L'Essentiel Prépas _ N°89 _ Octobre 2025
L'Essentiel du Sup Prépas est le magazine numérique dédié aux professeurs des classes préparatoires, aux étudiants et à leurs parents. Chaque mois, retrouvez toute l'actualité des classes préparatoires économiques et commerciales et des Grandes Ecoles. Ce magazine vous est proposé par HEADway Advisory, cabinet de conseil en stratégie dédié à l'enseignement supérieur.
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N°89 | OCTOBRE 2025
CLASSES PRÉPARATOIRES ÉCONOMIQUES ET COMMERCIALES
ENTRETIEN
Delphine Manceau
(Conférence des Grandes écoles)
DÉBAT
Les IA contre l’emploi des jeunes ?
ENTRETIEN
Alice Guilhon (Skema)
Des écoles de
management toujours
plus ambitieuses
• Audencia, Kedge, Skema : trois nouveaux
plans stratégiques à la loupe
• Ce que révèle le Sigem 2025
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ÉDITO + SOMMAIRE
OCTOBRE 2025 N° 89
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR FACE
AUX CHOCS DÉMOGRAPHIQUES
ET FINANCIERS
Le constat est sans appel et parfaitement prévisible : le nombre d’étudiants
français va progressivement baisser après 2030. Comment un enseignement
supérieur gavé d’étudiants depuis 30 ans va-t-il pouvoir s’adapter ?
Un défi considérable auquel l’enseignement supérieur ne sait pas encore
comment répondre alors que d’autres défis, plus immédiats, sont déjà là : au
mieux stagnation des contributions de l’État, baisse du financement de l’apprentissage,
ralentissement de l’activité économique et donc de l’intégration
des jeunes sur le marché du travail.
Des modèles économiques en difficulté. C’est la DEPP qui l’établit
dans une note : par rapport à 2023, la dépense moyenne par étudiant (y
compris apprentis) a reculé en prix constants de 1,4%, sous l’effet de la
faible hausse des moyens (+0,5% en euros constants) conjuguée à l’augmentation
des effectifs (+1,9%). En cette rentrée 2025 l’ensemble de l’enseignement
supérieur traverse une crise de financement. De Nice à Strasbourg
le constat est le même dans les universités : si elles ne sont pas en déficit
elles pourraient bientôt l’être.
Impact futur : une démographie en berne. « La baisse continue et
marquée des naissances depuis plus d’une dizaine d’années fait basculer
la France dans un nouveau régime démographique qui bouscule les perspectives
économiques à moyen terme », met en garde l’économiste Maxime
Sbaihi dans sa note du Haut-commissariat au plan Des écoles au marché
du travail : la marée descendante de la dénatalité parue en septembre
2025.
Le pic des entrées de bacheliers en première année d’enseignement supérieur
serait ainsi atteint en 2028. Ensuite, si la proportion d’une classe d’âge
obtenant le baccalauréat et poursuivant ses études dans le supérieur reste
identique, les effectifs de néo-bacheliers inscrits en première année dans
l’enseignement supérieur devraient baisser de 8% à horizon 2035 par rapport
à aujourd’hui et de 20% d’ici 2042.
Des moyens pourtant nécessaires ! La tension est d’autant plus
grande que les besoins de financements n’ont jamais été aussi importants.
Les écoles doivent aujourd’hui investir — notamment dans les technologies
comme l’intelligence artificielle — sans être certaines de la pertinence de ces
choix à 2 ou 5 ans. Nouvelle présidente de la Conférence des Grandes écoles
(CGE), Delphine Manceau souhaite justement « renforcer les échanges entre
les écoles membres afin de partager les bonnes pratiques, innover collectivement,
favoriser des initiatives communes pour
faire face aux défis actuels du secteur et réfléchir
ensemble à l’évolution de nos modèles ».
Sommaire
LES ESSENTIELS DU MOIS
3 • Concours : l’Edhec complète
son oral de groupe
4 • GEM lance ses « voyages pédagogiques »
5 • Nominations
6 • Excelia : un nouveau campus,
une nouvelle identité de marque
7 • Une rentrée sous le signe de l’espace
à Audencia
8 • Classement des MIM : les business schools
françaises résistent
9 • BSB inaugure son nouveau campus lyonnais
ENTRETIEN
10 • Delphine Manceau, Présidente de la
Conférence des Grandes écoles, directrice
générale de Neoma
31 • Alice Guilhon, Directrice générale de SKEMA
DOSSIER
14 • Des écoles de management toujours plus
ambitieuses
DÉBAT
34 • Les IA contre l’emploi des jeunes ?
Olivier Rollot,
rédacteur en chef
« L’Essentiel du sup » est une publication du groupe HEADway
Advisory, SAS au capital de 30 000 €, RCS 53298990200046 Paris,
CPPAP 0920W93756, 33, rue d’Amsterdam, 75008 Paris.
Directeur de la publication : Sébastien Vivier-Lirimont.
Rédacteur en chef : Olivier Rollot (o.rollot@headway-advisory.com).
Responsable commerciale : Fanny Bole du Chomont
(f.boleduchomont@headway-advisory.com).
Création graphique et mise en pages : Élise Godmuse
L’ESSENTIEL DU SUP
PRÉPAS
L’ESSENTIEL DU MOIS
OCTOBRE 2025 N° 89
Concours : l’Edhec complète
son oral de groupe
A
compter du concours 2027, l’EDHEC Business
School annonce l’introduction d’une nouvelle
épreuve orale dans son principal concours
d’accès au Programme Grande École (voies
EC des concours BCE) en complément de la Trilogie
(exercice de 2h15 pendant lequel se succèdent
séquences individuelles et collectives) et des oraux
de langues. Lors de leur inscription au concours, les
candidats sélectionneront la matière de leur choix
parmi les propositions suivantes :
• toutes filières : Culture générale ou Mathématiques ;
• filière ECG uniquement : Économie Sociologie Histoire
ou Histoire Géographie Géopolitique ;
• Filière ECT uniquement : Économie ou Droit ou Gestion
Management.
Les étudiants choisiront eux-mêmes leur sujet dans
le cadre du programme, et pourront ainsi se préparer
pendant l’année. D’une durée de 20 minutes, l’épreuve
débutera par l’exposé du sujet traité par le candidat
puis se poursuivra par un échange avec l’examinateur
portant sur l’ensemble du programme. La prestation
du candidat ne sera pas évaluée sur la seule partie
préparée en amont. « Cette nouvelle épreuve va nous
permettre de renforcer notre capacité à sélectionner
les profils académiques les plus solides, en ligne avec
nos exigences d’excellence. Les candidats disposeront
d’une opportunité supplémentaire de s’exprimer sur
leur point le plus fort, dans la matière de leur choix »,
souligne Hugues Contant, directeur des Admissions
et Concours à l’Edhec.
EN BREF…
Excelia Business School
s’associe à aivancity pour
proposer trois nouveautés
dans son PGE: une
certification « Artificial
Intelligence Strategy for
Business » ; la participation
de quelques étudiants
d’Excelia au parcours
certifiant « AI Product
Engineering » d’aivancity en
partenariat avec le College of
Engineering de Berkeley ; un
accès privilégié au MSc Data
Management d’aivancity.
ESCP Business School
renforce son positionnement
stratégique sur l’Intelligence
Artificielle et l’analytique
en « donnant un nouveau
souffle » à son MSc in
Business Analytics &
AI (anciennement MSc
in Big Data & Business
Analytics). Dès cette rentrée,
le programme se distingue
notamment par un partenariat
unique avec OpenAI et
des cours renouvelés avec
un accent renforcé sur
l’IA et ses applications
aux métiers de demain.
Le Hcéres très positif sur l’Essec
Le comité « salue la trajectoire très positive
qu’a connue l’ESSEC au cours de la
période évaluée en matière de positionnement
stratégique ». C’est un rapport
laudateur que le Hcéres publie sur l’Essec
quelques semaines avant l’inauguration
de ses locaux rénovés à Cergy Pontoise.
Côté forces le comité note en effet une
« ambition affirmée de faire des enjeux
sociétaux un marqueur identitaire,
portée par une stratégie mise en œuvre
de manière cohérente et partagée par
la communauté », « des formations
de grande qualité et une trajectoire
remarquable en recherche », des partenariats
« structurants académiques
et socio-économiques, tant au niveau
local qu’international » et enfin un
« parc immobilier de qualité, associé à
une stratégie structurée de réduction de
l’empreinte carbone ».
Côté faiblesses « appelant une vigilance
particulière » le comité note que
la gouvernance, l’organisation et les outils
de pilotage « ne sont pas pleinement
alignés avec les enjeux stratégiques de
l’établissement », une ambition d’imposer
la marque ESSEC à l’international
qui « reste encore inaboutie », une
politique d’ouverture sociale encore
« insuffisamment développée, appelant
un renforcement significatif » (le taux de
boursiers du Crous est jugé encore trop
modeste pour un établissement d’intérêt
général) et une diversification « encore
insuffisante des sources de financement ».
Si l’augmentation, à la fois du nombre
d’étudiants et des droits de scolarité a
permis une progression substantielle du
chiffre d’affaires, passé de 133 M€ en
2017 à 178 M€ en 2024, le comité estime
qu’il faudrait « inciter les enseignantschercheurs
à soumettre davantage
de projets à financements compétitifs
européens et internationaux »,
« développer la formation continue,
créer de nouveaux programmes réguliers
à forte valeur ajoutée dans des zones
géographiques stratégiques », « renforcer
les campagnes de levée de fonds pilotées
par la Fondation, en mobilisant plus
fortement les communautés d’Alumni
et les partenaires économiques » et,
enfin, « mettre en place une politique
systématique de prélèvement de frais de
gestion sur les contrats de recherche ».
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L’ESSENTIEL DU SUP
PRÉPAS
L’ESSENTIEL DU MOIS
OCTOBRE 2025 N° 89
GEM lance ses « voyages
pédagogiques »
Grenoble École de Management inaugure l’année
académique 2025 avec une innovation majeure
: le « Voyage pédagogique ». Ce dispositif
conçu pour accompagner les 2 500 nouveaux
étudiants jusqu’à la diplomation articule immersion,
innovation et impact. Structuré en six étapes (« se
projeter, s’immerger, s’étonner, réfléchir, transformer,
partager »), il développe des compétences clés pour
les leaders de 2040 : créativité, imagination stratégique,
pensée critique et réflexion éthique. « Avec ce
Voyage, nous réinventons la manière d’apprendre. Nos
étudiants ne sont plus seulement spectateurs de leur
formation : ils en deviennent les explorateurs, ancrés
dans les Alpes mais ouverts sur le monde », souligne
Fouziya Bouzerda, directrice générale de GEM.
Le « Voyage pédagogique » se traduit par une pédagogie
hybride: 60 % de cours en présentiel, 20 % en
virtuel immersif et 20 % hors les murs. Chaque étudiant
construit un Carnet de voyage – e-portfolio regroupant
réflexions, photos, vidéos et podcasts – mémoire vivante
de son parcours et outil de valorisation professionnelle.
Par ailleurs trois temps forts ont marqué cette rentrée :
•Le « GEM Sustainability Day » a plongé les étudiants
dans les transitions environnementales et sociétales,
entre Chamrousse, Saint-Pierre-de-Chartreuse, le lac
de Freydières ou encore la Casemate et le Musée des
Troupes de Montagne à Grenoble. Des partenaires
comme Schneider Electric et Cluster Montagne ont
partagé leurs initiatives autour du tourisme durable et
de l’innovation. À Paris, les étudiants ont découvert la
gestion forestière durable en forêt de Fontainebleau
avec l’ONF.
•Le « Campus Life Day » a introduit la vie étudiante,
mettant en lumière les 21 associations de GEM, véritables
incubateurs de projets gérant parfois plus d’1
M€ de budget.
•Enfin, le « kick-off institutionnel » s’est tenu à la patinoire
Polesud : un lancement spectaculaire associant les
équipes de direction, des personnalités inspirantes
comme Joël Tronchon (L’Oréal) et le sportif-étudiant
Matias Bachelet, et un show offert par les Brûleurs
de Loups.
EN BREF…
L’Essec lance sa 23 e
Chaire d’enseignement et
de recherche. Consacrée
à l’analyse des industries
culturelles, des pratiques
artistiques et des mutations
induites par les avancées
technologiques, elle est en
collaboration avec neuf
partenaires: Accourcie,
Le Bal du Moulin Rouge,
CFNews/Satellifacts,
CityzMedia, Ekhoscènes,
Jellyfish, Live Nation et
Netgem, ainsi que Le
Centre National de la
Musique. La Chaire est
en outre soutenue par CY
Université et France 2030.
La ville de Clichy (Hautsde-Seine)
et l’EM
Normandie viennent de
signer une convention
de partenariat visant à
« renforcer leur collaboration
autour de la jeunesse,
l’insertion professionnelle
et le développement
économique local ».
TBS Education et le
Domaine agricole de
Toulouse – Candie, propriété
de la Mairie de Toulouse,
signent une convention de
trois ans pour structurer
des projets pédagogiques
concrets au sein de la
filière « marketing du
vin et œnotourisme »
du Bachelor. L’accord
prévoit des cas d’études,
des jurys, une visite
annuelle du domaine et
une mise en visibilité
conjointe des actions.
ESCP et CEIBS lancent un Global Master en Management accéléré
ESCP Business School et CEIBS s’associent
pour lancer un Global Master
en Management accéléré en 14 mois à
l’image de ce que font l’Essec ou l’Insead.
Entièrement en anglais, le programme
se déroule dans quatre grands
hubs économiques : Shanghai, Paris,
Londres et Zurich. Les étudiants bénéficient
ainsi d’une immersion multiculturelle
combinant compréhension
approfondie de la Chine et ouverture
sur l’Europe, avec des cours, projets
collaboratifs, études de cas et visites
d’entreprises. A la fin de leur cursus
les étudiants obtiennent les masters de
CEIBS et de ESCP. «Le partenariat avec
CEIBS nous permet de renforcer notre
présence en Chine tout en offrant à nos
étudiants un parcours transformateur et
à fort impact entre l’Europe et l’Asie »,
note Léon Laulusa, Directeur général
de ESCP Business School quand Frank
Bournois, vice-président et directeur général
de CEIBS, affirme : « Le Global
Master en Management CEIBS – ESCP
n’est pas seulement un programme, c’est
une déclaration d’intention : former,
inspirer et propulser une nouvelle
génération de leaders. Né de l’Europe
et de la Chine, ce programme n’est pas
simplement international : il est interculturel,
intergénérationnel et interdisciplinaire.
