21.10.2025 Vues

COLLECT Belgique Novembre 2025

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COLLECT

Mensuel ne paraît pas en janvier, en juillet ni en août - 8,95 € - P608061

N° 547 / NOVEMBRE 2025

Turner & Constable

Duel au cœur du romantisme

Patricia Urquiola

Pour une réalité hybride

Antica Namur

Notre sélection


A l’occasion de ses

10 ans, Haynault

organise une

très belle vente

aux enchères

17/11 | 20h

Vente en salle

Exposition des lots

du 13 au 16 novembre,

10h > 17h

Pendule en

forme de grue,

en émaux

cloisonnés

Commande

spéciale

réalisée

pour Jeanne

Toussaint.

CARTIER

Centre de table d’une importante

collection d’argenterie

Wolfers Frères

Vase DOG, 2012

Niki DE SAINT-PHALLE

(1930 - 2002)

L’Amour, neige de soleil, 1977

Christian DOTREMONT

(1922 - 1979)

Trois circassiens

Floris JESPERS

(1889 - 1965)

Matin en printemps, 1963

Gaston BERTRAND

(1910 - 1994)

MAISON DE VENTES AUX ENCHERES

rue de stalle, 9

1180 UCCLE

experts@haynault.be

02 842 42 43


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VENTE AUX ENCHERES

gent

8 & 9

november

novembre gand

EntrEe de Charles le Temeraire a Nancy

intrede Estimation van : €40.000 karel de – stoute €70.000in

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Zandloperstraat 10

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9030 Gand

9030 gent

+32 9 224 14 40

+32 224 14 40

dvc@dvc.be

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Exposition

kijkdagen

31 oktober octobre -

4 november

novembre

ven - 14h - 17h

sam & vrij dim - 14u 11h - 17u 17h

lun zat & mar zon - 14h 11u - 17u 17h

ma & din - 14u - 17u


20

25

21-23

NOV.

2025

[Fouerplaatz]

NOCTURNE

21 NOV.

luxembourgartweek.lu

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LUXEMBOURG

ART

WEEK

GLACIS

Institutional Partners

Main Partners


COLLECT

Est. 1971 – novembre 2025 n°547

Édito

Rédacteur en Chef

Christophe Dosogne

Rédaction

Els Bracke

Christophe Dosogne

Trice Hofkens

Collaborateurs

Gilles Bechet, Tamara Beheydt,

Jean-Marc Bodson, Gwenaëlle de Spa,

Gwennaëlle Gribaumont, Elien Haentjens,

Diane Hennebert, Ben Herremans, Anne

Hustache, Ewoud Mijnlief, Bernard Roisin,

Christine Vuegen

Mise en pages

Renaldo Candreva

Ellis De Vuyst

Administration, Rédaction, Agenda

Begijnhoflaan 464 G

9000 Gand

Tél. : 0468/51.15.39

collect@ips.be

www.collectaaa.be

Publicité

Secteur Art : Joris van Glabbeek

Tél. : 012/26.37.11

collect.net@ips.be

Tout autre secteur :

MAC-Strat SRL /

Yves de Schaetzen

Tél. : 0475/82.96.00

yves@macstrat.be

Distribution

Librairies

AMP

La Poste

Abonnements

Pays d’Abonnements, Ambachtenlaan 21,

Unit 2A - 3001 Heverlee

Tél. 02/808.55.23

serviceclient@paysdabonnements.be

Belgique 52 €, Europe 90 €

Les abonnements sont à reconduction

automatique, sauf avis contraire envoyé

au minimum deux mois avant la date

d’échéance. Un abonnement offert en

cadeau se termine automatiquement

au bout d’un an. Pour un changement

d’adresse, une résiliation, un numéro

manquant, ou toute autre question,

surfez sur : www.paysdabo.be

Membre de l’Union des Editeurs

de la Presse Périodique

Pour les auteurs d’art visuel et les photographes

: © CISAC / SABAM Belgium 2025

Portrait : © Guy Kokken

Editeur responsable :

Patrick Snoeck

En couverture

Patricia Urquiola, table Shimmer, 2015,

verre. © de l’artiste / Courtesy Glas Italia

- Exposition Patricia Urquiola. Metamorphosa,

CID, Hornu, du 14-12 au 24-

04-2026, www.cid-grand-hornu.be

Nulle partie de cette publication ne peut être reproduite

et/ou publiée par impression, photocopie ou

de toute autre manière que soit, sans l’autorisation

écrite de l’éditeur. Ni la rédaction ni l’éditeur ne

peuvent être tenus pour responsables des opinions

et faits contenus dans les articles signés ou les

contributions de ce magazine, lesquels n’engagent

que leurs auteurs. COLLECT ne peut être tenu pour

responsable du contenu des annonces publicitaires

publiées, la responsabilité en incombant uniquement

à l’annonceur. © Arts Antiques Auctions, Gand

Nous vivons une époque où les promesses

de transformation ne se

contentent plus d’effleurer le monde

de l’art, mais le redessinent. L’Intelligence

Artificielle, jadis périphérique, s’impose

désormais comme une force agissante, mobilisant

des millions de données pour réécrire la

manière dont nous regardons, collectionnons

et racontons la création. Ce bouleversement

n’efface pas les fondements du marché, il les

réinterprète. L’information, sa fiabilité et son

indépendance deviennent les nouvelles pierres

angulaires de la confiance. Ainsi, là où le bruit

règne, l’impartialité demeure un luxe… et un

repère. Car, contrairement à ce que l’on pourrait

croire, le monde de l’art, aujourd’hui, n’est pas

en recul, il se transforme. Comme l’indique le

dernier rapport Artprice sur le marché de l’art

contemporain, l’essoufflement des prix record

ne signe pas la fin d’un cycle, mais le rééquilibrage

d’un écosystème qui s’élargit. Si les ventes

spectaculaires s’espacent, la base du marché

s’anime. Sous le seuil des 5.000 euros, des milliers

d’œuvres changent de mains, portées par les Gen

Y et Z, connectées et curieuses, qui n’achètent

plus pour spéculer mais pour ressentir. Dans

leur regard, l’art redevient ainsi émotion pure,

plaisir immédiat, expérience partagée, libérée

du fétichisme de la cote. Ils se plaisent dans un

style plus idiosyncrasique, où se côtoient œuvres

anciennes, meubles vintage et pièces contemporaines.

Des collections mixtes motivées par

l’émotion et l’individualité. En conséquence, leur

intérêt pour les maîtres anciens s’en trouve renforcé.

De fait, selon le rapport semestriel d’Artnet,

les ventes aux enchères mondiales d’œuvres de

maîtres anciens ont augmenté de 24 % au cours

du premier semestre, en partie grâce à l’intérêt

d’une nouvelle génération d’acheteurs, sensibles

au talent d’artistes historiquement négligés, tels

que les femmes, dont les œuvres demeurent

accessibles et soutenues par une génération

émergente de marchands, heureux d’initier leurs

amis et connaissances du même âge. L’année

2025 aura également rappelé une évidence : les

L’art d’un monde en mutation

Dans le regard des

Gen Y et Z, l’art

redevient émotion

pure, plaisir immédiat,

expérience partagée,

libérée du fétichisme

de la cote.

grands équilibres se déplacent, l’Europe retrouvant

des couleurs grâce à Paris, désormais plus

dynamique que Londres en nombre de transactions,

même si les débuts de la foire Frieze ont

fait des étincelles et que Christie’s signait dans

la capitale anglaise ses meilleurs résultats pour

une vente du soir en art contemporain depuis

sept ans (106,9 millions de livres sterling, 122,7

millions d’euros), un chiffre en augmentation de

30 % par rapport à 2024. En revanche, malgré les

ventes solides observées début septembre à New

York lors de la dernière édition de l’Armory Show,

les États-Unis semblent marquer une pause

prudente, la reprise s’y faisant encore timide. A

ce titre, les grandes ventes new-yorkaises de ce

mois devraient permettre d’y voir plus clair. Une

chose est sûre toutefois, derrière les rapports

de force, un souffle nouveau s’impose, celui des

métissages. Le décloisonnement est devenu la

langue commune d’un monde où tout circule,

tout s’échange, tout se traduit. Ce brassage, autrefois

perçu comme une menace à la hiérarchie

des genres, est devenu la signature d’une mondialisation

plus mature. Et peut-être est-ce là, au

fond, le message que nous adresse le marché de

l’art en cet automne de mutation : une invitation

à observer la lente respiration d’un monde qui

ne s’effondre pas, mais s’invente à nouveau. Un

marché où la valeur ne se mesure plus seulement

en millions, mais en sens.

Christophe Dosogne


14 78 50

Sotheby’s

célèbre Breguet

Au fil du temps :

le dragon

Turner & Constable :

un duel dans le creuset

du romantisme

36

Le Manga,

un marché en devenir

40 Nicolas Besnier, l’orfèvre retrouvé « C’est un marché mondialisé,

avec un potentiel de croissance

énorme, les personnages

d’animés sont aujourd’hui plus

populaires que Tintin »

6


54

Obsessed!, de la broche

à la performance

Sommaire

Novembre 2025

Dossiers

Rubriques

44

Antica Namur

14 Turner & Constable :

un duel dans le creuset

du romantisme

24 Patricia Urquiola, pour

une réalité hybride

30 Louise Nevelson : le noir

comme acceptation

32 Mahmoud Bodo Rasch,

architecte de deux

mondes

36 Le Manga, un marché

en devenir

40 Nicolas Besnier,

l’orfèvre retrouvé

44 Antica Namur

50 Au fil du temps : le dragon

54 Obsessed!, de la broche

à la performance

58 Art public : entre utopie

et réalité

78 Sotheby’s célèbre Breguet

82 Michel Mouffe, un capital

émotionnel

8 Up to date

12 Personalia

22 L’artiste du mois :

Dittmar Viane

28 Zoom : Robert Doisneau

à Liège

62 La vie du conservateur :

Thomas Cleerebaut, à

propos de Félicien Rops et

de son amour du Japon

64 Musées

70 Parole de galeristes :

Frederik Vergaert et Ferry

Saris (FRED & FERRY)

71 Galeries

116 Salles de ventes

117 Bonnes adresses

Ventes

86 L’avis de l’expert : un

singulier vase Catteau

pour MonsAntic

90 Focus International

94 La surprise du mois

95 Ventes en Belgique

Agendas

La rédaction de COLLECT

envoie régulièrement une

newsletter d’actualité des

ventes, foires et salons...

Inscrivez-vous y directement via

notre site internet ci-dessous.

68 Musées

76 Galeries

114 Ventes

115 Foires & Salons

SUIVEZ-NOUS ÉGALEMENT

@ARTMAGAZINECOLLECT

www.collectaaa.be

7


Up to date

->

La version 2025 des cuvées Dom Pérignon par l’artiste japonais Takashi Murakami. © Dom Pérignon

Signa temporum, ars temporis…

Droit de réponse : suite aux informations

publiées, en ces lignes, dans notre édition

d’octobre, le galeriste Constantin Chariot

nous demande de publier le rectificatif

suivant, précisant que : « aucune enquête

en cours ne me concerne, ni dans le cadre

de l’affaire Reynders, à laquelle je ne suis

pas lié, ni dans une autre. (…) Ma galerie

Espace Constantin Chariot ne ferme pas;

nous avons inauguré le 2 octobre une

exposition sur l’abstraction en Belgique

de l’après-guerre à 1980 qui s’achève le 30

novembre. » Dont acte. Voir le détail de la

programmation de l’ECC sur : www.espaceconstantinchariot.com

S Du 27 au 30-11,

lors des Nocturnes du Sablon, quelque

300 commerçants, notamment marchands

d’art et galeries, vous accueilleront dans

une ambiance féérique sur et autour du

Sablon. www.lesnocturnesdusablon.com

S Fondée en 1839, l’incontournable Maison

Costermans est l’un des derniers antiquaires

historiques du Sablon à Bruxelles. Installée

dans un hôtel particulier classé du XVIIIe

siècle, elle souhaite perpétuer la tradition

familiale tout en misant sur l’innovation et

la rencontre. Avec l’ouverture récente du

Café Costermans dans la cour intérieure et

l’arrivée, ce mois-ci, en front de rue, de la

marque de vêtements Ami Paris, Costermans

souhaite se doter d’une image plus

contemporaine afin de séduire un nouveau

public. La galerie perpétue ainsi la tradition,

en une nouvelle scénographie contemporaine

et modulaire. www.costermans-antiques.com

S Kanal-Centre Pompidou

organise, pour la deuxième fois, le salon du

livre queer Brussels Ass Book Fair (du 28 au

30-11). www.brusselsassbookfair.be S Début

octobre, Frieze annonçait le lancement d’un

salon à Abu Dhabi en partenariat avec le

ministère de la Culture et du Tourisme, avec

pour objectif de transformer Abu Dhabi Art

en une franchise sous la marque Frieze en

2026. L’édition de novembre se déroulera

comme prévu, mais sans l’aide d’Art Basel,

un temps pressentie, qui à la place organisera

une nouvelle foire dans le Golfe, au

Qatar en février. La lutte pour conquérir

la base croissante de collectionneurs du

Golfe s’annonce brutale. www.frieze.com S

Colnaghi, l’une des plus anciennes galeries

d’art encore en activité au monde, s’apprête

à ouvrir un espace à Riyad, après avoir

conclu un accord avec la société saoudienne

de capital-investissement Sarat Investment

Holding, d’une valeur d’environ 2,6 millions

de dollars. www.colnaghi.com S Le GRESAC

(Groupe de recherche en sociologie des arts

et des cultures de l’ULB) organise, le 04-11

à 18h00, en collaboration avec le marchand

Virginie Devillez Fine Art, un premier talk

d’une nouvelle série consacrée au marché

de l’art. Ce premier chapitre, organisé à

Bruxelles, sera dédié au rôle des experts.

Inscription obligatoire via gresac@ulb.be S

Soucieuse de préserver l’intégrité de la Villa

Empain, la Fondation Boghossian entame

une nouvelle phase de travaux, avec la

restauration de la terrasse carrelée située à

l’arrière de l’emblématique édifice Art déco.

Celle-ci devrait bientôt retrouver l’esprit et

l’esthétique voulues par son architecte Michel

Polak. www.fondationboghossian.com

S Fin septembre, la ville de Louvain était élue

Capitale européenne de la Culture en 2030,

au détriment de Molenbeek et de Namur. S

En Flandre, en raison d’un plan d’austérité

budgétaire et sur décision du gouvernement

de la Communauté flamande, les

grands musées d’art devraient être à terme

regroupés en trois pôles : Anvers pour les

beaux-arts, Gand pour l’art contemporain

et Ostende pour l’art moderne et les

maîtres belges. Cette décision devrait nuire

fortement au M HKA d’Anvers, déjà mal en

point, qui vient de se voir refuser un plan de

réaménagement à 130 millions d’euros et

devrait, suivant ce plan, se muer en centre

d’exposition international. Protestant contre

cette décision, qu’il juge « imbécile », son

président, Herman De Bode, a démissionné.

S Depuis le 25-10, la Fondation Cartier

pour l’art contemporain accueille, à Paris,

le public dans l’immeuble haussmannien

des anciens Grands Magasins du Louvre,

entièrement rénové sous la houlette de

l’architecte Jean Nouvel. La présentation

inaugurale intitulée Exposition Générale

(jusq. 23-08-2026) retrace quarante ans de

création contemporaine internationale à

travers des œuvres emblématiques et des

fragments d’expositions ayant marqué la

8


UP TO DATE

->

->

->

Les espaces de galerie de la Maison Costermans au Sablon. © Maison Costermans

programmation de la fondation depuis sa

création en 1984. www.fondationcartier.

com S Presque trente ans après sa création,

la maison Tajan change à nouveau de

mains. L’entreprise, pionnière du renouveau

des enchères parisiennes dans les années

1990, vient d’être reprise par l’entrepreneur

Édouard Challemel du Rozier. À 42 ans, le

fondateur de Bail Art, société spécialisée

dans le financement d’œuvres d’art, prend

Jean Grimal, Nature Morte avec Flûte et

Cardinal Rouge, XXe siècle, huile sur toile.

© Courtesy Chastelain & Butes / G.A.N.D.A.

Kunstroute

la tête d’une maison historique du marché

français. www.tajan.com S A l’approche

des fêtes, la marque de champagne Dom

Pérignon renouvelle son dialogue avec l’art

contemporain en invitant Takashi Murakami

à imaginer deux éditions limitées pour la

saison 2025 : l’une dédiée au Dom Pérignon

Vintage 2015 (250 euros), l’autre célébrant le

lancement du Dom Pérignon Rosé Vintage

2010 (420 euros). www.domperignon.com

En novembre, Gand respire l’art !

À Gand, la 45e édition de G.A.N.D.A. (Gent

Antiques Design Art) sera inaugurée le 28-11

par une avant-première exclusive. On découvrira

ensuite, deux week-ends durant, les

29 et 30-11 et les 06 et 07-12, la riche tradition

artistique et la créativité contemporaine de

la ville. Un parcours artistique passant par

34 sites vous fera découvrir une offre variée

allant des peintures, sculptures et créations

de bijoux contemporains au design vintage

et aux chefs-d’œuvre séculaires. www.

ganda-kunstroute.be S Dans la salle de

lecture des magazines de la Boekentoren de

Gand, conçue par l’architecte Henry Van de

Velde, une œuvre unique de Dirk Braeckman

est depuis peu exposée en permanence,

aux côtés d’une œuvre de Berlinde

De Bruyckere. Avec EE.m.WP. (t)here.2021

1/1 du premier et It almost seemed a lily VI,

2018-2021 de la seconde, la vision originale

de Van de Velde d’intégrer l’art reprend vie.

Ces œuvres peuvent être admirées pendant

les heures d’ouverture de la salle de lecture.

www.boekentoren.gent

Marthe Donas,

une figure

oubliée au

KMSKA

Elle peignait sous le pseudonyme

unisexe de Tour Donas et joua, avec

son compagnon le sculpteur Alexander

Archipenko (1887-1964), un rôle

important au sein du cercle artistique

La Section d’Or à Paris. Marthe

Donas (1885-1967), née à Anvers, a

connu un succès international après

la Première Guerre mondiale grâce

à ses peintures cubistes et abstraites

colorées. En 1917, elle fit la connaissance

d’Archipenko ; les deux artistes

se retrouvèrent non seulement

dans l’amour, mais aussi dans leur

approche artistique du volume et

du mouvement, de l’espace et du

vide. Ensemble, ils élevèrent leur art

novateur à un niveau supérieur en

explorant les limites de la forme et de

la couleur, dans un croisement entre

cubisme et abstraction. L’exposition

Donas, Archipenko & La Section

d’Or. Modernisme enchanteur au

KMSKA (jusq. 11-01-2026) inclut

notamment des prêts provenant de

musées internationaux et des œuvres

issues de collections privées, associées

à des chefs-d’œuvre d’artistes

amis, tels que Mondrian, Modigliani,

Goncharova et Vassilieff, et témoigne

du rôle central occupé par ce couple

d’artistes au sein de l’avant-garde

internationale du XXe siècle.

S www.kmska.be

Marthe Donas, Composition abstraite nr. 6,

collection privée. © Marthe Donas Foundation

/ photo : Cedric Verhelst

9


UP TO DATE

Luxembourg se concentre sur Montréal

Du 21 au 23-11, Luxembourg sera placé sous le

signe de l’art moderne et contemporain. Cette

onzième édition de la Luxembourg Art Week,

qui continue de se développer sous la direction

de sa nouvelle directrice Mélanie de Jamblinne

de Meux, réunira 77 galeries internationales,

principalement issues du Luxembourg, de France

et d’Allemagne, mais aussi 17 galeries belges.

Parmi les nouveaux venus, on trouve EDJI Gallery

et Hangar de Bruxelles, de même que Avee de

Courtrai dans la section Take Off consacrée aux

artistes prometteurs et aux jeunes galeries. Tous

les deux ans, le salon met en lumière la scène

artistique d’une ville hôte et, cette année, l’accent

est mis sur Montréal. Outre le salon, des Art Talks

et un programme ‘‘hors site’’, avec Art Walks,

sont également organisés afin de créer un pont

entre la scène artistique locale et les visiteurs du

salon. L’organisation souhaite ainsi être accessible

à la nouvelle génération de visiteurs et de

collectionneurs. www.luxembourgartweek.lu S

Presque au même moment (du 20 au 23-11) se

tiendra la cinquième édition de la Biennale De

Mains De Maîtres Luxembourg. Cet événement,

une initiative des grands-ducs Guillaume et

Stéphanie de Luxembourg, met à l’honneur l’artisanat

et le savoir-faire locaux sous le titre Nature

Singulière. L’invité d’honneur est la République

tchèque, qui combine tradition artisanale et art

contemporain. www.demainsdemaitres.lu

->

Stefan Peters, Untitled, 2024, 150 x 110 cm. © de l’artiste / Courtesy Zwart Huis / Luxembourg

Art Week

->

La maquette du Palais

chinois de Laeken

Lorsque l’architecte Alexandre Marcel fut chargé par Léopold II, à l’issue de

l’Exposition Universelle de 1900, de construire le Palais chinois et la Tour japonaise,

dans les environs du Palais royal de Laeken, il fit d’abord réaliser une

maquette du projet par des artisans de Shanghai. Très détaillée, celle-ci vient

d’être restaurée par une équipe de maquettistes professionnels, engagée par

l’ASBL Palais Chinois grâce au soutien du Fonds René et Karin Jonckheere de

la Fondation Roi Baudouin, et peut être admirée à l’entrée des salles consacrées

à la Chine, au sein du musée d’Art et d’Histoire, à Bruxelles. En outre, fin

janvier, c’est désormais confirmé, elle sera également présentée au Heysel,

dans le cadre prestigieux de l’édition 2026 de la BRAFA, avant une possible

exposition dans un musée gantois. www.chinahouse.be

Vue de la maquette restaurée du Palais chinois, au sein des

salles du musée du Cinquantenaire à Bruxelles, bois, pièces

imprimées en 3D en filaments de bois, éléments moulés en

résine, 380 x 180 x 80 cm. © Collection Palais Chinois et des

Pays des Routes de la Soie / photo : Anna de Callataÿ

10


UP TO DATE

Majorque, nouvelle place to be ?

->

L’intérieur du Terminal 1 du Zayed International

Airport d’Abou Dhabi, nouvelle

destination de NOMAD. © NOMAD

->

Kumi Oguro, Candy, 2024. © de l’artiste / Courtesy IBASHO Gallery / Paris Photo

Art Cologne, salon dédié à l’art moderne

et contemporain, est un événement

incontournable du mois de novembre.

Il se tient cette année du 07 au 09-11 à la

Koelnmesse. Avec 165 galeries participantes

issues de 25 pays, de Sao Paulo

à Tokyo, l’organisation souhaite refléter

toute l’étendue du marché de l’art actuel

dans quatre sections : Galleries, Neumarkt,

Collaborations et Art+Object. Les participants

belges sont GNYP Gallery, KIN,

Edouard Simoens et Uitstalling Art Gallery.

Mais l’organisation essaime, qui a annoncé

la tenue d’un nouveau salon : Art Cologne

Palma Mallorca au Palau de Congressos.

La première édition, qui se tiendra au

printemps 2026, du 09 au 12-04, viendra

compléter l’édition d’automne et sera

organisée en collaboration avec l’association

des galeries Art Palma Contemporani

(APC). Majorque possède une scène

artistique vivante et en pleine expansion

et est, en outre, de plus en plus facilement

accessible depuis toutes les grandes villes

européennes. Avec l’arrivée d’Art Cologne

Palma Mallorca, l’île renforce sa position

de phare culturel méditerranéen. www.

artcologne.com S Du 13 au 16-11, le Grand

Palais à Paris accueille à nouveau le monde

de la photographie d’art, à l’occasion de

Paris Photo. Cette 28e édition, qui compte

224 exposants, dont 59 nouveaux venus,

se veut plus audacieuse, plus diversifiée

et plus internationale. Outre la section

principale, qui comprend notamment

IN-DEPENDANCE, IBASHO, Gallery Fifty

One et Annie Gentils d’Anvers, la section

Voices trouve également sa place sous

la coupole centrale, avec une exposition

organisée autour des thèmes du paysage

et de la représentation des relations

et de la parenté. Le secteur Emergence

présente vingt expositions individuelles

de nouvelles voix prometteuses dans le

domaine. Quant à lui, le secteur Digital

explore de nouvelles formes numériques.

Paris Photo souhaite ainsi réaffirmer son

ambition en tant qu’espace de réflexion

et d’expérimentation. www.parisphoto.

com S S NOMAD, salon itinérant dédié au

design et à la collection, qui revient chaque

année en février à Saint-Moritz, lance deux

nouvelles éditions : l’une à Abu Dhabi en

novembre et l’autre dans les Hamptons

en juin. À Abu Dhabi, le salon occupera

(du 20 au 22-11) le terminal 1 désaffecté de

l’aéroport international Zayed, monument

du modernisme régional conçu à la fin des

années 1970 par Paul Andreu, également à

l’origine du projet artistique de l’aéroport

de Roissy Charles de Gaulle au nord de

Paris. Ses débuts américains auront lieu

au Watermill Center, institution légendaire

du metteur en scène et artiste visionnaire

Robert Wilson. Ces deux nouvelles

destinations s’inscrivent parfaitement

dans la mission de NOMAD, qui consiste à

présenter le design et l’art dans des cadres

architecturaux exceptionnels.

www.nomad-circle.com

11


Têtes de l’Art

Lut Maris

In memoriam : Lut Maris, fondatrice

et inspiratrice de la Galerie

De Mijlpaal, est décédée le 22 septembre.

Depuis 1993, elle organisait

des expositions thématiques

mêlant art contemporain, art ethnique

et design. Elle a collaboré avec

des artistes de renom tels qu’Octave

Landuyt, Koen Vanmechelen, Nick

Ervinck et Kristof Vrancken, et

présenté, pendant des années, des

expositions estivales à Knokke.

Demeurée très modeste, elle a toujours

donné la priorité à l’art, tout en

enthousiasmant les visiteurs pour

de nouvelles expériences. Elle était

également régulièrement sollicitée

comme commissaire d’exposition.

© photo : Rudi Smeets

Lionel Vinche

In memoriam : L’artiste Lionel

Vinche est décédé le 12 septembre,

à l›âge de 88 ans. Né en 1936

à Antoing, ce peintre, dessinateur,

aquarelliste et créateur de peintures

murales et de décors de théâtre,

en grande partie autodidacte, avait

développé à partir des années

1960 une œuvre poétique et narrative,

peuplée de figures humaines,

d’animaux et de plantes, et imprégnée

d’humour et de joie de vivre.

Son style, apparemment naïf, cache

une profonde réflexion sur la vie et

la mort. Il a exposé dans de nombreuses

galeries belges et internationales

et avait reçu, en 2005, le Prix

Jos Albert de l’Académie royale de

Belgique.

© Wikipedia

Christine Brachot

In memoriam : La galeriste Christine

Duchiron-Brachot (1944-2025)

est décédée le 7 octobre. Avec son

ex-époux Isy Brachot, elle a joué un

rôle-clé dans le monde de l’art belge

et international. Depuis ses galeries

de Bruxelles et Paris, elle a offert

un espace à des artistes novateurs,

parmi lesquels Magritte, Panamarenko

et Roman Opalka. Grâce à

son regard aigu, ses choix audacieux

et son engagement sincère, elle

sut créer des liens entre des générations

d’artistes et de collectionneurs.

© D. R.

Léo Marin

Nomination : Le critique d’art et

commissaire indépendant français

Léo Marin a été sélectionné

pour mener à bien la 9e édition du

festival Beaufort, sur la côte belge.

Pour Beaufort 27 (du 22-03 au 07-11-

2027), il sélectionnera les œuvres et

déterminera les emplacements en

concertation avec les communes

côtières. Son propos curatorial souligne

le caractère collectif du festival

: « Ce sera un carrefour vivant

d’histoires, de formes et de désirs

pour l’avenir. »

© photo : Hafid Lhachmi

12


Xavier Eeckhout

Vinciane de Traux

Promotion : La salle de ventes Artcurial

vient de désigner Vinciane

de Traux au poste de directrice

adjointe. Depuis sa création en 2012,

elle dirige le bureau belge, fonction

qu’elle continuera d’exercer tout

en élargissant ses responsabilités

au niveau européen. Elle deviendra

ainsi l’interlocutrice principale entre

les bureaux de Bruxelles, Monaco,

Milan et Munich et le siège social

de Paris. Sa nomination souligne la

position stratégique de la Belgique

dans le développement international

d’Artcurial et renforce la cohésion

entre les principaux marchés

européens de la salle.

© Artcurial / photo : Benjamin Brolet

zaine de septembre. Dans le même

temps, le salon abandonne le nom

de FAB Paris et revient à l’appellation

d’International Fine Arts Paris. La

prochaine édition aura lieu du 19 au

23-09-2026, avec le Musée du Grand

Siècle comme invité d’honneur.

© Studio Shapiro

Bottiroli et Humuza

Cecilia Vicuña

Lauréate : L’artiste, activiste et poète

chilienne-britannique Cecilia

Vicuña (1948) s’est vue attribué le

Prix Roswitha Haftmann, d’une

valeur de 150.000 francs suisses,

décerné par la fondation éponyme.

Ce prix récompense l’ensemble de

son œuvre, qui allie radicalisme

artistique, puissance poétique et

engagement social. Ainsi, depuis

les années 1960, elle combine art et

action politique, mettant l’accent sur

la justice sociale, les cultures indigènes,

l’écologie et le pouvoir transformateur

du langage. La cérémonie

de remise aura lieu le 21 novembre,

au Kunsthaus Zürich. Cette récompense

constitue le prix artistique le

mieux doté d’Europe.

© D. R.

Nomination : Le Kunstenfestivaldesarts

a choisi Silvia Bottiroli et

Corinna Humuza comme nouvelles

directrices artistiques. À partir

de janvier 2026, elles dirigeront le

festival aux côtés du directeur administratif

Frederik Verrote. Silvia Bottiroli

est conservatrice, chercheuse

et ancienne directrice artistique du

DAS Theatre d’Amsterdam, tandis

que Corinna Humuza apporte son

Mercato : L’antiquaire français Xavier

Eeckhout (1972) a été nommé président

de Fine Arts Paris, qui vient

de clôturer avec succès son édition

2025 (FAB Paris). Cet important

salon d’art et d’antiquités s’installe

désormais de manière permanente

au Grand Palais, où il se tiendra chaque

année durant la seconde quinexpérience

en tant que conservatrice

au Kampnagel à Hambourg et

en tant qu’universitaire spécialisée

dans les études afro-américaines.

Leur vision commune allie innovation

artistique et engagement social.

Elles succèdent à Daniel Blanga

Gubbay et Dries Douibi, qui dirigeaient

le festival depuis 2018.

© photos : Margherita Caprilli et

Djenna Wehenphol

13


14


Turner

& Constable

Un duel dans le creuset du romantisme

JMW Turner, Fishermen at sea, 1796, huile sur toile, 91,44 × 122,24 cm. Londres, The Tate Britain. © Tate

Voici la première œuvre de l’artiste, exposée à la Royal Academy de Londres l’année de sa création.

15


Peintre ‘‘du feu’’, de

la Lux romantique,

parfois rebelle,

Turner gomme les

détails pour filtrer

l’essence lumineuse

du monde.

JMW Turner, Autoportrait, ca. 1799, huile sur toile, 74,3 x 58,4 cm. Londres, The Tate Britain. © Tate

La gentille rivalité qui opposa

les peintres William Turner et

John Constable s’inscrit comme

l’un des grands chapitres de

l’histoire de l’art britannique. Deux

hommes, deux visions du monde,

deux tempéraments artistiques

confrontés au sein du romantisme

anglais : Turner, l’alchimiste

des cieux et des lueurs, contre

Constable, le poète de la terre et

des nuages.

TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE

Blottie dans la première moitié du

XIXe siècle, leur joute ne se lit

pas seulement comme un épisode

biographique. Elle révèle de

profondes tensions esthétiques, souvent

motivées par le contexte du romantisme,

époque mouvante, éprise de grandeur et

d’émotions, où l’on cherche à sublimer

l’ordinaire et à transcrire sur la toile le

souffle même de la nature. C’est dans ce

contexte, où s’opposent les concepts séminaux

de Lux (du latin signifiant ‘‘lumière’’)

et de Nox (nom latin de la déesse grecque

de la nuit, Nyx), qu’au printemps 1832, la

Royal Academy of Arts de Londres devint

le théâtre d’un affrontement mémorable.

Turner y expose Helvoetsluys ; la ville

d’Utrecht, 64, prenant la mer, une marine,

pâle et subtile, face à L’Ouverture du pont

de Waterloo de Constable, immense toile

mêlant des tonalités de rouge et d’or.

D’emblée, les deux artistes ne sont pas

égaux face à l’accrochage décidé par le

jury. Car, dans la Somerset House, où se

tient depuis 1769 l’exposition annuelle de

l’Académie royale de peinture et de sculpture,

les œuvres bataillent pour être vues

et séduire les commanditaires d’un monde

où carrière rime avec visibilité. Turner,

voyant son tableau éclipsé par la composition

flamboyante de son rival, choisit

la riposte. Le jour du vernissage, il ajoute

d’un geste vif une tache rouge au cœur

des tourments de sa mer, un simple signal

de navigation, comme une bouée, mais

surtout un coup de génie chromatique, qui

attire l’œil et fait immédiatement oublier

l’œuvre de Constable. Ainsi, le lendemain,

le public n’a-t-il plus d’yeux que pour cette

note éclatante. Bien plus qu’une haine

féroce, cet épisode symbolise en fait une

rivalité amicale et subtile entre les deux artistes,

qui ne versera jamais dans la haine

plate. Loin de se vouer une inimitié stérile,

Turner et Constable garderont chacun une

admiration secrète : Constable votera ainsi

pour Turner lors de son élection à la Royal

Academy, et reconnaîtra la « merveilleuse

amplitude d’esprit » de son confrère.

16


DEUX TEMPÉRAMENTS, DEUX UNIVERS

Fils d’un barbier-perruquier, Joseph Mallord

William Turner (1775-1851) a grandi

dans les faubourgs populaires de Londres.

Après une formation classique à l’école de

la Royal Academy, à l’enseignement gratuit

mais de haute qualité, il est très vite attiré

par les embruns et les paysages marins

qu’il découvre, dès 1791, dans les villes de

Bath ou de Malmesbury. C’est lors de ces

premiers voyages hors de la capitale anglaise

qu’il réalise l’importance de dessiner

des croquis préliminaires avant de poursuivre

ses œuvres en atelier, développant

l’habitude de prendre des idées à l’extérieur

en été pour les retravailler l’hiver en

atelier. Ses tableaux, paysages et marines

d’Angleterre et d’Ecosse permettent au

jeune peintre surdoué d’obtenir rapidement

une grande réputation, qui lui attire

la sympathie et le soutien de nombreux

mécènes. Par leurs acquisitions, ceux-ci

nourrissent sont tempérament intrépide

et avide d’expériences et de voyages. Dès

lors, dès 1802, il parcourt l’Europe, carnet

souple à la main, découvrant la France, la

Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l’Allemagne

ou l’Italie. Ses croquis, annotés

de lettres pour chaque couleur (‘‘R’’ pour

rouge, ‘‘B’’ pour bleu), deviendront, de

retour à l’atelier, des paysages traversés par

son imagination atmosphérique. Peintre

‘‘du feu’’, de la Lux romantique, parfois

rebelle, Turner, qui a beaucoup étudié

l’œuvre de Willem van de Velde le Jeune, de

Claude Lorrain ou même de Nicolas Poussin,

tend à gommer les détails pour filtrer

l’essence lumineuse du monde, jusqu’à

parfois troubler la critique, qui s’interrogera

même un temps devant ses toiles sur

une possible instabilité psychique de leur

auteur. A contrario, son cadet d’une année,

John Constable (1776-1837), héritier d’un

Le romantisme, ce siècle de la sensation et

du sublime, aura vu deux titans transformer

le paysage ; l’un vers la lumière et l’inouï,

l’autre vers le motif et la précision.

John Constable, The White Horse, 1819, huile sur toile, 131,4 × 188,3 cm. New York, The Frick Collection.

17


John Constable, Dedham Vale, 1828, huile sur toile, 144,5 × 122 cm. Edimbourg, The National Galleries of Scotland.

18


JMW Turner, Le déclin de l’Empire carthaginois, exposé en 1817, huile sur toile, 170,2 x 238,8 cm. Londres, The Tate Britain.

Par cette œuvre, l’artiste exprime enfin vraiment la quête lumineuse (Lux) qui fera sa renommée.

Laissons à

Turner le souffle

incandescent,

à Constable la

brise modeste des

collines anglaises.

riche meunier, père de sept enfants et fidèle

anglican, est un homme de terroir, de

la Nox, un gentleman farmer enraciné dans

ses terres du Suffolk et attaché aux tourments

des cieux sombres et changeants

de l’Angleterre. Sa peinture, également apprise

à l’école de la Royal Academy et qui

doit beaucoup à Gainsborough, mais aussi

à Rubens, Ruysdael ou même Rembrandt,

procède plutôt d’une quasi-vénération naturaliste

: lors de longues séances en plein

air, il étudie chaque nuage, chaque frisson

de feuillage. Ses notes méticuleuses,

recueillies sur le motif, lui servent ensuite

à l’élaboration de grandes compositions

d’atelier, où la nature semble respirer avec

une précision quasi scientifique. «J’aime

leur odeur », dira d’ailleurs plus tard

Lucian Freud devant les charrettes de foin

de Constable, d’une présence étonnante,

peintes au moment où Turner s’envole de

plus en plus vers l’abstraction paysagère,

les miroitements de la lumière et bientôt le

sublime atmosphérique.

DU PITTORESQUE ET DU SUBLIME

Dans l’Angleterre du début du XIXe siècle,

la peinture de paysage connaît un avènement

spectaculaire. L’idéal romantique

cherche à élever la nature à la hauteur

d’un temple, à y inscrire la grandeur du

sentiment et la fragilité du destin humain.

Turner et Constable incarnent deux

facettes de ce mouvement : le premier

diffuse l’intensité héroïque du sublime,

de la transcendance, tandis que le second

s’emploie à retranscrire les nuances paisibles

et changeantes du réel, dans toute

sa dimension pittoresque. Dès lors, l’acte

de peindre devient comme une quête

initiatique. Explorateur, Turner esquisse

depuis un bateau sur la Tamise – idée que

Monet reprendra plus tard à Giverny –

mais ramène surtout de ses voyages des

carnets où la mémoire visuelle se mêle au

rêve. Artisanal et visionnaire, il marque

une rupture stylistique, la naissance du

paysage moderne, infusée de la future révolution

de l’impressionnisme jusqu’à l’abs-

19


John Constable, Hampstead heath with a Rainbow, 1836, huile sur toile, 50,8 x 76,2 cm. Londres, The Tate Britain. Une toute autre approche de la recherche lumineuse

que celle de Turner.

