LUMIERES_N°51_JUIN_2025 - Dossier Locaux scolaires et bibliothèques
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Lumières
N° 51 - JUIN 2025
DOSSIER
Éclairage des établissements
d’enseignement et bibliothèques
Librairie de Darlington, UK
Solutions d’éclairage : Zumtobel et Thorn
© Darlington Library
Lumières
N° 51 - JUIN 2025
Éditorial
Isabelle Arnaud
rédactrice en chef
DOSSIER
Éclairage des établissements
d’enseignement et bibliothèques
Librairie de Darlington, UK
Solutions d’éclairage : Zumtobel et Thorn
© Darlington Library
Directeur de la publication
David Catelain
Édition 3e Médias
17, rue de l’Amiral Hamelin
75016 Paris
www.filiere-3e.fr
Rédactrice en chef
Isabelle Arnaud
Tél. : +33 (0)6 82 40 21 80
lumieres@filiere-3e.fr
Ont collaboré à ce numéro :
Alexandre Arène
Roger Narboni
Corrections
Laurence Chabrun
laurencechabrun@gmail.com
Librairie de Darlington, UK
Solutions d’éclairage : Zumtobel et Thorn
© Darlington Library
Conception graphique et réalisation
Planète Graphique Studio
95, boulevard Berthier
75017 Paris
Publicité
Sandrine de Montmorillon
Tél. : +33 (0)6 51 30 28 68
sdm@filiere-3e.fr
Abonnements
Juliette Aguelon
compta.3emedias@gmail.com
Impression et routage
Imprimerie Chirat
42540 Saint-Just-La-Pendue
© 3e Médias, Paris.
Reproduction interdite.
Dépôt légal : juin 2025
ISSN : 2259-3772
La ronde des lumières !
Une ronde est une danse collective dans laquelle les danseurs se
tiennent par la main et tournent en rond, sans jamais se tourner le dos.
Les participants peuvent marcher, courir, sautiller, aller dans un sens,
aller dans l’autre, chanter en même temps qu’ils dansent. Tout comme
les lumières de ce numéro.
Les regards croisés portés sur le schéma de cohérence d’aménagement lumière de
Rennes Métropole s’enrichissent de l’expertise des uns et des autres, responsables
de services techniques et conceptrice et concepteur lumière. Cette mise en commun
de compétences et de savoir-faire se conjugue dans l’harmonisation des éclairages
de 43 communes ; une histoire – qui prend sa source il y a plus de dix ans lors de
la première trame noire pensée par Roger Narboni – détaillée pour nous par les
principaux acteurs : Philippe Carriou, Mathieu Ros, Virginie Voué, Luca Goy.
Cette année, les Journées nationales de la lumière organisées par l’Association
française de l’éclairage les 17 et 18 septembre prochain se tiendront au Centre
international de conférences de Sorbonne Université sur le campus Pierre-et-
Marie-Curie à Paris. Au programme, entre autres, de nombreuses réalisations
parisiennes expliquées et commentées.
La lumière spectacle est au rendez-vous cet été jusqu’au 31 août dans la Grande
Halle de La Villette avec « Into the Light », une exposition présentée par Tetro qui a
réuni 12 artistes européens.
Malgré la guerre et les difficultés du quotidien, des concepteurs lumière ukrainiens
de la ville de Dnipro ont invité Roger Narboni à animer un atelier professionnel
pour étudier un sdal et une trame noire pendant plusieurs semaines. Il nous fait
l’honneur de partager cette aventure à travers un récit documenté présenté dans
nos colonnes.
On ne sait plus si c’est une ronde ou une farandole qui anime les talents et les
projets réunis au sein d’Ikomē, l’agence créée par Christophe Canadell qui a
su réunir, en gardant leur singularité, NoctaBene, Les Éclairagistes Associés
et Ponctuelle. Et ce sont encore d’autres chorégraphies lumière que nous
présentent Les Éclairagistes Associés et l’agence Lyum, où l’art et le patrimoine se
rencontrent.
Pour Guillaume Bastien, country manager d’Artemide France, le savoir-faire et
le design se trouvent au cœur de la marque qui, à la fois enracinée dans une
tradition artisanale et ouverte sur le monde, souhaite créer une lumière humaine et
responsable.
Rondes de lumières également dans le dossier consacré à l'éclairage des écoles
et les bibliothèques pour apprendre et lire avec plaisir, sans fatigue, dans des
ambiances apaisantes et bienveillantes.
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 3
Lumières Sommaire
22
26
© Raphaël Jayol, LEA
© Xavier Boymond
ACTUALITÉS
12 Women Light Artists
Journées nationales de la lumière 2025
13 Michel Gioria, nommé directeur général du SERCE
Stéphane Aubry, directeur général de Brossier Saderne
Kristian Friboulet, directeur général d’ADDIS, élu président
du Syndicat du Luminaire
14 Into the Light, du 9 avril au 31 août 2025,
Grande Halle de La Villette à Paris
16 Meljac fête ses 30 ans
17 Déclarations de LightingEurope
18 Un atelier professionnel pour étudier une trame noire
à Dnipro, en Ukraine, par Roger Narboni
PROJETS
22 Bibliothèque de l’Assemblée nationale : un éclairage
amendé
Conception lumière : Les Éclairagistes Associés
26 Lumière Calésienne
Conception lumière : Lyum
INTERVIEW CROISÉE
Le scal de Rennes Métropole : harmoniser les pratiques
d’éclairage
Phillipe CARRIOU, responsable du service Éclairage
public, direction de la voirie, Rennes Métropole
Mathieu ROS, responsable de l’unité Éclairage public et
Signalisation lumineuse (EPSL), Rennes Ville et Métropole
06
Virginie VOUÉ, conceptrice lumière, Luminescence
Lucas GOY, concepteur lumière, agence les éclaireurs
© DR
© DR
© DR
© DR
4 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Sommaire
56
© Ledvance
© Marc Detiffe
33
DOSSIER
33 Éclairage des établissements
d’enseignement et bibliothèques
50 Enquête produits : Intelligents et efficaces
MANUFACTURE
56 Le centre d’innovation LEDVANCE au
cœur de l’Europe
CAHIER TECHNIQUE
58 Systèmes de gestion de l’éclairage dans
les espaces intérieurs
PRODUITS
64 Otao Linear de Sylvania Group
Tesis d’Erco
Helgoland d’Artemide
Aleum Glow de B.E.G.
65 Murmure de Designheure
Osido de Trilux
Move de Neko Lighting
Oliver de Luce & Light
66 Index et salons
58
© Tridonic
ENTRETIEN
Christophe CANADELL
Concepteur lumière,
directeur général de l’agence Ikomē
Ikomē : une vision enrichie de la conception lumière
20 30
PERSPECTIVES
Guillaume BASTIEN
Country manager Artemide France
Artemide : créer une lumière
humaine et responsable
DESIGNER
Hervé ISLE de BEAUCHAINE
Hisle : le minimalisme au
service de l’esthétisme
55
© DR
© DR
© DR
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 5
Lumières Interview croisée
Le scal de Rennes Métropole :
© DR
Philippe CARRIOU
Responsable du service Éclairage public,
direction de la voirie, Rennes Métropole
Pour Rennes Métropole, le service assure les
missions d’exploitation, la maintenance sur l’ensemble
de la métropole, la modernisation des installations
(rénovation, transition led, installation d’une télégestion),
le co-pilotage de la stratégie Éclairage public
(avec Mathieu Ros). Pour la Ville de Rennes, le service
a en charge l’installation des illuminations de fin d’année,
la maintenance des bornes d’alimentation électrique
des marchés.
© DR
Mathieu ROS
Responsable de l’unité Éclairage public et Signalisation
lumineuse (EPSL), Rennes Ville et Métropole
Le service est à l’initiative du sdal de la Ville de Rennes
et sa trame noire en 2012 et poursuit cette démarche avec
le scal (schéma de cohérence d’aménagement lumière) de
Rennes Métropole. La direction de l’espace public et des
infrastructures de Rennes Métropole dispose de son propre
service de maîtrise d’œuvre afin de concevoir et réaliser
l’aménagement des espaces publics. Ce bureau d’études,
constitué de 43 agents, est divisé en unités spécialisées
(éclairage public, assainissement, voirie, paysage…).
RENNES MÉTROPOLE est une collectivité territoriale comprenant 43 communes (84 000 points lumineux). Elle est
constituée d’un cœur de métropole avec la Ville Centre, Rennes, et quatre autres communes en continuité urbaine.
Les autres villes se situent autour de ce cœur de métropole sous forme d’archipel. Elles sont séparées les unes des autres
par les zones agronaturelles. Par application de la loi MAPTAM, Rennes Métropole a pris en charge la compétence
effective de la voirie intégrant l’éclairage public le 1 er janvier 2017. Au terme d’un important travail d’inventaire et
de maintenance de ce nouveau patrimoine, il est apparu nécessaire de définir des modalités communes concernant
l’éclairage public. Cet objectif s’inscrit dans une démarche de protection de l’environnement pour réduire tout à la fois
les consommations énergétiques et les impacts sur la biodiversité. Il vise également à harmoniser la qualité et
le fonctionnement de l’éclairage public dans chacune des 43 communes, tout en prenant en compte les usages locaux.
Ont contribué à l’élaboration du scal : le service réseaux de transport (en charge des transports en commun), la direction
des jardins et de la biodiversité, le service des études urbaines.
6 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Interview croisée
harmoniser les pratiques d’éclairage
Virginie VOUÉ
Conceptrice lumière, Luminescence
© DR
© DR
Lucas GOY
Concepteur lumière, agence les éclaireurs
Après une formation en histoire de l’art et en arts appliqués
(DESS), Virginie Voué a intégré la Ville d’Orléans en tant
qu’ingénieure chargée de mission lumière, avant de créer
son agence de conception lumière, Luminescence, en 2010.
L’agence est spécialisée dans le conseil, les missions d’études
et la conception d’éclairage à l’échelle de monuments,
sites, quartiers, villes, intercommunalité, métropoles et
départements. La prise en compte de la limitation des impacts
sur la biodiversité est omniprésente dans tous les projets
traités par l’agence, quelle que soit leur échelle. Membre
active senior de l’Association des concepteurs lumière et
éclairagistes (ACE).
Lucas Goy est titulaire d’un diplôme national supérieur
d’expression plastique (DNSEP) et d’un diplôme national
d’arts (DNA) mention design d’espace, à l’École nationale
supérieure des beaux-arts de Lyon. Il se forme à la lumière
via l’association européenne des concepteurs lumière (ELDA)
et l’Association des concepteurs lumière professionnels
(PLDA) à Lyon et à Winterthur. De 2004 à 2008, il travaille
comme concepteur lumière indépendant. Il fonde en 2008 la
société de conception et ingénierie les éclaireurs qu’il dirige
depuis lors. Il est membre actif de l’Association française des
concepteurs lumière et éclairagistes (ACE).
Par son expérience et ses compétences, l’agence LUMINESCENCE est spécialisée en conseil et étude pour les grands
projets de rénovation de parc d’éclairage (intercommunalités, métropoles, départements). Dans ce contexte, elle
développe des schémas de cohérence d’aménagement lumière (scal), des trames sombres ou trames noires (projetées)
permettant la mise en place d’une méthode de travail qui s’apparente à la gestion différenciée appliquée au domaine de
l’éclairage public.
L’agence LES ÉCLAIREURS bénéficie d’une solide expérience en matière de mise en valeur lumière contemporaine
d’espaces publics à fort enjeu d’image, d’ensembles urbains et de parcs publics. La société se caractérise par une
approche scénographique de l’espace, créant des déambulations urbaines, rendant lisible l’espace, jouant des
temporalités de la ville et ses usages pour mieux les soutenir.
Ensemble, les deux agences, déjà assistants à la maîtrise d’ouvrage depuis 2018, ont mis leurs compétences respectives
en commun afin d’élaborer le schéma de cohérence d’aménagement lumière de Rennes Métropole.
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 7
Lumières Interview croisée
Quel a été le point de départ du schéma de cohérence d’aménagement
lumière (scal) de Rennes Métropole ?
Philippe Carriou – Le besoin d’un scal est né à la suite de la métropolisation
rennaise (loi du 27 janvier 2014 de modernisation
de l’action publique territoriale et d’affirmation des
métropoles, dite loi MAPTAM) qui a conduit au transfert
de compétences (effectué le 1 er janvier 2017). La métropole,
qui compte 43 communes et 84 000 points lumineux,
a progressivement pris conscience de l’état du patrimoine
existant et du parc de l’éclairage public. De fortes disparités
ont été constatées entre les communes dans différents
domaines : état du matériel, horaires d’allumage, pratiques
d’éclairage public très variées. Il est donc devenu nécessaire
d’harmoniser, sans homogénéiser, les savoir-faire tout
en respectant les spécificités de chaque territoire. Mais on
ne partait pas de zéro non plus, Mathieu Ros peut nous en
dire plus.
Mathieu Ros – Effectivement, un travail avait déjà été mené
pour la ville de Rennes avec le sdal de 2012, réalisé par
Concepto. Cet outil s’était révélé précieux pour fixer des
règles de conception : choix du matériel, hauteur des mâts,
design, intensité, température de couleur, horaires… Nous
voulions aussi étendre à toute la métropole la trame noire
imaginée à l’époque par Roger Narboni. La proposition des
concepteurs d’élaborer une trame sombre répondait donc
parfaitement à nos attentes. Ce document a permis de
poser un cadre conceptuel, méthodologique et technique.
S’y est ajouté l’objectif du PCAET (Plan climat-air-énergie
territorial) de réduire de 40 % la consommation d’éclairage
public d’ici 2030.
Lucas Goy – Nos deux agences ont uni leurs forces et leurs
diversités de parcours : assistance à maîtrise d’ouvrage
(AMO) maîtrise d’ouvrage pour Luminescence, maîtrise
d’œuvre pour les éclaireurs. Nous avons construit une stratégie
d’éclairage à l’échelle métropolitaine afin d’encadrer
les projets lumière du quotidien, et avons mis en place des
outils comme les ateliers lumière, véritables garants de la
qualité. Le document répondait à une demande globale
d’un outil structurant à la fois le sdal et le scal.
Virginie Voué – En nous associant avec Lucas Goy, nous avons
permis à la maîtrise d’ouvrage de tirer profit de nos expertises
croisées, dans la continuité de la mission d’AMO
menée par Concepto jusqu’en 2018, que nous avons reprise.
Nous connaissions bien le territoire et le sdal de la ville de
Rennes. Ce travail s’est construit en lien avec le service de
Mathieu Ros pour l’AMO et celui de Philippe Carriou pour
les rénovations. Nous avons alors réalisé qu’il manquait un
document-cadre à l’échelle métropolitaine. D’où la création
du scal. J’ai repris ce terme, proposé par Dany Joly du service
Éclairage de Nantes Métropole. Le scal correspond à
un plan-guide d’éclairage public à échelle intercommunale,
abordant autant les prescriptions techniques et les règles
de construction que la gestion de l’éclairage public.
En quoi cette temporalité représentait-elle
un point important du scal ?
Philippe Carriou – Sur les 43 communes, nous avions 68 régimes
d’allumage différents ! Nous souhaitions harmoniser les
allumages et les extinctions, sans les uniformiser. Les élus
voulaient plus d’équité entre usagers, tout en intégrant les
enjeux énergétiques, environnementaux et de biodiversité.
Depuis longtemps, la coupure en cœur de nuit faisait partie
de la culture locale, mais avec de grandes disparités :
Rennes, avec ses 215 000 habitants, est entourée de quatre
communes de 10 000 à 20 000, les autres, de quelques milliers
d’habitants, voire à peine 1 000 habitants, sont réparties
en archipel. Il fallait donc une stratégie partagée et
cohérente.
Virginie Voué – Nous avons donc effectué des repérages sur site
assez exhaustifs sur la métropole afin de comprendre son
fonctionnement et celui des transports en commun, puis
nous avons procédé à une analyse fine des horaires de
l’éclairage. Nous avons ainsi proposé des solutions d’optimisation
des horaires d’allumage et d’extinction ; tout cela
en concertation active avec les communes via différentes
instances.
Lucas Goy – Notre intervention s’est articulée autour de trois
axes fondamentaux : la trame sombre, le PLUi (plan local
d’urbanisme intercommunal) et la temporalité liée aux économies
d’énergie selon les usages. Claire-Lise Cabesos, géographe
au sein de notre agence, a réalisé des cartographies
détaillées basées sur l’ensemble des données à notre disposition.
Ce travail a été intégré dans les fiches prescriptives
liées aux sites et aux espaces.
“Les élus voulaient plus d’équité entre usagers,
tout en intégrant les enjeux énergétiques,
environnementaux et de biodiversité.” Philippe Carriou
8 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Interview croisée
“Le scal a permis de poser un cadre conceptuel,
méthodologique et technique.” Mathieu Ros
Mathieu Ros – En plus de la pertinence de s’appuyer sur les
horaires des transports en commun, nous avons pris en
compte les habitudes des communes, comme les marchés,
les commerces, etc. Par ailleurs, nous avons maintenu une
« hiérarchisation » dans l’extinction. La ville de Rennes est
assez exemplaire ; à la différence des autres communes, elle
n’avait pas d’habitude d’éteindre en cœur de nuit, mais la
municipalité y a adhéré. Un éclairage permanent demeure
cependant en centre-ville, sur les principaux axes de circulation
ainsi que dans les quartiers prioritaires de la ville.
L’abaissement piloté de l’éclairage reste difficile, car seuls
26 % des installations de la ville sont équipées en leds.
En quoi la trame sombre se distingue-t-elle de la trame noire ?
Lucas Goy – La trame noire nous a paru un peu restrictive, et
nous avions besoin d’une approche plus riche afin de développer
des gradients pour les inclure dans une stratégie
plus globale de trame sombre.
Virginie Voué – La trame noire constitue la dimension temporelle
(nocturne, en fait) relative à la trame verte et bleue,
ce qui ne permettait pas de prendre en compte les éléments
fragmentants relatifs à la nuit. Ce terme de trame noire
(crée par Roger Narboni en 2012 dans le cadre du sdal de la
ville de Rennes) repris par les écologues constitue, comme
la trame verte et bleue, un outil de planification. Nous employons
le terme de trame sombre pour éviter de confondre
avec l’extinction pure et simple de l’éclairage public. L’idée
reste, dans les deux cas, d’adapter l’éclairage aux usages et
aux enjeux de la biodiversité dans une démarche conciliatrice.
La trame sombre de Rennes Métropole se décline en
différents niveaux élaborés en fonction de la trame verte
et bleue, et, par l’analyse du schéma régional de cohérence
écologique, permet de considérer les enjeux un peu plus
macros à l’échelle à la fois régionale et nationale. On a
ainsi identifié quatre niveaux : une zone courante (moins
d’enjeux), des zones tampons (enjeux intermédiaires),
et deux niveaux de trame noire (enjeux forts et zone de
vigilance accrue). Le scal a été conçu en lien avec cette
trame sombre et ces niveaux de complexité qui modulent
les prescriptions en fonction des zones concernées et de la
typologie des espaces (dont les espaces verts, les abords
de rivière), des voies et de site. Ainsi, on joue sur ces différents
critères pour définir les températures de couleur
et les niveaux photométriques. Cette gestion différenciée
permet d’éviter d’agir au détriment de la transition énergétique,
et de tenir compte des enjeux liés à la biodiversité
tout en les conciliant avec les enjeux d’usages humains.
Philippe Carriou – On pourrait se demander pourquoi on n’applique
pas à l’ensemble de la métropole le niveau le plus
ambitieux du point de vue de la préservation de la biodiversité.
Eh bien, cette harmonisation a permis de proposer un
éclairage qui réponde vraiment aux besoins.
Cette temporalité n’a-t-elle pas contribué aussi
à convaincre tous les élus concernés ?
Philippe Carriou – Absolument. Le travail sur les horaires, mené
en concertation avec chaque commune et en tenant compte
de leurs spécificités, a instauré un climat de confiance. Avec
ces 43 communes, nous avons créé des groupes de travail,
en nous appuyant sur les comités de secteur, qui correspondent
à un découpage géographique par regroupement
de communes (de 4 à 8). Ils se réunissent 3 ou 4 fois dans
l’année, favorisant les débats et les discussions sur des sujets
très variés encourageant la concertation.
Virginie Voué – Cette organisation a permis de réaliser le document-cadre
qui centralise tout, et de produire des décli-
“Parti d’une ambition énergétique,
le scal a évolué vers une approche globale,
intégrant des choix vertueux.” Lucas Goy
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 9
Lumières Interview croisée
“Le scal est conçu en lien avec la trame sombre
et les niveaux de complexité qui modulent
les prescriptions en fonction des zones concernées
et de la typologie des espaces.” Virginie Voué
naisons à l’échelle communale, un peu comme un carnet
d’analyses qui explique comment se mettent en place les
prescriptions sur la commune en fonction des différents
paramètres.
Lucas Goy – Les 43 documents mettent en perspective la trame
sombre à l’échelle communale. Pour les aménageurs, ce
sont de véritables outils qui facilitent les connexions entre
les communes et les territoires voisins.
Vous entrez donc dans une phase d’information sur le scal ?
Philippe Carriou – Oui, fin 2024, nous avons entamé une sensibilisation
via une visio à laquelle ont participé plus de
70 personnes, acteurs de l’éclairage public – promoteurs,
concepteurs lumière, entreprises, maîtres d’œuvre, services
techniques, etc. – à qui nous avons envoyé ensuite
un lien vers le scal sur le site de Rennes Métropole ; puis
chaque commune va recevoir la version papier du scal, et
une plaquette de présentation du scal de 4 pages.
Mathieu Ros – Il s’agit maintenant de faire connaître ce document,
et de veiller à son application. Les services techniques
se tiendront à la disposition des concepteurs aménageurs
d’espaces publics pour répondre à leurs questions.
Nous avons mis en place un accompagnement des communes
pour une durée de quatre ans.
Philippe Carriou – Précisons que, à chaque nouveau projet sur
Rennes Métropole, les équipements mis en place doivent
s’intégrer au patrimoine. À ce titre, les maîtres d’ouvrage
et les maîtres d’œuvre savent que l’avant-projet doit être
présenté au futur exploitant.
Lucas Goy – La concertation a toujours été au cœur de ce projet,
via notamment les comités de secteurs déjà évoqués, et
l’implication des communes dont la démarche a été essentielle.
Quels enseignements tirez-vous de ce schéma
de cohérence d’aménagement lumière ?
Virginie Voué – Investie fortement dans la transition écologique,
et travaillant en parallèle sur des trames noires dans
d’autres territoires, j’étais d’autant plus fière d’avoir contribué
à poursuivre la démarche innovante initiée par Roger
Narboni. Nous avons aussi intégré la réflexion sur l’impact
environnemental dans les documents techniques avec
l’idée d’inscrire cette démarche de manière globale dans
une approche durable.
