14.10.2025 Vues

Mon Entreprise 3/2025

Le magazine d’AXA vous donne, trois fois par an, des informations pertinentes liées à votre activité d’entrepreneur de PME.

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3 | 2025

Mon ENTREPRISE

Le magazine d’AXA destiné aux PME

Investir pour demain I:

la formation des apprentis

Page 8

Investir pour demain II:

l’électrification de la flotte

Page 14

La magie des plantes

Sandra Banholzer, CEO de Rausch,

nous explique son plan pour rajeunir la marque en douceur.

Page 30


Ma fierté

Christine Ziegler et René Marty,

Fondation Schloss Lenzburg

Gardiens du château de Lenzbourg

Issus du secteur privé, nous avons décidé de nous

associer en 2019 pour diriger la Fondation Schloss

Lenzburg. Ce choix fut un grand pas pour nous:

en nous lançant dans cette nouvelle mission, nous

partagions non seulement notre vie privée, mais

désormais aussi notre vie professionnelle. Dans

les premiers temps, cette situation n’était pas évidente,

mais nous formons maintenant une équipe

de choc. Outre l’exploitation du château et l’organisation

quotidienne, nous nous occupons aussi

de la commercialisation, de la communication

et des relations publiques. Nous nous sommes

beaucoup investis ces dernières années dans le

développement de l’organisation et de la stratégie

et avons procédé à des changements. L’objectif

était d’ouvrir le château au plus grand nombre,

c’est-à-dire aux adeptes de culture, aux familles,

aux écoles, mais aussi à d’autres publics. En plus

de divers spectacles de théâtre, expositions et

concerts, nous proposons aujourd’hui un festival

littéraire ou des Day Parties pour les plus jeunes.

Nous accueillons quelque 150 manifestations par

saison, dont de nombreux mariages, anniversaires

ou fêtes d’entreprises. Très varié, notre quotidien

mêle les aspects techniques, sociaux, créatifs,

commerciaux et administratifs. Ce qui nous plaît

le plus, c’est que nous ne sommes plus seulement

animés par le chiffre d’affaires, mais par une mission

porteuse de sens.

schlosslenzburg.ch/en/

Photo: Paolo Dutto

Mon ENTREPRISE

2 03/2025


Ma fierté

Urs Schneider,

Muewag AG

Photo: Raffael Waldner

03/2025

Avec ma femme, nous avons fondé le centre

équestre Bätterkinden en 1996, pour compléter

l’activité du moulin à fourrage que j’ai repris de

mon père en 1985. Nous savions déjà à l’époque

que la production de fourrage ne serait pas un

gagne-pain durable. C’est pourquoi nous avons

cherché à créer une source de revenu supplémentaire:

notre centre équestre. Ce qui a commencé

avec deux poneys il y a près de 30 ans

est aujourd’hui une entreprise prospère. Avec

l’aide de dix employés et employées, nous gérons

30 poneys et dix chevaux et accueillons environ

300 enfants. De la promenade accompagnée

dès quatre ans aux cours hebdomadaires,

en passant par les stages pendant les vacances,

La vie à toute bride

3

les cours de saut d’obstacle et un simulateur,

nous proposons une offre et des animaux adaptés

à tous les âges et niveaux. Le travail avec les

poneys et les humains me tient à cœur. Je suis

heureux et fier de voir chaque jour les enfants

s’épanouir et progresser. Toutefois, ce n’est pas

toujours un jeu d’enfant. Les chevaux requièrent

une attention quotidienne, ce qui nous oblige à

être présents en permanence. Entre-temps, ma

femme et moi avons l’âge de prendre notre retraite

et aimerions lever le pied. J’espère donc

que nous trouverons quelqu’un pour prendre

le relais tout en continuant de faire vivre notre

philosophie.

ponys.ch

Mon ENTREPRISE



Sommaire

7

8

14

Succès

Formation professionnelle:

comment assurer la relève

Pourquoi il est intéressant

d’électrifier sa flotte

Éditorial

Un investissement

dans l’avenir

Photos: Gaetan Bally; Dan Cermak; Remo Inderbitzin; Daniel Ammann

19

20

22

25

26

30

2

3

34

35

18

Sécurité

Gestion de crise: parés

pour les cas d’urgence

Étude: les PME se disputent

les spécialistes avec l’État

et les grandes entreprises

Responsabilité

LPP: les solutions flexibles

sont prisées

Entretien: Sandra Banholzer,

CEO de Rausch, parle

des tendances en matière

de soins capillaires, de

projets d’expansion et de

l’effet rouge à lèvres

Rubriques

Ma fierté

Christine Ziegler et

René Marty

Urs Schneider

Elke Brodbeck

Benedikt Nann

Infographie:

l’électromobilité

IMPRESSUM

8

14

30

Lisez notre e-paper sur www.meine-firma.ch ou rendez-vous sur LinkedIn à l’adresse

www.linkedin.com/company/axaswitzerland.

Éditeur: AXA, Newsroom Adresse de la rédaction: AXA, Mon Entreprise, Römerstrasse 17,

8400 Winterthour, www.meine-firma.ch, e-mail: meine.firma@axa.ch Rédaction: Melanie Ade

(rédactrice en chef) Ont collaboré à ce numéro: Seraina Acker, Lorenz Heinzer En ligne: Urs Wildi

Traduction: Language Services, AXA Conception et production: Der Layouter, Beni Spirig,

6004 Lucerne Impression et expédition: Vogt-Schild Druck AG, Gutenbergstrasse 1,

4552 Derendingen Parution: trois fois par an en français, en allemand et en italien

Tirage: 84 000 exemplaires Régie publicitaire: Galledia Fachmedien AG, Burgauerstrasse 50,

9230 Flawil, ornella.assalve@galledia.ch, www.galledia.ch Changements d’adresse et

désabonnements: merci d’adresser vos demandes à meine.firma@axa.ch

Imprimé

myclimate.org/01-25-920909

Comme le montre la dernière

étude d’AXA sur le marché de

l’emploi des PME, la pénurie de

main-d’œuvre qualifiée reste le

principal défi des PME suisses. Au

cours de l’année dernière, 84%

des entreprises interrogées ont eu

souvent, voire la plupart du temps,

des difficultés à trouver du personnel

pour leurs postes vacants. De

plus, les PME sont en concurrence

non seulement entre elles, mais

aussi avec de grandes entreprises

et des institutions publiques pour

recruter.

La promotion de la relève et donc

la formation professionnelle des

jeunes apprentis revêtent donc

une importance croissante, d’une

part pour renforcer le savoir-faire

interne à l’entreprise et d’autre

part pour préserver l’avenir de

la branche. Mais là encore, de

nombreuses PME ont du mal à

trouver et à fidéliser des talents

adéquats. Dans l’article de fond

de ce numéro, nous vous avons

donc demandé comment réussir

la collaboration avec les apprentis

et avons recueilli des réponses

passionnantes.

Bonne lecture!

Melanie Ade

Rédactrice

en chef de

«Mon Entreprise»

03/2025 5

Mon ENTREPRISE


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Succès

Questions des lecteurs

Rente de

partenaire

Faut-il annoncer un partenariat à

sa caisse de pension pour que le ou

la partenaire ait droit à une rente

en cas de décès?

P. K., Saint-Gall

Lorsqu’une personne assurée décède, la

loi (LPP) prévoit le versement d’une rente

au conjoint ou au partenaire enregistré

survivant. L’idée est de protéger les survivants,

au moins financièrement, en cas

de coup du sort. Le montant de la rente

varie selon que la personne décédée était

encore active ou déjà à la retraite. Les

couples qui forment une communauté de

vie en concubinage n’ont pas de droit légal

à une rente de partenaire. Néanmoins,

la plupart des caisses de pension la

proposent à titre volontaire, pour autant

que certaines conditions soient remplies.

En général, les partenaires doivent avoir

fait ménage commun ou avoir eu un

enfant commun à charge pendant les

cinq années précédant le décès. Mais les

conditions concrètes varient d’une caisse

de pension à l’autre. Très souvent, un

partenariat doit en outre être annoncé du

vivant des intéressés, par écrit, au moyen

d’un formulaire ou d’un contrat de concubinage.

Pour les fondations collectives

d’AXA, une telle annonce préalable n’est

pas nécessaire. Le droit à une rente de

partenaire est déterminé en fonction de

la situation de vie effective au moment

du décès de la personne assurée. Si les

conditions réglementaires sont remplies,

la prestation est versée dans tous les cas.

Robin Jäger

Responsable

Développement des

produits Prévoyance

professionnelle

Photos: màd

AMS est désormais le plus grand gestionnaire de flotte neutre de Suisse.

Fusion de CarNet

Management SA et d’AXA

Mobility Services AG

AXA Suisse a acquis en janvier 2024 le gestionnaire de flotte suisse

CarNet Management SA (CarNet) et l’intègre depuis progressivement dans

sa filiale AXA Mobility Services AG (AMS). La fusion juridique des deux entreprises

a eu lieu le 30 juin 2025, date qui marque le passage complet de

CarNet aux mains d’AMS. Par cette acquisition, AMS renforce sa position sur

le marché et élargit encore sa gamme de services. Le nouveau géant indépendant

de Suisse propose aux PME et aux grandes entreprises locales une

gestion et un suivi individualisés de leurs parcs de véhicules. En tant que

partie intégrante de TraXall International, AMS offre aux multinationales

des solutions spécifiques au marché et l’accès à une expertise locale. Dès

le 1 er avril 2026, Alain Bahni sera le nouveau CEO de la société issue de

la fusion. Il succédera à Mensur Jasari, qui a décidé de quitter AMS après

l’achèvement de la fusion. Les anciens propriétaires de CarNet se retireront

progressivement de l’entreprise d’ici à la fin de l’année. Le personnel de

CarNet sera repris par AMS.

Le regroupement des marques aura lieu au premier semestre 2026. D’ici là, la

marque CarNet continuera d’exister pour des raisons de continuité.

«Conjuguer pratiques durables, actions sur le long terme et solutions

intergénérationnelles constitue notre ADN.»

Andreas Zindel, CEO de Zindel United, page 15

03/2025 7

Mon ENTREPRISE


APPRENTISSAGE

Assurer l’avenir

La formation professionnelle fait partie de l’ADN de la Suisse, où elle est considérée

comme un modèle de réussite. Pourtant, une rumeur tenace prétend qu’elle

perd de son attrait par rapport aux études et que la relève est plus difficile

à trouver. Trois entreprises racontent leurs expériences et expliquent pourquoi

elles continuent malgré tout à former des apprentis.

Texte Melanie Ade Photos Dan Cerma

Mon Entreprise

Connue pour son pain et ses

gâteaux, la boulangeriepâtisserie

Lyner, fondée en

1903, allie saveur et tradition

depuis plus de 120 ans.

Aujourd’hui dirigée par Peter

Lyner, représentant de la

quatrième génération, l’entreprise

possède quatre sites

à Winterthour et emploie

62 personnes, dont 13 en

apprentissage.

lyner.ch

E

n ce jeudi matin, dans le fournil

de la pâtisserie Lyner, l’activité bat

son plein depuis plusieurs heures

déjà. Aux postes de travail et aux

machines, l’équipe œuvre avec

concentration, tandis que la radio diffuse de la

musique en fond sonore. Malgré un quotidien

physiquement fatigant, surtout pour les apprentis

au début, l’ambiance est décontractée.

