Mon Entreprise 2/2025
Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.
Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.
Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !
Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.
2 | 2025
Mon ENTREPRISE
Le magazine d’AXA destiné aux PME
Des équipes motivées et
en bonne santé grâce à la GSE
Page 14
Mener à bien des projets
d’expansion
Page 26
Quand intuition rime
avec innovation
Pour l’entrepreneur Rolf Erb,
il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des défis à relever.
Page 8
Ma fierté
Marc Such,
Such Consulting
Photo: Sébastien Agnetti
Mon ENTREPRISE
Je suis un pur produit Supply Chain. Ayant toujours
travaillé dans ce domaine et doté d’une fibre
d’entrepreneur, j’ai créé ma société il y a dix ans.
Mon objectif: réinventer la manière dont sont accompagnées
les transformations Supply Chain en
permettant aux organisations de se transformer de
manière vivante, authentique et durable. En effet,
je suis convaincu que les changements les plus puissants
naissent des personnes, d’une vraie qualité
d’écoute et d’un état d’esprit ultrapragmatique.
Aujourd’hui, Such Consulting a grandi et réunit
une équipe de douze personnes engagées. Nous ne
sommes pas de simples consultants: nous travaillons
en immersion, au plus près des équipes, et les
accompagnons jusqu’à la mise en œuvre concrète
Authenticité et pragmatisme
de nos recommandations. Notre approche est
profondément collaborative: nous impliquons les
équipes de nos clients, nous croisons leur expertise
métier avec notre expérience opérationnelle, pour
construire avec eux des solutions solides, réalistes
et sur mesure. Désormais solidement implantés en
Suisse romande, nous poursuivons notre développement
dans le reste du pays et à l’international.
Partout où nous intervenons, nous conservons le
même niveau d’exigence, de rigueur, de transparence
et de qualité qui font notre signature. Ma
fierté? Voir nos clients progresser, réussir, se transformer…
et savoir que notre contribution a joué un
rôle. Leur succès, c’est aussi un peu le nôtre.
such-consulting.com
2 02/2025
Ma fierté
Laura Schärz,
Dividalo AG
J’ai grandi sur des chantiers et j’ai toujours su que
j’en ferais mon métier. Pendant mes études d’ingénierie
civile, j’ai effectué plusieurs stages dans
le génie civil, ce qui m’a permis d’en savoir plus
sur la réfection de tunnels et l’utilisation d’explosifs.
J’ai ensuite suivi plusieurs formations dans le
maniement des explosifs. Quelques années plus
tard, alors que j’étais contremaître dans une entreprise
de sécurisation de parois rocheuses, j’ai
suivi plusieurs formations de cordiste. Et c’est
tout naturellement que je me suis décidée à créer
ma propre société. Je voulais tracer ma propre
voie, à mon rythme, selon mes conditions. J’ai
donc créé Dividalo en 2023. Nous intervenons
dans des endroits difficiles, voire impossibles
Toujours en mouvement
d’accès, pour sécuriser des masses rocheuses,
pour des travaux de forage ou de dynamitage,
ou encore pour monter des paravalanches ou des
filets de protection contre les chutes de pierre.
Rien à voir avec l’escalade que l’on peut pratiquer
comme hobby. C’est un travail difficile et
astreignant: on part souvent pour longtemps, et
bien sûr le télétravail est impossible. Mais il est
aussi très diversifié, on travaille dans des lieux
superbes, avec des panoramas magnifiques. Mon
rêve serait d’obtenir mon brevet de pilote d’hélicoptère.
Je le passerai après avoir terminé mes
études de droit, que je suis actuellement en formation
universitaire à distance.
dividalo.ch
Photo: màd
02/2025
3
Mon ENTREPRISE
Keep on
Kicking
AXA.ch/weuro
Sommaire
7
8
14
Succès
Le management de
l’innovation comme facteur
de réussite
Réduire les absences
grâce à la GSE
Éditorial
La créativité
est de mise
Photos: Dan Cermak, Matthias Jurt, Herbert Zimmermann, Gaëtan Bally
19
20
22
25
26
30
2
3
34
35
18
Sécurité
Conseils et astuces pour
un networking efficace
Rapports sur la durabilité:
un mal nécessaire?
Responsabilité
Internationalisation: mener
à bien un plan d’expansion
Entretien: Dania et Nils
Kambly parlent de
tradition, de plaisir et de
chocolat de Dubaï
Rubriques
Ma fierté
Marc Such
Laura Schärz
Beat Hochrainer
Jelena Michel
Infographie: Intelligence
artificielle
IMPRESSUM
8
14
30
Lisez notre e-paper sur www.meine-firma.ch ou rendez-vous sur LinkedIn à l’adresse
www.linkedin.com/company/axaswitzerland.
Éditeur: AXA, Newsroom
Adresse de la rédaction: AXA, Mon Entreprise, Römerstrasse 17, 8400 Winterthour,
www.meine-firma.ch, e-mail: meine.firma@axa.ch
Rédaction: Melanie Ade (rédactrice en chef) A collaboré à ce numéro: Lorenz Heinzer
En ligne: Urs Wildi Traduction: Language Services, AXA Conception et production: Der Layouter,
Beni Spirig, 6004 Lucerne Impression et expédition: Vogt-Schild Druck AG, Gutenbergstrasse 1,
4552 Derendingen Parution: trois fois par an en français, en allemand et en italien
Tirage: 84 000 exemplaires Régie publicitaire: Galledia Fachmedien AG, Burgauerstrasse 50,
9230 Flawil, ornella.assalve@galledia.ch, www.galledia.ch | Changements d’adresse et
désabonnements: merci d’adresser vos demandes à meine.firma@axa.ch
Imprimé
myclimate.org/01-25-194786
Quel est le point commun entre
une broderie saint-galloise, une
faucheuse à roseaux et une brosse
à dents manuelle mais sonique?
Toutes ont été inventées par des entreprises
suisses et ont joué un rôle
décisif dans leur compétitivité et leur
succès. Gabriele Schwarz, mentor
en innovation à l’agence Innosuisse,
considère que la plupart des PME
suisses sont intuitivement innovantes,
car elles doivent constamment
s’adapter aux changements
et évoluer. Elle conseille néanmoins
d’inscrire le management de l’innovation
dans la stratégie de l’entreprise
afin de pérenniser son succès.
Vous découvrirez dans ce numéro
comment y parvenir.
Mais la réussite à long terme passe
aussi par la motivation et la bonne
santé des collaborateurs et collaboratrices.
Grâce à une gestion systématique
de la santé dans l’entreprise,
vous renforcez non seulement la résilience
de votre personnel, mais aussi
sa loyauté envers votre entreprise.
Nous vous montrons comment.
Et si vous envisagez d’étendre vos activités
à l’étranger, d’améliorer votre
networking ou de rédiger un rapport
sur la durabilité, nous avons aussi
des informations à ce sujet.
Bonne lecture!
Melanie Ade
Rédactrice en chef
«Mon Entreprise»
02/2025 5
Mon ENTREPRISE
powered by
Uniquement avec
newhome, voyez
toutes les espaces de
bureaux.
Même ceux qui ne sont annoncés nulle part ailleurs.
Chercher ici
Succès
Questions des lecteurs
Prestations
facturables
Je souhaite ouvrir un nouveau local
commercial et faire appel à un architecte
pour les travaux de transformation.
Quelles prestations l’architecte
peut-il me facturer?
P. S., Weinfelden
Tout dépend de ce qui a été convenu
entre les parties. Bien souvent, au début
du projet, elles omettent de définir
si et à partir de quand les prestations
de l’architecte peuvent être décomptées.
La question est alors de savoir si
l’offre doit déjà être facturée dès son
simple établissement ou seulement
si elle nécessite une charge de travail
importante, comme une visite sur place
ou des calculs détaillés. De manière
générale, dès que l’architecte travaille
pour vous, il est en droit de vous faire
payer ses heures de travail. C’est
pourquoi il est conseillé d’en discuter
ouvertement avant le début de son
intervention et de définir les étapes qui
seront gratuites pour vous (offre à titre
indicatif ou autre) et les prestations qui
vous seront facturées ainsi que les tarifs
pratiqués.
Renato Forster
Avocat chez
AXA-ARAG
Photos: gettyimages.com; màd
Mesures recommandées aux PME pour trouver de la main d’œuvre qualifiée et la fidéliser.
Livre blanc pour attirer
les talents
Dans la dernière étude d’AXA sur le marché de l’emploi des PME, 42% des entreprises
interrogées ont cité la pénurie de main-d’œuvre qualifiée comme l’un de
leurs principaux défis. À titre de comparaison, la deuxième réponse la plus fréquente,
la digitalisation, n’est mentionnée que par 31% des entreprises. Les absences
du personnel et les problèmes d’approvisionnement, classés en troisième
et quatrième position parmi les défis les plus fréquemment cités, n’inquiètent
même pas une PME sur cinq. Depuis 2022 déjà, la recherche de personnel motivé
est considérée par les PME suisses comme leur principal défi. Mais attirer
de nouvelles recrues n’est qu’une partie de l’exercice. Garder le personnel déjà
en place et son savoir-faire au sein de l’entreprise donne également du fil à
retordre aux employeurs. Les causes de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée
étant multiples, il n’existe pas de solution unique. Mais la bonne nouvelle est
que des mesures permettent bel et bien de trouver et de retenir la main-d’œuvre
adaptée, même lorsqu’elle se fait rare. Notre livre blanc fait le point sur les dernières
informations à ce sujet. Scannez le code QR pour découvrir
ce qui est important pour les collaborateurs et collaboratrices lors
du choix de leur employeur et les mesures à prendre pour susciter
l’enthousiasme tant des nouveaux talents que du personnel en place.
«En tant qu’employeur, nous avons un devoir d’assistance à
l’égard de nos collaborateurs et collaboratrices.»
Elisa Krebs, Chief Human Resources Officer, Löwenfels Partner AG, page 15
02/2025 7
Mon ENTREPRISE
GESTION DE L’INNOVATION
Il n’y a pas de problèmes,
il n’y a que des solutions
Le succès économique de la Suisse repose en grande partie sur la capacité d’innovation de ses
entreprises. Mais souvent, les PME ne disposent ni du budget ni des ressources nécessaires pour
développer cette capacité. Voyons ensemble comment elles peuvent innover malgré tout.
Texte Melanie Ade Photos Dan Cermak
Qu’est-ce que
la gestion de
l’innovation?
La gestion de l’innovation
inclut toutes les mesures destinées
à promouvoir l’innovation
au sein des organisations.
C’est-à-dire la planification,
l’organisation, la conduite et le
contrôle de tout le processus
d’innovation, de l’idée jusqu’à
la mise en œuvre. Son objectif
est d’accroître la valeur d’une
entreprise, par exemple grâce
au lancement de nouveaux
produits, à l’optimisation de
services existants ou à l’amélioration
de procédures internes.
D
epuis 14 ans, la Suisse arrive en
tête des pays les plus novateurs
au monde. Selon l’indice de l’innovation
2024, elle conserve sa
première place devant la Suède et
les États-Unis. Cette activité s’est toutefois nettement
ralentie à l’échelle mondiale. Comme
le montre aussi la dernière enquête sur l’innovation
en Suisse, menée tous les deux ans
par le Centre de recherches conjoncturelles
de l’EPF de Zurich, l’environnement se complexifie
et la dynamique stagne. Or les PME
traditionnelles se doivent, elles aussi (et même
surtout elles), de mettre en place un système
de gestion systématique de l’innovation, explique
Gabriele Schwarz, mentor chez Innosuisse.
«Une entreprise qui ne fait pas évoluer
ses produits et ses services se fera distancer par
la concurrence. La gestion de l’innovation est
indispensable pour garantir sa réussite à long
terme.»
L’innovation est inscrite dans son ADN
Emanuel Forster, co-CEO du groupe Forster,
le sait pertinemment. À 49 ans, il codirige
avec sa sœur Caroline l’entreprise familiale
basée à Saint-Gall depuis quatre générations.
Fondée en 1904, cette entreprise spécialisée
dans la broderie fournit les grands couturiers
de ce monde depuis plus de 120 ans. «Dans
l’univers de la mode, le rythme a toujours été
plus effréné que dans les autres secteurs: les
tendances d’aujourd’hui seront dépassées demain»,
explique Emanuel Forster. La gestion de
l’innovation n’est donc pas seulement ancrée
dans la stratégie d’entreprise du groupe Forster,
elle est inscrite dans son ADN. «Nous avons
toujours suivi les évolutions du marché et les
dernières tendances. Dans les années 1950,
mon grand-père a ainsi été le premier à fournir
de la guipure aux grandes maisons de couture
parisiennes. À l’époque, l’entreprise produisait
généralement des tabliers et des chemisiers.»
