23.05.2025 Vues

Paris Match spécial "Les pépites de l'humour belge" du 22 mai 2025

Paris Match spécial "Les pépites de l'humour belge" du 22 mai 2025

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ÉDITION

SPÉCIALE

LA JEUNE GÉNÉRATION

EXPLOSE (DE RIRE)

L’HUMOUR EST PLURIEL

LE RIRE,

UN PONT ENTRE

LES CULTURES

Vanne, vis et

deviens artiste

37 HUMORISTES

SOUS LA LOUPE

Champions

toutes

catégories

LES PÉPITES DE

L’HUMOUR BELGE


FESTIVAL

OFF 2025

05 juillet > 26 juillet

La prog’

!

C’est le cri de ralliement que nous avons choisi pour notre 8 e édition du Festival OFF...

Un cri de joie, de lutte, de tendresse. Un cri porté par des histoires fortes, drôles, bouleversantes.

Quels que soient la catégorie, le style et la discipline auxquels ils appartiennent,

qu’ils soient plutôt teintés d’humour, de gravité, de poésie ou de lyrisme ;

les spectacles que vous pourrez découvrir cette année sont aussi porteurs d’une réflexion,

d’un message par rapport à cette période compliquée que nous traversons.

ENSEMBLE C’EST TOUT !

www.episcene.fr • 04 90 01 90 54 • 5 Rue Ninon Vallin - 84000 Avignon


HUMOUR BELGE

L’ART DE FAIRE RIRE

Autant le rire est universel, autant l’humour

présente des caractéristiques singulières. L’humour,

c’est la création d’un geste, d’un récit, d’un spectacle

comique, avec un seul objectif : provoquer le rire.

Ici, l’humour n’est pas simplement une disposition

d’esprit, ni un comique involontaire, mais bien le

fruit d’un travail réfléchi mené par un créateur ou

une équipe de créateurs.

Cette dimension professionnelle est essentielle à

rappeler. Elle représente ce que la Fédération Belge

des Professionnels de l’Humour souhaite préserver,

encourager et développer.

Le support utilisé importe peu : seule compte

l’intention de susciter le rire, que ce soit devant un

écran, dans une salle de spectacle, en rue ou dans

un espace improvisé. Le public, qu’il soit nombreux

ou restreint, fait partie intégrante de ce phénomène.

L’humoriste s’adresse à lui avec l’ambition de le

faire rire, et parfois même de toucher des publics

spécifiques : enfants malades, élèves en décrochage,

personnes âgées, détenus… L’humour traverse les

cultures et les traditions, parlant à chacun selon sa

sensibilité.

©Paul K

ÉDITO

Rêveur, Vincent

Taloche a toujours

les yeux rivés

vers l'avenir afin

de faire évoluer

la FBPH dont il

est le président

bénévole.

Quel que soit le style – ironique, surréaliste, burlesque, populaire…

– le talent reste l’élément clé. Ce talent, s’il est parfois

inné, s’apprend, se travaille et se perfectionne.

Dans un monde traversé par les crises et les incertitudes, le rire

est un remède précieux. Il apaise les tensions, renforce les liens

sociaux et offre un répit face aux difficultés. Les bienfaits du

rire sur la santé mentale ne sont plus à prouver : réduction du

stress, renforcement du système immunitaire, bien-être général.

Promouvoir l’humour, c’est aussi agir pour le mieux-être collectif.

Pour que cette diversité humoristique s’épanouisse, il est crucial

de créer un lieu d’expertise et de formation, une référence pour

accompagner les talents dans leur développement.

Le rire, qui exprime nos émotions les plus heureuses, est un

des rares trésors dignes de l’humanité. Il est à préserver de tous

les obscurantismes.

Faire rire est un don de la vie !

© Charles Chojnacki

PE que l’on voit ici à Train World avec le

photographe Paul K qui a imaginé toutes

les photos avec les humoristes belges.

Cover : © Paul K Ed. responsable: François le Hodey.

Rédacteur en chef : Marc Deriez.

Responsable éditorial : Jean-Pierre Tordeurs - Tel: +32 475 511 462.

Cette édition spéciale a été réalisée en partenariat avec la Fédération Belge de Professionnels de l’Humour.

Coordinatrice générale : Isabelle Reisenfeld, assistée de Julie Catalano. Stagiaires : Jonas Vanhaeren et Jimmy Wajsblat.

Les photos ont été réalisées par Paul K avec l’éclairage continu Dedolight et spécialement Dedo Weigert

Publicité IPM Advertising : Nadine Morren - 0475/315 076

Supplément détachable et gratuit de Paris Match n°1238 du 22 mai 2025. Ne peut être vendu séparément.

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

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UN RÉSEAU PROFESSIONNEL

POUR LE SECTEUR DU RIRE

Fondée suite à la crise

culturelle du Covid, la

Fédération Belge des

Professionnels de l’Humour

(FBPH) compte désormais

plus de 200 membres dont

130 humoristes et une

reconnaissance de leur art.

PE, Sarah Lélé, Inno JP, Alex Vizorek et Laetitia Mampaka : le Sommet de l'Humour Belge

en première mondiale lors du Sommet international de la Francophonieà Paris où l’humour

a été mis en avant.

PRENDRE L’HUMOUR AU SÉRIEUX

Isabelle Reisenfeld aux côtés du couple

d’humoristes, à la vie comme à la

scène, Elastic & Francesca lors des JO

de Paris

fbph.be

“Vincent Taloche a voulu créer une fédération

qui ne soit pas une fédération d’humoristes

mais bien un réseau professionnel

d’humour, explique Isabelle Reisenfeld,

coordinatrice générale de la Fédération

Belge des Professionnels de l’humour. Notre

président s’est inspiré du modèle québécois

qui faisait également sens chez nous, afin

de renforcer le secteur pour qu’il puisse

vivre de son art. La force d’un réseau est

précisément d’avoir des gens qui peuvent

travailler et grandir ensemble, échanger

mais aussi se donner des conseils. On offre

un important networking à nos membres.

On est la cheville ouvrière pour accompagner,

être utile et efficace pour nos artistes

dans leur carrière.”

Et d’ajouter que l’humour est pluriel.

"L'humour belge ne se résume pas uniquement

au stand up. Il peut prendre diverses

formes. Il y en a pour tous les goûts et

dans différents lieux, des comedy club

aux aux salles mythiques, en passant par

des théâtres, cabarets, centres culturels,

etc. Il y a de tout chez nous, pour tous

les goûts, tous types d’endroits et toutes

les formes. On se rend compte qu’on est

vraiment devenu la porte d’entrée vers la

culture. Le spectacle vivant est une véritable

expérience à vivre.”

Les salles, qui se positionnent d’ailleurs de

plus en plus sur l’humour, jouent même la

carte de cette magie différente en fonction

du lieu où performe l’artiste. Et le public en

redemande. “L’humour ouvre la porte à la

culture, à des gens qui, peut-être, n’auraient

jamais pensé ni même osé, pousser les

portes d’un théâtre ou centre culturel.”

LEUR MISSION ? Rassembler, défendre

et promouvoir les artistes et autres professionnels

de l’industrie de l’humour

belge. Mais aussi préserver, favoriser et

développer la création humoristique sous

toutes ses formes. Ainsi que sa diffusion,

en s’appuyant sur un solide réseau.

LEUR VISION ? Renforcer la place de

l’humour dans le paysage culturel belge,

et à l’international, en agissant comme un

catalyseur.

LEURS VALEURS ? Un esprit collectif,

l’excellence, l’entraide, le soutien ou encore

la création et l’innovation.

“Depuis que la FBPH existe, notre art a

été reconnu par le politique. L’humour fait

partie intégrante de la culture pour la Fédération

Wallonie-Bruxelles, poursuit Isabelle

Reisenfeld. Jusque-là, on était considéré

comme du divertissement. La difficulté à

laquelle on est confronté aujourd’hui est

que cette reconnaissance ne se répercute

pas encore de manière implicite à tous

les niveaux. Au niveau audiovisuel, par

exemple, nous ne sommes pas encore

reconnus comme un secteur culturel.”

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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HUMOUR BELGE

Les humoristes réunis à Paris dans une loge du Centre Wallonie Bruxelles

à l'occasion de la Quinzaine de l'Humour Belge à Paris.

De gauche à droite : Mehdi BTB, Denis Richir, André Demarteau,

Julie Geller, Kostia, Alex Vizorek, Sacha Ferra, Gaetan Delferière, Sarah Lélé,

Lorenzo Mancini et devant au centre Anthony Circus

FAIRE RAYONNER L’HUMOUR BELGE À

L’ÉTRANGER :

DES JO AU CONGO EN PASSANT PAR UNE

PREMIÈRE MONDIALE

“On continue à vouloir développer notre

secteur à l’international car cela fait vraiment

sens, affirme la directrice de la

fédération qui déplore l’absence de vitrine

sectorielle pour l’humour. La Belgique

étant petite, on ouvre alors le champ des

possibles à nos talents. Pour notre pays,

c’est aussi une forme d’exportation. Même

si c’est de la culture, il y a des rentrées

économiques. Et avec nos grands talents

qui rayonnent à l’étranger (Virginie Hocq,

Véronique Gallo, Alex Vizorek ou encore

Kody), on est très fier de l’image que l’on

donne de la Belgique. Notre rôle est d’être

un catalyseur, de faire avancer les choses

plus vite, de donner un coup de pouce ou

de boost à plusieurs carrières d’humoristes

et d’aller toujours un peu plus loin.”

Comme cette Quinzaine de l’Humour

organisée à Paris (Turbulences belges),

centre névralgique de l’humour qui a

notamment permis à Sacha Ferra d’exploser.

Et dont ils espèrent une édition tous

les 2 ou 3 ans. Une autre Quinzaine au

Congo (Turbulences kinoises) qui a mis en

valeur Sarah Lélé, aujourd’hui détentrice

du premier Auguste de l’humour, l’Oscar

de la discipline. “En Afrique, ils ont pu se

frotter à un public et un marché différents,

dans un pays où on manque de tout. Une

très belle leçon de vie”, dixit Isabelle Reisenfeld.

“On a aussi amené de l’humour

aux Jeux Olympiques, une des soirées

phare à la Belgium House avec Elastic

et Francesca. Alors que, franchement,

ce n’était pas gagné.” Sans oublier une

première mondiale : l’humour belge au

sommet international de la francophonie.