Ici, quel que soit son rang dans l’entreprise, on

plaisante avec les autres et on discute de ses

projets pour le week-end. Peter Lyner, représentant

de la quatrième génération à la tête de

la pâtisserie, explique pourquoi cet aspect lui

tient tant à cœur: «Nos apprentis doivent faire

partie de l’équipe et être totalement intégrés.

Je ne veux pas juste des aides, mais des personnes

compétentes qui travaillent avec moi

sur un pied d’égalité et qui m’épaulent en faisant

tourner l’entreprise de façon autonome.»

Et il parle en connaissance de cause: sur les

62 personnes employées par sa maison, célèbre

dans toute la ville, 13 sont en apprentissage...

et doivent parfois savoir gérer seules le travail

de nuit.

«Nos apprentis doivent faire partie de

l’équipe et être totalement intégrés.»

Peter Lyner, propriétaire de la boulangerie-pâtisserie Lyner

Pour former autant de personnes en même

temps, il faut un plan de formation structuré et

de nombreux soutiens. C’est pourquoi, à la boulangerie-pâtisserie

Lyner, deux responsables de

formation et huit formatrices et formateurs

pratiques encadrent le groupe. La responsabilité

est ainsi partagée, si bien qu’une absence

ne chamboule pas toute l’organisation. Une

fois par mois, les apprentis ont une journée

pour s’exercer ensemble, sur leurs heures de

travail, aux tâches à venir. De plus, tous les six

mois, ils passent un entretien de qualification

avec la formatrice ou le formateur pratique

lors duquel ils peuvent, eux aussi, donner un

feed-back. «C’est une marque d’estime à leur

égard. Mais c’est aussi pour ces jeunes l’occasion

de réfléchir et de s’améliorer», explique

Peter Lyner.

Ne pas apporter sa pierre à l’édifice

n’est pas la solution

Bien sûr, Peter Lyner a également connu son

lot de formations interrompues et de contrats

résiliés. Mais dans l’ensemble, le boulangerpâtissier

diplômé est satisfait de ses apprentis.

«Leur volonté de bien faire est immense. Ils

ont conscience qu’ils font partie d’une équipe

et que, s’ils ne vont pas travailler, leurs collègues

devront les remplacer. Dans ces conditions,

on réfléchit à deux fois avant de rester

au lit. Quand on est boulanger ou pâtissier, il

Mon ENTREPRISE

8 03/2025


Chez le maître-pâtissier Peter Lyner, les apprentis ont le droit de donner leur avis sur le chef.

03/2025 9

Mon ENTREPRISE


Il passe toujours de bons moments avec les jeunes: le maréchal-ferrant Peter Wäfler et son apprenti Philipe Baumberger.

Mon ENTREPRISE 10

03/2025


APPRENTISSAGE

faut parfois se contenter d’une demi-heure de

sommeil si on veut sortir le soir», précise-t-il

en riant. Peter Lyner n’observe pas la tendance

véhiculée par les médias selon laquelle les

jeunes préféreraient étudier. Bien au contraire:

«Cette année, nous avons fait le plein d’élèves

en stage de découverte de janvier à juin, malgré

la contrainte d’arriver à 5h du matin.» Ce

n’est donc pas la relève qui manque pour Peter

Lyner et, de son point de vue, l’investissement

en vaut la peine: «Bien sûr que c’est

chronophage. Et bien sûr qu’il y a parfois des

problèmes. Mais se plaindre de la pénurie de

main-d’œuvre qualifiée sans apporter sa pierre

à l’édifice n’est pas la solution. Qui fera notre

travail à l’avenir si personne ne prend la suite?

En formant le personnel qualifié de demain,

nous assurons la pérennité de notre secteur et

investissons dans notre avenir.»

Trouver un successeur devient

plus difficile

Peter Wäfler partage son avis. Voilà déjà vingt

ans que ce maréchal-ferrant de Laupersdorf

forme des jeunes. Actuellement, son épouse

et lui emploient dans leur entreprise familiale

deux personnes à titre permanent et trois en

apprentissage. En 2009, l’un de ses premiers

apprentis (aujourd’hui devenu son bras droit) a

même remporté le titre de champion de Suisse

lors des examens d’apprentissage et, un an plus

tard, celui de champion d’Europe au concours

Euro Skills au Portugal. «J’en suis encore très

fier», dit-il en riant. Ces dernières années, il a

toutefois constaté qu’il devenait plus difficile

de recruter des apprentis: «Notre activité faisant

partie des métiers rares, la relève n’est

pas facile à trouver. Autrefois, la région abritait

beaucoup de paysans qui possédaient leurs

propres chevaux. Les jeunes grandissaient avec

les animaux. Aujourd’hui, l’apprentissage de

mécanicien en machines agricoles les attire

davantage.»

Il ajoute que la Suisse compte toujours de nombreux

maréchaux-ferrants, mais de moins en

moins d’entreprises formatrices. Cette évolution

l’inquiète: «C’est une problématique dont

nous discutons régulièrement au sein de notre

association professionnelle, afin de tenter de

«Les apprentis me maintiennent

en forme.»

Peter Wäfler, propriétaire de Wäfler Hufbeschlag GmbH

La perméabilité, un aspect essentiel

du système éducatif suisse

Madame Fantini, quelle

est la part de jeunes qui

effectuent aujourd’hui un

apprentissage?

Chaque année, en Suisse,

près de deux jeunes sur

trois optent pour l’apprentissage.

En 2024, quelque

65 000 ont achevé un

apprentissage, tandis que

20 000 ont obtenu un certificat

de maturité gymnasiale.

Étonnamment, ces

chiffres n’ont guère évolué

depuis vingt ans. Un aspect

essentiel du système éducatif

suisse est sa perméabilité,

qui offre des passerelles

entre les différents

niveaux. Ainsi, même après

un apprentissage, il est

encore possible d’intégrer

un gymnase ou une haute

école spécialisée.

On entend souvent que

les jeunes montrent

moins d’engagement de

nos jours. Est-ce vrai?

Selon des études, la génération

Z est tout à fait

prête à faire des efforts,

mais dans des conditions

différentes. Elle souhaite

une communication plus

transparente, de la reconnaissance,

des horaires

de travail flexibles et la

possibilité de s’épanouir.

Plus que pour les générations

précédentes, son

engagement dépend de

l’environnement de travail

et du sens qu’elle trouve

dans son activité.

Pourquoi les PME ontelles

intérêt à former des

apprentis?

Pour les PME, la formation

d’apprentis est un investissement

dans l’avenir qui

présente des avantages

pour l’entreprise comme

pour la société. Former

aujourd’hui revient à s’assurer

la main-d’œuvre de

demain tout en renforçant

sa position sur le marché.

Qui plus est, le jeunes insufflent

de nouvelles idées

dans l’entreprise.

Quelles mesures spécifiques

aident les PME à

former des apprentis?

Les principaux interlocuteurs

en la matière sont les

cantons et les associations

sectorielles: ils offrent du

soutien aux entreprises formatrices

sous la forme de

trouver des solutions.» Selon lui, l’apprentissage

a globalement perdu de son attrait ces dernières

années; beaucoup préféreraient faire des

études et ne choisir un métier artisanal qu’en

cas d’échec dans le parcours académique. À ses

yeux, le métier de maréchal-ferrant est pourtant

l’un des plus beaux qui soient: «Nous exécutons

à la main un travail traditionnel sur le

sabot du cheval et garantissons ainsi l’utilité,

la santé et le bien-être d’un être vivant. C’est

une grande responsabilité dont nous pouvons

être fiers.»

Chez Wäfler Hufbeschlag GmbH, les apprentis

suivent un plan de formation structuré détaillant,

pour chaque année, les exigences à rem-

Tiziana Fantini est responsable de la

communication au Secrétariat d’État

à la formation, à la recherche et à

l’innovation (SEFRI). Rattaché au

Département fédéral de l’économie,

de la formation et de la recherche

(DEFR), le centre de compétences de

la Confédération pour les questions

de portée nationale ou internationale

relevant de la politique de formation,

de recherche et d’innovation compte

environ 280 collaboratrices et

collaborateurs en Suisse et 60 à

l’étranger.

sbfi.admin.ch

conseils et d’informations.

Par exemple, la bourse cantonale

des places d’apprentissage

explique comment

créer ces places et à quoi il

faut prêter attention quand

on engage des apprentis.

La Confédération intervient

au niveau stratégique en

veillant à instaurer des

conditions de base favorables.

Nous soutenons par

exemple des projets innovants

dans le domaine de

la promotion de l’offre de

places d’apprentissage.

Mon Entreprise

Fondée en 2000 par le maréchal-ferrant

Peter Wäfler et

sa femme Beatrice, Wäfler

Hufbeschlag GmbH emploie

deux personnes à titre permanent

et trois en apprentissage.

L’entreprise familiale

dont le siège se trouve à

Laupersdorf s’occupe d’un

millier de chevaux. Parallèlement

à son activité de

ferrage, elle conçoit et vend

des sculptures de chevaux et

des gabions.

waefler-hufbeschlag.ch

Photos: màd

03/2025 11

Mon ENTREPRISE


APPRENTISSAGE

«Je veux transmettre ma passion

du métier.»

Stefan Hebler, propriétaire d’Elektro Zurbrügg AG

Mon Entreprise

Elektro Zurbrügg a été

fondée en 1980, puis reprise

par Stefan Hebler en 2021.

Spécialisée dans les installations

électriques pour

constructions neuves et

rénovations ainsi que dans les

projets électriques durables,

l’entreprise de Hondrich

est l’une des dernières de la

région à proposer la réparation

d’appareils électroménagers.

Elle emploie au total

dix personnes, dont deux en

formation.

elektro-zurbruegg.ch

plir et les tâches à accomplir. Deux fois par an,

une réunion est organisée pour faire le bilan,

analyser ce qui fonctionne bien et déterminer

où les jeunes ont encore besoin d’aide. «Ce

qui m’importe, c’est de les motiver et de leur

permettre de travailler rapidement en autonomie.

Plus ils assument de responsabilités, plus

ils deviennent autonomes. Cela leur donne de

l’assurance, ce qui bon pour toute l’équipe»,

précise-t-il.

Ce qu’il préfère dans son rôle de formateur, c’est

de voir l’évolution de ses apprentis. De plus,

cela lui permet de rester en forme et jeune dans

sa tête: «Je passe toujours de bons moments

avec les jeunes. Parfois, ils me poussent aussi

à me remettre en question et à voir les choses

autrement», déclare ce passionné de chasse. Il

conseille néanmoins de sélectionner soigneusement

ses apprentis et de toujours leur proposer

d’abord une semaine de découverte. «Si

on constate dès ce moment que les attentes ne

sont pas comblées ou que l’alchimie n’opère

pas, c’est qu’une autre voie est peut-être préférable.»

Le marché est asséché

Chez Elektro Zurbrügg à Hondrich, le propriétaire

Stefan Hebler ne se contente pas de former.

Il est également chef expert lors de l’examen

de fin d’apprentissage pour les jeunes

électriciennes et électriciens du canton de

Berne. Ainsi, il a parfaitement conscience de

l’importance du métier enseigné et des défis

qu’il présente. Dans sa branche non plus, tout

n’est pas rose. «Pour l’instant, les nouvelles

recrues compensent tout juste les départs à la

retraite. Mais tôt ou tard, nous aurons du mal

à trouver du personnel qualifié: le marché est

asséché», indique-t-il.

