

en HTA avec une résistance

accrue aux perturbations du réseau

et fournissant une alimentation fiable

jusqu’à 24 kV. Cette solution de rupture

accroît la fiabilité et réduit les

coûts de construction et d’exploitation,

ainsi que l’empreinte carbone en réduisant

le nombre d’onduleurs, donc les

coûts de maintenance.

Ce produit est déjà installé en Australie

et au Canada et l’IA devrait être un

vecteur de développement pour ce type

de technologie, car elle permet de repenser

le type de datacenter que l’on va

construire. L’économie sur le coût total

de possession, en passant de plusieurs

onduleurs BT basse tension à un onduleur

© Schneider Electric

Tiroir débrochable 3U de 125 kW de l’onduleur

Galaxy VXL.

MT moyenne tension, pourrait être de 15 à 25 % ».

Schneider Electric a présenté, lors du dernier

salon Data Center World Paris (2024), son nouvel

onduleur triphasé, compact et modulaire

Galaxy VXL adapté aux grands et très grands

datacenters. D’une puissance de 500 kW à

1 250 kW, il peut se mettre en parallèle jusqu’à

4 onduleurs pour la capacité (5 MW) ou 5 onduleurs

pour la redondance (5 MW N+1).

Galaxy VXL est compatible avec les batteries

lithium-ion ou VRLA classiques, offrant une

autonomie flexible et prévisible pour les charges

critiques.

« Sa conception compacte évoluée, sa technologie

haute densité et son architecture à tolérance de

panne optimisent la disponibilité, l’efficacité opérationnelle

et la protection des charges critiques tout

en réduisant le coût total de possession (TCO),

précise Pierre-Antoine Louvot, UPS Business

Development & Offer Country Manager de

Schneider Electric France. Grâce à ses technologies

brevetées, cet onduleur offre une efficacité

énergétique allant jusqu’à 97,5 % en mode double

conversion et jusqu’à 99,3 % en mode eConversion

(mode activable dès 5 % de charge). Ce dernier

mode haute efficacité breveté et développé par

Schneider Electric garantit une protection de l’alimentation

Classe 1 tout en réduisant d’un facteur

de deux les émissions de carbone liées au fonctionnement

des onduleurs en double conversion. Ce

mode eConversion permet de recharger la batterie

et d’offrir une correction de facteur de puissance et

une compensation des harmoniques, ce qui en fait

une solution polyvalente pour les charges informatiques

et non informatiques.

L’évolutivité permet de financer au fur et à mesure

de l’évolution de puissance demandée, réduisant à

la fois les investissements et le coût total de possession

(TCO). Un module de puissance supplémentaire

pour la redondance interne N+1 permet de

protéger la charge et multiplie par 10 la disponibilité

du système sans encombrement supplémentaire,

compatible avec le plus haut Tier de sécurité

des datacenters, le Tier 4 avec une redondance

maximale afin de minimiser le temps de panne

(30 min maximum par an). »

Pour Clément Barthelmels, Datacenter Segment

Manager de Socomec, « la croissance fulgurante


LES DOSSIERS DU MOIS

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© Socomec

Onduleur

modulaire

MODULYS XM de

Socomec.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

des applications d’intelligence artificielle a entraîné

de nouveaux besoins dans le domaine de la gestion

de l’énergie au sein des centres de données.

Conçu pour gérer les fluctuations rapides propres

à l’IA, notre onduleur DELPHYS XM répond à ces

besoins en offrant une densité de puissance inégalée.

Et pour cause, il délivre jusqu’à 800 kVA/kW

avec une empreinte au sol de seulement 0,8 m², ce

qui en fait l’un des onduleurs les plus compacts du

marché. Sa conception économe en énergie permet

d’atteindre un rendement de 99 % en Smart

Conversion et de 97,1 % en Double Conversion en

ligne, réduisant considérablement la consommation

d’énergie, les besoins en refroidissement et les

émissions de CO₂. L’exploitation de l’ASI en mode

Smart Conversion à une charge moyenne de 50 %

permet d’économiser 42 tonnes de CO₂ par an.

Autre solution disponible sur le marché, le

MODULYS XM est un onduleur moyenne puissance

construit sur des modules 50 kW. Il garantit

une disponibilité optimale de l’énergie électrique

aux datacenters et a été conçu pour durer plus de

25 ans, soit plus longtemps que les applications

qu’il alimente. Il n’y a donc plus besoin (ou presque)

d’effectuer de dépenses importantes dans le remplacement

des onduleurs. Constitué d’un ensemble

de plus de 25 pièces préconçues et normalisées, le

MODULYS XM peut être configuré dans une multitude

de combinaisons afin de créer une solution

sur mesure. De plus, grâce aux modules de puissance

remplaçables à chaud, la puissance du système

peut être augmentée à la demande, et ce, en

moins de 2 minutes par le personnel sur site. Certifiés

par un laboratoire indépendant, les modules

du MODULYS XM ont une fiabilité éprouvée de

plus de 1 000 000 heures de temps moyen entre

Onduleur Keor FLEX

de 1200 kW de Legrand.

pannes (MTBF), ce qui est au moins quatre fois

supérieur aux meilleurs standards du marché ».

Le suivi de l’état et de la maintenance des équipements

est important, et pour connaître à

tout moment et en temps réel l’état des alimentations

sans interruption, Socomec a développé

une application gratuite, SoLive. Clément

Barthelmebs explique : « Cette application SoLive

est accessible depuis tout modèle de smartphone

ou de tablette pour recevoir des notifications instantanées

en cas d’événement imprévu. Avec la

technologie de dépannage à distance, les experts

de Socomec peuvent se connecter à l’onduleur afin

d’effectuer des tests et diagnostics. Grâce à une

approche intelligente et à la fonction SoLink, les

anomalies sont détectées et les mesures correctives

appropriées sont elles aussi prises à distance, sans

nécessiter une présence physique sur l’installation

en vue de limiter à la fois les pertes et les émissions

de carbone liées au transport. Cette offre de services

complète est inédite sur le marché. »

Pour répondre aux besoins croissants en énergie

et en disponibilité des centres de données,

Legrand a développé plusieurs gammes d’onduleurs

triphasés de puissance avec une architecture

modulaire et évolutive.

UPSaver est un onduleur évolutif jusqu’à 21 MW

en système parallèle à partir d’unités de 2,67 MW,

constituées de modules de 333 kW. UPSaver a un

rendement atteignant 97,2 %. C’est un système

polyvalent permettant d’effectuer toute maintenance

ou redimensionnement de l’alimentation

pendant que les unités sont en ligne.

Keor XPE est une alimentation complète et évolutive

basée sur des modules de puissance de

250 ou 300 kVA permettant d’atteindre jusqu’à

© Legrand


2,1 MVA de puissance nominale. Pour des puissances

inférieures, Legrand propose ses gammes

Keor MOD (25-250 kW) et Trimod HE de 10 à

80 kW.

La nouvelle gamme Keor FLEX est une alimentation

sans interruption (ASI) en ligne à double

conversion triphasée conçue pour les centres

de données, offrant une architecture modulaire

entièrement échangeable à chaud qui assure une

croissance sans interruption, optimisant le coût

total de possession (TCO).

« Avec une efficacité allant jusqu’à 98,4 % en

mode double conversion, le Keor FLEX réduit la

consommation d’énergie et les coûts de refroidissement.

Son design évolutif, prenant en charge

jusqu’à 1,2 MW dans un seul cadre et extensible

à 4,8 MW, permet un dimensionnement optimal

de la puissance en fonction de la charge à protéger.

La modularité entièrement échangeable à chaud,

l’accès total par l’avant et le diagnostic prédictif

permettent une maintenance et une opération de

service faciles et confortables, réduisant les coûts

et augmentant la disponibilité », explique Marc

Marazzi, VP chez Legrand Data Center Europe.

