J3e d'avril 2025 : IA, anticiper les impacts
J3e d'avril 2025 : IA, anticiper les impacts - Interview : Yannick Jacquemart, directeur Transformation de l’Exploitation du Système électrique et Intégration des Flexibilités, RTE (Réseau de Transport d’Électricité)Datacenters : L’arrivée de l’IA pose de nombreux défis techniques - Smart Hospital : Soigner le confort des patients et l’empreinte énergétique...
J3e d'avril 2025 : IA, anticiper les impacts - Interview : Yannick Jacquemart, directeur Transformation de l’Exploitation du Système électrique et Intégration des Flexibilités, RTE (Réseau de Transport d’Électricité)Datacenters : L’arrivée de l’IA pose de nombreux défis techniques - Smart Hospital : Soigner le confort des patients et l’empreinte énergétique...
Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !
Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Datacenters
L’arrivée de l’IA
pose de nombreux
défis techniques
Smart Hospital
Soigner le confort
des patients
et l’empreinte
énergétique
IA, ANTICIPER
LES IMPACTS
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / AVRIL 2025
917
2 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
ISSN 0758-3826 / AVRIL 2025
ÉDITO
L’IA, moteur électrique
du XXI e siècle
© DR
‘‘
En France, l’essor
des datacenters s’inscrit
dans un contexte
électrique complexe, mais
plutôt favorable, entre
montée en puissance des
énergies renouvelables
intermittentes et
disponibilité du parc
nucléaire. Cependant,
pour accueillir de
nouvelles charges sur
le réseau, la flexibilité
est au centre
des attentions.
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Datacenters
L’arrivée de l’IA
pose de nombreux
défis techniques
Smart Hospital
Soigner le confort
des patients
et l’empreinte
énergétique
’’
IA, ANTICIPER
LES IMPACTS
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR 917
Dans
ce numéro :
J3e se penche sur les défis
techniques que représente
l’arrivée massive de l’IA dans les
datacenters, notamment pour leur
alimentation et le refroidissement
des serveurs..
© Adobe Stock
La révolution de l’intelligence artificielle ne se limite pas à transformer nos
usages, nos industries ou nos communications : elle redessine en profondeur
la carte mondiale de l’énergie. Le dernier rapport de l’Agence internationale de
l’énergie (AIE), publié le 10 avril dernier, met en lumière une réalité encore largement
sous-estimée : d’ici à 2030, la consommation électrique des centres de données – les
poumons numériques de l’IA – devrait plus que doubler. Elle atteindrait alors près de
945 térawattheures, soit près de 3 % de la consommation d’électricité mondiale. Une
hausse fulgurante, équivalente à la consommation actuelle du Japon.
Ce bond énergétique n’est pas sans conséquences. Déjà très énergivores, les datacenters
voient leur appétit redoublé par l’essor de l’IA générative, qui mobilise des capacités
de calcul colossales. Chaque requête traitée, chaque image générée, chaque modèle
entraîné a un coût électrique. Et demain, certains centres atteindront une consommation
annuelle avoisinant les 2 GW, équivalente à celle de deux millions de foyers, contre
100 MW aujourd’hui.
Ces infrastructures, massivement concentrées dans quelques régions du monde
– États-Unis, Europe, Chine – posent d’importants défis locaux. En France, l’essor des
datacenters s’inscrit dans un contexte électrique complexe, mais plutôt favorable, entre
montée en puissance des énergies renouvelables intermittentes et disponibilité du parc
nucléaire. Cependant, pour accueillir de nouvelles charges sur le réseau, la flexibilité est
au centre des attentions.
Si les leviers de flexibilité des datacenters font l’objet de discussions entre les acteurs, leur
fonctionnement selon des usages dits « en ruban », c’est-à-dire qu’ils fonctionnent autant le
jour que la nuit et autant la semaine que le week-end, rend leur potentiel de flexibilité assez
faible. Ces infrastructures ne joueront pas, ou très peu, sur la pointe hivernale.
Plus que jamais, la performance énergétique doit devenir une priorité stratégique. Le
refroidissement – ou cooling – des serveurs représente aujourd’hui jusqu’à 40 % de la
consommation d’un centre de données. L’innovation dans ce domaine est cruciale :
immersion des serveurs dans des liquides caloporteurs (liquid cooling), récupération
de la chaleur fatale, pilotage intelligent grâce aux DCIM… Autant de sujets abordés
dans ce numéro de J3e, au travers d’un dossier dédié aux défis techniques que représente
l’arrivée massive de l’IA dans les datacenters, notamment pour leur alimentation et le
refroidissement des serveurs. Au-delà des équipements techniques, l’optimisation
énergétique passe aussi par l’écoconception des bâtiments, l’usage d’algorithmes moins
gourmands, et le recours à des énergies locales et bas carbone.
La France, avec son mix électrique déjà largement décarboné, à plus de 95 % en 2024,
son importante disponibilité énergétique et ses ambitions en matière de flexibilité, a une
carte à jouer. Pour cela, il faudra anticiper les besoins, accompagner les acteurs, encadrer
les implantations et encourager l’innovation. L’enjeu n’est pas seulement énergétique.
Il est aussi stratégique : faire de l’IA un levier de compétitivité durable plutôt qu’un
fardeau invisible.
Bonne lecture,
Alexandre Arène,
rédacteur en chef
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 3
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
..................... ................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
j3e est édité par la société 3e Médias,
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
SA au capital de 140 000 euros ;
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Siège social : 32 rue du faubourg
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Poissonnière - 75010 Paris
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Bureaux : 17 rue de l'amiral Hamelin -
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
75016 Paris
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Représentant légal : David Catelain.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
© 3e Médias, Paris.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Reproduction interdite.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Toutefois, des photocopies peuvent être
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Celle-ci pourra être obtenue auprès du
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Centre français du copyright, 20, rue des
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
3e Médias a donné mandat pour le
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
représenter auprès des utilisateurs.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Dépôt légal : avril 2025
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Conception graphique - Réalisation :
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Planète Graphique Studio - Paris 17 e
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Impression : IPPAC / Imprimerie
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
de Champagne 52500 Langres.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Directeur de la publication : David Catelain
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Rédaction
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
3e Médias
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Email : redaction@filiere-3e.fr
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Rédacteur en chef : Alexandre Arène
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Ont collaboré à ce numéro :
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Jean-Paul Beaudet
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
et Jean-François Moreau.
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Marketing & Publicité
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
3e Médias
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Sandrine de Montmorillon
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Responsable publicité print & digital
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
3e Médias
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
sdm@filiere-3e.fr
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Diffusion
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Relations abonnements
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Juliette Aguelon
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
compta.3emedias@gmail.com
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Pour l’étranger : 165 € HT franco ;
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
185 € HT par avion
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Prix au numéro : 17 €
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Corrections
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
Laurence Chabrun
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
laurencechabrun@gmail.com
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
....................................................................................................................................
© Seignette-Lafontan
06
INTERVIEW
Yannick Jacquemart
Directeur Transformation de
l’Exploitation du Système électrique
et Intégration des Flexibilités, RTE
(Réseau de Transport d’Électricité)
12
ACTUALITÉS
12 / Énergie
Fin de l’ARENH : les industriels
à l’heure de l’adaptation
Éclairage
Ledvance lance son premier
catalogue Déco Pro
ÉduRénov
Sept communes lauréates pour des
rénovations scolaires ambitieuses
DANS CE NUMÉRO
‘‘
Nous vivons une période
historique d’évolution du système
électrique dans son ensemble, y
compris dans son fonctionnement
physique.
13 / Recyclage
Un moratoire annoncé
de la Rep PMCB pour refonder
la filière
14 / The smarter E Europe
Comment parvenir à
l’approvisionnement énergétique
renouvelable 24 h/24 7 j/7
15 / Mobilité
Déploiement d’un service
de navettes automatisées sur
le parc d’activités de Rovaltain
(Valence TGV-Drôme)
16
ÉVÉNEMENT
’’
Yannick Jacquemart
Global Industrie Lyon 2025
confirme son rôle de plus
grand rassemblement industriel
de France
4 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
© Legrand
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
23
L’ARRIVÉE DE L’IA POSE
DE NOMBREUX DÉFIS TECHNIQUES
18
AGENDA
19
DÉVELOPPEMENT
19 / Stéphanie Gay-Torrente
Directrice du salon Drive to
Zero et du pôle salons et congrès
collectivités et immobilier
d’Infopro Digital
20 / Bruno Cazabat
Président de l’association des
Ingénieurs hospitaliers de France
21
ANALYSE
IA : les datacenters disposent-ils
des installations adéquates ?
DANS CE NUMÉRO
© B.E.G.
Smart Hospital
38
SOIGNER LE CONFORT
DES PATIENTS ET L’EMPREINTE
ÉNERGÉTIQUE
46
SOLUTIONS
La sélection de la rédaction
50
3 QUESTIONS À
David Le Souder
Président de Smart Green Execution
LISTE DES ANNONCEURS :
• 2 e COUV – IBS
• 3 e COUV – ENERJ-MEETING
• 4 e COUV – DRIVE TO ZERO
• P. 13 - CITEL
• P. 29 - ABB
• P. 33 - VERTIV
• P. 39 - SAUTER
• P. 41 - B.E.G.
• P. 43 - AIRZONE
• P. 45 - LEDVANCE
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
David Catelain
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Directeur de la publication
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Alexandre Arène
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Rédacteur en chef
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
alexandre.arene@filiere-3e.fr
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Jean-François Moreau
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Journaliste spécialiste supervision,
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
efficacité énergétique, BIM
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
journalistes@filiere-3e.fr
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Jean-Paul Beaudet
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Journaliste spécialiste
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
datacenters, stockage de
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
l’énergie, énergies renouvelables,
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
véhicules électriques et IRVE
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
journalistes@filiere-3e.fr
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Sandrine de Montmorillon
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Responsable publicité,
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
partenariats & réseaux sociaux
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
Groupe 3e Médias
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
sdm@filiere-3e.fr
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
.......................................................................................................................................
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 5
INTERVIEW
Propos recueillis par Alexandre Arène
Yannick
Jacquemart
Directeur Transformation
de l’Exploitation du
Système électrique et
Intégration des Flexibilités,
RTE (Réseau de Transport
d’Électricité)
© Seignette-Lafontan
‘‘
Nous vivons une période historique
d’évolution du système électrique dans
son ensemble, y compris dans son
fonctionnement physique.
’’
Alors que la France est engagée depuis une décennie dans une transformation profonde de
son mix énergétique et que l’électrification des usages s’accélère, le réseau électrique fait
face à des défis inédits. Yannick Jacquemart, directeur Transformation de l’Exploitation
du Système électrique et Intégration des Flexibilités chez RTE, revient sur les mutations
historiques que connaît le système électrique français. Il y détaille les grands enjeux liés à
l’adaptation du réseau, de la montée en puissance des énergies renouvelables aux évolutions
géographiques et temporelles des flux, en passant par l’électrification massive de nouveaux
usages, avec, en toile de fond, un impératif de flexibilité. Car si la production devient de plus
en plus intermittente, il devient crucial de pouvoir ajuster la consommation. RTE accompagne
cette transition à la fois en développant et en adaptant le réseau physique, en sensibilisant
les parties prenantes au développement de flexibilités et en revoyant les processus de
coordination avec les différents acteurs du système électrique.
j3e - Quels sont les principaux enjeux actuels
sur le réseau électrique français ?
Yannick Jacquemart – Les enjeux sont multiples.
Il faut d’abord adapter le réseau – au sens
physique, qui comprend les lignes, les câbles –
aux nouveaux composants qui s’y raccordent,
qu’il s’agisse de la production, de la consommation
ou du stockage. Cet enjeu est adressé par le
Schéma décennal du développement du réseau
(SDDR), publié récemment. Le SDDR reprend
des éléments importants : lorsque de nouveaux
équipements de production demandent à se raccorder
dans des zones où il n’y a pas beaucoup
de réseau, ce qui est le cas de l’éolien offshore
ou des EnR terrestres, le réseau doit se développer.
C’est vrai aussi pour le stockage ou pour les
grandes zones de consommation, notamment
les zones industrielles, où l’électrification amène
à des puissances de demande de raccordement
inédites. Nous vivons une période historique
d’évolution du système électrique dans son
ensemble et du réseau physique en particulier.
La question de la taille du dimensionnement
du réseau se pose pour répondre à ces évolu-
6 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Yannick Jacquemart
tions. Au niveau géographique, beaucoup de
nouveaux acteurs se raccordent sur la façade
ouest de la France pour produire de l’électricité.
Les consommations vont s’intensifier dans les
grandes zones industrielles, en quelques points
du territoire. Les échanges européens continuent
de s’accroître vers l’est. Nous avons donc
une problématique de sens des flux, à la fois de
l’ouest vers l’est et du sud vers le nord, ce qui
nécessite un renforcement du réseau de grand
transport.
Le deuxième élément nouveau concerne le système
électrique dans son ensemble – autrement
dit l’équilibre de la production et de la consommation
qui passe par le réseau. Les enjeux du
système électrique sont doubles, avec des considérations
sur le volume et le rythme.
En volume, l’histoire qui doit s’écrire est celle de
la décarbonation, qui implique une augmentation
à terme des consommations d’électricité.
Pour le moment, l’augmentation n’est pas significative,
mais elle a repris légèrement en 2024, et
devrait s’accentuer dans les années qui viennent,
l’électricité étant l’un des principaux vecteurs
pour décarboner l’énergie. L’objectif d’ici 2050
est donc de tendre vers plus d’électricité pour
moins de CO 2
.
Concernant les rythmes du système électrique,
les moments où l’électricité décarbonée est très
disponible sont en train de changer de façon
structurelle. Historiquement, ces rythmes du
système électrique étaient directement liés à
la consommation. La production suivait cette
consommation. Aujourd’hui, les rythmes sont
créés par la consommation, qui n’a pas changé
de tempo, avec des heures plus chargées en
journée que la nuit, plus en semaine que le
week-end, plus l’hiver que l’été. L’élément nouveau
est le rythme de la production. Nous avons
désormais une part significative de la production
qui est non décalable : si elle n’est pas utilisée
à l’instant T, elle est perdue pour la suite.
C’était historiquement le cas de l’hydraulique
au fil de l’eau, généré par les fleuves, et c’est
aujourd’hui le cas pour l’éolien et le photovoltaïque
dans des volumes importants. Cela crée
naturellement deux nouveaux rythmes dans le
système électrique. L’un lié au rythme du soleil,
avec une production le jour, plus l’été que l’hiver.
C’est ce rythme qui est le plus structurant
dans la décennie actuelle. À la maille mondiale
et européenne, le photovoltaïque se développe
extrêmement rapidement. En 2024, il s’est installé
en Europe 60 GW de photovoltaïque,
soit l’équivalent de la consommation de pointe
de la France l’essentiel de l’année. Entre 200 et
300 GW de solaire seront donc raccordés en
Europe d’ici 2030, ce qui va peser très fortement
sur la nature des flux et sur les prix.
Le deuxième rythme est lié à l’éolien, moins
régulier et moins prévisible par nature, avec des
périodes de quelques jours avec beaucoup de
vent, suivies de périodes sans vent. À l’échelle
française, et surtout européenne, la présence
de vent en Allemagne, en Angleterre ou en
Espagne conditionne les équilibres, les opportunités
d’importer ou d’exporter, les niveaux de
prix… Le soleil et le vent créent donc un nouveau
rythme du système électrique.
Nous avons désormais deux périodes où l’électricité
décarbonée est très disponible et assez
peu chère : la nuit, ce qui était déjà le cas historiquement,
et la journée pendant les heures
ensoleillées. Et donc deux périodes de pointes
de prix, courtes : le matin entre 7 h et 9 h et le
soir entre 18 h et 20 h. Il s’agit d’une donnée
très nouvelle, qui ouvre un nouvel horizon
à des flexibilités courtes. Cette nouvelle réalité
est structurante, notamment pour le bâtiment.
Auparavant, les incitations à l’effacement
concernaient des journées très chargées l’hiver,
et demandaient des réductions des consommations
sur des journées entières. Ce besoin n’est
plus aussi important. Il existe en revanche un
intérêt plus fréquent dans l’année à éviter de
consommer le matin et le soir sur les périodes
de pointe de prix. Cette nouvelle réalité crée un
besoin de flexibilité, qui est définie par la capacité
de la production, de la consommation et du
stockage à décaler des appels de puissance ou
des injections de puissance sur le réseau, avec
des préavis plus ou moins longs. Il y a aussi de
la flexibilité programmée des années à l’avance,
notamment la tarification des heures pleines et
des heures creuses. Ces mécanismes de flexibilité
visent à aider la consommation décalable,
sans impact sur le confort, à se positionner au
bon moment.
j3e - Comment le gestionnaire de réseau
fait-il évoluer l’infrastructure pour répondre
à l’électrification des usages ?
Y. J. – RTE développe et adapte le réseau physique
aux nouveaux sites de consommation, de
stockage et de production. Le SDDR à horizon
2040, qui prévoit un investissement de 100 milliards
d’euros environ, sera soumis à débat
public dans l’année qui vient. Dans le dimensionnement
du réseau, RTE veille à permettre
le raccordement de toutes les industries qui
souhaitent venir en France, ou celles qui souhaitent
se décarboner, mais aussi des produc-
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 7
INTERVIEW
Yannick Jacquemart
© Seignette-Lafontan
teurs d’électricité, des stockeurs, tout en veillant
à un optimum technico-économique. Le réseau
de grand transport européen va être dimensionné
afin de faciliter les flux. Depuis 2019 et
la précédente version du SDDR, RTE applique
le « dimensionnement optimal », qui équilibre
le développement du réseau et la diminution
ponctuelle de la production. Cela signifie que
le réseau n’est pas toujours dimensionné pour
accueillir la production maximale lorsqu’elle est
peu fréquente. C’est en particulier le cas sur les
réseaux régionaux, et cela représente une économie
pour la collectivité.
Par ailleurs, RTE dispose d’un programme de
transformation du réseau pour intégrer les flux
européens et renforcer les interconnexions.
‘‘
RTE, en partenariat avec Enedis, lance
la saison 3 de Cube Flex, qui démarre en mai,
et se déroulera sur une année complète.
’’
Cela permet à tous de bénéficier d’une électricité
décarbonée, la moins chère possible, partout
en Europe.
j3e - Le sujet de la flexibilité est l’une des
conditions pour adapter le réseau à la
fois à l’augmentation de la demande et à
l’intégration des énergies renouvelables.
Pouvez-vous nous expliquer au travers de
quelques exemples concrets les leviers pour
apporter de la flexibilité sur le réseau ?
Y. J. – RTE a une action plus minime sur l’équilibre
offre-demande. RTE agit sur la production
et la consommation, exclusivement pour l’équilibrage
du système dans la dernière heure. Tout
ce qui se passe avant la dernière heure, c’est au
marché de le faire. Les producteurs, les fournisseurs
et les responsables d’équilibre effectuent
des transactions sur les marchés de l’électricité,
sans aucune intervention de RTE. Concernant
le développement de flexibilités, RTE a plutôt
un rôle de conseil, au travers de sa fonction
d’éclaireur, pour inciter au développement des
flexibilités en amont, sur des régimes d’heures
creuses ou des flexibilités dynamiques. Il s’agit
d’une action de service public et non opérationnelle.
