11.06.2025 Vues

Mon Entreprise 2/2025

Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.

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2 | 2025

Mon ENTREPRISE

Le magazine d’AXA destiné aux PME

Des équipes motivées et

en bonne santé grâce à la GSE

Page 14

Mener à bien des projets

d’expansion

Page 26

Quand intuition rime

avec innovation

Pour l’entrepreneur Rolf Erb,

il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des défis à relever.

Page 8


Ma fierté

Marc Such,

Such Consulting

Photo: Sébastien Agnetti

Mon ENTREPRISE

Je suis un pur produit Supply Chain. Ayant toujours

travaillé dans ce domaine et doté d’une fibre

d’entrepreneur, j’ai créé ma société il y a dix ans.

Mon objectif: réinventer la manière dont sont accompagnées

les transformations Supply Chain en

permettant aux organisations de se transformer de

manière vivante, authentique et durable. En effet,

je suis convaincu que les changements les plus puissants

naissent des personnes, d’une vraie qualité

d’écoute et d’un état d’esprit ultrapragmatique.

Aujourd’hui, Such Consulting a grandi et réunit

une équipe de douze personnes engagées. Nous ne

sommes pas de simples consultants: nous travaillons

en immersion, au plus près des équipes, et les

accompagnons jusqu’à la mise en œuvre concrète

Authenticité et pragmatisme

de nos recommandations. Notre approche est

profondément collaborative: nous impliquons les

équipes de nos clients, nous croisons leur expertise

métier avec notre expérience opérationnelle, pour

construire avec eux des solutions solides, réalistes

et sur mesure. Désormais solidement implantés en

Suisse romande, nous poursuivons notre développement

dans le reste du pays et à l’international.

Partout où nous intervenons, nous conservons le

même niveau d’exigence, de rigueur, de transparence

et de qualité qui font notre signature. Ma

fierté? Voir nos clients progresser, réussir, se transformer…

et savoir que notre contribution a joué un

rôle. Leur succès, c’est aussi un peu le nôtre.

such-consulting.com

2 02/2025


Ma fierté

Laura Schärz,

Dividalo AG

J’ai grandi sur des chantiers et j’ai toujours su que

j’en ferais mon métier. Pendant mes études d’ingénierie

civile, j’ai effectué plusieurs stages dans

le génie civil, ce qui m’a permis d’en savoir plus

sur la réfection de tunnels et l’utilisation d’explosifs.

J’ai ensuite suivi plusieurs formations dans le

maniement des explosifs. Quelques années plus

tard, alors que j’étais contremaître dans une entreprise

de sécurisation de parois rocheuses, j’ai

suivi plusieurs formations de cordiste. Et c’est

tout naturellement que je me suis décidée à créer

ma propre société. Je voulais tracer ma propre

voie, à mon rythme, selon mes conditions. J’ai

donc créé Dividalo en 2023. Nous intervenons

dans des endroits difficiles, voire impossibles

Toujours en mouvement

d’accès, pour sécuriser des masses rocheuses,

pour des travaux de forage ou de dynamitage,

ou encore pour monter des paravalanches ou des

filets de protection contre les chutes de pierre.

Rien à voir avec l’escalade que l’on peut pratiquer

comme hobby. C’est un travail difficile et

astreignant: on part souvent pour longtemps, et

bien sûr le télétravail est impossible. Mais il est

aussi très diversifié, on travaille dans des lieux

superbes, avec des panoramas magnifiques. Mon

rêve serait d’obtenir mon brevet de pilote d’hélicoptère.

Je le passerai après avoir terminé mes

études de droit, que je suis actuellement en formation

universitaire à distance.

dividalo.ch

Photo: màd

02/2025

3

Mon ENTREPRISE


Keep on

Kicking

AXA.ch/weuro


Sommaire

7

8

14

Succès

Le management de

l’innovation comme facteur

de réussite

Réduire les absences

grâce à la GSE

Éditorial

La créativité

est de mise

Photos: Dan Cermak, Matthias Jurt, Herbert Zimmermann, Gaëtan Bally

19

20

22

25

26

30

2

3

34

35

18

Sécurité

Conseils et astuces pour

un networking efficace

Rapports sur la durabilité:

un mal nécessaire?

Responsabilité

Internationalisation: mener

à bien un plan d’expansion

Entretien: Dania et Nils

Kambly parlent de

tradition, de plaisir et de

chocolat de Dubaï

Rubriques

Ma fierté

Marc Such

Laura Schärz

Beat Hochrainer

Jelena Michel

Infographie: Intelligence

artificielle

IMPRESSUM

8

14

30

Lisez notre e-paper sur www.meine-firma.ch ou rendez-vous sur LinkedIn à l’adresse

www.linkedin.com/company/axaswitzerland.

Éditeur: AXA, Newsroom

Adresse de la rédaction: AXA, Mon Entreprise, Römerstrasse 17, 8400 Winterthour,

www.meine-firma.ch, e-mail: meine.firma@axa.ch

Rédaction: Melanie Ade (rédactrice en chef) A collaboré à ce numéro: Lorenz Heinzer

En ligne: Urs Wildi Traduction: Language Services, AXA Conception et production: Der Layouter,

Beni Spirig, 6004 Lucerne Impression et expédition: Vogt-Schild Druck AG, Gutenbergstrasse 1,

4552 Derendingen Parution: trois fois par an en français, en allemand et en italien

Tirage: 84 000 exemplaires Régie publicitaire: Galledia Fachmedien AG, Burgauerstrasse 50,

9230 Flawil, ornella.assalve@galledia.ch, www.galledia.ch | Changements d’adresse et

désabonnements: merci d’adresser vos demandes à meine.firma@axa.ch

Imprimé

myclimate.org/01-25-194786

Quel est le point commun entre

une broderie saint-galloise, une

faucheuse à roseaux et une brosse

à dents manuelle mais sonique?

Toutes ont été inventées par des entreprises

suisses et ont joué un rôle

décisif dans leur compétitivité et leur

succès. Gabriele Schwarz, mentor

en innovation à l’agence Innosuisse,

considère que la plupart des PME

suisses sont intuitivement innovantes,

car elles doivent constamment

s’adapter aux changements

et évoluer. Elle conseille néanmoins

d’inscrire le management de l’innovation

dans la stratégie de l’entreprise

afin de pérenniser son succès.

Vous découvrirez dans ce numéro

comment y parvenir.

Mais la réussite à long terme passe

aussi par la motivation et la bonne

santé des collaborateurs et collaboratrices.

Grâce à une gestion systématique

de la santé dans l’entreprise,

vous renforcez non seulement la résilience

de votre personnel, mais aussi

sa loyauté envers votre entreprise.

Nous vous montrons comment.

Et si vous envisagez d’étendre vos activités

à l’étranger, d’améliorer votre

networking ou de rédiger un rapport

sur la durabilité, nous avons aussi

des informations à ce sujet.

Bonne lecture!

Melanie Ade

Rédactrice en chef

«Mon Entreprise»

02/2025 5

Mon ENTREPRISE


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Succès

Questions des lecteurs

Prestations

facturables

Je souhaite ouvrir un nouveau local

commercial et faire appel à un architecte

pour les travaux de transformation.

Quelles prestations l’architecte

peut-il me facturer?

P. S., Weinfelden

Tout dépend de ce qui a été convenu

entre les parties. Bien souvent, au début

du projet, elles omettent de définir

si et à partir de quand les prestations

de l’architecte peuvent être décomptées.

La question est alors de savoir si

l’offre doit déjà être facturée dès son

simple établissement ou seulement

si elle nécessite une charge de travail

importante, comme une visite sur place

ou des calculs détaillés. De manière

générale, dès que l’architecte travaille

pour vous, il est en droit de vous faire

payer ses heures de travail. C’est

pourquoi il est conseillé d’en discuter

ouvertement avant le début de son

intervention et de définir les étapes qui

seront gratuites pour vous (offre à titre

indicatif ou autre) et les prestations qui

vous seront facturées ainsi que les tarifs

pratiqués.

Renato Forster

Avocat chez

AXA-ARAG

Photos: gettyimages.com; màd

Mesures recommandées aux PME pour trouver de la main d’œuvre qualifiée et la fidéliser.

Livre blanc pour attirer

les talents

Dans la dernière étude d’AXA sur le marché de l’emploi des PME, 42% des entreprises

interrogées ont cité la pénurie de main-d’œuvre qualifiée comme l’un de

leurs principaux défis. À titre de comparaison, la deuxième réponse la plus fréquente,

la digitalisation, n’est mentionnée que par 31% des entreprises. Les absences

du personnel et les problèmes d’approvisionnement, classés en troisième

et quatrième position parmi les défis les plus fréquemment cités, n’inquiètent

même pas une PME sur cinq. Depuis 2022 déjà, la recherche de personnel motivé

est considérée par les PME suisses comme leur principal défi. Mais attirer

de nouvelles recrues n’est qu’une partie de l’exercice. Garder le personnel déjà

en place et son savoir-faire au sein de l’entreprise donne également du fil à

retordre aux employeurs. Les causes de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée

étant multiples, il n’existe pas de solution unique. Mais la bonne nouvelle est

que des mesures permettent bel et bien de trouver et de retenir la main-d’œuvre

adaptée, même lorsqu’elle se fait rare. Notre livre blanc fait le point sur les dernières

informations à ce sujet. Scannez le code QR pour découvrir

ce qui est important pour les collaborateurs et collaboratrices lors

du choix de leur employeur et les mesures à prendre pour susciter

l’enthousiasme tant des nouveaux talents que du personnel en place.

«En tant qu’employeur, nous avons un devoir d’assistance à

l’égard de nos collaborateurs et collaboratrices.»

Elisa Krebs, Chief Human Resources Officer, Löwenfels Partner AG, page 15

02/2025 7

Mon ENTREPRISE


GESTION DE L’INNOVATION

Il n’y a pas de problèmes,

il n’y a que des solutions

Le succès économique de la Suisse repose en grande partie sur la capacité d’innovation de ses

entreprises. Mais souvent, les PME ne disposent ni du budget ni des ressources nécessaires pour

développer cette capacité. Voyons ensemble comment elles peuvent innover malgré tout.

Texte Melanie Ade Photos Dan Cermak

Qu’est-ce que

la gestion de

l’innovation?

La gestion de l’innovation

inclut toutes les mesures destinées

à promouvoir l’innovation

au sein des organisations.

C’est-à-dire la planification,

l’organisation, la conduite et le

contrôle de tout le processus

d’innovation, de l’idée jusqu’à

la mise en œuvre. Son objectif

est d’accroître la valeur d’une

entreprise, par exemple grâce

au lancement de nouveaux

produits, à l’optimisation de

services existants ou à l’amélioration

de procédures internes.

D

epuis 14 ans, la Suisse arrive en

tête des pays les plus novateurs

au monde. Selon l’indice de l’innovation

2024, elle conserve sa

première place devant la Suède et

les États-Unis. Cette activité s’est toutefois nettement

ralentie à l’échelle mondiale. Comme

le montre aussi la dernière enquête sur l’innovation

en Suisse, menée tous les deux ans

par le Centre de recherches conjoncturelles

de l’EPF de Zurich, l’environnement se complexifie

et la dynamique stagne. Or les PME

traditionnelles se doivent, elles aussi (et même

surtout elles), de mettre en place un système

de gestion systématique de l’innovation, explique

Gabriele Schwarz, mentor chez Innosuisse.

«Une entreprise qui ne fait pas évoluer

ses produits et ses services se fera distancer par

la concurrence. La gestion de l’innovation est

indispensable pour garantir sa réussite à long

terme.»

L’innovation est inscrite dans son ADN

Emanuel Forster, co-CEO du groupe Forster,

le sait pertinemment. À 49 ans, il codirige

avec sa sœur Caroline l’entreprise familiale

basée à Saint-Gall depuis quatre générations.

Fondée en 1904, cette entreprise spécialisée

dans la broderie fournit les grands couturiers

de ce monde depuis plus de 120 ans. «Dans

l’univers de la mode, le rythme a toujours été

plus effréné que dans les autres secteurs: les

tendances d’aujourd’hui seront dépassées demain»,

explique Emanuel Forster. La gestion de

l’innovation n’est donc pas seulement ancrée

dans la stratégie d’entreprise du groupe Forster,

elle est inscrite dans son ADN. «Nous avons

toujours suivi les évolutions du marché et les

dernières tendances. Dans les années 1950,

mon grand-père a ainsi été le premier à fournir

de la guipure aux grandes maisons de couture

parisiennes. À l’époque, l’entreprise produisait

généralement des tabliers et des chemisiers.»