»
La première promotion débutera en août
2026 : fondamentaux du management à
Shanghai (août-décembre 2026), spécialisations
à Paris (janvier-avril 2027),
Londres (mai-juillet 2027) et Zurich
(août-octobre 2027), avant un stage international
de 6 mois.
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PRÉPAS
L’ESSENTIEL DU MOIS
OCTOBRE 2025 N° 89
Nominations
Anne Michaut a été nommée doyenne associée des
programmes Pré-Expérience d’HEC Paris. Professeure
de marketing et ancienne doyenne du Parcours Éducatif
et de la Pédagogie depuis 2019, elle succède à Yann Algan
pour un mandat de trois ans.
Anne Michaut est titulaire d’un Ph.D. in social sciences de
l’Université de Wageningen, où elle a également obtenu un
master en marketing et comportement du consommateur.
Avant de rejoindre HEC Paris, elle a travaillé sur l’adoption
de nouveaux produits par les consommateurs et la méthodologie
de processus d’innovation chez Unilever. Ses
intérêts de recherche portent sur le secteur du luxe, plus
particulièrement la perception du luxe, le développement
durable, l’entreprenariat et l’expérience client.
Par ailleurs, le professeur associé de droit Matteo
Winckler a été nommé Directeur académique des L3
et M1. Yann Algan, quant à lui, continuera d’œuvrer au
service de l’école en tant que directeur d’HEC Institutes,
une initiative visant à rassembler, au sein d’une même
entité, l’ensemble des centres et instituts qui fonctionnaient
jusqu’alors de manière autonome.
Cindy Zawadzki prend la direction du programme Grande
école d’Audencia et succède à Alexandre Pourchet.
Jusqu’ici directrice du Cesem de Neoma Cindy Zawadzki
a démarré sa carrière dans le monde professionnel en
tant que contrôleuse de gestion, avant de se tourner
vers l’enseignement supérieur. Titulaire d’un Doctorat en
Sciences de Gestion de l’Université de Metz, elle a rejoint
le corps professoral de Neoma en 2009, où elle a enseigné
dans divers programmes de formation initiale et continue,
avant de prendre la direction du Bachelor International en
Double Diplôme CESEM. Elle a également enseigné deux
ans entre 2018 et 2020 à l’Université Renmin de Chine,
classée parmi les trois meilleures universités chinoises
dans ses domaines de spécialisation.
Bientôt un nouveau
directeur à
MBS School of Business
Directeur général et
Dean de MBS School of
Business depuis 2018,
Bruno Ducasse va quitter
son poste en octobre 2025.
Dans un communiqué
MBS annonce que
« la gouvernance de
l’établissement prépare
depuis plusieurs mois le
processus de recrutement
afin d’assurer une transition
harmonieuse et de
poursuivre la dynamique de
développement stratégique
de MBS ». André Deljarry,
Président de MBS,
établit que «le prochain
Directeur Général devra
maintenir le cap ambitieux
fixé par la gouvernance :
suivi du futur ecocampus
à Montpellier,
développement stratégique
de l’école et renforcement du
recrutement international.
Nous poursuivrons avec
détermination cette
trajectoire de croissance
et d’ouverture pour faire
rayonner notre belle école».
Valentina Kirova est nommée Associate Dean, Doyenne
de la Faculté d’Excelia Business School à compter du
1er novembre. Elle succède à Valérie Fernandes partie
diriger l’EMLV. Depuis 2012 professeure en marketing au
sein d’Excelia Business School, elle était aussi directrice
adjointe de la recherche et responsable de l’axe Agilité,
Innovation, Digitalisation au sein du CERIIM, le Centre de
Recherche en Intelligence et Innovation Managériales
de l’école. Elle est titulaire d’un doctorat en gestion de
l’université de Bordeaux.
Isabelle Huault a été reconduite aux postes de présidente du Directoire et directrice
générale d’emlyon business school pour un deuxième mandat. Et cela à l’unanimité du
Conseil de surveillance réuni 3 juillet dernier avec notamment les représentants de
ses actionnaires (CCI Lyon Métropole-Saint-Etienne-Roanne, Galileo Global Education
et bioMérieux). Une reconduite sans surprise tant l’action d’Isabelle Huault, depuis
son arrivée en 2020, fait justement l’unanimité après les errements des directions
précédentes. « Nous sommes convaincus qu’Isabelle Huault, réunit toutes les qualités
nécessaires au développement d’emlyon business school, particulièrement pour répondre
à trois enjeux stratégiques : l’amélioration continue de l’expérience étudiante,
le renforcement de la tech dans la pédagogie et la recherche, et l’internationalisation
dans une nouvelle donne géopolitique. Son nouveau mandat est le gage d’une stratégie
cohérente et durable pour cultiver l’excellence de l’École et sa singularité ». estime le
président du conseil, Guillaume Pepy.
Présidente du Directoire et Directrice Générale d’emlyon business school depuis septembre
2020, Isabelle Huault est diplômée d’emlyon business school, titulaire d’un doctorat
en sciences de gestion à l’Université Lyon 3 et agrégée des universités. Auparavant,
elle a été professeure à l’université Paris Dauphine de 2005 à 2015, vice-présidente
à partir de 2015 puis présidente de l’université Paris Dauphine-PSL de 2016 à 2020.
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L’ESSENTIEL DU MOIS
OCTOBRE 2025 N° 89
Excelia : un nouveau campus,
une nouvelle identité de marque
En présence du maire de Tours, Emmanuel Denis,
Excelia a inauguré le 10 septembre son nouveau
campus de 5 300 m² à Tours qui a nécessité
un investissement de 18 M€ pour recevoir à
terme 2 000 étudiants issus des trois écoles du groupe
Excelia. Construit en bois et paille – une première en
France pour un établissement recevant du public sur
cinq niveaux – le bâtiment, certifié Bâtiment Énergie
Environnement, recourt à des matériaux locaux (bois
PEFC, paille tourangelle) et intègre des dispositifs
éco-responsables comme la récupération d’eaux pluviales
et l’absence d’énergies fossiles. «Notre campus
n’est pas un simple projet architectural. Il incarne notre
volonté de réinventer le système d›enseignement grâce
à des pédagogies innovantes et immersives », explique
Bruno Neil, directeur général d’Excelia.
Le nouveau campus offre un amphithéâtre connecté de
200 places, des salles hybrides modulaires équipées
d’outils immersifs, des bulles connectées et une XL
Factory de 150 m² dédiée à l’expérimentation pédagogique
(réalité virtuelle, micro-learning, prototypage).
Implanté au cœur du quartier en plein développement
des 2 Lions, proche de plusieurs campus de l’université
de Tours, le campus bénéficie d’un avec 664 entreprises
régionales, dont SKF, STMicroelectronics, Auchan,
Banque Populaire ou Crédit Agricole.
La nouvelle plateforme de marque d’Excelia entend notamment
« positionner Excelia comme une marque d’enseignement
supérieur visionnaire qui conjugue excellence
académique, innovation pédagogique et engagement
sociétal ». Il s’agit également d’« affirmer une identité de
groupe forte et cohérente, capable de fédérer les écoles
d’Excelia autour d’un socle commun tout en respectant
la singularité de chacun de leurs univers : business &
management, tourisme & hôtellerie, communication et
création digitale ». Le plan stratégique 2025-2030
« Intelligences for our futureS » d’Excelia est ainsi
l’inspirateur éponyme de la nouvelle baseline du groupe.
Le symbole XL a été repensé pour incarner à la fois
l’ouverture, symbolisée par ses lignes filaires et ses
quatre points cardinaux, la transparence, par ses
parties en creux, la structure et la force, à travers
son tracé épuré et affirmé. De couleur rouge et désormais
en lettres capitales, le typogramme Excelia
« appuie l’ambition du symbole XL et valorise la qualité
du groupe ». Il est décliné dans une palette de couleurs
composée de teintes acidulées pour les marques-filles
qui s’articule autour du bleu institutionnel, couleur
racine et fil conducteur du groupe.
Une nouvelle plateforme de marque
Excelia vient également de dévoiler sa nouvelle plateforme
de marque qui s’est nourrie d’une large enquête
menée auprès des étudiants, des collaborateurs et
des alumni. Plusieurs attentes ont aussi été exprimées,
parmi lesquelles la création d’un logo modernisé,
« plus puissant et en phase avec l’évolution du
groupe » avec au fort attachement au XL, « marqueur
identitaire fort ». « Excelia et ses écoles ont
connu ces dernières années une évolution significative,
marquée par la croissance et la diversification.
Dans un environnement concurrentiel exigeant, cette
nouvelle plateforme de marque est un outil stratégique
pour renforcer la visibilité et l’attractivité d’Excelia, en
France comme à l’international », confie Christine Bracaval,
directrice des relations extérieures et de la
communication d’Excelia.
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Une rentrée sous le signe
de l’espace à Audencia
« Pourquoi choisir Audencia ?
Nous avons beaucoup apprécié les oraux.
Nous voulons suivre des doubles diplômes
qui nous paraissent particulièrement intéressants.
» Interrogés ce 1er septembre peu avant
leur rentrée à Audencia dans la Cité des Congrès de
Nantes, les 600 nouveaux étudiants du programme
Grande école d’Audencia, tout juste issus de leurs
classes préparatoires, entendent également « suivre
des cours plus pratiques qu’en prépas ». Une prépa
qu’ils ont unanimement appréciée même si elle a été
parfois un peu « rude ».
« Continuez à travailler comme pendant votre prépa.
J’attends de vous que vous soyez les héritiers de la
tradition d’excellence de l’école », leur répond Sébastien
Tran, le directeur général d’Audencia. « Je sais que
votre rentrée est très excitante mais aussi intimidante.
Vous n’êtes pas seuls. Audencia est une école à taille
humaine », leur promet Cindy Zawadzki, qui vient juste
de prendre la direction de la Grande école.
Passé le traditionnel spectacle des Pom Pom d’Audencia,
maintenant également constitués de garçons, la
conférence de rentrée d’Audencia était cette année
consacrée à l’aventure spatiale. Dite « Galactic Chloé »,
la diplômée en spatial de l’EPFL, Chloé Carriere, livrait un
très bel exposé sur la conquête spatiale avant d’animer
un débat avec trois spécialistes du sujet.
© Charlotte Defarges
Après l’ouverture des débats par le directeur
général d’Audencia, Sébastien Tran, Chloé
Carriere animait un passionnant débat
TBS Education concrétise son projet immobilier à Toulouse
Changement de maire, Covid, hausse significative
des coûts, le projet de transformation
immobilière de TBS Education
a connu bien des à-coups au point d’être
mis à l’arrêt de en 2023. Le conseil d’administration
de l’école, réuni le 24 juin
dernier, vient de valider à l’unanimité
le lancement de la phase opérationnelle
des nouveaux aménagements. Les appels
d’offre sont en cours de publication sur
une stratégie de répartition des activités
entre deux sites complémentaires.
Le campus d’Entiore, situé à Quint-Fonsegrives,
deviendra le « cœur opérationnel
de l’école », avec un modèle de campus
à l’anglo-saxonne mêlant infrastructures
académiques et sportives, résidence étudiante
en collaboration avec la CCI Toulouse
Haute-Garonne, espaces événementiels
et zones de vie en extérieur.
Le site emblématique de Lascrosses, ancré
au cœur de Toulouse depuis 1987,
sera quant à lui valorisé comme lieu central
des rencontres, de l’événementiel
et des échanges des apprenants avec les
entreprises, les alumni et les acteurs du
territoire.
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Sur le campus d’Entiore, les travaux prévoient
la création d’un stade mixte de
football et rugby, aux normes de la Fédération
Française de Football et de la Fédération
Française de Rugby. Ce complexe
intègrera également un plateau multisports
avec un city-stade et des terrains de
basket 3x3, des espaces de pratique sportive
en extérieure de type Crossfit ou Hyrox,
des cheminements paysagers et zones
de détente à ciel ouvert. La livraison de
ces infrastructures est prévue au cours de
l’année 2026-2027
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OCTOBRE 2025 N° 89
Classement des MIM : les business
schools françaises résistent
Une seule fois challengée par HEC ces dix dernières
années – première en 2023 – l’université
de Saint-Gallen conserve cette année sa
première place du Classement des Masters
in Management du Financial Times. Elle précède HEC,
l’Insead, Nova (quatre places de gagnées) et Tsinghua qui
fait une entrée spectaculaire à la 4 ème place. Avec trois
universités chinoises dans le top 10 - outre Tsinghua,
Shangai Jiao Tong se classe 6 ème et Tongji 8 ème ) - la Chine
n’est dépassée que par la France qui en place quatre.
Pour les écoles françaises le résultat est contrasté. Après
son excellente 4 ème place de 2024 l’Edhec régresse cette
année à la 14 ème . En revanche l’ICN gagne 23 places et
se classe 67 ème . Avec douze places de gagnées Skema
atteint la 18 ème place. Classée 43 ème , Paris School of Business
fait une entrée spectaculaire dans le classement
sous la houlette de son nouveau directeur, Olivier Aptel.
Classement QS des MBA et des masters : HEC tient le choc
Les États-Unis continuent de dominer
le haut du classement QS Global MBA
and Business Master’s Rankings 2025.
La Wharton School a été sacrée meilleure
école au monde pour la première
fois depuis 2020 et se classe en tête du
classement mondial pour l’employabilité.
Le MBA de Stanford GSB, qui occupait
la première place l’année dernière, recule
à la quatrième en raison d’une baisse
de certains indicateurs, notamment l’employabilité
et la diversité. La Harvard Business
School occupe la deuxième place
et le MIT (Sloan) gagne une place et se
hisse à la troisième place. Tout de suite
derrière ce quatuor américain HEC Paris
prend la 5ème place à la London business
school alors que l’Insead remonte
de la 11ème à la 8ème. Le meilleur établissement
asiatique proposant des MBA
est la National University of Singapore
Business School, qui se classe 23ème au
niveau mondial
Plus que jamais leader européen, HEC
Paris se classe dans le top 10 pour quatre
indicateurs : cinquième pour le retour sur
investissement, sixième pour les résultats
des anciens élèves, huitième pour le leadership
éclairé et dixième pour l’employabilité
qui représente 40 % de la note globale.
L’Insead obtient également de bons
résultats en matière d’employabilité (3ème
mondial) et se classe à la onzième pour
le « leadership éclairé et les résultats des
anciens élèves ».
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L’ESSENTIEL DU SUP
PRÉPAS
L’ESSENTIEL DU MOIS
OCTOBRE 2025 N° 89
BSB inaugure son nouveau
campus lyonnais
Avec près de 3 800 étudiants (2.100 à Dijon
et 1 700 à Lyon), la rentrée 2025 marque un
tournant pour BSB avec l’ouverture de son
nouveau campus lyonnais. Capable d’accueillir
2 500 étudiants, ce campus de 9 000 m² situé
dans le 8e arrondissement est conçu comme un lieu
innovant centré sur l’expérience étudiante : Digital
Learning Center, Design Lab, espaces collaboratifs
modulaires, One Health Center dédié au bien-être et
rooftops aménagés.