Lucas Goy – Ce scal est l’aboutissement de deux années
d’études et de débats, centrés au départ sur la transition
énergétique et qui ont évolué vers des échanges plus larges,
notamment sur les températures de couleur et les niveaux
lumineux. Je salue la maîtrise d’ouvrage qui a accepté, à
bien des égards, de laisser la porte ouverte à des actions
ultérieures vertueuses, et qui a ainsi permis l’élaboration
d’un document de compromis, aux positions médianes.
Mathieu Ros – Je voudrais souligner l’intérêt de se faire accompagner
par des concepteurs lumière : il est toujours intéressant
pour nous, maîtrise d’ouvrage, de croiser notre regard
avec celui de personnes extérieures à la collectivité qui apportent
une vision plus large de l’éclairage, enrichissante,
et qui rend notre travail plus opérationnel.
Philippe Carriou – Le scal intègre aussi la qualité esthétique de
l’éclairage de jour : les équipements tels que les mâts, les
luminaires jouent un rôle important dans la cohérence globale
de l’aménagement lumière. Nous choisissons des matériels
durables, réparables et maintenables. Et nous restons
assez vigilants sur l’impact environnemental global et sur
nos émissions de gaz à effet de serre lié à l’ensemble de nos
activités d’éclairage public, qu’il s’agisse de consommations
d’énergie, de travaux neufs ou de rénovation. Le scal a été
l’occasion de collaborations fructueuses, notamment avec
les services de Mathieu Ros ainsi qu’avec la direction des
parcs et jardins, les services d’urbanisme et de transport,
et bien entendu avec les concepteurs lumière Virginie Voué
et Lucas Goy au travers de débats très constructifs et grâce
aux ateliers lumière mis en place.
Propos recueillis par Isabelle Arnaud
10 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Actualités
L’Association française de l’éclairage organise
les Journées nationales de la lumière (JNL)
les 17 et 18 septembre 2025 à Paris, au Centre
international de conférences de Sorbonne
Université – Jussieu. Les JNL sont un événement
majeur organisé par l’AFE, rassemblant
des professionnels et des experts du secteur
de l’éclairage en France.
Les inscriptions sont ouvertes sur le site des
JNL : https://jnl-afe.fr/paris2025/fr/accueil/3.
Programme
Mercredi 17 septembre
8 h 45 - 9 h 45 – Ouverture des JNL2025 :
Gaël Obein, président de l’AFE, Ville de Paris,
Cédric Lewandowski, président d’honneur
de l’AFE, directeur exécutif, direction du parc
nucléaire thermique EDF.
9 h 45 - 10 h 15 – Présentation des stands
10 h 45 - 11 h 5 – Conférence inaugurale
11 h 5 - 12 h 30 - Éclairer l’exception
- Lumière parfaite pour le Village Olympique,
Sara Castagné, conceptrice lumière,
Agence Concepto.
- Lumière monumentale sur la tour Eiffel et
l’Arc de Triomphe.
- Lumière festive chez Disney.
- Paris est plus qu’une ville lorsqu’il s’agit
d’éclairage. Teddy Tisba,
responsable de la
section de l’éclairage
public, Service du
patrimoine de voirie,
direction de la voirie et des déplacements,
Ville de Paris.
14 h - Imagerie pour calculer des
nuisances lumineuses
- Les enjeux. Florian Greffier, Cerema.
- Les instruments : luminancemètre, imageur.
Que font-ils ? Limites et confiance. Lou
Gervaux, CNAM.
- Les satellites : accès, confiance. Quelles
sont les informations recueillies ? Emma
Bousquet-Borrut, Cerema.
- Les possibilités d’aller tamiser la nuisance :
quel type de sources ? Éclairage public / privé
/ publicitaire ? Christophe Martinsons, CSTB.
- REX.
- Impact des nuisances sur la biodiversité.
Courbe V(λ) des insectes. Marie-Pia Marchand,
Université Paul Sabatier de Toulouse.
16 h 50 – 17 h 20 – Actualité de l’éclairage
17 h 20 – 18 h 20 - Réalisations extraordinaires
qui ont fait Paris en 2024
- Les secrets de la vasque Olympique. Axel
Morales, EDF.
- Notre-Dame sublimée. Patrick Rimoux,
sculpteur lumière.
À partir de 20 h - Soirée des JNL (inscription
payante - 85 €)
Jeudi 18 septembre
9 h – 10 h 30 - Impact environnemental de
l’éclairage
11 h – 12 h 30 - Ateliers interactifs
14 h – 16 h 40 - Évolution des besoins en
éclairage urbain
- Les usages et les usagers. Agnès Tilly, Eurométropole
de Metz.
- Les besoins de la biodiversité et de l’environnement.
Yoann Tison, Ville de Lille.
- Les solutions pour créer de la performance
- Le matériel
- Les dispositifs de gestion. Ludovic Girard, Comatelec.
- Les solutions communicantes. Ghislain Luneau,
Ville de Bordeaux.
- Compétences humaines : des nouveaux métiers
à définir, quelles formations.
- Comment rendre la lumière qualitative. Qu’estce
qu’un éclairage de qualité ? Que reste-t-il à
inventer ? Agnès Tilly, Alain Trémeau, Collège
éclairage extérieur de l’AFE et Roger Couillet,
Ville de Douai.
16 h 40 – 17 h - Clôture des JNL2025 et passage
du relais pour les JNL2027. Gaël Obein,
président de l’AFE.
Franck Gosset, président du centre régional
AFE Grand Paris Île-de-France, passera le flambeau
au président du centre régional AFE qui
accueillera les JNL2027.
18 h – 20 h 30 - Visite de la cathédrale Notre-
Dame de Paris guidée par Patrick Rimoux, sculpteur
lumière et concepteur de l’éclairage intérieur.
Women Light Artists
Le projet Women in Lighting, dirigé par Light
Collective, a conduit à la création de leur
premier ouvrage, Collected Light : Volume One,
lancé en novembre 2022. Ce livre mettait en
lumière 44 femmes travaillant en tant qu’artistes
avec la lumière comme médium. Après
avoir participé à de nombreuses conférences,
expositions et festivals de lumière à travers le
monde, il leur est apparu clairement que les artistes
masculins utilisant la lumière bénéficient
d’une plus grande visibilité et d’une reconnaissance
plus marquée dans leurs parcours artistiques.
Ce livre constituait une première étape
pour corriger ce déséquilibre et offrir une plus
grande visibilité au travail des artistes féminines.
L’accueil réservé au premier volume a
été extrêmement positif, ce qui a suscité le désir
de produire un second ouvrage. Les artistes
masculins sont souvent surreprésentés dans
les collections, les expositions et les postes
bien rémunérés, tandis que les artistes féminines
doivent faire face à des écarts financiers
et à une reconnaissance limitée dans l’histoire
de l’art et les récits culturels.
Corriger cette disparité ne revient pas seulement
à réparer les injustices du passé, mais
aussi à inspirer les futures générations de
femmes à poursuivre une carrière dans l’art et
la lumière. En mettant en avant les réalisations
des femmes dans ce domaine, ce livre valorise
leurs parcours, en leur offrant une plateforme
de reconnaissance et d’appréciation.
« Après la publication du premier livre et les
expositions qui ont suivi, nous avons commencé
à découvrir davantage de femmes travaillant
avec la lumière, et nous les avons contactées
pour des publications spécialisées sur Instagram.
Il est vite devenu évident que nous avions assez
de matière pour un second volume. » Sharon
Stammers and Martin Lupton, Light Collective,
March 2025.
Les artistes :
Alex Leyva, Alicia Eggert, Amelia Kosminsky,
Andrea Bowers, Angela Yuen, Aphra Shemza,
April Key, Carla Chan, Cecilia Ömalm, Chankalun,
Chris Wood, Clara Daguin, Claudia Bueno,
Daisy Doig, Diana Rojas, Ecem Dilan Köse, Eve
De Haan, Fiona Grady, Flora Litchfield, France
Dubois, Giny Vos, Grimanesa Amorós, Hannah
Ayre, Inma Femenía, Iyvone Khoo, Jasmine
Grace, Jenny Mc Namara, Jeongmoon Choi,
Jiayu Liu, Jo Holland, Margareta Hesse, Maria
Vera, Meagan Streader, Nicola Anthony, Regine
Schumann, Sabine Marcelis, Sandra E. Blatterer,
Seohyo, Shirin Abedinirad, So Wing Po,
Vanessa Hafenbrädl, Vera Röhm, Viel Bjerkeset
Andersen, Ying-Chen Lin n
Pour commander le livre :
https://store.lightcollective.net/b/ilveS
12 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Actualités
© DR © DR
© DR
Michel Gioria nommé
directeur général du SERCE
Après avoir créé de nouvelles commissions
(« Smart grids et production EnR »; « Mobilités
durables et IRVE » et « Data, cybersécurité et
IA ») et renforcé l’équipe permanente pour enrichir ses réflexions et
mieux accompagner ses adhérents, le SERCE a souhaité renouveler sa
direction, en la confiant à Michel Gioria. « C’est avec une grande détermination
que je prends mes fonctions de directeur général du SERCE,
a déclaré Michel Gioria. Dans un contexte de transition énergétique et
numérique accélérée, les entreprises du SERCE jouent un rôle essentiel.
Leur contribution à l’électrification des usages, à la modernisation
des réseaux et infrastructures, ainsi qu’au développement de solutions
d’efficacité énergétique est au cœur des défis que nous devons relever
collectivement. Je mettrai mon expérience au service de nos adhérents
pour une économie décarbonée, compétitive et au service des territoires,
de la réindustrialisation et de la souveraineté énergétique. » n
Stéphane Aubry, directeur
général de Brossier Saderne
Stéphane Aubry, directeur général de Sécurlite
depuis 2022 et de Radian depuis 2023, succède
à Laure Bignon à la tête de Brossier Saderne.
Il apporte une solide expérience en développement
stratégique, rayonnement international et management opérationnel,
toujours guidé par une exigence de qualité et un ancrage industriel local.
Cette nomination s’inscrit dans la dynamique de structuration du collectif
Rivalen et reflète l’ambition de Brossier Saderne de poursuivre sa
croissance, en affirmant son savoir-faire et son engagement en faveur
d’une fabrication locale et responsable. « Rejoindre Brossier Saderne,
c’est porter une histoire, et un regard exigeant sur la lumière, a commenté
Stéphane Aubry. Je suis convaincu que l’avenir du secteur passe par une
production durable, pensée et fabriquée localement. Avec les équipes,
nous allons poursuivre cette trajectoire exigeante et faire rayonner encore
davantage la singularité de Brossier Saderne. » n
Kristian Friboulet, directeur
général d’ADDIS, élu président
du Syndicat du Luminaire
Kristian Friboulet a tenu « à remercier le Conseil
d’administration du Syndicat du Luminaire pour
la confiance qu’il me témoigne en m’élisant président de notre syndicat.
Je souhaite, avec l’aide du Conseil d’administration et de l’équipe de permanents,
poursuivre les actions engagées. Depuis plus de 100 ans, nous
sommes deux organisations à représenter les acteurs français du luminaire
et cette situation est anachronique et souvent contre-productive. Je souhaite
que les discussions entamées avec le Syndicat de l’Éclairage aboutissent
rapidement. Cette nouvelle organisation qui devra prendre en compte notre
patrimoine historique et immobilier sera plus audible et plus efficace. En
représentant l’ensemble des acteurs français de l’éclairage, la nouvelle fédération
sera un interlocuteur reconnu de l’ensemble des parties prenantes et
disposera des moyens de promouvoir la valeur de l’éclairage ». n
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 13
Lumières Actualités
© GRID x Christopher Bauder & Robert Henke
Into the Light
12 artistes européens
15 installations monumentales
Grande Halle de La Villette, Paris
Du 9 avril au 31 août 2025
Une exposition internationale présentée
par Tetro, en coproduction
avec Encore Productions et Fimalac
Entertainment.
www.lavillette.com/manifestations/
into-the-light
INTO THE LIGHT est née d’une conviction ancrée depuis 15 ans : la
lumière est le plus beau spectacle du monde.
« Depuis toujours, je suis fasciné par sa mise en scène quotidienne,
déclare Matthieu Debay (Tetro), directeur artistique de INTO THE
LIGHT : la flamme, le feu, le ciel, le vivant, la couleur, la ville… La lumière
est à l’origine de tout. Elle est ce qui nous relie. Il existe mille
et une façons de raconter la lumière. Nous avons choisi d’en faire un
voyage – un voyage à travers le ciel, le son, la couleur, la technologie et,
avant tout, le spectacle. Les oeuvres que nous présentons, signées par
12 studios européens, explorent l’interaction entre l’Homme et la lumière,
sous une diversité de regards, de formes, de textures et d’expressions.
La lumière y prend corps, se transforme, s’augmente et offre des possibilités
infinies de jeu et d’interprétation. Nous avons également voulu
mettre en lumière une génération d’artistes issus de l’art contemporain,
des arts numériques et de la musique. Ces créateurs réinventent l’art
de la lumière en exploitant ses dimensions technologiques, sensorielles
et visuelles. »
Ainsi, sur plus de 3 000 m², 15 installations lumineuses, interactives
et didactiques transforment la Grande Halle en un parcours d’œuvres
hors norme où la lumière devient matière vivante.
ÉTAPE 1 — ORIGINES
© playmodesstudio
© Children of the light
Beyond, par Playmodes
Diapositive, par Children of the Light
On a d’abord cru qu’elle était de
nature divine. Qu’elle était née
de la main d’un ou de plusieurs
dieux. Qu’elle avait été offerte
aux Hommes lors de la nuit des
temps. Inlassablement, nous
avons contemplé la course du
soleil, des astres et des étoiles,
sources originelles de la lumière,
en inventant mille histoires à son
sujet.
ÉTAPE 2 — LA LUMIÈRE ET NOUS
Nous l’avons ensuite
apprivoisée. De divine,
la lumière est devenue
technique. Nous l’avons
observée, comprise, maîtrisée.
Il y eut d’abord le
feu. Puis l’électricité, l’astronomie,
la physique, et
aujourd’hui de nouvelles
technologies toujours
plus poussées et toujours
moins gourmandes
en énergie.
Narcisse, par Nonotak
Halo, par Karolina Halatek
Oh Lord, par Guillaume Marmin
© Karolina Halatek © NONOTAK-Noemi - Schipfer - Takami - Nakamoto
Negative Space, par Olivier Ratsi
© Olivier Ratsi © Martina-Mlcuchova
14 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Actualités
ÉTAPE 3 — SPECTACLE
GRID, par Christopher Bauder & Robert Henke
One’s Sunset Is Another One’s Sunrise (OSIAOS),
par Jacqueline Hen
Aujourd’hui, sous la main de l’Homme,
la lumière est devenue spectacle en
elle-même. De nouvelles technologies
apparaissent et nous offrent mille possibilités
pour révéler ce qui est caché,
ou au contraire cacher ce qui existe. La
lumière nous permet de construire des
cathédrales éphémères, des architectures
féeriques, des univers extraordinaires.
© Anna Tena
ÉTAPE 5 — PLAYLIGHT
Carnaval, par Collectif Scale
© Ralph Larmann
Apprivoisée par l’homme, la lumière est devenue sociale. Partout sur
la planète, nous nous sommes réunis, souvent de nuit, pour nous raconter
des histoires et vivre des expériences communes. Le spectacle,
lien fondamental de toutes nos sociétés, était né.
ÉTAPE 4 — COULEURS
Spiraling Into Infinity, par Children of the Light
Solar Dust, par Quiet Ensemble
Nautilus, par Collectif Scale
© Collectif Scale
© PH. GJ. van ROOIJ
© Quiet Ensemble
Passengers, par Guillaume Marmin
© Collectif Scale
Orbis 2 , par 1024 Architecture
Abîme, par Visual System
© 1024 Architecture
© Marc-Domage
Ce n’est pas pour rien que nous, les artistes, l’avons choisie comme
médium privilégié. C’est parce qu’elle nous fascine, bien sûr. Mais aussi
parce qu’elle touche ce qu’il y a de plus profond en nous, et qu’elle
peut donc être comprise par tous, sans distinction d’âge ou de culture.
La lumière est un spectacle universel. n
© Brice Robert
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 15
Lumières Actualités
© Meljac
Meljac fête ses 30 ans
Le leader des interrupteurs haut de
gamme revient sur les grandes étapes de
son parcours, depuis sa création par André
Bousquet en 1995. Cette aventure, avant tout
humaine, a permis d’offrir au marché un objet
fonctionnel désormais esthétique. Devenue
rapidement une référence en France comme
à l’international, Meljac a connu un développement
maîtrisé qui lui permet de franchir le
cap des 13 M€ de CA et des 110 collaborateurs
en 2025, tandis que de grands projets
dessinent l’avenir de la marque.
Florence Bousquet, co-fondatrice de
Meljac : « André Bousquet était un entrepreneur
visionnaire et atypique. Grâce à son
goût du détail et à sa passion pour le savoirfaire
français, il a été précurseur et a réussi
à transformer l’objet-interrupteur en un véritable
élément de décoration. Il savait fédérer
et j’ai la chance d’avoir été la première embarquée
dans l’aventure Meljac. Plus de 30 ans
après, je mesure tout le chemin parcouru. Nos
collections ont constamment évolué graphiquement
et techniquement, et continuent de
séduire les plus grands acteurs du marché. En
coulisses, la structure de l’entreprise s’adapte
et nous relevons chaque jour de nouveaux
défis. La passion et les valeurs humaines
d’André restent toujours au cœur du projet. »
Jean-Michel Lagarde, directeur général
de Meljac : « C’est une histoire incroyable
qu’André et Florence Bousquet ont initiée
dès 1995. Ils ont réussi à positionner Meljac
au rang de leader et à en faire une référence
sur son marché, même au-delà des frontières.
J’ai rejoint l’entreprise en 2015 car j’ai été
séduit par le produit, avec ses codes d’excellence,
de créativité et d’esthétisme, et par les
équipes, car chacun est toujours prêt à faire
avancer au mieux le projet.
J’ai à cœur de préserver
l’ADN de Meljac
tout en développant
au mieux le formidable
potentiel de
notre Maison. »
À l’origine : la passion
d’un homme
qui crée un produit
iconique, le levier
goutte d’eau au
design unique, doté
d’une plaque en laiton
de 3 mm, sans
bague en relief à la
© Meljac
base du levier et avec un bruit reconnaissable,
propre à la qualité Meljac.
Très vite, la gamme s’enrichit de prises,
liseuses, thermostats, sonnettes, de commandes
de climatisation, claviers d’alarme
qui s’habillent aussi de laiton.
Les sites de production se multiplient et
s’agrandissent : en 1995, le local est situé
dans le 15 e arrondissement de Paris, puis en
1997, un atelier s’ouvre à Ivry-sur-Seine (94).
Devenu trop petit, il se déplace à Orly (94)
en 2005. En 2009, Meljac rachète l’atelier de
traitement de surface de Neuilly- Plaisance
(93) pour internaliser toute la chaîne de production.
Enfin, 2010 voit la construction d’une
usine sur mesure à Villeneuve-le-Roi (94) et
en 2013, c’est l’aménagement d’un pôle de
traitement de surface dans l’usine. 2026 : un
nouvel atelier de traitement de surface 3 fois
plus grand s’ouvrira à Saint-Thibault-des-
Vignes (77) pour développer la production et
réduire les délais de fabrication.
En 2015, Meljac devient la première entreprise
du secteur à être labellisée EPV
pour son histoire, son savoir-faire et ses
projets. En 2022, le label est renouvelé pour
5 ans avec la partie RSE.
Une entreprise responsable à plusieurs niveaux
:
- environnemental : produit durable (laiton),
récupération de la chaleur dégagée par les
outils de production pour le chauffage de
l’atelier, future station de traitement de surface
« rejet zéro » (2026) ;
- économique : chutes et copeaux de laiton
recyclés, panneaux photovoltaïques ;
- social : valorisation des savoir-faire, partenariat
avec des lycées techniques pour
l’apprentissage, ESAT…
Label OFG (Origine
France Garantie) depuis
2012.
Meljac, c’est aussi
la personnalisation et
du sur-mesure – 35 %
des produits sont surmesure
qui représente
50 % du CA – avec la
main de l’homme dans
toutes les étapes de
fabrication : usinage,
chanfreinage, traitement
de surface, montage,
expédition…
5 % du chiffre d’affaires
sont consacrés à l’innovation chaque année.
L’évolution numérique
2005 : création d’un bureau d’études et développement
d’outils spécifiques : configurateur,
plans 3 D…
2025 : nouvel ERP adapté à la production et
à la gestion commerciale.
Meljac en chiffres
13 M€ de chiffre d’affaires
110 collaborateurs
15 commerciaux (France et export)
60 revendeurs agréés dans le monde
2 showrooms en France
29 finitions sur laiton
1 filiale à Los Angeles : Meljac North America
2 espaces partagés : Londres et New York n
© Meljac
© Meljac
16 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Actualités
Déclarations de LightingEurope
1. Seuls quelques luminaires doivent porter
l’étiquette énergétique déclarée sur EPREL
Les sources lumineuses (modules led) et les
lampes (ou ampoules) doivent, conformément
au règlement UE 2019/2015, être enregistrées
dans la base EPREL (https://eprel.ec.europa.eu)
et être accompagnées d’une étiquette énergie
dans le cadre des informations fournies lors
de la vente en ligne (à l’exception de quelques
sources spécifiques). Cette étiquette doit être
affichée par le fabricant ou l’importateur, mais
aussi par le distributeur/ revendeur/ commerçant,
et les places de marché en ligne doivent
présenter cet affichage.
Les luminaires intégrant une source lumineuse,
appelés dans le règlement « produits
contenant », ne sont pas soumis à cette obligation
d’étiquette énergie, sauf lorsque la source
n’est pas amovible et ne peut donc pas être
vérifiée. Afficher une étiquette énergie pour ces
luminaires est trompeur et illégal. Par conséquent,
l’affichage d’une étiquette énergie pour
un luminaire dépend du choix du fabricant et
uniquement si le fabricant ou le vendeur fournit
cette information.
