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COURS chromatographie liquide

http://ead.univ-angers.fr/~jaspard/Page2/COURS/6CoursDEUST/CHROMATOGRAPHIE/1Chro...

impression PDF

La chromatographie liquide

I. Généralités sur la chromatographie

1. Description

2. Paramètres intervenant dans la séparation

3. Tableau résumé des différents types de chromatographie

4. Les supports ou matrices pour phases stationnaires

II. Chromatographie d'échange d'ions

1. Les différents types d'échangeurs d'ions

2. Principe

III. Chromatographie d'exclusion ou filtration sur gel

1. Remarque préliminaire

2. Principe

3. Détermination de la masse molaire d'une molécule

IV. Chromatographie d'affinité

1. Principe et applications

2. Structure de gels d'affinité - Activation du gel pour le couplage du ligand - Bras espaceurs

V. Interactions hydrophobes

V.A. Chromatographie à polarité de phase inversée ou en phase reverse

1. Structure du gel de silice

2. Principe de l'adsorption et de la désorption en phase reverse

3. Exemples d'application

V.B. Chromatographie d'interactions hydrophobes

1. Principe

2. Quelques particularités de la chromatographie d'interactions hydrophobes

VI. Chromatographie de partage et chromatographie d'adsorption

VII. Avantages et inconvénients des différents types de chromatographie liquide / solide

I. Généralités sur la chromatographie.

1. Description :

La chromatographie est une technique d'analyse pour séparer les constituants d'un mélange ;

les molécules à séparer sont entraînées par un fluide (un liquide ou un gaz) que l'on appelle la phase mobile ;

elles interagissent ou au contraire n'interagissent pas avec un support (ou matrice) fixe (un solide ou un liquide fixé) que l'on

appelle la phase stationnaire : il y a donc une distribution ou partition des composants entre ces deux types de phase ;

le flux du fluide vecteur étant continu, c'est la rétention plus ou moins longue des différentes molécules sur le support fixe, qui va les

séparer les unes des autres.

Historiquement, c'est au russe Mikhaïl Semenovivch Tswett (1872 - 1919) que l'on doit la première publication (1906) de travaux de

chromatographie, ayant utilisé cette technique pour séparer les pigments d'épinard (voir historique 1 et historique 2 de la

chromatographie). Le mot chromatographie vient du grec "kroma"" (couleur) et "graphein"" (écrire).

Remarque : Il existe un site extrêmement complet sur cette méthode (et bien d'autres)": "Techniques de l'Ingénieur".

2. Paramètres intervenant dans la séparation.

Les paramètres physico-chimiques sur lesquels reposent les principes de séparation sont :

paramètres type de chromatographie domaine d'application

la charge électrique

échange d'ions

protéines

polypeptides

acides aminés

acides nucléiques

sucres

la taille et la forme (en fait, le volume)

l'existence de structures particulières qui permettent

d'établir des liaisons spécifiques

exclusion ou gel de filtration

affinité

protéines

polypeptides

acides nucléiques

sucres

lipides

protéines

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la polarité

et/ou

l'hydrophobicité

polarité de phase inversée

ou phase reverse

interactions hydrophobes

protéines

polypeptides

acides aminés

acides nucléiques

sucres

acides gras

protéines

Cependant, si un type de chromatographie repose sur une caractéristique physico-chimique donnée, la séparation peut être influencée de

manière "secondaire" par d'autres caractéristiques. Par exemple :

un échangeur d'ions comportant un groupement hydrophobe, comme le noyau phényl du " DOWEX ", interagit aussi par

second interactions lieu la hydrophobes séparation de : ainsi ces molécules pour 2 acides ; aminés de charge identique, l'hydrophobicité de la chaîne latérale influencera en

un gel de filtration "Sephadex" peut être utilisé comme gel d'affinité pour les protéines qui fixent les dérivés du glucose tel que le

dextran.