À cela s’ajoute, selon lui, que le métier d’électricien

et, plus généralement, les professions

du bâtiment n’ont plus la cote. «Dans de nombreuses

écoles, on dit aux jeunes que les métiers

artisanaux sont moins intéressants parce

que moins rémunérateurs et moins valorisés

que les études universitaires», dénonce l’électricien

diplômé. La formation d’électricien est

pourtant très intéressante: «Sans l’électricien,

rien ne va sur un chantier, même à l’époque

de l’intelligence artificielle. Le métier offre en

outre d’excellentes possibilités de perfectionnement

et s’intègre parfaitement à de nombreux

profils professionnels.» L’association de

la branche planche donc sur des mesures pour

redorer le blason du métier. Mais Stefan Hebler

comprend aussi les jeunes. «Les conditions sur

les chantiers sont parfois difficiles. Il faut pouvoir

les supporter.»

Un peu de tolérance est nécessaire

Stefan Hebler, lui aussi, a eu du mal à recruter

des apprentis ces dernières années. Actuellement,

Elektro Zurbrügg compte sept collaboratrices

et collaborateurs et deux personnes en

apprentissage (et une troisième ne serait pas de

trop). «Autrefois, on avait toujours une personne

en formation dans chaque année d’apprentissage.

Aujourd’hui, on peut s’estimer heureux

quand on en trouve une.» Pour autant, il ne se

force pas à accepter quelqu’un juste pour avoir

de la main-d’œuvre supplémentaire: «Nous formons

une super équipe très soudée. Nos apprentis

doivent donc répondre à certains critères et,

surtout, bien s’intégrer.»

Chez Elektro Zurbrügg, ce sont les monteurs

qui apprennent le métier aux jeunes. Stefan

Hebler, quant à lui, veille à leur offrir les conditions-cadres

optimales, telles que définies dans

l’ordonnance sur la formation professionnelle

initiale. Deux fois par an, il les convoque à un

entretien de bilan basé sur un questionnaire

que les monteurs ont rempli au préalable. Et

avant l’examen de fin d’apprentissage, il prend

du temps le samedi pour les aider à réviser.

«En tant que chef expert, je sais ce qu’on attend

d’eux», souligne-t-il. Par le passé, il a globalement

eu de bonnes expériences avec ses

apprentis. Bien sûr, il faut parfois intervenir:

«Chez les jeunes garçons de 16 à 19 ans surtout,

le cerveau est parfois encore un peu en maturation»,

plaisante-t-il. Il faut alors faire preuve

de tolérance et se souvenir de sa jeunesse. Pour

lui, le positif l’emporte: «Nous avons le plus

beau métier du monde, et c’est cette passion

que je veux transmettre.»

Mon ENTREPRISE

12 03/2025


Pour le patron Stefan Hebler, il est important que les apprentis s’intègrent bien à l’équipe.

03/2025 13

Mon ENTREPRISE


1

MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

1 – Andreas Zindel, CEO de

Zindel United, mise sur

l’électrification de sa

flotte automobile.

2 – Il ne voit dans le

verdissement de son

parc que des avantages.

3 – L’entreprise familiale,

fondée voici 200 ans,

est spécialisée dans la

construction, le génie

civil et la déconstruction.

4 – Son siège social, situé à

Maienfeld, est équipé

depuis deux ans d’une

installation photovoltaïque.

2 3

4

Mon ENTREPRISE

14 03/2025


MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

Vous avez dit flotte?

Les PME tendent de plus en plus à électrifier leur flotte automobile.

Un geste non seulement écologique mais aussi économique, voire source d’avantages concurrentiels.

Texte Melanie Ade Photos Remo Inderbitzin

Depuis l’entrée en vigueur, début

janvier 2025, de la loi sur le climat

et l’innovation et de l’ordonnance

sur la protection du climat, toutes

les entreprises établies en Suisse

ont l’obligation de ramener leurs émissions de

gaz à effet de serre à zéro d’ici à 2050. Nombreuses

sont les PME qui, en bonnes pionnières,

ont déjà opté pour l’électrification de leur parc

automobile, afin de réduire leur empreinte carbone.

Et pour cause, comme l’explique Andreas

Zindel, CEO de Zindel United: «Conjuguer pratiques

durables, actions sur le long terme et solutions

intergénérationnelles constitue l’ADN

de notre entreprise familiale.» Après avoir

équipé, voici deux ans, toutes ses toitures d’installations

photovoltaïques, celle-ci s’attèle aujourd’hui

à la décarbonation de sa flotte. Il faut

dire que Zindel United possède près de 40 poids

lourds et 80 voitures de tourisme. Les trois

quarts de ces dernières ont déjà été remplacées

par des modèles électriques, le reste le sera d’ici

à la fin 2026 et les camions, à moyen terme.

Plus d’économies, moins d’émissions

«Le choix des bons véhicules est dicté par leur

affectation. Notre personnel se déplace souvent

sur des chantiers et dans des régions montagneuses.

Aussi un 4×4 et une garde au sol

suffisante sont-ils de rigueur.» Désireuse, par

ailleurs, de privilégier les constructeurs européens,

l’entreprise suisse a misé sur les modèles

électriques d’Audi, de Skoda et de Volkswagen.

Les véhicules sont rechargés en priorité aux

stations du siège principal, à Maienfeld, et sur

les différents sites. Mais les collaborateurs et

collaboratrices peuvent aussi recharger leur

voiture à domicile, car Zindel United les aide

à financer l’installation d’une borne et leur attribue

un dédommagement forfaitaire pour les

frais d’électricité.

«La conversion s’est opérée sans heurts. Les voitures

électriques s’appuient sur une technologie

désormais éprouvée et leur confort de conduite

s’est nettement amélioré. Nos employés nous

ont d’ailleurs adressé des retours très positifs.»

Le passage à l’électrique s’est aussi révélé très

rentable. «Les économies sont d’autant plus

palpables que nous produisons nous-mêmes

notre électricité grâce à nos panneaux photovoltaïques,

du moins quand la météo joue le

jeu! Par temps de brouillard ou de froid glacial,

c’est un brin plus compliqué», concède le CEO

avec le sourire. Avant d’ajouter que l’impact sur

Mon Entreprise

Fondée en 1808, Zindel

United peut s’enorgueillir de

plus de 200 ans d’expérience

dans le bâtiment. Dirigée par

la huitième génération, elle

fournit une palette complète

de prestations en matière de

construction, déconstruction

et génie civil. L’entreprise,

dont le siège social se

trouve à Maienfeld, emploie

500 personnes.

zindel-united.swiss

«Les économies sont d’autant plus palpables que nous produisons

notre propre électricité grâce à nos panneaux photovoltaïques.»

Andreas Zindel, CEO de Zindel United

03/2025 15

Mon ENTREPRISE


MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

«Nous entendons devenir la brasserie la plus verte de la planète,

et pas seulement pour la couleur de nos bouteilles.»

Anton Wyssen, Senior Procurement Category Manager chez Heineken Switzerland

Mon Entreprise

Heineken Switzerland est

l’un des fleurons brassicoles

de Suisse. Forte de quelque

550 collaborateurs et collaboratrices,

l’entreprise

brasse et commercialise un

large éventail de bières, dont

Heineken, Birra Moretti,

Calanda, Eichhof, Ittinger,

Sagres et Desperados.

heinekenswitzerland.com/fr

3 questions à...

… Jérôme Pahud,

responsable Assurances de

mobilité

l’empreinte carbone de son entreprise s’est fait

ressentir en un rien de temps.

L’électromobilité, un avantage concurrentiel

Andreas Zindel comprend donc d’autant moins

les réticences de certaines entreprises à verdir

leur flotte. «À mes yeux, passer à l’électrique

n’offre que des avantages. D’abord, l’éternel

débat sur l’autonomie des véhicules électriques

n’a pas lieu d’être en Suisse, et leur empreinte

carbone est nettement meilleure que celle des

modèles thermiques.» Ensuite, la conversion à

l’électrique présente un autre bénéfice: «Lors

des appels d’offres publics dans le bâtiment,

les entreprises doivent indiquer de plus en plus

souvent le nombre de véhicules électriques

qu’elles possèdent. De quoi nous conférer à

terme un véritable atout compétitif, car cette

obligation va aller crescendo.»

Tirer les leçons de l’expérience acquise

Le périmètre d’activités d’Anton Wyssen

tourne, lui aussi, autour des chevaux-vapeur.

Comment AXA favoriset-elle

l’électromobilité via

ses produits?

Afin d’aider nos clientes et

clients à faire le grand saut,

nous proposons actuellement

– et nous sommes

l’un des premiers assureurs

automobiles en Suisse à

le faire – un module de

couverture «Batterie» pour

la réparation ou le remplacement

de la batterie haute

tension. Nous lançons une

autre nouveauté sur le marché:

la possibilité d’assurer,

en option, les dommages

matériels causés à des tiers

par un incendie de batterie.

Nous couvrons également

les accessoires et les bornes

de recharge pour voitures

électriques, par exemple

contre les actes de vandalisme.

Quelles sont les questions

que vous posent les PME?

De nombreuses entreprises

souhaitent accélérer leur

électrification, mais elles

sont en proie à certaines

inquiétudes. Elles se demandent

notamment si elles

perdront en productivité si

la recharge prend trop de

temps, ou si elles auront la

garantie que le réseau de

recharge reste stable.

Comment AXA soutientelle

ces entreprises?

AMS, filiale d’AXA, propose

aux entreprises qui

anticipent ce changement

des conseils sur l’électromobilité

et les infrastructures

de recharge. L’objectif n’est

pas forcément de passer

toute la flotte à l’électrique.

Une électrification partielle,

l’achat de véhicules

hybrides ou une hausse du

taux de partage contribuent

déjà à réduire les émissions

de CO₂. Avec, in fine, des

avantages financiers.

Ce responsable Logistique, énergie et flotte

veille en effet sur un parc de 165 voitures,

88 camions et 220 chariots élévateurs chez

Heineken Switzerland, autre entreprise à s’inscrire

dans une démarche de durabilité. «Nous

entendons devenir la brasserie la plus verte de

la planète, et pas uniquement pour la couleur

de nos bouteilles», s’exclame le Senior Procurement

Category Manager. Chez Heineken, la

stratégie globale du «zéro émission nette» vise

à atteindre la neutralité carbone à l’horizon

2030. C’est dans cette optique que la société

veut décarboner progressivement l’ensemble

de sa flotte. «Nous aurions pu renouveler tout

notre parc automobile d’un coup. Mais nous

préférons procéder par étapes pour tirer les

enseignements des expériences acquises au fur

et à mesure», déclare Anton Wyssen.

Un avenir assurément électrique!

Il faudra en particulier vérifier si les voitures

électriques sont adaptées aux usages quotidiens

du service externe, notamment lors des longs

trajets en altitude, où les batteries pâtissent du

froid. «Ce problème devrait néanmoins être résolu

d’ici deux à trois ans grâce aux progrès

de la technologie», tempère le responsable de

la flotte. Autrement plus préoccupante est,

à ses yeux, l’absence totale de stations de recharge

publiques adaptées aux poids lourds

électriques. Certes, Heineken entend installer

sa propre station de recharge pour camions.

Mais pour les destinations lointaines, elle reste

tributaire d’autres entreprises équipées de

bornes. «Il faut impérativement que le gouvernement

s’empare d’urgence du sujet afin

que notre pays puisse honorer ses objectifs climatiques.»

