Mémoire

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Mémoire

H e n r i B o u t e i l l e r

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( d e s i g n )

p a c k a g i n g

h e n r i . b o u t e i l l e r @ c a r a m a i l . c o m / 5 0 r u e d u t h é â t r e / 7 5 O 1 5 P a r i s / O 6 6 2 8 1 9 3 5 6

éco | luxe henri bouteiller / diplôme 2007 / strate collège designers


Comment en tant que designer packaging

puis-je concilier les valeurs du luxe avec

une démarche d’éco-conception devenue

inéluctable ?

[ Henri Bouteiller ]


I n t r o d u c t i o n

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> Le luxe et l’Homme, en tant qu’individu, citoyen et consommateur

I n t r o d u c t i o n

Comment définir le luxe ? Quelles sont ses valeurs ?

Comment le marché du luxe se compor te-t-il ?

C o n c l u s i o n

s o m m a i r e

Quelles sont les tendances à venir, que ce soit en termes de couleurs,

de matériaux, de matières, de formes, de stratégies ?

Comment définir l’éco-conception ?

Comment les industriels du packaging intègrent la démarche d’éco-conception

dans le développement de leurs produits à l’heure actuelle ?

L’éco-conception passe-t-elle aussi par la valorisation de nouveaux matériaux

écologiques ?

Comment définir le développement durable ?

Quelles sont les mesures politiques actuelles au niveau national et international ?

La société prend-elle conscience de son rôle à jouer pour la protection de la planète ?

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Le monde du luxe

L’éco-conception & le développement durable

L’Homme au co eur du débat

L’éco-conception et l’Homme dans sa dimension individuelle et collective

L’Homme peut-il être « client » du luxe tout en ayant une conscience écologique ?

Est-il obligé de choisir entre l’un ou l’autre ?


P u b l i c i t é L o u i s V u i t t o n

i n t r o d u c t i o n

À l’heure où nous assistons à des bouleversements climatiques dus à l’accélération

spectaculaire du réchauffement de la planète, liée à l’émission croissante de gaz à

effet de serre dans l’atmosphère depuis ces cinquante dernières années par l’activité

humaine, il est de notre devoir et de notre responsabilité, en tant qu’Homme, d’agir

de manière déterminée pour protéger et respecter notre planète. Nous sommes tous

concernés par ce problème majeur car notre avenir et celui de nos enfants dépendent

de ce que nous entreprenons au quotidien.

Le rôle du designer est, à mon sens, au cœur de l’action car il est à l’origine de

tout produit industriel commercialisé et consommé. Il est donc responsable de l’impact

environnemental de ses créations et doit être aussi conscient du message qu’il peut

transmettre aux consommateurs à travers les produits qu’il dessine. Seulement on

s’aperçoit qu’il est difficile de concilier des enjeux économiques et écologiques dans

le monde industriel dans l’état actuel des choses.

Par ailleurs, le monde du luxe, qui est en plein essor, semble ne pas rendre

prioritaire les enjeux environnementaux. Toutefois pourquoi le Luxe, symbole du rêve,

du raffinement, de l’exception, mais aussi de la provocation et de l’avant-garde, ne

serait-il pas compatible avec une démarche d’éco-conception ? Pourquoi le Luxe

ne montrerait-il pas l’exemple tout en conservant ses valeurs essentielles ? L’écoconception

ne pourrait-elle pas devenir un réel argument et/ou une valeur ajoutée au

produit de luxe…

é c o - l u x e / i n t r o d u c t i o n

07


Le luxe est rigoureusement indispensable,

comme le rêve est indispensable à la vie.

Ora Ito / designer

Le monde du luxe


a / C o m m e n t

Le luxe, c’est prendre le temps de (se) faire un cadeau

> P u b l i c i t é H e r m è s

d é f i n i r l e l u x e ? Q u e l l e s s o n t s e s v a l e u r s ?

Il est vrai que la notion de luxe est difficile à définir car elle fait appel à la sensibilité

de chacun. On éprouve des sentiments très personnels et l’excitation de tous nos sens

fait naître des émotions intenses au contact de ce monde fascinant qu’est le luxe.

Néanmoins on trouve plusieurs grandes familles de termes, ou mots-clés, qui étant

associés, permettent de mieux imaginer ce que représente le Luxe :

« L’émotionnel » est à mon avis une notion primordiale qui regroupe le désir, le

fantasme, la magie, mais aussi le rêve, l’imaginaire qui rejoignent l’idée d’une certaine

dimension inaccessible de la part des produits de luxe. Si notre esprit est aussi créatif

c’est à cause du sentiment de frustration qu’on éprouve tant qu’on ne peut pas

s’offrir l’objet convoité. Cette distance qui nous sépare de notre « fantasme » vient

principalement du prix de celui-ci, dû aux soucis de raffinement , de qualité de détails,

d’esthétique, de précision, de finition, pour atteindre l’excellence du savoir-faire, le

caractère exclusif des créations, c’est-à-dire l’exception, ce qui fondent la notoriété et

la pérennité des plus grandes marques de luxe.

Les consommateurs du luxe cherchent, à travers les produits qu’ils achètent, à

prendre du plaisir, à découvrir de nouvelles sensations, à se sentir choyés, beaux,

exceptionnels, uniques, le tout dans un confort absolu. Il est important de préciser

que si le luxe ne se voit pas forcément, il participe quand même à l’élaboration de

l’image et de l’estime que l’on a de soi. Ainsi on se sent mieux dans son corps et

mieux dans sa tête lorsqu’on a la chance de pouvoir appliquer sur sa peau une crème

de soin Dior, par exemple. Ce luxe là n’est pas

ostentatoire, il participe seulement au bien-être

psychique du consommateur.

Par ailleurs, il est important de rappeler que pour

conserver toute sa grandeur, le luxe se doit d’être

qui va sublimer le quotidien.

Irina Volkonski / créatrice de bijoux

é c o - l u x e / L e m o n d e d u l u x e

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extrêmement dynamique, créatif, innovant, créer la

surprise tout en jouant avec les codes traditionnels.

Ceci se vérifie dans chaque secteur d’activité du

luxe, c’est-à-dire dans le domaine du parfum, de

la cosmétique, de la bijouterie, de la joaillerie, de

l’épicerie fine, des spiritueux, de la haute technologie,

services…

On remarque actuellement que le monde du luxe

est en train de repousser ses frontières en agissant

hors de ses secteurs traditionnels pour répondre

à une demande croissante en offre très haut de

gamme. « Aujourd’hui l’ensemble du marché français

est extrêmement segmenté. Résultat, sur chaque

segment de consommation ou de services, il y a de

la place pour une offre de luxe. »

( Le nouvel économiste. Octobre 2006 )

Nous pouvons alors nous interroger sur ce que

ce seront le ou les luxes de demain…Ce secteur

continuera-t-il à se diversifier autant qu’il l’a fait ces

dernières années, ou au contraire, se dirigera-t-il dans

une dynamique de retour aux sources en privilégiant

les traditions, le naturel, des services personnalisés…

étant donné les enjeux environnementaux de ces 25

à 50 prochaines années.

M a l l e d e v o y a g e L o u i s V u i t t o n >

b / C o m m e n t l e m a r c h é d u l u x e s e c o m p o r t e - t - i l ?

Projet F. Gehry / Fondation Louis Vuitton

L’industrie du luxe français se porte bien et traverse les turbulences de la

mondialisation avec un franc succès. L’engouement pour la consommation chic et chère

n’a jamais été aussi fort. De 1995 à 2000, le chiffre d’affaire de l’industrie du luxe

français a doublé et est passé de 6 à 12 milliards d’euros. Au niveau international, le

réveil de pays émergents comme l’Inde, la Chine ou encore la Russie (la haute couture

y croît de plus de 12 % par an depuis plusieurs années) qui compense aujourd’hui

de longues années de privations.

Pour revenir en France, on s’aperçoit que les grandes enseignes de luxe telles

que Chanel, L’Oréal, Hermès ou Louis Vuitton envisagent l’avenir avec sérénité, pour

preuve l’ouverture cette année du plus grand magasin de la planète sur les Champs-

Élysées de la célèbre marque de maroquinerie aux fameux monogrammes, appartenant

au groupe LVMH…Un autre projet est d’ailleurs en cours de développement, celui d’une

fondation Louis Vuitton, dont le bâtiment, dessiné par Franck Gehry, sera implanté au

coeur de Paris, au jardin d’acclimatation. Les travaux devraient débuter cette année et

s’achèveraient fin 2009, voire 2010.

On apprend que les industries du secteur du luxe ouvrent des usines et créent des

emplois. Par exemple Hermès a investi dans les Ardennes plus de 10 millions d’euros

dans une nouvelles usine de 4500m² où sont fabriqués les célèbres sacs Birkin et

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é c o - l u x e / l e m o n d e d u l u x e

Shoulder. Employant 150 personnes, cet atelier a dû recruter 50 nouveaux employés.

De plus, face à la demande de plus en plus forte, en particulier du marché asiatique,

Hermès envisage de monter en puissance pour atteindre 250 personnes en 2008.

On retrouve le même constat chez Louis Vuitton où l’entreprise a ouvert cinq

nouveaux sites, dont trois en trois ans : à Ducey près d’Avranges (Manche), à Condé

près d’Issoudun (Indre), et à St-Florence (Vendée), qui ont permis le recrutement

de 600 personnes. Employant aujourd’hui près de 10000 salariés, Louis Vuitton en

regroupe plus du tiers dans la production (3650 personnes). Un chiffre à comparer aux

1700, voire 2000 salariés que comptait l’entreprise il y a à peine 10 ans ! D’après

la direction, l’entreprise aurait multiplié son chiffre d’affaire par cinq depuis 1989 et sa

marge d’exploitation aurait suivi une pente encore plus nette.