2. L’éclairage, un potentiel négligé par les
décideurs
LightingEurope, porte-parole de l’industrie
(120 000 emplois, 20 Md€ de chiffre d’affaires),
dénonce l’oubli persistant de l’éclairage dans
les politiques climatiques. Alors que des technologies
éprouvées existent pour contribuer
rapidement aux enjeux énergétiques et carbone,
l’éclairage reste ignoré des stratégies
de transition, au mépris de son fort potentiel
d’impact immédiat. LightingEurope compte
agir pour que ce potentiel soit mieux exploité :
- par la transposition ambitieuse et effective
des directives Efficacité énergétique et Performance
énergétique des bâtiments. Audelà
des leds, les capteurs et automatismes
peuvent générer plus de 80 % d’économies,
et la rénovation est stratégique pour l’objectif
de décarbonation ;
- par la prise en compte du confort visuel dans
les critères de qualité de l’environnement intérieur
de la DPEB ;
- en harmonisant les réglementations concernant
les nuisances lumineuses ;
- en donnant plus de poids à la qualité et à
la durabilité dans les marchés publics, au
lieu de privilégier uniquement le coût initial ;
- par la prise en compte de la durabilité et
des spécificités des produits d’éclairage
dans les textes sur l’économie circulaire et
la DEEE ;
- en exigeant la désignation d’un opérateur
économique basé dans l’UE, garant de la
conformité des produits vendus en ligne ;
- en veillant à l’application rigoureuse des
contrôles par les autorités nationales.
3. Rappel précis des exclusions du marché
UE des lampes à décharge en application
de la directive RoHS : textes intégraux en
téléchargement libre sur lightingeurope.org n
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 17
Lumières Actualités
Un atelier professionnel pour étudier un sdal et une trame noire
à Dnipro, en Ukraine
Par Roger Narboni, concepteur lumière
© DR
© DR
En haut : Dnipro, place illuminée - Conception lumière Mykola Kabluka, Expolight.
En bas : Dnipro - Ambiances lumineuses piétonnes projetées.
Se rendre en Ukraine, en ces moments
très difficiles et très compliqués pour
les Ukrainiens, c’est d’abord entreprendre
un très long voyage en train, de plus de 20
heures depuis Varsovie, en Pologne, pour
rejoindre la ville de Dnipro, à 390 km au sudest
de Kiev, et traverser ce pays qui s’étire
tout en longueur sur plus de 1000 kilomètres.
C’est alors une occasion unique de découvrir
des paysages agricoles et forestiers, qui
défilent, des villages qui semblent paisibles
malgré la situation de guerre, de traverser
des gares de toutes tailles, et de croiser à
bord du train des Ukrainiens (surtout des
femmes en fait, car beaucoup d’hommes
sont sur le front).
Invité par mon ami et collègue Mykola
Kabluka, l’un de mes anciens étudiants du
master de Lighting Design de l’université de
Wismar en Allemagne et actuel
directeur de l’agence de conception
lumière Expolight, basée à
Dnipro, j’ai effectué ce voyage
dans le but de diriger un atelier
professionnel de 2 jours avec
son équipe (une vingtaine de
personnes), puis de 3 jours avec
les étudiants et les professeurs
de l’école d’architecture de la ville
(une trentaine de participants).
L’objectif était d’étudier, pour le
centre-ville de Dnipro, un schéma
directeur d’aménagement
lumière (sdal) ainsi qu’une trame
noire, et de partager avec les
participants les dernières tendances
en urbanisme nocturne et
lumière urbaine, notamment en
termes d’ambiances dédiées aux
piétons, mais aussi de maîtrise de
la pollution lumineuse et de préservation
de la biodiversité.
Cette visite était également l’occasion
d’apporter un soutien aux
collègues ukrainiens en transmettant
au mieux les évolutions
en cours dans les nuits de nos
villes.
La ville de Dnipro est la quatrième
ville d’Ukraine, avec
environ 1 million d’habitants.
Située dans la partie orientale
de l’Ukraine, elle est traversée par le fleuve
Dniepr, rejoint par la rivière Samara, qui se
jette au sud dans la mer Noire. Après l’invasion
russe de l’Ukraine en février 2022, Dnipro
s’est rapidement développée comme un
centre logistique d’aide humanitaire et un
point d’accueil pour les personnes fuyant les
différents fronts de bataille.
La présence du fleuve de très grande largeur
(près de 1 km en centre-ville) imprègne très
fortement la géographie et la morphologie de
la ville, avec un front fluvial qui est l’un des
plus longs d’Europe. Le centre de la ville est
construit sur la rive droite. La vieille ville est
située au sommet d’une colline formée à la
suite du changement de cours de la rivière
vers le sud. La rue Akademik Yavornitskyi
Prospekt relie les deux principaux ensembles
architecturaux de la ville et constitue une
artère importante à travers le centre.
Dnipro, des ambiances lumineuses
très contrastées
Un atelier professionnel d’étude d’un sdal
et d’une trame noire commence toujours et
systématiquement par une découverte nocturne
de la ville, à pied et en voiture, pour
en percevoir les ambiances lumineuses, les
réalisations récentes réussies, mais aussi les
manques et les problèmes posés par l’éclairage
public existant.
La ville offre aujourd’hui des ambiances nocturnes
très contrastées. Depuis quelques années,
une politique d’aménagement et de rénovation
d’espaces publics a été développée
en centre-ville, sur la rive droite du fleuve,
pour mieux accueillir les habitants. Ces
places ont fait l’objet de mises en lumière très
innovantes, colorées, dynamiques et interactives,
grâce au talent de Mykola Kabluka et
de son équipe d’Expolight.
En comparaison, les autres espaces publics,
baignés d’une lumière monotone, semblent
bien ternes. Et les parcs qui ponctuent la
ville mériteraient aussi une rénovation et une
valorisation à la hauteur de leur rôle nocturne
très important. Même constat pour les illuminations
architecturales : certaines sont très
contemporaines et très réussies et d’autres,
plus anciennes, ne mettent pas du tout en
valeur le riche patrimoine de la ville.
Le couvre-feu instauré à partir de minuit depuis
le début de la guerre a aussi obligé les
autorités à éteindre relativement tôt la plupart
des illuminations patrimoniales.
Le front fluvial, très fréquenté de jour comme
de nuit, n’est pas du tout mis en valeur alors
qu’il offre une situation exceptionnelle pour
découvrir le fleuve et la rive opposée, résidentielle
et très industrielle avec ses hautes
cheminées qui dominent et scandent le paysage
lointain. La ville a d’ailleurs accueilli une
usine de fabrication du lanceur soviétique
Soyouz, en fait des missiles balistiques intercontinentaux
reconvertis après la signature
du Traité de réduction des armes stratégiques
en 1992.
L’élaboration d’un sdal
et d’une trame noire
Le travail d’étude de l’atelier a consisté, après
collecte des informations nécessaires, à effectuer
une analyse diurne de la ville (morphologique,
sociale, des usages, des trans-
18 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Actualités
© DR
© DR
En haut : Dnipro Façade fluviale - État existant.
En bas : Dnipro Façade fluviale - État projeté.
Dnipro - Projet de parcours nocturne culturel.
© DR © DR
ports et du réseau viaire) et un diagnostic
nocturne sensible. Présenté en séance à
l’ensemble des participants, il a été accompagné
des premières réflexions sur les potentiels
nocturnes du centre-ville comme sur
les thématiques du sdal à imaginer (paysage
nocturne, ambiances piétonnes, éclairages
architecturaux, rénovation de l’éclairage public,
etc.). Une analyse de la pollution lumineuse
et de la biodiversité existante a aussi
été réalisée.
Les premières idées, imaginées et illustrées
par quatre équipes professionnelles d’Expolight,
ont été très intéressantes et très détaillées
techniquement.
L’une d’entre elles a reflété la situation de
guerre très particulière que vit aujourd’hui
l’Ukraine en proposant une mise en scène
nocturne des abris antiaériens en béton qui
ont été installés dans un grand nombre d’espaces
publics (la ville de Dnipro possédant
très peu d’abris souterrains).
Des parcours nocturnes ont aussi été proposés
pour révéler de nuit le patrimoine de la
ville. Et les parcs, ouverts toute la nuit, ont
aussi fait l’objet de propositions attrayantes
de mise en lumière dynamiques et colorées.
Les jours suivants, quatre groupes de travail
ont été formés (en combinant architectes,
professeurs, étudiants et concepteurs lumière)
pour élaborer en concurrence les différents
thèmes du sdal et de la trame noire
du centre-ville.
Chaque groupe a proposé ensuite un axe
majeur à développer : rythmes, séquences et
temporalités, parcours nocturnes et rivières
fantômes, nature en ville et trame noire,
usages et activités nocturnes.
Des propositions d’actions ont été imaginées
pour traduire ces axes : mise en valeur de la
façade fluviale et de la silhouette nocturne de
la ville, création d’ambiances lumineuses dédiées
aux piétons, parcours nocturne à thématique
culinaire ou culturelle, découverte
nocturne du ciel étoilé, mises en lumière liées
aux usages et aux intensités nocturnes des
lieux, évocation par projections lumineuses
des anciennes rivières aujourd’hui souterraines,
diminution de la pollution lumineuse
dans les zones naturelles, etc.
Étonnamment, les thèmes proposés par
chaque groupe se sont complétés harmonieusement
au lieu de s’opposer, offrant ainsi
des perspectives intéressantes pour une
étude espérée et plus complète d’un sdal
et d’une trame noire pour la ville de Dnipro,
qui serait ainsi la première étude de ce type
jamais réalisée pour une ville ukrainienne.
Mon séjour s’est poursuivi à Kiev, avec des
visites diurnes et nocturnes de cette superbe
ville et par une conférence commune avec
Mykola Kabluka, pour partager avec un public
de professionnels architectes, très nombreux
et enthousiastes, les premiers résultats
de cet atelier et les méthodes d’étude
actuelles de l’urbanisme nocturne.
Ce voyage en Ukraine aura été pour moi un
moment très fort d’échanges et de soutien à
nos amis ukrainiens qui défendent leur liberté
mais aussi la nôtre, en Europe.
Ils ont soif de rencontres professionnelles et
de partage avec nous, pour que nous puissions
ensemble, très prochainement j’espère,
réaliser nos désirs de villes nocturnes et nos
envies de vivre ensemble. n
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 19
Lumières Entretien
Christophe CANADELL
Concepteur lumière
Directeur général d’Ikomē
Parcours• • •
Après quelques années passées
en Touraine au sein d’entreprises
spécialisées dans l’installation
d’équipements d’éclairage extérieur,
Christophe Canadell se forme aux
métiers de la lumière et à la gestion
de chantiers. Au cours de ses
premières missions, il rencontre Pierre
Bideau, référence incontournable
de la conception lumière, connu
notamment pour la mise en lumière
de la tour Eiffel. Cette rencontre
décisive lui ouvre de nouvelles
perspectives : il comprend alors que
l’éclairage ne se limite pas à une
fonction technique, mais peut devenir
un véritable outil de mise en valeur du
patrimoine et de création d’émotions.
En 2003, il saute le pas et décide de
fonder sa propre société : NoctaBene,
qui intervient en tant que bureau
d’études éclairage et agence de
conception lumière. Elle compte
aujourd’hui 7 collaborateurs.
Christophe Canadell reprend en
2020 la direction de l’atelier Les
Éclairagistes Associés, auparavant
dirigé par Laurent Fachard. En
parallèle, il crée l’agence Ikomē.
En 2023, il prend la succession de
Ponctuelle : Philippe Mombellet, son
fondateur, lui passe alors le flambeau.
Chaque agence apporte ses
compétences, et ensemble elles
permettent d’aborder des projets
variés, toujours avec la même passion
pour la lumière et le respect des sites.
Ikomē : une vision enrichie
de la conception lumière
Née d’une synergie entre trois agences et trente-cinq collaborateurs de tous horizons,
Ikom enrichit la conception lumière. Christophe Canadell, son directeur général, s’est
entouré d’un directeur opérationnel, d’une directrice artistique et de trois responsables
d’agences. Récit d’un entrepreneur qui se réinvente.
Pourriez-vous revenir sur votre
parcours et sur la genèse d’Ikom ?
Je suis issu d’une formation en électrotechnique
et j’ai débuté ma carrière chez des installateurs
de niveau national. C’est à cette période
que j’ai rencontré Pierre Bideau, alors
à la tête de son bureau d’études en Touraine.
J’ai collaboré à ses côtés sur plusieurs projets
emblématiques dont il était le concepteur,
notamment la mise en lumière de la cathédrale
de Tours ainsi que celle de divers édifices
historiques de la ville. Cette rencontre a
été fondatrice et à la fin des années 1990, je
me suis lancé comme concepteur lumière indépendant.
Face au développement progressif
de mon activité, j’ai recruté un premier
collaborateur, ce qui a conduit à la création,
en 2003, de NoctaBene, une agence dédiée
à la conception lumière des aménagements
extérieurs. L’un de mes tout premiers projets
a été l’élaboration du schéma d’aménagement
lumière de la ville d’Ibiza, en collaboration
avec l’entreprise Citelum, qui m’a ensuite
confié de nombreux projets internationaux.
Au fil des années, l’agence a remporté divers
concours, parmi lesquels celui de la ville d’Avi-
© Caroline Gasch
gnon en 2012, des projets de mise en valeur
de collégiales, la façade du Palais Bourbon,
et prochainement celle du Sénat. Parallèlement,
je me suis investi au sein de l’ACE (Association
des concepteurs lumière et éclairagistes),
où j’ai notamment joué un rôle au
sein du Bureau. Ces années m’ont permis de
croiser des personnalités inspirantes, comme
Laurent Fachard, fondateur de Les Éclairagistes
Associés (LEA) à Lyon. En 2020, celuici
a souhaité transmettre son agence, que
j’ai alors reprise. Alexis Lippens m’a rejoint
en tant qu’associé chez NoctaBene et chez
LEA, et il occupe aujourd’hui les fonctions de
directeur opérationnel d’Ikom . Catherine da
Silva en assure la direction artistique. Ikom
regroupe également les fonctions commerciales
et les services administratifs supports.
En 2021, j’ai entamé des discussions avec
Philippe Mombellet, fondateur de l’agence
Ponctuelle à Paris, en vue d’un rapprochement.
Ce projet s’est concrétisé en 2023 avec
le rachat de Ponctuelle. Aujourd’hui, Ikom
est implantée sur quatre territoires : Tours et
La Réunion avec NoctaBene, Lyon avec LEA,
et Paris via Ponctuelle.
20 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Entretien
Je suis profondément attaché à préserver
l’identité et la singularité de chacune de ces
« maisons », portées par l’héritage de leurs
fondateurs respectifs.
Comment définiriez-vous
les spécificités de chacune d’elles ?
NoctaBene est spécialisée dans la mise en
lumière du patrimoine historique et les schémas
d’aménagement nocturne urbain. J’évite
sciemment le terme de « directeur » dans ce
contexte, car je le trouve trop figé au regard
des mutations constantes de la ville. Nous
nous concentrons davantage sur l’aménagement
nocturne en tant que tel, en intégrant
une réflexion sur le mobilier urbain et l’espace
public. Mon métier implique également
la création d’objets lumineux. J’ai eu le plaisir
de collaborer avec plusieurs marques telles
que Valmont, GHM Eclatec, Azuly, Toshiba
Lighting, Conimast. D’ailleurs, nous présenterons
prochainement, au Salon des Maires,
un nouveau luminaire que j’ai dessiné et qui
est en cours de développement. Bien que le
design ne soit pas mon métier d’origine, il
n’en constitue pas moins un prolongement
naturel. Il existe une grammaire commune
entre nos disciplines, même si les champs
d’intervention varient, qu’il s’agisse de scénographie
intérieure ou d’aménagement extérieur.
La richesse de nos agences tient à la
complémentarité des profils : ingénieurs, architectes,
techniciens… C’est cette diversité
qui fonde l’intérêt du groupe. Ikom joue un
rôle transversal en mutualisant les ressources
et en favorisant une perméabilité entre les
entités, tout en respectant leur autonomie.
Nous encourageons l’échange inter-agences,
notamment à travers des ateliers de réflexion
ou des débats croisés.
Votre approche de la conception
lumière a-t-elle évolué au fil du temps ?
Indéniablement. Notre métier est, selon moi,
un exercice de style. Intervenir sur des monuments
classés est un privilège. Je pense
au Palais des Papes à Avignon ou encore à
la cathédrale du Wawel à Cracovie, au plan
lumière de Montluçon, aux châteaux de la
Loire, d’Azay-le-Rideau, Chinon (sur lequel
j’ai collaboré avec Pascal Gougeon). Ce qui
me passionne dans la valorisation nocturne
du patrimoine, c’est l’opportunité de proposer
une lecture nouvelle, et non de mimer
l’éclairage diurne. Il s’agit d’éviter les effets
de mode, les surenchères. Je déplore notamment
ce que j’appelle la « RVBérisation
excessive » actuelle. L’élégance doit primer,
dans une juste sobriété adaptée au tissu
urbain. Les enjeux techniques et environnementaux
ont eux aussi beaucoup évolué.
Nous sommes aujourd’hui capables de proposer
des dispositifs avec une meilleure intégration.
L’épisode du Covid a accentué la prise
de conscience autour de la pollution lumineuse,
de la consommation énergétique, et
de l’impact sur la biodiversité. Notre responsabilité
est d’apporter une réponse simple,
intemporelle, élégante. Et puis il y a ces projets
plus expérimentaux, plus libres, comme
la Fête des Lumières ou le concours de LUCI,
qui offrent à nos métiers un espace d’expression
artistique et éphémère nécessaire à leur
renouvellement.
Est-ce cette quête de diversité qui vous
a conduit vers LEA puis Ponctuelle ?
Oui, mais avant tout par adhésion à des valeurs
communes. En tant qu’entrepreneur, j’ai
été sensible à la volonté de Laurent Fachard
de transmettre son agence à un acteur partageant
sa vision. Nos structures étaient certes
parfois concurrentes, mais sur des marchés
assez distincts. L’acquisition de LEA a rendu
possible une implantation dans le Sud-Est,
avec un renforcement de nos compétences
dans les aménagements publics, en lien avec
des paysagistes, alors que NoctaBene est davantage
positionnée sur la maîtrise d’ouvrage.
Avec Ponctuelle, l’idée était d’étendre notre
savoir-faire à l’éclairage intérieur, au secteur
privé et à l’international. Philippe Mombellet
recherchait un relais de sa philosophie. Nos valeurs
convergentes ont rendu cette transmission
naturelle. Il y avait chez lui une approche
élégante, un geste juste. Aujourd’hui, Ikom
formule des réponses communes à l’international,
tandis que chaque maison conserve
sa singularité dans les projets nationaux. Le
groupe emploie désormais 35 collaborateurs.
Ikom n’a donc pas vocation à absorber
les autres structures…
Non, bien au contraire. Le nom Ikom signifie
« intérieur comme extérieur » et vise à
étendre un savoir-faire dans le respect de
l’identité de chaque maison. Chaque agence
est dirigée par un responsable : Monia Ounis
pour Ponctuelle, Christine Badinier pour
LEA, Alexis Lippens pour NoctaBene. Ce
mode de gouvernance me permet de continuer
à apprendre, à signer les projets qui me
tiennent à cœur, ou encore à concevoir des
luminaires. L’éclairage n’est pas une affaire
de tendance. Et comme disait Yves Saint Laurent
: « La mode passe, le style demeure. »
Ce qui importe, c’est le geste, non le produit.
Il nous faut faire preuve d’inventivité, accepter
de nous remettre en question, et réinventer
nos pratiques. n
Propos recueillis par Isabelle Arnaud
© Camille Saada © Christophe Canadell
© Christophe Canadell
1. Mise en lumière de la façade du Palais
des Papes à Avignon, 2014.
2. Mise en lumière de la forteresse royale
de Chinon, 2018.
3. Mise en lumière de la façade Nord
de l’Assemblée nationale.
1
2
3
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 21
Lumières Projets
© Raphaël Jayol, LEA
Maître d’ouvrage : Assemblée
nationale, direction des affaires
immobilières et du patrimoine -
Direction de projet : Xavier Brun
Architecte du patrimoine :
Marie-Danièle Pessard
Service technique :
Abdeljalille Ait-Halima
Assistance à maîtrise d’ouvrage,
conception lumière :
Les Éclairagistes Associés,
Raphaël Jayol - Partenaire :
Soliled, Adrien Charmasson
(pilotage et programmation)
Installateur : AMICA – Charley
Sabatier
Fabricants : Ewo, Hisle, Lombardo,
Opticalight, Stoane Lighting
Bibliothèque de l’Assemblée nationale :
un éclairage amendé
Jusqu’en 2024, la bibliothèque n’avait jamais fait l’objet d’une restauration
d’ensemble. La dernière rénovation, partielle, des peintures de Delacroix
au plafond, très obscurcies par les poussières et fumées accumulées, datait
de 1931. L’agence de conception lumière Les Éclairagistes Associés a été
choisie pour rénover l’éclairage à la fois vétuste et énergivore ; Raphaël Jayol,
chef de projet, nous livre le récit d’une aventure de presque 5 années.
© Assemblée nationale
législative souhaitant disposer
d’ouvrages de référence nomme,
L’Assemblée
en 1793, un bibliothécaire, l’abbé Grégoire.
En 1794, le Comité de salut public
décide, sur rapport du Comité d’instruction
publique, de constituer « une collection des
meilleurs ouvrages sur les objets relatifs
aux travaux des différents comités de la
Convention nationale » et, en 1796, une
bibliothèque est créée, initialement à l’usage
commun des deux chambres du Corps législatif.
Sous la direction d’Armand Gaston Camus,
la bibliothèque acquiert une quantité importante
d’ouvrages tirés des dépôts littéraires
où furent réunies, à la Révolution, les bibliothèques
de religieux et d’émigrés. Grâce
aux achats de Pierre-Paul Druon qui succède
à Camus en 1804, elle apparaît comme
un cabinet de pièces rares et précieuses.
Son installation reste pourtant précaire et
22 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Projets
© Raphaël Jayol, LEA
© Raphaël Jayol, LEA
changeante jusqu’en 1834. À cette date, après
l’acquisition par l’État de la propriété du duc de
Bourbon en 1827, des locaux définitifs sont édifiés
par Jules de Joly, sur l’emplacement d’anciennes
cours et jardins : un bâtiment de 42 m
de long, 10 m de large, 15 m de haut, terminé
par deux hémicycles et divisé en cinq travées
coiffées par des coupoles. 60 000 ouvrages trouvèrent
place sur ses rayons.
Un outil indispensable : le diagnostic
Le diagnostic d’éclairage, commencé en 2022,
complété par des études plus récentes et un
chantier test en 2025 a montré que les fragilités
structurelles du lieu menaçaient à terme
l’intégrité des peintures et compromettaient
la conservation des ouvrages dans la nef. Pour
permettre des travaux limitant les gênes pour
les usagers, deux chantiers simultanés ont été
mis en œuvre : l’un en partie inférieure, l’autre
sur un platelage suspendu au-dessus de la corniche
afin de permettre aux 33 restaurateurs
d’œuvrer au plus près du plafond et des peintures
de Delacroix. Cette restauration d’ampleur
a également été l’occasion du ponçage
des bibliothèques en chêne clair de Hollande,
du dépoussiérage des 54 000 livres anciens de
la collection, de la pose d’un parquet à l’image
de celui d’origine et, enfin, de l’introduction
d’un nouveau mobilier adapté aux méthodes de
travail actuelles.