3. Tableau résumé des différents types de chromatographie.

phase

principe de

catatéristiques de

principe de la fixation

stationnaire

liquide

solide

séparation

partage

adsorption

adsorption

(phase inverse)

échange d'ions

exclusion

(filtration sur gel)

affinité

la phase stationnaire

liquide fixé sur un support inerte (papier,

silice...)

adsorbant solide polaire

molécules hydrophobes greffées sur de la silice

résine (polymères d'oses) porteuse de

groupements chargés négativement ou

positivement

solide poreux

support sur lequel est greffée une molécule (le

ligand) spécifiquement reconnue par un des

composants de l'échantillon à analyser

et de l'élution

distribution des composants du mélange à

séparer dans les deux phases liquides selon leur

coefficient de partage

phénomène de surface : formation de liaisons

spécifiques entre les composants et la surface

adsorbante

interactions hydrophobes et élution par

diminution de la polarité de la phase mobile

interactions électrostatiques avec les composants

de charge opposée

les composants de diamètre supérieur à celui des

billes du support sont "exclus" et ceux de

diamètre inférieur y diffusent et sont freinés

déplacement de l'équilibre de liaison [molécule -

ligand greffé] en faveur de l'équilibre [molécule -

tierce molécule]

4. Les supports ou matrices pour phases stationnaires.

Le support ou matrice utilisé pour constituer la phase stationnaire s'appelle un gel de résine. Ce gel se présente souvent sous la forme de

billes (sphériques ou, plus rarement, de forme irrégulière). Ces billes sont elles mêmes des polymères de différents types de molécules, par

exemple :

de styrène - divinylbenzène pour certaines résines d'échange d'ions ;

de polyholosides pour les gels de filtration ;

de silice pour la chromatographie en phase reverse.

Différents traitements ou modifications de ces différentes résines permettent d'obtenir tel type de phase stationnaire ou tel autre type.

II. Chromatographie d'échange d'ions.

1. Les différents types d'échangeurs d'ions.

Les échangeurs d'ions sont des billes qui portent des groupements ionisables dont la charge est :

positive : résines échangeuses d'anions

négative : résines échangeuses de cations

qui fixent des molécules chargées négativement : ---R+ ...M -

nature de la fonction ionisable : ---R+

qui fixent des molécules chargées positivement : ---R- ...M +

nature de la fonction ionisable : ---Rbase

forte base faible acide fort acide faible

ammonium quaternaire : ---NR + 3

exemple : triméthylammonium

---N(CH 3 ) + 3

forme protonnée d'une amine I, II ou III

:

---NHR + 2

exemple : diéthylaminoéthylammonium

exemple : sulfonate

---SO - 3

exemple : carboxyméthyl

---O-CH 2 -CO - 2

2. Principe.

Voir un schéma de l'ionisation de la diéthylaminoéthylammonium et carboxyméthyl en fonction du pH

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Dans un premier temps, la résine est équilibrée dans un tampon dont le pH est tel que le groupement porté par l'échangeur d'ions soit

ionisé :

dans le cas d'une base (échangeur d'anions), le pH doit être inférieur au pK a du groupement ionisable (exemple : le pK a du

groupement diéthylaminoéthylammonium est 9,5) ;

dans le cas d'un acide (échangeur de cations), le pH doit être supérieur au pK a du groupement ionisable (exemple : le pK a du

groupement carboxyméthyl est 4).

Les molécules à séparer sont dans le même tampon (donc au même pH) et en fonction de leur point isoélectrique (pI), elle porte une charge

nette :

négative : le pI de l'albumine de sérum bovin est 4,9, cette protéine est chargée négativement à pH 7 ;

nulle ;

positive : le pI du cytochrome c est 10,7, cette protéine est chargée positivement à pH 7 ;

Voir un exemple de la variation de la charge nette d'une protéine en fonction du pH.

Il y a deux manières d'éluer les molécules fixées sur la résine :

En modifiant le pH de la phase mobile de telle sorte que les molécules qui sont chargées ne le soient plus (ou qu'elles portent une

charge de même signe que l'échangeur d'ions) ; il n'y a plus alors d'interaction électrostatique entre les molécules et le groupement

chargé porté par la résine et les molécules sont éluées.

En ajoutant un sel (à une concentration croissante) qui apporte forcément un ion de même charge que les molécules fixées à la résine

: cet ion s'appelle un contre - ion.