De son côté Longchamp a ouvert sa 100 e mais aussi sa plus grande boutique ( 500

m² de vente et 200 m² de showroom ) baptisée « La Maison unique Longchamp » dans

le quartier branché de Soho, à New York le 23 Mai 2006. Ce nouvel espace fait de

briques, d’érable, d’acier, de verre, de passerelles, de puits de lumières et d’escaliers

théâtraux est un chef d’œuvre architectural et sculptural, qui a été imaginé par

l’architecte britannique de 36 ans Thomas Heatherwick, et est tout à fait représentatif

des valeurs clés de la marque : chic, créative, innovante et définitivement luxueuse.

Si le luxe français s’exporte aussi bien c’est grâce au « made in France » qui reste

incontournable. Il est en effet impossible de dissocier la valeur d’un produit de luxe de

son origine géographique et de sa marque de fabrique. Le luxe français est reconnu

dans le monde entier grâce au savoir-faire très pointu de ses spécialistes et artisans

qui demeure irremplaçable. Ce savoir-faire est le fruit de l’expérience acquise au fil du

temps, et c’est grâce à ces efforts que se construit petit à petit l’histoire des grandes

marques, sur laquelle repose en grande partie leurs notoriétés et leurs forces.

c / Q u e l l e s s o n t l e s t e n d a n c e s à v e n i r q u e c e s o i t e n t e r m e s d e

c o u l e u r s , m a t é r i a u x , f o r m e s , m a t i è r e s , a m b i a n c e s , s t r a t é g i e s ?

Le marché du luxe se porte bien, c’est un fait. Mais la question qui nous brûle

forcément les lèvres…est de savoir quelles sont les grandes tendances pour les mois à

venir ! Pour cela je m’appuie sur des éléments issus en partie de mon enquête au

cœur du salon du packaging de luxe « PACK LUXE », qui s’est déroulé à la fin du

mois d’octobre 2006 à Monaco, au forum Grimaldi.

Un sujet est au centre des débats entre professionnels du milieu, celui de

la place des standards dans le monde de la cosmétique et de la parfumerie.

Intéressant économiquement, on peut se demander si « standard » est synonyme de

« standardisation », et s’il y a ou non incompatibilité avec le luxe.

L’analyse des innovations des exposants permet de dégager quatre grandes tendances

globales : « LUX » où toutes les techniques sont au service d’un seul objectif : jouer

avec la lumière, « L’ENCHANTEMENT » où créer l’effet de surprise pour réenchanter

l’acte de consommation dans un quotidien sujet à la grisaille, « L’ATTENTION » où

combler le consommateur avec l’intention de satisfaire pleinement son goût du luxe,

à ne pas confondre avec « ATTENTION » où le luxe s’inscrit dans une démarche de

développement durable et de sécurité.

Les avis diffèrent et les choix stratégiques économiques aussi, à propos de

l’implantation et du développement du marché des standards dans le monde du luxe.

Par définition, le standard est un modèle de produit normalisé, fabriqué en grande

série, et qui peut être utilisé sans modification. Certains le considère alors comme

l’opposé du luxe, d’autres y voient au contraire une formidable opportunité de miser

plus sur la communication et la distribution que sur la fabrication. Ce n’est alors pas

la marque qui prend le risque mais le fournisseur. L’inconvénient majeur des standards

est que plusieurs marques s’affichent dans le même packaging. Pour remédier à ce

problème, outre le fait de commercialiser des exclusivités par continent, les grandes

é c o - l u x e / l e m o n d e d u l u x e

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marques créaient jusqu’à présent une gamme de

produits, puis des « one-shot » (exemplaire

unique) s’appuyant dessus. Aujourd’hui, c’est

l’inverse. Les fournisseurs doivent ainsi compléter

leurs lignes de standards.

Il est donc possible de valoriser un standard

en axant les recherches sur le décor grâce à de

nouvelles technologies et techniques d’impression,

à l’utilisation du « multimatériaux » pour

répondre à un besoin de polysensorialité. L’idée

est donc de proposer des modèles uniques

en customisant un nombre limité de pièces de

base. Cela implique aussi une forte réactivité

et complémentarité de la part des fournisseurs

pour jouer sur la customisation basée sur

« une juxtaposition de combinaisons ». (Laetitia

Hacpille / responsable de production chez Carré

Noir )

On observe une première grande tendance

axée sur la technique du packaging qui vise

à jouer avec la lumière pour donner du relief,

de l’intensité, et de la présence au packaging.

Les designers ont alors différents recours comme

le travail des angles, l’impression en 3D,

l’opposition du noir et du blanc, une quête de

transparence absolue quelque soit le matériau, la

brillance, les strass, les scintillements, l’émergence

de couleurs lumineuses comme le jaune et le

< P u b l i c i t é D & G P u b l i c i t é J & B >

< P u b l i c i t é G u c c i

orange, ou encore l’épaisseur et le poids du

verre dans le domaine de la parfumerie. Attribut

traditionnel du luxe, le poids revient effectivement

en force, les marques n’hésitent pas à dépasser

les 400g pour des flacons féminins de 100 ml !

Par exemple, le poids de « femme » de Boss

est de 475g , le parfum « Narciso Rodriguez

for her » atteint 475g, et dans les extrêmes,

on trouve un parfum pour Homme « Del Mar »

de Baldessarini qui flirte avec les 3 kg pour

une contenance de seulement 100 ml ! Il faut

préciser toutefois que contrairement aux autres

exemples évoqués précédemment, le flacon est

métallique et non en verre…

Une deuxième grande tendance est

« L’enchantement » c’est-à-dire tout mettre en

œuvre pour surprendre le consommateur, le faire

rêver, voyager, créer le désir, l’enthousiasme,

l’envie grâce au contraste et à l’opposition

des matières et des formes, au phénomène

d’ « accessoirisation », aux effets de matière…

Associés, cela met en scène le produit qui

tient le rôle principale qui donne la réplique

aux accessoires, le tout joué dans un univers,

un décor même, animé par le packaging. Par

exemple la société American Supply travaille sur

des gammes de plastiques et particules et a créé

une étendue quasi infinie de supports, textures,

effets optiques, transparences, épaisseurs pour

é c o - l u x e / l e m o n d e d u l u x e

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é c o - l u x e / l e m o n d e d u l u x e

être en accord avec les consommateurs sensibilisés par les

scénographies commerciales, voire au-delà du packaging avec le

merchandising et l’architecture commerciale.

Une troisième grande tendance est « L’ATTENTION ». Le

but est de flatter au maximum le consommateur averti en

utilisant au maximum les codes traditionnels du luxe. Il faut le

combler et satisfaire son goût du luxe grâce au plaisir provoqué

par l’ouverture de cadeaux. C’est pour cette raison qu’on

retrouve une abondance de rubans, de matériaux nobles voire

d’exception.

Enfin on dénote un certain effort du luxe pour essayer de

s’inscrire dans une démarche de développement durable. Toutefois

les professionnels du secteur restent encore timides et ont des

difficultés à intégrer l’éco-conception à leurs projets du fait des

enjeux économiques et de l’image écologique qui n’est pas évidente à instaurer dans

le monde du luxe. Au salon « PACK LUXE » de Monaco, j’ai pu constater quelques

exemples d’innovation packaging créées dans un souci de développement durable :

La société du groupe Acetate Products Ltd, Clarifoil, spécialiste de l’acétate de

cellulose à base de bois a imaginé un film coulé 100 % recyclable se décline en

plusieurs aspects (transparents, coloré, rainuré et même texturé avec l’intégration de

microparticules). Dans un même souci écologique Clarifoil a aussi sorti une gamme

d’emballage soluble dans l’eau qui pourrait séduire le monde cosmétique pour des

monodoses de gels douche ou de shampooing, voire des huiles de bains ou des SPA.

La valorisation de cette matière se ferait par compostage et/ou biodégradation pour une

épaisseur minimale de 14 microns. Egalement spécialiste dans

son domaine, la société Sleever International crée un nouveau

système de film thermorétractable nommé TPE-G, qui propose

une solution de recyclabilité pour les emballages en PET.

Le groupe Clarins, L’Occitane, Stella Mc Cartney parfums,

L’artisan parfumeur ou encore Kibio sont aussi sensibilisés et

font appel à un organisme nommé « cosmébio » pour certifier

leurs produits, que ce soit pour la composition même du produit,

les matières premières, ou encore le procédé de production et

l’emballage. Sur le site www.cosmebio.org on peut d’ailleurs

consulter tous les produits qui sont certifiés par l’organisme,

comme étant bio et écologique, c’est-à-dire que minimum 95 %

des ingrédients utilisés soient naturels ou d’origine naturelle.

Autre exemple, le leader des papiers techniques a lancé

récemment une gamme de papiers offset haut de gamme, nommé « Inuit », certifié

par le Conseil international de gestion forestière ( Forest Stewardship Council, FSC ).

Fabriqués à partir de fibres issues de forêts gérées, ils n’utilisent que de la pâte à

papier sans chlore élémentaire à pH neutre. La gamme sera diffusée en France par

Inapa.

Par ailleurs, on voit également apparaître l’utilisation d’un nouveau type de plastique

à base d’amidon de maïs, nommé le PLA. Seulement ce matériau n’a pas encore fait

ses preuves et ses qualités physiques en terme de résistance, d’étanchéité et d’aspect

ne sont pas encore à la hauteur de son rival fabriqué à partir du pétrole. On peut

encore espérer que dans les mois qui viennent, il ait rattrapé son retard…

é c o - l u x e / l e m o n d e d u l u x e

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Le développement durable est la

capacité des générations présentes à

satisfaire leurs besoins en permettant aux

générations futures de satisfaire les leurs.