Séverine Hanauer, directrice Segments stratégiques

Télécom & Déploiement Edge, Europe du

Sud de Vertiv, présente la dernière gamme d’onduleurs

de puissance de la marque : « La nouvelle

gamme d’ASI Vertiv Trinergy a été conçue afin

d’optimiser la consommation électrique dans les

datacenters, améliorant de manière significative

l’efficacité énergétique tout en réduisant les coûts

d’exploitation. C’est une solution intégrée qui associe

performance et faible encombrement, permet

d’économiser 30 % de surface au sol et offre un rendement

en double conversion exceptionnel jusqu’à

97,1 % ou 99 % avec le mode Dynamic Online. Ce

taux de rendement supérieur réduit le gaspillage

d’énergie et les besoins de refroidissement. Ceci permet

la diminution de la consommation électrique

globale et des coûts d’exploitation des datacenters,

tout en garantissant que les opérations critiques

sont protégées en permanence par une alimentation

fiable et ininterrompue.

Vertiv Trinergy se distingue par sa conception

avancée et sa flexibilité inégalée. L’une de ses principales

caractéristiques est l’intégration transparente

avec diverses sources d’énergie, y compris les

batteries lithium-ion et nickel-zinc, lui permettant

d’offrir une alimentation de secours adaptable et

personnalisée à une variété de besoins opérationnels.

De plus, les fonctionnalités de partage d’alimentation

continue de Vertiv Trinergy à travers

plusieurs sources d’énergie permettent une gestion

d’alimentation fiable, même pendant les charges

variables. Cette fonctionnalité est entièrement

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

optimisée pour l’intégration avec un appareillage

électrique sur skids et des modules d’alimentation,

offrant un niveau supérieur de flexibilité pour la

gestion de l’alimentation secourue. »

Vertiv Trinergy peut également être associé

à un tableau de distribution conçu pour former

un bloc unique sur le site du client : Vertiv

PowerNexus. « C’est une solution idéale pour les

opérateurs de datacenters qui souhaitent accélérer

le déploiement informatique, explique Séverine

Hanauer, en particulier pour les clients de l’hyperscale

et de la colocation qui mettent en œuvre des

modules d’alimentation et des skids d’alimentation.

Il permet de répondre à leurs principales priorités,

notamment simplifier l’installation et optimiser

l’encombrement des équipements techniques pour

laisser plus d’espace aux salles informatiques génératrices

de revenus.

Trois options d’intégrations sont possibles :

• Intégration sur site : produits conçus pour l’interconnexion

électrique, mécanique et numérique ;

• intégration dans un skid : produits disposés de

manière optimale sur un skid connecté électriquement,

mécaniquement et numériquement ;

Solution Vertiv PowerNexus

associant un onduleur Trinergy

et des armoires de distribution

d'énergie.

...

Onduleur modulaire

LibertTrinergy Cube

de 150 kW à 3,4 MW

de Vertiv.

© Vertiv

© Vertiv

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© Carrier

Installation de

refroidissement de

datacenter Carrier.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

• intégration dans une armoire : produits préintégrés

dans une armoire connectée électriquement,

mécaniquement et numériquement.

L’intégration du Vertiv PowerNexus est réalisée en

usine, permettant d’économiser du temps d’installation

sur le site. Le système intégré Vertiv EPMS

(energy and power monitoring system) avec surveillance

de l’énergie intégrée rend le système plus

sûr, plus fiable et plus exploitable dès sa mise en

service en augmentant la visibilité et en réduisant

le nombre d’interconnexions. »

Le refroidissement doit s’adapter à l’augmentation

de puissance des racks de l’IA

Comme le rappelle Jean-Pierre Tournemaine,

l’évolution rapide de la puissance des racks, qui

vont passer rapidement de 20-30 kW à plus de

120 kW en fonction de l’apparition de nouveaux

GPU, demande de nouvelles solutions de refroidissement

:

« Plusieurs approches, dans ce contexte :

• une approche courante est le refroidissement à

air, où l’on utilise des échangeurs de chaleur de

porte arrière en combinaison avec le refroidissement

à air. Cette méthode permet de transférer la

chaleur à l’extérieur des serveurs ;

• le refroidissement par immersion implique d’immerger

les serveurs et autres composants dans un liquide

ou un fluide diélectrique thermoconducteur ;

• le refroidissement liquide direct-to-chip fonctionne

en faisant circuler un liquide de refroidissement

à travers des plaques froides situées

au-dessus des sources de chaleur à l’intérieur

des ordinateurs. Ces plaques évacuent la chaleur

lorsque le liquide circule, permettant ainsi de

refroidir plus efficacement les composants.

Face à la croissance continue de l’IA, les centres de

données doivent coordonner étroitement le refroidissement

par liquide et par air, en adoptant une

stratégie hybride pour optimiser l’efficacité et les

performances. »

Réduire les consommations d’énergie

et l’empreinte environnementale

Carrier développe son offre CVC pour les

datacenters en insistant sur la responsabilité

environnementale et la nécessité de décarbonation

de ces datacenters à prendre en compte dès

leur conception.

« Plusieurs éléments sont donc à prendre en considération,

tels que l’optimisation du PUE (Power

Usage Effectiveness), l’utilisation intelligente de

l’énergie et de la chaleur, limiter le renouvellement

des équipements, mesurer la consommation

instantanée du parc de machines… L’utilisation

de fluide à bas GWP, la récupération de chaleur,

le free cooling et l’amélioration des performances

machines sont autant de technologies que Carrier

met en place pour aider à réduire l’empreinte carbone

des datacenters.

Carrier vient de lancer une gamme de groupes de

production d’eau glacée à hautes performances

pour les datacenters, étudiée pour utiliser le moins

d’énergie possible et abaisser les émissions de carbone,

tout en permettant aux opérateurs de réduire

leurs coûts d’exploitation. Avec plusieurs tailles disponibles

comprises entre 400 kW et 2100 kW, ces

groupes certifiés Eurovent et AHRI reprennent la

formule éprouvée des compresseurs à vis Carrier,

gage de rendement, de fiabilité et de longue durée

de service.

Ces nouveaux groupes de production d’eau glacée

à vis et condensation par air AquaForce 30XF sont

100 % vitesse variable et équipés d’un free cooling

hydraulique intégré, une association permettant

des économies d’énergie pouvant atteindre 50 % en

free cooling total.

Proposés avec un fluide frigorigène HFO à potentiel

de réchauffement global ultra-bas, le R-1234ze(E),

ces groupes sont particulièrement résilients grâce

à leur système de redémarrage ultrarapide qui,

en cas de coupure de courant, est capable de revenir

à 100 % de la puissance frigorifique dans les

2 minutes qui suivent le rétablissement du réseau

électrique. C’est la garantie que les serveurs sensibles

ou critiques sont en permanence refroidis et

les données protégées. »

Refroidissement par porte arrière

L’échangeur de chaleur à eau de porte arrière ou

Rear Door Cooling (RDC) est conçu pour gérer

le refroidissement de charges thermiques élevées

dans les racks de serveurs GPU, de calcul HPC

ou de stockage haute densité. La chaleur dissipée

...


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© Vertiv

Solution de

refroidissement

CoolLoop RDHX

de Vertiv.

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LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

par les équipements sera évacuée par un échangeur

de chaleur air-eau et transférée dans le circuit

d’eau de la salle informatique. Le RDC s’installe

à l’arrière des racks d’équipements.

Legrand propose des solutions de refroidissement

de la porte arrière ColdLogik/USystems.

Pour Scott Bailey, CE0 de Legrand-USystems,

« ces solutions ColdLogik/USystems, allant

du refroidissement en rangée aux RDX (Rear Door

Heat Exchanges), présentent l’avantage d’être une

véritable solution évolutive et flexible qui utilise la

tuyauterie existante des clients, réduisant ainsi les

dépenses d’investissement initiales pour établir des

solutions à plus haute densité. À titre d’exemple,

les RDX ont maintenant la flexibilité de refroidir

une armoire de 20 kW, avec la possibilité de l’adapter

à 100-200 kW, car la technologie de l’IA et les

solutions de calcul élevé augmentent leur demande

d’alimentation et de refroidissement à la demande.