“On a eu l’opportunité d’amener l’humour

belge dans tous les temps forts du sommet

et même avoir une soirée spéciale belge

de l’humour. Un bel impact au niveau

notoriété.”

Ou encore l’accompagnement de 20

artistes cette année au Festival d’Avignon,

en y proposant, avec le théâtre Episcène,

trois plateaux d’humoristes en guise

d’apéro avant d’aller voir leur show en

entier. La FBPH rêve même d’une présence

pendant toute la durée de l’événement afin

de sensibiliser tous les professionnels à

la qualité et à la diversité de nos talents.

“Malheureusement, aujourd’hui, nous

n’en avons pas les moyens.” Bref, un

savoir-faire et un carnet d’adresses au

service de nos artistes noir, jaune et rouge.

METTRE LES MOYENS AVEC PEU DE

MOYENS : LA FBPH BROIE DU NOIR,

RIT JAUNE ET VOIT ROUGE

“On prend souvent beaucoup de risques

parce qu’on sait que ce qu’on fait va avoir

des résultats, assure Isabelle Reisenfeld au

sujet du manque de financement public

dont la FBPH souffre. Mais on est toujours

sur la corde raide même si on est vraiment

très économe. Il est difficile de trouver

des sponsors parce que l’on n’œuvre pas

à notre propre visibilité, mais bien à celle

du secteur et de nos membres. On est

vraiment davantage dans du mécénat.” Et

d’ajouter qu’après “avoir fait nos preuves,

on espère que nous obtiendrons un

financement public en adéquation avec la

place actuelle de l’humour sur le marché.

Mais aussi nous permettant de poursuivre

nos actions et préparer suffisamment en

amont nos projets.”

À l’avenir, la FBPH aimerait même créer

une vitrine sectorielle à destination des

diffuseurs (salles et centres culturels,

producteurs, tourneurs, festivals, etc.) en

Belgique. Laquelle aurait lieu tous les deux

ans et ils en profiteraient pour inviter des

acheteurs étrangers. “Enfin, nous espérons

que des entreprises voudront associer

leur nom à la FBPH, conclut Isabelle

Reisenfeld. Car nous défendons un secteur

rassembleur et inclusif, à l’impact social et

culturel. Nous offrons un levier pour leurs

valeurs et missions sociales et sociétales.”

Egalement à Paris, la signature d'une charte "Humour

en liberté" par sept représentants de la francophonie,

dont Vincent Taloche.

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

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L’humour :

art ou religion ?

Le pape Vizorek

passe à confesse au

Centre Culturel d’Uccle.

Merci au théâtre Arlequin et à la Ferme du Biéreau

HUMOUR BELGE

ALEX VIZOREK

LE NOUVEAU PAPE

DE L’HUMOUR BELGE

Des bancs de Solvay à RTL France en passant par France

Inter, M6, Thierry Ardisson, Télématin ou encore Les

Grosses Têtes et Les Molières, l’humoriste de 43 ans est

presque devenu aujourd’hui le daron de la discipline made

in Belgium. Et respecté par tous ses pairs.

Par Pierre-Yves Paque

“Enfiler un costume d’évêque de l’humour en cette période

papale, cela ne pouvait pas tomber mieux !”, plaisante d’emblée

Alex Vizorek, membre de la FBPH et humoriste qui compte

déjà plus de 15 ans de carrière après avoir arrêté ses études de

commerce à Solvay.

Et de poursuivre sur son statut pontifical du rire. “Je ne sais pas

si je suis le pape de l’humour… François Pirette m’en voudrait

peut-être car c’est quand même lui le daron encore aujourd’hui !

Quant aux frères Taloche, ce sont les tauliers. Parce qu’en plus

d’être là depuis longtemps, ils ont réussi à souder toute la

nouvelle génération.”

Avant de finalement avouer que, même si l’ancienne génération

existe toujours (Virginie Hocq, Richard Ruben, Renaud Rutten,

Zidani, etc.), le comique de 43 ans commence à devenir le daron

de la discipline. “Je me retrouve souvent comme le plus vieux sur

les plateaux d’humoristes, sourit-il. Mais je ne veux prendre la

place de personne. J’aime bien mon positionnement par rapport

à l’humour belge, à savoir celui qui préfère et a toujours été

tourné vers la France. Et, en même temps, je ne délaisse jamais

la Belgique »

Paris Match. Comment expliquez-vous votre succès en France ?

Alex Vizorek. Je pense que cela vient de mon éducation. Mon

père écoutait RTL France dans la voiture. À la télé, on regardait

France 2, à l’époque, Antenne 2 et TF1. Ma culture a donc

toujours été celle-là. J’ai découvert les Snuls ou Le jeu des

dictionnaires après les Grosses Têtes. On n’écoutait pas trop les

médias belges en famille. C’était donc une évidence d’avoir cette

influence-là. On regardait le Bébête Show après les Guignols. Je

connaissais donc très bien ce milieu et je savais donc aussi ce

qu’il fallait faire pour m’y adapter. Mon humour n’est pas non

plus toujours tourné vers des personnages profondément belges.

J’aime bien rigoler avec les Belges et de moi-même, mais je ne

vais jamais prendre un accent de Charleroi. Car cela ne leur parle

pas alors que nous, ça nous éclate !

Comment vous êtes-vous adapté à la France alors ?

Je me suis mis à étudier au cours Florent à Paris car, à l’époque,

ce cours , n’existait pas à Bruxelles. J’étais donc déjà très présent

physiquement en France. C’est là que j’ai fait mes premières

scènes ouvertes. À l’époque, il n’y avait le Made in Brussels

show à Bruxelles. Il fallait que mes sketches fassent rire en

France. Si ça ne marchait pas, je laissais tomber. L’adaptation

dans le sens inverse, c’était plus facile. Étant profondément

belge, je n’ai jamais dû rien demander à personne pour savoir

comment ajouter une petite blague sur un politique belge comme

Joëlle Milquet ou Elio Di Rupo. Je sais très bien qu’on ne dit

pas Monoprix, mais Delhaize. Je ne suis jamais passé pour le

Français qui débarquait en Belgique. J’ai toujours eu ce côté un

peu entre-deux.

L’humour est enfin reconnu comme un art à part entière aujourd’hui.

Une bonne évolution pour votre métier, non ?

C’est une vraie bonne question car je crois toujours qu’on est un

peu pris comme un sous-art. Mais je crois que ça nous va bien.

Parce que le jour où on se met devant notre feuille ou devant

notre vidéo en ayant l’impression qu’on fait un chef-d’œuvre, je

crois qu’on va avoir un problème ! Il est toujours important de

garder cette espèce de modestie, cette façon de ne pas y toucher

et d’être là sans être là. Il n’y a pas de statut du commandeur en

humour. En vrai, je pense qu’on n’en a pas tant besoin. Maintenant,

ce qui est sûr, c’est qu’en proportion de billets vendus, il

n’y a pas photo sur 15 ans. Aujourd’hui, un ticket de spectacle

sur 4 ou 5, c’est pour un humoriste. Les théâtres prenaient plus

de place avant. Les concerts marchent toujours. On grappille un

peu parce qu’on est de plus en plus nombreux. Ce qui est super.

Je pense que les gens, aujourd’hui, sont capables de citer trois

fois plus d’humoristes. Il y a eu un essor et je pense qu’on ne

s’ôte pas le pain de la bouche.

Vous jouez en France, au Canada, en Suisse, etc. L’humour n’a-t-il donc

pas de frontière ?

Alors ça, c’est une vraie réflexion que j’ai. Évidemment qu’il

n’y a pas de frontière tant que c’est la langue. On peut rire d’un

très bon sketch d’un humoriste suisse, belge, québécois ou

sénégalais. Ce qui est super. Mais avec l’intelligence artificielle,

il sera peut-être bientôt facile de prendre ma chronique sur RTL

France, de me faire parler anglais et qu’un mec dans le Wisconsin

pourrait alors m’écouter. Demain, je pourrais parler dans toutes

les langues, parce que c’est ça le côté un peu foufou de l’IA. Elle

va peut-être encore plus faire qu’il n’y a pas de frontière. Mais

je n’ai pas de certitude là-dessus.

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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HUMOUR BELGE

VIRGINIE HOCQ

“L’humour m’a

permis de prendre

une autre place”

La célèbre comédienne belge

à l’humour déjanté est l’une

des premières à avoir intégré

la Fédération Belge des

Professionnels de l’humour.

Par Pierre-Yves Paque

“Je suis présente depuis le début à la

FBPH, j’ai suivi l’initiative de Vincent

Taloche, confirme Virginie Hocq. Je trouve

ça génial d’être représenté par quelque

chose de concret, d’avoir une place et

de montrer que ça existe. Le meilleur

exemple est que les salles de spectacle

qui proposent de l’humour sont souvent

remplies alors que l’humour était mis

en exergue ou à l’écart comme quelque

chose de honteux.” Et celle qui estime que

l’humour est une respiration et essentiel

dans la vie de tous les jours, de poursuivre

sa réflexion. “Pourtant, faire rire, c’est

compliqué. Cela demande une maîtrise,

un rythme. Je le vois sur les tournages

que l’humour a une place prépondérante.

Même dans les drames, il y a toujours un

petit moment où un personnage a une

petite phrase décalée”

©Pascal Ito

Paris Match. Comment analysez-vous l’évolution

de votre carrière en humour ?

Virginie Hocq. Moi, je me voyais faire du

théâtre. Je trouvais que la dynamique du

théâtre, du jeu d’acteur, etc. c’était vraiment

magique. Et l’humour faisait partie

intégrante de moi, comme si j’étais une

guitare et que c’était une corde qui vibrait

assez facilement. Je crois que j’ai trouvé

ma patte, mon rythme. Je sais comment

appréhender les sujets de la vie ou désamorcer

des situations. Maintenant, je me

connais. Je suis plus à l’aise dans l’écriture

de mes spectacles. Je sais exactement ce

que je veux.”

De plus en plus de femmes font aussi de

l’humour. Une raison ?

Mon père m’a dit qu’il était très difficile

de faire ce métier : beaucoup d’appelés,

peu d’élus. Mais on ne m’a jamais dit

qu’en tant que femme, ça allait être compliqué.