Par ailleurs BSB lance la School of Media, Culture &
Communication, destinée à former les futurs talents
du management de la création. Plus de 1 000 étudiants
suivent désormais un parcours en alternance. Le développement
du LeaderSkills Institute, de Pathfinder
et du One Health Center illustre la volonté de BSB
d’« innover dans la formation et l’accompagnement ».
L’École navale et l’Edhec lancent
un double-diplôme ingénieur
Kedge ouvre un nouveau
campus associé en Inde
C’est le premier double-diplôme
de l’École navale avec une grande école
de management. Dans le cadre d’un partenariat
stratégique global, l’École navale
et l’Edhec Business School lancent
un double-diplôme ingénieur accessible
dès cette année aux étudiants du Programme
Grande École de l’Edhec. Ce
nouveau cursus vient compléter l’ambition
d’un partenariat-cadre qui prévoit une
collaboration stratégique dans différents
domaines tels que le développement de
projets conjoints de recherche (gestion,
défense et sécurité maritime), la mise en
place de programmes de formation croisée
ou encore l’organisation d’événements
communs. « Pour la première fois, des
élèves d’une grande école de commerce
rejoindront la formation ingénieur des officiers
de Marine dispensée à l’École navale.
Ces profils pluridisciplinaires pourront
ainsi contribuer à nourrir un lien
entre la Marine nationale, la Base industrielle
et technologique de défense, et plus
largement le monde économique », explique
le contre-amiral Benoît Hédé-Haüy
commandant et directeur de l’École navale
quand Emmanuel Métais, directeur
général de l’Edhec, souligne : « Ce partenariat
stratégique répond à un intérêt
croissant de nos étudiants pour la géopolitique
et les enjeux de Défense, particulièrement
prégnants dans le contexte
international actuel ».
Le étudiants du Programme Grande
École de l’Edhec auront la possibilité de
postuler dès leur année de pré-master à
ce double cursus qui leur permettra de
poursuivre leur scolarité à l’École navale
pendant deux ans avant de réaliser une
période en entreprise avec une mobilité
à l’international et de finir leur parcours
en dernière année à l’Edhec. A l’issue de
cette formation, les étudiants seront titulaires
du diplôme Edhec Programme
Grande École ainsi que du diplôme d’Ingénieur
de l’École navale.
Plusieurs conditions doivent être remplies
pour accéder au programme. Les
candidats doivent obligatoirement être issus
d’une classe préparatoire scientifique
ou économique et commerciale. Durant
la première année du PGE, une remise
à niveau est prévue en mathématiques,
sciences physiques et informatique pour
les étudiants intéressés par ce double parcours.
L’admission définitive est également
soumise à la réussite de tests sportifs,
linguistiques et psychotechniques.
Déjà implantée sur 3 continents avec 4 campus et 8
campus associés, KEDGE annonce l’ouverture officielle
d’un nouveau campus associé en Inde en partenariat
avec l’Université Vijaybhoomi (VU) et sa Business
School JAGSom (Jagdish Sheth School of Management)
accréditée AACSB.
Le Bachelor In Business Administration (BBA) de
Kedge sera déployé en premier à la rentrée 2025 et sera
rejoint par plusieurs Masters of Science, notamment
en Management du Sport, Arts et Industries Créatives,
Transformation Durable, Management du Luxe, Entrepreneuriat
et Innovation, et Design. À compter de septembre
2026, ces programmes seront dispensés majoritairement
sur le campus de l’Université Vijaybhoomi,
avec une flexibilité permettant, de façon exceptionnelle,
des interventions en visioconférence depuis la
France pour certains modules spécifiques nécessitant
l’expertise des enseignants-chercheurs de Kedge.
Les infrastructures mises à disposition par l’Université
Vijaybhoomi incluent des salles de cours, des espaces
dédiés pour les étudiants de Kedge, ainsi que
des installations de pointe pour favoriser l’expérience
d’apprentissage.
9
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENTRETIEN
OCTOBRE 2025 N° 89
Delphine Manceau
PRÉSIDENTE DE LA CONFÉRENCE DES GRANDES ÉCOLES, DIRECTRICE GÉNÉRALE DE NEOMA
« Je soutiens fortement l’objectif
de mieux réguler le secteur »
La rentrée universitaire s’effectue sur
le signe de l’incertitude. Pour autant
les fondamentaux de l’action de ses
acteurs restent. L’entretien de rentrée
de la présidente de la Conférence des
Grandes écoles (CGE) et directrice
générale de Neoma, Delphine Manceau.
Olivier Rollot : Vous êtes devenue présidente
de la Conférence des Grandes écoles (CGE)
en juin dernier. Pouvez-vous nous rappeler
les grands axes de votre programme pour la
CGE ?
Delphine Manceau : J’ai structuré mon mandat autour
de quelques grandes priorités. Tout d’abord, mieux faire
connaître les Grandes Écoles, leurs atouts et leurs
spécificités, au-delà des stéréotypes qui les accompagnent
souvent. Cela s’applique en France comme à
l’international. Alors que 24% de nos étudiants viennent
d’autres pays, cette visibilité à l’international est un
véritable levier d’influence pour notre pays, il fait partie
du soft power français et doit être cultivé.
Mon deuxième objectif est de poursuivre les relations
étroites avec les pouvoirs publics pour peser sur les
réformes et les arbitrages à venir, en leur montrant
combien les Grandes Écoles peuvent contribuer à renforcer
l’attractivité, la compétitivité et la souveraineté
de notre pays en matière d’enseignement supérieur et
de recherche, et en favorisant une bonne articulation de
l’enseignement supérieur avec les besoins des entreprises.
Il s’agit aussi de contribuer à une meilleure régulation
du secteur fondée sur des critères de qualité, tout en
œuvrant à une simplification et à une convergence des
différents processus d’évaluation. La CGE doit être force
de propositions auprès des pouvoirs publics sur ce sujet.
préoccupations et des savoir-faire, échanger, construire
ensemble l’enseignement supérieur de demain.
Enfin, la CGE doit pleinement jouer son rôle dans le débat
public à l’approche des grandes échéances électorales
de 2026 (élections municipales) et 2027 (élections présidentielles),
pour faire entendre la voix des Grandes Écoles
et les positionner au cœur de la stratégie nationale pour
l’enseignement supérieur.
O. R : La loi de Modernisation et de régulation
de l’enseignement du supérieur devait
bientôt être examinée au Parlement. Les
incertitudes politiques risquent de remettre
à plus tard son examen. Quel est néanmoins
votre avis sur les propositions du ministère
de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche (MESR) ?
D. M : Je soutiens fortement l’objectif de mieux réguler le
secteur en s’appuyant sur des critères de qualité et sur
l’évaluation des établissements. L’objectif du projet de loi
est que les formations n’ayant pas été évaluées comme
étant au bon niveau soient exclues de Parcoursup, ce
qui rendra les choses beaucoup plus claires pour les
jeunes et leurs familles.
Pour moi, le sujet de la lisibilité du secteur et des niveaux
de qualité est essentiel. Les familles sont perdues.
Il faut les aider à décrypter le niveau de qualité des
établissements et à faire les bons choix. Et c’est une
vraie avancée que les EESC, qui sont à but non lucratif
et soumis au code des marchés publics, soient traités
comme les EESPIG.
Je souhaite également renforcer les échanges entre les
écoles membres afin de partager les bonnes pratiques,
innover collectivement, favoriser des initiatives communes
pour faire face aux défis actuels du secteur et
réfléchir ensemble à l’évolution de nos modèles. Cette
communauté de 250 écoles, d’ingénieurs, de management,
de sciences politiques, de design, d’architecture et de
nombreux autres domaines est unique pour partager des
10
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENTRETIEN
OCTOBRE 2025 N° 89
Des étudiants de Neoma
en travail de groupe sur
le campus de Rouen
© Neoma David Morganti
Néanmoins, ne faudrait-il pas surtout se préoccuper
de bien réguler les organismes de formation qui ne
demanderont pas à être agréés, qui certes seront désormais
hors Parcoursup, et qui attirent aujourd’hui de
très nombreux jeunes ? Ils sont en dehors du périmètre
couvert ici et donc on ne contrôlera absolument pas la
qualité des formations qu’ils délivrent. Or, nombre d’entre
eux continueront à recevoir d’importants financements
publics liés à l’apprentissage. On se heurte ici à la dichotomie
entre ministère de l’Enseignement supérieur
et ministère du Travail (qui pilote Qualiopi et l’accès au
financement de l’apprentissage). Mais les familles ne font
pas cette distinction et se préoccupent peu de savoir
de quel ministère dépendent les formations ! Elles se
font berner par des institutions « reconnues par l’État »
et ne se rendent pas compte que ces organismes ne
délivrent pas de diplôme de l’enseignement supérieur.
C’est dommage de ne pas avoir travaillé sur ce sujet à
l’occasion de ce projet de loi pour mieux éclairer les
jeunes et leurs familles.
O. R : Autre réforme en cours : celle du
financement de l’apprentissage. Pensezvous
que sa croissance risque d’être remise
en cause dans les Grandes écoles ?
D. M : Il est clair que l’évolution actuelle du financement
de l’apprentissage représente un vrai point de vigilance
pour les Grandes Écoles. Le succès de l’apprentissage
dans nos établissements ces dernières années repose sur
un équilibre économique fragile. Néanmoins, les Grandes
Écoles restent profondément attachées à l’apprentissage,
qui est un formidable levier d’employabilité, d’ouverture
sociale et de lien avec les entreprises.
Nous plaidons pour que la qualité des formations en
alternance soit mieux évaluée et pour restreindre les
aides financières aux formations de qualité. Il est quand
même surprenant que certaines formations complètement
à distance, sans aucun enseignant spécialiste de
pédagogie, délivrées par des organismes obscurs et
qui parfois qui louent des RNCP à d’autres institutions,
soient aidées financièrement de la même manière que
des programmes des grandes écoles qui bénéficient
du grade et du visa du MESR, sont enseignées par des
professeurs permanents, avec une forte part de cours
en présentiel favorisant l’échange entre étudiants et
enseignants ! Nous sommes très en attente des pouvoirs
publics sur ce sujet et plaidons pour un renforcement
des critères de qualité pour accéder aux financements
publics de l’apprentissage.
L’apprentissage dans l’enseignement supérieur ne doit
pas être remis en cause, mais repensé pour s’adapter à
un cadre budgétaire plus contraint, en gardant à l’esprit
sa valeur ajoutée pour les étudiants comme pour les
entreprises. À la CGE, nous plaidons pour une vision de
long terme du financement de l’alternance, qui permette
de préserver ce pilier de la professionnalisation dans
l’enseignement supérieur.
O. R : Dans les grands sujets de l’année que
vous allez aborder au sein de la Conférence
des Grandes écoles (CGE), il y a notamment
la place à donner aux IA dans votre
pédagogie et vos évaluations. Un sujet sur
lequel Neoma est particulièrement en pointe
avec un accord avec Mistral AI.
D. M : L’intelligence artificielle est bien plus qu’un outil,
elle transforme profondément le cadre dans lequel
nous exerçons nos différentes activités, notamment en
matière d’enseignement, d’évaluation des étudiants et
de recherche. Notre responsabilité est double : former
nos étudiants, nos professeurs et nos collaborateurs,
tout en développant leur esprit critique.
23 nouveaux
enseignantschercheurs
à Neoma
À l’occasion de cette
rentrée 2025, NEOMA
Business School accueille
23 nouveaux enseignantschercheurs
représentant
17 nationalités. Tous
titulaires d’un PhD, issus
d’institutions telles que
IESE Business School
(Espagne), University of
Maryland (États-Unis),
Humboldt University of
Berlin (Allemagne) ou
Bayes Business School
(Royaume-Uni), ces
nouveaux professeurs sont
répartis dans l’ensemble des
départements académiques
de l’École et rejoignent un
corps professoral qui compte
désormais plus de 220
permanents, représentant 40
nationalités et comprenant
50 % de femmes.
11
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENTRETIEN OCTOBRE 2025 N° 89
Pionnière dans l’intégration de l’IA dans l’enseignement
supérieur, NEOMA a formé plus de 8 000 étudiants à
l’IA générative, et a effectivement franchi une nouvelle
étape en avril dernier en devenant le premier « Design
Partner » de Mistral AI dans le secteur. Le choix de
Mistral reflète à la fois notre engagement en faveur de
la souveraineté numérique et d’une approche durable
car Mistral AI a des modèles moins énergivores. Mais
aussi parce qu’il s’agit d’un partenariat allant au-delà du
statut de simple utilisateur de leurs outils pour imaginer
et construire ensemble les usages de demain de l’IA dans
l’enseignement supérieur. Nous organisons des échanges
avec de nombreuses grandes écoles et universités, avec
l’idée de faire le lien avec l’ensemble de l’écosystème
éducatif. C’était le sens de l’événement très ouvert que
nous avons organisé avec Mistral le 25 juin.
© Neoma
Dans le même esprit, nous avons accueilli en avril dernier
110 professeurs de classes préparatoires pour
des conférences et ateliers autour des usages de l’IA
générative en prépa. Et aujourd’hui, près de 350 enseignants
de prépas suivent notre formation à distance
“Gen AI for Business”.
O. R : Les IA ne risquent-elles pas d’impacter
négativement les débuts de carrière des
diplômés ?
D. M : C’est une vraie question. L’intelligence artificielle
bouscule profondément les premières étapes de carrière.
Traditionnellement, nos jeunes diplômés accédaient à
des postes d’analystes, où ils traitaient des données,
construisaient des cas, affinaient leur compréhension
des métiers. Cette phase d’apprentissage, essentielle
pour devenir de bons décideurs, risque aujourd’hui d’être
court-circuitée par des outils capables d’automatiser
ces tâches.
Nous devons donc préparer nos étudiants différemment.
Cela suppose également une réflexion du côté des entreprises
: comment vont-elles transmettre l’expérience
du terrain et de la décision dans un monde où certaines
étapes d’apprentissage disparaissent ? Comment vont-elles
accompagner et faire grandir leurs dirigeants de demain ?
O. R : Vous avez évoqué dans vos objectifs
l’accueil des étudiants internationaux.
Pensez-vous que la France pourrait en
accueillir plus alors que les pays anglosaxons
semblent se fermer et que les
Etats-Unis semblent moins désireux de les
accueillir ?