À l’heure actuelle, la solution de porte arrière est

un moyen très efficace et rapide d’avoir une véritable

flexibilité sur la croissance de la demande

pour les entreprises de centres de données. Au fur

et à mesure que nous constatons l’augmentation

de la puissance et du refroidissement avec divers

modèles d’IA et fabricants de puces, vous verrez

diverses solutions de refroidissement hybrides. Une

solution hybride typique que nous voyons actuellement

sur le marché est une solution de refroidissement

direct à la puce, avec un modèle de porte

arrière pour permettre une véritable croissance

flexible et évolutive ».

Marc Marazzi, VP chez Legrand Data Center

Europe, ajoute : « Nos refroidisseurs de porte arrière

ColdLogik permettent de refroidir jusqu’à 200 kW/

rack en utilisant 800 watts de puissance pour cette

© Vertiv

Unité de

refroidissement

liquide-air Vertiv

XDU.

porte arrière particulière. Maintenant, si nous imaginons

ce que coûte le fonctionnement d’une unité

CRAC pour fournir cela, c’est incroyablement inefficace

par rapport à ce qu’un refroidisseur de porte

arrière peut réaliser. Et avec les refroidisseurs de porte

arrière, vous pouvez commencer petit, donc vous

refroidissez, disons, 72 racks, et si vous avez besoin

de plus, vous ajoutez simplement des ventilateurs. »

Vertiv vient d’annoncer le lancement de Vertiv

CoolLoop RDHx, un échangeur de chaleur

(RDHx) haute densité à eau glacée conçu pour

prendre en charge les exigences thermiques

croissantes de l’IA, du calcul haute performance

(HPC) et d’autres charges de travail informatiques

à forte densité de puissance. Désormais

disponible dans le monde entier avec des capacités

allant jusqu’à 80 kW par rack, la solution est

une extension de la famille d’échangeurs de chaleur

à porte arrière Vertiv Liebert DCD.

Le Vertiv CoolLoop RDHx est un remplacement

de porte de refroidissement par air compact et

économe en énergie, qui peut être déployé en

tant que solution autonome ou prendre en charge

© Vertiv


© Schneider Electric

le refroidissement liquide directement sur puce.

Le module de ventilation intégré au système

offre un contrôle précis du flux d’air, réduisant la

consommation d’énergie tout en optimisant les

performances de refroidissement.

« Le Vertiv CoolLoop RDHx dispose d’une configuration

de porte arrière peu encombrante et s’intègre

parfaitement à la boucle de refroidissement

liquide, simplifiant la dissipation de chaleur tout

en maintenant l’efficacité et l’évolutivité pour les

environnements à haute densité », commente

Séverine Hanauer.

Refroidissement liquide direct-to-chip

Le refroidissement « direct sur puce » ou « directto-chip

» (D2C) consiste à établir une boucle de

refroidissement, un liquide froid étant envoyé

vers les « cold plates » montées sur les composants

les plus chauds (CPU ou GPU). La chaleur

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

absorbée est ensuite renvoyée vers une unité

de distribution de liquide de refroidissement

(CDU), puis vers un échangeur de chaleur.

Séverine Hanauer explique le fonctionnement de

L’Edge AI, ou l’intelligence artificielle à la périphérie,

se développe

Datacenter préfabriqué de Schneider Electric.

L’Edge AI ou IA à la

périphérie vise à rapprocher

l’utilisation de l’intelligence

artificielle à la périphérie du

réseau, où les données sont

générées par des capteurs,

des machines industrielles

ou médicales, des caméras

intelligentes et l’IoT.

Cela va permettre un

contrôle et une sécurité

plus stricts sur les données

de l’entreprise et une

faible latence pour toutes

les tâches en temps réel.

Les données de tous ces

équipements ne seront plus

envoyées vers le cloud pour

analyse, mais le système

Edge AI va les traiter

localement et permettre des

actions immédiates pour des

actions sensibles au temps.

Lorsque la bande passante

est limitée, cela permet

également de diminuer

la quantité de données

envoyées vers le cloud.

Une nouvelle architecture

d’IA va ainsi s’installer

à la périphérie dans des

usines, des commerces,

des hôpitaux ou des

établissements financiers et

va améliorer la sécurité et la

confidentialité des données

sans les transmettre sur des

réseaux vulnérables aux

cyberattaques.

Selon des données de

Gartner, « d’ici fin 2025,

50 % des données gérées

par les entreprises

seront traités en dehors

des centres de données

traditionnels ou du cloud,

dans des lieux tels que

des usines, des magasins

ou des établissements

médicaux. De plus, d’ici

2026, au moins la moitié

des déploiements de l’Edge

Computing intégrera des

solutions d’apprentissage

automatique ».

Les solutions de datacenter

modulaires peuvent

répondre aux besoins

des entreprises d’IA à la

périphérie, en fournissant

l’infrastructure, la puissance

de calcul et électrique et le

refroidissement nécessaire

à l’entraînement et à

l’inférence des modèles d’IA.

Schneider Electric aide ses

clients à résoudre les défis

de l’IA afin qu’ils puissent

tirer pleinement parti de

cette technologie pour

devenir plus compétitifs :

« Chaque unité fournit une

infrastructure modulaire

spécialement conçue

et adaptée à des cas

d’utilisation spécifiques.

Les conceptions peuvent

ensuite être mises à l’échelle

en clusters reproductibles

pour être déployées partout

où les clients ont besoin

d’une infrastructure rapide,

adaptable et évolutive

© Vertiv

© Rittal

Système de

refroidissement liquide

CDU+DLC de Rittal-Efirack.

...

pour atteindre leurs objectifs

stratégiques en matière d’IA ».

Pour le refroidissement,

comme l’explique Séverine

Hanauer, « une solution de

refroidissement DCL avec un

CDU air/liquide permet une

mise en œuvre plus simple et

rapide sur un site. En effet, elle

ne nécessite pas l’existence

d’un système de production

d’eau tempérée, ce dernier

étant parfois impossible à

installer sur des sites Edge

du fait des contraintes de

place et d’environnement du

bâtiment. Il faut noter que les

puissances de refroidissement

disponibles aujourd’hui par

unité CDU air/liquide sont

plus réduites qu’avec un CDU

liquide/liquide (entre 6 et

10 fois moins puissante par

unité CDU) ».

Rack DLC

de Vertiv.

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© J3e

CDU Uniflair

de Schneider

Electric.

© Schneider Electric

Solution de

refroidissement

liquide par immersion

de TotaLinux ITrium.

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LES DOSSIERS DU MOIS

...

Datacenters

ces ces CDU et comment

ils s’intègrent dans tout

le système de refroidissement

de la salle

informatique : « Le

refroidissement DLC

(Direct Liquid To Chip)

nécessite de positionner

un CDU (Coolant Distribution

Unit) à côté

de la baie ou des baies

informatiques à très

haute densité qu’il doit

refroidir.

Le CDU est un équipement

sous forme d’armoire

qui se place dans l’alignement

de la baie informatique afin de réduire au

maximum la longueur du circuit d’eau refroidie en

sortie, qui va venir alimenter la ou les baies informatiques.

Il ne remet donc pas en cause le principe

d’une architecture de baies disposées en rangées.

Si le système CDU est à technologie liquide/liquide,

la mise à disposition d’un réseau d’eau tempérée

dans la salle informatique est nécessaire pour son

fonctionnement.

Si le système CDU est à technologie air/liquide,

dans ce cas, pas de réseau d’eau tempérée requis

sur le site, la chaleur est rejetée directement dans

la salle informatique.

Dans les deux cas, la salle informatique doit disposer

également d’un système de refroidissement

classique en rangée ou en périphérie (à base d’eau

glacée ou à détente directe), car le système DLC ne

peut assurer seul 100 % des besoins de refroidissement

d’une baie en extrême densité.