Repenser la filière broderie
La troisième et la quatrième génération de Forster
ayant pratiquement grandi dans l’entreprise,
elles ont hérité de cet esprit visionnaire
qui perdure aujourd’hui. Quand Emanuel et
Caroline Forster ont repris la direction opérationnelle
en 2007 à la suite de leur père, celui-ci
a reçu pour mission d’étudier l’utilisation de
nouvelles matières pour le groupe Forster. «Il
avait enfin le temps de s’y consacrer, alors que
nous étions pris dans le tourbillon des affaires
courantes», explique Emanuel Forster en riant.
La mentor en innovation Gabriele Schwarz
le confirme: «Dans les PME ayant un gros volume
d'activité à gérer au quotidien, l’intérêt
pour l’innovation se perd rapidement du fait
du rythme de travail effréné. Le temps et les
ressources manquent, tout simplement.» Pour
le groupe Forster, la stratégie s’est révélée
payante. Deux tout nouveaux secteurs d’activité
ont ainsi vu le jour. L’entreprise les gère
comme des entités indépendantes, en plus des
quatre pôles existants: FRTI développe et produit,
à partir de fils conducteurs, des textiles
électroniques fonctionnels haute performance
basés sur les techniques de broderie, intégrant
des capteurs, des éléments de chauffage ou des
composants lumineux. Biontec va encore plus
loin et produit des pièces moulées innovantes
en carbone, qui sont ensuite intégrées dans des
structures de drones, des dispositifs médicaux
ou des appareils de mesure et sont même utilisées
dans l’aéronautique et l’aérospatiale.
Des actions plutôt qu’un long discours
Ce n’est pas une approche inhabituelle pour
le groupe Forster, déclare humblement Emanuel
Forster: «Nous avons très tôt misé sur les
technologies modernes et sur la broderie mécanique
et développé les logiciels correspondants.»
En 2023, le groupe Forster a même remporté
le Digital Leader Award pour son procédé
de broderie unique au monde, mis au point
▶
Mon ENTREPRISE
8 02/2025
Mon Entreprise
Le groupe Forster englobe
toutes les entreprises de la
famille Forster. Depuis 1904,
les unités opérationnelles
dirigées par la quatrième génération
portent la tradition
de la broderie de Saint-Gall
dans l’univers des grandes
maisons de couture. Avec la
mise au point et la production
de textiles fonctionnels
haute performance et grâce
à l’utilisation de fibres de
carbone, le groupe a aussi
pu conquérir des secteurs
techniques.
forster-group.com
De g. à dr.: Stefan Germann, CEO Biontec
Caroline Forster, CEO Interspitzen et FRTI et co-CEO du groupe
Emanuel Forster, CEO Forster Rohner et co-CEO du groupe
Michael Portmann, CFO du groupe
Fabio Di Silvio, CEO Jakob Schlaepfer
Elisheva Senn, Creative Director Forster Willi et Forster Rohner Lingerie
Forts d’un savoir-faire artisanal
traditionnel, Emanuel Forster
et le groupe Forster ont joué
très tôt la carte des technologies
modernes.
02/2025
9
Mon ENTREPRISE
Partie d’une idée de faucheuse
à roseaux, l’entreprise connaît
un succès florissant depuis ces
dernières années, grâce à un
bel esprit de créativité et de
clairvoyance.
Mon Entreprise
De l’entretien des arbres,
des talus et des haies à la
protection de la nature, en
passant par la valorisation
du bois et le traitement des
déchets verts, le nettoyage,
le transport et l’entretien
hivernal: N.U.P propose
une gamme de services très
complète. L’entreprise, sise
à Winterthour et à Hettlingen,
a été fondée en 1995 et
emploie aujourd’hui près de
140 personnes.
nup.ch
Mon ENTREPRISE 10
02/2025
GESTION DE L’INNOVATION
«J’adore trouver des solutions efficaces et pratiques
à des obstacles qui paraissent insurmontables.»
Rolf Erb, entrepreneur, N.U.P
avec l’aide d’un ancien créateur de textures
de l’industrie du jeu vidéo. «Cette distinction
nous honore bien sûr, mais surtout, grâce au
développement numérique en 3D, les délais de
conception sont passés de trois semaines à trois
minutes, ce qui nous a fait gagner un temps
précieux», explique Emanuel Forster.
Selon Gabriele Schwarz, l’innovation ne sous-entend
pas nécessairement le développement
d’un nouveau produit. «Une innovation peut
être une nouveauté apportée à un produit, un
nouveau service, une nouvelle activité ou encore
un nouveau procédé. D’un point de vue
économique, une innovation n’est considérée
comme telle que lorsqu’elle trouve sa place sur
le marché», commente l’experte. Cela ne fonctionne
pas toujours, même au sein du groupe
Forster, concède Emanuel Forster. Il tient toutefois
à ce que ses équipes concrétisent leurs
idées. «Nous avons une devise: des actions
plutôt qu’un long discours.» C’est pourquoi
les six unités opérationnelles du groupe sont
volontairement gérées comme des PME indépendantes,
avec leur propre structure organisationnelle
et leur propre processus créatif. «Je
suis convaincu que les discussions trop longues
paralysent le processus d’innovation et que les
différentes unités, avec au maximum 30 collaborateurs,
peuvent évoluer plus efficacement»,
ajoute Emanuel Forster. Le succès lui donne raison:
ce n’est pas un hasard si les mannequins
de Victoria’s Secret, Dior et Chanel défilent sur
les podiums du monde entier pour présenter
les dernières collections arborant les broderies
de Saint-Gall.
Tout a commencé avec une faucheuse
Rolf Erb ne s’embarrasse pas du concept de gestion
de l’innovation. On le surnomme le «Géo
Trouvetou des espaces verts», à juste titre. Tout
a commencé avec un véhicule à chenilles mis
hors service, que cet agriculteur qualifié a déniché
par hasard en 1995 et a décidé d’acheter,
juste pour le plaisir, comme il l’avoue luimême.
Il ne savait pas encore vraiment à quoi
l’engin allait lui servir. «À l’époque, je venais
de décrocher mon examen de maîtrise d’agriculteur,
mais je savais que je ne voulais pas
exercer ce métier. Je souhaitais accomplir tout
autre chose, quelque chose de différent», se remémore
l’entrepreneur. C’est alors que lui est
venue l’idée de transformer le véhicule à chenilles
en une faucheuse de roseaux. «Je pensais
que la protection de la nature pouvait être un
domaine porteur, sans pour autant avoir réalisé
d’étude de marché ou autre. Je me suis tout
simplement lancé», confesse Rolf Erb en riant.
Nouvelle idée, nouveau défi
Faire connaître l’existence du nouvel engin
n’a pas été une mince affaire, mais une fois les
premières commandes livrées, les affaires ont
commencé à devenir florissantes. Il s’est alors
trouvé face à un nouveau problème: comment
rassembler et éliminer les roseaux coupés?
Rolf Erb a aussitôt équipé sa machine d’un râteau-faneur
et a aussi eu l’idée de broyer les
déchets et de les proposer aux exploitations
locales comme paillis. C’est ainsi qu’est né un
nouveau modèle commercial: la gestion des déchets
verts.
Aujourd’hui, la société Naturschutz- und Umweltpflegetechnik
GmbH N.U.P de Rolf Erb
compte huit entreprises de sous-traitance. À
l’entretien des cours d’eau, au traitement des
déchets verts et à la valorisation du bois énergie
se sont ajoutés d’autres secteurs d’activité,
comme l’entretien des talus et des haies. C’est
là aussi une idée qui a jailli spontanément dans
la tête de l’entrepreneur. «Dans les années
1990, alors que je prenais l’autoroute pour rentrer
chez moi après une mission, j’ai remarqué
la grande quantité de déchets sur le bas-côté.
Après consultation du centre d’entretien communal
de Winterthour, j’ai appris que le talus
devait être nettoyé manuellement par manque
de solution mécanique. J’ai donc fabriqué le premier
aspirateur motorisé au moyen d’un tracteur
et d’une petite grue», raconte Rolf Erb avec
un clin d’œil. «J’adore trouver des solutions efficaces
et pratiques à des obstacles qui paraissent
insurmontables. Autrement dit: il n’y a pas de
problèmes, il n'y a que des solutions.»
Aujourd’hui, la société N.U.P est responsable
de l’entretien des talus et des routes de plusieurs
cantons et de l’aéroport de Zurich. Sa
flotte de faucardeuses veille à ce qu’aucune zostère
ne vienne gâcher la baignade dans le lac
de Constance et le lac Majeur, et dans les deux
grands centres de biomasse de Winterthour et
Winkel, 40 000 tonnes de déchets verts sont
compostées et valorisées chaque année. Par ailleurs,
l’entreprise s’est spécialisée dans la protection
de la nature et le désherbage sans produits
chimiques. Elle est aussi partie prenante
d’une installation de biogaz et exploite un restaurant
pouvant accueillir jusqu’à 70 personnes
pour des événements festifs.
«Une chose en a entraîné une autre. Après
chaque idée surgissait un nouveau problème à
L’experte
Gabriele Schwarz, mentor en
innovation, Innosuisse
Agence pour
l’encouragement
de l’innovation
Innosuisse
Innosuisse est l’Agence
suisse pour l’encouragement
de l’innovation. Elle encourage
les PME, les start-ups,
les instituts de recherche
et d’autres organisations
suisses dans leurs activités
de recherche et de développement.
Innosuisse est leur
tremplin pour atteindre le
niveau national ou international.
Elle facilite les collaborations
et le transfert de
connaissances afin de développer
de nouveaux produits
ou services prometteurs.
Les PME ont la possibilité
de se faire accompagner par
une ou un mentor afin d’évaluer
le potentiel de leur idée
et de déterminer si celle-ci
peut servir de base à un projet
d’innovation national ou
international. Ce mentorat
en innovation est gratuit.
Innosuisse.ch
Photo: Alessandro Della Bella
▶
02/2025 11
Mon ENTREPRISE
GESTION DE L’INNOVATION
Cinq facteurs
de réussite
1. L’innovation doit être intégrée
à la stratégie
Il est essentiel que vos efforts
en matière d’innovation soient
intégrés directement à la
stratégie de votre entreprise.
Prévoyez dès aujourd’hui vos
prochaines actions. Associez
vos réflexions à des analyses
de marché et de tendances
récentes afin de recueillir
des idées innovantes pour de
futures offres. Vous réussirez
ainsi à vous distinguer durablement
de la concurrence.
2. Le rôle de la direction
La direction doit définir l’orientation
que doit prendre votre
stratégie d’innovation. Quel
but voulez-vous atteindre?
Donnez des consignes claires et
montrez la voie. À cet égard, un
encadrement fort de la direction
et un management attentif
sont impératifs.
3. De la clarté naissent les
meilleures idées
En communiquant un objectif
clair et en mettant en avant les
points forts de votre stratégie,
vous donnez à votre équipe
l’espace de liberté dont elle a
besoin. Le résultat? Des idées
plus ciblées qui apportent à
votre entreprise une réelle valeur
ajoutée.
4. Exploiter les ressources de
manière ciblée
En tant que PME, vous devez
déterminer avec précision
où vous voulez investir votre
temps et vos ressources. En
fixant et en mesurant des objectifs
pertinents, vous gagnez
du temps et puisez la motivation
nécessaire pour réaliser
vos ambitions.
5. Construire pas à pas une
culture de l’innovation
Encouragez la créativité en désamorçant
la crainte de l’échec
et en reconnaissant les bonnes
idées. Renoncez en outre
aux structures cloisonnées:
misez plutôt sur des équipes
transverses.
«Nous réalisons 26% de notre chiffre d’affaires avec
des produits qui ont moins de trois ans.»
Adrian Pfenniger, CEO, Trisa
résoudre, ce qui m’a aussi permis de découvrir
ou de lancer de nouvelles activités. C’est ainsi
que l’entreprise s’est progressivement développée
et diversifiée, car nous considérons les défis
comme une chance», ajoute Rolf Erb avec modestie.
L’experte Gabriele Schwarz le confirme:
«De nombreuses PME n'ont pas de service dédié.
Elles gèrent l’innovation de façon très intuitive,
car elles doivent constamment s’adapter à des
changements. Les PME peuvent ainsi surmonter
sans difficulté les périodes de crise économique,
car elles disposent d’une stratégie sur le
long terme et font preuve d’un esprit combatif
et d’une grande créativité.» L’experte conseille
toutefois aux PME dépourvues du génie inventif
d’un Géo Trouvetou de prendre régulièrement
le temps de remettre en question leurs produits
et leurs modèles commerciaux et de trouver
de nouvelles idées. «L’idéal est de prévoir des
pauses et des espaces où il est possible de brainstormer
ensemble dans un cadre informel afin
de faire germer de nouvelles idées.»
