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Boxoffice Pro n°503 – 5 novembre 2025

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Bimensuel N°503 / 5 novembre 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

LE FILM FAMILLE DE CE NOËL

AU CINÉMA LE 10 DÉCEMBRE


PRÉSENTE

RETROUVEZ LA SÉLECTION DE LA 17ÈME ÉDITION

DÈS LE 5 NOVEMBRE !

Au programme : une douzaine de films en prévisionnement,

des ateliers et conférences, des moments festifs…

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ACCRÉDITATION + HÉBERGEMENT!

Accréditations ouvertes jusqu’au 13 novembre

lesarcs-filmfest.com

Réservations et

infos sur notre site


Bimensuel N°503 / 5 novembre 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

SOUS LE CIEL DE PARIS

L’EXPLOITATION À LA LOUPE


L'édito

Chasseurs de dettes

Le cinéma a retenu son souffle pendant quelques jours,

alors que l’Assemblée Nationale examinait le budget 2026.

Au menu de cet examen – et c’est malheureusement un

marronnier : l’avenir du Crédit d’impôt (national et international)

mais aussi des Sofica (qui ont investi 74 M€ en

2024 dans la production et la distribution. Dans la chasse

actuelle aux dépenses publiques, ces deux dispositifs sont

des cibles naturelles, d’autant qu’ils financent une industrie

jugée privilégiée par nombre de parlementaires et de Français.

Leurs rabotages avaient d’ailleurs tous deux été votés en

commission des finances, mais les députés ont eu l’heur de

les défendre et de ne pas affaiblir ces dispositifs essentiels.

La bataille est gagnée mais la guerre ne l’est pas. Le Crédit

d’impôt – mécanisme ô combien vertueux mais au nom si

provocateur – est régulièrement remis en cause, jusque dans

les rangs de l’administration fiscale française. Et il faudra

donc – comme c’est le cas pour les autres mécanismes qui

structurent notre écosystème – s’habituer à le défendre.

Cette menace provisoirement écartée, c’est du côté des

États-Unis que nos regards se portent. Nous avons évoqué

la vente de Warner Bros. Discovery, citant Skydance (nouveau

propriétaire de Paramount) et Netflix comme de potentiels

acquéreurs. Selon le scénario qui se profile – Netflix a

confirmé son intérêt et évalue son offre potentielle –-, à

quelles conséquences s’attendre ? Dans le cas d’une acquisition

par Paramount, cela serait une déflagration similaire

à celle du rachat de la 20 th Century Fox par Disney. Avec,

outre les dégâts sociaux, des conséquences probables sur

l’offre de films, à l’image de ce qu’on a pu constater après

la disparition de la Fox. Mais aussi la certitude que le futur

conglomérat poursuivra sa collaboration avec les salles.

Dans l’hypothèse d’un rachat par Netflix, Reed Hastings,

qui a toujours revendiqué son désintérêt pour la salle

persisterait-il dans cette voie ? Ou comme Apple et Amazon

(via MGM), poursuivrait-il son intégration dans l’économie

traditionnelle du cinéma ? Il faudra attendre pour le savoir.

En espérant que la fréquentation mondiale redémarre pour

lui donner le goût du grand écran !

Laurent Cotillon

P. 8 à 11

ACTUALITÉS

Les programmes du Festival du film de

société de Royan et du Sommet des Arcs

PLF 2026 : le crédit d’impôt préservé

P. 10 à 17

L’EXPLOITATION

PARISIENNE

Regard sur le parc parisien

Rencontre avec Sophie Cazes

(Mission Cinéma de la Ville de Paris)

Des cinémas en transformation capitale

Les CIP à l’initiative

Sommaire

©Mary Erhardy

P. 21 à 24

DISTRIBUTION

Entretien avec Grégory Tilhac

(Festival Chéries-Chéris)

Retour sur l’Émission avec

Sidonie Dumas (Gaumont)

Le Pacte face à

L’Inconnu de la Grande Arche

Condor soigne la faim de Touch

P. 26

MISCELLANÉES

CDACi/CNACi, soutiens, liquidations

judiciaires et agenda de la profession

©2025 AGAT FILMS, LE PACTE

Le Club de l'Élysées Lincoln

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Directeur général délégué média & stratégie

Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr

Rédacteurs

Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr

Charlotte Pouillot / charlotte.pouillot@cinegroup.fr

Collaboration au magazine

Tanguy Colon

Base de données Films

guillaume.martin@webedia-group.com

est une publication de

Publicité / Base de données distributeurs

Pauline Luigi / pauline.luigi@webedia-group.com

Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com

Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com

Réalisation CINE GROUP

Maquette / Infographie

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr

Impression

ORMONT IMPRIMEUR

4 Rue Antoine de Saint-Exupéry

88100 Saint-Dié-des-Vosges

Focus sur Multiciné

Entretien avec Dulac Cinémas

La Rédaction

JULIEN MARCEL

Directeur de la

publication

LAURENT COTILLON

Directeur général délégué

média & stratégie

AYSEGÜL ALGAN

Journaliste

CÉCILE VARGOZ

Journaliste

JULES DREYFUS

Journaliste

CHARLOTTE POUILLOT

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

@BoxofficeFrance

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@boxofficefr

Boxoffice Pro France

4 N°503 / 5 novembre 2025


PAPRIKA FILMS & KOBALANN PRODUCTIONS

PRÉSENTENT

Après LA PANTHÈRE DES NEIGES

LE NOUVEAU FILM DE VINCENT MUNIER

MUSIQUE ORIGINALE : WARREN ELLIS - DOM LA NENA & ROSEMARY STANDLEY

AVEC LE GRAND TÉTRAS, LE CERF ÉLAPHE, MICHEL MUNIER, LE LYNX BORÉAL, SIMON MUNIER, LE TROGLODYTE MIGNON

AU CINÉMA LE 17 DÉCEMBRE

Crédits non contractuels • Design : Héloïse / Kevin & Ben • TROÏKA


Actualités

Le 47 e Cinemed

délivre son palmarès

L’Antigone d’or, le prix du public… mais

aussi un nouveau prix des exploitants

ont été décernés le 25 octobre en

clôture du Festival de cinéma méditerranéen

de Montpellier.

Le jury présidé par Ariane Ascaride a distingué

Les Dimanches de la réalisatrice espagnole Alauda Ruiz

de Azúa, déjà couronné à San Sebastian. Son distributeur,

Le Pacte, sera ainsi soutenu par une dotation de 10 000 €

de la Métropole de Montpellier Méditerranée – et la

cinéaste dotée de 5 000 €.

Si La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania repart

avec deux prix – celui du Public et celui de la Critique –

c’est D'où vient le vent, de la Tunisienne Amel Guellaty

qui a reçu le nouveau Prix des exploitants. Ils s’engagent

ainsi à programmer le film au moins deux semaines dans

leurs salles. « Un film qui porte de l’espoir, et sur lequel nous

pourrons travailler conjointement avec le distributeur lors de

sa sortie, en imaginant un accompagnement, des animations,

des discussions », a souligné Eva Favot, du cinéma Le

Taurus de Mèze. Ce road trip de deux jeunes Tunisiens s’est

démarqué, pour les exploitants locaux, « par ses qualités

artistiques, narratives mais aussi pour son approche d’une

jeunesse prête à tout pour continuer de rêver ».

Palmarès longs métrages

Antigone d’or :

Les Dimanches de Alauda Ruíz de Azúa (Le

Pacte, 11/02/26)

Prix du Public & Prix de la Critique :

La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania

(Jour2Fête, 26/11/25)

Prix jeune public des activités sociales de l’énergie :

Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris

(UFO, 18/02/26)

Prix étudiant de la première œuvre :

Le Garçon qui faisait siffler les collines de Georgi M.

Unkovski (KMBO, 03/06/26)

Prix Ulysse du documentaire :

With Hasan in Gaza de Kamal Aljafari

Prix des exploitants :

D'où vient le vent (Where the Wind Comes From) de Amel

Guellaty (L'Atelier Distribution, 03/05/26)

Le premier jury Exploitants / La Gazette, avec, de gauche à droite

et de bas en haut : Géraldine Laporte (Cinemed), Eva Favot

(Taurus, Mèze), Christophe Leparc (Cinemed), Adrien Reyne

(Diagonal, Montpellier), Jean-Sylvain Minssen (Sémaphore,

Nîmes), Raphaël Vion (Comoedia, Sète), Frédéric Lecomte (Alain-

Resnais, Clermont l’Hérault), Jean Rochas (Royal, Uzès) et Thierry

Laurentin (Gazette de Montpellier et Nîmes).

©Céline Escolano / La Gazette de Montpellier

PROGRAMMES : LE FESTIVAL DU FILM DE

SOCIÉTÉ DE ROYAN…

La 5 e édition aura lieu du 3 au 7 décembre au cinéma

Le Lido de Royan et à la Salle Michel Legrand

de Saint-Palais-sur-Mer.

À travers une trentaine de films venus de tous horizons,

des rencontres et des débats, le Festival du Film de

société de Royan invite le public, pendant cinq jours,

à explorer les grands enjeux humains, sociaux et

culturels d’aujourd’hui. Le jury professionnel réunit

autour du président Vincent Perez, comédien et

réalisateur, les comédiennes Valérie Bonneton et

Marilou Aussilloux, le scénariste et réalisateur Frédéric

Farrucci et l’ancien programmateur et distributeur

Thierry Laurentin. En parallèle de la compétition

officielle, une compétition jeunesse sera soumise à un

jury de lycéens de Royan. Une section Panorama sera

consacrée au cinéma mondial, avec un focus américain,

ainsi que deux avant-premières issues du festival

scolaire. Boxoffice Pro est partenaire de cette 5 e édition,

dont on notera que tous les films, toutes sections

confondues, ont un distributeur français.

COMPÉTITION

À pied d’oeuvre de Valérie Donzelli (Diaphana, 04/02/26)

Furcy, né libre de Abd Al Malik (Memento, 14/01/26)

Julian de Cato Kusters (JHR Films, 04/02/26)

L’Illusion de Yakushima de Naomi Kawase (Ad Vitam, 25/02/26)

La Condition de Jérôme Bonnell (Diaphana, 10/12/25)

Les Dimanches de Alauda Ruiz de Azúa (Le Pacte, 11/02/26)

Love Me Tender de Anna Cazenave Cambet (Tandem, 10/12/25)

COMPÉTITION JEUNESSE

Furcy, né libre de Abd Al Malik

La Danse des renards de Valéry Carnoy (Jour2Fête, 18/03/26)

Le Garçon qui faisait danser les collines

de Georgi M. Unkovski (KMBO, 03/06/26)

… ET LE SOMMET DES ARCS

L’événement se tiendra du 16 au 20 décembre en

parallèle des Arcs Film Festival.

Sous la neige des Arcs, cette 17 e édition du Sommet se

répartit en quatre ateliers, onze projections et plusieurs

moments ludiques tels qu’une descente en luge, un quiz

Senscritique ou encore plusieurs cocktails et soirées.

ATELIERS

Le traditionnel Café des Indés – dont la version estivale

se tient en juin au moment des Rencontres du cinéma

indépendant – permet aux participants de réfléchir

collectivement à des enjeux actuels du secteur. L’Acid,

l’Afcae, le Dire, le GNCR, le Scare et le SDI, en lien

avec le fil rouge du Festival sur la démocratie, proposeront

chacun une discussion pour explorer les solutions concrètes

aux enjeux de la position et du rôle du cinéma dans

la société.

Le Laboratoire des initiatives présente des projets

innovants par leur technologie et leur usage, et sera

présenté par les salles et leurs partenaires – Privio,

Cinesociety, Cut !, Cineville (Pays-Bas) et Territoires

Immersifs.

Lors de l'atelier Vis ma vie, les participants devront

s’essayer au travail stratégique de leurs partenaires

Une année italienne de Laura Samani (Arizona, 10/06/26)

Le Gâteau du Président de Hasan Hadi (Tandem, 04/02/26)

Jusqu’à l’aube de Shô Miyake (Art House, 14/01/26)

Ma Frère de Lise Akoka et Romane Guéret (Studiocanal, 07/01/26)

HORS COMPÉTITION

Animal Totem de Benoît Delépine

(Ad Vitam, 10/12/25)

Elle entend pas la moto de Dominique Fischbach

(Epicentre Films, 10/12/25)

L’affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé

(Le Pacte,14/01/26)

L’île de La Demoiselle de Micha Wald

(The Jokers, 25/03/26)

Le Chant des forêts de Vincent Munier

(Haut et Court, 17/12/25)

Les Enfants de la Résistance

de Christophe Barratier (Studiocanal, 11/02/26)

Les Filles du ciel de Bérangère McNeese

(Memento, 04/03/26)

Ludovic de René Paul Letzgus (CGR Events, 01/01/26)

Omaha de Cole Webley (Condor Distribution, 2026)

Promis le Ciel de Erige Sehiri (Jour2fête, 28/01/26)

Orwell 2+2=5 de Raoul Peck (Le Pacte, 25/02/26)

Qui brille au combat de Joséphine Japy (Apollo, 31/12/25)

Rebuilding de Max Walker-Silverman (KMBO, 17/12/25)

Rue Malaga de Maryam Touzani (Ad Vitam, 18/03/2026)

The New West de Kate Beecroft (Pyramide, 29/04/26)

Planètes de Momoko Seto (Gebeka Films, 11/03/26)

Sauvons les meubles de Catherine Cosme

(New story, prochainement)

Olivia de Irene Iborra Rizo (KMBO, 21/01/26)

Sorda de Eva Libertad García (Condor Distribution, 01/04/26)

Les demandes d’accréditations professionnelles sont

ouvertes, en ligne jusqu’au 26 novembre inclus.

