J3e d'octobre 2025 : Le datacenter monte en puissance
J3e d'octobre 2025 : le datacenter monte en puissance - Interview : Rahmani Cherchari, Dell Technologies - Interview : Dominique Néel Vice-président du SERCE - Datacenter : de nouvelles solutions de refroidissement pour anticiper le développement de l’IA - Alimentation : les nouveaux défis de l’infrastructure technique des datacenters… et les dernières solutions - Gestion de l’éclairage : les installations d’éclairage contribuent à la performance énergétique et au bien-être dans les bâtiments tertiaires...
J3e d'octobre 2025 : le datacenter monte en puissance - Interview : Rahmani Cherchari, Dell Technologies - Interview : Dominique Néel
Vice-président du SERCE - Datacenter : de nouvelles solutions de refroidissement pour anticiper le développement de l’IA - Alimentation : les nouveaux défis de l’infrastructure technique des datacenters… et les dernières solutions - Gestion de l’éclairage : les installations d’éclairage contribuent à la performance énergétique et au bien-être dans les bâtiments tertiaires...
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Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Datacenter
De nouvelles solutions
de refroidissement
pour anticiper le
développement de l’IA
Alimentation
Les nouveaux défis
de l’infrastructure
technique des
datacenters… et les
dernières solutions
Gestion de
l’éclairage
Les installations
d’éclairage contribuent
à la performance
énergétique et au
bien-être dans les
bâtiments tertiaires
LE DATACENTER
MONTE EN PUISSANCE
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / OCTOBRE 2025
921
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2 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
ISSN 0758-3826 / OCTOBRE 2025
ÉDITO
Datacenters : la course
à la puissance est engagée
© DR
‘‘
Implanter des
datacenters sur le sol
français, c’est réduire
l’empreinte carbone du
numérique mondial,
ou du moins éviter
de la faire dérailler.
Rappelons que notre
kilowattheure est trois
à quatre fois moins
carboné que celui
des États-Unis.
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Datacenter
De nouvelles solutions
de refroidissement
pour anticiper le
développement de l’IA
Alimentation
Les nouveaux défis
de l’infrastructure
technique des
datacenters… et les
dernières solutions
Gestion de
l’éclairage
Les installations
d’éclairage contribuent
à la performance
énergétique et au
bien-être dans les
bâtiments tertiaires
LE DATACENTER
MONTE EN PUISSANCE
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
’’
WWW.FILIERE-3E.FR 921
Dans
ce numéro :
Dans ce numéro, J3e s’intéresse
aux solutions techniques pour
accompagner le déploiement
de l’IA.
© Adobe Stock
[Image générée par AI]
En quelques années, les datacenters sont passés du rôle discret de support du
cloud à celui, central, de moteur de la révolution numérique. Mais cette fois,
avec l’arrivée de l’IA, la marche est haute. Ce qui hier suffisait pour héberger
nos applications et nos données ne suffit plus à nourrir l’appétit insatiable des modèles
d’IA. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : là où une baie consommait à peine 1 kW au
début des années 2000, certaines atteignent aujourd’hui les 50 kW, et les prochaines
générations pourraient dépasser les 200 kW à court terme. Une mutation silencieuse,
mais colossale.
Derrière cette montée en puissance, c’est toute l’architecture des datacenters qui se
recompose. Plus de calcul, plus de refroidissement, plus de puissance… et plus de
questions. Comment concilier performance et sobriété énergétique ? Comment
déployer vite, sans compromettre la stabilité du réseau ? Comme le rappelle Rahmani
Cherchari de Dell Technologies France en ouverture de ce numéro, l’IA impose de
repenser en profondeur les infrastructures numériques, pour trouver le juste équilibre
entre puissance, efficacité et gouvernance des données.
Sur le papier, la France a tout pour plaire : un mix électrique largement décarboné, un
réseau solide, des compétences industrielles reconnues. Pourtant, la réalité se heurte
encore trop souvent à l’inertie administrative. Le paradoxe est flagrant. Nous affichons
l’ambition d’héberger des capacités de calcul souveraines, mais les délais d’instruction et
de raccordement freinent les projets. Pendant que les États-Unis et la Chine déroulent le
tapis rouge à leurs géants de la donnée, la France hésite encore.
Et pourtant, les signaux sont là. La consommation actuelle totale des datacenters français
n’atteint pas encore 1 GW, mais les demandes de raccordement déposées auprès de RTE
pour les années à venir culminent déjà à 6 GW. Notre système électrique, capable de
monter à 110 GW, peut absorber cette croissance. À condition d’en faire une stratégie
industrielle claire. Implanter des datacenters sur le sol français, c’est réduire l’empreinte
carbone du numérique mondial, ou du moins éviter de la faire dérailler. Rappelons que
notre kilowattheure est trois à quatre fois moins carboné que celui des États-Unis.
Il ne s’agit plus de freiner ce mouvement qui dépasse le cadre de l’Hexagone, mais de
l’orchestrer. Accélérer les procédures, fluidifier les raccordements, former les talents,
mutualiser les savoir-faire du génie électrique et climatique : tout est prêt, ou presque.
L’écosystème français, du constructeur à l’exploitant, sait faire. Ce qui manque, c’est l’élan
collectif et la volonté politique concrète pour passer à l’échelle.
Car derrière les mégawatts se cachent des enjeux bien plus vastes : souveraineté
numérique, compétitivité industrielle, transition énergétique. Rester spectateur
reviendrait à déléguer notre puissance de calcul et à importer, en prime, le carbone des
serveurs étrangers. L’IA ne ralentira pas pour nous attendre. À la France de décider si
elle veut prendre part à cette révolution… ou simplement la regarder passer.
Bonne lecture,
Alexandre Arène,
rédacteur en chef
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 3
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j3e est édité par la société 3e Médias,
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SA au capital de 140 000 euros ;
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Siège social : 32 rue du faubourg
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Poissonnière - 75010 Paris
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Bureaux : 17 rue de l’amiral Hamelin -
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75016 Paris
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Représentant légal : David Catelain.
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© 3e Médias, Paris.
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Reproduction interdite.
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Toutefois, des photocopies peuvent être
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réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.
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Celle-ci pourra être obtenue auprès du
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Centre français du copyright, 20, rue des
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Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel
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3e Médias a donné mandat pour le
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représenter auprès des utilisateurs.
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Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70
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Dépôt légal : octobre 2025
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Conception graphique - Réalisation :
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Planète Graphique Studio - Paris 17 e
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Impression : IPPAC / Imprimerie
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de Champagne 52500 Langres.
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Directeur de la publication : David Catelain
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Rédaction
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Email : redaction@filiere-3e.fr
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Rédacteur en chef : Alexandre Arène
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Ont collaboré à ce numéro :
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Jean-Paul Beaudet
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et Jean-François Moreau.
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Marketing & Publicité
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3e Médias
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité print & digital
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68
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sdm@filiere-3e.fr
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Diffusion
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Relations abonnements
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Juliette Aguelon
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compta.3emedias@gmail.com
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Pour l’étranger : 165 € HT franco ;
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185 € HT par avion
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Prix au numéro : 17 €
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Corrections
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Laurence Chabrun
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laurencechabrun@gmail.com
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© DR
‘‘
L’intelligence artificielle impose
une refonte des infrastructures
numériques pour répondre à des
besoins croissants en termes de
puissance de calcul, de stockage
et de connectivité.
06
INTERVIEWS
06 / Rahmani Cherchari
Senior Director, Head of
Global Specialty Sales France,
Dell Technologies
10 / Dominique Néel
Vice-président du SERCE
12
ACTUALITÉS
’’
Rahmani Cherchari
12 / Immobilier durable
L’OID et le Plan Bâtiment durable
lancent une charte pour adapter le
secteur au changement climatique
Production d’électricité
La Cour des comptes publie
un rapport sur le modèle
économique d’EDF
13 / Électrification
Un large soutien, mais une
compréhension encore limitée
Énergies renouvelables
France renouvelables alerte
sur l’urgence d’un cap clair pour
la souveraineté énergétique
DANS CE NUMÉRO
© AdobeStock
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
29
DE NOUVELLES SOLUTIONS DE
REFROIDISSEMENT POUR ANTICIPER
LE DÉVELOPPEMENT DE L’IA
14 / Partenariat
Airzone et Legrand unissent leurs
expertises pour booster l’efficacité
énergétique des bâtiments
Immobilier tertiaire
Reprise à Paris, essoufflement
de la logistique, les investisseurs
se repositionnent
À lire
Mesurez l’empreinte carbone
de votre entreprise en 5 étapes !
16 / Salon des maires et des
collectivités locales
Les Prix de l’Innovation territoriale :
une vitrine d’excellence au service
des territoires
Qualification
Qualifelec lance la Maîtrise RSE,
pour valoriser les engagements
responsables des entreprises
17 / Rénovation des écoles
Le premier baromètre EduRénov
souligne une dynamique
prometteuse, mais des défis
à relever
18
AGENDA
4 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
© ABB
Alimentation
40
LES NOUVEAUX DÉFIS DE
L’INFRASTRUCTURE TECHNIQUE
DES DATACENTERS…
ET LES DERNIÈRES SOLUTIONS
19
ÉVÉNEMENT
Adrien Boulongne
Directeur du salon Data Centre World Paris
20
SMART DATA
Panorama du marché des datacenters
en France
22
ANALYSES
22 / Datacenters & IA : aligner
ambitions publiques et conditions
d’exécution
23 / Transformation numérique : les
technologies clés qui vont impacter
le paysage énergétique en pleine
évolution
24
DÉVELOPPEMENTS
24 / Daniel Eberli
Global Business Line Manager,
IEC LV Motors, ABB Motion
26 / Corentin Lavenas
Chef de Produit, Mersen
DANS CE NUMÉRO
© B.E.G.
Gestion de l’éclairage
56
LES INSTALLATIONS D’ÉCLAIRAGE
CONTRIBUENT À LA PERFORMANCE
ÉNERGÉTIQUE ET AU BIEN-ÊTRE
DANS LES BÂTIMENTS TERTIAIRES
63
SOLUTIONS
La sélection de la rédaction
66
3 QUESTIONS À
Jérôme Mullie
Directeur technique chez Trace Software
International
LISTE DES ANNONCEURS :
• 2 e COUV – DATA CENTRE WORLD
• 3 e COUV – BÂTIR POUR LE CLIMAT
• 4 e COUV – CARRIER
• P. 15 - MERSEN
• P. 17 - HIKMICRO
• P. 21 - TRACE SOFTWARE
• P. 27 - ENERJ-MEETING
• P. 33 - 3E MÉDIAS
• P. 43 - ADM21
• P. 47 - ABB
• P. 59 - B.E.G.
• P. 61 - LEDVANCE
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David Catelain
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Directeur de la publication
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Alexandre Arène
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Rédacteur en chef
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alexandre.arene@filiere-3e.fr
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Jean-François Moreau
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Journaliste spécialiste supervision,
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efficacité énergétique, BIM
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journalistes@filiere-3e.fr
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Jean-Paul Beaudet
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Journaliste spécialiste
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datacenters, stockage de
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l’énergie, énergies renouvelables,
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véhicules électriques et IRVE
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journalistes@filiere-3e.fr
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité,
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partenariats & réseaux sociaux
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Groupe 3e Médias
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sdm@filiere-3e.fr
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j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 5
INTERVIEW
Propos recueillis par Alexandre Arène
Rahmani
Cherchari
Senior Director, Head of Global
Specialty Sales France,
Dell Technologies
’’
Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle et à la transformation rapide des
infrastructures numériques, Dell Technologies se positionne comme un acteur innovant
et adresse les enjeux environnementaux dès la conception et à toutes les étapes des
projets. En France, la filiale du groupe accompagne les entreprises et les institutions
dans la modernisation de leurs environnements IT, du datacenter au cloud, en intégrant
performance, durabilité et souveraineté. Pour Rahmani Cherchari, Senior Director, Head
of Global Specialty Sales France, la maîtrise des infrastructures constitue le socle d’une
IA de confiance. Une vision stratégique où puissance de calcul, efficacité énergétique et
gouvernance des données avancent de concert.
© DR
‘‘
L’intelligence artificielle impose une
refonte des infrastructures numériques
pour répondre à des besoins croissants en
termes de puissance de calcul, de stockage
et de connectivité.
j3e - Pouvez-vous nous présenter Dell
Technologies France et son rayon d’action ?
Rahmani Cherchari – Dell Technologies
France est la filiale française de Dell Technologies,
un leader mondial des solutions technologiques
proposant une gamme complète allant
des solutions d’infrastructures et de stockage
à un large éventail de logiciels, aux PC professionnels
et leurs accessoires, ainsi que des
services. En France, nous accompagnons les
entreprises de toutes tailles dans leur transformation
numérique, en leur proposant des solutions
innovantes en matière d’infrastructures
IT, de cloud, de cybersécurité, et d’intelligence
artificielle. Notre mission est de permettre aux
organisations françaises de rester compétitives
dans un monde en constante évolution technologique.
Nous intégrons également les piliers
d’une IA de confiance dans notre approche :
gestion et organisation rigoureuses des données,
choix de modèles adaptés (open source,
spécialisés ou propriétaires), et accompagnement
humain pour garantir des bénéfices
tangibles et responsables. Car au-delà de la
performance, la confiance devient la véritable
monnaie d’échange dans l’adoption de l’IA.
j3e - Quels changements l’IA engendre-t-elle
sur les infrastructures numériques, qui
incluent les datacenters, serveurs, réseaux ?
R. C. – L’intelligence artificielle impose une
refonte des infrastructures numériques pour
répondre à des besoins croissants en termes de
puissance de calcul, de stockage et de connectivité.
Les datacenters doivent être optimisés
pour gérer des charges de travail massives et
complexes, tandis que les serveurs évoluent
pour intégrer des GPU et des accélérateurs spécifiques
à l’IA. Les réseaux, quant à eux, doivent
offrir une latence minimale et une bande passante
accrue pour supporter ces flux de données.
Ce mouvement est alimenté par deux facteurs
clés : l’abondance des données disponibles
et la puissance de calcul désormais accessible
pour les traiter. Ces conditions favorisent l’essor
de l’IA générative, mais posent aussi la question
6 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Rahmani Cherchari
de la sobriété et de l’efficacité énergétique dès la
conception des infrastructures.
j3e - Avec l’essor de l’IA et du cloud, le trafic
interdatacenters explose. Quels défis cela
pose-t-il en termes de performance et de
résilience ?
R. C. – L’augmentation du trafic interdatacenters
nécessite des infrastructures capables de
gérer des volumes de données sans précédent
tout en garantissant une résilience optimale.
Cela implique des investissements dans des
technologies de réseau avancées, comme les
interconnexions à haut débit, et des solutions
de sauvegarde et de reprise après sinistre pour
assurer la continuité des opérations. Dans ce
contexte, amener l’IA à la donnée plutôt que
l’inverse, via l’Edge computing, devient un
levier d’efficacité. Avec environ 75 % des données
générées en périphérie du réseau, l’adoption
d’architectures Edge permet de réduire
significativement la latence tout en optimisant
la consommation énergétique.
j3e - Quelle est la position de la France,
en Europe et dans le monde, en matière
d’infrastructures numériques ?
R. C. – La France se positionne comme un
acteur clé en Europe grâce à ses investissements
dans les datacenters, le cloud et les réseaux de
nouvelle génération. Cependant, elle reste en
concurrence avec des pays comme l’Allemagne
et les Pays-Bas, qui disposent également d’infrastructures
robustes. À l’échelle mondiale,
plutôt que de rivaliser directement avec les
États-Unis et la Chine, la France doit renforcer
son attractivité et miser sur ses atouts – innovation,
souveraineté numérique et partenariats
stratégiques – pour se différencier.
j3e - La France dispose d’atouts indéniables.
Que lui manque-t-il encore pour devenir un
hub de l’IA européen ?
R. C. – La France s’appuie sur un écosystème
de recherche de pointe, des ingénieurs parmi
les meilleurs au monde et des champions technologiques
comme Mistral AI. Pour consolider
son leadership en Europe et renforcer sa compétitivité
à l’échelle mondiale, elle doit intensifier
les investissements dans les infrastructures
stratégiques, faciliter l’accès au financement
pour les startups et multiplier les partenariats
public-privé. L’objectif : créer un environnement
propice à l’innovation, capable de rivaliser
avec les grandes puissances tout en affirmant
une souveraineté numérique européenne. Le
‘‘
C’est l’infrastructure qui permet aux
gouvernements et aux entreprises de tester, contrôler
et déployer l’IA selon leurs propres règles, avec des
données locales, des environnements sécurisés et des
systèmes transparents.
’’
défi consiste à mettre en place une gouvernance
véritablement centrée sur les données, où la
structuration, la qualité et la traçabilité des données
précèdent la sélection et l’entraînement des
modèles. Par ailleurs, la capacité à concevoir des
systèmes d’IA conformes aux exigences réglementaires
européennes (comme l’EU AI Act),
tout en garantissant transparence, auditabilité et
robustesse, sera un facteur clé pour sécuriser les
investissements et instaurer la confiance.
j3e - Pourquoi la souveraineté numérique
est-elle un enjeu stratégique face aux
hyperscalers américains ?
R. C. – La souveraineté numérique n’est pas seulement
une question de politique, c’est d’abord
un enjeu de confiance et d’innovation responsable.
Chez Dell, nous croyons que « infrastructure
is where AI sovereignty begins » 1 . C’est l’infrastructure
qui permet aux gouvernements et
aux entreprises de tester, contrôler et déployer
l’IA selon leurs propres règles, avec des données
locales, des environnements sécurisés et des systèmes
transparents. L’IA souveraine doit donner
confiance, et non limiter l’innovation. Elle
repose sur des infrastructures hybrides et Edge
qui offrent à la fois contrôle et performance,
tout en s’alignant sur les cadres réglementaires
comme l’EU AI Act. La souveraineté n’est pas
un frein : c’est le socle qui permet à l’Europe
d’innover à grande échelle, en toute confiance.
j3e - Pour bien comprendre, quel est l’intérêt
de capitaliser sur la complémentarité
entre hyperscalers, clouds souverains et
infrastructures locales ?
R. C. – Cette complémentarité permet aux
entreprises de bénéficier de la flexibilité et de
l’échelle des hyperscalers, tout en répondant
aux exigences de souveraineté et de conformité
grâce aux clouds locaux. Les infrastructures
locales, quant à elles, offrent des solutions sur
mesure pour des besoins spécifiques. L’approche
hybride et combinée, hyperscaler, cloud
souverain et Edge, garantit ainsi un équilibre
entre contrôle et scalabilité. Comme nous le
rappelons souvent, l’Europe n’a pas à choisir
1
« L’infrastructure est le point
de départ de la souveraineté
en matière d’IA ».
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INTERVIEW
Rahmani Cherchari
entre performance et souveraineté. Avec les
bonnes infrastructures, les entreprises peuvent
concilier les deux.
j3e - Très concrètement, quelles sont les
puissances affichées des prochains projets
de datacenters dédiés à l’IA et qu’en était-il
il y a cinq ans pour les datacenters les plus
importants ?
R. C. – Les datacenters dédiés à l’IA atteignent
aujourd’hui des puissances de calcul de plusieurs
exaflops, contre quelques pétaflops il y a
cinq ans. Cette évolution reflète l’explosion des
besoins en calcul pour les modèles d’IA de plus
en plus complexes. Mais la puissance brute n’est
pas tout : il s’agit aussi de bâtir des infrastructures
capables de gérer cette montée en charge
tout en restant éco-efficaces. Cela implique un
travail sur les architectures modulaires composables,
le refroidissement avancé et la gestion
intelligente de l’énergie.
j3e - L’énergie est au cœur du sujet du
développement de l’IA. Comment conjuguer
explosion des puissances et performance
énergétique ?
R. C. – Dell Technologies s’engage à développer
des solutions écoénergétiques, comme des
serveurs optimisés pour réduire la consommation
d’énergie et des systèmes de refroidissement
avancés. L’utilisation de sources d’énergie
renouvelable pour alimenter les datacenters est
également une priorité. « Sustainable AI isn’t
a nice-to-have – it’s a design principle. » 2 Nous
intégrons des solutions visant à réduire l’impact
environnemental dès la conception des
infrastructures. Cela va de la simulation de la
consommation énergétique avant déploiement
à l’utilisation de matériaux recyclés, en passant
par la consolidation via nos plateformes hyperconvergées.
j3e - L’IA exige une puissance de calcul
massive. Comment Dell optimise-t-il
ses infrastructures de calcul, stockage et
connectivité ?
R. C. – Nous concevons des solutions intégrées
qui combinent des serveurs haute performance,
des systèmes de stockage évolutifs
et des réseaux à faible latence. Nos innovations,
comme les architectures hyperconvergées, permettent
d’optimiser les performances tout en
réduisant les coûts.
Nous aidons aussi nos clients à choisir les bons
modèles selon leurs besoins (open source, spécialisés,
ou adaptés) et à intégrer des données
contextuelles via le RAG (Retrieval Augmented
Generation) pour améliorer la pertinence des
résultats. L’optimisation des infrastructures
passe donc par une approche globale : matériels
performants, gestion datacentrique et intégration
intelligente des modèles.
j3e - Peut-on mesurer les gains en efficacité
des datacenters sur les 10 dernières années ?
R. C. – Les datacenters modernes consomment
jusqu’à 50 % moins d’énergie par unité de calcul
grâce à des avancées technologiques comme
la virtualisation, le refroidissement liquide et
l’optimisation des flux de données. Ces gains
sont aussi liés à l’innovation algorithmique : les
modèles actuels, mieux entraînés et plus ciblés,
permettent d’obtenir plus de résultats avec
moins de ressources. Les infrastructures sont
2
« L’IA durable n’est pas un
simple atout, c’est un principe
de conception. »
© DR
8 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Rahmani Cherchari
donc pensées pour maximiser le ROI tout en
intégrant des outils de mesure clairs pour suivre
les impacts réels.
j3e - La consommation des datacenters
pourrait atteindre 4 % de l’électricité en 2030.
Comment éviter une impasse énergétique ?
R. C. – Il faut investir dans des technologies
plus efficaces, adopter des pratiques rigoureuses
de gestion énergétique et promouvoir les énergies
renouvelables. Dell Technologies intègre
la sobriété numérique dans sa vision, avec des
efforts sur le refroidissement, la réduction de
l’empreinte carbone et l’utilisation de matériaux
recyclés. Cette approche s’aligne avec les objectifs
ESG, devenus des impératifs réglementaires
et sociétaux.
j3e - La France dispose d’un champion de
l’IA, Mistral AI. Comment capitaliser sur ce
savoir-faire pour créer un écosystème propice
au développement de l’IA en France ?
R. C. – En soutenant des initiatives comme
Mistral AI, la France peut attirer des talents,
renforcer les collaborations entre entreprises
et universités, et développer des infrastructures
dédiées à l’IA. Cela nécessite également
un cadre réglementaire favorable et des incitations
fiscales. Mais il ne suffit pas d’investir
dans les modèles : l’organisation et la gouvernance
des données doivent précéder toute
adoption. En combinant l’expertise de Mistral
AI avec une infrastructure souveraine et des
environnements de test locaux tels que les
Dell AI Labs, la France peut bâtir une IA de
confiance, auditable, et alignée sur ses propres
valeurs et priorités.
j3e - L’IA nécessite des investissements
colossaux. Quels modèles économiques
peuvent rendre cette dynamique soutenable ?
Ne risquons-nous pas une explosion de la
bulle IA comme ça a été le cas d’internet dans
les années 2000 ?
R. C. – Pour éviter une bulle, il est crucial de
diversifier les sources de financement, de favoriser
des partenariats public-privé et de s’assurer
que les investissements sont alignés sur des cas
d’usage concrets et rentables. Les entreprises
qui réussissent sont celles qui adoptent une
démarche structurée et une stratégie claire, avec
des indicateurs précis pour mesurer le ROI.
Nous voyons déjà des gains réels, par exemple
dans le développement logiciel (+ 30 % de gain
de temps, + 50 % de créativité grâce aux agents
IA). Ces résultats concrets permettent de justifier
les investissements et d’ancrer l’IA dans une
logique durable.
j3e - Quelles étapes les entreprises doiventelles
franchir pour pleinement intégrer l’IA à
leurs modèles ?
R. C. – Les entreprises doivent d’abord identifier
les cas d’usage pertinents, investir dans
les compétences nécessaires, moderniser
leurs infrastructures et adopter une approche
éthique pour garantir une utilisation responsable
de l’IA. Les questions essentiel les doivent
être posées dès le départ : pourquoi l’utiliser,
quels modèles développer, avec quelles données
? Sans une gouvernance datacentrique,
les projets risquent de manquer de pertinence.
L’accompagnement humain reste aussi crucial
pour tirer pleinement parti de l’IA et instaurer
une relation de confiance avec les utilisateurs
finaux.
j3e - Quel rôle Dell entend-il jouer pour
concilier performance, durabilité et
souveraineté dans cette transformation
galopante ?
R. C. – Dell accompagne entreprises et institutions
publiques, tout particulièrement autour
de ces trois piliers : performance, durabilité
et souveraineté. Nos solutions désagrégées et
modulaires, comme PowerEdge MX, offrent
scalabilité et optimisation des ressources. Nous
intégrons la durabilité dès la conception, avec
efficacité énergétique, consolidation et réduction
des déchets électroniques. Nous défendons
aussi l’idée que « trust is the true test of Sovereign
AI » 3 : une IA souveraine doit être sécurisée,
auditable et alignée sur les valeurs humaines
et les réglementations européennes. Quand
l’IA est construite autour de la confiance, elle
déploie son véritable impact.
