27.05.2025 Vues

Boxoffice Pro n°493 – 28 mai 2025

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

N°493 / 28 mai 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA


APRÈS UNE TOURNÉE DANS PLUS DE 60 VILLES,

ORGANISEZ VOTRE AVANT-PREMIÈRE À L’OCCASION DE

LA FÊTE DES PÈRES, LE DIMANCHE 15 JUIN !

MATÉRIEL DISPONIBLE

AFFICHES, AFFICHETTES ET PLV

DISPONIBLES CHEZ SONIS

PACK EXPLOITANTS

EN TÉLÉCHARGEMENT

SUR UGCDISTRIBUTION.FR

FILM ANNONCE

Un carton aux retours exceptionnels !

EN LIBRE TÉLÉCHARGEMENT SUR GLOBECAST,

CINEGO, CINESCOPE ET UGCDISTRIBUTION.FR

N’HÉSITEZ PAS À LE PLACER DÈS À PRÉSENT.


N°493 / 28 mai 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

RETOUR DE CANNES

DE L’AUTRE CÔTÉ DU TAPIS ROUGE


L'édito

Sommaire

La Croisette et après ?

Le Festival de Cannes 2025 est terminé. Fin du

marathon, des pieds endoloris et de la rétine fatiguée.

Que reste-t-il de cette quinzaine intense ? Au-delà

d’une magnifique vision des films d’auteur qui

feront l'année, Cannes a tendu un miroir au monde,

à ses conflits, ses injustices, ses jeux de pouvoir.

pour Jafar Panahi, plus qu’un prix, est un message

retentissant, une affirmation de la force du cinéma

et de sa portée. Les professionnels n'ont pas ménagé

leurs efforts. Ils ont revendiqué, entre autres, le soutien

vital aux salles art et essai, aux films et à leurs

auteurs, salué l'avancée concrète de la lutte contre

les VHMSS et affiché leur combat pour la souveraineté

culturelle face aux pressions d'un libéralisme

culturel grandissant. Comme le souligne Laurence

Farreng, députée européenne, ces défis – y compris

les attaques de l'administration américaine – ne sont

pas une fatalité. Ils sont une chance. L'occasion

de resserrer les rangs, de réaffirmer nos valeurs. Le

Festival de Cannes nous l'a rappelé avec force : le

cinéma est un rempart contre l'uniformisation.

Après les déclarations, les feuilles de route, les notes

d'intention… continuons de montrer que Cannes

n'est pas seulement un événement, mais le point de

départ de combats essentiels et passionnants, to be

continued… Bilan l’année prochaine.

Marion Delique

P.6

ACTUALITÉS

Récapitulatif des derniers mouvements

du secteur

P. 7 à 12

ÉCHOS DE CANNES

L’écologie sur la Croisette

Tribune pour l’exception culturelle

La lutte contre les VHMSS en croisade sur

la Croisette

Nouvelles lignes pour les engagements

de programmation

P. 13 à 15

RENCONTRES

ART ET ESSAI 2025

Compte-rendu de l’AG de l’Afcae

Pass Culture : pour que les jeunes

deviennent contributeurs

Quel marché pour l’art et essai ?

P. 24-25

INTERNATIONAL

Réunions Europa Cinemas et Cicae

P. 26-27

DISTRIBUTION

Next Films renforce son équipe et son

line-up

Imax annonce un premier documentaire

en français

P. 28 à 31

EXPLOITATION

Plongée au cœur de Territoires Immersifs

Le Médiateur du cinéma livre son

rapport

Le Cora Laparcerie de Morcenx-la-

Nouvelle se refait une bleuté

P. 32-33

FOCUS

Megarama Roubaix

P. 34

MISCELLANÉES

CNACi, soutiens, les RencontresCinémas

Verts des Cina et l’agenda de la

profession

est une publication de

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-Couturier

CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal à parution

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Rédactrice en chef

Marion Delique / marion.delique@cinegroup.fr

Rédacteurs

Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr

Charlotte Pouillot / charlotte.pouillot@cinegroup.fr

Base de données Films

guillaume.martin@webedia-group.com

Publicité / Base de données distributeurs

Pauline Luigi / pauline.luigi@webedia-group.com

Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com

Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com

Réalisation CINE GROUP

Maquette / Infographie

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr

Impression

SOCOSPRINT IMPRIMEURS 36 route d’Archettes 88 000 Epinal

Crédits page 3 : ©Marion Delique / Boxoffice Pro

JULIEN MARCEL

Directeur de la

publication

MARION DELIQUE

Rédactrice en chef

AYSEGÜL ALGAN

Journaliste

@BoxofficeFrance

La Rédaction

@Boxoffice_fr

CÉCILE VARGOZ

Journaliste

@boxofficefr

JULES DREYFUS

Journaliste

Boxoffice Pro France

CHARLOTTE POUILLOT

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

4 N°493 / 28 mai 2025


LE 4 JUILLET AU CINÉMA


Actualités

Du mouvement à…

l’ADRC

Collaborateur de longue date

de l’Agence, Emmanuel

Didier est promu adjoint de

direction, aux côtés du délégué

général Christian Landais.

Arrivé au sein de l’ADRC en

2013, Emmanuel Didier a

d’abord œuvré en tant que

coordinateur de la diffusion

numérique des films, puis chargé d’études et de développement

de projets. Depuis 2022, il officiait en tant

que chef de projet du festival de science-fiction Les

Mycéliades. En parallèle, Emmanuel Didier est également

membre de la Commission d’aide sélective à la distribution

de films jeune public au CNC depuis 2015. Pour

rappel, lors de la prochaine assemblée générale, le 18 juin

prochain, Nadège Lauzzana, présidente de l’ADRC, et

Gaëtan Bruel, président du CNC, signeront la nouvelle

convention pluriannuelle d’objectifs.

France Télévisions

En poste depuis 2015,

Delphine Ernotte a été

prolongée à la présidence de

France Télévisions pour une

durée de cinq ans. L’Arcom,

qui l'a redésignée pour un 3 e

mandat, ce qui est une

première dans l’histoire de la

télé publique, explique avoir

« fait le choix de privilégier la continuité à la tête du groupe,

dans un contexte marqué par des incertitudes majeures ».

Pour rappel, l’Assemblée nationale doit prochainement

examiner la proposition de loi visant à créer la holding

France Médias, regroupant France Télévisions, Radio

France et l’Ina.

Pathé

Le groupe présidé par Jérôme Seydoux noue un partenariat

capitalistique avec Rodolphe Saadé à travers sa

holding familiale, Merit France, qui détient désormais

20 % de Pathé. Pour rappel, la holding est avant tout

connue pour être l'actionnaire majoritaire, à 73 %, de

CMA CGM, l'un des leaders mondiaux du transport

maritime et de la logistique. Elle est également propriétaire

de RMC et BFM-TV, actionnaire de Brut, du

Groupe M6, et de plusieurs journaux (La Tribune, Corse-

Matin, La Provence).

À noter par ailleurs que, dans le prolongement du

renforcement de partenariat entre Pathé et Marjane

Group au Maroc, annoncé mi-avril dernier, la holding

marocaine détient désormais 60 % des parts du Pathé

Californie de Casablanca.

©ADRC

©Susy Lagrange

Studio TF1

Cristina Batlle rejoint la

filiale du groupe TF1 – ex

Newen Studios – regroupant

ses activités de production et

de distribution ; un retour

aux sources pour celle qui a

occupé les fonctions de

commerciale pour TF1

International durant cinq

ans. Désormais responsable de la distribution salles,

l’ancienne directrice des ventes de Warner France – qu’elle

avait rejoint en 2016 – travaillera dès septembre sous la

responsabilité de Nathalie Toulza-Madar, directrice

générale cinéma France de Studio TF1, et de Pierre

Branco, directeur général de la filiale et… ancien directeur

général de Warner Bros. Discovery.

Studiocanal

Suite au départ d’Anthony Dahlem pour Zinc., l’équipe

programmation du distributeur, dirigée par Jean-Baptiste

Davi, enregistre plusieurs changements. Sous la responsabilité

de Barbara Sarazin, responsable des ventes province,

• Aurore Jolly-Page devient chargée des ventes Grand Ouest/

Nord/Est

• Farida Touenti reste chargée des ventes Grand Ouest/

Nord/Est, mais avec un pool de salles modifié

• Louis Martin devient chargé des ventes de la région de

Lyon et conserve également son poste de Business Analyst

• Damien Piton, chargé des ventes de la région de

Bordeaux, sera désormais également en charge de la

région de Marseille

• Tristan Rodrigues est désormais chargé des ventes

périphérie, rattaché directement au directeur des ventes

• Zoé Leconte, responsable Trade Marketing, conserve

ses fonctions et son rattachement au directeur des ventes

• Stéphanie Faugeron devient coordinatrice évènementiel

exploitation, désormais directement rattachée au

directeur des ventes.

Tandem

Directrice des ventes depuis

la création de la société en

2020 par Mathieu Robinet,

Mirana Rakotozafy en est

devenue la directrice de la

distribution. Son équipe est

composée de Carla Sy (en

charge de la programmation

province), Eva Pons et Auguste

Calvet. Par ailleurs, le département marketing dirigé par

Antony Baptista accueille Gabriela Richou, qui rejoint

Valentina Eid Clavel (cheffe de projet marketing). La

prochaine sortie de Tandem est la comédie Le Répondeur

de Fabienne Godet, avec Salif Cissé et Denis Podalydès,

datée au 4 juin.

©Isabelle Nègre

Cannes

le Palmarès

Compétition

Palme d’or

• Un simple accident de Jafar Panahi (Memento, 01/10/25)

Grand prix

• Valeur sentimentale de Joachim Trier (Memento, 20/08/25)

Prix du jury

• Sirāt d’Oliver Laxe (Pyramide, 03/09/2025)

• Sound of Falling de Mascha Schilinski

(Diaphana, à dater)

Prix de la mise en scène

• L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho

(Ad Vitam, 14/01/26)

Prix du scénario

• Jeunes Mères de Jean-Pierre et Luc Dardenne

(Diaphana, 23/05/26)

Prix d’interprétation féminine

• Nadia Melliti dans La Petite Dernière de Hafsia

Herzi (Ad Vitam, 01/10/25)

Prix d’interprétation masculine

• Wagner Moura dans L’Agent secret

de Kleber Mendonça Filho

Prix spécial

• Resurrection de Bi Gan (Les Film du Losange, à dater)

Courts métrages

Palme d’or

• I’m Glad You’re Dead Now de Tawfeek Barhom

Mention spéciale

• Ali d’Adnan Al Rajeev

Caméra d’or

Prix de la Caméra d’or

• The President’s Cake de Hasan Hadi (Tandem, à dater)

Mention spéciale

• My Father’s Shadow d’Akinola Davies Jr.

(Le Pacte, à dater)

La Petite Émission à Cannes

à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

6 N°493 / 28 mai 2025


Un Certain Regard

Prix Un Certain Regard

• Le Mystérieux Regard du flamant rose

de Diego Céspedes (Arizona, 07/01/26)

Prix du jury

• Un poète de Simón Mesa Soto (Epicentre, à dater)

Prix de la mise en scène

• Once Upon a Time in Gaza d’Arab et Tarzan

Nasser (Dulac, 25/06/2025)

Meilleur scénario

• Pillion de Harry Lighton (Memento, à dater)

Meilleur acteur

• Frank Dillane dans Urchin de Harris Dickinson

(Ad Vitam, à dater)

Meilleure actrice

• Cleo Diára dans Le Rire et le Couteau de Pedro

Pinho (Météore, 09/07/2025)

L’Œil d’or

Prix de L’Œil d’or

• Imago de Déni Oumar Pitsaev

Prix spécial du jury pour les 10 ans de L’Œil d’or

• The Six Billion Dollar Man d’Eugene Jarecki

La Cinef

Premier Prix

• First Summer de Heo Gayoung

Deuxième Prix

• 12 Moments Before the Flag-Raising Ceremony

de Qu Zhizheng

Troisième Prix

• Ginger Boy de Miki Tanaka

• Winter in March de Natalia Mirzoyan

De gauche à droite : Dimitri Fayette (Cinéma Klub à Metz), Sabine

Putorti (Institut de l’image à Aix-en-Provence), Roxane Arnold

(directrice de la distribution Pyramide), Oliver Laxe (réalisateur de

Sirāt), Mylène Frogé (Cinéma La Tournelle à L’Haÿ-les-Roses), Malo

Guislain (Cinéma Les Cinéastes au Mans), Marc Quinton (Cinéma Palace

à Mulhouse) et David Obadia (délégué général de l’Afcae).

Prix CST

Prix CST de l’Artiste-Technicien

• Ruben Impens, directeur de la photographie, et

Stéphane Thiébaut, mixeur, de Alpha de Julia

Ducournau (Diaphana, 20/08/25)

Prix CST de la Jeune Technicienne de cinéma

• Éponine Momenceau, cheffe opératrice image de

Connemara d’Alex Lutz (Studiocanal, 10/09/25)

Prix Jean Vivé

• Caroline Delpoux (meilleure projection)

• Romuald Lagoude (meilleur montage)

Semaine de la Critique

Grand Prix Ami Paris

• Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke

(JHR, 27/08/25)

Prix French Touch du Jury

• Imago de Déni Oumar Pitsaev (New Story, à dater)

Prix Fondation Louis Roederer de la révélation

• Théodore Pellerin pour Nino de Pauline Loquès

(Jour2Fête, 17/09/25)

©Afcae

Prix des cinémas art et essai

L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho

Mention spéciale

Sirāt d’Oliver Laxe

Prix de la citoyenneté

Un simple accident de Jafar Panahi

Prix de la Semaine du Cinéma Positif

Jeunes mères de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Queer Palm

La Petite dernière de Hafsia Herzi

Prix du jury œcuménique

Jeunes mères de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Prix Fipresci

L'Agent secret de Kleber Mendonça Filho

Urchin de Harry Dickinson

Planètes de Momoko Seto (Gébéka Films, 11/03/26)

Prix François Chalais

Deux procureurs de Sergei Loznitsa (Pyramide, 24/09/25)

Prix Cannes Soundtrack

Sirāt d’Oliver Laxe

Prix du jury pass Culture

Météors d’Hubert Charuel

Palm Dog

L’Amour qu’il nous reste de Hlynur Pálmason

(Jour2Fête, à dater)

Prix Ecoprod

Jeunes mères de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Prix du jury : Laurent dans le vent de Anton Balekdjian,

Léo Couture et Mattéo Eustachon (Arizona Distribution, à dater)

La devinette

Quel est le point commun

entre Jafar Panahi,

Henri-Georges Clouzot et

Robert Altman ?

Ce sont les trois seuls cinéastes à avoir obtenu la Palme d’or, le Lion

d’or et l’Ours d’or : Henri-Georges Clouzot a obtenu le Lion d’or pour

Manon en 1949 et l’Ours d’or et le Grand Prix de Cannes – équivalent

de la Palme d’or à l’époque – pour Le Salaire de la Peur (1953) ; Robert

Altman a obtenu la Palme d’or en 1970 pour M.A.S.H., l’Ours d’or en

1976 pour Buffalo Bill et les Indiens et le Lion d’or en 1993 pour Short

Cuts ; Jafar Panahi a obtenu le Lion d’or en 2000 pour Le Cercle, l’Ours

d’or en 2015 pour Taxi Téhéran et donc la Palme 2025 pour

Un simple accident.

Prix Fondation Gan à la diffusion

• Le Pacte, distributeur français pour Left-Handed

Girl de Shih-Ching Tsou (à dater)

Prix SACD

• Guillermo Galoe et Victor Alonso-Berbel,

auteurs de Ciudad sin sueño (Pan, 03/09/25)

Quinzaine des Cinéastes

Choix du public

• The President’s Cake de Hasan Hadi

Label Europa Cinemas

• La Danse des renards de Valéry Carnoy (Jour2Fête)

Coup de cœur des auteurs SACD

• La Danse des renards de Valéry Carnoy

©Ecoprod

Mention spéciale : Amour Apocalypse

d’Anne Émond (L’Atelier Distribution, à dater)

Remise des prix Ecoprod, le 16 mai à Cannes, sur le stand de

Film France / CNC, en partenariat avec Film Paris Région et la

Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur

N°493 / 28 mai 2025

7


Échos de Cannes

Social

Festivals : un avenant dans

l’impasse

Dans l'extension de la table ronde Acid du 20 mai,

consacrée aux impacts des coupes budgétaires

territoriales sur la filière, Antoine Leclerc (délégué

général de Carrefour des festivals ainsi que du

festival Itinérances d’Alès) a fait le point sur les

avancées sociales obtenues pour les travailleurs des

festivals. Une dynamique lancée il y a un an au

Festival de Cannes, qui a réuni tous les partenaires

sociaux – dont Sous les écrans la dèche, Carrefour

des festivals, la Spiac-CGT, la CFDT, la Ficam… – et

accompagnée par les pouvoirs publics, avec des

chargés de mission des deux ministères, de la

Culture et du Travail. « Le process a abouti à un

avenant à la convention collective [des entreprises au

service de la création et de l'événement , ndlr.] qui

répondait enfin à un vide pour les festivals. »

Signé par l’ensemble des partenaires sociaux, validé

par la Direction générale du Travail et publié au

Journal officiel en mars dernier, l’avenant se heurte

aujourd’hui à un arrêt de procédure au niveau de

l’Unedic, sur la question des postes éligibles à

l’intermittence. Une situation inédite de blocage

administratif, malgré le consensus trouvé entre

employeurs et salariés sur ce que tous considèrent

comme une « revendication légitime », souligne

Antoine Leclerc, qui espère un dénouement rapide.

Prise de parole de Sous les écrans la dèche, en amont d’une

projection à la Semaine de la Critique, 19 mai 2025

FACC : sortir de l’ombre

Fondée en novembre 2020, la Fédération de

l’action culturelle cinématographique poursuit

son objectif : instaurer une meilleure représentation

professionnelle des structures qui la

composent. Pour sa présidente Amélie Chatellier

(par ailleurs déléguée générale de l’Agence du

court métrage), il s'agit de « sortir d’une forme

d’invisibilité face aux pouvoirs publics, mais

également au sein de la filière cinéma ».

Actuellement, deux projets sont en cours de

discussion avec le CNC. « Le premier consiste en la

mise en place d’un observatoire ou d’une étude – les

mots sont provisoires – sur le secteur de l’action

culturelle cinématographique, qui permettrait de

mettre en lumière la multiplicité de nos actions,

l’immense diversité mais aussi la force d’innovation

de nos structures en termes de recherche de

publics. » Le deuxième projet est celui de la

création d’Assises du cinéma et de l'audiovisuel

en régions, « pour permettre un dialogue entre

tous les acteurs d’un écosystème, qui va de la

création à la diffusion, financé par différentes

échelles de territoire et les pouvoirs publics ».

A.A.

©Semaine de la Critique

©A.Algan

Transition écologique :

Une prime RSE+

pour la production

responsable

Laurent dans le vent, de Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo

Eustachon, produit par Mabel Films (Acid Cannes), a reçu le Prix du jury

Ecoprod 2025

Comme l’avait demandé la ministre de la Culture dans

la continuité du plan Action !, le CNC a annoncé, à

Cannes, la mise en place de la prime RSE+, « en faveur

des professionnels qui s'engagent à produire des films de

manière durable et responsable ».