L’innovation, un élément clé
Le fabricant de brosses à dents Trisa offre également
à son équipe un cadre informel pour
l’émergence de nouvelles idées. La «maison aux
idées», aménagée dans les combles du bâtiment
d’origine, est un espace de liberté bien loin des
postes de travail, où règne une atmosphère créative
propice au brainstorming. Les membres
du personnel s’y réunissent régulièrement en
cercles interdisciplinaires afin de trouver de
nouvelles idées de produits. «Nous réalisons 26%
de notre chiffre d’affaires avec des produits qui
ont moins de trois ans», explique Adrian Pfenniger,
le CEO. «L’innovation systématique est depuis
longtemps un élément clé de notre compétitivité
internationale et occupe donc une place
centrale dans notre stratégie d’entreprise. Notre
objectif affiché est d’améliorer en permanence
la qualité et le confort d’utilisation de nos produits
et d’anticiper rapidement les évolutions du
marché et les nouveaux besoins de la clientèle.»
En plus de son propre département de recherche
et développement et d’une collaboration avec
des instituts du secteur dentaire, Trisa table
sur la capacité d’innovation de son personnel.
La culture d’entreprise ouverte et durable et le
modèle de management participatif sont des
éléments essentiels du processus d’innovation,
poursuit Adrian Pfenniger: «Nous intégrons tout
le capital intellectuel de notre personnel dans le
processus d’innovation. Tous nos collaborateurs
et collaboratrices disposent d’un livret d’idées.
Les propositions concernant de nouveaux produits,
mais aussi l’optimisation des processus,
l’amélioration des postes de travail ou les innovations
technologiques et sociales sont enregistrées
et récompensées.» La «question du mois»
est l’occasion de discuter longuement des idées
suggérées et de rechercher des solutions appropriées.
De plus, chaque année voit récompenser
les «champions Trisa», à savoir les membres du
personnel qui se sont illustrés par leurs brillantes
idées.
Tirer parti du potentiel créatif du personnel
En effet, l’une des principales innovations de
ces dernières années provient du vivier interne.
C’est un collaborateur qui est à l’origine de l’idée
de base du produit phare Trisa Sonicpower, qui
allie le confort d’utilisation d’une brosse à dents
manuelle aux avantages d’une brosse à dents
sonique. «Il a même fabriqué un prototype
en montant un petit moteur sur une brosse à
dents manuelle», se souvient Adrian Pfenniger
en souriant. Bien sûr, toutes les idées ne sont
pas aussi révolutionnaires que celle-ci. Mais
les idées d’amélioration du poste de travail ou
d’optimisation des processus sont également
précieuses, et elles émanent dans l’idéal des
personnes confrontées à ces questions au quotidien.
«Toute PME peut tirer parti du potentiel
créatif de son personnel, même avec un faible
budget innovation ou des ressources limitées»,
affirme le chef d’entreprise. Son conseil? «Impliquez
vos équipes dans le processus créatif,
faites-les participer aux discussions, stimulez
régulièrement la réflexion créative et mettez
en place des incitations, comme des distinctions
ou des prix en reconnaissance des efforts.» L’experte
Gabriele Schwarz a elle aussi un conseil:
«Testez dès que possible les nouveaux prototypes
auprès d’un groupe de clients ciblé. Seul
un retour rapide sur une nouvelle offre vous
permettra de déterminer si elle répond aux besoins
du marché.» Et lorsque l’on est en panne
d’idées, il ne faut pas hésiter à solliciter une aide
extérieure. «Il existe aujourd’hui bon nombre
de bonnes agences de conseil, mais aussi des
offres gratuites, comme l’Agence suisse pour
l’encouragement de l’innovation Innosuisse,
des programmes cantonaux, des communautés,
des événements ou des parcs d’innovation.
Alors, profitez-en!»
●
Mon ENTREPRISE
12 02/2025
L’idée de la Trisa Sonicpower
est venue du personnel. C’est
l’une des principales innovations
du fabricant de brosses à
dents et une étape importante,
comme le souligne le CEO
Adrian Pfenniger.
Photos: màd
Mon Entreprise
Fondée en 1887, l’entreprise
familiale Trisa est aujourd’hui
dirigée par les frères Adrian
et Philipp Pfenniger qui
représentent la quatrième
génération. Sise à Triengen,
cette société opère dans les
domaines des soins buccodentaires,
des produits de
beauté et de l’entretien de la
maison. Elle commercialise
des produits de très grande
qualité dans plus de 80 pays.
trisa.ch
Photos: màd
02/2025 13
Mon ENTREPRISE
GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE
Objectif santé
Des collaboratrices et collaborateurs
en bonne santé sont plus
motivés et plus performants.
Mon ENTREPRISE
14 02/2025
Photo: iStock
GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE
Face à des arrêts de travail, une entreprise (a fortiori une PME) se retrouve
vite dans l’embarras. Une gestion professionnelle de la santé dans l’entreprise (GSE)
permet de réduire les absences et de promouvoir la santé au travail.
Texte Melanie Ade Photos Matthias Jurt
L
es arrêts de travail prolongés pour maladie,
accident ou surmenage posent
problème non seulement aux personnes
concernées, mais aussi à leurs
employeurs. L’entreprise Löwenfels
Partner AG en a fait l’expérience. Ces trois dernières
années, cet éditeur de logiciels lucernois
a été confronté à plusieurs absences pour cause
d’accident ou de maladie. Les raisons en étaient
multiples. «De l’accident pendant les loisirs à
des maladies graves en passant par le coup dur
personnel, il y avait de tout. Le dénominateur
commun: plusieurs mois d’absence des collaborateurs
et collaboratrices concernés», explique
Elisa Krebs, Chief Human Resources Officer
chez Löwenfels Partner AG. En plus d’être
éprouvantes, ces situations se sont répercutées
sur la charge de travail des collègues: «Selon
le profil professionnel, les équipes parvenaient
plus ou moins à faire face. Mais une telle absence
est toujours problématique pour toutes
les parties impliquées.»
«Le principal défi a été de trouver
un équilibre entre compassion
et action au nom de l’entreprise.»
Elisa Krebs, Chief Human Resources Officer, Löwenfels Partner AG
Entre compassion et intérêt de l’entreprise
Elisa Krebs s’est donc soudain retrouvée, elle
aussi, dans une situation exceptionnelle. «Les
formations en RH ne vous apprennent pas à
gérer une absence due à un accident ou à une
maladie. On n’est confronté à la situation que
lorsqu’elle se produit.» Il faut alors réagir immédiatement.
«Pour moi, le principal défi a
été de trouver à chaque fois un équilibre entre
compassion et action au nom de l’entreprise.
D’un côté, il est important de soutenir les personnes
dans cette situation difficile; de l’autre,
je dois me soucier du bien-être des équipes et
défendre les intérêts économiques de l’employeur.»
La charge administrative qui en découle
ne doit pas non plus être sous-estimée:
au début, une personne qui ne connaît pas bien
le fonctionnement des indemnités journalières
ou du système de santé est vite dépassée par
les nombreux délais à respecter et formulaires
à remettre aux assurances sociales.
Un partenaire solide à ses côtés
Heureusement, Löwenfels a souscrit aussi bien
son assurance d’une indemnité journalière en
cas de maladie que sa solution de prévoyance
professionnelle auprès d’AXA. Elle a ainsi accès
à WeCare, l’offre de gestion de la santé pour
les entreprises d’AXA. Stephan Schuler, le Case
Manager responsable, indique: «Afin d’éviter
les absences prolongées, nous nous engageons
fortement dans le domaine de la GSE. Nous soutenons
toutes les entreprises qui possèdent une
assurance de personnes chez nous en mettant
à leur disposition une interlocutrice ou un interlocuteur
dédié, en prenant des mesures de
prévention destinées à promouvoir la santé de
façon ciblée et en leur offrant un accompagnement
professionnel en cas d’arrêts de travail.»
Il assiste Löwenfels, et par conséquent aussi
Elisa Krebs, en cas d’urgence. Lors d’une absence,
c’est lui qui s’occupe de la coordination
avec les médecins, les établissements de soins
et les offices AI, qui conseille les personnes
touchées, l’employeur et la hiérarchie sur
la marche à suivre, et qui est l’interlocuteur
privilégié pour toutes les parties impliquées.
«L’objectif déclaré est d’accompagner étroitement
les salariées et salariés et les entreprises
tout au long du processus de guérison afin de
favoriser la réinsertion. Que ce soit dans l’ancienne
fonction, dans un autre poste en interne
avec des adaptations, en dehors de l’entreprise
Mon Entreprise
Löwenfels développe des
solutions logicielles sur
mesure pour simplifier
les processus de travail et
accroître l’efficacité dans des
environnements réglementaires
complexes. L’entreprise
accompagne aussi
des administrations et des
entreprises suisses dans leur
transformation numérique.
loewenfels.ch
▶
02/2025 15
Mon ENTREPRISE
GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE
La GSE, un facteur de succès
C’est là qu’intervient Stephanie Philipp, de
WeCare. Elle est experte en GSE et conseillère
en prévention. «Une gestion systématique de
la santé dans l’entreprise aide à identifier en
amont les risques pour la santé, à en déduire
des mesures efficaces et à préserver durablement
la santé du personnel», déclare-t-elle. Les
mesures de prévention sont utiles à cet égard,
comme le montrent les chiffres de Promotion
Santé Suisse: les collaboratrices et collaborateurs
ayant bénéficié d’une mesure de GSE
affichent en moyenne 2,6 jours d’absence en
moins, un gain de performance de 10% et une
baisse du stress de 25%. «La GSE permet donc
non seulement d’économiser des coûts et des
ressources, mais aussi de renforcer la santé
du personnel ainsi que d’améliorer sa satisfaction,
sa motivation et sa fidélité à l’entreprise»,
ajoute l’experte.
Pour Stephan Schuler, Elisa Krebs et Stefanie Philipp, des échanges réguliers sont la clé d’une
collaboration de qualité.
Gestion de la santé
dans l’entreprise
WeCare
Qu’il s’agisse de mesures de
prévention pour améliorer la
santé du personnel ou d’une
aide rapide en cas d’urgence,
WeCare, la solution de gestion
de la santé dans l’entreprise,
est votre meilleur allié
pour veiller à tout moment
au bien-être de vos collaboratrices
et collaborateurs.
axa.ch/wecare
ou encore dans une autre profession au moyen
d’une reconversion.»
Elisa Krebs est reconnaissante de ce soutien:
«Savoir qu’une personne disposant d’une expertise
m’accompagne, planifie les étapes
suivantes et se charge des questions administratives
est très rassurant. Il serait toutefois
souhaitable qu’une prévention ciblée nous permette
d’éviter d’éventuelles absences.» C’est
pourquoi elle a fait de la gestion de la santé
un thème stratégique de Löwenfels. «Les aléas
de la vie peuvent parfois être un fardeau. D’où
l’importance de consacrer à ce sujet l’attention
qu’il mérite.»
«L’objectif déclaré est d’accompagner
étroitement les personnes concernées
et les entreprises.»
Stephan Schuler, Case Manager, AXA
Sensibiliser les cadres
En collaboration avec Elisa Krebs, Stefanie Philipp
et l’équipe WeCare ont conçu un catalogue
de mesures répondant aux besoins de Löwenfels
Partner AG. La première a été d’organiser
un atelier de sensibilisation pour les cadres.
«Beaucoup de cadres ne savent pas comment
réagir, surtout face à des troubles psychiques
qui, à la différence des blessures physiques, ne
sont pas toujours visibles de prime abord. Ils
doivent faire preuve de sensibilité et d’une certaine
assurance», affirme Stefanie Philipp. Lors
de l’atelier, les cadres ont appris non seulement
à détecter tôt et à aborder les signes d’atteinte
psychique, mais aussi à renforcer de manière
préventive la santé de leurs équipes. Ils ont en
outre obtenu des conseils sur la gestion des absences
de courte et de longue durée et découvert
comment aider leurs équipes dans le cadre
d’une réinsertion.
Réaliser des enquêtes auprès du personnel
Depuis deux ans, Löwenfels utilise également
la Boussole climat au travail proposée par
AXA en coopération avec DearEmployee. «La
Boussole climat au travail est un outil rapide
et efficace permettant d’analyser les risques
psychosociaux au travail et de favoriser de manière
ciblée la santé du personnel. Au moyen
d’enquêtes anonymes, elle aide les entreprises
à évaluer le bien-être de leurs équipes
ainsi qu’à déterminer ce qui fonctionne bien
et moins bien. L’étude de ces contraintes et de
ces ressources aboutit à des recommandations
d’action concrètes pour la santé, la motivation
et la fidélisation ainsi qu’à des mesures
appropriées», précise Stefanie Philipp. Dans le
cas de Löwenfels Partner AG, différentes mesures
ont été mises en place dans le domaine
de la santé. «En collaboration avec Medbase Fit
Mon ENTREPRISE
16 02/2025
GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE
im Job, nous avons organisé une journée de la
santé sur l’activité physique, l’alimentation, la
relaxation et le sommeil. Par ailleurs, le thème
de la santé sera mis en avant lors de nos Company
Days annuelles», révèle Elisa Krebs.