ONU / Organisation

des Nations Unies

L’éco-conception

& le développement durable


a / C o m m e n t d é f i n i r l ’ é c o - c o n c e p t i o n ?

On désigne par éco-design ou éco-conception une nouvelle approche qui consiste à

mettre en œuvre des méthodologies prenant en compte le respect de l’environnement dans la

création et la conception des produits qui nous entourent. Plus qu’un ensemble de méthodes,

l’éco-conception est aussi une philosophie, une vision globale du monde qui nous entoure,

un sentiment personnel fort qui nous dit qu’on peut être maître de son destin, le tout c’est

de croire en soi, et à la formidable synergie humaine qui est aussi capable du meilleur…et

pas seulement du pire !

Parmi les méthodologies qui sont intégrées dans le processus du projet, on peut

signaler :

- l’analyse du cycle de vie de l’objet et de ses composants ( analyse de sa

conception, production, distribution, consommation et dé-consommation, étude des

pollutions et des déchets générés ),

- une étude plus approfondie du comportement de l’utilisateur mais aussi de ses

valeurs,

- une attention plus réfléchie portée au choix des matériaux et des technologies

mis en œuvre pour la matérialisation de l’objet ( la démontabilité, la traçabilité,

la recyclabilité des matériaux et technologies « propres », renouvelables ou

biodégradables, intégration de matériaux recyclés ),

- des réflexions sur l’up-grading, la modularité, la durabilité, le produit vu comme

service et non plus comme objet, qui permettent de changer de point vue et

d’élaborer de nouveaux concepts de produits.

Aujourd’hui prospective et embryonnaire, cette démarche devrait être plus présente

dans un futur proche, à mesure que progresse la prise en compte de la question de

l’environnement.

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

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C o m m e n t l e s i n d u s t r i e l s i n t è g r e n t - i l s l a d é m a r c h e

d ’ é c o - c o n c e p t i o n d a n s l e d é v e l o p p e m e n t d e l e u r s

p r o d u i t s à l ’ h e u r e a c t u e l l e ?

L’industrie de l’emballage développe aujourd’hui une véritable politique

environnementale en favorisant les économies de consommables, la biodégradabilité et

le recyclage des matériaux. L’environnement est devenue la principale préoccupation des

consommateurs, devant la praticité ou la conservation, lorsqu’on leur demande quelles

seraient les améliorations à apporter aux produits. Et cela, les industriels de l’emballage

l’ont bien compris, mais souffrent à tort d’une mauvaise image, à cause d’une trop

faible communication sur les innovations écologiques de leurs produits.

L’entrée en vigueur, il y a une dizaine d’années, de la directive 94/62 sur les

emballages et déchets d’emballages a fourni un cadre réglementaire strict pour régler

le problème de l’élimination des déchets. Elle fixe à la fois le principe de prévention,

et elle désigne le recyclage, la réutilisation et l’incinération propre ave récupération

d’énergie comme les voies de valorisation possibles. Des objectifs quantitatifs ont été

établis, et des normes ont été publiées afin de concevoir des emballages plus en

phase avec l’environnement. « La réduction à la source », l’un des fondements de

cette réglementation, participe à la démarche de développement durable car elle vise

à diminuer les quantités de matériaux employés dans la fabrication d’un emballage.

Les entreprises utilisatrices y trouvent d’ailleurs leur compte. En effet, d’après elles,

« il ne peut y avoir de politique de développement durable sans considérer les ressorts

économiques », elles sont alors parvenues, grâce à leurs fournisseurs, à alléger la facture

du poste d’emballage, tout en menant à bien une politique pro-environnementale.

Nous pouvons constater que tous les acteurs de la filière semblent sensibilisés :

que ce soient les équipementiers, qui ont œuvré pour réduire leurs consommations

en eau et en énergie de leurs matériels ( par exemple Sidel a réduit de 15 % la

facture d’électricité tout en augmentant la cadence de production de 20 % ) ; que ce

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é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

soient les fabricants de matériel connexe, qui proposent le laser comme un technique

alternative dans le marquage pour réduire les consommables, encres ou étiquettes… ;

que ce soient les fournisseurs d’encres d’impression, qui après l’élimination des métaux

lourds, remplacent autant que possible les substances chimiques par des produits à

base aqueuse ou d’origine végétale.

Le bilan après 10 ans d’application de la réglementation 94/62 est plutôt satisfaisant.

En effet, les études menées par l’Ademe, Adelphe et Eco-Emballage démontrent que

le tonnage de déchets d’emballages se stabilise en France alors que la population

augmente : 4,6 millions de tonnes en 2003, soit le même niveau qu’en 1994, après

un pic en 1997 à 4,85 millions de tonnes. Par ailleurs, une étude du Conseil National

de l’Emballage (CNE), réalisée sur la période 2000/2003, portant sur huit produits

de consommation courante comme les eaux plates, le lait, les lessives ou les yaourts,

met en évidence que si la consommation de ces produits a augmenté de 11 %,

entraînant une hausse équivalente du nombre d’emballages, les tonnages de déchets

correspondants ont par contre diminué de 3%. Un résultat d’autant plus intéressant que

ces produits représentent 30 % des emballages présents dans nos poubelles.

En 2004, près de 18 % du gisement des déchets d’emballage en plastique ont été

recyclés en France, soit l’équivalent de 173 000 tonnes. On constate que seuls les

flacons et bouteilles en PET et en PEHD participent à ce mode de valorisation. Le

reste est destiné à l’incinération. La France peut et doit mieux faire car un emballage

sur deux échappe actuellement au recyclage…

[ L ’ é c o - c o n c e p t i o n ]

p a s s e - t - e l l e a u s s i

p a r l a v a l o r i s a t i o n

d e n o u v e a u x

m a t é r i a u x

é c o l o g i q u e s

?

Les emballages biodégradables se développent et commencent à devenir une réalité

sur le marché français. On trouve différents types de plastiques biodégradables, certains

sont issus de ressources naturelles renouvelables, comme l’acide polylactique (PLA),

obtenu à partir de ressources agricoles comme le maïs ou la betterave, qui se

dégrade par l’action de micro-organismes qui décomposent leurs sucres en structures

chimiques simples ensuite polymérisées, c’est-à-dire que ce matériau se dégrade en

eau, dioxyde de carbone, sels minéraux et biomasse en seulement trois mois dans un

environnement compostable ! ( NatureWorks de Cargill, PHB de Procter & Gamble) ;

d’autres sont issus du pétrole (Ecoflex de Basf, Néosac). On trouve également des

procédés permettant de produire un plastique issu d’un végétal, développé par Novamont

(Mater-bi).

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é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

D’autres matériaux innovants font également leurs apparitions dans le milieu

médical. Ces matériaux d’origine biologique (MOB) développés par l’ARTEB et

l’ARAMM présentent des qualités environnementales indéniables.

On citera par exemple :

- la biocellulose ou cellulose d’origine bactérienne

- la biomembrane en latex naturel

- le chitosome

peut se présenter sous différentes formes ( film, gel, mousse, fibre, fil…)

et possède des propriétés biologiques intéressantes,

telles que la biodégradabilité, la biocompatibilité, la biorésorbabilité…

- le collagène extrait de tissus d’animaux marins ou préparé par

biotechnologies

- la nacre

- la soie d’origine animale

On trouve également de nouveaux matériaux composites chargés de fibres naturelles

issues de ressources renouvelables telles que le lin ou le chanvre. Associées à de la

résine naturelle fabriquée à base de matières premières riches en gluten de blé, de

maïs ou des concentras d’oléoprotéagineux tels que le colza ou le soja, ces fibres

naturelles présentent des qualités comparables à celles des matériaux composites à

fibres synthétiques, et ont au final un impact environnemental extrêmement réduit, voire

néant.

De plus on peut citer un tout nouveau matériau, qui est réalisé par la compagnie

« Emball’vert », composé de 99% de fibres de sucres de cannes (bagasses), et

1% d’huile imperméabilisante naturelle donc non toxique. La fabrication se fait par

compression à 200°c ( forme et stérilisation ), et l’aseptisation par UV avant l’emballage.

Ce matériau comporte des qualités indéniables car il supporte l’eau bouillante comme

froide, le passage au four à micro-ondes et au réfrigérateur.

On sent un réel engouement de la part des fournisseurs en matières premières des

entreprises d’emballage, pour trouver des solutions écologiquement responsables et

répondant aux enjeux environnementaux de notre planète pour un proche avenir. On

constate que l’épuisement d’ici quelques décennies des réserves de ressources naturelles

non renouvelables comme le pétrole, encourage d’avantage à se tourner effectivement

vers les matières premières naturelles renouvelables propres…

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

29


c / C o m m e n t d é f i n i r l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e ?

Selon l’ONU, « le développement durable est la capacité des générations présentes

à satisfaire leurs besoins en permettant aux générations futures de satisfaire les

leurs ». Ce concept associe trois dimensions : le développement économique, la

responsabilité sociale et la préservation de l’environnement. Grâce à l’ADEME ( Agence

de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie ) et au CNE ( Conseil National de

l’Emballage ), nous comprenons mieux ce que le développement durable signifie et ce

qu’il représente pour nous, citoyen, au quotidien.