D. M : Clairement, la France dispose d’atouts majeurs
pour accueillir davantage d’étudiants internationaux.
Je pense notamment à la richesse, à la qualité et à la
diversité de nos formations. Il n’y a qu’à avoir la place
privilégiée de nos Grandes Écoles dans les grands
palmarès internationaux !
Nous avons des cursus innovants, des partenariats
internationaux solides et des programmes en anglais qui
répondent aux attentes des étudiants du monde entier.
Nos établissements travaillent constamment à améliorer
leur intégration et leur accompagnement. Cependant,
accueillir plus d’étudiants internationaux implique aussi
de relever plusieurs défis et d’améliorer encore les
conditions d’accueil – logistique, administratif, social...
À la CGE, nous prônons une démarche collective pour
faire de la France une destination d’études privilégiée,
en travaillant notamment à lever les freins administratifs
et en valorisant les parcours plurilingues. C’est un
enjeu stratégique pour notre pays, son attractivité,
son rayonnement et sa capacité à former les talents
de demain dans un monde globalisé.
O. R : Plus largement, vous avez évoqué les
paradoxes d’un monde qui semble moins
ouvert. Quels défis cela va-t-il poser aux
Grandes écoles et notamment aux écoles de
management qui ont largement fondé leur
modèle sur cette ouverture ?
D. M : Les écoles de management françaises se sont
historiquement bâties sur une forte ouverture à l’international,
que ce soit dans leurs recrutements d’étudiants,
leurs corps professoraux ou leurs cursus. Aujourd’hui,
elles comptent parmi les organisations académiques les
plus globalisées au monde.
Cependant, nous faisons face à un paradoxe : alors que
nos écoles sont plus internationales que jamais, le monde,
lui, se referme. Nous constatons de plus en plus de restrictions
aux mobilités étudiantes, tant à l’entrée — avec
des politiques migratoires plus strictes aux Etats-Unis
ou au Canada, mais aussi aux Pays-Bas qui impose des
cours en néerlandais à ses universités — qu’à la sortie,
avec des pays comme la Chine qui envoient moins de
jeunes étudier à l’international.
12
Le campus de
Neoma à Reims
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENTRETIEN OCTOBRE 2025 N° 89
Ces évolutions posent un vrai défi pour notre modèle
basé sur la coopération éducative entre pays, la fluidité
des échanges et les valeurs d’ouverture et de dialogue
interculturel. Elles nous obligent à repenser nos approches
en tenant compte des tensions géopolitiques et du repli
des grands blocs mais en restant fidèles à nos valeurs
d’ouverture, d’échange et de partage. Dans ce contexte
instable, il est essentiel de défendre notre ouverture
sur l’international, qui demeure une composante incontournable
pour former des managers ouverts, capables
d’évoluer dans un monde économique globalisé.
O. R : Mais comment préparer vos futurs
diplômés à ce monde moins ouvert, voire
violent avec des conflits de plus en plus
nombreux sans parler des dérèglements
climatiques ?
D. M : Il est vrai que l’on observe chez nos étudiants
une montée de l’anxiété sur ces sujets. Je prendrai ici
l’exemple de ce que nous faisons à NEOMA, où nous
agissons sur deux leviers complémentaires. Le premier
est bien-sûr la formation, avec des enseignements et des
séminaires sur la géopolitique et la transition climatique,
mais aussi des cours qui misent sur les fondamentaux
comme notre nouveau cours de littérature qui analyse
comment les grands textes traitent les questions de
leadership. Dans un monde incertain, il est essentiel de
revenir aux fondamentaux ! Le deuxième axe consiste
à placer l’étudiant dans l’action, et ce dès les premiers
jours à l’École. Nous pensons que la meilleure façon
de lutter contre l’anxiété est de donner confiance aux
étudiants dans leurs moyens d’agir. Nous développons
des hackathons, nous encourageons la participation
dans des projets citoyens, nous valorisons l’engagement
associatif... Cette mise en action a aussi le bénéfice
de développer des compétences essentielles comme
le travail en équipe, la collaboration interculturelle, la
prise de décision…
Face à cette réalité, notre mission a évolué : nous devons
accompagner nos étudiants dans une approche globale
du bien-être, sans pour autant les infantiliser. Nous les
préparons à affronter un monde complexe, incertain,
tout en leur offrant un cadre protecteur et des repères
solides. Il s’agit de construire un tremplin vers l’autonomie
pour que chaque étudiant puisse se construire, se
sentir accompagné, et aborder avec confiance les défis
du monde d’aujourd’hui et de demain. Concrètement,
cela passe par des dispositifs robustes : des cellules
d’écoute psychologique avec des professionnels dédiés
mais aussi une vie étudiante épanouissante qui favorise
le vivre ensemble et de nombreuses activités associatives,
sportives, caritatives, culturelles, sociétales... La
vie étudiante, qui est un des marqueurs des grandes
écoles, est plus importante que jamais !
O. R : Une question sur Neoma pour terminer.
Êtes-vous satisfaite des résultats du Sigem ?
D. M : Très ! NEOMA a fortement accru son attractivité
auprès des élèves de prépas qui ont davantage fait le
choix de notre école. Si l’on inclut les étudiants de prépas
EC et khâgnes, nous sommes passés 7e en gagnant une
place. C’est une très belle dynamique. Ces résultats
valident nos choix stratégiques autour de l’excellence
académique, de l’innovation, des partenaires internationaux
de grande qualité, d’une vie étudiante riche et d’un
réseau de diplômés de haut niveau Ce SIGEM 2025 est
très encourageant. Nous poursuivrons nos efforts pour
consolider cette trajectoire de progression.
Des étudiants de Neoma
sur le campus de Rouen
O. R : Mais vos étudiants sont-ils assez
solides psychologiquement ? On parle tout
le temps de leur santé mentale précaire.
Que doivent faire les établissements
d’enseignement supérieur pour les soutenir ?
D. M : La santé mentale des étudiants est aujourd’hui
une priorité mondiale dans l’enseignement supérieur.
Dans un contexte post-COVID, marqué par une incertitude
accrue et des crises multiples — géopolitiques,
climatiques, économiques —, les jeunes font face à une
anxiété sans précédent. Les chiffres sont alarmants :
en 2024, une étude menée par l’Université de Bordeaux
révélait que 41% des étudiants présentaient des symptômes
dépressifs, contre 26% avant la crise sanitaire.
© Neoma David Morganti
13
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER
OCTOBRE 2025 N° 89
Des écoles de management
toujours plus ambitieuses
• En cette rentrée 2025 les plans stratégiques se suivent
sans totalement se ressembler. L’essentiel des plans
stratégiques d’Audencia, Kedge et Skema et le point
sur celui de emlyon.
• Si les hiérarchies ont peu évolué cette année au sein
du Sigem on peut néanmoins en tirer de nombreux
enseignements. Nos analyses
14
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Quand les écoles se projettent en 2030
AUDENCIA : UNE NOUVELLE
ECOLE ET DE NOUVEAUX
CAMPUS INTERNATIONAUX
« Avec 3 200 nouveaux entrants nous
faisons la meilleure rentrée d’Audencia
avec en tout 8 800 étudiants pour
un budget de 90 millions d’euros », se
félicite Sébastien Tran en amont de la
conférence de presse de présentation de
son plan stratégique Stoa 2030 : « Nous
avons choisi ce nom, Stoa, en pensant
au stoïcisme. Nous voulons préparer nos
étudiants à penser sur un plan très long
quand nous sommes dans une société
de l’immédiateté ». Avec la création d’une
nouvelle école en School of Public and
International Affairs, Audencia va être
composé de quatre écoles différentes.
« L’excellence académique est au cœur
de notre projet. Nous souhaitons également
que tous les étudiants soient en
mesure d’avoir une vision de leur impact.
Le tout en encourageant la singularité
quand on reproche souvent aux écoles
de management de produire des clones »,
définit Sébastien Tran.
Un bilan du plan précédent. Cette
année c’est le postbac et les programmes
MS et MSc qui ont permis à l’école de se
développer, notamment à Paris avec
aujourd’hui 1 500 étudiants. Le précédent
plan stratégique Ecos2025 a notamment
été marqué par la création de trois nouveaux
campus au Brésil, en Australie et
à Shanghai.
Une nouvelle école, de nouveaux
programmes. La School of Public and
International Affairs va ouvrir à la croisée
du management, de la géopolitique, des
sciences politiques et des affaires internationales.
Cette nouvelle école délivrera
des diplômes reconnus – Bachelor, Master
et formation continue – et s’appuiera sur
des spécialisations autour des villes et
territoires, de la coopération public-privé,
de la géopolitique et du développement
international, ainsi que de l’impact des
politiques publiques. Située sur le campus
parisien, elle accueillera en septembre
2027 sa première promotion, avec pour
ambition de former 500 étudiants d’ici
2030 pour « répondre à l’attente des
jeunes comme des entreprises qui créent
aujourd’hui des postes de chief intelligence
officers ».
Au sein d’Audencia BS, un Global BBA
en quatre ans va être ouvert en 2026
sur le campus parisien d’Audencia. Il
offrira jusqu’à deux années d’expérience
à l’étranger dès la fin de la première
année. Avec une première promotion de
40 étudiants, l’effectif visé d’ici 5 ans est
de 600 apprenants.
Seule école privée du secteur à délivrer
un diplôme visé bac+5. Audencia
SciencesCom entend renforcer son statut
de « grande école de communication et
media » grâce aux grades de licence
en cours d’obtention pour son Bachelor
Management de projet en design
et Communication, et son Bachelor en
communication qui ouvrira en 2026.
A l’international deux nouveaux
campus collaboratifs. C’est à Barcelone
qu’Audencia va ouvrir son sixième
campus collaboratif de concert avec
l’École supérieure de commerce international
de l’université Pompeu Fabra.
D’ici 2030 un autre campus ouvrira en
Afrique pour développer des programmes
d’executive education. En tout Audencia
disposera alors de sept campus à l’international.
Mieux accompagner les étudiants.
Un compagnon « Audenc-I.A » va accompagner
les étudiants, notamment
pour les aider dans la composition de
leur parcours. Des parcours de plus
en plus personnalisés pour des profils
La « stoa »
La stoa, dans la Grèce
antique, fait partie intégrante
de l’agora. C’est ce lieu de
rencontre dans l’espace
public où l’on se rassemblait
pour échanger, débattre
et penser ensemble. C’est
aussi le berceau de la
philosophie stoïcienne.
15
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Sébastien Tran présente le plan stratégique STOA d’Audencia à la presse.
particuliers. « Les étudiants sont de plus
en plus de compostions individuelles
avec des étudiants sportifs de haut niveau,
parents, aidant que nous allons
encore mieux accompagner avec notre
fondation. »
Formation continue forcément. Dans
le cadre de son Audencia Corporate Service,
Audencia lance un Executive Master
avec l’Institut de Refondation Publique
(IRP). Ce master vise à accompagner les
décideurs et hauts responsables (des
secteurs privé et public) pour « réinventer
l’action publique, en alliant l’exigence du
management privé à la spécificité des
missions d’intérêt général ». Il accueillera
sa première promotion dès janvier 2026
dans un format compatible avec des
emplois du temps contraints : 80 % de
modules en distanciel à 8 séminaires
présentiels.
Audencia renforce son engagement sociétal
en s’alliant à l’association Quartiers
d’Affaires, 1er réseau national d’entreprises
implantées dans les quartiers prioritaires,
pour accompagner les porteurs
de projets et faire monter en compétences
les dirigeantes et dirigeants de TPE-PME
situés dans les 1 609 quartiers prioritaires
de la politique de la ville (QPV). Dès 2026,
150 personnes par an pourront être
accompagnées au sein du programme
« Grandir » de l’association, et bénéficieront
d’une certification Audencia. Un
nouvel Institut des vulnérabilités se veut
un espace de recherche et de dialogue
réunissant acteurs socio-économiques
et académiques.
Une nouvelle plateforme de marque.
Pour accompagner ce plan stratégique
Audencia crée une nouvelle plateforme
de marque et une nouvelle signature
« Change your way ». A chaque rentrée
les étudiants écriront un « Write your
way » qui ne pourra être écrit qu’à la fin
de leur programme.
KEDGE 2030 : PAS
DE REVOLUTION,
UNE ACCELERATION
« Kedge cela veut dire quelque chose,
c’est être ancré et c’est incarné par notre
nom et notre plan stratégique s’appelle
donc Kedge 30 », indique Alexandre de
Navailles en amont de la présentation de
son nouveau plan stratégique avec lequel
il entend bien faire monter son école à la
9 ème place du Sigem alors qu’elle est classée
34 ème au Financial Times et première
école en recherche dans la catégorie
Audencia en 2030
Audencia en 2030 ce devrait
être 12 000 étudiants, un
budget de 150 millions
d’euros et 700 collaborateurs
dont 250 enseignantschercheurs.
Pour recevoir
2 500 étudiants à Paris un
deuxième campus devra
ouvrir. Audencia atteindrait
ainsi une « taille critique »
qui ne justifie pas de
rapprochement avec une
autre école, pas forcément
de management, même si
ce « n’est pas exclu ».
16
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
« business administration » selon le classement
de Shanghai. « Dans les années
à venir nous allons développer l’école de
manière contrôlée pour atteindre d’ici
2030 un chiffre d’affaires de 170 millions
d’euros. Je préfère être réaliste dans un
marché international complexe et une
démographie chancelante. Ce plan est
une accélération de ce que nous faisons
déjà. Je ne crois pas qu’on puisse avoir
une croissance de 70, 80, 100% dans
les prochaines années », se projette le
directeur contraint par ailleurs, alors
que 3 000 de ses étudiants suivent aujourd’hui
leurs cours en apprentissage,
de « moins s’y impliquer avec la baisse
des aides de l’Etat ».
Un petit bilan du plan stratégique
2020-2025. Depuis 2020 le chiffre
d’affaires est passé de 114 à 154 millions
d’euros soit une hausse de 30%
en cinq ans en dépit d’un passage difficile
en 2022-23. Dans le même temps
l’école a su dégager 47 millions d’euros
d’autofinancement qu’elle a réinvesti
intégralement. « Nous avons de très
bons résultats en 2025 sans encore
pouvoir les présenter officiellement. 5
000 nouveaux étudiants ont rejoint l’école
ce qui n’est pas loin d’être un record. »
Dans ces cinq dernières années, Kedge
a également développé ses activités en
Chine et s’est implantée en Inde.
Toujours pionniers sur la RSE.