Il s’agira d’une aide forfaitaire de 28 000 euros, attribuée

de manière automatique, après vérification par un organisme

indépendant, aux productions cinéma et audiovisuelles

– en priorité de fiction – qui respecteront les

mesures de niveau 2 du référentiel Afnor. Pour rappel,

ce mode d’emploi national de la production responsable

détaille 3 niveaux d’engagements progressifs sur 28

mesures écologiques et sociales (énergie, mobilité, biodiversité…

mais aussi inclusion et qualité de vie au travail).

Jusqu’à présent, les productions étaient tenues de fournir

un double bilan carbone, mais dont les résultats n'entraînaient

ni sanctions ni aides incitatives. Ce nouveau

dispositif de prime RSE+, qui entrera en vigueur en 2026

pour une durée de 3 ans, marque donc une avancée, et

un signal pour l’ensemble de la filière.

C.V.

CUT ! à Cannes, convergence des luttes

Le collectif “Cinémas unis pour la transition”, créé début 2023,

a une nouvelle fois fait entendre sa voix au Festival de Cannes.

Pressions écologiques, mais aussi pressions démocratiques

(liberté d’expression, censure, instrumentalisation…), technologiques

(IA, standardisation des récits et des formats…)

©Arizona

Les distributeurs

créent un groupe de

travail avec la CST et

l’ADRC

Si les trois organisations représentatives de la distribution

– le Dire, la FNEF et le SDI – avaient chacune

entamé une réflexion sur leur responsabilité environnementale,

c’est par la voix de la Coordination des

éditeurs-distributeurs de films, créée en mars dernier,

qu’elles ont annoncé pendant le festival de Cannes la

mise en place d’un groupe de travail commun dédié à

leur transition, en coopération avec la CST et l’ADRC.

L’objectif est de « structurer et accélérer l’adoption de

pratiques écoresponsables au sein de ce maillon essentiel

de la chaîne cinématographique ». En effet, alors que les

autres secteurs de la filière – production et exploitation

– ont mis en place des actions concrètes en étant

accompagnés par le Plan Action ! du CNC, le secteur

de la distribution, par la nature de ses activités, était

jusqu’à présent moins organisé de façon collective. Si

le CNC a prévu de son côté de mener un audit environnemental

du secteur cette année, ce nouveau groupe

de travail permettra de proposer des solutions adaptées

aux réalités opérationnelles des professionnels.

Trois axes ont été définis : le développement d’une

formation dédiée aux différents métiers (acquisition,

vente, édition, promotion, exploitation des droits, etc.) ;

des moyens de mesure (calculateur carbone sectoriel)

pour évaluer l’impact environnemental et piloter des

actions de réduction ; le dialogue interprofessionnel, avec

le secteur de l’exploitation notamment, pour optimiser

la logistique de diffusion des œuvres.

« Ce groupe de travail se veut un espace collaboratif, d’expérimentation

et de construction », annoncent ensemble la

Coordination des éditeurs-distributeurs, la CST et

l’ADRC, qui mutualisent donc leurs expertises, outils et

expériences de terrain.

C.V.

et, au bout du compte, l’enjeu de mutualiser les forces pour

imaginer “autrement” : c’était, en résumé, tout le programme

de la conférence du 21 mai, articulée en quatre temps, et au

cours de laquelle nombreux ont été les créateurs américains

à évoquer leurs rôles de sentinelles de la démocratie.

8 N°493 / 28 mai 2025


CANNES, TRIBUNE MONDIALE POUR

L’EXCEPTION CULTURELLE

Si les films à Cannes reflètent l'état du monde – marqué cette année par les guerres à Gaza et en Ukraine,

ou encore la situation en Iran –, le plus grand Festival du monde est aussi le lieu où s’exprime – et parfois

s’annonce – la politique en faveur du cinéma. L'exception culturelle européenne a particulièrement

été revendiquée cette année, notamment à la lumière de la Convention de l’Unesco de 2005.

Les cinéastes européens, réunis à Cannes le 18 mai 2025, pour refonder une "Europe de la culture"

À l'heure où la politique de Trump vise à imposer des

droits de douane sur les films produits à l’étranger, où

certaines voix en Europe voudraient sortir le cinéma de

l’exception culturelle, quand les plateformes numériques

et l'IA rebattent les cartes, la Croisette est devenue le lieu

de tribunes, pétitions et prises de parole en faveur d’une

protection et d’une régulation européenne renforcée. La

ministre française de la Culture a appelé, avec ses homologues

européens, à un grand sursaut collectif pour défendre

l'exception culturelle, présentée comme « l’un des piliers

de notre modèle démocratique au même titre que la liberté

d’expression ». Dès le 12 mai, une centaine d'organisations

internationales du cinéma signaient une pétition pour

« défendre la liberté artistique et la diversité culturelle ». Trois

jours plus tard, 24 organisations européennes de la

production indépendante publiaient une charte commune,

appelant à une réglementation ambitieuse au niveau de

l'UE, « en particulier à la lumière de la révision en 2026 de

la directive SMA ». Le 18 mai, ce sont des cinéastes de

toute l’Europe qui ont alerté sur une approche exclusivement

commerciale du cinéma par la Commission européenne

: « La guerre économique engagée par les USA est

aussi une guerre culturelle ». Et à l’heure des 20 ans de la

Convention de l’Unesco sur la diversité culturelle, Cannes

a témoigné de sa position d'avant-poste de résistance.

La Convention de l’Unesco, rempart face

aux velléités de domination culturelle

« La diversité ne va pas de soi : elle a besoin d’être protégée

et soutenue. » Ces mots de Gaëtan Bruel résonnent avec

une acuité particulière, soulignant la pertinence de la

Convention de l’Unesco de 2005. Les principes de ce

texte sont pourtant, aujourd’hui, « contestés de manière

frontale ». Des représentants américains décrivent le

modèle européen de soutien au cinéma comme « pénalisant

et déloyal », opposant « une vision de coexistence des

expressions culturelles à une revendication de domination

culturelle sans partage ». Le réalisateur Costa-Gavras y voit

d'ailleurs une nouvelle phase de combat, « encore plus

difficile qu’auparavant », et appelle à une défense plus

ferme. Lors de la table ronde du CNC animée par Pascal

Rogard, délégué général de la SACD, Jean Musitelli,

ancien ambassadeur de l’Unesco et artisan de la Convention,

a témoigné de sa genèse, estimant qu'elle est « peut-être

encore plus utile aujourd’hui face à des défis qui ressemblent

étrangement à ceux que l’on a connus il y a 25 ou 30 ans ».

Un rappel historique : la lutte contre la

marchandisation de la culture

Au lendemain de la Guerre froide, lors des négociations

commerciales de libre échange du Gatt, les États-Unis,

désireux de s’imposer comme unique superpuissance

mondiale, affichaient leur volonté de démanteler les

politiques de soutien à la culture. Le point de départ de

la riposte fut le discours historique de François Mitterrand

à Gdansk en 1993, affirmant que « les créations de l’esprit

ne sont pas des marchandises, les services de la culture ne sont

pas de simples commerces ». Durant les négociations de

Marrakech (qui aboutiront entre autres au remplacement

du Gatt par l'OMC), le président français soutenait

farouchement l'idée d'une clause d’exception culturelle,

mais il lui fallait convaincre bien au-delà de la cinquantaine

de pays francophones déjà acquis. « Nous avons cherché

une proposition créative qui permette de solidariser une vaste

coalition », se remémore Jean Musitelli. Le terme « diversité

» fut préféré à celui d'« exception », potentiellement

mal perçu, et le projet fut lancé dans le cadre de l’Unesco,

seule organisation dotée de compétences culturelles et

internationales. La Déclaration universelle sur la diversité

culturelle qui voit le jour en 2001 établira pour la première

fois, bien que de manière non contraignante, « un corpus

de principes qui permet à tous les pays membres de l’Unesco

de se l’approprier, d’y réfléchir et d’en discuter ».

La deuxième phase, celle du passage à la Convention,

fut marquée par l'intervention décisive de Jacques Chirac

lors de son discours au Sommet de la Terre à Johannesburg

en 2002. Ce que la France propose alors, c'est l'idée

d'une « Convention mondiale sur la diversité culturelle

[qui] donnerait force de loi internationale aux principes

de la déclaration que vient d'adopter l’Unesco ». Les textes

furent remis en 2003 et finalement adoptés le 20 octobre

2005, avec 145 voix pour, et seulement deux contre (les

États-Unis et Israël).

©Boxoffice Pro

La particularité de la Convention s’articule autour de

trois piliers. D’abord, elle reconnaît la double nature

de la production culturelle : « Les activités, biens et services

culturels ont une double nature économique et culturelle

(...) ; ils ne doivent donc pas être traités comme ayant

exclusivement une valeur commerciale. » Ensuite, la

Convention affirme le droit souverain de chaque pays

sur sa politique culturelle, à savoir « de conserver, d'adopter

et de mettre en œuvre les politiques et mesures qu'ils jugent

appropriées pour la protection et la promotion de la

diversité des expressions culturelles sur leur territoire ».

Enfin, l'article 20 stipule la non-subordination de la

Convention aux autres traités. « Il n'est pas possible

d'appliquer les dispositions commerciales internationales

sans tenir compte de l'existence et des clauses juridiques

de la Convention de l’Unesco », explique Jean Musitelli.

« Voilà comment nous sommes passés de ce qui était une

déclaration à un instrument juridique de droit international,

à une reconnaissance de l'égalité entre le principe

du droit commercial et le principe de la diversité culturelle »,

conclut l'ancien ambassadeur, résolument optimiste :

« Si nous avons pu, il y a 20 ans, trouver la bonne réponse

aux défis qui nous étaient imposés – la France, entraînant

derrière elle l'Europe et une grande partie des États du

Sud –, je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas de

même aujourd'hui. »

Les nouveaux défis : IA et souveraineté

numérique

Aujourd'hui, comme le souligne Audrey Azoulay,

directrice générale de l’Unesco, « la Convention est plus

vivante que jamais ». Ratifiée par 158 pays et l’Union

européenne, elle représente une « alliance de la société

civile, des professionnels et des artistes » et un authentique

trésor. L’enjeu primordial des négociations actuelles

réside dans celles concernant l'intelligence artificielle.

« Comment faire vivre la Convention à l’heure des algorithmes

? », s'interroge Audrey Azoulay, annonçant une

prochaine réunion en juin pour se prononcer sur un

instrument juridique. Il s'agit, pour les États membres,

de revendiquer non seulement le droit de mener des

politiques publiques, mais également de s'engager en

matière de « découvrabilité des contenus et de régulation

des algorithmes de recommandation pour la diffusion des

programmes », et de « transparence de la chaîne de valeur »

pour rémunérer tous les participants. Le contexte actuel

est d'autant plus complexe que les États-Unis ont

suspendu leur participation à certaines agences et

programmes des Nations unies. Laurence Farreng,

députée européenne, voit dans cette offensive américaine

« une chance » de se « ressaisir en termes de souveraineté

culturelle ». Face aux remises en question outre-atlantiques,

elle exhorte à la fermeté et à « tenir bon sur les

régulations du numérique et des plateformes audiovisuelles ».

La bataille pour la diversité culturelle est loin

d'être terminée.

Marion Delique

N°493 / 28 mai 2025

9


Échos de Cannes

LA LUTTE CONTRE LES VHMSS

EN CROISADE SUR LA CROISETTE

Le Festival de Cannes a été le théâtre de

nombreux échanges au sein de la filière,

affirmant son engagement dans la lutte contre

les violences et harcèlements moraux, sexistes

et sexuels. La publication du rapport de la

commission d'enquête de l’Assemblée nationale

a permis de mettre en lumière le chemin

parcouru et d’envisager les actions à

mener collectivement.

©Afcae

La déclaration commune de nombreuses organisations

professionnelles, qui le 15 mai, ont témoigné de leur

engagement aux côtés des pouvoirs publics et des partenaires

sociaux dans la lutte contre les VHMSS, a été

ponctuée par différentes tables rondes qui avaient pris

place au sein des programmes du CNC, de la CST, de

l’Acid et de l’Afcae. Une façon de saluer et de revenir sur

les 86 propositions concrètes formulées dans le rapport

de la Commission d’enquête présidée par Sandrine

Rousseau. En introduction de la table ronde du CNC,

le 15 mai en présence du député Erwan Balanant,

rapporteur de la commission d’enquête, Gaëtan Bruel a

ainsi salué un travail long et difficile, mais nécessaire. « Il

y a d’ores et déjà un avant et un après : après cette enquête,

plus personne ne pourra ignorer la réalité, l’ampleur d’un

problème systémique, dont l’analyse clinique doit désormais

guider la suite de notre action. »

Quels bilans et avancées ?

Le président du CNC rappelle les mesures prises depuis

2021, à savoir la conditionnalité des aides au respect de

l'obligation de prévention et de lutte contre les VHSS.

Ainsi, 6 700 professionnels ont été formés depuis quatre

ans au sein des filières distribution, production et exploitation

et 5 000 supplémentaires depuis janvier pour les

équipes de tournage. Pour ces derniers, la présence d’un

responsable enfants pour les moins de 16 ans a été rendue

obligatoire, ainsi que celle d’un référent VHSS, tout

comme l’encadrement des castings et le recours à un

coordinateur d’intimité. L’obligation de la formation

sera prochainement étendue aux festivals et aux écoles.

Gaëtan Bruel rejoint les recommandations du rapport

de la commission concernant la mise en place d’un “malus

parité” pour remplacer l’actuel “bonus”, ainsi que les

discussions nécessaires et actives avec les assurances pour

couvrir les interruptions éventuelles de tournages. Enfin,

le CNC travaille sur des pistes pour mieux encadrer les

castings et les agences artistiques.

La salle de cinéma est-elle un lieu sûr ?

L’Afcae, qui travaille sur le sujet des films “abîmés” depuis

un an, avait convié un panel autour de la question des

VHMSS dans l'exploitation. Réfléchir à une série

d’outils à mettre en place, comprendre et identifier les

risques et points de vigilance spécifiques au secteur, tel

était l’objectif de la rencontre – modérée par Fanny de

Casimacker du Collectif 50/50. En préambule, Baptiste

Le Collectif 50/50 et l'Afcae ont organisé la table ronde "Repérer et prévenir les VHSS dans l’exploitation", à Cannes le 21 mai

Heynemann, délégué général de la CST qui propose des

formations spécifiques depuis 2018 en partenariat avec

Egae, martèle que les VHSS concernent toute la société

et pas seulement la culture. « Bien évidemment, le secteur

de la culture est particulièrement concerné puisqu'il y a des

facteurs de risque qui peuvent amplifier certaines situations.

De fait, nous n’allons pas tout résoudre seuls, mais

nous parlons ici d’un sujet prioritaire qui a été pris en main

dans notre filière avec une rapidité spectaculaire » Le délégué

général de la CST invite donc tous les professionnels à

s’emparer du sujet rapidement et à se former gratuitement,

« toutes les demandes sont prises en charge par l’Afdas et

n’imputent pas le budget formation de l’entreprise ».

Les situations de VHMSS identifiées sont en premier

lieu liées à des situations d’emprise et de hiérarchie et

concernent à 90 % les femmes ; et ce quelque soit la taille

de l’entreprise. Pour Elise Mignot, directrice du Café des

images d’Hérouville-Saint-Clair, « dans l'exploitation la

question est moins particulièrement adressée que pour les

tournages, la production ou d’autres maillons, car nous

sommes sur une temporalité totalement différente. » Ainsi

pour l’exploitante, l'aspect métier-passion est un des

facteurs de risque spécifique à la culture et à l’exploitation,

qui peut amener une potentielle victime à vouloir absolument

rester travailler dans ces lieux, même en cas de

harcèlement. Autre facteur dans les cinémas : les amplitudes

horaires très larges des postes et leur précarité –

contrats ponctuels, CDD, temps partiels, bénévoles – ce

qui rend plus difficiles la communication, la coordination

des équipes et leur sensibilisation.

Outre la prévention à l’égard des spectateurs et des

équipes, les signalements lors des tournées de films dans

les salles avec les distributeurs constituent également un

grand enjeu de préoccupation. La panéliste Églantine

Stasiecki, programmatrice chez Jour2fête, témoigne de

la fréquence des situations difficiles avec les talents, dans

des tournées d’avant-premières souvent conséquentes :

« Notre rôle est de faire en sorte qu’elles se passent bien pour

nous comme pour vous ! On se retrouve parfois dans des

situations qui dégénèrent et des comportements qui ne sont

pas tolérables pour nos équipes. ».La programmatrice

rapporte avoir fait un signalement sur un cas précis « d’une

personne abîmante moralement, physiquement, psychologiquement

», et réfléchir depuis à la mise en place d’une

charte ou un cadre entre le distributeur, la production

et les agents artistiques. « Il faudrait que ce soit un engagement

collectif, et que tous les distributeurs soient d’accord

avec cette démarche, surtout les grosses sociétés de distribution

indépendante, pour que cela donne une normalité à

cette clause. »

Les festivals constituent aussi des lieux à risque. Anne

Pouliquen de Futura Cinema, a demandé des formations

spécifiques et a mis en place au Sommet des Arcs des

référents VHSS ; en invitant à la création d’un réseau de

co-référents, moins accaparés par l’organisation du festival

et davantage disponibles.

La sensibilisation par la formation, la présence de référents,

la mise en place de chartes, l’ajout d’une mention ou

clause dans les contrats de travail, les règlements intérieurs

des cinémas sont autant d’outils qu’il est possible de

mettre en place. Pour Elise Mignot, ces actions font partie

du projet culturel de la salle de cinéma. Elle peut montrer

qu’elle incarne ces valeurs par sa programmation, ses

événements, ses supports de communication, la sensibilisation

au public et tout ce qu’elle montre dans son hall.

La salle de cinéma est-elle un lieu sûr ? « Oui, elle l’est et

peut l’être encore plus. Surtout, il nous faut l’afficher et le

montrer pour que les cinémas soient aussi des lieux refuge. »

Marion Delique



Échos de Cannes

NOUVELLES LIGNES POUR

LES ENGAGEMENTS DE PROGRAMMATION

Le CNC a publié, le 9 mai, de nouvelles lignes directrices, qui visent à mieux prendre en compte

les situations spécifiques des exploitants et l'évolution des plans de sortie.

On sait combien les engagements de programmation

– auxquels sont tenus les ententes de programmation et

“gros” exploitants propriétaires – sont controversés et

ont été plus ou moins laissés à l’abandon dans l’après

Covid. L‘accord signé à Cannes en 2016 a été suivi

d’homologations jusqu’en 2018, mais les négociations

professionnelles qui ont suivi ont rendu l’exercice difficile

pour le CNC. En 2022, il a publié des lignes directrices

rappelant le cadre général, et après le rapport Lasserre en

2023, un décret a donné au Président du CNC le pouvoir

de déterminer lui-même les engagements des opérateurs

concernés, dans le cas où leurs propositions n’étaient pas

conformes aux objectifs, à savoir maintenir la diversité

des films et le pluralisme des sociétés.