Des embûches qui n’empêcheront

toutefois pas ce fleuron helvétique d’électrifier

l’ensemble de sa flotte poids lourds d’ici

à la fin 2029. «Hormis le fait de prendre très

au sérieux notre stratégie zéro émission nette

et de nous engager en faveur de l’environnement,

nous devons être en mesure de livrer

les centres-villes des métropoles suisses. Or

rien ne dit que nos villes n’emboîteront pas,

tôt ou tard, le pas à leurs homologues étrangères

et ne réserveront pas leur accès aux seuls

véhicules électriques. Nous devons parer cette

éventualité.» Quoi qu’il en soit, les chauffeurs,

eux, sont prêts! Des essais leur ont d’ores et

déjà permis d’apprécier le confort de conduite

au volant des premiers poids lourds électriques

flambants neufs qui rejoindront la flotte dès

l’automne.

Mon ENTREPRISE

16 03/2025


1

MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

1 – Heineken Switzerland

projette d’électrifier

l’ensemble de sa flotte

poids lourds d’ici à la

fin 2029.

2 – Anton Wyssen est

responsable Logistique,

énergie et flotte

chez Heineken

Switzerland.

3 – Il faut vérifier si les

véhicules électriques

sont adaptés aux

usages quotidiens,

notamment du service

externe.

4 – Grâce à sa stratégie

«zéro émission nette»,

Heineken entend

devenir la brasserie la

plus verte de la

planète.

2 3

4

03/2025 17

Mon ENTREPRISE


INFOGRAPHIE: L’ÉLECTROMOBILITÉ

L’électrique au point mort

Pour protéger le climat, plus aucun nouveau véhicule thermique

ne sera mis sur le marché dans l’UE à partir de 2035. En Suisse, le

Conseil fédéral n’a pas encore tranché, mais il suit la même tendance.

Toutefois, la transition s’opère ici lentement, contrairement

à la Chine.

Illustrations Daniel Karrer

Forte réticence

De nombreux acheteurs potentiels sont

encore réticents face aux nouvelles

technologies, malgré les records

d’autonomie annoncés par les

constructeurs, les investissements

importants alloués aux infrastructures

de recharge et l’arrivée sur le marché de

nombreux modèles d’entrée de gamme.

En millions

20

Autres

États-Unis

15 Europe

Chine

10

5

0

3,0

2020

17,3

2024

Essor mondial

Alors que qu’à peine trois millions

de véhicules électriques et

hybrides rechargeables ont été

vendus dans le monde en 2020,

ce chiffre dépassait déjà les

17 millions l’an dernier. Ce boom

est principalement dû à la Chine

qui, contrairement à la Suisse et

à la plupart des autres pays

européens, mise résolument sur

les nouvelles technologies.

Voitures de tourisme neuves

immatriculées en 2024

par type de motorisation

Améliorations requises pour sauter le pas

Voici les arguments des personnes ne

souhaitant pas passer à l’électrique pour

leur prochain véhicule.

Autonomie

Prix d’achat

Possibilités de recharge

Vitesse de recharge

Durabilité

Coûts de la recharge

Design et esthétique

Confort de conduite

Pas envisagé

2025

8%

7%

Thermique

18%

56%

51%

49%

41%

28%

29%

Baisse des intentions

d’achat

Alors qu’il y a deux ans, plus d’un

tiers des acheteurs de voitures

s’imaginaient passer à l’électrique,

aujourd’hui, ils sont moins d’un

quart. Les véhicules thermiques

connaissent un regain de

Les Vert-e-s

popularité auprès des automobilistes

(achats prévus au cours des

Vert’libéraux

PS

deux prochaines années).

Le Centre

PLR.Les Libéraux-Radicaux

UDC

Le thermique

a l’avantage

Même si ces moteurs émettent

des gaz d’échappement et

nécessitent plus d’entretien, la

population suisse estime

qu’ils sont plus agréables à

conduire et plus confortables

que les modèles électriques.

Hybride/hybride

rechargeable

Électrique

48% 28% 24%

2023 35% 31% 34%

5

2

19

1

très

faible

7

8

25

En pourcentage

16% 21% 63%

29% 28% 43%

18% 21% 61%

39% 30% 31%

39% 32% 29%

65%

24% 11%

Thermique Hybride et hybride rechargeable Électrique

Thermique

38

Électrique

35

Plaisir de la

conduite

en %

24

36

5

très

élevé

18

4 5

2 4

1

très

faible

19

Hybride rechargeable

(avec raccordement

électrique)

21 141 | –8,5%

Thermique

45

Électrique

40

Confort de

conduite

en %

Électrique

46 581 | –12%

Hybride

classique

83 321 | +17,8%

Objectif manqué

Selon la «feuille de route pour la

mobilité électrique» de la

Confédération, une voiture

neuve sur deux devrait être

électrique ou hybride rechargeable

d’ici à la fin 2025.

À l’heure actuelle, les modèles

électriques constituent moins

d’une nouvelle immatriculation

sur trois. Alors que le marché

global connaît une baisse, les

hybrides classiques, qui ne

peuvent pas être rechargés sur

le réseau, enregistrent une forte

croissance.

L’électrique séduit la

gauche et le centre;

l’essence, la droite

La gauche, les Vert-e-s et les

conservateurs modérés sont

les principaux adeptes de la

mobilité électrique, mais la

majorité des électeurs de

l’UDC s’y opposent.

32

31

5

très

élevé

Essence

71 479 | –16,1%

Diesel

23 009 | –3,9%

Sources: Baromètre d’AXA sur la mobilité 2025; Agence internationale de l’énergie (AIE); Office fédéral de la statistique

Mon ENTREPRISE

18 03/2025


Sécurité

Questions des lecteurs

Assurance

technique

Il y a environ six mois, j’ai acheté

une nouvelle machine à bois pour

ma menuiserie. En vue d’adapter

l’assurance de choses, j’ai dressé

l’inventaire et mon conseiller m’a

recommandé de conclure une

assurance technique pour la

nouvelle machine. Ne vaut-il pas

mieux attendre que la garantie de

deux ans du constructeur expire?

R. W., Seedorf

La garantie du fournisseur n’est

valable que pour une durée limitée et

uniquement pour les dommages dus

à des défauts de fabrication. En

revanche, les dommages dus à une

erreur de manipulation ne sont pas

couverts, et ils sont particulièrement

fréquents au début. Une perte de

revenus en découlant ne serait pas

non plus couverte par la garantie. Une

assurance technique prend en charge

les frais de réparation, de reconstitution

des données et d’achat ou de

location d’appareils afin que vous

puissiez reprendre rapidement votre

activité. Elle vous protège contre les

conséquences financières de pertes

de revenus (optionnel). Je vous

recommande de convenir d’un

nouveau rendez-vous avec votre

conseiller. Il vous présentera les

différentes possibilités de l’assurance

technique.

Raffaele Piscopia

Risk Consultant TECH

Photos: màd

En Suisse, près d’une personne active sur dix est assurée auprès d’AXA.

AXA renforce sa position dans

la prévoyance professionnelle

Les fondations collectives semi-autonomes d’AXA dans la prévoyance professionnelle

continuent sur leur bonne lancée. Les primes de risque et de coûts ont

progressé de 3,9% pour atteindre la somme totale de 735 millions de francs. AXA

a ainsi une nouvelle fois enregistré une croissance supérieure à celle du marché.

Depuis 2019, le nombre de personnes assurées a augmenté en moyenne de 6,2%

par an. L’effectif dans les affaires de fondations collectives a franchi la barre

des 344 000 personnes. En ajoutant la réassurance des caisses autonomes, AXA

compte plus de 434 000 personnes assurées, ce qui correspond à presque un salarié

sur dix en Suisse. Au cours des six dernières années, la rémunération servie

par AXA sur les avoirs de vieillesse des personnes assurées a dépassé de 2,9 milliards

de francs celle garantie par le taux d’intérêt minimal LPP. Dans le même

temps, les fondations collectives ont consolidé leurs réserves de fluctuation de

valeur, notamment l’année dernière, renforçant ainsi leur sécurité financière à

long terme. En 2024, le résultat d’exploitation avant impôts a atteint 88 millions

de francs, un niveau inchangé par rapport à l’année précédente. Dans les affaires

soumises à la quote-part minimum, un montant total de 797 millions de francs a

été utilisé en faveur des assurées et assurés sous la forme de prestations d’assurance,

de renforcements des réserves et d’attributions au fonds d’excédents. La

quote-part de distribution a ainsi atteint 90,5%. Grâce aux efforts systématiques

déployés en matière d’efficience, les coûts par assuré actif ont diminué de 7,4%

et s’établissent désormais à 374 francs.

«Aujourd’hui, des facteurs dits mous tels que l’intégration sociale dans

l’équipe existante pèsent de plus en plus dans la décision d’embauche.»

Michael Hermann, directeur de Sotomo, page 23

03/2025

19 Mon ENTREPRISE


GESTION DE CRISE

Photos: màd

Gestion de

crise: bien se

préparer

Cyberattaques, problèmes logistiques, conflits géopolitiques

ou encore pénuries d’énergie: les PME doivent faire

face à des défis toujours plus variés et toujours plus complexes.

Comment une gestion de crise méthodique permet-elle

aux entreprises de se préparer aux coups durs?

Et pourquoi les cadres ont-ils un rôle majeur à jouer?

Texte Melanie Ade

La gestion de crise, qu’est-ce au juste?

La gestion de crise, c’est la préparation, la

détection et la maîtrise méthodiques de situations

ou d’événements exceptionnels, susceptibles

de compromettre l’existence ou les activités

d’une entreprise. Son objectif consiste,

dans un temps limité et malgré les problèmes

qui surgissent, à éliminer les causes de la crise,

à en limiter les dégâts, à garantir le maintien

de l’activité et à préserver la confiance de la

clientèle, du personnel et des partenaires.

À quelles difficultés spécifiques les PME

doivent-elles faire face?

À la différence des grandes entreprises, qui

disposent souvent d’un système de gestion de

crise intégré à leur modèle d’activité, dans l’immense

majorité des PME, c’est la direction qui

est seule responsable de la gestion de la crise

ainsi que du maintien des tâches opérationnelles

(ou «activités quotidiennes»). Pour les

PME, la gestion de crise représente donc un

défi de taille. En effet, elles ne disposent généralement

pas des ressources (temporelles, techniques

ou humaines) nécessaires pour mettre

sur pied et former une organisation spécialisée.

En cas de crise, elles doivent donc s’appuyer

sur toute l’expérience de l’équipe de direction,

sur la flexibilité de l’organisation ainsi que sur

une bonne dose d’intuition et de pouvoir de

décision.

Quel est le meilleur moyen de se préparer?

Il faut avant tout repérer systématiquement

les risques internes et externes, les

Les experts

Direction de programme et

comité consultatif du CAS

Gestion de crise et résilience

organisationnelle de la

HSLU.

Anja Zimmermann

Kai Kruthoff

Aldo C. Schellenberg

Guy Lachappelle

consigner, évaluer leur probabilité et estimer

leur impact sur l’activité et le succès à long

terme de l’entreprise. À partir de là, il faut

mettre sur pied des concepts permettant de

maintenir les processus essentiels (production,

commande et livraison, paiements, etc.),

du moins sous une forme restreinte, puis de

les ramener le plus rapidement possible à

100% de fonctionnalité. L’efficacité de la gestion

des crises dépend donc du degré de préparation

de l’entreprise.