Il est important de comprendre que chaque individu de la planète Terre est concerné

par le développement durable et que chacun peut contribuer simplement à la protection

de l’environnement. L’effet cumulé de petits gestes au quotidien peut donner des

résultats étonnants. Pour que l’action globale soit efficace, il faut que chacun d’entre

nous soit conscient et responsable de ses actes, participe à l’éducation de son prochain

en agissant et en montrant l’exemple. D’après le guide de l’ADEME, nous pouvons

faire le bon choix écologique :

> dans nos comportements, comme trier et recycler les déchets, faire du

compost ; se déplacer à pied, à vélo, en transports en commun… ; surveiller

notre consommation en énergie [ eau : réduire le volume de la chasse d’eau,

ne pas laisser l’eau couler lors du brossage des dents, préférer des douches

au bain…/ électricité ( ne pas laisser les appareils électriques en veille)],

> dans nos investissements courants ( ampoules à basse consommation, appareils

ménagers économes, citerne pour la récupération de l’eau de pluie…),

> dans les grandes décisions qui nous engagent pour longtemps ( isolation du

logement, énergies renouvelables pour chauffer la maison ou l’eau sanitaire,

choix d’une voiture en se souciant de sa consommation et de son émission

de gaz à effet de serre occasionnée…).

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

31


32

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

Pour l’entreprise, il s’agit d’assurer sa pérennité en créant de la valeur tout en

prenant en compte les impacts sociaux et environnementaux de son activité. On parle

alors de valorisation des déchets, de réduction à la source, limitation de l’utilisation

de consommables, de matériaux respectueux de l’environnement…

Au cours des cinquante dernières années, les préoccupations environnementales

n’ont cessé de croître. Le développement industriel, l’augmentation de la

production, de la consommation et de l’urbanisation, découlant notamment de la

croissance démographique, engendrent des impacts de moins en moins réversibles.

Ces impacts environnementaux, à l’échelle planétaire, se traduisent par la réduction

de la diversité biologique, la raréfaction de certaines ressources, une augmentation

et une globalisation de la pollution de l’air mais aussi de l’eau et des sols...

Ces impacts sont également sociaux. Les inégalités entre les différentes régions

du monde se creusent, la pauvreté augmente, le travail des enfants perdure,

l’alphabétisation est insuffisante…

Notre mode de développement actuel a donc ses excès et ses limites.

Le développement durable a pour objectif d’établir un nouvel équilibre entre l’homme

et son environnement. (Source : Qu’est-ce que le développement durable ?

Collection A Savoir AFNOR)

d / Q u e l l e s s o n t l e s m e s u r e s p o l i t i q u e s a c t u e l l e s

a u n i v e a u n a t i o n a l e t i n t e r n a t i o n a l ?

à l ’ é c h e l l e m o n d i a l e

La politique internationale en matière d’environnement repose sur deux traités

fondamentaux : La Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique

( CCNUCC ) ouverte à ratification en 1992, et entrée en vigueur le 24 mars 1994,

a été ratifiée à ce jour par 189 pays dont les Etats-Unis et l’Australie. Le protocole

de Kyoto, lui a été ouvert à ratification le 16 mars 1998 et est entrée en vigueur en

février 2005. Il a été ratifié à ce jour par 156 pays, à l’exception notable des Etats-

Unis, qui à eux seuls émettent 30 à 35% du total des gaz à effet de serre d’origine

humaine, et de l’Australie.

Tous les pays membres de la convention climat ont pour objectif de stabiliser les

concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche

toute perturbation anthropique (qui résulte de l’action humaine ) dangereuse du système

climatique. Ils se sont collectivement engagés à prendre des mesures de précaution

pour prévoir, prévenir ou atténuer les causes des changements climatiques et en

limiter les effets néfastes. Concrètement, tous les pays ont l’obligation de publier des

inventaires de leurs émissions de gaz à effet de serre, d’établir, de mettre en oeuvre

et de publier des programmes nationaux contenant des mesures visant à atténuer les

changements climatiques.

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

33


34

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

Les gaz à effet de serre concernés sont :

> le gaz carbonique ou dioxyde de carbone ( CO 2 ) provenant essentiellement

de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation,

> le méthane ( CH4 ) qui a pour origine principale l’élevage des ruminants,

la culture du riz, les décharges d’ordures ménagères, les exploitations

pétrolières et gazières,

> les halocarbures ( HFC et PFC ) sont les gaz réfrigérants utilisés dans les

systèmes de climatisation et la production de froid, les gaz propulseurs des

aérosols,

> le protoxyde d’azote ou oxyde nitreux ( N2O ) provient de l’utilisation des

engrais azotés et de certains procédés chimiques,

> l’hexafluorure de soufre ( SF6 ) utilisé par exemple dans les transformateurs

électriques.

Le protocole de Kyôto va plus loin car il propose un calendrier de réduction des

émissions des 6 gaz à effet de serre qui sont considérés comme la cause principale du

réchauffement climatique des cinquante dernières années. Il comporte des engagements

absolus de réduction des émissions pour 38 pays industrialisés, avec une réduction

globale de 5,2 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici 2012 par rapport aux

émissions de 1990.

Quelques repères majeurs dans le temps :

> 1992 : Au sommet de la Terre de Rio, 173 chefs d’Etats et de gouvernement

signent un programme d’actions pour le XXI e siècle, l’Agenda 21. La

déclaration de Rio reconnaît le rôle déterminant des autorités locales dans la

mise en œuvre concrète du développement durable. Le chapitre 28 d’Action 21

« initiatives des collectivités locales à l’appui d’Action 21 » leur est entièrement

consacré.

> 1997 : premier appel à projets Agenda 21 lancé par le ministère de l’écologie

et du développement durable, en partenariat avec différentes institutions et en

association avec de nombreuses organisations rassemblées dans un comité de

pilotage. Deux autres appels à projets en 2000 et 2003.

> 2002 : Déclaration des collectivités françaises au sommet de Johannesbourg,

reprise au niveau international, revendiquant un rôle majeur dans la mise en

œuvre des politiques de développement durable et réclamant une aide accrue

des pouvoirs publiques.

> 2005 : 250 démarches d’« Agenda 21 locaux » engagées en France.

> 2008 : 500 « Agendas 21 locaux », objectif stratégique national.

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

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36

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

à l ’ é c h e l l e n a t i o n a l e

Issue de la consultation nationale menée par Roselyne Bachelot, ministre de l’Ecologie

et du Développement Durable, la charte de l’environnement, adoptée en Conseil des

ministres le 25 juin 2003, pose des principes constitutionnels sur lesquels pourra

s’appuyer un véritable droit de l’environnement.

La Stratégie Nationale de Développement Durable, adoptée le 3 juin 2003 par le

Comité Interministériel pour le Développement Durable, s’articule autour de six axes

stratégiques :

> la pleine participation de tous les acteurs, individuels et collectifs,

> la relation entre les territoires et le développement durable,

> les activités économiques : des entreprises aux consommateurs,

> la prévention des risques et des pollutions,

> le chemin vers un Etat exemplaire,

> l’action internationale.

En octobre 2006, le premier ministre Dominique de Villepin a annoncé la création

d’un « pacte pour l’environnement », c’est-à-dire « une vision du pays à long terme »,

fondée sur l’idée que l’environnement, la croissance, l’innovation industrielle, et par

conséquent l’emploi, sont liés.

Ce pacte pour l’environnement contient :

> un livret de développement durable : 10 milliards d’euros de prêts pour des

équipements écologiques d’habitation, sur base du Codevi ( plafond porté de

4600 à 6000 euros ).

> Biocarburants : augmentation du nombre de pompes vertes fournissant du flex

fuel jusqu’à 1800 en 2008.

> Moteurs hybrides propres : 100 millions d’euros seront consacrés à ce projet

prioritaire par l’Agence de l’innovation industrielle (A2I)

> Emissions de CO2 : entre 2006 et 2012, l’objectif est de les réduire de 6

%, en créant une taxe sur l’utilisation industrielle de charbon.

> Chaleur renouvelable : doublement des crédits de l’Agence de l’environnement

à destination des collectivités locales, pour les réseaux collectifs de chauffage

écologique, soit 200 millions d’euros entre 2007 et 2012. Création d’un prêt

à 2,45 % par la Caisse des dépôts pour aider les HLM à construire 600 000

logements en énergie propre.

> Transports collectifs : 50 millions d’euros de plus dégagés en 2006 pour

soutenir les projets de tramways.

> Création d’une réserve naturelle : dans les terres australes antarctiques

françaises.

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

37


e / L a s o c i é t é p r e n d - e l l e c o n s c i e n c e

d e s o n r ô l e à j o u e r p o u r l a p r o t e c t i o n

d e l a p l a n è t e ?

On s’aperçoit du vif esprit écologique des collectivités locales, dont les élus

locaux prennent des initiatives de développement durable aussi simples qu’efficaces et

innovantes.

Par exemple, on peut saluer l’opération, lancé par la communauté urbaine de Lyon,

nommée « vélo’V », qui a pour objectif d’inciter la population à l’usage de la bicyclette

pour les petits trajets quotidiens. Ce projet entrant dans les actions de l’Agenda 21,

propose 2000 vélos en libre-service dans plus de 170 stations, toutes connectées avec

le réseau de transports en commun et les gares SNCF. Devant le succès obtenu, le

nombre de bicyclettes va doubler d’ici 2008.

De son côté, la ville de Strasbourg a amplifié le mouvement d’investissements

pour une extension de lignes de tramways, et joue sur l’effet de réseau grâce à des

stations de correspondances et à la multiplication des parkings relais le long des lignes.

En même temps la ville va augmenter le nombre de parkings à vélos sécurisés sur les

lignes de trams et dans les parkings à voitures. On constate par ailleurs que d’autres

grandes villes comme Nice, Bordeaux et Grenoble ont aussi choisi le développement des

tramways…qui redevient tendance après avoir été abandonné pendant des décennies !