3
La confiance est la véritable
épreuve de l’IA souveraine.
© DR
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© DR
INTERVIEW
Propos recueillis par Alexandre Arène
L’essor de l’intelligence artificielle bouleverse l’équation
énergétique et technique des datacenters. Puissance de
calcul en forte hausse, refroidissement au plus près des
processeurs, redondance des infrastructures électriques,
maintenance spécifique : les défis sont nombreux.
Dominique Néel, vice-président du SERCE, détaille les
impacts de l’IA, les atouts de la France, l’accompagnement
des entreprises du SERCE et les évolutions qui redessinent
un secteur en pleine transformation.
Dominique Néel
Vice-président du SERCE
‘‘
Au début des années 2000, une baie
consommait moins de 1 kW. Vers 2010, on
pouvait monter à 5 kW par baie. Pour le Cloud
Computing, vers 2020, c’est 20 kW par baie.
Aujourd’hui, avec l’IA, certaines baies atteignent
déjà 50 kW, et on nous promet des baies à
120 kW, 200 kW et plus dans le futur proche.
j3e - Quel est l’impact de l’arrivée de l’IA
sur les datacenters ?
Dominique Néel – Nous identifions deux principaux
impacts. Le premier concerne la puissance
de calcul. L’IA mobilise des calculateurs
d’une puissance considérable, ce qui entraîne
mécaniquement une augmentation très forte de
la puissance électrique consommée. Le second
impact, c’est la donnée. L’IA nécessite des quantités
gigantesques de données qui doivent être disponibles
rapidement et transférées vers ces calculateurs.
Cela crée des besoins de traitement et
de transport de données sans commune mesure
avec ceux que nous connaissions auparavant.
En pratique, cela se traduit par des points de
concentration électrique très importants. Si l’on
compare avec les datacenters construits au début
des années 2000, une baie consommait moins de
1 kW. Vers 2010, on pouvait monter à 5 kW par
baie. Pour le cloud computing, vers 2020, c’est
20 kW par baie. Aujourd’hui, avec l’IA, certaines
baies atteignent déjà 50 kW et on nous promet
des baies à 120 kW, 200 kW et plus dans le futur
proche. On voit bien la marche énorme qui est
franchie, et qui oblige à repenser complètement
l’architecture électrique et les solutions de refroidissement
: nous sommes dans une période de
forte évolution technique où nous continuons
à construire des infrastructures pensées pour le
’’
cloud computing, qui auront de plus en plus la
capacité d’intégrer des baies dédiées à l’IA en très
haute densité et refroidies en liquid cooling.
j3e - Comment la France se situe-t-elle
face à ces nouveaux besoins ?
D. N. – La France a la chance de disposer d’un
réseau électrique puissant, fiable, compétitif et
largement décarboné, grâce au nucléaire et à un
mix incluant également l’hydraulique, l’éolien et le
photovoltaïque, et grâce aussi aux entreprises du
SERCE qui interviennent au quotidien sur toute la
chaîne de l’infrastructure énergétique. Nous avons
moins de datacenters que d’autres pays européens
– deux fois moins que l’Allemagne ou le Royaume-
Uni –, mais la croissance est forte. Paris et sa périphérie
concentrent beaucoup de projets, Marseille
est en train de devenir le cinquième hub mondial
pour le transit des données, les Hauts-de-France,
Bordeaux et la Normandie accueillent aussi de
nouvelles implantations. Les chiffres parlent
d’eux-mêmes : aujourd’hui, la consommation des
datacenters en France est légèrement inférieure à
1 GW. Mais les réservations déjà effectuées auprès
de RTE représentent environ 6 GW. Le réseau
français peut, quant à lui, atteindre 105 à 110 GW
en période de pointe. Cela montre la marge considérable
dont nous disposons actuellement pour
développer les datacenters.
C’est une chance en Europe que la France dispose
aujourd’hui de telles capacités. Au niveau global,
ne pas avoir d’infrastructure IA, tant pour l’entraînement
des IA (qui n’a lieu aujourd’hui qu’aux
États-Unis et en Chine) que pour faire tourner
les modèles IA (l’inférence), c’est courir le risque
pour l’Europe d’être reléguée au second plan dans
quelques années. Notre énergie est décarbonée, nos
réglementations environnementales sont au meilleur
niveau d’exigence : dans l’intérêt de tous, il est
préférable que les nécessaires nouvelles infrastruc-
10 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Dominique Néel
tures pour l’IA et le cloud computing de demain
puissent être réalisées en France, et les entreprises
du SERCE sont prêtes à les accompagner.
j3e - Cette montée en puissance change-t-elle
les approches de refroidissement ?
D. N. – Oui, complètement. Les technologies
évoluent. Après la phase de l’Air Cooling, on
s’oriente désormais vers des solutions beaucoup
plus proches du microprocesseur. Cela peut être le
refroidissement par immersion dans des liquides
spécifiques, ou le Liquid Cooling via des circuits
d’eau et des échangeurs thermiques au plus près de
la puce. Ce sont des techniques qui existent depuis
longtemps et l’enjeu est de les monter en puissance
et de les généraliser en assurant un très haut
niveau de qualité de réalisation dans des délais
maîtrisés. C’est un nouveau métier qui se développe,
à la croisée du génie électrique et du génie
climatique. Il ne s’agit plus seulement de climatiser
une salle, mais d’aller chercher la chaleur
là où elle est produite. Autre évolution importante
: les systèmes ne sont plus dimensionnés
pour la charge maximale théorique, mais adaptés
au refroidissement et à l’échauffement réel du
processeur. Les installations sont plus finement
régulées, avec des boucles d’eau fermées. Le secteur
atteint déjà des PUE de 1,3, parfois 1,2. Nous
ne sommes plus dans les 2 ou 2,5 du passé.
j3e - Quelles sont les implications concrètes
sur l’infrastructure électrique ?
D. N. – Les besoins sont tels qu’il faut souvent
créer des postes sources dédiés, connectés directement
au réseau de RTE ou d’Enedis. Ces postes
sont eux-mêmes redondés. À l’intérieur du
datacenter, tout est doublé. Chaque équipement
est alimenté par plusieurs arrivées électriques distinctes,
et chaque ligne est sécurisée. Il existe différentes
façons d’assurer la redondance pour optimiser
les coûts énergétiques et l’empreinte carbone
des installations, tout en assurant une capacité de
maintenance à chaud des installations. Le câblage
est conçu sans croisements, pour éviter qu’un incident
sur une ligne n’affecte l’autre. Cela demande
une ingénierie très poussée et une très grande
rigueur en exploitation. En clair, l’électricien d’aujourd’hui
ne fait plus du câblage classique. Il travaille
sur des architectures propres aux bâtiments
critiques, comme les hôpitaux ou les opérateurs
d’importance vitale (OIV).
j3e - Qu’est-ce que cela implique
pour la maintenance ?
D. N. – Cela change beaucoup de choses. Les
techniciens doivent être formés spécifiquement
pour intervenir dans des environnements très
sensibles, avec des habilitations électriques particulières.
Ils travaillent souvent au voisinage
d’équipements sous tension, avec des procédures
strictes. Ensuite, la maintenance est de plus en
plus préventive et prédictive. On ne se contente
pas d’attendre la panne. Les équipements sont
surveillés, leurs cycles de vie sont analysés, et
nous échangeons avec les constructeurs pour
anticiper les remplacements. L’objectif est de
réduire au maximum le risque d’incident, car les
conséquences d’une panne sont critiques. Enfin,
il faut que les métiers électriques et climatiques
travaillent ensemble. Une intervention électrique
peut avoir un impact sur le refroidissement, et
inversement. L’approche est désormais globale.
j3e - Quelles perspectives au-delà
des nouvelles constructions ?
D. N. – Il ne faut pas oublier le parc existant.
Beaucoup de datacenters ont été construits dans
les années 2000. Ils sont moins puissants que les
nouveaux, mais ils peuvent être modernisés. Le
rétrofit et la réurbanisation de ces sites offrent
des perspectives intéressantes, notamment pour
améliorer leur efficacité énergétique et prolonger
leur durée de vie. Encore une fois, l’expérience et le
savoir-faire de nos entreprises sont clés.
j3e - Peut-on envisager une contribution
des datacenters à la flexibilité énergétique ?
D. N. – Oui, plusieurs leviers existent. Certains
calculs peuvent être différés. Il est également envisageable
d’ajuster légèrement la température de
fonctionnement des puces, en passant par exemple
de 23 à 25 °C, ou utiliser l’inertie thermique des
bâtiments en stockant du froid. Le recours aux
groupes électrogènes, en revanche, doit rester
exceptionnel, pour des situations d’urgence uniquement.
Sur les énergies renouvelables, je suis plus
nuancé. Les datacenters se raccordent au réseau, et
peuvent souscrire à des contrats d’électricité verte.
Construire une ferme solaire ou éolienne dédiée n’a
pas forcément de sens. En revanche, la valorisation
de la chaleur fatale est une piste majeure : alimenter
un hôpital voisin, un apport au réseau de chauffage
urbain et, pourquoi pas, une serre ou une piscine,
cela a un vrai potentiel.
j3e - Enfin, l’IA a-t-elle aussi un impact
sur vos propres métiers ?
D. N. – Oui, bien sûr. L’IA devient un outil
d’aide au design, à l’exploitation et à la maintenance.
Elle permet d’anticiper certains incidents,
d’optimiser les réglages. Mais attention :
l’IA ne remplace pas l’humain. Une panne électrique,
un changement de groupe électrogène,
cela reste du travail de terrain, avec des savoirfaire
concrets. L’IA est un appui, mais pas une
substitution dans nos métiers.
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ACTUALITÉ
Immobilier durable
L’OID et le Plan Bâtiment durable lancent une charte
pour adapter le secteur au changement climatique
L
’Observatoire
de l’immobilier
durable (OID) et le
Plan Bâtiment durable
(PBD) ont officialisé
le lancement de la
Charte d’engagement
à l’adaptation du
secteur immobilier au
changement climatique
lors d’une soirée à la
Fondation Palladio le
13 octobre dernier.
Cette initiative vise à
accompagner les acteurs
du secteur dans la mise
en œuvre d’actions
concrètes pour anticiper
les risques climatiques
et renforcer la résilience
des bâtiments et des
organisations. Présentée
par Juliette Lefébure,
directrice générale
de l’OID, et Philippe
Pelletier, président du
PBD, la charte concrétise
plusieurs années de
travaux et répond à
l’urgence d’adapter
le parc immobilier
face à l’intensification
des vagues de
chaleur, inondations
ou sécheresses. Dixhuit
acteurs majeurs
– dont BNP Paribas
Real Estate, Bouygues
Immobilier, Caisse des
Dépôts, Icade, Nexity,
SFL et Swiss Life AM
– ont signé le texte,
marquant leur
engagement collectif.
Structurée autour de
sept engagements, la
démarche couvre trois
volets : les bâtiments
(analyse des risques
climatiques et actions
d’adaptation), les
entreprises (intégration
des enjeux climatiques
et formation des
collaborateurs) et la
filière (partage de
bonnes pratiques et
retours d’expérience).
Pour soutenir cette
dynamique, l’OID et le
PBD proposent une
boîte à outils technique
et un dispositif de suivi
sectoriel fondé sur des
indicateurs communs.
« Ce lancement marque
un tournant pour la
filière : l’adaptation est
désormais intégrée
au plus haut niveau
de décision », souligne
Juliette Lefébure. Avec
cette charte, l’OID et le
PBD entendent placer
l’adaptation climatique
au même niveau que
la décarbonation, en
dotant le secteur d’un
cadre d’action concret
et partagé.
© DR
Production d’électricité
La Cour des comptes publie un rapport sur le modèle
économique d’EDF
Saisie par la
commission des
finances de l’Assemblée
nationale, la Cour des
comptes publie un
rapport consacré au
modèle économique
d’EDF, à la structure
de ses activités et à
la soutenabilité de sa
trajectoire financière.
Le rapport rappelle
que la production et
la commercialisation
d’électricité en France
constituent la principale
source de revenus du
groupe, qui conserve
une position dominante
grâce à un modèle
intégré, de la production
à la vente. Les activités
régulées de gestion des
réseaux assurent des
résultats stables, tandis
que la diversification à
l’international et dans les
énergies renouvelables
reste encore limitée.
Entre 2012 et 2024, EDF
a fortement accru ses
investissements, mais
au prix d’une hausse
de la dette financière
nette de 23 milliards
d’euros, pour atteindre
plus de 53 milliards
d’euros fin 2024. Malgré
un redressement de
la rentabilité en 2023-
2024 lié aux prix
élevés de l’électricité,
la Cour souligne la
baisse structurelle
de la rentabilité du
parc nucléaire et
une génération de
trésorerie insuffisante.
Face à un programme
d’investissement estimé
à 460 milliards d’euros
d’ici 2040, dont plus de
200 milliards d’euros pour
le nouveau nucléaire, la
Cour appelle à clarifier le
partage des coûts entre
EDF, l’État et les clients.
Elle recommande aussi
de préciser la politique
de dividende de l’État
actionnaire, de mieux
suivre la rentabilité des
projets renouvelables et
de procéder à une revue
stratégique des actifs.
Enfin, elle invite les
pouvoirs publics à veiller
à ce que le futur dispositif
de régulation, notamment
le contrat pour différence
(CFD), assure une juste
répercussion des coûts de
production dans les prix
de vente.
12 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
Électrification
Un large soutien, mais une compréhension encore
limitée
Présentée par Rexel et
OpinionWay, l’étude
« Français, collectivités,
artisans et électrification »
met en lumière une
France favorable à
l’électrification, mais
encore peu familière
avec le sujet. Deux
tiers des Français n’ont
jamais entendu le
terme « électrification
des usages » et seuls
9 % en comprennent
précisément le sens.
Pourtant, une fois
expliqué, 75 % la
soutiennent et 93 % en
perçoivent des bénéfices
(air plus sain, confort,
baisse des émissions).
L’électrification progresse
déjà dans les foyers,
surtout via l’éclairage
led (82 %) et les chauffeeau
électriques (55 %).
Les pompes à chaleur
(25 %) et les panneaux
photovoltaïques
(17 %) suivent. Les
motivations sont
d’abord économiques
(60 %), avant les raisons
écologiques (40 %),
mais 66 % des Français
ignorent vers qui se
tourner pour lancer un
projet. Les collectivités
locales sont très
engagées : 86 % ont initié
un projet, principalement
sur l’éclairage public et
les véhicules électriques,
avec un objectif
global d’achèvement
à l’horizon 2036. Le
manque de budget reste
leur principal frein.
Côté installateurs, 58 %
estiment jouer un rôle
clé, notamment dans
l’habitat. Ils jugent
l’industrie plus avancée
que les autres secteurs
dans sa transition, un
constat partagé par
Rexel, qui souligne
le rôle stratégique de
l’électrification dans
la compétitivité des
entreprises. Parmi les
installateurs interrogés,
87 % déplorent le
manque d’interlocuteurs
pour identifier des
opportunités de chantier,
66 % ne savent pas à
qui s’adresser pour
comprendre les aides
disponibles, et 62 %
restent sans repères
face à la réglementation.
L’électrification est
donc perçue comme
nécessaire et positive,
mais sa mise en œuvre
reste freinée par un
déficit de compréhension,
d’accompagnement et de
moyens.
Énergies renouvelables
France renouvelables alerte sur l’urgence d’un cap
clair pour la souveraineté énergétique
France renouvelables
publie l’édition 2024
de son Observatoire
du système électrique
renouvelable et
appelle à accélérer le
développement des
énergies renouvelables
électriques. Alors que
les énergies fossiles
représentent encore plus
de 60 % du mix français,
l’association souligne
que la souveraineté
énergétique du pays
repose sur une montée
en puissance rapide
du solaire, de l’éolien
– terrestre et maritime –
et du stockage. Selon
RTE, la consommation
d’électricité devrait
passer de 495 TWh
aujourd’hui à plus
de 700 TWh en
2050, nécessitant
160 à 190 TWh
supplémentaires issus
des renouvelables. En
2024, la France comptait
25 GW de photovoltaïque,
23,5 GW d’éolien terrestre
et 1,5 GW d’éolien en
mer, des capacités
jugées insuffisantes pour
répondre à la hausse
de la demande. Ces
filières totalisent plus de
80 000 emplois directs et
150 sites industriels sur le
territoire. L’Observatoire
appelle à une stabilité
réglementaire et à une
visibilité pluriannuelle
pour sécuriser les
investissements. Le
soutien public, évalué à
5 milliards d’euros par
an, permettrait de
réduire les 60 milliards
d’euros d’importations
fossiles et de renforcer
la compétitivité
nationale. France
renouvelables demande
enfin la publication
rapide de la feuille
de route énergétique
et le respect des
calendriers d’appels
d’offres, conditions
jugées essentielles pour
la souveraineté et la
transition du pays.
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 13
ACTUALITÉ
Partenariat
Airzone et Legrand
unissent leurs expertises
pour booster l’efficacité
énergétique des bâtiments
Airzone et Legrand
annoncent un
partenariat stratégique
autour d’une solution
commune de gestion
technique des bâtiments :
WEOZ. Cette plateforme
connectée combine
les technologies des
deux entreprises pour
collecter et analyser en
temps réel les données
de consommation
– chauffage,
climatisation, éclairage,
ventilation – et optimiser
leur fonctionnement
selon l’occupation et
les besoins de confort.
Son objectif est de
réduire la consommation
énergétique tout en
améliorant la performance
globale des bâtiments.
Conforme à la nouvelle
directive sur la
performance énergétique
des bâtiments (DPEB),
WEOZ aide les exploitants
à atteindre les classes
A ou B définies par la
norme EN ISO 52120-1,
contribuant ainsi à la
décarbonation du parc
immobilier européen
d’ici 2050.
© DR
Immobilier tertiaire
Reprise à Paris, essoufflement de la logistique,
les investisseurs se repositionnent
Le marché de
l’immobilier
tertiaire français entre
dans une phase de
repositionnement
stratégique. Selon
Colliers France,
les investisseurs
sortent d’une période
d’attentisme pour adapter
leurs placements à un
contexte durablement
transformé. Le bureau
amorce une reprise : les
volumes investis en Îlede-France
progressent
de 55 % sur neuf mois,
tirés par de grandes
transactions dans Paris
intra-muros, tandis
que les actifs situés
en périphérie peinent
à trouver acquéreur.
Le retail confirme sa
remontée, avec + 17 % de
volumes transactés, porté
par un marché rééquilibré
et la recherche de
rendement. À l’inverse,
la logistique envoie
des signaux d’alerte
(– 6 % sur un an), après
plusieurs années de forte
croissance. La vacance
locative augmente et
certains portefeuilles
peinent à se vendre.
Le résidentiel reste un
enjeu majeur : près de
1 million de logements
manquent en France,
mais la transformation
des bureaux vacants
en logements demeure
marginale, freinée
par des contraintes
techniques, politiques
et financières. Enfin, les
datacenters sont des
actifs très convoités,
mais complexes à
développer, avec 7 ans
en moyenne pour
aboutir et d’importantes
contraintes énergétiques
et réglementaires.
À lire
Mesurez l’empreinte carbone
de votre entreprise en 5 étapes !
Avec Mesurez
l’empreinte carbone
de votre entreprise en
5 étapes !, Patrick Coulon
propose une méthode
simple et accessible pour
calculer les émissions de
gaz à effet de serre de
son entreprise. Face aux
exigences croissantes des
lois climat et du reporting
environnemental, cet
ouvrage pédagogique
guide pas à pas les
entreprises dans la
réalisation de leur bilan
carbone. Illustré de
cas concrets issus de
divers secteurs, le livre
valorise les démarches
« bas carbone » déjà
engagées et aide à
réduire efficacement
son impact sur le climat.
Patrick Coulon, ingénieur
énergie-environnement
et consultant spécialisé
depuis 15 ans,
accompagne les
organisations dans leurs
démarches énergie-climat
(Bilan Carbone ® , BEGES,
GHG Protocol).
14 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 15
ACTUALITÉ
Salon des maires et des collectivités locales
Les Prix de l’Innovation territoriale : une vitrine
d’excellence au service des territoires
Dans un contexte
où les territoires
doivent relever des
défis croissants –
transition écologique,
inclusion sociale,
sobriété énergétique
ou encore résilience
face aux risques –, les
collectivités locales
ont plus que jamais
besoin de solutions
innovantes. C’est
dans cette dynamique
que s’inscrivent les
Prix de l’Innovation
territoriale 2025, portés
par le Salon des maires et
des collectivités locales
(SMCL). Ce concours met
à l’honneur des projets
portés conjointement
par des acteurs publics,
privés ou associatifs
et des collectivités,
valorisant ainsi la
coopération locale. Sept
grandes thématiques
structurent le prix :
sobriété énergétique,
mobilité décarbonée,
aménagement durable,
numérique de confiance,
planification écologique,
lien social, sécurité…
Autant d’enjeux
cruciaux pour l’avenir
des territoires. Au-delà
de la reconnaissance,
ces prix offrent une
visibilité stratégique.
Chaque projet finaliste
bénéficie d’un temps
de parole pendant le
salon, face à un public
d’élus, d’experts et de
décideurs. Les lauréats
sont ensuite distingués
lors d’une cérémonie
officielle, assurant un
rayonnement national. Ce
prix s’impose comme un
levier d’accélération pour
les porteurs de solutions
concrètes et durables.
En mettant en lumière
les innovations qui
transforment la vie locale,
il favorise les rencontres,
les partenariats et le
passage à l’échelle.
C’est aussi un moyen
pour les collectivités
d’identifier des réponses
adaptées à leurs besoins,
tout en renforçant leur
attractivité. Avec son fil
rouge « Le Meilleur en
Commun », l’édition 2025
rappelle que l’innovation
n’a de sens que si elle
sert le bien commun.
En participant aux
Prix de l’Innovation
territoriale, les candidats
s’inscrivent dans un
mouvement collectif
tourné vers l’action et
la transformation des
territoires.
Qualification
Qualifelec lance la Maîtrise RSE, pour valoriser
les engagements responsables des entreprises
Qualifelec, organisme
de référence pour
la qualification des
entreprises du génie
électrique, énergétique
et numérique, annonce
le lancement de la
Maîtrise RSE, une
reconnaissance officielle
des engagements
environnementaux et
sociaux des entreprises
qualifiées. Fondée sur un
référentiel pragmatique
élaboré avec les
professionnels du secteur,
la Maîtrise RSE évalue six
domaines : gouvernance,
dialogue social, qualité
de vie au travail, achats
responsables, maîtrise
de la consommation et
gestion des déchets.
Près de 75 % des critères
s’appuient sur des
pratiques déjà en place,
telles que le recours
à des fournisseurs
locaux, la réduction des
consommations d’énergie
ou la gestion raisonnée
des déchets. Réservée
aux entreprises déjà
qualifiées QUALIFELEC,
la Maîtrise RSE est
attribuée pour quatre
ans, avec un suivi
annuel simplifié. Elle
permet de valoriser les
pratiques responsables,
de se distinguer dans
les appels d’offres et de
renforcer la confiance des
clients et partenaires.
16 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
Rénovation des écoles
Le premier baromètre EduRénov souligne une
dynamique prometteuse, mais des défis à relever
La Banque des
Territoires, en
partenariat avec le
groupe SCET, a dévoilé
les résultats du premier
baromètre EduRénov, un
outil inédit qui évalue la
rénovation énergétique
des écoles en France.
L’étude, menée auprès
de 300 collectivités
territoriales, met en
lumière une forte
mobilisation des élus et
agents pour transformer
les établissements
scolaires en espaces plus
économes en énergie.
Le constat est clair :
64 000 écoles, accueillant
12 millions d’élèves,
sont confrontées à un
patrimoine vieillissant
et énergivore. Plus de
80 % des écoles primaires
ont plus de 50 ans, et
ces bâtiments sont
appelés à faire face à
une multiplication des
vagues de chaleur, qui
seront trois fois plus
fréquentes d’ici 2030.
Pour autant, les résultats
sont encourageants.
84 % des collectivités ont
déjà lancé ou finalisé des
projets de rénovation
ces cinq dernières
années, avec une priorité
marquée sur le confort
thermique. Si la tendance
se poursuit, plus de 30 %
des écoles pourraient
être rénovées entre
2025 et 2030, générant
ainsi des économies
significatives sur les
factures énergétiques
des collectivités.
Cependant, plusieurs
obstacles demeurent.
Le financement reste
le principal frein pour
73 % des collectivités,
et la majorité d’entre
elles rapportent un
manque de compétences
spécifiques pour mener
à bien leurs projets. De
plus, plus de la moitié
des collectivités n’ont
qu’une vision partielle de
l’état de leur patrimoine
scolaire, ce qui complique
la planification des
rénovations. L’initiative
EduRénov, lancée en
2023, a pour objectif
d’accompagner
la rénovation de
10 000 écoles d’ici
2028, et a déjà soutenu
plus de 5 400 projets,
améliorant les conditions
d’apprentissage de près
de 1,5 million d’élèves.