Dans le cadre de ce rôle d’éclaireur, RTE anime
tout un écosystème, composé du Gimelec, de
l’Ignes, de la SBA, de l’AICN, de l’Ademe, de la
CRE, d’Enedis et de Think Smartgrids. Nous
avons publié le Baromètre des Flexibilités, qui
revient notamment sur la gestion énergétique
des bâtiments tertiaires, le déploiement des
BACS (ou gestionnaires techniques de bâtiment
en français) et le projet 100 000 BACS à
horizon 2030 du Gimelec. Nous poussons au
développement des flexibilités régulières, qui
englobent les heures pleines-heures creuses, et
des flexibilités dynamiques. RTE a également
contribué à la marque « Flex Ready », portée
par l’association professionnelle des smartgrids,
Think Smartgrids. Les BACS permettent d’optimiser
le fonctionnement des différents usages
électriques au sein du bâtiment. Flex Ready
est une réponse pour coordonner l’optimisation
générée par les BACS à l’optimisation du
système électrique. Les BACS pourront donc
adapter leur programmation aux signaux
envoyés par des acteurs du système électrique,
qu’il s’agisse de fournisseurs, d’agrégateurs ou
du gestionnaire de réseau le cas échéant, pour
des problèmes locaux ou des signaux EcoWatt.
Les prix sont du simple au double entre le cœur
de journée et les périodes de pointe du matin
et du soir, il y a donc un intérêt à optimiser les
8 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Yannick Jacquemart
usages décalables, notamment la recharge des
véhicules électriques, la production de chaleur,
la production de froid ou de glace, sans réduire
le confort des occupants.
La troisième initiative est le concours Cube
Flex, intégré aux Championnats de France des
économies d’énergie. RTE est à l’initiative de
ce concours, qui vise à l’apprentissage concret
de la flexibilité. Nous avons organisé deux saisons
durant les hivers 2022-2023 et 2023-2024.
Ces deux éditions étaient centrées sur la flexibilité
d’urgence, en cas d’alerte EcoWatt. RTE,
en partenariat avec Enedis, lance la saison 3 de
Cube Flex, qui démarre en mai prochain, et se
déroulera sur une année complète. Cette édition
vise les nouvelles flexibilités du quotidien,
en mesurant la capacité des bâtiments à décaler
leurs consommations de 2 heures le matin
et le soir, tous les jours de l’année. Nous invitons
tous les bâtiments tertiaires, qu’ils soient
privés, publics, bureaux, commerces, sportifs,
culturels, ou d’enseignement, à participer au
concours. Cela leur permettra d’apprendre et de
comprendre les ressources à mettre en œuvre au
sein d’un bâtiment pour décaler ses consommations.
Pour les participants, ces actions peuvent
être valorisées par la suite, par exemple en leur
donnant du poids pour négocier un nouveau
contrat avec leur fournisseur.
j3e - Selon vos prévisions, quel est l’impact
de l’électrification des usages (véhicules
électriques, pompes à chaleur, etc.) sur la
pointe de consommation hivernale d’ici 2035 ?
Y. J. – C’est là que la flexibilité joue un rôle
important. Il existe trois grands secteurs de
l’électrification : l’industrie et le datacenter, la
mobilité électrique et le chauffage électrique.
L’industrie et le datacenter fonctionnent selon
des usages dits « en ruban », c’est-à-dire qu’ils
fonctionnent autant le jour que la nuit et autant
la semaine que le week-end. Leur potentiel de
flexibilité est donc assez faible et ces usages ne
joueront pas, ou très peu, sur la pointe hivernale.
Il existe éventuellement un potentiel de
flexibilité d’urgence sur les datacenters, nous en
discutons avec les acteurs.
Concernant la mobilité électrique, tout dépend
de la façon dont les véhicules sont rechargés et
du pilotage de la recharge. Il s’agit d’un enjeu de
premier ordre. Si la recharge se fait au moment
du branchement du véhicule sur une prise ou
une borne, il n’y a pas de flexibilité possible.
Les véhicules particuliers sont souvent branchés
le soir en rentrant chez soi ou le matin
en arrivant sur le lieu de travail, dans les deux
‘‘
Les véhicules électriques
représentent un potentiel, selon
nos études, de 5 à 6 GW de
consommation décalable.
’’
cas en plein dans les périodes de pointe. Idem
pour les flottes professionnelles, les véhicules
se rechargent souvent en fin de journée. Les
véhicules électriques représentent un potentiel,
selon nos études, de 5 à 6 GW de consommation
décalable. RTE a publié dans son bilan prévisionnel
2023 un chapitre sur la flexibilité qui
souligne ces dynamiques. Le premier enjeu est
donc de programmer la recharge, pas forcément
de manière complexe, mais déjà hors des heures
pleines, soit la nuit, soit au milieu de la journée,
ou le week-end pour la recharge hebdomadaire.
Côté réseau, cela permet d’agir considérablement
sur la puissance de pointe, et côté client,
cela a un réel impact sur la facture, avec les disparités
de prix que nous avons évoquées.
Enfin, concernant le chauffage et notamment
le passage à la pompe à chaleur, RTE a publié
une étude en décembre dernier. Le chapitre 13
du bilan électrique sur le bâtiment montre que
depuis 15 ans le volume d’électricité dédié au
chauffage électrique n’augmente pas et reste aux
alentours de 65 TWh, bien qu’il y ait de plus en
plus de surfaces chauffées à l’électricité. Cette
même tendance ressort dans nos prévisions
pour 2035. En revanche, s’il y a davantage de
chauffage électrique, cela va mécaniquement
augmenter l’impact du chauffage en période de
pointe. RTE, dans sa dernière étude, souligne
que l’augmentation pourrait être de 6 GW à
horizon 2030 et 4 GW à horizon 2035, par rapport
à l’année de référence 2019. Cela ne pose
aucun problème d’approvisionnement et l’enjeu
CO2 est très important, car l’objectif est de remplacer
les chaudières au fuel et au gaz. Sur les
PAC, nous commençons à étudier des leviers de
flexibilité. Nous serons très attentifs aux conclusions
de Cube Flex. Nous ne sommes plus dans
la situation où toutes les heures se valent et où
le chauffage doit être baissé toute la journée. Si
le bâtiment est préchauffé entre 6 et 7 h, qu’il
est en maintien de température entre 8 et 10 h
et que le chauffage est relancé à 10 h, l’impact
sur le réseau est bien meilleur. Tout dépend de
comment les 6 GW mis en évidence par notre
étude sont modulés au cours de la journée. Pour
un bâtiment tertiaire, s’il est chauffé jusqu’à
18 h, il n’est peut-être pas nécessaire de pour-
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 9
INTERVIEW
Yannick Jacquemart
10 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
suivre la chauffe si le dernier occupant quitte
les lieux vers 19 h 30. L’étude ne prend pas en
compte ces rythmes de chauffage, il s’agit donc
de leviers d’action supplémentaires. Les PAC
air-eau présentent des caractéristiques d’inertie
intéressantes, en raison du circuit d’eau chaude
qui alimente les radiateurs, et c’est encore plus
vrai en présence de planchers chauffants. Ces
caractéristiques sont très différentes de celles
des PAC air-air, qui ont un effet plus immédiat
sur les occupants en cas d’arrêt de chauffe. Nous
devons donc apprendre ces éléments. Cube Flex
est un beau terrain d’expérimentation et d’apprentissage.
Mais il ne faut surtout pas oublier que nous
avons aujourd’hui un système électrique avec
des records d’export, une très grande disponibilité
de l’électricité décarbonée et prêt à accueillir
la décarbonation dès maintenant. Ce sujet sur
les pointes ne doit donc pas focaliser l’attention
à très court terme.
j3e - Avec la montée en puissance des EnR,
quels défis pose l’intermittence et quelles
solutions privilégiez-vous ?
Y. J. – Tous les sujets abordés précédemment sur
les rythmes du système électrique concernent la
prise en compte des énergies renouvelables. Le
réseau s’est toujours adapté aux rythmes de la
‘‘
En 2024, l’électricité française était
décarbonée à 95 %, ce qui en fait un formidable
levier de décarbonation de l’économie.
’’
© Seignette-Lafontan
consommation. Il nous semble plus simple de
s’adapter à des pointes très courtes et largement
prévisibles. La priorité est de décaler la consommation
qui peut l’être, car cette mesure peut être
rapide et n’entraîne pas de question de matières
rares à utiliser.
Il y a deux conditions indispensables dans la
mise en œuvre.
La première est d’ordre technique et nécessite
la bonne programmation des appareils. À travers
les BACS, Flex Ready ou des programmateurs
dans le domaine du résidentiel, il existe
aujourd’hui des solutions.
La deuxième condition est d’avoir des offres
de fourniture qui reflètent bien ces nouveaux
rythmes. En 2024, sur l’ensemble de l’année, les
prix moyens entre 10 h et 18 h étaient 65 % plus
bas qu’entre 18 h et 20 h, et 144 % plus bas le
week-end. La CRE fait évoluer le tarif d’utilisation
des réseaux publics d’électricité (TURPE)
dans ce sens. Il faut que les fournisseurs ajoutent
la part énergie pour suivre ces rythmes, qui
doivent se retrouver sur les factures des clients.
Cela encouragera les consommateurs à décaler
leurs consommations.
Les batteries sont une autre réponse à ces
enjeux. Elles rendent le même service que le
décalage des consommations. Il faut cependant
les acheter, les raccorder, les entretenir et il y a
un enjeu de matières premières. Les batteries
représentent un surcoût, car on ajoute un composant
au système électrique, à l’inverse de la
flexibilité de consommation qui est gratuite.
La plupart des pays du monde vivent ces mêmes
enjeux liés aux énergies renouvelables, avec une
production en journée assurée par le solaire,
moins de consommations la nuit et la même
pointe du soir et du matin. La Californie, par
exemple, a remplacé le gaz par les batteries pour
passer ces pointes du soir. Les batteries sont
donc un levier complémentaire pour les flexibilités
courtes.
La problématique se situe sur les périodes de
plusieurs jours sans vent. Cela nécessite un
mélange de flexibilités courtes et de flexibilités
plus longues. Dans les autres pays, cette
problématique ne peut être résolue que par les
centrales à gaz. À horizon 2040 ou 2050 dans
le monde, nous espérons avoir des centrales
thermiques qui utilisent du gaz décarboné, ce
qui n’est pas le cas aujourd’hui. En France, nous
avons une base nucléaire, hydraulique, solaire et
éolienne qui nous aide à faire très peu appel au
gaz. En 2024, l’électricité française était décarbonée
à 95 %, ce qui en fait un formidable levier
de décarbonation de l’économie.
INTERVIEW
Yannick Jacquemart
j3e - Quelles sont les opportunités offertes
par l’électrification de certains usages, à
l’image de la mobilité ?
Y. J. – Il y a plusieurs usages possibles des batteries.
Pour nous, le sujet premier reste le décalage
de la recharge, au travers de la programmation,
qui est neutre d’usage pour l’utilisateur.
Le deuxième usage est le Vehicle to Grid (V2G)
ou Vehicle to Home (V2H), qui nécessite des
batteries bidirectionnelles. Le marché tend
vers ces solutions, techniquement saines à nos
yeux, dans la mesure où les batteries servent
en premier lieu à la mobilité et proposent une
fonctionnalité complémentaire. Ces batteries
sont très largement dimensionnées, car elles
ont été conçues pour une grande autonomie
de mobilité. Elles ont plus d’énergie que les
batteries installées sur le réseau électrique, qui
ne stockent que 1 à 2 heures de leur puissance
maximale. Décharger une batterie de véhicule
pour la consommation électrique de la maison,
de l’ordre de 3 à 6 kW, permet de tenir 10 à
20 heures, alors qu’il suffit de 2 heures de décalage
au maximum. Techniquement, c’est intéressant
; sur le plan environnemental, c’est intéressant,
car cela évite de mettre une nouvelle
batterie sur le marché. La question récurrente
est celle de l’usure des batteries générée par la
multiplication des cycles de charge/décharge.
Dans la mesure où il ne s’agit pas de décharges
extrêmes, l’impact est minime.
La question de la rentabilité se pose, notamment
en raison de la bidirectionnalité de la batterie et
des convertisseurs.
Il s’agit d’une voie d’avenir très intéressante. Vu
du réseau, cela reviendrait à changer le rythme
de la consommation, en rendant la courbe plus
plate et en réduisant considérablement le besoin
de flexibilité.
j3e - Quelles sont les actions à mettre
en œuvre pour inciter les gestionnaires
de bâtiments tertiaires et industriels à
contribuer à la flexibilité du réseau ?
Y. J. – Pour les flexibilités du quotidien, celles
qui se programment soit longtemps à l’avance,
soit la veille, le principal levier est la tarification
des fournisseurs et le prix qui se reflétera sur
la facture du consommateur. Nous regardons
de près les nouvelles offres des fournisseurs,
qui vont inciter les gestionnaires de bâtiments,
tertiaires comme résidentiels, à s’adapter à ces
nouveaux rythmes du système électrique.
Le dispositif EcoWatt est un deuxième levier,
cette fois entre les mains du gestionnaire de
réseau. Mais il s’agit d’un dispositif d’urgence,
‘‘
Le dispositif prévoit de saisonnaliser les
heures pleines/heures creuses, ce qui est un élément
nouveau : cela signifie que les heures pleines/heures
creuses ne seront pas les mêmes en hiver et en été.
utile en cas de crise. C’est l’« airbag du système
électrique » : l’objectif est de l’utiliser le moins
possible.
j3e - Pouvez-vous nous expliquer dans les
grandes lignes les raisons de la réforme du
dispositif heures pleines/heures creuses ?
Y. J. – Le dispositif heures pleines/heures creuses
est évidemment un levier de flexibilité. Il vaut
pour le résidentiel, mais aussi pour le tertiaire,
en moyenne tension et pour les consommateurs
basse tension supérieurs à 36 kVA. Ce dispositif
est régulé, via le tarif d’utilisation des réseaux
publics d’électricité. L’objectif est de décaler une
partie des consommations vers les après-midi,
au moins pour les mois les plus ensoleillés. Le
dispositif prévoit de saisonnaliser les heures
pleines/heures creuses, ce qui est un élément
nouveau : cela qui signifie que les heures
pleines/heures creuses ne seront pas les mêmes
en hiver et en été. Pendant la période d’été, qui
s’étale du 1er avril au 31 octobre, le gestionnaire
du réseau de distribution devra positionner
davantage d’heures creuses en après-midi plutôt
que la nuit. Cette modification du dispositif
interviendra en 2026. La CRE a annoncé préparer
un deuxième temps, qui conduira à une
augmentation du nombre d’heures creuses. Les
heures de la nuit restent creuses et de nouvelles
heures en journée vont devenir creuses. L’évolution
à moyen terme, d’ici 2 à 5 ans, sera donc de
passer à davantage d’heures creuses, au moins
pendant les mois d’été.
Ce sont les 60 GW de solaire raccordés par an
qui créent le mouvement. Tant que l’Europe
développe du solaire à ce rythme, la part de
la production non décalable, donc perdue si
elle n’est pas utilisée, va aller en augmentant,
et renforcera ces nouveaux rythmes. En 2024,
pendant les épisodes de prix négatifs, c’està-dire
lors des périodes de trop forte production
renouvelable, il y a eu en moyenne 5 GW
de production renouvelable perdue pendant
ces heures. La réforme du dispositif va permettre
de déplacer entre 7 et 8 GW vers les
nouvelles heures creuses de l’après-midi. Les
heures creuses sont vraiment de nature à éviter
de perdre de la production d’énergies renouvelables
décarbonées.
’’
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 11
ACTUALITÉ
Énergie
Fin de l’ARENH :
les industriels à l’heure
de l’adaptation
Le mécanisme de
l’ARENH, qui
contraint EDF à vendre
chaque année 100 TWh
d’électricité nucléaire
à un tarif régulé de
42 €/MWh, s’achèvera
le 31 décembre 2025.
Créé pour permettre
aux fournisseurs et aux
consommateurs, en
particulier industriels,
de bénéficier d’une
électricité à prix
réduit, ce dispositif est
vivement critiqué par
EDF et la Commission
européenne, qui le jugent
désavantageux pour
l’énergéticien public. Un
nouveau système entrera
en vigueur en 2026 : l’État
captera une partie des
revenus d’EDF lorsque
le prix de l’électricité
dépassera 70 €/MWh,
avec pour objectif de
redistribuer cet excédent
aux consommateurs.
Toutefois, les
modalités de cette
redistribution restent à
ce jour incertaines. Cette
transition marquera
un tournant pour les
industriels électrointensifs,
qui couvraient
jusqu’à 70 % de leur
consommation à tarif
régulé. Avec des prix
de marché tournant
autour de 60 €/MWh,
le nouveau mécanisme
n’offrira de protection
que lors de flambées
tarifaires. Les industriels
doivent donc se préparer
à une hausse estimée
à 25 % de leur facture
énergétique.
Éclairage
Ledvance lance
son premier
catalogue Déco Pro
Le catalogue Déco
Pro a été pensé
pour les professionnels
de l’éclairage et de la
décoration. Riche de
plus de 600 références,
cette offre regroupe
des luminaires
intérieurs et extérieurs,
lampes décoratives et
produits connectés.
Elle s’adresse aux
architectes, décorateurs
et prescripteurs à la
recherche de solutions
à la fois design
et fonctionnelles.
Ledvance mise sur la
diversité des matériaux
– bambou, béton, raphia,
argile – pour proposer
des styles variés,
adaptés à tous types
d’espaces : résidentiels,
commerces, restaurants
ou lieux d’accueil.
Avec cette nouvelle
gamme, l’entreprise
confirme sa volonté de
conjuguer esthétique,
innovation et praticité
pour accompagner les
professionnels dans leurs
projets, du plus classique
au plus audacieux.
© Ledvance
ÉduRénov
Sept communes lauréates
pour des rénovations
scolaires ambitieuses
La Banque des
territoires et la
Fédération des élus des
entreprises publiques
locales (FedEPL) ont
dévoilé les lauréats
du second appel à
manifestation d’intérêt du
programme ÉduRénov,
lancé en septembre
2024. Ce dispositif vise à
soutenir les communes de
moins de 20 000 habitants
dans la réalisation de
rénovations énergétiques
ambitieuses de leurs
bâtiments scolaires, en
s’appuyant sur la maîtrise
d’ouvrage déléguée.
Réuni fin janvier dernier,
le jury a sélectionné sept
projets : l’école maternelle
Roger-Sudre (Revel),
l’école Les Deux Vallées
(Chamouille), l’Éco2-
campus Microville 112
(Courcy), le groupe
scolaire Georges-
Brassens-Kergomard
(Oignies), les écoles
Cambourin et Clos
Mirman (Caissargues),
l’école La Colline
(Toulon-sur-Allier) et
l’école de Juillac-le-
Coq. Ces opérations
se distinguent par leur
ambition : atteindre,
voire dépasser, 40 %
d’économie d’énergie.
