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Générations
solidaires
15 projets citoyens pour demain
Supplément au journal l’Avenir
du 26 juin 2025
Une contribution
sociétale qui inspire,
motive et met en action.
La coopérative Cera croit à la force de la participation et de la collaboration : avec
nos quelques 400.000 coopérateurs et des centaines d’organisations partenaires,
nous déployons la force et l’engagement du collectif pour créer une société qui vise
la prospérité et le bien-être, aujourd’hui et demain. Notre contribution sociétale
inspire, motive et met en action nos coopérateurs et le grand public.
Car, ensemble, nous réalisons ce que nous ne pouvons accomplir seuls.
Notre vision : tous les uns pour les autres
Nous croyons à la force de la participation.
Tous unis à travers Cera, nos coopérateurs
soutiennent des projets pertinents sur le plan
sociétal qui incitent à construire une société
dans laquelle chacun peut être la meilleure
version de lui-même. Ensemble, nous créons
des liens, de l’impact et du changement. Vers
une société durable, solidaire et forte, dont
tout le monde bénéficiera en fin de compte.
Parce que le bien-être est le moteur de la
prospérité.
Tout le monde mérite le respect et devrait
avoir accès aux droits fondamentaux. Chacun
peut contribuer à la société. Même ceux qui
se heurtent aux limites des défis physiques ou
psychologiques, à la pauvreté ou à la solitude.
Avec nos 400.000 sociétaires et des centaines
d’organisations partenaires, nous voulons être
la voix de tous les publics.
Parce que, ensemble, nous sommes plus
audibles, plus grands et plus forts.
Rejoignez-nous sur :
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Restaurer et renforcer
les liens sociaux
fondation roi Baudouin
Partenaire de Générations solidaires depuis neuf ans, la Fondation Roi Baudouin
fait de la restauration et du renforcement des liens sociaux l’une de ses priorités.
Générations solidaires 3
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Trois questions à Françoise
Pissart, directrice à
la Fondation.
Quel regard portez-vous sur
cette nouvelle édition ?
Avec 128 dossiers de candidatures,
on voit que les organisations
et les écoles candidates
restent plus que
jamais engagées en Wallonie
et à Bruxelles ! C’est rassurant
de voir toutes ces initiatives
locales prendre à
bras-le-corps des défis aussi
importants que variés : le
soutien aux personnes sansabris,
l’accompagnement
des familles en difficulté,
l’inclusion numérique,
l’aide aux jeunes en décrochage,
l’intégration des mineurs
non accompagnés,
l’inclusion des personnes en
situation de handicap, la
lutte contre les discriminations
des personnes
LGBTQIA+…
Cette solidarité nourrit le
lien social, si précieux pour
assurer une société chaleureuse.
Pourquoi est-ce important
de mettre en lumière des
initiatives locales ?
Tout d’abord, parce que le
niveau local donne à chacun
et chacune un sentiment
d’utilité. Il permet de
voir l’impact concret des actions
que l’on mène. Ensuite,
parce que c’est au niveau
local que l’on peut
rencontrer des personnes
que l’on ne croiserait pas
autrement : un remède au
repli sur soi et, inversement,
une ouverture à la diversité.
Enfin, parce que c’est au niveau
local qu’émerge et se
renforce le sentiment d’appartenance
à une même
collectivité dont on peut
prendre soin, ensemble. La
collaboration avec L’Avenir
ajoute un écho médiatique
Frank Toussaint
Françoise Pissart soutient l’opération Générations
solidaires depuis neuf ans.
bienvenu, qui valorise ces
initiatives, motive les porteurs
de projets et… fait du
bien !
Pourquoi la Fondation Roi
Baudouin place-t-elle les liens
sociaux au cœur de ses priorités
?
Les liens sociaux sont essentiels
à une société solidaire
et inclusive. Dans un monde
marqué par un individualisme
et une polarisation
croissants, et fragilisé par
des crises successives, entretenir
et stimuler les liens sociaux
est une des clés pour
bâtir un avenir meilleur.
Katel Fréson, coordinatrice de Générations solidaires et journaliste à « l’Avenir »
Des initiatives citoyennes inspirantes à renforcer
Soutenir l’associatif, mis en péril
par des coupures budgétaires
sévères, s’avère plus que
nécessaire !
Un nouveau record : Nous avons
reçu près de 13 000 votes dans le
cadre du vote du public. Et 128 dossiers
ont été introduits par des associations
et des écoles dans le cadre
de la neuvième édition de l’appel à
projets Générations solidaires. C’est
dire l’engouement que suscitent les
initiatives citoyennes !
Je l’observe avec enthousiasme depuis
neuf ans : les 950 initiatives locales,
qui ont déjà participé aux
Prix Générations solidaires, sont
D.R.
Quinze reportages de terrain ont
permis de mesurer à quel point
ce soutien est crucial !
porteuses d’espoir et de changements
sur le terrain.
Alors que les coupes budgétaires
mettent en péril de nombreuses associations,
il est urgent de rappeler
que ces initiatives ont besoin d’être
soutenues avec de vrais moyens, à
la mesure des défis qu’elles relèvent.
En réalisant quinze reportages de
terrain, je le constate partout : le
milieu associatif accomplit des miracles,
mais les travailleurs sociaux
s’essoufflent trop souvent par manque
d’effectifs et de moyens.
Dès lors, plus que jamais, Générations
solidaires, initiée par le
groupe média de L’Avenir, poursuit
sa vocation sociale : relayer les actions
de citoyens qui créent des solutions
locales, concrètes pour répondre
aux enjeux de notre société.
Notre ASBL met en réseau et construit
un réservoir d’initiatives inspirantes
et réplicables.
Générations solidaires, offre un
tremplin de visibilité à ces citoyennes
et citoyens solidaires. Modestement,
en les rencontrant sur leur
terrain d’activités, nous permettons
à ces solidaires d’exception de
faire entendre leurs voix.
Voici les quinze nommés de cette
édition 2025, à l’issue d’heures de
délibération du jury de Générations
solidaires et des visites de terrain.
J’en suis convaincue : la solidarité
nous permet de changer le monde à
notre échelle !
Une initiative de
en collaboration avec
4L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
© Jacques Duchateau
Une partie du groupe prêt à partir en balade depuis la maison de repos d’Harscamp.
Les Globe-Roulettes des Balances
Namur
À Namur, des jeunes
de la Régie des quartiers
et des seniors de la maison
de repos Harscamp se
rencontrent, tous les mois
un
a s ! » ,
l a n c e
«C’est
O d e t t e
enjouée. Cette résidente de
la maison de repos d’Harscamp
a tissé des liens de
confiance avec Greg, un
jeune stagiaire de la Régie
des quartiers. Greg véhicule
la chaise roulante d’Odette
avec douceur. C’est l’heure
de la balade pour la vingtaine
de participants des
‘Globe-Roulettes des Balances’.
Fruit d’une belle collaboration
entre l’ASBL Citoyenneté
et Participation et la
Régie des quartiers de Namur,
le projet Les Globe-
Roulettes des Balances a intégré
récemment des usagers
de la Maison de quartier
des Balances à Salzinnes
(Namur).
Chaque mois, des joyeux
compères de tout âge se retrouvent
pour mener des activités
au profit de ce quartier
de Namur.
« Cette initiative est née au sein
de la Régie des quartiers, explique
sa médiatrice Nancy
Magloire. Depuis l’annonce de
l’arrivée de la maison de repos
Harscamp au sein du quartier,
l’équipe de Balsac était enthousiaste
avec des projets de
collaboration, de création de
liens, de rencontres intergénérationnelles.
Nous avons souhaité
mettre en place un projet
intergénérationnel en allant à
leur rencontre. C’est ainsi que
le projet est né en collaboration
avec l’ASBL Citoyenneté et
Participation. »
Améliorer la mobilité
Les équipes de différentes
structures ont décidé de démarrer
le projet par aborder
les envies respectives des
deux publics. « Les sorties extérieures
ont été un choix prioritaire
pour tous, poursuit
Nancy Magloire. C’est de
cette manière que l’équipe de la
Régie a pu faire découvrir le
quartier aux aînés au travers
des balades. Lors de ces sorties,
nous avons constaté et identifié
de nombreux lieux non
adaptés aux personnes à mobilité
réduite. Tout le monde a
souhaité relayer les informations
auprès de la Ville de Namur.
»
Lutter contre l’isolement
Olivia Martou, animatrice à
l’ASBL Citoyenneté et Participation
et Nancy Magloire
partagent le même constat :
« Les Globe-Roulettes permettent
de lutter contre le sentiment
de solitude et l’isolement
qui se font de plus de plus pesants
pour les jeunes comme
pour les aînés. Nous sommes
là comme facilitatrices de liens
pour créer des lieux de rencontres
à travers des projets, des
activités, des animations. La
dynamique locale et le lien social
dépendent souvent des
structures associatives. Chacune
d’elles vise un public spécifique
fragilisé. Au travers de
ce projet intergénérationnel,
l’objectif est de pérenniser ce
maillage social dans un quartier
où il fait bon vivre, un
quartier où on se sent en sécurité
et où on rencontre les autres
plus aisément. L’organisation
des activités et les prises
de décision tous ensemble assurent
l’engagement et la responsabilisation
de chaque participant.
Au travers de la solidarité, le
groupe renforce la durabilité du
projet et fait tomber peu à peu
les barrières et les jugements
pour finalement s’ouvrir au
reste du quartier. »
De joyeux partages
entre les générations
Lors de notre visite, la balade
des Globe-Roulettes
s’est achevée, dans les rires,
autour d’une animation
afin de préparer la fête de
quartier des Balances. Les
idées ont fusé pour retrouver
la saveur des festivités
d’antan en intégrant les habitants
plus jeunes.
Autour du baby-foot, un petit
groupe applaudissait
l’habilité de Georgette qui,
bien calée dans sa chaise
roulante, renvoyait Régis,
un aide infirmier, dans les
buts. « Vivement le prochain
match ! », nous confiait la gagnante,
le feu aux joues.
Katel Fréson
FOCUS
« Après un an et demi
d’activités, je tire un bilan
très positif des Globe-
Roulettes des Balances,
se réjouit Olivia Martou,
animatrice à l’ASBL Citoyenneté
et Participation.
C’est un très beau
projet qui a démarré
avec pas grand-chose :
un chariot de café, un tableau
et des post-it. Nous
sommes arrivés à créer
de super beaux liens
avec des gens qui habitent
dans le quartier mais
qui ne s’étaient jamais
rencontrés. Les gens ont
envie d’être là ! Ils ont envie
de donner de l’énergie
dans ce projet qui redynamise
leur quartier.