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 17
AGENDA
5 et 6 novembre
18 au 20 novembre
27 et 28 novembre
10 et 11 décembre
DATA CENTRE WORLD
Paris Expo,
porte de Versailles
Le salon Data Centre
World Paris rassemble
une communauté de
professionnels de l’industrie
des datacenters : décideurs,
experts techniques et
fournisseurs de solutions
innovantes. Plongez
au cœur des dernières
avancées pour les
datacenters grâce au
programme de conférences
et découvrez les dernières
innovations technologiques
en action en vous rendant
sur les stands des
exposants.
Contacts/informations
www.datacentreworld.fr
SALON DES MAIRES
ET DES COLLECTIVITÉS
LOCALES
Paris Expo,
porte de Versailles
Événement majeur des
décideurs territoriaux, le
Salon des maires et des
collectivités locales est
un espace de rencontres,
d’échanges et de partage, qui
met en avant des solutions
adaptées aux besoins de
chacun. Alors que la fin
du mandat approche, c’est
le moment de finaliser les
projets et programmes
menés par les communes
et intercommunalités.
L’édition 2025 marquera
donc le temps de
l’accélération.
Contacts/informations
www.salondesmaires.com
ARCHITECT@WORK
BORDEAUX
Parc des Expositions
de Bordeaux – Hall 3
Fort du succès de sa
dernière édition, Architect@
Work Bordeaux continue
de s’imposer comme un
rendez-vous de premier
plan pour la communauté
de l’architecture, de la
prescription et du design.
L’événement propose une
sélection rigoureuse de
nouveaux produits, ainsi
qu’un programme complet
avec des séminaires
et autres événements
connexes inspirants.
Contacts/informations
www.architectatwork.com/fr
ENERGAÏA
Parc des Expositions
de Montpellier
Le Forum EnerGaïa, porté
par la région Occitanie,
offre des solutions
environnementales de
premier plan pour les
territoires, les villes et les
industries engagés dans
la transition énergétique.
La 18e édition du Forum,
qui s’est tenue du 11 et
12 décembre 2024 au
parc des Expositions de
Montpellier, a accueilli près
de 22000 participants. Une
fréquentation record, en
hausse de 32 %.
Contacts/informations
www.energaia.fr
10 février
8 au 13 mars 9 au 13 mars 10 et 11 mars
ENERJ-MEETING PARIS
Carrousel du Louvre,
Paris
La Journée de l’efficacité
énergétique et
environnementale du
bâtiment se focalisera sur
les enjeux stratégiques
pour transformer le
bâtiment vers plus de
sobriété, performance,
décarbonation, résilience et
attractivité. EnerJ-meeting
réunira 4000 décideurs
et acteurs clés du secteur
pour partager retours
d’expérience, innovations et
tendances réglementaires.
Cette édition 2026, marque
les 10 ans de l’événement.
Contacts/informations
www.enerj-meeting.com
LIGHT + BUILDING
Francfort-sur-le Main,
Allemagne
Light + Building réunira
l’ensemble de la filière
mondiale de l’éclairage
et des technologies des
services du bâtiment.
L’événement réunira
près de 2000 entreprises
venues d’Allemagne et de
l’étranger, parmi lesquelles
de nombreux leaders
du marché, fournisseurs
spécialisés et jeunes
entreprises innovantes,
offrant un panorama
complet des acteurs qui
façonnent les nouvelles
tendances du secteur.
Contacts/informations
light-building.
messefrankfurt.com
MIPIM
Palais des Festivals,
Cannes
En tant que leader mondial
de l’industrie immobilière,
le MIPIM donne un accès
exclusif aux investisseurs
internationaux et propose
des solutions concrètes
pour rendre les actifs
immobiliers plus durables
et résilients dans un
environnement en
constante évolution. Le
MIPIM offre un cadre idéal
pour échanger des idées,
partager des expériences
et développer des
opportunités commerciales
et professionnelles.
Contacts/informations
www.mipim.com/fr
OPEN ENERGIES
Eurexpo Lyon
Open Energies est le
rendez-vous qui réunit
producteurs et distributeurs
d’énergies renouvelables,
intégrateurs, développeurs,
gestionnaires de réseaux
et décideurs, autour d’une
ambition commune : rendre
l’énergie plus intelligente
et vertueuse sur toute la
ligne ! Venez découvrir les
technologies industrielles
et digitales conçues pour
gérer, produire, stocker et
consommer l’énergie avec
plus d’efficience.
Contacts/informations
www.open-energies.com/fr
18 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
© DR
‘‘
L’arrivée massive de l’IA rebat
complètement les cartes et crée une nouvelle
équation énergétique et infrastructurelle.
Adrien Boulongne
Directeur du salon Data Centre World Paris
’’
Depuis sa première édition en 2016, Data Centre World Paris s’est imposé comme le
rendez-vous de référence de la filière. Avec 7 900 visiteurs uniques en 2024, contre
6 200 en 2023, la croissance du salon reflète un marché dynamique, porté par l’essor
de l’IA et les enjeux énergétiques. Adrien Boulongne, directeur du salon, détaille les
nouveautés 2025, les thématiques phares et la volonté des organisateurs d’offrir une
véritable plateforme d’échange pour accompagner la mutation du datacenter.
j3e - Quelles sont les grandes nouveautés de cette édition
2025 de Data Centre World, qui se tiendra au sein du
Tech Show Paris ?
Adrien Boulongne – L’événement s’inscrit dans un
contexte très dynamique pour la filière française, renforcé
par l’annonce en février du président de la République
de la création d’un campus dédié à l’IA en région
parisienne. Cette prise de position politique confirme la
volonté de développer des infrastructures stratégiques
sur le territoire et renforce la confiance des investisseurs.
Concrètement, nous réunirons au sein du Tech Show Paris
plus de 320 exposants, dont 230 pour Data Centre World.
L’écosystème est largement représenté, avec de nombreux
nouveaux entrants. Le contenu du salon est structuré autour
de six grands axes : innovation et durabilité, infrastructures
et modèles d’affaires émergents, réglementations et
acceptabilité territoriale, ressources humaines et culture
d’entreprise, énergie et environnement et, enfin, design,
construction, équipements et maintenance.
j3e - Quels seront les thèmes phares qui vont marquer
cette édition ?
A. B. – D’abord, les technologies de refroidissement et
la réutilisation de la chaleur fatale. Nous organisons une
table ronde dédiée à ces enjeux, avec la participation
d’acteurs comme Stulz, Carrier, Open Compute Project,
Digital Realty ou encore la start-up Ionaka. Les solutions
de Liquid Cooling et d’immersion seront particulièrement
mises en avant. Ensuite, l’intelligence artificielle est devenue
incontournable. Son impact sur l’infrastructure des
datacenters est immense : gestion énergétique, optimisation
de la performance, montée en puissance des infrastructures
haute densité. L’IA devient un élément structurant de la
filière. Le troisième sujet est lié à l’énergie, notamment avec
les enjeux d’intégration des renouvelables au réseau, de la
flexibilité énergétique et de la soutenabilité économique.
En France, nous avons un mix marqué par l’abondance du
nucléaire et les renouvelables en croissance, mais aussi une
forte volatilité des prix de l’énergie. Enfin, les évolutions
très rapides du marché doivent être soulignées. Il y a un
an, parler de datacenters de 1 GW paraissait irréaliste.
Aujourd’hui, de tels projets sont lancés. L’arrivée massive
de l’IA rebat complètement les cartes et crée une nouvelle
équation énergétique et infrastructurelle.
j3e - Au-delà des contenus, comment le salon
favorise-t-il les échanges entre acteurs ?
A. B. – Data Centre World Paris est avant tout une
plateforme d’échanges physiques. Pour maximiser ces
rencontres, nous proposons plusieurs outils. D’abord, la
plateforme Connect, ouverte depuis le 1 er octobre, permet
aux visiteurs, exposants et conférenciers de prendre
rendez-vous et de planifier leur agenda en amont. Elle
reste active après le salon pour prolonger les échanges. Sur
site, nous avons également des espaces dédiés aux rendezvous,
en complément des interactions sur les stands. Une
autre nouveauté majeure est l’obtention de l’accréditation
CPD Group. Toutes les conférences du salon (plus de 170
cette année) sont désormais reconnues comme formation
continue au niveau européen. Un visiteur peut cumuler
jusqu’à 8 heures de contenu accrédité par jour, validé
par un certificat. Par ailleurs, nous renouvelons notre
espace start-up, situé au cœur du salon. Une vingtaine de
jeunes pousses présenteront leurs innovations. Soutenir
l’innovation et donner de la visibilité aux nouveaux acteurs
de la filière est une dimension essentielle. Enfin, Data Centre
World fêtera ses 10 ans en 2026 et déménagera au Hall 5 de
la porte de Versailles pour accompagner son expansion.
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 19
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j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 21
ANALYSE
Datacenters & IA :
aligner ambitions publiques
et conditions d’exécution
Par Joël Vormus, délégué Datacenters et directeur des Affaires
Publiques, Gimelec
© DR
Il y a six mois, les datacenters occupaient le devant
de la scène. Sommet de l’IA, Choose France : la
volonté politique était claire ; celle d’accélérer
l’implantation de capacités de calcul en France pour
répondre aux besoins exponentiels de l’intelligence
artificielle.
Le projet de loi de simplification
devait ainsi contenir une disposition
allant dans ce sens, en
allégeant certaines contraintes pesant
sur les projets de datacenters. Mais un
amendement en a vidé la portée : sous
couvert de « souveraineté », seuls les
grands projets portés par des acteurs
européens en seraient bénéficiaires.
Autrement dit, quasiment aucun projet.
Et pour ajouter à l’incertitude, l’avenir
de ce projet de loi reste suspendu à
d’éventuels accords politiques dépassant
largement le secteur du datacenter.
Un exemple frappant de la persistante
difficulté française à passer du discours
à l’exécution.
Freiner l’implantation locale revient
pourtant à entretenir la dépendance
que l’on prétend combattre. La dépendance
aux infrastructures situées en
dehors du territoire européen est bel et
bien là. Elle est objectivée par l’augmentation
conséquente du dernier bilan
environnemental du secteur numérique
réalisé par l’ADEME et l’Arcep,
qui intègre désormais les datacenters
implantés à l’étranger. Cette « délocalisation
numérique » se fait notamment
aux États-Unis, où le contenu carbone
d’un kilowattheure consommé par un
datacenter est en moyenne trois à quatre
fois plus élevé que celui du kilowat-
theure français. À besoins de calcul
identiques, implanter les datacenters
en France réduit mécaniquement l’empreinte
carbone du numérique.
L’enjeu dépasse même le numérique.
Le système électrique français connaît
aujourd’hui une situation paradoxale :
une production décarbonée abondante,
mais une consommation nationale
atone. Au premier semestre 2025,
elle restait encore 6 à 7 % en dessous
des niveaux précrise sanitaire. Dans
ce contexte, la question de la demande
devient centrale. Qui pour consommer
et ainsi amortir les investissements dans
les réseaux et les nouveaux moyens de
production décarbonés ? L’hydrogène,
longtemps présenté comme le principal
débouché, connaît un ralentissement
marqué faute de modèle économique
robuste. Les datacenters, eux, constituent
une solution mobilisable rapidement
: ils combinent une demande
structurelle, des capacités d’investissement
solides et un besoin marché
immédiat.
Le TGV de l’IA n’est aujourd’hui pas tant
une question d’argent qu’une question
de temps. Là où le secteur numérique
raisonne en mois, les infrastructures
énergétiques évoluent encore à l’échelle
des années. Les énergéticiens ont commencé
à bouger : EDF et RTE ont lancé
des appels à manifestation d’intérêt
pour anticiper ces besoins et réfléchir
à des raccordements plus agiles. Mais
ces efforts n’aboutiront qu’à des gains
de temps limités si le cadre réglementaire
n’évolue pas lui aussi. Tant que ces
contraintes de raccordement ne seront
pas allégées, la France restera à contretemps
d’un marché mondial qui avance
à grande vitesse.
Il est donc urgent que les élus de tout
bord reprennent la main sur ce dossier.
Laisser perdurer le décalage entre
ambitions affichées et conditions d’exécution,
c’est condamner le pays à perdre
sur tous les tableaux : économique, en
manquant des investissements majeurs ;
souveraineté, en maintenant la dépendance
à des infrastructures situées hors
d’Europe ; environnemental, en laissant
croître une empreinte carbone supérieure
et en ne permettant pas l’électrification,
si nécessaire à la transition
énergétique. Passer de la parole aux
actes suppose d’adapter à la fois la réglementation
et le système énergétique au
rythme du numérique et de l’IA.
La question est claire : voulons-nous
que la souveraineté et la transition
numérique s’incarnent dans des projets
concrets, ou qu’elles demeurent au
stade du symbole ? Le train de l’IA ne
sifflera pas deux fois.
22 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
ANALYSE
© DR
Transformation numérique :
les technologies clés qui vont
impacter le paysage énergétique
en pleine évolution
Par Jimmy Lin, directeur Getac Technology France
Alors que les technologies numériques redéfinissent
la façon dont les organisations fonctionnent, délivrent
leurs services et répondent aux évolutions du marché,
le secteur des services publics vit une mutation.
Si leur importance est largement reconnue, les
progrès restent inégaux : infrastructures obsolètes,
pannes, manque de compétences et difficultés de
déploiement. Une enquête récente menée par Statista
auprès d’entreprises de services publics à l’échelle
internationale révèle que seulement 17 % des personnes interrogées
considèrent leur transformation numérique comme achevée : les avantages
de la digitalisation sont compris, mais la plupart des entreprises doivent
s’appuyer sur des leviers clés pour en tirer pleinement parti.
Parmi les leviers clés identifiés
figurent trois technologies
majeures, parmi lesquelles
l’intelligence artificielle. Estimé à
389,5 milliards d’euros d’ici 2031*, ce
marché attire de plus en plus l’attention
des services publics. L’IA contribue
à optimiser la gestion de l’eau et de
l’énergie et est mobilisée pour l’efficacité
énergétique, l’intégration des énergies
renouvelables et l’engagement client.
Pourtant, 41 % des dirigeants adoptent
encore une approche « attentiste »,
invoquant la sécurité des données, la
compatibilité des systèmes et le manque
de formation. L’adoption de l’internet
des objets (IoT) a, dans le même temps,
fortement progressé après la pandémie,
avec 48 % des entreprises à travers le
monde ayant intensifié son déploiement.
L’IoT offre des applications
multiples : automatisation des réseaux
intelligents, gestion d’actifs, compteurs
connectés, sécurité des sites. Le secteur
européen devrait devenir le deuxième
utilisateur mondial d’IoT derrière l’automobile,
avec environ 99 millions de
connexions d’ici 2027. Mais le manque
d’expertise en cybersécurité et analyse
de données reste un frein. Enfin, la
connectivité et la 5G sont des éléments
importants à prendre en compte. La 5G
peut supporter 100 fois plus d’appareils
et transmettre 1 000 fois plus de données
que les générations précédentes,
réduisant de 30 % les temps d’arrêt
grâce à la maintenance prédictive. Plus
de 80 % de la population de l’UE bénéficie
de la couverture 5G déjà disponible.
La 5G à haut débit et haute capacité est
accessible à plus de 40 % de la population,
ce qui en fait un atout majeur pour
les techniciens de terrain.
Transformer les services publics grâce
à une technologie durcie compatible
avec les leviers clés
Le secteur des services publics traverse
une phase critique, marquée par l’explosion
des données et des besoins énergétiques
liés à l’IA. La demande en énergie
des centres de données pourrait en effet
augmenter de 160 % d’ici 2030, doublant
ainsi leur part dans la consommation
mondiale totale d’énergie. Cette pression
croissante sur les infrastructures impose
non pas de freiner la technologie, mais
de l’adopter pleinement. L’IA, combinée
à l’IoT et à la 5G, offre des leviers puissants
pour révolutionner le secteur et
préparer les entreprises à affronter plus
efficacement les défis à venir. S’appuyer
sur une base technologique durcie n’est
donc plus une option : c’est la condition
pour réussir la transformation numérique,
assurer la continuité des services
et garantir la résilience du secteur à long
terme.
Alors que le besoin d’une transformation
numérique efficace s’accélère dans
le secteur de l’énergie et des services
publics, les solutions durcies Getac
compatibles avec l’IA permettent l’intégration
réussie de nouvelles technologies
telles que l’IA, l’IoT et la 5G.
Les entreprises prennent ainsi de plus
en plus conscience de l’importance de
s’appuyer sur une base technologique
solide et durcie, capable d’exploiter la
puissance de l’IA sur le terrain pour
analyser, détecter et optimiser plus tôt,
ce qui se traduit par une meilleure stabilité
du réseau et un niveau de service
à la clientèle plus élevé.
* Le montant a été converti et arrondi de l’USD
à l’euro selon les taux de change en vigueur au
16 octobre 2024.
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 23
DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
© DR
‘‘
La technologie SynRM affiche des
rendements élevés et est bien plus durable.
’’
Daniel Eberli
Global Business Line Manager, IEC LV Motors,
ABB Motion
La division IEC LV Motors d’ABB Motion développe et fournit des moteurs basse tension
destinés à une large variété d’applications industrielles, avec un objectif clair : améliorer
l’efficacité énergétique et la durabilité des équipements. Daniel Eberli, Global Business Line
Manager, revient sur l’intérêt du remplacement des moteurs et du recours aux variateurs de
vitesse, ainsi que sur les principales technologies de motorisation aujourd’hui disponibles.
j3e - Comment le remplacement des moteurs, avec
l’ajout éventuel d’un variateur de vitesse, permet-il
d’améliorer l’efficacité énergétique des sites industriels ?
Daniel Eberli – Les économies proviennent toujours de
deux leviers. D’abord, remplacer le moteur pour en installer
un plus efficace : passer d’un moteur IE2 à un IE4 ou IE5
génère des gains conséquents. Ensuite, ajouter un variateur
de vitesse permet d’aller plus loin dans la performance
énergétique, car beaucoup d’applications ne fonctionnent
pas à charge constante, mais avec des profils variables.
Prenons l’exemple d’une pompe de refroidissement. Parfois,
elle doit tourner à pleine vitesse pour évacuer beaucoup de
chaleur. Mais à d’autres moments, la demande est moindre
et la pompe pourrait tourner à 30, 40 ou 50 % de sa vitesse
nominale. Or, un moteur branché au réseau ne sait faire
qu’une chose : tourner en continu à pleine vitesse. Pour
reprendre mon exemple, on installe en aval de la pompe une
vanne de régulation, qui bride le débit. Le moteur pousse
donc l’eau à plein régime, mais une partie est bloquée plus
loin par la pompe, ce qui génère une importante perte
d’énergie. Avec un variateur, plus besoin de vanne. On
ajuste directement la vitesse du moteur au besoin réel. Les
économies sont considérables. Je vais faire une analogie avec
l’automobile. Un moteur sans variateur, c’est comme rouler
pied au plancher constamment, en freinant pour ralentir.
Alors qu’avec un variateur, on règle sa vitesse uniquement
avec l’accélérateur, de façon beaucoup plus efficace.
j3e - Concrètement, quel gain d’efficacité apporte
le remplacement d’un moteur ancien par un modèle
plus récent ?
D. E. - Chaque saut d’une classe d’efficacité à l’autre réduit
les pertes de 15 à 20 %. Par exemple, un moteur IE2 a un
rendement de 90 %. En passant à IE5, vous atteignez 95 %.
Cela correspond à environ 5 % d’énergie économisée.
C’est significatif, surtout quand on sait que la majorité des
300 millions de moteurs installés dans le monde sont encore
en IE2, IE1, voire IE0.
j3e - Pouvez-vous expliquer les particularités
des différentes technologies de moteurs ?
D. E. - Trois grandes familles dominent : moteurs
asynchrones (induction), moteurs synchrones à aimants
permanents (PM), et moteurs à réluctance synchrone
(SynRM). L’induction est la technologie la plus utilisée
(75 % des applications). Simple, fiable, elle peut fonctionner
avec ou sans variateur. Mais elle atteint difficilement
les rendements IE5. Les moteurs synchrones à aimants
permanents permettent de rendre un moteur compact,
efficace, avec un couple élevé à basse vitesse. Mais il existe
un risque de démagnétisation à vitesse élevée, ce qui
condamne le moteur à terme, et par ailleurs, les aimants
intégrés sont souvent achetés en Chine et constitués de
terres rares, ce qui alourdit l’impact environnemental. Les
moteurs à réluctance synchrone (SynRM) ne nécessitent
pas d’aimants, donc pas de risque de démagnétisation ni
de dépendances aux terres rares. Ils sont plus simples à
entretenir, génèrent moins d’échauffement et s’usent donc
moins. La technologie SynRM affiche des rendements
élevés et est bien plus durable. ABB ne produit pas
exclusivement des moteurs SynRM. Dans certains cas, un
moteur à aimants permanents reste préférable, par exemple
dans l’extrusion, la propulsion marine, les compresseurs
ferroviaires, où l’encombrement et le poids comptent. Mais
le SynRM présente aujourd’hui beaucoup de potentiel dans
de nombreuses applications.
24 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
20 j3e 918 / MAI 2025 - www.filiere-3e.fr
Franck Mouchel,
respon sable Segment
tertiaire chez ABB
France.
Contrôleur E_AÏRON
par pièce multi-métiers
utilisé en classe A et B.
j3e 918 / MAI 2025 - www.filiere-3e.fr 21
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Le magazine de l’efficacité énergétique
et environnementale des bâtiments
tertiaires, industriels et collectifs
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Industrie 4.0
Les solutions
pour digitaliser
les process industriels
et améliorer leur
efficacité énergétique
CVC
Des équipements
innovants pour
décarboner les
bâtiments et les
process industriels
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
BACS :
TRANSFORMER
L’ESSAI
Dossier spécial IBS
La parole aux exposants
Économie circulaire
Le réemploi des équipements
électriques, une solution durable
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
LA TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE,
ACCÉLÉRATEUR DE LA
RÉINDUSTRIALISATION
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / JUIN 2025
PRINT & NUMÉRIQUE
Edition papier 8 numéros par an + newsletters
n Abonnement 1 an : 165 € TTC
919
Datacenter
De nouvelles solutions
de refroidissement
pour anticiper le
développement de l’IA
Alimentation
Les nouveaux défis
de l’infrastructure
technique des
datacenters… et les
dernières solutions
Gestion de
l’éclairage
Les installations
d’éclairage contribuent
à la performance
énergétique et au
bien-être dans les
bâtiments tertiaires
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
LE DATACENTER
MONTE EN PUISSANCE
WWW.FILIERE-3E.FR 920
ISSN 0758-3826 / SEPTEMBRE 2025
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR 921
ISSN 0758-3826 / OCTOBRE 2025
Pour continuer à recevoir
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LES DOSSIERS
DU MOIS
28
MOBILITÉ
ÉLECTRIQUE
Des bornes de recharge
et des services adaptés aux
copropriétés, aux entreprises
ou aux commerces
42
NF C 15-100
Une mise à jour pour
répondre aux nouveaux
usages électriques
© Freepik
21
SMART
BUILDING
Abonnez-vous !
100 % NUMÉRIQUE
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Building
Les systèmes de pilotage
et les bacs, vecteurs
de bien-être au travail
Le bien-être des collaborateurs et l’obligation de mise en œuvre des
systèmes de gestion technique des bâtiments (BACS) pour les bâtiments
tertiaires offrent aux gestionnaires et propriétaires de bureaux des
opportunités pour transformer leurs bâtiments en environnement encore
plus « Smart ». Les solutions de pilotage intelligent, l’IoT et l’arrivée de
solutions d’IA permettent d’optimiser le confort des occupants tout en
améliorant l’efficacité énergétique, notamment pour la gestion de l’éclairage,
la gestion thermique personnalisée, l’optimisation de la qualité de l’air
et la réservation dynamique des espaces. Tour d’horizon.
L
a gestion technique du bâtiment (GTB)
est assez souvent mal perçue par les occupants
de bureaux, notamment lorsqu’elle
entraîne un inconfort thermique ou visuel. Des
défauts de conception, une complexité excessive,
une configuration inadaptée à l’usage des locaux
ou encore une maintenance insuffisante sont
souvent à l’origine de cette perception. Encore
aujourd’hui, près de la moitié des systèmes GTB
installés ne fonctionnent pas correctement, ce qui
peut pousser les occupants à prendre des mesures
pour contrôler leur confort, comme déplacer des
sondes ou utiliser des chauffages d’appoint. Ces
actions compromettent évidemment la performance
énergétique du bâtiment et apportent
un confort souvent sommaire. Pourtant, l’objectif
d’une GTB, cadré par le décret BACS, est de
garantir à la fois le confort et la santé des occupants
tout en réalisant des économies d’énergie.
L’utilisateur peut rester maître
de son confort thermique
« L’utilisateur a souvent la possibilité d’ajuster les
niveaux de son confort thermique pour décaler une
consigne de température dans des plages limitées de
modifications. Les automatismes ensuite prennent
la main, en chauffage et climatisation, pour réguler
le confort de chaque utilisateur présent dans sa zone
d’occupation », explique Franck Mouchel, responsable
Segment tertiaire chez ABB France.
Edition numérique (PDF) + newsletters
n Abonnement 1 an : 110 € TTC
Olivier Guérin, chef de produit Automation de
Wago, ajoute que « souvent, l’utilisateur déroge
aux consignes parce que le fonctionnement n’est
pas satisfaisant. Avec des systèmes et automatismes
efficaces et une régulation précise par zone,
l’utilisateur a moins besoin d’intervenir pour ajuster
son confort. Dans certains projets, il n’y a même
aucune dérogation possible sur les consignes de
chauffage et de climatisation du bâtiment ».