L' ordre d'efficacité croissant des contre - ions pour les résines échangeuses de cations est le suivant :

cations monovalents : Li + < H + < Na + < NH4 +

cations divalents : Cd + 2 < Mn + 2 < Mg + 2 < Zn + 2 < Cu + 2 < Ca + 2 de plus, l'efficacité augmente avec la charge : K + < Ca + 2 < Al + 3

III. Chromatographie d'exclusion ou filtration sur gel.

1. Remarque préliminaire.

Le principe de la chromatographie d'exclusion (appelée aussi filtration sur gel ou tamisage moléculaire ou chromatographie de

perméation) repose en première approximation sur la masse molaire des molécules à séparer.

En toute rigueur, le paramètre physico-chimique qui intervient est la dimension des molécules, donc leur volume et donc plus précisément

leur rayon de Stokes. Mais cette relation univoque [masse molaire - rayon de Stokes] n'est valable que pour des protéines dites

"globulaires", c'est-à-dire assimilées à des sphères.

Différents paramètres influencent le volume des molécules et peuvent fausser la détermination de la masse molaire réelle par ce type de

chromatographie :

la géométrie : pour une même masse molaire, une protéine "allongée" (exemple, la calmoduline) n'aura pas les mêmes dimensions

qu'une protéine globulaire ;

les modifications post-traductionnelles : par exemple, les longues chaînes d'oses modifient fortement la géomètrie des protéines

glycosylées et les rend plus denses ; à l'inverse, les lipoprotéines sont "allégées" par la présence de lipides ;

la présence de sels, d'agents chaotropiques, de détergents...

2. Principe.

La phase stationnaire est constituée de billes de polysaccharides (type "Sephadex" ou "Sepharose") gonflées dans le solvant utilisé

pour l'élution :

le volume des billes est très finement calibré ;

ainsi les molécules dont le volume est supérieur à celui des billes ne peuvent y pénétrer et sont éluées rapidement ;

en revanche, les molécules dont le volume est inférieur à celui des billes y pénétrent et y subissent des frottements qui les retardent.

En conclusion, si l'on connait la masse molaire de la molécule que l'on veut séparer d'un mélange par cette technique, il faut choisir le gel

le mieux adapté : c'est celui dont le domaine de fractionnement, c'est-à-dire la gamme des masses molaires pour lesquelles il y a diffusion

partielle ou totale, englobe la masse molaire de la molécule à purifier (voir un exemple).

3. Détermination de la masse molaire d'une molécule.

Un mélange de molécules (que l'on appelle standard ) de masse molaireconnue est séparé par chromatographie de filtration sur gel (voir un

exemple de séparation) :

chaque molécule est éluée avec un volume d'élution

V ; e par ailleurs, le volume d'exclusion

du gel (V 0 ) est le volume d'élution d'une molécule non retardée par le gel, c'est-à-dire une

molécule de taille supérieure à celle des billes et qui n'y diffuse pas. Bien souvent, on utilise le bleu dextran, polymère d'ose de masse

molaire supérieure à 2 10 6 Da ;

enfin, le volume total du gel (V t ) est la somme du volume des billes et du volume externe aux billes : il est donné par le volume

d'élution d'une molécule qui diffuse totalement dans les billes et qui est donc totalement retardée.

On définit le coefficient de partition :

V e - V 0

K = -----------

D

V t - V 0

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on trace la droite étalon : log (masse molaire) = f (K D ) (ou masse molaire = f (K D ) sur une échelle semi-logarithmique

-logarithmique).

on détermine le volume d'élution d'une molécule X dans les mêmes conditions de chromatographie que pour le mélange des

standards ;

on reporte le K D de la molécule X sur la partie linéaire de la droite étalon et ainsi on détermine sa masse molaire.

IV. Chromatographie d'affinité.

1. Principe et applications.

C'est le type de chromatographie le plus sélectif , une protéine pouvant être purifiée d'un facteur 10 3 à 10 4 en une seule fois.

