07.07.2025 Vues

Vol 1 #11

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4

Vol.1 No.11 I du 3 au 9 octobre 2007 Haiti: 109des / USA: $1.00 / France 1.50 lCanada: $1.50

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162 Web: www.haitiliberte.com

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Les puissances

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leur viseur

Page 10

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5,

Le président haitien, Re "

val, a souhaité que «

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Minustah se transforment en bufidfims affectés é rebétimos routes,


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HAITI

,

~

LIBERTE

Editorial

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

CO-EDITEURS

Guy Roumer

Dr. Frantz Latour

REDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Fanfan Latour

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Wadner Pierre

Jean Ristil

COLLABORATEURS

Marie—Célie Agnant

Carline Archille

Enock Francklin

Morisseau Lazarre

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Joel Léon

Claudel C. Loiseau

Anthony Mompérousse

Dr. Antoine Fritz Pierre

Ronald Pierre

Eddy Toussaint

ADMINISTRATION

Bernier Archille

Jean Bertrand Laurent

COMPOSITION ET ARTS

GRAPHIQUES

Sonia Ostrovsky ‘

Fritz Jude Jeanniton

ififififi

Oi) en est la Diplomalie hai'tienne?

Tout Etat souverain dispose d’une diplomatic sans

laquellc, i1 ne pcut fonctionner

16

sur plan international.

Jusqu’a 1a fin dc la dictature duvaliériste la diplomatic

haitienne se marchandait au prix fort dans les Forums

mondiaux, les Conferences et autres lieux 01‘1 l’on

decide du sort du monde. Non seulcmcnt cela rapportait

beaucoup de devises dans les poches dcs dirigcants

dc l’époque, mais les prises dc decisions ou le vote

haitien avaient un sens ct parfois rendaient meme fiers

lcs opposants les plus irre'ductibles aux regimes les

plus dictatoriauxdc Port-au—Princc. Ccttc diplomatic—la

jouait parfois un role, et non des moindres, au scin des

grandes puissances politiqucs, militaires ct c’conomiqucs

lors dc leurs délibérations pour changer l’histoire du

mondc. Ainsi, la diplomatic haitiennc dc jadis a décidé

du sort d’Etats comme Israel, la Libyc ou Cuba, pour

nc citer que ccux—la.

Aujourd’hui, ou plus exactemcnt dcpuis plus dc

deux de’ccnnics, la diplomatic haitienne n’existe

plus. Les grands diplomatcs haiticns ne font plus

parlcr d’eux bicn qu’il en existc quclques-uns au

scin dcs organisations intemationalcs 01‘1 régionalcs,

voirc au scin de la Chancellcric a Port-au-Princc. Cc

silence et cette absence de nos diplomatcs sur la scene

intemationalc, au moment 01‘1 les affaires haitiennes

ct du monde sc décident dans les forums mondiaux

ou a l’ONU et que les Etats les plus insignifiants

politiquemcnt et économiqucmentont voix au chapitre,

n’est pas sans quclqu’cxplication.

A titre dc comparaison, si l’on entend parlcr de la

diplomatic francaise, que ce soit a l’ONU, a l’Union

Europe’enne ou ailleurs, cc n’cst pas parce que les

diplomatcs Francais sont plus brillants que leurs

collegues Belgcs ou Hongrois. Ccla vicnt du fait que

1c

Quai d’Orsay, 1e ministerc francais des Affaircs

c’trangcrcs, donc la France, cxcrcc unc politiquc

cxtéricurc que les officiels concerne’s cntcndent

défendre 1c sur plan mondial. Un autrc exemple cst 1c

Par Wiener K. Fleurimond

cas de Cuba. Pourquoi un pays comme Cuba, en dépit

dc son re’gimc politiquc insupportablc aux grandes

puissances occidentalcs, arrive non seulcmcnt a se

faire entendrc sur la scene intemationalc, mais est plus

respecté ct compte micux qu’un Etat comme Haiti,

pourtant totalcmcnt inféodé au systemc politiquc ct

économique occidental ? La raison en est simple :

1e gouverncment cubain nc pcrmct a personne, a

aucunc organisation intemationalc ou régionale dc

de’finir sa politiquc cxtéricure, encore moins, scs

affaires inte’rieures. Bref, cc qu’il croit étre meilleur

pour l’avenir du pcuplc cubain. Les diplomatcs

cubains cn poste a l’e'tranger nc font rien d’autre

que vendre les réalisations de la Revolution cubainc

ct chcrchent a attircr chez cux, tout cc qui pcut étrc

utilc au dévcloppcment dc leur pays en fonction de

ce qui a éte’ décidé, non pas a Paris, 2‘:

Madrid on

Washington mais a La Havanc. Toutc la difference est

1a, avcc Haiti 01‘1 dcpuis plus de vingt ans, 1’ « option

diplomatic » n’cst que facultativc dans le programme

de dévcloppcment du pays. Les diplomatcs haiticns dc

carriérc, nc peuvcnt rien faire, non plus rien proposer

si les pouvoirs publics haiticns nc définisscnt une

politiquc inte'ricure ct cxtéricurc.

Or, sans une politiquccxtéricurcplanifiéc,agencc'c ct

organiséeselon des priorités ct l’inte’rét national, aucun

diplomate, ffit—il le plus chcvronne’, ne pcut arriver a

faire dc grandes choscs. Depuis vingt ans, lequcl de

nos gouverncments a jamais e'laboré une politiquc

cxtéricurc pour Haiti ? Une politiquc extérieurc

comprenant plusieurs volcts couvrant l’économic, la

cooperation, la culture, 1e tourismc, les institutions,

ainsi que les positions d’Haiti sur les grands dossiers

du monde etc. Bref, une politiquc extérieurc faisant

de’bat au scin meme dc la société haitiennc. Une

diplomatic qui nc se limitc pas a faire des voyages a

Washington, Paris ct Ottawa ct parcourir l’Amérique

latine, histoire de rcncontrcr scs homologucs, chefs

Suite d lapage 12

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2 Haiti Liberté

Vol. 1

No.11 0 du 3 au 9 octobre 2007


ave

-

-

A travers Haiti

lnondafion aux Cayes

Le haut niveau des eaux d’inondation a considérablement ralenti, sinon paralysé temporairement,

les activités commerciales et le transport en commun.

Des averses ont cause d’importantes

inondations dans

la ville des Cayes et qui n’ont

pas épargné les maisons resi—

dentielles, les magasins, l’hopital

et l’ae’roport. Les inonda—

tions on eu lieu suite 5 une crue

des trois riviéres ceinturant les

Cayes dont Lilet et la Ravine

du Sud.

Des abris provisoires ont été

créés par les responsables de la

protectioncivile pour abriter de

nombreuses families victimes

de l’inondation et qui avaient dfi

fuir leur domicile. De nouvelles

averses pourraient avoir lieu ce

qui aggraverait l’e'tat des cho—

ses. Dans des zones importantes

comme Quatre Chemins et

Charpentier, le haut niveau des

eaux d’inondation a considerablement

ralenti, sinon paralysé

temporairement, les activités

commerciales et le transport

en commun. Fort heureusement,

aucune perte de vie n’a encore

e’té enregistrée.

Une armée: qu’en pense Préval?

Le président Préval: «L’armée d'Ha‘iti n’a jamais existé. La seule armée qu’a connue le

pays, c’est l'armée Indigéne ayant conduit 16 pays a l’indépendance».

A

Vol.

1

No.11 O du 3 au 9 octobre 2007

son retour de de la 62eme

ssemble’e générale des

Nations Unies, le president

Préval a été interrogé a l’aéroport

de Port-au-Prince par les

journalistes qui l’y attendaient.

Le president Préval, de facon

cryptique, a d’abord répondu

que selon lui: «L’armée est la

pourfaire la guerre. Selon mon

opinionpersonnel/e et dans un

sens strict, l’armée 0' Haiti n 'a

jamais existé. La seule armée

qu’a connue [e 1 ’ar—

pays, c’est

mée Indigéne ayant conduit le

pays a l ’indépendance».

Selon le pre’sident

Préval, lorsque les Etats-Unis

sont partis apres l’occupation,

ils ont laissé un corps qui n’e’tait

pas vraiment une force armée

mais pluto une gendarmerie

avec une fonction re'elle de po—

lice, méme si par la suite, cette

«Garde d’Ha'i'ti» originelleavait

connu d’autes appellations jus—

qu’a devenir «Forces armées

d’Hai‘ti». Le presidents’est trouvé

en quelque sorte sur la sellette,

d’autant que la question de

retour de l’Armée est a l’ordre

du jour au Parlement.

Tout en s’interrogeant

sur la nécessité ou l’opportunité

pour le pays d’entretenir une

arme'e avec les maigres ressources

financieres dont il dispose,

le president Préval a annonce' la

mise sur pied d’une commission

qui devra réfléchir sur le renfor—

cement de la sécurité du pays

au niveau de la surveillance et

de la protection des batiments

publics, des ports, des aéroports

et des frontiéres. Il s’est montré

en faveur de ce type de corps

de protection militaire qui ne

serait pas pourtant, selon lui,

une armée au sens tradition—

nel du terme, ce qui necessiterait

d’aborder des questions

relatives aux différents corps

d’arme’e dans une perspective

de faire la guerre, sans oublier

le cote budget.

Qui dit Ia vérité?

Les membres de la Commission

anti—corruption de la

Chambre des députe’s s’intéres—

sam 21 la question de ttes grasses

primes accordées mensuellement

par l’Unité centrale de renseignements

financiers (UCREF)

a des membres du judiciaire ont

invite le ministre de la Justice

René Magloire et le directeur

de l’Unite’ centrale de renseignements

financiers (UCREf),

Jean Yves Noe a se presenter

pour éclairer leur lanterne. Le

ministre se serait excuse‘ selon le

député de Pétion—Ville, Steeven

Benoit. Parti en voyage,

le mi—

nistre serait disponible vets la

fin de la semaine.

Prenant les devants, le pre’si—

dent Préval s’est porté a la defen—

se de l’UCREF en disant que

les

primes accorde’es «ne reléventpas

de [a corruption» et que tout avait

été « planifié avec

les parlemen—

taires», lors d’une rencontre au

Palais national. Le de’puté Benoit

de Lespwa contredisant le prési—

dent a re’torque’ que «now n’az/an:

Le commisaire

Gassant aux

prises avec

des conseillers

électoraux

On sait que les trois

conseillers électoraux

conseillers Max Mathurin,

Francois Benoit et Roemond

Pradel sont en conflit ouvert

avec leurs collégues Patrick

Féquiere et Gerson Richemé

depuis environ deux ans. Ils

ont refuse' de se presenter a une

convocationdu commisaire du

gouvernementClaudy Gassant,

ce lundi. Dans une lettre adressée

au commissaire Gassant,

les trois conseillers ont écrit

que : << La situation n’est pas

en votrefaveurparce que vous

avez aflaire a des conseillers

électoraux qui sontjusticiables

seulementdevant la Haute

Cour dejustice». Pour sa part,

1e commissaire Gassant a luiméme

de’claré: «J’appliquerai

la loi contre eux au cas 0i: ils

ne répondent pas a la nouvelle

convocation.» Intéressantbras

de fer a suivre.

Max Mathurin, FrancoisBenoit et Roemond

Pradelont tous refuse de se presenter a une

convocation du commisaire du gouvernement

Claudy Gassant (au-dessus).

Les membres de la Commission anti-corruption de la Chambre des députés ont invité

le ministre de la Justice René Magloire (au-dessus) et le directeur de I'Unité centrale de

renseignements financiers (UCREF), Jean Yves Not-i. a se presenter.

jamais trauaillé mr un telprojet. renfbrcer[a capacite’ dc [’UCREF,

Lory d’une re'union an Palm's na— mais aucune décision n21 éte'prise».

tional, leprésia’ent Pre’val avait cf—

Qui dit la vérité?

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Haiti Liberté 3


UNPhoto/Marco

Corruption au

CEP

Suite de lapage 1

A pres la crise entre les parleentaires

et l’exe’cutif, cette

fois c’est au tour du CEP de ren—

trer en conflit ouvert avec le gouvernement.

Quelle est la genese

de cette nouvelle crise ?

On pouvait s’y attendre, en

fait, car depuis le retour éclair de

l’ex—directeur du CEP, M. Jacques

Bernard qui avait quitté le pays

a la cloche de bois sans attendre

la publication des résultats des

municipales et locales des dernieres

elections, on sentait que

quelque chose se préparait dans

les coulisses soit du parlement

soit du CEP.

Le pire c’est que, méme du

coup, Bernard a été

recu en audience au Sénat de

la République, par les sénateurs

Rodolphe Boulos et Youri

Latortue qui par la suite ont sug—

ge’re’ son retour au sein du Conseil

electoral Provisoire pour preparer

les prochaines joutes électorales

se rapportant a la fin du mandat

de 13 sénateurs.

Un Bernard qui n’a pas une

bonne presse dans le pays, car

il est l’objet de graves accusa—

tions de fraudes électorales, no—

tamment apres le scandale des

proces—verbaux et des bulletins de

votes des elections présidentielles

de mai 2006. On se demande

comment est—ce que des membres

du Sénat aient pu l’invitet

en audience ? Si ce n’est pour

comploter de louches affaires,

car

ils veulent continuer a accaparer

le pouvoir en contrélant le CEP.

C’est dans cet ordre d’ide’es que

le

14 septembre dernier ces memes

sénateurs avaienr rencontré

tuel l’ac-

CEP en l’occurrence Max

Mathurin , Francois Benoit et

Rosemond Pradel. Sans doute

ils s’étaient mis d’accord pour

sauver le CEP en

le laissant organiser

les prochaines élections

méme quand leur mandat allait

prendre fin.

Cependant le president Preval

leur avait bien affirme’ lors d’une

rencontre au Palais National

avec le Premier ministre et les

conseillers électoraux qu’il souhaitait

un nouveau CEP.

Entre temps, les conseillers

dissidents comme Patrick

Féquiere et Pierre Richard

Duchemin ne cessent de de’non—

cer les malversations de leurs camarades

conseillers notamment le

president du CEP Max Mathurin

ainsi que Francois Benoit et

Rosemond Pradel. Ainsi donc

le vendredi 21 septembre, le substitut

du commissaire du gouvernement

Joseph Manes Louis avait

entendu Patrick Fequiete et Louis

Gerson Richeme’. Patrick Féquiere

avait carre’ment dénoncé le prési—

dent du CEP Max Mathurin ainsi

que Francois Benoit et Rosemond

Pradel. Suite 91 ce conflit base’ sur

accusation de corruption, le juge

Gassant a interpellé les 3 mem—

bres du CEP qui refusent de se

presenter. Le Pre’sident du CEP,

Max Mathurin, le secrétaire géné—

Abonnezalous a

HAITI

LIBERTE,

Haiti Liberté

Par Gasner Numa

ral, Rosemond Pradel, le trésorier

et directeur ge’ne’ral par intérim,

Francois Benoit de meme que des

fonctionnaires ont boudé ven—

dredi une nouvelle convocation

du parquet du tribunal de premiere

instance. En conference de

presse, MM. Mathurin et Benoit

ont estime’ que le chefdu parquet

n’avait aucun titre ni qualité pour

mener des investigations sur leur

gestion. A la lumiere de la constitution,

ils soutiennent qu’ils ne

sont pas passibles des tribunaux

de droit commun. Seule la Haute

Cour de justice, sur requéte des

deux tiers du Se’nat, est compétente

pour mettre en accusation

et juger les membres du Conseil

Electoral, une des institutions in—

dépendantes du pays.

Francois Benoit a, pour sa

part, de’noncé avec véhémence

une «dictature en gestation» au

sein du gouvernement Préval/

Alexis et dénoncé son intention

d’interpre’ter la 101 a sa facon et

d’user de prétextes pour empécher

l’organisation a la fin de l’anne’e

des sénatoriales partielles et des

elections indirectes. Le conseiller

electoral a mis la population en

garde contre un «retour au statu

quo ante» en evoquant notamment

le de’part en exil auquel avait

été contraint en 2000 le président

de l’institution électorale,

Me Léon Manus, sous l’administration

Preval/Alexis, premiere

version.

C’est dans ce contexte que

le président Preval a indiqué «

que le parquet n’aoait pas pris sur

lui—méme de diligenter une enquéte

sur les dissensions au sein

du Conseil Electoral Prooisoire

(CEP), mais avait recu un rap—

port d ’enquéte de l ’Unite’ de lutte

contre la corruption (ULCC) avant

d ’étre saisi d ’une plainte contre

MaxMathurin, RosemondPradel

et Francois Benoit accuses de cor—

ruption » Une facon de dire que

le commissaire Gassant a le feu

vert pour exercer ses prerogatives.

Et Gassant d’ajouter : «la jour—

ne’epluvieuse de vendredipouuait

peut-étre expliquer l’absence des

conseillers» mais qu’il s’attendait

a «les voir la semaine prochaine,

autrement le parquetpourrait

exercer son droit depoursuite dans

le cas des accusationsde maloersation

et de de'tournernent defonds

dontil est saisiparce qu’il sizgit de

membres d ’un CEPprooisoire et

non de l ’institution permanente

mentionne’e dans la constitution »

a fait savoir le juge Gassant.

Méme quand il y aurait

Corruption au sein du CEP, n’em—

péche que

la crise qui a cours est‘

aussi politique qu’administrative.

ll y a la bourgeoisie et les forces

occupantes qui pour défendre

leurs intéréts aimeraient voir ces

anciens conseillers organiser les

prochaines elections afin qu’ils

puissent controler le prochain

Conseil e’lectoral Permanent.

En de’pit des dernieres élections

qui ont été récupe’re’es par

le peuple, ils veulent s’assurer

que apres le mandat de Pre’val, la

classe politique reprenne controle

de la situation pour faciliter les

mene’es des pays impérialistes et

des organisations de la société

civile.

La 626 assemblée de I’ONU'

Suite de lapage I

Chaque année a partir du troi—

sieme mardi de septembre,

commence a New York une session

ordinaire de l’Assemble'e générale

des Nations Unies. Cette

année, elle a de’buté le mardi 25

septembre et se tiendra jusqu’au

mercredi 3 octobre 2007. Le role

de cette assemblée est principa—

lement consultatif pour

les questions

touchant au maintien de la

paix et a la sécurité internatio—

nale, contrairement au Conseil

de sécurité exercant des pouvoirs

principalement exécutifs.

En effet, la semaine derniere,

tous les regards du monde e’taient

tournés vets New York on se tenait

la 62eme assemblée, avec

‘des invités de haute importance

comme par exemple le president

du Zimbabwe Robert Mugabe,

de Haiti René Preval, de l’Iran

Mahmoud Ahmadinejad, de la

France Nicolas Sarkozy et tant

d’autres, sans oublier George W

Bush. Cependant le président

de la république bolivarienne

du Vénézuéla, Hugo Chavez, la

star de l’anne’e pre’ce’dente était

absent. Il s’était fait representer

par son ministre des Affaires

e’ttangeres, M. Nicolas Maduro.

Le president de la république socialiste

de Cuba n’était pas non

plus présent, mais son ministre

des Affaires Etrangeres Felipe

Perez Roque avait rempli la mis—

sion avec brio et dignite’.

En fait comme Chavez et

Castro n’y étaient pas, c’est le

president iranien Mahmoud

Ahmadinejad qui a été la star

de cette 62c assemblée. Bien

avant son entree le

sur

sol des

Etats—Unis, il avait été déclaré

persona non grata par les autorite’s

new—yorkaises et de plus on

lui

avait refusé catégoriquement de

visiter le fameux « Ground Zero»,

portion de terre devenue célébres

depuis la destruction controversée

des deux tours du World Trade

Center et l’he’catombedu 11 septembre

qui s’en est suivie.

Le lundi 24 septembre, a quelques

heures de l’ouverture de lassemble’e

ge’nérale, le president iranien

répondait a une invitation

de l’université de Columbia. Sans

la sagesse et la comprehension du

leader iranien, cette invitation a

failli connaitre un de'nouement

malheureux, car le president de

la faculté dans ses propos d’introduction

n’avait fait qu’insulter

l’invité de marque, une facon de

plaire a tous ceux la qui s’oppo—

saient a la presence du dirigeant

iranien notamment le gouverne—

ment du pays hote. Le president

de l’Universite’ Lee Bollinger a

qualifié Ahmadinejad de «dic—

tateur cruel et mesquin». Le pré—

sident iranien répliqua en ces

termes: « En 1ran...nous respec—

tons re'ellement nos e’tudiants et les

professeurs en leurpermettant de

fizire leurproprejugement, et nous

pensons qu’il n’est pas ne'eessairc

avant mémequ’un [invite] nepro—

nonce son speec/a qu’ilfizilleprocé—

der a une serie de declarations et

essayer dans un certain sens d ’im—

muniser d ’une facon ou d ’une autre

nos e’tudiants et notre corps ensei—

<gnant ». Concernant les armes

nucle’aires, le président iranien

a déclare’ :

« Nous ne crayonspas

Cast

Le presidentiranien Mahmoud Ahmadinejad

3 évoqué les violationsaméricaines dans la

“guerre contre le terrorisme", faisant des

allusions évidentes aux méthodes de la CIA

et aux camps de détention de terroristes

présumés, tel celui de Guantanamo Bay.

