04.07.2025 Vues

LUMIERES_N°51_JUIN_2025 - Dossier Locaux scolaires et bibliothèques

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Lumières

N° 51 - JUIN 2025

DOSSIER

Éclairage des établissements

d’enseignement et bibliothèques

Librairie de Darlington, UK

Solutions d’éclairage : Zumtobel et Thorn

© Darlington Library



Lumières

N° 51 - JUIN 2025

Éditorial

Isabelle Arnaud

rédactrice en chef

DOSSIER

Éclairage des établissements

d’enseignement et bibliothèques

Librairie de Darlington, UK

Solutions d’éclairage : Zumtobel et Thorn

© Darlington Library

Directeur de la publication

David Catelain

Édition 3e Médias

17, rue de l’Amiral Hamelin

75016 Paris

www.filiere-3e.fr

Rédactrice en chef

Isabelle Arnaud

Tél. : +33 (0)6 82 40 21 80

lumieres@filiere-3e.fr

Ont collaboré à ce numéro :

Alexandre Arène

Roger Narboni

Corrections

Laurence Chabrun

laurencechabrun@gmail.com

Librairie de Darlington, UK

Solutions d’éclairage : Zumtobel et Thorn

© Darlington Library

Conception graphique et réalisation

Planète Graphique Studio

95, boulevard Berthier

75017 Paris

Publicité

Sandrine de Montmorillon

Tél. : +33 (0)6 51 30 28 68

sdm@filiere-3e.fr

Abonnements

Juliette Aguelon

compta.3emedias@gmail.com

Impression et routage

Imprimerie Chirat

42540 Saint-Just-La-Pendue

© 3e Médias, Paris.

Reproduction interdite.

Dépôt légal : juin 2025

ISSN : 2259-3772

La ronde des lumières !

Une ronde est une danse collective dans laquelle les danseurs se

tiennent par la main et tournent en rond, sans jamais se tourner le dos.

Les participants peuvent marcher, courir, sautiller, aller dans un sens,

aller dans l’autre, chanter en même temps qu’ils dansent. Tout comme

les lumières de ce numéro.

Les regards croisés portés sur le schéma de cohérence d’aménagement lumière de

Rennes Métropole s’enrichissent de l’expertise des uns et des autres, responsables

de services techniques et conceptrice et concepteur lumière. Cette mise en commun

de compétences et de savoir-faire se conjugue dans l’harmonisation des éclairages

de 43 communes ; une histoire – qui prend sa source il y a plus de dix ans lors de

la première trame noire pensée par Roger Narboni – détaillée pour nous par les

principaux acteurs : Philippe Carriou, Mathieu Ros, Virginie Voué, Luca Goy.

Cette année, les Journées nationales de la lumière organisées par l’Association

française de l’éclairage les 17 et 18 septembre prochain se tiendront au Centre

international de conférences de Sorbonne Université sur le campus Pierre-et-

Marie-Curie à Paris. Au programme, entre autres, de nombreuses réalisations

parisiennes expliquées et commentées.

La lumière spectacle est au rendez-vous cet été jusqu’au 31 août dans la Grande

Halle de La Villette avec « Into the Light », une exposition présentée par Tetro qui a

réuni 12 artistes européens.

Malgré la guerre et les difficultés du quotidien, des concepteurs lumière ukrainiens

de la ville de Dnipro ont invité Roger Narboni à animer un atelier professionnel

pour étudier un sdal et une trame noire pendant plusieurs semaines. Il nous fait

l’honneur de partager cette aventure à travers un récit documenté présenté dans

nos colonnes.

On ne sait plus si c’est une ronde ou une farandole qui anime les talents et les

projets réunis au sein d’Ikomē, l’agence créée par Christophe Canadell qui a

su réunir, en gardant leur singularité, NoctaBene, Les Éclairagistes Associés

et Ponctuelle. Et ce sont encore d’autres chorégraphies lumière que nous

présentent Les Éclairagistes Associés et l’agence Lyum, où l’art et le patrimoine se

rencontrent.

Pour Guillaume Bastien, country manager d’Artemide France, le savoir-faire et

le design se trouvent au cœur de la marque qui, à la fois enracinée dans une

tradition artisanale et ouverte sur le monde, souhaite créer une lumière humaine et

responsable.

Rondes de lumières également dans le dossier consacré à l'éclairage des écoles

et les bibliothèques pour apprendre et lire avec plaisir, sans fatigue, dans des

ambiances apaisantes et bienveillantes.

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 3


Lumières Sommaire

22

26

© Raphaël Jayol, LEA

© Xavier Boymond

ACTUALITÉS

12 Women Light Artists

Journées nationales de la lumière 2025

13 Michel Gioria, nommé directeur général du SERCE

Stéphane Aubry, directeur général de Brossier Saderne

Kristian Friboulet, directeur général d’ADDIS, élu président

du Syndicat du Luminaire

14 Into the Light, du 9 avril au 31 août 2025,

Grande Halle de La Villette à Paris

16 Meljac fête ses 30 ans

17 Déclarations de LightingEurope

18 Un atelier professionnel pour étudier une trame noire

à Dnipro, en Ukraine, par Roger Narboni

PROJETS

22 Bibliothèque de l’Assemblée nationale : un éclairage

amendé

Conception lumière : Les Éclairagistes Associés

26 Lumière Calésienne

Conception lumière : Lyum

INTERVIEW CROISÉE

Le scal de Rennes Métropole : harmoniser les pratiques

d’éclairage

Phillipe CARRIOU, responsable du service Éclairage

public, direction de la voirie, Rennes Métropole

Mathieu ROS, responsable de l’unité Éclairage public et

Signalisation lumineuse (EPSL), Rennes Ville et Métropole

06

Virginie VOUÉ, conceptrice lumière, Luminescence

Lucas GOY, concepteur lumière, agence les éclaireurs

© DR

© DR

© DR

© DR

4 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Sommaire

56

© Ledvance

© Marc Detiffe

33

DOSSIER

33 Éclairage des établissements

d’enseignement et bibliothèques

50 Enquête produits : Intelligents et efficaces

MANUFACTURE

56 Le centre d’innovation LEDVANCE au

cœur de l’Europe

CAHIER TECHNIQUE

58 Systèmes de gestion de l’éclairage dans

les espaces intérieurs

PRODUITS

64 Otao Linear de Sylvania Group

Tesis d’Erco

Helgoland d’Artemide

Aleum Glow de B.E.G.

65 Murmure de Designheure

Osido de Trilux

Move de Neko Lighting

Oliver de Luce & Light

66 Index et salons

58

© Tridonic

ENTRETIEN

Christophe CANADELL

Concepteur lumière,

directeur général de l’agence Ikomē

Ikomē : une vision enrichie de la conception lumière

20 30

PERSPECTIVES

Guillaume BASTIEN

Country manager Artemide France

Artemide : créer une lumière

humaine et responsable

DESIGNER

Hervé ISLE de BEAUCHAINE

Hisle : le minimalisme au

service de l’esthétisme

55

© DR

© DR

© DR

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 5


Lumières Interview croisée

Le scal de Rennes Métropole :

© DR

Philippe CARRIOU

Responsable du service Éclairage public,

direction de la voirie, Rennes Métropole

Pour Rennes Métropole, le service assure les

missions d’exploitation, la maintenance sur l’ensemble

de la métropole, la modernisation des installations

(rénovation, transition led, installation d’une télégestion),

le co-pilotage de la stratégie Éclairage public

(avec Mathieu Ros). Pour la Ville de Rennes, le service

a en charge l’installation des illuminations de fin d’année,

la maintenance des bornes d’alimentation électrique

des marchés.

© DR

Mathieu ROS

Responsable de l’unité Éclairage public et Signalisation

lumineuse (EPSL), Rennes Ville et Métropole

Le service est à l’initiative du sdal de la Ville de Rennes

et sa trame noire en 2012 et poursuit cette démarche avec

le scal (schéma de cohérence d’aménagement lumière) de

Rennes Métropole. La direction de l’espace public et des

infrastructures de Rennes Métropole dispose de son propre

service de maîtrise d’œuvre afin de concevoir et réaliser

l’aménagement des espaces publics. Ce bureau d’études,

constitué de 43 agents, est divisé en unités spécialisées

(éclairage public, assainissement, voirie, paysage…).

RENNES MÉTROPOLE est une collectivité territoriale comprenant 43 communes (84 000 points lumineux). Elle est

constituée d’un cœur de métropole avec la Ville Centre, Rennes, et quatre autres communes en continuité urbaine.

Les autres villes se situent autour de ce cœur de métropole sous forme d’archipel. Elles sont séparées les unes des autres

par les zones agronaturelles. Par application de la loi MAPTAM, Rennes Métropole a pris en charge la compétence

effective de la voirie intégrant l’éclairage public le 1 er janvier 2017. Au terme d’un important travail d’inventaire et

de maintenance de ce nouveau patrimoine, il est apparu nécessaire de définir des modalités communes concernant

l’éclairage public. Cet objectif s’inscrit dans une démarche de protection de l’environnement pour réduire tout à la fois

les consommations énergétiques et les impacts sur la biodiversité. Il vise également à harmoniser la qualité et

le fonctionnement de l’éclairage public dans chacune des 43 communes, tout en prenant en compte les usages locaux.

Ont contribué à l’élaboration du scal : le service réseaux de transport (en charge des transports en commun), la direction

des jardins et de la biodiversité, le service des études urbaines.

6 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Interview croisée

harmoniser les pratiques d’éclairage

Virginie VOUÉ

Conceptrice lumière, Luminescence

© DR

© DR

Lucas GOY

Concepteur lumière, agence les éclaireurs

Après une formation en histoire de l’art et en arts appliqués

(DESS), Virginie Voué a intégré la Ville d’Orléans en tant

qu’ingénieure chargée de mission lumière, avant de créer

son agence de conception lumière, Luminescence, en 2010.

L’agence est spécialisée dans le conseil, les missions d’études

et la conception d’éclairage à l’échelle de monuments,

sites, quartiers, villes, intercommunalité, métropoles et

départements. La prise en compte de la limitation des impacts

sur la biodiversité est omniprésente dans tous les projets

traités par l’agence, quelle que soit leur échelle. Membre

active senior de l’Association des concepteurs lumière et

éclairagistes (ACE).

Lucas Goy est titulaire d’un diplôme national supérieur

d’expression plastique (DNSEP) et d’un diplôme national

d’arts (DNA) mention design d’espace, à l’École nationale

supérieure des beaux-arts de Lyon. Il se forme à la lumière

via l’association européenne des concepteurs lumière (ELDA)

et l’Association des concepteurs lumière professionnels

(PLDA) à Lyon et à Winterthur. De 2004 à 2008, il travaille

comme concepteur lumière indépendant. Il fonde en 2008 la

société de conception et ingénierie les éclaireurs qu’il dirige

depuis lors. Il est membre actif de l’Association française des

concepteurs lumière et éclairagistes (ACE).

Par son expérience et ses compétences, l’agence LUMINESCENCE est spécialisée en conseil et étude pour les grands

projets de rénovation de parc d’éclairage (intercommunalités, métropoles, départements). Dans ce contexte, elle

développe des schémas de cohérence d’aménagement lumière (scal), des trames sombres ou trames noires (projetées)

permettant la mise en place d’une méthode de travail qui s’apparente à la gestion différenciée appliquée au domaine de

l’éclairage public.

L’agence LES ÉCLAIREURS bénéficie d’une solide expérience en matière de mise en valeur lumière contemporaine

d’espaces publics à fort enjeu d’image, d’ensembles urbains et de parcs publics. La société se caractérise par une

approche scénographique de l’espace, créant des déambulations urbaines, rendant lisible l’espace, jouant des

temporalités de la ville et ses usages pour mieux les soutenir.

Ensemble, les deux agences, déjà assistants à la maîtrise d’ouvrage depuis 2018, ont mis leurs compétences respectives

en commun afin d’élaborer le schéma de cohérence d’aménagement lumière de Rennes Métropole.

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 7


Lumières Interview croisée

Quel a été le point de départ du schéma de cohérence d’aménagement

lumière (scal) de Rennes Métropole ?

Philippe Carriou – Le besoin d’un scal est né à la suite de la métropolisation

rennaise (loi du 27 janvier 2014 de modernisation

de l’action publique territoriale et d’affirmation des

métropoles, dite loi MAPTAM) qui a conduit au transfert

de compétences (effectué le 1 er janvier 2017). La métropole,

qui compte 43 communes et 84 000 points lumineux,

a progressivement pris conscience de l’état du patrimoine

existant et du parc de l’éclairage public. De fortes disparités

ont été constatées entre les communes dans différents

domaines : état du matériel, horaires d’allumage, pratiques

d’éclairage public très variées. Il est donc devenu nécessaire

d’harmoniser, sans homogénéiser, les savoir-faire tout

en respectant les spécificités de chaque territoire. Mais on

ne partait pas de zéro non plus, Mathieu Ros peut nous en

dire plus.

Mathieu Ros – Effectivement, un travail avait déjà été mené

pour la ville de Rennes avec le sdal de 2012, réalisé par

Concepto. Cet outil s’était révélé précieux pour fixer des

règles de conception : choix du matériel, hauteur des mâts,

design, intensité, température de couleur, horaires… Nous

voulions aussi étendre à toute la métropole la trame noire

imaginée à l’époque par Roger Narboni. La proposition des

concepteurs d’élaborer une trame sombre répondait donc

parfaitement à nos attentes. Ce document a permis de

poser un cadre conceptuel, méthodologique et technique.

S’y est ajouté l’objectif du PCAET (Plan climat-air-énergie

territorial) de réduire de 40 % la consommation d’éclairage

public d’ici 2030.

Lucas Goy – Nos deux agences ont uni leurs forces et leurs

diversités de parcours : assistance à maîtrise d’ouvrage

(AMO) maîtrise d’ouvrage pour Luminescence, maîtrise

d’œuvre pour les éclaireurs. Nous avons construit une stratégie

d’éclairage à l’échelle métropolitaine afin d’encadrer

les projets lumière du quotidien, et avons mis en place des

outils comme les ateliers lumière, véritables garants de la

qualité. Le document répondait à une demande globale

d’un outil structurant à la fois le sdal et le scal.

Virginie Voué – En nous associant avec Lucas Goy, nous avons

permis à la maîtrise d’ouvrage de tirer profit de nos expertises

croisées, dans la continuité de la mission d’AMO

menée par Concepto jusqu’en 2018, que nous avons reprise.

Nous connaissions bien le territoire et le sdal de la ville de

Rennes. Ce travail s’est construit en lien avec le service de

Mathieu Ros pour l’AMO et celui de Philippe Carriou pour

les rénovations. Nous avons alors réalisé qu’il manquait un

document-cadre à l’échelle métropolitaine. D’où la création

du scal. J’ai repris ce terme, proposé par Dany Joly du service

Éclairage de Nantes Métropole. Le scal correspond à

un plan-guide d’éclairage public à échelle intercommunale,

abordant autant les prescriptions techniques et les règles

de construction que la gestion de l’éclairage public.

En quoi cette temporalité représentait-elle

un point important du scal ?

Philippe Carriou – Sur les 43 communes, nous avions 68 régimes

d’allumage différents ! Nous souhaitions harmoniser les

allumages et les extinctions, sans les uniformiser. Les élus

voulaient plus d’équité entre usagers, tout en intégrant les

enjeux énergétiques, environnementaux et de biodiversité.

Depuis longtemps, la coupure en cœur de nuit faisait partie

de la culture locale, mais avec de grandes disparités :

Rennes, avec ses 215 000 habitants, est entourée de quatre

communes de 10 000 à 20 000, les autres, de quelques milliers

d’habitants, voire à peine 1 000 habitants, sont réparties

en archipel. Il fallait donc une stratégie partagée et

cohérente.

Virginie Voué – Nous avons donc effectué des repérages sur site

assez exhaustifs sur la métropole afin de comprendre son

fonctionnement et celui des transports en commun, puis

nous avons procédé à une analyse fine des horaires de

l’éclairage. Nous avons ainsi proposé des solutions d’optimisation

des horaires d’allumage et d’extinction ; tout cela

en concertation active avec les communes via différentes

instances.

Lucas Goy – Notre intervention s’est articulée autour de trois

axes fondamentaux : la trame sombre, le PLUi (plan local

d’urbanisme intercommunal) et la temporalité liée aux économies

d’énergie selon les usages. Claire-Lise Cabesos, géographe

au sein de notre agence, a réalisé des cartographies

détaillées basées sur l’ensemble des données à notre disposition.

Ce travail a été intégré dans les fiches prescriptives

liées aux sites et aux espaces.

“Les élus voulaient plus d’équité entre usagers,

tout en intégrant les enjeux énergétiques,

environnementaux et de biodiversité.” Philippe Carriou

8 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Interview croisée

“Le scal a permis de poser un cadre conceptuel,

méthodologique et technique.” Mathieu Ros

Mathieu Ros – En plus de la pertinence de s’appuyer sur les

horaires des transports en commun, nous avons pris en

compte les habitudes des communes, comme les marchés,

les commerces, etc. Par ailleurs, nous avons maintenu une

« hiérarchisation » dans l’extinction. La ville de Rennes est

assez exemplaire ; à la différence des autres communes, elle

n’avait pas d’habitude d’éteindre en cœur de nuit, mais la

municipalité y a adhéré. Un éclairage permanent demeure

cependant en centre-ville, sur les principaux axes de circulation

ainsi que dans les quartiers prioritaires de la ville.

L’abaissement piloté de l’éclairage reste difficile, car seuls

26 % des installations de la ville sont équipées en leds.

En quoi la trame sombre se distingue-t-elle de la trame noire ?

Lucas Goy – La trame noire nous a paru un peu restrictive, et

nous avions besoin d’une approche plus riche afin de développer

des gradients pour les inclure dans une stratégie

plus globale de trame sombre.

Virginie Voué – La trame noire constitue la dimension temporelle

(nocturne, en fait) relative à la trame verte et bleue,

ce qui ne permettait pas de prendre en compte les éléments

fragmentants relatifs à la nuit. Ce terme de trame noire

(crée par Roger Narboni en 2012 dans le cadre du sdal de la

ville de Rennes) repris par les écologues constitue, comme

la trame verte et bleue, un outil de planification. Nous employons

le terme de trame sombre pour éviter de confondre

avec l’extinction pure et simple de l’éclairage public. L’idée

reste, dans les deux cas, d’adapter l’éclairage aux usages et

aux enjeux de la biodiversité dans une démarche conciliatrice.

La trame sombre de Rennes Métropole se décline en

différents niveaux élaborés en fonction de la trame verte

et bleue, et, par l’analyse du schéma régional de cohérence

écologique, permet de considérer les enjeux un peu plus

macros à l’échelle à la fois régionale et nationale. On a

ainsi identifié quatre niveaux : une zone courante (moins

d’enjeux), des zones tampons (enjeux intermédiaires),

et deux niveaux de trame noire (enjeux forts et zone de

vigilance accrue). Le scal a été conçu en lien avec cette

trame sombre et ces niveaux de complexité qui modulent

les prescriptions en fonction des zones concernées et de la

typologie des espaces (dont les espaces verts, les abords

de rivière), des voies et de site. Ainsi, on joue sur ces différents

critères pour définir les températures de couleur

et les niveaux photométriques. Cette gestion différenciée

permet d’éviter d’agir au détriment de la transition énergétique,

et de tenir compte des enjeux liés à la biodiversité

tout en les conciliant avec les enjeux d’usages humains.

Philippe Carriou – On pourrait se demander pourquoi on n’applique

pas à l’ensemble de la métropole le niveau le plus

ambitieux du point de vue de la préservation de la biodiversité.

Eh bien, cette harmonisation a permis de proposer un

éclairage qui réponde vraiment aux besoins.

Cette temporalité n’a-t-elle pas contribué aussi

à convaincre tous les élus concernés ?

Philippe Carriou – Absolument. Le travail sur les horaires, mené

en concertation avec chaque commune et en tenant compte

de leurs spécificités, a instauré un climat de confiance. Avec

ces 43 communes, nous avons créé des groupes de travail,

en nous appuyant sur les comités de secteur, qui correspondent

à un découpage géographique par regroupement

de communes (de 4 à 8). Ils se réunissent 3 ou 4 fois dans

l’année, favorisant les débats et les discussions sur des sujets

très variés encourageant la concertation.

Virginie Voué – Cette organisation a permis de réaliser le document-cadre

qui centralise tout, et de produire des décli-

“Parti d’une ambition énergétique,

le scal a évolué vers une approche globale,

intégrant des choix vertueux.” Lucas Goy

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 9


Lumières Interview croisée

“Le scal est conçu en lien avec la trame sombre

et les niveaux de complexité qui modulent

les prescriptions en fonction des zones concernées

et de la typologie des espaces.” Virginie Voué

naisons à l’échelle communale, un peu comme un carnet

d’analyses qui explique comment se mettent en place les

prescriptions sur la commune en fonction des différents

paramètres.

Lucas Goy – Les 43 documents mettent en perspective la trame

sombre à l’échelle communale. Pour les aménageurs, ce

sont de véritables outils qui facilitent les connexions entre

les communes et les territoires voisins.

Vous entrez donc dans une phase d’information sur le scal ?

Philippe Carriou – Oui, fin 2024, nous avons entamé une sensibilisation

via une visio à laquelle ont participé plus de

70 personnes, acteurs de l’éclairage public – promoteurs,

concepteurs lumière, entreprises, maîtres d’œuvre, services

techniques, etc. – à qui nous avons envoyé ensuite

un lien vers le scal sur le site de Rennes Métropole ; puis

chaque commune va recevoir la version papier du scal, et

une plaquette de présentation du scal de 4 pages.

Mathieu Ros – Il s’agit maintenant de faire connaître ce document,

et de veiller à son application. Les services techniques

se tiendront à la disposition des concepteurs aménageurs

d’espaces publics pour répondre à leurs questions.

Nous avons mis en place un accompagnement des communes

pour une durée de quatre ans.

Philippe Carriou – Précisons que, à chaque nouveau projet sur

Rennes Métropole, les équipements mis en place doivent

s’intégrer au patrimoine. À ce titre, les maîtres d’ouvrage

et les maîtres d’œuvre savent que l’avant-projet doit être

présenté au futur exploitant.

Lucas Goy – La concertation a toujours été au cœur de ce projet,

via notamment les comités de secteurs déjà évoqués, et

l’implication des communes dont la démarche a été essentielle.

Quels enseignements tirez-vous de ce schéma

de cohérence d’aménagement lumière ?

Virginie Voué – Investie fortement dans la transition écologique,

et travaillant en parallèle sur des trames noires dans

d’autres territoires, j’étais d’autant plus fière d’avoir contribué

à poursuivre la démarche innovante initiée par Roger

Narboni. Nous avons aussi intégré la réflexion sur l’impact

environnemental dans les documents techniques avec

l’idée d’inscrire cette démarche de manière globale dans

une approche durable.

