J3e de juin 2025 : La transition énergétique, accélérateur de la réindustrialisation
J3e de juin 2025 : La transition énergétique, accélérateur de la réindustrialisation - Interview : Laurent Bataille Président du comité stratégique de filière « Nouveaux systèmes énergétiques » - Industrie 4.0 : Les solutions pour digitaliser les process industriels et améliorer leur efficacité énergétique - CVC Des équipements innovants pour décarboner les bâtiments et les process industriels…
J3e de juin 2025 : La transition énergétique, accélérateur de la réindustrialisation - Interview : Laurent Bataille
Président du comité stratégique de filière « Nouveaux systèmes énergétiques » - Industrie 4.0 : Les solutions pour digitaliser les process industriels et améliorer leur efficacité énergétique - CVC Des équipements innovants pour décarboner les bâtiments et les process industriels…
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Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Industrie 4.0
Les solutions
pour digitaliser
les process industriels
et améliorer leur
efficacité énergétique
CVC
Des équipements
innovants pour
décarboner les
bâtiments et les
process industriels
LA TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE,
ACCÉLÉRATEUR DE LA
RÉINDUSTRIALISATION
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / JUIN 2025
919
2 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
ISSN 0758-3826 / JUIN 2025
ÉDITO
Industrie : la décarbonation
pour horizon stratégique
© DR
‘‘
Dans un contexte
incertain, l’efficacité
énergétique et la
décarbonation ne sont
plus des options, mais
des conditions de survie
et de compétitivité pour
l’industrie française
et européenne.
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Industrie 4.0
Les solutions
pour digitaliser
les process industriels
et améliorer leur
efficacité énergétique
CVC
Des équipements
innovants pour
décarboner les
bâtiments et les
process industriels
’’
LA TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE,
ACCÉLÉRATEUR DE LA
RÉINDUSTRIALISATION
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR 919
Dans
ce numéro :
J3e propose un tour d’horizon
des leviers de décarbonation de
l’industrie, entre digitalisation et
performance énergétique.
© Adobe Stock
française n’échappe pas à la double pression des émissions de CO 2
et
de la souveraineté. Dans un contexte où la décarbonation devient aussi urgente
L’industrie
que la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, la transition énergétique
s’impose comme une reconfiguration profonde du modèle industriel, mais aussi un levier
de création de valeur et de réindustrialisation. Énergies renouvelables, électrification,
efficacité énergétique : autant de transformations qui obligent à repenser les priorités, les
implantations, les savoir-faire.
Derrière cette évolution, un constat : décarboner ne relève plus uniquement de la responsabilité
environnementale, mais devient un impératif économique. L’enjeu est clair : produire avec
moins d’énergie et, surtout, une énergie maîtrisée, locale, pilotable. C’est particulièrement
vrai pour les secteurs intensifs, concentrés sur quelques grandes zones industrielles. Là,
la capacité à intégrer les technologies bas carbone – électrification, hydrogène, captagestockage
du CO₂, chaleur renouvelable – devient un critère de pérennité.
Mais ces solutions ne suffisent pas si elles ne s’inscrivent pas dans une stratégie industrielle
solide. Toute la question est de savoir sur quelles briques technologiques concentrer
les efforts, et comment développer en France – mais aussi en Europe – les capacités de
fabrication nécessaires. Les débats sur le soutien public, les coûts de production et la
concurrence internationale sont loin d’être clos. La réussite passe aussi par une montée en
compétences des filières, une simplification des procédures, et des signaux stables adressés
aux investisseurs.
À court terme, l’un des leviers les plus efficaces reste l’amélioration de la performance
énergétique des sites industriels. La digitalisation des équipements – capteurs,
automatisation, pilotage intelligent – permet d’optimiser les consommations sans
transformation lourde. Des actions comme l’installation de variateurs de vitesse ou la
détection de fuites d’air comprimé sont simples, mais encore sous-utilisées, avec des gains
énergétiques conséquents à la clé.
Pour les industriels qui se lancent dans la chasse au gaspi et dans la décarbonation de leurs
sites, les bénéfices dépassent souvent le cadre initial : « En se préoccupant de leurs process
et de leur consommation de ressources, les entreprises enclenchent des dynamiques qui vont
bien au-delà de la seule réduction des émissions. Elles deviennent plus attractives, plus
innovantes, plus résilientes », souligne Laurent Bataille, président du comité stratégique de
filière Nouveaux systèmes énergétiques.
Réduction des coûts, stabilité de l’approvisionnement, adaptation au marché européen :
dans un environnement incertain, l’efficacité énergétique et la décarbonation ne sont plus
des options. Ce sont des conditions de survie et de compétitivité pour l’industrie française
et européenne.
Pour souligner l’importance de ces enjeux, J3e vous propose un tour d’horizon des leviers
de décarbonation de l’industrie, entre digitalisation et performance énergétique, au
travers de deux dossiers : le premier porte sur les solutions pour digitaliser les process
industriels, améliorer leur efficacité énergétique et leur durabilité et le second cible les
équipements innovants pour réduire les consommations du chauffage, de la ventilation et
de la climatisation dans l’industrie.
Bonne lecture,
Alexandre Arène,
rédacteur en chef
j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr 3
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j3e est édité par la société 3e Médias,
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SA au capital de 140 000 euros ;
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Siège social : 32 rue du faubourg
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Poissonnière - 75010 Paris
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Bureaux : 17 rue de l'amiral Hamelin -
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75016 Paris
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Représentant légal : David Catelain.
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© 3e Médias, Paris.
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Reproduction interdite.
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Toutefois, des photocopies peuvent être
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réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.
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Celle-ci pourra être obtenue auprès du
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Centre français du copyright, 20, rue des
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Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel
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3e Médias a donné mandat pour le
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représenter auprès des utilisateurs.
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Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70
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Dépôt légal : juin 2025
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Conception graphique - Réalisation :
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Planète Graphique Studio - Paris 17 e
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Impression : IPPAC / Imprimerie
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de Champagne 52500 Langres.
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Directeur de la publication : David Catelain
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Rédaction
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Email : redaction@filiere-3e.fr
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Rédacteur en chef : Alexandre Arène
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Ont collaboré à ce numéro :
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Jean-Paul Beaudet
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et Jean-François Moreau.
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Marketing & Publicité
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3e Médias
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité print & digital
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68
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sdm@filiere-3e.fr
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Diffusion
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Relations abonnements
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Juliette Aguelon
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compta.3emedias@gmail.com
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Pour l’étranger : 165 € HT franco ;
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185 € HT par avion
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Prix au numéro : 17 €
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Corrections
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Laurence Chabrun
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laurencechabrun@gmail.com
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© DR
06
INTERVIEW
Laurent Bataille
Président du comité stratégique de filière
« Nouveaux systèmes énergétiques »
12
AGENDA
13
ACTUALITÉS
13 / Production d’électricité
Les énergies renouvelables
ont couvert 33,9 % de la
consommation d’électricité de
la France en 2024
DANS CE NUMÉRO
‘‘
Nous pouvons transformer
la transition énergétique en
moteur de la réindustrialisation
française.
’’
Laurent Bataille
14 / Naissance de l’association FIERE
Une nouvelle alliance pour
structurer la filière des réseaux
électriques
Aides à la rénovation
La sous-traitance en cascade
désormais limitée à deux rangs
Diagnostic
Le confort d’été bientôt mieux
intégré dans le DPE
Énergies renouvelables
Un développement sous tension
en France
15 / Concours
Lancement des Trophées
Smart Building 2025 : valoriser
l’innovation au service du bâtiment
connecté
4 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
23
LES SOLUTIONS POUR DIGITALISER
LES PROCESS INDUSTRIELS,
AMÉLIORER LEUR EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE ET LEUR DURABILITÉ
16
DÉVELOPPEMENT
16 / Loïc Chassignol
Directeur marketing division
Smart Power, ABB Electrification
18 / Florent Ivankovics
Responsable du développement
commercial de la gamme de
protection contre les surtensions,
Mersen
20 / Cyril Jaquillard
Chef de produit, Sylvania Group
LISTE DES ANNONCEURS :
• 2 e COUV – IBS
• 3 e COUV – VALEO
• 4 e COUV – ABB MOTION
• P. 11 - AVTECH SUMMIT
• P. 13 - CITEL
• P. 15 - WALTHER-WERKE
DANS CE NUMÉRO
© intuis
CVC
42
• P. 17 - ENERJ-MEETING
• P. 19 - FORUM ENERGY TIME
• P. 21 - IBS
• P. 27 - LEDVANCE
• P. 29 - TURBOTRONIC
• P. 33 - SYLVANIA
DES ÉQUIPEMENTS INNOVANTS
POUR DÉCARBONER LES
BÂTIMENTS ET LES PROCESS
INDUSTRIELS
48
SOLUTIONS
La sélection de la rédaction
50
3 QUESTIONS À
Michel Candalh
Directeur de filiale, directeur
commercial Walther-Werke
• P. 35 - RZB LIGHTING
• P. 41 - MERSEN
• P. 47 - ABB ELECTRIFICATION
• P. 49 - GETAC
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David Catelain
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Directeur de la publication
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Alexandre Arène
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Rédacteur en chef
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alexandre.arene@filiere-3e.fr
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Jean-François Moreau
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Journaliste spécialiste supervision,
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efficacité énergétique, BIM
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journalistes@filiere-3e.fr
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Jean-Paul Beaudet
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Journaliste spécialiste
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datacenters, stockage de
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l’énergie, énergies renouvelables,
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véhicules électriques et IRVE
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journalistes@filiere-3e.fr
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité,
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partenariats & réseaux sociaux
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Groupe 3e Médias
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sdm@filiere-3e.fr
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j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr 5
INTERVIEW
Propos recueillis par Alexandre Arène
Laurent Bataille
Président du comité
stratégique de filière
« Nouveaux systèmes
énergétiques »
© DR
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Nous pouvons transformer
la transition énergétique en moteur
de la réindustrialisation française.
’’
Alors que la transition énergétique s’impose comme un impératif stratégique, la France
cherche à conjuguer souveraineté industrielle, décarbonation et compétitivité. Pour répondre
à ce triple défi, le comité stratégique de filière (CSF) « Nouveaux systèmes énergétiques », en
lien étroit avec l’État, les industriels et les organisations syndicales, structure les priorités
autour de trois piliers : la production d’énergies renouvelables, le stockage et les technologies
de décarbonation comme l’hydrogène ou le captage-stockage du CO₂. Avec des feuilles de
route coconstruites avec ses différentes parties prenantes, des projets structurants comme la
plateforme Je-decarbone, le CSF s’attache à transformer la transition énergétique en moteur
de la réindustrialisation française. Laurent Bataille, président du comité stratégique de
filière « Nouveaux systèmes énergétiques » décrypte les priorités industrielles de la France,
les leviers de compétitivité et revient sur les enjeux de souveraineté énergétique et les
transformations profondes à l’œuvre dans le tissu industriel français.
j3e - Pouvez-vous présenter le CSF
« Nouveaux systèmes énergétiques » ?
Laurent Bataille – Le comité stratégique de
filière « Nouveaux systèmes énergétiques » réunit
l’État, les industriels et les organisations syndicales
pour faire de la transition énergétique
une opportunité de réindustrialiser la France.
C’est une alliance opérationnelle et structurée
autour d’une gouvernance tripartite qui garantit
l’équilibre entre ambition industrielle, transition
écologique et cohésion sociale. C’est une organisation
tournée vers l’action.
Nos travaux s’organisent autour de 23 groupes
technologiques, transversaux sur les problématiques
de réindustrialisation (compétitivité,
juste concurrence, compétences, recherche…)
et orientés décarbonation des usages (industrie,
bâtiment, aviation…). Plus de 1 500 contributeurs
– PME, grands groupes, chercheurs, acteurs
publics, syndicats – y participent activement.
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INTERVIEW
Laurent Bataille
Créé en 2018 sous l’impulsion de l’État et d’EDF,
Engie, TotalEnergies et Schneider Electric,
le CSF Nouveaux systèmes énergétiques réunit
aujourd’hui plus de 80 industriels de toute
taille et la plupart des associations de l’énergie
autour des enjeux industriels des énergies
renouvelables (y compris la chaleur, souvent
sous-estimée), des technologies de stockage, et
en particulier les batteries, de la flexibilité et des
solutions de décarbonation telles que l’hydrogène
ou le captage-séquestration du CO₂.
Le contrat stratégique de filière, signé entre
l’État, les industriels et les organisations syndicales
formalise nos engagements communs.
Il fixe des objectifs concrets, appuyés sur des
projets structurants – comme les gigafactories
de batteries – et des moyens puissants comme
France 2030, la loi Industrie verte, ou encore le
crédit d’impôt C3IV.
j3e - Conformément aux statuts, vous
reprenez le poste de coprésident, occupé
jusqu’ici par Sylvie Jéhanno (Dalkia –
Groupe EDF), et codirigez le CSF avec
Stéphane Michel de TotalEnergies. Quelles
sont les nouvelles orientations que prendra
cette gouvernance ?
Laurent Bataille – Ma priorité : mettre en place
les conditions pour favoriser le développement
et la fabrication en France des équipements
jugés stratégiques et définir les technologies sur
lesquelles concentrer nos actions.
Concrètement, le contrat stratégique de filière,
notre feuille de route 2025-2027, a été signé
en février dernier à Bercy par Marc Ferracci,
ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie,
Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du
Travail et de l’Emploi, la filière et les organisations
syndicales. Ce contrat constitue le socle de
notre action en lien avec l’État. Il est le cadre de
référence pour créer en France et en Europe un
environnement attractif pour les industriels de
la transition énergétique. Ce troisième contrat
stratégique de filière a introduit trois nouveaux
sujets : la chaleur renouvelable, la flexibilité,
condition d’un système énergétique décarboné
et résilient, et les carburants d’aviation durables
(SAF), levier indispensable de décarbonation
du transport aérien.
Si, à la création du CSF, l’importance de l’industrie
dans les équilibres énergétiques et économiques
du pays était un sujet au second plan, il
est devenu aujourd’hui une évidence pour tous.
Mais il faut garder une approche lucide : tout
relocaliser est irréaliste et inefficace. Le véritable
‘‘
Ma priorité : mettre en place les conditions
pour favoriser le développement et la
fabrication en France des équipements jugés
stratégiques et définir les technologies sur
lesquelles concentrer nos actions.
enjeu est d’identifier les technologies critiques
sur lesquelles concentrer nos efforts. Les dépendances
existeront toujours. Ce qui compte, c’est
de les maîtriser et de les choisir. C’est un exercice
stratégique, de long terme, qui requiert de
la maturité dans les décisions et une vision collective.
C’est une priorité claire pour les travaux
du CSF.
Dans un contexte géopolitique instable et complexe,
la filière doit apprendre à être plus adaptable.
Ce n’est pas simple, car dans l’énergie, les
choix d’investissements mobilisent des capitaux
importants et ont un impact sur le long terme.
Malgré tout, cette adaptabilité est aujourd’hui
indispensable, pour adapter nos feuilles de
route, intégrer de nouvelles technologies, sécuriser
nos chaînes d’approvisionnement en s’assurant
de la maîtrise des maillons essentiels.
Pour finir, la grande diversité des membres du
CSF constitue un atout pour mieux analyser les
défis auxquels nous sommes confrontés et trouver
les moyens d’y répondre au moindre coût
et dans les meilleurs délais. En tant que coprésident
du CSF, je veillerai à tirer au mieux parti
de cette diversité en engageant des dialogues
approfondis et constructifs avec chacun. J’accorde
bien évidemment une place particulière
aux équipementiers, qui sont un maillon essentiel
de la filière.
j3e - Quels sont les enjeux en France ?
Quelle est votre vision sur le tissu industriel
français ?
Laurent Bataille – Je pense que l’industrie est
un peu à la croisée des chemins. Il y a eu en
France des vagues successives de désindustrialisation,
puis ce cycle a été rompu il y a quelques
années avec de vrais investissements dans des
nouvelles usines, entre autres des gigafactories,
mais pas seulement. A l’heure des droits de
douane incertains et des perspectives économiques
dégradées, il y a un réel risque de revenir
à la situation initiale, c’est un point de bascule.
Je ne crois pas que ce soit une fatalité, mais
nous allons devoir faire bouger les lignes sur des
sujets structurels. Il faut assurer aux industriels
’’
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INTERVIEW
Laurent Bataille
‘‘
En se préoccupant de leurs process et
de leur consommation de ressources, les
entreprises enclenchent des dynamiques qui
vont bien au-delà de la seule réduction des
émissions. Elles deviennent plus attractives,
plus innovantes, plus résilientes.
j3e - L’électrification et la décarbonation
de l’industrie sont-elles des leviers de
réindustrialisation et de renforcement
de la souveraineté industrielle ?
Laurent Bataille – Les enjeux de décarbonation,
compétitivité et souveraineté sont étroitement
liés. Qui dit décarbonation dit, d’abord,
transition énergétique. Prenons l’exemple de
l’efficacité énergétique : optimiser sa consommation
d’énergie, c’est à la fois maîtriser sa facture,
être moins impacté par les variations de
prix et réduire son impact environnemental.
Électrifier, c'est remplacer des énergies fossiles
majoritairement importées par une électricité
qui, en France, est disponible, souveraine et
décarbonée.
Et puis, il y a un volet, souvent sous-estimé : les
externalités positives d’une démarche de décarbonation.
En se préoccupant de leurs process et
de leur consommation de ressources, les entreprises
enclenchent des dynamiques qui vont
bien au-delà de la seule réduction des émis-
’’
des conditions d’opération qui garantissent leur
compétitivité et protéger nos propres intérêts
intelligemment.
Nous avons intérêt à le faire, car l’industrie est
fondamentale pour notre économie. Elle est
source d’innovation, surtout en France. Elle
est également source de solutions pour la lutte
contre le changement climatique et elle crée
beaucoup d’emplois au travers des écosystèmes.