é c o - l u x e / l ’ é c o - c o n c e p t i o n & l e d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e

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E s t - i l o b l i g é

d e c h o i s i r e n t r e

l e l u x e e t l ’ é c o - c o n c e p t i o n ?

L’Homme au coeur du débat


P u b l i c i t é V a l e n t i n o

a / L e l u x e e t L ’ H o m m e , e n t a n t q u ’ i n d i v i d u ,

c i t o y e n e t c o n s o m m a t e u r

Pour chaque individu, le monde du luxe est un rêve…plus ou moins accessible.

Symbole de réussite sociale, le luxe se montre, se dévoile, se porte, s’exhibe, se

remarque, étonne, provoque, créé le désir, permet de se démarquer par rapport à

la société jalouse et frustrée de ne pas ( encore ) pouvoir accéder à ce monde

étincelant.

En tant qu’individu, nous entretenons une relation très personnelle avec le luxe.

Nous tissons des liens immatériels qui appartiennent au domaine du rêve, du désir,

voire du fantasme. Chacun se reconnaît plus particulièrement dans une marque que

dans une autre. Même si le monde du luxe reste inaccessible pour beaucoup d’entre

nous, nous nous identifions forcément à l’image, l’histoire et aux valeurs que véhiculent

les différentes maisons de luxe. Chaque marque a son propre univers qui correspond

ou non à notre caractère. Et si c’est le cas, elle exerce un fort pouvoir affectif

sur nous. En effet, il n’est pas rare que nous fassions des parallèles entre notre

histoire personnelle, des situations auxquelles nous sommes confrontées au quotidien,

nos espoirs, nos envies, nos besoins, et les messages, les codes, les valeurs que

communiquent les grandes marques.

Un produit de luxe a une âme ! Il nous fascine, nous émeut, nous éblouit, éveille

tous nos sens, nous fait voyager spirituellement, nous émerveille, nous flatte, nous

rend plus fort mentalement…En échange, on l’admire, on le caresse, on le protège, on

l’exhibe, ou on le cache, on l’emmène avec nous, on lui parle et on en parle…

Je pense que nous vivons dans une société où le paraître prend une place de

plus en plus importante dans notre vie. On se demande en permanence comment les

gens qui nous entourent nous perçoivent, le regard des autres nous préoccupe, nous

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

43


44

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

inquiète, mais peut aussi nous aider à nous construire. Presque instinctivement, l’Homme

éprouve le besoin de séduire son prochain pour s’épanouir et se sentir en accord avec

lui-même. Ce jeu de séduction a toujours existé et à évidemment évolué à travers

le temps, mais l’objectif, lui, n’a finalement pas changé…Aujourd’hui l’image que l’on

dégage est primordial. La société est même de plus en plus impitoyable ! Au premier

coup d’œil on est capable de juger quelqu’un !…Ce n’est pas tout à fait la réalité.

On dit souvent que « notre première impression est souvent la bonne ». Ça n’est

pas vrai non plus…Par contre il est juste de dire qu’à l’heure actuelle, ce qui émane

de nous au premier regard est déterminant pour la suite. C’est comme un appel, une

main tendue vers l’autre pour susciter l’intérêt, l’envie d’en apprendre plus sur nous.

Nous recherchons la reconnaissance de la société et ainsi avoir le sentiment d’exister.

Cette théorie se vérifie pour tout type de relation que l’on peut établir dans notre vie,

que ce soit au niveau professionnel, sentimental, social…

Par ailleurs, on a tendance à vouloir catégoriser les gens, à leur mettre à tous prix

une étiquette… Est-ce pour mieux trouver sa propre place dans notre société ? C’est

possible. Il est plus facile de se dire qu’on ne veut pas appartenir à telle ou telle

catégorie de personnes, plutôt que d’imaginer à qui on veut ressembler, puisqu’on a

tous le sentiment ou tout du moins le désir d’être unique. Paradoxalement, on souhaite

accéder au monde du luxe pour se différencier des autres…comme chacun d’entre nous,

afin de se forger un certain statut social.

Etant donné que l’Homme a besoin de reconnaissance, il va donc trouver des

moyens de montrer qu’il a réussi socialement, pour prouver qu’il est quelqu’un et ainsi

exister aux yeux de la société. Comment ? Grâce au luxe…Chaque individu a rêvé

au moins une fois dans sa vie de porter le plus beau et le plus prestigieux bijou qui

existe, de dîner dans le restaurant le plus chic de Paris, de se baigner dans une rivière

de champagne, de rouler dans un magnifique cabriolet de collection…etc. Lorsqu’on peut

toucher du bout des doigts ce monde scintillant, notre premier réflexe est de vouloir que

ça se voit, pour donner un instant l’illusion qu’on appartient à l’élite.

Or on assiste à une montée en puissance des classes moyennes à revenus élevés,

dont le pouvoir d’achat ne cesse d’augmenter. On s’aperçoit que le luxe touche de

plus en plus une nouvelle clientèle occasionnelle, qui n’hésite pas à se serrer la

ceinture pour s’offrir des produits d’exception. Ces achats occasionnels représenteraient

plus de 50% du chiffre d’affaire des maisons de luxe qui proposent des accessoires,

des sacs, de la parfumerie…comme offre d’entrée de gamme. D’après le comité Colbert,

organisme de promotion du luxe français, 80% de la population française a désormais

accès à une marque de luxe au moins une fois dans l’année. Le secteur du luxe voit

donc sa clientèle s’élargir et doit donc prendre en compte et anticiper une demande

de plus en plus complexe ne provenant plus seulement des « vieilles fortunes ».

Cette clientèle habituée, elle, est attachée à une image très traditionnelle du luxe, et

est souvent fidèle à une marque pour son histoire, son savoir-faire et son image. Ce

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

45


46

é c o - l u x e / c h a p i t r e

n’est pas le cas d’une autre clientèle très importante et très influente comme

les nouveaux riches, où l’acte d’achat est beaucoup plus impulsif et répond, lui

du coup de foudre ou du coup de folie.

De plus, on remarque que les grandes maisons de luxe font en sorte de se

rendre de plus en plus accessibles à la clientèle « middle-class », grâce à une

stratégie dont l’industrie de la grande consommation s’inspire pour une meilleure

rentabilité, « l’offre personnalisée ». En effet, une des grandes tendances est de

donner le sentiment aux consommateurs que les produits qui leur sont proposés

sont uniques ou très rares, en multipliant les séries limitées, en jouant sur l’effet

collector ou en déclinant les grands classiques revisités par de grands créateurs.

Ainsi l’offre s’élargie, et tout en étant prudentes, les marques donnent une image

dynamique d’elles-mêmes. Par la diversité de combinaisons possibles en jouant

sur les effets de matières, de couleurs et de formes, toutes les sensibilités

culturelles sont alors touchées. Chacun aura l’impression de posséder l’exemplaire

qui correspond à lui, et à lui seul. Ce procédé marketing est très efficace

car il rejoint ce qui a été évoqué précédemment, le besoin de reconnaissance

de chaque individu au sein de la société. Les gens aiment avoir l’impression

qu’on s’adresse à eux en particulier et qu’on leur proposent des produits que

personne d’autre n’aura.

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

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[

S o n d a g e e x c l u s i f G E O / C S A / f é v r i e r 2 0 0 7

s e n s i b i l i t é d e s f r a n ç a i s à l ’ e n v i r o n n e m e n t

P a r m i l e s p r o b l è m e s e n v i r o n n e m e n t a u x s u i v a n t s q u e l s

s o n t , s e l o n v o u s , l e s t r o i s d o n t i l f a u d r a i t s ’ o c c u p e r

e n p r i o r i t é ?

P o l l u t i o n d e l ’ e a u

P o l l u t i o n d e l ’ a i r

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55%

49%

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E f f e t d e s p r o d u i t s c h i m i q u e s

s u r l a s a n t é

T r a i t e m e n t d e s d é c h e t s

39%

D é f o r e s t a t i o n

35%

31%

A c c i d e n t s i n d u s t r i e l s

23%

B i o d i v e r s i t é

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8%

b / L ’ é c o - c o n c e p t i o n , e t l ’ H o m m e d a n s s a d i m e n s i o n

i n d i v i d u e l l e e t c o l l e c t i v e

En ce début du XXIe siècle, l’Homme semble être prisonnier d’une machine folle

qui s’est emballée et qui risque de le mener à sa perte si lui et la société toute

entière ne réagit pas très vite. Néanmoins nous assistons en ces temps de campagnes

électorales à une certaine prise de conscience de la part des politiques et de la société

de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Il est intéressant de

constater à quelques mois des élections présidentielles, l’intérêt soudain des politiques

pour Nicolas Hulot, comme si l’on entendait pour la première fois son discours sur la

protection de la planète et ses idées pour l’avenir en matière d’environnement, alors

qu’il a tiré la sonnette d’alarme il y a déjà bien longtemps ! Il me semble que

chaque parti politique est conscient de la popularité de cet homme, ainsi que de la

qualité de ses analyses, et le verraient comme un atout de valeurs dans leurs courses

à l’Elysée. Je pense donc que la prise de conscience est réelle, en tous cas dans

la tête des français, maintenant pour ce qui est de l’action, nous sommes encore loin

des objectifs à atteindre qu’a fixés l’Union Européenne. Il faut donc redoubler d’efforts

en matière de communication, d’information, pour inciter et surtout expliquer à chacun

d’entre nous comment de manière simple, au quotidien, adopter un comportement plus

responsable en matière de consommation d’énergie, de gestion des déchets…C’est ce

qu’on appelle le développement durable. En tant qu’individu, mais aussi et surtout en

tant que designer, nous avons un rôle très important à jouer car notre métier nous

place au cœur de l’industrie. Je dirais même plus nous sommes en amont, donc à

nous de prendre notre avenir et celui de la société en mains.