Les deux partenaires
saluent la qualité des
projets retenus, témoins
d’un engagement
fort en faveur de la
transition énergétique
dans les établissements
scolaires.
© Freepik
12 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
Recyclage
Un moratoire annoncé de la Rep PMCB
pour refonder la filière
La ministre de
la Transition
écologique, Agnès
Pannier-Runacher, a
annoncé le 20 mars
dernier un moratoire sur
certaines dispositions
de la filière de
Responsabilité élargie
du producteur (Rep) des
produits et matériaux
de construction du
bâtiment (PMCB).
Cette pause, effective
dans les prochaines
semaines, concerne les
mesures initialement
prévues pour entrer en
vigueur courant 2025.
Objectif : refonder la
filière en tenant compte
des spécificités du
secteur du bâtiment.
Des concertations se
tiennent tout au long
du mois d’avril avec
les parties prenantes
afin de définir les
conditions d’un nouveau
déploiement, mieux
adapté aux attentes du
terrain. Très critiquée
par les professionnels
du bâtiment depuis
plusieurs mois, la Rep
PMCB est jugée coûteuse
pour les producteurs
et peu satisfaisante
pour les artisans,
malgré l’ouverture de
plus de 6 000 points
de collecte (dont
1 800 acceptent tous les
types de déchets). Le
gouvernement s’engage
désormais à étudier
les propositions des
acteurs pour optimiser
le dispositif et restaurer
la confiance dans ce
mécanisme clé de
l’économie circulaire.
© DR
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 13
ACTUALITÉ
PUBLI-INFORMATION
The smarter E Europe
Comment parvenir à l’approvisionnement énergétique
renouvelable 24 h/24 7 j/7
Les énergies
renouvelables
connaissent une
croissance sans
précédent. D’après
l’Agence internationale de
l’énergie, l’accroissement
annuel mondial à partir
de 2030 approchera les
940 gigawatts (GW),
sachant que l’énergie
solaire joue un rôle
essentiel. Cependant, pour
tirer pleinement parti de
la production d’électricité
renouvelable, il faut une
flexibilité croissante,
des réseaux électriques
numérisés ainsi que des
éléments d’intégration
système comme les
accumulateurs à batteries.
L’Europe aussi mise sur les
renouvelables, notamment
le solaire. Une étude
récente de SolarPower
Europe montre qu’une
étape importante a été
franchie en 2024 avec une
augmentation record des
capacités photovoltaïques
de 65,5 GW. La puissance
installée en Europe devrait
atteindre 816 GW d’ici
2030, soit un triplement
en seulement six ans.
L’Allemagne fait figure
de pionnière : selon
l’Association fédérale
allemande de l’industrie
solaire (BSW-Solar), la
barre des 100 GW de
puissance photovoltaïque
cumulée a été franchie
en 2024, couvrant ainsi
environ 14 % de la
consommation électrique
nationale.
Défis et changement
de système
La transition énergétique
apporte aussi son lot de
défis : les congestions du
réseau, l’électrification
insuffisante dans
la chaleur et les
transports ainsi que la
divergence entre les
profils de production
et la consommation.
La numérisation,
la flexibilisation et
l’intégration des
accumulateurs sont
essentielles pour bâtir
un système énergétique
stable et durable
s’appuyant sur les
énergies renouvelables.
Les centrales hybrides et
accumulateurs à batteries
jouent un rôle clé, car ils
garantissent la stabilité
du réseau, optimisent les
rendements et mettent à
disposition des capacités
flexibles.
Dans ce contexte,
les technologies de
stockage connaissent une
croissance fulgurante :
selon une enquête de
BloombergNEF, le marché
mondial a progressé
en 2024 de 76 %, pour
atteindre 69 GW. Les
accumulateurs de grande
puissance agissent
comme des « lignes de
transport virtuelles »,
stabilisent les réseaux et
fournissent des services
de stabilisation du réseau.
Avec les systèmes logiciels
pilotés par l’intelligence
artificielle l’efficacité de
ces accumulateurs sera
encore optimisée.
L’enjeu clé de la flexibilité
La flexibilité est de plus
en plus au cœur de la
transition énergétique.
Les consommateurs
peuvent injecter de
l’électricité ou adapter
leur consommation pour
éviter les congestions
du réseau. La recharge
bidirectionnelle, en
particulier avec la
technologie V2G(Vehiculeto-grid),
recèle un grand
potentiel : les voitures
électriques font office
d’accumulateurs mobiles
qui stockent de l’énergie
temporairement et la
réinjectent dans le réseau
si nécessaire. Selon E.ON,
un véhicule électrique
peut alimenter 11 foyers.
Les Instituts Fraunhofer
constatent des économies
annuelles atteignant
22 milliards d’euros
dans l’UE et un recul des
besoins en accumulateurs
stationnaires allant
jusqu’à 92 %.
The smarter E Europe
2025
The smarter E Europe,
la plus grande alliance
européenne de salons
pour le secteur de
l’énergie, attire plus de
3000 exposants et plus
de 110 000 visiteurs.
Dans le contexte d’un
monde de l’énergie
tourné vers l’avenir,
elle met en avant les
énergies renouvelables,
la décentralisation et
la numérisation, ainsi
que des solutions
intersectorielles pour
un approvisionnement
énergétique durable
24 h/24 et 7 j/7 dans les
secteurs de l’électricité,
de la chaleur et des
transports. The smarter E
Europe réunit les quatre
salons professionnels
Intersolar Europe, ees
Europe, Power2Drive
Europe et EM-Power
Europe.
Les temps phares, cette
année, sont l’exposition
spéciale sur la recharge
bidirectionnelle, la remise
du prix The smarter E
AWARD, la Start-up Area,
où les jeunes entreprises
pourront se présenter sur
4 000 m² d’exposition, et
les conférences de
The smarter E Europe.
Ces conférences sont
l’occasion pour les
experts les plus en
vue de présenter les
dernières évolutions
technologiques, des
applications innovantes et
des tendances décisives
sur le marché pour un
monde de l’énergie
durable. Profitez de cette
opportunité pour mettre
à jour vos connaissances
dans le domaine du
photovoltaïque, de la
technologie de stockage,
de l’électromobilité et
des réseaux intelligents.
Les quatre conférences
spécialisées (Intersolar
Europe Conference,
ees Europe Conference,
Power2Drive Europe
Conference et EM-Power
Europe Conference)
se dérouleront les 6
et 7 mai prochain à
l’International Congress
Center Messe München.
Un seul ticket donne
accès aux quatre
conférences.
The smarter E Europe
aura lieu du 7 au
9 mai prochain à la Messe
München. Ne manquez
pas cette occasion et
venez construire le monde
de l’énergie de demain !
14 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
Mobilité
Déploiement d’un service de navettes automatisées
sur le parc d’activités de Rovaltain (Valence TGV-Drôme)
Depuis le 10 mars un
service de navettes
automatisées de niveau
L4 est déployé sur un
parcours de 3,3 km
qui dessert la gare de
Valence TGV, les parkings
longue durée et la zone
d’activités de Rovaltain
entre Valence et Romans
(150 entreprises et plus de
3000 salariés).
Ce déploiement, une
première en Europe,
s’est fait grâce à la
collaboration de 4 acteurs
impliqués depuis
plusieurs années dans
le développement des
nouvelles mobilités : beti,
opérateur de mobilité
automatisée et filiale du
transporteur drômois
Bertolami, Renault Group,
la Macif et WeRide,
constructeur de ces
navettes automatisées
de 6 m de long pouvant
transporter jusqu’à
8 passagers. WeRide
fournit son Robobus
pour la première fois en
Europe pour un service
de transport de passagers
sur route ouverte en trafic
mixte et sans conducteur
mais a déjà plus de
1000 navettes opérant
Intérieur de la navette autonome.
dans 9 pays.
« Notre collaboration
avec beti nous permet
d'exécuter notre premier
déploiement commercial
de Robobus en Europe, en
utilisant nos antécédents
éprouvés sur les marchés
chinois, singapourien
et du Moyen-Orient, et
finalement renforcer notre
position de leader mondial
dans le déploiement et la
commercialisation de la
conduite autonome L4, a
déclaré Jennifer Li,
directrice financière
et responsable des
affaires internationales
chez WeRide. Mais cela
représente beaucoup
de challenges, chaque
pays ayant ses propres
régulations et des
législations très
différentes. »
On parle souvent de
véhicule autonome,
mais les navettes de
Rovaltain sont des
véhicules automatisés
car, comme le précise
Benjamin Beaudet, CEO
de beti, « si nous parlons
de mobilité "automatisée"
et non "autonome", c’est
véritablement parce que
ce concept et les services
© beti - Alpcat Médias
Navette beti desservant la zone d'activités de Rovaltain et la gare de
Valence TGV.
de transport associés
que nous exploitons
sont veillés par l’humain.
Cela se traduit, par
la présence physique
d’opérateurs à bord lors
des phases de lancement
grand public et par une
solution d’"hypervision"
constante éprouvée (à
partir des caméras situées
sur et dans la navette).
Derrière leur écran, les
"hyperviseurs" ne peuvent
pas conduire la navette à
distance, mais ils peuvent
réagir aux alertes, stopper
le véhicule, dialoguer
avec les passagers,
monitorer le service,
assurer une seconde
couche de sécurité sur la
conduite automatisée et
assurer une amélioration
continue du dispositif.
Nous avons ouvert le
1 er centre d’hypervision
européen à Saint-Donatsur-l’Herbasse,
en juillet
2024. 10 nouveaux emplois
d’hyperviseurs de niveau
3 et 4, tous titulaires du
permis de conduire D et
de la formation adéquate
à la gestion d’un service à
distance, devraient
être créés en 2025 ».
C’est la 1 ère fois à l’échelle
mondiale que WeRide
s’appuiera sur un
opérateur de mobilité
privé local pour déployer
et opérer sa technologie de
conduite automatisée de
niveau 4, sur des navettes
de mobilité partagée.
Le choix technologique
recommandé par
l’exploitant beti, dans le
cadre de son analyse et de
ses expertises, conduit à
l’exploitation d’un matériel
roulant permettant une
vitesse cohérente avec
les règles de circulation
(jusqu’à 40 km/h),
le contournement
dynamique d’obstacles
et le déploiement d’un
service d’hypervision local
et français.
Cette réalisation Rovaltain
s’inscrit ainsi dans
l’appel à projets France
2030, comme le rappelle
Florence Gallay chargée
de missions transports
automatisés de la DGITM,
pour la décarbonation des
mobilités au service de
tous les territoires ruraux
et périurbains.
Jean-Paul Beaudet
© beti - Alpcat Médias
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 15
ÉVÉNEMENT
Global Industrie Lyon 2025
confirme son rôle de plus
grand rassemblement
industriel de France
Avec une participation en forte progression, l’édition lyonnaise 2025
(du 11 au 14 mars) a confirmé son rôle central au sein de l’écosystème
industriel, attirant un public toujours plus nombreux et diversifié. Sur
l’ensemble des quatre jours, les chiffres témoignent d’une dynamique : avec
45 000 visiteurs, la fréquentation a enregistré une hausse de 20 % par rapport
à la dernière édition lyonnaise de 2023, illustrant l’attractivité croissante de
l’événement. La progression est encore plus marquée avec 2 500 industriels
exposants, dont 85 % de PME et d’entreprises de taille intermédiaire.
Lors du point presse organisé
sur Global Industrie le 12 mars,
Julie Voyer, directrice de Global
Industrie, a confirmé que « c’est un vrai
signal qui est envoyé, une nouvelle fois, de
cette envie des industriels d’être présents sur
le salon, avec de nouvelles thématiques ».
Des thématiques présentes sur les
100 000 m 2 du salon et réparties en
14 univers dans les 6 halls : Automatisation,
Digitalisation/IA, Énergie,
Environnement, Process et Services
offraient une vision claire des évolutions
industrielles majeures pour les visiteurs
concernés par la transition énergétique
et écologique, la transformation numérique
ou encore la recherche de nouvelles
compétences.
Cette édition 2025 était placée sur de
nombreux stands sous le signe de l’innovation
robotique et cobotique, en particulier
dans les halls 4 et 2.
Ainsi, ABB Robotics & Discrete Automation,
entreprise leader sur ce marché
de la robotique avec une gamme complète
de robots, de robots mobiles autonomes
et de solutions d’automatisation
16 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
des machines, présentait quelques-unes
de ses solutions pour les entreprises de
toute taille et de tous secteurs, de l’automobile
à l’électronique, en passant par la
logistique. ABB Robotics exposait sa nouvelle
armoire de commande OmniCore.
Cette armoire intelligente assure l’intégration
des capteurs, de l’IA, du cloud et
des systèmes informatiques Edge. Mais
comme le précisait Stéphane Monard,
responsable des ventes services d’ABB,
« ABB développe aussi ses solutions de
rénovation et de remise à niveau des équipements
électriques, avec suivi du cycle de
vie, modernisation des tableaux, conseils
aux PME/ETI sur l’état de leur matériel et
audits électriques et de cybersécurité ».
Universal Robots (UR) présentait ses
cobots de nouvelle génération UR20 et
UR30 dotés d’une charge utile de 25 à
35 kg, ainsi que sa nouvelle plateforme
logicielle PolyScope X, avec son kit AI
Accelerator, un ensemble d’outils pour
faciliter le développement d’applications
cobotiques alimentées par l’IA.
Des applications montraient les possibilités
d’utilisation de cobots UR dans
plus d’une dizaine d’applications industrielles,
UR voulant proposer une technologie
accessible aux PME.
De son côté, Codra présentait ses solutions
MES (Manufacturing Execution
System), BIM et SCADA pour l’Industrie
4.0 : Panorama et COOX pour le
pilotage des process, l’efficacité énergétique
et la digitalisation des opérations.
Schneider Electric dévoilait ses dernières
innovations et solutions autour de deux
enjeux clés pour l’industrie : la décarbonation
et la transformation digitale.
Benjamin Houel, directeur national des
ventes industrie de Schneider Electric,
présentait des solutions pour accompagner
les industriels dans leur transition
énergétique : « Cela inclut les variateurs
de vitesse (jusqu’à 1 MW) pour réduire
la consommation des moteurs, les automates
industriels avec la gamme Modicon
M660 dotée de lala nouvelle technologie
de contrôle de mouvement IPC qui tire
parti des technologies Edge Computing.
Lexium Scara, un robot ultra-compact
et rapide permet d’optimiser les processus
industriels en étant 40 % plus petit que les
modèles standards.
Nous pouvons également faire un jumeau
numérique d’une machine pour concevoir
cette machine, ses réglages (si besoin à
distance) et détecter des problèmes pour
la conception, le suivi, l’exploitation ou la
maintenance.
La décarbonation passe aussi par la fourniture
à nos clients de produits venant
de l’économie circulaire ou l’utilisation
d’acier décarboné pour nos armoires.
Pour la distribution électrique, une innovation
majeure réside dans notre cellule
moyenne tension (MT) RM AirSeT, avec
une coupure dans le vide qui remplace le
SF6, un gaz à effet de serre.
Pour les bâtiments, notre solution EcoStruxure
Building Operation (EBO) permet
d’optimiser en temps réel toutes les
consommations avec une intégration
fluide avec les systèmes existants. »
Wago dévoilait ses dernières innovations
en automatisation et connectivité industrielle
avec le contrôleur PFC 300 et son
processeur dual-core 64 bits et le Compact
Controller 100 Multi-I/O.
Ce rapide tour d’horizon ne donne
qu’une vision partielle de toutes les
innovations présentées à ce salon, mais
un prochain rendez-vous est déjà donné
à Global Industrie Paris 2026 du 30 mars
au 2 avril 2026.
Jean-Paul Beaudet
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 17
AGENDA
20 au 22 mai 21 et 22 mai
4 au 5 juin
4 au 6 juin
SANTEXPO
Paris Expo, porte
de Versailles – Hall 1
SantExpo est l’événement
leader français de la
Fédération hospitalière
de France, qui rassemble
chaque année plus
de 30000 visiteurs,
notamment des décideurs
et professionnels de
santé impliqués dans le
management, la gestion,
le numérique, le parcours
de soin, l’expérience
patient, l’équipement, les
matériels, la construction
et la transformation des
établissements de santé et
médico-sociaux.
Contacts/informations
www.santexpo.com
ARCHITECT@WORK
MARSEILLE
Parc Chanot Hall 8
- Palais de l’Europe,
Marseille
ARCHITECT@WORK
Marseille ouvrira ses portes
pour la 6 e fois les 21 et
22 mai 2025 au Parc Chanot.
L’événement proposera
une sélection rigoureuse
de nouveaux produits,
un programme riche et
complet d’interventions
et d’expositions sur
l’architecture. À venir
découvrir sans modération !
Lors de cette édition 2025,
la thématique « Ressources
du Sud » fait référence
aux matériaux, habitudes
et savoir-faire locaux et
aux ressources/énergies
naturelles.
Contacts/informations
www.architectatwork.com/fr
DRIVE TO ZERO
Paris Expo,
porte de Versailles, Hall 5
Drive to Zero est le rendezvous
des acteurs publics
et privés qui innovent pour
accélérer le déploiement
d’une mobilité décarbonée.
Face aux défis climatiques
et réglementaires, la
décarbonation des
transports est cruciale.
Mais des freins persistent :
idées reçues, complexité
des solutions, inégalités
territoriales. Drive to Zero,
salon de l’innovation pour la
mobilité décarbonée, réunit
tous les acteurs clés pour
lever ces freins et construire
ensemble l’avenir de la
mobilité.
Contacts/informations
www.drivetozero.fr/
CONGRÈS IHF
Centre de Congrès, Lyon
Les 65 es Journées d’Études
et de Formation – JEF – de
l’association des Ingénieurs
Hospitaliers de France –
IHF– ont lieu à Lyon du 4 au
6 juin prochain au Centre
des Congrès. Au-delà
des hôpitaux lyonnais,
les questionnements
sur les orientations en
matière d’investissements
hospitaliers seront
largement abordés lors des
JEF 2025. Le patrimoine
existant est à interroger
avec de nouvelles
approches intégrant les
bilans carbone et la maîtrise
des énergies.
Contacts/informations
www.journees-ihf.com
10 au 12 juin 3 au 5 septembre 16 au 18 septembre 30 sept et 1 er octobre
PRÉVENTICA PARIS
Paris Expo,
porte de Versailles
Il est désormais acquis
pour la plupart des
employeurs que la qualité
de vie et des conditions
de travail constituent
un facteur déterminant
pour l’engagement des
collaborateurs, et donc pour
la performance globale.
Dans un marché du travail
actuel très tendu, les
entreprises sont donc à la
recherche des meilleures
solutions susceptibles de
fidéliser leurs salariés et
de valoriser leur marque
employeur.