La puissance de refroidissement classique en parallèle

du système DLC doit représenter, en général,

entre 15 % et 100 % de la puissance du CDU : ceci

est fonction de la technologie DCL liquide/liquide

ou DLC air/liquide appliquée dans la salle infor-

matique et de la présence d’autres types d’équipements

IT et de refroidissement dans le même

espace. »

En étroite collaboration avec des hyperscalers

et des OEM de serveurs, Rittal a développé une

unité de distribution de refroidissement (CDU)

modulaire qui offre une capacité de refroidissement

de plus de 1 MW. La CDU utilise un refroidissement

liquide direct basé sur l’eau – et constitue

donc un exemple de nouvelles technologies

d’infrastructure informatique qui sont des catalyseurs

pour les applications d’IA.

Pour Luc Alsenne, Business Developer de Rittal-Efirack,

« grâce à la modularisation et aux

avantages de conception de l’Open Rack V3, dont

Rittal a fait progresser le développement dans le

cadre de l’Open Compute Project (OCP), le serveur

du rack est connecté aux entrées et sorties centrales

du circuit d’eau via des connexions standardisées

au niveau du collecteur. L’alimentation est fournie

par le jeu de barres CC standardisé du rack. Les

unités fonctionnelles de la CDU, telles que l’unité

de commande centrale et plusieurs unités de circulation

de liquide de refroidissement (CCU), sont

entièrement modulaires et peuvent être facilement

glissées dans le rack. Ce concept offre un avantage

majeur en termes de service : les composants tels

que le contrôleur, les capteurs, les filtres et les unités

de pompage de la solution In-Row peuvent être

entretenus pendant le fonctionnement et facilement

remplacés par “remplacement à chaud” ».

Pour Schneider Electric, « en moins de 5 ans, on

est passé d’une densité de 40 kW/rack à plus de

120 kW/rack pour les GPU les plus énergivores.

Le refroidissement liquide est nécessaire dès que la

densité de puissance dépasse 50 kW/rack, ce qui est

aujourd’hui la majorité des nouveaux datacenters

en projet. Nous proposons des groupes de climatisation

avec refroidissement à l’air extérieur couplé

à de l’air refroidi et, associée à ces groupes, une centrale

de distribution d’eau qui permettra de refroidir

avec de l’eau glycolée directement sur les composants

critiques tels que les GPU, dont la densité

ne fait qu’augmenter ».

Schneider Electric a finalisé l’opération annoncée

d’acquisition d’une participation majoritaire dans

Motivair Corporation, une entreprise spécialiste

du refroidissement liquide et des solutions avancées

de gestion thermique pour les systèmes de

calcul haute performance. Selon les termes de la

transaction, le spécialiste de la transformation

numérique de la gestion de l’énergie et des automatismes

a fait l’acquisition d’une participation

initiale de 75 % au capital de Motivair. Le groupe

compte acquérir les 25 % de participation minoritaire

restant en 2028.


Refroidissement par immersion

Le refroidissement par immersion consiste

à immerger les serveurs dans de grands bacs

remplis d’huile de synthèse diélectrique

(non-conductrice d’électricité). Le système

repose sur une recirculation du fluide en circuit

fermé grâce à une pompe et à un échangeur thermique

qui peut permettre la récupération de la

chaleur fatale.

Comme l’explique Frédéric Delpeyroux, CEO de

TotaLinux & ITrium, développeur de solutions

de refroidissement par immersion, « la solution

innovante d’ITrium est constituée de trois sous-ensembles

:

• Le matériel informatique

• Le bac d’accueil du matériel informatique avec

son liquide

• L’échangeur thermique qui régule la température

Ce type de refroidissement nécessite un fluide qui

a des propriétés particulières (diélectrique et caloporteur).

Il est de plus non toxique, ininflammable

et biodégradable. Le principe consiste en une recirculation

du fluide en circuit fermé par le biais

d’une pompe couplée à un échangeur externe afin

d’en assurer le refroidissement.

Les avantages de notre solution sont nombreux :

aucune émission de CO 2

et de GES, pas de

consommation d’eau, aucun risque d’incendie,

aucune variation de température des équipements

électroniques, aucune humidité ou poussière. L’infrastructure

est simple, beaucoup moins coûteuse

et respectueuse de l’environnement ».

Un premier datacenter ITrium, dédié à l’IA et

au HPC, d’une puissance de 1 MW est en cours

d’installation à Jouy-en-Josas (Yvelines).

Une solution pour s’adapter aux températures

d’eau fluctuantes des applications HPC ou IA

Vertiv a ajouté à son offre une nouvelle solution

pour le refroidissement liquide et par air de l’IA :

le Vertiv CoolLoop Trim Cooler. C’est une solution

efficace et peu encombrante, conçue pour

fonctionner avec des températures d’eau fluctuantes

communes aux applications IA et HPC.

« S’intégrant parfaitement aux environnements à

haute densité refroidis par liquide, le VertivCool-

Loop Trim Cooler offre une efficacité opérationnelle

et s’aligne sur les besoins évolutifs du secteur

pour des solutions de refroidissement compactes

et efficaces en énergie. Il offre jusqu’à 70 % de

réduction de la consommation annuelle d’énergie

de refroidissement grâce au free cooling et au

fonctionnement mécanique, et 40 % d’économie

d’espace par rapport aux systèmes traditionnels.

Conçu pour répondre aux défis des usines d’IA

modernes, le système supporte les températures

LES DOSSIERS DU MOIS

Datacenters

Solution CoolLoop Trim Cooler de Vertiv.

fluctuantes de l’eau fournie jusqu’à 40 °C et la fonctionnalité

de la plaque froide à 45 °C. [Photo 22]

Le Vertiv CoolLoop Trim Cooler utilise un réfrigérant

à faible PRG et offre une puissance de

refroidissement évolutive jusqu’à près de 3 MW

dans la configuration refroidie par air. Grâce à des

batteries de free cooling optimisées pour les températures

ambiantes supérieures, le système est conçu

pour fonctionner en mode free cooling dans davantage

de saisons et de conditions, pour une consommation

électrique et des émissions de CO 2

réduites.

Il est conforme aux restrictions de la réglementation

européenne F-GAS de 2027, évitant de devoir

procéder à des reconceptions coûteuses ou à des

mises à niveau de l’infrastructure pour répondre à

cette future exigence réglementaire ».

Un jumeau numérique pour simuler les

besoins en énergie des infrastructures d’IA

En s’appuyant sur le projet NVIDIA Omniverse

pour les jumeaux numériques des infrastructures

d’IA, Schneider Electric s’est associé à ETAP

pour développer des jumeaux numériques qui

rassemblent plusieurs sources pour les systèmes

mécaniques, thermiques, électriques et de mise en

réseau.

« La technologie de modélisation sophistiquée

d’ETAP créera une réplique virtuelle de l’infrastructure

électrique d’un centre de données, et la combinera

avec des données en temps réel, des analyses

avancées et des informations sur les systèmes d’énergie.

Des algorithmes intelligents analysent et prédisent

la consommation d’énergie et les schémas de

distribution », explique Schneider Electric.

Alors que l’adoption de l’IA s’accélère, les startup,

les entreprises, les fournisseurs de colocation et

les géants d’internet doivent repenser la conception

et la gestion des centres de données pour

répondre au besoin croissant en efficacité énergétique.

Jean-Paul Beaudet

© Vertiv

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© Sauter

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LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hospital

Établissements hospitaliers,

soigner le confort des

patients et l’empreinte

énergétique

La performance énergétique et la gestion intelligente des bâtiments sont

essentielles dans le secteur de la santé. Avec les décrets BACS et tertiaire,

les bâtiments de santé doivent adapter leurs infrastructures pour améliorer

le confort, la qualité des soins et réduire les coûts d’exploitation. Tour

d’horizon des équipements CVC et des solutions de pilotage pour mettre les

hôpitaux en conformité avec le décret BACS et avancer vers le concept de

Smart Hospital.