«Malheureusement les droits de I ’ homme

som‘ viole's quotidiennement par certaines

puissances, surtou!par celles quiprérendent

étre leurs seuls avocats» il a fait savoir.

aux armes nucle’aires.. » déclara

t—il

aux étudiants.

Le lendemain mardi 25 septembre,

devant la 62C Assemblée

générale des Nations Unies, le

leader iranien a évoqué les viola—

tions américaines dans la “guerre

contre le terrorisme”, faisant des

allusions évidentes aux

métho—

des de la CIA et aux camps de

detention de terroristes présume’s,

tel celui de Guantanamo Bay.

« Mal/Jeureusement les droits de

l ’laomrne sont violés quotidiennementpar

certainespuissances, surtout

par celles quipre’tendentétre

leurs seuls auocats » a fait savoir

Mahmoud Ahmadinejad.

Quant a Nicolas Sarkozy, le

nouveau chefd’Etat francais, au

cours de son premier discours

devant la communauté internationale,

il n’a pas manqué le sujet

vedette a savoir la possession de

l’arme nucléaire par l’Itan, ce qui

pour lui serait un risque inac-

<<

ceptaole a la stabilite’ de la région

et du monde »

« La France pense que nous

naoonsplus le temps d ’attendre, la

Francedemande 1 action, la France

encourage laction, la France sera

au rendez-vous de l’action au service

de la paix dans le monde »

« Au nom de la France, je lance

un appel solennel aux Nations

Unies pour ue, dans ce siecle

marque par Z retour de la rarete’,

elles se donnent les moyens d assu—

rer a tous les hommes a travers le

mondel acces aux ressources vitales

de l’eau, de l ’e’nergie, de l alimen—

tation, des me’dicaments et de la

connaissance».

Pour sa part,

le president amé—

ricain George W. Bush, dans

son discours a repris en partie

les memes arrogances et attaques

contre les gouvernements

qui n’acceptent pas ses diktats.

Par Gasner Numa

ll a cité certains pays comme par

exemple l’Iran, la Biélorussie, la

Core’e du Nord et la Syrie parmi

les « regimes brutaux qui dénienta

leurpeupleles droitsfondamentaux

inscrits dans la Declaration univer—

selle des droits de l ’laomme ». ll ne

saurait parler sans ne pas citer le

nom du dirigeant cubain Fidel

Castro qu’il a qualifié de «dictateur

cruel» dont le gouvernement

«touche a sa fin» a Cuba.

Signalons que

la de’le’gation

cubaine au complet, au mo—

ment ou le Satan, selon le mot

de Chavez pour designer Bush,

commenca a entamer ses invectives

contre Cuba, a laissé la session,

signe de rejet profond des

declarations arrogantes et médiocres

de Bush.

Le mercredi 26 septembre, ce

fut le tour du president hai'tien,

Rene’ Garcia Preval. Apres avoir

fait l’e'loge de Ban ki Moon, il

a adressé l’assemblée en des termes

qui sont devenus presque

son cheval de bataille lorsqu’il

a parle’ de la Minustah dont il a

souhaité que« ses c/Jars d ’assaut

et ses mitraillettes se transflirment

en bulldozersaficte’sa reoatir nos

routes, en c/aarrues et en boues pour

aider nospaysansa rebatir leur capacite’productive

». A entendte

parler Pre'val,

on croirait méme

qu’il est contre la presence des

forces de l’ONU en Haiti. Et

pourtant, c’est le contraire puis—

qu’une fois de plus il a sollicite’,

mercredi devant l’assemblée générale,

la reconduction pour une

année supplémentaire du mandat

des casques bleus. De plus, il a

pousse’ beaucoup plus loin son

audace en déclarant que

« [a pre’—

sence desfiirces étrangeres est ve’cue

par les baitiens comme une

blessure

a leur souverainete’ nationale, mais

c’e’tait le seul moyen de retrouoer

la paix et la liberte’ »

Pre’val a poursuivi 2

«feparle

au nom d'un peuple qui depuis

200 ans endure 1 experience d ’une

grande souflrance et qui a [air de

se vider de lui-meme lorsque ses

cadres parrni les plus compe’tents

abandonnent un quotidiendififiile

pour aller accroitre les performan—

ces d autres administrations ou treprises en-

au Canada, en France ou

aux Brats-Unis ». Voulait il dire

que c’est parce que le pays n’a pas

de cadres qu’il est obligé de se servir

des ennemis du peuple pour

gouverner? C’est absolument

faux, le fair de travailler avec les

Raymond Joseph, les Augustin,

les Cinéas et tant d’autres réac—

tionnaires est un choix politique.

Suite a‘ la page 14

1

Vol. No.11 0 du 3 au 9 octobre 2007


Twa féy, twa rasin o

Coquins, salisseurs el bouffons

pres avoir fair parvenir mon

dernier article au journal, le

mardi soir de chaque semaine je

me demande toujours: de quoi

la semaine prochaine sera—t—elle

faite? L’inspiration feuille’e et

ra—

sinée qui d’ordinaire me tient

compagnie m’abandonnera-t—

elle.> Partira—t—elle en fumée ne

me laissant meme pas quelques

nervures, sources de ricbe seve

pour alimenter uric parole hebdo—

madaire nécessaire a écrire cette

rubrique.> Alors, a force de ques—

tions, et juste an moment oii je

vais entrer en transe, un miracle

s’opere par lequel les nombreux

coquins et boriflons qui nous en—

tourent me donnent l‘occasion

d’entrer en danse et dietre heu—

reux. C’est comme un phenome—

ne de transcendance, de subite

inspiration qui me rend a la vie.

Et comme

le banian des cr>ntrées

du sud—est asiatique‘ mes racines

a

remontent encore

la lumiere,

alimentant de leur séve d‘autres

feuilles. d’autres rubriques.

Dans ce monde de coquins,

de salisseurs et de bouffons qui

s‘agitent autour

cle nous, je crois

que la palme revient sans conteste

au president américain mal e'lu,

George Bush. Depuis ses salissures

a propos des armes de destruction

massive, ce bouffon de

Washington a arrété ses coquineries

et ses pirouetteries, juste

pout éparet la galer'ie ct mystifier

les sots et les simples d’esprit.

La derniere de ses gesticuleries

et hypocriteries remonte au 22

septembre dernier.

En effet, alors que nombre

d’observateurs s’accordent a dire

que Maliki, le Premier ministre

d’Irak, est loin de pouvoir

mai—

triser la situation politique bouyi—

oide de son pays. alors que deux

sénateurs américains, de'mocrates

certes, poussent leur hardiesse

et méme leur «fre’quencite’» jus—

qu’a réclamer le remplacement

de Maliki pour incompetence

crasse, Bush de son Cote, hypocrite,

coquin et pervers comme

lui seul prefere louanger Maliki.

Poussant sa coquine désinvolture

a l’extréme. il osera meme déclarer:

Ce ’estpzzs <<

n ouxpo/z'ticiem de

Washington de dire 51' Mel/Mei doit

garder son poste on non; c’esz‘ lm/ez'ens aux

qui 121' vent mointencznt en

de’mocrzztz'e et non en dictotured en

decider»,

comme si vraiment les

Irakiens vivaient en democratic,

comme si les Irakiens écartelés

par leurs conHits confessionels

et affaire’s a re'gler leurs comptes

avec l’occupant yankee pouvaient

vraiment «en decider».

Les coquins, on

les trouve

un peu parrout, par exemple a

la téte d’une association de de—

fense des Droits de l’Homme.

Soyons meme plus pre’cis, par—

lons justement du roublard et

c0—

quinard Robert Ménard. On sait

maintenant qu’il roule pour

des

institutions ame’ricaines peu respectablesdonr

il recoit beaucoup

d’argent. On sait maintenant que

Reporters sans

frontierres, l’orga—

nisarion qu’il dirige, recoit de

grasses sommes de grosses sources

financiéres. On comprend alors

que ce coquin de Menard se soit

acoquiné avec son homologue

coquin de Washington dis—

pour

créditer Cuba, soutenir le coup

d‘Etat avorté contre Chavez et

celui, re’ussi, contre le president

Aristide, sans oublier qu’il a paru

cautionner, meme a demi—mots,

l’invasion de l’lrak. Récemment,

ce coquin doublé d’un salisseur

s’est réve’lé dans toutc sa splen—

deur coquinarde. En effet, selon

lle’crivain et journaliste francais

Salim Lamrani «Me'nardx’ex—

:

primant ou nom de Reporters sons

frontieres a [égitime’[’union de [a

torture...i[ legitime meme [4 torture

contre les membrex desfarnilles de

preneursd bulges, (est [1 dire contre

dc: innocents». Si Ménard n’est pas

un infame coquin, un dangereux

sce'le'rat, qui liest donc alors?

Dans le monde des coquins,

salisseurs et bouflons ha'i'tiens on

peut dire le

que

Conseil Electoral

Provisoire,Conseil Croupion, est

Par Fanfan Lalulipe

en train de battre tous les records.

D’abord. le mandat de ces mes—

sieurs est echu selon le décret du

regime intérimaire Latortue qui

les a nommés. Pourtant ils s’en~

tétent a rester en selle, tout juste

le temps d’un «court permanent

provisoire» qui les habiliterair

:1

procéder aux elections d’un

tiers du Sénat. Ensuite, c’est la

pagaille parmi ces salisseurs qui

sont a la veille de se prendre a

la gorge. En effet, trois des neuf

conseillers électoraux ont accuse’

trois de leurs collegues de mal—

versation et de détournementde

fonds. Les trois «malversateurs»

er «de’tourneurs» ont mis leurs ac—

cusateurs au de'fi de prouver leurs

«coquinades» et «détournades»,

défi qui n’a pas e'té

encore relevé.

Entre temps, comme on ne danse

pas vraiment tout en rond sur ce

ponr d’Avignon de boufFons, le

commissaire Gassant a juge’ bon

de venir y faire quelques pas de

contre—danse.

Tandis que Claudy «lachait

des pas» contre—danseurs, survint

le super danseur, l’ex—super direc—

teur général Jacques Bernard qui

s est amene presque comme un

cheveu sur

la soupe de Francois

Benoit bien cale’ dans sa dodine

de directeur—général a.i ct qui

s’était déja habitué non seulement

au titre mais sun-tout aux émolu—

ments qui doivent étre bien gras.

Les mauvaiscslangues disent que

Gros Ben aurait grogné a l’appro—

che de Ti Jacquot qui, lui, aurait

laissé échapper quelques to‘lo‘kotok

de mauvaise humeur : éte—toi que

je m’y (re)mette. Ce Jacquot aux

plumes dorées qui avait quitté le

pays a la cloche de bois sans atten—

dre la publication des résultats des

municipales et des locales, ni pré—

senter un rappport sur sa gestion,

il est revenu comme une

Heur, en

ce n’est rien, vrai salisseut n’ayant

pas froid a l’oeil et se portant garant

que la tache d’organiser des

elections pour

le renouvellement

d’un tiers des senateurs «nepren—

dropoxplus d’un mois». Quousque

Le roublard e1 coquinard RobertMénard se solt acoquinéavec son homologue coquln do

Washington pour discrédiler Cuba, soutenir le coup d'Etal avorlé contra Clmvaz el colul,

n'aussi, contre le présidenl Aristide, sans oubller qu’ll a paru caullonner. meme a dualmots,

l'invasionde l’lrak.

tandem Bernardux?

Selon la CSCCA « [a Wig?“—

Il est difficle de parler de co— tion n21 rér/éle oucune irregu rité

quins, salisseurs er bou lions sans majeure pouwmt étre qualifie’ede

faire allusion aux

parlementai— molt/motion, dc detoumement nu

res. Quand ils ne se querellent o'e vol... ». Dans un grand élan

pas avec le Directeur de la PNH de boufionnerie, l’Eternel, patou

avec le commissaire du gou- don... le President s’est empressé

vernmcnt, querelles qui finissent dc teprochet aux salisseuts du

en queue dc coquin, ils ptenncnt paflement \curs a ' segments @9—

ajs'ir a trainer eel m‘xn‘xstredams qumardis mm at,

19,-»-

W

v

a fomc aux lions dc \eur déYire dc nétes, cmnpétents ct serum. (3 m

pouvoir. Mais le ministre—prophé— ainsi que le proph‘ete—m'inistre a

re Daniel sait qu’entre boui‘fons échappé £112 guculc des sept lions,

on se connai‘t bien. Alors, atter- et par la grace du Seigneur a pu «

ré de se voir dévorer par les sept panir/e caeur lejger, dI/t’l‘ hxatlgfac—

lions lachés les par

parlementaires, tion of ’ai/oir exerce’ votre [sa] fanc—

Daniel s’en remet au Seigneur, lei—

tion de Ministre avec pier/ouement,

don/e au Pésident qui le délivrera competence et intégrzte.» Amen !

de la haine d’ambitieux fainéants. Pour finir, laissez—mOi vous

Dans une lettre a l’Eternel, il conseillerde prendre garde a ne pas

clame son innocence.

vous Faire )eret dans la fosse aux

lions,

Et comme a l’occasion, le d’autant que tout le monde rfest pas

grand Maitre n’est pas sourd, prophete, surrout dans son

pays.,Et

il mobilise donc, prexeprese, les quand le. Seigneur est sourd (il lest

anges de la Cour supérieu re

d’ordinaire), il peut se montrer tres

ten/1k.

des Comptes et du Contentieux Regardezdonccetiuiestarrive

Administratif (CSCCA) er a Lovinsky Pierre—Antonie. Tant de

de l’Unité de lutte contre la prietes sont montées vets l’Eternell

Corruption (ULCC) que diri— Mais jusqu’a present, aucune grace

ge (hélas !) M. Amos Durosier. nest encore descendue...l

*CDSIDVDS

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Vol. 1

No.11 0 du 3 au 9 octobre 2007

HAITIAN COMMUNITY

CENTER OF PHILADELPHIA

400“. 63RD St. Apt. A

Philadelphia PA 19151

(215) 476-2859

Assistance Pour Questions D’immigration

0 After School Program

0 Es] Et Preparation Pour Obtention De

Citoyenneté

o Traductions, Interpretation, Service D’escorte

0 Preparation De Résumés

0 Emissions Hebdomadaires Sur

Radio Haiti(Phila)

0 Programme De Dépistage De Cancer

.

Du Sein: Séminaires Mensuels

. Mammogrammes Gratuits

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WIYE

Mardl soir 8 l0 pm

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EDUCATION. SANTE.

DROiT, CULTURE.

NOUVELLES. DEBATS.

UNE EMISSION DE LA

SHR (SOClETE HAlTIENNE

DE RECHERCHES, DE

DOCUMENTATIONET DE

PROGRES SOCIAL)

I786 Nostrand Avenue

Brooklyn, NY “226

Tél : (7l8) 693-8229

Fax : (7|8) 693-8269

Email : Perspektiv@aol.com

Haiti Liberté 5


A. travers Haiti

Message pour la Iibérafion de Lovinsky

Pierre-Antoine de la partL de ses enfants

Nous nous appelons Stéphane

et Olivier Pierre—Antoine,

les enfants de Lovinsky Pierre-

Antoine. Cette semaine, ce sera

la sixieme que nous passons sans

notre pére qui est retenu en otage

et cela fair plus de de—

42 jours

puis que nous n’avons recu aucun

signe de vie de sa part. Les heures

et les jours passent sans que

personne, a part ses proches, ne

semble se préoccuper de son

sort

Ṅous avons ressenti un grand

vide dans nos coeurs depuis cette

disparition. Cette lamentable si—

tuation nous enléve le sommeil,

nous empéche de manger et nous

oblige a concentrer notre pense’e

sur la lente agonie que notre

pere est en train de vivre. Prive’

de liberte’, notre pére encourt les

risques d’attraper des maladies,

d’étre victime de violence physi—

que de ses ravisseurs et d’avoir le

moral miné le

par désespoir.

Vous qui étes probablement

des péres et méres de famille,

nous vous demandons d’écou—

ter les parolesde deux adolescents

qui sont bien assoif’l‘és de la présence

de leur pére. Ecoutez bien

ce cri de douleur et d’angoisse qui

vient directement de notre coeur.

Ce n’est pas seulement notre pere

que nous manquons, nous sommes

aussi privés de notre cher

ami, de notre conseiller et de

notre guide moral. Nous deman—

dons aux autorités du pays et au

peuple haitien de faire tout ce qui

est en leur pouvoir pour libércr

notre papa. Nous demandons

particulierement aux ravisseurs

de nous accorder cette chance de

nous rendre notre papi qui nous

est si cher.

Méme si nous avons conscien—

sommes confrontés. Au nom du

droit humanitaire et du devoir

pour mobiliser les autori—

tés concernées afin d’obtenir la

d'ingérence pour sauver des petsonnes

en danger de mort, nous Le dernier appel de ses ravis—

liberation de mon mari.

en appelons avec force aux auto— seurs date du 14 aout en cours

rités haitiennes et a la communauté

internationale pour

et c’était pour exiger une forte

qu’elles

nous aident a trouver les somme d’argent contre sa libération.

Les re’centes declarations

moyens

qui permettront la liberation de faites a la presse par

les autorités

notre papa.

policiéres permettent de conclu—

de—

Nous ne doutons pas que re

sormais, tous les efforts que l’enquéte n’avance pas en

de’

seront pufilics it de certains témoignages

li—

mis en oeuvre pour faire de la qui devraient constituer

bération de notre cher papa une autant dc pistes et d’indices sus—

priorité absolue. Nous souhai— ceptibles d’arriver hom—

tant aux

tons que des mesures énergiques

et efficaces mes dc rnain qu’aux cerveaux de

soient déployées a l’enlévement.

cette fin. Nous en profitons La ou il se trouve, mon mari

pour remerciercordialement tous

ceux qui, d’une maniére ou d’une

autre, nous ont apporté leur sou—

tien moral au cours de cette triste

période de notre vie.

Ste’phane Pierre-Antoine

et Olivier Pierre-Antoine

25 Septembre 2007

Michele Pierre—Antoine

C/O Fondasyon Mapou

PO. Box 33724

Washington, DC , 20033

E—mail: michelovepa@yahoo.fr

RE : L’enlévementde

mon mari Lovinsky Pierre-

Antoine

Monsieur le President,

tant qu’épouse de

Lovinsky Pierre—Antoine enlevé

depuis le 12 aofit 2007, en tant

que mere de ses deux enfants, je

me permets, la

pour seconde fois

en moins d’un mois, d’exposer

devant vous

les profondes préoccupations

et les conditions dra-

ce qu’une liberation est un pro—

cessus complexe et long, cela matiques de ma famille face a cet

fait plus d’un mois que nous acte inhumain. Vu l’acuite’ de la

n’avons pas revu notre papa et

nous voulons insister sur l’attente

insoutenable a laquelle nous la HauteAutorité dont vous

situation, je suis contrainte de

solliciter a nouveau

les services de

étes

devrait se sentir bafoué au plus

profond de son étre parce que

son corps est transformé en

monnaie d’e’change, sa

dimen—

sion humaine est annihilée de— et

vient un objet inerte, passif et

de’pourvu d’initiative. Il soulfre

des conditions auxquelles il est

soumis. ll souffre parce qu’il sait

que les siens, en particulier, ses

enfants, souffrent. Il souffre des

jours qui s'égrainent sans espoir,

sans issue.

Au moment or] nous rédi—

geons ces lignes, mes enfants et

moi sommes plongés dans la 50—

litude et la tristesse inhérentes a

la captivité de cet étre qui nous

est si cher. Séparé de sa famille

et de ses amis, dont il ne peut

recevoir ni visites ni nouvelles,

mon mari devrait vivre dans

des conditions infrahumaines,

exposé aux maladies, sans soins

médicaux, sans autre loi l’ir—

que

rationalité de ses ravisseurs.

ll faudrait agir rapidement

avant qu’il ne soit trop tard en

prenant des mesures concretes

et efficaces susceptibles de mettre

fin a la lente agonie de mon

mari et aussi a la pénible angoisse

vécue par ses enfants et ses pro—

ches. Je ne doute nullement que

de tra—

vous ne manquerez pas

vailler sur ce dossier et en faire

une priorité, dans la perspective

de mettre fin a la captivite' de

mon mari..

