Boxoffice Pro n°503 – 5 novembre 2025
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Bimensuel N°503 / 5 novembre 2025
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
LE FILM FAMILLE DE CE NOËL
AU CINÉMA LE 10 DÉCEMBRE
PRÉSENTE
RETROUVEZ LA SÉLECTION DE LA 17ÈME ÉDITION
DÈS LE 5 NOVEMBRE !
Au programme : une douzaine de films en prévisionnement,
des ateliers et conférences, des moments festifs…
RÉSERVEZ VITE VOTRE PACK
ACCRÉDITATION + HÉBERGEMENT!
Accréditations ouvertes jusqu’au 13 novembre
lesarcs-filmfest.com
Réservations et
infos sur notre site
Bimensuel N°503 / 5 novembre 2025
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
SOUS LE CIEL DE PARIS
L’EXPLOITATION À LA LOUPE
L'édito
Chasseurs de dettes
Le cinéma a retenu son souffle pendant quelques jours,
alors que l’Assemblée Nationale examinait le budget 2026.
Au menu de cet examen – et c’est malheureusement un
marronnier : l’avenir du Crédit d’impôt (national et international)
mais aussi des Sofica (qui ont investi 74 M€ en
2024 dans la production et la distribution. Dans la chasse
actuelle aux dépenses publiques, ces deux dispositifs sont
des cibles naturelles, d’autant qu’ils financent une industrie
jugée privilégiée par nombre de parlementaires et de Français.
Leurs rabotages avaient d’ailleurs tous deux été votés en
commission des finances, mais les députés ont eu l’heur de
les défendre et de ne pas affaiblir ces dispositifs essentiels.
La bataille est gagnée mais la guerre ne l’est pas. Le Crédit
d’impôt – mécanisme ô combien vertueux mais au nom si
provocateur – est régulièrement remis en cause, jusque dans
les rangs de l’administration fiscale française. Et il faudra
donc – comme c’est le cas pour les autres mécanismes qui
structurent notre écosystème – s’habituer à le défendre.
Cette menace provisoirement écartée, c’est du côté des
États-Unis que nos regards se portent. Nous avons évoqué
la vente de Warner Bros. Discovery, citant Skydance (nouveau
propriétaire de Paramount) et Netflix comme de potentiels
acquéreurs. Selon le scénario qui se profile – Netflix a
confirmé son intérêt et évalue son offre potentielle –-, à
quelles conséquences s’attendre ? Dans le cas d’une acquisition
par Paramount, cela serait une déflagration similaire
à celle du rachat de la 20 th Century Fox par Disney. Avec,
outre les dégâts sociaux, des conséquences probables sur
l’offre de films, à l’image de ce qu’on a pu constater après
la disparition de la Fox. Mais aussi la certitude que le futur
conglomérat poursuivra sa collaboration avec les salles.
Dans l’hypothèse d’un rachat par Netflix, Reed Hastings,
qui a toujours revendiqué son désintérêt pour la salle
persisterait-il dans cette voie ? Ou comme Apple et Amazon
(via MGM), poursuivrait-il son intégration dans l’économie
traditionnelle du cinéma ? Il faudra attendre pour le savoir.
En espérant que la fréquentation mondiale redémarre pour
lui donner le goût du grand écran !
Laurent Cotillon
P. 8 à 11
ACTUALITÉS
Les programmes du Festival du film de
société de Royan et du Sommet des Arcs
PLF 2026 : le crédit d’impôt préservé
P. 10 à 17
L’EXPLOITATION
PARISIENNE
Regard sur le parc parisien
Rencontre avec Sophie Cazes
(Mission Cinéma de la Ville de Paris)
Des cinémas en transformation capitale
Les CIP à l’initiative
Sommaire
©Mary Erhardy
P. 21 à 24
DISTRIBUTION
Entretien avec Grégory Tilhac
(Festival Chéries-Chéris)
Retour sur l’Émission avec
Sidonie Dumas (Gaumont)
Le Pacte face à
L’Inconnu de la Grande Arche
Condor soigne la faim de Touch
P. 26
MISCELLANÉES
CDACi/CNACi, soutiens, liquidations
judiciaires et agenda de la profession
©2025 AGAT FILMS, LE PACTE
Le Club de l'Élysées Lincoln
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
Directeur de la publication
Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr
Directeur général délégué média & stratégie
Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr
Rédacteurs
Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,
Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,
Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr
Charlotte Pouillot / charlotte.pouillot@cinegroup.fr
Collaboration au magazine
Tanguy Colon
Base de données Films
guillaume.martin@webedia-group.com
est une publication de
Publicité / Base de données distributeurs
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Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com
Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com
Réalisation CINE GROUP
Maquette / Infographie
Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr
Impression
ORMONT IMPRIMEUR
4 Rue Antoine de Saint-Exupéry
88100 Saint-Dié-des-Vosges
Focus sur Multiciné
Entretien avec Dulac Cinémas
La Rédaction
JULIEN MARCEL
Directeur de la
publication
LAURENT COTILLON
Directeur général délégué
média & stratégie
AYSEGÜL ALGAN
Journaliste
CÉCILE VARGOZ
Journaliste
JULES DREYFUS
Journaliste
CHARLOTTE POUILLOT
Journaliste
PHILIPPE COSQUERIC
Maquette
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@boxofficefr
Boxoffice Pro France
4 N°503 / 5 novembre 2025
PAPRIKA FILMS & KOBALANN PRODUCTIONS
PRÉSENTENT
Après LA PANTHÈRE DES NEIGES
LE NOUVEAU FILM DE VINCENT MUNIER
MUSIQUE ORIGINALE : WARREN ELLIS - DOM LA NENA & ROSEMARY STANDLEY
AVEC LE GRAND TÉTRAS, LE CERF ÉLAPHE, MICHEL MUNIER, LE LYNX BORÉAL, SIMON MUNIER, LE TROGLODYTE MIGNON
AU CINÉMA LE 17 DÉCEMBRE
Crédits non contractuels • Design : Héloïse / Kevin & Ben • TROÏKA
Actualités
Le 47 e Cinemed
délivre son palmarès
L’Antigone d’or, le prix du public… mais
aussi un nouveau prix des exploitants
ont été décernés le 25 octobre en
clôture du Festival de cinéma méditerranéen
de Montpellier.
Le jury présidé par Ariane Ascaride a distingué
Les Dimanches de la réalisatrice espagnole Alauda Ruiz
de Azúa, déjà couronné à San Sebastian. Son distributeur,
Le Pacte, sera ainsi soutenu par une dotation de 10 000 €
de la Métropole de Montpellier Méditerranée – et la
cinéaste dotée de 5 000 €.
Si La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania repart
avec deux prix – celui du Public et celui de la Critique –
c’est D'où vient le vent, de la Tunisienne Amel Guellaty
qui a reçu le nouveau Prix des exploitants. Ils s’engagent
ainsi à programmer le film au moins deux semaines dans
leurs salles. « Un film qui porte de l’espoir, et sur lequel nous
pourrons travailler conjointement avec le distributeur lors de
sa sortie, en imaginant un accompagnement, des animations,
des discussions », a souligné Eva Favot, du cinéma Le
Taurus de Mèze. Ce road trip de deux jeunes Tunisiens s’est
démarqué, pour les exploitants locaux, « par ses qualités
artistiques, narratives mais aussi pour son approche d’une
jeunesse prête à tout pour continuer de rêver ».
Palmarès longs métrages
Antigone d’or :
Les Dimanches de Alauda Ruíz de Azúa (Le
Pacte, 11/02/26)
Prix du Public & Prix de la Critique :
La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania
(Jour2Fête, 26/11/25)
Prix jeune public des activités sociales de l’énergie :
Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris
(UFO, 18/02/26)
Prix étudiant de la première œuvre :
Le Garçon qui faisait siffler les collines de Georgi M.
Unkovski (KMBO, 03/06/26)
Prix Ulysse du documentaire :
With Hasan in Gaza de Kamal Aljafari
Prix des exploitants :
D'où vient le vent (Where the Wind Comes From) de Amel
Guellaty (L'Atelier Distribution, 03/05/26)
Le premier jury Exploitants / La Gazette, avec, de gauche à droite
et de bas en haut : Géraldine Laporte (Cinemed), Eva Favot
(Taurus, Mèze), Christophe Leparc (Cinemed), Adrien Reyne
(Diagonal, Montpellier), Jean-Sylvain Minssen (Sémaphore,
Nîmes), Raphaël Vion (Comoedia, Sète), Frédéric Lecomte (Alain-
Resnais, Clermont l’Hérault), Jean Rochas (Royal, Uzès) et Thierry
Laurentin (Gazette de Montpellier et Nîmes).
©Céline Escolano / La Gazette de Montpellier
PROGRAMMES : LE FESTIVAL DU FILM DE
SOCIÉTÉ DE ROYAN…
La 5 e édition aura lieu du 3 au 7 décembre au cinéma
Le Lido de Royan et à la Salle Michel Legrand
de Saint-Palais-sur-Mer.
À travers une trentaine de films venus de tous horizons,
des rencontres et des débats, le Festival du Film de
société de Royan invite le public, pendant cinq jours,
à explorer les grands enjeux humains, sociaux et
culturels d’aujourd’hui. Le jury professionnel réunit
autour du président Vincent Perez, comédien et
réalisateur, les comédiennes Valérie Bonneton et
Marilou Aussilloux, le scénariste et réalisateur Frédéric
Farrucci et l’ancien programmateur et distributeur
Thierry Laurentin. En parallèle de la compétition
officielle, une compétition jeunesse sera soumise à un
jury de lycéens de Royan. Une section Panorama sera
consacrée au cinéma mondial, avec un focus américain,
ainsi que deux avant-premières issues du festival
scolaire. Boxoffice Pro est partenaire de cette 5 e édition,
dont on notera que tous les films, toutes sections
confondues, ont un distributeur français.
COMPÉTITION
À pied d’oeuvre de Valérie Donzelli (Diaphana, 04/02/26)
Furcy, né libre de Abd Al Malik (Memento, 14/01/26)
Julian de Cato Kusters (JHR Films, 04/02/26)
L’Illusion de Yakushima de Naomi Kawase (Ad Vitam, 25/02/26)
La Condition de Jérôme Bonnell (Diaphana, 10/12/25)
Les Dimanches de Alauda Ruiz de Azúa (Le Pacte, 11/02/26)
Love Me Tender de Anna Cazenave Cambet (Tandem, 10/12/25)
COMPÉTITION JEUNESSE
Furcy, né libre de Abd Al Malik
La Danse des renards de Valéry Carnoy (Jour2Fête, 18/03/26)
Le Garçon qui faisait danser les collines
de Georgi M. Unkovski (KMBO, 03/06/26)
… ET LE SOMMET DES ARCS
L’événement se tiendra du 16 au 20 décembre en
parallèle des Arcs Film Festival.
Sous la neige des Arcs, cette 17 e édition du Sommet se
répartit en quatre ateliers, onze projections et plusieurs
moments ludiques tels qu’une descente en luge, un quiz
Senscritique ou encore plusieurs cocktails et soirées.
ATELIERS
Le traditionnel Café des Indés – dont la version estivale
se tient en juin au moment des Rencontres du cinéma
indépendant – permet aux participants de réfléchir
collectivement à des enjeux actuels du secteur. L’Acid,
l’Afcae, le Dire, le GNCR, le Scare et le SDI, en lien
avec le fil rouge du Festival sur la démocratie, proposeront
chacun une discussion pour explorer les solutions concrètes
aux enjeux de la position et du rôle du cinéma dans
la société.