Il était toutefois devenu nécessaire d’adapter les lignes

de ces engagements aux évolutions récentes de la fréquentation

des salles et des plans de sorties des distributeurs.

Ainsi, pour limiter la multidiffusion, les engagements

des plus gros établissements – de plus de 8 écrans – doivent

désormais se baser, eux aussi, sur un pourcentage de

séances et non plus de nombre d’écrans, et ce quelle que

soit la version du film (VO, 2D, 3D…). Le CNC précise

qu’en « tenant compte de l’équilibre global de la proposition

formulée par l’opérateur, un écart de cinq points pourra être

admis ». Par ailleurs, la limitation s’applique aussi pour

les visas exceptionnels.

Nombre d’écrans

de l’établissement

Par ailleurs, les engagements à diffuser des “films européens

et des cinématographies peu diffusées” concernent

désormais des films sortant sur moins de 120 copies – et

non plus 80 –, quand ceux qui peuvent se soustraire aux

règles sont les films sortant dans moins de 15 salles – et

non plus 25.

Les critères ne changent pas pour le maintien du pluralisme

dans la distribution, mais les engagements de promotion

figurent désormais dans les lignes directrices. Les opérateurs

doivent donc détailler et développer la promotion gratuite

Limitation de la multidiffusion

% maximal de séances

simultanément consacrées

à un même film

% maximal de séances

simultanément consacrées

à plusieurs films

8 et 9 écrans 35 % 65 %

10 et 11 écrans 35 % 60 %

entre 12 et 15 écrans 30 % 55 %

16 écrans 30 % 50 %

17 et 18 écrans 28 % 45 %

19 et 20 écrans 25 % 40 %

21 et 22 écrans 23 % 40 %

23 écrans et plus 20 % 38 %

Source : CNC

et « particulièrement en faveur des films européens et des

cinématographies peu diffusées ».

Selon le CNC, « l’exigence en matière de diversité de l’offre

proposée a été maintenue à un niveau identique à celui de

2022, mais les lignes directrices ménagent désormais la possibilité

de mieux prendre en compte les situations très spécifiques

auxquelles seraient confrontés localement les exploitants ».

Tous les détails sont à retrouver sur le site du CNC.

C.V.

LES RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT SE DÉVOILENT

Pour ses dix ans, le rendez-vous du SDI se

déroulera à Paris, du 17 au 19 juin, en partenariat

avec le Scare.

Le Syndicat des distributeurs indépendants et celui des

cinémas d’art, de répertoire et d’essai s'unissent pour

cette édition, dont ils ont, ensemble, annoncé le programme

lors du déjeuner du Scare à Cannes. Les deux syndicats

tiendront leurs AG respectives le mardi 17 juin à 14h30,

pour lancer les Rencontres qui se dérouleront au Louxor,

au Cinéma des Cinéastes, à la Fémis et au Méliès de

Montreuil, en partenariat avec L’Acrif (Association des

cinémas de recherche d’Île-de-France).

©Cécile Vargoz

Les films

Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar

Hamina (Les Acacias, 06/08/25)

Kontinental’25 de Radu Jude (Météore, 24/09/25)

On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud

Dufeys (Jour2fête)

Palombella Rossa de Nanni Moretti (Malavida, 03/09/25)

La Reconquista de Jonás Trueba (Arizona)

Le Retour du projectionniste d’Orkhan Aghazadeh

(Survivance, janvier 2026)

Sens dessus dessous d’Ēvalds Lācis, Dace Riduze et Inese

Pavēne (Films du Whippet, 16/07/25)

Sorda d’Eva Libertad (Condor, avril 2026)

The Neon People de Jean-Baptiste Thoret (Lost Films, 22/10/25)

La Traque de Meral de Stijn Bouma (L’Atelier Distribution,

octobre 2025), choix du Scare

… et un film surprise le 17 juin, précédé de sessions

de bandes-annonces.

Les tables rondes

Sortir du cadre : comment le digital peut engager le

public au-delà des cinéphiles (animée par Charlotte

Boisson - Agence LuckyTime)

Rencontre avec les pouvoirs publics (plus de détails

à venir)

Le Café des indés :

ateliers sur la responsabilité sociale et environnementale

dans la filière

Scare - Favoriser la venue des publics en situation de

handicap en salles : meilleure communication distributeurs

/ exploitants ?

SDI / CST - Communiquer sur sa démarche RSE

Afcae - Repérer et prévenir les VHSS dans nos cinémas

Acid - Préservons la santé mentale des indépendants !

Dire - Pour une programmation responsable, inclusive

et diversifiée

GNCR / Acrif - Penser une action culturelle partagée

face aux enjeux démocratiques

Séminaire distribution :

ateliers dédiés aux outils pour les sociétés indépendantes

Talent Group / Mediavision : les supports cinéma pour

promouvoir les films indépendants

Webedia Targett + Diversification littéraire : 90 minutes

pour construire sa stratégie digitale

Numéro France : nouveau regard sur les données

de fréquentation

MICAbyDELUXE : la plateforme qui gère les sorties

de la programmation à la livraison

Étienne Ollagnier (co-président du SDI),

Martin Bidou et Christine Beauchemin-

Flot (co-présidents du Scare) lors de la

présentation des Rencontres, au déjeuner

du Scare du 13 mai 2025 à Cannes.

12 N°493 / 28 mai 2025


©ISABELLE NEGREL’AFCAE

©ISABELLE NEGRE

EN AG

Classement art et essai :

le CNC rallonge le budget

La plus grande association d’exploitants art et essai du monde s’est réunie à Cannes pour faire

le bilan d’une année politique mouvementée, mais aussi fêter celle de son 70 e anniversaire, et

de l’entrée en vigueur de la réforme du classement. Le tout en étant encouragée par le CNC.

« Je me sens débordé de gratitude pour vous, pour le rôle que

vous jouez pour des millions de Français », a confessé Gaëtan

Bruel, impressionné devant les 1 000 adhérents de l’Afcae

présents le 12 mai, dans la salle Debussy du Palais. Pour

sa première venue à Cannes, le nouveau président du

CNC a rendu un hommage appuyé aux 70 ans du

mouvement art et essai, qui coïncide avec la première

année d’application de la réforme du classement. Les

propositions des commissions art et essai ont ainsi été

dévoilées, montrant qu’aucune catégorie de salles n’était

perdante, contrairement à certaines craintes [voir ci-contre].

Surtout, Gaëtan Bruel a annoncé une augmentation du

budget art et essai, qui passe de 19 à 19,7 millions d’euros.

« Une très bonne nouvelle » pour le président de l’Afcae

Guillaume Bachy, qui estime que cette somme importante,

« même si elle est insuffisante pour le travail réalisé,

[l’Afcae demandait une enveloppe de 21 millions, ndlr.],

marque une vraie reconnaissance par le CNC de l’engagement

des salles ».

Retour sur 2024

Un engagement qui se traduit par une belle dynamique :

si les films art et essai, avec 42,5 millions d’entrées,

représentent 25 % de part de marché en 2024, celle des

salles classées, de 36,9 %, dépasse son niveau de 2023

(35,2 %) et très largement la moyenne 2015-2019

(30,3 %). Le résultat d’un travail d’animation, de médiation

et d’éditorialisation, celui-là même que l’Afcae

souhaitait voir encouragé par la réforme. Au-delà de ce

“dossier” du classement, l’association a poursuivi son

action politique, particulièrement mobilisée cette année

sur l’éducation artistique et culturelle. Devant la fragilisation

des dispositifs Ma classe au cinéma, l’Afcae demande

notamment la reconnaissance d’une exception “éducation

artistique” et la création d’un fonds dédié à l’éducation

aux images. En parallèle, face à l’importance qu’a prise

le pass Culture [voir aussi p. 16], l’Afcae appelle à un

encadrement de la part collective – plafonner le prix des

places, la réserver à des séances de films art et essai.

Ce qui, selon Guillaume Bachy, « aurait sûrement permis

de ne pas subir le gel brutal des dépenses affectées au pass en

début d’année 2025 ».

Lors de l’assemblée générale de l’Afcae, le directeur

du cinéma au CNC, Lionel Bertinet, a dévoilé les

résultats des commissions art et essai, dans

l’attente de la commission d’appel, et, bien sûr, des

ajustements budgétaires qui seront appliqués. En

prenant en compte les nouveaux critères de la

réforme, près de 1 300 cinémas sont classés et le

total des aides 2025 proposées, avant écrêtement,

passe de 19,8 millions d’euros en 2024 à 20,4 M.

Mais surtout, sachant que la sur ou sous-pondération

des films ne sera appliquée qu’en 2026, il

apparaît que ce sont les catégories de salles D et E

qui pour l’heure bénéficient le plus de la réforme.

Sans écrêtement, elles verraient leurs subventions

augmenter respectivement de 14 % et 12 %. Celles

pour la catégorie A ne changeraient pas, la

catégorie B – qui compte très peu de cinémas

classés – perdrait 7 %, quand la C gagnerait 7 %.

Si la pondération des films avait été appliquée cette

année, le montant pour chaque catégorie de salles

serait quasiment égal à celui de 2024 – avec des

variations de +0,6 % pour la catégorie A, -1,5 %

pour la B, -0,4 % pour la C, 0 % pour la D et +1,1 %

pour la E. Les craintes liées à la réforme, à savoir que

les plus petits cinémas, notamment dans les

territoires ruraux, pourraient être “perdants” sont

N°493 / 28 mai 2025

13


RENCONTRES ART ET ESSAI DE CANNES

donc écartées : « Cette réforme ne crée pas

d'inégalités ou de distorsions entre catégories de

salles », a commenté Lionel Bertinet, ajoutant que «

l'objectif, c'est désormais de procéder le plus vite

possible aux paiements de vos subventions », ce

qui est prévu pour cet été.

©Vega by Cartel

Reste que pour suivre les recommandations des

commissions, l’enveloppe art et essai actuelle ne

suffit pas et doit conduire au fameux écrêtement. «

Pour atténuer un peu plus l'effet de cet ajustement

budgétaire », le président du CNC a donc annoncé

à Cannes une rallonge de 700 000 euros. Le budget

consacré à l’art et essai cette année passe donc de

19 à 19,7 millions d'euros ; une décision prise non

pas par « contrainte », mais par « conviction » selon

Gaëtan Bruel, « parce que l’on croit dans cette

réforme et dans ce que vous portez ».

L'Afcae renouvelle son

conseil d'administration

©ISABELLE NEGRE

La fête des 70 ans de l'Afcae, à Cannes le 13 mai 2025

Le CA a été partiellement renouvelé lors de

l’assemblée générale cannoise, et accueille

désormais :

Myriam Djebour-Ferry (Cinéma Les Carmes, Orléans)

Cerise Jouinot (Cinéma de la Cité, Angoulême)

Maxime Iffour (Cinéma Le Bretagne, Saint-Renan) /

Catherine Mallet (Cinéma La Cascade, Martigues) – ex æquo

Nicolas Milesi (Cinéma Jean Eustache, Pessac)

et Marguerite de Lacotte (Gallia Théâtre Cinéma, Saintes).

Cette élection fait notamment suite au départ de

quatre administrateurs de l’Afcae : celui de Cyril

Désiré, qui était trésorier – et désormais remplacé à

ce poste par Sabine Putorti – d’Anaïs Rinaldi, Cathy

Géry et François Aymé, président de l’association de

2015 à 2022.

Un nouveau président

pour la commission

art et essai

Thomas Janicot, nommé le 30 avril, succéde à

Angélique Delorme à la présidence de la

commission art et essai, dont il était auparavant

vice-président. Il officie par ailleurs comme maître

des requêtes au Conseil d’État et rapporteur public

à la 1 e chambre de sa section contentieux. À la

commission art et essai, il sera accompagné d’Anne

Redondo comme vice-présidente.

Par ailleurs, dans le contexte de la baisse générale de la

fréquentation et des tensions sur les plans de sortie, l’Afcae

a intensifié son travail de concertation avec le Médiateur

du cinéma, en insistant sur la nécessité de mieux prendre

en compte l’historique des salles, parfois privées de films

« au profit d’autres pour qui l’art et essai est principalement

une démarche opportuniste ». Dans le même sens, l’Afcae

a demandé au CNC d’examiner une approche plus locale

des engagements de programmation – dont les nouvelles

lignes ont été annoncées la veille de cette AG [voir p.12].

La concertation avec les distributeurs est essentielle et

l’Afcae – qui a organisé en fin d’année une réunion avec

leurs trois syndicats – plaide pour « un accord établi au

moment de la programmation d’un film, spécifiant une

durée et un nombre global de séances sur la durée d’exploitation,

plus adapté que des formules standardisées qui ne

tiennent pas compte des spécificités des salles ».

Des actions et une communication

renforcées

Sur son travail en direction des publics, l’Afcae a développé

son opération “Coup de Cœur Surprise” – à laquelle 200

salles ont participé contre 150 l’année précédente –, la

coordination de Étudiant·es au cinéma – dans 5 régions

et pour plus de 6 000 étudiants – et s’est vu confier celle

du nouveau dispositif “Ambassadeurs jeunes” par le CNC.

Sans oublier, bien sûr, des événements comme le Festival

Télérama – avec une fréquentation en hausse de 41 %

en 2024 par rapport à l’année d’avant.

NOUS AVONS

BESOIN

DE COLLECTIF,

DE CULTURE ET

D’ART POUR VIVRE

Guillaume Bachy

Sur la communication, au-delà des outils et documents

pour ses adhérents, l’Afcae a reconduit ses partenariats

avec LuckyTime, Boxoffice Pro, Access Dynamic, Ciné

Society et Cinégo. Le partenariat avec AlloCiné pour la

page Les Indés a été un succès – 1,33 M de personnes

touchées, soit 112% des objectifs atteints – mais n’a pas

été reconduit pour raisons budgétaires. L’Afcae se concentre

sur la refonte ambitieuse de son site internet, qui sera

finalisée en 2026. Il s’agit de tout regrouper, avec une

base de données et un moteur de recherche sur tous les

films, l’ajout de nouvelles fonctionnalités (agenda des

14 N°493 / 28 mai 2025


… et des valeurs à défendre

Un travail quotidien qui s’inscrit bien sûr dans un contexte

général d’inquiétudes pour la filière, et au-delà. L’année

politiquement mouvementée a abouti à des arbitrages et

des retards budgétaires, tant au niveau national que local

– sur 28 associations territoriales questionnées par l’Afcae,

23 prévoient des coupes sur leur programme d’activités

ou leur fonctionnement.

©ISABELLE NEGRE

Les priorités de

Gaëtan Bruel

sorties, carte et annuaire des adhérents...) et des espaces

privés pour les exploitants et les membres du collège de

recommandation. Par ailleurs, pour 2025, Guillaume

Bachy propose un nouveau jingle “art et essai” à projeter

devant tout film soutenu : « simple et efficace, pour redonner

de l’éclat et de la visibilité à notre mouvement ».

Dans son rapport moral, Guillaume Bachy a aussi rappelé

qu’en avril dernier, un amendement a été déposé par

plusieurs députés pour demander l’abrogation du CNC

et son intégration à la Direction générale des Médias et

des Industries culturelles. L’amendement a été rejeté par

88 voix contre 39, « un vote en demi-teinte qui ne nous

rassure pas ». Ce qui fait dire au président qu’à un an des

élections municipales et à deux des présidentielles, « il est

de mon devoir de mener au sein du conseil d’administration

de l’Afcae un travail de réflexion sur notre position dans le

cas d’un changement brutal des politiques culturelles locales

et nationales », en particulier « si un parti arrivait au pouvoir

en portant un programme contraire aux valeurs du mouvement

art et essai ».

Des valeurs qui se sont notamment exprimées dans la

période récente, et notamment à Cannes. Face aux

violences morales et sexuelles commises dans le cinéma,

l’Afcae a salué avec force le rapport de la commission

d’enquête de l’Assemblée nationale. Et dans un monde

marqué par les guerres et la montée des populismes, les

salles art et essai se revendiquent, plus que jamais, comme

des espaces essentiels de pluralisme, de transmission et

de dialogue. « Parfois, peut-être comme moi, face à votre

grille de programmation, vous vous interrogez sur l’intérêt

de continuer à vous battre pour une séance de moins ou un

film de plus. » Mais pour le président de l’Afcae, « nous

avons besoin de collectif, de culture et d’art pour vivre. Tout

cela n’est pas vain. Cela ne changera pas le monde, mais ça

peut le rendre meilleur ».

Cécile Vargoz

©ISABELLE NEGRE

Le président du CNC s’adressant aux exploitants art et

essai, le 12 mai 2025

En revenant sur son parcours personnel, qui lui a

permis de découvrir le cinéma au Diagonal de

Montpellier, avec sa classe quand il était lycéen, le

président du CNC a insisté sur le rôle essentiel des

salles art et essai dans la formation. Pour lui, le

discours du patron de Netflix Ted Sarandos, selon

lequel la salle de cinéma serait aujourd’hui

supplantée par le streaming, est un « contresens

historique majeur. Ceux qui sont abonnés aux

plateformes sont aussi ceux qui vont le plus au

cinéma, et la vraie concurrence est ailleurs ».

Sachant que 57 % de la génération Z préfèrent le

visionnage de vidéos sur les réseaux sociaux que de

films sur petit ou grand écran, « l'enjeu commun et

le plus grand, c'est de former une nouvelle

génération de spectateurs, c'est d'inventer un

autre rapport aux écrans, face à ce qui est un outil

d'enfermement, voire de manipulation ».

Il s’agit d’un enjeu civilisationnel pour Gaëtan Bruel,

et il faut à ce titre « refonder » les dispositifs

d’éducation à l’image. Si l’on attend les résultats de

la mission Geffray pour le mois de juin, le président

du CNC a assuré que ses propositions sont « très

ambitieuses et très ingénieuses », et devraient

permettre de redéfinir l'engagement des

collectivités et des enseignants. Il ne s'agit pas de

mettre de côté Ma classe au cinéma, qui reste « la

plus belle réussite de l’éducation artistique et

culturelle », mais d’en faire « quelque chose de

différent ». Et pour « accompagner la vitalité de la

pensée cinéphile », Gaëtan Bruel a aussi cité la

commission créée au CNC pour soutenir des projets

de livres et de revues de cinéma.

Mais le « vrai motif d'inquiétude » du président du

CNC concerne la diffusion des films en général. La

politique de soutien à la production n’a de sens que

« si les films trouvent leur public et, surtout, ont le

temps de s’installer ». Dans la période de tensions

actuelle, il a insisté sur le comité de concertation

paritaire exploitants-distributeurs, pour mieux

définir les pratiques. La première réunion a eu lieu

le 9 mai et Gaëtan Bruel fait « le pari que nous

trouverons des solutions par la concertation

plutôt que par la contrainte. Mais si cette

démarche n’aboutit pas, je prendrai mes

responsabilités et le CNC jouera son rôle ».

Les adhérents ont pu se retrouver dans un joli jardin cette année, et y rencontrer les partenaires de l'Afcae

C.V.