Pour moi c’est un projet
qui peut être adapté à
n’importe quel quartier,
avec tous les publics. »
Et Nancy Magloire de
conclure : « Ce groupe
hétéroclite a construit un
merveilleux projet dynamique
qui peut inspirer
d’autres organismes ! »
Retrouver la joie d’apprendre, de réussir
Bruxelles
L’association Odyssée
propose à des jeunes, qui
ont surmonté une rupture
scolaire, d’aider d’autres
jeunes en décrochage
a appelé
Catherine,
la dir
e c t r i c e «Maman
d’Odyssée. Elle m’a aidée à
changer d’école. Je recommence
encore cette année mais,
dans ma nouvelle option théâtre
et dans une super école. J’ai
été très bien accueillie par des
profs plus compréhensifs par
rapport à ma situation. Et je
me suis fait de nouveaux
amis ! »
En écoutant les histoires de
mauvais « aiguillages » absurdes
racontées par de
nombreux adolescents confrontés
à des échecs à répétition,
Catherine Sztencel a
développé une méthodologie
éprouvée face à ce constat
glaçant : trop de jeunes
abandonnent prématurément
l’école sans solution
alternative, ce qui compromet
leur avenir.
Trop de « jeunes
aidants » amenés à jouer
le rôle de leurs parents
« Nous sommes dans un
monde en plein bouleversement,
s’inquiète Catherine
Sztencel, directrice de
l’Odyssée. Certains jeunes ont
vraiment une perte de repères.
Alors, bien sûr, quand ils décrochent,
ils ont des comportements
qui sont totalement inadéquats.
Mais ils n’en ont pas
trouvé d’autres ! Souvent, le
sac à dos est beaucoup trop
lourd : soit ils s’ennuient à
l’école, soit ils ont des souffrances
physiques, soit ils vivent
dans des familles monoparentales
en grande précarité, soit
ils sont arrivés de l’autre bout
du monde… Chaque situation
est unique.
Je vois aussi beaucoup de ‘jeunes
– aidants’ qui se retrouvent
à jouer le rôle de leurs parents
enfermés dans des addictions.
Mais c’est trop lourd pour eux !
Un enfant devrait pouvoir être
un enfant. Et savoir, que son
job à lui, c’est d’aller à l’école.
Mais quand il y a tellement de
choses difficiles autour de lui,
Générations solidaires 5
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
trop de mal-être, trop de difficultés
de vie, l’enfant n’y
trouve plus sa place. »
Près de 2 500 jeunes
accompagnés en 1 an ½,
dans 22 écoles !
Dès lors, l’équipe d’Odyssée
accompagne des jeunes de
12 à 25 ans, issus principalement
de milieux défavorisés,
en décrochage scolaire
et social. La vocation de cette
association bruxelloise depuis
25 ans ? La réinsertion
scolaire, sociale et professionnelle
d’adolescents déboussolés,
en luttant contre
les inégalités sociales. De
janvier 2023 à juin 2024,
soit en 1 an et demi, 2 419
jeunes ont été accompagnés
par l’équipe de l’ASBL Odyssée.
370 ateliers ont été organisés
dans 22 écoles par
les quatre travailleurs sociaux
d’Odyssée et par 26
jeunes qui ont choisi d’accompagner
d’autres jeunes
en rupture.
Odyssée propose des suivis
individuels aux jeunes en
difficulté et accompagne les
familles. L’association s’est
spécialisée dans l’accompagnement
de groupe dans les
écoles à Bruxelles et en Wallonie.
Elle est aussi appelée
en renfort par les services
d’aide à la jeunesse.
C’est la grande force d’Odyssée
: chaque jeune accompagné
peut devenir accompagnant
et soutenir d’autres
jeunes en difficulté (lire en
focus).
« Nous voulons éviter que des
talents ne soient gâchés. En valorisant
les compétences, la
confiance en soi et l’engagement
citoyen, en s’appuyant
sur une approche solidaire et
participative, Odyssée favorise
l’entraide entre jeunes ayant
vécu des parcours similaires.
Un jeune qui va décrocher en
classe, il va décrocher de l’école,
du monde scolaire mais il va
aussi décrocher de la société. Et
il va se sentir invisible. Il pensera
qu’il n’a aucun rôle à jouer.
Les suivis individuels mais surtout
les animations en groupe
leur permettent de comprendre
qu’ils ont déjà adopté toute une
série d’actes citoyens. Ils sont
les concepteurs du monde de
demain. Nous voulons leur
donner l’envie d’y croire ! »
Katel Fréson
FOCUS
Parmi les jeunes qui ont
repris le goût d’apprendre,
Antonin (19 ans) est
carrément devenu un des
animateurs de l’équipe
d’Odyssée. Le jeune garçon
décroche en classe
dès l’âge de 14 ans. « Je
n’arrivais pas trouver ma
place. Je ne trouvais pas
de sens à l’école. À l’âge
de 17 ans, j’ai arrêté d’y
aller. »
C’est alors que Catherine
lui propose d’intégrer la
formation qu’elle dispense
aux étudiants en
psychologie de l’ULB et
aux assistants médecins
de l’UCL.
Après un an de stage intensif,
Antonin a repris
des études d’éducateur
en formation en alternance.
Et il est devenu
salarié mi-temps chez
Odyssée, en tant qu’intervenant
psycho-social.
« À 19 ans, j’ai un CDI et
surtout, un boulot qui me
plaît. Et ça, c’est le plus
important pour moi ! »
vincent lorent
vincent lorent
Océane et d’autres jeunes témoignent des belles rencontres faites par le biais de ce stage chez Odyssée.
6L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
© Jacques Duchateau
Des jeunes en situation de déficience intellectuelle animent des ateliers ludiques gratuits, au Centre de soins Sainte-Barbe à Andenne.
La Malle aux Oursons brise les clichés
ANDENNE
Des jeunes en situation de
déficience intellectuelle
proposent des animations
dans les maisons de repos
et écoles.
«Tu viens aussi
jouer avec
nous avec les
mamies et les
papis ? », propose Muriel.
Cette jeune résidente du
Centre Saint-Lambert est
fière de s’occuper des animations
au Centre de soins
Sainte-Barbe, une maison
de repos et de soins nichée à
Seilles dans la commune
d’Andenne. Sur place, une
vingtaine de seniors attendent
leurs jeunes voisins
avec impatience. Accompagnés
de leur éducatrice
Margaud, les jeunes installent
les jeux en bois géants.
Irène, bien installée dans sa
chaise roulante, s’amuse à
lancer les pions et les anneaux.
« Cela fait tellement
de bien de passer du temps
avec ces jeunes si gentils ! »,
souffle-t-elle, entre deux
parties.
Marie-France Malherbe,
responsable paramédicale
au Centre de soins Sainte-
Barbe, le confirme : « Ces
activités intergénérationnelles
procurent beaucoup de joie
à nos résidents mais aussi au
personnel ici. C’est une activité
accessible aussi aux résidents
moins valides qui ne
peuvent plus se déplacer facilement,
par exemple. »
Passer du rôle d’usager
au rôle d’animateur
L’œil rieur, Anne Dewinter
observe Muriel, Dylan, Philippe,
Louis et les autres
jeunes animateurs, avec affection.
Elle est la directrice
adjointe et responsable des
activités du Centre Saint-
Lambert. Ce service résidentiel
accueille 235 personnes
adultes avec
déficience intellectuelle sur
deux sites à Boninne et à
Andenne. Des résidents vivent
en autonomie dans 14
maisons et appartements
supervisés.
Anne Dewinter s’est beaucoup
investie dans La Malle
aux Oursons inaugurée en
février 2025. « C’est un
nouveau projet qui a été réfléchi
avec l’ensemble de l’équipe
du Centre Saint-Lambert.
Nous avions ici à Andenne,
dans ces mêmes locaux, Troc
et Moi, un magasin d’échange
d’objets, ouvert en 2018.
Nous avions envie de mettre
sur pied un projet plus innovant
qui permettait vraiment
d’intégrer encore mieux nos
usagers. » La Malle aux
Oursons a donc développé
trois volets d’activités. La
boutique, gérée par les jeunes,
avec leurs éducateurs
Priscilla et Guillaume, comporte
toujours un espace
d’échange de vêtements,
d’accessoires et de jeux
pour la petite enfance (jusqu’à
12 ans). « La seconde
main, c’est dans l’air du
temps et c’est écoresponsable.
Les activités liées à la mode
mais aussi le repassage, le pliage
de vêtements et le fait de
tenir une vraie boutique attirent
nos usagers et le public de
la petite enfance. »
Mais l’équipe du centre
Saint-Lambert a décidé
d’ajouter un second volet,
au sein de la boutique, sous
la forme d’une ludothèque
innovante : « Nous utilisons
des jeux qui existent en les
adaptant, en rendant les règles
plus simples, en agrandissant
les cartes et les pions
pour que ce soit accessible à
Monsieur et Madame Toutle-monde.
» Enfin, la joyeuse
bande propose également
des animations à l’extérieur.
« Nos usagers partent
en animation dans des maisons
de repos, dans des écoles,
dans d’autres institutions. Là,
nos résidents changent de casquettes.
Ils ne sont plus des
bénéficiaires mais des animateurs
à part entière. Ils vont
proposer des animations avec
nos jeux, principalement avec
nos jeux en bois géants qui
ont, aussi, été réalisés par
eux, dans notre atelier de menuiserie
adapté. »
Pour Margaud, une de
leurs éducatrices : « Ce rôle
d’animateur les valorise.
Cette activité leur permet de
développer des compétences,
de gagner en autonomie et de
s’intégrer dans la société à
travers une démarche sociale,
ludique et écoresponsable. »
Katel Fréson
FOCUS
« Nous voulons briser les
barrières avec le monde
du handicap, changer le
regard des gens, sensibiliser
le grand public à la
tolérance et le respect et
ce, dès le plus jeune âge,
ajoute Anne Dewinter.
Nous tenons beaucoup à
favoriser ces liens intergénérationnels,
par le
biais de moments
d’échanges lors de nos
animations. La Malle aux
Oursons a aussi pour vocation
de sensibiliser à
une consommation plus
responsable. »
Cette initiative pourraitelle
être dupliquée
ailleurs ? « J’en suis persuadée
! », répond Anne
Dewinter. « La Malle aux
Oursons est vraiment un
exemple concret de solidarité,
d’inclusion et de
consommation responsable.
Notre projet pourrait
donc inspirer des enseignants,
des éducateurs
et des collectivités et autres.