Le Laboratoire des initiatives présente des projets
innovants par leur technologie et leur usage, et sera
présenté par les salles et leurs partenaires – Privio,
Cinesociety, Cut !, Cineville (Pays-Bas) et Territoires
Immersifs.
Lors de l'atelier Vis ma vie, les participants devront
s’essayer au travail stratégique de leurs partenaires
Une année italienne de Laura Samani (Arizona, 10/06/26)
Le Gâteau du Président de Hasan Hadi (Tandem, 04/02/26)
Jusqu’à l’aube de Shô Miyake (Art House, 14/01/26)
Ma Frère de Lise Akoka et Romane Guéret (Studiocanal, 07/01/26)
HORS COMPÉTITION
Animal Totem de Benoît Delépine
(Ad Vitam, 10/12/25)
Elle entend pas la moto de Dominique Fischbach
(Epicentre Films, 10/12/25)
L’affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé
(Le Pacte,14/01/26)
L’île de La Demoiselle de Micha Wald
(The Jokers, 25/03/26)
Le Chant des forêts de Vincent Munier
(Haut et Court, 17/12/25)
Les Enfants de la Résistance
de Christophe Barratier (Studiocanal, 11/02/26)
Les Filles du ciel de Bérangère McNeese
(Memento, 04/03/26)
Ludovic de René Paul Letzgus (CGR Events, 01/01/26)
Omaha de Cole Webley (Condor Distribution, 2026)
Promis le Ciel de Erige Sehiri (Jour2fête, 28/01/26)
Orwell 2+2=5 de Raoul Peck (Le Pacte, 25/02/26)
Qui brille au combat de Joséphine Japy (Apollo, 31/12/25)
Rebuilding de Max Walker-Silverman (KMBO, 17/12/25)
Rue Malaga de Maryam Touzani (Ad Vitam, 18/03/2026)
The New West de Kate Beecroft (Pyramide, 29/04/26)
Planètes de Momoko Seto (Gebeka Films, 11/03/26)
Sauvons les meubles de Catherine Cosme
(New story, prochainement)
Olivia de Irene Iborra Rizo (KMBO, 21/01/26)
Sorda de Eva Libertad García (Condor Distribution, 01/04/26)
Les demandes d’accréditations professionnelles sont
ouvertes, en ligne jusqu’au 26 novembre inclus.
– LuckyTime et le Scare –, afin de mieux comprendre
les collaborateurs quotidiens, mais aussi de faire émerger
de nouvelles manières de travailler et de gérer
certains imprévus.
Nouvelles pistes est un moment où des exploitants
de salles bientôt ou récemment ouvertes présenteront
leurs lieux originaux qui participent à réinventer et
réinvestir la salle de cinéma comme lieu unique –
en partenariat avec Ozzak.
LES PROJECTIONS
Allah n’est pas obligé de Zaven Najjar (Bac Films, 11/03/26)
I Swear de Kirk Jones (Tandem, 08/04/26)
Julian de Cato Kusters (JHR Films, 25/03/26)
Les Filles du ciel de Bérangère McNeese (Memento, 04/03/26)
Little Trouble Girls d’Urška Djukić (ASC Distribution, 11/03/26)
Orphan de László Nemes (Le Pacte, 11/03/26)
Rue Málaga de Maryam Touzani (Ad Vitam, 18/03/26)
Rural d’Édouard Bergeon (Jour2Fête, 04/03/26)
Sauvons les meubles de Catherine Cosme (New Story)
Une année italienne de Laura Samni (Arizona, 10/06/26)
Et un film surprise distribué par Haut et Court…
La programmation et les inscriptions, ouvertes jusqu’au
13 novembre, sont à retrouver sur le site du Sommet
des Arcs.
6 N°503 / 5 novembre 2025
BUDGET 2026
LE CRÉDIT D'IMPÔT CINÉMA PRÉSERVÉ
Après la mobilisation de la profession, les députés
ont rejeté l’amendement qui visait à baisser le
taux du crédit d’impôt sur la production cinéma.
L’amendement déposé par le député Ensemble pour la
République Jean-René Cazeneuve, qui avait été adopté
par commission des finances le 20 octobre, prévoyait la
réduction de 30 % à 25 % du taux du crédit d’impôt
cinéma pour les films de plus 7 millions d’euros, et à
20 % pour ceux dont le budget est inférieur. Un projet
qui a suscité l’incompréhension des professionnels de la
filière, auquel était opposée aussi la ministre de la Culture,
comme elle l’a exprimé lors de son audition au Sénat. À
l’Assemblée nationale le 29 octobre, Jean-René Cazeneuve,
devant « l’émotion provoquée et par respect pour l’industrie
cinématographique », a finalement retiré son amendement.
Le RN, via son député Anthony Boulogne, a bien essayé
de le réintroduire, mais l’amendement a été rejeté à 176
voix contre, et 70 pour.
Les députés ont, un peu plus tard, également adopté la
prorogation du crédit d’impôt international.
Au programme de la convention Diaphana
Le 18 novembre, la société de Michel Saint-Jean convie
les exploitants au Pathé Fauvettes (Paris) pour une
journée de projections. Outre des images de son lineup,
le distributeur proposera également trois films :
À pied d’œuvre de Valérie Donzelli (sortie le 4/02),
La Guerre des prix d’Anthony Dechaux (18/03) et
Vivaldi et moi de Damiano Michieletto (à dater).
©Christine Tamalet
De son côté, la ministre chargée des Comptes publics,
Amélie de Montchalin (Renaissance), a loué la « stabilité
» de l’industrie cinématographique française, qui
est un « fleuron de notre paysage culturel ». Un constat
partagé par plusieurs députés, notamment Éric Coquerel
(La France Insoumise), pour lequel « s’il n’y avait pas
tous les dispositifs en faveur du cinéma français, il aurait
disparu comme beaucoup de cinémas dans le monde ».
… et un doublement de la taxe sur
les Gafam
Le même Jean-René Cazeneuve avait proposé par
ailleurs d’augmenter la taxe visant les géants du numérique,
« qui doivent payer en France un impôt qui soit
proportionnel à leur activité », en portant le taux de
3 % à 15 % pour les groupes réalisant 2 milliards
d’euros de chiffres d’affaires. Face à la méfiance du
gouvernement, Roland Lescure craignant « des représailles
disproportionnées », les députés ont finalement
voté pour que ce taux passe de 3 % à 6 %.
©La Filmothèque Distribution
Le pass Culture crée un
Conseil des jeunes
Cette nouvelle entité permettra de « renforcer la participation
des jeunes dans la gouvernance et l’action du pass
Culture » en « [soumettant] à la gouvernance des établissements
des avis et des propositions en matière de programmation,
de médiation et d’accueil des publics ».
Un lancement qui s’inscrit dans la continuité de plusieurs
innovations du pass visant à inclure les jeunes dans ses
décisions, tels que le programme Ambassadeurs – 400
jeunes qui représentent les utilisateurs du pass auprès
des institutions et des acteurs culturels – et les Clubs
culturels – 300 utilisateurs dans des groupes dédiés à
certaines domaines précis.
Ciné Sorbonne devient
La Filmothèque
Distribution
Comme annoncé au marché du Festival Lumière (voir
Boxoffice Pro du 22 octobre 2025),
la société, toujours engagée sur le cinéma de patrimoine,
veut enrichir son catalogue « en combinant et grands classiques
populaires à redécouvrir », et marque son évolution
par un nouveau nom : La Filmothèque Distribution, et un
nouveau logo. La Panthère Rose de Blake Edwards a d’ailleurs
très récemment intégré son line-up, au 24
décembreprochain, « l'occasion de célébrer le centenaire de
Peter Sellers et de rendre hommage à Claudia Cardinale ».
Bastien Bouillon dans À pied d’œuvre de Valérie Donzelli,
en salles le 4 février 2026.
Netflix réfléchit à une
offre pour l'acquisition
de Warner Bros.
Discovery
Quelques jours après que Warner Bros. a annoncé
étudier des possibilités de rachat, et que le nom de
Netflix circulait parmi les repreneurs, le géant du
streaming passe la seconde. En effet, d’après Reuters,
Netflix aurait engagé la bande d’investissement Moelis
& Co – qui a également conseillé Skydance Media
pour son rachat de Paramount Global – pour « évaluer
une éventuelle offre ».
Pour rappel, Warner Bros. Discovery doit, d’ici mi-2026,
se scinder en deux entités : une Streaming & Studios
(autour des productions cinématographiques et audiovisuelles),
et une Global Networks (autour des marques
télévisuelles). Toutefois, le PDG de Netflix, Ted Sarandos,
a déjà indiqué ne pas être intéressé dans l’acquisition
de cette dernière branche.
La réplique
- Je suis la colère de Dieu,
la terre sur laquelle je marche
me voit et tremble.
Klaus Kinski dans Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog
(1972), à l’occasion de la rétrospective dédiée au cinéaste chez
Potemkine (19 novembre).
La Panthère rose, de Blake Edwards, cumule pour l'heure,
près de 870 000 entrées dans les salles françaises depuis
sa sortie en 1964.
CGR Cinémas
lance le RECIF
Initié par le groupe rochelais, le “Réseau engagé de
cinémas indépendants français” (RECIF) propose aux CSE,
collectivités, institutions, associations... de bénéficier de
contremarques à un tarif harmonisé, utilisables dans les
73 cinémas CGR et la quinzaine de cinémas indépendants
déjà membres du réseau. Le projet vise à élargir le
nombre de salles accessibles avec la billetterie émise
par le 2 è circuit français, mais à travers « une marque
neutre », pour contribuer « à une meilleure répartition
des flux de fréquentation, notamment dans les zones moins
couvertes par les grands réseaux ». Une coopération
« socialement engagée », selon le RECIF, qui apporte
« un soutien complémentaire – et non concurrent –
aux offres propres de chaque partenaire ».