N°493 / 28 mai 2025

15


RENCONTRES ART ET ESSAI DE CANNES

PASS CULTURE ET ART ET ESSAI :

POUR QUE LES JEUNES DEVIENNENT CONTRIBUTEURS

Lors d’une rencontre avec l’Afcae à Cannes, la présidente du pass Culture et ses équipes ont mis

l’accent sur les actions en faveur de l’art et essai, pour et surtout par les jeunes.

©Cécile Vargoz

Cinéma sur le pass Culture

1 926 cinémas inscrits sur le pass Culture dont 1

110 classés art et essai

Laurence Tison-Vuillaume, présidente de la société pass Culture, aux côtés de Guillaume Bachy, président de l’Afcae, et

des référents régionaux pass Culutre

« Notre objectif, c’est de devenir acteur d’une politique

publique d’accès à la culture pour tous les jeunes », a réaffirmé

Laurence Tison-Vuillaume à Cannes, auprès des adhérents

de l’Afcae et des représentants de la FNCF. Mais la

nouvelle présidente de la SAS pass Culture a surtout

insisté pour que le dispositif « permette aux jeunes de

devenir de véritables contributeurs ». Il s'agit d’une « mue

pour le pass Culture », qui doit notamment favoriser l’art

et essai. Le partenariat avec l’Afcae est à ce titre « un socle

crucial » selon la présidente, qui a rappelé qu’aujourd’hui,

les cinémas classés représentent plus de la moitié de ceux

référencés sur le pass. Sans s’attarder sur le gel de la part

collective, Laurence Tison-Vuillaume s’est réjouie de la

progression très rapide, sur la part individuelle, des

réservations des séances dédiées à l’art et essai (+40,7 %

en un an).

Saluant le travail de médiation des exploitants, la présidente

s’est engagée à resserrer encore plus les liens avec

« le réseau exceptionnel » qu’ils représentent, et ce grâce à

l'implication des jeunes.

C’est notamment ce qui se passe à Cannes chaque année,

où de jeunes “envoyés spéciaux” du pass Culture visionnent

les films des Rencontres art et essai et choisissent de

défendre leur Coup de cœur – cette année Météors

d’Hubert Charuel – auprès de leurs pairs. La prescription

passe aussi par le Ciné club du pass Culture, qui rassemble

58 jeunes répartis sur tout le territoire. Chaque mois, ils

visionnent en amont les films recommandés par le comité

15-25 de l’Afcae et le GNCR – grâce aux distributeurs

qui leur adressent des liens de visionnage privés ou les

invitent aux projections de presse et avant-premières. Les

membres du Ciné club rédigent leurs avis qui sont

valorisés sur l’application et ses réseaux sociaux. Ils sont

également accompagnés par des journalistes du Monde

et participent à des rencontres en ligne avec des professionnels

du cinéma tout au long de l’année.

Deux itinéraires pass Culture : L’Histoire

de Souleymane et Mon gâteau préféré

L’an dernier à Cannes, huit jeunes ont attribué leur "Coup

de cœur du jury pass Culture" à L’Histoire de Souleymane,

montré aux Rencontres Afcae. Ils ont discuté des enjeux

du secteur avec Roxane Arnold, directrice de la distribution

chez Pyramide, pour ensuite accompagner le film

sur les réseaux sociaux, via des post dédiés au prix du

jury sur Instagram et LinkedIn, la diffusion de leur

rencontre avec Abou Sangaré et Boris Lojkine sur Instagram

et TikTok, ou encore l’intégration du film dans la vidéo

"3 films à voir au cinéma" sur Instagram. Ces formats

ont été relayés sur la page d’accueil de l'appli elle-même,

où les avant-premières ont été valorisées, dans la sélection

"en ce moment sur grand écran", tandis que les séances

étaient mises en avant dans la rubrique “les films art et

essai”. La page d’accueil proposait également un jeu

concours permettant de gagner des places pour le film.

Roxane Arnold, présente à ce “rendez-vous des exploitants

art et essai”, a reconnu l’importance de ce travail « qui a

permis à L’Histoire de Souleymane de toucher beaucoup

plus de jeunes que prévu ».

Même satisfaction de la part de Domitille Ottin-Pecchio,

programmatrice chez Arizona, pour le soutien à Mon

gâteau préféré, auquel le Ciné club du pass a décerné sa

mention coup de cœur aux Rencontres du SDI en 2024.

Cette fois, c’est après avoir délibéré avec Juliette Grimont,

programmatrice au Gyptis à Marseille, que les jeunes

ont élu ce film… qui met en scène des personnes âgées.

En janvier 2025, dans le cadre du temps fort du pass sur

les “métiers des arts et de la culture”, les jeunes ont pu

débattre par visio avec les réalisateurs Maryam Moghadam

et Behtash Sanaeeha, connectés en direct de Téhéran où

ils sont bloqués. Cette rencontre a ensuite été postée sur

les réseaux sociaux et la page d’accueil du pass, avec, là

encore, une valorisation des séances, un jeu concours

appuyé par des notifications push, et l’ajout du logo pass

Culture sur l’affiche et la bande annonce du film.

Cécile Vargoz

Volet individuel (2024)

7,2 millions d’entrées (+1,7 % par rapport à 2023)

en comptant les entrées“duo” et les cartes

3 millions de réservations (+20,4 % vs 2023)

dont 664 000 dans des salles art et essai (+40,7 %

vs 2023)

1,41 million de jeunes ont réservé

(+11,9 % vs 2023)

Volet collectif (2024 -2025)

31 600 réservations (+2 %)

dont 22 500 dans des cinémas art et essai (+ 3 %)

dont 14 300 s'intègrent à un dispositif tel que

Collège, Lycéens et apprentis au cinéma (+9,5 %)

2,17 millions d'élèves concernés (+1,5 %)

1,53 million dans des cinémas art et essai (+2 %)

Un partenariat renforcé

avec l’Afcae

À l’occasion des 70 ans de l’Afcae, les actions de

médiation seront renforcées, sur la part individuelle du

pass Culture, pour proposer à tous les jeunes un véritable

parcours vers le cinéma art et essai. Les deux structures

ont ainsi annoncé, à la fin du Festival, des mesures

conjointes renforcées :

- le pass Culture référencera et valorisera l’ensemble

des séances labellisées “70 ans de l’Art et Essai”, tout au

long de l’année, au cours desquelles les exploitants

dialogueront avec le public sur les valeurs de l’art et essai

et la forme des œuvres.

- les projets faisant appel à la contribution des

jeunes bénéficiaires et à leur participation active

seront particulièrement accompagnés

- les jeunes membres du Ciné Club du pass

Culture seront mobilisés dans une logique de montée

en compétence et plus largement les échanges entre

jeunes et professionnels seront multipliés. Une

communication sur l’art et essai vu par les jeunes

sera également réalisée à l’occasion des projections

anniversaires de l’Afcae.

16 N°493 / 28 mai 2025


TABLE RONDE : QUEL MARCHÉ POUR L’ART ET ESSAI…

ICI ET AILLEURS ?

L’avenir du marché du cinéma passe par la

diversité : c’est ce que l’on retiendra de l’échange

organisé par l’Afcae pendant ses rencontres

cannoises, où les intervenants ont rappelé

l'importance des salles art et essai, mais aussi

celles des films… qui manquent cruellement

au marché américain.

©ISABELLE NEGRE

En France, on sait que les films art et essai représentent

25 % du marché et que, face à la baisse des films américains

– en nombre de titres mais aussi en entrées –, de

plus en plus de salles programment des films recommandés

porteurs. « Cela crée des tensions fortes entre exploitants »,

a rappelé Guillaume Bachy, d’autant plus dans la période

creuse actuelle. Si les exploitants français espèrent « retrouver

une linéarité de l'offre », les Américains, eux, espèrent

retrouver tout simplement une offre. « Pour la première

fois cette année au CinemaCon, soit la grand-messe du

cinéma mainstream à Las Vegas, l’exemple français a été

cité non plus comme une démarche exotique, mais comme

un modèle », témoigne Julien Marcel, PDG de Cine

Group, KLS et Boxoffice Pro. En effet, on pouvait penser

que la baisse du marché américain est liée au Covid et

conjoncturelle ; or elle a débuté il y a une vingtaine

d’années. En 2019, le box-office US, exprimé en dollars,

semblait se porter à merveille. Mais en termes d’entrées,

la fréquentation aux États-Unis est passée de 1,575

milliard de billets en 2002 à 1,225 en 2019, soit une

baisse de 23 %, quand celle des cinémas français a

progressé de 15 %. « Le problème est donc structurel, et,

selon les professionnels américains eux-mêmes, lié à l'absence

de chronologie des médias et de diversité des films. »

Sonnette d’alarme aux États-Unis…

Lors du dernier CinemaCon, une corrélation a été établie

entre la durée d’exclusivité salles et leur taux de reprise

par rapport à l’avant-Covid : les pays où la fenêtre salle

est la plus courte – soit les États-Unis avec moins de 40

jours – ont proportionnellement mis plus de temps à

retrouver leur public que ceux où elle est la plus longue

– la France avec ses 120 jours –, sachant que les autres

pays européens sont entre 60 et 80 jours. Mais le marché

américain manque avant tout de diversité, sachant que

les cinq plus gros studios concentrent 80 % de la fréquentation

– contre environ 45 % en France. Julien Marcel

cite le cas de la sortie de Vaiana 2, « pour lequel on a pu

compter jusqu’à 15 séances par jour dans l’un des plus grands

multiplexes français… et 70 dans le même type de cinéma

aux États-Unis ». Les professionnels américains en prennent

conscience, comme le patron de Sony, Tom Rothman,

qui soulignait récemment que les studios ne produisent

plus que des films associés à une IP, soit une marque, en

pensant rassurer le public. « Or le public cherche autre

chose. » Autre signe : l’ancien président de la fédération

des cinémas américains (Cinema United), John Fithian,

a développé une plateforme permettant de distribuer des

films indépendants. Mais quels films ? Aujourd'hui, même

ceux qui sont montrés à Sundance ne sont quasiment

plus distribués en salles, la plupart des films indépendants

américains étant produits par et pour les plateformes.

« Les seules exceptions, actuellement, sont les films religieux,

qui rencontrent un succès en salles grâce à un mode de

distribution alternatif et un marketing ciblé », pointe Julien

Marcel, pour qui le constat est clair : « Aujourd’hui, le

cinéma ne fait plus partie de la pop culture américaine. »

De gauche à droite : Florian Salazar-Martin (vice-président de la Fédération Nationale des Collectivités territoriales pour la Culture),

Nadège Lauzzana (présidente de l’ADRC), Guillaume Bachy (président de l’Afcae), Julien Marcel (président de Cine Group et KLS, éditeur de Boxoffice Pro),

Mirana Rakotozafy (directrice de la distribution à Tandem) et Sandra da Fonseca (productrice à Blue Monday Productions)

ENTRE 2002 ET 2019,

LA FRÉQUENTATION DES

CINÉMAS AMÉRICAINS A

BAISSÉ DE 23 % : C’EST UN

PROBLÈME STRUCTUREL,

LIÉ AVANT TOUT AU

MANQUE DE DIVERSITÉ

DES FILMS

Julien Marcel

…et un besoin de soutien réaffirmé en

France

On est loin de cette situation en France, où on a encore

une production indépendante, comme en a témoigné

Sandra da Fonseca, productrice de Nino, présenté cette

année à la Semaine de la Critique et aux Rencontres

Afcae. « Quand on met six ans à monter un projet comme

celui-là, on ne se pose pas trop la question du marché, mais

celle de proposer un regard nouveau et singulier. » Et si la

productrice se félicite du système de soutien français, elle

se dit plus libre quand elle a peu d’argent : elle a produit

Jeune femme de Léonor Serraille avec 600 000 euros, qui

au final a eu la Caméra d’or. « Quand je fais un film, je

pense au public mais pas aux exploitants : leur travail est

de faire le pari avec nous et le distributeur, et on arrive

souvent à conjuguer succès et exigence. »

Du côté de la distribution, Mirana Rakotozafy explique

que Tandem a eu « le soutien des exploitants art et essai

dès le début » et travaille avec eux dans une confiance

extraordinaire. « Nous connaissons chacun les films et

le marché, et ce n'est pas le nombre de séances qui compte,

ni forcément l’accès en S1, mais notre accompagnement des

œuvres. » Elle déplore toutefois un calendrier des sorties

déséquilibré, qui décourage de sortir des films de jeunes

auteurs, notamment en automne.

L’ADRC permet toujours un accès aux films partout sur

le territoire, principalement art et essai (91 % de ses

circulations), et de plus en plus pour des titres distribués

sur moins de 80 copies. Son intervention reste nécessaire

malgré la fin des VPF, et « on voit même notre part

progresser », souligne la présidente Nadège Lauzzana,

citant une hausse de 11 % des entrées entre 2023 et 2024

sur les films accompagnés par l'Agence – et une moyenne

de 40 spectateurs par séance accompagnée. L'autre rôle

pilier de l’ADRC étant d’accompagner le développement

du parc, notamment pour plus d’écrans et plus de confort.

Le rôle des collectivités à cet égard reste majeur, confirme

Florian Salazar-Martin, élu à Martigues et président de

la Fédération nationale des collectivités territoriales pour

la culture (FNCC). Il insiste sur la place des salles et des

films art et essai comme espaces de dialogue et sur

l’importance d’impliquer les élus dans leur promotion,

ce qui est notamment l’objet du guide publié par la

FNCC, présenté à Cannes. « Beaucoup d’élus n’interviennent

pas, pensant que c’est le marché qui régule. Or le marché

n’est pas extérieur à la politique. »

Et le cinéma art et essai, lui, n’est pas extérieur au marché

mais en est une composante essentielle, rappelle Julien

Marcel. Et s’il fallait confirmer l'intelligence naturelle

des exploitants français : « Quand l’un des plus grands

circuits européens, Vue International, a eu recours à une IA

pour programmer ses salles, il a proposé 50 % de films de

plus que ses concurrents. »

Cécile Vargoz

N°493 / 28 mai 2025

17


LAS PALMERAS ET NOLITA PRÉSENTENT

CET ÉTÉ, LES ENFANTS SE REBELLENT !

GÉRARD

JUGNOT

MAXIME

GASTEUIL

PHOTO : EDDY BRIÈRE

UN FILM DE ÉDOUARD PLUVIEUX

JULIEN PESTEL MANON AZEM ROXANE BARAZZUOL ROMAN ANGEL

AVEC LA PARTICIPATION DE BERNARD FARCY ET DE ZABOU BREITMAN

© 2025 – LAS PALMERAS – NOLITA – PATHÉ FILMS – STUDIO TF1 – M6 FILMS – ELEPHANT STORY – ELEPHANT ADVENTURES

VISA N°161.919 – TOUS DROITS RÉSERVÉS – DÉPOT LÉGAL – 2025


LAS PALMERAS ET NOLITA PRÉSENTENT

MUSIQUE ORIGINALE ALEXIS RAULT IMAGE JULIEN HIRSCH – AFC MONTAGE MAËL LENOIR SON EDDY LAURENT SAMY BARDET FRANÇOIS FAYARD THIERRY LEBON 1 ER ASSISTANT RÉALISATEUR BENJAMIN BLANC SCRIPTE VÉRONIQUE GARBARINI CASTING BÉATRIZ COUTROT DÉCORS MATHIEU JUNOT CASCADES HUGO BARILLER STORYBOARD MICHEL DORÉ

COSTUMES CAMILLE RABINEAU MAQUILLAGE SABINE FEVRE COIFFURE CÉLINE VAN HEDDEGEM DIRECTEUR DE PRODUCTION BRUNO MORIN RÉGISSEUR GÉNÉRAL DOMINIQUE DUBREUIL DIRECTION DE LA POST-PRODUCTION FLAMINGOZ – AURÉLIEN ADJEDJ PRODUIT PAR BENJAMIN DEMAY MATHIEU AGERON MAXIME DELAUNEY ROMAIN ROUSSEAU

COPRODUIT PAR ARDAVAN SAFAEE POUR PATHÉ COPRODUIT PAR NATHALIE TOULZA MADAR ET MIKAEL GOVCIYAN POUR STUDIO TF1 UNE COPRODUCTION LAS PALMERAS NOLITA PATHÉ STUDIO TF1 M6 FILMS LOGICAL CONTENT VENTURES ELEPHANT STORY ELEPHANT ADVENTURES AVEC LA PARTICIPATION DE NETFLIX M6 W9

AVEC LE SOUTIEN DU CNC ET DE LA SACEM DISTRIBUTION PATHÉ - STUDIO TF1

© 2025 – LAS PALMERAS – NOLITA CINEMA – PATHÉ FILMS – STUDIO TF1 – M6 FILMS – ELEPHANT STORY – ELEPHANT ADVENTURES

VISA N°161.919 – TOUS DROITS RÉSERVÉS – DÉPOT LÉGAL – 2025

©2024 Disney Enterprises, Inc.

SYNOPSIS

Jonas et Gabi, 9 et 11 ans, passent le week-end avec leurs parents dans un

gite isolé au milieu d’une forêt. À peine arrivés, les deux enfants décident

de faire le mur, seuls en pleine nature, et vont surprendre deux malfrats

aussi stupides que dangereux en train de faire exploser une antenne relais

pour couper le réseau. Se lance alors une course poursuite effrénée

où pour leur échapper, les deux enfants vont devoir transformer leur

gîte en une véritable forteresse de pièges et obstacles.

MATÉRIEL DISPONIBLE

FILM ANNONCE

À DIFFUSER AVANT

LE 18 JUIN AU CINÉMA

EXCLUSIVEMENT AU CINÉMA

MAI 2025

1’32

AFFICHES & AFFICHETTES

ET TOUS LES FILMS

D’ANIMATION DE L’ÉTÉ

PLV TOTEM

GÉRARD

JUGNOT

LAS PALMERAS ET NOLITA PRÉSENTENT

GÉRARD

JUGNOT

MAXIME

GASTEUIL

CET ÉTÉ, LES ENFANTS SE REBELLENT !

CET ÉTÉ, LES ENFANTS SE REBELLENT !

CET ÉTÉ, LES ENFANTS SE REBELLENT !