Le principe de la chromatographie d'affinité repose sur la reconnaissance

entre une molécule du mélange à séparer et une molécule greffée sur la

résine, que l'on appelle le ligand, ces deux molécules interagissant de

manière hautement spécifique :

l'adsorption

de la molécule à séparer sur le ligand fixé à la résine est

effectuée dans des conditions physico-chimiques (pH, force ionique,

concentration de la molécule à adsorber...) favorables ˆ la liaison

molécule - ligand ;

dans ces conditions, les molécules du mélange à séparer qui n'ont pas

(ou peu) d'affinité pour le ligand sont éluées au fur et à mesure qu'on

le fait passer sur la résine ;

on désorbe ensuite les molécules spécifiquement fixées au ligand en

modifiant les conditions physico-chimiques de telle sorte que la

liaison molécule - ligand soit rompue : le plus souvent, on ajoute une

tierce molécule qui entre en compétition avec le ligand greffé pour la

molécule à séparer.

En d'autres termes, on déplace l'équilibre de liaison molécule - [ligand

greffé] en faveur de l'équilibre molécule - [tierce molécule]. Cette tierce

molécule peut-être :

le ligand greffé lui-même (sous forme libre) à une concentration plus

élevée que celle du ligand greffé ;

une molécule dont la structure est analogue à celle du ligand greffé

mais pour laquelle la molécule a plus d'affinité.

L'une des principales applications de la chromatographie d'affinité est l'isolement de protéines ou d'acides nucléiques dont voici quelques

exemples :

ligand

protéine A (recombinante)) : protéine de Staphylococcus aureus à haute

affinité pour le fragment F c des anticorps de type IgG ;

IgG

protéine G (recombinante)) : protéine de surface des streptocoques du

groupe G, recepteur de type III du fragment F c des anticorrs de type IgG.

concanavaline A (les lectines en général ) : protéines qui se fixent sur des

résidus spécifiques de la partie osidique des glycoprotéines et qui ont des

propriétés agglutinantes (exemple : érythrocytes).

ADN natif ou dénaturé de thymus de veau

lysine

iminodiacétate : chélateur de métaux

boronate

colorants de l'industrie textile (exemple : bleu de procion ou "Cibacron

blue®") : les enzymes qui fixent les mono- ou dinucléotides puriques

interagissent avec les cycles portés par les colorants dont la structure est

très proche de celle du NAD + .

poly(U) (acide polyuridylique)

voir l'exemple du "Bleu A"

exemples de molécules isolées

IgG de mammifères

exonucléases

fixation sur des résidus

-D-mannopyranosylou

-D-glucopyranosyl

terminaux des glycoprotéines

exonucléases

polymerases (ADN, ARN)

plasminogène

ARN ribosomal

métalloprotéines

protéines à groupements cis-diol

déshydrogénases à NAD(P) +

kinases dépendantes de l'ATP

ARN messagerspar hybridation à leur queue

poly(A)

protéines se liant au poly (U) (interféron,

transcriptase inverse)

2. Structure de gels d'affinité - Activation du gel pour le couplage du ligand - Bras espaceurs.

Les supports ou matrices utilisés pour la chromatographie d'affinité peuvent être des billes d' agarose ("Sepharose", Pharmacia®), de

polyacrylamide d'agarose, de verre poreux, de polyvinyle, de polyméthacrylate ...

L'immobilisation du ligand sur la matrice nécessite qu'il soit préalablement activé, c'est-à-dire qu'il faut créer des sites réactionnels qui

permettent d'établir des liaisons covalentes. Parmi les diverses méthodes d'activation, on peut citer :

l'activation des groupes hydroxyles du support (l'agarose par exemple) par le bromure de cyanogène dans une solution dont le pH

est finement contrôlé (pH 8,3). Des groupements imidocarbonates sont formés sur lesquels on peut fixer des ligands contenant des

amines libres, par exemple une protéine par la chaîne latérale de ces lysines. Les groupes hydroxyles qui n'ont pas réagit sont

bloqués par action de l'éthanolamine ou la glycine;

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les groupes hydroxyles du support peuvent être activés par le carbonyl di-imidazole ;

l'activation du support peut être faite avec le gtutaraldéhyde qui se polymérise et forme des chaînes à 5 carbones qui constituent des

points de fixation à une certaine distance de la matrice ;

une autre méthode d'activation utilise le chlorure de tosyle et elle permet le couplage de molécules qui possèdent un groupement

aminé, thiol ou phénol.