N°503 / 5 novembre 2025
7
DIANE ROUXEL
GABMAN ET APOLLO FILMS
PRÉSENTENT
CÉCILE DE FRANCE
SALOMÉ DEWAELS
UN FILM DE
NICOLAS KEITEL
LINA EL ARABI
PAUL HAMY
SCENARIO ET DIALOGUES NICOLAS KEITEL IMAGE JOACHIM PHILIPPE MONTAGE NICOLAS KEITEL MUSIQUE ORIGINALE SUPERPOZE SON THOMAS GRIMM-LANDSBERG PAUL HEYMANS ALINE GAVROY CASTING MICHAËL BIER DECORS MOHAMED AYADA COSTUMES MANU VERSCHUEREN PREMIERE ASSISTANTE MISE EN SCENE MARILOU SIGNOLET
DIRECTRICE DE PRODUCTION CHRISTELLE MAHY DIRECTRICE DE POST-PRODUCTION CHARLOTTE DULIERE SUPERVISION MUSICALE VARDA KAKON UNE PRODUCTION GABMAN EN COPRODUCTION AVEC LA BOETIE FILMS SCOPE PICTURES AVEC LA PARTICIPATION DE NETFLIX EN ASSOCIATION AVEC UNIVERSCINE AVEC LE SOUTIEN DE IMPACTFILM PROCIREP
SACEM CNC EN COPRODUCTION AVEC RTBF (TELEVISION BELGE) PROXIMUS VOO & BETV PRODUCTEURS ASSOCIES TANGUY DEKEYSER VALERIE BERLEMONT PHILIPPE LOGIE AVEC LA PARTICIPATION DE LA REGION BRUXELLES-CAPITALE PRODUIT AVEC L'AIDE DU CENTRE DU CINEMA ET DE L'AUDIOVISUEL DE LA FEDERATION
WALLONIE BRUXELLES AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FEDERAL BELGE VIA SCOPE INVEST DISTRIBUTION APOLLO FILMS ET VENTES INTERNATIONALES FRANCE TV DISTRIBUTION COPRODUIT PAR JEAN-BAPTISTE DUPONT GENEVIÈVE LEMAL EN ASSOCIATION AVEC MARCELLA ET GÉRARD REYNAUD
PRODUIT PAR VALÉRIE GARCIA
GABMAN ET APOLLO FILMS
PRÉSENTENT
AU CINÉMA LE 10 DÉCEMBRE
CONTACTEZ VOTRE INTERLOCUTEUR
HABITUEL CHEZ APOLLO
DIANE ROUXEL
GABMAN ET APOLLO FILMS
PRÉSENTENT
CÉCILE DE FRANCE
SALOMÉ DEWAELS
DIANE ROUXEL
CÉCILE DE FRANCE
SALOMÉ DEWAELS
UN FILM DE
NICOLAS KEITEL
LINA EL ARABI
PAUL HAMY
LE 10 DÉCEMBRE AU CINÉMA
LINA EL ARABI
UN FILM DE
NICOLAS KEITEL
PAUL HAMY
LE 10 DÉCEMBRE AU CINÉMA
AFFICHES 120X160 ET 40X60
FILM-ANNONCE
"UNE AMBIANCE INTENSE, AUX AIRS DE THRILLER FAMILIAUX
QUI PREND AU CŒUR ET QUI NE LAISSE PAS INDIFFÉRENT.
LARMES ET ÉMOTIONS FORTES GARANTIES, SOUTENUE PAR
UNE MISE EN SCÈNE DE RIGUEUR ET DE JEUNES ACTRICES AU JEU JUSTE."
SIGRID TIBERGHIEN - EMERAUDE CINÉMAS
"LE FILM BOULEVERSE, LES COMÉDIENNES SONT AUTHENTIQUES.
ON EN SORT LA GORGE NOUÉE."
ALEXANDRE MOUILLOUR - CINÉVILLE - LORIENT
"LOUISE EST UN FILM D’UNE GRANDE SINCÉRITÉ ET LES ACTRICES
Y LIVRENT DES PERFORMANCES D’UNE INTENSITÉ RARE. LE FILM VIENT
VOUS TOUCHER EN PLEIN COEUR ET PROVOQUE CES VIVES ÉMOTIONS
QUE L’ON AIME TANT RESSENTIR DANS LE SILENCE D’UNE SALLE OBSCURE."
PATRICE MARTIN - CGR CINÉMAS
LE FILM EST DISPONIBLE SUR LA PLATEFORME AFCAE
©Jean-Louis Fernandez
Tissu unique au monde, le parc cinématographique de la
capitale connaît depuis plusieurs années une baisse de la
fréquentation, accrue par la pandémie, qui s’illustre aussi
par la fermeture de ses grandes salles historiques des
Champs Élysées. Pourtant, nombre d’acteurs innovent en
orientant leurs salles vers une forme de premiumisation
chaleureuse, comme l’affirme Multiciné avec la
transformation de son Élysées Lincoln, ou en proposant
une programmation très événementialisée, à l’instar
de Dulac Cinémas et, plus généralement, des Cinémas
Indépendants Parisiens qui misent tous sur la jeunesse.
Des initiatives qui bénéficient, entre autres,
du soutien de la Mission Cinéma de la Ville de Paris.
Alors que de nouvelles (ré)ouvertures sont attendues,
plongée en chiffres et en lettres dans l’exploitation
parisienne… en toute indépendance.
Aubry Dullin incarne Jean-Paul Belmondo dans Nouvelle Vague de Richard Linklater.
UN PARC DE SALLES
ET UNE FRÉQUENTATION QUI ÉVOLUENT
MOINS VITE QU’EN RÉGIONS
Si la capitale reste la ville la mieux équipée en cinémas, pour des spectateurs
plus assidus qu’ailleurs, c’est aussi là que la fréquentation peine le plus à
retrouver ses niveaux d’avant-crise.
6,3 % du parc hexagonal pour 9,6 % des
entrées en 2024
Dans sa Géographie du cinéma de l’année 2024, le CNC
dénombre 78 cinémas et 401 écrans à Paris, ce qui
représente 6,3 % du parc hexagonal, mais aussi un fauteuil
pour 33 habitants, contre 59 en moyenne pour l’ensemble
de la France. Des chiffre stables sur un an, avec trois
établissements qui ont (ré)ouvert en 2024 – le monoécran
Le Jeu de Paume (1 er arrondissement), La Géode
à la Villette (19 e ) et le Pathé Palace, ancien Gaumont
Opéra dans le 9 e , rouvert après cinq ans de travaux –
et trois qui ont fermé – le Gaumont Champs-Élysées
Marignan (8 e ), le Bretagne (6 e ) et la salle du Boris Vian
Grande Halle (19 e ), qui n’ouvrait qu’en été.
Les 6 e , 13 e , 14 e , 15 e et 19 e arrondissements concentrent
toujours plus de la moitié des écrans et 44 % des entrées,
tandis que le 7 e reste sans cinéma… en attendant la
réouverture de la Pagode. Paris abrite 14 multiplexes*
– dont l’UGC Ciné Cité les Halles de 27 écrans –,
et 38 cinémas sont classés art et essai, dont près de la
moitié sont situés dans les 5 e et 6 e arrondissements.
Côté fréquentation, les salles parisiennes ont enregistré
17,4 millions d’entrées en 2024, soit 9,6 % de la fréquentation
française (181,5 millions), avec un indice de 8,03
entrées par habitant, ce qui reste très supérieur à la
moyenne nationale (2,73), et un taux d’occupation des
fauteuils de 15,7 %, contre 12,1 % sur l’ensemble du
territoire.
Une fréquentation très en retard par
rapport à l’avant Covid
Pourtant, alors que la fréquentation nationale a légèrement
progressé entre 2023 et 2024 (+0,6 %), elle a baissé à
Paris (-1,2 %). Avec des différences selon les quartiers et
équipements : dans le 13 e par exemple, les entrées ont
chuté de 51 % après la fermeture du Gaumont Marignan,
tandis qu’elles ont grimpé de 35,1 % dans le 9 e avec la
réouverture du Pathé Palace.
Mais si l’on compare avec la moyenne 2017-2019,
Paris reste en retard de 24,2 %, quand l’ensemble du
parc limite sa baisse à 12,7 %. Un retard d’autant plus
marquant quand on sait que les agglos entre 10 000
et 20 000 habitants, en régions, ont une fréquentation
en hausse de 13,6 %. Certes, le développement du
parc de ces petites villes (11,6 % d’écrans en plus
depuis le Covid) y a contribué, alors que Paris est
passé de 84 cinémas en 2017 à 78 en 2024.
Le parc de salles est loin d’être le seul facteur de la
désaffection du public parisien – et sa réduction en
est aussi la conséquence –, mais il faudra observer si
son évolution, au vu des rénovations récentes et des
projets en cours, relance le dynamisme.
Cécile Vargoz
*18 % des cinémas parisiens sont des multiplexes : l’UGC Ciné Cité les Halles (27 écrans),
l’UGC Ciné Cité Bercy (18 écrans), le MK2 Bibliothèque (16 écrans), le Pathé La Villette 19
(16 écrans), le Pathé Parnasse (15 écrans), le Pathé Aquaboulevard (14 écrans), l’UGC Ciné
Cité Paris 19 (14 écrans), l’UGC Ciné Cité Maillot (12 écrans), le Pathé Wepler (11 écrans),
l’UGC Gobelins (11 écrans), le Pathé Beaugrenelle (10 écrans), le Pathé Convention (9
écrans), le MK2 Nation (8 écrans) et le Pathé Alésia (8 écrans).
10 N°503 / 5 novembre 2025
L’EXPLOITATION PARISIENNE
EN QUÊTE D’UN NOUVEAU SOUFFLE
Rencontre avec Sophie Cazes
Paris en 2024
78 établissements dont 14 multiplexes
401 écrans (+1)
17,37 millions d’entrées (-1,2 % vs 2023)
8,03 entrées par habitant
139,46 M € TTC de recettes (-0,8 %)
8,03 € TTC par entrée (+0,4 %)
Films art et essai : 49,4 % des entrées parisiennes
en 2024 (moyenne nationale 25,1 %)
L’ancienne directrice générale adjointe de la Fémis a succédé fin janvier à Michel
Gomez en tant que déléguée de la Mission Cinéma de Paris. En quelques mois,
ses travaux ont tenté de cerner un marché loin d’être remis de la pandémie, et qui
reste toutefois en perpétuelle évolution.
©Boxoffice Pro / Jules Dreyfus
Paris-périphérie :
les multiplexes ont fait
grimper le nombre d’écrans
en 10 ans
L’agglomération parisienne a gagné 130 écrans depuis
2015, soit la plus forte progression enregistrée à l’échelle
nationale. Et entre les 36 cinémas qui ont ouvert et les 27
qui ont fermé, on en compte 9 de plus qu’il y a dix ans, soit
291 pour 1 143 salles. Cette progression s’explique notamment
par l’ouverture de 10 multiplexes dans les départements
de banlieue : le CGR My Place de 10 écrans à
Sarcelles (95), le Pathé de 9 écrans à Massy (91) et le
Mégarama de 8 écrans à Montigny-lès-Cormeilles (95) en
2017 ; le Kinépolis de 10 écrans à Brétigny-sur-Orge (91) et
le Mégarama Pince-Vent de 8 écrans à Chennevièressur-Marne
(94) en 2018 ; le Kinépolis de 9 écrans à Servon
(77), l’UGC Ciné Cité de 18 écrans à Vélizy- Villacoublay (78)
et l’UGC Ciné Cité de 12 écrans à Le Chesnay (78) en 2019 ;
le CGR de 10 écrans à Nanterre Cœur Université (92) en
2020 et l’UGC de 9 écrans à Plaisir (78) en 2021. Le parc
s’est aussi étendu intra-muros, avec les ouvertures du
Pathé La Villette en 2016 (16 écrans dans le 19 e arrondissement),
des 7 Batignolles (7 écrans dans le 17 e ) en 2018 ou
encore du Pathé Palace en 2024 (7 écrans dans le 9 e ).
Un public masculin,
CSP+ et assidu
59 % des spectateurs parisiens sont des hommes, alors
qu’ils ne représentent que 46,9 % de la population de la
capitale – et 52,9 % du public français en général. Si la
répartition par âge est globalement proche de celle
observée à l’échelle nationale, les 50 ans et plus sont toutefois
sous-représentés à Paris (29,9 % du public pour 34,8 %
de la population). Autre différence : les CSP+ étant bien
plus nombreux dans la capitale, ils y représentent 36,1 %
du public, contre 25,1 % sur l’ensemble du territoire.
Mais les spectateurs parisiens se distinguent surtout par
leurs habitudes de fréquentation : 29,5 % sont des assidus,
contre 13,3 % au niveau national. Et si l’on compte un peu
plus de spectateurs réguliers à Paris qu’ailleurs, le public
occasionnel ne représente que 21,6 %, contre 41 %
pour la France en général.