– LuckyTime et le Scare –, afin de mieux comprendre

les collaborateurs quotidiens, mais aussi de faire émerger

de nouvelles manières de travailler et de gérer

certains imprévus.

Nouvelles pistes est un moment où des exploitants

de salles bientôt ou récemment ouvertes présenteront

leurs lieux originaux qui participent à réinventer et

réinvestir la salle de cinéma comme lieu unique –

en partenariat avec Ozzak.

LES PROJECTIONS

Allah n’est pas obligé de Zaven Najjar (Bac Films, 11/03/26)

I Swear de Kirk Jones (Tandem, 08/04/26)

Julian de Cato Kusters (JHR Films, 25/03/26)

Les Filles du ciel de Bérangère McNeese (Memento, 04/03/26)

Little Trouble Girls d’Urška Djukić (ASC Distribution, 11/03/26)

Orphan de László Nemes (Le Pacte, 11/03/26)

Rue Málaga de Maryam Touzani (Ad Vitam, 18/03/26)

Rural d’Édouard Bergeon (Jour2Fête, 04/03/26)

Sauvons les meubles de Catherine Cosme (New Story)

Une année italienne de Laura Samni (Arizona, 10/06/26)

Et un film surprise distribué par Haut et Court…

La programmation et les inscriptions, ouvertes jusqu’au

13 novembre, sont à retrouver sur le site du Sommet

des Arcs.

6 N°503 / 5 novembre 2025


BUDGET 2026

LE CRÉDIT D'IMPÔT CINÉMA PRÉSERVÉ

Après la mobilisation de la profession, les députés

ont rejeté l’amendement qui visait à baisser le

taux du crédit d’impôt sur la production cinéma.

L’amendement déposé par le député Ensemble pour la

République Jean-René Cazeneuve, qui avait été adopté

par commission des finances le 20 octobre, prévoyait la

réduction de 30 % à 25 % du taux du crédit d’impôt

cinéma pour les films de plus 7 millions d’euros, et à

20 % pour ceux dont le budget est inférieur. Un projet

qui a suscité l’incompréhension des professionnels de la

filière, auquel était opposée aussi la ministre de la Culture,

comme elle l’a exprimé lors de son audition au Sénat. À

l’Assemblée nationale le 29 octobre, Jean-René Cazeneuve,

devant « l’émotion provoquée et par respect pour l’industrie

cinématographique », a finalement retiré son amendement.

Le RN, via son député Anthony Boulogne, a bien essayé

de le réintroduire, mais l’amendement a été rejeté à 176

voix contre, et 70 pour.

Les députés ont, un peu plus tard, également adopté la

prorogation du crédit d’impôt international.

Au programme de la convention Diaphana

Le 18 novembre, la société de Michel Saint-Jean convie

les exploitants au Pathé Fauvettes (Paris) pour une

journée de projections. Outre des images de son lineup,

le distributeur proposera également trois films :

À pied d’œuvre de Valérie Donzelli (sortie le 4/02),

La Guerre des prix d’Anthony Dechaux (18/03) et

Vivaldi et moi de Damiano Michieletto (à dater).

©Christine Tamalet

De son côté, la ministre chargée des Comptes publics,

Amélie de Montchalin (Renaissance), a loué la « stabilité

» de l’industrie cinématographique française, qui

est un « fleuron de notre paysage culturel ». Un constat

partagé par plusieurs députés, notamment Éric Coquerel

(La France Insoumise), pour lequel « s’il n’y avait pas

tous les dispositifs en faveur du cinéma français, il aurait

disparu comme beaucoup de cinémas dans le monde ».

… et un doublement de la taxe sur

les Gafam

Le même Jean-René Cazeneuve avait proposé par

ailleurs d’augmenter la taxe visant les géants du numérique,

« qui doivent payer en France un impôt qui soit

proportionnel à leur activité », en portant le taux de

3 % à 15 % pour les groupes réalisant 2 milliards

d’euros de chiffres d’affaires. Face à la méfiance du

gouvernement, Roland Lescure craignant « des représailles

disproportionnées », les députés ont finalement

voté pour que ce taux passe de 3 % à 6 %.

©La Filmothèque Distribution

Le pass Culture crée un

Conseil des jeunes

Cette nouvelle entité permettra de « renforcer la participation

des jeunes dans la gouvernance et l’action du pass

Culture » en « [soumettant] à la gouvernance des établissements

des avis et des propositions en matière de programmation,

de médiation et d’accueil des publics ».

Un lancement qui s’inscrit dans la continuité de plusieurs

innovations du pass visant à inclure les jeunes dans ses

décisions, tels que le programme Ambassadeurs – 400

jeunes qui représentent les utilisateurs du pass auprès

des institutions et des acteurs culturels – et les Clubs

culturels – 300 utilisateurs dans des groupes dédiés à

certaines domaines précis.

Ciné Sorbonne devient

La Filmothèque

Distribution

Comme annoncé au marché du Festival Lumière (voir

Boxoffice Pro du 22 octobre 2025),

la société, toujours engagée sur le cinéma de patrimoine,

veut enrichir son catalogue « en combinant et grands classiques

populaires à redécouvrir », et marque son évolution

par un nouveau nom : La Filmothèque Distribution, et un

nouveau logo. La Panthère Rose de Blake Edwards a d’ailleurs

très récemment intégré son line-up, au 24

décembreprochain, « l'occasion de célébrer le centenaire de

Peter Sellers et de rendre hommage à Claudia Cardinale ».

Bastien Bouillon dans À pied d’œuvre de Valérie Donzelli,

en salles le 4 février 2026.

Netflix réfléchit à une

offre pour l'acquisition

de Warner Bros.

Discovery

Quelques jours après que Warner Bros. a annoncé

étudier des possibilités de rachat, et que le nom de

Netflix circulait parmi les repreneurs, le géant du

streaming passe la seconde. En effet, d’après Reuters,

Netflix aurait engagé la bande d’investissement Moelis

& Co – qui a également conseillé Skydance Media

pour son rachat de Paramount Global – pour « évaluer

une éventuelle offre ».

Pour rappel, Warner Bros. Discovery doit, d’ici mi-2026,

se scinder en deux entités : une Streaming & Studios

(autour des productions cinématographiques et audiovisuelles),

et une Global Networks (autour des marques

télévisuelles). Toutefois, le PDG de Netflix, Ted Sarandos,

a déjà indiqué ne pas être intéressé dans l’acquisition

de cette dernière branche.

La réplique

- Je suis la colère de Dieu,

la terre sur laquelle je marche

me voit et tremble.

Klaus Kinski dans Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog

(1972), à l’occasion de la rétrospective dédiée au cinéaste chez

Potemkine (19 novembre).

La Panthère rose, de Blake Edwards, cumule pour l'heure,

près de 870 000 entrées dans les salles françaises depuis

sa sortie en 1964.

CGR Cinémas

lance le RECIF

Initié par le groupe rochelais, le “Réseau engagé de

cinémas indépendants français” (RECIF) propose aux CSE,

collectivités, institutions, associations... de bénéficier de

contremarques à un tarif harmonisé, utilisables dans les

73 cinémas CGR et la quinzaine de cinémas indépendants

déjà membres du réseau. Le projet vise à élargir le

nombre de salles accessibles avec la billetterie émise

par le 2 è circuit français, mais à travers « une marque

neutre », pour contribuer « à une meilleure répartition

des flux de fréquentation, notamment dans les zones moins

couvertes par les grands réseaux ». Une coopération

« socialement engagée », selon le RECIF, qui apporte

« un soutien complémentaire – et non concurrent –

aux offres propres de chaque partenaire ».

N°503 / 5 novembre 2025

7


DIANE ROUXEL

GABMAN ET APOLLO FILMS

PRÉSENTENT

CÉCILE DE FRANCE

SALOMÉ DEWAELS

UN FILM DE

NICOLAS KEITEL

LINA EL ARABI

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SCENARIO ET DIALOGUES NICOLAS KEITEL IMAGE JOACHIM PHILIPPE MONTAGE NICOLAS KEITEL MUSIQUE ORIGINALE SUPERPOZE SON THOMAS GRIMM-LANDSBERG PAUL HEYMANS ALINE GAVROY CASTING MICHAËL BIER DECORS MOHAMED AYADA COSTUMES MANU VERSCHUEREN PREMIERE ASSISTANTE MISE EN SCENE MARILOU SIGNOLET

DIRECTRICE DE PRODUCTION CHRISTELLE MAHY DIRECTRICE DE POST-PRODUCTION CHARLOTTE DULIERE SUPERVISION MUSICALE VARDA KAKON UNE PRODUCTION GABMAN EN COPRODUCTION AVEC LA BOETIE FILMS SCOPE PICTURES AVEC LA PARTICIPATION DE NETFLIX EN ASSOCIATION AVEC UNIVERSCINE AVEC LE SOUTIEN DE IMPACTFILM PROCIREP

SACEM CNC EN COPRODUCTION AVEC RTBF (TELEVISION BELGE) PROXIMUS VOO & BETV PRODUCTEURS ASSOCIES TANGUY DEKEYSER VALERIE BERLEMONT PHILIPPE LOGIE AVEC LA PARTICIPATION DE LA REGION BRUXELLES-CAPITALE PRODUIT AVEC L'AIDE DU CENTRE DU CINEMA ET DE L'AUDIOVISUEL DE LA FEDERATION

WALLONIE BRUXELLES AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FEDERAL BELGE VIA SCOPE INVEST DISTRIBUTION APOLLO FILMS ET VENTES INTERNATIONALES FRANCE TV DISTRIBUTION COPRODUIT PAR JEAN-BAPTISTE DUPONT GENEVIÈVE LEMAL EN ASSOCIATION AVEC MARCELLA ET GÉRARD REYNAUD

PRODUIT PAR VALÉRIE GARCIA


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"UNE AMBIANCE INTENSE, AUX AIRS DE THRILLER FAMILIAUX

QUI PREND AU CŒUR ET QUI NE LAISSE PAS INDIFFÉRENT.

LARMES ET ÉMOTIONS FORTES GARANTIES, SOUTENUE PAR

UNE MISE EN SCÈNE DE RIGUEUR ET DE JEUNES ACTRICES AU JEU JUSTE."

SIGRID TIBERGHIEN - EMERAUDE CINÉMAS

"LE FILM BOULEVERSE, LES COMÉDIENNES SONT AUTHENTIQUES.

ON EN SORT LA GORGE NOUÉE."

ALEXANDRE MOUILLOUR - CINÉVILLE - LORIENT

"LOUISE EST UN FILM D’UNE GRANDE SINCÉRITÉ ET LES ACTRICES

Y LIVRENT DES PERFORMANCES D’UNE INTENSITÉ RARE. LE FILM VIENT

VOUS TOUCHER EN PLEIN COEUR ET PROVOQUE CES VIVES ÉMOTIONS

QUE L’ON AIME TANT RESSENTIR DANS LE SILENCE D’UNE SALLE OBSCURE."

PATRICE MARTIN - CGR CINÉMAS

LE FILM EST DISPONIBLE SUR LA PLATEFORME AFCAE


©Jean-Louis Fernandez

Tissu unique au monde, le parc cinématographique de la

capitale connaît depuis plusieurs années une baisse de la

fréquentation, accrue par la pandémie, qui s’illustre aussi

par la fermeture de ses grandes salles historiques des

Champs Élysées. Pourtant, nombre d’acteurs innovent en

orientant leurs salles vers une forme de premiumisation

chaleureuse, comme l’affirme Multiciné avec la

transformation de son Élysées Lincoln, ou en proposant

une programmation très événementialisée, à l’instar

de Dulac Cinémas et, plus généralement, des Cinémas

Indépendants Parisiens qui misent tous sur la jeunesse.

Des initiatives qui bénéficient, entre autres,

du soutien de la Mission Cinéma de la Ville de Paris.

Alors que de nouvelles (ré)ouvertures sont attendues,

plongée en chiffres et en lettres dans l’exploitation

parisienne… en toute indépendance.

Aubry Dullin incarne Jean-Paul Belmondo dans Nouvelle Vague de Richard Linklater.

UN PARC DE SALLES

ET UNE FRÉQUENTATION QUI ÉVOLUENT

MOINS VITE QU’EN RÉGIONS

Si la capitale reste la ville la mieux équipée en cinémas, pour des spectateurs

plus assidus qu’ailleurs, c’est aussi là que la fréquentation peine le plus à

retrouver ses niveaux d’avant-crise.

6,3 % du parc hexagonal pour 9,6 % des

entrées en 2024

Dans sa Géographie du cinéma de l’année 2024, le CNC

dénombre 78 cinémas et 401 écrans à Paris, ce qui

représente 6,3 % du parc hexagonal, mais aussi un fauteuil

pour 33 habitants, contre 59 en moyenne pour l’ensemble

de la France. Des chiffre stables sur un an, avec trois

établissements qui ont (ré)ouvert en 2024 – le monoécran

Le Jeu de Paume (1 er arrondissement), La Géode

à la Villette (19 e ) et le Pathé Palace, ancien Gaumont

Opéra dans le 9 e , rouvert après cinq ans de travaux –

et trois qui ont fermé – le Gaumont Champs-Élysées

Marignan (8 e ), le Bretagne (6 e ) et la salle du Boris Vian

Grande Halle (19 e ), qui n’ouvrait qu’en été.

Les 6 e , 13 e , 14 e , 15 e et 19 e arrondissements concentrent

toujours plus de la moitié des écrans et 44 % des entrées,

tandis que le 7 e reste sans cinéma… en attendant la

réouverture de la Pagode. Paris abrite 14 multiplexes*

– dont l’UGC Ciné Cité les Halles de 27 écrans –,

et 38 cinémas sont classés art et essai, dont près de la

moitié sont situés dans les 5 e et 6 e arrondissements.