Si le designer tient une place importante tout ne dépend pas de lui. Cela serait trop

simple évidemment…D’autres facteurs entrent bien sûr en jeu, tels que l’économie de

marché, la concurrence, la mondialisation, la recherche scientifique, les enjeux politiques

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

49


50

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

[

internationaux, les conflits mondiaux, le pouvoir d’achat, la croissance, la santé, le moral

des ménages, l’accès à l’information, l’envie de changement, le désir de se faire plaisir,

d’agir… Il faut arriver à ce que chaque individu en tant que consommateur soit séduit

par des produits dont l’impact environnemental soit responsable et cohérent par rapport

à la situation actuelle de la planète. L’idéal serait que du point du vue des industriels

comme celui des consommateurs, chacun s’y retrouve économiquement.

Aujourd’hui, proposer des produits écologiquement valables représente un

investissement considérable et une remise en cause complète du cycle de vie du

produit. Cela se répercute obligatoirement sur les prix d’achat. Il est difficile pour la

population en générale d’intégrer le fait que ce qu’elle investit maintenant, sera d’autant

plus intéressant pour l’avenir, et qu’au bout du compte elle finit par être gagnante

économiquement. Par exemple, la construction d’un pavillon écologique de 120 mètres

carrés, représente un surcoût d’environ 9% par rapport à un pavillon traditionnel de

même taille, cependant la tendance s’inverse par la suite car la facture d’électricité

se voit divisée par deux et celle de chauffage par six ! Au bout de six à sept ans

l’investissement est amorti et l’impact environnemental est considérablement réduit.

S o n d a g e e x c l u s i f G E O / C S A / f é v r i e r 2 0 0 7

s e n s i b i l i t é d e s f r a n ç a i s à l ’ e n v i r o n n e m e n t

E t e s - v o u s a u j o u r d ’ h u i , t r è s , a s s e z , p e u o u p a s d u t o u t

p r é o c c u p é p a r l a p r o t e c t i o n d e l ’ e n v i r o n n e m e n t ?

T r è s

53%

A s s e z

38%

P e u

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P a s d u t o u t

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M a i s o n é c o l o g i q u e à Z u r i c h , d e s s i n é e p a r l e s a r c h i t e c t e s B a r b a r a W e b e r e t B r u n o O e r t l i

La France est très en retard en matière de construction d’habitat écologique. Elle

est en quelque sorte le mauvais élève de l’Europe, car les pays comme l’Espagne,

l’Autriche, la Suède ou l’Allemagne construisent des habitats répondant à des protocoles

beaucoup plus précis. Nos voisins germaniques appellent ces constructions « maisons

passives ». Elles consomment moins de 15 kwh par mètre carré contre 216 en

moyenne en France ! Malheureusement notre déclaration d’intention gouvernementale

nommée « haute qualité environnementale » visant à réduire de 15% la consommation

d’énergie reste floue et cette notion n’a pas valeur de label. Le problème est qu’il n’y

a ni contrôle, ni obligation de résultat, personne n’est donc tenu au final d’appliquer ces

exigences écologiques. Néanmoins, une directive européenne va prochainement exiger le

classement des maisons de A à G selon leurs consommations d’énergie comme pour

l’électroménager, l’automobile…

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

51


52

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

O U I

( e n % )

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A l’échelle nationale, il est intéressant d’analyser les mécanismes qui engendrent

notre retard et nos manques de résultats en matière d’écologie par rapport à nos

voisins européens.

Une étude sociologique réalisée par l’Ademe, en collaboration avec l’institut de

sondage IPSOS, présente l’évolution des comportements d’éco-achat des français, de

leurs connaissances des éco-labels, et de leurs perceptions de l’information sur les

produits verts, au cours de ces dernières années.

Une première enquête montre le niveau de connaissance des français sur les écolabels

en prenant trois exemples : Maison verte, label européen, et la norme française

environnementale.

Connaissez-vous ces labels ?

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Q u e s t i o n s

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Selon vous, à quelle norme correspond précisément ce logo ?



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Selon vous, à quelle norme correspond précisément ce logo ?

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i d e n t i f i c a t i o n

N F e n v i r o n n e m e n t

i d e n t i f i c a t i o n

M a i s o n v e r t e

s e r é f è r e à d e s

p r o d u i t s m é n a g e r s

s e r é f è r e à l a

p r o t e c t i o n d e

l ’ e n v i r o n n e m e n t

se réfère à la protection

de l’environnement

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

53


54

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

Par ailleurs, l’éco-label européen, a une notoriété et un niveau d’attribution

relativement stables : Même si le niveau de connaissance du logo enregistre une légère

baisse de 2 points (10% contre 12% en 2004), on note que ces résultats restent à

un niveau très proche de celui mesuré les années précédentes. Il est donc aujourd’hui

trop tôt pour considérer qu’il s’agit dans le cas présent d’une réelle régression. Le

niveau d’attribution reste lui aussi relativement stable (33%,+3 points).

Globalement, les résultats de l’enquête montrent que les Français ont toujours un niveau

de connaissance très faible des différents logos et des labels environnementaux. La

baisse de la notoriété de Maison Verte et de l’éco-label européen a un impact direct

sur le niveau de reconnaissance des logos. En ce qui concerne la reconnaissance,

spontanément, plus de 6 Français sur 10 se montrent aujourd’hui incapables de

reconnaître au moins l’un des trois logos (66% contre 62% en 2004). 34% en

reconnaissent un seul (contre 38% en 2004), tandis que 8% ont le sentiment d’en

reconnaître deux (contre 10% l’année dernière) et seulement 1%, trois. Par ailleurs,

plus de 9 Français sur 10 se montrent incapables d’attribuer au moins un logo ou

label à la bonne norme (92% contre 90% lors de la dernière vague) et si 8% des

personnes interrogées réussisent à le faire, ce n’est que pour un seul logo. Quasiment

aucun des interviewés n’arrive à le faire pour au moins deux.

De plus, en terme de profil, on retrouve une légère surreprésentation des populations

habituelle. Les femmes disent plus fréquemment que les hommes reconnaître au moins

un logo (41% contre 27%). Elles sont aussi un peu plus fréquemment celles qui

s’occupent de faire les courses alimentaires.

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90% d

( e n % )

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Une seconde enquête pose le problème de la clarté des informations sur les

« produits verts ».( produits considérés comme respectant l’environnement)

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e s f r a n ç a i s s o n t i n c a p a b l e s d ’ a t t r i b u e r

u n l o g o o u l a b e l à u n e n o r m e

Pensez-vous que l’information sur ces produits est claire ?

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é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

55


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d e s f r a n ç a i s p e n s e n t

q u e l ’ i n f o r m a t i o n

e s t i n s u f f i s a n t e

d e s f r a n ç a i s p e n s e n t

q u e l ’ i n f o r m a t i o n

m a n q u e d e c l a r t é

«

«

Aujourd’hui, 62% des Français interrogés ont le sentiment qu’elle manque de clarté

(contre 29% qui soutiennent le contraire).

Toutefois, il convient aussi de relativiser quelque peu l’apparente « gravité » de ces

résultats, notamment sur le fait que l’information soit perçue par plus de 7 Français sur

10 comme insuffisante. Le fait est que dans le domaine environnemental, l’information

délivrée est fréquemment perçue comme telle. C’est un sujet anxiogène qui en dans

le cas présent les renvoie à leurs propres comportements, qui ne sont pas toujours

très respectueux de l’environnement. Le fait de dire que l’information est insuffisante et

qu’elle manque de clarté, est aussi très certainement un moyen pour beaucoup de nos

concitoyens de légitimer le fait qu’ils n’achètent pas beaucoup de produits verts. Pour

ces raisons, il est très probable que cet indicateur n’atteindra jamais de très hauts

niveaux. Il n’en reste pas moins vrai qu’il reste aujourd’hui très bas (20% seulement

des personnes interrogées considèrent que l’information est suffisante contre 73% qui

pensent le contraire).

Par ailleurs, une enquête réalisée pour l’ADEME en septembre 2004 avait montré que

ces produits étaient le plus souvent perçus comme étant globalement plus chers que les

autres (63%). Seulement 29% estimaient qu’ils n’étaient ni plus, ni moins chers que

les autres. Certes, le prix élevé est très fréquemment un élément « positivé ». Certes,

la majorité des interviewés légitimaient cette différence par le fait que ces produits font

l’objet de recherches pour être plus respectueux de l’environnement (58%), qu’ils

étaient de meilleure qualité (38%) ou produits dans des conditions respectant la

dignité humaine (29%). Toutefois, dans le même temps, on note que des arguments

beaucoup plus négatifs étaient aussi avancés par de nombreux interviewés : 55%

d’entre eux estimaient que les industriels et les enseignes utilisent aussi cet argument

pour les vendre plus chers…

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

57


58

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

Lorsque vous faîtes vos courses et que vous avez le choix entre

deux produits de même type ayant un rappor t qualité-prix

équivalent, lisez-vous les emballages pour prendre celui qui est le

plus respectueux de l’environnement ?

S / T 2 0 0 5

S / T 2 0 0 4

( e n % )

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De plus, on note que le niveau d’étude est un critère clivant.

A la question : « Lorsque vous faîtes vos courses et que vous avez le choix entre

deux produits de même type ayant un rapport qualité-prix équivalent, lisez-vous les

emballages pour prendre celui qui est le plus respectueux de l’environnement ? »,

voici les résultats :

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o u i / s y s t é m a t i q u e m e n t

Ainsi, 65% des personnes ayant un niveau bac+3 affirment lire les emballages des

produits pour prendre ceux qui sont respectueux de l’environnement, alors que 42%

des sans diplôme le disent aussi.