Tout en restanr a votre disposition

pour d’e’ventuelles infor—

mations et attentive a route évo—

lution de la situation, je vous sau—

rais gré de me faire savoir quels

gestes vous avez décidé de poser

dans ce sens, et quels résultats

vous avez obtenu. Je vous

re—

mercie a l’avance de l’inte’rét et

de l’appui que vous allez préter

a la présente.

Je vous prie de ctoire,

Monsieur le Président, en

l’ex—

pression de ma plus haute considération.

Michele Pierre-Antoine

1

I'udicia'res

es travaux judiciaires pour

l’anne’e 2007-2008 se sont

ouverts ce lundi dans un Palais

de Justice entiérement rénove'

et respirant vraiment 1e neuf.

Parmi les personnalités importantes

présentes a cette ouver—

ture, on pouvait remarquer le

secrétaire d’Etat a la se’curité

publique, M. Luc Eucher

Joseph, 1e ministre de la Justice,

M. René Magloireainsi que des

représentants du Corps diplomatique.

Me George Moise, président

de la Cour de cassation

a été le premier a initier les débats.

A son avis, le bilan des

travauxjudiciaires pour l’anne’e

2006-2007 a été positif.

Pres de 2000 cas ont été

6 Haiti Liberté

des travaux

2007-2008

pour

traités au tribunal de premiere

instance, un record. Au

niveau du cabinet d’instruction,

«2997 jugements et 0rdonnances

ont été rendus en

une seule année», a rapporté

Me. Moise. Beaucoupplus de

jugements auraient d’ailleurs

pu étre rendus si les dossiers

n’étaient restés en souffrance

au niveau du Parquet.

La question de la de'-

tention préventive prolongée

a été soulevée. Me Georgess

Moise a dit souhaitervoir adopter

en Haiti le systéme accusatoire

en vigueur dans les pays

anglo-saxons. Contrairement

au systéme inquisitorial hérite’

de la France, dans le systeme

accusatoire «la phase d’instruction

est absente, tandis

que le réle du ministérepublic

est renforcé», a explique' le président

de la Cour de cassation.

Apparemment, 1e systéme accusatoire

permet de juger un

accusé dans un temps relativement

court, les chiffres de

4 mois aprés arrestation ayant

été avancés, par comparaison

avec la situation hai'tienne ou

la durée d’une détention pre’

ventive se chiffre en année.

Me Moise a plaidé en

faveur de la création d’une

chambre constitutionnelle qui

aura pour attribution de statuer

sur les lois votées par le

Parlement et les décrets adoptés

par l’Exe’cutif avant méme leur

promulgation. Lors de conflits

survenus lors de competitions

électorales, une telle chambre

aurait alors 1e role de trancher

tout litige amené devant sa competence.

11 a aussi parlé de désigner

des magistrats qui auraient

pour role de controler la légalité

des arrestations, avancant

que:« Toute personne arrétée

par lapolice devra étre de'férée

devant l’un de sesjuges qui Ia

reldchera s’il estime que 1 ’arrestation

est illégale.»

11

y a eu l’intervention du

Batonnier de l’Ordre des avo—

cats, Me Gervais Charles au sujet

de la formation d’avocats qui est

une des priorités du batonnat. Le

ministre de la Justice, Me René

Magloire, a

indi—

pour sa part

qué que son ministere « entena'

:hdapter d la nouvelle conjoncture

par l’e’labomtion, l’aa’option et la

mise en oeuvre 4' ’un plan 4' ’action

s’orienmnt essentiellement yer;

[a

reorganisation et [a dynamimtion

du systéme et de [uppareiljudiciaire.

Ceplan shrticule dutour

de 3 grand: axes : la democrati—

sation et 1 ’accem'bilité de lajustice,

le renfircement de [a gouvemance

institutionnelle, l’intégmtion u'e:

ressource: internationaler dam le

rerpectpar les um et les autres des

diuersité: raciales, culturelle: ».

Le ministre Magloire a rappelé

1a construction et la re’novation

de certains tribunaux dc

paix dans le pays ainsi que les

résultats probants de la commission

consultative sur la de’-

tention preventive prolongée.

En effet, c’est grace in la diligence

de cette commision que

«plus de 300 personnes ont

été libérées par le Parquet.»

Le ministre a profité de cette

réouverture pour annoncer la

réouverture de l’Ecole de la

magistrature avec des aires de

competence plus larges et la

construction en 2008 et 2009

de nouveauxtribunaux de paix.

Vol. 1

No.11 0 du 3 au 9 octobre 2007


Perspectives

Quel monumentL (‘1 Savannah?

’histoire d’l—Iaiti,

peut étre diise’e

en 3 périodes, la période

précolombienne ou préhistorique,

la période espagnole et francaise

ou période coloniale et la période

ha'itienne.

La période pre’colombienne

est caractérisée par la société pri—

mitive et sans classe des aborigénes

qui vivaient paisiblement sur

cette ile qu’ils appelaient en ce

temps-la Ayti. La période espa—

gnole et francaise a été marquée

par l’esclavage et la colonisation

de cette terre depuis le de’barquement

de Christophe Colomb en

Amérique. Pendant l’ére espagnole

elle allait s'appeler Santo—

Domingo et sous

la domination

6 he'ros cités par l’organisation

(HAHS) sont .' Ana're' Rigaud,

C/oaoannes Baptiste, Beauoais,

Henry Christophe et Viiatte»

Cependant a l’exception de

Henri Christophe, les 5 autres

noms cite’s comme héros par la

HAHS, ne sont pas

des héros haitiens.

Ils furent des esclavagistes,

des hommes de couleur qui ne

travaillaient que pour

la survie de

l’esclavage et de plus pour conserver

Saint Domingue a la France.

Faire passer ces hommes pour

des héros haitiens, c’est dire com—

ment des gens ignorant l’histoi—

re du pays

s’en servent pourtant

pour accomplir leur petit projet

personnel aprés s’étre adressés a

Ce monument sera inauguré lo 8 octobre prochain a Franklin Square 11

Savannah en

l’honneurde 6 soldats appelés du nom do « chasseursvolontalres de Saint Domingue»,

et qui par la suite sont « devenus des héros de l’indépendance d'Haitl » en l’occurence :

André ngaud, Chavannes Baptiste, Beauvais, Henry Christophe et Vllatte :-

esclavagiSte de la France, elle por—

tait le nom de Saint—Domingue

jusqu’au mois de novembre 1803,

justc aprés la bataille de Vertiéres.

Quant a la période ha'itienne, elle

a commencé a partir de janvier

1804, avec la celebration de notre

Indépendance aux Gonai’ves.

Tout cela c’est pour dire, qu’il

n’existait pas encore une nation

ha‘itienne en 1779. Pourtant des

citoyens francais venus de cette

St Domingue allaient concou—

rir a e’tablir l’indépendance des

Etats—Unis, lors de la bataille de

Savannah.

Des natifs et des immigrants

ha'itiens de l’état de Ge’orgie

n’ont pas oublié. En effet un

projet d’ériger

in

un monument

Savannah en mémoire des «héros

ha'itiens» qui avaient participe’ en

1779 a la guére dc l’indépendance

américaine est actuellement en

cours. Ce projet a été mis sur

pied par l’organisation «Haitian

American Historical Society»

(HAHS) et est coordonne’e par

Mme Natalie Wakam Cyprien.

A ce stade, Mme Wakam

Cyprien critique farouchement

l’Etat ha'itien qui «napas apporte’

d’appuijusqu'iei a [a realisation

a'e ee projet a'envergure». Selon

elle, « I Eat

[ha'itien], aujourd ’bui,

reste ole marbrefizce a‘ ceprojet qui

permettra a'e projeter une image

positive ties Haitiens».

Ce monument, en fait sera

inauguré le 8 octobre prochain 51

Franklin Square a Savannah en

l’honneur de 6 soldats appelés

du nom de «claasseursvolontaires

de Saint Domingue», et qui par

la suite sont «devenus a’es be’ros

de l ’ina'épendanced’Haiti» Les

Vol. 1

No. 11 0 du 3 au 9 octobre 2007

certaines fondations ou.organi—

sations internationales.

L’histoire comme toute scien—

ce se base sur des faits re’els, non

pas sur des données non

véri—

fiables, encore moins sur des

rumeurs ou sur des mensonges.

Comme nous

l’avions appris dans

les premieres classes d’histoire,

L’bistoire est un re’eit véria'ique

des a'ivers e’vénements survenus

au cours a'es siecles. En ce sens, ce

projet ne vaut pas grand chose,

ne reflétant aucune réalité histo—

rique, aucune réalité ha'itienne

puisque le mot ha'itien n’existait

pas encore a l’époque.

Voyons d’abord dans quelle

3511911010

54

new?

mum SEB‘IJL‘ES

INCOME TAX

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[DOCUMEN TS

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fax: (305) 759-9898

cell: (786) 273-2450

email

benphotob@bellsouth.net

Par Berihony Duponi

circonstance, le contingent ex—

péditionnaire est parti du Cap

Francais le 15 aout 1779 pour

la Ge’orgie, sous les ordres du

Comte Jean Baptiste Charles

Henri Victor d’Estaing, Vice-

Amiral de France, Lieutenant

Ge’néral des Armées Royales,

ancien Gouverneur de l’Ile, avec

comme Major ge’néral le Vicomte

Francois de Fontanges et 3500

hommes de troupes et marins

francais dont un grand nombre

venant des li—

rangs des hommes

bres, dans les regiments francais

qui stationnaient aux Antilles on

a Saint-Domingue.

,

Depuis la perte du Canada au

profit de l’Angleterre, La France

voulait se venger

des britanniques.

C’est dans cette optique, qu’au

cours de la guerre d’indépendance

des colons américains d’origine

britannique contre leur métropole

anglaise,la France non seulement

leur avait apporté un ferme sou—

tien, mais elle avait aussi participé

militairement avec eux a la guerre

contre l’Angleterre. Ainsi donc,

quand la ville de Savannah fut

capture’e par

le corps

expedition—

naire britanniquedu Lieutenant—

Colonel Archibald Campbell, la

France a l’unisson avec les colons

américains qui étaient au nombre

de 1550 participércnt a CC siege de

Savannah pour libérer cette ville

occupée les

par britanniques.

Soulignons également que

dans cette force francaise, il

n’y avait pas un scul esclave, ils

étaient tous des descendants de

colons francais, des gens de la

classe moyenne, des hommes li—

bres qui 1e matin du 9 octobre,

avancérent avec la plus grande

intrépidité jusqu'aux lignes en—

nemies des 3200 hommes du

Royaume—Uni

pour défendre le

tricolore francais. Voila donc pour

les faits historiques ve'rifiables.

Mme Cyprien ne semble pas

comprendre que

l’ex—président

américain, Bill Clinton, ait volontairement

accepté d’étre le porte—

parole du groupe alors que cette

chance qui passe «semble nepas

inte’resser l’Etat baitien, [cette

chance qui] éte’

a aemeillie a bras

ouvertpar les autorite’smunicipales

ale Savanna/7 »

«Savanna/7 est une batailie

a’ont ebaque hai’tien doit se sou—

venir parce que (est le prelude a

i ’indeioendanee d’Hai'ti » a souligné

Madame Cyprien. Devrions—

nous rappeler aux dirigeants de

la «Haitian American Historical

Society», que d’abord ce furent les

Indiens et par la suite les esclaves

africains qui s’étaient battus héro'iquementcontre

l’établissement

de l’esclavage. Par la suite, ce fut

en 1791, aprés le congrés du Bois-

Ca'iman q'ue s’amorcare’ellement

1e

processus révolutionnaire pour

la liberation des esclaves a Saint

Domingue. Le prelude, madame,

fut a Bois-Ca’iman et non pas 31

Savannah, ne vous en déplaise,

«Les Etats—Unis a'i‘lme’rique

sont inde’pena’antsaujourd’lmi

grace au contours méme limité et

ponetuei du peuple hai'tien». Que

dirait la France de Sarkozy en

entendant un tel ?

propos

Est—cc

que la HAHS voudrait en quelque

sorte effacer du passé ce pan

d’histoire, la colonisation du pays

(par les forces exploiteuses d’Eu—

rope ?

Les faits historiques ne peuvent

pas étre déforme’s, réorientés

ou corrigés. Donnez a la France

ce qui lui revient. Quant a nous

autres Haitiens, nos ancétres ont

tracé l’une des plus belles pages

de l’histoire du monde en créant

1a nation hai'tienne. Nous n’avons

rien a envier a personne.

Signalons par ailleurs, que

le navire francais La Fayette stationne

actuellement a Savannah

en hommage sol—

aux milliers de

dats francais qui se sont battus au

cours du siege de Savannah le 9

octobre 1779.

Pour l’édificationde Madame,

voici les noms d’un grand nom—

bre de blesse’s francais au siege

de Savannah : Benoit Joseph

André Rigaud des Cayes, agé

de 16 ans, Pierre Faubert des

Cayes age de 27 ans, Laurent

Férou des Coteaux agé de 34

ans, Louis Jacques Beauvais age'

de 23 ans

; GuillaumeBleck, de

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Email: crowingrooster@iuno.com

Henry Christophe, le troisieme des chefs

noirs de l'ancienne colonie de Saint-

Domingue,naquit dans l’ile de la Grenade

(Petites Antilles) le 6 octobre 1767. Né

de parents esclaves. il fut affranchi par

un officler de marine, lors de la prise de

la Grenade sur les Anglais par I’amiral

d’Estaing.

Saint—Louis du Sud, age' de 34

ans ; Gédéon Jourdan, de Petit—

Trou de Nippes, age’ de 27 ans

; Jean Piverger, d’Aquinfige’

de 31 ans ; Pierre Cangé, de

Grand Goave, age’ de 24 ans

;

Jean—Pierre Lambert, de la

Martinique, age’ de 51 ans, ré—

sidant a Port-au-Prince ;Jérome

Thoby, de la Petite Riviere de

l’Artibonite, agé de 26 ans

;

Barthéle’my Méder Icar, de la

Petite Riviere de l’Artiboni—

te, age' de 26 ans

; Christophe

Mornet, des Gona'ives, agé de

30 ans

; Césaire Savary, de Saint—

Marc, agé de 23 ans ;Jean-Louis

Froumontaine, de Saint—Louis

du Nord, agé de 27 ans,

Jean—

Baptiste Chavannes, de Sainte-

Rose du Nord, age’ de 24 ans

;

Martial Besse du Terrier Rouge,

agé de 20 ans

;Jean—Louis Villate,

du Cap, age’ de 28 ans ; Jean—

Baptiste Leveillé,du Cap, agé de

,

37 ans ; Luc Vincent Olivier, de

Sainte—Rosedu Nord, de 26 ans

;

Pierre Auba, du Quartier Morin,

a é de 29 ans; Pierre Astrel, de

P aisance, age’ de 26 ans ;Jean-

Baptiste Mars—Belley,du Séne’gal,

domicilié a Sainte—Rosedu Nord,

agé de 33 ;

ans Henry Christophe

de la Grenade, domicilié au Cap,

age’ de 12 ans.

Sans polémique aucune, madame,

permettez-nous de vous

poser la question : quel monument

:1

Savannah, et pour qui?-

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Pa Nou

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I'la'l'ti Liberté 7


V

A travers le monde

George Bush défenseur ou

bourreau du peuple irakien?

Par MOTISSGGU Lazarre

\Ason retour d’une visite effectue’e

a Bagdad au mois d’Aout

dernier, le sénateur démocrate

de Michigan, Carl Levin, avait

déclaré : « MonsieurMaliki est

incapabledhgir indépendamment

de: leaders religieux et seetaire: et

afailli [1 5a mission d’unifier son

pay: ». Et Levin, toujours avec

l’arrogance qui caractérise les po—

liticiens traditionnels américains,

de marteler : « Maliki doit étre

re'voque’ et remplace’par un leader

mainsseemire ». Deux jours aprés,

soit le 22 aofit, la candidate dé—

86’—

mocrate aux présidentielles, la

natrice Hilary Rodham Clinton,

avait jeté son appui ,au se’nateur

Carl Levin en jugeantMaliki in—

capable « d’unifier » les Irakiens et

en appelant au parlement irakien

a nommer une autre personnalité

qui rassemblerait tous les groupes

ethniques du pays

: « fepartage

l ’erpair, disait—elle, que

le parle—

ment imkien remplaee le Premier

ministre Maliki par une person—

mzlite’ main: contravene? etplur

unifimtrice lorsqu’il retournera en

session dam quelques semainer. »

Cependant, ce meme 22 aout,

George Bush ne se fit pas prier

pour se lancer a la rescousse de

son homme dans un discours

qu’il prononcait devant d’an—

ciens combattants a Kansas City :

« LePremier mimlrzreMa/iki est un

homme de bien, un hommede bien

£1

[a te‘te d’une tdcbe trey dz'flieile

», avait—il de’claré. Maliki devait

se sentir soulagé et fier en e'coutant

son patron lui envoyer de

telles fleurs. Et hypocritement,

Bush de poursuivre : << Ce n’estpas

auxpolitz'eiem de Washington DC

de dire 5i Maliki doit garder son

paste ; r’est aux Ira/eiem qui vivent

maintenant en

a'e’mocmtz'e er non

en dictature d ’en decider. »

Nous pouvons remarquer

comment l’absurdite’ et le cynisme

de Bush dépassent la mesure.

Premiérement, Bush n’est-

De gauche a droile George Bush e1 Nouri al- Maliki: «Le Premier ministre Malikl est un

homme de bien, un homme de bien a la téte d‘une fiche ties difficile»a déclaré le présldentdes

Etats-Unis.

il pas toujours un politicien de

Washington DC ? Le palais d’ou

lui et son gang concoctent leurs

crimes quotidiens contre le peu—

ple irakien, ne se trouve-t—il pas

a WashingtonDC ?

Deuxiemement, George Bush,

peut-il se faire le défenseur des

Irakiens ?

Qui ce

veut—il tyran

tromper ?

Pas le peuple améri—

cain dont la majorite’ répudie la

politique aventuriste et crimi—

nelle de la classe réactionnaire

américaine malgré la propagan—

de inou'ie entretenue a travers la

grande presse domestiquée. Ce ne

peut non plus étre les Irakiens qui,

depuis l’invasion odieuse de leur

pays, rejettent comme un seul

homme — quelques traitres exceptés

— la démocratie empoisonnée

que Bush et son gang ne cessent

de leur forcer dans la gorge a la

pointe des ba'ionnettes et qui se

battent héro'iquementchaque jour

pour chasser les forces d’occupation.

Non, ce ne peut étre les

Irakiens qui constatent avec indi—

gnation la destruction quasi totale

de leur nation, l’anéantissement

de leur infrastructure pendant

qu’ils pleurent leur—s million—s de

morts massacres par les balles et

les bombes assassinesdes soldats

racistes de Bush et consorts.

Si George Bush veut vraiment

se faire le de’fenseur des Irakiens,

qu’il cesse son infame et infamante

occupation de l’Irak et remette

aux Irakiens leur pays au lieu de

cre’er des subterfuges

éter—

pour

niser la présence de ses troupes

sur

le sol irakien.

Non, les Irakiens ne vivent

pas en démocratie mais en dicta—

ture fe’roce ame’ricaine. Et Bush

est le bourreau du peuple irakien,

tout comme il est le bourreau

des peuples ha'itien, palestinien

et afghan. Il ne saurait tromper

qui que ce soit avec ses bétises

qu’il lache consciemment ou inconsciemment.

On ne saurait qualifier de democratie

une occupation ille'gale

rejetée par tout un peuple dont

les droits sont bafoue’s, dont les

enfants continuent de mourir par

centaine-s chaque jour et dont le

pays est devenu un veritableenfer

au point que, d’apres les statisti—

ques des Nations Unies, depuis

l’occupation de l’Irak, un tiers

des Irakiens se sont déja réfugiés

ailleurs. C’est un non—sens et une

insulte a la pense’e. I

Le Mexiquesous Ia

coupe des Etats-Unis

Par André Maltais

RemplacerIa Colombie comme «semeur de discorde». Un

Mexique sur—militarisé, exp/ique Pickard, est donc appeié a

[ouer Ie role qui incombe maintenant a la Colombie mois

dont ce pays est incapable de s’acquitter etticacement :

ceiui de « semeur de discorde » dans une Amérique Iatine

qui, tant bien que mal, tente de s’unir contre Washington.

Dans la foulée du Partenariat

pour la sécurité et la prosperité

de l’Amériquedu Nord (PSP)

les chefs d’état mexicain Felipe

Calderon et états-unien Georges

W Bush reconnaissent l’existence

d’un projet d’aide militaire accru

pour le Mexique.