Côté fréquentation, les salles parisiennes ont enregistré

17,4 millions d’entrées en 2024, soit 9,6 % de la fréquentation

française (181,5 millions), avec un indice de 8,03

entrées par habitant, ce qui reste très supérieur à la

moyenne nationale (2,73), et un taux d’occupation des

fauteuils de 15,7 %, contre 12,1 % sur l’ensemble du

territoire.

Une fréquentation très en retard par

rapport à l’avant Covid

Pourtant, alors que la fréquentation nationale a légèrement

progressé entre 2023 et 2024 (+0,6 %), elle a baissé à

Paris (-1,2 %). Avec des différences selon les quartiers et

équipements : dans le 13 e par exemple, les entrées ont

chuté de 51 % après la fermeture du Gaumont Marignan,

tandis qu’elles ont grimpé de 35,1 % dans le 9 e avec la

réouverture du Pathé Palace.

Mais si l’on compare avec la moyenne 2017-2019,

Paris reste en retard de 24,2 %, quand l’ensemble du

parc limite sa baisse à 12,7 %. Un retard d’autant plus

marquant quand on sait que les agglos entre 10 000

et 20 000 habitants, en régions, ont une fréquentation

en hausse de 13,6 %. Certes, le développement du

parc de ces petites villes (11,6 % d’écrans en plus

depuis le Covid) y a contribué, alors que Paris est

passé de 84 cinémas en 2017 à 78 en 2024.

Le parc de salles est loin d’être le seul facteur de la

désaffection du public parisien – et sa réduction en

est aussi la conséquence –, mais il faudra observer si

son évolution, au vu des rénovations récentes et des

projets en cours, relance le dynamisme.

Cécile Vargoz

*18 % des cinémas parisiens sont des multiplexes : l’UGC Ciné Cité les Halles (27 écrans),

l’UGC Ciné Cité Bercy (18 écrans), le MK2 Bibliothèque (16 écrans), le Pathé La Villette 19

(16 écrans), le Pathé Parnasse (15 écrans), le Pathé Aquaboulevard (14 écrans), l’UGC Ciné

Cité Paris 19 (14 écrans), l’UGC Ciné Cité Maillot (12 écrans), le Pathé Wepler (11 écrans),

l’UGC Gobelins (11 écrans), le Pathé Beaugrenelle (10 écrans), le Pathé Convention (9

écrans), le MK2 Nation (8 écrans) et le Pathé Alésia (8 écrans).

10 N°503 / 5 novembre 2025


L’EXPLOITATION PARISIENNE

EN QUÊTE D’UN NOUVEAU SOUFFLE

Rencontre avec Sophie Cazes

Paris en 2024

78 établissements dont 14 multiplexes

401 écrans (+1)

17,37 millions d’entrées (-1,2 % vs 2023)

8,03 entrées par habitant

139,46 M € TTC de recettes (-0,8 %)

8,03 € TTC par entrée (+0,4 %)

Films art et essai : 49,4 % des entrées parisiennes

en 2024 (moyenne nationale 25,1 %)

L’ancienne directrice générale adjointe de la Fémis a succédé fin janvier à Michel

Gomez en tant que déléguée de la Mission Cinéma de Paris. En quelques mois,

ses travaux ont tenté de cerner un marché loin d’être remis de la pandémie, et qui

reste toutefois en perpétuelle évolution.

©Boxoffice Pro / Jules Dreyfus

Paris-périphérie :

les multiplexes ont fait

grimper le nombre d’écrans

en 10 ans

L’agglomération parisienne a gagné 130 écrans depuis

2015, soit la plus forte progression enregistrée à l’échelle

nationale. Et entre les 36 cinémas qui ont ouvert et les 27

qui ont fermé, on en compte 9 de plus qu’il y a dix ans, soit

291 pour 1 143 salles. Cette progression s’explique notamment

par l’ouverture de 10 multiplexes dans les départements

de banlieue : le CGR My Place de 10 écrans à

Sarcelles (95), le Pathé de 9 écrans à Massy (91) et le

Mégarama de 8 écrans à Montigny-lès-Cormeilles (95) en

2017 ; le Kinépolis de 10 écrans à Brétigny-sur-Orge (91) et

le Mégarama Pince-Vent de 8 écrans à Chennevièressur-Marne

(94) en 2018 ; le Kinépolis de 9 écrans à Servon

(77), l’UGC Ciné Cité de 18 écrans à Vélizy- Villacoublay (78)

et l’UGC Ciné Cité de 12 écrans à Le Chesnay (78) en 2019 ;

le CGR de 10 écrans à Nanterre Cœur Université (92) en

2020 et l’UGC de 9 écrans à Plaisir (78) en 2021. Le parc

s’est aussi étendu intra-muros, avec les ouvertures du

Pathé La Villette en 2016 (16 écrans dans le 19 e arrondissement),

des 7 Batignolles (7 écrans dans le 17 e ) en 2018 ou

encore du Pathé Palace en 2024 (7 écrans dans le 9 e ).

Un public masculin,

CSP+ et assidu

59 % des spectateurs parisiens sont des hommes, alors

qu’ils ne représentent que 46,9 % de la population de la

capitale – et 52,9 % du public français en général. Si la

répartition par âge est globalement proche de celle

observée à l’échelle nationale, les 50 ans et plus sont toutefois

sous-représentés à Paris (29,9 % du public pour 34,8 %

de la population). Autre différence : les CSP+ étant bien

plus nombreux dans la capitale, ils y représentent 36,1 %

du public, contre 25,1 % sur l’ensemble du territoire.

Mais les spectateurs parisiens se distinguent surtout par

leurs habitudes de fréquentation : 29,5 % sont des assidus,

contre 13,3 % au niveau national. Et si l’on compte un peu

plus de spectateurs réguliers à Paris qu’ailleurs, le public

occasionnel ne représente que 21,6 %, contre 41 %

pour la France en général.

Dans quel état se situe le marché parisien en 2025 ?

À mi-octobre, la fréquentation parisienne accuse un recul

de 5 % par rapport à 2024 – une baisse plus contenue

que celle observée au niveau national (-14,4 % entre

janvier et septembre). Mais la situation reste contrastée :

certains circuits souffrent, tandis que plusieurs indépendants

affichent une hausse.

Plus globalement, le marché parisien peine à

retrouver sa fréquentation d’avant crise, mais

ce recul se remarquait depuis plusieurs années

déjà. Qu’est-ce qui peut expliquer cette baisse ?

C’est un sujet que nous avons étudié en profondeur avec

Carine Rolland, adjointe à la maire en charge de la Culture

et de la ville du quart d'heure, et Aurélie Filippetti,

directrice des affaires culturelles de la Ville, et que nous

avons partagé avec tous les acteurs parisiens, circuits et

salles indépendantes. L’idée était de voir s’il existait une

corrélation totale de la fréquentation entre 2014 et 2024

avec les évolutions démographiques de la ville et de la

périphérie, et de voir le cas échéant les autres facteurs de

ce recul, au-delà de l’offre de films en salles.

Il apparaît ainsi qu’à Paris, entre 2014 et 2024, les salles

indépendantes ont perdu 30 % de leur fréquentation,

contre 35 % pour les circuits. Mais avant la pandémie,

la baisse était surtout marquée chez les indépendants

(-28 % entre 2014 et 2019, contre -2 % depuis 2019).

Les circuits, eux, ont davantage souffert depuis le Covid

(-26 % depuis 2019, contre -11 % auparavant). En

périphérie, la dynamique est inverse : avec un nombre

d’établissements en hausse, la fréquentation des circuits

a progressé de 81 % jusqu’à 2019. En parallèle, les entrées

des indépendants ont baissé de 47 % dans un parc relativement

stable. En revanche, depuis 2019, ces derniers

ne perdent que 20 % de leur fréquentation, alors que les

circuits sont à -22 % avec un parc en croissance.

Pour quelles raisons ? Déjà, la population et le parc

cinématographique de Paris sont en recul, de respectivement

6 % et 10 % entre 2014 et 2024. Mais cela

n’explique pas tout car à l’inverse, la périphérie voit

sa population et son parc croître, alors que sa fréquentation

diminue aussi. La question de l’attractivité des

films en salles, l’évolution des habitudes, l’enjeu du

télétravail, la concurrence des plateformes ou encore

la question du prix du billet jouent sans doute aussi

un rôle déterminant.

Justement, lors des dernières Rencontres du cinéma

indépendant [voir Boxoffice Pro du 25 juin

2025], un certain nombre d’acteurs ont fait part

de leur volonté de lancer une étude sur le marché

parisien. Est-ce que cette demande a pu aboutir ?

Ce sujet concerne moins la Ville que la médiatrice et

le CNC, qui a en effet manifesté son intérêt de regarder

attentivement, en lien avec les distributeurs et exploitants,

ce qui se passe, pour commencer, dans certaines communes

de France. En revanche, le Centre a accepté la proposition

de la Ville de réaliser une étude sur la mobilité du public

entre Paris et la périphérie, et au sein de Paris. Il s’agit

d’un sujet qui nous tient à cœur, et dont l’approfondissement

nous permettra de mieux connaître le public

d’aujourd’hui, et même de nous interroger sur la pertinence

de la notion de quartier.

N°503 / 5 novembre 2025

11


Exploitation parisienne

Mon Premier Festival

clôture une édition

historique

La 21 e édition du festival jeune public, organisé du 22 au

28 octobre derniers par la Ville de Paris et Enfances au

cinéma, a enregistré un record de 39 500 entrées au fil de

350 séances réparties dans les salles de la capitale. Parmi

les nouveautés, un pass numérique a été mis en place, où

les familles étaient invitées à explorer les différents

cinémas partenaires pour cumuler des avantages. Lors de

la clôture, au Cinéma des cinéastes, trois films ont été

distingués par les différents jurys :

Le jury d’enfants a remis le Prix du jury du meilleur film à

L’Étage secret… Bad Gastein de Norbert Lechner (Fanny

Dorian Productions, 20/03/26)

Le Prix du jury jeunes a récompensé Planètes de Momoko

Seto (Gebeka, 11/03/26)

Le Prix du public a été décerné à Les Rêveurs d’Isabelle

Carré (Pan, 12/11/25)

De quelle manière la Mission Cinéma soutient-elle

l’exploitation parisienne ?

Nous agissons sur trois axes principaux, visant à offrir un

tissu d’équipement le plus large possible afin de faire

bénéficier tous les spectateurs d’une offre variée. Le premier

est le soutien à l’investissement des salles indépendantes

– qu’il s’agisse de modernisation (comme bientôt à La

Clef et à la Pagode), de renouvellement d’équipements

ou de création comme prochainement au CiNey. Le

deuxième concerne le soutien en fonctionnement à hauteur

de 900 000 €, de 34 cinémas indépendants. Troisièmement,

nous sommes d’une part très présents sur l’éducation aux

images en soutenant Ma classe au cinéma : nous touchons

ainsi 70 % des établissements parisiens, de la maternelle

au collège. C’est un très bon taux, mais nous sommes

persuadés qu’il est possible de faire plus. Ce dernier soutien

incarne la politique de la Ville en matière du renouvellement

des publics : notre but est de continuer à transmettre le

plaisir de la salle et de la projection en collectif. D’autre

part, toujours dans une logique de transmission, nous

aidons une quarantaine de festivals et associations se

déployant très majoritairement dans les salles parisiennes,

et promouvant une variété de formats, de genres (courts

métrages, animation, documentaire, expérimental…) et

de cultures, à l’instar de Mon Premier Festival (voir ci-contre).

Enfin, la Mission Cinéma est un point d’entrée pour tout

type de questions des salles indépendantes et des circuits.

Par exemple, quand le Grand Rex organise une avant-première

qui se déploie en partie sur le domaine public, il

doit contacter les collègues de la communication de la

Ville de Paris, qui nous sollicitent à leur tour. De même,

quand le Pathé Palace était en travaux, nous étions très

attentifs au déroulé du projet.

Est-ce que tous ces soutiens pourraient être amenés

à évoluer en fonction du résultat des prochaines

élections municipales ?

Tout dépendra du souhait du nouvel exécutif élu. Néanmoins,

depuis que la Mission Cinéma existe [2002, ndlr.],

et malgré quelques variations de montants, je remarque

une certaine constance dans la politique d’animation, de

renouvellement des publics et des équipements ainsi que

de la diversité de l’offre.

Plus généralement, quels sont les points d’attention

de la Mission Cinéma dans les prochains mois ?

Nous observons d’un œil attentif les différentes stratégies

de long terme des groupes, comme celle de Pathé sur le

premium, et celle du rapprochement entre Canal+ et UGC

qui aura forcément un impact sur l’évolution et la modernisation

de son parc, ou celle de mk2 en matière d’hôtellerie

et immersif. Du côté des indépendants, l’association des

Cinémas Indépendants Parisiens favorise les initiatives de

ses membres, Multiciné a adopté une stratégie spécifique

du fait de ses établissements et de sa localisation, et le

groupe Dulac œuvre à une nouvelle logique de programmation

culturelle de ses salles. Il est donc important d’identifier

les enseignements de cette restructuration d’un marché

décroissant, que nous espérons retrouver croissant.

Propos recueillis par Jules Dreyfus

DES CINÉMAS EN TRANSFORMATION CAPITALE

Malgré la fermeture de plusieurs établissements

d’envergure ces dernières années, la capitale

voit également plusieurs salles sortir de terre ou

concrétiser des rénovations importantes. Après

le Grand Rex et l’Élysées Lincoln (voir p.16), et en

attendant l’extension de L’Arlequin (voir p.17),

tour d’horizon des chantiers en cours.