Contacts/informations
www.preventica.com/
salon/paris-2025
SIBCA
Grand Palais, Paris
Pour sa 4 e édition, le
Sibca réunira plus de
12 500 professionnels,
250 exposants et
320 intervenants autour
d’une programmation
construite sur les grands
défis climat de toute la
profession : décarbonation
des bâtiments,
transformation des grands
projets urbains et des
territoires, investissements,
industrialisation et
adaptation climatique.
Récemment rénové, le
Grand Palais devient l’écrin
du Sibca 2025. Une occasion
d’élargir la réflexion
à la décarbonation du
patrimoine.
Contacts/informations
https://sibca.fr/fr
NRF RETAIL’S
BIG SHOW
Paris Expo, porte
de Versailles, Halls 4 et 5
La National Retail Federation
(NRF) et Comexposium
font évoluer le salon Paris
Retail Week, rendez-vous
majeur pour tous les
professionnels du retail, qui
deviendra NRF Retail’s Big
Show Europe cette année.
Cette première édition de
l’événement accueillera des
milliers de retailers et de
partenaires commerciaux
issus de toute l’Europe,
qui viendront découvrir de
nouveaux outils, de nouvelles
approches et des innovations
pour répondre au mieux aux
besoins de leurs clients.
Contacts/informations
www.nrfbigshoweurope.
com/fr
IBS
Paris Expo, porte de
Versailles, Hall 2.2
La 15 e édition d’IBS
accueillera la première
édition du symposium
Innovative City. Témoin
et catalyseur des grandes
tendances, IBS 2025 sera
une vitrine technique
montrant les dernières
nouveautés en matière
d’IoT smart, de supervision
et de solutions software
de pilotage intelligent.
Il devrait poursuivre
comme sur les dernières
éditions la promotion
des solutions durables et
résilientes, parmi lesquelles
le stockage d’énergie
couplé aux EnR du
bâtiment (photovoltaïque,
géoénergie…).
Contacts/informations
www.ibs-event.com/
18 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
© DR
‘‘
Le salon Drive to Zero met
en avant les solutions pour
décarboner les usages de la route.
’’
Stéphanie Gay-Torrente,
Directrice du salon Drive to Zero et du pôle salons
et congrès collectivités et immobilier d’Infopro Digital
À l’heure où la transition vers une mobilité plus durable s’accélère, le salon Drive to
Zero se positionne comme un rendez-vous clé pour les acteurs publics et privés engagés
dans la décarbonation des usages de la route. Stéphanie Gay-Torrente, directrice
de l’événement, revient sur les thématiques principales et les temps forts de cette
nouvelle édition, qui se tiendra les 4 et 5 juin prochain à la porte de Versailles.
j3e - Pouvez-vous nous présenter Drive to Zero,
les typologies d’exposants et de visiteurs ?
Stéphanie Gay-Torrente – Le salon Drive to Zero met en
avant les solutions pour décarboner les usages de la route. Il
réunit des acteurs institutionnels, des entreprises de travaux,
des énergéticiens et des équipementiers, notamment dans les
domaines des IRVE. Un focus est fait sur les véhicules légers
intermédiaires, soutenus par l’Ademe via le programme
« eXtrême Défi ». Le salon accueille aussi des acteurs des
services, comme les gestionnaires de flottes et les éditeurs
de logiciels. Drive to Zero est un lieu de networking qui
alimente le débat sur la mobilité décarbonée, en abordant
à la fois les innovations technologiques, les modes de
gouvernance et les coopérations.
j3e - Quelles sont les thématiques principales
de cette édition ?
S. G.-T. – Nous avons regroupé les différentes thématiques
en 4 grands « Comment ? ». Le premier concerne les
infrastructures et l’aménagement du territoire pour
préserver les usages et la mobilité. Il s’adresse principalement
aux acteurs de l’urbanisme, des travaux publics et aux
fournisseurs d’énergie. La plénière d’ouverture, sur le thème
« La route, un bien commun en perpétuelle évolution :
revue des tendances vers la route de 2050 », traitera
du partage entre tous les types de véhicules : camions,
voitures, transports en commun, vélos… Le deuxième axe
porte sur les services de mobilité, ou comment réduire
notre dépendance à la voiture individuelle. Il mobilise les
entreprises de transport et les opérateurs, avec des enjeux
de maintenance, de logistique et d’intermodalité. Une
plénière intitulée : « La route et le rail, passions françaises :
une continuité et une complémentarité nécessaires au
service de la décarbonation » établira le lien avec le rail.
Le troisième volet, dédié à l’énergie et aux technologies,
explore comment les innovations peuvent soutenir le mix
énergétique et une mobilité décarbonée. Sur ce sujet, une
plénière « Mobilités et électrification entre souverainetés
technologique, industrielle et énergétique » abordera la
souveraineté électrique de la France et les investissements
nécessaires. Elle sera complétée par un focus sur les Electric
Ways : « Quel avenir pour les autoroutes électriques à travers
l’Europe ? » Enfin, le quatrième axe traite des financements,
coopérations et modes de gouvernance, avec une plénière
intitulée « L’Europe à la manœuvre de la décarbonation et
de l’innovation : quels enjeux européens pour le transport et
la mobilité des années à venir ? »
j3e - Pouvez-vous nous présenter les temps forts
de cette édition ?
S. G.-T. – En premier lieu, nous réitérons cette année nos
prix de l’innovation, avec 6 catégories : Vélo et modes
actifs ; Technologie et innovation des véhicules ; Services
de mobilités et mobilités connectées ; Fret longue distance
et logistique urbaine ; Infrastructures & Énergies ;
Infrastructures & Aménagements. Le jury des prix est
constitué de membres du comité d’organisation du salon.
Nous accueillons également sur le salon une session de
pitch organisée par le programme d’accompagnement et
de financement des startup françaises Graines de Boss :
5 start-ups annonceront leurs levées de fonds et tenteront
d’obtenir des investissements. Par ailleurs, tous les candidats
aux prix de l’innovation vont pitcher sur le salon pour
valoriser et faire découvrir leurs innovations. Enfin, un
circuit permettra aux visiteurs de tester les véhicules légers
intermédiaires sur le salon.
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 19
DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
© DR
‘‘ Le thème central de cette 65e édition
des JEF est la performance énergétique
des bâtiments hospitaliers.
’’
Bruno Cazabat
Président de l’association des Ingénieurs
hospitaliers de France
Pour cette 65 e édition des journées d’étude et de formation (JEF) de l’association des
Ingénieurs hospitaliers de France (IHF), le programme se concentre sur trois thèmes
principaux de l’ingénierie hospitalière que sont le développement durable, la maîtrise de
l’énergie et la responsabilité sociétale des organisations. Ces journées, qui se tiendront du 4 au
6 juin prochain à Lyon, sont l’occasion de découvrir des retours d’expériences qui brossent les
problématiques des différents métiers de l’ingénierie hospitalière, soit la maîtrise d’ouvrage,
l’architecture, ou la gestion de l’énergie. Bruno Cazabat, président de l’association IHF, revient
sur les temps forts de cette édition et sur les enjeux de la transformation hospitalière.
j3e - Quels sont les principaux thèmes abordés
et les temps forts de cette édition ?
Bruno Cazabat – Le thème central de cette 65 e édition
des JEF est la performance énergétique des bâtiments
hospitaliers. Ce sujet est au cœur de nos préoccupations
depuis maintenant trois ans, poussé par les pouvoirs publics,
la réglementation et les coûts de l’énergie. La première
journée est composée de deux séances plénières. La première
a pour thème la performance énergétique, au travers de
trois retours d’expériences, pour prouver qu’il est possible
d’apporter des réponses pertinentes d’efficacité énergique à
la conception vertueuse des bâtiments de santé. La seconde
séance plénière, ayant pour thème « réussir un projet », sera
l’occasion de revenir sur des bonnes pratiques en conduite
de projets. La deuxième journée est constituée de six ateliers,
lors desquels trois retours d’expériences seront présentés
pour chaque thématique. Les thématiques abordées sont
les suivantes : maîtrise d’ouvrage, équipements techniques,
développement durable, architecture hospitalière, gestion
patrimoniale et conduite de projets. Enfin, deux ateliers
supplémentaires sont prévus la troisième journée, ayant
pour thèmes : hôpital et numérique et conception technique.
j3e - Comment imaginez-vous l’hôpital de 2050 ?
Bruno Cazabat – L’hôpital de 2050 sera la plupart du temps
situé en milieu urbain, dans des bâtiments déjà existants,
qui devront être réhabilités. Il sera créé en concertation
avec la Ville. Sa conception sera flexible et le bâtiment devra
être adaptable et évolutif, par exemple en permettant de
transformer des chambres en bureaux et inversement, ou
d’adapter les blocs opératoires à la charge en temps réel.
C’est déjà le cas aujourd’hui, mais l’objectif est de réduire la
part d’hébergement et de favoriser l’ambulatoire. Au niveau
énergétique, les toitures des hôpitaux seront nativement
végétalisées et disposeront de panneaux solaires, comme
le prévoit la loi APER (accélération de la production
d’énergies renouvelables). Pour ce qui est des matériaux,
l’hôpital de demain sera constitué de plus de matériaux
naturels et biosourcés, notamment le bois pour la structure
et des isolants naturels. Enfin, ce sera un hôpital numérique,
digitalisé et piloté qui offrira des services à ses patients et
soignants. En prenant en compte ces différentes tendances,
il est évident que nous dessinons aujourd’hui les bâtiments
de santé qui seront livrés dans les 10 prochaines années.
j3e - Quels sont les leviers pour atteindre ces objectifs ?
Bruno Cazabat – Il faut davantage communiquer et
informer les ingénieurs hospitaliers des bonnes pratiques
et des retours d’expériences, ce qui est l’objectif des JEF.
En revanche, nous vivons une réelle intensification
des complexités administratives et des contraintes
réglementaires. Il faut également agir sur l’attractivité de
nos métiers, car nous sommes confrontés à une pénurie
d’ingénieurs. Le statut d’ingénieur hospitalier a fait l’objet
d’une révision, ce qui améliore l’attractivité de nos métiers.
Les écoles d’ingénieurs ne prennent pas suffisamment
en compte les spécificités de l’ingénierie hospitalière et
nous prônons notamment la mise en place de cursus de
spécialisation. La conception et la gestion de l’hôpital
touchent à toutes les sciences de l’ingénieur.
20 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
ANALYSE
IA : les datacenters disposent-ils
des installations adéquates ?
Par Alexandre Javel, responsable prescription nationale chez Socomec
© DR
Les centres de données sont au cœur d’un
changement majeur. Et pour cause, l’intelligence
artificielle (IA) accélère le besoin en électricité tout
en créant de nouvelles demandes et perspectives.
Elle crée des charges de travail lourdes et irrégulières
qui nécessitent des infrastructures informatiques
renforcées, avec une stabilité et une fiabilité encore
plus importantes qu’auparavant.
Comment peut-on donc s’assurer
que les équipements et services
nécessaires pour prendre
en charge ce développement fulgurant
de l’IA seront à même de faire face à ce
bouleversement ?
Faire face aux fluctuations
de charge induites par l’IA
Si l’instabilité de l’alimentation électrique
a toujours été une problématique
majeure pour les opérateurs de centres
de données, elle est aujourd’hui encore
plus critique avec l’émergence de l’IA.
Les applications d’intelligence artificielle
présentent en effet des caractéristiques
de charge uniques, avec des
fluctuations allant de 0 à plus de 100 %.
Dès lors, les systèmes d’alimentation
électrique doivent absolument pouvoir
fonctionner de manière fiable et rester
stables face à une demande croissante.
Les onduleurs traditionnels, conçus
pour des charges plus prévisibles et plus
régulières, auront du mal à répondre
à ces exigences. Les demandes d’énergie
soudaines et importantes risquent
d’entraîner des instabilités au niveau
du réseau électrique, et se traduire par
de coûteuses interruptions, de nombreuses
heures de calcul perdues et de
l’énergie gaspillée.
C’est pour pallier ce risque que des
systèmes d’alimentation sans interrup-
tion (ASI) ont été conçus, de façon à
faire face aux fluctuations rapides des
applications d’intelligence artificielle.
Conformes à la norme IEC 62040-3,
définissant des exigences très strictes
en matière de performance dynamique,
ces onduleurs sont à même de gérer
d’importantes variations de charges.
‘‘
Les systèmes
d’alimentation sans
interruption (ASI) ont été
conçus pour faire face aux
fluctuations rapides des
applications d’intelligence
artificielle. Conformes à
la norme IEC 62040-3,
ces onduleurs sont à même
de gérer d’importantes
variations de charges.
’’
Vers une gestion avancée
des générateurs pour
les applications d’IA
Cela devient particulièrement évident
lorsque l’équipement est alimenté par
un générateur, car la stabilité et la fiabilité
sont vitales pour gérer l’impact des
charges répétitives et pour atténuer les
chutes de tension et de fréquence. Lors-
qu’une ASI performante est alimentée
par le réseau, des fonctions avancées
entrent en jeu. On peut par exemple lisser
la consommation d’entrée, en l’adaptant
à la capacité maximale du réseau et
en tenant compte du gradient de puissance
acceptable.
Parmi les autres fonctionnalités avancées,
on peut citer l’écrêtement des
pointes, où l’onduleur gère la consommation
d’énergie en définissant la
puissance maximale acceptable par
le réseau. Ce faisant, il réduit la pression
globale sur le réseau électrique et
améliore la fiabilité de l’alimentation.
Toutefois, les générateurs sont particulièrement
sensibles aux impacts de
charge répétitifs, qui peuvent entraîner
des baisses de tension et de fréquence,
provoquant en fin de compte
des perturbations pour les charges
connectées.
Dans ce contexte, il convient de recourir
à des ASI à même de gérer dynamiquement
la stabilité du générateur, en
surveillant en permanence sa fréquence.
Lorsque le générateur est instable, que
sa fréquence et sa tension commencent
à baisser, l’ASI intervient intelligemment
en délestant temporairement une partie
de la charge. Le générateur peut donc
retrouver sa fréquence nominale, et
assurer une alimentation électrique sans
interruption.
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 21
LES DOSSIERS
DU MOIS
38 23
SMART HOSPITAL
Établissements hospitaliers,
soigner le confort des
patients et l’empreinte
énergétique
DATACENTERS
© Legrand
© B.E.G.
22 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
L’arrivée de l’IA dans les
datacenters pose de nombreux
défis techniques pour leur
alimentation électrique, leur
refroidissement et leur gestion
L’adoption rapide de l’IA accélère à un niveau inédit l’augmentation de
la puissance nécessaire pour les datacenters. Même si la performance
énergétique des équipements IT et des solutions de refroidissement
a permis une quasi-stagnation des consommations énergétiques des
datacenters pour les applications informatiques classiques, l’arrivée
de l’IA pourrait changer la donne, avec des densités et des puissances
jamais vues. Les équipementiers développent des solutions pour répondre
rapidement à ces nouveaux besoins qui touchent l’alimentation électrique,
le refroidissement ou la gestion, tout en améliorant leur empreinte
environnementale.
Depuis plusieurs semaines, la presse se
fait tous les jours l’écho de nouvelles
annonces de datacenters dédiés à l’IA
aux quatre coins du monde. La France n’échappe
pas à ces annonces depuis le sommet annuel mondial
de l’IA en février dernier à Paris et l’entrée de
la France dans la course à la puissance de calcul
pour l’IA. Les montants d’investissement donnent
le vertige, avec des promesses de 109 milliards
d’euros d’investissements pour la construction de
nouveaux centres de données bas carbone et le
développement d’algorithmes souverains.
De nouvelles solutions techniques pour l’alimentation
électrique, le refroidissement, la gestion des
ressources doivent être trouvées pour faire face
à la croissance exponentielle de cette demande
en améliorant son efficience environnementale :
optimisation énergétique, écoconception et innovation
dans la construction des datacenters.
Quelles caractéristiques et contraintes pour
ces datacenters de demain ?
Tout le monde du datacenter – concepteurs,
exploitants, fournisseurs d’équipement – se pose
la question : avec l’évolution rapide des solutions
d’IA, de leur incidence sur l’architecture et les
équipements techniques du datacenter et de son
évolution, que sera-t-il demain et en 2028-2030 ?
Sébastien Cruz-Mermy, Datacenter Innovation
& Tech explore League leader de Schneider Electric,
donne quelques réponses : « Le premier point
est la performance de calcul avec une meilleure
efficacité énergétique ; une efficacité énergétique
au niveau de l’IA qui devrait aussi concerner la
distribution électrique et le système de refroidissement.
Le second élément est d’avoir dès la phase de
conception, avec l’intégration des différents environnements,
un design qui minimise l’empreinte
carbone, la consommation d’eau, protège la biodiversité
tout en intégrant une composante de flexibilité,
notamment pour être capable de s’adapter à
de nouvelles charges. Mais demain, le datacenter
deviendra un acteur beaucoup plus actif et dynamique
pour contribuer à la décarbonation de son
infrastructure.
Aujourd’hui, on est dans un contexte d’hypercroissance
tirée par le développement de l’IA générative
représentant au niveau européen environ 20 GW
de puissance installée. À cela s’ajoutent trois ruptures
principales : une rupture liée au profil des
charges, une rupture au niveau du développement
durable pour minimiser l’impact environnemental
de ces datacenters dès leur phase de conception, la
troisième rupture étant l’accès à l’énergie. Tout cela ...
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 23
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
...
24 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
pour des datacenters qui auront un cycle de vie de
15, 20 ou 25 ans. Au niveau mondial, 40 % de la
capacité installée était déjà liée à l’IA en 2024.
Nous travaillons avec Nvidia depuis plusieurs
mois pour définir les caractéristiques d’un cluster
haute densité, par exemple avec leur dernière version
de GPU Blackwell, pour lequel la densité peut
atteindre 132 kW par rack. On s’est aussi intéressé
à la typologie du système pour arriver à un PUE
inférieur à 1,3, avec comme objectif 1,1 suivant les
zones géographiques avec un système de refroidissement
qui va évoluer vers le liquid cooling. »
L’alimentation électrique doit s’adapter
à cette évolution/révolution
Le fonctionnement de tous ces équipements
informatiques énergivores repose sur une alimentation
électrique disponible et fiable du
Grid-to-chip (du réseau à la puce).
Tous les équipements électriques (poste et cellules
MT, transformateurs, équipements de distribution
dans les racks-PDU, onduleurs et batteries)
doivent être fiables, souvent redondants,
évolutifs, peu consommateurs d’énergie, faciles
à maintenir et avec l’empreinte carbone la plus
réduite possible.
Des projets déjà en cours de lancement
Parmi les projets
identifiés, on distingue
celui de Sesterce qui
prévoit un datacenter
de 40 000 GPU près
de Valence et un
investissement de
450 millions d’euros; le
projet de l’entreprise
britannique Fluidstack
pour un supercalculateur
de 1 GW alimenté par
l’énergie nucléaire et qui
devrait être opérationnel
en 2026, ou encore celui
de Mistral AI sur le site
d’Eclairion, à Bruyères-le-
Châtel (Essonne), un site
spécialisé dans toutes
les activités de calcul
haute performance (HPC).