Selon l’Agence de Presse du

Mercosur, sous le prétexte de

combattre les cartels de la dro—

gue et de renforcer la vigilance

aux frontieres nord (avec les Etats—

Unis) et sud (avec l’Amérique

centrale), Washington accorderait

au Mexique au moins 100

millions de dollars au cours des

deux prochaines anne’es.

L’aide prendrait la forme de

technologie d’espionnage, d’avi—

ons transporteurs de troupes et

d’entrainement pour

les forces

militaires et policiéres.

Le Mexique tourne 1e dos

a sa tradition

Pour Laura Carlsen, direc—

trice du programme pour

les

Amériques du Centre des re—

lations internationales (IRC-

Americas), il s’agit d’un renver—

sement oomplet de politique pour

le Mexique qui, «depuis un

sie—

cle, a toujours refuse la présence

d’agents états—uniens sur son

territoire e'tant donné la menace

historique qu’a représenté le

voisin du Nord pour sa sécurite’

nationale»

Le Mexique s’était ainsi bati

une tradition de neutralité et

d’inde’pendance face aux

Etats—

Unis comme le montrent la na—

tionalisation du pétrole en 1938,

l’entrée tardive dans la Seconde

guerre mondiale, le maintien

de relations diplomatiques avec,

Cuba et, en 1994, l’exclusion

du pe’trole des négociations dc

l’ALENA. [l]

_

Mais, aujourd’hui, écrit

Miguel Pickard, du Réseau

mexicain d’action contre

le libreéchange

(RMALC), la souverainete’

e’conomique, politique et

militaire du pays est plus menacée

que jamais.

«Méme si 16 pre’sident non

élu du Mexique aflirme qu’aucun

soldat états—unien ne mettra les

pieds en territoire mexicain, il

n’en demeure pas moins que les

entraineurs militaires et le personnel

technique e’tats—uniens

permettrontau FBI, 2; la CIA, au

Pentagone et a la DEA de disposer

de données stratégiquesa jour

sur le Mexique».

«Et, comme en Colombie,

ajoute Pickard, on assistera ra—

pidement a une monte’e notable

de l’ingérence dans les affaires

tant intérieures qu’extérieures du

Mexique».

Militarisationde la société

Derriére les impératifs de

sécurité, les Etats—Unis veulent

faire en sorte que les militai—

res prennent une importance

croissante dans la vie nationale

mexicaine afin de criminaliser

une protestation sociale a qui il

manque tres peu pour devenir la

principale force politique orga—

nisée du pays.

Mais, pour cela, continue

Pickard, il faut aux militaires un

ennemi :

ce sera le crime organisé

que les gouvernements successifs

Suite d la page 17

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LEON T. MONDESIR, CEO

8 Haiti Liberté

Vol.

1

No. 11 0 du 3 au 9 octobre 2007


Kondrat/Haiti

Credit

This Week in Haiti

Liberté

Peter

New Jersey:

Lawyers Speak Out Against

UN Occupation of Haiti

If MINUSTAHis an occupying

force in Haiti, it certainly was

not occupying the chair that was

reserved for it on a panel conve—

ned to discuss the role and the

mandate of the United Nations

armed mission that has been in

the country since just after the

2004 coup d’état.

Seton Hall Law School in

Newark, NJ organized a public

meeting of prominent human

rights lawyers, independentjournalist

Reed Lindsay, and representatives

of the UN Mission to

Stabilize Haiti (MINUSTAH)

on September 27. The event

was timed to coincide with an

upcoming General Assembly

vote on renewing the mandate

of the mission, which expires

on October 15. The event promised

to bring together for the

first time supporters and critics

in an open exchange of insights,

allegations and concerns.

But days before the event,

the MINUSTAH’S second—in—

command, Ettore di Benedetto,

backed out of his commitment

to participate in the forum, citing

scheduling conflicts. No replacement

was sent from either

MINUSTAH, the UN, the

Haitian government, or any of

the countries whose armed forces

are participating in the mission.

Perhaps Mr. de Benedetto

well foresaw the blistering criticism

that would be leveled at

the armed forces he oversees.

There are amply documented

cases that the MINUSTAH’s

warrantiess searches, unjustified

manhunts, repeated and systemic

failures to protect the human ri—

ghts of poor Haitians, and, most

egregiously, scores of corpses

with MINUSTAH bullet holes

in them.

Human rights attorney Brian

Concannon spoke with a mixture

of disbeliefand outrage of

the lack of any mechanism for

Haitian victims ofMINUSTAH

violence,human rights violations

and misconduct to have their

grievances heard and redressed.

Ironically, MINUSTAH’S

lack of accountability in Haiti

— echoed loudly in de Benedetto’s

no-show at the Seton Hall

event — was the subject of withering

criticism from the other

invited panel members. Fellow

human rights lawyers Mario

Joseph and Thomas Griffin joi—

ned Concannon in decrying

the Status of Forces agreement

signed by US—installed Gérard

Latortue soon after the US—spon—

sored coup d’état that removed

President Jean-Bertrand Aristide

from office in February 2004.

That agreement granted blanket

immunity to all United Nations

forces in Haiti for any crime

committed on Haitian soil for

the duration of their mandate.

President René Préval — who, un—

like Latortue, was actually elected

to office — has continued the

agreement, despite abundant documentation

of crimes and abuses

committed by MINUSTAH

forces.

Joseph made the case that

MINUSTAH had conclusively

failed in each of the three mandates

contained in UN Security

Council Resolution 1542, which

established the force.

First, the MINUSTAH

was charged with establishing

security in Haiti. It is impos—

sible, Joseph contended, to say

that MINUSTAH’S presence

has made the country more se—

cure, even though kidnappings

have declined. He cited two of

Journalist Reed Lindsay (left) and lawyer Brian Concannonwere two of the panelists at the

Sept. 27 Seton Hall Law School meetingto examinethe UN’s military occupation of Haiti.

Vol.

1

No.11 0 du 3 au 9 octobre 2007

by Peter Kondrat

the numerous egregious assaults

on popular neighborhoods by

UN forces, one in June 2005

and another in December

2006. Joseph and the Office of

International Lawyers (BAI), of

which he is a part, have investi—

gated these attacks and are putsuing

justice.

Second, the UN was charged

with establishing a sound

political process in the after—

math ofthe coup. The fact that

MINUSTAH operated as a de

facto “stabilizingforee” for the

(t - . ))

intmm government ofLatortue

not only de—legitimized it in the

eyes of the citizenry, but also

impeded the restoration of a

representative elected govern—

ment. It was popular outrage,

not the work of MINUSTAH,

that resulted in recognition of

Rene Préval’s election victory

in February 2006 despite appa—

rent widespread electoral manipulation.

Even now, there is

uncertainty about whether the

legislative elections scheduled for

Decemberwill take place.

Third, the UN force was

charged with safeguarding the

life, liberty and human rights

of every Haititan, and in this it

has clearly failed.

Thomas Griffin made the

point, reiterated by other panelists,

that the spikes in violence,

or reports of spikes in violence,

in Haiti, curiously correspond

to times when MINUSTAH’S

mandate is up for renewal. He

also contended that the United

Nations had brought to Haiti

a myopic and heavy—handed

conceptionof a “peace—keeping”

mission. “Yhey have the ability

to use their money fiJr something

other than hullets,” he said. “If

they wanted to, they could” in—

vest in the country in the form

of socially useful projects.

The UN budget for

MINUSTAH — about $40 mil—

lion per month — exceeds the

budget of the entire Haitian go—

vernment, which is about $400

million annually.

Although Lindsay acknowledged

that the renewal

of MINUSTAH’s mandate for

at least another six months is

now all but certain, he showed

powerful evidence ofmisconduct

and criminal behavior, some of

which he had witnessed perso—

nally and videotaped. Lindsay’s

presentation included still pho—

tos and video footage that clearly

showed the occupation force’s

cavalier brutality, explaining

its lack of popular support. In

one sequence, a man was lugged,

shot and bleeding, from the

chaotic scene of a MIN USTAH

operation. Moments later, a

crowd of residents looked on as

a UN vehicle was torched in re—

taliation.I

Did He Jump

or Was He Pushed?

Aristide and the 2004 Coup in Haiti

(First article in a series)

by Peter Hallward

Former President Jean-Bertrand Aristide: Did he leap to safety on Feb. 29. 2004, or was

he pushed into captivity? People more sympathetic to the Lavalasgovernment have had

few occasions to present their side of the story In a systematic way.

little less than four years

ago, in late February 2004,

France, the US and a few other

old “friends ofHaiti” called on

the country’s elected president

Jean-Bertrand Aristide to resign.

No doubt Haiti’s friends

had their reasons. Following its

landslide election victory in May

2000, Aristide’s Fanmi Lavalas

party had proved that it was li—

kely to dominate Haiti’s parlia—

mentary democracy for the fareseeable

future: after the rather

less decisive election of George

W. Bush later that same year,

some of Aristide’s older friends

in the US began taking newly

energetic steps to undermine his

administration. A couple of years

later, when Aristide began asking

France to repay the enormous

amount of money that it had

extorted from its former slave

colony during the previous cen—

tury, international responses to

his government quickly evolved

from routine hostility to outright

aggression.

No—one disputes the fact that

during his last few days in office,

these same countries threatened

Aristide with a “bloodbath” if he

chose to serve out the remain—

der of his term in office. Nor

can anyone easily dispute the

fact that by early 2004, Haiti’s

oldest friends had done every—

thing necessary to make such

a threat look imminent and

plausible. Even before he returned

to office in February 2001,

they had gone to considerable

lengths to promote both a po—

litical and a paramilitary oppo—

sition to Aristide’s government,

an opposition that adopted the

elimination ofAristide as its very

raison d ’étre. Relentless pressure

from these opponents, combined

with punitive economic

measures implemented by their

foreign patrons, eventually bac—

ked Aristide into a corner from

which he couldn’t escape. By 28

February 2004, the area of the

country that remained under the

government’s direct control had

shrunk to little more than greater

Port-au—Prince. A small but

well—armed and well—funded military

force led by ex—soldiers Guy

Philippe and Jodel Chamblain

was apparentlypoised to attack

the capital. The government’s ra—

ther less well—armed security forces

were no longer reliable, and

the international community had

made it clear that it would only

intervene once Aristide agreed

to step down. Although there’s

little chance that Philippe’s

men could have taken the city on

their own, they might well have

’managed it, eventually, with sui—

table internationalsupport. On

the night of 28/29 February, the

prospect of a bloodbath was real

enough.

What’s more controversial

— and more likely to stay that v.

-

— is what happened in the

mactic hours just before Arist

left Haiti. With his back to

wall, did he choose to save

skin and accept a US offer

safe passage to a friendly th)

country? Or, on the contra.

was he forced to resign by hostii

foreign troops before being led,

manu militari, onto an American

plane?

Did Aristide leap to

safety, or

was he pushed into captivity?

Representatives of the US

government have spoken repea—

tedly and at length about what

they say happened that night.[l]

People more sympathetic to the

Lavalas government, by contrast,

have had few occasions to pre—

Continue on page I 6

Peter Hallward is a professor ofphilosophy at Middlesex University in

London, Englandand the author ofthe upcoming boo/e "Damming the

Flood: Haiti, Aristide and the Politics of Containment” to he published

by Verso thisfall.

Haiti Liberté 9


-

A

ab—n

LA

Par Dilip Him

1‘

Le fiasco de l’lrak a montré Ia saisissantelimitation de la puissance des plus hautes technologies du globe, de la plus destructive machine militaire

vec l’elfondrement de l'Union Sovie’tique en 1991, les

USA se tenaient fiérement --

militairement invincible,

sans rival économique, diplomatiquement incontestable

et force dominante sur les chaines d’information du

monde entier. Le siecle a venir allait étre 1e vrai « Siecle

US, » avec le reste du monde faconné a l’image de leur

superpurssance unique.

Pourtant, avec pas meme une décennie de ce siecle

derriere nous, nous sommes

de’ja te’moin de la montée

d’un monde multipolairedans lequel les nouvelles puis—

sances font douter des différents aspects de la supre’ma—

tie US -— la Russie et la Chine au premier plan, avec des

puissances re’gionales, le Venezuela et l’Iran, formant le

deuxieme rang. Ces puissances e’mergentes amorcent

l’effritement de l’hége’monie US, sans l’affronter, sépa—

re’ment ou conjointement.

Comment et pourquoi le monde a—t—il évolue’ ainsi

aussi vite ?

La debacle de l’administration de George W

Bush en Irak est certainementun facteur important de

cette transformation, un exemple classique dc puissance

impérialiste, qui déborde d’orgueil démesure’, se dispersant

au-dela de ses propres capacités. Au soulagement de

beaucoup -—

aux USA et ailleurs le fiasco de l’Irak —- a

montré la saisissante limitation de la puissance des plus

hautes technologies du globe, de la plus destructive ma—

chine militaire. Brent Scowcroft, conseiller a la sécurité

nationale de deux présidents US, concede dans édi—

un

torial récent, qu’en Iraq les USA «

sont au corps a corps

luttant a e’galité contre des adversaires qui ne sont méme

pas un Etat organise. »

L’ invasion et la désastreuse occupation de l’Irak qui a

suivi et la campagne militaire mal gérée en Afghanistan

ont écorne’ la crédibilité des USA. Les scandales a la pri—

son d’Abu Ghraib en Irak et a Guantanamo Bay in Cuba,

avec les massacres largement publiés des civils irakiens a

Haditha, ont gravement terni leur image morale. Dans

le dernier sondage d’opinion en Turquie, un Etat lai'que

membre de l’OTAN, seulement 9% des Turcs ont une

« opinion favorable »

envers les USA (52% de baisse en

seulement cinq ans).

Pourtant il y a d’autres explications --

indépendantes

des mésaventures manifestes de Washington ——

au chan-

10 Haiti Liberté

gement actuel dans les affaires internationales. Celles-ci

incluent, 1e surtout, durcissement du marche’ pétrolier et

du gaz naturel, qui a augmenté comme jamais avant 1e

pouvoir des riches nations pétrolieres ; l’expansion économique

rapide des méga nations, la Chine et l’Inde ;

la transformationde la Chine en principal fabricant de

base du globe ;

et la fin du duopole anglo-US dans les

informations de la télévision internationale.

Beaucoup de chaines, diverses perceptions

Durant 1a guerre du Golfe de 1991, seuls Cable News

Network et British Broadcasting Corp avaient des correspondants

a Bagdad. Ainsi l’audience TV internationale,

indépendamment de sa localisation, voyait le conflit a

travers leurs objectifs. Douze ans apres, quand l’admi—

nistration Bush, soutenue par le premier ministre bri—

tannique Tony Blair, a envahi l’lrak, l’Arabe Al-Jazeera

a brisé ce duopole. II a transmis des images ——

et des fairs

qui contredisaient la presentation du Pentagone. Pour la

premiére fois dans l’histoire, le monde était témoin de

deux versions d’une guerre en cours en temps réel. La

version Arabe d’Al-Jazeera, qui était aussi crédible que

les nombreuses compagnies de télévision de l’extérieur

du monde parlant Arabe d’Europe, d’Asie ——

et d’Amérique

latine --, a montré a ses video—clips.

Bien qu’en théorie la croissance de la télévision par

cable dans le monde entier air souleve’ la perspective de

mettre fin au duopole anglo—US de l’actualité télévisée

sur 24 heures, cela c’esr peu produir a cause du cofit exor—

bitant de la collecte et de la publication des informations

TV. Ce fut seulement l’arrive’e d’Al-Jazeera en Anglais,

finance’e par

le riche Emirat pétrolier du Qatar ——

avec

sa politique déclarée de proposer une perspective globale

sous l’angleArabe et Musulman --

qui, l’anne’e derniere,

a finalement brisé le moule e’tabli depuis longtemps. [Le

journaliste palestinien Khalid Amayreh a dénoncé depuis

l’infiltration de la BBC dans Al—Jazeera, NDT.]

Rapidement, France 24 est arrivée sur

les ondes, e'met—

tant en anglais et en francais 1e point de vue francais,

suivie en mi 2007 par Press TV en langue anglaise, des—

tinée a fournir la perspective iranienne. La Russie fut la

suivante en ligne dans 24 heures de nouvelles en anglais

pour écoute mondiale. Dans l’intervalle, stimulée par

le

president vénézuélien Hugo Chavez, Telesur, une

chaine

TV pan—Ame’rique-Latine base’e a Caracas, commencaita

concurrencer CNN en Espagnol pour

le grand public.

Comme au Qatar, ainsi qu’en Russie er au

Venezuela,

1e financement de ces entreprises d’information TV pro—

vient de la hausse des revenus pétroliers nationaux -- un

facteur qui a vidé l’hégémonie US pas seulement au figuré

mais en re’alite’.

La Russie, une superpuissance énergique

Sous le President

,

Vladimir Poutine, la Russie a plus

que récupéré du chaos économique qui a suivi l’effondrement

de l’Union Soviétique en 1991. Apres avoir en

réalite’ nationalise’ de nouveau l’industrie de l’énergie

dans des sociérés sous controle de l’Etat, il a commencé

a déployer son influence économique favoriser les

pour

intéréts de la politique étrangere russe.

En 2005, la Russie a dépasse’ les USA, devenant le

deuxieme plus grand producteur de pétrole du monde.

Son revenu pétrolier s’éleve maintenant a 679 millions

de dollars par jour. Les pays européens dependants de

l’importation du pétrole russe incluent maintenant la

Hongrie la ,

Pologne ,

l’Allemagne, er méme la Grande—

Bretagne .

La Russie est aussi le plus grand producteurde gaz

naturel de la planéte, avec les trois cinquiémes de ses exportationsde

gaz allant vers les 27 membres de l’Union

Européenne. La Bulgarie ,

l’Estonie, la Finlande et la

Slovaquie se procurent 100% de leur gaz naturel en Russie

; la Turquie 66% ; la Pologne 58% ; l’Allemagne 41%

;

et la France 25%. Gazprom, la plus grande entreprise

de gaz naturel de la Terre , a e’tabli les prix dans 16 pays

de l’UE.

En 2006, les reserves de devises e’trangeres du Kremlin

s’e’levaient a 315 milliards de dollars, partis des miséra—

bles 12 milliards de 1999. Peu s’e’tonnent qu’en juillet

2006, la veille du Sommet du G8 a Saint—Pe’tersbourg,

Poutine rejetait la charte sur

l’e’nergie proposée par les

leaders occidentaux.

Les réserves de devises e’trangéres remontant en fle—

che, les nouveaux missiles balistiques, et les liens plus

étroits avec la Chine prospere —- avec qui il a conduit

des exercices militaires communs dans la pe'ninsule de

Shandong en Chine en aout 2005 -— Poutine est a méme

de traiter avec son homologue US, 1e president Bush, en

tant qu’e’gal, ne michant pas ses mots dans son estima—

tion de la politique US.

« Un pays,

les USA, a outrepasse’ ses frontieres nationales

de toutes les maniere possibles, » a dit Poutine lors

de la 43eme Confe’rence Transatlanrique sur

la Politique

de Sécurite’ a Munich fe’vrier. <<

en Cela est visible dans

l’économique, la politique, les politiques culturelle et

educative qu’il impose aux autres nations... C’est tres

dangereux. »

Condamnant le concept d’un « monde unipolaire, »

il a ajouté : « Bien qu’on puisse enjoliver ces conditions,

an bout du compte cela décrit un scénario dans lequel

il y a un centre d’autorité, un centre de force, un centre

de prise de de’cision... c’est un monde dans lequel il

y a un maitre, un souverain. Et c’est pernicieux. » Son

opinion est tombée dans les oreilles attentives de presque

toutes les capitales des pays asiatiques, africains et

latino—américains.

La modification des relations entre Moscou et

Washington a été note’e, entre autres, par des analystes

et des de'cideurs de la riche région pétroliere du Golfe

Persique. Commentant la visite dont s’est acquitte’ Poutine

aupres des allies US a long terme, l’Arabie Saoudite et

le Qatar, apres la conference de Munich, Abdel Aziz

Sagar, president du Centre de Recherches du Golfe, a

écrit dans le journal basé a Doha, 7776 Peninsula, que

la Russie et les pays Arabes du Golfe, autrefois rivaux

de camps idéologiques opposés, ont trouvé un ordre du

jour commun dans le pétrole, le contre-terrorisme, et la

vente d’armes :

Un changement de centre a lieu dans un milieu oii

les pays du Golfe font part de leur enthousiasme a gar—

der ouvertes toutes les options géopolitiques, pour réviser

l’utilité des USA comme seuls garants de la sécurité, et

envisager un mécanisme de sécurité collectif impliquant

une foule d’acteurs internationaux.