Repenser la filière broderie

La troisième et la quatrième génération de Forster

ayant pratiquement grandi dans l’entreprise,

elles ont hérité de cet esprit visionnaire

qui perdure aujourd’hui. Quand Emanuel et

Caroline Forster ont repris la direction opérationnelle

en 2007 à la suite de leur père, celui-ci

a reçu pour mission d’étudier l’utilisation de

nouvelles matières pour le groupe Forster. «Il

avait enfin le temps de s’y consacrer, alors que

nous étions pris dans le tourbillon des affaires

courantes», explique Emanuel Forster en riant.

La mentor en innovation Gabriele Schwarz

le confirme: «Dans les PME ayant un gros volume

d'activité à gérer au quotidien, l’intérêt

pour l’innovation se perd rapidement du fait

du rythme de travail effréné. Le temps et les

ressources manquent, tout simplement.» Pour

le groupe Forster, la stratégie s’est révélée

payante. Deux tout nouveaux secteurs d’activité

ont ainsi vu le jour. L’entreprise les gère

comme des entités indépendantes, en plus des

quatre pôles existants: FRTI développe et produit,

à partir de fils conducteurs, des textiles

électroniques fonctionnels haute performance

basés sur les techniques de broderie, intégrant

des capteurs, des éléments de chauffage ou des

composants lumineux. Biontec va encore plus

loin et produit des pièces moulées innovantes

en carbone, qui sont ensuite intégrées dans des

structures de drones, des dispositifs médicaux

ou des appareils de mesure et sont même utilisées

dans l’aéronautique et l’aérospatiale.

Des actions plutôt qu’un long discours

Ce n’est pas une approche inhabituelle pour

le groupe Forster, déclare humblement Emanuel

Forster: «Nous avons très tôt misé sur les

technologies modernes et sur la broderie mécanique

et développé les logiciels correspondants.»

En 2023, le groupe Forster a même remporté

le Digital Leader Award pour son procédé

de broderie unique au monde, mis au point

Mon ENTREPRISE

8 02/2025


Mon Entreprise

Le groupe Forster englobe

toutes les entreprises de la

famille Forster. Depuis 1904,

les unités opérationnelles

dirigées par la quatrième génération

portent la tradition

de la broderie de Saint-Gall

dans l’univers des grandes

maisons de couture. Avec la

mise au point et la production

de textiles fonctionnels

haute performance et grâce

à l’utilisation de fibres de

carbone, le groupe a aussi

pu conquérir des secteurs

techniques.

forster-group.com

De g. à dr.: Stefan Germann, CEO Biontec

Caroline Forster, CEO Interspitzen et FRTI et co-CEO du groupe

Emanuel Forster, CEO Forster Rohner et co-CEO du groupe

Michael Portmann, CFO du groupe

Fabio Di Silvio, CEO Jakob Schlaepfer

Elisheva Senn, Creative Director Forster Willi et Forster Rohner Lingerie

Forts d’un savoir-faire artisanal

traditionnel, Emanuel Forster

et le groupe Forster ont joué

très tôt la carte des technologies

modernes.

02/2025

9

Mon ENTREPRISE


Partie d’une idée de faucheuse

à roseaux, l’entreprise connaît

un succès florissant depuis ces

dernières années, grâce à un

bel esprit de créativité et de

clairvoyance.

Mon Entreprise

De l’entretien des arbres,

des talus et des haies à la

protection de la nature, en

passant par la valorisation

du bois et le traitement des

déchets verts, le nettoyage,

le transport et l’entretien

hivernal: N.U.P propose

une gamme de services très

complète. L’entreprise, sise

à Winterthour et à Hettlingen,

a été fondée en 1995 et

emploie aujourd’hui près de

140 personnes.

nup.ch

Mon ENTREPRISE 10

02/2025


GESTION DE L’INNOVATION

«J’adore trouver des solutions efficaces et pratiques

à des obstacles qui paraissent insurmontables.»

Rolf Erb, entrepreneur, N.U.P

avec l’aide d’un ancien créateur de textures

de l’industrie du jeu vidéo. «Cette distinction

nous honore bien sûr, mais surtout, grâce au

développement numérique en 3D, les délais de

conception sont passés de trois semaines à trois

minutes, ce qui nous a fait gagner un temps

précieux», explique Emanuel Forster.

Selon Gabriele Schwarz, l’innovation ne sous-entend

pas nécessairement le développement

d’un nouveau produit. «Une innovation peut

être une nouveauté apportée à un produit, un

nouveau service, une nouvelle activité ou encore

un nouveau procédé. D’un point de vue

économique, une innovation n’est considérée

comme telle que lorsqu’elle trouve sa place sur

le marché», commente l’experte. Cela ne fonctionne

pas toujours, même au sein du groupe

Forster, concède Emanuel Forster. Il tient toutefois

à ce que ses équipes concrétisent leurs

idées. «Nous avons une devise: des actions

plutôt qu’un long discours.» C’est pourquoi

les six unités opérationnelles du groupe sont

volontairement gérées comme des PME indépendantes,

avec leur propre structure organisationnelle

et leur propre processus créatif. «Je

suis convaincu que les discussions trop longues

paralysent le processus d’innovation et que les

différentes unités, avec au maximum 30 collaborateurs,

peuvent évoluer plus efficacement»,

ajoute Emanuel Forster. Le succès lui donne raison:

ce n’est pas un hasard si les mannequins

de Victoria’s Secret, Dior et Chanel défilent sur

les podiums du monde entier pour présenter

les dernières collections arborant les broderies

de Saint-Gall.

Tout a commencé avec une faucheuse

Rolf Erb ne s’embarrasse pas du concept de gestion

de l’innovation. On le surnomme le «Géo

Trouvetou des espaces verts», à juste titre. Tout

a commencé avec un véhicule à chenilles mis

hors service, que cet agriculteur qualifié a déniché

par hasard en 1995 et a décidé d’acheter,

juste pour le plaisir, comme il l’avoue luimême.

Il ne savait pas encore vraiment à quoi

l’engin allait lui servir. «À l’époque, je venais

de décrocher mon examen de maîtrise d’agriculteur,

mais je savais que je ne voulais pas

exercer ce métier. Je souhaitais accomplir tout

autre chose, quelque chose de différent», se remémore

l’entrepreneur. C’est alors que lui est

venue l’idée de transformer le véhicule à chenilles

en une faucheuse de roseaux. «Je pensais

que la protection de la nature pouvait être un

domaine porteur, sans pour autant avoir réalisé

d’étude de marché ou autre. Je me suis tout

simplement lancé», confesse Rolf Erb en riant.

Nouvelle idée, nouveau défi

Faire connaître l’existence du nouvel engin

n’a pas été une mince affaire, mais une fois les

premières commandes livrées, les affaires ont

commencé à devenir florissantes. Il s’est alors

trouvé face à un nouveau problème: comment

rassembler et éliminer les roseaux coupés?

Rolf Erb a aussitôt équipé sa machine d’un râteau-faneur

et a aussi eu l’idée de broyer les

déchets et de les proposer aux exploitations

locales comme paillis. C’est ainsi qu’est né un

nouveau modèle commercial: la gestion des déchets

verts.

Aujourd’hui, la société Naturschutz- und Umweltpflegetechnik

GmbH N.U.P de Rolf Erb

compte huit entreprises de sous-traitance. À

l’entretien des cours d’eau, au traitement des

déchets verts et à la valorisation du bois énergie

se sont ajoutés d’autres secteurs d’activité,

comme l’entretien des talus et des haies. C’est

là aussi une idée qui a jailli spontanément dans

la tête de l’entrepreneur. «Dans les années

1990, alors que je prenais l’autoroute pour rentrer

chez moi après une mission, j’ai remarqué

la grande quantité de déchets sur le bas-côté.

Après consultation du centre d’entretien communal

de Winterthour, j’ai appris que le talus

devait être nettoyé manuellement par manque

de solution mécanique. J’ai donc fabriqué le premier

aspirateur motorisé au moyen d’un tracteur

et d’une petite grue», raconte Rolf Erb avec

un clin d’œil. «J’adore trouver des solutions efficaces

et pratiques à des obstacles qui paraissent

insurmontables. Autrement dit: il n’y a pas de

problèmes, il n'y a que des solutions.»

Aujourd’hui, la société N.U.P est responsable

de l’entretien des talus et des routes de plusieurs

cantons et de l’aéroport de Zurich. Sa

flotte de faucardeuses veille à ce qu’aucune zostère

ne vienne gâcher la baignade dans le lac

de Constance et le lac Majeur, et dans les deux

grands centres de biomasse de Winterthour et

Winkel, 40 000 tonnes de déchets verts sont

compostées et valorisées chaque année. Par ailleurs,

l’entreprise s’est spécialisée dans la protection

de la nature et le désherbage sans produits

chimiques. Elle est aussi partie prenante

d’une installation de biogaz et exploite un restaurant

pouvant accueillir jusqu’à 70 personnes

pour des événements festifs.

«Une chose en a entraîné une autre. Après

chaque idée surgissait un nouveau problème à

L’experte

Gabriele Schwarz, mentor en

innovation, Innosuisse

Agence pour

l’encouragement

de l’innovation

Innosuisse

Innosuisse est l’Agence

suisse pour l’encouragement

de l’innovation. Elle encourage

les PME, les start-ups,

les instituts de recherche

et d’autres organisations

suisses dans leurs activités

de recherche et de développement.

Innosuisse est leur

tremplin pour atteindre le

niveau national ou international.

Elle facilite les collaborations

et le transfert de

connaissances afin de développer

de nouveaux produits

ou services prometteurs.

Les PME ont la possibilité

de se faire accompagner par

une ou un mentor afin d’évaluer

le potentiel de leur idée

et de déterminer si celle-ci

peut servir de base à un projet

d’innovation national ou

international. Ce mentorat

en innovation est gratuit.

Innosuisse.ch

Photo: Alessandro Della Bella

02/2025 11

Mon ENTREPRISE


GESTION DE L’INNOVATION

Cinq facteurs

de réussite

1. L’innovation doit être intégrée

à la stratégie

Il est essentiel que vos efforts

en matière d’innovation soient

intégrés directement à la

stratégie de votre entreprise.

Prévoyez dès aujourd’hui vos

prochaines actions. Associez

vos réflexions à des analyses

de marché et de tendances

récentes afin de recueillir

des idées innovantes pour de

futures offres. Vous réussirez

ainsi à vous distinguer durablement

de la concurrence.

2. Le rôle de la direction

La direction doit définir l’orientation

que doit prendre votre

stratégie d’innovation. Quel

but voulez-vous atteindre?

Donnez des consignes claires et

montrez la voie. À cet égard, un

encadrement fort de la direction

et un management attentif

sont impératifs.

3. De la clarté naissent les

meilleures idées

En communiquant un objectif

clair et en mettant en avant les

points forts de votre stratégie,

vous donnez à votre équipe

l’espace de liberté dont elle a

besoin. Le résultat? Des idées

plus ciblées qui apportent à

votre entreprise une réelle valeur

ajoutée.

4. Exploiter les ressources de

manière ciblée

En tant que PME, vous devez

déterminer avec précision

où vous voulez investir votre

temps et vos ressources. En

fixant et en mesurant des objectifs

pertinents, vous gagnez

du temps et puisez la motivation

nécessaire pour réaliser

vos ambitions.

5. Construire pas à pas une

culture de l’innovation

Encouragez la créativité en désamorçant

la crainte de l’échec

et en reconnaissant les bonnes

idées. Renoncez en outre

aux structures cloisonnées:

misez plutôt sur des équipes

transverses.

«Nous réalisons 26% de notre chiffre d’affaires avec

des produits qui ont moins de trois ans.»

Adrian Pfenniger, CEO, Trisa

résoudre, ce qui m’a aussi permis de découvrir

ou de lancer de nouvelles activités. C’est ainsi

que l’entreprise s’est progressivement développée

et diversifiée, car nous considérons les défis

comme une chance», ajoute Rolf Erb avec modestie.

L’experte Gabriele Schwarz le confirme:

«De nombreuses PME n'ont pas de service dédié.

Elles gèrent l’innovation de façon très intuitive,

car elles doivent constamment s’adapter à des

changements. Les PME peuvent ainsi surmonter

sans difficulté les périodes de crise économique,

car elles disposent d’une stratégie sur le

long terme et font preuve d’un esprit combatif

et d’une grande créativité.» L’experte conseille

toutefois aux PME dépourvues du génie inventif

d’un Géo Trouvetou de prendre régulièrement

le temps de remettre en question leurs produits

et leurs modèles commerciaux et de trouver

de nouvelles idées. «L’idéal est de prévoir des

pauses et des espaces où il est possible de brainstormer

ensemble dans un cadre informel afin

de faire germer de nouvelles idées.»