Quand une usine va bien, ses fournisseurs vont
bien, les intégrateurs vont bien, les entreprises
de services qui travaillent avec elle vont bien. Ce
tissu industriel est fondamental pour la santé de
notre économie.
j3e - Comment le CSF Nouveaux systèmes
énergétiques peut-il contribuer à créer les
conditions pour favoriser le développement
de l’industrie ?
Laurent Bataille – Le CSF Nouveaux systèmes
énergétiques a pour objectif de favoriser le développement
de l’industrie en œuvrant à la visibilité
et au déploiement des offres de décarbonation
et d’efficacité énergétique, notamment avec
Je-decarbone. Il travaille à la fois à sensibiliser
largement les industriels aux solutions d’efficacité
énergétique et d’électrification, mais aussi
à leur permettre de les adopter pour améliorer
leur impact et leur performance. Dans le même
temps, les Nouveaux systèmes énergétiques
coopèrent avec l’État sur la décarbonation des
secteurs les plus émissifs en contribuant à l’élaboration
des plans stratégiques sur l’hydrogène,
le CCUS, la décarbonation de la chaleur… Ces
technologies sont essentielles pour décarboner
les 50 sites qui représentent 50 % des émissions
du secteur industriel et qui se concentrent
en partie sur quelques grandes plaques géographiques.
Les enjeux de renforcement des
réseaux électriques autour de ces plaques sont
naturellement essentiels. Avec l’État, le CSF travaille
à intégrer pleinement dans ces plans stratégiques,
au-delà du déploiement des technologies,
la question de la maîtrise et la production
des technologies H2, CCUS, PAC… en Europe.
En effet, le CSF travaille spécifiquement sur
les conditions pour que l’industrie de la transition
énergétique se développe en France et en
Europe. Notre secteur plus que n’importe quel
autre révèle à quel point nous sommes passés
d’une course à l’innovation à une course intégrant
également le déploiement industriel
massif. L’innovation reste essentielle mais ne
peut suffire. Le CSF a travaillé à cette prise de
conscience et à l’évolution du soutien pour qu’il
ne se limite plus uniquement à l’innovation. La
question des modèles de financements publics
et privés est essentielle et appelle des priorités
et des choix éclairés sur des technologies et
des maillons clairement identifiés. Par ailleurs,
depuis sa création, le CSF œuvre avec l’État à
établir au niveau français comme européen des
conditions permettant aux acteurs européens
de se positionner dans une concurrence internationale
équilibrée, avec une réciprocité dans
l’accès aux marchés. Les lignes commencent à
bouger au niveau européen avec le Net-Zero
Industry Act. L’industrie a impérativement
besoin d’un système in fine simple, compétitif
et cohérent. C’est ce à quoi travaille le CSF avec
l’État et l’Europe. J’aimerais finir sur un point
important : un des éléments non négligeables
dans l’ensemble de la démarche est naturellement
l’approche filière et le développement de
la confiance entre les acteurs indépendamment
de leur taille. Il est essentiel de jouer collectif
localement et à l’international.
8 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Laurent Bataille
sions. Elles deviennent plus attractives, plus
innovantes, plus résilientes.
j3e - Le contexte géopolitique constitue-t-il
une crainte pour les industriels français ? Si
oui, pourquoi ?
Laurent Bataille – Il m’est difficile de répondre
de façon tranchée, car je ne dispose pas de données
précises sur le ressenti global des industriels.
Mais l’incertitude est rarement favorable
aux investissements.
En revanche, certains signaux publics sont intéressants
à observer. Par exemple, l’État a poursuivi
en 2025 son engagement en faveur de la
décarbonation industrielle : plusieurs appels
d’offres ont été lancés, la stratégie nationale sur
l’hydrogène a été mise à jour en conservant
toute sa dimension industrielle. Cela montre
une continuité des politiques publiques malgré
les tensions internationales.
Le contexte géopolitique entraîne une réflexion
stratégique à l’échelle européenne, en lien
notamment avec la politique industrielle américaine
(IRA), les mécanismes d’ajustement
carbone aux frontières, les dispositifs de financement
européens et les conditions de déploiement
des nouvelles technologies. En parallèle,
certaines actions de décarbonation restent pleinement
pertinentes, voire prioritaires, quel que
soit le contexte. Je pense notamment à l’efficacité
énergétique, qui permet aux entreprises de
réduire leur consommation et donc leur dépendance.
Ce sont des démarches « sans regret »,
qui conservent tout leur sens dans un environnement
incertain.
j3e - La performance énergétique est présentée
comme un premier levier de décarbonation
important. Comment améliorer la
performance énergétique des sites industriels ?
Laurent Bataille – Améliorer la performance
énergétique d’un site industriel, c’est un peu
comme à la maison : éteindre la lumière, maîtriser
la température du radiateur… Des gestes
simples, qu’il faut automatiser pour que l’impact
soit significatif et durable.
Justement, il existe un ensemble d’équipements
et de technologies permettant d’optimiser la
consommation d’énergie : digitalisation, capteurs
intelligents, pilotage automatisé de l’énergie,
gestion technique des bâtiments (GTB ou
BACS)… Ce sont des leviers essentiels. Un
exemple très concret : la chasse aux fuites sur
les compresseurs d’air, qui est souvent négligée,
mais représente un gisement d’économies
considérable.
‘‘
Pour que l’industrie française
fonctionne, il faut qu’elle soit capable
d’exporter, de s’appuyer sur un marché
européen plus intégré et de bénéficier
d’une compétitivité sur les coûts qui
requiert aussi une stratégie de volume.
Dans le programme Je-decarbone, nous avons
justement élaboré une liste de 40 gestes simples,
une véritable check-list que chaque site industriel
peut utiliser pour s’autoévaluer. Parmi
les questions clés : Ai-je installé des variateurs
de vitesse sur mes moteurs ? Ai-je identifié et
réparé les fuites d’air comprimé ? Mon système
de chauffage est-il piloté intelligemment ? Ces
gestes demandent peu d’investissements financiers,
même s’ils mobilisent du temps humain
et de la rigueur. Mais ils sont accessibles à tous,
quels que soient la taille ou le secteur de l’entreprise.
C’est un message important : la performance
énergétique est à la portée de tous.
j3e - Quels sont les travaux du CSF Nouveaux
systèmes énergétiques pour favoriser la
performance énergétique ?
Laurent Bataille – Le principal levier du CSF
Nouveaux systèmes énergétiques en matière
de performance énergétique réside dans Je-decarbone.
Cette plateforme numérique et physique
vise à faciliter la mise en relation entre
les industriels qui souhaitent se décarboner et
les offreurs de solutions (équipement, conseil et
finance).
Aujourd’hui, Je-decarbone ce sont plus de
1 000 solutions référencées, 7 000 utilisateurs
sur la plateforme numérique, plus de 5 000 rendez-vous
BtoB, de nombreuses rencontres organisées
partout en France, un large réseau de
partenaires publics et privés.
À travers des décryptages techniques et des
témoignages d’industriels, Je-decarbone permet
de partager avec les acteurs industriels les principaux
enjeux de la décarbonation, il met ainsi
particulièrement en valeur l’importance de la
performance énergétique et de l’électrification.
j3e - La France était jusqu’ici un pays
d’accueil attractif pour les industriels
étrangers. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Laurent Bataille – La France a de nombreux
atouts, dont son offre d’électricité décarbonée et
la démarche qu’elle a mise en place autour de
’’
j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr 9
INTERVIEW
Laurent Bataille
la décarbonation industrielle. De fait, de nombreux
gros projets ont été annoncés ces trois
dernières années, et les programmes d’attractivité
comme Choose France, sont intéressants.
Ma conviction est que pour que l’industrie française
fonctionne, il faut qu’elle soit capable d’exporter,
de s’appuyer sur un marché européen
plus intégré et de bénéficier d’une compétitivité
sur les coûts qui requiert aussi une stratégie de
volume. Ces usines, qui optimiseront leur process,
ont une chance de réussir.
C’est exactement le parti pris que nous avons
eu chez Schneider Electric avec l’investissement
de 110 millions d’euros dans trois usines françaises
annoncé cette année à Choose France.
Nous allons agrandir et renforcer nos usines
pour servir le marché européen et répondre
concrètement à la demande en solutions de gestion
de l’énergie pour les réseaux électriques, le
nucléaire et les centres de données en Europe.
j3e - Comment voyez-vous le sujet des
compétences pour la transition énergétique ?
Laurent Bataille – Il est important de rappeler
que les compétences nécessaires pour concevoir
et produire les systèmes de la transition énergétique
ne sont pas fondamentalement nouvelles
: électronique, mécanique, chimie, matériaux…
Ce sont les briques enseignées dans les
formations techniques ou à l’université. Ce qui
change, ce sont les produits. La transition énergétique
induit une forte croissance des besoins
en compétences liées à l’électrification (moteur
électrique, PAC…).
Mais un biais s’est installé dans l’imaginaire collectif.
Lorsque l’on parle d’« industrie verte », on
a tendance à croire qu’il s’agit de métiers totalement
nouveaux. Or, ce n’est pas le cas. On a
besoin d’électroniciens de puissance, de techniciens,
de soudeurs, de chauffagistes, de chefs de
projet…
j3e - Comment le CSF adresse ces enjeux ?
Laurent Bataille – La première mission des
Nouveaux systèmes énergétiques est de rendre
visibles les métiers de la transition énergétique.
C’est tout le sens de la création du Label des
métiers de la transition énergétique, que nous
avons mis en place avec l’Éducation nationale,
l’Onisep et en partenariat avec les acteurs du secteur.
Ce label identifie aujourd’hui 70 métiers du
CAP au bac + 3, dont les formations mènent à
des emplois dans la transition énergétique, qu’il
s’agisse de la géothermie, des pompes à chaleur,
des batteries ou d’autres domaines. Nous
œuvrons à ce que ce label soit visible et utilisé
par les industriels et des acteurs comme France
Travail. L’enjeu : permettre aux jeunes et professionnels
en reconversion de mieux s’orienter et
s’investir dans la transition.
De nouvelles formations sont toutefois nécessaires
pour répondre à l’émergence de certains
métiers. Grâce à France 2030, 2 milliards d’euros
ont été mobilisés, toutes filières confondues,
pour créer de nouvelles formations en lien étroit
avec les conseils régionaux et les industriels.
Enfin, pour que tout cela fonctionne, il faut
intervenir très tôt, dès l’école, avant que les
représentations ne se figent. Il est essentiel de
faire découvrir l’industrie aux enfants quand
ils sont encore curieux, ouverts, et qu’ils ne se
sont pas encore enfermés dans des idées préconçues.
C’est un chantier que nous menons
aussi au sein du Conseil national de l’industrie
(CNI), de manière collective entre filières,
car on ne peut pas se contenter de déplacer
les talents d’un secteur à l’autre : l’enjeu, c’est
d’élargir le vivier, pas de se battre entre filières
pour les mêmes profils.
j3e - Quels sont les travaux prioritaires
du CSF pour les mois à venir ?
Laurent Bataille – Nous travaillerons naturellement
à la mise en œuvre de notre contrat de
filière avec une attention particulière sur les
enjeux de compétitivité, en mettant l’accent
sur la simplification, l’accélération des procédures
administratives ainsi que sur la recherche
d’une concurrence équitable avec nos compétiteurs
internationaux. Nos travaux devront bien
évidemment s’adapter au fur et à mesure que
se dessinent les nouvelles orientations européennes
induites par le Clean Industrial Deal.
Je me félicite de la prochaine signature d’un
complément au contrat stratégique de filière
dédié aux carburants d’aviation durables. Cette
signature, qui aura lieu à l’occasion du Salon du
Bourget, est un jalon important sur un sujet
stratégique pour l’industrie.
Je n'insisterai jamais assez sur les enjeux de
cybersécurité. Avec la montée en puissance de
l’industrie numérique, cette question devient
incontournable. Ce sujet, comme l’efficacité
énergétique, concerne toutes les entreprises,
quelle que soit leur taille. Le CSF Nouveaux
systèmes énergétiques a œuvré avec l’État à la
mise en place d’un accompagnement dédié aux
ETI-PME de l’énergie et opéré par Bpifrance
qui, jusqu’à présent, soutenait la phase de diagnostic
et sera élargi d’ici à l’été au soutien des
actions de protection. Je ne peux qu'encourager
à y avoir recours rapidement.
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j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr 11
AGENDA
3 au 5 septembre 16 au 18 septembre 30 sept. et 1 er octobre
1 er octobre
SIBCA
Grand Palais, Paris
Pour sa 4 e édition, le
salon de l’immobilier bas
carbone réunira plus de
12500 professionnels,
250 exposants et
320 intervenants autour
d’une programmation
construite sur les grands
défis climat de toute la
profession : décarbonation
des bâtiments,
transformation des grands
projets urbains et des
territoires, investissements,
industrialisation et
adaptation climatique.
Récemment rénové, le
Grand Palais devient l’écrin
du Sibca 2025. Une occasion
d’élargir la réflexion
à la décarbonation du
patrimoine.
Contacts/informations
https://sibca.fr/fr
NRF RETAIL’S
BIG SHOW
Paris Expo, porte de
Versailles, Halls 4 et 5
La National Retail Federation
(NRF) et Comexposium
font évoluer le salon Paris
Retail Week, rendez-vous
majeur pour tous les
professionnels du retail, qui
devient NRF Retail’s Big
Show Europe cette année.
Cette première édition de
l’événement accueillera des
milliers de retailers et de
partenaires commerciaux
issus de toute l’Europe,
qui viendront découvrir de
nouveaux outils, de nouvelles
approches et des innovations
pour répondre au mieux aux
besoins de leurs clients.
Contacts/informations
https://www.
nrfbigshoweurope.com/fr
IBS
Paris Expo, porte de
Versailles, Hall 2.2
La 15 e édition d’IBS
accueillera la première
édition du symposium
Innovative City. Témoin
et catalyseur des grandes
tendances, IBS 2025 sera
une vitrine technique
montrant les dernières
nouveautés en matière
d’IoT Smart, de supervision
et de solutions logicielles
de pilotage intelligent.
Il devrait poursuivre,
comme sur les dernières
éditions, la promotion
des solutions durables et
résilientes, parmi lesquelles
le stockage d’énergie
couplé aux EnR du
bâtiment (photovoltaïque,
géoénergie…).
Contacts/informations
https://www.ibs-event.com
FORUM ENERGY TIME
Les Salons de l’Aveyron -
Paris Bercy Village
Energy Time, c’est le
rendez-vous stratégique
des grands consommateurs
d’énergie en France
des secteurs privé et
public. 30 conférences,
50 démonstrations en
direct, 1 journée d’échanges
pour transformer les projets
d’optimisation énergétique
en succès tangibles. Cet
événement réunit les
acteurs privés et publics
pour tester, comparer et
expérimenter en conditions
réelles les solutions qui
redéfinissent la gestion de
l’énergie.
Contacts/informations
https://salon-energie.com/
7 et 8 octobre
7 au 9 octobre
7 au 10 octobre
14 au 16 octobre
FORUM CYBERSEC
CLOUD IA
Paris Expo,
porte de Versailles
Les relations entre les offres
cloud, cybersécurité et
l’intelligence artificielle (IA)
sont étroites et désormais
fortement interconnectées.
Ce Forum a été créé pour
permettre aux ETI et PME
de trouver des solutions
immédiates à la protection
de leurs données, et
répondre à leurs besoins
d'informations et de
formations pour appréhender
les enjeux sans cesse en
évolution de trio cloud-
IA-cyber au travers d’un
programme de conférences
et d'ateliers.
Contacts/informations
www.salon-cloud-security.com
APS
Paris Expo, porte de
Versailles, Pavillon 5.1
APS, le rendez-vous
de référence de la
communauté sûreté
et sécurité, rassemble
les professionnels qui
protègent les organisations
contre les actes de
malveillance. Durant ces
trois jours, les donneurs
d’ordres se donnent
rendez-vous pour sourcer et
sélectionner de nouveaux
fournisseurs, découvrir
et tester de nouvelles
solutions, rencontrer et
networker avec des acteurs
du marché, ou encore
écouter et participer à des
conférences et ateliers.
Contacts/informations
www.salon-aps.com
POLLUTEC
Lyon, Eurexpo
Pollutec est la vitrine
incontournable
de l’innovation
environnementale, avec
45 ans d’expertise et
11 secteurs couvrant
l’ensemble des enjeux
environnementaux. Le
salon met en lumière
tous les équipements,
technologies et services
au service de la prévention
et du traitement de tous
les types de pollution et
agit pour la préservation
de l’environnement et
la mise en œuvre du
développement durable.
Contacts/informations
www.pollutec.com
PRÉVENTICA
BORDEAUX
Parc des Expositions
de Bordeaux
Depuis près de 25 ans,
Préventica est l’espace
d’information et de
rencontres pour la santé,
la sécurité et la qualité
de vie au travail à
destination des entreprises,
collectivités, syndicats et
professionnels. Chaque
année, deux congrès/
salons sont organisés en
régions. Pour cette édition
bordelaise, 400 exposants
et 10 000 participants
sont attendus pour suivre
un programme riche de
150 conférences.
Contacts/informations
www.preventica.com
12 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
Production d’électricité
Les énergies renouvelables ont couvert 33,9 %
de la consommation d’électricité de la France en 2024
Selon le Panorama
de l’électricité
renouvelable au
31 décembre 2024,
élaboré par le
Syndicat des énergies
renouvelables (SER),
RTE, Enedis et l’Agence
ORE (Opérateurs de
Réseaux d’Energie), la
production renouvelable
a couvert 33,9 % de
la consommation
d’électricité de la France
métropolitaine au cours
de l’année 2024, ce qui
représente 27,8 % de
la production totale
d’électricité. Elle
s’est établie à
150 TWh, contre
135,6 TWh en
2023. Cette
hausse de la
production est
principalement
due à
l’hydroélectricité,
avec des conditions
particulièrement
favorables en 2024, et
au solaire grâce à la
croissance des capacités
installées. La puissance
totale du parc électrique
d’énergies renouvelables,
Évolution de la puissance installée
Bioénergies Solaire Éolien en mer Éolien terrestre Hydraulique
MW
90 000
80 000
70 000
60 000
50 000
40 000
30 000
20 000
10 000
0 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
comprenant
hydroélectricité, éolien,
solaire photovoltaïque et
bioénergies confondus,
s’élève fin 2024 à environ
76,7 GW. Cela représente
une hausse de plus de
6,7 GW sur l’année 2024.