Le chantier « bas » a permis la consolidation de
la structure, l’introduction d’un système d’aération
pour garantir la pérennité des collections,
la mise en conformité des réseaux techniques
et la modification de l’éclairage pour un meilleur
confort de lecture mais également une
mise en valeur des peintures de Delacroix.
« Notre mission consistait à établir un diagnostic
du site permettant de bien préciser
l’état de l’éclairage existant (types de produits
utilisés, implantation, arrivées électriques…)
et les différentes évolutions qui
ont pu avoir lieu au fil du temps, explique
Raphaël Jayol. Nous devions concevoir et
proposer plusieurs solutions esthétiques
de mise en valeur (études photométriques,
photomontages…), en adéquation avec la
faisabilité technique, et veiller à ce que les
travaux réalisés sur la base de ces études
soient effectués conformément aux orientations
données par l’Assemblée nationale.
© Raphaël Jayol, LEA
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 23
Lumières Projets
En plus de la bibliothèque, nous avons revu
l’éclairage du vestibule. Après le diagnostic,
nous avons défini un certain nombre
de préconisations, précise Raphaël Jayol.
Par exemple, nous avons proposé d’appliquer
un traitement sur la verrière afin de
réduire l’impact de la lumière naturelle
sur la fresque de Delacroix, et des rideaux
ont été ajoutés devant les ouvertures verticales.
Outre la mise en lumière de l’œuvre
de Delacroix, nous avons identifié plusieurs
zones essentielles à éclairer : les rayonnages,
la mezzanine et les tables de lecture. Nous
avons tout d’abord expliqué nos intentions
en les justifiant, puis nous avons effectué les
essais sur site, pour ensuite ajuster le projet
d’éclairage. » La phase de diagnostic s’avère
cruciale car elle permet à la maîtrise d’ouvrage,
à l’architecte, à l’électricien d’expliquer la situation
; les fresques, par exemple, comportaient
des fissures inquiétantes, sans garantie que la
restauration pourrait les corriger.
La fresque de Delacroix : éclairer et préserver
En 1838, Eugène Delacroix fut chargé de la
décoration de la bibliothèque. Le peintre y a
incarné, en cinq coupoles et vingt pendentifs, la
Science, la Philosophie, la Législation, la Théologie
et la Poésie, représentées dans des scènes
allégoriques chaudes en couleurs. Les cinq
thématiques choisies pour les coupoles structuraient
jadis le classement des livres ; deux
culs-de-four, à chaque extrémité, représentent
la Guerre et la Paix.
© Raphaël Jayol, LEA
© Raphaël Jayol, LEA
© Raphaël Jayol, LEA
24 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Projets
Afin de préserver la fresque tout en apportant un
confort visuel optimal aux lecteurs, les concepteurs
lumière ont suggéré des compromis sur les
niveaux d’éclairement tout en offrant une lumière
suffisante et apaisante.
À l’origine, la fresque de Delacroix était éclairée
par des systèmes disposés derrière un bandeau,
mais dont la majorité était hors d’usage. Le nettoyage
de la peinture effectué par une quarantaine
de personnes a permis de récupérer 40 %
de luminosité sur l’œuvre elle-même. « Les restaurateurs
nous ont expliqué que la nicotine
avait fini par jaunir la fresque. Le nettoyage
a révélé les vraies couleurs utilisées par Delacroix,
des tons froids comme des verts et
des bleus, poursuit Raphaël Jayol. Nous avons
compris qu’il nous fallait éviter d’utiliser des
températures de couleur chaudes si on voulait
respecter les teintes d’origine. Dans un
premier temps, nous avons défini les angles
d’ouverture des projecteurs à gobos positionnés
sur les piles, et ensuite, nous avons choisi
un luminaire de teinte froide, qu’on réchaufferait
si besoin par l’adjonction d’un filtre
une fois la restauration achevée. Cela n’a pas
été nécessaire et nous avons gardé la température
de couleur du luminaire, 4 700 K. De
plus, nous avons ajouté une feutrine en nez de
l’appareil pour supprimer toute luminance. »
Une lumière apaisée intégrée à l’architecture
Des lignes lumineuses horizontales très fines
(dotées d’un IRC de 90), orientables, fixées
sous la balustrade et devant les rayonnages
éclairent les livres jusqu’en bas uniformément
d’une lumière douce et chaude (2 700 K) et
sont complétées par des petites appliques à
émission directe (vers le sol) et indirecte (vers
les culs-de-four) posées sur les piles.
« Pour la mezzanine, nous avons dessiné et
fait fabriquer sur mesure un luminaire, fixé
sur la balustrade en chêne. Les optiques permettent
d’éclairer très précisément le rayonnage
sans fuite de lumière », détaille Raphaël
Jayol.
Les lampes de table, quant à elles, ont été fournies
avec le mobilier. Les candélabres qu’on
distingue dans l’allée centrale font partie de
l’architecture intérieure et servent d’éclairage
de sécurité.
Les éclairages sont organisés autour d’une scénographie
à six scénarios.
1. Soleil : lumière naturelle suffisante, fresque
non éclairée.
2. Ciel couvert : éclairage plus intense, fresque
à peine éclairée.
3. Nuit : tout éclairé.
4. Ménage : fresque éteinte, toutes les autres
zones en pleine puissance.
5. Séance de nuit : l’intensité est diminuée, en
veille.
6. Commande OFF.
Les scénarios sont enregistrés mais commandés
par les techniciens éclairagistes de l’Assemblée
nationale. n
Isabelle Arnaud
© Raphaël Jayol, LEA
© Raphaël Jayol, LEA
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 25
Lumières Projets
© LYUM © Xavier Boymond
Place Crèvecoeur, Calais.
Maître d’ouvrage : Ville de Calais
Maîtrise d’œuvre : Bouygues Energies
& Services, entité d’Equans
France, et Satelec (filiale de Fayat
Énergies Services)
Conception lumière : Sylvain Bigot,
agence Lyum
Matériel d’éclairage : Anolis, Prolight,
Showtec, Technilum. CJCJ pour
les fosses et caches projecteurs
Programmation : Lumières Utiles
Simulation mise en lumière
du beffroi de l’hôtel de ville.
Lumière Calaisienne (LuCa)
Dans le cadre d’un contrat de performance énergétique initié par la maire de
Calais, Natacha Bouchart, la ville a lancé une opération de mise en lumière
d’édifices emblématiques, projet appelé « Lumière Calaisienne (LuCa) ».
La conception lumière de l’ensemble des monuments a été confiée à Sylvain
Bigot, de l’agence Lyum. Parmi les réalisations déjà achevées figurent le
beffroi de l’hôtel de ville ainsi que la place Crèvecœur et ses trois édifices
majeurs : l’église Saint-Pierre, le palais de justice et la Bourse du travail.
Cette démarche s’inscrit de manière cohérente
dans la vision du plan lumière de
Calais, révélant l’âme nocturne de la ville
tout en respectant son héritage historique. Ainsi,
la place Crèvecœur, désormais illuminée, devient
l’un des points d’orgue d’une stratégie lumière
qui, tout en valorisant le passé prestigieux
de Calais, participe activement à la construction
de son avenir. Cet équilibre entre patrimoine
historique et modernité, entre permanence et
renouveau, confère à l’éclairage public une dimension
qui va bien au-delà que l’aspect fonctionnel
: il devient l’expression lumineuse de
l’identité calaisienne.
Les prochaines étapes du projet concerneront
le fort Risban, la citadelle avec la Porte de Neptune
et la Porte de Boulogne et l’hôtel de ville.
L’opération englobe la rénovation de 23 km de
réseau, 8 000 points lumineux rénovés, 75 %
d’économies d’énergie.
« Au départ, il n’était pas question de procéder
à la mise en lumière des monuments,
26 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Projets
mais lorsque j’ai présenté à l’oral quelques
mises en lumière, l’idée a tout de suite séduit
la maire de Calais, commente Sylvain
Bigot. J’ai donc étudié l’histoire de chaque
monument, analysé les détails architecturaux
pour m’en inspirer et favoriser les
ombres dans le concept lumineux. J’aime
faire appel à des lumières colorées qui évoluent
dans le temps et sont en mouvement,
avec différents scénarios permettant de faire
vibrer les façades. La technologie est un
outil précieux en éclairage, non pas pour
reproduire la vision diurne, mais pour
révéler une autre architecture, plus singulière,
comme cela fut le cas pour le beffroi de
l’hôtel de ville. »
Culminant à 75 m de hauteur, conçu par l’architecte
Louis Debrouwer, et inauguré en 1925,
le beffroi est constitué d’une tour carrée de
briques rouges et pierres blanches abritant
une horloge et un carillon électronique. « Nous
avons encastré des projecteurs au pied du
beffroi, décrit Sylvain Bigot, et pour la partie
supérieure, nous avons disposé des luminaires
à distance ou au niveau de l’horloge
et des passages. » Les quatre faces bénéficient
d’un éclairage rasant mis en scène par des séquences
dynamiques de deux minutes (allant
d’une teinte de blanc chaud à la base à blanc
froid au sommet), et différentes la semaine du
week-end. Pour les périodes festives, l’éclairage
fait appel à un système RGBW et RGBA conçu
autour de thèmes spécifiques.
La place Crèvecœur a, en fait, été le premier
site à bénéficier d’une mise en lumière : installées
tout autour de la place, 36 colonnes Creille,
fabriquées sur mesure par Technilum, rendent
hommage à la dentelle de Calais. « Les projecteurs
restent en blanc fixe et l’intérieur
de la colonne change de couleur en RGBW.
Tous les scénarios de mise en lumière et de
projection de gobos (plusieurs thèmes), incluant
les trois monuments, sont synchronisés
», précise le concepteur lumière.
L’église Saint-Pierre
De style néo-gothique, en forme de croix latine,
cette église fut construite de 1862 à 1870 et
on doit son architecture à Émile Boeswillwald,
élève de Viollet-le-Duc. Elle compte 11 niveaux,
balayés par un éclairage rasant allant
du blanc chaud au blanc neutre en haut. « Le
premier niveau est mis en lumière par des
projecteurs discrètement encastrés dans le
sol, invisibles durant la journée, qui soulignent
les contrastes chromatiques saisissants
entre la brique rougeâtre et les contreforts
en pierre blanche, reprend Sylvain Bigot.
L’imposant vitrail du portail, illuminé depuis
l’intérieur, projette vers l’extérieur ses
couleurs éclatantes, établissant un dialogue
entre les espaces intérieur et extérieur du
monument. »
La Bourse du travail.
© Xavier Boymond
© Xavier Boymond
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 27
Lumières Projets
Le clocher, élément culminant à 65 m de hauteur,
impressionne par son élégance. Son impact
visuel s’intensifie particulièrement lorsqu’on
l’observe depuis la rue du Jardin des Plantes, où
sa silhouette élancée se détache avec majesté
dans le paysage urbain. Pour accentuer sa présence
nocturne, des projecteurs extérieurs
viennent en soutien une fois la nuit tombée.
La Bourse du travail
Édifiée de 1937 à 1939 au cœur du quartier
ouvrier de Saint-Pierre par l’architecte Roger
Poyé, cette ancienne Bourse du travail, aujourd’hui
salle de spectacles, offre une façade
austère qui s’élève sur quatre étages. La mise
en valeur lumineuse des parties inférieures du
bâtiment souligne les entrées. Elle est réalisée
à l’aide de projecteurs positionnés en contreplongée
le long des piliers de chaque portail de
la façade principale, valorisant ainsi la texture
et la couleur caractéristiques des briquettes de
parement.
« Le bas-relief est éclairé par quatre réglettes
installées en remplacement des projecteurs
préexistants. Cette configuration révèle le
fronton grâce à un éclairage en plongée
parfaitement maîtrisé. Au pied de chaque
pilier et au-dessus du bas-relief, des projecteurs
créent un contrepoint coloré qui
accentue les détails du béton, plus clair que
les briquettes de parement, sublimant ainsi
les nuances architecturales de l’édifice »,
précise Sylvain Bigot.
Des projecteurs installés sur les nouveaux mâts
d’éclairage public permettent de balayer délicatement
le haut de la façade, tout en mettant
en valeur l’écusson aux armes de la cité qui surmonte
les baies, ainsi que l’arête distinctive de
la couverture en cuivre.
Le palais de justice
Pour la mise en lumière du bâtiment, Sylvain Bigot
a positionné les luminaires discrètement sur
le bâtiment lui-même afin de préserver l’intégrité
esthétique du monument, tant de jour que de nuit,
en réutilisant des chemins de câble existants le
long des corniches et en ajoutant des projecteurs
en plongée. « Le concept d’éclairage développé
pour cet édifice joue sur les différentes perspectives
du monument, tant horizontales que
verticales et sur la symétrie remarquable de
l’architecture, détaille Sylvain Bigot. Le rez-dechaussée
bénéficie d’un éclairage en plongée,
assuré par des projecteurs installés sous la corniche
du premier étage. Cette technique permet
de maintenir les fenêtres du rez-de-chaussée
dans une relative pénombre, créant un
jeu de contrastes clair-obscur avec le reste de
la façade. Des projecteurs installés au pied des
fenêtres du premier étage illuminent simultanément
ces ouvertures et les riches ornements
qui les surplombent. Cette continuité d’éclairage
assure une cohérence visuelle avec le traitement
lumineux du rez-de-chaussée. » n
Isabelle Arnaud
Le palais de justice.
© Xavier Boymond
© Xavier Boymond
28 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Perspectives
ARTEMIDE : créer une lumière
humaine et responsable
Fondé en 1960 par Ernesto Gismondi, le Groupe Artemide a son
siège à Pregnana Milanese. Il comprend 18 filiales et un réseau
de distribution où se distinguent 14 showrooms monomarques
dans les villes les plus importantes du monde. Artemide est
distribué dans 107 pays. Par ses 5 unités de production en Italie,
Hongrie et au Canada, une verrerie et sa structure de Recherche
& Développement, le Groupe emploie environ 600 salariés dans
le monde, dont 50 dans des activités de R&D. Aujourd’hui, les
collections Artemide représentent un croisement unique de
valeurs : l’approche à la lumière humaine et responsable se
conjugue avec un savoir-faire conceptuel et matériel.
Guillaume BASTIEN
Country manager Artemide France
Dès le début, Artemide affiche sa singularité en collaborant
avec les plus grands noms du design…
En effet. L’histoire d’Artemide commence en 1960 à Milan, avec ses
fondateurs Enesto Gismondi, ingénieur aérospatial de formation et
Gismondi comprend combien il est essentiel de travailler avec des
designers de talent comme Vico Magistretti (prix Compasso d’Oro en
1967 pour la lampe Eclisse), Richard Sapper (qui dessine la célèbre
lampe Tizio), Michele De Lucchi et Giancarlo Fassina (designers de
la lampe Tolomeo), Ettore Sottsass (lampe Pausania). Il met ainsi en
place un véritable cercle vertueux d’innovations. Au fil des décennies,
Artemide, parallèlement à son expansion internationale, a su
conserver cette essence familiale et cette dynamique de collaboration
avec des designers de renom. Il y a aujourd’hui un équilibre
stratégique entre les collaborations externes et le développement
interne en ce qui concerne la création de ses produits.
Nombreux sont les architectes et designers
qui ont signé des produits Artemide ?
Oui, tout à fait. On peut citer Herzog & de Meuron (lampe Pipe),
l’agence BIG (Bjarke Ingels Group, pour Alphabet of Light), Carlo
Colombo (pour Zephyr), Neil Poulton qui a signé de nombreuses
lampes pour Artemide. Ces partenariats ont permis à la marque
d’intégrer différentes perspectives esthétiques et culturelles qui ont
fait la richesse de notre catalogue. Notre département Recherche &
Développement travaille bien entendu en étroite collaboration avec
tous ces designers. Ils proposent des concepts que notre équipe
technique interne aide à concrétiser, apportant son expertise et sa
connaissance de la technologie led et des différents systèmes de
contrôle de l’éclairage. Cette approche permet à Artemide de rester
à la pointe de l’innovation tout en maintenant une identité cohérente
et forte qui combine la vision artistique des designers et le
savoir-faire technologique interne. Soulignons que 97 % des composants
de nos produits sont issus de l’Union européenne et que nous
avons adhéré au Pacte mondial des Nations Unies dès 2019.
© DR
À quoi correspond cet engagement ?
Le Pacte mondial des Nations unies propose un cadre d’engagement
volontaire reposant sur dix principes, issus des textes fondamentaux
30 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Perspectives
“Artemide est à la fois ouverte sur le monde
et enracinée dans une tradition artisanale.”
des Nations unies, à respecter en matière de droits
humains, de droit du travail, d’environnement et de
lutte contre la corruption. Il s’agit d’une démarche de
RSE qui permet d’aligner le monde économique français
avec l’agenda 2030 et les objectifs de développement
durable de l’ONU. Cette adhésion témoigne
donc de notre volonté d’aligner notre stratégie sur un
modèle de développement durable et responsable. Ce
qui correspond tout à fait à la philosophie d’Artemide
fondée sur « The Human and Responsible Light », une
lumière humaine et responsable qui nous permet de
conserver une excellence créative constante depuis
plusieurs décennies ; c’est un point central de notre
stratégie, à la fois à l’échelle internationale et dans la
filiale française.
Quand avez-vous pris la direction
de la filiale française ?
Je suis arrivé chez Artemide en 2023. J’avais été séduit
par la vision d’une marque internationale ouverte
sur le monde, mais aussi enracinée dans une tradition
artisanale – du verre, notamment – avec ce que j’appelle
une dimension « vibratoire » qui traduit l’énergie
singulière qui émane d’Artemide et qui résonne
auprès des prescripteurs et de nos clients. Cette
vibration se manifeste par notre manière d’aborder la
lumière : chez Artemide, l’éclairage n’est jamais pensé
comme un simple élément fonctionnel ou décoratif
mais comme une composante essentielle du bien-être
humain. C’est ce qui fonde notre philosophie « The
Human and Responsible Light ». Ce n’est pas juste
un slogan mais une véritable conviction, notamment
de notre présidente Carlotta de Bevilacqua. Cette
approche nous permet de proposer des solutions sur
mesure, de relever des défis complexes que nous soumettent
les designers et les architectes. C’est pourquoi,
au sein de la filiale française, nous nous sentons
tous ambassadeurs de la marque.
Vous pouvez préciser ?
Être ambassadeur exige l’excellence d’exécution sur
le terrain ; cela implique bien plus que la connaissance
des produits et des arguments commerciaux : il
faut connaître l’histoire des produits, de leur design,
la manière dont ils ont été conçus, la vision qu’ils
incarnent et comment ces luminaires, ces solutions
d’éclairage peuvent transformer l’espace. Cela suppose
aussi de dialoguer d’égal à égal avec les professionnels
exigeants – architectes, designers – et
de savoir traduire leur vision en solutions concrètes.
C’est un rôle de conseil et d’expert qui va bien au-delà
d’une simple vente ; on a la responsabilité de faire
vivre cet héritage. On ne peut pas être un ambassadeur
convaincant sans être soi-même convaincu.
Pour moi, cela signifie une immersion dans un univers
où l’excellence technique, la créativité, l’innovation,
se conjuguent pour porter une vision humaniste
de la lumière. C’est le rôle de notre équipe en France,
qui compte 21 personnes, 7 secteurs commerciaux,
plus Paris et la région parisienne avec 13 commerciaux
prescripteurs, 2 personnes dédiées au bureau
d’études, 2 au showroom. Nos projets couvrent des
lieux prestigieux, dans le secteur privé ou dans le
patrimoine culturel. L’éventail est large avec, comme
on l’a vu à Euroluce, des solutions conçues dans un
réel engagement écologique.
Comment se traduit cette démarche écologique ?
Nos produits sont fabriqués à partir de matériaux
recyclés, avec des procédés de fabrication à faible
impact environnemental. Par exemple, on a développé
un système de ligne continue Somnĭum, qui
intègre de manière transparente l’optique PMMA, la
structure et la production en une solution unique et
raffinée. Le résultat est une lumière douce et contrôlée
qui se propage harmonieusement avec une émission
directe et indirecte, assurant une perception
visuelle naturelle et confortable. Helgoland a également
été présenté à Euroluce [voir notre rubrique
nouveaux produits à la fin de cette édition] : ce
downlight est doté d’une technologie brevetée reposant
sur une structure hexagonale, optimisant le flux
lumineux pour un éclairage uniforme. L’optique ultrafine
réfractive intègre une lentille circulaire qui capte
et contrôle 100 % de la lumière émise. De plus, nous
avons adapté nos produits à la demande des concepteurs
lumière. Artemide a d’ailleurs rejoint l’ACE en
2023 (Association des concepteurs lumière et éclairagistes)
en tant que membre actif (fabricant) renforçant
nos relations avec les concepteurs lumière,
nos principaux interlocuteurs pour défendre nos
solutions auprès des architectes.
Et demain ?
Pour ma part, mon ambition est de renforcer la présence
d’Artemide auprès des architectes en France.
La marque est déjà perçue comme haut de gamme ;
les prescripteurs ont bien compris la nécessité de
s’engager sur un éclairage de qualité, des solutions
à valeur ajoutée et sur mesure, qui allient innovation
et esthétisme. Artemide accompagne la réflexion des
architectes, des designers, des bureaux d’études, afin
de devenir ensemble les précurseurs d’un éclairage
véritablement inspirant ! n
Propos recueillis par Isabelle Arnaud
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 31
Lumières Dossier
Éclairage des
établissements d’enseignement
et bibliothèques
© Kamil Krupa
Dossier réalisé par Isabelle Arnaud
© Etap Lighting. Photo Marc Detiffe
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 33
Lumières Dossier
© Performance iN Lighting Photo : Jaap Lotstra
École primaire Het Epos, Rotterdam, Pays-Bas - Maître d’ouvrage : Stichting De Verre Bergen - Maître d’œuvre/architecte : SeARCH –
Installateur : Huisman Installatietechniek – Solution éclairage : Performance iN Lighting.
L’éclairage dans les établissements scolaires et culturels constitue aujourd’hui un vecteur
stratégique d’optimisation énergétique, de confort visuel et de performance fonctionnelle.
Ce dossier s’inscrit dans une approche systémique de la rénovation des infrastructures
éducatives, en croisant les enjeux d’efficience énergétique, de qualité environnementale
et d’adéquation aux usages. Il examine les recommandations institutionnelles, notamment
celles du ministère de l’Éducation nationale dans le cadre du programme Bâti scolaire et
ÉduRénov, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de capteurs de luminosité,
pilotage DALI, luminaires led à haut rendement ou encore de dispositifs d’éclairage centrés
sur l’humain (HCL). À travers des retours d’expérience concrets – lycées HQE, auditoriums
intelligents, bibliothèques à pilotage automatisé –, on constate la convergence entre
innovations techniques et objectifs de développement durable. Les conceptions lumière,
qu’elles concernent le neuf ou la rénovation, s’intègrent dans des contextes architecturaux
variés dans lesquels l’éclairage est pensé comme un outil au service de la pédagogie,
de la sobriété énergétique et du confort des usagers.