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é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

59


60

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

Une troisième et dernière enquête sur le comportement d’éco-achat des français,

vient conclure cette étude et on se rend compte que ses résultats sont en liens directs

avec les deux autres enquêtes décrites précédemment.

En effet, si plus de 9 personnes sur 10 sont incapables d’attribuer les logos à une

norme, il est assez logique que la majorité d’entre eux avoue dans le même temps

ne jamais lire les emballages pour prendre le produit qui est le plus respectueux de

l’environnement (51%).

Les autres disent le faire « parfois » et une très faible proportion de répondants

affirme le faire systématiquement (12%). Les résultats restent très stables par rapport

à 2004.

O n c o n s t a t e q u e l e s n i v e a u x d e d i p l ô m e

e t d e r e v e n u s o n t e n c o r r é l a t i o n

a v e c l a s e n s i b i l i t é e n v i r o n n e m e n t a l e .

Pour limiter la quantité de déchets que vous mettez dans vos

poubelles, seriez-vous prêt à acheter davantage de produits sous forme

d’écorecharges ?

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é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

61


62

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

Certes, les consommateurs expriment toujours une réelle « bonne volonté ». La

très grande majorité d’entre eux affirme qu’elle serait prête à acheter davantage

d’éco-recharges pour limiter la quantité de déchets jetée dans les poubelles (84%).

Toutefois, l’indicateur reste très stable depuis 1999 (81% en 1999 et 81% en 2005),

entre temps il n’a que très peu évolué dans un sens ou dans l’autre. Il s’agit ici

essentiellement de déclarations d’intentions qui doivent être fortement relativisées au

regard de la connaissance qu’ont aujourd’hui les Français des éco-labels, de leur

perception de l’information sur les produits verts ou même de leurs « réelles » qualités

environ-nementales.

Une récente étude présentée le 23 Novembre 2006, qui a été réalisée sur trois

ans par Ethicity et Aegis Media expert auprès d’un panel de 6000 personnes, montre

que plus de 35% des interviewés mettent en cohérence leurs actes d’achats avec leurs

convictions. Classés en deux catégories « citoyens du monde » et « militants », ces

individus, d’âge et de niveau social assez variables, ont pour point commun d’avoir

intégré les enjeux du développement durable.

Les Français ont pris conscience que leurs actes de consommation devaient être

en cohérence avec leurs convictions. 64, 8 % déclarent privilégier les marques qui

ont une véritable éthique (17 % de plus qu’en 2004), 31% choisissent des produits

respectueux de l’environnement, soit près de deux fois plus qu’en 2004. De la même

façon 71,5 % veillent à réduire leur consommation d’énergie (32 % de plus qu’en

2004) et 80 % trient leurs déchets (22 % de plus que deux ans auparavant).

Cette prise de conscience s’accompagne d’une montée en puissance de la défiance

«

31% d

vis-à-vis des entreprises (en 2006, ils sont 10 % de plus à considérer que les

entreprises n’ont pas capacité à concilier développement durable et recherche de profit

par rapport à 2004) mais aussi des pouvoirs publics. 78 % des sondés considèrent

que les collectivités publiques et les politiques ne prennent pas assez en compte les

enjeux environnementaux.

e s f r a n ç a i s c h o i s i s s e n t d e s p r o d u i t s

r e s p e c t u e u x d e l ’ e n v i r o n n e m e n t

On s’aperçoit donc de l’importance d’une action commune au niveau européen pour

obliger notre société à mettre le pied à l’étrier…Je crois en effet que pour atteindre les

objectifs souhaités, qui permettraient de freiner le réchauffement de la planète d’ici 2O

ans, une politique commune environnementale forte doit être menée, car le bon-vouloir

et l’action isolée de certain d’entre nous ne suffiront pas.

De plus, faisant parti des pays développés les plus riches de l’ensemble du monde, et

responsables de la situation actuelle de la planète, il est de notre devoir de montrer

l’exemple aux pays en voie de développement afin qu’ils ne réitèrent pas les mêmes

erreurs que nous.

«

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

63


P u b l i c i t é H e r m è s

c / L ’ H o m m e p e u t - i l ê t r e « c l i e n t » d u l u x e ,

t o u t e n a y a n t u n e c o n s c i e n c e é c o l o g i q u e ?

E s t - i l o b l i g é d e c h o i s i r e n t r e l ’ u n o u l ’ a u t r e ?

Après avoir analysé les relations entre l’Homme et le luxe, puis entre l’Homme

et l’éco-conception, il est temps de voir s’il est possible de trouver des points de

convergence entre ces deux mondes apparemment opposés. On se rend compte que

l’Homme pourrait jouer le rôle de « médiateur ». Plusieurs facteurs entreraient en jeu,

notamment l’influence de la société sur l’individu, la faculté de l’Homme à rêver et

se projeter, l’importance des convictions et des croyances de chacun, et enfin, les

problèmes d’information et de communication rencontrés.

On s’aperçoit tout d’abord de l’importance de l’influence de la société sur chaque

individu dans ses choix au quotidien. Une première notion peut mettre en corrélation

l’éco-conception et le luxe, c’est le besoin de l’individu d’exister au sein de la société.

Ce besoin naturel de reconnaissance se traduit de façons différentes mais l’objectif

reste le même. Le fait de choisir des produits écologiquement responsables permet

de mettre en avant ses convictions personnelles et d’assumer son rôle d’acteur de la

protection de l’environnement. Ce comportement peut d’un certain côté interpeller et

sensibiliser les citoyens en leurs montrant l’exemple. Mais d’un autre côté, il peut aussi

être dicté à chaque individu par la conscience commune de la société. En effet, outre

ses convictions personnelles, on peut ressentir une sorte de culpabilité due au regard

intransigeant de ses concitoyens, si l’on n’est pas sensible à l’écologie. Il existe donc

une relation forte entre ce qu’on pense, nos actes et la réaction de la société.

On retrouve le même cheminement en ce qui concerne l’Homme et le luxe. Le

regard de l’autre agit incontestablement sur notre paraître. Chacun d’entre nous

a conscience que ses valeurs se traduisent à première vue par ce qu’il dégage

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

65


66

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

extérieurement et qu’il en sera jugé ainsi, même de manière injuste parfois. Par ailleurs,

nous avons vu précédemment comment chaque individu éprouve le besoin d’exister

grâce à son statut social, et cet envie de reconnaissance se traduit alors par la mise

en exergue de ses valeurs à travers le luxe pour se différencier des autres. L’Homme

trouve ainsi sa place au sein de la société.

On retrouve donc bien cette influence mutuelle qui s’exerce entre l’Homme dans sa

dimension individuelle, et l’Homme dans sa dimension collective, que ce soit dans sa

relation avec le luxe ou avec l’éco-conception.

Une autre notion selon moi permet de concilier le luxe et l’éco-conception, la

faculté de l’être humain de rêver. Il paraît que lorsqu’on ne rêve pas, on devient

fou…Par contre c’est l’imagination qui fait avancer l’Homme. Une expression populaire

dit : « L’espoir fait vivre ». Ce n’est pas totalement faux. L’Homme éprouve le besoin

de se projeter dans l’avenir, d’imaginer le monde de demain. Je pense que cette force

que chacun d’entre nous possède est une des clés pour associer le luxe et l’écologie.

En ce qui concerne le luxe, l’Homme arrive à se projeter, je dirais même à s’identifier

à une certaine image ou valeurs que dégagent les grandes maisons de prestige. Ce

travail naturel de l’imaginaire permet aussi à l’être humain de penser un monde meilleur

pour les générations futures.

Le rêve est donc bien un élément commun au luxe et à l’éco-conception grâce à la

sensibilité et l’esprit de l’Homme. De plus, ce qui est important de souligner ici, c’est

la valeur universelle de l’imaginaire, franchissant ainsi toutes les frontières culturelles,

sociales, économiques, religieuses…

«

65% d

e s f r a n ç a i s d é c l a r e n t v o u l o i r m e t t r e

e n c o h é r e n c e l e u r s a c t e s d ’ a c h a t s

a v e c l e u r s c o n v i c t i o n s p e r s o n n e l l e s .

Par ailleurs, nous avons remarqué un large problème d’information et de

communication en matière de respect d’environnement sur les produits éco-conçus. Je

pense que c’est non pas un problème mais au contraire une opportunité pour le secteur

du luxe. En effet, si les maisons de luxe mettaient les moyens pour bien communiquer

sur ses produits haut de gamme éco-conçus, elles pourraient faire de l’éco-conception

un atout de valeur et même un argument de vente très fort. Donner l’ image d’une

marque qui se soucie de l’avenir de la planète, et donc de l’Homme, permettrait au

luxe d’avoir une nouvelle longueur d’avance sur la grande consommation. Le secteur du

luxe prendrait alors les devants et serait gagnant à tous niveaux : image de marque,

notoriété, économie, dynamisme : nouvelles perspectives de design grâce à un nouveau

terrain d’investigation, les biomatériaux, qui impliquent de nouvelles formes, couleurs,

textures, effet de matières, sensations…

Nous avons constaté également qu’une majorité de la population, près de 65%

déclaraient vouloir mettre en cohérence leurs actes d’achats avec leurs convictions

personnelles. Cela représente une grande opportunité pour les maisons de luxe de

proposer une offre où leurs clients ne seraient plus obligés de choisir entre leur goût

pour le luxe et leur conscience écologique de citoyen qui leur dicte un comportement

responsable, et raisonnable…

«

é c o - l u x e / l ’ H o m m e a u c o e u r d u d é b a t

67


22

é c o - l u x e / c h a p i t r e

c o n c l u s i o n

En fin de compte, on s’aperçoit qu’un certain nombre de pistes permettent de relier le monde

du luxe à celui de l’éco-conception, apparemment opposés par leurs définitions. Une fois de plus

l’Homme se place au cœur du débat grâce à sa sensibilité naturelle. Le luxe nous apparaît alors

comme un pôle d’exploration pour de nouvelles approches du design, visant à mieux répondre

aux attentes de l’Homme, de plus en plus préoccupé par l’avenir de la planète, et donc de plus

en plus concerné par les questions de développement durable ou d’écoconception.