Dans quel état se situe le marché parisien en 2025 ?
À mi-octobre, la fréquentation parisienne accuse un recul
de 5 % par rapport à 2024 – une baisse plus contenue
que celle observée au niveau national (-14,4 % entre
janvier et septembre). Mais la situation reste contrastée :
certains circuits souffrent, tandis que plusieurs indépendants
affichent une hausse.
Plus globalement, le marché parisien peine à
retrouver sa fréquentation d’avant crise, mais
ce recul se remarquait depuis plusieurs années
déjà. Qu’est-ce qui peut expliquer cette baisse ?
C’est un sujet que nous avons étudié en profondeur avec
Carine Rolland, adjointe à la maire en charge de la Culture
et de la ville du quart d'heure, et Aurélie Filippetti,
directrice des affaires culturelles de la Ville, et que nous
avons partagé avec tous les acteurs parisiens, circuits et
salles indépendantes. L’idée était de voir s’il existait une
corrélation totale de la fréquentation entre 2014 et 2024
avec les évolutions démographiques de la ville et de la
périphérie, et de voir le cas échéant les autres facteurs de
ce recul, au-delà de l’offre de films en salles.
Il apparaît ainsi qu’à Paris, entre 2014 et 2024, les salles
indépendantes ont perdu 30 % de leur fréquentation,
contre 35 % pour les circuits. Mais avant la pandémie,
la baisse était surtout marquée chez les indépendants
(-28 % entre 2014 et 2019, contre -2 % depuis 2019).
Les circuits, eux, ont davantage souffert depuis le Covid
(-26 % depuis 2019, contre -11 % auparavant). En
périphérie, la dynamique est inverse : avec un nombre
d’établissements en hausse, la fréquentation des circuits
a progressé de 81 % jusqu’à 2019. En parallèle, les entrées
des indépendants ont baissé de 47 % dans un parc relativement
stable. En revanche, depuis 2019, ces derniers
ne perdent que 20 % de leur fréquentation, alors que les
circuits sont à -22 % avec un parc en croissance.
Pour quelles raisons ? Déjà, la population et le parc
cinématographique de Paris sont en recul, de respectivement
6 % et 10 % entre 2014 et 2024. Mais cela
n’explique pas tout car à l’inverse, la périphérie voit
sa population et son parc croître, alors que sa fréquentation
diminue aussi. La question de l’attractivité des
films en salles, l’évolution des habitudes, l’enjeu du
télétravail, la concurrence des plateformes ou encore
la question du prix du billet jouent sans doute aussi
un rôle déterminant.
Justement, lors des dernières Rencontres du cinéma
indépendant [voir Boxoffice Pro du 25 juin
2025], un certain nombre d’acteurs ont fait part
de leur volonté de lancer une étude sur le marché
parisien. Est-ce que cette demande a pu aboutir ?
Ce sujet concerne moins la Ville que la médiatrice et
le CNC, qui a en effet manifesté son intérêt de regarder
attentivement, en lien avec les distributeurs et exploitants,
ce qui se passe, pour commencer, dans certaines communes
de France. En revanche, le Centre a accepté la proposition
de la Ville de réaliser une étude sur la mobilité du public
entre Paris et la périphérie, et au sein de Paris. Il s’agit
d’un sujet qui nous tient à cœur, et dont l’approfondissement
nous permettra de mieux connaître le public
d’aujourd’hui, et même de nous interroger sur la pertinence
de la notion de quartier.
N°503 / 5 novembre 2025
11
Exploitation parisienne
Mon Premier Festival
clôture une édition
historique
La 21 e édition du festival jeune public, organisé du 22 au
28 octobre derniers par la Ville de Paris et Enfances au
cinéma, a enregistré un record de 39 500 entrées au fil de
350 séances réparties dans les salles de la capitale. Parmi
les nouveautés, un pass numérique a été mis en place, où
les familles étaient invitées à explorer les différents
cinémas partenaires pour cumuler des avantages. Lors de
la clôture, au Cinéma des cinéastes, trois films ont été
distingués par les différents jurys :
Le jury d’enfants a remis le Prix du jury du meilleur film à
L’Étage secret… Bad Gastein de Norbert Lechner (Fanny
Dorian Productions, 20/03/26)
Le Prix du jury jeunes a récompensé Planètes de Momoko
Seto (Gebeka, 11/03/26)
Le Prix du public a été décerné à Les Rêveurs d’Isabelle
Carré (Pan, 12/11/25)
De quelle manière la Mission Cinéma soutient-elle
l’exploitation parisienne ?
Nous agissons sur trois axes principaux, visant à offrir un
tissu d’équipement le plus large possible afin de faire
bénéficier tous les spectateurs d’une offre variée. Le premier
est le soutien à l’investissement des salles indépendantes
– qu’il s’agisse de modernisation (comme bientôt à La
Clef et à la Pagode), de renouvellement d’équipements
ou de création comme prochainement au CiNey. Le
deuxième concerne le soutien en fonctionnement à hauteur
de 900 000 €, de 34 cinémas indépendants. Troisièmement,
nous sommes d’une part très présents sur l’éducation aux
images en soutenant Ma classe au cinéma : nous touchons
ainsi 70 % des établissements parisiens, de la maternelle
au collège. C’est un très bon taux, mais nous sommes
persuadés qu’il est possible de faire plus. Ce dernier soutien
incarne la politique de la Ville en matière du renouvellement
des publics : notre but est de continuer à transmettre le
plaisir de la salle et de la projection en collectif. D’autre
part, toujours dans une logique de transmission, nous
aidons une quarantaine de festivals et associations se
déployant très majoritairement dans les salles parisiennes,
et promouvant une variété de formats, de genres (courts
métrages, animation, documentaire, expérimental…) et
de cultures, à l’instar de Mon Premier Festival (voir ci-contre).
Enfin, la Mission Cinéma est un point d’entrée pour tout
type de questions des salles indépendantes et des circuits.
Par exemple, quand le Grand Rex organise une avant-première
qui se déploie en partie sur le domaine public, il
doit contacter les collègues de la communication de la
Ville de Paris, qui nous sollicitent à leur tour. De même,
quand le Pathé Palace était en travaux, nous étions très
attentifs au déroulé du projet.
Est-ce que tous ces soutiens pourraient être amenés
à évoluer en fonction du résultat des prochaines
élections municipales ?
Tout dépendra du souhait du nouvel exécutif élu. Néanmoins,
depuis que la Mission Cinéma existe [2002, ndlr.],
et malgré quelques variations de montants, je remarque
une certaine constance dans la politique d’animation, de
renouvellement des publics et des équipements ainsi que
de la diversité de l’offre.
Plus généralement, quels sont les points d’attention
de la Mission Cinéma dans les prochains mois ?
Nous observons d’un œil attentif les différentes stratégies
de long terme des groupes, comme celle de Pathé sur le
premium, et celle du rapprochement entre Canal+ et UGC
qui aura forcément un impact sur l’évolution et la modernisation
de son parc, ou celle de mk2 en matière d’hôtellerie
et immersif. Du côté des indépendants, l’association des
Cinémas Indépendants Parisiens favorise les initiatives de
ses membres, Multiciné a adopté une stratégie spécifique
du fait de ses établissements et de sa localisation, et le
groupe Dulac œuvre à une nouvelle logique de programmation
culturelle de ses salles. Il est donc important d’identifier
les enseignements de cette restructuration d’un marché
décroissant, que nous espérons retrouver croissant.
Propos recueillis par Jules Dreyfus
DES CINÉMAS EN TRANSFORMATION CAPITALE
Malgré la fermeture de plusieurs établissements
d’envergure ces dernières années, la capitale
voit également plusieurs salles sortir de terre ou
concrétiser des rénovations importantes. Après
le Grand Rex et l’Élysées Lincoln (voir p.16), et en
attendant l’extension de L’Arlequin (voir p.17),
tour d’horizon des chantiers en cours.
La Clef (5 e )
Le cinéma associatif du Quartier latin devrait rouvrir
ses portes début 2026, après plus d’un an de travaux…
et cinq ans d’occupation. En plus de ses deux salles,
des studios de postproduction, un bar associatif ainsi
qu’une bibliothèque en accès libre seront proposés [voir
le Boxoffice Pro du 30 avril 2025].
Le Saint-Germain-des-Prés (6 e )
Rebaptisé Silencio des Prés en 2021, l’établissement a
été racheté par Les Films du Losange fin 2024 et a repris
dans la foulée le nom du mythique quartier parisien.
En travaux depuis plusieurs mois, le mono-écran, qui
n’accueillait plus que des projections presse et des
locations, va, à sa réouverture en 2026, redevenir un
cinéma art et essai traditionnel.
La Pagode (7 e )
C’est sans doute LE projet qui attire le plus d’attention
désormais à Paris. L’iconique lieu, fermé depuis 2015,
bénéficie d’une transformation majeure qui aboutira à
l’ouverture d’un cinéma de quatre salles et plus de 400
places, dans un écrin majestueux aux accents nippons.
Si la conception intérieure a été confiée à l’architecte
Françoise Raynaud (Loci Anima), c’est Pierre-Antoine
Gatier, architecte en chef des monuments historiques
qui est chargé de la rénovation. Porté par le magnat
Charles S. Cohen, qui a racheté le site en 2017, le chantier
offrira un équipement digne de ce nom à un arrondissement
toujours orphelin de cinéma. Ouverture attendue
en 2026.
Le Brady (10 e )
Après des mois de travaux, l’historique cinéma dévoile
en plusieurs phases le résultat de sa transformation,
pilotée par l’architecte Jean-Marc Lalo. Ainsi, en septembre,
la salle 2 (39 places) a rouvert au public, suivie, début
octobre, par la grande salle 1 avec de nouveaux fauteuils
(99 sièges) et un gradinage pour un meilleur confort.
Cela a d’ailleurs permis d’aménager, dessous, un espace
convivialité qui accueille des ateliers mais aussi un espace
café. Enfin, la très attendue nouvelle salle 3, aux normes
d’accessibilité, ouvrira courant novembre, avec 37 places,
portant la capacité totale du Brady à 175 sièges, contre
139 auparavant.
Le CiNey (18 e )
Dernière ligne droite pour ce tiers-lieu mixte de 1 500 m²,
porté par l’association Sierra Prod. Début 2026, ouvrira
un établissement hybride doté de deux salles de projection
(de 89 et 83 places), d’un espace polyvalent, de studios
sons et post-production, d’un bar, mais aussi de cuisines
partagées, d’une épicerie solidaire et d’un restaurant
pilotés par la fondation de l’Armée du Salut. La Mission
locale de Paris aura également des bureaux et des salles
d’activités autour d’un pôle insertion. Réalisé par l’architecte
Olivier Palatre, l’équipement renforcera l’offre
cinématographique de l’arrondissement – composée
du Pathé Wepler et du Studio 28 –, avec l’ambition de
réaliser 20 000 entrées annuelles, autour d’une programmation
pensée avec les habitants du quartier.