Prudence Soto,

directrice générale

Sauter France.

Le suivi du vecteur

eau, enjeu majeur du

secteur hospitalier.

Le secteur hospitalier, qui comptait en 2023

environ 2 900 structures hospitalières

privées et publiques, est le plus souvent

concerné par le décret tertiaire et, par voie de

conséquence, il n’a pas d’autre choix que de mettre

en place des systèmes BACS, car ces systèmes sont

l’outil permettant aussi de répondre, en partie,

aux enjeux du décret tertiaire », introduit Prudence

Soto, directrice générale Sauter Régulation

France.

Les établissements médicaux comme les hôpitaux,

cliniques et Ehpad adoptent progressi-

vement des BACS pour soutenir la transition

énergétique et la décarbonation, motivés par des

impératifs économiques, réglementaires et environnementaux.

Parmi ceux-ci, les grands établissements

sont souvent déjà équipés de BACS,

et n’ont pas attendu les réglementations pour

optimiser le pilotage de leurs équipements techniques

(CVC et électricité, notamment), améliorant

ainsi simultanément le confort des patients

et du personnel, et l’efficacité énergétique. L’augmentation

récente des coûts énergétiques renforce

cette nécessité, ajoute l’experte de Sauter.

© SAUTER France


Des solutions de BACS comme SAUTER Vision

Center procurent une vision globale et avec les

modules EMM (Energy Management Module)

et AEM (Advanced Energy Module). Ce dernier

permet un suivi énergétique en temps réel, facilitant

l’identification des améliorations possibles

des installations. En complément, la solution de

Performance Management optimise la diffusion

de la bonne quantité d’énergie au bon endroit et

au bon moment, offrant des gains significatifs au

fil du temps.

Dès 2027, les plus petits bâtiments

seront aussi concernés

« La situation est plus contrastée pour les plus petits

établissements, et certains d’entre eux sont à peine

informés de l’existence du décret BACS. Ils ont

besoin d’un accompagnement pour la mise en place

d’un BACS qui n’est pas toujours simple à interpréter,

et les équipes de Sauter les accompagnent et les

guident sur ce sujet », ajoute Prudence Soto.

Pour exemple, tout récemment, l’accompagnement

a été mené auprès d’un maître d’ouvrage

possédant des établissements de santé de taille

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hospital

moyenne. Sur une quinzaine de sites ont été

mis en place des systèmes BACS interopérables

intégrant également des équipements tiers.

Suivant les sites, ont été installés ou optimisés,

notamment :

- la régulation du chauffage, de la climatisation et

de la ventilation ;

- le suivi du renouvellement de l’air en fonction

de l’occupation par des sondes de CO 2

;

- les pilotage et réglage de l’éclairage ;

- la coupure des équipements (ventilation, climatisation,

ECS, etc.) selon les modes d’occupation

et l’optimisation des relances des équipements ;

- les suivi et contrôle des températures (historisation,

anticipation des consignes via les prévisions

météo…) ;

- la mise en place de détection automatique des

surconsommations (alarmes) ;

- le délestage des équipements pour éviter tout

dépassement de puissance souscrite ;

- un suivi en temps réel des compteurs installés.

Ces quinze sites sont situés sur l’ensemble du territoire

national et reliés par des VPN sécurisés.

Leur pilotage peut être effectué depuis un seul et

...

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© Freepik

Neuf ou existants : les dates clés pour s’équiper d’une GTB.

Cyril Petit, prescripteur

B.E.G. France pour la

région Sud-Est.

© B.E.G.

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LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hospital

même superviseur hébergé par la DSI (direction

des systèmes d’information) du maître d’ouvrage.

Tous les services/entités concernés par ce projet

ont été fortement impliqués et les utilisateurs formés,

gages de la réussite de tout projet.

Enfin, il est aussi possible d’interfacer les automates

SAUTER modulo 6 avec des systèmes

d’autoapprentissage du marché et des objets

connectés pour obtenir une régulation réactive

et prédictive, essentielle pour les établissements

de santé afin d’améliorer la fiabilité des équipements,

de réduire les coûts énergétiques et d’améliorer

le confort.

La gestion de l’éclairage est aussi une priorité

« Après le chauffage, la ventilation et la climatisation,

l’éclairage constitue le deuxième poste de

consommation d’énergie. C’est particulièrement

vrai dans les milieux hospitaliers ou médicalisés,

où les établissements fonctionnent jour et nuit,

nécessitant un éclairage fonctionnel et permanent.

Il est donc primordial de mettre en place des dispositifs

permettant d’optimiser les installations,

d’autant plus que l’éclairage contribue également

à la sécurité des occupants dans les bâtiments »,

introduit Cyril Petit, prescripteur B.E.G. France

pour la région Sud-Est.

L’utilisation de technologies connectées, comme

le standard DALI, permet de réguler l’éclairage de

manière bien plus précise que les technologies à

simple commutation ON/OFF. En changeant de

technologie, il devient donc possible de réduire

significativement la consommation énergétique

liée aux postes d’éclairage énergivores.

Les solutions mises en place génèrent également

du confort : allumage automatique de l’éclairage

en fonction de l’occupation, adaptation des

ambiances lumineuses pour le bien-être des rési-

© Guide décret BACS

...



. . . . . . . .

© B.E.G.

Écran de supervision

d’éclairage avancée.

...

La GTB concentre à la fois

de multiples informations

internes issues des

systèmes CVC et des

capteurs IoT du bâtiment,

et des informations

externes comme la liaison

avec la prévision météo,

apportant de nouveaux

services pour l’exploitant

et la télé-opération, mais

aussi aux gestionnaires

d’énergie. Une nécessité de

communications multiples,

qui est assortie d’une

obligation de sécurisation

maximale.

« La prise en compte de

la cybersécurité est l’un

des enjeux majeurs des

hôpitaux afin, notamment,

de garantir la continuité

des soins et protéger les

patients. Pour répondre à

cette préoccupation, Sauter

Régulation a développé

son niveau de sécurité de

communication avec le

42 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hospital

nouveau standard BACnet

Secure Connect » introduit

Prudence Soto.

« La communication entre

les systèmes se doit

donc d’être sécurisée au

maximum pour déjouer

attaques malveillantes et

cybercriminalité, et c’est à

cet effet qu’est désormais

proposée une solution

étoffée permettant de mettre

en place le protocole de

communication standard

BACnet/SC, au sein de

l’application SAUTER Vision

Center et des automates

modulo 6 », détaille Prudence

Soto. Un routeur spécifique

autorise également à

connecter les applications

BACnet existantes au

réseau BACnet/SC, car

BACnet/SC est une couche

réseau complémentaire des

existantes BACnet/IP et

BACnet MS/TP.

Pour exemple, BACnet/SC

dents dans les salons communs d’Ehpad, amélioration

de la sécurité, réduction des risques de

prolifération de bactéries ou de virus par contact,

et remise en lumière automatique en cas de dysfonctionnement

de la commande d’éclairage.

« Par ailleurs, ces systèmes de gestion assurent une

grande évolutivité des fonctionnements sans nécessiter

de modifications majeures des installations

ou du câblage. Ces solutions connectées permettent

donc de répondre aux demandes du décret BACS,

tout en proposant des bâtiments plus intelligents,

plus performants, moins énergivores, et donc plus

durables », ajoute l’expert de B.E.G. France.

Prenons l’exemple des circulations : « Les réglementations

de sécurité EC 6 imposent un éclairage

permanent dans les dégagements de ces établissements.

Généralement, un luminaire sur trois fonctionne

à pleine puissance 24 h/24, sans prendre en

compte l’éclairage naturel. Ces éclairages consomment

donc en continu… », souligne Cyril Petit.

Grâce à la technologie DALI, protocole standard

pour l’éclairage, il est possible d’installer des systèmes

assurant un éclairage permanent réduit, à

10 % de puissance sur l’ensemble des luminaires,

avec une consommation constatée pouvant être

divisée par trois.