Des investissements
sont aussi annoncés,
comme celui du fonds
canadien Brookfield
qui prévoit d’investir
20 milliards d’euros d’ici
2030 en France, avec la
construction, à Cambrai
(Nord), d’un second
datacenter de 1 GW.
Un développement de
datacenter devrait aussi se
faire à Grenoble. Charles-
Antoine Beyney, PDG de
DataOne, vient d’annoncer
le démarrage du chantier
de ce datacenter dédié
à l’IA près de Grenoble.
Sur un site de 7 hectares
comprenant plus de
25 000 m 2 de bâtiments
(ancien site HPE et DXC
Technology) seront
hébergés 10 000 GPU livrés
en juillet prochain et 15 000
de plus en fin d’année. La
puissance d’alimentation
sera de 15 MW, avec une
montée en puissance qui
pourrait atteindre 400 MW.
Un PUE objectif de 1,1 a
été annoncé avec, à terme,
la récupération de chaleur
fatale. Un second site
en Isère est prévu près
de Villefontaine.
Une carte de zones
prêtes pour l’implantation
de centres de données
bas carbone pour l’IA
dans les différentes
régions françaises a été
publiée. 35 sites ont été
identifiés en concertation
Nouvelle cellule MT sans SF6 UniSec Air d’ABB.
L’augmentation de la puissance des datacenters
de l’IA demande de nouvelles solutions, comme
l’explique Hatem Bouzidi, responsable du segment
Data Centers France et directeur commercial
Distribution Solutions d’ABB France : « Les
datacenters, moteurs de l’économie numérique,
connaissent une expansion rapide pour répondre
aux besoins en puissance de calcul du cloud et de
l’IA, ce qui entraîne une forte augmentation de la
consommation d’énergie. En effet, les datacenters
de l’IA demandent beaucoup de puissance. Dans
Des zones prêtes pour l’implantation de centres de
données bas carbone pour l’IA à travers la France.
avec RTE et EDF, avec une
disponibilité du foncier
entre 2025 et 2028. L’Île-de-
France, les Hauts-de-France
et le Grand Est sont en tête
pour le nombre de sites
identifiés.
© ABB
...
...
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
Sesterce implantera son premier datacenter dédié à l’IA
près de Valence
Un datacenter dédié à l’IA
devrait être opérationnel
fin 2026 près de Valence
(Drôme). C’est l’annonce qui
a été faite le 13 mars dernier
au Pôle Ecotox de la zone
d’activités Rovaltain, dans
un bâtiment dans lequel
va s’installer ce datacenter,
à deux pas de la gare de
Valence-TGV.
La présentation de ce projet
a été faite par Anthony
Tchakerian, cofondateur
et directeur général de
la société marseillaise
Sesterce. « Le choix
de ce site s’est imposé
naturellement, explique
Anthony Tchakerian. Ce
site se trouve sur le passage
du réseau de fibre noire,
près de la gare de Valence-
TGV, ce qui permettra des
liaisons faciles avec Paris ou
Marseille pour nos équipes.
Nous disposerons avec
Enedis d’une énergie 100 %
bas carbone et l’existence
de ce bâtiment très récent
pour lequel l’Institut
Mérieux nous passe le
relais, nous permettra
d’avancer rapidement. Il y a
aussi la proximité des écoles
d’ingénieurs de Lyon et
Grenoble et un écosystème
industriel dynamique. »
Dans ce projet, Sesterce
va investir 450 millions
d’euros pour la première
tranche de l’infrastructure
d’un datacenter équipé
de 40 000 GPU pour des
services d’inférence et
d’entraînement à l’IA.
Cette implantation devrait
générer plusieurs centaines
d’emplois qualifiés dans
le domaine de l’ingénierie,
de la maintenance et de
la sécurité et développer
un campus d’IA avec des
start-up connectées au
supercalculateur et de
grandes entreprises.
Ce sera aussi une démarche
vertueuse sur le plan
environnemental, car,
comme l’explique Anthony
Tchakerian, « nous visons
un PUE de 1,1 avec un
refroidissement liquide par
boucles d’eau fermées et une
récupération de la chaleur
fatale par un réseau de
chaleur local. Cela permet
un rendement énergétique
un rapport de 1 à 5 par rapport à un datacenter
classique, et il faut beaucoup plus de matériel électrique,
de câbles, d’équipements de sécurité. Le
niveau d’exigence en termes de continuité de service
est le même.
Face à cette demande croissante, et pour soutenir
la transition énergétique des datacenters vers un
modèle plus efficace et écologique, ABB met l’accent
sur la réduction de l’empreinte carbone pour
laquelle nous pouvons citer deux actions : la première
porte sur l’arrêt de l’utilisation du gaz sans
hexafluorure de soufre (SF6) dans les produits
électriques moyenne tension, le SF6 étant un des
gaz nocifs à effet de serre le plus puissant que nous
connaissons. Du fait des directives européennes qui
imposent à partir du 1 er janvier 2026 la suppression
du SF6 dans les matériels électriques, ABB a
développé deux gammes de tableaux électriques
sans SF6 : la gamme UniSec Air conçue pour la
distribution secondaire HTA jusqu’à 24 kV et la
gamme SafePlus Air compacte et étanche. »
de 98 % tout en économisant
96 % d’eau par rapport aux
solutions classiques ».
Les projets de Sesterce ne
s’arrêtent pas là, puisque
leur plan d’investissement
atteint un montant global
de 52 milliards d’euros
pour le déploiement
d’infrastructures d’IA en
France d’une puissance
de 1,5 GW et 1,2 million de
GPU à l’horizon 2030. Après
Rovaltain, Sesterce prévoit
deux projets sur des sites
dans le Grand Est pour
une puissance globale de
Schneider Electric a également remplacé le SF6
dans ses équipements électriques moyenne
tension HTA 24 kV avec un nouveau produit :
RM AirSeT. « Le RM AirSeT permet de limiter
le réchauffement climatique, contribuant ainsi
à atteindre les objectifs de développement durable
de nos clients. Plutôt que d’utiliser le gaz SF6, nous
© Schneider Electric
Bâtiment de Sesterce pour l’implantation de son nouveau datacenter
dédié à l’IA.
600 MW et 500 000 GPU
d’ici 2028, puis 1,2 GW
d’ici 2030. Sesterce devrait
aussi développer un
supercalculateur dans
le sud de la France pour
renforcer les capacités de
calcFranceFrance dans
le domaine de l’IA. Des
réalisations qui devraient
améliorer la souveraineté
française car aujourd’hui,
comme le précise Anthony
Tchakerian, « 75 % du cloud
d’IA est contrôlé par des
hyperscaleurs américains et
moins de 10 % pour l’Europe ».
...
Cellule moyenne
tension 24 kV RM
AirSeT de Schneider
Electric.
© j3e
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 25
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© DR
AVIS D’EXPERT
« Les datacenters et les
réseaux périphériques sont
essentiels au fonctionnement
des applications d’IA, utilisant
des grappes de calcul à haute
performance, interconnectées
par des réseaux à faible
latence. Cela permet un
traitement parallèle et des
temps d’apprentissage rapides
pour gérer efficacement les
données complexes de l’IA.
Cependant, cette activité
intense nécessite une
énergie stable et dégage une
chaleur plus importante, qui
nécessite une infrastructure
spéciale pour la refroidir
et l’alimenter électriquement.
Le calcul haute performance
a transformé notre monde,
et l’infrastructure numérique
critique doit suivre le rythme.
Comment évoluent les
systèmes de refroidissement ?
26 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
Jean-Pierre Tournemaine, directeur régional Europe du Sud de Vertiv
Tous ces développements de l’IA nécessitent
de disposer rapidement des équipements
techniques adaptés
Chaque acteur de cet
écosystème s’efforce de relever
ce défi et de montrer l’exemple,
surtout lorsque la technologie
et le développement durable
se rencontrent. Cela implique
notamment de promouvoir
l’utilisation d’énergies
alternatives, de développer
des réseaux hybrides
et intelligents, ainsi que de
concevoir des datacenters
innovants pour fournir des
solutions fiables, tout en
réduisant l’impact sur notre
planète.
Selon le rapport 2022 Data
Center Thermal Management
Market Analysis d’Omdia,
la demande énergétique
des baies informatiques des
datacenters devrait passer de
5 à 7 kW à 50 kW ou plus. Cette
augmentation représente une
évolution significative.
À mesure que les
supercalculateurs se
miniaturisent, notre industrie
s’attelle continuellement
à résoudre le défi du
refroidissement tout
en améliorant l’efficience
et en explorant l’utilisation
Les datacenters d’IA pourront héberger des centaines de baies de GPU.
de sources d’énergie
alternatives pour répondre à
la demande croissante.
Les défis posés par la
montée en puissance
de l’IA mobilisent
les ingénieurs. Certains
datacenters pourraient
opter pour des rénovations,
tandis que les futures
installations exploreront
vraisemblablement diverses
conceptions pour relever les
défis liés à la densité et à la
dissipation de la chaleur.
L’IA est une technologie qui
promet de transformer notre
monde, mais son évolution
exacte et ses implications
restent à découvrir. Pour
évaluer son potentiel,
nous devons tenir compte
de la capacité des
datacenters mondiaux
à soutenir l’intelligence
“informatique” croissante
qu’elle nécessitera. Notre
industrie doit donc continuer
à évoluer, en fournissant des
solutions de refroidissement
et d’alimentation
dynamiques et innovantes,
adaptées aux nouveaux défis
des datacenters, afin
de soutenir le potentiel
de l’IA. »
© Vertiv-Nvidia
© Vertiv
... utilisons de l’air pur et la technologie du vide pour
l’isolation et la coupure. L’appareillage de commutation
MT sans SF6 est un meilleur choix, non
seulement pour l’environnement, mais aussi sans
compromis sur les fonctionnalités ni les performances,
explique Mahssa Kafai, vice-présidente
de l’activité Power Systems de Schneider Electric
France. Le RM AirSeT utilise de l’air pur en conservant
les fonctions et les avantages des équipements
moyenne tension (HTA) de la génération précédente.
Sa conception innovante lui apporte plus de
robustesse et de longévité et constitue une solution
en ligne avec les normes de demain. »
Les transformateurs sont un élément important
de l’alimentation électrique des datacenters. Pour
réduire leur empreinte carbone, les transformateurs
moyenne tension-basse tension de Schneider
Electric sont recyclables à plus de 80 %.
Il faut aussi mesurer les consommations électriques
à tous les niveaux de l’installation pour
réduire sa consommation. Pour ce faire, Socomec
a développé le système de mesure DIRIS Digiware.
« Ce système répond aux besoins de la catégorie de
mesure PUE3 de la norme EN 50600-4-2 et garantit
les mesures de consommation depuis l’alimentation
principale jusqu’aux serveurs, explique Denis Hoff,
Area Business Developer Energy Efficiency de
Socomec. Grâce à sa classe de précision 0,5, DIRIS
Digiware conduit à une mesure extrêmement fine
du PUE. Son intégration sur toute une installation
électrique – à unités tap-off ou PDU – permet ainsi
d’obtenir une cartographie détaillée de la répartition
des consommations et des pertes du datacenter. »
Onduleur modulaire MegaFlex DPA d'ABB.
LES DOSSIERS DU MOIS
© ABB
Datacenters
Système de mesure DIRIS Digiware de Socomec.
Onduleur moyenne tension HiPerGuard d’ABB.
Des onduleurs plus puissants, modulaires,
plus flexibles pour une alimentation sécurisée
des sites
Les systèmes d’alimentation sécurisés doivent faire
face à ces nouvelles contraintes pour des sites de
plus en plus puissants, tout en ayant une modularité
et une flexibilité pour suivre l’évolution de ces
sites. L’efficacité énergétique est également un point
important pour limiter les pertes et réduire les coûts
opérationnels.
Comme l’explique Hatem Bouzidi, « la 2 e action
d’ABB pour réduire l’empreinte carbone concerne nos
onduleurs modulaires de forte puissance MegaFlex
DPA, reposant sur une architecture parallèle décentralisée
(DPA). Avec une conception et un encombrement
réduit, cette solution permet également de
réduire l’empreinte carbone grâce à son haut rendement
(97,4 %) et donc, de réduire la consommation
d’énergie pendant toute la durée de vie du produit.
Ces onduleurs ont obtenu le label PEP ecopassport
qui vérifie la performance tout au long du cycle de vie
du produit dans un cadre de référence international.
Ces différentes solutions sont parfaitement adaptées
au secteur des datacenters ou encore dans les
...
© Socomec
© ABB
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 27
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Socomec
Nouvel onduleur
Galaxy VXL
500-1250 kW
de Schneider
Electric.
© Schneider Electric
Onduleur Delphys
XM 800 kW de
Socomec.
...
28 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
infrastructures critiques. Elles représentent l’avenir
et ouvrent la voie à des pratiques plus vertueuses
pour l’environnement. Le bilan carbone
d’un datacenter avec ces solutions est positif. Nous
travaillons également sur la recyclabilité de nos
produits sur toute la chaîne de valeur. Nous avons
notamment mis en place pour notre gamme UPS
le programme ABB EcoSolutions qui intègre les
principes de circularité et permet une transparence
totale sur les impacts environnementaux tout au
long du cycle de vie du produit.
L’augmentation de la demande en données nécessite
des datacenters de plus en plus énergivores.
L’arrivée massive des datacenters de l’IA change
totalement l’échelle de puissance (de x1 à x5
concernant la taille des datacenters). Pour
répondre à cette tendance, ABB a
développé l’onduleur moyenne tension
HiPerGuard, la nouvelle génération
de système d’alimentation sans interruption
en HTA avec une résistance
accrue aux perturbations du réseau
et fournissant une alimentation fiable
jusqu’à 24 kV. Cette solution de rupture
accroît la fiabilité et réduit les
coûts de construction et d’exploitation,
ainsi que l’empreinte carbone en réduisant
le nombre d’onduleurs, donc les
coûts de maintenance.
Ce produit est déjà installé en Australie
et au Canada et l’IA devrait être un
vecteur de développement pour ce type
de technologie, car elle permet de repenser
le type de datacenter que l’on va
construire. L’économie sur le coût total
de possession, en passant de plusieurs
onduleurs BT basse tension à un onduleur
© Schneider Electric
Tiroir débrochable 3U de 125 kW de l’onduleur
Galaxy VXL.
MT moyenne tension, pourrait être de 15 à 25 % ».
Schneider Electric a présenté, lors du dernier
salon Data Center World Paris (2024), son nouvel
onduleur triphasé, compact et modulaire
Galaxy VXL adapté aux grands et très grands
datacenters. D’une puissance de 500 kW à
1 250 kW, il peut se mettre en parallèle jusqu’à
4 onduleurs pour la capacité (5 MW) ou 5 onduleurs
pour la redondance (5 MW N+1).
Galaxy VXL est compatible avec les batteries
lithium-ion ou VRLA classiques, offrant une
autonomie flexible et prévisible pour les charges
critiques.
« Sa conception compacte évoluée, sa technologie
haute densité et son architecture à tolérance de
panne optimisent la disponibilité, l’efficacité opérationnelle
et la protection des charges critiques tout
en réduisant le coût total de possession (TCO),
précise Pierre-Antoine Louvot, UPS Business
Development & Offer Country Manager de
Schneider Electric France. Grâce à ses technologies
brevetées, cet onduleur offre une efficacité
énergétique allant jusqu’à 97,5 % en mode double
conversion et jusqu’à 99,3 % en mode eConversion
(mode activable dès 5 % de charge). Ce dernier
mode haute efficacité breveté et développé par
Schneider Electric garantit une protection de l’alimentation
Classe 1 tout en réduisant d’un facteur
de deux les émissions de carbone liées au fonctionnement
des onduleurs en double conversion. Ce
mode eConversion permet de recharger la batterie
et d’offrir une correction de facteur de puissance et
une compensation des harmoniques, ce qui en fait
une solution polyvalente pour les charges informatiques
et non informatiques.
L’évolutivité permet de financer au fur et à mesure
de l’évolution de puissance demandée, réduisant à
la fois les investissements et le coût total de possession
(TCO). Un module de puissance supplémentaire
pour la redondance interne N+1 permet de
protéger la charge et multiplie par 10 la disponibilité
du système sans encombrement supplémentaire,
compatible avec le plus haut Tier de sécurité
des datacenters, le Tier 4 avec une redondance
maximale afin de minimiser le temps de panne
(30 min maximum par an). »
Pour Clément Barthelmels, Datacenter Segment
Manager de Socomec, « la croissance fulgurante
LES DOSSIERS DU MOIS
Xxxx
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 29
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Socomec
Onduleur
modulaire
MODULYS XM de
Socomec.
...
30 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
des applications d’intelligence artificielle a entraîné
de nouveaux besoins dans le domaine de la gestion
de l’énergie au sein des centres de données.
Conçu pour gérer les fluctuations rapides propres
à l’IA, notre onduleur DELPHYS XM répond à ces
besoins en offrant une densité de puissance inégalée.
Et pour cause, il délivre jusqu’à 800 kVA/kW
avec une empreinte au sol de seulement 0,8 m², ce
qui en fait l’un des onduleurs les plus compacts du
marché. Sa conception économe en énergie permet
d’atteindre un rendement de 99 % en Smart
Conversion et de 97,1 % en Double Conversion en
ligne, réduisant considérablement la consommation
d’énergie, les besoins en refroidissement et les
émissions de CO₂. L’exploitation de l’ASI en mode
Smart Conversion à une charge moyenne de 50 %
permet d’économiser 42 tonnes de CO₂ par an.
Autre solution disponible sur le marché, le
MODULYS XM est un onduleur moyenne puissance
construit sur des modules 50 kW. Il garantit
une disponibilité optimale de l’énergie électrique
aux datacenters et a été conçu pour durer plus de
25 ans, soit plus longtemps que les applications
qu’il alimente. Il n’y a donc plus besoin (ou presque)
d’effectuer de dépenses importantes dans le remplacement
des onduleurs. Constitué d’un ensemble
de plus de 25 pièces préconçues et normalisées, le
MODULYS XM peut être configuré dans une multitude
de combinaisons afin de créer une solution
sur mesure. De plus, grâce aux modules de puissance
remplaçables à chaud, la puissance du système
peut être augmentée à la demande, et ce, en
moins de 2 minutes par le personnel sur site. Certifiés
par un laboratoire indépendant, les modules
du MODULYS XM ont une fiabilité éprouvée de
plus de 1 000 000 heures de temps moyen entre
Onduleur Keor FLEX
de 1200 kW de Legrand.
pannes (MTBF), ce qui est au moins quatre fois
supérieur aux meilleurs standards du marché ».