34 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
Dans un précédent dossier (Lumières
N° 43) portant sur l’éclairage des
locaux d’enseignement, nous avions
mentionné la création du site « Bâti scolaire
», créé par le ministère de l’Éducation
nationale, qui met à disposition plusieurs
guides (de la maternelle au lycée, en passant
par le collège) dont un chapitre traite
spécifiquement de l’éclairage.
Ces documents rappellent qu’un bon éclairage
contribue à limiter la fatigue et à
réduire l’apparition de la myopie chez les
jeunes. Chez les enfants plus petits, l’éclairage
favorise le bon développement de
l’oculo-motricité et de la vision. Pour le ministère,
l’éclairage artificiel doit être conçu
comme un relais à la lumière naturelle, et
uniquement envisagé lorsque la luminosité
naturelle n’est pas suffisante. C’est pourquoi
la conception architecturale privilégie
autant que possible la pénétration de
la lumière naturelle au sein des espaces
scolaires. Dans ce contexte, le ministère
recommande la mise en œuvre de dispositifs
automatiques de détection de lumière
du jour afin de ne faire appel à l’éclairage
artificiel que lorsque cela est nécessaire.
Le spécialiste de la détection, B.E.G., a par
exemple développé des solutions comme
des détecteurs de plafond (du type PD2-
KNX) qui permettent de réaliser d’importantes
économies grâce à la commande
d’éclairage asservie à la lumière du jour,
surtout dans les salles de classe où les apports
de lumière naturelle sont généreux.
Le fait que le détecteur éteigne la lumière
dès que plus aucun mouvement n’est identifié
évite que la lumière reste allumée durant
les récréations ou à la fin des cours.
Le signal de présence des détecteurs de
plafond sert également à la régulation de la
température dans chaque pièce.
Human Centric Lighting : la lumière
pensée pour l’humain
Le concept de Human Centric Lighting
(HCL), ou éclairage centré sur l’humain,
s’impose progressivement. La plupart des
fabricants développent depuis quelques
années déjà des systèmes se rapprochant
le plus possible de la lumière naturelle.
Chez Ledvance, le système Biolux HCL
fournit « la bonne lumière au bon moment,
et crée un environnement de
travail qui simule les variations de la
lumière naturelle, y compris ses effets
visuels, biologiques et émotionnels. Pour
obtenir cet effet, les luminaires sont commandés
par un contrôleur intelligent
doté de modes d’éclairage appropriés.
Par exemple, une lumière d’un blanc
froid le matin peut être dynamisante,
tandis qu’une lumière d’un blanc chaud
est relaxante ». D’après le fabricant, cette
• • • Suite p. 38
© Trilux
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 35
Lumières Dossier
École primaire Het Epos,
Rotterdam, Pays-Bas
par Performance iN Lighting
Maître d’ouvrage : Stichting De Verre Bergen
Maître d’œuvre/architecte : SeARCH
Installateur : Huisman Installatietechniek
L
’école primaire Het Epos se situe dans
le quartier de Zuidwijk à Rotterdam. Ce
nouveau bâtiment scolaire a été construit
pour être prêt pour l’avenir.
Le cabinet d’architectes SeARCH, en collaboration
avec l’entrepreneur De Groot Vroomshoop, a mis
au point une nouvelle méthode de construction :
une école circulaire entièrement en bois qui peut
être facilement démontée, déplacée, agrandie
et élargie. En travaillant avec des modules
préfabriqués, le temps de construction sur le site
est réduit au minimum et une école entièrement
nouvelle est construite en quelques mois
seulement. Het Epos se compose de 75 modules
préfabriqués en bois qui peuvent, si nécessaire,
être déplacés à un autre endroit, ce qui rend
l’école à l’épreuve du temps. Les installations
sont intégrées, ce qui permet non seulement
d’augmenter le niveau de préfabrication en usine,
mais aussi d’améliorer la qualité visuelle.
L’intérieur associe surfaces en bois et ouvertures
en verre, créant une atmosphère fraîche, mais
également chaleureuse et confortable où les
enfants peuvent apprendre dans un environnement
sûr et protégé. En plus des salles de classe, l’école
comprend un gymnase avec vestiaires et douches,
une salle technique, une médiathèque, une grande
cuisine et une cour verdoyante.
L’atrium central constitue le cœur du bâtiment et
abrite à la fois l’entrée et l’accès à l’étage supérieur.
Le large escalier multifonctionnel sert tantôt de
tribune, tantôt de scène ou simplement de lieu de
rencontre informel pendant les heures de cours.
L’atrium est équipé de l’A100 avec réflecteur, tandis
que la série GYM LED résistante aux balles a été
installée dans le gymnase.
Pour les salles de classe et les couloirs, le choix
s’est porté sur les luminaires suspendus et
apparents SL764 LED, qui sont déjà intégrés
dans les modules préfabriqués à l’usine grâce au
configurateur en ligne Light-Performer.
Tous les choix du projet ont été faits en étroite
concertation avec toutes les parties concernées, ce
qui a permis d’obtenir un résultat très satisfaisant.
© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra
© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra
© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra
36 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 37
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 35
approche permettrait jusqu’à 14 % d’amélioration
des capacités d’apprentissage.
Ces dispositifs sont souvent mis en œuvre
dans les établissements neufs. Pour autant,
le ministère n’a pas oublié les bâtiments
existants et avait lancé en 2022, et
pour 5 ans, le programme ÉduRénov. Il
est piloté par la Banque des territoires et
mobilise 2 milliards d’euros pour les prêts
et 50 millions pour l’ingénierie. Les collectivités
bénéficient également d’un accompagnement
gratuit et personnalisé tout au
long de leur plan de rénovation scolaire,
en fonction de la maturité du projet. Pour
être éligible au programme, le projet doit
porter sur des établissements scolaires ou
éducatifs et viser au moins 40 % d’économie
d’énergie.
ÉduRénov a même lancé cette année les
Prix de la Rénovation scolaire 2025 pour
récompenser les projets de rénovation
exemplaires dans les écoles, collèges et
lycées, et afin d’encourager les collectivités
à s’engager et à mieux intégrer les
enjeux énergétiques et climatiques.
Lycée polyvalent Alice Milliat,
Pontchâteau (44) : une rénovation durable
ACTiLED Lighting a participé à cette rénovation
(réalisée en dehors d’ÉduRnov),
en concevant et fabriquant sur mesure,
à Nantes, un éclairage led économe en
énergie, décliné en différentes longueurs,
puissances et avec des finitions adaptées à
chaque espace. Depuis la rentrée scolaire
2024, le lycée, certifié Haute Qualité Environnementale
Bâtiment Durable (HQE
BD) peut accueillir jusqu’à 1 000 élèves.
Le projet met à l’honneur des matériaux
naturels. Les murs de la salle de restauration
sont habillés de rondelles de bois récupérées
du parc naturel du lycée. « Dans
cet habillage naturel, les linéaires à led
ACTiLine 3535 finition en aluminium
noir se fondent parfaitement dans cette
architecture. L’ajustement des linéaires
• • • Suite p. 42
Le système Biolux HCL de Ledvance adapte
automatiquement l’éclairage artificiel aux variations
de la lumière du jour grâce à un algorithme intelligent.
International Fashion Academy, rue Scipion à Paris
Bureau d’études éclairagiste : Alto
Installateur : EPLS
Architecte : Agence Wilmotte & associés
Neko Lighting est intervenu pour la rénovation de l’éclairage.
C’est l’applique Koi qui a été retenue et placée sous les
voûtes en version directe/indirecte de chaque côté de la
circulation. L’auditorium est éclairé par des downlights
Sense dans la partie centrale et les Takeo sur les côtés et
l’estrade. Les circulations, hall d’entrée et paliers avec des
Kenzo spéciaux sur plaque par 3 et Senses insérés dans des
failles minimalistes noires.
© Neko Lighting. Photo Didier Boy de la Tour © Ledvance
38 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
Université de Bath,
Grande-Bretagne
par Erco
Maître d’ouvrage : Université de Bath
Architecte : Hopkins (concept), AWW (réalisation)
Études d’électricité : Hoare Lea
L’inspiration et l’ambition sont au cœur
de l’université de Bath. L’université
abrite une école de management.
Le bâtiment regroupe un certain nombre
d’anciens bureaux, qui étaient auparavant
dispersés sur le campus, afin de créer un pôle
polyvalent pour le corps enseignant et les
étudiants. Erco a travaillé plusieurs années
avec l’université et fournit avec succès des
solutions d’éclairage de qualité pour de
nombreux bâtiments du campus, du centre
sportif aux résidences étudiantes. Grâce
à cette relation de longue date, Erco
est à même de comprendre la vision
et les exigences de l’université en matière
de conception.
Ce site est une référence en matière
d’enseignement au cœur du campus
Claverton Down de l’université de Bath.
Avec ses sept étages, dont deux niveaux de
sous-sol, et son architecture remarquable,
le bâtiment est impressionnant. Le luminaire
apparent Atrium habille l’architecture,
dynamise l’espace et met en valeur des
éléments tels que le plafond lambrissé et
l’escalier en colimaçon.
Pour Erco, l’éclairage du secteur de
l’enseignement est en phase avec sa
volonté de donner naissance à des espaces
d’apprentissage inspirants, flexibles et à
l’épreuve du temps. La marque a reçu la
mission de fournir toute une série de solutions
pour éclairer l’ensemble du bâtiment de
l’école de management, de mettre en place
des solutions pour non seulement mettre
en valeur l’architecture et garantir une
conception et un agencement modulables,
mais aussi pour améliorer les coûts
d’exploitation et respecter l’environnement.
Un éclairage efficace et confortable
Le concept est à la fois institutionnel et
professionnel tout en offrant une ambiance
décontractée aux étudiants et aux membres
du personnel. L’objectif était de créer un
espace favorisant la collaboration entre
les étudiants, les universitaires et les
professionnels.
Nichée à l’entrée principale du campus, l’école
a été conçue par l’agence d’architecture
britannique Hopkins, entreprise pionnière
et primée. En étroite collaboration avec
Hopkins, AWW et Hoare Lea, Erco a participé
à un véritable travail d’équipe pour donner vie
à ce concept.
La nouvelle annexe du campus comprend
un laboratoire de création d’entreprise
pour les étudiants, un pôle d’employabilité
pour les partenaires industriels en visite
afin de préparer les étudiants au monde
du travail, un café, un laboratoire de
recherche comportementale pour étudier
les environnements réels et numériques et
huit amphithéâtres, ainsi qu’un auditorium
de 250 places. Grâce à tout un éventail de
fonctionnalités et d’installations, le système
d’éclairage et les luminaires répondent aux
besoins de flexibilité et permettent d’éclairer
les différentes tâches, afin de créer un espace
propice à l’innovation et à la collaboration. Les
installations de recherche et d’enseignement
sont à la pointe de la technologie et
renforcent la réputation internationale tant de
l’école que de l’université.
© Erco. Photo Martina Ferrera
© Erco. Photo Martina Ferrera
40 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
© Erco. Photo Martina Ferrera
© Erco. Photo Martina Ferrera
© Erco. Photo Martina Ferrera
Une gestion affinée de la lumière
Le downlight Quintessence d’Erco fonctionne
avec la lumière naturelle qui pénètre par
l’atrium en verre et dont l’intensité varie en
fonction du rythme circadien naturel du jour.
Cette approche de l’éclairage favorise le
confort visuel et l’efficacité énergétique, sans
compromettre la qualité de la lumière.
Des downlights Compar pour rails
conducteurs apportent une dynamique ciblée
en offrant une approche d’éclairage zonal audessus
des bureaux et des espaces de travail
de l’école de management.
Dans tout l’espace, la lumière n’est utilisée
que là où elle est nécessaire, créant un
environnement de travail efficace et durable.
Cette approche fait partie de l’éthique
Greenology d’Erco, qui fait appel à sa propre
technologie de lentilles pour projeter la
lumière avec précision sur la surface cible.
Il n’y a donc pas de lumière parasite. Cette
démarche est jusqu’à 60 % plus efficace
que les méthodes classiques de contrôle de
la lumière qui utilisent la technologie des
réflecteurs. Cela permet d’obtenir des niveaux
d’éclairement élevés de qualité et d’apporter
un éclairage précis, sans gaspillage
d’énergie. Cette conception holistique et à
faible consommation d’énergie a permis à
l’école de management de disposer d’un
bâtiment à faible émission de carbone et au
fonctionnement très efficace.
Flexibilité et durabilité
« Le bâtiment de l’école de management
constitue vraiment une extension spectaculaire
et pérenne de la prestigieuse université de
Bath. Les solutions d’éclairage permettent
d’optimiser la flexibilité de l’espace tout en
offrant une qualité de lumière maximale. Celleci
se fond parfaitement dans l’architecture.
Le besoin de flexibilité et les exigences
élevées en matière de durabilité sont des
aspects que l’architecture et les solutions
d’éclairage ont pris en compte pour créer
un pôle communautaire pour les étudiants
et l’ensemble du personnel », commentait
Michael Wilson, responsable de l’équipement
de l’université de Bath.
Les luminaires Quintessence, Atrium et
Compar soulignent l’architecture durable à
l’épreuve du temps ainsi que la technologie
pédagogique dans l’ensemble de l’espace.
Que ce soit dans le hall principal, dans les
couloirs ou dans les amphithéâtres, ces
solutions soutiennent l’engagement en faveur
de l’efficacité énergétique et de la réduction
des émissions carbone.
« Erco éclaire les espaces dans tout le
secteur de l’enseignement, du primaire au
supérieur. Ce qui nous permet d’accompagner
l’évolution de l’apprentissage en fournissant
des luminaires et une technologie intégrée qui
répondent à la vision du client pour créer des
environnements pédagogiques durables pour
les étudiants et les membres du personnel »,
déclare Steve Thompson, directeur des
ventes chez Erco.
Grâce à la collaboration avec Hoare Lea,
AWW, Hopkins et l’université de Bath, le
bâtiment de l’école de management constitue
une référence non seulement pour l’université,
mais aussi pour le secteur de l’enseignement
dans son ensemble, car il ouvre la voie à de
nouveaux concepts d’aménagement des
environnements d’apprentissage.
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 41
Lumières Dossier
Lycée polyvalent Alice Milliat, Pontchâteau (44)
Projet financé par la Région Pays de la Loire
Architecte : ARS Rocheteau Saillard
BE : EGIS Bâtiment Centre Ouest
Installateur luminaires : Cegelec
Matériel d'éclairage : ACTiLED
• • • Suite de la p. 38
est réalisé grâce à un système de fixation
développé sur mesure s’adaptant
à la distance d’entraxe entre les lames
de bois », détaille Mayssoune Fardet, responsable
marketing et communication,
ACTiLED. Le hall d’accueil bioclimatique
végétalisé conçu dans une démarche de
développement durable HQE BD relie
les deux cours extérieures de récréation,
le restaurant scolaire et les ateliers. Des
rampes linéaires ACTiLine 3535 en applique
sont encastrées dans les plafonds
bois et éclairent les circulations, mettant
en lumière les hauts volumes de ce préau
intérieur. Dans le Centre de documentation
et d’information du collège, des suspensions
tubulaires led – 640 mm, 940 mm
et 1 240 mm – diffusent à 360° une lumière
harmonieuse (4 000 K, IRC 90) et
uniforme dans la salle dédiée à la lecture
et au travail numérique.
© ACTiLED Lighting
Éclairage intelligent au service
de l’éducation
À Montpellier, Inéo a fait appel à Disano
pour optimiser l’éclairage de deux auditoriums
à l'université Paul-Valéry. Une collaboration
qui a permis de mettre en place
une solution d’éclairage performante,
simple à installer et intuitive pour les
enseignants. Nacim Harrou, chef de projet
chez Inéo, explique : « Notre objectif
était de trouver une solution d’éclairage
économique, ergonomique et surtout
facile à gérer par les utilisateurs. Les
auditoriums nécessitaient des systèmes
flexibles, adaptés à la lumière naturelle
et à l’occupation des espaces. »
« Face à ces exigences, commente Franck
Gavel, responsable technique, Disano a
préconisé des armatures industrielles
© ACTiLED Lighting
© ACTiLED Lighting
42 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
Saturno Led 100 W. Ces luminaires ont
été spécialement adaptés par l’installateur
Inéo. Des enjoliveurs métalliques
sur mesure ont été conçus et intégrés
aux faux plafonds des auditoriums,
offrant une esthétique soignée. » La solution
d’éclairage a été complétée par un
système de gestion DALI intuitif. Des interfaces
murales permettent aux enseignants
de moduler l’intensité lumineuse en fonction
du taux d’occupation de l’auditorium.
L’ensemble offre un confort visuel optimal
tout en contribuant à la réduction de la
consommation énergétique. La programmation
et la mise en service du système
ont été réalisées conjointement par les
équipes de Disano et d’Inéo. « La présence
d’Inéo lors de cette étape a été essentielle
pour garantir une parfaite adéquation
de la solution avec les besoins du projet,
poursuit Franck Gavel. Cette collaboration
a permis de concilier performance
technique, simplicité d’utilisation et
esthétique, et optimiser les conditions
d’apprentissage dans les auditoriums. »
Dans les établissements scolaires, l’éclairage
joue un rôle primordial également
• • • Suite p. 46
© Disano
Rénovation de deux auditoriums à l'université Paul-Valéry à Montpellier.
Étude d’éclairage : Inéo et Disano.
© Disano
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 43
Lumières Dossier
© Darlington Library
Bibliothèque
de Darlington, RU
par Zumtobel
Maîtrise d’ouvrage : Conseil municipal de Darlington
Installateur : Lytestream
Les marques d’éclairage Thorn et
Zumtobel du groupe Zumtobel et
l’entrepreneur Lytestream ont conçu
une solution d’éclairage complète pour
la bibliothèque de Darlington qui allie
harmonieusement préservation du patrimoine
et fonctionnalité moderne.
La bibliothèque de Darlington témoigne du
riche patrimoine historique et culturel de la
ville. Construite en 1885 et agrandie en 1933,
elle présente une valeur architecturale et
culturelle. Les récents travaux de rénovation
et de restauration ont visé à préserver sa
signification historique tout en intégrant des
éléments modernes répondant aux besoins
des usagers actuels.
© Darlington Library
44 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
© Darlington Library © Darlington Library
Le principal défi de l’éclairage
L’objectif principal du projet de restauration
était de préserver la fonction centrale de la
bibliothèque comme point de service essentiel
pour le réseau de bibliothèques de Darlington,
incluant le Centre d’études locales et la galerie
d’art. Le projet devait souligner les éléments
patrimoniaux du bâtiment tout en intégrant des
équipements modernes, comme l’éclairage,
afin de garantir sa pertinence au XXI e siècle.
Le défi majeur en matière d’éclairage était
de proposer un système qui ne nuise pas
visuellement à l’apparence architecturale du
bâtiment, tout en offrant un intérêt visuel et
une fonctionnalité optimale.
Une solution colorée et contrôlée
Le groupe Zumtobel, par l’intermédiaire de
Lytestream, a fourni une solution d’éclairage
complète, adaptée aux besoins spécifiques
de la bibliothèque de Darlington. Les produits
utilisés comprenaient les systèmes Tecton,
Slotlight, Slotlight rond
et Litecom de Zumtobel,
ainsi que les luminaires
de Thorn : Cesar, Contrast
RGBW, Piazza, Blade
RGBW, Katona, PopPack,
Aquaforce MWS et IQ
Wave suspendu.
Tecton offrait une
installation rapide avec
un câblage minimal, idéal
pour l’introduction de
commandes d’éclairage.
Les Slotlight, Slotlight
ronds et les projecteurs
Vivo s’intègrent
parfaitement dans la
structure du bâtiment,
tandis que les versions à capteur Aquaforce
de Thorn assurent un éclairage automatisé
dans la zone des archives, le tout piloté par le
système Litecom de Zumtobel.
Mise en lumière des espaces clés
Au Centre d’études locales, l’éclairage joue
un rôle essentiel pour améliorer à la fois
la fonctionnalité et l’esthétique du lieu. Un
éclairage de qualité offre un environnement
propice à la recherche et à l’étude, créant une
atmosphère à la fois productive et agréable.
Par ailleurs, l’éclairage met en valeur les détails
raffinés du plafond décoratif, permettant
aux visiteurs d’apprécier des éléments
architecturaux qui seraient autrement restés
inaperçus.
La galerie, avec son plafond haut, est un
espace véritablement remarquable qui
impressionne par ses plâtres complexes et sa
peinture minutieuse. À l’intérieur, un éclairage
fonctionnel et d’accentuation soigneusement
conçu, intégrant les projecteurs Vivo de
Zumtobel, joue un rôle crucial dans la mise en
valeur des expositions d’art temporaires.
Inspirée d’une forêt enchantée, la bibliothèque
pour enfants crée une atmosphère magique
et accueillante, captivant l’imaginaire des
petits comme des grands. L’éclairage décoratif
y est une touche bien pensée qui enrichit
l’ambiance et offre une expérience sensorielle
unique. Les changements d’éclairage
permettent de créer des ambiances
différentes, rendant l’espace encore plus
enchanteur et immersif.
Efficacité énergétique et flexibilité
pour l’avenir
La nouvelle solution d’éclairage présente de
nombreux avantages : efficacité énergétique,
flexibilité pour d’éventuelles évolutions futures,
contrôle total de l’éclairage et sélection des
couleurs dans des zones spécifiques telles
que la bibliothèque des enfants. Un contrôle
efficace dans les archives a également été mis
en place, améliorant la fonctionnalité tout en
respectant l’intégrité historique du bâtiment.
Suzy Hill, responsable de la bibliothèque,
Services Group, au sein du conseil municipal
de Darlington, a déclaré : « La solution
d’éclairage proposée par le groupe Zumtobel
pour la bibliothèque de Darlington a su allier
préservation du patrimoine et modernité, créant
un espace dynamique et fonctionnel pour la
communauté. Le projet illustre un engagement
fort envers la préservation du patrimoine
historique et culturel tout en s’ouvrant au
progrès et à l’innovation. La bibliothèque de
Darlington demeure une institution précieuse,
offrant un service moderne tout en étant un
symbole vivant de l’histoire et du patrimoine de
la ville. »
© Darlington Library
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 45
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 43
dans les bibliothèques, où des besoins
contradictoires se font parfois ressentir :
éclairage de grands volumes, éclairements
élevés et ambiances intimistes.