L’innovation, un élément clé

Le fabricant de brosses à dents Trisa offre également

à son équipe un cadre informel pour

l’émergence de nouvelles idées. La «maison aux

idées», aménagée dans les combles du bâtiment

d’origine, est un espace de liberté bien loin des

postes de travail, où règne une atmosphère créative

propice au brainstorming. Les membres

du personnel s’y réunissent régulièrement en

cercles interdisciplinaires afin de trouver de

nouvelles idées de produits. «Nous réalisons 26%

de notre chiffre d’affaires avec des produits qui

ont moins de trois ans», explique Adrian Pfenniger,

le CEO. «L’innovation systématique est depuis

longtemps un élément clé de notre compétitivité

internationale et occupe donc une place

centrale dans notre stratégie d’entreprise. Notre

objectif affiché est d’améliorer en permanence

la qualité et le confort d’utilisation de nos produits

et d’anticiper rapidement les évolutions du

marché et les nouveaux besoins de la clientèle.»

En plus de son propre département de recherche

et développement et d’une collaboration avec

des instituts du secteur dentaire, Trisa table

sur la capacité d’innovation de son personnel.

La culture d’entreprise ouverte et durable et le

modèle de management participatif sont des

éléments essentiels du processus d’innovation,

poursuit Adrian Pfenniger: «Nous intégrons tout

le capital intellectuel de notre personnel dans le

processus d’innovation. Tous nos collaborateurs

et collaboratrices disposent d’un livret d’idées.

Les propositions concernant de nouveaux produits,

mais aussi l’optimisation des processus,

l’amélioration des postes de travail ou les innovations

technologiques et sociales sont enregistrées

et récompensées.» La «question du mois»

est l’occasion de discuter longuement des idées

suggérées et de rechercher des solutions appropriées.

De plus, chaque année voit récompenser

les «champions Trisa», à savoir les membres du

personnel qui se sont illustrés par leurs brillantes

idées.

Tirer parti du potentiel créatif du personnel

En effet, l’une des principales innovations de

ces dernières années provient du vivier interne.

C’est un collaborateur qui est à l’origine de l’idée

de base du produit phare Trisa Sonicpower, qui

allie le confort d’utilisation d’une brosse à dents

manuelle aux avantages d’une brosse à dents

sonique. «Il a même fabriqué un prototype

en montant un petit moteur sur une brosse à

dents manuelle», se souvient Adrian Pfenniger

en souriant. Bien sûr, toutes les idées ne sont

pas aussi révolutionnaires que celle-ci. Mais

les idées d’amélioration du poste de travail ou

d’optimisation des processus sont également

précieuses, et elles émanent dans l’idéal des

personnes confrontées à ces questions au quotidien.

«Toute PME peut tirer parti du potentiel

créatif de son personnel, même avec un faible

budget innovation ou des ressources limitées»,

affirme le chef d’entreprise. Son conseil? «Impliquez

vos équipes dans le processus créatif,

faites-les participer aux discussions, stimulez

régulièrement la réflexion créative et mettez

en place des incitations, comme des distinctions

ou des prix en reconnaissance des efforts.» L’experte

Gabriele Schwarz a elle aussi un conseil:

«Testez dès que possible les nouveaux prototypes

auprès d’un groupe de clients ciblé. Seul

un retour rapide sur une nouvelle offre vous

permettra de déterminer si elle répond aux besoins

du marché.» Et lorsque l’on est en panne

d’idées, il ne faut pas hésiter à solliciter une aide

extérieure. «Il existe aujourd’hui bon nombre

de bonnes agences de conseil, mais aussi des

offres gratuites, comme l’Agence suisse pour

l’encouragement de l’innovation Innosuisse,

des programmes cantonaux, des communautés,

des événements ou des parcs d’innovation.

Alors, profitez-en!»

Mon ENTREPRISE

12 02/2025


L’idée de la Trisa Sonicpower

est venue du personnel. C’est

l’une des principales innovations

du fabricant de brosses à

dents et une étape importante,

comme le souligne le CEO

Adrian Pfenniger.

Photos: màd

Mon Entreprise

Fondée en 1887, l’entreprise

familiale Trisa est aujourd’hui

dirigée par les frères Adrian

et Philipp Pfenniger qui

représentent la quatrième

génération. Sise à Triengen,

cette société opère dans les

domaines des soins buccodentaires,

des produits de

beauté et de l’entretien de la

maison. Elle commercialise

des produits de très grande

qualité dans plus de 80 pays.

trisa.ch

Photos: màd

02/2025 13

Mon ENTREPRISE


GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE

Objectif santé

Des collaboratrices et collaborateurs

en bonne santé sont plus

motivés et plus performants.

Mon ENTREPRISE

14 02/2025

Photo: iStock


GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE

Face à des arrêts de travail, une entreprise (a fortiori une PME) se retrouve

vite dans l’embarras. Une gestion professionnelle de la santé dans l’entreprise (GSE)

permet de réduire les absences et de promouvoir la santé au travail.

Texte Melanie Ade Photos Matthias Jurt

L

es arrêts de travail prolongés pour maladie,

accident ou surmenage posent

problème non seulement aux personnes

concernées, mais aussi à leurs

employeurs. L’entreprise Löwenfels

Partner AG en a fait l’expérience. Ces trois dernières

années, cet éditeur de logiciels lucernois

a été confronté à plusieurs absences pour cause

d’accident ou de maladie. Les raisons en étaient

multiples. «De l’accident pendant les loisirs à

des maladies graves en passant par le coup dur

personnel, il y avait de tout. Le dénominateur

commun: plusieurs mois d’absence des collaborateurs

et collaboratrices concernés», explique

Elisa Krebs, Chief Human Resources Officer

chez Löwenfels Partner AG. En plus d’être

éprouvantes, ces situations se sont répercutées

sur la charge de travail des collègues: «Selon

le profil professionnel, les équipes parvenaient

plus ou moins à faire face. Mais une telle absence

est toujours problématique pour toutes

les parties impliquées.»

«Le principal défi a été de trouver

un équilibre entre compassion

et action au nom de l’entreprise.»

Elisa Krebs, Chief Human Resources Officer, Löwenfels Partner AG

Entre compassion et intérêt de l’entreprise

Elisa Krebs s’est donc soudain retrouvée, elle

aussi, dans une situation exceptionnelle. «Les

formations en RH ne vous apprennent pas à

gérer une absence due à un accident ou à une

maladie. On n’est confronté à la situation que

lorsqu’elle se produit.» Il faut alors réagir immédiatement.

«Pour moi, le principal défi a

été de trouver à chaque fois un équilibre entre

compassion et action au nom de l’entreprise.

D’un côté, il est important de soutenir les personnes

dans cette situation difficile; de l’autre,

je dois me soucier du bien-être des équipes et

défendre les intérêts économiques de l’employeur.»

La charge administrative qui en découle

ne doit pas non plus être sous-estimée:

au début, une personne qui ne connaît pas bien

le fonctionnement des indemnités journalières

ou du système de santé est vite dépassée par

les nombreux délais à respecter et formulaires

à remettre aux assurances sociales.

Un partenaire solide à ses côtés

Heureusement, Löwenfels a souscrit aussi bien

son assurance d’une indemnité journalière en

cas de maladie que sa solution de prévoyance

professionnelle auprès d’AXA. Elle a ainsi accès

à WeCare, l’offre de gestion de la santé pour

les entreprises d’AXA. Stephan Schuler, le Case

Manager responsable, indique: «Afin d’éviter

les absences prolongées, nous nous engageons

fortement dans le domaine de la GSE. Nous soutenons

toutes les entreprises qui possèdent une

assurance de personnes chez nous en mettant

à leur disposition une interlocutrice ou un interlocuteur

dédié, en prenant des mesures de

prévention destinées à promouvoir la santé de

façon ciblée et en leur offrant un accompagnement

professionnel en cas d’arrêts de travail.»

Il assiste Löwenfels, et par conséquent aussi

Elisa Krebs, en cas d’urgence. Lors d’une absence,

c’est lui qui s’occupe de la coordination

avec les médecins, les établissements de soins

et les offices AI, qui conseille les personnes

touchées, l’employeur et la hiérarchie sur

la marche à suivre, et qui est l’interlocuteur

privilégié pour toutes les parties impliquées.

«L’objectif déclaré est d’accompagner étroitement

les salariées et salariés et les entreprises

tout au long du processus de guérison afin de

favoriser la réinsertion. Que ce soit dans l’ancienne

fonction, dans un autre poste en interne

avec des adaptations, en dehors de l’entreprise

Mon Entreprise

Löwenfels développe des

solutions logicielles sur

mesure pour simplifier

les processus de travail et

accroître l’efficacité dans des

environnements réglementaires

complexes. L’entreprise

accompagne aussi

des administrations et des

entreprises suisses dans leur

transformation numérique.

loewenfels.ch

02/2025 15

Mon ENTREPRISE


GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE

La GSE, un facteur de succès

C’est là qu’intervient Stephanie Philipp, de

WeCare. Elle est experte en GSE et conseillère

en prévention. «Une gestion systématique de

la santé dans l’entreprise aide à identifier en

amont les risques pour la santé, à en déduire

des mesures efficaces et à préserver durablement

la santé du personnel», déclare-t-elle. Les

mesures de prévention sont utiles à cet égard,

comme le montrent les chiffres de Promotion

Santé Suisse: les collaboratrices et collaborateurs

ayant bénéficié d’une mesure de GSE

affichent en moyenne 2,6 jours d’absence en

moins, un gain de performance de 10% et une

baisse du stress de 25%. «La GSE permet donc

non seulement d’économiser des coûts et des

ressources, mais aussi de renforcer la santé

du personnel ainsi que d’améliorer sa satisfaction,

sa motivation et sa fidélité à l’entreprise»,

ajoute l’experte.

Pour Stephan Schuler, Elisa Krebs et Stefanie Philipp, des échanges réguliers sont la clé d’une

collaboration de qualité.

Gestion de la santé

dans l’entreprise

WeCare

Qu’il s’agisse de mesures de

prévention pour améliorer la

santé du personnel ou d’une

aide rapide en cas d’urgence,

WeCare, la solution de gestion

de la santé dans l’entreprise,

est votre meilleur allié

pour veiller à tout moment

au bien-être de vos collaboratrices

et collaborateurs.

axa.ch/wecare

ou encore dans une autre profession au moyen

d’une reconversion.»

Elisa Krebs est reconnaissante de ce soutien:

«Savoir qu’une personne disposant d’une expertise

m’accompagne, planifie les étapes

suivantes et se charge des questions administratives

est très rassurant. Il serait toutefois

souhaitable qu’une prévention ciblée nous permette

d’éviter d’éventuelles absences.» C’est

pourquoi elle a fait de la gestion de la santé

un thème stratégique de Löwenfels. «Les aléas

de la vie peuvent parfois être un fardeau. D’où

l’importance de consacrer à ce sujet l’attention

qu’il mérite.»

«L’objectif déclaré est d’accompagner

étroitement les personnes concernées

et les entreprises.»

Stephan Schuler, Case Manager, AXA

Sensibiliser les cadres

En collaboration avec Elisa Krebs, Stefanie Philipp

et l’équipe WeCare ont conçu un catalogue

de mesures répondant aux besoins de Löwenfels

Partner AG. La première a été d’organiser

un atelier de sensibilisation pour les cadres.

«Beaucoup de cadres ne savent pas comment

réagir, surtout face à des troubles psychiques

qui, à la différence des blessures physiques, ne

sont pas toujours visibles de prime abord. Ils

doivent faire preuve de sensibilité et d’une certaine

assurance», affirme Stefanie Philipp. Lors

de l’atelier, les cadres ont appris non seulement

à détecter tôt et à aborder les signes d’atteinte

psychique, mais aussi à renforcer de manière

préventive la santé de leurs équipes. Ils ont en

outre obtenu des conseils sur la gestion des absences

de courte et de longue durée et découvert

comment aider leurs équipes dans le cadre

d’une réinsertion.