Dans le détail, la hausse
a été de 4 961 MW de
solaire photovoltaïque,
1 091 MW d’éolien
terrestre et 665 MW
d’éolien en mer.
j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr 13
ACTUALITÉ
Naissance de l’association FIERE
Une nouvelle alliance
pour structurer la filière
des réseaux électriques
Le SERCE, Enedis,
RTE, le GIMELEC
et le SYCABEL
annoncent la création
de l’association FIERE
(Filière industrielle
des entreprises des
réseaux électriques).
Cette nouvelle entité
vise à fédérer les
acteurs industriels des
réseaux électriques
pour répondre aux
enjeux croissants de
l’électrification des
usages et de la transition
énergétique. FIERE
a pour ambition de
structurer une filière
stratégique au service
de la décarbonation,
de la souveraineté
industrielle et de
l’emploi. Parmi ses
priorités : stimuler
l’investissement
industriel en France
et en Europe,
accompagner la
formation de nouveaux
talents, sécuriser les
approvisionnements en
matériaux critiques et
porter une trajectoire
RSE ambitieuse.
L’association se veut
un espace de dialogue
avec les pouvoirs
publics et les territoires,
afin d’accélérer le
déploiement de projets
bas carbone et renforcer
la résilience du système
électrique.
Diagnostic
Le confort d’été bientôt
mieux intégré dans le DPE
Face à la
recrudescence des
vagues de chaleur, le
ministère du Logement
prévoit de faire évoluer
le diagnostic de
performance énergétique
(DPE) afin d’y intégrer
plus pleinement le confort
d’été. Actuellement, cet
indicateur reste marginal.
Il figure dans le rapport,
mais n’influe pas sur la
note globale du logement,
limitant son impact
dans les décisions de
rénovation, de vente ou
de location. Pourtant,
selon les dernières
études, près de 80 %
des logements évalués
présentent un confort
d’été jugé insuffisant
ou moyen, et cette part
grimperait à 90 % si l’on
appliquait une méthode
d’analyse plus complète
prenant en compte
des critères comme
l’inertie thermique
ou la localisation
géographique. Des
bâtiments très bien
notés sur le plan hivernal
peuvent ainsi se révéler
inconfortables l’été,
faute d’adaptations
spécifiques. Le
gouvernement devrait
présenter cet été de
premières orientations
pour une réforme du DPE
intégrant pleinement cet
enjeu climatique.
Aides à la rénovation
La sous-traitance en
cascade désormais limitée
à deux rangs
La loi visant à lutter
contre les fraudes
aux aides publiques a été
définitivement adoptée
le 22 mai dernier. Parmi
les mesures phares : à
partir du 1 er janvier 2026,
la sous-traitance sera
limitée à deux niveaux
pour tous les travaux de
rénovation énergétique
et d’accessibilité financés
par des aides publiques,
quel que soit le type
de logement. Cette
disposition vise à mieux
encadrer les pratiques et
à renforcer la traçabilité
des interventions sur le
terrain. Toutefois, le texte
maintient la possibilité
pour des sociétés
commerciales non issues
du bâtiment d’intervenir
sur ces marchés en tant
que donneurs d’ordre, à
condition de sous-traiter à
des entreprises qualifiées
RGE, puis d’obtenir ellesmêmes
une qualification
à partir de 2027. Un point
qui suscite des inquiétudes
dans la profession, certains
acteurs redoutant que
cette ouverture continue
de favoriser les fraudes et
les pratiques commerciales
abusives, au détriment
des entreprises qualifiées.
Le décret d’application
attendu devra préciser les
conditions d’attribution des
qualifications et pourrait
durcir les exigences
pour limiter l’accès aux
dispositifs publics à des
acteurs strictement issus
du secteur du bâtiment.
Énergies renouvelables
Un développement sous
tension en France
Alors que la France
s’engage dans la
transition énergétique,
l’essor rapide du solaire et
de l’éolien suscite une vive
inquiétude. En cause : une
production d’électricité
devenue excédentaire
face à une demande qui
stagne, mettant sous
pression le réseau, les
finances publiques et
la compétitivité du parc
nucléaire. À la mi-avril,
La Tribune sonnait
l’alarme : la surproduction
pourrait « faire sauter
la banque ». Un constat
partagé par Luc Rémont,
ex-patron d’EDF, qui,
devant le Sénat, a
souligné le risque d’un
déséquilibre grandissant
entre énergies pilotables,
comme le nucléaire,
et renouvelables, plus
intermittentes. Un pilotage
de plus en plus complexe,
alors que certains
appellent désormais à
ralentir, voire à suspendre,
le développement des
renouvelables pour
préserver la stabilité
du système électrique
français. Des inquiétudes
renforcées par la panne
d’électricité d’une ampleur
inédite qu’a connue
l’Espagne, une partie
du Portugal et quelques
régions frontalières
françaises le 28 avril
dernier.
14 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
Concours
Lancement des Trophées Smart
Building 2025 : valoriser l’innovation
au service du bâtiment connecté
L
’Observatoire de
l’Immobilier Connecté
et Responsable (OICR)
lance la première édition
des Trophées Smart
Building, un concours
national destiné à
récompenser les projets
les plus innovants en
matière de gestion
technique du bâtiment
(GTB) et de bâtiments
intelligents. Ouverts
à l’ensemble des
professionnels du secteur
(architectes, bureaux
d’études, intégrateurs,
exploitants…), ces
trophées visent à mettre
en lumière les initiatives
conciliant transition
numérique, performance
énergétique et qualité de
service pour les usagers.
Les projets candidats
devront avoir été livrés
entre janvier 2020 et
juin 2025, et s’inscrire
dans une ou plusieurs
des quatre catégories :
stratégie GTB à l’échelle
d’un patrimoine, stratégie
Smart Building
à l’échelle d’un
patrimoine,
projet GTB
exemplaire
(tertiaire petit/
moyen à 10 000 m² ou
grand à 10 000 m²), et
projet Smart Building
exemplaire. Le jury,
composé d’experts
indépendants, évaluera
notamment la maturité
des stratégies, l’impact
réel des solutions
déployées et leur
conformité avec les
exigences des décrets
BACS et Tertiaire. Les
candidatures sont
ouvertes jusqu’au
18 juillet prochain. La
remise des prix aura lieu
le 30 septembre 2025 lors
du salon IBS à Paris.
j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr 15
DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
Le programme ABB EcoSolutions
vise à rendre 80 % de notre portefeuille
de produits conforme à des critères
environnementaux d’ici 2030.
’’
© DR
Loïc Chassignol
Directeur marketing division Smart Power,
ABB Electrification
Smart Power est l’une des divisions historiques d’ABB Electrification, chargée
de développer, produire et commercialiser des solutions pour l’acheminement,
la protection et la sécurisation de l’énergie électrique en basse tension. Loïc
Chassignol, directeur marketing Smart Power d’ABB Electrification France, présente
les actions du groupe pour accompagner la transition énergétique de ses clients
industriels et met en lumière son programme interne ABB EcoSolutions.
j3e - Comment accompagnez-vous vos clients dans
la transition énergétique de leurs sites industriels ?
Loïc Chassignol - Face aux enjeux de la transition
énergétique, l’efficacité énergétique est un facteur décisif
pour une production rentable. Tout commence par un
diagnostic énergétique précis. De nombreuses entreprises,
notamment les PME et ETI, n’ont pas toujours une vision
claire de leur consommation réelle. Les industriels sont très
sensibles à la productivité, mais méconnaissent souvent
la gestion énergétique. Ensuite, nous aidons à améliorer
les rendements : ajustement de l’usage des machines,
gestion intelligente du chauffage ou de la climatisation,
arrêt de certaines installations en période creuse… Des
actions simples, mais très efficaces pour optimiser les coûts
énergétiques. Nous travaillons également sur la qualité
du réseau en intégrant des onduleurs, des convertisseurs
et des stabilisateurs de tension pour sécuriser et fiabiliser
les alimentations sensibles et limiter les pertes d’énergie.
Enfin, nous sommes très présents dans la CVC. Nos
composants sont intégrés dans les équipements de nos
clients et participent à la décarbonation de leurs produits.
Ils sont de plus en plus conformes à notre programme ABB
EcoSolutions.
j3e - Pouvez-vous nous expliquer le programme ABB
EcoSolutions et ses objectifs ?
Loïc Chassignol - Le programme ABB EcoSolutions vise
à rendre 80 % de notre portefeuille de produits conforme
à des critères environnementaux d’ici 2030. Pour ce faire,
ABB intègre les principes de circularité et de transparence
environnementale dans l’ensemble de sa chaîne de valeur
et partage avec ses clients et partenaires des informations
claires sur ses produits. Cela passe par l’usage de matériaux
recyclés et bas carbone dans la conception, les sources
d’approvisionnement, l’efficacité énergétique des produits
et leur facilité de maintenance et de recyclage. Nous
concevons par exemple des onduleurs réparables aisément.
Il suffit de remplacer uniquement les pièces d’usure, sans
démonter tout l’appareil pendant des heures. L’ensemble
de nos produits est désormais accompagné de fiches EPD
(Environmental Product Declarations), accessibles via la
plateforme PEP ecopassport, par exemple.
j3e - Quels sont les développements prioritaires
sur lesquels se concentre ABB ?
Loïc Chassignol - Nous poursuivons le développement
de nouvelles technologies en distribution électrique et
gestion d’énergie, pour répondre notamment à l’explosion
de l’intelligence artificielle (IA) qui nécessite du matériel
électrique sûr et une alimentation électrique fiable et
continue. Nous travaillons également sur trois axes majeurs :
la digitalisation, l’approche sectorielle et la sécurisation
des alimentations critiques. Nous innovons pour rendre
les solutions de digitalisation plus accessibles, résilientes
et autonomes, tout en renforçant la cybersécurité. Nous
développons également des offres spécifiques pour des
segments clés : le solaire, les infrastructures de recharge
de véhicule électrique (IRVE) et le Critical Power. Ce
segment comprend les processus industriels sensibles aux
fluctuations du réseau, par exemple la microélectronique ou
l’agroalimentaire, qui nécessitent une alimentation stable et
ininterrompue. Enfin, face à l’essor des gros consommateurs
liés à la décarbonation, comme les fours électriques, les
datacenters, etc., nous proposons des solutions pour pallier
les creux de tension sur le réseau et préserver la stabilité des
installations environnantes.
16 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
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DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
© DR
‘‘
Mersen a développé une approche
holistique de la protection contre la foudre
et les surtensions en proposant l’ensemble
des organes de protection.
Florent Ivankovics
Responsable du développement commercial de la
gamme de protection contre les surtensions, Mersen
Protéger les sites industriels face aux surtensions et aux effets de la foudre est un
enjeu de plus en plus critique, dans un contexte où les installations deviennent
toujours plus sensibles et complexes. Mersen a développé une approche globale de
la protection contre les surtensions et la foudre, intégrant des solutions techniques
innovantes. Florent Ivankovics, responsable du développement commercial de la
gamme de protection contre les surtensions chez Mersen, revient sur la protection
foudre des sites industriels et présente les dernières innovations du fabricant.
’’
j3e - Quels sont les enjeux de la protection foudre
des sites industriels ?
Florent Ivankovics – La foudre produit plusieurs effets
avec des conséquences différentes sur les installations.
L’impact de foudre présente un risque pour les personnes
et provoque des dommages sur les équipements. Pour
s’en prémunir, il convient de mettre en œuvre des
systèmes de protection, à la fois des paratonnerres et des
parasurtenseurs. Les surtensions peuvent également venir
des réseaux électriques industriels, qui sont en constante
mutation et peuvent être surchargés. Ces phénomènes
de perturbations, induits par les surtensions, peuvent
être quotidiens dans certains cas et créent des dommages
sur les équipements. D’autant que les évolutions
technologiques, avec la prolifération de composants
électroniques sensibles, renforcent la nécessité de protéger
les installations.
j3e - Comment les solutions proposées par Mersen
contribuent-elles à répondre à ces enjeux ?
Florent Ivankovics – Mersen a développé une approche
holistique de la protection contre la foudre et les surtensions
en proposant l’ensemble des organes de protection, qu’il
s’agisse des paratonnerres, des parasurtenseurs et des
fusibles. Nos solutions sont en mesure de protéger les
installations industrielles contre l’ensemble des risques
atmosphériques et les surtensions induites par le réseau.
Nous fabriquons et maîtrisons les technologies de
fusibles, ce qui apporte une valeur ajoutée complémentaire,
et nous élargissons nos gammes pour répondre aux
besoins des installations électriques et des courants
faibles.
j3e - Pouvez-vous nous présenter vos nouveautés
dédiées à l’industrie ?
Florent Ivankovics – Nous proposons trois grandes
nouveautés pour ce secteur. La première est un paratonnerre
testable à distance, le Nimbus R, adapté aux sites industriels
de grande hauteur. Cette solution permet d’éviter l’utilisation
de nacelles dans les environnements difficiles d’accès.
Deuxième nouveauté en réponse aux exigences des dernières
évolutions de la NF C 15-100, Mersen redesign l’ensemble de
sa gamme énergie, notamment les organes de protection pour
les réseaux AC et DC, et dévoile sa nouvelle gamme Surge-
Trap® K, composée de parafoudres de type 1 +2 et de type 2.
En parallèle, nous étoffons la profondeur de gamme pour les
réseaux DC, en lien avec le développement du photovoltaïque,
mais pas uniquement : les applications DC vont croître dans
les prochaines années et nécessitent des organes de protection
adaptés. Nous avons conçu des produits à intégrer dans les
environnements difficiles, notamment les équipements de
stockage d’électricité et les infrastructures de recharge des
véhicules électriques (IRVE) et nous développons également
nos gammes de fusibles de protection des parasurtenseurs.
Troisième nouveauté, la gamme Terra, qui apporte deux
fonctionnalités dans un seul produit. Ces parasurtenseurs
affichent des informations sur la qualité de la terre, une
technologie brevetée par Mersen. Sans une terre fonctionnelle,
la protection foudre est inefficace, quels que soient les organes
de protection intégrés. Terra communique l’état de la terre à
l’aide d’un voyant tricolore. Vert : la protection est garantie ;
jaune : le contact à la terre est altéré – ce qui nécessite des
actions – ; et rouge : la terre est coupée et l’installation n’est pas
protégée. Terra est particulièrement adaptée aux infrastructures
critiques, notamment les sites industriels ou les datacenters.
18 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
Pour l’industrie, l’objectif est d’investir
dans des systèmes d’éclairage fiables et
robustes, tout en réalisant des économies.
’’
© DR
Cyril Jaquillard
Chef de produit, Sylvania Group
L’éclairage est l’un des postes les plus consommateurs dans l’industrie, avec des
luminaires qui fonctionnent sur de larges plages horaires, à grande hauteur et sur des
zones étendues. Sylvania Group dispose d’une offre large de luminaires et de systèmes
de gestion dédiés aux sites industriels, capables de répondre aux différents besoins.
Cyril Jaquillard, chef de produit Sylvania Group, revient sur les enjeux et les bonnes
pratiques de l’éclairage dans l’industrie et présente les nouveautés du groupe.
j3e - Quels sont les enjeux de l’éclairage
dans l’industrie ?
Cyril Jaquillard – Il y a plusieurs types d’industries,
petites, grandes, hauts fourneaux, chambres froides, ou
encore agroalimentaire, dont les besoins sont différents.
Qu’il s’agisse de zones de production ou de stockage, il
convient de déterminer les types de faisceaux, les flux, les
puissances, mais aussi les risques. Pour certaines industries,
les luminaires doivent respecter des cahiers des charges
précis. Il faut également connaître la fréquence d’utilisation
des luminaires, ainsi que les contraintes de l’environnement
dans lequel ils sont installés afin de déterminer les exigences
minimales et les performances attendues. Pour l’industrie,
l’objectif est d’investir dans des systèmes d’éclairage fiables
et robustes, tout en réalisant des économies.
j3e - Quelles sont les bonnes pratiques pour mettre
en œuvre une installation d’éclairage performante
dans un site industriel ?
Cyril Jaquillard – Pour répondre à l’ensemble de ces
contraintes, les luminaires doivent être certifiés : IK pour
la résistance aux chocs, IP pour la résistance à l’eau, IFS
pour l’industrie agroalimentaire, marquage D qui garantit
un haut niveau de sécurité contre les risques d’incendie, ou
encore ENEC, qui certifie le respect du cahier des charges
selon plusieurs critères, réalisé par un laboratoire tiers. Le
dimensionnement des tableaux électriques est un point
clé. L’installateur doit s’assurer d’intégrer le bon nombre de
produits par disjoncteur, veiller à respecter les régimes de
neutres (TT, TN ou IT) et déterminer le besoin en systèmes
de gestion. Pour réaliser des économies d’énergie, il faut
privilégier la meilleure performance (lm/W). Dans le cas
de rénovations d’installations d’éclairage, le passage à la
led est synonyme d’économies d’énergie et de confort pour
les usagers. Pour les sites industriels de grande superficie,
de grande hauteur et où les mouvements sont nombreux,
les capteurs sont incontournables et permettent d’allumer
l’éclairage seulement en cas de besoin. Enfin, la mise en
œuvre de luminaires intelligents, intégrant des capteurs
multifonctions reposant sur la technologie Bluetooth Mesh,
permet d’aller plus loin dans les économies.
j3e - Pouvez-vous nous présenter les solutions proposées
par Sylvania dans l’industrie ?