Pour interagir avec son environnement, l’utilisateur
peut utiliser un module mural, une télécommande
sans fil, ou une télécommande virtuelle
sur son smartphone qui se connecte en Bluetooth
à un multi-capteur, explique l’expert d’ABB.
Ensuite, les contrôleurs de la gamme E_AÏRON
d’ABB peuvent être installés dans des faux plafonds,
que ce soit dans une pièce ou une zone ...
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DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
© DR
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ProGrid améliore les performances techniques
et la sécurité de l’utilisateur. Mais l’apport majeur
réside dans la digitalisation.
Corentin Lavenas
Chef de Produit, Mersen
’’
Avec ProGrid, Mersen renouvelle sa gamme d’interrupteurs-sectionneurs à fusibles, tout en
y intégrant la digitalisation du réseau électrique. Destinée aux stations de transformation
HT/BT, aux TGBT industriels et aux grands ensembles résidentiels ou tertiaires, ProGrid
s’adresse aux opérateurs de réseaux électriques, d’infrastructures photovoltaïques ou
de recharge. Corentin Lavenas, chef de Produit chez Mersen, présente les principales
caractéristiques de la solution ProGrid et les prochaines étapes de développement.
j3e - Pouvez-vous nous présenter la solution ProGrid
et ses différentes versions ?
Corentin Lavenas – ProGrid est une nouvelle gamme de
produits déclinée en trois versions. La première, ProGrid
Standard, est un interrupteur-sectionneur à fusibles, un
appareil de protection simple qui accueille les fusibles
et assure la capacité de coupure. C’est une technologie
historique pour Mersen, qui produit ce type d’équipement
depuis plus de 50 ans, notamment avec les gammes
Multivert® et Multibloc®, utilisées depuis plus de 30 ans.
Avec ProGrid, nous modernisons le design et améliorons
les performances. La nouvelle génération permet d’atteindre
jusqu’à 800 V AC, ce qui répond aux besoins croissants du
photovoltaïque. Nous avons aussi développé un nouveau
système d’ouverture breveté, combinant ouverture parallèle
et rotation, qui renforce la sécurité, améliore la coupure
de l’arc et optimise l’ergonomie utilisateur. La deuxième
déclinaison est ProGrid Smart. Elle intègre un module
communicant directement dans l’interrupteur-sectionneur,
évitant un encombrement supplémentaire dans l’armoire
électrique. Ce module mesure le courant, la tension,
le cos φ, la température et transmet ces données via le
protocole ouvert Modbus RTU, ce qui facilite la connexion
à un système de supervision ou au cloud. La troisième
offre, ProGrid SmartStation, va plus loin : elle ne se limite
pas au porte-fusible, mais surveille l’ensemble de la station
de transformation. Elle mesure le courant et la tension en
sortie de transformateur, assure le suivi des indicateurs
de qualité de l’énergie (harmoniques, déphasage), et
l’intégration de capteurs environnementaux (température
du transformateur, humidité, détection d’inondation,
contrôle d’accès). L’objectif est de fournir une solution
complète pour transformer les postes « aveugles » en postes
intelligents.
j3e - En quoi cette nouvelle génération change-t-elle
par rapport à Multivert® ?
C. L. - ProGrid améliore les performances techniques
et la sécurité de l’utilisateur grâce au nouveau système
d’ouverture. Mais l’apport majeur de ProGrid réside dans
la digitalisation. Avec les versions smart, nous fournissons
des données qui permettent la maintenance préventive et
prédictive : détection de surcharges, identification du sens de
circulation du courant, suivi des usages pour les installations
d’autoconsommation… Les gestionnaires de réseaux
disposent ainsi d’informations essentielles pour éviter les
pannes, réduire les coupures intempestives et prolonger la
durée de vie de leurs équipements. Avec ProGrid, on peut
détecter rapidement des anomalies (surcharge, coupure
intempestive…) et réagir immédiatement. À terme,
l’objectif est d’effectuer certaines actions à distance, par
exemple réguler la charge des stations de recharge pour
véhicules électriques, de façon à lisser la consommation
du réseau. C’est un outil d’aide à la décision, conçu pour
anticiper les évolutions des installations, voire de planifier
le renforcement du réseau.
j3e - Quelles sont les prochaines étapes pour ProGrid ?
C. L. - Nous allons élargir la gamme avec de nouveaux
calibres et tailles d’appareils. Nous travaillons aussi à
enrichir les mesures disponibles, par exemple l’analyse des
harmoniques et la qualité du réseau, directement dans le
porte-fusible. Enfin, nous construisons un écosystème de
partenaires pour la partie logicielle. Mersen reste centré
sur le hardware, mais nous voulons proposer, avec nos
partenaires, une solution globale et simple à intégrer pour
les clients. L’ambition de Mersen est claire : faire de ProGrid
une brique essentielle des smart grids, alliant protection,
connectivité et intelligence énergétique.
26 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 27
LES DOSSIERS
DU MOIS
40
ALIMENTATION
Les nouveaux défis de
l’infrastructure technique
des datacenters… et les
dernières solutions
29
DATACENTER
56
GESTION DE
L’ÉCLAIRAGE
Les installations d’éclairage
contribuent à la performance
énergétique et au bien-être
dans les bâtiments tertiaires
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28 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
De nouvelles solutions
de refroidissement pour
anticiper le développement
de l’IA
Avec le développement de centres de données dédiés à l’IA, aux
applications de cloud et de HPC, les exigences imposées aux systèmes
de refroidissement de ces centres ont explosé. De nouvelles solutions
de refroidissement se sont développées rapidement pour répondre à ces
contraintes, tout en réduisant les consommations d’énergie pour des
installations plus durables. Pour ces applications, le refroidissement par air
cède la place aux différentes techniques de refroidissement liquide plus
performantes et mieux adaptées à la montée en puissance dans les baies.
Depuis plusieurs décennies, les centres
de données ont utilisé des techniques
de refroidissement de plus en plus performantes
: climatiseurs de salles informatiques
(CRAC), refroidissement par eau glacée et free
cooling, confinement des baies en allées chaudes
et froides. Ces solutions, encore utilisées dans une
majorité de datacenters, se sont révélées efficaces
pour réduire le PUE et permettent d’assurer le
refroidissement de racks jusqu’à 15-20 kW, mais
l’arrivée rapide de l’IA et du calcul haute performance
(HPC) avec leurs nouvelles contraintes
va obliger à adopter et mettre en œuvre de nouvelles
technologies de refroidissement dans des
datacenters existants ou sur de nouveaux sites
conçus pour ces applications très gourmandes en
énergie.
Un besoin en énergie en forte augmentation
Comme le confirme Gaël Roquain, responsable
Marketing Segment Data Center & Cooling pour
Secure Power de Schneider Electric France, « le
besoin en énergie a considérablement augmenté.
Nous parlons aujourd’hui de densité moyenne
d’un rack à 7 kW thermiques, l’IA amène des
puissances à 150 kW thermiques par rack, et cette
puissance est en constante évolution. Le refroidissement
de l’air permet de traiter des densités allant
difficilement jusqu’à 50 kW, ensuite, les flux d’air
deviennent turbulents et n’arrivent plus jusqu’aux
composants du serveur, le refroidissement liquide
devient une nécessité, c’est une disruption tech-
© Schneider Electric
Datacenter
nologique de nos architectures telles que nous les
connaissons. L’eau est un très bon caloporteur,
4 fois plus efficace que l’air, et il est plus facile à
maîtriser, le DLC (Direct liquid cooling) devient
plus efficace que le refroidissement à l’air. L’eau est
emmenée directement au niveau des processeurs,
ce qui permet d’avoir un refroidissement localisé
et plus efficace étant donné le pouvoir caloporteur
supérieur. Attention toutefois, car le refroidissement
à air reste nécessaire, la quantité de calories
captées par un rack en DLC est entre 80 et 95 % via
l’eau, il faut donc traiter l’air résiduel.
Le DLC peut se déployer de manière progressive
sur les bâtiments déjà construits, car même s’il y
a des spécificités, l’architecture reste semblable à
ce que nous connaissons, ce qui évite de devoir
...
Architecture de
refroidissement liquide
d’un datacenter.
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 29
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Microsoft
© Vertiv
Nouveau
datacenter
Fairwater de
Microsoft à Mount
Plaisant (USA)
dédié à l’IA.
Refroidissement
liquide sur chip.
...
30 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
construire de nouveaux bâtiments spécifiquement
pour le liquid cooling et l’IA ».
Une enquête de l’Uptime Institute a révélé qu’environ
17 % des centres de données utilisent le
refroidissement liquide et que plus de 61 % envisagent
de l’adopter, ce qui montre une forte tendance
vers cette approche.
Cela peut aller jusqu’à des sites que l’on n’avait pas
imaginés il y a quelques années, à l’image du projet
en construction de Microsoft à Mount Pleasant,
dans le Wisconsin (États-Unis). Ce site de
Fairwater se compose de trois bâtiments de plus
de 110 000 m 2 dédiés à l’intelligence artificielle
et au cloud et abritant des serveurs de centaines
de milliers de GPU Nvidia GB200 et le nouveau
GPU Blackwell. Ces serveurs sont refroidis par
un système de refroidissement liquide avec une
centrale de refroidissement à eau qui fonctionne
en circuit fermé.
Selon Microsoft, « plus de 90 % de l’installation
s’appuiera sur un système de refroidissement
liquide en boucle fermée de pointe, rempli pendant
la construction et recirculé en continu. La partie
restante de l’installation utilisera l’air extérieur
pour le refroidissement, ne passant à l’eau que les
jours les plus chauds, minimisant ainsi l’impact
environnemental et maximisant l’efficacité opérationnelle.
Le résultat est une étape technologique
importante : un centre de données doté d’un câble
de fibre optique suffisant pour faire quatre fois le
tour de la Terre, mais sa consommation annuelle
d’eau est modeste, nécessitant à peu près la quantité
qu’un restaurant typique utilise chaque année
ou ce qu’un terrain de golf de 18 trous consomme
chaque semaine en plein été ».
Des technologies de refroidissement liquide
adaptées aux besoins
Le refroidissement liquide n’est pas nouveau, il
est utilisé dans les centres de calcul haute performance
(HPC) depuis de nombreuses années,
mais les opérateurs de datacenters dédiés à l’IA
doivent rapidement construire les infrastructures
nécessaires pour prendre en charge les serveurs
de GPU refroidis par liquide.
Plusieurs techniques de refroidissement liquide
sont disponibles et se développent rapidement
pour répondre aux besoins des datacenters en
évolution constante, avec des délais souvent très
courts.
Le refroidissement par contact direct de liquide
(DLC) utilise une unité de distribution de refroidissement
(CDU) dans laquelle un liquide est utilisé
pour extraire directement la chaleur des composants
tels que les puces, pour gérer des densités
de puissance pouvant dépasser 120 kW par rack ;
cette valeur étant annoncée en constante augmentation
avec l’arrivée de nouvelles générations
de GPU. Ces CDU sont associées à une centrale
de refroidissement extérieure, généralement sur
le toit. La CDU assure le transfert de chaleur de
la boucle principale de ce refroidissement extérieur
et une boucle secondaire qui fait circuler
le liquide de refroidissement vers l’équipement
informatique.
Gaël Roquain donne l’exemple des différentes
solutions proposées par Schneider Electric en
matière de refroidissement du processeur à l’évacuation
de la chaleur à l’extérieur du bâtiment,
le « chip to chiller ». « Ce rejet à l’extérieur se fait
notamment grâce à des équipements comme des
groupes d’eau glacée ou des dry coolers, que nous
proposons. Mais nous commercialisons également
d’autres équipements qui permettent de traiter l’air
résiduel en salle informatique, comme les armoires
de refroidissement, les portes froides, les baies de
refroidissement InRow. À l’inverse, si l’exploitation
d’une salle impose de laisser cet espace neutre, nous
pouvons également proposer des Fanwalls, sorte
d’armoires de refroidissement de grande taille.
...
© Vertiv © Vertiv
AVIS D’EXPERTE
Séverine Hanauer.
Alors que les applications
d’IA stimulent la demande
croissante en calcul haute
performance, les serveurs
intègrent davantage de
puissance de traitement
pour gérer des tâches de
plus en plus complexes et
gourmandes en données.
Cette augmentation de
puissance entraîne une
génération de chaleur plus
importante, poussant les
limites du refroidissement
traditionnel par air,
en particulier dans les
environnements de racks
haute densité.
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
Séverine Hanauer, directrice Segments stratégiques
Télécom & Déploiement Edge, Europe du Sud de Vertiv
« Le refroidissement liquide est devenu
aujourd’hui une exigence critique pour
les datacenters et présente de nombreux
avantages. »
Le refroidissement liquide
est devenu aujourd’hui une
exigence critique pour les
datacenters. Près d’un sur
cinq (17 %) utilise déjà le
refroidissement liquide, et
61 % supplémentaires des
équipes opérationnelles
envisagent sa mise en œuvre.
Cette tendance reflète la
confiance du secteur dans
l’efficacité du refroidissement
liquide pour gérer la chaleur
des racks IT à haute densité.
Avantages du
refroidissement liquide :
• Dissipation thermique
améliorée - Le refroidissement
liquide utilise les capacités
supérieures de transfert
thermique de l’eau ou
d’autres fluides, qui peuvent
être jusqu’à 3 000 fois plus
efficaces que l’air pour
refroidir efficacement les
racks haute densité. Bien
Les différentes solutions de refroidissement en fonction de la puissance des baies.
qu’il puisse nécessiter des
coûts initiaux plus élevés,
sa capacité à réduire la
consommation d’énergie et à
prolonger la durée de vie des
équipements en fait un choix
rentable sur le long terme.
• Fiabilité et performance
IT améliorées - Les systèmes
de refroidissement liquide
permettent aux racks
de forte densité IT de
fonctionner à des tensions
et des fréquences d’horloge
plus élevées en dissipant
efficacement la chaleur, ce
qui aide à maintenir des
conditions thermiques
optimales.
• Efficacité énergétique -
Le refroidissement liquide
réduit l’indice d’efficacité
énergétique (PUE) et permet
une réutilisation intéressante
de la chaleur pour les
systèmes de chauffage des
bâtiments.
• Empreinte réduite - Le
refroidissement liquide
optimise également
l’utilisation de l’espace
en permettant une plus
grande densité dans la
même empreinte physique.
En gérant efficacement la
chaleur, le refroidissement
liquide réduit le besoin
d’extensions des
installations, ce qui en fait
une solution précieuse pour
les datacenters.
• TCO réduit - Le
refroidissement liquide
peut réduire le coût total
de possession (TCO) grâce
à une densité plus élevée,
une utilisation accrue du
free cooling et une meilleure
performance par watt,
selon l’American Society of
Heating, Refrigerating, and
Air-Conditioning Engineers
(ASHRAE).
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 31
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
Refroidissement
liquide Direct to Chip.
Différentes
solutions de
refroidissement
d'un datacenter.
© Schneider Electric
...
32 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
Pour finir sur la partie refroidissement liquide,
nous avons une belle flexibilité de notre offre de
produits pour l’intégration à petite ou grande
échelle dans les datacenters : CDU (Cooling Distribution
Unit) liquide-liquide à installer en salle ou
en rack ; des CDU liquide-air (également appelés
HDU pour Heat Dissipation Units) à installer également
en salle ou en rack, parfaits pour une installation
hybride ou un prototype ; sans oublier les
“cold plates” développées avec les fabricants de serveurs,
ainsi que tous les accessoires de connexion
hydraulique.
Nous proposons une solution complète pour évacuer
la chaleur de son processeur vers l’extérieur
de son bâtiment. Les “cold plates” échangeurs de
Nouvelle gammes de CDU Motivair de Schneider
Electric.
chaleurs en cuivre aux dimensions des GPU/CPU
permettent de véhiculer les calories chaudes à traiter
vers le CDU, unité de séparation des réseaux
(Cooling Distribution Unit), qui a pour rôle de
séparer le réseau noble TCS (Technology Cooling
System) de l’installation refroidissement liquide
vers le réseau FWS (Facility Water System) du
bâtiment, que j’aime appeler réseau standard. Le
CDU a également pour rôle de maintenir le débit,
la pression et la température dans le réseau TCS,
mais encore de filtrer de manière très fine l’eau de
ce réseau TCS afin de protéger les serveurs informatiques
des surchauffes. Ensuite, les calories sont
transmises vers le réseau standard du bâtiment et
sont rejetées en fonction de la technologie utilisée. »
Vertiv propose une gamme de CDU Vertiv
CoolChip CDU pour des puissances allant
de 70 kW à 1350 kW
La gamme Vertiv CoolChip CDU est disponible
dans des configurations en rangée et en rack,
prenant en charge les technologies liquide-air
et liquide-liquide. Comme l’explique Séverine
Hanauer, « cette gamme offre des solutions flexibles
et évolutives qui simplifient le déploiement et sou-
© Vertiv
© Schneider Electric
...
Filière 3e
LE MÉDIA B2B de la filière
électrique, de l’efficacité énergétique
et de l’illumination des bâtiments
résidentiels, tertiaires, industriels
et collectifs.
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE ET
ENVIRONNEMENTALE
Le courant passe entre nous depuis 75 ans
Datacenter
De nouvelles solutions
de refroidissement
pour anticiper le
développement de l’IA
TOUTE L’ACTUALITÉ
DE L’INTÉGRATION DOMOTIQUE
ET INSTALLATION ÉLECTRIQUE
DANS L’HABITAT RÉSIDENTIEL
ET COLLECTIF
LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF
SMARTHOME
TOUTES LES LUMIÈRES
INTÉRIEURES, EXTÉRIEURES
ET ARCHITECTURALES
Lumières
N° 52 - OCTOBRE 2025
Passerelle des Louvresses, Gennevilliers
Architecte : Ateliers 2/3/4
Conception lumière : Coup d’éclat
Alimentation
Les nouveaux défis
de l’infrastructure
technique des
datacenters… et les
dernières solutions
ÉVÈNEMENTS
Berlin : tendances
et nouveautés
IBS édition 2025 :
GTB et LoRaWAN en vedette
Gestion de
l’éclairage
8
Les installations
d’éclairage contribuent
numéros
à la performance
énergétique et au
bien-être dans les
bâtiments tertiaires
/an
+220 000
lecteurs
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE WWW.FILIERE-3E.FR 921
ISSN 0758-3826 / OCTOBRE 2025
LE DATACENTER
MONTE EN PUISSANCE
INTERVIEWS
David Le Souder,
Smart Green Execution
Ludovic Bécourt, B.E.G.
Jean-Marc Vogel, Ledvance
Nicolas Roy, Sylvania
Aurore Alric, Citel
Claire Blouin, Cogelec
Cyril Malinvaud,
Hager Group
Antonio Calvo, Airzone
Romaric Thevenet, Wago
Frédéric Bettega, Erard
Joël Chrisment, Agi-Robur
FORMATION
L’atelier des Chefs :
on a testé la formation
CAP Électricien
Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr
Une publication de 3e Médias
4 numéros
/an
+120 000
lecteurs
ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 100 - OCTOBRE 2025
DOSSIER
Lumières et paysages
CAHIER TECHNIQUE
Éclairage à la RATP :
allier confort, sécurité et maintenabilité
4 numéros
/an
+100 000
lecteurs
ENERGY MANAGERS, BET
ET DE CONTRÔLES, MAITRES
D’OUVRAGES, EXPLOITANTS
ET SERVICES DE MAINTENANCE,
ENTREPRISES D’INSTALLATION
ÉLECTRIQUE, CONSTRUCTEURS
ET DISTRIBUTEURS
ARTISANS INSTALLATEURS,
INTÉGRATEURS, BET
ET ARCHITECTES
CONCEPTEURS LUMIÈRE,
ARCHITECTES, COLLECTIVITÉS,
BET, INSTALLATEURS
www.filiere-3e.fr
Actus quotidiennes et l’ensemble
des articles de nos revues.
RÉFÉRENCÉ GOOGLE NEWS
RETROUVEZ-NOUS SUR
Salons
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 33
. . . . . . . .
© Vertiv
Arbre
décisionnel
pour identifier
la solution de
refroidissement
liquide adaptée
à ajouter dans
une installation
refroidie par air.
CDU Vertiv
CoolChip conçu
pour prendre
en charge le
refroidissement
liquide dans des
environnements
à haute densité.
...
34 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
Comment identifier quelle solution de refroidissement liquide ajouter
dans une installation refroidie par air
tiennent la croissance à long terme. En réduisant
la complexité d’intégration et en s’adaptant à un
large éventail d’environnements de datacenters,
ces CDU aident les organisations à évoluer vers
le refroidissement liquide plus efficacement. Elle
fait partie de l’offre complète de refroidissement
liquide de Vertiv et du portefeuille plus large Vertiv
360AI d’alimentation, de refroidissement et de
services qui permettent de répondre aux défis complexes
du déploiement de l’IA.
Nous avons annoncé, à la fin du premier
semestre 2025, le lancement de 3 références dans la
zone EMEA, notamment :
• Vertiv CoolChip CDU 70, une unité de distribution
de liquide de refroidissement liquide-air
en rangée qui permet une entrée rapide et économique
dans le refroidissement liquide pour les
datacenters qui rénovent des environnements existants
ou qui déploient une nouvelle infrastructure.
Conçu pour utiliser l’infrastructure thermique
existante, ce CDU liquide-air est idéal pour les
installations souhaitant déployer une capacité de
refroidissement liquide sans recourir à des changements
majeurs d’infrastructure. Le système fournit
jusqu’à 70 kW de puissance frigorifique et aide à
réduire la complexité du réseau de fluide secondaire
et l’encombrement de l’infrastructure.
• Vertiv CoolChip CDU 100 fournit des performances
puissantes de refroidissement liquide-liquide
en rack, offrant aux datacenters une
solution sécurisée et peu encombrante pour les
charges de travail à haute densité. Idéal pour les
opérateurs souhaitant introduire ou étendre les
déploiements de refroidissement liquide un rack
à la fois, soutenant une croissance incrémentale
ou des programmes pilotes d’IA sans nécessiter
de changements d’infrastructure à grande échelle.
Avec 100 kW de puissance frigorifique dans un
format 4U et un échangeur de chaleur à grande
surface conçu pour de faibles températures de pincement,
le Vertiv CoolChip CDU 100 permet un
transfert de chaleur optimal. Un contrôleur intégré
fournit des capacités de surveillance et de contrôle
pour rationaliser les opérations et améliorer la
visibilité. La filtration intégrée et le contrôle précis
de la température à ±1 °C aident à maintenir la
qualité du fluide et la stabilité thermique, tandis
que la séparation physique des boucles d’installation
et informatiques soutient une gestion du système
sécurisée et efficace dans des environnements
critiques.
• Vertiv CoolChip CDU 600 est un modèle
liquide-liquide en rangée fournissant une puissance
de refroidissement liquide robuste et évolutive
pour les déploiements IA et HPC à haute
densité. Le système de 600 kW est conçu pour
répondre aux exigences des environnements hyperscale
et de colocation, prenant en charge les configurations
en rangée et s’intégrant facilement dans
les installations à faux plancher ou rétrofit. Sa
conception, incluant des connexions de tuyauterie
par le haut ou par le bas et des manifolds internes
disponibles, rationalise la planification de l’infrastructure
et accélère la mise en œuvre. Grâce à
des pompes redondantes, une surveillance avancée
de la température et de la qualité du fluide et une
approche flexible du déploiement, le Vertiv Cool-
Chip CDU 600 offre fiabilité, visibilité et performance
aux clients évoluant vers le refroidissement
liquide dans des environnements informatiques
plus larges.
Les nouveaux modèles sont conçus pour s’adapter
aux environnements de datacenters en rénovation
ou nouveaux, avec des modèles comprenant
des configurations en rack et en rangée, ainsi que
des technologies de refroidissement liquide-air et
© Vertiv
liquide-liquide. Les systèmes innovants offrent une
approche flexible et évolutive pour répondre aux
demandes croissantes de puissance tout en accélérant
l’adoption du refroidissement liquide ».
Refroidisseurs à eau glacée par
refroidissement actif par rangée
Legrand propose une solution complète avec
des modules de refroidissement par rangée de
précision jusqu’à 60 kW avec raccordements de
conduits en haut et en bas, un contrôle et une
surveillance avancés et des ventilateurs remplaçables
à chaud.
« Les solutions de refroidissement par rangée de
Legrand sont conçues pour gérer efficacement la
chaleur dans les datacenters. Placés dans les rangées
de serveurs, ces systèmes assurent un refroidissement
ciblé, améliorant l’efficacité énergétique
et garantissant la fiabilité des performances de
l’équipement informatique. Les conceptions permettent
de maintenir des températures optimales,
de réduire les coûts et de suivre l’évolution des
besoins des datacenters modernes.
Les refroidisseurs à eau glacée par rangée de
Legrand sont conçus pour faire circuler de l’eau
glacée dans des unités installées directement dans
les rangées de serveurs. Ce système assure une évacuation
efficace de la chaleur, une meilleure efficacité
énergétique et un contrôle précis de la température,
ce qui le rend idéal pour les datacenters
haute densité qui exigent des solutions de refroidissement
fiables et évolutives.
Les refroidisseurs DX par rangée de Legrand utilisent
la technologie de détente directe pour fournir
un refroidissement ciblé directement à la source.