Le jeune John Constable par Ramsay Richard

Reinagle, ca. 1799, huile sur toile, 76,2 × 63,8 cm.

Londres, The National Portrait Gallery.

Constable est un

homme de terroir, de

la Nox, un gentleman

farmer attaché

aux tourments

des cieux sombres

et changeants de

l’Angleterre.

traction. Turner influencera ainsi Monet,

tout en inspirant la critique du sublime. De

son côté, Constable, solitaire, qui observe

avec patience et méthode, cherche à comprendre

chaque pan du paysage anglais

pour le rendre indiscutablement juste,

demeurant ainsi la référence du réalisme

rural, aimé pour sa fidélité au motif et à la

vie simple. Cette pseudo-rivalité entre Lux

et Nox, entre lumière spirituelle et trivialité

ordinaire, caractère ineffable et singulière

picturalité, continue de structurer

la mémoire de l’art britannique du XIXe

siècle, comme en témoigne l’exposition

proposée cet hiver par la Tate Britain.

Laquelle révèle combien les œuvres des

deux maîtres dialoguent, s’affrontent et

fusionnent parfois dans un même élan de

modernité. Le bonheur du spectateur est

en somme d’avoir le choix, entre le jaillissement

sensuel et incandescent de Turner

ou la tendresse minutieuse de Constable.

DE LA PLURALITÉ DE L’ART

Pourtant, dans la culture populaire même,

le duel entre Turner et Constable est

renouvelé : musées rivaux, presse friande

de classements, films et biographies, tout

contribue à raviver l’émulation de ces

‘‘géants jumeaux’’. Quant à elles, les expositions

continuent d’organiser le débat ;

la Tate Britain penchera volontiers pour

Turner, tandis que le Victoria and Albert

Museum célèbrera plutôt Constable, dans

la plus pure tradition des paris et des

sondages britanniques. Or, leur pseudorivalité

ne fut pas seulement affaire de

technique picturale, mais pose une problématique

universelle, celle de la valeur

dans la société des artistes, de la recon-

20


Les deux peintres,

qui s'observaient

constamment l'un

l'autre, possédaient

deux approches

singulières du sublime

et du pittoresque.

naissance, du jury, du public, de l’histoire.

Car, in fine, Turner et Constable, chacun

à leur manière, n’auront eu de cesse que

de donner sens à la nature, à l’émotion, à

la lumière. Il y a, dans ce face-à-face qu’on

leur impose, quelque chose de profondément

anglais : deux visions du paysage,

deux arts du sublime et du naturel, qui ne

cessent de se dévisager et de se critiquer.

L’œuvre de Turner, tout en atmosphères

et en fièvre, touche au mystique, aux

frontières du visible ; celle de Constable,

humble et rigoureuse, demeure la matrice

du réalisme européen. La grande leçon de

ce duel n’est donc pas tant celle d’un vainqueur

ou d’un perdant, mais plutôt celle

de la pluralité, de la fécondité de l’Art en

temps de crise. Le romantisme, ce siècle

de la sensation et du sublime, aura ainsi

vu ces deux titans transformer le paysage

; l’un vers la lumière et l’inouï, l’autre vers

le motif et la précision. Laissons à Turner

le souffle incandescent, à Constable la

brise modeste des collines anglaises. Leurs

univers opposés ne cessent de se rencontrer,

rappelant que la beauté naît parfois

du contraste absolu et du respect même

de la rivalité.

VISITER

Turner and Constable: Rivals and Originals

du 27-11 au 12-04-2026

Tate Britain

Londres

www.tate.org.uk

JMW Turner, L’Incendie de la Chambre des Lords et des Communes, le 16 octobre 1834, 1835, huile sur toile, 92 x 123,2 cm. Cleveland, The Cleveland Museum of Art.

21


L’ARTISTE DU MOIS

Dittmar Viane

Dans cette série, COLLECT s’intéresse à la place des jeunes artistes

dans le monde contemporain. Pourquoi ont-ils choisi cette voie, d’où

leur vient leur inspiration et comment se positionnent-ils ? Ce mois-ci,

place à Dittmar Viane (1998).

TEXTE : ELIEN HAENTJENS

PORTRAIT : GUY KOKKEN

Contrairement à la plupart des

ateliers d’artistes, il n’y a pas une

goutte de peinture au sol chez

Dittmar Viane. Le fait qu’il travaille

méticuleusement et qu’il utilise un pinceau

composé de quelques poils fins y est

pour beaucoup : « J’exécute dix tableaux

par an, en moyenne. Selon la difficulté de

la composition, il me faut environ un mois

à chaque fois. Je suis très perfectionniste.

Si je décide de peindre un élément spécifique,

par exemple, je ne peux m’arrêter

avant qu’il ne soit parfaitement net et

historiquement précis. Avant de peindre, je

réfléchis longuement et ne fais donc pratiquement

pas d’erreurs. Comme je laisse

sécher chaque couche avant d’en entamer

une nouvelle, j’ai le temps de réfléchir. La

technique ancestrale du glacis me permet

d’apporter de subtiles nuances de couleurs

et une profondeur dense à mes peintures.

Mais aussi de faire disparaître complètement

la texture du panneau de bois sous

la couche picturale. Pour obtenir une palette

de couleurs jaunies caractéristiques,

évoquant l’application de vernis, je réalise

mes mélanges moi-même. Je travaille

généralement des couleurs légèrement

plus foncées et discrètes, qui confèrent

une certaine unité. » Si ses œuvres ont l’air

réalistes, elles recèlent toutefois un côté

mystérieux et surréaliste. Ainsi, la perspective

est souvent erronée ou multimodale

et interchangeable. Dans l’œuvre Trinkets

of Nature (2025), qui fait référence à une

collection d’éléments d’origine naturelle, le

plateau de la table est représenté dans une

quasi-verticalité : « J'aime l'art populaire,

comme les sculptures en bois peintes à la

main représentant des oiseaux ou d'autres

objets quotidiens, que l’on trouve habituellement

dans les natures mortes, mais

aussi chez les artistes dits naïfs comme

Henri Rousseau, Camille Bombois ou Adolf

Dietrich. Je partage leur amour du détail et

aime la façon dont l’avant-plan et l’arrièreplan

se fondent dans leur travail. Leurs

œuvres possèdent une tactilité singulière

et sont perçues comme aliénantes. »

Mes petits arbres stylisés évoquent aussi

l’univers du jeu vidéo, tandis que la simplicité

rustique de la vie paysanne nourrit

un imaginaire proche de l’esprit de l’école

de Latem. » Le lien le plus évident est celui

qui le rattache aux primitifs flamands,

tant sur un plan technique qu’esthétique :

« J'aime leurs couleurs, l’air décalé des

personnages et l’absence d’émotion. On a

l’impression que leurs sujets sont incapables

de ressentir de la douleur. L’un de mes

22


L’ARTISTE DU MOIS

préférés est Dirk Bouts, également appelé

‘‘le peintre du silence’’. Je recherche la

même quiétude et la même simplicité

dans mon travail. Il s’agit d’une référence

esthétique et picturale, mais j’y apporte

aussi des touches contemporaines, tant sur

le plan de la composition que du contenu.

Blue-Butterfly Day, 2025, huile sur panneau, 24 x 18 cm.

© de l’artiste / Courtesy Gallery Sofie Van de Velde.

The Hunting Hound Triptych, 2024, huile sur panneau, 60,2 x 80,5 cm.

© de l’artiste / Courtesy Gallery Sofie Van de Velde

partient à l’Histoire. » Depuis sa résidence

temporaire à Valence, Dittmar Viane

passera les prochains mois à préparer

sa première exposition personnelle en

la Gallery Sofie Van de Velde, prévue en

mars 2026. Il n’y a pas de véritable thème :

« J'ai dix idées que je veux développer. Il

n'y a pas de récit global. Chaque tableau

constitue un nouveau départ. Lorsqu’une

image me fascine, je commence généralement

par en faire un rapide croquis sur

mon téléphone. L’idée conceptuelle ne

change pas beaucoup à ce moment-là,

mais l’exécution concrète et les couleurs

ne prennent vraiment forme qu’au fil du

processus. Dans chaque cas, le format

détermine le cadrage de l’image. » Mais

s’il devait citer un thème dominant, ce

serait la nature et la relation que nous

entretenons avec elle : « Des animaux sont

toujours représentés dans mes œuvres. Je

suis fasciné par les motifs, les couleurs et

les détails des ailes des papillons ou des

oiseaux, par exemple. Comme il existe

encore un très grand nombre d’espèces,

la source d’inspiration est inépuisable. En

tant que photographe amateur, j’essaie de

capturer le plus grand nombre d’espèces

possible, que ce soit dans la jungle péruvienne

ou lors de randonnées en Autriche.

Bien que je reste très subtil, des scènes en

apparence paisibles prennent parfois une

tonalité critique et satirique, invitant par

exemple à réfléchir au changement climatique.

» La lenteur de sa production remet

en question les conventions du marché

de l’art : « Peindre plus rapidement n'est

« Je recherche

quiétude et

simplicité dans mon

travail »

SOUS-ENTENDU SATIRIQUE

L’humour y joue un rôle essentiel. Je

m’amuse régulièrement à détourner mots

ou expressions, qui inspirent ensuite mes

créations. Dans Before the Annunciation

(2025), par exemple, on a l’impression que

l’archange Gabriel vient de cueillir un lys

pour la Vierge. Et le pigeon voyageur de

The Messenger (2025) tient vraiment une

enveloppe entre ses griffes. En même

temps, je suis fasciné par l’Histoire et

m’intéresse, entre autres, à l’utilisation

de matériaux naturels dans le mobilier

ancien, aux habits traditionnels et aux pratiques

des magiciens, comme celle de la

baguette de sourcier. J’aime aussi les films

d’époque et les encyclopédies illustrées

sur les oiseaux ou les roches. Le fait que

j’aie étudié l’illustration à la KASK de Gand

y est peut-être pour quelque chose. Inspiré

par un ami, j’ai alors commencé à expérimenter

la peinture acrylique. La planéité et

le manque de détails me plaisaient moins,

mais le fait de peindre m’a ouvert tout un

univers. Les belles couleurs, la superposition

des couches et le séchage plus lent

m’ont rapidement fait préférer la peinture

à l’huile. Comme les primitifs flamands

furent parmi les premiers à l’utiliser, je me

suis plongé dans leur œuvre. Le reste apévidemment

pas une option. Entre chaque

couche, l'œuvre doit sécher. Je ne me

laisse pas envahir par l’idée qu’il y ait une

liste d’attente, par exemple : je laisse cette

gestion à la galerie. La qualité de chaque

œuvre passe d’abord. J’aime me lancer de

nouveaux défis et ne souhaite jamais créer

deux fois la même chose. En même temps,

cette manière de travailler rend difficile la

fixation d’un prix juste pour une œuvre. J’ai

de bons contacts avec certains collectionneurs

et suis toujours ravi de voir où mes

œuvres sont accrochées. J’aime beaucoup

le fait que mon travail soit vu à l’extérieur

et avoir l’occasion d’entendre différents

points de vue à son sujet. » Et de conclure,

hilare : « Mon amie et mes parents aimeraient

bien que je trouve un vrai travail,

mais je n’ai vraiment pas le temps pour

l’instant ! »

SURFER

www.dittmarviane.com

www.sofievandevelde.be

23


Patricia Urquiola

Pour une réalité hybride

Dans le cadre d’Europalia

España, le Centre d’Innovation

et de Design (CID) consacre

une exposition à l’une des

plus importantes designers du

moment, Patricia Urquiola. Metamorphosa

entraîne le visiteur dans

un univers créatif en perpétuelle

mutation.

TEXTE : ELIEN HAENTJENS

Table Shimmer, 2015, verre. © de l’artiste / Courtesy Glas Italia

Peu de créateurs ont autant marqué

de leur empreinte le monde du

design international que l’Espagnole

Patricia Urquiola (1961). Résidant en

Italie, après des études à Madrid et Milan,

elle devint professeure-assistante auprès

d’Achille Castiglioni et d’Eugenio Bettinelli.

Elle a, plus tard, aidé Vico Magistretti à produire

des meubles pour la marque italienne

De Padova et dirigé le studio de design Lissoni

Associati. Après cet apprentissage chez

les grands maîtres italiens, elle fondait son

propre studio en 2001. Patricia Urquiola travaille,

depuis lors, pour nombre de grandes

marques, de Moroso, Kettal, cc-tapis et

Louis Vuitton à Baccarat, Four Seasons

ou Mandarin Oriental. Elle est également,

depuis 2015, directrice artistique de Cassina.

Cette profusion de projets de design

et architecturaux a compliqué la recherche

d’un bon angle d’incidence. « Lorsque j’ai

assisté, il y a dix ans, à une présentation à

Flagey à Bruxelles, j’ai été frappée par sa

façon de nouer des contacts et de trouver

de nouvelles idées, tout en parlant », déclare

la directrice et commissaire d’exposition

du CID, Marie Pok. « Depuis l’estrade, elle

demandait à son mari de les noter précieu-

24


Mushmonster, 2025, polimex. © de l’artiste / Courtesy Moroso / photo : Studio Eye

sement. L’agilité constante de son esprit

et sa façon de passer en souplesse d’une

réflexion à l’autre constituent des atouts

dans le monde actuel. Cette attitude est

peut-être l’une des raisons pour lesquelles

ses idées collent autant à une réalité

changeante. » Patricia Urquiola étudie, par

exemple, les possibilités de conception de

nouveaux matériaux recyclés et la façon

dont ceux-ci peuvent trouver leur place

dans l’industrie. Pour la société danoise

Mater, elle a exploré, avec la collection Alder

(2024), les possibilités des fluides résiduels

comme le café ou les copeaux de bois.

Aidée de son studio milanais, qui compte

une petite centaine de collaborateurs tous

départements confondus, elle a développé

pour la société italienne Cimento® un matériau

composite à base de fluides résiduels

industriels. Ce nouveau type de ciment

constitue la matière première des briques

qu’elle a développées, entre autres, avec des

algues de la lagune vénitienne et du verre

recyclé pour l’installation The Other Side of

the Hill (2025), présentée à l’Arsenale lors

de la dernière Biennale d’Architecture de

Venise. Cette installation explore l’avenir

de la vie dans les villes, tant sous l’angle

« L’agilité constante

de son esprit et sa

façon de passer, en

souplesse, d’une

réflexion à une autre

sont des atouts

dans le monde

d’aujourd’hui »

d’une croissance démocratique explosive

que d’un déclin de la population mondiale.

Cette installation spéculative illustre la

possibilité de créer des modes alternatifs de

cohabitation, inspirés des ‘‘cités’’ microbiennes

présentées dans des boîtes de Petri.

Son installation interdisciplinaire met, non

seulement, l’accent sur la régénération et

l’interdépendance, mais présente aussi un

nouveau modèle hybride pour la vie sur

notre planète où l’humain n’occupe plus la

place centrale.

ENTRE ARTISANAT ET INDUSTRIE

L’interaction entre artisanat et industrie

constitue une autre constante de son

œuvre. Cette thématique constituait le fil

conducteur d’une exposition rétrospective

présentée au Philadelphia Museum of Art.

L’artiste s’est laissée inspirer par le soufflage

du verre de Murano pour les vases Sestiere

(2022) produits par Cassina. Si le verre était

lui-même soufflé à la bouche, les morisas,

avec leur motif à rayures caractéristique,

étaient appliquées à la main, faisant de

chaque vase de cette édition un exemplaire

unique. Un concept qui rend hommage à

la verrerie vénitienne traditionnelle. Marie

Pok : « Pour le projet Hybrida (2022), elle a

recouru aux connaissances artisanales de

la manufacture de porcelaine Real Fabbrica

di Capodimonte. Une recherche de

possibilités novatrices utilisant la barbotine

de porcelaine lui a permis de créer une

série d’objets de céramique étonnants, en

y trempant entre autres une éponge ou des

fleurs. Ces pièces uniques sont vendues aux

enchères chez Christie’s au profit du centre

de formation de la manufacture. » La métamorphose

de son esprit la pousse à ressortir

des projets et idées anciens et à leur insuf-

25


fler une nouvelle vie. « Le siège Gruuvelot

(2025) pour Moroso constitue, à ce titre, un

exemple intéressant. Il s’inspire du système

de canapé Gruuve, lui-même une évolution

des chaises Lowseat (2000). Le siège est

ainsi passé d’une forme plus statique à une

entité vivante, qui se répand dans l’espace

à la manière d’un organisme. Plus qu’un

meuble, c’est devenu un paysage, avec ses

volumes indéfinis et ses extensions qui ne

cessent de se transformer. Une invitation

à interagir qui redéfinit le dialogue entre

corps et objet. Pour le revêtement, l’artiste

a développé, en étroite collaboration avec

Kvadrat, un tissu qui consomme jusqu’à

90 % en moins d’eau et émet jusqu’à 80 % en

moins de gaz à effet de serre. »

Octopada, 2023, polyester recyclé. © de l’artiste / Courtesy Kvadrat / photo : Casper Sejersen

« Plus qu’un meuble, le siège Gruuvelot

est devenu un paysage, avec ses volumes

indéfinis et ses extensions qui ne cessent

de se transformer »

MARIE POK (CID)

TRANSFORMATION

Le profond amour qu’elle nourrit pour

une métamorphose durable ne tient pas

uniquement à sa personnalité, mais est

devenu une véritable vision de la vie. Elle

s’inspire, à cet effet, de philosophes comme

Bruno Latour, auteur de livres sur les liens

entre l’humain et le non-humain ou entre

le naturel et l’artificiel. Marie Pok : « Patricia

Urquiola aspire à une réconciliation des

contraires, dévoile les liens entre certaines

réalités divergentes et associe ses idées

dans des réseaux non-hiérarchiques. Avec

Gruuvelot, 2025, panneaux multiplex, mousse polyuréthane et tissus Kvadrat. © de l’artiste / Courtesy Moroso / photo : Studio Eye

26


« Par le biais d’une

projection avec des

références et des

dessins, on plonge le

visiteur dans l’univers

idiosyncratique de

Patricia Urquiola »

MARIE POK (CID)

cette vision métaphorique de notre rapport

à la nature et entre nous, elle rejoint

des philosophes tels que Gilles Deleuze

et Félix Guattari, entre autres, mais aussi

des artistes comme Sam Balfus. La vidéo

de créatures étranges que celui-ci a réalisé

dans le cadre de l’installation Nature Manifesto

de la musicienne et artiste islandaise

Björk, a été prise par cette dernière comme

référence à ses propres créations qui

mettent en scène des êtres fantastiques. Par

le biais d’une projection avec des références

et des dessins, on plonge le visiteur dans

son univers idiosyncratique. Le catalogue,

le deuxième de sa carrière, offrira une interprétation

plus large de son œuvre. » Son

installation Among-us (2025), réalisée pour

le salon allemand du textile Heimtextil,

est un exemple de création qui adhère à ce

monde fantastique. Marie Pok : « Avec cette

œuvre, elle a voulu célébrer des formes

nouvelles, hybrides de cohabitation. Elle

traduit une vision holistique de notre cadre

de vie et du rôle que le textile y joue, ainsi

que l’habillage de canapés sous la forme

de créations uniques. En étroite collaboration

avec la société italienne cc-tapis, elle

a créé une série de pièces représentant des

créatures monstrueuses, qui symbolisent

certains changements indispensables, mais

parfois effrayants, tandis qu’avec le siège

Mushmonster (2025), elle inventait pour

Moroso une créature hybride ressemblant à

un champignon. Sa série Cryptid (2025) est

également inspirée d’un paysage hybride

peuplé d’êtres surprenants. »

FUSION HYBRIDE

Son aptitude constante à s’adapter à la

réalité changeante fait de Patricia Urquiola

l’une des plus puissantes créatrices de

sa génération. Elle dit elle-même, entre

autres, qu’elle s’intéresse à la nouvelle

poésie issue de technologies novatrices et

Pipeline, 2022, laine, prototype noué à la main. © de l’artiste / Courtesy cc-tapis / photo : Alejandro Ramirez Orozco

que le monde du design ne cesse d’évoluer

vers une fusion hybride entre artisanat

et numérisation. Stimulée par cette

métamorphose, elle repense la matière, la

hiérarchie, le récit et la beauté. « Dans les

tapis Pipeline (2022), elle mêle artificiel et

humain. Les techniques de dessin numérique

vont de pair avec des techniques

artisanales tels que le tuftage, comme

s’il était l’œuvre d’un robot », estime la

directrice du CID. La numérisation, mais

aussi l’utilisation de nouveaux matériaux

donnent lieu à une esthétique renouvelée.

Marie Pok : « Nous exposerons aussi bien

sa table Shimmer (2015), à laquelle une

palette de couleurs changeantes confère

un rayonnement magique et éthéré, que

son projet Babar (2024). Le matériau recyclé

à 100 %, qui associe du gravier de verre

à des polymères en partie végétaux, détermine

un langage visuel organique : des

pieds épais, éléphantesques, une surface

irrégulière et une palette de couleurs qui

changent à chaque production. Chaque

pièce est réalisée sur commande et à la

main. Cela signifie que les consommateurs

doivent changer de mentalité, apprendre à

se débarrasser des normes connues et que

la perfection, la prévisibilité et l’immédiateté

appartiennent au passé. L’intégration

de ces idées dans l’industrie, sans jamais

se contenter de certitudes acquises, rend

Patricia Urquiola exceptionnelle. »

VISITER

Patricia Urquiola. Meta-morphosa

du 14-12 au 26-04-2026

CID

Hornu

www.cid-grand-hornu.be

27


ZOOM

Robert Doisneau

Quatre secondes d’éternité

On ne présente plus Robert Doisneau, dont chacun connait les photos

les plus célèbres comme Le baiser de l’Hôtel de ville ou Les pains de

Picasso. D’avril à octobre, près de quatre cents de ses clichés ont été

montrés au musée Maillol à Paris dans l’exposition Robert Doisneau.

Instants donnés. Augmentée d’un chapitre belge, elle est désormais

visible à La Boverie de Liège.

TEXTE : JEAN-MARC BODSON

Le baiser de l’Hôtel de Ville, Paris, 1950. © Atelier Robert Doisneau

28


ZOOM

Une des toutes bonnes monographies

de Robert Doisneau

(1912-1994), la première d’ailleurs,

date de 1979.Dans sa préface, le

photographe expliquait son choix du titre

Trois secondes d’éternité : « Il est des jours

où l’on ressent le simple fait de voir comme

un véritable bonheur ; on est léger, léger (...).

On se sent si riche qu’il vous vient l’envie

de partager avec les autres une trop grande

jubilation. (...) Le souvenir de ces moments

est ce que je possède de plus précieux. Peutêtre

à cause de leur rareté. Un centième de

seconde par-ci, un centième de seconde

par-là mis bout à bout, cela ne fait jamais

qu’une, deux, trois secondes chipées à

l’éternité. »Si l’on compte bien, avec ses

quelques quatre cent clichés, l’exposition

qui s’ouvre à La Boverie de Liège devrait

nous offrir quatre secondes d’éternité.

Mais en fait, ce décompte poétique ne

vaut pas ici, car le parti pris des organisateurs

est celui d’une « exposition totale»

qui « invite le visiteur à entrer dans les

coulisses de la création ». Et donc, à partir

des quelques 450 000 clichés que compte

l’Atelier Doisneau, c’est – un peu à la façon

de la monographie parue chez Taschen en

2014 – une exposition ‘‘sur’’ ou ‘‘à propos’’ du

photographe de Montrouge plutôt qu’une

sélection de son cru, témoignant d'un œil

à la fois malicieux et plein de sympathie

comme celle de Trois secondes d’éternité.

C’est surtout, paradoxalement à propos de

cet homme empreint d’une réelle modestie,

un très gros spectacle avec des dispositifs

interactifs et audiovisuels comme

les affectionne l’agence Tempora, déjà à la

manœuvre dans les récentes expositions

sur Elliott Erwitt ou Steve McCurry. Ceci,

avec un chapitrage où l’on retrouve à la fois

une façon de photographier en se promenant

comme dans les séries Banlieues,

Bistrots, Enfance, Rencontres et un aperçu

de ce à quoi l’artiste, diplômé en gravure à

l'Ecole Estienne s'astreignit, pour gagner sa

vie : Tirages, collages et bricolages ; Agence,

publications et publicités ; Les années Vogue.

RÉALISME POÉTIQUE

Parmi ces productions rémunératrices, il y

a bien entendu celles réalisées lors des cinq

années que Robert Doisneau passa, tout

juste avant la guerre, comme photographe

à la régie Renault et qui se termina par un

licenciement pour « retards répétés ». Il y

a celles qu’il réalisa en Belgique et que l’on

retrouve ici, dans une sélection inédite. Il y

a, bien évidemment aussi, l’évocation de ce

Le cadran scolaire, Paris, 1956. © Atelier Robert Doisneau

« Il y a des jours où le

simple fait de pouvoir

voir est une véritable

source de bonheur »

ROBERT DOISNEAU

reportage sur les amoureux de Paris, commandé

par le magazine Life en 1950, dont

la célèbre image des Amoureux de l’Hôtel

de Ville défraya la chronique judiciaire. En

effet, 35 ans après la prise de vue, un couple

vint réclamer des droits à l’image. Ce cliché

étant commercialisé sur des posters, des

cartes postales, des draps et taies d’oreillers,

ils avaient cru flairer le bon filon. Mais,

il en furent pour leurs frais, car Doisneau

put prouver qu’ils n’étaient pas les protagonistes

de cette prise de vue pour laquelle

il avait rémunéré deux comédiens. Tout ce

travail des années ‘‘laborieuses’’, comme les

qualifiait Jean Claude Gautrand, n’efface

évidemment pas les images de l’observateur,

on pourrait dire de l’ethnographe du

Paris populaire. Celles des premiers livres

en collaboration avec des auteurs renommés.

On pense à La Banlieue de Paris (1949)

avec Blaise Cendras, Les Parisiens tels qu’ils

sont avec Robert Giraud (1954) ou Pour que

Paris soit (1956) avec Elsa Triolet. Autant

d’ouvrages pleins de formidables photographies,

plus exactement pleins des centièmes

de secondes inoubliables comme Les deux

frères (1936), Mademoiselle Anita (1951) ou

Stricte intimité (1945). Et d’innombrables

autres, qui illustrent ce qu’a été le ‘‘réalisme

poétique’’, ce courant de la photographie

humaniste dont il fut un fer de lance avec

Willy Ronis, Izis et Edouard Boubat.

VISITER

Robert Doisneau. Instants Donnés

du 31-10 au 09-04-2026

La Boverie

Liège

www.expo-doisneau.com/liege/

29


Louise Nevelson

Le noir comme acceptation

Louise Nevelson est une superstar

de la sculpture américaine. Elle

s’est imposée, dès la fin des années

1950, dans un monde artistique

dominé par les hommes, avec ses

assemblages majestueux en bois

récupéré, peints en monochrome

noir. On dit qu’à l’époque, elle était

aussi célèbre, voire davantage,

qu’Andy Warhol. Et elle n’a jamais

été oubliée depuis, bien au contraire.

L’exposition du musée de Wiesbaden

s’articule autour de ses assemblages

et collages. Et en janvier sera

inaugurée une rétrospective, au

Centre Pompidou Metz.

TEXTE : CHRISTINE VUEGEN

Night Sun I, 1959. Collection privée. © Courtesy Gió Marconi, Milan / VG Bild-Kunst, Bonn, 2025 / photo :

Fabio Mantegna

«

Je

fais des collages. Je rassemble

un monde brisé

afin de créer une nouvelle

harmonie. » Cette célèbre

citation de Louise Nevelson (1899-1988)

s’applique également à la technique de

ses assemblages. Car ses collages bidimensionnels,

elle les a gardés quasiment

secrets sa vie durant. L’artiste est née

près de Kiev, en Ukraine, alors territoire

de l’Empire russe. Plus tard, ses parents

émigrent aux États-Unis, dans le Maine,

où elle passe son enfance. En 1920, elle

s’installe avec celui qu’elle vient d’épouser,

Charles Nevelson, à New York. Elle y

étudie le chant, le théâtre, la peinture et la

sculpture. Elle divorce en 1931 et, à défaut

30


L’oeuvre révèle l’artiste

de l'homme, elle décide de conserver

son nom. Par la suite, elle restera célibataire

et libre toute sa vie, n’ayant que

faire des normes sociales et des attentes

des femmes de son époque. Les photos

d’elle sont presque aussi célèbres que ses

sculptures : on la voit prenant la pose pour

le monde extérieur, telle une impératrice,

avec des tenues excentriques, les yeux

outrageusement maquillés. « Architecte

des ombres », c’est ainsi qu’elle se définissait.

Dans son art, elle joue avec l’espace, la

lumière et l’obscurité.

AMOUREUSE DU NOIR

Night Sun I (1959) est l’un des assemblages

présenté au musée de Wiesbaden. Louise

Nevelson composait avec des objets et

matériaux de récupération : des planches,

des caisses, des pieds de chaise, du fer

d’armature et bien d’autres choses, souvent

des vestiges de bâtiments démolis de New

York. Elle organisait ces éléments en des

sortes de boîtes ouvertes, créant ainsi

une composition. Ensuite, elle peignait

l’ensemble en noir pour l’uniformiser.

Cette technique dote l’œuvre d’une dimension

minimaliste, évoquant le colorfield

painting, tous les objets et matériaux

devenant équivalents. S’ils proviennent du

quotidien, ils ne sont pas toujours faciles

à identifier. En résulte une abstraction à

la fois très tangible, énigmatique et quasi

mystique. Pour Louise Nevelson, le noir

était synonyme de totalité : « Quand je

suis tombée amoureuse du noir, pour

moi il contenait toutes les couleurs. Ce

n’était pas une négation. Au contraire,

c’était une acceptation. » L’utilisation du

noir renforce encore l’aspect mystérieux

de ses œuvres. Plus tard, elle peindra également

des assemblages monumentaux

en monochrome blanc ou monochrome

or, durant ce qu’elle nommait sa ‘‘phase

baroque’’. Très tôt, elle fut influencée par le

cubisme de Picasso et le constructivisme

russe de Tatline. Elle a réalisé Night Sun I

un peu à la manière de Mondrian, avec des

horizontales et des verticales. Il s’agit d’une

de ses premières ‘‘sculptures murales’’,

type d’œuvre l’ayant rendue célèbre dans

le monde. En 2022, cette sculpture murale

était incluse dans une exposition personnelle

de la Biennale de Venise. D’autres

travaux étaient également présentés dans

l’exposition principale des Giardini. Plus

d’un demi-siècle auparavant, en 1964, elle

avait été sélectionnée pour le pavillon des

Etats-Unis, à Venise.

GÉOMÉTRIE ET MAGIE

L’exposition du Centre Pompidou Metz

offrira un aperçu de son œuvre, depuis

ses premières peintures et sculptures en

terre cuite. Son titre, Mrs. N’s Palace, est

emprunté à une œuvre monumentale de la

collection du Metropolitan Museum of Art

de New York, achevée en 1977, après treize

ans de travail. L’architecture, la sculpture

et la peinture s’y fondent dans une cabane

peinte en noir, qui évoque à la fois une

« Je réunit un

monde brisé pour

créer une nouvelle

harmonie »

LOUISE NEVELSON

grange, un monument ou une chambre

funéraire. Les murs et le plafond sont

assemblés grâce à un amalgame d’objets

et de matériaux trouvés. Le sol est en

miroir. Comme le palais de Mrs Nevelson !

L’artiste a exercé une influence énorme,

par le passé comme de nos jours. Sans se

considérer elle-même comme féministe,

elle a influencé certains mouvements

féministes, ayant produit un art musclé,

dans un format qui n’avait rien à envier

à celui de ses contemporains masculins

comme Jackson Pollock et Richard Serra.

C’est ainsi qu’elle s’est faite connaître sur le

tard. Si sa première exposition personnelle

date de 1941, ses œuvres ne connaissent

alors guère de succès. Au début des années

1950, elle se rend au Mexique et au Guatemala

pour y découvrir l'art précolombien.

Elle commence ensuite à combiner

géométrie et magie. Ce qui débouchera, en

1958, sur le premier grand assemblage mural

noir Sky Cathedral (collection MoMA,

New York). Elle qualifiait ses assemblages

« d’environnements » et concevait également

ses expositions comme un environnement

total. Un autre environnement

précoce, Sky Cathedral III (1959), fut acquis

en 1967 par le Kröller-Müller Museum

d’Otterlo, institution néerlandaise qui

présida, en 1969, à sa première rétrospective

européenne. En Belgique, les musées

royaux des Beaux-Arts faisaient l’acquisition,

en 1968, auprès de la Galerie Daniel

Gervis (Paris), d’une œuvre de 1959, intitulée

Garden of Prix.

IMPACT

Le bois était son matériau de prédilection,

ayant grandi avec lui, fille d’un père

négociant en bois. Après son divorce, alors

qu’elle avait du mal à joindre les deux

bouts, elle ramassait du bois de cheminée

dans les rues de New York avec son fils

Mike. Elle a également réalisé des sculptures

en plexiglas et, à partir de 1977, en

métal. Une installation de sept sculptures

se trouve ainsi, depuis 1978, sur la

Louise Nevelson Plaza, à New York. Arne

Glimcher, fondateur de la Pace Gallery,

déclarait, lors d’une interview en 2022,

qu’elle fut aussi célèbre, voire plus, qu’Andy

Warhol de son vivant. L’enseigne représente

son œuvre depuis 1961. Après sa

mort, sa cote s’est un peu assoupie, son fils

ayant cessé d’alimenter le premier marché.

L’intérêt ne cesse toutefois de croître depuis

la libération de ces œuvres et la création

de la Louise Nevelson Foundation,

en 2005. Sur le stand de Pace, à Art Basel

Paris l’an dernier, une sculpture murale

noire se vendait 750.000 dollars. Le record

d’enchères est de 1,35 million de dollars

pour l’assemblage de peintures blanches

Floating Cloud VII (1977), vendu en 2021

par Christie’s New York. Des sommes

importantes, mais qui n’égalent pas les

prix records des œuvres de contemporains

masculins célèbres. Du moins, pas encore.

Car, en termes d’impact et d’influence,

Louise Nevelson est loin d’être négligeable.

VISITER

Louise Nevelson. Die Poesie des Suchens

du 31-10 au 15-03-2026

Museum Wiesbaden

Allemagne

www.museum-wiesbaden.de

Louise Nevelson. Mrs. N’s Palace

du 24-01 au 31-08-2026

Centre Pompidou-Metz

France

www.centrepompidou-metz.fr

31


Mahmoud Bodo Rash

Architecte de

deux mondes

Du Bauhaus à la Mecque est le titre singulier d’une exposition du Design

Museum Den Bosch, qui explore les liens entre tradition et modernité,

Orient et Occident, nature et architecture, à travers le travail de

l’architecte Mahmoud Bodo Rasch. « L’œuvre de Rasch réunit plusieurs

mondes », explique Yassine Salihine, conservateur en chef du musée et

commissaire de l’exposition.

TEXTE : BEN HERREMANS

Mahmoud Bodo Rasch Jr., les parasols inversés sur la place de Médine. © D. R.

32


Mahmoud Bodo Rasch (1943) se

devait de devenir architecte,

c’était inscrit dans ses gènes.

Son père, Bodo Rasch Sr (1903-

1995) et son oncle Heinz Rasch (1902-1996)

étaient architectes-designers. « Ils faisaient

partie du Deutscher Werkbund et eurent plus

tard des contacts avec le Bauhaus », souligne

Yassine Salihine. « Sa mère, Lilo Rasch-Naegele,

était une célèbre peintre et illustratrice.

Le jeune Mahmoud a grandi dans une famille

d’artistes communistes. Il a étudié l’architecture

à Stuttgart, mais n’aimait pas la façon,

trop démodée pour lui, dont la matière était

enseignée. » Un nouveau monde s’ouvre à lui

lorsque l’architecte Frei Otto l’appelle pour

un job de vacances. Frei Otto (1925-2015)

s’est fait connaître par ses constructions

légères, notamment des toitures textiles

soutenues par des structures câblées. Il

visait une construction efficace, basée sur

une recherche scientifique interdisciplinaire

des phénomènes naturels. Deux mois après

sa mort, il recevait le Prix Pritzker. Yassine

Salihine : « Mahmoud Bodo Rasch a été séduit

par la méthodologie et l’esprit de liberté

de Frei Otto. D’abord en tant que protégé,

puis plus tard ami, il continuera à travailler

étroitement avec lui sa vie durant. » En 1972,

Bodo Rasch devint professeur d’architecture

à l’Université d’Austin, au Texas. Il évoquait

cette période en 2018, dans un entretien avec

l’architecte italien Marcello Della Giustina

pour son projet Does Permanence Matter ?

Ephemeral Urbanism : « Comme le climat à

Austin ressemble à celui des pays arabes, il y

avait beaucoup d’étudiants saoudiens sur le

campus. L’un d’eux, Sami Angawi, est devenu

un ami. Il m’a montré des images du Hadj et

j’ai ainsi découvert que, dans la plaine d’Arafat,

il existait une ville de centaines de milliers

de tentes où les pèlerins, en route pour la

Mecque, passaient la journée. Peu après, Frei

Otto m’a appelé : il voulait participer à un

concours organisé pour assurer l’hébergement

des pèlerins à La Mecque et à Mina. »

Mina est l’endroit où les pèlerins pratiquent

la lapidation rituelle du Diable. Lors du Hadj,

ils y séjournent plusieurs jours sous tentes :

« Otto était au courant de mon amitié avec

Sami et m'a demandé de collaborer. Nous

avons réalisé un dessin à la plume de la vallée

de Mina, sur lequel nous avons positionné

chaque tente. Yassine Salihine qualifie ce

projet « d’ingénieux », le nommant Mountain

Tents parce qu’ils voulaient aussi installer des

tentes dans les montagnes. Si le projet n’a pas

abouti, il fit quand même l’objet de la thèse de

doctorat de Rasch, The Tent Cities of the Hajj. »

LA MECQUE

Un récit spirituel se déploie en parallèle

de ce projet architectural. « Rasch était

un chercheur spirituel », explique Yassine

Salihine. « En 1974, il est revenu du Texas

dépressif. » Extrait de l’entretien avec Marcello

Della Giustina : « Ma patience, mon

argent... tout était épuisé. Avec mes derniers

sous, j’ai acheté un aller simple pour

Djeddah. J’y suis arrivé sans visa ni rien.