GÉRARD

JUGNOT

MAXIME

GASTEUIL

LAS PALMERAS ET NOLITA PRÉSENTENT

MAXIME

GASTEUIL

PHOTO : E DY BRIÈRE

PHOTO : EDDY BRIÈRE

PHOTO : E DY BRIÈRE

JULIEN PESTEL MANON AZEM ROXANE BARAZZUOL ROMAN ANGEL

MUSIQUE ORIGINALE ALEXIS RAULT IMAGE JULIEN HIRSCH – AFC MONTAGE MAË LENOIR SON E DY LAURENT SAMY BARDET FRANÇOIS FAYARD THIE RY LEBON 1 ER A SISTANT RÉALISATEUR BENJAMIN BLANC SCRIPTE VÉRONIQUE GARBARINI CASTING BÉATRIZ COUTROT DÉCORS MATHIEU JUNOT CASCADES HUGO BARI LER STORYBOARD MICHEL DORÉ

COSTUMES CAMI LE RABINEAU MAQUI LAGE SABINE FEVRE COI FURE CÉLINE VAN HE DEGEM DIRECTEUR DE PRODUCTION BRUNO MORIN RÉGI SEUR GÉNÉRAL DOMINIQUE DUBREUIL DIRECTION DE LA POST-PRODUCTION FLAMINGOZ – AURÉLIEN ADJEDJ PRODUIT PAR BENJAMIN DEMAY MATHIEU AGERON MAXIME DELAUNEY ROMAIN ROU SEAU

COPRODUIT PAR ARDAVAN SAFA E POUR PATHÉ COPRODUIT PAR NATHALIE TOULZA MADAR ET MIKAEL GOVCIYAN POUR STUDIO TF1 UNE COPRODUCTION LAS PALMERAS NOLITA PATHÉ STUDIO TF1 M6 FILMS LOGICAL CONTENT VENTURES ELEPHANT STORY ELEPHANT ADVENTURES AVEC LA PARTICIPATION DE NETFLIX M6 W9

AVEC LE SOUTIEN DU CNC ET DE LA SACEM DISTRIBUTION PATHÉ - STUDIO TF1

AVEC LA PARTICIPATION DE BERNARD FARCY ET DE ZABOU BREITMAN

UN FILM DE ÉDOUARD PLUVIEUX

JULIEN PESTEL MANON AZEM ROXANE BARAZZUOL ROMAN ANGEL

AVEC LA PARTICIPATION DE BERNARD FARCY ET DE ZABOU BREITMAN

SCÉNARIO DE OLIVIER DUCRAY ET ÉDOUARD PLUVIEUX

UN FILM DE ÉDOUARD PLUVIEUX

SCÉNARIO DE OLIVIER DUCRAY ET ÉDOUARD PLUVIEUX

JULIEN PESTEL MANON AZEM ROXANE BARAZZUOL ROMAN ANGEL

AVEC LA PARTICIPATION DE BERNARD FARCY ET DE ZABOU BREITMAN

© 2025 – LAS PALMERAS – NOLITA CINEMA – PATHÉ FILMS – STUDIO TF1 – M6 FILMS – ELEPHANT STORY – ELEPHANT ADVENTURES

VISA N°161.919 – TOUS DROITS RÉSERVÉS – DÉPOT LÉGAL – 2025

UN FILM DE ÉDOUARD PLUVIEUX

SCÉNARIO DE OLIVIER DUCRAY ET ÉDOUARD PLUVIEUX

© 2025 – LAS PALMERAS – NOLITA CINEMA – PATHÉ FILMS – STUDIO TF1 – M6 FILMS – ELEPHANT STORY – ELEPHANT ADVENTURES

VISA N°161.919 – TOUS DROITS RÉSERVÉS – DÉPOT LÉGAL – 2025

MUSIQUE ORIGINALE ALEXIS RAULT IMAGE JULIEN HIRSCH – AFC MONTAGE MAË LENOIR SON E DY LAURENT SAMY BARDET FRANÇOIS FAYARD THIE RY LEBON 1 ER A SISTANT RÉALISATEUR BENJAMIN BLANC SCRIPTE VÉRONIQUE GARBARINI CASTING BÉATRIZ COUTROT DÉCORS MATHIEU JUNOT CASCADES HUGO BARI LER STORYBOARD MICHEL DORÉ

COSTUMES CAMI LE RABINEAU MAQUILAGE SABINE FEVRE COI FURE CÉLINE VAN HE DEGEM DIRECTEUR DE PRODUCTION BRUNO MORIN RÉGI SEUR GÉNÉRAL DOMINIQUE DUBREUIL DIRECTION DE LA POST-PRODUCTION FLAMINGOZ – AURÉLIEN ADJEDJ PRODUIT PAR BENJAMIN DEMAY MATHIEU AGERON MAXIME DELAUNEY ROMAIN ROU SEAU

COPRODUIT PAR ARDAVAN SAFA E POUR PATHÉ COPRODUIT PAR NATHALIE TOULZA MADAR ET MIKAEL GOVCIYAN POUR STUDIO TF1 UNE COPRODUCTION LAS PALMERAS NOLITA PATHÉ STUDIO TF1 M6 FILMS LOGICAL CONTENT VENTURES ELEPHANT STORY ELEPHANT ADVENTURES AVEC LA PARTICIPATION DE NETFLIX M6 W9

AVEC LE SOUTIEN DU CNC ET DE LA SACEM DISTRIBUTION PATHÉ - STUDIO TF1

ORGANISEZ VOS AVANT-PREMIÈRES

DÈS LE 29 JUIN

Contactez dès à présent les centres de loisirs proches de chez vous

LE 6 AOÛT AU CINÉMA


Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S22

28 MAI

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

DAMNED DISTRIBUTION ANOTHER END 01h58 P.Messina G.García Bernal, R.Reinsve, B.Bejo

ART HOUSE CHIME 00h45 K.Kurosawa M.Yoshioka, S.Kohinata, T.Tabata

PAN DISTRIBUTION DIPLODOCUS 01h33 W.Wawszczyk J.Wanderer, T.Baranowski, R.Butera

UFO DISTRIBUTION ELSE 01h42 T.Emin M.Sampeur, E.Proust, L.Minamoto

METROPOLITAN FILMEXPORT HOT MILK 01h32 R.Lenkiewicz E.Mackey, F.Shaw, V.Perez

PATHÉ LIVE J-HOPE TOUR 'HOPE ON THE STAGE' IN JAPAN : LIVE VIEWING 03h00 HYBE J-Hope

FRIDAY ENTERTAINMENT KHALEJA 02h44 T.Srinivas M.Babu, A.Shetty, P.Raj

STUDIOCANAL LA MITAD DE ANA 01h29 M.Nieto M.Nieto, N.Biscayart, G.Oms

PATHÉ LIVE LE BARBIER DE SÉVILLE (METROPOLITAN OPERA) 03h35 G.Sagripanti et S.Vizioli A.Zhilikhovsky, A.Akhmetshina, J.Swanson

TAMASA DISTRIBUTION LE PEUPLE MIGRATEUR 01h38 J.Perrin et J.Cluzaud Vögel

CARLOTTA FILMS LILI MARLEEN 02h01 R.Fassbinder H.Schygulla, G.Giannini, M.Ferrer

KMBO L'ULTIME BRAQUAGE 01h50 F.Hviid G.Dyekjaer Giese, R.Kateb, A.Collin

ÉMOTIONS DISTRIBUTION MONSIEUR CONSTANT 01h48 A.Simon J.Drouot, Cali, D.Evenou

PATHÉ LIVE PEPPA RENCONTRE LE BÉBÉ, AU CINÉMA 01h05

FRIDAY ENTERTAINMENT SAUNKAN SAUNKANAY 2 02h27 S.Kang S.Mehta, A.Virk, N.Khaira

NOUVEL OEIL SUR LE MONDE SHIMLA, UNE FUGUE DES TEMPS MODERNES 01h18 J.Reboul et V.Guillomon

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR THE PHOENICIAN SCHEME 01h41 W.Anderson B.Del Toro, M.Threapleton, M.Cera

S23

4 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

8½ DISTRIBUTION 3 ÈME ŒIL 01h56 T.Becquet-Genel Z.Bensimon, J.Vidal, V.Moinet

ART HOUSE CLOUD 02h03 K.Kurosawa M.Suda, K.Furukawa, D.Okudaira

LES FILMS DE L'ATALANTE DANS LA PEAU 01h40 P.Tessaud

METROPOLITAN FILMEXPORT DE L'UNIVERS DE JOHN WICK : BALLERINA 02h04 L.Wiseman A.de Armas, K.Reeves, I.McShane

DESTINY FILMS FRAGMENTS D'UN PARCOURS AMOUREUX 01h35 C.Barreau R.Zlotowski, A.Mouglalis, A.Berest

CONDOR DISTRIBUTION FREUD, LA DERNIÈRE CONFESSION 01h50 M.Brown A.Hopkins, M.Goode, L.Fries

BOBINE FILMS HORIZONTE 02h05 C.Acevedo C.Cataño, P.García, E.Duran Galindo

LES ACACIAS ILS VONT TOUS BIEN 02h07 G.Tornatore M.Mastroianni, S.Cascio, L.Gullotta

SURVIVANCE JARDIN D'ÉTÉ (THE FRIENDS) 01h53 S.Sōmai R.Mikuni, C.Awashima, A.Emoto

VRAIVRAI FILMS LA TERRE DES VERTUS 01h32 V.Lapize

TANDEM LE RÉPONDEUR 01h42 F.Godet S.Cissé, D.Podalydès, A.Atika

ALPES PROVENCE FILMS LES DERNIÈRES GRANDES TRANSHUMANCES 01h08 R.Mannent et C.Baile H.Aufray

CINÉMA SAINT-ANDRÉ DES ARTS L'ÉTÉ DE JOE, LIZ ET RICHARD 01h26 S.Naitza

SINGULARIS FILMS SAUVE QUI PEUT 01h38 A.Poukine

NIGHT ED FILMS THUG LIFE 02h30 M.Ratnam K.Haasan, T.Krishnan, Nassar

S24

11 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

CARLOTTA FILMS A NEW OLD PLAY 03h00 J.Qiu Y.Sicheng, G.Nan, Q.Zhimin

DIAPHANA DISTRIBUTION A NORMAL FAMILY 01h49 J.Hur S.Kyung-gu, J.Dong-gun, H.Kim

MALAVIDA FILMS BEING BO WIDERBERG 01h45 J.Asp et M.Nohrborg

MALAVIDA FILMS

BO WIDERBERG, L'ESSENTIEL (11 FILMS)

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE CRASSE 02h07 L.Carmoon S.Lightfoot Leon, H.Squires, J.Quinn

LES FILMS DES DEUX RIVES D’ABDUL À LEILA 01h30 L.Albayaty

SONY PICTURES RELEASING FRANCE DEMON SLAYER - KIMETSU NO YAIBA - LE FILM : LE TRAIN DE L'INFINI 01h57 H.Sotozaki N.Hanae, A.Kito, Y.Matsuoka

MEMENTO DIFFÉRENTE 01h40 L.Doillon J.Beth, T.Evrard, M.Perrier

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DRAGONS 02h05 D.DeBlois M.Thames, N.Parker, G.Butler

CARLOTTA FILMS

ÉVÉNEMENT RAINER WERNER FASSBINDER (20 FILMS)

PAN DISTRIBUTION INDOMPTABLES 01h21 T.Ngijol T.Ngijol, D.Melande, B.Mvoe

PATHÉ LIVE JOHNNY HALLYDAY - LE CONCERT DE LA TOUR EIFFEL 02h20 G.Pullicino

NEW STORY LE RENDEZ-VOUS DE L'ÉTÉ 01h17 V.Cadic B.Madec, I.Hair, A.Radeff

JHR FILMS LES MOTS QU'ELLES EURENT UN JOUR 01h24 R.Pillosio

NOUR FILMS LIFE OF CHUCK 01h51 M.Flanagan T.Hiddleston, M.Hamill, C.Ejiofor

CAPRICCI FILMS SISTER MIDNIGHT 01h50 K.Kandhari R.Apte, A.Pathak, C.Kadam

SONY PICTURES RELEASING FRANCE VACANCES FORCÉES F.Prévôt-Leygonie et S.Archinard C.Cornillac, L.Stocker, B.Usclat

S25

18 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SONY PICTURES RELEASING FRANCE 28 ANS PLUS TARD D.Boyle A.Taylor-Johnson, J.Comer, R.Fiennes

WARNER BROS. FRANCE AVIGNON J.Dionnet B.Lecaplain, A.Wheeler, L.Salem

MK2.ALT DAKAR CHRONICLES 01h25 J.Lespert

TAMASA DISTRIBUTION DARLING CHÉRIE 02h13 J.Schlesinger J.Christie, L.Harvey, D.Bogarde

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ELIO 01h39 M.Sharafian et D.Shi Y.Kibreab, Z.Saldana, J.Jamil

AD VITAM ENZO 01h42 L.Cantet et R.Campillo E.Pohu, P.Favino, É.Bouchez

TISA PRODUCTION HAVANA LIBRE 01h22 C.McLean F.Gonzáles Guerra, Y.Guerrero Prieto, Y.La Rosa

WAYNA PITCH KNEECAP 01h45 R.Peppiatt M.Bap, M.Chara (II), D.Próvai

FH PRODUCTION LA TOURNÉE F.Hessique P.Chesnais, F.Hessique, R.Berry

CARLOTTA FILMS LES CHEVAUX DE FEU 01h37 S.Paradjanov I.Mikolaitchouck, L.Kadochnikova, T.Bestaeva

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION L'OURAGAN F.Y.T. 01h50 A.Ball J.Labelle, N.Racicot, L.Corriveau

JOUR2FÊTE LOVEABLE 01h41 L.Ingolfsdottir H.Guren, O.Thune, M.Magnusdotter Solem

THE JOKERS FILMS MAYA, DONNE-MOI UN AUTRE TITRE 01h03 M.Gondry B.Gardin

PATHÉ LIVE OPÉRA DE PARIS : MADAME BUTTERFLY (2025) 02h25 F.Roussillon E.Buratto, A.Extrémo, S.Pop

PYRAMIDE DISTRIBUTION PEACOCK 01h42 B.Wenger A.Schuch, J.Franz Richter, B.Samarovski

PROGRAM STORE STOP MAKING SENSE 01h28 J.Demme B.Worrell, A.Weir, D.Byrne

UGC DISTRIBUTION SUR LA ROUTE DE PAPA 01h31 N.AitakkaouaIi et O.Dacourt R.Bougheraba, C.Anglade, F.Ouchani

MAVERICK DISTRIBUTION THE RETURN, LE RETOUR D'ULYSSE 01h58 U.Pasolini R.Fiennes, J.Binoche, C.Plummer

PANOCEANIC FILMS TITOUAN, LES ENFANTS DU CORAIL 00h55 K.Mahdjouba

KMBO TOM LE CHAT - À LA RECHERCHE DU DOUDOU PERDU 01h02 E.Verkerk et J.Van Den Bosch B.Bos

APATOM UNE CHRONIQUE AMÉRICAINE 01h06 A.Gouzou et J.Taki

MK2 CINÉMAS UN RÊVE PLUS LONG QUE LA NUIT 01h22 N.de Saint Phalle L.Duke Condominas, N.de Saint Phalle, H.Balsan

LÉOPARD FILMS VOYAGE AU BORD DE LA GUERRE 01h02 A.Peretjatko

PATHÉ FILMS 13 JOURS 13 NUITS M.Bourboulon R.Zem, L.Khoudri, S.Knudsen

20 N°493 / 28 mai 2025


S26

25 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

HAUT ET COURT AMÉLIE ET LA MÉTAPHYSIQUE DES TUBES 01h17 M.Vallade et L.Han L.Charpentier, V.Grosbois, I.Schoumsky

LES FILMS DU LOSANGE ANGE 01h37 T.Gatlif A.H., S.Aubert, M.Amalric

METROPOLITAN FILMEXPORT AU RYTHME DE VERA 01h56 I.Fluk M.Emde, J.Magaro, M.Chernus

KMBO ETERNAL 01h42 U.Salim A.Alexander, N.Øland Fabricius, H.Geirhardsdottir

WARNER BROS. FRANCE F1® LE FILM 02h35 J.Kosinski B.Pitt, D.Idris, J.Bardem

NYOTADIS DISTRIBUTION FLASH DRIVE A.Toussaint M.Crépel, A.Toussaint, J.Dreyfus

MK2 FILMS LA RUÉE VERS L'OR 01h12 C.Chaplin C.Chaplin, M.Swain, T.Murray

LES ACACIAS LA SOIF DU MAL 01h51 O.Welles C.Heston, J.Leigh, O.Welles

GAUMONT DISTRIBUTION LE GRAND DÉPLACEMENT J.Zadi J.Zadi, R.Kateb, Lous and the Yakuza

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR M3GAN 2.0 02h00 G.Johnstone A.Williams, V.McGraw, B.Alvarez

PATHÉ LIVE MILEY CYRUS: SOMETHING BEAUTIFUL 00h55 M.Cyrus et J.Bixenman M.Cyrus, M.Morando, B.Howard

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION MY STOLEN PLANET 01h26 F.Sharifi

DULAC DISTRIBUTION ONCE UPON A TIME IN GAZA 01h27 T.Nasser et A.Nasser N.Abd Alhay, M.Eid, R.Maqdisi

UFO DISTRIBUTION REFLET DANS UN DIAMANT MORT 01h27 H.Cattet et B.Forzani F.Testi, Y.Renier, K.De Bouw

POTEMKINE FILMS ROCK BOTTOM 01h26 M.Trénor

SURVIVANCE SOUS HYPNOSE 01h40 E.De Geer H.Nordrum, A.August, A.Edwards

EPICENTRE FILMS STRANGER EYES 02h04 S.Hua Yeo C.Wu, L.Kang-sheng, V.Chen

S27

2 JUIL.

5 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

APOLLO FILMS FALCON EXPRESS B.Daffis et J.Tassy

JOUR2FÊTE ISLANDS 02h03 J.Gerster S.Riley, S.Martin, J.Farthing

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR JURASSIC WORLD : RENAISSANCE 02h13 G.Edwards (V) S.Johansson, J.Bailey, M.Ali

DIAPHANA DISTRIBUTION L'ACCIDENT DE PIANO Q.Dupieux A.Exarchopoulos, J.Commandeur, S.Kiberlain

BODEGA FILMS LA GUITARRA FLAMENCA DE YERAI CORTÉS 01h35 A.Alvarez Y.Cortés, Farruquito, C. Tangana

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA TRILOGIE D’OSLO : RÊVES 01h50 D.Haugerud E.Øverbye, A.Dahl Torp, S.Emnetu

ARIZONA DISTRIBUTION L’AVENTURA 01h40 S.Letourneur P.Katerine, S.Letourneur, B.Vernet

MITIKI LE BONHEUR EST UNE BÊTE SAUVAGE 01h35 B.Guerry S.Guerry, S.Davout, C.Walder

OPTIMALE DISTRIBUTION LES AMANTS ASTRONAUTES 01h56 M.Berger J.Orán, L.Bettoni, A.Salas

SOLARIS DISTRIBUTION LES ROSEAUX SAUVAGES 01h50 A.Téchiné É.Bouchez, G.Morel, S.Rideau

MK2 CINÉMAS MAMIE-SITTING 01h29 D.Thornton J.McArdle, F.Flanagan, P.Glynn

SONY PICTURES RELEASING FRANCE MATERIALISTS 01h49 C.Song D.Johnson, P.Pascal, C.Evans

ZINC FILM RAPACES P.Dourountzis S.Bouajila, M.Wanecque, J.Darroussin

ESC FILMS THE UGLY STEPSISTER 01h45 E.Blichfeldt L.Myren, T.Loch Næss, A.Dahl Torp

S28

9 JUIL.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION ARNON - UN ÉLÈVE MODÈLE 01h23 S.Prapapan Y.Pongsuwan, W.Wongsurawat, N.Busapavanich