Cyril Jaquillard – Sylvania Group propose la solution de
gestion Sylsmart® Connected. Les luminaires compatibles
intègrent des capteurs de mouvement et de lumière du
jour, permettant de mailler le bâtiment et de suivre le
fonctionnement de l’installation. La plateforme Sylsmart®
Connected Pro permet une surveillance globale et fine de
l’installation, en monosite ou multisite, et apporte une aide
à la maintenance. Nous proposons deux grandes familles
de produits pour l’industrie : les armatures et les étanches.
Nous disposons de trois gammes d’armatures. START
Highbay Multi-puissances, une solution basique pour les
petites industries. Sylvania Granit est très polyvalente, avec
des puissances étendues en 1-10V, DALI, détection PIR ou
Sylsmart®. Rocks, lancé en mai dernier, se démarque pour
les sites de très grandes hauteurs par son design et ses très
hautes performances et intègre l’ensemble de nos systèmes
de gestion. Nous disposons de quatre gammes d’étanches.
START Waterproof Slim et START Waterproof Tubular,
des solutions incontournables pour les petites industries.
Resisto GRP, adapté aux environnements chimiques
contraignants. Enfin, Resisto, lancé en 2021, est le modèle
le plus complet. Fabriqué dans notre usine allemande,
il embarque depuis mai dernier de nouveaux capteurs
Sylsmart® Connected grandes hauteurs.
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LES DOSSIERS
DU MOIS
42 23
CVC
Des équipements innovants
pour décarboner les
bâtiments et les process
industriels
INDUSTRIE 4.0
© AdobeStock
© intuis
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LES DOSSIERS DU MOIS
Les solutions pour digitaliser
les process industriels,
améliorer leur efficacité
énergétique et leur durabilité
L’Industrie 4.0 se développe, tirée par l’augmentation du coût de l’énergie,
un besoin de décarbonation des process, mais aussi par l’arrivée de
nouveaux outils qui vont se révéler très efficaces pour accélérer cette
transition : internet industriel des objets (IIoT), robotique, intelligence
artificielle, 5G, big data et jumeau numérique. Ces technologies vont avoir
un impact sur les processus de production, l’engagement, la formation et la
sécurité des personnels, la maintenance des équipements, la continuité de
fonctionnement, mais aussi la cybersécurité et la protection des données.
La transition de l’industrie vers l’Industrie
4.0 se poursuit, poussée par le besoin
d’une industrie plus efficiente, plus résiliente,
plus adaptée à l’évolution rapide des marchés
et plus durable. Cela marque une révolution
dans le monde industriel, des grands groupes aux
PME, avec de nouvelles méthodes de production,
de logistique et de maintenance intégrant de nouvelles
technologies dont l’IIoT et l’intelligence artificielle
(IA), mais aussi le jumeau numérique, la
5 G, le Edge Computing ou le Machine Learning.
Cela va se traduire par une transformation digitale
de ces entreprises et va avoir un impact sur
les processus de production, qui seront plus optimisés
et adaptés aux variations du marché, sur
l’utilisation et la maintenance des équipements,
la continuité de fonctionnement, l’engagement et
la sécurité des personnels. Mais cela aura aussi
un impact sur la cybersécurité et la protection
des données qui deviennent des questions vitales
pour l’entreprise et ne doivent pas être oubliées.
La transformation digitale des entreprises
et ses gains
Comme l’explique Sébastien Bahor, responsable
marketing Transformation digitale de Schneider
Electric France, « la transformation digitale est un
concept et une démarche très vastes. Il en va de la
mise en place d’un site Web à l’implantation de
capteurs IoT sur tout un système de production.
Au vu des avancées technologiques exponentielles,
la transformation digitale est devenue un levier
© Schneider Electric
Industrie 4.0
important qui permet aux entreprises de disposer
d’un outil de production optimisé, compétitif,
agile, innovant et évolutif.
Les capteurs IoT, le Edge Computing, les solutions
de contrôle commande de type SCADA, SNCC, les
solutions de gestion de type MES, WMS, LMIS,
les GTB, les supervisions énergétiques, les logiciels
de gestion des réseaux d’énergie de type Grid ou
Micro-Grid, les solutions de gestion de la qualité
d’énergie, la maintenance prédictive, l’interconnexion
des réseaux IT/OT, la connexion d’un
ERP avec le système de production, la cybersécurité,
les jumeaux numériques, les solutions de type
cloud, l’intelligence artificielle, le big data, la structuration
des donnés… La liste est longue.
...
Suivi des fabrications
de contacteurs à l'usine
Schneider Electric
Le Vaudreuil.
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Schneider Electric
© Visual Components
Digitalisation des
process de fabrication.
Logiciel Visual
Components pour le
suivi des fabrications
par des robots.
...
24 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
Nous avons été confrontés à ce même problème en
tant qu’industriel. Nous avons donc testé plusieurs
méthodes et un bon nombre de technologies pour
utiliser la transformation digitale comme un levier
de compétitivité dans nos 300 sites jusqu’à en obtenir
les résultats espérés.
Fondamentalement, l’agilité et la capacité d’adaptation
apportées par le numérique fournissent aux
gérants de l’outil industriel la possibilité de faire
varier plus facilement la production de différentes
gammes de produits, voire de les personnaliser. Le
numérique permet aussi d’augmenter les capacités
de production de l’usine, en dématérialisant certains
gestes et en optimisant le temps de chacun
sur la conduite de machine, la maintenance… Il
élimine des erreurs, de saisie par exemple, et fournit
davantage de données utiles pour une meilleure
productivité. L’usage du numérique est même un
atout clé pour relocaliser des productions industrielles
très techniques ou éviter d’en délocaliser.
Il permet en plus d’améliorer la qualité de la production.
En effet, il contribue non seulement à
réduire le taux de rebuts et d’erreurs, mais aussi
à optimiser l’utilisation des matériaux les mieux
adaptés. Les outils digitaux permettent par
exemple d’analyser l’impact de l’utilisation de certains
matériaux dans les produits sur la consommation
d’énergie liée à leur fabrication et l’empreinte
carbone.
En favorisant la maintenance prédictive, l’installation
de capteurs sur les équipements de production
allonge leur durée de vie, car cette numérisation
apporte des données pour entretenir ou changer
des éléments techniques avant même qu’ils ne
cassent ou dysfonctionnent.
Enfin – et la liste de ses atouts n’est pas exhaustive
–, le numérique assure une parfaite traçabilité
des produits qui permet d’être plus réactif sur
d’éventuelles erreurs de fabrication, avec la possibilité
de rappeler des produits, en particulier lorsqu’il
y a des enjeux de sécurité. Les pertes financières
s’en trouvent ainsi réduites ».
La mise en œuvre de l’IIoT
L’Industrie 4.0 étant une industrie de plus en plus
connectée, elle va s’appuyer sur l’internet industriel
des objets (IIoT) en connectant tous les
équipements, les capteurs et les systèmes entre
eux. Il envoie ces informations à des plateformes
cloud pour une analyse avancée. Ce processus
permet des améliorations significatives comme
la maintenance prédictive, la traçabilité des produits
ou l’automatisation intelligente.
Le fonctionnement de l’IIoT repose sur quatre
étapes principales : la collecte, la transmission,
l’analyse, l’action. Les capteurs, installés directement
sur les machines, collectent des données
comme la température, l’humidité, des pollutions,
des défauts de fabrication, les vibrations,
l’usure des pièces. Ces données sont transmises
via des réseaux sécurisés vers des plateformes de
gestion où elles sont analysées par des outils d’intelligence
artificielle et le big data. À partir des
résultats obtenus, les systèmes déclenchent des
actions automatisées, comme l’ajustement des
paramètres ou la planification d’interventions de
maintenance.
L’IIoT repose sur une infrastructure technique
complexe avec des passerelles et des serveurs
cloud. Les passerelles agissent comme des intermédiaires,
elles connectent les dispositifs aux
plateformes cloud. Elles assurent la sécurité des
données lors de la transmission, filtrent les informations
pour optimiser le traitement. Le cloud
stocke ces données massives avant de les analyser
grâce à des algorithmes avancés.
Le déploiement de l’IIoT va s’appuyer sur les
réseaux de connectivité (LPWAN, 5G…) avec
des caractéristiques différentes suivant les
...
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
L’importance des capteurs et appareils de mesure
sur les sites industriels
Les capteurs sont de
plus en plus utilisés dans
l’industrie pour mesurer les
températures, l’humidité, les
vibrations, les pressions ou
des conditions ambiantes
anormales. Avec la révolution
des technologies, ces
capteurs sont « intelligents »
et connectés et vont
jouer un rôle de plus en
plus important dans
l’automatisation et la gestion
de process industriels de
plus en plus complexes.
Comme le rappelle Charlotte
Fontana, responsable
communication et marketing
digital du fabricant de
capteurs IoT Adeunis, des
questions se posent lors du
développement d’un projet
IoT. « Les appareils IoT
sont au cœur du projet. Ils
collectent et transmettent
les données essentielles. Il
faut choisir des appareils
et des capteurs adaptés
au cas d’utilisation, en
tenant compte de leur
connectivité, de leur
autonomie énergétique et
de leur précision. La collecte
et le stockage des données
IoT nécessitent également
une attention particulière.
La sécurité est un élément
crucial dans tout projet
© Adeunis
Capteur IoT de température
d'Adeunis.
IoT. Il faut veiller à ce
que les appareils IoT
soient protégés contre
les attaques potentielles
en utilisant des mots de
passe forts, des mises à
jour régulières du firmware
et en chiffrant les données
sensibles. Il faut penser à
implémenter des protocoles
de communication sécurisés
et à utiliser des pare-feu
pour protéger le réseau.
Les mises à jour logicielles
et les correctifs de sécurité
vont permettre de maintenir
les appareils IoT à jour
et les protéger contre les
vulnérabilités potentielles. »
Détecter des défauts, des
échauffements anormaux
sur des installations
industrielles complexes
(métallurgie, traitement
des eaux, papeteries) peut
aussi nécessiter l’emploi
d’appareils de mesure
faciles à utiliser par le
personnel d’entretien et de
surveillance, connectés pour
envoyer des alertes ou des
rapports et informations,
utilisables quelquefois dans
des zones dangereuses
(ATEX, IECEx).
Serge van de Velde, dirigeant
du Comptoir Commercial
International, maison mère
du distributeur français
Turbotronic, donne quelques
exemples d’appareils de
mesure et de détection de
défauts adaptés à l’industrie.
« Cela peut être la caméra
portable HIKMICRO M60,
spécialement conçue pour
la mesure de la température.
Elle est équipée d’un
détecteur thermique d’une
résolution de 640 × 480.
Elle permet aux utilisateurs
de trouver rapidement les
cibles à haute température à
proximité. En même temps,
la caméra fournit une aide
à la prise de décision et
assure la sécurité. L’appareil
© Turbotronic
Caméra d’imagerie acoustique
pour la détection des fuites et
décharges partielles Si2 de Flir.
est principalement utilisé
dans diverses industries,
telles que le bâtiment, le
chauffage, la ventilation et
la climatisation, l’industrie
automobile, etc.
La caméra acoustique
HIKMICRO AI76 est un
produit professionnel pour la
détection des fuites de gaz
et des décharges partielles.
Avec 136 microphones
MEMS à faible bruit et une
bande passante réglable
de 0 kHz à 96 kHz, l’AI76
offre un moyen simple et
efficace de localiser les fuites
d’air sous pression dans les
environnements industriels
ou de détecter les décharges
partielles dans les systèmes
Caméra thermographique
M30 de HikMicro.
électriques. Grâce à un
grand écran tactile LCD
de 4,3 pouces, les résultats
présentés sur une image
numérique permettent
de trouver rapidement la
source des problèmes. Le
logiciel Analyzer Acoustic
permet d’analyser les images
capturées par les caméras
d’imagerie acoustique et
d’exporter des rapports.
Pour la détection des fuites
sous pression et la détection
de défauts mécaniques, la
caméra d’imagerie FLIR SI2-
Pro permet de réduire les
fuites dans les installations
(air comprimé, gaz) et les
décharges partielles sur les
installations électriques. »
Caméra d’imagerie acoustique utilisée pour la détection des fuites.
© Turbotronic
© Turbotronic
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© ABB
Suivi de fabrications
avec le logiciel Aveva
Manufacturing
Execution System.
Utilisation de l’IA
pour l’optimisation des
process de fabrication.
...
© AVEVA
26 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
réseaux, LPWAN assurant une connectivité à
faible consommation d’énergie sur de longues
distances, alors que la 5G va permettre une
transmission rapide de données avec une faible
latence.
Les données collectées en temps réel par les capteurs
seront ensuite analysées par des systèmes
du cloud ou à la source grâce au Edge Computing.
Les appareils du Edge stockent une partie
des données localement dans des ordinateurs,
déployés sur les sites industriels pour améliorer
les performances et la sécurité, réduire les coûts
en s’affranchissant de problèmes éventuels de
connectivité avec le cloud.
Selon Sébastien Ory, senior vice-président
Europe du Sud d’Aveva, « une digitalisation réussie
passe par trois étapes au moins : celle de la
conception, suivie par l’opération en temps réel,
puis l’optimisation. La conception repose sur la
capacité des différents métiers – ingénieurs, mécaniciens,
électriciens… – à collaborer pour partager
les données dans un environnement commun,
une base unique, de façon à accélérer le temps de
conception et, plus tard, de mise en service des
usines, en réduisant drastiquement le nombre d’erreurs.
Dans le cadre des opérations, le temps réel
est un élément majeur. Il convient dans ce contexte
de mettre des données robustes et structurées pour
qu’elles soient utilisables de façon efficace pour la
production. Pour les entreprises, c’est donc une
force d’avoir une plateforme industrielle de données
pour assurer leur collecte, leur stockage et leur
contextualisation. Cette plateforme sera nécessairement
ouverte, pour couvrir l’ensemble des cas
d’usage des industriels. Et pour optimiser, l’utilisation
d’algorithmes et de l’intelligence artificielle
devient clé, en particulier pour prévoir les pannes
d’équipements critiques, pour mieux gérer la qualité
et pour optimiser les process spécifiques ».
L’intelligence artificielle au service des process
de production
L’IA va être de plus en plus utilisée pour optimiser
les process de fabrication, en permettant une
planification plus agile de la production, en analysant
en temps réel de très grands volumes de
données issues de tous les équipements et capteurs
connectés. Cela va permettre de détecter
des anomalies de fonctionnement de machine,
d’arrêter une machine avant une casse, d’anticiper
une maintenance ou de détecter des problèmes
de qualité des produits. L’IA peut aussi
être utilisée pour allouer des ressources, s’adapter
aux aléas et changements de la demande.
Des applications peuvent être couplées à l’IA,
comme les jumeaux numériques pour tester des
scénarios d’exploitation, de maintenance ou pour
identifier des configurations optimales selon des
critères que l’on fera varier.
Utilisation de l’IA et du Machine
Learning dans la fabrication assistée
par ordinateur (FAO)
La FAO, avec l’assistance de l’IA et l’apprentissage
continu, s’adapte à l’évolution des processus,
réduit les erreurs et maximise l’efficacité, ce qui
permet aux fabricants d’atteindre une productivité
accrue en collectant des données en temps
quasi réel pour optimiser les processus, augmenter
la production, réduire les défauts et connecter
les différents équipements de production, limitant
ainsi le besoin d’intervention humaine.
Dans les secteurs de l’aéronautique ou de l’automobile,
la qualité est absolument primordiale,
et les échéances très restreintes. Or, le contrôle
qualité peut se révéler fastidieux et chronophage,
d’autant plus que ces secteurs nécessitent des
niveaux de précision extrêmement élevés.
« C’est là que nos solutions interviennent, explique
Benjamin Outrey, Sales Support Manager Global
for Reality Capture Solution, Hexagon’s Manufacturing
Intelligence division, car elles assistent
les entreprises manufacturières dans l’optimisation
...
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. . . . . . . .
© Hexagon
© Hexagon
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
Utilisation des jumeaux numériques pour la visualisation d'une chaine de fabrication.
Visualisation d’un
projet d'usine à l’aide
de Digital Factory
d’Hexagon.
...
de chaque phase du processus de fabrication.
Ainsi, fidèles à notre leitmotiv "Quality for Life",
nous proposons des suites logicielles et des matériels
de précision pour que nos clients intègrent la
qualité à chaque étape pour concrétiser leurs idées.
Par exemple, notre laser longue portée Leica Absolute
Tracker ATS800, sorti en fin d’année dernière,
aide nos clients à gagner considérablement en
productivité dans la fabrication et l’assemblage.
On pense également à ProPlanAI, l’outil de programmation
automatisée pour la fabrication assistée
par ordinateur intégré à la solution ESPRIT
EDGE, qui permet aux entreprises d’exploiter leurs
connaissances institutionnelles plus rapidement et
plus facilement en utilisant l’intelligence artificielle
pour automatiser la planification des processus
chronophages. »
La FAO est souvent intégrée avec des systèmes
ERP (Enterprise Resource Planning),
permettant une gestion globale de la chaîne de
production. Cela inclut l’approvisionnement des
matières premières, la gestion des ressources
humaines et la planification de production. Cette
intégration garantit que chaque étape du processus
de fabrication est optimisée et transparente,
facilitant ainsi une réponse rapide aux changements
de la demande du marché.
Planifier, gérer et optimiser des usines et
lignes de fabrication avec la réalité numérique
La simulation en 3D de process industriels est une
technique qui utilise des modèles virtuels pour
simuler des opérations industrielles en reproduisant
des lignes de production, des machines ou
une usine dans un environnement virtuel à l’aide
de logiciels spécialisés. Les logiciels de modélisation
3D deviennent des piliers de l’Industrie 4.0
en offrant des outils puissants pour la conception,
l’analyse et l’optimisation des infrastructures
industrielles assistés par l’IoT et l’IA.
