LG-269
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SEPTEMBRE / OCTOBRE 2025 - N˚269
www.gemengen.lu
CLAUDE DEMUTH ET
FRÉDÉRIQUE ULRICH
LU-CIX | Gemengen Dag : le rendez-vous IT incontournable
pour les communes
MÉLISSA DIBENE
LLLC
Les séminaires ou le bon
compromis pour se former
efficacement
E. KORCHIA ET I. DESCHAMPS
Enovos
Pour une gestion optimisée des
flux énergétiques
MYRIAM HEIRENS
Croix-Rouge luxembourgeoise
Aidant, un rôle essentiel…
qui mérite reconnaissance
SEMAINE
NATIONALE DU
LOGEMENT
DU 9.10 AU
12.10.25
DES LOGEMENTS
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adapté à votre budget et vos besoins.
3
ÉDITO
Le courage de passer la main
PAR BARBARA PIERROT
« Je jure d’observer la Constitution et les lois et de remplir fidèlement
mes attributions constitutionnelles », a déclaré ce 3 octobre
Guillaume, succédant à son père Henri et devenant le dixième
Grand-Duc du Luxembourg. Une page d’histoire s’est ainsi tournée,
marquant une transition rare que beaucoup de monarchies
européennes n’osent pas vivre : celle d’une abdication volontaire,
organisée et annoncée. Soyons clair, ailleurs, on s’accroche, souvent
jusqu’à son dernier souffle.
La journée fut minutieusement orchestrée selon un protocole
précis : cérémonie d’abdication, prestation de serment devant les
députés, levée et hissage des drapeaux au monogramme du nouveau
souverain, apparition au balcon du Palais et signature du
Livre d’Or à l’hôtel de ville.
Au-delà du protocole et des symboles, c’est l’occasion de s’interroger
sur le rôle de la monarchie dans le Luxembourg d’aujourd’hui.
Depuis son accession en 2000, le Grand-Duc Henri a
incarné la stabilité, la sobriété et la continuité. Son style discret
reflétait l’image d’un pays sûr de lui, mais attaché à la modestie
et à la régularité institutionnelle. S.A.R. le Grand-Duc héritier,
lui, arrive à un moment bien différent de l’histoire nationale.
Le Luxembourg de 2025 n’est plus celui d’il y a vingt-cinq ans :
cosmopolite, marqué par une croissance soutenue et une diversité
culturelle sans précédent. Près de la moitié de la population
n’y possède pas la nationalité et le pays doit concilier ouverture
économique, intégration sociale et affirmation de son identité.
Mais alors, comment continuer à incarner une unité dans un pays
multiple ?
C’est précisément dans ce contexte que la monarchie conserve
une fonction essentielle : incarner une continuité et une unité
symbolique, au-dessus des débats politiques et des mutations
sociales. Le nouveau souverain, âgé de 43 ans, est perçu comme un
héritier préparé, attaché à l’innovation et à l’économie, mais aussi
conscient des attentes de la société civile. La popularité de ce nouveau
Grand-Duc repose autant sur sa préparation que sur sa personnalité.
Polyglotte, formé en France, au Luxembourg, en Suisse
et en Angleterre, passionné d’économie et de culture, il a mené
plus de 70 missions économiques avant même d’accéder au trône.
Proche des habitants, il fait perdurer cette tradition de proximité
que la famille grand-ducale entretient depuis des décennies.
C’est d’ailleurs proche des citoyens que la cérémonie s’est déroulée
: dès vendredi, place Guillaume II, la population a pu assister
en direct à la cérémonie d’abdication et au serment solennel.
La famille grand-ducale a ensuite salué les spectateurs depuis le
balcon du Palais, avant de se rendre à pied à l’hôtel de ville pour
rencontrer la bourgmestre, Lydie Polfer et signer le Livre d’Or. Le
lendemain, Guillaume et son épouse Stéphanie ont poursuivi leur
tournée à travers le pays : bain de foule au Knuedler, rencontres
à Wiltz, Dudelange, Steinfort et Grevenmacher, dans une atmosphère
festive rythmée par des concerts et des animations.
4
| DOSSIER
LËTZEBUERGER GEMENGEN
Publication éditée par Living Green sàrl-s
www.gemengen.lu
Société éditrice
Living Green sàrl-s
24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange
Régie publicitaire
Julien Malherbe
julienm@livinggreen.lu
FORMATION
MOBILITÉ
Administration
Lucia Ori
Tél. 58 45 46 29
secretariat@livinggreen.lu
Rédaction
Pierre Birck
pierreb@livinggreen.lu
Barbara Pierrot
barbarap@livinggreen.lu
Léa Behnous
leab@livinggreen.lu
Pauline Paquet
Julien Menegalli
Sébastien Michel
Frédéric Braun
LVG
Conception et réalisation graphique
Elodie Malherbe / elodiem@livinggreen.lu
Photographie
Nader Ghavami / Photopro Luxembourg
Yves Kortum
SOMMAIRE
08
COVERSTORY
LU-CIX
Gemengen Dag : le rendez-vous IT incontournable pour les
communes
FORMATION
Impression
Imprimerie Centrale
12 | Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de
la Jeunesse
Une rentrée scolaire sous le signe de la cohésion et de
l’innovation
14 | Luxembourg Lifelong Learning Center
LLLC : Les séminaires ou le bon compromis pour se
former efficacement
18 | ADEM
La formation : un levier pour un retour durable à
l’emploi
MOBILITÉ
© Living Green
Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.
Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la
rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord
de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas
restitués. Les reportages signés n’engagent que
leurs auteurs.
Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et
peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne
pourrait nullement être tenu pour responsable.
22 | Enovos
Pour une gestion optimisée des flux énergétiques
24 | TICE
Tisser les liens du quotidien
30 | DACO
FAUN stellt Sicherheit und nachhaltige
Antriebstechnologien in den Mittelpunkt
ISSN 3093-110X
5
SANTÉ DIGITAL IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
SANTÉ
34 | Päiperléck
Innover sans déshumaniser
36 | Help – Service des Aides et Soins de la Croix-Rouge
luxembourgeoise
Aidant, un rôle essentiel… qui mérite reconnaissance
38 | Steftung Hellef Doheem
Un partenaire naturel pour les communes
62 | VIESSMANN
HEMS : la gestion énergétique all inclusive
64 | Blumer-Lehmann
Modularer Holzbau als Zukunftsmodell für nachhaltiges
Bauen
68 | Quartermaster
Le quartier-maître des communes
DIGITAL ET INNOVATION
44 | PwC Luxembourg
L’intelligence artificielle au service du secteur public
luxembourgeois
46 | Fujitsu Luxembourg
De la sidérurgie à l’IA : le futur du Luxembourg,
une affaire de leadership
48 | CK Luxembourg
Tomorrow’s Office 2025 : Deux jours pour transformer
votre vision du travail
50 | Marks & Clerk
Protecting innovation from day one : From your ideas to
their protection... by trade mark, design.. and more !
ACTUALITÉS COMMUNALES
72 | Commune de Mertzig
La Maison du Bien commun à Mertzig
76 | Commune du Lac de la Haute-Sûre
Gespannt optimistisch
ENVIRONNEMENT
94 | Conférence Enerdeal
Transition énérgetique : la grande région dans le vert
96 | Ministère de l’agriculture
Des échos agricoles
IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
54 | Fonds du Logement
« Les transformations n’ont de sens qu’avec l’humain »
56 | BEST Ingénieurs-Conseils
Innovation et durabilité au service de l’eau
60 | Fondation pour l’Accès au Logement
Une collaboration renforcée pour le logement à prix
abordable
6
8 | CLAUDE DEMUTH
Président
LU-CIX
8 | FRÉDÉRIQUE ULRICH
Directrice
LU-CIX
INDEX
12 | CLAUDE MEISCH
Ministre de l’Éducation
nationale, de l’Enfance et
de la Jeunesse
14 | MÉLISSA DIBENE
Conseillère en formation
Luxembourg Lifelong
Learning Center
18 | ISABELLE SCHLESSER
Directrice
ADEM
22 | EMMA KORCHIA
Project Manager
Enovos
22 | IVAN DESCHAMPS
Head of Digitalisation,
Innovation & Products
Enovos
24 | MIKE SCHOOS
Directeur
TICE
34 | ISABELLE HEIN
Directrice de soins
Päiperléck
34 | AUDREY CORNELLES
Responsable du service
admissions et communication
Päiperléck
36 | MYRIAM HEIRENS
Coordinatrice du service
Aidant de Help
Croix-Rouge
luxembourgeoise
38 | BENOÎT HOLZEM
Directeur général
Steftung Hellef Doheem
7
44 | DAVID BERNARD
Senior Manager in
Industry & Public Sector
Advisory
PwC
44 | ANDREAS BRAUN
Managing Director for
Artificial Intelligence
PwC
46 | DANIEL MEYER
Country Director
Fujitsu Luxembourg
50 | INÈS GARLANTEZEC
Trademark & Design
Attorney in Benelux &
French qualified
Marks & Clerk
54 | CLAIRE FANTONI
Responsable des ressources
humaines
Fonds du Logement
56 | ANDREAS HEIN
Responsable technique
SESE
56 | LAURENT BUSANA
Associé-gérant du service
Eau potable
BEST
60 | TOM NILLES
Directeur adjoint
Fondation pour l’Accès au
Logement
60 | JOE NILLES
Bourgmestre
Commune de Berdorf
62 | GÜNTER KRINGS
Managing Director
Viessmann Luxembourg
64 | PASCAL QUINTEN
Directeur
Blumer-Lehmann
68 | MARC WESTER
Directeur
Quartermaster
72 | MIKE POIRÉ
Bourgmestre
Commune de Mertzig
76 | MARCO KOEUNE
Bourgmestre
Commune du Lac de la
Haute-Sûre
96 | MARTINE HANSEN
Ministre de l’Agriculture,
de l’Alimentation et de la
Viticulture
8
| COVERSTORY
GEMENGEN DAG :
LE RENDEZ-VOUS IT
INCONTOURNABLE
POUR LES COMMUNES
La digitalisation, la cybersécurité et la souveraineté numérique
sont désormais des enjeux stratégiques pour tous et notamment
pour les communes luxembourgeoises. À l’occasion de la 12 e édition
des Luxembourg Internet Days, qui auront lieu à la Chambre de
Commerce les 18 et 19 novembre prochains, LU-CIX met une nouvelle
fois ces thématiques au cœur des débats avec, notamment, le
Gemengen Dag. Dédié aux élus locaux et aux syndicats communaux,
ce rendez-vous a pour objectif de sensibiliser les bourgmestres, les
membres des conseils communaux ainsi que les responsables informatique
aux risques cyber, mais aussi aux solutions qui existent
pour renforcer la sécurité et accompagner la transition numérique
des services communaux. Claude Demuth et Frédérique Ulrich, respectivement
Président et Directrice, présentent l’événement et
mettent en lumière les défis majeurs que les communes doivent
relever pour s’assurer un avenir serein.
Pouvez-vous présenter les activités
principales de LU-CIX ?
CD : LU-CIX a été fondé en 2009 en tant
que nœud d’échange de trafic Internet qui
relie les fournisseurs d’accès Internet et
les data centres pour assurer un Internet
plus résilient, plus sûr et plus rapide.
Depuis, nous avons diversifié nos activités
en lançant, par exemple, les services
de messages instantanés Luxchat
pour le grand public et entreprises et sur
demande du ministère de la Digitalisation
Luxchat4Gov pour le secteur public. En
résumé, nous développons l’écosystème
IT au Luxembourg et à l’international tout
en établissant des synergies entre les secteurs
privés et publics.
Les 18 et 19 novembre prochains
se déroulera la 12 e édition des
Luxembourg Internet Days. Quelles
sont les missions d’un tel événement et
quelles thématiques majeures y seront
abordées ?
FU : Entièrement gratuits, les Luxembourg
Internet Days ont pour objectif de mettre
en relation les usagers professionnels,
qu’ils soient privés ou publics, avec les
fournisseurs de solution IT. Cet événement
rassemble chaque année 1.100 à
1.200 personnes dans les locaux de la
Chambre de Commerce autour des défis
liés à l’Internet qui ont beaucoup évolué
depuis la première édition de l’événement.
Cette année, les thématiques principales
sont axées autour de la sécurité, de
la résilience et, surtout, de la souveraineté
qui est à nos yeux particulièrement pertinente
au regard du contexte géopolitique
que nous traversons.
CD : L’événement s’articule notamment
autour de conférences données par des
experts et des discours des ministres
Elisabeth Margue et Stéphanie Obertin,
de tables rondes et de présentations de
cas pratiques pour aider les participants à
s’identifier et à trouver des solutions aux
défis qu’ils rencontrent. Afin de mieux
comprendre les tendances, les visions
et les enjeux pour l’avenir, nous avons
également prévu des workshops ainsi
qu’une exposition avec une cinquantaine
de stands. Nous organiserons aussi
des sous-événements comme LUNOG,
une conférence pour les opérateurs de
réseaux du Grand-Duché ou de la Grande
Région, le Hackathon autour de la technologie
Matrix et de Luxchat, et enfin le
Gemengen Dag pour le secteur communal.
La première édition du Gemengen Dag
s’est déroulée l’an dernier et sera réitérée
cette année. Vous ciblez principalement
les communes et les syndicats.
Pourquoi ?
FU : Une vingtaine de communes s’est
jointe à notre événement l’an dernier,
ce qui est déjà bien pour une première
édition. Les ministres Léon Gloden et
Stéphanie Obertin ont notamment salué
l’initiative. Nous espérons encore attirer
davantage de bourgmestres, échevins
ou responsables informatiques du
9
Claude Demuth
secteur communal le 19 novembre. C’est
le moment et le lieu idéal pour qu’ils se
rencontrent et discutent entre eux mais
aussi avec des professionnels de thématiques
liées à l’Internet, à leur sécurité, à
leur souveraineté et à leur résilience. Les
élus auront aussi l’occasion d’échanger
avec les différentes sociétés exposantes,
d’écouter les conférences et d’assister à
la table ronde autour de la directive NIS2
à laquelle ils sont tous confrontés.
Par ailleurs, nous organisons un « cocktail
des bourgmestres » le 19 novembre
en fin de matinée pour leur permettre de
se retrouver et de discuter sur un temps
réservé à cet effet.
CD : Le Gemengen Dag abordera également
les thématiques développées
lors des Luxembourg Internet Days,
notamment la digitalisation, la souveraineté
numérique et la sécurité. À
titre d’exemple, certains intervenants
présenteront des solutions innovantes
pour la digitalisation des documents
Le Gemengen Dag est un événement incontournable pour
les élus locaux qui accordent une importance stratégique
à la digitalisation, à la sécurité et à la souveraineté de leurs
services
administratifs officiels conformes aux
normes européennes, telles que le portefeuille
électronique (e-wallet) qui centralise
des documents comme la carte
d’identité ou le permis de conduire.
D’autres documents, comme les certificats
de résidence, pourraient également
y être intégrés. Ces pistes constituent
des axes d’exploration essentiels, et les
Internet Days offrent un cadre privilégié
pour en favoriser le développement.
Notons toutefois que nous ne sommes
pas fournisseurs nous-mêmes : LU-CIX
est un facilitateur. Ce sont nos partenaires
et nos exposants qui proposent les
solutions. Dans le cadre du Gemengen
Dag, nous les incitons à personnaliser
leur approche pour le contexte communal.
Nous leur demandons aussi, dans la
mesure du possible, de faire témoigner les
communes avec lesquelles ils travaillent
déjà pour mettre en lumière des cas pratiques
et rendre le tout plus concret.
FU : Il pourrait s’agir, par exemple, de
solutions d’archivage, de gestion des ressources
humaines ou de salle d’établissements
scolaires et de parking ou encore
de cybersécurité. L’objectif est de mettre
à disposition des outils professionnels,
évolutifs et prioritairement développés au
niveau local ou régional, dans un contexte
où la transition numérique reste relativement
récente à l’échelle des communes.
Celles-ci ne disposent encore pas toujours
des ressources financières ou humaines
nécessaires pour en assurer elles-mêmes
la mise en œuvre et la gestion.
10
Claude Demuth et Frédérique Ulrich
Que diriez-vous à un bourgmestre, un
échevin ou un responsable de syndicat
pour l’inciter à participer au Gemengen
Dag ?
CD : Le Gemengen Dag constitue le seul
rendez-vous au Luxembourg spécifiquement
dédié aux communes dans le
domaine IT. Il n’existe aucune autre initiative
de ce type. C’est un événement incontournable
pour les élus et informaticiens
locaux qui accordent une importance stratégique
à la digitalisation, à la sécurité et à
la souveraineté de leurs services.
À l’heure actuelle,
de plus en plus de communes
sont des cibles de choix pour
des cybercriminels, mais des
solutions existent
FU : Il s’agit également d’une opportunité
unique de mise en relation et d’échanges
ciblés entre les responsables communaux
mais aussi avec des prestataires
qualifiés, des experts et des fournisseurs
de solutions adaptées. Par ailleurs, l’ensemble
du programme des Luxembourg
Internet Days leur est accessible : espaces
d’exposition, ateliers pratiques, conférences…
Tout est ouvert aux participants
du Gemengen Dag. En résumé, il s’agit
d’une occasion privilégiée de rencontrer à
la fois des acteurs confrontés aux mêmes
enjeux et des intervenants proposant des
solutions spécifiquement adaptées à leur
défis.
Quels sont les avantages de miser sur
une gestion raisonnée de la digitalisation
au sein des communes, notamment
en matière de souveraineté et de
sécurité qui sont les maîtres mots de
cette édition ?
FU : D’abord, il y a NIS2, la directive européenne
qui impose des exigences élevées
de cybersécurité aux entités considérées
comme essentielles dont font partie les
communes. C’est pourquoi nous organisons
une table ronde y dédiée à ce sujet
sensible le matin du 19 novembre. Le
but est d’y expliquer clairement ce que
cela implique pour une commune qui
offre des services essentiels aux citoyens.
En effet, il ne faut pas oublier que certaines
communes ou syndicats sont
aussi gestionnaires de systèmes et d’infrastructures
critiques qui sont indispensables
dans la vie économique et sociale
du Grand-Duché. Ces responsabilités les
exposent à des risques et à des attaques
malveillantes, virtuelles ou physiques.
CD : La digitalisation, ce n’est pas plus
seulement une question technique. C’est
une prise de conscience politique et responsable.
À l’heure actuelle, de plus en
plus de communes sont des cibles de
choix pour les cybercriminels, mais des
solutions existent. Le Gemengen Dag est
justement là pour leur montrer des solutions
adaptées à leur réalité et surtout à
leurs ressources.
L’accès aux Luxembourg Internet Days
est gratuit. Il suffit de s’inscrire sur le
site : www.luxembourg-internet-days.
com. L’événement aura lieu les 18 et 19
novembre prochains à la Chambre de
Commerce.
LU-CIX ASBL
202, Z.A.E. Wolser F
L-3290 Bettembourg
www.lu-cix.lu
Acteurs du secteur communal,
le 19 novembre 2025,
rejoignez-nous
à la Chambre de Commerce pour le
lors des
Une journée dédiée à vos problèmatiques de
- Digitalisation, - Connectivité, - Souveraineté,
- Cybersécurité, - Résilience, - Conformité NIS2.
Pour les élus, les informaticiens, les responsables de services techniques, les
conseillers et autres personnels des communes et des syndicats de communes.
Avec des témoignages de collègues du secteur et des fournisseurs de proximité
ayant une expérience dans l’accompagnement des communes et des syndicats de
communes ainsi que des produits et des services adaptés à leurs spécificités.
Le secteur communal est de plus en plus ciblé par des attaques cyber et doit
pouvoir se protéger efficacement ainsi que les données de ses résidents.
Nous vous proposons un programme en français et/ou en luxembourgeois pour
vous aider à sécuriser vos infrastructures et vos données, mettre en place une
bonne gouvernance IT, optimiser vos ressources, etc. Vous pourrez aussi
comprendre pourquoi et comment vous conformer à la directive NIS2.
Le «Gemengen Dag» se déroulera au cours des Luxembourg Internet Days, un
événement emblématique de la place IT au Luxembourg.
Vous pourrez ainsi échanger avec plus d’une 40aine d’exposants, participer à
d’autres conférences et ateliers, rencontrer d’autres élus et professionnels du
secteur communal, et bien plus !
En partenariat avec
Avec la participation de
12
| FORMATION
UNE RENTRÉE SCOLAIRE
SOUS LE SIGNE
DE LA COHÉSION ET
DE L’INNOVATION
Claude Meisch
13
Une école plus inclusive, plus
innovante et résolument tournée
vers l’avenir : telle est l’ambition
de cette rentrée scolaire au
Luxembourg. Alphabétisation
différenciée, diversification de
l’offre et intégration maîtrisée
de l’intelligence artificielle
dessinent un paysage éducatif
en pleine évolution. Rencontre
avec Claude Meisch, ministre de
l’Éducation nationale, de l’Enfance
et de la Jeunesse.
Comment s’est déroulée cette rentrée
scolaire et quels en ont été les moments
les plus marquants ?
Le point fort de la rentrée, c’est avant
tout le retour des enfants dans les écoles.
On sent à quel point ils sont heureux de
retrouver leurs camarades, leurs institutrices
et instituteurs. Ces moments de
joie restent pour moi l’élément le plus
marquant. Chaque année, j’essaye d’être
présent au moins dans un établissement.
Cette fois-ci, je me suis rendu à l’école
fondamentale de Roodt-sur-Syre, où j’ai
visité deux classes, l’une au cycle 2 et
l’autre au cycle 4. Avec les élèves, nous
avons échangé sur leurs vacances, leurs
attentes pour l’année scolaire et notamment
avec ceux du cycle 4 qui, étant en
dernière année de l’école fondamentale,
se préparent déjà avec curiosité et impatience
à entrer au lycée.
J’ai également visité une Classe Spécialisée
d’Accueil de l’État (CSAE) accueillant des
enfants issus de familles réfugiées ou
bénéficiaires de protection internationale.
Leur retour à l’école a été marqué par une
joie particulièrement forte : n’ayant pas
eu l’occasion de partir en vacances pour
la plupart, l’école représente pour eux
bien plus qu’un lieu d’apprentissage ; c’est
aussi un espace de rencontres et de nouvelles
perspectives.
Vous avez placé cette rentrée sous le
signe de la cohésion sociale. Qu’est-ce
que cela signifie concrètement ?
Je pense d’abord au rôle central de
l’école publique dans un pays comme le
Luxembourg, marqué par une très grande
diversité linguistique, culturelle et sociale.
Jusqu’ici, nous avons longtemps maintenu
un modèle d’alphabétisation en allemand,
mais ce choix ne correspond plus à la
réalité : seul un tiers des élèves parlent
encore luxembourgeois ou allemand à la
maison, tandis qu’un autre tiers utilise le
français ou le portugais et le reste grandit
dans un environnement multilingue parfois
très complexe. C’est précisément pour
répondre à cette diversité que nous avons
lancé le projet Alpha – zesumme wuessen,
qui débutera à la rentrée prochaine. Il
donnera désormais aux parents le choix
entre une alphabétisation en allemand
ou en français. Apprendre à lire, écrire
et compter dans une langue plus proche
de celle parlée à la maison augmente les
chances de réussite scolaire et favorise
l’intégration. Bien sûr, cette solution ne
résout pas toutes les situations, mais elle
apporte une réponse pertinente à la réalité
linguistique de nombreux enfants au
Luxembourg.
En parallèle, nous mettons en place des
mesures d’accompagnement : formation
des enseignants, développement progressif
de matériels pédagogiques adaptés et
suivi régulier du déploiement.
L’IA est de plus de plus présente dans
nos quotidiens. Comment cela se traduit-il
dans les salles de classe ?
L’intelligence artificielle aura, et a déjà,
des répercussions majeures dans tous les
secteurs : les médias, les administrations,
les finances… et bien-sûr l’éducation. Il est
essentiel que l’école prépare ses élèves à
un monde où l’IA sera omniprésente, tout
en s’assurant qu’ils continuent à réfléchir
par eux-mêmes, à développer leur propre
opinion et à exercer leur esprit critique.
Ma plus grande préoccupation est que si
les jeunes ont l’habitude d’utiliser l’IA
pour rédiger un texte, traduire ou résumer,
ils risquent de ne plus jamais mobiliser
leur propre réflexion. Le cerveau, comme
tous les muscles, a besoin d’exercice : si on
ne l’utilise pas, il s’atrophie.
Concrètement, il n’y aura pas d’utilisation
de l’IA à l’école fondamentale, afin
d’encourager les jeunes à lire, écrire,
rédiger et formuler leurs opinions euxmêmes.
L’apprentissage de l’IA débutera
dans les classes inférieures du secondaire,
pour comprendre son fonctionnement,
ses opportunités et ses risques. Dans les
classes supérieures du lycée, l’usage sera
ponctuel et encadré, pour s’assurer que
les élèves conservent la maîtrise de leurs
propres compétences et ne se contentent
pas de déléguer leur réflexion à un outil
numérique.
Selon vous, quel est le plus grand défi
de l’école luxembourgeoise ?
Le plus grand défi est sans aucun doute
la gestion de la diversité. Chaque année,
notre système scolaire accueille de plus
en plus d’élèves : pour cette rentrée, nous
avons 2.000 élèves supplémentaires,
répartis à parts égales entre le fondamental
et le secondaire. La grande majorité
d’entre eux vient de l’étranger, ayant déjà
commencé leur scolarité dans un autre
pays, avec d’autres langues et dans un
autre système scolaire. Notre responsabilité
est de les intégrer au mieux, ce qui
explique pourquoi nous travaillons depuis
plusieurs années à diversifier notre offre
scolaire.
Nous savons bien que nous ne pouvons
pas proposer une section spécifique pour
chaque nationalité ou chaque langue. Mais
avec les écoles européennes publiques,
nous avons trouvé une solution adaptée et
très demandée. À titre d’exemple, l’École
internationale de Differdange et d’Eschsur-Alzette
(EIDE) a reçu 1.200 demandes
d’inscription pour seulement 300 places.
C’est pourquoi nous allons ouvrir une
nouvelle école publique européenne à
Schifflange et d’ici 2028, deux autres établissements
supplémentaires dans des
localités encore à déterminer.
En parallèle, nous investissons dans la
diversification de notre système scolaire
national : davantage de classes francophones
dans le secondaire général et bien
sûr le projet Alpha – zesumme wuessen,
qui constitue un changement de paradigme
dans la manière d’enseigner et
d’accompagner les élèves. Tous ces efforts
visent un seul objectif : répondre à l’hétérogénéité
croissante de notre population
scolaire et garantir des parcours adaptés.
Alors oui, il existe d’autres défis, il y en a
toujours dans un système éducatif, mais la
diversité restera le défi majeur, probablement
pour longtemps. C’est un challenge
typiquement luxembourgeois, mais c’est
aussi une richesse que nous devons transformer
en atout pour l’avenir.
Par Barbara Pierrot
14
| FORMATION
LLLC : LES SÉMINAIRES
OU LE BON COMPROMIS
POUR SE FORMER
EFFICACEMENT
Depuis plus de 50 ans, le Luxembourg Lifelong Learning Centre
(LLLC) accompagne les salariés dans l’évolution de leurs compétences.
Parmi ses différentes formations, les séminaires tiennent
une place particulière : pensés pour être courts, concrets et accessibles,
ils permettent d’acquérir des compétences directement
mobilisables dans le cadre professionnel. Mélissa Dibene, conseillère
de direction, nous en dit plus.
Pouvez-vous présenter le LLLC en
quelques mots ?
Le Luxembourg Lifelong Learning Centre
est le centre de formation continue de la
Chambre des salariés, institution incontournable
qui défend et protège les
intérêts des salariés. Il accompagne ces
derniers dans le développement de leurs
compétences, en proposant des formations
variées et adaptées aux évolutions
du monde du travail. À travers son offre,
le LLLC reflète l’engagement de la CSL en
faveur de l’apprentissage tout au long de
la vie.
Comment décririez-vous le rôle du
LLLC dans le développement des compétences
au Luxembourg ?
Dans un monde en constante évolution,
la formation continue est devenue essentielle.
Le développement des compétences
tout au long de la vie est au cœur
de la mission du LLLC. Ce qui distingue
le Luxembourg Lifelong Learning Centre,
c’est la diversité et l’accessibilité de son
offre : des formations ouvertes à tous,
quel que soit l’âge, le parcours ou l’expérience,
qu’il s’agisse de se perfectionner,
de se reconvertir ou simplement de rester
à jour. Chacun peut y trouver un format
adapté à ses besoins. L’offre est particulièrement
large : cours du soir, cursus
universitaires, formations spécialisées,
modules e-learning, formations dédiées
aux seniors et séminaires.
Quels types de séminaires proposezvous
?
Nos séminaires se présentent sous forme
de formations courtes et ciblées, d’une
demi-journée à deux jours en semaine. Ce
format court permet aux participants de
renforcer leurs compétences rapidement.
Les thématiques abordées sont variées et
couvrent de nombreux domaines : secrétariat,
accueil, bureautique, transformation
digitale, droit, ressources humaines,
développement personnel et professionnel,
comptabilité, management, santé au
travail et bien d’autres.
Quels sont les avantages des
séminaires ?
Tout d’abord, nous veillons à ce que nos
séminaires répondent aux besoins des
salariés et qu’ils soient accessibles, abordables
et proposés dans plusieurs langues
: anglais, français et allemand. Ils ont
lieu dans nos locaux à Bonnevoie, idéalement
situés et facilement accessibles
depuis l’ensemble du pays et de la Grande
Région grâce aux transports en commun,
dans un cadre moderne et convivial.
Au-delà de l’accessibilité, nous cherchons
à garantir l’acquisition de compétences
immédiatement applicables pour les salariés.
Les séminaires sont interactifs et animés
par des experts. Ils sont conçus pour
que les participants repartent avec des
outils concrets. Pour plus de flexibilité,
certains séminaires sont également disponibles
en classe virtuelle.
Les séminaires offrent donc une véritable
valeur ajoutée. Ils permettent aux salariés
de développer leurs compétences, tout en
favorisant les échanges. Les participants
viennent de secteurs variés, ce qui crée
une belle dynamique et favorise le développement
du réseau professionnel.
La rentrée est déjà derrière nous.
Quelles sont les dernières nouveautés
proposées par le LLLC ?
Le LLLC démarre cette nouvelle rentrée
avec une offre de formation enrichie,
en phase avec les évolutions du monde
professionnel.
Les séminaires
permettent aux salariés
de monter en compétence
rapidement
Concernant les cours du soir, plusieurs
nouveaux parcours font leur entrée,
notamment en marketing digital, e-commerce,
administration RH et développement
RH. Au total, 47 parcours modulaires
sont proposés, en présentiel ou en blended
learning, pour permettre à chacun de se
former ou de se réorienter.
Les formations universitaires continuent
de se distinguer par leur qualité académique.
Proposées en horaires aménagés
en partenariat avec des universités
renommées, deux nouveautés font leur
entrée cette année : Le Diplôme d’Université
en droit « Des risques psychosociaux
à la qualité de vie et des conditions de
travail », en partenariat avec l’Université
Paris-Panthéon-Assas et le Master MAE
– Applied Corporate Management, en partenariat
avec l’IAE Nancy de l’Université
de Lorraine.
15
Mélissa Dibene
Enfin, les séminaires s’étoffent avec
des thématiques actuelles comme par
exemple : le droit et l’éthique de l’IA, bien
prompter avec l’IA, l’intelligence émotionnelle
en milieu professionnel, anticiper
les risques psychosociaux, ou encore le
green coding et le green design.