Ces unités sont installées stratégiquement dans
les rangées de serveurs afin de fournir une performance
de refroidissement constante et efficace.
Elles conviennent parfaitement aux datacenters
requérant des options de refroidissement flexibles
et rentables qui s’adaptent à des charges thermiques
variables. »
Legrand propose également des refroidisseurs
InRow, pensés pour le développement durable,
réduisant la consommation d’énergie et améliorant
l’efficacité globale des datacenters.
« Avec des caractéristiques répondant aux divers
besoins de refroidissement, des installations
à petite échelle aux opérations d’envergure, les
refroidisseurs InRow ColdLogik apportent une
réponse robuste et fiable aux défis de refroidissement
du datacenter, avec une conception modulaire
pour des charges calorifiques de 10 kW
à plus de 60 kW. Ces produits sont conçus pour
une intégration transparente dans l’infrastructure
existante. »
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
© Legrand
Refroidissement à l’arrière de la baie
(Rear Door Heat Exchanger ou RDHx)
Un échangeur thermique est placé à l’arrière de
la baie. L’air chaud expulsé par les équipements
traverse cet échangeur, où la chaleur est absorbée
par un liquide circulant dans un circuit fermé.
Cette technologie est compatible avec des baies
classiques et requiert peu de modifications.
Legrand a développé avec sa filiale USystems
des solutions d’échangeur de chaleur de porte
arrière (RDHx), également connus sous le nom
de refroidisseurs de porte arrière (RDC). Cette
technologie de refroidissement liquide éprouvée,
© Legrand
Solution de
refroidissement InRow
ColdLogik CL 80 30 kW
de Legrand.
Refroidisseur
de porte arrière
ColdLogik de
Legrand.
...
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 35
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. . . . . . . .
Datacenter avec
refroidissement de porte
arrière RDHx ColdLogik
de Legrand.
© Legrand
...
36 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
parfois connue sous le nom de refroidissement
liquide assisté par air, est conçue pour fonctionner
comme un système en boucle fermée.
L’air ambiant est aspiré dans le rack par les ventilateurs
de l’équipement informatique. L’air chaud
évacué est expulsé de l’équipement et aspiré sur
l’échangeur de chaleur assisté par des ventilateurs
montés dans le châssis RDC. L’air évacué transfère
la chaleur dans le liquide de refroidissement
à l’intérieur de l’échangeur de chaleur, et l’air nouvellement
refroidi est expulsé dans la pièce à la
température ambiante prédéterminée ou juste en
dessous de la température ambiante prédéterminée
conçue autour d’un refroidissement sensible.
Legrand propose ses solutions de refroidissement
de la porte arrière ColdLogik/USystems :
« Ces solutions allant du refroidissement en rangée
aux RDHx (Rear Door Heat Exchangers),
présentent l’avantage d’être une véritable solution
évolutive et flexible qui utilise la tuyauterie existante
des clients, réduisant ainsi les dépenses d’investissement
initiales pour établir des solutions à
plus haute densité. À titre d’exemple, les RDHx ont
maintenant la flexibilité de refroidir une armoire
de 20 kW, avec la possibilité de l’adapter à 100-
200 kW, car la technologie de l’IA et les solutions
de calcul élevé augmentent leur demande d’alimentation
et de refroidissement à la demande.
À l’heure actuelle, la solution de porte arrière est
un moyen très efficace et rapide d’avoir une véritable
flexibilité sur la croissance de la demande
© Carrier © foto xaviergranet
pour les entreprises de centres de données. Au fur
et à mesure que nous constatons l’augmentation
de la puissance et du refroidissement avec divers
modèles d’IA et fabricants de puces, vous verrez
diverses solutions de refroidissement hybrides. Une
solution hybride typique que nous voyons actuellement
sur le marché est un système de refroidissement
direct à la puce avec un modèle de porte
arrière pour permettre une véritable croissance
flexible et évolutive. »
Marc Marazzi, vice-président Legrand Data Center
Solutions Europe, ajoute : « Nos refroidisseurs
de porte arrière ColdLogik permettent de refroidir
jusqu’à 200 kW/rack en utilisant 800 watts
de puissance pour cette porte arrière particulière.
Maintenant, si nous imaginons ce que coûte le
fonctionnement d’une unité CRAC pour fournir
cela, c’est incroyablement inefficace par rapport à
ce qu’un refroidisseur de porte arrière peut réaliser.
Et avec les refroidisseurs de porte arrière, vous
pouvez commencer petit, donc vous refroidissez,
disons, 72 racks, et si vous avez besoin de plus, vous
ajoutez simplement des ventilateurs. »
La nouvelle offre d’équipements de
refroidissement QuantumLeap de Carrier
En début d’année, Carrier a présenté sa plateforme
avancée QuantumLeap, une solution
complète de gestion thermique intégrant des
équipements de refroidissement haute performance,
des contrôles intelligents et des technologies
à faible impact environnemental. Cette
gamme a été conçue pour offrir un équilibre
optimal entre efficacité énergétique, durabilité
opérationnelle et continuité de service ; des éléments
fondamentaux dans des environnements
critiques.
QuantumLeap intègre également des innovations
clés telles que des technologies de récupération
de chaleur, l’utilisation de réfrigérants
à faible potentiel de réchauffement climatique
Installation de refroidissement Carrier.
© Data4
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
Data4 met en place la prochaine génération
de refroidissement durable pour ses datacenters :
DLC by Design
Linda Lescuyer, Head of
Environment & Sustainable
Innovation Data4 group.
Alors que l’IA accélère la
demande de calcul haute
performance, l’industrie
des centres de données
est confrontée à un défi
déterminant : comment
fournir des densités de
puissance nettement plus
élevées sans compromettre
la durabilité ou l’efficacité
opérationnelle.
À la fin de l’année 2023, la
demande des clients les
plus avancés de Data4 avait
atteint un seuil critique.
La nécessité de traiter
des charges de travail
alimentées par des GPU
énergivores était évidente,
et les systèmes traditionnels
de refroidissement par air
n’étaient plus suffisants.
En réponse, Data4 a accéléré
le lancement d’une nouvelle
infrastructure DLC (Direct
Liquid Cooling) sur son
campus de Marcoussis (91)
en modernisant un centre
de données existant, DC01,
comme terrain d’essai pour
ce que nous appelons le « DLC
by Design ».
L’objectif était ambitieux :
fournir une solution capable
de supporter jusqu’à
130 kilowatts par rack,
tout en garantissant la
fiabilité opérationnelle, la
maintenabilité et des gains de
durabilité mesurables.
Pour y parvenir, Data4 a
réuni une équipe d’experts
dédiés, non seulement
en informatique et en
infrastructure, mais
aussi en dynamique des
fluides – des compétences
plus souvent associées à
l’ingénierie aérospatiale qu’à
la conception de centres de
données.
L’un des principaux
défis techniques était le
développement d’une
nouvelle génération
d’unités de distribution de
refroidissement (CDU). En
étroite collaboration avec
des partenaires clés tels
que Schneider Electric et
Danfoss, Data4 a optimisé
la conception de la CDU
pour minimiser le pincement
thermique et réduire la
dépendance à l’égard de la
boucle de refroidissement
primaire.
La boucle de refroidissement
elle-même a été repensée
à l’aide de tuyauterie
préfabriquée en acier
inoxydable fabriquée à
partir de 50 % de matériaux
recyclés. Ce choix a
non seulement réduit
l’empreinte carbone de
la distribution dans la
salle de 70 % par rapport
à l’acier noir traditionnel,
mais a également amélioré
la modularité et la vitesse
d’installation.
Au-delà des prouesses
d’ingénierie, le projet sert
de preuve de concept pour
un modèle de rénovation
Site PAR01-2025 de Data4 à Marcoussis.
plus durable. Selon une
analyse du cycle de vie
réalisée par APL, le nouveau
système DLC réduit
l’impact environnemental
global de 40 % par rapport
au refroidissement
conventionnel par air
uniquement. Cela inclut les
gains liés à l’optimisation des
matériaux, à la rationalisation
des équipements et aux
économies d’énergie pendant
l’exploitation.
La mise en service est
une phase critique dans
le calendrier RFS (prêt à
l’emploi) de tout projet de
centre de données. Cela
prend souvent du temps,
en particulier lors de la
validation de systèmes de
refroidissement complexes.
Pour rationaliser ce
processus, Data4 a développé
des bancs de charge
hybrides en collaboration
avec Rentaload, capables
de tester jusqu’à 140 kW en
refroidissement liquide et
60 kW supplémentaires
en air.
La solution DLC a été
codéveloppée avec
un écosystème de
partenaires stratégiques
comprenant Schneider
Electric, Danfoss, Victaulic,
Belimo, Rentaload, APL
et Ceme, ce dernier
étant responsable de
la coordination du
déploiement sur le terrain.
Avec une capacité de plus
de 250 mégawatts en cours
de conception sur ses sites
européens, l’entreprise jette
les bases d’une adoption à
grande échelle. Elle considère
le DLC non seulement
comme une mise à niveau
technologique, mais aussi
comme un catalyseur
stratégique pour une
infrastructure résiliente et
performante.
Dans un secteur où la
durabilité et la performance
sont souvent considérées
comme des compromis,
Data4 fait valoir qu’elles
peuvent – et doivent – aller
de pair. En réorganisant
son écosystème de centres
de données autour du
refroidissement liquide,
l’entreprise répond non
seulement aux exigences
des charges de travail
d’IA, mais fait également
progresser son engagement
à réduire l’empreinte carbone
de chaque nouveau MW
construit de 38 % d’ici 2030.
DLC by Design est plus
qu’une étape importante
en matière d’ingénierie.
Il s’agit d’une déclaration
d’intention de Data4 : mener
la transformation vers une
infrastructure numérique
efficace, évolutive et prête
pour la prochaine ère de
l’informatique.
© Data4
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 37
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...
© Vertiv
38 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
Fonctionnement du refroidissement par immersion.
(PRG) et des services de maintenance prédictive
et avancée. Cela permet d’optimiser la réutilisation
énergétique, de réduire les émissions de
carbone et de minimiser le coût total de possession
pour les infrastructures de refroidissement.
« Carrier QuantumLeap représente la prochaine
évolution de la gestion thermique des centres de
données, intégrant nos solutions de refroidissement,
de contrôle et de service les plus avancées
pour fournir un système de refroidissement hautement
efficace et à la pointe de la technologie,
adapté aux besoins de chaque client , explique
Christian Senu, directeur exécutif Centres de
données, Carrier.
Avec la croissance tirée par l’IA, nos solutions
innovantes, telles que l’intégration du refroidissement
liquide direct sur puce avec des systèmes
de refroidissement CVC traditionnels optimisés
par des plateformes de contrôle intelligentes, permettent
aux centres de données de maximiser l’efficacité
et la fiabilité. L’IA continuera de mettre à
rude épreuve les réseaux électriques, augmentant
la demande de solutions de gestion thermique
intelligentes et intégrées que Carrier est particulièrement
bien placé pour offrir. »
L’offre de Carrier comprend AquaForce® 30XF,
un refroidisseur à vis à vitesse variable et refroidi
par air ; des refroidisseurs à eau AquaEdge® ; le
compresseur unique EquiDrive ® à deux étages en
configuration back-to-back ; Aero®, des unités de
traitement d’air personnalisées et semi-personnalisées
pour répondre aux exigences précises,
et les unités de distribution de refroidissement
(CDU) permettant une intégration transparente
dans les systèmes de refroidissement liquide
direct au processeur (DTC) pour les environnements
à haute densité. Grâce à des températures
d’approche faibles, ces CDU peuvent compenser
l’augmentation de la puissance des processeurs
tout en offrant une amélioration de l’efficacité du
refroidissement et une réduction des coûts d’infrastructure.
Refroidissement liquide par immersion
Une autre méthode est le refroidissement par
immersion directe, qui consiste à placer un serveur
dans un châssis ou un réservoir rempli de
liquide diélectrique pour refroidir l’ensemble du
serveur. Le fluide diélectrique, généralement une
huile synthétique, élimine toute la chaleur.
Il en existe deux types principaux :
• Immersion monophasée : le liquide de refroidissement
absorbe la chaleur et circule à travers
des échangeurs de chaleur.
• Immersion biphasée : le liquide de refroidissement
se vaporise lors de l’absorption de la
chaleur et se recondense, transférant la chaleur
avec une efficacité élevée.
La mise en œuvre d’une solution de refroidissement
doit s’accompagner d’une préparation du
matériel existant et d’une formation pour l’entretien
du matériel immergé, mais cette solution
peut apporter des économies d’énergie, des gains
sur l’encombrement et des améliorations de la fiabilité
des équipements pour des densités de racks
pouvant dépasser 100 kW.
Les systèmes d’immersion se sont avérés particulièrement
efficaces dans le minage de cryptomonnaies
à haute densité, l’entraînement de modèles
d’IA et les clusters HPC où les densités de rack
dépassent 80 à 100 kW.
Un datacenter à immersion écoresponsable
dédié au HPC
TotaLinuX offre, avec son datacenter à immersion
Itrium installé à Jouy-en-Josas (78), l’infrastructure
cloud polyvalente et évolutive pour exécuter
des applications HPC et IA. Itrium est composé,
© Vertiv
dans un bâtiment, de 2 500 m 2 de bureaux en étage
et, au rez-de-chaussée, d’un datacenter à technologie
de refroidissement par immersion. Sa chaleur
fatale sera récupérée pour chauffer l’immeuble et
alimenter le réseau de chaleur de Vélizy.
« Notre vision est de faire revenir les datacenters
en zone urbaine pour s’en servir comme chaudières
numériques. Itrium 1 sera un démonstrateur pour
témoigner que cette technologie est fonctionnelle »,
explique Frédéric Delpeyroux, président de Tota-
LinuX, la société de services informatiques qui
porte le projet.
TotaLinuX propose, avec ce datacenter, une suite
intégrée de services pour créer et gérer facilement
des clusters HPC sur le cloud, afin d’exécuter
les charges de travail en calcul dans différents
secteurs. Ces charges de travail couvrent
les applications HPC traditionnelles telles que la
génomique, la chimie informatique, la modélisation
des risques financiers, l’ingénierie assistée
par ordinateur, les prévisions météorologiques
et l’imagerie sismique, ainsi que l’apprentissage
automatique, l’apprentissage profond et la
conduite autonome.
Quelles contraintes pour installer ces
nouveaux systèmes sur des sites existants ?
Bien que certaines nouvelles installations soient
spécifiquement conçues pour les charges de travail
IA et le refroidissement liquide, la plupart des installations
se font dans des infrastructures existantes.
Étant donné la nature complexe des systèmes de
refroidissement liquide, les équipes des datacenters
peuvent bénéficier de solutions de refroidissement
liquide complètes couvrant la conception, l’installation,
la mise en service, la gestion des fluides, la
maintenance et la gestion numérique.
« Afin de réussir la mise en œuvre du refroidissement
liquide et optimiser ses avantages, il convient
de prendre en compte les facteurs clés suivants :
l’installation, la mise en service, la gestion du
fluide, les services de maintenance, les pièces
détachées, la surveillance numérique des actifs,
explique Séverine Hanauer.
Interface IHM de l’unité de refroidissement liquide
(CDU) XDU070 de Vertiv.
LES DOSSIERS DU MOIS
Datacenter
La technologie de refroidissement liquide-to-air
représente une avancée majeure dans la gestion
thermique des infrastructures IT. Elle permet de
capter la chaleur directement au niveau des composants
électroniques via un liquide caloporteur,
puis de la dissiper dans l’air ambiant sans nécessiter
un raccordement au réseau d’eau externe.
Cette approche hybride combine les avantages du
refroidissement liquide (efficacité, densité thermique
supérieure) avec la simplicité d’intégration
du refroidissement par air.
Contrairement aux systèmes entièrement liquides,
les solutions liquide-to-air sont particulièrement
adaptées aux sites existants, car elles ne requièrent
pas de transformation lourde de l’environnement
technique. Elles peuvent être déployées en complément
ou en remplacement partiel des systèmes
traditionnels, avec un impact minimal sur l’infrastructure.
Parmi les solutions disponibles sur le marché, certaines
unités comme le Vertiv CoolChip CDU 70
illustrent bien cette capacité d’adaptation. Conçue
pour fonctionner en circuit fermé, cette unité peut
être installée en périphérie ou à proximité des
racks, sans modification du système de refroidissement
global. Elle permet une installation rapide,
une maintenance simplifiée et une intégration
sécurisée, même dans des installations non préparées
au refroidissement liquide.
De plus, l’entretien régulier aide à optimiser l’efficacité
du système en nettoyant les filtres, en ajustant
les paramètres et en effectuant les mises à niveau
nécessaires, ce qui peut également contribuer aux
économies d’énergie. La conformité aux normes
industrielles et aux réglementations de sécurité est
maintenue grâce à des contrôles périodiques et une
documentation détaillée fournit des informations
précieuses sur l’état du système au fil du temps. »
Jean-Paul Beaudet
Refroidissement
de serveurs
par immersion
TotaLinuX.
© TotaLinuX
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. . . . . . . .
© Vertiv
40 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
Les nouveaux défis de
l’infrastructure technique
des datacenters… et les
dernières solutions
Avec l’arrivée de l’IA, les besoins énergétiques des datacenters augmentent
rapidement et cela va avoir un impact sur toute la distribution électrique
dans un contexte d’exigences fortes en matière d’efficacité énergétique, de
sécurité et de durabilité. Mais il faudra aussi des infrastructures flexibles,
modulaires, évolutives, avec moins d’empreinte au sol.
Gamme complète
de solutions
d’alimentation et de
refroidissement pour
les infrastructures
critiques destinées
aux applications
entreprise, colocation
et cloud. Exemple
d’un bâtiment : 7 MW,
100 racks, ~70kW/
rack.
Le marché de l’IA est aujourd’hui entré
dans une phase de croissance très forte,
en particulier avec l’IA générative permettant
de créer des contenus (textes, images,
plans 3D…) de plus en plus utilisés.
Les nouveaux serveurs GPU montent constamment
en puissance et cela modifie complètement
la façon de concevoir, développer, refroidir,
mais aussi alimenter en énergie électrique sûre
et fiable ces nouveaux datacenters ou parties de
datacenters existants.
Cela va concerner les plus grands datacenters
(pour lesquels des puissances d’alimentation
dépassant le gigawatt sont envisagées) que les
petits datacenters de l’Edge Computing qui font
partie du réseau de l’IA près de ses utilisateurs.
Comme le rappelle Séverine Hanauer, directrice
Segments stratégiques Télécom & Déploiement
Edge, Europe du Sud de Vertiv, « l’adoption de
l’intelligence artificielle (IA) entraîne la transformation
la plus significative de l’infrastructure
informatique depuis des décennies. Au cours des
40 dernières années, les datacenters ont dû s’adapter
rapidement à de nouvelles technologies qui ont
transformé la société, depuis l’introduction de l’ordinateur
personnel et l’usage généralisé d’internet
jusqu’aux transitions vers le cloud et l’informatique
en périphérie (Edge Computing).
Dans les années à venir, l’“effet IA” sur l’infrastructure
numérique des datacenters sera plus important
que toutes ces transformations.
Initialement conçus pour le rendu graphique, les
GPU sont aujourd’hui utilisés pour l’entraînement
et le traitement des entrées – appelées inférences
– des systèmes d’IA. Un GPU peut traiter une inférence
de ChatGPT en une seconde, une opération
qui prendrait 32 heures avec un CPU. Cet exemple
illustre l’augmentation spectaculaire de la puissance
de calcul pour répondre à toutes les exigences
d’une organisation.
Aujourd’hui, certaines organisations commencent
à intégrer un ou deux serveurs IA dans un datacenter
conventionnel. C’est une étape importante pour
commencer à comprendre le potentiel et les défis
de l’IA. Cependant, cela crée un système disparate
dans lequel des niveaux bien plus élevés d’alimentation
et de refroidissement sont nécessaires pour
prendre en charge le rack IA, comparé au reste
de l’installation qui peut présenter des limites en
matière d’efficacité énergétique.
Au lieu de systèmes hétérogènes, le datacenter de
type “usine IA” sera entièrement intégré, depuis la
puce jusqu’à l’infrastructure. Le datacenter devient
alors l’unité de calcul capable de concrétiser pleinement
les promesses de l’IA ».
Des adaptations de toute l’installation
électrique à l’augmentation des puissances
Toute l’infrastructure électrique du datacenter,
depuis l’arrivée de l’alimentation moyenne tension
du site jusqu’aux PDU dans les baies doit
s’adapter à la montée en puissance des besoins
électriques sur le site. Les constructeurs proposent
de nouvelles solutions pour répondre
rapidement à cette exigence. Parmi les équipements
concernés on peut citer les cellules
moyenne tension, les onduleurs et leurs batteries,
les PDU (Power Distribution Unit) dans les baies,
mais aussi les câbles, chemins de câbles et tous les
dispositifs de raccordement.
Tous ces équipements doivent aussi répondre de
plus en plus à des impératifs de modularité, de
maintenabilité, de sécurité et de facilité de supervision.
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
« Nous fournissons des solutions d’infrastructures
haute densité ainsi que des services de consulting
pour des installations plus durables et plus
efficaces “from Grid-to-Chip & Chip-to-Chiller”
pour couvrir l’ensemble des besoins des datacenters
“AI-Ready” de l’infrastructure du réseau au
processeur (from Grid-to-Chip) et du processeur
au refroidissement (from Chip-to-Chiller) avec les
logiciels de surveillance et de gestion, ainsi que les
services d’optimisation, explique Gaël Roquain,
responsable marketing Segment Data Center
& Cooling pour Secure Power de Schneider
Electric.
Cela concerne par exemple nos cellules moyenne
tension AirSet SF6 Free évolutives, plus efficaces,
sans gaz SF6 pour répondre aux enjeux des clusters
haute densité, avec un design durable grâce
à une combinaison innovante de vide et d’air pur
qui élimine tout gaz alternatif ou à effet de serre,
les onduleurs Galaxy VXL ou toutes nos solutions
Motivair de refroidissement liquide pour les
charges haute densité. »
Mesurer les consommations d’énergie
pour atteindre des objectifs de sobriété
et de réduction des coûts d’énergie
Les serveurs et les systèmes de refroidissement
absorbent dans la plupart des datacenters plus
de 80 % de l’énergie électrique consommée. Il est
donc important de choisir la solution de refroidissement
la plus efficace, mais aussi de s’assurer
que tous les serveurs et équipements électroniques
sont bien utilisés et détecter ceux qui sont
mal ou peu utilisés.
Et, plus généralement, s’assurer que tous les équipements
(transformateurs, onduleurs, équipements
de sécurité) sont optimisés en termes de
consommation énergétique et de rendement.
© Rentaload
Impact de
l’IA sur les
équipements
électriques du
datacenter.
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© ABB
...
AVIS D’EXPERT
Loïc Chassignol.
Pour les concepteurs de
nouveaux projets comme
pour les exploitants, la
question de la puissance
devient aujourd’hui
un véritable défi.
L’augmentation des besoins
entraîne des courants de
plus en plus élevés, ce qui
impose une optimisation
fine de l’architecture
électrique : choix des
conducteurs en cuivre,
gestion de l’empreinte au
sol, rationalisation des
équipements…, car nous
atteignons désormais des
niveaux de courant proches
des limites de capacités des
disjoncteurs basse tension.
Il devient donc nécessaire
de repenser entièrement
l’architecture et de
transférer des fonctions
au niveau de la moyenne
tension (MT). À ce titre,
42 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
Pour cela il faut mesurer les consommations, les
analyser pour détecter les anomalies et les possibilités
de progrès, et adopter des systèmes de
gestion de l’énergie.
« Entrée en vigueur en 2025, la dernière mise à jour
de la directive européenne sur l’efficacité énergétique
impose aux centres de données neufs et existants de
plus de 500 kW de publier leurs indicateurs énergétiques,
notamment le PUE (Power Usage Effectiveness).
Pour répondre à ces exigences et accompagner
les exploitants dans leur démarche de sobriété
énergétique, Socomec propose le système DIRIS
Digiware, explique Jérôme Nuss, Product Line
Marketing Manager de Socomec Group.
Unique par sa polyvalence, DIRIS Digiware est
le seul système sur le marché à combiner la sur-
Solution DIRIS Digiware de Socomec.
veillance de la puissance, la qualité de l’énergie et
la surveillance du courant résiduel. Il constitue la
solution la plus complète du marché, des capteurs
de courant au logiciel, et est compatible avec les
applications en courant alternatif ou continu. Ce
Loïc Chassignol, Product Marketing Director Smart Power d’ABB
« Il devient nécessaire de repenser
entièrement l’architecture des datacenters
et de transférer des fonctions au niveau de
la moyenne tension. »
nous avons l’exemple
d’un datacenter aux
États-Unis, construit en
plusieurs tranches, où
l’architecture a été repensée
avec l’intégration de nos
onduleurs moyenne tension.
L’efficacité énergétique
n’est malheureusement
pas toujours la première
préoccupation des
utilisateurs. Ils veulent
s’assurer que les rendements
des équipements soient
maximisés et souhaitent
pouvoir remonter toute
une chaîne d’informations
d’énergie en basse et
moyenne tension, avec des
compteurs intégrés dans
les disjoncteurs, afin de
suivre les variations et les
éventuelles dérives des
consommations.