© iGuzzini. Photo Luis Diaz Diaz © iGuzzini. Photo Luis Diaz Diaz
Bibliothèque Rosalía de Castro
Maître(s) d’ouvrage : Ville de Vilagarcia (Espagne)
Maître(s) d’ouvrage : Ville de Vilagarcia
Architectes et concepteurs lumière : RVR Arquitectos
Entreprise de construction : Obras Gallaecia
Installation : Inous Ingenieria Integrada
© iGuzzini. Photo Luis Diaz Diaz
« Décarboner le livre et l’édition »
Le bureau des acclimatations et l’université
de Grenoble-Alpes, Master Métiers du
Livre et de l’édition, pilotent, depuis 2022
(et jusqu’à octobre 2025) le projet « Décarboner
le livre et l’édition ». Financé par
l’État dans le cadre du dispositif « Soutenir
les alternatives vertes dans la culture » de
la filière des industries culturelles et créatives
(ICC) de France 2030, opéré par la
Caisse des Dépôts, ce programme est publié
par la Banque des territoires. L’autrice
de ce rapport, Fanny Valembois, est chercheuse
indépendante, consultante et formatrice,
spécialiste des démarches de décarbonation
des organisations culturelles.
Elle souligne que l’éclairage d’une bibliothèque
requiert des niveaux d’éclairement
différents selon les zones. Par exemple, le
Code du travail exige 40 lux pour les circulations
intérieures, 60 lux pour les escaliers,
120 lux pour les locaux de travail et
200 lux pour les locaux aveugles. La norme
NF EN 12464-1 préconise, quant à elle,
200 lux pour les rayons de livres et 500 lux
pour les zones de lecture.
Le rapport met également en garde contre
les détecteurs de présence qui peuvent devenir
de véritables faux-amis dans deux cas
précis : « La lumière s’allume automatiquement
alors qu’elle n’est pas utile : si
l’espace dispose de lumière naturelle, il
n’est pas nécessaire d’allumer l’éclairage
artificiel en plus. Si le détecteur de présence
n’est pas couplé à un détecteur de
luminosité, l’éclairage s’allumera alors
qu’il ne sert à rien. La lumière reste allumée
trop longtemps : c’est fréquemment
le cas pour des éclairages automatiques
de couloirs. Un détecteur de présence
sera donc réellement utile s’il est couplé
à un détecteur de luminosité, et s’il est
correctement réglé. »
L’autrice souligne le potentiel d’économies
que représente un éclairage rénové. Par
exemple, la bibliothèque Perinne-de-Grissac
à Chateaulin (Finistère) a remplacé
29 rampes fluorescentes par 31 dalles
lumineuses led, et installé des détecteurs
de présence et de luminosité. La puissance
électrique de l’éclairage est passée
de 3 364 W à 1 736 W, soit une baisse de
50 %. Si des travaux pour changer les luminaires
ne sont pas envisageables, d’autres
solutions peuvent être expérimentées. La
bibliothèque universitaire de l’université de
46 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
Grenoble-Alpes, par exemple, a mis en place
un « plan d’éclairage raisonné » : des variateurs
permettent d’ajuster l’intensité lumineuse
en fonction de la lumière naturelle.
Des livres, des lux, et des capteurs
À Vilagarcia de Arousa (Espagne), la
bibliothèque Rosalía de Castro accueille
44 000 livres et 38 000 lecteurs. La salle
de lecture est, naturellement, le cœur de
la structure. L’éclairage est assuré par des
luminaires iGuzzini utilisés en 4 000 K :
Isola, Easy et Palco dans leurs différentes
déclinaisons.
La suspension Isola est installée au centre,
avec une optique UGR<19 pour garantir le
meilleur confort visuel. Sur le pourtour de
la salle, des suspensions Easy, toujours
à optique UGR<19, créent un éclairage
doux et diffus, sans ombres sur les tables.
La salle de lecture pour enfants est éclairée
par des luminaires Isola et Easy déclinés
en plafonniers. Des projecteurs Palco
à patère éclairent les espaces près des
fenêtres ainsi que l’ensemble des rayonnages
; les allées sont éclairées de façon
zénithale par des plafonniers Easy, disposés
au-dessus des circulations. L’ensemble
de l’éclairage est géré par un système
Master Pro Evo KNX qui commande tous
les appareils ; à l’intérieur, le bâtiment est
également équipé de capteurs crépusculaires
et de mouvement qui déclenchent
l’allumage et l’extinction des appareils
lorsque cela est nécessaire.
Bibliothèque universitaire Belle-Beille d’Angers.
Rénovation par Ridi.
Rénover en led pour réduire
les consommations
La bibliothèque universitaire Belle-Beille
d’Angers était éclairée par des encastrés
300 x 1 200 fluorescents 2 x 28 W ou
2 x 54 W, intégrés dans un plafond métallique
non démontable. « Le client souhaitait
rénover les luminaires en gardant la
structure du caisson d’origine mais en
optant pour des appareils led, explique
Raynald Vilaine, responsable prescription
Ridi France. Nous lui proposons une solution
avec des modules R Tubes remplaçables
par simple quart de tour sans faire
appel à un personnel qualifié. »
L’opération a permis de passer les
consommations de 25 457 W à 14 038 W et
de réaliser une économie de 45 % tout en
conservant la même installation. La solution
proposée : des modules R Tubes remplaçables
sans outil, d’un simple quart de
tour. « Notre capacité à concevoir et tester
un prototype dans notre laboratoire
certifié a été déterminante », conclut
Raynald Vilaine. n
© Ridi
© Ridi
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 47
Lumières Dossier
© Arthur Péquin
Maîtrise d’ouvrage : Mairie de Saint-Denis-de-Pile (33)
Maîtrise d’œuvre : Marjan Hessamfar & Joe Vérons
architectes associés mandataires
BET structure : EVP ingénierie
BET fluides : Enertek, via infrastructure BET VRD
BET acoustique : Emacoustic
Paysagiste : Atelier Volga
Installateur : SPIE
Médiathèque Boma par Sylvania
Situé au cœur du domaine de Bômale,
à l’entrée du centre-ville de Saint-
Denis-de-Pile, commune de
5 700 habitants, le projet du Pôle festif et
culturel Boma s’est inscrit dans un programme
vaste et ambitieux de remaniement du parc
incluant la construction d’une médiathèque,
la réhabilitation d’une chartreuse du 18 e siècle
ainsi que la revalorisation paysagère du parc
et de ses abords.
La nouvelle médiathèque agit comme une
lanterne : visible dès l’arrivée sur le domaine,
elle marque l’entrée du parc et invite à le
découvrir. La composition des façades est
l’expression du parti pris général du projet : des
façades filantes vitrées, ponctuées de patios,
encadrées par deux lignes horizontales que
forment la terrasse bois et la toiture en porteà-faux
de six mètres sur toute la périphérie de
l’équipement.
L’emploi du verre et du métal renvoie l’image
d’un bâtiment sobre et contemporain qui
contraste avec l’aspect très chaleureux donné
par le bois et sa teinte claire. Il permet d’allier
finesse structurelle et transparence des
volumes, inscrivant le bâtiment avec subtilité
dans son environnement. Une attention
particulière a systématiquement été
portée au confort visuel des usagers, à l’apport
de lumière naturelle et aux vues sur le paysage
extérieur dès l’entrée du bâtiment.
« Nous travaillons depuis longtemps avec
l’agence d’architecture Hessamfar et Vérons,
explique David Amourous, prescripteur chez
Sylvania. L’éclairage, et particulièrement les
luminaires sont parties prenantes du concept
architectural, et nos produits, à l’instar de nos
solutions dédiées aux bureaux issues de notre
usine à Saint-Étienne, peuvent être adaptés
spécifiquement à la demande des architectes
sans complexifier le projet pour autant. »
Lumières sobres et contemporaines
Le bâtiment laisse entrer la lumière au travers
de larges baies vitrées qui constituent les
parois de la médiathèque sur trois côtés.
« La lumière artificielle devait prendre le
relais de la lumière naturelle en douceur, sans
contraste, précise David Amourous, d’autant
48 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
© Arthur Péquin
© Arthur Péquin
© Arthur Péquin
que la maîtrise d’ouvrage a opté pour une
version ON/OFF des luminaires sans détection
de lumière du jour. De plus, les architectes,
voulant conserver cette esthétique sobre, ne
souhaitaient pas de suspensions qui auraient
brisé cette ambiance douce et chaleureuse faite
de transparence et de bois. »
Le bâtiment neuf, de plus de 1 000 m²,
comprend la médiathèque, espace principal du
programme, une salle de réunion, une salle de
conférence et un bureau. Dans la médiathèque
proprement dite, un éclairage direct et indirect
a été réalisé à l’aide de spots Pixo, aux lignes
simples, disposés par deux sur des rails
verticaux sur les parois : l’un orienté vers le
plafond et l’autre vers le sol, créant des halos
au plafond tels des reflets du soleil. C’est le
modèle « large » du projecteur qui a été choisi
en 91 mm de diamètre, et a permis d’obtenir les
400 lux requis au niveau des tables.
« Ce luminaire, précise David Amourous,
apporte un grand confort visuel, pas
d’éblouissement direct, et un équilibre des
luminances très important entre l’éclairage
indirect du plafond et l’éclairage direct sur les
tables. Tous les rails installés sur la paroi bois
ont été peints de la même couleur afin de se
fondre davantage dans l’architecture ».
Le projecteur Pixo offre un indice de rendu des
couleurs supérieur à 90 et une température de
couleur 4 000 K (existe également en 3 000 K).
Éclairage fonctionnel et efficacité élevée
Les autres espaces, comme la salle de réunion
et les bureaux, ont été éclairés de façon
plus classique à l’aide de suspensions. Dans
ces pièces, Sylvania a fait appel aux lignes
lumineuses Rana, en 1,15 m de long, dotées
également d’une température de couleur de
4 000 K. La grille et l’optique prismatique
permettent de limiter l’éblouissement
(UGR < 19) pour un confort visuel optimal.
Cette gamme offre une efficacité lumineuse
allant jusqu’à 123 lm/W.
« Nous avons vraiment basé notre étude
d’éclairage, commente David Amourous,
sur l’architecture contemporaine du
bâtiment, tenant compte de la spécificité de
l’environnement et en restant attentifs aux
souhaits des architectes. »
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 49
Lumières Dossier
Enquête produits
Intelligents et efficaces
Pour lire et écrire, il ne suffit pas d’avoir les bons neurones,
encore faut-il bien voir pour percevoir distinctement les
informations. Qu’elles soient imprimées sur du papier, inscrites
sur un tableau noir, vert ou blanc, ou projetées sur écrans,
elles doivent être parfaitement éclairées. À efficacité élevée, à
détection, à variation, les suspensions, plafonniers, encastrés
se modulent et s’adaptent intelligemment aux tâches visuelles
dans les salles de classe, les amphis, les bibliothèques.
PD4-M-1C-GH-AP de B.E.G.
Ce détecteur actionne automatiquement les éclairages en
fonction de la présence, du mouvement et de l’éclairage ambiant.
Le capteur de luminosité incorporé évalue constamment la
luminosité ambiante et la compare à la valeur de consigne. Si la
luminosité ambiante est suffisante, l’éclairage n’est pas activé. Si
la luminosité ambiante est en dessous de la valeur de consigne,
un mouvement actionnera l’éclairage dans la pièce. Dans le cas
où l’a lumière naturelle est suffisante depuis plus de 15 minutes,
le détecteur éteint l’éclairage, même si la pièce est occupée.
L’éclairage est coupé à la fin de la temporisation programmée s’il
n’y a plus de mouvement.
www.begfrance.com
Solstice
de Concord by
SYLVANIA GROUP
Le système de réflecteurs développé pour ce downlight
lui permet d’atteindre une efficacité jusqu’à 141 lm/W
à température ambiante de 40°. Par le design de son
réflecteur diffusant une lumière enveloppante, il offre un
faible éblouissement UGR<19 jusqu’à 2 400 lm, avec une
large distribution de la lumière et un angle de rayonnement
d’environ 70°. Solstice fournit une lumière confortable, avec
un niveau de luminance à 65° inférieur à 300 cd/m² jusqu’à
2 400 lm et inférieur à 1 000 cd/m² jusqu’à 6 050 lm.
www.sylvania-group.com
Dismart 2.0 de DISANO
Ce système sans fil de gestion de l’éclairage combine
les technologies BLE 5.0 Mesh et Wi-Fi pour optimiser
la consommation d’énergie tout en assurant un
éclairage adapté aux besoins. Le système s’articule
autour de deux éléments : la passerelle, qui assure
une communication fluide et fiable (elle génère
son propre réseau Wi-Fi) entre tous les dispositifs
connectés (luminaires, cellules DALI2, interrupteurs),
et les modules distants qui transforment les
équipements d’éclairage traditionnels en éléments
intégrés au réseau BLE 5.0 Mesh. L’application mobile
est téléchargeable gratuitement sur Android et iOS.
www.disano.it/fr
Biolux HCL de LEDVANCE
L’unité de commande Biolux HCL permet de choisir différentes ambiances lumineuses :
Boost, Focus, Natural, Creative, Relax. Elle est facile à installer et à utiliser, grâce à
la communication sans fil entre l’unité de contrôle et les luminaires ; l’interrupteur
rotatif intuitif ; l’éclairage artificiel qui suit les variations de la lumière naturelle, avec
géolocalisation et ajustement à l’heure locale réelle. Jusqu’au début d’après-midi : lumière
froide, vive et dynamisante, en 6 500 K pour 450 lux ; en soirée : lumière chaude de 2 700 K
à 3 000 K. Les solutions peuvent compter jusqu’à 48 produits : luminaires, bandes led,
détecteurs de présence.
www.ledvance.fr
50 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
ACTILine d’ACTILED
Linéaire adapté à l’éclairage de salles de classe et bureaux. Il comprend une
optique anti-éblouissement (UGR<19) pour un confort visuel optimisé. Éclairage
directionnel avec option diffuseur asymétrique 20°, pour l’éclairage de tableau
de classe par exemple. Il se décline en encastré, plafond modulaire, applique,
plafonnier ou suspension. Il existe en 5 longueurs ou dimensions sur mesure.
Trois températures de couleur. Pilotage DALI. Garantie 5 ans.
www.actiled.com
Alizé T1 LED de LÉBÉNOÏD
Ce luminaire se décline en applique et plafonnier et présente
un flux de 1 400 lm en 3 000 K et 4 000 K, soit une efficacité
lumineuse de près de 122 lm/W. IK10, IP55 Il offre une durée de vie
de 60 000 heures (L70/B50) et 50 000 heures (L80/B10). Risque
photobiologique GR0. Il est fonctionnel, compact, économique et
facile à installer (installation en 3 minutes). Diamètre 260 mm et
épaisseur 58 mm.
www.lebenoid.fr
Sense G2 wall washer
de NEKO LIGHTING
Ce downlight encastré rond en aluminium
moulé sous pression avec finition par
poudrage blanc (RAL 9016) et réflecteur
spéculaire mesure présente un
diamètre de 85 mm. Il propose un flux
lumineux système de 1 450 lm et se
décline en plusieurs températures de
couleur : 2 700 K, 3 000 K, 4 000 K, avec un
indice de rendu des couleurs de 90. Durée de
vie : 50 000 heures (L80B10).
www.nekolighting.com/fr
Skim Pallens d’ERCO
Avec cette solution polyvalente, l’ouverture discrète
dans le plafond s’efface totalement pour laisser place
à l’effet lumineux. En plus du corps de refroidissement
en aluminium des luminaires, l’optique à lentille est
désormais également fabriquée à 100 % en matériau
recyclé. Elle est fabriquée à partir de résidus de
production de PMMA. Le driver séparé est raccordé par
un câble préinstallé. En option, des interfaces DALI ou
Casambi Bluetooth permettent l’intégration dans des
scénarios de commande intelligents. L’efficacité est de
120 lm/W et l’UGR inférieur à 19.
www.erco.com/fr
DALI 2 Sensor d’INVENTRONICS
Optimisation, discrétion et compatibilité totale DALI-2 , ce capteur de présence
coche toutes les cases. Avec sa détection à 360° sur 8 m de diamètre (à 2,5 m de
hauteur), il couvre les espaces de bureaux, les salles de cours ou amphithéâtres.
Il s’adapte même jusqu’à 4 m de haut. Compact et intelligent, il intègre un capteur de
lumière, consomme seulement 8 mA et se monte facilement, en faux plafond ou en saillie. Sa
lentille réglable permet une personnalisation précise. Pour les couloirs, une version dédiée couvre une
longueur de 40 m. Du sur-mesure pour les espaces connectés d’aujourd’hui.
www.inventronicsglobal.com
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 51
Lumières Dossier
Basic Ball de RZB
Constituée d’une armature et d’un cache-piton en
métal chromé, associé à un diffuseur en verre opalin
mat satiné, soufflé artisanalement, cette suspension
est faite de matériaux nobles qui lui confèrent une
finition sophistiquée. Elle affiche un IRC de 90 en
4 000 K. Grâce à son efficacité lumineuse de 114 lm/W,
elle s’inscrit pleinement dans une démarche de
longévité et d’efficacité énergétique. Elle est équipée
d’un convertisseur DALI. Une plaque de montage
est fournie et un large éventail d’accessoires sont
disponibles pour adapter la suspension à chaque
projet.
www.rzb.de/fr/
Brueghel
de SAMMODE
Équipé d’une grille basse luminance haute
performance offrant un UGR≤19, ce luminaire
est une solution incontournable pour les espaces
nécessitant un haut niveau de confort lumineux dans toutes les
directions. En suspension, il propose une version en verre borosilicaté
haute résistance tout en reflets et en transparence. Dans une salle de
classe, sa vasque composite IK10 et sa prise débrochable en font un
plafonnier robuste, fiable et facile à raccorder. 3 000 K, IRC de 90. Existe en
tunable white de 2 700 K à 6 500 K.
www.sammode.com/
Light Shed Linen de IGUZZINI
Réalisée en composé de fibres de lin qui révolutionne l’impact esthétique et intègre plusieurs fonctions, cette suspension
s’inscrit dans le cadre d’un projet d’espaces où lumière naturelle et artificielle se complètent agréablement pour le bien-être
de l’être humain. Il s’agit du design biophilique. Des capteurs sont intégrés pour optimiser l’équilibre entre lumière naturelle et
artificielle. Confort visuel, haute efficacité et le système tunable white permettent de recréer une dynamique lumineuse.
www.iguzzini.com/fr/
U7 d’ETAP
La combinaison de leds de puissance moyenne et de lentilles sophistiquées
(led+Lens) produit un confort visuel maximal et une distribution lumineuse
optimale. La version OFR (Optimized For Renovation) à distribution lumineuse
extensive moyenne, optimisée pour les écartements petits à moyens. La version
OFI (Optimized For Interdistances) – à distribution lumineuse extensive ou
très extensive – conçue pour atteindre des écartements maximums. Grâce au
système optique flexible, U7 est adapté aux rénovations. Il offre une efficacité de
152 lm/W en 4 000 K. DALI gradable.
www.etaplighting.com/fr
52 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Dossier
Spaceline Preci RADIAN
Doté d’une efficacité de 165 lm/W, ce système d’éclairage modulaire offre une répartition lumineuse uniforme et confortable,
avec un IRC de 80 ou 90. Sa durée de vie de 72 000 heures (L80) et ses températures de couleur de 3 000 K et 4 000 K (autres sur
demande) en font un choix durable. Disponible en de nombreuses finitions RAL, avec des options supplémentaires comme le Bluetooth
Casambi, le blanc dynamique (tunable white) et le HCL.
www.radian.fr
Iris de RIDI
Cette suspension offre un guidage du flux par cache prismatique radial,
émission symétrique à faisceau large direct/indirect. Ce luminaire émet un flux
de 4 680 lumens en tunable white de 2 700 K à 6 500 K, avec un flux lumineux
réglable en continu. Il s’intègre parfaitement dans des zones de classe (UGR<19).
Puissance de 35 W pour une efficacité lumineuse de 134 lm/W et une durée de vie
de 50 000 heures. Les sources et l’alimentation DALI 2 sont remplaçables par un
professionnel. La gamme propose également des versions plafonniers et appliques.
www.ridi.de/fr
Coax Office de REGENT
Conçu par Licht Kunst Licht, ce luminaire, en plafonnier ou suspension, rayonne à 360°. Le concept
du diffuseur cylindrique à double coque apporte de légers reflets sur la surface claire. Il procure une
émission directe/indirecte et omnidirectionnelle grâce à son optique microprismatique C-LED qui
assure un contrôle de l’éblouissement. Il existe en 3 000 K et 4 000 K et en tunable white en 7 100 lm
(Casambi, jusqu’à 6 500 K) et se décline en deux diamètres : 500 mm avec 3 200 lm, 3 350 lm et
650 mm avec 6 900 lm et 7 200 lm.
www.regent.ch/fr/
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 53
Lumières Designer
Artiste-designer autodidacte et ancien dessinateur industriel, Hervé Isle
de Beauchaine a dessiné des carrefours d’autoroutes, puis a travaillé pour
des bâtiments historiques à Paris. Il s’est ensuite installé à Lyon et a démarré
une activité de création de luminaires artistiques, en récupérant d’abord des
pièces de dentistes. En 1987, il expose ses premières créations au salon Moving,
ancêtre de Maison&Objet. En 2006, la société Hisle est créée avec sa femme,
Marie de Foucauld, pour sortir de l’artisanat et se tourner vers la production
de luminaires, en posant les bases d’une entreprise pérenne. Il lance en 2008 la
première version de Luxciole, une lampe sans fil à poser sur les tables de jardin.
Le luminaire devient la pièce emblématique de Hisle et se décline au fil des
années en plusieurs versions.
© Hisle
Le minimalisme
au service de l’esthétisme
D’où viennent votre sensibilité à la lumière
et votre envie de créer des luminaires ?
Hervé Isle de Beauchaine – J’ai grandi à la campagne et j’ai
très vite été captivé par la brillance de la lumière du soleil sur
le feuillage des arbres. J’ai voulu reproduire cet effet, la nuit, en
éclairant les feuillages avec une lampe torche, pour créer des
jeux d’ombres à même de matérialiser la lumière. Je suis assez
vite arrivé à l’intégration d’ampoules dans des objets. Je me suis
installé à Lyon à la fin des années 1980, dans un petit atelier, où
j’ai démarré une activité de création de luminaires artistiques.
J’ai fait ce que je savais faire depuis petit, intégrer des sources à
des objets incongrus, principalement des pièces non conformes
de l’industrie. J’ai donc créé de nombreuses pièces uniques, en
réutilisant des éléments de moteurs, des pièces de centrifugeuses
de traitement nucléaire, des lames de scies
circulaires… Ces objets n’étaient pas conçus pour
être beaux, mais efficaces et j’ai souhaité leur donner
une âme, d’une part en les mettant en scène,
comme des tableaux, et d’autre part en leur insufflant
la vie, grâce à la lumière.