Et parce que chaque entreprise a ses
propres enjeux, tous nos séminaires
peuvent être entièrement adaptés sur
mesure afin de répondre aux besoins spécifiques
de leurs salariés.
Comment inciter les entreprises et les
salariés à s’engager dans des formations
et des séminaires ?
Dans un contexte marqué par des transformations
rapides et profondes, la formation
professionnelle joue un rôle clé. Elle permet
aux salariés de consolider leur niveau
d’expertise tout en s’adaptant aux nouvelles
exigences du marché. L’intelligence
artificielle, par exemple, occupe une place
croissante dans de nombreux secteurs.
Elle influence les pratiques, les outils et
les modes de collaboration. Comprendre
ses usages, ses limites et ses enjeux
devient un atout précieux pour évoluer
sereinement dans un environnement de
plus en plus technologique.
La formation représente
un investissement à fort
impact, car les compétences
acquises par les salariés
contribuent à sécuriser leurs
parcours professionnels et sont
directement mises au service
de l’entreprise
Pour les entreprises, investir dans la formation,
c’est anticiper les changements,
renforcer l’agilité des équipes et accompagner
leur montée en compétence.
La formation représente un investissement
à fort impact, car les compétences
acquises par les salariés contribuent à
sécuriser leurs parcours professionnels
et sont directement mises au service de
l’entreprise.
En proposant des formats courts, ciblés et
adaptés aux réalités du terrain, les séminaires
du LLLC facilitent cet engagement,
en rendant l’apprentissage accessible,
concret et immédiatement applicable.
Pour s’inscrire aux formations et aux
séminaires du LLLC, rendez-vous sur :
www.LLLC.lu
Luxembourg Lifelong Learning Centre
2-4, rue Pierre Hentges
L-1726 Luxembourg
www.LLLC.lu
16
| FORMATION
RENTRÉE SCOLAIRE 2025/2026 : CONFÉRENCE DU MINISTRE DE
L'ÉDUCATION NATIONALE, DE L'ENFANCE ET DE LA JEUNESSE
Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude
Meisch, a dévoilé les priorités pour l’année scolaire 2025-2026 lors d’une conférence
de presse le 11 septembre dernier. Face aux défis actuels ; inégalités,
diversité linguistique et nouvelles technologies, l’école doit rassembler et renforcer
la cohésion. Le projet ALPHA – zesumme wuessen offrira aux parents le
choix de la langue d’alphabétisation, en allemand ou en français, au troisième
trimestre de l’année scolaire 2026/2027, pour les enfants de cycle 1.2. Une stratégie
nationale encadrera l’usage de l’intelligence artificielle, avec la plateforme
KI-Kompass. L’inclusion, la formation professionnelle, la réforme des programmes
et de nouvelles sections renforcent ce rôle central de l’éducation : unir, construire
des ponts et valoriser la diversité.
Nos formations,
votre atout.
À la recherche d’une
FORMATION ?
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Cours du soir
Séminaires
Formations universitaires
Formations spécialisées
Formations pour seniors
Certifications
Les différentes
formules :
© Tom Fielitz Photography
en présentiel
en blended learning
à distance
en e-learning
18
| FORMATION
LA FORMATION :
UN LEVIER POUR
UN RETOUR DURABLE
À L’EMPLOI
Entre besoins du marché et projets individuels, l’ADEM adapte
son offre de formation pour répondre aux enjeux de l’emploi au
Luxembourg. Entretien avec Isabelle Schlesser, directrice.
Quelles sont les démarches pour accéder
à ces formations ?
La voie classique passe par le conseiller
référent de l’ADEM, qui discute avec le
demandeur d’emploi pour identifier les
formations utiles à son projet, mais de
plus en plus, nous encourageons l’autonomie.
L’inscription à certains parcours,
notamment celles du Digital Learning Hub
(DLH), se font en ligne. Il existe également
l’aide à la formation professionnelle, qui
permet à un demandeur d’emploi de suivre
une formation externe, au Luxembourg ou
à l’étranger, même si elle n’est pas organisée
par l’ADEM. Cette aide est soumise
à l’approbation du conseiller, qui s’assure
que la formation a du sens par rapport au
projet professionnel.
Quels types de formations propose
l’ADEM aux demandeurs d’emploi ?
Nos formations sont organisées selon
plusieurs objectifs. Certaines sont sectorielles
: elles visent un métier spécifique,
comme les métiers de la logistique ou du
bâtiment. D’autres sont transversales,
comme les parcours en gestion de projet
ou en compétences numériques, utiles
dans de nombreux domaines.
Nous proposons également des options
linguistiques, très demandées. Et puis, il
y a ce que nous appelons les formations
d’activation ou d’orientation. Il s’agit
de modules plus personnalisés, s’organisant
souvent sous la forme d’un coaching,
qui aident à mieux définir un projet
professionnel.
Nous avons aussi des cours destinés à
ceux qui souhaitent créer leur entreprise,
ainsi que des formations plus pratiques
sur la recherche d’emploi : rédiger un CV,
une lettre de motivation, se préparer à un
entretien…
Comment identifiez-vous les formations
prioritaires en lien avec le marché
du travail ?
C’est une de nos missions centrales. Nous
ne sommes pas un institut de formation,
notre objectif est de favoriser un retour
rapide et durable à l’emploi. Pour cela,
il faut que l’offre colle aux besoins du
marché.
Nous analysons nos propres données,
notamment les offres d’emploi que nous
recevons, pour comprendre quels métiers
et quelles compétences sont recherchés.
Nous travaillons également en étroite collaboration
avec la Chambre de Commerce,
la Chambre des Métiers, l’UEL et les fédérations
patronales.
Mais il faut aussi que les profils des
demandeurs d’emploi correspondent à ces
besoins. Par exemple, la cybersécurité est
un secteur en forte demande, mais il faut
un certain bagage technique pour suivre
ces formations. Donc, tout est une question
d’adéquation entre le marché et les
profils disponibles.
Les formations sont-elles accessibles à
tous les demandeurs ?
Presque toutes nos formations comportent
des critères d’éligibilité, mais ils
varient selon les cas. Certaines exigent des
compétences spécifiques (par exemple en
digital ou en langues), d’autres un permis
de conduire, d’autres encore sont réservées
aux jeunes ou aux personnes de plus
de 45 ans.
Pour les formations linguistiques en
e-learning, nous procédons différemment :
chaque mois, nous envoyons un courriel
à tous les demandeurs d’emploi inscrits,
avec les licences disponibles. Là, le critère
est « premier arrivé, premier servi ». Mais
attention : si la personne ne suit pas assidûment
les cours, la licence est réattribuée.
Les formations proposées sont-elles
certifiantes ?
Certaines le sont, d’autres non. Nous
essayons de plus en plus d’aller vers
des certifications reconnues, car elles
constituent une vraie plus-value pour les
candidats. Parmi les formations qui permettent
d’obtenir un tel avantage, nous
proposons par exemple des parcours
Google pour le digital ou en compliance
et anti-blanchiment pour le secteur financier.
D’autres options, comme la gestion
de projet, peuvent aboutir à des certifications
selon les méthodologies enseignées
(type PRINCE2). Pour certaines, il n’y a
qu’un certificat de présence mentionnant
les heures suivies. Mais nous essayons
toujours de proposer un document
valorisable.
Et pour les personnes qui ont déjà une
formation effectuée à l’étranger ?
La reconnaissance des diplômes étrangers
ne relève pas de l’ADEM, mais de l’Éducation
nationale. En revanche, nos certifications
bénéficient d’une reconnaissance
au niveau européen ou international (par
exemple les niveaux de langue CECRL ou
certaines certifications numériques).
Quels sont aujourd’hui les secteurs de
l’emploi les plus convoités ?
La cybersécurité, bien sûr, mais aussi tout
ce qui touche aux compétences digitales.
19
Isabelle Schlesser
Ces dernières sont devenues indispensables.
Même s’il y a une hausse du chômage
chez les informaticiens, cela ne
contredit pas l’importance du digital : les
profils doivent évoluer avec les besoins.
La gestion de projet reste également une
compétence très demandée dans de nombreux
secteurs. Par ailleurs, les domaines
liés à la transition écologique (construction
durable, matériaux innovants,
énergies renouvelables) sont en forte
croissance. Le secteur social, notamment
les soins aux personnes âgées, est aussi
très demandeur, mais souvent avec des
qualifications spécifiques. Enfin, nous
développons également des formations
de base autour de l’IA, en partenariat
avec le DLH, pour comprendre comment
utiliser les possibilités de cette technologie
dans différents métiers.
d’autres ministères peuvent proposer des
aides à la formation continue.
Les formations évoluent
rapidement, en lien avec
les besoins du marché
Cela dit, nous aidons régulièrement
des indépendants en reconversion. Par
exemple, des coiffeurs qui perdent leur
emploi peuvent suivre une formation
en manucure pour élargir leurs compétences.
Ce sont des parcours courts qui
peuvent vraiment faire la différence pour
retrouver un emploi.
externe sont plafonnées, généralement
à l’équivalent d’un mois de salaire social
minimum (environ 2.600 euros), mais il
est possible d’en faire plusieurs si le projet
est cohérent.
Je recommande de consulter notre rapport
annuel, qui détaille les formations
organisées, les secteurs couverts, et
donne de nombreux exemples concrets.
Les formations évoluent rapidement,
en lien avec les besoins du marché.
L’important, c’est d’être proactif : en tant
que demandeur d’emploi, vous pouvez
faire des propositions et construire votre
projet avec votre conseiller.
Par Frédéric Braun
Et pour les indépendants ou les personnes
en reconversion ?
Un indépendant peut s’inscrire comme
demandeur d’emploi, s’il est réellement
en recherche d’emploi. En revanche, s’il
souhaite simplement développer son
activité, ce n’est plus de notre ressort :
Y a-t-il une limite au nombre de formations
qu’un demandeur d’emploi peut
suivre ?
Non, mais notre objectif reste l’emploi. Il
faut que la formation ait un objectif professionnel
clair. Les aides à la formation
20
BRÈVES
ÉCONOMIQUES
PAR LÉA BEHNOUS
LANCEMENT D’UN PRÊT
À TAUX ZÉRO
Début octobre, le ministre des
Finances, Gilles Roth, et le ministre de
l’Économie, Lex Delles, ont annoncé le
lancement du PCP ou « prêt compétitivité/pérennité
» à taux zéro. Ce projet
mis en œuvre par la SNCI, en collaboration
avec plusieurs banques partenaires
comme la Spuerkess ou la BIL,
est « conçu pour donner les moyens,
en particulier aux PME, d’investir en
toute confiance dans des projets tournés
vers l’avenir », a affirmé le ministre
de l’Économie. Le cofinancement peut
aller jusqu’à 80% et 200.000 euros par
projet et la durée du prêt PCP peut aller
jusqu’à dix ans.
Source : SIP
LES PRIX DU LOGEMENT EN
HAUSSE AU DEUXIÈME TRIMESTRE
2025
Dans son rapport publié en septembre,
le Statec note que les prix des logements
auraient augmenté de 4.5% par
rapport au deuxième trimestre 2024 :
soit presque l’évolution annuelle à long
terme, qui a été de 5% de 2010 à 2025,
selon le rapport. Ce sont les maisons
existantes qui ont vu leur prix augmenter
le plus avec un taux de 7.1%
en variation annuelle, tandis que les
appartements sont à plus de 3%. La
région dans laquelle les logements ont
été annoncés les plus coûteux est sans
surprise le centre du Luxembourg, où
le prix de vente moyen varie de 7.000
à plus 10.000 euros le m², pour une
moyenne de pays à 7.800 euros par m².
Source : Statec
RÉUNION DU TRADE AND
INVESTMENT BOARD
Le Trade and Investment Board (TIB),
réuni deux fois par an pour suivre et
valider la stratégie nationale de promotion
économique, a rassemblé ses
membres le 18 septembre. Présidée
par le Vice-Premier ministre, Xavier
Bettel, ainsi que le ministre de l’Économie,
Lex Delles, en présence du Grand-
Duc, la réunion a traité de l’actualité,
des « défis et opportunités liés à la promotion
économique du Luxembourg »,
ainsi que des initiatives prévues pour
2026. Cette session a marqué la dernière
du Grand-Duc, laissant sa place
ce vendredi 3 octobre, à son fils aîné,
Guillaume de Luxembourg.
Source : SIP
LANCEMENT DE LA
CONSTRUCTION D’UN DÉPÔT DE
CARBURANT À L’AÉROPORT DE
LUXEMBOURG
Le lancement d’un nouveau dépôt de
carburant moderne a été officialisé
à l’Aéroport de Luxembourg, en présence
de la ministre de la Mobilité et
des Travaux publics, Yuricko Backes, du
bourgmestre de Niederanven, Frédéric
Ternes, ainsi que du CEO de lux-Airport,
Alexander Flassak. Plusieurs jours
d’autonomie seront garantis grâce aux
capacités de stockage largement augmentées
: le nouveau dépôt sera constitué
de six réservoirs de stockage de
capacité 5.000 m³ qui seront situés côté
urbain, directement reliés à l’autoroute
et « entièrement conforme aux normes
environnementales modernes », selon
le gouvernement.
Source : SIP
LES EMPLOIS SALARIÉS À LA
HAUSSE CE TRIMESTRE
Au deuxième trimestre, l’emploi salarié
reste « modéré » au Luxembourg,
selon le Statec, qui évalue la hausse à
0.2% par rapport au trimestre précédent.
Les activités affichant le taux le
plus élevé de croissance sont celles de
l’administration et des autres services
publics. Néanmoins, les domaines de
la construction, ainsi que ceux de l’information
et de la communication, eux,
auraient vu leur nombre de salariés
baisser pour ce trimestre. Concernant
le nombre de salariés résidents,
celui-ci aurait légèrement augmenté :
une hausse qui fait donc diminuer le
nombre de salariés frontaliers à -0.7%
pour les frontaliers allemands et à
-0.3% pour les frontaliers belges.
Source : Statec
LES MINISTRES DE L’ÉCONOMIE
ET DU TRAVAIL RÉUNIS À
ARCELORMITTAL
Le 1 er octobre, le ministre de l'Économie,
Lex Delles, et le ministre du
Travail, Georges Mischo, se sont réunis
avec les syndicats, les membres de la
délégation du personnel et la direction
d’ArcelorMittal Luxembourg, afin
d’entamer des négociations et conclure
un nouvel accord tripartite sidérurgie,
après le succès de l’accord LUX2025. Un
accord dans lequel ArcelorMittal s’était
engagé à investir entre 165 et 205 millions
d’euros sur cinq ans : le montant
total s’élève à près de 290 millions et les
emplois qui devaient être supprimés
ont finalement été maintenus.
Source : SIP
Programmez
vos recharges
électriques
aux bons
moments et au
meilleur tarif.
Choisissez
l’offre électricité
qui vous correspond
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22
| MOBILITÉ
POUR UNE GESTION
OPTIMISÉE DES FLUX
ÉNERGÉTIQUES
Emma Korchia et Ivan Deschamps
23
Face à la croissance rapide de l’électromobilité, les ménages et les
secteurs public et privé doivent relever de nouveaux défis pour maîtriser
les coûts et optimiser l’usage des infrastructures de recharge.
Enovos accompagne cette évolution en développant diverses
solutions comme enodrive ou naturstroum drive. Emma Korchia
et Ivan Deschamps, respectivement Project Manager et Head of
Digitalisation, Innovation & Products, nous présentent ces solutions.
Ils reviennent également sur les innovations de demain qui
bouleverseront le smart charging avec l’utilisation des batteries des
véhicules comme réservoirs d’énergie. Interview.
Quelle est la position du Luxembourg
et d’Enovos en matière d’électromobilité
à l’heure actuelle ?
EK : Le Grand-Duché du Luxembourg est
l’un des pays en Europe les plus avancés en
la matière, tant pour le nombre de bornes
par habitant, que par la part croissante
de véhicules électriques en circulation et
la forte sensibilisation aux enjeux climatiques
de la part des résidents. Plus précisément,
une enquête au niveau européen
révèle que 57% des luxembourgeois estiment
que le changement climatique est
l’un des quatre défis les plus importants
contre 46% dans la moyenne européenne.
ID : Les politiques publiques ont créé un
terreau fertile dans ce domaine. Enovos
s’inscrit pleinement dans cette transition.
Depuis plus de dix ans, nous travaillons
activement sur ce domaine, ce qui nous
confère aujourd’hui un rôle de pionnier
dans le déploiement et l’accompagnement
du développement de l’électromobilité sur
notre territoire.
Quels sont les principaux outils et solutions
que vous proposez ?
EK : Nous avons développé enodrive en
2017 afin que nos clients puissent recharger
leurs véhicules sur les bornes publiques
lorsqu’ils sont hors de leur domicile, au
Luxembourg ou en Europe. Nous disposons
aujourd’hui d’environ 200.000 stations
de recharge reliées à enodrive. Le service
fonctionne via une application et un
badge, permettant de localiser une borne,
de vérifier la tarification et de lancer la
charge. Nous attachons une grande importance
à la transparence des prix qui est un
enjeu majeur puisque les tarifs restent très
variables et peu uniformes selon les pays
ou les fournisseurs. Cette application est
aussi bien destinée aux clients particuliers,
municipalités ou entreprises pour la gestion
de flottes par exemple.
ID : Début 2025, nous avons également
lancé naturstroum drive afin de compléter
l’offre enodrive. Contrairement à cette
dernière qui est centrée sur les bornes
de recharge publique, naturstroum drive
propose une solution pour la recharge à
domicile, avec un tarif intéressant et optimisé
pour les besoins des clients selon
leur usage. Celui-ci varie en fonction de
l’heure ou du jour de la semaine puisque
le client connaît son tarif à l’avance. Par
exemple, la recharge est 25% moins chère
entre minuit et 6h, mais 6% plus onéreuse
en soirée, lors des pics de consommation.
Ce tarif peut s’appliquer au chargement
de la voiture, mais aussi à l’ensemble
des équipements électriques d’une maison.
Les premiers retours sont très positifs.
Les clients adaptent leurs habitudes
et réalisent des économies qui peuvent
atteindre environ neuf euros par mois sur
leur facture d’électricité.
EK : Avec l’électrification croissante de
nos usages, le chauffage et la mobilité font
partie des postes gourmands en matière
de consommation. C’est la raison d’être de
nos applications pour tendre vers une gestion
raisonnée et optimisée des énergies
en encourageant les personnes à consommer
durant les heures creuses pour soulager
le réseau et préserver leur portefeuille.
N’est-ce pas, là, l’objectif ultime de
gérer intelligemment et automatiquement
la production et la consommation
d’électricité ?
ID : Effectivement. Chez Enovos, nous travaillons
sur ces projets d’optimisation et
sur la gestion intelligente des flux énergétiques,
car l’habitat, le partage d’énergie,
la mobilité, la production et la chaleur
forment un écosystème complet qu’il faudra
gérer pour optimiser la consommation
d’énergie.
Par quels moyens ?
EK : Le plus simple côté mobilité serait par
exemple le « smart charging », une solution
qui complète notre tarif naturstroum drive.
Le principe ? Relier la voiture à l’application
MyEnovos pour déclencher automatiquement
la recharge lorsque les prix sont
avantageux. Nous avons d’abord réalisé des
premiers tests internes afin de valider le
concept et d’identifier les défis techniques,
notamment liés à la diversité des marques
automobiles. Puis, depuis cet été, des
clients volontaires expérimentent la solution.
Leurs retours nous sont précieux pour
ajuster notre service et, surtout, rendre la
recharge domestique plus économique et
facile à gérer.
ID : Derrière la mobilité électrique se cache
un potentiel considérable lié aux batteries
des véhicules. Chaque voiture n’est pas
seulement un moyen de transport, c’est
aussi une batterie mobile, à la fois capable
de stocker et de restituer de l’énergie.
Cette approche innovante, communément
appelée recharge bidirectionnelle, ouvre
le champ des possibles : meilleure gestion
des pics de consommation, allègement de
la pression sur le réseau et flexibilité. En
intégrant progressivement ces batteries
dans une stratégie globale de stockage, il
deviendra alors possible de transformer
un parc automobile en un véritable levier
de stabilité énergétique, avec à la clé des
économies significatives pour nos clients.
En plus du stockage d’énergie, la production
et le partage d’énergie sont des priorités
: nous avons par exemple un tarif
de production dynamique pour les utilisateurs
de systèmes pilotage avancés, et
nous allons lancer notre offre de partage
d’énergie à la fin de cette année.
Un dernier mot pour le secteur public
et notamment les communes ?
ID : Les communes disposent généralement
déjà d’une solide infrastructure, qu’il
s’agisse de panneaux photovoltaïques, de
flottes de véhicules électriques ou de bornes
de recharge. Elles occupent une place centrale
dans la transition énergétique, en tant
que gestionnaires et productrices d’énergie,
mais aussi en tant que conseillères
auprès des citoyens. Nous développons
des solutions qui visent à répondre à leurs
besoins et à les accompagner efficacement
tout au long de cette transformation.
Enovos Luxembourg
2, Domaine du Schlassgoard
L-4327 Esch-sur-Alzette
www.enovos.lu
24
| MOBILITÉ
TISSER
LES LIENS
DU QUOTIDIEN
Mike Schoos
25
Le Syndicat intercommunal
TICE, le réseau de transports en
commun du sud du pays est au
carrefour de son indispensable
mutation. Pionner d’une mobilité
commune plus durable, le
TICE se réinvente, restructure
ses activités et sa flotte d’autobus.
Entretien avec Mike
Schoos, le directeur du TICE,
conducteur de changements.
Quel est le rôle du TICE ? Quels sont ses
objectifs ?
Le rôle du TICE est d’assurer le transport
de personnes de façon sécurisée et
confortable au sein de ses neuf communes
membres. Le service presté par le TICE
revêt une réelle utilité publique, puisqu’il
répond aux besoins quotidiens de déplacement
de la population de la région sud
du Luxembourg. À partir de janvier 2026,
les extensions prévues du réseau de bus
dans le sud du pays par le ministère de
la Mobilité et des Travaux publics représenteront
toutefois une charge supplémentaire
significative pour le Syndicat
intercommunal TICE. Ces évolutions
nécessitent dès lors une adaptation et
un ajustement des lignes de bus afin de
garantir un service de transport efficace,
durable et en phase avec les besoins de la
population.
Dans les prochaines semaines,
les premiers bus électriques
à batterie et à pile à
combustible seront livrés au
TICE, marquant ainsi le début
d’une nouvelle ère
Comment est-il financé ?
Le TICE est financé par une subvention
de l’État en contrepartie des services
fournis et de sa contribution à l’organisation
du transport public. Ils s’y ajoutent
les apports financiers des communes
membres attribués au budget ordinaire et
au budget extraordinaire.
mesures prises par le TICE pour aborder
ce virage de la meilleure manière ?
Face aux enjeux économiques et écologiques,
le TICE poursuit sa transition vers
une mobilité durable. Précurseur dès 1995
avec l’installation d’une station de gaz
naturel et l’acquisition de bus au gaz, le
syndicat exploite aujourd’hui une flotte
fonctionnant au biogaz, s’inscrivant ainsi
dans un cycle CO₂ neutre. Aujourd’hui,
deux axes structurent cette évolution :
d’une part, la transition vers un syndicat
mixte associant l’État et les communes,
pour renforcer la gouvernance et d’autre
part, la modernisation des infrastructures
et de la flotte, avec pour objectif une électrification
progressive du réseau. Le TICE
aborde ainsi ce tournant avec une stratégie
claire, fondée sur l’innovation, la
responsabilité et une vision territoriale
durable.
Deux importantes décisions ont été
prises : la fin du service « Late Night
Bus » et le transfert du service scolaire
vers le réseau RGTR, le régime général
des transports routiers. Il y a également
la transformation en « syndicat
mixte État-communes ». Un mot sur
cette réorganisation du Syndicat et de
son avenir ?
La fin du « Late Night Bus » et le transfert
du service scolaire traduisent un recentrage
des activités sur le cœur de métier
du TICE : le transport urbain régulier. Ces
ajustements permettent une meilleure
allocation des ressources et une coordination
renforcée avec les autres réseaux,
notamment le RGTR. À ce jour, le TICE
n’a pas encore été transformé en syndicat
mixte État-communes, mais les démarches
sont en cours. Cette évolution constituera
une étape décisive dans la gouvernance
du TICE. Elle permettra de renforcer la
coopération entre l’État et les communes,
tout en offrant de nouveaux moyens pour
relever les défis liés à la transition énergétique,
à l’électrification de la flotte et à
l’adaptation des infrastructures.
Quels sont les futurs axes du TICE vers
une mobilité plus durable ?
l’électrification complète du réseau de
bus, en tenant compte des technologies
disponibles, des infrastructures nécessaires
et des impacts opérationnels. Les
options à batterie et à pile à combustible
ont été comparées selon leur pertinence
technique, économique et environnementale.
Ces analyses guideront les futurs
investissements du syndicat en faveur
d’un transport public moins émetteur de
gaz à effet de serre. Dans les prochaines
semaines, les premiers bus électriques
à batterie et à pile à combustible seront
livrés au TICE, marquant ainsi le début
d’une nouvelle ère.
Sa mission dépasse
le simple transport : le TICE
est un vecteur de cohésion
territoriale, au service des
habitants et de l’organisation
cohérente du territoire
Les transports en commun sont
souvent vécus comme un pilier du
vivre-ensemble. Comment jugez-vous
le TICE dans ce rôle ?
En tant qu’acteur historique et pilier de la
mobilité intercommunale, le TICE joue un
rôle primordial au sud du pays. Il contribue
activement au vivre-ensemble en
facilitant les déplacements quotidiens, en
renforçant les liens entre les communes et
en soutenant l’accessibilité pour tous. Sa
mission dépasse le simple transport : le
TICE est un vecteur de cohésion territoriale,
au service des habitants et de l’organisation
cohérente du territoire.
Par Sébastien Michel
La mobilité est à un tournant économique
et écologique. Quelles sont les
Le TICE prépare activement sa transition
vers une mobilité plus durable. Une
étude de faisabilité a permis d’évaluer
26
| MOBILITÉ
RENTRÉE DU MARCHÉ : LA VOITURE
100% ÉLECTRIQUE FAIT LE PLEIN
Pour les constructeurs automobiles, l’IAA, le salon munichois marque le retour aux affaires. L’occasion
d’annoncer les nouveaux modèles et de vous les présenter, assortis de quelques incontournables de
l’année. Et si, comme au Luxembourg, le marché de la voiture électrique européen a connu une année
2024 en demi-teinte ; la volonté des marques d’offrir toujours plus d’électrique dans leurs catalogues, elle,
ne faiblit pas.
Par Sébastien Michel
Fiat Grande Panda
Capacité de la batterie : 44 kWh
Puissance : 83 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 320 km
Consommation : 16,8 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 24.490 euros TVAC
Leapmotor B10
Capacité des 2 batteries : 56,2 et 67,1 kWh
Puissance : 132 et 160 kWh
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 361 et 434 km
Consommation : 12,3 – 16,4 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 28.400 euros TVAC
Nio Firefly
Capacité de la batterie : 41,2 kWh
Puissance : 105 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 330 km
Consommation : 14,5 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 29.900 euros TVAC
Ford Puma Gen-E
Capacité de la batterie : 43,6 kWh
Puissance : 123 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 376 km
Consommation : 13,1 – 13,9 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 34.316 euros TVAC
27
Kia EV4
Capacité de la batterie : 58,3 kW
Puissance : 150 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 460 km
Consommation : 16 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 39.055 euros TVAC
Citroën C5 Aircross
Capacité de la batterie : 73,7 kWh
Puissance : 157 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 520 km
Consommation : 18 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 39.731 euros TVAC
smart #5
Capacité de la batterie : 94 kWh
Puissance : 250 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 590 km
Consommation : 19,4 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 44.990 euros TVAC
BYD Sealion 7
Capacité des batteries : 82,5 et 91 kWh
Puissance : 157 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 482 – 502 km
Consommation : 19,9 – 21,4 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 45.949 euros TVAC
XPENG P7
Capacité des batteries : 82,7 – 91,3 kWh
Puissance : de 157 à 348 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 576 km
Consommation : 17,5 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 47.990 euros TVAC
28
Alpine A390 GT
Capacité de la batterie : 89 kWh
Puissance : 295 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 550 km
Consommation : 16 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 65.000 euros TVAC
Audi Q6 Sportback e-tron quattro
Capacité de la batterie : 94,9 kWh
Puissance : 285 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 656 km (quattro)
Consommation : 15,6 – 18,9 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 65.080 euros TVAC
BMW iX3 Neue Klasse
Capacité de la batterie : 108,7 kWh
Puissance : 345 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 805 km
Consommation : 15 – 17 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 67.589 euros TVAC
Mercedes GLC EQ
Capacité de la batterie : 94,5 kWh
Puissance : 360 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 714 km
Consommation : 14,9 – 18,8 kWh/100 km (WLTP)
Prix : N.C. (supérieur à une CLA électrique
à 54.990 euros)
Polestar 5
Capacité de la batterie : 106 kWh
Puissance : 650 kW
Autonomie cycle mixte (WLTP) : 670 km
Consommation : 17,6 – 18,3 kWh/100 km (WLTP)
Prix : à partir de 117.900 euros TVAC
30
| MOBILITÉ
FAUN STELLT SICHERHEIT
UND NACHHALTIGE
ANTRIEBSTECHNOLOGIEN
IN DEN MITTELPUNKT
Die FAUN Gruppe gehört europaweit zu
den führenden Anbietern von Abfallsammelfahrzeugen
und Kehrmaschinen. Mit
rund 2.300 Mitarbeitenden an 18 Standorten
in elf Ländern entwickelt und produziert
FAUN Fahrzeuge für eine effiziente,
sichere und nachhaltige Entsorgung.
Der Stammsitz der Gruppe befindet sich
im niedersächsischen Osterholz-Scharmbeck,
Deutschland. Im Geschäftsjahr
2024 erzielte FAUN einen Umsatz von 764
Mio. Euro. FAUN ist Teil der KIRCHHOFF
Ecotec, der Umweltsparte der international
agierenden KIRCHHOFF Gruppe. Der
Konzern erwirtschaftete 2024 mit 14.200
Mitarbeitenden einen Gesamtumsatz von
3,3 Mrd. Euro in den Bereichen Automotive,
Werkzeuge, Fahrzeugumbauten und
Kommunaltechnik und betreibt insgesamt
59 Werke in 24 Ländern weltweit.
Ein zentrales Ziel bei der Entwicklung
neuer Fahrzeuge ist die Sicherheit und der
31
Komfort der Menschen am Fahrzeug und in
der Umwelt herum: Sowohl das Ladepersonal
als auch alle Verkehrsteilnehmenden
profitieren von umfassenden Sicherheitsund
Assistenzsystemen, die FAUN konsequent
weiterentwickelt. Das sogenannte
Safety & Performance System umfasst
zum Beispiel Rundum-Kamerasysteme
mit Personenerkennung, intelligente Displays
für bessere Sicht im Umfeld sowie
ergonomisch optimierte Arbeitsplätze.
Fahrer-innen resp. Lader-innen haben jederzeit
einen Überblick über die Verkehrssituation,
das Fahrzeug und den aktuellen
Ladevorgang.
Zusätzlich unterstützen KI-gestützte
Systeme wie das Smart Compaction System
oder das Smart Hopper Control die
Fahrzeugbesatzung dabei, den Arbeitsprozess
effizient und ressourcenschonend
zu gestalten. Auch Hygiene-Module,
beheizte Handgriffe und elektrisch gesteuerte
Trittbretter tragen dazu bei, die
Sicherheit und den Komfort im Arbeitsalltag
zu erhöhen und die Gesundheit des
Personals zu schützen.