Pour les datacenters liés à
l’IA, le taux d’utilisation est
variable et très saccadé. Il est
donc nécessaire d’adapter
la granularité de la mesure
pour répondre aux besoins,
tout en tenant compte des
capacités du réseau et
des tarifs de l’énergie. Cet
interfaçage avec le réseau
peut être efficacement géré
© ABB
au niveau de nos onduleurs
moyenne tension.
L’augmentation de puissance
des datacenters au-delà
de 20 MW combinée à une
conception modulaire, oblige
à repenser l’architecture
et la composition de la
distribution d’énergie
électrique. Pour relever ces
défis, nous mettons en avant
notre onduleur moyenne
tension HiPerGuard,
conçu pour répondre aux
deux problématiques : la
puissance en jeu dans la salle
informatique et l’interfaçage
avec le réseau.
En effet, l’onduleur protège
et sécurise le réseau, et
peut également stocker de
l’énergie, faire l’interface
avec le réseau pour absorber
les pics de consommation,
compenser les sous-tensions
et surtensions, et moduler les
consommations.
Cela passe par une
reconsidération de
l’architecture traditionnelle
des datacenters comme
l’illustrent les sites de trois
grands acteurs mondiaux
qui ont déjà franchi le pas.
Installation d’onduleur moyenne tension HiPerGuard d’ABB dans un
datacenter.
© Socomec
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
dispositif de monitoring et de comptage électrique, non
intrusif et plug & play, est adapté aussi bien aux installations
neuves qu’aux projets de rénovation.
Il s’agit du seul système multipoint certifié MID au
monde, permettant ainsi une sous-facturation métrologique
légale. Au-delà de la conformité réglementaire,
DIRIS Digiware offre des fonctions avancées de surveillance
en temps réel, comme la gestion des alarmes sur
seuil de courant et de tension, le suivi des harmoniques ou
encore la détection des courants de fuite à la terre (RCM).
Ces fonctionnalités contribuent fortement à la continuité
d’exploitation, tout en permettant de réduire durablement
les coûts d’énergie. »
Les PDU doivent s’adapter à l’augmentation
des densités de puissance dans les baies
Les baies prenant de plus en plus en charge des densités
de puissance supérieures à 25 kW, les opérateurs
de datacenters requièrent des solutions de distribution
électrique robustes et de haute puissance, capables
d’équilibrer les charges et de gérer efficacement les
besoins électriques essentiels dans les racks.
Différents types de PDU répondent aux besoins des
datacenters, depuis les modèles de base qui assurent une
distribution d’énergie simple jusqu’à des PDU qui gèrent
également la surveillance en temps réel, la mesure de
données énergétiques ou des systèmes d’alerte en cas de
surcharge ou d’arrêt.
Selon Séverine Hanauer, « la nouvelle gamme Vertiv
PowerIT PDU établit une nouvelle référence dans la distribution
électrique en rack, avec une plage de puissance
s’étendant des applications conventionnelles (jusqu’à
22 kVA en triphasé) aux environnements haute densité
dédiés à l’IA et au HPC (jusqu’à 57,6 kW). Cette polyvalence
est renforcée par des innovations comme les prises
combinées C13/C19 et une capacité de fonctionnement
à haute température (60 °C), répondant ainsi aux défis
croissants des datacenters modernes.
L’intelligence intégrée constitue un atout majeur de ces
PDU, avec une surveillance à haute précision (+/- 1 %)
des paramètres électriques et la technologie Vertiv Intelligence
Director permettant de gérer jusqu’à 50 appareils
sur une seule adresse IP. Les fonctionnalités avancées
incluent la surveillance environnementale complète,
les alertes configurables et une interface réseau Gigabit,
offrant une visibilité totale sur l’infrastructure électrique.
La fiabilité et la sécurité sont au cœur de la conception,
avec des caractéristiques comme le système de verrouillage
U-Lock anti-déconnexion, les modules de surveillance
remplaçables à chaud, et la redondance via carte
IMD. La sécurité est renforcée par un démarrage sécurisé
avec ancre de confiance matérielle, le support des protocoles
cryptés, et l’option de mesure du courant résiduel
(RCM-B) pour une détection précoce des défauts, faisant
de ces PDU un choix optimal pour les infrastructures critiques
». ...
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 43
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
Systèmes de conduits
non métalliques
Adaptaflex d’ABB
pour la protection des
câbles.
© ABB
...
44 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
L’importance des équipements de câblage
et de connexion
Un datacenter peut représenter plusieurs dizaines
de kilomètres de câbles, de chemins de câble, et
nécessite donc des produits adaptés pour assurer
la sécurité, la continuité de service et la durabilité.
« La division ABB Electrification Installation
Products conçoit une grande variété de produits
pour les installations électriques afin de connecter,
protéger, distribuer l’électricité dans les segments
industriels, résidentiels et tertiaires, incluant les
datacenters, précise Billy Charles, directeur de
Division ABB Electrification Installation Products.
Le portefeuille d’offre représente plus de
200 000 produits regroupés sous des marques premium
offrant des solutions complètes pour assurer
la protection des installations électriques.
Sur les sites des datacenters, où la densité de câbles
est particulièrement élevée, il est essentiel de simplifier
l’installation et la maintenance avec des
délais d’intervention rapides. L’innovation joue
également un rôle clé pour répondre aux défis de
l’efficacité énergétique, du bâtiment intelligent ou
des normes avec des produits assurant sécurité
et fiabilité pour un fonctionnement continu et
durable.
Sur notre stand à Data Centre World Paris 2025,
nous présentons nos solutions coffrets et armoires
électriques fiables et robustes, avec notamment nos
derniers coffrets et armoires IS2 garantissant une
protection adéquate pour les datacenters, ainsi que
nos systèmes de gaines PMA®, et de raccordements
Adaptaflex. Également présentés sur le salon, nos
goulottes, les presse-étoupes SIB, le cheminement
des câbles et nos colliers de serrage Ty-Rap® brevetés
Thomas & Betts.
Nous mettons également en avant nos solutions de
protection contre la foudre et les surtensions des
bâtiments : les solutions Hélita® de paratonnerres
et protections externes fabriqués en France et les
solutions de mise à la terre et de paratonnerres de
Paratonnerre
HELITA d’ABB pour
la protection des
bâtiments. notre filiale Furse.
Salle d’onduleurs modulaires.
© ABB
Accessoires pour câbles Elastimold d’ABB.
Pour accompagner l’évolution des infrastructures
des datacenters vers la moyenne tension (MT),
ABB a développé une gamme de connecteurs séparables
Elastimold fabriqués en Europe qui garantissent
une isolation parfaite entre, par exemple,
une cellule moyenne tension et le raccordement,
avec une fiabilité éprouvée pour réduire les risques
de coupure avec une flexibilité d’installation. Nous
avons ainsi des installations modulaires pour se
connecter rapidement à des équipements existants.
Les solutions Elastimold sont conçues pour assurer
la continuité de service, un critère essentiel dans
un datacenter. »
Des onduleurs modulaires, économes
en énergie, fiables et peu encombrants
pour répondre aux exigences des nouveaux
datacenters
L’onduleur (UPS) et sa batterie restent un élément
clé de tous les centres de données pour
assurer la continuité de fonctionnement en cas
d’incident sur le réseau ; une coupure entraînant
des conséquences financières très importantes
pour l’exploitant du centre.
Les contraintes de fiabilité et de maintenabilité
ont toujours été importantes pour les constructeurs,
mais de nouvelles exigences deviennent
de plus en plus importantes : amélioration du
rendement pour réaliser des économies d’énergie
d’équipements en fonctionnement 24 h/24,
© ABB
© ABB
© Vertiv
modularité pour adapter la puissance à l’évolution
du site mais aussi faciliter le dépannage
sans arrêter l’onduleur, adaptation aux différents
types de batteries (plomb ou lithium), mais aussi
réduction de l’encombrement et facilité d’installation
et de raccordement.
ABB propose une large gamme d’onduleurs
pour couvrir tous les besoins des datacenters
ABB propose des alimentations statiques (UPS)
couvrant une large gamme d’applications, des
AVIS D’EXPERTE
Séverine Hanauer.
Pour aider les responsables
technologiques à relever
le défi de l’IA, il y a lieu de
considérer six impératifs
liés à l’infrastructure
physique pour réussir la
mise en œuvre d’une usine
d’IA :
• Impératifs thermiques
Le refroidissement des
infrastructures IA nécessite
une approche hybride
combinant refroidissement
liquide et air. Le
refroidissement liquide
devient indispensable avec
les TDP dépassant 700-
800 W par puce, nécessitant
une distribution constante
et fiable du liquide via
des CDU qui deviennent
des éléments critiques de
l’infrastructure. La qualité
et la gestion du fluide de
refroidissement deviennent
aussi importantes que le
carburant pour un moteur.
• Impératifs électriques
La consommation
électrique atteint des
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
petits datacenters aux grands centres de données.
Pour la protection des grands datacenters, ABB a
développé des gammes de produits modulaires
avec une architecture DPA (architecture parallèle
décentralisée). Grâce à cette architecture DPA,
l’UPS est modularisée et chaque module possède
tout le matériel et tous les logiciels nécessaires
pour fonctionner de manière autonome : redresseur,
onduleur, convertisseur de batterie, by-pass
statique, protection retour, logique de contrôle,
affichage et schéma synoptique pour la
Séverine Hanauer, directrice Segments stratégiques Télécom &
Déploiement Edge, Europe du Sud de Vertiv
« Il y a lieu de considérer six impératifs liés
à l’infrastructure physique du datacenter
pour réussir la mise en œuvre de l’IA. »
niveaux sans précédent,
avec des projections allant
jusqu’à 1 MW par rack. Les
profils de charge des GPU
sont très variables, avec
des pics soudains pouvant
atteindre 150 % du TDP.
Cela nécessite une nouvelle
génération d’UPS capable
de gérer ces variations et
l’émergence de stratégies
BYOP (Bring Your Own
Power) pour permettre
l’approvisionnement
énergétique en considérant
les sources d’énergie
alternatives et les systèmes
de stockages par batteries
(BESS).
• Impératifs de service
L’environnement IA requiert
une expertise technique
spécialisée et une formation
continue du personnel. La
complexité des systèmes
hybrides de refroidissement
et des infrastructures
haute densité nécessite des
compétences pointues et
une mise à jour constante
des connaissances pour
maintenir l’efficacité
opérationnelle.
• Impératifs pour les racks
Les racks doivent évoluer
pour supporter des charges
10 fois supérieures aux
racks IT traditionnels.
Ils doivent intégrer des
systèmes d’autodétection
pour la sécurité, supporter
des poids plus importants
et permettre l’installation
de multiples PDU, tout en
facilitant la gestion des
câbles et des conduites de
refroidissement liquide.
• Impératifs de design
La conception doit
abandonner l’approche
en silos traditionnelle
pour une approche
intégrée où puissance
et refroidissement sont
pensés ensemble dès le
début. L’utilisation de
solutions préfabriquées
et modulaires devient
cruciale pour réduire les
temps de déploiement, tout
en gardant la flexibilité
...
nécessaire pour les
évolutions futures.
• Impératifs de gestion
des systèmes
Les systèmes de gestion
doivent offrir une
vue unifiée de toute
l’infrastructure avec des
capacités de surveillance
en temps réel. L’intégration
des contrôles au niveau des
composants est critique
pour la protection des
équipements coûteux,
particulièrement
avec l’introduction du
refroidissement liquide qui
nécessite une détection
immédiate des fuites et des
anomalies.
Conception de référence Vertiv 360AI pour une infrastructure
AI labs permettant la transition vers les datacenters d’IA, avec
refroidissement liquide direct.
© Vertiv
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© ABB
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Onduleur
modulaire
MegaFlex DPA
1500 kW d’ABB.
46 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
... surveillance
et le contrôle.
Avec tous les
composants critiques
dupliqués
et répartis entre
les unités individuelles,
les points
de défaillance
uniques potentiels
sont éliminés. Dans le
cas peu probable de la défaillance
d’un module UPS, le module défaillant sera
automatiquement isolé et l’ensemble du système
continuera à fonctionner normalement.
Parmi les gammes DPA (de 20 à 1500 kW),
MegaFlex DPA (250-1500 kW) est particulièrement
adaptée aux besoins des grands datacenters
avec la possibilité de mettre 4 unités en parallèle
pour atteindre 6 MW de puissance.
Étant donné que les besoins en énergie du
datacenter peuvent changer au fil du temps, un
haut degré d’adaptabilité est nécessaire pour
gérer efficacement les différentes demandes. Les
systèmes UPS traditionnels peuvent ne pas fonctionner
correctement lorsque la charge est inférieure
à 25 % de la capacité totale du système. Le
mode de fonctionnement MegaFlex DPA UPS
Xtra VFI est un moyen intelligent de minimiser
les pertes et d’améliorer l’efficacité lors de l’exécution
en mode de double conversion par défaut.
Lorsque le mode Xtra VFI est activé, il ajuste
automatiquement et dynamiquement le nombre
de modules actifs en fonction de la charge électrique
requise. Les modules qui ne sont pas
nécessaires reviennent en veille, prêts à être réactivés
si la charge augmente.
Pour répondre aux défis de l’augmentation très
forte de la puissance des datacenters, ABB a
lancé son nouvel onduleur moyenne tension
HiPerGuard. Cette nouvelle génération de système
d’alimentation sans interruption en HTA
fournit une alimentation continue et fiable de
6,6 à 24 kV. L’onduleur offre un rendement énergétique
performant atteignant 98 % et permet
ainsi de réduire les émissions de carbone de
1 245 tonnes sur une période de 15 ans.
Cet onduleur combine les avantages d’un système
d’ASI dynamique traditionnel, tels que sa résistance
accrue aux perturbations du réseau, avec
la flexibilité et les capacités d’un convertisseur
statique. Le résultat est un système ASI moyenne
tension qui répond efficacement à la demande et
réduit les coûts liés aux perturbations et aux coupures
de tension.
Nouvel onduleur modulaire Keor FLEX 1200 kW de
Legrand.
Legrand dévoile Keor FLEX : sa nouvelle
génération d’onduleurs modulaires
pour les datacenters pilotés par l’IA
Keor FLEX est un système d’onduleur modulaire
à haut rendement qui permet une mise à l’échelle
de la puissance en temps réel, passant de 100 kW
à 1200 kW au sein d’une seule unité. Avec un taux
d’efficacité de 98,4 % atteint en utilisant la technologie
carbure de silicium (SiC), il réduit considérablement
les coûts d’exploitation (OPEX), les
besoins en refroidissement et les coûts de maintenance.
Son redresseur bidirectionnel facilite
l’intégration des énergies renouvelables, tandis
que les modules de by-pass et d’alimentation
remplaçables à chaud, l’analyse prédictive et une
conception compacte assurent la gestion d’une
alimentation fiable et peu encombrante. De plus,
les fonctions Smart Grid, les contrôles et la surveillance
à distance complètent les fonctionnalités
offertes par l’ASI Keor FLEX. Cet onduleur est
parallélisable jusqu’à 4 unités soit 4,8 MW.
« L’IA, l’apprentissage automatique et l’informatique
à haute densité sont en train de remodeler
l’infrastructure électrique », souligne Marc
Marazzi, vice-président de Legrand Data Center
Solutions Europe.
Les systèmes UPS traditionnels ont du mal à
répondre aux demandes croissantes d’alimentation
et de refroidissement des charges de travail d’IA.
Dans le même temps, les préoccupations concernant
le coût total de possession (TCO) poussent les
centres de données à rechercher des solutions plus
efficaces et évolutives. Keor FLEX relève ces défis
de front grâce à son architecture modulaire et à
son efficacité de pointe, garantissant la résilience,
l’évolutivité et l’optimisation de la consommation
d’énergie, tout en soutenant les objectifs de durabilité
et les engagements ESG. »
© Legrand
...
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 47
. . . . . . . .
© ABB
AVIS D’EXPERT
Almamy Faty.
...
Jusqu’à récemment,
l’alimentation moyenne
tension (HTA) restait
cantonnée à l’alimentation
du datacenter en
électricité, du réseau aux
transformateurs et cellules
de protection. En aval des
transformateurs HTA/
BT, tous les équipements
étaient alimentés en basse
tension (onduleurs, PDU,
baies et racks).
Almamy Faty, Business
Developer Critical Power
& UPS chez ABB France,
explique que « l’explosion
de l’IA entraîne une
augmentation significative
de la puissance des
datacenters, passant
de 10 MW pour les plus
grands à des projets
potentiellement de plusieurs
centaines de mégawatts.
Cette montée en puissance
impacte l’architecture des
datacenters, où les UPS
sont actuellement installés
au plus près des salles
serveurs. Il devient donc
48 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
Schneider Electric a complété ses gammes
d’onduleurs triphasés avec le Galaxy VXL
Pour Gaël Roquain, c’est le résultat de 10 ans d’innovations
et d’évolutions technologiques pour
cette gamme d’onduleurs triphasés, modulaires,
« AI Ready », à haut rendement de 500 à 1500 kW
avec option eConversion.
« Sa conception compacte évoluée, sa technologie
haute densité et son architecture à tolérance de
panne optimisent la disponibilité, l’efficacité opérationnelle
et la protection de charges critiques tout
en réduisant le coût total de possession (TCO).
Grâce à ses technologies brevetées, cet onduleur
offre une efficacité énergétique allant jusqu’à
97,5 % en mode double conversion et jusqu’à
99,3 % en mode eConversion (mode activable dès
5 % de charge). Ce dernier mode haute efficacité
breveté et développé par Schneider Electric garantit
une protection de l’alimentation classe 1 tout
en réduisant d’un facteur de deux les émissions de
carbone liées au fonctionnement des onduleurs en
double conversion. L’évolutivité permet de finan-
Almamy Faty, Business Developer Critical Power & UPS d’ABB France
« L’HiPerGuard UPS, une nouvelle
génération de système d’alimentation
sans interruption en HTA. »
pertinent de repenser le
design, car la basse tension
atteint ses limites face à de
telles puissances élevées.
L’idée serait de passer à une
distribution en moyenne
tension, pouvant aller jusqu’à
20 kV.
Pour les grandes installations
électriques critiques, ABB a
développé l’HiPerGuard UPS,
une nouvelle génération de
système d’alimentation sans
interruption en HTA. Cet
onduleur moyenne tension
fournit une alimentation
continue et fiable de 6,6 à
24 KV. Cette alimentation
est utilisée pour protéger les
charges, tout en réduisant les
temps d’arrêt.
Cet onduleur à haute
performance maximise la
résilience et la continuité de
l’alimentation. Cela va avoir
plusieurs avantages :
• des économies en
coûts d’infrastructure :
on pourra utiliser des
groupes électrogènes
avec des alternateurs en
HTA pour des puissances
allant jusqu’à 10-20 MW.
Cela permet de limiter le
nombre d’équipements et
d’accélérer la mise en œuvre
de l’installation. La section
des câbles va aussi diminuer
et les pertes d’énergie seront
réduites ;
• un gain sur le rendement :
HiPerGuard offre les plus
hauts niveaux d’efficacité
disponibles sur le marché,
avec un rendement de
98 %, ce qui se traduit
par une réduction des
coûts d’exploitation et des
émissions de carbone.
Cette solution, intéressante
notamment à partir de
15-20 MW, est déjà utilisée
dans l’industrie, mais elle
est pertinente pour les
datacenters (ABB a plusieurs
références dans le monde).
Chaque alimentation
HiPerGuard UPS se
compose de 18 modules
en parallèle pour une
puissance maximale de
2,5 MW. La mise en parallèle
de 10 machines permet
d’obtenir une puissance
de 25 MW et peut assurer
différentes fonctions
avec sa self couplée aux
convertisseurs de puissance
(protection contre les
Onduleur moyenne
tension HiPerGuard
d'ABB.
surtensions, sous-tensions
et coupures). HiPerGuard
est conçu pour assurer la
disponibilité du système à
long terme. Sa conception
et les composants mis
en œuvre permettent de
réaliser une maintenance
tous les 10 ans, avec une
visite de contrôle annuelle,
ce qui permet aux équipes
de maintenance de gagner
du temps et de réaliser des
économies. À noter aussi
les gains en encombrement
et en sécurité. Ses
performances de protection
de la charge sont conformes
à la norme IEC 62040-3
Classe 1. L’HiPerGuard
est également certifié
par le programme ABB
EcoSolutions qui garantit
une circularité complète du
produit tout au long du cycle
de vie. »
© ABB
cer au fur et à mesure de l’évolution de puissance
demandée, réduisant à la fois les investissements
et le coût total de possession (TCO). Équipez-vous
des modules de puissance dont vous avez besoin
au départ et profitez d’une efficacité opérationnelle
optimisée, puis ajoutez des modules de puissance
Live Swap certifiés lorsque vos besoins augmentent.
Nous appelons ces modules des Live Swap,
c’est-à-dire qu’ils sont extractibles et insérables à
chaud, comme des modules Hot Swap ordinaires,
mais qu’ils ne présentent pas de risque de choc
électrique lors de ces manipulations.
La conception modulaire offre également une
redondance interne N+1, qui multiplie par 10
la disponibilité du système sans encombrement
supplémentaire. Galaxy VXL est compatible avec
les batteries lithium-ion ou VRLA classiques,
offrant une autonomie flexible et prévisible pour
les charges critiques. Galaxy VXL est connecté à
EcoStruxureTM pour plus de tranquillité d’esprit à
tout moment. La mise en service est incluse dans
l’offre pour optimiser les performances, la qualité
et la sécurité des systèmes. Sa conception modulaire
et sa fiabilité supérieure font du Galaxy VXL
la colonne vertébrale idéale pour une infrastructure
critique. »
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
Des onduleurs Socomec modulaires
et extensibles à chaud
« Les UPS de Socomec évoluent pour atteindre un
rendement allant jusqu’à 99 % grâce aux modes
SMART Conversion, ce qui permet de réduire
significativement la consommation d’énergie et
les besoins en refroidissement, explique Marie-
Hélène Ducoin, Marketing Manager Expert services
de Socomec. Leur architecture modulaire,
extensible à chaud et dotée de redondance N+1,
garantit une grande fiabilité tout en s’adaptant
facilement aux besoins évolutifs des utilisateurs.
Enfin, la mise en œuvre de services connectés et
d’outils de maintenance prédictive alimentés par
l’intelligence artificielle contribue à optimiser le
coût total d’utilisation et à réduire les coûts d’exploitation
et de maintenance.
Ces évolutions se traduisent notamment par
le lancement de nouveaux onduleurs. DEL-
PHYS XM, allant de 300 à 800 kVA/kW, répond
aux exigences de centres de données modernes et
autres infrastructures critiques. Conçu pour être
flexible, DELPHYS XM prend en charge les batteries
plomb-acide et lithium-ion et offre une entrée
de câble par le haut ou par le bas pour s’adapter
aux différents besoins du site. Son électronique
classée IP21 et IP3X et un vernis de tropicalisation
(Conformal Coating) le protègent contre les
conditions environnementales du site, garantissant
une adaptabilité à de multiples applications.
De son côté, l’onduleur modulaire MODULYS XM,
conçu autour de modules de 50 kW configurables,
permet de monter jusqu’à 600 kW avec redondance,
tout en garantissant une fiabilité exceptionnelle
(MTBF supérieur à un million d’heures)
et une durée de vie dépassant 25 ans dans un
datacenter, le tout avec le même encombrement
réduit au sol. La gamme est ainsi composée d’un
ensemble optimisé de systèmes entièrement équipés
: MODULYS XM pour 250 kW + 50 kW avec
redondance et MODULYS XM, pour 600 kW +
50 kW avec redondance.
Socomec propose en outre des services connectés,
comme l’application SoLive et le dépannage à distance,
qui renforcent encore davantage la continuité
de service et la maîtrise des coûts d’exploitation.
»
Grâce à l’intégration de la technologie PowerUp,
Socomec propose des solutions d’analyse prédictive
alimentées par l’intelligence artificielle,
Onduleur triphasé
DELPYS XM de Socomec.
© Socomec
...
© Schneider Electric
Onduleur modulaire MODULYS XM
de Socomec.
Onduleur
modulaire
Galaxy VXL
500-1250 KW
de Schneider
Electric.
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© Socomec
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Vertiv
Solution logicielle
PowerUp de Socomec
pour la surveillance des
batteries.
Onduleur Vertiv
Trinergy de 1500 à
2500 kVA.
...
50 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
capables de détecter de manière précoce les
défaillances et d’estimer la durée de vie des batteries.
« Au-delà des mesures de sécurité standard du système
de gestion des batteries (BMS), les clients de
Socomec bénéficient d’une protection supplémentaire
grâce aux algorithmes brevetés de PowerUp,
explique Nicolas Brockhoff, Product Marketing
Manager de Socomec. Ces derniers permettent aux
propriétaires de systèmes de stockage d’énergie par
batterie (BESS) de détecter les premiers signes de
dégradation de la batterie et d’identifier les anomalies
des mois avant qu’elles n’entraînent des incidents
de sécurité. Il s’agit d’une amélioration significative
par rapport aux normes industrielles, qui n’identifient
généralement les problèmes que quelques jours
ou quelques heures avant un incident.