« Nous voulons continuer à développer
la RSE dans tous les programmes. Alors
qu’on a souvent mis l’accent sur l’IA ces
deux dernières années il faut revenir
aux fondamentaux », signifie Alexandre
de Navailles alors que son école fait
partie de celles qui font passer les tests
Sulitest et Task à tous ses étudiants :
« La RSE n’est pas une mode et nous
serons particulièrement actifs sur les
sujets d’inclusion ». Aujourd’hui 2 600
des 7 000 étudiants sont accompagnés
par son welness center en particulier
pour ses questions de santé mentale.
3 000 étudiants sont soutenus par des
bourses et l’objectif est de passer de 7
à 10 millions d’euros d’aides.
Corps professoral et pédagogie.
Le premier axe du plan stratégique est
consacré à la connaissance et à l’excellence
académique et repose sur le
renforcement de la recherche et de la
faculté. KEDGE vise une recherche à la
fois rigoureuse et utile aux entreprises
et aux territoires, en développant des
pôles d’expertise régionaux (santé à
Marseille, vin à Bordeaux, aéronautique
et défense). « Nous avons aujourd’hui
223 professeurs permanents et allons
en recruter 23 nouveaux en 2026 pour
avoir un corps professoral permanent de
270 enseignants-chercheurs en 2030 »,
explique Isabelle Fagnot, la doyenne de
Kedge qui implémente aujourd’hui les
nouvelles règles de fonctionnement de
sa faculté qui ont fait couler beaucoup
d’encre.
Pluridisciplinarité et l’agilité. Le
deuxième axe du plan stratégique met
l’accent sur la pluridisciplinarité et l’agilité,
afin de « préparer des managers capables
de conduire les transitions sociétales et
technologiques ». Cela se traduit par un
décloisonnement entre programmes (PGE,
bachelors, schools spécialisées) et une
pédagogie immersive. fondée sur l’action.
« L’ambition de l’école c’est que chaque
étudiant révèle son potentiel avec cette
confiance de travailler dans un monde en
changement permanent. Nous voulons
Kedge en 2030
Kedge en 2030 ce sera 170
millions d’euros de chiffre
d’affaires, 12 000 étudiants
dont 2 000 internationaux et
270 enseignants-chercheurs.
Alexandre de Navailles se
veut « réaliste » pour Kedge
17
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
transformer l’apprentissage avec des
approches fondées sur l’étudiant. L’apprentissage
expérientiel est au cœur de
nos méthodes », reprend Isabelle Fagnot.
L’IA devient un outil transversal, intégrée
à la formation alors que la plateforme
propriétaire Métis, développée avec
Amazon Web Services, entend « offrir un
environnement sécurisé et éthique d’IA
au service des enseignants, étudiants
et personnels ».
De nouveaux dispositifs sont lancés :
filière géopolitique intégrant diplomates
et militaires, semestre entrepreneurial
co-construit avec le fondateur d’Ornicar,
et projets de transformation environnementale
(programme SHIFT).
Le développement international.
Le troisième axe affirme l’ancrage international
et collectif de l’école. « Nous
souhaitons doubler le nombre d’étudiants
internationaux en passant à 2 000 »
promet Céline Davesne, directrice des
programmes et de l’international qui s’appuie
pour cela sur ses trois campus de
Chine, Afrique (BEM Dakar) et d’Inde pour
« former la jeunesse qui fera demain la
croissance mondiale ». Kedge proposera
également quinze nouvelles opportunités
de doubles diplômes internationaux
chaque année à ses étudiants. Cette
internationalisation toujours plus affirmée
passe également par le déploiement de
programmes co-construits avec des
institutions locales et lancement d’un
triple diplôme avec HEC Montréal et BEM
Dakar. Un “African track” et un futur
“Indian track” associent formation et
engagement social dans les ONG locales.
sa directrice générale, Alice Guilhon :
« Depuis la création de la première école
de commerce à Lisbonne en 1750, les
écoles ont suivi les demandes des entreprises.
Aujourd’hui nous devons aller
plus loin en préparant nos étudiants à
des transformations sociétales et à des
changements profonds dans le contrat
social ». Au programme notamment : de
nouveaux campus à l’international et la
création d’une « School for professional
studies ».
Un petit bilan. De 2010 à 2020 Skema
s’est concentrée sur la création de
campus internationaux puis a créé des
écoles dédiées à l’IA ou au droit pour
« adresser la grande question des années
à venir que sera l’interdisciplinarité »
explique Alice Guilhon, fière d’être dans
une « école pionnière qui a inspiré les
autres écoles ». Résultat : son master
in management se classe aujourd’hui au
6 ème rang du classement Sigem et au 18 ème
rang mondial du classement du Financial
Times quand il était 32 ème en 2010.
Alice Guilhon présente
son plan stratégique
Skema en 2030
Skema en 2030 ce sera
16 000 étudiants, 250
professeurs permanents dont
90% d’internationaux, 250
M€ de budget annuel et 12
implantations dans le monde.
SKEMA : UNE « SCHOOL FOR
PROFESSIONAL STUDIES »
ET TOUJOURS PLUS
D’INTERNATIONALISATION
« Nous travaillons sur les questions de
révélation, de transformation, d’où notre
plan «Unveil 30». » 16 ans après la fusion
du Ceram et de l’ESC Lille qui lui a donné
le jour, Skema présentait ce 2 octobre
son plan stratégique 2025-2030 avec
18
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Des doctrines pour gérer les
grandes évolutions. Aujourd’hui
Skema présente une doctrine sur l’enseignement
du management à l’ère de l’IA
dont le premier engagement est que « les
professeurs ne seront pas remplacés
par les IA » : « Nous nous donnerons le
droit de ne pas aller partout avec l’IA en
présentant une doctrine qui sera affichée
partout dans l’école ». Créatrice de ses
propres outils d’IA, Skema ne signera
aucun accord avec des IA comme Mistral
ou ChatGPT.
De même un «référentiel interdisciplinaire
» va être créé sous l’égide de la
directrice du développement, Frédérique
Vidal. Vont également être révélées les
compétences larges des étudiants –
musique, littérature, mathématiques,
etc. - pour créer une « banque de CV
augmentée » liée à une plateforme IA
destinée à rapprocher les aspirations
des jeunes diplômés et des entreprises.
Deux grandes initiatives vont être
prises : le programme « Move for
good », pour révéler d’autres facettes
des étudiants partout dans le monde,
et un programme d’accélération « AI for
accelerating Impact » pour accompagner
150 start up. Les impacts de ces nouvelles
actions comme des précédentes seront
évalués dans un « observatoire mondial
de l’impact ».
180 millions d’euros vont être investis
dans les dix campus actuels de Skema
qui aspireront au label « Great place to
work ». « Nous serons non seulement un
lieu d’apprentissage mais aussi inspirant »,
se projette la directrice dont l’organisation
sera portée par une plateforme enrichie
par l’IA accessible par tous les étudiants.
Un développement fondé sur son
internationalisation. Skema continuera
à grandir à l’international… en s’adaptant.
« Initialement nous souhaitions
nous installer en Russie, nous sommes
finalement allés à Dubaï. Nous allons
maintenant nous implanter en Inde et
en Australie », reprend la directrice. La
croissance globale de Skema se fera
ainsi à plus de 70% à l’international dans
des pays en pleine croissance comme
l’Inde. Le tout en restant un établissement
d’enseignement supérieur privé
d’intérêt général (EESPIG). « Pour autant
je n’exclus pas à un moment donné d’avoir
un coup de pouce en levant des fonds,
même si ce n’est pas notre quotidien
aujourd’hui », confie la directrice. Les
frais de scolarité n’augmenteront pas en
France mais pourraient augmenter aux
Etats-Unis ou ailleurs, notamment pour
son MSc en finance classé deuxième
dans le monde.
Former à bac+3. C’est la grande nouveauté
du nouveau plan stratégique :
Skema va créer une « School for professional
studies » pour créer des diplômes
de niveau bac+3 dans des métiers en
tension ou répondant aux besoins locaux.
« Nous allons vers des programmes
comme «Santé et IA» ou «Tourisme et
IA» avec toute une gamme de diplômes
visés qui seront dispensés dans le monde
entier. » Une quarantaine de programmes
ont déjà été identifiés en « analysant les
écosystèmes locaux et nous travaillons
déjà avec des entreprises pour créer ces
programmes et permettre aux jeunes de
les intégrer », explique Patrice Houdayer,
directeur adjoint de Skema qui insiste :
« Nous voulons créer des diplômes reconnus
localement sur un modèle type visé
/ gradé avec des formations orientées
métiers pour répondre à des demandes
locales ». Ce sont 2 500 étudiants qui
sont attendus dans les cinq ans dans
ces écoles pour un chiffre d’affaires de
40 millions d’euros.
Sébastien Gémon
19
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
emlyon créé sa « Tech School » et s’engage toujours plus sur l’hybridation
« Nous avons créé dix postes par an de
professeurs chercheurs, créé un institut
spécialisé en santé, obtenu le label
HRS4R européen qui signale la bonne
gestion de notre corps professoral, tout
cela marque notre excellence académique.
» 18 mois après la présentation de
son plan stratégique « Résonances 2024-
2028 », et alors qu’elle vient d’être reconduite
dans son poste de présidente du directoire
et directrice générale de emlyon
business school, Isabelle Huault trace un
premier bilan de son action: « En entreprenariat
nous avons créé un nouvel institut
sur son impact alors que les entreprises
créées par nos étudiants ont un
taux de survie à cinq ans très élevé de 80
à 85%. Tous nos programmes de formation
sont irrigués par les questions sociales
». Sa volonté : créer de de plus en
plus de programmes hybrides alors que
plus d’une trentaine de doubles ou triples
diplômes hybrides reçoivent déjà 3 000
étudiants. Alors qu’elles sont attaquées de
partout, emlyon reste centrée sur les questions
de responsabilité sociale et environnementale
(RSE). Un « student advisory
board » de huit étudiants va être constitué
pour conseiller la direction. Hybride
emlyon entend « allier le meilleur d’une
business school et d’une tech school ».
Emblématique l’ouverture de son nouveau
campus lyonnais est le symbole de
cette résonance.
A l’ère des incertitudes... Une nouvelle
verticale autour du « Management à l’ère
des incertitudes » va être créée avec plusieurs
nouveaux programmes : un MSc
Strategic Intelligence and Global Risks
en formation initiale en propre à emylon
et un executive master en Leadership
et Management de l’Assurance avec le
Cnam. L’Executive Education se développera
également en partenariat avec l’Institut
de formation de l’Onu, l’environnement
avec l’école Bioforce alors que des
recherches seront menées avec l’Institut
de recherche stratégique de l’Ecole militaire.
Enfin un institut « Alternatives
futures » qui notamment mener des recherches
sur l’anthropocène avec la London
School of Economics.
Doubles compétences en sciences.
Double diplôme avec Centrale Lyon,
bachelor, diplôme sur le quantique,
près de 1 000 étudiants sont formés aujourd’hui
à emlyon dans les domaines du
data et de l’IA. Un nouveau double diplôme
va être proposé avec l’Insa Lyon
pour former des managers ingénieurs.
Création d’une « Tech school ». C’est la
grande nouveauté, la première brique de
la création d’une nouvelle « Tech School »
en 2027 passe dès le printemps 2026 par
la création de « emlyon Propulse ». Il
s’agit de programmes de formation continue
à destination des professionnels noncadres
titulaires d’un diplôme allant de
bac pro à Bac+2 ainsi que des personnes
en reconversion ou en remobilisation
professionnelle. Les trois premiers programmes
lancés au printemps 2026 formeront
aux métiers de « technicien en industrie
et gestion des risques », « référent
IA » et « chargé de clientèle omnicanal
». Construits en partenariat avec les entreprises
du secteur, d’autres programmes
sont à l’étude pour les années à venir, notamment
en matière de santé et de cybersécurité.
Une deuxième brique aura lieu
à travers une offre de masters dédiés aux
métiers de la tech dès la rentrée 2027 et
le déploiement d’une offre de formation
executive BtoB dans un troisième temps
« emlyon UK ». De 33% d’étudiants internationaux
aujourd’hui, emlyon entend
passer à 50% en 2030. Aujourd’hui
actionnaire minoritaire de la London
Interdisciplinary School, emlyon entend
monter en puissance pour créer à
moyen terme « emlyon UK ». En Afrique
l’école a un bureau à Abidjan pour recruter
des étudiants africains et entend y développer
des programmes de formation
continue. « Nous regardons avec attention
le Moyen Orient dans des pays qui
préparent l’après pétrole et dans lesquels
nous avons beaucoup à dire sur
les transitions. »
Une extension à Paris. A Paris ce sont
1 500 m2 supplémentaires de locaux qui
vont être créés pour recevoir en tout 2 500
étudiants, dont ceux de la Tech School
mais aussi de bachelors. Cela devrait être
Isabelle Huault fait le point sur
son plan stratégique 2024-2028
dans le bâtiment actuel sur deux étages
supplémentaires alors que l’école a préféré
ne pas s’implanter sur le nouveau campus
de Galileo où les « travaux étaient
déjà bien lancés ». Un investissement de
cinq millions d’euros.
Quels effets ont les IA ? Si l’IA est traitée
par emlyon dans un institut dédié, ses
effets sur l’emploi des jeunes restent incertains.
« On ne voit pas encore d’effets
sur l’emploi des juniors même si cela disrupte
forcément le secteur du conseil. Il
faut acculturer les juniors et donc en recruter.
Nous ne sommes ni euphoriques ni
inquiets sur le développement de l’IA »,
répond Isabelle Huault.
Apprentissage : ça va. Nouvelle loi :
bof. Cette année la baisse des financements
de l’apprentissage n’a pas eu d’effets
sur le développement de l’apprentissage
et les entreprises « versent toujours
le reste à charge ». Si la future loi sur la
régulation de l’enseignement supérieur
privé est une « bonne chose » il n’en reste
pas moins que ne pas faire partie des
« établissements partenaires » en tant
qu’établissement à but lucratif pose problème
: « Nous examinons les effets de
bord pour emlyon avec attention ».
20
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Le Sigem 2025 à la loupe
HEC, TOUJOURS LEADER
INCONTESTABLE
Chaque année, une question demeure
au SIGEM : HEC va-t-il être concurrencé
sérieusement par l’ESSEC ou l’ESCP ? Il
arrive d’une année à l’autre que certains
étudiants clament haut et fort que pour
eux, ce sera l’ESSEC. Pourtant, dans
les faits, HEC ne lâche que très peu de
bi-admis (entendez les étudiants ayant
eu la possibilité de rejoindre les deux
écoles) à ses consœurs parisiennes.