Des solutions se développent pour offrir une
alternative évolutive à la planification industrielle
traditionnelle de façon à permettre aux
industriels d’améliorer leur productivité et leur
efficacité lors de rénovations ou d’extensions d’un
atelier ou d’une usine. C’est ce qu’offre la solution
Digital Factory d’Hexagon.
Benjamin Outrey donne les avantages d’une telle
solution : « Notre solution de numérisation Digital
Factory tire parti de la technologie innovante
des jumeaux numériques pour que les industriels
visualisent virtuellement leur usine physique au
millimètre près. Cette solution leur permet d’optimiser
leurs plans d’occupation des sols et de
modifier rapidement leurs lignes de production.
Elle favorise par ailleurs l’exploitation de futures
installations plus "intelligentes" et plus durables
grâce à des interfaces ouvertes entre les jumeaux
numériques des actifs.
Digital Factory exploite un portefeuille complet
de solutions matérielles et logicielles, incluant la
gamme primée de technologies de capture de la
réalité développée par Hexagon. Ces technologies
permettent aux fabricants de générer des nuages
de points d’une grande précision dimensionnelle à
partir de leur environnement de production. Grâce
aux logiciels Leica Cyclone et Reality Cloud Studio,
construits sur la plateforme HxDR d’Hexagon,
les industriels peuvent collaborer aisément, traiter
rapidement les données issues des équipements
Hexagon – ou de tout autre matériel de numérisation
utilisé par le client – et ainsi, reconstituer de
manière rapide et flexible des espaces 3D constamment
à jour.
Digital Factory étant désormais disponible en tant
que service (SaaS), nous déployons notre équipe
d’experts en numérisation directement chez le
fabricant pour capturer des informations très pré-
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
cises, et à jour, sur ses usines et équipements. Ce
processus comprend l’identification des besoins, la
définition des flux de travail, la collecte de données
et la livraison de modèles BIM, ainsi que des
services personnalisés pour aider à exploiter et à
analyser tout le potentiel des données de l’usine. »
Benjamin Outrey donne l’exemple d’un client
sous-traitant d’un acteur majeur du secteur aéronautique
qui a dû faire face à une demande inopinée
de pièces spécifiques. « Cela nécessitait une
importante montée en puissance de sa capacité de
production, l’achat de nouvelles machines et, par
ricochet, une réorganisation complète de plusieurs
de ses lignes au sein de l’usine. Avec Digital Factory,
et notamment la simulation d’intégration de
nouveaux équipements, ce fabricant a pu opérer
les changements nécessaires en quelques semaines
seulement, et a su optimiser les flux au sein de son
atelier. Un gain de temps considérable donc… tout
en évitant les mauvaises surprises. »
Schneider a développé, dans son offre Eco
Struxure, la solution EcoStruxure Machine Expert
Twin, une suite logicielle conçue pour créer des
modèles numériques de machines réelles, permettant
de procéder à la conception, l’ingénierie
et la mise en service virtuelles dans un contexte
de développement agile avant de construire la
machine physique elle-même. Une phase d’ingénierie
parallèle peut ainsi être initiée sur les parties
mécaniques, électriques et les contrôles.
Machine Expert Twin offre un environnement
intuitif, avec des composants mécatroniques par
...
...
Utilisation
d’EcoStruxure Machine
Expert Twin de
Schneider Electric.
© Schneider Electric
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. . . . . . . . .
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© Visual Components
Logiciel de
simulation
3D de Visual
Components.
Variateur
ABB ACS 600.
...
© ABB
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
glisser-déposer, des interfaces de réalité virtuelle/
augmentée et des bibliothèques orientées applications.
L’environnement de programmation
ouvert en langage de programmation C# permet
d’ajouter des modules et des extensions avec une
multitude de modèles avancés et une intégration
transparente dans EcoStruxure Machine Expert,
ainsi que l’adaptation aux sources de données,
aux flux de travail et aux processus des clients
Visual Components a présenté à Global Industrie
2025 la nouvelle version du premier logiciel
de simulation 3D via une plateforme unique.
Destinée aux intégrateurs de systèmes, fabricants
d’équipements d’origine (OEM) et entreprises
industrielles, elle offre des flux de travail logiques
permettant à ses utilisateurs de planifier et de
présenter visuellement leurs plans de fabrication
dans un environnement 3D.
Juri Valla, Sales Manager France de Visual Components
Oy, explique les fonctionnalités de cette
solution : « La simulation industrielle en 3D avec
Visual Components est un outil puissant pour la
conception, l’analyse et l’optimisation des lignes de
production et des systèmes logistiques. Elle permet
de modéliser les usines et lignes de production en
3D, de simuler des flux de production, de faire de
la programmation hors ligne, d’analyser des scénarios
et valider des concepts, tout en s’intégrant à
d’autres outils (CAD, ERP, MES).
Grâce à elle, le recours aux prototypes physiques,
les erreurs de conception, les temps d’arrêt, et donc
les coûts sont réduits. Les clients observent également
des bénéfices au niveau de la qualité de production,
de la communication et de la flexibilité.
Dernier avantage, et non des moindres : un gain de
temps considérable, puisque les phases de conception
et de mise en production sont accélérées. »
La mise en place de variateurs de vitesse
sur les moteurs pour améliorer l’efficacité
énergétique et la durabilité
Les variateurs de vitesse sont des équipements qui
vont permettre de varier la vitesse des moteurs,
souvent très énergivores (pompes, ventilateurs,
convoyeurs, levage…) avec l’objectif d’économiser
l’énergie, d’augmenter la durée de vie, l’efficacité
et la durabilité de ces installations. Leur utilité
est importante, car « les moteurs représentent
aujourd’hui 70 % des consommations d’électricité
de l’industrie et 45 % de la consommation
mondiale d’énergie électrique, rappelle Nicolas
Vlemynckx, Business Developer Energy Efficiency
d’ABB Motion. Ils sont partout et nous les
retrouvons dans tous les secteurs industriels.
Mais aujourd’hui, seulement 40 % des moteurs
sont pilotés par des variateurs dans une industrie
française avec des installations anciennes utilisant
encore des solutions en courant continu ou des
régulations mécaniques. Il faut équiper en priorité
les pompes, les ventilateurs et les moteurs les plus
puissants, car avec une baisse de la vitesse de 20 %
on arrive à une consommation divisée par 2. Mais
il faut souvent convaincre des clients de remplacer
un vieux moteur plutôt que de le réparer, de lui
ajouter un variateur et leur indiquer que ces solutions
éligibles aux CEE permettent de diminuer
l’investissement.
Autre gain à signaler, la durabilité de l’installation
avec moins de contraintes pour les moteurs, entraînements
ou machines avec des démarrages plus
doux avec moins d’appels de courant sur le réseau
du client.
Des moteurs qui sont aussi de plus en plus performants
en termes d’efficacité énergétique. ABB vient
de lancer sur le marché des moteurs IE5 (selon la
norme IEC/EN sur le rendement des moteurs) en
...
© ABB
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
La cybersécurité industrielle s’impose comme un enjeu majeur
La cybersécurité est très importante dans des usines utilisant de
nombreuses solutions numériques.
L’augmentation des
équipements connectés,
l’interconnexion des
systèmes, le développement
de l’internet industriel
des objets (IIoT),
l’automatisation intelligente
et la robotique vont
entraîner une exposition
accrue aux cyberrisques.
Comme le note CGI, société
de conseils en technologies
de l’information, « les
capteurs, les réseaux et
les appareils connectés
sans fil, tels que les
téléphones intelligents, les
tablettes ainsi que d’autres
technologies portables font
leur apparition en milieu
de travail. Les systèmes de
contrôle industriels (SCI)
modernes permettent aux
ingénieurs de déployer
des sites entièrement
automatisés et pratiquement
sans personnel.
Les fournisseurs de
systèmes d’acquisition et
de contrôle de données
(SCADA), de systèmes
à commande répartie et
de systèmes d’exécution
de la fabrication (MES)
proposent des interfaces
homme-machine ainsi
que des dispositifs de
communication sans
fil. Ceux-ci permettent
aux exploitants et aux
ingénieurs de prendre les
commandes des appareils
depuis des sites situés
autant à l’intérieur qu’à
l’extérieur de l’usine. En
outre, les contrôleurs de
systèmes à commande
répartie sont désormais
munis de serveurs intégrés
qui leur permettent
d’accéder au Web ».
Les entreprises doivent donc
protéger leurs systèmes
interconnectés et leur
outil industriel contre de
nouvelles menaces de plus
en plus sophistiquées et
des actions allant du vol
de données au contrôle ou
à la paralysie de systèmes
industriels ou de sites,
entraînant arrêts de
production, dommages
matériels et coûts très
élevés.
Des solutions complètes et
adaptées de cybersécurité
sont devenues une priorité
pour protéger ces systèmes
industriels et toutes les
infrastructures critiques.
Des technologies avancées
doivent permettre de réagir
immédiatement en cas
d’attaque pour isoler les
zones touchées et protéger
les opérations essentielles.
Des mesures doivent
être mises en place sur
les sites pour éviter ces
attaques en détectant les
comportements anormaux
et les dysfonctionnements
liés à des incidents de
sécurité, en segmentant
les réseaux pour limiter la
propagation des risques
et en effectuant des
sauvegardes régulières de
données.
La formation des personnels
est aussi un point
essentiel avec l’assistance
des constructeurs
d’équipements et de
machines.
Comme l’explique Stéphane
Monard, « ABB a une offre
de services pour aiguiller
le client pour les priorités
à mettre en œuvre. Nous
allons faire le point avec
lui pour savoir à quel
endroit il a des risques
de cybersécurité, puis
le client va dresser une
liste des équipements
et des communications
intégrées à ces produits
et nous allons travailler
sur tous ces points et lui
montrer où peuvent être
les risques et proposer un
service d’accompagnement.
Cela va concerner surtout
des entreprises de taille
moyenne qui n’ont pas de
service DSI alors que les
outils numériques se sont
développés dans tous les
services avec de plus en plus
de portes ouvertes pour des
actions malveillantes ».
Une loi française
transposant la directive
européenne NIS 2 (Network
and Information Security)
imposant des obligations
Sécurisation des outils numériques sur un site.
de cybersécurité et une
surveillance de l’ANSSI à
15 000 entités « essentielles »
et « importantes » devrait
être votée en d’ici à juillet
prochain.
Les organisations
appartenant à des secteurs
« hautement critiques » et
« critiques » auront une
obligation de notification
des incidents cyber à
l’ANSSI. Les tâches en lien
avec NIS 2 comprendront
des audits internes, des
revues d’objectifs de
sécurité, des évaluations
annuelles de risques et des
audits de fournisseurs.
Benjamin Houel confirme
que tous les produits
Schneider Electric sont
cybersécurisés. « Ils ont
obtenu une certification
obligatoire de l’ANSSI
après des tests et des
recommandations. Dès
leur conception, Schneider
Electric intègre les toutes
dernières connaissances et
techniques pour rendre les
produits plus résilients aux
cyberattaques. L’approche
intégrant la sécurité dans
la conception permet
de mettre en œuvre des
mécanismes qui limitent
les menaces, réduisent les
vulnérabilités exploitables
et protègent contre les
vols de données et les
cyberattaques évitables. »
© ABB
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© ABB
Contrôle de
variateurs de vitesse
et moteurs.
Montage de
variateurs sur une
installation ancienne
rénovée.
...
© ABB
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
direct sur le réseau, qui peuvent remplacer des
moteurs IE1 ou IE2 avec des pertes diminuées de
15 à 20 % pour chaque IE. Ainsi, le retour sur
investissement est de 2 à 3 ans en passant d’un
moteur IE2 à un IE4/IE5 ».
L’installation de variateurs va également améliorer
la fiabilité des installations et avec l’arrivée
de l’Industrie 4.0 et des moteurs et variateurs
connectés, il est possible de prévoir la maintenance
des équipements et d’anticiper des pannes.
Cette maintenance prédictive est aussi liée à l’efficacité
énergétique en évitant des dérives dans le
temps du moteur.
Et comme l’explique Affann Guennouni, Digital
Leader Business Motion d’ABB France, « ces solutions
connectées permettent également d’assurer
la sécurité du personnel, pour un personnel qui,
autrefois, effectuait des rondes pour détecter des
vibrations ou bruits anormaux sur des sites dange-
reux. Aujourd’hui, cette surveillance, le technicien
peut la faire depuis son PC de supervision pour
diagnostiquer à distance. Pour la maintenance,
lorsque nous livrons une machine, nous remettons
au client un calendrier de maintenance. Mais ce
calendrier de maintenance varie avec l’application,
son stress, ses contraintes. Aujourd’hui, on mesure
en direct toutes les données de fonctionnement et
via un algorithme et des retours d’expérience on
peut réactualiser le calendrier de maintenance.
Cela se fait via le cloud avec l’expertise d’ABB.
Cette maintenance prédictive fonctionne pour les
moteurs et variateurs, et grâce à ces outils de maintenance
prédictive le client va avoir un retour sur
investissement rapide si on évite un arrêt d’usine.
La continuité de production est la chose la plus précieuse
dans une usine avec la sécurité.
Face à la hausse des coûts de l’énergie, au durcissement
des exigences environnementales et à la
pénurie croissante de compétences techniques,
les industriels doivent repenser leur modèle de
maintenance et de gestion des actifs. Les solutions
numériques apportent une réponse concrète : elles
permettent de suivre en temps réel la consommation
énergétique de chaque équipement, de détecter
les dérives, et d’agir de manière ciblée. Résultat :
une meilleure efficacité énergétique, une réduction
des coûts d’exploitation, une maintenance optimisée
et une continuité de production renforcée.
Ainsi, une enquête mondiale commandée par ABB
souligne la relation étroite entre la disponibilité et
la fiabilité, soulignant l’importance de stratégies de
maintenance efficaces et de partenariats de service.
Selon cette enquête "Value of Reliability", plus des
deux tiers des entreprises industrielles subissent des
pannes imprévues au moins une fois par mois, ce
qui coûte à l’entreprise près de 125 000 dollars de
l’heure. Les résultats démontrent l’importance de
la fiabilité et de la maintenance des équipements.
92 % ont déclaré que la maintenance avait augmenté
leur temps de fonctionnement au cours de
l’année écoulée, et 38 % ont signalé une amélioration
d’au moins un quart. De plus, les trois quarts
des personnes interrogées ont déclaré que la fiabilité
a un impact positif sur la réputation de leur
entreprise et leurs performances financières, et les
aide à respecter leurs obligations contractuelles, à
prévenir le gaspillage et à fidéliser leurs clients. La
fiabilité a été considérée par les répondants comme
la priorité absolue lors de l’achat de nouveaux équipements
».
La hausse du coût de l’énergie a aussi une incidence
sur la décision de client de remplacer
des équipements, comme le rappelle Nicolas
Vlemynckx. « La multiplication par 2 du coût de
l’énergie en 15 ans pousse de plus en plus d’industriels,
...
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AVIS D’EXPERT
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
« Il faut mettre en place des solutions de mesure de l’énergie
aux postes stratégiques via des équipements dédiés. »
Le passage à
l’Industrie 4.0, la
digitalisation des
process et installations
changent les processus
de fabrication, mais quels
sont les outils et solutions
pour que ces process
soient plus économes en
énergie ?
Difficile d’envisager une
amélioration sans mesure.
Une démarche similaire à
l’optimisation énergétique
des bâtiments doit être
appliquée, en allant plus
loin dans l’analyse et
en ciblant tout d’abord
les procédés les plus
énergivores de chaque
machine et de chaque
système. On ne collectera
pas uniquement les
données énergétiques, mais
également les indicateurs
de production : c’est la
corrélation des deux qui
permettra l’optimisation de
l’efficacité énergétique.
Il faut donc mettre en
place des solutions de
mesure de l’énergie aux
postes stratégiques via des
équipements dédiés. Pour
la collecte des données de
production, deux cas de
figure se présentent : pour
les nouvelles installations,
la collecte et la remontée
native des indicateurs.
Pour les usines existantes
qui passent par l’étape
de la digitalisation, la
collecte des données peut
se faire par le biais des bus
de terrain déjà en place
(Modbus, protocole S7…)
et/ou par l’installation de
nouveaux capteurs.
Au-delà de la collecte et de
l’analyse, il faudra appliquer
au cas par cas le pilotage
énergétique.
Au-delà de la performance
énergétique, il est
possible d’aller plus
loin pour les plus gros
consommateurs, jusqu’à
Quentin Orhan, chef de produit Automation de WAGO France
introduire l’effacement
électrique lors de pics de
consommation. Il faudra
pour cela que le pilotage
énergétique s’interface avec
la plateforme de RTE ou, le
cas échéant, l’agrégateur
d’effacement.
Quelles solutions pour
une meilleure connexion
des machines et des
installations via l’IoT ?
Le premier maillon de la
connectivité se trouve
évidemment au niveau des
capteurs et actionneurs,
au plus près de la machine.
Le standard IO-Link dont
les avantages ne sont plus
à présenter offre un accès
à de nombreuses données
de process et même à
la configuration et à la
calibration du capteur.
L’automate qui assure le
pilotage du process revêt
un rôle central. Celui-ci
doit pouvoir assurer une
connexion distante en
toute sécurité. Le recours
à des technologies
ouvertes et standardisées
est crucial pour garantir
l’interopérabilité sur toute la
durée de vie de l’installation.
MQTT est le protocole idéal
pour cela : léger, sécurisé
selon les derniers standards
de sécurité, et supporté par
de nombreuses solutions
SCADA ou cloud.
Il est impératif que cette
possibilité de connexion
n’introduise aucune
vulnérabilité sur la machine
ou l’installation : un panel
de mesure de cybersécurité
doit être proposé nativement
sur l’équipement.
La suite logicielle assurant
la collecte, le traitement, le
stockage et l’analyse des
données peut être hébergée
sur un serveur distant, dans
le cloud, on parle alors de
Cloud computing. Il est
également possible que
cette tâche soit assurée par
des équipements dédiés, sur
site, on parle alors de Edge
computing.