Il est également possible de mettre en place un

cheminement intelligent « Guided Light », ou

Des communications sécurisées avec BACnet Secure

Connect (SC)

Prudence Soto, directrice générale Sauter Régulation France

autorise deux

appareils BACS

à établir une

connexion

d’échange

hautement

sécurisée et

cryptée entre

eux. Les messages

BACnet classiques

peuvent être envoyés

et reçus par la connexion

sécurisée, chiffrée, et, selon

l’association BACnet France,

basées sur des certifications

sécurisées infalsifiables.

Seuls les appareils légitimes

peuvent donc ainsi échanger

et de façon privée.

BACnet France indique

que « les mécanismes qui

assurent cette sécurité

sont basés sur les normes

internationales établies

d’après les meilleures

pratiques et sont pleinement

alignés sur les standards

informatiques utilisés par

Automate modulo 6 Sauter

Régulation intégrant BACnet/SC.

ailleurs par les banques et

les militaires, notamment ».

« Avec le protocole BACnet/

SC, il n’est plus obligatoire

de mettre en place des

VPN sécurisés puisque la

communication est déjà

cryptée, tout en conservant

les communications des

équipements BACnet

classiques de terrain »,

conclut l’experte de Sauter

Régulation.

...

© Sauter


j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 43


. . . . . . . .

© DCOM GHU Paris

Multicapteur

OCCULOG –

communicant KNX.

44 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hospital

lumière guidée, qui permet d’enclencher l’éclairage

des zones uniquement à la valeur réglementaire,

au bon endroit et au bon moment, évitant

ainsi d’éclairer inutilement les zones inoccupées.

Ces solutions apportent également un véritable

confort aux usagers : éclairage plus homogène,

sécurité renforcée, remise en lumière en cas de

défaillance. Par exemple, dans les circulations

des chambres (CHU/Ehpad), il est possible de

prévoir un fonctionnement de nuit, assurant uniquement

l’éclairage minimal réglementaire pour

les tournées des infirmières, sans déranger les

patients ou les résidents.

« Pour les bureaux et les salles de consultation, un

multicapteur peut être installé afin de gérer l’éclairage

et transmettre précisément différentes mesures

aux systèmes CVC. Ces capteurs internes peuvent

ainsi envoyer des informations sur la température,

les COV (composés organiques volatils), le CO 2

et le

taux d’humidité de la pièce. Cela permet une régulation

précise des unités de chauffage, de ventilation et

de climatisation en fonction des besoins spécifiques »,

détaille l’expert de B.E.G. France.

Cyril Petit souligne également qu’un système

d’éclairage optimisé doit impérativement communiquer

avec les systèmes CVC et les GTB des

bâtiments hospitaliers. Cela est facilement réalisable

grâce à l’interfaçage entre les protocoles

DALI et BACnet/IP. Par exemple, le lot CVC peut

ainsi récupérer les informations d’occupation des

locaux afin d’adapter les unités de régulation uniquement

en fonction des besoins réels.

Jean-François Moreau

Pôle Neuro Sainte-Anne (Paris) : un projet de reconstruction

maîtrisant efficacité énergétique et conformité aux

recommandations hygiène

Bâtiment NSA-2.

...

Un double objectif atteint

pour ce projet de 14 000 m 2

sur 5 niveaux accueillant

130 lits, 2 IRM et un bloc

opératoire de 6 salles :

conjuguer efficacité

énergétique/réduction de

CO 2

et respect des exigences

normatives pour la maîtrise

de la contamination.

Un résultat atteint grâce à la

conception et à l’installation

de centrales de traitement

d’air conformes aux normes

d’hygiène EN 13 953 et

NF S 90 351, permettant

© B.E.G.

de gérer les salles classées

en « Zone à risque 4 - très

haut risque infectieux ». Le

bureau d’études EDEIS et

l’installateur ICE ont mis

en œuvre 21 centrales de

traitement d’air ClimaCIAT

AIRTECH et 2 groupes d’eau

glacée AQUACIATPOWER

LD 2650 R avec

désurchauffeur au

réfrigérant R32.

Côté efficacité énergétique,

le niveau de récupération

d’énergie sur les batteries

Centrale de traitement d’air ClimaCIAT AIRCLEAN.

est aussi extrêmement

soigné, et répond au taux

de récupération minimal

de 68 % selon la directive

Ecodesign. Cet objectif

a été dépassé, avec

notamment une conception

particulière des ailettes

des batteries, ce qui a

permis de limiter les pertes

de charge et d’optimiser

l’énergie consommée à

tous les niveaux, filtration,

mécanismes d’échanges et

moteurs.

© CARRIER


j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 45


SOLUTIONS

Domotique

Simplifier le contrôle à distance

des installations KNX

KNX APP-Control Server d’ABB facilite le contrôle des fonctions

KNX dans les bâtiments. Le serveur fait de chaque appareil connecté

– smartphone, tablette ou ordinateur – une interface de commande

puissante et intuitive. Compatible iOS, Android, Windows et Mac,

il centralise l’éclairage, les stores, les systèmes audio ou les caméras

IP dans une interface moderne, personnalisable et fluide. Sa mise

en service via un portail sécurisé simplifie la programmation à distance, le diagnostic et l’optimisation des

équipements. Cette application est personnalisable, avec la possibilité d’ajuster les pages de contrôle, les images

des pièces et les éléments de commande. Scénarios, scripts logiques, alertes et visualisation s’intègrent en

quelques clics. Grâce à une gestion fine de l’énergie, les consommations peuvent chuter jusqu’à 30 %.

https://new.abb.com

© ABB

© ADM21

Gestion des machines

L’IoT industriel pour les constructeurs

de machines

ADM21 propose IXON Cloud, une solution qui permet la programmation, la mise

en service et la surveillance à distance des équipements industriels en toute sécurité.

Qu’il s’agisse d’un accès à distance ou du développement de nouveaux services

basés sur les données des machines : sans cette connexion, rien n’est possible.

L’utilisateur de cette solution collabore aisément avec ses clients et partenaires

directement depuis son propre portail de services, afin de surveiller

et optimiser ses machines. Il peut également gérer ses équipements

et ses utilisateurs depuis son propre portail web. IXON Cloud est

accessible en toutes circonstances et entièrement personnalisable

selon les besoins. L’accès à distance offre la possibilité de connecter

les machines, réduire les temps d’arrêt non planifiés et d’optimiser la

qualité des prestations.

www.adm21.fr

IRVE

Lancement d’une IRVE native pour les

installations solaires

Enphase Energy annonce la mise en production de son nouveau chargeur pour

véhicules électriques, l’IQ® EV Charger 2. Cette IRVE est intelligente, et conçue

pour fonctionner aussi bien avec les systèmes solaires Enphase qu’en mode

chargeur autonome. Doté de fonctions de gestion de l’énergie, ce chargeur permet

aux propriétaires de maximiser l’autoconsommation solaire, de réduire les coûts

énergétiques et de bénéficier d’une expérience de charge intelligente pour les véhicules

électriques. Le chargeur IQ EV Charger 2 privilégie l’énergie solaire excédentaire

pour la recharge. Grâce à la commutation automatique entre les modes triphasé et

monophasé, il peut commencer à charger à partir de 1,38 kW de production solaire.

Alimenté par des algorithmes de prévision avancés et des données sur les tarifs

d’électricité en temps réel, le chargeur sélectionne automatiquement la source d’énergie

la plus économique.

https://enphase.com/

© Enphase Energy

46 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


SOLUTIONS

Industrie

Une gamme complète de solutions M2M

pour les applications industrielles

D-Link a développé une gamme

complète de solutions M2M (Machine

to Machine) pour permettre aux

entreprises de connecter rapidement

les appareils IoT, qu’ils soient nouveaux

ou existants, afin de rationaliser les

opérations et d’améliorer leur efficacité.