Je voulais faire le Hadj avec Sami Angawi

mais, d’après mon passeport, je n’étais pas

musulman. Ils m’ont dit de me convertir à

l’Islam devant un tribunal. Ce que j’ai fait

le jour même. » Rash prend le prénom de

Mahmoud et rencontre le prince Ahmed

bin Abdulaziz : « Il m'a remis un document

m’autorisant à participer au Hadj et m’a

donné de l’argent pour acheter des appareils

photo. « Il a dit : ‘‘Prenez des photos

du Hadj : je veux voir ce que vous voyez.’’ »

Rasch a été subjugué par La Mecque : « On

voyait que c’était une ville médiévale, dotée

d'infrastructures datant d’il y a 1300 ans.

Le Hadj provoquait problèmes et chaos, à

plusieurs niveaux. Avec mes photographies,

grandes, en couleurs, vues du ciel, je suis

retourné chez le prince Ahmed. Personne

ne lui avait montré le Hadj de cette façon,

avec ses problèmes gigantesques. Son gouvernement

ne montrait que le beau côté de

la médaille, jamais l’envers. » Depuis lors,

l’Arabie saoudite est devenue comme la patrie

de Rasch, selon Yassine Salihine : « C'est

là que ses cheminements architectural et

spirituel ont fusionné. Le prince Ahmed lui

a demandé de créer le Hadj Resarch Center.

Rasch a envisagé le Hadj dans une perspective

urbanistique et a appliqué ses idées de

Leichtbau au pèlerinage. » Dans l’entretien

qu’il a accordé à Marcello Della Giustina,

Rasch nous fait part de ses réflexions à ce

sujet : « Les villes de La Mecque, Arafat

et Mina sont des vestiges de l'époque

des grandes caravanes : des cortèges de

personnes, parfois deux cent ou trois cent

mille, et de chameaux. Il s’agissait de villes

mobiles et temporaires. (…) Les pèlerins

qui font le Hadj restent un jour dans la ville

d’Arafat et de trois à cinq jours à Mina. Si

Arafat est rudimentaire, Mina incarne la

transition d’une ville nomade et éphémère

vers une cité plus permanente. On y trouve

de l’ombre, des toilettes et les nombreux

équipements nécessaires. (…) En lançant

ce concours, le gouvernement visait la création

d’une colonne vertébrale pour le flux

des pèlerins rejoignant La Mecque à pied.

Le Hadj consiste en une marche de dix-huit

« Ce qui fait la

particularité du

travail de Rasch,

c’est qu’il conçoit des

objets fonctionnels

pour une pratique

spirituelle »

YASSINE SALIHINE

kilomètres, répartie sur cinq jours. L’objectif

n’était pas de concevoir un grand système

de transport. (…) Quelle est la topographie

de Mina ? Environ trois cents hectares de

vallée et trois cents cinquante hectares de

collines. En utilisant les collines comme

extension pour les logements, on obtient

une plus grande superficie. (…) Influencer le

climat grâce à des structures constitue une

fonction importante de l’architecture. Cela

vaut aussi bien pour un igloo en Antarctique

que pour une tente dans le désert. (…)

Il faut toujours concevoir un projet architectural

de manière à pouvoir le démonter

sans causer trop de dégâts. D’un point de

vue écologique, quoi que l’on fasse sur cette

terre, il faut penser aux conséquences.

Dans ce monde globalisé, les architectes

doivent travailler à grande échelle. Ils le

font soit avec une qualité si impressionnante,

comme celle des temples grecs,

que personne ne souhaite les détruire, soit

en intégrant, dès le départ, l’idée de leur

démantèlement. Comment ce dernier

peut-il être réalisé, et quel en est le coût en

termes d’argent, d’énergie et de destruction

de l’environnement ? »

ARCHITECTE DE LA COUR

Mahmoud Bodo Rasch s’est fait connaître en

2011 grâce à ses parasols inversés installés

dans la ville de Médine, soit 250 exemplaires,

couvrant une surface de 143 000 m2. Ils

33


s’ouvrent et se ferment automatiquement,

en fonction de la position du Soleil, en

silence et en 72 secondes. « Parce que Bodo

Rasch n’est pas devenu complètement

arabe », explique Yassine Salihine. « Il a apporté

la technologie de l’Occident et réalisé

une fusion entre haute technologie et artisanat.

» Ces parasols protègent les pèlerins

du Soleil qui, avec les bousculades, constitue

une cause majeure de mortalité lors du Hadj.

« Ce qui fait la particularité du travail de

Rasch, c’est qu’il conçoit des objets fonctionnels

voués à une pratique spirituelle. Face

au chaos du Hadj, il a proposé des modèles

dynamiques, en lien avec les recherches

scientifiques sur les mouvements de foules.

En intervenant sur la problématique du

Hadj, Rash a gagné en confiance. Yassine Salihine

: « Il agissait comme une sorte d’architecte

de la Cour, recevant de plus en plus de

commandes. Chaque fois que les souverains

d’Arabie saoudite souhaitaient apporter des

améliorations, il était impliqué. » Il a ainsi intégré

le design islamique dans ses structures

légères : calligraphie arabe, motifs géométriques

et floraux. En 1997, le gouvernement

l’appelle pour réaliser de nouvelles tentes

à Mina. Yassine Salihine : « Un incendie

dans le camp de tentes avait fait 340 morts.

Rasch a donc conçu un nouveau système

modulaire et ignifuge, le plus grand village

de tentes du monde. Son projet Mina’s

Tent City est ainsi devenu concret. Lors du

Hadj, deux millions de personnes sont ainsi

hébergées dans plus de cent mille tentes. »

Une autre commande concerne l’agrandissement

de la mosquée du prophète à Médine,

deuxième plus grande d’Arabie saoudite.

Rasch a recouvert les cours de sliding domes,

des coupoles coulissantes. Celles-ci sont

faites de matériaux composites à l’extérieur,

tandis que l’intérieur est orné de sculptures

de bois ouvragé marocaines. Il y eut

aussi la Clock Tower de La Mecque, la plus

grande tour-horloge du monde. Il y avait

ce gigantesque projet immobilier de sept

hôtels. Le chantier était déjà bien avancé, les

tours Abraj Al Bait étaient en grande partie

construites. Puis le Roi voulut y ajouter une

tour-horloge. Mais les fondations n’étaient

pas prévues pour cela. Ils ont appelé Rasch

en précisant que la tour ne devait pas peser

plus de 82 000 tonnes. C’est donc devenu

une structure légère en acier, et une fois

encore, l’architecte a travaillé avec des matériaux

high-tech comme le carbone. C’est un

mastodonte. Le diamètre du cadran fait 45

mètres, et on peut marcher à l’intérieur de

l’aiguille, longue de 23 mètres. »

TRADITION CONTRE MODERNITÉ

L’exposition sur Mahmoud Bodo Rasch est

l’occasion pour Yassine Salihine d’explorer

la modernité sous l’angle de la tradition :

« L’exposition est divisée en trois parties.

La première, Rejecting Tradition, raconte

l’histoire du Bauhaus, devenu une sorte

de symbole de la modernité, rejetant les

traditions architecturales. Mais, à leur

tour, Frei Otto et Mahmoud Bodo Rasch

rejetèrent les conventions du Bauhaus.

Ils choisirent un point de départ complètement

différent, celui de la nature. Leur

argument : ‘‘La nature existe depuis des

millions d’années et, durant cette période,

elle a trouvé toutes sortes de solutions

Durant le Hadj,

deux millions de

personnes sont

hébergées dans

plus de cent mille

tentes à Mina.

pour le transport, la communication et la

distribution d’énergie. Pour trouver des

solutions efficaces, nous devons étudier la

nature.’’ Par exemple, une espèce particulière

de champignon, capable de créer des

réseaux tout en contournant les obstacles.

Des recherches ont été menées pour comprendre

comment ce champignon gérait

son système de circulation. C’est sur cette

base qu’a été développé le réseau de métro

de Tokyo. » Reinventing Tradition est le deuxième

thème. Yassine Salihine : « Lorsque

Rasch est arrivé à La Mecque, il n’a pas été

confronté à une simple tradition, mais à un

rituel religieux profondément enraciné. Il

faut, comme le champignon qui contourne

les obstacles, apprendre à travailler autour

de ces structures. Comment transformer

les cadres de la tradition tout en préservant

le récit religieux ? Pour Rasch, la modernisation

ne se joue pas sur un plan esthétique

ou conceptuel, mais sur un plan fonctionnel.

Il s’agit de la rendre contemporaine. »

Pour le troisième volet, Remixing tradition,

Yassine Salihine s’est mis en quête de designers

d’Asie et d’Afrique qui actualisent les

traditions : « Par exemple, je montre une

table fabriquée par des artisans marocains,

sculptures sur bois et incrustations de

cuivre. Mais l’objet fonctionne comme un

synthétiseur. On peut tout envisager à travers

une autre culture, avec une empreinte

différente. Un exemple de Rejecting Tradition

est le Weissenhovensiedelung, quartier

modèle construit par le Werkbund, à Stuttgart,

en 1927. « Cela fit scandale, on parlait

de ‘‘village arabe’’ », explique le commissaire.

« Les nazis s’en sont ensuite moqués

et en ont fait des cartes postales montrant

des chameaux et des personnages en costumes

arabes. Car soudain, il y avait là des

maisons comme des carrés blancs, avec

des volumes rectangulaires, des petites

fenêtres, des toits plats. On aurait dit des

copies de constructions arabes. Rasch trouvait

cela amusant. Car, qui était moderne et

qui était traditionnel ? En Afrique du Nord,

on construisait ainsi depuis mille ans, alors

que nous l’adoptions comme une forme de

modernité. Les choses peuvent glisser et

raconter une autre histoire. »

OBSERVATEUR

Mahmoud Bodo Rasch est plus connu

dans le monde arabe qu’ici. « Logique, c’est

là que se trouve son travail, qui plus est

dans des villes interdites, inaccessibles aux

non-musulmans », explique Youssine Salihine.

« Lui-même n’est pas facile à appréhender

non plus : il aime cette exposition,

mais préfère qu’on le laisse tranquille. »

Bodo Rasch fait actuellement la navette

entre Dubaï et le Sénégal, où il reconstruit

l’une des plus grandes mosquées d’Afrique,

à Touba. De temps à autres, il se rend à

Stuttgart, où se trouve son entreprise SL

Rasch GmbH Special and Lightweight

Structures, dont son fils Mustafa est le

CEO. Là, Yassine Salihine a pu s’entretenir

avec lui : « Il reste un observateur attentif.

Un homme modeste, qui n'a rien d'un

‘‘starchitecte’’. Il s’est d’ailleurs détourné de

l’architecture, ne s’inscrivant même pas au

registre allemand des architectes, préférant

suivre sa propre voie. »

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Den Bosch

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34


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35


Le Manga

Un marché en devenir

Osamu Tezuka, Astro Boy flying, 1963, encre de Chine, aquarelle et crayon, 20,4 x 23,3 cm, pour une illustration du jeu d’enfant Kamishibai.

36


En Belgique et en France, le manga

est aujourd’hui le moteur incontesté

des ventes de bande dessinée.

Du côté des collectionneurs, cet

art graphique demeure encore

un marché de niche, car il est

compliqué, en raison notamment

de la rareté des originaux.

TEXTE : GILLES BECHET

Plébiscité par les jeunes générations,

le manga fait encore l’objet

de beaucoup d’incompréhension

et de préjugés de la part des autres

amateurs de bande dessinée. Il est souvent

perçu comme un art hermétique, au langage

très codifié, reposant sur les gros plans

exprimant les émotions, des onomatopées

en abondance et des décors minimalistes.

Pourtant, qui prend la peine de l’explorer se

rend vite compte que l’univers du manga est

très divers et regorge de trésors graphiques

n’ayant rien à envier à leurs pairs européens

ou américains. Au Japon, où le manga se

consomme en quantités industrielles depuis

les années 1950, cela a aussi pris du temps

pour qu’il soit considéré, non seulement

comme un marqueur culturel, mais pour

sa valeur artistique, qui en a fait un objet de

collection et non plus un produit jetable. La

Galerie Sultans of Manga à Anvers, fondée

par Ben Vandewaele est, depuis 2020, une

des rares enseignes consacrées uniquement

au manga. Si sur un de ses flyers se propulse

une illustration d’Astroboy, ce n’est certainement

pas un hasard. Son auteur, Osamu

Tezuka (1928-1989), peut être considéré

comme le père du manga moderne, l’auteur

le plus recherché… et le plus copié. « Vu le

nombre réduit de pièces authentiques disponibles

et l’accroissement de la demande, de

nombreux faux Tezuka circulent, au Japon

comme en Europe. Dans son pays natal, un

site recense tous les faux, mais en Europe,

l’expertise fait encore souvent défaut. Une

fausse planche de Tezuka, vendue sur Yahoo

Japan, a ainsi été proposée dans une maison

de vente, en Europe. » Ben Vandewaele, qui

a une formation en restauration de papiers,

peut vite se faire une opinion en vérifiant

l’ancienneté et le type de papier utilisé.

Yumiko Igarashi, Candy Candy, 1976, encre de Chine et aquarelle sur carton, 36,3 x 25,2 cm, 1976-77 publié

dans l’Artbook Nakayoshi Deluxe Album, Candy Candy illustration part.2.

« C’est un marché mondialisé, avec

un potentiel de croissance énorme,

les personnages d’animés sont

aujourd’hui plus populaires que Tintin »

IMPOSSIBLES À TROUVER

Le record, hors Japon, a été atteint chez

Artcurial, où une planche d’Astroboy était

vendue 269.400 euros en mai 2018. Mais

cela reste une exception. La valeur dépend

des personnages. Si une belle planche d’Astroboy

peut monter à 120.000 ou 150.000

FRÉDÉRIC DELORGE

euros, une planche d’une autre série de Tezuka

se négociera entre 10.000 et 15.000 euros.

Après Tezuka, tout dépend des envies

des collectionneurs, souvent très variées.

Parmi les mangakas (auteurs de manga,

ndlr) ‘‘impossibles à trouver’’, on trouve

de grands noms contemporains comme

37


« On a beau

être expert, les

collectionneurs sont

toujours plus pointus

que nous »

FRANÇOIS MEYNIEL,

Aibo Art Auction

© Hirata Hiroshi / MEL. Compagnie des Arts

Eiichirō Oda ou Akira Toriyama, avec des

prix très élevés et aussi une abondance de

faux. Ben Vandewaele : « Souvent, les collectionneurs

recherchent un style particulier

et restent ouverts à la découverte. Par

exemple, j’ai vendu de nombreuses œuvres

de Tarō Higuchi, un mangaka presque

inconnu, simplement parce qu’il représentait

dans un style remarquable la scène

underground de la fin des années 1960. » Le

nombre réduit d’originaux de mangas disponibles

sur le marché s’explique en partie

parce que, jusque dans les années 1980, les

originaux appartenaient à l’éditeur, non

à leur auteur. Et puis, ajoute le mangaka

Kenshi Horokane, « au Japon, les planches

ne sont pas des œuvres uniques destinées à

être vendues, mais une partie de récit dont

la finalité est la publication. L’original reste

la propriété de l’auteur. » Ben Vandewaele

n’a pas ménagé ses efforts pour obtenir des

originaux chez les auteurs ou leur entourage,

avec des résultats assez limités : « Les

auteurs de séries très populaires comme

One Piece, Naruto ou Demon Slayer, par

exemple, ont tellement de succès et de

contrats pour des produits dérivés ou des

animés qu’ils n’ont pas besoin de vendre

des planches. Les auteurs moins connus ne

répondent souvent qu’au dixième message

envoyé, quand ils répondent. »

DES COLLECTIONNEURS POINTUS

Dans les salles de vente qui se consacrent

à la bande dessinée ‘‘franco-belge’’, le

manga arrive souvent en fin de peloton,

avec à peine quelques lots. Les amateurs se

rabattent vers des maisons plus spécialisées

comme Aibo Art Auction, qui propose

six ventes par an ou même Mandarake, au

Japon. « 95 à 100 % de nos lots sont vendus,

le plus souvent aux estimations les plus

hautes. Parfois, il y a des prix qui flambent

pour des pièces qui n’avaient pas attiré

notre attention. On a beau être expert, les

collectionneurs sont toujours plus pointus

que nous », explique François Meyniel,

fondateur-directeur associé d’Aibo Art Auction.

Le marché européen est encore jeune

et les collectionneurs peu nombreux. «

Quand j’ai commencé à proposer des mangas,

il y a une dizaine d’années », explique

Ludovic Clément, curateur et expert, « les

collectionneurs de ‘‘franco-belge’’ n’étaient

pas intéressés. Aujourd’hui encore, devant

une planche de Taiyô Matsumoto, je dois

expliquer que cela a une réelle importance.

» Un des problèmes vient de ce que

les acheteurs sont moins tentés d’acquérir

une planche d’une histoire qui n’a pas

été pré-publiée en français, ce qui limite

forcément le choix. Mais la relève est là :

« Dans les expositions, on voit des jeunes

de 20 à 30 ans passionnés par les mangas.

Ils n’ont pas les moyens, mais d’ici quinze à

vingt ans, ils auront l’argent pour acheter et

le marché va exploser. » François Meyniel :

« C’est un marché où tout le travail est à

38


faire pour aller chercher une autre clientèle.

On se trouve dans la même situation

que le marché de la bande dessinée dans

les décennies 1980-1990. » Les mangas et

les animés sont les deux faces d’une même

médaille. Si l’Europe s’est sensibilisée aux

mangas avec la diffusion des animés à la

télévision, à partir des années 1980, sur

le marché japonais, ceux-ci sont souvent

déclencheurs de ventes pour les mangas.

Dans la plupart des ventes, les planches

côtoient les cellos d’animés et de films, avec

comme vedette incontestable Miyazaki,

dont par ailleurs plus rien ne sort du Japon

depuis quinze ans.

Studio Gibli, Porco Rosso, 1993, celluloïd. © Ghibli

PLUS POPULAIRES QUE TINTIN

Face à la rareté des planches de manga,

Frédéric Lorge, fondateur de La Galerie

de la Bande Dessinée à Bruxelles, a

décidé de consacrer une grosse partie de

ses activités à l’exposition et à la vente de

dessins liés aux séries ou aux films animés.

S’il vend quelques cellos, il préfère mettre

en avant les dogas, crayonnés préparatoires,

et les gengas, dessins annotés par

les animateurs en chef : « Le celluloïd, qui

est en couleurs, est plus impactant mais le

doga fait plus de sens, car on y sent la patte

du dessinateur. » Pendant longtemps, les

cellos étaient considérés sans valeur. On

raconte que les premiers collectionneurs

faisaient les poubelles de la Toei ou que le

producteur du film Akira a envoyé tous les

cellos au distributeur américain, au prix

coutant du transport, parce qu’il s’apprêtait

à les jeter. Mais les choses risquent

sans doute de changer car, depuis une

quinzaine d’années, la plupart des studios

sont passés au digital et les cellos se font

plus rares. Si l’âge des acheteurs s’étend de

28 à 60 ans, beaucoup d’entre eux n’avaient

jamais fait d’achat en galerie. C’est un

coup de cœur, souvent lié à des souvenirs

heureux et à la passion pour une série ou

un personnage. Et cette nostalgie est souvent

géographique, car les mêmes séries

n’étaient pas diffusées sur les mêmes territoires.

« Ainsi, si Goldorak a fait les beaux

jours de Récré A2, c’est une autre série de

Gô Nagai qui a été diffusée en Italie. Du

coup, les collectionneurs francophones

ou italiens ne recherchent pas la même

chose », note Jérôme, fondateur de l’eboutique

Dessin moderne du Japon. C’est

un marché jeune et encore très abordable.

Si le prix dépend du personnage ou de la

scène liés au dessin, on peut commencer

une collection avec 200 ou 300 euros. On

peut ainsi déjà acquérir un doga de Naruto

à 200 euros, ce sera 900 ou 1.500 pour des

scènes plus élaborées. « C’est un marché

mondialisé, avec un potentiel de croissance

énorme, les personnages d’animés

sont aujourd’hui plus populaires que Tintin

», conclut Frédéric Delorge.

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Musée Guimet

Paris

www.guimet.fr

CONTACTER

Sultans of Manga

Anvers

www.sultansofmanga.com

SURFER

Naruto Uzumaki, corrigé de genga, 2007-2017. © Kishimoto / Shueisha, Studio Pierrot

www.aiboartauction.com

39


Nicolas Besnier

L’orfèvre retrouvé

Aiguière et son bassin du service en vermeil dit ‘‘la toilette de Modène’’, 1720-1721. Paris, musée du Louvre, inv. OA9455&RFML.OA.2019.46.2. © Christie’s Images Ltd.

40


Il y a déjà près de trois siècles que

le bruit discret de ses marteaux

s’est tu dans les ateliers du Louvre.

Pourtant, l’œuvre de Nicolas Besnier,

qui fut l’orfèvre officiel du roi Louis

XV, retrouve aujourd’hui la lumière,

portée par l’acquisition d’un

ensemble d’orfèvrerie par le plus

grand musée du monde. Un retour

en grâce soutenu par le marché.

TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE

C’est en novembre 2019, lors d’une

vente orchestrée par Christie’s,

que l’État français, sous l’impulsion

du musée du Louvre, exerçait

son droit de préemption sur huit des

quinze pièces répertoriées de la ‘‘toilette

de Modène’’. Cet ensemble de vermeil,

réalisé dans le premier quart du XVIIIe

siècle, avait été offert à Charlotte-Aglaé

d’Orléans (1700-1761), fille du Régent Philippe

d’Orléans et de Françoise-Marie de

Bourbon, enfant légitimée de Louis XIV et

de sa favorite Madame de Montespan. En

1720, cette petite-fille ‘‘par la main gauche’’

de Louis XIV devenait ainsi duchesse de

Modène par son mariage avec François III

d’Este (1698-1780). A cette occasion, un

orfèvre de talent, Nicolas Besnier (1686-

1754) lui confectionnait un somptueux

nécessaire de toilette, considéré comme

le fleuron du plus complet et du plus

important service recensé dans la famille

d’Orléans, et le seul qui ait miraculeusement

échappé aux fontes royales et révolutionnaires.

Longtemps dispersés, la rareté

de tels ensembles s’explique : du règne

de Louis XIV à la Révolution, l’argenterie

royale a subi des destructions massives,

dictées tantôt par la nécessité d’alimenter

le Trésor, tantôt par les emballements

belliqueux de l’Histoire. Dès lors, seules

survécurent les pièces ayant franchi les

frontières, emportées avec la fortune de

leurs commanditaires. Outre que leur

retour sur le sol français et leur intégration

dans les collections nationales constitue

une restauration symbolique, un chapitre

retrouvé du roman monarchique, la réapparition

inespérée de ces pièces d’orfèvrerie

d’un style Louis XIV finissant constitue

Ferrière (flacon à parfum) de la toilette de la duchesse de Modène, ca. 1717-1722, vermeil, H. 19,3 cm. Paris, musée

du Louvre, inv. RFML.OA.2019.46.4. © Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / photo : Hervé Lewandowski

une revanche tardive sur l’oubli, qui invite

à revisiter, sans complaisances, le chemin

singulier d’un orfèvre dont le destin

épouse les tumultes d’une époque d’or, de

feu, et de fonte.

EFFACÉ PAR L’HISTOIRE

Commander une toilette sous l’Ancien

Régime n’a rien d’anodin, de surcroît si son

destinataire est de sang royal. A l’époque,

la toilette d’une princesse royale se tient

en public, cérémonial quotidien où le prestige

se reflète dans le métal poli autant que

dans l’art du paraître. Suivant l’étiquette

imposée par Louis XIV à Versailles, et aussitôt

copiée dans toute l’Europe, maquillage,

coiffure, parure, tout se joue devant

une assistance nombreuse, courtisans et

dignitaires s’attardant sur la virtuosité du

Le destin de Nicolas

Besnier épouse

les tumultes d’une

époque d’or, de feu,

et de fonte.

décor et la fraîcheur des formes. Commandée

pour le mariage d’une petite-fille de

France, la toilette de Modène se devant de

refléter l’excellence française, atteignait

ainsi le sommet du luxe et de la créativité

orfévrés. Respectant la tradition initiée par

le Roi-Soleil, son oncle, qui a doté chacune

de ses filles et petites-filles de ce type de

service à l’occasion de leur mariage, le

41


Pot à oille et son plateau du service d’Horace Walpole, 1726-1727, argent. Paris, musée du Louvre, inv. OA 12534 A. © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / photo :

Stéphane Maréchalle

Besnier reprend

à son compte les

anciens croquis

familiaux, les

adapte au goût du

jour et y mêle ses

propres fulgurances,

synthétisées en

un vocabulaire

d’ornements, de

frises, d’entrelacs.

Régent Philippe d’Orléans s’est naturellement

tourné vers Nicolas Besnier. Né à

Paris en 1686 dans une lignée de membres

en vue de la cour – son père est le chef

du gobelet du Roi –, il a pour marraine et

oncle des figures majeures du Grand Siècle

artistique. Héritier de même d’une dynastie

d’artisans du Roi, c’est aussi le neveu

du grand Nicolas Delaunay (1646-1727),

l’un des plus fameux orfèvres du règne de

Louis XIV, qui fut l’un des auteurs de sa

fameuse vaisselle d’or et d’argent, fondue

en 1689 pour financer la guerre de la Ligue

d’Augsbourg. Le parcours du jeune Nicolas,

s’il ressemble à celui des ‘‘fils bien nés’’,

n’est toutefois pas sans mérite : il tente

d’abord sa chance en architecture, à l’Académie

de France à Rome, dont il obtint le

premier prix en 1711, avant de se tourner

vers l’orfèvrerie, déjouant les contraintes

d’un long apprentissage grâce à ses appuis

familiaux. Ainsi, dès 1714, il obtient son

brevet d’orfèvre ; trois ans plus tard, il

s’associe à son oncle Nicolas Delaunay,

loge dans les fameuses galeries du Louvre,

puis décroche le titre prestigieux d’orfèvre

du Roi. Dans son atelier, il reprend à son

compte les anciens croquis familiaux,

les adapte au goût du jour et y mêle ses

propres fulgurances, synthétisées en un

vocabulaire d’ornements, de frises, d’entrelacs,

dont la lumière rehausse la ciselure à

la moindre caresse du regard. Son atelier

fournira ainsi la Cour en centaines d’objets

et dessinera des chefs-d’œuvre dont quasiment

rien ne subsiste : la nef royale de Berlin,

maints services de table, de même des

pièces livrées aux châteaux de Fontainebleau

ou de Marly, mais réduites au silence

par les fusions, les besoins en numéraire

ou la brutalité des successions politiques.

Mais l’ambition de Nicolas Besnier est loin

de s’être bornée à l’orfèvrerie. En 1734, il

a rejoint, aux côtés du peintre Jean-Baptiste

Oudry, la direction de la Manufacture

royale de Tapisserie de Beauvais. On l’y

découvre gestionnaire avisé, responsable

de la comptabilité, mais supervisant aussi

la production de tentures signées Charles-

Joseph Natoire, François Boucher et

Oudry lui-même. Métamorphoses d’Ovide,

Histoire de Don Quichotte, Fêtes italiennes,

la fabrique vit alors un véritable ‘‘âge d’or’’,

s’imposant comme un foyer de création à

l’échelle européenne. Sous l’administration

de Nicolas Besnier, elle jouit de privilèges,

42


Nicolas Besnier

gravit tous les

échelons de la

reconnaissance

officielle, devenant

échevin de la Ville

de Paris, puis

conseiller du Roi.

attire les meilleurs apprentis, comme

Pierre Germain dit le Romain, et s’ancre

dans la modernité, élargissant le rayonnement

d’un style français sachant absorber

les influences étrangères et séduire les

têtes couronnées, de Stockholm à Parme,

de Madrid à Berlin. A titre personnel,

Nicolas Besnier gravit tous les échelons

de la reconnaissance officielle, devenant

échevin de la Ville de Paris, puis conseiller

du Roi, logeant au Louvre jusqu’en 1739

avant de transmettre son poinçon et de se

retirer progressivement. Un retrait, orchestré

sans amertume mais non sans lucidité,

qui marque une transition tranquille : à la

soif de modernité succède le désir de voir

naître de nouveaux talents, portés par la

structure artisanale et administrative qu’il

a contribué à renforcer, tout en accompagnant

le renouvellement stylistique qui

traverse le XVIIIe siècle français.

oncle Nicolas Delaunay. Sa démarche

audacieuse va jusqu’à intégrer dans une

même commande des pièces d’époques et

de mains différentes, marquant un goût de

l’éclectisme structuré qui anticipe le style

Louis XVI. Les rares œuvres préservées,

souvent issues de cadeaux diplomatiques

(service Walpole pour l’Angleterre, service

BatemanSpencer), témoignent de la faveur

dont il jouit sur la scène internationale.

La dispersion en 1926, chez Christie’s à

Londres, du service exécuté à la demande

de Willian Bateman (1695-1744) et d’Anne

Spencer, mariés en 1720, n’a pas empêché

la redécouverte, à travers les collections

de l’antiquaire anversois Axel Vervoordt

ou du musée du Louvre, d’assiettes et de

plats signés de la main de Nicolas Besnier,

comme en témoigne la vente par Sotheby’s

d’un plat décagonal en argent, de

la Collection Bernard et Édith Causse,

dispersée à Paris en avril 2023. Ce plat

s’adjugeait alors 12.700 euros, bien au-delà

de l’estimation haute. Car l’œuvre de Nicolas

Besnier s’inscrit dans cette obstination

du beau, de l’utile, du ‘‘grand style’’ qui ne

s’effondre jamais tout à fait. Elle éclaire

aussi, à rebours, le rôle des institutions et

des collectionneurs dans la transmission

d’une mémoire collective, celle de l’éclat

de la France, contre la tentation du silence,

dans l’entre-deux de la gloire et de l’oubli,

entre histoire de l’art et marché.

LIRE

Christophe Huchet de Quénetain, Nicolas

Besnier (1686-1754). Architecte, orfèvre du

roi et échevin de la ville de Paris, Rennes,

Presses Universitaires, 2023, ISBN 978-2-

75359-475-3, 39 €

LE RETOUR EN GRÂCE

Du travail d’orfèvre de Nicolas Besnier

demeure aujourd’hui surtout la correspondance,

les inventaires, la mémoire de réalisations

tout à coup rendue aux archives

par le travail patient des historiens et des

conservateurs, mais aussi de marchands

comme Christophe Huchet de Quénetain,

auteur d’une thèse de référence parue en

2023. Mal compris de son vivant, crédité

d’un classicisme, certes virtuose mais

jugé parfois trop pondéré, Nicolas Besnier

incarne pourtant l’exigence du ‘‘deuxième

style Louis XIV’’ ou style Régence. Il allège

les masses, cisèle des contrastes à la frontière

du rocaille naissant, conjugue les

apports de l’orfèvre classique par excellence

Claude Ballin (1615-1678) et de son

Plat décagonal armorié, ca. 1723-1724, argent, L. 30,5 cm, 1202,6 g. Sotheby’s, Paris, 06-04-2023.

© Sotheby’s Art Digital Studio – 12.700 €

43


Antica Namur

Nos conseils pour les collectionneurs

Antica Namur propose toujours une grande diversité en œuvres d’art et

antiquités, mais certaines racontent une histoire qui ne se dévoile pas

d’emblée. Derrière les signatures, techniques ou autres détails particuliers

se cachent ainsi bien des significations, personnelles, historiques ou

culturelles. En voici une sélection.

VISITER

Antica Namur

du 08 au 11-11

www.antica.be

TEXTE : ELS BRACKE

Expérience

dorée

Ce calice de 1931 par Henri Holemans

(1894-1973) résulte de la fusion de l’orfèvrerie

européenne et de la technique de la

laque orientale. Trente couches de laque

y créent un jeu de lumière et de profondeur,

donnant à sa surface dorée un aspect

presque mystique. Lors de ses voyages à

Paris, Holemans découvre le Rhus vernicifera,

arbre à laque japonais, et applique

cette technique à des objets liturgiques

en métal. Le résultat est une pièce à la

fois techniquement innovante et esthétiquement

saisissante. Ce calice incarne la

rencontre entre tradition et expérimentation,

et témoigne du statut de Henri

Holemans en tant que maître reconnu à

l’international dans l’orfèvrerie religieuse

belge des années 1920 et 1930. Pour les

collectionneurs, il s’agit d’un héritage rare

et d’une preuve éloquente de savoir-faire

interculturel.

Henri Holemans, calice, 23 mai 1931, dorure, laque et ivoire, Belgique, +/- 17,5 x 14,5 cm. © Holemans Manalys

Holemans Manalys

Bruxelles

www.holemans-manalys.com

44


La muse secrète

Roberti mêle histoire et

amour personnel.

Une rare

laitière

Une jeune fille et sa cruche, un chien

tirant une charrette : simple dans

le sujet, complexe dans le contexte.

Ce dessin de Félicien Rops, Laitière

anversoise, date d’avant 1870 et faisait

partie de la collection de François

Olin, ami et mécène de l’artiste. Il fut

vendu aux enchères le 16 juin 1890,

lors de la première vente de la collection

d’Olin, huit ans avant la mort

de l’artiste. L’œuvre témoigne de son

style précoce ainsi que de la reconnaissance

dont il bénéficiait déjà de

son vivant. Pour les collectionneurs,

il s’agit d’un document rare, révélant

à la fois les débuts de sa carrière, son

réseau et l’évolution de sa démarche

artistique.

Manuscripta

www.autographes-manuscripta.com

Pierre Albert Roberti, La reine Blanche de Castille, 1847, huile sur toile, 280 x 155 cm. © Segoura

Un dessin précoce

de Rops : sujet

simple, contexte

profond.

Pierre Albert Roberti (1811-1864) a

peint La reine Blanche de Castille,

scène dans laquelle la souveraine

libère les paysans de Châtenay

et d’Orly. Une œuvre historique, classique,

à première vue. Mais lorsqu’on s’en

approche, on y découvre une touche personnelle

: les traits du visage de Blanche

ressemblent étrangement à ceux de

l’épouse du peintre, Antoinette Theyssens.

La peinture associe donc des faits historiques,

des références personnelles et un

contexte politique. L’artiste l’a présentée

au Salon en 1847, dans l’espoir d’obtenir

une commande royale. Mais cette ambition

s’est heurtée à la Révolution de 1848.

Le tableau, aujourd’hui conservé dans une

collection privée, révèle l’interprétation

que Roberti donne du pouvoir féminin,

mais démontre aussi sa capacité à intégrer

des éléments personnels dans une scène

Un amalgame

rare entre art et

biographie du

XIXe siècle.

historique. Pour les collectionneurs, il

constitue un exemple rare de la manière

dont art et biographie s’entrelacent dans la

peinture belge du XIXe siècle.

Segoura Fine Art

Saint-Ouen-sur-Seine

www.segourafineart.com

Félicien Rops, Laitière anversoise, crayon brun

et noir sur papier, 30,5 x 19 cm, initiales en bas à

gauche. © Manuscripta

45


Joaillier de la lumière

Goossens transforme une simple lampe

en joyau d’intérieur sculptural.

Robert Goossens (1927-2016)

commence sa carrière comme

orfèvre, avant de décliner son

expérience de la haute joaillerie

dans des objets d’intérieur. Sa

Lampe Coquillage (ca. 1980)

combine les motifs de coquillages

et de coraux en bronze doré et

patiné, aux éléments hexagonaux

en strass. Il ne s’agit pas d’une

simple lampe, mais d’un objet

sculptural, comme un petit

bijou d’intérieur. L’association

des matériaux, des formes et

des finitions montre comment

Goossens a su transposer la

technique de la couture dans le

design. L’œuvre illustre le dialogue

entre artisanat, mode et sculpture,

montrant comment un objet porte

en lui une histoire de savoir-faire

et de collaboration avec des figures

emblématiques telles que Chanel

et Yves Saint Laurent.

Cette oeuvre illustre

le dialogue entre

artisanat, mode et

sculpture.

Robert Goossens, Lampe Coquillage, ca. 1980, cristal de roche et bronze doré, 90 x 18 cm. © Rapin

Maison Rapin

Paris

www.maison-rapin.com

46


Double signature

En y regardant de plus

près, on découvre une

double signature subtile

dans cette nature morte.

Si Pieter Gerritsz. van Roestraeten (1630-1700)

commence à peindre ses natures mortes de vanités

dans les Pays-Bas, c’est en Angleterre qu’il trouve son

public. Celle présentée ici représente une table richement

ornée d’argenterie, d’un luth et d’un crâne. Un

exemple classique de vanité, à première vue, symbole

de l’impermanence et de la connaissance. Mais, à y

regarder de plus près, s’y révèle une double signature

subtile. À côté du nom du peintre, en bas à gauche,

un cachet de cire rouge est frappé du monogramme

‘‘SPGR’’, référence ludique au SPQR romain (Senatus

Populusque Romanus). Le cachet représente également

Romulus et Remus avec la louve du Capitole.

Par cette référence, l’artiste ajoute une touche intellectuelle,

un clin d’œil personnel et le signe d’un lien

entre artiste, savoir et pouvoir. La nature morte se

fait ainsi document, à la fois artistique et révélateur

d’une conscience aiguë de l’acte de création.

Pieter Gerritsz. van Roestraeten, A vanitas still life with an elaborate silver vase, huile sur toile,

127 x 103 cm (145 x 122 cm avec cadre), signée en bas à gauche et portant le monogramme

‘‘SPGR’’ dans un cachet de cire. © Jan Müller

Jan Muller Arts & Antiquités

Gand

www.janmullerantiques.com

Bastien et le Prince

Elite, art et mentorat

Alfred Bastien (1873-1955) a peint Caravane

dans le désert pour son ami Willy

Bogaert et pour S.A.R. le prince Charles

de Belgique. Deux cachets de la Maison

du Roi sur le châssis confirment ce lien

avec la famille royale. Le tableau ne révèle

pas seulement la maîtrise technique

du maître, mais aussi son rôle de mentor.

Voici une œuvre où art, relations personnelles

et contexte social se rejoignent, un

témoignage visible de la manière dont

les artistes évoluaient, à l’époque, au sein

des cercles d’élite.

MFJ Gallery

Bruxelles

www.mfj-gallery.be

Alfred Bastien, Caravane dans le désert. © MFJ

47


Qui est Ernest Faut ?

Orphée et Eurydice revivent grâce à sa précision mystique

Ernest Faut (1879-1961) est un artiste

symboliste tardif, resté longtemps

méconnu. Son cycle Orphée

et Eurydice (1935), composé de

quatre dessins, permet de redécouvrir son

œuvre. Élève de Constant Montald et, plus

tard, directeur de l’Académie de Louvain,

il réinterprète les mythes classiques avec

des figures néo-grecques. Les formes

gracieuses et sinueuses, ainsi que l’usage

subtil des couleurs, confèrent à son œuvre

une dimension intemporelle et spirituelle.

Elle témoigne de sa capacité à conjuguer

émotion, mysticisme et précision technique,

tout en offrant un éclairage unique

sur la quête symboliste d’harmonie et

d’idéal. Pour les collectionneurs et les

connaisseurs, c’est une occasion rare de relire

le tragique récit d’Orphée et Eurydice

par le prisme d’un artiste à la signature

ésotérique.