Lucas Goy – Ce scal est l’aboutissement de deux années

d’études et de débats, centrés au départ sur la transition

énergétique et qui ont évolué vers des échanges plus larges,

notamment sur les températures de couleur et les niveaux

lumineux. Je salue la maîtrise d’ouvrage qui a accepté, à

bien des égards, de laisser la porte ouverte à des actions

ultérieures vertueuses, et qui a ainsi permis l’élaboration

d’un document de compromis, aux positions médianes.

Mathieu Ros – Je voudrais souligner l’intérêt de se faire accompagner

par des concepteurs lumière : il est toujours intéressant

pour nous, maîtrise d’ouvrage, de croiser notre regard

avec celui de personnes extérieures à la collectivité qui apportent

une vision plus large de l’éclairage, enrichissante,

et qui rend notre travail plus opérationnel.

Philippe Carriou – Le scal intègre aussi la qualité esthétique de

l’éclairage de jour : les équipements tels que les mâts, les

luminaires jouent un rôle important dans la cohérence globale

de l’aménagement lumière. Nous choisissons des matériels

durables, réparables et maintenables. Et nous restons

assez vigilants sur l’impact environnemental global et sur

nos émissions de gaz à effet de serre lié à l’ensemble de nos

activités d’éclairage public, qu’il s’agisse de consommations

d’énergie, de travaux neufs ou de rénovation. Le scal a été

l’occasion de collaborations fructueuses, notamment avec

les services de Mathieu Ros ainsi qu’avec la direction des

parcs et jardins, les services d’urbanisme et de transport,

et bien entendu avec les concepteurs lumière Virginie Voué

et Lucas Goy au travers de débats très constructifs et grâce

aux ateliers lumière mis en place.

Propos recueillis par Isabelle Arnaud

10 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025



Lumières Actualités

L’Association française de l’éclairage organise

les Journées nationales de la lumière (JNL)

les 17 et 18 septembre 2025 à Paris, au Centre

international de conférences de Sorbonne

Université – Jussieu. Les JNL sont un événement

majeur organisé par l’AFE, rassemblant

des professionnels et des experts du secteur

de l’éclairage en France.

Les inscriptions sont ouvertes sur le site des

JNL : https://jnl-afe.fr/paris2025/fr/accueil/3.

Programme

Mercredi 17 septembre

8 h 45 - 9 h 45 – Ouverture des JNL2025 :

Gaël Obein, président de l’AFE, Ville de Paris,

Cédric Lewandowski, président d’honneur

de l’AFE, directeur exécutif, direction du parc

nucléaire thermique EDF.

9 h 45 - 10 h 15 – Présentation des stands

10 h 45 - 11 h 5 – Conférence inaugurale

11 h 5 - 12 h 30 - Éclairer l’exception

- Lumière parfaite pour le Village Olympique,

Sara Castagné, conceptrice lumière,

Agence Concepto.

- Lumière monumentale sur la tour Eiffel et

l’Arc de Triomphe.

- Lumière festive chez Disney.

- Paris est plus qu’une ville lorsqu’il s’agit

d’éclairage. Teddy Tisba,

responsable de la

section de l’éclairage

public, Service du

patrimoine de voirie,

direction de la voirie et des déplacements,

Ville de Paris.

14 h - Imagerie pour calculer des

nuisances lumineuses

- Les enjeux. Florian Greffier, Cerema.

- Les instruments : luminancemètre, imageur.

Que font-ils ? Limites et confiance. Lou

Gervaux, CNAM.

- Les satellites : accès, confiance. Quelles

sont les informations recueillies ? Emma

Bousquet-Borrut, Cerema.

- Les possibilités d’aller tamiser la nuisance :

quel type de sources ? Éclairage public / privé

/ publicitaire ? Christophe Martinsons, CSTB.

- REX.

- Impact des nuisances sur la biodiversité.

Courbe V(λ) des insectes. Marie-Pia Marchand,

Université Paul Sabatier de Toulouse.

16 h 50 – 17 h 20 – Actualité de l’éclairage

17 h 20 – 18 h 20 - Réalisations extraordinaires

qui ont fait Paris en 2024

- Les secrets de la vasque Olympique. Axel

Morales, EDF.

- Notre-Dame sublimée. Patrick Rimoux,

sculpteur lumière.

À partir de 20 h - Soirée des JNL (inscription

payante - 85 €)

Jeudi 18 septembre

9 h – 10 h 30 - Impact environnemental de

l’éclairage

11 h – 12 h 30 - Ateliers interactifs

14 h – 16 h 40 - Évolution des besoins en

éclairage urbain

- Les usages et les usagers. Agnès Tilly, Eurométropole

de Metz.

- Les besoins de la biodiversité et de l’environnement.

Yoann Tison, Ville de Lille.

- Les solutions pour créer de la performance

- Le matériel

- Les dispositifs de gestion. Ludovic Girard, Comatelec.

- Les solutions communicantes. Ghislain Luneau,

Ville de Bordeaux.

- Compétences humaines : des nouveaux métiers

à définir, quelles formations.

- Comment rendre la lumière qualitative. Qu’estce

qu’un éclairage de qualité ? Que reste-t-il à

inventer ? Agnès Tilly, Alain Trémeau, Collège

éclairage extérieur de l’AFE et Roger Couillet,

Ville de Douai.

16 h 40 – 17 h - Clôture des JNL2025 et passage

du relais pour les JNL2027. Gaël Obein,

président de l’AFE.

Franck Gosset, président du centre régional

AFE Grand Paris Île-de-France, passera le flambeau

au président du centre régional AFE qui

accueillera les JNL2027.

18 h – 20 h 30 - Visite de la cathédrale Notre-

Dame de Paris guidée par Patrick Rimoux, sculpteur

lumière et concepteur de l’éclairage intérieur.

Women Light Artists

Le projet Women in Lighting, dirigé par Light

Collective, a conduit à la création de leur

premier ouvrage, Collected Light : Volume One,

lancé en novembre 2022. Ce livre mettait en

lumière 44 femmes travaillant en tant qu’artistes

avec la lumière comme médium. Après

avoir participé à de nombreuses conférences,

expositions et festivals de lumière à travers le

monde, il leur est apparu clairement que les artistes

masculins utilisant la lumière bénéficient

d’une plus grande visibilité et d’une reconnaissance

plus marquée dans leurs parcours artistiques.

Ce livre constituait une première étape

pour corriger ce déséquilibre et offrir une plus

grande visibilité au travail des artistes féminines.

L’accueil réservé au premier volume a

été extrêmement positif, ce qui a suscité le désir

de produire un second ouvrage. Les artistes

masculins sont souvent surreprésentés dans

les collections, les expositions et les postes

bien rémunérés, tandis que les artistes féminines

doivent faire face à des écarts financiers

et à une reconnaissance limitée dans l’histoire

de l’art et les récits culturels.

Corriger cette disparité ne revient pas seulement

à réparer les injustices du passé, mais

aussi à inspirer les futures générations de

femmes à poursuivre une carrière dans l’art et

la lumière. En mettant en avant les réalisations

des femmes dans ce domaine, ce livre valorise

leurs parcours, en leur offrant une plateforme

de reconnaissance et d’appréciation.

« Après la publication du premier livre et les

expositions qui ont suivi, nous avons commencé

à découvrir davantage de femmes travaillant

avec la lumière, et nous les avons contactées

pour des publications spécialisées sur Instagram.

Il est vite devenu évident que nous avions assez

de matière pour un second volume. » Sharon

Stammers and Martin Lupton, Light Collective,

March 2025.

Les artistes :

Alex Leyva, Alicia Eggert, Amelia Kosminsky,

Andrea Bowers, Angela Yuen, Aphra Shemza,

April Key, Carla Chan, Cecilia Ömalm, Chankalun,

Chris Wood, Clara Daguin, Claudia Bueno,

Daisy Doig, Diana Rojas, Ecem Dilan Köse, Eve

De Haan, Fiona Grady, Flora Litchfield, France

Dubois, Giny Vos, Grimanesa Amorós, Hannah

Ayre, Inma Femenía, Iyvone Khoo, Jasmine

Grace, Jenny Mc Namara, Jeongmoon Choi,

Jiayu Liu, Jo Holland, Margareta Hesse, Maria

Vera, Meagan Streader, Nicola Anthony, Regine

Schumann, Sabine Marcelis, Sandra E. Blatterer,

Seohyo, Shirin Abedinirad, So Wing Po,

Vanessa Hafenbrädl, Vera Röhm, Viel Bjerkeset

Andersen, Ying-Chen Lin n

Pour commander le livre :

https://store.lightcollective.net/b/ilveS

12 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Actualités

© DR © DR

© DR

Michel Gioria nommé

directeur général du SERCE

Après avoir créé de nouvelles commissions

(« Smart grids et production EnR »; « Mobilités

durables et IRVE » et « Data, cybersécurité et

IA ») et renforcé l’équipe permanente pour enrichir ses réflexions et

mieux accompagner ses adhérents, le SERCE a souhaité renouveler sa

direction, en la confiant à Michel Gioria. « C’est avec une grande détermination

que je prends mes fonctions de directeur général du SERCE,

a déclaré Michel Gioria. Dans un contexte de transition énergétique et

numérique accélérée, les entreprises du SERCE jouent un rôle essentiel.

Leur contribution à l’électrification des usages, à la modernisation

des réseaux et infrastructures, ainsi qu’au développement de solutions

d’efficacité énergétique est au cœur des défis que nous devons relever

collectivement. Je mettrai mon expérience au service de nos adhérents

pour une économie décarbonée, compétitive et au service des territoires,

de la réindustrialisation et de la souveraineté énergétique. » n

Stéphane Aubry, directeur

général de Brossier Saderne

Stéphane Aubry, directeur général de Sécurlite

depuis 2022 et de Radian depuis 2023, succède

à Laure Bignon à la tête de Brossier Saderne.

Il apporte une solide expérience en développement

stratégique, rayonnement international et management opérationnel,

toujours guidé par une exigence de qualité et un ancrage industriel local.

Cette nomination s’inscrit dans la dynamique de structuration du collectif

Rivalen et reflète l’ambition de Brossier Saderne de poursuivre sa

croissance, en affirmant son savoir-faire et son engagement en faveur

d’une fabrication locale et responsable. « Rejoindre Brossier Saderne,

c’est porter une histoire, et un regard exigeant sur la lumière, a commenté

Stéphane Aubry. Je suis convaincu que l’avenir du secteur passe par une

production durable, pensée et fabriquée localement. Avec les équipes,

nous allons poursuivre cette trajectoire exigeante et faire rayonner encore

davantage la singularité de Brossier Saderne. » n

Kristian Friboulet, directeur

général d’ADDIS, élu président

du Syndicat du Luminaire

Kristian Friboulet a tenu « à remercier le Conseil

d’administration du Syndicat du Luminaire pour

la confiance qu’il me témoigne en m’élisant président de notre syndicat.

Je souhaite, avec l’aide du Conseil d’administration et de l’équipe de permanents,

poursuivre les actions engagées. Depuis plus de 100 ans, nous

sommes deux organisations à représenter les acteurs français du luminaire

et cette situation est anachronique et souvent contre-productive. Je souhaite

que les discussions entamées avec le Syndicat de l’Éclairage aboutissent

rapidement. Cette nouvelle organisation qui devra prendre en compte notre

patrimoine historique et immobilier sera plus audible et plus efficace. En

représentant l’ensemble des acteurs français de l’éclairage, la nouvelle fédération

sera un interlocuteur reconnu de l’ensemble des parties prenantes et

disposera des moyens de promouvoir la valeur de l’éclairage ». n

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 13


Lumières Actualités

© GRID x Christopher Bauder & Robert Henke

Into the Light

12 artistes européens

15 installations monumentales

Grande Halle de La Villette, Paris

Du 9 avril au 31 août 2025

Une exposition internationale présentée

par Tetro, en coproduction

avec Encore Productions et Fimalac

Entertainment.

www.lavillette.com/manifestations/

into-the-light

INTO THE LIGHT est née d’une conviction ancrée depuis 15 ans : la

lumière est le plus beau spectacle du monde.

« Depuis toujours, je suis fasciné par sa mise en scène quotidienne,

déclare Matthieu Debay (Tetro), directeur artistique de INTO THE

LIGHT : la flamme, le feu, le ciel, le vivant, la couleur, la ville… La lumière

est à l’origine de tout. Elle est ce qui nous relie. Il existe mille

et une façons de raconter la lumière. Nous avons choisi d’en faire un

voyage – un voyage à travers le ciel, le son, la couleur, la technologie et,

avant tout, le spectacle. Les oeuvres que nous présentons, signées par

12 studios européens, explorent l’interaction entre l’Homme et la lumière,

sous une diversité de regards, de formes, de textures et d’expressions.

La lumière y prend corps, se transforme, s’augmente et offre des possibilités

infinies de jeu et d’interprétation. Nous avons également voulu

mettre en lumière une génération d’artistes issus de l’art contemporain,

des arts numériques et de la musique. Ces créateurs réinventent l’art

de la lumière en exploitant ses dimensions technologiques, sensorielles

et visuelles. »

Ainsi, sur plus de 3 000 m², 15 installations lumineuses, interactives

et didactiques transforment la Grande Halle en un parcours d’œuvres

hors norme où la lumière devient matière vivante.

ÉTAPE 1 — ORIGINES

© playmodesstudio

© Children of the light

Beyond, par Playmodes

Diapositive, par Children of the Light

On a d’abord cru qu’elle était de

nature divine. Qu’elle était née

de la main d’un ou de plusieurs

dieux. Qu’elle avait été offerte

aux Hommes lors de la nuit des

temps. Inlassablement, nous

avons contemplé la course du

soleil, des astres et des étoiles,

sources originelles de la lumière,

en inventant mille histoires à son

sujet.

ÉTAPE 2 — LA LUMIÈRE ET NOUS

Nous l’avons ensuite

apprivoisée. De divine,

la lumière est devenue

technique. Nous l’avons

observée, comprise, maîtrisée.

Il y eut d’abord le

feu. Puis l’électricité, l’astronomie,

la physique, et

aujourd’hui de nouvelles

technologies toujours

plus poussées et toujours

moins gourmandes

en énergie.

Narcisse, par Nonotak

Halo, par Karolina Halatek

Oh Lord, par Guillaume Marmin

© Karolina Halatek © NONOTAK-Noemi - Schipfer - Takami - Nakamoto

Negative Space, par Olivier Ratsi

© Olivier Ratsi © Martina-Mlcuchova

14 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Actualités

ÉTAPE 3 — SPECTACLE

GRID, par Christopher Bauder & Robert Henke

One’s Sunset Is Another One’s Sunrise (OSIAOS),

par Jacqueline Hen

Aujourd’hui, sous la main de l’Homme,

la lumière est devenue spectacle en

elle-même. De nouvelles technologies

apparaissent et nous offrent mille possibilités

pour révéler ce qui est caché,

ou au contraire cacher ce qui existe. La

lumière nous permet de construire des

cathédrales éphémères, des architectures

féeriques, des univers extraordinaires.

© Anna Tena

ÉTAPE 5 — PLAYLIGHT

Carnaval, par Collectif Scale

© Ralph Larmann

Apprivoisée par l’homme, la lumière est devenue sociale. Partout sur

la planète, nous nous sommes réunis, souvent de nuit, pour nous raconter

des histoires et vivre des expériences communes. Le spectacle,

lien fondamental de toutes nos sociétés, était né.

ÉTAPE 4 — COULEURS

Spiraling Into Infinity, par Children of the Light

Solar Dust, par Quiet Ensemble

Nautilus, par Collectif Scale

© Collectif Scale

© PH. GJ. van ROOIJ

© Quiet Ensemble

Passengers, par Guillaume Marmin

© Collectif Scale

Orbis 2 , par 1024 Architecture

Abîme, par Visual System

© 1024 Architecture

© Marc-Domage

Ce n’est pas pour rien que nous, les artistes, l’avons choisie comme

médium privilégié. C’est parce qu’elle nous fascine, bien sûr. Mais aussi

parce qu’elle touche ce qu’il y a de plus profond en nous, et qu’elle

peut donc être comprise par tous, sans distinction d’âge ou de culture.

La lumière est un spectacle universel. n

© Brice Robert

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 15


Lumières Actualités

© Meljac

Meljac fête ses 30 ans

Le leader des interrupteurs haut de

gamme revient sur les grandes étapes de

son parcours, depuis sa création par André

Bousquet en 1995. Cette aventure, avant tout

humaine, a permis d’offrir au marché un objet

fonctionnel désormais esthétique. Devenue

rapidement une référence en France comme

à l’international, Meljac a connu un développement

maîtrisé qui lui permet de franchir le

cap des 13 M€ de CA et des 110 collaborateurs

en 2025, tandis que de grands projets

dessinent l’avenir de la marque.

Florence Bousquet, co-fondatrice de

Meljac : « André Bousquet était un entrepreneur

visionnaire et atypique. Grâce à son

goût du détail et à sa passion pour le savoirfaire

français, il a été précurseur et a réussi

à transformer l’objet-interrupteur en un véritable

élément de décoration. Il savait fédérer

et j’ai la chance d’avoir été la première embarquée

dans l’aventure Meljac. Plus de 30 ans

après, je mesure tout le chemin parcouru. Nos

collections ont constamment évolué graphiquement

et techniquement, et continuent de

séduire les plus grands acteurs du marché. En

coulisses, la structure de l’entreprise s’adapte

et nous relevons chaque jour de nouveaux

défis. La passion et les valeurs humaines

d’André restent toujours au cœur du projet. »

Jean-Michel Lagarde, directeur général

de Meljac : « C’est une histoire incroyable

qu’André et Florence Bousquet ont initiée

dès 1995. Ils ont réussi à positionner Meljac

au rang de leader et à en faire une référence

sur son marché, même au-delà des frontières.

J’ai rejoint l’entreprise en 2015 car j’ai été

séduit par le produit, avec ses codes d’excellence,

de créativité et d’esthétisme, et par les

équipes, car chacun est toujours prêt à faire

avancer au mieux le projet.

J’ai à cœur de préserver

l’ADN de Meljac

tout en développant

au mieux le formidable

potentiel de

notre Maison. »

À l’origine : la passion

d’un homme

qui crée un produit

iconique, le levier

goutte d’eau au

design unique, doté

d’une plaque en laiton

de 3 mm, sans

bague en relief à la

© Meljac

base du levier et avec un bruit reconnaissable,

propre à la qualité Meljac.

Très vite, la gamme s’enrichit de prises,

liseuses, thermostats, sonnettes, de commandes

de climatisation, claviers d’alarme

qui s’habillent aussi de laiton.

Les sites de production se multiplient et

s’agrandissent : en 1995, le local est situé

dans le 15 e arrondissement de Paris, puis en

1997, un atelier s’ouvre à Ivry-sur-Seine (94).

Devenu trop petit, il se déplace à Orly (94)

en 2005. En 2009, Meljac rachète l’atelier de

traitement de surface de Neuilly- Plaisance

(93) pour internaliser toute la chaîne de production.

Enfin, 2010 voit la construction d’une

usine sur mesure à Villeneuve-le-Roi (94) et

en 2013, c’est l’aménagement d’un pôle de

traitement de surface dans l’usine. 2026 : un

nouvel atelier de traitement de surface 3 fois

plus grand s’ouvrira à Saint-Thibault-des-

Vignes (77) pour développer la production et

réduire les délais de fabrication.

En 2015, Meljac devient la première entreprise

du secteur à être labellisée EPV

pour son histoire, son savoir-faire et ses

projets. En 2022, le label est renouvelé pour

5 ans avec la partie RSE.

Une entreprise responsable à plusieurs niveaux

:

- environnemental : produit durable (laiton),

récupération de la chaleur dégagée par les

outils de production pour le chauffage de

l’atelier, future station de traitement de surface

« rejet zéro » (2026) ;

- économique : chutes et copeaux de laiton

recyclés, panneaux photovoltaïques ;

- social : valorisation des savoir-faire, partenariat

avec des lycées techniques pour

l’apprentissage, ESAT…

Label OFG (Origine

France Garantie) depuis

2012.

Meljac, c’est aussi

la personnalisation et

du sur-mesure – 35 %

des produits sont surmesure

qui représente

50 % du CA – avec la

main de l’homme dans

toutes les étapes de

fabrication : usinage,

chanfreinage, traitement

de surface, montage,

expédition…

5 % du chiffre d’affaires

sont consacrés à l’innovation chaque année.

L’évolution numérique

2005 : création d’un bureau d’études et développement

d’outils spécifiques : configurateur,

plans 3 D…

2025 : nouvel ERP adapté à la production et

à la gestion commerciale.

Meljac en chiffres

13 M€ de chiffre d’affaires

110 collaborateurs

15 commerciaux (France et export)

60 revendeurs agréés dans le monde

2 showrooms en France

29 finitions sur laiton

1 filiale à Los Angeles : Meljac North America

2 espaces partagés : Londres et New York n

© Meljac

© Meljac

16 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Actualités

Déclarations de LightingEurope

1. Seuls quelques luminaires doivent porter

l’étiquette énergétique déclarée sur EPREL

Les sources lumineuses (modules led) et les

lampes (ou ampoules) doivent, conformément

au règlement UE 2019/2015, être enregistrées

dans la base EPREL (https://eprel.ec.europa.eu)

et être accompagnées d’une étiquette énergie

dans le cadre des informations fournies lors

de la vente en ligne (à l’exception de quelques

sources spécifiques). Cette étiquette doit être

affichée par le fabricant ou l’importateur, mais

aussi par le distributeur/ revendeur/ commerçant,

et les places de marché en ligne doivent

présenter cet affichage.

Les luminaires intégrant une source lumineuse,

appelés dans le règlement « produits

contenant », ne sont pas soumis à cette obligation

d’étiquette énergie, sauf lorsque la source

n’est pas amovible et ne peut donc pas être

vérifiée. Afficher une étiquette énergie pour ces

luminaires est trompeur et illégal. Par conséquent,

l’affichage d’une étiquette énergie pour

un luminaire dépend du choix du fabricant et

uniquement si le fabricant ou le vendeur fournit

cette information.