Parallel zur klassischen Dieseltechnologie
setzt FAUN auf alternative Antriebe. Neben
batterieelektrischen Lösungen wurden
auch Fahrgestelle mit Wasserstoff als
Energieträger entwickelt. Unter der Marke
ENGINIUS, als Teil der FAUN Gruppe,
sind 200 Müllfahrzeuge als serienreife
Brennstoffzellen-LKW im Einsatz und
bilden dadurch einen wichtigen Baustein
der Circular Economy.
Auch im Bereich der Kehrtechnik treibt
FAUN nachhaltige Lösungen voran. Die
CITYJET-Baureihe steht für effiziente
und emissionsarme Straßenreinigung,
ergänzt durch innovative Features wie
Schmutzwasser-Recycling oder eine ressourcenschonende
Wasserwiederaufbereitung.
Bei den VIAJET-Modellen sorgt ein
Umluftsystem dafür, Feinstaubemissionen
auf ein Minimum zu reduzieren und
gleichzeitig Betriebskosten zu optimieren.
FAUN verfolgt diesen Weg nicht allein,
sondern gemeinsam mit langjährigen,
verlässlichen Partnern. Ein Beispiel ist die
Zusammenarbeit mit Daco aus Luxemburg,
die seit vielen Jahren besteht und
eine reibungslose Versorgung der luxemburgischen
Kommunen mit modernster
Fahrzeugtechnik sichert. Diese Partnerschaft
ermöglicht es, gemeinsam praxisorientierte
Lösungen zu entwickeln und
umzusetzen, die die täglichen Herausforderungen
im Entsorgungswesen meistern
helfen.
Ziel bleibt dabei immer, Fahrzeuge zu
liefern, die sowohl durch modernste
Technologien als auch durch maximale
Praxistauglichkeit überzeugen. Die FAUN
Gruppe vereint dafür Ingenieurskunst, Erfahrung
und Innovationsgeist – im Sinne
einer sicheren, sauberen und nachhaltigen
Zukunft für Städte und Kommunen.
DACO S.A.
10, rue de Bitbourg
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32
BRÈVES
MINISTÉRIELLES
PAR LÉA BEHNOUS
MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ ET
DES TRAVAUX PUBLICS
Les soucis de mobilité des transfrontaliers
belges devraient partiellement
se régler. Le 29 septembre 2025 à
Libramont, Yuriko Backes, ministre
luxembourgeoise de la Mobilité et son
homologue belge, Jean-Luc Crucke,
ministre fédéral de la Mobilité, ont
signé une lettre d’intention dans
laquelle tous les deux se sont engagés
à renforcer la fluidité des voyages entre
les deux pays. Parmi les objectifs de
cette signature figurent le doublement
du fret ferroviaire, l’augmentation du
nombre de voyageurs transfrontaliers
et la réduction du temps de trajet
entre Luxembourg et Bruxelles.
Dès décembre 2025, un train omnibus
direct sans correspondance, opéré par
la CFL et SNCB, reliera Libramont, Arlon
et Luxembourg-Ville.
Source : SIP
MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION
NATIONALE, DE L’ENFANCE ET DE
LA JEUNESSE
Le ministre de l’Éducation nationale,
Claude Meisch, a assisté à la première
Journée de la langue Luxembourgeoise,
ce vendredi 26 septembre. Il a présenté
les mesures en faveur du luxembourgeois
dans le système éducatif et a souligné
l’importance de la langue dans la
vie culturelle et sociale du pays. Cette
première édition s’inscrit dans le plan
d’action de la langue luxembourgeoise,
mis en place pour renforcer sa pratique
dans la vie quotidienne. Le slogan
choisi pour cet événement « Schwätz
mat – Lëtzebuergesch verbënnt » ou
« prends la parole, le luxembourgeois
unit » résume la volonté du pays de
préserver son patrimoine identitaire et
linguistique.
Source : SIP
MINISTÈRE DE LA CULTURE
Ce 29 septembre, le Luxembourg a
participé à la conférence culturelle
MONDIACULT 2025 à Barcelone, représenté
par Éric Thill, le ministre de la
Culture. Réunissant plus de 150 délégations
ministérielles, cet événement
organisé par l’Unesco et le gouvernement
espagnol avait pour but de renforcer
la coopération internationale et
discuter de l’avenir de la culture. Éric
Thill a symboliquement remis à Ernesto
Ottone, sous-directeur général de
l’Unesco pour la culture, un exemplaire
luxembourgeois du livre pour enfant
« Wat mécht eis zum Mënsch ? », dont la
traduction a été réalisée spécialement
à l’occasion de la première journée de
la langue luxembourgeoise, le 26 septembre.
Un symbole fort de l’engagement
du pays à défendre la pluralité
linguistique et à soutenir la culture.
Source : SIP
MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET
DE LA SÉCURITÉ SOCIALE
Dans le cadre du mois d’octobre, le
ministère de la Santé continue d’appeler
au dépistage du cancer du sein.
Le programme, mené en collaboration
avec le Registre National du Cancer, a
remporté un réel succès, puisque le
site du gouvernement informe qu’en
2024, 21.250 mammographies ont été
réalisées, dont 118 qui ont conduit
à un diagnostic confirmé de cancer.
« Le programme de dépistage du cancer
du sein s’inscrit pleinement dans
notre politique de prévention et constitue
l’un de nos leviers les plus efficaces
pour sauver des vies », explique
Martine Deprez, ministre de la Santé et
de la Sécurité Sociale. Cette année, un
groupe de discussion réunissant huit
femmes de 45 à 74 ans sera constitué
pour recueillir des témoignages et les
partager au grand public.
Source : SIP
MINISTÈRE DES AFFAIRES
ÉTRANGÈRES ET DE LA
COOPÉRATION AU
DÉVELOPPEMENT
En période d’instabilité et de repli sur
les financements multilatéraux, le
Luxembourg renforce son engagement
au multilatéralisme et aux agences des
Nations Unies. C’est ce 25 septembre à
New York que le ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération au
Développement, Xavier Bettel, a signé
un nouveau cycle de partenariats stratégiques
de 97,9 millions d’euros avec
quatre agences des Nations Unies,
dont l’UNICEF et l’ONU Femmes. Le
Grand-Duché a également renforcé
son soutien au Comité International de
la Croix-Rouge avec la signature d’un
accord d’un montant de 51,2 millions
d’euros pour la période 2026-2029.
Source : SIP
MINISTÈRE DU TRAVAIL
L’ADEM et l’UEL ont célébré le dixième
anniversaire de leur partenariat en
faveur de l’emploi, en présence du
ministre du Travail, Georges Mischo et
du président de l’UEL, Michel Reckinger.
Depuis 2015, les deux entreprises collaborent
afin de favoriser l’embauche et
l’inclusion des demandeurs d’emploi.
Le taux d’employés au sein du Grand-
Duché aurait été « historiquement
bas » ces dernières années, mais se
serait stabilisé au cours des trois derniers
mois. Une preuve que « notre
marché du travail n’est pas en déclin.
Il doit cependant faire face à de nouveaux
défis, que nous devons relever
ensemble », affirme le ministre du
Travail.
Source : SIP
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34
| SANTÉ
PÄIPERLÉCK :
INNOVER SANS
DESHUMANISER
Moderniser l’accès au soin des
personnes âgées sans négliger
l’accompagnement humain,
c’est le pari de Päiperléck,
acteur majeur de l’aide et
du soin au Luxembourg.
Entretien avec Isabelle Hein,
directrice générale de soins
et Audrey Cornelles, responsable
du service admissions et
communication.
À l’heure où les innovations technologiques
et l’intelligence artificielle s’invitent
dans tous les secteurs, l’entreprise
emprunte un parcours singulier : celui
d’une structure tournée vers l’évolution
et les nouvelles technologies, toujours
soucieuse de la qualité relationnelle.
La technologie au service de la santé
« Bluffant », c’est le terme employé par
Audrey Cornelles, la responsable du
service admissions et communication de
Päiperléck, pour désigner les nouveaux
projets technologiques mis en place par
l’entreprise. Depuis plusieurs années
maintenant, les équipes de Päiperléck
expérimentent plusieurs concepts
innovants afin d’alléger le travail des
soignants, tout en continuant d’améliorer
la qualité de vie des patients. C’est
l’exemple des couches connectées, dont
l’entreprise explique avoir testé ses
premiers exemplaires au cours des dernières
semaines.
« Ce genre de progrès évite plusieurs
manutentions inutiles aussi bien pour
le client, que pour le soignant. C’est un
petit exemple mais cela montre ce que
nous pouvons mettre en place grâce à
l’innovation pour amener du confort de
tous les côtés », explique Isabelle Hein.
Une autre initiative prometteuse : le
développement de téléphones équipés
d’intelligence artificielle, sur lesquels
Päiperléck a expliqué être également
Isabelle Hein et Audrey Cornelles
35
encore en phase de tests. Initialement
conçus pour accompagner les personnes
atteintes d’Alzheimer, ces outils
conversationnels offrent une compagnie
constante aux utilisateurs isolés. Les
équipes travaillent désormais à intégrer
le luxembourgeois à ces appareils.
Le but est vraiment de mettre
la personne de nouveau au
centre de la préoccupation
« Le soignant est irremplaçable. Mais
nous pouvons le soulager et combler des
failles existantes, qui, aujourd’hui ne le
sont pas », admet Audrey Cornelles la
responsable du service admissions.
Grâce à l’intelligence artificielle,
Päiperléck explique avoir pu mettre
à jour le pôle administratif. « Il y a de
plus en plus d’administratif dont les
soignants doivent s’occuper. Avant, le
cœur du métier des soignants, c’était
simplement d’être au chevet du patient,
maintenant il y a toute une partie
administrative qui décentralise cela »,
explique Isabelle Hein.
Les équipes peuvent consacrer plus de
temps et d’attention aux patients. Un
détail qui améliore grandement la qualité
des soins et des relations humaines
et permet de simplifier les procédures
pour apporter une aide significative au
personnel, tout en allégeant sa charge
mentale.
« Nous n’en sommes pas encore au point
d’avoir des robots qui vont faire les soins
chez les patients, mais nous sommes
favorables à ces changements qui
apportent une plus-value dans la qualité
et la sécurité de la personne âgée »,
raconte la directrice de soins.
Réinventer l’accompagnement à travers
le Projet de Vie Personnalisé
Si les avancées technologiques
occupent une place considérable dans
le développement de la maison de soins,
l’accompagnement humain reste primordial
chez Päiperléck. « Le but est
vraiment de mettre la personne de nouveau
au centre de la préoccupation »,
explique Isabelle Hein.
C’est dans cet esprit qu’a été pensé le
Projet de Vie Personnalisé : mis en place
avec chaque résident, le PVP est réalisé
par le personnel pour mieux orienter le
soin de chaque patient. Les équipes en
charge du suivi prennent le temps d’établir
un plan de vie pour chaque résident,
qui comprend ses centres d’intérêt, ses
habitudes quotidiennes, mais aussi ses
envies pour l’avenir.
« Nous avons organisé un vol en montgolfière.
Certaines personnes voulaient
aller voir un match de foot du FC Metz
avec leurs petits-enfants, on a eu un
concert de ABBA... Mais finalement,
ce sont des choses comme celles-ci qui
apportent de la joie et de la motivation »,
raconte Isabelle Hein.
Avec le PVP, Päiperléck s’engage à mobiliser
tous les outils nécessaires pour permettre
à ses patients de s’épanouir dans
un quotidien qui leur ressemble, en respectant
leurs choix et leur vision, à leur
rythme.
« Recentrer le patient »
Sur tous ces changements innovants et
cette volonté de créer un parcours de
soin plus humain, repose une philosophie
précise : l’Humanitude. Un concept
qui met en avant la personne avant la
pathologie et rappelle que la dignité et
les besoins du patient doivent primer
sur les contraintes organisationnelles
des soignants.
« Ça ne doit pas devenir un soin à l’acte,
mais c’est un soin au besoin du patient.
Est-ce qu’on a posé la question aux
patients de savoir s’ils voulaient vraiment
se lever à six heures ? Cela vise à
organiser notre travail autour de leur
volonté. Ce n’est pas aux patients de
s’adapter à notre travail, mais l’inverse »,
affirme Isabelle Hein.
De ce point de vue, la santé mentale
prend une place presque équivalente à la
forme physique. « Je pense que chez les
personnes âgées, le moral vaut parfois
plus qu’un diagnostic négatif du médecin
», affirme Isabelle Hein.
À l’ajout de cela, Päiperléck pourrait
continuer de jouer un rôle moteur dans
le développement du Case Management
au Luxembourg. Le Case Manager organise
le suivi des patients hospitalisés
afin d’assurer un retour à domicile ou en
résidence dans de bonnes conditions. Le
but étant de coordonner différents services
autour du patient, notamment lors
de sorties hospitalières, afin de garantir
un suivi fluide et adapté au domicile.
Ce mode de fonctionnement facilite
alors la prévention des hospitalisations,
améliore la communication et la qualité
des prises en charge, tout en offrant un
support pour les responsables et leurs
équipes.
Le soignant est irremplaçable.
Mais nous pouvons le soulager
et combler des failles
existantes, qui, aujourd’hui ne
sont pas comblées
Päiperléck continuera alors dans sa lancée
pour tester de nouveaux projets qui
amélioreront la qualité de vie de ses
bénéficiaires, et la qualité de travail de
son personnel. La structure a annoncé
qu’elle commencera des soins à domicile
adressés à l’enfance dès le premier
novembre 2025.
Päiperléck
64, Hiel
L-5485 Wormeldange-Haut
www.paiperleck.lu
36
| SANTÉ
AIDANT, UN RÔLE ESSENTIEL…
QUI MÉRITE RECONNAISSANCE
Elles accompagnent un parent, un conjoint, un enfant ou un voisin
au quotidien. Invisibles mais essentielles, les personnes aidantes
jonglent entre obligations familiales et responsabilités quotidiennes.
Avec son service dédié, Help cherche à briser le silence
autour de ce rôle et à donner des outils concrets pour alléger leur
charge. Rencontre avec Myriam Heirens, coordinatrice du service
Aidant de Help de la Croix-Rouge luxembourgeoise.
Pouvez-vous nous présenter le service
Aidant de Help et sa mission ?
Le service Aidant a été initié en 2021
dans le but de reconnaître et de valoriser
le rôle essentiel des proches aidants, ces
personnes qui accompagnent au quotidien
un parent, un conjoint ou même
un voisin. Sur le terrain, nous sommes
en contact constant avec les familles et
nous avons constaté que certaines d’entre
elles pouvaient rencontrer des difficultés
à assumer ce rôle. Nous avons donc
estimé qu’il ne suffisait pas de prendre en
charge uniquement le bénéficiaire, mais
qu’il fallait aussi offrir un soutien spécifique
à son entourage. Ce service s’inscrit
dans la stratégie 2030 de la Croix-Rouge
luxembourgeoise et plus particulièrement
dans son axe « santé ». Notre mission est
de reconnaître les aidants, de les aider à
prendre conscience de l’importance de
leur rôle et, surtout, de leur donner les
outils nécessaires pour préserver leur
bien-être et leur qualité de vie. Nous voulons
aussi agir de manière préventive afin
qu’ils ne deviennent pas, à leur tour, des
personnes vulnérables.
Concrètement, notre action repose sur
quatre axes : informer, guider, former
et sensibiliser. Nous fournissons aux
aidants des informations pratiques, les
orientons vers les services adaptés et
contribuons à faire reconnaître leur rôle
dans la société. Dans ce cadre, nous organisons
régulièrement des ateliers et formations
gratuits. Les thématiques vont
de l’organisation du quotidien à la gestion
du stress, la prévention de l’épuisement
ou l’utilisation d’aides techniques.
D’autres ateliers, centrés sur le bien-être
comme le massage ou la relaxation, sont
également disponibles.
Au-delà de l’accompagnement direct,
que faudrait-il mettre en place au
Myriam Heirens
37
niveau de la société et de l’État pour
mieux soutenir les aidants ?
Nous constatons que, dans la société, le
rôle des aidants est encore largement
invisible. Alors que nous connaissons
bien les professionnels qui se déplacent
à domicile, les personnes qui soutiennent
quotidiennement un proche restent souvent
dans l’ombre. Pour nous, soutenir
les aidants est une mission collective : ils
font partie intégrante de la prise en charge
des personnes vulnérables et leur accompagnement
devrait être reconnu comme
une responsabilité sociétale. Nous avons
tous, dans notre entourage, une personne
aidante, que nous le sachions ou pas. Par
ailleurs, nous pouvons le devenir à un
moment donné. Il est donc impossible de
fermer les yeux en pensant que cela ne
nous concerne pas. Actuellement, seuls
certains aidants sont identifiés dans le
cadre de l’assurance dépendance, mais
beaucoup restent invisibles, malgré l’importance
de leur engagement.
Nous encourageons aussi une meilleure
collaboration locale et transversale :
communes, offices sociaux, associations
et services existants doivent travailler
ensemble pour offrir un accompagnement
de qualité, renforcer les contacts sociaux
et permettre aux aidants de bénéficier de
solutions concrètes à proximité.
Par ailleurs, il est important d’insister sur
la nécessité de renforcer la sensibilisation
et l’information. De nombreux aidants
ignorent encore l’existence des services et
des ateliers qui leur sont destinés et il est
important que la société et les professionnels
connaissent ces ressources.
Vous évoquez aussi l’importance de
sensibiliser les entreprises. Pourquoi
est-ce un enjeu majeur et comment
cela se traduit-il ?
La majorité d’entre eux ont entre 45 et 65
ans et fait encore partie de la population
active. En Europe, nous estimons qu’un
salarié sur cinq est aidant et ce chiffre
devrait encore augmenter avec les changements
démographiques et les défis sociétaux.
Souvent, la connaissance du sujet
et l'offre de soutien interne font défaut
dans les entreprises. Même si le congé de
l’aidant est un droit légal, de nombreuses
entreprises ne le mettent pas en avant ou
ne l’accordent pas systématiquement. Ce
dernier n’est pourtant pas une période
de vacances : il permet de répondre à
des situations urgentes et de continuer
à accompagner ses proches. Le rôle d’aidant
a également des impacts directs sur
la vie professionnelle : augmentation du
stress, réduction de la productivité, isolement
social… Ces effets peuvent avoir
un véritable effet sur l’entreprise. Il est
donc essentiel que les employeurs reconnaissent
ce rôle et ses conséquences et
développent une culture bienveillante et
inclusive.
Alors que nous connaissons
bien les professionnels qui
se déplacent à domicile, les
personnes qui soutiennent
quotidiennement un proche
restent souvent dans l’ombre
Récemment, une séance d’information a
eu lieu à la Banque de Luxembourg, à la
demande de leur délégation du personnel,
pour sensibiliser à la prévention de l’épuisement
du salarié aidant. Les participants
ont découvert les ateliers et ressources
proposés pour soutenir les aidants et
ont pu échanger sur les mesures préventives
visant à préserver leur santé et leur
bien-être.
Comment allez-vous célébrer la
Journée de l’aidant cette année au
Luxembourg et en quoi est-elle importante
pour vous ?
Le 6 octobre est célébré dans de nombreux
pays d’Europe et même dans le monde,
comme étant la Journée de l’aidant, dédiée
à la reconnaissance et au soutien des
aidants. Au Luxembourg, nous n’avons pas
de journée officielle, mais depuis le lancement
du service, nous avons choisi de fixer
cette date pour organiser chaque année des
actions spécifiques. Pour cette année, plusieurs
initiatives sont prévues entre le 1er
et le 8 octobre. Les soignants et collaborateurs
de Help porteront des petits badges
sur le revers de leur tenue avec le message
« Je soutiens les aidants », afin de montrer
publiquement la reconnaissance envers
ces personnes. Les aidants identifiés dans
notre réseau recevront également un petit
cadeau : des balles de massage anti-stress
portant notre logo pour rappeler l’importance
de prendre soin de soi. Nous avons
aussi prévu de lancer une vidéo expliquant
l’auto-massage, afin que chacun puisse
l’exercer chez soi, en toute simplicité.
Nous souhaitons adresser un message
clair à tous les aidants : prenez soin de
vous pour mieux prendre soin des autres,
connaissez vos limites et n’hésitez pas à
demander de l’aide. Il est essentiel de se
rappeler que même de petites actions
peuvent faire la différence : offrir une
pause café, accompagner un proche à un
rendez-vous ou aider à l’organisation
administrative peut alléger leur quotidien.
La plupart des tâches d’un aidant
concernent en réalité l’organisation et la
gestion de la vie quotidienne, bien plus
que les soins eux-mêmes. Reconnaître
cette charge et chercher du soutien est
crucial pour préserver sa santé et continuer
à accompagner efficacement son
proche.
Help, votre partenaire santé au
quotidien !
Depuis plus de 25 ans, Help propose
une prise en charge globale adaptée
à la situation et aux besoins de santé
de ses clients pour que chaque jour se
présente bien. Fort de ses 1.500 collaborateurs
aux nombreux domaines de
compétences, Help offre des soins et
services couvrants les actes essentiels
du quotidien partout au Luxembourg.
À travers une approche collaborative
et professionnelle, les équipes
d’infirmiers, aides-soignants, ergothérapeutes,
kinésithérapeutes, psychologues,
aides socio-familiales ou
encore d’éducateurs unissent leurs
expertises pour garantir des prestations
et des soins de la plus haute
qualité, dans le respect des habitudes
de vie individuelles de chacun de leurs
clients.
Service Aidant
Téléphone +352 27 55-3078
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Croix-Rouge luxembourgeoise
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L-1253 Luxembourg
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38
| SANTÉ
STËFTUNG HËLLEF DOHEEM :
UN PARTENAIRE NATUREL
POUR LES COMMUNES
Depuis ses origines, la Stëftung Hëllef Doheem (SHD) cultive un lien
étroit avec les communes du pays. Ce partenariat, ancré dans l’histoire,
se traduit aujourd’hui par une multitude de services de proximité
: Senior Plus, Centres d’Aides et de Soins (CAS), Centres de Jour
pour Personnes Âgées (CJPA), dispensaires, sans oublier le service
Téléalarme qui assure sécurité et assistance immédiate à domicile.
La SHD s’engage également auprès des familles avec ses cours pour
aidants. Une collaboration qui place l’humain au cœur de sa mission
et renforce la solidarité locale.
Pourquoi la proximité avec les communes
est-elle si essentielle ?
La collaboration avec les communes fait
partie de l’ADN de la SHD. Depuis plus
de vingt-cinq ans, la fondation s’appuie
sur ces acteurs locaux pour déployer ses
services et toucher les habitants là où ils
vivent. Les communes connaissent mieux
que quiconque la réalité de leur territoire
: la composition de la population,
les besoins des familles, les défis liés au
vieillissement ou à l’isolement. S’associer
à elles, c’est la garantie d’une réponse
adaptée, ancrée dans le quotidien.
Cette proximité ne se limite pas à une
dimension géographique. Elle est aussi
humaine : travailler avec les communes
permet de tisser des relations
de confiance avec les habitants. Pour
beaucoup, la SHD est un repère familier,
accessible facilement grâce à des services
disponibles « à deux pas de chez soi ».
Ce lien de terrain est ce qui distingue la
SHD et lui permet de rester fidèle à ses
valeurs : accompagner chaque personne,
partout dans le pays.
Quels services concrets sont proposés
dans ce cadre ?
Benoît Holzem
La SHD déploie une offre variée de services
qui couvrent l’ensemble des besoins
liés au maintien à domicile. Senior Plus
illustre bien cette philosophie : destiné
aux personnes de 60 ans et plus qui ne
bénéficient pas encore de l’assurance
dépendance, ce service de prévention
aide à anticiper l’avenir et à organiser son
quotidien en toute sérénité. Des visites
à domicile permettent d’évaluer l’environnement
et de proposer des aménagements
pratiques – comme l’installation
de barres d’appui, l’adaptation de la salle
de bain ou un meilleur éclairage – mais
aussi d’informer sur les aides sociales
existantes et les ressources disponibles
dans la commune. Les conseils portent
aussi sur des solutions de mobilité,
d’aide-ménagère ou d’activités sociales,
afin de favoriser le maintien de l’autonomie
et du lien social. Par exemple, certaines
communes proposent le service
« Mëttesdësch » de la SHD : une à deux
fois par semaine, les habitants sont invités
à partager un repas dans un restaurant
local, avec transport assuré par la
fondation.
39
Véritable cœur de métier de la SHD, les
Centres d’Aide et de Soins (CAS) assurent
une présence quotidienne sur le terrain.
Les équipes soignantes interviennent
directement au domicile des clients pour
assurer à la fois des soins infirmiers généraux
– tels que pansements, injections,
suivi du diabète – et des soins spécialisés,
notamment en matière de plaies
chroniques, de stomathérapie ou de
soins palliatifs. Chaque prise en charge
intègre une dimension préventive, avec
l’évaluation systématique des risques de
chute, de dénutrition ou d’escarres, et la
mise en place de mesures adaptées. Mais
leur action ne se limite pas aux soins : les
équipes apportent aussi une aide dans la
vie quotidienne, de l’hygiène corporelle
à la préparation des repas, en passant par
le ménage, les courses ou l’entretien du
linge. Grâce à cette approche globale, les
CAS représentent un relais indispensable
pour les familles et une garantie de sécurité
et de continuité pour les personnes
accompagnées.
Avec les Centres de Jour pour Personnes
Âgées (CJPA), la SHD propose également
un espace convivial et stimulant
qui contribue à rompre l’isolement. Ces
structures accueillent les clients dans
un cadre adapté, où se mêlent activités
thérapeutiques, sociales et de bien-être.
Ateliers mémoire, exercices physiques,
discussions, jeux interactifs ou encore
initiation aux outils numériques sont
encadrés par des équipes interdisciplinaires
composées de soignants, d’ergothérapeutes,
de kinésithérapeutes et de
diététiciens. Au-delà de la stimulation
cognitive et physique, les CJPA favorisent
la création de nouveaux liens et offrent
aux proches une solution de répit. Ces
centres incarnent ainsi parfaitement la
mission de la SHD : préserver l’autonomie
et la qualité de vie des clients, tout en
plaçant la convivialité et le lien humain
au centre de l’accompagnement.
Comment fonctionne le service de
téléalarme ?
Le téléalarme offre une solution simple
et efficace pour sécuriser le quotidien.
Derrière ce petit bouton rouge se cache
une véritable garantie de sécurité : en
cas de chute, de malaise ou d’urgence,
une simple pression déclenche immédiatement
l’intervention des équipes
spécialisées. Le dispositif, relié à une centrale
d’appel disponible 24 h/24 et 7 j/7,
permet d’évaluer la situation et d’envoyer
l’aide appropriée sans délai.
Pour de nombreuses personnes âgées ou
fragilisées, ce service représente bien plus
qu’un outil technique : c’est la possibilité
de continuer à vivre chez soi en toute
confiance, sans craindre de se retrouver
seul en cas de problème. Les proches y
trouvent eux aussi une grande sérénité,
sachant qu’une assistance professionnelle
peut être mobilisée à tout moment.
Si le service téléalarme a pu se déployer
à l’échelle nationale, c’est grâce au soutien
actif des communes, qui en facilitent
l’accès et participent à son financement.
Certifié ISO 9001 depuis 2005, il illustre
parfaitement l’esprit de proximité qui
anime la SHD : des solutions simples,
fiables et efficaces, qui s’intègrent dans
la vie quotidienne des habitants et renforcent
la sécurité et le confort de chacun.
Comment la SHD soutient-elle les
aidants ?
Derrière chaque personne en perte d’autonomie
se trouve souvent un aidant : un
conjoint, un enfant, un voisin ou un ami
qui, au quotidien, consacre temps et énergie
pour accompagner son proche. Ce rôle
est précieux, mais aussi éprouvant, car il
combine gestes techniques, charge émotionnelle
et responsabilités constantes.
Consciente de ces défis, la SHD a fait du
soutien aux aidants une priorité en proposant
des formations spécialement conçues
pour eux.
Ces cours, gratuits et accessibles dans
différentes communes, offrent des outils
concrets pour faciliter le quotidien :
apprendre à mobiliser une personne
sans se blesser, communiquer malgré des
troubles cognitifs, ou encore gérer son
propre stress et prévenir l’épuisement.
Ils sont animés par des professionnels
de santé – ergothérapeutes, kinésithérapeutes,
psychologues ou diététiciens – qui
transmettent des savoirs pratiques mais
aussi des clés pour mieux vivre ce rôle exigeant.
Au-delà de l’aspect pédagogique,
ces sessions sont aussi des moments de
rencontre et d’échange, où chacun peut
partager son expérience et trouver un soutien
moral auprès d’autres aidants.
Les prochaines formations seront consacrées
au thème du bien-être de l’aidant :
prendre soin de soi pour mieux accompagner.
Au programme : séances d’information,
ateliers pratiques et instants de
convivialité. Pour simplifier l’accès, une
page dédiée est disponible sur notre site
Internet pour consulter l’agenda complet
et s’inscrire. Car soutenir les aidants, c’est
aussi renforcer l’accompagnement des
personnes fragiles : un équilibre indispensable
que SHD souhaite préserver.
FORMATIONS POUR AIDANTS
La SHD propose cet automne des formations
gratuites dédiées au bien-être
de l’aidant sur le thème « prendre soin
de soi pour mieux accompagner ».
Prochaines dates : novembre et décembre
2025, à Hesperange, Hupperdange
et Niederkorn.
Infos & inscription : shd.lu/aidant |
admin.as@shd.lu | +352 40 20 80 7200
Une mission tournée vers l’avenir
La proximité avec les communes n’est
pas un simple héritage historique, mais
un engagement renouvelé chaque jour.
En multipliant les initiatives locales, la
SHD adapte en permanence ses services
à l’évolution de la société et aux besoins
concrets des habitants. Le vieillissement
de la population, l’augmentation du
nombre d’aidants ou encore les attentes
en matière de sécurité et de prévention
appellent des réponses nouvelles, que la
fondation développe en étroite concertation
avec ses partenaires communaux.
Au-delà des services, c’est surtout un lien
de confiance qui unit la SHD, les communes
et leurs habitants. Un lien tissé
au fil des années, qui place l’humain au
centre et garantit que chacun, où qu’il
vive à Luxembourg, puisse compter sur un
accompagnement professionnel et bienveillant.
Stëftung Hëllef Doheem
48a Avenue Gaston Diderich
L-1420 Luxembourg
www.shd.lu
40
| SANTÉ
LES SOINS ET L’AIDE
À DOMICILE AU LUXEMBOURG :
UN PILIER DE SOLIDARITÉ
FACE AU VIEILLISSEMENT
DE LA POPULATION
Le Luxembourg connaît, comme l’ensemble de l’Europe, une évolution
démographique marquée : l’espérance de vie s’allonge et le
nombre de personnes âgées augmente continuellement. Selon les
projections de Statec, plus d’un quart de la population aura plus
de 65 ans d’ici 2050. Ce défi pose une question centrale : comment
permettre à ces personnes de vieillir dignement, dans un environnement
familier, tout en bénéficiant des soins et de l’accompagnement
dont elles ont besoin ?
La réponse passe en grande partie par les
services de soins et d’aide à domicile, qui
constituent un pilier discret mais essentiel
du système social et de santé luxembourgeoise.
Ces services permettent aux
bénéficiaires de rester chez eux, de préserver
leur autonomie le plus longtemps
possible, et de maintenir le lien social au
cœur de leur commune.