Si on replonge sur le SIGEM 2019, il s’agit
là de la dernière année où l’ESCP avait
réussi à prendre des bi-admis (1) à HEC,
l’ESSEC avait fait mieux avec 2. Après
une session 2020 annulée pour cause
COVID, l’ESSEC était parvenue à prendre
1 petit étudiant à HEC. Les éditions 2022
et 2023 étaient encore moins serrées
puisque HEC avait fait carton plein. Cela
dit, on restait sur une session 2024 où
l’ESSEC avait à nouveau réussi à ravir un
étudiant à l’école jovacienne. Difficile de
se satisfaire de cela cependant, quand on
sait qu’il y a une dizaine d’années, c’était
parfois 7 étudiants qui faisaient ce choix
(SIGEM 2017). Mais cela a eu au moins
pour réussite de relancer les espoirs.
En 2025, le résultat est finalement là :
statu quo, l’ESSEC reprend à nouveau
1 étudiant à HEC. L’ESCP ne réalise toujours
pas d’exploit en parallèle. HEC est
donc toujours leader quasi-incontesté en
2025, rendez-vous l’an prochain pour la
reprise des débats.
21
L’ESSENTIEL DU SUP
PRÉPAS
DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
ESSEC VS ESCP : LE DÉBUT D’UN
VRAI COMBAT ?
Historiquement, la hiérarchie des écoles
parisiennes est assez claire : HEC, ESSEC,
ESCP. Pourtant, l’ESCP semble multiplier
les tentatives pour ravir la seconde place
depuis plusieurs années. Cela passe son
positionnement social : proposition de
gratuité de la scolarité pour les étudiants
boursiers échelon 4 et supérieurs par
exemple, avec des réductions en dessous
de l’échelon 4. On peut également citer
la stratégie marketing : des campagnes
dans les media spécialisés cette année en
mettant en avant des étudiants préférant
l’ESCP à l’ESSEC.
Résultat : depuis 2021, le nombre de
bi-admis que l’ESCP ne cesse d’augmenter
: 4 en 2021, 14 en 2022, stagnation
en 2023 avec 13, puis 20 en 2024 (soit
6% des bi-admis).
Avec des résultats de plus en plus prometteurs
et des campagnes d’influence
rodées, on pouvait s’attendre à une progression
de l’ESCP cette année au SIGEM.
Mais il n’en sera rien : l’ESSEC performe
un peu mieux qu’en 2024 : 341-18 contre
322-20 l’an dernier, soit une victoire à
95%. Il s’agit d’une légère variation certes,
mais qui montre tout de même que dans
l’imaginaire des prépas, la hiérarchie est
loin d’avoir changée.
Contre les écoles hors top 3 en revanche,
une dynamique se dégage. L’ESSEC ne
perd aucun étudiant contre l’EDHEC en
2025, et ce pour la troisième année de
suite. A contrario, l’ESCP en perd 5. Ce
n’est pas énorme, mais c’est un chiffre
anormalement haut (1 en 2024, 2 en 2023).
Ces duels contre l’EDHEC montre globalement
que la dynamique ESSEC-ESCP
s’est quelque peu inversée, c’est l’ESSEC
qui fait la bonne opération en 2025.
Et contre les autres écoles ? Lorsqu’on
étudie SIGEM, il est souvent intéressant
de regarder au-delà des duels
directs, qui peuvent parfois n’être que
partiellement représentatifs des dynamiques
réelles. Un bon moyen d’aller plus
loin est de regarder la performance des
deux concurrents contre les autres.
Commençons par HEC : le constat est
similaire mais ne nous avance pas : l’ES-
SEC obtient autant de bi-admis (1) que
l’an dernier, l’ESCP n’en gagne aucun,
comme l’an dernier.
22
L’ESSENTIEL DU SUP
PRÉPAS
DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
EDHEC – EMLYON : LA BATAILLE
POUR LA 4E PLACE RELANCÉE ?
C’est le duel SIGEM le plus suivi chaque
année : emlyon, 4e historique, contre
l’EDHEC, 4e depuis 2021. L’école lilloise
avait profité d’une mauvaise phase (changements
de direction multiples, scandales)
de emlyon pour s’adjuger le sésame de la
4e place il y a 4 ans. Depuis, ça va mieux
pour emlyon qui fait plus ou moins jeu
égal avec l’EDHEC sur les classements
nationaux (hors SIGEM) et internationaux
Financial TimesFinancial Times, QS). Dans
un contexte où emlyon a ouvert son
nouveau campus au cœur de la ville et
a pu y faire passer ses oraux, le duel
promettait particulièrement cette année.
Historique SIGEM. Depuis le SIGEM
2021 et le dépassement de l’emlyon,
l’EDHEC a renforcé son avance au SIGEM :
79% de duels gagnés en 2021, 88% en
2024. Mais la dynamique n’est pas si
claire puisque l’EDHEC faisait mieux en
2022 (91%).
Résultats 2025. Cette année en revanche,
c’est bien l’école lilloise qui fait la
bonne opération : elle renforce légèrement
son avance sur sa concurrente historique
: 279 à 30 soit 90% des bi-admis, la
deuxième meilleure performance SIGEM
de son histoire après 2022. Le constat
est le même si on prend en compte les
choix des étudiants en filière littéraire :
29 étudiants préfèrent l’EDHEC à l’emlyon
contre 1 seul dans le sens inverse.
De son côté, l’EDHEC réalise aussi une
très bonne session selon cet indicateur :
1 seul bi-admis perdus contre les écoles
hors top 5, des chiffres qui baissent (en
bien donc) depuis 2019.
Et maintenant : des ambitions encore
plus grandes pour l’EDHEC ? Si
l’EDHEC confirme à la fois contre l’emlyon
et contre les écoles en dehors du top 5,
on peut se demander si à terme l’ambition
du top 3 est réaliste. Impensable
dans l’imaginaire collectif, pourtant en
pratique l’EDHEC performe de mieux
en mieux contre l’ESCP. En 2025, elle
prend 5 bi-admis à l’ESCP, encore une
fois le meilleur résultat de son histoire
après 2022, et bien mieux qu’en 2024
(1). Le duel n’en est pas encore vraiment
un, mais les premières pierres viennent
peut-être d’être posées.
Une bonne session SIGEM de
l’emlyon malgré tout. En regardant
les résultats contre les autres écoles,
on réalise que c’est plutôt une bonne
session SIGEM pour l’emlyon, l’EDHEC
a simplement fait mieux. Depuis 2022,
l’emlyon est challengée par les écoles en
dehors du top 5 et notamment SKEMA –
perdant 22 bi-admis au total contre ces
écoles en 2022 notamment. En 2025,
l’école se rassure largement et n’en perd
que 11, son meilleur total depuis 2018.
Difficile de parler de mauvaise session
SIGEM donc.
23
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
SKEMA FAIT CAVALIER SEUL
La hiérarchie SIGEM a beaucoup changé
depuis quelques années. Historiquement,
on retrouve le Top 3 (les Parisiennes),
le Top 5 (emlyon et EDHEC), puis le Top
7 (Audencia et GEM). Globalement il
existe toujours des débats internes à
ces groupes (emlyon vs EDHEC, Audencia
vs GEM) mais très peu entre deux écoles
de deux groupes différents (il est rare
pour un étudiant de choisir l’EDHEC sur
l’ESCP historiquement).
Mais depuis quelques années, SKEMA
bouleverse l’ordre établi : l’école est
désormais devant Audencia, GEM et
NEOMA, progressant chaque année
encore un peu plus sur elles. Le Top 5
est néanmoins toujours resté verrouillé,
malgré quelques bi-admis gagnés sur
emlyon d’une année à l’autre. La session
2025 du SIGEM était donc attendue pour
SKEMA : l’année du rapprochement vers
le Top 5, ou l’année du retour de ses
concurrentes dépassées ?
Contre les écoles hors top 5, SKEMA
continue de renforcer sa domination.
Si SKEMA a devancé Audencia et
GEM il y a quelques années, elle n’avait
pas pour autant plié chaque duel : il était
tout à fait possible pour un étudiant en
2022 de vouloir aller à Audencia plutôt
qu’à SKEMA pour de multiples raisons.
Néanmoins, la dynamique est claire avant
2025 : ces étudiants faisant le choix de
refuser SKEMA sont de plus en plus
rares. En 2024, contre GEM, NEOMA
et Audencia, SKEMA remportait déjà
respectivement 97%, 93% et 89% des
bi-admis en jeu (contre seulement 59%
contre Audencia en 2021 par exemple).
En 2025, SKEMA n’a pas juste confirmé
sa 6e place, elle l’a plus que jamais affirmée
: 95% contre Audencia, 96% contre
NEOMA, 99% contre GEM. Il n’y a plus
match, et donc visiblement un nouveau
groupe qui se constitue après le top 5 :
le groupe SKEMA seule.
9 729 candidats
La lente remontée du
nombre de candidats se
poursuit cette année : 9
729 cette année pour 9 286
en 2024 (mais… 9 875 en
2022). Si le nombre total
des affectés est également
un peu en hausse à 7 127
c’est dans de « moindres
proportions », regrette Anne
Rivière, la présidente du
Sigem. Le nombre total
des affectés est en effet en
hausse à 7 127, soit 0,8% de
mieux, alors qu’on pouvait
espérer une hausse de 4,7%
au début du processus.
24
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
SKEMA peut-elle défier le top 5 à
terme ? Avec une telle progression sur
ses concurrentes directes, on peut se
demander si SKEMA 5e un jour est une
perspective raisonnable. D’autant plus
que SKEMA a réalisé sa meilleure session
en 2024, reprenant 16 bi-admis à l’emlyon
contre 8 en 2021. Le duel était toujours a
sens unique, mais SKEMA semblait avoir
le droit de rêver.
En 2025 néanmoins, l’emlyon a conforté
sa place sur SKEMA, seuls 11 bi-admis
ont fait le choix osé de refuser Lyon,
soit un peu moins de 3% des bi-admis.
Pas de miracle non plus du côté du duel
avec l’EDHEC : 1 seul bi-admis remporté.
SKEMA est donc plus que jamais numéro
6, isolé loin derrière la 5e place, mais
également loin devant la 7e.
NEOMA A-T-ELLE RENVERSÉ
AUDENCIA ?
Depuis quelques sessions, NEOMA
challenge durablement les 6 e et 7 e historique,
à l’instar de SKEMA qui les a
dépassées il y a quelques années : en
2022, NEOMA dépasse GEM et en 2023,
elle est proche de renverser Audencia.
L’école nantaise avait cependant renforcé
son avance l’an dernier, notamment avec
des oraux d’admissions marquants. La
session SIGEM 2025 était donc vraiment
attendue : Audencia maintient sa place
historique, ou bien renversement inédit ?
A priori, Audencia sauve sa 7 e place d’un
fil. Le duel a vraiment tenu toutes ses
promesses puisque Audencia parvient
à sauver sa 7 e place au SIGEM pour… 3
bi-admis. Une victoire 222-219, l’une des
plus courtes de l’histoire du classement
pour un duel qui concerne autant d’étudiants.
Audencia peut donc se satisfaire
d’avoir sauvé sa place, mais il faut bien
être conscient que la dynamique est
totalement inversée : NEOMA fait mieux
que l’an dernier, et les résultats de cette
session pourraient bien pousser les étudiants
passant les concours en 2026
de rejoindre Reims ou Rouen plutôt que
Nantes.
25
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Mais NEOMA a-t-elle les raisons de
clamer sa victoire ? Le classement
SIGEM est a priori explicite et difficilement
contestable : une école A est devant B
si A a convaincu plus de bi-admis de la
rejoindre. Pourtant, plusieurs éléments
viennent ajouter de la subjectivité au
débat : que faire s’il y a des boucles A bat
B, B bat C mais C bat A ? Quels étudiants
doit-on considérer pour le classement,
seulement les EC ou bien EC et littéraires.
C’est sur ce dernier point que la subtilité
du classement se joue ici : depuis
quelques années, certaines écoles –
dont Audencia et NEOMA – classent
les littéraires séparément des EC, leur
donnant donc des places spécifiques.
Et Audencia a bien battu NEOMA… en
EC. Si on regarde dans le détail les résultats
littéraires, NEOMA fait mieux, à
tel point que même le duel global EC +
littéraire est en sa faveur. L’école peut
donc légitimement clamer une 7e place
au SIGEM, tout dépend de la manière de
comptabiliser les résultats.
TBS EDUCATION ET KEDGE :
CHALLENGERS SÉRIEUX DE GEM
À LA 9E PLACE ?
Depuis 2021, la tendance est la même pour
KEDGE et TBS Education contre GEM :
les deux écoles reprennent du terrain.
Il y a 4 ans, c’étaient 29 (KEDGE) et 17
(TBS Education) étudiants qui faisaient
le choix de l’une ou l’autre contre GEM,
sur plus de 330 étudiants bi-admis. En
2024, ces chiffres sont respectivement
montés à 144 et 76 étudiants bi-admis
gagnés par les deux écoles contre GEM.
La question de la 9e place de GEM au
SIGEM se posaient donc de plus en plus
avant cette session.
Finalement, c’est bien GEM qui fait
la bonne opération. Malgré les dynamiques
négatives sur les 4 dernières
années, c’est bien GEM qui performe le
mieux cette année, tant en valeur absolue
que comparativement à 2024. L’école
remporte son duel 302 à 140 contre
KEDGE, 286 à 39 contre TBS Education.
Des duels qui ont le mérite d’exister, mais
où le vainqueur est incontestable.
26
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Dans leur duel direct, KEDGE
conforte son avance sur TBS
Education. KEDGE peut nourrir des
regrets de ne pas avoir progressé sur
GEM, mais assure l’essentielle : une 10e
place SIGEM conservée et même renforcée.
L’école confirme une tendance
globale depuis 4 ans : à l’exception de
2024, elle a toujours progressé dans
son duel avec l’école toulousaine. Elle
est désormais confortablement assise
dans son fauteuil de 10e école française,
avec une victoire 302 à 76.
LE TOP 13 À 17 : UNE HIÉRARCHIE
BOULEVERSÉE ?
Les duels SIGEM concernant MBS, IMT-
BS, BSB, ICN et Excelia font partie des
plus intéressants du SIGEM : ils sont
extrêmement serrés, au point qu’il n’est
pas rare de voir des égalités ou même
des boucles (A bat B, B bat C, C bat A).
Au-delà du simple aspect classement, les
performances des écoles peuvent avoir
des conséquences directes sérieuses :
c’est autour de la 12e place SIGEM que
l’on commence à voir des écoles qui ne
remplissent pas leurs rangs. Or, ne pas
remplir ses rangs c’est indirectement
perdre de l’argent (un manque à gagner
sur le chiffre d’affaires qui aurait été
réalisé avec les étudiants manquants).
Qu’en est-il cette année ?