La Clef (5 e )

Le cinéma associatif du Quartier latin devrait rouvrir

ses portes début 2026, après plus d’un an de travaux…

et cinq ans d’occupation. En plus de ses deux salles,

des studios de postproduction, un bar associatif ainsi

qu’une bibliothèque en accès libre seront proposés [voir

le Boxoffice Pro du 30 avril 2025].

Le Saint-Germain-des-Prés (6 e )

Rebaptisé Silencio des Prés en 2021, l’établissement a

été racheté par Les Films du Losange fin 2024 et a repris

dans la foulée le nom du mythique quartier parisien.

En travaux depuis plusieurs mois, le mono-écran, qui

n’accueillait plus que des projections presse et des

locations, va, à sa réouverture en 2026, redevenir un

cinéma art et essai traditionnel.

La Pagode (7 e )

C’est sans doute LE projet qui attire le plus d’attention

désormais à Paris. L’iconique lieu, fermé depuis 2015,

bénéficie d’une transformation majeure qui aboutira à

l’ouverture d’un cinéma de quatre salles et plus de 400

places, dans un écrin majestueux aux accents nippons.

Si la conception intérieure a été confiée à l’architecte

Françoise Raynaud (Loci Anima), c’est Pierre-Antoine

Gatier, architecte en chef des monuments historiques

qui est chargé de la rénovation. Porté par le magnat

Charles S. Cohen, qui a racheté le site en 2017, le chantier

offrira un équipement digne de ce nom à un arrondissement

toujours orphelin de cinéma. Ouverture attendue

en 2026.

Le Brady (10 e )

Après des mois de travaux, l’historique cinéma dévoile

en plusieurs phases le résultat de sa transformation,

pilotée par l’architecte Jean-Marc Lalo. Ainsi, en septembre,

la salle 2 (39 places) a rouvert au public, suivie, début

octobre, par la grande salle 1 avec de nouveaux fauteuils

(99 sièges) et un gradinage pour un meilleur confort.

Cela a d’ailleurs permis d’aménager, dessous, un espace

convivialité qui accueille des ateliers mais aussi un espace

café. Enfin, la très attendue nouvelle salle 3, aux normes

d’accessibilité, ouvrira courant novembre, avec 37 places,

portant la capacité totale du Brady à 175 sièges, contre

139 auparavant.

Le CiNey (18 e )

Dernière ligne droite pour ce tiers-lieu mixte de 1 500 m²,

porté par l’association Sierra Prod. Début 2026, ouvrira

un établissement hybride doté de deux salles de projection

(de 89 et 83 places), d’un espace polyvalent, de studios

sons et post-production, d’un bar, mais aussi de cuisines

partagées, d’une épicerie solidaire et d’un restaurant

pilotés par la fondation de l’Armée du Salut. La Mission

locale de Paris aura également des bureaux et des salles

d’activités autour d’un pôle insertion. Réalisé par l’architecte

Olivier Palatre, l’équipement renforcera l’offre

cinématographique de l’arrondissement – composée

du Pathé Wepler et du Studio 28 –, avec l’ambition de

réaliser 20 000 entrées annuelles, autour d’une programmation

pensée avec les habitants du quartier.

J. D. et T. C.

©Claire-Emmanuelle Blot

Sur le chantier participatif de La Clef

12 N°503 / 5 novembre 2025


CINÉMAS INDÉPENDANTS PARISIENS

Entretien avec Priscilla Gessati et Amandine Larue

©Jérôme Tripier-Mondancin

©Florent Godeau

L’art et essai à Paris

En 2024, les cinémas art et essai parisiens ont réalisé 3,98

millions d’entrées, soit une hausse de 21,5 % par rapport

à la moyenne 2017-2019. Cette croissance s’explique en

partie par une augmentation du parc, passé de 36 à 38

établissements (+5,6 %), et de 90 à 103 écrans

(+14,9 %). Au niveau national, la progression est moins

marquée : les entrées art et essai passent de 68,78

millions à 70,76 millions (+2,9 %), mais le nombre d’établissements

classés augmente quant à lui de 1 200 à

1 290 (+7,5 %), pour une hausse des écrans de 11,6 %

(2 563 à 2 860).

Priscilla Gessati, présidente des CIP et directrice générale de L'Entrepôt

Amandine Larue, déléguée générale des CIP

Le réseau indépendant de 30 salles – bientôt 32 – de la capitale connaît une

reprise post-Covid faste, avec de nombreux projets visant tous les publics,

et particulièrement les jeunes. Rencontre avec sa présidente et sa déléguée

générale.

Comment se portent les cinémas indépendants

parisiens cette année ?

Priscilla Gessati : Nous avons retrouvé notre public

depuis la réouverture des salles, avec un retard de seulement

3 %, ce qui est marginal compte tenu des mouvements

de population et d’une offre très fluctuante.

Cela tient à notre implantation au sein de Paris, et au

lien fort que les cinémas de proximité entretiennent

avec un public fidèle et cinéphile.

Cette vision macroscopique se retranscrit-elle

au cas par cas ?

P.G. : Certaines salles s’en sortent en effet mieux que

d’autres. Il y a très certainement un lien à creuser avec

la notion, de plus en plus mouvante, de quartier.

C’est pourquoi nous suivons avec attention l’étude

sur la mobilité des spectateurs que la Mission Cinéma

va lancer. Le parc parisien est très actif dans ses rénovations,

et l’Élysées Lincoln ou le Brady en sont de

très bons exemples avec leur transformation qui s’apparente

à un nouveau démarrage. Je pense aussi à tous

les projets que les CIP ont lancés dès la réouverture

des salles, centrés autour du jeune public, des 15-25

ans ou encore des publics éloignés. Même les circuits

finissent par s’y intéresser : c’est la preuve qu’il y a là

un vrai foyer d’entrées.

Amandine Larue : Les salles qui rencontrent des difficultés

ont des causes bien identifiées, souvent liées à la

programmation ou à des questions administratives,

comme le Luminor, menacé par un non-renouvellement

de bail. Mais cela reste marginal, car les indépendants

ont continué à travailler l’événementialisation de leurs

établissements, avec un accueil toujours très chaleureux

et personnalisé, et les chiffres sont à la hauteur.

Comment se gèrent les tensions de programmation

entre les cinémas de la capitale ?

P.G. : La raréfaction des sorties, notamment américaines,

a poussé les circuits à aller sur les plates-bandes des

salles art et essai. Nous ne nous réjouissons pas de leurs

difficultés, mais cela modifie les équilibres. Si c’est une

bonne chose qu’un spectateur découvre dans un multiplexe

une sortie art et essai qu’il ne serait pas allé voir

dans une salle indépendante, cela réduit nos marges de

programmation. Toutefois, je pense que les cinémas

indépendants restent attractifs, notamment par leur

politique tarifaire.

Pouvez-vous rappeler les actions des CIP ?

A.L. : Nous travaillons nos projets par âge et par typologie

de publics. Nous avons l’Enfance de l’art-cinéma pour

le jeune public, tandis que plusieurs projets s’adressent

aux 15-25 : le Breakfast Club (but at night… !) qui a été

lauréat de l’appel à projets “Ambassadeurs jeunes du

cinéma” du CNC, Noir cinéma club et What the club.

Nous renforçons aussi notre action sociale avec une

billetterie solidaire qui est acceptée par quasiment toutes

les salles du réseau, de nombreux ateliers ainsi qu’un

travail étroit avec 300 associations dans les Quartiers

politiques de la Ville. Et nous avons lancé cette année

Étincelles, un projet autour de l’éducation à l’image

ludique et innovante. L’idée est de proposer à tous les

publics des ateliers en salles, allant du mashup à une

séance cinéma/gaming et, bientôt, des modules sur

l’éducation aux médias et à l’information.

Remarquez-vous un effet sur les cinémas participants

?

A.L. : Ça dépend. Il y a certains endroits comme le

Brady ou l’Archipel où les exploitants remarquent

que le public revient, de même pour le Quartier latin.

Mais cela concerne des spectateurs qui sont déjà

curieux et ont des habitudes cinéphiles.

P.G. : Sur ces questions, l’influence familiale est considérable.

Par exemple, à L’Entrepôt, je reçois un public

populaire très mixte, et lors de séances comme celles

organisées pour Mon Premier Festival [voir p.12, ndlr.],

on perçoit très vite quels enfants sont déjà familiarisés

avec la salle, d'où l'importance des dispositifs scolaires

élargis au plus grand nombre.

Les élections municipales sont un enjeu pour

l’ensemble de l’exploitation. Êtes-vous inquiètes

de ses issues probables à Paris ?

P.G. : La politique de la Ville est en place depuis deux

décennies et s’inscrit dans un écosystème allant du

tournage à l’exploitation, et je ne pense pas qu’il puisse

y avoir de revirement dramatique. J’espère en tout cas

ne pas me bercer d’illusions.

Propos recueillis par Jules Dreyfus

N°503 / 5 novembre 2025

13


SND présente

Une production déléguée LES FILMS SUR MESURE - SND

FALLAIT PAS SE TROMPER DE CADEAU !

PATRICK

TIMSIT

ISABELLE

NANTY

© SND - PHOTO : EDDY BRIÈRE

UN FILM DE

JAMES HUTH

ANTOINE GOUY EUGÉNIE ANSELIN THÉA DE BOECK

SCÉNARIO LAURENT TIRARD ET BENJAMIN DUPAS ADAPTATION ET DIALOGUES LAURENT TIRARD BENJAMIN DUPAS JAMES HUTH ET SONJA SHILLITO

UNE COPRODUCTION DÉLÉGUÉE LES FILMS SUR MESURE SND EN COPRODUCTION AVEC BIDIBUL PRODUCTIONS UMEDIA M6 FILMS RTL BELGIUM AVEC LE SOUTIEN DU FILM FUND LUXEMBOURG EN ASSOCIATION AVEC UFUND AVEC LA PARTICIPATION DE W9 AVEC LE SOUTIEN ESSENTIEL DE CANAL+ AVEC LA PARTICIPATION DE CINÉ+OCS IMAGE DANY ELSEN MONTAGE JEAN-BAPTISTE BAUDOIN THOMAS HEURTIER

DÉCORS VÉRONIQUE SACREZ COSTUMES CORINNE BRUAND MUSIQUE ORIGINALE TOM GOODWING SON YVES BEMELMANS NICOLAS LEROY LOÏC COLLIGNON DISTRIBUTION ET VENTES INTERNATIONALES SND PRODUIT PAR OLIVIA LAGACHE THIERRY DESMICHELLE RÉMI JIMENEZ SÉGOLÈNE DUPONT ET ERIC GEAY COPRODUIT PAR BASTIEN SIRODOT CÉDRIC ILAND LILIAN ECHE CHRISTEL HENON UNE COPRODUCTION FRANCE – BELGIQUE – LUXEMBOURG

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Exploitation parisienne

MULTICINÉ

ENTRE LUXE, CULTURE ET PROXIMITÉ

Porté par la rénovation de l’Élysées Lincoln et la solidité de ses 7 Parnassiens et

5 Caumartin, le réseau Multiciné perpétue une aventure familiale de plus de

90 ans, tout en affirmant une réelle audace contemporaine.

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

Samuel et Louis Merle lors de l'Émission Boxoffice Pro du 9 octobre 2025

Le début de l’aventure remonte à 1938, lorsque Boris

Gourévitch, commerçant érudit qui a fui la Révolution

russe, transforme un garage automobile en une salle de

600 places : le Cinévog, futur 5 Caumartin. L’entrepreneur

spolié durant la Seconde Guerre mondiale revient en

France dans les années 1950 et parvient à récupérer son

cinéma, qu’il oriente vers les films d’auteur – notamment

italien – tout en développant le concept, alors inédit,

de “multiplexe urbain”. Il sera également à l’origine de

nombreux cinémas du 5 e arrondissement – au point

d’être surnommé “le roi du Quartier Latin” –, avant de

transmettre le flambeau à sa fille Laura Paulac (disparue

en 2009) et à son petit-fils Jean-Louis Merle, parti à la

retraite pendant la pandémie.

Le pari des Champs

Aujourd’hui le réseau Multiciné est piloté par Louis et

Samuel Merle, et est devenu, même resserré sur trois

établissements, un des piliers du cinéma indépendant

parisien. Les 7 Parnassiens, ouvert en 1978, se pose

comme le plus grand indépendant art et essai de Paris,

avec 320 000 entrées en 2024 et une programmation

portée par Samuel Merle, également en charge de la

direction artistique et événementielle du réseau.

Les 5 Caumartin, à proximité de Saint-Lazare, a enregistré

225 000 entrées l’an passé, tandis que l’Élysées Lincoln,

sur les Champs-Élysées, vient de rouvrir ses portes après

neuf mois de transformation profonde [voir Boxoffice

Pro du 22 septembre].

©Boxoffice Pro

loisirs –, les frères Merle repensent leur Élysées Lincoln.

Pour « tenir économiquement », l’établissement concilie

désormais une activité cinéma et événementielle,

en pouvant aussi bien accueillir des avant-premières,

projections de presse, projections techniques… que tout

autre type de privatisation grâce à la modularité de ses

trois salles et sa dimension haut de gamme.

Repenser la modèle et préserver l’identité

L’Élysées Lincoln assume pleinement les codes esthétiques

du luxe dans lesquelles il s'inscrit, de sa moquette reprenant

celle du haut lieu de mondanités que représente l’hôtel

de La Païva à quelques centaines de mètres du cinéma,

à la caisse mobile équipée d’un système Pax qui permet

à l’agent d'accueil « d’aller au devant du spectateur » pour

un service calqué sur le modèle du retail haut de gamme,

« qui plaît beaucoup ». Au terme des premières semaines

d'exploitation, la fréquentation est déjà supérieure aux

prévisions, mêlant anciens habitués et nouveau public

attiré par l’expérience. Mais l’Élysées Lincoln n’a pas,

pour autant, renoncé à son accessibilité tarifaire, avec un

tarif plein à 14 €, un tarif réduit à 10 €, un tarif jeunes

(moins de 26 ans) à 6 €. « Le luxe et la culture ne sont pas

antinomiques. Il s'agit de deux fleurons français qui peuvent

se rencontrer sans trahir le cinéma », défend Louis Merle.