Réaliser des enquêtes auprès du personnel

Depuis deux ans, Löwenfels utilise également

la Boussole climat au travail proposée par

AXA en coopération avec DearEmployee. «La

Boussole climat au travail est un outil rapide

et efficace permettant d’analyser les risques

psychosociaux au travail et de favoriser de manière

ciblée la santé du personnel. Au moyen

d’enquêtes anonymes, elle aide les entreprises

à évaluer le bien-être de leurs équipes

ainsi qu’à déterminer ce qui fonctionne bien

et moins bien. L’étude de ces contraintes et de

ces ressources aboutit à des recommandations

d’action concrètes pour la santé, la motivation

et la fidélisation ainsi qu’à des mesures

appropriées», précise Stefanie Philipp. Dans le

cas de Löwenfels Partner AG, différentes mesures

ont été mises en place dans le domaine

de la santé. «En collaboration avec Medbase Fit

Mon ENTREPRISE

16 02/2025


GESTION DE LA SANTÉ DANS L’ENTREPRISE

im Job, nous avons organisé une journée de la

santé sur l’activité physique, l’alimentation, la

relaxation et le sommeil. Par ailleurs, le thème

de la santé sera mis en avant lors de nos Company

Days annuelles», révèle Elisa Krebs.

Donner de nouvelles incitations

Depuis mars, Löwenfels propose également à

son personnel l’offre de santé numérique de

Kinastic. Celle-ci soutient les entreprises dans

leur démarche de promotion de la santé grâce

à des campagnes de sensibilisation, des webinaires

d’information, des vidéos de spécialistes

ou des astuces pour le quotidien. «L’application

regroupe dans une interface ludique des

conseils nutritionnels, des recettes, des activités

physiques et des exercices de relaxation.

L’idéal pour nos collaboratrices et collaborateurs

férus de numérique», commente Elisa

Krebs. Bien sûr, l’utilisation de Kinastic n’a

rien d’obligatoire: elle s’entend plutôt comme

une incitation à prendre soin de sa santé. «En

tant qu’employeur, nous avons un devoir d’assistance

vis-à-vis de nos équipes. Je tiens donc

à leur fournir les outils nécessaires pour les assister

en matière de santé. Ainsi, bien qu’étant

une PME aux ressources limitées, je peux apporter

une contribution à la santé et à la motivation

de notre personnel.»

«Beaucoup de cadres ne savent

pas comment réagir, surtout face à des

troubles psychiques.»

Stefanie Philipp, conseillère en prévention, WeCare

Accédez ici à Kinastic, votre

partenaire pour une promotion

globale de la santé.

Ensemble pour

plus de durabilité

En créant 1 m 2 de surface dédiée à la biodiversité pour

chaque client, AXA soutient d’ici à 2025 des projets

qui favorisent la diversité biologique en Suisse. Au total,

environ 2 millions de m 2 seront revalorisés.

Know You Can

AXA.ch/biodiversite

02/2025 17

Mon ENTREPRISE


GRAPHIQUE

Intelligence artificielle:

artificiellement intelligente

Rien ne semble pouvoir freiner l’ascension de l’IA: de plus en

plus d’entreprises et de particuliers ont recours à

ces assistants numériques pratiques. Pourtant,

la machine est encore loin de penser de façon

autonome.

Illustrations Daniel Karrer

1400

1300

1000

Janv.Fév.

20242025

… verts

Indice de

performance

… rouges

Google

OpenAI

DeepSeek

xAI

Anthropic

Meta

Mistral AI

Au coude-à-coude

Google et OpenAI,

l’entreprise créatrice de

ChatGPT, font actuellement

la course en tête pour ce qui

est des performances de

leurs modèles. Mais les

Chinois les talonnent avec

DeepSeek, modèle bien plus

simple et moins coûteux.

ChatGPT et compagnie: comment ça

marche?

L’intelligence artificielle générative n’est en fait que

de la statistique. En se basant sur de gigantesques

masses de données provenant d’Internet, elle

prédit quel mot suivant est le plus probable dans

une séquence. Des optimisations permettent

certes d’affiner les modèles. Mais en fin de compte,

le résultat reste une loterie.

Entraînement d’un

modèle de langage

Input

De grandes quantités de textes tirés

d’Internet, des réseaux sociaux, de

livres, etc.

Entraînement

L’algorithme masque des mots dans

des textes et tente de les deviner. Il

apprend par comparaison et

s’améliore en trouvant les erreurs.

Les concombres

sont...

… un légume

Résultat

Le modèle de langage apprend à

prédire des suites de mots.

1

2

3

4

5

6

7

Fine-tuning du

modèle de langage

May I

help you?

. . . . . . . États-Unis

. . . . Royaume-Uni

. . . . . . . . . . . Chine

. . . . . . . . . . . .Inde

. . . . . . .Allemagne

. . . . . . . . . . France

. . . . Corée du Sud

Nombre

d’entreprises

créées

Entraînement d’un

modèle d’évaluation

séparé

69,70%

Chine

30

14,16%

États-Unis

20

13,00%

reste du

monde

10

2,77%

Europe

0

0,37%

20102023 Inde

1 2 3 4

Input

Textes types idéaux créés par des

humains pour répondre à des

instructions données (p. ex.

résumer, expliquer).

Entraînement

Grâce au feed-back humain, le

modèle de langage est adapté à

l’aide de textes types idéaux.

1073

116

98

74

67

59

52

14 . . . . . . . . . . Suisse 22

Résultat

Le modèle de langage apprend à

mieux suivre les instructions (p. ex.

structure, langue, style) pour

générer les textes souhaités.

Vague de

créations

L’année dernière, plus

de 1000 nouvelles

entreprises d’IA ont vu

le jour aux États-Unis;

et tout de même 22 en

Suisse.

Input

Textes générés par le modèle de

langage en réponse à une requête

spécifique.

Entraînement

Des humains classent les textes

générés en fonction de leur qualité.

Sur cette base: entraînement d’un

modèle d’évaluation qui attribue une

note aux textes en fonction de leur

qualité.

Résultat

Le modèle d’évaluation apprend à

estimer la qualité des textes générés

par le modèle de langage.

70%

60

50

40

La Chine passe à

la vitesse supérieure

Si le marché reste dominé par les

Américains, il n’en est pas de même pour

la recherche. Alors qu’il est en forte

baisse aux États-Unis, le nombre de

brevets déposés connaît un essor

fulgurant en Chine, si bien que le pays

devrait rapidement pouvoir rivaliser

avec les États-Unis dans ce domaine

également. L’Europe arrive malheureusement

loin derrière.

Gouffre à énergie

Une requête sur ChatGPT consomme près de dix

fois plus d’énergie que sur Google; environ

3 wattheures selon le Bayerischer Rundfunk, soit

assez pour faire briller une lampe LED pendant

6 minutes. Et c’est sans compter l’immense

quantité d’énergie qu’il faut pour alimenter les

modèles en données et les entraîner. L’Agence

internationale de l’énergie (AIE) estime donc que la

demande d’électricité des centres de calcul dans le

monde doublera d’ici à 2030 pour atteindre

945 TWh; autant que la consommation actuelle de

tout le Japon. Les géants de la tech prévoient par

conséquent la construction de nombreuses

nouvelles centrales nucléaires.

Amélioration du

modèle de langage

Input

Textes générés par le modèle de

langage en réponse aux requêtes des

utilisateurs.

Entraînement

Le modèle d’évaluation estime la

qualité du texte et attribue des notes.

Un algorithme spécial adapte le

modèle de langage afin d’accroître la

probabilité d’obtenir des réponses de

qualité.

(2) (5)

Résultat

Le modèle de langage apprend à:

– générer des textes adaptés aux

critères de qualité humains,

– s’améliorer sans cesse dans une

quête de récompenses.

Sources: LMSYS/Stanford AI Index Report 2025; Quid 2024, 2025 Stanford AI Report; Plattform Lernende Systeme (www.plattform-lernende-systeme.de)

Mon ENTREPRISE

18 02/2025


Sécurité

Questions des lecteurs

Photos sur

le site Web de

l’entreprise

Puis-je publier la photo et le nom

de mes collaborateurs et collaboratrices

sur le site Internet de mon

entreprise sans leur demander leur

avis?

L. P., Pieterlen

Non, vous ne pouvez poster une photo

en ligne qu’avec le consentement

explicite de vos collaborateurs et de

vos collaboratrices. Comme la

représentation photographique d’une

personne permet de tirer des conclusions,

p. ex. quant à sa religion, son

appartenance à une ethnie ou un

handicap physique, et qu’elle n’est

généralement pas indispensable, elle

ne peut être publiée sur Internet ou

sur l’Intranet qu’avec l’accord de la

personne concernée. Je vous conseille

de requérir cet accord par écrit auprès

des collaborateurs et des collaboratrices

concernés. C’est un gage de

sécurité.

Droit actuel

Le statut d’indépendant va de pair avec des défis juridiques.

Le podcast juridique

au cœur de la réalité

Comment créer une entreprise qui repose sur des bases juridiques solides? Que

dois-je faire en vue d’une croissance durable? Comment dénicher les bons

collaborateurs? Dans notre podcast, des non-juristes discutent de questions

juridiques passionnantes tirées de leur quotidien. Une avocate et un juriste

d’AXA-ARAG donnent leur avis d’experts.

Carole Kaufmann Ryan

Avocate chez AXA-ARAG

Photos: màd; Getty Images/EyeEm

Développer l’entreprise: Sven

Jakeli, qui a fondé en 2019 Feey,

l’une des boutiques en ligne suisses

de plantes les plus prospères, s’y

entend en matière de croissance.

Avec notre hôte et juriste Leo Loosli,

il ne discute pas seulement de la

manière de développer une

entreprise, mais il explique aussi

comment la pandémie de coronavirus

l’a marqué en tant qu’entrepreneur

du commerce

électronique.

Écouter le podcast

(en allemand):

Les défis juridiques d’une activité indépendante:

le gros du travail ne commence

vraiment qu’après la phase de création, du

moins si l’on souhaite transformer une petite

start-up en une entreprise prospère sur le

long terme. Andreas Lenzhofer, fondateur et

CEO de Dagsmejan, qui développe des

vêtements innovants pour un meilleur

sommeil, peut en dire long à ce sujet. Il

s’entretient avec Leo Loosli de la raison pour

laquelle il s’occupe des affaires juridiques de

Dagsmejan - et des questions

passionnantes qui se posent dans

ce contexte. Écouter le podcast

Recht aktuell (en allemand):

«Aujourd’hui, la moitié des postes à pourvoir sont attribués

par des relations, il en va de même pour les mandats.»

Adrian Lang, formateur, coach et conférencier, page 20

02/2025

19 Mon ENTREPRISE


RÉSEAU PROFESSIONNEL

Sans réseau,

point de salut!

Pour une start-up comme pour une PME bien établie, avoir un bon

réseau est essentiel et peut avoir une influence durable sur le développement

de l’entreprise. Découvrez où et comment vous pouvez trouver

les bons contacts et quels effets ils peuvent avoir sur votre activité.

Texte Melanie Ade

L’expert

Après une carrière de footballeur

professionnel, Adrian

Lang a travaillé pendant

14 ans dans les assurances,

puis s’est lancé en indépendant

dans la formation en

vente. Avec son entreprise

Business Schmiede, située

à Sursee, il rassemble depuis

2016 des spécialistes du

développement personnel

et professionnel. Il est également

enseignant, formateur

et conférencier spécialisé

dans les domaines de la

vente et du networking.

business-schmiede.ch

adrian-lang.ch

M. Lang, pourquoi est-il tellement important

pour une PME d’avoir un bon réseau?

En Suisse, près de 52 000 entreprises sont

créées tous les ans. Environ la moitié d’entre

elles ne passeront pas le cap de la première année.

Bien souvent, cet échec s’explique non pas

tant par leur concept que par leur implantation

sur le marché. En effet, très peu de gens savent

naturellement se vendre, et beaucoup ont besoin

d’être soutenus. C’est là que le réseau personnel

peut se révéler décisif.

Concrètement, quels sont les avantages

d’un réseau de contacts professionnels?

Aujourd’hui, si on veut réussir, on ne peut

plus se contenter de bien faire son travail. Il

est beaucoup plus important de se constituer

un réseau performant, avec des contacts qui

peuvent apporter leur soutien au bon moment.

On pourrait même dire que le marketing

de réseau constitue l’assurance-chômage

du XXI e siècle. De fait, la moitié des postes sont

aujourd’hui pourvus par le bouche-à-oreille, et

il en va de même pour les mandats confiés: près

de la moitié de l’activité des entrepreneuses et

entrepreneurs qui réussissent passe par leur réseau

personnel. Ce caractère humain de la relation

apparaît dès l’attribution des marchés: si,

à produits et prix similaires, j’ai le choix entre

deux prestataires, j’opterai toujours pour celui

dont je suis le plus proche personnellement.

Comment se constituer un bon réseau?