Pour rendre certains ligands accessibles au site de fixation sur la molécule avec laquelle ils interagissent, il est nécessaire d'augmenter la

longueur de la chaîne carbonée à l'extrémité de laquelle se situe le groupement activé. Cette chaîne additive s'appelle un bras espaceur.

La chromatographie d'affinité est la méthode la plus sélective. Cependant, c'est aussi la plus délicate à mettre en oeuvre car elle nécessite

la mise au point des conditions expérimentales idoines pour obtenir un gel correctement activé :

le ligand doit être orienté de manière optimale pour une parfaite reconnaissance stéréochimique de la molécule que l'on veut séparer

;

il ne faut pas que le ligand subisse l'action des enzymes, c'est pour celà qu'on utilise davantage des analogues de substrats

(inhibiteurs compétitfs par exemple) que les substrats eux-mêmes ;

il faut trouver des conditions d'élution de la molécule fixée au ligand qui préserve sa fonction biologique ;

en conséquence, cette méthode chromatographique est coûteuse.

V. Chromatographie d'adsorption à polarité de phase inversée ou phase reverse.

V.A. Chromatographie

à polarité de phase inversée ou en phase reverse.

1. Structure du gel de silice.

Les matrices pour chromatographie en phase reverse sont souvent à base de silice (SiO 2 ), appelée aussi gel de silice car elle est plus ou

moins hyratée :

la silice provient de la déshydratation de l'acide silicique et se présente sous forme d'une poudre dont les grains (les billes) sont très

fins ;

ces billes peuvent être sphériques ou irrégulières ;

à la surface de la silice on trouve des groupes silanols (-OH) et des groupes siloxanes (-O-) qui lui confèrent un caractère polaire et

acide et qui lui permettent de former des liaisons hydrogènes ;

on utilise fréquemment une silice sur laquelle des chaînes alkylées (ou autres, voir les différents groupes utilisés) sont greffées au

niveau des groupements silanols.

2. Principe de l'adsorption et de la désorption en phase reverse.

Les chaînes alkylées confère à la silice un caractère très hydrophobe :

si la phase mobile est très polaire (donc très peu hydrophobe), certaines molécules hydrophobes vont établir des interactions

hydrophobes avec la phase stationnaire et ainsi être adsorbées ;

on augmente alors la concentration en solvant organique (apolaire donc hydrophobe) dans la phase mobile ;

à une concentration donnée l'hydrophobicité de la phase mobile étant plus importante que celle de la phase stationnaire, les

molécules hydrophobes sont désorbées et éluées.

La phase mobile est donc constituée d'un mélange eau / solvant organique, en proportion variable :

1.

2.

la phase aqueuse :

l'eau

est le solvant le plus polaire (le moins hydrophobe) ;

on ajoute un sel pour tamponner le milieu. Cependant, on emploie souvent un acide fort (l'acide trifluoroacétique) et une amine

quaternaire (la triéthylamine, par exemple) car ces deux composés ioniques forment des paires d'ions avec les molécules à séparer,

neutralisant ainsi des charges portées par ces dernières. Celà a pour conséquence d'augmenter l'hydrophobicité des molécules et

ainsi qu'elles s'adsorbent davantage sur la phase stationnaire.

le solvant organique :

il en existe un grand nombre que l'on peut utiliser puisque la silice leur résiste. Cependant, les plus employés sont l' acétonitrile et le

méthanol ;

le choix du solvant organique dépend grandement de l'hydrophobicité des molécules à séparer : pour des molécules très

hydrophobes, on peut choisir d'utiliser une forte concentration d'un solvant organique de polarité moyenne ou une faible

concentration d'un solvant organique de polarité faible ;

les solvants organiques ne doivent pas comporter d'impurétés ni avoir une forte absorbance aux faibles longueurs d'onde

(ultra-violet) pour ne pas interférer avec les propriétés optiques des molécules à séparer. De plus selon sa qualité, on peut ou non

utiliser un solvant organique pour un type d'analyse donnée. En conséquence, il faut prendre des solvants certifiés "ultra-purs" qui

coûtent chers.