J’ai donc pris une place. J’ai décidé

de me lancer dans le seul en scène parce

qu’il faut de l’inconscience dans ce métier.

S’il y a plus de femmes aujourd’hui,

c’est sans doute parce qu’elles se sont

réveillées en se disant que ce n’était pas

si dégueulasse comme place à prendre. Le

danger serait de donner l’impression qu’il

est très facile d’accéder à une place dans

l’humour. C’est du boulot. Mais c’est très

valorisant de nous permettre d’essayer des

choses. Même assez tard.

L’humour a-t-il été une porte d’entrée vers la

télévision et le cinéma ?

L’humour donne en tout cas une couleur.

Je suis en train de tourner une série où

je suis un policier. Je fais des bagarres et

on me dit : 'mon Dieu, elle sait se battre,

elle sait bouger'. Quand je fais un drame,

on se dit : 'mon Dieu, elle sait faire un

drame'. Quand on fait de l’humour depuis

longtemps, le problème est qu’on est cantonné

à cela. Il faut donc élargir sa palette,

se mettre en danger et travailler afin que

les réalisateurs, producteurs et chaînes

télé vous fassent confiance et peuvent

vous imaginer dans autre chose. Moi, je

me considère comme comédienne. Dans

l’idée de l’art en général. J’ai envie de faire

plein de choses différentes. L’humour m’a

permis de monter sur scène. Et je viens

pourtant d’un pôle bien classique, le

Conservatoire, où j’ai appris beaucoup de

choses. L’humour m’a permis de prendre

une autre place, mais je ne veux pas

faire que ça. Je veux vraiment faire plein

d’autres choses.

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

7


RUBRIQUE

Figure emblématique du Grand

Cactus sur la RTBF avec ses

imitations et caricatures qui font le

buzz, Kody est l’humoriste star belge

que le monde nous envie.

KODY

“C’est la forme d’art

qui a le plus évolué”

“L’humour est la forme d’art qui a le

plus évolué aujourd’hui, assure ce Belge

d’origine congolaise qui a démarré en

écumant les Comedy Clubs et en s’inspirant

de toutes les formes d’humour, peu

importe leur origine. Il a été multiplié par

dix, tant par l’offre de spectacles que de

spectateurs. On est enfin pris au sérieux.”

Du haut de ses 47 ans et 15 ans de

carrière, ce membre de la FBPH fait un

constat qu’il y a eu un avant et un après

cette fédération qui a permis d’identifier

et reconnaître le secteur. “D’abord dans

l’effervescence des humoristes, explique

celui qui a toujours joué en équipe et cette

fédé lui permet de garder cette connexion

avec les jeunes comme les aînés. Il y en

a de plus en plus, avec énormément de

talent et davantage aussi d’initiatives

qui leur permettent de jouer. Et donc

L'humour n'a pas de

frontière pour le comédien

cosmopolite qu'est Kody.

Les blagues s'exportent

comme une lettre à la

poste. Elles voyagent en

voiture, en avion ou comme

ici, au musée de la Société

nationale des chemins de fer

belges Train World, en train.

plus de monde qui va voir ce genre de

spectacle. Tout cela bénéficie à l’évolution

du paysage humoristique en Belgique.”

Avant de mettre le doigt sur ce qui lui

manquait à ses débuts. “Aujourd’hui, ils

ont une structure qui leur permet de se

renseigner sur leurs droits d’auteur, les

possibilités pour ouvrir une salle ou avoir

des subsides. Ils ont un accompagnement.

Et ça, ça change tout. S’il y a 15 ans, j’avais

eu une telle structure, cela aurait été déjà

plus rassurant. On aurait été encadré dans

notre démarche, sur les aspects juridiques

et renseigné sur la réalité de ce métier.”

Paris Match. Avec le Grand Cactus comme

détonateur de votre carrière ?

Kody. C’était une vitrine énorme parce

que je ne suis pas un imitateur. Et je me

suis retrouvé à jouer des personnages un

petit peu comme un imitateur. Ou plutôt

comme un comédien. J’ai toujours aimé

incarner des gens et là, c’était un terrain

de jeu assez formidable pour pouvoir

expérimenter tout ça. Sans être non plus

catalogué imitateur de Jean-Claude Van

Damme ou Donald Trump puisque je les

ai tous faits. Et avec la magie des réseaux

sociaux, YouTube, etc., cela a pris une

dimension internationale. En vacances

dans un village corse ou même au Sénégal,

on m’arrête dans la rue !

L’humour n’a donc pas de frontière. Ni de

limites ?

Non. Sauf celles de blesser. Mais le Grand

Cactus n’a pas non plus pour vocation

d’être le bastion de la liberté d’expression.

Cela reste juste de l’irrévérence d’abord et

avec une volonté d’un peu piquer, sinon

ce n’est pas drôle.

Votre nouveau spectacle s’intitule Évolué.

Comment a justement évolué l’humour en 15

ans ?

On est parti d’un truc un petit peu désinvolte

à une forme de plus en plus engagée,

consciente du monde dans lequel on

vit. Presque un regard sociologique et

philosophique. Et ça, c’est dû au contexte

politique actuel mondial. On ne peut plus

faire comme si la vie qu’on vit n’existait

pas. Des humoristes parlent donc des

conflits, des violences faites aux femmes,

de la situation des genres, etc. Ils ont

besoin d’en parler parce que ça devient

trop pesant. La source de l’humour est

toujours des choses qui nous font peur,

nous énervent ou nous font mal. C’est là

qu’on va puiser pour pouvoir justement

rendre ça plus léger.

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

8


HUMOUR BELGE

VÉRONIQUE GALLO

UNE FEMME EN TROIS TABLEAUX

Elle dit adieu à « Femme de vie », joué durant quatre

ans et demi devant des salles combles, ici et bien loin,

terminant sa tournée à Saint-Barth. Place en 2026

au troisième volet de sa trilogie. Heureusement sinon

Véronique Gallo nous manquerait très vite.

Par Gilda Benjamin

Paris Match. Est-ce douloureux de tourner la page de ce spectacle

?

Véronique Gallo. Ce spectacle m’a permis de sortir des

frontières et d’asseoir ma notoriété mais j’ai envie de

raconter d’autres choses. Je termine donc l’écriture de

« La Vraie vie ». Ce sera mon sixième seule en scène. Le

lien avec le public est très fort. Les gens me disent « On a

l’impression que vous pourriez être notre meilleure amie. »

Je travaille sur les émotions et ne recherche pas le rire à

tout prix et pour cette raison, je ne me sens pas humoriste

mais raconteuse d’histoires, je trouve l’être humain fascinant

et fabuleux, dans ses joies et ses difficultés.

Votre succès est tel aujourd’hui parce que femme ?

J’ai pourtant eu le cul entre deux chaises jusqu’au

moment où j’ai décidé d’arrêter de me faire du mal en me

comparant à d’autres. On me disait que je n’y arriverais

jamais en étant femme et maman. Aujourd’hui, toutes

ces barrières sont tombées. Si mes enfants n’étaient pas

nés, je n’aurais pas du tout raconté les mêmes choses.

La vie est très bien faite. Le chemin m’a paru long, mais

en fin de compte très juste. Je suis passée par un chemin

très raisonnable, celui d’enseigner et de devenir maman,

jusqu’à m’autoriser à être moi. Et être prof m’a beaucoup

appris, j’ai adoré embarquer toute une classe, l’amener

à réfléchir, notamment par le biais de l’humour. Seule la

peur nous empêche d’avancer, quel que soit le métier.

Votre popularité est-elle parfois pesante ?

Les gens sont d’une gentillesse incroyable avec moi. C’est

parfois plus compliqué quand je suis avec ma fille de 11

ans et qu’on l’appelle Clochette ! Mais bien sûr ce n’est

pas Clochette, j’ai construit des personnages de sorte à ce

que mes enfants n’aient pas le sentiment d’être utilisés.

Je reçois un nombre incroyable de mails par semaine me

demandant pourquoi mon fils s’appelle Bouddha, quel

drôle de prénom ! Ça me fait beaucoup rire.

“J’ai un besoin de bienveillance,

je suis un vrai Bisounours sur pattes.”

Quel est le regard des hommes parmi votre public essentiellement féminin ?

Quel que soit le spectacle, c’est toujours Madame qui achète les

tickets et Monsieur qui suit. Mais je rencontre ces messieurs après

le spectacle et nos échanges sont passionnants. Ils me disent qu’eux

aussi ils ont un hamster qui tourne dans leur tête, qu’ils détestent

leur corps… Et s’ils me disent mieux comprendre leur compagne ou

repenser à leur maman, j’en suis très touchée.

Le rire a-t-il été très tôt une forme de protection ?

Je pense tenir de l’humour de mon père, fils d’immigrés. Mais je

viens d’une famille qui a connu des drames : j’avais huit ans quand

mon oncle s’est suicidé et mon père est décédé quand j’étais très

jeune. L’humour a été une façon de prendre de la hauteur. Comme

je suis une hypersensible, je ris autant que je pleure, et c’est une

chance. Je ne donne pas le change, j’ai un besoin d’authenticité, dans

la vie et sur scène. Et un besoin de bienveillance, je ne me force pas,

je suis un vrai Bisounours sur pattes.

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

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RUBRIQUE

HUMOUR BELGE

Duo désopilant :

Sarah Lélé et son trophée

avec Zidani, à Train World.

Comédienne, autrice mais aussi historienne de

l’art et dessinatrice. Tout fait sens chez Zidani,

Bruxelloise à 1000 % et fière de sa double culture.

Par Gilda Benjamin

ZIDANI

ODE À BRUXELLES,

GRISE ET COLORÉE

Paris Match. Comment vous est venu ce coup

de foudre pour le théâtre ?

Zidani. Étant belgo-algérienne, je me

sentais un peu différente. Mais tout cela

n’a plus eu aucune importance quand

j’ai commencé le théâtre. Sandra Zidani

est devenue Zidani. Le théâtre et le rire

sont devenus le fil rouge de ma vie et

influencent ma façon de considérer le

monde. Pour moi qui aime dessiner, je

vois mes personnages comme des croquis

de vie et l’humour me permet de rendre

les humains moins désespérants. Un

humoriste n’est autre qu’un philosophe

qui dépeint ses contemporains.