Donner de nouvelles incitations
Depuis mars, Löwenfels propose également à
son personnel l’offre de santé numérique de
Kinastic. Celle-ci soutient les entreprises dans
leur démarche de promotion de la santé grâce
à des campagnes de sensibilisation, des webinaires
d’information, des vidéos de spécialistes
ou des astuces pour le quotidien. «L’application
regroupe dans une interface ludique des
conseils nutritionnels, des recettes, des activités
physiques et des exercices de relaxation.
L’idéal pour nos collaboratrices et collaborateurs
férus de numérique», commente Elisa
Krebs. Bien sûr, l’utilisation de Kinastic n’a
rien d’obligatoire: elle s’entend plutôt comme
une incitation à prendre soin de sa santé. «En
tant qu’employeur, nous avons un devoir d’assistance
vis-à-vis de nos équipes. Je tiens donc
à leur fournir les outils nécessaires pour les assister
en matière de santé. Ainsi, bien qu’étant
une PME aux ressources limitées, je peux apporter
une contribution à la santé et à la motivation
de notre personnel.»
●
«Beaucoup de cadres ne savent
pas comment réagir, surtout face à des
troubles psychiques.»
Stefanie Philipp, conseillère en prévention, WeCare
Accédez ici à Kinastic, votre
partenaire pour une promotion
globale de la santé.
Ensemble pour
plus de durabilité
En créant 1 m 2 de surface dédiée à la biodiversité pour
chaque client, AXA soutient d’ici à 2025 des projets
qui favorisent la diversité biologique en Suisse. Au total,
environ 2 millions de m 2 seront revalorisés.
Know You Can
AXA.ch/biodiversite
02/2025 17
Mon ENTREPRISE
GRAPHIQUE
Intelligence artificielle:
artificiellement intelligente
Rien ne semble pouvoir freiner l’ascension de l’IA: de plus en
plus d’entreprises et de particuliers ont recours à
ces assistants numériques pratiques. Pourtant,
la machine est encore loin de penser de façon
autonome.
Illustrations Daniel Karrer
1400
1300
1000
Janv.Fév.
20242025
… verts
Indice de
performance
… rouges
OpenAI
DeepSeek
xAI
Anthropic
Meta
Mistral AI
Au coude-à-coude
Google et OpenAI,
l’entreprise créatrice de
ChatGPT, font actuellement
la course en tête pour ce qui
est des performances de
leurs modèles. Mais les
Chinois les talonnent avec
DeepSeek, modèle bien plus
simple et moins coûteux.
ChatGPT et compagnie: comment ça
marche?
L’intelligence artificielle générative n’est en fait que
de la statistique. En se basant sur de gigantesques
masses de données provenant d’Internet, elle
prédit quel mot suivant est le plus probable dans
une séquence. Des optimisations permettent
certes d’affiner les modèles. Mais en fin de compte,
le résultat reste une loterie.
Entraînement d’un
modèle de langage
Input
De grandes quantités de textes tirés
d’Internet, des réseaux sociaux, de
livres, etc.
Entraînement
L’algorithme masque des mots dans
des textes et tente de les deviner. Il
apprend par comparaison et
s’améliore en trouvant les erreurs.
Les concombres
sont...
… un légume
Résultat
Le modèle de langage apprend à
prédire des suites de mots.
1
2
3
4
5
6
7
Fine-tuning du
modèle de langage
May I
help you?
. . . . . . . États-Unis
. . . . Royaume-Uni
. . . . . . . . . . . Chine
. . . . . . . . . . . .Inde
. . . . . . .Allemagne
. . . . . . . . . . France
. . . . Corée du Sud
Nombre
d’entreprises
créées
Entraînement d’un
modèle d’évaluation
séparé
69,70%
Chine
30
14,16%
États-Unis
20
13,00%
reste du
monde
10
2,77%
Europe
0
0,37%
20102023 Inde
1 2 3 4
Input
Textes types idéaux créés par des
humains pour répondre à des
instructions données (p. ex.
résumer, expliquer).
Entraînement
Grâce au feed-back humain, le
modèle de langage est adapté à
l’aide de textes types idéaux.
1073
116
98
74
67
59
52
14 . . . . . . . . . . Suisse 22
Résultat
Le modèle de langage apprend à
mieux suivre les instructions (p. ex.
structure, langue, style) pour
générer les textes souhaités.
Vague de
créations
L’année dernière, plus
de 1000 nouvelles
entreprises d’IA ont vu
le jour aux États-Unis;
et tout de même 22 en
Suisse.
Input
Textes générés par le modèle de
langage en réponse à une requête
spécifique.
Entraînement
Des humains classent les textes
générés en fonction de leur qualité.
Sur cette base: entraînement d’un
modèle d’évaluation qui attribue une
note aux textes en fonction de leur
qualité.
Résultat
Le modèle d’évaluation apprend à
estimer la qualité des textes générés
par le modèle de langage.
70%
60
50
40
La Chine passe à
la vitesse supérieure
Si le marché reste dominé par les
Américains, il n’en est pas de même pour
la recherche. Alors qu’il est en forte
baisse aux États-Unis, le nombre de
brevets déposés connaît un essor
fulgurant en Chine, si bien que le pays
devrait rapidement pouvoir rivaliser
avec les États-Unis dans ce domaine
également. L’Europe arrive malheureusement
loin derrière.
Gouffre à énergie
Une requête sur ChatGPT consomme près de dix
fois plus d’énergie que sur Google; environ
3 wattheures selon le Bayerischer Rundfunk, soit
assez pour faire briller une lampe LED pendant
6 minutes. Et c’est sans compter l’immense
quantité d’énergie qu’il faut pour alimenter les
modèles en données et les entraîner. L’Agence
internationale de l’énergie (AIE) estime donc que la
demande d’électricité des centres de calcul dans le
monde doublera d’ici à 2030 pour atteindre
945 TWh; autant que la consommation actuelle de
tout le Japon. Les géants de la tech prévoient par
conséquent la construction de nombreuses
nouvelles centrales nucléaires.
Amélioration du
modèle de langage
Input
Textes générés par le modèle de
langage en réponse aux requêtes des
utilisateurs.
Entraînement
Le modèle d’évaluation estime la
qualité du texte et attribue des notes.
Un algorithme spécial adapte le
modèle de langage afin d’accroître la
probabilité d’obtenir des réponses de
qualité.
(2) (5)
Résultat
Le modèle de langage apprend à:
– générer des textes adaptés aux
critères de qualité humains,
– s’améliorer sans cesse dans une
quête de récompenses.
Sources: LMSYS/Stanford AI Index Report 2025; Quid 2024, 2025 Stanford AI Report; Plattform Lernende Systeme (www.plattform-lernende-systeme.de)
Mon ENTREPRISE
18 02/2025
Sécurité
Questions des lecteurs
Photos sur
le site Web de
l’entreprise
Puis-je publier la photo et le nom
de mes collaborateurs et collaboratrices
sur le site Internet de mon
entreprise sans leur demander leur
avis?
L. P., Pieterlen
Non, vous ne pouvez poster une photo
en ligne qu’avec le consentement
explicite de vos collaborateurs et de
vos collaboratrices. Comme la
représentation photographique d’une
personne permet de tirer des conclusions,
p. ex. quant à sa religion, son
appartenance à une ethnie ou un
handicap physique, et qu’elle n’est
généralement pas indispensable, elle
ne peut être publiée sur Internet ou
sur l’Intranet qu’avec l’accord de la
personne concernée. Je vous conseille
de requérir cet accord par écrit auprès
des collaborateurs et des collaboratrices
concernés. C’est un gage de
sécurité.
Droit actuel
Le statut d’indépendant va de pair avec des défis juridiques.
Le podcast juridique
au cœur de la réalité
Comment créer une entreprise qui repose sur des bases juridiques solides? Que
dois-je faire en vue d’une croissance durable? Comment dénicher les bons
collaborateurs? Dans notre podcast, des non-juristes discutent de questions
juridiques passionnantes tirées de leur quotidien. Une avocate et un juriste
d’AXA-ARAG donnent leur avis d’experts.
Carole Kaufmann Ryan
Avocate chez AXA-ARAG
Photos: màd; Getty Images/EyeEm
Développer l’entreprise: Sven
Jakeli, qui a fondé en 2019 Feey,
l’une des boutiques en ligne suisses
de plantes les plus prospères, s’y
entend en matière de croissance.
Avec notre hôte et juriste Leo Loosli,
il ne discute pas seulement de la
manière de développer une
entreprise, mais il explique aussi
comment la pandémie de coronavirus
l’a marqué en tant qu’entrepreneur
du commerce
électronique.
Écouter le podcast
(en allemand):
Les défis juridiques d’une activité indépendante:
le gros du travail ne commence
vraiment qu’après la phase de création, du
moins si l’on souhaite transformer une petite
start-up en une entreprise prospère sur le
long terme. Andreas Lenzhofer, fondateur et
CEO de Dagsmejan, qui développe des
vêtements innovants pour un meilleur
sommeil, peut en dire long à ce sujet. Il
s’entretient avec Leo Loosli de la raison pour
laquelle il s’occupe des affaires juridiques de
Dagsmejan - et des questions
passionnantes qui se posent dans
ce contexte. Écouter le podcast
Recht aktuell (en allemand):
«Aujourd’hui, la moitié des postes à pourvoir sont attribués
par des relations, il en va de même pour les mandats.»
Adrian Lang, formateur, coach et conférencier, page 20
02/2025
19 Mon ENTREPRISE
RÉSEAU PROFESSIONNEL
Sans réseau,
point de salut!
Pour une start-up comme pour une PME bien établie, avoir un bon
réseau est essentiel et peut avoir une influence durable sur le développement
de l’entreprise. Découvrez où et comment vous pouvez trouver
les bons contacts et quels effets ils peuvent avoir sur votre activité.
Texte Melanie Ade
L’expert
Après une carrière de footballeur
professionnel, Adrian
Lang a travaillé pendant
14 ans dans les assurances,
puis s’est lancé en indépendant
dans la formation en
vente. Avec son entreprise
Business Schmiede, située
à Sursee, il rassemble depuis
2016 des spécialistes du
développement personnel
et professionnel. Il est également
enseignant, formateur
et conférencier spécialisé
dans les domaines de la
vente et du networking.
business-schmiede.ch
adrian-lang.ch
M. Lang, pourquoi est-il tellement important
pour une PME d’avoir un bon réseau?
En Suisse, près de 52 000 entreprises sont
créées tous les ans. Environ la moitié d’entre
elles ne passeront pas le cap de la première année.
Bien souvent, cet échec s’explique non pas
tant par leur concept que par leur implantation
sur le marché. En effet, très peu de gens savent
naturellement se vendre, et beaucoup ont besoin
d’être soutenus. C’est là que le réseau personnel
peut se révéler décisif.
Concrètement, quels sont les avantages
d’un réseau de contacts professionnels?
Aujourd’hui, si on veut réussir, on ne peut
plus se contenter de bien faire son travail. Il
est beaucoup plus important de se constituer
un réseau performant, avec des contacts qui
peuvent apporter leur soutien au bon moment.
On pourrait même dire que le marketing
de réseau constitue l’assurance-chômage
du XXI e siècle. De fait, la moitié des postes sont
aujourd’hui pourvus par le bouche-à-oreille, et
il en va de même pour les mandats confiés: près
de la moitié de l’activité des entrepreneuses et
entrepreneurs qui réussissent passe par leur réseau
personnel. Ce caractère humain de la relation
apparaît dès l’attribution des marchés: si,
à produits et prix similaires, j’ai le choix entre
deux prestataires, j’opterai toujours pour celui
dont je suis le plus proche personnellement.
Comment se constituer un bon réseau?
Plusieurs études ont montré qu’on ne peut
pas entretenir plus de 150 contacts à la fois.
D’où mon conseil: déterminez quelles sont,
dans votre entourage, les 150 personnes les
plus importantes pour vous et votre entreprise.
Passez en revue le répertoire de votre téléphone
et posez-vous les questions suivantes: avec qui
ai-je déjà travaillé? Qui est, à l’instant T, un
contact intéressant pour moi, et pas seulement
dans l’optique d’accroître mon activité? Demandez-vous
aussi qui pourrait vous fournir
d’autres contacts importants ou simplement
vous apporter du soutien dans le cadre d’un
échange. Vous pourrez alors exploiter systématiquement
cette liste et assurer la gestion
de vos contacts.