L'Élysée Lincoln a integré son enseigne iconique à l'intérieur du hall.

Au-delà de ce « cinéma de destination, auquel on se rend

pour la beauté des lieux », Multiciné reste fidèle à sa

vocation de forum cinéphile, avec près de 400 événements

organisés en 2024. Si l’Élysées Lincoln est plus

ouvert sur le cinéma de répertoire, « qui sied particulièrement

au lieu », les 7 Parnassiens à Montparnasse

accueillent nombre d’intervenants et invités, comme

Thierry Laurentin et son ciné-club ou des personnalités

politiques. « Nous essayons tout le temps d’inventer et de

jouer avec l’actualité », souligne Samuel Merle, qui

revendique une programmation vivante, ouverte et non

partisane, « avec des vrais débats où ça castagne, mais où

le cinéma reprend toujours le dessus ».

Cette effervescence intellectuelle et cinéphile, Samuel

et Louis Merle l'inscrivent aussi dans leur dialogue avec

leurs pairs parisiens, « qui sont certes des concurrents, mais

aussi des amis ». Et malgré les habituelles « tensions autour

de la programmation », les dirigeants de Multiciné militent

pour une dynamique collective des cinémas indépendants

de la capitale, « qui doivent se débarrasser d’une image

d’établissements vieillots, et être tous beaux, car ce sont

eux, les vrais porteurs du cinéma de demain ».

Aysegul Algan

©© Mary Erhardy-Multiciné ©T.Laurentin

« Était-on fous d’investir dans un cinéma sur les Champs-Élysées

? », s’interroge, amusé, Louis Merle dans l’Émission

Boxoffice Pro du 9 octobre. Après une année 2024 morose

pour l’Élysées Lincoln (28 000 entrées), et alors que “la

plus belle avenue du Monde” n’a eu de cesse de se dépeupler

de ses cinémas ces dernières années*, le pari n’était,

en effet, pas sans risques. Mais inspirés par ce qui se fait

dans le domaine à l’étranger – notamment en Angleterre

et en Suisse –, tout comme dans d’autres secteurs – dont

la restauration, l’hôtellerie, l’événementiel ou encore les

* parmi les fermetures les plus récentes, on compte Gaumont Champs-Élysées Ambassade

en 2016, l’UGC George V en 2020, le Gaumont Champs-Élysées Marignan en décembre

2023 et l’UGC Normandie en juin 2024

Ciné-club "Nouvel Hollywood : Héritage" aux 7 Parnassiens, octobre 2025

16 N°503 / 5 novembre 2025


©Dulac Cinémas

©Dulac Cinémas

Quand L'Arlequin se transforme en night club pour une soirée Crescendo

DULAC CINÉMAS

RÉINVENTER L’EXPÉRIENCE SALLE

Les cinémas de la Maison Dulac accueilleront en novembre leur nouveau directeur

général, venu de chez Pathé, avec la volonté de poursuivre la transformation

de leurs salles en kaléidoscopes.

Après le film, enregistrement d'un podcast au Majestic Bastille

Transformer ses cinq cinémas* en “écosystème culturel”,

c’est le credo de la Maison Dulac depuis quatre ans, avec

ses saisons Kaléidoscope et leurs multiples événements,

en lien – ou pas – avec sa programmation art et essai.

Une volonté de se réinventer pour le réseau parisien,

dont cette fin d’année sera marquée par l’arrivée d’Arnaud

Surel, qui a passé 15 ans chez Pathé Cinémas, au poste

de directeur général des cinémas Dulac. Cette nomination

intervient après une crise sociale qui avait entraîné, l’été

dernier, le départ mouvementé de Pierre-Edouard Vasseur

– directeur artistique puis directeur général du réseau –,

mais aussi l’arrêt du Champs-Élysées Film Festival, fondé

en 2012 par Sophie Dulac.

Aujourd’hui, son fils et vice-président de la Maison Dulac

ne se défausse pas de cette crise, qui relève de la gestion

interne – et humaine – d’une entreprise privée, mais en

resitue le contexte. « Nous essayons depuis plusieurs années

de redéfinir l'exploitation parisienne, ce qui implique des

changements dans notre façon de travailler, explique Mathias

Dulac. La culture n’est pas gratuite, notre business évolue »,

et les événements mis en place « ont secoué un ancien

monde, dont certains de nos collaborateurs, qui n’étaient

pas toujours prêts à accepter le changement ».

Mais « l’une des meilleures réponses à cette histoire » selon

Mathias Dulac, c’est l’arrivée d’Arnaud Surel, « le “Monsieur

art et essai” de Pathé. Il croit en notre modèle et nous nous

connaissons bien, notamment pour avoir lancé ensemble le

Champs-Elysées Film Festival, quand il dirigeait le Gaumont

Marignan. Son expérience va nous aider à structurer la

société pour mieux nous adapter au marché. »

*Le Reflet Médicis (5 e arrondissement), L’Arlequin (6 e ), le Majestic Bastille (11 e ), l’Escurial

(13 e ) et le Majestic Passy (16 e ) ont accueilli un total de près de 525 000 spectateurs en

2024, en baisse de 10 % environ par rapport à 2023.

Des cinémas de quartier multi-culturels

Si la ligne éditoriale des salles Dulac, programmées depuis

six ans par Eric Jolivalt, restera « sur un cinéma engagé,

puissant et indépendant », leur adaptation passe par une

innovation permanente concernant les événements.

C’est d’autant plus essentiel à Paris, « où l’offre est pléthorique

et le marché ultra concurrentiel, où les gens vivent à 100 à

l’heure et dont il faut capter l’attention ». Et quand on n’a

pas de salles premium, c’est l’événementiel qui fait la

plus-value du cinéma, y compris sur le hors-cinéma. Pour

Mathias Dulac, « un film se voit dans une salle de cinéma,

mais on peut voir autre chose que des films dans une salle

de cinéma ». Et dans des cinémas de quartier « où la majorité

des spectateurs viennent d’abord parce nous sommes à côté

de chez eux », le hors-film permet d’attirer un public très

différent. Au-delà des 26 festivals qu’elles accueillent et

de leur trentaine de ciné-clubs – Pocket sur les adaptations

de polar, Psynéma autour de la psychiatrie, Nuit américaine

sur l’âge d’or d’Hollywood ou encore Animotion avec

l’Afca pour la nouvelle saison –, les salles Dulac proposent

aussi de l’opéra live, du stand-up ou des conférences,

se transformant régulièrement en salles de concert ou en

comedy club. « L’idée est de désacraliser la salle art et essai.

Quand on retransmet l'Eurovision ou que l’on propose le

podcast TrashTalk sur la NBA, les spectateurs ne sont pas

ceux de notre programmation art et essai. Et s’ils sont peu

nombreux à revenir pour voir un film, notre objectif est

d’abord de semer une graine chez la jeune génération. »

Un travail de longue haleine, complété par le lancement,

en janvier 2025, d’un tarif à 5 euros pour les moins de

18 ans – ceux qui n’ont pas accès au pass Culture au

quotidien. Là encore, « il s’agit surtout de faire connaître

aux plus jeunes nos salles historiques, comme L’Escurial, qui

a 120 ans, ou L’Arlequin, qui appartenait à Jacques Tati ».

Une 4 e salle à l’Arlequin

Et alors que tant de salles parisiennes mythiques ont

fermé, le cinéma de la rue de Rennes va s’agrandir.

Les travaux sont en cours pour une 4 e salle de 43 places,

qui devrait ouvrir l'année prochaine. Elle se situera à côté

du hall, dans un bâtiment mitoyen qui appartient à la

Régie immobilière de la Ville de Paris et qui était abandonné.

« L’Arlequin est l'un des fers de lance du Quartier

latin, où, avec son espace cocktail et sa grande salle de 400

places, nous avons beaucoup de demandes de privatisations ;

un axe important pour notre business model, mais qui ne

doit pas trop empiéter sur les séances des sorties nationales,

d’où l’importance de cette salle supplémentaire. » Ces privatisations

sont aussi l’une des particularités du parc parisien,

à laquelle répond par ailleurs le travail « incroyable » des

frères Merle, « derniers des Mohicans » sur les Champs

Élysées selon Mathias Dulac [voir p. 16]. Il souligne, à

ce titre, qu’il « est essentiel de se parler entre indépendants »,

notamment à travers le réseau des CIP. « Le lien permet

des événements communs avec davantage de force de frappe,

même si cela reste compliqué d’être d’accord avec 24 personnes. »

En revanche, pour le co-président de la Maison Dulac

en général, réunir cinq cinémas dans une même société

privée, elle-même couplée à une société de distribution,

facilite la fluidité comme la rentabilité. Des passerelles

qui permettent de penser ensemble des événements,

comme avec Il était une fois Michel Legrand et la série

de concerts organisés à L’Arlequin, mais aussi la ligne

éditoriale de Dulac Distribution. « Nous allons sortir le

26 novembre Queerpanorama, un film sur la jeunesse

hongkongaise à la limite du “grinder”, qui tranche avec

notre ligne habituelle. En étant sur les deux métiers, j’ai

envie que l’énergie du Kaléidoscope infuse aussi notre travail

de distribution. »

Cécile Vargoz

N°503 / 5 novembre 2025

17


Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S45

5 NOV

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

NIGHT ED FILMS AAN PAAVAM POLLATHATHU 02h30 K.Thangavel R.Raj, M.Manoj, S.Rajkumar

NIGHT ED FILMS BANDUAN 02h30 K.Azry A.Aziz, R.Nor, A.Shauki

ORAWA PROD BAROUDEURS DU CHRIST 01h24 D.Boyer

PYRAMIDE DISTRIBUTION DEUX PROCUREURS 01h58 S.Loznitsa A.Kuznetsov, A.Filippenko, A.Belyy

ED DISTRIBUTION DUEL À MONTE-CARLO DEL NORTE 01h20 B.Plympton A.Colón, K.Mora

DESTINY FILMS FRANCE, UNE HISTOIRE D'AMOUR 01h45 Y.Arthus-Bertrand et M.Pitiot

CGR EVENTS G-DRAGON 2025 WORLD TOÜR ÜBERMENSCH 01h46 B.Ho

LES FILMS DU CAMELIA GRAFTED 01h36 S.Rainbow J.Hong, M.Mitchinson, J.Turner

PATHÉ LIVE LA BOHÈME (METROPOLITAN OPERA) 03h29 F.Zeffirelli J.Grigoryan, H.Stober, F.De Tommaso

CGR EVENTS LA FILLE MAL GARDÉE (THE ROYAL BALLET) 03h30 F.Ashton F.Hayward, M.Sambé

METROPOLITAN FILMEXPORT LA VAGUE 02h09 S.Lelio D.López, L.Bravo, A.Aurora

PATHÉ LIVE LEAGUE OF LEGENDS WORLDS25 - FINALS IN CINEMA 07h00

LES ALCHIMISTES LE CINQUIÈME PLAN DE LA JETÉE 01h44 D.Cabrera

SAJE DISTRIBUTION LE ROI DES ROIS 01h43 S.Jang K.Branagh, U.Thurman, M.Hamill

WILD BUNCH DISTRIBUTION LES BRAISES 01h42 T.Kruithof V.Efira, A.Worthalter, M.Prassinos

PARK CIRCUS FRANCE LE SOLITAIRE 02h02 M.Mann J.Caan, T.Weld, J.Belushi

LE PACTE L'INCONNU DE LA GRANDE ARCHE 01h46 S.Demoustier C.Bang, S.Knudsen, X.Dolan

PATHÉ LIVE MICHEL RACONTE SARDOU 01h50 R.Melloul

NOIR PRODUCTION NUIT OBSCURE - " AIN’T I A CHILD ? " 02h44 S.George

NOIR PRODUCTION NUIT OBSCURE - AU REVOIR ICI, N'IMPORTE OÙ 03h03 S.George

NOIR PRODUCTION

NUIT OBSCURE - FEUILLETS SAUVAGES (LES BRÛLANTS, LES

OBSTINÉS)

04h16 S.George

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE PREDATOR: BADLANDS 01h47 D.Trachtenberg E.Fanning, D.Schuster-Koloamatangi, M.Homick

MALAVIDA FILMS

RÉTROSPECTIVE PATRICE CHÉREAU, CINÉASTE (5 FILMS)

LES ACACIAS

RÉTROSPECTIVE SI GUITRY M'ÉTAIT CONTÉ (7 FILMS)

CARLOTTA FILMS

SAGA LADY YAKUZA - L'INTÉGRALE EN 8 FILMS

LES FILMS D'AVALON SEMER ET RÉCOLTER 01h34 E.Le Roch

STUDIOCANAL T’AS PAS CHANGÉ 01h45 J.Commandeur L.Lafitte, F.Damiens, V.Paradis

ÉCLUMIA PICTURES THE CORD OF LIFE 01h36 S.Qiao Badema, Yider, Nahia

S46

12 NOV

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SEVENTH ART PRODUCTIONS CARAVAGE 01h45 P.Grabsky et D.Bickerstaff

PATHÉ FILMS DEMENTIA 13 01h15 F.Coppola W.Campbell (III), L.Anders, P.Magee

EUROZOOM DÉTECTIVE CONAN : LA MÉMOIRE RETROUVÉE 01h50 K.Shigehara M.Takayama, W.Yamazaki, R.Koyama

DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS DEVANT – CONTRECHAMP DE LA RÉTENTION 01h18 A.Redolfi

PATHÉ LIVE GISELLE 01h46 F.Roussillon D.Gilbert, M.Ganio, V.Colasante

SND INSAISISSABLES 3 01h53 R.Fleischer J.Eisenberg, W.Harrelson, D.Franco

PATHÉ LIVE J-HOPE TOUR 'HOPE ON THE STAGE' THE MOVIE 01h29 J.Park J-Hope, Jin

TAMASA DISTRIBUTION JOYEUX NOËL 01h55 C.Carion D.Kruger, B.Fürmann, G.Canet

CONDOR DISTRIBUTION KIKA 01h55 A.Poukine M.Clavel, E.Gonzalez Lardued, M.Samba

UGC DISTRIBUTION LA BONNE ÉTOILE 01h40 P.Elbé B.Poelvoorde, A.Lamy, Z.Breitman

SOLARIS DISTRIBUTION L'ANGLAISE ET LE DUC 02h09 E.Rohmer L.Russell, J.Dreyfus, Rosette

CGR EVENTS LA NUIT DE LA GLISSE 2025 02h00 T.Donard

ÉMOTIONS DISTRIBUTION LA VOIX DU GLACIER BLANC 00h52 C.Lavilanie J.Clain

APOLLO FILMS LE GANG DES AMAZONES 02h05 M.Drigeard I.Higelin, L.Khoudri, L.Felpin

MEMENTO LES AIGLES DE LA RÉPUBLIQUE 02h09 T.Saleh F.Fares, L.Khoudri, Z.Triki

URBAN SALES LES ENFANTS DU LARGE 01h37 V.Tangvald

PAN DISTRIBUTION LES RÊVEURS 01h46 I.Carré I.Carré, J.Chemla, T.Dumont Janod

LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION (EX CINÉ

SORBONNE) L'ÉTRANGE OBSESSION 01h47 K.Ichikawa M.Kyô, T.Nakadai, G.Nakamura

KMBO L’INCROYABLE FEMME DES NEIGES 01h42 S.Betbeder B.Gardin, P.Katerine, B.Bouillon

TRAFALGAR RELEASING MARY J. BLIGE: FOR MY FANS 01h50 K.García M.J. Blige, Fabolous, Jadakiss

JOUR2FÊTE ON VOUS CROIT 01h18 C.Devillers et A.Dufeys M.Akheddiou, L.Capelluto, N.Broods

DAVID SERERO PRODUCTIONS RICHARD ORLINSKI: THE ART DOCUMENTARY 00h54 D.Serero R.Orlinski, E.Longoria, Tayc

LES FILMS DU LOSANGE SIX JOURS, CE PRINTEMPS-LÀ 01h32 J.Lafosse E.Haïdara, J.Waringo, L.Pinero Müller

NIGHT ED FILMS THE GREAT DEPARTURE 01h36 P.Filmon X.Samuel, S.Sehgal, V.Nagpal

S47

19 NOV

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PATHÉ LIVE ARABELLA (METROPOLITAN OPERA) 04h12 O.Schenk R.Willis-Sørensen, L.Alder, P.Breslik

CGR EVENTS CENDRILLON (THE ROYAL BALLET) 03h15 F.Ashton F.Kaneko, W.Bracewell, B.Gartside

TANDEM DES PREUVES D’AMOUR 01h37 A.Douard E.Rumpf, M.Chokri, N.Lvovsky

HAUT ET COURT DOSSIER 137 01h55 D.Moll L.Drucker, G.Malanda, M.Roehrich

SONY PICTURES RELEASING FRANCE ELEANOR THE GREAT 01h38 S.Johansson J.Squibb, E.Kellyman, C.Ejiofor

BAC FILMS FRANZ K. 02h07 A.Holland I.Weiss, P.Kurth, C.Schuler

WARNER BROS. FRANCE JEAN VALJEAN E.Besnard G.Gadebois, B.Campan, A.Lamy

GASTIBELTZA FILMAK KARMELE 01h54 A.Altuna J.Laspiur, E.Sagardoy, N.Aranburu

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LA FONTE DES GLACES 01h43 F.Péloquin L.Bluteau, M.Béland, É.Lou

JHR FILMS L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE 01h40 E.Green R.Silva, A.Moreira, D.Doria

CARLOTTA FILMS LES DERNIERS JOURS DE MUSSOLINI 02h10 C.Lizzani R.Steiger, F.Nero, L.Gastoni

SPACE ODYSSEY LE STUDIO PHOTO DE NANKIN 02h17 A.Shen L.Haoran, X.Wang, Y.Gao

MÉTÉORE FILMS POMPEI, SOTTO LE NUVOLE 01h55 G.Rosi

LES FILMS DU PRÉAU PREMIÈRES NEIGES 00h37

PATHÉ FILMS

RÉTROSPECTIVE FRANCIS FORD COPPOLA (6 FILMS)

POTEMKINE FILMS

RÉTROSPECTIVE WERNER HERZOG (6 FILMS)

PARAMOUNT PICTURES FRANCE RUNNING MAN E.Wright G.Powell, J.Brolin, M.Cera

METROPOLITAN FILMEXPORT SHELBY OAKS 01h31 C.Stuckmann C.Sullivan, S.Durn, B.Sexton III

GEBEKA FILMS THELMA DU PAYS DES GLACES 01h11 R.Kalnaellis

OUTPLAY FILMS TRANS MEMORIA 01h12 V.Verseau

PRODUCTION LES FILMS DE L’YMAGIER UTOPIE ZÉRO CHÔMEUR 01h25 C.Baqué

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR WICKED : PARTIE II 02h17 J.Chu A.Grande, C.Erivo, J.Bailey

18 N°503 / 5 novembre 2025


S48

26 NOV

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION À HAUTEUR D'ENFANT 01h33 M.Carrier et O.Higgins M.Carrier, O.Higgins, B.Higgins

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR BUGONIA 01h59 Y.Lanthimos E.Stone, J.Plemons, A.Delbis

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE CONCERT DE NOËL 2025 D’ANDRÉ RIEU : JOYEUX NOËL ! 03h00 A.Rieu A.Rieu

DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS DIS PAS DE BÊTISES ! 01h20 V.Glenn P.Glenn

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION FOLLEMENTE 01h37 P.Genovese E.Leo, P.Fogliati, E.Fanelli

PROGRAM STORE HELL IN PARADISE 01h42 L.Sy N.Arnezeder, M.Bello, A.Khan

POLITIE PRODUCTION HOMELESSLY IN LOVE 01h22 A.Mohseni-Sadjadi et L.Clozel

MK2 FILMS JE N’AVAIS QUE LE NÉANT 01h34 G.Ribot G.Ribot, C.Lanzmann

LITTLE KMBO LA PETITE FANFARE DE NOËL 00h40 M.Fehre et S.Dully

JOUR2FÊTE LA VOIX DE HIND RAJAB 01h29 K.Ben Hania A.Hlehel, C.Khoury, M.Malhees

SONY PICTURES RELEASING FRANCE L'INTERMÉDIAIRE (RELAY) 01h52 D.Mackenzie R.Ahmed, L.James, S.Worthington

LES FILMS DU CAMELIA MALINA 02h07 W.Schroeter I.Huppert, M.Carrière, C.Togay

DULAC DISTRIBUTION QUEERPANORAMA 01h27 J.Li J.Cheung, E.Shekarriz, S.Mahito Soukup

BON VOYAGE FILMS RENAÎTRE 01h45 R.Lange R.Portes, H.Kimpo, M.Blanc

L'ATELIER DISTRIBUTION

RÉTROSPECTIVE MASSON KIBERLAIN (3 FILMS)

LÉOPARD FILMS ROOM TEMPERATURE 01h33 D.Cooper et Z.Farley C.Jacobs, J.Williams (V), C.Olsen

WAYNA PITCH SILVER STAR 01h42 R.Amar et L.Bessis G.Van Dien, T.Johnson, T.Fruits

METROPOLITAN FILMEXPORT THE KILLER 01h50 J.Woo Chow Yun-Fat, D.Lee, S.Yeh

CARLOTTA FILMS UN ÉTÉ CHEZ GRAND-PÈRE 01h33 H.Hsiao-Hsien M.Fang, W.Qiguang, G.Jun

AD VITAM VIE PRIVÉE 01h45 R.Zlotowski J.Foster, D.Auteuil, V.Efira

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ZOOTOPIE 2 B.Howard et J.Bush G.Goodwin, J.Bateman, K.Quan

S49

3 DÉC

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PATHÉ LIVE BARDOT 01h30 A.Berliner B.Bardot, C.Ardan, F.Bel

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION BILLY 01h45 L.Côté-Collins

DULAC DISTRIBUTION DEMAIN 01h58 C.Dion et M.Laurent M.Laurent, C.Dion, J.Rifkin

ARP SÉLECTION DITES-LUI QUE JE L’AIME 01h32 R.Bohringer R.Bohringer, C.Autain, E.Yelmani

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR FIVE NIGHTS AT FREDDY'S 2 01h44 E.Tammi J.Hutcherson, E.Lail, M.Lillard

LE PACTE FUORI 01h57 M.Martone V.Golino, M.De Angelis, Elodie

WILD BUNCH DISTRIBUTION GÉRALD LE CONQUÉRANT F.Eboué F.Eboué, L.Lefèbvre, A.Roth

LES FILMS DES DEUX RIVES IL A SUFFI D'UNE NUIT 01h30 E.Bidou

SAJE DISTRIBUTION JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION 01h20 M.Kondrat M.Juzwin, K.Przystal, N.Strzelecka

SONY PICTURES ENTERTAINMENT FRANCE JUJUTSU KAISEN : EXÉCUTION 01h30 S.Goshozono J.Enoki, Y.Uchida, A.Seto

MISSION LA FAUTE À VOLTAIRE 02h13 A.Kechiche S.Bouajila, A.Atika, É.Bouchez

STUDIOCANAL LES ENFANTS VONT BIEN 01h51 N.Ambrosioni C.Cottin, J.Armanet, M.Chokri

EUROZOOM L'ŒUF DE L'ANGE 01h11 M.Oshii M.Hyôdô, J.Nezu, K.Noda

PATHÉ FILMS MEKTOUB MY LOVE : CANTO DUE 02h14 A.Kechiche S.Boumedine, O.Bau, J.Pennington

TRAFALGAR RELEASING MONSTA X : CONNECT X IN CINEMAS 01h58 Y.Oh et Y.Lee MONSTA X

PARADIS FILMS PANIQUE À NOËL 01h20 H.Martin Dahlsbakken F.Fagerli, S.Khorami, P.Sverre Valheim Hagen

METROPOLITAN FILMEXPORT POUR L'ÉTERNITÉ 01h52 D.Freyne E.Olsen, M.Teller, C.Turner

NEW STORY QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE 01h35 J.Kowalski M.Wróbel, R.Mesquida, W.Skibinski

THE JOKERS FILMS REEDLAND 01h45 S.Bresser G.Knobbe, L.Reinders

SINGULARIS FILMS SOUVENT L'HIVER SE MUTINE 01h14 B.Perraud

NOUR FILMS TERESA 01h44 T.Mitevska N.Rapace, S.Hoeks, N.Ristanovski

PATHÉ LIVE THE DOORS : WHEN YOU'RE STRANGE 01h29 T.DiCillo J.Depp, J.Densmore, R.Krieger

SPACE ODYSSEY THE SHADOW’S EDGE 02h20 L.Yang J.Chan, Z.Zhang, T.Leung Ka Fai

CGR EVENTS THE WORLD OF HANS ZIMMER - A NEW DIMENSION 02h00 M.Greving H.Zimmer, L.Gerrard, L.M.

S50

10 DÉC

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SND À LA POURSUITE DU PÈRE NOËL ! J.Huth P.Timsit, I.Nanty, T.de Boeck

TAJINE STUDIO ALICE PAR CI PAR LÀ 01h24 I.Tent

PATHÉ LIVE ANDREA CHÉNIER (METROPOLITAN OPERA) 03h31 N.Joël S.Yoncheva, P.Beczala, I.Golovatenko

AD VITAM ANIMAL TOTEM 01h29 B.Delépine S.Guesmi, O.Rabourdin, S.Rigot

PATHÉ LIVE CASSE-NOISETTE 01h43 F.Roussillon D.Gilbert, G.Diop

CGR EVENTS CASSE-NOISETTE (THE ROYAL BALLET) 03h30 P.Wright M.Magri, R.Clarke, M.Tsembenhoi

UGC DISTRIBUTION / TF1 STUDIO CHASSE GARDÉE 2 A.Fourlon et F.Forestier D.Bourdon, C.Lou, H.Jemili

EPICENTRE FILMS ELLE ENTEND PAS LA MOTO 01h34 D.Fischbach

LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION (EX CINÉ

SORBONNE) FEUX DANS LA PLAINE 01h47 K.Ichikawa E.Funakoshi, O.Takizawa, M.Curtis

UNA MATTINA FILMS GIRLS FOR TOMORROW 01h38 N.Philippe

NEXT FILM DISTRIBUTION KOGIS, ENSEMBLE POUR SOIGNER LA TERRE 01h15 A.Bouchet

DIAPHANA DISTRIBUTION LA CONDITION 01h43 J.Bonnell S.Arlaud, G.Bellugi, L.Chevillotte

MEMENTO LADY NAZCA 01h48 D.Dorsaz D.Lingnau, G.Gallienne, O.Ross

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA PETITE CUISINE DE MEHDI 01h44 A.Adjina Y.Boucif, C.Bretheau, H.Abbass

MALAVIDA FILMS LA PISCINE 02h18 B.Zhelyazkova K.Tsonev, Y.Kasheva, K.Denchev

MALAVIDA FILMS LA VIE S'ÉCOULE SILENCIEUSEMENT... 01h45 H.Ganev et B.Zhelyazkova B.Simeonov, G.Georgiev-Getz, E.Radeva

METROPOLITAN FILMEXPORT L'ÉLUE 01h39 O.Perkins T.Maslany, R.Sutherland, E.Boyes

APOLLO FILMS LOUISE 01h48 N.Keitel D.Rouxel, C.de France, S.Dewaels

TANDEM LOVE ME TENDER 02h13 A.Cazenave Cambet V.Krieps, A.Reinartz, M.Chokri

KMBO MISSION PÈRE NOËL 01h37 R.Cussó et D.Mitrevski J.Weckauf, B.Zimmermann, O.Kalkofe

LES FILMS DU CAMELIA MOI IVAN, TOI ABRAHAM 01h45 Y.Zauberman R.Alexandrovitch, A.Yakovlev, V.Mashkov

LES FILMS DU LOSANGE RESURRECTION 02h40 B.Gan J.Yee, S.Qi, M.Chao

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°503 / 5 novembre 2025

19


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

Alors qu’Universal sort ce 26 novembre Bugonia du multi-récompensé

Yórgos Lánthimos, retour en chiffres sur les

performances en salles des trois précédents longs métrages du

cinéaste loufoque, atypique et satirique, devenu l’un des visages

incontournables de l’art et essai.