Vous voyez-vous comme une humoriste

belge ?

J’ai le sentiment d’avoir une identité

très bruxelloise et j’aime Bruxelles pour

sa diversité et sa liberté. Mes parents ne

m’ont absolument pas formatée, j’ai choisi

le théâtre à l’école sans en avoir aucune

idée, c’était ça ou athlétisme ! La grisaille

quasi permanente de Bruxelles me rassure,

descendre de l’avion et passer par une

purée de pois, selon les jours, me fait me

sentir chez moi.

Et que pensez-vous de la jeune scène humoristique

belge qui compte beaucoup de femmes

issues de la diversité ?

Nous avons la chance d’avoir au départ

des humoristes belges importantes comme

Yolande Moreau, qui m’a donné envie de

faire ce métier, Laurence Bibot, Nathalie

Uffner et le TTO… Aujourd’hui, j’adore

Sarah Lélé avec qui je pose sur la photo,

moi dans mon costume tiré du spectacle

« Retour en Algérie » et Sarah, promise

à une formidable carrière. Beaucoup de

jeunes ne connaissent pas ceux et celles

qui les ont précédés. Jérémy Ferrari a

créé une école d’humour en France. On

a toujours à gagner à repartir de ce qui a

déjà été créé pour en faire autre chose.

Bruno Coppens est dans la lignée de

Devos, Muriel Robin en a inspiré tant, et

qui se souvient encore de Sylvie Joly…

Il faudrait intégrer l’humour au

Conservatoire.

SARAH LÉLÉ

MISSION PUNCHLINES

Elle n’a que 22 ans mais la

stand-uppeuse belge d'origine

camerounaise a déjà un parcours

impressionnant, de Bruxelles

à Paris. Elle vient de remporter

l'Auguste de la Révélation Scène

Francophone lors de la première

cérémonie du genre à Lille en février.

« Je pense être dans la continuité d’un

certain humour belge, tout en cassant

les codes. Née en Belgique, mon côté

camerounais marque ma belgitude et

inversement. » La jeune fille ne pense

pas au lendemain et sillonne les comedy

clubs « pour livrer les meilleures blagues

et m’améliorer tout en restant fidèle à

moi-même. Je pense qu’elle est là la

particularité de l’humour belge : être soimême.

»

À 14 ans, elle lançait des punchlines en

classe, les profs l’ont poussée à monter sur

scène. « J’ai dû apprendre à aller chercher

le public et le plaisir se décuple devant

cette part d’inconnu. Peu importe si tu

bides, tu trouveras une solution ! »

L’école du stand-up, elle l’a vécue dès

16 ans, maman veillait au grain. Si elle

doit énormément à Dena, la bienveillance

a été constante de la part de ses pairs, y

compris masculins. Sarah Lélé est sans

filtre et fait mouche : « Si j’arrive à formuler

une idée, tout le monde peut l’entendre et

l’intégrer. » C’est dit.

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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HUMOUR BELGE

A l'image du Musée des Transports en commun de Wallonie

(où ont été prises ces deux photos), l'humour transporte aussi

la nouvelle génération d'humoristes comme Salim Shady vers

d'autres chemins que les réseaux sociaux: la scène, la radio,

la télévision ou le cinéma.

"Je fais des choses qui me

font rire moi avant d'entrer

dans une case ou un carcan."

Dans notre monde où tout va vite, tout semble possible aujourd’hui

grâce aux réseaux sociaux. Ou du moins, ces derniers permettent

une accélération de carrière qui n’était pas pensable voici une

dizaine d’années. “L’humour se prête bien aux réseaux sociaux,

assure Salim Shady, 23 ans et adepte de l’humour noir pour ses

plus de 70.000 abonnés Instagram. Parce qu’en postant une vidéo,

l’algorithme fait bien son travail. Indépendamment de ton univers,

tu trouveras toujours des personnes -même juste dix- que cela fait

rire.” Ce rappeur liégeois de la vanne - qui doit son nom de scène à

Eminem - vient de lancer son premier spectacle “C’est pas grave”.

Les réseaux sociaux ne sont pas un passage obligé pour réussir en

humour, poursuit celui qui est aussi animateur radio sur les ondes

de la RTBF. Peut-être que dans un an, ce sera has been de faire des

vidéos sur internet pour un humoriste. Il est toujours possible de se

promouvoir autrement. Le souci, c’est l’innovation.”

Avant de préciser qu’au début, c’était “un peu dur” de monter

sur scène. “Ce n’est pas la même chose. Il y a des facilités et des

difficultés dans les deux. Mais l’avantage des réseaux, c’est que si

une vidéo n’est pas marrante, on peut la supprimer. Alors que sur

scène, si notre blague ne passe pas, on ne peut pas revenir en arrière.”

DES RÉSEAUX SOCIAUX

À LA SCÈNE

Star de l’humour sur les réseaux sociaux, Nicolas Lacroix

est aujourd’hui en passe d’en devenir une sur scène

comme sur les écrans. Quant à Salim Shady, il est l’étoile

montante qui passe aussi le cap de monter sur scène.

Ou quand l’authenticité, le naturel et l’autodérision made

in Belgium font rire la Toile.

Par Pierre-Yves Paque

"Je fais des vidéos au

saut même du lit, sans

tabou ni maquillage.

C’est moi dans la vie

de tous les jours, avec

mes humeurs, mes

questionnements, ma

fatigue et, parfois,

avec l’un ou l’autre

bouton (sourire)!"

Dans ce métier d'image, Nicolas Lacroix ne fait justement pas

attention à la sienne et prône le naturel, l'humain et l'autodérision.

Et ce n’est pas Nicolas Lacroix, alias Nico en vrai (plus d’un million

d’abonnés), qui dira le contraire sur les atouts de ce nouveau média.

“C’est sans doute parce qu’au début, j’ai posté pour m’amuser, avec

insouciance, que cela a fonctionné, explique le jeune namurois de

25 ans. L’humour est fait pour tout, et partout. Peut-être moins sur

les réseaux car n’importe qui peut tomber dessus, ne pas trouver ça

drôle ou vouloir être méchant. Or, en salle, les gens sont conditionnés

à venir te voir, connaissent ton humour, et sont plus ouverts. Le rire

est immédiat et la liberté d’expression y est plus présente. On touche

évidemment tout de suite un public qui aime ton humour et l’humour

tout simplement…”

Avec son spectacle “Trop gentil”, Nicolas Lacroix fait un carton, même

au-delà de nos frontières. “C’était une excitation plus qu’une peur.

La scène, c’est là où je me sens le mieux… Ça peut paraître complexe

pour certains de passer d’un écran au direct. Mais, pour moi, si je

n’avais pas commencé sur les réseaux, c’est le contraire qui m’aurait

semblé compliqué.” Aujourd’hui, ces plateformes lui ont même ouvert

les portes de la radio (chroniqueur au Cactus), de la télé (acteur dans

des séries, Fort Boyard, Les Traîtres, etc.) et même du cinéma. “Un

véritable tremplin, conclut-il. Cela fait partie des points positifs de

ce canal. J’aime l’idée qu’avant, on devait faire de la télé pour faire

rire, défendre ses idées, et montrer qui on est. Maintenant, on a cette

chance d’avoir notre propre média. Le processus télé arrive donc plus

vite. Cette rapidité peut faire peur, mais on apprend plus vite aussi.”



COMÉDIENNE, HUMORISTE,

ANIMATRICE, L’EX-PRÉSENTATRICE

MÉTÉO DE LA RTBF A SU IMPOSER

SON SOURIRE AUTANT QUE SA

TÉNACITÉ, CREUSANT LE SILLON

D’UNE DIVERSITÉ BÉNÉFIQUE. SON

SPECTACLE « PRESQUE CÉLÈBRE »

A ÉTÉ JOUÉ PLUS DE 300 FOIS.

« PIMENT DOUX », MARQUE SA

RENCONTRE AVEC L’AFRIQUE.

HUMOUR BELGE

CÉCILE DJUNGA

CHOC ÉMOTIONNEL

Par Gilda Benjamin

« Je pense que l’humour belge est à

l’image du pays : simple et généreux, avec

beaucoup d’autodérision ». Avec « Piment

doux », Cécile Djunga parle de ses racines

belgo-congolaises, un spectacle conçu

pour voyager. « J’ai joué dernièrement

au Québec où j’ai reçu une standing

ovation. Je raconte ma rencontre avec le

continent africain, empreinte de musique,

de multiples péripéties et d’engagement.

Un humoriste, comme n’importe quel

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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artiste, écrit en fonction de ce qu’il a envie

de partager. J’ai découvert le Congo il y a

seulement deux ans et depuis, j’y travaille

régulièrement. Ma vision du monde, et du

spectacle, a considérablement changé. »

Cette fois, il ne s’agit pas de stand-up

mais d’un seule-en-scène, avec une dramaturgie,

une mise en scène, un décor,

des costumes. « Je suis revenue à mes

premières amours, le théâtre. J’ai beau

avoir la peau noire et parler le lingala, le

choc a été énorme. Mais autant le raconter

avec drôlerie. J’ai découvert qu’on se

définissait de manière multiple et que

l’envie de rigoler, ensemble, est un besoin

commun, partout. »

Aujourd’hui, Cécile prend le temps, sans

pression, de mener plusieurs projets. « J’ai

décidément bien un cerveau d’humoriste.

Même quand il m’arrive les galères les

plus graves, je me dis qu’au pire, ça fera

un bon sketch ! »

Elle s’est remise à l’écriture, prépare un

livre et un premier spectacle éphémère

en lingala, sa langue maternelle. Comme

une évidence. C’en est fini des raccourcis

hasardeux. « Au début, on me confondait

avec Claudia Tagbo, juste parce que je

suis noire. Aujourd’hui, je me réjouis de

l’arrivée de Sarah Lélé, Laetitia Mampaka,

Inno JP et bien d’autres. » Et nous donc !

LAETITIA MAMPAKA

LA PAROLE EN JOIE

Désignée à juste titre Reine de

l’éloquence, la jeune Belge d’origine

congolaise cultive l’art de l’élocution

avec une joie contagieuse. Après une

tournée des Zénith en France avec le

Montreux Comedy, la voici de retour

chez nous.