Quelles sont les crises auxquelles les PME

sont le plus exposées?

Dans les PME, les crises sont bien souvent

déclenchées non pas par des causes extérieures,

mais par des facteurs internes: il n’est

pas rare qu’elles soient liées à des éléments

propres à l’entreprise, par exemple une erreur

de gestion ou des problèmes de personnel. Cependant,

une évolution inattendue du marché,

des problèmes d’approvisionnement ou des cyberattaques

peuvent entraîner rapidement des

soucis de trésorerie, des pertes de production

ou une dégradation de l’image.

Quel rôle les cadres jouent-ils dans

les situations de crise?

Par rapport aux grandes entreprises, la direction

d’une PME joue un rôle absolument

essentiel et souvent plus direct: les processus

de décision sont plus courts et les décisions

doivent généralement être prises sans passer

par une cellule de crise. Si les grandes structures

disposent fréquemment de plans d’urgence

standardisés, d’équipes de crise spécifiques

et de mécanismes clairs de remontée des

incidents, les PME sont davantage tributaires

des capacités personnelles, de la souplesse et

du sens des responsabilités de leur propriétaire

ou de leur direction. Il est essentiel que les

cadres montrent l’exemple dans les situations

de crise, car l’existence même de l’entreprise

dépend souvent d’eux, et les collaborateurs

suivent leur comportement.

Comment les PME peuvent-elles renforcer

leur résilience organisationnelle?

La meilleure stratégie est on ne peut plus

simple: s’entraîner et apprendre, encore et

toujours, comme pour des exercices de musculation.

Toutes les crises sont différentes;

elles surviennent de façon inopinée et souvent

imprévisible. Pour réagir avec prudence et tenir

face à la pression, il faut de l’expérience,

une bonne connaissance de ses propres capacités,

des procédures bien rodées ainsi que de

la confiance et de la proximité entre les personnes

qui travaillent ensemble pendant la

crise. Tels sont les principaux ingrédients de

la résilience.

Mon ENTREPRISE

20 03/2025


GESTION DE CRISE

La communication en période de crise,

c’est important?

Elle a une incidence déterminante sur la gestion

de la crise par l’entreprise, sur les dommages

qu’elle peut subir (pour sa réputation

notamment) et sur son image à long terme.

Mais la communication de crise, c’est bien

plus que de savoir s’exprimer en public. Il est

impératif de respecter quelques règles simples

mais essentielles: «one voice, one face and

only facts» (une seule voix, un seul visage et

les faits, rien que les faits). La communication

interne doit toujours être placée sur le même

plan que la communication externe, voire dans

l’idéal avant celle-ci. En effet, rassurer le personnel

et lui donner un cap à suivre peut éviter

d’éventuels ratés de communication externe.

L’objectif premier doit être de ne pas avoir d’interruption

dans sa communication et surtout

d’en garder la maîtrise. Élaborer des éléments

de langage pour différents cas de figure et

connaître les interfaces internes d’information

et de coordination ainsi que les interlocuteurs

permet d’étayer la communication de crise et

d’éviter des retards dans la réaction.

Est-il possible de se former

dans ce domaine?

Oui, aussi bien en externe qu’en interne avec

le soutien de professionnels. L’élément central

«Si les PME

veulent

renforcer leur

résilience et

optimiser

leur réussite,

elles doivent

planifier en

amont leur

gestion de

crise,

la contrôler à

intervalles

réguliers et

la faire

évoluer de

façon flexible.»

de ce type de formation initiale et continue est

la simulation de situations de crise qui font réagir,

poussent la gestion de crise dans ses retranchements

et mettent en lumière les lacunes des

différents niveaux de remontée des incidents.

Y a-t-il des tendances ou des évolutions

que les PME doivent surveiller?

À l’avenir, on ne pourra plus se contenter de

réagir aux crises. L’enjeu sera plutôt d’intégrer

une résilience authentique au sein de l’entreprise.

Il faudra pour cela des structures solides,

des plans soigneusement réfléchis pour différentes

situations d’urgence, des réserves financières,

des réseaux de fournisseurs flexibles et

du personnel bien préparé. De même, les partenariats

et les réseaux gagneront en importance,

dans la mesure où de nombreuses difficultés ne

pourront être surmontées qu’ensemble, que ce

soit par un échange de savoir-faire, par l’utilisation

d’applications d’IA dans la gestion de

la crise ou par un soutien mutuel. En un mot,

si les PME veulent renforcer leur résilience et

optimiser leur réussite, elles doivent planifier

en amont leur gestion de crise, la contrôler à

intervalles réguliers et la faire évoluer de façon

flexible.

03/2025 21

Mon ENTREPRISE


ÉTUDE SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI

En 2024, 83% des PME interrogées ont déclaré avoir eu de la peine à recruter du personnel expérimenté et hautement spécialisé.

Photo: g-stockstudio

Les PME se disputent

les spécialistes avec l’État

et les grandes entreprises

Un manque de connaissances spécialisées et le

meilleur pouvoir de négociation des salariés

compliquent le recrutement de spécialistes pour

les PME. L’étude d’AXA sur le marché de l’emploi

montre également que deux tiers des PME ressentent

la concurrence des grandes entreprises.

Texte Melanie Ade

Les PME suisses sont confrontées à un

manque persistant de main-d’œuvre

spécialisée, comme l’indique l’étude

2025 d’AXA sur le marché de l’emploi.

Cette étude menée auprès des PME

en est à sa quatrième édition, de nouveau en

collaboration avec l’institut de recherche Sotomo.

Malgré la hausse du chômage, la pénurie

de main-d’œuvre reste de loin le principal

défi pour les PME: 44% d’entre elles avaient

principalement ou la plupart du temps des problèmes

pour pourvoir les postes vacants, tandis

que 40% ont signalé avoir rencontré des difficultés,

du moins en partie, à trouver du personnel

qualifié. Seules 16% des PME n’avaient aucun

problème à recruter. Le manque de maind’œuvre

spécialisée est renforcé par les absences

du personnel, un problème qui s’est nettement

accentué depuis quatre ans. Ce sujet représente

l’une des principales difficultés actuelles d’environ

un quart des entreprises interrogées. «Malgré

l’affaiblissement conjoncturel, le manque

de main-d’œuvre demeure donc un problème

structurel pour les PME», affirme Michael Hermann,

directeur de Sotomo.

Mon ENTREPRISE

Mon ENTREPRISE

22 03/2025


ÉTUDE SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI

Principaux défis pour les PME

«Dans quels domaines votre entreprise fait-elle face aux plus grands défis?»

À cela s’ajoute le fait que les PME se livrent

une concurrence acharnée pour attirer les

talents, non seulement entre elles mais aussi

avec de grandes entreprises et des institutions

étatiques. La pression concurrentielle exercée

par les grandes entreprises sur les PME est

nettement plus forte que celle de l’État. Ainsi,

67% des PME se sentent fortement ou moyennement

concurrencées par les grandes entreprises

et 50%, par l’État. Si la plupart des PME

s’estiment plus attrayantes pour ce qui est des

valeurs telles que l’esprit d’équipe, la considération

et une ambiance de travail familiale, les

entreprises interrogées pensent au contraire

être désavantagées pour ce qui est des facteurs

tangibles comme le salaire, la prévoyance ou

les possibilités de carrière.

50

39

40

30

Pénurie de

main-d’œuvre

42

40

46

29

Digitalisation

35

31

Absences de

personnel

Pertes de livraison

19

20

18

20

16 •

11 •

10

22 23 24 25 22 23 24 25 22 23 24 25 22 23 24 25

Attrait des PME par rapport aux grandes entreprises et à l’État

«Dans quels domaines estimez-vous que votre entreprise est un employeur plus

attrayant que les grandes entreprises?», «Dans quels domaines estimez-vous que

votre entreprise est un employeur moins attrayant que les grandes entreprises?»,

«Dans quels domaines estimez-vous que votre entreprise est un employeur plus

attrayant que l’État ou les entreprises d’État?», «Dans quels domaines estimez-vous

que votre entreprise est un employeur moins attrayant que l’État ou les entreprises

d’État?»

32

26

27

29

Compétences techniques: très demandées,

mais l’esprit d’équipe est un atout

S’il est particulièrement recherché, le personnel

expérimenté et hautement spécialisé est

difficile à trouver: 83% des entreprises interrogées

ont peiné à trouver des experts avec un

haut degré de spécialisation, tandis que 68%

ont eu du mal à recruter du personnel dirigeant

ou des cadres. En revanche, la plupart

des entreprises estiment que la recherche de

spécialistes sans expérience professionnelle est

plutôt simple, voire très simple.

Dans cette même logique, les PME sont d’avis

que le manque de connaissances techniques

constitue la difficulté de recrutement la plus

fréquente. Mais d’autres facteurs jouent aussi

un rôle important: la fiabilité du personnel est

un critère que les PME (75%) prennent même

plus souvent en compte, tout comme l’honnêteté,

qui fait également partie des aspects

déterminants pour environ deux tiers des

PME. Les compétences sociales (55%) et l’engagement

au sein de l’équipe (54%) sont aussi

des valeurs prisées. En comparaison directe,

la capacité d’intégration dans l’équipe est souvent

décisive: s’il existe un clivage entre les

compétences techniques et l’esprit d’équipe,

près des trois quarts des entreprises interrogées

(72%) penchent pour la personne qui

présente les meilleures compétences sociales.

Seules 19% des PME privilégieraient un profil

aux compétences techniques les plus fortes

mais s’intégrant moins bien dans l’équipe.

Michael Hermann conclut: «Aujourd’hui, des

facteurs dits mous tels que l’intégration sociale

dans l’équipe pèsent de plus en plus dans

la décision d’embauche.»

Graphiques: AXA

Ambiance familiale

Esprit d’équipe

Grande autonomie

Considération

Hiérarchies plates

Modèle de travail flexible

Équilibre vie privée/professionnelle

Poss. de participation aux décisions

Activité porteuse de sens

Prise de décision rapide

Formation/perfectionnement

Salaire

Prest. de prévoyance et sociales

Possibilités de carrière

Diversité au sein de

l’équipe

«Dans quelle mesure

jugez-vous la diversité

d’horizons importante

dans votre personnel?»

2 • • 5 70 • • 74

3 • • 6 50 • • 61

2 • 3

37 • • 54

3 •• 5 50 •• 52

5 •• 6 35 • • 43

12 •

16 •

3 • • 5 29 • • 32

3 • 2 21 •

• 18 • 29

3 •• 4 30 • 29

17 • 23 ••

• 27

25

18 •

11 • • 16

• 20 •32 • 40

• 21

• 27

39 •

•25 • 33

11 • • 14 40 •

• 40

• 43

Moins attrayante que l’État

Moins attrayante que les

grandes entreprises

Plus attrayante que l’État

Plus attrayante que les

grandes entreprises

• 49

0% 20% 40% 60% 80%

47% Plutôt importante

34% Plutôt peu importante

9% Peu importante

10% Importante

03/2025 23

Mon ENTREPRISE


ÉTUDE SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI

Photo: Marco Vara

La diversité: précieuse pour l’image,

mais peu tangible

Alors qu’aux États-Unis les programmes de

promotion de la diversité sont abandonnés

sous l’effet de la pression politique exercée

par le nouveau gouvernement, les PME suisses

maintiennent la diversité sur la liste de leurs

objectifs. Quelque 57% des entreprises interrogées

précisent que ce sujet leur tient à cœur. De

même, les PME semblent être convaincues que

la diversité est un argument dont elles peuvent

tirer parti, et même que c’est un critère de

plus en plus central pour leur entreprise. Lorsqu’elles

recrutent, un tiers des PME interrogées

tiennent davantage compte de la diversité

qu’il y a trois ans; cette part est même de

54% pour les grandes PME employant jusqu’à

250 personnes. Néanmoins, la mise en œuvre

de mesures en faveur de la diversité demeure

souvent vague: seules 45% des entreprises ont

promu concrètement la diversité, tandis que

55% renoncent à de telles mesures. Lors du recrutement

également, la contribution à la diversité

de l’équipe pèse peu dans la balance, et

seules 27% des PME interrogées estiment qu’il

s’agit d’un critère particulièrement important.