Que faire pour qu’un réseau soit efficace?
À eux seuls, les contacts n’apportent pas de
valeur ajoutée. L’essentiel, c’est d’entretenir
ces contacts et d’investir dans des relations
qui en valent la peine. Deux autres éléments
sont décisifs pour maintenir et développer un
réseau professionnel dans le monde des PME:
la qualité de la prestation fournie et la réciprocité.
En effet, dans la mesure du possible, la
relation doit toujours être bénéfique à chacune
des parties. Elle doit donc s’établir sur le long
terme et être porteuse d’avantages mutuels.
Comment s’y prendre?
Avant toute chose, il est important de ne
pas demander d’emblée un service, mais plutôt
de faire un geste solidaire, sans attendre de
contrepartie. Le but est ici d’améliorer votre
propre visibilité et votre réputation. Vous pouvez
ainsi assurer la présidence de l’association
économique locale, siéger au sein du comité
d’organisation du carnaval de votre région, ou
encore vous engager au sein du conseil d’administration
d’une association caritative nationale.
Avec ce type d’engagement, ce ne sont pas
les intérêts financiers ou les perspectives commerciales
qui sont mis en avant. Il s’agit plutôt
de vous faire connaître et, par votre travail,
d’améliorer la perception que l’on a de vous.
Cela demande certes un peu d’effort, mais c’est
un investissement pour l’avenir. Considérez-le
un peu comme un compte d’épargne que vous
approvisionnez régulièrement. Tôt ou tard,
vous en toucherez les dividendes.
Que pensez-vous des événements
de networking?
Ils peuvent être utiles pour rencontrer du
monde. Mais si vous vous rendez à un de ces
événements, il faut vous y préparer. Regardez
la liste des participants et n’y allez pas pour
faire des affaires, mais plutôt pour rencontrer
Mon ENTREPRISE
20 02/2025
RÉSEAU PROFESSIONNEL
des personnes et nouer de nouveaux contacts.
C’est peut-être agréable de discuter avec des
personnes que l’on connaît, mais cela ne permet
pas d’agrandir son réseau. Allez voir des gens
que vous ne connaissez pas, présentez-vous et
commencez à bavarder. Et le plus important:
préférez la qualité à la quantité. Autrement
dit, il vaut mieux avoir deux conversations
profondes et intéressantes qu’une douzaine
d’échanges superficiels. Ensuite, ajoutez vos
nouvelles rencontres à vos contacts LinkedIn
et approfondissez la relation en proposant de
vous revoir, par exemple autour d’un dîner.
où l’on peut être visible, afin que l’entreprise
puisse en retirer des avantages.
Est-ce que les réseaux sociaux
sont importants pour cela?
Oui, très importants. Sur LinkedIn, on ne
conclut pas directement de transactions, mais
on montre que l’on est présent et disponible
en ligne. Cela assure une bonne visibilité et fait
que l’on est pris en compte au moment décisif.
Le réseau personnel garde toutefois toute son
importance.
●
Adrian Lang en est convaincu:
un réseau efficace est la clé
d’un succès durable.
Découvrez comment réussir à
se constituer un bon réseau en
lisant le livre blanc gratuit
disponible sur www.langtraining.ch
ou en scannant le
code QR suivant:
Et les associations professionnelles,
dans tout ça?
Elles ont aussi leur utilité, mais plutôt dans
le cadre d’un échange de savoir-faire. Elles
doivent également permettre de se montrer et
de se faire entendre. Il ne suffit pas d’en être
membre. Gérer ses contacts, cela impose toujours
de travailler sur sa propre visibilité.
Faut-il s’engager au niveau local?
Le critère décisif, c’est la localisation de
son public cible. Ainsi, si je suis peintre à Zurich-Wollishofen,
il est judicieux que je m’engage
dans l’association économique locale et,
par exemple, que je préside le comité d’organisation
du salon professionnel. Cela augmentera
ma visibilité et, par là même, pourra
donner un coup d’accélérateur à mon activité.
En revanche, si mon entreprise est implantée
dans tout le pays, ce type d’engagement local
est moins pertinent. Plus la zone d’activité est
étendue, plus il faut réfléchir aux endroits
Networking: quel animal êtes-vous?
Animal
Cerf
Sanglier
Renard
Fourmi
Personnalité
Extravertie et
pragmatique
Extravertie et axée
sur le relationnel
Introvertie
et pragmatique
Introvertie et axée
sur le relationnel
Principales
caractéristiques
Élitiste, axé sur
le statut, égocentrique
Drôle, apprécié,
sociable
Concentré,
stratégique, attaché à
ses objectifs
Attaché au groupe,
social, serviable
Interaction
Quel type de networkeur êtes-vous? Faites le test et découvrez comment
interagir avec les différents animaux et quels avantages vous pouvez tirer
d’eux. Scannez le code QR ou rendez-vous sur https://adrian-lang.ch/#networking-typen.
Le test dure deux minutes et vous saurez tout sur la question!
Client lucratif, mais la
prudence est de mise
Tirer parti de son
grand réseau
Montrer de l’intérêt,
mais sans se faire
exploiter
Poser des questions,
exploiter le réseau
Source: Business Schmiede – Photos: màd
02/2025 21
Mon ENTREPRISE
Maxim Dikov et Nicola
Ruch, d’AEW Energie
AG, préfèrent les actes
aux paroles.
Pour une
économie durable
Communiquer sur les performances extrafinancières en marge des rapports financiers: une
tendance à la croissance exponentielle. D’où une pression accrue sur les entreprises qui, en
raison de leur taille, ne sont pas tenues de publier un rapport de durabilité.
Texte Melanie Ade
L
es rapports de durabilité prennent de
l’importance. Pas uniquement pour
les grandes entreprises, mais aussi
pour les PME. Ces dernières n’ont
pas encore l’obligation de publier
un rapport de durabilité en Suisse, mais ce
sujet suscite de plus en plus l’attention dans
notre pays, déclare Simon Oswald, ESG-Audit
Director auprès de BDO, société zurichoise de
conseil et d’audit. «Dans l’Union européenne,
principale partenaire commerciale de la Suisse,
les critères ESG sont devenus une norme déterminante.
Les entreprises ne doivent pas
simplement attester de leur durabilité écolo-
Mon ENTREPRISE
22 02/2025
CADRE RÉGLEMENTAIRE ESG
Mon Entreprise
Photos: Paolo Dutto; màd
gique, mais aussi intégrer dans leurs
chaînes d’approvisionnement des aspects
sociaux tels que des conditions
de travail équitables et des pratiques
commerciales éthiquement irréprochables.
Les PME exportatrices localisées
en Suisse qui ont des partenaires
commerciaux dans l’UE sont
donc de plus en plus concernées par
les critères ESG et le renforcement
des dispositions réglementaires.»
Par conséquent, les PME suisses sont
fréquemment appelées à fournir des
informations relatives à leur durabilité,
même si elles ne sont pas directement
concernées par les normes
nationales ou internationales. Elles
risqueraient sinon de se voir rayées
de la liste des fournisseurs.
AEW Energie AG est une
entreprise indépendante,
établie dans le canton d’Argovie.
En tant que fournisseur
d’énergie intégré, AEW
s’engage auprès de sa clientèle
en tant que producteur
d’électricité et de chaleur/
froid, principal exploitant
de réseau et fournisseur. En
outre, l’entreprise fournit
des prestations dans les
domaines liés à l’énergie et
aux infrastructures ainsi que
les télécommunications.
aew.ch
«Dans l’UE,
les critères
ESG sont
devenus
une norme
déterminante.»
Simon Oswald,
ESG-Audit Director, BDO
Zéro émission nette d’ici à 2050
En Suisse aussi, la durabilité se fait de
plus en plus présente au niveau politique
et réglementaire. Les objectifs
climatiques à long terme de la Suisse
sont ancrés dans la loi depuis l’entrée
en vigueur de la loi sur le climat et
l’innovation (LCI) et de l’ordonnance
sur la protection du climat (OCI) au
1 er janvier 2025. Toutes les entreprises,
donc aussi les PME, ont ainsi
l’obligation d’atteindre zéro émission nette
d’ici à 2050. «Zéro émission nette signifie que
chaque entreprise doit tout d’abord réduire ses
émissions de gaz à effet de serre en prenant
des mesures de réduction. Les émissions inévitables
doivent ensuite être neutralisées par
des mesures de compensation telles que la reforestation,
l’achat de certificats d’émissions
ou le captage technologique de CO 2», explique
Roland Z’Rotz, Director Sustainability Services
chez BDO.
La Confédération mise sur les incitations plutôt
que sur les interdictions pour atteindre ces objectifs.
«Les entreprises qui mettront en place
des technologies et des processus innovants
en faveur des objectifs climatiques avant 2030
peuvent demander un soutien financier si elles
affichent des trajectoires zéro émission nette»,
déclare Roland Z’Rotz. Les PME ont donc tout
intérêt à gérer de façon systématique les sujets
liés à la durabilité et à s’en faire l’écho publiquement.
Selon une étude actuelle de la Haute
école d’économie de Zurich (HWZ), la plupart
des entreprises ne s’y intéressent pas. Une erreur,
estime Roland Z’Rotz: «C’est précisément
dans les périodes économiquement difficiles
que la durabilité devient un atout stratégique.
Les PME qui mettent en œuvre leur stratégie
de durabilité de manière systématique et communiquent
avec transparence sont perçues
comme crédibles et axées sur le futur.»
La durabilité, une chance
La durabilité est au cœur de la stratégie de
l’entreprise AEW Energie AG. Tout en approvisionnant
le canton d’Argovie, ce fournisseur
d’énergie met activement en œuvre la stratégie
énergétique 2050. «En Suisse, près de 75%
des émissions de CO 2 sont liées à l’énergie. En
tant que fournisseur d’énergie, nous disposons
d’un levier important pour agir», déclare
Nicola Ruch, responsable du Développement
commercial d’AEW. «Les ambitions énergétiques
et climatiques sont étroitement liées et
offrent de multiples synergies. Nous fournissons
ainsi une contribution notable à la transition
climatique et énergétique en produisant
de l’électricité et de la chaleur renouvelables
et en proposant des solutions intégrées en matière
d’immobilier et de mobilité.»
Afin de ne pas simplement s’appuyer sur ces
valeurs pour communiquer mais aussi de les incarner,
AEW établit depuis deux ans son propre
rapport sur la durabilité, bien que les dispositions
légales ne le lui imposent pas. «La durabilité
gagne en importance, aussi bien pour notre
clientèle que pour les investisseurs. Un rapport
ESG transparent constitue donc pour nous l’occasion
de nous positionner comme une entreprise
responsable et un employeur moderne»,
souligne Nicola Ruch.
Un objectif ambitieux
Alors que la LCI oblige les entreprises à atteindre
zéro émission nette d’ici à 2050, AEW
souhaite atteindre la neutralité climatique dès
2040. Pour une raison simple, déclare Nicola
Ruch: «Nous souhaitons lier notre engagement
à des objectifs ambitieux afin de pouvoir
prendre des mesures efficaces.»
AEW a commencé par réaliser une analyse détaillée
des thèmes pertinents, explique Maxim
Dikov, spécialiste Durabilité et ESG chez AEW
Energie AG. Cette analyse porte sur les thèmes
environnementaux, sociaux et de gouvernance
d’une entreprise. Elle sert à définir et à mettre
en œuvre des mesures correspondantes. «La
majeure partie de notre empreinte carbone,
soit près de 60%, est liée à la production de
▶
02/2025 23
Mon ENTREPRISE
chaleur. Il semblait donc évident de lancer les
premières mesures de réduction dans ce domaine»,
déclare Maxim Dikov. AEW a optimisé
ses solutions logicielles tout en choisissant de
remplacer au cours des années à venir le vieux
matériel par des solutions neuves et durables
telles que des pompes à chaleur ou du thermique
solaire. «De plus, nous électrifions progressivement
notre flotte de véhicules et procédons
à l’assainissement énergétique de nos
bâtiments selon un calendrier précis», déclare
l’expert en durabilité.
Un engagement clair de la direction
Pour que la stratégie de durabilité soit un succès,
il faut qu’elle soit acceptée au sein de l’entreprise,
souligne Nicola Ruch: «Ce sujet doit
être traité au plus haut niveau possible de la
hiérarchie et ancré dans la stratégie de l’entreprise.