Le Cloître de l’Art

Paris

www.lecloitredelart.com

In Orpheus en

Eurydice combineert

Ernest Faut

emoties, mystiek en

technische precisie.

Ernest Faut, Orphée et Eurydice (L’apparition, Pégase, L’adieu, Le paradis), 1935, plume, gouache et aquarelle soufflée à la paille, 73 x 57 cm,

signé et daté en bas à droite. © Le Cloître de l’Art

48


Une singulière table

La marqueterie

de paille relève

d’une inventivité

aristocratique.

Cette table de lit du XVIIIe siècle, également

connue sous le nom de ‘‘table d’accouchée’’,

ressemble, à première vue, à

un simple meuble, malgré sa dimension

d’intimité et de raffinement. Son plateau

réglable présente une scène de village,

tandis que des compartiments cachés

et un tiroir à motifs floraux témoignent

de l’inventivité des ateliers parisiens.

L’œuvre, attribuée à M. Delasson, illustre

la fusion entre luxe aristocratique et

fonctionnalité pratique. Pour l’œil averti,

il s’agit d’un exemple extrêmement rare

de marqueterie de paille, technique

presque oubliée qui permettait de créer

de petites compositions vivantes. Ce

meuble révèle l’esthétique subtile et les

usages personnels de l’élite du XVIIIe

siècle.

Galerie Cordeau & Oudoux

La Rochelle

www.cordeau-oudoux.com

Table d’accouchée, XVIIIe siècle, incrustation de paille, 61 x 38 cm. Attribué à M. Delasson, Paris. © Cordeaux &

Oudoux

Souvenir intime

d’Ancien Régime

Ce petit carnet de bal (ca. 1774–1780), richement orné d’or jaune et

de laque corail, présente des médaillons sous verre bombé et des détails

en diamants. À l’intérieur, quatre tablettes rivetées d’or portent

des inscriptions personnelles et des dates de naissance, ainsi qu’un

petit crayon à embout en or. Cet objet témoigne de la rencontre entre

luxe personnel, intimité et savoir-faire artisanal, dans la France

de la fin du XVIIIe siècle. Il offre une précieuse source d’information

sur les rituels sociaux, les relations personnelles et les arts décoratifs

de l’élite.

Carnet de bal, Louis XVI, ca. 1774-1780, 7 x 5 cm, 65,3 grammes, riche

monture en or jaune. © Seblantic

SEBLANTIC gallery

Paris

www.seblantic.com

49


Le Dragon

Une fantastique polyvalence

Créature fabuleuse, chimère

reptilienne, le dragon existe depuis

la nuit des temps et sur tous les

continents. Force positive chez les

uns, incarnation maléfique chez les

autres, cette figure monstrueuse

s’impose parmi les plus fascinantes

des multiples panthéons

mythiques.

TEXTE : ANNE HUSTACHE

Les chercheurs ont retrouvé sa trace

jusque chez homo sapiens, prouvant

que cette créature hybride hante

l’homme depuis les origines, sans

doute suite à sa découverte des, autrement

inexplicables, fossiles de dinosaures. Né

probablement en Afrique, où il est affecté

à la garde des eaux, le dragon se répand

en Asie du Sud-Est, puis en Amérique et

termine son voyage autour du monde

en Europe. Il a, bien sûr, connu diverses

mutations. En Occident, où il impose un

corps de saurien, des pattes de lion et des

ailes de chauve-souris ou d’aigle, il incarne

le symbole de la vigilance impitoyable,

crachant le feu au besoin. Cette bête

immonde, associée au mal, est combattu

farouchement par plusieurs saints comme

Georges, intrépide chevalier, et Michel qui

le terrasse à mort. La représentation, très

largement répandue, de saint Georges

semble, par ailleurs, héritée d’une thématique

née dans l’Egypte antique. En Asie,

le dragon est plutôt ‘‘positif ’’ : la Chine le

considère comme le symbole de l’empereur,

et comme un protecteur des sources

et des cours d’eau, rôle qu’il endosse aussi

en Corée ou au Japon. En Asie, la forme du

dragon est généralement plus reptilienne

et il est souvent dépourvu d’ailes.

VISITER

Dragons

du 18-11 au 01-03-2026

Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Paris

www.quaibranly.fr

Gueule ouverte

ca. -2600/-2400 av. J.-C.

De nombreux objets en stéatite caractérisent la

sculpture iranienne du troisième et du deuxième

millénaire, cette pierre étant très exploitée et

faisant l’objet d’un commerce avec la Mésopotamie.

Les sculpteurs appréciaient la nature

relativement tendre de ce matériau qui se prêtait

facilement à leur travail. Aussi de nombreux objets

en stéatite ont-ils été réalisés en ces temps

lointains et particulièrement des décors d’objets

d’inspiration animalière, comme en témoigne

ce magnifique manche de couteau. D’emblée,

la gueule ouverte du dragon, au corps dressé de

serpent, exprime la violence dont il est capable.

Les yeux et les écailles devaient être réalisés en

d’autres matières rapportées.

Poignard à manche en forme d’avant-corps de serpentdragon,

Iran, stéatite, cuivre. L. 30 cm. Paris, musée du

Louvre, inv. AO 31912. © Musée du Louvre, Dist. Grand

Palais Rmn / photo : Thierry Ollivier

50


Apotropaïque

569 av. J.-C.

Dragon Mushusyu sur la Porte d’Ishtar, Babylone, brique vernissée. Berlin, Pergamon Museum.

© Staatliche Museen zu Berlin / photo : Sven Stienen

Indubitablement, la porte d’Ishtar constitue l’un

des chefs d’œuvres du musée de Pergame : elle est

constituée de murs recouverts de briques vernissées

bleues. Sur ces hautes parois, deux types de figures

animalières protectrices ont été apposées en relief :

des taureaux et des dragons. Contrairement au

taureau, ou au lion, que l’on découvre dans les allées

processionnelles du lieu, le dragon est le seul animal

représenté qui n’existe pas réellement. La présence de

cet être hybride atteste donc de son importance : avec

son corps et sa queue en forme de serpent, ses pattes

en serre d’aigles et sa langue apparente, il symbolise

Marduk, le dieu tutélaire de Babylone. Seule une créature

composée de plusieurs espèces semblait à même

de protéger la grande Ishtar, immense déesse mais

duelle, à la fois protectrice et destructrice.

Virevoltant

ca. 618-907

L’anatomie même du dragon autorise les

poses les plus diverses et intrépides dont

rêve tout sculpteur : comme ici, le corps

serpentin de la figure mythique permet

une pose élastique qui n’entame en rien sa

férocité. D’ailleurs, sa gueule bien ouverte

décourage tout esprit malveillant. Sous les

Tang, la Chine a connu un véritable âge

d’or et un rayonnement culturel considérable.

Les arts du métal y furent particulièrement

florissants, produits par un

savoir-faire de haute technicité, comme en

témoigne ce dragon dressé sur ses pattes,

le corps souplement délié. Le dragon s’impose

d’ailleurs comme un des sujets favoris

du bestiaire chinois et ce type de figurine

en bronze était probablement destiné à

accomplir le rituel du tou longilan (lancer

de dragons).

Figurine de Dragon, Chine, dynastie Tang, bronze

doré, H. 12,5 cm. Sotheby’s, New York, 17-09-2025.

© Sotheby’s Art Digital Studio – 7.620 $

Terriblement féroce

Xe siècle

Cet ornement aurait pu être, à l’origine, fixé sur une poutre

d’angle d’une salle royale ou d’un temple bouddhiste, ainsi que

le suggèrent les petits trous aménagés sur les côtés du cou, qui

devaient servir à l’accrocher. Ses yeux énormes et exorbités, ses

narines dilatées d’où s’échappe de la fumée, et ses écailles élaborées,

la tête surmontée d’une crête belliqueuse, témoignent

de la férocité et de l’invincibilité de cette créature porte-bonheur.

Une cloche était accrochée à la boucle que tient le dragon

dans sa gueule.

Ornement de chevron en forme de dragon et carillon à vent, Corée, début

de la dynastie Goreyo, bronze doré, 38,7 × 18,4 cm. New York, The Metropolitan

Museum of Art, inv. 1999.263a, b.

51


Guerrier

ca. 900

Les Européens qui virent débarquer les terribles bateaux viking les

appelaient ‘‘drakkar’’, une appellation qui renvoie directement au dragon

puisqu’il dérive du vocable viking ‘‘dreki’’ qui désigne le dragon. Et

c’est précisément la tête de ce féroce animal qui figurait sur la proue des

navires vikings. On le devine aisément, les dragons font partie intégrante

du corpus mythologique de ces navigateurs envahisseurs. Ici aussi, il s’agit

de combattre la bête car le guerrier qui la maîtrise s’en approprie la force.

Et c’est bien cette violence que traduit cette tête stylisée, la gueule ouverte,

le feu s’échappant entre des dents dentelées, son grand œil circulaire de

chaque côté, ses pupilles levées, et sa crête dressée au-dessus de la tête.

Tête de pendentif viking en forme de dragon, Scandinavie (?), bronze, dim. 4,6 cm. Christie’s,

New York, 08-06-2001. © Christie’s Images Ltd. - 3.760 $

Intrépide

ca. 1140-1160

Le thème du dragon combattu par un preux chevalier traverse tout

l’art chrétien mais, au cours du Moyen Âge, celui du jeune homme

nu luttant avec la bête est particulièrement prisé dans les manuscrits

et pour le décor d’objets usuels comme celui-ci. La figure de ce

jeune homme nu réunit toutes les caractéristiques de l’art mosan: les

immenses yeux en amande, la tête bien ronde aux cheveux bouclés,

le corps bien proportionné, souple et gracile. Ce classicisme s’étend

d’ailleurs à l’élégante branche décorative qui émerge derrière le garçon

et sur le dos du dragon dont les écailles du dos s’étalent harmonieusement.

Ce pied de chandelier a peut-être été réalisé pour garnir un autel

dans une église, sa symbolique renvoyant au thème de la foi chrétienne

pure qui terrasse victorieusement les forces du mal.

Chandelier à piquets représentant un jeune homme nu combattant

un dragon, Pays-Bas méridionaux, alliage de cuivre

doré, 19,4 x 15,2 x 10,2 cm. New York, The Metropolitan Museum

of Art, inv. 41.100.131.

Un chef d’œuvre

ca. 1426-1435

Grande jarre ‘‘dragon’’, Chine, porcelaine bleue et blanche, H. 48,5 cm.

Christie’s, Hong Kong, 30-05-2016. © Christie’s - 158.040.000 HK$

Cette jarre fut fabriquée sous le règne de l’empereur Ming Xuande

(1426-1435), qui exerça un mécénat enthousiaste, suscitant des

techniques ingénieuses et un art inspiré. Cette période est, dès lors,

considérée comme l’apogée de la production chinoise de porcelaine

bleue et blanche. Exceptionnellement grande, elle appartient à un

petit groupe de vases impériaux portant la marque Xuande à quatre

caractères, qui semblent avoir été fabriqués pour une cérémonie

impériale particulière. Tous sont décorés de puissants dragons, dotés

de cinq griffes, qui évoluent parmi des nuages volutes et des masques

de monstres. Des nuages garnissent aussi le col tandis que le pied

s’entoure d’une bordure de pétales.

52


Somptueuse pratique

ca. 1550-1560

Les hommes adoraient porter ce bijou :

non seulement il rehaussait fièrement

leur vêtement mais, en plus, il permettait

de se curer les dents ! De fait, la queue de

ce dragon se termine en une fine pointe

toute en courbes, autorisant un nettoyage

performant. Bien sûr, le commun des

mortels n’avait pas le privilège d’arborer de

tels ornements : notre animal est façonné

en or et son corps est constellé de perles,

de diverses gemmes et d’émail. Si les

conservateurs du Rijksmuseum évoquent

l’Italie comme lieu de création, il n’ont pu

y associer ni atelier ni orfèvre précis.

Pendentif cure-dent en forme de dragon, Italie (?),

or partiellement émaillé, perles, gemmes, H. 7,1 cm.

Amsterdam, Rijksmuseum, inv. BK-17068.

Trop cher

1936

En 1936, Hergé dessinait ce projet de couverture pour son

album Tintin et le lotus bleu, y faisant preuve d’un certain humour

puisque le reporter, flanqué de son chien Milou, émerge

d’une grande jarre de porcelaine et tombe nez à nez avec un

énorme dragon rouge qui darde vers lui sa gueule ouverte et

deux de ses pattes griffues. Tintin ne semble d’ailleurs pas très

rassuré. Pour ce faire, Hergé s’était inspiré d’une couverture

du magazine A-Z, parue en 1932 et qui présentait Anna May

Wong, l’actrice du film Shanghai Express. Louis Casterman,

l’éditeur, a toutefois refusé le projet car son coût de production

en couleur se serait révélé trop élevé. L’album paraîtra

donc d’abord en noir et blanc. Les éditions en couleurs ne

sortant qu’au cours des années 1940.

Hergé, Dessin pour la couverture du Lotus Bleu et couverture pour Tintin

reporter en Extrême-Orient, Le Lotus bleu, papier, encre de Chine, aquarelle

et gouache. Artcurial, Paris, 21-11-2021. © Artcurial – 3.000.000 €

Catharsis

ca. 1974-1975

Les monstres et dragons ont intégré très tôt le bestiaire de Niki de

Saint Phalle (1930-2002) et ne l’ont jamais déserté. Pour l’artiste

française, le dragon incarnait les peurs et les menaces qui marquèrent

son enfance. Elle se considérait ainsi elle-même… comme

un dragon ! D’ailleurs, l’artiste a également développé le motif du

dragon dans une œuvre célèbre en Belgique, une sculpture monumentale

conçue à Knokke comme maison de jeu pour Xavier, le fils

du collectionneur Roger Nellens. Avec ses couleurs bariolées, ce

dragon de polyester est charmant et semble plutôt issu d’un conte

de fées que d’un cauchemar.

Niki de Saint Phalle, Dragon, polyester peint, 65 x 23 cm, d’une série de 8 variantes,

chacune unique et peinte différemment. Sotheby’s, Paris, 07-12-2022.

© Sotheby’s Art Digital Studio – 107.100 €

53


De la broche

à la performance

Pour sa cinquième édition,

l’Obsessed! Jewellery Festival

propose un riche programme de

conférences, de visites d’ateliers,

de performances et d’expositions,

le tout articulé autour du bijou

contemporain. Cette scène

artistique sera mise à l’honneur

dans une ville différente, chaque

week-end de novembre, entre

Amsterdam, Rotterdam, Nimègue,

Hasselt et Anvers.

TEXTE : ELIEN HAENTJENS

Pour insuffler un nouvel élan à la

scène néerlandaise du bijou artistique,

Current Obsession lançait,

en 2013, un magazine dédié à la

joaillerie. La plateforme organise également,

depuis 2017, un festival bisannuel doté entretemps

d’un volet belge, à Anvers. « Avec

des personnalités comme Emmy van Leersum,

Gijs Bakker et plus tard Ruudt Peters et

Ted Noten, les Pays-Bas peuvent s’enorgueillir

d’une riche tradition joaillière », explique

Marina Elenskaya, sa fondatrice et directrice

créative. « Nous sentions également

que la nouvelle génération avait besoin de

davantage de soutien et voulions faire le

lien entre différentes initiatives, comme la

Sierraad Art Fair, le musée CODA et la col-

lection de bijoux du Rijksmuseum. » Tous

les deux ans, le festival fixe une date butoir à

laquelle artistes, musées et galeries peuvent

se préparer. Chaque communauté organise

ses propres événements et expositions. Le

musée d’Arnhem présente, ce mois-ci, une

grande exposition personnelle consacrée à

Noon Passama (1983), créatrice de bijoux

thaïlandaise, établie à Rotterdam, qui a reçu,

en tant que designer de milieu de carrière,

le prestigieux Prix Françoise van den Bosch.

Dans cette exposition, la créatrice explore

la relation entre l’homme et tout ce qui vit,

à travers les douze animaux des zodiaques

thaïlandais et chinois. Ces animaux ne

symbolisent pas seulement une année, mais

incarnent également des traits de caractère

Lien Declercq, Looking for composition, 2025, argent, perles d'eau douce, peinture émaillée et patine noire, environ 5 cm. Prix : 800 €. © de l’artiste / Bert Machielsen

54


Tamara Sam Garcia, broche Asunción issue de la

collection For dirt you are, and to dirt you shall return,

2025, argent et verre soufflé, 8 x 8 cm. Prix : 222 €. ©

de l’artiste

Noon Passama

questionne les

archétypes de l’art

du bijou, cherchant

l’inspiration et la

connexion avec

d’autres disciplines.

spécifiques. La démarche de Noon Passama,

qui interroge dans son travail les formes traditionnelles

de la joaillerie, comme le collier

ou les systèmes de fermeture, a été particulièrement

appréciée du jury. Ce-dernier

a également aimé le fait qu’elle recherche,

pour ce faire, de l’inspiration dans d’autres

disciplines et une connexion avec celles-ci,

et qu’elle tente ainsi de renouveler la sienne.

La quête d’un équilibre entre individualité

artistique et esprit d’entreprise créatif est

également une urgence plus large, que le

jury a estimé parfaitement incarnée dans

son travail. Pour les jurés, ces trois aspects

font de Noon Passama un modèle à suivre.

« Nous publions, pour la première fois,

un livre sur la Gen Z. La possibilité pour

celle-ci de commercialiser facilement ellemême

son travail via les réseaux sociaux

est peut-être la plus grande différence avec

les générations précédentes », explique

Marina Elenskaya. « Ruudt Peters exposera

également des dessins à son domicile et la

collectionneuse Liesbeth den Besten ouvrira

sa maison à un public restreint. De nombreuses

galeries ont fermé leurs portes, ces

Thierry Bontridder, Up Down, 2025, titane, 31 x 9,5 x 4,2 cm. © de l’artiste / photo : Thomas Bontridder

dernières années, alors nous attendons avec

impatience les présentations de la Mathilde

Gallery à Amsterdam, de la Galerie Door à

Nimègue — accompagnée d’une conférence

sur la collection — ainsi que du collectif de

joaillerie The Pool Jewelry, basé dans la capitale

néerlandaise. »

UNE DIVERSITÉ SURPRENANTE

Anvers participe, pour la troisième fois, au

festival en tant que ville-hôte, avec comme

point d’ancrage le musée DIVA, dédié aux

bijoux, à l’orfèvrerie et au diamant. Pour

découvrir de tout nouveaux talents, il faut

visiter l’une des expositions de l’Académie

royale des Beaux-Arts d’Anvers, du Studio

Sieraad de Sint Lucas et de la PXL-MAD

School of Arts de Hasselt. Les jeunes diplômés

ne seront pas en reste. Ainsi, Yifan

Peng, Jinzi Liu et Anna Maria Pitt, anciens

condisciples à l’Académie d’Anvers, présenterons

ensemble leur travail dans l’exposition

Traces. « Nous travaillons tous les trois

autour de la mémoire, et il se trouve que

nous avons tous les trois utilisé le feu dans

nos créations », explique Yifan Peng. « Mon

point de départ personnel est la question

de savoir ce que cela signifie d’être résident

temporaire quelque part, et comment

préserver ou emporter les souvenirs d’un

55


de la combustion. » Les Brucelles, l’équipe

derrière la Brussels Jewellery Week, délaisse

exceptionnellement la capitale pour s’installer

à Anvers avec It’s a Glow Thing !. Cette

exposition réunit plusieurs générations de

créateurs belges, issus de différentes écoles,

avec pour fil conducteur la mise en lumière,

surtout figurative. « Le travail d’Anneleen

Swillen prouve qu’un bijou peut être aujourd’hui

bien plus qu’un simple objet », précise

Sandra Kleimberg, cofondatrice de Les

Brucelles. « A l’aide de l’I.A., elle a transformé

des photos de bijoux de 90 créateurs en

nouvelles images organiques. Charlotte Vanhoubroeck

poursuit son travail autour des

bijoux sentimentaux de la reine Louise-Marie

d’Orléans, perdus au fil des successions,

tandis que Lien De Clercq puise son inspiration

dans les structures urbaines. Le fait

que des créateurs de renom comme Thierry

Bontridder et Peter Vermandere réalisent

une pièce sur mesure pour l’exposition

offre l’opportunité d’approfondir ce thème.

Avec tous les participants, nous pourrons

présenter la grande diversité de la création

bijoutière et surprendre ainsi le public. Situé

à mi-chemin entre artisanat, design et art,

ce secteur mérite une plus grande visibilité.

Par cette exposition, nous misons tout sur

l’expression, la connexion entre les artistes

et le contact avec le public. »

Zoé Kiner-Wolff en collaboration avec François Briand, The Devil’s Tongue. Horny Collection, 2025,

galuchat, cuivre martelé, laiton et verre soufflé, 33 x 6 x 6 cm. © des artistes

« Obsessed est un

festival qui rassemble

les gens et renforce

les liens »

MARINA ELENSKAYA,

Current Obsession

lieu quand on déménage constamment. Je

m’inspire d’une tradition chinoise consistant

à brûler des objets ou de l’argent papier,

en offrande aux dieux ou aux ancêtres. Les

Chinois croient que lorsque quelque chose

de matériel disparaît, quelque chose de

spirituel le remplace, et que les objets ont

ainsi une valeur d’éternité. En me basant

sur cette idée, j’ai créé un collier composé

de miniatures de mobilier, que j’ai fait brûler

lors d’une cérémonie rituelle. Je conserve,

par ailleurs, de chaque lieu des petits objets

ou vêtements qui incarnent une émotion

particulière. Cela me permet de me sentir

rapidement à nouveau chez moi, après

chaque déménagement. Pour ma nouvelle

série, je poursuis mes expériences autour

AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

Grâce à sa nouvelle plateforme Unpolished,

qui vise à offrir un espace durable à la communauté

des créateurs de bijoux émergents,

la jeune curatrice Ebba Van der Taelen

saisit l’occasion d’Obsessed! pour faire sa

première apparition publique. À travers un

appel à candidatures ouvert, elle a sélectionné

onze créateurs émergents autour

du thème Rituals of Becoming. L’exposition

explore ainsi l’évolution constante de notre

identité et le rôle que les bijoux peuvent y

jouer. Ebba Van der Taelen : « La créatrice

roumaine Andreea Cojocaru évoque ainsi,

avec son collier, le tout premier ‘‘bijou’’

de nombreux enfants roumains, dans les

années 1990 : une simple ficelle portant

les clés de la maison, symbole de responsabilité.

Et Ninon Yaguiyan, inspirée par la

‘‘châtelaine’’, un accessoire-bijou historique,

a conçu un ensemble d’objets évoquant le

jeu, qui interroge la construction identitaire

entre enfance et âge adulte. » Dans

cette exposition, la curatrice explore les

frontières entre création de bijoux et art

contemporain. « La Mexicaine Tamara Sam

Garcia, par exemple, présente l’installation

56


« Avec tous les

participants, nous

pouvons présenter

la grande diversité

de la création de

bijoux et surprendre

ainsi le public »

MARINA ELENSKAYA

présentent aujourd’hui des traces d’imperfection

: une métaphore subtile et tangible

de la vie elle-même. Ou encore Clémentine

Le Guerec, qui transforme d’anciens lustres

en bijoux reflétant différentes ambiances.

Les bijoux sont de petites œuvres d’art que

l’on peut chérir dans l’intimité immédiate de

son propre corps. » La récupération est également

au centre des préoccupations de la

Belge Charlotte Van de Velde, qui exposera

son travail avec Benedikt Fischer, à Amsterdam,

pendant le festival. Ebba Van der

Taelen : « Charlotte et Benedikt partagent

une passion pour les marchés aux puces et

créent leurs bijoux à partir d’objets trouvés.

Cela traduit parfaitement ce que veut être

Obsessed !, un festival qui rassemble et renforce

les liens. Ce qui s’inscrit bien dans le

thème central Glow-Up, qui vise à renforcer

bien-être mental et physique, à travers le

soin de soi, la confiance en soi et la pleine

conscience. Nous voulons que le festival

fasse contrepoids avec l’époque confuse et

difficile que nous vivons. »

VISITER

Obsessed! Jewellery Festival

(tous les week-ends de novembre)

www.obsessedwithjewellery.com

www.divaantwerp.be

For dirt we are, and to dirt we shall return,

dans laquelle elle examine notre rapport à la

religion et développe, pour elle-même, une

nouvelle forme de spiritualité », explique

Ebba Van der Taelen. « Si les bijoux sont le

point de départ, ils sont rejoints par une

Bible déconstruite, une installation et un

texte méditatif. C’est donc une expérience

totale. » Avec la performance Connected,

Viola Funke donne vie à une chaîne

humaine, interrogeant ainsi les notions de

lien, de désir ou de rencontre. Mais, selon

la commissaire, il y a également des bijoux

‘‘portables’’ : « Prenez les pièces de Kathleen

Rottey, par exemple : des boules d’argent

qui brillaient autrefois parfaitement et qui

Yifan Peng, Buring Stage I Necklace, 2025, papier

fait main et fil de fer, 5 x 45 x 4 cm. Prix : 580 €.

© de l’artiste

Charlotte Vanhoubroeck, Bracelet Duo_N°199, 2023, argent sterling, marbre blanc et nacre, 340 x 9,5 x

1,5 cm. Non disponible à la vente. © de l’artiste / photo : Simon Debbaut-L’Ecluse

57


Art public :

Entre utopies

et réalités

Des sculptures monumentales aux

fresques murales, des gares aux

ronds-points, l’art public s’impose

dans nos paysages quotidiens.

Pensé comme un bien commun, il

cherche à tisser un lien direct entre

création et citoyens. Mais, derrière

cet idéal, les fractures abondent :

procédures parfois opaques, dérives

marchandes, défaut d’entretien,

polémiques à répétition… Loin

d’un espace de consensus, l’espace

public constitue un territoire

profondément conflictuel.

TEXTE : GWENNAËLLE GRIBAUMONT

Florence Fréson, Fontaine des Célestines, Namur, 2001. © de l’artiste

Comment une œuvre s’invite-telle

dans l’espace public ? Sur le

papier, l’intégration d’une œuvre

passe par un appel à projets.

Dans les faits, les mécanismes varient.

Les concours sont parfois ouverts, le plus

souvent fermés ou restreints : dans ce cas,

quelques artistes pressentis sont invités à

remettre un avant-projet répondant à un

cahier des charges. Troisième cas de figure,

plutôt courant, la commande directe sur

invitation. Julie Bawin, professeure d’histoire

de l’art contemporain à l’Université

de Liège et directrice du Musée en plein

air du Sart-Tilman (MACPA), explique

sans détour : « C’est très politique. Souvent,

les décideurs ont déjà une idée de qui

ils veulent pour tel projet. » Directeur du

BPS22, ancien membre de la Commission

des Arts de la Région wallonne, Pierre-Olivier

Rollin confirme : « Selon les contraintes

du site et/ou les spécificités de la demande,

58


« C’est très politique.

Souvent, les décideurs

ont déjà une idée de

qui ils veulent pour

tel projet »

JULIE BAWIN

© photo : Dimitri Lowette

Jan Fabre, L’Homme qui mesure les nuages, 1998, bronze. © Orsi Academy, Melle

il arrive régulièrement qu’un seul artiste

s’impose. C’est le cas de Yann Kersalé, invité

à réaliser l’éclairage des Moulins de Beez, ou

encore de Jean Glibert, intervenant dans la

rénovation du ring de Charleroi. » À Mons,

le cas de Xavier Veilhan est éloquent. Invité

par Xavier Roland, directeur du Pôle muséal

de la ville, l’artiste de renommée internationale

réalise une sculpture représentant le

combat entre Saint-Georges et le Dragon.

Mais l’absence de concours, l’ampleur du

budget (450.000 euros) et la représentation

jugée caricaturale du dragon déclenchent

pétitions et colère. L’œuvre, qualifiée par

certains de ‘‘limace écrasée’’, devient malgré

elle le symbole du fossé entre pouvoirs

publics et riverains.

QUI DÉCIDE, QUI FINANCE,

QUI VALIDE ?

Qui dit espace public, dit pouvoir public.

Aux premières loges des décisions et

des financements, on retrouve l’État, les

communautés, les régions, les provinces

et les communes, avec quelques fois l’aide

providentielle de l’Europe ou d’entreprises

privées. Ces dernières peuvent également

présenter leurs œuvres sur leurs

propres sites ou à proximité. Parmi les plus

emblématiques, citons celle de Jan Fabre

(L’homme qui mesure les nuages), en bordure

d’E40, appartenant à la société Orsi

Academy (Melle), l’Arc Majeur de Bernar

Venet sur l’E411, ‘‘offert’’ à la Wallonie par

la Fondation John Cockerill ou encore la

Fontaine de Pol Bury, ouvrant le boulevard

du roi Albert II (Bruxelles), que l’on doit

à Proximus (ex-Belgacom). À la tête de

certaines de ces sociétés, de vrais collectionneurs

passionnés multipliant parfois

les initiatives à destination du grand

public. En tête, Stephan Uhoda à Liège. En

2022, il faisait dialoguer Daniel Buren et la

gare de Liège. Plus tôt, il présentait le MX

Temple de Xavier Mary sur sa propriété,

offrant à tous les automobilistes une vue

imprenable sur l’œuvre. Autres acteurs

décisifs, souvent invisibles, les architectes.

En coulisse, ils proposent régulièrement

des noms d’artistes dans le cadre du ‘‘1 %

artistique’’ (obligation de consacrer 1 %

du budget de construction des bâtiments

publics à l'acquisition d'œuvres d'art intégrées

à ces espaces). Quant aux collectionneurs

privés, ils sont la plupart du temps

frileux à l’idée de placer leurs œuvres dans

l’espace public, refroidis par les risques de

vandalisme. Côté marché, le retour est très

clair. « Si l’intégration est réussie, l’espace

public devient une vitrine sublime. Elle

valorise l’artiste et soutient les ventes, en

galeries, d’œuvres destinées aux espaces

privés. C’est d’ailleurs sur ce modèle que

reposait le marché de Christo », observe

Pierre-Olivier Rollin.

ANGLE MORT : ‘‘L’APRÈS’’

Si la commande est politique, ‘‘l’après’’

est souvent chaotique. Une fois installée,

qui est responsable de l’entretien et/ou

de la restauration de l’œuvre ? La ville,

gestionnaire du sol ? Le commanditaire?

L’artiste ? Les responsabilités se diluent

et les exemples d’abandon prolifèrent. À

« En matière d’art

public, la priorité

devrait aujourd’hui

être la gestion de

l’existant »

l’initiative du colloque L’art public au défi

de la collection (ULg), Julie Bawin souligne

quelques exemples dramatiques : à Namur,

la sculpture-fontaine des Célestines de

Florence Fréson (inaugurée dans les

années 1990) se voit largement parasitée

par des panneaux qui viennent dénaturer

sa lecture. À Lessines, une œuvre-hommage

à René Magritte et Louis Braille,

signée Daniel Dutrieux, a été démontée

sans l’accord de l’artiste, ses pierres étant

alors réutilisées pour… interdire le stationnement

de la place communale ! Triste

sort encore que celui réservé à l’œuvre

de Jean-François Fourtou, Beach Castle

(amoncellement de cabines de plage), qui

apportait à Knokke un caractère unique.

Menaçant de s’effondrer, l’œuvre – qui

avait coûté 95.000 euros à la ville – a été

démantelée. Dans ces trois cas, les artistes

n’ont jamais été consultés. Autre exemple

problématique, l’Arc Majeur de Bernar

Venet. À l’inauguration, la critique salue la

prouesse technique et esthétique de ces

deux arcs encadrant l’autoroute E411. Six

ans plus tard, la végétation ayant repris ses

59


Panneaux placés devant la Fontaine des Célestines de Florence Fréson, septembre 2025. © photo : C. Borecki

« Si l’intégration est

réussie, l’espace public

devient une vitrine

sublime. Elle valorise

l’artiste et soutient les

ventes, en galeries,

d’œuvres destinées

aux espaces privés »

PIERRE-OLIVIER ROLLIN

© photo : Leslie Artamonow

droits, les usagers n’en voient plus qu’un

segment. « Le manque d’entretien, faute

de moyens, est le fléau de l’art public. Cela

peut d’ailleurs, dans certains cas, ressembler

à ce que Daniel Buren a appelé le

vandalisme d’État », déclare Julie Bawin.

Pierre-Olivier Rollin souligne à son tour

: « La priorité devrait aujourd’hui être la

gestion de l’existant. » Or, les commissions

enchaînent commandes et événements

temporaires sans plan de maintenance à

long terme pour ce qui existe déjà. Julie

Bawin regrette également l’absence d’une

structure dédiée à l’art public : « Contrairement

aux musées, qui obéissent aux règles

et normes éthiques de l’ICOM, l’espace

public ne bénéficie d’aucun cadre établi

en matière de gestion et conservation.

Cela peut alors parfois avoir de fâcheuses

conséquences sur le respect dû à l’intégrité

de l’œuvre et sur le droit moral de l’artiste.

Ce régime d’abandon s’explique, en grande

partie, par le fait que ces œuvres ne sont

pas muséalisées. Par ailleurs, dans l’espace

public, les œuvres sont exposées, mais

rarement accompagnées de dispositifs

d’explication. C’est dommage, un simple

QR code suffirait. On voit d’ailleurs certaines

œuvres être taguées, non par rejet,

mais parce qu’on les considère comme de

simples surfaces à graffer. »

ASSUMER LA DURÉE DÉTERMINÉE

Autre impensé, la durée. Beaucoup imaginent

l’art public ‘‘pour toujours’’, alors

que l’espace public lui-même subit des

mutations constantes. Aux yeux de Julie

Bawin, assumer une part d’éphémère préserverait

l’intégrité des créations et anticiperait

leur fin sans atteinte au droit moral

de l’artiste. En ce sens, Pierre-Olivier Rollin

rappelle l’exemple de l’œuvre de Marin

Kasimir à la place Fontainas (Bruxelles):

« L’œuvre était alors pertinente car elle

reflétait la sociologie du quartier. Lorsque

le quartier change, il faut re-questionner

la légitimité de l’œuvre. » Si, aux yeux des

habitants, déboulonner un monument

commémoratif provoque souvent une

crispation majeure, voir disparaître une

œuvre contemporaine émeut moins. Ce

‘‘deux poids, deux mesures’’ exprime, à lui

seul, la hiérarchie symbolique qui persiste

entre statuaire honorifique (intouchable)

et art contemporain (négociable). Seule

certitude, l’art public cristallise toutes les

tensions de nos sociétés : les rapports au

politique, les enjeux financiers, la mémoire

collective, le droit de regard des citoyens,

le rôle du marché de l’art... Il est, à la fois,

un espace d’éducation permanente et un

terrain de conflits. Il sort l’art de ses sanctuaires

élitistes pour l’offrir à tous, mais

au prix de la controverse. La médiation

et l’entretien sont aujourd’hui des défis

majeurs à relever. Sans eux, l’espace public

risque de devenir un cimetière d’œuvres

abîmées, mal comprises ou détruites. Terminons

en empruntant, une dernière fois,

les mots de Julie Bawin : « L’histoire de l’art

public est une histoire de controverses.

Mais c’est aussi ce qui en fait sa richesse. »

VISITER

Colloque L’art public au défi de la

collection

(organisé par Julie Bawin, professeur à la

chaire d’Histoire de l’Art contemporain

(ULg), directrice du MACPA – musée d’Art

contemporain en Plein Air du Sart-Tilman)

les 20 et 21-11 (de 9h30 à 17h30)

ULg

Place du XX août

Liège

entrée libre

LIRE

Julie Bawin, Art public et controverses, XIXe

- XXIe siècle, Éditions du CNRS, 2024, ISBN

978-2-27115-000-4, 26 €

60


Walter Swennen - 1984

Merci, Dank u Walter

Walter Swennen 1946 - 2025

Showroom: Altenaken 11

3320 Hoegaarden

Photo : Max Vicca

quattro-benelux.com

quattro@quattro-bnlf.com

Viviane & André Vossen


L’avis du conservateur

Félicien Rops et le Japon – #010

Rencontre inattendue

entre Orient et Occident

Pour le conservateur Thomas Cleerebaut, tout est parti

d’une découverte fortuite dans les réserves du musée

Félicien Rops. En feuilletant des gravures oubliées, il

a mis au jour une facette insoupçonnée de l’artiste

namurois : son regard japonisant, nourri des œuvres

d’Hokusai et d’autres maîtres de l’estampe. Trois ans

de recherche plus tard, une exposition inédite éclaire

ce dialogue fascinant entre l’irrévérence occidentale de

Rops et la délicatesse des arts japonais du XIXe siècle.

Félicien Rops, Femme au masque japonais, ca. 1880-1885, crayon,

aquarelle et gouache sur papier, 15 x 10,5 cm. Collection privée.

“Compte tenu

de l’actualité

internationale,

je m’attends à ce

que les visiteurs

y trouvent

un message

d’espoir”

THOMAS CLEEREBAUT

COLLECT : Quel fut le point de

départ de cette exposition ?

« L’exposition est vraiment née

d’une découverte fortuite au sein

des réserves du musée. Il faut

savoir que le musée conserve près

de 7 500 œuvres et documents

liés à l’artiste namurois Félicien

Rops (1833-1898). En tant que

conservateur adjoint, en charge

des collections, mon travail est de

veiller à l’inventaire, à la numérisation,

à la conservation et à la

documentation de ce fonds. Il

s’agit d’une mission de longue

haleine qui, tous les gestionnaires

de collections vous le diront, est

un éternel work in progress. Il ‘en

demeure pas moins extrêmement

passionnant, tant il permet parfois

de découvrir de véritables trésors

et d’approcher au plus près la vie

et l’œuvre d’un artiste. C’est ce qui

s’est passé en 2022 : j’ai redécouvert

des gravures de Félicien Rops,

tout à fait uniques au regard de sa

production, tant du point de vue

thématique que stylistique. L’une

d’entre elles, intitulée Fantaisie

japonaise, présentait plusieurs

motifs japonisants, dont le style

m’évoquait davantage celui des

maîtres de l’estampe japonaise

que celui de Rops. Et pour cause :

il s’agissait de dessins directement

copiés d’après la célèbre Manga de

Katsushika Hokusai. Ma curiosité

ayant été piquée, j’ai poursuivi mes

recherches et ai découvert bien

d’autres œuvres japonisantes dans

leur composition, leur thématique

ou leurs coloris. Plus je cherchais,

plus tout cela me semblait évident.

Et si Félicien Rops, à l’instar de ses

contemporains du XIXe siècle, était

lui aussi un artiste japoniste ? Ces

trente dernières années, plusieurs

chercheurs et chercheuses ont

aperçu et brièvement mentionné

ces incursions nippones dans

l’œuvre de l’artiste. Mais jamais

encore le sujet n’avait été étudié en

profondeur, traité pour lui-même.