Le suivi de l’état et de la maintenance des équipements
est important, et pour connaître à
tout moment et en temps réel l’état des alimentations
sans interruption, Socomec a développé
une application gratuite, SoLive. Clément
Barthelmebs explique : « Cette application SoLive
est accessible depuis tout modèle de smartphone
ou de tablette pour recevoir des notifications instantanées
en cas d’événement imprévu. Avec la
technologie de dépannage à distance, les experts
de Socomec peuvent se connecter à l’onduleur afin
d’effectuer des tests et diagnostics. Grâce à une
approche intelligente et à la fonction SoLink, les
anomalies sont détectées et les mesures correctives
appropriées sont elles aussi prises à distance, sans
nécessiter une présence physique sur l’installation
en vue de limiter à la fois les pertes et les émissions
de carbone liées au transport. Cette offre de services
complète est inédite sur le marché. »
Pour répondre aux besoins croissants en énergie
et en disponibilité des centres de données,
Legrand a développé plusieurs gammes d’onduleurs
triphasés de puissance avec une architecture
modulaire et évolutive.
UPSaver est un onduleur évolutif jusqu’à 21 MW
en système parallèle à partir d’unités de 2,67 MW,
constituées de modules de 333 kW. UPSaver a un
rendement atteignant 97,2 %. C’est un système
polyvalent permettant d’effectuer toute maintenance
ou redimensionnement de l’alimentation
pendant que les unités sont en ligne.
Keor XPE est une alimentation complète et évolutive
basée sur des modules de puissance de
250 ou 300 kVA permettant d’atteindre jusqu’à
© Legrand
2,1 MVA de puissance nominale. Pour des puissances
inférieures, Legrand propose ses gammes
Keor MOD (25-250 kW) et Trimod HE de 10 à
80 kW.
La nouvelle gamme Keor FLEX est une alimentation
sans interruption (ASI) en ligne à double
conversion triphasée conçue pour les centres
de données, offrant une architecture modulaire
entièrement échangeable à chaud qui assure une
croissance sans interruption, optimisant le coût
total de possession (TCO).
« Avec une efficacité allant jusqu’à 98,4 % en
mode double conversion, le Keor FLEX réduit la
consommation d’énergie et les coûts de refroidissement.
Son design évolutif, prenant en charge
jusqu’à 1,2 MW dans un seul cadre et extensible
à 4,8 MW, permet un dimensionnement optimal
de la puissance en fonction de la charge à protéger.
La modularité entièrement échangeable à chaud,
l’accès total par l’avant et le diagnostic prédictif
permettent une maintenance et une opération de
service faciles et confortables, réduisant les coûts
et augmentant la disponibilité », explique Marc
Marazzi, VP chez Legrand Data Center Europe.
Séverine Hanauer, directrice Segments stratégiques
Télécom & Déploiement Edge, Europe du
Sud de Vertiv, présente la dernière gamme d’onduleurs
de puissance de la marque : « La nouvelle
gamme d’ASI Vertiv Trinergy a été conçue afin
d’optimiser la consommation électrique dans les
datacenters, améliorant de manière significative
l’efficacité énergétique tout en réduisant les coûts
d’exploitation. C’est une solution intégrée qui associe
performance et faible encombrement, permet
d’économiser 30 % de surface au sol et offre un rendement
en double conversion exceptionnel jusqu’à
97,1 % ou 99 % avec le mode Dynamic Online. Ce
taux de rendement supérieur réduit le gaspillage
d’énergie et les besoins de refroidissement. Ceci permet
la diminution de la consommation électrique
globale et des coûts d’exploitation des datacenters,
tout en garantissant que les opérations critiques
sont protégées en permanence par une alimentation
fiable et ininterrompue.
Vertiv Trinergy se distingue par sa conception
avancée et sa flexibilité inégalée. L’une de ses principales
caractéristiques est l’intégration transparente
avec diverses sources d’énergie, y compris les
batteries lithium-ion et nickel-zinc, lui permettant
d’offrir une alimentation de secours adaptable et
personnalisée à une variété de besoins opérationnels.
De plus, les fonctionnalités de partage d’alimentation
continue de Vertiv Trinergy à travers
plusieurs sources d’énergie permettent une gestion
d’alimentation fiable, même pendant les charges
variables. Cette fonctionnalité est entièrement
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
optimisée pour l’intégration avec un appareillage
électrique sur skids et des modules d’alimentation,
offrant un niveau supérieur de flexibilité pour la
gestion de l’alimentation secourue. »
Vertiv Trinergy peut également être associé
à un tableau de distribution conçu pour former
un bloc unique sur le site du client : Vertiv
PowerNexus. « C’est une solution idéale pour les
opérateurs de datacenters qui souhaitent accélérer
le déploiement informatique, explique Séverine
Hanauer, en particulier pour les clients de l’hyperscale
et de la colocation qui mettent en œuvre des
modules d’alimentation et des skids d’alimentation.
Il permet de répondre à leurs principales priorités,
notamment simplifier l’installation et optimiser
l’encombrement des équipements techniques pour
laisser plus d’espace aux salles informatiques génératrices
de revenus.
Trois options d’intégrations sont possibles :
• Intégration sur site : produits conçus pour l’interconnexion
électrique, mécanique et numérique ;
• intégration dans un skid : produits disposés de
manière optimale sur un skid connecté électriquement,
mécaniquement et numériquement ;
Solution Vertiv PowerNexus
associant un onduleur Trinergy
et des armoires de distribution
d'énergie.
...
Onduleur modulaire
LibertTrinergy Cube
de 150 kW à 3,4 MW
de Vertiv.
© Vertiv
© Vertiv
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 31
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Carrier
Installation de
refroidissement de
datacenter Carrier.
...
32 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
• intégration dans une armoire : produits préintégrés
dans une armoire connectée électriquement,
mécaniquement et numériquement.
L’intégration du Vertiv PowerNexus est réalisée en
usine, permettant d’économiser du temps d’installation
sur le site. Le système intégré Vertiv EPMS
(energy and power monitoring system) avec surveillance
de l’énergie intégrée rend le système plus
sûr, plus fiable et plus exploitable dès sa mise en
service en augmentant la visibilité et en réduisant
le nombre d’interconnexions. »
Le refroidissement doit s’adapter à l’augmentation
de puissance des racks de l’IA
Comme le rappelle Jean-Pierre Tournemaine,
l’évolution rapide de la puissance des racks, qui
vont passer rapidement de 20-30 kW à plus de
120 kW en fonction de l’apparition de nouveaux
GPU, demande de nouvelles solutions de refroidissement
:
« Plusieurs approches, dans ce contexte :
• une approche courante est le refroidissement à
air, où l’on utilise des échangeurs de chaleur de
porte arrière en combinaison avec le refroidissement
à air. Cette méthode permet de transférer la
chaleur à l’extérieur des serveurs ;
• le refroidissement par immersion implique d’immerger
les serveurs et autres composants dans un liquide
ou un fluide diélectrique thermoconducteur ;
• le refroidissement liquide direct-to-chip fonctionne
en faisant circuler un liquide de refroidissement
à travers des plaques froides situées
au-dessus des sources de chaleur à l’intérieur
des ordinateurs. Ces plaques évacuent la chaleur
lorsque le liquide circule, permettant ainsi de
refroidir plus efficacement les composants.
Face à la croissance continue de l’IA, les centres de
données doivent coordonner étroitement le refroidissement
par liquide et par air, en adoptant une
stratégie hybride pour optimiser l’efficacité et les
performances. »
Réduire les consommations d’énergie
et l’empreinte environnementale
Carrier développe son offre CVC pour les
datacenters en insistant sur la responsabilité
environnementale et la nécessité de décarbonation
de ces datacenters à prendre en compte dès
leur conception.
« Plusieurs éléments sont donc à prendre en considération,
tels que l’optimisation du PUE (Power
Usage Effectiveness), l’utilisation intelligente de
l’énergie et de la chaleur, limiter le renouvellement
des équipements, mesurer la consommation
instantanée du parc de machines… L’utilisation
de fluide à bas GWP, la récupération de chaleur,
le free cooling et l’amélioration des performances
machines sont autant de technologies que Carrier
met en place pour aider à réduire l’empreinte carbone
des datacenters.
Carrier vient de lancer une gamme de groupes de
production d’eau glacée à hautes performances
pour les datacenters, étudiée pour utiliser le moins
d’énergie possible et abaisser les émissions de carbone,
tout en permettant aux opérateurs de réduire
leurs coûts d’exploitation. Avec plusieurs tailles disponibles
comprises entre 400 kW et 2100 kW, ces
groupes certifiés Eurovent et AHRI reprennent la
formule éprouvée des compresseurs à vis Carrier,
gage de rendement, de fiabilité et de longue durée
de service.
Ces nouveaux groupes de production d’eau glacée
à vis et condensation par air AquaForce 30XF sont
100 % vitesse variable et équipés d’un free cooling
hydraulique intégré, une association permettant
des économies d’énergie pouvant atteindre 50 % en
free cooling total.
Proposés avec un fluide frigorigène HFO à potentiel
de réchauffement global ultra-bas, le R-1234ze(E),
ces groupes sont particulièrement résilients grâce
à leur système de redémarrage ultrarapide qui,
en cas de coupure de courant, est capable de revenir
à 100 % de la puissance frigorifique dans les
2 minutes qui suivent le rétablissement du réseau
électrique. C’est la garantie que les serveurs sensibles
ou critiques sont en permanence refroidis et
les données protégées. »
Refroidissement par porte arrière
L’échangeur de chaleur à eau de porte arrière ou
Rear Door Cooling (RDC) est conçu pour gérer
le refroidissement de charges thermiques élevées
dans les racks de serveurs GPU, de calcul HPC
ou de stockage haute densité. La chaleur dissipée
...
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 33
. . . . . . . .
© Vertiv
Solution de
refroidissement
CoolLoop RDHX
de Vertiv.
...
34 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
par les équipements sera évacuée par un échangeur
de chaleur air-eau et transférée dans le circuit
d’eau de la salle informatique. Le RDC s’installe
à l’arrière des racks d’équipements.
Legrand propose des solutions de refroidissement
de la porte arrière ColdLogik/USystems.
Pour Scott Bailey, CE0 de Legrand-USystems,
« ces solutions ColdLogik/USystems, allant
du refroidissement en rangée aux RDX (Rear Door
Heat Exchanges), présentent l’avantage d’être une
véritable solution évolutive et flexible qui utilise la
tuyauterie existante des clients, réduisant ainsi les
dépenses d’investissement initiales pour établir des
solutions à plus haute densité. À titre d’exemple,
les RDX ont maintenant la flexibilité de refroidir
une armoire de 20 kW, avec la possibilité de l’adapter
à 100-200 kW, car la technologie de l’IA et les
solutions de calcul élevé augmentent leur demande
d’alimentation et de refroidissement à la demande.
À l’heure actuelle, la solution de porte arrière est
un moyen très efficace et rapide d’avoir une véritable
flexibilité sur la croissance de la demande
pour les entreprises de centres de données. Au fur
et à mesure que nous constatons l’augmentation
de la puissance et du refroidissement avec divers
modèles d’IA et fabricants de puces, vous verrez
diverses solutions de refroidissement hybrides. Une
solution hybride typique que nous voyons actuellement
sur le marché est une solution de refroidissement
direct à la puce, avec un modèle de porte
arrière pour permettre une véritable croissance
flexible et évolutive ».
Marc Marazzi, VP chez Legrand Data Center
Europe, ajoute : « Nos refroidisseurs de porte arrière
ColdLogik permettent de refroidir jusqu’à 200 kW/
rack en utilisant 800 watts de puissance pour cette
© Vertiv
Unité de
refroidissement
liquide-air Vertiv
XDU.
porte arrière particulière. Maintenant, si nous imaginons
ce que coûte le fonctionnement d’une unité
CRAC pour fournir cela, c’est incroyablement inefficace
par rapport à ce qu’un refroidisseur de porte
arrière peut réaliser. Et avec les refroidisseurs de porte
arrière, vous pouvez commencer petit, donc vous
refroidissez, disons, 72 racks, et si vous avez besoin
de plus, vous ajoutez simplement des ventilateurs. »
Vertiv vient d’annoncer le lancement de Vertiv
CoolLoop RDHx, un échangeur de chaleur
(RDHx) haute densité à eau glacée conçu pour
prendre en charge les exigences thermiques
croissantes de l’IA, du calcul haute performance
(HPC) et d’autres charges de travail informatiques
à forte densité de puissance. Désormais
disponible dans le monde entier avec des capacités
allant jusqu’à 80 kW par rack, la solution est
une extension de la famille d’échangeurs de chaleur
à porte arrière Vertiv Liebert DCD.
Le Vertiv CoolLoop RDHx est un remplacement
de porte de refroidissement par air compact et
économe en énergie, qui peut être déployé en
tant que solution autonome ou prendre en charge
© Vertiv
© Schneider Electric
le refroidissement liquide directement sur puce.
Le module de ventilation intégré au système
offre un contrôle précis du flux d’air, réduisant la
consommation d’énergie tout en optimisant les
performances de refroidissement.
« Le Vertiv CoolLoop RDHx dispose d’une configuration
de porte arrière peu encombrante et s’intègre
parfaitement à la boucle de refroidissement
liquide, simplifiant la dissipation de chaleur tout
en maintenant l’efficacité et l’évolutivité pour les
environnements à haute densité », commente
Séverine Hanauer.
Refroidissement liquide direct-to-chip
Le refroidissement « direct sur puce » ou « directto-chip
» (D2C) consiste à établir une boucle de
refroidissement, un liquide froid étant envoyé
vers les « cold plates » montées sur les composants
les plus chauds (CPU ou GPU). La chaleur
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
absorbée est ensuite renvoyée vers une unité
de distribution de liquide de refroidissement
(CDU), puis vers un échangeur de chaleur.
Séverine Hanauer explique le fonctionnement de
L’Edge AI, ou l’intelligence artificielle à la périphérie,
se développe
Datacenter préfabriqué de Schneider Electric.
L’Edge AI ou IA à la
périphérie vise à rapprocher
l’utilisation de l’intelligence
artificielle à la périphérie du
réseau, où les données sont
générées par des capteurs,
des machines industrielles
ou médicales, des caméras
intelligentes et l’IoT.
Cela va permettre un
contrôle et une sécurité
plus stricts sur les données
de l’entreprise et une
faible latence pour toutes
les tâches en temps réel.
Les données de tous ces
équipements ne seront plus
envoyées vers le cloud pour
analyse, mais le système
Edge AI va les traiter
localement et permettre des
actions immédiates pour des
actions sensibles au temps.
Lorsque la bande passante
est limitée, cela permet
également de diminuer
la quantité de données
envoyées vers le cloud.
Une nouvelle architecture
d’IA va ainsi s’installer
à la périphérie dans des
usines, des commerces,
des hôpitaux ou des
établissements financiers et
va améliorer la sécurité et la
confidentialité des données
sans les transmettre sur des
réseaux vulnérables aux
cyberattaques.
Selon des données de
Gartner, « d’ici fin 2025,
50 % des données gérées
par les entreprises
seront traités en dehors
des centres de données
traditionnels ou du cloud,
dans des lieux tels que
des usines, des magasins
ou des établissements
médicaux. De plus, d’ici
2026, au moins la moitié
des déploiements de l’Edge
Computing intégrera des
solutions d’apprentissage
automatique ».
Les solutions de datacenter
modulaires peuvent
répondre aux besoins
des entreprises d’IA à la
périphérie, en fournissant
l’infrastructure, la puissance
de calcul et électrique et le
refroidissement nécessaire
à l’entraînement et à
l’inférence des modèles d’IA.
Schneider Electric aide ses
clients à résoudre les défis
de l’IA afin qu’ils puissent
tirer pleinement parti de
cette technologie pour
devenir plus compétitifs :
« Chaque unité fournit une
infrastructure modulaire
spécialement conçue
et adaptée à des cas
d’utilisation spécifiques.
Les conceptions peuvent
ensuite être mises à l’échelle
en clusters reproductibles
pour être déployées partout
où les clients ont besoin
d’une infrastructure rapide,
adaptable et évolutive
© Vertiv
© Rittal
Système de
refroidissement liquide
CDU+DLC de Rittal-Efirack.
...
pour atteindre leurs objectifs
stratégiques en matière d’IA ».
Pour le refroidissement,
comme l’explique Séverine
Hanauer, « une solution de
refroidissement DCL avec un
CDU air/liquide permet une
mise en œuvre plus simple et
rapide sur un site. En effet, elle
ne nécessite pas l’existence
d’un système de production
d’eau tempérée, ce dernier
étant parfois impossible à
installer sur des sites Edge
du fait des contraintes de
place et d’environnement du
bâtiment. Il faut noter que les
puissances de refroidissement
disponibles aujourd’hui par
unité CDU air/liquide sont
plus réduites qu’avec un CDU
liquide/liquide (entre 6 et
10 fois moins puissante par
unité CDU) ».
Rack DLC
de Vertiv.
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 35
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© J3e
CDU Uniflair
de Schneider
Electric.
© Schneider Electric
Solution de
refroidissement
liquide par immersion
de TotaLinux ITrium.
36 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
...
Datacenters
ces ces CDU et comment
ils s’intègrent dans tout
le système de refroidissement
de la salle
informatique : « Le
refroidissement DLC
(Direct Liquid To Chip)
nécessite de positionner
un CDU (Coolant Distribution
Unit) à côté
de la baie ou des baies
informatiques à très
haute densité qu’il doit
refroidir.
Le CDU est un équipement
sous forme d’armoire
qui se place dans l’alignement
de la baie informatique afin de réduire au
maximum la longueur du circuit d’eau refroidie en
sortie, qui va venir alimenter la ou les baies informatiques.
Il ne remet donc pas en cause le principe
d’une architecture de baies disposées en rangées.
Si le système CDU est à technologie liquide/liquide,
la mise à disposition d’un réseau d’eau tempérée
dans la salle informatique est nécessaire pour son
fonctionnement.
Si le système CDU est à technologie air/liquide,
dans ce cas, pas de réseau d’eau tempérée requis
sur le site, la chaleur est rejetée directement dans
la salle informatique.
Dans les deux cas, la salle informatique doit disposer
également d’un système de refroidissement
classique en rangée ou en périphérie (à base d’eau
glacée ou à détente directe), car le système DLC ne
peut assurer seul 100 % des besoins de refroidissement
d’une baie en extrême densité.
La puissance de refroidissement classique en parallèle
du système DLC doit représenter, en général,
entre 15 % et 100 % de la puissance du CDU : ceci
est fonction de la technologie DCL liquide/liquide
ou DLC air/liquide appliquée dans la salle infor-
matique et de la présence d’autres types d’équipements
IT et de refroidissement dans le même
espace. »
En étroite collaboration avec des hyperscalers
et des OEM de serveurs, Rittal a développé une
unité de distribution de refroidissement (CDU)
modulaire qui offre une capacité de refroidissement
de plus de 1 MW. La CDU utilise un refroidissement
liquide direct basé sur l’eau – et constitue
donc un exemple de nouvelles technologies
d’infrastructure informatique qui sont des catalyseurs
pour les applications d’IA.