«Dans certains cas, la diversité ressemble davantage

à un objectif ambitieux qu’à une vraie

stratégie», constate Michael Hermann.

Lorsque des mesures ont été mises en place,

elles portent généralement sur le recrutement

de personnel jeune (23%). Certaines entreprises

s’intéressent aussi au ratio hommes-femmes:

environ 18% prennent des mesures afin d’accroître

la part de femmes dans leurs effectifs,

et 10%, celle des hommes.

Fort pouvoir de négociation des salariés

Le processus de recrutement demeure donc

compliqué pour les PME. En plus de la forte

concurrence sur le marché et du manque de

connaissances techniques des candidats, les

prétentions salariales exagérées constituent

souvent un obstacle, en particulier dans le

secteur tertiaire, où près de la moitié des PME

(48%) sont confrontées à des prétentions salariales

élevées. La pression salariale est un peu

moins marquée (31%) dans le secteur secondaire.

En revanche, les entreprises de ce secteur

sont plus nombreuses (42%, contre 32% dans le

secteur des services) à faire face à un problème

essentiel: le nombre trop faible, voire l’absence

de candidatures à un poste vacant.

De manière générale, le manque persistant de

main-d’œuvre a inversé le rapport de force en

«Les PME

doivent

trouver des

solutions

créatives pour

conserver leur

attrait auprès

du personnel,

et la flexibilité

constitue

un atout

essentiel.»

Michael Hermann, directeur de

l’institut de recherche Sotomo

faveur des salariés: d’après l’étude, deux tiers

des PME (63%) sont d’avis que le personnel

dispose aujourd’hui d’un meilleur pouvoir de

négociation. Une majorité des PME (69%) le remarquent

aussi dans le comportement de leurs

effectifs. Ainsi, environ quatre entreprises sur

dix sont confrontées à des prétentions salariales

plus élevées, et près d’un tiers des PME notent

une hausse des exigences quant à la flexibilité

des horaires de travail. Ces tendances sont particulièrement

répandues auprès des grandes

PME, qui sont 89% à observer un changement

de comportement de leur personnel.

Face à ces revendications, les entreprises interrogées

privilégient une plus grande flexibilité:

plus de la moitié des PME proposent désormais

des modèles de temps de travail individuels

et des possibilités de travail à temps partiel.

Ainsi, 56% des entreprises ont assoupli leurs

horaires de travail et 50%, leurs taux d’occupation.

Des avantages supplémentaires (39%), de

meilleures prestations de prévoyance et prestations

sociales (21%) et des salaires plus élevés

(17%) comptent parmi les autres mesures

mises en place. «Les PME doivent trouver des

solutions créatives pour conserver leur attrait

auprès du personnel, et la flexibilité constitue

un atout essentiel», explique Michael Hermann.

Vision optimiste de l’avenir, mais la relève

représente un défi

La plupart des PME interrogées envisagent l’avenir

avec optimisme: 91% croient qu’elles existeront

encore dans dix ans. La pérennisation de

l’entreprise représente toutefois un défi majeur.

Les incertitudes économiques (40%), les nouveaux

besoins de la clientèle (35%) et l’absence

de relève (26%) sont les facteurs qui menacent le

plus souvent la survie à long terme des PME. Et

44% estiment que la recherche d’une solution

pour transmettre l’entreprise est ardue, ce qui

prouve que le problème de la relève est bel et

bien présent.

L’étude

La série d’études d’AXA sur le marché de l’emploi

permet d’éclairer la situation et les perspectives des

petites et moyennes entreprises en Suisse. Elle met

en lumière les défis auxquels sont confrontées les

PME sur le marché du travail et comment elles y font

face. Comme les années précédentes, l’étude a été

réalisée par l’institut de recherche Sotomo à la

demande d’AXA. Pour cette édition, 300 PME de

Suisse alémanique et de Suisse romande ont été

interrogées du 3 au 10 mars 2025.

Mon ENTREPRISE

Mon ENTREPRISE

24 03/2025


Responsabilité

Questions des lecteurs

Congé non

payé (CNP)

Une personne salariée aimerait faire

un tour du monde. À quoi faut-il

faire attention quant à la prévoyance

professionnelle?

C. D., Bâle

Photos: màd; copie d’écran

Dans le cas d’un CNP, le contrat de travail

est maintenu tandis que l’obligation

de travailler et celle de verser le salaire

sont suspendues. Les modalités sont

généralement réglées entre les parties

au contrat de travail. La LPP ne prévoit

pas de réglementation spécifique. Du

point de vue du droit de la prévoyance,

un CNP entraîne la suspension de l’obligation

de verser le salaire et donc la fin

de l’obligation d’assurance dès lors que

le salaire passe en dessous du salaire

minimum (actuellement CHF 22 680).

Néanmoins, le règlement de prévoyance

peut prévoir une autre réglementation,

comme le font les fondations collectives

d’AXA. Si le CNP ne dure pas plus d’un

mois, la couverture de prévoyance ainsi

que l’obligation de payer des cotisations

sont maintenues. S’il dure entre 1 et 24

mois, la personne assurée peut choisir

de maintenir la prévoyance telle quelle,

de ne s’assurer que contre les risques

décès et invalidité, d’interrompre la

couverture des risques ou de quitter

la prévoyance. En cas de maintien de

la prévoyance ou de la couverture du

risque, l’employeur et la personne assurée

doivent définir d’un commun accord

qui paie les cotisations. Renseignez-vous

auprès de l’institution de prévoyance sur

les possibilités d’assurance.

Sabine Spross

Avocate,

Senior Legal

Counsel Group Life

Photos: màd

Au Tessin, le risque de dommages dus à la foudre était près de sept fois plus important que dans

le reste de la Suisse ces dix dernières années.

Certaines régions plus

touchées par les intempéries

que d’autres

Le nombre et l’étendue des dommages peuvent varier considérablement d’une

année à l’autre, comme le montrent les statistiques d’AXA. L’année 2024 s’est

inscrite dans la moyenne: AXA a enregistré des dommages aux véhicules, aux

bâtiments, à l’inventaire du ménage et aux installations pour un montant de

132 millions de francs. Ce montant est à peu près le même qu’en 2022 (143 mio.),

environ la moitié de celui de 2021 (292 mio.) et de 2023 (239 mio.), et le double

de 2019 (73 mio.) et de 2020 (61 mio.). Toutes les régions ne sont pas exposées

aux mêmes risques. Les statistiques d’AXA permettent de cartographier les types

de sinistres. La grêle a particulièrement touché les cantons du Tessin, du Jura et

de Neuchâtel, mais aussi ceux de Nidwald, Obwald, Berne, Lucerne, Schwytz et

Fribourg. Ces dommages sont plus rares dans les cantons de Schaffhouse, de Genève,

des Grisons, de Glaris et de Thurgovie. C’est dans le canton de Schwytz que

le nombre de sinistres liés aux inondations par ménage assuré a été le plus élevé

ces dix dernières années. Viennent ensuite les cantons de Thurgovie, de Soleure

et de Lucerne. En revanche, les cantons de Vaud, de Nidwald, de Bâle-Campagne,

des Grisons et d’Uri ont été relativement épargnés. Pour la foudre, un canton se

démarque nettement dans les statistiques: le Tessin, où le risque était près de sept

fois plus important que dans le reste de la Suisse ces dix dernières années.

«Je ne veux pas faire de Rausch une marque lifestyle.

Ce serait une erreur et cela heurterait notre cible.»

Sandra Banholzer, CEO de Rausch AG, page 32

03/2025 25

Mon ENTREPRISE


PRÉVOYANCE PROFESSIONNELLE

À chaque

entreprise

sa LPP

Les solutions de caisse de pension flexibles et personnalisées sont de plus

en plus prisées. Elles contribuent au maintien du niveau de vie à la

retraite tout en couvrant le personnel contre des risques tels que

l’invalidité ou le décès. Et elles sont un atout décisif dans la concurrence

des entreprises pour recruter une main-d’œuvre qualifiée.

Texte Seraina Acker

Photos Raffael Waldner

D

epuis 40 ans, les caisses de pension

sont un élément central du

système de prévoyance suisse. Introduite

en 1985 par la loi fédérale

sur la prévoyance professionnelle

vieillesse, survivants et invalidité (LPP), la prévoyance

professionnelle n’a guère évolué depuis,

contrairement à notre quotidien. Nous

vivons plus longtemps, la famille au sens traditionnel

perd en importance, la diversité et les

modèles de vie individuels sont mieux acceptés.

Or la LPP en tient peu compte. «Les entreprises

peuvent agir sur ce point en optant pour une

solution de caisse de pension flexible, allant

au-delà du minimum légal», explique Matthias

Spycher, conseiller en prévoyance à l’agence

générale AXA Prévoyance & Patrimoine de Berthoud.

Un sujet complexe, des solutions diverses

Une entreprise a tout intérêt à bien choisir une

solution de prévoyance professionnelle qui lui

corresponde vraiment, au vu des frais supplémentaires

qu’elle entraîne. Selon Matthias Spycher,

mieux vaut donc se faire conseiller par un

spécialiste. Rochester-Bern Executive Programs

a pu bénéficier d’un tel conseil de qualité par

AXA, comme le confirme son COO Éric Dubuis.

Cette Business School située à Berne propose

onze cursus destinés aux cadres supérieurs et

aux membres de conseils d’administration et

Mon Entreprise

Rochester-Bern Executive

Programs a récemment fêté

son trentième anniversaire.

Cette Business School située

à Berne a été fondée en 1994

par les universités de Berne

et de Rochester (États-Unis).

Elle propose des formations

continues de niveau universitaire

aux cadres supérieurs

et aux membres de conseils

d’administration. Mettant

l’accent sur l’innovation, l’esprit

pratique et la promotion

individuelle, elle aide les spécialistes

et les cadres à élargir

leurs compétences.

rochester-bern.ch

Matthias Spycher,

conseiller en prévoyance

à l’agence générale

AXA Prévoyance & Patrimoine

de Berthoud

travaille en étroite collaboration avec les universités

de Berne et de Rochester, dans l’État

de New York, aux États-Unis. Elle compte dans

ses rangs des chargés de cours du monde entier

ainsi que 22 employés fixes, dont environ

deux tiers de femmes à temps partiel et d’étudiants.