3. Exemples d'application.

La chromatographie en phase reverse s'applique quasiment à tous les types de molécules. C'est une méthode de chromatographie

extrêmement t efficace qui permet de séparer des échantillons complexes.

Parmi les applications, on peut citer :

la détermination de la séquence primaire des protéines par la dégradation de Pehr Edman : la fonction

-aminée de l'acide aminé en

position N-terminale de la chaîne polypeptidique d'une protéine (ou d'un polypeptide) est traitée à pH alcalin par l'isothiocyanate

de phényle (PITC), appelé aussi réactif d'Edman. Après action d'acides et de solvant organique, la liaison peptidique liant l'acide

aminé en position N-terminale est spécifiquement coupée.

l'analyse des des acides aminés libres (voir un exemple d'application à Medicago truncatula).

Dans les deux cas, les acides aminés sont dérivés par le PITC qui incorpore un groupement qui absorbe dans l'ultra-violet. On peut ainsi

séparer, identifier et quantifier les PTH - acide aminés par chromatographie en phase reverse avec une phase stationnaire sur laquelle est

greffée une chaîne alkylée en C18 (octadécyl).

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V. B. Chromatographie

d'interactions hydrophobes.

On peut considérer que ce type de chromatographie est une "variante"" de la chromatographie en phase reverse, puisque l'adsorption des

molécules sur la phase stationnaire met en jeu le même type d'interactions. Les gels de chromatographie d'interactions hydrophobes

portent un groupement hydrophobe à l'extrémité d'une chaîne carbonée.

1. Principe.

Quand un composé hydrophobe se trouve dans un environnement polaire comme l'eau, il en résulte un état thermodynamiquement

défavorable. L'interaction hydrophobe est la conséquence de deux phénomènes opposés : une augmentation de l'entropie des molécules

d'eau autour du composé hydrophobe (c'est-à-dire une diminution de leur organisation) concomittante à une diminution de l'entropie du

composé hydrophobe.

1ère étape (voir le shéma) : On fixe la protéine à séparer sur le support chromatographique en présence d'une forte concentration en sel :

dans un milieu à haute force ionique, les molécules d'eau de l'enveloppe d'hydratation des protéines sont "mobilisées" pour

hydrater les anions et les cations issus de la dissociation du sel, c'est le phénomène de "salting -out" ;

il en résulte une modification de l'organisation des molécules d'eau autour des protéines et ce changement d'environnement est

favorable (comme celà est défini ci-dessus) à l'établissement d'interactions hydrophobes entre les régions hydrophobes à la surface

des protéines et le groupement hydrophobe porté par la phase stationnaire.

2ème étape : Après rinçage du gel afin d'éliminer les protéines non adsorbées, l'élution des protéines fixées est obtenue :

en faisant passer un tampon de force ionique décroissante, les ions du sel étant ainsi progressivement éliminés ;

les acides aminés chargés ou polaires à la surface des protéines peuvent de nouveau établir des liaisons hydrogène avec la phase

mobile, c'est-à-dire que la solubilité des protéines dans la phase mobile redevient maximale et elles sont éluées.

Il existe d'autres moyens d'éluer les protéines fixées :

ajouter un ion aux propriétés chaotropiques qui induit une diminution de l'organisation des molécules d'eau (donc une

augmentation de leur entropie) ) : la force des interactions hydrophobes est ainsi diminuée ;

ajouter un détergent / augmenter le pH / diminuer la température puisque la force des interactions hydrophobes diminue avec celle

-ci.

2. Quelques particularités de la chromatographie d'interactions hydrophobes.

Le choix de la matrice :

la densité du ligand fixé sur les matrices utilisées pour la chromatographie d'interactions hydrophobes est moindre que celle des

supports de phase reverse.

le profil d'hydrophobicité d'une protéine dépend essentiellement de la présence et de la répartition des acides aminés : Ile, Leu, Val

et Phe. Donc pour une protéine donnée, on ne peut déterminer le support de chromatographie d'interactions hydrophobes le mieux

adapté qu'en testant différents types de gels.

cependant, le meilleur choix pour commencer est un gel avec un groupement phényl. En effet, ce groupement est d'hydrophobicité

intermédiaire entre le n - butyl et le n - pentyl. Par ailleurs, les protéines très hydrophobes ne sont pas facilement éluées des gels

contenant le groupement octyl.