»
Générations solidaires
7
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
INTERRA suscite de belles amitiés
LIEGE
InterAct-J crée du lien
entre jeunes locaux
et nouvellement arrivés
à Liège via des activités
interculturelles.
organisé un
atelier de cuisine
de boulets
«J’ai
liégeois qui a
bien marché ! », lance Robin.
Ses amis acquiescent en
souriant. Chiara, Roger,
Adelina, Ali, Sofiane, Mohammed
et les autres ont
apprécié la découverte de la
spécialité locale. Un peu intimidés
autour de la table,
une vingtaine de jeunes, venus
des quatre coins du
monde, se retrouvent chaque
semaine chez IN-
TERRA.
Robin, né dans les Ardennes
liégeoises, a découvert IN-
TERRA via ses études à
l’université de Liège. « C’est
devenu mon terrain d’études et
puis, surtout, un groupe de potes
». À ses côtés, Adelina,
une jeune ukrainienne raconte
: « Je me sentais très
seule en arrivant à Liège.
J’ai été accueillie ici, j’ai appris
le français. J’ai mieux compris
la vie en Belgique. Ici, ce sont
mes amis. »
Quant à Ajdin, il participe
aux activités d’INTERRA
depuis deux ans. Le jeune
homme, originaire de Bosnie-Herzégovine,
organise
des tables de conversation
en anglais. « Camille, ma binôme
(NDLR : un duo formé
par un Belge et un nouvel
arrivé), est devenue ma
meilleure amie ! »
Des activités gratuites
et inclusives
Lancée en 2019, à Liège,
par trois travailleuses sociales,
INTERRA a cherché à
répondre à ce constat vécu
sur le terrain : après un parcours
migratoire souvent
chaotique et violent, beaucoup
de personnes se retrouvent
isolées et sans réseau
social. La volonté des
fondatrices d’INTERRA a,
dès lors, été que l’immigration
soit enfin perçue
comme une richesse, par la
société d’accueil.
Comment ? En créant des
opportunités de rencontres
entre des personnes nouvellement
arrivées et des personnes
locales et ce, de manière
participative et
innovante.
En mai dernier, quelques
heures passées avec un
groupe de jeunes très soudés
nous ont permis de mesurer
la pertinence de la
« théorie du contact » mise
en pratique par INTERRA.
Cette pratique s’inspire notamment
de Singa, une association
partenaire, active
en France et à Bruxelles.
« Nous proposons des activités
gratuites et inclusives, basées
sur le partage de talents, de
passions et de compétences,
dans un cadre bienveillant, explique
Émilie Lembrée,
coordinatrice. Notre approche
repose sur la mixité, avec une
parité entre personnes locales
et nouvellement arrivées, afin
de faire vivre l’interculturalité
au quotidien et lutter contre
l’isolement.
Les actions s’articulent autour
d’ateliers de partage de savoirfaire,
de formations à la communication
interculturelle, de
binômes interculturels et d’InterLab,
un incubateur inclusif
pour accompagner des entrepreneuses
et entrepreneurs issus
de la diversité.»
Près de 400 ateliers
en 2024 !
Devenue, au fil des ans, une
véritable ruche bourdonnante
de vie et d’activités,
INTERRA propose 6 à 7 ateliers
par semaine (cuisine,
art, sport, artisanat, sorties…).
Grâce à cette dynamique,
l’association liégeoise
a rassemblé une
communauté de plus de
1 000 personnes, avec plus
de 2 500 inscriptions aux
activités et 50 porteurs
d’ateliers bénévoles (30 locaux
et 20 nouvellement
arrivés). L’association collabore
avec des écoles, des
maisons de jeunes, des services
d’Aide à la jeunesse,
des centres d’accueil.
Refusant les discours populistes,
INTERRA démontre
avec pertinence que le vivre-ensemble,
bien plus
qu’une formule parfois galvaudée,
se construit au travers
d’actions concrètes.
Katel Fréson
FOCUS
Si les pouvoirs publics et
les partenaires privés
s’accordent sur la qualité
du travail mené par
INTERRA, les cordons de
la bourse se sont refermés
brutalement.
L’association a perdu une
grande partie de son financement.
Après une période de
chômage économique
pour toute l’équipe, le
conseil d’administration a
pris des décisions drastiques
afin de permettre à
INTERRA de survivre : le licenciement
de la moitié
de l’équipe salariée, soit
quatre personnes sur huit.
Dès lors, INTERRA a lancé
une grande campagne
d’appel aux dons.
« La campagne de solidarité
bat son plein et IN-
TERRA reçoit beaucoup
de soutien, se réjouit
Emeline Lembrée, la coordinatrice.
Nous sommes
tous mobilisés pour nous
en sortir et nous poursuivons
nos activités. »
vincent lorent
Une (petite partie) des jeunes qui organisent ensemble des activités au sein d’Interra à Liège.
8L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
© Jacques Duchateau
Saloua (coéquipière bénévole), Sophie, Geneviève, Thierry (bénévole) et Lætitia témoignent de ce soutien à la parentalité précieux.
« Tout un village » pour élever un enfant
Ottignies
L’accompagnement
solidaire de familles
en difficulté (re)crée
un véritable réseau
d’entraide et de partage.
Comment élever
seule un enfant
sans avoir été éduquée
par sa famille
? Sans avoir été aimée,
choyée, sans avoir appris à
faire confiance et à se faire
confiance ? Ce sentiment
d’être dépassée et désespérément
seule, Chloé l’a vécu
de longs mois avant d’oser
appeler à l’aide pour ne pas
sombrer dans la dépression.
« C’est une toute jeune maman
de 20 ans à peine », témoigne
Nina, sa coéquipière
de l’association Tout
un village. Chloé a grandi
dans une institution pour
des jeunes placés par le
juge. Devenue maman, la
jeune femme s’est retrouvée
complètement isolée,
sans soutien du père de son
enfant. « Nous avons beaucoup
cherché, mais nous
n’avons pas trouvé de place en
crèche. Je l’ai aidée à réorganiser
son appartement, à trier
ses papiers. Elle n’a pas appris
tout cela en grandissant en
foyer. Je vais promener la petite
pendant son rendez-vous
avec la psychologue. Je pourrais
être sa maman : elle a 20
ans et, moi, 47. Sa situation
me touche beaucoup. Elle est
toute contente quand j’arrive
chez elle. Je crée une relation
aussi avec cet enfant. Cela
m’apporte beaucoup de joie ! »
Nina nous raconte son soutien
à Chloé, avec empathie
sans aucun jugement. Maman
elle-même, elle s’est
investie en tant que bénévole
au sein l’association
Tout un village.
Des duos solidaires
de la même commune
« Nous proposons un accompagnement
solidaire à des familles
fragilisées à un moment
de leur parcours, sous
forme d’un duo citoyen entre
la famille et une coéquipière
ou un coéquipier. Ces duos
vont faire un bout de chemin
ensemble pendant un an, en se
rencontrant 2 ou 3 heures
chaque semaine », explique
Sophie Alaime, coordinatrice
de terrain de Tout un
village. L’accompagnement
est assuré en duo avec une
ou un bénévole qui habite
la commune de résidence
de la famille.
« Nous encadrons et formons
ces bénévoles afin de leur donner
tous les outils nécessaires
au soutien qu’ils apportent
chaque semaine à la famille.
Notre mission s’inscrit dans
une démarche de prévention et
de soutien à la parentalité. »
Seul critère pour bénéficier
de ce soutien : l’association
s’adresse à des familles qui
comptent au moins un enfant
de moins de 6 ans à la
maison. Mamans ou papas
en solo en épuisement parental,
parents invalides,
jeunes filles enceintes, familles
démunies par le handicap
de leur enfant, parents
endeuillés, les profils
varient avec la même constante
: une situation de
grande fragilité liée à l’isolement
social. « Il existe
toute une série de situations
qui fragilisent et qui mettent à
mal le rôle de parent, poursuit
Sophie Alaime. À un
moment donné, le parent
n’arrive plus à trouver les ressources
nécessaires pour remplir
son rôle parental. Nous
aimons beaucoup l’idée de la
“bonne voisine”, du “bon voisin”
qui donne du temps à
l’autre. »
« Faire avec le parent,
pas à sa place ! »
Pas question, cependant,
pour les coéquipières et les
coéquipiers de jouer les baby-sitters.
« Bénévoles et familles
forment une équipe,
précise Lætitia Descantons de
Montblanc, coordinatrice générale
de l’association. Notre
approche est de faire avec le
parent et non à sa place ! Le
soutien passe par des choses
très concrètes comme accompagner
le parent lors de démarches
administratives et
médicales. Mais aussi organiser
des activités ludiques avec
le parent et les enfants.
Il s’agit d’assurer une présence
pour sortir de l’isolement.
Pouvoir se poser avec
un autre adulte pour trouver
des solutions ensemble. »
Katel Fréson
FOCUS
« Bien que le Brabant
wallon soit perçu comme
une province aisée, un
nombre important de familles
souffrent d’isolement
social et sont dépassées
par les défis du
quotidien. Face à ces réalités
difficiles, les familles
ne savent pas vers
qui se tourner et à qui demander
de l’aide, poursuit
Geneviève Wéry, fondatrice
et présidente de
l’association. Notre objectif
vise aussi à soutenir
le parent ou la famille à
s’ancrer dans un réseau
local. On dit souvent qu’il
faut tout un village pour
élever un enfant. Pendant
un an, nous allons
travailler à l’émancipation
du parent, à l’autonomie
de la famille en
mettant en place, ensemble,
des solutions. » En
cinq ans d’existence, l’association
intervient sur
onze communes du Brabant
wallon, de Villers-la-
Ville à Grez-Doiceau.
Les dangers des UV…
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Les dangers des UV…
parlons en
10
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
vincent lorent
Des bénévoles généreux très investis depuis des années !
Une petite goutte pour VIVReS
Région de Namur
Des solidaires au grand
cœur vont à la rencontre
des plus démunis à bord
de leur van solidaire,
la « Pampa mobile ».
«
De
plus en
plus de personnes
ont
b e a u c o u p
de mal à boucler leurs fins de
mois. Elles n’ont plus assez
pour acheter de la nourriture.
Des familles avec enfants, des
jeunes et des retraités se retrouvent
à la rue suite à des accidents
de la vie », s’inquiète
Christine Cheron. Face à ce
constat alarmant, cette solidaire
au grand cœur, employée
à la retraite, a fondé
l’association Une petite
goutte pour VIVReS avec
une dizaine d’amis dont Michel
Mathy, Cécile Damas,
Carine Hardenne, Jean-
Claude Mantez et d’autres
bénévoles précieux.