En avril, le Kremlin a publié un importantdocument

de politique e’trangere. Il déclarait : « Le myt/ye au rujet

Vol.

1

No.11 O du 3 au 9 octobre 2007

Jan-.1.

.m'

.

"£231

.4

w"

a;

,.

.c


du ”mud: "mpg/dire{err déximr’grr' umfais pour mute:

en Imk. UM Runiefnm :1 dauantngeplzine dizrrumme

m Jet/mu: pant: inrégmnrr do changemmn posinfi Jan:

I: rmmdr. »

Les relations dc plus en plus rendues entre

le Kremlin

er Washingtonetaienr en harmonic avec l'upinion popua

lairc russe. Un sondagc Fait duram la période qui precé»

dair le Somme: du G8 en 2006 indiquait que 58% des

russes conside’raienrles USA comme « un pays peu ami-

Cal. n Cela s‘esr avéré étre Ia rendancc. Le mois dernier.

pat exemple. le majorlge'néral Alexander Vladimirov a

dir au journal grand public Komsolskya Pravda que la

guerre avec les USA est une « possibiliré » dans les 10 a.

15 ans 5 veniri

Chavez a le vent en ponpe

Dc rels sentimenu onr vibre chez Hugo Chavez. Tout

en visiranr Moscou en juin. il a vivemenr ennseillé aux

rnsses de revenir aux idécs de Vladimir Lénine, surrout

‘2

son anti-impérialisme. II a dir : « La e’mmniem n: neu—

lmzpas qu:

[a Rani: continue 1% re rein/er. Mair [a Rum?

I't'le‘ur d: noun/mu 01 mm qut centre d'aumritr‘, rt nuns,

les

pup/a du Maude. mum: [main qut [a Rum? deviant:

plusfbrtr, »

Chavez a conclu une

affair-e d’un milliard de dollars

pour acherer cinq sous-marins diesel afin de defendre

le plateau sous-marin riehe en pérrole du Venezuela ct

pour conrreearrer tour futur embargo éeonomique possible

im sé par Washington. D’ici 1:. le Venezuela csr

devenu e deuxieme plus grand acheteur d’armcments

russes. (L‘Alge'rie couronne la lisre. une aurte indication

de la croissance d’un monde d'affaires multipolaire). Le

Venezuela a acquis la distinction d'étre le premier pays

{I

recevoir le permis russc pour fabriquer lc famcux {usil

d’assaul AK—47.

En acheminanr une parlie des revenus pe'troliers de

son pays vers les véné‘Luéliens néccssileux,Chavez a

élnt‘gi

3: base llf sourien. Au grand depil de in Maison Blanche

dc Bush. il a barru son uni uc rival politiquc. Manuel

Rosales, dans l'élection presidcnrielle en déccrnbre dernier

avec 61% des vnix. Tour aussi humilianr pour l'adminiy

rration Bush. le Venezuela a cnsuire ocrroyé davanrage

d’aide e'rrang‘ere aux Erars larino-amérieains néeessitcux

que les USA.

Aprés sa re‘c’lecrion, Chavez a vigoureusemcnt pour—

suivi l'idéc de former une alliance anti-imperialism en

Ame’rique Latin: aussi hien que mondialemenri II a ren—

foreé les liens du Venezuela non seulement avec des pays

larins rels que

la Bolivic .

Cuba, l'EquareurY le Nicaragua

er I‘Argenrine crihle' de dettcs. mais aussi avec l’lran er

la Biélorussie,

Au momcnr nu il arrivair a Te'he'ran de Moscou (via

Minsk en Bie’lorussie) cn juin. [es 180 accords economiques

er politiques one son gouvernemenr nvait signés

avec Téhe'ran donnaienr de’ia des résulrars concrers. Les

voiuires er les rracreurs congus par les iraniens sorraienr

des chaincs dc mnnrage au Venezuela. La « ennpr‘mn‘m/

(Ir: pay; irm'é tritium; [mama/771m :1 Ir Vrnzzncbz

rzi/z u an

#171“ £71: L2

define k1[an/[lights(It I 'im/Ie'ria/ixmr

L.W WM“ Nu Jlnm. In villu I “WW“ton homohglu rum Vlldlmlv Poutlm pour la llmmnl do I’AnMId0 ll Chin- On flunk

n dam L1 preservation dc; nafiam. » a déclaré Chavez El

Téhétan.

Emhourbe’edans le marécage irakien er fouetre’ par

le

vent souH-lant en raFales des prix étroliers qui grimpent

en HEChe. l'adminisrralion Bush rmuve son domaine

dc mantzuvre terriblemenr limire lorsqu’il s’occupe de

la monte‘e des puissances pétroliéres. Aux insulres que

Chavez continue a lancer a Bush. la réponse US a ere

insipide.

La raison en est la dépendance handicapamc des USA

‘a

l'égard du petrole importé, qui constirue 60% du total

qu‘ils consommenr. Le Venezuela esr la quarri'emegrandc

source du pe’rrole importe' aux USA aprés le Canada. Ie

Mexiquc er l’Arabie Saoudite :

er quelques rafiineries aux

USA sonr concues spéeifiquemenr pour raifiner le pe’trole

lourd vénézue'lien.

Dans le sysléme dc Chavez our miner la « seule superpuissance,

» la Chine a un rc'I e important. Lars d’une

visire en aoi‘ir dernier a l’e’kin. sa quacriéme en Sept ans. il

a annonce que le Venezuela triplerait ses exportations dc

1.1

pérrole vers Chine ,

jusqu’a 500.000 harils par jour rrois en

ans, un bond qui convenair aux dcux cérés. Chavez

veur diversifier la base d'achereurs du Venezuela pour

réduire sa dépendance amt exporrarions vcrs les USA, er

les dirigeanrs chinois brulem d'envie dc diversifier leurs

importation:d'hydrocarbure en les éloignanr du Moyen-

Orient, oil l'inHuence US resre forte.

« L‘uppui d: [a Chine m nix import/mt pnur mm; (In

[mint r1: ilurpn/itique I! mural, » a déclaré Chavez. Ave:

un projcr commun de rafl‘inerie. la Chine a acce

re' dc

consrruire )5 plares»formcs de forage pétmlier, dc gurnir

18 pérroliers. or de eollaborer avec la compagnie d'Erar.

Permleos de Venezuela SA (PdVSA). en exploranr un nouvcau

gisemenr pérrolier dans lc Bassin dc l'Ore’noque.

In Chine sur u-ajectnirenmosphérique

La eroissance de la compagnie gerée par l'Erar

PerroChina a éré si considérable qu'e‘a la mi 2007 elle

n'était plus que second derriére Exxon Mobil sur

1: marché

des \raleurs des enrreprises sur l'énergie. En fair, eette

année, unis com chinoiss sont arrivées sur

la liste

des 10 sociérés es plus fortemeni Evalue’es du monde.

Seuls les USA en onr en plus avec einq. Les reserves dl"

devises e'rrangeres de la Chine .

de plus de 1.300 milliards

de dollars. onr maintenam surpassé eelles du Japan.

Avec son produir inrérieur brur (PIE) monrant en

Héche

depasmnr I'Allemagne, la Chine sc classc N" 3 dc l’écnnomie

mondiale.

Dans l'are‘ne diplomatique. les dirigeanrs ehinois onr

franchi un nouvcau cap en 1996 en parrainanr l'Orga»

nisarion de Coopérarion dc Shanghai (3C0), se cornposant

de quart: pays Iimirruphcs La Russie :

e1 les rrois

anciennes Republiques Soviériques du Kazakhstan, du

Kirghizsran er du ’l‘ndjiltisran. Le 5C0 .1 comnlenee’ en

rant qu'organisation de coopération avec l'ohjecrifde pater

a la contrehande de drogue er au rerrorisme,

Plus lard. l‘Ouzbéltisran a

616 inviré par le SCO a le

rejoindre. bien qu'il 56 Salt pas contigue ‘a

la Chine. En

2003, le SCO a élnrgi son domainc en incluan: la cooperation

économique re'gionale dans sa charre. A tour

dc role. eela a mene’ a accorder le srarul d'obscrvateur

Pakistan. 5 in

l'lndc er a la Mongolie w nous coniigué a la

Chine ~

er a ”ran. qui m: l’esr pasi Quand les USA onr

fair une demande dc sratur d'observareur, ii: on: éte rcjerés.

une mésavenrure embarrassante pour Washington,

qui aimerair avoir un rel statur a I'I‘tssodaxion des Nations

du SudJisr Asiatiquc.

Au début de ce mois-ci. la veillc du sommer du SCO

a Bichkelt. capitale du Kirghiutan. le groupe a conduit

ses premiers exercices miliraires communs.

la mission au

norn cle code Mission de Pnix 2007. dans la région russe

de Chelyabinsk (is us l’Ouml. n

I: 5C0 esr destiné Si iouer

un role esscnriel en assuram la sécurité inrernarionale, »

a dil Ednan Karabayev. minisrre des afl'aires érrangéres

de Kirghizstan.

Ala fin de l'année derniére. comme l'hole du forum

Chinc-Afrique a I’ékin recevair les dirigeams de 48 dcs 53

nations africaines, la Chine a laissé les USA terriblemenr

derriére dans la course diplomarique pour cc continenr

(er ses hydrocarbures er aurrcs ressources), En échange

du pérrole d'Afrique. du minerai de fer, de euivr: er du

curon, la Chine a vendus dex marchandiscs a. has prix

aux Africains. er a aide’ les regions afi'ieaines dans I: ha

rimenr et l'nmélioration des routes, les chemins de Fer.

les ports. les harrages hydroélccrriques. les systemes dc

Lepre'sidlnllllnllnMahmoudAhmldlMJld men homulogulflugoChavez duVOnkmll

Vol. 1

No.11 0 an 3 au 9 octobre 2007

“ti“ Uborté

Suite A [a page [2

ll


Les puissances

monfanfes

Suite de la page II

télécommunications ct les écoles.

u L’approcheoccidentale d'imposet

ses valeurs et son systéme semEle-

litique a d'autres pays ne

pas acceptable pour la Chine. n a

dit Wang Hongyi. spécialiste dc

l'Afrique de l'Institut de Chine

dcs Etudes Internationales, «

Nous nous focalisons sur

le developpement

mutuel. -

Pour reduire lc coin du transport

du pétrole d'Afrique et du

Moyen»0rient, la Chine a commcnce'

a construirc un pipeline

l: étrolier a travcrs le Myanmar (

Birmanie ) depuis l: Baie du

Bengale jusqn’au Sudaoucslde la

province du Yunnan. réduisant

de ce fair la distance parcouruc

actuellement par les navirevciternes.

Ccla a sapé la campagnc

dc Washington pour isoler le

Myanmar. (Plus tét. Ic Soudan,

boycorté par Washington. avait

emerge comme principal four—

nisseur de petrolc afticain en

Chine.) De plus, les compagnies

pétroliéres chinoises ont concurrence

avec aeharncment Icuts

homologues occidentalcs, obtenant

l'accés aux reserves d'hyv

drocarburcs au Kazakhstan et

en Ouzbékistan‘

« La diplomatic pe‘troliére de

la Chine met

le pays sur une traA

icctoire de collision avec les USA

(‘I l'Europe de lbttcst. qui ont lfll‘

posc' des sanctions a ccrtains pays

oil in Chine realise dcs al'faircs. »

contmcntair William Mellor dc

Bloomberg News. Ce sentiment

cst rcHe'té de l'autre cote. aIt voit

In C/u‘m r1 1:: USA entrant m

ran/Ii! sur l‘t'mrdit tr dam [es mine'rtri

tier/in w a Jin Riguang.

consciller pe'trolicr ct gazier au

fire unvernement chinois ct mem-

du Comité Permanentdu

Conscil Consultatif Politique

Chinois.

L'industrialisation et

la mov

dernisation de la (2

m: cm aussi

stimulé la modernisation de scs

militairesr Lc test dc tit du premier

missile antisatellitc du pays,

qui a tc'ussi ‘a

de’truirc un satellite

chinois pe'rimc' en janvier. a

(létnontre’ dramatiquement ses

prouesscs technologiques crois—

santes. Washington alarme’ avait

déiii rcmatque’ l'attgntentation do

18% du budget dc la défense de

la Chine en 2007,

Attrilvuant l'élevation a des

12 Haiti leorté

DO

clue?" I dloltl : Rkhllfl Ch

, Bnnl Scmrofi Ii Wllllom Wlblllr

depenses supplémentaires dans

ré—

Bolchevique oil, selon eux,

les missiles, la guerre electronique

et autrcs articles de haute puissance. Les dirigeants chinois

a Russie tsariste était une giande

technologie, Liao Xilong. come restent enx

mandant du département aussi Piers du long

de la passe imperial dc leut pays, unique

parmi les nations.

10 Ligc'ration istique general dc I'ArmEede

du Peuplc, a dit : u L! Une fois vue globalement

mantle amid n’m pl!“ purifique, et dans le grand déroulement

a paw praiéger [a rémrirr’ natioa de l‘histoire, la notion dc I'exccptionnalisme

des USA qui a

nil/t, [a nabili/i:r l ’intégrite‘ Irrrirariak.

mm; denim: augment” conduit les néo-conservateurs

mnumablemmt [er de'pmm‘paur :l proclamer le Projet pour le

L1 modernisation milimire. » Nouveau SiEclc US vcrs la fin

Lc budget avoué dc la Chine du 20éme siécle --

adopté aussi

de 45 milliards de dollars était inconditionnellement par [administration

Bush n’a -- rien de

une fraction minuscule des 45‘)

milliards de dollars du Pcntagone. ncufi D'autrcs superpuissances

Pounant en mai, un rapportdu ont e'té la avant, er clles aussi onr

RECONSTRUCTION OF IRAQ

Pcnta one a noté l'e'le'vation rapidc

e la Chine u

comm: putssancc

réginnale et écunomiquc

avcc (les aspirations mondiales »

ct a aifirmé qu'elle était cn train

(it: planifier dcs projets militaires

au-dela du Detroit dc Taiwan

dans la région Asic— Pacifique.

cn preparation ‘a

dc possiblcs

conl'lits pour des tcrtitoires ou

dcs rcssources‘.

L'Ilnique superpulssance

dans le champ de l’histoire

(I: défi disparate a la pre’é—

minence mondiale des USA

ptovient. comme beaucoup de

conHits accrbcs, des rcssources

natutclles. en particulicr du per

trolc et du gaz naturcl. comme

dcs diHércnces idéolo iques sur

la dénioctatie. du styi: US, ou

ties droits dc l‘homme coneus

ct Favorisés par les dc‘cideurs oc»

cidentaux. Les perceptions au

sujct dc l'identitc‘ nationale (et

imptrtalc) et de liltistoire sont

aussi en ieur

Il est temarquable que

les responsables

russcs applaudissent la

rapide montée post-Soviétique

été

dc la Russie en se réfe’rant tcnv

drcmcnt a. let: de la revolution

témoins de la perte de leur

position principale au profit des

pulssnnces qul monlcmr

Attcune superpuissance des

temps modernes n'a maintenu sa

suprématic pour plus ('6 quelques

générations. Et mémc si leurs div

rigeants exceptiunnels petivent

eux~mémes l’avoir pensé, les USA,

de’ja manifeStement au deli: de

leur zénith, n’ont aucune chance

dc devenir une exce tion de ce

ntodi-le se'culaire dc 'histoire.

D ip Hire an [hureur d!

«Secret! 2: Memoriges: O [ration

Librne’ Ira/rimmi- :1, p m rirnne

mmr (1!. «Sang 11: la Tern: Ln

bamilleprmr [(5 rrrmurrer prime

liém quiduparmkrmr, » tau: dew:

pit/711?:

par Nation Bub.

Unzinal' http://wwwatimesrcom/

atimes/middle_castl l H22Alt01 .

html/

Asia 'nmes, le 22 will 2007i

”dilution dz l’e'trus Lombard

pour Alter Info.

Source: AlternativesInternational.

http://alternativcs -intcrnational.

net/

I

01‘: en est

la Diplomafie

hai‘fienne?

Suit: de la page 2

d'Etat ou ministrcs, ct puis croire

que lc tout est jotte" Une diplomatie,

ca discutc, ca s'oppose, q:

négocie et ea crée des éve’nements

pour le pays concerné.

C'est dans cctte perspective

que l'on ne comprend pas que

DOpuIl um arms. In pauvolv. u mm... gnuwmomntl—ta‘l

poImqm nlmm a: n mils aroma um I'Ippmhnlon a. I.

1: summer des chefs d'Etats el

dc gouvcrnements dc lAme’tique

latine contre

la droguc. cn mars

dernierY ait pu se tcnit a Santo

Domingo et non pas dans la ca—

pitale haiti e, alors que c’:st 1:

en. Ml Rene Garcia

Ptéval lui-méme qui était a l'origin:

dc cet éve’nement diplomatique.

Or, un

tel sommet est

toujours bénéfique pour l'image

du pays hote, Er surrout pour

son économie, puisque cc genre

d'c'vénements attire beaucoup de

journalistes ct dcs centaines de

collaborateurs de dirigeants politi

ues qui, Fotcément sont loge's

a l' étel, nourris dans les restaut-antset

fonrdu sho ping dans les

magasins de la viii): aceucillant

le sommet. Une fois encore,

la

Republi ue Dominicainc a e‘ré

lc grand éne’ficiaire d'unc belle

Initiative ha'i'tienne. D'ou lc role

portant des conseillers aupres

des dirigeants. C'est un fait. l'on

nt- peut pas tout penscr .

Auiourd’hui, les diplomae

:\

tcs haitiens en poste l‘e’ttanv

get n'ont rien a Fairc, et ce n'eSt

o nullerncnt une critique. CatY

ils n'ont aucun ordrc dc mission.

sort: dc cahicr dc charges a

m.

l’eur ectet. Pour s’occupcr, ils

assent

temps a improviser ans les

Chancelleries sur (les dossiers

qu'ils m: connais nt pas. puisquc

méme Port-au-Prince nt- leur

cnvoie aucune information Ces

Ambassadeurs et autrcs diplomates

dc second rang coutent de réceptions

en Conferences. mais

en

fait. ils n'ont rien dc probant

s demander ou a proposer, puisqu‘ils

ne connaissent pas les priorite’s

du gouvemement. Pourtant,

en Haiti, toutes les bases insritutionnelles

ou admi istratives

existent. mais personnc ne veut

ou nc souhaite avoir tine gestion

dc I’Etat dc maniérc rationnelle,

c’esti-dite, une planification 'a

long terme, tout en definissant

les priorités des pouvoirs publicsr

Mais on doit aussi s’intcrrogcr

les

sur véritables detenteurs du

pouvoir en Ha’ Qui définit les

priorités pour l Etat hai'tien ?

Nous pensons que l'occupa‘

tion du pays

la par Contmunaute’

Internationale est pout hcaucoup

darts I'absence d nitiatives de la

diplomatic hatriennc. En effet.

la prisc en charge d'Ha't'ti. par

I’Oiganisation dcs Nations Unios

en partieulier la MINUSTAH

(la Misslon des Nations Unies

pour la Stabilisation d'Ha'iti)

en 2004, a totalemcnt change

la donne. Ce sent. a notte avis,

les diplomates dc cute

intcrnationale mission

qui décidenr d:

tout pour

les autoritc’s haitiennes‘

Les Conferences qui s'orga isent

no profit on an not“ d'Ha’ sont

mises on place entiérement par la

MINUSTAH. Bien stir. pour ne

it prla um decision

INUSYAN'I

pas froisser la susceptibilite’ des di»

rigcants ha‘itiens. on

les invite a y

ptcndre part. Mais dans l'ensemblc.

l’on voit bicn que

les Haitiens

n'nnt as vtaiment leur mot a dire

dans ts decisions prises.

Depuis son arrivée au pouvoir,

ce nouveau guuvernement

a-t—il déja pris unc decision politique

relevant de sa scule auttr

rité sans I'approbation de la

MIN USTAH? II serait intc’resA

sant de connaitre les dossier sur

lesquels 1e gouvctnement ha' en

s'est oppose aux diplomates de la

MINUSTAH en Haiti. Car, depuis

2004, ii nous semble qu'il y

a une sorte dc gestion s'apparenrant

plus a une relation dc patron

a employequ'a un reel partenariat

entre un Etat souverain, certes en

faillite. ct unc institution intemationalcr

Jusqu'a l’heurc presents,

iI n'y a aucune decision du gouvernentent

hairien en ntatiére de

gestion relevant dc la souveraineté

d’ttn Etar qui ne soit faite sans

l'autotisation de la MINUSTAH.

et les dirigeants ha'itiens font tout

pour ne pas Err: en desaccord aver.

les responsables de la mission dc

l'ON Ur Ainsi, il est lugique que

plus d'une année aptés l'cnttée

cit function du nouvcau pouvoit

le'gitimc. lcs autorite's peincnt a

trouver leur marque.