Pour Luc Alsenne, Business Developer de Rittal-Efirack,
« grâce à la modularisation et aux
avantages de conception de l’Open Rack V3, dont
Rittal a fait progresser le développement dans le
cadre de l’Open Compute Project (OCP), le serveur
du rack est connecté aux entrées et sorties centrales
du circuit d’eau via des connexions standardisées
au niveau du collecteur. L’alimentation est fournie
par le jeu de barres CC standardisé du rack. Les
unités fonctionnelles de la CDU, telles que l’unité
de commande centrale et plusieurs unités de circulation
de liquide de refroidissement (CCU), sont
entièrement modulaires et peuvent être facilement
glissées dans le rack. Ce concept offre un avantage
majeur en termes de service : les composants tels
que le contrôleur, les capteurs, les filtres et les unités
de pompage de la solution In-Row peuvent être
entretenus pendant le fonctionnement et facilement
remplacés par “remplacement à chaud” ».
Pour Schneider Electric, « en moins de 5 ans, on
est passé d’une densité de 40 kW/rack à plus de
120 kW/rack pour les GPU les plus énergivores.
Le refroidissement liquide est nécessaire dès que la
densité de puissance dépasse 50 kW/rack, ce qui est
aujourd’hui la majorité des nouveaux datacenters
en projet. Nous proposons des groupes de climatisation
avec refroidissement à l’air extérieur couplé
à de l’air refroidi et, associée à ces groupes, une centrale
de distribution d’eau qui permettra de refroidir
avec de l’eau glycolée directement sur les composants
critiques tels que les GPU, dont la densité
ne fait qu’augmenter ».
Schneider Electric a finalisé l’opération annoncée
d’acquisition d’une participation majoritaire dans
Motivair Corporation, une entreprise spécialiste
du refroidissement liquide et des solutions avancées
de gestion thermique pour les systèmes de
calcul haute performance. Selon les termes de la
transaction, le spécialiste de la transformation
numérique de la gestion de l’énergie et des automatismes
a fait l’acquisition d’une participation
initiale de 75 % au capital de Motivair. Le groupe
compte acquérir les 25 % de participation minoritaire
restant en 2028.
Refroidissement par immersion
Le refroidissement par immersion consiste
à immerger les serveurs dans de grands bacs
remplis d’huile de synthèse diélectrique
(non-conductrice d’électricité). Le système
repose sur une recirculation du fluide en circuit
fermé grâce à une pompe et à un échangeur thermique
qui peut permettre la récupération de la
chaleur fatale.
Comme l’explique Frédéric Delpeyroux, CEO de
TotaLinux & ITrium, développeur de solutions
de refroidissement par immersion, « la solution
innovante d’ITrium est constituée de trois sous-ensembles
:
• Le matériel informatique
• Le bac d’accueil du matériel informatique avec
son liquide
• L’échangeur thermique qui régule la température
Ce type de refroidissement nécessite un fluide qui
a des propriétés particulières (diélectrique et caloporteur).
Il est de plus non toxique, ininflammable
et biodégradable. Le principe consiste en une recirculation
du fluide en circuit fermé par le biais
d’une pompe couplée à un échangeur externe afin
d’en assurer le refroidissement.
Les avantages de notre solution sont nombreux :
aucune émission de CO 2
et de GES, pas de
consommation d’eau, aucun risque d’incendie,
aucune variation de température des équipements
électroniques, aucune humidité ou poussière. L’infrastructure
est simple, beaucoup moins coûteuse
et respectueuse de l’environnement ».
Un premier datacenter ITrium, dédié à l’IA et
au HPC, d’une puissance de 1 MW est en cours
d’installation à Jouy-en-Josas (Yvelines).
Une solution pour s’adapter aux températures
d’eau fluctuantes des applications HPC ou IA
Vertiv a ajouté à son offre une nouvelle solution
pour le refroidissement liquide et par air de l’IA :
le Vertiv CoolLoop Trim Cooler. C’est une solution
efficace et peu encombrante, conçue pour
fonctionner avec des températures d’eau fluctuantes
communes aux applications IA et HPC.
« S’intégrant parfaitement aux environnements à
haute densité refroidis par liquide, le VertivCool-
Loop Trim Cooler offre une efficacité opérationnelle
et s’aligne sur les besoins évolutifs du secteur
pour des solutions de refroidissement compactes
et efficaces en énergie. Il offre jusqu’à 70 % de
réduction de la consommation annuelle d’énergie
de refroidissement grâce au free cooling et au
fonctionnement mécanique, et 40 % d’économie
d’espace par rapport aux systèmes traditionnels.
Conçu pour répondre aux défis des usines d’IA
modernes, le système supporte les températures
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenters
Solution CoolLoop Trim Cooler de Vertiv.
fluctuantes de l’eau fournie jusqu’à 40 °C et la fonctionnalité
de la plaque froide à 45 °C. [Photo 22]
Le Vertiv CoolLoop Trim Cooler utilise un réfrigérant
à faible PRG et offre une puissance de
refroidissement évolutive jusqu’à près de 3 MW
dans la configuration refroidie par air. Grâce à des
batteries de free cooling optimisées pour les températures
ambiantes supérieures, le système est conçu
pour fonctionner en mode free cooling dans davantage
de saisons et de conditions, pour une consommation
électrique et des émissions de CO 2
réduites.
Il est conforme aux restrictions de la réglementation
européenne F-GAS de 2027, évitant de devoir
procéder à des reconceptions coûteuses ou à des
mises à niveau de l’infrastructure pour répondre à
cette future exigence réglementaire ».
Un jumeau numérique pour simuler les
besoins en énergie des infrastructures d’IA
En s’appuyant sur le projet NVIDIA Omniverse
pour les jumeaux numériques des infrastructures
d’IA, Schneider Electric s’est associé à ETAP
pour développer des jumeaux numériques qui
rassemblent plusieurs sources pour les systèmes
mécaniques, thermiques, électriques et de mise en
réseau.
« La technologie de modélisation sophistiquée
d’ETAP créera une réplique virtuelle de l’infrastructure
électrique d’un centre de données, et la combinera
avec des données en temps réel, des analyses
avancées et des informations sur les systèmes d’énergie.
Des algorithmes intelligents analysent et prédisent
la consommation d’énergie et les schémas de
distribution », explique Schneider Electric.
Alors que l’adoption de l’IA s’accélère, les startup,
les entreprises, les fournisseurs de colocation et
les géants d’internet doivent repenser la conception
et la gestion des centres de données pour
répondre au besoin croissant en efficacité énergétique.
Jean-Paul Beaudet
© Vertiv
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 37
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Sauter
38 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hospital
Établissements hospitaliers,
soigner le confort des
patients et l’empreinte
énergétique
La performance énergétique et la gestion intelligente des bâtiments sont
essentielles dans le secteur de la santé. Avec les décrets BACS et tertiaire,
les bâtiments de santé doivent adapter leurs infrastructures pour améliorer
le confort, la qualité des soins et réduire les coûts d’exploitation. Tour
d’horizon des équipements CVC et des solutions de pilotage pour mettre les
hôpitaux en conformité avec le décret BACS et avancer vers le concept de
Smart Hospital.
Prudence Soto,
directrice générale
Sauter France.
Le suivi du vecteur
eau, enjeu majeur du
secteur hospitalier.
Le secteur hospitalier, qui comptait en 2023
environ 2 900 structures hospitalières
privées et publiques, est le plus souvent
concerné par le décret tertiaire et, par voie de
conséquence, il n’a pas d’autre choix que de mettre
en place des systèmes BACS, car ces systèmes sont
l’outil permettant aussi de répondre, en partie,
aux enjeux du décret tertiaire », introduit Prudence
Soto, directrice générale Sauter Régulation
France.
Les établissements médicaux comme les hôpitaux,
cliniques et Ehpad adoptent progressi-
vement des BACS pour soutenir la transition
énergétique et la décarbonation, motivés par des
impératifs économiques, réglementaires et environnementaux.
Parmi ceux-ci, les grands établissements
sont souvent déjà équipés de BACS,
et n’ont pas attendu les réglementations pour
optimiser le pilotage de leurs équipements techniques
(CVC et électricité, notamment), améliorant
ainsi simultanément le confort des patients
et du personnel, et l’efficacité énergétique. L’augmentation
récente des coûts énergétiques renforce
cette nécessité, ajoute l’experte de Sauter.
© SAUTER France
Des solutions de BACS comme SAUTER Vision
Center procurent une vision globale et avec les
modules EMM (Energy Management Module)
et AEM (Advanced Energy Module). Ce dernier
permet un suivi énergétique en temps réel, facilitant
l’identification des améliorations possibles
des installations. En complément, la solution de
Performance Management optimise la diffusion
de la bonne quantité d’énergie au bon endroit et
au bon moment, offrant des gains significatifs au
fil du temps.
Dès 2027, les plus petits bâtiments
seront aussi concernés
« La situation est plus contrastée pour les plus petits
établissements, et certains d’entre eux sont à peine
informés de l’existence du décret BACS. Ils ont
besoin d’un accompagnement pour la mise en place
d’un BACS qui n’est pas toujours simple à interpréter,
et les équipes de Sauter les accompagnent et les
guident sur ce sujet », ajoute Prudence Soto.
Pour exemple, tout récemment, l’accompagnement
a été mené auprès d’un maître d’ouvrage
possédant des établissements de santé de taille
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hospital
moyenne. Sur une quinzaine de sites ont été
mis en place des systèmes BACS interopérables
intégrant également des équipements tiers.
Suivant les sites, ont été installés ou optimisés,
notamment :
- la régulation du chauffage, de la climatisation et
de la ventilation ;
- le suivi du renouvellement de l’air en fonction
de l’occupation par des sondes de CO 2
;
- les pilotage et réglage de l’éclairage ;
- la coupure des équipements (ventilation, climatisation,
ECS, etc.) selon les modes d’occupation
et l’optimisation des relances des équipements ;
- les suivi et contrôle des températures (historisation,
anticipation des consignes via les prévisions
météo…) ;
- la mise en place de détection automatique des
surconsommations (alarmes) ;
- le délestage des équipements pour éviter tout
dépassement de puissance souscrite ;
- un suivi en temps réel des compteurs installés.
Ces quinze sites sont situés sur l’ensemble du territoire
national et reliés par des VPN sécurisés.
Leur pilotage peut être effectué depuis un seul et
...
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 39
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Freepik
Neuf ou existants : les dates clés pour s’équiper d’une GTB.
Cyril Petit, prescripteur
B.E.G. France pour la
région Sud-Est.
© B.E.G.
...
40 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hospital
même superviseur hébergé par la DSI (direction
des systèmes d’information) du maître d’ouvrage.
Tous les services/entités concernés par ce projet
ont été fortement impliqués et les utilisateurs formés,
gages de la réussite de tout projet.
Enfin, il est aussi possible d’interfacer les automates
SAUTER modulo 6 avec des systèmes
d’autoapprentissage du marché et des objets
connectés pour obtenir une régulation réactive
et prédictive, essentielle pour les établissements
de santé afin d’améliorer la fiabilité des équipements,
de réduire les coûts énergétiques et d’améliorer
le confort.
La gestion de l’éclairage est aussi une priorité
« Après le chauffage, la ventilation et la climatisation,
l’éclairage constitue le deuxième poste de
consommation d’énergie. C’est particulièrement
vrai dans les milieux hospitaliers ou médicalisés,
où les établissements fonctionnent jour et nuit,
nécessitant un éclairage fonctionnel et permanent.
Il est donc primordial de mettre en place des dispositifs
permettant d’optimiser les installations,
d’autant plus que l’éclairage contribue également
à la sécurité des occupants dans les bâtiments »,
introduit Cyril Petit, prescripteur B.E.G. France
pour la région Sud-Est.
L’utilisation de technologies connectées, comme
le standard DALI, permet de réguler l’éclairage de
manière bien plus précise que les technologies à
simple commutation ON/OFF. En changeant de
technologie, il devient donc possible de réduire
significativement la consommation énergétique
liée aux postes d’éclairage énergivores.
Les solutions mises en place génèrent également
du confort : allumage automatique de l’éclairage
en fonction de l’occupation, adaptation des
ambiances lumineuses pour le bien-être des rési-
© Guide décret BACS
...
. . . . . . . .
© B.E.G.
Écran de supervision
d’éclairage avancée.
...
La GTB concentre à la fois
de multiples informations
internes issues des
systèmes CVC et des
capteurs IoT du bâtiment,
et des informations
externes comme la liaison
avec la prévision météo,
apportant de nouveaux
services pour l’exploitant
et la télé-opération, mais
aussi aux gestionnaires
d’énergie. Une nécessité de
communications multiples,
qui est assortie d’une
obligation de sécurisation
maximale.
« La prise en compte de
la cybersécurité est l’un
des enjeux majeurs des
hôpitaux afin, notamment,
de garantir la continuité
des soins et protéger les
patients. Pour répondre à
cette préoccupation, Sauter
Régulation a développé
son niveau de sécurité de
communication avec le
42 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hospital
nouveau standard BACnet
Secure Connect » introduit
Prudence Soto.
« La communication entre
les systèmes se doit
donc d’être sécurisée au
maximum pour déjouer
attaques malveillantes et
cybercriminalité, et c’est à
cet effet qu’est désormais
proposée une solution
étoffée permettant de mettre
en place le protocole de
communication standard
BACnet/SC, au sein de
l’application SAUTER Vision
Center et des automates
modulo 6 », détaille Prudence
Soto. Un routeur spécifique
autorise également à
connecter les applications
BACnet existantes au
réseau BACnet/SC, car
BACnet/SC est une couche
réseau complémentaire des
existantes BACnet/IP et
BACnet MS/TP.
Pour exemple, BACnet/SC
dents dans les salons communs d’Ehpad, amélioration
de la sécurité, réduction des risques de
prolifération de bactéries ou de virus par contact,
et remise en lumière automatique en cas de dysfonctionnement
de la commande d’éclairage.
« Par ailleurs, ces systèmes de gestion assurent une
grande évolutivité des fonctionnements sans nécessiter
de modifications majeures des installations
ou du câblage. Ces solutions connectées permettent
donc de répondre aux demandes du décret BACS,
tout en proposant des bâtiments plus intelligents,
plus performants, moins énergivores, et donc plus
durables », ajoute l’expert de B.E.G. France.
Prenons l’exemple des circulations : « Les réglementations
de sécurité EC 6 imposent un éclairage
permanent dans les dégagements de ces établissements.
Généralement, un luminaire sur trois fonctionne
à pleine puissance 24 h/24, sans prendre en
compte l’éclairage naturel. Ces éclairages consomment
donc en continu… », souligne Cyril Petit.
Grâce à la technologie DALI, protocole standard
pour l’éclairage, il est possible d’installer des systèmes
assurant un éclairage permanent réduit, à
10 % de puissance sur l’ensemble des luminaires,
avec une consommation constatée pouvant être
divisée par trois.
Il est également possible de mettre en place un
cheminement intelligent « Guided Light », ou
Des communications sécurisées avec BACnet Secure
Connect (SC)
Prudence Soto, directrice générale Sauter Régulation France
autorise deux
appareils BACS
à établir une
connexion
d’échange
hautement
sécurisée et
cryptée entre
eux. Les messages
BACnet classiques
peuvent être envoyés
et reçus par la connexion
sécurisée, chiffrée, et, selon
l’association BACnet France,
basées sur des certifications
sécurisées infalsifiables.
Seuls les appareils légitimes
peuvent donc ainsi échanger
et de façon privée.
BACnet France indique
que « les mécanismes qui
assurent cette sécurité
sont basés sur les normes
internationales établies
d’après les meilleures
pratiques et sont pleinement
alignés sur les standards
informatiques utilisés par
Automate modulo 6 Sauter
Régulation intégrant BACnet/SC.
ailleurs par les banques et
les militaires, notamment ».
« Avec le protocole BACnet/
SC, il n’est plus obligatoire
de mettre en place des
VPN sécurisés puisque la
communication est déjà
cryptée, tout en conservant
les communications des
équipements BACnet
classiques de terrain »,
conclut l’experte de Sauter
Régulation.
...
© Sauter
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 43
. . . . . . . .
© DCOM GHU Paris
Multicapteur
OCCULOG –
communicant KNX.
44 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hospital
lumière guidée, qui permet d’enclencher l’éclairage
des zones uniquement à la valeur réglementaire,
au bon endroit et au bon moment, évitant
ainsi d’éclairer inutilement les zones inoccupées.
Ces solutions apportent également un véritable
confort aux usagers : éclairage plus homogène,
sécurité renforcée, remise en lumière en cas de
défaillance. Par exemple, dans les circulations
des chambres (CHU/Ehpad), il est possible de
prévoir un fonctionnement de nuit, assurant uniquement
l’éclairage minimal réglementaire pour
les tournées des infirmières, sans déranger les
patients ou les résidents.
« Pour les bureaux et les salles de consultation, un
multicapteur peut être installé afin de gérer l’éclairage
et transmettre précisément différentes mesures
aux systèmes CVC. Ces capteurs internes peuvent
ainsi envoyer des informations sur la température,
les COV (composés organiques volatils), le CO 2
et le
taux d’humidité de la pièce. Cela permet une régulation
précise des unités de chauffage, de ventilation et
de climatisation en fonction des besoins spécifiques »,
détaille l’expert de B.E.G. France.
Cyril Petit souligne également qu’un système
d’éclairage optimisé doit impérativement communiquer
avec les systèmes CVC et les GTB des
bâtiments hospitaliers. Cela est facilement réalisable
grâce à l’interfaçage entre les protocoles
DALI et BACnet/IP. Par exemple, le lot CVC peut
ainsi récupérer les informations d’occupation des
locaux afin d’adapter les unités de régulation uniquement
en fonction des besoins réels.
Jean-François Moreau
Pôle Neuro Sainte-Anne (Paris) : un projet de reconstruction
maîtrisant efficacité énergétique et conformité aux
recommandations hygiène
Bâtiment NSA-2.
...
Un double objectif atteint
pour ce projet de 14 000 m 2
sur 5 niveaux accueillant
130 lits, 2 IRM et un bloc
opératoire de 6 salles :
conjuguer efficacité
énergétique/réduction de
CO 2
et respect des exigences
normatives pour la maîtrise
de la contamination.
Un résultat atteint grâce à la
conception et à l’installation
de centrales de traitement
d’air conformes aux normes
d’hygiène EN 13 953 et
NF S 90 351, permettant
© B.E.G.
de gérer les salles classées
en « Zone à risque 4 - très
haut risque infectieux ». Le
bureau d’études EDEIS et
l’installateur ICE ont mis
en œuvre 21 centrales de
traitement d’air ClimaCIAT
AIRTECH et 2 groupes d’eau
glacée AQUACIATPOWER
LD 2650 R avec
désurchauffeur au
réfrigérant R32.
Côté efficacité énergétique,
le niveau de récupération
d’énergie sur les batteries
Centrale de traitement d’air ClimaCIAT AIRCLEAN.
est aussi extrêmement
soigné, et répond au taux
de récupération minimal
de 68 % selon la directive
Ecodesign. Cet objectif
a été dépassé, avec
notamment une conception
particulière des ailettes
des batteries, ce qui a
permis de limiter les pertes
de charge et d’optimiser
l’énergie consommée à
tous les niveaux, filtration,
mécanismes d’échanges et
moteurs.