Depuis 2018, ces Namurois
très actifs dans l’associatif
se battent pour soutenir les
citoyens « hors circuit » des
services d’aide : personnes
isolées, fragilisées, mamans
seules avec enfants, pensionnés
en difficulté…
Les bénévoles ont remué ciel
et terre pour acquérir un camion
et l’équiper de machines
à laver, de séchoirs, d’un
vestiaire et d’une épicerie
solidaires.
vincent lorent
Prendre une douche
ou laver ses vêtements
Des élèves et des enseignants
des sections menuiserie,
plomberie et mécanique
de l’ITN à Namur ont
remis en état un camion –
surnommé « La Pampa mobile
» – acheté par l’association.
Une ancienne caravane,
où prendre une
douche, complète le dispositif
ambulant.
Le deuxième et le quatrième
mardi du mois, La Pampa
mobile se gare à Dinant, devant
l’accueil de jour La Fenêtre,
situé au-dessus de
l’académie des beaux-arts.
Le principe ? Proposer une
douche et une discussion
autour d’un café, une laverie
mobile, des produits
d’hygiène, un vestiaire solidaire
et de la nourriture via
l’épicerie solidaire aménagée
dans le camion. « Nos bénéficiaires
peuvent prendre
une douche ou laver leurs vêtements
grâce à Une petite
goutte pour VIVReS », explique
Caroline Hottias, accompagnatrice
au centre
d’accueil de jour qui reçoit
des personnes sans logement
de 20 à 80 ans. C’est
le cas de Hans qui a retrouvé
un studio grâce à
l’équipe sociale de La Fenêtre
après des années de vie
en rue. Il donne un coup de
pouce aux bénévoles.
« La pauvreté
s’est accentuée »
« C’est que la pauvreté s’est accentuée
ces dernières années,
note Michel Mathy, cofondateur
de l’association. La
plupart des personnes que
nous aidons ont un logement
(souvent précaire), mais leurs
revenus sont trop faibles. Elles
ne bénéficient pas des circuits
d’aide habituels. Elles ne rentrent
pas dans les critères de
l’aide alimentaire ou les délais
sont trop longs. »
Dès lors, l’association va
servir de relais entre la banque
alimentaire et huit associations
namuroises afin
que 189 familles puissent
bénéficier d’une aide alimentaire
saine et variée.
S’adapter aux nouvelles
demandes
L’équipe s’adapte sans cesse
aux nouvelles demandes.
Les bénévoles préparent des
colis alimentaires d’urgence
et les apportent au domicile
de familles (souvent) monoparentales
avec bébés, jeunes
enfants, ainsi qu’à des
personnes à la rue. « Nous
soutenons beaucoup de familles
nombreuses qui ne
trouvent pas de logements ou
sont mal logées, enchaîne
Christine Cheron. Nous
avons même aidé une famille
qui s’est retrouvée, sous tente,
avec des enfants, pendant plusieurs
mois. Nous avons beaucoup
de demandes de maisons
maternelles, des maisons de
repos font appel à nous pour
habiller leurs résidents. Nous
sommes appelés pour équiper
des personnes qui sortent de
clinique et qui n’ont rien. »
Katel Fréson
FOCUS
L’association namuroise
cherche encore une filière
pour recevoir des
plats préparés en conserve
(plus facile à conserver
pour les personnes
qui n’ont pas de
frigo) et a toujours besoin
de langes, de petits pots
de repas pour bébés, de
produits d’hygiène…
Un renfort en bénévoles
est le bienvenu, même
pour quelques heures,
ponctuellement.
Les généreux bénévoles
ne prétendent pas jouer
le rôle d’assistants sociaux,
mais veulent aiguiller
les personnes en
difficulté vers les services
adéquats.
« La solidarité est bien
présente entre les petites
associations pour s’entraider,
mais nous avons
encore besoin de personnes
disponibles pour
nous aider ! », conclut
Christine Cheron.
u n e p e t i t e g o u t t e v i -
vre@gmail.com
Le Service Mobile Infirmier LiégEois
Liège
L’équipe médicale mobile
SMI-LE facilite l’accès
aux soins de santé
aux personnes qui vivent
dans les rues de Liège
«
Rentrez
! Je
vous attendais
! Je suis
content et
un peu ému de vous recevoir
chez moi !, lance Hervé Vous
savez, ces jeunes filles, les infirmières
de rue, ce sont les
premières personnes pour qui
j’ai cuisiné, ici dans mon studio.
Tout cela, c’est grâce à elles
! » Il essuie discrètement
une larme. « Je leur ai préparé
ma spécialité : un bon
plat mijoté. » Cet ancien cuisinier
d’une soixantaine
d’années cumule depuis
plusieurs années de graves
pépins de santé. Désespéré à
la suite du décès de son
épouse, Hervé a perdu son
boulot de cuisinier. Il s’est,
alors, très vite retrouvé à la
rue et a vécu deux années
cauchemardesques marquées
par l’alcool et la dégradation
de sa santé.
« Les infirmières de SMI-LE
m’ont décidé à me soigner. Je
ne croyais plus en moi. J’ai
mis du temps à croire en ce logement,
à me dire que c’était
possible. J’avais peur de me retrouver
à nouveau seul. »
Désormais en sécurité dans
le petit studio qu’il loue
dans la banlieue liégeoise,
Hervé a repris sa vie en
mains. Lors de notre rencontre,
Camille Delvoye,
coondatrice de SMI-Le, Marine
Roex, ergothérapeute
et responsable du volet logement
de l’association, et
Jeanne de Hey, infirmière,
l’entourent avec gentillesse.
Si Hervé fait partie des 90
personnes qui ont réussi à
sortir de la rue grâce à
SMI-LE et ses partenaires,
on estime que 800 personnes
dorment dans la rue à
Liège et dans les environs…
Leur point commun ? Un
isolement social extrême
C’est en octobre 2020 que
Camille Delvoye et Fanny
Caprasse, deux infirmières
formées en santé communautaire
à la Haute École
Générations solidaires 11
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
mosane, lancent leur association
en fondant SMI-LE,
le Service Mobile Infirmier
LiégEois. Celui-ci emploie
désormais six professionnelles
de la santé, toutes
âgées de moins de 30 ans.
Leur constat ? Un taux de
décès élevé en rue. Et la conviction
que, si les problèmes
de santé des personnes
sans-abris avaient été pris
en charge plus tôt, ces décès
auraient pu être évités. Camille
et Fanny ont donc pris
le temps de rencontrer le réseau
professionnel autour
du sans-abrisme et les personnes
à la rue.
Leur objectif ? Faciliter l’accès
aux soins de santé à ces
personnes en jouant un
rôle de passerelle entre la
rue et le système de santé.
« Notre équipe suit des personnes
qui se sont retrouvées,
à la rue, à la suite d’un accident
de parcours dans leur vie.
Il n’y a pas de profil type. Le
seul point commun, c’est un
isolement social extrême.
Toutes ces personnes ont besoin
qu’on leur tende la main
et qu’on les accompagne pour
un petit bout de chemin pour
sortir de la rue et pour prendre
soin d’elles », explique Camille
Delvoye.
Reprendre en mains
sa santé tout en veillant
aux autres
Les infirmières de SMI-LE
effectuent leurs maraudes à
pied, avec des sacs à dos
remplis de matériel médical
pour effectuer les premiers
soins avant d’accompagner
les personnes sans-abri
chez un médecin.
Elles distribuent aussi des
produits d’hygiène et des
vêtements de dépannage.
Ces maraudes permettent
également de créer une relation
de confiance et de garantir
une vigilance quant
à l’état de santé des personnes.
L’objectif est clair :
« Nous visons, à terme et en
collaboration avec elles, une
réinsertion des personnes
dans un logement adapté à
leurs besoins et leurs envies.
Nous travaillons également
beaucoup sur l’autonomisation
de nos bénéficiaires afin
de les rendre acteurs de leur
vie et de leur santé. »
Katel Fréson
FOCUS
Depuis décembre 2020,
les chiffres de SMI-LE reflètent
la pertinence des
prises en charge urgentes
sur le terrain :
l’équipe a apporté son
aide à 1 128 personnes,
assuré 3 161 soins, réalisé
1 418 accompagnements,
concrétisé 380 hospitalisations
et permis 4 063
consultations médicales.
Au total, 91 personnes
sont sorties de la rue.
L’équipe pluridisciplinaire
veille à travailler avec
chacune et chacun à un
projet de réinsertion sur
mesure. Et s’appuie sur
un réseau associatif très
dense : abris de jour,
abris de nuit, équipe des
éducateurs de rue et du
CPAS de la ville de Liège,
les bains publics, Accueil
Botanique, Opération
thermos, Restos du
Cœur, Maison Croix
-Rouge, Armée du salut…
Ces résultats encourageants
inspirent Charleroi
et Marseille !
vincent lorent
Camille Delvoye (à gauche), cofondatrice de SMI-LE. Il ne manque que Fanny Caprasse sur cette photo.
vincent lorent
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Mieux rebondir À l’Orée du Bois
Écaussinnes
S’impliquer au sein
de cette ferme permet
à des jeunes en grande
difficulté de se sentir utiles
et de reprendre confiance.
«
Quand
mon
éducatrice
m’a expliqué
que
j’allais me retrouver sans téléphone
pendant dix jours, j’ai
stressé. Vraiment ! », confie
Elsa, une jeune fille blonde,
âgée de 16 ans. « J’étais vraiment
mal en arrivant. J’ai appris
à nourrir les cochons, à
m’occuper des agneaux et des
moutons, à préparer les semis…
Cela m’a fait du bien de
me retrouver avec une famille
joyeuse avec des enfants.
Quand j’étais le soir dans ma
roulotte, je n’avais plus toutes
ces pensées en boucle qui
tournaient dans ma tête. »
Elsa a repris pied À l’Orée
du Bois. À l’initiative du
service Amarrage, cette
jeune fille solaire, victime
de violences multiples, a accepté
un séjour de rupture
en pleine campagne.
À l’Orée du Bois produit des
légumes et des fruits en
agriculture biologique, du
miel et élève des animaux.
Virginie Gilbert et Bruno
Harmant, fondateurs de
cette ferme agroécologique
hors normes, ont pour objectif
de sensibiliser à l’autonomie
alimentaire en la
partageant à travers différentes
activités, allant du
maraîchage bio en autorécolte
à des ateliers nature et
culinaires.