W.K.FI

Dr. Kesler Dalmacy

[67! New Yurlt Ave

Brooklyn. New York 11226

Tel: 7 lS-‘Uli 5345

Le dorreur dz [4

comm «nab-u! Imi'lr'ennl

A)

New Yarlt

Vol.1No.11' flu 3 an 9 octohro 2007


I

....

”Axum”

. L'empire

Perspectives

de la consommation

La société de consommation

est un piége attrapenigauds.

a bamboche étourdit et trouble

la vue

;

cette immense

li—

ivresse universelle semble sans

mites dans le temps et dans l’espa—

cc. Mais la culture de la consom—

mation fair beaucoup de bruit,

comme le tambour, parce qu’elle

esr creuse et quand vient l’heure

de ve’rité, quand cesse le charivari

et que s’acheve la ,féte, l’ivrogne

se réveille, seul, en compagnie de

son ombre et des pots cassés qu’il

lui faut payer. L’expansion de la

demande butte contre les frontieres

que lui impose ce meme

systéme qui la génére. Le systéme

a besoin de marches de plus en

plus ouverts et de plus en plus

vastes comme les poumons ont

besoin d’air er, en méme temps,

le systeme a besoin de voir se

trainer a ras de terre, comme

ils se trainent effectivement, les

prix des matieres premieres et de

la force de travail humain. Le

mode

systérne parle au nom de tous,

c’est a tous qu’il s’adresse, c’est

de vie n’est pas bon pour

les gens, mais il est excellent pour

l’industrie pharmaceutique.

Les Etats—Unis consomment

la moitié des se’datifs, des anxio—

lytiques et autresdrogues chimiques

vendues légalement dans le

monde et plus de la moitié des

drogues interdites vendues illé—

galement, ce qui n’est pas de la

roupie dc sansonnet si On considere

que

les Brats—Unis comptent

pour a peine 5 % de la population

mondiale.

«Malheureux ceux qui vivent

en se comparant», dit avec regret

une dame du quartier du

Buceo, a Montevideo. La douleur

de n’étre plus, chantée jadis dans

le tango, a fair place a la honte

de ne pas posséder. Un homme

pauvre est un pauvre homme. «

Quand tu n’as rien, tu penses que

tu ne vaux rien », dit un jeune du

quartier Villa Fiorito, a Buenos

Aires. Et un autre, dans la ville

dominicaine de San Francisco

de Macoris, constate : « Mes freres

travaillent pour

les marques.

Ils passent leur vie a acheter des

Par Eduardo Galeano

Centre des Sciences de la Santé

de l’Université du Colorado. Le

pays qui a inventé la nourriture et

les boissons light, les « dietfooa' »

et les alimentsfiztfiee, a le plus

grand pourcentage d’obeses au

monde. Le consommateur modele

ne descend de sa voiture que

pour travailler et pour regarder

la te’lévision. Assis devant le petit

écran, il passe 4 heures, chaque

jour, a dévorer une nourriture

en plastique.

C’est le triomphede la saleté

déguisée en nourriture : cette industrie

est en train de conquérir

les palais du monde entier et elle

réduit en miettes les traditions

culinaires locales. Les coutumes

du bien manger qui viennentde

loin, sont le re’sultat, dans certains

pays, de milliers d’anne’es

de raffinement et de diversité et

elles sont un patrimoine collectifqui

se trouve en quelque sorte

sur les fourneauxde tous et pas

seulement sur la table des riches.

Ces traditions, ces signes d’iden—

tité culturelle, ces fétes de la vie,

sont en train d’étre liquide’es, de

temps de loisir se transforme en

temps de consommation. Temps

libre, temps prisonnier : dans les

maisons tres pauvres,

il n’y a pas

de lit, mais il y a une te'le'vision et

la télévision est doue’e de la paro—

le. Acheté a crédit, cet animal fa—

milier prouve

la vocation démo-

Le « shopping center » ou « shopping mall ». vitrine de toutes les vitrines, impose sa

presence envahissante. Les foules accourent en procession dans ce grand temple des

messes de la consommation.

cratique du progrés : il n’écoute

chute du Mur de Berlin.

Signe des temps :

cette firme

qui incame les vertus du « monde

libre » refuse a son personnel le

droit de se syndiquer a un syndicat

quelconque. McDonald’s

viole, ainsi, un droit légale—

ment reconnu dans beaucoup

des pays ou il opere. En 1997,

quelques travailleurs, membres

e ce que la firme appelle la

La plastificaiion de la nourriture a l‘échellemondiale, oeuvre de McDonald's,Burger King et autres usines, viole avec sucdés le droit a l’autodétermination de la cuisine : droit sacre’

parce ce que c'est dans la bouche que se trouve une des portes de l’éme.

a tous qu’il donne l’ordre impératif

de consommer, qu’il communique

la fievre d’acheter, mais

pas moyen : presque pour tout le

monde, cette aventure commence

et se termine sur

l’e’cran du télé—

viseur. La majorité des gens, qui

s’endettent pour avoir des choses,

finissent par n’avoir rien d’autre

que des dettes qui générent de

nouvelles dettes et ils finissent

par consommer des réves que

parfois ils matérialisent en som—

brant dans la délinquance.

Le droit au gaspillage, qui est

le privilege d’une minorité, prétend

étre la liberté de tous. Dismoi

combien tu consommes et je

te dirai combien tu vaux. Cette

civilisation prive de sommeil les

fleurs, les poulets, les gens. Dans

les serres, les Heurs sont soumises

a un éclairage permanent pour

qu’elles poussent plus vite. Dans

les élevages industriels de poulets,

les poules pondeuses aussi

ignorent ce qu’est la nuit. Er les

gens sont condamnés a l’insom—

nie a cause de l’anxiété que leur

causent leur envies d’achats er

de l’angoisse que leur cause

la

nécessite’ d’avoir a les payer. Ce

Vol.

1

No.11 6 du 3 au 9 octobre 2007

e’tiquettes et ils suent sang et eau

pour payer les mensualités »

Invisible violence du mar—

ché : la diversité est l’ennemie

de la rentabilité et l’uniformite’

commande. La production en

série, a une échelle gigantesque,

impose partout ses obligatoires

regles de consommation. Cette

dictature de l’uniformisation

obligatoire est plus dévastatrice

que n’importe quelle dictature a

parti unique elle impose, dans

2

le monde entier, un mode de vie

qui reproduit les étres humains

comme autant de photocopies du

consommateur modele

Le consommateur modele

c’est l’individu immobile. Cette

civilisation qui confond la quan—

tité avec la qualité, confond l’obé—

sité avec la bonne alimentation.

D’apres la revue scientifique The

Lancet, durant la derniere de’cen—

nie, le nombre de cas d’ « obésité

severe »

ont augmenté de presque

30 % parmi la population

jeune des pays les plus développés.

Chez les enfants nord—américains,

l’obe’site'

a augmenté de 40% au

cours des 16 dernieres anne’es,

selon une enquéte récente du

facon foudroyante,

par l’imposi—

tion du savoir chimique et

uni—

que : la mondialisationdu hamburger,

la dictature du fast—food.

La plastification de la nourritu—

re a l’échelle mondiale, oeuvre

de McDonald’s, Burger King et

autres usines, viole avec succes le

droit a l’autode’termination de la

cuisine : droit sacre' parce ce que

c’est dans la bouche que se trouve

une des portes de l’ame.

Le championnatmondial de

football de 1998 nous a confir—

mé, entre autres choses, que la

carte de crédit MasterCard tonifie

les muscles, que

Coca—Cola

donne la jeunesse e'ternelle et que

le menu de McDonald’s ne saurait

étre absent de l’estomacd’un

bon athlete. L’immensearmée dc

McDonald’s bombarde de ham—

burgers les bouches des enfants et

des adultes sur toute la surface de

la planéte. La double arche de ce

M a servi de banniere dans la ré—

cente conquéte des pays de l’Europe

de l’Est. Les queues devant

le McDonald’s de Moscou ouvert

en 1990, en grande pompe, ont

symbolise la victoire de l’Occident

aussi éloquemment que la

Macfamille, ont essayé de se syndiquer.

C’était dans un restau—

rant MacDonald’s de Montreal,

au Canada : le restaurant a fermé.

Mais, en 1998, d’autresemployés

de McDonald’s, dans une petite

ville pres de Vancouver, ont

réussi cet exploit digne du Guide

Guinness des records.

Les masses des consommateurs

recoivent des ordres dans

une langue universelle : la publicite’

a réussi ce que

l’espéran—

to avait voulu faire mais n’a pas

réussi a faire. N’importe qui, partout

dans le monde, comprend

les spots publicitaires émis par

le téléviseur. Au cours de der— ce nier quart de siecle, les dépenses

publicitaires ont été multipliées

51

par deux dans le monde. Grace

cela, les enfants pauvres boivent

de plus en plus de Coca—Cola et

de moins en moins de lait et le

personne, mais il parle pour tous.

Les pauvres et les riches connaissent,

de ce fait, les qualités des

automobiles derniers modele et

les pauvres et les riches

in—

sont

forme’s des avantageux taux de

cre’dit que propose telle ou telle

banque.

Les experts savent transfor—

mer les marchandises en panoplies

magiques contre la solitude.

Les choses ont des attributs humains

: elles caressent, accompa—

gnent, comprennent, aident ; le

parfum te donne son baiser et la

voiture est ton amie qui jamais

me te trahira. La culture de la

consommation a fait de la solitu—

de le plus iucratif‘des commerces.

Les trous de la poitrine, on les

colmate en les bourrant de choses

ou en révant de le faire.

Er les choses peuvent faire

plus qu’embrasser elles : aussi

peuvent étre des symboles d’ascension

sociale, des laissez-passer

pour franchir les barrieres douanieres

de la société de classes, des

clés qui ouvrent des portes interdites.

Plus elles sont exclusives,

plus c’est parfait : les choses

te choisissent et te sauvent de

l’anonymat de la multitude. La

publicité ne nous renseigne pas

Suite d klpage 19

"wheel fBala

Haiti Liberté

as

l3


Le capitalisme er

Ia démocrafie sont,

en dernier ressorr,

incompatibles.

Par Noam Chomsky

Noam Chomsky, une des principa/es voix de la gauche

aux Etafs-Unis, a donné en 1970 la conférence «Le

gouvernemenf dons l'avenir», que pub/ienf maintenant,

dons son infégra/ifé, les édifions Anagrama. Dans ceh‘e

conférence, donnée a New York, Chomsky s'im‘erroge

sur la possibilité de transformer la sociéfé face a ce qu'i/

a appelé «Ia barbarie contemporaine».

our terminer, permettez-moi

dc considérer le troisieme et

quatrieme points de reference que

j’ai mentionné au debut le bol—

:

chevisme —

ou socialisme d’Etat

et le capitalisme d’Etat. Comme

j’ai voulu le suggérer, ils ont des

points communset, par certains

aspects tres intéressants, ils different

de l’idéal libéral classique

et de son évolution ultérieure

jusqu’a sa transformation en socialisme

libertaire.‘ Etant donne’

que je m’occupe de notre société,

permettez—moi de faire quelques

observations, assez éle'mentaires,

au sujet du role de l’Etat, de son

evolution probable et des suppo—

sitions idéologiques qui accompa—

gnent ces phénoménes et, parfois,

les dissimulent. Pour commencer,

nous pouvons distinguer deux

systemesde pouvoir : le politique

et l’économique.

Le premier est constitué, en

principe, par des repre'sentants

que le peuple élit pour qu’ils de’-

cident de la politique publique ;

le second, en principe également,

est un systeme de pouvoirs privés

un systéme d’empires prive’s —

qui

échappent au controle du peuple,

excepté dans leurs aspects

loin—

tains et indirects dans lesquels

méme une noblesse fe’odale ou

une dictature totalitaire doivent

répondre a la volonté populaire.

Cette organisation de la société

a diverses consequences im—

médiates. La premiere est que,

d’une maniére trés subtile, elle

pousse une grande partie de la

population, soumise a des decisions

arbitraires venant d’en haut,

a accepter l’autoritarisme. Et, a

man avis, cela a une effet tres pro—

fond sur

le caractére géne’ral de

notre culture, qui se manifeste

dans la croyance qu’il faut obéir

aux ordres arbitraires et se plier

aux décisions de l’autorite’. Et, a

man avis également, un des faits

les plus remarquables et passionnants

de ces derniéres années a

été l’apparition de mouvements

de jeunesse qui s’opposent a ces

régles de conduite autoritaire et

commencent méme a les lézarder.

La seconde consequence importante

de cette organisation de

la société est que le champ d’ap—

plication des décisions soumises,

en théorie du moins, au controle

démocratique populaire est tres

réduit. Par exemple, en principe,

en sont légalement exclues les institutions

fondamentales de toute

14 Haiti Liberté

société industrielle évoluée, c’est—

a—dire, les systemes commercial,

industriel et financier dans leur

totalite’.

Et la troisieme consequence

importante est que, méme au sein

du domaine réduit des questions

qui font, en principe, l’objet de

décisions prises de’mocratique—

ment, les centres prive’s de pou—

voir peuvent exercer, comme nous

le savons bien, une influence dé—

mesurée en utilisant des me'tho—

des aussi e'videntes que

le contréle

des moyens de communication

ou des organisationspolitiques,

ou, d’une maniére plus simple

et directe, par le simple fait que,

habituellement, les personnalités

les plus fortes du systéme patlementaire

en viennent. L’étude

récemment menée par Richard

Barnet au sujet des quatre cents

personnes qui ont de’cide’ des po—

litiques du systeme national de

sécurité des Etats—Unis depuis

la fin de la Seconde Guerre mon—

diale de’montre que la majeure

partie d’entre elles «viennent des

bureaux des hauts dirigeants ou

des cabinets d’avocats situés dans

quinze batiments si proches

les uns des autres que ces

per—

sonnes auraient pu s’appeler en

criant re’partis entre New York,

Washington, Detroit, Chicago et

Boston». Et toutes les autres études

a ce sujet arrivent aux memes

conclusions.

En résumé, dans le meilleur

des cas, le systeme démocratique

jouit d’un domained’action tres

réduit dans la de’mocratie capita—

liste, et dans ce domaine si réduit,

son fonctionnement se voit méme

terriblement géne’ par les concentrations

de pouvoir privé et par

les modes de penser autoritaires

et passifs que poussent a adop—

ter les institutions autocratiques,

comme les industries. Bien que ce

soit un truisme, il faut souligner

le

constammentque capitalisme

et la démocratie sont, en dernier

ressort, incompatibles.

Je crois qu’une étude minu—

tieuse de la question renforcera

encore davantage cette conclusion.

Tant dans le systeme politi—

que que dans le systéme industriel,

de cen—

on observe des processus

tralisation du controle; Pour ce

qui est du systémepolitique, dans

tous les regimes parlementaires, et

le notre n’y fait pas exception, le

role des chambres dans la prise

des decisions politiques a diminué

depuis la Seconde Guerre mon—

Perspectives

diale. En d’autres l’im—

termes,

portance du pouvoir exécutif a

augmenté parallelementa celle

des fonctions de planification de

l’Etat. 11 y a quelques années, le

Comité des Forces armées de la

Chambre des Représentants’a dé—

crit le role du Parlement des Etats-

Unis comme celui d’un «oncle

parfois grognon, bien que dans

le fond gentil, qui se plaint tout

en tirant furieusement sur sa pipe,

mais qui, pour finir, comme tout

le monde l’attendait, ce'dera (...)

et donnera l’argent qu’on lui demande».

Une étude attentive des deci—

sions civiles et militaires prises depuis

la Seconde Guerre mondiale

montre que cette description est,

fondamentalement, correcte.

11

y a vingt ans, le sénateur

Vandenberg a exprimé sa

préoc—

cupation devantlapossibilité que

le president des Brats—Unis puisse

devenir «le principal seigneur de

la guerre du monde». C’est déja le

cas, comme le montre la décision

de lancer l’escalade militaire au

Vietnam, prise en fe’vrier 1965

et qui faisait cyniquement H de

la volonté exprimée par Félectorat.

Cet incident fait apparaitre

en toute clarté le role du peuple

dans la prise de décisions relatives

a la guerre et la paix, ainsi

qu’aux grandes lignes de la politique

géne’rale ; il met aussi en

evidence l’insignifiance de la po—

litique électorale au moment de

la prise de décisions de politique

nationale. I

Noam Chomsky

La 62°assemblée

de I’ON U

-

Suite de lapage 4

Préval est dans son bain, le pre’si—

dent est en train de nous montrer

son vrai visage, car il ne fait que

réhabiliter la classe politique re—

jetée par le peuple. C’est ce qui

explique, qu’il n’a eu aucune ren—

contre avec la grande communau—

té ha'itienne soit a New York ou a

Miami. 11 s’est settlementcontenté

dc rencontrer en privé des gens

invités seulement par son trés cher

ambassadeur a Washington. On

en veut pout preuve que cette ren—

contree a été diffusée — et c’est

une premiere — sur

les ondes de

la Radio Tropicale, une radio qui

ne recycle que des journalistes

anti-progressistes.

Préval a aussi fait remarquer

que « [er ooisins d’Hai'ti, dont les

pluspuissanzs, n’ont cesse’

dhfirmer

que le pays représente une menace

pour [a sécurite’de [a region, parce

que trap souvent resproblemes 5e

retrouoent dam l’agenda de l 715—

semblée générale ou du Conseilde

sécurité ». A entendre le dirigeant

hai'tien, quelqu’un qui serait ignorant

de la téalite’ hai'tienne aurait

pu le prendre au sérieux, alors

que c’est lui qui invite les forces

d’occupation a rester dans le pays.

De toute facon, il est tres satis—

fait de la repression des forces de

sécurite’ hai'tiennes et onusiennes

dans les quartiers populaires, et

soit dit en pasant la disparition

de Lovinsky Pierre Antoine ne

lui

a fair ni chaud ni froid. Quelle

tristesse !

Et quel malheur.l

Archives er documents

Patrice Lumumba

Pesqu’un demi—siecle nous ré—

pare dujour de l hsrmrinat :ur

commande de Patrice Lumumba,

[e lye’ros de [a luttepour l ’indépendance

du Congo d l’e’gam' de [a

Belgique, mais to figure est bien

pre’sente dans le souvenir de beaucoup

dejeunes Afrieaim.

Voiei .ta derniere lettre, éerite

d mfemme, deprison:

Ma compagne chérie,

Je t’e’cris ces mots sans savoir

s’ils te parviendront, quand ils te

51

parviendront et je serai en vie

lorsque tu

les litas. Tout au long

de ma lutte pour l’indépendance

de mon pays, je n’ai jamais douté

un seul instant du triomphe final

de la cause sacrée a laquelle mes

compagnons et moi cré avons consa-

toute notre vie. Mais ce que

nous voulions pour notre pays,

son droit a une vie honorable,

a une dignité sans tache, a une

indépendance sans restrictions,

le colonialisme beige et ses alliés

occidentaux — qui ont trouvé des

soutiens directs ct indirects, délibérés

et non délibérés, parmi

certains hauts fonctionnaires des

Nations—unies, cet organisme en

qui nous avons placé toute notre

confiance lorsque nous avons fait

appel ‘a son assistance — ne l’ont

jamais voulu.

115

cm corrompu certains de

nos compatriotes, ils ont contri—

bué a déformer la vérité et a

souiller notre indépendance.

Que pourrai je dire d’autre?

Que mort, vivant, libre ou en

prison sur ordre des colonia—

listes, ce

n’est pas ma personne

qui compte. C’est 1e Congo, c’est

notre pauvre peuple dont on a

transformé l’indépendance en

une cage d’ou l’on nous regarde

du dehors, tantot avec cette compassion

bénévole, tantét avec joie

et plaisir. Mais ma foi restera

inébranlable. Je sais et je sens

au fond de moi méme que tot ou

tard mon peuple se de’barrassera

de tous ses ennemis intérieurs ct

extérieurs, qu’il se levera comme

un seul homme pour dire non

au capitalisme dégradant et hon—

teux, et pour reprendre sa dignité

sous un soleil pur.

Nous ne sommes pas seuls.