2. L’éclairage, un potentiel négligé par les

décideurs

LightingEurope, porte-parole de l’industrie

(120 000 emplois, 20 Md€ de chiffre d’affaires),

dénonce l’oubli persistant de l’éclairage dans

les politiques climatiques. Alors que des technologies

éprouvées existent pour contribuer

rapidement aux enjeux énergétiques et carbone,

l’éclairage reste ignoré des stratégies

de transition, au mépris de son fort potentiel

d’impact immédiat. LightingEurope compte

agir pour que ce potentiel soit mieux exploité :

- par la transposition ambitieuse et effective

des directives Efficacité énergétique et Performance

énergétique des bâtiments. Audelà

des leds, les capteurs et automatismes

peuvent générer plus de 80 % d’économies,

et la rénovation est stratégique pour l’objectif

de décarbonation ;

- par la prise en compte du confort visuel dans

les critères de qualité de l’environnement intérieur

de la DPEB ;

- en harmonisant les réglementations concernant

les nuisances lumineuses ;

- en donnant plus de poids à la qualité et à

la durabilité dans les marchés publics, au

lieu de privilégier uniquement le coût initial ;

- par la prise en compte de la durabilité et

des spécificités des produits d’éclairage

dans les textes sur l’économie circulaire et

la DEEE ;

- en exigeant la désignation d’un opérateur

économique basé dans l’UE, garant de la

conformité des produits vendus en ligne ;

- en veillant à l’application rigoureuse des

contrôles par les autorités nationales.

3. Rappel précis des exclusions du marché

UE des lampes à décharge en application

de la directive RoHS : textes intégraux en

téléchargement libre sur lightingeurope.org n

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 17


Lumières Actualités

Un atelier professionnel pour étudier un sdal et une trame noire

à Dnipro, en Ukraine

Par Roger Narboni, concepteur lumière

© DR

© DR

En haut : Dnipro, place illuminée - Conception lumière Mykola Kabluka, Expolight.

En bas : Dnipro - Ambiances lumineuses piétonnes projetées.

Se rendre en Ukraine, en ces moments

très difficiles et très compliqués pour

les Ukrainiens, c’est d’abord entreprendre

un très long voyage en train, de plus de 20

heures depuis Varsovie, en Pologne, pour

rejoindre la ville de Dnipro, à 390 km au sudest

de Kiev, et traverser ce pays qui s’étire

tout en longueur sur plus de 1000 kilomètres.

C’est alors une occasion unique de découvrir

des paysages agricoles et forestiers, qui

défilent, des villages qui semblent paisibles

malgré la situation de guerre, de traverser

des gares de toutes tailles, et de croiser à

bord du train des Ukrainiens (surtout des

femmes en fait, car beaucoup d’hommes

sont sur le front).

Invité par mon ami et collègue Mykola

Kabluka, l’un de mes anciens étudiants du

master de Lighting Design de l’université de

Wismar en Allemagne et actuel

directeur de l’agence de conception

lumière Expolight, basée à

Dnipro, j’ai effectué ce voyage

dans le but de diriger un atelier

professionnel de 2 jours avec

son équipe (une vingtaine de

personnes), puis de 3 jours avec

les étudiants et les professeurs

de l’école d’architecture de la ville

(une trentaine de participants).

L’objectif était d’étudier, pour le

centre-ville de Dnipro, un schéma

directeur d’aménagement

lumière (sdal) ainsi qu’une trame

noire, et de partager avec les

participants les dernières tendances

en urbanisme nocturne et

lumière urbaine, notamment en

termes d’ambiances dédiées aux

piétons, mais aussi de maîtrise de

la pollution lumineuse et de préservation

de la biodiversité.

Cette visite était également l’occasion

d’apporter un soutien aux

collègues ukrainiens en transmettant

au mieux les évolutions

en cours dans les nuits de nos

villes.

La ville de Dnipro est la quatrième

ville d’Ukraine, avec

environ 1 million d’habitants.

Située dans la partie orientale

de l’Ukraine, elle est traversée par le fleuve

Dniepr, rejoint par la rivière Samara, qui se

jette au sud dans la mer Noire. Après l’invasion

russe de l’Ukraine en février 2022, Dnipro

s’est rapidement développée comme un

centre logistique d’aide humanitaire et un

point d’accueil pour les personnes fuyant les

différents fronts de bataille.

La présence du fleuve de très grande largeur

(près de 1 km en centre-ville) imprègne très

fortement la géographie et la morphologie de

la ville, avec un front fluvial qui est l’un des

plus longs d’Europe. Le centre de la ville est

construit sur la rive droite. La vieille ville est

située au sommet d’une colline formée à la

suite du changement de cours de la rivière

vers le sud. La rue Akademik Yavornitskyi

Prospekt relie les deux principaux ensembles

architecturaux de la ville et constitue une

artère importante à travers le centre.

Dnipro, des ambiances lumineuses

très contrastées

Un atelier professionnel d’étude d’un sdal

et d’une trame noire commence toujours et

systématiquement par une découverte nocturne

de la ville, à pied et en voiture, pour

en percevoir les ambiances lumineuses, les

réalisations récentes réussies, mais aussi les

manques et les problèmes posés par l’éclairage

public existant.

La ville offre aujourd’hui des ambiances nocturnes

très contrastées. Depuis quelques années,

une politique d’aménagement et de rénovation

d’espaces publics a été développée

en centre-ville, sur la rive droite du fleuve,

pour mieux accueillir les habitants. Ces

places ont fait l’objet de mises en lumière très

innovantes, colorées, dynamiques et interactives,

grâce au talent de Mykola Kabluka et

de son équipe d’Expolight.

En comparaison, les autres espaces publics,

baignés d’une lumière monotone, semblent

bien ternes. Et les parcs qui ponctuent la

ville mériteraient aussi une rénovation et une

valorisation à la hauteur de leur rôle nocturne

très important. Même constat pour les illuminations

architecturales : certaines sont très

contemporaines et très réussies et d’autres,

plus anciennes, ne mettent pas du tout en

valeur le riche patrimoine de la ville.

Le couvre-feu instauré à partir de minuit depuis

le début de la guerre a aussi obligé les

autorités à éteindre relativement tôt la plupart

des illuminations patrimoniales.

Le front fluvial, très fréquenté de jour comme

de nuit, n’est pas du tout mis en valeur alors

qu’il offre une situation exceptionnelle pour

découvrir le fleuve et la rive opposée, résidentielle

et très industrielle avec ses hautes

cheminées qui dominent et scandent le paysage

lointain. La ville a d’ailleurs accueilli une

usine de fabrication du lanceur soviétique

Soyouz, en fait des missiles balistiques intercontinentaux

reconvertis après la signature

du Traité de réduction des armes stratégiques

en 1992.

L’élaboration d’un sdal

et d’une trame noire

Le travail d’étude de l’atelier a consisté, après

collecte des informations nécessaires, à effectuer

une analyse diurne de la ville (morphologique,

sociale, des usages, des trans-

18 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Actualités

© DR

© DR

En haut : Dnipro Façade fluviale - État existant.

En bas : Dnipro Façade fluviale - État projeté.

Dnipro - Projet de parcours nocturne culturel.

© DR © DR

ports et du réseau viaire) et un diagnostic

nocturne sensible. Présenté en séance à

l’ensemble des participants, il a été accompagné

des premières réflexions sur les potentiels

nocturnes du centre-ville comme sur

les thématiques du sdal à imaginer (paysage

nocturne, ambiances piétonnes, éclairages

architecturaux, rénovation de l’éclairage public,

etc.). Une analyse de la pollution lumineuse

et de la biodiversité existante a aussi

été réalisée.

Les premières idées, imaginées et illustrées

par quatre équipes professionnelles d’Expolight,

ont été très intéressantes et très détaillées

techniquement.

L’une d’entre elles a reflété la situation de

guerre très particulière que vit aujourd’hui

l’Ukraine en proposant une mise en scène

nocturne des abris antiaériens en béton qui

ont été installés dans un grand nombre d’espaces

publics (la ville de Dnipro possédant

très peu d’abris souterrains).

Des parcours nocturnes ont aussi été proposés

pour révéler de nuit le patrimoine de la

ville. Et les parcs, ouverts toute la nuit, ont

aussi fait l’objet de propositions attrayantes

de mise en lumière dynamiques et colorées.

Les jours suivants, quatre groupes de travail

ont été formés (en combinant architectes,

professeurs, étudiants et concepteurs lumière)

pour élaborer en concurrence les différents

thèmes du sdal et de la trame noire

du centre-ville.

Chaque groupe a proposé ensuite un axe

majeur à développer : rythmes, séquences et

temporalités, parcours nocturnes et rivières

fantômes, nature en ville et trame noire,

usages et activités nocturnes.

Des propositions d’actions ont été imaginées

pour traduire ces axes : mise en valeur de la

façade fluviale et de la silhouette nocturne de

la ville, création d’ambiances lumineuses dédiées

aux piétons, parcours nocturne à thématique

culinaire ou culturelle, découverte

nocturne du ciel étoilé, mises en lumière liées

aux usages et aux intensités nocturnes des

lieux, évocation par projections lumineuses

des anciennes rivières aujourd’hui souterraines,

diminution de la pollution lumineuse

dans les zones naturelles, etc.

Étonnamment, les thèmes proposés par

chaque groupe se sont complétés harmonieusement

au lieu de s’opposer, offrant ainsi

des perspectives intéressantes pour une

étude espérée et plus complète d’un sdal

et d’une trame noire pour la ville de Dnipro,

qui serait ainsi la première étude de ce type

jamais réalisée pour une ville ukrainienne.

Mon séjour s’est poursuivi à Kiev, avec des

visites diurnes et nocturnes de cette superbe

ville et par une conférence commune avec

Mykola Kabluka, pour partager avec un public

de professionnels architectes, très nombreux

et enthousiastes, les premiers résultats

de cet atelier et les méthodes d’étude

actuelles de l’urbanisme nocturne.

Ce voyage en Ukraine aura été pour moi un

moment très fort d’échanges et de soutien à

nos amis ukrainiens qui défendent leur liberté

mais aussi la nôtre, en Europe.

Ils ont soif de rencontres professionnelles et

de partage avec nous, pour que nous puissions

ensemble, très prochainement j’espère,

réaliser nos désirs de villes nocturnes et nos

envies de vivre ensemble. n

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 19


Lumières Entretien

Christophe CANADELL

Concepteur lumière

Directeur général d’Ikomē

Parcours• • •

Après quelques années passées

en Touraine au sein d’entreprises

spécialisées dans l’installation

d’équipements d’éclairage extérieur,

Christophe Canadell se forme aux

métiers de la lumière et à la gestion

de chantiers. Au cours de ses

premières missions, il rencontre Pierre

Bideau, référence incontournable

de la conception lumière, connu

notamment pour la mise en lumière

de la tour Eiffel. Cette rencontre

décisive lui ouvre de nouvelles

perspectives : il comprend alors que

l’éclairage ne se limite pas à une

fonction technique, mais peut devenir

un véritable outil de mise en valeur du

patrimoine et de création d’émotions.

En 2003, il saute le pas et décide de

fonder sa propre société : NoctaBene,

qui intervient en tant que bureau

d’études éclairage et agence de

conception lumière. Elle compte

aujourd’hui 7 collaborateurs.

Christophe Canadell reprend en

2020 la direction de l’atelier Les

Éclairagistes Associés, auparavant

dirigé par Laurent Fachard. En

parallèle, il crée l’agence Ikomē.

En 2023, il prend la succession de

Ponctuelle : Philippe Mombellet, son

fondateur, lui passe alors le flambeau.

Chaque agence apporte ses

compétences, et ensemble elles

permettent d’aborder des projets

variés, toujours avec la même passion

pour la lumière et le respect des sites.

Ikomē : une vision enrichie

de la conception lumière

Née d’une synergie entre trois agences et trente-cinq collaborateurs de tous horizons,

Ikom enrichit la conception lumière. Christophe Canadell, son directeur général, s’est

entouré d’un directeur opérationnel, d’une directrice artistique et de trois responsables

d’agences. Récit d’un entrepreneur qui se réinvente.

Pourriez-vous revenir sur votre

parcours et sur la genèse d’Ikom ?

Je suis issu d’une formation en électrotechnique

et j’ai débuté ma carrière chez des installateurs

de niveau national. C’est à cette période

que j’ai rencontré Pierre Bideau, alors

à la tête de son bureau d’études en Touraine.

J’ai collaboré à ses côtés sur plusieurs projets

emblématiques dont il était le concepteur,

notamment la mise en lumière de la cathédrale

de Tours ainsi que celle de divers édifices

historiques de la ville. Cette rencontre a

été fondatrice et à la fin des années 1990, je

me suis lancé comme concepteur lumière indépendant.

Face au développement progressif

de mon activité, j’ai recruté un premier

collaborateur, ce qui a conduit à la création,

en 2003, de NoctaBene, une agence dédiée

à la conception lumière des aménagements

extérieurs. L’un de mes tout premiers projets

a été l’élaboration du schéma d’aménagement

lumière de la ville d’Ibiza, en collaboration

avec l’entreprise Citelum, qui m’a ensuite

confié de nombreux projets internationaux.

Au fil des années, l’agence a remporté divers

concours, parmi lesquels celui de la ville d’Avi-

© Caroline Gasch

gnon en 2012, des projets de mise en valeur

de collégiales, la façade du Palais Bourbon,

et prochainement celle du Sénat. Parallèlement,

je me suis investi au sein de l’ACE (Association

des concepteurs lumière et éclairagistes),

où j’ai notamment joué un rôle au

sein du Bureau. Ces années m’ont permis de

croiser des personnalités inspirantes, comme

Laurent Fachard, fondateur de Les Éclairagistes

Associés (LEA) à Lyon. En 2020, celuici

a souhaité transmettre son agence, que

j’ai alors reprise. Alexis Lippens m’a rejoint

en tant qu’associé chez NoctaBene et chez

LEA, et il occupe aujourd’hui les fonctions de

directeur opérationnel d’Ikom . Catherine da

Silva en assure la direction artistique. Ikom

regroupe également les fonctions commerciales

et les services administratifs supports.

En 2021, j’ai entamé des discussions avec

Philippe Mombellet, fondateur de l’agence

Ponctuelle à Paris, en vue d’un rapprochement.

Ce projet s’est concrétisé en 2023 avec

le rachat de Ponctuelle. Aujourd’hui, Ikom

est implantée sur quatre territoires : Tours et

La Réunion avec NoctaBene, Lyon avec LEA,

et Paris via Ponctuelle.

20 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Entretien

Je suis profondément attaché à préserver

l’identité et la singularité de chacune de ces

« maisons », portées par l’héritage de leurs

fondateurs respectifs.

Comment définiriez-vous

les spécificités de chacune d’elles ?

NoctaBene est spécialisée dans la mise en

lumière du patrimoine historique et les schémas

d’aménagement nocturne urbain. J’évite

sciemment le terme de « directeur » dans ce

contexte, car je le trouve trop figé au regard

des mutations constantes de la ville. Nous

nous concentrons davantage sur l’aménagement

nocturne en tant que tel, en intégrant

une réflexion sur le mobilier urbain et l’espace

public. Mon métier implique également

la création d’objets lumineux. J’ai eu le plaisir

de collaborer avec plusieurs marques telles

que Valmont, GHM Eclatec, Azuly, Toshiba

Lighting, Conimast. D’ailleurs, nous présenterons

prochainement, au Salon des Maires,

un nouveau luminaire que j’ai dessiné et qui

est en cours de développement. Bien que le

design ne soit pas mon métier d’origine, il

n’en constitue pas moins un prolongement

naturel. Il existe une grammaire commune

entre nos disciplines, même si les champs

d’intervention varient, qu’il s’agisse de scénographie

intérieure ou d’aménagement extérieur.

La richesse de nos agences tient à la

complémentarité des profils : ingénieurs, architectes,

techniciens… C’est cette diversité

qui fonde l’intérêt du groupe. Ikom joue un

rôle transversal en mutualisant les ressources

et en favorisant une perméabilité entre les

entités, tout en respectant leur autonomie.

Nous encourageons l’échange inter-agences,

notamment à travers des ateliers de réflexion

ou des débats croisés.

Votre approche de la conception

lumière a-t-elle évolué au fil du temps ?

Indéniablement. Notre métier est, selon moi,

un exercice de style. Intervenir sur des monuments

classés est un privilège. Je pense

au Palais des Papes à Avignon ou encore à

la cathédrale du Wawel à Cracovie, au plan

lumière de Montluçon, aux châteaux de la

Loire, d’Azay-le-Rideau, Chinon (sur lequel

j’ai collaboré avec Pascal Gougeon). Ce qui

me passionne dans la valorisation nocturne

du patrimoine, c’est l’opportunité de proposer

une lecture nouvelle, et non de mimer

l’éclairage diurne. Il s’agit d’éviter les effets

de mode, les surenchères. Je déplore notamment

ce que j’appelle la « RVBérisation

excessive » actuelle. L’élégance doit primer,

dans une juste sobriété adaptée au tissu

urbain. Les enjeux techniques et environnementaux

ont eux aussi beaucoup évolué.

Nous sommes aujourd’hui capables de proposer

des dispositifs avec une meilleure intégration.

L’épisode du Covid a accentué la prise

de conscience autour de la pollution lumineuse,

de la consommation énergétique, et

de l’impact sur la biodiversité. Notre responsabilité

est d’apporter une réponse simple,

intemporelle, élégante. Et puis il y a ces projets

plus expérimentaux, plus libres, comme

la Fête des Lumières ou le concours de LUCI,

qui offrent à nos métiers un espace d’expression

artistique et éphémère nécessaire à leur

renouvellement.

Est-ce cette quête de diversité qui vous

a conduit vers LEA puis Ponctuelle ?

Oui, mais avant tout par adhésion à des valeurs

communes. En tant qu’entrepreneur, j’ai

été sensible à la volonté de Laurent Fachard

de transmettre son agence à un acteur partageant

sa vision. Nos structures étaient certes

parfois concurrentes, mais sur des marchés

assez distincts. L’acquisition de LEA a rendu

possible une implantation dans le Sud-Est,

avec un renforcement de nos compétences

dans les aménagements publics, en lien avec

des paysagistes, alors que NoctaBene est davantage

positionnée sur la maîtrise d’ouvrage.

Avec Ponctuelle, l’idée était d’étendre notre

savoir-faire à l’éclairage intérieur, au secteur

privé et à l’international. Philippe Mombellet

recherchait un relais de sa philosophie. Nos valeurs

convergentes ont rendu cette transmission

naturelle. Il y avait chez lui une approche

élégante, un geste juste. Aujourd’hui, Ikom

formule des réponses communes à l’international,

tandis que chaque maison conserve

sa singularité dans les projets nationaux. Le

groupe emploie désormais 35 collaborateurs.

Ikom n’a donc pas vocation à absorber

les autres structures…

Non, bien au contraire. Le nom Ikom signifie

« intérieur comme extérieur » et vise à

étendre un savoir-faire dans le respect de

l’identité de chaque maison. Chaque agence

est dirigée par un responsable : Monia Ounis

pour Ponctuelle, Christine Badinier pour

LEA, Alexis Lippens pour NoctaBene. Ce

mode de gouvernance me permet de continuer

à apprendre, à signer les projets qui me

tiennent à cœur, ou encore à concevoir des

luminaires. L’éclairage n’est pas une affaire

de tendance. Et comme disait Yves Saint Laurent

: « La mode passe, le style demeure. »

Ce qui importe, c’est le geste, non le produit.

Il nous faut faire preuve d’inventivité, accepter

de nous remettre en question, et réinventer

nos pratiques. n

Propos recueillis par Isabelle Arnaud

© Camille Saada © Christophe Canadell

© Christophe Canadell

1. Mise en lumière de la façade du Palais

des Papes à Avignon, 2014.

2. Mise en lumière de la forteresse royale

de Chinon, 2018.

3. Mise en lumière de la façade Nord

de l’Assemblée nationale.

1

2

3

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 21


Lumières Projets

© Raphaël Jayol, LEA

Maître d’ouvrage : Assemblée

nationale, direction des affaires

immobilières et du patrimoine -

Direction de projet : Xavier Brun

Architecte du patrimoine :

Marie-Danièle Pessard

Service technique :

Abdeljalille Ait-Halima

Assistance à maîtrise d’ouvrage,

conception lumière :

Les Éclairagistes Associés,

Raphaël Jayol - Partenaire :

Soliled, Adrien Charmasson

(pilotage et programmation)

Installateur : AMICA – Charley

Sabatier

Fabricants : Ewo, Hisle, Lombardo,

Opticalight, Stoane Lighting

Bibliothèque de l’Assemblée nationale :

un éclairage amendé

Jusqu’en 2024, la bibliothèque n’avait jamais fait l’objet d’une restauration

d’ensemble. La dernière rénovation, partielle, des peintures de Delacroix

au plafond, très obscurcies par les poussières et fumées accumulées, datait

de 1931. L’agence de conception lumière Les Éclairagistes Associés a été

choisie pour rénover l’éclairage à la fois vétuste et énergivore ; Raphaël Jayol,

chef de projet, nous livre le récit d’une aventure de presque 5 années.

© Assemblée nationale

législative souhaitant disposer

d’ouvrages de référence nomme,

L’Assemblée

en 1793, un bibliothécaire, l’abbé Grégoire.

En 1794, le Comité de salut public

décide, sur rapport du Comité d’instruction

publique, de constituer « une collection des

meilleurs ouvrages sur les objets relatifs

aux travaux des différents comités de la

Convention nationale » et, en 1796, une

bibliothèque est créée, initialement à l’usage

commun des deux chambres du Corps législatif.

Sous la direction d’Armand Gaston Camus,

la bibliothèque acquiert une quantité importante

d’ouvrages tirés des dépôts littéraires

où furent réunies, à la Révolution, les bibliothèques

de religieux et d’émigrés. Grâce

aux achats de Pierre-Paul Druon qui succède

à Camus en 1804, elle apparaît comme

un cabinet de pièces rares et précieuses.

Son installation reste pourtant précaire et

22 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Projets

© Raphaël Jayol, LEA

© Raphaël Jayol, LEA

changeante jusqu’en 1834. À cette date, après

l’acquisition par l’État de la propriété du duc de

Bourbon en 1827, des locaux définitifs sont édifiés

par Jules de Joly, sur l’emplacement d’anciennes

cours et jardins : un bâtiment de 42 m

de long, 10 m de large, 15 m de haut, terminé

par deux hémicycles et divisé en cinq travées

coiffées par des coupoles. 60 000 ouvrages trouvèrent

place sur ses rayons.

Un outil indispensable : le diagnostic

Le diagnostic d’éclairage, commencé en 2022,

complété par des études plus récentes et un

chantier test en 2025 a montré que les fragilités

structurelles du lieu menaçaient à terme

l’intégrité des peintures et compromettaient

la conservation des ouvrages dans la nef. Pour

permettre des travaux limitant les gênes pour

les usagers, deux chantiers simultanés ont été

mis en œuvre : l’un en partie inférieure, l’autre

sur un platelage suspendu au-dessus de la corniche

afin de permettre aux 33 restaurateurs

d’œuvrer au plus près du plafond et des peintures

de Delacroix. Cette restauration d’ampleur

a également été l’occasion du ponçage

des bibliothèques en chêne clair de Hollande,

du dépoussiérage des 54 000 livres anciens de

la collection, de la pose d’un parquet à l’image

de celui d’origine et, enfin, de l’introduction

d’un nouveau mobilier adapté aux méthodes de

travail actuelles.