J. D. et T. C.
©Claire-Emmanuelle Blot
Sur le chantier participatif de La Clef
12 N°503 / 5 novembre 2025
CINÉMAS INDÉPENDANTS PARISIENS
Entretien avec Priscilla Gessati et Amandine Larue
©Jérôme Tripier-Mondancin
©Florent Godeau
L’art et essai à Paris
En 2024, les cinémas art et essai parisiens ont réalisé 3,98
millions d’entrées, soit une hausse de 21,5 % par rapport
à la moyenne 2017-2019. Cette croissance s’explique en
partie par une augmentation du parc, passé de 36 à 38
établissements (+5,6 %), et de 90 à 103 écrans
(+14,9 %). Au niveau national, la progression est moins
marquée : les entrées art et essai passent de 68,78
millions à 70,76 millions (+2,9 %), mais le nombre d’établissements
classés augmente quant à lui de 1 200 à
1 290 (+7,5 %), pour une hausse des écrans de 11,6 %
(2 563 à 2 860).
Priscilla Gessati, présidente des CIP et directrice générale de L'Entrepôt
Amandine Larue, déléguée générale des CIP
Le réseau indépendant de 30 salles – bientôt 32 – de la capitale connaît une
reprise post-Covid faste, avec de nombreux projets visant tous les publics,
et particulièrement les jeunes. Rencontre avec sa présidente et sa déléguée
générale.
Comment se portent les cinémas indépendants
parisiens cette année ?
Priscilla Gessati : Nous avons retrouvé notre public
depuis la réouverture des salles, avec un retard de seulement
3 %, ce qui est marginal compte tenu des mouvements
de population et d’une offre très fluctuante.
Cela tient à notre implantation au sein de Paris, et au
lien fort que les cinémas de proximité entretiennent
avec un public fidèle et cinéphile.
Cette vision macroscopique se retranscrit-elle
au cas par cas ?
P.G. : Certaines salles s’en sortent en effet mieux que
d’autres. Il y a très certainement un lien à creuser avec
la notion, de plus en plus mouvante, de quartier.
C’est pourquoi nous suivons avec attention l’étude
sur la mobilité des spectateurs que la Mission Cinéma
va lancer. Le parc parisien est très actif dans ses rénovations,
et l’Élysées Lincoln ou le Brady en sont de
très bons exemples avec leur transformation qui s’apparente
à un nouveau démarrage. Je pense aussi à tous
les projets que les CIP ont lancés dès la réouverture
des salles, centrés autour du jeune public, des 15-25
ans ou encore des publics éloignés. Même les circuits
finissent par s’y intéresser : c’est la preuve qu’il y a là
un vrai foyer d’entrées.
Amandine Larue : Les salles qui rencontrent des difficultés
ont des causes bien identifiées, souvent liées à la
programmation ou à des questions administratives,
comme le Luminor, menacé par un non-renouvellement
de bail. Mais cela reste marginal, car les indépendants
ont continué à travailler l’événementialisation de leurs
établissements, avec un accueil toujours très chaleureux
et personnalisé, et les chiffres sont à la hauteur.
Comment se gèrent les tensions de programmation
entre les cinémas de la capitale ?
P.G. : La raréfaction des sorties, notamment américaines,
a poussé les circuits à aller sur les plates-bandes des
salles art et essai. Nous ne nous réjouissons pas de leurs
difficultés, mais cela modifie les équilibres. Si c’est une
bonne chose qu’un spectateur découvre dans un multiplexe
une sortie art et essai qu’il ne serait pas allé voir
dans une salle indépendante, cela réduit nos marges de
programmation. Toutefois, je pense que les cinémas
indépendants restent attractifs, notamment par leur
politique tarifaire.
Pouvez-vous rappeler les actions des CIP ?
A.L. : Nous travaillons nos projets par âge et par typologie
de publics. Nous avons l’Enfance de l’art-cinéma pour
le jeune public, tandis que plusieurs projets s’adressent
aux 15-25 : le Breakfast Club (but at night… !) qui a été
lauréat de l’appel à projets “Ambassadeurs jeunes du
cinéma” du CNC, Noir cinéma club et What the club.
Nous renforçons aussi notre action sociale avec une
billetterie solidaire qui est acceptée par quasiment toutes
les salles du réseau, de nombreux ateliers ainsi qu’un
travail étroit avec 300 associations dans les Quartiers
politiques de la Ville. Et nous avons lancé cette année
Étincelles, un projet autour de l’éducation à l’image
ludique et innovante. L’idée est de proposer à tous les
publics des ateliers en salles, allant du mashup à une
séance cinéma/gaming et, bientôt, des modules sur
l’éducation aux médias et à l’information.
Remarquez-vous un effet sur les cinémas participants
?
A.L. : Ça dépend. Il y a certains endroits comme le
Brady ou l’Archipel où les exploitants remarquent
que le public revient, de même pour le Quartier latin.
Mais cela concerne des spectateurs qui sont déjà
curieux et ont des habitudes cinéphiles.
P.G. : Sur ces questions, l’influence familiale est considérable.
Par exemple, à L’Entrepôt, je reçois un public
populaire très mixte, et lors de séances comme celles
organisées pour Mon Premier Festival [voir p.12, ndlr.],
on perçoit très vite quels enfants sont déjà familiarisés
avec la salle, d'où l'importance des dispositifs scolaires
élargis au plus grand nombre.
Les élections municipales sont un enjeu pour
l’ensemble de l’exploitation. Êtes-vous inquiètes
de ses issues probables à Paris ?
P.G. : La politique de la Ville est en place depuis deux
décennies et s’inscrit dans un écosystème allant du
tournage à l’exploitation, et je ne pense pas qu’il puisse
y avoir de revirement dramatique. J’espère en tout cas
ne pas me bercer d’illusions.
Propos recueillis par Jules Dreyfus
N°503 / 5 novembre 2025
13
SND présente
Une production déléguée LES FILMS SUR MESURE - SND
FALLAIT PAS SE TROMPER DE CADEAU !
PATRICK
TIMSIT
ISABELLE
NANTY
© SND - PHOTO : EDDY BRIÈRE
UN FILM DE
JAMES HUTH
ANTOINE GOUY EUGÉNIE ANSELIN THÉA DE BOECK
SCÉNARIO LAURENT TIRARD ET BENJAMIN DUPAS ADAPTATION ET DIALOGUES LAURENT TIRARD BENJAMIN DUPAS JAMES HUTH ET SONJA SHILLITO
UNE COPRODUCTION DÉLÉGUÉE LES FILMS SUR MESURE SND EN COPRODUCTION AVEC BIDIBUL PRODUCTIONS UMEDIA M6 FILMS RTL BELGIUM AVEC LE SOUTIEN DU FILM FUND LUXEMBOURG EN ASSOCIATION AVEC UFUND AVEC LA PARTICIPATION DE W9 AVEC LE SOUTIEN ESSENTIEL DE CANAL+ AVEC LA PARTICIPATION DE CINÉ+OCS IMAGE DANY ELSEN MONTAGE JEAN-BAPTISTE BAUDOIN THOMAS HEURTIER
DÉCORS VÉRONIQUE SACREZ COSTUMES CORINNE BRUAND MUSIQUE ORIGINALE TOM GOODWING SON YVES BEMELMANS NICOLAS LEROY LOÏC COLLIGNON DISTRIBUTION ET VENTES INTERNATIONALES SND PRODUIT PAR OLIVIA LAGACHE THIERRY DESMICHELLE RÉMI JIMENEZ SÉGOLÈNE DUPONT ET ERIC GEAY COPRODUIT PAR BASTIEN SIRODOT CÉDRIC ILAND LILIAN ECHE CHRISTEL HENON UNE COPRODUCTION FRANCE – BELGIQUE – LUXEMBOURG
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Comment:
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DIGITAL TRANSFER
Imprint position(s):
Side 1 on red
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90270
40%
Exploitation parisienne
MULTICINÉ
ENTRE LUXE, CULTURE ET PROXIMITÉ
Porté par la rénovation de l’Élysées Lincoln et la solidité de ses 7 Parnassiens et
5 Caumartin, le réseau Multiciné perpétue une aventure familiale de plus de
90 ans, tout en affirmant une réelle audace contemporaine.
Emission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
Samuel et Louis Merle lors de l'Émission Boxoffice Pro du 9 octobre 2025
Le début de l’aventure remonte à 1938, lorsque Boris
Gourévitch, commerçant érudit qui a fui la Révolution
russe, transforme un garage automobile en une salle de
600 places : le Cinévog, futur 5 Caumartin. L’entrepreneur
spolié durant la Seconde Guerre mondiale revient en
France dans les années 1950 et parvient à récupérer son
cinéma, qu’il oriente vers les films d’auteur – notamment
italien – tout en développant le concept, alors inédit,
de “multiplexe urbain”. Il sera également à l’origine de
nombreux cinémas du 5 e arrondissement – au point
d’être surnommé “le roi du Quartier Latin” –, avant de
transmettre le flambeau à sa fille Laura Paulac (disparue
en 2009) et à son petit-fils Jean-Louis Merle, parti à la
retraite pendant la pandémie.
Le pari des Champs
Aujourd’hui le réseau Multiciné est piloté par Louis et
Samuel Merle, et est devenu, même resserré sur trois
établissements, un des piliers du cinéma indépendant
parisien. Les 7 Parnassiens, ouvert en 1978, se pose
comme le plus grand indépendant art et essai de Paris,
avec 320 000 entrées en 2024 et une programmation
portée par Samuel Merle, également en charge de la
direction artistique et événementielle du réseau.
Les 5 Caumartin, à proximité de Saint-Lazare, a enregistré
225 000 entrées l’an passé, tandis que l’Élysées Lincoln,
sur les Champs-Élysées, vient de rouvrir ses portes après
neuf mois de transformation profonde [voir Boxoffice
Pro du 22 septembre].
©Boxoffice Pro
loisirs –, les frères Merle repensent leur Élysées Lincoln.
Pour « tenir économiquement », l’établissement concilie
désormais une activité cinéma et événementielle,
en pouvant aussi bien accueillir des avant-premières,
projections de presse, projections techniques… que tout
autre type de privatisation grâce à la modularité de ses
trois salles et sa dimension haut de gamme.
Repenser la modèle et préserver l’identité
L’Élysées Lincoln assume pleinement les codes esthétiques
du luxe dans lesquelles il s'inscrit, de sa moquette reprenant
celle du haut lieu de mondanités que représente l’hôtel
de La Païva à quelques centaines de mètres du cinéma,
à la caisse mobile équipée d’un système Pax qui permet
à l’agent d'accueil « d’aller au devant du spectateur » pour
un service calqué sur le modèle du retail haut de gamme,
« qui plaît beaucoup ». Au terme des premières semaines
d'exploitation, la fréquentation est déjà supérieure aux
prévisions, mêlant anciens habitués et nouveau public
attiré par l’expérience. Mais l’Élysées Lincoln n’a pas,
pour autant, renoncé à son accessibilité tarifaire, avec un
tarif plein à 14 €, un tarif réduit à 10 €, un tarif jeunes
(moins de 26 ans) à 6 €. « Le luxe et la culture ne sont pas
antinomiques. Il s'agit de deux fleurons français qui peuvent
se rencontrer sans trahir le cinéma », défend Louis Merle.
L'Élysée Lincoln a integré son enseigne iconique à l'intérieur du hall.