Les solutions M2M D-Link assurent

une intégration transparente, une

transmission de données en temps réel et

une efficacité opérationnelle accrue dans

diverses applications industrielles, de la

surveillance des bâtiments intelligents

à la gestion de flottes de véhicules. Les solutions M2M de D-Link offrent des fonctionnalités avancées telles que la

connectivité multi-SIM, la redondance WAN, une conception industrielle robuste, la gestion à distance via la plateforme

D-ECS (D-Link Edge Cloud Solution) et le support VPN, assurant ainsi fiabilité, sécurité et performance même dans les

environnements les plus exigeants.

www.dlink.com

© D-link

© Flir

Imagerie

Une caméra d’imagerie acoustique destinée

à la détection des fuites d’air comprimé

FLIR a développé la Si1-LD, une caméra d’imagerie acoustique industrielle

assurant une détection plus rapide et plus précise des fuites d’air comprimé pour

les entreprises disposant d’un budget modeste dévolu à la surveillance d’état.

La nouvelle FLIR Si1-LD offre des capacités de détection et de quantification

améliorées par rapport à la FLIR Si124-LD Plus existante, ainsi qu’une gamme

de fréquences supérieure. Les systèmes d’air comprimé perdent généralement

25 à 30 % de leur air à cause des fuites, entraînant alors des factures d’énergie

proportionnellement plus élevées, des arrêts de production imprévus et coûteux, une

réduction de la durée de vie des compresseurs, la nécessité d’acheter une capacité de

compression supplémentaire ainsi que des dépenses de maintenance accrues pour

l’équipement en plus. La Si1-LD est disponible en deux versions, avec et sans Wi-Fi.

https://www.flir.fr/

Éclairage

Une lanterne led de chantier à la fois puissante

et modulable

La lanterne led AL10R Work développée par Ledlenser a été conçue pour offrir un éclairage

puissant – jusqu’à 6 300 lumens pour une portée maximale de 60 mètres – et modulable – de

10 à 100 % – sur les chantiers, en intérieur comme en extérieur. La lanterne AL10R Work est

résistante à l’eau et aux poussières (IP67). Grâce à ses trois panneaux lumineux orientables,

elle permet un éclairage à 360°, 240° ou 120°, offrant ainsi une flexibilité optimale pour toutes

les conditions de travail. Son système avancé permet d’ajuster la luminosité sur cinq niveaux

et de choisir la température de couleur entre 3 000 K et 6 500 K, s’adaptant ainsi aux différents

besoins des professionnels. Son alimentation hybride lui permet de fonctionner sur batterie

rechargeable ou en mode filaire pour un usage prolongé.

https://www.ledlenser.fr

© Ledlenser

j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 47


SOLUTIONS

IoT

Un capteur multifonction intelligent

Le Smart Sensor viaSens, développé par Sauter, garantit un climat

ambiant et une atmosphère agréable, selon la mesure des valeurs

d’ambiance. Il mesure la température, l’humidité, la luminosité,

la qualité de l’air (COV, CO 2

), le niveau sonore, et réagit aux

mouvements (présence). Son détecteur de présence, secondé par

un capteur acoustique, garantit une détection fiable. L’intégration

au système d’automatisation de bâtiments, avec la passerelle du

capteur via MQTT et les capteurs via un réseau sans fil Bluetooth Mesh, permet un suivi en temps

réel et une régulation précise de chaque local sans câble de bus. Son anneau led programmable

facilite l’interaction avec l’occupant : contrôle de l’occupation des locaux, de la qualité de l’air ou

du nettoyage, les possibilités d’utilisation sont multiples. Grâce à l’application viaSens, il localise

l’utilisateur via Bluetooth Beacon, offrant une gestion intelligente des espaces.

https://www.sauter.fr/

© Sauter

© Socomec

Alimentation

Un système d’alimentation sans interruption

rack/tour monophasé

Socomec dévoile NETYS RT4, son nouveau système d’alimentation

sans interruption (ASI) rack/tour monophasé. Disponible de

1 à 10 kVA, il est conçu pour répondre aux exigences de fiabilité

d’alimentation et de flexibilité d’installation pour un large panel

d’applications informatiques – dont les serveurs d’entreprise, les

centres de données edge, la commutation ainsi que les systèmes

de communication VoIP, de vidéosurveillance ou de contrôle.

Testé et vérifié par un laboratoire tiers, NETYS RT4 intègre les

meilleures caractéristiques de conception de sa catégorie pour

une fiabilité à toute épreuve. En effet, sa technologie « on-line

double conversion » garantit un filtrage complet des perturbations,

à la fois vers et depuis l’alimentation secteur. Et ce, même dans

les environnements les plus exigeants – avec une température

ambiante de fonctionnement allant jusqu’à 45 °C.

https://www.socomec.fr/

Éclairage

Nouvelle génération de projecteurs led sur rails,

avec un rendu des couleurs précis

La nouvelle gamme de projecteurs led sur rails Concord Beacon de Sylvania

Group a été totalement repensée pour révéler la véritable beauté de l’art.

N’émettant ni rayons infrarouges ni ultraviolets, la technologie led utilisée pour

la nouvelle génération de projecteurs Concord Beacon est idéale pour sublimer et

préserver les œuvres dans les galeries, musées et collections d’art privées. Offrant

un indice de rendu des couleurs (IRC) minimum de 97, cet éclairage de précision

garantit que chaque teinte, ton et détail est révélé avec la plus grande précision,

ainsi qu’avec un éclat exceptionnel des couleurs. Affichant un design épuré

et continu grâce à l’absence de driver apparent, elle est dotée d’un adaptateur

invisible, niché dans le rail. Au-delà d’améliorer l’esthétique globale des projecteurs, cette

approche garantit leur parfaite intégration dans tous les types d’espaces.

https://www.sylvania-group.com/fr

© Sylvania Group

48 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr


26 j3e 892 / MARS 2022 - www.filiere-3e.fr

Les points de recharge se

développent en entreprise.

Bornes de recharge Hager sur parking d'entreprise.

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j3e 892 / MARS 2022 - www.filiere-3e.fr 27

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Le magazine de l’efficacité énergétique

et environnementale des bâtiments

tertiaires, industriels et collectifs

Le courant passe entre nous depuis 75 ans

Plus de confort

et de sécurité,

moins d’énergie

Des solutions en ligne

avec les exigences

du décret BACS

Protéger les installations

sensibles contre la

foudre et les surtensions

Le courant passe entre nous depuis 75 ans

IRVE

Le déploiement

des bornes de

recharge se poursuit

Protection foudre

Protéger

les équipements

électriques

et électroniques

extérieurs

Éclairage

La connectivité en

éclairage extérieur

LA FLEXIBILITÉ,

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

CATALYSEUR DE LA TRANSITION

ÉNERGÉTIQUE

WWW.FILIERE-3E.FR

ISSN 0758-3826 / FÉVRIER 2025

PRINT & NUMÉRIQUE

Edition papier 8 numéros par an + newsletters

n Abonnement 1 an : 165 € TTC

915

Le courant passe entre nous depuis 75 ans

Datacenters

L’arrivée de l’IA

pose de nombreux

défis techniques

Smart Hospital

Soigner le confort

des patients

et l’empreinte

énergétique

L’ÉLECTRIFICATION,

MOTEUR DE LA DÉCARBONATION

IA, ANTICIPER

LES IMPACTS

WWW.FILIERE-3E.FR 916

ISSN 0758-3826 / MARS 2025

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

WWW.FILIERE-3E.FR 917

ISSN 0758-3826 / AVRIL 2025

Pour continuer à recevoir

© APsystems

LES DOSSIERS

DU MOIS

44

QAI

Les bureaux aussi sont

concernés

52

ONDULEURS

PHOTOVOLTAÏQUES

Des solutions pour un marché

qui se développe et évolue

rapidement

© Siemens

27

VÉHICULE

ÉLECTRIQUE

Abonnez-vous !