Un modèle basé sur la proximité
Au Luxembourg, l’aide et les soins à
domicile sont organisés à travers un
réseau dense d’organismes agréés, présents
dans toutes les régions du pays.
Parmi eux, Help, Servior, Caritas Accueil
& Solidarité ou encore des associations
locales collaborent avec les communes
pour offrir des services adaptés aux
besoins des résidents.
Ces structures emploient des infirmiers,
aides-soignants, ergothérapeutes, kinésithérapeutes
et assistants sociaux, qui
se déplacent directement au domicile des
bénéficiaires. Leurs missions sont multiples
: soins de santé quotidiens (injections,
pansements, suivi de traitements),
aide aux actes de la vie courante (hygiène,
repas, ménage), mais aussi accompagnement
social et psychologique.
Cette proximité est essentielle dans
un pays où de nombreuses personnes
âgées vivent seules et où la mobilité
devient rapidement un obstacle. Pour les
familles, souvent actives professionnellement,
ces services représentent un soutien
indispensable.
Un secteur en forte demande
La demande pour les soins et aides à
domicile ne cesse de croître. Trois facteurs
principaux l’expliquent. D’abord,
le vieillissement démographique, qui
entraîne une augmentation du nombre de
personnes dépendantes. Ensuite, la préférence
pour le maintien à domicile, largement
exprimée par les personnes âgées,
qui souhaitent éviter l’entrée en maison
de soins aussi longtemps que possible.
Finalement, la diversification des besoins,
avec l’accompagnement de patients
atteints de maladies chroniques, neurodégénératives
(Alzheimer, Parkinson) ou
encore de personnes en soins palliatifs.
41
Le rôle des communes
Les communes luxembourgeoises jouent
un rôle déterminant dans ce domaine.
D’une part, elles soutiennent les services
d’aide à domicile par des conventions ou
des collaborations locales. D’autre part,
elles investissent dans des infrastructures
complémentaires : logements encadrés,
maisons relais, services de transport
adaptés ou encore espaces de rencontre
intergénérationnelle.
Certaines communes développent également
des projets innovants pour favoriser
le maintien à domicile : logements intelligents
équipés de capteurs, programmes
de bénévolat de voisinage, ou initiatives
de lutte contre l’isolement social.
L’innovation au service de l’autonomie
Au-delà des soins traditionnels, le secteur
évolue vers une intégration croissante
des nouvelles technologies. La
télémédecine, le suivi numérique des
traitements ou encore les plateformes
de communication avec les familles font
désormais partie des outils déployés par
les prestataires.
Ces innovations permettent de renforcer
la sécurité des bénéficiaires, d’améliorer
la coordination entre soignants, médecins
et proches, et de réduire les hospitalisations
évitables. Elles représentent
également une réponse à la pénurie de
personnel, en optimisant le temps consacré
aux soins directs.
Le défi des ressources humaines
Malgré ces progrès, le secteur reste
confronté à une réalité difficile : la rareté
du personnel soignant qualifié. Recruter
des infirmiers et aides-soignants disponibles
pour intervenir à domicile
demande non seulement des conditions
de travail attractives, mais aussi une
reconnaissance sociale de cette profession
exigeante.
Les horaires irréguliers, la charge émotionnelle
et physique, ainsi que la
nécessité d’une grande autonomie sur
le terrain, rendent ce métier complexe.
Pourtant, il est au cœur du système de
solidarité luxembourgeois. Des efforts
doivent être poursuivis pour améliorer la
formation, les perspectives de carrière et
l’attractivité globale de la profession.
Un enjeu sociétal majeur
L’aide et les soins à domicile dépassent le
cadre médical : ils participent au maintien
du lien social, à la dignité des personnes
âgées et à l’équilibre familial.
Dans un pays où la diversité culturelle et
linguistique est forte, ces services jouent
également un rôle de médiation et de
compréhension interculturelle.
Le défi est donc autant humain qu’organisationnel.
Il s’agit de garantir à
chaque citoyen, quel que soit son lieu de
résidence ou sa situation financière, un
accès équitable à des soins de qualité.
Le financement public, via l’assurance
dépendance instaurée en 1999, reste une
garantie essentielle dans ce cadre.
Perspectives futures
À l’avenir, le Luxembourg devra continuer
à investir dans ce secteur, en renforçant
la coopération entre acteurs publics, privés
et associatifs. Les communes, de par
leur proximité avec la population, resteront
des partenaires incontournables.
En parallèle, la digitalisation, la recherche
de nouvelles formes d’habitat (logements
intergénérationnels, résidences encadrées)
et la valorisation du métier de
soignant à domicile seront des leviers
essentiels pour répondre à la demande
croissante.
L’aide et les soins à domicile représentent
l’un des piliers du bien-être
au Luxembourg. Plus qu’un service, ils
incarnent un choix de société : celui de
permettre aux personnes de vieillir dans la
dignité, entourées de leurs proches et au
sein de leur commune. Dans un contexte
de transition démographique, leur importance
ne fera que croître. Le défi collectif
sera de leur donner les moyens humains,
financiers et technologiques nécessaires
pour continuer à assurer cette mission
essentielle de solidarité.
Par LVG
42
BRÈVES
COMMUNALES DU SUD
PAR LÉA BEHNOUS
ESCH-SUR-ALZETTE
Après plusieurs années de travaux, la
ville d’Esch-sur-Alzette a inauguré un
nouveau home des scouts « Les Diables
Rouges », au Galgenbierg. Le bâtiment
s’étend sur près de 200m² et compte
une salle communautaire, cinq salles
de groupe, une cuisine, un bureau, des
toilettes et un sous-sol. La structure
peut accueillir près de 60 enfants. La
commune annonce que le chalet sera
principalement utilisé pendant les
week-ends de la période scolaire, mais
servira également de lieu de rencontre
pour les parents, ainsi que d’espace
de travail pour les responsables et
comités.
DUDELANGE
Source : citylife.esch.lu
« On dirait le Sud ». C’était le slogan utilisé
il y a près de 10 ans pour mettre
en avant la ville de Dudelange. La commune
a alors recyclé cette idée en lançant
un casting sur les réseaux sociaux,
auquel près de 400 candidats ont participé.
À partir du 11 septembre, une
photo sera publiée chaque semaine
pendant un mois sur les réseaux sociaux
accompagnée de la question « où
pensez-vous que se trouve ce petit coin
du sud ? », en dévoilant le lendemain
la réponse avec l’endroit où la photo
a été prise. Campagne vidéos, photos,
affiches ou encore cartes postales seront
utilisés. Le but : mettre l’accent sur
le côté dynamique et chaleureux de
la ville de Dudelange et montrer à ses
habitants qu’ils n’ont rien à envier aux
plus grandes destinations.
Source : dudelange.lu
WICKRANGE
Adressé aux passionnés d’art, de gastronomie
ou encore de voiture de collection,
l’espace « multi-expérience »
GridX a officiellement été inauguré
le mois dernier. Installé entre Eschsur-Alzette
et Luxembourg-Ville, c’est
en tout 42.000 m² qui rassemblent
des espaces divers comme un musée
automobile, un food hall et d’autres
zones dédiées au sport, au design ou
encore à la tech. Appelé lieu « caméléon
», cet espace regroupe un Event
Hall d’une capacité de 1.200 personnes,
un Business Center de 13 salles équipées
et d’un espace de coworking, ainsi
qu’un hôtel de plus de 130 chambres.
La structure avait déjà été inaugurée
cet été en accueillant des événements
au sein du Summer Lounge cet été.
LEUDELANGE
Source : gridX.lu
Le référendum local sur la réduction de
la limitation de vitesse sur les routes
principales de la commune de 50 à 30
kilomètres par heure, aura lieu le 12
octobre 2025. Une réunion d’information
à son propos a eu lieu ce 17 septembre
pour répondre aux questions
des citoyens et leur montrer les plans
des aménagements prévus. Si le projet
voit le jour, des mesures seront prises
au cours des dix prochaines années,
comme des passages piétons surélevés
ou des rétrécissements de chaussées.
Source : leudelange.lu
PÉTANGE
Le « Bestëbsergoart », jardin conçu
pour accueillir les insectes pollinisateurs,
a été inauguré ce 22 septembre à
la maison de la mémoire collective « An
der Uecht ». Plusieurs plantes ont été
sélectionnées pour leur capacité à attirer
les insectes pollinisateurs, afin d’offrir
une floraison continue aux abeilles,
papillons et autres insectes indispensables
à notre biodiversité. Les jardins
étant accessibles au public, le but est
également de sensibiliser les visiteurs à
la protection de ces insectes. Ce projet
souligne l’engagement de la commune
pour la protection de l’environnement
et elle explique qu’il « servira aussi
de modèle pour les entreprises, les
communes et les citoyens souhaitant
répliquer ce projet dans leurs propres
espaces verts ». L’objectif est de créer
au moins 10 jardins pollinisateurs, sur
une surface totale de 1,5 ha.
SANEM
Source : petange.lu
Un nouveau projet a vu le jour à Sanem,
ce 22 septembre 2025 : D’Kanner-
Geschierkëscht. Réservé aux enfants
de 7 à 14 ans, cette idée créative invite
les participants à « planifier, construire
et fabriquer des structures utiles à leur
environnement, directement dans l’espace
public », selon le site de la commune.
Comportant deux espaces, le
chantier et l’atelier mobile, les enfants
développent leur créativité et leurs
capacités de travail en autonomie, mais
prennent également conscience de leur
impact environnemental. Le projet a
été inauguré en présence du ministre
de l’Éducation nationale, de l’Enfance
et de la Jeunesse, Claude Meisch, du
ministre de l’Environnement, du Climat
et de la Biodiversité, Serge Wilmes.
Source : sanem.lu
alternatives.lu
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44
| DIGITAL ET INNOVATION
L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
AU SERVICE DU SECTEUR PUBLIC
LUXEMBOURGEOIS
David Bernard et Andreas Braun
Du traitement des dossiers
administratifs à l’accompagnement
des élèves dans leurs
apprentissages, en passant par
la cybersécurité, l’intelligence
artificielle (IA) transforme
progressivement le secteur
public luxembourgeois. David
Bernard et Andreas Braun, respectivement
Senior Manager
in Industry & Public Sector
Advisory et Managing Director
for Artificial Intelligence au
sein de PwC Luxembourg,
décryptent les ambitions du
pays et les défis à relever en la
matière.
Quelle est la vision nationale de l’IA
pour le secteur public luxembourgeois
à l’horizon 2030 ?
AB : Le Luxembourg a introduit une
vision nationale concernant l’utilisation
des données, de l’intelligence artificielle
et des technologies quantiques il y
a quelques mois. Celle-ci va au-delà du
secteur public, mais si nous nous concentrons
sur celui-ci, l’objectif est que l’IA
reste centrée sur l’humain et qu’elle soit
sous son contrôle en permanence. Elle
doit permettre d’optimiser les services
offerts aux citoyens, tout en étant gérés de
façon durable afin de créer un écosystème
solide. Le grand-duché vise également
une plus grande souveraineté numérique
en équipant les administrations publiques
avec des solutions locales, indépendantes
des grandes compagnies.
DB : Un des éléments clés est le déploiement
éthique de l’IA. Dans ce sens,
l’humain joue un rôle central pour garantir
des systèmes non biaisés et responsables,
surtout lorsqu’ils concernent les
citoyens. La transparence est elle aussi
fondamentale, surtout dans le contexte
politique actuel : les citoyens doivent
savoir comment leurs données sont utilisées
et comment l’IA prend certaines décisions,
sans jamais remplacer le jugement
humain. Cette approche est alignée avec
l’AI Act, qui fixe les bases légales pour un
usage responsable de celle-ci.
AB : Comme le souligne David, cette
dimension éthique prend déjà corps au
Luxembourg. Un centre de recherche teste
actuellement la robustesse des grands
modèles d’IA face aux biais afin de garantir
un traitement équitable des données.
De plus, la philosophie nationale n’est
pas de laisser l’IA trancher à la place des
humains, par exemple, pour décider de
l’octroi d’une subvention ou de l’accès à un
programme social, mais plutôt d’apporter
45
une aide à la décision qui rende les processus
plus transparents et compréhensibles
pour les citoyens.
Quels projets incarnent aujourd’hui
la stratégie d’IA du secteur public
luxembourgeois ?
AB : Plusieurs initiatives phares sont déjà
en cours. L’une d’elles concerne le développement
d’un grand modèle de langage
spécifiquement entraîné sur la législation
luxembourgeoise. L’objectif est double :
d’une part, faciliter le travail des professionnels,
notamment des juges, avocats
ou juristes, en leur permettant d’interroger
la loi plus efficacement et, d’autre
part, rendre ces textes plus accessibles aux
citoyens, alors que le langage juridique
reste souvent complexe.
Un second projet touche au secteur de
l’éducation. Il s’agit d’un domaine public
qui peut largement tirer parti de l’IA, à
condition d’assurer une gestion responsable.
L’objectif est d’accompagner l’apprentissage
personnalisé, de montrer aux
étudiants comment exploiter ces outils de
façon éthique et d’accélérer leur progression,
tout en assurant une protection optimale
des données personnelles.
Le Luxembourg travaille également à
la mise au point d’un modèle multilingue
performant, qui inclut la langue
luxembourgeoise aussi bien à l’écrit qu’à
l’oral. Des échantillons de voix issus de
la télévision sont utilisés pour entraîner
ces systèmes afin d’atteindre un niveau
comparable aux modèles disponibles en
anglais ou en français.
DB : L’atout majeur du pays est sans aucun
doute MeluXina, ce superordinateur de
très haute performance qui peut être utilisé
pour tester des applications d’IA à
grande échelle. C’est un facteur différenciant
pour le Luxembourg d’un point de
vue européen qui lui donne la possibilité
d’expérimenter et de se placer au cœur de
l’innovation.
Comment garantir la sécurité des
données dans le déploiement de ces
projets ?
AB : La priorité absolue, c’est la souveraineté
des données. Plus les archives et
La philosophie nationale n’est pas de laisser l’IA trancher
à la place des humains, mais plutôt d’apporter une aide
à la décision qui rende les processus plus transparents et
compréhensibles pour les citoyens
les processus d’information peuvent être
gérés localement, plus le contrôle reste
entre les mains du pays. Pour cela, nous
nous appuyons sur des infrastructures
comme MeluXina, qui sera prochainement
augmentée à MeluXina AI et sur le
CTIE (le Centre des technologies de l’information
de l’État) qui aura bientôt ses
propres centres de données. Des partenariats
publics et privés développent également
des solutions de cloud souverains,
comme Clarence ou Deep, garantissant
que le stockage des données reste sur le
territoire national. Ces dernières doivent
être traitées de manière responsable grâce
à des techniques d’anonymisation et de
pseudonymisation permettant d’utiliser
les informations nécessaires pour l’IA sans
identifier de personnes. Ces sujets sont au
cœur de l’agenda du LNDS (Luxembourg
National Data Service), qui supervise la
collecte et l’usage de toutes les sources de
données publiques.
DB : Un autre élément crucial est la supervision
de l’IA. La CNDP (Commission
Nationale pour la Protection des Données)
a été désignée comme autorité de
contrôle, mais définir les mécanismes de
suivi et les appliquer reste un défi. Comme
pour le RGPD en 2018, la régulation de
l’IA est nouvelle et la technologie évolue
rapidement ; chaque jour, de nouvelles
applications et modèles apparaissent,
confrontant les autorités à la question
de savoir comment imposer efficacement
la régulation. Ce défi n’est pas propre au
Luxembourg, il concerne tous les organismes
de contrôle au niveau mondial.
Comment PwC accompagne-t-il les
organisations du secteur public luxembourgeois
dans la mise en œuvre de
leur stratégie en matière d’IA ?
DB : Nous avons un avantage certain grâce
à notre expérience précoce avec l’intelligence
artificielle. Nous avons été parmi
les premiers au Luxembourg à tester et
déployer des applications IA, donnant à
nos équipes l’opportunité de comprendre
ce qui fonctionne ou pas et quelles
mesures de sécurité et de protection des
données sont nécessaires. Cela nous permet
aujourd’hui de conseiller efficacement
des organisations, puisque nous
avons déjà rencontré et résolu les mêmes
questions auxquelles elles sont confrontées.
Un autre atout est notre réseau global.
PwC est connecté à des équipes du
monde entier qui travaillent sur des projets
d’IA similaires. Nous échangeons sur
les tendances, les bonnes pratiques, les
technologies déployées ailleurs et analysons
lesquelles pourraient être adaptées
au contexte luxembourgeois.
AB : Nous avons déjà travaillé avec le
secteur public, tant au niveau local qu’international.
Au Luxembourg, nous avons
soutenu l’initiative AI4Gov, en collaboration
avec plusieurs administrations ces
dernières années, pour tester certaines
applications IA. Nous avons aussi été
impliqués dans la conformité réglementaire
en aidant une agence européenne à
mettre en place la gouvernance nécessaire
pour respecter l’AI Act européen.
DB : Nous disposons également de notre
propre GenAI Business Center, un centre
où nous accueillons nos clients pour les
aider à adapter leur stratégie, identifier
des cas d’usage concrets et les accompagner
dans la gouvernance de l’IA. Cela
nous permet de co-créer, d’échanger et de
montrer des exemples tangibles, adaptés
aux besoins des organisations.
Pour en savoir plus sur GenAI Business
Center et le dernier rapport « Agentic
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46
| DIGITAL ET INNOVATION
DE LA SIDÉRURGIE À L’IA :
LE FUTUR DU LUXEMBOURG,
UNE AFFAIRE DE LEADERSHIP
De l’agriculture à l’acier, puis à la finance et aux services numériques, le Luxembourg a toujours su
dépasser sa taille. Comment ? Grâce à sa position de carrefour européen et à une culture de confiance,
d’ouverture et de spécialisation intelligente. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles
possibilités : dépasser les limites d’un marché du travail limité, renforcer la résilience des secteurs régulés
et améliorer l’efficacité des services. Sommes-nous prêts à relever ce défi, et surtout qui aura le
courage de le diriger ? Rencontre avec Daniel Meyer, Country Director de Fujitsu Luxembourg, qui pose
un regard éclairé sur l’IA comme un enjeu de leadership collectif et non simplement technique.
Le marché luxembourgeois est en
effervescence autour de l’IA. Pourquoi
considérez-vous que cela relève
avant tout du leadership et non de
l’informatique ?
Trop souvent, l’IA est confiée aux services
IT, comme si elle n’était qu’un
outil supplémentaire. Mais la vraie réussite
d’une transformation digitale (IA
ou autres) ne dépend pas seulement des
logiciels ou des systèmes, elle repose sur
la vision et l’alignement de l’ensemble
de l’organisation. Et, comme le souligne
l’auteur Simon Sinek, il s’agit d’un « jeu
infini » : l’objectif n’est pas la victoire
rapide, mais la croissance durable. La
technologie est le déclencheur, mais le
véritable moteur est la culture, la vision
et le leadership.
Si les dirigeants – qu’ils soient à la tête
d’une commune, d’une banque ou d’une
PME – ne définissent pas un « pourquoi »
Daniel Meyer
47
clair et partagé, l’IA restera au stade de
projets pilotes sans impact durable.
Concrètement, pourquoi tant de projets
échouent-ils ?
Parce qu’ils partent du mauvais angle.
Dans un monde dominé par les tableaux
Excel, l’innovation est trop souvent
réduite à une chasse aux coûts. Prenons
la robotisation des processus (RPA) : si
nous l’utilisons uniquement pour supprimer
des postes, nous créons immédiatement
de la résistance. Pourquoi une
équipe soutiendrait-elle une technologie
qui menace ses collègues ?
Il faut inverser la logique, penser comme
des entrepreneurs, pas comme des gestionnaires
! L’IA doit soulager les collaborateurs
des tâches répétitives pour
qu’ils se consacrent à des missions à
forte valeur ajoutée : par exemple, dans la
finance, automatiser KYC, AML et misesà-jour
du CRM pour libérer du temps aux
conseillers pour un vrai accompagnement
de proximité qui fidélise le client, satisfait
de cette expérience personnalisée.
Justement, vous parlez du « missing
middle ». Pouvez-vous expliquer ce
concept ?
C’est l’espace où humains et machines
combinent leurs forces et s’associent
intelligemment, plutôt que de se concurrencer.
Les humains apportent le jugement,
l’éthique et l’expérience, tandis
que les machines fournissent rapidité et
capacité d’analyse.
Concrètement, cela peut prendre la forme
d’un fonctionnaire communal aidé par
un assistant virtuel pour répondre aux
demandes citoyennes, un développeur
qui code plus vite grâce à un copilote ou
encore un gestionnaire qui utilise l’IA
pour trier et analyser des dossiers tout en
conservant la décision finale.
Quand les équipes voient que l’IA rend
leur travail plus simple et plus gratifiant,
elles s’engagent naturellement dans la
transformation.
Mettre l’humain au centre suffit-il
pour réussir ?
C’est nécessaire, mais pas suffisant. Le leadership
doit s’approprier le changement.
Les dirigeants doivent clarifier la vision,
financer les projets, mettre en place des
incitations justes et surtout incarner le
changement.
Cela signifie expérimenter ouvertement,
être transparent sur les résultats, former
les managers à devenir coachs de leurs
équipes hybrides humains-IA et instaurer
des boucles de feedback claires entre
l’expérience employé et l’expérience
citoyenne.
En réalité, la plupart des échecs de transformation
ne viennent pas de la technologie,
mais d’un leadership absent et/ou
dépassé par la vitesse fulgurante à laquelle
l’IA progresse en continu.
Nous pouvons faire de l’IA
un outil pour amplifier les
talents humains, renforcer la
résilience de nos institutions
et accroître la confiance des
citoyens
Vous insistez aussi sur la gouvernance.
À quoi ressemble une bonne gouvernance
de l’IA au Luxembourg ?
Au Luxembourg, cet enjeu est particulièrement
sensible. Nos institutions évoluent
dans un écosystème européen très
régulé et doivent pouvoir justifier chaque
décision auprès des régulateurs de l’UE.
Parallèlement, elles doivent maintenir la
confiance des citoyens. Dans ce contexte,
la transparence, la sécurité et l’éthique
ne sont pas de simples bonnes pratiques
: elles constituent de véritables licences
d’opérer. Pour cela, il faut une gouvernance
robuste : des conseils de l’IA,
des systèmes audités, des checkpoints
humains, des revues après incidents.
Faut-il choisir entre petits projets
rapides et grandes stratégies de long
terme ?
Non, il faut piloter un portefeuille à deux
vitesses : associer des gains en 90 jours
(assistants de service, copilotes de code/
de connaissance) à des investissements
de plateforme en qualité des données,
intégration et sécurité. Les gains à court
terme sont réels — des études contrôlées
montrent que les utilisateurs de copilotes
IA accomplissent les tâches environ
50–55 % plus rapidement — et ces économies
peuvent financer la résilience et
la gouvernance nécessaires au passage à
l’échelle.
Et sortir du piège des POC ! Si les pilotes ne
se traduisent pas par une valeur durable,
vous devez corriger le modèle opérationnel.
Passez des expérimentations à des
systèmes explicables et auditables que
vous pouvez défendre devant les conseils
d’administration, les auditeurs et les
citoyens.
Cette double dynamique permet de
démontrer des résultats concrets à court
terme tout en construisant une base solide
pour les initiatives futures. Les succès
rapides financent et légitiment les projets
structurants, renforçant ainsi la résilience
et la crédibilité nécessaires pour soutenir
l’IA sur le long terme.
En conclusion, quel est le rôle des leaders
luxembourgeois face à l’IA ?
Pascal Bornet, auteur de « Agentic Artificial
Intelligence : Harnessing AI Agents to
Reinvent Business, Work and Life », nous
rappelle que « nous traitons les humains
comme des robots et l’IA comme des créatifs.
Il est temps d’inverser l’équation ».
Nous pouvons faire de l’IA un outil pour
amplifier les talents humains, renforcer la
résilience de nos institutions et accroître
la confiance des citoyens. L’histoire du
Luxembourg nous l’a déjà appris : ce n’est
pas la taille qui compte, mais la capacité
à se réinventer avec clairvoyance et unité.
L’avenir du Grand-Duché se construit
aujourd’hui, et il sera digital. À nous de
faire les bons choix.
Fujitsu Luxembourg
Parc d’activités Capellen
89C, rue Pafebruch
https://www.fujitsu.com/lu/
48
| DIGITAL ET INNOVATION
TOMORROW’S OFFICE 2025 :
DEUX JOURS POUR TRANSFORMER
VOTRE VISION DU TRAVAIL
Les 15 et 16 octobre prochains se déroulera l’expérience business
immanquable pour les PME luxembourgeoises tournées vers l’avenir
: le Tomorrow’s Office 2025. Cet événement annuel organisé par
CK, le spécialiste de l’accompagnement digital des entreprises et
l’amélioration de l’expérience de travail, garantit à ses participants
de repartir avec les clés pour le développement et la prospérité de
leur société.
le leadership. Les participants pourront
trouver des solutions adaptées et directement
applicables pour booster leur
productivité, développer leur activité,
économiser du temps et des ressources ou
encore anticiper les tendances et développer
une vision stratégique.
En outre, Tomorrow’s Office n’est pas seulement
le lieu de diverses conférences.
C’est l’événement idéal pour rencontrer
de futurs partenaires, échanger des idées
et créer des synergies avec des acteurs
luxembourgeois et internationaux. Le format
alterne entre conférences, ateliers,
démonstrations showroom et networking
afin de créer de vraies connexions
humaines.
Les participants
repartent avec des outils
et des idées concrètes,
directement applicables.
À chaque édition, leurs retours
positifs nous motivent à faire
grandir l’événement année
après année
LE rendez-vous des PME
Chaque année, l’expert de l’accompagnement
business des entreprises CK organise
le Tomorrow’s Office : deux jours consacrés
à l’avenir du travail et de l’entreprise.
Cet événement incontournable pour les
PME a pour objectif principal de donner
aux dirigeants, managers et collaborateurs
des clés concrètes pour anticiper, s’inspirer
et faire évoluer leur organisation.
Des outils pour tous les défis
Le programme de l’édition 2025, qui
se déroulera les 15 et 16 octobre, présente
une importante variété dans les
thématiques centrales. Ces dernières
comprennent notamment l’intelligence
artificielle, l’IT, l’audiovisuel, l’Office
Printing & Postprint, le Large Format
Printing, l’outsourcing, la digitalisation
des processus ou encore l’innovation et
Avec le soutien de CK et de ses partenaires,
tous les participants sont certains
de repartir avec des conseils et des solutions
adaptées à leur réalité.
Programme et inscriptions sur www.
tomorrowsoffice.lu .
CK S.A.
2, rue Léon Laval
L-3372 Leudelange
www.ck.lu
Networking
Conférences
Expériences
Tomorrow’s
Office
by
15+16 Oct. 2025
2 jours pour se projeter
dans le bureau de demain
Informations + Inscriptions
tomorrowsoffice.lu
Accentaigu
Audiovisuel - Impressions
ck.lu
Scanning - Finitions de documents
Solutions - I.T. - Digitalisation
Document Process Outsourcing
Services personnalisés Charles Kieffer Group
50
| DIGITAL ET INNOVATION
PROTECTING INNOVATION FROM
DAY ONE : FROM YOUR IDEAS TO
THEIR PROTECTION... BY TRADE
MARK, DESIGN... AND MORE !
At the heart of Luxembourg’s thriving innovation scene, Marks & Clerk is helping businesses of all sizes
turn ideas into valuable assets. From startups to global players, the firm’s local office offers world-class
intellectual property expertise. In this interview, we speak with Inès Garlantezec, a seasoned trademark
and design attorney at Marks & Clerk Luxembourg, about the importance of early IP protection,
common pitfalls entrepreneurs face, and why safeguarding your brand isn’t just smart, it’s essential.
Inès Garlantezec
Can you tell us a bit more about Marks
& Clerk in Luxembourg ?
At Marks & Clerk Luxembourg, we work
with companies, startups, innovators,
and creators by helping them protect and
strategically manage their intellectual
property assets. Whether it's trademarks,
designs or patents, we provide , together
with my colleagues, expert guidance tailored
to each client’s unique needs and
commercial goals.
Luxembourg continues to position itself
as a dynamic hub for fintech, deep tech,
and R&D-driven industries. As these sectors
evolve and attract global attention,
our presence here remains essential, not
only to support innovation locally but
also to help our longstanding clients in a
huge variety of sectors expand and thrive
internationally.
What sets Marks & Clerk Luxembourg
apart is the strength of our relationships.
We've built long-term partnerships
with our clients, grounded in trust, responsiveness
and deep technical expertise.
Through our office, local businesses
gain seamless access to the full breadth
of Marks & Clerk’s global network that
spans jurisdictions, languages and specialisms.
This means they benefit from
world-class IP support, whether they’re
launching a product or proposing new
services in Europe, entering a new market
in Asia or scaling operations in North
America.
51
Our multilingual team ensures that clients
are supported in various languages, and
our integrated approach means they receive
consistent, high-quality advice
across all areas of IP. We’re proud to be
part of Luxembourg’s innovation ecosystem
and remain committed to helping
ideas flourish—locally and globally.
And can you tell us a bit about your
role ?
I’m a trademark and design attorney registered
in Luxembourg, representing at
BOIP (the Benelux Office for Intellectual
Property) and EUIPO (the European Union
Intellectual Property Office) and I qualified
in France as well. I’ve been working in
intellectual property since 2016, advising
clients of all sizes - from startups to global
companies - on how to protect and enforce
their rights. I really appreciate meeting
our clients and learning more about their
sectors, especially as I am lucky to have
clients who are working on very specific
products, in niche fields.
My focus is mostly on trademarks and designs.
We can also assist on domain names.
My colleagues and I help clients shape our
client’s IP strategies, making sure their
protection aligns with their business goals
and budget. That includes everything from
filing and prosecution to enforcement and
anti-counterfeiting.
Is IP protection only for multinational/
big companies ?
Absolutely not. We notice people generally
have a wrong perception of IP, they believe
it is reserved for big companies with
extended budget and think it is not a must.
Intellectual property protection is not just
for big corporations. In fact, some of the
most vulnerable businesses are smaller
ones, especially those just starting out.
Our strongest advice is that anyone planning
to engage in any kind of commercial
activity should seek IP guidance early on.
We regularly meet with entrepreneurs and
small business owners to help them assess
whether their brand name, logo might
conflict with existing rights. Just because a
name isn’t visible in Luxembourg doesn’t
mean it’s safe to use. It could already be
registered in neighbouring countries like
Germany under a European Union trademark
or the Netherlands and using it here
could unintentionally lead to infringement,
and even if copying was not intentional,
they could still be liable.
By identifying potential risks upfront, we
help clients avoid costly legal disputes
and ensure they can build their brand with
confidence, and that their branding efforts,
their new domain name, their storefront
sign won’t have to be abandoned or
changed. IP protection is about safeguarding
creativity and investment—no matter
the size of the business. And at Marks &
Clerk Luxembourg, we make that process
accessible, practical, and tailored to each
client’s journey, and budget.
Intellectual property
protection is not just for big
corporations. In fact, some of
the most vulnerable businesses
are smaller ones, especially
those just starting out
Is it very expensive to protect my IP ?
Protecting your intellectual property isn’t
just affordable, it’s a smart investment.
For example, a trademark registration
lasts for 10 years and can be renewed indefinitely.
