24.06.2025 Vues

Boxoffice Pro n°495 – 25 juin 2025

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Bimensuel N°495 / 25 juin 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA



Bimensuel N°495 / 25 juin 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

RENCONTRES DU

CINÉMA INDÉPENDANT

LE SDI FAIT SES JEUX À PARIS


L'édito

Sommaire

L’été sous surveillance

nin-niin, nin-niiin, nin-nin nin-nin-nin-nin [musique

inquiétante ]

P.6

ACTUALITÉS

P. 23 à 25

FESTIVAL D’ANNECY

Il y a cinquante ans, un jeune réalisateur nommé

Steven Spielberg jetait son “requin dans l'estuaire”,

sans se douter qu’il lançait le "summer blockbuster".

Les Dents de la mer fut le premier film américain à

passer la barre des 100 millions de dollars et bien

d’autres suivront, à commencer par le premier Star

Wars aux États-Unis en 1977. Cet été, les prétendants

américains seront au rendez-vous et promettent

de belles sorties (et entrées) avec entre autres F1,

Jurassic World ou encore Superman. Espérons qu’ils

donneront le mordant nécessaire à la fréquentation

2025, dont la profession a tant besoin.

P. 8 à 13

À LA UNE

Retour sur les

Rencontres du cinéma indépendant

©Sonia Reveyaz

Annecy 2025 : une édition passée par

toutes les couleurs

Dialogue avec la Cicae et Europa

Distribution

P. 26

INCLUSION

Pour des écrans inclusifs

En effet, l’effervescence des rencontres professionnelles

de juin, post-festival (de Cannes) et pré-estivales,

ont montré que les points de frictions et de débats

entre professionnels s'exacerbent dans un marché

lui-même sous tension.

Des salles de cinéma fortes et innovantes, des ajustements

autour de la réforme art et essai, l’attente

de nouvelles mesures pour l'éducation aux cinémas,

une réforme (imminente) du fonds de soutien à la

distribution, des accords de bonnes pratiques entre

distributeurs et exploitants… Des interrogations

et des problématiques qui ont besoin d'être posées

et débattues pour être surmontées de Cemineo,

aux Rencontres du cinéma indépendant, des CIP

jusqu'à CineEurope, à la recherche de la reprise.

En attendant, entrons dans la danse de l’été et

invitons les spectateurs à la grande Fête du Cinéma !

Marion Delique

P. 14-15

LES RÉSEAUX EN AG

Les CIP accentuent leur travail solidaire

Séminaire Cinéo

P. 16-17

REQUINS

Jaws : 50 ans et toutes ses dents

P. 28 à 31

CINEEUROPE

CineEurope 2025 :

dans les coulisses d'un tournant ?

Le cinéma suédois à la croisée

des chemins

P. 32-33

EXPLOITATION

Feu vert pour le cinéma de Foix en CDACi

P. 34

MISCELLANÉES

est une publication de

Dangerous Animals : The Jokers mise

sur un grand frisson estival

CDACi/CNACi, soutiens,

Programme Jeunes talents du Prix Lux,

30 ans de l'UGC des Halles et

agenda de la profession

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-Couturier

CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal à parution

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JULES DREYFUS

Journaliste

Crédits page 3 : ©Sonia Reveyaz - Boxoffice Pro/Jules Dreyfus

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CHARLOTTE POUILLOT

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

4 N°495 / 25 juin 2025



Actualités

Promotion

au sein de CGR

Le circuit rochelais annonce

que Marie Plaire,

anciennement secrétaire du

siège social, est promue au

poste d’assistante de

programmation. Elle assurera

désormais la création des

grilles de programmation, en étroite collaboration avec

les distributeurs et les cinémas.

L'Afcae renouvelle

partiellement son bureau

Après son AG cannoise, le conseil d’administration de

l’association a (ré)élu les membres de son bureau, le

seul changement concernant le poste de trésorier.

Également peu de changements du côté des

responsables des différents groupes de l’Afcae, hormis

William Robin qui prend la suite de Anne Huet, pour le

groupe des Associations territoriales.

Le Bureau

Président : Guillaume Bachy

Vice-président·es :

Clémence Renoux et Emmanuel Baron

Secrétaire : Caroline Grimault

Secrétaire adjointe : Charlotte Prunier

Trésorière : Cerise Jouinot (remplace Cyril Désiré)

Trésorière adjointe : Corinne Honliasso

©CGR

©Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris

Une nuit blanche pour 130 ans de cinéma

Le 7 juin dernier, Gaumont et La Fémis ont pris part à

la Nuit Blanche de Paris pour célébrer 130 ans de cinéma

au Petit Palais. L'occasion pour les 2 300 visiteurs de la

soirée de partager leurs souvenirs de cinéma avec Michel

Hazanavicius, Jean-Pascal Zadi, Fanny Sidney, Lawrence

Valin et Anne-Sophie Bailly, entre deux films de la Fémis

et du catalogue Gaumont. La soirée s'est poursuivie avec

un ciné-concert autour d’un film retrouvé d'Alice Guy

(La Esmeralda), un dialogue entre 20 films du catalogue

Gaumont et le compositeur Christophe Chassol, et enfin

un DJ Set électro de Para One.

Un nouveau président

pour l’Arp

Le réalisateur Jérôme Enrico (Paulette, Cerise) a été

nommé à la présidence de la Société civile des Auteurs

Réalisateurs Producteurs. Il succède à Pierre Jolivet, qui

redevient vice-président aux côtés de Nathalie

Marchak et Radu Mihaileanu, tandis que Jean Achache

prend la suite d'Olivier Casas au poste de trésorier. Le

bureau est complété par Jérôme Diamant-Berger, Eva

Husson, Baya Kasmi et Gérard Krawczyk. Laurence

Herszberg, Claude Lelouch (président d'honneur) et

Jean-Pierre Sauné demeurent pour leur part au conseil

de surveillance.

Les prochaines Rencontres cinématographiques de

L'Arp auront lieu du 5 au 7 novembre au Touquet.

L’Entraide de Lyon

renouvelle son CA

L’Entraide du cinéma et

des spectacles de Lyon

et Région a approuvé la

création d’une

commission « initiatives

locales » et la

composition de son Isabelle Fabre et Philippe Delacour

nouveau CA, composé de :

Philippe Delacour - président, Isabelle Fabre

- vice-présidente, Frédéric Roguier - trésorier

Céline Messean - secrétaire générale, ainsi que des

administrateurs : Coline David, Frédéric Emile,

Alexis Guillaume, Joël Luraine et Denise

Maisonneuve, présidente d’honneur.

©Laurent Guichardon

Gaumont et la Femis célébrent 130 ans de cinéma au Petit Palais

La réforme de

l’Audiovisuel public

adoptée en commission

La commission des Affaires culturelles de l’Assemblée

nationale a voté le 18 juin la proposition de loi visant

à regrouper France Télévisions, Radio France et l’Ina

dans une holding détenue par l’État. Certaines dispositions

ayant été supprimées par des amendements – et

renvoyées à un futur texte législatif –, les députés de la

commission ont donc approuvé le principe d’une

gouvernance unique pour la future holding France

Médias, chère à Rachida Dati. Pour rappel, la ministre

de la Culture a fait de cette réforme une priorité, contre

l’avis de la plupart des organisations professionnelles

– qui redoutent notamment une direction unique de

l’information – et d’une partie de l'opposition.

Le Sénat avait déjà approuvé, il y a deux ans, la proposition

de loi qui sera examinée par l’Assemblée en séance

plénière le 30 juin.

TF1 et Netflix passent

un accord inédit

À partir de l'été 2026, toutes les chaînes et les contenus

à la demande du groupe TF1 seront accessibles directement

sur Netflix. Si les deux opérateurs ont déjà travaillé

ensemble sur des co-productions (Les Combattantes,

L'Agence ou Tout le bleu du ciel…), il s’agit d’une première

mondiale pour la plateforme américaine, qui n’avait

jamais diffusé ainsi les programmes d’un éditeur local,

et pourra proposer à ses abonnés français Demain nous

appartient ou Koh-Lanta, et surtout les événements

sportifs diffusés en direct par TF1.

Le premier groupe audiovisuel français va de son côté

bénéficier de la force de frappe du leader mondial de

la SVOD pour rajeunir son audience et capter de

nouveaux annonceurs publicitaires. Une “hybridation”

nouvelle qui interroge un peu plus l’avenir de la TNT

et de la télé française en général… face aux agrégateurs

de contenus qui se multiplient.

6 N°495 / 25 juin 2025



Rencontres du cinéma indépendant

Organisé au Méliès de Montreuil, le traditionnel Café des Indés a été une nouvelle opportunité d'aborder la RSE à travers six tables rondes.

©Boxoffice Pro / Jules Dreyfus

LES RENDEZ-VOUS DE PARIS

DES INDÉPENDANTS

Plus de 400 participants se sont retrouvés lors

des 10 es Rencontres du cinéma indépendant.

Paris, réforme ou encore RSE étaient au

programme de l’événement concocté par le

Syndicat des distributeurs indépendants (SDI)

avec les exploitants indépendants, notamment

du Scare et de l’Acrif.

Habituées à se dérouler deux années de suite dans la

même ville, les Rencontres ont fait une entorse à leur

règle pour cette édition anniversaire, en se délocalisant

de Marseille à la capitale. Au total, quatre lieux ont été

mobilisés : le Louxor, le Cinéma des Cinéastes, la Fémis

et le Méliès de Montreuil. L’attente était d’autant plus

grande que l’événement proposait deux interventions

inédites : l’une avec Laurence Franceschini, la médiateure

du cinéma, et Sophie Cazes, déléguée pour la mission

Cinéma de la Ville de Paris, autour du marché parisien,

et l’autre avec Lionel Bertinet, directeur du cinéma au

CNC, pour évoquer les contours de la réforme de la

distribution et revenir sur les principaux axes de travail

avec le Centre.

Un écosystème parisien sous tension

Avec ses quelque 80 cinémas et 17,4 millions de tickets

en 2024, la capitale reste un marché incontournable, qui

représente parfois la moitié des entrées des films fragiles

ou de répertoire. Et, comme le précise Jean-Fabrice

Janaudy, gérant des Acacias, « ce marché est également une

vitrine et un levier de programmation pour toutes les salles

au-delà de Paris ; d’où l’importance d’y être bien exposé ».

C’est donc logiquement que Sophie Cazes est intervenue

pour présenter l’écosystème parisien, caractérisé comme

un « tissu vivant », à travers les nombreux établissements

qui devraient très prochainement (re)voir le jour : La

Clef (5 e arrondissement), le Saint-Germain-des-Prés (6 e ),

le CiNey (18 e ) et la Pagode qui sera le seul site du septième

arrondissement. Les projets du Tapis Rouge (10 e ), de

l’Étoile Voltaire (11 e ) et de l’Ordener (18 e ) sont en

revanche en “pause”. Pour la déléguée de la mission

Cinéma de Paris – en poste depuis cinq mois et le départ

à la retraite de Michel Gomez –, cette diversité illustre

l’ambition de la Ville, qui veut que « chaque arrondissement

soit doté d’un cinéma, afin que chaque spectateur puisse se

retrouver à travers l’offre proposée ». C’est dans cette même

perspective que Paris alloue 900 000 € de subventions à

une trentaine de salles au total, et applique une politique

« incitative, et parfois pénalisante pour les sites que l’on

estime ne pas être assez dynamiques ».

Toutefois, cette densité a ses revers. Bien que Paris joue

« un rôle singulier pour la diversité », la ville « n’est pas un

monde à part », affirme Laurence Franceschini. La

médiateure observe plusieurs évolutions, notamment sur

la notion de quartier : « C’est un aspect très important dans

la médiation car elle définit la zone de concurrence, et je

me demande si, compte tenu de la mobilité à Paris, elle a

encore un sens. » Autre changement mis en valeur par les

indépendants, l’élargissement – « parfois excessif » – des

plans de sortie, impliquant moins d’espace pour certains

films : depuis 2022, 15 sorties n’ont pas trouvé leur place

au sein des salles parisiennes, mais ont pourtant été

distribuées ailleurs sur le territoire. La médiateure a ainsi

exposé que la majorité des saisines sur la capitale depuis

2021 viennent des distributeurs. Et en 2024, ils sont à

l'origine de 7 des 14 des saisines totales au niveau national.

Laurence Franceschini s’étonne donc d’observer que,

depuis le début de l’année, une seule médiation concerne

Paris : « Peut-être que cela signifie que tout va bien, mais

je n’en suis pas sûre. Il y a sans doute une réticence, voire un

découragement à saisir la médiation. » Pour Lucie Commiot,

directrice de la distribution de Condor et coprésidente

du SDI, il s’agit sans doute d’une conséquence du faible

délai entre la confirmation du nombre de copies d’un

film et sa sortie.

8 N°495 / 25 juin 2025


Étienne Ollagnier, coprésident du SDI et gérant de

Jour2Fête, a quant à lui appelé à la création de médiations

entre distributeurs, notamment quand certains films sont

datés entre quatre à six semaines avant leur sortie, pénalisant

les autres s’étant positionnés bien avant. Une

proposition saluée par Laurence Franceschini, qui rappelle

toutefois qu’une modification du code du cinéma est

nécessaire pour que lui soit conférée « une réelle compétence

sur les litiges entre distributeurs ». Elle explique aussi avoir

reçu des demandes de médiation de la part d’exploitants

qui se plaignent du faible nombre de films proposés

actuellement. Une situation qui, pour Lucie Commiot,

est due à la saturation des sorties art et essai entre septembre

et décembre : « Il y a toujours l’idée que les films cannois

qui sortent entre janvier et mai sont des offres moins fortes.

Or, il faudrait arriver à les étaler sur toute l’année. »

Et si l’offre vient parfois à manquer, elle manque aussi

de diversité, même à Paris. Stéphane Auclaire, cofondateur

d’UFO, explique avoir calculé au début du mois

que, au nord de Paris – soit un bassin de 650 000 habitants

–, seuls 19 films de première exclusivité étaient

diffusés sur un total de 100 écrans. À l’inverse, au centreville

de Nancy, pour une trentaine de salles et 110 000

habitants, 23 sorties étaient disponibles. Ce constat

interpelle Laurence Franceschini qui se prononce, avec

Sophie Cazes, en faveur d’une étude globale sur le marché

parisien, supervisée par le CNC. Une initiative approuvée

par Lucie Commiot, qui souhaiterait également « comparer

la moyenne par séance des films indépendants par rapport

à d’autres en saturation d’exposition. Cela pourrait peut-être

donner envie à des exploitants de mieux programmer ces

sorties ».

©Sonia Reveyaz

Interrogé par Étienne Ollagnier sur la forte concentration

de la programmation, le directeur du cinéma a d'abord

rappelé l'application de la pondération des séances dans

le cadre de la réforme art et essai, une mesure jugée

incitative en faveur de la diversité. Il a ensuite mis en

avant la publication, juste avant Cannes, de nouvelles

lignes directrices sur les engagements de programmation

: « Notre urgence, maintenant, est de faire en sorte que

chacun des opérateurs soumis à ces engagements les respecte

d’ici l’automne prochain, voire que nous procédions à des

sanctions si nous remarquons des manquements. » Lionel

Bertinet a également souligné le travail du nouveau

comité de concertation – composé de sept distributeurs

et sept exploitants –, dont l’objectif est de produire « des

recommandations de bonnes pratiques qui permettent de

changer les comportements des exploitants et des distributeurs

». Et si aucune solution n’émane de ces échanges, « il

faudra que le CNC réfléchisse à des outils réglementaires un

peu plus coercitifs ». Pour l’heure, les travaux de ce comité

ne déboucheront pas sur des obligations, et ce bien que

plusieurs voix se soient élevées durant la rencontre pour

dénoncer des « pratiques agressives » entre distributeurs,

ou des « déprogrammations sauvages » de la part d’exploitants

avant le lundi.