Soigner
sa santé mentale,
les mains dans la terre
Le couple a souhaité ajouter
une vocation sociale à
sa ferme, nichée à Écaussinnes,
à deux pas du bois
de la Houssière. « Nous sommes
régulièrement sollicités
par des structures sociales et
de santé pour accueillir des
personnes en difficulté – qu’il
s’agisse de troubles de la santé
mentale, de précarité sociale
ou, plus largement, d’un besoin
de contact avec la nature,
explique Virginie Gilbert.
Nous répondons volontiers à
Générations solidaires 13
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
ces demandes, constatant que
la détérioration de la santé
mentale et physique est souvent
liée à l’inactivité, à la
perte des gestes simples de la
vie quotidienne (comme couper
du bois, réparer, cuisiner)
et à l’érosion du lien social qui
naît de ces pratiques partagées.
Beaucoup de jeunes sont
en manque de repères et en
quête de sens. Beaucoup ignorent
les opportunités professionnelles
qui s’offrent à eux,
tandis que d’autres s’inquiètent
des enjeux environnementaux
et sociaux actuels. »
Depuis 2018, À l’Orée du
Bois accueille des personnes
en situation de burnout
ou en quête de ressourcement
grâce au
programme « soins verts »
et à l’agriculture sociale.
Elle collabore, dès lors, avec
les CPAS de Soignies et de
Tubize, mais aussi, depuis
quatre ans, avec des structures
sociales : Nos Oignons,
pionnière du mouvement
de l’agriculture
sociale en Belgique, le Service
d’aide à la jeunesse
Amarrage, le Service citoyen,
l’école l’Escale/
KAPP, 6Beaufort et des institutions
psychiatriques.
Se sentir utiles,
reconnus et en confiance
Journées, stages et séjours
de rupture sont organisés
tout au long de l’année.
Lors de notre visite À l’Orée
du Bois, des jeunes et moins
jeunes pris en charge par
les centres hospitaliers psychiatriques
Le Domaine à
Braine-l’Alleud et Tangram
à Tubize découvraient la
plantation, les semis et le
nourrissage des animaux.
« Notre initiative responsabilise
les personnes en leur confiant
des missions et les implique
autant que possible dans
les prises de décision sur les
tâches à réaliser. Le soin aux
animaux ajoute une dimension
essentielle : contribuer à
leur bien-être est une expérience
valorisante et structurante.
Les jeunes sont intégrés
à un groupe bienveillant où
chacun trouve sa place.
La diversité des activités à la
ferme permet à tous de se sentir
utiles, reconnus et en confiance.
»
Katel Fréson
focus
« La découverte d’un
nouvel environnement, la
coupure avec leur entourage
familial et amical
leur fait un bien fou ! »,
souligne Claire Henrioul,
éducatrice chez Amarrage
à Céroux-Mousty
(Brabant wallon). « Ce
sont des jeunes qui ont
besoin d’être valorisés et
de se sentir utiles. »
Le Service d’aide à la jeunesse,
Amarrage, accueille
et accompagne
des jeunes aux difficultés
multiples et souvent complexes.
Les jeunes sont
confiés à l’équipe
d’Amarrage par une autorité
administrative ou judiciaire.
Le projet « Mise
au vert » développé notamment
avec À l’Orée
du Bois, s’adresse à des
jeunes de 15 à 18 ans en
décrochages multiples.
Le cœur du projet, le séjour,
permet à chaque
jeune de faire une pause
active et mobilisatrice par
rapport à son quotidien.
© Jacques Duchateau
Au centre, Virginie Gilbert et Bruno Harmant, les cofondateurs de L’Orée du bois, entourés d’éducateurs de différentes institutions.
14
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
Come To Be, une seconde famille
Liège
Cette association pour
et par les migrants
LGBTQIA + pare
aux urgences lors de
ses permanences sociales.
Une vie dans une valise.
La valise près
de la porte. Encore
une. Cette fois,
c’est Hugo qui se retrouve
sans toit. Les amis font
cœur et corps autour de lui.
Les téléphones crépitent
pour tenter de trouver une
solution. « Ici, nous sommes
comme des frères et sœurs,
sourit Daladi. Alors, on va
l’aider à trouver un endroit où
dormir. »
Figure incontournable et
sourire immense de Come
To Be, Daladi, originaire du
Cameroun, est devenu le vice-président
de cette association
liégeoise. Lancée en
2023, Come To Be s’est
donné pour mission de
fournir gratuitement de la
nourriture, des vêtements
et des livres aux personnes
exilées, et en particulier
aux membres de la communauté
LGBTQIA + (notamment
les personnes homosexuelles).
Lancée par Elodie Pirsoul,
ancienne travailleuse sociale
de la Maison Arc-En-
Ciel, Lola Warzée et un
noyau dur de quinze bénévoles
devenus amis, l’association
accueille 83 membres
actifs.
Chaque semaine, les permanences
sociales rassemblent
Elodie, Lola, Daladi,
Kamta, Nicaise et une cinquantaine
de membres.
« Nous avons créé Come To Be
en 2023 en tant qu’association
mise en place par et pour
les demandeurs de protection
internationale, explique sa
présidente Elodie Pirsoul.
Nous ne demandons jamais
l’orientation sexuelle de la
personne. Ces personnes sont
bien plus que des “migrants”.
Nous voulons rompre l’isolement
de ces personnes isolées
en Belgique, leur offrir un endroit
où ils parlent avec des
potes, où ils se sentent bien.
Chaque membre fait partie intégrante
des missions que l’on
se donne. Nous sommes tous
bénévoles. Nous n’avons pas
d’employés, pas d’assistante
sociale ici. » En effet, Elodie
est aide familiale, diplômée
en sophrologie, Lola travaille
comme bibliothécaire
et Daladi est chauffagiste…
« Les profils sont très variés
ici. Les personnes s’entraident
et se conseillent les unes les
autres »
Une maison moins vide
Chaque semaine, Daladi accueille
les nouveaux venus
et explique la philosophie et
le fonctionnement de l’association.
L’équipe passe
chercher des invendus alimentaires
dans un supermarché.
Une collecte de vêtements
permet de rhabiller
celles et ceux qui en ont besoin.
L’association organise
aussi des ateliers d’intégration
afin de faciliter l’inclusion
de nouveaux venus en
Belgique. Enfin, Come To Be
contribue à loger sept de ses
membres chez des habitants
solidaires dans le cadre
du projet « Une maison
moins vide ». « Avant, les citoyens
solidaires qui acceptent
de prêter une chambre
chez eux ne nous demandaient
pas grand-chose. Mais la vie
devient difficile pour tout le
monde. On nous demande
maintenant de payer les tickets
de bus, une contribution
pour les charges (eau, gaz,
électricité), mais aussi de la
lessive, du papier toilette, parfois
un lit à acheter… tout ce
qui fait que la personne hébergée
ne soit pas une charge
mais une aventure pour la
personne qui l’accueille », explique
Elodie Pirsoul.
Faciliter l’intégration
Outre les besoins essentiels
(nourrir, vêtir, loger), l’association
consolide son réseau
d’entraide pour parer
aux mille urgences des uns
et des autres. « Nous travaillons
tous ici, précise Daladi.
Nous avons la pression
pour garder notre travail,
pour payer notre logement.
Nous nous entraidons, les catholiques
avec les protestants
et avec les musulmans. Nous
sommes une communauté de
gens de toutes les nationalités
et une grande famille qui s’entraide.
»
Katel Fréson
focus
« Des subsides ? C’est
simple : aucun ! », confie
Elodie Pirsoul. « Nous ne
rentrons dans aucune
case. Pourtant, nous
avons un bail solide dans
une maison que nous
partageons avec trois associations.
Les associations
nous envoient les
demandeurs de protection
internationale. Et
même si c’est dur, car il
reste 87 euros pour payer
les charges de sept personnes,
on fait le taf. Et
souvent, on y met de notre
poche. La plupart des
instances se disent que
l’on gère 83 personnes
sans rien nous donner. Et
elles espèrent que cela
va durer sans nous soutenir
financièrement. Mais
là, le compte de l’association
est vide. Les permanences
sociales vont continuer
car nous sommes
tous bénévoles. Mais on
ne pourra pas payer les
charges des logements.
ni les tickets de bus. »
vincent lorent
L’association Come To Be à Liège a été lancée par Elodie Pirsoul, Lola Warzée et un noyau dur de quinze bénévoles devenus amis.
Générations solidaires 15
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
vincent lorent
Maïté Montuir (au centre), chargée de projets aux Bibliothèques sans frontières.
Une brigade numérique mobile investie
Bruxelles
L’association Bibliothèques
sans frontières propose
de l’accompagnement
numérique gratuit.
sommes,
nous, la
jeune génération,
qua-
«Nous
siment nés avec le digital. Et
même, en étant habitués,
nous avons, parfois, des difficultés
avec des mises à jour
sur un site ou une application.
Alors, je comprends que des
gens plus âgés se retrouvent
en galère », constate Youssef.
Ce jeune Bruxellois, autodidacte
en informatique, diplômé
en marketing digital,
s’est lancé comme Digital
Buddy à l’appel de l’association
Bibliothèques sans
frontières, il y a quelques
mois. « Notre association a
constitué une brigade numérique
mobile de volontaires que
l’on appelle les Digital Buddies
», explique Maïté Montuir,
chargée de projets aux
Bibliothèques sans frontières.
« Nous formons nos volontaires
à accompagner des personnes
qui rencontrent des problèmes
numériques. »
« Ce qui est très courant, raconte
Youssef, c’est qu’une
personne reçoive un smartphone
de la part de ses enfants.
Et si cette personne a
toujours utilisé un téléphone
avec un clavier à touches, elle
est perdue face à l’écran tactile.
Nous sommes sollicités
pour expliquer l’utilisation
basique d’un téléphone portable
ou d’un ordinateur, pour
faire une recherche sur internet,
pour comprendre comment
installer l’application
itsme afin d’accéder à My
Pension pour remplir une déclaration
d’impôt en ligne… »
De plus en plus
de démarches
à effectuer en ligne
Bénévole lui aussi depuis
un an, Abdenour termine
ses études d’éducateur spécialisé.
« Je viens en aide aux
gens qui ont des petits soucis
avec le numérique, mais je ne
suis pas un expert numérique
pour autant ! Mon but à moi,
c’est qu’ils repartent avec
leurs problèmes résolus. Si je
vois que la personne a de l’arthrose
ou des petits soucis de
vue, je lui écris un tutoriel
bien clair pour qu’elle puisse
se rappeler comment faire.