« Je n’ai jamais eu l’envie, une seule seconde

d’être humoriste. Mais visiblement, il y a trop

de blagues dans mes discours classiques.

» « Il était une joie », titre de son spectacle,

définit pleinement Laetitia Mampaka, «

joie étant la signification de mon prénom ».

Elle incarne à merveille la relève de la scène

humoristique belge, multiple et féminine. »

Oh mais celles qui nous ont précédées sont

toujours bien présentes, je me vois plutôt

dans une continuité. Je n’ai qu’un seul talent

et ai juste envie de le diversifier. J’ai pu

dérider quatre-vingts chefs d’État à l'Elysée,

dans le cadre du Sommet International de

la Francophonie mais le ressort est le même

que devant le public dans un comedy club. »

En cassant le côté élitiste de l’éloquence,

elle a ouvert une voie, et continue d’ailleurs

à donner des cours. « L’éloquence est

intégrée au développement personnel, et

c’est sublime de faire découvrir aux gens

leur propre voix, d’initier à l’improvisation et

au débat. » Certes, Laetitia a même coaché

deux participantes à Miss France en vue du

concours Miss Monde. Mais la scène fait

désormais partie de sa vie. « J’ai mis des

années pour être à l‘aise avec ce côté multicasquettes.

»

Laetitia Mampaka vient d’être nommée dans

la liste Forbes Afrique des 30 personnalités

influentes de moins de 30 ans.


DROITS VOISINS ?

Pas forcément ceux qu’on croit !

Non, les “droits voisins”, ce ne sont pas ceux du voisin du dessous… Il ne

s’agit pas de querelles de haies mitoyennes, mais bien d’un revenu encore

trop méconnu pour bon nombre d’artistes, notamment les humoristes.

Rencontre avec Laetitia Batardy,

Supervising Account Manager chez

PlayRight, pour faire la lumière

sur un sujet intéressant.

C’est quoi exactement ces fameux “droits

voisins” et pourquoi personne ne semble savoir

qu’ils existent ?

Ils permettent aux artistes-interprètes

- musiciens, comédiens, humoriste, danseurs,

artistes de cirque, etc. - d’être

rémunérés lorsqu’ils collaborent à l’exécution

d’une œuvre. Si l’enregistrement de

cette prestation est diffusé, retransmis ou

copié, l’artiste a droit à une rémunération.

Ces droits ne sont pas un complément

symbolique : ils reconnaissent concrètement

la valeur de l’interprétation artistique.

Introduits plus tardivement que les

droits d’auteur, les droits voisins restent

peu connus, alors qu’ils représentent

une reconnaissance concrète du travail

artistique.

Quel est le rôle de PlayRight dans la gestion

de ces droits ? Et qu’est-ce que ça change

pour un·e artiste d’être membre de votre coopérative

?

PlayRight est la société belge de gestion

collective chargée des droits voisins des

artistes-interprètes. Son rôle principal est

de garantir que les artistes soient justement

rémunérés dès que leurs prestations

enregistrées sont utilisées ou diffusées. En

théorie, un enregistrement ne peut pas

être exploité sans l’autorisation préalable

de toutes les personnes concernées -

musiciens, comédiens, danseurs, etc. Mais

contacter chaque artiste, négocier une compensation, puis gérer

le suivi administratif serait un casse-tête sans fin. C’est là que la

gestion collective prend tout son sens: PlayRight agit comme un

intermédiaire unique et efficace. Sa force ? Elle est gérée par des

artistes, pour des artistes. En plus de collecter et redistribuer les

droits, elle soutient concrètement le secteur artistique à travers

des bourses, des aides à la création, des formations, et un travail

de représentation auprès des pouvoirs publics. Être membre, c’est

protéger son travail tout en bénéficiant d’un accompagnement

global.

Comment devient-on membre coopérateur de PlayRight ?

PlayRight propose deux statuts : affilié·e ou associé·e. affilié·e

(gratuit, pour commencer à percevoir ses droits) et associé·e

(après validation de 3 enregistrements + part sociale de 50 €).

En devenant associé·e, l’artiste ne reçoit pas seulement ses

droits, il ou elle gagne un rôle actif dans la coopérative. Cela

signifie pouvoir participer aux assemblées générales, voter pour

les administrateurs, proposer des modifications et même se

présenter comme administrateur·rice. En le devenant, l’artiste

ne se contente pas de percevoir ses droits: c’est aussi une façon

d’agir collectivement pour défendre les intérêts du secteur.

Beaucoup d’artistes pensent que seuls les musiciens sont concernés.

En quoi les humoristes, comédien·nes ou performeur·euses sont-ils aussi

directement touché·es ?

Les droits voisins ne concernent pas que les musiciens. Toute

prestation enregistrée donne lieu à rémunération : sketch télévisé,

spectacle capté, pièce de théâtre filmée… Même si le texte ne

vous appartient pas, votre interprétation est protégée. Parlez-en

autour de vous : de nombreux artistes belges ignorent encore

qu’ils y ont droit !

Boulevard Belgica 14 – 1080 Bruxelles, Belgique.

+32 (0)2 421 53 41 – PlayRight.be

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

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MUSIQUE

RICHE DE SA DIVERSITÉ

Entre humoristes visuels, musicaux, caricaturistes ou compagnies,

seul en scène et stand-uppeurs, le panel diversifié de la FBPH

foisonne de créativité. Seul, en duo ou en trio.

Que ce soit sur scène ou ici au

Musée Royal de l'Armée, nos duos de clowns

(Okidok, à gauche et les frères Taloche à

droite) prouvent que l'humour - burlesque,

absurde, caricatural - est pluriel.

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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HUMOUR BELGE

“L’humour est très large, il n’y a pas qu’un seul style d’humour, insiste Bruno

Taloche, le plus âgé des deux frères, membre de la Fédération Belge des Professionnels

de l’humour. Et heureusement que les humoristes sont là dans le

climat actuel. Car on a besoin de rire.” Avec des thématiques ou des tonalités

plus diverses les unes que les autres, la FBPH a d’ailleurs fait de la diversité en

humour sa force.

Que ce soit les jeux de mots intellos de Bruno Coppens ou Jérôme de Warzée,

les imitations de Richard Ruben ou Antoine Donneaux, les personnages

à la Freddy Tougaux ou encore les caricaturistes (Pierre Kroll) et cette kyrielle

d’humoristes à plusieurs casquettes entre la scène, chroniques radios, animateurs

télé ou encore comédiens de cinéma. Avec ce kaléidoscope de talents

entre humour noir, dérision, ironie et second degré, la Fédération Belge des

Professionnels de l’humour se dit “fière d’être populaire” dans le bon sens du

terme. “On touche toutes les couches de la population.”

Et ce n’est pas le frère du président, Bruno Taloche, qui dira le contraire. “Il y a

énormément de diversité en humour en Belgique, il n’y a pas que des stand-uppeurs,

assure le célèbre humoriste burlesque, qui a lui-même plusieurs cordes

à son arc : producteur, manager (Freddy Tougaux, Fabian Le Castel, Denis Richir)

et organisateur (du festival International du Rire de Liège avec son frère).

Tout le monde n’est pas fait comme mon frère et moi. Il y a des artistes qui ne

font que jouer, d’autres qui ne font qu’écrire. Nous, on a toujours eu plusieurs

casquettes.”

© Stéphane Ridard

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“Cette jeune génération est une richesse incroyable pour le futur de l’humour”

Vieux briscards de l’humour jamais à court d’une bonne blague bien

sentie, Richard Ruben et Bruno Coppens ont chacun plus de 30 ans de

scène derrière eux. Et ils ne tarissent pas d’éloges sur l’émulation autour

de notre jeune génération de la vanne qui “tire l’humour vers le haut”

Richard Ruben et Bruno Coppens en plein délire au Musée Royal

de l’Armée. Les deux compères de la farce portent et supportent

la jeune génération prometteuse de l'humour belge.

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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“Par rapport aux jeunes humoristes

qui cartonnent d’abord sur TikTok

et autres réseaux sociaux et puis

remplissent de grandes salles, je me dis

que ça correspond à un changement

de société, analyse d’abord Bruno

Coppens, 64 ans. À 20 ans, comme

beaucoup d’humoristes, je jouais ci et là

et espérais que 'the' producteur daigne

se déplacer, venir me voir et m’engager.

Comme dans la société, en humour, le

rapport était hiérarchique.” Il détaille

ensuite sa pensée. “Aujourd’hui, les

jeunes humoristes balancent des vidéos

tous azimuts et ce sont les producteurs

qui, voyant le nombre de vues, disent

'waouh ! Celui-là, on va aller le voir et

le diffuser !'. L’humoriste s’impose et,

du coup, c’est le producteur qui se met

à leur service. Dans la société, les jeunes

générations veulent des rapports moins

verticaux qu’avant et ce mouvement

d’humoristes sur les réseaux sociaux

participe à ça. Et ils réussissent donc

bravo !”

“Une diversité de propos et de

styles comme

il n’y en a jamais eu chez nous”

“Le foisonnement d’artistes issus des

réseaux sociaux qui déferlent sur toutes

nos scènes dans ce 'Nouveau Monde' est

une richesse incroyable pour le futur de

l’humour, concède Richard Ruben, 57 ans.

C’est une pépinière de talents qui amène

de la fraîcheur pour toute la profession

ainsi que pour le public. Rien que chez les

filles, il y a une telle diversité d’humour et

de talents qu’heureusement, on n’est plus

obligé d’exiger pour elles, une visibilité.”

Il donne des exemples concrets sur celles

“qui mènent le bal et c’est tant mieux. De

Sarah Lélé et Dena à Fanny Ruwet -pour

les plus connues- en passant par Ilona,

Sylvie VDS, Amandine Elsen, Kaoutar

Berne ou Carole Matagne. Je les ai toutes

vues en scène et elles sont fortement

inspirantes. Ilona a un phrasé, un débit, un

langage tellement personnel qu’il deviendra

très vite universel, j’en suis certain.

Quant aux garçons, c’est hallucinant. De

Sacha Ferra et Adel à Kostia en passant

par Edgar Kosma, Youri Nawara, Anthony

Circus, Jérémy Moriau ou Etienne S, il y a

une diversité de propos, de styles comme

il n’y en a jamais eu chez nous.” Et de

conclure. “Au Plat pays, il n’y a jamais

eu autant de talents, ça crée une forte

émulation qui tire l’humour vers le haut

et c’est une bonne nouvelle.”