ARP SÉLECTION BUFFALO KIDS 01h23 J.Jesús García Galocha et P.Solis García A.Weir, C.MacNeill, G.Arterton

NOUR FILMS CHRONIQUES D'HAÏFA 02h04 S.Copti M.Shehab, T.Danial, W.Aoun

MEMENTO DES FEUX DANS LA PLAINE 01h41 J.Zhang Z.Dongyu, L.Haoran, Y.Hong

TANDEM GANGS OF TAÏWAN 02h15 Keff W.Liu, R.Ihwar, D.Pan

LE PACTE I LOVE PERU 01h09 R.Quenard et H.David R.Quenard, H.David, A.Rozam

WAYNA PITCH IN THE SUMMERS 01h38 A.Lacorazza Residente, S.Calle, L.Mehiel

LES ACACIAS JEUNESSE (RETOUR AU PAYS) 02h32 W.Bing

LES ALCHIMISTES KOUTÉ-VWA 01h17 M.Jean-Baptiste M.Diomar, Y.Cébret

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA TRILOGIE D'OSLO : AMOUR 01h59 D.Haugerud A.Hovig, T.Cittadella Jacobsen, M.Engebrigtsen

MÉTÉORE FILMS LE RIRE ET LE COUTEAU 03h31 P.Pinho S.Coragem, C.Diára, J.Guilherme

APOLLO FILMS / TF1 STUDIO MARIUS ET LES GARDIENS DE LA CITÉ PHOCÉENNE 01h25 T.Datis Soprano, N.Salhi, W.Ben Amar

WILD BUNCH DISTRIBUTION OTHER D.Moreau O.Kurylenko, J.Schatz, P.Schurer

WARNER BROS. FRANCE SUPERMAN J.Gunn D.Corenswet, R.Brosnahan, N.Fillion

THE JOKERS FILMS TRILOGIE PUSHER N.Winding Refn

VIRGINIE FILMS VALENSOLE 1965 01h30 D.Filhol M.Van Khache, V.Giocante

S29

16 JUIL.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

UGC DISTRIBUTION CERTAINS L'AIMENT CHAUVE C.Delamarre K.Adams, M.Youn, R.Bensetti

CARLOTTA FILMS CONFUSION CHEZ CONFUCIUS 02h05 E.Yang C.Shiang-chyi, Y.Chen, D.Deng

CONDOR DISTRIBUTION DÌDI 01h33 S.Wang I.Wang, J.Chen, S.Chen

METROPOLITAN FILMEXPORT EDDINGTON 02h25 A.Aster J.Phoenix, P.Pascal, E.Stone

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA TRILOGIE D'OSLO : DÉSIR 01h58 D.Haugerud J.Røise, T.Harr, S.Forberg

ZINC FILM LES FILLES DÉSIR P.Car H.Mohamed, L.Haïchour, L.Hamon

PARAMOUNT PICTURES FRANCE LES SCHTROUMPFS - LE FILM C.Miller (LX) Rihanna, J.Corden, J.Goodman

CARLOTTA FILMS MAHJONG 02h01 E.Yang V.Ledoyen, C.Chang, N.Erickson

ASC DISTRIBUTION MOON 01h32 K.Ayub F.Holzinger, A.Tayeh, C.Sarhan

BODEGA FILMS PIERRE VILLEPREUX G.Chapouillié

CAPRICCI FILMS SEGUNDO PREMIO 01h50 I.Lacuesta et P.Rodriguez D.Ibáñez, Cristalino, S.Magnin

LES FILMS DU WHIPPET SENS DESSUS DESSOUS 00h40 D.Riduze et E.Lacis

SONY PICTURES RELEASING FRANCE SOUVIENS-TOI... L'ÉTÉ DERNIER J.Kaytin Robinson M.Cline, C.Wonders, J.Hauer-King

CINÉMA SAINT-ANDRÉ DES ARTS STREET BOXER : THE LAST MAN STANDING 02h49 C.Mvondus C.Mvondus, V.Mogoun, D.Adiana

SURVIVANCE SUPER HAPPY FOREVER 01h23 K.Igarashi H.Sano, Y.Miyata, N.Yamamoto

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr.

N°493 / 28 mai 2025

21


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

À l’occasion de la sortie, le 11 juin prochain via Nour

Films, de Life Of Chuck, la nouvelle réalisation de

Mike Flanagan, retour en chiffres sur les performances

en salles de trois des derniers Prix du public du

Festival de Toronto, œuvres parfois autobiographiques

comme contemplatives, ayant également conquis le

public français.

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

THE FABELMANS BELFAST NOMADLAND

22/02/2023 02/03/2022 09/06/2021

UNIVERSAL UNIVERSAL DISNEY

934 626 262 277 620 424

40 880 10 274 16 474

273 926 62 562 88 471

7 728 3 740 4 527

35 17 20

3,02 3,34 3,43

23 26 38

4,2 3,7 3,9

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 2 SEMAINES

DATE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188419 14 649 81

2 21/05/2025 MISSION : IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING PARAMOUNT 801 622 716 15 009 41

3 21/05/2025 LA VENUE DE L'AVENIR STUDIOCANAL 458 142 966 6 285 23

4 14/05/2025 DESTINATION FINALE BLOODLINES WARNER 424 277 930 12 269 23

5 07/05/2025 LEILA ET LES LOUPS DHR DISTRIBUTION 2 356 16 22

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

EN 2025

DATE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188419 14 649 81

2 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67

3 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54

4 12/02/2025 THE BRUTALIST UNIVERSAL 195 103 069 2 393 43

5 02/04/2025 MINECRAFT, LE FILM WARNER 670 661 462 15 609 42

6 21/05/2025 MISSION : IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING PARAMOUNT 801 622 716 15 009 41

7 19/02/2025 L'ATTACHEMENT DIAPHANA 336 187 590 4 907 38

8 01/01/2025 UN OURS DANS LE JURA GAUMONT 580 360 993 9 597 38

9 12/02/2025 CAPTAIN AMERICA: BRAVE NEW WORLD DISNEY 553 534 540 14 713 36

10 09/04/2025 ZION JOKERS 107 77 501 2 217 35

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Comme une comète, Lilo & Stitch écrase le box-office en réalisant le meilleur démarrage de 2025

avec ses 81 entrées par séance (e/s). La petite bête de Disney atteint ce niveau avec, “seulement”,

la quatrième plus grande combinaison de séances de l’année pour un premier week-end, derrière

les 14 700 séances de Captain America : Brave New World et les 15 000 séances de… Mission :

Impossible - The Final Reckoning. C'est donc fort de la deuxième plus grande combinaison de l’année,

derrière les 15 600 séances de Minecraft, que le nouveau M:I se propulse à 41 e/s. Sorti un jeudi,

La Venue de l’avenir séduit 23 spectateurs par séance, tout comme de Destination Finale Bloodlines.

Beaucoup plus confidentielle, la sortie de Leïla et les loups réalise 22 e/s, soit la quinzième meilleure

performance de l’année pour une sortie à moins de 1 000 séances sur son premier week-end.

22 N°493 / 28 mai 2025


COMSCORE MOVIES FRANCE

AFFINE SES DONNÉES ART ET ESSAI

À l’occasion du Festival de Cannes 2025, la branche française de la société spécialisée dans la

mesure et l’analyse des audiences médias – et notamment de la fréquentation cinéma – présente

Cinézap 2.3, et ses fonctionnalités spécifiquement dédiées à l’art et essai.

Prolongeant sa collaboration engagée depuis une dizaine

d’années avec l’Afcae – qui proposait le suivi mensuel

des films recommandés – et avec le Scare – le baromètre

hebdomadaire des cinémas art et essai –, Comscore

Movies renforce sa plateforme de filtres avancés. Objectif :

distinguer la fréquentation des cinémas classés, tout

comme celle des films recommandés art et essai.

©A.Algan

« C’est un développement qui aura nécessité près de trois

ans », décrit le directeur général, Eric Marti, fier de

présenter une version “live” de Cinézap 2.3 aux adhérents

Afcae à Cannes, le 17 mai. Un « travail de longue haleine »

entamé à la demande du CNC – qui a par ailleurs soutenu

le projet –, ainsi que des professionnels, pour le marché

français et sa spécificité art et essai.

Désormais, les entrées des plus de neuf cents cinémas

classés peuvent ainsi être triées par catégorie d’établissement

(A, B, C, D, E). Les films recommandés peuvent,

pour leur part, non seulement être isolés du reste de

l’offre de films, mais également filtrés par labels. Le tout,

avec des possibilités de filtrage croisé – par exemple les

résultats des films recommandés Jeune public dans les

salles de catégorie A et B. Les salles peuvent par ailleurs

retrouver toutes les informations requises concernant

leurs séances art et essai pour leur demande de classement

auprès du CNC (feuillet 3.6).

Bien entendu, l’outil offre également une vision « synoptique

» du marché, comme le pourcentage d’entrées

réalisées par les salles classées par catégorie, ou un onglet

“carrière” pour les films enrichi de comparables par

performance.

Eric Marti, directeur général de Comscore Movies France, a fait une démonstration en “live” de Cinézap 2.3 au Rendez-vous des Exploitants Art et Essai

de l’Afcae, 17 mai, Canne

La mise à jour Cinézap 2.3 sera effectuée auprès de

certains utilisateurs dès ce mois de juin, « pour le crash

test et la finalisation de “la recette” », conclut Eric Marti,

en tablant sur un début de commercialisation en 2026.

A.A.

UN NOUVEAU LIVE RECORD POUR PATHÉ LIVE

Dimanche 18 mai dernier, la retransmission

en direct de Ferrari. Tsamere. Lecaplain. Le trio

en direct au cinéma a réuni 128 588 spectateurs,

dont 119 663 dans les salles françaises.

©Grand Écran

Pour rappel, le spectacle du trio d’humoristes a été

diffusé dans 444 cinémas, dont 421 en France (mais

également en Belgique, en Suisse et au Luxembourg).

Autant de chiffres inédits pour un spectacle live au

cinéma, tant en nombre de copies et d’entrées qu’en

box-office, car avec 2,5 millions d’euros de recettes,

la captation dépasse les 1,8 million d’euros (et 91 000

spectateurs) engrangés par… le spectacle “Anesthésie

générale” de Jérémy Ferrari.

Dans l’ensemble des captations événementielles (en

direct ou enregistrées), Ferrari. Tsamere. Lecaplain. Le

trio en direct au cinéma se place sur la troisième marche

du podium, derrière les deux concerts-spectacles de

Mylène Farmer. Le trio rejoint ainsi la chanteuse sans

contrefaçon et Indochine dans le cercle très fermé des

artistes ayant rassemblé plus de 100 000 spectateurs

lors de la retransmission de leur spectacle sur grand écran.

Ferrari. Tsamere. Lecaplain. Le trio en direct au cinéma… Grand Écran de Montaigu-Vendée

N°493 / 28 mai 2025

23


International

EUROPA CINEMAS,

ENTRE MODÈLE DE RELANCE

ET CADRE RENFORCÉ

©A.Algan

Lors de sa réunion annuelle dans le cadre du Festival de Cannes, les salles du réseau soutenues

par le programme Media de l’Union européenne, ont posé des chiffres sur leurs meilleures performances.

57%

49%

39%

Mathias Holtz, président, et Fatima Djoumer, directrice générale

d’Europa Cinemas lors de la réunion annuelle du 18 mai 2025

46%

46%

26%

36%

48%

50%

72%

Top 10

des films européens

dans le réseau

44%

46%

63%

51%

18%

49%

52%

63%

50%

46%

49%

33%

48%

30%

59%

39% 45%

54%

40%

34%

1/ Il reste encore demain

diffusé dans 29 pays

du réseau

935 000 entrées**

2/ Anatomie d’une chute

32 pays

747 000 entrées

3/ Emilia Perez

25 pays

556 000 entrées

Parts marché en entrées des films européens dans le réseau Europa Cinemas

Selon les chiffres partagés par l’Observatoire européen

de l’audiovisuel, en 2024 – et malgré des disparités

majeures entre les marchés – la fréquentation cinéma de

l’Europe élargie accusait toujours un retard de plus de

25 % par rapport à 2019. De leur côté, les 2 914 écrans

labellisés Europa Cinemas, répartis dans 1 238 cinémas

et 34 pays*, affichent une moyenne aux alentours de

25 000 entrées par salle, soit un recul qui se limite à 9 %

par rapport à l’année de référence pré-Covid.

Conformément aux exigences de leur label, ces salles ont

diffusé 50,3 % de titres européens sur l’année écoulée,

dont 28,7 % de films nationaux, et de nombreux succès

locaux qui ne voyagent pas forcément au-delà de leurs

frontières. À noter que dans les 49,7 % de films “non

européens” diffusés, on retrouve désormais 9,5 % de

titres britanniques.

* Le réseau Europa Cinemas a été rejoint par Chypre sur l’année écoulée.

36%

40%

40%

C’est dans ce contexte que Europe Créative/Media a

décidé de réviser les conditions d’accès aux soutiens

d’Europa Cinemas.

• Le plafond de 1 € de soutien par entrée pour un film

européen non national est restauré ; aucun versement

ne pourra donc dépasser ce seuil de 1 € par entrée sur

un film européen non national.

• En revanche, il n’y aura plus de réduction du soutien

au prorata des périodes de fermeture du cinéma ; une

règle qui était de rigueur pour toutes les fermetures

dépassant 15 jours consécutifs dans l’année.

• Enfin, les seuils de programmation de films européens

(non nationaux comme nationaux) permettant d’accéder

au soutien – précédemment baissés pour amortir

les effets du Brexit – reviennent graduellement à leurs

niveaux initiaux.

Europa Cinemas procèdera en fin d’année à une évaluation

de l’impact de ces révisions sur l’ensemble des

montants de soutien.

Ayşegül Algan

©Europa Cinemas

4/ La Chambre d’à côté

31 pays

520 000 entrées

5/ Le Comte de Monte-

Cristo

21 pays

476 000 entrées

6/ La Salle des profs

29 pays

400 000 entrées

7/ La Passion de

Dodin Bouffant

32 pays

395 000 entrées

8/ En fanfare

12 pays

391 000 entrées

9/ Les Graines du

figuier sauvage

15 pays

336 000 entrées

10/ Un p’tit truc en plus

16 pays

304 000 entrées

** Chiffres arrondis

24 N°493 / 28 mai 2025


©Daniel Hinz / ProjectImages

Le conseil d’administration de la Cicae (de gauche à droite) : Premier

rang : Hannele Marjavaara (Kino Tapiola, Finlande), Mira Staleva (Dom

Na Kinoto, Bulgarie), Christian Bräuer (AG Kino – Gilde, Allemagne),

Marlena Gabryszewska (Stowarzyszenie Kin Studyjnych, Pologne),

Guillaume Bachy (Afcae, France), Malika Rabahallah (Filmfest Hamburg,

Allemagne), Tanja Helm (Cinematograph & Leokino, Autriche).

Deuxième rang : Eva Demeter, (Art Mozi Egyesület, Hongrie), Michele

Crocchiola (FICE, Italie), Sebastian Naumann (CICAE), Javier Pachón

(PROMIO, Espagne), Tobias Faust (Schweizer Studiofilmverband SSV,

Suisse), Laurent Callonec (Cinéma L’Écran, France), Detlef Rossmann

(Casablanca-Kino, Allemagne)

CICAE

UN NOUVEAU CA ET

UN ENGAGEMENT RÉAFFIRMÉ

Réunie en assemblée générale à Cannes, la Confédération internationale des cinémas art et

essai a réaffirmé, « en ces temps de crise politique croissante », son engagement en faveur de la

diversité cinématographique et de la démocratie pluraliste.

Fondée la même année que l’Afcae, la Confédération

internationale des cinémas art et essai fête donc, elle

aussi, ses 70 ans. Son nouveau CA, résolument plus

jeune, représente davantage de pays (14 au total),

pour un reflet plus clair des dynamiques du secteur.

Au passage, il est désormais composé de 12 femmes

et 6 hommes [voir encart].

Rassemblé le 14 mai, le nouveau CA a réaffirmé la

fonction des cinémas indépendants du monde entier

comme « centres culturels vitaux », offrant « un espace

crucial pour les valeurs démocratiques fondamentales

dans leur ensemble ». À Cannes, Christian Bräuer,

président de la Cicae, était heureux de constater que

« l’écosystème européen art et essai fonctionne efficacement

à travers son réseau de cinéastes, producteurs et productrices,

festivals, distributeurs et cinémas indépendants.

Nous voyons également pourquoi l’unité et la professionnalisation

dans notre industrie comptent tant ». Pour

autant, dans un monde « marqué par des perturbations

mondiales et l’émergence de barrières commerciales, la

révolution de l’IA, les monopoles croissants des géants

technologiques, des politiques commerciales fragmentées

et l’isolement social et la polarisation alimentés par les

algorithmes », les cinémas art et essai ont besoin de

protection et de soutien.

La Cicae rassemble aujourd’hui plus de 2 400 salles

de cinéma indépendantes, représentant plus de 4 400

écrans dans 45 pays, grâce à la collaboration de douze

réseaux nationaux et régionaux de cinémas art et essai

(en France, Allemagne, Italie, Hongrie, Pays-Bas,

Pologne, Espagne, Suède, Suisse, Venezuela, ainsi que

le Réseau des Écrans Arabes Alternatifs), tout comme

des cinémas individuels non encore représentés par

un réseau national, et des festivals à travers le monde.

Parmi les nombreuses actions de l’association, la 10 e

édition de la Journée art et essai du cinéma européen,

prévue pour le dimanche 23 novembre 2025, sera un

nouveau temps fort de la position commune en faveur

de la diversité, de l’équité et de la démocratie.

A.A.

Bureau de la Cicae

Président : Christian Bräuer (AG Kino, Allemagne)

Vice-Président.es : Guillaume Bachy (Afcae, France), Michele

Crocchiola (FICE, Italie), Marlena Gabryszewska (Stowarzyszenie

Kin Studyjnych, Pologne), Peggy Johnson (Loft Cinema, USA)

Trésorier : Laurent Callonnec (Cinéma L’Écran, France)

Secrétaire générale : Hannele Marjavaara (Kino

Tapiola, Finlande)

Membre du Bureau : Mira Staleva (Dom Na Kinoto, Bulgarie)

Conseil d'administration

Membres A

(Associations nationales et régionales) :

Michele Crocchiola (FICE, Italie), Giuliana Fantoni (FICE, Italie),

Marlena Gabryszewska (Stowarzyszenie Kin Studyjnych, Pologne),

Javier Pachón (PROMIO, Espagne), Eva Demeter (Art Mozi

Egyesület, Hongrie)

France : Guillaume Bachy, Laurent Callonnec

Allemagne : Christian Bräuer, Petra Rockenfeller

Suisse : Tobias Faust

Membres B

(cinémas art et essai individuels) :

Marijana Bosnjak (Kinematografi Osijek, Croatie), Tanja Helm

(Cinematograph & Leokino, Autriche), Hannele Marjavaara (Kino

Tapiola, Finlande), Mira Staleva (Dom Na Kinoto, Bulgarie),

Roxanne Sayegh (Cinéma Beaubien, Cinéma du Parc, Cinéma du

Musée, Canada)

Membres C (festivals et organisations

cinématographiques) :

Malika Rabahallah (Filmfest Hamburg, Allemagne), Peggy

Johnson (Loft Film Fest, USA), Catharine des Forges (ICO,

Royaume-Uni)

Nouveaux membres d’honneur :

Domenico Dinoia (Italie), Tibor Bíró (Hongrie)

N°493 / 28 mai 2025

25


Distribution

MISSION : IMPOSSIBLE - THE FINAL RECKONING

3 QUESTIONS À HAYLEY ATWELL

Si Tom Cruise représente le visage de la saga

d’action culte, il est rejoint depuis deux films

par une actrice – et une femme – forte.