Le chantier « bas » a permis la consolidation de

la structure, l’introduction d’un système d’aération

pour garantir la pérennité des collections,

la mise en conformité des réseaux techniques

et la modification de l’éclairage pour un meilleur

confort de lecture mais également une

mise en valeur des peintures de Delacroix.

« Notre mission consistait à établir un diagnostic

du site permettant de bien préciser

l’état de l’éclairage existant (types de produits

utilisés, implantation, arrivées électriques…)

et les différentes évolutions qui

ont pu avoir lieu au fil du temps, explique

Raphaël Jayol. Nous devions concevoir et

proposer plusieurs solutions esthétiques

de mise en valeur (études photométriques,

photomontages…), en adéquation avec la

faisabilité technique, et veiller à ce que les

travaux réalisés sur la base de ces études

soient effectués conformément aux orientations

données par l’Assemblée nationale.

© Raphaël Jayol, LEA

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 23


Lumières Projets

En plus de la bibliothèque, nous avons revu

l’éclairage du vestibule. Après le diagnostic,

nous avons défini un certain nombre

de préconisations, précise Raphaël Jayol.

Par exemple, nous avons proposé d’appliquer

un traitement sur la verrière afin de

réduire l’impact de la lumière naturelle

sur la fresque de Delacroix, et des rideaux

ont été ajoutés devant les ouvertures verticales.

Outre la mise en lumière de l’œuvre

de Delacroix, nous avons identifié plusieurs

zones essentielles à éclairer : les rayonnages,

la mezzanine et les tables de lecture. Nous

avons tout d’abord expliqué nos intentions

en les justifiant, puis nous avons effectué les

essais sur site, pour ensuite ajuster le projet

d’éclairage. » La phase de diagnostic s’avère

cruciale car elle permet à la maîtrise d’ouvrage,

à l’architecte, à l’électricien d’expliquer la situation

; les fresques, par exemple, comportaient

des fissures inquiétantes, sans garantie que la

restauration pourrait les corriger.

La fresque de Delacroix : éclairer et préserver

En 1838, Eugène Delacroix fut chargé de la

décoration de la bibliothèque. Le peintre y a

incarné, en cinq coupoles et vingt pendentifs, la

Science, la Philosophie, la Législation, la Théologie

et la Poésie, représentées dans des scènes

allégoriques chaudes en couleurs. Les cinq

thématiques choisies pour les coupoles structuraient

jadis le classement des livres ; deux

culs-de-four, à chaque extrémité, représentent

la Guerre et la Paix.

© Raphaël Jayol, LEA

© Raphaël Jayol, LEA

© Raphaël Jayol, LEA

24 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Projets

Afin de préserver la fresque tout en apportant un

confort visuel optimal aux lecteurs, les concepteurs

lumière ont suggéré des compromis sur les

niveaux d’éclairement tout en offrant une lumière

suffisante et apaisante.

À l’origine, la fresque de Delacroix était éclairée

par des systèmes disposés derrière un bandeau,

mais dont la majorité était hors d’usage. Le nettoyage

de la peinture effectué par une quarantaine

de personnes a permis de récupérer 40 %

de luminosité sur l’œuvre elle-même. « Les restaurateurs

nous ont expliqué que la nicotine

avait fini par jaunir la fresque. Le nettoyage

a révélé les vraies couleurs utilisées par Delacroix,

des tons froids comme des verts et

des bleus, poursuit Raphaël Jayol. Nous avons

compris qu’il nous fallait éviter d’utiliser des

températures de couleur chaudes si on voulait

respecter les teintes d’origine. Dans un

premier temps, nous avons défini les angles

d’ouverture des projecteurs à gobos positionnés

sur les piles, et ensuite, nous avons choisi

un luminaire de teinte froide, qu’on réchaufferait

si besoin par l’adjonction d’un filtre

une fois la restauration achevée. Cela n’a pas

été nécessaire et nous avons gardé la température

de couleur du luminaire, 4 700 K. De

plus, nous avons ajouté une feutrine en nez de

l’appareil pour supprimer toute luminance. »

Une lumière apaisée intégrée à l’architecture

Des lignes lumineuses horizontales très fines

(dotées d’un IRC de 90), orientables, fixées

sous la balustrade et devant les rayonnages

éclairent les livres jusqu’en bas uniformément

d’une lumière douce et chaude (2 700 K) et

sont complétées par des petites appliques à

émission directe (vers le sol) et indirecte (vers

les culs-de-four) posées sur les piles.

« Pour la mezzanine, nous avons dessiné et

fait fabriquer sur mesure un luminaire, fixé

sur la balustrade en chêne. Les optiques permettent

d’éclairer très précisément le rayonnage

sans fuite de lumière », détaille Raphaël

Jayol.

Les lampes de table, quant à elles, ont été fournies

avec le mobilier. Les candélabres qu’on

distingue dans l’allée centrale font partie de

l’architecture intérieure et servent d’éclairage

de sécurité.

Les éclairages sont organisés autour d’une scénographie

à six scénarios.

1. Soleil : lumière naturelle suffisante, fresque

non éclairée.

2. Ciel couvert : éclairage plus intense, fresque

à peine éclairée.

3. Nuit : tout éclairé.

4. Ménage : fresque éteinte, toutes les autres

zones en pleine puissance.

5. Séance de nuit : l’intensité est diminuée, en

veille.

6. Commande OFF.

Les scénarios sont enregistrés mais commandés

par les techniciens éclairagistes de l’Assemblée

nationale. n

Isabelle Arnaud

© Raphaël Jayol, LEA

© Raphaël Jayol, LEA

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 25


Lumières Projets

© LYUM © Xavier Boymond

Place Crèvecoeur, Calais.

Maître d’ouvrage : Ville de Calais

Maîtrise d’œuvre : Bouygues Energies

& Services, entité d’Equans

France, et Satelec (filiale de Fayat

Énergies Services)

Conception lumière : Sylvain Bigot,

agence Lyum

Matériel d’éclairage : Anolis, Prolight,

Showtec, Technilum. CJCJ pour

les fosses et caches projecteurs

Programmation : Lumières Utiles

Simulation mise en lumière

du beffroi de l’hôtel de ville.

Lumière Calaisienne (LuCa)

Dans le cadre d’un contrat de performance énergétique initié par la maire de

Calais, Natacha Bouchart, la ville a lancé une opération de mise en lumière

d’édifices emblématiques, projet appelé « Lumière Calaisienne (LuCa) ».

La conception lumière de l’ensemble des monuments a été confiée à Sylvain

Bigot, de l’agence Lyum. Parmi les réalisations déjà achevées figurent le

beffroi de l’hôtel de ville ainsi que la place Crèvecœur et ses trois édifices

majeurs : l’église Saint-Pierre, le palais de justice et la Bourse du travail.

Cette démarche s’inscrit de manière cohérente

dans la vision du plan lumière de

Calais, révélant l’âme nocturne de la ville

tout en respectant son héritage historique. Ainsi,

la place Crèvecœur, désormais illuminée, devient

l’un des points d’orgue d’une stratégie lumière

qui, tout en valorisant le passé prestigieux

de Calais, participe activement à la construction

de son avenir. Cet équilibre entre patrimoine

historique et modernité, entre permanence et

renouveau, confère à l’éclairage public une dimension

qui va bien au-delà que l’aspect fonctionnel

: il devient l’expression lumineuse de

l’identité calaisienne.

Les prochaines étapes du projet concerneront

le fort Risban, la citadelle avec la Porte de Neptune

et la Porte de Boulogne et l’hôtel de ville.

L’opération englobe la rénovation de 23 km de

réseau, 8 000 points lumineux rénovés, 75 %

d’économies d’énergie.

« Au départ, il n’était pas question de procéder

à la mise en lumière des monuments,

26 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Projets

mais lorsque j’ai présenté à l’oral quelques

mises en lumière, l’idée a tout de suite séduit

la maire de Calais, commente Sylvain

Bigot. J’ai donc étudié l’histoire de chaque

monument, analysé les détails architecturaux

pour m’en inspirer et favoriser les

ombres dans le concept lumineux. J’aime

faire appel à des lumières colorées qui évoluent

dans le temps et sont en mouvement,

avec différents scénarios permettant de faire

vibrer les façades. La technologie est un

outil précieux en éclairage, non pas pour

reproduire la vision diurne, mais pour

révéler une autre architecture, plus singulière,

comme cela fut le cas pour le beffroi de

l’hôtel de ville. »

Culminant à 75 m de hauteur, conçu par l’architecte

Louis Debrouwer, et inauguré en 1925,

le beffroi est constitué d’une tour carrée de

briques rouges et pierres blanches abritant

une horloge et un carillon électronique. « Nous

avons encastré des projecteurs au pied du

beffroi, décrit Sylvain Bigot, et pour la partie

supérieure, nous avons disposé des luminaires

à distance ou au niveau de l’horloge

et des passages. » Les quatre faces bénéficient

d’un éclairage rasant mis en scène par des séquences

dynamiques de deux minutes (allant

d’une teinte de blanc chaud à la base à blanc

froid au sommet), et différentes la semaine du

week-end. Pour les périodes festives, l’éclairage

fait appel à un système RGBW et RGBA conçu

autour de thèmes spécifiques.

La place Crèvecœur a, en fait, été le premier

site à bénéficier d’une mise en lumière : installées

tout autour de la place, 36 colonnes Creille,

fabriquées sur mesure par Technilum, rendent

hommage à la dentelle de Calais. « Les projecteurs

restent en blanc fixe et l’intérieur

de la colonne change de couleur en RGBW.

Tous les scénarios de mise en lumière et de

projection de gobos (plusieurs thèmes), incluant

les trois monuments, sont synchronisés

», précise le concepteur lumière.

L’église Saint-Pierre

De style néo-gothique, en forme de croix latine,

cette église fut construite de 1862 à 1870 et

on doit son architecture à Émile Boeswillwald,

élève de Viollet-le-Duc. Elle compte 11 niveaux,

balayés par un éclairage rasant allant

du blanc chaud au blanc neutre en haut. « Le

premier niveau est mis en lumière par des

projecteurs discrètement encastrés dans le

sol, invisibles durant la journée, qui soulignent

les contrastes chromatiques saisissants

entre la brique rougeâtre et les contreforts

en pierre blanche, reprend Sylvain Bigot.

L’imposant vitrail du portail, illuminé depuis

l’intérieur, projette vers l’extérieur ses

couleurs éclatantes, établissant un dialogue

entre les espaces intérieur et extérieur du

monument. »

La Bourse du travail.

© Xavier Boymond

© Xavier Boymond

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 27


Lumières Projets

Le clocher, élément culminant à 65 m de hauteur,

impressionne par son élégance. Son impact

visuel s’intensifie particulièrement lorsqu’on

l’observe depuis la rue du Jardin des Plantes, où

sa silhouette élancée se détache avec majesté

dans le paysage urbain. Pour accentuer sa présence

nocturne, des projecteurs extérieurs

viennent en soutien une fois la nuit tombée.

La Bourse du travail

Édifiée de 1937 à 1939 au cœur du quartier

ouvrier de Saint-Pierre par l’architecte Roger

Poyé, cette ancienne Bourse du travail, aujourd’hui

salle de spectacles, offre une façade

austère qui s’élève sur quatre étages. La mise

en valeur lumineuse des parties inférieures du

bâtiment souligne les entrées. Elle est réalisée

à l’aide de projecteurs positionnés en contreplongée

le long des piliers de chaque portail de

la façade principale, valorisant ainsi la texture

et la couleur caractéristiques des briquettes de

parement.

« Le bas-relief est éclairé par quatre réglettes

installées en remplacement des projecteurs

préexistants. Cette configuration révèle le

fronton grâce à un éclairage en plongée

parfaitement maîtrisé. Au pied de chaque

pilier et au-dessus du bas-relief, des projecteurs

créent un contrepoint coloré qui

accentue les détails du béton, plus clair que

les briquettes de parement, sublimant ainsi

les nuances architecturales de l’édifice »,

précise Sylvain Bigot.

Des projecteurs installés sur les nouveaux mâts

d’éclairage public permettent de balayer délicatement

le haut de la façade, tout en mettant

en valeur l’écusson aux armes de la cité qui surmonte

les baies, ainsi que l’arête distinctive de

la couverture en cuivre.

Le palais de justice

Pour la mise en lumière du bâtiment, Sylvain Bigot

a positionné les luminaires discrètement sur

le bâtiment lui-même afin de préserver l’intégrité

esthétique du monument, tant de jour que de nuit,

en réutilisant des chemins de câble existants le

long des corniches et en ajoutant des projecteurs

en plongée. « Le concept d’éclairage développé

pour cet édifice joue sur les différentes perspectives

du monument, tant horizontales que

verticales et sur la symétrie remarquable de

l’architecture, détaille Sylvain Bigot. Le rez-dechaussée

bénéficie d’un éclairage en plongée,

assuré par des projecteurs installés sous la corniche

du premier étage. Cette technique permet

de maintenir les fenêtres du rez-de-chaussée

dans une relative pénombre, créant un

jeu de contrastes clair-obscur avec le reste de

la façade. Des projecteurs installés au pied des

fenêtres du premier étage illuminent simultanément

ces ouvertures et les riches ornements

qui les surplombent. Cette continuité d’éclairage

assure une cohérence visuelle avec le traitement

lumineux du rez-de-chaussée. » n

Isabelle Arnaud

Le palais de justice.

© Xavier Boymond

© Xavier Boymond

28 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025



Lumières Perspectives

ARTEMIDE : créer une lumière

humaine et responsable

Fondé en 1960 par Ernesto Gismondi, le Groupe Artemide a son

siège à Pregnana Milanese. Il comprend 18 filiales et un réseau

de distribution où se distinguent 14 showrooms monomarques

dans les villes les plus importantes du monde. Artemide est

distribué dans 107 pays. Par ses 5 unités de production en Italie,

Hongrie et au Canada, une verrerie et sa structure de Recherche

& Développement, le Groupe emploie environ 600 salariés dans

le monde, dont 50 dans des activités de R&D. Aujourd’hui, les

collections Artemide représentent un croisement unique de

valeurs : l’approche à la lumière humaine et responsable se

conjugue avec un savoir-faire conceptuel et matériel.

Guillaume BASTIEN

Country manager Artemide France

Dès le début, Artemide affiche sa singularité en collaborant

avec les plus grands noms du design…

En effet. L’histoire d’Artemide commence en 1960 à Milan, avec ses

fondateurs Enesto Gismondi, ingénieur aérospatial de formation et

Gismondi comprend combien il est essentiel de travailler avec des

designers de talent comme Vico Magistretti (prix Compasso d’Oro en

1967 pour la lampe Eclisse), Richard Sapper (qui dessine la célèbre

lampe Tizio), Michele De Lucchi et Giancarlo Fassina (designers de

la lampe Tolomeo), Ettore Sottsass (lampe Pausania). Il met ainsi en

place un véritable cercle vertueux d’innovations. Au fil des décennies,

Artemide, parallèlement à son expansion internationale, a su

conserver cette essence familiale et cette dynamique de collaboration

avec des designers de renom. Il y a aujourd’hui un équilibre

stratégique entre les collaborations externes et le développement

interne en ce qui concerne la création de ses produits.

Nombreux sont les architectes et designers

qui ont signé des produits Artemide ?

Oui, tout à fait. On peut citer Herzog & de Meuron (lampe Pipe),

l’agence BIG (Bjarke Ingels Group, pour Alphabet of Light), Carlo

Colombo (pour Zephyr), Neil Poulton qui a signé de nombreuses

lampes pour Artemide. Ces partenariats ont permis à la marque

d’intégrer différentes perspectives esthétiques et culturelles qui ont

fait la richesse de notre catalogue. Notre département Recherche &

Développement travaille bien entendu en étroite collaboration avec

tous ces designers. Ils proposent des concepts que notre équipe

technique interne aide à concrétiser, apportant son expertise et sa

connaissance de la technologie led et des différents systèmes de

contrôle de l’éclairage. Cette approche permet à Artemide de rester

à la pointe de l’innovation tout en maintenant une identité cohérente

et forte qui combine la vision artistique des designers et le

savoir-faire technologique interne. Soulignons que 97 % des composants

de nos produits sont issus de l’Union européenne et que nous

avons adhéré au Pacte mondial des Nations Unies dès 2019.

© DR

À quoi correspond cet engagement ?

Le Pacte mondial des Nations unies propose un cadre d’engagement

volontaire reposant sur dix principes, issus des textes fondamentaux

30 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Perspectives

“Artemide est à la fois ouverte sur le monde

et enracinée dans une tradition artisanale.”

des Nations unies, à respecter en matière de droits

humains, de droit du travail, d’environnement et de

lutte contre la corruption. Il s’agit d’une démarche de

RSE qui permet d’aligner le monde économique français

avec l’agenda 2030 et les objectifs de développement

durable de l’ONU. Cette adhésion témoigne

donc de notre volonté d’aligner notre stratégie sur un

modèle de développement durable et responsable. Ce

qui correspond tout à fait à la philosophie d’Artemide

fondée sur « The Human and Responsible Light », une

lumière humaine et responsable qui nous permet de

conserver une excellence créative constante depuis

plusieurs décennies ; c’est un point central de notre

stratégie, à la fois à l’échelle internationale et dans la

filiale française.

Quand avez-vous pris la direction

de la filiale française ?

Je suis arrivé chez Artemide en 2023. J’avais été séduit

par la vision d’une marque internationale ouverte

sur le monde, mais aussi enracinée dans une tradition

artisanale – du verre, notamment – avec ce que j’appelle

une dimension « vibratoire » qui traduit l’énergie

singulière qui émane d’Artemide et qui résonne

auprès des prescripteurs et de nos clients. Cette

vibration se manifeste par notre manière d’aborder la

lumière : chez Artemide, l’éclairage n’est jamais pensé

comme un simple élément fonctionnel ou décoratif

mais comme une composante essentielle du bien-être

humain. C’est ce qui fonde notre philosophie « The

Human and Responsible Light ». Ce n’est pas juste

un slogan mais une véritable conviction, notamment

de notre présidente Carlotta de Bevilacqua. Cette

approche nous permet de proposer des solutions sur

mesure, de relever des défis complexes que nous soumettent

les designers et les architectes. C’est pourquoi,

au sein de la filiale française, nous nous sentons

tous ambassadeurs de la marque.

Vous pouvez préciser ?

Être ambassadeur exige l’excellence d’exécution sur

le terrain ; cela implique bien plus que la connaissance

des produits et des arguments commerciaux : il

faut connaître l’histoire des produits, de leur design,

la manière dont ils ont été conçus, la vision qu’ils

incarnent et comment ces luminaires, ces solutions

d’éclairage peuvent transformer l’espace. Cela suppose

aussi de dialoguer d’égal à égal avec les professionnels

exigeants – architectes, designers – et

de savoir traduire leur vision en solutions concrètes.

C’est un rôle de conseil et d’expert qui va bien au-delà

d’une simple vente ; on a la responsabilité de faire

vivre cet héritage. On ne peut pas être un ambassadeur

convaincant sans être soi-même convaincu.

Pour moi, cela signifie une immersion dans un univers

où l’excellence technique, la créativité, l’innovation,

se conjuguent pour porter une vision humaniste

de la lumière. C’est le rôle de notre équipe en France,

qui compte 21 personnes, 7 secteurs commerciaux,

plus Paris et la région parisienne avec 13 commerciaux

prescripteurs, 2 personnes dédiées au bureau

d’études, 2 au showroom. Nos projets couvrent des

lieux prestigieux, dans le secteur privé ou dans le

patrimoine culturel. L’éventail est large avec, comme

on l’a vu à Euroluce, des solutions conçues dans un

réel engagement écologique.

Comment se traduit cette démarche écologique ?

Nos produits sont fabriqués à partir de matériaux

recyclés, avec des procédés de fabrication à faible

impact environnemental. Par exemple, on a développé

un système de ligne continue Somnĭum, qui

intègre de manière transparente l’optique PMMA, la

structure et la production en une solution unique et

raffinée. Le résultat est une lumière douce et contrôlée

qui se propage harmonieusement avec une émission

directe et indirecte, assurant une perception

visuelle naturelle et confortable. Helgoland a également

été présenté à Euroluce [voir notre rubrique

nouveaux produits à la fin de cette édition] : ce

downlight est doté d’une technologie brevetée reposant

sur une structure hexagonale, optimisant le flux

lumineux pour un éclairage uniforme. L’optique ultrafine

réfractive intègre une lentille circulaire qui capte

et contrôle 100 % de la lumière émise. De plus, nous

avons adapté nos produits à la demande des concepteurs

lumière. Artemide a d’ailleurs rejoint l’ACE en

2023 (Association des concepteurs lumière et éclairagistes)

en tant que membre actif (fabricant) renforçant

nos relations avec les concepteurs lumière,

nos principaux interlocuteurs pour défendre nos

solutions auprès des architectes.

Et demain ?

Pour ma part, mon ambition est de renforcer la présence

d’Artemide auprès des architectes en France.

La marque est déjà perçue comme haut de gamme ;

les prescripteurs ont bien compris la nécessité de

s’engager sur un éclairage de qualité, des solutions

à valeur ajoutée et sur mesure, qui allient innovation

et esthétisme. Artemide accompagne la réflexion des

architectes, des designers, des bureaux d’études, afin

de devenir ensemble les précurseurs d’un éclairage

véritablement inspirant ! n

Propos recueillis par Isabelle Arnaud

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 31



Lumières Dossier

Éclairage des

établissements d’enseignement

et bibliothèques

© Kamil Krupa

Dossier réalisé par Isabelle Arnaud

© Etap Lighting. Photo Marc Detiffe

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 33


Lumières Dossier

© Performance iN Lighting Photo : Jaap Lotstra

École primaire Het Epos, Rotterdam, Pays-Bas - Maître d’ouvrage : Stichting De Verre Bergen - Maître d’œuvre/architecte : SeARCH –

Installateur : Huisman Installatietechniek – Solution éclairage : Performance iN Lighting.

L’éclairage dans les établissements scolaires et culturels constitue aujourd’hui un vecteur

stratégique d’optimisation énergétique, de confort visuel et de performance fonctionnelle.

Ce dossier s’inscrit dans une approche systémique de la rénovation des infrastructures

éducatives, en croisant les enjeux d’efficience énergétique, de qualité environnementale

et d’adéquation aux usages. Il examine les recommandations institutionnelles, notamment

celles du ministère de l’Éducation nationale dans le cadre du programme Bâti scolaire et

ÉduRénov, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de capteurs de luminosité,

pilotage DALI, luminaires led à haut rendement ou encore de dispositifs d’éclairage centrés

sur l’humain (HCL). À travers des retours d’expérience concrets – lycées HQE, auditoriums

intelligents, bibliothèques à pilotage automatisé –, on constate la convergence entre

innovations techniques et objectifs de développement durable. Les conceptions lumière,

qu’elles concernent le neuf ou la rénovation, s’intègrent dans des contextes architecturaux

variés dans lesquels l’éclairage est pensé comme un outil au service de la pédagogie,

de la sobriété énergétique et du confort des usagers.