Éric Dubuis se réjouit que la solution

d’AXA offre autant de flexibilité en matière de

prévoyance professionnelle, même aux petites

PME. La déduction de coordination a été adaptée

aux taux d’occupation, de sorte que les personnes

à temps partiel peuvent épargner nettement

plus dans le 2 e pilier que dans le cadre

d’une solution standard. De plus, les parts de

revenu dépassant le maximum légal sont prises

en compte, ce qui permet d’augmenter la part

de la prévoyance vieillesse et, à long terme, le

capital de vieillesse. «Nous avons aussi pu aménager

sur mesure les prestations de risque en

augmentant la rente d’invalidité, ce qui offre

une sécurité accrue en cas d’urgence», ajoute

Éric Dubuis.

«Nous avons pu aménager sur mesure les prestations de risque

pour obtenir une bonne couverture en cas d’invalidité ou de décès.»

Éric Dubuis, COO, Rochester-Bern Executive Programs

Mon ENTREPRISE

26

03/2025


PRÉVOYANCE PROFESSIONNELLE

Le COO Éric Dubuis se réjouit de la grande flexibilité que la solution de caisse de pension d’AXA offre à Rochester-Bern en matière de prévoyance professionnelle.

03/2025

27

Mon ENTREPRISE


Les équipes de Michael Kipfer

à Langnau et à Escholzmatt se

composent de 50 personnes,

la plupart à temps partiel.

Le choix de l’employeur, un point crucial

Michael Kipfer est propriétaire du cabinet de

physiothérapie Kipfer à Langnau, dans l’Emmental.

Lorsqu’il a repris le cabinet il y a une

dizaine d’années, il s’est penché de près sur le

thème de la prévoyance professionnelle. «Avec

une bonne solution de caisse de pension, je peux

assumer en toute conscience ma responsabilité

sociale vis-à-vis de mes équipes.» Matthias Spycher

relève un autre avantage d’une solution

de caisse de pension sur mesure: «Aujourd’hui,

de nombreux secteurs et métiers doivent faire

face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Ce n’est un secret pour personne: la prévoyance

professionnelle est de plus en plus considérée

comme une composante du salaire, surtout par

les travailleurs qualifiés.»

Un seuil d’entrée plus bas pour les temps

partiels

Une caisse de pension attrayante peut donc

faire toute la différence lors du choix de

l’employeur. «Être physiothérapeute, c’est

stressant», explique Michael Kipfer: un patient

après l’autre, très peu de pauses, mais la

responsabilité de s’adapter à chaque nouvelle

personne. Quand on prend sa tâche au sérieux,

on atteint vite ses limites dans ce métier. Raison

de plus pour que l’employeur propose

Professional Invest

Mon Entreprise

Avec ses deux sites à Langnau

et à Escholzmatt, Physio kipfer

est le plus grand cabinet de

physiothérapie et de réadaptation

de l’Emmental. Une

équipe de cinquante personnes

est au service des patients.

Le cabinet couvre tous

les services de physiothérapie,

répondant aux besoins des

nouveau-nés, des patients en

soins palliatifs, des accros au

canapé ainsi que des sportifs

de haut niveau, en mettant

l’accent sur une approche neurocentrée,

qui a fait émerger

des spécialistes reconnus dans

toute la Suisse.

physiokipfer.ch

Mon ENTREPRISE

28

La solution semi-autonome

Professional Invest d’AXA

propose à chaque entreprise

une solution de prévoyance

parfaitement adaptée à

ses besoins. Elle permet un

aménagement flexible pour

respecter pleinement les

exigences et les objectifs

individuels. Grâce à une stratégie

de placement diversifiée

et à des perspectives

de rendement à long terme,

les entreprises peuvent

aménager efficacement leur

prévoyance et offrir à leur

personnel une couverture attrayante.

Professional Invest

allie flexibilité, sécurité et

croissance durable pour un

avenir stable.

axa.ch/fr/clients-entreprises

03/2025


PRÉVOYANCE PROFESSIONNELLE

«Avec une bonne solution de caisse de pension, je peux assumer en toute

conscience ma responsabilité sociale vis-à-vis de mes équipes.»

Michael Kipfer, propriétaire du cabinet de physiothérapie Kipfer

un environnement de travail attrayant et de

bonnes conditions d’embauche. Les équipes

de Michael Kipfer à Langnau et à Escholzmatt

se composent de 50 personnes, dont la

plupart travaillent à temps partiel et sont des

femmes. «Les trois quarts des personnes qui

suivent une formation de physiothérapeute

sont des femmes», précise-t-il. Et bon nombre

d’entre elles ne seraient pas du tout assurées

si elles se trouvaient dans un modèle de prévoyance

classique. C’est pourquoi le contrat

de prévoyance de son cabinet ne prévoit aucune

déduction de coordination. Les collaboratrices

sont donc assurées même avec un

temps partiel faible. Non seulement elles ont

accès à la prévoyance professionnelle, mais

elles sont aussi couvertes contre les risques

d’invalidité et de décès. «Beaucoup de gens

n’en ont pas conscience; c’est donc une raison

de plus pour se renseigner sur la prévoyance

professionnelle proposée par son entreprise,

que l’on soit employeur ou salarié», rappelle

Matthias Spycher.

3 questions à...

… Yves Amberg, avocat

chez ambralaw, spécialiste

notamment du droit de la

famille

La prévoyance, n’est-ce

pas aussi envisager le cas

d’une séparation ou d’un

divorce?

Aujourd’hui, quand on

s’unit, ce n’est plus forcément

pour la vie: plus d’un

mariage sur trois se solde

par un divorce. Dans ce cas,

les avoirs constitués pendant

le mariage sont partagés

pour moitié. Ensuite,

chacun est responsable de

sa propre prévoyance.

Qu’advient-il de la prévoyance

en cas de séparation

alors que l’on n’était

pas marié?

En cas de séparation, les

concubins n’ont pas droit

à l’avoir de prévoyance

du partenaire. De nombreuses

caisses de pension

permettent toutefois de

désigner par contrat le ou la

partenaire comme bénéficiaire

en cas de décès.

L’écart entre les sexes en

matière de prévoyance ne

se creuse-t-il pas davantage

après une séparation,

notamment lorsqu’on

s’occupe de ses enfants

pendant des années et

qu’on renonce à sa carrière?

En effet. En cas de divorce,

et pour pouvoir accumuler

un capital suffisant durant

les années qui restent

jusqu’à la retraite, la personne

qui se trouve dans

cette situation pénalisante

peut se voir verser une

pension alimentaire ou plus

de la moitié des prestations

de sortie LPP acquises pendant

le mariage.

Photos: màd

100 %

multitâche

Être à son compte ne devrait

jamais être un risque.

Know You Can

Découvrez comment nous aidons les micro-entreprises sur AXA.ch

03/2025 29

Mon ENTREPRISE


MARKETING

ENTRETIEN

«Avec le recul, je me dis

que nous aurions pu être

encore plus courageux.»

Depuis quatre ans, Sandra Banholzer est CEO de Rausch AG. Et c’est la première

fois qu’une personne extérieure à la famille Baumann dirige cette entreprise de tradition.

Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, la cheffe d’entreprise nous explique en

quoi le relaunch opéré en 2023 était essentiel et comment elle compte séduire une clientèle

plus jeune en faisant appel aux sœurs Kambundji.

Entretien Melanie Ade

Photos Daniel Ammann

Portrait

Sandra Banholzer a pris les

rênes de Rausch AG en 2021.

Avant cela, cette économiste

d’entreprise diplômée de

49 ans a passé plusieurs

années au sein du groupe

Migros, où elle était chargée

de mettre sur pied des

plates-formes d’exportation

aux États-Unis et au Canada.

Sandra Banholzer a dirigé le

secteur d’activités international

de Migros Industrie avant

de rejoindre Rausch AG. Cette

entreprise familiale dont le

siège se trouve à Kreuzlingen

emploie près de 130 personnes.

Elle est spécialisée

dans les produits de soin

naturels pour les cheveux, le

cuir chevelu et le corps.

rausch.ch

Sandra Banholzer, quel shampooing

avez-vous utilisé aujourd’hui?

Un shampooing Rausch, bien entendu!

(Rires.) Je varie en fonction de la saison. Aujourd’hui,

j’ai utilisé celui à l’écorce de saule

et puis j’ai appliqué un masque réparateur express

à l’amarante.

Pourquoi devrais-je acheter

vos produits?

Parce que nous avons la solution à chaque

problème capillaire, le bon produit pour

chaque type de cheveux et de cuir chevelu.

Nos produits allient la puissance naturelle des

plantes et l’efficacité d’ingrédients actifs, tout

en étant très bien tolérés.

Vous avez longtemps travaillé

pour le groupe Migros. Qu’est-ce qui

vous a attirée dans la fonction que

vous occupez?

D’une part, l’aspect entrepreneurial: diriger

une entreprise familiale dotée d’une marque

aussi forte est très intéressant. D’autre part, je

connaissais Rausch sans pour autant avoir testé

ses produits. J’ai eu l’occasion de me rattraper

et je dois dire que j’ai été bluffée. J’ai su tout de

suite que je voulais améliorer le marketing des

produits pour atteindre des personnes ayant

un profil comme le mien.

Avez-vous vécu un choc culturel en

changeant d’entreprise?

Non, pas vraiment. D’abord parce que j’ai

travaillé pour des entreprises telles que Mibelle,

Chocolat Frey ou Midor, qui sont aussi

des PME. Juste un peu plus grandes. Ensuite,

comme je suis très peu attachée au formalisme,

le changement ne m’a pas posé problème. En

revanche, pour les équipes de Rausch, habituées

à une gestion familiale, le choc culturel a

sans doute été plus rude. (Rires.)

Qu’avez-vous changé en tant que CEO

au cours des quatre dernières années?

À mes yeux, il est fondamental que nous

soyons tous sur un pied d’égalité. C’est pourquoi

nous avons beaucoup travaillé sur notre

culture d’entreprise. Ce changement culturel

implique notamment un aplanissement des

hiérarchies, une nouvelle répartition des compétences

et une prise de décision à tous les

échelons, pas juste au niveau de la direction.

Pour certaines personnes, assumer des responsabilités

n’est pas simple. Il faut donc les

accompagner. Il est réjouissant de voir à quel

«Pour certaines personnes, assumer des responsabilités n’est pas

simple. Il faut donc les accompagner.»

Sandra Banholzer, CEO de Rausch AG

Mon ENTREPRISE

30

03/2025


ENTRETIEN

L’entreprise Rausch est particulièrement

fière de ses extraits de plantes,

obtenus par un procédé spécial.

Certaines plantes sont cultivées dans

le jardin de l’entreprise.

03/2025 31

Mon ENTREPRISE


MARKETING

ENTRETIEN

En bref...

Ma devise:

Nothing is impossible

Mon rituel matinal:

Me lever, me doucher, faire

quelques étirements, et en

route pour le bureau

Ma passion:

Les langues, les cultures

et le sport

Mon premier emploi:

Pendant les vacances

scolaires, dans une fromagerie

industrielle

Mon modèle personnel:

Indra Nooyi, ex-CEO de Pepsi

Mon plus grand triomphe:

Mes enfants, et professionnellement

mes deux années

passées au Canada

Ma pire défaite:

Pas de nouveau projet

pendant deux ans au Canada

Les heures de sommeil

dont j’ai besoin:

Huit heures

Je recharge mes batteries:

Avec mes enfants ou à travers

la littérature fantasy

Un rêve que j’aimerais

réaliser:

Un tour du monde

point de nombreux collaborateurs et collaboratrices

ont évolué et apprécient cette nouvelle

forme d’interaction.