Il est primordial que la direction et
le conseil d’administration fassent preuve d’un
engagement clair.» Et l’ensemble du personnel,
lui aussi, doit soutenir la mise en œuvre
des mesures. «La durabilité concerne tous les
secteurs d’activité. Il est donc recommandé de
réunir les personnes clés de tous les domaines
afin d’élaborer la stratégie et les mesures qui
en découlent au sein d’un organe transversal»,
Les experts
BDO SA est l’une des plus
importantes sociétés suisses
d’audit, de services fiduciaires
et de conseil. Elle accompagne
des entreprises en
matière d’audit, de services
financiers et fiduciaires, de
conseil fiscal et juridique et
de reporting de durabilité.
bdo.ch
«Dans les
périodes économiquement
difficiles,
la durabilité
devient
un atout
stratégique.»
Roland Z’Rotz, Director Sustainability
Services, BDO
poursuit Maxim Dikov. C’est ainsi que la stratégie
de durabilité sera largement diffusée dans
l’entreprise.
Utiliser des outils en ligne
En fait, l’élaboration d’un rapport de durabilité
n’a rien de sorcier, explique l’expert: «Les
PME peuvent suivre la norme publiée par le
European Financial Reporting Advisory Group
(EFRAG). Chaque entreprise est en mesure de
s’y conformer, même si elle s’y connaît peu. De
plus, il existe aujourd’hui des outils en ligne,
et l’intelligence artificielle peut également
aider à s’y retrouver.» Chez AEW aussi, on ne
cesse jamais d’apprendre, comme l’explique
le responsable du Développement commercial,
Nicola Ruch: «Le rapport sur la durabilité
est un voyage que l’on effectue au fil des ans.
Mais c’est toujours mieux de commencer avec
quelques imperfections que de chercher à planifier
à la perfection.»
Une économie durable
Même si le rapport ESG n’a pas encore eu de
répercussions directes sur le carnet de commandes,
il sera une base pour l’avenir. AEW
est confiante dans le fait qu’il engendrera des
avantages concurrentiels. «Nous souhaitons
une économie prospère,
qui ne nuise ni à la société
ni à l’environnement. L’objectif
déclaré doit être une
économie durable et donc
porteuse d’avenir», déclare
Maxim Dikov. Il a la ferme
conviction que chaque PME
devrait approfondir ce sujet:
«Effectuer une analyse
des thèmes pertinents aide
chaque entreprise à organiser
ses processus plus
efficacement et à les optimiser.
Et si la législation
évolue pour imposer un
rapport ESG aux PME, elles
seront déjà prêtes.» ●
La durabilité est fermement ancrée dans la stratégie d’entreprise chez AEW Energie AG.
Mon ENTREPRISE
24 02/2025
Responsabilité
Questions des lecteurs
Plainte pénale
contre
un collaborateur
Un de mes collaborateurs est accusé
d’avoir, lors d’un déplacement professionnel
sur l’autoroute, serré de
trop près un autre usager de la route,
puis de l’avoir dépassé par la droite
en lui faisant un doigt d’honneur. Une
ordonnance pénale a été rendue à
l’encontre de mon collaborateur. Il est
condamné à une peine pécuniaire avec
sursis qui donnera lieu à une inscription
au casier judiciaire. Comme mon
collaborateur est sur le point d’être
naturalisé, cette inscription au casier
judiciaire lui serait préjudiciable.
De plus, un retrait de permis serait
désastreux, car je suis tributaire de ce
collaborateur et ne trouverais pas de
sitôt un remplaçant. Quelles sont les
chances de succès d’une opposition à
l’ordonnance pénale?
T. K., Neuchâtel
Lorsqu’une ordonnance pénale est rendue,
il importe de l’adresser au plus vite à
son assurance de protection juridique, car
le délai d’opposition n’est que de dix jours
à compter de sa réception. Passé ce délai,
l’ordonnance pénale entre en force et les
faits pertinents pour le service des automobiles
sont considérés comme établis.
Une opposition en temps utile permet
d’obtenir le dossier pénal et d’évaluer la
suite de la procédure. En fonction des éléments
du dossier, il peut être possible de
contester un fait avec succès, avec pour
conséquence, par exemple, la suppression
de l’amende et donc de l’inscription
au casier judiciaire.
Fabrizio Howald
Juriste chez AXA-ARAG
Photos: màd; Getty Images/Westend61
Il est urgent de se détendre: selon l’étude AXA, plus d’un quart des personnes interrogées se
sentent atteintes dans leur santé mentale.
Les troubles psychiques
sont en hausse
Bien que, comparativement à d’autres pays, la Suisse soit toujours très bien placée
en ce qui concerne la santé psychique de sa population, les chiffres de la
dernière étude d’AXA interpellent: c’est ainsi que, même si elles sont à peine
plus nombreuses que l’année précédente, plus d’un quart (27%) des personnes
interrogées déclarent souffrir de problèmes psychiques. Sur ces 27%, près de la
moitié affirment être en dépression. Selon l’étude, la dépression reste donc la
maladie psychique la plus fréquente. Toutefois, tant les chiffres concernant les
dépressions (qui passent de 15% à 13%) que ceux relatifs aux troubles anxieux (qui
passent de 10% à 9%) sont en baisse. Ce sont surtout les souffrances psychiques
dues à l’abus de drogues et de médicaments qui ont fortement augmenté (de 3%
à 5%). On constate en outre de nettes différences entre les classes d’âge. Alors
que les maladies psychiques sont en recul (de 17% à 14%) chez les personnes de
plus de 55 ans, l’étude révèle une nette augmentation (de 30% à 38%) chez les
18-24 ans. Cette classe d’âge présente notamment des tendances à la hausse en ce
qui concerne les troubles anxieux, les troubles alimentaires et la schizophrénie.
Plus de la moitié des personnes (52%) souffrant de troubles psychiques en Suisse
sollicitent une aide professionnelle. Près des deux tiers de toutes les personnes
souffrant d’une maladie psychique et bénéficiant d’une prise en charge professionnelle
en Suisse reçoivent en outre un soutien médicamenteux.
«Les gens ressentent que nous avons du cœur à l’ouvrage et que
nous ne transigeons ni sur le goût ni sur la qualité.»
Dania Kambly, présidente de Kambly SA Spécialités de Biscuits Suisses, page 30
02/2025 25
Mon ENTREPRISE
INTERNATIONALISATION
Au-delà des frontières
Se développer à l’international représente certes un défi de taille pour la plupart
des entreprises, mais peut aussi se révéler un pari gagnant. À condition de bien
se préparer, en s’appuyant sur l’aide et les compétences requises.
Texte Melanie Ade
L
orsque Darco Cazin et Claude Balsiger
se sont associés en 2015, le
premier, travailleur indépendant,
dirigeait déjà avec succès sa société
de conseil en tourisme, Allegra, et
le second venait de passer plusieurs années à
rouler sa bosse dans l’Himalaya comme guide
et accompagnateur de randonnées à vélo. Passionnés
de sports en plein air, tous deux entrevoyaient
dans le cyclotourisme estival un
formidable potentiel. «À l’époque, le changement
climatique compromettait déjà de plus
en plus les saisons hivernales des stations de
ski. Nombre de sites touristiques, bien que désireux,
voire contraints pour assurer leur survie
économique, de faire tourner leurs infrastructures
toute l’année, étaient à court d’idées. C’est
là que nous sommes entrés en piste», explique
C. Balsiger. Et les deux associés de se spécialiser
dans le développement d’offres touristiques
ainsi que la conception et la construction de
sentiers VTT – un succès couru d’avance dans
les régions montagneuses. «Le tourisme estival
était en plein essor. Or nous étions les seuls
prestataires dans ce secteur. En peu de temps,
notre petite structure bicéphale perdue au fin
fond des Grisons a pris une envergure nationale,
au point d’éveiller l’intérêt des destinations
les plus prisées d’Autriche!»
À chaque pays sa réglementation
Pleins d’entrain et d’ambition, nos deux compères
se sont donc lancés à l’assaut du pays
voisin, avant de s’apercevoir que si la langue,
Mon Entreprise
Spécialisée dans les itinéraires
VTT de montagne,
Allegra propose également
des services de conseil et de
développement et assure
la conception ainsi que la
construction de sentiers VTT,
de chemins de randonnée
ou encore d’installations
modulaires de pumptracks
et de bike parks urbains.
En 2018, Allegra a étendu
ses activités vers l’Autriche,
puis la Finlande et le Japon.
L’entreprise emploie, selon
les saisons, entre 30 et
70 personnes, réparties
dans quatre pays.
helloallegra.com
les paysages et le tourisme ressemblaient fort à
ceux de la Suisse, l’Autriche n’en possédait pas
moins une réglementation différente. «Nous
avons vite compris qu’en dépit de notre expertise,
nous ne parviendrions pas à percer sur
ce marché sans une aide locale. L’idée de fonder
en Autriche une filiale dotée de sa propre
équipe a donc rapidement germé», confie le
propriétaire d’Allegra. Et d’ajouter, non sans
autocritique: «Nous avions sous-estimé tout
ce que peuvent apporter un réseau local et la
présence de collaborateurs sur place. Se familiariser
avec un nouveau marché, nouer des
contacts, s’imprégner de la législation sont
autant d’étapes extrêmement chronophages et
énergivores mais incontournables.»
Des partenariats locaux, gages de réussite
Malgré ces débuts laborieux, tous deux n’ont
pas hésité à s’aventurer vers d’autres contrées,
mais en abordant les choses autrement. «Décider
d’investir ou non un marché dépend principalement
de la capacité à trouver des partenaires
sur place et à s’appuyer sur un réseau
local», précise C. Balsiger. La première étape
consiste donc en une étude du marché et de la
concurrence. «C’est pourquoi nous n’avons jamais
envisagé de nous installer en Allemagne,
où la concurrence est trop féroce.» En revanche,
l’entreprise exploite depuis Pontresina, et avec
beaucoup de réussite, des filiales en Finlande
et au Japon. Deux pays dans lesquels Allegra
avait déjà réalisé plusieurs projets avec des
partenaires régionaux. «Il nous a suffi de créer
«Prendre pied sur un marché est, pour nous, une décision qui
dépend de notre faculté à nouer des partenariats locaux.»
Claude Balsiger, propriétaire d’Allegra
▶
Mon ENTREPRISE
26 02/2025
INTERNATIONALISATION
Des montagnes des
Grisons au pays du Soleil
levant: rien n’arrête
Claude Balsiger et Allegra.
1
Photos: Mayk Wendt
02/2025 27
Mon ENTREPRISE
INTERNATIONALISATION
Photos: Gian Ehrenzeller
des sites locaux pour répondre à une demande
que nous avions déjà identifiée», se souvient-il.
Le tout avec le soutien de «Switzerland Global
Enterprise» (S-GE), l’organisation officielle
chargée de la promotion des exportations et de
la place économique suisses: «Les autres pays
fonctionnent différemment. Appréhender
les tenants et les aboutissants, économiques
comme réglementaires, d’un marché étranger
est tout sauf facile. Le savoir-faire de S-GE et son
réseau à l’international nous ont donc été d’un
grand secours.» Allegra possède aujourd’hui
six filiales dans quatre pays et ne compte pas
s’arrêter en si bon chemin. C. Balsiger recommande
néanmoins aux autres PME d’aborder
leur expansion avec discernement: «Il est capital
de sonder en profondeur le marché cible au
préalable et de veiller à une bonne alchimie au
sein du partenariat. Fonder et faire fonctionner
une entreprise à l’étranger requiert souvent
plus de temps et de patience que prévu. Il faut
en être conscient.»
Grandir sans perdre son identité culturelle
PHIOS AG s’est décidée à faire le grand saut en
2020. Cette entreprise de conseil et d’ingénierie
logicielle sise à Ruggell, au Liechtenstein, n’a
PHIOS AG conseille aussi les
entreprises des secteurs de
l’industrie et de l’artisanat en
matière d’énergie et de
développement durable.
cessé de croître au fil des ans et d’attirer dans
son portefeuille de clients de grands acteurs
mondiaux. «Nous avons voulu profiter des opportunités
que présentait le marché pour nous
développer», raconte Lucia Studer, cofondatrice
et CFO. Amenée à se réorganiser en pleine
période de Covid, l’entreprise a opté pour une
croissance externe, en ouvrant un site supplémentaire
à l’étranger. «Contraints de nous
agrandir pour répondre aux besoins de notre
clientèle, nous étions en même temps très attachés
à la préservation de notre culture d’entreprise,
à la fois familiale et conviviale. Si nous
nous étions contentés de pousser les murs de
notre maison-mère à Ruggell, nous aurions dû
prendre des mesures radicales, contraires à nos
valeurs et à notre héritage. Aussi avons-nous
préféré décentraliser, autrement dit multiplier
nos lieux d’implantation afin de perpétuer
notre culture d’entreprise au sein de petites
cellules locales qui nous ont permis d’accroître
notre force de frappe.»
Évaluation de deux sites potentiels
PHIOS a, elle aussi, fait appel à S-GE pour l’assister
dans son expansion. «Ensemble, nous
avons passé en revue tous les pays susceptibles
Mon ENTREPRISE
3
28 02/2025
INTERNATIONALISATION
«Le plus gros défi a été la bureaucratie. En Espagne, le traitement des
opérations bancaires et des questions fiscales diffère radicalement.»