IMT-BS réalise la meilleure opération
et s’adjuge la 13e place. Classée
l’an dernier entre la 14e et la 16e place
(selon les media créant le classement,
à cause des boucles), IMT-BS surprend
tout le monde et bat chacune de ses
concurrentes. Pourtant, en y regardant
de plus près, ce n’est que la suite logique
d’une bonne dynamique : la session 2022
d’IMT-BS avait été décevante, mais l’école
a ensuite largement progressé sur chacune
de ses concurrentes. 2025 est donc
l’année de la consécration.
27
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Derrière IMT-BS, chaque école
a conservé et même renforcé sa
place. Cette édition 2025 du SIGEM est
un renforcement de la hiérarchie 2024
pour MBS, BSB, ICN et Excelia. En effet,
chaque école a conservé sa place (en
excluant IMT-BS). Mieux, chaque école
l’a renforcée :
• MBS fait mieux que l’an dernier contre
BSB, ICN et Excelia ;
• BSB fait mieux contre ICN et Excelia ;
• ICN fait mieux contre Excelia.
Clé de lecture : pour chaque école, la
performance en part de bi-admis gagnées
contre les écoles moins bien classées du
groupe. 2024 à gauche, 2025 à droite.
Ainsi, chaque école a renforcé sa domination
sur les écoles moins bien classées
du groupe : la hiérarchie s’est solidifiée.
Pour autant, le duel entre BSB et
ICN n’est pas clair. A priori, BSB a
renforcé son avance sur ICN, c’est le
propos du point précédent. Et c’est bel et
bien vrai dans le duel direct opposant les
deux écoles. L’école dijonnaise s’était fait
très peur en 2024 (victoire 56-54) et la
dynamique était globalement contre elle.
En regardant les statistiques directes,
c’est une belle victoire et un beau ouf de
soulagement cette année, la dynamique
est inversée (36-25).
Malgré tout, se contenter des duels
directs serait passer à côté d’un phénomène
rare est surprenant. Malgré sa
défaite dans le duel direct, ICN a mieux
performé que BSB contre toutes les
autres écoles du groupe. Ainsi, BSB
peut clamer sa victoire cette année,
car le SIGEM concerne avant tout les
duels directs. Néanmoins, il ne faut pas
se tromper : au global, les préférences
réelles des étudiants sont plus floues
et la dynamique n’est pas vraiment en
faveur de BSB.
89,03% d’acceptation
Cette année ce sont 89,03%
des candidats qui ont accepté
les propositions qu’on leur
faisait contre 90% en 2024.
Le nombre de candidats
exprimant un vœu est
passé de 79,8% à 77,5%
avec 455 démissions contre
384 soit au-delà de 5%.
28
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
L’EM STRASBOURG PASSE
L’INSEEC, ISC PARIS REPREND
DU TERRAIN
En 2024, l’INSEEC avait dominé l’EM
Strasbourg d’un bi-admis (8-7), ainsi
que l’ISC Paris, plus confortablement
(14-3). Dans un contexte avec aussi peu
de bi-admis en jeu, les rapports de forces
peuvent être très volatiles. 2025 en fut la
preuve, puisque l’EM Strasbourg renverse
l’INSEEC et gagne une place (deux, si on
compte la sortie du SIGEM d’EM Normandie).
De son côté, l’ISC Paris reprend
également du terrain sur l’INSEEC (défaite
14-11, bien plus serré qu’en 2024 donc).
Concernant le duel EM Strasbourg – ISC
Paris, on passe de 2-0 à 8-3, toujours
pour l’EM Strasbourg. Difficile de faire
quelque conclusion comparativement
à 2024 et ses 2 bi-admis. Mais on peut
noter que de plus en plus de bi-admis
sont en jeu entre les deux écoles.
Comment expliquer ces variations ?
Avec aussi peu de bi-admis en jeu, il est
normal de voir de la volatilité d’une année
à l’autre. Cela étant dit, on peut souligner
que l’EM Strasbourg a su conserver des
frais de scolarité particulièrement bas.
Sur 3 ans, étudier à l’EM Strasbourg
coûte 32 000 euros en 2025 (inchangé
depuis 2023), l’ISC Paris dépasse la barre
des 40 000 et l’INSEEC s’en rapproche.
De plus, les frais de scolarité deviennent
peut-être de plus en plus importants pour
les étudiants, quand on parle des écoles
de ce niveau : elles misent historiquement
sur l’alternance, alternance dont l’Etat se
désengage de plus en plus. Sans pouvoir
faire financer leurs études par les entreprises
(du moins plus difficilement), il
est normal que les étudiants se tournent
vers l’école la moins chère).
Taux de remplissage et conséquences
financières. Aucune de
ces écoles n’a pas réussi à remplir ses
rangs. Si INSEEC et ISC Paris affichent
des nombres d’affectés proches de 2024,
on peut mentionner que l’EM Strasbourg
parvient à attirer 96 étudiants en ses
rangs cette années contre 63 en 2024.
Ce non-remplissage constitue pour les
3 acteurs un manque à gagner en chiffre
d’affaires de plus de 500 000 euros.
Affectés
Nombre de
places
Frais scolarité
2025-27
Manque à gagner
en CA
EM Strasbourg 96 120 32 300 775 200
INSEEC 44 60 39 700 635 200
ISC Paris 17 30 40 100 521 300
ESC CLERMONT, BREST
BUSINESS SCHOOL ET SCBS :
UNE PHASE SIGEM DÉLAISSÉE
ET TROP CONCURRENTIELLE
Les écoles de fin de tableau n’attirent que
peu d’étudiants de prépa. Par ailleurs, la
tendance s’est accélérée cette année.
Clermont accueillera 12 étudiants contre
16 en 2024, Brest Business School 8
contre 11 en 2024 et SCBS n’est pas
parvenu à attirer un seul étudiant en
2025 (2024 : 1). Dans ce contexte, étudier
les duels directs n’a que peu d’intérêt :
29
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER OCTOBRE 2025 N° 89
Clermont bat Brest 3-0, les autres duels
n’ont aucun bi-admis en jeu. Ces écoles ne
recrutent donc – par désengagement ou
par concurrence trop forte – quasiment
plus aucun étudiant de prépa EC.
NEUF ÉCOLES NE FONT PAS
LE PLEIN
Beaucoup moins d’écoles que l’année
dernière ne font pas le plein de candidats
en EC. Seulement neuf cette année quand
elles étaient treize en 2024 et onze en
2023 avec cette année un déficit cumulé
de 343 places (419 en 2024). S’y ajoutent
beaucoup plus de places restantes en
BEL- B/L (144 cette année contre 40) pour
un déficit cumulé de 486 places (459 en
2024). Un nombre de places restantes
relativement stable alors que 720 places
n’étaient pas affectées en 2023 mais
avec 7 831 places ouvertes contre 7 538
sur les deux voies d’entrée cette année.
En recrutement en classes préparatoire
EC, SCBS tombe à zéro alors qu’elle
recrutait encore un élève en 2024. En
volume, BSB est l’école qui souffre encore
cette année du plus fort déficit : 96 places
restantes contre 93 en 2024 alors qu’elle
ouvrait 30 places de moins. Derrière il
manque 64 candidats à l’ICN pour faire
le plein, 49 à Excelia BS, presque autant
à Clermont BS (48) ou encore 24 à l’EM
Strasbourg. Un résultat plutôt meilleur
puisqu’il lui en manquait 87 en 2024 (sa-
Les littéraires : une cause perdue pour les écoles du Top 13-17 ?
On observe un phénomène différent au SIGEM concernant les prépas littéraires :
les écoles du haut de tableau ne laissent rien aux écoles moins bien classées.
Ainsi, malgré de nombreuses places ouvertes et un intérêt souvent fort pour les
étudiants littéraires, ces écoles sont quasiment incapables de recruter dans cette filière.
A elles 5, elles n’en recrutent que xxx pour cette session SIGEM 2025.
Affectés littéraires
Nombre de places
littéraires ouvertes
IMT-BS 1 5
MBS 1 20
BSB 3 20
ICN 1 5
Excelia 1 10
chant qu’elle a réduit de 30 places son
recrutement cette année).
Après une année 2024 où elles n’avaient
pas fait le plein, Institut Mines Télécom BS
et Rennes SB le font cette année mais en
baissant leur recrutement (-25 places à
Rennes SB et -5 à l’IMT). HEC n’ayant pas
de marge de sécurité elle ne fait pas le
plein comme toujours. L’EM Normandie
est quant à elle sortie du concours BCE.
En accès siglé BEL- B/L dix des quinze
écoles proposant une voie dédiée ne font
pas le plein quand ce n’était le cas que
de la moitié des écoles en 2024.
Laurent Mary
Les conséquences financières du SIGEM pour les écoles
On l’a dit, ne pas performer au SIGEM, c’est un manque à gagner dans les caisses des écoles. Mais qu’en est-il
exactement en regardant le nombre d’affectés par rapport au nombre de places ? MBS et IMT-BS remplissent
(on traitera des EC qui restent la cible principale), mais BSB, ICN et Excelia ne remplissent pas.
On multiplie la différence Nombre de places – nombre d’affectés par les frais de scolarité sur 3 ans et on
obtient le manque à gagner en chiffre d’affaires pour chacune des écoles pour les trois prochaines années.
Affectés
Nombre de
places
Frais de scolarité
2025-27
Manque à gagner
en CA
IMT-BS 120 49 28 100 0
MBS 60 290 45 100 0
BSB 30 200 44 700 4 380 600
ICN 106 170 43 500 2 784 000
Excelia 36 85 46 000 2 254 000
30
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENTRETIEN
OCTOBRE 2025 N° 89
Alice Guilhon
DIRECTRICE GÉNÉRALE DE SKEMA
« Le marché de l’enseignement supérieur est globalisé,
nous devons y installer des marques visibles et puissantes »
Elle va présenter le nouveau plan
stratégique de SKEMA à la prochaine
rentrée et vient de prendre le poste
de secrétaire de la Conférence des
Grandes écoles (CGE). Comment
envisage-t-elle l’avenir des business
schools, comment veut-elle encore
développer son école, comment la
dirige-t-elle : rencontre avec Alice
Guilhon.
Olivier Rollot : Comme en 2009, quand vous
avez la réalisé la fusion Ceram / ESC Lille, les
écoles de management semblent de nouveau
à un tournant de leur développement ?
Alice Guilhon : Quand nous avons créé SKEMA en 2009
nous avons réalisé une fusion entre égaux. Atteindre une
taille critique est plus que jamais nécessaire. Le marché
de l’enseignement supérieur est globalisé, nous devons
y installer des marques visibles et puissantes.
Dans le même temps, nous sommes confrontés à des
officines privées qui occupent un territoire que les acteurs
« historiques » n’ont pas su occuper. Des officines qui ont
su se développer via le marketing digital. Nous devons
jouer avec les mêmes règles du jeu que ces officines
en créant des programmes qui répondent aux besoins
des entreprises et des territoires. Nous pouvons nous
autoriser à penser différemment !
La communication est aujourd’hui un élément central du
développement du secteur comme on a pu le constater
avec les classes préparatoires. Leur problème était
aussi un problème de communication. Avec les écoles
de la Conférence des directeurs des écoles françaises
de management (Cdefm), nous avons mis en place une
campagne digitale de promotion du modèle classes
prépas. C’était une façon de montrer notre attachement
à ce modèle unique dont la pérennité ne devrait plus
être questionnée.
constater que d’autres écoles en font autant aujourd’hui.
En résumé, nous contribuons à redistribuer les cartes
et nous avons en France la chance de pouvoir nous
appuyer sur un ministère de l’Enseignement supérieur
et de la Recherche qui sait s’adapter. Ce qui est possible
en France en matière de lancement de programmes
par tous types d’acteurs, serait totalement impossible
aux Etats-Unis, en Chine ou au Brésil. Aujourd’hui nous
sommes reconnus dans ces pays par les Ministères
mais aussi grâce au label EESPIG et aux évaluations du
Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de
l’enseignement supérieur). A Dubaï, nos reconnaissances
en France nous ont fait gagner huit mois pour obtenir
les accréditations locales KHDA et CAA.
O. R : Parmi les grands bouleversements
que nous vivons il y a celui d’une université
américaine chaque jour attaquée par
l’administration Trump. SKEMA possède un
campus aux Etats-Unis, à Raleigh, cela vous
touche-t-il ?
A. G : Nos visas pour les Etats-Unis pour les étudiants
internationaux se débloquent depuis le 19 juin, c’est
un soulagement. Mais s’ils n’avaient pas pu partir aux
Etats-Unis, nos étudiants auraient pu aller sur l’un de
nos autres sites internationaux. La Chine est restée
fermée pendant trois ans durant le COVID sans que
Le développement des Intelligences artificielles est
également un choc – nous l’avions d’ailleurs anticipé
à SKEMA en créant dès 2019 un Centre d’Innovation
en IA à Montréal. De même, nous avons lancé quatre
écoles thématiques il y a cinq ans et je suis heureuse de
© Skema BS
31
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENTRETIEN
OCTOBRE 2025 N° 89
© Skema BS
cela ne nous ait causé de souci. C’est la force de notre
structure qui nous permet de nous adapter aux différents
risques géopolitiques.
O. R : Dans un contexte disons troublé, rien
ne vous empêche de dormir aujourd’hui ?
A. G : Absolument rien si l’on parle de l’école dans son
environnement. Nos résultats financiers sont excellents,
nos classements exceptionnels et nous recevons de plus
en plus d’étudiants. Après quinze ans de croissance à
deux chiffres, je veux continuer à monter en qualité en
France et à nous développer à l’International. En France,
nous nous allons nous limiter pour le PGE à recruter
600 élèves issus de classes préparatoires et à 100
admis sur titre en première année. Et à l’International,
notre modèle est d’avoir 50% d’étudiants locaux et 50%
d’étudiants internationaux. Nos détracteurs disent que
nous n’envoyons que des Français à l’international, ce
qui est faux depuis bien des années !
O. R : Il y a quelques mois vous avez
émis l’hypothèse de voir des fonds
d’investissement entrer au capital de
SKEMA. Est-ce vraiment envisageable ?
Pourriez-vous fusionner avec une autre
école ?
A. G : J’avais voulu détendre l’atmosphère en parlant
de fonds. On ne peut pas exclure de recourir à des
financements privés pour financer sa croissance. Mais
à SKEMA, nous pourrions doubler de taille dans les cinq
ans sans faire appel à des financements extérieurs.
Nous n’excluons rien mais je ne veux pas toucher à
notre statut associatif.