Je m’adapte en fonction des besoins
de chacun. J’aime voir
les personnes soulagées de
constater qu’elles peuvent y
arriver, elles-mêmes. Certaines
personnes se retrouvent
vraiment coincées, car la majorité
des factures se paient
par internet. Trop de gens se
retrouvent déstabilisés, parfois
sujets à plusieurs rappels,
des coups de pression et même
une mise en demeure pour une
facture impayée. Quand ils repartent
avec le sourire, je sais
que je leur ai été utile ! »
Lors de notre rencontre
avec la brigade numérique
mobile dans les locaux de
Cultureghem à Anderlecht,
Lisette, cuisinière solidaire
dans une association, témoignait
sa reconnaissance
: « Soyez bénis, jeunes
hommes, de m’avoir aidée à
comprendre comment utiliser
ce téléphone ! Je vais pouvoir
payer mes factures sur internet
et me débrouiller toute
seule. »
Les volontaires de la brigade
numérique mobile, accompagnés
de Maïté Montuir,
proposent ce service à
des associations partenaires,
à raison de plusieurs
permanences par mois :
chez DoucheFlux, dans l’espace
culturel Cultureghem
logé dans les anciens abattoirs
d’Anderlecht, à L’Espace
parents de Laeken, au
sein du service seniors de la
commune de Forest, au
CPAS d’Etterbeek…
Un service à domicile
Autre service précieux proposé
par Bibliothèques sans
frontières : toute personne
habitant Bruxelles peut demander
une visite à domicile,
gratuite. en appelant la
Centrale de services de
soins à domicile. « Ce sont
souvent des personnes qui ont
des difficultés pour se déplacer,
qui sont en situation de
handicap, précise Maïté
Montuir. Ces visites à domicile
sont importantes pour
lutter contre l’isolement et
donner accès à nos services. »
Katel Fréson
FOCUS
L’association recrute-telle
des experts digitaux ?
« Non pas du tout ! », répond
en riant Maité.
« Pour devenir Digital
Buddy, pas besoin d’être
un pro de l’informatique.
Il faut pouvoir se débrouiller
avec son smartphone
et son ordinateur,
mais il ne faut surtout pas
être informaticien. Il faut
vouloir aider les personnes
et être patient. Pour
tout le reste, nous les formons
à accompagner les
personnes. »
Depuis janvier 2024, 44
Digital Buddies ont été
formés, 322 permanences
réalisées et 682 personnes
accompagnées.
Face à la digitalisation
croissante, ce réseau
d’aide pour les citoyens
en difficulté numérique
valorise et responsabilise
les jeunes en leur offrant
un rôle actif, et vise à
améliorer leurs compétences
numériques, essentielles
aujourd’hui.
16
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
vincent lorent
Leïla Derrouich (à droite), cheville ouvrière de ce programme ambitieux, est très appréciée par ses étudiants.
Un tremplin pour l’intégration
Namur
L’Université de Namur,
en partenariat avec
l’Hénallux, développe
une initiative locale
d’intégration exemplaire.
«En
j’étais
Ukraine,
enseignante
en mathématiques
et
en informatique. J’ai aussi
beaucoup travaillé comme
data analyste (analyse de données).
J’ai suivi ici à l’Hénallux
un bachelier en data analyste
et je voudrais poursuivre
ma formation », témoigne
Halyna. Autour d’elles,
Maïa, Valentjna, Tatiana,
Iryna, Verokina, de courageuses
ukrainiennes âgées
de 21 à 53 ans, suivent une
formation unique mise en
œuvre par l’Université de
Namur, en partenariat avec
la Haute École de Namur-
Liège-Luxembourg (Hénallux).
Dans une autre classe, les
étudiants viennent d’Afghanistan,
de Palestine, du
Maroc, de Pérou, de Somalie,
du Rwanda, d’Équateur,
du Laos ou d’ailleurs. Leur
particularité ? Toutes et
tous ont dû fuir leur pays en
guerre ou d’autres violences
et souhaitent reprendre
des études supérieures en
Belgique.
Leïla Derrouich est la cheville
ouvrière de cette initiative
locale d’intégration et
formatrice en français langue
étrangère à l’Université
de Namur. Depuis dix ans,
elle a consolidé une méthode
innovante alliant
cours de français intensifs à
un programme interculturel.
« Nos apprenants ont tous
fait des études. La plupart ont
laissé une très grande carrière
professionnelle – parfois plus
de vingt ans de carrière – dans
leur pays d’origine. C’est parfois
très compliqué pour eux
de faire le deuil de leur propre
carrière, de la formation professionnelle
qu’ils ont déjà suivie
dans leur pays. Dans certains
cas, certains choisissent
de reprendre des études dans le
même domaine ou se lancent
dans d’autres filières. L’objectif
essentiel de ce programme,
c’est de les amener à intégrer
des formations ou des programmes
dans les universités,
hautes écoles et écoles de promotion
sociale. »
Des activités
pour mieux s’intégrer
Pour y parvenir, les apprenants
doivent atteindre un
très bon niveau de français
afin d’accéder aux cours
académiques. Leïla Derrouich
a donc planché avec
Afroditi Maravelaki, enseignante
en didactique du
français langue étrangère à
l’Hénallux, sur un programme
alliant des cours
de français académiques
très intensifs pendant un an
et des activités interculturelles.
Cette initiative répond
au besoin crucial d’inclusion
des migrants dans
l’enseignement supérieur et
la formation qualifiante, un
enjeu majeur souvent entravé
par des barrières linguistiques,
culturelles et administratives.
En plus d’un
apprentissage adapté à
leurs besoins, le programme
« Langue, accueil
et dialogue interculturel :
un tremplin vers l’intégration
» porte bien son nom.
Les enseignants de l’UNamur
et les stagiaires de l’Hénallux
(de futurs professeurs
et formateurs)
encouragent les échanges
avec la société belge à travers
des activités collaboratives
(lire ci-contre). Objectif
? S’approprier les codes
essentiels à leur réussite et
s’intégrer durablement
dans leur nouvel environnement.
Lors de notre rencontre, les
étudiantes discutaient avec
leur enseignante des décisions
à prendre pour le futur
: « En Ukraine, j’ai travaillé
presque vingt ans
comme fonctionnaire, explique
Inna. J’ai commencé à
apprendre le français à partir
de zéro dans une autre école. Je
suis ici pour perfectionner mes
compétences linguistiques, ce
qui est très important pour ma
future vie professionnelle. »
Leïla Derrouich sourit à ses
étudiantes et conclut : « Elles
sont très motivées. Elles
veulent vraiment contribuer à
l’économie de leur pays d’accueil,
ici en Belgique. »
Katel Fréson
FOCUS
Les étudiants participent
à des ateliers et des activités
collaboratives qui
renforcent la compréhension
mutuelle et facilitent
leur insertion académique
comme l’explique
Leïla Derrouich « Nous
avons participé à un
court-métrage réalisé
par un apprenant qui a
passé son diplôme de réalisateur
ici. Nous avons
aussi réalisé une exposition
photo en mêlant les
natifs et le public migrant
dans le cadre d’une exposition
intitulée Identités.
Les apprenants devaient
travailler
ensemble pour se prendre
en photo et écrire
des textes. Lors de la Semaine
de la dignité organisée
à Namur, nous
avons participé à des
ateliers. Une de nos apprenantes
a participé à la
bibliothèque vivante.
C’était elle, le livre. Elle a
raconté son histoire.
C’était très intéressant. ».
Générations solidaires 17
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
« Partageons la lecture ! »
Bastogne
Des élèves de l’INDSÉ
Collège organisent
des ateliers lecture pour
des enfants de l’école
d’enseignement spécialisé.
«Se serrer les
c o u d e s ! » ,
s’écrie Lina.
« S ’ e n t r a i -
der ! », ponctue Samuel.
« Lire et s’amuser ensemble »,
enchaîne Ryad. Les déléguées
et délégués de classe
des 1 re et 2 e années secondaires
de l’INDSÉ Collège
(institut Notre-Dame Séminaire)
de Bastogne sont incollables
sur la solidarité.
Dans le cadre de l’appel à
candidatures pour les Prix
Générations solidaires, ils
ont planché sur un projet
autour de la lecture impliquant
d’autres écoles. Nous
les avions rencontrés en février
dernier. Nous les retrouvons
à la fin du mois de
mai, lors de leurs premiers
ateliers.
C’est l’effervescence dans la
vaste classe envahie par
une cinquantaine d’enfants
survoltés ! Les « grands » de
1 re et 2 e secondaires animent
ces ateliers pour les 6 es
primaires de l’école voisine,
l’école d’enseignement spécialisé
Le Mardasson. Les
enfants prennent part aux
différents ateliers, avec joie,
autour de la lecture de bandes
dessinées, de jeux d’improvisation,
de dessins inspirés
de bandes dessinées.
Créer des liens
avec des élèves
d’autres écoles
« Ces ateliers sont proposés
par nos élèves dans les murs
de notre école à des enfants issus
de milieux différents et
qui n’ont pas nécessairement
les mêmes chances que les nôtres,
ni la possibilité d’accéder
à la lecture et à son apprentissage
», expliquent Evelyne
Renaud et Sarah Burhain,
enseignantes à l’INDSÉ Collège.
« Ces ateliers lecture
sont totalement organisés,
préparés et menés par les élèves
volontaires de notre
école. »
Ninon et Hélène (qui prennent
la parole dans notre
vidéo) ont préparé ce projet
depuis des mois avec les autres
délégués de classe.
Elles sont ravies de cette
première rencontre très réussie
: « Pour nous, c’est important
de créer des liens avec
des écoles de la région pour
faire connaissance avec des
élèves de la région. Certains
élèves vont venir dans notre
école l’année prochaine. »
Comment ont-elles vécu ce
partage ? « Nous n’avions pas
de peur ou d’a priori sur le
handicap. Tout s’est bien
passé ! »
Encourager
l’ouverture d’esprit
et le respect mutuel
« En voyant l’actualité, nous
avons tous besoin de solidarité,
commente Evelyne Renaud.
Les enfants ont partagé
et échangé entre eux, autour
de la lecture. Les élèves de notre
école ont appris à collaborer
entre eux pour accompagner
d’autres enfants dans cet
apprentissage. Nous visons
vraiment une ouverture d’esprit
plus grande, un apprentissage
de la lecture renforcé
bien sûr ainsi qu’une rencontre
avec des enfants différents
qui permettra plus de respect
et de bienveillance. »
Forts du succès de cette première
édition, les ateliers
vont se poursuivre l’année
scolaire prochaine. Des
contacts sont pris avec des
écoles primaires de Bastogne
et le Centre Fedasil de
Senonchamps pour accueillir
un public encore
plus diversifié.