Quels produits et logiciels
WAGO propose-t-il pour ces
applications ?
Le système d’entrées/
sorties WAGO I/O
System 750/753 assure
conjointement le process
en lui-même (grâce à
sa modularité et ses
500 cartes d’E/S) et la
collecte des consommations
énergétiques par le biais de
cartes de mesure dédiées.
Ces modules de mesure de
puissance à l’encombrement
très réduit assurent la
collecte de nombreuses
grandeurs physiques
(courant, tension, puissance
et énergie active, réactive,
apparente, facteur de
puissance, harmoniques…)
d’un réseau triphasé ou de
3 réseaux monophasés.
Les automates WAGO,
programmables via
l’outil d’ingénierie gratuit
et multiconstructeur
CODESYS, transmettent les
données de façon sécurisée
pour traitement et stockage.
Ces derniers bénéficient de
nombreuses fonctionnalités
de cybersécurité natives :
pare-feu configurable,
authentification 802.1X,
tunnel VPN, journalisation
syslog…
Le nouveau contrôleur
WAGO PFC300 bénéficie
d’une plateforme et d’un
firmware commun à la
gamme PFC, héritant de
toutes les fonctionnalités
telles que la cybersécurité,
l’ouverture et la connectivité
apportant un complément
de puissance nécessaire
dans différentes
applications. Ces
caractéristiques en font le
contrôleur modulaire le plus
évolué de la gamme.
Ses avantages :
• Contrôleur puissant pour
l’évaluation simultanée de
nombreuses données
• Système d’exploitation
Linux ® ouvert pour plus
de liberté
• Programmable
indépendamment du
fabricant avec CODESYS
Conçu pour les
environnements industriels,
il possède un contrôleur
puissant afin de faciliter
la programmation, le
contrôle et la visualisation
des données des machines
et des systèmes. Cela
est rendu possible par le
système d’exploitation
Linux ® , un processeur
double cœur 64 bits et 2 Go
de RAM.
La connectivité cloud des
contrôleurs WAGO, qui se
base sur le protocole MQTT,
est compatible avec toutes
les plateformes cloud du
marché.
Les données collectées
peuvent être transmises
à une plateforme cloud
généraliste, mais WAGO
propose également une
solution cloud prête à
l’emploi : le WAGO Cloud.
Cette solution offre une
vue d’ensemble des
différents équipements
et sites, des tableaux de
bord personnalisables et
un gestionnaire d’alarme
intégré.
Une approche Edge
computing est également
proposée, dans ce cas,
des équipements conçus
pour les tâches de collecte,
traitement et analyse des
données sont proposés :
les Edge computers. Des
solutions 100 % open source
peuvent y être déployées
facilement pour tous les
aspects de ce traitement
d’information, grâce au
support de la technologie de
containerisation Docker.
...
et en particulier ceux exploitant des sites électro-intensifs
comme des cimenteries ou des papeteries,
à rénover d’anciens équipements en gardant
les pièces réutilisables et en ne remplaçant que
des pièces obsolètes. Cela évite des manutentions
importantes et quelquefois difficiles, de longs arrêts
d’usine et c’est important en termes de durabilité.
Une durabilité qui est aussi prise en compte dans
nos nouveaux moteurs ABB IE5 qui peuvent se
mettre en lieu et place des anciens moteurs. Ces
moteurs à réluctance sont sans aimants et sont
ainsi moins complexes et plus faciles à réparer que
les moteurs avec aimants ».
ABB propose une gamme de variateurs industriels
ACS880 pour toutes les applications de
moteurs, pour des puissances allant de 0,55 à
5600 kW. Ces variateurs sont compatibles avec
pratiquement tous les processus, systèmes d’automatisation,
utilisateurs et exigences commerciales.
L’innovation des variateurs ACS880
repose sur leur architecture qui simplifie le
fonctionnement, optimise l’efficacité énergétique
et aide à maximiser les résultats du processus.
La gamme ACS880 se compose de variateurs
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
simples, de variateurs multiples et de modules
de variateurs. En moyenne tension, les gammes
de variateurs ABB vont de 250 kW à plus de
100 MW.
Schneider Electric a développé Altivar Process,
une gamme de variateurs de vitesse connectés de
0,75 kW à 20 MW en basse et moyenne tensions
avec services intégrés ; Altivar Machine, de 0,18 à
75 kW et une gamme de démarreurs Altivar Soft
Starter et Altistart.
...
© Schneider Electric
Variateurs
de vitesse
Altivar AT 320.
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© ABB
Armoire de contrôle
de robots OmniCore
d’ABB.
...
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
Et, précise Benjamin Houel, directeur national
des Ventes Industrie de Schneider Electric
France, « ces variateurs peuvent être associés à
des certificats d’économie d’énergie (CEE). Ainsi,
lors d’une rénovation de moteur et sa régulation
de 300 000 €, par exemple, l’industriel ne va payer
que 20 000 €, le reste étant financé par les CEE.
Nous accompagnons les industriels dans l’aspect
technologique et le montage du projet.
Cette gamme de variateurs de vitesse Altivar s’accompagne
d’une connectivité native. Grâce à un
contrôle intelligent et économe en énergie, non
seulement des variateurs eux-mêmes, mais aussi
de l’ensemble du processus industriel, l’utilisateur
peut également bénéficier de capacités de maintenance
prédictive ».
Les capteurs numériques intégrés à ces variateurs
facilitent l’intégration transparente avec EcoStruxure
Services Plan, un service numérique
cybersécurisé, basé sur le cloud, qui apporte une
approche proactive de la gestion des actifs, combinée
aux connaissances et à l’action des experts
de Schneider Electric.
Schneider Electric propose les services EcoFit
for Drives qui offrent des options flexibles pour
moderniser et prolonger la durée de vie des
variateurs de vitesse vieillissants. Le service revitalisera
le variateur avec des composants clés, en
conservant la technologie du variateur d’origine :
les armoires, les outils logiciels et les processus
existants.
La robotique, pour une industrie
manufacturière plus efficace
Les robots industriels jouent un rôle clé dans
l’avenir de la fabrication intelligente et des usines
intelligentes. La demande croissante de robotique
est motivée par le désir d’augmenter la productivité,
la flexibilité et la qualité, de personnaliser la
production à la demande, de réduire les coûts et
les délais de mise sur le marché.
Les robots ont de plus en plus d’applications
dans tous les secteurs de l’industrie : l’automobile,
pour optimiser les lignes de production ;
l’électronique, où les robots sont de plus en plus
utilisés pour l’assemblage des composants sur les
cartes électroniques, le montage de petits équipements
électroniques/électriques (disjoncteurs,
contacteurs, relais…) ; l’agroalimentaire pour la
manutention/sélection de produits. Le secteur de
la métallurgie voit aussi le nombre de robots augmenter
pour améliorer l’efficacité et la sécurité de
process complexes dans des ambiances difficiles.
La logistique va utiliser de plus en plus de robots
pour transporter, sélectionner, emballer des produits
et colis.
Les robots constituent déjà une pièce maîtresse
de l’Industrie 4.0 avec des robots connectés entre
les différentes unités de production, de stockage,
de logistique et de conception pour gagner en
flexibilité en proposant des produits personnalisés,
en qualité et bien entendu en coûts de
fabrication. La robotique industrielle intègre de
plus en plus l’IA et évolue rapidement avec l’essor
de la robotique collaborative, de l’apprentissage
continu, avec des robots qui seront capables de
prendre des décisions complexes.
ABB, l’un des leaders mondiaux de la robotique,
a dévoilé au salon Global Industrie 2025 à Lyon
sa nouvelle armoire de commande, OmniCore.
« Plus rapide, plus précise et plus durable, cette
armoire de commande intelligente autonomise,
améliore et pérennise les entreprises. Issue d’un
investissement de plus de 170 millions de dollars
dans la robotique de nouvelle génération, Omni-
Core représente une avancée majeure vers une
architecture de contrôle modulaire et évolutive.
Elle assure l’intégration complète de l’IA, des capteurs,
du cloud et des systèmes informatiques en
périphérie de réseau, afin de créer les applications
robotiques les plus avancées et autonomes. Avec
OmniCore, les robots fonctionnent jusqu’à 25 %
plus vite et consomment jusqu’à 20 % d’énergie en
moins par rapport à l’ancienne armoire de commande
d’ABB. »
« Nous avons déjà doté nos robots "d’yeux" grâce à
la technologie de vision 3D AI, de "mains", avec le
système de préhension et de dextérité avancé, ainsi
que d’une "mobilité autonome" par la cartographie
3D. Aujourd’hui, avec la révolution quantique
de l’IA générative, nous stimulons l’innovation
dans "leur cerveau". Ils gagnent ainsi en capacité
d’analyse et en compréhension de notre langage »,
déclare Marc Segura, président de la Robotique
chez ABB.
ABB Robotics présentait également une cellule
Omnivance Collaborative Cell Lite dédiée aux
machines-outils et permettant aux utilisateurs
d’accéder plus facilement et efficacement aux
...
© ABB
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
ABB investit dans son usine de Chassieu avec une
nouvelle ligne de production entièrement automatisée
et un nouveau laboratoire de R&D
Fabien Laleuf, directeur
général ABB France et viceprésident
marketing et ventes
Électrification.
Le groupe ABB a investi
5 millions d’euros dans
son site de production
de Chassieu (69) pour
répondre aux besoins de
secteurs en forte croissance
tels que les centres de
données, les énergies
renouvelables, la recharge
de véhicules électriques
et le bâtiment. Cet
investissement comprend
une nouvelle ligne de
fabrication de contacteurs
BT (9-96 A) entièrement
automatisée et un nouveau
laboratoire de R&D de
400 m 2 pour la recherche,
le développement et tous
les tests de nouvelles
solutions d’électrification.
Fabien Laleuf, directeur
général ABB France et
vice-président marketing
& ventes Électrification
France, présente la
modernisation de ce site
ABB, près de Lyon.
Ce site ultramoderne de
Chassieu est un centre
d’excellence mondial pour
le développement et la
fabrication des contacteurs
ABB. Ces produits
permettent une commutation
fiable pour des applications
nécessitant des allumages
et extinctions rapides de
l’alimentation électrique.
Ils jouent un rôle essentiel
dans le contrôle sécurisé de
courants électriques élevés,
notamment dans les moteurs,
les trains et les bornes de
recharge pour véhicules
électriques.
« Les clients du monde entier
comptent sur les contacteurs
ABB pour assurer une
gestion énergétique fiable
dans leurs bâtiments, centres
de données et usines. La
demande pour ces produits
ne cesse de croître, tirée par
l’automatisation des sites
industriels et une attention
accrue portée à la durabilité »,
déclare la direction du groupe
ABB France. Les contacteurs
ABB constituent un élément
clé de l’électrification
de l’industrie et de la
transition énergétique.
L’investissement dans le site
de Chassieu permet à ABB
d’augmenter sa capacité de
production et d’améliorer la
répétabilité de ses activités et
la qualité de ses produits.
« Véritable centre
d’excellence mondial
pour la recherche, le
développement et la
production de contacteurs
AF de 9 à 96 ampères, le site
de Chassieu est l’une des
plus grandes usines ABB
dédiées aux contacteurs de
moins de 100 ampères. Sur
une surface de 10 000 m², ce
site emblématique cumule
plus de 40 ans d’innovation
industrielle, avec une équipe
de 180 collaborateurs »,
déclare Fabien Laleuf,
directeur général ABB France
et vice-président marketing &
ventes Électrification France.
Chaque année, plus de
4,5 millions de contacteurs
y sont produits, dont 90 %
destinés à l’exportation
et plus de 100 pays livrés
chaque jour. Ces dernières
années, le site de Chassieu
a bénéficié d’importants
investissements pour un
montant de 5 millions
d’euros : nouveau laboratoire
de 400 m² certifié Cofrac,
installation de 8 machines
de dernière génération,
modernisation des
équipements et digitalisation
des processus. Le site se
distingue également par une
automatisation avancée de
ses lignes et une logistique
optimisée.
Les lignes de fabrication
sont notamment équipées
de robots ABB qui réalisent
toutes les opérations de
montage, de caméras à
intelligence artificielle
avec analyse d’image pour
remplacer les tests visuels.
Pour une traçabilité des
produits, ceux-ci sont équipés
de puces RFID, tous les
composants qui arrivent
sont scannés et la caméra
vient lire tous les marquages
et détecter les erreurs au
plus tôt. Chaque produit
a un numéro unique pour
retrouver les références de
tous ses composants.
Comme le note Fabien Laleuf,
« cette traçabilité optimale
nous permet un taux de
défaut de 500 ppm, soit
moins de 500 contacteurs
défectueux par million
d’unités produites. Le site
de Chassieu est également
le premier site français à
rejoindre le programme
Mission to Zero qui
s’inscrit dans le cadre du
parcours de durabilité mondial
initié par le groupe ABB, avec
pour objectif de parvenir à
zéro émission nette et à des
opérations plus durables.
Dans le cadre de cet objectif,
le site de Chassieu a mis
en œuvre des solutions
intelligentes d’ABB telles
que la solution numérique
ABB Ability TM Energy
Manager et une rénovation
d’infrastructures obsolètes
qui lui ont permis de déjà
réduire sa consommation
d’énergie de 61 %. Le site
s’est également appuyé sur
des capteurs de mouvement,
combinés à des systèmes
d’éclairage led automatisés et
à des protocoles d’extinction
automatiques des éclairages
pour réduire l’énergie utilisée
par les équipements pendant
les heures creuses. Le site s’est
également doté d’éclairage de
sécurité de sa marque Kaufel,
avec l’intégration du système
de surveillance intelligent
Naveo ® Pro. Dans l’avenir,
nous prévoyons de mettre en
place une GTB performante,
un système photovoltaïque,
une PAC pour remplacer
le chauffage au gaz et
d’installer des capteurs IoT sur
d’anciennes machines pour
aller encore plus loin dans les
économies d’énergie », conclut
Fabien Laleuf.
Nouvelle ligne de fabrication automatisée de l'usine ABB de
Chassieu (69).
© PVertical-CHudry
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Nouveau robot
Lexium Scara de
Schneider Electric.
Automate
Modicon M 660.
...
© Schneider Electric
© Schneider Electric
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
avantages de l’automatisation robotisée pour la
surveillance des machines, réduisant considérablement
le temps de configuration et le besoin de
compétences en ingénierie.
Schneider Electric a ajouté à sa gamme de robots
et cobots Lexium le robot Lexium Scara, un
modèle industriel ultra-compact à grande vitesse,
intégré à sa gamme d’automatisation industrielle.
Déployable dans plusieurs secteurs, notamment
la fabrication de batteries, l’électronique, l’entreposage
et l’emballage de produits de consommation,
le Lexium Scara assure des mouvements
rapides et précis. Sa vitesse et sa précision en
font un atout clé pour les processus de fabrication
et d'assemblage, y compris le chargement et
le déchargement de machines, le pick-and-place,
l'emballage et les applications de manutention.
« Plus qu’un simple robot collaboratif,
le Lexium Cobot prend en charge des tâches répétitives,
pénibles ou à risque, libérant ainsi les opérateurs
pour des missions à plus forte valeur ajoutée,
explique Benjamin Houel. Il peut fonctionner
dans des environnements contraignants et s’adapte
à une grande variété d’industries. Compact, sécurisé
et connecté, il répond aux exigences modernes
en matière de cybersécurité et de flexibilité, tout en
renforçant la productivité des lignes de production.
Mais nous proposons tout le process industriel
géré par des automates, comme le nouveau
Modicon M660. On est dans le mouvement de la
machine, le cœur du process. Le Modicon M660
est un contrôleur de mouvement IPC (Advanced
Industrial PC) qui combine des capacités de PC
industriels, un contrôle de mouvement précis, des
fonctions de sécurité et des technologies d’edge
computing dans un seul appareil. Cette approche
globale permet une intégration transparente du
contrôle, du traitement des données et de la communication
dans toutes les applications où le
contrôle en temps réel, la faible latence et la prise
de décision immédiate sont cruciaux. »
Simulation 3D et programmation
hors ligne de robots
Si l’adoption des robots industriels s’est intensifiée
au cours des dernières années, leur plein potentiel
demeure souvent entravé par la fastidieuse
programmation manuelle qu’exigent les consoles
d’apprentissage, et à cela s’ajoutent les difficultés
liées à la diversité des technologies déployées.
Pour résoudre ce problème, Visual Components
a développé une solution unifiée servant à la fois
à la simulation 3D et à la programmation hors
ligne des robots.
« Avec Visual Components Robotics OLP, l’utilisateur
crée, teste et valide des programmes robotiques
dans un environnement virtuel, sans avoir besoin
d’arrêter la production réelle, explique Juri Valla.
Elle permet d’optimiser l’utilisation des robots et
d’utiliser le moins de technologies différentes possible.
L’utilisateur peut en outre évaluer plusieurs
scénarios avant de construire une cellule automatisée
et éviter les erreurs faites par méthodes d’apprentissage
traditionnelles.
À la clé, un gain de temps – dû à une réduction des
temps d’arrêt et une programmation plus rapide,
surtout pour les tâches répétitives – et une amélioration
de la qualité et de l’efficacité globales de la
production. Cette solution extrêmement flexible se
révèle par ailleurs idéale pour former les opérateurs
ou tester de nouveaux processus sans risque. »
Juri Valla donne l’exemple de la société Ponsse :
« Ponsse Plc, leader mondial de la fabrication de
machines forestières, devait répondre à une très forte
demande, de l’ordre de 1 000 machines par an. Il lui
fallait donc transformer son processus de production,
en particulier en ce qui concernait la programmation
fastidieuse de son robot de soudage. L’entreprise finlandaise
s’est donc appuyée sur Visual Components
Robotics OLP pour réussir à programmer ce robot
en une seule journée – contre 10 auparavant – sans
avoir à être présent sur le site de production. Résultat :
une plus grande flexibilité sur l’opération concernée,
pour une productivité accrue. »
Des services pour améliorer la disponibilité,
la fiabilité et la durabilité des process
Le groupe ABB travaille en partenariat avec
des clients industriels, tertiaires et des services
publics pour gérer leurs infrastructures énergétiques
et électriques comme des actifs opérationnels
stratégiques, de manière sûre, intelligente et
durable.