Lucia Studer, cofondatrice et CFO de PHIOS
d’accueillir nos nouveaux sites. En privilégiant
des critères décisifs comme la disponibilité de
la main-d’œuvre, la stabilité économique, l’accessibilité
depuis Ruggell et la qualité de vie»,
explique Lucia Studer. Le choix s’est finalement
porté sur l’Espagne. Lucia et ses deux partenaires
commerciaux se sont rendus sur place,
avec un accompagnateur dépêché par S-GE,
pour se forger une opinion. «Nous avons évalué
deux sites potentiels, échangé nos expériences
avec des prestataires informatiques suisses et
noué, par l’entremise de S-GE, des contacts intéressants
avec les autorités et les universités.»
En fin de compte, PHIOS a opté pour Valence.
«L’un de nos collaborateurs est originaire d’Espagne.
Une véritable aubaine, car il s’est dit
prêt à mettre sur pied notre structure durant
les 18 premiers mois et à embaucher les premiers
collaborateurs et collaboratrices. Nous
avions ainsi sur place une personne qui maîtrisait
parfaitement la langue, connaissait les
particularités locales et pouvait transmettre
à notre future équipe la philosophie et les valeurs
qui animent notre entreprise.»
La communication, le maître-mot
Lucia Studer reconnaît a posteriori que le parcours
n’a pas pour autant été exempt d’embûches.
«Notre plus gros défi, outre la Covid, a
été la bureaucratie. En Espagne, le traitement
des opérations bancaires et des questions fiscales
diffère radicalement du nôtre.» La barrière
de la langue et les différences culturelles
ne doivent pas non plus être sous-estimées. La
direction doit en outre apporter une attention
toute particulière à la communication: «La
communication, la transparence et la considération
de l’autre nous tiennent à cœur. Chacun
doit se sentir à l’aise, quel que soit le site où il
travaille. Un défi difficile à relever. C’est pourquoi
nous faisons paraître des bulletins d’informations
sur l’actualité de nos sites et de nos
services et organisons, à intervalles réguliers,
des conférences virtuelles et des rencontres
entre collaborateurs, axées sur la cohésion des
équipes et les échanges.»
Ne pas mésestimer les coûts
Au vu de son carnet de commandes, le site de
Valence, qui compte aujourd’hui sept collaborateurs,
est appelé à s’étoffer. PHIOS dispose aussi
d’un centre de compétences à Vienne, en Autriche,
où elle emploie deux personnes et s’apprête
à embaucher. Avec ses deux partenaires,
Lucia Studer se rend souvent sur ces deux sites
Mon Entreprise
Dirigé par son propriétaire,
PHIOS est un bureau d’ingénierie
logicielle, spécialisé
dans le conseil et le développement
de logiciels destinés
aux secteurs de l’industrie et
de l’artisanat. Fondé en 2007
et implanté au Liechtenstein,
en Autriche et en Espagne, il
emploie près de 50 collaborateurs.
PHIOS.group
Cinq questions à...
... Alberto Silini, Senior
Director Regional Consultants
EMEA chez Switzerland
Global Enterprise
D’après vous, quelles sont
les conditions à remplir
pour se développer à
l’international?
Une bonne appréciation du
marché, du temps et des
capitaux: tels sont les trois
ingrédients indispensables
pour bien s’exporter. Seule
une préparation exhaustive
permet d’éviter les écueils.
Quelles sont les premières
étapes?
D’abord procéder à une
analyse approfondie du
marché cible. Présente-t-il
des débouchés suffisants?
Votre produit répond-il à
une demande latente? Le
secteur est-il concurrentiel?
Autre condition, se familiariser
rapidement avec la
législation en vigueur. Sans
oublier les formalités douanières,
plus importantes que
pour travailler avec les équipes, avant de partager
un moment de complicité autour d’un
verre. Si, rétrospectivement, elle se dit prête à
retenter l’aventure, elle nuance quelque peu ses
propos: «Toute expansion mérite réflexion. Car
elle génère des coûts élevés et induit une charge
de travail énorme. L’euphorie du début nous
avait incités à ouvrir un nouveau site d’implantation
tous les deux ans mais nous avons assez
vite revu nos ambitions à la baisse.» Son conseil
à toutes les entreprises tentées par une expansion:
«Entourez-vous de partenaires compétents
qui, conjugués à un réseau de contacts fiables
sur place, sauront vous accompagner au mieux
dans cette aventure.»
●
jamais. Enfin, il convient de
s’interroger sur la stratégie
commerciale et le modèle
de distribution à adopter
pour pénétrer le marché
convoité.
Quels sont, selon vous,
les principaux obstacles?
La tendance actuelle au
protectionnisme. Les
marchés se cloisonnent
chaque jour un peu plus et
durcissent leur réglementation
pour protéger leur
économie nationale de la
concurrence étrangère. Si
les médias se font largement
l’écho de cette
tendance au repli outre-
Atlantique, elle prévaut depuis
de nombreuses années
déjà. Cet isolationnisme,
qui expose les acteurs à une
fragmentation réglementaire
toujours plus poussée,
complique fortement le
commerce d’exportation.
Un simple faux pas peut se
traduire par une amende
salée ou, dans le pire des
cas, par une mise à l’index.
Il faut en être conscient.
Certains marchés sont-ils
plus faciles à pénétrer que
d’autres?
Tout dépend du secteur,
du produit ou du service.
Généralement, les marchés
similaires sur le plan
logistique et dotés d’une
culture proche de la nôtre
sont moins difficiles à
conquérir qu’un débouché
situé aux antipodes et dont
la sensibilité aux prix peut
être incompatible avec
notre souci de qualité. D’où
notre conseil: commencer
par des exportations sur le
continent européen.
Comment S-GE
accompagne-t-elle
les projets d’exportation?
Notre site internet propose
des listes de contrôle
et des outils en ligne tels
qu’une base de données
douanières, un cockpit
d’identification du potentiel
d’exportation et le service
Exporthelp. Vous y trouverez
aussi un récapitulatif
de nos réunions d’information
et autres webinaires.
Chaque PMU peut en outre
bénéficier d’une séance de
conseil gratuite. Il lui suffit
de se mettre en rapport, sur
notre site, avec le ou la spécialiste
du pays envisagé et
de convenir d’un entretien
sans engagement.
Photos: màd
02/2025
29
Mon ENTREPRISE
MARKETING
ENTRETIEN
«Nous ne transigeons ni
sur le goût ni sur la qualité»
En 2020, Dania et Nils Kambly ont repris la direction de l’entreprise familiale et gèrent
depuis la maison de tradition en tandem. Dans cet entretien, ils dévoilent ce qu’ils ont changé
ces dernières années, quel impact la hausse du prix du chocolat a sur leurs produits et
comment ils séparent vie professionnelle et vie privée.
Entretien Melanie Ade
Photos Herbert Zimmermann
«Chez nous,
tradition
et innovation
vont de pair.»
Dania Kambly
Dania et Nils Kambly, quel est votre
biscuit préféré?
Dania Kambly: Même si j’aime toutes nos variétés,
mon cœur bat pour le bon vieux Bretzeli.
Il se combine à souhait, s’allie aussi bien
au café qu’à la glace, permet de décorer des
desserts ou peut être emporté en randonnée, il
est très polyvalent. Rien d’étonnant à ce qu’il
soit notre best-seller.
Nils Kambly: Du Goldfish Chocolate au Chocolait
en passant par le Matterhorn, je les aime
tous et je n’ai pas de préférence, cela varie
d’une saison à l’autre.
Mangez-vous aussi d’autres biscuits?
Dania Kambly: Régulièrement, car nous devons
savoir ce que fait la concurrence.
Mais à la maison, il n’y a que des biscuits
Kambly.
Dania Kambly: Bon, lorsque nos enfants sont
invités, ils ont le droit de manger d’autres biscuits,
nous ne sommes pas trop sévères. (Rires.)
Kambly a du succès depuis plus de
cent ans. Quelle est votre formule
gagnante?
Dania Kambly: Je pense que les gens ressentent
que nous avons du cœur à l’ouvrage et
que nous ne transigeons ni sur le goût ni sur la
qualité. Nous entretenons un lien fort avec nos
produits, et cela se remarque au palais.
Y a-t-il des tendances en matière de
goût?
Dania Kambly: En matière de friandises, la
plupart des gens ont un goût plutôt conservateur.
Ils aiment la vanille, le citron, le chocolat,
le goût du beurre, les noisettes, les amandes
et le caramel. Les produits à la framboise ou à
l’abricot fonctionnent moins bien, alors que la
pistache et la noix de coco sont actuellement
tendance.
En parlant de pistache, quand arrivera
le Kambly Dubaï?
Nils Kambly: Notre gamme comporte déjà
depuis longtemps deux produits à la pistache,
nous n’avons pas besoin d’y ajouter la mention
«Dubai Style». (Rires.) Chez nous, les amateurs
de pistache ne seront pas déçus.
Qu’est qui compte le plus pour vous: la
tradition ou l’innovation?
Dania Kambly: Chez nous, tradition et innovation
vont de pair. Kambly est une maison de
tradition, et la vision des fondateurs est toujours
réalité à ce jour. Mais notre entreprise
a toujours agi de manière prévoyante, encore
aujourd’hui. Nous tirons profit des expériences
des cent dernières années tout en évoluant en
fonction des nouvelles habitudes alimentaires
et des nouveaux besoins et tendances.
Concrètement, quels changements
avez-vous apportés depuis que vous
dirigez Kambly?
Dania Kambly: Ils sont nombreux. Nous avons
encore renforcé nos directives de Clean Label.
Fidèles à la devise «uniquement des ingrédients
que l’on trouve dans ses placards», nous avons
revu certaines recettes. Ainsi, Kambly renonce
depuis longtemps aux arômes artificiels et aux
graisses hydrogénées. Nous avons aussi introduit
un nouveau design avec un logo remanié
et modernisé la collaboration et la communication
en interne, par exemple en introduisant
le tutoiement.
Nils Kambly: De plus, nous développons
constamment notre production et digitalisons
si possible nos processus. Nous ne sommes toutefois
pas une société informatique, nous nous
concentrons sur la biscuiterie. Le produit final
doit avoir le goût du fait maison.
J’associe Kambly à mon enfance, tandis
que les jeunes d’aujourd’hui mangent
▶
Mon ENTREPRISE
30
02/2025
02/2025 31
Mon ENTREPRISE
MARKETING
ENTRETIEN
Dans le magasin d’usine de
Trubschachen, on trouve
jusqu’à cent sortes de biscuits.
Portrait
Fondée en 1910, Kambly SA
Spécialités de biscuits suisses
a son siège à Trubschachen,
dans l’Emmental. L’entreprise
fabrique essentiellement des
biscuits dans le segment premium
et est dirigée par Dania
et Nils Kambly, représentants
de la quatrième génération.
La fille d’Ursula et Oscar A.
Kambly est présidente du
conseil d’administration et
dirige le développement
stratégique de la société.
Son époux est vice-président
du conseil d’administration
et président de la direction
générale. Ils sont les parents
de deux enfants.
kambly.ch
des Oreos. Comment parvenez-vous
à plaire à la jeune génération?
Nils Kambly: En proposant à la fois des biscuits
sucrés et salés, nous ciblons différents
groupes de clients. Par ailleurs, nous avons
davantage innové dans les domaines qui interpellent
une clientèle plus jeune et plus
urbaine, par exemple avec notre ligne «bio &
vegan» lancée il y a quatre ans. Concernant les
biscuits salés, nous misons aussi sur de nouveaux
concepts, comme les «Crispy Moments»
légers et nos Goldfish Chocolate, qui offrent
une toute nouvelle expérience gustative.
Comment marche la ligne
«bio & vegan»?
Dania Kambly: Nous sommes très satisfaits.
La tendance végane se tasse certes un peu, mais
cette ligne couvre divers besoins: elle convient
à tous ceux qui veulent consommer dans le respect
de l’environnement et sans matières animales,
mais aussi aux personnes intolérantes
au lactose.
En Allemagne, j’ai déjà vu des
sortes de biscuits que nous n’avons
pas ici. Pourquoi?
Nils Kambly: Chaque pays a ses préférences
gustatives. En Suisse, on préfère le chocolat au
lait, tandis qu’en France et en Italie, le chocolat
noir domine, et en Asie c’est encore différent.
Nous sélectionnons donc les produits dans notre
gamme en fonction des préférences locales.
Dans quels pays exportez-vous?
Nils Kambly: Dans environ 50 pays du monde.