La distribution à l’heure de la réforme

La rencontre avec les pouvoirs publics était une opportunité

pour les participants de découvrir les contours de

la future réforme de la distribution. Ce texte, qui doit

être examiné par le CNC le 26 juin, vise à mieux articuler

les aides au secteur, après « une prise de conscience que la

distribution est, si ce n’est le maillon le plus fragile, celui le

plus en risque de la filière ». Le déplafonnement du soutien

automatique – qui constitue une demande de longue

date de la part de la FNEF – devrait concerner avant

tout les films « du milieu », donc réalisant entre 200 000

et 500 000 entrées, tandis que les aides sélectives devraient

prendre en compte « non plus uniquement la qualité

artistique du film, mais aussi son intégration dans une

stratégie de distribution ». L’aide à la structure devrait

également être « renforcée », afin de permettre aux distributeurs

« d’organiser leur activité pour leur assurer une

pérennité ». Le jeune public, le documentaire et le patrimoine

seraient également au programme de cette réforme

qui, « on l’espère, ne laissera de côté aucun distributeur »,

assure Lionel Bertinet.

La rencontre avec Lionel Bertinet, directeur du cinéma au CNC, était l'un des temps forts du rendez-vous.

N°495 / 25 juin 2025

9




Rencontres du cinéma indépendant

Prolonger l’initiation à la data et à la RSE

Dans la continuité du précédent Sommet des Arcs [voir

le Boxoffice Pro du 8 janvier 2025], ces Rencontres du

cinéma indépendant, toujours organisées avec le renfort

d’Anne Pouliquen, se sont attachées à présenter différents

outils pouvant faciliter la tâche des indépendants. L'atelier

sur la data, animé par les agences Targett et Diversification,

a ainsi proposé aux distributeurs de construire un plan

marketing. L'exercice était complexifié par des contraintes

(acteurs indisponibles, propos polémiques d'un cinéaste...)

; une manière concrète d'initier à une communication

digitale devenue incontournable (la part de ses dépenses

a augmenté de 16 % depuis 2020), mais dont les codes

restent difficiles à maîtriser.

©Boxoffice Pro / Jules Dreyfus

Le traditionnel Café des indés s’est quant à lui concentré

sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

• L’Acid a poursuivi la discussion qu’elle a entamé au

Sommet des Arcs autour de la santé mentale des indépendants,

et a souligné l’absence de syndicats identifiés

pour accompagner autour de ces questions, ainsi que

la nécessité de mettre en place des relais à différentes

échelles. Des formations spécifiques pour la production,

la distribution et l’exploitation ont donc été recommandées.

• Concernant la communication de la démarche RSE,

la table du SDI, en partenariat avec la CST, a proposé

de se fixer des objectifs « smarts », donc simples, mesurables

et atteignables, et de les communiquer sur

plusieurs médias : sur les réseaux sociaux, dans les mails,

dans les contrats… Sur le modèle du label Écoprod

pour les tournages, la création d'un label “Distributeur

responsable” a également été suggérée.

• La table de l’Afcae développait le sujet des VHSS et

s’intéressait aux procédures pour les exploitants. L'idée

d'une charte à faire signer par l'ensemble du secteur

de l’exploitation a été avancée pour formaliser l'engagement

des équipes lors des tournées. Il a été proposé

que les formations sur ce sujet doivent être proposées

non seulement aux dirigeants, mais à tous les salariés,

car « l’ensemble des équipes est confronté à ce type de

violences ».

Le Méliès de Montreuil a été l'un des quatre lieux où se sont déroulées les Rencontres.

©Boxoffice Pro / Jules Dreyfus

• Le Scare, qui s’attachait à penser la venue des publics

en situation de handicap, a insisté sur la communication

des séances inclusives, pour sensibiliser tous les

spectateurs à ces outils. Si le sujet de l'inclusion gagne

en visibilité, sa mise en œuvre reste complexe, comme

en témoignent les coûts élevés pour adapter une œuvre

ou rendre un lieu accessible.

• À la table du Dire a été discuté de la manière de

construire une programmation plus responsable. Faute

de consensus, les participants ont jugé nécessaire de

renouveler les instances décisionnaires pour garantir

plus d'ouverture et de représentativité. Il a aussi été

suggéré d'appliquer à la distribution et à l'exploitation

le bonus du Fonds images de la diversité, qui existe

déjà pour la production.

• Enfin, le GNCR, en collaboration avec l’Acrif, a pensé

les questions des actions culturelles comme moyen de

rendre les salles « désirables » et de garantir une stabilité.

Cela passe notamment par l’accompagnement des films,

que ce soit par une personne y ayant travaillé ou encore

des critiques, qui sont « peut-être autant en souffrance

que les cinéastes actuellement ».

Anne Pouliquen, co-organisatrice des Rencontres

Jules Dreyfus

Le SDI réélit son conseil d'administration

Lors de son assemblée générale du 18 juin, dans le cadre de ses rencontres annuelles, à

Paris, le Syndicat des distributeurs indépendants a reconduit son duo de coprésidents

pour l'exercice 2025-2026 et accueilli deux nouveaux administrateurs : Violaine

Harchin (Les Alchimistes) et Thomas Ordonneau (Shellac).

Composition du conseil d’administration

Co-président·es : Lucie Commiot (Condor Distribution) et Étienne Ollagnier

(Jour2Fête)

Secrétaire : Bénédicte Thomas (Arizona Distribution)

Trésorier : Jean-Fabrice Janaudy (Les Acacias)

Vice président·es :

Jane Roger (JHR Films), en charge des relations avec les exploitants

Violaine Harchin (Les Alchimistes), en charge des questions liées au documentaire

Patrick Hernandez (Next Film Distribution), en charge des questions liées au

documentaire

Marc Olry (Lost Films), en charge du patrimoine et des dispositifs Jeune Public

Thomas Ordonneau (Shellac), en charge des relations avec les exploitants.

©Boxoffice Pro / Jules Dreyfus

Étienne Ollagnier et Lucie Commiot ont été réélus à la présidence du SDI.

12 N°495 / 25 juin 2025


INQUIÉTUDES À L’AG DU SCARE

Réuni le 17 juin au Louxor, à l’occasion des Rencontres du cinéma indépendant, le Syndicat des

cinémas d’art, de recherche et d’essai a dressé un bilan encourageant de son année 2024, tout

en alertant sur la vulnérabilité de l’exploitation.

Après Deauville l’an dernier, c’est donc à Paris que le

Scare a organisé son assemblée générale. À cette occasion,

le syndicat a rappelé ses nombreuses actions au cours des

dernières années, notamment sa mobilisation sur la

réforme art et essai à travers la défense de la pondération

des films – mise en place à partir de 2026 –, une augmentation

du nombre de commissions régionales art et essai

et une plus grande prise en compte de l’animation des

salles dans le calcul de la subvention. Le Syndicat a aussi

annoncé développer une nouvelle formation en plus de

ses quatre existantes – maintenance cabine, ressources

humaines, initiation à la projection numérique et

communication digitale – pour les agents d’accueil,

également certifiée Qualiopi et ouverte à tous, au-delà

des adhérents. Le portail datacinesindes.fr– sur lequel

remontent les programmations de plus de 120 cinémas,

pour être communiquée de façon automatique et synchronisée

aux médias et institutions, et bientôt sur le pass

Culture – est renforcé d’un projet de collecte mutualisée

des données. Grâce à un partenariat avec les agences

Klox, Lucky Lab et la régie Cinedata (Cine Society), ces

données sont transmises aux distributeurs. L'objectif :

leur permettre de mieux cibler les spectateurs des salles

partenaires avec des informations pertinentes sur les films.

Une exploitation en résistance

Mais ces projets ne cachent pas une réelle inquiétude.

Dans son rapport moral, le coprésident Martin Bidou a

rappelé que les 181 millions d’entrées enregistrées en

2024 restent une « moyenne basse » et ne permettent pas

aux salles « d’assurer [leurs] charges de fonctionnement »,

Conseil d'administration

Lors du renouvellement partiel, ont été élus ou réélus :

Christine Beauchemin-Flot - Le Sélect, Antony

(actuelle coprésidente)

Martin Bidou - Haut et Court Cinémas (actuel

coprésident)

Jérémy Breta - American Cosmograph, Toulouse

Frédérique Duperret - Comoedia, Lyon

Pascal Robin - Les 400 Coups, Châtellerault

Les autres administrateurs sont :

Stephen Bonato - Cinéma Utopia, Bordeaux

Eva Brucato - Le Royal, Toulon

Paul-Marie Claret - Cinéma Le Méliès, Saint-Etienne

Sylvain Clochard - Le Concorde, Nantes

Stéphanie Jaunay - Ciné TNB, Rennes

Sylvie Larroque - L'Atalante, Bayonne

Stéphane Libs - Le Star, Strasbourg

Natacha Maxin - Les Enfants du Paradis, Chartres

Elise Mignot - Le Café des Images,

Hérouville-Saint-Clair

Michel Humbert est Président d'honneur.

©Scare

Le conseil d'administration du Scare, ainsi que l'équipe permanente

quand bien même des efforts financiers ont été réalisés

par les exploitants. « La réalité est aujourd’hui simple :

exploiter une salle en 2025, c’est chaque jour un numéro

d’équilibriste, entre contraintes budgétaires, incertitudes de

fréquentation et responsabilités humaines. » Si la réforme

art et essai permet de mieux valoriser « les salles qui

programment les films les plus fragiles », comme l'énonce

la coprésidente Christine Beauchemin-Flot, le Syndicat

exprime toutefois ses réserves quant à la sous-pondération

ne s’appliquant qu’aux œuvres réalisant plus de 700 000

entrées, et la sur-pondération limitée aux films Recherche

et Découverte. Le Syndicat espère ainsi qu’une clause de

revoyure sera prochainement appliquée et, tout en saluant

la rallonge de l’enveloppe de 700 000 €, a appelé à ce que

le budget global de l’art et essai soit renforcé. Cela

permettrait de maintenir le travail mené par les salles

100 % art et essai selon le Scare, qui, si ses positions

peuvent être différentes de celles d’autres organisations

art et essai, a tenu à réaffirmer qu’il n’est « ni le syndicat

des nantis, ni des élites, ni des grandes villes ».

L’assemblée générale a une nouvelle fois été le terrain

d’inquiétudes vis-à-vis de l’éducation à l’image. Stéphane

Libs, des Star de Strasbourg, a pris la parole sur la baisse

d’environ 20 % du budget de Passeurs d’images, dispositif

hors temps scolaire qui, pour rappel, s’adresse aux

jeunes les plus éloignés de la Culture : « Je suis très étonné

de cette baisse, surtout après les propos de la ministre de la

Culture qui dit vouloir ramener un public plus populaire

en salles. » Emeric de Lastens, conseiller cinéma à la Drac

Île-de-France, a de son côté souligné le désengagement

financier de nombreuses Régions des dispositifs scolaires

Le Scare

en quelques chiffres

371

adhérents

450

cinémas

777

écrans

23 millions d’entrées

réalisées par les salles adhérentes en 2024

principalement car « elles considèrent que ce sont des

dispositifs interministériels qui engagent surtout l’État ». Les

regards sont donc tournés vers le rapport Geffray, dont

la publication est « imminente » selon Lionel Bertinet,

directeur du cinéma au CNC.

Enfin, le Scare a salué l’initiative de la création du Comité

de réflexion exploitants/distributeurs, dans l’espoir que

les tensions entre les deux acteurs « soient plus apaisées et

constructives ». L'assemblée générale s'est ainsi terminée

sur une note d'optimisme, à travers une citation de Bertolt

Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne

combat pas a déjà perdu. »

Jules Dreyfus

N°495 / 25 juin 2025

13


Exploitation

LES CIP ACCENTUENT LEUR TRAVAIL

À DESTINATION DU CHAMP SOCIAL

©Boxoffice Pro /Charlotte Pouillot

L'équipe des CIP se compose aujourd'hui de huit permanentes et d'un renfort

(de gauche à droite et de haut en bas)

Ninon Derouard, responsable administrative et financière

Pauline Vallet, responsable de la communication, des 15-25 et du public solidaire

Louise Mérabet, médiatrice pour les publics du champ social et les publics empêchés

Sarajoy Mercier, chargée d'action éducative des publics lycéens

Emmanuelle Ligero, responsable du développement des projets d'Education à l'image

Amandine Larue, déléguée générale

Apolline Legras, stagiaire AVP pour la communication

Aster Féray, assistante de projets (en remplacement de Pablo de Freitas)

Marine Jolivet, chargée des projets Jeune public et co-responsable des publics du

champ social

À l'occasion de leur assemblée générale, le 17 juin à L'Entrepôt, les Cinémas indépendants

parisiens ont fait le bilan de leurs projets regroupés autour de leurs trois « piliers » : le champ

social, l'éducation à l'image et les actions mutualisées.

2024 a été marquée par « l'équilibre, souvent complexe, du

marché parisien », comme l'a exposé Amandine Larue,

déléguée générale des CIP, en revenant notamment sur

la réforme de l'art et essai et les Jeux olympiques qui ont

suscité des doutes sur l’ouverture des cinémas cet été.

Mais pour l’association, qui rassemble 30 cinémas de la

capitale, l'année écoulée a surtout marqué le début de

nouvelles actions, comme en témoigne notamment

l’arrivée de Louise Mérabet, médiatrice pour les publics

du champ social et les publics empêchés. L'association

a par ailleurs réorganisé son équipe, à la faveur du passage

de relais entre Chiara Dacco et Amandine Larue fin

2023. Un nouveau poste d'assistanat de projet – tenu

par Pablo de Freitas puis Aster Fréray – a été créé début

2024 et deux autres recrues ont rejoint l'équipe : Ninon

Derouard, qui a remplacé en septembre le responsable

administratif et financier Laurent Gibert, et Apolline

Legras, stagiaire communication pour le festival "Avantpremières"

(lequel fête cet été ses 10 ans !).

« Une constellation de projets »

Depuis 2019, date à laquelle la Mairie de Paris lui a

confié une billetterie solidaire, les CIP renforce ses

compétences et outils de médiations pour s'adresser aux

publics empêchés. Cette année, de nouvelles expérimentations

ont été initiées par le groupe Médiation (composé

du Luminor, du Studio des Ursulines, Multiciné, L'Épée

de bois et du Balzac). Au total, 200 associations des

Quartiers prioritaires, 17 structures de la Direction des

solidarités de la Ville de Paris (DSol) et 40 structures

partenaires ont reçu près de 7 000 billets. De nouveaux

ateliers et rendez-vous ont également été proposés, au

sein des structures et dans les salles, comme “Toutes et

tous au cinéma. Les rendez-vous”, qui dans un premier

temps a pris la forme d'un ciné-club, programmé par

des personnes accompagnées par l'association Aurore et

le Samu social. Et grâce à un dispositif local d'accompagnement

(DLA), les CIP a pu bénéficier d'une formation

pour toucher de nouvelles typologies de publics, repérer

et répondre à des appels à projet et mieux connaître les

réseaux, qui s'est clôturée par une rencontre sur la culture

et le lien social.