That means a relatively modest
upfront cost can secure your brand for a
decade and be renewed for other decades
if you are successful or still interested in
continuing commercializing your product
or services. Beyond protection, IP can also
become a revenue-generating asset. Trademark
owners can license their rights,
enter partnerships, or even sell their IP -
turning it into a source of income.
And for those concerned about initial
costs, there are grant schemes available.
In Luxembourg, and through grant schemes
like the one offered by EUIPO, businesses
can apply for funding that reimburses
official fees, making IP protection
even more accessible.
What are the top three mistakes you
see entrepreneurs make ?
Failing to protect their IP early enough :
many businesses assume their intellectual
property is automatically protected
just because it exists, but that’s a costly
misconception. Without checking if your
brand is available and without registering
it, you risk having to rebrand entirely if
someone else secured similar rights earlier
than you did. Worse still, your early
investments in marketing, product development,
or design could be rendered useless.
A strong IP foundation isn’t a luxury,
it’s a necessity from day one.
Not knowing who owns what : just because
you created something doesn’t mean you
own it. Clearly defining IP ownership from
the outset can avoid future disputes.
DIY IP is a risky business : IP protection is
a profession. Filing alone can leave gaps
in coverage and could expose you to some
issues or in the worst case to infringement
claims. Expert guidance and monitoring
tools are essential.
Let’s connect !
You’ll find us at some events in Luxembourg
as well as at leading fairs and IP-focused
conferences across the region. If
you prefer something more personal, just
write us an email and we would be happy
to set up a meeting and hear about your
projects to assist you the best way possible
!
We provide businesses of all shapes and
sizes with people whose legal, commercial
and technical expertise exactly meets
their needs. Our large team of patent attorneys,
trade mark attorneys, commercial
lawyers and IP litigators has helped
thousands of businesses all over the world
protect, enforce and maximise the value of
their intellectual property.
Interested about IP ? Stay informed,
subscribe to our articles :
https://marks-clerk.us7.list-manage.
com/subscribe?u=3e7b0c26fe32f587dbb1f322f&id=1f6ffcf763
Marks & Clerk
www.marks-clerk.com
52
BRÈVES
COMMUNALES DU CENTRE
PAR LÉA BEHNOUS
VILLE DE LUXEMBOURG
Initialement, le cours d’eau Pétrusse
dans la capitale s’écoulait dans une
cunette en béton rectiligne, empêchant
toute vie aquatique de se développer.
En 2020, la Ville de Luxembourg a lancé
la première phase d’un ambitieux projet
de renaturation qui a permis de
revaloriser l’écologie de ce cours d’eau
tout en réduisant les risques d’inondation.
La seconde phase a débuté au
printemps dernier et se concentre sur
l’extension des travaux vers Hollerich.
Le 9 octobre prochain, le LUGA Science
Hub organise une présentation gratuite
de ce projet ambitieux suivie d’une
visite guidée.
Source : luga.lu
SANDWEILER
Les Repair Café, des ateliers permettant
de réparer les objets du quotidien, sont
désormais un incontournable dans
nos communes luxembourgeoises, et
Sandweiler ne fait pas exception… bien
au contraire ! L’administration a publié
les résultats de son dernier événement
qui a attiré de nombreux visiteurs et
qui a permis de donner une seconde
vie à 17 objets apportés. Elle en a profité
pour préciser que « cet atelier nous
a rappelé une chose essentielle : dès
l’achat, nous pouvons privilégier des
produits plus durables et réparables,
pour le bien de notre planète ».
Source : sandweiler.lu
SCHUTTRANGE
Dans le cadre du projet de construction
conventionnée dans la rue des
Jardins à Uebersyren, deux maisons
unifamiliales sont toujours disponibles.
La commune de Schuttrange relance
ainsi son appel à candidatures pour ces
maisons jumelées en bois massif, proposées
à un prix abordable via un bail
emphytéotique de 99 ans. Ces habitations
de 159 m² disposent de quatre
chambres à coucher, d’un jardin privatif
et de deux emplacements de stationnement.
Elles sont toutes deux de
classe énergétique AAA+. Les candidatures
sont soumises à condition et elles
doivent être transmises au collège des
bourgmestre et échevins au plus tard le
31 octobre 2025.
Source : schuttrange.lu
HESPERANGE
Pour prévenir les dangers d’internet et
mieux encadrer l’utilisation des technologies
numériques, la ville convie ses
citoyens à une séance d’information
le jeudi 9 octobre au CELO. L’objectif :
« sensibiliser aux opportunités, aux
risques et aux défis liés aux médias
numériques », explique le site de la
commune. Pour encadrer l’événement
et répondre aux éventuelles questions,
un « trio d’expert » sera présent, réunissant
BEE SECURE, Kanner-Jugendtelefon
(KJT) et la Police Grand-Ducale.
Source : hesperange.lu
STRASSEN
Bien que les analyses d’eau diffusées
le mois précédent aient été jugées
satisfaisantes, la commune a publié à
la mi-septembre un avis de restriction
de sa consommation. Les résultats des
tests auraient dévoilé que l’eau potable
distribuée à travers la commune serait
de mauvaise qualité et ne répondrait
pas « aux normes en vigueur pour
une eau destinée à la consommation
humaine ». Les habitants ont donc
été invités à ne plus consommer l’eau
du robinet ou à laver des aliments
avec, sauf si elle avait été bouillie au
préalable.
Source : strassen.lu
BERTRANGE
La nouvelle maison relais « Bei der
Gemeng » a été inaugurée ce 19 septembre
2025 en présence du ministre
de l’éducation, Claude Meisch. Elle remplace
l’ancienne Maison Relais « Bei
der Péitruss » et peut accueillir jusqu’à
480 enfants. La nouvelle structure est
équipée de « technologies de pointe »
selon le site internet de la commune.
Les aménagements comptent une cuisine
sur place, des salles d’activité spécialisées,
une grande cour extérieure et
deux toboggans reliant les étages.
Source : bertrange.lu
DIGITAL ET INNOVATION | 53
UNE NOUVELLE FEUILLE
DE ROUTE POUR EY
EY Luxembourg a tenu une conférence de presse marquant le
passage de relais entre Olivier Coekelbergs, CEO sortant et Alban
Aubrée, nouveau CEO. L’occasion de dresser un bilan des dernières
années, d’évoquer les récents succès de l’entreprise et de présenter
les stratégies d’EY pour les années à venir.
Un bilan optimiste
C’est plein de fierté que les CEO d’EY
Luxembourg ont présenté leurs réussites
de l’année : avec un chiffre d’affaires de
près de 467 millions d’euros sur l’exercice
fiscal clos en juin 2025, la société
affiche une progression de 10% par
rapport à l’année dernière. L’entreprise
note également une hausse de 11%
dans la branche Assurance, marquant
alors la seizième année consécutive de
hausse pour cette activité. Concernant
le consulting, celui-ci affiche une augmentation
de près de 6% tandis que les
services Stratégies et Transactions ont
montré une forte hausse durant l’année
fiscale 2025, atteignant les 12%. En cinq
ans, le cabinet a promu 74 nouveaux
partenaires et presque doublé ses effectifs,
en comptabilisant désormais 2.300
collaborateurs.
Leur stratégie d’investissement jugée
« très efficace » par son CEO sortant,
Olivier Coekelbergs, EY continue d’investir
dans les nouvelles technologies. « Avec
l’arrivée de l’IA, notre but principal est de
gagner en efficacité pour libérer du temps,
de l’énergie et générer de l’ambition pour
apporter plus de valeur à l’entreprise et
à nos clients, au quotidien », explique
Olivier Coekelbergs.
L’entreprise annonce également avoir
développé en interne sa propre IA, afin
d’assurer la confidentialité des données.
« C’est quelque chose que nous avons
dû faire et dans lequel l’entreprise avait
déjà investi à l’échelle mondiale il y a des
années. Nous avons donc commencé à le
déployer », affirme Alban Aubrée.
Les grands paris d’EY pour 2026
Dans sa feuille de route pour 2026, EY
mise sur plusieurs axes stratégiques pour
renforcer sa position sur le marché. L’un
de ses piliers repose sur le développement
des Managed Services, un domaine
qui croise les nouvelles technologies, les
plateformes globales et les expertises
sectorielles.
« Nos clients recherchent aujourd’hui plus
d’efficacité et repensent leurs modèles.
C’est là que les Managed Services
deviennent une réponse pertinente, en
alliant technologie, plateformes globales
et expertise sectorielle, explique Alban
Aubrée. Cela permet aux entreprises de se
concentrer sur leur cœur de métier ».
Alban Aubrée, CEO d’EY et Olivier Coekelbergs, Managed Services partner d’EY
Présentés comme le « moteur principal »
dans lequel l’entreprise voit le plus de
potentiel, les Managed Services représentent
l’un des grands paris de la société.
« Notamment sur la place financière
du Luxembourg, où tous les acteurs,
en particulier sur les marchés alternatifs,
repensent aussi leur propre modèle
en matière de direction à prendre et de
manière de mieux se concentrer sur les
domaines où ils peuvent créer eux-mêmes
de la valeur », ajoute Alban Aubrée.
« Nous croyons vraiment qu’au Luxembourg,
en tant que deuxième marché de fonds
au monde, nous pouvons probablement
mener un certain nombre d’actions au-delà
des frontières luxembourgeoises », conclut
le nouveau CEO.
54
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
« LES TRANSFORMATIONS N’ONT
DE SENS QU’AVEC L’HUMAIN »
Dans un contexte marqué par la pénurie de talents, la digitalisation
et la transformation des modes de travail, la fonction RH est
plus que jamais stratégique. Le Fonds du Logement, acteur incontournable
du logement abordable au Luxembourg, a engagé une
véritable refonte de sa politique RH pour attirer et fidéliser ses
collaborateurs. Rencontre avec Claire Fantoni, responsable des ressources
humaines.
Quels sont aujourd’hui les grands
enjeux RH pour le Fonds du Logement ?
Nos enjeux reflètent ceux de la société
luxembourgeoise et des entreprises en
général. Le premier défi est l’attraction
et la rétention des talents. Certains profils
sont très recherchés – comme dans le
digital, l’ingénierie du bâtiment, le social
– et la concurrence est rude. Les candidats
ne se contentent plus d’un bon salaire :
ils veulent du sens, une politique RSE
crédible, de la flexibilité et un équilibre vie
pro / vie perso.
Un deuxième enjeu est celui de la transformation
des modes de travail. Le télétravail
est là pour durer, mais il se veut
de trouver un nouvel équilibre entre présentiel
et distanciel, et de maintenir une
culture d’entreprise commune.
Troisième point clé : l’engagement et
la qualité de vie au travail. Prévenir les
risques psychosociaux, favoriser la cohésion,
instaurer une culture du feedback…
tout cela est essentiel pour éviter le burnout
comme le bore-out.
Nous devons aussi anticiper les compétences
de demain, digitaliser nos processus
RH, renforcer nos pratiques inclusives et
accompagner les transformations organisationnelles
avec un leadership renouvelé.
Sans oublier la conformité réglementaire
et les enjeux éthiques, par exemple autour
des données ou de l’usage de l’IA.
Concrètement, quelles actions avezvous
mises en place pour améliorer la
qualité de vie au travail ?
Depuis le 1 er juin 2025, nos collaborateurs
ne sont plus contraints par des horaires
©Fonds du Logement
Claire Fantoni
55
fixes et organisent leur temps de travail
librement. C’est une avancée importante
pour donner plus de flexibilité et d’autonomie
à nos collaborateurs. Nous avons
aussi prévu un baromètre du climat social
– fin 2025 ou début 2026 – afin de prendre
régulièrement le pouls de nos équipes.
par leur participation à des salons et
conférences.
Nous renforçons aussi notre présence
digitale, avec un site carrière attractif et
des publications régulières sur les réseaux
sociaux.
Nous croisons plusieurs sources : les
entretiens annuels, les bilans professionnels,
les analyses des métiers, les retours
managériaux et les indicateurs RH. Nous
tenons aussi compte des orientations stratégiques
de l’entreprise et des évolutions
sectorielles.
Nous développons une véritable culture
de la reconnaissance : feedbacks, entretiens
annuels approfondis, échanges trimestriels
en « one-to-one ». Nous offrons
également des perspectives d’évolution
interne, la possibilité de s’impliquer dans
des projets transverses et nous organisons
régulièrement des moments conviviaux
comme des teambuildings, afterworks ou
déjeuners collectifs.
Enfin, dans un esprit de transparence
managériale, nous communiquons beaucoup
sur nos projets et nos résultats. C’est
un gage de confiance.
Justement, à propos de résultats, comment
mesurez-vous le bien-être et l’engagement
de vos collaborateurs ?
Nous avons plusieurs outils. Un entretien
annuel individuel (EAI), une enquête climat
social – qui sera mise en place prochainement
et sera renouvelée tous les
deux ans – des indicateurs quantitatifs
comme l’absentéisme, le turnover, l’ancienneté
moyenne, mais aussi des entretiens
de départ pour mieux en comprendre
les raisons.
Enfin, nous soignons particulièrement
l’expérience candidat : réactivité, transparence,
suivi même en cas de refus. Un candidat
bien traité devient un ambassadeur,
même s’il n’est pas retenu.
Une fois recrutés, la question de la
fidélisation se pose. Comment retenez-vous
vos collaborateurs, notamment
les plus jeunes ?
Nous travaillons sur plusieurs leviers.
Le premier consiste à donner du sens :
notre mission sociale et environnementale
constitue une source d’engagement
majeure. À mes yeux, une entreprise doit
s’appuyer sur des valeurs fortes, définies
et validées collectivement – ce qui est le
cas au Fonds. Nos cinq valeurs qui nous
guident au quotidien sont l’éthique, la
qualité, l’engagement, le respect et la collaboration.
L’impact sociétal positif est
également essentiel pour donner du sens
à notre action.
Le deuxième repose sur les perspectives
d’évolution : formations, mentorat et
mobilité interne permettent à chacun de
progresser rapidement.
C’est une approche agile : nous devons à
la fois répondre aux besoins immédiats et
anticiper ceux de demain.
Une fois ces besoins identifiés, quels dispositifs
de formation privilégiez-vous ?
Nous combinons présentiel et e-learning.
Le présentiel reste très efficace pour les
formations pratiques, managériales, avec
une forte interaction. Le e-learning offre
une grande flexibilité, surtout quand il est
enrichi par du tutorat.
Nous accordons aussi une place stratégique
aux soft skills : communication,
intelligence émotionnelle, gestion du
stress et adaptabilité. Ces compétences
humaines sont devenues aussi importantes
que les compétences techniques.
Nous offrons également à nos collaborateurs
des cours de langues pour favoriser
leur intégration dans le tissu local
Luxembourgeois.
Pour conclure, quels sont, selon
vous, les futurs défis des ressources
humaines ?
Nous attachons aussi beaucoup d’importance
aux moments d’intégration. Chaque
trimestre, nous organisons des petitsdéjeuners
avec les nouvelles recrues dans
le cadre de l’onboarding, mais aussi la
mise en place d’un rapport d’étonnement
et un questionnaire de satisfaction. C’est à
la fois un moment convivial et un espace
de feedback précieux.
Et pour attirer ces nouveaux talents,
comment travaillez-vous votre marque
employeur ?
Nous avons défini une promesse
employeur claire et authentique, alignée
avec ce que vivent réellement nos
collaborateurs. Ils sont nos meilleurs
ambassadeurs. Nous valorisons nos
équipes via la réalisation de films ou
La flexibilité représente également un axe
essentiel : télétravail, droit à la déconnexion
ou encore récupération des heures
favorisent un meilleur équilibre de vie.
À cela s’ajoute une culture de l’écoute
et du feedback : sondages réguliers et
échanges ouverts nourrissent un environnement
inclusif et convivial.
Enfin, nous attachons une importance
particulière à l’onboarding : les 100 premiers
jours sont, en effet, décisifs pour
poser les bases d’une collaboration
réussie.
Une autre dimension essentielle
concerne les compétences. Comment
identifiez-vous les besoins en
formation ?
Les RH devront relever plusieurs défis :
réinventer durablement le travail hybride,
garantir l’employabilité dans un monde
marqué par l’IA, attirer et fidéliser les
talents dans un marché hautement
concurrentiel. Ils devront aussi intégrer
pleinement le numérique sans perdre le
lien humain, tout en assumant un rôle
clé dans la transition écologique et sociétale.
Autant d’enjeux qui confirment
une conviction forte : la performance de
demain passera toujours par l’humain.
Fonds du Logement
52 Bd Marcel Cahen
L-1311 Märel Luxembourg
www.fondsdulogement.lu
56
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
INNOVATION
ET DURABILITÉ
AU SERVICE DE L’EAU
Confronté à des eaux de plus en plus minéralisées, le Syndicat
des Eaux du Sud-Est (SESE), en collaboration avec l’expertise de
BEST Ingénieurs-Conseils, a lancé la réalisation de la première
station d’osmose inverse du Luxembourg, intégrée au bâtiment
Waasserschapp. Rencontre avec Andreas Hein, responsable technique
du SESE, ainsi qu'avec Philippe Colbach chef de service adjoint
chez BEST, et Laurent Busana, associé gérant et chef du service Eau
potable chez BEST, qui reviennent sur cette initiative stratégique.
Un défi minéral et local
Depuis près d’un siècle, le SESE assure
l’alimentation en eau potable de ses deux
communes membres, Mondorf-les-Bains
et Schengen. Contrairement à la plupart
des opérateurs luxembourgeois, le syndicat
n’est pas relié aux grandes interconnexions
nationales ; il ne dispose que
d’une modeste liaison de secours vers une
commune voisine en Allemagne. Dans
ce contexte, marqué par une croissance
démographique continue et les besoins
en eau suivant la même courbe, le forage
de reconnaissance de Schlammstrachen,
venant compléter ceux de Gréissen et de
Wintrange, a mis en évidence un potentiel
d’approvisionnement considérable. À lui
seul, il permettrait de doubler la capacité
actuelle et de couvrir à terme les besoins
de près de 20.000 habitants.
Cependant, cette ressource abondante
présente une contrainte majeure : sa
minéralisation est telle que, même après
mélange avec les autres ressources, les
concentrations -notamment en chlorures
- dépassent encore les seuils réglementaires.
Autrement dit : une eau disponible
en quantité, mais impropre à la consommation
en l’état.
« Cette eau s’infiltre à travers les couches
sédimentaires marines du Muschelkalk,
riches en carbonates provenant notamment
de coquilles fossilisées et renfermant
également des dépôts salins. Cela
explique à la fois sa forte minéralisation
et sa teneur élevée en chlorures », précise
Andreas Hein. Résultat : une eau naturellement
très dure, difficile à distribuer sans
traitement adapté.
Au cœur de la modernisation
Pour répondre à cette situation, il a fallu
développer une solution capable de traiter
une eau à la fois très dure et fortement
chargée en chlorures. « Les méthodes traditionnelles,
comme le simple mélange
des ressources ou l’utilisation d’adoucisseurs
domestiques, ne suffisaient
plus : elles ne garantissaient pas une eau
conforme aux normes de potabilité »,
explique Philippe Colbach, chef de service
adjoint au service Eau potable. En
effet, les adoucisseurs domestiques fonctionnent
par échange d’ions, remplaçant
le calcaire par du sodium. Or, dans le cas
présent, cette technique aurait pour effet
d’accentuer encore la salinité déjà élevée
des eaux de forage, rendant l’eau du robinet
impropre à la consommation.
De plus, la mise en place d’un traitement
centralisé sous l’égide du syndicat s’avère,
à terme, économiquement plus avantageuse
: elle permet de garantir une eau de
qualité à l’ensemble des usagers à un prix
de vente maîtrisé, alors que l’exploitation
individuelle d’adoucisseurs domestiques
engendre des coûts élevés pour chaque
ménage.
Dans la genèse du projet, le bureau
d’étude s’est assuré de sa faisabilité. Cette
première phase avait un double objectif :
identifier un site adapté et concevoir un
57
Laurent Busana, Jana Ney et Andreas Hein
réseau de conduites permettant d’acheminer
l’eau vers cette station centralisée
avant de la redistribuer vers les différents
réservoirs locaux. Parallèlement, il fallait
déterminer la technologie de traitement
la plus adaptée à la spécificité de l’eau
locale.
Pour concevoir et planifier cette solution
innovante, le SESE a confié la mission à
BEST Ingénieurs-Conseils dès 2017. La
phase initiale a consisté à confirmer la faisabilité
du projet, avec le double objectif
d’identifier un site central apte à accueillir
les nouvelles installations et concevoir un
réseau de conduites permettant d’acheminer
l’eau vers cette station centralisée
avant de la redistribuer vers les différents
réservoirs locaux. En parallèle, il convenait
de déterminer la technologie de traitement
la mieux adaptée à la spécificité de
l’eau locale, étape décisive pour garantir la
qualité future de l’approvisionnement.
Durant cette approche, un projet pilote
a été mis en place près du forage de
Gréissen. Pendant plusieurs semaines,
une station de traitement à échelle réduite
reproduisant exactement la technologie
envisagée a permis de tester les ressources
disponibles, ainsi que la nouvelle
ressource encore hypothétique à l’époque.
« Les résultats ont montré que cette eau
pouvait être rendue conforme aux normes
de potabilité, même avec le nouveau
forage à forte teneur en chlore », détaille
Philippe Colbach.
C’est ainsi que le choix s’est porté sur
l’osmose inverse, technologie désormais
appliquée à l’échelle de la station principale.
Cette méthode est la seule capable
de déminéraliser l’eau, en supprimant
à la fois le calcaire et les chlorures. « Ce
procédé permet de filtrer l’eau à l’échelle
moléculaire. L’eau produite par la station
est presque totalement déminéralisée, ne
conservant que la molécule H₂O. Afin de
la rendre à nouveau potable, équilibrée et
agréable au goût, cette eau à zéro degré
de dureté est ensuite mélangée avec un
mélange des ressources minéralisées, ce
qui permet d’atteindre une dureté finale
d’environ 20 degrés », exprime Laurent
Busana, associé-gérant du service Eau
potable chez BEST.
Par ailleurs, le projet prévoyait également
une réorganisation complète du site. Le
bâtiment existant a donc été rénové et
réaménagé pour intégrer les nouvelles
installations de traitement, mais aussi
des bureaux et un laboratoire. Les travaux
incluent aussi des modifications structurelles,
des nouveaux systèmes électriques
et des systèmes de gestion des eaux usées.
Le bâtiment est également à la pointe de la
technologie grâce à l’utilisation d’une ventilation
mécanique et d’une pompe à chaleur
pour le refroidissement et le chauffage.
58
la demande des communes membres, et
elle pourra être doublée si la croissance
démographique se poursuit au rythme
des dernières années, assurant ainsi
une distribution sécurisée d’eau potable
jusqu’aux années 2040-2050.
conviviale avec des activités, une petite
aire de jeux et des installations autour de
l’eau pour en faire un espace ouvert aux
familles et notamment aux plus jeunes »,
développe Andreas Hein. Son ouverture
est prévue pour l’été prochain.
Une connexion numérique entre la station
de traitement et les bureaux administratifs
assure par ailleurs une gestion en
temps réel de l’ensemble des opérations
de traitement.
Dans ce cadre, BEST Ingénieurs-Conseils
a assuré le rôle central de superviser la
construction et l’aménagement du bâtiment
principal Waasserschapp, ainsi que
du réservoir d’eau adjacent, d’installer les
équipements électromécaniques de la station
et de moderniser les forages existants
afin d’optimiser l’alimentation en eau.
La réussite de ce projet repose en grande
partie sur l’investissement personnel
d’Andreas Hein, dont l’engagement et la
détermination a su convaincre les décideurs
politiques. Stephan Weber, chef de
projet senior, a également été un acteur
clé, collaborant étroitement avec Andreas
Hein tout au long du projet. Le bâtiment
devrait voir l’achèvement des travaux et sa
mise en service complète en 2026.
« À plus long terme, une deuxième station,
pilotée par le Syndicat des eaux du barrage
d’Esch-sur-Sûre (SEBES), devrait voir
le jour non loin du site et traiter l’eau de
la Moselle avec la même technologie. Elle
constituera un second pilier pour sécuriser
l’approvisionnement local », explique
Philippe Colbach. « La conception des
infrastructures elle-même est pensée pour
durer : les réservoirs et réseaux enterrés
sont construits pour résister 50 à 100 ans
et l’équipement technique pourra être
renouvelé périodiquement. Donc, même
lorsque la technologie initiale aura atteint
ses limites, le site pourra continuer à
fonctionner efficacement. Dans le cas où
la nouvelle unité du SEBES n’est pas mise
en service, il est tout à fait possible qu’une
nouvelle technologie vienne la remplacer
ou la compléter. Dans tous les cas,
les éléments structurels sont durables et
assurent la continuité de l’approvisionnement
en eau, que ce soit via des procédés
innovants ou par l’ajout de nouvelles installations
», ajoute Laurent Busana.
Découvrir l’eau autrement
Dans ce même esprit, une exposition
permanente devrait voir le jour à l’étage
du bâtiment. Elle présentera non seulement
des informations générales sur
la ressource, mais aussi sur le fonctionnement
de l’osmose inverse et son rôle
dans la potabilisation de l’eau. « Il s’agit
de rendre visible ce qui, le plus souvent,
reste invisible », poursuit Laurent Busana,
« les citoyens doivent comprendre pourquoi
l’eau potable a un coût et mesurer
l’ampleur des technologies et des efforts
mis en œuvre pour que, chaque matin, ils
puissent simplement ouvrir leur robinet et
boire une eau de qualité », conclut-il.
Une station tournée vers l’avenir
Conçue pour répondre aux besoins
actuels et futurs, la station de traitement
a été pensée sur le long terme Sa
capacité actuelle couvre déjà largement
Au-delà de sa mission première de garantir
l’approvisionnement en eau potable, la
station a également pour but de devenir
un lieu de rencontre et d’apprentissage
pour petits et grands. « Nous voulons que
ce soit plus qu’un site technique. L’idée est
d’aménager, à côté du bâtiment, une place
BEST Ingénieurs-Conseils
2, rue des Sapins
L-2513 Senningerberg
www.best.lu
AGENCE IMMOBILIÈRE SOCIALE
Le leader luxembourgeois de la gestion locative sociale
26 48 39 52
www.ais.lu
60
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
UNE COLLABORATION
RENFORCÉE POUR
LE LOGEMENT
À PRIX ABORDABLE
Tom Nilles et Joe Nilles
61
Grâce à son expérience en gestion locative sociale et en promotion
immobilière, la Fondation pour l’Accès au Logement offre aux communes
une solution clé en main pour développer des logements
à prix abordable. Exemple à Berdorf, où ce partenariat permet de
concrétiser un projet de longue date sans alourdir ses ressources
humaines et financières. Tom Nilles, directeur adjoint de la FAL, et
Joe Nilles, bourgmestre, nous en disent plus.
Une volonté communale encouragée
par la nouvelle législation
Comme le rappelle le bourgmestre, Joe
Nilles, l’idée de développer des logements
à prix abordable à Berdorf n’est pas nouvelle.
Bien avant l’actuel conseil communal,
la commune avait déjà exprimé
l’intention d’aller dans cette direction.
Faute d’opportunités concrètes, ces ambitions
n’avaient pas encore pu se concrétiser.
« L’évolution récente du cadre légal
a toutefois permis d’accélérer le mouvement
», indique-t-il.
En effet, avec la nouvelle loi portant sur
le bailleur social, les communes peuvent
désormais déléguer la gestion de leurs
logements à des acteurs agréés tels que
la FAL. « Pour Berdorf, comme pour de
nombreuses autres communes qui ne
disposent pas des ressources nécessaires,
cette approche est la meilleure solution
pour assurer la gestion des logements à
prix abordable », explique Joe Nilles.
Le choix d’un partenaire spécialisé
C’est dans ce contexte que le collège des
bourgmestre et échevins a choisi de collaborer
avec la Fondation pour l’Accès
au Logement, un choix qui s’est imposé
naturellement. Celle-ci gère l’Agence
Immobilière Sociale (AIS), spécialisée
dans la gestion de logements abordables
et est active dans la promotion immobilière
sociale avec Abitatio. Elle dispose de
l’expertise nécessaire et d’une expérience
qui n’est plus à prouver auprès de nombreuses
communes. « Pour obtenir l’agrément
de bailleur social, une commune
doit obligatoirement disposer d’un service
logement, se lancer dans l’assistance
sociale et engager du personnel qualifié,
ce qui n’est pas du tout réaliste pour une
petite administration telle que la nôtre »,
rappelle le bourgmestre.
L’AIS prend en charge l’ensemble des
aspects liés à la gestion des logements :
sélection des locataires, application des
critères d’attribution, suivi administratif
et social. « Disons que la formule séduit de
plus en plus de communes. L’année dernière
seulement, plus de 100 logements
supplémentaires nous ont été confiés.
Nous en gérons désormais près de 800
au niveau national », déclare Tom Nilles,
directeur adjoint de la FAL.
Les communes
peuvent désormais déléguer la
gestion de leurs logements à la
Fondation pour l’Accès
au Logement
La réhabilitation de l’ancienne école
Le premier projet mené à Berdorf concerne
la réhabilitation de l’ancienne école maternelle
du village de Bollendorf-Pont, un
bâtiment érigé en 1910 et classé monument
national. « Il fait partie du patrimoine
de notre commune mais il était inoccupé
depuis plusieurs années. En raison de
ses caractéristiques, nous ne l’avons pas
démoli. L’édifice a été rénové en deux parties.
La première a été conservée pour y
aménager une salle polyvalente destinée
aux habitants : elle pourra accueillir des
réunions d’information, servir de bureau
de vote ou encore abriter de petites festivités.
La seconde a été transformée en deux
logements à prix abordable : un appartement
de 55 m² comprenant une chambre et
un second de 65 m² avec deux chambres »,
déclare le bourgmestre.
Des projets en préparation
En plus de ces deux appartements inaugurés
en mai 2025, l’AIS gère déjà trois autres
logements sur le territoire communal et
prévoit d’en rénover trois supplémentaires
prochainement.
Un deuxième projet est déjà en discussion.
Il concerne une parcelle actuellement
occupée par un atelier régional et dont la
commune est propriétaire. « Cette structure
déménagera prochainement vers un
nouveau centre régional. Nous prévoyons
de transformer le site en une résidence
plus grande que le projet de deux appartements
situés dans l’ancienne école »,
explique Joe Nilles. Le conseil communal
a déjà donné son accord de principe
et « les responsables communaux ont
déjà émis l’intention de travailler à nouveau
avec l’AIS si la première expérience
à Bollendorf-Pont se révèle concluante »,
poursuit Tom Nilles.
Selon les premières estimations, une
douzaine de logements pourrait y être
développée, sous forme d’appartements
variés. « Dans ce cas de figure, c’est notre
département de promotion immobilière
sociale Abitatio qui démarrera les travaux.
L’AIS prendra ensuite le relais pour gérer
les logements en tant que bailleur social »,
indique le directeur adjoint de la FAL.
Offrir davantage de flexibilité aux
communes
L’intérêt pour la commune ne se limite
pas à la mise à disposition de logements
puisqu’en plus de libérer des ressources
humaines, cela permet de réserver davantage
de budget pour d’autres projets. « Nous
sommes en pleine phase d’investissements
majeurs aux niveaux scolaire et périscolaire.
Nous nous sommes lancés dans la
construction d’une maison-relais, d’une
crèche et d’une école pour un budget total
qui dépasse les 30 millions d’euros. Si nous
devions nous occuper du développement
des logements abordables, nous n’aurions
pas pu investir dans ces infrastructures
cruciales », rappelle le bourgmestre.