Quelle est selon vous
la recette d’un luminaire
intemporel ?
Je pars de la fonction. Pour Luxciole,
il fallait que le luminaire soit
posé sur une table, comme le sel,
le poivre, le vin et le pain. En restant
le plus proche possible de la
fonction, j’apporte une esthétique
en fabriquant une jolie carrosserie.
Je pense qu’un objet est
réussi quand il a une fonction et
qu’il sait se faire très discret.
Ensuite, la qualité de
l’éclairage est essentielle.
Dans une maison,
les radiateurs rehaussent
la température globale,
© Hisle
comme l’éclairage général donne le bon niveau de lumière. La
cheminée réchauffe le cœur et l’âme, comme le font les petites
sources. C’est la fonction de Luxciole, qui vise à créer une lumière
plus chaude et plus basse, qui sculpte la pièce.
Pouvez-vous nous expliquer votre volonté en créant
Luxciole, qui était votre premier luminaire de série ?
J’ai souhaité suivre une démarche plus proche du design, en créant
des lumières zénithales, avec des sources lumineuses en hauteur.
Ensuite, j’ai joint le moteur et la source avec une simple tige, dans
une recherche d’esthétisme et de minimalisme. En haut, il fallait
cacher la lumière pour éviter l’éblouissement, en bas je souhaitais
dissimuler le moteur avec un carter le plus simple possible. C’était
le point de départ de mon travail sur Luxciole, en combinant efficacité
et minimalisme pour créer un esthétisme. Un jour, un spécialiste
de l’électronique a passé la porte de ma boutique-atelier
à Lyon et nous avons commencé la discussion, qui a été le point
de départ d’un véritable processus de réflexion. Il m’a aidé à créer
cette lampe sans fil, en me posant une infinité de questions sur
l’autonomie souhaitée, le type de lumière, l’intégration d’une gradation…
Je n’étais absolument pas un technicien et
me poser ces questions a permis de faire aboutir
ce projet. Nous étions en 2006, à la naissance de
la led. Ce qui est intéressant, c’est qu’aujourd’hui, la
plupart des lampes à poser sans fil ont quasiment les
mêmes fonctions que la Luxciole.
Ce luminaire a connu avec les
années de nombreuses déclinaisons,
en tailles et en fonctions.
La dernière en date
est la liseuse sur pied, qui
mesure 1,20 mètre de haut
et a été intégrée aux petits
salons de la bibliothèque de
l’Assemblée nationale.
Rubrique réalisée
par Alexandre Arène
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 55
Lumières Manufacture
Le centre d’innovation LEDVANCE
au cœur de l’Europe
© Ledvance
Situé à Molsheim dans le Bas-Rhin, le siège social de Ledvance France est implanté sur une parcelle de
130 000 m², dont 60 000 m² de bâtiments. Jusqu’en 2018, le site était à la fois une usine, spécialisée dans les lampes
halogènes et à incandescence, et un centre logistique. Avec l’abandon des sources traditionnelles et l’arrivée de
la led, l’usine, dont les premiers bâtiments ont été érigés il y a près de 100 ans, a été reconvertie pour devenir
l’« Innovation Center », le centre d’expertise et d’innovation européen de Ledvance. Ce centre accueille des ateliers
pour répondre aux demandes de personnalisation et d’adaptation des solutions d’éclairage, un laboratoire de tests
pour valider la conformité des produits modifiés, ainsi que le « Forum Lumière » pour accueillir les clients et leur
présenter les solutions d’éclairage au travers d’un showroom. En parallèle, le site de Molsheim est devenu une
« usine logistique » à la pointe de la technologie, avec une capacité de stockage de 57 000 palettes. Enfin, Ledvance
a mis en œuvre ses solutions pour installer 400 kWc de panneaux photovoltaïques sur 2 000 m², permettant au site
d’atteindre un taux d’autoconsommation supérieur à 90 %. Par temps ensoleillé, l’énergie générée permettra de
couvrir les besoins en électricité de jour du site. Christophe Kielwasser, directeur général de Ledvance France,
nous présente les activités du site de Molsheim, pièce maîtresse de la stratégie européenne de la marque.
« L’usine logistique utilise des technologies de pointe pour gérer un nombre de références
en constante augmentation, lié à la diversification des solutions. »
Le centre logistique européen de Ledvance est équipé de 13 transstockeurs
qui permettent de stocker 45 000 palettes dans des racks à grande hauteur de
manière entièrement automatisée. Par ailleurs, un système innovant de
45 véhicules autoguidés (AGV) rend possible le prélèvement de plus de
3 500 produits différents sur une surface de seulement 2 000 m². Ces véhicules
vont chercher des armoires mobiles (au nombre de 250) dans lesquelles les
produits sont rangés, pour les apporter directement au poste de travail des
opérateurs. L’opérateur récupère les produits dans les étagères et les place dans les
cartons d’expédition. L’automatisation du stockage et du picking optimise les tâches
des opérateurs et évite des déplacements chronophages.
© Ledvance
56 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Manufacture
© Ledvance
« Ledvance propose plusieurs étapes de
personnalisation pour ses produits, réalisées au
sein de son Project Service. »
Pour répondre aux besoins spécifiques de
ses clients, la marque met à disposition un
chef de projet, en charge de la définition
des besoins et de l’étude d’éclairage. Ce
dernier transmet la demande aux équipes
d’ingénierie, qui traduiront les besoins en
caractéristiques techniques. Soit un produit
standard répond au besoin, soit il faut
adapter le produit selon un catalogue existant, soit des développements spécifiques sont
nécessaires. Les équipes du Project Service disposent d’un parc d’imprimantes 3D pour
créer des pièces, mais aussi d’imprimantes 2D pour imprimer des motifs et personnaliser les
luminaires. Pour des projets spéciaux, des partenaires de Ledvance, localisés dans l’Union
européenne, peuvent produire des composants spécifiques à la demande.
« Le Forum Lumière est composé d’un showroom et d’un
auditorium, pour accueillir nos clients en groupe et leur
apporter les meilleurs conseils pour leurs installations. »
Le Forum Lumière, d’une superficie totale de
340 m², est constitué d’un auditorium de 70 places
au centre, entouré par un showroom. Un circuit de
visite permet aux clients de découvrir les produits,
présentés par usages : sport, industrie, bureau
et résidentiel. Cet espace a également vocation
à former les installateurs en leur fournissant les
meilleures recommandations pour l’installation
des produits. Le Forum Lumière accueille chaque
année plusieurs centaines de clients venus de toute
l’Europe.
Rubrique réalisée par Alexandre Arène
Ledvance Forum Lumière
5, rue d’Altorf, 67120 Molsheim
Téléphone : 03 88 49 75 99
Mail : communication@ledvance.com
© Ledvance
© Ledvance
« Lorsque nous modifions des produits, nous nous assurons qu’ils respectent
toujours les normes en vigueur. »
Ledvance dispose de ses propres laboratoires de tests : cage de Faraday,
chambre anéchoïque pour la compatibilité électromagnétique (CEM),
résistance à l’eau, à la poussière, au choc, compatibilité du matériel…
Tous les produits sur lesquels des modifications sont effectuées sont
testés pour être conformes aux normes européennes. Par ailleurs,
comme la marque développe une offre complète pour les installations
solaires, le site de Molsheim dispose d’un laboratoire de test des
panneaux photovoltaïques, d’une part, mais aussi des solutions de
monitoring. Les techniciens du laboratoire sont en mesure de monitorer
des installations photovoltaïques partout en Europe, et de vérifier les
liaisons entre le panneau, l’onduleur, la batterie et le logiciel.
© Ledvance © Ledvance
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 57
Lumières Cahier technique
Ambiance petit-déjeuner
© Tridonic
Ambiance soirée
© Tridonic
Systèmes de gestion
de l’éclairage dans
les espaces intérieurs
Dossier réalisé par Isabelle Arnaud
58 - LUMIÈRES N° 51 - JUN 2025
Lumières Cahier technique
Quel que soit le secteur – établissements
d’enseignement, de santé,
bureaux, industries, commerces – la
gestion de l’éclairage artificiel est devenue
incontournable. Elle permet de réaliser
d’importantes économies sur les consommations,
d’assurer un dosage optimal de
la lumière, de l’adapter à l’occupation et
aux activités, garantissant ainsi une qualité
d’éclairage adéquate.
L’éclairage doit être piloté selon les besoins,
les usages et le moment de la journée.
Depuis l’arrivée de la led, il y a une
quinzaine d’années, l’alimentation des luminaires
– désormais électronique – permet
d’optimiser le flux lumineux pour un
rendement maximal en lumens. De nouvelles
technologies de communication se
sont développées et peuvent désormais
être intégrées à l’éclairage. DALI, protocole
ouvert de communication bidirectionnel,
est l’un des plus utilisés en éclairage
; il permet la gestion complète d’une
installation d’éclairage : commutation,
gradation des luminaires, mise en place de
scénarios, de variation d’intensité, de programmation
dans le temps.
« Et pourquoi ne pas rendre ces luminaires
communicants via des protocoles
sans fil comme Bluetooth ou Zigbee ? »,
s’interroge Steve Denni, directeur commercial,
Inventronics Europe de l’Ouest.
On évoque aussi de plus en plus DALI+, la
version sans fil qui facilite la connexion des
luminaires, notamment dans les bâtiments
existants.
Luminaire avec
driver DALI2
Architecture de systèmes
de gestion de l’éclairage.
© Inventronics
Capteurs
sans fil
D’un coup de lumière magique
Réaménager, changer les usages sans toucher
au câblage devient essentiel et de plus
en plus courant. De plus, on s’est rendu
compte qu’on pouvait réduire l’énergie cachée,
c’est-à-dire les watts non transformés
en lumière.
« Aujourd’hui, on parvient à produire
davantage de lumière pour une même
consommation, remarque Steve Denni.
Alors, comment aller plus loin ? En utilisant
la lumière intelligemment, uniquement
quand c’est nécessaire grâce
notamment aux technologies électroniques
et aux systèmes de détection.
Plusieurs approches existent : la simple
détection de mouvement, dans des zones
de passage, pour allumer automatiquement
puis éteindre selon un délai défini
par le maître d’ouvrage ; analyser la fréquentation
et ajuster automatiquement
ce délai. Par exemple, maintenir l’éclairage
allumé à l’arrivée des employés le
matin entre 8 h et 9 h, puis basculer sur
un pilotage automatique le reste de la
journée et revenir à un éclairage fixe
le soir, à la sortie des bureaux ; réguler
l’intensité en fonction de la lumière du
jour ; faire varier la température de couleur
; programmer des scénarios. »
Attention à ne pas confondre détection
de mouvement (comme évoqué par Steve
Denni dans l’exemple des circulations) et
détection de présence : cette dernière tient
également compte des apports de lumière
naturelle pour ajuster l’éclairage artificiel.
« Elle permet aussi de détecter une personne
immobile, explique Steve Denni,
maintenant ainsi un niveau d’éclairement
constant dans la pièce sans que
la personne ait besoin de s’agiter pour
continuer à être éclairée. Distinguer ces
deux modes permet de limiter les désagréments
liés à des déclenchements intempestifs
et d’améliorer le confort. »
Ces ajustements ne sont pas tout à fait
magiques, mais répondent à des ordres
donnés par des capteurs, intégrés aux luminaires
ou déportés, qui calculent le niveau
Luminaire avec driver
sans fil
Passerelle sans fil
et contrôleur de l'application
Interrupteur
sans fil
Driver D4i
capteur DALI+
d’éclairement en permanence : si ce dernier
dépasse les valeurs définies et enregistrées,
le contrôleur baisse l’intensité de
l’éclairage pour revenir au niveau demandé.
Autre avantage de la gestion de l’éclairage,
les systèmes numériques offrent un
retour d’information, par exemple sur la
consommation énergétique ou la fréquentation
des lieux.
Des protocoles ouverts pour une plus
grande interopérabilité
Comment choisir la solution la plus pertinente
? Le maître d’œuvre est l’interlocuteur
clé : c’est lui qui, selon les contraintes
d’usage et de conception, va choisir les luminaires
les plus adaptés aux besoins fonctionnels
et aux services associés.
« Inventronics s’adresse exclusivement
aux fabricants de luminaires, poursuit
Steve Denni. Nos systèmes doivent être
interopérables avec les autres solutions
de gestion technique du bâtiment.
C’est pourquoi nous proposons des
passerelles IoT dans nos gammes, qui
évitent l’enfermement fonctionnel. En
parallèle, nos ingénieurs d’application
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 59
Lumières Cahier technique
peuvent accompagner les installateurs,
du choix des solutions jusqu’à leur mise
en œuvre ; même si les luminaires intégrant
nos produits sont préprogrammés,
ils peuvent nécessiter des ajustements
sur site. 99 % de nos systèmes sont fondés
sur des protocoles ouverts : DALI, DALI+,
NLC (Network Lighting Controls), ou
Bluetooth pour l’éclairage en réseau. À
l’échelle européenne, les fabricants harmonisent
l’usage du Bluetooth pour assurer
une interopérabilité maximale. »
La connectivité peut être organisée en
étoile ou en maillage redondant : les luminaires
restent interconnectés, même si
l’un d’eux tombe en panne. Cela garantit
la continuité de service et fluidifie les
échanges entre équipements, évitant la
saturation du réseau.
Avec un maillage réseau, il est possible
de faire remonter des données comme la
densité d’occupation des locaux. Prenons
l’exemple d’un supermarché : l’éclairage valorise
un produit pour optimiser les ventes.
Il devient alors pertinent de connaître les
flux de clients, les rayons les plus fréquentés,
les zones stratégiques pour les promotions.
Le luminaire dépasse sa fonction première
pour devenir une source de données.
© Tridonic
© Tridonic
Collecter les données
pour une gestion globale du bâtiment
L’intégration de logiciels d’analyse, d’automatisation
et de contrôle dans des systèmes
existants ou nouveaux permet de collecter
des données sur les luminaires, les locaux
et les bâtiments. Ces données servent à optimiser
la consommation d’énergie, réduire
les émissions de carbone et améliorer l’efficacité
des bâtiments.
Un système de gestion constitue l’intelligence
du système d’éclairage, capable de
piloter automatiquement la lumière selon
des données d’entrée telles que la lumière
naturelle, la présence humaine, l’heure, ou
encore de modifier la température de couleur
pour un confort optimal. Ce dispositif
peut aussi transmettre des données vers
un système centralisé, ce qui est très intéressant
pour les exploitants de bâtiments
tertiaires, contraints par des réglementations
comme le décret BACS à mettre en
œuvre des systèmes de gestion couvrant
l’éclairage, le chauffage, l’eau chaude, la
ventilation, la climatisation. Pour Fabrice
Schorr, gérant de Tridonic pour la France
et le Benelux, « l’éclairage devient ainsi
un maillon essentiel du pilotage global.
Tridonic propose deux gammes : filaire,
nécessitant un câblage pour l’installation
; et sans fil, avec capteurs intégrés
aux luminaires pour détecter la luminosité,
la présence, ou la qualité de l’air.
AirAspect, un capteur récemment lancé,
utilise le réseau DALI pour transmettre
ses données. Il mesure température, humidité,
pression et dioxyde de carbone
(CO 2
) pour calculer un indice global.
Il peut être autonome ou intégré à un
système de ventilation intelligent. La
nouveauté réside dans l’exploitation des
données collectées par nos composants
au sein de l’environnement lumDATA,
concentrant les informations d’éclairage
et les transmettant au système de gestion
supérieur. Tous nos drivers DALI-2 compatibles
lumDATA rendent ces données
accessibles aux exploitants : fréquence
d’allumage, occupation des pièces, etc.
Chaque luminaire fournit en temps réel
des données précieuses sur sa consommation,
permettant d’identifier les gisements
d’économie. »
Quant à la solution sceneCOM evo développée
par Tridonic, elle automatise l’éclairage
et permet son intégration fluide dans
les systèmes de gestion du bâtiment. Elle
autorise la configuration de scénarios lumineux
via bouton, écran tactile DALI ou
application Web, et exploite les données
recueillies, utiles tant pour les certifications
que pour la maintenance préventive
de l’éclairage.
« Ces différents niveaux de gestion permettent
la collecte sur site, précise Fabrice
Schorr, le traitement en amont dans des
systèmes de gestion, puis l’envoi au système
central du bâtiment. »
L’intégration se fait via les protocoles
MQTT, REST API ou BACnet, standard de
communication GTB permettant la supervision
du chauffage, de la ventilation, de la
climatisation et de l’éclairage. Ces systèmes
transmettent aux services d’exploitation
des informations utiles à la maintenance :
les drivers évaluent leur durée de vie restante
via l’analyse des cycles marche/arrêt,
la température ambiante, les heures de
fonctionnement ou encore les pics de tension.
Dans le cadre d’un contrat de mainte-
60 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Cahier technique
nance, il est possible de générer un rapport
annuel sur l’installation : par exemple, sur
1 000 luminaires, 35 peuvent être identifiés
comme en fin de vie sous deux ans, ce qui
permet d’anticiper le remplacement des
drivers et/ou modules lumineux. De plus,
Tridonic travaille depuis longtemps sur le
sujet du réemploi et possède la certification
« cradle to cradle ». Cette approche, à
l’inverse du recyclage classique, préserve
la qualité des matières premières tout au
long du cycle de vie, favorise la réutilisation
et s’inscrit pleinement dans l’économie circulaire.
L’objectif : concevoir des produits
exploitables, réparables et recyclables au
maximum.
« Ces systèmes ne sont pas uniquement
développés pour l’économie d’énergie,
ajoute Fabrice Schorr, mais aussi pour
aider les fabricants européens à se différencier
des importateurs de produits
basiques à bas prix, sans engagement
environnemental. Nous avons ainsi mis
en place une cellule “projets et services”
dédiée à l’accompagnement des bureaux
d’études, installateurs et utilisateurs finaux
dans la compréhension de ces systèmes,
en constante évolution. Un réseau
de partenaires est formé à la mise en
service, sans se substituer aux installateurs,
pour garantir les bons démarrage
et paramétrage. D’autres sont formés à
la maintenance. Nos gammes s’adaptent
à tous types d’environnements : écoles,
bureaux, commerces, industries. »
De la détection au rythme circadien
« En 1921, pour la première fois, les
lumières s’éteignent automatiquement
dans un immeuble à Stuttgart, raconte
© Theben
Yoann Thépault, directeur des opérations,
Theben. Paul Schwenk conçoit alors,
pour sa propre entreprise, la toute première
minuterie. Ce que nul n’imagine
encore, c’est que l’automatisation des
bâtiments vient de voir le jour. »
Theben structure son activité autour de
quatre domaines principaux : le contrôle
du temps (minuteries, horloges programmables
pour l’éclairage public, les enseignes
lumineuses…) ; la détection (mouvement,
présence, luminosité) ; les solutions smart
home et smart building, en particulier via
le protocole KNX ; enfin, le smart energy
avec les HEMS (Home Energy Management
Systems : systèmes de gestion de
l’énergie domestique), déjà opérationnels
en Allemagne et en cours de déploiement
en France.
« Nous sommes passés d’une logique de
détecteurs autonomes – qu’il suffisait de
câbler pour les rendre fonctionnels – à
une ère de capteurs communicants, où
le capteur ne gère pas seulement l’éclairage,
mais transmet l’information à l’intégrateur,
véritable chef d’orchestre du
système, constate Yoann Thépault. Dans
un dispositif d’éclairage, on identifie
© Tridonic
© Theben
trois éléments clés : le capteur, l’actionneur
et le contrôleur. Le capteur joue le
rôle des yeux et des oreilles, l’actionneur
celui des muscles, et le contrôleur celui
du cerveau. Si les muscles sont puissants
mais que la vision est défaillante,
le système devient inefficace. Il en va de
même pour la gestion de l’éclairage :
même les meilleures analyses et régulations
deviennent inopérantes si l’information
initiale collectée par le capteur
est inexacte. Ces trois fonctions sont
donc indissociables. Nos capteurs reposent
principalement sur la technologie
infrarouge passive. Ce qui distingue
un détecteur de présence d’un détecteur
de mouvement, c’est la finesse de détection.
Les détecteurs de mouvement suffisent
pour des zones de passage, tandis
que les détecteurs de présence, plus sensibles,
conviennent mieux aux environnements
comme les bureaux. »
Les deux types fonctionnent sur le même
principe : ils enregistrent le rayonnement
thermique dans leur zone de détection.
La différence réside dans la sensibilité :
les détecteurs de présence sont dotés de
capteurs plus performants. À l’inverse,
les détecteurs de mouvement réagissent
uniquement aux variations thermiques
importantes, adaptés donc aux grands
mouvements ou à l’usage extérieur. Autre
distinction majeure : la gestion de la luminosité.
Un détecteur de mouvement la
mesure une seule fois, au déclenchement.
En cas de mouvements répétés (arrivée
le matin dans un bureau), l’éclairage reste
allumé même si la lumière du jour est suffisante.
À l’opposé, un détecteur de présence
mesure en continu la luminosité : s’il
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 61
Lumières Cahier technique
détecte que le seuil programmé est dépassé,
il éteint l’éclairage, même en présence
de mouvement, ce qui favorise les économies
d’énergie et la baisse des émissions
de CO 2
.
« De plus, seuls les détecteurs de présence
permettent la variation lumineuse,
poursuit Yoann Thépault. Ils peuvent également
intégrer une télécommande ou
être raccordés à un bouton-poussoir.
Celui-ci est utile, par exemple, pour
éteindre manuellement l’éclairage lors
d’une projection. Ces dernières années,
on a constaté, notamment dans
les écoles, un besoin de personnalisation
de l’éclairage (par exemple, régler
à 400 lux plutôt que 500), car un excès
d’automatisation nuit au confort. D’où
l’intérêt du semi-automatique, qui permet
d’optimiser à la fois les économies
d’énergie et le bien-être. »
Un capteur peut être autonome si l’actionneur
est intégré, ou communicant s’il
échange avec d’autres éléments via des protocoles
tels que DALI ou KNX. Le contrôleur,
lui, joue le rôle de chef d’orchestre : il
analyse les données de présence et de luminosité
pour adapter précisément le niveau
d’éclairage. Chez Theben, le contrôleur
ajuste automatiquement le temps d’allumage
selon les comportements observés
dans la pièce, y compris la temporisation
d’extinction.
« Dans le secteur hospitalier, on nous
sollicite de plus en plus pour mettre
en œuvre des cycles circadiens, reproduisant
les températures de couleur
de la lumière naturelle, précise Yoann
Thépault. Le détecteur theRonda DALI
room solution intègre une horloge interne
et permet de créer des groupes
avec des températures de couleur adaptées
au contexte. Le confort s’ajoute ainsi
aux économies d’énergie. »
Le BMS (Building Management System)
exploite uniquement la fonction capteur :
les données de présence et de luminosité
sont transmises via DALI à des automates
qui les analysent et déclenchent des actions
selon les paramètres définis. Cette
solution demande plus de temps à l’installation
(pose d’un bus de communication),
mais offre ensuite une grande souplesse :
l’intégrateur peut facilement associer plusieurs
capteurs pour un fonctionnement en
réseau, sans recâblage.