Aux racines des CIP figurent les actions mutualisées à

destination des jeunes, que le groupe Jeune public a

souhaité amplifier. Après plus de 20 ans d'existence,

“L'Enfance de l'art" sera célébré lors d’une grande fête

(fin août) avec des séances accompagnées et des ateliers.

Le label Premier Coup de foudre créé en 2023 reste le

« projet phare » du groupe, et propose aux animateurs

jeune public du réseau des accompagnements originaux

et des outils ludiques (tablier à comptines, memory

géant…) pour les lauréats – récemment Le Grand Noël

des animaux et Beurk !. Pour les 15-25, le "Breakfast club

(...but at Night !)" a pu revenir pour une quatrième saison

enrichie, grâce au dispositif Ambassadeurs Jeunes du

cinéma du CNC. Ainsi les 8 ambassadeur·ices ont accueilli

une moyenne de 113 spectateurs lors de 11 séances autour

du genre et des dystopies.

2024 a également vu la naissance de "Noir Cinéma

Club", co-porté par l'artiste et comédienne Marie-Julie

Chalu, pour faire connaître des films de cinéastes afrodescendants.

Un succès avec près de 90 spectateurs par

séance, de nouvelles communautés dans les salles et des

rencontres fortes (lecture de la poétesse antillaise Simone

Lagran après Rue Case Nègres par exemple). Ce cycle

reviendra l'an prochain, ainsi que la deuxième collection

(automne-hiver) du cycle "What's the club", nouvellement

créé avec une thématique Mode. Quant au rendez-vous

“Vert, un nouveau cinéma”, créé par le groupe Transition

écologique (Grand Action, Studio des Ursulines, Nouvel

Odéon, le cinéma du Panthéon, L'Épée de bois et le

Lucernaire), son approche ludique et participative lui

permet d'accueillir des publics variés, de militants à

cinéphiles en passant par des curieux.

Enfin, parmi les réflexions de l’année, les tarifs de la Ciné

Carte augmenteront en septembre prochain, afin de faire

face à la hausse des charges des adhérents. En 2024, ses

entrées sont demeurées stables (+1,6 % par rapport à

2023), avec 150 000 places vendues.

Éducation à l'image : « une année entre

incertitudes et résistances »

Pour l'association qui coordonne les résidences artistiques

dans les collèges, les options cinéma-audiovisuel des

lycées ainsi que les dispositifs Collège au cinéma et Lycéens

et apprentis au cinéma, 2024 a été « une année de batailles »,

selon Amandine Larue. L'adaptation des CIP au Guide

de remplacement courte durée (RCD) a permis de

maintenir un temps de formation en présentiel pour les

enseignants, et depuis peu, suite au gel de la part collective

du pass Culture, la coordination s'efforce de préserver

une proposition de qualité. Priscilla Gessati, présidente

des CIP, partage ses inquiétudes sur la « baisse des moyens

alloués à la culture et des bouleversements au sein du ministère

de l'Éducation, qui fragilisent ces dispositifs », même si

Corentin Bichet, chef du service de l'exploitation du

CNC, assure que l'éducation aux images fait partie des

priorités du ministère de la Culture. Les CIP insistent

donc sur l'importance de conserver des dispositifs scolaires

exigeants, « sans céder aux sirènes de la facilité ». Parmi les

nouvelles initiatives, l’association a initié de nouveaux

partenariats autour de l'éducation à l'image, notamment

avec la CST, dans le but de mieux répondre aux besoins

du pass Culture.

Charlotte Pouillot

14 N°495 / 25 juin 2025


CINÉO, CINÉMAS PRIVÉS INDÉPENDANTS

SOUS TENSION

Le séminaire annuel de Cinéo, qui s'est tenu

aux Enfants du Paradis de Chartres du 10 au

13 juin, a mis en lumière, pour l'exploitation

privée indépendante, les inquiétudes exacerbées

par des tensions autour des plans de sortie

des films et des trésoreries éprouvées.

©Cinéo

Les discussions étaient animées à Chartres face aux

« incertitudes et inquiétudes qui deviennent structurelles »,

selon Marie-Christine Désandré, présidente du groupement

de cinémas indépendants privés. Pour Richard

Patry, le président de la FNCF, la situation de la filière

est davantage conjoncturelle et « quand il y a des films,

les spectateurs sont présents. Nos entrées actuelles sont

totalement en cohérence avec nos chiffres habituels. Notre

vrai problème, c’est celui de l’offre ». Lionel Bertinet,

directeur du cinéma au CNC, ajoute même que les

« changements politiques à l'œuvre outre-Atlantique,

peuvent aussi nous interroger sur ce qui sortira d’Hollywood

dans les années à venir ».

Si les situations divergent en fonction de la manière dont

les salles ont pu bénéficier des succès de l'année dernière,

celle des exploitants privés indépendants est particulièrement

délicate pour ceux qui ont lourdement investi

avant la Covid. Malgré les difficultés, la nécessité de

continuer à investir demeure primordiale. « Nous devons

maintenir des cinémas et des animations de qualité, du

personnel compétent et formé etc…, insiste Richard Patry.

Le métier d'exploitant est beaucoup plus exigeant qu'auparavant.

Il faut être précis et tenir ses finances au plus près. »

Relations distributeurs-exploitants : la

délicate équation

Cinéo avait convié certains distributeurs à des discussions

informelles, afin d'échanger sur les problématiques des

uns et des autres ainsi que les sujets de friction. « Ce qui

est rassurant, c’est que la situation peut évoluer. Mais pour

quelle raison est-on arrivés à une telle situation, avec autant

de films et d’exigences de séances de la part des distributeurs ? »,

déplore la présidente du syndicat, qui témoigne qu’en

2025, 94 % de ses séances n’étaient financièrement pas

à l'équilibre. Frédéric Lévy, exploitant de Saumur, revendique

quant à lui sa liberté d'entrepreneur pour trouver

des marges de manœuvre, « Nous sommes contraints de

passer des films sur des séances qui ne fonctionnent pas.

J'aimerais qu'on nous laisse un petit peu de liberté pour

faire marcher au mieux nos affaires ! »

Pour le directeur du cinéma du CNC, le coût quasiment

nul de la copie a, depuis la fin des VPF et la crise sanitaire,

conduit à une massification des plans de sortie qui ne

profite à personne. « Le travail que nous menons au sein

du comité de concertation entre les exploitants et les distributeurs

est d'objectiver collectivement ce mécanisme. Il ne

modifiera pas la loi, mais si les constats sont partagés, nous

pourrons définir de bonnes pratiques collectives. »

Frédéric Lévy va plus loin, suggérant de s’accorder « autour

d'un plafond maximum de séances par film et par salle », à

l'instar des engagements de programmation imposés aux

exploitants. Pour rappel, les engagements de diffusion

tels que Bruno Lasserre les avait formulés, inclus dans la

proposition de loi Bacchi, sont en attente d’insertion

dans le calendrier parlementaire.

De toute part, les attentes sont grandes concernant le

comité de concertation exploitation/distributeur. Gaëtan

Bruel, qui assisté à toutes les réunions, avait clairement

exprimé au Festival de Cannes que faute d'accord interprofessionnel,

il prendrait lui-même des dispositions.

Alternatives vertes : point d’étape

Cinéo, lauréat du volet "Alternatives vertes dans les

industries culturelles et créatives" du programme France

2030, œuvre depuis un an à son projet "Construire et

déployer un nouveau modèle d'exploitation soutenable".

Juliette Vigoureux, de La Base, a ainsi présenté le projet

pensé en trois étapes : la mesure, les alternatives vertes,

et la formation.

Le premier volet de mesure a impliqué la réalisation de

15 bilans carbone pour des cinémas très diversifiés, allant

du mono-écran en zone rurale au multiplexe en centreville.

L'analyse des données a révélé une variété significative

des profils de consommation d'énergie et

d'émissions de gaz à effet de serre. Ces résultats permettent

à Cinéo de construire des profils types et ainsi d'adapter

les recommandations et actions à mettre en œuvre. Ces

hypothèses alimentent le calculateur “Count”, élaboré

en partenariat avec l’association Cut !. Seront aussi

prochainement lancés des études mobilités, pollution et

consommation d’eau. L’ensemble des travaux sera présenté

lors du prochain Congrès FNCF, en septembre.

La deuxième action “alternatives vertes” se matérialisera

par le Lab 2030. Ce laboratoire collaboratif rassemblera

sur trois jours – en octobre pour la première session – une

trentaine de cinémas référents afin d'enrichir la charte

Cinéo, qui était basée sur dix thématiques. À l’issue des

sessions, dix prototypes d’actions seront – après validation

par des experts – testés au sein de trois cinémas. En

ressortiront des fiches consolidées, concrètes et publiques.

« L'idée, c'est de profiter d'une émulation collective, d'en

ressortir challengé, motivé, plein d'imagination et surtout,

prêt à porter la bonne parole dans son cinéma », résume

Juliette Vigoureux.

Les prochains mois seront déterminants pour consolider

les résultats obtenus et élargir l'impact de ces actions.

« Très objectivement, tous nos travaux sont clairement

identifiés et suivis. Nous sommes en train d'ouvrir la voie,

pour ensuite entraîner toute une partie de l'exploitation en

dehors de Cinéo », conclut Marie-Christine Désandré.

Un 1 er mai sous

surveillance

Marion Delique

En Eure-et-Loire, certains cinémas ont été

contraints par la direction départementale du

travail de fermer leurs portes le 1 er mai. Ceux ne

s'étant pas soumis à la demande encourent une

amende de 750 € par salarié ayant travaillé et une

procédure pénale. La Fédération s’est emparé du

dossier afin de faire préciser la loi – qui n’avait pas

porté à ambiguïté jusqu’à aujourd'hui – afin que les

établissements légitimement ouverts le dimanche

puissent bien être ouverts le 1 er mai. À suivre.

Nouveau conseil

d'administration

Présidente : Marie-Christine Désandré, Cinémas Loft

1 er président adjoint : Philippe Baud, CinéMonde

Trésorier : Arnaud Toussaint, Ciné Palace d’Epinal

Secrétaire : David Pajczer, Cinémas de Chessy et Lagny

Présidentes et présidents adjoints : Gwen

Martinez, CineWest • Cédric Aubry, Cinéma Confluences

• Antoine Font, CinéMovida • Judith Reynaud, Ciné

Paradis • Cathy Coppey, Ociné • Clémence Zacharie,

Cinémas Raynaud • Jean-Marc Carpels, Forum de

Sarreguemines • Arnaud Toussaint, Ciné Palace d'Epinal

N°495 / 25 juin 2025

15


Requins

50 ANS DES DENTS DE LA MER

AMITY ISLAND-SUR-SABLES D'OLONNE

Le Grand Palace a invité ses spectateurs à une movie-beach-party, pour célébrer l’anniversaire

du premier blockbuster américain estival, signé Steven Spielberg.

©Jeza Photo

©Jeza Photo

Le Grand Palace et Universal avaient investi le Bassin

Dombret les jeudi 19 et vendredi 20 juin, pour recréer

la station balnéaire d’Amity Island, celle des Dents de la

mer. L'objectif : faire revivre l'atmosphère du 20 juin

1975, date de la sortie du film qui a terrorisé les plages

du monde entier. Les 300 billets pour chacune des deux

soirées – à 20 € l'unité – se sont écoulés en moins

d'une heure !

Autour du film, les deux mémorables beach partys étaient

lancées à grand renfort de DJ sets funk des 70’s, cocktails

et pop-corn bleu (et rouge), food truck, requin

©Jeza Photo ©Jeza Photo

©Jeza Photo

animatronic de trois mètres confectionné pour l’occasion

– fruit d'une collaboration avec un joaillier pour son

articulation –, petits requins en guimauve à tremper dans

une fontaine de chocolat, savons-figurines par la savonnerie

locale. Photobooth avec effets spéciaux générés par

IA et des jeux d'arcade ont complété l’expérience sur la

plage, le tout culminant avec la projection du film de

Spielberg, sous les étoiles à la nuit tombée.

Au-delà des 2 000 m² de plage, les 5 000 m² de la baie

ont été éclairés en bleu. « Nous avons voulu offrir à Universal

et à nos spectateurs une soirée en immersion totale. Ce qu’on

a réussi à faire vivre aux gens était incroyable et féérique »,

exprime fièrement François Lesuisse. Le gérant du Grand

Palace se dépense sans compter pour proposer des événements

à la “Palace family”, mais « l’exceptionnel doit rester

exceptionnel. Je ne veux pas reproduire les événements mais

les éditorialiser à chaque fois autour du film ». La soirée a

permis de nouer de multiples partenariats, avec les

commerçants, mobilisant une cinquantaine de personnes,

dont trente bénévoles, et beaucoup d’imagination et

d'énergie !

©Jeza Photo

Pour cette ressortie, Arthur Pawlowski, programmateur

GRP et responsable du catalogue Universal Vintage

souligne avoir voulu collaborer avec François Lesuisse, «

dont le travail d’événementialisation, tout au long de l’année,

nous a toujours impressionnés. Ici, nous sommes au cœur de

l'objectif d’Universal Vintage, à savoir inciter une jeune

génération à (re) découvrir le film sur grand écran ».

Ces deux soirées aux Sables d’Olonne marquent le

lancement officiel des célébrations du cinquantenaire

des Dents de la mer qui s’étendront tout au long de l’été.

Des programmations spéciales sont prévues sur l’ensemble

du territoire et restent ouvertes à tous les cinémas désireux

d'y participer. Le Grand Palace proposera quant à lui

une séance par jour pendant un mois. Et ce n’est pas tout

: Universal Vintage prévoit déjà un autre anniversaire

mythique pour fin octobre : les 40 ans du premier Retour

vers le futur. François Lesuisse est déjà à pied d'œuvre

pour remonter le temps.

Marion Delique

16 N°495 / 25 juin 2025


©Animal Holdings Pty Ltd.

Dangerous Animals, en salles le 23 juilet 2025, avec une héroïne (Hassie Harrison) pas prête à se laisser dévorer.

DANGEROUS ANIMALS :

THE JOKERS MISE SUR UN GRAND FRISSON ESTIVAL

Entre shark movie et slasher, Dangerous Animals entend s'imposer comme le pari de l’été en

assumant sans complexe son hybridité. Le distributeur français a prévu une sortie à la hauteur

de l’enthousiasme que le film a suscité à la Quinzaine des Cinéastes en mai dernier.

Depuis son acquisition sur script par Violaine Barbaroux,

directrice générale de The Jokers, ce film de requins avec

tueur en série, signé par l’Australien Sean Byrne, a déjà

délivré de belles surprises. À commencer donc par sa

sélection à la Quinzaine, à contre-courant des classiques

“films cannois”. L’équipe The Jokers s’est engagée dans

cette « rampe de lancement », comme le décrit la cheffe de

projet marketing Alyssia Renard, en surfant sur la nature

« hors case » et ludique du film, n’hésitant pas à enfiler

elle-même la cagoule pour les deux jeux-concours organisés

– lors d’une déambulation de requin au moment

de la première projection au Théâtre Croisette.

Prêts pour un baptême de plongée ?