HUMOUR BELGE

VINCENT TALOCHE

AVEC PIERRE KROLL.

Ou quand la caricature

de presse s’envole aussi

en spectacle. Le coup de

crayon de Pierre Kroll, ici

avec le Président de la

FBPH, est aussi affûté et

pointu que son humour. Du

politiquement incorrect

qui fait mouche.

Isabelle Hauben

La -très- grande comédienne du "Grand

Cactus" est la Chantal Ladesou liégeoise.

Une comédienne aussi drôle sur scène

que dans la vie.

PE. Pierre-Emmanuel

Un humour cash et politiquement incorrect

depuis ses débriefings hilarants en vidéo

sur les Codeco. Capable d'enchaîner des

punchlines à un rythme effréné, PE a surtout

le chic de nous faire passer du rire aux larmes.

Freddy Tougaux

Star de l’humour depuis son clip

« Ça va d’aller » ou ses « Micro-terroir »

au Grand Cactus, son personnage

déjanté est à mourir de rire.

Renaud Rutten

Le Jean-Marie belge, au

plus de 35 ans de scène,

est l’as des blagues made

in Liège.

Martin Charlier

Le célèbre Kiki du

« Grand Cactus » est

le plus footeux des

humoristes belges.

Supporter des Diables

Rouges et de l’humour

irrévérencieux.

Sarah Grosjean

L’ex-Pouf du « Grand

Cactus » est la Miss

absurde de l’humour qui

prône la flemme et

a rendu l’accent liégeois

encore plus ardent

que jamais.

Pablo Andres

Pur produit zinneke,

l’humoriste bruxellois et

ami des Diables Rouges

n’est pas que le célèbre

agent Verhaegen

mais une kyrielle de

personnages plus

délirants les uns que les

autres. Il a même déjà

rempli Forest National.

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

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HUMOUR BELGE

CHRISTOPHE PANICHELLI

L’HUMOUR POUR

REPRENDRE ESPOIR

Le psychiatre Christophe Panichelli a décidé que le rire avait

sa place en thérapie, quand bien même un patient se trouve

en proie aux pires tourments. Car l’humour représente une

soupape formidable pour les affronter.

Par Gilda Benjamin

Paris Match. Comment vous est venue l’idée d’employer

l’humour comme outil thérapeutique ?

Christophe Panichelli. Je suis né dans une famille

où l’humour est un moyen très naturel d’entrer en

relation. Une fois psychiatre, je me suis demandé

quelle serait l’utilité thérapeutique d’interagir avec le

patient par ce biais et je me suis beaucoup documenté

sur le sujet. L’humour permet de prendre à distance

une situation, tout en la considérant dans toute sa

complexité et sa richesse. En psychothérapie, nous

sommes continuellement confrontés à la souffrance

des patients. L’humour peut alors s’avérer essentiel,

source d’espoir. S’y relier, c’est entrevoir qu’un

changement est possible. Or, l’humour est un moyen

très efficace de se reconnecter au plaisir, de ressentir

à nouveau des sentiments positifs dans une situation

perçue jusqu’alors comme uniquement douloureuse.

Il n’y a jamais eu autant d’humoristes sur scène. Une façon

de prendre du recul quant à un monde anxiogène ?

Une des grandes forces de l’humour est de créer de

la surprise, ce qui permet de considérer la situation

autrement. Le fait qu’il y ait beaucoup d’humoristes

qui en font leur métier est un signe de santé de nos

démocraties. Il en est autrement dans les dictatures.

A titre d'exemple, Staline a déclaré un jour :« Un pays

heureux n’a pas besoin d’humour. » Tout était dit...

L’humour est-il accessible à tous ?

Tel un muscle, l’humour peut être très développé

chez les uns, capables de rire dans n’importe quelle

situation, et pas chez d’autres, plus réservés. Comme

dans la vie, le thérapeute s’adapte à la personne qu'il

a en face de lui en utilisant son empathie. L’humoriste

Jamel le souligne dans un podcast que j’ai eu le plaisir

de réaliser avec lui : « C'est cela, la civilisation ! »

L’humour se doit d’être bienveillant et respectueux

des sentiments de l’autre. Comme tout outil, il peut

être utilisé pour faire le bien ou le mal.

Dans votre livre, vous donnez 120 exemples d’expériences vécues avec

vos patients.

Il existe une idée préconçue selon laquelle le psychiatre est

quelqu‘un de sombre et sérieux. Faire de l’humour peut donc

surprendre considérablement, et s’avérer déstabilisant pour

certains patients. Tout l’art consiste à sentir jusqu’où on peut

aller, quitte à oser quelques traits d’humour portant sur des faits

plus anecdotiques en début de séance.

La plupart des humoristes partent de leur propre vécu pour rejoindre

l’universel.

On touche au phénomène de sublimation : la capacité à transformer

une situation, aussi compliquée soit-elle, pour en faire une

œuvre d’art, utile ou appréciée par d’autres. Par l'autodérision,

les humoristes démontrent qu'il est possible de s'en sortir et

connectent ainsi le spectateur à l'espoir. Mais attention, abuser

d’autodérision peut peser sur le moral et alimenter une faible

estime de soi.

L’humour est-il lié à une identité et une géographie ?

On rit de choses différentes dans chaque culture et l’humour

belge se distingue de l’humour juif, anglais ou français. En

Belgique, pays « grand comme un confetti » comme disait

Pierre Rapsat, il n'est pas possible de devenir prétentieux au

point de croire que l'on va s'en sortir

seuls. La Belgique fait partie des pays

fondateurs de l'Europe... mais aussi

du chocolat, de la bière, des frites et

des surréalistes ! Un doux mélange,

décalé et généreux, forcément apprécié

à l’étranger.

La thérapie par le rire :

introduire l'humour

en psychothérapie,

Christophe Panichelli,

Éditions Mardaga 2023.

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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VISITEZ NOS SITES !

www.warheritage.be

warheritage


Absents de la photo,

mais présents à l'affiche

des Belges en Liberté:

Nicolas Lacroix, Elastic,

Angel Ramos Sanchez

et Zora de Llano

Les Belges en liberté : autour de Michaël Dufour (au centre de la photo avec sa pelle, les humoristes Kosma, Sylvie VDS, Sofia Syko, Freddy Tougaux, Etienne

Serck, Antoine Donneaux, Greg Genard, Kostia, Les violonistes GILLSSIMO, Martin Charlier, Claude François, Delphine Bougard, Quentin Vana, Vladimir Venanzi,

GiZele et OKIDOK

UN PONT VERS AVIGNON EN ROUTE AVEC LA FBPH ET SES MEMBRES !

La FBPH soutient les 20 humoristes belges qui vont se

produire au prestigieux festival Off d’Avignon cet été.

Objectif ? Construire un pont -à Avignon, ça ne s’invente

pas- entre nos différentes cultures.

Par Pierre-Yves Paque

Après le pape de l’humour (Alex Vizorek), place à la Cité des

Papes. Et qui de mieux que Michaël Dufour, auteur de la pièce à

succès “Faites l’amour avec un Belge” (jouée plus de 456 fois lors

du festival !) et de la parade des Belges du 21 juillet en Avignon

pour nous dévoiler les coulisses de ce conclave des humoristes

francophones. “Je serai à mon 29e festival cette année, nous

confesse ce comédien passionné de 53 ans au sujet d’Avignon

où les Belges ont la cote. Quand j'ai commencé, j’avais 23 ans.

Il y en a juste un que je n’ai pas fait. Et avant de m'y produire

seul, j’y faisais même des premières parties.”

Paris Match. Quelle est la force de ce festival pour un artiste belge ?

Michaël Dufour. On bénéficie d’une visibilité incroyable au

niveau de tous les théâtres français : le festival fonctionne avec le

bouche à oreille et en 30 ans il est passé de 500 à 1724 spectacles

en 2025 (dont près de 40 spectacles belges, NdlR.). Si tu as un

bon spectacle, évidemment qu’ils vont t’acheter des dates. Et

comme la France est un grand pays, tu as carrément une petite

tournée derrière. Mais tu joues aussi ton spectacle devant un

public qui n’est pas si facile que ça et rien n’est acquis. Tu ne

lui refais pas deux fois la même vanne, car c’est un public qui

va voir plein de spectacles.

Pourquoi y retournez-vous chaque année ?

C’est exceptionnel de pouvoir jouer entre 22 et 24 fois d’affilée.

Ensuite, c’est hyper enrichissant. Tu rencontres plein de comédiens,

de metteurs en scène et d’artistes.

Je fais partie de ceux qui vont voir un tas de spectacles en plus

d’y jouer le mien. Tu découvres et tu apprends énormément.

Au-delà des tournées, tu commences à te faire une renommée.

À force de venir, les gens te connaissent et tu gagnes donc la

confiance. Alors, il est vrai que c’est dur et que ça coûte des sous.

Mais tu obtiens une vraie crédibilité. Et puis, quand tu as fait 4

ou 5 fois Avignon, tu peux aller partout, car le public d'Avignon

est plus exigeant. Tu uses tes fonds de culotte, tu uses tes baskets

sur les scènes, mais tu sais pourquoi tu le fais. C’est vraiment

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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l’école de la vie du théâtre et de la scène.

Tu dois changer de plateau en moins de

15 minutes, tu fais des interviews avec

tous les médias ou quand un truc n’est

pas efficace, tu changes dès le lendemain.

Tout va très vite. Il ne faut pas avoir peur

de mouiller sa chemise. Tu dois aussi bien

tracter, qu’afficher ou parfois mettre en

place ton propre décor dans des situations

très compliquées pour que le spectacle

ait lieu. Et il aura lieu, car c’est un peu la

magie du spectacle. Une fois que tu as fait

ça, tu peux aller partout, car tu peux faire

face à n’importe quel couac. Sur 24 jours,

tu vis vraiment une expérience différente

chaque jour. Et quand tu sors du festival,

tu as un spectacle bien carré.

En 30 ans, quelle est l’évolution majeure

d’Avignon ?