34 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

Dans un précédent dossier (Lumières

N° 43) portant sur l’éclairage des

locaux d’enseignement, nous avions

mentionné la création du site « Bâti scolaire

», créé par le ministère de l’Éducation

nationale, qui met à disposition plusieurs

guides (de la maternelle au lycée, en passant

par le collège) dont un chapitre traite

spécifiquement de l’éclairage.

Ces documents rappellent qu’un bon éclairage

contribue à limiter la fatigue et à

réduire l’apparition de la myopie chez les

jeunes. Chez les enfants plus petits, l’éclairage

favorise le bon développement de

l’oculo-motricité et de la vision. Pour le ministère,

l’éclairage artificiel doit être conçu

comme un relais à la lumière naturelle, et

uniquement envisagé lorsque la luminosité

naturelle n’est pas suffisante. C’est pourquoi

la conception architecturale privilégie

autant que possible la pénétration de

la lumière naturelle au sein des espaces

scolaires. Dans ce contexte, le ministère

recommande la mise en œuvre de dispositifs

automatiques de détection de lumière

du jour afin de ne faire appel à l’éclairage

artificiel que lorsque cela est nécessaire.

Le spécialiste de la détection, B.E.G., a par

exemple développé des solutions comme

des détecteurs de plafond (du type PD2-

KNX) qui permettent de réaliser d’importantes

économies grâce à la commande

d’éclairage asservie à la lumière du jour,

surtout dans les salles de classe où les apports

de lumière naturelle sont généreux.

Le fait que le détecteur éteigne la lumière

dès que plus aucun mouvement n’est identifié

évite que la lumière reste allumée durant

les récréations ou à la fin des cours.

Le signal de présence des détecteurs de

plafond sert également à la régulation de la

température dans chaque pièce.

Human Centric Lighting : la lumière

pensée pour l’humain

Le concept de Human Centric Lighting

(HCL), ou éclairage centré sur l’humain,

s’impose progressivement. La plupart des

fabricants développent depuis quelques

années déjà des systèmes se rapprochant

le plus possible de la lumière naturelle.

Chez Ledvance, le système Biolux HCL

fournit « la bonne lumière au bon moment,

et crée un environnement de

travail qui simule les variations de la

lumière naturelle, y compris ses effets

visuels, biologiques et émotionnels. Pour

obtenir cet effet, les luminaires sont commandés

par un contrôleur intelligent

doté de modes d’éclairage appropriés.

Par exemple, une lumière d’un blanc

froid le matin peut être dynamisante,

tandis qu’une lumière d’un blanc chaud

est relaxante ». D’après le fabricant, cette

• • • Suite p. 38

© Trilux

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 35


Lumières Dossier

École primaire Het Epos,

Rotterdam, Pays-Bas

par Performance iN Lighting

Maître d’ouvrage : Stichting De Verre Bergen

Maître d’œuvre/architecte : SeARCH

Installateur : Huisman Installatietechniek

L

’école primaire Het Epos se situe dans

le quartier de Zuidwijk à Rotterdam. Ce

nouveau bâtiment scolaire a été construit

pour être prêt pour l’avenir.

Le cabinet d’architectes SeARCH, en collaboration

avec l’entrepreneur De Groot Vroomshoop, a mis

au point une nouvelle méthode de construction :

une école circulaire entièrement en bois qui peut

être facilement démontée, déplacée, agrandie

et élargie. En travaillant avec des modules

préfabriqués, le temps de construction sur le site

est réduit au minimum et une école entièrement

nouvelle est construite en quelques mois

seulement. Het Epos se compose de 75 modules

préfabriqués en bois qui peuvent, si nécessaire,

être déplacés à un autre endroit, ce qui rend

l’école à l’épreuve du temps. Les installations

sont intégrées, ce qui permet non seulement

d’augmenter le niveau de préfabrication en usine,

mais aussi d’améliorer la qualité visuelle.

L’intérieur associe surfaces en bois et ouvertures

en verre, créant une atmosphère fraîche, mais

également chaleureuse et confortable où les

enfants peuvent apprendre dans un environnement

sûr et protégé. En plus des salles de classe, l’école

comprend un gymnase avec vestiaires et douches,

une salle technique, une médiathèque, une grande

cuisine et une cour verdoyante.

L’atrium central constitue le cœur du bâtiment et

abrite à la fois l’entrée et l’accès à l’étage supérieur.

Le large escalier multifonctionnel sert tantôt de

tribune, tantôt de scène ou simplement de lieu de

rencontre informel pendant les heures de cours.

L’atrium est équipé de l’A100 avec réflecteur, tandis

que la série GYM LED résistante aux balles a été

installée dans le gymnase.

Pour les salles de classe et les couloirs, le choix

s’est porté sur les luminaires suspendus et

apparents SL764 LED, qui sont déjà intégrés

dans les modules préfabriqués à l’usine grâce au

configurateur en ligne Light-Performer.

Tous les choix du projet ont été faits en étroite

concertation avec toutes les parties concernées, ce

qui a permis d’obtenir un résultat très satisfaisant.

© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra

© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra

© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra

36 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

© Performance iN Lighting - Photo Jaap Lotstra

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 37


Lumières Dossier

• • • Suite de la p. 35

approche permettrait jusqu’à 14 % d’amélioration

des capacités d’apprentissage.

Ces dispositifs sont souvent mis en œuvre

dans les établissements neufs. Pour autant,

le ministère n’a pas oublié les bâtiments

existants et avait lancé en 2022, et

pour 5 ans, le programme ÉduRénov. Il

est piloté par la Banque des territoires et

mobilise 2 milliards d’euros pour les prêts

et 50 millions pour l’ingénierie. Les collectivités

bénéficient également d’un accompagnement

gratuit et personnalisé tout au

long de leur plan de rénovation scolaire,

en fonction de la maturité du projet. Pour

être éligible au programme, le projet doit

porter sur des établissements scolaires ou

éducatifs et viser au moins 40 % d’économie

d’énergie.

ÉduRénov a même lancé cette année les

Prix de la Rénovation scolaire 2025 pour

récompenser les projets de rénovation

exemplaires dans les écoles, collèges et

lycées, et afin d’encourager les collectivités

à s’engager et à mieux intégrer les

enjeux énergétiques et climatiques.

Lycée polyvalent Alice Milliat,

Pontchâteau (44) : une rénovation durable

ACTiLED Lighting a participé à cette rénovation

(réalisée en dehors d’ÉduRnov),

en concevant et fabriquant sur mesure,

à Nantes, un éclairage led économe en

énergie, décliné en différentes longueurs,

puissances et avec des finitions adaptées à

chaque espace. Depuis la rentrée scolaire

2024, le lycée, certifié Haute Qualité Environnementale

Bâtiment Durable (HQE

BD) peut accueillir jusqu’à 1 000 élèves.

Le projet met à l’honneur des matériaux

naturels. Les murs de la salle de restauration

sont habillés de rondelles de bois récupérées

du parc naturel du lycée. « Dans

cet habillage naturel, les linéaires à led

ACTiLine 3535 finition en aluminium

noir se fondent parfaitement dans cette

architecture. L’ajustement des linéaires

• • • Suite p. 42

Le système Biolux HCL de Ledvance adapte

automatiquement l’éclairage artificiel aux variations

de la lumière du jour grâce à un algorithme intelligent.

International Fashion Academy, rue Scipion à Paris

Bureau d’études éclairagiste : Alto

Installateur : EPLS

Architecte : Agence Wilmotte & associés

Neko Lighting est intervenu pour la rénovation de l’éclairage.

C’est l’applique Koi qui a été retenue et placée sous les

voûtes en version directe/indirecte de chaque côté de la

circulation. L’auditorium est éclairé par des downlights

Sense dans la partie centrale et les Takeo sur les côtés et

l’estrade. Les circulations, hall d’entrée et paliers avec des

Kenzo spéciaux sur plaque par 3 et Senses insérés dans des

failles minimalistes noires.

© Neko Lighting. Photo Didier Boy de la Tour © Ledvance

38 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025



Lumières Dossier

Université de Bath,

Grande-Bretagne

par Erco

Maître d’ouvrage : Université de Bath

Architecte : Hopkins (concept), AWW (réalisation)

Études d’électricité : Hoare Lea

L’inspiration et l’ambition sont au cœur

de l’université de Bath. L’université

abrite une école de management.

Le bâtiment regroupe un certain nombre

d’anciens bureaux, qui étaient auparavant

dispersés sur le campus, afin de créer un pôle

polyvalent pour le corps enseignant et les

étudiants. Erco a travaillé plusieurs années

avec l’université et fournit avec succès des

solutions d’éclairage de qualité pour de

nombreux bâtiments du campus, du centre

sportif aux résidences étudiantes. Grâce

à cette relation de longue date, Erco

est à même de comprendre la vision

et les exigences de l’université en matière

de conception.

Ce site est une référence en matière

d’enseignement au cœur du campus

Claverton Down de l’université de Bath.

Avec ses sept étages, dont deux niveaux de

sous-sol, et son architecture remarquable,

le bâtiment est impressionnant. Le luminaire

apparent Atrium habille l’architecture,

dynamise l’espace et met en valeur des

éléments tels que le plafond lambrissé et

l’escalier en colimaçon.

Pour Erco, l’éclairage du secteur de

l’enseignement est en phase avec sa

volonté de donner naissance à des espaces

d’apprentissage inspirants, flexibles et à

l’épreuve du temps. La marque a reçu la

mission de fournir toute une série de solutions

pour éclairer l’ensemble du bâtiment de

l’école de management, de mettre en place

des solutions pour non seulement mettre

en valeur l’architecture et garantir une

conception et un agencement modulables,

mais aussi pour améliorer les coûts

d’exploitation et respecter l’environnement.

Un éclairage efficace et confortable

Le concept est à la fois institutionnel et

professionnel tout en offrant une ambiance

décontractée aux étudiants et aux membres

du personnel. L’objectif était de créer un

espace favorisant la collaboration entre

les étudiants, les universitaires et les

professionnels.

Nichée à l’entrée principale du campus, l’école

a été conçue par l’agence d’architecture

britannique Hopkins, entreprise pionnière

et primée. En étroite collaboration avec

Hopkins, AWW et Hoare Lea, Erco a participé

à un véritable travail d’équipe pour donner vie

à ce concept.

La nouvelle annexe du campus comprend

un laboratoire de création d’entreprise

pour les étudiants, un pôle d’employabilité

pour les partenaires industriels en visite

afin de préparer les étudiants au monde

du travail, un café, un laboratoire de

recherche comportementale pour étudier

les environnements réels et numériques et

huit amphithéâtres, ainsi qu’un auditorium

de 250 places. Grâce à tout un éventail de

fonctionnalités et d’installations, le système

d’éclairage et les luminaires répondent aux

besoins de flexibilité et permettent d’éclairer

les différentes tâches, afin de créer un espace

propice à l’innovation et à la collaboration. Les

installations de recherche et d’enseignement

sont à la pointe de la technologie et

renforcent la réputation internationale tant de

l’école que de l’université.

© Erco. Photo Martina Ferrera

© Erco. Photo Martina Ferrera

40 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

© Erco. Photo Martina Ferrera

© Erco. Photo Martina Ferrera

© Erco. Photo Martina Ferrera

Une gestion affinée de la lumière

Le downlight Quintessence d’Erco fonctionne

avec la lumière naturelle qui pénètre par

l’atrium en verre et dont l’intensité varie en

fonction du rythme circadien naturel du jour.

Cette approche de l’éclairage favorise le

confort visuel et l’efficacité énergétique, sans

compromettre la qualité de la lumière.

Des downlights Compar pour rails

conducteurs apportent une dynamique ciblée

en offrant une approche d’éclairage zonal audessus

des bureaux et des espaces de travail

de l’école de management.

Dans tout l’espace, la lumière n’est utilisée

que là où elle est nécessaire, créant un

environnement de travail efficace et durable.

Cette approche fait partie de l’éthique

Greenology d’Erco, qui fait appel à sa propre

technologie de lentilles pour projeter la

lumière avec précision sur la surface cible.

Il n’y a donc pas de lumière parasite. Cette

démarche est jusqu’à 60 % plus efficace

que les méthodes classiques de contrôle de

la lumière qui utilisent la technologie des

réflecteurs. Cela permet d’obtenir des niveaux

d’éclairement élevés de qualité et d’apporter

un éclairage précis, sans gaspillage

d’énergie. Cette conception holistique et à

faible consommation d’énergie a permis à

l’école de management de disposer d’un

bâtiment à faible émission de carbone et au

fonctionnement très efficace.

Flexibilité et durabilité

« Le bâtiment de l’école de management

constitue vraiment une extension spectaculaire

et pérenne de la prestigieuse université de

Bath. Les solutions d’éclairage permettent

d’optimiser la flexibilité de l’espace tout en

offrant une qualité de lumière maximale. Celleci

se fond parfaitement dans l’architecture.

Le besoin de flexibilité et les exigences

élevées en matière de durabilité sont des

aspects que l’architecture et les solutions

d’éclairage ont pris en compte pour créer

un pôle communautaire pour les étudiants

et l’ensemble du personnel », commentait

Michael Wilson, responsable de l’équipement

de l’université de Bath.

Les luminaires Quintessence, Atrium et

Compar soulignent l’architecture durable à

l’épreuve du temps ainsi que la technologie

pédagogique dans l’ensemble de l’espace.

Que ce soit dans le hall principal, dans les

couloirs ou dans les amphithéâtres, ces

solutions soutiennent l’engagement en faveur

de l’efficacité énergétique et de la réduction

des émissions carbone.

« Erco éclaire les espaces dans tout le

secteur de l’enseignement, du primaire au

supérieur. Ce qui nous permet d’accompagner

l’évolution de l’apprentissage en fournissant

des luminaires et une technologie intégrée qui

répondent à la vision du client pour créer des

environnements pédagogiques durables pour

les étudiants et les membres du personnel »,

déclare Steve Thompson, directeur des

ventes chez Erco.

Grâce à la collaboration avec Hoare Lea,

AWW, Hopkins et l’université de Bath, le

bâtiment de l’école de management constitue

une référence non seulement pour l’université,

mais aussi pour le secteur de l’enseignement

dans son ensemble, car il ouvre la voie à de

nouveaux concepts d’aménagement des

environnements d’apprentissage.

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 41


Lumières Dossier

Lycée polyvalent Alice Milliat, Pontchâteau (44)

Projet financé par la Région Pays de la Loire

Architecte : ARS Rocheteau Saillard

BE : EGIS Bâtiment Centre Ouest

Installateur luminaires : Cegelec

Matériel d'éclairage : ACTiLED

• • • Suite de la p. 38

est réalisé grâce à un système de fixation

développé sur mesure s’adaptant

à la distance d’entraxe entre les lames

de bois », détaille Mayssoune Fardet, responsable

marketing et communication,

ACTiLED. Le hall d’accueil bioclimatique

végétalisé conçu dans une démarche de

développement durable HQE BD relie

les deux cours extérieures de récréation,

le restaurant scolaire et les ateliers. Des

rampes linéaires ACTiLine 3535 en applique

sont encastrées dans les plafonds

bois et éclairent les circulations, mettant

en lumière les hauts volumes de ce préau

intérieur. Dans le Centre de documentation

et d’information du collège, des suspensions

tubulaires led – 640 mm, 940 mm

et 1 240 mm – diffusent à 360° une lumière

harmonieuse (4 000 K, IRC 90) et

uniforme dans la salle dédiée à la lecture

et au travail numérique.

© ACTiLED Lighting

Éclairage intelligent au service

de l’éducation

À Montpellier, Inéo a fait appel à Disano

pour optimiser l’éclairage de deux auditoriums

à l'université Paul-Valéry. Une collaboration

qui a permis de mettre en place

une solution d’éclairage performante,

simple à installer et intuitive pour les

enseignants. Nacim Harrou, chef de projet

chez Inéo, explique : « Notre objectif

était de trouver une solution d’éclairage

économique, ergonomique et surtout

facile à gérer par les utilisateurs. Les

auditoriums nécessitaient des systèmes

flexibles, adaptés à la lumière naturelle

et à l’occupation des espaces. »

« Face à ces exigences, commente Franck

Gavel, responsable technique, Disano a

préconisé des armatures industrielles

© ACTiLED Lighting

© ACTiLED Lighting

42 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

Saturno Led 100 W. Ces luminaires ont

été spécialement adaptés par l’installateur

Inéo. Des enjoliveurs métalliques

sur mesure ont été conçus et intégrés

aux faux plafonds des auditoriums,

offrant une esthétique soignée. » La solution

d’éclairage a été complétée par un

système de gestion DALI intuitif. Des interfaces

murales permettent aux enseignants

de moduler l’intensité lumineuse en fonction

du taux d’occupation de l’auditorium.

L’ensemble offre un confort visuel optimal

tout en contribuant à la réduction de la

consommation énergétique. La programmation

et la mise en service du système

ont été réalisées conjointement par les

équipes de Disano et d’Inéo. « La présence

d’Inéo lors de cette étape a été essentielle

pour garantir une parfaite adéquation

de la solution avec les besoins du projet,

poursuit Franck Gavel. Cette collaboration

a permis de concilier performance

technique, simplicité d’utilisation et

esthétique, et optimiser les conditions

d’apprentissage dans les auditoriums. »

Dans les établissements scolaires, l’éclairage

joue un rôle primordial également

• • • Suite p. 46

© Disano

Rénovation de deux auditoriums à l'université Paul-Valéry à Montpellier.

Étude d’éclairage : Inéo et Disano.

© Disano

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 43


Lumières Dossier

© Darlington Library

Bibliothèque

de Darlington, RU

par Zumtobel

Maîtrise d’ouvrage : Conseil municipal de Darlington

Installateur : Lytestream

Les marques d’éclairage Thorn et

Zumtobel du groupe Zumtobel et

l’entrepreneur Lytestream ont conçu

une solution d’éclairage complète pour

la bibliothèque de Darlington qui allie

harmonieusement préservation du patrimoine

et fonctionnalité moderne.

La bibliothèque de Darlington témoigne du

riche patrimoine historique et culturel de la

ville. Construite en 1885 et agrandie en 1933,

elle présente une valeur architecturale et

culturelle. Les récents travaux de rénovation

et de restauration ont visé à préserver sa

signification historique tout en intégrant des

éléments modernes répondant aux besoins

des usagers actuels.

© Darlington Library

44 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

© Darlington Library © Darlington Library

Le principal défi de l’éclairage

L’objectif principal du projet de restauration

était de préserver la fonction centrale de la

bibliothèque comme point de service essentiel

pour le réseau de bibliothèques de Darlington,

incluant le Centre d’études locales et la galerie

d’art. Le projet devait souligner les éléments

patrimoniaux du bâtiment tout en intégrant des

équipements modernes, comme l’éclairage,

afin de garantir sa pertinence au XXI e siècle.

Le défi majeur en matière d’éclairage était

de proposer un système qui ne nuise pas

visuellement à l’apparence architecturale du

bâtiment, tout en offrant un intérêt visuel et

une fonctionnalité optimale.

Une solution colorée et contrôlée

Le groupe Zumtobel, par l’intermédiaire de

Lytestream, a fourni une solution d’éclairage

complète, adaptée aux besoins spécifiques

de la bibliothèque de Darlington. Les produits

utilisés comprenaient les systèmes Tecton,

Slotlight, Slotlight rond

et Litecom de Zumtobel,

ainsi que les luminaires

de Thorn : Cesar, Contrast

RGBW, Piazza, Blade

RGBW, Katona, PopPack,

Aquaforce MWS et IQ

Wave suspendu.

Tecton offrait une

installation rapide avec

un câblage minimal, idéal

pour l’introduction de

commandes d’éclairage.

Les Slotlight, Slotlight

ronds et les projecteurs

Vivo s’intègrent

parfaitement dans la

structure du bâtiment,

tandis que les versions à capteur Aquaforce

de Thorn assurent un éclairage automatisé

dans la zone des archives, le tout piloté par le

système Litecom de Zumtobel.

Mise en lumière des espaces clés

Au Centre d’études locales, l’éclairage joue

un rôle essentiel pour améliorer à la fois

la fonctionnalité et l’esthétique du lieu. Un

éclairage de qualité offre un environnement

propice à la recherche et à l’étude, créant une

atmosphère à la fois productive et agréable.

Par ailleurs, l’éclairage met en valeur les détails

raffinés du plafond décoratif, permettant

aux visiteurs d’apprécier des éléments

architecturaux qui seraient autrement restés

inaperçus.

La galerie, avec son plafond haut, est un

espace véritablement remarquable qui

impressionne par ses plâtres complexes et sa

peinture minutieuse. À l’intérieur, un éclairage

fonctionnel et d’accentuation soigneusement

conçu, intégrant les projecteurs Vivo de

Zumtobel, joue un rôle crucial dans la mise en

valeur des expositions d’art temporaires.

Inspirée d’une forêt enchantée, la bibliothèque

pour enfants crée une atmosphère magique

et accueillante, captivant l’imaginaire des

petits comme des grands. L’éclairage décoratif

y est une touche bien pensée qui enrichit

l’ambiance et offre une expérience sensorielle

unique. Les changements d’éclairage

permettent de créer des ambiances

différentes, rendant l’espace encore plus

enchanteur et immersif.

Efficacité énergétique et flexibilité

pour l’avenir

La nouvelle solution d’éclairage présente de

nombreux avantages : efficacité énergétique,

flexibilité pour d’éventuelles évolutions futures,

contrôle total de l’éclairage et sélection des

couleurs dans des zones spécifiques telles

que la bibliothèque des enfants. Un contrôle

efficace dans les archives a également été mis

en place, améliorant la fonctionnalité tout en

respectant l’intégrité historique du bâtiment.

Suzy Hill, responsable de la bibliothèque,

Services Group, au sein du conseil municipal

de Darlington, a déclaré : « La solution

d’éclairage proposée par le groupe Zumtobel

pour la bibliothèque de Darlington a su allier

préservation du patrimoine et modernité, créant

un espace dynamique et fonctionnel pour la

communauté. Le projet illustre un engagement

fort envers la préservation du patrimoine

historique et culturel tout en s’ouvrant au

progrès et à l’innovation. La bibliothèque de

Darlington demeure une institution précieuse,

offrant un service moderne tout en étant un

symbole vivant de l’histoire et du patrimoine de

la ville. »

© Darlington Library

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 45


Lumières Dossier

• • • Suite de la p. 43

dans les bibliothèques, où des besoins

contradictoires se font parfois ressentir :

éclairage de grands volumes, éclairements

élevés et ambiances intimistes.