Comme l’explique Stéphane Monard, Marketing
& Sales Manager de la division Service Electrification
d’ABB France, « nous accompagnons nos
clients dans la maintenance, le suivi et l’évolution
de leurs actifs. Le premier point concerne la maintenance
préventive et prédictive. Pour la maintenance
prédictive, nous proposons notamment des
capteurs pour connaître l’état de vie du produit.
Par exemple, pour des appareillages électriques
tels que les disjoncteurs de puissance, nous allons
évaluer les températures et les temps de déclenchement.
Et si ce dernier est anormalement long, nous
allons préconiser à notre client de planifier une
maintenance préventive pour réduire des arrêts
imprévus permettant de prévenir les pannes et les
interruptions de production. Cette surveillance en
temps réel est très importante. Des mesures complémentaires
peuvent également se faire au niveau
du bâtiment (température, hygrométrie…).
Le second point est que nous mettons à disposition
de nos clients une aide au dépannage avec notamment
notre outil Partner Hub, un portail disponible
24 h/24 dédié à la gestion des solutions basse
tension, moyenne tension d’ABB. On retrouve dans
cet outil le cycle de vie des produits, les fiches techniques,
les conseils d’experts. Les clients ont aussi
accès à un e-learning pour les produits (utilisation
ou programmation). De plus, pour un premier
dépannage, nous avons une application mobile
avec CLOSER, un outil individuel de dépannage
en réalité augmentée. La solution offre une assistance
rapide et des guides où trouver les pannes les
plus courantes sur les produits : le client va avoir
une aide au dépannage en vidéo. Tous ces outils
numériques permettent de suivre les équipements
et d’aider les clients à les dépanner.
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
Contrôle du fonctionnement de robots avec la solution Visual Components.
Nos services incluent également une partie conseils
au client : état du parc, schémas d’installation à
jour, suivi de l’âge des produits ou conseils et outil
digital pour la protection des personnes – arc,
flash, mesures infrarouges… ».
La décarbonation passe aussi par l’utilisation
d’énergies renouvelables
Depuis plusieurs années, les prix de l’électricité
industrielle ont connu de fortes hausses, avec des
variations importantes du coût du kilowattheure
et cette tendance devrait durer.
Les usines disposent souvent de surfaces de toitures
importantes, de parkings sur lesquels il
est possible d’installer des ombrières et d’une
consommation journalière assez régulière.
Cela rend l’installation de production photovoltaïque
très intéressante, avec un retour direct
sur investissement rapide et des possibilités
de financement et d’aides dédiés. Ce retour sur
investissement pourra se faire en 5 à 8 ans, et parfois
moins, avec un prix du kWh stable pendant
toute la durée de vie de l’installation qui atteint
aujourd’hui 25-30 ans.
...
Contrôle de
tableaux électriques.
© ABB © Visual Components
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Mersen
Ombrières
photovoltaïques sur le
site de l’usine Mersen
de Saint-Bonnet-de-
Mure (69).
...
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie 4.0
Adopter des solutions d’éclairage performantes
et connectées
L’adaptation ou rénovation
de l’éclairage d’un site
industriel, comme celui des
bureaux, s’inscrit dans une
démarche environnementale
vertueuse.
L’utilisation de solutions
led peu consommatrices
d’énergie, associée à
une gestion adaptée
et performante va
permettre de réduire
la facture énergétique
de l’éclairage en faisant
baisser jusqu’à 90 % la
consommation en éclairage
d’un bâtiment, mais aussi
les frais d’entretien et de
maintenance avec des
équipements ayant une
longue durée de vie et
pouvant être recyclés en fin
de vie. Ces équipements
connectés peuvent faire
l’objet d’une maintenance
prédictive et d’une
régulation très précise de
l’éclairage pour répondre
aux normes telles que
la NF EN 12464-1 qui
définit les niveaux moyens
d’éclairage à respecter.
Les systèmes d’éclairage
led peuvent être facilement
équipés de capteurs et
de systèmes de contrôle
pour ajuster la lumière
en fonction des besoins
spécifiques du site, de
la présence humaine et
des conditions de lumière
naturelle.
Matthieu Krempp, chef
de produits France de
Ledvance SASU, donne
l’exemple du système
de gestion Vivares de
Ledvance : « Les systèmes
Vivares de Ledvance
permettent d’optimiser
le fonctionnement de
l’éclairage de façon
automatique et intelligente,
grâce à l’utilisation de
composants tels que les
détecteurs de présence
et de luminosité.
Combinés à des luminaires
Système de gestion
d’éclairage Vivares
de Ledvance.
C’est le cas de l’usine Mersen de Saint-Bonnetde-Mure
(69) avec trois ans d’autoconsommation
solaire au service de la transition énergétique.
Depuis mai 2021, deux centrales photovoltaïques
installées par Legendre Énergie sur le site de
Mersen contribuent activement à la stratégie
de décarbonation de Mersen. D’une puissance
cumulée de 716 kWc, ces installations — composées
de près de 1 960 modules — génèrent
chaque année environ 866 MWh d’électricité,
couvrant en moyenne 28 % des besoins énergétiques
du site. Cela équivaut à la consommation
annuelle de 350 foyers hors chauffage.
Le dispositif comprend une centrale au sol et
5 ombrières photovoltaïques déployées sur les parkings,
intégrant 16 bornes de recharge pour véhicules
électriques à disposition des collaborateurs.
Ce projet exemplaire a été retenu dans le cadre
de la 9 e tranche de l’appel d’offres de la Commission
de régulation de l’énergie (CRE) pour l’autoconsommation
d’électricité renouvelable.
Comme le souligne Luc Themelin, directeur
général de Mersen, « la transition énergétique
est un défi majeur de la planète et Mersen est fier
d’y contribuer : par son expertise dans le développement
de la technologie solaire photovoltaïque,
mais également par ce projet concret sur le site de
Saint-Bonnet. Ce dernier s’inscrit pleinement dans
notre volonté de limiter l’empreinte environnementale
de nos sites par une réduction de nos émissions
de gaz à effet de serre. »
led à haut rendement, ils
permettent de réduire
la consommation
d’énergie jusqu’à 80 %,
et donc de réaliser
d’importantes économies,
tout en augmentant
considérablement la
qualité de l’éclairage.
Citons notamment la
possibilité de bénéficier de
la technologie d’éclairage
centré sur l’humain (HCL),
reproduisant les variations
naturelles de luminosité au
fil d’une journée, pour une
nette amélioration de notre
Jean-Paul Beaudet
rythme biologique.
La faculté de personnaliser
le comportement des
appareils au sein de
groupes, créer des scénarios
d’éclairage (abaissement
instantané de la luminosité
le temps d’une présentation
vidéo, par exemple), pouvoir
accéder aux installations
à distance, analyser les
données à des fins de
maintenance prédictive, et
bien d’autres avantages,
font des systèmes de
gestion l’avenir du monde de
l’éclairage. »
© Ledvance
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42 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
CVC
Des équipements innovants
pour décarboner les
bâtiments et les process
industriels
Les sites industriels ont des besoins importants en équipements de
chauffage, ventilation, climatisation et réfrigération (CVCR), qui varient
selon les bâtiments et les processus qu’ils abritent. L’adoption de solutions
énergétiquement efficaces est cruciale pour réduire significativement
les coûts énergétiques. Au-delà des enjeux énergétiques, l’utilisation
d’équipements fonctionnant avec des fluides frigorigènes naturels, plus
respectueux de l’environnement, se développe.
* Sondage OpinionWay pour
Equans effectué en avril 2025
auprès de 1 336 décideurs
industriels européens (France,
Royaume-Uni, Belgique,
Allemagne, Pays-Bas).
Selon un récent sondage mené par OpinionWay*
auprès de plus de 1300 décideurs
industriels européens pour Equans,
décarbonation et efficacité énergétique sont
des objectifs majeurs, et ce, aussi bien pour les
grandes entreprises industrielles que les PME et
ETI. La grande majorité des industriels, plus de
90 %, considèrent que la décarbonation est aussi
compatible avec leur secteur d’activité, quelles
que soient leur localisation ou leur taille, et pour
87 % d’entre eux, cette transition est non seulement
réalisable grâce à des solutions existantes,
mais aussi perçue comme une nécessité pour
répondre à l’urgence climatique.
Cependant, bien que la plupart des industries
aient engagé une réflexion sur la décarbonation
de leurs sites, moins de la moitié ont réellement
mis en place des actions concrètes et, en France,
un peu plus d’un tiers des entreprises sondées
sont dans une mise en œuvre opérationnelle de
projets de décarbonation.
Les actions de décarbonation les plus citées
incluent l’amélioration de l’efficacité énergétique
et la sobriété (57 %), notamment pour les
postes les plus gourmands en énergie (process et
CVCR), ainsi que la réduction de la consommation
d’eau et de matières premières par des pratiques
circulaires (52 %).
Le solaire et le stockage sont privilégiés pour remplacer
les énergies fossiles (80 %), surtout pour
les grandes structures industrielles. Plus de la
moitié des entreprises utilisent aussi les pompes
à chaleur (PAC) comme levier de leur transition
énergétique. Les petites ETI, quant à elles, optent
pour une électrification accrue de leurs processus,
adaptée à leur taille et à leurs contraintes
opérationnelles, avec des approches innovantes
et pragmatiques pour réduire et décarboner :
optimisation de la gestion de l’énergie avec limitation
de l’usage des énergies fossiles, isolation et
rénovation thermique des bâtiments, électrification
des processus, de la flotte de véhicule.
Le sondage constate que les ambitions sont souvent
limitées par le manque de clarté sur les
réglementations et les prix de l’électricité, ainsi
que par l’absence de solutions simples et de
financement. De plus, en France, plus de la moitié
des dirigeants pensent que les discours incitant
à ralentir la transition nuisent aux efforts de
leurs entreprises.
Stéphane Brise, directeur marketing Carrier,
ajoute que « l’investissement ne doit pas être un
obstacle, car le retour sur investissement peut être
rapide, parfois en moins de 3 ans, par exemple lors
du remplacement d’une chaudière par une pompe
à chaleur. Certains secteurs sont particulièrement
dynamiques, comme les datacenters, les réseaux de
chaleur et le marché de la décarbonation, où des
solutions complètes et innovantes peuvent être proposées,
tant pour les nouvelles constructions que
pour les installations existantes ».
Il y a une réelle volonté en France de tous les
acteurs – exploitants, investisseurs, industriels…
– à décarboner et réduire l’empreinte énergétique
© DR
© intuis
Arnaud Delaunay,
responsable
développement marché
Industrie, Carrier.
LES DOSSIERS DU MOIS
pour différentes motivations : impact CO 2
sur le
produit final, économies et sobriété énergétiques,
réputation de l’entreprise, sécurité des approvisionnements
énergétiques, etc. « Toute la filière
industrielle est concernée, tous processus et secteurs
d’activité confondus, et les principaux axes sont la
diminution des consommations énergétiques, ainsi
que la décarbonation, ajoute l’expert de Carrier.
Cela implique la mise en place de systèmes comme
le free cooling, la récupération d’énergie et l’installation
de pompes à chaleur. »
Chauffage : décarboner en remplaçant
les énergies fossiles
« L’un des principaux moyens de décarbonation est
de remplacer les énergies fossiles par des énergies
renouvelables. C’est tout l’objectif de la PAC haute
température 61 AQ que Carrier a lancée en début
d’année, et qui a pour vocation de se substituer à
des chaudières à énergie fossile », explique Arnaud
Delaunay, responsable développement marché
Industrie chez Carrier.
Par exemple, sur un site industriel comprenant
des ateliers d’environ 21 000 m², des chaudières à
gaz de 2 MW sont en place avec une température
de départ de 65-75°. Ces chaudières pourraient
être complétées par des pompes à chaleur 61 AQ,
couvrant jusqu’à 70 % du temps de chauffage,
tandis que les chaudières à gaz prendraient en
charge le reste. Cette hybridation permet, selon la
température extérieure, de couvrir jusqu’à 100 %
des besoins de chauffage avec les pompes à chaleur.
Si la température extérieure est trop basse, le
gaz prend le relais. ...
Rénovation industrielle - PAC sur boucle d’eau et chaudière
électrique
Labosud : laboratoire d’analyses avec PAC sur boucle d’eau.
Pour rappel du dispositif,
trop souvent injustement
méconnu, une PAC sur
boucle d’eau est une PAC
Eau-Air qui prend (en mode
chauffage) ou rejette (en
mode froid) les calories
dans une boucle d’eau –
constituée de tubes sur
lesquels sont raccordées
plusieurs PAC.
« Ce système indépendant
facilite la gestion des
bâtiments avec des besoins
variés, comme une façade
Nord nécessitant du
chauffage tandis que la
façade ou les locaux au
sud doivent être rafraîchis
dès le mois de mars. Il peut
aussi répondre à des locaux
comme des ateliers ou
laboratoires nécessitant un
refroidissement constant,
alors que d'autres bureaux
ou locaux ont besoin de
chauffage », détaille Éric
Baudry, directeur des
Affaires publiques au sein
du groupe français intuis.
La boucle d'eau est
fermée, et l'eau maintenue
entre 16 °C et 48 °C,
correspondant à la plage de
fonctionnement des pompes
à chaleur. Ces pompes
réchauffent la boucle d'eau
en mode refroidissement
et la refroidissent en mode
chauffage. Lorsque la
température approche l'une
des limites (16 °C ou 48 °C),
la boucle est chauffée ou
refroidie pour maintenir
l'eau dans une plage
acceptable.
« La solution mise en place
pour Labosud consiste en
CVC
des PAC sur boucle d’eau,
dénommées UtCi (unités
thermodynamiques de
confort individuel) qui
assurent le chauffage,
le refroidissement,
le traitement et
renouvellement d’air et
la récupération d’énergie
thermique. La PAC est
couplée à une chaudière
électrique de 196 kW qui
apporte un appoint en
cas de grand froid. Sur
l’année 2023, l’équilibre a
été parfaitement atteint,
avec usage de la chaudière
électrique d’appoint sur
1,5 jour », poursuit l’expert
d’intuis.
La PAC sur boucle d’eau
s’installe en façade d’un
bâtiment et permet de
faire gagner un étage tous les
5 étages, car elle ne nécessite
pas de faux plafonds.
Un gain d’espace très
important pour les projets
de construction en neuf et
de sérieuses économies à
la clé avec une solution qui
joue un rôle important dans
la redistribution des énergies
produites en s’adaptant en
permanence au besoin de
confort du local.
Les solutions intuis de fortes puissances utilisent le fluide R290. Les PAC
sur boucle d’eau fonctionnent au R1234yf.
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. . . . . . . .
© DR
© Carrier
Jean-François Marange,
directeur développement
Grand tertiaire, groupe
intuis.
...
AVIS D’EXPERT
« Chaque processus
industriel a des besoins
uniques en chauffage ou
refroidissement, et les
solutions sont adaptées en
fonction de ces besoins.
Elles visent souvent à
sécuriser les outils de
production, optimiser
l'énergie et réduire
l'empreinte carbone,
ce qui est crucial pour
les entreprises. Ainsi,
également, en fonction
des normes de sécurité,
le dimensionnement des
installations et l’usage
d’un fluide particulier
peuvent différer selon
leur conception et leurs
exigences », introduit
Stéphane Brise, de Carrier.
La réglementation actuelle
(F-Gaz) et le bon sens
incitent nos équipes du
44 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Les solutions hybrides, et tout particulièrement
mixant énergie gaz et PAC, constituent donc une
réponse mature et pertinente par rapport à une
solution pure gaz, avec jusqu’à 70 % d’émissions
de CO 2
en moins par rapport à une ancienne
chaudière.
Les exemples se multiplient
sur les sites industriels français
« Intuis propose également une pompe à chaleur de
forte puissance appelée ZéPAC pour les bâtiments
tertiaires ou industriels. Selon les besoins, elle peut
offrir des services doubles ou triples, avec des puissances
de 17 à 80 kW et une température de départ
de 70 °C, permettant généralement de conserver
les émetteurs existants. La régulation de la pompe
à chaleur prévoit un démarrage progressif des com-
presseurs pour suivre au mieux la courbe de chauffe
du bâtiment », introduit Jean-François Marange,
directeur des activités Grand tertiaire d’intuis.
Les PAC peuvent aussi être cascadées pour
atteindre des puissances supérieures pouvant
atteindre 1,2 MW.
« Les solutions intuis répondent également à des
besoins spécifiques industriels, comme la simple
fourniture d’eau chaude pour le dégraissage de
pièces de production », poursuit l’expert.
En rénovation, citons également le cas exemplaire
du site ABB de Chassieu (Auvergne-Rhône-Alpes)
qui réduit sa consommation d’énergie
de 61 % et concrétise l’objectif Mission to Zero
de l’entreprise.