L’évolution réside dans le fait qu’il y a

plus de spectacles, plus de compagnies et

plus de professionnels. Tu es obligé d’être

hyper pro. Avant, tu pouvais arriver avec

un spectacle à moitié fini, sans billetterie

que tu faisais toi-même. Maintenant, tout

est bien carré et englobé. Ce qui permet

aussi d’élever le niveau de ton spectacle

et de ta production.

Avignon est devenu un festival plus pro et plus

écolo ?

Tu ne peux plus faire ce que tu veux.

Avant tu pouvais afficher au sol, maintenant

tout est devenu digital, les cartons sont

limités: tu faisais 20 000 tracts, aujourd’hui

t’en fais 5 000. Ce qui responsabilise les

artistes et le public. Bref, en étant responsable

à 100 % de ton spectacle, tu deviens

très professionnel. T’es obligé d’évoluer

et d’être plus exigeant avec toi-même. Ce

qui est une bonne chose, surtout pour les

jeunes qui débarquent avec un one man

show. On leur demande de la formation, de

faire un dossier presse, d’avoir des fiches

techniques, etc. Les humoristes belges ont

de la chance, car la FBPH, Fédération Belge

des Professionnels de l'Humour, vient renforcer

leur visibilité et leur communication.

En collaboration avec le Théâtre Episcène,

la FBPH crée 3 plateaux d’humour. Grâce

à la FBPH, les humoristes se sentent désormais

moins seuls. L'association les a réunis

autour de leur participation au Off, un

projet commun et les plus expérimentés

donnent des conseils aux jeunes. Avant, ça

n’existait pas. Grâce à la FBPH, notre devise

« l’union fait la force » est plus que jamais

l’image de la Belgique. On va s’entraider.”

HUMOUR BELGE

LES BELGES EN LIBERTE

Tous ces humoristes se

produiront au Théâtre

Episcène chaque lundi

du Off à 14h15

3 LUNDIS POUR

3 VOYAGES DÉLIRANTS !

Un présentateur déjanté et totalement

inclassable, vous emmène pour

un road trip scénique au cœur de

l’humour belge. Un voyage sans

frontières où les styles se télescopent

joyeusement : stand-up, humour

musical, visuel, absurde et autres

curiosités comiques. Chaque lundi,

une nouvelle palette de talents,

une nouvelle ambiance.

Rien ne se répète, tout surprend.

Trois soirées, trois escales, une seule

constante : l’esprit belge, libre et

hilarant.

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DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

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RUBRIQUE

HUMOUR BELGE

ALBA

Entre son personnage

de psychopathe et son

comique absurde, Alba

nous rend tous gaga

de son humour aussi

intelligent qu’atypique.

LANA

La nouvelle roue

du carrosse

humoristique belge.

Un talent trash à

suivre.

LANA

LA BENJAMINE

DE LA DISCIPLINE

L’humour est une porte d’entrée vers le théâtre.

Le vivier comique de la jeune génération belge est donc

une bonne nouvelle pour la culture. À commencer par

Lana, une carolo de 17 ans et déjà multiprimée.

Par Pierre-Yves Paque

“Les gens ne s’attendent pas à ce qu’une jeune fille de 17 ans

lâche des crasses comme je le fais, nous confie-t-elle d’emblée

au sujet de son humour trash. C’est justement ce décalage que je

cherche, entre le fait d’avoir 17 ans et toutes les choses horribles

que je peux sortir.”

Si jeune dans le métier, un phénomène rare. Depuis un an et

demi, Lana écume les scènes, forte des codes humoristiques

féminins du moment. En 2023, elle participe avec d’autres

adolescents au Tremplin du rire du Festival International du Rire

de Liège, où elle bénéficie d’un coaching et déjà elle gagne le

concours. Dans la foulée, elle enchaîne aussi les récompenses

avec le prix de la presse au Festival Cedrole, deux prix -jury

et public- au concours Jeunes talents du Festival du Rire de

Charleroi mais aussi le prix du jury à Chapelle-lez-Herlaimont)

et Son culot et sa motivation font mouche. Le milieu croit en elle.

“J’aimerais bien en faire mon métier, assure Lana, déjà entendue

dans Les Enfants de Chœurs sur les ondes de la RTBF. J’ai

des scènes, je serai notamment bientôt au festival de Rochefort.

J’aimerais tellement pouvoir faire carrière. Rien n’est moins sûr

mais, en tout cas, j’aimerais en vivre, parce que c’est vraiment

ma passion dans la vie.”

CHLOÉ PETIT

Avec son

personnage

décalé de

Paulette, Chloé

Petit devient

grande dans

l’art visuel et

clownesque.

Son déclic pour se lancer sur scène ? “Depuis toute petite, mon

père me fait regarder des spectacles, des émissions comiques, des

chansons drôles, etc., poursuit la jeune carolo, très soutenue pas

sa famille et accompagnée par la FBPH via des ateliers pour la

faire évoluer. J’ai toujours adoré l’humour et puis, j’ai grandi et

ma passion ne s’est pas éteinte. J’adore l’humour belge, français

mais aussi les stand-uppeurs américains.”

À l’heure où l’on ne peut plus rien dire, Lana n’a donc déjà peur

de rien avec ses punchlines trash. Elle vibre pour l’humour noir

en “choquant les gens, tout en les faisant rire, mais sans tomber

dans l’excès, ni la vulgarité”. Son coup de cœur ? “Jérémy Ferrari !

C’était un électrochoc, je regardais son spectacle en boucle !”

Lana, comme toute cette jeune et ancienne génération de

l’humour avec laquelle elle échange grâce à la FBPH, est donc la

preuve qu’il est possible de faire carrière en humour en Belgique.

Ou ailleurs. “Oui, j’ai hâte de découvrir tout cela. Surtout que le

public belge est le meilleur, c’est inexplicable comme on se sent

bien sur scène en Belgique, conclut-elle. Et même s’il faut aussi

aller en France pour vraiment faire une grosse carrière. Cela reste

compliqué mais c’est possible. Même s’il faut toujours avoir un

plan B, on ne sait jamais si ça tombe à l’eau, d’où le fait que

je poursuis mes études en parallèle pour obtenir un diplôme,

peut-être en communication ou en journalisme.”

PARIS MATCH DU 22 AU 28 MAI 2025

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LE TRAM CHANGE VOTRE FAÇON DE VOUS DÉPLACER.

Pour mieux vous connecter, le tram circule tous les jours de 5h

à 1h du matin avec un passage toutes les 5 minutes en heures

de pointe et entre 8 et 15 minutes en heures creuses.

Avec son arrivée, c’est l’ensemble du réseau de bus qui a été

repensé. De plus, tous les titres de transport TEC sont valables

sur le bus et le tram. Un nouveau mode, sans coût supplémentaire !


Ex-Pouf du Grand Cactus et

ex-chanteuse, BÉNÉDICTE

PHILIPPON a plus d'une corde

à son arc. La comédienne

décroche des mâchoires avec

son humour déjanté et ses

déguisements parodiques.

As du comique visuel avec son

visage élastique, QUENTIN

VANA mélange mime, bruitage,

clownerie et acrobatie.

À mi-chemin entre

Courtemanche et Jim Carrey.

CAROLE MATAGNE Humoriste

et comédienne (la série Les

Trentenaires), Carole Matagne est

une autre étoile du rire. Authentique,

pétillante et dynamique.

DENA La tendre stand-uppeuse

belgo-iranienne est l'humoriste

engagée qui monte.

ANDRÉ DEMARTEAU

Anderlechtois à

casquette, de père

liégeois et de mère

portugaise, il est le

"papa ghetto" de

l’autodérision made in

Belgium. « Je suis le

meilleur stand uppeur

de ma rue ». Un style

urbain unique.


HUMOUR BELGE

VOYAGE DANS LE TEMPS

Lara Feguenne,

responsable du Service des publics

C’est dans un ancien dépôt de tramways, construit en 1904,

que le Musée des Transports en commun de Wallonie retrace l’histoire de

ces drôles de véhicules du 18e siècle jusqu’à nos jours.

Par Magali Eylenbosch

© Clémence Bernard

© Clémentine Marlier

Dans le vaste espace de l'ancien dépôt, un véritable voyage dans le temps est proposé au public.

Quelle que soit la saison, nous recherchons tous des activités

sympas à faire à deux, en famille ou entre amis. Nous sommes

partis à la rencontre de Lara Feguenne, responsable du Service

des publics au Musée des transports en commun de Wallonie.

Paris Match : Racontez-nous en quoi ce musée est particulier…

Lara Feguenne. C’est un musée qui vous invite réellement à

voyager dans le temps. Nous y présentons une cinquantaine

de véhicules qui vont des plus anciens, comme le carrosse

du dernier prince-évêque de Liège , les calèches, ou encore

les tramways hippomobiles, donc tirés par des chevaux, aux

trolleybus, autobus, et même à la maquette grandeur nature du

tout nouveau tram de Liège.

On peut dire qu’il évoque toute l’histoire de la mobilité urbaine ?

Oui, mais il va bien au-delà de ça ! Il parle également de la

mobilité actuelle, de la mobilité durable, de l’accessibilité, des

villes apaisées … Et puis, toutes les générations s’y retrouvent.

Pour les enfants, c’est un plaisir de monter dans les véhicules

et de prendre la place du conducteur. Pour les adultes, c’est une

véritable découverte. Quant aux plus âgés, ils retrouvent avec

émotion les véhicules de leur jeunesse : une véritable madeleine

de Proust. Ce musée est avant tout un lieu vivant, interactif.

Ces véhicules ont servi de décor au shooting des humoristes, mais ils

sont également de véritables stars…

Disons que parfois, ils volent la vedette aux acteurs dans

certains films (rire). Je pense notamment à « Cowboy », réalisé

par Benoît Mariage, avec Benoît Poelvoorde, ou à « Odette Toulemonde

», d’Éric-Emmanuel Schmitt, avec Catherine Frot, et bien

d’autres. Et puis, ces véhicules offrent des décors éminemment

instagrammables. À notre époque, c’est un véritable atout.

Qu’est-ce qui rend ce musée aussi interactif ?

Outre le fait que l’on peut prendre place dans les véhicules,

toute une série d’outils, disponibles dans l’application gratuite du

musée : audioguides, quizz, parcours-jeu pour les familles. Nous

proposons aussi un grand choix d’animations durant la saison.

Justement, vous organisez souvent des activités insolites ?