© Socomec
Ces solutions assurent également une surveillance
en temps réel des paramètres essentiels tels que la
tension, la température et le courant, avec un système
d’alertes intelligentes. Elles renforcent ainsi la
sécurité en prévenant les risques thermiques et les
incidents critiques, tout en permettant de passer
d’une maintenance corrective à une maintenance
prédictive. Déjà utilisées dans le domaine du stockage
d’énergie (ESS), ces solutions seront prochainement
étendues aux onduleurs (ASI), garantissant
une continuité et une fiabilité accrues pour les
datacenters. »
Vertiv, la nouvelle génération d’ASI pour
répondre aux exigences de haute puissance
et de haute disponibilité d’IA dans les
déploiements en salle et préfabriqués
Vertiv, fournisseur mondial de solutions de continuité
et d’infrastructures numériques critiques,
propose Vertiv Trinergy, une alimentation
sans interruption (ASI) conçue pour répondre
aux exigences de charge variable des datacenters,
et Vertiv PowerNexus, une solution intégrée qui
permet un couplage étroit à faible encombrement
entre l’ASI et l’appareillage électrique du système.
L’ASI Vertiv Trinergy est disponible dans les puissances
1 500, 2 000 et 2 500 kVA.
« Vertiv Trinergy étend le concept de modularité à
tous les niveaux de l’architecture de l’ASI, explique
Séverine Hanauer. Les modules peuvent être combinés
pour s’adapter à différents types de déploiement,
ce qui permet de réaliser des économies
d’espace considérables grâce à son empreinte compacte.
Vertiv Trinergy rationalise la distribution
électrique grâce à un point de connexion unique,
réduisant ainsi la nécessité de nombreux câbles,
borniers, gaines à barres et connexions d’appareillages
électriques pour les sorties d’ASI. L’encombrement
du Vertiv Trinergy est encore plus optimisé
lorsqu’il est intégré avec l’appareillage Vertiv
PowerBoard dans le cadre de la nouvelle solution
Vertiv PowerNexus, étroitement couplée en un
seul bloc connecté par des jeux de barres internes.
Cette intégration permet également de réduire le
matériel de câblage, le temps d’installation et les
coûts de main-d’œuvre liés à l’installation. Le Vertiv
PowerNexus est également disponible intégré
sur site, sous forme de skid d’alimentation ou intégré
dans une armoire, offrant une flexibilité pour
répondre aux besoins spécifiques du site. L’intégration
du Vertiv PowerNexus est réalisée en usine,
ce qui permet d’économiser du temps d’installation
sur le site. Le système intégré Vertiv EPMS
(energy and power monitoring system) avec surveillance
de l’énergie embarquée rend le système
plus sûr, plus fiable et plus exploitable dès sa mise
en service, en augmentant la visibilité et en réduisant
le nombre d’interconnexions. »
Accélérer la construction de datacenters
avec des modules préfabriqués
Les entreprises déploient des clusters d’IA et
sont aux prises avec des densités de puissance de
rack extrêmes, qui devraient atteindre 1 MW et
au-delà.
Schneider Electric propose de nouvelles solutions
de datacenter spécialement conçues pour
répondre aux exigences intensives des architectures
de cluster d’IA de nouvelle génération.
Dans le cadre de l’évolution de son portefeuille de
solutions de datacenter EcoStruxure, Schneider
Electric a lancé une solution de datacenter
modulaire préfabriqué EcoStruxure Pod qui
consolide l’infrastructure pour le refroidissement
liquide, les busway haute puissance et les racks
NetShelter haute densité. De plus, les solutions
de rack EcoStruxure intègrent des configurations
de rack et des cadres conçus pour accélérer les
déploiements de centres de données de calcul
haute performance (HPC) et d’IA. Les nouvelles
solutions EcoStruxure Pod Data Center et EcoStruxure
Rack sont désormais disponibles dans le
monde entier.
« La nouvelle gamme de solutions de Schneider
Electric équipe les clients de solutions d’espaces
LES DOSSIERS DU MOIS
© Schneider Electric
Alimentation
blancs intégrées,
validées par les
données et facilement
évolutives qui
répondent aux nouveaux
défis de la conception
de pods et de racks, de la
distribution d’énergie et de la gestion
thermique.
Le centre de données modulaire préfabriqué
EcoStruxure Pod, avec son architecture de pod
préfabriquée et évolutive, permet aux opérateurs
de déployer des racks haute densité, prenant en
charge des pods jusqu’à 1 MW et plus, à grande
échelle. Conçue sur mesure, la nouvelle infrastructure
de pod offre de la flexibilité et prend en charge
le refroidissement liquide, le bus d’alimentation,
le câblage complexe, ainsi que le confinement des
allées chaudes, les architectures de refroidissement
des échangeurs de chaleur InRow et des portes
arrière. Le centre de données modulaire préfabriqué
EcoStruxure Pod est désormais livré préconçu
et préassemblé avec tous les composants pour un
déploiement rapide afin de prendre en charge les
charges de travail à haute densité. »
Comme le souligne Gaël Roquain, de Schneider
Electric, « la nouvelle solution Pod modulaire est
un datacenter miniature “cube ou Pod” reprenant
les composants critiques d’un datacenter avec
des onduleurs, des racks et PDU, des systèmes de
refroidissement et du software.Cette solution clé
en main/customisée permet de répondre à l’ensemble
des besoins du marché datacenter régional :
• Une installation rapide, flexible et évolutive grâce
à la modularité des équipements ;
• une consommation énergétique optimisée grâce
au confinement (pour information, les systèmes de
refroidissement représentent 50 % de la consommation
totale du datacenter, il est donc important
d’optimiser les flux d’air et l’efficacité de la ventilation)
;
...
Solution d’alimentation
intégrée Vertiv
PowerNexus combinant
onduleur Vertiv
Trinergy et appareillage
PowerBoard.
Centre de données
modulaire pour l’IA
EcoStruxure Pod de
Schneider Electric.
© Vertiv
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 51
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
Vertiv MegaMod
CoolChip, solution de
datacenter modulaire
préfabriqué
avec système de
refroidissement
liquide.
...
52 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
© Vertiv
• une amélioration de la sécurité et de la cybersécurité
grâce à EcoStruxure IT (surveillance de l’environnement
d’installation – software – capteurs
– robustesse mécanique des équipements) ».
Pour répondre à la demande croissante en
infrastructures pour l’IA et le calcul haute performance
qui pousse les entreprises à rechercher
des solutions de déploiement plus rapides et plus
efficaces pour leurs datacenters, Vertiv a développé
Vertiv OneCore.
Pour Séverine Hanauer, « cette offre répond aux
besoins des datacenters de grande envergure (5 à
50 MW) en proposant une approche hybride innovante
qui combine une structure en acier préfabriquée
avec des composants modulaires intégrés en
usine. Cette solution clé en main permet de réduire
significativement les délais de déploiement tout en
offrant une grande flexibilité dans la conception,
rendant possible l’adaptation aux besoins spécifiques
de chaque projet.
Pour les déploiements nécessitant une réponse
ultrarapide aux besoins de calcul IA, Vertiv Mega-
Mod CoolChip apporte une solution complémentaire
sous forme de modules préfabriqués intégrant
nativement le refroidissement liquide direct-tochip.
Capable de supporter plusieurs centaines
de kilowatts par rangée, cette solution permet de
réduire jusqu’à 50 % le temps de déploiement par
rapport à une construction traditionnelle, tout en
permettant une gestion thermique optimale des
charges de calcul intensif.
Ces deux solutions répondent à des besoins différents
: Vertiv OneCore s’adresse aux projets
datacenters à très grande échelle, comme les usines
d’IA, nécessitant une infrastructure évolutive et
personnalisable, tandis que MegaMod CoolChip
cible les déploiements rapides d’infrastructures
haute densité optimisées pour l’IA. Dans les deux
cas, Vertiv présente un point de contact unique et
une intégration complète, de la conception à la
© Siemens
mise en service, simplifiant considérablement la
réalisation des projets.
Les deux solutions partagent un engagement fort
en matière d’efficacité, grâce à des technologies
avancées permettant d’optimiser l’efficacité énergétique
et de réduire l’empreinte environnementale.
Elles bénéficient également du support du réseau
mondial de services Vertiv, assurant une maintenance
optimale et une disponibilité optimale tout
au long du cycle de vie de l’infrastructure ».
Des solutions modulaires pour l’Edge
Alors que la demande de calcul fiable et haute
performance s’accélère sous l’impulsion de l’IA,
du traitement en périphérie et des applications
gourmandes en données, les entreprises ont
besoin d’une infrastructure agile, efficace et rapidement
déployable qui évolue aussi vite que leurs
besoins.
Siemens Smart Infrastructure, Cadolto Datacenter
et Legrand Data Center Solutions proposent,
pour répondre à ce besoin, un nouveau centre de
données Edge modulaire clé en main.
Ces entreprises proposent des modules préfabriqués
personnalisables qui peuvent être adaptés
à des besoins opérationnels uniques et déployés
rapidement, avec des cycles de planification de
6 à 12 mois. Les modules préfabriqués doivent
convenir à la fois à un fonctionnement permanent
et à une utilisation intermédiaire.
Siemens intégrera sa gamme complète de technologies
d’infrastructure intelligente, de la distribution
d’énergie moyenne et basse tension à
l’automatisation des bâtiments, en passant par la
sécurité incendie et les systèmes de sécurité physique.
Des contrats de maintenance optionnels et
la connexion à un centre de contrôle d’urgence et
de service 24 h/24 et 7 j/7 complètent la solution.
Cadolto Datacenter agira en tant que fabricant
et entrepreneur général du centre de données
Datacenter modulaire de Siemens.
© DR
modulaire Edge, en livrant le bâtiment modulaire
préfabriqué avec climatisation intégrée.
Legrand apportera des infrastructures d’espaces
blancs, notamment des racks et des câbles structurés,
ainsi que des unités de distribution d’énergie
(PDU) et des systèmes d’alimentation sans
coupure (UPS).
« Avec l’accélération de la transformation numérique
dans tous les secteurs, nos clients ont besoin
d’une infrastructure qui évolue aussi vite qu’eux »,
a déclaré Ciaran Flanagan, responsable mondial
AVIS D’EXPERT
Pascal Bodin.
Quand on pense aux
infrastructures critiques
des datacenters, on parle
souvent de refroidissement,
de serveurs ou de
distribution électrique.
Mais il existe un composant
qui agit dans l’ombre et
dont dépend pourtant toute
la continuité de service : la
batterie de l’onduleur (UPS).
Les batteries sont « la
dernière ligne de défense »
en cas de coupure du
réseau. Si elles échouent,
même l’architecture
la plus redondante ne
pourra pas éviter l’arrêt.
En réalité, de nombreuses
études indépendantes
montrent que la défaillance
de batteries reste l’une
des principales causes
d’interruptions non
planifiées dans le monde.
C’est pourquoi la
supervision des batteries
n’est plus une option, mais
une nécessité.
• Détection précoce :
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
des solutions et services de centre de données
chez Siemens AG. Cette solution offre toutes les
performances d’un datacenter traditionnel, mais
avec l’agilité d’évoluer rapidement, adaptée aux
besoins spécifiques de nos clients. Lorsqu’il s’agit
d’augmenter la capacité, il suffit de la brancher. »
L’importance croissante des tests
des équipements avant mise en service
De nombreux équipements électriques des
datacenters doivent être testés lors des essais et
Pascal Bodin, vice-président EMEA de PowerShield
« La supervision des batteries : héros
silencieux de la fiabilité des datacenters. »
un suivi au niveau de la
cellule ou du bloc permet
d’identifier rapidement
les anomalies (baisses de
tension, résistance interne
en hausse, surchauffe).
• Prédictif vs réactif : plutôt
que de remplacer toutes les
batteries selon un planning
fixe, les données de santé
permettent de prendre
des décisions ciblées et
optimisées – réduisant à la
fois les coûts et le gaspillage.
• Durabilité : des batteries
bien gérées durent plus
longtemps, offrent un
meilleur rendement
énergétique et limitent
l’empreinte carbone
ainsi que les déchets
électroniques.
• Conformité &
transparence : les
plateformes de supervision
fournissent des rapports et
historiques essentiels pour
les « colocation providers »,
hyperscalers ou institutions
soumises à des SLA stricts.
• Visibilité à distance : grâce
aux solutions connectées,
il est possible de piloter
plusieurs sites à l’échelle
mondiale et de garantir la
cohérence opérationnelle.
En résumé, la supervision
des batteries protège bien
plus que les batteries ellesmêmes
: elle protège la
disponibilité, la réputation et
la rentabilité. Alors que les
datacenters se développent,
intègrent les énergies
renouvelables et cherchent
toujours plus d’efficacité,
la capacité à prédire et
anticiper l’état des batteries
devient cruciale.
Ma conviction : dans le
monde des infrastructures
numériques, on ne peut
gérer que ce que l’on
peut mesurer. Et pour les
batteries, la mesure est la
clé.
PowerShield – Leader
mondial de la surveillance
avancée des batteries
Depuis plus de 25 ans,
PowerShield s’impose
comme la référence
mondiale en matière de
solutions de « Battery
Monitoring » pour les
infrastructures critiques :
datacenters, banques,
hôpitaux, télécoms et
utilities.
Nous offrons des systèmes
de surveillance pour les
batteries VRLA et nickelcadmium,
avec un niveau de
précision inégalé :
- Échantillonnage ultraprécis
toutes les 4 secondes de
chaque bloc batterie ;
- Suivi en temps réel des
paramètres clés : tension
(DC et ripple), courant (DC
et ripple), température
(par bloc et ambiante),
impédance ;
- Tableaux de bord intuitifs,
visuels et conviviaux, pour
une prise de décision rapide.
Toujours à la pointe de
...
l’innovation, PowerShield a
lancé une solution dédiée
aux batteries lithium pour
UPS, élargissant ainsi son
spectre d’expertise : en
2025, PowerShield a lancé
Assure Software, venant
remplacer l’historique
solution Link.
• 100 % cloud-based :
accessible partout, sur tout
appareil connecté.
• Sécurité maximale :
transfert de données par
UDP et mail, excluant tout
accès externe au réseau
client.
• Gestion complète des
actifs batteries avec
prédiction de fin de vie,
maintenance préventive
et planification budgétaire
optimisée.
• Version sur site
disponible fin 2025 pour
les environnements
nécessitant un
hébergement local.
Fondée en 1996 à
Auckland (Nouvelle-
Zélande), PowerShield
dispose aujourd’hui d’un
réseau international
robuste et nous sommes
fiers d’accompagner
les plus grands acteurs
mondiaux de la colocation
et de l’hyperscale, qui nous
considèrent comme leur
fournisseur privilégié en
solutions de surveillance
des batteries pour
onduleurs.
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 53
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Rentaload
Charge
d’essai pour
refroidissement
liquide de
Rentaload.
...
54 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
Rentaload a dû adapter ses tests et ses charges
d’essais à l’IA et au refroidissement liquide
Rentaload intervient à travers toute l’Europe
dans différents secteurs d’activité afin de réaliser
des tests électriques pour ses clients. Ces tests sont
réalisés grâce à des bancs de charge et permettent
de vérifier le bon fonctionnement des équipements
de l’infrastructure électrique incluant les
différents niveaux de redondances avant leur mise
en service et exploitation. Dernière chance de tester
les installations, ces tests sont donc très importants
et fortement recommandés.
« Nous intervenons dans différents secteurs d’activité
afin de réaliser des tests de climatisation pour
nos clients. Ces tests sont réalisés grâce à nos bancs
de charge aérothermes. Ils permettent de vérifier le
bon fonctionnement et l’efficacité de toutes les climatisations,
explique Damien Giroud.
Nous réalisons des tests de bon fonctionnement des
onduleurs. Ainsi, pour vérifier leur bon fonctionnement,
nous testons les onduleurs avec différents
bancs de charge résistifs. Ces tests vont venir confirmises
en service ou à l’occasiondes changements
de configuration dans les futures conditions de
fonctionnement.
Parmi ces équipements, on peut citer la chaîne
électrique principale, les équipements de secours
(onduleurs et batteries, groupes électrogènes),
mais aussi les systèmes de refroidissement des
baies et salles informatiques.
Damien Giroud, CEO APAC Region & Emerging
Countries de Rentaload, développe.
« Ces essais peuvent être classés en 5 niveaux :
Niveau 1 : Test en usine ou test d’acceptation en
usine (FAT)
Les tests d’acceptation en usine ou FAT ont lieu
chez le fabricant de la machine (en usine) ; ils permettent
de vérifier le bon fonctionnement de la
machine en concordance avec les caractéristiques
spécifiées au préalable dans le cahier des charges.
C’est donc une étape extrêmement importante.
Une des principales utilités du test FAT est d’éviter
d’expédier une machine défectueuse ou en dysfonctionnement
chez le client. À la suite du test FAT,
un rapport résumant les différents contrôles devra
être établi.
Niveau 2 : Inspection ou test de réception sur site
(SAT)
Une fois l’équipement livré sur site, il est inspecté
par l’agent de mise en service (contrôle de vérification).
Il s’agit de s’assurer que l’équipement correspond
bien à ce qui a été commandé et qu’il répond
également aux exigences du projet. Ces contrôles
sont généralement enregistrés via des feuilles de
contrôle et font partie du processus global.
Niveau 3 : Essais préfonctionnels (EPF) ou essais
fonctionnels des composants (EFC)
Il s’agit de l’inspection de l’installation de l’équipement
uniquement. Le constructeur et l’agent commissioning
travaillent ensemble pour déterminer si
l’équipement a été installé correctement et s’il est
conforme aux exigences et aux réglementations du
secteur. C’est également la première fois que l’équi-
pement est mis en marche et que son fonctionnement
est vérifié.
Niveau 4 : Test de performance fonctionnelle (FT)
ou Test de système fonctionnel (FST)
Une fois les inspections de niveau 3 et les tests de
démarrage terminés, le processus passe au niveau 4,
les performances fonctionnelles et les tests de site.
Ce sont des tests supplémentaires pour vérifier que
l’équipement fonctionne comme prévu et que les
défaillances ont été correctement intégrées.
Niveau 5 : Test des systèmes intégrés (IST)
Ce sont les tests finaux. Au cours de cette dernière
étape, l’accent est mis sur la preuve que tous les systèmes
peuvent fonctionner ensemble et répondre
aux exigences de conception et de projets attendus.
Les tests renvoient généralement les systèmes
mécaniques, connus sous le nom de “test de charge
thermique”, et les systèmes électriques, connus sous
le nom de “tests électriques intégré”. Ils sont généralement
dirigés séparément, car ils ont des objectifs
légèrement différents. »
Les tests de charge thermique sont effectués
pour prouver que la réponse thermique de la
salle informatique dans différentes conditions
de charge de chauffage et scénarios de défaillances
se situe dans les tolérances stipulées par la
conception.
Les tests électriques intégrés sont effectués pour
prouver qu’en cas de certaines pannes dans
les systèmes électriques et les alimentations
entrantes, l’utilisation du datacenter ne sera pas
affectée et maintiendra son état de fonctionnement
sans temps d’arrêt.
mer (ou non) que les onduleurs sont bien en mesure
de prendre le relais en cas de panne du réseau électrique
principal. Les tests de batteries qui visent,
entre autres, à vérifier l’état des batteries ainsi
que leur vieillissement dans le temps, présentent
quelques spécificités, qu’ilfaut connaître.
Nous intervenons également dans différents secteurs
d’activité afin de réaliser des tests sur les
groupes électrogènes. Ces tests périodiques sont
fortement recommandés, voire obligatoires pour
certains secteurs. »
Le développement du refroidissement liquide
et la montée en puissance des différents équipements
(onduleurs, groupes électrogènes,
CDU qui vont dépasser le MW) demandent
de nouveaux bancs de tests, de nouvelles procédures
d’essais avec des moyens adaptés.
Dans un contexte où le déploiement de l’IA
LES DOSSIERS DU MOIS
Alimentation
appelle de nouvelles solutions de refroidissement,
Data4 a lancé un projet pilote (POC) sur
son campus de Marcoussis pour optimiser la
conception du système de refroidissement Direct
Liquid Cooling (DLC) afin de le rendre plus efficace
sur un plan énergétique et moins impactant
pour l’environnement. Rentaload a mis à disposition
les premiers bancs de charge hybrides
liquide + air, capables de diffuser de la chaleur à
la fois dans l’air et dans le réseau d’eau DLC.
Damien Giroud confirme : « Les essais étant
vraiment concluants, nous avons industrialisé le
produit – en y apportant quelques modifications
par rapport aux prototypes utilisés chez Data4–, et
aujourd’hui, le Mixy 200 de 200 kW fait partie de
l’offre locative. »
Jean-Paul Beaudet
Utiliser un jumeau numérique pour simuler les besoins
en énergie d’un datacenter d’IA
Schneider Electric et ETAP
ont développé un jumeau
numérique capable de
concevoir et de simuler
avec précision les besoins
en énergie des usines
d’IA. En s’appuyant sur le
Nvidia Omniverse Blueprint
pour les jumeaux
numériques d’usine
d’IA, Schneider Electric
et ETAP permettent
le développement de
jumeaux numériques qui
rassemblent plusieurs
entrées pour les systèmes
mécaniques, thermiques,
réseau et électriques afin de
simuler le fonctionnement
d’une usine d’IA. Cette
collaboration est destinée
à transformer la conception
et les opérations d’AI
Factory en fournissant une
meilleure compréhension
et un meilleur contrôle des
systèmes électriques et
des exigences en matière
d’alimentation, ce qui offre
une opportunité de gains
significatifs en termes
d’efficacité, de fiabilité et de
durabilité.
Alors qu’il était
auparavant possible de
visualiser les systèmes
électriques, l’intégration
des technologies ETAP
et Nvidia Omniverse permet
la création d’un jumeau
numérique complet de
l’AI Factory où plusieurs
dynamiques interagissent
de manière transparente.
La technologie de
modélisation sophistiquée
d’ETAP créera une
réplique virtuelle de
l’infrastructure électrique
d’un centre de données
et la combinera avec
des données de système
d’alimentation en temps
réel, des analyses avancées
et des informations. Des
algorithmes intelligents
analysent et prédisent les
modèles de consommation
et de distribution de
l’énergie, ce qui permet
© Rentaload
Différentes charges pour
tester les installations
d'un datacenter avant
mise en service.
d’obtenir des informations
sans précédent sur :
• Les conception et
simulation avancées de
systèmes électriques ;
• l’analyse dynamique de
scénarios « What-If » ;
• le suivi en temps réel
des performances de
l’infrastructure électrique ;
• l’optimisation avancée de
l’efficacité énergétique ;
• la maintenance prédictive
et l’évaluation de la
fiabilité du système ;
• Les besoins en
infrastructure basés sur la
consommation d’énergie
qui peuvent aider à réduire
le coût total de possession.
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LES DOSSIERS DU MOIS
Gestion de l’éclairage
Les installations d’éclairage
contribuent à la performance
énergétique et au bien-être
dans les bâtiments tertiaires
La gestion de l’éclairage tient une place centrale pour les bâtiments
tertiaires en concourant tant au confort et à la santé des occupants qu’à la
performance énergétique globale du bâtiment. Les solutions d’aujourd’hui
pour la rénovation se veulent donc agiles, communicantes et adaptables.
Zoom et exemples.
Les priorités de l’éclairage tertiaire
La gestion de l’éclairage pour les bâtiments tertiaires
désigne l’ensemble des dispositifs, stratégies
et technologies mis en place pour optimiser
l’utilisation de l’éclairage dans les locaux professionnels
(bureaux, commerces, écoles, hôpitaux,
etc.). L’objectif principal est d’allier confort visuel,
efficacité énergétique et respect des réglementations.
La gestion de l’éclairage dans le secteur tertiaire
s’articule autour de quatre enjeux majeurs :
- Régulation : ajuster l’intensité et la durée de
l’éclairage selon l’occupation des locaux et la
lumière naturelle.
- Automatisation : recourir à des systèmes intelligents
(détecteurs de présence, capteurs de
Multicapteur PD5N-Lamella-BMS2 DALI-2 de B.E.G. pour encastrement en plafond lamellé.
© B.E.G.
luminosité, horloges astronomiques) pour un
pilotage en temps réel.
- Performance énergétique : minimiser la
consommation d’énergie, en ligne avec les
réglementations comme le décret tertiaire.
- Confort et santé : offrir un éclairage optimal
(qualité, température de couleur, absence
d’éblouissement) pour le bien-être des occupants.
© B.E.G.
© B.E.G.
© Sylvania Group
Capteurs indépendants ou capteurs intégrés :
les incontournables pour réguler
et automatiser
Les capteurs sont les éléments indispensables
pour réguler et adapter intensité et durée d’éclairage
en fonction de l’occupation des locaux et de
la lumière naturelle disponible, et ainsi, ajuster
l’éclairage en temps réel avec notamment des
détecteurs de présence et des capteurs de luminosité.
AVIS D’EXPERT
LES DOSSIERS DU MOIS
Gestion de l’éclairage
Intégrés ou non aux luminaires, les capteurs sont
souvent des « multicapteurs » intégrant la détection
d’occupation et de luminosité, mais aussi le
comptage de personnes et le niveau sonore, leur
intégration ou non aux luminaires étant un choix
lié à la configuration des bâtiments, à la hauteur
et à la nature des plafonds et au positionnement
des luminaires par exemple, aux possibilités de
communication existantes dans le bâtiment en
cas de rénovation…
Rénovation de gestion de l’éclairage en tertiaire
Le centre de La Boursidière (92)
Le centre de
La Boursidière, ce sont
plus de 30 locataires et
près de 2 000 salariés
répartis dans 16 bâtiments
sur une surface totale
de 65 000 m 2 . Soumis au
décret tertiaire, le site
a retenu 2013 comme
année de référence. Grâce
à des investissements
majeurs réalisés après
cette date, il a déjà
réduit sa consommation
énergétique de 29 % dès
2022. « L’immeuble était
équipé de milliers de
tubes fluorescents tout ou
rien avec une puissance
installée de 50 W/m 2 ,
ce qui est considérable ;
l’éclairage était l’un de
nos principaux leviers
Espace de réunion en open-space.