Mais malgré le gage de qualité apporté par la section

parallèle, et à l’inverse du positionnement elevated genre

adopté par IFC Films, le distributeur aux États-Unis

– qui a sorti le film le 6 juin dernier sur 1 630 copies

–, The Jokers abat désormais la carte du cinéma de

genre « entertainment et mainstream ». Le tout en misant

sur les requins, mais aussi sur l’affrontement « vilain

iconique et héroïne badass », comme en témoignent la

bande-annonce et l’affiche.

Du côté des exploitants et des programmateurs, le

bouche-à-oreille est évidemment déjà lancé. Le directeur

de la programmation chez The Jokers, Thomas Legal,

©Animal Holdings Pty Ltd.

observe que Dangerous Animals fait l'unanimité, « même

auprès des allergiques au genre ». Face à l’attente, la sortie

a été élargie à plus de 400 copies, majoritairement en

VF, « comme un gros blockbuster estival de genre, que nous

plaçons dans les salles de circuits, de grandes villes, ainsi que

sur le littoral ». Deux grandes campagnes d’avant-premières

seront organisées les vendredis 11 et 18 juillet, précédées

d’un nouveau temps fort, le 1 er juillet au Grand Rex – et

au format Grand Large – « pour retrouver l'ambiance

jubilatoire de la séance de la Quinzaine ».

Pour toucher leurs cibles principales, à savoir les 18-35

ans ainsi que les fans du genre –, The Jokers a choisi de

concentrer ses investissements marketing en salles et en

digital. L’offre conséquente d’autres titres d’horreur en

amont – 28 ans plus tard, M3gan 2.0, Souviens-toi... l'été

dernier… et bien entendu Les Dents de la mer, pionnier

du genre qu’Universal ressort à l’occasion des 50 ans du

film [voir p. 16] – promet une belle visibilité à la bande

annonce de Dangerous Animals. À ces vastes expositions

en avant-séances s'ajoutent les labels “Coup de Cœur

Frisson” de Pathé, “UGC frissonne” et le tout nouveau

label CGR “Fais-moi peur”. Sont également prévus des

campagnes CRM sur les trois circuits, ainsi qu’une

présence sur les écrans digitaux de CGR et Kinépolis.

Dès la soirée cannoise, un partenariat avec TikTok et ses

créateurs de contenus a permis de créer de la visibilité

autour du film qui n’a « ni casting célèbre, ni la notoriété

d’une suite ou d’une franchise dans l'algorithme », décrit

Antonin Miguet. Le chef de projet digital compte sur la

poursuite des effets prescripteurs des communautés, via

une collaboration avec l’agence Cartel sur six profils

d’influenceurs distincts. En parallèle, un dispositif

conséquent avec Allociné sera déployé, dont une projection

influence “Club AlloCiné”. Enfin, une campagne

programmatique, une sponsorisation conséquente en

Samedi 17 mai dernier, à la première cannoise, l’équipe de

The Jokers était… à croquer. De gauche à droite : Sophie

Latappy (directrice adjointe), Thomas Legal (directeur de la

programmation, Joanna Ros (programmatrice Bordeaux-Lyon-

Marseille), Etienne L’Helgouac’h (programmateur périphérie-

GRP-Nord-Est), Lucas Gardette (responsable administratif et

financier), Antonin Miguet (chef de projet digital), Jeanne

Babikian (marketing, communication et digital) et Alyssia Renard

(cheffe de projet marketing).

social et de multiples activations auprès des médias “pop

culture” (Ulyces et Popcorn notamment) complètent le

déploiement digital.

L’affichage classique ne sera pas en reste, visible en S-1

bien au-delà de Paris, sur les bus d’Aix, Nice, Toulouse,

Lille, Rennes, Tours ou encore Perpignan : soit une

présence « en extérieur et non statique », comme le souligne

Alyssia Renard, à l’image de ce Dangerous Animals « frais,

fun et divertissant », qui se prépare à croquer le public au

cœur de l’été.

Ayşegül Algan

©The Jokers

N°495 / 25 juin 2025

17




Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S26

25 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PATHÉ FILMS 13 JOURS 13 NUITS 01h52 M.Bourboulon R.Zem, L.Khoudri, S.Knudsen

HAUT ET COURT AMÉLIE ET LA MÉTAPHYSIQUE DES TUBES 01h17 M.Vallade et L.Han L.Charpentier, V.Grosbois, I.Schoumsky

LES FILMS DU LOSANGE ANGE 01h37 T.Gatlif A.H., S.Aubert, M.Amalric

METROPOLITAN FILMEXPORT AU RYTHME DE VERA 01h56 I.Fluk M.Emde, J.Magaro, M.Chernus

WARNER BROS. FRANCE F1® LE FILM 02h35 J.Kosinski B.Pitt, D.Idris, J.Bardem

NYOTADIS DISTRIBUTION FLASH DRIVE A.Toussaint M.Crépel, A.Toussaint, J.Dreyfus

FRIDAY ENTERTAINMENT KANNAPPA 02h32 M.Singh V.Manchu, A.Kumar, Mohanlal

MK2 FILMS LA RUÉE VERS L'OR 01h12 C.Chaplin C.Chaplin, M.Swain, T.Murray

LES ACACIAS LA SOIF DU MAL 01h51 O.Welles C.Heston, J.Leigh, O.Welles

GAUMONT DISTRIBUTION LE GRAND DÉPLACEMENT 01h23 J.Zadi J.Zadi, R.Kateb, Lous and the Yakuza

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR M3GAN 2.0 02h00 G.Johnstone A.Donald, A.Williams, V.McGraw

PATHÉ LIVE MILEY CYRUS: SOMETHING BEAUTIFUL 00h55 M.Cyrus et J.Bixenman M.Cyrus, M.Morando, B.Howard

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION MY STOLEN PLANET 01h26 F.Sharifi

DULAC DISTRIBUTION ONCE UPON A TIME IN GAZA 01h27 T.Nasser et A.Nasser N.Abd Alhay, M.Eid, R.Maqdisi

UFO DISTRIBUTION REFLET DANS UN DIAMANT MORT 01h27 H.Cattet et B.Forzani F.Testi, Y.Renier, K.De Bouw

SURVIVANCE SOUS HYPNOSE 01h40 E.De Geer H.Nordrum, A.August, A.Edwards

EPICENTRE FILMS STRANGER EYES 02h04 S.Hua Yeo C.Wu, L.Kang-sheng, V.Chen

S27

2 JUIL.

5 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

MALAVIDA FILMS BEING BO WIDERBERG 01h45 J.Asp et M.Nohrborg

APOLLO FILMS FALCON EXPRESS 01h26 B.Daffis et J.Tassy D.Ferrette, H.Jolly, K.Chase

JOUR2FÊTE ISLANDS 02h03 J.Gerster S.Riley, S.Martin, J.Farthing

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR JURASSIC WORLD : RENAISSANCE 02h13 G.Edwards S.Johansson, J.Bailey, M.Ali

DIAPHANA DISTRIBUTION L'ACCIDENT DE PIANO 01h28 Q.Dupieux A.Exarchopoulos, J.Commandeur, S.Kiberlain

BODEGA FILMS LA GUITARRA FLAMENCA DE YERAI CORTÉS 01h35 A.Alvarez Y.Cortés, Farruquito, C. Tangana

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA TRILOGIE D’OSLO / RÊVES 01h50 D.Haugerud E.Øverbye, A.Dahl Torp, S.Emnetu

ARIZONA DISTRIBUTION L’AVENTURA 01h40 S.Letourneur P.Katerine, S.Letourneur, B.Vernet

MITIKI LE BONHEUR EST UNE BÊTE SAUVAGE 01h35 B.Guerry S.Guerry, S.Davout, C.Walder

OPTIMALE DISTRIBUTION LES AMANTS ASTRONAUTES 01h56 M.Berger J.Orán, L.Bettoni, A.Salas

SOLARIS DISTRIBUTION LES ROSEAUX SAUVAGES 01h50 A.Téchiné É.Bouchez, G.Morel, S.Rideau

MK2 CINÉMAS MAMIE-SITTING 01h29 D.Thornton J.McArdle, F.Flanagan, P.Glynn

SONY PICTURES RELEASING FRANCE MATERIALISTS 01h49 C.Song D.Johnson, P.Pascal, C.Evans

ZINC FILM RAPACES 01h44 P.Dourountzis S.Bouajila, M.Wanecque, J.Darroussin

FRIDAY ENTERTAINMENT SARDAAR JI 3 02h35 D.Dosanjh, G.Grover, N.Bajwa

ESC FILMS THE UGLY STEPSISTER 01h45 E.Blichfeldt L.Myren, T.Loch Næss, A.Dahl Torp

S28

9 JUIL.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION ARNON - UN ÉLÈVE MODÈLE 01h23 S.Prapapan Y.Pongsuwan, W.Wongsurawat, N.Busapavanich

ARP SÉLECTION BUFFALO KIDS 01h23

J.Jesús García Galocha et P.Solis

García

A.Weir, C.MacNeill, G.Arterton

TAMASA DISTRIBUTION

CLAUDE CHABROL, PREMIÈRE VAGUE (12 FILMS)

MEMENTO DES FEUX DANS LA PLAINE 01h41 J.Zhang Z.Dongyu, L.Haoran, Y.Hong

LE PACTE I LOVE PERU 01h09 R.Quenard et H.David R.Quenard, H.David, A.Rozam

WAYNA PITCH IN THE SUMMERS 01h38 A.Lacorazza Residente, S.Calle, L.Mehiel

LES ACACIAS JEUNESSE (RETOUR AU PAYS) 02h32 W.Bing

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA TRILOGIE D'OSLO / AMOUR 01h59 D.Haugerud A.Hovig, T.Cittadella Jacobsen, M.Engebrigtsen

MÉTÉORE FILMS LE RIRE ET LE COUTEAU 03h31 P.Pinho S.Coragem, C.Diára, J.Guilherme

APOLLO FILMS / TF1 STUDIO MARIUS ET LES GARDIENS DE LA CITÉ PHOCÉENNE 01h25 T.Datis Soprano, N.Salhi, W.Ben Amar

WILD BUNCH DISTRIBUTION OTHER 01h35 D.Moreau O.Kurylenko, J.Schatz, P.Schurer

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION PHI 1.618 01h35 T.Ushev M.Apostolova, I.Chichikova, I.Dimchev

POTEMKINE FILMS ROCK BOTTOM 01h26 M.Trénor

WARNER BROS. FRANCE SUPERMAN 02h09 J.Gunn D.Corenswet, R.Brosnahan, N.Fillion

PANOCEANIC FILMS TITOUAN, LES ENFANTS DU CORAIL 01h10 K.Mahdjouba

THE JOKERS FILMS TRILOGIE PUSHER N.Winding Refn

VIRGINIE FILMS VALENSOLE 1965 01h30 D.Filhol M.Van Khache, V.Giocante

S29

16 JUIL.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

UGC DISTRIBUTION CERTAINS L'AIMENT CHAUVE C.Delamarre K.Adams, M.Youn, R.Bensetti

CARLOTTA FILMS CONFUSION CHEZ CONFUCIUS 02h05 E.Yang C.Shiang-chyi, Y.Chen, D.Deng

CONDOR DISTRIBUTION DÌDI 01h33 S.Wang I.Wang, J.Chen, S.Chen

METROPOLITAN FILMEXPORT EDDINGTON 02h25 A.Aster J.Phoenix, P.Pascal, E.Stone

SHELLAC GERMAINE ACOGNY, L'ESSENCE DE LA DANSE 01h28 G.Becker

LES ALCHIMISTES KOUTÉ-VWA 01h17 M.Jean-Baptiste M.Diomar, Y.Cébret, N.Diomar

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA TRILOGIE D'OSLO / DÉSIR 01h58 D.Haugerud J.Røise, T.Harr, S.Forberg

ZINC FILM LES FILLES DÉSIR 01h33 P.Car H.Mohamed, L.Haïchour, L.Hamon

PARAMOUNT PICTURES FRANCE LES SCHTROUMPFS - LE FILM 01h32 C.Miller (LX) Rihanna, J.Corden, J.Goodman

CARLOTTA FILMS MAHJONG 02h01 E.Yang V.Ledoyen, C.Chang, N.Erickson

ASC DISTRIBUTION MOON 01h32 K.Ayub F.Holzinger, A.Tayeh, C.Sarhan

BODEGA FILMS PIERRE VILLEPREUX G.Chapouillié

KMBO

RESSORTIE MAMORU HOSODA (3 FILMS)

CAPRICCI FILMS SEGUNDO PREMIO 01h50 I.Lacuesta et P.Rodriguez D.Ibáñez, Cristalino, S.Magnin

LES FILMS DU WHIPPET SENS DESSUS DESSOUS 00h40 D.Riduze et E.Lacis

SONY PICTURES RELEASING FRANCE SOUVIENS-TOI... L'ÉTÉ DERNIER J.Kaytin Robinson M.Cline, C.Wonders, J.Hauer-King

SURVIVANCE SUPER HAPPY FOREVER 01h34 K.Igarashi H.Sano, Y.Miyata, N.Yamamoto

20 N°495 / 25 juin 2025


S30

23 JUIL.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PANAME DISTRIBUTION AUX JOURS QUI VIENNENT 01h40 N.Najem Z.Hanrot, B.Bouillon, A.Chardard

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR COMME DES RICHES A.Harfouch B.Bouhlel, F.Bendjima, A.Alves

THE JOKERS FILMS DANGEROUS ANIMALS 01h33 S.Byrne J.Courtney, H.Harrison, J.Heuston

SHELLAC FRANTZ FANON 01h31 A.Zahzah A.Desane, G.Dubouche, N.Dromard

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE LES 4 FANTASTIQUES, PREMIERS PAS M.Shakman P.Pascal, V.Kirby, J.Quinn

NEW STORY MY FATHER'S SON Q.Sheng C.Ko, A.Sun, S.Yang

ARP SÉLECTION POOJA, SIR 01h49 D.Rauniyar A.Maya Magrati, N.Chandak, D.Rai

EUROZOOM RENARD ET LAPINE SAUVENT LA FORÊT 01h11 M.Halberstad R.Rackstraw, D.Renton Skinner, T.Gallagher

EXTRALUCID FILMS

RÉTROSPECTIVE JUDIT ELEK (3 FILMS)

KINEPOLIS - FRA ROGER WATERS THIS IS NOT A DRILL - LE CONCERT DE PRAGUE (2025) 02h24 S.Evans et R.Waters R.Waters, D.Kilminster, J.Wilson

WILD BUNCH SORRY, BABY 01h44 E.Victor E.Victor, N.Ackie, L.Hedges

CINÉMA SAINT-ANDRÉ DES ARTS STREET BOXER : THE LAST MAN STANDING 02h49 C.Mvondus C.Mvondus, V.Mogoun, D.Adiana

LE PACTE THE THINGS YOU KILL 01h53 A.Khatami E.Koç, E.Kolçak Köstendil, H.Ergüçlü

LES FILMS DU CAMELIA VITTORIA 01h20 A.Cassigoli et C.Kauffman A.Amato, M.Amato, N.Ciano

S31

30 JUIL.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SND DRACULA L.Besson C.Jones, C.Waltz, Z.Bleu

KMBO ETERNAL 01h42 U.Salim A.Alexander, N.Øland Fabricius, H.Geirhardsdottir

TANDEM GANGS OF TAÏWAN 02h15 Keff W.Liu, R.Ihwar, D.Pan

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR LES BAD GUYS 2 01h44 P.Perifel S.Rockwell, C.Robinson, A.Ramos