Plusieurs études ont montré qu’on ne peut

pas entretenir plus de 150 contacts à la fois.

D’où mon conseil: déterminez quelles sont,

dans votre entourage, les 150 personnes les

plus importantes pour vous et votre entreprise.

Passez en revue le répertoire de votre téléphone

et posez-vous les questions suivantes: avec qui

ai-je déjà travaillé? Qui est, à l’instant T, un

contact intéressant pour moi, et pas seulement

dans l’optique d’accroître mon activité? Demandez-vous

aussi qui pourrait vous fournir

d’autres contacts importants ou simplement

vous apporter du soutien dans le cadre d’un

échange. Vous pourrez alors exploiter systématiquement

cette liste et assurer la gestion

de vos contacts.

Que faire pour qu’un réseau soit efficace?

À eux seuls, les contacts n’apportent pas de

valeur ajoutée. L’essentiel, c’est d’entretenir

ces contacts et d’investir dans des relations

qui en valent la peine. Deux autres éléments

sont décisifs pour maintenir et développer un

réseau professionnel dans le monde des PME:

la qualité de la prestation fournie et la réciprocité.

En effet, dans la mesure du possible, la

relation doit toujours être bénéfique à chacune

des parties. Elle doit donc s’établir sur le long

terme et être porteuse d’avantages mutuels.

Comment s’y prendre?

Avant toute chose, il est important de ne

pas demander d’emblée un service, mais plutôt

de faire un geste solidaire, sans attendre de

contrepartie. Le but est ici d’améliorer votre

propre visibilité et votre réputation. Vous pouvez

ainsi assurer la présidence de l’association

économique locale, siéger au sein du comité

d’organisation du carnaval de votre région, ou

encore vous engager au sein du conseil d’administration

d’une association caritative nationale.

Avec ce type d’engagement, ce ne sont pas

les intérêts financiers ou les perspectives commerciales

qui sont mis en avant. Il s’agit plutôt

de vous faire connaître et, par votre travail,

d’améliorer la perception que l’on a de vous.

Cela demande certes un peu d’effort, mais c’est

un investissement pour l’avenir. Considérez-le

un peu comme un compte d’épargne que vous

approvisionnez régulièrement. Tôt ou tard,

vous en toucherez les dividendes.

Que pensez-vous des événements

de networking?

Ils peuvent être utiles pour rencontrer du

monde. Mais si vous vous rendez à un de ces

événements, il faut vous y préparer. Regardez

la liste des participants et n’y allez pas pour

faire des affaires, mais plutôt pour rencontrer

Mon ENTREPRISE

20 02/2025


RÉSEAU PROFESSIONNEL

des personnes et nouer de nouveaux contacts.

C’est peut-être agréable de discuter avec des

personnes que l’on connaît, mais cela ne permet

pas d’agrandir son réseau. Allez voir des gens

que vous ne connaissez pas, présentez-vous et

commencez à bavarder. Et le plus important:

préférez la qualité à la quantité. Autrement

dit, il vaut mieux avoir deux conversations

profondes et intéressantes qu’une douzaine

d’échanges superficiels. Ensuite, ajoutez vos

nouvelles rencontres à vos contacts LinkedIn

et approfondissez la relation en proposant de

vous revoir, par exemple autour d’un dîner.

où l’on peut être visible, afin que l’entreprise

puisse en retirer des avantages.

Est-ce que les réseaux sociaux

sont importants pour cela?

Oui, très importants. Sur LinkedIn, on ne

conclut pas directement de transactions, mais

on montre que l’on est présent et disponible

en ligne. Cela assure une bonne visibilité et fait

que l’on est pris en compte au moment décisif.

Le réseau personnel garde toutefois toute son

importance.

Adrian Lang en est convaincu:

un réseau efficace est la clé

d’un succès durable.

Découvrez comment réussir à

se constituer un bon réseau en

lisant le livre blanc gratuit

disponible sur www.langtraining.ch

ou en scannant le

code QR suivant:

Et les associations professionnelles,

dans tout ça?

Elles ont aussi leur utilité, mais plutôt dans

le cadre d’un échange de savoir-faire. Elles

doivent également permettre de se montrer et

de se faire entendre. Il ne suffit pas d’en être

membre. Gérer ses contacts, cela impose toujours

de travailler sur sa propre visibilité.

Faut-il s’engager au niveau local?

Le critère décisif, c’est la localisation de

son public cible. Ainsi, si je suis peintre à Zurich-Wollishofen,

il est judicieux que je m’engage

dans l’association économique locale et,

par exemple, que je préside le comité d’organisation

du salon professionnel. Cela augmentera

ma visibilité et, par là même, pourra

donner un coup d’accélérateur à mon activité.

En revanche, si mon entreprise est implantée

dans tout le pays, ce type d’engagement local

est moins pertinent. Plus la zone d’activité est

étendue, plus il faut réfléchir aux endroits

Networking: quel animal êtes-vous?

Animal

Cerf

Sanglier

Renard

Fourmi

Personnalité

Extravertie et

pragmatique

Extravertie et axée

sur le relationnel

Introvertie

et pragmatique

Introvertie et axée

sur le relationnel

Principales

caractéristiques

Élitiste, axé sur

le statut, égocentrique

Drôle, apprécié,

sociable

Concentré,

stratégique, attaché à

ses objectifs

Attaché au groupe,

social, serviable

Interaction

Quel type de networkeur êtes-vous? Faites le test et découvrez comment

interagir avec les différents animaux et quels avantages vous pouvez tirer

d’eux. Scannez le code QR ou rendez-vous sur https://adrian-lang.ch/#networking-typen.

Le test dure deux minutes et vous saurez tout sur la question!

Client lucratif, mais la

prudence est de mise

Tirer parti de son

grand réseau

Montrer de l’intérêt,

mais sans se faire

exploiter

Poser des questions,

exploiter le réseau

Source: Business Schmiede – Photos: màd

02/2025 21

Mon ENTREPRISE


Maxim Dikov et Nicola

Ruch, d’AEW Energie

AG, préfèrent les actes

aux paroles.

Pour une

économie durable

Communiquer sur les performances extrafinancières en marge des rapports financiers: une

tendance à la croissance exponentielle. D’où une pression accrue sur les entreprises qui, en

raison de leur taille, ne sont pas tenues de publier un rapport de durabilité.

Texte Melanie Ade

L

es rapports de durabilité prennent de

l’importance. Pas uniquement pour

les grandes entreprises, mais aussi

pour les PME. Ces dernières n’ont

pas encore l’obligation de publier

un rapport de durabilité en Suisse, mais ce

sujet suscite de plus en plus l’attention dans

notre pays, déclare Simon Oswald, ESG-Audit

Director auprès de BDO, société zurichoise de

conseil et d’audit. «Dans l’Union européenne,

principale partenaire commerciale de la Suisse,

les critères ESG sont devenus une norme déterminante.

Les entreprises ne doivent pas

simplement attester de leur durabilité écolo-

Mon ENTREPRISE

22 02/2025


CADRE RÉGLEMENTAIRE ESG

Mon Entreprise

Photos: Paolo Dutto; màd

gique, mais aussi intégrer dans leurs

chaînes d’approvisionnement des aspects

sociaux tels que des conditions

de travail équitables et des pratiques

commerciales éthiquement irréprochables.

Les PME exportatrices localisées

en Suisse qui ont des partenaires

commerciaux dans l’UE sont

donc de plus en plus concernées par

les critères ESG et le renforcement

des dispositions réglementaires.»

Par conséquent, les PME suisses sont

fréquemment appelées à fournir des

informations relatives à leur durabilité,

même si elles ne sont pas directement

concernées par les normes

nationales ou internationales. Elles

risqueraient sinon de se voir rayées

de la liste des fournisseurs.

AEW Energie AG est une

entreprise indépendante,

établie dans le canton d’Argovie.

En tant que fournisseur

d’énergie intégré, AEW

s’engage auprès de sa clientèle

en tant que producteur

d’électricité et de chaleur/

froid, principal exploitant

de réseau et fournisseur. En

outre, l’entreprise fournit

des prestations dans les

domaines liés à l’énergie et

aux infrastructures ainsi que

les télécommunications.

aew.ch

«Dans l’UE,

les critères

ESG sont

devenus

une norme

déterminante.»

Simon Oswald,

ESG-Audit Director, BDO

Zéro émission nette d’ici à 2050

En Suisse aussi, la durabilité se fait de

plus en plus présente au niveau politique

et réglementaire. Les objectifs

climatiques à long terme de la Suisse

sont ancrés dans la loi depuis l’entrée

en vigueur de la loi sur le climat et

l’innovation (LCI) et de l’ordonnance

sur la protection du climat (OCI) au

1 er janvier 2025. Toutes les entreprises,

donc aussi les PME, ont ainsi

l’obligation d’atteindre zéro émission nette

d’ici à 2050. «Zéro émission nette signifie que

chaque entreprise doit tout d’abord réduire ses

émissions de gaz à effet de serre en prenant

des mesures de réduction. Les émissions inévitables

doivent ensuite être neutralisées par

des mesures de compensation telles que la reforestation,

l’achat de certificats d’émissions

ou le captage technologique de CO 2», explique

Roland Z’Rotz, Director Sustainability Services

chez BDO.

La Confédération mise sur les incitations plutôt

que sur les interdictions pour atteindre ces objectifs.

«Les entreprises qui mettront en place

des technologies et des processus innovants

en faveur des objectifs climatiques avant 2030

peuvent demander un soutien financier si elles

affichent des trajectoires zéro émission nette»,

déclare Roland Z’Rotz. Les PME ont donc tout

intérêt à gérer de façon systématique les sujets

liés à la durabilité et à s’en faire l’écho publiquement.

Selon une étude actuelle de la Haute

école d’économie de Zurich (HWZ), la plupart

des entreprises ne s’y intéressent pas. Une erreur,

estime Roland Z’Rotz: «C’est précisément

dans les périodes économiquement difficiles

que la durabilité devient un atout stratégique.

Les PME qui mettent en œuvre leur stratégie

de durabilité de manière systématique et communiquent

avec transparence sont perçues

comme crédibles et axées sur le futur.»

La durabilité, une chance

La durabilité est au cœur de la stratégie de

l’entreprise AEW Energie AG. Tout en approvisionnant

le canton d’Argovie, ce fournisseur

d’énergie met activement en œuvre la stratégie

énergétique 2050. «En Suisse, près de 75%

des émissions de CO 2 sont liées à l’énergie. En

tant que fournisseur d’énergie, nous disposons

d’un levier important pour agir», déclare

Nicola Ruch, responsable du Développement

commercial d’AEW. «Les ambitions énergétiques

et climatiques sont étroitement liées et

offrent de multiples synergies. Nous fournissons

ainsi une contribution notable à la transition

climatique et énergétique en produisant

de l’électricité et de la chaleur renouvelables

et en proposant des solutions intégrées en matière

d’immobilier et de mobilité.»

Afin de ne pas simplement s’appuyer sur ces

valeurs pour communiquer mais aussi de les incarner,

AEW établit depuis deux ans son propre

rapport sur la durabilité, bien que les dispositions

légales ne le lui imposent pas. «La durabilité

gagne en importance, aussi bien pour notre

clientèle que pour les investisseurs. Un rapport

ESG transparent constitue donc pour nous l’occasion

de nous positionner comme une entreprise

responsable et un employeur moderne»,

souligne Nicola Ruch.

Un objectif ambitieux

Alors que la LCI oblige les entreprises à atteindre

zéro émission nette d’ici à 2050, AEW

souhaite atteindre la neutralité climatique dès

2040. Pour une raison simple, déclare Nicola

Ruch: «Nous souhaitons lier notre engagement

à des objectifs ambitieux afin de pouvoir

prendre des mesures efficaces.»

AEW a commencé par réaliser une analyse détaillée

des thèmes pertinents, explique Maxim

Dikov, spécialiste Durabilité et ESG chez AEW

Energie AG. Cette analyse porte sur les thèmes

environnementaux, sociaux et de gouvernance

d’une entreprise. Elle sert à définir et à mettre

en œuvre des mesures correspondantes. «La

majeure partie de notre empreinte carbone,

soit près de 60%, est liée à la production de

02/2025 23

Mon ENTREPRISE


chaleur. Il semblait donc évident de lancer les

premières mesures de réduction dans ce domaine»,

déclare Maxim Dikov. AEW a optimisé

ses solutions logicielles tout en choisissant de

remplacer au cours des années à venir le vieux

matériel par des solutions neuves et durables

telles que des pompes à chaleur ou du thermique

solaire. «De plus, nous électrifions progressivement

notre flotte de véhicules et procédons

à l’assainissement énergétique de nos

bâtiments selon un calendrier précis», déclare

l’expert en durabilité.