Une initiative réplicable
« Nous espérons que notre initiative
s’étende à d’autres écoles
et qu’elle perdure dans le
temps, explique Evelyne Renaud.
Ces ateliers lecture
pourraient d’ailleurs être répliqués
dans d’autres institutions
que des écoles comme
des maisons de repos. »
Résolus à gommer les différences
et à se jouer des clichés,
tous ont adoré ces ateliers.
Avis aux grincheux qui réduisent
les adolescents à
des « fainéants ». Voici encore
une preuve que ces
jeunes sont décidément
porteurs d’espoir !
Katel Fréson
FOCUS
Au-delà de l’aspect d’entraide
entre les élèves,
les enseignantes rappellent
que le projet pédagogique
de leur établissement
est « INDSÉ
Collège = école lisante ».
« Dans ce cadre, partager
des ateliers autour
de la lecture entre totalement
dans notre programme
pédagogique.
De plus, la lecture ouvre
les horizons et permet
une compréhension plus
fine des écrits, ce qui ne
peut que favoriser l’apprentissage.
Et enfin,
dans la lutte contre l’addiction
aux écrans, les
ateliers pourraient donner
d’autres idées d’occupations
aux jeunes. »
Quant à l’organisation
pratique, les enseignantes
aimeraient aménager
le local vétuste avec des
livres, BD, étagères…
Elles comptent se fournir
dans un magasin d’économie
sociale et solidaire
à Bastogne.
vincent lorent
Des élèves de l’INDSÉ Collège à Bastogne organisent des ateliers lecture pour des enfants de l’école d’enseignement spécialisé voisin.
18
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
© Jacques Duchateau
Pascal et Jean-Bernard, deux des « patients experts » avec Catherine Dans (à gauche) et Sophie Darimont (à droite), Justine et Valentine.
Mettre un visage sur une maladie
Angleur
De futures infirmières
(Haute École HELMO)
et des patients seniors
échangent sur leurs vécus
respectifs autour des soins.
«Et vous, vous
faites quoi
dans la vie ?
C’est une question
qui arrive très vite dans
une conversation quand vous
rencontrez de nouvelles personnes.
C’est difficile de répondre
: “Je suis invalide. Je ne
peux pas travailler car j’ai une
maladie chronique. » On est
tout de suite catalogué. Certains
nous prennent pour des
parasites qui ne rapportent
rien et coûtent à la société. »
Ce témoignage bouleversant
de Pascal Godfirnon
résume le regard lourd, et
parfois suspicieux, pesant
sur les personnes porteuses
d’une maladie chronique et
invalidante. « J’ai une pathologie
rare qui m’a donné la
force de me battre. Je suis notamment
en insuffisance rénale
et, pourtant, je suis devant
vous et je donnerai une
formation à de futurs infirmiers
après notre rencontre. »
Après le déni et la colère
face au diagnostic, Pascal a
eu le courage de s’impliquer
dans la formation des professionnels
de demain.
Pascal Godfirnon est devenu
« patient expert », il y a
sept ans, dans le cadre d’un
programme innovant développé
par Catherine Dans,
maître-assistante et doctorante
en santé publique et
Sophie Darimont, enseignante
dans le cursus soins
infirmiers développé au
sein de La Haute École Libre
Mosane (HELMO).
À l’invitation de ces deux
enseignantes, nous les rencontrons
aux côtés de Valentine
et Justine, étudiantes
infirmières de 3 e année
(lire i-contre) et de deux
« patients experts ». « Notre
projet, c’est un cours qui fait
se rencontrer les étudiants, futurs
infirmiers, et des patients
experts d’une maladie chronique,
expliquent Catherine
Dans et Sophie Darimont.
Nous avons mis en place tout
un dispositif pédagogique qui
a été coconstruit avec les patients
pour rencontrer des étudiants
futurs infirmiers. Les
patients peuvent expliquer ce
que c’est de vivre avec une maladie
chronique. »
Des patients témoignent
Depuis sept ans, la collaboration
avec des associations
de patients – fédérées par la
Ligue des Usagers des Services
de Santé – permet un recrutement
de patients préparés
et désireux
d’intervenir dans le milieu
de l’enseignement. « En sept
ans, ce programme a évolué en
tenant compte des attentes des
patients et des étudiants. Les
patients sont les experts de
leur maladie bien sûr. Ce ne
sont pas des professeurs qui
vont transmettre un savoir.
L’idée, c’est coconstruire un
savoir. C’est vraiment cette
posture-là qui est innovante
dans notre enseignement. Notre
approche veut valoriser les
compétences de chacune et
chacun. En 3 e année, nos étudiants
ont déjà acquis beaucoup
de compétences. » Et
d’enchaîner : « Souvent les
patients se sentent diminués
par leur maladie et parfois
même réduits à celle-ci. Les
jeunes ont besoin de soutien et
de renforcements positifs pour
débuter dans un milieu hospitalier
parfois hostile. Quand
ce soutien vient des bénéficiaires
des soins, son impact est
d’autant plus fort. »
Jean-Bernard Cloetens est
patient expert depuis plusieurs
mois. Après des années
de dialyses et une
greffe de rein, il apprécie, lui
aussi, ces échanges constructifs.
« Notre objectif, c’est
simplement de partager notre
expérience de vie. Nous sommes
confrontés à la maladie
24h sur 24. Le pire, c’est de
se sentir invisible à l’hôpital !
Pour les étudiants, le fait de
mettre un visage sur quelqu’un,
d’avoir pu partager,
écouter son expérience, cela
permet de mieux rentrer dans
le cours, de mieux comprendre
et de savoir pourquoi certains
actes sont posés.
Témoigner nous permet
d’avoir un rôle utile dans la
société et de participer à la
construction du monde futur.
»
Katel Fréson
FOCUS
Chaque année, Catherine
Dans et Sophie Darimont
font se rencontrer et collaborer
120 étudiants infirmiers
et une trentaine
de patients experts, formés
à la pédagogie par
leurs soins.
« J’ai vraiment une autre
vision de mon travail
d’infirmière, témoigne
Valentine. Les patients
experts nous ont parlé de
leur quotidien, comment
ils vivent avec la maladie,
ce dont on ne parle pas
forcément à l’hôpital
avec eux. Cela permet de
comprendre leurs attentes.
»
Justine se dit, elle aussi,
mieux outillée : « Notre
rôle, ce n’est pas juste
donner des médicaments
ou faire une injection. Si
on prend le temps de
communiquer avec nos
patients, ils sont plus ouverts
pour nous expliquer
ce qu’ils ressentent, leurs
besoins pour adapter les
soins. »
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20
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
Un vestiaire solidaire tenu par les élèves
Philippeville
L’école secondaire
d’enseignement spécialisé
La Calamine a mis
sur pied La boutique
de Jul ouverte à tous.
je
suis
fait beau
«Madame,
gosse aujourd’hui
», plaisante Colin
(prénom d’emprunt). Cet
enfant vit dans un service
d’hébergement. Il a été
écarté de sa famille sur décision
d’un juge de la jeunesse.
Ses enseignantes
veillent sur lui et ses copines
et copains avec affection
et bienveillance.
Dans cette école secondaire
d’enseignement spécialisé,
l’EESSCF La Calamine à
Philippeville, une centaine
d’enfants porteurs de tous
types de handicap sont
choyés par l’équipe éducative.
En effet, l’ancien infirmier
de l’école, Jules avait remarqué
que les enfants
n’étaient pas toujours équipés
de vêtements propres
et/ou adaptés à la saison. Il
avait donc rassemblé une
réserve de vêtements de rechange
dans son petit local
d’infirmerie. Suite à son décès,
ses collègues ont décidé
de mettre sur pied La boutique
de Jul en hommage à
leur collègue.
Mettre chaque enfant
en valeur
« Dans cette “boutique”, un
local de l’école que nous ouvrons
sur demande, les élèves
peuvent venir choisir des vêtements
ou pallier s’il y a des
petits accidents dans la journée.
Nous voulons aider des
élèves qui viennent dans la
grande majorité d’un public
précarisé pour qu’ils se sentent
mieux, avec des vêtements
jeunes et à la mode »,
explique Nathalie Vanmaercke,
cheville ouvrière
du projet dans l’école.
Colin, Keira, Florian et Alex
– âgés de 14 à 15 ans –
nous présentent leur « boutique
» avec fierté. « Une fois,
mes chaussures se sont cassées
à l’école. Il fallait absolument
trouver des chaussures
pour la journée. Madame et
moi, on a trouvé des chaussures
à ma taille dans la boutique,
raconte Keira. Ici, on
vient chercher ce qu’il manque
: un pull, un jeans… »
Sarah Lecart, enseignante
elle aussi, guide les élèves,
avec sa collègue Nathalie,
pendant le tri et le rangement
sur les tringles.
« Les élèves sont très motivés
à s’occuper de cette boutique.
Ils jouent les vendeurs et les
“personnal shoper”. Ils aident
les copains en disant “Ne
mets pas cette couleur-là.
Cela, c’est mieux !” Cela les
met en valeur. Ce sont des enfants
toujours prêts à aider les
copains, à s’entraider », se réjouit
Nathalie Vanmaercke.
Une collaboration
avec la Croix-Rouge
Les enseignants et leurs
connaissances rassemblent
les dons de vêtements. Les
tenues qui ne conviennent
pas à des adolescents sont
apportées à la vesti-boutique
de la Croix-Rouge de
Philippeville. Des vêtements
pour bébés et petits
enfants peuvent aussi être
donnés à des élèves devenus
des très jeunes parents.
Les élèves de l’option hôtellerie
viennent aussi chercher,
à La boutique de Jul,
chemises blanches et pantalons
classiques pour servir
en salle.
Le talent
de Mary Poppins
Enseignante depuis quinze
ans, Nathalie Vanmaercke
s’investit sans compter
dans ce qui est, pour elle,
une vocation évidente. « Ce
qui me plaît dans l’enseignement
spécialisé, c’est que
nous avons un rapport très
fort avec les enfants. Nous
avons de plus petites classes et
le temps de s’occuper des enfants.
Ils viennent nous confier
leurs petits secrets, leurs
petits problèmes. C’est un
rapport que nous avons moins
dans l’enseignement traditionnel.
» Que conseilleraitelle
aux jeunes enseignants
qui se lancent ? « Je leur dirais
de faire ce métier avec le
cœur et d’avoir un petit talent
de Mary Poppins pour égayer
les journées ! »
Katel Fréson
FOCUS
Dans l’école d’enseignement
spécialisé La Calamine,
la centaine d’enfants
vivent à
Philippeville, mais aussi
Beauraing, Florenne,
Charleroi, Momignies,
sur un territoire assez
large.