C’était donc vraiment l’occasion de

proposer une relecture inédite de

l’œuvre de Rops, à la lumière des

arts du Japon. »

Comment le thème ou la

sélection a-t-il pris forme ?

« Le japonisme fait l’objet, depuis

des décennies, de nombreuses

recherches et expositions, en particulier

autour des artistes impressionnistes,

postimpressionnistes

ou encore du mouvement Art

nouveau. L’idée n’était donc pas

de proposer un nouvel évènement

consacré au japonisme à Paris

ou en Belgique. En revanche, la

relation singulière qui unit Félicien

Rops aux arts japonais était encore

inexplorée à ce jour. Elle est donc

très rapidement devenue le fil

conducteur de cette exposition,

déployée dans tous les espaces du

musée. Le résultat de près de trois

ans de recherches dans la correspondance

de l’artiste ainsi qu’au

sein de fonds d’archives et de

collections privées et publiques.

Dans les salles temporaires, le

public est plongé dans l’univers du

japonisme du XIXe siècle. Chaque

section s’articule autour d’une ou

plusieurs œuvres japonisantes,

réalisées ou collectionnées par

Rops, mises en dialogue avec

d’autres pièces. D’une part, des

productions japonaises qui les

ont inspirées ou qui partagent les

mêmes thèmes iconographiques ;

d’autre part, des dessins, gravures

et peintures d’artistes japonisants

cités, côtoyés ou contemporains

de Félicien (de Degas à Manet, en

passant par Stevens, Ensor, Rodin

et bien d’autres). À travers son réseau

artistique, c’est tout le milieu

62


“L’exposition est conçue comme

un voyage à travers le temps et à la

croisée de deux cultures”

japonisant belge et français que

les visiteurs peuvent (re)découvrir.

En complément, une approche

thématique est également proposée

au sein du parcours permanent,

où des œuvres japonaises

viennent éclairer et contextualiser

d’autres productions de l’artiste. »

Quelle œuvre ou quel moment

vous semble incarner le cœur

du récit ?

« L’exposition est conçue comme

un voyage à travers les époques

et au carrefour de deux cultures.

L’influence des arts japonais sur

l’art occidental du XIXe siècle est,

bien sûr, au cœur de la mise en

scène, mais des ponts sont aussi

jetés entre cette période, où l’art

moderne naît – et notre société

actuelle – où la fascination pour

le pays du Soleil Levant est encore

bien présente. Et donc, à ce titre, je

pense que le ‘‘triptyque’’, présenté

aux visiteurs dans les premières

salles de l’exposition, incarne le

mieux cette volonté. Il réunit trois

œuvres dialoguant entre elles :

une estampe bijin-ga de Kitagawa

Utamaro, représentant une courtisane

japonaise en kimono traditionnel

avec son éventail sensu ;

le dessin À Armand Gouzien qui

aime les japoniaiseries de Félicien

Rops, dont le personnage principal

rappelle celui de l’estampe du

maître japonais ; et enfin À Félicien

Rops qui aime les japoniaiseries,

réalisé en 2025 par la mangaka

belge Ayaluna, qui réinterprète

dans un style manga le dessin de

Félicien Rops. »

Comment percevez-vous votre

rôle en tant que commissaire de

cette exposition ?

« Au XXIe siècle, le musée n’est

plus l’apanage des seuls historiens

de l’art. C’est un lieu que nous,

professionnels du monde muséal,

souhaitons accessible à toutes

et à tous, sans aucune exception

ou discrimination. Un lieu de

rencontres entre publics de tous

horizons, mais aussi un espace où

Histoire et Art expliquent, contextualisent,

entrent en résonnance

avec les réalités de la société

actuelle. C’est un rôle qui me tient

particulièrement à cœur. Mon rôle

premier a certainement été celui

de chercheur : pour documenter

les œuvres, leur donner ‘‘vie’’ et

permettre aux futures générations

de mieux les comprendre ; mais

aussi, pour identifier les œuvres et

localiser les pièces présentes dans

l’exposition. Tout cela avait pour

but de raconter une histoire, dont

l’impact est encore visible de nos

jours, dans l’art et la pop culture :

celle de la découverte des arts

japonais par les artistes du XIXe

siècle, à travers le regard passionné,

critique et irrévérencieux

de Félicien Rops. Aucune connaissance

n’est requise pour visiter

cette exposition. La scénographie

permet de suivre ce voyage grâce

à de nombreux dispositifs (vidéos,

audio-guides, textes explicatifs,

dossier pédagogique, etc.) et

d’approfondir, pour ceux qui le

souhaitent, les sujets qui les intéresseront

le plus. »

Qu’aimeriez-vous que les

visiteurs en retiennent ?

« Ce n’est pas le but premier de

l’exposition, mais au regard de

l’actualité internationale, j’espère

qu’ils en tireront un message

d’espoir. En 1853, sous la pression

américaine, le Japon s’ouvrait

au monde, après plus de deux

cents ans d’isolationnisme, et

concluait de nombreux traités

commerciaux avec l’Occident. Le

japonisme, né de cet évènement

historique, raconte l’histoire de

la rencontre de deux sociétés,

majoritairement très différentes

et qui ne se connaissent pas.

Il met en lumière certaines

valeurs comme l’inter-culturalité,

l’ouverture à l’autre. Même si, à

différents niveaux, l’influence du

Japon sur l’Europe et vice-versa

a profondément et positivement

bouleversé nos sociétés. Preuve

que le repli nationaliste n’est pas

toujours une voie à suivre… »

Si vous pouviez choisir une

œuvre à emporter, laquelle

serait-ce et pourquoi ?

« Sans hésiter, le premier volume

de la Hokusai Manga que Félicien

Rops possédait dans sa collection

personnelle. Non seulement parce

qu’il a inspiré la plupart de ses

‘‘fantaisies japonaises’’ et autres

‘‘japoniaiseries’’, des œuvres qui

ont fait germer l’idée d’une exposition

sur le sujet. Mais, aussi parce

que les Hokusai Manga, cette

série de recueils de motifs en tous

genres à destination des jeunes

artistes japonais, incarnent à euxseuls

l’esprit-même du japonisme,

tout en ayant marqué l’histoire de

l’art. Une grande partie de l’art

moderne est née de la contemplation

du Japon, particulièrement

des volumes de la Manga découverts

par les artistes occidentaux

dans les années 1850-1860.

Nombreux sont ceux qui s’en sont

inspirés : Rops, Manet, Monet,

Degas, Ensor, Stevens, Bracquemond,

etc. Hokusai a réussi

l’exploit de réunir, dans son même

‘‘atelier’’, à travers le monde et les

époques, des centaines d’artistes

japonais et européens autour d’un

même amour : celui de l’art. »

Japoniaiseries. Fantaisies japonaises

au temps de Félicien Rops

jusq. 15-02-2026

Musée Félicien Rops

Namur

www.museerops.be

Félicien Rops, À Armand Gouzien qui aime les japoniaiseries, années 1870-1880,

encre sépia et encre de Chine sur papier, 23,7 x 15 cm. Les Amis du musée Rops,

en dépôt au musée Rops, inv. AMIS D 007.

63


Sélection Musées

Quand Magritte se confiait

du 15-11 au 22-02-2026

KMSKA

Anvers

kmska.be

Un double

anniversaire

du 06-11 au 02-02-2026

Musée Van Buren

Bruxelles

museumvanbuuren.be

En 1938, René Magritte

donnait une conférence

exceptionnelle au

musée royal des Beaux-

Arts d’Anvers, car il y

évoquait non seulement

son travail, mais aussi

le monde autour de lui,

et la vie que chacun y

mène. Cette exposition

offre donc l’occasion de

se plonger dans cette

confession rare d’un

peintre dont les toiles

fascinent d’abord par

leur mystère. Réunissant

des œuvres qui furent

citées par l’artiste dans

son allocution, autour

de ses propres tableaux

et dessins, le parcours

retrace, pas à pas, la

pensée de Magritte.

Et, chemin faisant, le

visiteur découvre aussi

le rôle de médiateur

joué par l’artiste, entre

le surréalisme bruxellois

et celui d’Anvers. Voici ainsi réunies des personnalités phares comme Marcel Mariën

et Leo Dohmen. Et quel plaisir d’entendre Magritte s’exprimer sur la genèse de certaines

œuvres. (ah)

René Magritte, La saveur des larmes, 1946, gouache sur papier, 59,6 x 36,4 cm. © Succession René

Magritte – SABAM Belgium, 2025

Il y a cent ans

se tenait à

Paris L’Exposition

internationale des

Arts décoratifs et

industriels modernes,

qui allait

donner son nom

au style Art déco.

Il y a cinquante

ans s’ouvrait au

public le musée

van Buren, chef

d’œuvre, précisément,

de ce style majeur des années 1920.

L’occasion était donc bien belle de célébrer ce

double anniversaire par une exposition dont

la thématique cadre parfaitement avec ce lieu,

empreint d’élégance : la mode à l’époque

de l’Art déco. Silhouettes raffinées et accessoires

divers soulignent combien la femme

des années 1920 s’émancipe de ses aînées en

rejetant les contraintes, en raccourcissant ses

robes et ses cheveux, en optant pour la fluidité

qui sied mieux à celle qui prend la voiture pour

voler jusqu’à son court de tennis. Réalisée en

collaboration avec le musée Mode & Dentelle

de Bruxelles, cette exposition inclut aussi un

hommage spécial à Jeanne Lanvin. (ah)

Art, Goût, Beauté, 03 mars 1927. © Musée Mode & Dentelle

de la Ville de Bruxelles

Une gouvernante

clairvoyante

du 22-11 au 10-05-2026

Musée royal de Mariemont

Morlanwelz

musee-mariemont.be

Titien (d’après), Portrait de Marie de Hongrie,

après 1548, huile sur toile, 125,7 x 112 cm. Paris,

MAD, Legs Émile Peyre (1905), inv. PE 243.

© MAD Paris / photo : Jean Tholance

Depuis son palais de Binche, qu’elle fait construire par le montois Jacques Du Broeucq, et

son pavillon de Mariemont, Marie de Hongrie (1505-1558) assura le rôle de Gouvernante des

Pays-Bas, investie dans cette lourde tâche par son illustre frère, l’empereur Charles Quint.

Restée veuve et sans enfant, elle se forgea une place singulière dans un univers dominé par

les hommes et assuma, avec fermeté et clairvoyance, un rôle politique, mais aussi diplomatique

et artistique. En effet, passionnée avisée, mécène et collectionneuse, elle organisa des

fêtes somptueuses, développant, par les arts, une campagne efficace de propagande afin de

renforcer l’image impériale de sa famille. Elle fut d’un soutien efficace pour son frère, levant

des fonds afin de l’aider dans ses multiples guerres. Cette exposition vient mettre en lumière

ces divers aspects. Faisant partie du festival Europalia España, la manifestation réunit de nombreux

prêts consentis par une quarantaine d’institutions internationales. (ah)

64


De la résilience

jusq. 11-01-2026

Institut suédois

Paris

paris.si.se

Paradoxes

visuels

du 15-11 au 01-03-2026

La Monnaie

Paris

escher-expo.com/paris

Un piano flotte au-dessus d’une forme blanche oblongue. Cet instrument de

musique n’est pas anodin puisqu’il s’agit d’un Steinway Victory Vertical de 1944,

l’un des instruments de musique spécialement fabriqués à New York pour être

parachutés en Europe afin de distraire les soldats durant la guerre. Ailleurs dans

l’exposition, deux chaises datant de 1945 conversent : l’une est de George Nakashima,

architecte interné dans des camps de détention en raison de ses origines

japonaises, tandis que l’autre fut conçue par Adolf Gustav Schneck, architecte nazi.

Ces installations sculpturales témoignent avec force et sobriété, mais aussi avec

une note poétique, des questions qui traversent le travail de Tarik Kiswanson (1986)

: comment les passages sombres de notre histoire collective éclairent-ils notre présent

? Que nous apprennent-ils de la condition humaine ? Comment fait-on face

au traumatisme, et comment peut-on se reconstruire ? (ah)

Tarik Kiswanson, The Relief (Steinway Victory Vertical, 1944), 2025. © de l’artiste / Courtesy Sfeir-

Semler / photo : Edward Greiner

A l’écart des avant-gardes ayant marqué le

XXe siècle, l’œuvre de M.C. Escher (1898-1972)

comporte un extraordinaire pouvoir d’attraction

: ses illusions d’optique envoûtantes

séduisent l’œil tout en interpelant l’esprit.

D’une façon furieusement libre, l’artiste

néerlandais a mis ses passions très diverses au

service de son œuvre gravé : les paysages italiens,

la philosophie, la perspective linéaire, les

mathématiques, la géométrie et les pavages

islamiques, pour lesquels il éprouve un

premier coup de cœur en visitant l’Alhambra

de Grenade. Osant fusionner ces domaines

d’apparence si différents, ses estampes proposent

des thématiques inusitées comme des

architectures improbables, des objets impossibles,

des compositions géométriques en 3D.

Le regard se perd… et s’abandonne dans cet

univers, baigné aussi d’une intense nostalgie.

Une rétrospective qui constitue un must de

l’automne parisien. (ah)

Maurits Cornelis Escher, Ciel et eau, 1938, xylogravure,

39,1 x 67,7 cm. Collection M.C. Ese, Pays-Bas

Fascinante Egypte

jusq. 15-03-2026

Musée National des Antiquités

Leyde

rmo.nl

Près de cinq cents objets, allant des cercueils de momies et autres statues aux bijoux

en or, font revivre l’Égypte antique dans cette exposition internationale blockbuster.

Pour la première fois en deux cents ans, les offrandes funéraires en or du Général

Djehouty, provenant des collections du Louvre et du RMO, sont réunies. Outre des

manuscrits uniques, des momies d’animaux et des papyrus, l’exposition montre

comment les nouvelles découvertes nous permettent de mieux comprendre cette

culture millénaire et illustre comment la fascination pour l’Égypte a perduré à travers

les siècles, étant aujourd’hui plus forte que jamais. (eb)

Plateau avec poissons d’honneur de Djehoety, or. Paris, Musée du Louvre. © Grand PalaisRmn

(Musée du Louvre)/ photo : Hervé Lewandowski

65


Sélection Musées

La nature est un peintre…

du 06-11 au 29-03-2026

L’Ecole des Arts Joailliers

Paris

www.lecolevancleefarpels.com

Traits de

caractère

du 31-10 au 06-04-2026

Belvédère

Vienne

www.belvedere.at

Tout arpenteur des beautés de la Toscane a, un jour, ressenti combien la nature est

un peintre en regardant, la tenant au creux des mains, une petite pierre calcaire de

type paésine, et y découvrant ainsi un paysage inattendu, inédit. Comme Léonard de

Vinci, Roger Caillois fut fasciné par le pouvoir suggestif des pierres et il se mit à collectionner

ce qu’il appelait des « tableaux involontaires de la nature somnambule »:

les motifs énigmatiques des septaria lui apparaissaient comme des « hiéroglyphes

sans message », tandis que l’onyx, par sa noirceur, évoque la nuit de l’imaginaire.

Les dendrites, perfusées de végétal, et les agates, aux bandes multicolores, charrient

quantité d’images. Entre rigueur scientifique et onirisme, l’écrivain français cherchait

dans les pierres des alphabets oubliés et des paysages cosmiques miniatures. Cette

exposition met en regard ses textes emblématiques et près de deux cents minéraux

qu’il a collectés, aujourd’hui conservés au Museum National d’Histoire Naturelle. (ah)

Calcaire de type paésine, Vallée de l’Arno. Paris, Muséum national d’histoire naturelle, collection de

minéraux et gemmes. © photo : François Farges

Ses très fameuses

‘‘Têtes

de caractères”

l’ont certainement

porté

à la postérité

bien plus que

ses portraits

de personnages

officiels,

pourtant

très prisés à

l’époque. Cette

exposition vient

donc rétablir

le regard trop restreint que des générations de

critiques et d’amateurs ont posé sur l’œuvre

de Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783).

Le parcours éclaire toute l’œuvre d’un artiste

typique de la seconde moitié du XVIIIe siècle,

qui s’épanouit donc en pleine époque des

Lumières. Il fut un intellectuel curieux, désireux

dans ses portraits officiels de traduire l’esprit de

son sujet, bien plus que sa pompe personnelle.

Ses “Têtes de caractères” doivent s’inscrire

dans une perception plus large de l’œuvre, non

pas uniquement dans la recherche de manifestations

du dérangement mental mais bien plus

dans la captation d’expressions humaines les

plus simples et spontanées. (ah)

Franz Xaver Messerschmidt, Tête de caractère N° 25, 1771.

© Belvédère, Vienne / photo : Johannes Stoll

Bijoux de femmes

pour la femme

du 21-11 au 06-04-2026

MAKK

Cologne

www.makk.de

L’art du bijou a eu du mal à s’imposer parmi les beaux-arts. De même, l’art produit

par les femmes a eu du mal à prendre sa place dans l’histoire de l’art, ancien comme

moderne. Mais, les frontières sont désormais transgressées. Toutefois, les premières

expositions dédiées à l’art du bijou restaient restreintes aux productions majoritairement

masculines. Voilà donc une exposition accueillie à bras ouverts puisqu’elle

explore la création de bijoux par des personnalités aussi contrastées que Sonia

Delaunay, Niki de Saint Phalle, Louise Bourgeois ou Yoko Ono. Un bijou, créé par un

homme pour une femme, conserve une part de paternalisme, malgré le bon vouloir

de l’artiste. Vivement donc cette expo qui témoigne de ce qu’une femme désire porter

dans un univers encore trop stigmatisé par l’homme. (ah)

Louise Bourgeois, Broche, 1996/2005. Collection privée. © VG Bild-Kunst Bonn 2025

66


Tradition et modernité

du 31-10 au 24-02-2026

The Royal Academy of Arts

Londres

www.royalacademy.org.uk

Perles de

pouvoir

du 27-11 au 06-04-2026

Hôtel de la Marine

Paris

hotel-de-la-marine.paris

Née à Bombay, Mrinalini

Mukherjee (1949) a d’abord

travaillé le tissu avant de se

tourner vers le bronze et

la céramique. Ses travaux

fusionnent alors traditions

locales et inspirations

modernes occidentales.

Au cours de sa carrière,

l’artiste a exploré ces relations

étroites, ce partage

d’apprentissage et ce soutien

mutuel qui ont façonné

non seulement des carrières

individuelles, mais aussi un

réseau créatif et intellectuel

dynamique qui a influencé

l’évolution de l’art moderne

et contemporain en Asie

du Sud. L’exposition met

en lumière la manière dont

deux institutions d’enseignement

visionnaires – le

Kala Bhavana (Institut des

Beaux-Arts) de Santiniketan,

fondé en 1919 par le lauréat

du prix Nobel Rabindranath

Tagore, et la Faculté des

Beaux-Arts de l’Université Maharaja Sayajirao de Baroda (rebaptisée Vadodara en 1974)

– ont inspiré des générations d’artistes pionniers dont les contributions à l’évolution du

modernisme indien ont été significatives. L’œuvre de Mrinalini Mukherje se place au centre

de ce parcours. (ah)

Mrinalini Mukherjee, Jauba, 2000, fibre de chanvre et acier, 143 × 133 × 110 cm. Londres, Tate Modern. © de

l’artiste / Courtesy The Mrinalini Mukerjee Foundation

Catherine II de Russie, Joséphine de

Beauharnais, Marie-Louise d’Autriche,

la princesse Eugénie et la reine Victoria,

toutes ont porté des parures somptueuses.

Pourtant, ces bijoux sertis de perles et de

diamants rares étaient d’abord symboliques

du pouvoir de leurs hommes.

Chaque gemme révélait le statut, la lignée

et l’autorité de sa détentrice et, partant,

de son détenteur… Heureusement, cette

exposition révèle que les frontières ne sont

pas si étanches. Que les esprits chafouins

se taisent ! Certains de ces hommes, désireux

d’affirmer leur importance, ont certainement

acheté et fait arranger ces miracles

de la nature pour en parer celle qu’ils

aimaient. Bref, quelle que soit l’histoire de

chacun d’entre eux, l’exposition dévoile

des joyaux dynastiques rares, dont certains

n’ont jamais été montrés en Europe. (ah)

Cartier Londres, Collier, 1937, rubis, diamants

et platine, anciennement dans la collection du

maharajah Digviyaysinhji de Nawanagar. Collection

Al Thani, inv. ATC817. © Christie’s Images Ltd

Les voies complexes

de la modernité

du 31-10 au 07-02-2026

MoMA

New York

www.moma.org

L’œuvre de Ruth Asawa (1926-2013) s’est révélée au sortir de la Seconde Guerre mondiale. L’artiste

s’était alors inscrite au Black Mountain College, un établissement expérimental situé près

d’Asheville, en Caroline du Nord, où elle explora les possibilités artistiques des matériaux ordinaires.

Elle y développa une technique de fil de fer bouclé, inspirée de la vannerie mexicaine,

observée de près en tant qu’étudiante. Cette invention lui valut soudain une reconnaissance qui

s’avère une contribution marquante à la sculpture abstraite du XXe siècle. L’exposition démontre

comment l’observation de savoirs anciens contribue, au travers de son œuvre, à élargir les frontières

de la sculpture contemporaine. (ah)

Ruth Asawa, Sans titre (S.398, Forme suspendue octolobée, en quatre parties, à surface discontinue dans une

forme avec des sphères dans les septième et huitième lobes), ca. 1955, laiton, fer et fer galvanisé, 265,4 × 36,8 ×

36,8 cm. New York, The Museum of Modern Art, promesse de don d’Alice et Tom Tisch, 2016. © 2024 Ruth Asawa

Lanier, Inc. / Artists Rights Society (ARS), New York / Courtesy David Zwirner

67


Agenda Musées

Pauline Curnier Jardin, Il Paravento, 2024. © de l’artiste / Courtesy ChertLüdde, Berlin / Ellen de Bruijne

Projects, Amsterdam / M HKA, Anvers

Antwerpen

De Singel

△ BWMSTR Label 034.

Living Frameworks

till 01-02-2026

De Warande

△ Random Well-Organised

Universe Timecircus

till 16-11

Extra City

△ It goes without saying

till 29-03-2026

FOMU

△ Early Gaze. Ongeziene

fotografie uit de 19de

eeuw

till 01-03-2026

△ Magie en Macht.

Fotografie in België,

1839-1900

till 08-03-2026

△ No longer not yet. Katja

Mater en FOMU-Collectie

till 22-02-2026

KMSKA

△ Magritte. La Ligne

15-11 till 22-02-2026

△ Eugeen Van Mieghem

/ Donas, Archipenko & La

Section d’Or Betoverend

modernisme

till 11-01-2026

Kunsthal Extra City

△ Bianca Baldi. Sea

Through Skin

till 25-01-2026

△ Periphery

till 31-12

M HKA

△ De toestand is vloeibaar

till 03-01-2027

△ Les Associations de

Pauline Curnier Jardin

till 25-01-2025

Middelheimmuseum

△ Sammy Baloji. The long

hand

till 31-12

MoMu

△ GIRLS

till 01-02-2026

△ Collection presentation.

Fashion from the MoMu

Collection

till 31-12

△ Resolución

till 23-11

Museum DeReede

△ Jean Rustin. Kijk niet

weg

till 24-11

Museum Plantin-

Moretus

△ Vrouwenzaken/

Zakenvrouw

till 11-01-2026

Museum

Snijders&Rockoxhuis

△ Ydáñez en Amberes

till 18-01-2026

Verbeke Foundation

△ Without Destination

till 02-11

Ath

Maison

Culturelle d’Ath

△ Manon Bara & Stephan

Goldrajch. Jour de fête

till 20-12

Bastogne

L’Orangerie

△ Mémory Cache

Collection 99

till 04-01-2026

Pôle Culture

△ Alec De Busschère.

Memory Cache

Collection 99

till 04-01-2026

△ Djos Jannssens. Twist

till 31-12

Bornem

Cultuurcentrum Ter

Dilft

△ Nils Verkaeren.

Blooming Desert

till 30-11

Brussels

AfricaMuseum

△ Le Panorama du Congo

1913. Illusion coloniale

démontée

28-11 till 27-09-2026

Art et Marges

△ Aussi loin qu’ici

till 29-03-2026

Autoworld

△ German Tuners from

the 80’s & 90’s

till 14-12

BELvue! Museum

△ ART DECO

till 04-01-2026

Bozar

△ John Baldessari.

Parabels, Fabels en

andere sterke verhalen

till 01-02-2026

△ Ouest. Urban Legend

/ Bozar Arcade. Urban

Playground

till 04-01-2026

△ Francisco de Goya

till 11-01-2026

Centrale

△ Michel Couturier. La

friche la galaxie / Làzara

Rosell Albear. Gao

till 22-02-2026

△ Elias Cafmeyer. Les

gargouilles de Catherine

till 07-12

Centre Culturel de

Schaerbeek

△ Brolectif. Le Brol

till 19-12

Centre d’Art de

Rouge-Cloître

△ Quand vient la nuit

till 23-11

Design Museum

△ Design & Comics:

Living in a Box

till 01-03-2026

Espace Vanderborght

△ CNN199: 35 ans de hiphop

activism

till 16-11

Fondation A

△ What’s the word?

Johannesburg!

till 21-12

Fondation

Boghossian - Villa

Empain

△ Elsa Paricio. Biblioteca

Nacional

20-11 till 10-05-2026

△ Fire

till 01-03-2026

△ Echoes of Art Deco

till 02-11

Fondation Gaston

Bertrand

△ Prix Gaston Bertrand.

Lauréat Michel Mouffe

07-11 till 21-12

Foyer vzw - Migratie

Museum Migration

△ Bruxelles, la Congolaise

till 13-12

ISELP

△ Uncharted

till 06-12

La Fonderie

△ Beldavia. Jouw nieuwe

thuishaven

till 28-06-2026

La Maison des Arts

△ À table !

till 23-11

MAD

△ Trans-Formations /

Future Generation

till 15-11

Maison de l’Histoire

Européenne

△ Passé Composé. Un

album européen

till 11-01-2026

Maison Hannon

△ Échos des Songes. Le

Symbolisme à Bruxelles

till 19-04-2026

Musée de la BD

△ La Nature de Wauter

Mannaert

till 20-09-2026

Musée Horta

△ 100 motifs, (g)een

motief, all over

till 02-11

Musée Juif

△ There is a crack in

everything

till 14-12

Musée Mode &

Dentelle

△ 40+ years of stijl

till 11-01-2026

Musées royaux

des Beaux-Arts de

Belgique

△ FRAGILE ! / Art et

stéréotypes de genre

19-11 till 19-04-2026

△ Georges Muerant

meets Bonolo Kavula

till 10-03-2026

Museum voor

Moderne Religieuze

Kunst

△ Sketching For the

Basilica. Architect Albert

Van Huffel. Art Deco &

100 years of Arts and

Architecture

till 31-03-2026

Tour&Taxis

△ Sebastião Salgado.

Amazônia

till 11-11

68


Walter & Nicole

Leblanc Foundation

△ Esther Ferrer & Walter

Leblanc. Shared Lines

till 19-12

WIELS

△ Everlyn Nicodemus.

Black Bird

till 01-02-2026

△ Nairy Baghramain.

Nameless

till 01-03-2026

Wittockiana

△ Faune, Flore et Reliures

till 08-02-2026

△ Verso-Recto. Collection

inédites

till 25-01-2025

Charleroi

BPS22

△ La “S” Grand Atelier.

Novê Salm

till 04-01-2026

Le Bois du Cazier

△ Homo Detritus

till 16-11

Musée de la

Photograhie

△ Collection Astrid Ullens

de Shooten Whettnall

/ Fañch le Bos / Younès

Ben Slimane

till 25-01-2026

Musée des Beaux-Arts

△ Mathieu Grodet. Petites

et grandes histoires

till 09-11

△ Mig Quinet. Matières

en mouvement. Coupé,

collé, cousu

till 25-01-2026

Deurle

MDD

△ Libasse Ka. Notes on

Shape Shifting / George

Minne. De Verloren Zoon

till 21-12

Eupen

IKOB

△ Léon Wuidar. Um die Ecke

till 30-11

Gaasbeek

Kasteel van Gaasbeek

△ David Claerbout. At the

window

till 16-11

Gent

MSK

△ Stephan Vanfleteren.

Transcripts of a Sea

till 04-01-2026

Museum Dr. Guislain

△ Monique Gies

15-11 til 19-04-2026

△ ik ben er !?

till 04-01-2026

△ Eigen Huis

till 27-09-2026

△ Op losse schroeven

till 30-12

Sint-Pietersabdij

△ Michiel Hendryckx.

Schoonheid als verzet

till 16-11

SMAK

△ Narcisse Tordoir. Fake

Barok / Aziz Hazara. Bow

Echo / 10ans de S.M.A.K.

Bouge

29-11 till 03-05-2026

△ Resistance. The Power

of the Image

29-11 till 08-03-2026

△ Painting after Painting.

Hedendaagse

Schilderkunst in België

till 02-11

△ Edith Dekyndt. Shadows

from the Walls of Death

till 28-02-2026

△ Marck De Blieck.

Point de voir

till 08-03-2026

Herbert Foundation

△ Lawrence Weiner. Red

and Green and Blue

more or less

till 28-06-2026

Grimbergen

CC Strombeek

△ Aysha E Arar. Al Farisa

till 01-02-2026

△ Katya Ev. Lactating Bodies

till 14-12

Hasselt

Mode Museum

△ Rococo Reboot.

Mode 1750-1830

till 22-02-2026

Z33

△ Mounir Addib.

Taliswoman

till 14-12

△ Michael Beutler

till 22-02-2026

Hornu

CID

△ Temps d’Archi #11.

Réparer le monde

till 16-11

△ Woven Whispers

till 14-12

MACS

△ Haim Steinback.

Objects for People

till 02-11

Ieper

Raadzaal Lakenhallen

△ vitrinetentoonstelling:

Druk!Druk!Druk!

till 22-02-2026

Jabbeke

Permeke Museum

△ Gedeelde Kamers.

Huiselijkheid Verbeeld

till 23-11

Kortrijk

Be-Part

△ Joelle Dubois. Rekindling

till 07-12

La Hulpe

Fondation Folon

△ Nicola Magrin. Del cielo

e della terra

08-11 till 01-03-2026

La Louvière

Centre de la Gravure

et de l’Image imprimée

△ Brecht Evens est pressé.

10 ans d’estampes

till 23-11

Keramis

△ Clémence van Lunen.

Une joyeuse intraquillité

/ Pia Mougeot.

Restitution de Résidence

till 01-03-2026

Leuven

M Museum

△ Grace Schwindt. A

History of Touch

till 16-11

△ Alicja Kwade. Dusty Die

/ Kennis in zicht

till 22-02-2026

△ Collectie van M

till 29-04-2029

Museum PARCUM

△ Ecstasy & Orewoet

till 09-11

Universiteits

Bibliotheek

△ Routes naar kennis

till 22-02-2026

Liège

Grand Curtius

△ Trésors cachés de

l’instutut archéologique

liégeois

till 11-01-2026

La Boverie

△ Robert Doisneau.

Instants Donnés

till 19-04-2026

Musée de la Vie

wallonne

△ KATALOG. Barbara Iweins

till 09-11

New Space

△ Prix Jeunes Artistes 2025

till 15-11

Louvain-la-

Neuve

Musée L

△ Happy U! Le Musée L

en fête pour les 600 ans

de l’UCLouvain

till 22-02-2026

Mechelen

Kazerne Dossin

△ Sport et les athlètes au

KL Auschwitz

till 10-12

Mons

CAP/ musée des

Beaux-Arts de Mons

△ Kévin Douillez. Voyages

d’un geste

till 25-01-2025

△ David Hockney. Le

Chant de la Terre

till 25-01-2026

Maison Losseau

△Bords Perdu. Marie Bonnin

07-11 till 01-03-2026

Mons Memorial

Museum

△ L’esprit carcéral. Verlaine,

Dumont, Detournay,

Bervoets et la prison de

Mons

till 10-05-2026

Morlanwelz

Musée Royal de

Mariemont

△ Marie De Hongrie.

Art & Pouvoir à la

renaissance

22-11 till 10-05-2026

Namur

CC Détour

△ Lorka. Sapiens

till 15-11

Le Delta

△ Les trésors minuscules

till 04-01-2026

△ Au filtre des émotions

till 11-09-2026

△ Mehdi Georges Lahlou.

A l’ombre des palmiers,

conversation botanique

till 25-01-2026

△ Vivian Maier. Saisir la

vie partout

till 30-11

Musée Félicien Rops

△ Japoniaiseries.

Fantaisies japonaises au

temps de félicien rops

till 15-02-2026

Oostduinkerke

Kapel Rozenkrans

△ Mathieu V. Staelens.

Celebrating the

Connection of Souls

till 30-11

Oostende

MU.ZEE -

Venetiaanse

Gaanderijen

△ Het is zondag op zee!

till 22-02-2026

Puurs-Sint-

Amands

Verhaerenmuseum

△ Langs de waterkant

till 20-11

Roeselare

Ter Posterie

△ Roger Raveel. Dag

meneer Raveel!

till 04-01

Seneffe

Château de Seneffe

△ Thierry Bontridder.

Sculpteur de Bijoux

till 11-11

Sint-Martens-

Latem

Crypte Gemeentehuis

& gemeentelijk

museum Gevaert-

Minne

△ Lode Laperre. (D)

CNSTRCT

till 07-12

Sint-Niklaas

Kunstenplatform

WARP

△ Compleet van de

kaart. Artistieke visies op

cartografie

till 23-11

Tentoonstellingsruimte

Zwijgershoek

△ Compleet van de

kaart. Artistieke visies op

cartografie

till 04-01-2026

Tournai

TAMAT

△ Arpy Gokceyan. Les fils

invisibles de la mémore /

Regard sur la collection.

Tournai 1930-1950

till 01-03-2026

Turnhout

De Warande

△ Timecircus. Random

Well-Organised Universe

till 16-11

Waregem

Be-Part

△ Rein Dufait. Ginder de

dingen, de dagen en de

wolken

till 30-11

Wechelderzande

Kasteel Hof d’Intere

△ Pastorale

till 06-12

Envoyez vos informations, pour le

mois de décembre, à collect@ips.be

avant le 5 novembre !

69


Paroles de galeristes

FRED & FERRY – #081

Têtus par passion

FRED & FERRY célèbre son cinquième anniversaire

avec un programme soulignant une nouvelle inflexion.

Fondée par Frederik Vergaert et Ferry Saris, la galerie

se concentre principalement sur les jeunes artistes qui

jettent un regard acéré sur le monde. Ferry est entré

dans l’aventure grâce à sa passion pour l’art comme

collectionneur engagé, tandis que Frederik y apportait

vingt ans d’expérience dans diverses organisations

artistiques, tant en Allemagne qu’à l’étranger.

Frederik Vergaert et Ferry Saris. © photo : Lynn Van Oijstaeijen

Avec quelle intention avez-vous

ouvert votre galerie ?

« Nous avons lancé FRED &

FERRY car nous souhaitions créer

une plateforme durable pour les

artistes avec lesquels nous avons

déjà eu le plaisir de travailler.

Il s’agit d’artistes qui, par leur

langage visuel et leur vision

singulière, portent un regard

acéré sur le monde et invitent

le spectateur à s’arrêter sur une

réalité souvent moins évidente.

Nous croyions en leur potentiel

et souhaitions élaborer ensemble

un parcours sur le long terme,

propice à leur développement et

à leur évolution. »

Comment votre nouvelle

approche se traduira-t-elle

concrètement ?

« Nous voulons impliquer

davantage de collectionneurs

et de visiteurs dans la galerie,

tout en offrant plus d’espace aux

artistes. Notre programmation

est dynamique : nous combinons

présentations expérimentales et

expositions plus classiques. Notre

attention demeure centrée sur

les artistes, mais nous sommes

également conscients que leur

œuvre ne prend véritablement

tout son sens que grâce aux collectionneurs,

aux commissaires

d’exposition et aux musées. C’est

pourquoi nous misons davantage

sur la diffusion et le dialogue.

Cette nouvelle approche se

traduit visuellement par une

collaboration avec l’artiste Adrien

Tirtiaux. Il a conçu un escalier à

double révolution qui relie, au

propre comme au figuré, les

deux étages de la galerie. Inspirée

du projet de Léonard de Vinci

pour le château de Chambord,

cette installation est désormais

au cœur de notre galerie et de

notre programme. Grand Chambord

Interchange invite à vivre

les expositions autrement, dans

une dynamique de variation, de

stratification et d’interconnexion.

L’œuvre évoluera avec chaque

exposition, sa couche extérieure

réagissant à ce qui vient ou à ce

qui a déjà eu lieu. Ainsi, l’escalier

poursuivra-t-il sa croissance,

lentement mais sûrement, tout

comme la galerie elle-même. »

Il existe beaucoup de jeunes

artistes prometteurs, comment

les sélectionnez-vous ?

« Notre sélection s’inscrit toujours

dans la durée. Il n’y a pas de

procédure fixe : nous souhaitons

laisser toute sa place à l’intuition

et tenir les engagements pris

avec nos artistes actuels. Ce qui

les relie, c’est leur capacité à

repousser les limites. Certains le

font de manière interdisciplinaire,

d’autres en questionnant leur

pratique de manière critique et

en la ramenant à son essence. La

scénographie de nos expositions

joue également un rôle : nous

recherchons constamment les

moyens d’ajouter une couche

de lecture supplémentaire à

la présentation. Notre public

le reconnaît et l’apprécie. Bien

entendu, seuls certains collec-

tionneurs s’ouvrent aux jeunes

artistes. Ce sont généralement

ceux qui ont développé un goût

personnel, ne se laissant pas uniquement

guider par le marché

ou les tendances. »

Après cinq années, quel regard

portez-vous sur le marché de l’art ?

« Les cinq dernières années

ont été turbulentes, marquées

par une crise énergétique et

environnementale persistante,

les guerres, les changements

politiques et la pandémie de coronavirus.

Un début difficile pour

une jeune galerie. Le marché est

confronté à des difficultés économiques,

à des changements dans

les habitudes d’achat, à l’internationalisation

et à la concurrence

des foires, une situation

qui devrait perdurer un certain

temps. Pourtant, nous constatons

que certaines personnalités

fortes (artistes, collectionneurs

ou commissaires) maintiennent

le monde de l’art vivant grâce à

un renouvellement du contenu,

une grande énergie et des

réseaux que le marché, à lui seul,

ne saurait soutenir. Cela malgré

la pression médiatique et politique

liée aux attentes en matière

de visibilité, de fréquentation et

de choix stratégiques. Parallèlement,

le nombre d’artistes et

de galeries a considérablement

augmenté. Une concurrence s’est

développée, qui n’est pas toujours

saine. Nous avons choisi de

ne pas participer à cette course.