L’Afrique, l’Asie et les peuples

libtes et libérés de tous

les coins

du monde se trouveront tou—

jours aux cétés de millions de

Congolais qui n’abandonneront

la lutte que

le jour ou i1 n’y aura

plus de colonisateurs et leurs

mercenaires dans notre pays. A

mes enfants que je laisse, et que

peut—étre je ne reverrai plus, je

veux qu’on dise que l’avenir du

Congo est beau et qu’il attend

d’eux, comme

il attend de cha—

que Congolais, d’accomplir la

tache sacrée de la reconstruc—

tion de notre indépendance et de

notre souveraineté, car sans di—

gnité il n’y a pas de liberté, sans

justice il n’y a pas de dignité, et

sans indépendance il n’y a pas

d’hommes libres.

Ni brutalite’s, ni se'vices, ni

tortures ne m’ont jamais amene’

a demander la grace, car je pré—

fére moutir la téte haute, la foi

inébranlable et la confiance profonde

dans la destinée de mon

pays, plutot que vivre dans la

soumission et le mépris des prin—

cipes sacrés. L’histoire dira un

)our son mot, mais ce ne sera

pas l’histoire qu’on enseignera

a Bruxelles, Washington, Paris

ou aux Nations Unies, mais celle

qu’on enseignera dans les pays

affranchis du colonialisme et de

ses fantoches. L'Afrique écrira

sa propre histoire et elle sera au

nord et au sud du Sahara une

histoire de gloire et de dignité.

Ne me pleure pas, ma compagne.

Moi je sais que mon pays, qui

souffre tant, saura défendre son

inde’pendance et sa

liberte’.

Vive le Congo ! Vive l’Afrique !

Patrice Lumumba

Lumumbafiitassassine’le 17januier

1961, moim de sept mois aprés

[a declaration d ’indépendtznce du

Congo a'ont i/ e’tait Premier ministre.

Comme mm a'metre: leaders

nationalism afrieainr, i1 devait

diriger un pays dent lerfrontiere:

arbitmiresaoaient e’te’ trace’es au

19eme xiécleparles vieillespuirran—

ces coloniales pour mieux diviser

et conque’rir [’Afiique.

Vol. 1

No.11 0 du 3 au 9 octobre 2007


Perspectives

L’assassin du Che, l’Opérafion

Miracle ei les médecins cubains

ario Teran, ancien sous—officier

bolivien a la retraite,

tristement ce'lebre pour avoir procédé

a l’exécution du légendaire

guérilléro Ernesto Che Guevara

le 9 octobre 1967, dans la petite

école de La Higuera en Bolivie,

vivait dans l’anonymat le plus

complet a Santa Cruz. Plonge’

dans le dénuement le plus total,

il subsistait uniquement de sa misérablepension

d’ancien soldat et

avait perdu la vue, victime d’une

cataracte qu’il n’avajt pu faire soi—

gner faute de moyens (1).

En 2004, 1e president cubain

Fidel Castro a lancé une vaste

campagne humanitaire conti—

nentale portant

le nom

d’Opé—

ration Miracle, soutenue par

le

Venezuela, qui consiste a opérer

gratuitement les Latino—ame’ricains

pauvres atteints de cata—

ractes et autres maladies oculai—

res. En 30 mois, pres de 600 000

personnes de 28 pays, y compris

des citoyens e’tasuniens, ont retrouvé

la vue grace a l’altruisme

des médecins cubains. L’objectif

annoncé est d’opérer 6 millions

de personnes d’ici 2016 (2).

L’élection d’Evo Morales a

la présidence de la République

en décembre 2005, et sa volonte’

a entreprendre une politique

sociale destine’e a améliorer le

bien-étre d’une des populations

les plus pauvres du continent,

a permis aux Boliviens d’accéder

au programme humanitaire

lancé par Cuba. Pres de 110 000

Boliviens ont ainsi pu retrouver

FAUSTi-N “iii-R,

"Hem: 18R,

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Vol. 1

No. 11 O du 3 au 9 octobre 2007

la vue sans débourser un seul

centime (3).

Parmi ceux-ci se trouve

Mario Teran, qui a ainsi pu se

débarrasser de son grave handicap

grace aux

me’decins cubains.

Pablo Ortiz, journaliste bolivien

travaillant pour

le quotidien El

Deber de Santa Cruz, a rapporte’

l’histoire : « Teran avait des problemes

de cataracte et a été opéré

grace a l’Opération Miracle, par

des médecins cubains, de manicre

totalement gratuite ». Puis il a

donné de plus amples détails : «

Ce type est un parfait inconnu.

Personne ne sait qui il est. Il est

complétement ruine’ et il s’est pré—

senté a l’hopital de l’Opération

Miracle. Personne ne

l’a reconnu

et il a été ope're’. C’est son propre

fils qui nous l’a raconte’, et qui

s’est rendu a notre journal pour

effectuer un remerciement public

[. . .] Cela s’est passé en aofit

dernier [2006] (4) ».

L’histoire reserve parfois des

surprises.Ainsi, l’assassin du Che

a été soigné par des médecins envoyés

par Fidel Castro, le plus

fidele et intime compagnondu «

guérillero héroi'que ». Teran doit

sa vue aux missionnaires de la

santé qui suivent l’exemple in—

ternationaliste de l’homme qu’il

a éliminé.

Selon l’ancien agent de la

CIA Félix Rodriguez, qui avait

participé a la capture du Che,

Teran s’était porte’ volontaire

pour exécuter le leader rebelle.

Auparavant, il avait froidement

assassiné tous les autres prison—

niers (5). Mais, face au Che, le

courage lui manqua :

« Quand je suis arrivé dans la

classe, le Che e’tait assis sur un

banc. En me voyant, il me dit :

-Vous étes venu pour me

tuer ?

Je me suis senti intimidé et

j’ai baissé la téte sans re’pondre.

Ensuite, il m’a demandé :

—Qu’ont dit les autres

?

1e lui ai re’pondu qu’ils

n’avaient rien dit, et il commen—

ta : -Quel courage

!

Je n’osais pas tirer. A ce moment—la

j’ai vu le Che grand,

trés grand, énorme. Ses yeux

par Salim Lamrani

brillaient intensément. J’ai senti

qu’il m’écrasait et quand il me

te—

garda fixement, j’ai en un

étour—

dissement. J’ai pense’ qu’avec un

mouvement rapide le Che pour—

rait me prendre mon arme.

-Calmez-vous — me dit-il —

et visez bien, vous allez tuer un

homme.

Ensuite, j’ai effectué un pas

en arriere, vers le seuil de la porte,

j’ai ferme’ les yeux et j’ai tiré la

premiere rafale [...]. J’ai repris

courage et j’ai tire’ une seconde

rafale, qui l’a atteint au bras, a

l’épaule et au coeur. Il était mort

désormais (6) ».

A l’aube du quarantiéme

anniversaire de sa disparition,

malgre’ l’exécrable campagne

médiatique internationale des—

tinée a ternir l’image d’un des

plus grands révolutionnaires de

l’histoire du XXe siécle, l’exern—

ple du Che reste

« grand, trés

grand, énorme » et continue de

briller « intense’ment » grace au

sacrifice des dizaines de milliers

de médecins cubains qui, dans

l’anonymat de leur action héro'i—

que, aux quatre coins de la pla—

nete, persistent a croire qu’un

autre monde, moins cruel, est

possible.

Notes

1

HectorArturo, « Che vuelve a ganar

otro combate », Granma, 29 septembre

2007.

2 0peraci6n Milagro, « Pagina Principal

n, 28 septembre 2007. http://www.operacionmilagro.org.arl(site

consulté le

30 septembre 2007). Pour les citoyens

étasuniens qui ont bénéficié du programme

humanitaire voir Prensa Latina,

« Oftalmologo estadounidensereconoce

valor de Operacién Milagro a, 19

janvier 2007.

3 Operacion Milagro, e Bolivia. De las

tinieblas a la luz : Operacidn Milagro

devolvié la vista a mas de 108 403 pacientes

a, 28 septembre 2007. httpzll

www.0peracionmilagro.org.arl (site

consulté le 30 septembre 2007).

4 Juan Pablo Meneses, ( (Primicla

Mundial I Entrevista a Pablo Ortiz

», Cr6nicas Argentinas,

11

octobre

2006.

5 Claudia Marquez, « El Guenero de las

sombras. Entrevistaa Felix Rodriguez

), El VerazI 19 a00t 2005.

6 Mario Torin, ¢ Extrait a, pas de date.

http:llfotolog.terra.com.arldesdelaterraza:26

(siteconsulté Ie 30 septembre

2007).

Salim Lamrani estenseignant, écrivain

etjoumaliste frangais, specialists des

relationsentreCuba et les Etats-Unis. II

a notammentpublié Washington oontre

Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises.

2005), Cuba face a I'Empire (Geneve :

Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et

les Etats-Unis (Pantin : Le Tempsdes

Cerises, 2006).

Articles de Salim Lamrani

publiés par Mondia/isation

Mondz'alz'sation

ler octobre 2007 I

La Banque du Sud doii éire

indépendanle des marchés

de capiiaux

Interview d’Eric Toussaini

,

Eric Toussaint est docteur en

sciences politiques et president du

Comite’ pour l’Annulation de la

Dette du Tiers Monde Belgique

(CADTM). H a travaillé conjoin—

tement avec le cabinet du minis—

tere équatorien des Finances 31

la re’dactionde la proposition de

ce pays pour la construction de

la Banque du Sud. Nous l’avons

rencontre’ a Caracas afin de dé—

chiffrer les inte’réts en jeu dans le

projet de création d’une Banque

du Sud.

Caracas, 13 aofit 2007

(NOTISUR).— 01‘: en est la

construction de la Banque du

Sud a l’heure actuelle?

Sept pays d’Ame’rique du Sud

sont impliqués dans la création

d’une Banque du Sud. En plus

du Venezuela qui a lancé l’ini—

tiative, se sont ajoute’sl’Argentine,

la Bolivie, l’Equateur, le Brésil, le

Paraguay, l’Uruguay (le Suriname

et la Guyane pourraient les re—

joindre prochainement). Pour

l’Amérique du Sud, il manque

seulement la Colombie, le Pérou

et le Chili. Mais ces pays ne s’y

joindront pas, bien que

le Chili

participe comme membre observateur

aux re’unions préparatoires.

La Colombie et le Pérou ont des

régimes directement opposés a

celui de Chavez et sont des fideles

soutiens de la politique des Etats—

Unis dans la région.

11

y a eu différentes réunions

mais aucune date n’a été déter—

mine’e pour le moment. 11 existe

un accord de principe et la discussion

tourne autour du volume

de l’apport de chaque pays. Parce

qu’il y a des differences importantes

entre l’économie du Brésil

compare’e, par exemple, a celle du

Paraguay ou a de l’Equateur.

Une chose importante va

nor—

malement se confirmer, c’est le

principe d’ «un pays un vote», qui

était encore en discussion il y a

un mois. Mais ce n’est pas sfir

car certains pays (dont le Brésil

qui semble revenir a la charge)

proposaient un vote proportionnel

comme cela s’applique a la

Banque mondiale (BM) ou au

Fond monétaire international

(FMI). Si les pays fondateurs

adoptent le méme mode de répartition

des votes, la Banque du

Sud ne représentera alter—

pas une

native 2‘1

ces institutions en terme

dc démocratie.

mercial.

Sept pays se sont investis

cetteinitiative, cependant

les inte’réts ne convergent pas

toujours. Quels sont les intéréts

en jeux?

L’économiede l’Amériquedu

Sud est clairement domine’e en

premier lieu par

les multinatio—

nales du Nord et ensuite par le

Brésil qui a, avec tous les pays que

je viens de citer, un excédent com—

Par Sébastien Brulez

C’est a dire qu’il expor—

te vers ces pays plus que ce qu’il

en importe. Le Brésil n’est pas a

l’initiative de la Banque du Sud

parce qu’il n’a pas besoin d’une

institution multilatérale conti—

nentale pour comforter sa puissance

e’conomique. Tandis que

le Venezuela, qui a un agenda

volontariste d’inte’gration latino—

ame’ricaine avec des criteres politiques

de gauche, veut le succes

de la Banque du Sud. A chaque

étape du processus de construction

il essaie d’accélérer 1e rythrne

pour arriver ‘a des accords.

Les petits pays (ce n’est pas

péjoratif, il s’agit de la taille de

leur e’conomie), c’est a dire la

Bolivie, l’Equateur, le Paraguay

et maintenant l’Uruguay sont

bien entendu inte’ressés par une

banque multilate’rale publique,

capable de financer leurs projets

de développement. Elle leur donnerait

une marge de manoeuvre

face aux créanciers actuels que

sont la Banque interaméricainede

De’veloppement (BID), la Banque

mondiale, le FMI et d’autres or—

ganismes. Ces pays recherchent

une Banque du Sud.

H y a donc diHérents intéréts.

Le Brésil ne recherche pas de facon

active la Banque du Sud mais se

trouve engage’ dans sa création

parce que si cet organisme voit le

jour, le Brésil ne pourrait en étre

absent, sous peine de perdre une

partie du poids dominant qu’il

détient dans la région.

Doncd’un cote, 1e Venezuela

fait pression pour arriver a un re’—

sultat au moins avant la fin de

l’anne’e, tandis que de l’autre, le

Brésil essaie de ralentir la création.

Vous (lites que l’Equateur a

une position plus avancée que

le Venezuela dans les propositions.

Pourquoi?

La position du Venezuela

(ainsi que

celle de l’Argentine) exprirnée

dans un texte datant de la

fin mars 2007 faisait un

diagnos—

tic de la situation de l’Ame’rique

latine proche de ce que pourrait

écrire la Banque interaméricaine

de développement (BID) ou la

Banque mondiale. Le texte affirme

que la raison fondamentale

de la fragilite’ de l’Amérique

latine est le faible développement

des marche’s de capitaux sur

le

continent.

Or cela n’est pas la cause des

faiblesses et des problémes écono—

miques et sociaux de l’Amérique

latine. Il faut parler du résultat de

30 années dc politique neolibérale,

des privatisations, de la perte de

souveraineté, de l'ouverture éco—

nomique démesurée et de plusieurs

siecles de domination par

les pays

les plus industrialisés.

11

y a donc une difference. Le

Suite d lapage 18

Haiti Liberté 15

‘-




Aux victimes du 30 septembre 91

la démocrafie reconnaisam‘e

«Songe, songe, Céphise, a: cette nuif cruel/e

qui fut pour four un peuple une nuif éferne/Ie »

— Rendez-nous notre démacmtie.’

Rma'ez—nou: notre victoire électorale.’

Rmdez—nou: notre dignite’ bafiuée.’

Laissez-nous viz/re! A has lHrmée.’

els étaient les cris de colere, de

douleur et de rage impuissan—

te jaillis du coeur de tout un peu—

ple aflligé. C’était au petit matin

du 30 septembre 1991 lorsque

la macouto—soldatesque aux

or—

dres du ténébreux «laboratoire»

commencait a massacrer

les petites

gens des quartiers populai—

res qui tentaient de se mobiliser

contre le tragique coup d’Et'at

dont la démocratie venait d’étre

victime. La lecon avait été bien

apprise par les militaires lors du

coup de force avorté d’un certain

Roger Lafontant au mois de janvier

1991. Le camp

anti—changement

avait re’alisé que toute tentative

des masses populaires de

protester contre l’arbitraire et la

violence de classe devait étre ré—

primée rapidement, massivement,

brutalement, sauvagement, impi—

toyablement.

Et ce fut CC 30 septembre de

la honte et de l’ignominie, ce 30

septembre de l’horreur fasciste

pour protéger les intéréts des classes

dominantes brusquement me-

WHAT £155 CAIN

Racine

nacées par l’irruption en

force du

«popoulo» sur la scene politique

lors de la victoire e'lectorale du 16

de’cembre1990. Eclatante victoire

au grand dam de Washington et

de sa representation diplomatique

en Haiti, a la grande surprise de

partis politiques impopulaires et

inde’hiscents, au désespoir d’une

haute hiérarchie catholique af—

folée par cette perce'e historique

d’une Eglise des pauvres unis

pour sortir de dessous la table.

II y cut des milliers de victi—

mes abattues par'les militaires le

jour méme. La tentative de resis—

tance populaire, au 61 des semai—

nes et des mois, amena encore

d’autres assassinats, tortures, viols,

vols et autres violences, tous exces

sanguinaires porte’s au palmares

des escadrons de la mort du

moment, les membres du ténébreux

FRAPH, appuyés, entrai—

nés et payés par une agence e’tats—

unienne dont les connivences machiavéliques

avec les militaires et

para—militaites d’Amérique latine

sont assez connues pour qu’il ne

soit pas nécessaire de la nommer.

On a toujours estime’ a environ

5.0001e nombre des victimes de

ce cataclysme politique, mais les

chiffres peuvent bien étre en deca

(ROWING ROOSTER ARTS

?el: (23 2) 3346260

18 Haiti Liberté

1

mer DO TO ME?

Emni: crowingroostunocom

par

Frantz Lafour

de la re’alité.

Du massacre des fignolistes

dans la région de Fort—Dimanche,

le 19 juin 1957, au kidnapping du

29 février 2004, en passant par

les

répressions a mettre au compte

des gouvernements militaires de

1986 a 1990, y compris le bain

de sang du 29 novembre 1987 a

la ruelle Vaillant, c’est le «peuple

souffrant» qui a toujours fait les

frais des violences déclenchées par

les classes'posse'dantesdefendant,

du bec et des ongles avec des fusils

et des mitrailleuses d’une

Arme’e a leur devotion, leurs mes—

quins et exorbitants privileges de

classe. En ve’rité, il s’est toujours

agi du petit peuple, des opprimés,

des marrons de la liberté, des pi—

quets, des cacos, des petites gens

de Cité Soleil et d’autres quartiers

pauvres qui ont en a souffrir

dansleur chair et dans leur

sang. Historiquement, ce sont

eux qui ont toujours porté bien

haut le drapeau de la resistance

et qui se battent encore pour leur

liberté, pour leur souveraineté de

peuple, pour que justice leur soit

enfin rendue.

Le 30 septembre 1991, ii fal—

lait arréter net une experience démocratique

et populaire neuve,

encore a ses balbutiementspolitiques.

Il fallait, en quelque sorte,

venger la profonde deception et

l’amere surprise des categories

possédantes dont le sort et les

intéréts avaient toujours été lie’s

aux chancelleries e’trangeres, a

l’Arme’e, a la haute hiérarchie

catholique et, bien entendu, au

Vatican. II fallait noyer dans le

sang cette «insolence» rappelant

la geste de 1804 qui avait fait

mordre la poussiere a Leclerc et,

par ricochet, aux autres esclava—

gistes de l’époque. Il fallait met—

tre les «gros orteils» a leur place

pour qu’ils sussent un fois pour

toutes que leur vraie place était

«anba tab la».

Ce douloureux anniversaire

ramene a la mémoire le souvenir

de cette journée du 30 septem—

bre qui fut pour tout un peuple

un interminable cauchemar sur

fond d’horreur et de sang. Nous

commémoronscet anniversaire

dans la tristesse, l’indignation

et l’insupportable frustration

de savoir qu’aujourd’hui enco—

re les coupables n’ont pas encore

été punis et jouissent de leur to—

tale liberté soit in Panama, soit au

Honduras, soit en Haiti meme.

Nous nous inclinons bien bas

devant la mémoire de tous ces

hommes et femmes tombés au

champ d’honneur. Leur courage

a afironter, les mains nues, une

soldatesque avide de sang, nous

accompagnera au cours

des luttes

a venir pour que vive la vie, pour

que ne meure pas l’espoir.

Aux victimes du 30 septem—

bre, anonymes dans leur immense

majorité, la démocratie reconnaissante.

I

La Banque

du Sud

Suite de lapage 15

texte de l’Equateur fait un diagnostic

plus radical et plus cohé—

rent, y compris avec la position

générale du Venezuela, la position

de Hugo Chavez par rapport a

l’inte’gration latino-ame’ricaine.

L’autre point est que les

Ve’nézue’liens qui participent a

l’élaboration de la Banque du

Sud de’fendent une position

selon laquelle cette banque devrait

avoir un statut d’institution

internationale pratiquement de

la méme nature que la BID, la

Banque mondiale ou

le FMI. Et

cela «pour se protéger contre les

gouvernements de droite, en cas

de virage a droite».

Ils parlent alors d’immunité

des hauts fonctionnaires, d’invio—

labilité des archives. Ces points

son communs avec la BID la BM

et le FMI. La position de l’Equa—

teur dit que

les hauts fonctionnai—

res de l’institution doivent étre

justiciables. En cas de délit ils sont

responsables de leurs actes.

Les hauts fonctionnairesde

la Banque du Sud qui sont res—

ponsables de projets qui se reve—

lent étre dommageables pour la

population ou pour l’environnement,

parce que se sont des mega—

projets pour lesquels on n’a pas

étudié les consequences sociales

ou environnementales,doivent

évidemment étre responsablesde

leurs actes. Si ce n’est pas

le cas,

on

favorise l’irresponsabilité.