Un engagement clair de la direction

Pour que la stratégie de durabilité soit un succès,

il faut qu’elle soit acceptée au sein de l’entreprise,

souligne Nicola Ruch: «Ce sujet doit

être traité au plus haut niveau possible de la

hiérarchie et ancré dans la stratégie de l’entreprise.

Il est primordial que la direction et

le conseil d’administration fassent preuve d’un

engagement clair.» Et l’ensemble du personnel,

lui aussi, doit soutenir la mise en œuvre

des mesures. «La durabilité concerne tous les

secteurs d’activité. Il est donc recommandé de

réunir les personnes clés de tous les domaines

afin d’élaborer la stratégie et les mesures qui

en découlent au sein d’un organe transversal»,

Les experts

BDO SA est l’une des plus

importantes sociétés suisses

d’audit, de services fiduciaires

et de conseil. Elle accompagne

des entreprises en

matière d’audit, de services

financiers et fiduciaires, de

conseil fiscal et juridique et

de reporting de durabilité.

bdo.ch

«Dans les

périodes économiquement

difficiles,

la durabilité

devient

un atout

stratégique.»

Roland Z’Rotz, Director Sustainability

Services, BDO

poursuit Maxim Dikov. C’est ainsi que la stratégie

de durabilité sera largement diffusée dans

l’entreprise.

Utiliser des outils en ligne

En fait, l’élaboration d’un rapport de durabilité

n’a rien de sorcier, explique l’expert: «Les

PME peuvent suivre la norme publiée par le

European Financial Reporting Advisory Group

(EFRAG). Chaque entreprise est en mesure de

s’y conformer, même si elle s’y connaît peu. De

plus, il existe aujourd’hui des outils en ligne,

et l’intelligence artificielle peut également

aider à s’y retrouver.» Chez AEW aussi, on ne

cesse jamais d’apprendre, comme l’explique

le responsable du Développement commercial,

Nicola Ruch: «Le rapport sur la durabilité

est un voyage que l’on effectue au fil des ans.

Mais c’est toujours mieux de commencer avec

quelques imperfections que de chercher à planifier

à la perfection.»

Une économie durable

Même si le rapport ESG n’a pas encore eu de

répercussions directes sur le carnet de commandes,

il sera une base pour l’avenir. AEW

est confiante dans le fait qu’il engendrera des

avantages concurrentiels. «Nous souhaitons

une économie prospère,

qui ne nuise ni à la société

ni à l’environnement. L’objectif

déclaré doit être une

économie durable et donc

porteuse d’avenir», déclare

Maxim Dikov. Il a la ferme

conviction que chaque PME

devrait approfondir ce sujet:

«Effectuer une analyse

des thèmes pertinents aide

chaque entreprise à organiser

ses processus plus

efficacement et à les optimiser.

Et si la législation

évolue pour imposer un

rapport ESG aux PME, elles

seront déjà prêtes.» ●

La durabilité est fermement ancrée dans la stratégie d’entreprise chez AEW Energie AG.

Mon ENTREPRISE

24 02/2025


Responsabilité

Questions des lecteurs

Plainte pénale

contre

un collaborateur

Un de mes collaborateurs est accusé

d’avoir, lors d’un déplacement professionnel

sur l’autoroute, serré de

trop près un autre usager de la route,

puis de l’avoir dépassé par la droite

en lui faisant un doigt d’honneur. Une

ordonnance pénale a été rendue à

l’encontre de mon collaborateur. Il est

condamné à une peine pécuniaire avec

sursis qui donnera lieu à une inscription

au casier judiciaire. Comme mon

collaborateur est sur le point d’être

naturalisé, cette inscription au casier

judiciaire lui serait préjudiciable.

De plus, un retrait de permis serait

désastreux, car je suis tributaire de ce

collaborateur et ne trouverais pas de

sitôt un remplaçant. Quelles sont les

chances de succès d’une opposition à

l’ordonnance pénale?

T. K., Neuchâtel

Lorsqu’une ordonnance pénale est rendue,

il importe de l’adresser au plus vite à

son assurance de protection juridique, car

le délai d’opposition n’est que de dix jours

à compter de sa réception. Passé ce délai,

l’ordonnance pénale entre en force et les

faits pertinents pour le service des automobiles

sont considérés comme établis.

Une opposition en temps utile permet

d’obtenir le dossier pénal et d’évaluer la

suite de la procédure. En fonction des éléments

du dossier, il peut être possible de

contester un fait avec succès, avec pour

conséquence, par exemple, la suppression

de l’amende et donc de l’inscription

au casier judiciaire.

Fabrizio Howald

Juriste chez AXA-ARAG

Photos: màd; Getty Images/Westend61

Il est urgent de se détendre: selon l’étude AXA, plus d’un quart des personnes interrogées se

sentent atteintes dans leur santé mentale.

Les troubles psychiques

sont en hausse

Bien que, comparativement à d’autres pays, la Suisse soit toujours très bien placée

en ce qui concerne la santé psychique de sa population, les chiffres de la

dernière étude d’AXA interpellent: c’est ainsi que, même si elles sont à peine

plus nombreuses que l’année précédente, plus d’un quart (27%) des personnes

interrogées déclarent souffrir de problèmes psychiques. Sur ces 27%, près de la

moitié affirment être en dépression. Selon l’étude, la dépression reste donc la

maladie psychique la plus fréquente. Toutefois, tant les chiffres concernant les

dépressions (qui passent de 15% à 13%) que ceux relatifs aux troubles anxieux (qui

passent de 10% à 9%) sont en baisse. Ce sont surtout les souffrances psychiques

dues à l’abus de drogues et de médicaments qui ont fortement augmenté (de 3%

à 5%). On constate en outre de nettes différences entre les classes d’âge. Alors

que les maladies psychiques sont en recul (de 17% à 14%) chez les personnes de

plus de 55 ans, l’étude révèle une nette augmentation (de 30% à 38%) chez les

18-24 ans. Cette classe d’âge présente notamment des tendances à la hausse en ce

qui concerne les troubles anxieux, les troubles alimentaires et la schizophrénie.

Plus de la moitié des personnes (52%) souffrant de troubles psychiques en Suisse

sollicitent une aide professionnelle. Près des deux tiers de toutes les personnes

souffrant d’une maladie psychique et bénéficiant d’une prise en charge professionnelle

en Suisse reçoivent en outre un soutien médicamenteux.

«Les gens ressentent que nous avons du cœur à l’ouvrage et que

nous ne transigeons ni sur le goût ni sur la qualité.»

Dania Kambly, présidente de Kambly SA Spécialités de Biscuits Suisses, page 30

02/2025 25

Mon ENTREPRISE


INTERNATIONALISATION

Au-delà des frontières

Se développer à l’international représente certes un défi de taille pour la plupart

des entreprises, mais peut aussi se révéler un pari gagnant. À condition de bien

se préparer, en s’appuyant sur l’aide et les compétences requises.

Texte Melanie Ade

L

orsque Darco Cazin et Claude Balsiger

se sont associés en 2015, le

premier, travailleur indépendant,

dirigeait déjà avec succès sa société

de conseil en tourisme, Allegra, et

le second venait de passer plusieurs années à

rouler sa bosse dans l’Himalaya comme guide

et accompagnateur de randonnées à vélo. Passionnés

de sports en plein air, tous deux entrevoyaient

dans le cyclotourisme estival un

formidable potentiel. «À l’époque, le changement

climatique compromettait déjà de plus

en plus les saisons hivernales des stations de

ski. Nombre de sites touristiques, bien que désireux,

voire contraints pour assurer leur survie

économique, de faire tourner leurs infrastructures

toute l’année, étaient à court d’idées. C’est

là que nous sommes entrés en piste», explique

C. Balsiger. Et les deux associés de se spécialiser

dans le développement d’offres touristiques

ainsi que la conception et la construction de

sentiers VTT – un succès couru d’avance dans

les régions montagneuses. «Le tourisme estival

était en plein essor. Or nous étions les seuls

prestataires dans ce secteur. En peu de temps,

notre petite structure bicéphale perdue au fin

fond des Grisons a pris une envergure nationale,

au point d’éveiller l’intérêt des destinations

les plus prisées d’Autriche!»

À chaque pays sa réglementation

Pleins d’entrain et d’ambition, nos deux compères

se sont donc lancés à l’assaut du pays

voisin, avant de s’apercevoir que si la langue,

Mon Entreprise

Spécialisée dans les itinéraires

VTT de montagne,

Allegra propose également

des services de conseil et de

développement et assure

la conception ainsi que la

construction de sentiers VTT,

de chemins de randonnée

ou encore d’installations

modulaires de pumptracks

et de bike parks urbains.

En 2018, Allegra a étendu

ses activités vers l’Autriche,

puis la Finlande et le Japon.

L’entreprise emploie, selon

les saisons, entre 30 et

70 personnes, réparties

dans quatre pays.

helloallegra.com

les paysages et le tourisme ressemblaient fort à

ceux de la Suisse, l’Autriche n’en possédait pas

moins une réglementation différente. «Nous

avons vite compris qu’en dépit de notre expertise,

nous ne parviendrions pas à percer sur

ce marché sans une aide locale. L’idée de fonder

en Autriche une filiale dotée de sa propre

équipe a donc rapidement germé», confie le

propriétaire d’Allegra. Et d’ajouter, non sans

autocritique: «Nous avions sous-estimé tout

ce que peuvent apporter un réseau local et la

présence de collaborateurs sur place. Se familiariser

avec un nouveau marché, nouer des

contacts, s’imprégner de la législation sont

autant d’étapes extrêmement chronophages et

énergivores mais incontournables.»

Des partenariats locaux, gages de réussite

Malgré ces débuts laborieux, tous deux n’ont

pas hésité à s’aventurer vers d’autres contrées,

mais en abordant les choses autrement. «Décider

d’investir ou non un marché dépend principalement

de la capacité à trouver des partenaires

sur place et à s’appuyer sur un réseau

local», précise C. Balsiger. La première étape

consiste donc en une étude du marché et de la

concurrence. «C’est pourquoi nous n’avons jamais

envisagé de nous installer en Allemagne,

où la concurrence est trop féroce.» En revanche,

l’entreprise exploite depuis Pontresina, et avec

beaucoup de réussite, des filiales en Finlande

et au Japon. Deux pays dans lesquels Allegra

avait déjà réalisé plusieurs projets avec des

partenaires régionaux. «Il nous a suffi de créer

«Prendre pied sur un marché est, pour nous, une décision qui

dépend de notre faculté à nouer des partenariats locaux.»

Claude Balsiger, propriétaire d’Allegra

Mon ENTREPRISE

26 02/2025


INTERNATIONALISATION

Des montagnes des

Grisons au pays du Soleil

levant: rien n’arrête

Claude Balsiger et Allegra.

1

Photos: Mayk Wendt

02/2025 27

Mon ENTREPRISE


INTERNATIONALISATION

Photos: Gian Ehrenzeller

des sites locaux pour répondre à une demande

que nous avions déjà identifiée», se souvient-il.

Le tout avec le soutien de «Switzerland Global

Enterprise» (S-GE), l’organisation officielle

chargée de la promotion des exportations et de

la place économique suisses: «Les autres pays

fonctionnent différemment. Appréhender

les tenants et les aboutissants, économiques

comme réglementaires, d’un marché étranger

est tout sauf facile. Le savoir-faire de S-GE et son

réseau à l’international nous ont donc été d’un

grand secours.» Allegra possède aujourd’hui

six filiales dans quatre pays et ne compte pas

s’arrêter en si bon chemin. C. Balsiger recommande

néanmoins aux autres PME d’aborder

leur expansion avec discernement: «Il est capital

de sonder en profondeur le marché cible au

préalable et de veiller à une bonne alchimie au

sein du partenariat. Fonder et faire fonctionner

une entreprise à l’étranger requiert souvent

plus de temps et de patience que prévu. Il faut

en être conscient.»