Nous ne nous voulons pas nous

positionner dans une singularité,

mais bien montrer que nous

demeurons fidèles à nos choix.

Notre approche scénographique

est parfois jugée trop muséale,

moins commerciale, mais nous

pensons qu’elle sert les artistes

que nous représentons. Nous

sommes têtus, certes, mais c’est

par passion. »

Que peut-on attendre de votre

galerie à moyen terme ?

« Le plus grand défi est de demeurer

fidèle à notre approche.

Nous souhaitons proposer des

expositions qui fonctionnent

également sur un plan commercial,

mais toujours en plaçant

l’interaction au cœur du projet.

On dit parfois que notre galerie

est ‘‘trop pointue’’ ou qu’elle présente

des œuvres moins accessibles.

Nous sommes convaincus

que notre force réside justement

dans l’inattendu. L’art n’a pas

besoin d’être reconnaissable

ou ‘‘à la mode’’ pour toucher

quelqu’un. Bien au contraire,

nous voulons inviter les visiteurs

à regarder plus loin, à élargir leur

horizon et à se laisser surprendre.

Notre objectif est très simple :

nous voulons être la galerie la

plus accueillante qui soit. »

FRED & FERRY. A five year

celebration

jusq. 11-07-2026

FRED & FERRY

Anvers

www.fredferry.com

70


Sélection Galeries

Dame Paula Rego

du 02-11 au 07-12

De Queeste Art

Abele/Watou

www.dequeeste-art.be

Pascal

Courcelles

jusq. 19-11

Espace 001

Louvain-la-Neuve

www.espace001.com

Paula Rego, Prince Pig and the second sister, 2006, lithographie,

101,1 x 61,6 cm, de la série Prince Pig Series, 2006, éd.

de 35, imprimée par l’artiste et The Curwen Studio, Cambridge.

Prix (encadré) : de 6.000 à 8.000 €

« Mes thèmes préférés sont les

jeux de pouvoir et les hiérarchies.

Je veux toujours tout bouleverser,

perturber l›ordre établi, intervertir

les héroïnes et les idiots », déclarait

la peintre anglo-portugaise

Paula Rego (1935-2022), devenue

une star internationale à un âge

avancé. De Queeste Art a promu

son œuvre remarquable alors

qu’elle était encore peu connue.

Son exposition Te Gek ! combine

des dessins et des peintures de

l’Écossaise Kate McCrickard (1974)

avec la série Prince Pig de Paula

Rego. Cette série de six lithographies

s›inspire du conte du XVIe

siècle Il Re Porco de l’Italien Gianfrancesco

Straparola (1480-1558)

: l’histoire souvent violente d’un

prince cochon et de son mariage

arrangé avec une femme. L’artiste

a utilisé comme modèle une poupée

fabriquée par ses soins d’un

homme avec une tête de cochon.

Elle a omis toute violence explicite

afin de se concentrer davantage

sur les aspects psychologiques

et émotionnels des relations de

genre et de pouvoir. (cv)

Né en 1956 à

Watermael-

Boitsfort, Pascal

Courcelles

est reconnu

pour sa peinture

matiériste

lumineuse,

nourrie par

la nature et

le jeu des

variations. Dans

son travail, la

notion de série occupe une place centrale

: chaque motif devient prétexte à une

expérimentation infinie, entre répétition et

transformation, comme les mouvements

d’une partition musicale. Ses dessins à

l’encre ou au feutre, immédiats et fragiles,

dialoguent avec des toiles plus amples, où

la lumière et la matière s’affirment. L’artiste

joue de l’épure du trait et de l’intensité

des couleurs pour créer des œuvres qui ne

reproduisent pas, mais réinventent fleurs,

paysages et végétaux. Ses formes fragmentées,

superposées ou ouvertes, composent

un récit visuel vibrant, où chaque variation

capte un souffle ou une émotion. Dans

cette démarche, l’artiste invite le spectateur

à ralentir, à contempler l’évolution subtile

d’un motif et à éprouver la poésie de

l’instant. (gg)

Pascal Courcelles, Sérialité 7, 2025, feutre en encre

sur papier, 40 x 30 cm. © de l’artiste / Courtesy

Espace 001 – Prix : entre 250 et 1.500 €

Patricia Kinard

jusq. 28-12

Wery Galerie-Librairie

Dinant

www.galerie-wery.com

Patricia Kinard, Spirit, 2013, huile sur toile, 50 x 50

cm. © de l’artiste / Courtesy Wery Galerie-Librairie

– Prix : entre 1.600 et 4.500 €

Entre Bruxelles et Paris, Patricia Kinard (1949) développe un travail qui se déploie en

différentes périodes picturales ou ‘‘cycles’’, reflets d’une recherche reliant intuition et

raison, inspirée par Jung et son concept d’inconscient collectif. Nourrie par la musique,

la poésie, la nature et le voyage, la peintre explore une connexion subtile avec le vivant.

Un processus qu’elle rapproche de l’alchimie de la vie. Dans ses toiles, matière et esprit

se rejoignent, interrogeant la place de l’homme dans l’univers et sa relation aux forces

invisibles. L’exposition réunit différentes périodes de son œuvre (entre 1990 et 2025),

offrant une traversée sensible où peinture et réflexion s’entrelacent pour suggérer un

monde habité de mystère et de spiritualité. (gg)

71


Sélection Galeries

Benny Van den

Meulengracht-Vrancx

du 08-11 au 20-12

DMW Gallery

Anvers

www.dmwgallery.be

Le Fil

d’Or 2.0

jusq. 09-11

Galerie Jos Depypere

Kuurne

galeriedepypere.be

Son nom est plus qu’un

simple nom, et cette

ampleur correspond bien à

sa pratique d’artiste et de

curateur. L’Anversois Benny

Van den Meulengracht-

Vrancx (1989) est rapidement

devenu un moteur de la

scène artistique locale. Il

a dirigé l’espace d’exposition

Hole Of The Fox et fut

longtemps été coordinateur

de l’Antwerp Art Weekend.

Ces derniers temps, son art

attire davantage l’attention.

Depuis cette année, il

est représenté par la DMW

Gallery d’Anvers. ACT est

sa première exposition

personnelle dans cette

galerie. Toutes les œuvres

sont neuves, dont Hold

my candle. Sa pratique

artistique protéiforme est

assez imprévisible. Il réagit

sans cesse à ce qui se passe

autour de lui, souvent avec

une ironie fine, en recherchant

la beauté. ACT est le

troisième chapitre d’une série d’expositions ayant débuté en 2021, dans la galerie Otty

Park, aujourd’hui fermée. Chaque chapitre est une suite, cette fois-ci sur des thèmes tels

que le temps qui passe, les troubles mondiaux, les jeux vidéo et l’amour. (cv)

Benny Van den Meulengracht-Vrancx, Hold my candle, 2025, bois, chandelle. © de l’artiste / Courtesy

DMW Gallery – Prix : 600 à 3.000 €

Dans notre

édition

d’octobre,

pour illustrer

cet article,

nous publiions

une image

incorrecte

(une œuvre de

Jenny Watson

exposée

chez Transit, à

Malines). Nous

présentons

nos sincères excuses à l’artiste Abigail Tulis et

à la Galerie Depypere. Voici l’œuvre correcte,

Mating at the Full Moon, une peinture envoûtante

dans laquelle l’artiste mêle sa fascination

pour la nature, la mythologie et le symbolisme

féminin pour créer une scène onirique et

complexe. Le Fil d’Or est la première exposition

en duo d’Abigail Tulis et Clément Jacques-Vossen,

deux jeunes artistes liés à la Galerie P. à

Ostende et actuellement invités chez Depypere

à Kuurne, qui célèbre son 75e anniversaire.

Leur travail constitue un dialogue subtil entre

introspection et imagination : Tulis crée des

peintures poétiques où identité et nature se

confondent, tandis que Jacques-Vossen joue

avec le symbolisme, l’héraldique et le folklore,

dans des compositions colorées pleines de

puissance narrative. (cv)

Abigail Tulis, Mating at the Full Moon, acrylique et

huile sur toile, 50 x 70 cm. © de l’artiste – Prix : 630 à

15.000 €

Les débuts en Belgique

21-11 au 11-01-2026

IN-DEPENDANCE

Anvers

in-dependancegallery.com

Tomasz Laczny, du projet Erna Helena Ania. © de

l’artiste / Courtesy IN-DEPENDANCE by IBASHO –

Prix: de 1.000 à 2.000 €

Voici la première exposition de Tomasz Laczny (1974), en Belgique. Cet artiste polonobritannique,

résidant à Margate, s’est fait connaître grâce à des récits profondément

personnels, en même temps universellement humains. Il dessine, photographie et utilise

également le livre comme moyen d’expression. Aujourd’hui, trois séries d’œuvres

sont réunies. Ses cyanotypes de grand format font partie du projet Erna Helena Ania.

Enfant, l’artiste a découvert que sa grand-mère était d’origine allemande. Lorsqu’elle

est tombée amoureuse d’un Polonais, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle

fut considérée comme une traîtresse et dut abandonner leur fille, la mère de Laczny,

retrouvée des années plus tard. Le livre du même nom, publié en 2021, fait partie de

la collection de la bibliothèque du MoMA de New York. Les expériences de migration

et de perte reviennent régulièrement. Ses autoportraits au ferrotype, issus du projet

The Plague, ont été réalisés alors qu’ils étaient séparés par la pandémie de Covid. On

trouve également des dessins de la série Urushi. (cv)

72


Still Lifes and Street Scenes

jusq. 22-11

Xavier Hufkens

Bruxelles

xavierhufkens.com

Duc in altum

jusq. 23-11

Abbaye de

La Cambre

Bruxelles

lesgrandesheures.be

Peintre américaine

majeure du XXe

siècle, Alice Neel

(1900-1984) est

surtout reconnue

pour ses portraits.

Pourtant, son œuvre

embrasse bien

davantage : paysages

urbains, natures

mortes et scènes d’intérieurs

composent

un journal visuel

sensible et intime.

Ses toiles révèlent son

intérêt pour l’expressionnisme

allemand

et son attention

aux lieux modestes,

aux parcs, aux rues

familières de New

York, qu’elle peint

de mémoire depuis

son appartement.

Alice Neel y transpose

l’énergie de la

vie comme l’écho de ses épreuves personnelles. Ses natures mortes et ses dessins

traduisent un regard expressionniste porté sur l’ordinaire, où objets, fruits, crânes ou

poissons deviennent des symboles de présence et de fragilité. À travers cette multiplicité

de sujets, la peintre relie intimement émotion et observation, donnant voix

aux oubliés, aux marges comme aux choses simples, lesquels se voient transformés

en puissants emblèmes de l’existence. (gg)

Alice Neel, Riverside Drive, 1965, huile sur toile, 114,5 x 94 cm. © The Estate of Alice Neel / Courtesy

Xavier Hufkens, Brussels / photo : Thomas Merle – Prix sur demande

Au cœur de

l’Abbaye de La

Cambre, deux

artistes dialoguent

autour

d’un même

axe, celui qui

relie l’ombre

à la lumière,

la profondeur

à l’altitude.

Caroline

Chariot-Dayez

(1958) poursuit depuis plus de vingt ans son

exploration des plis, peints à l’huile, comme

un langage accordé à l’invisible. Philosophe

et peintre, elle fait des drapés une voie vers

la transcendance, exposant dans des lieux de

spiritualité où ses toiles invitent à la méditation.

Face à elle, Stella Solar (1962) travaille la

matière abandonnée (bois, chanvre, cuivre,

fils) pour y ranimer la vie et révéler la beauté

enfouie. Ses installations, faites d’amas et de

suspensions, interrogent les traces du temps,

les cycles de la mémoire, l’équilibre fragile

entre disparition et renaissance. Ensemble,

elles proposent une traversée intérieure où la

peinture et la sculpture deviennent des expériences

sensibles et spirituelles, reliant l’intime

à l’universel. (gg)

Stella Solar, Entre ciel et terre, 2020, bois et textile, 100 x

100 x 80 cm. © de l’artiste – Prix sur demande.

Kikie Crêvecœur

du 03-11 au 20-12

Le Salon d’Art

Bruxelles

lesalondart.be

Kikie Crêvecœur, Sans Souffle, ni Bruit I, 2023,

38 x 28 cm. © de l’artiste / photo : Vincent

Everaerts – Prix : entre 400 et 2.000 €

Kikie Crêvecœur (1960) est surtout connue pour son travail de gravure sur gomme. Avec le

temps, son atelier s’est rempli de ces matrices minuscules. Dans un geste de transformation,

l’artiste décide aujourd’hui de les utiliser autrement. Elle en extrait des fragments, les

biseaute, les tamponne des milliers de fois sur une même feuille. Peu à peu, surgissent des

paysages : échos d’un bosquet, reflets d’eau, effets de brume... Non pas un lieu précis, mais

la somme de territoires et de souvenirs. Christophe Veys, directeur du Centre de la Gravure

et de l’Image imprimée : « (…) Cette symphonie de virgules, ce bouillonnement de points, ce

tourbillon de traits vifs, ces gommages dans l’encre encore fraîche, donnent naissance à des

paysages imaginaires. Ils sont comme une vie de regards posés sur la nature et, avec elle,

celle et ceux que nous sommes. Après tout, ne sommes-nous pas toutes et tous des poussières

d’étoiles ou de gommes. » (gg)

73


Sélection Galeries

David Mileikowsky.

De Profundis

jusq. 31-12

Art Lab Brussels

Bruxelles

v0-the-art-lab.vercel.app

Xavier

Huchez

jusq. 23-11

Galerie Albert Ier

Bruxelles

www.galerie-albert1er.be

Peintre dès l’adolescence, cinéaste et auteur, David Mileikowsky (1956), personnage

hors norme, cultive une démarche multidisciplinaire, nourrie de son goût pour la

narration et l’expérience sensorielle. Il nous entraîne dans un voyage intérieur, où se

mêlent couleurs, matières et songes. Plus qu’une suite d’œuvres, son travail explore

les profondeurs de nos sensibilités et de nos histoires intimes, révélant ce qui reste

enfoui sous la surface. Pigments naturels, eaux teintées, feu et air deviennent les

ingrédients d’une alchimie où l’artiste compose une partition, à la fois tragique et

poétique. Cigarettes froissées, cires et vernis se transforment en traces vivantes,

animées par le feu qui vient révéler des nuances cachées. Chaque réalisation apparaît

alors comme un labyrinthe mental, une invitation à suivre un chemin de désirs

et d’appréhensions, entre cauchemars purifiés et clartés lunaires. (gg)

David Mileikowsky, Winter Reise Opus One, s. d., 35 x 20 cm

© de l’artiste – Prix : entre 1.500 et 22.500 €

Né à Paris en

1966 et installé

près du

lac d’Annecy,

Xavier

Huchez est

un peintrepoète

qui

élabore

une œuvre

lumineuse

et contemplative,

entre romantisme contemporain et

abstraction paysagère. Inspiré par Turner et les

maîtres flamands, il explore les atmosphères

brumeuses et intimistes, où le silence et la

lumière se confondent. Son art, plus suggestif

que figuratif, invite à ressentir les odeurs et les

bruissements de la nature, mais aussi la solitude

du promeneur. Travaillant ‘‘à l’ancienne’’, il utilise

des pigments rares (lapis-lazuli, cinabre, jaune

de Naples), appliqués en couches superposées

selon la technique du sfumato. Sur toile de lin ou

panneau de bois, il joue des transparences et des

reliefs pour obtenir des surfaces patinées. Invariablement,

Xavier Huchez cultive la délicatesse

et l’intensité, façonnant une peinture hors des

sentiers battus, où la beauté surgit des brumes

comme une évidence. (gg)

Xavier Huchez, Sans titre, s.d., huile sur toile, 40 x 40 cm.

© de l’artiste / Courtesy Galerie Albert Ier – Prix : entre

400 et 3.500 €

Annick Lizein, Philippine d’Otreppen

et Sabrina Montiel-Soto

jusq. 23-12

HU ! Galerie

Bruxelles

@hu_galerie

Philippine d’Otreppe, Sans titre (projet Liste de courses),

2025, céramiques émaillées, dimensions variables. © de

l’artiste / Courtesy Hu ! Galerie – Prix : entre 400 et 4.500 €

Trois artistes se rencontrent dans une scénographie conçue pour créer des résonances

subtiles entre leurs univers. Annick Lizein (1973) explore la tension entre

geste spontané et construction de l’image : ses toiles oscillent entre apparition et

effacement, moins pour représenter que pour suggérer, ouvrant un espace sensible

où l’imaginaire du spectateur se projette. Philippine d’Otreppe (1993) scrute

le quotidien avec humour et tendresse. Ses croquis, pris sur le vif, nourrissent des

compositions intuitives, tandis que ses sculptures en céramique émaillée révèlent

la poésie du banal et la richesse des détails les plus infimes. Quant à Sabrina

Montiel-Soto (1969), artiste multidisciplinaire et cinéaste, elle déploie un univers

fait d’installations, de sculptures et de vidéos, traversé par les constantes reliant

les humains à la nature et aux cultures. Ensemble, ces démarches invitent à une

expérience partagée où sensibilité, mémoire et regard poétique se croisent et

s’entrelacent. (gg)

74


Koï et Kimono

du 07-11 au 18-12

Atelier De Borchgrave

Bruxelles

www.isabelledeborchgrave.com

Daniel

Henry

jusq. 22-11

Les Drapiers

Liège

www.lesdrapiers.be

Disparue en octobre 2024, Isabelle de Borchgrave (1946) laisse derrière elle une

œuvre foisonnante, où le papier devient matière vivante, entre fragilité et magnificence.

Son atelier poursuit aujourd’hui ses activités, fidèle à l’esprit de l’artiste. Inspirée

par la nature, elle créait aussi bien des kimonos en papier que des sculptures

de bronze, des lustres nénuphars ou des arbres imaginaires, parfois proches des

figures d’Arcimboldo. L’étang jouxtant sa cuisine fut l’une de ses sources majeures

d’inspiration : elle y observait la fusion de l’eau, de la lumière et des couleurs, et

aimait nommer les koïs qui l’habitaient. Cette exposition réunit des pièces emblématiques

de son univers, entre œuvres monumentales et créations intimistes. Elle

rend hommage à une artiste qui sut transformer le quotidien en enchantement,

inventant un langage singulier, où le papier devient mémoire, poésie et célébration

de la vie. (gg)

Isabelle de Borchgrave, Étang Bleu, s.d., acrylique sur toile, 160 x 100 cm. © de l’artiste – Prix : entre

2.500 et 38.000 €

Créateur textile

diplômé de La

Cambre, Daniel

Henry (1976)

développe, depuis

plus de vingt ans,

une œuvre où

se rencontrent

artisanat, mémoire

et symbolique.

À la tête d’un

atelier spécialisé

en sérigraphie et

ennoblissement, il

partage son temps

entre recherche

textile et créations

personnelles. Son travail s’attache

aux tissus du quotidien (essuies, serviettes,

mouchoirs) qu’il collecte comme des témoins

de vies. Ces derniers portent des traces, des

monogrammes, des plis, des empreintes

qu’il magnifie par la dorure, l’impression ou

l’assemblage, les transformant en objets précieux

où le profane rejoint le sacré. La fleur y

occupe une place centrale : vanité, offrande,

mémoire, elle incarne la volonté de figer le

temps et de relier les vivants aux disparus.

Entre héritage intime et universalité symbolique,

Daniel Henry sublime la matière textile

en une ‘‘fossilisation’’ poétique de récits de

vie, conférant à ses œuvres une force à la fois

sensible et intemporelle. (gg)

Daniel Henry, Lys, 2024, empreinte, impression, dorure,

essuie en piqué de lin, 97 x 50 cm. © de l’artiste /

photo : Victor Pattyn – Prix : entre 800 et 4.000 €

Les merveilleux nuages

de Frans Vercoutere

du 22-11 au 28-12

Galerie Lloyd

Ostende

galerielloyd.com

Frans Vercoutere, vue d’atelier avec des oeuvres

récentes, 2025. © de l’artiste / Courtesy Galerie Lloyd

/ photo : Daniela Chirion – Prix : de 600 à 14.000 €

Frans Vercoutere (1955) n’est pas le nom le plus connu du paysage artistique flamand.

Mais ceux qui découvrent son œuvre comprennent qu’elle mérite un regard. Mon vaste

monde est sa deuxième exposition personnelle à la Lloyd Gallery d’Ostende. On y

retrouve ses ciels bleus parsemés de nuages blancs, minutieusement peints au pinceau.

Ils apparaissent au-dessus de paysages miniatures et de sculptures diverses, notamment

un lapin en bronze avec des bois peints d’un ciel nuageux. L’artiste travaille souvent avec

des objets trouvés : une branche ramassée, qu’il coule dans le bronze, ou une pierre

capricieuse qu’il polit en partie pour la peindre avec, oui, des nuages blancs dans un ciel

bleu. Si les paysages apparemment idylliques de ses peintures campent la réalité, il peut

aussi s’agir d’un morceau de nature dans une zone industrielle, sous un ciel nuageux. Tout

Belge pense aux nuages de Magritte, qui confèrent un sentiment d’étrangeté et placent

son œuvre hors du temps. (cv)


Agenda Galeries

△ Adrien Tirtiaux. The

Grand Chambord

Interchange

till 31-08-2028

Contretype

△ Pop Up. 3e édition

22-11 till 14-12

Galerie Templon

△ Hervé Di Rosa. Idolâtries

06-11 till 10-01-2026

René Guiette, Sans titre, 1963, encre, huile et sable sur papier, 72 × 45 cm.

© ECC, Bruxelles

Galerie Vrijdag

△ Hans Bruyneel.

There's some place that

I'd rather be

till 15-12

IBASHO Gallery

△ Hajime Kimura. Origins -

Norio Takasugi. As the twig

bent, so grows the tree

till 09-11

IN-DEPENDANCE

△ Groepstentoonstelling.

The Alternative Landscape

till 09-11

Lichtekooi

△ Dora Brams. Een

stelling

till 08-11

Newchild

△ Andrew Sendor

till 29-11

Tim Van Laere Gallery

△ Jockum Nordström

till 22-11

△ Franz West

27-11 till 17-01-2026

valerie_traan gallery

△ Susan Collis.

Remainder / Ayrton Eblé.

Straat

08-11 till 20-12

Brugge

Black Swan Gallery

△ Ruth Devriendt. A

Pocket-Sized Tornado

till 02-11

Galerie Pinsart

△ Eric vande Pitte. Au

Re(voir)

till 16-11

Brussels

△ Émilie Stefanie-Law &

Anatole Mélot. Paysage

ultrasensible

till 16-11

DS Galerie

△ Xolo Cuinle. Pulses

Within

till 29-11

Espace Constantin

Chariot

△ Les Silence Des Formes

/ Lorraine Defleur. Ex

Chao Ordo

till 30-11

Espace Vanderborght

△ CNN199: 35 ans de hiphop

activism

till 16-11

Esther Verhaeghe Art

Concepts

△ Maria Thurn & Taxis.

Mind Vice

till 09-11

Galerie Albert Ier

△ Michel Demart

29-11 till 18-01-2026

△ Xavier Huchez

till 23-11

Galerie Arielle

d'Hauterives

△ Conversation sur

papier

14-11 till 21-12

Galerie Didier

Devillez

△ Dominiq Fournal. Final

Years

till 15-11

Galerie Faider

△ Guy Leclercq. De la

couleur exactement

till 11-11

△ Guy Jaspar. Hommage

till 15-11

Gallery Sofie Van den

Bussche

△ Ulrike Bolenz.

Real Humans

23-11 till 20-12

△ Mieke Teirlinck. Tendresse

till 08-11

Gallery Twenty Seven

△ Nathalie Saey, Eloïse

Bonhill, Sydney Fruy.

Souffle… Odyssée

till 01-11

Halles Saint-Géry

△ Mappa Mundo

till 31-12

Hangar

△ Maryam Firuzi. When

the Earth Still Had a

Faminine Name

till 02-11

△ Nick Brandt. The Day

May Break / Charlotte

Abramow. Maurice,

Tristesse et Rigolade

till 21-12

Hopstreet Gallery

△ Susanne Wellm &

Jonathan Callan. What

Remains

11-11 till 20-12

Isabelle De

Borchgrave Atelier

△ Koi et Kimono

07-11 till 18-12

Jan Mot

△ Pierre Bismuth. Jonathan

Monk. I Was Not There

till 08-11

K Art Gallery

△ Extremes de Sícho

till 02-11

La Fonderie

△ Beldavia

till 28-06-2026

Antwerpen

De Zwarte Panter

△ Frieda Van Dun - Kiro

Urdin

03-02 t/m 10-04

△ Dr. Hugo Heyman. A

Sense of Transparency

till 23-11

Galerie Art Forum

△ Christian De Wulf,

Jaak Hillen

t/m 30-03

Annie Gentils Gallery

△ Sina Hensel. Oceanic

Gardens

till 02-11

Base-Alpha Gallery

△ Simon Demeuter

till 15-11

Callewaert

Vanlangendonck

Gallery

△ Paul Van Hoeydonck.

Light Years

till 23-11

Coppejans Gallery

△ Reconstructing

Memories

till 30-11

Fred & Freddy

△ Robbert&Frank / Kelly

Christogiannis. Blooming

in the backroom

till 15-11

Alice Gallery

△ Jean Jullien

06-11 till 13-12

Almine Rech Brussels

△ Brent Wadden. Best

Before

07-11 till 10-01-2026

Art Lab

△ David Mileikowski. De

Profundis

till 31-12

Arthus Gallery

△ Group Exhibition.

Viridarium

till 28-11

Belgian Gallery

△ Art on Paper in Gallery

till 13-11

Galerie Forest

Divonne

△ Guy de Malherbe

till 20-12

△ Guy De Malherbe.

Dans les Roches

traversées

till 20-12

Galerie La Patinoire

Royale Bach

△ Alfredo Jaar. La fin du

monde

till 23-12

Galerie Nathalie

Obadia

△ Sasha Cambier de

Montravel. J'ai assis la

Beauté sur mes genoux -

Et je l'ai trouvée amère

06-11 till 10-01-2026

La Lettre Volée

△ Regina Maris

till 08-11

La Verrière

△ Claudine Monchaussé.

Sourdre

till 13-12

Laurentin Gallery

△ Antoine Mortier

till 15-11

MH Gallery

△ Pier Vittorio Aureli.

Tavolette

till 23-11

MUE Tattoo Shop

△ Nicolas Wieers.

Surrounded by Criminals

till 09-11

76


Objects With Narratives

△ South African Group

Show. Digging Traces

20-11 till …

△ Paul Cocksedge

till 08-11

△ Krjst Studio. There is

always somthing left

to love

till 08-11

Odradek

△ Pli contre pli

till 13-12

Rodolphe Janssen

△ L'union fait la force

/ Sanam Khatibi. I

Miscalculated the Stars

06-11 till 20-12

RossiContemporary

△ Jean-Francois Ocatve.

Quelques silhouettes,

etc..

till 02-11

Spazio Nobile

△ Kiki & Joost. A

Complementary

Grammer of Creation

till 16-11

Stems Gallery Brussels

△ Paul Rouphail. June,

July & August

till 02-11

Studio 84 Art &

Culture(s)

△ Christophe Vootz. Half

Monster, Half God

till 07-12

TheMerode

△ Paul Nimer Pjota

till 19-12

△ ENERGIA

till 31-03-2026

Whitehouse Gallery

△ Tatiana Gorvietski.

The Skin I Don't Have /

Bram Van Breda. When A

Bubble Hits The Surface

till 29-11

Xavier Hufkens

△ Magdalena Odundo

13-11 till 24-01-2026

△ Alice Neel. Still Lifes

and Street Scenes

till 22-11

Zedes Art Gallery

△ Leif Österman. The

Garden Never Sleeps

14-11 till 20-12

Couillet

Galerie Jacques Cerami

△ Michaël Matthys. Kurtz

till 15-11

Dinant

Galerie Lurquin

△ La Galerie Lurquoin:

40 ans d'art!

till 02-11

Evergem

deWeverij Evergem

△ Subtiel Textiel. Voorbij

de keerzijde

02-11 & 07-12

Flémalle

La Châtaigneraie

△ C'est La Zivot !

till 09-11

Gent

AmsaB-ISG

△ Studio Stone

till 21-11

Kiosk

△ Tom Poelmans. A Spirit

in Painting

till 21-12

Kristof De Clercq

Gallery

△ Katrin Bremermann. La

fleur de barbe

till 02-11

Tatjana Pieters

△ Hans

Vanderkerckhove. Do

trees have dreams

till 02-11

Zebra Straat

△ Joke Raes. Vivid

till 02-11

Grand-Leez

Exit11

△ Salon du livre d'artiste

et de la microédition

08-11 till 09-11

Heusden-

Zolder

De Mijlpaal

△ Tapis-Tableau

till 30-11

Jambes

Galerie Détour

△ Amandine Lamand

26-11 till 20-12

△ André Lambotte

till 15-11

Knokke

Aqualex Knokke

△ Charlotte

Vandenbroucke

till 31-03-2026

Gokelaere &

Robinson

△ Driven by Design

till 02-11

Kortrijk

Hal D, LandMarck

△ Hippocampus

till 02-11

Leuven

Atelier RE-NE

△ Darkness Visible

till 16-11

Liège

Aquilaluna

△ Carlos Albert. Origen

till 30-11

galerie bonnemaison

△ collection

bonnemaison

20-11 till 01-02-2026

Les Drapiers

△ Daniel Henry. Les

fleurs ne fanent jamais

till 22-11

Louvain-la-

Neuve

Espace 001

△ Pascal Courcelles.

Sérialités

till 16-11

Mechelen

Galerie Charlie

△ Galerie Charlie

till 02-11

Maison Cabuy

△ Jesse Willems

07-11 till 16-11

Middelkerke

Villa Les Zéphyrs

△ Speelse Ernst/ Ernstig

Spel

till 02-11

Oostende

valerie_troost gallery

△ Rein Dufait. Spreuken,

Wolken en Aardklompen

16-11 till 04-01-2026

△ Hillebrand Van

Kampen & Rik De Boe.

Zeezucht

till 09-11

Roeselare

Ter Posterie

△ Dag Meneer Raveel!

till 04-01-2026

Sint-Martens-

Latem

Galerie Oscar De Vos

△ Albert Saverys. Kleur

en seizoen

till 21-12

Tournai

Rasson Art Gallery

△ Echoes of Self

till 04-11

Virton

HugAllan Gallerie

△ Olivier Cazenove

till 02-11

Espace Gaston

Bertrand

△ Prix Gaston Bertrand.

Lauréat Michel Mouffe

07-11 till 21-12

Wavre

Buysse Gallery

△ Tom Van Puyvelde.

Continuum

till 09-05-2026

Wijnegem

Axel Vervoordt

Gallery

△ Günter Uecker /

Jaromír Novotný

till 15-11

△ Raimund Girke

till 21-02-2026

△ Mélanie Berger. Mise

en pièces

till 02-11

Vorst

Une oeuvre de Guy Jaspar. © de l'artiste / Courtesy Galerie Faider, Bruxelles

Galerie Christine

Colon

△ Fernando O'Connor

till 23-11

Envoyez vos informations, pour

le mois de décembre, à collect@ips.be

avant le 5 novembre !

77


Sotheby’s

honore Breguet

Début novembre, Sotheby’s fête

250 ans de ventes aux enchères

de montres Breguet. Abraham-

Louis Breguet passe pour le père

de l’horlogerie moderne. Il a

déclenché une véritable révolution

avec diverses innovations qui ne

cessent d’influencer le domaine

des montres. Plus de soixante

pièces exceptionnelles, anciennes

et plus récentes, sont mises en

vente à Genève.

TEXTE : BEN HERREMANS

La montre Marie-Antoinette, pièce mythique dont Nicolas Hayek, fondateur de Swatch Group, fit réaliser

une réplique, l’originale étant introuvable à l’époque. Seules une photo et quelques descriptions servaient

de référence. Aujourd’hui, le modèle originel peut être admiré dans un musée de Jérusalem. © D. R.

«

Nous

prenons très au

sérieux notre mission

de faire connaître

l’histoire et d’adopter

une communication ouverte », déclare

Emmanuel Breguet en nous guidant dans

le musée Breguet, au deuxième étage de la

boutique, place Vendôme à Paris. Le directeur

du musée, historien, vice-président

et head of patrimony, est le descendant direct,

à la septième génération, d’Abraham-

Louis Breguet (1747-1823), fondateur de la

marque de montres éponyme. Il collabore

étroitement avec Sotheby’s qui organise,

pour son 250e anniversaire, la plus importante

vente de montres Breguet depuis

plus de trente ans. Impossible de sousestimer

l’importance historique de cet

ancêtre. Cet horloger, né en Suisse, mais

qui prit plus tard la nationalité française,

78


« Une montre

Breguet a sa place

tant dans l’histoire,

la technique et la

science, que dans

les arts décoratifs »

EMMANUEL BREGUET

Perpétuelle à tact, montre avec date et réserve de marche, achevée en 1827 pour George IV, roi du Royaume-

Uni, de Grande-Bretagne et d’Irlande, ainsi que roi de Hanovre. © Montres Breguet

sons royales avaient un niveau culturel

très élevé. Compte tenu du fonctionnement

scientifique de l’horlogerie Breguet

et des structures verticales du pouvoir, à

l’époque, les monarques se devaient de

faire sa connaissance. Il fréquentait ces

cercles pour vendre ses pièces et favoriser

le progrès scientifique. »

NOVATEUR

En proie à un manque de liquidités après

la Révolution, Abraham-Louis Breguet se

révèle être un homme d’affaires visionnaire

et un commerçant novateur, grâce

à la montre Souscription. « Le principe

était simple », explique Emmanuel

Breguet. « Le client désireux d’acquérir

une montre de ce type confirmait sa

commande en payant le quart du prix

de celle-ci. Grâce à cette avance, Breguet

fut à son époque une véritable référence

aux yeux de ses collègues, de savants,

de diplomates, de militaires et de l’élite

financière européenne. Il créa un réseau

international de points de vente, mais

préférait rencontrer personnellement ses

clients prestigieux, dont les rois de France.

Breguet fut ainsi fournisseur de la cour de

Louis XVI, Marie Antoinette en particulier

étant une grande admiratrice, d’Angleterre

(George IV), d’Espagne (Ferdinand VII)

et de Russie (Alexandre Ier). Même après

la Révolution française, durant laquelle

Breguet choisit de rentrer volontairement

dans son pays natal, il noua des liens avec

les sphères les plus hautes, y compris

avec l’empereur Napoléon et l’impératrice

Joséphine. « Les accusations de vanité

mondaine à son encontre sont injustes »,

corrige Emmanuel Breguet. « Les maipouvait

se procurer les pièces nécessaires

à la production. Le mécanisme était

détaillé dans une brochure publicitaire,

une nouveauté à l’époque. À l’occasion de

notre jubilé, nous sortons une nouvelle

version de la Souscription, dont le premier

exemplaire connu est mis aux enchères,

sous le nom Montre De Souscription Numéro

250, car la numérotation commence

à 250. » L’horlogerie doit de nombreuses

inventions à Breguet : l’amélioration du

mouvement automatique, l’échappement

naturel (mécanisme visant à réduire les

frottements et pertes d’énergie), le parachute

(dispositif conçu pour protéger les

pivots du balancier en cas de choc), le balancier

moderne, le mécanisme à cylindre

et rubis, le tourbillon (pour compenser

les effets de la gravité), l’horloge à tact

(montre permettant de connaître l’heure

79


éminemment artistique, en conformité

avec les courants artistiques de l’époque

et a interprété le néoclassicisme dans ses

montres. Bien entendu, les amateurs de

la marque sont aussi férus de mécanique.

Car l’horlogerie c’est la mécanique par

excellence, la micromécanique même. »

Ces trois composants, histoire, style et

mécanique, sont-ils en équilibre ? « Ils se

compensent », estime Emmanuel Breguet.

« Ici, au musée, nous détenons environ 350

pièces. À ceux qui posent parfois des questions

techniques, j’ai envie de répondre

qu’ils peuvent aussi admirer la beauté

de l’objet. Certains visiteurs s’extasient

devant la magnificence des pièces, mais

n’ont aucune idée de la mécanique cachée

derrière. Je souhaite que les visiteurs comprennent

que chez Breguet passé et présent

fusionnent en une unité de style. » Les

montres de la marque se caractérisent en

général par un cadran guilloché, avec des

chiffres romains ou arabes, des aiguilles à

pomme évidée et un boîtier en or massif,

orné de cannelures.

Montre à tact n° 4579, en or, extra-plate, avec indication des jours et des mois. Vendue le 7 mai 1829 à

M. de Roos, elle a ensuite rejoint la collection de David L. Salomons, puis une collection privée.

© Montres Breguet

La vente de Sotheby’s

promet un mélange

de montres-gousset,

montres bracelets et

pendules, ainsi que

des pièces anciennes

et plus récentes.

par simple toucher), le ressort hélicoïdal.

Il a conçu la première montre-bracelet

pour la sœur de Napoléon, Caroline

Murat-Bonaparte, reine de Naples.

HISTOIRE, STYLE, MÉCANIQUE

« Breguet a créé un univers où nombre

d’expertises se côtoient », précise Emmanuel

Breguet. « Une montre Breguet trouve

sa place tant dans l’histoire et le monde

de la technique et de la science que dans

celui des arts décoratifs. Le collectionneur

de montres Breguet est, par nature,

sensible au contexte historique. Acquérir

une montre de Breguet, c’est aussi acquérir

une histoire séculaire, incluant quantité de

personnages historiques, son fondateur inclus.

Le collectionneur de montres Breguet

aime l’art. Son fondateur a élaboré un style

UN CŒUR BATTANT

Emmanuel Breguet se déplace souvent

afin de rencontrer les collectionneurs :

« Les contacts sont innombrables. Par le

biais des réseaux sociaux, nous communiquons

avec les jeunes générations. Ce

qui engendre des conversations passionnantes.

Pourquoi aiment-ils telle pièce,

pourquoi a-t-elle été créée, pourquoi ressemble-t-elle

à une autre plus ancienne ?

Et ainsi de suite… Nous écoutons volontiers

leurs avis, remarques, attentes. Nous

voyons la fascination de ces jeunes, qui

ont parfois moins de trente ans et se profilent

déjà comme des connaisseurs. » La

vente de Sotheby’s promet un mélange de

montres-gousset, de montres bracelets et

de pendules, de pièces anciennes et plus

récentes. Emmanuel Breguet : « L’idée et

l’initiative relèvent de la maison de ventes.

Ils ont une collection que je connais bien,

constituée il y a soixante ans et qui compte

de très belles pièces. Il est rare que de ce

type de pièces exceptionnelles trouve preneur.