© CARRIER
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 45
SOLUTIONS
Domotique
Simplifier le contrôle à distance
des installations KNX
KNX APP-Control Server d’ABB facilite le contrôle des fonctions
KNX dans les bâtiments. Le serveur fait de chaque appareil connecté
– smartphone, tablette ou ordinateur – une interface de commande
puissante et intuitive. Compatible iOS, Android, Windows et Mac,
il centralise l’éclairage, les stores, les systèmes audio ou les caméras
IP dans une interface moderne, personnalisable et fluide. Sa mise
en service via un portail sécurisé simplifie la programmation à distance, le diagnostic et l’optimisation des
équipements. Cette application est personnalisable, avec la possibilité d’ajuster les pages de contrôle, les images
des pièces et les éléments de commande. Scénarios, scripts logiques, alertes et visualisation s’intègrent en
quelques clics. Grâce à une gestion fine de l’énergie, les consommations peuvent chuter jusqu’à 30 %.
https://new.abb.com
© ABB
© ADM21
Gestion des machines
L’IoT industriel pour les constructeurs
de machines
ADM21 propose IXON Cloud, une solution qui permet la programmation, la mise
en service et la surveillance à distance des équipements industriels en toute sécurité.
Qu’il s’agisse d’un accès à distance ou du développement de nouveaux services
basés sur les données des machines : sans cette connexion, rien n’est possible.
L’utilisateur de cette solution collabore aisément avec ses clients et partenaires
directement depuis son propre portail de services, afin de surveiller
et optimiser ses machines. Il peut également gérer ses équipements
et ses utilisateurs depuis son propre portail web. IXON Cloud est
accessible en toutes circonstances et entièrement personnalisable
selon les besoins. L’accès à distance offre la possibilité de connecter
les machines, réduire les temps d’arrêt non planifiés et d’optimiser la
qualité des prestations.
www.adm21.fr
IRVE
Lancement d’une IRVE native pour les
installations solaires
Enphase Energy annonce la mise en production de son nouveau chargeur pour
véhicules électriques, l’IQ® EV Charger 2. Cette IRVE est intelligente, et conçue
pour fonctionner aussi bien avec les systèmes solaires Enphase qu’en mode
chargeur autonome. Doté de fonctions de gestion de l’énergie, ce chargeur permet
aux propriétaires de maximiser l’autoconsommation solaire, de réduire les coûts
énergétiques et de bénéficier d’une expérience de charge intelligente pour les véhicules
électriques. Le chargeur IQ EV Charger 2 privilégie l’énergie solaire excédentaire
pour la recharge. Grâce à la commutation automatique entre les modes triphasé et
monophasé, il peut commencer à charger à partir de 1,38 kW de production solaire.
Alimenté par des algorithmes de prévision avancés et des données sur les tarifs
d’électricité en temps réel, le chargeur sélectionne automatiquement la source d’énergie
la plus économique.
https://enphase.com/
© Enphase Energy
46 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
SOLUTIONS
Industrie
Une gamme complète de solutions M2M
pour les applications industrielles
D-Link a développé une gamme
complète de solutions M2M (Machine
to Machine) pour permettre aux
entreprises de connecter rapidement
les appareils IoT, qu’ils soient nouveaux
ou existants, afin de rationaliser les
opérations et d’améliorer leur efficacité.
Les solutions M2M D-Link assurent
une intégration transparente, une
transmission de données en temps réel et
une efficacité opérationnelle accrue dans
diverses applications industrielles, de la
surveillance des bâtiments intelligents
à la gestion de flottes de véhicules. Les solutions M2M de D-Link offrent des fonctionnalités avancées telles que la
connectivité multi-SIM, la redondance WAN, une conception industrielle robuste, la gestion à distance via la plateforme
D-ECS (D-Link Edge Cloud Solution) et le support VPN, assurant ainsi fiabilité, sécurité et performance même dans les
environnements les plus exigeants.
www.dlink.com
© D-link
© Flir
Imagerie
Une caméra d’imagerie acoustique destinée
à la détection des fuites d’air comprimé
FLIR a développé la Si1-LD, une caméra d’imagerie acoustique industrielle
assurant une détection plus rapide et plus précise des fuites d’air comprimé pour
les entreprises disposant d’un budget modeste dévolu à la surveillance d’état.
La nouvelle FLIR Si1-LD offre des capacités de détection et de quantification
améliorées par rapport à la FLIR Si124-LD Plus existante, ainsi qu’une gamme
de fréquences supérieure. Les systèmes d’air comprimé perdent généralement
25 à 30 % de leur air à cause des fuites, entraînant alors des factures d’énergie
proportionnellement plus élevées, des arrêts de production imprévus et coûteux, une
réduction de la durée de vie des compresseurs, la nécessité d’acheter une capacité de
compression supplémentaire ainsi que des dépenses de maintenance accrues pour
l’équipement en plus. La Si1-LD est disponible en deux versions, avec et sans Wi-Fi.
https://www.flir.fr/
Éclairage
Une lanterne led de chantier à la fois puissante
et modulable
La lanterne led AL10R Work développée par Ledlenser a été conçue pour offrir un éclairage
puissant – jusqu’à 6 300 lumens pour une portée maximale de 60 mètres – et modulable – de
10 à 100 % – sur les chantiers, en intérieur comme en extérieur. La lanterne AL10R Work est
résistante à l’eau et aux poussières (IP67). Grâce à ses trois panneaux lumineux orientables,
elle permet un éclairage à 360°, 240° ou 120°, offrant ainsi une flexibilité optimale pour toutes
les conditions de travail. Son système avancé permet d’ajuster la luminosité sur cinq niveaux
et de choisir la température de couleur entre 3 000 K et 6 500 K, s’adaptant ainsi aux différents
besoins des professionnels. Son alimentation hybride lui permet de fonctionner sur batterie
rechargeable ou en mode filaire pour un usage prolongé.
https://www.ledlenser.fr
© Ledlenser
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 47
SOLUTIONS
IoT
Un capteur multifonction intelligent
Le Smart Sensor viaSens, développé par Sauter, garantit un climat
ambiant et une atmosphère agréable, selon la mesure des valeurs
d’ambiance. Il mesure la température, l’humidité, la luminosité,
la qualité de l’air (COV, CO 2
), le niveau sonore, et réagit aux
mouvements (présence). Son détecteur de présence, secondé par
un capteur acoustique, garantit une détection fiable. L’intégration
au système d’automatisation de bâtiments, avec la passerelle du
capteur via MQTT et les capteurs via un réseau sans fil Bluetooth Mesh, permet un suivi en temps
réel et une régulation précise de chaque local sans câble de bus. Son anneau led programmable
facilite l’interaction avec l’occupant : contrôle de l’occupation des locaux, de la qualité de l’air ou
du nettoyage, les possibilités d’utilisation sont multiples. Grâce à l’application viaSens, il localise
l’utilisateur via Bluetooth Beacon, offrant une gestion intelligente des espaces.
https://www.sauter.fr/
© Sauter
© Socomec
Alimentation
Un système d’alimentation sans interruption
rack/tour monophasé
Socomec dévoile NETYS RT4, son nouveau système d’alimentation
sans interruption (ASI) rack/tour monophasé. Disponible de
1 à 10 kVA, il est conçu pour répondre aux exigences de fiabilité
d’alimentation et de flexibilité d’installation pour un large panel
d’applications informatiques – dont les serveurs d’entreprise, les
centres de données edge, la commutation ainsi que les systèmes
de communication VoIP, de vidéosurveillance ou de contrôle.
Testé et vérifié par un laboratoire tiers, NETYS RT4 intègre les
meilleures caractéristiques de conception de sa catégorie pour
une fiabilité à toute épreuve. En effet, sa technologie « on-line
double conversion » garantit un filtrage complet des perturbations,
à la fois vers et depuis l’alimentation secteur. Et ce, même dans
les environnements les plus exigeants – avec une température
ambiante de fonctionnement allant jusqu’à 45 °C.
https://www.socomec.fr/
Éclairage
Nouvelle génération de projecteurs led sur rails,
avec un rendu des couleurs précis
La nouvelle gamme de projecteurs led sur rails Concord Beacon de Sylvania
Group a été totalement repensée pour révéler la véritable beauté de l’art.
N’émettant ni rayons infrarouges ni ultraviolets, la technologie led utilisée pour
la nouvelle génération de projecteurs Concord Beacon est idéale pour sublimer et
préserver les œuvres dans les galeries, musées et collections d’art privées. Offrant
un indice de rendu des couleurs (IRC) minimum de 97, cet éclairage de précision
garantit que chaque teinte, ton et détail est révélé avec la plus grande précision,
ainsi qu’avec un éclat exceptionnel des couleurs. Affichant un design épuré
et continu grâce à l’absence de driver apparent, elle est dotée d’un adaptateur
invisible, niché dans le rail. Au-delà d’améliorer l’esthétique globale des projecteurs, cette
approche garantit leur parfaite intégration dans tous les types d’espaces.
https://www.sylvania-group.com/fr
© Sylvania Group
48 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr
26 j3e 892 / MARS 2022 - www.filiere-3e.fr
Les points de recharge se
développent en entreprise.
Bornes de recharge Hager sur parking d'entreprise.
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . .
j3e 892 / MARS 2022 - www.filiere-3e.fr 27
. . . . . . . . . . . . .
Le magazine de l’efficacité énergétique
et environnementale des bâtiments
tertiaires, industriels et collectifs
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Plus de confort
et de sécurité,
moins d’énergie
Des solutions en ligne
avec les exigences
du décret BACS
Protéger les installations
sensibles contre la
foudre et les surtensions
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
IRVE
Le déploiement
des bornes de
recharge se poursuit
Protection foudre
Protéger
les équipements
électriques
et électroniques
extérieurs
Éclairage
La connectivité en
éclairage extérieur
LA FLEXIBILITÉ,
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
CATALYSEUR DE LA TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / FÉVRIER 2025
PRINT & NUMÉRIQUE
Edition papier 8 numéros par an + newsletters
n Abonnement 1 an : 165 € TTC
915
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Datacenters
L’arrivée de l’IA
pose de nombreux
défis techniques
Smart Hospital
Soigner le confort
des patients
et l’empreinte
énergétique
L’ÉLECTRIFICATION,
MOTEUR DE LA DÉCARBONATION
IA, ANTICIPER
LES IMPACTS
WWW.FILIERE-3E.FR 916
ISSN 0758-3826 / MARS 2025
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR 917
ISSN 0758-3826 / AVRIL 2025
Pour continuer à recevoir
© APsystems
LES DOSSIERS
DU MOIS
44
QAI
Les bureaux aussi sont
concernés
52
ONDULEURS
PHOTOVOLTAÏQUES
Des solutions pour un marché
qui se développe et évolue
rapidement
© Siemens
27
VÉHICULE
ÉLECTRIQUE
Abonnez-vous !
100 % NUMÉRIQUE
D’
après le décompte de l’Avere-France
début 2022, la France comptait
53 667 points de charge ouverts au
public au 31 décembre 2021, soit une moyenne
de 80 points de charge pour 100 000 habitants. Si
l’objectif de 100 000 bornes n’a pas été atteint, la
progression est de 64 % en un an et une bonne
dynamique semble impulsée. Pour Cécile Goubet,
déléguée générale de l’Avere-France, c’est
« une augmentation liée à la forte mobilisation de
l’ensemble des acteurs de l’écosystème, y compris les
pouvoirs publics. Cette dynamique doit être maintenue
dans le temps : l’objectif “100 000 bornes”
fixé par le Gouvernement n’est qu’un jalon sur le
chemin de la transformation massive des infrastructures
de carburant. Pour accompagner ces
changements, le programme CEE de financement
de bornes de recharge Advenir, piloté par l’Avere-
France, est renforcé de 200 millions d’euros complémentaires
jusqu’en 2025 afin de contribuer, aux
côtés des dispositifs du plan France Relance, au
maintien de la dynamique des déploiements. »
Du côté des bornes privatives, le décompte est
plus difficile, y compris dans les entreprises qui
n’ont aucune obligation à installer ces bornes
destinées au personnel et/ou aux véhicules électriques
de société. À mi-2021, l’Avere-France
estimait à plus de 420 000 les points de charge
installés dans les sociétés et chez les particuliers.
Mais si la recharge à domicile est relativement
simple pour les usagers habitant en maison indi-
Edition numérique (PDF) + newsletters
n Abonnement 1 an : 110 € TTC
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
Accélérer et faciliter
le déploiement des bornes
de recharge à domicile
et en entreprise
Le développement rapide des ventes de véhicules électriques rend encore
plus urgente la mise en place d’un réseau de bornes de recharge dense, mais
aussi diversifié. À l’installation des bornes publiques en voirie ou dans les
parkings publics doivent s’ajouter des infrastructures au domicile, sur les
lieux de travail, les centres commerciaux ou les hôtels. Les incitations et aides
sont là pour accompagner ce déploiement et les initiatives se multiplient.
L’offre des constructeurs de bornes est aussi de plus en plus diversifiée pour
couvrir tous les besoins, jusqu’à la recharge ultrarapide.
viduelle, l’installation reste encore plus complexe
dans les copropriétés malgré les dispositions du
« droit à la prise » et de la loi LOM (loi d’orientation
des mobilités).
Des incitations et obligations pour les
entreprises, collectivités locales et copropriétés
Depuis la promulgation en décembre 2019 de la
loi LOM, des obligations concernent les villes,
collectivités territoriales, mais aussi les entreprises
pour réussir la transition écologique des
mobilités et atteindre l’objectif de neutralité carbone
des transports terrestres en 2050. ...
© Hager
n Plus de 10 abonnements par société : 140 € TTC
l’abonnement
n Abonnement 2 ans : 265 € TTC
n Plus de 10 abonnements par société : 230 € TTC
l’abonnement
n Plus de 10 abonnements par société : 90 € TTC
l’abonnement
n Abonnement 2 ans : 180 € TTC
n Plus de 10 abonnements par société : 150 € TTC
l’abonnement
Je m’abonne à
Nom
Adresse
Prénom
Société
Code postal
Ville
Activité
Tél.
Fax
Bulletin d’abonnement à retourner à l’adresse suivante :
J3E - 3E MEDIAS - SERVICE ABONNEMENT - 17, RUE DE L’AMIRAL HAMELIN - 75016 PARIS
CHÈQUE À L’ORDRE DE 3E MÉDIAS OU PAIEMENT EN LIGNE SUR : WWW.FILIERE-3E.FR/ABONNEMENT
j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr 49
Pour tout renseignement, contactez Juliette : compta.3emedias@gmail.com
3 QUESTIONS À
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
Pour mettre en œuvre
des solutions réellement
fonctionnelles, il faut s’appuyer
sur des compétences terrain.
’’
David Le Souder
Président de Smart Green Execution
© DR
Spécialiste de l’efficacité énergétique des bâtiments, Smart Green Execution a
pour mission de déployer des solutions de gestion domotiques dans l’habitat
haut de gamme, le résidentiel collectif et des solutions de Smart Building pour
le tertiaire, de façon à répondre aux obligations prévues par le décret BACS. La
société se charge de l’exécution de l’intégration dans le neuf et en rénovation,
pour des bâtiments dont les superficies sont comprises entre 1 000 et 10 000 m², et
s’appuie sur des partenariats stratégiques en termes de protocoles et de fabricants.
David Le Souder, président de Smart Green Execution, présente les particularités
de l’entreprise et dévoile ses atouts dans le cadre du déploiement des BACS.
j3e - Comment est née Smart Green
Execution ?
David Le Souder – La société a été fondée
en 2021 par Alexis Sacksteder, Benoît
Vandenbulcke et moi-même. Nous étions
à l’initiative de la Fédération française de
domotique (FFD), qui a fédéré 350 intégrateurs
spécialisés dans la domotique et
le Smart Building. Nous souhaitions créer
un maillage territorial d’intégrateurs, car
les donneurs d’ordres se situent à l’échelon
national, avec des parcs multisites. Il est
assez complexe pour eux de qualifier des
intégrateurs sur l’ensemble du territoire. Il
n’existe aucune certification pour évaluer
le niveau de compétences et la fiabilité
d’une société d’intégration, et cette information
est uniquement disponible par
le bouche-à-oreille. Sur l’ensemble de la
chaîne de valeur, il y a de très bons fabricants,
éditeurs de logiciels, distributeurs
et maîtres d’ouvrage. Mais pour mettre
en œuvre des solutions réellement fonctionnelles,
il faut s’appuyer sur des compétences
terrain, pour la programmation,
le paramétrage et l’instrumentation.
j3e - Quelles sont vos particularités ?
D. L. S. – Nous avons souhaité créer une
entité unique pour identifier le meilleur
intégrateur local, capable de fournir une
garantie décennale, une garantie civile
et une garantie financière aux maîtres
d’ouvrage et investisseurs. Smart Green
Execution est donc en mesure de piloter
les différentes étapes de l’intégration :
étude, prescription, exécution, maintenance.
Par ailleurs, je souhaite rappeler
que nous ne sommes jamais concurrents
des intégrateurs locaux. Notre rôle
est d’apporter des solutions aux maîtres
d’ouvrage nationaux. Nous sommes donc
partis de la base d’intégrateurs adhérents
de la FFD, et nous leur avons proposé de
nous suivre. La première année, tous nos
projets concernaient le résidentiel collectif.
Depuis deux ans, nous réalisons
des projets de mise en œuvre de BACS
dans le tertiaire. Nos partenaires intégrateurs
signent une charte, un contrat
de sous-traitance annuel et des contrats
de missions. Ils effectuent ensuite un test
pour être validés « Prestataire Smart Building
de confiance » de l’OICR, Observatoire
de l’immobilier connecté et responsable.
N’importe quel intégrateur en
France peut nous rejoindre, ce qui lui permet
de s’appuyer sur notre organisation.
j3e - Comment Smart Green
Execution est-elle capable de
répondre aux demandes de ses
clients désireux de mettre leurs
bâtiments en conformité avec le
décret BACS ?
D. L. S. – Nous sommes régulièrement
appelés par des gestionnaires
de bâtiments qui souhaitent se mettre
en conformité avec le décret BACS.
Ce décret nécessite un important travail
d’analyse fonctionnelle avec les
maîtres d’ouvrage, pour comprendre
les usages détaillés de leur bâtiment.
Notre rôle est de recueillir précisément
leurs besoins et de déterminer
ensemble la classe visée, le plus souvent
la classe B. Nous réalisons ensuite
des plans de l’installation conformément
aux besoins exprimés. Nous
proposons deux offres, la première
avec des solutions éprouvées, reposant
sur des produits très techniques et
robustes proposés par les grands fabricants.
Ces solutions sont très pérennes
et fonctionnelles. La seconde répond à
une réalité du marché, avec des GTB
simplifiées qui permettent d’être en
conformité avec le décret à moindre
coût. Cette offre plus basique vise
exclusivement à atteindre les classes C
et B. Une fois la GTB mise en œuvre,
nous formons nos clients pour qu’ils
prennent en main leur installation.
50 j3e 917 / AVRIL 2025 - www.filiere-3e.fr