Le modèle présente aussi d’autres avantages
pour les communes. « Les parcelles
nous sont cédées sous la forme de baux
emphytéotiques. Les bâtiments que nous
construisons et les terrains reviennent
automatiquement dans le patrimoine
communal au terme du bail », conclut Tom
Nilles.
Fondation pour l’Accès au Logement
202B, rue de Hamm
L-1713 Hamm
www.fondation-logement.lu
62
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
HEMS : LA GESTION
ÉNERGÉTIQUE
ALL INCLUSIVE
Dans un contexte où l’efficacité et la transition énergétiques sont
devenues des priorités, le système HEMS (Home Energy Management
System) fait figure d’incontournable. Günter Krings, Managing
Director de Viessmann Luxembourg, revient sur cette solution qui
transforme la manière de produire, de consommer et de stocker
l’énergie au quotidien.
Pouvez-vous présenter le système HEMS
et ses fonctions premières ?
C’est avant tout un système qui gère les
flux d’énergie dans une maison, principalement
d’électricité, mais aussi de chauffage
et d’eau chaude sanitaire. Son fonctionnement
est relativement simple puisqu’il
s’agit de prendre en compte à la fois la
production d’énergie, souvent assurée par
le photovoltaïque dans le résidentiel, la
consommation de différents appareils et le
stockage qui se fait via des batteries ainsi
que les boilers d’eau chaude sanitaire et
chauffage. En d’autres termes, une maison
se compose de plusieurs acteurs : les producteurs
(le photovoltaïque, le réseau…),
les consommateurs (pompe à chaleur,
borne de recharge, ballon d’eau chaude…)
et le stockage. Nous avons intégré le système
HEMS dans notre plateforme de
régulation Viessmann One Base en 2022.
Modulable, il peut s’adapter aussi bien à
des nouvelles constructions, qu’à des rénovations
pour ne pas devoir remplacer des
installations qui fonctionnent encore.
Le système HEMS apporte une réelle
valeur ajoutée dans l’écosystème d’un
bâtiment car il coordonne toute une série
d’éléments. Sans lui, chacun fonctionnerait
« en autonomie » et sans se soucier
de l’optimisation de la globalité. Alors
qu’avec lui, tout est orchestré pour maximiser
à la fois l’efficacité économique,
l’impact environnemental et, bien sûr, le
confort de l’habitant.
Concrètement, comment fonctionne le
HEMS ?
Un particulier qui souhaite se lancer peut
par exemple commencer à intégrer le système
HEMS au niveau de son installation
photovoltaïque et de son ballon d’eau
chaude. Dans ce cas de figure, le surplus
d’énergie solaire produit serait directement
utilisé pour chauffer l’eau (via une
résistance électrique) plutôt que d’être
renvoyé sur le réseau. L’utilisateur a aussi
la possibilité d’élargir progressivement le
champ d’application du système en ajoutant
une batterie, une borne de recharge
pour voiture électrique, un boiler thermodynamique
ou encore une pompe à chaleur
– le tout communique parfaitement
via notre plateforme Viessmann OneBase.
Tout est orchestré
pour maximiser à la fois
l’efficacité économique,
l’impact environnemental et,
bien sûr, le confort
de l’habitant
Le soir venu, quand le soleil ne brille
plus, la batterie, chargée dans la journée,
prend alors le relais. Les habitants du
foyer consomment ainsi l’énergie stockée
dans la journée plutôt que de recourir
à celle du réseau. C’est une logique
d’autoconsommation intelligente qui
permet de réduire la dépendance aux
fournisseurs externes, d’agir en faveur du
développement durable et de réaliser des
économies.
Comment jugez-vous l’évolution et
l’installation de ce type de système
au Luxembourg ? Des subsides sont-ils
reversés ?
Au Grand-Duché, l’évolution est, pour
ainsi dire, quasi exponentielle concernant
nos produits Viessmann. Cela s’explique
notamment par une raison : la
gestion HEMS est directement incluse
dans les équipements de notre marque.
Cela dit, il ne s’agit pas d’un service
supplémentaire à payer puisqu’elle est
intégrée gratuitement dans nos produits.
Ainsi, chaque particulier qui installe un
onduleur photovoltaïque ou une pompe
à chaleur compatible bénéficie automatiquement
de cette gestion intelligente et
s’intègre dans notre application ViCare
qui regroupe toutes les installations
Viessmann et les solutions Smart Home.
Avec celle-ci, l’utilisateur dispose d’un
degré de contrôle très poussé et a une
63
Günter Krings
vision complète de ses flux : production,
stockage, consommation, etc. Et tout
cela sans avoir à agir activement sur le
système.
La donne est un peu différente du côté des
aides de l’État. Toutefois, il semble qu’un
projet de loi soit en cours d'élaboration
afin de subsidier ce type de systèmes. Cela
constituerait une avancée logique dans la
stratégie environnementale et durable du
Luxembourg. Pourquoi ? Parce que l’outil
HEMS favorise l’autarcie énergétique et
contribue à la maîtrise des productions
et consommations électriques fortement
fluctuantes.
Quelles sont les perspectives d’innovation
pour les prochaines années ?
L’avenir se dessine autour du Smart Grid,
le réseau électrique intelligent. Dans un
futur proche, le réseau pourra envoyer
des signaux aux foyers : par exemple,
lorsque la production solaire et éolienne
sera particulièrement forte en milieu
d’après-midi, les prix de l’électricité
baisseront. C’est dans ce contexte que
le HEMS prend toute son importance. Il
captera les informations et ajustera automatiquement
le stockage et la consommation
afin d’exploiter l’énergie ou de
charger les batteries au moment le plus
avantageux. Notre plateforme OneBase
est déjà prête à recevoir ce type de signal.
La borne de charge bidirectionnelle
fera également partie des innovations
majeures. Aujourd’hui, la batterie d’une
voiture électrique se contente de recevoir
de l’énergie. Demain, elle pourra
également en restituer une partie pour
alimenter les installations d’une maison
et pourrait même devenir un réservoir
énergétique. Là aussi le système HEMS
aura un rôle à jouer pour optimiser les
différents programmes de chargement.
Save the date
Viessmann Luxembourg organise deux
après-midis « HEMS » pour ses clients
installateurs et pour les clients particuliers
le 12 novembre à Lipperscheid
à l’Hôtel Leweck en allemand et le
13 novembre à Pétange à l’Hôtel
Threeland en français.
Plus de détails et inscription sur
www.viessmann.lu
Viessmann Luxembourg
35, rue J-F Kennedy
L-7327 Steinsel
www.viessmann.lu
64
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
MODULARER HOLZBAU
ALS ZUKUNFTSMODELL FÜR
NACHHALTIGES BAUEN
Pascal Quinten ist Architekt bei der Luxemburger Vertretung von
Blumer Lehmann in Grevenmacher. Über die Jahre hat sich das
Schweizer Unternehmen als Vorreiter für nachhaltiges Bauen auf
dem Markt etabliert.
Der Bausektor steht heute vor gewaltigen
Herausforderungen : Ressourcenverbrauch,
CO 2
-Emissionen und starre Nutzungskonzepte
sind nur einige der Probleme, die ein
Umdenken erfordern. Die Antwort liegt in
der Kreislaufwirtschaft und der modularen
Bauweise. Ein herausragendes Beispiel liefert
das Schweizer Unternehmen Blumer
Lehmann mit einem modularen Holzbauwerk,
das seit 2014 über drei Standorte und
Nutzungen hinweg immer wieder neu zum
Leben erweckt wurde – ein lebendiges Plädoyer
für Nachhaltigkeit und Wandel im
Bauwesen.
« Wir müssen lernen, Gebäude nicht nur
als Immobilie, sondern als Materiallager
der Zukunft zu begreifen », sagt Architekt
Pascal Quinten, der das Projekt in Luxemburg
betreut hat. Das Bauwerk wurde 2014
als temporäres Bergrestaurant auf über
2.200 Metern Höhe am Chäserrugg in der
Schweiz errichtet. Dort diente es als Interimslösung
während der Bauzeit eines
neuen Gipfelgebäudes, das von Herzog
& de Meuron entworfen wurde. Die drei
Holzmodule wurden aus PEFC-zertifiziertem
Fichtenholz gefertigt und komplett
vorgefertigt. « Der reversible Aufbau ermöglichte
eine spätere Demontage ohne
Substanzverlust », erklärt Quinten. Nach
fünf Jahren Nutzung wurden die Module
per Seilbahn ins Tal transportiert – ein
erster Beweis für einen flexiblen und CO₂
– reduzierten Materialkreislauf.
In der zweiten Phase erhielt das Gebäude
im großherzoglichen Moutfort, ein
zweites Leben als Büro für FAT Architects
S.à r.l. Die Module wurden in der Werkhalle
von Blumer Lehmann überarbeitet
und für die neue Nutzung vorbereitet.
« Der Aufbau am neuen Standort erfolgte
binnen eines Tages – dank hoher Vorfertigung
und digitaler Planung », berichtet
Quinten. Das Büro bot Platz für vier Arbeitsplätze,
einen Besprechungsbereich
und eine Küchenzeile. Die minimalen An-
Pascal Quinten
65
passungen an der Konstruktion zeigen das
enorme Potenzial modularer Wiederverwendung
: « Kein Bauschutt, keine Neubeschaffung,
sondern Weiterverwertung mit
maximalem Nutzen », so Quinten.
Seit 2024 steht das Gebäude in seiner
dritten Nutzungsphase als Wohnhaus in
Esch-sur-Sûre. Im Erdgeschoss wurde
der ehemalige Besprechungsraum in ein
Schlafzimmer mit Duschbad umgewandelt,
während im Obergeschoss ein wohnlicher
Ess- und Wohnbereich entstand.
« Das Gebäude behält trotz der verschiedenen
Nutzungen seinen Charakter und die
Materialität », sagt Quinten. Auch hier war
der Eingriff minimal, was nicht nur Materialschonung
bedeutet, sondern auch die
ästhetische Nachhaltigkeit unterstreicht.
Esch-sur-Sûre
Moutfort
Das Beispiel zeigt, wie modulare Holzbauwerke
flexibel auf neue Lebensphasen und
Nutzerbedürfnisse reagieren können. Es
ist ein Modellprojekt für circular building :
Statt Abriss und Neubau stehen Wiederverwendung
und Anpassung im Vordergrund.
Die Filiale von Blumer Lehmann in Grevenmacher
lebt diesen Ansatz täglich.
« Man hatte im Zuge der Wiederaufstellung
die Fassade nochmal gestrichen »,
erzählt Quinten. « Dies war aus gestalterischen
Gründen ein Wunsch des Bauherrn.
Aus Holzschutzgründen wäre es nicht
notwendig – jetzt sieht’s aus wie neu ».
Der Standortwechsel erforderte keine
baulichen Veränderungen. Während das
Gebäude in Moutfort aufgeständert war,
wurde es in Esch-sur-Sûre dauerhaft im
Boden mit einer 30 Zentimeter Umlüftung
eingelassen. Somit konnte auf eine Zugangstreppe,
wie beim Standort in Moutfort
verzichtet werden – « ein cleverer
Schachzug, um Ressourcen zu sparen », so
Quinten.
Innen wurde nur geringfügig, aber effizient
umgebaut: Im ehemaligen Technikraum
entstand eine Nische für den Waschtisch.
Ergänzt wurde eine 3-seitig verglaste Dusche.
Gardinen wurden als Sichtschutz
zwischen Duschbad und Schlafbereich
hinzugefügt. Das WC unter der Treppe
und die Küche im Obergeschoss blieben
unverändert. Die Elektro- und Heizungsinstallation
wurden zukunftsorientiert
verlegt, sodass ein späterer Wechsel des
Heizsystems problemlos möglich ist. « Das
ist ein Ein- bis Zwei-Personen-Haushalt
auf 75 Quadratmetern, verteilt auf drei
Module – ein gutes Beispiel, wie flexibel
und kompakt modularer Wohnraum sein
kann », unterstreicht Quinten.
Die modulare Bauweise ist bei Blumer
Lehmann kein kurzfristiger Trend, sondern
gelebte Praxis. In der Schweiz
werden Schulmodule nach Ablauf der
Mietzeit von einer Schule zur nächsten
versetzt, anstatt neu zu bauen. Die Stadt
Zürich etwa nutzt dieses Prinzip mit einem
Konzept : Während des Sanierungszeitraums
von Bestandsgebäuden werden
Schulmodulbauten temporär auf Schulhöfen
genutzt, abgebaut und anschließend
an anderer Stelle wieder aufgestellt. Auch
in Luxemburg wurden bereits zahlreiche
nachhaltige, temporäre oder dauerhafte
Erweiterungsbauten in Holzmodulbauweise
realisiert worden. Zum Beispiel in
Mondorf, Dudelange, Ettelbrück und Dalheim.
Für Blumer Lehmann ist der hohe Vorfertigungsgrad
entscheidend : « Die Module
kommen mit Fenster, fertiger Fassade,
Innenwänden und Decken inkl. Leuchten
fertig ins Land. Ausbaugewerke wie Maler
oder Elektriker arbeiten im jeweiligen
Werk sowie vor Ort regional weiter », erklärt
der Architekt. Am Schweizer Standort
wird das Restholz aus der Produktion
zu Pellets, Kleintierstreu verarbeitet oder
wird direkt im eigenen Kraftwerk zur
Energie- und Wärmeerzeugung verwendet.
Das Unternehmen hat sich als echtes
Kreislaufunternehmen positioniert – geführt
von Katharina Lehmann in fünfter
Generation.
Ein weiterer Schlüssel für zukunftsfähiges
Bauen ist die digitale Nachverfolgung
der Bauteile. « Digitale Tools zur Produktverfolgung
ermöglichen eine präzise Dokumentation
von Herkunft, Zustand und
Umbaupotenzial », erläutert Quinten.
« Das ist essenziell für die Wiederverwendung
von Bauelementen. Mit Modulen
geht das noch einfacher, weil der gesamte
Raum als Einheit versetzt wird. », sagt
Quinten
Die Konstruktion setzt auf konstruktiven
Holzschutz ohne chemischen Anstrich.
Regenwasser tropft über geneigte Brettschichten
einfach ab, dauerhafte Feuchtigkeit
wird vermieden. So bleibt die Fassade
dauerhaft geschützt und schön.
Das Beispiel von Blumer Lehmann zeigt
eindrucksvoll, dass circular building
machbar ist – mit Holz, Weitblick und Verantwortung.
Es ist ein Modell für die Zukunft
des Bauens: flexibel, nachhaltig und
ressourcenschonend. Und vor allem eines :
lebendig.
Blumer-Lehmann S.à r.l.
31 Op Der Heckmill
6783 Gréiwemaacher
blumer-lehmann.com
Chäserrugg
66
BRÈVES
COMMUNALES DU NORD
PAR LÉA BEHNOUS
WILTZ
La commune de Wiltz a donné la possibilité
à ses habitants de faire partie des
200 invités d’honneur qui ont accueilli
le nouveau couple Grand-Ducal à
leur arrivée en début d’après-midi, au
Château de Wiltz. Les inscriptions se
sont terminées fin septembre, via un
formulaire en ligne. 40 personnes se
sont vues tirées au sort pour obtenir
une invitation officielle et les chanceux
ont dû se présenter à 13h40 précises
devant le Château de Wiltz, avec leur
invitation personnelle.
Source : wiltz.lu
VIANDEN
La commune de Vianden a lancé un
projet de replantation en 2025, financé
avec le soutien du ministère de l’Environnement.
Le projet comprend : « la
plantation de haies indigènes, d’arbres
feuillus et d’arbres fruitiers haute tige »,
ainsi que l’entretien d’anciennes végétations.
Les résidents intéressés à participer
au projet devaient remplir un
formulaire disponible sur le site vianden.lu
et le renvoyer à la commune
avant le 7 octobre 2025. Les travaux
seront réalisés en 2026.
Source : vianden.lu
TROISVIERGES
Dès novembre 2025, les parcs naturels
de la Haute-Sûre, de l’Our et du
Mëllerdall accueilleront un Workshop
théâtral sur le thème du changement
climatique. Les événements auront lieu
les 16, 23 et 30 novembre 2025 et les 7
et 14 décembre 2025, de 9h30 à 12h30,
au Centre Culturel de Michelau. Neuf
ateliers seront proposés où 10 à 20 participants
créeront leur propre mise en
scène. Une expérience « participative,
inclusive et ouverte », où les intéressés
peuvent s’inscrire gratuitement avant le
10 novembre. Les ateliers reprendront
en 2026, après les vacances de Noël, les
11, 18 et 25 janvier et le 7 février.
Source : troisvierges.lu
WINCRANGE
Dans le cadre du pacte logement 2.0
adhéré en 2023 par la commune de
Wincrange, trois maisons unifamiliales
seront réalisées par la commune, sur
les terrains communaux dans le village
de Hamiville. Trois maisons sont
en cours de construction : une maison
individuelle au prix de 595.000 euros
et deux maisons jumelées au prix de
560.000 euros. Ce projet s’adresse aux
personnes éligibles aux aides au logement
et celles-ci seront disponibles
pour juin 2026.
Source : wincrange.lu
MERTZIG
La commune annonce un marché d’artisanat
et d’art qui aura lieu ce samedi
11 octobre de 10h à 18h, au centre
Turelbaach. Dédié aux loisirs créatifs
et aux passions artisanales, cet événement
regroupe des stands variés, toiles,
crochets, tricots ou encore bijoux. Des
stands de buvette et de boisson seront
également comptés. L’entrée est libre
et gratuite.
Source : mertzig.lu
FEULEN
La commune de Feulen fait partie des
38 communes Fairtrade du Luxembourg
qui affirment leur engagement
en faveur d’un commerce plus durable
et équitable. Du 1 er au 12 octobre,
Fairtrade Lëtzebuerg met à l’honneur le
café au Luxembourg à travers la campagne
« Pas de producteurs… Pas de
café ! », qui souligne les difficultés du
secteur caféier, particulièrement vulnérable.
À cette occasion, la commune
invite ses consommateurs à acheter du
café issu du commerce équitable, afin
de soutenir un modèle économique
plus solidaire et respectueux des conditions
de vie des producteurs.
Source : feulen.lu
La prochaine
génération
des pompes
à chaleur :
la nouvelle
Vitocal 250-A
La nouvelle Vitocal 250-A atteint une
température de départ jusqu'à 70 °C
à une température extérieure de -10°C.
Elle est donc idéale pour la modernisation,
car les radiateurs existants peuvent être
utilisés. La pompe à chaleur se présente
dans un design attrayant et de qualité.
Grâce à son efficacité élevée, les coûts
d'exploitation sont réduits. La nouvelle
Vitocal 250-A utilise le fluide frigorigène
R290 (Propane) respectueux de
l'environnement.
Découvrez l'avenir des pompes à chaleur
avec la nouvelle Vitocal 250-A sur
www.viessmann.lu
Viessmann Luxembourg
35 Rue JF Kennedy - L-7327 Steinsel
Tel 26336201 - info@viessmann.lu
68
| ACTUALITÉS COMMUNALES
LE QUARTIER-MAÎTRE
DES COMMUNES
Distributeur officiel de BAAVA et STOPPY
69
70
Les communes sont très souvent confrontées à des défis aussi
quotidiens qu’imprévus : circulation dense aux abords des écoles,
catastrophes naturelles, besoins logistiques ponctuels ou encore
exigences réglementaires. Pour y faire face, Quartermaster se
positionne comme un partenaire de confiance. Son objectif :
conseiller, accompagner et fournir des solutions concrètes, adaptées
à chaque situation, afin de garantir la continuité des services
publics et la sécurité des habitants. Marc Wester, son directeur,
nous présente les missions de Quartermaster et son rôle éponyme
de www.quartermaster.lu.
Pas de problèmes, que des solutions
Quartermaster, société 100% luxembourgeoise
située à Kayl a pour objectif
d’aider le secteur public à mener ses missions,
grandes ou petites, quotidiennes
ou exceptionnelles.
Marc Wester, son fondateur, entend bien
épauler les collèges des bourgmestre
et échevins dans leurs missions afin
de garantir la continuité des services
publics, même en cas de crise. « S’il fallait
leur résumer notre activité en quelques
mots, ce serait : il n’y a pas de problèmes,
que des solutions. En discutant avec les
responsables communaux, nous parvenons
à nous rendre compte des difficultés
qu’ils peuvent subir ponctuellement
ou non. Nous entrons alors en contact
avec eux pour les conseiller et résoudre,
ensemble, un problème donné et trouver
la solution adéquate qui correspond à
leurs besoins », explique-t-il.
De la sécurité routière aux catastrophes
naturelles
Grâce à cette mission de soutien,
Quartermaster met à disposition toute
son expérience ainsi qu’un vaste réseau
pour trouver des solutions et relever les
défis les plus variés : « bien sûr, dans la
mesure du possible ».
En dehors de ces situations exceptionnelles,
Quartermaster s’occupe aussi de
problématiques plus courantes comme la
sécurité routière. « Certaines communes
sont parfois bondées par les voitures aux
heures de pointe, généralement en même
temps que celles où les enfants entrent et
sortent de l’école ou des maisons relais.
Ce trafic, malgré les zones 30 ou les dos
d’âne, est relativement dangereux pour
les écoliers et les Pedibus ». L’entreprise
dispose par exemple de silhouettes d’enfants
à placer aux abords des passages
cloutés pour appeler les conducteurs à la
vigilance et de barrières anti-véhicules
béliers Bavaa, idéales pour bloquer la circulation
lorsque la situation l’y oblige.
Les communes déjà clientes peuvent
même louer ce type de barrières pour des
événements grand public ponctuels.
Nous entrons en contact avec
les responsables communaux
pour les conseiller et résoudre,
ensemble, un problème donné
et trouver la solution adéquate
qui correspond à leur besoin
Adoucir les questions légales
« Les solutions improvisées ne garantissent
ni la résistance aux chocs ni la
conformité réglementaire. Les produits
de Bavaa, eux, sont testés et certifiés :
certaines barrières arrêtent même un
camion lancé à vive allure ». Faciles à
manipuler, elles peuvent être rapidement
déplacées pour laisser passer une ambulance
ou les pompiers. Chose qui n’est
pas possible de faire immédiatement avec
des blocs de béton par exemple.
À ses yeux, cette barrière représente le
meilleur produit qu’il ait pu observer,
STOPPY ® , personnage de signalisation entièrement réfléchissant
71
imbattable sur le rapport qualité-prix.
« J’ai même pris le train jusqu’à Marseille
pour rencontrer le directeur de la
marque et visiter l’ensemble de la ligne
de production. La démonstration m’a
convaincu immédiatement. Plutôt que
de se limiter à un simple catalogue, nous
offrons à nos clients la possibilité de
voir, toucher et tester le produit. Notre
démarche n’est pas de vendre à tout
prix. Pourquoi ? Tout simplement parce
qu’il s’agit d’argent public, ce qui exige
transparence et efficacité », assure Marc
Wester.
À la pointe de l’innovation
L'équipe de Quartermaster attache une
grande importance aux produits qu’ils
proposent à leurs clients pour viser l’excellence
; en témoignent les nombreux
déplacements, qui mènent souvent plus
loin que Marseille et la France. « Nous
assistons au moins une fois par mois à des
salons dans le monde pour découvrir les
inventions et les innovations afin de les
importer, ici, au Luxembourg. Notre veille
technologique nous permet aujourd’hui
d’offrir au secteur public le meilleur
matériel existant sur le marché, avec une
priorité : représenter au maximum des
solutions locales & européennes. Il ne
nous empêche pas de garder une ouverture
internationale. Si un produit venu
d’ailleurs, par exemple des États-Unis,
s’avère être le meilleur du marché de sa
catégorie, nous n’hésitons pas à l’intégrer
», précise-t-il.
Des formations de haute qualité
Quartermaster s’engage également dans
la formation des différents domaines qui
composent le secteur public et notamment
communal. « Nous accompagnons le bénéficiaire
dans son utilisation. Nous organisons
des formations de haute qualité en
faisant appel à des experts certifiés ».
Ils ont fait confiance à BAAVA
Bâtir la confiance, assurer l'excellence
Des conseils personnalisés
« Nous privilégions un accompagnement
fondé sur une analyse poussée en amont
et un véritable suivi après l’achat. Notre
objectif est d’offrir à nos clients des
conseils personnalisés et un service clé en
main de la plus haute qualité ».
Même si les défis peuvent être semblables,
chaque commune est différente, chacune
a ses propres spécificités : territoriales,
infrastructures, superficie, personnel,
taille, etc. « D’où la nécessité d’étudier et
de considérer tous les paramètres pour
livrer un produit ou un service qui
fonctionnera ».
Agir pour le développement durable
L’entreprise intègre les exigences gouvernementales
et européennes en matière de
durabilité. Concrètement, elle privilégie
les circuits courts et le bon sens : inutile
d’importer un produit de Chine si une
alternative équivalente existe localement.
La durabilité s’applique aussi aux produits.
Lorsqu’une commune souhaite remplacer
la barrière routière après quelques
années, nous proposons de la récupérer
et de recycler l’ancien matériel sans difficulté
», conclut Marc Wester.
Quartermaster
info@quartermaster.lu
+352 20 20 30 10
www.quartermaster.lu
72
| ACTUALITÉS COMMUNALES
LA MAISON DU BIEN
COMMUN À MERTZIG
La commune de Mertzig s’engage depuis quelques années déjà en
faveur de l’Économie pour le Bien commun, ce modèle économique
qui place l’humain et l’environnement au centre de ses préoccupations.
Une pierre angulaire de cet engagement est dès à présent la
« Maison du Bien commun », ou « Maison des citoyens et des associations
», ou encore « Maison pour tous » qui a été installée dans
l’ancienne école à Mertzig, située au plein centre du village, en face
de l’église paroissiale. Le bourgmestre, Mike Poiré, fait le point.
Comment est née la Maison du Bien
commun ?
Notre projet #mertzig4all et le modèle
économique y relatif gravitent autour
les valeurs telles que la dignité humaine,
la durabilité écologique, la solidarité, la
cohésion sociale et la participation démocratique.
Dans le cadre d’une visite de
plusieurs tiers-lieux dans le sud du pays,
dont notamment « Facilitec » à Esch-sur-
Alzette, nous avons alors eu l’idée de
créer notre propre tiers-lieu socioculturel
fondé, justement, sur ces valeurs.
D’une part, il s’agit d’offrir des espaces
à nos associations ; d’autre part, il s’agit
Les membres du Conseil communal de Mertzig : Myriam Hansen (conseillère), Claude Fischer
(conseiller), Lena Gomes (conseillère), Carine Piette (conseillère), Marcel Barros (conseiller), Stefano
D’Agostino (échevin), Mike Poiré (bourgmestre), Luc Weiler (conseiller) et Lex Schwind (échevin)
73
de renforcer la cohésion sociale, les
échanges interculturels et intergénérationnels.
Ainsi, nous espérons contribuer
à la lutte contre l’isolement, responsabiliser
et impliquer activement les citoyens
afin de dynamiser le bénévolat et la participation
citoyenne. Il s’agit encore d’encourager
et de soutenir la population à
proposer toutes sortes d’activités bénévoles
afin de faciliter les rencontres et les
échanges entre résidents actuels et nouveaux
de toute nationalité, entre jeunes
et moins jeunes.
D’une manière générale, le tiers-lieu est
ouvert à tous et permet aux habitants de
se rassembler, d’échanger, d’être actifs.
C’est ainsi qu’est née la « Maison du Bien
commun ».
Il fallait bien sûr un bâtiment et c’est là
que nous avions la belle perspective de
pouvoir héberger la Maison du Bien commun
dans notre ancienne école, alors
que l’ensemble des cycles scolaires a été
regroupé sur un seul site dans le cadre du
réaménagement du campus scolaire.
Nous avons ensuite lancé le projet participatif
« Gedankekëscht® », qui d’autant
plus a été subventionné par le ministère
de la Famille, des Solidarités, du Vivre
ensemble et de l’Accueil. Ce processus
a abouti sur un protocole d’idées qui
regroupe toutes celles des participants, à
savoir les citoyens, les associations et les
commissions consultatives. Ce protocole
est disponible en ligne sur mertzig.lu.
C’est une mise en œuvre du « pacte communal
du vivre-ensemble interculturel » ?
En effet, le projet est un engagement
concret dans la mise en œuvre de ce pacte
qui a été conclu entre le ministère précité,
les neuf communes-membres du syndicat
intercommunal « Kanton Réiden » et la
commune de Mertzig. Il est vrai que la
commune est le premier point de contact
de toute personne nouvellement installée
dans le pays, ainsi que pour ceux qui
y vivent ou travaillent depuis longtemps.
De ce fait, elle joue un rôle primordial
pour assurer un vivre-ensemble harmonieux
pour tous. En signant le pacte, les
parties prenantes se sont engagées dans
une collaboration étroite, en vue d’un
processus pluriannuel et participatif qui
met l’accent sur l’accès à l’information,
la participation de toutes les personnes
résidant ou travaillant sur le territoire
des communes et aussi la lutte contre le
racisme et toute forme de discrimination.
D’autant plus, un conseiller au vivre-ensemble
interculturel est mis à la disposition
des communes. Il nous accompagne
dans la mise en place du pacte et la mise
en œuvre des activités y liées.
Quelles sont les principales activités
suite au protocole d’idées ?
Tout d’abord, à l’extérieur du bâtiment
et dans la foulée des travaux de rénovation
et de mise en conformité, nous
avons réalisé dans la cour un marquage
retraçant un parcours de circulation. Les
enfants peuvent se préparer – à vélo, en
trottinette, en Go-kart ou sur leur tricycle
– aux règles du Code de la route
et à la circulation routière. Puis, dans le
cadre de notre engagement en faveur du
commerce équitable, nous avons réalisé,
avec un artiste local et les écoliers, une
« Fairtrade-Wall » qui illustre bien notre
politique des valeurs. Y figure le portrait
d’Aminata Temi, une productrice de
cacao et de chocolat en Côte d’Ivoire, une
jeune femme très engagée en matière des
droits de l’homme.
Ensuite, à l’intérieur du bâtiment, le partenaire
de la première heure fût notre
« Repair Café ». Que faire d’un grille-pain
qui ne marche plus, d’une bicyclette
dont la roue frotte ou d’un pull mité ?
Les jeter ? Pas question ! Les « Repairer »
savent réparer tout, presque ! Grâce à un
engagement bénévole exemplaire, des
séances sont organisées régulièrement
afin de préserver nos ressources et dans
l’esprit de l’économie circulaire.
Puis, il y a le Café créatif « De Fuedem
deen eis verbënnt ! ». C’est un espace
d’expression et de créativité pour découvrir
ou partager différentes techniques
artistiques dans une approche up-cycling.
Aussi bien le Repair Café que le
Café créatif sont, bien sûr, également des
espaces de rencontre autour d’une tasse
de café.
Finalement, en coopération avec la
« Nordstad Aktiv+ », nous encourageons
les seniors de Mertzig dans l’organisation
et la mise en œuvre d’activités culturelles
et sportives, aussi bien sur le plan local
que régional. L’offre est immense. Il suffit
juste de participer !
Et les associations locales ?
Le réaménagement de l’ancienne école
en tant que « Maison du Bien commun »
nous a permis de résoudre en grande
partie le problème lié au manque d’espaces
consacrés aux activités et aux réunions
des associations locales. Ainsi des
espaces ont été créés : deux salles complètement
équipées pour l’association
« Dréimoment – Dance, Fun & More »,
notre club de danse qui compte plus de
200 membres et qui propose différents
74
cours de danse et de ballet pour les
enfants à partir de quatre ans, jusqu’aux
jeunes adultes. Ces salles servent aussi
pour les cours de musique organisés par
l'École de musique de l’UGDA. Les cours
sont offerts en collaboration avec la
Fanfare de Mertzig.