MAVERICK DISTRIBUTION PERLA 01h50 A.Makarová R.Poláková, S.Schwarz, C.Diego

SPLENDOR FILMS

RÉTROSPECTIVE JOHN HUSTON (3 FILMS)

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE MARCEL PAGNOL - PARTIE 2 (6 FILMS)

WAYNA PITCH SAM FAIT PLUS RIRE 01h46 A.Pankiw R.Sennott, O.Petsa, J.Jones

SONY PICTURES RELEASING FRANCE SUBSTITUTION - BRING HER BACK 01h39 M.Philippou et D.Philippou S.Hawkins, B.Barratt, S.Wong

CONDOR DISTRIBUTION TOUCH 02h01 B.Kormákur E.Olafsson, P.Baltasarsson, Kōki,

JOUR2FÊTE TRANSAMAZONIA 01h52 P.Marais H.Zengel, J.Xido, S.Sartorio

S32

6 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

L'ATELIER DISTRIBUTION 7 JOURS 01h53 A.Ahadi V.Asayesh, M.Bakhtiari, T.Molaei

PAN DISTRIBUTION BADH 01h30 G.de Fontenay M.Vacth, N.Schneider, E.Bercot

LES ACACIAS CHRONIQUE DES ANNÉES DE BRAISE 02h57 M.Lakhdar-Hamina Y.Voyagis, M.Lakhdar-Hamina, L.Shenna

PYRAMIDE DISTRIBUTION CONFIDENTE 01h16 Ç.Zencirci et G.Giovanetti S.Aksoy, E.Kolçak Köstendil, M.Uzuner

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE FREAKY FRIDAY 2 : ENCORE DANS LA PEAU DE MA MÈRE N.Ganatra J.Curtis, L.Lohan, J.Butters

THE JOKERS FILMS LAST STOP : YUMA COUNTY 01h30 F.Galluppi J.Cummings (II), F.Love, J.Donahue

CONDOR DISTRIBUTION L’ÉTÉ DE JAHIA 01h30 O.Meys N.Bance, S.Malovatska, C.Sallette

OUTPLAY FILMS SLOW 01h48 M.Kavtaradze G.Grineviciute, K.Cicenas, P.Ganusauskas

ÉMOTIONS DISTRIBUTION SOME LIKE IT CLASSIC 01h10 R.Juchereau R.Weaver

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION TU NE SAURAS JAMAIS 01h35 R.Aubert M.Naud, S.Keïta

WARNER BROS. FRANCE WEAPONS Z.Cregger J.Brolin, J.Garner, A.Ehrenreich

PATHÉ FILMS Y A PAS DE RÉSEAU E.Pluvieux G.Jugnot, M.Gasteuil, J.Pestel

CARLOTTA FILMS YI YI 02h53 E.Yang E.Jin, C.Xisheng, I.Ogata

S33

13 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

ARIZONA DISTRIBUTION À FEU DOUX 01h30 S.Friedland K.Chalfant, K.Nacon, C.Smith

TANDEM BRIEF HISTORY OF A FAMILY 01h40 J.Lin Z.Feng, X.Sun, K.Guo

ART HOUSE EN BOUCLE 01h26 J.Yamaguchi R.Fujitani, M.Honjô, G.Ishida

CINÉ SORBONNE FRENCH CONNECTION 01h44 W.Friedkin G.Hackman, R.Scheider, P.McDermott

SONY PICTURES RELEASING FRANCE KARATE KID: LEGENDS 01h34 J.Entwistle B.Wang, J.Chan, R.Macchio

KMBO LE MONDE DE WISHY 01h23 J.Møller

PANAME DISTRIBUTION L’EPREUVE DU FEU 01h45 A.Peyre F.Lefebvre, A.Verderosa, S.Jouannet

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR NOBODY 2 01h29 T.Tjahjanto B.Odenkirk, C.Nielsen, C.Lloyd

NOUR FILMS SALLY BAUER, À CONTRE-COURANT 02h00 F.Kempff J.Neldén, M.Folsgaard, L.Carlehed

METROPOLITAN FILMEXPORT TOGETHER 01h42 M.Shanks (II) D.Franco, A.Brie, D.Herriman

PARAMOUNT PICTURES FRANCE Y A-T-IL UN FLIC POUR SAUVER LE MONDE ? A.Schaffer L.Neeson, P.Anderson, P.Hauser

S34

20 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

EXTRALUCID FILMS BROKEN MIRRORS 01h50 M.Gorris L.Rijxman, H.Tol, E.Barends

DESTINY FILMS DIS-MOI POURQUOI CES CHOSES SONT SI BELLES 01h39 L.Charlebois A.Goyette, M.MacKay, R.Graton

SND LA NUIT DES CLOWNS 01h36 E.Craig K.Douglas, A.Abrams, C.MacCormac

TAMASA DISTRIBUTION LAST SHADOW AT FIRST LIGHT 01h47 N.Midori Woodford S.Mihaya, M.Nagase, M.Tsutsui

SND LES AS DE LA JUNGLE 01h38 D.Alaux P.Bozo, L.Morteau, P.Casanova

SND LES AS DE LA JUNGLE 2 - OPÉRATION TOUR DU MONDE 01h29 L.Bru et Y.Moulin P.Bozo, L.Morteau, P.Casanova

EXTRALUCID FILMS LE SILENCE AUTOUR DE CHRISTINE M. 01h37 M.Gorris D.Dobbelman, D.de Vries, E.Barends

GAUMONT DISTRIBUTION LES ORPHELINS O.Schneider A.Lenoir, D.Benssalah, S.Faidi

DULAC DISTRIBUTION SALVE MARIA 01h51 M.Coll L.Weissmahr, O.Pla, G.Fruttero

KMBO THE RITUAL – L’EXORCISME D’EMMA SCHMIDT 01h38 D.Midell A.Pacino, D.Stevens, A.Greene Khoury

MEMENTO VALEUR SENTIMENTALE 02h12 J.Trier R.Reinsve, I.Ibsdotter Lilleaas, S.Skarsgård

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr.

N°495 / 25 juin 2025

21


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

À l’occasion de la sortie, par Apollo le 2 juillet prochain,

de Falcon Express, retour en chiffres sur les

performances en salles des trois dernières productions

du studio TAT, qui fête cette année ses 25 ans [voir

précédent Boxoffi ce Pro].

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

LES AS DE

LA JUNGLE 2

PATTIE ET LA COLÈRE

DE POSÉIDON

PIL

16/08/2023 25/01/2023 11/08/2021

SND APOLLO SND

841 128 874 125 472 412

48 642 24 395 18 539

177 584 121 275 77 161

8 473 5 283 4 816

21 23 16

7,90 6,04 7,44

17 36 25

3,4 3,6 3,1

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 2 SEMAINES

DATE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 11/06/2025 DRAGONS UNIVERSAL 702 471 043 15 548 30

2 11/06/2025 ÉVÉNEMENT RAINER WERNER FASSBINDER CARLOTTA 3 833 37 23

3 11/06/2025 A NORMAL FAMILY DIAPHANA 145 39 364 1 773 22

4 18/06/2025 28 ANS PLUS TARD SONY 410 139 906 7 274 19

5 18/06/2025 ENZO AD VITAM 200 42 355 2 441 17

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

EN 2025

DATE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188419 14 649 81

2 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67

3 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54

4 12/02/2025 THE BRUTALIST UNIVERSAL 195 103 069 2 393 43

5 02/04/2025 MINECRAFT, LE FILM WARNER 670 661 462 15 609 42

6 21/05/2025 MISSION : IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING PARAMOUNT 801 622 716 15 009 41

7 19/02/2025 L'ATTACHEMENT DIAPHANA 336 187 590 4 907 38

8 01/01/2025 UN OURS DANS LE JURA GAUMONT 580 360 993 9 597 38

9 12/02/2025 CAPTAIN AMERICA: BRAVE NEW WORLD DISNEY 553 534 540 14 713 36

10 09/04/2025 ZION JOKERS 107 77 501 2 217 35

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Dragons prend son envol et réalise la meilleure performance parmi les sorties de ces deux dernières

semaines, fort de ses 30 entrées par séance (e/s), ces dernières étant au nombre de 15 500, soit la

deuxième plus grande combinaison de sortie cette année, après les 15 600 de Minecraft. Sorti sur

trois copies pour 37 séances, la rétrospective en 20 films sur Fassbinder, distribuée par Carlotta,

engrange 23 e/s, et A Normal Family (Diaphana) se place en troisième position grâce à ses 22 e/s.

Enfin, le 28 ans plus tard de Sony réalise 19 e/s, tandis que le Enzo d’Ad Vitam, film posthume

de Laurent Cantet réalisé par Robin Campillo, embarque 17 curieux à la séance.

22 N°495 / 25 juin 2025


Festival d’Annecy

Annecy 2025

UNE ÉDITION PASSÉE PAR

TOUTES LES COULEURS

©Diaphana

Arco d’Ugo Bienvenu est le récipiendaire du prestigieux Cristal du long métrage.

Le 14 juin dernier, le jury du

Festival international du film

d’animation a livré un palmarès

éclectique, pour clôturer sept

jours de festivités intenses. En

parallèle, l’événement et son

Marché international du film

d’animation (Mifa) ont été agités

de nombreux débats autour de la

crise que traverse le secteur,

contrastant avec d’excellents

résultats en salles.

L’année dernière, le Festival d’Annecy avait fermé ses

portes après avoir “cristallisé” Mémoires d’un escargot

d’Adam Elliot, et plébiscité Flow, le chat qui n’avait plus

peur de l’eau de Gints Zilbalodis. Cette année, Arco du

Français Ugo Bienvenu (Diaphana, à dater) repart avec

le Cristal du long métrage, tandis que le Prix du jury

revient au Japonais Yasuhiro Aoki pour ChaO (Eurozoom,

à dater), et le Prix du public à Amélie et la Métaphysique

des tubes de Maïlys Vallade et Han Liane-Cho (Haut

et Court, en salles ce 25 juin). Parmi les autres récompenses,

Planètes de Momoko Seto (Prix Paul Grimault)

et Olivia d’Irene Iborra Rizo (Prix Fondation Gan à la

diffusion) sont tous deux datés (respectivement le 11

mars 2026 chez Gebeka et le 21 janvier 2026 chez Little

KMBO). À l’inverse, Endless Cookie de Seth et Pete

Scriver (Grand prix contrechamp) et Gwang-jang de

Bo-sol Kim (Prix du jury contrechamp) sont pour

l’instant sans distributeurs français.

Un secteur qui a brillé en 2024…

Comme chaque année, le CNC a livré lors du Festival

son bilan du marché de l’animation, affichant des résultats

– au premier abord – satisfaisants. En effet, sur les

181 millions d’entrées engrangées en 2024, 30,2 millions

ont été réalisées par des films d’animation de première

exclusivité. Un très bon résultat – le plus haut post-Covid

–, représentant une part record de 19,4 % de la fréquentation

totale, et plus de 16 % des recettes (217,7 millions

d’euros sur le 1,25 milliard d'euros total). Ces niveaux

historiques sont toutefois à pondérer, car 2024 est, avec

60 sorties – parmi lesquelles 13 françaises, dont 10

co-productions –, l’année la plus fournie en termes de

films d’animation. En outre, le secteur n’échappe pas à

la concentration générale des entrées : les trois plus grands

succès d’animation de 2024 (Vice-versa 2 avec 8,29

millions d’entrées, Vaiana 2 avec 6,68 millions et Moi,

moche et méchant 4 avec 4,38 millions*) totalisent 64 %

des entrées du genre, soit le plus haut niveau depuis 2007

– alors que sur ces dix dernières années (excepté 2020 et

2021), la part moyenne du trio de tête n'excédait pas 46

%. Ces résultats portent la part de marché de l’animation

américaine à 82,1 %, soit le plus haut niveau enregistré

N°495 / 25 juin 2025

23


Festival d’Annecy

depuis 2016 (88,6 %), écrasant les films français qui

représentent 8,1 % des entrées pour le genre (pour une

moyenne de 13,7 % sur ces 20 dernières années), malgré

le succès de films comme Flow (co-production française),

La Plus Précieuse des marchandises ou Léo, la fabuleuse

histoire de Léonard de Vinci. Sur l'année écoulée, le public

de l'animation est constitué à 43 % d’occasionnels, alors

qu’ils n’étaient que 37,4 % en 2023 et 35 % en 2022.

… mais qui peine à sortir de la crise

Soulignant le dynamisme de la production française

d’animation avec 13 films agréés – et de nombreuses

sélections en festivals –, le CNC pointe le « paradoxe » de

la crise sans précédent que traverse le secteur. Selon une

étude réalisée avec Audiens, « les premiers chiffres pour

l’année 2024 et les premiers mois de 2025 montrent un

renversement de tendance : -10,5 % de films produits en

2024 par rapport à 2023 et -11,9 % en mars 2025 par

rapport à mars 2023 ». Cette période de disette, qui

intervient après une décennie de forte croissance, « résulte

d’une volonté affichée des Smad [Services de médias

audiovisuels à la demande, ndlr.] de rationaliser leurs

investissements dans un objectif de rentabilité et plus globalement

de la stratégie des acheteurs, notamment des chaînes

de télévision, de diminuer leurs dépenses et de se concentrer

sur des valeurs sûres, des licences fortes ». Interrogé lors de

la table ronde “Des œuvres qui circulent, des publics qui

se renouvellent” organisée par Europe Creative Media,

Marc du Pontavice (producteur des Zinzins de l’espace,

Oggy et les Cafards) a rappelé que l’émergence des plateformes

« a également modifié la manière dont le public – et

particulièrement les enfants – consomme les œuvres : il cherche

désormais des films qu’il connaît déjà, et se laisse beaucoup

moins aller à la découverte ». L’exposition à des programmes

« de moins grande qualité » ainsi que la fragmentation de

l’audience complexifient la captation d’un public large

autour d’un film ou d’une série avec une proposition

originale. Les professionnels présents à la table ronde ont

par ailleurs rappelé l’importance de la salle de cinéma

comme lieu de découverte et d’éveil, Ivan Agenjo (producteur

espagnol à Peekaboo Animation) indiquant que

l’année dernière, en Espagne, le ministère de la Culture

avait instauré un dispositif inspiré de l’éducation à l’image

en France. Mis en place dans quelques villes et financé

par l’État, ce projet pilote n’a duré que quelques mois,

mais les professionnels espagnols espèrent qu’il reprendra

et sera élargi dans tout le pays.

Autre problème majeur soulevé, la concurrence des

plateformes gratuites comme YouTube et TikTok, qui a

résonné avec les mots de Gaëtan Bruel lors de l’assemblée

générale de l’Afcae à Cannes. Rappelant que 57 % des

moins de 30 ans préfèrent le visionnage de vidéos sur les

réseaux sociaux AUX films sur petit ou grand écran, le

président du CNC avait affirmé l'enjeu commun, « et le

plus grand, de former une nouvelle génération de spectateurs,

face à ce qui est un outil d’enfermement, voire de manipulation

» [voir le Boxoffice Pro du 28 mai 2025]. Plusieurs

professionnels estiment d’ailleurs que YouTube devrait

être considéré comme un éditeur, et non pas juste un

©ANNECY FESTIVAL/G. Piel

Marcel Jean, délégué artistique du Festival, lors de l'ouverture, au milieu des traditionnels avions en papier que les spectateurs envoient sur la scène.

diffuseur, afin d’être intégré dans le décret Smad et donc

de participer à la création. Dans la même perspective,

Rachida Dati a annoncé vouloir modifier ce décret Smad

afin de fixer « au bon niveau les obligations en matière

d’animation, et en les orientant vers des œuvres inédites ».