Nicolas Roy, chef de produits Sylvania Group
pour atteindre l’objectif de
- 40 % en 2030 », explique
Christian Choffy, assistant
au maître d’ouvrage.
À l’issue d’un audit
énergétique réalisé par les
équipes de Sylvania Group
dans un premier bâtiment
R+4, les luminaires led
Optix d’une puissance
installée d’à peine 5 W/m 2
– soit 10 fois moins
qu’auparavant – ont été
préconisés.
« Associés à la solution
de gestion d’éclairage
intelligent SylSmart
Connected, chaque
luminaire détecte la
présence et la luminosité et
apportent ainsi un excellent
maillage de détection tout
en procurant une réduction
supplémentaire de 10 % en
kWh consommé, détaille
l’expert. La supervision
de la consommation est
effectuée en temps réel
Salle de réunion à La Boursidière.
...
via la solution SylSmart ®
Connected Pro, qui peut
permettre une connexion à
une GTB via une passerelle
cloud ou BACnet. »
Luminaires sur mesure réalisés dans l’usine de Saint-Étienne
de Sylvania Group.
© A. Pequin/Sylvania Group
© Sylvania Group
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. . . . . . . .
Multicapteur de
Schneider Electric
permettant le
comptage de
personnes, la détection
de mouvement, la
luminosité, le niveau
sonore, la température
et l’humidité.
...
© Legrand
58 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Gestion de l’éclairage
Les capteurs indépendants proposent souvent
plusieurs modes de communication basés sur
des protocoles largement répandus. « Grâce à
ces capteurs, il est possible d’améliorer la détection
d’occupation des pièces sur de vastes zones de
couverture, et d’obtenir une analyse plus précise de
la luminosité, tout en optimisant le nombre d’appareils
installés. Sur certains projets, les produits
B.E.G. sont directement intégrés aux luminaires,
notamment lorsque les plafonds sont trop hauts
ou qu’une installation au plafond est impossible »,
détaille Jérôme Legris, prescripteur Sud-Ouest
B.E.G. France.
« Les produits B.E.G. communiquent majoritairement
via un câblage filaire : soit directement sur les
luminaires pour une installation classique et compacte
par pièce, soit via un bus de communication
(DALI, KNX) », souligne l’expert de B.E.G. Certains
produits peuvent également fonctionner en
mode Bluetooth, notamment grâce à la technologie
Casambi.
L’utilisation de capteurs multifonctions permet
aussi d’optimiser les économies d’énergie liées à
l’éclairage. « Ces capteurs détectent la présence ou
le mouvement dans une pièce : en l’absence d’occupants,
les lumières s’atténuent ou s’éteignent, puis
se rétablissent au niveau précédent lors du retour
des utilisateurs (sans réactivation systématique).
Grâce à cette gestion intelligente, la consommation
électrique peut être réduite de 35 % à 50 %,
selon la configuration », ajoute Gilles Montigny,
© Schneider Electric
Détecteur grande hauteur
DALI-Casambi (PD4-CAS-GH
DALI- 2) de B.E.G.
Contrôleur de zones
multiprotocoles
LG-048584-WEB-R Area
Manager de Legrand.
responsable produits connectés pour Schneider
Electric.
En complément, ces capteurs permettent d’intégrer
une télécommande pour les occupants afin
de modifier manuellement l’éclairage ou d’autres
fonctions. Les capteurs peuvent s’intégrer harmonieusement
à l’environnement existant, avec
des options de coloris variés (RAL).
Legrand propose également une gamme de détecteurs
évolutifs baptisée Light Up. Petits et discrets,
les multicapteurs de la gamme sont conçus
pour être installés au plafond et s’intègrent selon
le fabricant dans tous les types de pièces de bâtiments
tertiaires. Les multicapteurs sont aussi un
élément de la suite complète WEOZ proposé
par Legrand qui décline : solution de contrôle
d’éclairage et recueil des données d’environnement,
compteurs de mesures énergétiques, et
contrôle CVC avec Airzone, le tout connecté à un
réseau de gestionnaire de zones multiprotocoles.
Gestion de l’éclairage et rénovation,
avec ou sans fil : telle est la question
« En rénovation, lorsque le recâblage est possible,
la solution avec bus DALI se révèle souvent la plus
appropriée, car l’installateur peut réutiliser une
grande partie du câblage existant. Dans les bâtiments
de grande surface ou de grande hauteur
(entrepôts, plateformes logistiques, etc.), la technologie
sans fil peut en revanche présenter un réel
intérêt », explique Jérôme Legris.
© B.E.G.
...
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. . . . . . . .
© Schneider Electric
L’offre complète
DIRECT EASY
de Ledvance.
AVIS D’EXPERT
Gilles Montigny.
...
Pour l’éclairage, une
GTB communicante doit
intégrer le protocole DALI,
largement adopté dans les
bâtiments commerciaux et
industriels. « Ce protocole
permet un pilotage
individuel des appareils
et une communication
bidirectionnelle (luminaires,
ballasts, etc.), offrant
notamment des retours
60 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
d’état et des alertes en cas
de défaut », explique Gilles
Montigny de Schneider
Electric.
Dans les bâtiments soumis
au décret tertiaire, la GTB
peut s’appuyer sur un
réseau backbone IP pour
centraliser les données.
Ce réseau fédère des
contrôleurs intelligents par
zone, qui communiquent
généralement en BacNet IP
et intègrent pour la gestion
d’éclairage les protocoles
DALI, ou encore via des
passerelles KNX/Modbus
selon les configurations.
« Il s’agit de créer un
écosystème homogène
et communicant, tous
les produits sont ainsi
connectés à un contrôleur
Gestion de l’éclairage
L’expert de B.E.G. souligne par ailleurs que les
solutions multicapteurs doivent être compactes
afin d’optimiser leur nombre tout en garantissant
une intégration discrète.
« Depuis peu, Ledvance propose une solution sans
fil baptisée DIRECT EASY destinée aux professionnels,
et qui se veut simple, pratique et
Gilles Montigny, responsable produits connectés
pour Schneider Electric
© Ledvance
intelligente », explique Matthieu Krempp, chef
de produits chez Ledvance. La solution se distingue
notamment par une mise en service
intuitive via une application smartphone et un
appairage via Bluetooth ou Zigbee 3.0, et par la
possibilité de grader l’éclairage manuellement ou
automatiquement. Les détecteurs de présence et
de luminosité pilotent l’ensemble des luminaires
dans une zone ou un groupe, et permettent une
gestion automatique de l’éclairage avec à la clé
jusqu’à 80 % d’économies d’énergie par rapport
à un éclairage conventionnel. « DIRECT EASY
permet aussi de créer de façon très flexible autant
de zones que nécessaire, chacune pouvant contenir
jusqu’à 40 luminaires, 6 détecteurs et 4 variateurs
et/ou interrupteurs cinétiques, et ce, sans contrôleur.
Aucune connexion internet ni aucun contrôleur
n’est nécessaire, et le système est modulable et
permet de faire évoluer la configuration aisément,
par exemple pour l’ajout ou le retrait d’appareils,
sans impacter la configuration existante », ajoute
l’expert de Ledvance.
La solution répond ainsi aux besoins des professionnels
recherchant simplicité et efficacité dans
la rénovation des éclairages, aussi bien pour le
petit et le grand tertiaire, et vient compléter l’offre
La GTB communicante, support d’une
solution complète CVC, éclairage et stores
Exemple d’architecture GTB pour la gestion CVC et éclairage.
de zone qui gère à la fois
la CVC, l’éclairage et les
stores, le confort visuel avec
un éclairage de qualité,
et le confort corporel en
agissant sur les paramètres
de chauffage, ventilation et
climatisation. L’occupant
peut ainsi gérer l’ensemble
des paramètres température,
éclairage stores sur une
même application », poursuit
l’expert de Schneider
Electric.
...
© Schneider Electric
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. . . . . . . .
© Sylvania Group
Nicolas Roy,
chef de produits
pour Sylvania Group.
...
62 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Gestion de l’éclairage
existante VIVARES reposant sur les protocoles
DALI-2 (filaire) et Zigbee (sans fil).
Gestion de l’éclairage : un apport précieux
de données pour le pilotage du bâtiment
« Le suivi de l’occupation des espaces, voire d’un
niveau entier dans un bâtiment, alimente souvent
une GTB, qui coordonne alors les différents
systèmes (éclairage, CVC, stores, accès, horaires,
surveillance, etc.) afin d’adapter leur gestion et
d’améliorer le confort des occupants », introduit
Jérôme Legris de B.E.G. France. Par exemple,
une salle de réunion exposée plein sud et occupée
à 15 h au mois de juin pourra être protégée
par des stores ou des brise-soleil orientables qui
s’abaissent, bénéficier d’une ventilation ou d’une
climatisation renforcée, ainsi que d’un éclairage
ajusté en intensité et en teinte. La même salle sera
gérée différemment en hiver. Ces besoins peuvent
même être anticipés grâce à un calendrier d’occupation
relié au système de supervision. Celui-ci
peut également signaler d’éventuels dysfonctionnements
(luminaires hors service, grille de
soufflage obstruée, etc.), et communiquer sur les
consommations énergétiques du bâtiment.
Pour Nicolas Roy, chef de produits pour Sylvania
Group, « l’éclairage, avec ses capteurs intégrés et
son réseau sans fil, peut devenir la colonne vertébrale
du bâtiment intelligent. Présent dans tous les
espaces, il peut remonter à la GTB les informations
d’occupation utiles aux autres équipements tels que
le chauffage ou la climatisation, par exemple ».
Les synergies et l’interopérabilité entre les différents
systèmes permettent désormais d’envisager
facilement ce genre de scénario.
Jean-François Moreau
L’éclairage circadien, une priorité pour les établissements
de santé, mais aussi pour le confort des bureaux
L’éclairage circadien vise
à s’aligner sur le rythme
circadien, c’est-à-dire sur
notre horloge biologique
interne calquée sur un cycle
de 24 heures. Les études
démontrent que la lumière
influence directement ce
rythme. « En optimisant
l’éclairage artificiel, il est
possible de soutenir la santé
humaine tout en limitant les
perturbations de ce cycle
naturel », souligne Gilles
Montigny de Schneider
Electric.
Le rythme circadien ajuste
la lumière avec, par exemple,
un système d’éclairage
blanc qui est dynamique,
une lumière chaude qui
favorise la détente, une
lumière plus intense qui aide
à rester alerte. « Cela permet
également aux propriétaires
de valoriser leurs espaces
de travail, car la qualité de
l’éclairage au bureau est
clé », ajoute l’expert.
Le standard WELL Building
Standard (IWBI) dirige la
conception des bâtiments
tertiaires pour améliorer le
confort, la santé et le bienêtre
et propose des normes
d’éclairage circadiennes
pour les zones de travail,
salles de repos, espaces de
vie et autres.
« En 2021, Sylvania Group
a lancé LumiNature ® , une
led innovante reproduisant
fidèlement le spectre
solaire, sans le pic de bleu
caractéristique des leds
classiques. Associée à
la solution SylSmart ® de
gestion d’éclairage sans
fil, elle permet de simuler
l’évolution naturelle de la
lumière sur une journée,
soutenant ainsi le rythme
circadien et compensant le
manque de lumière naturelle
dans les espaces tertiaires,
pour constituer un éclairage
Plafonnier Optix utilisé
au sein du projet de l’Institut
Gustave Roussy.
dynamisant et adapté
aux besoins biologiques »,
explique Nicolas Roy, de
Sylvania Group.
Ainsi, à l’Institut Gustave
Roussy (IGR) à Villejuif,
premier centre européen
de recherche et de soin du
cancer, l’éclairage a été
rénové avec un système
Optix de plafonniers et
linéaires équipés avec
LumiNature ® .
« Dans un contexte exigeant
– un espace enterré avec
© Sylvania Group
seulement 10 % des bureaux
et espaces exposés à la
lumière naturelle –, l’objectif
était de concevoir un
éclairage respectant le rythme
circadien », détaille Nicolas
Roy. Après la mise en place de
la solution, les employés du
service de médecine nucléaire
ont souligné une amélioration
significative de leur bienêtre
et de leur confort au
quotidien, notamment pour
les travaux d’analyse en
imagerie.
SOLUTIONS
Refroidissement
Carrier innove pour des datacenters plus durables
Les datacenters du futur doivent concilier
performance, fiabilité et responsabilité
environnementale. Dès leur conception,
la décarbonation s’impose comme un
impératif stratégique. Engagé dans cette
transition, Carrier met l’innovation au
service d’une gestion thermique plus
efficiente et durable, en présentant deux
avancées majeures en 2025.
La première, l’AquaForce® 30XF avec la technologie FreeBoost, est un
refroidisseur à vis à vitesse variable à condensation par air intégrant la
technologie free cooling. Ce système réduit la consommation énergétique
grâce à une efficacité saisonnière certifiée et un PUE inférieur à 1,2. Son
adaptabilité permet de maintenir des performances optimales jusqu’à
55 °C, tout en garantissant un environnement plus silencieux avec une
réduction du bruit à 95 dB(A). Offrant une continuité de service assurée,
une intégration modulaire et un contrôle énergétique avancé, il allie
fiabilité, flexibilité et optimisation.
La seconde innovation, l’unité de distribution de refroidissement liquide
65 LL, est conçue pour les galeries mécaniques. Dotée d’échangeurs de
chaleur de grande taille, elle maximise l’efficacité énergétique avec des
températures d’approche ultra-basses – jusqu’à 2 °C avec option évolutive –
tout en réduisant la puissance des pompes grâce à sa faible perte de charge.
Avec ces solutions, Carrier confirme son rôle moteur dans la
décarbonation et la performance énergétique des infrastructures
numériques de demain.
© Carrier
© Carrier
www.carrier.com/commercial/fr/fr/solutions-marches/data-center
© WAGO
GTB
Des contrôleurs intégrant BACnet Secure Connect
pour sécuriser l’infrastructure
Les infrastructures GTB sont aussi concernées par la cybersécurité. Pour répondre aux risques accrus et sécuriser
les installations, les contrôleurs WAGO supportent désormais le BACnet/SC (Secure Connect). Évolution naturelle
et toujours standardisée du BACnet/IP, il en conserve les avantages en
termes d’interopérabilité tout en sécurisant le trafic : la communication
est chiffrée grâce à la couche TLS. Un hub centralise
l’ensemble des échanges et peut être redondé afin
d’assurer un maximum de disponibilité. Les
contrôleurs WAGO sont utilisables en tant
que nœud et/ou hub. Les installations
existantes peuvent être mises à jour
avec cette nouvelle solution, tout en
conservant les liens BACnet existants.
www.wago.com/fr/bacnet
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 63
SOLUTIONS
Vidéoprotection
Caméra compacte à 3 canaux
avec un zoom 18x
Hanwha Vision lance une caméra multicapteurs compacte qui
associe un module PTZ 18x doté d’IA à trois objectifs fixes de
5 MP. Le modèle PNM-C19183RVTP est conçu pour offrir une
couverture étendue sans interruption, des capacités de zoom
haute résolution et des analyses intelligentes basées sur l’IA.
Idéale pour la surveillance d’espaces ouverts et complexes tels
que les parkings, les intersections ou les stades, cette solution
remplace les installations multi-caméras traditionnelles par un design simplifié. Sa conception de montage
améliorée et son boîtier compact facilitent et optimisent l’installation. Au cœur de la caméra, l’IA permet de
détecter et de classifier les objets en temps réel, en distinguant les personnes, véhicules, visages et plaques
d’immatriculation des mouvements non pertinents, tels que les ombres ou les arbres agités par le vent.
hanwhavision.eu/fr/produit/pnm-c19183rvtp/
© Hanwha Vision
© Lacroix
GTB
Nouveau régulateur HVAC nativement connecté
et compatible BACNet
LACROIX annonce le lancement officiel de SOFREL B4TH, son nouveau régulateur dédié aux
applications de chauffage, ventilation et climatisation. Cette solution marque une avancée dans l’offre
de LACROIX Environnement, en intégrant nativement le protocole de communication BACnet, pour
répondre aux exigences croissantes d’interopérabilité et de performance énergétique des
bâtiments connectés. En tirant parti de l’expertise logicielle et matérielle
de LACROIX, le SOFREL B4TH simplifie l’expérience utilisateur grâce
à une interface intuitive. L’outil de configuration B4TH-Tools propose
un paramétrage simple et ergonomique pour un gain de temps durant la
mise en place d’un projet de régulation. Ce régulateur connecté intègre un
serveur web HTML5 permettant la consultation d’informations à distance
sous forme de tracés de courbes, journaux d’alarmes, réglages de consignes
et visualisation de synoptiques personnalisables.
www.lacroix-environment.com/fr
Éclairage portatif
Une gamme de lampes torches alliant
qualité de lumière et durabilité
Redéfinie de A à Z, la Série P de LEDLENSER se focalise sur un contrôle
intuitif, la qualité de lumière et la durabilité. La marque allemande adopte
des technologies de pointe, et reste fidèle à son engagement en matière de
développement durable : 75 % de l’aluminium utilisé provient de matériau
recyclé, et les emballages sont aussi fabriqués à partir de papier recyclé. Elle soumet également ses
produits à des tests de qualité rigoureux et accorde une attention particulière au moindre détail.
La Série P a été conçue pour proposer des lampes puissantes, dotées d’un faisceau lumineux
jusqu’à 120 % plus puissant. Selon les modèles, elles intègrent un système d’alimentation hybride
Dual Power (recharge de la batterie via USB-C et fonctionnement sur pile) ou le mode Select Ring
(réglage de l’intensité lumineuse, verrouillage de la lampe et accès direct au port
USB-C), afin de s’adapter à toutes les situations.
www.ledlenser.fr
© Ledlenser
64 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr
SOLUTIONS
© Ledvance
Éclairage
Une solution de gestion
de l’éclairage simple et sans fil
pour les professionnels
Avec DIRECT EASY, LEDVANCE propose une solution sans fil,
simple, pratique et intelligente. La mise en service intuitive, via
une application smartphone, est particulièrement adaptée aux
professionnels à la recherche d’une solution offrant la possibilité de
grader manuellement ou automatiquement l’éclairage en fonction
de la présence et de la luminosité. DIRECT EASY permet de définir
autant de zones que souhaité, chacune contenant jusqu’à 40 luminaires, 6 détecteurs
et 4 variateurs et/ou interrupteurs cinétiques, le tout sans contrôleur. L’application Smartphone
DIRECT EASY communique en Bluetooth avec les produits de la gamme. Elle guide l’utilisateur
à chaque étape et permet une mise en service simplifiée. Aucune connexion internet n’est requise
et la mise en service devient possible dans des lieux sans couverture réseau ou en cas d’accès
informatique restreint.
www.ledvance.fr
Régulation
Nouvelle génération de régulation connectée
pour ventilo-convecteurs
SAUTER lance l’ECOS 501, un nouveau régulateur communicant conçu pour
les ventilo-convecteurs. Ce régulateur propose un seul programme capable de
s’adapter aux configurations 2 tubes « change over », 2 tubes avec résistance (2 fils)
ou 4 tubes. Cette polyvalence facilite l’intégration dans tous types de projets. Une
application OEM est également prévue pour répondre aux besoins spécifiques des
fabricants et des intégrateurs. L’ECOS 501 place la connectivité au cœur du confort. L’utilisateur
peut piloter son installation à l’aide d’une application smartphone en Bluetooth LE. Le paramétrage s’effectue
instantanément via la même application ou grâce à un serveur web intégré. Le régulateur a été conçu pour
réduire le temps d’installation. Il se présente sous un format compact rail DIN (142 × 90 × 62 mm). Les
bornes push-in et push-x garantissent un câblage sûr et sans outil. Le protocole BACnet B-ASC garantit une
compatibilité totale avec les systèmes GTB.
www.sauter.fr
© Sauter
© Theben France
Supervision
Un serveur multiprotocoles pour la supervision
des systèmes d’automatisation des bâtiments
Le serveur de supervision et de visualisation QUANTUM, commercialisé par Theben France, est
spécifiquement conçu pour la gestion technique des bâtiments. Il s’adapte à tout type d’installation
en milieu résidentiel, tertiaire, industriel, hôtelier et hospitalier. Polyvalent,
QUANTUM est un serveur web capable d’interagir avec différents protocoles
ouverts et propriétaires, comme la technologie KNX.
Véritable plateforme de supervision, QUANTUM permet de
visualiser et analyser les consommations du bâtiment, piloter
les différents systèmes tels que l’éclairage, le chauffage, les
ouvrants motorisés. Le serveur est disponible en 4 versions :
EASY (pour les appartements et boutiques), HOME (pour
les maisons), OFFICE (pour le petit tertiaire) et BUILDING
(pour le moyen tertiaire).
www.theben.fr
j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr 65
3 QUESTIONS À
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
La flexibilité des datacenters doit
être pensée dès la conception,
via le jumeau numérique.
’’
Jérôme Mullie
Directeur technique chez Trace Software International
© DR
Depuis plus de 35 ans, Trace Software développe des logiciels métiers
dédiés à l’énergie et à l’électricité. De la conception d’installations
photovoltaïques au monitoring multisite, en passant par le dimensionnement
électrique, l’éditeur accompagne aussi bien les bureaux d’études que
les exploitants et les datacenters. Jérôme Mullie, directeur technique,
revient sur ces solutions et explique comment elles répondent aux enjeux
critiques de continuité de service et de flexibilité énergétique.
j3e - Pouvez-vous nous présenter
les solutions développées par
Trace Software ?
Jérôme Mullie – Nous proposons trois
offres autour de l’énergie. La première
concerne le solaire, avec une suite pour
le dimensionnement des installations
photovoltaïques, qu’il s’agisse de projets
en toiture, d’ombrières ou de centrales au
sol. Cela va de l’étude de faisabilité jusqu’à
la phase d’exécution, intégrant le dimensionnement
normatif complet. Notre
deuxième offre concerne le monitoring
énergétique multifluide et multisite. Elle
vise à aider les exploitants à optimiser leurs
consommations et à répondre aux réglementations.
Cette offre est complétée par
du hardware, facilitant le sous-comptage
et le déploiement sur site. Enfin, l’électricité
constitue notre offre la plus stratégique,
notamment pour les datacenters. Avec
notre logiciel Elec Calc, nous couvrons
la conception et le dimensionnement des
installations, de la haute à la basse tension.
Le logiciel permet de modéliser tout type
d’architecture, d’intégrer des sources multiples
et de choisir les équipements adaptés,
grâce à une vaste base de données multifabricants.
La philosophie est simple :
« dessiner, c’est calculer », en modélisant
l’unifilaire et en vérifiant en temps réel la
conformité normative.
j3e - La continuité de service est
un enjeu vital pour les datacenters.
Comment vos solutions y répondentelles
?
J. M. – Nous intégrons cette contrainte
dès la conception de l’architecture électrique.
À partir d’une analyse de risques
préalable, nous modélisons différents
scénarios de fonctionnement et de
redondance. Le logiciel permet ainsi
de simuler toutes les configurations
possibles et de vérifier que l’alimentation
des équipements critiques est toujours
garantie. Deux aspects techniques
sont essentiels. Le premier concerne
le dimensionnement des sources : il
faut s’assurer que chaque source peut
reprendre tout ou partie de la charge
en cas de bascule. Le second touche
aux courants de court-circuit et à la
sélectivité. En cas de défaut, l’enjeu est
d’isoler uniquement la partie concernée
sans affecter le reste de l’installation.
Elec Calc calcule ces courants à chaque
point du réseau et simule la chaîne de
déclenchement des protections, garantissant
la continuité d’exploitation
même en situation de défaut. Le logiciel
agit ainsi comme un véritable jumeau
numérique de l’installation électrique,
permettant d’anticiper et de sécuriser
toutes les étapes.
j3e - Les datacenters sont de très gros
consommateurs d’énergie. Comment
intégrer la notion de flexibilité
sans compromettre la continuité de
service ?
J. M. – La flexibilité des datacenters
doit être pensée dès la conception, via
le jumeau numérique, puis en exploitation
avec des systèmes de pilotage
énergétique. Un premier levier consiste
à différer certains postes de consommation,
par exemple en anticipant le
refroidissement pour stocker du froid.
Un second levier repose sur les sources.
Les groupes électrogènes permettent
un délestage instantané, tandis que l’intégration
des énergies renouvelables
n’est viable qu’en les couplant à du
stockage. Les systèmes BESS (Battery
Energy Storage Systems) offrent ainsi
plusieurs mégawatts d’autonomie. En
intégrant ces scénarios dans le modèle
numérique, nous pouvons vérifier que
les puissances disponibles sont cohérentes
avec les objectifs d’effacement,
tout en garantissant la continuité d’exploitation.
Le jumeau numérique permet
de tester à tout moment un nouveau
mode de fonctionnement et d’en
vérifier la pertinence et la faisabilité
selon les contraintes techniques et opérationnelles.
66 j3e 921 / OCTOBRE 2025 - www.filiere-3e.fr