Ensuite, notre Club des jeunes y a instauré
son « Clubhouse ». Une équipe professionnelle
de la « Nordstadjugend asbl »
est présente régulièrement afin d’organiser
des activités et workshops sur des
sujets divers. La Maison crée ainsi des
synergies avec nos partenaires, permettant
de soutenir les jeunes concrètement.
Le processus participatif ayant impliqué
les citoyens et les associations a donné
comme résultat la mise en place de ce
lieu de rencontre où une offre de programmes
variés est mise en place par
les associations et la commune. Ainsi, la
Maison est propice à l’organisation régulière
de cafés des langues par exemple,
en coopération avec le groupe Leader,
les communes voisines et la commission
du vivre-ensemble interculturel. Un
« écrivain public » pourrait être introduit
proposant ses services pour soutenir les
citoyens dans la rédaction de lettres dans
le cadre de procédures administratives.
En coopération avec les communes avoisinantes,
ce service pourrait également
être offert régionalement.
Comme il s’agit d’un processus dynamique,
nous avons encore élaboré un
projet artistique pour exposer dans les
couloirs et sur les grands murs des photographies
des associations et de l’histoire
de la commune en général, tout comme
les anciens panneaux de rues ont été fixés
pour servir notamment de repère pour
retrouver les différentes salles.
Administration communale
de Mertzig
22, rue Principale
L-9168 Mertzig
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76
| ACTUALITÉS COMMUNALES
GESPANNT
OPTIMISTISCH
Die Stauseegemeinde hat am 19.
September in Böwen (Bavigne)
einen neuen Gemeindebau
eingeweiht. Wir haben uns
im Vorfeld mit Bürgermeister
Marco Koeune über die anstehenden
Fusionsgespräche und
seine Vision der Gemeinde
unterhalten.
Es riecht noch alles neu im gerade
erst bezogenen Rathaus der
Stauseegemeinde. In den Büros stehen
Kartons, das Büro des Bürgermeisters
wirkt auf den Besucher noch eher wie
eine Kunstinstallation als ein richtiger
Arbeitsplatz. Doch eines fällt
sofort auf : Hier wurde auf repräsentative
Inneneinrichtung und sonstigen
Schnickschnack verzichtet. Der Raum ist
großzügig, hoch und klar – aber unauffällig.
« Bescheidenheit ist auch eine
Tugend», zitiert Bürgermeister Marco
Koeune seinen Amtsvorgänger mit
Blick auf das schlichte Design. Keine
Prunkmöbel, keine Extras – alle Tische
im Haus sind höhenverstellbar, ja, aber
die Büros sind gleich. Man verstehe sich
hier als Team, nicht als Chefetage.
Doch der neue Gemeindebau ist mehr
als nur ein Arbeitsplatz – er ist Symbol
eines neuen Selbstverständnisses : ökologisch,
transparent, funktional. Und er
könnte der erste Baustein für eine tiefgreifende
Veränderung sein.
Die Architektur stammt vom Büro Decker,
Lammar & Associés / Architecture
Hoffmann, ausgewählt über einen
Wettbewerb. Der Vorplatz mit
Bepflanzung, Sitzgelegenheiten und
barrierefreiem Zugang führt außerdem
über eine Treppe und einen Aufzug
bequem zu dem dahinterliegenden
Kulturzentrum aus den 80ger Jahren. Das
neue Rathaus der Stauseegemeinde präsentiert
sich als ein gelungenes Beispiel
für zeitgemäße, nachhaltige Architektur
mit starkem regionalem Bezug. Das
Gebäude wurde bewusst schlicht, funktional
und naturverbunden gestaltet.
Die Fassade kombiniert dunkle Holz- und
Metallverkleidungen mit vertikal angeordneten
Fenstern. Besonders auffällig ist
auch der Einsatz von heimischem Holz,
das dem Gebäude nicht nur eine warme
Ausstrahlung, sondern auch ökologische
Glaubwürdigkeit verleiht. Die vertikale
Holzschalung auf Teilen der Fassade
erinnert an die natürliche Umgebung der
Region – insbesondere die ausgedehnten
Wälder rund um den Stausee. Das Gebäude
ist dreigeschossig, mit einem klar strukturierten
Grundriss. Große Fensterflächen
sorgen für viel Tageslicht im Inneren,
während ein überdachter Eingang und
offene Treppenbereiche Transparenz und
Bürgernähe symbolisieren.
Rund 9 Millionen Euro hat das neue
Gebäude gekostet, gefördert durch
das Innenministerium mit 45%
Bezuschussung (Circulaire n°2025-
054) sowie durch Beiträge (z. B. für
Erdwärmenutzung & Photovoltaik).
Das Rathaus ist nachhaltig konzipiert :
gebaut mit teilweise Holz aus den
eigenen Gemeindewäldern. Sichtholz
aus heimischen Douglasien ziert die
Wände im Sitzungssaal, schallgedämmt
mit Schafwolle. Beheizt wird der
Gemeindebau in Böwen mit Erdwärme –
ganz ohne Klimaanlage. Auf dem Dach :
Photovoltaik. Der Gemeindeförster
hat hier ebenso ein Büro wie das
Technikerteam – Verwaltung, Natur und
Planung unter einem Dach.
In Böwen erhält aber demnächst auch das
Kulturzentrum ein Facelifting : bessere
Isolation, barrierefreie Sanitäranlagen,
moderne Technik – geeignet für Musik,
Theater, kommunale Veranstaltungen,
Familienfeste und Versammlungen.
Politisch steht ein weiteres großes
Thema an : Die mögliche Fusion mit
der Nachbargemeinde Bauschleiden
(Boulaide). Der Gemeinderat hat mehrheitlich
beschlossen, diesen Herbst
Sondierungsgespräche zu starten. « Unser
Ziel ist es, ein Referendum noch vor den
nächsten Gemeindewahlen abzuhalten »,
so Koeune. Vielleicht könnten dann schon
die nächsten Wahlen im Fusionsmodus
stattfinden, hofft er.
Dabei soll ehrlich geprüft werden, was
möglich und sinnvoll ist. « Es geht nicht
darum, in jedem Dorf ein Kulturzentrum
zu bauen. Es geht um Synergien innerhalb
der Region, Weitsicht statt
Kirchturmpolitik », so Koeune. Auch eine
Fusionsbegleitung u.a. mit der « Cellule
indépendante fusions communales
(CIFC) », im engen Austausch mit dem
Innenministerium wird angestrebt.
Die Gemeinde setzt auf Kooperation in
Zusammenarbeit mit dem Naturpark
Obersauer. Z.B. wurde rezent ein Pakt
zum interkulturellen Zusammenleben
in Liefringen am Stausee in Präsenz vom
Familienminister Max Hahn mit den sechs
Gemeinden rund um den Stausee zusammenarbeiten
unterschrieben.
Der Stausee prägt die Region – als
Naherholungsgebiet und Trinkwasser
77
Marco Koeune
speicher für das Land. Die neu ausgewiesene
Schutzzonen bringten jedoch
Einschränkungen für die Landwirtschaft.
Deshalb wurde bereits in 2015 die
« Landwirtschaftlech Kooperatioun
Uewersauer » (LAKU) gegründet, mit dem
Ziel Trinkwasserschutz und wirtschaftliche
Landwirtschaft unter einen Hut zu
bekommen. LAKU, deren Vorsitzender
auch Marco Koeune heißt, mit seinen
rund 100 Mitgliederbetrieben setzt sich
für eine wasserschonende landwirtschaftliche
Praxis ein, ohne hierbei wirtschaftliche
Nachteile für die landwirtschaftliche
Betriebe zu erhalten.
Die Planungen des Abwassersyndikat
SIDEN sind in Ausarbeitung, um die
Abwässer der Ortschaften Harlingen,
Walter (Watrange) und Tarchamps über
eine Druckleitung in eine moderne
Kläranlage nach Wiltz zu leiten. Das
Projekt wird um die 9 Millionen Euro
kosten. Ziel : So wenig Belastung wie
möglich für den Stausee. Gespart wird
bereits über den « apport au capital »,
also Kapitalbeiträge an die zuständigen
Strukturen.
Bereits in 2024 konnten die Kinderkrippe
(« Crèche Stauséi ») in Harlingen ihre
Pforten öffnen. In enger Zusammenarbeit
mit ARCUS können insgesamt 56 Kinder
– 24 Kinder unter 2 Jahre und 32 Kinder
zwischen 2 und 4 Jahre betreut werden.
Kostenfaktor : rund 4 Millionen
Euro mit angrenzendem Spillplatz. Die
Stauseegemeinde sieht sich als « service
provider » und will auf die Bedürfnisse seiner
Bürger eingehen.
Mit dem neuen « Centre médical » in
Nothum, das eine Apotheke, Allgemeinund
Fachärzte sowie ein Labor umfasst, will
die Gemeinde den ländlichen Raum stärken.
Die Bauarbeiten schreiten gut voran
und in aller Voraussicht wird das medizinische
Zentrum ab Herbst 2026 seine
Türen öffnen. « Es war keine Obligation
für die Gemeinde eine solche Investition
um die 8 Millionen zu tätigen, -aber
eine Notwendigkeit », so Bürgermeister
Koeune, um den Anforderungen einer
wachsenden Bevölkerung Rechnung zu
tragen.
Beim Wohnen bleibt die Gemeinde
aktiv : Bürger können Baugrundstücke
der Gemeinde in Nothum bereits für
38.000 Euro pro Ar erwerben – davon
kann man anderenorts nur träumen.
Angedacht sind auch neue Wohnformen:
Tiny Houses, WGs, für jüngere Menschen,
die sich erst noch finden, aber auch für
Alleinerziehende oder Menschen, die in
ihrem Leben eine Übergangsphase durchlaufen.
« Die letzten Jahre waren ruhig im
Wohnbau. Jetzt geht’s weiter – aber rationaler
», so Koeune.
In Kaundorf entsteht mitten in der
Ortschaft, auf einer neu erworbenen
Fläche « Am Bongert », ein Jugend-Hub,
wo sich junge Menschen treffen, Sport
treiben und Spass haben können. « Unsere
78
Nothum organisiert hatten, die visualisiert
wurde und jederzeit auf der Internetseite
der Gemeinde aufgerufen werden kann.
Auch wurde in der Ortschaft selbst ein
neuer innovativer Lehrpfad mit informeller
Beschilderung installiert.
Noch ist die Gemeinde vor allem
Wohnstandort. Viele pendeln nach
Luxemburg-Stadt, in die Nordstad oder
nach Wiltz. Doch am Schumannseck soll
gemeinsam mit den Nachbargemeinden
eine regionale Wirtschaftszone entstehen
– mit Arbeitsplätzen vor Ort. Arbeit,
Wohnen, Leben und Freizeitgestaltung
sollen eng verbunden sein. Das
Vereinsleben wird in der Stauseegemeinde
groß geschrieben. « Wir sind stolz keine
Schlafgemeinde zu sein », so Koeune
in seinen Ausführungen. Z.B. zählt der
FC Greenboys Harel 77 zu den größten
Sportvereinen der Region mit über
180 Jugendspielern. « Team Building,
Fairplay, Toleranz und Respekt sind die
Werte auf die es ankommt », so Koeune.
Auch Tischtennis (DTC Kaundorf), Musik
(Harmonie Harlange) und andere Vereine
sind aktiv.
Jugend ist aktiv. Viele studieren im
Ausland, kommen aber gerne zurück » sagt
Koeune. Ein digitales Tool – eine elektronische
Pinnwand per App – soll jungen
Leuten ermöglichen, ihre Ideen einzubringen,
egal wo sie gerade sind.
Die Region setzt auf Natur und
Qualität : Kajak, Wandern, Radfahren,
Camping – drei Plätze gibt es bereits,
dazu Wanderwege in Kooperation mit
ANF und CIGR. Im Sommer boomt
die Region, im Winter ist es ruhiger.
Geplant ist ein interaktives nationales
Wassererlebniszentrum, das dem hohen
Stellenwert einer Wasserregion gerecht
werden kann, so Marco Koeune.
Die Gemeinde erinnert auch an die
Geschichte : Z.B. : Das Interreg-Projekt
« Land of Memory », ein grenzübergreifendes
gedenktouristisches Angebote zum
Gedenken an das menschliche Leid, besonders
während der Ardennenoffensive. Am
Schumannseck wurde zusammen u.a. mit
den Schülern des Lycée du Nord aus Wiltz
(LN) ein pädagogisch wertvollen Lehrpfad
mit mannshohen Silhouetten realisiert.
Das Projekt trägt zum Erhalt des kulturellen
und natürlichen Erbes, aber auch zur
Aufwertung des Wissens, der Geschichte
und des Kollektivgedächtnis der Region
bei.
« Gerade in der heutigen volatilen Zeit wird
Erinnerung alleine nicht reichen, -sondern
Engagement », so Bürgermeister Koeune
und unterstrich dass die « Geschichtsfrënn
Uewersauer » im letztjährigen Winter eine
interessante Ausstellung zum Thema in
Die Feuerwehr – der CIS Lac – ist gut
ausgestattet : ein neues modernes
Löschfahrzeug (LF2) ein Eisatzfahrzeug
(DIW1) sowie ein Boot (RTB2) wurden im
Frühjahr in Präsenz von Innenminister
Léon Gloden eingeweiht. Zudem steht
ein Unimog bereit, um im Ernstfall z.B.
bei Waldbrand einsatzbereit zu sein. Die
Trockenheit der letzten Jahre zeigt, wie
wichtig schnelles Handeln ist. Neben
einem modernen Fuhrpark benötige man
allerdings auch adäquate Gebäulichkeiten
sowie eine gute Logistik.
Das neue Rathaus ist Symbol eines neuen
Selbstverständnisses : ökologisch, bürgernah,
zukunftsorientiert. Die Gemeinde
zeigt sich offen für Neues, ohne den ländlichen
Charakter zu verlieren. Mit Blick
auf die Fusion gibt sich Bürgermeister
Koeune « gespannt optimistisch ». In die
Gespräche gehe er jedenfalls « mit einem
guten Gefühl ».
Administration communale
du lac de la Haute-Sûre
7 Doerfstrooss
L-9635 Bavigne
www.lac-haute-sure.lu
Modularer Holzbau –
Die Bauweise der Zukunft
Die Anforderungen an die moderne Architektur haben sich in den letzten Jahren
grundlegend verändert. Räume müssen nicht nur bezahlbar und funktional sein,
sondern auch nachhaltig und flexibel. Als zukunftsweisende Holzbau-Spezialistin
setzt Blumer Lehmann auf modularen Holzbau und hat an ihrem Luxemburger
Standort bereits in diversen Projekten ihre Kompetenz unter Beweis gestellt.
Drei unterschiedliche
Nutzungen
Blumer Lehmann ist überzeugt: Holz ist das Baumaterial
der Zukunft und das modulare Bausystem die
perfekte Lösung für Anforderungen wie Nachhaltigkeit,
Flexibilität und Ästhetik. Bereits realisierte
Projekte von Blumer Lehmann in Luxemburg zeigen
die vielseitigen Möglichkeiten des Modulbaus.
Michael Weiler, der Gérant des Standorts Luxemburg,
ist überzeugt von den Möglichkeiten
des Holzbaus: «Unsere Bauten sind zu einem grossen
Teil recycelbar. Die Modularsysteme können
sogar im Sinne des Re-Use zurückgebaut und an
einem neuen Standort wieder aufgebaut werden.»
Die Möglichkeiten des modularen Bauens mit
Holz sind nahezu grenzenlos. Vorgefertigte Raummodule
werden zusammengebaut, nach Bedarf
erweitert oder demontiert und anderswo wieder
zu neuem Leben erweckt. Dank serieller Vorfertigung
können Zeit und Kosten eingespart werden,
ohne dass dabei der in di viduellen Gestaltung
Grenzen gesetzt sind. Der modulare Holzbau ist
die Zukunft nachhaltiger Architektur und bietet eine
ästhetisch ansprechende, flexible und langlebige
Alternative zu traditionellen Bauweisen.
Blumer Lehmann bietet mit ihrem Engagement
für den Standort Luxemburg und ihrer Kompetenz
im modularen Holzbau eine vielversprechende Lösung
für die nachhaltige Zukunft des Bauwesens.
Mehr Infos zu
unseren
Referenzen in
Luxemburg
Ein Beispiel dafür ist ein
temporäres Holzgebäude,
das 2014 als Provisorium für
ein Bergrestaurant in der
Schweiz errichtet und später
mehrfach umgenutzt
wurde. Es besteht aus drei
vorgefertigten Holzmodulen.
Nach der ersten Nutzung
wurde das Gebäude in
Moutourt als Büro mit 4 Arbeitsplätzen
eingesetzt.
Seit 2024 steht das Gebäude
in seiner dritten Nutzungsphase
als Wohnhaus
in Esch-sur-Sûre. Das Beispiel
zeigt, wie der Holzmodulbau
flexibel auf neue
Nutzungsbedürfnisse angepasst
werden kann.
↳ blumer-lehmann.com
80
| ACTUALITÉS COMMUNALES
INAUGURATION DE LA NOUVELLE ADMINISTRATION COMMUNALE
À BAVIGNE
Le 19 septembre 2025, Bavigne a inauguré son nouveau bâtiment communal
sous un soleil radieux. Après plus de deux ans de travaux, l’administration et
le service forestier, représenté par le garde Jeannot Huijben, ont retrouvé leurs
locaux modernisés au 7, Doerfstrooss, quittant les containers provisoires de
Harlange. Le déménagement, organisé début août, avait permis au personnel de
prendre ses repères avant l’ouverture officielle. L’événement a réuni plusieurs
figures politiques, dont le ministre des Affaires intérieures Léon Gloden, la ministre
de l’Agriculture Martine Hansen et la ministre de la Santé Martine Deprez,
aux côtés d’élus locaux et régionaux.
81
SYVICOL
NEWS
© SYVICOL
« LG - Lëtzebuerger Gemengen »
publiera sous la responsabilité
rédactionnelle du SYVICOL régulièrement
la rubrique « SYVICOL
News » dont le but est d’impliquer
encore davantage les élus
communaux et le personnel du
secteur communal dans le travail
de l’association faîtière des
100 communes du pays.
Échange de vues avec le ministre
des Affaires intérieures au sujet des
réformes prévues au niveau des autorisations
de construire
Le 22 septembre 2025, une réunion s’est
tenue dans les locaux du SYVICOL entre
le ministre des Affaires intérieures, Léon
Gloden, et les membres du comité du
SYVICOL.
L’objectif était de discuter la manière dont
le projet de loi n°8480, qui vise notamment
à introduire des délais en matière
d’autorisation de construire et le projet
de règlement grand-ducal qui définit des
seuils en-dessous desquels aucune autorisation
ne sera dorénavant nécessaire
(« Bagatell-Grenzen ») seront modifiés en
réaction aux avis y relatifs du SYVICOL.
Les amendements gouvernementaux ainsi
que les modifications envisagées du projet
de loi et du projet de règlement précités
ont également été discutés dans ce
contexte.
Le comité du SYVICOL a formulé plusieurs
observations immédiates à cet égard et,
compte tenu de l’importance pratique de
la thématique, s’est engagé à se réunir
prochainement pour fournir un retour
utile et définitif au ministre des Affaires
intérieures.
Entrevue avec le CGDIS concernant les
avis dans le cadre des procédures d’autorisation
de construire
Le 22 septembre 2025, les membres du
comité du SYVICOL ont reçu des représentants
du CGDIS pour discuter de
l’avis de ce dernier dans le cadre de la
procédure de délivrance des autorisations
de construire, ceci dans le contexte de la
refonte de la législation y relative.
D’emblée, le président du SYVICOL, Emile
Eicher, a souligné l’importance de l’avis
du CGDIS pour les projets de construction
d’une certaine envergure, car le
bourgmestre détient un pouvoir de police
administrative en matière de sécurité. Il a
rappelé que l’objectif de la réforme était
de simplifier et d’accélérer les procédures
d’autorisation, et qu’il était donc essentiel
de définir avec précision les cas dans lesquels
l’avis du CGDIS est à demander et la
procédure applicable.
Des modalités possibles pour intégrer efficacement
l’avis du CGDIS dans le cadre
plus général de la procédure de délivrance
de l’autorisation de construire ont ensuite
été présentées, le SYVICOL faisant part
des besoins et des intérêts des communes,
le bourgmestre étant l’acteur clé dans ce
domaine.
Les deux parties continueront d’échanger
leurs points de vue respectifs lors de
réunions ultérieures, notamment dans
le cadre des groupes de travail relatifs à
l’élaboration d’un règlement national des
bâtisses.
Entrevue entre le SYVICOL et la
Fédération HORESCA
Dans le cadre d’une réunion le 30 juillet
2025 entre le bureau du SYVICOL et
la Fédération Nationale des Hôteliers,
Entrevue entre le comité du SYVICOL et le ministre des Affaires intérieures
Restaurateurs et Cafetiers du Grand-
Duché de Luxembourg, représentée par
son secrétaire général Steve Martellini,
plusieurs sujets d’intérêt pour les deux
parties ont été abordés.
Dans ce contexte, Steve Martellini a souligné
que la législation actuellement en
vigueur concernant les licences de cabaretage
n’est plus adaptée aux réalités du
terrain. Un autre sujet concernait directement
les communes qui investissent dans
la réhabilitation de locaux vacants en vue
d’y accueillir un établissement HORECA,
contribuant ainsi à renforcer leur attractivité.
« Etant donné que ces locaux sont
de temps à autre mis à disposition de
commerçants à des loyers très bas, voire
à titre gratuit, cette démarche peut être
perçue comme une forme de concurrence
déloyale par les autres commerçants
locaux », a affirmé Steve Martellini.
Enfin, la fédération s’est montrée inquiète
de constater l’introduction par certaines
communes d’une taxe de séjour jugée
excessive et a lancé un appel aux communes
souhaitant introduire une telle
taxe, à adopter une approche équilibrée,
dans une optique de promotion durable
du tourisme local.
SYVICOL
3, rue Guido Oppenheim
L-2263 Luxembourg
T. +352 44 36 58 - 1
E. info@syvicol.lu
www.syvicol.lu
82
| ACTUALITÉS COMMUNALES
LES ÉLUS LOCAUX SE DÉVOILENT
LUCIEN MEYERS
EDY MERTENS
YVES KAISER
WINCRANGE TROISIVERGES KIISCHPELT
Lucien Meyers est bourgmestre de la
commune la plus vaste du Luxembourg
avec une superficie de plus de 11.000 ha
et 27 localités.
Edy Mertens est le bourgmestre de la
commune de Troisvierges, située dans
l’extrême nord du Luxembourg, depuis
le 21 novembre 2011.
Yves Kaiser a été élu bourgmestre de
Kiischpelt pour le mandat 2023-2029
aux côtés des échevins Serge Zenner et
Jos Fischbach.
Ses projets en cours : la construction
d’un nouveau centre éducatif combiné
à l’école et à la Maison relais, l’extension
du centre médical, les défis liés à l’approvisionnement
en eau.
Ses projets en cours : un nouveau parking
P+R multifonctionnel à la gare (inauguré
en juillet 2025) ; la refonte du PAG
afin de préserver l’identité des différents
villages de la commune et d’encadrer le
développement urbain, la mobilité et l’environnement
; le Pacte du vivre-ensemble
et de l’inclusion.
Ses projets en cours : la transformation
de l’ancien hôtel Hatz à Kautenbach,
actuellement vide, en un ensemble résidentiel
; création d’un centre socio-thérapeutique
dans l’ancienne ferme Kneip
à Kautenbach ; la construction de six
maisons unifamiliales à livraison locative
à Pintsch.
Pacte Climat : 77,9% - Pacte Nature : 53,2%
Pacte Climat : 72,8% - Pacte Nature : 50,7%
Pacte Climat : 79%
FRANÇOIS WEYRICH
FABIENNE HUBERTY
CAROLE GILS
VIANDEN PUTSCHEID TANDEL
François Weyrich occupe la fonction de
bourgmestre de Vianden depuis le 5 juillet
2023. Il partage symboliquement la
gestion de la commune avec Paul Petry,
qui exercera le rôle de bourgmestre à
mi-mandat selon un accord de rotation.
Ses projets en cours : la rénovation de
l’ancien cloître des Trinitaires datant du
XVI e siècle en vue d’en faire une auberge
de jeunesse avec cafeteria et terrasse ;
la rénovation de la piscine en plein air
et en particulier du bassin olympique
extérieur ; création d’une piste pédestre
et cyclable depuis Echternach jusqu’à la
ville ; la création de logements innovants.
Pour le mandat 2023-2029, la population
a choisi Fabienne Huberty pour
occuper les fonctions de bourgmestre
de la commune de Putscheid.
Ses projets en cours : le réaménagement
écologique de l’espace vert à
Bivels ; un accompagnement actif des
projets de construction, notamment
en matière de logement abordable ; le
développement de la mixité sociale et
de l’urbanisme durable.
Carole Gils occupe les fonctions
de bourgmestre de la commune de
Tandel créée le 1er janvier 2006 par la
fusion des anciennes communes de
Bastendorf et Fouhren.
Ses projets en cours : un nouveau
PAG incluant des aménagements écologiques
tels que des corridors écologiques
et des zones de servitude
« tampons » ; un parc éolien « Wandpark
Tandel-Veianen » ayant pour objectif la
réduction des émissions de CO 2
d’environ
5.850 tonnes par an.
Pacte Climat : 77,9% - Pacte Nature : 52,6%
Pacte Climat : 85,7% - Pacte Nature : 53,7%
Pacte Climat : 87,4% - Pacte Nature : 63,1%
83
ROMAIN WESTER
GEORGES KEIPES
PARC HOSINGEN CLERVAUX
THIERRY LAGODA
BECKERICH
Romain Wester est le bourgmestre de la
commune de Parc Hosingen née en 2012
de la fusion des anciennes communes
de Consthum, Hoscheid et Hosingen.
Ses projets en cours : la création d’un
contournement de la N7 comprenant
au total huit ouvrages d’art, la mobilité
douce, des passages pour la faune et
des écrans antibruit ; la création d’un
centre médical moderne afin de pallier le
manque d’infrastructures adaptées dans
la région ; la construction de près de 400
logements ; l’établissement d’un hall de
sport dans le cadre d’une collaboration
intercommunale.
Pacte Climat : 85,5% - Pacte Nature : 63,1%
Georges Keipes est le bourgmestre
de la commune de Clervaux, reconnue
comme Cittaslow, promouvant une qualité
de vie soignée, des traditions locales,
l’artisanat et le slow food.
Ses projets en cours : la création d’un
espace de coworking pour le personnel
administratif, réduire les trajets vers la
capitale et stimuler l’économie locale ;
l’aménagement de la N90, ou Transversale
de Clervaux, visant à détourner le trafic de
l’hypercentre ; le développement des logements
abordables via son PAL ; l’établissement
d’un projet pilote contre la pollution
lumineuse.
Pacte Climat : 83,2% - Pacte Nature : 63,9%
Thierry Lagoda est le bourgmestre
de Beckerich. Depuis son élection, la
commune se distingue par plusieurs
initiatives axées sur le développement
durable et l’amélioration de la qualité
de vie des habitants.
Ses priorités politiques : promouvoir
la transition énergétique avec des projets
tels que des centrales à biomasse
et de méthanisation, encourager les
énergies renouvelables comme le photovoltaïque
et l’éolien et développer des
infrastructures pour le logement et le
sport, en préservant l’environnement.
Pacte Climat : 81% - Pacte Nature : 52,6%
HENRY RASQUÉ
ELL
Henri Rasqué est le bourgmestre d’Ell.
Grâce à lui, plusieurs initiatives ont été
mises en place pour améliorer la qualité
de vie des habitants et soutenir le développement
de la commune.
Ses priorités politiques : favoriser le
développement démographique et
l’attractivité résidentielle, soutenir les
infrastructures culturelles et associatives
et améliorer la mobilité locale avec des
solutions de transport variées, y compris
des navettes et des lignes de bus.
MARC GERGEN
PRÉIZERDAUL
Marc Gergen est le bourgmestre de
Préizerdaul. Depuis son élection, plusieurs
initiatives importantes ont été
mises en place pour améliorer la qualité
de vie des habitants et soutenir le développement
de la commune.
Ses priorités politiques : l’élaboration
du Plan d’Aménagement Général (PAG)
pour structurer l’urbanisation, la mise
en œuvre du Programme d’Action Local
pour des logements abordables et
durables et la participation aux Plans
Directeurs Sectoriels Transports pour
une mobilité durable.
MYRIAM BINCK
RAMBROUCH
Myriam Binck est la bourgmestre de
Rambrouch. Elle mène des actions pour
améliorer la qualité de vie des habitants
et soutenir le développement durable
de la commune.
Ses priorités politiques : créer des logements
abordables et durables grâce au
Programme d’Action Local, améliorer
les infrastructures sportives avec la
construction d’une buvette à Perlé et
protéger l’environnement à travers des
initiatives comme le Contrat de Rivière.
Pacte Climat : 74,6% - Pacte Nature : 41,9%
Pacte Climat : 78,1% - Pacte Nature : 40,9%
Pacte Climat : 60,6%
84
| ACTUALITÉS COMMUNALES
85
INTRONISATION
DU GRAND-DUC
GUILLAUME
Retour en images sur un moment historique pour le Luxembourg :
la passation de pouvoir entre le Grand-Duc Henri et son fils, le nouveau
Grand-Duc Guillaume. Le vendredi 3 octobre 2025, après vingtcinq
ans de règne, Henri a officiellement abdiqué, laissant la place à
son héritier. Entouré de son épouse, la Grande-Duchesse Stéphanie
et de leurs enfants, le prince Charles et le prince François, S.A.R.
Guillaume a prêté serment devant la Chambre des députés. Une
journée empreinte d’émotion, marquée par la continuité dynastique
et l’unité d’une famille au service de son pays.
86
mcluxembourg.lu
Äre Strategieberoder
fir den
Secteur Public
STRATEGIEBERODUNG
GESTION DE PROJET
ËFFENTLECH INFRASTRUKTUREN
KLIMABERODER
CONSEILLER LOGEMENT
DEN ERFUERENE GUIDE UN ÄRER SÄIT
Strategesch. Ganzheetlech. Onofhängeg.
88
BRÈVES
COMMUNALES DE L’EST
PAR LÉA BEHNOUS
JUNGLISTER
La commune de Junglister annonce que
« la cérémonie du mérite communal »
aura lieu le 13 novembre 2025. L’objectif
est d’honorer les citoyens et les associations
ayant témoigné d’accomplissements
dans les domaines du sport, de
la culture et du bénévolat. Les candidatures
peuvent être présentées par les
responsables associatifs, les citoyens,
les commissions compétentes, ou par
les personnes elles-mêmes.
Source : junglister.lu
MERTERT
Le projet « AquaPilot » qui relie la commune
d’Oberbillig en Allemagne, à celle
de Mertert au Luxembourg, devrait
bientôt être opérationnel : le bac électrique
« Sankta Maria II » devrait bientôt
pouvoir naviguer correctement. Le
but étant de faire de ce projet, soutenu
par l’Union européenne, un moyen
de transport qui s’inscrit dans la vie
quotidienne des citoyens, puisqu’il est
connecté avec les bus, les trains et les
pistes cyclables. Le bac devrait pouvoir
fonctionner de manière « partiellement
autonome » et être exploité par un assistant
plutôt que par un capitaine, selon
le site de la commune.