Enfin, l'un des sujets brûlants du Festival a bien évidemment

été l’intelligence artificielle, qui interroge plus

qu’elle n'inquiète. Les professionnels découvrent de quelle

manière elle peut devenir un outil d’aide au processus

de création, certains avançant qu’elle permet « d’expérimenter

bien plus loin, plus rapidement ». Les craintes

concernent surtout l’intelligence générative qui, ces deux

dernières années, a fait des progrès fulgurants, ce qui a

poussé Disney et Universal à porter plainte contre l’IA

Midjourney pour “violation directe du droit d’auteur”,

après qu’elle a intégré la création ou retouche d’images

au style Marvel ou DreamWorks.

Au moment où se terminait cette nouvelle édition du

Festival d’Annecy, les questions étaient donc nombreuses

quant à l’avenir de l’animation. Mais au milieu de ces

incertitudes restait encore beaucoup d’optimisme, comme

en ont témoigné les plus de 18 000 accrédités et la vitalité

du Mifa qui fêtait cette année ses 40 ans. À cette

occasion, le traditionnel Mifa Animation Industry Award

a été remis au producteur Didier Brunner (Kirikou et la

Sorcière, Les Triplettes de Belleville, Ernest et Célestine…),

qui a tenu à rappeler que « ce qui compte, c’est la brûlante

envie de créer », avant de conclure : « Annecy je t’aime, je

vous aime toutes et tous, gens de l’animation. »

Jules Dreyfus

Le palmarès d’Annecy

La compétition :

Cristal du long métrage : Arco de Ugo Bienvenu

(Diaphana, à dater)

Prix du jury : ChaO de Yasuhiro Aoki (Eurozoom, à dater)

Prix du public : Amélie et la Métaphysique des

tubes de Maïlys Vallade et Han Liane-Cho (Haut et

Court, 25/06/25)

Grand prix Contrechamp : Endless Cookie de Seth

et Pete Scriver

Prix du jury Contrechamp : Gwang-jang de

Bo-Sol Kim

Prix Paul Grimault : Planètes de Momoko Seto

(Gebeka, 11/03/26)

Prix Fondation Gan à la Diffusion : Olivia d'Irene

Iborra Rizo (Little KMBO, 21/01/26)

Cristal et prix du public du court métrage :

Les Bottes de la nuit de Pierre-Luc Granjon (Little

KMBO, 05/02/25 dans le programme Une guitare à la mer)

Prix du jury courts métrages : Les Bêtes de Michael

Granberry

Cristal de la meilleure œuvre VR : Fragile Home

de Ondřej Moravec et Victoria Lopukhina

Prix spéciaux :

Prix Jeune public (court métrage) : Le Grand Party

annuel des créatures de la Lune de Francis

Desharnais

Prix André Martin pour un court métrage français :

Les Bottes de la nuit de Pierre-Luc Granjon

Prix Sacem pour une musique originale (long

métrage) : Arnaud Toulon pour Arco de Ugo Bienvenu

Prix Sacem pour une musique originale (court

métrage) : Sebastian Hilli pour Dollhouse Elephant

de Jenny Jokela

Mention de Pablo Pico : Jean L'appeau pour La mort

n'existe pas de Félix Dufour Laperrière (UFO, 01/10/25)

24 N°495 / 25 juin 2025


DIALOGUE AVEC LA CICAE ET

EUROPA DISTRIBUTION

À Annecy, la Confédération internationale des cinémas d’art et d’essai et Europa Distribution

ont animé une rencontre entre exploitants et distributeurs. Une première pour les deux structures,

que les deux délégués généraux respectifs, Sebastian Naumann et Christine Eloy, comptent

bien réitérer.

Quel était le but de cette rencontre ?

Christine Eloy : C’est une expérience qu’Europa

Distribution mène régulièrement avec d’autres secteurs

(production, ventes internationales…), et nous nous

sommes associés avec la Cicae pour la salle. L’idée est de

créer un lieu où les deux secteurs peuvent échanger à une

échelle internationale, afin de partager les réalités de

chaque territoire. En l’occurrence, nous avons eu des

participants de France, d’Islande, de Taïwan, du Danemark,

d’Allemagne… Cela donne la possibilité de sortir du

microscopique pour rentrer dans le macroscopique,

d'échanger sur les pratiques inspirantes, et de se rendre

compte à quel point un action fructueuse sur un territoire

donné peut-être appliquée sur un autre. Nous sommes

tous des indépendants travaillant principalement dans

l’art et essai, et nous faisons surtout ça parce que nous

voulons apporter des histoires au public.

©Cicae/ED

Sebastian Naumann : La distribution et l’exploitation

sont les deux branches du cinéma les plus tournées vers

le public, et nous avons constaté un manque de fluidité

car elles ne se comprennent pas assez. Pourtant, elles ont

les mêmes objectifs et sont toutes deux vitales pour

l’industrie et le succès d’un film. C’est pourquoi ce genre

d’événements doit être organisé pour maintenir constamment

le dialogue ; l’ADN de la Cicae – à travers notamment

la formation Arthouse Cinema Training qui existe

depuis 23 ans – et d’Europa Distribution est basé sur

l’échange, et nous espérons que de nombreuses actions

en découleront.

Quelles ont été les discussions autour de l’animation

?

SN : Cela dépend, d’un territoire à un autre, mais c’est

un genre qui apparaît toujours comme un peu différent

des autres, et cela rend son accompagnement plus difficile,

mais également plus intéressant, notamment sur la

question du public visé. Par exemple, un film comme

Flow n’a pas été reçu de la même manière selon où il est

sorti, et les seuls qui peuvent le pressentir sont les exploitants

et les distributeurs, car ils sont les experts de

leur marché.

CE : Même pour les films jeune public, les parents doivent

être visés pour que les enfants se rendent en salles. Aussi,

comme les coûts de production sont plus élevés pour

l’animation, l’achat des droits l’est également, ce qui

représente un frein pour la diffusion. À cela s'ajoutent

les frais de doublage qui sont incontournables pour les

films jeune public. D’un autre côté, il y a matière à

travailler sur la durée car ce sont des œuvres qui ont

tendance à être souvent revues par les enfants au cinéma,

en télévision ou VOD, et un distributeur qui en possède

les droits peut les vendre plus facilement que ceux d’un

film “ordinaire” à une chaîne ou à une plateforme.

Distributeurs et exploitants de tous horizons ont participé à cette discussion organisée par la Cicae et Europa Distribution.

Plus globalement, qu’est-ce qui ressort de ces

échanges ?

CE : Par exemple, du côté du marketing a été évoquée

la nécessité de démarrer au plus tôt les discussions entre

distributeurs et exploitants, et même producteurs. Plus

vite les informations sont délivrées, plus vite le distributeur

peut entamer sa stratégie au niveau national, et

l’exploitant au niveau local. Un autre point évoqué

concernait le financement. La distribution et l’exploitation

reçoivent une part infime des soutiens, comme

l’a confirmé la conférence de l’Observatoire européen

de l’audiovisuel à Cannes, qui montrait également une

très faible part allouée à la formation. Tout cela devrait

être mieux équilibré pour soutenir les efforts de ces

professionnels et toucher un plus large public, car les

meilleures idées du monde ne peuvent être réalisées

sans un peu d’argent.

SN : Je pense que le plus grand enseignement est qu’il

s’agit d’une affaire d’individu à individu, et que les

discussions entre professionnels sont indispensables. Cela

vaut entre exploitants et distributeurs, puis de manière

intersectorielle et transfrontalière. Cela permet une

meilleure synchronisation des stratégies promotionnelles,

des budgets marketing, des plannings de réservation par

rapport aux promotions… Chaque maillon de la chaîne

est extrêmement important, mais si nous regardons qui

est sur le terrain, qui contribue réellement au succès d’un

film, ce sont les exploitants et les distributeurs. Il est

essentiel que nous le réalisions, à l'instar des décideurs

politiques : nous sommes un écosystème qui nécessite le

bon fonctionnement de toutes ses parties, et qui a donc

besoin de soutien pour prospérer.

Propos recueillis par Jules Dreyfus

Un réseau qui s’approche

de la vingtaine

Créé en 2006, Europa Distribution regroupe à ce

jour 130 distributeurs indépendants répartis dans

32 pays. À l’instar d’Europa Cinemas, la structure

met en relation ses membres pour partager

connaissances et initiatives à travers des

événements tels que le Green Distribution Lab (des

sessions en ligne de réflexion autour de

l’écoresponsabilité) ou Distributors on the Move

(programme d’échange où les professionnels en

marketing et ventes se rendent pendant quelques

semaines dans une structure étrangère). En France,

19 distributeurs appartiennent au réseau.

N°495 / 25 juin 2025

25


Accessibilité

POUR DES ÉCRANS INCLUSIFS

Au-delà de l’accessibilité des salles et des films, l’accessibilité aux métiers du cinéma reste encore

difficile. Mais les choses bougent, comme en a témoigné la rencontre organisée à Cannes par

le Syndicat des professionnels du cinéma en situation de handicap (SPCH), accueillie par la CST.

« Je tenais à ce que cet événement ait lieu sur la Croisette,

lors de la grande fête mondiale du cinéma », souligne Julien

Richard-Thomson, réalisateur et président du SPCH,

au sujet de la première édition des Écrans inclusifs. Car

rien ne vaut la visibilité du tapis rouge cannois, notamment

pour les acteurs : celle de l’équipe de Un p’tit truc

en plus l’an dernier ou de la comédienne en fauteuil

Léopoldine Huyghues-Despointes, particulièrement

médiatisée cette année, mais qui depuis 16 ans se fait

porter pour monter les marches. « On ne peut pas me le

refuser », a-t-elle remarqué, précisant qu’il a quand même

fallu attendre 2025 pour que le Festival organise l’accueil

de professionnels à mobilité réduite. Et si la comédienne

tourne beaucoup à l’international – depuis son premier

rôle à 18 ans aux côtés de Brady Corbet, dans Atlantic

Avenue de Laure de Clermont-Tonnerre, jusqu’au prochain

film du Cubain Juan Carlos Tabío –, c’est au terme d’un

combat acharné auprès des studios.

De son côté Charles Peccia-Galletto, premier acteur en

situation de handicap à avoir été présélectionné au César

de la révélation masculine pour Mon inséparable, témoigne

pourtant de sa difficulté à obtenir des rôles… « surtout

quand le handicap n’est pas le sujet du film ». Et même

quand c’est le cas, les rôles sont souvent tenus par des

acteurs dits “valides” – comme dans De rouille et d’os ou

Intouchables. La situation a évolué, mais peu pour le

handicap invisible. « Cela représente pourtant 80 % des

personnes en situation de handicap selon l'Agefiph*, auxquelles

on ne propose ni des rôles d’handicapés – puisque cela ne se

voit pas –, ni de caissière ou de postier », souligne Olivier

Couder, directeur de l’Agence – et du Théâtre – Cristal.

Il existe en effet aujourd’hui des agences de casting

spécialisées, qui mettent en avant la singularité de leurs

comédiens comme une force.

Un accompagnement sur les tournages…

Reste que cette singularité doit être accompagnée lors

des tournages. Margault Algudo-Brzostek a ainsi détaillé

son poste de “coordinatrice régie handicap”, un métier

« qui n’existe pas » mais qu’elle a exercé les plateaux de Un

p’tit truc en plus et Mon inséparable, forte de sa double

expérience d’éducatrice spécialisée et de régisseuse cinéma.

Elle travaille actuellement à la rédaction d’une

Julien Richard-Thomson, président du SPCH, Léopoldine Huyghues-

Despointes, comédienne, et Lara Sarciaux de l’Agence Cristal

©SPCH

©SPCH / CST

La table ronde sur les acteurs en situation de handicap, le 22 mai 2025 à Cannes

certification à part entière, comme cela a été fait pour

les coordinateurs d’intimité, sachant que son poste, aidé

par l'Agefiph, « n’a rien coûté à la production ». En outre,

les aménagements proposés sur un tournage – moins de

bruit, plus de temps de repos… – bénéficient à l’ensemble

des équipes. Il en va de même pour les techniciens :

concevoir des caméras moins lourdes ou des perches plus

courtes profiterait à tous – comme la télécommande,

pensée au départ pour les personnes handicapées et

devenue universelle.

Autant de sujets qui mériteraient un référent diversité/

inclusion à toutes les étapes d’une production, mais aussi

d’être abordés dès les écoles de cinéma. Pour le journaliste

Pierre Guennaz, le passage par Jaris, le seul centre de

formation en France à accompagner l'insertion dans les

domaines des médias, du cinéma ou du jeu vidéo, a été

une bien meilleure entrée dans le monde du travail que

son master à l’ESJ.

… et dans tous les métiers

La formation et l'insertion est aussi l’une des missions

de la Fondation Perce-Neige, qui, pour rappel, porte un

projet de centre culturel inclusif à Boulogne-Billancourt,

dans l’ancien Théâtre de l’Ouest parisien. « Nous voulons

que ce soit un lieu de rencontres, qui comprendra 4 salles

de cinéma, mais aussi un restaurant et un centre de formation

», explique Jérôme Velin, directeur de projet de la

Fondation, qui travaille ici avec la Mairie et la Fondation

Culture et Handicap – présidée par Julien Marcel. 70

emplois sur 100 seront occupés par des personnes avec

handicap mental et cognitif, « mais ce sera pour eux un

passage, afin d’accueillir régulièrement les nouvelles générations

». Le lieu devrait ouvrir en 2027… et confirmer

que tous les métiers du cinéma peuvent être plus inclusifs

: des agents d’accueil aux community managers, en

passant par les personnels administratifs.

Si ce projet de Boulogne est soutenu par l’appel à

projets du CNC “Les uns et les autres”, il existe d’autres

dispositifs d’aide, souvent méconnus. Pour Pascal

Parsat, expert handicap-diversité-inclusivité chez

Audiens, « les employeurs ne doivent rien s'interdire :

nous sommes là pour apporter des réponses et trouver des

lignes de financement. Il faut être prêt pour la génération

qui arrive, qui veut s’insérer dans un vrai parcours

professionnel ». L’Afdas accompagne aussi les professionnels

à travers son “appui conseil-carrière”.

S’exprimant en visio depuis Paris, la ministre déléguée

chargée de l’Autonomie et du Handicap, Charlotte

Parmentier-Lecocq, a de son côté annoncé la tenue

d’une commission nationale Culture et Handicap

dans les prochains mois, pour réunir professionnels,

usagers et associations.

D’autres pistes ont été lancées par les intervenants,

comme la création d’un bonus aux aides du CNC pour

les projets inclusifs, qui viendrait compléter les aides

sélectives, et l’ajustement du régime des intermittents

pour les techniciens et artistes handicapés, largement

débattu et dont le SPCH espère une prochaine concrétisation.

Car malgré les freins, le regard, le discours et

les actes ont nettement évolué. Les Écrans Inclusifs

n’est d’ailleurs pas un événement ponctuel, indique

Julien Richard-Thomson, « puisqu’un comité de suivi

va faire un travail de veille toute l’année, en attendant

la seconde édition, au Festival de Cannes 2026 ».