© iGuzzini. Photo Luis Diaz Diaz © iGuzzini. Photo Luis Diaz Diaz

Bibliothèque Rosalía de Castro

Maître(s) d’ouvrage : Ville de Vilagarcia (Espagne)

Maître(s) d’ouvrage : Ville de Vilagarcia

Architectes et concepteurs lumière : RVR Arquitectos

Entreprise de construction : Obras Gallaecia

Installation : Inous Ingenieria Integrada

© iGuzzini. Photo Luis Diaz Diaz

« Décarboner le livre et l’édition »

Le bureau des acclimatations et l’université

de Grenoble-Alpes, Master Métiers du

Livre et de l’édition, pilotent, depuis 2022

(et jusqu’à octobre 2025) le projet « Décarboner

le livre et l’édition ». Financé par

l’État dans le cadre du dispositif « Soutenir

les alternatives vertes dans la culture » de

la filière des industries culturelles et créatives

(ICC) de France 2030, opéré par la

Caisse des Dépôts, ce programme est publié

par la Banque des territoires. L’autrice

de ce rapport, Fanny Valembois, est chercheuse

indépendante, consultante et formatrice,

spécialiste des démarches de décarbonation

des organisations culturelles.

Elle souligne que l’éclairage d’une bibliothèque

requiert des niveaux d’éclairement

différents selon les zones. Par exemple, le

Code du travail exige 40 lux pour les circulations

intérieures, 60 lux pour les escaliers,

120 lux pour les locaux de travail et

200 lux pour les locaux aveugles. La norme

NF EN 12464-1 préconise, quant à elle,

200 lux pour les rayons de livres et 500 lux

pour les zones de lecture.

Le rapport met également en garde contre

les détecteurs de présence qui peuvent devenir

de véritables faux-amis dans deux cas

précis : « La lumière s’allume automatiquement

alors qu’elle n’est pas utile : si

l’espace dispose de lumière naturelle, il

n’est pas nécessaire d’allumer l’éclairage

artificiel en plus. Si le détecteur de présence

n’est pas couplé à un détecteur de

luminosité, l’éclairage s’allumera alors

qu’il ne sert à rien. La lumière reste allumée

trop longtemps : c’est fréquemment

le cas pour des éclairages automatiques

de couloirs. Un détecteur de présence

sera donc réellement utile s’il est couplé

à un détecteur de luminosité, et s’il est

correctement réglé. »

L’autrice souligne le potentiel d’économies

que représente un éclairage rénové. Par

exemple, la bibliothèque Perinne-de-Grissac

à Chateaulin (Finistère) a remplacé

29 rampes fluorescentes par 31 dalles

lumineuses led, et installé des détecteurs

de présence et de luminosité. La puissance

électrique de l’éclairage est passée

de 3 364 W à 1 736 W, soit une baisse de

50 %. Si des travaux pour changer les luminaires

ne sont pas envisageables, d’autres

solutions peuvent être expérimentées. La

bibliothèque universitaire de l’université de

46 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

Grenoble-Alpes, par exemple, a mis en place

un « plan d’éclairage raisonné » : des variateurs

permettent d’ajuster l’intensité lumineuse

en fonction de la lumière naturelle.

Des livres, des lux, et des capteurs

À Vilagarcia de Arousa (Espagne), la

bibliothèque Rosalía de Castro accueille

44 000 livres et 38 000 lecteurs. La salle

de lecture est, naturellement, le cœur de

la structure. L’éclairage est assuré par des

luminaires iGuzzini utilisés en 4 000 K :

Isola, Easy et Palco dans leurs différentes

déclinaisons.

La suspension Isola est installée au centre,

avec une optique UGR<19 pour garantir le

meilleur confort visuel. Sur le pourtour de

la salle, des suspensions Easy, toujours

à optique UGR<19, créent un éclairage

doux et diffus, sans ombres sur les tables.

La salle de lecture pour enfants est éclairée

par des luminaires Isola et Easy déclinés

en plafonniers. Des projecteurs Palco

à patère éclairent les espaces près des

fenêtres ainsi que l’ensemble des rayonnages

; les allées sont éclairées de façon

zénithale par des plafonniers Easy, disposés

au-dessus des circulations. L’ensemble

de l’éclairage est géré par un système

Master Pro Evo KNX qui commande tous

les appareils ; à l’intérieur, le bâtiment est

également équipé de capteurs crépusculaires

et de mouvement qui déclenchent

l’allumage et l’extinction des appareils

lorsque cela est nécessaire.

Bibliothèque universitaire Belle-Beille d’Angers.

Rénovation par Ridi.

Rénover en led pour réduire

les consommations

La bibliothèque universitaire Belle-Beille

d’Angers était éclairée par des encastrés

300 x 1 200 fluorescents 2 x 28 W ou

2 x 54 W, intégrés dans un plafond métallique

non démontable. « Le client souhaitait

rénover les luminaires en gardant la

structure du caisson d’origine mais en

optant pour des appareils led, explique

Raynald Vilaine, responsable prescription

Ridi France. Nous lui proposons une solution

avec des modules R Tubes remplaçables

par simple quart de tour sans faire

appel à un personnel qualifié. »

L’opération a permis de passer les

consommations de 25 457 W à 14 038 W et

de réaliser une économie de 45 % tout en

conservant la même installation. La solution

proposée : des modules R Tubes remplaçables

sans outil, d’un simple quart de

tour. « Notre capacité à concevoir et tester

un prototype dans notre laboratoire

certifié a été déterminante », conclut

Raynald Vilaine. n

© Ridi

© Ridi

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 47


Lumières Dossier

© Arthur Péquin

Maîtrise d’ouvrage : Mairie de Saint-Denis-de-Pile (33)

Maîtrise d’œuvre : Marjan Hessamfar & Joe Vérons

architectes associés mandataires

BET structure : EVP ingénierie

BET fluides : Enertek, via infrastructure BET VRD

BET acoustique : Emacoustic

Paysagiste : Atelier Volga

Installateur : SPIE

Médiathèque Boma par Sylvania

Situé au cœur du domaine de Bômale,

à l’entrée du centre-ville de Saint-

Denis-de-Pile, commune de

5 700 habitants, le projet du Pôle festif et

culturel Boma s’est inscrit dans un programme

vaste et ambitieux de remaniement du parc

incluant la construction d’une médiathèque,

la réhabilitation d’une chartreuse du 18 e siècle

ainsi que la revalorisation paysagère du parc

et de ses abords.

La nouvelle médiathèque agit comme une

lanterne : visible dès l’arrivée sur le domaine,

elle marque l’entrée du parc et invite à le

découvrir. La composition des façades est

l’expression du parti pris général du projet : des

façades filantes vitrées, ponctuées de patios,

encadrées par deux lignes horizontales que

forment la terrasse bois et la toiture en porteà-faux

de six mètres sur toute la périphérie de

l’équipement.

L’emploi du verre et du métal renvoie l’image

d’un bâtiment sobre et contemporain qui

contraste avec l’aspect très chaleureux donné

par le bois et sa teinte claire. Il permet d’allier

finesse structurelle et transparence des

volumes, inscrivant le bâtiment avec subtilité

dans son environnement. Une attention

particulière a systématiquement été

portée au confort visuel des usagers, à l’apport

de lumière naturelle et aux vues sur le paysage

extérieur dès l’entrée du bâtiment.

« Nous travaillons depuis longtemps avec

l’agence d’architecture Hessamfar et Vérons,

explique David Amourous, prescripteur chez

Sylvania. L’éclairage, et particulièrement les

luminaires sont parties prenantes du concept

architectural, et nos produits, à l’instar de nos

solutions dédiées aux bureaux issues de notre

usine à Saint-Étienne, peuvent être adaptés

spécifiquement à la demande des architectes

sans complexifier le projet pour autant. »

Lumières sobres et contemporaines

Le bâtiment laisse entrer la lumière au travers

de larges baies vitrées qui constituent les

parois de la médiathèque sur trois côtés.

« La lumière artificielle devait prendre le

relais de la lumière naturelle en douceur, sans

contraste, précise David Amourous, d’autant

48 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

© Arthur Péquin

© Arthur Péquin

© Arthur Péquin

que la maîtrise d’ouvrage a opté pour une

version ON/OFF des luminaires sans détection

de lumière du jour. De plus, les architectes,

voulant conserver cette esthétique sobre, ne

souhaitaient pas de suspensions qui auraient

brisé cette ambiance douce et chaleureuse faite

de transparence et de bois. »

Le bâtiment neuf, de plus de 1 000 m²,

comprend la médiathèque, espace principal du

programme, une salle de réunion, une salle de

conférence et un bureau. Dans la médiathèque

proprement dite, un éclairage direct et indirect

a été réalisé à l’aide de spots Pixo, aux lignes

simples, disposés par deux sur des rails

verticaux sur les parois : l’un orienté vers le

plafond et l’autre vers le sol, créant des halos

au plafond tels des reflets du soleil. C’est le

modèle « large » du projecteur qui a été choisi

en 91 mm de diamètre, et a permis d’obtenir les

400 lux requis au niveau des tables.

« Ce luminaire, précise David Amourous,

apporte un grand confort visuel, pas

d’éblouissement direct, et un équilibre des

luminances très important entre l’éclairage

indirect du plafond et l’éclairage direct sur les

tables. Tous les rails installés sur la paroi bois

ont été peints de la même couleur afin de se

fondre davantage dans l’architecture ».

Le projecteur Pixo offre un indice de rendu des

couleurs supérieur à 90 et une température de

couleur 4 000 K (existe également en 3 000 K).

Éclairage fonctionnel et efficacité élevée

Les autres espaces, comme la salle de réunion

et les bureaux, ont été éclairés de façon

plus classique à l’aide de suspensions. Dans

ces pièces, Sylvania a fait appel aux lignes

lumineuses Rana, en 1,15 m de long, dotées

également d’une température de couleur de

4 000 K. La grille et l’optique prismatique

permettent de limiter l’éblouissement

(UGR < 19) pour un confort visuel optimal.

Cette gamme offre une efficacité lumineuse

allant jusqu’à 123 lm/W.

« Nous avons vraiment basé notre étude

d’éclairage, commente David Amourous,

sur l’architecture contemporaine du

bâtiment, tenant compte de la spécificité de

l’environnement et en restant attentifs aux

souhaits des architectes. »

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 49


Lumières Dossier

Enquête produits

Intelligents et efficaces

Pour lire et écrire, il ne suffit pas d’avoir les bons neurones,

encore faut-il bien voir pour percevoir distinctement les

informations. Qu’elles soient imprimées sur du papier, inscrites

sur un tableau noir, vert ou blanc, ou projetées sur écrans,

elles doivent être parfaitement éclairées. À efficacité élevée, à

détection, à variation, les suspensions, plafonniers, encastrés

se modulent et s’adaptent intelligemment aux tâches visuelles

dans les salles de classe, les amphis, les bibliothèques.

PD4-M-1C-GH-AP de B.E.G.

Ce détecteur actionne automatiquement les éclairages en

fonction de la présence, du mouvement et de l’éclairage ambiant.

Le capteur de luminosité incorporé évalue constamment la

luminosité ambiante et la compare à la valeur de consigne. Si la

luminosité ambiante est suffisante, l’éclairage n’est pas activé. Si

la luminosité ambiante est en dessous de la valeur de consigne,

un mouvement actionnera l’éclairage dans la pièce. Dans le cas

où l’a lumière naturelle est suffisante depuis plus de 15 minutes,

le détecteur éteint l’éclairage, même si la pièce est occupée.

L’éclairage est coupé à la fin de la temporisation programmée s’il

n’y a plus de mouvement.

www.begfrance.com

Solstice

de Concord by

SYLVANIA GROUP

Le système de réflecteurs développé pour ce downlight

lui permet d’atteindre une efficacité jusqu’à 141 lm/W

à température ambiante de 40°. Par le design de son

réflecteur diffusant une lumière enveloppante, il offre un

faible éblouissement UGR<19 jusqu’à 2 400 lm, avec une

large distribution de la lumière et un angle de rayonnement

d’environ 70°. Solstice fournit une lumière confortable, avec

un niveau de luminance à 65° inférieur à 300 cd/m² jusqu’à

2 400 lm et inférieur à 1 000 cd/m² jusqu’à 6 050 lm.

www.sylvania-group.com

Dismart 2.0 de DISANO

Ce système sans fil de gestion de l’éclairage combine

les technologies BLE 5.0 Mesh et Wi-Fi pour optimiser

la consommation d’énergie tout en assurant un

éclairage adapté aux besoins. Le système s’articule

autour de deux éléments : la passerelle, qui assure

une communication fluide et fiable (elle génère

son propre réseau Wi-Fi) entre tous les dispositifs

connectés (luminaires, cellules DALI2, interrupteurs),

et les modules distants qui transforment les

équipements d’éclairage traditionnels en éléments

intégrés au réseau BLE 5.0 Mesh. L’application mobile

est téléchargeable gratuitement sur Android et iOS.

www.disano.it/fr

Biolux HCL de LEDVANCE

L’unité de commande Biolux HCL permet de choisir différentes ambiances lumineuses :

Boost, Focus, Natural, Creative, Relax. Elle est facile à installer et à utiliser, grâce à

la communication sans fil entre l’unité de contrôle et les luminaires ; l’interrupteur

rotatif intuitif ; l’éclairage artificiel qui suit les variations de la lumière naturelle, avec

géolocalisation et ajustement à l’heure locale réelle. Jusqu’au début d’après-midi : lumière

froide, vive et dynamisante, en 6 500 K pour 450 lux ; en soirée : lumière chaude de 2 700 K

à 3 000 K. Les solutions peuvent compter jusqu’à 48 produits : luminaires, bandes led,

détecteurs de présence.

www.ledvance.fr

50 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

ACTILine d’ACTILED

Linéaire adapté à l’éclairage de salles de classe et bureaux. Il comprend une

optique anti-éblouissement (UGR<19) pour un confort visuel optimisé. Éclairage

directionnel avec option diffuseur asymétrique 20°, pour l’éclairage de tableau

de classe par exemple. Il se décline en encastré, plafond modulaire, applique,

plafonnier ou suspension. Il existe en 5 longueurs ou dimensions sur mesure.

Trois températures de couleur. Pilotage DALI. Garantie 5 ans.

www.actiled.com

Alizé T1 LED de LÉBÉNOÏD

Ce luminaire se décline en applique et plafonnier et présente

un flux de 1 400 lm en 3 000 K et 4 000 K, soit une efficacité

lumineuse de près de 122 lm/W. IK10, IP55 Il offre une durée de vie

de 60 000 heures (L70/B50) et 50 000 heures (L80/B10). Risque

photobiologique GR0. Il est fonctionnel, compact, économique et

facile à installer (installation en 3 minutes). Diamètre 260 mm et

épaisseur 58 mm.

www.lebenoid.fr

Sense G2 wall washer

de NEKO LIGHTING

Ce downlight encastré rond en aluminium

moulé sous pression avec finition par

poudrage blanc (RAL 9016) et réflecteur

spéculaire mesure présente un

diamètre de 85 mm. Il propose un flux

lumineux système de 1 450 lm et se

décline en plusieurs températures de

couleur : 2 700 K, 3 000 K, 4 000 K, avec un

indice de rendu des couleurs de 90. Durée de

vie : 50 000 heures (L80B10).

www.nekolighting.com/fr

Skim Pallens d’ERCO

Avec cette solution polyvalente, l’ouverture discrète

dans le plafond s’efface totalement pour laisser place

à l’effet lumineux. En plus du corps de refroidissement

en aluminium des luminaires, l’optique à lentille est

désormais également fabriquée à 100 % en matériau

recyclé. Elle est fabriquée à partir de résidus de

production de PMMA. Le driver séparé est raccordé par

un câble préinstallé. En option, des interfaces DALI ou

Casambi Bluetooth permettent l’intégration dans des

scénarios de commande intelligents. L’efficacité est de

120 lm/W et l’UGR inférieur à 19.

www.erco.com/fr

DALI 2 Sensor d’INVENTRONICS

Optimisation, discrétion et compatibilité totale DALI-2 , ce capteur de présence

coche toutes les cases. Avec sa détection à 360° sur 8 m de diamètre (à 2,5 m de

hauteur), il couvre les espaces de bureaux, les salles de cours ou amphithéâtres.

Il s’adapte même jusqu’à 4 m de haut. Compact et intelligent, il intègre un capteur de

lumière, consomme seulement 8 mA et se monte facilement, en faux plafond ou en saillie. Sa

lentille réglable permet une personnalisation précise. Pour les couloirs, une version dédiée couvre une

longueur de 40 m. Du sur-mesure pour les espaces connectés d’aujourd’hui.

www.inventronicsglobal.com

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 51


Lumières Dossier

Basic Ball de RZB

Constituée d’une armature et d’un cache-piton en

métal chromé, associé à un diffuseur en verre opalin

mat satiné, soufflé artisanalement, cette suspension

est faite de matériaux nobles qui lui confèrent une

finition sophistiquée. Elle affiche un IRC de 90 en

4 000 K. Grâce à son efficacité lumineuse de 114 lm/W,

elle s’inscrit pleinement dans une démarche de

longévité et d’efficacité énergétique. Elle est équipée

d’un convertisseur DALI. Une plaque de montage

est fournie et un large éventail d’accessoires sont

disponibles pour adapter la suspension à chaque

projet.

www.rzb.de/fr/

Brueghel

de SAMMODE

Équipé d’une grille basse luminance haute

performance offrant un UGR≤19, ce luminaire

est une solution incontournable pour les espaces

nécessitant un haut niveau de confort lumineux dans toutes les

directions. En suspension, il propose une version en verre borosilicaté

haute résistance tout en reflets et en transparence. Dans une salle de

classe, sa vasque composite IK10 et sa prise débrochable en font un

plafonnier robuste, fiable et facile à raccorder. 3 000 K, IRC de 90. Existe en

tunable white de 2 700 K à 6 500 K.

www.sammode.com/

Light Shed Linen de IGUZZINI

Réalisée en composé de fibres de lin qui révolutionne l’impact esthétique et intègre plusieurs fonctions, cette suspension

s’inscrit dans le cadre d’un projet d’espaces où lumière naturelle et artificielle se complètent agréablement pour le bien-être

de l’être humain. Il s’agit du design biophilique. Des capteurs sont intégrés pour optimiser l’équilibre entre lumière naturelle et

artificielle. Confort visuel, haute efficacité et le système tunable white permettent de recréer une dynamique lumineuse.

www.iguzzini.com/fr/

U7 d’ETAP

La combinaison de leds de puissance moyenne et de lentilles sophistiquées

(led+Lens) produit un confort visuel maximal et une distribution lumineuse

optimale. La version OFR (Optimized For Renovation) à distribution lumineuse

extensive moyenne, optimisée pour les écartements petits à moyens. La version

OFI (Optimized For Interdistances) – à distribution lumineuse extensive ou

très extensive – conçue pour atteindre des écartements maximums. Grâce au

système optique flexible, U7 est adapté aux rénovations. Il offre une efficacité de

152 lm/W en 4 000 K. DALI gradable.

www.etaplighting.com/fr

52 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Dossier

Spaceline Preci RADIAN

Doté d’une efficacité de 165 lm/W, ce système d’éclairage modulaire offre une répartition lumineuse uniforme et confortable,

avec un IRC de 80 ou 90. Sa durée de vie de 72 000 heures (L80) et ses températures de couleur de 3 000 K et 4 000 K (autres sur

demande) en font un choix durable. Disponible en de nombreuses finitions RAL, avec des options supplémentaires comme le Bluetooth

Casambi, le blanc dynamique (tunable white) et le HCL.

www.radian.fr

Iris de RIDI

Cette suspension offre un guidage du flux par cache prismatique radial,

émission symétrique à faisceau large direct/indirect. Ce luminaire émet un flux

de 4 680 lumens en tunable white de 2 700 K à 6 500 K, avec un flux lumineux

réglable en continu. Il s’intègre parfaitement dans des zones de classe (UGR<19).

Puissance de 35 W pour une efficacité lumineuse de 134 lm/W et une durée de vie

de 50 000 heures. Les sources et l’alimentation DALI 2 sont remplaçables par un

professionnel. La gamme propose également des versions plafonniers et appliques.

www.ridi.de/fr

Coax Office de REGENT

Conçu par Licht Kunst Licht, ce luminaire, en plafonnier ou suspension, rayonne à 360°. Le concept

du diffuseur cylindrique à double coque apporte de légers reflets sur la surface claire. Il procure une

émission directe/indirecte et omnidirectionnelle grâce à son optique microprismatique C-LED qui

assure un contrôle de l’éblouissement. Il existe en 3 000 K et 4 000 K et en tunable white en 7 100 lm

(Casambi, jusqu’à 6 500 K) et se décline en deux diamètres : 500 mm avec 3 200 lm, 3 350 lm et

650 mm avec 6 900 lm et 7 200 lm.

www.regent.ch/fr/

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 53



Lumières Designer

Artiste-designer autodidacte et ancien dessinateur industriel, Hervé Isle

de Beauchaine a dessiné des carrefours d’autoroutes, puis a travaillé pour

des bâtiments historiques à Paris. Il s’est ensuite installé à Lyon et a démarré

une activité de création de luminaires artistiques, en récupérant d’abord des

pièces de dentistes. En 1987, il expose ses premières créations au salon Moving,

ancêtre de Maison&Objet. En 2006, la société Hisle est créée avec sa femme,

Marie de Foucauld, pour sortir de l’artisanat et se tourner vers la production

de luminaires, en posant les bases d’une entreprise pérenne. Il lance en 2008 la

première version de Luxciole, une lampe sans fil à poser sur les tables de jardin.

Le luminaire devient la pièce emblématique de Hisle et se décline au fil des

années en plusieurs versions.

© Hisle

Le minimalisme

au service de l’esthétisme

D’où viennent votre sensibilité à la lumière

et votre envie de créer des luminaires ?

Hervé Isle de Beauchaine – J’ai grandi à la campagne et j’ai

très vite été captivé par la brillance de la lumière du soleil sur

le feuillage des arbres. J’ai voulu reproduire cet effet, la nuit, en

éclairant les feuillages avec une lampe torche, pour créer des

jeux d’ombres à même de matérialiser la lumière. Je suis assez

vite arrivé à l’intégration d’ampoules dans des objets. Je me suis

installé à Lyon à la fin des années 1980, dans un petit atelier, où

j’ai démarré une activité de création de luminaires artistiques.

J’ai fait ce que je savais faire depuis petit, intégrer des sources à

des objets incongrus, principalement des pièces non conformes

de l’industrie. J’ai donc créé de nombreuses pièces uniques, en

réutilisant des éléments de moteurs, des pièces de centrifugeuses

de traitement nucléaire, des lames de scies

circulaires… Ces objets n’étaient pas conçus pour

être beaux, mais efficaces et j’ai souhaité leur donner

une âme, d’une part en les mettant en scène,

comme des tableaux, et d’autre part en leur insufflant

la vie, grâce à la lumière.