Source : mertert.lu
GREVENMACHER
Durant ce mois de septembre, l’administration
communale de Grevenmacher
s’est proposée d’engager un membre
du conseil d’administration pour les
besoins de l’office social commun
des communes de Biwer, Flaxweiler,
Grevenmacher, Manternach, Mertert
et Wormeldange. Les candidats, qui
doivent remplir les conditions légales
pour être éligibles au conseil communal
de la commune de Grevenmacher,
ont eu jusqu’au 30 septembre 2025
pour déposer leur candidature.
Source : grevenmacher.lu
MONDORF-LES-BAINS
Un événement organisé dans le but
de récompenser « les sportifs méritants
» de la ville va être organisé le
vendredi 14 octobre 2025, au Bierger-a
Kulturhaus, à Mondorf-les-Bains. Ceci
concerne les citoyens ou les membres
d’un club sportif ayant soit : « réalisé un
exploit sportif ou collectif », « participé
à un championnat international » ou
« monté de division ». Les personnes
concernées et intéressées sont invitées
à contacter la commission des sports
par email.
Source : mondorf-les-bains.lu
ROSPORT-MOMPACH
La commune de Rosport-Mompach annonce
la mise en location d’un appartement
sis au L-6580 à Rosport, 7 route
d’Echternach dans la résidence « Hotel
de la Poste ». D’une surface de 59,11 m²,
le bien dispose d’un séjour, d’une cuisine
équipée, d’une salle de bain avec
douche et WC, d’une chambre à coucher,
deux places de parking, d’une
cave et d’une buanderie commune. Les
personnes intéressées doivent adresser
leur candidature avant le 15 octobre
au collège des bourgmestre et échevins
de la commune de Rosport-Mompach,
au 9 rue Henri Tudor.
Source : rosportmompach.lu
REMICH
La ville de Remich organise un concours
de photos pour les photographes amateurs,
sur le thème de « l’automne à
Remich et alentours ». Divisé en deux
catégories d’âge, les moins de quatorze
ans et les plus de quatorze ans.
Les participants doivent envoyer trois
photos papier ou digital avant le 15
novembre, avec leurs informations personnelles
et les informations de prise
de la photo. Le premier prix constitue
la somme de 100 euros, le deuxième
50 euros et le troisième 25 euros. Les
photos gagnantes seront publiées au
tourist-info à Remich et seront publiées
sur le site de la commune, ainsi que sur
leur page Facebook.
Source : bierger.remich.lu
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v
90
| ENVIRONNEMENT
91
LE PARC NATUREL DE L’OUR :
UN MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT
DURABLE AU NORD DU LUXEMBOURG
Au nord-est du Luxembourg, à la frontière avec l’Allemagne et la Belgique, s’étend l’un des territoires
les plus emblématiques du pays : le Parc Naturel de l’Our. Créé pour préserver la richesse naturelle et
culturelle de cette région, il regroupe aujourd’hui huit communes : Clervaux, Parc Hosingen, Tandel,
Putscheid, Vianden, Kiischpelt, Troisvierges et Wincrange. Ensemble, elles travaillent à faire de ce territoire
un espace vivant où écologie, économie et social avancent main dans la main.
Une mission claire : protéger et valoriser
Dès sa création, le Parc s’est donné une
mission ambitieuse : concilier la protection
de la nature avec le développement
des activités humaines. Situé sur un territoire
de plus de 306 km², il constitue un
véritable laboratoire pour le développement
durable à l’échelle locale.
Ses priorités s’articulent autour de plusieurs
axes : préserver la biodiversité et les
paysages typiques de la vallée de l’Our ;
promouvoir une agriculture respectueuse
de l’environnement ; soutenir l’artisanat
et les producteurs régionaux ; favoriser un
tourisme doux et responsable et sensibiliser
les citoyens et les jeunes générations
aux enjeux environnementaux.
Une richesse naturelle et culturelle
exceptionnelle
La vallée de l’Our, aux paysages encaissés
et sauvages, constitue le cœur du parc. On
y trouve une biodiversité remarquable,
avec des espèces rares protégées dans
le cadre du réseau Natura 2000. Forêts
anciennes, prairies fleuries et zones
humides forment un écosystème fragile
mais vital pour l’équilibre écologique du
pays.
Le Parc de l’Our ne se limite pas à la
nature. Il abrite aussi un patrimoine culturel
riche : villages pittoresques, traditions
locales, et bien sûr des sites emblématiques
tels que le château de Vianden, l’un
des plus beaux châteaux médiévaux d’Europe,
ou encore le château de Clervaux,
qui accueille la célèbre exposition photographique
The Family of Man.
Des projets tournés vers l’avenir
Depuis plusieurs années, le Parc met en
œuvre des projets concrets qui traduisent
sa volonté d’être un acteur du changement
: énergies renouvelables et efficacité
énergétique, plusieurs communes
membres expérimentent des solutions
innovantes pour réduire leur empreinte
carbone, en lien avec la transition énergétique
nationale. Tourisme durable :
développement d’itinéraires de randonnée
et de circuits VTT, promotion des
séjours écotouristiques et mise en valeur
des paysages naturels. Programmes LIFE :
participation à des projets européens pour
protéger les espèces menacées et restaurer
les habitats naturels. Produits régionaux
labellisés : miel, jus, confitures ou
produits agricoles estampillés « Produit
du Parc Naturel » valorisent le savoir-faire
local et soutiennent l’économie rurale.
Une gouvernance intercommunale
La gestion du Parc repose sur un syndicat
intercommunal qui fédère les huit
communes membres. Cette gouvernance
partagée reflète l’esprit du projet : mettre
en commun des ressources et des compétences
pour relever des défis qui dépassent
les frontières communales.
La dimension transfrontalière est également
essentielle : membre de l’Union
des Parcs de l’Euregio, le Parc de l’Our
collabore étroitement avec ses voisins
allemands et belges pour développer des
initiatives communes.
Une identité régionale forte
En rassemblant les communes autour d’un
projet commun, le Parc de l’Our contribue
à forger une véritable identité régionale.
Les habitants se reconnaissent dans ce
territoire qui valorise leur patrimoine,
tout en leur offrant de nouvelles perspectives
économiques et sociales.
Pour les communes, c’est aussi un outil
stratégique : il leur permet d’accéder à
des financements européens, de renforcer
leur attractivité touristique, et de proposer
à leurs habitants des projets concrets
en matière d’environnement, de mobilité
douce ou de culture.
Un territoire inspirant pour tout le
Luxembourg
À l’heure où les enjeux climatiques et
énergétiques s’imposent dans toutes les
politiques publiques, le Parc Naturel de
l’Our apparaît comme un exemple inspirant.
Son approche intégrée, où nature,
économie et société se complètent,
constitue une piste pour l’ensemble du
Luxembourg.
Avec ses projets d’avenir, son patrimoine
exceptionnel et son esprit de coopération,
le Parc Naturel de l’Our s’affirme comme
un pôle d’innovation durable, mais aussi
comme un espace de vie préservé, au service
des habitants comme des visiteurs.
Le Parc Naturel de l’Our illustre parfaitement
comment un territoire peut relever
les défis du XXI e siècle en alliant respect
de la nature, dynamisme économique et
solidarité entre communes. Plus qu’un
parc, il est devenu un véritable modèle de
gouvernance territoriale et de durabilité.
Par LVG
92
| ENVIRONNEMENT
LANCEMENT DU NOUVEAU COMITÉ DE
PILOTAGE NATURA 2000 LIAS – UELZECHTDALL
Le 17 septembre 2025, le ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité,
Serge Wilmes a inauguré le comité de pilotage Natura 2000 (COPIL)
« LIAS – Uelzechtdall » au Brill de Schifflange.
la région située entre les deux pôles urbains :
la Ville de Luxembourg et le Minett au sud. À
l’est, le secteur du Lias moyen est marqué par
la vallée de l’Alzette.
Les douze sites Natura 2000 - deux zones de
protection spéciales (ZPS) et dix zones spéciales
de conservation (ZSC) - abritent une
grande diversité d’habitats, dont les plaines alluviales
de l’Alzette et ses affluents, qui jouent
un rôle essentiel pour l’avifaune. Leur préservation
durable requiert une gestion concertée
conciliant la protection de la nature avec les
intérêts humains, culturels et agricoles.
L’objectif des comités de pilotage Natura 2000
est de concilier les impératifs de protection de
la nature avec les réalités écologiques, économiques,
sociales, culturelles et agricoles du
territoire. Ils facilitent ainsi la coordination
des actions de tous les acteurs. La création
des COPILs constitue une mesure concrète
découlant de la loi modifiée du 18 juillet 2018
relative à la protection de la nature et des ressources
naturelles. Ces comités assurent la
gouvernance et la mise en œuvre efficace des
plans de gestion des zones Natura 2000.
Avec la signature de la charte de collaboration
du comité de pilotage Natura 2000 « LIAS
– Uelzechtdall » ce COPIL devient le huitième
et dernier à être mis en place, après ceux des
sites suivants : « Minetter Dagebaugebidder »,
« Éislek », « Atert-Warkdall », « Mamer-Äischdall-Gréngewald
», « Mëllerdall », « Uewersauer
» et « Guttland Musel ».
Au Luxembourg, le réseau Natura 2000 couvre
actuellement 28,07% de la surface du pays, soit
72.797 hectares. Il comprend 49 zones « Habitats
» (48.892 ha) et 18 zones « Oiseaux » (47.259
ha) qui se superposent en certains endroits.
« Les comités de pilotage constituent un outil
participatif essentiel pour assurer une gestion
efficace de nos sites Natura 2000. C’est
grâce à cette collaboration que nous pouvons
atteindre nos objectifs de protection des habitats
naturels et des espèces. Rapportée à la
taille de notre territoire, la superficie de nos
sites Natura 2000 nous place parmi les cinq
premiers pays européens - une source de fierté
et un atout pour notre pays », a souligné
Serge Wilmes.
La composition du COPIL « LIAS – Uelzechtdall
»
Le COPIL « LIAS – Uelzechtdall » est composé
de représentants du MECB et des administrations
[Administration de la nature et des
forêts (ANF), Administration de la gestion de
l’eau (AGE), Administration des services techniques
de l’agriculture (ASTA), Administration
des ponts et chaussées], des représentants
politiques des treize communes concernées
(Bertrange, Bettembourg, Dippach, Garnich,
Hesperange, Käerjeng, Leudelange, Mamer,
Mondercrange, Reckange-sur-Mess, Roeser,
Sanem, Schifflange), du Syndicat intercommunal
pour la conservation de la nature (Sicona-Sud-Ouest),
des exploitants agricoles et de
la Chambre d’agriculture, du groupement des
sylviculteurs (Privatbësch ASBL), des sections
régionales de natur&ëmwelt, de la Centrale
ornithologique Luxembourg (COL), de l’Office
régional du tourisme, du syndicat Minett
Unesco Biosphere, du LEADER Centre-Ouest
ainsi que du contrat de rivière du Bassin supérieur
de l’Alzette.
Le comité de pilotage Natura 2000 « LIAS –
Uelzechtdall » sera présidé par Michel Krischel,
chef de l’Arrondissement Sud au sein de l’ANF.
L’animateur des sites
Pour accompagner le COPIL dans la réalisation
de ses missions, un animateur est engagé
au sein de l’ANF. Il assure la coordination des
travaux du comité, fait office de personne de
contact pour les membres du COPIL, et joue
un rôle clé dans la mise en œuvre et le suivi
des mesures prévues dans les plans de gestion
des zones Natura 2000 concernées.
La région du COPIL « LIAS-Uelzechtdall »
Les couches géologiques datant du Jurassique
inférieur (Lias) ont donné leur nom à
L’occupation des sols dans la région est étroitement
liée aux milieux aquatiques, notamment
à l’Alzette et à son affluent, la Mess. La zone est
majoritairement exploitée par l’agriculture, qui
couvre environ 60% de la surface, principalement
en prairies permanentes et terres arables,
dont 90% sont privées. Les forêts feuillues
(chênaies et hêtraies) occupent environ 30%
des sites, également à hauteur de 30% en main
privée. Ainsi, approximativement 70% des terrains
situés dans les zones Natura 2000 appartiennent
à des propriétaires privés.
Parmi les zones Natura 2000 désignées « Oiseaux
» (ZPS), les habitats principaux sont
constitués de prairies maigres de fauche, de
prairies humides du Calthion, de magnocaricaies
et de roselières. Le bassin versant
de l’Alzette était historiquement couvert de
forêts alluviales, dont le site du Roeserbann
- avec ses bras morts - constitue un exemple
remarquable. Bien que leur superficie soit réduite,
les hêtraies de l’Asperulo-Fagetum et
les chênaies-charmaies forment également
des habitats forestiers notables dans la région.
Espèce emblématique de ces milieux, la cigogne
blanche illustre la richesse de l’avifaune,
notamment des espèces migratrices fréquentant
les zones ouvertes. Parmi les oiseaux
nicheurs figurent le râle d’eau, la pie-grièche
grise, le martin-pêcheur, ainsi que le pic mar.
Côté mammifères, la chauve-souris Murin de
Bechstein représente une espèce forestière
emblématique de la biodiversité locale.
Plus d’informations sur natura2000.lu.
Communiqué par le ministère de l’Environnement,
du Climat et de la Biodiversité / Comité de pilotage
Natura 2000 LIAS – Uelzechtdall
ENVIRONNEMENT | 93
CONSEIL « ENVIRONNEMENT » :
LE LUXEMBOURG APPELLE À UNE COHÉRENCE
CLIMATIQUE RENFORCÉE
À l’issue de la réunion extraordinaire du
Conseil « Environnement » de l’Union
européenne, qui s’est tenue ce jeudi 18
septembre 2025 à Bruxelles, le ministre
luxembourgeois Serge Wilmes a exprimé sa
profonde déception face à l’absence d’accord
pour compléter la loi européenne sur
le climat par un objectif de réduction des
émissions de gaz à effet de serre de 90% à
l’horizon 2040, ainsi que pour finaliser dès
à présent la Contribution déterminée au niveau
national (CDN) de l’Union européenne
pour 2035 dans le cadre de l’accord de Paris.
© Union européenne
Malgré les efforts soutenus de la Présidence
danoise, les États membres se sont limités
à un débat d’orientation sur la proposition
de modification de la loi européenne sur le
climat, ainsi qu’à une déclaration d’intention
visant à soumettre la CDN de l’Union
européenne à temps pour la COP30, qui
se tiendra en novembre 2025 à Belém. Le
Luxembourg regrette cette occasion manquée
de renforcer la crédibilité climatique
de l’Union européenne.
Maria Panayiotou, ministre du Développement rural et de l'Environnement de Chypre ;
Serge Wilmes, ministre luxembourgeois de l'Environnement, du Climat et de la Biodiversité
© Union européenne
« C’est une perte de temps et de crédibilité
monumentale que je déplore profondément.
En reportant des décisions cruciales,
nous décevons nos concitoyens, nous nuisons
à nos entreprises et nous perdons
la confiance de nos partenaires hors de
l’Union européenne », a déclaré le ministre
Serge Wilmes.
Le Luxembourg réaffirme que la CDN pour
2035 doit impérativement découler d’un accord
sur la loi sur le climat et l’objectif pour
2040 qui y sera inscrit, et être cohérente à
l’objectif de limiter le réchauffement global
à 1,5°C à l’accord de Paris et aux dernières
recommandations scientifiques. Le
ministre a également insisté sur le maintien
d’une ambition minimale de -90% en 2040,
à l’image d’autres grands émetteurs comme
le Royaume-Uni.
Il a par ailleurs souligné qu’il est essentiel
d’accélérer la décarbonation de nos systèmes
énergétiques afin de réduire notre
dépendance énergétique et créer des opportunités
pour nos industries et nos citoyens
Serge Wilmes ; Anikó Raisz, secrétaire d'État hongroise chargée de l'Environnement et de l'Économie circulaire
et Jean-Luc Crucke, ministre belge de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale
dans un monde de plus en plus concurrentiel.
La responsabilité commune étant
de veiller à ce que nos orientations stratégiques
s’inscrivent dans l’avenir et ne nous
enchaînent pas au passé.
Le Luxembourg s’est dit prêt à souscrire au
texte de la loi sur le climat tel que mis en
avant par la Présidence danoise du Conseil,
incluant une flexibilité limitée de 3% via des
crédits internationaux soumis à des critères
qualitatifs stricts, et a appellé à une adoption
rapide de la modification de la loi sur le
climat et de la CDN avant la COP30.
Enfin, le ministre Serge Wilmes a rappelé
que l’Europe, région du monde qui se réchauffe
deux fois plus vite que la moyenne,
doit agir par intérêt commun afin de préserver
voire renforcer sa compétitivité, sa sécurité
énergétique et son rôle de leader dans
la diplomatie climatique.
Communiqué par le ministère de l’Environnement, du
Climat et de la Biodiversité
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| ENVIRONNEMENT
TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE :
LA GRANDE RÉGION
DANS LE VERT
Les résultats de la grande enquête « Les dirigeants face aux défis de
la transition énergétique » viennent d’être dévoilés et se montrent
plutôt encourageants. Entre la croissance progressive des énergies
renouvelables et les engagements RSE renforcés, la Grande Région
est sur la bonne voie.
ont été abordées telles que la digitalisation
énergétique, le financement et les facteurs
externes ou encore la mobilité électrique.
L’enquête a été lancée dans la Grande
Région francophone et près d’une centaine
d’organisations luxembourgeoises, françaises
et belges y ont participé.
Des raisons d’être optimiste
Les résultats du sondage ont été perçus
comme « très encourageants » par le directeur
d’Enerdeal Luxembourg, François
Neu. Si seulement un tiers des entreprises
interrogées montre des ambitions fortes
en matière de consommation énergétique,
70% des participants auraient des objectifs
pour réduire leur impact environnemental,
peu importe lesquels, et disposeraient
d’une feuille de route.
Montée de l’intelligence artificielle, climat
politique imprévisible et économie instable
: dans une période marquée par l’incertitude
et les changements, la question de
la transition énergétique s’effaçait presque
du tableau des grandes préoccupations.
Jusqu’à la mi-septembre, plusieurs
entreprises en partenariat, comptant
notamment Enerdeal et IMS, ont mené
un sondage auprès des entreprises industrielles
de la Grande Région. Composé
d’une trentaine de questions, le formulaire
a été élaboré pour répondre aux grandes
interrogations du moment, notamment
les priorités des acteurs économiques face
à la transition énergétique et les pressions
environnementales. Plusieurs thématiques
Concernant la transparence des entreprises,
l’enquête a révélé que 57% des
interrogés réaliseraient des bilans carbone,
43% réaliseraient un rapport
annuel RSE, contre 26% qui n’en feraient
aucun. La moitié des entreprises interrogées
posséderait une certification ISO,
qui définit les exigences d’un système de
management environnemental ou bien
une certification BREEAM, évaluant les
95
performances environnementales des
bâtiments.
Sur le plan de la mobilité, 66% des entreprises
se seraient tournées vers l’électrique,
l’objectif du Luxembourg étant
d’atteindre 49% de véhicules électrifiés
d’ici 2030.
Un sujet stratégique pour les dirigeants
Le taux d’entreprises se mettant au vert
est bien en hausse, mais les motivations
varient. L’enquête a révélé que la pression
des sociétés à adopter des pratiques environnementales
provenait principalement
de facteurs externes : près de 45% des
interrogés auraient avoué ressentir une
pression de la part de leurs clients et usagers
sur le plan environnemental.
De plus, 77% des interrogés estiment
qu’avoir une démarche et des engagements
écologiques peut avoir un impact
sur leur activité commerciale. À la question
des sujets prioritaires pour leur entreprise
sur le plan énergétique, 23% ont
répondu que leur motivation principale
était leur image ou la RSE. Près de 15%
des interrogés auraient également déjà
installé des sources de production d’énergie
renouvelable dans leur entreprise pour
améliorer leur image.
Une stratégie RSE bien menée pourrait,
en effet, différencier les marques entre
elles et fidéliser les clients. Un point que
souligne Frank Thomé, membre du directoire
de Ceratizit, société pionnière sur
le marché du carbure : « nous sommes
convaincus qu’on réussit à fidéliser beaucoup
de client de cette manière ». En 2025,
Ceratizit a atteint les 35% de réduction de
son empreinte carbone et s’est engagée à
les réduire de 54% d’ici 2030. L’entreprise
est à présent le quatrième plus grand
fabricant de carbure au monde.
Vers une adoption progressive des
énergies renouvelables
« Le Luxembourg doit viser une couverture
à 100% de la consommation finale d'énergie
à partir de sources d'énergies renouvelables
», annonçait le gouvernement
luxembourgeois il y a moins d’un an. Après
la présentation des résultats, les entreprises
partenaires de l’enquête estiment
que les renouvelables sont encore « sous
exploités ».
« Si nous arrivons à mieux gérer les énergies
renouvelables, une fois que les installations
comme les éoliennes seront
dépréciées et que nous devenons plus efficaces,
ce serait notre seule issue, car tant
que nous sommes à la merci des autres
et que nous devons acheter du pétrole,
nous restons vulnérables », affirme Frank
Thomé.
Dans son plan national intégré pour
l’énergie et le climat (PNEC) 2021-2030, le
Luxembourg s’est fixé l’objectif ambitieux
d’atteindre les 25% d’utilisation d’énergies
renouvelables. Selon l’enquête, près
de 40% des sondés auraient installé des
sources de production d’énergie renouvelable
dans leur entreprise afin de réduire
leurs coûts, contre 35% qui l’auraient fait
pour réduire leurs émissions de CO 2
.
Le sondage souligne l’évolution progressive
des habitudes des entreprises de la
Grande Région en matière d’énergies
renouvelables, mais la perspective d’une
hausse prochaine du prix des ressources
pourrait encore accélérer le mouvement :
près de 75% des interrogés ont affirmé
penser que le prix de l’énergie augmentera,
un tiers est même très pessimiste sur
la question. Plus de la moitié des entreprises
interrogées ont annoncé qu’elles
seraient « à risques » si son prix augmentait
de plus de 50%.
Il revient désormais aux entreprises d’anticiper
la hausse du prix de l’énergie, en
diversifiant leurs sources, en renforçant
leur transparence, afin de s’adapter au
mieux à une région déjà en transition.
LE CHIFFRE
66%
Par Léa Behnous
des entreprises sont tournées vers
l’électrique sur le plan de la mobilité
96
| ENVIRONNEMENT
DES ÉCHOS AGRICOLES
Le Grand-Duché dispose d’un
patrimoine agricole de premier
plan. À la fois grenier alimentaire,
mais aussi refuge
pour la biodiversité, ces terres
méritent toute notre attention.
C’est en tout cas le cap tenu
par la ministre de l’Agriculture.
Entretien avec Martine Hansen.
Quels sont aujourd’hui les grands
axes de la politique agricole
luxembourgeoise ?
À l’heure où je vous parle, les deux grandes
thématiques sont d’une part la discussion
budgétaire au niveau européen, ainsi
que la nouvelle PAC (Politique Agricole
Commune) d’autre part. Les deux sujets
sont bien évidemment liés, il est difficile
d’établir une PAC sans définir un budget
en amont. Ce que l’on peut d’ores et déjà
dire, c’est que l’attention sera portée sur la
production et la souveraineté alimentaire
européenne. C’est fondamental dans le
contexte géopolitique que nous connaissons
actuellement, émaillé par le conflit
Ukraino-Russe notamment.
Pour parvenir à cet objectif, nous devons
disposer d’une agriculture durable, reposant
elle-même sur les trois piliers : économique,
social et bien sûr écologique.
Nous allons d’ailleurs élaborer un nouveau
plan d’action Bio, qui sera présenté
en fin d’année. Nous étudions actuellement
ce que les pays voisins ont réalisés
à cet égard, afin de retenir les bonnes
idées qui pourraient être implantées ici.
Je tiens à préciser que, dans tous les cas
de figure, un budget dédié à l’agriculture
biologique sera retenu, en plus de ce que
la PAC prévoit.
veille à ce que nous conservions cette première
place du podium. Nous souhaitons
motiver ces exploitations et les récompenser
à emprunter la voie de l’agriculture
responsable.
Nous dispensons des primes et des
aides spécifiques pour les jeunes qui
reprennent des exploitations, d’autres
destinées à ceux qui investissent en
faveur de pratiques respectueuses de
l’environnement.
Nous les soutenons aussi de manière plus
indirecte en incitant les restaurateurs ou
bien les responsables des cantines scolaires
à utiliser des produits Bio, régionaux
ou issus de circuits courts, je pense
notamment à l’opération Supply4Future
conduite par Restopolis.
Quelle est la place des communes
rurales dans la stratégie agricole nationale
? Existe-t-il des programmes de
collaboration spécifiques ?
Nous avons bien sûr des aides spécifiques,
destinées aux communes rurales qui
développent des initiatives en lien avec
le développement rural au sens large. Je
pense bien sûr à l’initiative LEADER qui
est un instrument-clé pour renforcer l’attractivité
des villages et diversifier l’économie
locale.
Le Luxembourg
est actuellement le pays
européen qui distribue le plus
grand nombre d’aides à ses
exploitants agricoles
Nous sommes très impliqués et attentifs
au fait que celles-ci perdurent et même,
s’amplifient. C’est un dialogue continu et
plutôt combatif de notre part auprès des
institutions européennes.
Du côté des bourgmestres des communes
concernées, les retours sont très bons.
Ces responsables politiques semblent
très satisfaits de nos actions en ce sens.
Quelles sont les priorités du ministère
en matière de renouvellement des
générations dans le secteur agricole ?
Comment soutenez-vous les exploitations
agricoles de petite et moyenne
taille dans leur transition vers des
pratiques plus respectueuses de
l’environnement ?
Le Luxembourg est actuellement le pays
européen qui distribue le plus grand
nombre d’aides agro-environnementales
à ses exploitants. Je m’en félicite et je
Ce type d’opération permet également à
la population de s’investir et cela favorise
le vivre-ensemble. En effet, la politique
agricole n’est pas seulement faite
de décisions en lien avec la production
des fruits et légumes ou des exploitations
agricoles. C’est aussi un ensemble d’initiatives
presque culturelles de ce type.
Je vous disais un peu plus tôt que nous
avons mis en place des subventions
spécifiques pour les jeunes agriculteurs
qui s’installent ou reprennent une
exploitation.
Au-delà de ces subsides, nous allons
concevoir un plan d’action de soutien
aux jeunes exploitants. En avril dernier,
un workshop s’est tenu afin de récolter
97
Martine Hansen
de premières idées. Fin octobre, se tiendra
un second workshop en collaboration
avec la Chambre d’Agriculture.
Il est également important de noter que
la dimension psychologique est centrale
lors d’une reprise d’exploitation agricole
par des jeunes. Le leg par les parents, la
mise au point avec les frères et sœurs s’il
y en a, la question des dettes… de nombreuses
questions sont sur la table et
c’est parfois un moment difficile à gérer.
Ce workshop sera également un moment
important pour les aider, nous avons à
cœur de les soutenir, de les accompagner
dans leur démarche en créant une sorte
de guichet unique.
Quel rôle attribuez-vous aux communes
pour la protection de la biodiversité
et la gestion du paysage ?
Les communes ont un rôle central, j’en
suis persuadée. D’ailleurs, les mentalités
ont changé sur ces sujets et aujourd’hui
toutes les communes ont à cœur de développer
la biodiversité. Un des exemples les
plus parlants est le fauchage tardif le long
des chemins qui parcourent les territoires
du pays.
Les communes collaborent également
avec les syndicats intercommunaux pour
participer à des projets de développement
de la biodiversité.
Il faut bien comprendre qu’une partie des
terres détenues par les exploitants agricoles
a une grande valeur pour la production
de céréales, de fruits ou de légumes,
alors qu’une autre partie de ces sols ont
plutôt une valeur de refuge pour la biodiversité.
De valeur différente, ils méritent
pourtant toute notre attention et les communes
sont nos partenaires privilégiés
dans cette perspective.
Peut-on enfin revenir sur Gielt Band,
l’opération ruban jaune que vous avez
initié ?
Une des préoccupations majeures de
mon ministère est la lutte contre le gaspillage
alimentaire. Pour y parvenir, nous
déployons plusieurs initiatives, à l’instar
de Gielt Band, ruban jaune en français.
Son point de départ est le suivant : chaque
année, plusieurs dizaines de tonnes de
fruits finissent par tomber des arbres et
pourrir sur le sol. L’idée est donc de récolter
ces fruits avant qu’ils ne tombent, afin
qu’ils puissent ensuite être consommés.
Cette opération rassemble 71 communes,
ainsi que toute personne volontaire qui
possède des arbres fruitiers. Ils peuvent
alors accrocher un ruban jaune à ces
arbres pour les signaler et donc autoriser
la cueillette des fruits par des tiers. L’idée
derrière cette opération est aussi de sensibiliser
la population à la préciosité de ces
aliments.
Par Julien Menegalli
98
| ENVIRONNEMENT
LANCEMENT D’UN PROJET POUR
UNE AGRICULTURE DURABLE AU
SERVICE DE LA BIODIVERSITÉ
Dans le cadre de la BIO-Woch 2025, le ministre de l'Environnement,
du Climat et de la Biodiversité, Serge Wilmes, a lancé le projet « Biodiversité
et agriculture biologique – Promouvoir une agriculture durable
au service de la nature », financé par le Fonds pour la protection
de l'environnement.
Porté par la Vereenegung fir
Biolandwirtschaft Lëtzebuerg asbl, ce
projet d’une durée d'un an poursuit trois
objectifs principaux : promouvoir les
programmes de soutien à la biodiversité
du ministère, encourager les pratiques
agricoles favorables aux écosystèmes,
notamment dans les zones Natura 2000 et
renforcer les synergies entre agriculteurs
et communes engagées dans la transition
écologique.
Ce projet met en lumière le rôle essentiel
de la biodiversité agricole - diversité
génétique, espèces, écosystèmes - dans la
sécurité alimentaire et la résilience face
au changement climatique. Il s’inscrit
pleinement dans les objectifs européens
de restauration de la biodiversité.
Un lancement ludique et pédagogique
À l’occasion du lancement, un atelier pédagogique
pour les jeunes a été organisé au
Haus vun der Natur, en collaboration avec
natur&ëmwelt asbl et la Vereenegung fir
Biolandwirtschaft Lëtzebuerg asbl, en présence
du ministre Serge Wilmes.
Lors des ateliers, le ministre a préparé des
crêpes à partir de produits biologiques
régionaux, selon une recette personnelle,
illustrant dans une atmosphère conviviale
les principes de l’agriculture biologique.
Parallèlement, les jeunes participants ont
découvert le champ du projet « 2000 m² »,
porté par IBLA, co-labor et natur&ëmwelt
asbl, avec le soutien du ministère de
l'Environnement, du Climat et de la
Biodiversité. Ce projet éducatif rappelle
qu’en théorie, chaque être humain dispose
de 2000 m² de terres agricoles pour
se nourrir, soulignant l’impact de nos
choix alimentaires sur la biodiversité, les
sols et le climat. Il propose des solutions
concrètes, locales et globales, pour une
agriculture plus durable et une alimentation
plus responsable.
« L’agriculture biologique joue un rôle
essentiel dans la préservation de notre
biodiversité. En soutenant ce projet,
nous affirmons notre volonté de promouvoir
une agriculture respectueuse
de la nature, des sols et des générations
futures », conclut Serge Wilmes, ministre
de l’Environnement, du Climat et de la
Biodiversité.
Communiqué par le ministère de l'Environnement,
du Climat et de la Biodiversité
© MECB
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