Vous avez introduit par exemple

la culture du tutoiement.

Pour moi, cela fait partie intégrante d’un

style de conduite empathique. Il a fallu près

d’un an pour que tout le monde ose me tutoyer.

Personne n’en avait l’habitude. Lorsque les

équipes de la production, auxquelles je n’ai pas

affaire tous les jours, ont enfin osé me contredire

ou exprimer un point de vue différent du

mien, j’ai compris que nous avions réussi cette

transformation.

Quelles autres étapes ont marqué

ces dernières années?

Il y en eu plusieurs. En 2023, nous avons

relancé notre la marque, redéfini notre positionnement

et modernisé notre communication.

Nous avons en outre conclu deux grandes

coopérations stratégiques, d’une part avec

Suisse Tourisme et d’autre part avec les sœurs

et athlètes Mujinga et Ditaji Kambundji, les

nouvelles ambassadrices de notre marque. Par

ailleurs, nous avons beaucoup investi dans le

numérique, domaine où nous avions du retard.

Vu de l’extérieur, ce relaunch n’a pas

entraîné d’impact majeur.

Avec le recul, je me dis que nous aurions pu

être encore plus courageux, je l’admets. J’ai

conscience que notre image en Suisse est un

peu vieillotte. Il n’empêche que nous avons accompli

un pas de géant. En effet, nous n’avons

pas seulement adapté le logo, mais aussi rebaptisé

tous les produits en fonction de leur effet et

non des plantes qui les composent. Après tout,

personne ne cherche dans les rayons un shampooing

au tussilage, mais un soin antipelliculaire.

Néanmoins, nous tenions à garder notre

tradition et notre ADN. Je ne veux pas faire de

Rausch une marque lifestyle. Ce serait une erreur

et cela heurterait notre cible. J’ai toutefois

la conviction qu’une communication plus moderne

nous permettra de toucher également la

jeune génération.

Comment comptez-vous y parvenir?

D’une part, grâce à nos ambassadrices de

marque Mujinga et Ditaji Kambundji. Tout

comme nous, elles incarnent l’authenticité,

le pragmatisme suisse, mais véhiculent aussi

les notions de performance et d’émotion. En

outre, du fait de leurs dix ans d’écart, les deux

sœurs s’adressent à des tranches d’âge différentes,

ce qui est un avantage pour nous. Par

ailleurs, nous communiquons de plus en plus

sur les réseaux sociaux. Pour l’instant, nous

nous concentrons sur Facebook, Instagram et

LinkedIn. Nous faisons aussi nos premiers pas

sur TikTok. Mais nous avons encore du pain sur

la planche à ce niveau-là.

Les cosmétiques naturels ont le vent

en poupe. Est-ce que cela vous aide?

Il faut faire la distinction: Rausch produit

des cosmétiques naturels, mais pas de cosmétiques

naturels certifiés. Environ 90% de nos

ingrédients sont d’origine naturelle, mais nous

éliminons délibérément les huiles essentielles

ou les allergènes qui sont souvent présents dans

les produits naturels afin que nos formules

soient bien tolérées par tous. Et pour une efficacité

optimale, nos produits contiennent des

substances actives en plus des ingrédients naturels.

Cette approche nous permet d’occuper

la niche qui sépare la cosmétique naturelle certifiée

des grandes multinationales de la beauté.

Mais bien entendu, la sensibilisation accrue

aux produits naturels nous est bénéfique.

Quelles sont les autres tendances

que vous observez?

Dans les soins capillaires, la tendance est à la

skinification, c’est-à-dire l’approche consistant

à traiter le cuir chevelu et les cheveux comme

la peau du visage. Depuis 10 à 15 ans environ,

on accorde beaucoup plus d’importance aux

soins du cuir chevelu. Sur ce point, nous nous

sommes montrés trop timides par le passé.

Pourquoi donc?

Notre fondateur, Josef Wilhelm Rausch,

n’a pas seulement été l’inventeur du premier

shampooing liquide au monde, il a été l’un des

premiers à développer une lotion capillaire

pour le soin du cuir chevelu en 1890. Ce qui est

récemment devenu une tendance fait partie de

notre assortiment depuis 135 ans. À l’avenir,

nous devrons davantage mettre cette compétence

en avant dans notre communication.

Vous disposez de succursales en

Allemagne, en Autriche et en Italie.

Qu’est-ce qui distingue ces marchés?

C’est en Autriche que notre notoriété est la

plus grande, juste après la Suisse. L’Allemagne

est un marché âprement disputé et il est très

«Comme les Italiennes prennent généralement plus de temps

pour elles, nous voyons encore du potentiel dans ce pays.»

Sandra Banholzer, CEO de Rausch AG

Mon ENTREPRISE

32 03/2025


Dans le laboratoire de Rausch AG, le savoir traditionnel en matière de plantes est associé à la recherche moderne.

difficile d’y développer la distribution. En Italie,

nous ne sommes présents que dans les commerces

spécialisés. Néanmoins, comme les Italiennes

prennent généralement plus de temps

pour elles et leur apparence, nous voyons encore

du potentiel dans ce pays.

Quelle est votre part d’exportation?

Notre marché principal est la Suisse et représente

50% du chiffre d’affaires total; les

marchés voisins, 30%. Les parts restantes correspondent

au Moyen-Orient et à l’Asie.

Avez-vous atteint le pic en Suisse?

Je ne le pense pas. Il reste des groupes cibles

que nous n’avons pas suffisamment approchés

jusqu’à présent, par exemple les hommes

jeunes. Notre gamme comprend de nombreux

produits répondant à des problématiques typiquement

masculines, comme la perte de cheveux

ou les pellicules. Si l’on regarde les statistiques

sur le nombre d’hommes qui se rendent

en Turquie pour une greffe de cheveux, nous

avons certainement du potentiel! (Rires.)

Avez-vous des ambitions de croissance

à l’exportation?

Oui, nous voulons développer les affaires

internationales. Les Asiatiques sont généralement

très soucieux de leur apparence, et la

Corée notamment est un marché très attrayant.

Et nous sommes fiers d’avoir été désignés

«Brand Of The Year» dans la catégorie «Scalp

Care» pour la septième fois consécutive dans

Le tonique capillaire

développé en 1890 par

Josef Wilhelm Rausch.

ce pays. Et nous voulons également poursuivre

notre croissance à Hong Kong et à Taïwan.

Quelle est l’importance du label «Made

in Switzerland» aujourd’hui?

Il est très important. Ce n’est pas le seul argument

de vente pour un produit, mais c’est

un gage de qualité et donc un critère d’achat,

aussi bien à l’étranger qu’en Suisse.

Êtes-vous impactés par les droits de

douane américains?

Pas directement, car nous n’exportons pas

aux États-Unis. Mais si l’augmentation des droits

de douane devait entraîner des licenciements ou

une récession de faible ampleur en Suisse, nous

en ressentirions aussi les effets, car les consommateurs

suisses et européens devraient alors

se serrer la ceinture. Mais ce type de situation

offre aussi des opportunités, comme le montre

l’effet «rouge à lèvres»: en période de crise économique,

les ventes de produits cosmétiques

sont souvent en plein essor, car les gens ne font

pas de gros achats, préférant s’offrir de petites

touches de luxe au quotidien.

Quelles sont vos ambitions?

Nous développer à l’international et rendre

notre marque plus tangible. Mon rêve serait de

créer un espace chez nous à Kreuzlingen, où les

gens pourraient créer leur propre shampooing

en assemblant des extraits de plantes. Et juste à

côté, une jolie boutique. Je crois que ça pourrait

marcher! ●

03/2025 33

Mon ENTREPRISE


Ma fierté

Elke Brodbeck,

TopikPro

Photo: Daniel Winkler

Mon ENTREPRISE

Quand la science rencontre la psychologie

Par des chemins détournés, je me suis retrouvée

dans la branche du développement organisationnel

et de la médiation. Après un doctorat en chimie,

j’ai travaillé dans un cabinet de conseil en brevets.

Mais j’ai vite compris que je voulais être au contact

des autres. La collaboration et la culture organisationnelle

ont toujours été importantes pour moi.

J’ai toujours été intéressée par la création d’environnements

et de climats de travail dans lesquels

chacun se sente bien. Après différentes formations

continues et grâce à des contacts privés, j’ai fini

par entrer chez TopikPro en 2022. Nous accompagnons

les entreprises dans leurs processus de changement,

qu’il s’agisse de projets de transformation

complexes ou de conflits au sein d’équipes. Nos

clients sont des entreprises, mais aussi des administrations,

des associations, des hôpitaux ou des

écoles: les questions relationnelles sont partout les

mêmes. Notre travail consiste à animer des conversations

difficiles, à jouer un rôle d’intermédiaire et

à rechercher ensemble des solutions. Pour cela, il

faut avoir une vue d’ensemble, de la curiosité et de

l’intérêt pour les autres. Dans le passé, la médiation

n’a pas toujours été prise au sérieux. Heureusement,

les choses ont changé. De plus, le développement

organisationnel est une étape souvent tardive

des processus de changement. J’aimerais que le facteur

humain soit pris en compte dès le départ, et

pas seulement au moment où il y a des problèmes.

topikpro.ch

34 03/2025


Ma fierté

La qualité noir sur blanc

Ma femme Rebecca et moi avons repris les rênes

de QualiCert il y a trois ans. Avec sept collaborateurs

fixes, cinq spécialistes intervenant sur

mandat et nos quinze auditeurs qui parcourent

pour nous le pays de Chiasso à Genève, nous

sommes le seul organisme de certification indépendant

en Suisse dans le domaine du sport

et de la prévention. Pour simplifier, nous vérifions

régulièrement si les centres de fitness, les

studios de yoga ou les physiothérapeutes respectent

des normes internationales reconnues

et des critères stricts en matière de formation,

d’hygiène et de sécurité. Autrement dit: nous

rendons la qualité visible. Nous créons ainsi une

situation gagnant-gagnant: les clients finaux ont

confiance dans le prestataire, celui-ci bénéficie

d’une sécurité juridique et d’un certificat reconnu,

et les caisses-maladie ont la certitude que

leurs exigences de qualité sont respectées. Notre

plus grand défi, mais aussi la beauté de notre

métier, réside dans la diversité de notre clientèle:

de l’hôpital à l’hôtel de cure cinq étoiles,

en passant par le centre de crossfit ou le cabinet

de physiothérapie. Tous ont des concepts différents,

et pourtant nous avons un objectif commun:

amener ensemble l’offre suisse d’activité

physique et de prévention au niveau de qualité

le plus élevé possible et promouvoir ainsi durablement

la santé et la qualité de vie en Suisse.

qualicert.ch

Benedikt Nann,

QualiCert AG

Photo: Herbert Zimmermann

03/2025

35

Mon ENTREPRISE


Assurance-maladie

complémentaire d’AXA

Changer de caisse-maladie

et économiser CHF 456*

CHF 25 mio. d’économies dans toute la Suisse

Know You Can

AXA.ch/economiser

* Les clients et clientes en Suisse ayant utilisé le service gratuit

de changement d’assurance de base de la Prévoyance santé

d’AXA à l’automne 2024 économiseront ainsi en moyenne

CHF 456 sur leurs primes d’assurance de base en 2025.

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