Comment êtes-vous arrivée sur le tournage de

Mission : Impossible - The Final Reckoning ?

Christopher McQuarrie m’a vue dans une pièce de

théâtre à Londres, il y a environ 12 ans, et il m’a dit

qu’il y avait quelque chose que j’avais fait sur scène

qu’il voulait implanter dans un de ses films. Il espérait

qu’il saurait un jour lequel de ses projets correspondrait.

Puis, il y a cinq ans et demi, j’ai eu un appel pour

m’entraîner aux cascades, déterminer quel pourrait

être mon “style” si j’obtenais le rôle… Christopher

m’a très clairement indiqué qu’il n’avait pas encore le

script en tête, et voulait avant tout trouver l’actrice

pour pouvoir ensuite développer le personnage. J’ai

trouvé cette manière de travailler très épanouissante

et excitante. Pendant très longtemps, je n’avais même

pas de nom [Grace, ndlr.] ni de passé. Nous avons

pensé ensemble les différentes façons de jouer chaque

scène, et ce n'est qu'au visionnage du film que j'ai su

quelle version du personnage avait été retenue pour

chaque scène.

©Paramount Pictures

Récemment, nous vous avons vue dans beaucoup

de grosses productions. Vous croiseronsnous

aussi dans le cinéma indépendant ?

Les gens me voient comme une actrice de blockbusters,

mais je me considère d’abord comme une comédienne

de théâtre ; c’est de là que je viens, là où je

continue à aiguiser mes talents, en jouant aussi bien

du Shakespeare, du moderne, de la comédie… J’aime

beaucoup l'éclectisme de ma carrière, et je serais

intéressée de travailler avec des auteurs plus indépendants,

davantage portés vers les personnages que

vers l’action.

Avec quel type de cinéma et dans quel type de

salles avez-vous grandi ?

Il y avait un cinéma indépendant à l’ouest de Londres,

où j’ai grandi, qui faisait un double programme le

dimanche avec deux classiques pour seulement quelques

pounds. Je m’y rendais donc dès le matin avec mon

café, et voyais les deux films à la suite. C’est une part

importante de mon éducation, car nous n’avions pas

beaucoup d’argent à cette époque, donc pouvoir voir

des films sur grand écran à un tel tarif était important

pour moi.

Hayley Atwell

Propos recueillis par Jules Dreyfus

NEXT FILM RENFORCE SON ÉQUIPE…

ET SON LINE UP

La société de distribution et de ventes internationales, cofondée en 2015 par Patrick Hernandez,

annonce l’arrivée d’un nouveau responsable des acquisitions et ventes, et diversifie sa

ligne éditoriale.

C’est Enzo Lanflisi qui s’occupera désormais des acquisitions

et ventes des courts et longs métrages chez Next

Film. « Fort de son expérience en tant que chargé d'acquisition

de courts-métrages chez Ciné+ OCS, il apporte son

expertise précieuse au sein de la société », se réjouit le

producteur-distributeur Patrick Hernandez. L’équipe

renforce par ailleurs ses liens avec Benjamin Nabeth,

programmateur externe qui collabore sur les sorties de

Next Film Distribution depuis deux ans et demi, désormais

épaulé par Tiziano Soreca, le premier s’occupant

principalement des salles art et essai, et le second des circuits.

Le 14 mai dernier, la structure indépendante – membre

du SDI –, a sorti Drift Ascension de Julien Rogue, un

« documentaire à sensations fortes » qui suit un pilote de

drift en quête de dépassement. Ce nouveau titre s’inscrit

dans la dynamique “documentaire” du distributeur sur

l’année 2025, après Queendom d’Agniia Galdanova (sorti

le 1 er janvier) et Le Voyage d’Anton de Mariana Loupan

(2 avril).

Pour le reste de cette « année-clé », Next Film sortira

courant août le documentaire Le Sang et la Boue, de

Jean-Gabriel Leynaud, sur l’extraction du coltan en

République démocratique du Congo. Suivra, en décembre,

Les Kogis, ensemble pour sauver la terre, de Guillaume

Bouchet et avec Éric Juline : un autre documentaire, sur

l’environnement et la spiritualité, qui s’inscrit dans la

lignée d’Etugen, avec lequel Next Film a rassemblé environ

60 000 entrées dans les salles françaises en 2023.

L'année 2026 sera celle de l'exploration de nouveaux

genres et de nouvelles thématiques, avec une comédie

de mœurs française, La Quadrature des autres de Maxime

Potherat (que le distributeur retrouve après Le Dernier

bus, sorti en août 2024), le documentaire Merci Patrick !

sur l’itinéraire d’un chanteur sexagénaire dans la ruralité

française, et Gregor, un “thriller d’animation” pour adultes,

de l’artiste belge Manuel Gómez.

Des sorties qui marquent la volonté de Next Film de

diversifier sa ligne éditoriale, jusqu’ici très axée sur des

thématiques sociétales et environnementales… en attendant

de connaître ses prochaines acquisitions.

©Next Films

Enzo Lanflisi

26 N°493 / 28 mai 2025


IMAX ANNONCE UN PREMIER

DOCUMENTAIRE EN FRANÇAIS

Forte d’un premier trimestre historique, la société canadienne ne baisse pas le rythme et annonce

un film sur la Patrouille de France tourné en Imax, produit avec Federation Studios et Imago

Production et distribué par Pathé.

©Boxoffice Pro / Jules Dreyfus

Une projection unique pour la

Journée Mondiale des Réfugiés

Andana Films, société de distribution et ventes

internationales basée à Lussas, propose aux salles

de programmer le documentaire Save Our Souls de

Jean-Baptiste Bonnet, pour une séance unique et

simultanée le 20 juin à 20h.

©Matthieu Dortomb

Save Our Souls de Jean-Baptiste Bonnet

Rich Gelfond, le 15 mai à Cannes

Imax ne connaît pas la crise. Son CEO Rich Gelfond a

présenté à Cannes des chiffres à la hausse, tout en annonçant

que le premier film tourné en Imax dans une langue

étrangère sera… français. Avec Federation Studios, basé

à Paris, et la nouvelle société indépendante Imago

Production, Imax Corporation va en effet produire

Patrouille de France, un documentaire sur l’emblématique

équipe de voltige de l'Armée de l'Air et de l'Espace

française, qui sortira début 2026 sous pavillon Pathé Live.

En attendant ce documentaire, la fin d’année s’annonce

chargée pour la société avec la sortie la semaine dernière

de Mission : Impossible - The Final Reckoning, et celles à

venir de Dragons, F1, Superman, Les 4 Fantastiques,

Zootopie 2 et Avatar : Fire and Ash. 2025 sera ainsi l’année

comptant le plus de sorties tournées pour l’Imax, avant

une année 2026 marquée par L’Odyssée de Christopher

Nolan. Narnia, le reboot de la franchise par Greta Gerwig,

fait également partie des grandes attentes de 2026, et

bénéficiera d’un partenariat avec Netflix : le film sortira

en exclusivité dans les salles Imax pendant 28 jours, avant

d’être disponible sur la plateforme de streaming. Du côté

de la France, en raison de la chronologie des médias,

Rich Gelfond explique être « en train de trouver une

solution » pour appliquer ce plan de sortie. Le CEO estime

ne pas être « concerné » par les problèmes de fuite des

spectateurs en raison d’une trop faible fenêtre d’exclusivité

salle, « le format Imax étant bien trop atypique ».

Des résultats en hausse

Si la fréquentation mondiale est en berne, les recettes

d’Imax sont, quant à elles, on ne peut plus à la hausse.

La « plateforme », comme la définit son CEO Rich Gelfond

– Imax n’étant « ni un exploitant, ni un distributeur » –,

a en effet bouclé un premier trimestre à 298 millions de

dollars ; un record bien aidé par les 165 millions de

dollars engrangés par Ne Zha 2 qui est devenu le plus

grand succès de la société pour un film en langue étrangère.

Et le bel exercice d’Imax ne s’arrête pas là, les sorties

de Minecraft et Sinners ayant porté son chiffre d’affaires

d’avril à 88 millions de dollars, soit le double d’avril

2024. Une réussite due aux investissements de plus en

plus importants des studios dans Imax, mais également

« à notre présence sur l’ensemble du globe », pour Rich

Gelfond, qui rappelle que les plus de 1 700 salles du

réseau s’étendent dans 89 territoires. Du côté de la

France, 26 cinémas sont équipés de la technologie

premium, et le chiffre devrait grimper encore plus haut

dans les années à venir. Giovanni Dolci, Chief commercial

officer, souligne ainsi la « forte collaboration avec

Pathé » avec 20 salles – dont une récente au Pathé Atlantis

–, la récente ouverture au Kinepolis de Lomme, et au

Megarama de Roubaix [voir p.32-33], et salue notamment

« la grande reconnaissance des exploitants indépendants

français », Cineplanet ayant équipé son Cineum de

Cannes, et Majestic son nouveau cinéma de Dole.

J.D.

À bord de l'Ocean Viking, les rescapés d'un

naufrage au large de la Libye dans l'attente d'un

port d'accueil retrouvent peu à peu la sensation

de la vie, alors que se tisse avec les sauveteurs une

relation faite d’écoute, de soin et de présence, qui

est comme un gilet de sauvetage. Plus d'une

centaine de salles ont déjà rejoint le dispositif, et

pourront retransmettre le débat d'après-séance.

L'initiative commémorant les 10 ans de SOS

Méditerranée est relayée par une dizaine

d'associations, qui « mobilisent leurs réseaux de

cinéphiles et de sympathisants, promettant au film

la diffusion la plus large », annonce le distributeur.

Les salles qui souhaitent programmer le film

peuvent s'adresser à contact@andanafilms.com.

Opération digitale

C.P.

©2025 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

©Federation Studio, IMAX et Imago Production

Depuis la sortie de Lilo et Stitch le 21

mai dernier, l’extraterrestre sème la

pagaille sur le site et l’application des

cinémas CGR.

Patrouille de France

N°493 / 28 mai 2025

27


Exploitation

LE GRAND AUDITORIUM LUMIÈRE AU DIAPASON DU

DOLBY ATMOS

La grande salle du Palais des Festivals et des Congrès, connue pour

offrir les plus belles conditions de projections aux films de la compétition

de la Sélection officielle du Festival de Cannes, est désormais équipée

de la technologie de son immersif.

Avec ses 2 309 places, le Grand

Auditorium Louis Lumière devient

ainsi la plus grande salle Dolby Atmos

d’Europe. L’installation, réalisée par

Ciné Digital, compte un total de 128

enceintes, dont 26 au plafond à une

hauteur de 18 m – installées par une

équipe de 4 cordistes – et 32 amplificateurs

déployant une puissance cumulée

de 180 000 W. L’ensemble de l’équipement

sonore, d’un poids total de 4

tonnes, a nécessité 5 km de câblage.

Ciné Digital fait état de 3 500 heures

de travail et 10 semaines de chantier

pour mener à bien cette installation.

L’intégration de la technologie Dolby

Atmos dans cette salle d’exception était

un projet de longue date pour le Palais,

qui a financé l’intégralité de l’investissement,

à hauteur d’un million d’euros,

témoignage de sa volonté de faire de

Cannes « une référence incontournable en

matière d’expérience cinématographique ».

Pour David Lisnard, Maire de Cannes,

cette nouvelle installation Dolby Atmos

représente d’ailleurs bien plus qu’une

amélioration technique : « C’est un choix

stratégique et culturel qui incarne notre

exigence d’excellence et notre attachement

à la création artistique sous toutes ses

©Joachim Tournebize / FDC

formes. Offrir aux réalisateurs et aux

spectateurs les conditions optimales pour

vivre le cinéma tel qu’il a été pensé, c’est

affirmer le rôle de Cannes comme capitale

du cinéma, à la fois fidèle à son héritage

et résolument tournée vers l’innovation ».

DÉPLOIEMENT IMMINENT :

LA QUINZAINE EN SALLE…

Pour la troisième année consécutive, la section parallèle investit les

cinémas à travers la France. Un total de 30 salles accueilleront une

reprise de la sélection 2025, à partir du 11 juin prochain. À noter que

de nombreuses séances seront accompagnées par les équipes de films.

Tout comme Alain Chabat au Théâtre Croisette lors de sa masterclass du 20 mai, la Quinzaine s’apprête à sa

dévoiler au plus grand nombre.

Salles partenaires :

Aix en Provence - Mazarin

Agen Les Montreurs d'images

Antony - Le Sélect

Auch - Ciné 32

Avignon - Utopia

Bordeaux - Utopia

Clamart Cinéma Jeanne Moreau

Cucuron - Le Cigalon

Grenoble - Le Club

Grenoble - Le Méliès

Hérouville St Clair - Café des images

La Roche-sur-Yon - Le Concorde

Lyon - Comoedia

Marseille - Alhambra

Montpellier - Diagonal

Nancy - Caméo Commanderie

Nantes - Le Katorza

Nice - Cinéma Jean-Paul Belmondo

Nice - Cinéma Rialto

Orléans - Les Carmes

Paris - Forum des images

Paris - mk2 Beaubourg

Paris - Reflet Médicis

Paris - Le Louxor

Poitiers - Le Dietrich

Rennes - Le TNB

Rouen - L'Omnia République

Saint-Étienne - Le Méliès

Strasbourg - Le Star

Toulouse - L'American Cosmograph

©Delphine Pincet

©Semaine de la Critique

… ET LA SEMAINE DE LA

CRITIQUE

La section parallèle dédiée aux premiers ou seconds films prépare aussi son tour de

France… et du Monde

FRANCE

Porto Vecchio - Cinémathèque de Corse

du 3 juin au 7 juin 2025, courts et longs

métrages de la sélection 2025

Marseille - Cinéma Les Variétés et La

Baleine, du 6 au 10 juin 2025, longs

métrages de la sélection 2025

Paris - La Cinémathèque française, du 4

au 9 juin 2025, courts et longs métrages

de la sélection 2025

Nice - Cinéma Rialto, du 19 au 20 juin

2025, reprise partielle de la sélection 2025

Fort-de-France - Tropiques Atrium - Scène

Nationale, automne 2025, reprise partielle

de la sélection 2025

MEXIQUE

Festival international du film de Morelia

du 17 au 26 octobre 2025, Longs métrages

de la sélection 2025

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

La Cinémathèque tchèque, Prague,

automne 2025, Courts métrages de la

sélection 2025

LIBAN

Metropolis Cinema, Beyrouth, hiver

2026, Reprise partielle de la sélection 2025

La Semaine de la Critique, c’est aussi un Ciné-Club Critique & Création toute l’année, au Jeu de Paume de Paris,

ici avec l’équipe des Reines du drame, en novembre dernier.

28 N°493 / 28 mai 2025


PLONGÉE AU CŒUR DE TERRITOIRES

IMMERSIFS

Lauréat de l’appel France 2030 Culture immersive et métavers, le projet porté par l’agence

Diversion vise à équiper et former les cinémas et lieux culturels pour accueillir des œuvres de

réalité virtuelle.

CinéMo part sur les

routes

Le projet de cinéma itinérant porté par les

fondations Art Explora et Canal+ a été

inauguré à Cannes.

©Matthieu JOFFRES

©Claire NICOL

Une démonstration de Territoires Immersifs au Sommet des Arcs, dans le cadre de Futura Cinema

Depuis près de dix ans, Diversion est spécialisée dans la

création et l’installation d’événements immersifs, et

distribue également des œuvres en réalité virtuelle. L’appel

France 2030 a été l’occasion pour l’agence de « se rapprocher

de trois partenaires – Futura Cinema, Art Explora

[voir ci-contre] et Hacnum –, afin de créer un consortium

où chacun apporte sa brique dans ce projet », explique

Camille Lopato, fondatrice de Diversion. Territoires

Immersifs a ainsi pour but de « permettre au public

d'accéder à cette nouvelle forme d’art », en accompagnant

les salles et lieux culturels sur quatre axes :

• technique et technologique, à travers l’équipement

fourni par Diversion et la montée en compétences du

personnel sur place ;

• marketing et communication, pour signifier que « le

projet s’adresse à tout le monde et peut être prolongé sur

plusieurs années » ;

• éducation à l’image et à la création ;

• « durabilité » du projet, afin de minimiser son

impact écologique.

Ainsi, au terme d'un déploiement de trois ans, qui

débutera en janvier prochain, Camille Lopato espère

équiper « une trentaine de cinémas et espaces culturels de

manière pérenne ».

Un manque d’espaces de diffusion à

combler

Pour la fondatrice de Diversion, ce projet est né de « la

frustration des spectateurs, créateurs, producteurs et distributeurs

de la trop faible présence d’œuvres immersives. Elles

peuvent être présentées de manière ponctuelle en festivals

par exemple, mais il est difficile d’y avoir un accès normalisé,

comme si on allait au cinéma ». Camille Lopato est bien

consciente que ce manque d'accessibilité de la technologie

immersive est dû à son caractère « onéreux ». Pourtant,

tous les cinémas peuvent accueillir au moins l’une des

deux modalités d’œuvres immersives, à savoir l’œuvre

“360” qui peut être diffusée dans chaque salle, quand

“l’expérience interactive” nécessite plus d’espace (mais

peut être proposée dans un hall). Objectivement, France

2030 limite le risque financier, et permet d’accompagner

une vague importante de création : « Depuis plusieurs

années, de plus en plus d’œuvres immersives voient le jour,

et sont à la fois bien plus robustes et mieux finalisées. » Une

tendance qui se confirme avec la nouvelle compétition

immersive de Cannes, lancée l'année dernière, à l’instar

de celle en cours depuis 2017 à la Biennale de Venise,

pionnière en la matière.

Ces œuvres ne sont pas restreintes à un public jeune,

mais touchent toutes les catégories d’âge « et se vivent

souvent en famille ». Sachant que le public est de plus en

plus "connaisseur", les échanges autour des œuvres ne

portent « plus uniquement sur l’aspect technique, mais

également sur leurs contenu et propos ». Pour Anne Pouliquen,

directrice de Futura Cinema – qui a accueilli Territoires

Immersifs dans sa troisième génération de projets incubés

–, « les œuvres immersives s’inscrivent aussi dans une stratégie

de renouvellement des publics, en ramenant physiquement

des personnes dans les cinémas ». Et alors que l’exploitation

cherche de plus en plus de nouvelles voies d'appel,

« il est important que les salles intègrent la réalité virtuelle

tant qu’elle est en développement, pour ne pas qu’elle devienne

un concurrent ».