Quelle est selon vous

la recette d’un luminaire

intemporel ?

Je pars de la fonction. Pour Luxciole,

il fallait que le luminaire soit

posé sur une table, comme le sel,

le poivre, le vin et le pain. En restant

le plus proche possible de la

fonction, j’apporte une esthétique

en fabriquant une jolie carrosserie.

Je pense qu’un objet est

réussi quand il a une fonction et

qu’il sait se faire très discret.

Ensuite, la qualité de

l’éclairage est essentielle.

Dans une maison,

les radiateurs rehaussent

la température globale,

© Hisle

comme l’éclairage général donne le bon niveau de lumière. La

cheminée réchauffe le cœur et l’âme, comme le font les petites

sources. C’est la fonction de Luxciole, qui vise à créer une lumière

plus chaude et plus basse, qui sculpte la pièce.

Pouvez-vous nous expliquer votre volonté en créant

Luxciole, qui était votre premier luminaire de série ?

J’ai souhaité suivre une démarche plus proche du design, en créant

des lumières zénithales, avec des sources lumineuses en hauteur.

Ensuite, j’ai joint le moteur et la source avec une simple tige, dans

une recherche d’esthétisme et de minimalisme. En haut, il fallait

cacher la lumière pour éviter l’éblouissement, en bas je souhaitais

dissimuler le moteur avec un carter le plus simple possible. C’était

le point de départ de mon travail sur Luxciole, en combinant efficacité

et minimalisme pour créer un esthétisme. Un jour, un spécialiste

de l’électronique a passé la porte de ma boutique-atelier

à Lyon et nous avons commencé la discussion, qui a été le point

de départ d’un véritable processus de réflexion. Il m’a aidé à créer

cette lampe sans fil, en me posant une infinité de questions sur

l’autonomie souhaitée, le type de lumière, l’intégration d’une gradation…

Je n’étais absolument pas un technicien et

me poser ces questions a permis de faire aboutir

ce projet. Nous étions en 2006, à la naissance de

la led. Ce qui est intéressant, c’est qu’aujourd’hui, la

plupart des lampes à poser sans fil ont quasiment les

mêmes fonctions que la Luxciole.

Ce luminaire a connu avec les

années de nombreuses déclinaisons,

en tailles et en fonctions.

La dernière en date

est la liseuse sur pied, qui

mesure 1,20 mètre de haut

et a été intégrée aux petits

salons de la bibliothèque de

l’Assemblée nationale.

Rubrique réalisée

par Alexandre Arène

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 55


Lumières Manufacture

Le centre d’innovation LEDVANCE

au cœur de l’Europe

© Ledvance

Situé à Molsheim dans le Bas-Rhin, le siège social de Ledvance France est implanté sur une parcelle de

130 000 m², dont 60 000 m² de bâtiments. Jusqu’en 2018, le site était à la fois une usine, spécialisée dans les lampes

halogènes et à incandescence, et un centre logistique. Avec l’abandon des sources traditionnelles et l’arrivée de

la led, l’usine, dont les premiers bâtiments ont été érigés il y a près de 100 ans, a été reconvertie pour devenir

l’« Innovation Center », le centre d’expertise et d’innovation européen de Ledvance. Ce centre accueille des ateliers

pour répondre aux demandes de personnalisation et d’adaptation des solutions d’éclairage, un laboratoire de tests

pour valider la conformité des produits modifiés, ainsi que le « Forum Lumière » pour accueillir les clients et leur

présenter les solutions d’éclairage au travers d’un showroom. En parallèle, le site de Molsheim est devenu une

« usine logistique » à la pointe de la technologie, avec une capacité de stockage de 57 000 palettes. Enfin, Ledvance

a mis en œuvre ses solutions pour installer 400 kWc de panneaux photovoltaïques sur 2 000 m², permettant au site

d’atteindre un taux d’autoconsommation supérieur à 90 %. Par temps ensoleillé, l’énergie générée permettra de

couvrir les besoins en électricité de jour du site. Christophe Kielwasser, directeur général de Ledvance France,

nous présente les activités du site de Molsheim, pièce maîtresse de la stratégie européenne de la marque.

« L’usine logistique utilise des technologies de pointe pour gérer un nombre de références

en constante augmentation, lié à la diversification des solutions. »

Le centre logistique européen de Ledvance est équipé de 13 transstockeurs

qui permettent de stocker 45 000 palettes dans des racks à grande hauteur de

manière entièrement automatisée. Par ailleurs, un système innovant de

45 véhicules autoguidés (AGV) rend possible le prélèvement de plus de

3 500 produits différents sur une surface de seulement 2 000 m². Ces véhicules

vont chercher des armoires mobiles (au nombre de 250) dans lesquelles les

produits sont rangés, pour les apporter directement au poste de travail des

opérateurs. L’opérateur récupère les produits dans les étagères et les place dans les

cartons d’expédition. L’automatisation du stockage et du picking optimise les tâches

des opérateurs et évite des déplacements chronophages.

© Ledvance

56 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Manufacture

© Ledvance

« Ledvance propose plusieurs étapes de

personnalisation pour ses produits, réalisées au

sein de son Project Service. »

Pour répondre aux besoins spécifiques de

ses clients, la marque met à disposition un

chef de projet, en charge de la définition

des besoins et de l’étude d’éclairage. Ce

dernier transmet la demande aux équipes

d’ingénierie, qui traduiront les besoins en

caractéristiques techniques. Soit un produit

standard répond au besoin, soit il faut

adapter le produit selon un catalogue existant, soit des développements spécifiques sont

nécessaires. Les équipes du Project Service disposent d’un parc d’imprimantes 3D pour

créer des pièces, mais aussi d’imprimantes 2D pour imprimer des motifs et personnaliser les

luminaires. Pour des projets spéciaux, des partenaires de Ledvance, localisés dans l’Union

européenne, peuvent produire des composants spécifiques à la demande.

« Le Forum Lumière est composé d’un showroom et d’un

auditorium, pour accueillir nos clients en groupe et leur

apporter les meilleurs conseils pour leurs installations. »

Le Forum Lumière, d’une superficie totale de

340 m², est constitué d’un auditorium de 70 places

au centre, entouré par un showroom. Un circuit de

visite permet aux clients de découvrir les produits,

présentés par usages : sport, industrie, bureau

et résidentiel. Cet espace a également vocation

à former les installateurs en leur fournissant les

meilleures recommandations pour l’installation

des produits. Le Forum Lumière accueille chaque

année plusieurs centaines de clients venus de toute

l’Europe.

Rubrique réalisée par Alexandre Arène

Ledvance Forum Lumière

5, rue d’Altorf, 67120 Molsheim

Téléphone : 03 88 49 75 99

Mail : communication@ledvance.com

© Ledvance

© Ledvance

« Lorsque nous modifions des produits, nous nous assurons qu’ils respectent

toujours les normes en vigueur. »

Ledvance dispose de ses propres laboratoires de tests : cage de Faraday,

chambre anéchoïque pour la compatibilité électromagnétique (CEM),

résistance à l’eau, à la poussière, au choc, compatibilité du matériel…

Tous les produits sur lesquels des modifications sont effectuées sont

testés pour être conformes aux normes européennes. Par ailleurs,

comme la marque développe une offre complète pour les installations

solaires, le site de Molsheim dispose d’un laboratoire de test des

panneaux photovoltaïques, d’une part, mais aussi des solutions de

monitoring. Les techniciens du laboratoire sont en mesure de monitorer

des installations photovoltaïques partout en Europe, et de vérifier les

liaisons entre le panneau, l’onduleur, la batterie et le logiciel.

© Ledvance © Ledvance

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 57


Lumières Cahier technique

Ambiance petit-déjeuner

© Tridonic

Ambiance soirée

© Tridonic

Systèmes de gestion

de l’éclairage dans

les espaces intérieurs

Dossier réalisé par Isabelle Arnaud

58 - LUMIÈRES N° 51 - JUN 2025


Lumières Cahier technique

Quel que soit le secteur – établissements

d’enseignement, de santé,

bureaux, industries, commerces – la

gestion de l’éclairage artificiel est devenue

incontournable. Elle permet de réaliser

d’importantes économies sur les consommations,

d’assurer un dosage optimal de

la lumière, de l’adapter à l’occupation et

aux activités, garantissant ainsi une qualité

d’éclairage adéquate.

L’éclairage doit être piloté selon les besoins,

les usages et le moment de la journée.

Depuis l’arrivée de la led, il y a une

quinzaine d’années, l’alimentation des luminaires

– désormais électronique – permet

d’optimiser le flux lumineux pour un

rendement maximal en lumens. De nouvelles

technologies de communication se

sont développées et peuvent désormais

être intégrées à l’éclairage. DALI, protocole

ouvert de communication bidirectionnel,

est l’un des plus utilisés en éclairage

; il permet la gestion complète d’une

installation d’éclairage : commutation,

gradation des luminaires, mise en place de

scénarios, de variation d’intensité, de programmation

dans le temps.

« Et pourquoi ne pas rendre ces luminaires

communicants via des protocoles

sans fil comme Bluetooth ou Zigbee ? »,

s’interroge Steve Denni, directeur commercial,

Inventronics Europe de l’Ouest.

On évoque aussi de plus en plus DALI+, la

version sans fil qui facilite la connexion des

luminaires, notamment dans les bâtiments

existants.

Luminaire avec

driver DALI2

Architecture de systèmes

de gestion de l’éclairage.

© Inventronics

Capteurs

sans fil

D’un coup de lumière magique

Réaménager, changer les usages sans toucher

au câblage devient essentiel et de plus

en plus courant. De plus, on s’est rendu

compte qu’on pouvait réduire l’énergie cachée,

c’est-à-dire les watts non transformés

en lumière.

« Aujourd’hui, on parvient à produire

davantage de lumière pour une même

consommation, remarque Steve Denni.

Alors, comment aller plus loin ? En utilisant

la lumière intelligemment, uniquement

quand c’est nécessaire grâce

notamment aux technologies électroniques

et aux systèmes de détection.

Plusieurs approches existent : la simple

détection de mouvement, dans des zones

de passage, pour allumer automatiquement

puis éteindre selon un délai défini

par le maître d’ouvrage ; analyser la fréquentation

et ajuster automatiquement

ce délai. Par exemple, maintenir l’éclairage

allumé à l’arrivée des employés le

matin entre 8 h et 9 h, puis basculer sur

un pilotage automatique le reste de la

journée et revenir à un éclairage fixe

le soir, à la sortie des bureaux ; réguler

l’intensité en fonction de la lumière du

jour ; faire varier la température de couleur

; programmer des scénarios. »

Attention à ne pas confondre détection

de mouvement (comme évoqué par Steve

Denni dans l’exemple des circulations) et

détection de présence : cette dernière tient

également compte des apports de lumière

naturelle pour ajuster l’éclairage artificiel.

« Elle permet aussi de détecter une personne

immobile, explique Steve Denni,

maintenant ainsi un niveau d’éclairement

constant dans la pièce sans que

la personne ait besoin de s’agiter pour

continuer à être éclairée. Distinguer ces

deux modes permet de limiter les désagréments

liés à des déclenchements intempestifs

et d’améliorer le confort. »

Ces ajustements ne sont pas tout à fait

magiques, mais répondent à des ordres

donnés par des capteurs, intégrés aux luminaires

ou déportés, qui calculent le niveau

Luminaire avec driver

sans fil

Passerelle sans fil

et contrôleur de l'application

Interrupteur

sans fil

Driver D4i

capteur DALI+

d’éclairement en permanence : si ce dernier

dépasse les valeurs définies et enregistrées,

le contrôleur baisse l’intensité de

l’éclairage pour revenir au niveau demandé.

Autre avantage de la gestion de l’éclairage,

les systèmes numériques offrent un

retour d’information, par exemple sur la

consommation énergétique ou la fréquentation

des lieux.

Des protocoles ouverts pour une plus

grande interopérabilité

Comment choisir la solution la plus pertinente

? Le maître d’œuvre est l’interlocuteur

clé : c’est lui qui, selon les contraintes

d’usage et de conception, va choisir les luminaires

les plus adaptés aux besoins fonctionnels

et aux services associés.

« Inventronics s’adresse exclusivement

aux fabricants de luminaires, poursuit

Steve Denni. Nos systèmes doivent être

interopérables avec les autres solutions

de gestion technique du bâtiment.

C’est pourquoi nous proposons des

passerelles IoT dans nos gammes, qui

évitent l’enfermement fonctionnel. En

parallèle, nos ingénieurs d’application

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 59


Lumières Cahier technique

peuvent accompagner les installateurs,

du choix des solutions jusqu’à leur mise

en œuvre ; même si les luminaires intégrant

nos produits sont préprogrammés,

ils peuvent nécessiter des ajustements

sur site. 99 % de nos systèmes sont fondés

sur des protocoles ouverts : DALI, DALI+,

NLC (Network Lighting Controls), ou

Bluetooth pour l’éclairage en réseau. À

l’échelle européenne, les fabricants harmonisent

l’usage du Bluetooth pour assurer

une interopérabilité maximale. »

La connectivité peut être organisée en

étoile ou en maillage redondant : les luminaires

restent interconnectés, même si

l’un d’eux tombe en panne. Cela garantit

la continuité de service et fluidifie les

échanges entre équipements, évitant la

saturation du réseau.

Avec un maillage réseau, il est possible

de faire remonter des données comme la

densité d’occupation des locaux. Prenons

l’exemple d’un supermarché : l’éclairage valorise

un produit pour optimiser les ventes.

Il devient alors pertinent de connaître les

flux de clients, les rayons les plus fréquentés,

les zones stratégiques pour les promotions.

Le luminaire dépasse sa fonction première

pour devenir une source de données.

© Tridonic

© Tridonic

Collecter les données

pour une gestion globale du bâtiment

L’intégration de logiciels d’analyse, d’automatisation

et de contrôle dans des systèmes

existants ou nouveaux permet de collecter

des données sur les luminaires, les locaux

et les bâtiments. Ces données servent à optimiser

la consommation d’énergie, réduire

les émissions de carbone et améliorer l’efficacité

des bâtiments.

Un système de gestion constitue l’intelligence

du système d’éclairage, capable de

piloter automatiquement la lumière selon

des données d’entrée telles que la lumière

naturelle, la présence humaine, l’heure, ou

encore de modifier la température de couleur

pour un confort optimal. Ce dispositif

peut aussi transmettre des données vers

un système centralisé, ce qui est très intéressant

pour les exploitants de bâtiments

tertiaires, contraints par des réglementations

comme le décret BACS à mettre en

œuvre des systèmes de gestion couvrant

l’éclairage, le chauffage, l’eau chaude, la

ventilation, la climatisation. Pour Fabrice

Schorr, gérant de Tridonic pour la France

et le Benelux, « l’éclairage devient ainsi

un maillon essentiel du pilotage global.

Tridonic propose deux gammes : filaire,

nécessitant un câblage pour l’installation

; et sans fil, avec capteurs intégrés

aux luminaires pour détecter la luminosité,

la présence, ou la qualité de l’air.

AirAspect, un capteur récemment lancé,

utilise le réseau DALI pour transmettre

ses données. Il mesure température, humidité,

pression et dioxyde de carbone

(CO 2

) pour calculer un indice global.

Il peut être autonome ou intégré à un

système de ventilation intelligent. La

nouveauté réside dans l’exploitation des

données collectées par nos composants

au sein de l’environnement lumDATA,

concentrant les informations d’éclairage

et les transmettant au système de gestion

supérieur. Tous nos drivers DALI-2 compatibles

lumDATA rendent ces données

accessibles aux exploitants : fréquence

d’allumage, occupation des pièces, etc.

Chaque luminaire fournit en temps réel

des données précieuses sur sa consommation,

permettant d’identifier les gisements

d’économie. »

Quant à la solution sceneCOM evo développée

par Tridonic, elle automatise l’éclairage

et permet son intégration fluide dans

les systèmes de gestion du bâtiment. Elle

autorise la configuration de scénarios lumineux

via bouton, écran tactile DALI ou

application Web, et exploite les données

recueillies, utiles tant pour les certifications

que pour la maintenance préventive

de l’éclairage.

« Ces différents niveaux de gestion permettent

la collecte sur site, précise Fabrice

Schorr, le traitement en amont dans des

systèmes de gestion, puis l’envoi au système

central du bâtiment. »

L’intégration se fait via les protocoles

MQTT, REST API ou BACnet, standard de

communication GTB permettant la supervision

du chauffage, de la ventilation, de la

climatisation et de l’éclairage. Ces systèmes

transmettent aux services d’exploitation

des informations utiles à la maintenance :

les drivers évaluent leur durée de vie restante

via l’analyse des cycles marche/arrêt,

la température ambiante, les heures de

fonctionnement ou encore les pics de tension.

Dans le cadre d’un contrat de mainte-

60 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Cahier technique

nance, il est possible de générer un rapport

annuel sur l’installation : par exemple, sur

1 000 luminaires, 35 peuvent être identifiés

comme en fin de vie sous deux ans, ce qui

permet d’anticiper le remplacement des

drivers et/ou modules lumineux. De plus,

Tridonic travaille depuis longtemps sur le

sujet du réemploi et possède la certification

« cradle to cradle ». Cette approche, à

l’inverse du recyclage classique, préserve

la qualité des matières premières tout au

long du cycle de vie, favorise la réutilisation

et s’inscrit pleinement dans l’économie circulaire.

L’objectif : concevoir des produits

exploitables, réparables et recyclables au

maximum.

« Ces systèmes ne sont pas uniquement

développés pour l’économie d’énergie,

ajoute Fabrice Schorr, mais aussi pour

aider les fabricants européens à se différencier

des importateurs de produits

basiques à bas prix, sans engagement

environnemental. Nous avons ainsi mis

en place une cellule “projets et services”

dédiée à l’accompagnement des bureaux

d’études, installateurs et utilisateurs finaux

dans la compréhension de ces systèmes,

en constante évolution. Un réseau

de partenaires est formé à la mise en

service, sans se substituer aux installateurs,

pour garantir les bons démarrage

et paramétrage. D’autres sont formés à

la maintenance. Nos gammes s’adaptent

à tous types d’environnements : écoles,

bureaux, commerces, industries. »

De la détection au rythme circadien

« En 1921, pour la première fois, les

lumières s’éteignent automatiquement

dans un immeuble à Stuttgart, raconte

© Theben

Yoann Thépault, directeur des opérations,

Theben. Paul Schwenk conçoit alors,

pour sa propre entreprise, la toute première

minuterie. Ce que nul n’imagine

encore, c’est que l’automatisation des

bâtiments vient de voir le jour. »

Theben structure son activité autour de

quatre domaines principaux : le contrôle

du temps (minuteries, horloges programmables

pour l’éclairage public, les enseignes

lumineuses…) ; la détection (mouvement,

présence, luminosité) ; les solutions smart

home et smart building, en particulier via

le protocole KNX ; enfin, le smart energy

avec les HEMS (Home Energy Management

Systems : systèmes de gestion de

l’énergie domestique), déjà opérationnels

en Allemagne et en cours de déploiement

en France.

« Nous sommes passés d’une logique de

détecteurs autonomes – qu’il suffisait de

câbler pour les rendre fonctionnels – à

une ère de capteurs communicants, où

le capteur ne gère pas seulement l’éclairage,

mais transmet l’information à l’intégrateur,

véritable chef d’orchestre du

système, constate Yoann Thépault. Dans

un dispositif d’éclairage, on identifie

© Tridonic

© Theben

trois éléments clés : le capteur, l’actionneur

et le contrôleur. Le capteur joue le

rôle des yeux et des oreilles, l’actionneur

celui des muscles, et le contrôleur celui

du cerveau. Si les muscles sont puissants

mais que la vision est défaillante,

le système devient inefficace. Il en va de

même pour la gestion de l’éclairage :

même les meilleures analyses et régulations

deviennent inopérantes si l’information

initiale collectée par le capteur

est inexacte. Ces trois fonctions sont

donc indissociables. Nos capteurs reposent

principalement sur la technologie

infrarouge passive. Ce qui distingue

un détecteur de présence d’un détecteur

de mouvement, c’est la finesse de détection.

Les détecteurs de mouvement suffisent

pour des zones de passage, tandis

que les détecteurs de présence, plus sensibles,

conviennent mieux aux environnements

comme les bureaux. »

Les deux types fonctionnent sur le même

principe : ils enregistrent le rayonnement

thermique dans leur zone de détection.

La différence réside dans la sensibilité :

les détecteurs de présence sont dotés de

capteurs plus performants. À l’inverse,

les détecteurs de mouvement réagissent

uniquement aux variations thermiques

importantes, adaptés donc aux grands

mouvements ou à l’usage extérieur. Autre

distinction majeure : la gestion de la luminosité.

Un détecteur de mouvement la

mesure une seule fois, au déclenchement.

En cas de mouvements répétés (arrivée

le matin dans un bureau), l’éclairage reste

allumé même si la lumière du jour est suffisante.

À l’opposé, un détecteur de présence

mesure en continu la luminosité : s’il

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 61


Lumières Cahier technique

détecte que le seuil programmé est dépassé,

il éteint l’éclairage, même en présence

de mouvement, ce qui favorise les économies

d’énergie et la baisse des émissions

de CO 2

.

« De plus, seuls les détecteurs de présence

permettent la variation lumineuse,

poursuit Yoann Thépault. Ils peuvent également

intégrer une télécommande ou

être raccordés à un bouton-poussoir.

Celui-ci est utile, par exemple, pour

éteindre manuellement l’éclairage lors

d’une projection. Ces dernières années,

on a constaté, notamment dans

les écoles, un besoin de personnalisation

de l’éclairage (par exemple, régler

à 400 lux plutôt que 500), car un excès

d’automatisation nuit au confort. D’où

l’intérêt du semi-automatique, qui permet

d’optimiser à la fois les économies

d’énergie et le bien-être. »

Un capteur peut être autonome si l’actionneur

est intégré, ou communicant s’il

échange avec d’autres éléments via des protocoles

tels que DALI ou KNX. Le contrôleur,

lui, joue le rôle de chef d’orchestre : il

analyse les données de présence et de luminosité

pour adapter précisément le niveau

d’éclairage. Chez Theben, le contrôleur

ajuste automatiquement le temps d’allumage

selon les comportements observés

dans la pièce, y compris la temporisation

d’extinction.

« Dans le secteur hospitalier, on nous

sollicite de plus en plus pour mettre

en œuvre des cycles circadiens, reproduisant

les températures de couleur

de la lumière naturelle, précise Yoann

Thépault. Le détecteur theRonda DALI

room solution intègre une horloge interne

et permet de créer des groupes

avec des températures de couleur adaptées

au contexte. Le confort s’ajoute ainsi

aux économies d’énergie. »

Le BMS (Building Management System)

exploite uniquement la fonction capteur :

les données de présence et de luminosité

sont transmises via DALI à des automates

qui les analysent et déclenchent des actions

selon les paramètres définis. Cette

solution demande plus de temps à l’installation

(pose d’un bus de communication),

mais offre ensuite une grande souplesse :

l’intégrateur peut facilement associer plusieurs

capteurs pour un fonctionnement en

réseau, sans recâblage.