100 % NUMÉRIQUE

D’

après le décompte de l’Avere-France

début 2022, la France comptait

53 667 points de charge ouverts au

public au 31 décembre 2021, soit une moyenne

de 80 points de charge pour 100 000 habitants. Si

l’objectif de 100 000 bornes n’a pas été atteint, la

progression est de 64 % en un an et une bonne

dynamique semble impulsée. Pour Cécile Goubet,

déléguée générale de l’Avere-France, c’est

« une augmentation liée à la forte mobilisation de

l’ensemble des acteurs de l’écosystème, y compris les

pouvoirs publics. Cette dynamique doit être maintenue

dans le temps : l’objectif “100 000 bornes”

fixé par le Gouvernement n’est qu’un jalon sur le

chemin de la transformation massive des infrastructures

de carburant. Pour accompagner ces

changements, le programme CEE de financement

de bornes de recharge Advenir, piloté par l’Avere-

France, est renforcé de 200 millions d’euros complémentaires

jusqu’en 2025 afin de contribuer, aux

côtés des dispositifs du plan France Relance, au

maintien de la dynamique des déploiements. »

Du côté des bornes privatives, le décompte est

plus difficile, y compris dans les entreprises qui

n’ont aucune obligation à installer ces bornes

destinées au personnel et/ou aux véhicules électriques

de société. À mi-2021, l’Avere-France

estimait à plus de 420 000 les points de charge

installés dans les sociétés et chez les particuliers.

Mais si la recharge à domicile est relativement

simple pour les usagers habitant en maison indi-

Edition numérique (PDF) + newsletters

n Abonnement 1 an : 110 € TTC

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

Accélérer et faciliter

le déploiement des bornes

de recharge à domicile

et en entreprise

Le développement rapide des ventes de véhicules électriques rend encore

plus urgente la mise en place d’un réseau de bornes de recharge dense, mais

aussi diversifié. À l’installation des bornes publiques en voirie ou dans les

parkings publics doivent s’ajouter des infrastructures au domicile, sur les

lieux de travail, les centres commerciaux ou les hôtels. Les incitations et aides

sont là pour accompagner ce déploiement et les initiatives se multiplient.

L’offre des constructeurs de bornes est aussi de plus en plus diversifiée pour

couvrir tous les besoins, jusqu’à la recharge ultrarapide.

viduelle, l’installation reste encore plus complexe

dans les copropriétés malgré les dispositions du

« droit à la prise » et de la loi LOM (loi d’orientation

des mobilités).

Des incitations et obligations pour les

entreprises, collectivités locales et copropriétés

Depuis la promulgation en décembre 2019 de la

loi LOM, des obligations concernent les villes,

collectivités territoriales, mais aussi les entreprises

pour réussir la transition écologique des

mobilités et atteindre l’objectif de neutralité carbone

des transports terrestres en 2050. ...

© Hager

n Plus de 10 abonnements par société : 140 € TTC

l’abonnement

n Abonnement 2 ans : 265 € TTC

n Plus de 10 abonnements par société : 230 € TTC

l’abonnement

n Plus de 10 abonnements par société : 90 € TTC

l’abonnement

n Abonnement 2 ans : 180 € TTC

n Plus de 10 abonnements par société : 150 € TTC

l’abonnement

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j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 49

Pour tout renseignement, contactez Juliette : compta.3emedias@gmail.com


3 QUESTIONS À

Propos recueillis

par Alexandre Arène

‘‘

Pour mettre en œuvre

des solutions réellement

fonctionnelles, il faut s’appuyer

sur des compétences terrain.

’’

David Le Souder

Président de Smart Green Execution

© DR

Spécialiste de l’efficacité énergétique des bâtiments, Smart Green Execution a

pour mission de déployer des solutions de gestion domotiques dans l’habitat

haut de gamme, le résidentiel collectif et des solutions de Smart Building pour

le tertiaire, de façon à répondre aux obligations prévues par le décret BACS. La

société se charge de l’exécution de l’intégration dans le neuf et en rénovation,

pour des bâtiments dont les superficies sont comprises entre 1 000 et 10 000 m², et

s’appuie sur des partenariats stratégiques en termes de protocoles et de fabricants.

David Le Souder, président de Smart Green Execution, présente les particularités

de l’entreprise et dévoile ses atouts dans le cadre du déploiement des BACS.

j3e - Comment est née Smart Green

Execution ?

David Le Souder – La société a été fondée

en 2021 par Alexis Sacksteder, Benoît

Vandenbulcke et moi-même. Nous étions

à l’initiative de la Fédération française de

domotique (FFD), qui a fédéré 350 intégrateurs

spécialisés dans la domotique et

le Smart Building. Nous souhaitions créer

un maillage territorial d’intégrateurs, car

les donneurs d’ordres se situent à l’échelon

national, avec des parcs multisites. Il est

assez complexe pour eux de qualifier des

intégrateurs sur l’ensemble du territoire. Il

n’existe aucune certification pour évaluer

le niveau de compétences et la fiabilité

d’une société d’intégration, et cette information

est uniquement disponible par

le bouche-à-oreille. Sur l’ensemble de la

chaîne de valeur, il y a de très bons fabricants,

éditeurs de logiciels, distributeurs

et maîtres d’ouvrage. Mais pour mettre

en œuvre des solutions réellement fonctionnelles,

il faut s’appuyer sur des compétences

terrain, pour la programmation,

le paramétrage et l’instrumentation.

j3e - Quelles sont vos particularités ?

D. L. S. – Nous avons souhaité créer une

entité unique pour identifier le meilleur

intégrateur local, capable de fournir une

garantie décennale, une garantie civile

et une garantie financière aux maîtres

d’ouvrage et investisseurs. Smart Green

Execution est donc en mesure de piloter

les différentes étapes de l’intégration :

étude, prescription, exécution, maintenance.

Par ailleurs, je souhaite rappeler

que nous ne sommes jamais concurrents

des intégrateurs locaux. Notre rôle

est d’apporter des solutions aux maîtres

d’ouvrage nationaux. Nous sommes donc

partis de la base d’intégrateurs adhérents

de la FFD, et nous leur avons proposé de

nous suivre. La première année, tous nos

projets concernaient le résidentiel collectif.

Depuis deux ans, nous réalisons

des projets de mise en œuvre de BACS

dans le tertiaire. Nos partenaires intégrateurs

signent une charte, un contrat

de sous-traitance annuel et des contrats

de missions. Ils effectuent ensuite un test

pour être validés « Prestataire Smart Building

de confiance » de l’OICR, Observatoire

de l’immobilier connecté et responsable.

N’importe quel intégrateur en

France peut nous rejoindre, ce qui lui permet

de s’appuyer sur notre organisation.

j3e - Comment Smart Green

Execution est-elle capable de

répondre aux demandes de ses

clients désireux de mettre leurs

bâtiments en conformité avec le

décret BACS ?

D. L. S. – Nous sommes régulièrement

appelés par des gestionnaires

de bâtiments qui souhaitent se mettre

en conformité avec le décret BACS.

Ce décret nécessite un important travail

d’analyse fonctionnelle avec les

maîtres d’ouvrage, pour comprendre

les usages détaillés de leur bâtiment.

Notre rôle est de recueillir précisément

leurs besoins et de déterminer

ensemble la classe visée, le plus souvent

la classe B. Nous réalisons ensuite

des plans de l’installation conformément

aux besoins exprimés. Nous

proposons deux offres, la première

avec des solutions éprouvées, reposant

sur des produits très techniques et

robustes proposés par les grands fabricants.

Ces solutions sont très pérennes

et fonctionnelles. La seconde répond à

une réalité du marché, avec des GTB

simplifiées qui permettent d’être en

conformité avec le décret à moindre

coût. Cette offre plus basique vise

exclusivement à atteindre les classes C

et B. Une fois la GTB mise en œuvre,

nous formons nos clients pour qu’ils

prennent en main leur installation.

50 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr



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