Au-delà de ce « cinéma de destination, auquel on se rend
pour la beauté des lieux », Multiciné reste fidèle à sa
vocation de forum cinéphile, avec près de 400 événements
organisés en 2024. Si l’Élysées Lincoln est plus
ouvert sur le cinéma de répertoire, « qui sied particulièrement
au lieu », les 7 Parnassiens à Montparnasse
accueillent nombre d’intervenants et invités, comme
Thierry Laurentin et son ciné-club ou des personnalités
politiques. « Nous essayons tout le temps d’inventer et de
jouer avec l’actualité », souligne Samuel Merle, qui
revendique une programmation vivante, ouverte et non
partisane, « avec des vrais débats où ça castagne, mais où
le cinéma reprend toujours le dessus ».
Cette effervescence intellectuelle et cinéphile, Samuel
et Louis Merle l'inscrivent aussi dans leur dialogue avec
leurs pairs parisiens, « qui sont certes des concurrents, mais
aussi des amis ». Et malgré les habituelles « tensions autour
de la programmation », les dirigeants de Multiciné militent
pour une dynamique collective des cinémas indépendants
de la capitale, « qui doivent se débarrasser d’une image
d’établissements vieillots, et être tous beaux, car ce sont
eux, les vrais porteurs du cinéma de demain ».
Aysegul Algan
©© Mary Erhardy-Multiciné ©T.Laurentin
« Était-on fous d’investir dans un cinéma sur les Champs-Élysées
? », s’interroge, amusé, Louis Merle dans l’Émission
Boxoffice Pro du 9 octobre. Après une année 2024 morose
pour l’Élysées Lincoln (28 000 entrées), et alors que “la
plus belle avenue du Monde” n’a eu de cesse de se dépeupler
de ses cinémas ces dernières années*, le pari n’était,
en effet, pas sans risques. Mais inspirés par ce qui se fait
dans le domaine à l’étranger – notamment en Angleterre
et en Suisse –, tout comme dans d’autres secteurs – dont
la restauration, l’hôtellerie, l’événementiel ou encore les
* parmi les fermetures les plus récentes, on compte Gaumont Champs-Élysées Ambassade
en 2016, l’UGC George V en 2020, le Gaumont Champs-Élysées Marignan en décembre
2023 et l’UGC Normandie en juin 2024
Ciné-club "Nouvel Hollywood : Héritage" aux 7 Parnassiens, octobre 2025
16 N°503 / 5 novembre 2025
©Dulac Cinémas
©Dulac Cinémas
Quand L'Arlequin se transforme en night club pour une soirée Crescendo
DULAC CINÉMAS
RÉINVENTER L’EXPÉRIENCE SALLE
Les cinémas de la Maison Dulac accueilleront en novembre leur nouveau directeur
général, venu de chez Pathé, avec la volonté de poursuivre la transformation
de leurs salles en kaléidoscopes.
Après le film, enregistrement d'un podcast au Majestic Bastille
Transformer ses cinq cinémas* en “écosystème culturel”,
c’est le credo de la Maison Dulac depuis quatre ans, avec
ses saisons Kaléidoscope et leurs multiples événements,
en lien – ou pas – avec sa programmation art et essai.
Une volonté de se réinventer pour le réseau parisien,
dont cette fin d’année sera marquée par l’arrivée d’Arnaud
Surel, qui a passé 15 ans chez Pathé Cinémas, au poste
de directeur général des cinémas Dulac. Cette nomination
intervient après une crise sociale qui avait entraîné, l’été
dernier, le départ mouvementé de Pierre-Edouard Vasseur
– directeur artistique puis directeur général du réseau –,
mais aussi l’arrêt du Champs-Élysées Film Festival, fondé
en 2012 par Sophie Dulac.
Aujourd’hui, son fils et vice-président de la Maison Dulac
ne se défausse pas de cette crise, qui relève de la gestion
interne – et humaine – d’une entreprise privée, mais en
resitue le contexte. « Nous essayons depuis plusieurs années
de redéfinir l'exploitation parisienne, ce qui implique des
changements dans notre façon de travailler, explique Mathias
Dulac. La culture n’est pas gratuite, notre business évolue »,
et les événements mis en place « ont secoué un ancien
monde, dont certains de nos collaborateurs, qui n’étaient
pas toujours prêts à accepter le changement ».
Mais « l’une des meilleures réponses à cette histoire » selon
Mathias Dulac, c’est l’arrivée d’Arnaud Surel, « le “Monsieur
art et essai” de Pathé. Il croit en notre modèle et nous nous
connaissons bien, notamment pour avoir lancé ensemble le
Champs-Elysées Film Festival, quand il dirigeait le Gaumont
Marignan. Son expérience va nous aider à structurer la
société pour mieux nous adapter au marché. »
*Le Reflet Médicis (5 e arrondissement), L’Arlequin (6 e ), le Majestic Bastille (11 e ), l’Escurial
(13 e ) et le Majestic Passy (16 e ) ont accueilli un total de près de 525 000 spectateurs en
2024, en baisse de 10 % environ par rapport à 2023.
Des cinémas de quartier multi-culturels
Si la ligne éditoriale des salles Dulac, programmées depuis
six ans par Eric Jolivalt, restera « sur un cinéma engagé,
puissant et indépendant », leur adaptation passe par une
innovation permanente concernant les événements.
C’est d’autant plus essentiel à Paris, « où l’offre est pléthorique
et le marché ultra concurrentiel, où les gens vivent à 100 à
l’heure et dont il faut capter l’attention ». Et quand on n’a
pas de salles premium, c’est l’événementiel qui fait la
plus-value du cinéma, y compris sur le hors-cinéma. Pour
Mathias Dulac, « un film se voit dans une salle de cinéma,
mais on peut voir autre chose que des films dans une salle
de cinéma ». Et dans des cinémas de quartier « où la majorité
des spectateurs viennent d’abord parce nous sommes à côté
de chez eux », le hors-film permet d’attirer un public très
différent. Au-delà des 26 festivals qu’elles accueillent et
de leur trentaine de ciné-clubs – Pocket sur les adaptations
de polar, Psynéma autour de la psychiatrie, Nuit américaine
sur l’âge d’or d’Hollywood ou encore Animotion avec
l’Afca pour la nouvelle saison –, les salles Dulac proposent
aussi de l’opéra live, du stand-up ou des conférences,
se transformant régulièrement en salles de concert ou en
comedy club. « L’idée est de désacraliser la salle art et essai.
Quand on retransmet l'Eurovision ou que l’on propose le
podcast TrashTalk sur la NBA, les spectateurs ne sont pas
ceux de notre programmation art et essai. Et s’ils sont peu
nombreux à revenir pour voir un film, notre objectif est
d’abord de semer une graine chez la jeune génération. »
Un travail de longue haleine, complété par le lancement,
en janvier 2025, d’un tarif à 5 euros pour les moins de
18 ans – ceux qui n’ont pas accès au pass Culture au
quotidien. Là encore, « il s’agit surtout de faire connaître
aux plus jeunes nos salles historiques, comme L’Escurial, qui
a 120 ans, ou L’Arlequin, qui appartenait à Jacques Tati ».
Une 4 e salle à l’Arlequin
Et alors que tant de salles parisiennes mythiques ont
fermé, le cinéma de la rue de Rennes va s’agrandir.
Les travaux sont en cours pour une 4 e salle de 43 places,
qui devrait ouvrir l'année prochaine. Elle se situera à côté
du hall, dans un bâtiment mitoyen qui appartient à la
Régie immobilière de la Ville de Paris et qui était abandonné.
« L’Arlequin est l'un des fers de lance du Quartier
latin, où, avec son espace cocktail et sa grande salle de 400
places, nous avons beaucoup de demandes de privatisations ;
un axe important pour notre business model, mais qui ne
doit pas trop empiéter sur les séances des sorties nationales,
d’où l’importance de cette salle supplémentaire. » Ces privatisations
sont aussi l’une des particularités du parc parisien,
à laquelle répond par ailleurs le travail « incroyable » des
frères Merle, « derniers des Mohicans » sur les Champs
Élysées selon Mathias Dulac [voir p. 16]. Il souligne, à
ce titre, qu’il « est essentiel de se parler entre indépendants »,
notamment à travers le réseau des CIP. « Le lien permet
des événements communs avec davantage de force de frappe,
même si cela reste compliqué d’être d’accord avec 24 personnes. »
En revanche, pour le co-président de la Maison Dulac
en général, réunir cinq cinémas dans une même société
privée, elle-même couplée à une société de distribution,
facilite la fluidité comme la rentabilité. Des passerelles
qui permettent de penser ensemble des événements,
comme avec Il était une fois Michel Legrand et la série
de concerts organisés à L’Arlequin, mais aussi la ligne
éditoriale de Dulac Distribution. « Nous allons sortir le
26 novembre Queerpanorama, un film sur la jeunesse
hongkongaise à la limite du “grinder”, qui tranche avec
notre ligne habituelle. En étant sur les deux métiers, j’ai
envie que l’énergie du Kaléidoscope infuse aussi notre travail
de distribution. »
Cécile Vargoz
N°503 / 5 novembre 2025
17
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S45
5 NOV
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
NIGHT ED FILMS AAN PAAVAM POLLATHATHU 02h30 K.Thangavel R.Raj, M.Manoj, S.Rajkumar
NIGHT ED FILMS BANDUAN 02h30 K.Azry A.Aziz, R.Nor, A.Shauki
ORAWA PROD BAROUDEURS DU CHRIST 01h24 D.Boyer
PYRAMIDE DISTRIBUTION DEUX PROCUREURS 01h58 S.Loznitsa A.Kuznetsov, A.Filippenko, A.Belyy
ED DISTRIBUTION DUEL À MONTE-CARLO DEL NORTE 01h20 B.Plympton A.Colón, K.Mora
DESTINY FILMS FRANCE, UNE HISTOIRE D'AMOUR 01h45 Y.Arthus-Bertrand et M.Pitiot
CGR EVENTS G-DRAGON 2025 WORLD TOÜR ÜBERMENSCH 01h46 B.Ho
LES FILMS DU CAMELIA GRAFTED 01h36 S.Rainbow J.Hong, M.Mitchinson, J.Turner
PATHÉ LIVE LA BOHÈME (METROPOLITAN OPERA) 03h29 F.Zeffirelli J.Grigoryan, H.Stober, F.De Tommaso