Jules Dreyfus

C’est une salle complémentaire du réseau

d’exploitation existant, « et non un concurrent », tient

à préciser Emilie Boucheteil, directrice des publics

et de l’engagement d’Art Explora. La Fondation, qui

a lancé son CinéMo le 17 mai dernier dans le

quartier de la Bocca, est habituée des projets

artistiques itinérants, avec ses deux musées mobiles

MuMo – Centre Pompidou et MuMo – Frac. Avec

CinéMo, Art Explora développe un cinéma itinérant

gratuit, qui se déplacera en zones rurales et dans les

quartiers prioritaires de la politique de la Ville :

« L’idée est de travailler main dans la main avec les

salles en proposant des partenariats aux exploitants,

voire parfois un transfert de billetterie. » La Fondation

collabore également avec l’Association nationale

des cinémas itinérants (Anci), notamment pour

assurer des séances que d’autres itinérants ne

peuvent réaliser : « Comme nous sommes une salle

fermée, nous pouvons projeter en hiver dans des zones

où des salles itinérantes ne peuvent être présentes. »

La gratuité des séances est rendue possible par un

catalogue de films, négocié pour trois ans, composé

d’œuvres issues de précédentes sélections

cannoises et détenus par Studiocanal. Le CinéMo

sera aussi un lieu d’éducation à l’image à travers

l’intervention de professionnels qui adopteront

« une démarche très pragmatique, pour expliquer

comment on fabrique un film » ; un partenariat avec

la Sacem permettra en outre d'explorer à la

composition musicale. Et, Art Explora étant un

partenaire de Territoires Immersifs, des séances en

réalité virtuelle seront assurées par le CinéMo.

J.D.

N°493 / 28 mai 2025

29


Exploitation

LE MÉDIATEUR DU CINÉMA

PRÉSENTE SON RAPPORT 2024

Les demandes de médiation restent à un niveau constant, comparable à celui d’avant la crise

sanitaire. Toutefois, leur nature a quelque peu changé.

©Cédric Bertrand 2023 – Studiocanal

Des films français porteurs… porteurs

de discorde

L’Amour ouf et Monsieur Aznavour ont particulièrement

occupé le Médiateur sur la fin d’année, représentant

chacun 8 des saisines (soit au total un cinquième des

demandes), initiées par des établissements classés art et

essai de grandes villes. Le rapport du médiateur rappelle

que si la recommandation art et essai d’un film n’implique

pas automatiquement sa diffusion dans une salle classée,

dans le cas de L’Amour ouf, « sa non-recommandation

décidée par le Collège de l’Afcae, postérieurement à sa sortie

nationale n’allait pas de soi, dans la mesure où, du fait de

sa sélection en compétition au Festival de Cannes 2024, il

était en quelque sorte considéré comme pré-recommandé art

et essai ».

L’Amour ouf est l’un des films qui a fait l’objet du plus de saisines l’an dernier

En 2024, le Médiateur du cinéma a traité 80 saisines,

26 conciliations – dont 20 accords avant réunion – 10

demandes d’injonction – dont 6 prononcées – et 119

demandes informelles d’intervention.

Parmi ses observations, la Médiatrice Laurence Franceschini

note une augmentation des saisines de la part des distributeurs,

« même si elles ont été un peu moins nombreuses

en 2024 ». Les demandes de médiations se sont concentrées

sur les film recommandés art et essai dit porteurs,

« ou les films non recommandés dont le thème, les acteurs

ou les réalisateurs sont proches du cinéma art et essai ». Sur

l’année écoulée, la Médiatrice relève également plus de

tensions, « sans doute antérieurement sous-jacentes », entre

les différentes catégories d’exploitants. Une situation

qu'elle explique par une combinaison de facteurs :

« la fin des contributions numériques versées par les distributeurs,

ce qui peut conduire à un élargissement des plans

de sortie ; le renchérissement du coût de l’énergie qui pèse

sur les comptes des exploitants et peut les conduire à minimiser

leurs risques, en concentrant leurs demandes sur les films les

plus porteurs ; ainsi que, pendant un temps, une plus grande

rareté des films américains. »

La petite exploitation fait entendre sa voix

En novembre 2024, le Médiateur du cinéma a ainsi été

sollicité par la branche de la petite exploitation, qui lui

a transmis des éléments chiffrés de ses problématiques.

Parmi ceux-ci, les séances “à perte”, c’est-à-dire avec

moins de 10 spectateurs, qui concernent 45 % des séances

de la petite exploitation.

Les réunions organisées début 2025 par le Médiateur,

entre les représentants de la petite exploitation et les

distributeurs « parmi les plus performants en termes d’entrées

en 2024 », ont donné lieu à « des discussions riches autour

de sujets clefs, comme la notion de plein programme ou la

différenciation de traitement par les distributeurs en fonction

du nombre d’écrans des exploitants ». Ces réunions se

poursuivront en 2025, « et pourraient aller de pair avec

une actualisation de la recommandation du Médiateur sur

les 2-3 écrans ».

Problématiques de dérégulation

Toujours en novembre 2024, le Bloc (Bureau de liaison

des organisations du cinéma) alertait de son côté le CNC

sur le non-respect des engagements de programmation

et réclamait une révision des visas exceptionnels. Durant

les deux derniers mois de l’année, plusieurs distributeurs

ont ainsi alerté de l’organisation de campagnes d’avantpremières

massives, assimilables à des sorties anticipées…

pour laquelle existe pourtant une recommandation

spécifique du Médiateur.

Au cours des derniers mois de l’année, des cas de déprogrammations

inopinées ont incité des distributeurs à se

tourner vers le Médiateur du cinéma. « Ces situations ont

concerné deux films porteurs à la typologie très différente »,

précise le rapport, sans préciser de titre.

Début septembre 2024, c’est le cas Kaizen, exploité sous

visa exceptionnel, qui a poussé un un syndicat de distributeurs

à alerter la Médiatrice et le CNC. « En plus de

soulever la question de l’occupation des écrans de cinéma

par des œuvres “hors-film”, qui ne bénéficient pas d’une

sortie nationale, la programmation hors cadre règlementaire

de séances exceptionnelles a eu pour effet d’engendrer la

déprogrammation de films dont l’exposition avait été négociée

bien en amont », estime le rapport. Toujours est-il

que, d'après les conclusions, dans le cas de Kaizen, c’est

la temporalité trop resserrée de demande de visa, intervenue

seulement deux semaines en amont de la diffusion

prévue, « qui est venue perturber l’offre cinématographique

du moment » .

Dans ces décisions, le Médiateur du cinéma estime avoir

concilié les intérêts divergents des exploitants et ceux des

distributeurs, « qui souhaitent maintenir des plans de sortie

“raisonnés” qu’ils ont construits pour leurs films, en les

adaptant à chaque agglomération et à la typologie de chaque

film » .

Une géographie de médiation, jalonnée

de nouvelles concurrences locales

En 2024, le Médiateur a été amené à suivre de près des

zones de tensions concurrentielles locales, comme Nancy,

Strasbourg, Antibes, Dijon ou La Réunion.

Pour le Médiateur du cinéma, « ces tensions sont souvent

liées à des évolutions du parc cinématographique local qui

perturbe les équilibres établis pour les cinémas existants.

Elles supposent des ajustements nécessaires pour que chaque

opérateur trouve sa place et son équilibre économique

conformément à sa ligne éditoriale ».

Dans cette perspective, après avoir accompagné la situation

à Dijon en 2023, le Médiateur a élaboré, de façon

concertée avec les acteurs locaux et la Direction du cinéma

du CNC, d’autres « recommandations cadre » permettant

de désamorcer ces tensions. En 2024, de premières

propositions ont été communiquées aux opérateurs locaux

pour traiter les situations de concurrence à Antibes et à

La Rochelle. À Antibes, le Médiateur a suggéré aux

opérateurs d’attendre, pour poursuivre la réflexion,

l’expiration de l’engagement pris en CNACi par le

nouveau multiplexe. Enfin à La Rochelle, une recommandation

a été émise avec l’accord des parties. Elle fera

l’objet d’un bilan en 2025.

Ayşegül Algan

30 N°493 / 28 mai 2025


Le Cora Laparcerie de Morcenx-la-Nouvelle

se refait une bleuté

Le mono-écran landais géré par l'association

Ciné Loisirs a rouvert ses portes le 24 mai

dernier, doté de nouveaux fauteuils et d'un

matériel de projection flambant neuf, après

trois semaines de travaux.

©Maïko Gascouat

La lumière revient déjà dans le cinéma de Morcenx-la-

Nouvelle (5 000 habitants), fermé le 5 mai dernier.

Reflétée par 175 nouveaux strapontins (pour 12 banquettes

doubles) tout en dégradé de bleu et fournis par KLS, elle

éclaire désormais le nouvel écran, doublée d'un son 7.1,

installé par CinemaNext.

Repris en 1980 par l'Amicale Laïque, ce mono-écran

labellisé art et essai reverse chaque année une partie de

ses recettes à la Coopérative des écoles, afin de financer

les sorties scolaires. En 1998, les bénévoles de Ciné Loisirs

prennent le relais, après une période de transition.

Aujourd'hui, ils sont 27, dont Maïko du collectif de salles

Ciné Passion Landes, à faire vivre le cinéma au rythme

moyen de 12 séances hebdomadaires.

C.P.

Le Cora Laparcerie a été nommé d’après la comédienne, poétesse morcenaise et directrice des théâtres des Bouffes-Parisiens, de la Renaissance,

Mogador et la Scala au début du siècle dernier.

L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET

DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

LE MAGAZINE PRO

ET LES SUPPLÉMENTS

LE SITE

BOXOFFICEPRO.FR

LE DIRECT

YOUTUBE

disponibles sur

Apple Podcasts

Deezer

Amazon Music

Spotify

OU SUR

BOXOFFICEPRO.FR/CATEGORY/LEMISSION/

N°493 / 28 mai 2025

31


Focus Exploitation

©Megarama

LE MEGARAMA ROUBAIX

RÉNOVÉ

L’ancien UGC Duplexe de la commune

nordiste, passé en juin 2024 dans le

giron du groupe de Jean-Pierre

Lemoine, était en travaux depuis

six mois.

En plein cœur du centre-ville roubaisien, le nouveau

site de Megarama a été inauguré après plusieurs mois

de travaux, sans pour autant avoir fermé ses portes.

Acquis auprès d’UGC il y a près d’un an, le cinéma

« avait besoin d’une rénovation de fond en comble »,

explique Jean-Pierre Lemoine, fondateur et président

de Megarama. Les neufs salles ont donc été intégralement

rafraîchies, de la moquette au projecteur en

passant par les fauteuils, dont le nombre est resté

identique. Seule exception : la salle Imax, baissée à

353 places et qui signe le quatrième partenariat entre

le circuit français et la société canadienne, après les

équipements de Bordeaux, Givors et, plus récemment,

de Boulogne-sur-Mer [voir le Boxoffice Pro du 28 août

2024]. Dans le hall, le traditionnel Megarama Café

introduit une saveur locale avec « une bière produite

par la brasserie locale des Lys », précise Olivier Labarthe,

directeur général adjoint.

Pour ce cinéma, le seul de la ville de 100 000 habitants,

Jean-Pierre Lemoine vise les 250 000 entrées, et, afin

de « s’adapter au pouvoir d’achat peu élevé des habitants »,

a choisi d'y proposer des tarifs inférieurs à ceux habituellement

pratiqués par le groupe. Le plein tarif est

ainsi de 8,50 €, avec une majoration Imax à 4 €, contre

respectivement 10,50 € et 6 € au site de Boulognesur-Mer.

En matière de facilité d'accès, Megarama

met à disposition un parking avec quatre heures

gratuites pour ses clients, auquel s’ajoutent le tramway

et le métro de Lille qui s’arrêtent juste devant l’établissement.

Orienté famille, le cinéma adoptera une

programmation généraliste, en plus d’accueillir les

dispositifs scolaires.

C’est donc le premier complexe du groupe dans

l’agglomération lilloise, et son deuxième dans le

département du Nord après le site de Denain (banlieue

de Valenciennes), ouvert en mai 2021. Megarama,

qui compte 31 cinémas pour 250 écrans, est devenu

en 2024 le quatrième circuit français grâce à ses 6,68

millions d’entrées (+6 %), prônant une stratégie de

plus en plus portée vers la premiumisation. L’année

dernière a notamment été marquée par les rachats des

Grand Forum de Louviers et de Gaillon, ainsi que

l’ouverture du multiplexe de 14 écrans de Boulognesur-Mer

dont les premiers mois sont « à la hauteur des

attentes », affirme Olivier Labarthe. En région parisienne,

le groupe doit inaugurer son site des Ulis (9 salles et

1 373 fauteuils) d’ici le début d’année prochaine.

Parmi ses projets en cours, figurent ses établissements

de Cormeilles-en-Parisis (6 salles, 715 fauteuils), dans

le Val-d’Oise, et de Saint-Martin-d’Hères (6 salles,

1 233 fauteuils), dans la banlieue de Grenoble.

Jules Dreyfus

32 N°493 / 28 mai 2025


©Megarama

©Megarama

©Megarama

Jean-Pierre Lemoine, président et fondateur de Megarama

©Megarama ©Megarama

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : MEGARAMA

Architecte : LOUIS GAUSSIN - LG ART

Pilote : SL PROJECT

BÂTIMENT

Electricité : SITEB

Gradins : RICHART MENUISERIE

Peinture / Moquette : CUYPERS

Tissus Tendus : VIP CINE

Climatisation/chauffage : SET

Comptoir : CROUZET

Système de billetterie : EMS

Signalétique intérieure : SEMIOS

Enseignes façade : SEMIOS

Affichage dynamique : SONIS

CABINES

Installateur : CINEMA NEXT / IMAX

*Basé sur le déclaratif de la salle

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES SON

1 353 IMAX

2 102 7.1

3 226 7.1

4 145 7.1

5 92 7.1

6 226 7.1

7 226 7.1

8 106 7.1

9 128 7.1

TOTAL 1 604

N°493 / 28 mai 2025

33


Miscellanées

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

COMMUNAUTÉ

Communauté d'Agglomération

17/06/25 D'AGGLOMÉRATION

CINÉMA LE PATIO 3 394 Projet de création Foix Ariège

Foix-Varilhes

FOIX-VARILHES

PROCHAINE CNACi

11/06/25 SAS DE L'ÉTOILE L'ÉTOILE 5 719 Projet de création Caudry Nord

Les Cina datent

leurs Rencontres

Cinémas Verts…

La prochaine formation éco-responsable proposée par

les Cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine aura

lieu les 27 et 28 juin 2025, à La Rochelle, en collaboration

avec le Fema, Ciné Passion 17 et le Cinéma de

La Coursive.

Au programme : présentation de la feuille de route pour

la transition écologique de la culture, bilan 2024-2025

de la Charte Cinémas Verts de Cina, table ronde autour

des “mobilités”, atelier-fresque de la mobilité culturelle,

atelier-fresque voyages en “2030 Glorieuses”, une formation

à l’animation d’un groupe d’ambassadeur·rices cinéma...

Tout le détail du programme et inscriptions en ligne

sur cinemas-na.fr

©Cina

… et les CIP lancent

la troisième édition

de Vert, un nouveau

cinéma

L’événement, conçu comme un parcours cinématographique

entre plusieurs cinémas des V e et VI e

arrondissements, se tiendra du 13 au 15 juin prochains.

Au programme sont prévus projections, ateliers et

échanges afin de proposer une « pensée pour que tous

les publics puissent accéder à une réflexion croisée entre

le septième art et l’environnement ». Ainsi, le samedi

14 juin, les spectateurs pourront découvrir une sélection

de courts métrages au Lucernaire avant de se

rendre au cinéma du Panthéon pour (re)voir Le Roman

de Jim d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu, puis se diriger

vers le Nouvel Odéon pour participer à un ciné-quiz

sur le vélo au cinéma.

©Arizona Distribution

Communauté d'agglomération du

Caudrésis - Catésis

Soutiens

GNCR

L’Aventura de Sophie Letourneur (Arizona

Distribution - 2 juillet)

Le Rire et le Couteau de Pedro Pinho (Météore

Films - 9 juillet)

Le programme est à retrouver sur le site des Cinémas

indépendants parisiens.

L’Aventura de Sophie Letourneur

Rencontres Cinémas Verts d’avril 2023,

à Saint-Médard-en-Jalles (Gironde)

PETITE ANNONCE

Groupe de cinémas indépendants

AGENDA DE LA PROFESSION

AG DE L'ARCHIPEL DES LUCIOLES 02/06/25 PARIS (ET EN VISIO)

JOURNÉE DE L'ANIMATION KMBO 03/06/25 PARIS

AG CINEPHILAE 05/06/25 SÈTE

SÉMINAIRE CINÉO 11 au 13/06/25 CHARTRES

CINEEUROPE 2025 16 au 19/06/25 BARCELONE

AG DU SCARE 17/06/25 PARIS

RECRUTE

ADJOINT(E) AU DIRECTEUR

pour son multiplexe 9 salles à Saint-Omer (62)

CDI, temps plein dès sept. 2025

Vous pilotez la gestion du site :

technique, équipe, animation commerciale

et relation clients.

Expérience en management et direction

d’établissement exigée.

CV à envoyer à : pascalvirot@ocine.fr

RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT 17 au 19/06/25 PARIS ET RÉGION PARISIENNE

AG CIP 17/06/25 PARIS

AG ADRC 18/06/25 PARIS

RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 24 au 28/06/25 DINARD

RENCONTRES PROFESSIONNELLES UCA-BIARRITZ 26 et 27/06/25 BIARRITZ

FEMA - FESTIVAL LA ROCHELLE CINÉMA 27/06 au 05/07/25 LA ROCHELLE

AG DE L'ACOR (DANS LE CADRE DU FEMA) 03/07/025 LA ROCHELLE

FÊTE DU CINÉMA 29/06 au 02/07/25 FRANCE

STUDIOSHOW 03 et 04/07/25 PARIS

RENCONTRE INTERSYNDICALE DE L’EST 08/07/25 SAINT-DIÉ-DES-VOSGES

AG DES SYNDICATS DE DIRECTEURS DE CINÉMAS DE L'EST ET DE

RHIN-ET-MOSELLE

09/07/25 SAINT-DIÉ-DES-VOSGES

FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 25 au 30/08/25 ANGOULÊME

CONGRÈS DES EXPLOITANTS FNCF 22 au 25/09/25 DEAUVILLE

JOURNÉE ART ET ESSAI DU CINÉMA EUROPÉEN 23/11/25 MONDE

34 N°493 / 28 mai 2025


L’ACTUALITÉ DE

L’EXPLOITATION ET DE LA

DISTRIBUTION CINÉMA

LE MAGAZINE PRO

ET LES SUPPLÉMENTS

LE SITE

BOXOFFICEPRO.FR

LE DIRECT

YOUTUBE

disponibles sur

Apple Podcasts

Deezer

OU SUR

BOXOFFICEPRO.FR/CATEGORY/LEMISSION/

Amazon Music

Spotify

@BoxofficeFrance

@Boxoffice_fr

Boxoffice Pro France

@boxofficefr


Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!