Les listes suivantes présentent certains anions et cations dans un ordre de moins en moins favorable à la formation d'interactions

hydrophobes :

anions : PO 3- 4 > SO4 2- >CH 3 COO- >Cl - > Br - > NO3 - > SCN -

cations : NH + 4 > Rb + > K + > Na + > Li + > Mg 2+ > Ca 2+ > Ba 2+

Remarque pratique : l'inconvénient de la chromatographie d'échange d'ions (voir le tableau comparatif) est que l'on obtient la molécule

séparée dans un tampon qui contient une forte concentration en sel et, bien souvent, on ne peut l'utiliser dans de telles conditions. Pour

éliminer le sel (ou "dessaler") on peut soit :

dialyser l'échantillon : c'est une méthode délicate qui induit beaucoup de pertes (elle(

nécessite donc d'avoir une grande quantité initiale

de matériel ) ;

enchaîner sur une chromatographie de gel de filtration (en utilisant un gel qui fractionne dans le domaine des faibles masses molaires) ) ;

enchaîner sur une chromatographie d'interactions hydrophobe puisqu'elle recquière une forte concentration en sel pour que la

molécule s'adsorbe.

VI. Chromatographie de partage et chromatographie d'adsorption.

Si l'on considère :

chromatographie de partage : liquide / liquide

deux solvants S et S 1 2 (non miscibles), S 2 étant la phase

stationnaire ;

un composant C de solubilité différentes dans chacun des

deux solvants ;

chromatographie d'adsorption: liquide / solide

La phase stationnaire est solide (adsorbant pulvérulant) et non

ionique. La concentration C 2 du composant C adsorbé par unité

de masse de phase stationnaire est donnée par la loi de Freundlich

ou loi de Langmuir :

on a :

C2 = K . C1n

(avec n inférieur ou égal à 1)

C 2

K = -------- (relation 1)

C 1

ou bien encore :

K C 2

------------ = --------

C 1-n

1 C 1

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K est le coefficient de partage entre les deux phases et il dépend de la température ;

C 1 est la concentration du composant C dans le solvant S1 ;

C 2 est la concentration du composant C dans la phase stationnaire : soit le solvant S2 (partage), soit le solide (adsorption).

En fait, la chromatographie de partage et la chromatographie l'adsorption peuvent être rapprochés :

en effet, la solubilité et l'adsorption sont deux phénomènes liés aux forces de Van der Waals et aux affinités respectives du

composant C dans chacune des deux phases ;

par ailleurs, la relation 1 n'est qu'un cas particulier de la loi de Freundlich.

VII. Avantages et inconvénients des différents types de chromatographie liquide / solide.

caractéristiques échange d'ions filtration sur gel affinité phase reverse

interactions

hydrophobes

résolution de la

séparation

concentration de la

molécule d'intérêt à l'issue

de la chromatographie

recouvrement ent de l'activité

enzymatique

capacité de rétention

(fixation) du gel

régéneration du gel

autres

moyenne à élevée

augmentée

moyenne à élevée

exceptionnelle

protéines élevée pour et les

polypeptides de

faible masse molaire

moyenne

souvent diminuée augmentée augmentée augmentée

bon bon bon

élevée

supporte l'action

d'une base forte

moyenne

domaines

d'application très

nombreux

domaines

d'application très

-------

nombreux

nécessité de

"dessaler"

permet le dessalage

l'échantillon de la

à l'issue

d'échantillons

chromatographie

élevée

ne supporte pas les

agents chimiques

agressifs

domaines

d'application

restreints

nécessité de coupler

la phase mobile

organique peut

dénaturer les

enzymes

moyenne

ne supporte pas les

agents chimiques

agressifs

domaines

d'application très

nombreux

le coût ligand élevé d'où du gel un

-------

bon

élevée

supporte l'action

d'une base forte

domaines

d'application

restreints

nécessité de

"dessaler"

l'échantillon de la

à l'issue

chromatographie

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