KINDS OF KINDNESS PAUVRES CRÉATURES LA FAVORITE

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

26/06/2024 17/01/2024 06/02/2019

DISNEY DISNEY 20TH CENTURY FOX

109 538 612 925 484 086

6 935 20 079 16 815

34 996 138 996 127 346

3 549 4 309 3 361

10 32 38

2,36 2,44 2,40

16 31 29

2,7 3,9 3,8

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 2 SEMAINES

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 29/10/2025 L'ÉTRANGER GAUMONT 308 196 036 4 403 45

2 29/10/2025 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 433 263 521 6 080 43

3 22/10/2025 LA PETITE DERNIÈRE AD VITAM 231 112 976 3 381 33

4 22/10/2025 KAAMELOTT - DEUXIÈME VOLET, PARTIE 1 SND 732 366 316 12 021 30

5 22/10/2025 ARCO DIAPHANA 280 95 412 3 224 30

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2025

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28 339 316 90

2 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188 419 14 649 81

3 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673 103 8 614 78

4 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909 379 11 746 77

5 17/09/2025 DEMON SLAYER: KIMETSU NO YAIBA LA FORTERESSE INFINIE FILM 1 SONY 690 789 834 11 579 68

6 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67

7 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54

8 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606 069 12 289 49

9 29/10/2025 L'ÉTRANGER GAUMONT 308 196 036 4 403 45

10 29/10/2025 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 433 263 521 6 080 43

La French Touch s’abat sur la fréquentation ! Les 5 films ayant enregistré les meilleures performances

à la séance sur ces dernières semaines sont tous des productions tricolores, à commencer par L’Étranger

de François Ozon qui enregistre 45 entrées par séance (e/s). La sortie de Gaumont réalise par la

même occasion la neuvième meilleure moyenne sur un premier week-end en 2025. Juste derrière

– pour le classement annuel comme pour les deux dernières semaines –, La Femme la plus riche du

monde de Thierry Klifa engrange 43 e/s et réalise, en entrées brutes, le deuxième meilleur démarrage

de l’histoire de Haut et Court depuis… Entre les murs, en 2008. Vient ensuite La Petite Dernière

de Hafsia Herzi qui embarque 33 spectateurs par séance soit la meilleure moyenne pour Ad Vitam

depuis 2021. Enfin, le reste du classement plonge vers la fantasy et la science-fiction avec Kaamelott

- Deuxième volet (partie 1) d’Alexandre Astier et ses 30 e/s, à égalité avec Arco d’Ugo Bienvenu.

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company


Festival

CHÉRIES-CHÉRIS :

BRISER LE PLAFOND DE VERRE

Entretien avec Grégory Tilhac

©Aylau Tik

Vous occupez votre poste à

Chéries-Chéris depuis 2018.

Quel a été votre parcours avant

d’en arriver là ?

Je viens d’un petit village des

Hautes-Pyrénées, d’une zone où il

n’y avait qu’un seul cinéma art et essai

aux alentours, à savoir Le Parvis à

Ibos. Comme j’habitais à plusieurs

dizaines de kilomètres et que mes

parents étaient de condition modeste,

j’y allais rarement, et ma cinéphilie

s’est construite loin des salles.

C’est donc avec la télévision, à l’adolescence,

que j’ai forgé ma culture

cinématographique LGBT, à travers

des œuvres comme Les Roseaux sauvages

de Téchiné, Querelle de Fassbinder,

Les Nuits fauves de Cyril Collard…

De plus, cela sous-entend que les films LGBT ne

sont pas universels, et ne s’adressent qu’à un public

“concerné”. Or, des spectateurs hétérosexuels

peuvent aussi être intéressés par ces œuvres. Les

jeunes générations ont, par exemple, beaucoup

d’appétence à l’égard de ce cinéma, et on le remarque

à Chéries-Chéris où on a accueilli 19 500 spectateurs

l’année dernière.

Mais objectivement, n’y a-t-il pas une crainte

de représailles quand on en programme un

film LGBT ?

C’est en effet quelque chose qui peut jouer, surtout

dans le cas des salles municipales. De nombreux

exploitants sont probablement frileux de diffuser

ce type d’œuvres car ils anticipent les réactions des

élus, mais aussi de certains spectateurs quant aux

scènes de nudité, considérées comme “choquantes”

dès lors qu’elles sont homosexuelles.

IL FAUDRAIT QUE LE CNC

INSTAURE DES AIDES À LA

DIFFUSION DES FILMS LGBT

À l’approche de la 31 e

édition du festival Chéries-

Chéris, qui se déroulera

du 15 au 25 novembre

prochains à Paris, son

directeur artistique et

délégué général revient sur

les obstacles auxquels se

heurtent les tentatives de

diffusion des films LGBT…

alors que la production n’a

jamais été aussi florissante.

Cette frustration de ne pas pouvoir

accéder facilement aux films, en particulier

LGBT, en province, m'a conduit

vers la distribution. Après plusieurs

expériences, notamment chez Pyramide

et Ciné-Tamaris, j’ai intégré en 2015

Épicentre Films en tant que responsable

de la distribution. Là-bas je me suis

occupé de nombreux titres LGBT comme Théo et Hugo dans le même bateau

(2016), L’Ornithologue de João Pedro Rodrigues (2016) ou encore Brothers

of the Night de Patric Chiha (2017), et j’ai pu me rendre compte directement

des difficultés spécifiques à distribuer ce type de films. Et ça vaut pour les

grandes comme les petites villes.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées sur les films LGBT ?

Il s’agit surtout du refus des exploitants de les diffuser, ce qui amène les

distributeurs à adopter un plan de sortie très resserré. Par exemple, chez

Épicentre, nous avions un plafond de verre de 30 copies pour ces films.

Maintenant, avec la fin des VPF, les distributeurs peuvent toucher

40 établissements en allant dans des plus petites zones, mais ces territoires

offrent un potentiel d’entrées plus limité, tandis que les grandes villes et les

salles prescriptrices restent souvent inaccessibles. Cela s’observe bien entendu

chez les deux distributeurs spécialisés, Outplay et Optimale, mais aussi chez

n’importe quelle autre structure sortant un film LGBT.

Pourquoi tant de refus ?

Beaucoup d’exploitants affirment qu’ils n’ont pas de public LGBT, mais il

faut justement aller le chercher en mobilisant le tissu associatif local, car il

y en a absolument partout sur le territoire. Ce travail est souvent effectué

par le distributeur, qui organise à ses frais des séances événementielles.

Cependant, à force de ne pas programmer cette typologie de films, le public

concerné ne vient plus en salles et se reporte sur les plateformes. Donc le

serpent finit par se mordre la queue.

Comment la situation pourrait-elle être

améliorée ?

Il faudrait que le CNC mette en place des aides

spécifiques à la distribution des films LGBT,

en plus d’une subvention incitative à leur programmation

par les salles. Aujourd’hui, il est régulièrement

question de la parité, de l’importance

de diffuser des réalisatrices… Je pense que la

problématique LGBT est indissociable de cette

cause, surtout que les réalisatrices sont, en l’occurrence,

très bien représentées dans le

cinéma queer.

Et y a-t-il une production suffisamment

florissante pour accompagner cet élan ?

Bien sûr ! À la création de Chéries-Chéris en

1994, il y avait principalement quatre pays

représentés : la France, les États-Unis, le

Royaume-Uni et l’Allemagne. Aujourd’hui, la

production est mondialisée et nous accueillons

cette année un record de 40 nationalités !

Et surtout, il y a de plus en plus de films LGBT

visant le grand public. C’est par exemple le cas

d’Alice Douard avec Des preuves d’amour (Tandem,

19/11/25), dans un registre très fédérateur. De

même pour le film d’ouverture, Pillion de Harry

Lighton (Memento, 01/04/26), romance BDSM dans

le milieu des bikers gays qui aura, je pense, la

même importance qu’ont eu des titres comme

Le Secret de Brokeback Mountain, L’Inconnu du

lac, La Vie d’Adèle, Carol ou Call Me By Your Name.

Propos recueillis par Jules Dreyfus

N°503 / 5 novembre 2025

21


Distribution

C’EST À NOUS, PRODUCTEURS,

DE PROPOSER UNE OFFRE DE QUALITÉ

Invitée de l’Émission du 23 octobre,

la dirigeante de Gaumont évoque

ses nouvelles productions, en salles

et sur les plateformes. Car pour

Sidonie Dumas, il faut travailler avec

tout le monde, avec audace mais en

respectant un cadre, et en sachant

s’appuyer sur des technologies qui

évoluent "depuis que le cinéma existe".

©Valentin Le Cron

SIDONIE DUMAS

Directrice générale de Gaumont

Il faut peut-être admettre que l’on fait un « métier saisonnier

», estime Sidonie Dumas pour commenter la « fréquentation

en dents de scie » qu’a connu Gaumont l’an dernier,

mais qui, s’exprimant à quelques jours de la sortie de

L’Étranger, envisage la période avec beaucoup d’optimisme.

« C’est à nous, producteurs, de proposer une offre de qualité,

avec exigence et audace », et pas forcément en « terme de

budgets, mais de sujets ». La dirigeante de Gaumont se dit

ainsi très fière de l’adaptation du roman de Camus par

François Ozon, de celle du Mage du Kremlin par Olivier

Assayas et Emmanuel Carrère (21/01/26), mais aussi de

L'Âme idéale d’Alice Vial (17/12/25) ; des films qui,

chacun à leur manière, « entrent en résonance avec l’actualité

ou des problématiques existentielles » et peuvent séduire

un public jeune. Gaumont n’en renonce pas pour autant

à la comédie, comme avec le buddy movie à la française

Le Rêve américain d’Anthony Marciano (18/02/26), qui

sera montré, lui aussi, lors des quatre conventions en

régions. « Car la communauté autour d’un film commence

avec les exploitants », souligne Sidonie Dumas, « et il est

essentiel de leur montrer nos films, pour qu’ils en soient

les prescripteurs ».

Entre séries et cinéma

L’éclectisme du line-up Gaumont se confirmera avec le

très ambitieux High in the Clouds, film d’animation

d’après un livre de Paul McCartney, prévu pour l’été

2027, mais aussi dans l’audiovisuel. « Gaumont est un

raconteur d’histoires, quel que soit le support », et poursuit

ainsi le développement de séries, entamé il y a plus de

10 ans avec les États-Unis, et depuis déployé en Europe.

« Au-delà d’un montage financier très différent, il est logique

pour une entreprise comme la nôtre de faire de la télévision :

en termes de narration, certains sujets nécessitent un format

long et ce sont deux activités complémentaires. » The Deal

est d’ores et déjà disponible sur Arte, tandis que Traqué

sera sur Apple TV à partir de décembre. Et alors que le

tournage de Masterplan pour Amazon a démarré, une

nouvelle saison de Lupin se prépare pour Netflix. « Il faut

trouver le bon partenaire pour chaque projet et Gaumont

travaille avec toutes les chaînes et plateformes, de même que

pour le cinéma nous collaborons aussi bien avec France

Télévisions que TF1, M6 ou Canal+. »

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

La nécessité d’un cadre…

Concernant Canal+ et son association avec UGC, Sidonie

Dumas salue l’entrée d’un groupe français au capital d’un

circuit français, « et la preuve que Canal aime la salle de

cinéma ». Quant aux conséquences de cette alliance sur

la chronologie des médias, « c’est plus une interrogation

qu’une inquiétude » pour la dirigeante de Gaumont, qui

a confiance dans le dialogue… et la régulation.

« Pour faire nos métiers de conviction, il faut un cadre.

Si chacun fait n’importe quoi, ce sera la guerre. Il faut donc

des lois et un accompagnement des pouvoirs publics, comme

pour la transposition de la directive SMA qui a permis de

faire entrer Netflix, puis Disney dans notre schéma. »

Autrement dit, « si les acteurs américains veulent travailler

avec nous, ils doivent respecter notre façon de faire.

Nous avons choisi de privilégier la salle, c’est un atout

français et il faut se battre pour le conserver ».

Tout comme il a fallu réaffirmer, dans le cadre du budget

2026, l’importance du crédit d’impôt cinéma que certains

voulaient revoir à la baisse. « Ce n’est pas l'endroit pour

faire des économies, affirmait Sidonie Dumas au moment

de cet entretien, et baisser le taux de ce crédit d’impôt serait

une folie. Ces petites ristournes auraient finalement des

conséquences catastrophiques sur l’économie », et auraient

été antinomiques avec le projet de France 2030, qui veut

faire du pays un leader des tournages.