Ils sont souvent issus de
familles aux revenus modestes.
Ici, les adolescents ne
sont pas gênés d’aller
choisir des vêtements de
seconde main. « C’est
rare qu’ils soient gênés.
Ils sont plutôt contents !
Et si par exemple, ils apprennent
qu’un nouveau
sac de vêtements a été
apporté par une collègue
bien spécifique, ils sont
les premiers à venir choisir
pour porter les vêtements
des enseignants
qu’ils apprécient.
Ils ont plutôt de la reconnaissance
les donateurs.
Ils sont fiers en fait ! »,
sourit Nathalie Vanmaercke.
© Jacques Duchateau
Nathalie VanMaercke et Sarah Lecart, deux enseignantes très investies auprès de leurs élèves.
P501396
p.3
2,79€
du Jeudi
2 mai 2025
Sport
p.2
Je unes
p.8
brûle.
Me tre de
la crème
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pas de
bronzer !
s’exposer.
AFP
Marie Myant
LE PARLEMENT QUI RASSEMBLE
LES FRANCOPHONES DE WALLONIE ET DE BRUXELLES
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jeu d’énigmes du Parlement est un outil
d’éducation citoyenne dynamique et ludique.
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L’abonnement sera payé par :
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Prénom
Rue |N° |Bte
CP
|Localité
Tél
|Gsm
Signature
N°1614
Sous la loupe
Le masculinisme,
c’est quoi ?
L’Infographie
cppzone - stock.adobe.com
L’Afrique, terre
de diversités
C’est reparti pour
Roland-Garros !
Qu’en penses-tu ?
la faute à…
Selon un sondage réalisé en
2020 au Royaume-Uni, près
d’un jeune de moins de 25
ans sur deux estime qu’il est
di ficile d’être un garçon
dans la société actue le. En
page 2 de ton JDE, nous te
parlons des masculinistes,
Les jeunes ne se
protègent pas
assez du soleil
Les jeunes ne se
protègent pas
systématiquement du
soleil lors d’une activité
en extérieur.
En 2024, 7 jeune sur 10
ont eu un coup de soleil.
L
des hommes qui s’en prennent
aux femmes, qui considèrent
par exemple qu’e les
sont la cause des di ficultés
rencontrées par les hommes
dans la société actue le. Ce te
problématique gagne du
te rain, notamment sur les
réseaux sociaux. E toi qu’en
penses-tu ? Estimes-tu que
la vie est plus di ficile pour un
garçon que pour une fi le ?
orsque les beaux jours reviennent,
on est tenté de faire
bronze te dehors… Mais gare
au coup de soleil, qui n’est pas sans
conséquence.
C’est quoi
un coup de soleil ?
Lorsque ta peau est exposée au soleil,
ses ce lules produisent un pigment
coloré pour se protéger : la
mélanine. En e fet, le soleil dégage
des UV (rayonnements ultraviolets),
La Photo
de la semaine
nocifs (mauvais) pour notre peau. Si
la production de mélanine n’est pas
a sez rapide ou insu fisante, ta peau
Se protéger,
c’est important
Lorsque l’indice UV (l’intensité) est
supérieur à trois, il faut donc protéger
ta peau avec de la crème solaire,
e ta tête avec un chapeau ! Contrairement
aux idées reçues, la crème
solaire n’empêche pas de bronzer.
E le complète le rôle de la mélanine.
Ne pas protéger sa peau est risqué
car cela peut entrainer des maladies.
Dans les cas les plus graves, un
cancer de la peau.
En Belgique, selon une enquête réalisée
par les organismes Euroméla-
noma et la Fondation contre le cancer,
7 jeunes sur 10, âgés de 12 à 18
ans, ont eu un coup de soleil en 2024.
Parmi eux, 6 sur 10 me tent de la
crème solaire uniquement lorsqu’ils
vont à la plage ou lorsqu’ils sont en
vacances. Des habitudes qu’il faut
changer : dans la cour de récré, au
parc ou lors des festivals, protège ta
peau du soleil et ra sure-toi, cela ne
t’empêchera pas de bronzer ! ■
En savoir
plus
Un jeune inte rogé sur cinq
utilise TikTok comme source
principale d’information
pour protéger sa peau du soleil.
Sur les réseaux sociaux,
avoir une peau bronzé est
considéré comme un critère
de beauté. Et certains influenceurs
ne donnent pas toujours
de bons conseils ! Alors,
on évite de sortir sans crème
solaire et, en tout cas, de trop
L’Autriche
remporte
l’Eurovision
Découvrez un exemplaire sur l’appli « Le JDE »
Ce samedi 17 mai, l’Autriche a
remporté la 69 e édition du concours
Eurovision de la chanson.
C’est le chanteur J et sa chanson
Wasted Love
qui ont été couron-
nés ! C’est la troisième victoire de
l’Autriche dans l’histoire du concours.
Le candidat belge, Red Sebastian,
a quant à lui été éliminé
au stade des demi-finales.
Je renvoie ce coupon par courrier, sans frais de timbre, à l’adresse :
Editions de l’Avenir Presse « Abonnez-vous » • DA 852-462-7 • Route de Hannut, 38 - 5004 Bouge.
Je ne paie rien maintenant, j’attends votre bulletin de versement.
Offre valable pour tout nouvel abonné (nouveau nom, nouvelle adresse) jusqu’au 17/08/2025
Frais de port en supplément pour l’étranger : nous contacter. E-mail: abonnes@lejde.be •
Tél. 081/23 62 00
J’autorise les Éditions de l’Avenir Presse à contacter directement mon enfant pour toute
information non-commerciale relative au JDE.
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JDE-ETE25/EDA
22
L’Avenir
Jeudi 26 juin 2025
Générations solidaires
Ennio Cameriere
Sophie Gérard, coordinatrice de la Street Law Clinic en discussion avec deux jeunes enseignantes à l’ULB.
Lutter contre la précarité étudiante
Bruxelles
Des étudiants proposent
des permanences
juridiques gratuites
au sein de La Street Law
Clinic de l’ULB.
n’est censé
ignorer la
loi, mais rien
«Nul
n’est plus
faux ! Beaucoup d’étudiants
ne se sentent pas légitimes de
demander l’aide du CPAS. Ils
ne savent pas qu’ils y ont
droit. Or, les étudiants que
j’accompagne sont souvent
sous l’eau : ils ont un job étudiant
qui leur prend beaucoup
de temps pour payer leur studio
ou leur colocation, beaucoup
travaillent dans la restauration
avec des horaires
très lourds. Ils arrivent aux
permanences épuisés, effrayés
car ils sont dans des situations
inquiétantes », explique
d’emblée Amélie, étudiante
en master de spécialisation
en droit social. Celle-ci a
déjà terminé six années de
droit à l’Université libre de
Bruxelles. Depuis un an,
Ennio Cameriere
Amélie fait partie de
l’équipe d’étudiants en
droit de la Street Law Clinic
en droit social, logée au
sein de l’Université libre de
Bruxelles.
« Notre première mission,
c’est tout d’abord une mission
sociale pour faire connaître
leurs droits aux étudiants
précaires afin qu’ils puissent
eux-mêmes s’en emparer, les
mobiliser et faire valoir leurs
droits à l’égard du CPAS »,
précise Sophie Gérard, coordinatrice
de la Street Law
Clinic en droit social. « En
général, ce sont des étudiants
qui sont dans une situation
assez précaire et qui ont du
mal à payer leur minerval,
leurs syllabus, leur logement…
Nous avons énormément
d’étudiants qui doivent
sauter des repas car ils n’arrivent
juste pas à les financer.
Parfois, leurs familles ne peuvent
pas les soutenir suffisamment.
Et donc, ils cherchent
à s’en sortir
financièrement pour se consacrer
à leurs études. »
Outre cette vocation sociale,
la Street Law Clinic se
donne aussi une mission pédagogique
: former les étudiants
en droit à bien connaître
les règles en matière
d’aide sociale. « Nous sensibilisons
les juristes de demain
aux questions d’accès au droit,
de justice sociale et à la nécessité
d’utiliser un langage juridique
clair. Nous les formons
aussi à l’aide sociale, au partage
des connaissances et au
travail en réseau », précise
Sophie Gérard.
Mission accomplie pour
Amélie : « J’ai vraiment la satisfaction
de voir les étudiants
qui ressortent de nos permanences
avec les idées plus claires.
Nous leur donnons les clés
pour faire valoir ce à quoi ils
ont droit. ».
Des animations dans
les écoles secondaires
Les permanences gratuites
sont organisées deux fois
par semaine sur rendezvous.
Deux étudiants en
deuxième master en droit,
enthousiastes et compétents,
reçoivent les étudiants.
Dans cet apprentissage,
ils sont encadrés par
des juristes professionnels,
des professeurs et des chercheurs
spécialisés.
L’équipe de la Street Law
Clinic poursuit cette démarche
résolument sociale qui
porte ses fruits en accompagnant
les étudiants qui le
souhaitent lors d’un rendez-vous
au CPAS par exemple
(témoignage ci-contre).
Autre particularité innovante
: les permanences
d’aide sociale sont ouvertes
aux étudiantes et aux étudiants
des différentes universités,
de hautes écoles et
de l’enseignement secondaire.
L’équipe donne
d’ailleurs des animations
dans les écoles secondaires
et dans le supérieur pour informer
les jeunes sur le coût
des études et sur les aides
qui existent pour les financer.
Encourager les (futurs) étudiants
à demander des aides,
permet aussi que ces
étudiants consacrent plus
de temps à leurs études et
moins de temps à des jobs
étudiants. Une nécessité en
sachant que la précarité
étudiante touche un tiers
des étudiants francophones.
Katel Fréson
FOCUS
Parmi les bénéficiaires
de la Street Law Clinic en
droit social, Isaac tient à
témoigner. Cet étudiant
en biologie à l’Université
de Liège finance seul ses
études. « J’ai eu de gros
soucis de santé et j’ai dû
reporter le dépôt de mon
mémoire de fin d’étude.
L’assistante sociale du
CPAS a menacé de couper
mes allocations si je
ne le remettais pas en
janvier. J’étais dans un
tel stress que je replongeais
en burn-out. Les
étudiantes en droit et
leur enseignante m’ont
rassuré : une fois l’année
entamée, il n’y a aucune
raison que je perde mes
allocations. Elles ont proposé
de m’accompagner
au CPAS. Cela m’a vraiment
rassuré d’avoir des
réponses très concrètes.
Cela fait du bien d’être
guidé par ces étudiantes
humaines, psychologues
et surtout très professionnelles.
»
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Papote entre
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