Cécile Vargoz

*Selon l'Agefiph (Association pour la gestion des fonds pour l’insertion professionnelle

des personnes handicapées), 1 Français sur 2 connaîtra le handicap au cours de sa vie,

de manière ponctuelle ou définitive.Julien Richard-Thomson, président du SPCH,

Léopoldine Huyghues-Despointes, comédienne, et Lara Sarciaux de l’Agence Cristal

26 N°495 / 25 juin 2025


Inclusion


International

Un tapis rouge de line-ups studios au Centre des conventions de Barcelone

©A.Algan

CINEEUROPE 2025

DANS LES COULISSES D’UN TOURNANT ?

Du 16 au 19 juin derniers à CineEurope, les professionnels du

“cinéma en salles” ont exploré les nouvelles orientations du secteur,

profondément reconfigurées par le marketing digital et

l’intelligence artificielle.

En 2024, les cinémas des 39 pays européens qui

composent l’Union internationale des cinémas (Unic)

ont accueilli plus de 934,2 millions de spectateurs. Le

bilan définitif livré lors du rendez-vous barcelonais de

juin est donc finalement en dessous des estimations (à

975,5 millions d’entrées) publiées en février dernier.

De quoi marquer un léger recul de 2,6 % par rapport

à 2023 en termes de fréquentation, alors que le boxoffice

total, à hauteur de 7,1 milliards d’euros, reste

stable (+0,03 %).

La patte Pathé

Avec ses 181,5 millions d’entrées, soit près de 20 % de

la fréquentation totale des territoires de l’Unic, la France

reste la championne incontestée. Comme l’a énoncé Phil

Clapp, le président de l’Union, lors de la cérémonie

d’ouverture, « on ne peut pas concevoir le cinéma européen

sans le cinéma français, ni le cinéma français sans Pathé ».

En acceptant le prix de l’exploitant international de

l’année, Jérôme Seydoux a de son côté annoncé que le

groupe investira davantage dans la production de films,

« surtout anglophones ». Il développera également ses

collaborations avec les autres distributeurs à l’international,

tout comme sa propre activité de distribution dans les

pays où il opère également des salles. « Le futur n’est ouvert

qu’aux optimistes », a conclu le président de Pathé.

Un nouvel espace cinéma

Cette année, le grand auditorium du palais des congrès

de Barcelone accueillait huit présentations de line-ups

(par Lionsgate, Sony Pictures, Studiocanal, Universal,

Warner, Paramount, Walt Disney Studios et enfin Angel

Studios). Autant de shows ponctués de sessions de travail,

pour que le spectacle continue dans les cinémas.

Si l’exclusivité salles et les investissements dans la qualité

d’accueil sont régulièrement revenus sur le devant de la

scène, les enjeux de la présence digitale ont été particulièrement

discutés cette année. Pour Carla Boyd, experte

en la matière chez Cineworld Cinemas, « les réseaux sociaux

sont les nouveaux halls d'accueil des cinémas, là où les

spectateurs vont avant et après le film ». Pourtant, il y a un

sacré paradoxe, relevé par Mariano Otero en charge du

développement chez Fever*, à promouvoir une sortie

cinéma sur ces médias sociaux, « qui sont faits pour vous

accrocher… et ne plus vous laisser partir ailleurs ». Le second

paradoxe, souligné par le codirecteur général d’AlloCiné,

Adrien Chabal, lors de la même session, est celui de

promouvoir des films de cinéma dans un espace de « scroll,

au format vertical. Le plus souvent, le premier contact du

public avec les titres à l’affiche a lieu sur… les téléphones

portables. D’où le besoin de créer un contenu spécifique, qui

soit aussi créatif que le film lui-même ».

©A.Algan

Jérôme Seydoux, sur la scène du grand auditorium

* Plateforme mondiale de billetterie pour les événements culturels et de divertissement, Fever propose entre autres les concerts Candlelights

dans plus de 100 villes à travers le monde : « une offre culturelle créée sur mesure » après avoir repéré les « attractions naturelles » de la génération

Z, pour la musique classique, les lieux insolites et… les bougies !

28 N°495 / 25 juin 2025


L’ACTUALITÉ DE

L’EXPLOITATION ET DE LA

DISTRIBUTION CINÉMA

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International

Le marketing digital se révèle en effet déterminant dans

la carrière des films, et d’autant plus auprès des jeunes.

Adon Quinn, PDG des Muvi Cinemas saoudiens, en

est régulièrement témoin. Si la sortie cinéma est encore

peu ancrée dans le royaume – pour rappel, les salles y

étaient interdites jusqu’en 2018 –, les campagnes en ligne

montrent leur efficacité auprès d’une population composée

à 75 % de moins 30 ans. Ainsi, un récent buzz a propulsé

Dangerous Animals [voir p.27] de la 6 e à la 1 e place du

box-office national au cours de son week-end de sortie,

et permis à ce titre outsider de s'y maintenir sur son

deuxième week-end.

Malgré l'intensification de la bataille pour capter l’attention,

le partage de données entre distributeurs et exploitants,

abordé depuis de nombreuses années, semble encore

piétiner… et créer des frustrations. Anny Schmit,

directrice générale de Sony Pictures Belgique, évoque

des embûches légales, financières, techniques, éthiques…

ainsi que quelques incompréhensions : « Le marketing est

inscrit dans l’ADN des distributeurs, un peu moins dans

celui des exploitants, notamment les plus petits, qui ne se

rendent pas forcément compte à quel point il a évolué et

que, bien qu’il soit moins visible qu’avant, est bien présent. »

D'où l'idée du distributeur de proposer, depuis l’année

dernière dans le plat pays, une tournée “pédagogique”

pour montrer les dessous d’une campagne marketing,

de l’engagement, de la conversion…

Eric Meyniel, Chief Box Office Officer de Kinepolis,

mesure lui aussi pleinement l'importance de la conversion

des campagnes digitales en entrées… Reste que « tout ce

qui ne se “convertit” pas n’est pas forcément vain, même si

la notoriété et la visibilité apportées sont difficiles à quantifier

». Enfin, cette relation digitale permet à l’exploitation

d’approfondir sa connaissance du public, mais ne

doit pas remplacer la relation humaine : « Les premiers

C’est le président de la FNCF Richard Patry, entouré de Laura Houlgatte

(directrice générale de l’Unic) et de Stan Ruszkowski (CEO de The

Boxoffice Company), qui a représenté à Barcelone les récipiendaires

français des Giants of Exhibition Europe Awards de l’année : CineWest

(prix de la meilleure percée) et Cinéville (prix du développement le

plus rapide).

ambassadeurs de notre enseigne, comme des films, et nos

premières clés pour comprendre nos spectateurs, ce sont nos

équipes à leur contact direct. »

De l’algorithme au grand écran

Parmi les principaux usages-data, une nouvelle thématique

a résolument “rejoint la conversation” des professionnels

à CineEurope cette année : l’intelligence

artificielle. Côté marketing, elle permet par exemple,

comme l’a décrit Till Cussmann, VP Client Success

chez Vista Group à propos des nouvelles fonctionnalités

de Movio, d'identifier, de segmenter et donc de piloter

plus finement les campagnes CRM. L’IA entre également

en action sur la composition des newsletters, avec de

multiples axes d’assistance (sur le choix du nombre de

mots, du ton ou encore des emojis…).

©N.Dupart/The Boxoffice Company

Même démarche, plus empirique mais tout aussi

efficace, de la part de la directrice du Lillehammer

Kino – complexe de cinq salles dans la petite ville du

même nom au centre de la Norvège. Avec des prompts

très précis et travaillés, Clarissa Bergh sollicite tout

simplement ChatGPT pour cibler ses campagnes,

élargir son public, imaginer de nouveaux événements,

créer des textes et des plannings de communication…

Enfin, Vue International s’impose clairement comme

le pionnier en matière de programmation assistée par

l’IA. Cela fait en effet déjà 10 ans que le circuit teste

son modèle – qu’il a affiné au fil de 55 versions –,

nourri de données sur les performances passées et

d’analyses prédictives, avec un traitement différencié

des jours de la semaine. À ceci s’ajoutent la gestion

de la durée des films, des tailles des salles, les composantes

démographiques entourant chaque site…

Résultat : « Les 96 cinémas actuellement programmés

avec l’aide de l’IA proposent plus de diversité de films et

leur durée d’exploitation a augmenté de 16 % », déclare

Rob Lea, responsable des contenus et des tarifs chez

Vue au Royaume-Uni et en Irlande. Le procédé a été

étendu à l’Italie depuis l'année dernière, « et sera

prochainement déployé en Allemagne et en Pologne »,

annonce Eduardo Leal, directeur du contenu à l’échelle

du groupe. Il ne prévoit pas pour autant de baisse du

nombre de ses collaborateurs-programmateurs, désormais

plus disponibles pour faire de la prospection sur

les titres répertoire, internationaux et le contenu

alternatif. Comme quoi, la human touch a encore

quelques longueurs d’avance…

Ayşegül Algan

Programme de mentorat

féminin de l’Unic, promo 9 !

Le Women’s Cinema Leadership Programme 2025-2026 a été

lancé le 18 juin à Barcelone. Depuis sa création en 2017, cette

initiative phare de l’Unic est devenue un véritable vivier de

futures dirigeantes, « un réseau dynamique et solidaire

réunissant plus de 180 femmes remarquables », comptabilise

Laura Houlgatte, la directrice générale de l’Union.

Pour rappel, ce programme international, d’une durée de 12

mois, vise à lutter contre le déséquilibre hommes/femmes pour

les postes à responsabilité dans l’exploitation. La promotion

2025-2026 réunit 14 mentorées et autant de mentors,

représentant un total de 12 pays et 27 entreprises.

Mentors

Clarissa Bergh, directrice générale, Lillehammer Kino (Norvège)

Grainne Clarke, directrice des ventes et partenariats corporate,

Cineworld Cinemas (Royaume-Uni)

Mariam El Bacha, experte indépendante du cinéma, EMEA

(Danemark)

Beatrice Flammini, vice-présidente senior, affaires gouvernementales

et réglementaires, NBCUniversal (Belgique)

Laura Fumagalli, responsable marketing et événements,

ARCADIA Cinema (Italie)

Sabine Goldie-Auger, directrice du retail, Pathé

Cinémas (France)

Ruth Hinton, directrice expérience client et insights, groupe

Vue (Royaume-Uni)

Mary Kouinoglou, vice-présidente senior, distribution salle

EMEA, Sony Pictures (Royaume-Uni)

Anna Marsh, directrice générale, Studiocanal (France)

Finola McLoughlin, directrice exécutive, distribution salles

EMEA, Warner Bros Pictures Group (Royaume-Uni)

Katarina Nyman, directrice pays et distribution films, Nordisk

Film (Finlande)

Anna Paprocka, responsable programmation, Regent Street

Cinema (Royaume-Uni)

Mette Schramm, directrice de cinéma / PDG / propriétaire,

Reprise Teatret, Empire Bio & Reel Pictures (Danemark)

Suzie Welch, directrice générale UKI & DRH groupe, Odeon

Cinemas Group (Royaume-Uni)

Mentorées

Ann Karin Atterås, directrice de cinéma, Voss Kino (Norvège)

Koyin Awomolo, account manager, Harkness Screens

(Royaume-Uni)

Patricia Cüppers, responsable senior marketing digital,

Yorck-Kino GmbH (Allemagne)

Nena Loncar, responsable analyses clients, Comscore

(Royaume-Uni)

Katrin Mathe-Cotillon, senior manager marketing salles EMEA,

Crunchyroll (France)

Oanh Nguyenova, responsable commercial et développement,

Gruvi (Portugal)

Paola Parini, manager junior, Multisala King (Italie)

Beatriz Romero Fernández-Paniagua, responsable trésorerie,

budget et reporting financier, Yelmo Cines (Espagne)

Magda Rotko, responsable éditoriale, Vista Group (Allemagne)

Elin Svärdendahl, programmatrice senior, Filmstaden, Odeon

Cinemas Group (Suède)

Daniela Tamburrino, directrice de cinéma, Lucisano Media

Group (Italie)

Lesley van der Woude, responsable programmation films UK/

US, Rooftop Cinema Club (États-Unis)

Claire Wyckaert, responsable marketing – programmes,

Barco (Belgique)

Samira Zaïbat, directrice, The Mouv’, Jolifanto ASBL / Parlement

européen (Belgique)

30 N°495 / 25 juin 2025


LE CINÉMA SUÉDOIS

À LA CROISÉE DES CHEMINS

Les projecteurs du traditionnel focus-pays de CineEurope étaient, cette année, braqués sur le

pays nordique qui a certainement eu le plus d’influence sur le cinéma mondial… mais qui cherche

ses marques.

De son âge d’or – celui d’Ingmar Bergman ou Greta

Garbo – à Ruben Östlund doublement palmé, en passant

par les succès de Morse de Tomas Alfredson et de La

Conspiration de Caire de Tarik Saleh (dont le pays était

le principal producteur), le cinéma suédois est loin de

jouer les seconds rôles. À l’intérieur de ses frontières, il

peut compter sur un vaste parc de 480 cinémas et 874

écrans, de quoi afficher un des plus haut taux d’équipement

d’Europe (8,3 écrans par 100 000 habitants).

Copyright © Free Vector

Pour autant, son marché a marqué le pas en 2024, avec

10,3 millions d’entrées pour une population de 10,54

millions d'habitants – contre 11,2 millions de tickets

l’année précédente et près de 16 millions en 2019. Les

cinémas suédois n’ont pas été administrativement fermés

durant la crise du Covid, mais n’en ont pas moins eu

besoin de se réinventer depuis. Anna Croneman, productrice

désormais à la tête du Swedish Film Institute,

souligne que bien avant la pandémie, le pays a été le

premier territoire d’implantation – et de succès – des

plateformes, « grâce à notre tempérament d’“adopteurs

précoces” ouverts à l’innovation ». Après quelques années

de bascule radicale vers le streaming et les séries TV, la

production locale semble avoir trouvé un nouvel équilibre,

permettant à la part des films nationaux de passer de 15

à 33 % entre 2023 et 2024.

Reste que les pratiques des spectateurs ne sont plus les

mêmes, « et nous devons comprendre leurs nouvelles attentes,

comme plus de premium, de restauration, d’événements pour

fans… », décrit Per Mårtensson, directeur de la programmation

chez Filmstaden (filiale d’Odeon). Suzanna

Holmqvist, de Svenska Bio, décrit pour sa part les efforts

de rénovation et d’identité particulière que l’enseigne

s'efforce de mettre en œuvre dans ses cinémas. « Et nous

parlons nettement plus entre professionnels », se réjouit la

directrice marketing.

Le Biograf Grand Stockholm de Svenska Bio

De cette collaboration renforcée est née la grande journée

du cinéma Stora Biodagen – depuis 2022, le troisième

dimanche de septembre, tous les cinémas du pays proposent

des séances à demi-tarif –, ainsi que le Swedish Cinema

Club (inspiré du Danish Cinema Club) qui permet à ses

abonnés de voir une sélection annuelle de titres à demitarif.