Grandir sans perdre son identité culturelle

PHIOS AG s’est décidée à faire le grand saut en

2020. Cette entreprise de conseil et d’ingénierie

logicielle sise à Ruggell, au Liechtenstein, n’a

PHIOS AG conseille aussi les

entreprises des secteurs de

l’industrie et de l’artisanat en

matière d’énergie et de

développement durable.

cessé de croître au fil des ans et d’attirer dans

son portefeuille de clients de grands acteurs

mondiaux. «Nous avons voulu profiter des opportunités

que présentait le marché pour nous

développer», raconte Lucia Studer, cofondatrice

et CFO. Amenée à se réorganiser en pleine

période de Covid, l’entreprise a opté pour une

croissance externe, en ouvrant un site supplémentaire

à l’étranger. «Contraints de nous

agrandir pour répondre aux besoins de notre

clientèle, nous étions en même temps très attachés

à la préservation de notre culture d’entreprise,

à la fois familiale et conviviale. Si nous

nous étions contentés de pousser les murs de

notre maison-mère à Ruggell, nous aurions dû

prendre des mesures radicales, contraires à nos

valeurs et à notre héritage. Aussi avons-nous

préféré décentraliser, autrement dit multiplier

nos lieux d’implantation afin de perpétuer

notre culture d’entreprise au sein de petites

cellules locales qui nous ont permis d’accroître

notre force de frappe.»

Évaluation de deux sites potentiels

PHIOS a, elle aussi, fait appel à S-GE pour l’assister

dans son expansion. «Ensemble, nous

avons passé en revue tous les pays susceptibles

Mon ENTREPRISE

3

28 02/2025


INTERNATIONALISATION

«Le plus gros défi a été la bureaucratie. En Espagne, le traitement des

opérations bancaires et des questions fiscales diffère radicalement.»

Lucia Studer, cofondatrice et CFO de PHIOS

d’accueillir nos nouveaux sites. En privilégiant

des critères décisifs comme la disponibilité de

la main-d’œuvre, la stabilité économique, l’accessibilité

depuis Ruggell et la qualité de vie»,

explique Lucia Studer. Le choix s’est finalement

porté sur l’Espagne. Lucia et ses deux partenaires

commerciaux se sont rendus sur place,

avec un accompagnateur dépêché par S-GE,

pour se forger une opinion. «Nous avons évalué

deux sites potentiels, échangé nos expériences

avec des prestataires informatiques suisses et

noué, par l’entremise de S-GE, des contacts intéressants

avec les autorités et les universités.»

En fin de compte, PHIOS a opté pour Valence.

«L’un de nos collaborateurs est originaire d’Espagne.

Une véritable aubaine, car il s’est dit

prêt à mettre sur pied notre structure durant

les 18 premiers mois et à embaucher les premiers

collaborateurs et collaboratrices. Nous

avions ainsi sur place une personne qui maîtrisait

parfaitement la langue, connaissait les

particularités locales et pouvait transmettre

à notre future équipe la philosophie et les valeurs

qui animent notre entreprise.»

La communication, le maître-mot

Lucia Studer reconnaît a posteriori que le parcours

n’a pas pour autant été exempt d’embûches.

«Notre plus gros défi, outre la Covid, a

été la bureaucratie. En Espagne, le traitement

des opérations bancaires et des questions fiscales

diffère radicalement du nôtre.» La barrière

de la langue et les différences culturelles

ne doivent pas non plus être sous-estimées. La

direction doit en outre apporter une attention

toute particulière à la communication: «La

communication, la transparence et la considération

de l’autre nous tiennent à cœur. Chacun

doit se sentir à l’aise, quel que soit le site où il

travaille. Un défi difficile à relever. C’est pourquoi

nous faisons paraître des bulletins d’informations

sur l’actualité de nos sites et de nos

services et organisons, à intervalles réguliers,

des conférences virtuelles et des rencontres

entre collaborateurs, axées sur la cohésion des

équipes et les échanges.»

Ne pas mésestimer les coûts

Au vu de son carnet de commandes, le site de

Valence, qui compte aujourd’hui sept collaborateurs,

est appelé à s’étoffer. PHIOS dispose aussi

d’un centre de compétences à Vienne, en Autriche,

où elle emploie deux personnes et s’apprête

à embaucher. Avec ses deux partenaires,

Lucia Studer se rend souvent sur ces deux sites

Mon Entreprise

Dirigé par son propriétaire,

PHIOS est un bureau d’ingénierie

logicielle, spécialisé

dans le conseil et le développement

de logiciels destinés

aux secteurs de l’industrie et

de l’artisanat. Fondé en 2007

et implanté au Liechtenstein,

en Autriche et en Espagne, il

emploie près de 50 collaborateurs.

PHIOS.group

Cinq questions à...

... Alberto Silini, Senior

Director Regional Consultants

EMEA chez Switzerland

Global Enterprise

D’après vous, quelles sont

les conditions à remplir

pour se développer à

l’international?

Une bonne appréciation du

marché, du temps et des

capitaux: tels sont les trois

ingrédients indispensables

pour bien s’exporter. Seule

une préparation exhaustive

permet d’éviter les écueils.

Quelles sont les premières

étapes?

D’abord procéder à une

analyse approfondie du

marché cible. Présente-t-il

des débouchés suffisants?

Votre produit répond-il à

une demande latente? Le

secteur est-il concurrentiel?

Autre condition, se familiariser

rapidement avec la

législation en vigueur. Sans

oublier les formalités douanières,

plus importantes que

pour travailler avec les équipes, avant de partager

un moment de complicité autour d’un

verre. Si, rétrospectivement, elle se dit prête à

retenter l’aventure, elle nuance quelque peu ses

propos: «Toute expansion mérite réflexion. Car

elle génère des coûts élevés et induit une charge

de travail énorme. L’euphorie du début nous

avait incités à ouvrir un nouveau site d’implantation

tous les deux ans mais nous avons assez

vite revu nos ambitions à la baisse.» Son conseil

à toutes les entreprises tentées par une expansion:

«Entourez-vous de partenaires compétents

qui, conjugués à un réseau de contacts fiables

sur place, sauront vous accompagner au mieux

dans cette aventure.»

jamais. Enfin, il convient de

s’interroger sur la stratégie

commerciale et le modèle

de distribution à adopter

pour pénétrer le marché

convoité.

Quels sont, selon vous,

les principaux obstacles?

La tendance actuelle au

protectionnisme. Les

marchés se cloisonnent

chaque jour un peu plus et

durcissent leur réglementation

pour protéger leur

économie nationale de la

concurrence étrangère. Si

les médias se font largement

l’écho de cette

tendance au repli outre-

Atlantique, elle prévaut depuis

de nombreuses années

déjà. Cet isolationnisme,

qui expose les acteurs à une

fragmentation réglementaire

toujours plus poussée,

complique fortement le

commerce d’exportation.

Un simple faux pas peut se

traduire par une amende

salée ou, dans le pire des

cas, par une mise à l’index.

Il faut en être conscient.

Certains marchés sont-ils

plus faciles à pénétrer que

d’autres?

Tout dépend du secteur,

du produit ou du service.

Généralement, les marchés

similaires sur le plan

logistique et dotés d’une

culture proche de la nôtre

sont moins difficiles à

conquérir qu’un débouché

situé aux antipodes et dont

la sensibilité aux prix peut

être incompatible avec

notre souci de qualité. D’où

notre conseil: commencer

par des exportations sur le

continent européen.

Comment S-GE

accompagne-t-elle

les projets d’exportation?

Notre site internet propose

des listes de contrôle

et des outils en ligne tels

qu’une base de données

douanières, un cockpit

d’identification du potentiel

d’exportation et le service

Exporthelp. Vous y trouverez

aussi un récapitulatif

de nos réunions d’information

et autres webinaires.

Chaque PMU peut en outre

bénéficier d’une séance de

conseil gratuite. Il lui suffit

de se mettre en rapport, sur

notre site, avec le ou la spécialiste

du pays envisagé et

de convenir d’un entretien

sans engagement.

Photos: màd

02/2025

29

Mon ENTREPRISE


MARKETING

ENTRETIEN

«Nous ne transigeons ni

sur le goût ni sur la qualité»

En 2020, Dania et Nils Kambly ont repris la direction de l’entreprise familiale et gèrent

depuis la maison de tradition en tandem. Dans cet entretien, ils dévoilent ce qu’ils ont changé

ces dernières années, quel impact la hausse du prix du chocolat a sur leurs produits et

comment ils séparent vie professionnelle et vie privée.

Entretien Melanie Ade

Photos Herbert Zimmermann

«Chez nous,

tradition

et innovation

vont de pair.»

Dania Kambly

Dania et Nils Kambly, quel est votre

biscuit préféré?

Dania Kambly: Même si j’aime toutes nos variétés,

mon cœur bat pour le bon vieux Bretzeli.

Il se combine à souhait, s’allie aussi bien

au café qu’à la glace, permet de décorer des

desserts ou peut être emporté en randonnée, il

est très polyvalent. Rien d’étonnant à ce qu’il

soit notre best-seller.

Nils Kambly: Du Goldfish Chocolate au Chocolait

en passant par le Matterhorn, je les aime

tous et je n’ai pas de préférence, cela varie

d’une saison à l’autre.

Mangez-vous aussi d’autres biscuits?

Dania Kambly: Régulièrement, car nous devons

savoir ce que fait la concurrence.

Mais à la maison, il n’y a que des biscuits

Kambly.

Dania Kambly: Bon, lorsque nos enfants sont

invités, ils ont le droit de manger d’autres biscuits,

nous ne sommes pas trop sévères. (Rires.)

Kambly a du succès depuis plus de

cent ans. Quelle est votre formule

gagnante?

Dania Kambly: Je pense que les gens ressentent

que nous avons du cœur à l’ouvrage et

que nous ne transigeons ni sur le goût ni sur la

qualité. Nous entretenons un lien fort avec nos

produits, et cela se remarque au palais.

Y a-t-il des tendances en matière de

goût?

Dania Kambly: En matière de friandises, la

plupart des gens ont un goût plutôt conservateur.

Ils aiment la vanille, le citron, le chocolat,

le goût du beurre, les noisettes, les amandes

et le caramel. Les produits à la framboise ou à

l’abricot fonctionnent moins bien, alors que la

pistache et la noix de coco sont actuellement

tendance.

En parlant de pistache, quand arrivera

le Kambly Dubaï?

Nils Kambly: Notre gamme comporte déjà

depuis longtemps deux produits à la pistache,

nous n’avons pas besoin d’y ajouter la mention

«Dubai Style». (Rires.) Chez nous, les amateurs

de pistache ne seront pas déçus.

Qu’est qui compte le plus pour vous: la

tradition ou l’innovation?

Dania Kambly: Chez nous, tradition et innovation

vont de pair. Kambly est une maison de

tradition, et la vision des fondateurs est toujours

réalité à ce jour. Mais notre entreprise

a toujours agi de manière prévoyante, encore

aujourd’hui. Nous tirons profit des expériences

des cent dernières années tout en évoluant en

fonction des nouvelles habitudes alimentaires

et des nouveaux besoins et tendances.

Concrètement, quels changements

avez-vous apportés depuis que vous

dirigez Kambly?

Dania Kambly: Ils sont nombreux. Nous avons

encore renforcé nos directives de Clean Label.

Fidèles à la devise «uniquement des ingrédients

que l’on trouve dans ses placards», nous avons

revu certaines recettes. Ainsi, Kambly renonce

depuis longtemps aux arômes artificiels et aux

graisses hydrogénées. Nous avons aussi introduit

un nouveau design avec un logo remanié

et modernisé la collaboration et la communication

en interne, par exemple en introduisant

le tutoiement.

Nils Kambly: De plus, nous développons

constamment notre production et digitalisons

si possible nos processus. Nous ne sommes toutefois

pas une société informatique, nous nous

concentrons sur la biscuiterie. Le produit final

doit avoir le goût du fait maison.

J’associe Kambly à mon enfance, tandis

que les jeunes d’aujourd’hui mangent

Mon ENTREPRISE

30

02/2025


02/2025 31

Mon ENTREPRISE


MARKETING

ENTRETIEN

Dans le magasin d’usine de

Trubschachen, on trouve

jusqu’à cent sortes de biscuits.

Portrait

Fondée en 1910, Kambly SA

Spécialités de biscuits suisses

a son siège à Trubschachen,

dans l’Emmental. L’entreprise

fabrique essentiellement des

biscuits dans le segment premium

et est dirigée par Dania

et Nils Kambly, représentants

de la quatrième génération.

La fille d’Ursula et Oscar A.

Kambly est présidente du

conseil d’administration et

dirige le développement

stratégique de la société.

Son époux est vice-président

du conseil d’administration

et président de la direction

générale. Ils sont les parents

de deux enfants.

kambly.ch

des Oreos. Comment parvenez-vous

à plaire à la jeune génération?