Ainsi, par exemple, d’un tourbillon de

l’époque du créateur, qui en a produit une

trentaine. La plupart se trouvent dans les

musées, nous en possédons nous-mêmes

trois. » Sotheby’ a souhaité opérer une

sélection dans cette collection et la compléter

d’autres modèles, afin de proposer

les principales pièces de l’histoire de la

marque. La montre perpétuelle à tact de

80


Breguet rencontra en personne nombre

de clients prestigieux comme Louis XVI

et Marie-Antoinette, George IV, le tsar

Alexandre Ier, ou Napoléon et Joséphine.

1827, avec indication de date et réserve de

marche, en est l’un des principaux lots. Ce

mécanisme a été créé pour le roi George IV

d’Angleterre, également souverain de Hanovre.

La montre porte son monogramme

au dos du boîtier. Après une vente, Emmanuel

Breguet ne sait pas toujours où les

montres se volatilisent : « Tantôt les objets

disparaissent de la mémoire, tantôt ils

atterrissent chez des personnes qui, dès

le lendemain, les rangent dans un coffre

dont ils ne sortent plus pendant un quart

de siècle. Même si je peux comprendre

qu’on se prémunisse contre le vol, cela me

déçoit toujours. Une montre est un cœur

battant, une matière vivante. J’espère

que les collectionneurs exposeront leurs

montres et les feront revivre. » Espèret-il

y trouver une pièce pour son propre

musée ? « Ce serait formidable. Je suis

toujours favorable à l’enrichissement de

notre collection. Nous avons déjà un grand

nombre de pièces, mais comme Breguet ne

réalisait jamais deux fois la même, il nous

en manque également beaucoup. Notre

musée pourrait tout acquérir, vous ne verriez

jamais deux fois la même pièce. »

ENCHÉRIR

The Breguet Sale

le 09-11

Sotheby’s

Genève

www.sothebys.com

Abraham-Louis Breguet. © Montres Breguet

SURFER

www.sothebys.com/thebreguetsale

www.breguet.com

Montre de souscription 383, recto et verso d’un modèle historique vendu en 1798 à M. Bergerot. © Montres Breguet

La nouvelle ‘‘Souscription 2025’’, dont

le premier exemplaire est mis en vente

publique. © Montres Breguet

81


Michel Mouffe

Un capital émotionnel

Vue de l’exposition Michel Mouffe: Into the Veil, Axel Vervoordt Gallery, Kanaal. © de l’artiste / Courtesy Axel Vervoordt Gallery / photo : Jan Liégeois

82


Nouveau chapitre pour la

Fondation Gaston Bertrand, qui

inaugure son propre espace,

désormais accessible au public.

Elle y accueille, pour la première

fois ‘‘à domicile’’, l’exposition

rétrospective du dixième lauréat

de son prix, Michel Mouffe. Un

moment fondateur qui inscrit

l'institution dans une véritable

dynamique de visibilité et de

transmission.

TEXTE : GWENNAËLLE GRIBAUMONT

À

l’aube de ses quarante ans d’existence,

la Fondation Gaston Bertrand

quitte la maison de l’artiste

pour investir un nouvel espace

d’exposition à Forest. Une étape décisive

qui réalise le souhait formulé par l’artiste

lui-même : « Je crois que le but ultime de la

Fondation est de disposer d’un local pour

abriter et exposer la collection, la rendre

visible d’une manière constante et complète

au public. » D’une superficie de près

de 300 m², le lieu accueille les archives, la

documentation et une salle d’exposition

de 100 m². Les accrochages s’y renouvelleront

régulièrement, explorant les différentes

périodes et thématiques du peintre.

En marge de la présentation permanente,

la fondation ouvre ses cimaises à des expositions

temporaires. Cette programmation

ne pouvait mieux débuter qu’avec l’exposition

du lauréat 2025 du Prix Gaston

Bertrand. Ce dernier est attribué à « un

peintre belge de 45 ans au moins, ayant sa

démarche propre et ses moyens inventés

par lui pour rendre visible son monde intérieur

». Lauréat de cette dixième édition, le

Bruxellois Michel Mouffe (1957). L’artiste

exposait pour la première fois en 1983, au

sortir d’un séjour de deux ans dans une

maison conçue par Le Corbusier. Une

expérience fondatrice qui lui a enseigné

l’importance du cadre, des proportions,

de la lumière et du silence. Depuis, son

œuvre se déploie comme une recherche

patiente sur la couleur et la vibration de

la matière. Sa peinture, souvent monochrome

en apparence, se révèle à travers

des glacis successifs et des superpositions

4A4B4C4D, 1986, acrylique sur toile. © de l’artiste / Courtesy Axel Vervoordt Gallery / photo : Jan Liégeois

Rigueur formelle et intériorité spirituelle

sont étroitement liées dans l'œuvre de

Michel Mouffe.

de couches translucides, qui invitent le

regard à plonger dans une profondeur

méditative. Une démarche où rigueur

formelle et intériorité spirituelle s’entrelacent.

Directeur associé de la Galerie Axel

Vervoordt, Boris Vervoordt apporte son

éclairage sur le marché de cet artiste, qu’il

accompagne depuis 2013, dont la valeur se

situe entre 10.000 et 120.000 euros (pour

les plus grands formats), avec un prix

moyen estimé à 15.000 euros : « Entre 1988

et 1993, Michel Mouffe fut représenté par

la Galerie Isy Brachot, qui réalisa un travail

incroyable. À l’époque, nous n’avions pas

encore d’espace défendant l’art contemporain.

Notre galerie existe depuis 2011 et

nous avons commencé notre collaboration

avec Mouffe en 2013. Nous lui avons

consacré des expositions personnelles et

l’avons présenté dans des expositions collectives,

notamment dans celles intitulées

Tra et Intuition, toutes deux au Palazzo

Fortuny, lors des Biennales de Venise de

2011 et de 2017. » Des participations qui

lui ont apporté une reconnaissance et une

visibilité internationale, encore renforcée

83


(In Between), 2022, acrylique sur toile. © de l’artiste / Courtesy Axel Vervoordt Gallery / photo : Jan Liégeois

84


« Presque tous les

collectionneurs

vivent avec ses

tableaux. Ses œuvres

ne sont pas achetées

pour dormir dans

un stock et/ou être

revendues quelques

années plus tard »

BORIS VERVOORDT

Miquel Tur Roig, 2019, acrylique sur toile, 70 x 70 cm. © de l’artiste / Courtesy Axel Vervoordt

Gallery / photo : Jan Liégeois

© photo : Marcel Lennartz

par son exposition, en 2024, au Couvent

de la Tourette du Corbusier : « À la suite

de cette exposition, nous avons reçu des

demandes de collectionneurs étrangers

et avons vendu son travail en France,

aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Outre-Atlantique, c’est surtout via des art

advisors que nous vendons ses œuvres. »

Cet éclairage contredit un constat initial,

hâtif et tronqué, fondé sur les résultats de

ventes publiques recensés par Artprice,

qui laissaient croire que le marché de Michel

Mouffe se limitait à la Belgique. Erreur

d’analyse, en réalité, ses œuvres dispersées

sur le second marché sont si rares que les

données disponibles sont loin de refléter la

réalité et les spécificités de sa cote.

UNE CONNEXION ÉMOTIONNELLE

Vendant essentiellement à des collectionneurs

privés, Boris Vervoordt pointe une

particularité : « La plupart des collectionneurs

achètent le travail de Michel Mouffe

parce qu’ils éprouvent un coup de foudre

émotionnel, basé sur une connexion profonde,

induite par l’intensité des couleurs,

le geste de la brosse, l’approche spirituelle

de son œuvre. (…) La plupart des collectionneurs

vivent avec les tableaux de

Michel Mouffe. Ses œuvres ne sont pas

acquises pour dormir dans un stock et/

ou être revendues quelques années plus

tard. C’est une peinture qui se prête à la

contemplation quotidienne. » Dans une

perspective de valorisation à long terme,

qui vise non la croissance à tout prix mais

la stabilité, le galeriste multiplie les initiatives

pour renforcer la reconnaissance

de l’artiste. Il participe à la production

d’expositions en institution, mais aussi à

la connaissance de son œuvre par la publication

d’un ouvrage de référence, paru en

2017. Boris Vervoordt souligne : « C’est

un outil idéal pour introduire son travail

aux collectionneurs qui ne le connaissent

pas, mais aussi pour proposer un contexte

plus large à son travail et fournir un aperçu

général de sa création depuis ses débuts. »

Un marché appelé à croître, qui échappe

encore aux logiques purement spéculatives

qui agitent si fréquemment l’art

contemporain.

VISITER

Prix Gaston Bertrand - Lauréat Michel Mouffe

du 07-11 au 21-12

Bruxelles

www.fondation-gaston-bertrand.be

LIRE

Alphabet, Michel Mouffe, coéd. Axel Vervoordt

Gallery / MER Paper Kunsthalle, Anvers /

Gand, 2017, ISBN 978-9-49232-152-7, 45 €

85


L’avis de l’expert

Le D1283/F1068 de Charles Catteau

Le 7 décembre, MonsAntic propose

un rare vase de Charles Catteau.

Il fut créé en 1929 dans l’Atelier de

Fantaisie de Boch Frères Keramis à

La Louvière.

TEXTE : BEN HERREMANS

En 2006, l’amateur d’art Marc Pairon

écrivait dans son ouvrage de

référence consacré à ce céramiste:

« Durant sa période artistique

chez Boch Frères Keramis à La Louvière,

de 1920 à 1946, Charles Catteau fut à

l’origine de, ou étroitement impliqué dans,

l’élaboration de 2 300 décors numérotés

et de quelque 550 formes différentes. Pour

le collectionneur, il n’est pas évident de

distinguer l’arbre au milieu de la forêt de

cette œuvre démesuré. » Randy Kisema, de

la maison de vente MonsAntic, montre le

vase bientôt vendu aux enchères. Celui-ci

présente un dessin typique de l’Art déco :

géométrique, avec des nuances jaune

et noir. Sur le dessous, la base présente

deux marques disposées tête-bêche. Sous

le chiffre 1068, discrètement gravé, la

mention ‘‘D:1283‘’ est inscrite au trait noir

épais. Pour Marc Pairon, Charles Catteau

(1880-1966) est « le céramiste le plus polyvalent

de sa génération ». En quête d’idées

novatrices, la manufacture de céramique

Boch Frères fit venir ce Français à La Louvière,

en 1906. En 1920, il fonde l’Atelier de

Fantaisie. Sous l’influence de l’Art nouveau,

puis de l’Art déco, Catteau initie chez

Boch Frères un renouveau des formes, des

décors et des émaux. Quatre ans après son

départ à la retraite, en 1946, il s’installe à

Nice, où il décède 20 ans plus tard.

Charles Catteau, D1283/F1068, vase, céramique avec émail craquelé, 24 x 20 cm. © MonsAntic

MARQUES DE GOUTTES

Comment prouver la rareté d’une pièce de

Catteau ? « La photo de ce vase figure dans

l’ouvrage de référence de Marc Pairon, c’est

déjà une preuve », répond Randy Kisema,

de MonsAntic. Marc Pairon ne le contredit

pas : « Tous les objets représentés dans

86


ce livre ont été sélectionnés pour leur

excellente qualité d’exécution, conforme

aux normes de qualité établies par Charles

Catteau. » La marque ‘‘D’’ signifie ‘‘décor’’,

indépendamment de la manière dont il a

été utilisé et de la forme sur laquelle il a

été appliqué. À quelques exceptions près,

la numérotation est attribuée dans l’ordre

de création. Les numéros de décor permettent

de dater les pièces avec précision.

Le numéro 1068 sur le vase fait référence

à sa forme. Dans l’inventaire présenté

dans son livre, Marc Pairon met un ‘‘F’’

devant forme. « Si le vase D1283/F1068

est si spécial, c’est que c’est la première

fois que ce décor fut utilisé pour cette

forme », explique Randy Kisema. « Par la

suite, il a été appliqué à d’autres objets,

mais c’est sur ce vase qu’il fut initié. Il a été

une source d’inspiration. Le coefficient

de rareté que Marc Pairon attribue à cette

pièce témoigne également de sa singularité.

Quatre étoiles, c’est-à-dire très rare. Le

coefficient cinq étoiles existe aussi, mais

il s’agit alors de spécimens extrêmement

rares, voire uniques. » Dans son registre

général, Marc Pairon attribue quatre

étoiles et demie au D1283/F1068.

« De plus, comparé à d’autres versions, ce

vase est un objet d’une beauté exceptionnelle,

qui présente remarquablement peu

Marc Pairon qualifie

Charles Catteau

de céramiste le plus

polyvalent de sa

génération.

de défauts », poursuit Randy Kisema. « Il est

en émail craquelé, une matière difficile. On

voit tous les défauts, pas nécessairement

le résultat d’une mauvaise manipulation. »

Marc Pairon confirme : « L’un des principaux

inconvénients des craquelures de

moindre qualité réside dans les traces de

coulure. Nous entendons par-là les ‘‘débordements

inopportuns’’ de la peinture et de

l’émail, qui ont parfois la fâcheuse tendance

à se répandre au-delà de leur champ

d’application. » Le D1283/F1068 échappe en

grande partie à cette règle : Randy Kisema

signale une seule minuscule trace de goutte.

AUTOGRAPHE OU NON ?

Dans l’aperçu chronologique des réalisations

de l’Atelier de Fantaisie, Marc Pairon

situe le D1283 comme le F1068 dans l’année

1929. « Durant cette période, on estime

que Catteau a fabriqué entre 15 et 20 % des

vases ayant quitté l’atelier », explique Randy

Kisema. Même s’il n’ose confirmer que le

D1283/F1068 est bien l’œuvre du maître.

« Pour en avoir la certitude, il faudrait voir

la signature du céramiste. En revanche,

l’absence de celle-ci ne signifie pas que le

vase ne peut être l’une de ses œuvres. Le

décor a été conçu pour ce modèle. C’est

un numéro un. On ne peut pas imaginer

que le chef d’atelier n’y ait pas collaboré. »

Pour des raisons commerciales, on attribue

rapidement et facilement des décors

à Catteau. On parle alors ‘‘d’œuvre de sa

main’’, explique Marc Pairon. Mais cela

ne correspond pas toujours à la réalité. La

signature ou le monogramme de Catteau

étaient apposés sur l’objet à l’aide d’un

tampon. Il est rare qu’il s’agisse d’une véritable

signature du maître lui-même. En

revanche, la mention ‘‘approuvé par’’ sera

toujours conforme à la vérité. » Ce qui n’est

guère exagéré, d’autant que Charles Catteau

choisissait lui-même ses collaborateurs. Il a

attiré dans son atelier un ensemble de céramistes,

de graveurs, de souffleurs de verre,

de designers et de décorateurs sélectionnés.

Sa principale source de recrutement était

l’école où il enseignait. « Charles Catteau

est indéniablement présent, même dans les

pièces qui ne portent pas son nom », estime

Marc Pairon. « Elles sont, quoi qu’il en soit,

fabriquées par quelqu’un qu’il a formé. »

MATIÈRE VIVANTE

Une autre façon de documenter la rareté

d’une pièce est de retracer son passage aux

enchères. Randy Kisema : « Ce vase a été

mis aux enchères début 2023. Avant cela, il

avait changé de propriétaire en 2021. Si on

remonte encore dans le temps, il faut aller

jusqu’en 2009 pour sa vente précédente.

Le fait qu’il soit si rare aux enchères est un

signe de rareté. » Il y a deux ans et demi,

un collectionneur, un connaisseur, en a fait

l’acquisition. « Il le considérait comme une

pièce maîtresse de sa collection », raconte

Randy Kisema « Mais une collection est

souvent une matière vivante, dans laquelle

s’opèrent des mouvements. Le collectionneur

qui a acheté la pièce en 2023 souhaite

désormais du changement dans sa collection,

et désire remplacer le D1283/F1068. »

Prix de départ ? 3.000 à 4.000 euros. « Nous

« Si le vase D1283/

F1068 est si singulier,

c’est parce que c’est

la première fois que

ce décor a été utilisé

pour cette forme »

RANDY KISEMA

avons convenu de ce montant avec lui

et celui qui l’achètera à ce prix ne sera

pas volé. Il est possible que la vente fasse

grimper l’estimation, car nous supposons

que de nombreux acheteurs potentiels

se présenteront pour l’occasion. » Le mot

de la fin revient à Marc Pairon. « On peut

collectionner l’œuvre de Catteau en fonction

de nombreux critères. Qu’il s’agisse de

représentations, exécutions, thèmes, créateurs

ou décorateurs, couleurs et nuances,

tailles et formes identiques ou divers,

d’objets moulés, de pièces uniques, d’essais,

de périodes de création ou de types

de stylisation… Rassembler par passion les

objets de Charles Catteau et de son atelier

chez Keramis n’est en aucun cas une perte

matérielle, mais un gain émotionnel. »

ENCHÉRIR

MonsAntic

le 07-12

www.monsantic.com

LIRE

Marc Pairon, Art Deco Ceramics, Charles Catteau,

Fondation Charles Catteau, 2006, ISBN

978-9-08102-431-0, 143 €

87


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Fancy Vivid, taille poire de 9,51 carats.

Christie’s, Genève, 11-11. © Christie’s

Images Ltd.

EST. 12.000.000-18.000.000 $

Joseph Mallord William Turner, Ehrenbreitstein, or The

Bright Stone of Honour and the Tomb of Marceau, from

Byron’s Childe Harold, ca. 1835, huile su toile. Christie’s, New

York, 17-11. © Christie’s Images Ltd.

EST. 2.500.000-3.500.000 $

Cera, squelette complet de jeune tricératops, fin du Crétacé,

ca. 66 millions d’années, 440 x 150 x 120 cm. Phillips, New York,

18-11. © Phillips

ON VENDRA

Un exceptionnel

diamant bleu chez

Christie’s

Le 11 novembre, Christie’s propose

à Genève l’un des joyaux les plus

extraordinaires apparus sur le

marché, ces dernières années. Le

Mellon Blue est un diamant bleu

Fancy Vivid de 9,51 carats, sans

défaut interne, en forme de poire,

ayant appartenu à l’emblématique

philanthrope américaine Rachel

‘’Bunny’’ Mellon. Estimée 20 à 30

millions de dollars, la pierre sera la

pièce emblématique de la vente

traditionnelle de novembre en

joaillerie, organisée par l’auctioneer

au Four Seasons Hôtel

des Bergues. Les diamants bleus

comptent parmi les trésors les

plus rares de la nature, célébrés

pour leurs teintes fascinantes et

leur extrême rareté. Fancy Vivid

étant la catégorie de saturation

la plus convoitée par le Gemological

Institute of America, le

Mellon Blue allie ainsi une couleur

richement saturée à une pureté

irréprochable, un attribut qui

sublime à la fois sa brillance et sa

rareté. Sa taille poire, parfaitement

symétrique, accentue encore son

éclat et son équilibre, ce qui en fait

l’un des diamants bleus les plus

importants jamais présentés aux

enchères. Au-delà de son importance

gemmologique, le Mellon

Blue porte l’aura de Bunny Mellon

(1910–2014), surnommée la ‘‘Reine

américaine des jardins’’. Son

élégance, raffinée et discrète, a

influencé tout, de l’aménagement

de ses jardins, dont la roseraie de

la Maison-Blanche, réaménagée

à la demande du président John

F. Kennedy, à sa collection de

bijoux, discrète mais impeccable.

Elle avait ainsi déclaré un jour que

« rien ne doit être remarqué »,

philosophie qui, bien qu’exprimée

dans le contexte de l’aménagement

paysager, résumait parfaitement

son approche discrète de la

vie et de la collection. Récemment

monté en bague et repensé pour

une utilisation contemporaine,

le Mellon Blue avait déjà fait

l’objet d’une vente, en 2014 chez

Sotheby’s à New York. Il était alors

adjugé 32,6 millions de dollars.

Toutefois, vu l’engouement pour

les diamants naturels de couleur,

notamment bleus, parmi les plus

rares, son prix devrait s’envoler

encore bien plus. Au cours du seul

premier semestre 2025, les ventes

de bijoux étaient ainsi en hausse

de 25 % par rapport à l’année

précédente.

La Collection

Elaine Wynn chez

Christie’s

Christie’s annonce la vente de la

collection d’Elaine Wynn, dispersée

à New York le 17 novembre,

lors de la semaine des grandes

ventes d’automne. Cette collection

exceptionnelle reflète la sensibilité

esthétique inégalée et le goût

incomparable de cette grande

dame, avec des œuvres d’icônes

de l’histoire de l’art couvrant les

siècles et les régions. Les œuvres

proviennent de ses demeures de

Los Angeles, Las Vegas et New

York, neuf œuvres seront présentées

lors de la vente du soir du XXe

siècle, deux lors de la vente du soir

du XXIe siècle, et les suivantes lors

de la vente du jour d’art d’aprèsguerre

et contemporain. Au total,

la collection est estimée à plus de

75 millions de dollars, qui offre un

éventail riche et diversifié d’icônes

artistiques, englobant les plus

belles œuvres des XIXe, XXe et

XXIe siècles. Le tableau le plus

ancien du groupe est une vue

lumineuse de Joseph Mallord William

Turner, Ehrenbreitstein, ou

La Pierre d’honneur brillante et

le tombeau de Marceau, tirée du

Childe Harold de Byron (EST. 12

à 18 millions de dollars). Présenté

pour la première fois lors d’une

exposition à la Royal Academy en

1835, ce tableau fut largement

exposé pendant des siècles dans

les plus grandes institutions du

monde et compte parmi les chefsd’œuvre

tardifs les plus importants

de l’artiste. Un autre joyau rare

de la collection, peint plus de 150

ans après, est Le Peintre surpris

par un admirateur nu de Lucian

Freud (EST. 15 à 25 millions de

dollars), toile extraordinairement

ambitieuse achevée par l’artiste

en 2005, à l’âge de 82 ans. Parmi

les autres points forts, citons les

peintures de Richard Diebenkorn

et Joan Mitchell.

Un jeune

tricératops chez

Phillips

En amont de la grande vente du

soir en art moderne et contemporain,

organisée par Phillips le 18

novembre, figurera un étonnant

squelette préhistorique d’un jeune

tricératops, nommé Cera. Daté de

la fin du Crétacé, cet exceptionnel

spécimen présente un squelette

complet, ce qui le rend particulièrement

désirable, outre sa

taille particulièrement commode.

Il s’agit, en outre, du premier

tricératops juvénile complet jamais

découvert et du premier spécimen

de tricératops, tous types

confondus, à être proposé aux

enchères aux États-Unis depuis

plus de dix ans. Estimé entre 2,5 et

3,5 millions de dollars, ce squelette

vieux de 66 millions d’années

sera la pièce maîtresse de ‘‘Out of

This World’’, une section spécialement

organisée des ventes

d’art moderne et contemporain,

consacrée aux objets extraordinaires

du monde naturel. Cera

sera proposé aux côtés d’autres

spécimens exceptionnels, dont un

fossile de Steneosaurus bollensis

remarquablement préservé,

capturé en pleine contraction, et

The Thunderbolt, une pépite d’or

pesant 117,5 onces et mesurant

près de 60 cm de long. Appartenant

au groupe des Ceratopsidae,

caractérisé par des variations

90


EST. 150.000.000 $

Gustav Klimt, Portrait d’Elisabeth Lederer, 1914-1916, huile sur toile. Sotheby’s,

New York, 18-11. © Sotheby’s Art Digital Studio

EST. 20.000-30.000 €

Cornelis De Heem, Nature morte de fruit,

1660, huile sur panneau, 35,5 x 26,5 cm. Van

Ham, Cologne, 21-11. © Van Ham

EST.

1.000.000-2.000.000 $

Pierre Paul Rubens, Le Christ

en Croix, ca. 1614-1615, huile

sur panneau, 105,5 x 72,5 cm.

Osenat, Fontainebleau, 30-11.

© Osenat

spectaculaires de cornes faciales

et de formes de collerette, le Triceratops

est l’un des dinosaures les

plus populaires et a vécu aux côtés

du célèbre Tyrannosaurus Rex,

à la fin du Crétacé supérieur, en

Amérique du Nord. Si des dizaines

de Triceratops ont été découverts

par le passé, les fossiles juvéniles

restent extrêmement rares. Cera

est ainsi le premier complet connu,

marquant un tournant pour les

collectionneurs du monde entier.

La Collection

Leonard A. Lauder

chez Sotheby’s

Pour inaugurer son nouveau

siège mondial, dans l’historique

Breuer Building sur Madison

Avenue, Sotheby’s présentera,

le 18 novembre, une partie de la

collection du magnat, collectionneur

et mécène américain Leonard

A. Lauder, mort à 92 ans le 14 juin

dernier. Avec trois Klimt inédits, un

portrait et deux paysages, cette

dispersion de vingt-quatre œuvres

(estimée à 400 millions de dollars)

par les héritiers du philanthrope

américain est surveillée de près

par les experts. Relancera-t-elle un

marché atone, pour ne pas dire en

crise ? En tête d’affiche, le Portrait

d’Elisabeth Lederer de Gustav

Klimt, estimé à 150 millions de

dollars, incarne à lui seul l’excellence

et la rareté de cet ensemble.

Cette œuvre, jamais proposée au

public, pourrait bien établir un

nouveau record pour le maître

autrichien et confirmer la vigueur

du marché de l’art de prestige.

D’autres œuvres de Klimt font déjà

rêver les amateurs : un paysage

floral éclatant, Blooming Meadow,

estimé à plusieurs dizaines de

millions, ou encore le saisissant

Forest Slope in Unterach. Le reste

du catalogue ne démérite pas : six

sculptures majeures de Matisse,

plusieurs toiles de Picasso et des

pièces phares d’artistes du XXe

siècle comme Edvard Munch ou

Claes Oldenburg. Chacune de

ces œuvres incarne une étape

marquante de l’histoire de l’art

moderne, et leur provenance

irréprochable, associée au nom

Lauder, ajoute un prestige supplémentaire.

Une chose est sûre,

les grands collectionneurs privés,

les musées internationaux et les

fondations seront à l’affût, prêts

à enflammer les enchères. Si le

Klimt franchit le seuil symbolique

des 150 millions, la soirée pourrait

redéfinir la hiérarchie des records

et donner un nouveau souffle aux

enchères internationales.

Une belle nature

morte hollandaise

chez Van Ham

Originaire de Leyde, Cornelis de

Heem (1631-1695) vient d’une

famille d’artistes. Peu de choses

nous sont parvenues concernant

sa vie. On suppose que sa

formation s’est effectuée dans

un premier temps dans l’atelier

de son père, le célèbre peintre

de natures mortes Jan Davidz. de

Heem (1606-1684). Membre de la

Guilde des peintres d’Anvers, ville

où il décède, ses œuvres campent

en tout cas, elles aussi, essentiellement

des natures mortes, en

des compositions très riches où se

mélangent fleurs, fruits, coquillages

et objets divers, reflet de

l’opulence dans laquelle vit alors la

bourgeoisie hollandaise. Une de

ces belles peintures sera incluse

dans la vente en Fine Art, organisée

le 21 novembre à Cologne

par Van Ham. On en espère

entre 20.000 et 30.000 euros. Plus

directement intéressante pour le

marché flamand, une belle Adoration

de Trois Sages par l’artiste

brugeois Adriaen Isebrandt (ca.

1475/95-1551), qui a subi l’influence

de Gérard David, est attendue

entre 10.000 et 20.000 euros.

Un Rubens

redécouvert chez

Osenat

Un Christ en croix inédit du maître

anversois Pierre Paul Rubens

(1577-1640), découvert chez les

héritiers du peintre français Bouguereau,

jusqu’alors connu par

une copie conservée au château

royal de Laeken, ainsi que par une

gravure de Lucas Vorsterman I,

est annoncé à la vente à Fontainebleau,

le 30 novembre. Étudié

et authentifié par la Rubenshuis

(le comité Rubens) et le cabinet

Turquin, ce saisissant tableau sera

intégré à l’Addenda and corrigenda

of the catalogue raisonné.

L’œuvre suscite d’emblée une

impression de familiarité, tant elle

se rapproche de la monumentale

Crucifixion peinte en 1620 par

Rubens et Van Dyck, qui provient

de l’église des Récollets minorites,

ou encore du Christ expirant en

croix, de plus de deux mètres de

hauteur, exécuté pour le couvent

des Minderbroedersklooster, deux

œuvres rapportées en France par

les troupes révolutionnaires, puis

restituées à Anvers, où elles sont

aujourd’hui conservées au musée

royal des Beaux-Arts. Au sein du

corpus de Rubens, il existe six

versions autographes du Christ

en croix, qui apparaît tantôt au

comble de la souffrance et tantôt

déjà mort, seul sur la croix. Si le

paysage fut sans doute complété

par quelque élève habile, comme

c’était l’usage dans son atelier,

le maître livre ici un exercice de

virtuosité picturale, traduisant

l’intensité de la douleur du corps

supplicié avec une rigueur anatomique

qui confine à la sculpture.

En conséquence, la composition

est tout naturellement estimée

entre 1 et 2 millions d’euros.

Quelques jours auparavant, le 25

novembre, une autre œuvre redécouverte

par le cabinet Turquin,

peinte par Guido Reni, cette fois,

un suiveur de Caravage, David

contemplant la tête de Goliath

aura sans doute déjà fait s’envoler

les enchères chez Artcurial

(en association avec Millon). On

en espère entre 2 et 4 millions

d’euros.

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850.000 € ( frais inclus)

La surprise du mois

Le samedi 26 septembre, la salle de

ventes bruxelloise Damien Voglaire

proposait une œuvre unique et originale

de Tom Wesselmann (1931-2004), un des

papes du Pop art. Cette huile sur plastique

préformé, intitulée The Great American Nude

# 84, avait été acquise au début des années

1970 par son propriétaire auprès de la

galerie new yorkaise Janis. Avec Andy Warhol

et Roy Lichtenstein, il fut l’un des chantres

de ce mouvement qui allait ériger la culture

de masse comme œuvre d’art, plaçant au

94

94

premier plan les éléments iconiques de leur

époque, comme la cigarette, Marilyn Monroe

ou encore certains objets publicitaires. Par son

cycle des Great American Nude, Wesselmann

revisitait avec audace la représentation du

corps féminin à travers des aplats vifs et une

théâtralisation assumée du désir. Il a ainsi

eu les honneurs d’une rétrospective de son

œuvre à la Fondation Louis Vuitton, cette

année. Estimé entre 200.000-300.000 euros,

le tableau en relief proposé par Voglaire, une

pièce unique en provenance d’une collection

privée belge, allait littéralement exploser son

estimation, lors d’une bataille entre trois, puis

deux téléphones, qui dura plusieurs minutes

pour s’achever sur la somme record de

680.000 euros (850.000 euros frais inclus).

Tom Wesselmann, The Great American Nude

# 84, 1966, huile sur plastique préformé, 114 x

137 x 10 cm. © Damien Voglaire


On a vendu

Belgique

08 & 09-09 Wolfers danse chez Horta

35.000 €

Philippe Wolfers, Farandole, sculpture

en bronze à patine foncée, cire perdue,

cachet de fonderie Montagutelli Bruxelles,

numérotée 164, H. 17,5 cm (hors socle). Est.

6.000-8.000 €. © Horta

11.000 €

George Morren, Étang en été, 1903,

huile sur toile, 50 x 60 cm. Est. 5.000-

6.000 €. © Horta

9.300 €

Camille Barthélemy, Village d’Ardenne

sous la neige, 1942, huile sur panneau,

40 x 50 cm. Est. 7.000-9.000 €. © Horta

8.000 €

Charles Catteau pour Boch Keramis,

vase en faïence émaillée mat

au décor d’ours polaires, cachet

Boch Frères Keramis, décor

D1063, forme en creux 1142, H.

36,5. Est. 8.000-10.000 €. © Horta

09 & 10-09 Une vue d’Istanbul chez Vanderkindere

34.000 €

Ibrahim Safi, Vue sur le pont Galata

et la mosquée Neuve à Istanbul,

huile sur toile, 60 x 110 cm. Est. 2.000-

3.000€. © Vanderkindere

24.000 €

Emile Anthony & Wolfers frères,

Anvers, XIXe siècle, rare collier en

or jaune 18 carats et argent, serti

de diamants taille ancienne pour

un total de ca. 12 carats et de perles

fines, dans son étui d’origine, poids

total : ca. 30 gr. Est. 5.000-8.000 €.

© Vanderkindere

12.000 €

Plat à offrande à décor de «Saints»,

du «Saint esprit» et de «Fruits» à

usage religieux, travail anversois,

XVIIIe siècle, argent repoussé, poids

: ca. 635 gr. Est. 1.000-1.500 €. ©

Vanderkindere

9.200 €

Théière Régence à bec verseur

«zoomorphe», Mons, première moitié

du XVIIIe siècle, aux poinçons de

Mons et d’orfèvre IM couronné non

identifié, argent, poids : ca. 710gr.

Est. 1.500-2.000 €. © Vanderkindere

09 & 10-09 Un reliquaire surprend Flanders Auctions

8.500 €

Léon Spilliaert, The Village at the End

of the Road behind the Wall, 1931. Est.

6.000-8.000 €. © Flanders Auctions

7.500 €

Christofle, Talisman, service de 161

pièces. Est. 4.000-6.000 €. © Flanders

Auctions

4.500 €

Grande Pieta, H. 333 cm. Est.

4.000-6.000 €. © Flanders Auctions

Flanders Auctions lançait avec

succès la nouvelle saison des

enchères. L’art religieux, en particulier,

captivait les acheteurs.

Lot exceptionnel, un reliquaire

scellé contenant un fragment de

la Sainte Croix de Jésus-Christ,

adjugé 2.200 euros. Une Pietà

monumentale, d’une hauteur

impressionnante de plus de trois

mètres, se faisait également

remarquer trouvant preneur à

4.500 euros.

95


On a vendu

Belgique

16, 20 & 23-09 Succès pour les bijoux au Mont-de-Piété

4.100 €

Van Cleef & Arpels, Anémone, broche

en or jaune et blanc 18 carats, poids :

23,2 gr. Est. 2.200-4.100 €. © Montde-Piété

2.500 €

Broche en or blanc 18 carats, sertie

d’un brillant ca. 0,90 carat, poids : 24,5

gr. Est. 1.450-2.500 €. © Mont-de-

Piété

1.700 €

Louis Vuitton, Métis, sac à main à bandoulière

en toile, 18 x 24 cm. Est. 420

€. © Mont-de-Piété

400 €

Ebel, Sportwave quartz, braceletmontre

dame en acier et or, L. 13,5 cm.

Est. 60 €. © Mont-de-Piété

20-09 Ecrivains français chez Morel de Westgaver

5.500 €

Atlas Homanianus. Est. 3.000-4.000 €.

© Morel de Westgaver

2.500 €

Album de 646 cartes porcelaine. Est.

1.500-2.000 €. © Morel de Westgaver

2.200 €

Marquis de Sade, Justine, ou les

Malheurs de la vertu. Est. 500-700 €.

© Morel de Westgaver

1.200 €

Ludovic Halévy, La Famille Cardinal,

avec aquarelle de Draner. Est. 600-

800 €. © Morel de Westgaver

20 & 21-09 Record pour Gevaert à la Maison Jules

6.000 €

Laurie Lipton, dessin au crayon. Est.

500-1.000 €. © Maison Jules

5.000 €

Roger Wittevrongel, Rika

3, 2014, huile sur panneau.

Est. 5.000-6.000 €. ©

Maison Jules

3.000 €

Edgard Gevaert, Sept pics,

huile sur toile. Est. 499-600

€. © Maison Jules

Lors de la vente de septembre à la Maison

Jules, Roger Wittevrongel a, comme prévu,

suscité un intérêt considérable. Son nu

intitulé Rika 3, une petite huile sur panneau,

était adjugé 5.000 euros. L’artiste américaine

Laurie Lipton obtenait, pour sa part, une

belle enchère de 6.000 euros avec un dessin

au crayon plutôt original. La petite huile

d’Edgard Gevaert, Sept pics, était adjugée

3.000 euros, un record pour cet artiste parfois

sous-estimé. Alice Frey confirme également

ses hauts niveaux. Cette fois, une petite huile

sur toile, Enfants jouant dans le parc, était

adjugée 4.000 euros. Enfin, deux grands

pots couverts de Bredene, estimés entre 250

et 350 euros, atteignaient rapidement 2.600

euros.

96



On a vendu

Belgique

27 & 28-09

Une toile italienne chez DVC Anvers

28-09

Un coffret colombien chez Haynault

6.000 €

Travail italien, dans le style de

la Renaissance, Madone, avec

cachet de cire et texte effacé sur

le verso du châssis, 34 x 27 cm.

Est. 100-200 €. © DVC Anvers

3.600 €

Dirk De Bruycker, Small Topography

II, 2001, technique mixte (huile,

goudron et plâtre) sur toile, 183 x

152 cm. Est. 1.800-2.200 €. © DVC

Anvers

37.000 €

Rare coffret, Colombie, XVIIe siècle

(période coloniale espagnole), ca.

1650, bois et vernis ‘‘Barniz de Pasto’’,

poignées, serrure et écoinçons en

argent, riche décor d’oiseaux dans

les branchages, chimères affrontées,

fleurs et dragon, piètement griffes

enserrant des boules, serrure ornée

d’un ange, 19 x 28 x 12,5 cm. Est.

3.000-4.000 €. © Haynault

4.700 €

Petit cabinet ou coffret à bijoux,

Vienne, XIXe siècle, bois noirci, plaque

émaillées figurant des scènes galantes,

bronzes figurant des nymphes

et satyres musiciens et sommé d’un

putto surmontant un lion, 30 x 22 x 20

cm. Est. 600-800 €. © Haynault

28-09 Surprenants bustes chez MJV Soudant

10.000 €

Alfred Boucher, buste de

Diane de face, haut relief

en marbre, H. 39 cm. Est.

10.000-12.000 €. © MJV

Soudant

10.000 €

Poids de calligraphe en biscuit et

émail blanc de Chine surmonté d’un

couple de lions bouddhiques, période

Qing, 3 x 4,5 x 4,5 cm. Est. 800-1.000 €.

© MJV Soudant

10.000 €

Anthony Redmile, spectaculaire buste

représentant Neptune, ca. 1970, résine,

coquillages, cristaux de roche, agates,

pierres précieuses dont améthystes et

turquoises, surmonté de sa vasque en

métal argenté poinçonnée Sheffield

Club, H. 115 cm. Est. 4.000-6.000 €.

© MJV Soudant

10.000 €

Pierre Travaux et atelier, L’hiver ou La

frileuse, ouvrage posthume, 1873, sculpture

en marbre, un modèle identique

figure dans les collections du musée

Fabre de Montpellier, H. 119 cm. Est.

10.000-12.000 €. © MJV Soudant

01-10 Un service à thé chinois chez Vanderkindere

19.000 €

Service à thé, Chine, XIXe siècle,

à décor de personnages dans

des paysages comprenant quatre

théières, un pot à lait et un plateau,

argent, poids total : 8 950 gr.