CGR EVENTS LA FILLE MAL GARDÉE (THE ROYAL BALLET) 03h30 F.Ashton F.Hayward, M.Sambé
METROPOLITAN FILMEXPORT LA VAGUE 02h09 S.Lelio D.López, L.Bravo, A.Aurora
PATHÉ LIVE LEAGUE OF LEGENDS WORLDS25 - FINALS IN CINEMA 07h00
LES ALCHIMISTES LE CINQUIÈME PLAN DE LA JETÉE 01h44 D.Cabrera
SAJE DISTRIBUTION LE ROI DES ROIS 01h43 S.Jang K.Branagh, U.Thurman, M.Hamill
WILD BUNCH DISTRIBUTION LES BRAISES 01h42 T.Kruithof V.Efira, A.Worthalter, M.Prassinos
PARK CIRCUS FRANCE LE SOLITAIRE 02h02 M.Mann J.Caan, T.Weld, J.Belushi
LE PACTE L'INCONNU DE LA GRANDE ARCHE 01h46 S.Demoustier C.Bang, S.Knudsen, X.Dolan
PATHÉ LIVE MICHEL RACONTE SARDOU 01h50 R.Melloul
NOIR PRODUCTION NUIT OBSCURE - " AIN’T I A CHILD ? " 02h44 S.George
NOIR PRODUCTION NUIT OBSCURE - AU REVOIR ICI, N'IMPORTE OÙ 03h03 S.George
NOIR PRODUCTION
NUIT OBSCURE - FEUILLETS SAUVAGES (LES BRÛLANTS, LES
OBSTINÉS)
04h16 S.George
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE PREDATOR: BADLANDS 01h47 D.Trachtenberg E.Fanning, D.Schuster-Koloamatangi, M.Homick
MALAVIDA FILMS
RÉTROSPECTIVE PATRICE CHÉREAU, CINÉASTE (5 FILMS)
LES ACACIAS
RÉTROSPECTIVE SI GUITRY M'ÉTAIT CONTÉ (7 FILMS)
CARLOTTA FILMS
SAGA LADY YAKUZA - L'INTÉGRALE EN 8 FILMS
LES FILMS D'AVALON SEMER ET RÉCOLTER 01h34 E.Le Roch
STUDIOCANAL T’AS PAS CHANGÉ 01h45 J.Commandeur L.Lafitte, F.Damiens, V.Paradis
ÉCLUMIA PICTURES THE CORD OF LIFE 01h36 S.Qiao Badema, Yider, Nahia
S46
12 NOV
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
SEVENTH ART PRODUCTIONS CARAVAGE 01h45 P.Grabsky et D.Bickerstaff
PATHÉ FILMS DEMENTIA 13 01h15 F.Coppola W.Campbell (III), L.Anders, P.Magee
EUROZOOM DÉTECTIVE CONAN : LA MÉMOIRE RETROUVÉE 01h50 K.Shigehara M.Takayama, W.Yamazaki, R.Koyama
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS DEVANT – CONTRECHAMP DE LA RÉTENTION 01h18 A.Redolfi
PATHÉ LIVE GISELLE 01h46 F.Roussillon D.Gilbert, M.Ganio, V.Colasante
SND INSAISISSABLES 3 01h53 R.Fleischer J.Eisenberg, W.Harrelson, D.Franco
PATHÉ LIVE J-HOPE TOUR 'HOPE ON THE STAGE' THE MOVIE 01h29 J.Park J-Hope, Jin
TAMASA DISTRIBUTION JOYEUX NOËL 01h55 C.Carion D.Kruger, B.Fürmann, G.Canet
CONDOR DISTRIBUTION KIKA 01h55 A.Poukine M.Clavel, E.Gonzalez Lardued, M.Samba
UGC DISTRIBUTION LA BONNE ÉTOILE 01h40 P.Elbé B.Poelvoorde, A.Lamy, Z.Breitman
SOLARIS DISTRIBUTION L'ANGLAISE ET LE DUC 02h09 E.Rohmer L.Russell, J.Dreyfus, Rosette
CGR EVENTS LA NUIT DE LA GLISSE 2025 02h00 T.Donard
ÉMOTIONS DISTRIBUTION LA VOIX DU GLACIER BLANC 00h52 C.Lavilanie J.Clain
APOLLO FILMS LE GANG DES AMAZONES 02h05 M.Drigeard I.Higelin, L.Khoudri, L.Felpin
MEMENTO LES AIGLES DE LA RÉPUBLIQUE 02h09 T.Saleh F.Fares, L.Khoudri, Z.Triki
URBAN SALES LES ENFANTS DU LARGE 01h37 V.Tangvald
PAN DISTRIBUTION LES RÊVEURS 01h46 I.Carré I.Carré, J.Chemla, T.Dumont Janod
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION (EX CINÉ
SORBONNE) L'ÉTRANGE OBSESSION 01h47 K.Ichikawa M.Kyô, T.Nakadai, G.Nakamura
KMBO L’INCROYABLE FEMME DES NEIGES 01h42 S.Betbeder B.Gardin, P.Katerine, B.Bouillon
TRAFALGAR RELEASING MARY J. BLIGE: FOR MY FANS 01h50 K.García M.J. Blige, Fabolous, Jadakiss
JOUR2FÊTE ON VOUS CROIT 01h18 C.Devillers et A.Dufeys M.Akheddiou, L.Capelluto, N.Broods
DAVID SERERO PRODUCTIONS RICHARD ORLINSKI: THE ART DOCUMENTARY 00h54 D.Serero R.Orlinski, E.Longoria, Tayc
LES FILMS DU LOSANGE SIX JOURS, CE PRINTEMPS-LÀ 01h32 J.Lafosse E.Haïdara, J.Waringo, L.Pinero Müller
NIGHT ED FILMS THE GREAT DEPARTURE 01h36 P.Filmon X.Samuel, S.Sehgal, V.Nagpal
S47
19 NOV
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PATHÉ LIVE ARABELLA (METROPOLITAN OPERA) 04h12 O.Schenk R.Willis-Sørensen, L.Alder, P.Breslik
CGR EVENTS CENDRILLON (THE ROYAL BALLET) 03h15 F.Ashton F.Kaneko, W.Bracewell, B.Gartside
TANDEM DES PREUVES D’AMOUR 01h37 A.Douard E.Rumpf, M.Chokri, N.Lvovsky
HAUT ET COURT DOSSIER 137 01h55 D.Moll L.Drucker, G.Malanda, M.Roehrich
SONY PICTURES RELEASING FRANCE ELEANOR THE GREAT 01h38 S.Johansson J.Squibb, E.Kellyman, C.Ejiofor
BAC FILMS FRANZ K. 02h07 A.Holland I.Weiss, P.Kurth, C.Schuler
WARNER BROS. FRANCE JEAN VALJEAN E.Besnard G.Gadebois, B.Campan, A.Lamy
GASTIBELTZA FILMAK KARMELE 01h54 A.Altuna J.Laspiur, E.Sagardoy, N.Aranburu
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LA FONTE DES GLACES 01h43 F.Péloquin L.Bluteau, M.Béland, É.Lou
JHR FILMS L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE 01h40 E.Green R.Silva, A.Moreira, D.Doria
CARLOTTA FILMS LES DERNIERS JOURS DE MUSSOLINI 02h10 C.Lizzani R.Steiger, F.Nero, L.Gastoni
SPACE ODYSSEY LE STUDIO PHOTO DE NANKIN 02h17 A.Shen L.Haoran, X.Wang, Y.Gao
MÉTÉORE FILMS POMPEI, SOTTO LE NUVOLE 01h55 G.Rosi
LES FILMS DU PRÉAU PREMIÈRES NEIGES 00h37
PATHÉ FILMS
RÉTROSPECTIVE FRANCIS FORD COPPOLA (6 FILMS)
POTEMKINE FILMS
RÉTROSPECTIVE WERNER HERZOG (6 FILMS)
PARAMOUNT PICTURES FRANCE RUNNING MAN E.Wright G.Powell, J.Brolin, M.Cera
METROPOLITAN FILMEXPORT SHELBY OAKS 01h31 C.Stuckmann C.Sullivan, S.Durn, B.Sexton III
GEBEKA FILMS THELMA DU PAYS DES GLACES 01h11 R.Kalnaellis
OUTPLAY FILMS TRANS MEMORIA 01h12 V.Verseau
PRODUCTION LES FILMS DE L’YMAGIER UTOPIE ZÉRO CHÔMEUR 01h25 C.Baqué
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR WICKED : PARTIE II 02h17 J.Chu A.Grande, C.Erivo, J.Bailey
18 N°503 / 5 novembre 2025
S48
26 NOV
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION À HAUTEUR D'ENFANT 01h33 M.Carrier et O.Higgins M.Carrier, O.Higgins, B.Higgins
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR BUGONIA 01h59 Y.Lanthimos E.Stone, J.Plemons, A.Delbis
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE CONCERT DE NOËL 2025 D’ANDRÉ RIEU : JOYEUX NOËL ! 03h00 A.Rieu A.Rieu
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS DIS PAS DE BÊTISES ! 01h20 V.Glenn P.Glenn
MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION FOLLEMENTE 01h37 P.Genovese E.Leo, P.Fogliati, E.Fanelli
PROGRAM STORE HELL IN PARADISE 01h42 L.Sy N.Arnezeder, M.Bello, A.Khan
POLITIE PRODUCTION HOMELESSLY IN LOVE 01h22 A.Mohseni-Sadjadi et L.Clozel
MK2 FILMS JE N’AVAIS QUE LE NÉANT 01h34 G.Ribot G.Ribot, C.Lanzmann
LITTLE KMBO LA PETITE FANFARE DE NOËL 00h40 M.Fehre et S.Dully
JOUR2FÊTE LA VOIX DE HIND RAJAB 01h29 K.Ben Hania A.Hlehel, C.Khoury, M.Malhees
SONY PICTURES RELEASING FRANCE L'INTERMÉDIAIRE (RELAY) 01h52 D.Mackenzie R.Ahmed, L.James, S.Worthington
LES FILMS DU CAMELIA MALINA 02h07 W.Schroeter I.Huppert, M.Carrière, C.Togay
DULAC DISTRIBUTION QUEERPANORAMA 01h27 J.Li J.Cheung, E.Shekarriz, S.Mahito Soukup
BON VOYAGE FILMS RENAÎTRE 01h45 R.Lange R.Portes, H.Kimpo, M.Blanc
L'ATELIER DISTRIBUTION
RÉTROSPECTIVE MASSON KIBERLAIN (3 FILMS)
LÉOPARD FILMS ROOM TEMPERATURE 01h33 D.Cooper et Z.Farley C.Jacobs, J.Williams (V), C.Olsen
WAYNA PITCH SILVER STAR 01h42 R.Amar et L.Bessis G.Van Dien, T.Johnson, T.Fruits
METROPOLITAN FILMEXPORT THE KILLER 01h50 J.Woo Chow Yun-Fat, D.Lee, S.Yeh
CARLOTTA FILMS UN ÉTÉ CHEZ GRAND-PÈRE 01h33 H.Hsiao-Hsien M.Fang, W.Qiguang, G.Jun
AD VITAM VIE PRIVÉE 01h45 R.Zlotowski J.Foster, D.Auteuil, V.Efira
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ZOOTOPIE 2 B.Howard et J.Bush G.Goodwin, J.Bateman, K.Quan
S49
3 DÉC
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PATHÉ LIVE BARDOT 01h30 A.Berliner B.Bardot, C.Ardan, F.Bel
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION BILLY 01h45 L.Côté-Collins
DULAC DISTRIBUTION DEMAIN 01h58 C.Dion et M.Laurent M.Laurent, C.Dion, J.Rifkin
ARP SÉLECTION DITES-LUI QUE JE L’AIME 01h32 R.Bohringer R.Bohringer, C.Autain, E.Yelmani
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR FIVE NIGHTS AT FREDDY'S 2 01h44 E.Tammi J.Hutcherson, E.Lail, M.Lillard
LE PACTE FUORI 01h57 M.Martone V.Golino, M.De Angelis, Elodie
WILD BUNCH DISTRIBUTION GÉRALD LE CONQUÉRANT F.Eboué F.Eboué, L.Lefèbvre, A.Roth
LES FILMS DES DEUX RIVES IL A SUFFI D'UNE NUIT 01h30 E.Bidou
SAJE DISTRIBUTION JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION 01h20 M.Kondrat M.Juzwin, K.Przystal, N.Strzelecka
SONY PICTURES ENTERTAINMENT FRANCE JUJUTSU KAISEN : EXÉCUTION 01h30 S.Goshozono J.Enoki, Y.Uchida, A.Seto
MISSION LA FAUTE À VOLTAIRE 02h13 A.Kechiche S.Bouajila, A.Atika, É.Bouchez
STUDIOCANAL LES ENFANTS VONT BIEN 01h51 N.Ambrosioni C.Cottin, J.Armanet, M.Chokri
EUROZOOM L'ŒUF DE L'ANGE 01h11 M.Oshii M.Hyôdô, J.Nezu, K.Noda
PATHÉ FILMS MEKTOUB MY LOVE : CANTO DUE 02h14 A.Kechiche S.Boumedine, O.Bau, J.Pennington
TRAFALGAR RELEASING MONSTA X : CONNECT X IN CINEMAS 01h58 Y.Oh et Y.Lee MONSTA X
PARADIS FILMS PANIQUE À NOËL 01h20 H.Martin Dahlsbakken F.Fagerli, S.Khorami, P.Sverre Valheim Hagen
METROPOLITAN FILMEXPORT POUR L'ÉTERNITÉ 01h52 D.Freyne E.Olsen, M.Teller, C.Turner
NEW STORY QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE 01h35 J.Kowalski M.Wróbel, R.Mesquida, W.Skibinski
THE JOKERS FILMS REEDLAND 01h45 S.Bresser G.Knobbe, L.Reinders
SINGULARIS FILMS SOUVENT L'HIVER SE MUTINE 01h14 B.Perraud
NOUR FILMS TERESA 01h44 T.Mitevska N.Rapace, S.Hoeks, N.Ristanovski
PATHÉ LIVE THE DOORS : WHEN YOU'RE STRANGE 01h29 T.DiCillo J.Depp, J.Densmore, R.Krieger
SPACE ODYSSEY THE SHADOW’S EDGE 02h20 L.Yang J.Chan, Z.Zhang, T.Leung Ka Fai
CGR EVENTS THE WORLD OF HANS ZIMMER - A NEW DIMENSION 02h00 M.Greving H.Zimmer, L.Gerrard, L.M.