Nils Kambly: En proposant à la fois des biscuits

sucrés et salés, nous ciblons différents

groupes de clients. Par ailleurs, nous avons

davantage innové dans les domaines qui interpellent

une clientèle plus jeune et plus

urbaine, par exemple avec notre ligne «bio &

vegan» lancée il y a quatre ans. Concernant les

biscuits salés, nous misons aussi sur de nouveaux

concepts, comme les «Crispy Moments»

légers et nos Goldfish Chocolate, qui offrent

une toute nouvelle expérience gustative.

Comment marche la ligne

«bio & vegan»?

Dania Kambly: Nous sommes très satisfaits.

La tendance végane se tasse certes un peu, mais

cette ligne couvre divers besoins: elle convient

à tous ceux qui veulent consommer dans le respect

de l’environnement et sans matières animales,

mais aussi aux personnes intolérantes

au lactose.

En Allemagne, j’ai déjà vu des

sortes de biscuits que nous n’avons

pas ici. Pourquoi?

Nils Kambly: Chaque pays a ses préférences

gustatives. En Suisse, on préfère le chocolat au

lait, tandis qu’en France et en Italie, le chocolat

noir domine, et en Asie c’est encore différent.

Nous sélectionnons donc les produits dans notre

gamme en fonction des préférences locales.

Dans quels pays exportez-vous?

Nils Kambly: Dans environ 50 pays du monde.

Outre la Suisse, nos principaux marchés se situent

toutefois en Europe, surtout dans les

pays limitrophes. Nous réalisons environ 50%

de notre chiffre d’affaires en Suisse et 50% à

l’étranger.

Voulez-vous poursuivre votre

croissance à l’étranger?

Dania Kambly: Absolument. Le marché suisse

est saturé, les possibilités de croissance sont

limitées. De plus, il est très enrichissant d’apprendre

des autres marchés et de connaître les

besoins, les préférences et les produits locaux.

Cela stimule l’innovation.

La tendance vers une alimentation

plus saine n’est-elle pas un problème

pour un fabricant de biscuits?

Dania Kambly: Pour nous, c’est une opportunité,

l’heure est à la dégustation consciente.

Nos biscuits procurent de la joie sans qu’il

faille pour autant vider toute une boîte. On les

savoure et on les partage avec ses amis et sa

famille, en toute modération.

Observe-t-on d’autres tendances

du côté des biscuits premium?

Nils Kambly: On s’éloigne des fioritures et des

symboles de statut pour privilégier la simplicité.

Les produits doivent avant tout être bons

et contenir peu d’ingrédients. Les consommateurs

misent davantage sur la transparence et

la confiance dans une marque.

Comment la part des biscuits sucrés

et salés a-t-elle évolué ces dernières

années?

Dania Kambly: Le marché des biscuits salés

a connu une forte croissance, surtout depuis

la pandémie. À l’époque, la vie sociale, et de ce

fait la consommation de snacks, n’avait plus

lieu dans les restaurants mais à la maison.

Cette tendance se maintient.

Le prix du chocolat n’a jamais été aussi

élevé. Quel est l’impact sur Kambly?

Nils Kambly: Si l’on compare le prix moyen

du chocolat à long terme, nous observons une

forte volatilité au cours des 18 derniers mois,

avec des prix cinq fois plus élevés que la normale.

Cela nous préoccupe beaucoup et continuera

à nous préoccuper longtemps.

Que pensez-vous de la taxe sur

le sucre?

Dania Kambly: Dans les pays où les enfants

consomment trop de sucre, il faut certainement

intervenir. En revanche, la population

suisse est bien informée et je ne pense pas

qu’une taxe sur le sucre soit nécessaire. Nous

sommes toutefois conscients de notre responsabilité:

les biscuits contiennent du sucre et

doivent être consommés avec modération. Il

ne faut toutefois pas oublier qu’un Bretzeli

pèse quatre grammes et contient un gramme

de sucre; par rapport aux boissons sucrées, nos

produits restent modérés.

Dans quelle mesure dépendez-vous

des grands distributeurs?

Dania Kambly: Nous sommes bien entendu

dépendants du commerce de détail et nous devons

régulièrement renégocier. Mais dans l’ensemble,

l’échange est positif et repose sur le

respect mutuel. Nous sommes reconnaissants

de pouvoir compter sur ce canal de distribution.

Ne pourriez-vous pas envisager de développer

votre propre canal de vente?

Dania Kambly: Je ne pense pas qu’il faille

avoir des flagship stores supplémentaires qui

vendent exclusivement des biscuits. (Rires.)

Mais on peut aussi acheter nos produits dans

nos magasins d’usine à Trubschachen et à Lyss

ou dans notre boutique en ligne. L’offre qui y

Mon ENTREPRISE

32 02/2025


est proposée se concentre sur des produits et

des cadeaux personnalisables. Je suis convaincue

que l’expérience individuelle en magasin

demeure essentielle.

Vous avez tous deux étudié la physique

et obtenu un doctorat. Il ne s’agit pas

d’un parcours habituel au regard de

vos postes actuels. Votre cursus facilite-t-il

ou complique-t-il votre travail?

Dania Kambly: Il s’agit résolument d’un

atout. Notre méthode de travail structurée

nous permet d’aborder différemment les défis,

ce qui est très utile au quotidien ou dans les situations

difficiles. De plus, le fait d’être plongé

dans un univers complètement différent crée

des perspectives.

Nils Kambly: Par contre, les formules physiques

nous sont moins utiles dans la vie quotidienne,

je ne pourrais d’ailleurs plus les citer

de mémoire. (Rires.)

Dania Kambly, avez-vous toujours

su que vous dirigeriez l’entreprise

après votre père?

Dania Kambly: J’ai toujours pu m’imaginer

reprendre le flambeau, mais mes parents ne

voulaient pas que je m’engage top tôt. Ils m’ont

toujours encouragée à découvrir le monde et

à trouver moi-même ce qui me correspondait

vraiment. C’est pourquoi j’ai travaillé dans des

entreprises et des domaines très variés avant de

décider de rejoindre le conseil d’administration

de Kambly en 2011.

Nils Kambly, vous avez intégré la

société Kambly par l’intermédiaire

de votre épouse. Le fait d’être le «mari

de» a-t-il compliqué vos débuts dans

l’entreprise familiale?

Nils Kambly: C’est clair qu’au début, cela n’a

pas été une mince affaire que d’intégrer cette

entreprise familiale avec mon accent allemand

et mes origines loin de cette région. Comme

j’avais vécu exclusivement en Suisse romande

auparavant, j’avais du mal à comprendre le

dialecte local. Mais j’ai reçu un accueil incroyablement

chaleureux. De plus, je n’ai pas

commencé dans ma fonction actuelle, mais

j’ai travaillé dans d’autres services durant plusieurs

années, ce qui m’a permis de m’intégrer

petit à petit. Aujourd’hui, je me sens tout à fait

à l’aise, tant chez Kambly que dans l’Emmental,

et je comprends 95% des expressions bernoises.

(Rires.)

Des délices chocolatées sont fabriquées chaque jour dans la confiserie de Trubschachen.

Quels sont les avantages et les inconvénients

de la collaboration entre époux?

Dania Kambly: Le fait de pouvoir développer

quelque chose ensemble est un grand

avantage. Séparer la vie privée de la vie professionnelle

peut toutefois être difficile. Mais

nos enfants nous y aident: ils ont la priorité

dès que nous rentrons chez nous. Le week-end,

nous essayons de décrocher et de nous vouer

entièrement à notre vie privée. Mais j’avoue

que nous rendons parfois visite à un partenaire

commercial ou à un fournisseur au détour de

nos vacances. (Rires.) Cela n’est pas un fardeau

mais témoigne de notre enthousiasme. Nous

vivons pour ce que nous faisons.

Nils Kambly: Avoir une partenaire avec qui

je puisse tout partager, discuter de toutes les

questions et échanger des points de vue est incroyablement

enrichissant. Bien entendu, il arrive

que nous discutions d’aspects professionnels

le soir ou le week-end. Mais ce n’est pas

forcément négatif: les meilleures idées nous

viennent parfois lors d’une randonnée.

Qui a le dernier mot en cas

de désaccord?

Nils Kambly: Nous trouvons un compromis.

(Rires.)

Dania Kambly: Nils est l’expert dans certains

domaines de l’entreprise, je lui laisse alors le

soin de décider parce que j’ai confiance en son

expertise. Parfois, c’est le contraire. Toutefois,

nous prenons et assumons toujours ensemble

les décisions stratégiques. Lorsque nos points

de vue divergent, nous discutons effectivement

jusqu’à trouver une solution commune. ●

«Nous ne

sommes pas

une société

informatique

et nous nous

concentrons

sur la biscuiterie.

Le produit

final doit avoir

le goût du fait

maison.»

Nils Kambly

02/2025 33

Mon ENTREPRISE


Ma fierté

Beat Hochrainer,

Oloid Concept GmbH

et Ars-Ai

Photo: Daniel Winkler

Mon ENTREPRISE

L’intelligence artificielle, amplificateur de connaissances

Je suis un créatif. En plus d’avoir un très bon coup

de crayon, j’aime la photo et la création. Après des

études d’arts visuels à la Haute école des arts de

Zurich et quelques années passées dans différentes

agences en Suisse et à l’étranger, je me suis mis à

mon compte avec mon associée. Nous avons créé

Oloid Concept en 2012, une agence de branding au

sein de laquelle nous développons des stratégies

de marque, des concepts de corporate design et

des solutions visuelles fortes pour notre clientèle.

Mon premier contact avec la création d’images par

l’intelligence artificielle remonte à 2022. Le sujet

m’a d’emblée fasciné et m’accompagne désormais

au quotidien. J’utilise l’IA pour créer des images

pour des campagnes et, depuis 2023, j’anime des

34

ateliers destinés à transmettre mon savoir-faire à

des spécialistes en communication, à des écoles et

à d’autres acteurs intéressés. L’IA est un amplificateur

de connaissances. Grâce à mon savoir dans

les domaines du design, de l’art, du cinéma et de

la photographie, je peux aujourd’hui créer des

univers visuels qui, sans l’IA, auraient demandé

énormément de travail et généré des coûts en

conséquence. L’IA recèle à mes yeux un formidable

potentiel et je suis ses évolutions avec intérêt. Si

je gagnais au loto? Je continuerais malgré tout de

travailler, car mon activité est passionnante et j’y

prends un très grand plaisir.

oloid-concept.com

ars-ai.com

02/2025


Ma fierté

Jelena Michel,

strukturatelier GmbH

Photo: Matthias Jurt

02/2025

Structure et créativité,

les clés de la visibilité numérique

J’ai fait un apprentissage de dessinatrice en

bâtiment, mais j’ai vite constaté que je ne me

plaisais pas dans ce métier. Après une brève

parenthèse à l’étranger, je me suis réorientée

et j’ai suivi une formation continue en

informatique de gestion. J’ai ensuite travaillé

longtemps dans le management de projets informatiques.

À l’époque, l’idée de m’établir à

mon compte me titillait déjà. Le fait de devenir

mère en 2017 a sonné l’heure du changement.

J’ai eu la chance d’intégrer une petite start-up

et de m’y épanouir pleinement. Malheureusement,

elle n’a pas survécu à la pandémie et

a fermé en 2020. Cela a marqué un tournant

pour moi: j’ai décidé de devenir indépendante

en créant «strukturatelier», le but étant de

partager avec d’autres PME mon savoir et

mon expérience dans la gestion de projets informatiques

et la communication marketing

numérique. Depuis maintenant cinq ans, je développe

des stratégies de communication numérique

pour donner de la visibilité aux entreprises

de mes clientes et clients dans l’espace

numérique. Je reste en parallèle active dans la

gestion de projets informatiques. J’accomplis

actuellement une formation en psychologie

du travail et de l’organisation qui me permettra

d’étoffer mon offre et de fournir un conseil

encore plus complet à ma clientèle.

strukturatelier.ch

35 Mon ENTREPRISE


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Audi Business Class

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leasing: calcul du prix selon le tableau ci-dessus, premier versement CHF 14 350.–, 48 mois, 10 000 km par an, taux

d’intérêt annuel effectif de leasing: 3,03%, hors assurance casco complète obligatoire. Modèle présenté: Audi A5 Avant

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d’un crédit est interdit s’il entraîne le surendettement du consommateur. Financement par AMAG Leasing SA. Promotion

valable pour les contrats conclus jusqu’au 30.6.2025 ou jusqu’à révocation. Sous réserve de modifications. Valable pour

tous les véhicules importés par AMAG Import SA. Recommandations de prix sans engagement de l’importateur AMAG

Import SA. * EnterprisePlus: offre commerciale, valable uniquement si l’entreprise est inscrite au registre du commerce

et si l’immatriculation est au nom de l’entreprise.

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