Outre la Suisse, nos principaux marchés se situent
toutefois en Europe, surtout dans les
pays limitrophes. Nous réalisons environ 50%
de notre chiffre d’affaires en Suisse et 50% à
l’étranger.
Voulez-vous poursuivre votre
croissance à l’étranger?
Dania Kambly: Absolument. Le marché suisse
est saturé, les possibilités de croissance sont
limitées. De plus, il est très enrichissant d’apprendre
des autres marchés et de connaître les
besoins, les préférences et les produits locaux.
Cela stimule l’innovation.
La tendance vers une alimentation
plus saine n’est-elle pas un problème
pour un fabricant de biscuits?
Dania Kambly: Pour nous, c’est une opportunité,
l’heure est à la dégustation consciente.
Nos biscuits procurent de la joie sans qu’il
faille pour autant vider toute une boîte. On les
savoure et on les partage avec ses amis et sa
famille, en toute modération.
Observe-t-on d’autres tendances
du côté des biscuits premium?
Nils Kambly: On s’éloigne des fioritures et des
symboles de statut pour privilégier la simplicité.
Les produits doivent avant tout être bons
et contenir peu d’ingrédients. Les consommateurs
misent davantage sur la transparence et
la confiance dans une marque.
Comment la part des biscuits sucrés
et salés a-t-elle évolué ces dernières
années?
Dania Kambly: Le marché des biscuits salés
a connu une forte croissance, surtout depuis
la pandémie. À l’époque, la vie sociale, et de ce
fait la consommation de snacks, n’avait plus
lieu dans les restaurants mais à la maison.
Cette tendance se maintient.
Le prix du chocolat n’a jamais été aussi
élevé. Quel est l’impact sur Kambly?
Nils Kambly: Si l’on compare le prix moyen
du chocolat à long terme, nous observons une
forte volatilité au cours des 18 derniers mois,
avec des prix cinq fois plus élevés que la normale.
Cela nous préoccupe beaucoup et continuera
à nous préoccuper longtemps.
Que pensez-vous de la taxe sur
le sucre?
Dania Kambly: Dans les pays où les enfants
consomment trop de sucre, il faut certainement
intervenir. En revanche, la population
suisse est bien informée et je ne pense pas
qu’une taxe sur le sucre soit nécessaire. Nous
sommes toutefois conscients de notre responsabilité:
les biscuits contiennent du sucre et
doivent être consommés avec modération. Il
ne faut toutefois pas oublier qu’un Bretzeli
pèse quatre grammes et contient un gramme
de sucre; par rapport aux boissons sucrées, nos
produits restent modérés.
Dans quelle mesure dépendez-vous
des grands distributeurs?
Dania Kambly: Nous sommes bien entendu
dépendants du commerce de détail et nous devons
régulièrement renégocier. Mais dans l’ensemble,
l’échange est positif et repose sur le
respect mutuel. Nous sommes reconnaissants
de pouvoir compter sur ce canal de distribution.
Ne pourriez-vous pas envisager de développer
votre propre canal de vente?
Dania Kambly: Je ne pense pas qu’il faille
avoir des flagship stores supplémentaires qui
vendent exclusivement des biscuits. (Rires.)
Mais on peut aussi acheter nos produits dans
nos magasins d’usine à Trubschachen et à Lyss
ou dans notre boutique en ligne. L’offre qui y
Mon ENTREPRISE
32 02/2025
est proposée se concentre sur des produits et
des cadeaux personnalisables. Je suis convaincue
que l’expérience individuelle en magasin
demeure essentielle.
Vous avez tous deux étudié la physique
et obtenu un doctorat. Il ne s’agit pas
d’un parcours habituel au regard de
vos postes actuels. Votre cursus facilite-t-il
ou complique-t-il votre travail?
Dania Kambly: Il s’agit résolument d’un
atout. Notre méthode de travail structurée
nous permet d’aborder différemment les défis,
ce qui est très utile au quotidien ou dans les situations
difficiles. De plus, le fait d’être plongé
dans un univers complètement différent crée
des perspectives.
Nils Kambly: Par contre, les formules physiques
nous sont moins utiles dans la vie quotidienne,
je ne pourrais d’ailleurs plus les citer
de mémoire. (Rires.)
Dania Kambly, avez-vous toujours
su que vous dirigeriez l’entreprise
après votre père?
Dania Kambly: J’ai toujours pu m’imaginer
reprendre le flambeau, mais mes parents ne
voulaient pas que je m’engage top tôt. Ils m’ont
toujours encouragée à découvrir le monde et
à trouver moi-même ce qui me correspondait
vraiment. C’est pourquoi j’ai travaillé dans des
entreprises et des domaines très variés avant de
décider de rejoindre le conseil d’administration
de Kambly en 2011.
Nils Kambly, vous avez intégré la
société Kambly par l’intermédiaire
de votre épouse. Le fait d’être le «mari
de» a-t-il compliqué vos débuts dans
l’entreprise familiale?
Nils Kambly: C’est clair qu’au début, cela n’a
pas été une mince affaire que d’intégrer cette
entreprise familiale avec mon accent allemand
et mes origines loin de cette région. Comme
j’avais vécu exclusivement en Suisse romande
auparavant, j’avais du mal à comprendre le
dialecte local. Mais j’ai reçu un accueil incroyablement
chaleureux. De plus, je n’ai pas
commencé dans ma fonction actuelle, mais
j’ai travaillé dans d’autres services durant plusieurs
années, ce qui m’a permis de m’intégrer
petit à petit. Aujourd’hui, je me sens tout à fait
à l’aise, tant chez Kambly que dans l’Emmental,
et je comprends 95% des expressions bernoises.
(Rires.)
Des délices chocolatées sont fabriquées chaque jour dans la confiserie de Trubschachen.
Quels sont les avantages et les inconvénients
de la collaboration entre époux?
Dania Kambly: Le fait de pouvoir développer
quelque chose ensemble est un grand
avantage. Séparer la vie privée de la vie professionnelle
peut toutefois être difficile. Mais
nos enfants nous y aident: ils ont la priorité
dès que nous rentrons chez nous. Le week-end,
nous essayons de décrocher et de nous vouer
entièrement à notre vie privée. Mais j’avoue
que nous rendons parfois visite à un partenaire
commercial ou à un fournisseur au détour de
nos vacances. (Rires.) Cela n’est pas un fardeau
mais témoigne de notre enthousiasme. Nous
vivons pour ce que nous faisons.
Nils Kambly: Avoir une partenaire avec qui
je puisse tout partager, discuter de toutes les
questions et échanger des points de vue est incroyablement
enrichissant. Bien entendu, il arrive
que nous discutions d’aspects professionnels
le soir ou le week-end. Mais ce n’est pas
forcément négatif: les meilleures idées nous
viennent parfois lors d’une randonnée.
Qui a le dernier mot en cas
de désaccord?
Nils Kambly: Nous trouvons un compromis.
(Rires.)
Dania Kambly: Nils est l’expert dans certains
domaines de l’entreprise, je lui laisse alors le
soin de décider parce que j’ai confiance en son
expertise. Parfois, c’est le contraire. Toutefois,
nous prenons et assumons toujours ensemble
les décisions stratégiques. Lorsque nos points
de vue divergent, nous discutons effectivement
jusqu’à trouver une solution commune. ●
«Nous ne
sommes pas
une société
informatique
et nous nous
concentrons
sur la biscuiterie.
Le produit
final doit avoir
le goût du fait
maison.»
Nils Kambly
02/2025 33
Mon ENTREPRISE
Ma fierté
Beat Hochrainer,
Oloid Concept GmbH
et Ars-Ai
Photo: Daniel Winkler
Mon ENTREPRISE
L’intelligence artificielle, amplificateur de connaissances
Je suis un créatif. En plus d’avoir un très bon coup
de crayon, j’aime la photo et la création. Après des
études d’arts visuels à la Haute école des arts de
Zurich et quelques années passées dans différentes
agences en Suisse et à l’étranger, je me suis mis à
mon compte avec mon associée. Nous avons créé
Oloid Concept en 2012, une agence de branding au
sein de laquelle nous développons des stratégies
de marque, des concepts de corporate design et
des solutions visuelles fortes pour notre clientèle.
Mon premier contact avec la création d’images par
l’intelligence artificielle remonte à 2022. Le sujet
m’a d’emblée fasciné et m’accompagne désormais
au quotidien. J’utilise l’IA pour créer des images
pour des campagnes et, depuis 2023, j’anime des
34
ateliers destinés à transmettre mon savoir-faire à
des spécialistes en communication, à des écoles et
à d’autres acteurs intéressés. L’IA est un amplificateur
de connaissances. Grâce à mon savoir dans
les domaines du design, de l’art, du cinéma et de
la photographie, je peux aujourd’hui créer des
univers visuels qui, sans l’IA, auraient demandé
énormément de travail et généré des coûts en
conséquence. L’IA recèle à mes yeux un formidable
potentiel et je suis ses évolutions avec intérêt. Si
je gagnais au loto? Je continuerais malgré tout de
travailler, car mon activité est passionnante et j’y
prends un très grand plaisir.
oloid-concept.com
ars-ai.com
02/2025
Ma fierté
Jelena Michel,
strukturatelier GmbH
Photo: Matthias Jurt
02/2025
Structure et créativité,
les clés de la visibilité numérique
J’ai fait un apprentissage de dessinatrice en
bâtiment, mais j’ai vite constaté que je ne me
plaisais pas dans ce métier. Après une brève
parenthèse à l’étranger, je me suis réorientée
et j’ai suivi une formation continue en
informatique de gestion. J’ai ensuite travaillé
longtemps dans le management de projets informatiques.
À l’époque, l’idée de m’établir à
mon compte me titillait déjà. Le fait de devenir
mère en 2017 a sonné l’heure du changement.
J’ai eu la chance d’intégrer une petite start-up
et de m’y épanouir pleinement. Malheureusement,
elle n’a pas survécu à la pandémie et
a fermé en 2020. Cela a marqué un tournant
pour moi: j’ai décidé de devenir indépendante
en créant «strukturatelier», le but étant de
partager avec d’autres PME mon savoir et
mon expérience dans la gestion de projets informatiques
et la communication marketing
numérique. Depuis maintenant cinq ans, je développe
des stratégies de communication numérique
pour donner de la visibilité aux entreprises
de mes clientes et clients dans l’espace
numérique. Je reste en parallèle active dans la
gestion de projets informatiques. J’accomplis
actuellement une formation en psychologie
du travail et de l’organisation qui me permettra
d’étoffer mon offre et de fournir un conseil
encore plus complet à ma clientèle.
strukturatelier.ch
35 Mon ENTREPRISE
Prenez place dans
Audi Business Class
En tant que PME, chez Audi, vous bénéficiez
de conditions spéciales sur de nombreux modèles.
Audi A5 Avant Attraction
dès CHF 459.– / mois
avantage prix de 14,3% pour PME inclus
Audi A5 Avant Attraction
Prix brut 66 950.–
3,3% compensation de change – 2200.–
11% EnterprisePlus * – 7360.–
Votre prix spécial 57 390.–
Votre avantage prix 9560.–
Taux d’intérêt annuel du leasing 2,99%
Mensualité de leasing 459.–
Audi A5 Avant Attraction TDI 150 kW, boîte à 7 vitesses S tronic, 204 ch, 4,9 l/100 km, 130 g de CO₂/km, cat. D. Offre de
leasing: calcul du prix selon le tableau ci-dessus, premier versement CHF 14 350.–, 48 mois, 10 000 km par an, taux
d’intérêt annuel effectif de leasing: 3,03%, hors assurance casco complète obligatoire. Modèle présenté: Audi A5 Avant
Attraction TDI 150 kW, boîte à 7 vitesses S tronic, 204 ch, 5,2 l/100 km, 136 g de CO₂/km, cat. E. Argent Fleuret
métallisé, jantes Audi Sport, 5 branches doubles, noir métallisé, finition brillante, 8,5 J × 20, pneus 245/35 R20, vitrage
par-soleil teinté, prix catalogue CHF 72 950.–, bonus Premium CHF 2400.–, remise EnterprisePlus CHF 8020.–, prix
d’achat au comptant CHF 62 530.–, premier versement CHF 15 635.–. Mensualité de leasing CHF 509.–/mois L’octroi
d’un crédit est interdit s’il entraîne le surendettement du consommateur. Financement par AMAG Leasing SA. Promotion
valable pour les contrats conclus jusqu’au 30.6.2025 ou jusqu’à révocation. Sous réserve de modifications. Valable pour
tous les véhicules importés par AMAG Import SA. Recommandations de prix sans engagement de l’importateur AMAG
Import SA. * EnterprisePlus: offre commerciale, valable uniquement si l’entreprise est inscrite au registre du commerce
et si l’immatriculation est au nom de l’entreprise.
D’autres offres
attrayantes pour PME