Est. 3.000-4.000 €. © Vanderkindere

12.500 €

Coupe libatoire, Chine,

XVIIe siècle, corne de rhinocéros

sculptée, à décor

floral et dragon stylisé,

présentée sur un socle en

bois sculpté postérieur, H.

9 cm. Est. 7.000-9.000 €. ©

Vanderkindere

10.000 €

Vase, Chine, XIXe siècle,

décor floral en émaux polychromes

sur fond turquoise,

monté en lampe, porcelaine,

H. 24 cm. Est. 1.000-1.500 €. ©

Vanderkindere

10.000 €

Plat, Chine, décor en

émaux bleu blanc de

dragons, porcelaine,

diam. ca. 25 cm. Est.

10.000-15.000 €. © Vanderkindere

7.500 €

Rare paire d’éléphants formant

vases, Chine, Epoque Qianlong

(1736-1795), décor avec fleurs de

lotus, présentés sur des socles

en bois sculpté postérieurs, grés

émaillé gris-bleu, H. 21,5 cm

hors socle. Est. 5.000-7.000 €. ©

Vanderkindere

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04 au 06-11 Une diva de l’opéra au Flanders Auctions

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Portrait de la légendaire Maria

Malibran (1808-1836). © Flanders

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Modest Huys, La Lys argentée, huile sur toile. ©

Flanders Auctions

EST. 2.000-3.000 €

Imposant miroir italien

de style néorenaissance,

H. 430 cm. © Flanders

Auctions

La prochaine vente de Flanders

Auctions promet à nouveau

une sélection particulièrement

variée, comprenant à la fois des

antiquités et des œuvres d’art

remarquables. Parmi les pièces

proposées, des œuvres de Jean-

Bosco Kamba, Christian Silvain

et Christofle. Quelques pièces

maîtresses attirent immédiatement

l’attention : un imposant

miroir italien de pas moins de

430 cm de haut, dans le style

néo-Renaissance, un rare portrait

de la légendaire diva d’opéra

Maria Malibran (1808-1836) et La

Lys argentée de Modest Huys,

toile qui fait resplendir dignement

la région de la Lys. Cette

vente promet de séduire tant les

collectionneurs que les amateurs.

06 au 08-11 Belle vente de numismatique chez Elsen

La prochaine vente cataloguée

de numismatique prévue en la

salle Elsen débute le 6 novembre

avec des monnaies grecques

antiques, celtiques, romaines,

byzantines et médiévales, dont

un exceptionnel solidus de Louis

Le Pieux. Sa gravure est clairement

d’inspiration romaine,

la facture du portrait étant

aussi bonne que les meilleures

représentations figurant sur les

deniers au buste de Charlemagne

et de Louis le Pieux. La

localisation de l’atelier d’émission

a fait l’objet de controverses. Il

s’agit très probablement de l’atelier

du palais à Aix-la-Chapelle,

vu le caractère cérémoniel et

impérial bien marqué de la monnaie.

L’analyse du titre par pesée

spécifique a donné un résultat

de 98 % d’or pur. Seuls quatre

exemplaires en sont connus (est.

50.000 euros). Le 7 novembre,

place aux monnaies des Pays-Bas

méridionaux et de Belgique, une

sélection de pièces d’épaves et

la première partie des monnaies

modernes. La vente se termine

le 8 novembre par la seconde

partie des monnaies modernes,

les monnaies orientales, une

collection d’anciennes monnaies

chinoises et d’Extrême-Orient,

les jetons, médailles et décorations.

Cette vente présente

aussi une collection de monnaies

à thème maritime de toutes

périodes.

EST. 50.000 €

Louis Le Pieux, AV Solidus, Aix-la-

Chapelle ?, ca. 816, or. © Elsen

08 & 09-11 L’entrée de Charles le Téméraire pour DVC Gand

EST. 40.000-70.000 €

Entrée de Charles le Téméraire à Nancy, détrempe sur toile,

panneau historique important. © DVC Gand

EST. 8.000-12.000 €

Evgeny Alexandrovich Lanceray, Troïka,

1870, bronze, fonte de Felix Chopin

(Saint-Pétersbourg). © DVC Gent

Les 8 et 9 novembre, DVC Gand organise

une vente variée qui séduira un large

public. Plusieurs collections sont mises

à l’encan, dont une importante œuvre

historique réalisée à la détrempe sur panneau,

représentant l’entrée de Charles le

Téméraire à Nancy. La collection de la comtesse

Zoubov, qui comprend des œuvres

d’art et d’art décoratif russes provenant

de Bruxelles, ainsi qu’une belle collection

de meubles anciens, d’ivoires, de cannes,

d’argenterie et d’objets d’art provenant de

Flandre orientale sont également au menu,

tout comme une collection d’œuvres

originales du mouvement CoBrA, d’Anton

Rooskens, Corneille, Eugène Brands et

Mogens Balle.

100


Fine Jewels

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Works of Art

& Art Nouveau

Fine Art

Sale: 19 –21 Nov. 2025

Preview:

14 –17 Nov. 2025

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On vendra

Belgique

10 & 11-11 Beaux bijoux chez Horta

EST. 40.000-

45.000 €

Broche (portable en

pendentif), platine sur or

jaune, agrémentée d’un

saphir de Ceylan jaune

de +/- 44,62 carats et de

diamants taille ancienne

pour +/- 5 carats (certificat

IGI stipulant saphir naturel,

non chauffé et deep

orangy yellow, transparent).

© Horta

EST. 9.500-

10.000 €

Broche, platine

et or agrémentée

de diamants

tailles marquise

et baguette pour

+/- 8 carats au

total. © Horta

EST. 10.000-

12.000 €

Mauboussin,

Bracelet, or jaune

agrémenté de diamants

taille brillant

pour +/- 1,40 carat,

de saphirs pour +/-

12 carats, de rubis

pour +/- 5 carats et

d’émeraudes pour

+/- 3,40 carats. Signé

et poinçonné.

© Horta

12-11 Du Belge chez Zouave Auction

EST. 4.000-6.000 €

Léon Devos, Nu, huile sur toile.

© Zouave

EST. 6.000-8.000 €

Jean Boghossian, Livre sauvegardé, 2022. © Zouave

Zouave Auction propose, le 12

novembre, une courte sélection

d’œuvres issues de notre royaume. De

la peinture, avec ce triptyque de Léon

Frédéric représentant un paysage de

Flandres (est. 5.000-7.000 euros), ou cet

important nu, presque peint à échelle

1/1, du peintre hennuyer Léon Devos

(est 4.000-6.000 euros). Mais aussi

des œuvres sculptées, comme une

épreuve d’artiste d’Olivier Strebelle,

intitulée Flight in mind et figure réduite

de l’œuvre trônant dans l’aéroport de

Zaventem (est. 7.000-10.000 euros).

Jean Boghossian sera aussi mis à l’honneur

avec l’un de ses ‘‘livres sauvegardés’’

réalisé en 2022 (est. 6.000-8.000

euros).

17-11 Dix bougies pour Haynault

Pour fêter ses 10 ans, Haynault

organise une vente regroupant

des œuvres choisies dans les

domaines des beaux-arts et arts

décoratifs. Dans la catégorie des

tableaux anciens, on remarquera

surtout un très grand portrait de

Marie Leszczynska d’une école

française du XVIIIe siècle, dans

un superbe encadrement. Dans

le domaine des art décoratifs,

plusieurs lots d’argenterie du début

du XXe siècle devraient susciter

quelques belles enchères, à

l’instar d’un centre de table aux

nymphes de Wolfers, ainsi qu’un

superbe ensemble du mythique

modèle Gioconda. Côté horlogerie,

une grue-montre, créée spécialement

pour Jeanne Toussaint.

À l’origine, cette grue constituait,

avec deux autres exemplaires, les

trois supports d’un brûle-parfum,

une transformation qui a

probablement été réalisée par les

ateliers de la maison Cartier, sous

la direction de sa créatrice. Elle

devrait attirer les institutions et

collectionneurs, alors qu’un vase

de Nikki de Saint Phalle ravira les

amateurs d’art contemporain.

EST. 40.000-80.000 €

Cartier pour Jeanne Toussaint,

Grue-montre, Chine, XIXe siècle, ca.

1942, bronze et émaux, 31 x 25 cm. ©

Haynault

EST. 10.000-15.000 €

Nikki de Saint Phalle, Dog, 2012,

résine et acrylique. © Haynault

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VENTE PUBLIQUE

18 et 19 novembre à 18h30

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Collier en or blanc 18 carats serti d’un diamant

de +/- 1.80 carats. 2.500/3.500 euros

Vente d’art et d’antiquités :

19 & 20 novembre à 13h30

Exposition : samedi 15, dimanche 16

et lundi 17 novembre de 14h00 à 18h00

“Etalon Suffolk Punch: Sudbourne

Premier” en bronze doré.

Signé Herbert Haseltine.

20.000/30.000 euros.

“Poteau” en métal peint.

Signé Jo Delahaut.

2.200/2.800 euros.

VENTE XLVI

ANTIQUITÉS ET OBJETS D’ART - 400 LOTS

DU MOYEN-ÂGE À L’ART MODERNE

Dimanche 23 novembre à 13h00

Huile sur toile “Déjeuner sur l’herbe”.

Signé Frans van Holder. 3.000/4.000 euros.

Charles Catteau

Antiquités classiques

et asiatiques

EXPOSITION

14, 15 et 16 novembre de 10 à 18h

Focus : Rares vases de Charles Catteau

Salle de vente Gerpinnes : 52 rue de Bertransart

Bureau de Woluwe Saint Pierre : 177 rue au bois

Bureau de Waterloo : 12 rue Libert

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le marché portugais, vers 1690.

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Portrait de

Mr. J.Th. Stakenburg, 1942.

Encheres a partir du 17 octobre | Exposition 7, 8 & 9 novembre

Ventes d’œuvres d’art,

d’antiquités et de bijoux

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Rudolf Bonnet (1895-1978)

M.C. Escher (1898-1972)

Jan Toorop (1858-1928)

Exposition:

Vendredi 7 Novembre 11 à 15 h.

Samedi 8 Novembre 11 à 15 h.

Lundi 10 Novembre 11 à 15 h.

Mardi 11 Novembre 10 à 12 h.

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Belgique

18-11 Des bijoux d’Octave Landuyt chez Loeckx

Le 18 novembre, Loeckx organise une vente aux enchères d’œuvres

d’art européen et asiatique. Parmi les peintures, on trouvera notamment

une collection de portraits anciens des XVIIe et XVIIIe siècles,

deux compositions modernistes sur émail de Kurt Lewy et deux portraits

d’Anne-Mie Van Kerckhoven datant de 1987-1990. On y annonce

également un rare service en argent en quatre parties ‘‘modèle Paris’’,

conçu par Gustav Beran et une collection de bijoux d’Octave Landuyt.

Les arts décoratifs seront également à l’honneur, avec notamment des

meubles, des statues en bronze, des vases de Sèvres et des horloges

des XVIIIe et XIXe siècles. Côté arts asiatiques, une large sélection de

sculptures provenant du Tibet, du Népal, de Chine et du Japon est

proposée.

Quelques pièces remarquables dans la vente aux enchères d’art européen et

asiatique. © Loeckx

18-11 La succession d’un diplomate pour Arts Talents

Suite à la succession d’un diplomate, Arts Talents Enchères

Bruxelles dispersera une collection (plus de trois cents

lots) de porcelaines et d’émaux chinois des XVIIe et XVIIIe

siècles, dont un sceau impérial d’époque Kangxi, provenant

des fours imperiaux de Jingdezhen. Un cachet similaire de

la même époque, en porcelaine est conservé au musée

Guimet à Paris, provenant de la collection Grandidier

(est. 200.000-400.000 euros). On y proposera également

une importante et exceptionnelle coupe en porcelaine de

Canton, période Guangxu, à décor intérieur et extérieur de

scènes de palais animées de nombreux personnages, vues

architecturées, papillons, oiseaux, fleurs et végétaux (est.

4.000-8.000 euros).

EST. 200.000-400.000 €

Chine, Dynastie Qing, Epoque Kangxi (1662-

1722), Sceau impérial en porcelaine de Jingdezhen,

avec trace d’encre rouge d’époque,

9,8 x 13 x 10,5 cm. © Arts Talents

Vue d’une partie de l’offre proposée,

d’une collection privée.

© Arts Talents

19 & 20-11 Un bronze de Mercié chez Debaveye

EST. 8.000-

12.000 €

Antonin Mercié,

Gloria Victis,

bronze, H. 129 cm.

© Debaveye

EST. 1.500-

2.500 €

Peinture de Gustave

Léonard de Jonghe,

1864. © Debaveye

Une offre variée sera mise à l’encan, lors de

la vente en art et antiquités de Debaveye.

La pièce maîtresse parmi les sculptures est

un grand bronze d’Antonin Mercié, Gloria

Victis, d’une hauteur de 129 cm, estimé

entre 8.000 et 12.000 euros. Parmi les peintures,

une œuvre de Gustave de Jonghe

datant de 1864 attire particulièrement

l’attention, aux côtés d’œuvres de l’école

de Frans Snijders, Jan van Delft, Gustave de

Jonghe, Antoon De Clerck, Octave Landuyt

et bien d’autres. On trouvera également

une vitrine et une horloge Napoléon III, de

grands groupes en porcelaine de Saxe et

de Sèvres, des sacs à main Louis Vuitton et

Delvaux, des pièces d’argenterie, un grand

ciboire en argent du XVIIIe siècle, des couverts

Christofle, de la verrerie et une vaste

collection de poupées en porcelaine.

106


Egon Schiele, Nu accroupi, vu de dos, 1917, gouache et craie noire sur papier, 29,5 x 45 cm, € 1.800.000 – 2.500.000, vente le 18 novembre 2025

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On vendra

Belgique

23-11

Quelques beaux Catteaux à saisir

chez Soudant

29-11

L’école paysagiste liégeoise

chez Lhomme

Charles Catteau pour

Boch Keramis, Vase

prototype du modèle

aux pieuvres en grès.

© Soudant

Une peinture

d’Auguste Mambour.

© Lhomme

Divers beaux vases de Charles Catteau. © Soudant

La prochaine vente publique de

la salle Lhomme se déroulera le

29 novembre. Les amateurs d’art

belge du XXe siècle pourront

découvrir des œuvres de Gaston

Bogaert, Georges Collignon,

Fernand Flausch, Jacques Lizène,

Roger Somville, Mady Andrien

et Floris Jespers, témoignant de

la vitalité et de l’expérimentation

des artistes modernes belges. Un

important chapitre sera consacré

à l’école paysagiste liégeoise, avec

de nombreux tableaux de Richard

Heintz, Auguste Donnay, Armand

Jamar, Élysée Fabry, Albert Raty,

François Maréchal. Ces œuvres

côtoieront celles des intimistes

verviétois Emmanuel Meuris

et Paul Schmitz. Le catalogue

présentera également plusieurs

tableaux exceptionnels d’Auguste

Mambour, ainsi qu’un vaste

ensemble de tableaux et dessins

de Luc Lafnet, mais aussi de livres

illustrés par ce dernier, avec de

nombreuses aquarelles et dessins

originaux. Notons encore, pêlemêle,

des œuvres d’Edgar Scauflaire,

Armand Rassenfosse, Martin

Aubée, un beau petit ensemble

de sculptures, dont un bronze animalier

par Raymond de Meester

et, pour l’art contemporain, un

remarquable Autodafé d’Antonio

Saura. Enfin, les bibliophiles pourront

découvrir un bel ensemble

de Jules Verne édités chez Hetzel,

ainsi qu’un bel exemplaire des

Délices du Païs de Liège.

29 & 30-11 Un trophée Mercedes pour la Maison Jules

EST. 8.000-12.000 €

Trophée Mercedes centenaire remporté

lors d’une course de Formule 1, en

Allemagne, en 1926. © Maison Jules

EST. 5.000-10.000 €

Sadji, œuvre recto verso sur papier

japonais, aquarelle avec dessins au

crayon au verso. © Maison Jules

La Maison Jules clôturera une

série de trois ventes mensuelles,

les 29 et 30 novembre. Deux

pièces exceptionnelles retiennent

particulièrement l’attention. Il

s’agit d’une œuvre recto-verso

sur papier japonais de l’artiste

sino-français Sadji (Sha Qi, 1914-

2005). Cette aquarelle représente

une jeune femme dans un

intérieur chinois après le bain et,

au verso, on peut voir des croquis

au crayon et des études de nus

féminins. Cette œuvre double a

été estimée entre 5.000 et 10.000

euros. Autre objet digne d’intérêt,

un trophée centenaire issu de

l’histoire de Mercedes. Le pilote

de course Rudi Caracciola remportait

la toute première course

de Formule 1, en Allemagne,

sur le circuit Avus de Berlin, le 11

juillet 1926. Cet objet unique et

historique est estimé entre 8.000

et 12.000 euros. Dans le domaine

de l’art, on découvre les signatures

de Joseph Willaert, Edmond

De Maertelaere, Alfred Seifert,

George Minne et Emiel Poetou,

dont plusieurs plâtres abstraits

seront mis en vente. Plusieurs

photographies en noir et blanc

de l’artiste roumano-française

Irina Ionesco seront également

dispersées.

108


Salle de ventes du Béguinage

s.v.b@hotmail.be www.svbeguinage.com +32 475 53 02 60

Vente bourgeoise ­ novembre 2025 ­ 500 lots dont collection Pierre Culot, Chine 18e,

bijoux anciens, tableaux, mobilier et art africain


On vendra

Belgique

02-12 Beauté orientale chez Campo & Campo

EST. 10.000-15.000 €

Emile Claus, Beauté orientale, 1881,

huile sur toile, 52,5 x 43 cm.

© Campo & Campo

EST. 5.000-7.000 €

Jan-Frans Eliaerts, Nature morte de

fleurs, papillons et insectes, huile sur

toile, 83 x 69 cm. © Campo & Campo

La vente d’art classique, organisée

par Campo & Campo le 2

décembre, comprendra une belle

collection d’objets d’art et de

peintures du XIXe siècle et plus

tardifs. On remarque notamment

un Christ en croix au Calvaire.

Cette terre cuite finement travaillée

est attribuée au sculpteur

du XVIIIe siècle Walter Pompe.

Les artistes du XIXe siècle seront

aussi bien représentés dans cette

vente. Parmi les pièces maîtresses,

on trouvera deux magnifiques

natures mortes florales

de l’artiste anversois Jan-Frans

Eliaerts, estimées respectivement

entre 5.000 et 7.000 euros et

entre 3.000 et 5.000 euros. Autre

œuvre remarquable, la magnifique

Belle orientale, peinte par

Emile Claus en 1881 (est. 10.000-

15.000 euros). Côté sculpture, on

remarquera surtout un dragon à

plumes en fer forgé de Lodewijk

Van Boeckel (est. 5.000-7.000

euros). Parmi les autres artistes

présents dans cette liste, citons

Constant Cap, Jef Lambeaux,

Edward Portielje, Jan Van Beers,

Eugène Verboeckhoven, Petrus

Kremer et Ferdinand de Braekeleer.

Une importante collection

de gravures des XVIe et XVIIe

siècles est également proposée,

ainsi qu’une collection d’instruments

de musique construits

d’après les plans de pièces de

musée historiques. Comme toujours,

cette vente est complétée

d’une collection exceptionnelle

de verrerie et d’argenterie, de

tapis orientaux, de meubles, de

bijoux et d’autres objets divers.

02 au 04-12 Jubilé chez Bernaerts

En l’honneur du 50e anniversaire

de Bernaerts, fondée en 1974, ce

catalogue éclectique regorge du

‘‘jeu de l’amour et du hasard’’. Il

s’agit donc d’une vente célébrant

l’entreprise familiale anversoise,

également connue comme

‘‘spécialiste de la diversité’’. Lors

de cette vente Bernaerts 50 !, le 2

décembre, des œuvres provenant

de diverses collections privées

seront réunies. Une armoire en

aluminium avec du plexiglas

coloré transparent de Liam Gillick

est ainsi cataloguée à côté d’un

impressionnant Triomphe de

Jupiter et Cupidon de Pieter Van

Lint (ca. 1640). Une grande gravure

sur bois de Gert & Uwe Tobias et

une estampe tout aussi impressionnante

de Tom Wesselmann

feront écho à la sculpture en

bronze Song de Peter Rogiers,

tandis qu’un Alfred Stevens de la

fin de siècle et un Charles Verlat

orientaliste contrasteront avec

une gouache d’Auguste Herbin,

ou encore Composition 2 de Jozef

Peeters, son dernier autoportrait,

daté de 1960. Le célèbre Rinus

Van de Velde sera également

présent avec plusieurs de ses

grands dessins au fusain. Le 3

décembre, Bernaerts présentera,

lors de sa vente Classic vs. Modern,

des objets de grande qualité de

différentes époques et continents.

Une exceptionnelle collection

privée d’armes anciennes attirera

particulièrement l’attention, tandis

que la section Art déco proposera,

entre autres, de magnifiques

bronzes de Marius Mars-Valle,

ainsi que des meubles signés

Franck. Une collection de bijoux

anciens est également proposée,

à côté de peintures de pleinairistes

du XIXe siècle. Enfin, le jeudi 4

décembre, une exceptionnelle

bibliothèque anversoise consacrée

à la littérature flamande,

intitulée Van Conscience tot Claus,

est annoncée. Cet ensemble est

le résultat de plus d’un demisiècle

de collecte minutieuse, au

plus haut niveau. De nombreux

exemplaires dédicacés, manuscrits,

lettres et éditions sur ‘‘grand

papier’’ de Hendrik Conscience,

Guido Gezelle, Paul van Ostaijen,

Felix Timmermans, Karel van de

Woestijne, Willem Elsschot, Maurice

Gilliams et Hugo Claus en font

ainsi partie.

EST. 20.000-30.000 €

Victor Vasarely, Roja, 1971, gouache.

© Bernaerts

EST. 20.000-25.000 €

Jozef Peeters, Composition 2 (Autoportrait),

1960, huile sur toile. ©

Bernaerts

110


Sha Qi (Sadji)

Alfred Seifert

Jean Henri De Coene

Dates de la vente

Samedi 29 novembre 11h00

Dimanche 30 novembre 11h00

Exposition

Du 21 au 28 novembre

Infos & Contact

0475 45 86 23 | 0478 84 30 58

www.maisonjules.be

VENTE D’ART

ET ANTIQUITÉS

mardi 18 novembre 2025

LOECKX.BE




Auction calendar novembre—décembre 2025

Belgium

NOVEMBER

02 Stanley's Auctions

Tribal art, Modern art,

Africanist art

ZAVENTEM

03 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

03 Antenor Auction

Design now BRUXELLES

03 Salle des Ventes Uccle

Saint-Job

Verrerie ONLINE

04 Berg van Barmhartigheid

Wijnen, geestrijke dranken,

muziekinstrumenten,

stripverhalen en juwelen

BRUSSEL

04 Antenor Auction

Tableaux modernes et

contemporains BRUXELLES

04-06 Flanders Auctions

Kunst, antiek en design

ROESELARE

06-08 Jean Elsen et ses fils

Numismatique BRUXELLES

07 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

07-17 AZ Auction

Numismatique, bijoux,

montres et gemmes ONLINE

08 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

08-09 DVC Gent

Kunst, antiek en design,

collectie Zouboff GENT

08-16 AZ Auction

Bandes dessinées ONLINE

10 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

10 Antenor Auction

Haute époque BRUXELLES

10 Salle des Ventes Uccle

Saint-Job

Art et antiquités ONLINE

10-11 Horta

Art et antiquités BRUXELLES

12 Antenor Auction

Un pied à terre dans le Marais

FOREST

12 Zouave Auction

Art belge BRUXELLES

12 CR-Art Auctions

Kunst en antiek HARELBEKE

14 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

15 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

16 Galérie La Régence

Art et antiquités CHARLEROI

16 Stanley's Auctions

Dessins anciens, gravures,

cartes, atlas et livres anciens

ZAVENTEM

17 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

17 Haynault

Art et antiquités BRUXELLES

18 Berg van Barmhartigheid

Schilderijen,

beeldhouwwerken en juwelen

BRUSSEL

18 Loeckx

Europese en Oosterse kunsten

antiekveiling GENT

18 Arts Talents Enchères

Bruxelles

Arts d'Asie - Collection d'un

grand collectionneur du XIXe

siècle Chine BRUXELLES

18-19 Vanderkindere

Art et antiquités BRUXELLES

19-20 Debaveye Auctions

Kunst en antiek HARELBEKE

21 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

21-22 Damien Voglaire

Livres et peintures BRUXELLES

22 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

23 MJV Soudant

Vente cataloguée GERPINNES

24 Salle des Ventes Uccle

Saint-Job

Art et design BRUXELLES

25 Berg van Barmhartigheid

Juwelen, sieraden en

numismatiek BRUSSEL

25 Antenor Auction

Bijoux, perles fines et

montres BRUXELLES

25 Vanderkindere

Vente bourgeoise BRUXELLES

25-26 Jordaens

Kunst en antiek MORTSEL

28 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

29 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

29 Lhomme

Livres, gravures, dessins et

peintures LIÈGE

29 Louiza Auktion

Tableaux et sculptures

modernes et comtemporaines

BRUXELLES

29-30 Maison Jules

Kunst, antiek en vintage GENT

30 AZ Auction

Bandes dessinées BRUXELLES

30 Stanley's Auctions

Modern et contemporary

Congo art ZAVENTEM

DECEMBER

01-07 Salle de Ventes Rops

Art et antiquités ONLINE

02 Berg van Barmhartigheid

Fietsen, meubilair,

verzamelobjecten en juwelen

BRUSSEL

02 Campo & Campo

Klassieke kunstveiling

ANTWERPEN

02 Arts Talents Enchères

Bruxelles

Intérieurs - Collections et

successions

BRUXELLES

02 Native Auctions

Vente spéciale, collection Ann

Demeulemeester

BRUXELLES

02-03 Galerie Athena

Kunst en antiek BRUSSEL

02-04 Bernaerts

Bernaerts

50 ANTWERPEN

04-06 Sylvie's Wine Auctions

Kerstveiling ANTWERPEN

05 Maison des

Huissiers de Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

06 Cnock

Juwelen KNOKKE

06 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

06-07 DVC Antwerpen

Aziatica en Aziatische

archeologie, etnische

kunst, juwelen en horloges

ANTWERPEN

07 Cnock

Kunst en antiek

KNOKKE

07 MonsAntic

Art et antiquités MONS

08-09 Horta

Art et antiquités

BRUXELLES

09 Berg van Barmhartigheid

Juwelen, sieraden en

numismatiek BRUSSEL

09 Old Master Print

Auction XVII

IZEGEM

09 AZ Auction

Tableaux et objets d'art

BRUXELLES

10 AZ Auction

Joaillerie et horlogerie

BRUXELLES

10 Zouave Auction

Maroquinerie, bijoux et

accessoires de luxe

BRUXELLES

12-13 Arenberg Auctions

BRUSSEL

13 Berg van Barmhartigheid

Uitzonderlijke stukken

BRUSSEL

The Netherlands

OCTOBER

22-05/11 Veilinggebouw De

Zwaan

Kunst- en antiekveiling

ONLINE

27-04/11 Venduehuis Den

Haag

Vendue Next Door Part I +

II ONLINE

27-19/11 Venduehuis Den

Haag

Old masters, 19th century &

early modern art ONLINE

NOVEMBER

03 Veilinghuis Bouwman

Vintage toys & automobilia

ONLINE

07-24 Vendu Rotterdam

Juwelen en horloges ONLINE

09-10 Oprechte Veiling

Haarlem

Kunst en antiek HAARLEM

10-15 Heritage Auctions

Europe

Coins, currency and medals

IJSSELSTEIN

11 Zeeuws Veilinghuis

Exclusive items MIDDELBURG

11-12 Vendu Rotterdam

Kunst en antiek ONLINE

11-14 Oprechte Veiling

Haarlem

Kunst en antiek ONLINE

12 Zeeuws Veilinghuis

Aziatica and Indonesian art

ONLINE

17-21 Derksen Veilingbedrijf

Kunst en antiek ARNHEM

17-21 Korst van der Hoeff

Kunst en antiek

S-HERTOGENBOSCH

18-19 Venduehuis Den Haag

Old Masters, 19th century and

early Modern art DEN HAAG

18-19 Burgersdijk & Niermans

Boeken, prenten en

tekeningen LEIDEN

22 Derksen Veilingbedrijf

Kunst en antiek ONLINE

22 Hessink's Fine Art

Auctioneers

From Antiquity to Modernity

BEEK

22-07/12 Moart Veilinghuis

Kunst en antiek ZOETERMEER

24 Zuydwal Veilingen

Kunstveiling HUIZEN

24-09/12 Venduehuis Den

Haag

Exclusive jewellery, watches

and handbags ONLINE

24-10/12 Venduehuis Den

Haag

Arts of the East ONLINE

24-11/12 Venduehuis Den

Haag

Home and interiors, fine silver

ONLINE

24-12/12 Venduehuis Den

Haag

Tribal Art ONLINE

25-28 Bubb Kuyper

Boeken, prenten, tekeningen

en schilderijen HAARLEM

27-28 Goudwisselkantoor

Veilingen

Juwelen, luxe accessoires,

diamanten en horloges

KLAASWAAL

28-12/12 Vendu Rotterdam

Muntenveiling ONLINE

29 Hessink's Fine Art

Auctioneers

Boeken, prenten, grafiek en

kunst AMSTERDAM

29 Van Sabben Auctions

Afficheveiling HOORN

30 Veilinghuis Peerdeman

Kunst, antiek en design

ONLINE

DECEMBER

01 ADAMS Amsterdam

Auctions

Kunst AMSTERDAM

01-03 Veilinghuis Klinkhamer

Kunst en antiek GRONINGEN

01-05 Zwiggelaar Auctions

Boeken, stripverhalen,

prenten en tekeningen etc.

AMSTERDAM

02 ADAMS Amsterdam

Auctions

Kunst, sieraden, tassen en

zilver ONLINE

02-04 Veilinghuis De Jager

Kunst, antiek, juwelen en

aziatica GOES

05-15 Venduehuis Dickhaut

Kunst, antiek en juwelen

ONLINE

08-11 Van Spengen

Kunst en antiek ONLINE

08-15 Veilinghuis Korendijk

Kunst en antiek ONLINE

09-10 Veilinghuis Omnia

Kunst en antiek KOLHAM/

HOOGEZAND

09-14 Oprechte Veiling

Haarlem

Kunst en antiek HAARLEM

10-11 Vendu Rotterdam

Algemene veiling ONLINE

Luxembourg

NOVEMBER

01 Goldfield Auction

Luxembourg

Trésors d'automne

WEISWAMPACH

08 Lux Auction Luxembourg

Joaillerie, montres de

collection et maroquinerie

STADTBREDIMUS

08 Lux Auction Luxembourg

Post war and contemporary

art STADTBREDIMUS

114


Fair calendar novembre—décembre 2025

Belgium

NOVEMBER

Germany

NOVEMBER

Luxembourg

NOVEMBER

The Netherlands

NOVEMBER

United Emirate

States

02 The Collectors Fair

ANTWERP

08-16 Antica Namur Fine Art

Fair

NAMUR

27-30 Les Nocturnes du

Sablon

BRUSSELS

28-30 GANDA:

Ghent Antiques Design Art -

Kunstroute

GENT

28-30 Brussels Ass Book Fair

BRUSSELS

DECEMBER

06-07 GANDA:

Ghent Antiques Design Art -

Kunstroute

GENT

05-07 Internationale

Antiquarenbeurs

MECHELEN

11-14 Art Antwerp

ANTWERPEN

07-09 Discovery Art Fair

Frankfurt

FRANKFURT

07-09 Art Cologne

KOLN

Italy

NOVEMBER

t/m 02

France

NOVEMBER

Artissima

TURIN

12-16 Art Montpellier

MONTPELLIER

13-16 Paris Photo

PARIS

28-30 Animal Art Paris

PARIS

20-23 Biennale De Mains De

Maîtres Luxembourg

LUXEMBOURG

21-23 Luxembourg Art Week

2025

LUXEMBOURG

Portugal

NOVEMBER

06-09 Lisbon Art Weekend

LISBON

Spain

NOVEMBER

18-20 LOOP Barcelona

BARCELONA

Switzerland

NOVEMBER

till 02 art3f Lausanne Art Fair

LAUSANNE

01-02 Zutphen Glass Expo

ZUTPHEN

01-02 Kunstlijn Haarlem

HAARLEM

02-09 PAN Amsterdam

AMSTERDAM

08-09 Kunstlijn Haarlem

HAARLEM

08-15 GLOW Festival

EINDHOVEN

08-16 Nationale Kunst Week

DIVERSE LOCATIES

15-16 Nationale Kunstdagen

GORINCHEM

15-16 VerzamelJaarbeurs

UTRECHT

29-30 The Winter Salon

DEN HAAG

Turkey

DECEMBER

04-07 Istanbul Art & Antique

Fair

ISTANBUL

NOVEMBER

20-22 NOMAD

ABU DHABI

United kingdom

NOVEMBER

till 02/11

Frieze Sculpture

LONDON

till 06/11 Asian Art in London

LONDON

United States

DECEMBER

02-07 Art Miami

MIAMI

02-07 SCOPE Art Show Miami

MIAMI

05-07 Art Basel Miami Beach

MIAMI

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de peintures, d’estampes, de

sculptures, de meubles, de

porcelaine, d’argenterie, de

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DVC

(Dir. D. Van Cappel)

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successions et assurances.

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succession et assurance.

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Beguinage s.p.r.l.

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T.02/218.17.42

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info@svbeguinage.com

Online via Drouot digital

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Arenberg Auctions

(Dir. Henri Godts)

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1000 Bruxelles

T. 02-5441055

info@arenbergauctions.com

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dessins rares. Également

bibliothèques entières,

archives et manuscrits rares.

AZ Auction

Dir. Arnaud de Partz

Av. des Casernes, 39B

1040 Etterbeek

T. 02/218.00.18

www.azauction.be

info@azauction.be

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d’art, d’Arts d’Asie, de bijoux

et de bandes dessinées.

Ventes Haynault

(Dir. Rodolphe de

Maleingreau d’Hembise)

Rue de Stalle 9 - 1180 Uccle

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Rue du Grand Cerf 6,

1000 Bruxelles

T. 02 514 05 86

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Estimations et évaluations du

lundi au vendredi de 9h à 13h

et de 14h à 17h.

Hôtel de Ventes Horta

(Dir. Dominique de Villegas)

70/74 Avenue de

Roodebeek, 1030 Schaerbeek

T.02/741.60.60 – F.02/741.60.70

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(Dir. D. Van Cappel)

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9030 Mariakerke

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F.09/225.04.14

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Ventes aux enchères

d’œuvres d’art et d’antiquités

cataloguées. Successions

et évaluations pour successions

et assurances.

Galerie et Salle de Ventes

Pictura sprl

Brusselsesteenweg 656

9050 Gentbrugge

T.0475/74.49.25

henk.vervondel@telenet.be

www.pictura.be

Loeckx Auctioneers

(Dir. Cécile La Pipe,

Peter en Natan Loeckx)

Ingelandgat 4, 9000 Gand

T.09/223.37.93 – F.09/233.76.71

www.loeckx.be

info@loeckx.be

International art & antiques

auctions. Expertises.

De Vuyst

(Dir. Guy De Vuyst &

Pascale Philips)

Kerkstraat 22-54, 9160 Lokeren

T.09/348.54.40

F.09/348.92.18

www.de-vuyst.com

info@de-vuyst.com

Vente aux enchères et expositions

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siècle à l’art contemporain.

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FLANDRE OCCIDENTALE

Carlo Bonte Auctions

Kardinaal Mercierstraat 20,

Brugge

Carlo Bonte Gallery

Zeedijk-Het Zoute 796,

Knokke

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T. 050 33 23 55

Van de Wiele Auctions

Groeninge 34, 8000 Bruges

T.050 49 07 69

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www.vdw-auctions.com

Imprimés et manuscrits

rares, cartes anciennes,

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HAINAUT

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(Dir: Daniel Otten)

Rue Grande 193b, 7020 Mons

T.065/73.94.00 – F.065/73.94.09

otten@monsantic.com

www.monsantic.com

Ventes publiques cataloguées.

Expertises le mercredi

et le jeudi, rendez-vous le

mardi et le jeudi - déplacement

gratuit à domicile.

LIEGE

Hôtel des Ventes Elysée

(Dir. José & Ch. Fairon)

Boulevard Cuivre et Zinc 28,

4000 Liège

T.04/221.09.09

F. 04/221.15.05

www.ventes-elysee.be

info@ventes-elysee.be

Ventes publiques mensuelles

d’antiquités et objets d’art,

Vintage, Maroquinerie,

Bijoux. Expertises et accueil

du lundi au vendredi. Fermé

le mercredi.

Légia Auction

Rue de Cras-Avernas 12,

4280 Hannut

Tél. : 019/63.55.59

0495/87.99.01 (Bruno de

Wasseige) 0475/27.73.87

(Vincent de Lange)

www.legia-auction.com

contact@legia-auction.com

Ventes publiques d’Arts et

d’Antiquités, tapis, mobiliers,

bijoux, tableaux, Art d’Asie,…

Expertises gratuites sur rendez-vous.

Librairie Lhomme

(Dir. David Lhomme)

Rue des Carmes 9, 4000 Liège

T.04/223.24.63

www.michel-lhomme.com

librairie@michel-lhomme.com

Ventes aux enchères internationales

live et online,

galerie d’art, expertise.

Tableaux anciens et

modernes, dessins, gravures,

sculptures, livres anciens

et modernes, manuscrits,

armes anciennes, bd, objets

scientifiques.

Hôtel des Ventes Legros

(Dir. Benoît Legros)

Rue Peltzer de Clermont 41,

4800 Verviers

T. 087/33.01.00

www.venteslegros.com

info@venteslegros.com

Ventes régulières d’antiquités

et objets d’art.

NAMUR

Salle de Ventes Rops

(Dir. Paul & Benoît de

Sauvage)

Avenue d’Ecolys 2,

5020 Namur

T.081/74.99.88 – F.081/74.99.86

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MODERNISME ENVOÛTANT

04.10.2025 › 11.01.2026

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Aujourd’hui, son œuvre novatrice est présentée en dialogue avec celle d’Alexander Archipenko et d’autres

modernistes influents, aux côtés de chefs-d’œuvre de Mondrian, Modigliani et bien d’autres.

Billets & info sur kmska.be

Partenaires de l’exposition:

MUSÉE ROYAL DES BEAUX-ARTS ANVERS

Marthe Donas, Composition abstraite n° 6, collection privée © SABAM Belgium, 2025, photo Cedric Verhelst


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