Enfin, les détecteurs KNX, en plus de

transmettre l’information, embarquent une

logique de contrôle local : ils peuvent commander

un actionneur ou un variateur de

façon autonome. Chaque capteur devient

un élément intelligent du réseau, capable

de gérer l’occupation des locaux, la température,

ou encore la ventilation. Le KNX

s’impose comme un protocole de terrain,

ouvert à plus de 500 fabricants. « Theben

est équipé d’un laboratoire sensNORM,

note Yoann Thépault, conforme à la

norme internationale IEC 63180, garantissant

des protocoles de mesure fiables,

normés et automatisés. »

L’humain au centre de la détection

« Si, comme le souligne Jérôme Legris,

prescripteur Sud-Ouest, B.E.G. (Brück

Electronic GmbH) est le spécialiste des

détecteurs de présence et de mouvement,

de capteurs et d’actionneurs, il propose

également des solutions qui intègrent

détection de luminosité et variation de

températures de couleur. La commande

de l’éclairage peut être personnalisée

par l’utilisateur final. L’objectif du développement

de nos détecteurs de mouvement

et de présence est précisément

d’allumer l’éclairage en fonction des

besoins, tout en assurant plus de sécurité

et de confort. L’éclairage artificiel

n’a lieu d’être que là où il est nécessaire,

c’est-à-dire là où se trouvent les utilisateurs

du bâtiment. Ainsi, nos détecteurs

de présence mesurent en permanence

la lumière naturelle disponible

et n’ajoutent que la quantité de lumière

artificielle nécessaire. Dans le même

esprit, B.E.G. a développé un détecteur

de présence avec fonction Tunable White

qui place les besoins des utilisateurs

au centre des préoccupations : le détecteur

de bien-être ! Son horloge en temps

réel intégrée règle automatiquement la

température de couleur et la valeur de

consigne de la luminosité, dans le but

de soutenir le biorythme humain. Avec

le détecteur de présence PD4-M-HCL, il

est facile de créer des ambiances lumineuses

naturelles dans les espaces intérieurs

en y associant santé, bien-être et

performance. » Un éclairage qui régule la

couleur de la lumière et l’intensité lumineuse

en fonction de la lumière du jour crée

ainsi une meilleure qualité de vie. Le principe

HCL suscite l’enthousiasme dans les

hôtels de bien-être, les maisons de retraite

et les hôpitaux, où la lumière biodynamique

favorise un état d’esprit positif pendant la

journée et la qualité du sommeil pendant

la nuit. Dans les écoles, les bâtiments administratifs

et les sites industriels, cette technologie

favorise également la capacité de

concentration des utilisateurs.

Pour B.E.G., les enjeux économiques liés

à la mise en place de systèmes de gestion

intelligents restent la principale préoccupation

des exploitants. Ainsi, il est possible

d’économiser jusqu’à 50 % d’énergie dans

© B.E.G.

© B.E.G.

62 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Cahier technique

un immeuble de bureaux, 60 % dans un entrepôt

à hauts rayonnages et jusqu’à 80 %

dans les sanitaires en installant des détecteurs

de présence.

« Ces locaux sont gérés par des automates

qui donnent le tempo du projet,

explique Jérôme Legris : nous accompagnons

le projet d’éclairage en proposant

une gestion par bus DALI-2 raccordé sur

l’automate qui va renvoyer des informations

qui, à leur tour, vont permettre

l’allumage et l’extinction, la variation de

l’éclairage en fonction des apports de lumière

naturelle, agir sur les stores. Si le

bâtiment ne dispose pas de gestion centralisée,

il est possible de mettre en place

un système avec l’éclairage contrôlé

par DALI-SYS, qui est particulièrement

adapté aux applications nécessitant une

compatibilité DALI sans intégration avec

d’autres systèmes de bus spécifiques.

Nous attachons une grande importance

à ce que nos solutions logicielles, nos

visualisations et nos propres développements,

comme DALI-LINK, DALI-SYS et

des applications comme B.E.G. One et la

ViStation KNX, soient faciles à utiliser. »

Des solutions efficaces pour apporter

un confort visuel indispensable

Pour Gilles Montigny, responsable marketing

Digital Energy chez Schneider Electric,

« la gestion de l’éclairage reste indéniablement

une question d’économies

d’énergie, mais elle permet surtout d’apporter

le confort visuel aux personnes.

Je distinguerais deux secteurs : les petits

et moyens bâtiments et les grands bâtiments

de type entrepôts et datacenters ».

L’offre de Schneider Electric s’articule autour

de plusieurs solutions :

- des détecteurs de présence simples,

comme dans les couloirs d’hôtels, pour

déclencher l’éclairage ;

- des détecteurs de présence et de luminosité

dans les bureaux ;

- des systèmes qui, en plus de la détection

de présence et de mouvement, permettent

de surveiller et d’établir un diagnostic de

l’installation dans les grands bâtiments,

de façon à intervenir rapidement lorsque

des dysfonctionnements sont repérés ; ces

solutions offrent la possibilité d’améliorer

le confort des utilisateurs grâce à la gradation

de l’intensité de l’éclairage.

« L’intérêt des solutions DALI, commente

Gilles Montigny, réside dans le fait

que l’information est bidirectionnelle :

d’un côté, on envoie une information

et en retour, on reçoit des données sur

le fonctionnement de l’éclairage

et l’état de l’installation.

Nos contrôleurs de comptage

de personnes par exemple,

permettent de commander

l’éclairage pour obtenir une

lumière adaptée aux postes

de travail. Autre intérêt du

DALI, c’est son interopérabilité

: capteurs et contrôleurs

peuvent dialoguer ensemble

et avec plusieurs marques

d’appareils d’éclairage. »

Schneider Electric propose par

exemple le détecteur Insight

Sensor qui comprend la détection

de la luminosité, de présence

et le comptage des personnes.

Une gestion centralisée n’est

pas pertinente partout. Dans

les hôtels, notamment, ce sont

plus souvent des solutions tout

ou rien. « Dans la chambre par

exemple, précise Gilles Montigny,

on installe plutôt un détecteur

de présence (ou carte

magnétique) qui va juste

déclencher le ON/OFF des

lampes de chevet ou des plafonniers.

Dans les entrepôts, on définit

des zones de détection “spéciales grande

hauteur” de façon à accompagner la personne

qui entre dans l’entrepôt et avance

entre deux racks afin qu’elle bénéficie

d’un éclairage qui la suit tout au long de

son cheminement. Dans les hôpitaux, la

question se révèle assez complexe car les

cas de figure varient énormément d’un

espace à l’autre. Les besoins diffèrent

complètement selon que l’on se trouve

dans une salle d’attente, un couloir, une

salle d’examen, une chambre, la salle

des infirmières, etc. Par exemple, dans

les chambres, notre offre concerne aussi

bien la ventilation que les systèmes

d’alerte en cas de chute des patients, la

gestion des stores, les différents éclairages

– direct et indirect, pour les soins,

la lecture, les ambiances reposantes, de

veille la nuit. »

La plateforme de gestion de l’énergie et

d’automatisation EcoStruxure Building

Activate développée par Schneider Electric

répond à la demande de solutions simples,

flexibles et rentables, qui permettent aux

exploitants d’améliorer la performance

énergétique de leurs bâtiments, de réduire

leur coût d’exploitation tout en assurant le

confort de leurs employés ou de leurs clients.

Cette offre permet également de répondre

© Schneider Electric

aux nouvelles exigences réglementaires en

matière d’énergie et de décarbonation.

Selon Schneider Electric, les bâtiments

de petite et moyenne taille représentent

près de 90 % du parc installé, et près de

la moitié d’entre eux devraient rester en

service d’ici 2050. « EcoStruxure Building

Activate permet aux exploitants de réduire

leurs consommations et de contribuer

à la décarbonation de leurs activités

sans devoir procéder à d’importantes

et coûteuses rénovations de leurs installations

», admet Gilles Montigny.

Cette solution est ouverte, évolutive et permet

de connecter tout ou partie des systèmes

et équipements des bâtiments, qu’ils

soient existants ou neufs. Elle optimise

ainsi leur fonctionnement, par exemple en

pilotant la ventilation et le chauffage en

fonction de la température ou l’éclairage

en fonction des horaires de travail.

Pour l’éclairage, le module va permettre la

gestion de 32 luminaires sur un canal DALI-2.

Chaque dispositif d’entrée prend en charge

jusqu’à 4 capteurs et permet de mesurer la

consommation d’énergie de chaque luminaire.

L’installation est simple et rapide

et la mise en service se fait via une appli

« Engage » qui permet de réaliser des tests

afin de vérifier le bon fonctionnement de

l’installation. n

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 63


Lumières Produits

SYLVANIA GROUP

Otao Linear

Monté individuellement ou en ligne continue, ce luminaire affiche un design épuré, avec son

profilé aluminium d’une grande finesse (largeur de 50 mm). Proposé en finition blanche ou

noire, il s’intègre à tous les environnements tertiaires et commerciaux. D’une efficacité élevée,

allant jusqu’à 146 lm/W, il se décline avec trois optiques (diffuseur microprismatique, réflecteurs

blancs ou noirs) pour assurer un éclairage direct ou direct/indirect à 70 %/30 %, tout en

garantissant un faible éblouissement (UGR 19). Pour cela, il suffit d’ajouter au dos du luminaire

un module additionnel indépendant, fixé magnétiquement. Il est disponible 3 000 K et 4 000 K

aisément réglables via un interrupteur situé à l’arrière de l’Otao Linear. Sa mise en œuvre en

ligne continue s’effectue aisément à l’aide du câblage traversant dont il est pré-équipé. Existe

en version ON/OFF Multipower ou DALI. Durée de vie 85 000 heures avec 80 % de maintien du

flux initial et d’une garantie de 5 ans.

www.sylvania-group.com

ERCO

Tesis

Qu’il s’agisse de projecteurs orientables à lentilles interchangeables et à répartition lumineuse zoom, uplight

ou wallwasher, ces encastrés de sol pour l’éclairage extérieur offrent la possibilité d’orienter le boîtier optique

et de changer la répartition de lumière. Il est possible de retirer le verre de recouvrement sur site, sans perdre

la garantie et de changer la lentille, pour passer d’une répartition de lumière spot étroite à une répartition

de lumière large, voire à une répartition de lumière zoom. L’éblouissement est mieux maîtrisé grâce aux

grilles en nid d’abeille. Des filtres, à clipser simplement, permettent de jouer sur le spectre lumineux. Des

lentilles spéciales modifient la forme des faisceaux lumineux. Ils se déclinent en 3 000 K et 4 000 K (autres

températures de couleur sur demande) avec des IRC supérieurs à 90 (jusqu’à 97). Gradables.

www.erco.com/fr

ARTEMIDE

Helgoland

Signé de Carlotta

de Bevilacqua,

ce système

lumineux, efficace

et parfaitement

contrôlé, comprend la

technologie brevetée de l’optique

Refractive miniaturisée, développée selon un maillage

hexagonal qui optimise la densité du flux émis. La

parcellisation des puissances des leds contribue

à garantir une bonne dissipation, ce qui permet de

réduire l’encombrement. En même temps, les différentes

cellules optiques travaillent ensemble pour obtenir un

flux élevé qui se traduit par une émission parfaitement

uniforme. Autour de la lentille ronde qui capte 100 % du

flux émis par la led et le contrôle, un écran de géométrie

hexagonale est développé pour le confort, évitant

l’éblouissement. Le résultat est un moteur optique de

très petites dimensions, seulement 14,5 mm d’épaisseur.

3 000 K et 4 000 K pour IRC de 90. Jusqu’à 152 lm/W.

www-artemide-com

B.E.G.

Aleum Glow

Avec quatre capteurs PIR intégrés, une zone de détection de 180°, une protection anti-reptation et une portée réglable de 3 m à 16 m, ces détecteurs de mouvement

offrent un éclairage automatique confortable et assurent la sécurité à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments. Ils sont disponibles en deux variantes et, sur

demande, avec un socle en saillie, pour le passage de câbles. Les couleurs des boîtiers s’inspirent du RAL 9010 (blanc pur) et du RAL 7016 (gris anthracite). Il est

possible de choisir entre un modèle blanc avec une lentille claire et un modèle plus foncé avec un boîtier gris anthracite et une lentille foncée à dissimuler dans les

faux plafonds. Il est également possible de régler un léger rétroéclairage d’accentuation qui pourra mettre en valeur la façade sur laquelle se trouve le détecteur.

www.beg-luxomat.com/fr/

64 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025


Lumières Produits

TRILUX

Osido

Cette gamme d’appliques est disponible

dans une couleur anthracite élégante et

peut être personnalisée dans des couleurs

spéciales sur demande. Le montage

innovant permet une installation Plug

& Play par une seule personne. Ensuite,

la connexion électrique est établie et

sécurisée par un connecteur. Ces appliques

sont disponibles avec une composante

directe ou directe/indirecte, un faisceau

intensif ou extensif, en version asymétrique

dans des flux lumineux de 500 à 4 000 lm

et en 2 700 K, 3 000 K, 4 000 K. Efficacité

lumineuse 143 lm/W. Combinées à un

système intelligent de gestion d’éclairage,

les appliques deviennent encore plus

durables.

www.trilux.com

DESIGNHEURE

Murmure

Dessinée pour l’éclairage de bureaux par les designers Part de Rêve,

cette suspension évoque le doux chuchotement des vagues invitant à la

concentration et au calme. Elle traduit l’alliance subtile entre la technique

du rail d’éclairage et la dimension sensorielle apportée par les suspensions

en mousse acoustique. Cette suspension est réglable en hauteur et en

composition. Les 3 formes de 5 panneaux acoustiques peuvent être

positionnées sur toute la longueur du luminaire, créant ainsi une solution

décorative et contemporaine. Elle est disponible en 1 taille avec 2 couleurs

(rose clair et écru) de mousse acoustique, combinées ou non.

www.designheure.com/fr

NEKO LIGHTING

Move

Cette suspension utilise un

processus de galvanisation

qui permet d’obtenir une

surface exceptionnellement

lisse et raffinée. Équipée d’une

optique à lentille convexe, elle

produit des courbes d’éclairage

douces. L’effet arc-en-ciel

distinctif, associé à une lumière

blanc chaud de 3 000 K,

renforce la chaleur et le

confort des espaces

éclairés. Intégré à un

dispositif de levage,

le luminaire permet

un réglage flexible de

la hauteur (longueur du

câble : 1 700 mm) pour offrir

différentes ambiances.

www.nekolighting.com/fr

LUCE & LIGHT

Oliver

Proposé en trois tailles (ø180, ø230, Ø300), avec des puissances de 34 W à 110 W

et des températures de couleur de 2 200 K, 2 700 K, 3 000 K, 4 000 K et en version

RGBW, ce projecteur a été conçu pour offrir une qualité de lumière sans compromis.

La variété des optiques à lumière blanche, y compris la version très étroite de 5°,

permet de sélectionner un faisceau lumineux adapté à chaque besoin, ce qui

contribue de manière significative à réduire la dispersion vers le ciel nocturne. De

plus, les versions RGBW avec une lumière blanche de 3 000 K disposent aussi d’un

faisceau étroit de 10° et offrent une lumière bien définie, uniforme et sans aberration.

Boîtiers d’alimentations dimmables D4i, compatibles avec le système DALI-2 pour un

contrôle intelligent de l’éclairage.

www.lucelight.it

LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025 - 65


Lumières

INDEX DES ENTREPRISES ET ORGANISMES CITÉS

ACE...........................................................................................www.ace-fr.org........................................................................................................................................20

ACTiLED.............................................................................https://actiled.com....................................................................................................38, 42, 51

ADDIS Lighting.....................................................https://addislighting.com/...................................................................................................13

Anolis...................................................................................https://www.anolislighting.com/............................................................................26

Artemide.........................................................................www.artemide.com...................................................................................................30, 31, 64

Association française

de l’éclairage...........................................................www.afe-eclairage.fr.......................................................................................................................12

Banque des territoires............................www.banquedesterritoires.fr/edurenov..........................................35, 38

B.E.G.......................................................................................www.beg-luxomat.com/fr....................................................35, 50, 62, 63, 64

Concepto........................................................................www.concepto.fr.......................................................................................................6, 7, 8, 9, 10

Designheure.............................................................www.designheure.com/..........................................................................................................65

Disano.................................................................................www.disano.it/it/home.................................................................................................43, 50

Erco.........................................................................................www.erco.com/fr.................................................................................................40, 41, 51, 64

Etap Lighting...........................................................www.etaplighting.com/fr...........................................................................................33, 52

Expolight........................................................................https://expolight.net/en................................................................................................18, 19

Ewo..........................................................................................https://ewo.com/fr...........................................................................................................................22

Hisle........................................................................................https://hisle.fr...........................................................................................................................................55

iGuzzini..............................................................................www.iguzzini.com..................................................................................................................46, 52

ikomē....................................................................................kome.eu/..................................................................................................................................................20, 21

Inventronics..............................................................www.inventronicsglobal.com..................................................................51, 59, 60

Lébénoid.........................................................................www.lebenoid.fr......................................................................................................................................51

Ledvance.......................................................................www.ledvance.fr....................................................................................35, 38, 50, 56, 57

Les Eclairagistes Associés...............https://lea.lighting/fr/........................................................20, 21, 22, 23, 24, 25

les éclaireurs...........................................................www.leseclaireurs.net/.................................................................................6, 7, 8, 9, 10

Light Collective....................................................www.lightcollective.net..............................................................................................................12

LightingEurope....................................................www.lightingeurope.org...........................................................................................................17

Luce&Light.................................................................www.lucelight.it....................................................................................................................................65

Lumières Utiles...................................................www.lumieresutiles.com/....................................................................................................26

Luminescence......................................................www.luminescence.me.................................................................................6, 7, 8, 9, 10

Lyum......................................................................................www.lyum-concept.com/fr/.......................................................................26, 27, 28

Meljac..................................................................................www.meljac.com/...............................................................................................................................16

Neko Lighting.........................................................www.nekolighting.com/fr...............................................................................38, 51, 65

NoctaBene............................................ www.noctabene.com/....................................................................20, 21

Performance iN Lighting.....................www.performanceinlighting.com/fr/fr...................................34, 36, 37

Ponctuelle....................................................................https://ponctuelle.com/................................................................................................20, 21

Prolight..............................................................................https://www.prolight.ma/....................................................................................................26

Radian.................................................................................https://radian.fr.....................................................................................................................................53

Regent................................................................................www.regent.ch/fr/............................................................................................................................53

Rennes Métropole..........................................https://metropole.rennes.fr/.................................................................6, 7, 8, 9, 10

Ridi...........................................................................................www.ridi.de/fr.................................................................................................................................47, 53

RZB...........................................................................................www.rzb.de/fr/........................................................................................................................................52

Sammode......................................................................www.sammode.com......................................................................................................................52

SERCE...................................................................................https://serce.fr/.......................................................................................................................................13

Schneider Electric..........................................https://www.se.com/fr/fr/..................................................................................................63

Sylvania Group.....................................................www.sylvania-lighting.com/fr-fr...........................................48, 49, 50, 64

Syndicat de l’éclairage............................www.syndicat-eclairage.com..........................................................................................13

Syndicat du luminaire..............................www.luminaire.org.............................................................................................................................13

Technilum.....................................................................www.technilum.com......................................................................................................................26

Theben...............................................................................www.theben.fr................................................................................................................................61, 62

Tetro........................................................................................https://www.tetro.fr/............................................................................................................14, 15

Tridonic..............................................................................https://www.tridonic.com/en/int......................................................58, 60, 61

Trilux.......................................................................................www.trilux.com/fr..................................................................................................................34, 65

Zumtobel........................................................................www.zumtobel.com/fr-fr..............................................................1 re couv., 44, 45

LISTE DES ANNONCEURS

B.E.G.......................................................... www.beg-luxomat.com/fr.......................................................2 e couv.

EUROBOIS.............................................. www.eurobois.net........................................................................3 e couv.

SYLVANIA GROUP............................... www.sylvania-lighting.com/fr-fr.........................................4 e couv.

PAYSALIA................................................ www.paysalia.com.....................................................................................11

INVENTRONICS................................... www.inventronicsglobal.com............................................................13

CITEL......................................................... www.citel.fr/fr..............................................................................................17

IBS.............................................................. www.ibs-event.com................................................................................29

POLLUTEC.............................................. www.pollutec.com...................................................................................32

LEDVANCE.............................................. https://www.ledvance.fr/....................................................................39

DISANO.................................................... www.disano.it/it/home........................................................................ 43

PRO-LITE................................................. www.pro-lite.fr............................................................................................53

ARCHITECT@WORK.......................... www.architectatwork.fr....................................................................... 55

SALONS

MATERIALS & LIGHT

29 et 30 septembre

La Grande Menuiserie Saint-Dominique,

Paris 7 e

Un événement professionnel organisé par le magazine d’a.

Deux jours d’exposition, de conférences et de rencontres sur

le thème des matériaux et des produits de l’architecture et du

design. Un événement exclusif dédié aux prescripteurs et aux

créateurs.

https://ml.darchitectures.com/

INTELLIGENT BUILDING SYSTEMS

30 septembre et 1 er octobre

Paris porte de Versailles - Pavillon 2.2

Le salon de la performance des bâtiments tertiaires, industriels

et collectifs

www.ibs-event.com

POLLUTEC

Du 7 au 10 octobre

Parc Eurexpo Lyon

Pollutec est un salon annuel essentiellement dédié aux

secteurs économiques des technologies environnementales, et

en particulier à la dépollution.

www.pollutec.com/fr

ARCHITECT@WORK PARIS

Les 5 et 6 novembre

Grande Halle de La Villette

Ce salon, qui présente conférences et produits, est

exclusivement réservé aux architectes.

www.architectatwork.fr

SALON DES MAIRES

Du 18 au 20 novembre

Paris porte de Versailles

Le salon des maires et des collectivités éclaire les territoires

autour des enjeux auxquels ils sont confrontés. C’est un espace

de rencontres, d’échanges et de partage qui propose des

solutions adaptées aux besoins de chacun.

www.salondesmaires.com

PAYSALIA

Du 2 au 4 décembre

Parc Euroexpo Lyon

Le salon professionnel Paysalia, référence européenne, promeut

l’industrie du paysage, facilite les rencontres professionnelles,

favorise le partage d'expérience, inspire les participants et

sensibilise le grand public.

www.paysalia.com/fr/

66 - LUMIÈRES N° 51 - JUIN 2025



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