Enfin, les détecteurs KNX, en plus de
transmettre l’information, embarquent une
logique de contrôle local : ils peuvent commander
un actionneur ou un variateur de
façon autonome. Chaque capteur devient
un élément intelligent du réseau, capable
de gérer l’occupation des locaux, la température,
ou encore la ventilation. Le KNX
s’impose comme un protocole de terrain,
ouvert à plus de 500 fabricants. « Theben
est équipé d’un laboratoire sensNORM,
note Yoann Thépault, conforme à la
norme internationale IEC 63180, garantissant
des protocoles de mesure fiables,
normés et automatisés. »
L’humain au centre de la détection
« Si, comme le souligne Jérôme Legris,
prescripteur Sud-Ouest, B.E.G. (Brück
Electronic GmbH) est le spécialiste des
détecteurs de présence et de mouvement,
de capteurs et d’actionneurs, il propose
également des solutions qui intègrent
détection de luminosité et variation de
températures de couleur. La commande
de l’éclairage peut être personnalisée
par l’utilisateur final. L’objectif du développement
de nos détecteurs de mouvement
et de présence est précisément
d’allumer l’éclairage en fonction des
besoins, tout en assurant plus de sécurité
et de confort. L’éclairage artificiel
n’a lieu d’être que là où il est nécessaire,
c’est-à-dire là où se trouvent les utilisateurs
du bâtiment. Ainsi, nos détecteurs
de présence mesurent en permanence
la lumière naturelle disponible
et n’ajoutent que la quantité de lumière
artificielle nécessaire. Dans le même
esprit, B.E.G. a développé un détecteur
de présence avec fonction Tunable White
qui place les besoins des utilisateurs
au centre des préoccupations : le détecteur
de bien-être ! Son horloge en temps
réel intégrée règle automatiquement la
température de couleur et la valeur de
consigne de la luminosité, dans le but
de soutenir le biorythme humain. Avec
le détecteur de présence PD4-M-HCL, il
est facile de créer des ambiances lumineuses
naturelles dans les espaces intérieurs
en y associant santé, bien-être et
performance. » Un éclairage qui régule la
couleur de la lumière et l’intensité lumineuse
en fonction de la lumière du jour crée
ainsi une meilleure qualité de vie. Le principe
HCL suscite l’enthousiasme dans les
hôtels de bien-être, les maisons de retraite
et les hôpitaux, où la lumière biodynamique
favorise un état d’esprit positif pendant la
journée et la qualité du sommeil pendant
la nuit. Dans les écoles, les bâtiments administratifs
et les sites industriels, cette technologie
favorise également la capacité de
concentration des utilisateurs.
Pour B.E.G., les enjeux économiques liés
à la mise en place de systèmes de gestion
intelligents restent la principale préoccupation
des exploitants. Ainsi, il est possible
d’économiser jusqu’à 50 % d’énergie dans
© B.E.G.
© B.E.G.
62 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Cahier technique
un immeuble de bureaux, 60 % dans un entrepôt
à hauts rayonnages et jusqu’à 80 %
dans les sanitaires en installant des détecteurs
de présence.
« Ces locaux sont gérés par des automates
qui donnent le tempo du projet,
explique Jérôme Legris : nous accompagnons
le projet d’éclairage en proposant
une gestion par bus DALI-2 raccordé sur
l’automate qui va renvoyer des informations
qui, à leur tour, vont permettre
l’allumage et l’extinction, la variation de
l’éclairage en fonction des apports de lumière
naturelle, agir sur les stores. Si le
bâtiment ne dispose pas de gestion centralisée,
il est possible de mettre en place
un système avec l’éclairage contrôlé
par DALI-SYS, qui est particulièrement
adapté aux applications nécessitant une
compatibilité DALI sans intégration avec
d’autres systèmes de bus spécifiques.
Nous attachons une grande importance
à ce que nos solutions logicielles, nos
visualisations et nos propres développements,
comme DALI-LINK, DALI-SYS et
des applications comme B.E.G. One et la
ViStation KNX, soient faciles à utiliser. »
Des solutions efficaces pour apporter
un confort visuel indispensable
Pour Gilles Montigny, responsable marketing
Digital Energy chez Schneider Electric,
« la gestion de l’éclairage reste indéniablement
une question d’économies
d’énergie, mais elle permet surtout d’apporter
le confort visuel aux personnes.
Je distinguerais deux secteurs : les petits
et moyens bâtiments et les grands bâtiments
de type entrepôts et datacenters ».
L’offre de Schneider Electric s’articule autour
de plusieurs solutions :
- des détecteurs de présence simples,
comme dans les couloirs d’hôtels, pour
déclencher l’éclairage ;
- des détecteurs de présence et de luminosité
dans les bureaux ;
- des systèmes qui, en plus de la détection
de présence et de mouvement, permettent
de surveiller et d’établir un diagnostic de
l’installation dans les grands bâtiments,
de façon à intervenir rapidement lorsque
des dysfonctionnements sont repérés ; ces
solutions offrent la possibilité d’améliorer
le confort des utilisateurs grâce à la gradation
de l’intensité de l’éclairage.
« L’intérêt des solutions DALI, commente
Gilles Montigny, réside dans le fait
que l’information est bidirectionnelle :
d’un côté, on envoie une information
et en retour, on reçoit des données sur
le fonctionnement de l’éclairage
et l’état de l’installation.
Nos contrôleurs de comptage
de personnes par exemple,
permettent de commander
l’éclairage pour obtenir une
lumière adaptée aux postes
de travail. Autre intérêt du
DALI, c’est son interopérabilité
: capteurs et contrôleurs
peuvent dialoguer ensemble
et avec plusieurs marques
d’appareils d’éclairage. »
Schneider Electric propose par
exemple le détecteur Insight
Sensor qui comprend la détection
de la luminosité, de présence
et le comptage des personnes.
Une gestion centralisée n’est
pas pertinente partout. Dans
les hôtels, notamment, ce sont
plus souvent des solutions tout
ou rien. « Dans la chambre par
exemple, précise Gilles Montigny,
on installe plutôt un détecteur
de présence (ou carte
magnétique) qui va juste
déclencher le ON/OFF des
lampes de chevet ou des plafonniers.
Dans les entrepôts, on définit
des zones de détection “spéciales grande
hauteur” de façon à accompagner la personne
qui entre dans l’entrepôt et avance
entre deux racks afin qu’elle bénéficie
d’un éclairage qui la suit tout au long de
son cheminement. Dans les hôpitaux, la
question se révèle assez complexe car les
cas de figure varient énormément d’un
espace à l’autre. Les besoins diffèrent
complètement selon que l’on se trouve
dans une salle d’attente, un couloir, une
salle d’examen, une chambre, la salle
des infirmières, etc. Par exemple, dans
les chambres, notre offre concerne aussi
bien la ventilation que les systèmes
d’alerte en cas de chute des patients, la
gestion des stores, les différents éclairages
– direct et indirect, pour les soins,
la lecture, les ambiances reposantes, de
veille la nuit. »
La plateforme de gestion de l’énergie et
d’automatisation EcoStruxure Building
Activate développée par Schneider Electric
répond à la demande de solutions simples,
flexibles et rentables, qui permettent aux
exploitants d’améliorer la performance
énergétique de leurs bâtiments, de réduire
leur coût d’exploitation tout en assurant le
confort de leurs employés ou de leurs clients.
Cette offre permet également de répondre
© Schneider Electric
aux nouvelles exigences réglementaires en
matière d’énergie et de décarbonation.
Selon Schneider Electric, les bâtiments
de petite et moyenne taille représentent
près de 90 % du parc installé, et près de
la moitié d’entre eux devraient rester en
service d’ici 2050. « EcoStruxure Building
Activate permet aux exploitants de réduire
leurs consommations et de contribuer
à la décarbonation de leurs activités
sans devoir procéder à d’importantes
et coûteuses rénovations de leurs installations
», admet Gilles Montigny.
Cette solution est ouverte, évolutive et permet
de connecter tout ou partie des systèmes
et équipements des bâtiments, qu’ils
soient existants ou neufs. Elle optimise
ainsi leur fonctionnement, par exemple en
pilotant la ventilation et le chauffage en
fonction de la température ou l’éclairage
en fonction des horaires de travail.
Pour l’éclairage, le module va permettre la
gestion de 32 luminaires sur un canal DALI-2.
Chaque dispositif d’entrée prend en charge
jusqu’à 4 capteurs et permet de mesurer la
consommation d’énergie de chaque luminaire.
L’installation est simple et rapide
et la mise en service se fait via une appli
« Engage » qui permet de réaliser des tests
afin de vérifier le bon fonctionnement de
l’installation. n
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 63
Lumières Produits
SYLVANIA GROUP
Otao Linear
Monté individuellement ou en ligne continue, ce luminaire affiche un design épuré, avec son
profilé aluminium d’une grande finesse (largeur de 50 mm). Proposé en finition blanche ou
noire, il s’intègre à tous les environnements tertiaires et commerciaux. D’une efficacité élevée,
allant jusqu’à 146 lm/W, il se décline avec trois optiques (diffuseur microprismatique, réflecteurs
blancs ou noirs) pour assurer un éclairage direct ou direct/indirect à 70 %/30 %, tout en
garantissant un faible éblouissement (UGR 19). Pour cela, il suffit d’ajouter au dos du luminaire
un module additionnel indépendant, fixé magnétiquement. Il est disponible 3 000 K et 4 000 K
aisément réglables via un interrupteur situé à l’arrière de l’Otao Linear. Sa mise en œuvre en
ligne continue s’effectue aisément à l’aide du câblage traversant dont il est pré-équipé. Existe
en version ON/OFF Multipower ou DALI. Durée de vie 85 000 heures avec 80 % de maintien du
flux initial et d’une garantie de 5 ans.
www.sylvania-group.com
ERCO
Tesis
Qu’il s’agisse de projecteurs orientables à lentilles interchangeables et à répartition lumineuse zoom, uplight
ou wallwasher, ces encastrés de sol pour l’éclairage extérieur offrent la possibilité d’orienter le boîtier optique
et de changer la répartition de lumière. Il est possible de retirer le verre de recouvrement sur site, sans perdre
la garantie et de changer la lentille, pour passer d’une répartition de lumière spot étroite à une répartition
de lumière large, voire à une répartition de lumière zoom. L’éblouissement est mieux maîtrisé grâce aux
grilles en nid d’abeille. Des filtres, à clipser simplement, permettent de jouer sur le spectre lumineux. Des
lentilles spéciales modifient la forme des faisceaux lumineux. Ils se déclinent en 3 000 K et 4 000 K (autres
températures de couleur sur demande) avec des IRC supérieurs à 90 (jusqu’à 97). Gradables.
www.erco.com/fr
ARTEMIDE
Helgoland
Signé de Carlotta
de Bevilacqua,
ce système
lumineux, efficace
et parfaitement
contrôlé, comprend la
technologie brevetée de l’optique
Refractive miniaturisée, développée selon un maillage
hexagonal qui optimise la densité du flux émis. La
parcellisation des puissances des leds contribue
à garantir une bonne dissipation, ce qui permet de
réduire l’encombrement. En même temps, les différentes
cellules optiques travaillent ensemble pour obtenir un
flux élevé qui se traduit par une émission parfaitement
uniforme. Autour de la lentille ronde qui capte 100 % du
flux émis par la led et le contrôle, un écran de géométrie
hexagonale est développé pour le confort, évitant
l’éblouissement. Le résultat est un moteur optique de
très petites dimensions, seulement 14,5 mm d’épaisseur.
3 000 K et 4 000 K pour IRC de 90. Jusqu’à 152 lm/W.
www-artemide-com
B.E.G.
Aleum Glow
Avec quatre capteurs PIR intégrés, une zone de détection de 180°, une protection anti-reptation et une portée réglable de 3 m à 16 m, ces détecteurs de mouvement
offrent un éclairage automatique confortable et assurent la sécurité à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments. Ils sont disponibles en deux variantes et, sur
demande, avec un socle en saillie, pour le passage de câbles. Les couleurs des boîtiers s’inspirent du RAL 9010 (blanc pur) et du RAL 7016 (gris anthracite). Il est
possible de choisir entre un modèle blanc avec une lentille claire et un modèle plus foncé avec un boîtier gris anthracite et une lentille foncée à dissimuler dans les
faux plafonds. Il est également possible de régler un léger rétroéclairage d’accentuation qui pourra mettre en valeur la façade sur laquelle se trouve le détecteur.
www.beg-luxomat.com/fr/
64 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025
Lumières Produits
TRILUX
Osido
Cette gamme d’appliques est disponible
dans une couleur anthracite élégante et
peut être personnalisée dans des couleurs
spéciales sur demande. Le montage
innovant permet une installation Plug
& Play par une seule personne. Ensuite,
la connexion électrique est établie et
sécurisée par un connecteur. Ces appliques
sont disponibles avec une composante
directe ou directe/indirecte, un faisceau
intensif ou extensif, en version asymétrique
dans des flux lumineux de 500 à 4 000 lm
et en 2 700 K, 3 000 K, 4 000 K. Efficacité
lumineuse 143 lm/W. Combinées à un
système intelligent de gestion d’éclairage,
les appliques deviennent encore plus
durables.
www.trilux.com
DESIGNHEURE
Murmure
Dessinée pour l’éclairage de bureaux par les designers Part de Rêve,
cette suspension évoque le doux chuchotement des vagues invitant à la
concentration et au calme. Elle traduit l’alliance subtile entre la technique
du rail d’éclairage et la dimension sensorielle apportée par les suspensions
en mousse acoustique. Cette suspension est réglable en hauteur et en
composition. Les 3 formes de 5 panneaux acoustiques peuvent être
positionnées sur toute la longueur du luminaire, créant ainsi une solution
décorative et contemporaine. Elle est disponible en 1 taille avec 2 couleurs
(rose clair et écru) de mousse acoustique, combinées ou non.
www.designheure.com/fr
NEKO LIGHTING
Move
Cette suspension utilise un
processus de galvanisation
qui permet d’obtenir une
surface exceptionnellement
lisse et raffinée. Équipée d’une
optique à lentille convexe, elle
produit des courbes d’éclairage
douces. L’effet arc-en-ciel
distinctif, associé à une lumière
blanc chaud de 3 000 K,
renforce la chaleur et le
confort des espaces
éclairés. Intégré à un
dispositif de levage,
le luminaire permet
un réglage flexible de
la hauteur (longueur du
câble : 1 700 mm) pour offrir
différentes ambiances.
www.nekolighting.com/fr
LUCE & LIGHT
Oliver
Proposé en trois tailles (ø180, ø230, Ø300), avec des puissances de 34 W à 110 W
et des températures de couleur de 2 200 K, 2 700 K, 3 000 K, 4 000 K et en version
RGBW, ce projecteur a été conçu pour offrir une qualité de lumière sans compromis.
La variété des optiques à lumière blanche, y compris la version très étroite de 5°,
permet de sélectionner un faisceau lumineux adapté à chaque besoin, ce qui
contribue de manière significative à réduire la dispersion vers le ciel nocturne. De
plus, les versions RGBW avec une lumière blanche de 3 000 K disposent aussi d’un
faisceau étroit de 10° et offrent une lumière bien définie, uniforme et sans aberration.
Boîtiers d’alimentations dimmables D4i, compatibles avec le système DALI-2 pour un
contrôle intelligent de l’éclairage.
www.lucelight.it
LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 65
Lumières
INDEX DES ENTREPRISES ET ORGANISMES CITÉS
ACE...........................................................................................www.ace-fr.org........................................................................................................................................20
ACTiLED.............................................................................https://actiled.com....................................................................................................38, 42, 51
ADDIS Lighting.....................................................https://addislighting.com/...................................................................................................13
Anolis...................................................................................https://www.anolislighting.com/............................................................................26
Artemide.........................................................................www.artemide.com...................................................................................................30, 31, 64
Association française
de l’éclairage...........................................................www.afe-eclairage.fr.......................................................................................................................12
Banque des territoires............................www.banquedesterritoires.fr/edurenov..........................................35, 38
B.E.G.......................................................................................www.beg-luxomat.com/fr....................................................35, 50, 62, 63, 64
Concepto........................................................................www.concepto.fr.......................................................................................................6, 7, 8, 9, 10
Designheure.............................................................www.designheure.com/..........................................................................................................65
Disano.................................................................................www.disano.it/it/home.................................................................................................43, 50
Erco.........................................................................................www.erco.com/fr.................................................................................................40, 41, 51, 64
Etap Lighting...........................................................www.etaplighting.com/fr...........................................................................................33, 52
Expolight........................................................................https://expolight.net/en................................................................................................18, 19
Ewo..........................................................................................https://ewo.com/fr...........................................................................................................................22
Hisle........................................................................................https://hisle.fr...........................................................................................................................................55
iGuzzini..............................................................................www.iguzzini.com..................................................................................................................46, 52
ikomē....................................................................................kome.eu/..................................................................................................................................................20, 21
Inventronics..............................................................www.inventronicsglobal.com..................................................................51, 59, 60
Lébénoid.........................................................................www.lebenoid.fr......................................................................................................................................51
Ledvance.......................................................................www.ledvance.fr....................................................................................35, 38, 50, 56, 57
Les Eclairagistes Associés...............https://lea.lighting/fr/........................................................20, 21, 22, 23, 24, 25
les éclaireurs...........................................................www.leseclaireurs.net/.................................................................................6, 7, 8, 9, 10
Light Collective....................................................www.lightcollective.net..............................................................................................................12
LightingEurope....................................................www.lightingeurope.org...........................................................................................................17
Luce&Light.................................................................www.lucelight.it....................................................................................................................................65
Lumières Utiles...................................................www.lumieresutiles.com/....................................................................................................26
Luminescence......................................................www.luminescence.me.................................................................................6, 7, 8, 9, 10
Lyum......................................................................................www.lyum-concept.com/fr/.......................................................................26, 27, 28
Meljac..................................................................................www.meljac.com/...............................................................................................................................16
Neko Lighting.........................................................www.nekolighting.com/fr...............................................................................38, 51, 65
NoctaBene............................................ www.noctabene.com/....................................................................20, 21
Performance iN Lighting.....................www.performanceinlighting.com/fr/fr...................................34, 36, 37
Ponctuelle....................................................................https://ponctuelle.com/................................................................................................20, 21
Prolight..............................................................................https://www.prolight.ma/....................................................................................................26
Radian.................................................................................https://radian.fr.....................................................................................................................................53
Regent................................................................................www.regent.ch/fr/............................................................................................................................53
Rennes Métropole..........................................https://metropole.rennes.fr/.................................................................6, 7, 8, 9, 10
Ridi...........................................................................................www.ridi.de/fr.................................................................................................................................47, 53
RZB...........................................................................................www.rzb.de/fr/........................................................................................................................................52
Sammode......................................................................www.sammode.com......................................................................................................................52
SERCE...................................................................................https://serce.fr/.......................................................................................................................................13
Schneider Electric..........................................https://www.se.com/fr/fr/..................................................................................................63
Sylvania Group.....................................................www.sylvania-lighting.com/fr-fr...........................................48, 49, 50, 64
Syndicat de l’éclairage............................www.syndicat-eclairage.com..........................................................................................13
Syndicat du luminaire..............................www.luminaire.org.............................................................................................................................13
Technilum.....................................................................www.technilum.com......................................................................................................................26
Theben...............................................................................www.theben.fr................................................................................................................................61, 62
Tetro........................................................................................https://www.tetro.fr/............................................................................................................14, 15
Tridonic..............................................................................https://www.tridonic.com/en/int......................................................58, 60, 61
Trilux.......................................................................................www.trilux.com/fr..................................................................................................................34, 65
Zumtobel........................................................................www.zumtobel.com/fr-fr..............................................................1 re couv., 44, 45
LISTE DES ANNONCEURS
B.E.G.......................................................... www.beg-luxomat.com/fr.......................................................2 e couv.
EUROBOIS.............................................. www.eurobois.net........................................................................3 e couv.
SYLVANIA GROUP............................... www.sylvania-lighting.com/fr-fr.........................................4 e couv.
PAYSALIA................................................ www.paysalia.com.....................................................................................11
INVENTRONICS................................... www.inventronicsglobal.com............................................................13
CITEL......................................................... www.citel.fr/fr..............................................................................................17
IBS.............................................................. www.ibs-event.com................................................................................29
POLLUTEC.............................................. www.pollutec.com...................................................................................32
LEDVANCE.............................................. https://www.ledvance.fr/....................................................................39
DISANO.................................................... www.disano.it/it/home........................................................................ 43
PRO-LITE................................................. www.pro-lite.fr............................................................................................53
ARCHITECT@WORK.......................... www.architectatwork.fr....................................................................... 55
SALONS
MATERIALS & LIGHT
29 et 30 septembre
La Grande Menuiserie Saint-Dominique,
Paris 7 e
Un événement professionnel organisé par le magazine d’a.
Deux jours d’exposition, de conférences et de rencontres sur
le thème des matériaux et des produits de l’architecture et du
design. Un événement exclusif dédié aux prescripteurs et aux
créateurs.
https://ml.darchitectures.com/
INTELLIGENT BUILDING SYSTEMS
30 septembre et 1 er octobre
Paris porte de Versailles - Pavillon 2.2
Le salon de la performance des bâtiments tertiaires, industriels
et collectifs
www.ibs-event.com
POLLUTEC
Du 7 au 10 octobre
Parc Eurexpo Lyon
Pollutec est un salon annuel essentiellement dédié aux
secteurs économiques des technologies environnementales, et
en particulier à la dépollution.
www.pollutec.com/fr
ARCHITECT@WORK PARIS
Les 5 et 6 novembre
Grande Halle de La Villette
Ce salon, qui présente conférences et produits, est
exclusivement réservé aux architectes.
www.architectatwork.fr
SALON DES MAIRES
Du 18 au 20 novembre
Paris porte de Versailles
Le salon des maires et des collectivités éclaire les territoires
autour des enjeux auxquels ils sont confrontés. C’est un espace
de rencontres, d’échanges et de partage qui propose des
solutions adaptées aux besoins de chacun.
www.salondesmaires.com
PAYSALIA
Du 2 au 4 décembre
Parc Euroexpo Lyon
Le salon professionnel Paysalia, référence européenne, promeut
l’industrie du paysage, facilite les rencontres professionnelles,
favorise le partage d'expérience, inspire les participants et
sensibilise le grand public.
www.paysalia.com/fr/
66 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025