Des résultats qui ont été obtenus grâce au
regroupement des opérations usine au sein d’un
Stéphane Brise, directeur marketing au sein de Carrier France
Quels fluides frigorigènes efficaces pour
les solutions CVCR de l’industrie ?
centre R&D de Montluel,
ainsi que les industriels
en général, à utiliser des
fluides naturels et des HFO,
qui ont un faible potentiel
de réchauffement global
(PRG). Les fluides naturels
ont donc bien sûr le vent
en poupe, mais chaque
fluide a ses applications
spécifiques. « Par exemple,
le R290 est très efficace
pour les pompes à chaleur
à haute température, le CO 2
est plus adapté pour les
applications à très basse
température, et le NH3
est plutôt utilisé pour les
applications à condensation
par eau, bien qu'il présente
des contraintes importantes
de dimensionnement
et de sécurité avec les
technologies actuelles. Pour
ce qui est des HFO, le fluide
R1234ze est très polyvalent,
car il peut être utilisé pour
le froid négatif, positif et
haute température. Il est
particulièrement efficace
avec la technologie de
compression à vis, poursuit
l’expert de Carrier. Le sujet
des fluides est donc très
important, l'efficacité des
chillers et des PAC qui y est
CVC
PAC AquaSnap 61AQ en
2 modules - mono ou multibloc -,
puissances de 40 à 560 kW.
associée sont la clé de la
décarbonation dans notre
secteur ; en effet, environ
80 % des émissions de gaz à
effet de serre d'une machine
sont émises pendant son
fonctionnement, le choix
du bon fluide en fonction
de son efficacité est donc
l'élément clé pour les
développements futurs.
Notre dernier produit,
l'AquaSnap 61AQ, illustre
ces choix. Cette pompe
à chaleur combine
efficacité énergétique et
fluide naturel, utilisant du
R290 avec une efficacité
saisonnière de 4,2. Elle est
idéale pour les marchés
du neuf, de la rénovation
et la décarbonation des
installations », conclut
l’expert.
© Carrier
...
© DR
LES DOSSIERS DU MOIS
CVC des sites et centrales nucléaires – l’exemple de la
centrale britannique de Sizewell C
Joël Guittard, DG d’Axima
Nucléaire.
Quelles sont les spécificités
des systèmes de ventilation
dans les installations
nucléaires ?
« Les systèmes de ventilation
sont essentiels à la sécurité
et à la sûreté des centrales
nucléaires et doivent d'abord
assurer un confinement
dynamique en contrôlant les
cascades de dépression entre
zones et locaux critiques.
Cela permet de diriger la
circulation de l'air pour
confiner et surveiller toute
contamination près de sa
source, empêchant ainsi les
particules de se propager et
évitant des rejets incontrôlés
dans l'environnement, même
en cas d'accident grave. Il est
donc essentiel de maintenir
ces locaux en dépression »,
explique Joël Guittard,
directeur général au sein
de l’entité d’Equans France
Axima Nucléaire.
Les systèmes doivent
ensuite offrir un niveau
élevé d'isolement et de
purification, avec une
étanchéité renforcée
pour résister à toute
défaillance et libération
de contaminants. Ils ont
également pour mission
de garantir l'étanchéité
du bâtiment, même dans
des conditions dégradées
suite à un incident. Chaque
équipement est donc unique
et complexe, nécessitant
le plus souvent des pièces
et une chaudronnerie
spécifiques, comme pour la
fabrication de caissons à sas
étanche. En ce qui concerne
l'épuration, il s'agit de filtres
Sophie Corre, directrice
commerciale d’Axima Nucléaire.
à très haute performance
(THE) conformes à la
norme spécifique IRSN
CTHEN 14-10. « Tous les
équipements sont suivis et
surveillés et interconnectés
au contrôle commande
de la centrale. Enfin, les
systèmes de ventilation dans
un site nucléaire répondent
aussi classiquement au
renouvellement d’air de
confort et d’assainissement
et assurent le traitement
de l’air et la régulation de
la qualité de l’air intérieur
(QAI). Ils limitent également
les gaz pouvant présenter
un risque d'explosion,
tout en maintenant des
conditions optimales pour
le fonctionnement des
équipements », poursuit
l’expert.
Quel est le rôle d’Equans
sur le projet Sizewell C ?
« Depuis plus de 50 ans, nous
concevons et installons des
systèmes de ventilation
nucléaire. Notre expertise
couvre toutes les phases
du projet, de la réponse
CVC
aux appels d'offres à la
conception, les études
d’exécution, l'installation,
les tests et même l'entretien
des équipements. Le contrat
présent, d'une durée de
7 ans, s'appuie largement
sur les possibilités de
transposition et de
standardisation issues
des travaux de la centrale
Hinkley Point C », explique
Sophie Corre, directrice
commerciale d’Axima
Nucléaire.
« Au-delà de la conception
des systèmes, la phase de
tests de qualification de
chaque équipement est tout
aussi cruciale. Elle inclut
des tests sismiques sur
table vibrante, par exemple
pour les ventilo-convecteurs
équipés de redondances
internes avec notamment
deux batteries froides et
deux ventilateurs, ainsi que
des tests de vieillissement
(thermique, mécanique…),
Préparation d’équipements dans l’atelier d’Axima Nucléaire.
© DR
Préparation d’équipements dans l’atelier d’Axima Nucléaire.
© Equans
des tests de résistance au
feu et aux chocs », ajoute
Joël Guittard. Enfin,
l’alimentation en énergie des
équipements fait elle aussi
l’objet de redondances avec
des groupes de secours et
d’ultime secours.
Quelle est l’ampleur du
projet et pourquoi est-il clé ?
Située dans le Suffolk,
Sizewell C est une centrale
avec 2 EPR, et un projet sur
mesure conséquent, groupant
plus d’une vingtaine de
systèmes de ventilation
différents, unités terminales/
ventilo-convecteurs,
groupes froid, aérothermes,
aéroréfrigérants, ailes
de mesures en gaine…
« L’objectif est de climatiser
3 600 locaux, dont
certains avec confinement
dynamique. La puissance
de froid total est de 55 MW
pour un débit d’air brassé de
près de 11 millions de m 3 /h. »
« Ce projet est crucial, car il
s'inscrit dans la continuité
de nos récentes expériences
à Flamanville (Normandie)
et Hinkley Point C. Il nous
permet de maintenir et de
renforcer nos compétences
dans nos ateliers et au
sein de notre écosystème,
localisé à 80 % en France,
nous préparant ainsi pour
les phases d'étude et de
production des futurs EPR2
en France », conclut Sophie
Corre.
© Equans
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© ABB
Site R&D et
production de
Chassieu.
Un projet décarboné,
labellisé Breeam niveau
Excellent.
...
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LES DOSSIERS DU MOIS
CVC
bâtiment unique, à l’isolation de la toiture, à
l’installation d’éclairages led et à l’utilisation
d’une électricité verte provenant de sites français
de production d’hydroélectricité. Dans un deuxième
temps, le site de Chassieu prévoit d’installer
un système de gestion des bâtiments, un
nouveau système de chauffage électrique en toiture
et des systèmes de récupération de chaleur
à partir des compresseurs de production et des
opérations de laboratoire, afin de réaliser encore
davantage d’économies d’énergie.
Les nouvelles constructions sont également
concernées. Pour illustration, le projet mené
par le Groupe IDEC pour Sisley utilise la géothermie,
un système de récupération de chaleur
et 1770 panneaux photovoltaïques pour
l’autoconsommation sur place. Pour les besoins
énergétiques des process non couverts par ces
sources, l’utilisation de biogaz est également prévue.
Le bâtiment devrait être livré début 2026.
HRC70 ZéPAC, pompe à chaleur Air-Eau monobloc
haute température.
L’optimisation du refroidissement
reste un axe important
« En premier lieu, l'optimisation du refroidissement
peut s’opérer en changeant une technologie
ancienne pour gagner en efficacité énergétique :
par exemple, en remplaçant des groupes à vitesse
non variable par des machines de la gamme
30KAVZE qui, à charges partielles, sont très efficaces,
ce qui correspond bien au cas de la plupart
des productions de froid qui ne fonctionne pas à
100 % à l'année », illustre Arnaud Delaunay, de
Carrier.
En second lieu, l'expertise des équipes Carrier
est cruciale pour accompagner les industriels
afin de combiner différentes technologies et solutions,
comme le free cooling intégré pour la production
d'eau glacée avec une machine dédiée,
la récupération de chaleur totale boostée avec
la gamme 30KAVZE, ou encore la valorisation
de l'énergie fatale pour fournir de l'eau chaude
jusqu'à 85 °C avec une autre gamme.
Jean-François Moreau
© intuis
© IDEC Santé
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SOLUTIONS
Éclairage
Un luminaire linéaire polyvalent,
modulaire et performant
Monté individuellement ou en ligne continue laissant libre cours
à une grande liberté de conception, le nouveau luminaire linéaire
led Otao Linear de Sylvania Group affiche un design épuré, avec
son profilé aluminium d’une grande finesse (largeur de 50 mm).
Proposé en finition blanche ou noire, il s’intègre ainsi harmonieusement à tous les environnements tertiaires
et commerciaux. D’une très haute efficacité lumineuse allant jusqu’à 146 lm/W, il se décline avec trois optiques
(diffuseur microprismatique, réflecteurs blancs ou noirs) pour, tout en garantissant un faible éblouissement
(UGR < 19), assurer un éclairage direct ou direct/indirect à 70 %/30 %. Pour cela, il suffit d’ajouter au dos du
luminaire un module indépendant, fixé magnétiquement.
www.sylvania-group.com
© Sylvania Group
© Wago
Automatisation industrielle
Wago Web Panel 400
Innovation et performance optimisées
Avec le Web Panel 400, Wago propose une solution innovante pour l’automatisation
industrielle. Ce terminal tactile allie design moderne et haute
performance grâce à un processeur 64 bits Quad Core
et une interface multi-touch capacitive. Disponible en
trois tailles, il s’adapte à tous les besoins grâce à une
installation flexible (encastrement, support VESA) et
une alimentation PoE pratique. Doté d’un écran haute
qualité et d’une mémoire extensible via carte microSD,
il garantit une visualisation fluide et précise. Offrant un excellent
rapport performance/prix, le Web Panel 400 optimise la commande et la surveillance des
équipements industriels.
https://www.wago.com/fr/technique-d-apos-automatisation/decouvrir-touch-panel
Connecteurs industriels
Des connecteurs adaptés à l’alimentation,
au contrôle et à la mesure
Les connecteurs PROCON de Walther-Werke sont utilisés pour
l’alimentation et le contrôle, ainsi que pour procéder à des opérations
de mesure dans les domaines de l’industrie ou encore sur certains
engins de chantier. On les utilise également dans l’éclairage et la
technique de scène. Parallèlement, ils servent de liaison entre les
PC et les appareils de diagnostic afin de transmettre des données de
fonctionnement. L’encombrement des connecteurs rectangulaires
offre la plus grande utilisation possible de l’espace pour différents
agencements de contacts, selon lesquels on différencie les séries
individuelles. De plus, la forme rectangulaire est excellente et permet
de gagner de la place sur les machines, les profilés et les surfaces de montage des
armoires de commande. La gamme de connecteurs industriels comprend des
boîtiers et des inserts.
www.walther-werke.fr
© Walther Werke
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PUBLIRÉDACTIONNEL
Les solutions durcies Getac
pour maximiser l’efficacité
énergétique
La transition énergétique et l’industrie vont désormais de pair, le secteur industriel doit ainsi
conjuguer performance, efficacité et connectivité. L’utilisation de solutions informatiques durcies
permet d’accompagner aisément cette transformation. C’est pourquoi Getac, un leader mondial
dans ce domaine propose une gamme complète de solutions durcies et logiciels conçus pour
accompagner les professionnels de l’énergie dans leur mutation vers l'Industrie 4.0.
La continuité des opérations, sur
site de production, en extérieur
ou en intervention est favorisée
grâce à l’utilisation de solutions durcies
et conçues pour résister aux chocs,
aux températures extrêmes ou encore
aux infiltrations d’eau ou de poussière,
des environnements clés au sein desquels
l’industrie 4.0 se développe. Les
nouvelles générations d’ordinateur portable
durcis B360 et B360 Pro de Getac
associent ainsi une technologie avancée
« AI-ready » et une fiabilité totale pour
plus de performance et de polyvalence.
Ces modèles sont les premiers ordinateurs
portables entièrement durcis à
intégrer les derniers processeurs Intel®
Core Ultra Series 2 et la technologie
Intel® AI Boost. Les solutions informatique
durcies de Getac sont pensées pour
faire face aux environnement difficiles,
que ce soient des projets de supervision
d’infrastructures électriques, de maintenance
d’installation solaire et bien
d’autres en permettant aux opérateurs
d’allier sécurité et efficacité.
Getac témoigne de son engagement à
fournir aux acteurs de l’énergie un matériel
propice à l’efficacité industrielle en
proposant no seulement des PC ou des
tablettes durcies mais également des
outils logiciels qui transforment ces
équipements en solutions totales. Avec
le Getac Device Monitoring System, les
entreprises peuvent surveiller toutes les
solutions Getac déployées à partir d'un
tableau de bord central hébergé sur le
cloud leur permettant ainsi d’anticiper
les incidents et optimiser la disponibilité
des appareils. La solution Getac
DeployXpress quant à elle, rationalise le
déploiement, la configuration, l'approvisionnement
et la mise à jour des appareils
Android Getac, offrant flexibilité,
précision et confort aux utilisateurs.
En combinant équipements durcis et
logiciels adaptés, l’offre Getac Select®
permet aux acteurs de l’industrie 4.0
de choisir des solutions personnalisées,
en s’assurant qu’elles répondent à leurs
besoins particuliers. Avec les solutions
durcies Getac, les systèmes mobiles utilisés
voient en effet leurs données sensibles
protégées grâce à un accent mis
sur la cybersécurité embarquée et la
durabilité. L’industrie 4.0 est donc plus
sûre et performante.
Open2Europe
63-65 Av. Gabriel-Péri,
92600 Asnières-sur-Seine
Léa MAMES
l.mames@open2europe.com
01 55 02 15 13
Anaïs LOYZANCE
a.loyzance@open2europe.com
01 55 02 14 76
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3 QUESTIONS À
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
25 % du chiffre d’affaires de Walther-Werke
est réalisé sur des produits de moins
de 5 ans, ce qui souligne notre démarche
volontariste d’innovation.
’’
Michel Candalh
Directeur de filiale, directeur commercial Walther-Werke
© DR
Intervenant dans le domaine de la distribution de courant, la marque
Walther-Werke se présente comme un partenaire technologique au service
de l’industrie, du bâtiment, de l’événementiel et de la mobilité électrique.
Fondé en 1897 en Allemagne, le groupe s’appuie sur une forte capacité
d’innovation et une implantation européenne et internationale. La filiale
française, qui bénéficie d’une autonomie stratégique, se développe avec un
objectif de croissance rapide. À l’occasion des 30 ans de la filiale, Michel
Candalh, directeur de filiale et directeur commercial, revient sur les spécificités
du groupe, ses expertises, ses ambitions et ses dernières nouveautés.
j3e - Pouvez-vous nous présenter le
groupe Ferdinand Walther et sa filiale
française ?
Michel Candalh – Le groupe Ferdinand
Walther, créé en Allemagne en 1897, est
spécialisé dans la distribution de courant
sur site et hors site. L’entreprise est
présente au niveau mondial au travers
de 7 filiales et 60 partenaires de distribution
et réalise les deux tiers de son chiffre
d’affaires en Europe. Il compte deux
sites de production en Allemagne, un
au Royaume-Uni et un aux États-Unis,
qui est une filiale importante du groupe.
Sous sa marque Walther-Werke, notre
organisation fabrique des équipements
électriques destinés à de multiples secteurs
d’activité, dont ceux du bâtiment,
de l’industrie et de l’événementiel. Parmi
les solutions proposées se trouvent les
coffrets et armoires de distribution,
les prises de courant, les connecteurs
industriels et les câbles de recharge
pour les IRVE. 25 % du chiffre d’affaires
du groupe est réalisé sur des produits
de moins de 5 ans, ce qui souligne la
démarche volontariste d’innovation de
Walther-Werke.
j3e - Quels sont vos domaines de
compétences et vos particularités ?
M. C. – Nous sommes un acteur historique
de la distribution d’énergie mobile,
notamment pour l’événementiel, concevant
des coffrets et des rallonges pour
les concerts. Nous sommes également
présents dans l’industrie au travers de
connecteurs et coffrets de prises spécifiques
pour les machines-outils, qui sont
des consommateurs importants. Depuis
de nombreuses années, Walther-Werke
propose des solutions pour la recharge
des véhicules électriques, principalement
pour le marché allemand. En
France, nous avons orienté notre offre
vers les solutions de recharge pour les
vélos à assistance électrique avec des
applications originales. En tant qu’industriel,
notre proposition de valeur
est d’accompagner nos clients dans la
mise en œuvre de solutions fiables et
innovantes, qui favorisent la performance
énergétique. La filiale française
compte 14 personnes, dont 8 commerciaux
et nous disposons de compétences
techniques, réglementaires et d’une
excellente connaissance des usages de
nos clients. 50 % du chiffre d’affaires
en France est réalisé avec des produits
sur mesure, conçus selon un cahier des
charges défini par nos partenaires. Le
fait d’avoir la possibilité de proposer
depuis notre site de Douai des solutions
en « monté-câblé » pour répondre
rapidement aux besoins spécifiques
constitue un véritable plus. La filiale
française évolue, avec la volonté d’accompagner
ses clients dans l’analyse
de leurs besoins et d’y répondre avec le
niveau d’exigence requis.
j3e - Pouvez-vous nous présenter
vos nouveautés/solutions ?
M. C. – Nous avons lancé la gamme
de connecteurs NEO, qui comprend
une offre complète de fiches, de prises
murales, de prolongateurs et de socles.
Ce produit présente un design abouti,
est classé IP54 pour sa résistance à la
poussière et aux projections d’eau et
dispose d’un système d’ouverture et de
fermeture original, avec une ouverture
du capot à 220°. Un QR code apposé
sur le produit permet d’accéder rapidement
à la fiche technique en ligne.
Depuis 2 ans, nous proposons une
version 16 A, et depuis 6 mois, une
version 32 A. Enfin, notre gamme
comprend la prise intelligente IPD, ses
voyants led intégrés sur son diamètre
extérieur identifient immédiatement
les éventuels défauts, informant en
temps réel l’utilisateur du sens du
champ tournant tout en contrôlant
la température, les conducteurs de
phase, du neutre et de la terre.
50 j3e 919 / JUIN 2025 - www.filiere-3e.fr