Quant à une fusion nous n’y pensons pas mais nous
pourrions racheter un établissement à l’international
comme nous l’avions engagé il y a deux ans aux Etats-
Unis. Je souhaite conserver notre indépendance et
notre mission d’intérêt général et nos professeurs sont
parfaitement alignés avec cela.
O. R : Que pensez-vous de l’intégration
de la Cefdg (Commission d’évaluation des
formations et diplômes de gestion) dans le
Hcéres qui semble se dessiner ?
A. G : Quand j’ai lancé la Cdefm en 2021, nous avons
constaté avec Mathilde Gollety, Thierry Coulhon et Anne-Sophie
Barthez qu’il fallait simplifier les processus
d’accréditation. Cette réflexion sur un rapprochement
des évaluations date de 2021. La seule bataille à mener
aujourd’hui est celle de conserver une commission
paritaire dans laquelle les écoles soient jugées par des
universitaires et des représentants des écoles.
Nous avons de toute façon besoin d’une agence d’évaluation
mais pas d’un millefeuille avec 50 instances. La
CEFDG est une organisation remarquable et efficace
sur laquelle il faut capitaliser.
O. R : Vous l’avez évoqué, SKEMA a été
pionnière dans le développement des IA.
Qu’est-ce que cela change pour SKEMA et
pourrait changer pour vos diplômés ?
A. G : Notre grande bataille avec les IA est celle du vrai
et du faux. Il nous faut former nos étudiants pour qu’ils
comprennent que les IA ne disent pas toujours la vérité,
sinon nous aurons rapidement des promotions d’ignares !
Nous mettons beaucoup de garde fous et c’est un sujet
important que nous évoquons souvent avec Frédérique
Vidal qui vient de nous rejoindre en tant que directrice
de la stratégie et de l’impact scientifique.
Aujourd’hui les investissements dans les IA sont colossaux
partout dans le monde et notamment aux Etats-Unis
et en Chine. Nous devons en France et plus largement
en Europe être un trait d’union dans la société pour
développer une IA éthique et respectueuse des libertés
fondamentales.
Si on considère les investissements réalisés par exemple
aux Émirats Arabes Unis, leur souhait est d’être vertueux
et engagés pour une société mondiale plus durable, vous
32
Son Hackathon annuel
Du 8 au 12 septembre
dernier, SKEMA a accueilli
sur ses campus de Paris,
Lille et Sophia Antipolis
la nouvelle édition de son
Hackathon annuel. Cette
année, les nouveaux entrants
de première année du
Programme Grande École
ont été réunis pour identifier
leur “purpose” (raison d’être)
et « poser les premières
pierres de leur projet
académique, professionnel
et personnel ». Autre
innovation de la rentrée :
les étudiants ont été formés
à la pensée critique grâce à
un partenariat avec Cogito.
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENTRETIEN
OCTOBRE 2025 N° 89
auriez pensé cela il y a 5 ans ? Ouvrons-nous à ceux
qui souhaitent investir dans une société plus durable et
désirable ! Il faut pouvoir penser différemment le monde
et faire parler la jeunesse comme nous l’avons fait en
créant Youth Talks qui a eu un impact considérable
partout dans le monde. Être à l’écoute des jeunesses
est notre rôle principal désormais. Une autre de nos
contributions est, avec nos professeurs de PANSER le
monde aujourd’hui plutôt que de le PENSER !
O. R : Vous parlez du rôle des écoles dans
la formation des étudiants. Mais quelle
manageuse êtes-vous ?
A. G : Je suis plutôt bienveillante et à l’écoute aidée par
des gardiens du temple dans une « maison » créée il y
a 16 ans qui se développe avec beaucoup de projets
et beaucoup de travail. Je crois beaucoup à la qualité
des équipes et à leur engagement, et que la qualité de
vie au travail est centrale pour réussir un projet tel que
SKEMA. Souvent les collaborateurs disent qu’il y a trop
de projets ou que cela va trop vite ! Je dois donc veiller
constamment à ce que rapidité et innovation ne soient
pas synonymes de précipitation. Je travaille en direct
avec les treize personnes du Comex qui me rapportent
directement, chacun ayant de très gros périmètres. Pour
ma part, je me consacre beaucoup à l’impact de SKEMA
et aux relations extérieures mais en gardant du temps
pour tous. Tous les quatre mois tous nos collaborateurs
peuvent m’interroger dans un « Ask the dean ». Je suis
très sensible à la qualité managériale ce qui est parfois
atypique dans l’environnement académique alors même
que nous enseignons le management !
O. R : On vous imagine constamment en
voyage ?
A. G : Je passe entre 10 et 15 jours par mois à l’international
pour maintenir le sens de nos actions avec nos équipes.
Cette transmission de mémoire est très importante alors
que nous ne sommes plus que trois du comex d’origine
encore à ce niveau de poste. J’ai d’ailleurs créé une
direction du Knowledge management en 2011 pour ne
pas perdre la mémoire de ce que nous avons fait (fusion
et développement mondial, codification des pratiques
et du tacite, etc…). Je veux éviter de réinventer ce qui
a déjà été éprouvé. Je préfère être au courant de tout
ce qui se passe à SKEMA pour donner du sens à ceux
qui n’ont pas notre histoire en tête et peuvent ne pas
comprendre les décisions prises. C’est aussi pour cela
que je suis revenue à 100% à SKEMA après la présidence
de la Cdefm qui m’occupait 60% de mon temps. Notre
quatrième plan stratégique sera donc dans la lignée des
trois premiers. C’est notre chance d’avoir pu écrire une
nouvelle page stratégique en 2009 en tirant le meilleur de
160 ans d’histoire cumulée des deux écoles fondatrices.
© Skema BS
O. R : Vous voulez être au courant de tout.
Vous laissez quand même de l’autonomie à
vos équipes ?
A. G : Beaucoup ! Parfois un peu trop d’ailleurs mais
nous fixons une ligne stratégique avec des projets et
chacun doit exécuter la feuille de route avec une large
autonomie. Un point particulièrement important pour moi
est l’engagement pour l’école, si un collaborateur ou une
collaboratrice venait à critiquer ou se répandre sur notre
projet, cela ne serait pas acceptable notamment parce
ce que SKEMA est une création très entrepreneuriale
depuis son origine.
O. R : Vous êtes particulièrement attentive
aux classements ?
A. G : Nous venons d’être classés 2ème par le Financial
Times pour notre master en finance. Nous sommes top
20 pour l’Executive Education et top 15 pour le GEMBA.
En France nous avons atteint la quatrième place dans
le dernier classement du Parisien. Oui effectivement
ce sont des belles réalisations dont l’école est fière.
Nous avons avec l’équipe classement une attention
particulière pour analyser les critères et s’assurer que
nos diplômes y répondent. Pour autant notre stratégie
n’est pas de coller aux classements mais de travailler
sur la qualité de nos programmes comme nous l’avons
fait en finance en recrutant des professeurs comme
Florencio Lopez de Silanes, Laurent-Emmanuel Calvet
ou Rafael Matta pour créer un pôle de chercheurs en
Finance de premier rang international.
Nos processus qualité et accréditations nous poussent
vers une amélioration permanente et les classements y
contribuent également.
Nous mettons donc la barre plus haut chaque année,
c’est une course d’endurance et non un sprint mais il
faut parfois savoir prendre une pause pour célébrer
ces résultats exceptionnels.
4ème ex-aequo
En classant Skema 4ème
ex-aequo avec emlyon et
Edhec, Le Parisien rompt
en 2025 avec un quasi
immuable top 5 dans son
Classement des écoles de
commerce post prépas.
33
L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DÉBAT
OCTOBRE 2025 N° 89
Les IA contre l’emploi
des jeunes ?
Et si les IA étaient en train de mettre en péril l’entrée des jeunes diplômés
sur le marché du travail ? Une hypothèse qui est tout sauf iconoclaste
selon plusieurs rapports.
Une étude menée par l’Université
de Stanford intitulée
très justement Canaries in the
Coal Mine? Six Facts about
the Recent Employment Effects of Artificial
Intelligence révèle à quel point la
génération actuelle de jeunes diplômés
est impactée négativement par le progrès
technologique. Selon l’étude depuis
l’adoption généralisée de l’IA générative,
les professionnels en début de carrière
(âgés de 22 à 25 ans) dans les métiers les
plus exposés à l’IA ont connu une baisse
relative de 13% de l’emploi, même après
avoir pris en compte les chocs au niveau
des entreprises. « L’intelligence artificielle
bouscule profondément les premières
étapes de carrière. Traditionnellement,
nos jeunes diplômés accédaient
à des postes d’analystes, où ils traitaient
des données, construisaient des cas, affinaient
leur compréhension des métiers.
Cette phase d’apprentissage, essentielle
pour devenir de bons décideurs,
risque aujourd’hui d’être court-circuitée
par des outils capables d’automatiser
ces tâches », s’interroge Delphine
Manceau, présidente de la Conférence
des Grandes écoles (CGE) et directrice
générale de Neoma.
Des jeunes particulièrement
touchés.
L’étude de l’Université de Stanford établit
également que les ajustements se font
principalement par le biais de l’emploi
plutôt que de la rémunération. En outre,
les baisses d’emploi sont concentrées
dans les professions où l’IA est plus susceptible
d’automatiser le travail humain
que de le renforcer. Six faits fournissent
des preuves précoces et à grande échelle
qui corroborent l’hypothèse selon laquelle
« la révolution de l›IA commence à avoir
un impact significatif et disproportionné
sur les travailleurs débutants sur le
marché du travail américain ».
AI-driven layoffs are shrinking the job
market for recent grads écrit ainsi Fortune.
« La plupart des emplois de débutants
pour les jeunes diplômés sont des
postes à forte intensité de connaissances
où ils collectent des données, les transposent
et créent des visualisations basiques,
tout en apprenant à connaître
l›organisation de fond en comble »,
y explique Tristan L. Botelho, professeur
associé en comportement organisationnel
à la Yale School of Management
qui constate encore : « L›IA peut
très bien faire cela, et j›ai entendu de
nombreux managers dire des choses
comme : «Nous pouvons réduire nos effectifs
débutants». ... Le plus grand bouleversement
concerne probablement ces
employés de bas niveau, en particulier
lorsque le travail est prévisible, technophile
ou plus général. »
Des secteurs plus ou moins
concernés.
La situation est particulièrement tendue
dans les métiers de l’informatique. « 150
job applications, rescinded offers: Computer
science grads are struggling to find
work » écrit ainsi CNN dans un article
qui montre que l’emploi des jeunes diplômés
en informatique et en mathématiques
a diminué de 8 % depuis 2022, selon
un rapport publié en mai par Oxford
Economics. Les offres d’emploi dans le
domaine du développement logiciel sur
le site Indeed ont quant à elle chuté de
71 % entre février 2022 et août 2025,
selon les données d’Indeed communiquées
par la Banque fédérale de réserve
de Saint-Louis.
34
L’ESSENTIEL DU SUP
PRÉPAS
DÉBAT
OCTOBRE 2025 N° 89
La vague n’atteint pas tous les secteurs
avec la même acuité. Selon une étude
du MIT The GenAI Divide state of ai
in business 2025 95% des sociétés ne
constatent pas de résultats mesurables en
termes de chiffre d’affaires ou de croissance
dans l’utilisation des IA : « Les
entreprises testent des outils GenAI,
mais très peu d’entre elles parviennent
à les déployer. Les outils génériques tels
que ChatGPT sont largement utilisés,
mais les solutions personnalisées sont
bloquées en raison de la complexité de
l’intégration et du manque d’adéquation
avec les flux de travail existants ». Parmi
les sept secteurs examinés par l’étude
seuls deux secteurs (technologies et
médias) « montrent des signes évidents
de disruption structurelle, tandis que sept
autres restent à la traîne en matière de
transformation ».
Recruter ou pas ?
Certains recruteur voient l’IA seule
comme une concurrence directe pour
certains profils de chercheurs d’emploi.
Selon une enquête menée par le site Indeed
en cette rentrée 2025, un employeur
sur deux jugerait ainsi plus simple de
former une IA que de recruter un jeune
diplômé. Le sentiment est plus exacerbé
dans la finance (70%) que dans l’éducation
(40%) ou le commerce, la restauration
et les loisirs (39%). D’autant plus
exacerbé que le marché du travail semble
se retourner et que, comme l’écrit Le
Monde, « Les jeunes diplômés et cadres,
qui étaient les rois du monde en 2022,
sont les premiers touchés ».
Une montée en compétences
La deuxième édition du Baromètre mondial
de l’emploi en IA publiée en 10 juin
2025 par le cabinet de conseil et d’audit
PwC après l’examen de près d’un milliard
d’offres d’emploi dans plus de 15
pays, démontre que l’adoption de l’IA
s’accompagne d’une montée en compétences,
d’une valorisation salariale et
d’une croissance nette de l’emploi, même
dans les professions les plus automatisées.
Former les plus expérimentés
aux IA.
L’étude de Stanford montre également
que, l’emploi dans les domaines moins
exposés et des plus expérimentés dans
les mêmes professions est resté stable
ou a continué à croître. Leur atout : ils
ne se laissent pas mener par le bout du
nez par les IA. Le tout est de les former
à leur utilisation.
Un sujet dont s’emparent par exemple
Mines Paris - PSL Executive Education
et l’IFPASS (institut de formation de la
profession de l’assurance) pour lancer en
cette rentrée une certification en ligne dédiée
à la transformation des entreprises
de l’assurance et de la banque par la data
et l’IA. Une première session de l’Executive
short Certificate, intitulé « Managers
augmentés : piloter la transformation par
la data et l’IA » est proposée en novembre
La France se démarque des autres pays
avec 166 000 offres d’emploi publiées en
2024, elle devient ainsi le premier pays
européen en volume d’offres d’emploi requérant
des compétences en IA. Cette dynamique
s’accompagne d’une hausse du
niveau de qualification requis. En 2024,
58 % des offres d’emploi dans les métiers
les plus exposés à l’IA exigeaient un diplôme,
contre 54 % en 2019.
2025. Un rapprochement des compétences
très efficace comme l’explique
Laurent Arachtingi, directeur général
de l’IFPASS : « En unissant les forces
du Groupe IFPASS et de Mines Paris –
PSL Executive Education, nous offrons,
au travers de ce programme, l›opportunité
pour les professionnels d›acquérir
une compréhension stratégique, opérationnelle
et éthique des enjeux liés à la
data et à l’intelligence artificielle. Notre
ambition, à travers cet Executive short
Certificate, est de permettre à des managers
d’identifier les opportunités offertes
par l’IA dans leur secteur, d’expérimenter
des outils concrets et de piloter des
projets d’intégration de la data au sein
de leur ligne métier ». Manager expérimenté
+ IA l’équation gagnante ?
Sébastien Gémon
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