130 ans de cinéma… pour montrer comment

avancer

Et pour se tourner vers l’avenir, il est essentiel de comprendre

l’Histoire du cinéma… et donc de connaître celle de

Gaumont. Pour fêter ses 130 ans, la société a ainsi voulu

« mettre l’accent sur la transmission et l’éducation ».

Pour Sidonie Dumas « l'histoire du cinéma et de Gaumont

fait partie d’un récit, et fait comprendre aux enfants comment

se conçoivent les films, et comment la technologie et l’art

sont mêlés. De même qu’Apple, qui a commencé par fabriquer

des ordinateurs, a aujourd'hui besoin de contenu et

crée des séries, Léon Gaumont était au départ un ingénieur,

qui fabriquait des machines pour montrer des images.

C’est son assistante, Alice Guy, qui va lui apporter des talents

et des histoires, et donc des images qui vont faire évoluer la

machine ». Raconter l'histoire de Gaumont “depuis que

le cinéma existe” permet d’envisager le futur, en insistant

sur ce maillage entre la technologie et les œuvres.

« Les frères Lumière, Charles Pathé et Léon Gaumont étaient

tous des ingénieurs, qui ont basculé dans le cinéma », rappelle

Sidonie Dumas. Mais « la technologie a besoin d'œuvres

pour avancer. Aujourd’hui, l’IA est un outil dont on peut

se servir pour progresser, mais on aura toujours besoin de

récits pour faire du cinéma ».

Les ressorties des “pépites de Gaumont”, à l’occasion de

ses 130 ans, en sont la plus belle illustration.

Cécile Vargoz

22 N°503 / 5 novembre 2025



Distribution

LE PACTE S’ATTAQUE À LA DÉFENSE

Le distributeur aborde avec ambition

la sortie de L’Inconnu de la Grande

Arche le 5 novembre, qui marque

sa troisième collaboration avec le

cinéaste Stéphane Demoustier.

Une histoire qu’on ne connaît pas sur un monument

connu de tous : telle est la présentation succincte que

l’on pourrait faire du film, que Le Pacte déploie ce mercredi

5 novembre sur environ 250 copies. L’Inconnu de la

Grande Arche adapte librement le livre La Grande Arche

de Laurence Cossé (2016, Éd. Gallimard) centré sur la construction

de cet édifice iconique, initiée par François Mitterrand

et confiée… à un inconnu en France, le Danois Johan

Otto von Spreckelsen, incarné à l’écran par Claes Bang

(The Square). Michel Fau, Xavier Dolan, Swann Arlaud

et Sidse Babett Knudsen complètent la distribution.

« L’intrigue du livre a été simplifiée pour se concentrer sur

la trajectoire de l’architecte et pousser une thématique qui

relève davantage du thriller politique », explique Aurélien

Renouard, responsable marketing chez Le Pacte.

« Après La Fille au bracelet et Borgo, c’est notre troisième

collaboration avec Stéphane Demoustier, un cinéaste qui

monte en grade, en témoigne sa première sélection à Cannes »,

note Xavier Hirigoyen, directeur de la distribution.

Présenté à Un Certain Regard, le film séduit également

les professionnels, décrochant le soutien de l’Afcae suite

à sa projection aux Rencontres art et essai.

Le Pacte initie, au début de l’été, sa prise de parole

publique avec le lancement d’une première bande

annonce (BA), dans la foulée de l’annonce de la sélection

de L’Inconnu… au Festival du film francophone d’Angoulême.

Fin août, en parallèle de la manifestation, le

distributeur accélère en dévoilant l’affiche ainsi que la

BA définitive, réalisée avec Hands Up. Depuis début

octobre, outre une importante tournée, plusieurs

avant-premières événementielles, dans l'auditorium de

la Grande Arche ou à la Cité de l’Architecture, fédèrent

personnalités politiques comme du monde l’architecture.

Les étudiants concernés sont également impliqués, via

le média L’Architecte mais aussi deux séances organisées

à Paris par l’agence La Grande Distribution (Mélanie

Simon-Franza) avec l’Union nationale des étudiants en

architecture et paysage.

Car outre un public cinéphile urbain, Le Pacte entend

attirer une cible jeune, via de l’achat sur les réseaux

sociaux, mais aussi une émission spéciale avec « Épicurieux

» de Jamy, centrée sur la construction de la Grand

Arche. En salles, le distributeur a profité « d’un marché

fort pendant les vacances, particulièrement en films français »

pour de l’achat de BA, notamment chez UGC en S-3

et mk2 en S-2, Xavier Hirigoyen rappelant que L’Inconnu

de la Grande Arche a décroché les labels UGC Aime,

L’Autre Regard (Pathé) et On a vu, on a aimé (mk2).

Une campagne d’affichage sur colonne Morris est

déployée à Paris en S-1 tandis que parmi les partenariats

médias figurent Le Figaro, Télérama, Paris Match avec

un tiré-à-part spécial dans le numéro du 6 novembre,

Le Nouvel Obs, France Culture, Ciné+/OCS et France

TV via des spots autour de ses émissions phares.

©Julien Panie / Agat Films - Le Pacte

©Boxoffice Pro

L'Inconnu de la Grande Arche

Par ailleurs, Le Pacte prévoit également d’être présent

en soutien de L’Inconnu de la Grande Arche, avec

plusieurs activations dans la foulée de la sortie « pour

installer le film sur la durée dans un marché moins

concurrentiel ». Des campagnes digitales avec UGC et

Pathé sont planifiées sur le premier week-end,

CONDOR SOIGNE LA FAIM DE TOUCH

Lundi 27 octobre, le distributeur indépendant a

organisé une soirée événement au Grand Rex (Paris)

pour marquer la fin d’exploitation du film Touch – Nos

Étreintes passées de l’Islandais Baltasar Kormákur. « L’été

est rarement une période idéale pour organiser des

événements à Paris donc nous n’avions rien prévu au

moment de la sortie [le 30 juillet, ndlr.]. Mais le fait

que le film réussisse à dépasser le cap des 100 000 entrées

nous a offert l’occasion parfaite pour imaginer une

célébration en forme de dernière séance », confie Alexis

et de la programmatique, avec Targett, sur les deux

premiers, notamment autour de podcasts politiques

et historiques. Enfin, le distributeur se réserve une

enveloppe « pour de l’achat d’opportunités de dernière

minute ». En somme, garder une part d’inconnu, tout

en visant grand.

Tanguy Colon

Mas, dirigeant de Condor. Avant la projection du

film dans la grande salle du mythique cinéma parisien,

influenceurs et spectateurs ont pu déguster quelques

gourmandises japonaises, offertes par la chaîne de

restaurants Matsuri. Une opération originale qui a

mobilisé plusieurs partenaires : l’Agence Cartel pour

l’influence et l’événementiel, LuckyTime pour l’animation

sur les réseaux, Elle et Sens Critique pour les

relais médias, ainsi que les associations Cop1 et Maison

étudiante de la Ville de Paris. T. C.

24 N°503 / 5 novembre 2025


L’ACTUALITÉ DE

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Miscellanées

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

13/11/25

PROCHAINES CNACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

28/11/25

28/11/25

ÉTABLISSEMENT PUBLIC TERRITORIAL EST

ENSEMBLE

SAS SOCIÉTÉ ARDÉCHOISE

D’EXPLOITATION CINÉMATOGRAPHIQUE

COMMUNAUTÉ D'AGGLOMÉRATION LE

GRAND NARBONNE

ALICE GUY 6 865

CINÉMA CONFLUENCES

ANNONAY

LE CINÉMA SCÈNE NATIONALE

DU GRAND NARBONNE

7 770 Projet de création Annonay Ardèche Annonay Rhône Agglo

1 109

Projet de création en remplacement du cinéma (Magic Cinéma

(2 salles et 443 places)

Projet d'extention via l'ajout d’une salle et 109 places (portant la

capacité du site à 2 salles et 369 places)

Bobigny Seine-Saint-Denis Est Ensemble

Narbonne Aude Le Grand Narbonne

Kinepolis connaît un troisième

trimestre à la baisse

©CARLSON PRODUCTIONS

Liquidation judiciaire pour Bodega

et KapFilms

Le 21 octobre, le tribunal de commerce d’Albi a, comme révélé par Le Film Français,

prononcé la liquidation judiciaire de la société de distribution Bodega. Placée en redressement

judiciaire en mai 2022, la structure en était sortie en juin 2023. Co-fondée par

Jean-Pierre Gardelli et Vincent-Paul Boncour en 2002, Bodega a distribué une centaine

de longs métrages, dont Alabama Monroe de Felix Van Groeningen, L’Énigme Velazquez

de Stéphane Sorlat, La Communion de Jan Komasa jusqu’à La guitarra flamenca de Yerai

Cortes d’Anton Alvarez, son ultime sortie, le 2 juillet dernier.

Une salle ScreenX de MJR Theatres, la filiale américaine de Kinepolis

Après un premier semestre bouclé en

hausse, le groupe d’Eddy Duquenne

repasse derrière 2024 à l’issue d’un troisième

trimestre où il a enregistré 8,19

millions d’entrées, soit 11,1 % de moins

que l’année dernière (9,21 millions).

Les plus fortes baisses sont observées en

France avec 1,35 million de spectateurs

(-19,2 %), aux Pays-Bas (0,62 million

d’entrées, -15,1 %) et aux États-Unis

(1,04 million d’entrées, -12 %). Le chiffre

d'affaires est également à la baisse, bien

que le groupe belge précise que la comparaison

est « moins favorable en raison du

succès, entre autres, de Vice-Versa 2 en

2024 ». Ce troisième trimestre s’est

toutefois bien terminé grâce aux sorties

en septembre de Conjuring : L’Heure du

jugement et de Demon Slayer : Kimetsu no

Yaiba La Forteresse Infinie Film 1.

En outre, les recettes par visiteur sont à

la hausse par rapport à 2024, « grâce notamment

à l'engagement en faveur des expériences

cinématographiques premium ». Kinepolis

a pour l’heure réalisé 22,46 millions d’entrées

en 2025, soit un recul de 3,1 % par

rapport à 2024 (23,18 millions). Le groupe

compte pour rappel 108 cinémas depuis

le 1 er octobre – et la vente de son cinéma

de Port Alberni au Canada, exploité par

sa filiale Landmark Cinemas –, répartis

dans 8 pays.

J.D.

Un mois plus tôt, une autre société de distribution indépendante, KapFilms, a déposé le

bilan. Le tribunal des activités économiques de Paris a prononcé la liquidation judiciaire,

le 18 septembre, de la société, placée en redressement judiciaire en octobre 2018 avant

d’en sortir en septembre 2020. C’est en 2006 qu’Arnaud Kerneguez avait lancé KapFilms,

initialement centrée sur la production, avant d’élargir à la distribution suite au Covid,

avec des titres comme Entre nous de Jude Bauman ou Jour de colère avec JoeyStarr. Parmi

ses prochaines sorties figurait le drame historique sur le Débarquement, 7 jours en juin

de David Aboucaya, désormais auto-distribué par son réalisateur dès le 19 novembre.

T. C.

CINA mise sur une nouvelle

génération de volontaires

Cinémas Indépendants de Nouvelle-Aquitaine a lancé la quatrième saison de son dispositif

de Volontaires en Service Civique dans les cinémas qui chaque année, depuis 2022,

permet à une quinzaine de volontaires de participer, durant huit mois, à la programmation,

à la communication ou à l’animation de séances.

Innovation de cette année, un « parcours de formation pour aux tuteurs et tutrices » permet

d’« intégrer durablement la dimension écologique dans l’accompagnement des volontaires »,

en cohérence avec l’engagement de CINA et de sa charte des cinémas verts. A.A.

AGENDA DE LA PROFESSION

FESTIVAL DU FILM ITALIEN DE VILLERUPT 24 /10 au 11/11/25 VILLERUPT

RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE L'ARP 05 au 7/11/25 LE TOUQUET

ARRAS FILM FESTIVAL 07 au 16/11/25 ARRAS

RENCONTRES PROFESSIONNELLES DU NORD 12 au 14/11/25 ARRAS

CONVENTIONS GAUMONT du 18 au 27/1125

CONVENTION DIAPHANA 18/11/25 PARIS

JOURNÉE ART ET ESSAI DU CINÉMA EUROPÉEN 23/11/25 MONDE

RENCONTRES NATIONALES DE L’ARCHIPEL DES LUCIOLES 25 au 27/11/25 METZ

COLLOQUE POUR LES 70 ANS DE L’AFCAE 03 au 05/12/25 PARIS

FESTIVAL DU FILM DE SOCIÉTÉ DE ROYAN 03 au 07/12/25 ROYAN

SOMMET DES ARCS 16 au 20/12/25 LES ARCS

RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS

FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE

25 ES RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP

RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD

TOULOUSE, NANCY, LYON ET

VERN-SUR-SEICHE

Soutiens

ADRC

Séances accompagnées

La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben

Hania (Jour2Fête, 26 novembre)

Elle entend pas la moto de Dominique

Fischbach (Épicentre Films, 10 décembre)

Histoires de la bonne vallée de José Luis

Guerin (Shellac, 17 décembre)

L'Agent secret de Kleber Mendoça Filho

(Ad Vitam, 17 décembre)

Le Chant des forêts de Vincent Munier

(Haut et Court, 17 décembre))

Afcae

Répertoire

The Killer de John Woo (Metropolitan Filmexport,

26 novembre)

La Panthère rose de Blake Edwards

(Filmothèque Distribution, 24 décembre)

Le Sud de Victor Erice (Les Acacias, 7 janvier)

26 N°503 / 5 novembre 2025



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