Et c’est exactement ce qui se

passe avec la BID ou

la BM qui

appuient quantités de projets qui

se re’vélent ne’fastes. Or les respon—

sables de celles-ci n’ontjamais de

comptes a rendre, ils ne sont pas

responsables devant la justice.

Un autre point est que l’Equa—

teur demande que

les

fas—

archives

sent partie du domaine public

afin de pouvoir faire un audit ex—

terne sur les comptes de la future

institution.

J’espere et je pense que le

Venezuela va avancer,

j’imagi—

ne qu’avec la conduite de Hugo

Chavez. Parce que je pense qu’il

n’y a pas de doute sur

le fair qu’il

cherche a favoriser la construction

dc solutions réellement alternati—

ves et démocratiques au niveau

regional. Ces problemes doivent

étre dépassés.

Pent-on imaginer une

Banque du Sud comme une

«anti—banque», une banque alternative?

Pour moi la Banque du Sud

pourrait réellement étre une

alter—

native. Dans quel sens? Par exem—

ple en ne financant pas ses projets

en s’endettant sur

les marche’s de

capitaux.

Quand un pays ou une institution

financiere finance ses

activite’s via les marchés de capitaux,

il existe des agences de

cotation de risque qui analysent

et donnent une cotation. Elles

créent alors une sorte de dicta—

ture des marchés financiers sur

marche’s

cette institution. Si l’organisme

en question s’implique dans des

projets sociaux par exemple, les

vont estimer qu’ils ne

sont pas rentables et vont exiger

une remuneration beaucoup plus

élevée. L’inStitution représente

alors un risque les

pour marchés

parce qu’elle ne suit pas

la logique

capitaliste du profit maximum.

Les marches exigent des lors des

primes élevées.

Pour étre réellementalternatif

il faudrait étre inde’pendant des

marchés. Cela implique de solli—

citer des préts aux Etats membres

et de se financier par des impots

globaux régionaux, par exemple

par une taxe sur

les marche’s de

devises, du genre taxe Tobin.

On pourrait y ajouter un

impét régional sur

les multina—

tionales qui rapatrient leurs béné—

fices vets la maison mére a l’étranget,

en dehors de la région, afin

de décourager le rapatriement de

bénéfices et de stimuler les inves—

tissements dans la région.

Un autre type de taxe pourrait

servir a défendre l’envitonnement

par exemple, contre les entreprises

polluantes.

Un autre élément d’alternative

est qu’une banque publique

du Sud pourrait non seulement

faire des préts mais également des

dons. Il existe des banques publiques

qui font des dons.

Evidemment, il existe des pro—

jets absolument nécessaires mais

qui ne sont pas rentables au niveau

économique. De’velopper

un systéme de santé gratuit ou

une universite’ du Sud gratuite,

cela ne va pas géne’rer de bénéfi—

ces. Et donc il est logique qu’une

Banque du Sud fasse des dons si

cela se justifie du point de vue de

l’intérét social.

Le Venezuela 21 annoncé

sa sortie, bien qu’elle ne soit

-

pas encore concrétisée, de la

Banque mondiale et du FMI.

Que pensez-vous de cette décision?

C’est une excellente decision.

En avant!

La Banque du Sud pourraitelle

remplacer ces institutions

dans la région?

Bien sur, si les pays de la re’—

gion cre’ent une Banque du Sud

suffisamment forte. A ce niveau,

le Venezuela a tout a fait raison

de vouloir une Banque du Sud

avec une grande capacité financiere

et pas simplement quelque

chose de symbolique. Avec une

Banque du Sud forte, les pays

n’auront plus besoin de préts de

la Banque mondiale, de la BID

ou du FMI. Ils pourront eux aussi

sortir de ces institutions qui sont

totalement anti—démocratiques.

Dans le cadre d’une architecture

financiere alternative, l’idée est

de remplacer la BM, le FMI et

les banques re’gionales comme

la BID, la Banque africaine de

De’veloppement ou la Banque

asiatique de Développement par

des institutions régionales démo—

cratiques.

Traduction : La uoix a'u sud

Article publié sur

le site du

CADTM, le 24 aofit 2007

Articles de Sébastien Brulez

publiés par Mondialz'mtion.

Le 2 octobre 2007 I

1

Vol. No.11 O du 3 au 9 octobre 2007


.1,

._-

._.-.4,L.. .7 .LL,“ _» notre planete a un petit nombre

L’allemagne

remporfe Ie titre

Suite de lapage 20

de laquelle l’Allemagne de l’Ouest

affrontait une Hollandepimpan—

te, sure d’elle—mémemenée par le

maestro Johann Cruyffalors que

la divine Marta orchestrait les actions

offensives du Brésil.

C’était la méme expectative,

le méme questionnement 2

com—

ment les allemands pourraient—ils

résister aux assauts adverses, le

‘.

a“X

L’Equipe féminine du Brésil.

football d’attaque allait—il vaincre,

écraser le jeu posé, fait de contte

attaques.

L’Allemagne se présenta dans

un systeme de 4 — 4 — 2 qui se

transformait en 6 — 6 —- 2 qui laissait ne

aucune chance aux bré—

siliennes.

Une contre attaque rapide des

allemands aux premiéres 5 minu—

tes permit a Kerstin Garefrekes,

démarquée sur

l’aile droite,

d’aler—

ter la gardienne bre’silienne, d’un

tir qui se petdit sur

la barre transvetsale.

Aprés cette tentative avottée le

Brésil prit l’initiative en controlant

la zone médiane. Formiga

et Ester menerent le jeu brésilien,

alertant leurs partenaires en atta—

que. La défense allemande était

impe’nétrable.

Mais a la 24" minute, Daniela

en possession du ballon, profitant

d’une ouverture inespérée s’infiltra

dans la défense allemande et

adressa un tir puissant du pied

gauche. Le ballon s’écrasa sur la

base du poteau et revint en jeu.

Une occasion le

@

pour

Brésil. Si ce but avait été marqué

la face du jeu aurait change et les

allemandes auraient du changer

de tactique.

La premiere mi-temps s’ache—

va avec un sentiment d’impuis—

sance pour les brésiliennes qui

voulaient a tout prix marquer un

but.Pensant que

les allemandes

allaient adopter le méme sys—

téme défensif au cours de la 2e

mi—temps, les brésiliennes atta—

querent en force, ce dont profita

Sandra Smisek pour déborder sur

le flanc droit et centrer

le ballon,

a la 52c minute, a son coéquipier

Birgit Prinz, qui comme a la parade

marqua

le 1" but du match.

Une erreur impardonnable de la

défense brésilienne.

Un penalty accordé au Brésil

sur faute de Linda Bresonick

contre Cristiane. Mais la gardienne

allemande Angerer de—

vina les intentions de Marta et

dévia le ballon.

Un dernier baroud d’honneur

pour l’équipe Sud—américaine qui

multiplia les attaques, recherchant

désespérément la faille dans le

systéme défensif allemand.

Et les espoirs brésiliens s’en—

volérent lorsque a la 86e minute,

un corner de Renate Lingo placa

le ballon sur la téte de Simone

Laudehr qui le propulsa dans les

buts.

Allemagne 2 — Brésil 0.

L’Allemagneest championnedu

monde.

Marta avec 7 buts est la

meilleure buteure du tournoi et

elle a aussi le titre de meilleure

joueuse.

Les Brats—Unis ont prouve' en

battant la Norvege par 4 — 1 que

leur défaite par 4 — 0 contre le

Brésil était un accident de par—

cours et qu’ils comptaient pren—

dre revanche pour

les prochains

jeux olympiques.

A l’heure actuelle, le football

féminin est dominé par l’Allema—

gne et les Etats-Unis. Le Brésil

peut jouer sa partition dans le

classement, a condition qu’il in—

tegre, surtout au niveau de sa

de’fense, des joueuses de grand

gabarit possédant une certaine

puissance physique.

Il est évident que

la technique

méme portée a son plus haut niveau,

ne sufl'it pas pour créer une

grande équipe.

cel—

D’autres selections comme

les de la Chine, de la Corée s’affir—

ment sur’ la scene mondiale. I

Football: Le Cavaly

en iéie du classemeni.

11

but de Charleston

Charlemagne en premiere

mi—temps a permis au Cavaly de

Léogane d’obtenir la victoire sur

le Racing des Gonai'vespar 1 — 0.

Cette victoire conforte la position

de leader du Cavaly qui mene par

15 points, soit 4 de plus que son

poursuivant imme’diat l’Ascar de

Carrefour.

L’Ascar a concédé un match

1

nul — 1 face au Zénith du

Cap et glisse a la 35 place du

classement.

I

Vol. 1

No.11 O du 3 au 9 octobre 2007

Clossemeni

de lo compéh‘fion

(7e iournée):

Cavaly 15

Asc

1 1

Ascar

1 1

Baltimore

1 1

Victory 10

Roulado 9

Tempéte 9

Don Bosco 8

Racing 8

tes

L’Empire de la

les vitrines, impose sa présence

consommation

envahissante. Les foules

accourent en procession dans

Suite dc lapage 13 ce grand temple des messes de

la consommation. La majorité

exception. C’est sans importance. des dévots contemplent, en extase,

les choses que leurs poches

Sa fonction premiere consiste a

compenser des frustrations et a

nourrir des réves. Qui voulez— ne peuvent pas payer pendant

que la

vous devenir en achetant minorité acheteuse se sou—

cette

lotion « aprés rasage » ? met au bombardement de l’offre

incessante et exténuante. La

Le criminologue Anthony

Platt a remarqué que la foule qui monte et descend par

délin— les escalators,

quance urbaine voyage a travers le

n’est seule— pas monde : les

ment la mannequinssont habillés

comme a Paris ou a Milan

consequence de la pau—

vreté extreme. Elle est aussi le

et

fruit de la morale individualiste.

les machines a sous tintent

comme

L’obsessionsociale du succes de

a Chicago et, pour voir

et

inci—

la réussite, dit Platt, entendre, nul besoin de payer

a une

dence décisive sur l’appropria— un billet d’avion. Les touristes

venus des villages de l’arriére

tion illégale des choses.

pays ou

J’ai toujours entendu dire des villes qui n’ont pas

que encore mérite’ ce don du ciel de

l’argent n’apporte pas

le bonheur, la félicité moderne,

mais tout téléspectateur posent pour

pauvre a la photo au pied des marques

bien plus de raisons qu’il ne lui internationalesles plus ce’lébres

en faut pour croire que l’argent

procure

quelque chose de telle-

comme elles posaient, jadis, au

pied de la statue du petsonna—

ge illustre au centre de la place.

ment ressemblant au bonheur

que seuls des spécialistes peuvent

voir la difference.

Selon l’historien Eric

Hobsbawm, le XX° siecle a mis

fin a sept mille ans

de

hu—

vie

maine centrée sur l’agriculture

depuis que sont apparues

les pre—

mieres cultures, a la fin du pa—

léolithique. La population mondiale

s’urbanise, les de—

paysans

viennent citadins. En Amérique

Latine, nous avons des campagnes

sans personne et d’énormes

fourmilieres utbaines : les

plus grandes villes du monde et

les plus injustes. Expulse’s par

l’agriculture moderne d’expor—

tation et par l’érosion de leurs

sols, les paysans envahissent les

faubourgs. Ils croient que Dieu

est partout, mais ils savent d’ex—

périence qu’il n’est en service que

dans les grandes villes. Les villes

promettent du travail, la prospérité,

un avenir les

pour

enfants.

Dans les champs, les étres en attente

regardent passer la vie et

meurent en baillant ; dans les

villes, la vie est la et elle vous

appelle. Entassés dans des tau—

dé—

dis, la premiere chose que

couvrent les derniers arrivés c’est

que le travail n’est pas la et que

les bras sont de trop, que rien

n’est gratuit et que les articles

de luxe les plus chers sont l’air

et

le silence.

A l’aube du XIV° siecle, Fra

2‘;

Giordano da Rivalto prononca,

Florence, une apologie des villes.

Il déclara que

« les villes grandissent

parce que

les gens aiment

s’assembler » S’assembler, se rencontrer.

Aujourd’hui, qui ren—

contre qui ? Est—cc que l’espoir

rencontre la réalite’ ? Le désir,

rencontre—t—il le monde ° ? Et les

gens, rencontrent—ils les gens ? Si

les relations humaines ont été

réduites a des relations entre des

choses, combien de gens rencon—

trent—ils des choses ?

Le monde tout entier tend a

se transformer en un immense

écran de télévision oil on regarde

les choses sans

les toucher. Les

marchandises exposéesa la vente

les es—

envahissent et privatisent

paces publics. Les gates routieres

et les gates de chemin de fer

qui, il y a peu encore, étaient

des lieux de rencontre entre les

gens, deviennentdésormais des

espaces d’exposition commerciale.

Le « shoppingcenter » ou

« shopping mall », vitrine de tou—

Beatriz Solano a observe’ que

les habitants des quartiers péri—

phériques se rendent au center,

au « shopping center », comme,

jadis, ils allaient au

centre-ville.

Le traditionnel paseo (prome—

nade) du dimanche apres-midi

sur la grande place centrale de

la ville tend a étre remplace’ par

l’excursion a ces centres commerciaux.

Lavés, repassés et peignés,

habillés avec leurs plus beaux

atours, les visiteurs se rendent a

une féte a laquelle ils ne sont pas

invités, mais ou ils peuvent étre

voyeurs. Des familles entieres

font le voyage dans le vaisseau

spatial qui parcourt l’univers de

la consommation ou l’esthétique

du marche’ a dessiné un paysage

hallucinant de modeles, de marques,

d’étiquetes.

La culture de la consommation,

culture de l’éphémére,

condamne tout a l’o'ubli me’diatique.

Tout change au rythme

vertigineuxde la mode mise au

service de la nécessité de vendre.

Les choses vieillissent en un clin

d’oeil pour étre remplacées par

d’autres choses de vie e’phémére.

Aujourd’hui ou la seule chose

qui demeure c’est l’insécurite’, les

marchandises fabriquées pour ne

pas durer, se touvent étre aussi

volatiles que

le capital qui les

finance et que le travail qui les

produit. L’argent vole a la vitesse

de la lumiere : hier il était la—

bas, aujourd’hui il est ici, demain

qui sait ? Et tout travailleur

est un chomeur en puissance.

Paradoxalement les « shoppings

centers », royaumes de l’éphé—

mere, offrent la plus excitante

illusion de sécurité. Ils résistent

hors du temps. Sans age et sans

racines, sans nuit et sans jour et

sans mémoire, ils existent hors

de l’espace, au—dela des turbu—

lences de la dangereuse réalité

du monde.

Les maitres du monde se

servent du monde comme si on

pouvait l’éliminer :

une mar—

chandise éphémére qui s’éva—

nouit comme s’évanouissent, a

peine sont—elles nées, les images

avec lesquelles la télévision nous

les ido—

mitraille er les modes et

les lancées sur

le marché, sans

tréve, par la publicité.

Mais dans quel autre monde

allons—nousdéme’nager? Sommes—

nous tous obligés de gober la

fable selon laquelle Dieu a vendu

de firmes parce qu’un jour de

mauvaise humeur il a décida de

privatiser l’univers ? La socie’té

de consommation est un piege

attrape—nigauds. Ceux qui sont

aux commandes font semblant

de l’ignorer, mais quiconque

a (les yeux pour voir peut voir

que l’immense majorite’ des gens

consomment peu, trés peu ou

nullement de maniere nécessaire,

pour préserver l’existence du peu

de nature qu’il nous reste encore.

L’injustice sociale n’est pas une

erreur qu’il faut corriger, ni un

défaut qu’il faut surmonter : c’est

une nécessité essentielle. Une na—

ture capable d’approvisionner un

« shopping »

center de la taille

d’une planéte n’existe pas.

Eduardo Galeano

«Source: Visions Alternatives

-Traa'uction: Manuel Colinas

-Transmirpar Cuba Solidarity

Project http://vdedaj.club.fr

Le Soir 7 mars 2007

Visions Alternatives, février

2007.

Eduardo Galeano ext ne’ a

Montevideo, en Uruguay, 2'1}! a one

soixantaine d’anne’ei. Il afondé et

dirigé plusieursjournaux et revues

enAme’rique latine. En 1973, 1'! rest

exilé en Argentine avant de rejoina're

[’Erpagne. [1 ext retourne’ viz/re en

Uruguay en 1985.

Outre son oeuvre journalistique

considerable, il est l’auteur de nom—

breux ouvrages dont plusieurs ont

été publiés en franeais :

— Les Veines ouverte: a’e li‘lme’rique

latine (Plon, 1999)

Vagamundo (Acres sud, 1985)

-

- La Chanson que nous chantons

(Albin Michel, 1977)

La trilogie Me'moire du feu Les -

Naissances, Les Visage; et [ex mas—

ques, Le Steele a'u vent (Plon 1985

et 1988) ‘

- fours et Nuitr damour et de guerre

(Albin Michel 1987) Une (ermine

grace (Nathan, 1990) '

Amérique, [a a'e’couverte qui n’a pas

encore eu lieu (Messidor, 1992)

- Le Liore ales e'treinte: (La Difference

1995)

— Le Football, ombre et lumiere

(Climats, 1998)

l

MULTIPLE

SERVICE

CENTER

INCOME TAX

IMMIGRATION

ACCOUNTING

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Tel. 7 I 8-42I -6767

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Fax.7 I 8-42I - I444

Fritz Cherubin

Haiti Liberté 19


r

-Fu11

"

Sports

h

It

Equipe D'Allemagne championne du monde.

es demi—finales de la Coupe

du monde de football plei—

nes de surprise et de tésultats

inattendus. D’abord les Etats-

Unis, classes numéro chu—

un qui

tent loutdement contre

le Brésil

classé numéro 8. La défaite 4 — 0

des Etats—Unis ne teflete pas

téel—

lement le niveau de la selection

améticaine contre son homolo—

gue btésilien.

.-M‘t_né pat ides wits proble-

Par Anthony Mompérousse

Une finale Allemagne —

Brésil

en Coupe du Monde féminin qui

remet en mémoite la finale de la

Coupe Du Monde 1974 au cours

Suite ,2 lapage 19

Let. C s. EBL. I

rush A

8 Joueut de Philadelphie, le

basketteur Samuel Dalembert

a visite’ Haiti la semaine derniere.

A l’Hotel El Rancho oil il a donné

sa premiere conference de pres—

se, Dalembert a de’claré : « Il faut

garder l’espoir meme quand tout

parait difl'icile, car nous Haitiens

nous fotmons un peuple spiri—

tuel qui croit en l’existence de

Dieu ».

Envoyé par l’Unicefafin de

conscientiser les jeunes sur le

SIDA, Samuel a évoqué de nom—

breux projets pour Haiti dont l’un

devait se situer a Cité Soleil.

Cité Soleil semble devenit 1e

centre ne’vralgique d’Haiti. C’est

un lieu de pelerinage oil chaque

jour de’filent les grands dignitaires

du monde et les autorités haitien—

nes exploitent a outrance la mi—

sete de ce bidonville pour

forcer

les organisations internationales

a délier les cordons de la bourse

(Si Cité Soleil n’existait paséljaudrait

l’inventer).

r’

Parlant dc Basket-ball m

Dalembert a lancé: « 11

y a

Brooklyn NY 11210

d’autreshaitiens qui peuvent

arriver au méme niveau que

moi et méme me de’passer car

nous constituons un peuple in—

telligent... »

Dalembert en ce sens ignore

la re’alité haitienne, ignore la réa—

lité du basket—ball haitien. Quel

effort réel a été déployé pour or—

ganiser un championnatvalable,

combien de terrains de jeu dis—

pose-t—on en Haiti ?

Une selection de basket-ball

est incapable dc participer a un

tournoi re'gional parce que Haiti

n’a pas

paye’ sa cotisation annuelle,

depuis des années, a la federation

Internationale de basket—ball.

Dans ces conditions quand

peut—on espérer qu’un joueur de

basket—ball

en Haiti puisse atteindre

les sommets ? I

ultiethnic Se -

"

-"Les t", attaq antes Hrésilicnncs

profitantdes couloirs et d ’une défense

désorganise’e s’en donnérent

a coeur joie et Marta étala toute

sa classe devant un public sidéré

et dcs millions de téléspectateurs

qui conside’raient déja le Brésil

comme champion du monde.

L’Allemagne avait e’carté la

Norvége sans grand probléme et

n’avait conce’dé aucun but dans

ce tournoi. L’e’quipe e’tait solide,

bien organisée et avait pris ses

dispositions pour controler le jeu

'

brésilien.

2m \sn '

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Vol.1 No.11 0 du 3 au 9 octobre 2007

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