Le monde du luxe doit alors saisir cette formidable opportunité : il devient un laboratoire de

recherche exceptionnel pour développer son image de provocateur, d’avant-gardiste tout en

dégageant une attitude rassurante et éthiquement responsable sans perdre de son éclat. Grâce

à son talent d’initiateur, son énergie créatrice et sa puissance pour entreprendre, le luxe peut

aussi surprendre, séduire et éduquer en intégrant une démarche d’éco-conception. En mettant en

avant son désir d’être respectueux de la planète, le luxe se définira alors non pas comme un

rêveur, mais comme un générateur de rêve…

< P u b l i c i t é V a n C l e e f & A r p e l s

é c o - l u x e / c o n c l u s i o n

69


avant-garde

Le terme avant-garde désigne, depuis le XIX e siècle, des personnes qui entreprennent

des actions nouvelles ou expérimentales, en particulier dans les arts et la culture. Cette

pratique s’inspire des idées de la révolution française et comme elle, n’exclut pas que

s’en réclament des personnages installés au cœur du pouvoir politique et hostiles à

la société civile.

> biodégradabilité

La biodégradabilité est la capacité intrinsèque d’un matériau à être dégradé par des

micro-organismes. On dit d’un matériau qu’il est biodégradable au sens de la norme

européenne EN 13432 s’il se décompose en eau, dioxyde de carbone et/ou méthane

et éventuellement des sous-produits (résidus, nouvelle biomasse) non toxiques pour

l’environnement, et atteint 90% de biodégradation en moins de 6 mois. Les produits

biodégradables peuvent être identifiés par des labels, comme le label OK compost.

> développement durable

Le « développement durable » est, selon la définition proposée en 1987 par la

Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport

Brundtland :

« un développement qui répond aux besoins du présent sans

compromettre la capacité des générations futures de répondre

aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le

concept de « besoins «, et plus particulièrement des besoins

essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la

plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de

nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la

capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels

et à venir. »

Autrement dit, il s’agit d’affirmer une double identité :

g l o s s a i r e

• Dans l’espace : chaque habitant de cette terre a le même droit humain aux

ressources de la Terre ;

• Dans le temps : nous avons le droit d’utiliser les ressources de la Terre

mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations à venir.

> éco-conception

L’écoconception est la prise en compte et la réduction, dès la conception ou lors

d’une re-conception de produits, de l’impact sur l’environnement. C’est une démarche

préventive qui se caractérise par une approche globale avec la prise en compte de

tout le cycle de vie du produit ( depuis l’extraction de matières premières jusqu’à son

élimination en fin de vie ) et de tous les critères environnementaux (consommations

de matières premières, d’eau et d’énergie, rejets dans l’eau et dans l’air, production

de déchets...).

> gaz à effet de serre

Les gaz à effet de serre (GES) sont des gaz dont les propriétés physiques sont telles

que leur présence dans l’atmosphère terrestre contribue à un effet de serre à la surface

de la Terre.( réchauffement climatique )

Les principaux gaz à effet de serre non-artificiels sont :

• la vapeur d’eau (H 2 O),

• le dioxyde de carbone (CO 2 ),

• le méthane (CH 4 ),


• le protoxyde d’azote (N 2 O)

• l’ozone (O 3 ).

Les gaz à effet de serre industriels incluent les halocarbones lourds :

• les chlorofluorocarbones (CFC) et HCFC-22 comme le fréon,

• le perfluorométhane

• l’hexafluorure de soufre (SF 6 ).

> impact environnemental

L’impact environnemental est l’ensemble des modifications de l’environnement, qu’elles

soient négatives ou positives, dues à un organisme ou à un produit.

> mondialisation

Le terme mondialisation désigne le développement de liens d’interdépendance

entre hommes, activités humaines et systèmes politiques à l’échelle du monde. Ce

phénomène touche la plupart des domaines avec des effets et une temporalité propre

à chacun. Il évoque aussi parfois les transferts internationaux de main-d’œuvre ou de

connaissances.

> ostentatoire

Ostentatoire désigne ce qui manifeste (pour une chose) ou qui agit (pour une

personne) avec ostentation, c’est-à-dire en cherchant à tout prix à attirer l’attention.

Ainsi, on parlera plus facilement de luxe ostentatoire.

> réchauffement climatique

g l o s s a i r e

Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire ou, par

anglicisme, réchauffement global (de l’anglais global warming), désigne le phénomène

d’augmentation, à l’échelle mondiale et sur plusieurs années, de la température moyenne

des océans et de l’atmosphère. Dans son acception commune, ce terme est appliqué au

changement climatique observé depuis la fin du XX e siècle.

> recyclage

Le recyclage est un procédé par lequel les matériaux qui composent un produit en

fin de vie (généralement des déchets industriels ou ménagers) sont réutilisés en tout

ou en partie. Ils seront donc réintroduits dans le cycle de production dont le produit

est issu.

Le terme recycler est le troisième élément, après réduire et réutiliser, dans la

stratégie dite des trois R, car le recyclage exige de nouvelles ressources pour la

fabrication et le transport.

Le principe de la collecte séparative ou sélective ( souvent appelée improprement

tri sélectif, évidente tautologie ) est le suivant : les citoyens trient eux-mêmes leurs

ordures en différentes catégories. Les déchets non recyclables sont incinérés ou enfouis

en centres d’enfouissements techniques ( CET ), variante moderne et plus sophistiquée

des vieilles décharges d’ordures.

• À la suite de la collecte, les déchets sont envoyés dans un centre de tri,

où un second tri manuel permet de les séparer par famille de matériaux.

• Chaque catégorie de matériau est ensuite acheminée vers les usines de

recyclage ou réutilisée directement dans l’industrie.


g l o s s a i r e

> réduction à la source

La réduction à la source consiste à diminuer la quantité de matériaux que nous

utilisons pour fabriquer nos produits. Elle est profitable à la fois pour notre entreprise

et pour l’environnement. Cette méthode présente plusieurs avantages : diminution de

l’impact environnemental; abaissement des coûts de fabrication, réduction de la quantité

de déchets à éliminer à la fin du cycle de vie du produit. Au fil des ans, nous réduisons

progressivement la quantité de matériaux et d’énergie nécessaire pour fabriquer nos

emballages, et ce, tout en augmentant constamment leur qualité.

> synergie

Elle se réfère communément de nos jours au phénomène par lequel plusieurs facteurs

ou influences agissant ensemble créent un effet plus grand que la somme des effets

attendus s’ils avaient opéré indépendamment, ou créent un effet que chacun d’entre

eux n’aurait pas créé isolément.

Plus prosaïquement, le résultat d’une action ou d’un élément est supérieur à la somme

des parties. Ceci est résumé très simplement par l’aphorisme un et un font trois.

L’opposé de la synergie est l’antagonisme ( ou synergie négative ), phénomène dans

lequel deux facteurs en combinaison ont un effet moindre que la somme de leurs effets

attendus. Les deux effets peuvent s’annuler (ex :ceux d’un acide et une base) L’absence

de synergie est l’asynergie. ( médecine ) La synergie fait souvent aussi référence à

l’énergie et à l’efficience.

b i b l i o g r a p h i e

[ P r e s s e / M a g a z i n e ]

w w w . [

- Design, Technique & matériaux. ( Raymond Guidot, Flammarion )

- Formes de luxe ( n°55, automne 2006 )

- Le nouvel économiste ( n°1360, octobre 2006 )

- Emballage Digest / Machine & Technologie ( n°509, juin 2006 )

- Emballage Digest ( n°510, juillet / Août 2006 )

- Emballage Digest ( n°511, septembre 2006 )

- Emballage Magazine ( supplément au n° 805, septembre 2006 )

- Emballage Magazine ( n°727 ;novembre 2004 )

- Emballage Magazine ( n°764 , octobre 2005 )

- Emballage Magazine ( supplément au n°776, décembre 2005 )

- Emballage Magazine ( supplément au n°735, janvier-février 2005 )

- Les Echos ( Horizons régions, décembre 2005 )

- Les Echos ( 4 octobre 2006 )

- Challenges ( n°50, 5 octobre 2006 )

- IDEAT ( n°47, octobre 2006 )

- ELLE ( n°3171, 9 octobre 2006 )

- Enjeux, Les Echos ( n°228, octobre 2006 )

- Madame Figaro ( n°1154, 7 octobre 2006 )

- Courrier international ( Hors série, octobre / novembre / décembre 2006 )

- Le Monde 2 ( supplément au n°130 )

- Le Figaro / économie ( n°19340, 7, 8 octobre 2006 )

- GEO ( n°334, décembre 2006 / n°336, février 2007 )

- Les motifs de la création ( Loan Oei et Cécile de Kegel, Thames & Hudson )

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[


H e n r i B o u t e i l l e r

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( d e s i g n )

p a c k a g i n g

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H e n r i B o u t e i l l e r

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h e n r i . b o u t e i l l e r @ c a r a m a i l . c o m / 5 0 r u e d u t h é â t r e / 7 5 O 1 5 P a r i s / O 6 6 2 8 1 9 3 5 6

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