Exactement ! Nous aimons sortir des sentiers battus en proposant

des escapes games, des murder parties, des matchs d’impro,

mais aussi en organisant des représentations théâtrales ou des

concerts. Nous prévoyons également de faire un événement

autour de la danse, …

Vous entamez également cet été des travaux de rénovation très

attendus ?

Exactement ! Il y aura une petite période de transition, mais

l’activité du musée continuera autant que possible pendant cette

période. Il était cependant impératif de mettre en œuvre certains

travaux pour assurer la préservation des collections et améliorer

le confort des visiteurs.

Rue Richard Heintz, 9,

4020 Liège.

04/361.94.19

www.musee-transports.be

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

27


ELASTIC

Un clown de classe

mondiale. Du mime

contemporain à vous

faire décrocher la

mâchoire. Attention

à vos zygomatiques.

FABIO ALLIBRIO

C’est l’humour

à l’italienne.

Une sorte de

pause-café en

mode Dolce Vita,

mais qui casse

du sucre sur nos

différences et

préjugés.

HUMOUR BELGE

JÉRÉMY MORIAU

Le râleur attachant

qui décortique

notre quotidien

de manipulateur

avec malice.

MÉLANIE AKKARI

Chroniqueuse sur Matin Première,

est la nouvelle princesse de

l’humour depuis sa victoire au

Next Prince Of Comedy en 2023.

Toujours drôle, juste et bien sentie.

ILONA DUFRÊNE

Avec sa voix de fumeuse aguerrie inimitable

PARIS MATCH et son DU ton 22 AU sans 28 MAI langue 2025 de bois, elle est le

28

futur du stand-up.

SACHA FERRA

Chroniqueur sur Tipik et star des réseaux

sociaux, ce jeune prodige de l’humour belge

adore rigoler de son « plat pays », du « seum »

national et tacler nos voisins français avec une

verve bien brusseleer.

MOUMOU ET TOCARD

Un duo musico-comique de Stupide Alternatif.

De l'humour visuel et sonore, bête et méchant,

comme vous n'en avez jamais vu ni entendu.


Train World n’est pas un musée comme

les autres. Depuis 2015, sur 10 000 m 2 ,

c’est un lieu qui nous fait voyager à

travers le temps, à la découverte de la

riche histoire et de la magie de l’univers

ferroviaire belge. On peut y admirer une

impressionnante collection de locomotives

et de voitures historiques ayant chacune

une histoire unique, à l’instar de la plus

ancienne locomotive à vapeur conservée

de Belgique (1844) et de la mythique

Type 12, la plus rapide jamais construite

dans notre pays (1939). C’est aussi un

rendez-vous incontournable pour les

amoureux des trains, les esprits curieux

et les familles désireuses de passer une

journée inoubliable.

LE TRAIN À TRAVERS

D’AUTRES PRISMES

Depuis septembre dernier, et jusqu’au 31

août, Train World propose aux visiteurs

une expo temporaire intitulée « Dessinemoi

un train ! » L’univers ferroviaire y est

mis en scène de manière unique à travers

l’art du dessin et celui d’artistes emblématiques

tels qu’André Franquin, Victor

Horta, Paul Delvaux, Henry van de Velde,

François Schuiten, Santiago Calatrava, et

bien d’autres encore.

Vision architecturale pour les uns, regard

ludique ou artistique pour les autres, cette

exposition aux multiples facettes permet

non seulement aux visiteurs d’admirer

des œuvres uniques, comme « Panorama

de Watermael-Boitsfort » de Paul Delvaux

(1982), mais aussi de faire preuve de

créativité. Quatre zones créatives, réparties

dans le musée, les invitent à découvrir le

plaisir de dessiner sur l’univers passionnant

du rail, des plus beaux trains à des

objets remarquables ou insolites issus

de la collection. Ces tables à dessin sont

spécialement conçues pour permettre aux

plus jeunes, comme à ceux qui n’ont pas

d’expérience en dessin, de réaliser des

créations amusantes et réussies.

L’exposition offre par ailleurs un aperçu

complet de l’histoire de l’emblématique

logo B de la SNCB, avec des affiches, des

documents et des objets collectés au fil

des ans.

En apothéose, deux authentiques voitures

des années 1930, conçues par Henry

van de Velde, sont exposées en exclusivité.

Elles illustrent de manière unique les idées

progressistes du peintre et architecte belge,

en matière de confort et de style. Une

voiture K1 et une automotrice AM35 ont

été minutieusement restaurées pour l’occasion.

Le public peut explorer ces voitures

historiques à l’intérieur et découvrir de

près leur riche histoire.

Infos et réservations : www.trainworld.be

L’UNIVERS FERROVIAIRE

À L’HONNEUR

Au cœur de Schaerbeek, Train World, le superbe musée

ferroviaire de la SNCB, propose de découvrir le monde

ferroviaire à travers les yeux d’artistes emblématiques.

Par Magali Eylenbosch

La Type 12, New-York (2014),

par François Schuiten.

HUMOUR BELGE

"La locomotive",

par Li Kunwu (2015)

et "Gare de nuit" de

Paul Delvaux (1963),

deux regards différents

sur l'univers ferroviaire.

"Dessine-moi un train!", une exposition interactive

où le public peut également s'essayer au dessin.

DU 22 AU 28 MAI 2025 PARIS MATCH

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Medhi BTB sur la scène du

Fridge Comedy Club à Bruxelles

HUMOUR BELGE

Une explosion

de rires et

d’émotions lors

Gala annuel de la

FBPH au Theâtre

Royal de Namur

en 2024

SHOW TIME

VIVRE UN SPECTACLE

DANS LE SPECTACLE

Festival International du

Rire de Liège au Forum

La Fédération Belge des Professionnels de l'Humour compte plus de 33 lieux de

diffusion de spectacles parmi ses membres. C'est intéressant de pouvoir découvrir

un spectacle dans diverses salles de spectacle, affirme Isabelle Reisenfeld,

directrice de la FBPH.

Chacune possède une âme qui lui est propre. Aller voir le même spectacle dans

un lieu différent, c'est aussi découvrir le spectacle autrement, vivre une autre

expérience. Y compris l'après spectacle, car il est toujours possible de prendre un

verre dans chaque lieu." Et de conclure sur cette ambiance différente dans ces salles

qui se positionnent toutes sur l'humour désormais.

"Le lieu apporte sa propre magie au spectacle et va teinter les prestations des

artistes, de différentes palettes. Je conseille à chacun de l'expérimenter."

Troc

A LA COURTE ÉCHELLE

Rue de Rotterdam 29, 4000 Liège

www.courte-echelle.be

ARDENT COMÉDY

Principalement en région liégeoise

www.ardentcomedy.com

CAVAL'RIRE

Dans le cadre de la Cavalcade de Herve

www.cavalcadeherve.be

CENTRE CULTUREL D'AMAY

Rue Entre-Deux-Tours 3, 4540 Amay

www.ccamay.be/

CENTRE CULTUREL

DE DIFFERDANGE

38 avenue Charlotte L

4530 Differdange

www.stadhaus.lu

CENTRE CULTUREL

DE HERSTAL

Clos du bois de pontisse, 13

4040 Hersta

www.ccherstal.be

CENTRE CULTUREL DE

SERAING

Rue Renaud Strivay 44 à 4100 seraing

www.centrecultureldeseraing.be

CENTRE CULTUREL DE SPA

8, rue Servais 8 – 4900 Spa

www.ccspa-jalhay-stoumont.be/

CENTRE CULTUREL

DE VERVIERS

Bd des Gérardchamps 7c,

4800 Verviers

www.ccverviers.be

CENTRE CULTUREL

WELKENRAEDT

Rue Grétry 10, 4840 Welkenraedt

www.ccwelkenraedt.be

ESTIRIRE ASBL

Place du Vieux Tilleul 8, 4130 Esneux

www.estirire.be

FESTIVAL CEDROL

Rue de l'industrie, 2 4540 Amay

www.cedrole.be

FESTIVAL ÉTÉ DIVERT’

Av. du Général Michel 1, 6000 Charleroi

www.divertiscenes.be/pages/

le-festival-ete-divert

FESTIVAL INTERNATIONAL

DU RIRE DE LIÈGE

www.festivalrireliege.com

SPA ROYAL FESTIVAL

www.royalfestival.be

FESTIVAL VACANCES

THÉÂTRE STAVELOT

Cour de l'Abbaye 1, 4970 Stavelot

www.festival-vts.net

FIND YOUR PLACE

partout en Belgique

www.findyourplace.be

FRANCOFUN

en Espagne

www.francofun.es

LE FOU RIRE THÉÂTRE

Av. des Grenadiers 48, 1050 Ixelles

www.fourire.be

IL EST TEMPS D'EN RIRE

Av. du Lac 87, 1332 Rixensart

www.ilesttempsdenrire.be

L'OS À MOELLE

Av. Emile Max 153, 1030 Schaerbeek

www.osamoelle.be

LA RUCHE THÉÂTRE ROYAL

Av. Marius Meurée 1, 6001 Charleroi

www.laruchetheatre.be

LE FRIDGE BRUXELLES

Bd du Midi 97, 1000 Bruxelles

www.lefridgebruxelles.be

LE THÉÂTRE ARLEQUIN

Rue Rutxhiel 3, 4000 Liège

www.theatrearlequin.be

OUFTI COMEDY CLUB

en province de Liège

www.oufticomedyclub.be

THÉÂTRE DE L'ÉTUVE

Rue de l'Etuve 12, 4000 Liège

www.theatre-etuve.be

THÉÂTRE EPISCENE

5 Rue Ninon Vallin, 84000 Avignon,

France

www.episcene.be

TTO THÉÂTRE

396-398 Galeries de la, Av. de la

Toison d'Or, 1050 Ixelles

www.ttotheatre.com

THÉÂTRE DU PEIGNÉ

Pl. du Marché 14, 4800 Verviers

www.theatredupeigne.be

THÉÂTRE MARIGNAN

Bd Joseph Tirou 53, 6000 Charleroi

www.theatremarignan.be

THÉÂTRE DU TROCADÉRO

Rue Lulay des Fèbvres 6a, 4000 Liège

www.troca.be

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CHAQUE LUNDI DU OFF À 14H15

Photo Paul K.

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