D’autres mobilisations sont en cours, auprès du gouvernement,

notamment pour obtenir une TVA dite « culturelle

» réduite, dont les cinémas suédois ne bénéficient

pas encore, et qui permettrait de faire passer le taux de

25 % à 6 %, « quitte à reverser une part de nos recettes à

notre cinéma national », suggère Anna Croneman. Le

Swedish Film Institute renouvelé, qu’elle dirige, aura un

grand rôle à jouer pour soulager les difficultés de financement

des films nationaux. « Le gouvernement réfléchit

actuellement à un fonds de soutien, et les 20 millions d’euros

que nous pourrions obtenir sont vraiment nécessaires pour

relancer le cinéma suédois. »

©Svenska Bio

Ayşegül Algan

©A.Algan

Le “Focus Suède du 16 juin a réuni (de gauche à droite), Per Mårtensson, (directeur de la programmation chez Filmstaden-Odeon Cinemas Group),

Suzanna Holmqvist (directrice marketing et membre du CA de Svenska Bio), Irene Lindblad (directrice générale de SF Studios), Anna Croneman

(directrice générale du Swedish Film Institute) et Niels Swinkels (EVP et directeur général d’Universal Pictures International) comme modérateur.

N°495 / 25 juin 2025

31


Exploitation

Feu vert pour le futur cinéma de Foix en CDACi

Le projet de construction du Patio a été validé par la Commission

départementale de l'Ariège le 17 juin dernier. Ce nouvel équipement,

porté par Ciné Azur et l'agglomération, vise à remplacer l'actuel Rex et

à moderniser l'offre culturelle de la ville.

Le Patio sera implanté sur une friche urbaine de 900 m², située en face d'un parking

de 250 places et à proximité des infrastructures de restauration existantes. L’établissement

remplacera l'actuel cinéma Rex, dont les exploitants, Sébastien et Marjorie Tacquet, ont

enregistré une augmentation notable des entrées depuis leur reprise en 2018, passant

de 20 000 à 38 000 en 2024 pour leur unique salle de 140 fauteuils. Le nouveau complexe

prévoit trois salles – avec des capacités de 178, 146 et 70 places, pour un total de 394

fauteuils – équipées de projecteurs laser, de son Dolby 7.1, et du système Twavox pour

l'accessibilité sensorielle. Le Patio intègrera un espace ciné-café de 120 m², modulable

en salles de réunions ou de réceptions. Quant au patio extérieur de 140 m² – qui vaut

son nom au cinéma –, il est destiné à devenir un véritable lieu de vie et d’animation,

notamment avec les partenaires ou les associations locales.

« Il s’agit d’un partenariat public-privé, avec la forte volonté de l'agglomération de redynamiser

le centre-ville. Le projet s'inscrit d’ailleurs dans le dispositif Action Cœur de Ville », commente

Sébastien Tacquet. Ainsi, l'agglomération Foix-Varilhes et ses collectivités partenaires

prendront en charge la construction de la coque, pour un coût estimé à 5 millions

d'euros, tandis que l'équipement sera financé par les exploitants, représentant un budget

de 750 000 euros. L'étude du projet a été confiée à Hexacom tandis que la conception

et la maîtrise d'œuvre du bâtiment sont assurées par l'agence toulousaine GGR Architectes,

en collaboration avec ABFM - Alain Balzac en tant qu'architecte conseil. Le prix des

places variera entre 5,50 € pour les enfants et 9,50 € en tarif plein, avec un tarif abonné

à 6,50 €. Sébastien et Marjorie Tacquet visent une fréquentation annuelle de 70 000

entrées après trois ans d'exploitation.

Les travaux de démolition de la friche sont programmés pour octobre prochain, le début

de la construction pour mars 2026, et l'ouverture pour Noël 2027.

©Patio Foix ©Patio Foix

Marion Delique

Confluences va construire le nouveau complexe d'Annonay

Cédric Aubry reprend le projet de création dans la commune ardéchoise, privée de cinéma depuis

l'automne dernier, avec l’ambition d’aller très vite.

C’est aux côtés du maire d'Annonay, Simon Plenet, que

le président des Cinémas Confluences a annoncé le départ

de ce projet tant attendu par les 60 000 habitants du

canton. En effet, leur seul cinéma, Les Nacelles, classé

art et essai et qui accueillait notamment le fameux Festival

du premier film, a fermé ses 4 salles après les inondations

d’octobre 2024. Il avait été acquis par Geci en 2021

auprès de Bauciné, ainsi que le projet qui devait lui

succéder, auquel la famille Baud pensait déjà depuis près

de 15 ans. C’est finalement Cédric Aubry qui le concrétisera,

« le but étant de construire très rapidement pour que

la population retrouve un cinéma ».

Le futur Confluences d'Annonay

sera implanté dans

l’hyper-centre – à 400 m

des Nacelles mais sur les

hauteurs – et déployé sur

2 140 m². Il comptera 7

salles – pour 770 places

incluant 25 PMR –, dont

une grande de 282 places

avec un écran de 16 m de

base. « Mais l’idée reste de

proposer le même confort de

la salle 1 à la salle 7 », explique

Cédric Aubry, dans sa

démarche de montée en

gamme – fauteuils inclinables,

son DTX et DTS X… – appliquée pour la

rénovation de son établissement de Varennes ou sur la

construction du Nova Ciné de Saint-Dié-des-Vosges qu’il

accompagne. À Annonay aussi, l’accent sera mis sur un

hall attractif et chaleureux, « avec un poêle à pellets, un

ciné-café que nous avons brandé “C’tea Coffee”, potentiellement

du coworking… bref un lieu de vie, comme à Sablé

ou Bar-le-Duc ». Et comme tous les cinémas Confluences,

celui-ci accordera une part belle à l’art essai et développera

le travail « prioritaire » sur l’éducation aux images, tout

comme celui avec les associations locales.

« Je m’emploie, avec les collectivités et même la Préfecture, à

répondre à la grande attente de la population, mais aussi à

Le projet du futur Cinéma Confluences Annonay

©ADVK Architecture

une perte sèche de fréquentation, explique Cédric Aubry,

estimant qu'actuellement « il n’y a pas de transfert d’entrées

sur d’autres cinémas. » Les plus proches – à Saint-Vallier

ou Péage-de-Roussillon – étant à une demi-heure en

voiture, la perte d’habitude ne doit pas s’installer sur ce

plateau de l’Ardèche, où « le public est très captif ». Le

festival du Premier film d’Annonay, qui se déroulait

habituellement aux Nacelles, a encore enregistré 20 000

entrées en février dernier, dans des salles de secours

(théâtre, salle des fêtes..). L’ancien cinéma, lui, était à

97 000 entrées en 2019.

Le président de Confluences veut donc allier rigueur et

rapidité. « Le dossier en CDACi et le permis de construire

seront déposés avant la fin du mois et la construction débutera

aussitôt le permis obtenu. Les demandes d’aide sélective

et automatique seront soumises au CNC durant l’été pour

être présentées à la dernière commission de l’année. » L’exploitant

espère ouvrir dans tout juste un an, sachant qu’avec son

architecte, Véronique Kirchner, « nous avons l’expérience

pour concrétiser rapidement ce type de projet ».

Celui d’Annonay, qui sera le 8 e Cinéma Confluences,

passera avant celui de Romilly-sur-Seine dans l’Aube,

pour lequel les recours administratifs ne sont pas encore

tous levés. Quant à son « petit » projet de Carquefou,

et même s’il reste résolument optimiste sur une reprise

du marché, Cédric Aubry confie être en pleine réflexion

« sur sa véracité économique ».

Cécile Vargoz

32 N°495 / 25 juin 2025


©nbirrien

La décoration de la salle 1, comme l’ensemble du bâtiment, rappelle son nom d’Espace Lumière, choisi parmi plus de soixante propositions des Saint-Laryens, en écho aux créateurs du cinématographe

autant qu’au Pic éponyme de la station.

NOUVELLE VIE POUR LE CINÉMA DE

SAINT-LARY-SOULAN

La station haut-pyrénéenne a retrouvé son cinéma le 18 juin dernier, après dix-huit mois de

travaux. Suite à la restructuration de son bâtiment, transformé en palais des congrès polyvalent,

il s'inscrit désormais dans l’Espace Lumière, dont il a pris le nom.

©nbirrien

Le Lumière est doté d’espaces de repos et de partage, où sont également projetées des vidéos,

comme la création de Marie-Monique Robin, Vive les microbes.

©nbirrien

Le parvis de l’Espace Lumière et son esthétique particulière rappellent le label “Village en poésie” de

Saint-Lary-Soulan, et sera le point de départ d’une promenade poétique au fil de la Neste.

L’ensemble du bâtiment de l’Espace Lumière, qui

abritait auparavant une patinoire et le cinéma Le Saint-

Lary, avait subi de grosses inondations en 1982, un an

après son ouverture. S'il avait été remis en état, c'est

désormais un espace flambant neuf, et conçu pour

résister aux aléas climatiques, qui accueille le cinéma.

D'un budget de 4,1 millions d'euros, le projet a bénéficié

de contributions variées, de l'équipe technique du

Parvis Scène nationale Tarbes-Pyrénées aux professionnels

de l'événementiel, en passant par le pôle culture

de la Ville, pour s'adapter au mieux aux besoins de la

station qui souhaite se tourner vers le tourisme d'affaires.

Côté cinéma, les deux salles de 156 (+5 PMR) et 61

fauteuils (+ 3 PMR) ont été entièrement modernisées,

isolées phoniquement et thermiquement. Elles se dotent

de nouveaux écrans et d'un son Dolby 7.1, ainsi que

d'un dispositif d'accessibilité individuel pour les malentendants.

Autre nouveauté, le Lumière s'ouvre à la

confiserie (pop corn et glaces artisanales), et revoit son

parcours client : « Nous avons fait appel à une architecte

d'intérieur, Vanessa Morand [studio Movat, ndlr.], pour

créer un espace vidéo scénographié et intégrer de nouveaux

espaces d'attente et de partage, imaginés autour de la nature

et des paysages de la région, indique Émilie Verdoux,

directrice adjointe de l'Office de tourisme de

Saint-Lary-Soulan. Le hall d'entrée rappelle par exemple

les différentes strates géologiques de la montagne, et dans

une démarche RSE, nous avons choisi d'utiliser des matériaux

simples, recyclés et recyclables sur les revêtements muraux. »

Avec cet investissement, le cinéma municipal géré par

l'Office de tourisme et programmé par le réseau Ciné

Parvis 65 espère retrouver ses 20 000 entrées annuelles

de 2014, et ce grâce à une programmation variée, mêlant

blockbusters et art et essai, et une orientation affirmée

vers l'animation et les publics jeunes.

C.P.

N°495 / 25 juin 2025

33


Miscellanées

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

16/07/25

COMMUNAUTÉ

D'AGGLOMÉRATION

LE GRAND NARBONNE

LE CINÉMA SCÈNE

NATIONALE DU GRAND

NARBONNE

1 109

Projet d'extension portant sa

capacité à 2 salles et 369 places

Narbonne Aude Le Grand Narbonne

Programme Jeunes

talents du Prix Lux

Le Prix Lux du Public – qui distingue chaque année des

films européens – et son partenaire et Europa Cinemas

lancent un appel à candidatures pour un programme

destiné à impliquer de jeunes professionnels du secteur

– jusqu’à 35 ans et travaillant dans l’exploitation, la

programmation, le marketing… –, à travers l’UE. Ils

profiteront notamment de sessions de mentorat avec des

cinéastes, distributeurs, producteurs et représentants

d’institutions européennes, lors d’une formation début

octobre à Strasbourg, entièrement prise en charge. Les

participants auront pour mission de promouvoir tout

au long de l’année le cinéma européen et le Prix Lux du

Public à travers des actions ciblées.

Plus d’infos et candidatures sur :

www.europa-cinemas.org

©Cinémas UGC

L’UGC Ciné Cité Les Halles fête ses 30 ans

L’UGC Ciné Cité Les Halles, de 1995... à 2025

Le 21 juin 1995, le Groupe UGC inaugurait son tout

premier Ciné Cité (15 salles), dans le ventre de Paris, à

l'emplacement du parc océanique Cousteau, fermé depuis

1992. 30 ans plus tard, l’UGC Ciné Cité Les Halles est

passé à 27 écrans (et 3 800 fauteuils), programmant

jusqu’à 45 titres différents sur une journée et attirant

près de 3 millions de spectateurs annuels (2,7 millions

en 2024). Il est également champion de France en matière

d'accueil d’avant-premières avec équipes de films (plus

de 160 par an)... et le preneur de pouls des attentes du

public avec ses fameuses séances de 9h du mercredi.

©Cinémas UGC

Les festivités des 30 ans ont débuté le 18 juin en

compagnie de Jacques Audiard venu présenter de

De battre mon cœur s’est arrêté, le premier des 30 films

cultes programmés durant l’été – dont une moitié

intégrée au rendez-vous estival “Le directeur fait son

cinéma”, proposé par le directeur du site Patrice Le

Marchand. Sont également prévues d’autres avantpremières

et soirées spéciales.

Et n’oublions pas, au compte des anniversaires du circuit

cette année, les 25 ans de la carte illimitée UGC !

Soutiens

Afcae

Inédits

Les filles désir de Prïncia Car (Zinc. - 16 juillet)

Slow de Marija Kavtaradze (Outplay - 6 août)

Valeur sentimentale de Joachim Trier (Memento

- 20 août)

Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke

(JHR - 27 août)

Sirât de Oliver Laxe (Pyramide - 10 septembre)

Jeune public

Mary Anning de Marcel Barelli (Cinéma Public

Films - 17 septembre)

Timioche, programme de courts métrages

(Les Films du Préau - 1 er octobre)

Répertoire

Chronique des années de braise de Mohamed

Lakhdar Hamina (Les Acacias - 6 août)

Yi Yi d’Edward Yang (Carlotta Films - 6 août)

Le Silence autour de Christine M de Marleen

Gorris (Extralucid Films - 20 août)

Palombella Rossa de Nanni Moretti (Malavida

Films - 3 septembre)

La Légende de Zatoichi : Le Masseur aveugle

de Kenji Misumi (The Jokers Films -

24 septembre)

Coup de cœur du comité 15-25

L’Épreuve du feu d’Aurélien Peyre (Paname

Distribution - 13 août)

AGENDA DE LA PROFESSION

RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 24 au 28/06/25 DINARD

RENCONTRES PROFESSIONNELLES UCA-BIARRITZ 26 et 27/06/25 BIARRITZ

FEMA - FESTIVAL LA ROCHELLE CINÉMA 27/06 au 05/07/25 LA ROCHELLE

ETATS GÉNÉRAUX DU CINÉMA ITINÉRANT 30/06/25 LA ROCHELLE

AG DE L'ACOR (DANS LE CADRE DU FEMA) 03/07/025 LA ROCHELLE

FÊTE DU CINÉMA 29/06 au 02/07/25 FRANCE

STUDIOSHOW 03 et 04/07/25 PARIS

RENCONTRE INTERSYNDICALE DE L’EST 08/07/25 SAINT-DIÉ-DES-VOSGES

AG DES SYNDICATS DE DIRECTEURS DE CINÉMAS DE L'EST

ET DE RHIN-ET-MOSELLE

09/07/25 SAINT-DIÉ-DES-VOSGES

FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 25 au 30/08/25 ANGOULÊME

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 09 au 11/09/25 SAINT-ÉTIENNE

CONGRÈS DES EXPLOITANTS FNCF 22 au 25/09/25 DEAUVILLE

RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE L'ARP 5 au 7/11/25 LE TOUQUET

RENCONTRES PROFESSIONNELLES DU NORD 12 au 14/11/25 ARRAS

JOURNÉE ART ET ESSAI DU CINÉMA EUROPÉEN 23/11/25 MONDE

RENCONTRES NATIONALES DE L’ARCHIPEL DES LUCIOLES 25 au 27/11/25 METZ

RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON

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