S50
10 DÉC
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
SND À LA POURSUITE DU PÈRE NOËL ! J.Huth P.Timsit, I.Nanty, T.de Boeck
TAJINE STUDIO ALICE PAR CI PAR LÀ 01h24 I.Tent
PATHÉ LIVE ANDREA CHÉNIER (METROPOLITAN OPERA) 03h31 N.Joël S.Yoncheva, P.Beczala, I.Golovatenko
AD VITAM ANIMAL TOTEM 01h29 B.Delépine S.Guesmi, O.Rabourdin, S.Rigot
PATHÉ LIVE CASSE-NOISETTE 01h43 F.Roussillon D.Gilbert, G.Diop
CGR EVENTS CASSE-NOISETTE (THE ROYAL BALLET) 03h30 P.Wright M.Magri, R.Clarke, M.Tsembenhoi
UGC DISTRIBUTION / TF1 STUDIO CHASSE GARDÉE 2 A.Fourlon et F.Forestier D.Bourdon, C.Lou, H.Jemili
EPICENTRE FILMS ELLE ENTEND PAS LA MOTO 01h34 D.Fischbach
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION (EX CINÉ
SORBONNE) FEUX DANS LA PLAINE 01h47 K.Ichikawa E.Funakoshi, O.Takizawa, M.Curtis
UNA MATTINA FILMS GIRLS FOR TOMORROW 01h38 N.Philippe
NEXT FILM DISTRIBUTION KOGIS, ENSEMBLE POUR SOIGNER LA TERRE 01h15 A.Bouchet
DIAPHANA DISTRIBUTION LA CONDITION 01h43 J.Bonnell S.Arlaud, G.Bellugi, L.Chevillotte
MEMENTO LADY NAZCA 01h48 D.Dorsaz D.Lingnau, G.Gallienne, O.Ross
PYRAMIDE DISTRIBUTION LA PETITE CUISINE DE MEHDI 01h44 A.Adjina Y.Boucif, C.Bretheau, H.Abbass
MALAVIDA FILMS LA PISCINE 02h18 B.Zhelyazkova K.Tsonev, Y.Kasheva, K.Denchev
MALAVIDA FILMS LA VIE S'ÉCOULE SILENCIEUSEMENT... 01h45 H.Ganev et B.Zhelyazkova B.Simeonov, G.Georgiev-Getz, E.Radeva
METROPOLITAN FILMEXPORT L'ÉLUE 01h39 O.Perkins T.Maslany, R.Sutherland, E.Boyes
APOLLO FILMS LOUISE 01h48 N.Keitel D.Rouxel, C.de France, S.Dewaels
TANDEM LOVE ME TENDER 02h13 A.Cazenave Cambet V.Krieps, A.Reinartz, M.Chokri
KMBO MISSION PÈRE NOËL 01h37 R.Cussó et D.Mitrevski J.Weckauf, B.Zimmermann, O.Kalkofe
LES FILMS DU CAMELIA MOI IVAN, TOI ABRAHAM 01h45 Y.Zauberman R.Alexandrovitch, A.Yakovlev, V.Mashkov
LES FILMS DU LOSANGE RESURRECTION 02h40 B.Gan J.Yee, S.Qi, M.Chao
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°503 / 5 novembre 2025
19
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
Alors qu’Universal sort ce 26 novembre Bugonia du multi-récompensé
Yórgos Lánthimos, retour en chiffres sur les
performances en salles des trois précédents longs métrages du
cinéaste loufoque, atypique et satirique, devenu l’un des visages
incontournables de l’art et essai.
KINDS OF KINDNESS PAUVRES CRÉATURES LA FAVORITE
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
26/06/2024 17/01/2024 06/02/2019
DISNEY DISNEY 20TH CENTURY FOX
109 538 612 925 484 086
6 935 20 079 16 815
34 996 138 996 127 346
3 549 4 309 3 361
10 32 38
2,36 2,44 2,40
16 31 29
2,7 3,9 3,8
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 2 SEMAINES
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 29/10/2025 L'ÉTRANGER GAUMONT 308 196 036 4 403 45
2 29/10/2025 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 433 263 521 6 080 43
3 22/10/2025 LA PETITE DERNIÈRE AD VITAM 231 112 976 3 381 33
4 22/10/2025 KAAMELOTT - DEUXIÈME VOLET, PARTIE 1 SND 732 366 316 12 021 30
5 22/10/2025 ARCO DIAPHANA 280 95 412 3 224 30
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2025
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28 339 316 90
2 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188 419 14 649 81
3 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673 103 8 614 78
4 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909 379 11 746 77
5 17/09/2025 DEMON SLAYER: KIMETSU NO YAIBA LA FORTERESSE INFINIE FILM 1 SONY 690 789 834 11 579 68
6 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67
7 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54
8 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606 069 12 289 49
9 29/10/2025 L'ÉTRANGER GAUMONT 308 196 036 4 403 45
10 29/10/2025 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 433 263 521 6 080 43
La French Touch s’abat sur la fréquentation ! Les 5 films ayant enregistré les meilleures performances
à la séance sur ces dernières semaines sont tous des productions tricolores, à commencer par L’Étranger
de François Ozon qui enregistre 45 entrées par séance (e/s). La sortie de Gaumont réalise par la
même occasion la neuvième meilleure moyenne sur un premier week-end en 2025. Juste derrière
– pour le classement annuel comme pour les deux dernières semaines –, La Femme la plus riche du
monde de Thierry Klifa engrange 43 e/s et réalise, en entrées brutes, le deuxième meilleur démarrage
de l’histoire de Haut et Court depuis… Entre les murs, en 2008. Vient ensuite La Petite Dernière
de Hafsia Herzi qui embarque 33 spectateurs par séance soit la meilleure moyenne pour Ad Vitam
depuis 2021. Enfin, le reste du classement plonge vers la fantasy et la science-fiction avec Kaamelott
- Deuxième volet (partie 1) d’Alexandre Astier et ses 30 e/s, à égalité avec Arco d’Ugo Bienvenu.
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Festival
CHÉRIES-CHÉRIS :
BRISER LE PLAFOND DE VERRE
Entretien avec Grégory Tilhac
©Aylau Tik
Vous occupez votre poste à
Chéries-Chéris depuis 2018.
Quel a été votre parcours avant
d’en arriver là ?
Je viens d’un petit village des
Hautes-Pyrénées, d’une zone où il
n’y avait qu’un seul cinéma art et essai
aux alentours, à savoir Le Parvis à
Ibos. Comme j’habitais à plusieurs
dizaines de kilomètres et que mes
parents étaient de condition modeste,
j’y allais rarement, et ma cinéphilie
s’est construite loin des salles.
C’est donc avec la télévision, à l’adolescence,
que j’ai forgé ma culture
cinématographique LGBT, à travers
des œuvres comme Les Roseaux sauvages
de Téchiné, Querelle de Fassbinder,
Les Nuits fauves de Cyril Collard…
De plus, cela sous-entend que les films LGBT ne
sont pas universels, et ne s’adressent qu’à un public
“concerné”. Or, des spectateurs hétérosexuels
peuvent aussi être intéressés par ces œuvres. Les
jeunes générations ont, par exemple, beaucoup
d’appétence à l’égard de ce cinéma, et on le remarque
à Chéries-Chéris où on a accueilli 19 500 spectateurs
l’année dernière.
Mais objectivement, n’y a-t-il pas une crainte
de représailles quand on en programme un
film LGBT ?
C’est en effet quelque chose qui peut jouer, surtout
dans le cas des salles municipales. De nombreux
exploitants sont probablement frileux de diffuser
ce type d’œuvres car ils anticipent les réactions des
élus, mais aussi de certains spectateurs quant aux
scènes de nudité, considérées comme “choquantes”
dès lors qu’elles sont homosexuelles.
IL FAUDRAIT QUE LE CNC
INSTAURE DES AIDES À LA
DIFFUSION DES FILMS LGBT
À l’approche de la 31 e
édition du festival Chéries-
Chéris, qui se déroulera
du 15 au 25 novembre
prochains à Paris, son
directeur artistique et
délégué général revient sur
les obstacles auxquels se
heurtent les tentatives de
diffusion des films LGBT…
alors que la production n’a
jamais été aussi florissante.
Cette frustration de ne pas pouvoir
accéder facilement aux films, en particulier
LGBT, en province, m'a conduit
vers la distribution. Après plusieurs
expériences, notamment chez Pyramide
et Ciné-Tamaris, j’ai intégré en 2015
Épicentre Films en tant que responsable
de la distribution. Là-bas je me suis
occupé de nombreux titres LGBT comme Théo et Hugo dans le même bateau
(2016), L’Ornithologue de João Pedro Rodrigues (2016) ou encore Brothers
of the Night de Patric Chiha (2017), et j’ai pu me rendre compte directement
des difficultés spécifiques à distribuer ce type de films. Et ça vaut pour les
grandes comme les petites villes.
Quelles sont les principales difficultés rencontrées sur les films LGBT ?
Il s’agit surtout du refus des exploitants de les diffuser, ce qui amène les
distributeurs à adopter un plan de sortie très resserré. Par exemple, chez
Épicentre, nous avions un plafond de verre de 30 copies pour ces films.
Maintenant, avec la fin des VPF, les distributeurs peuvent toucher
40 établissements en allant dans des plus petites zones, mais ces territoires
offrent un potentiel d’entrées plus limité, tandis que les grandes villes et les
salles prescriptrices restent souvent inaccessibles. Cela s’observe bien entendu
chez les deux distributeurs spécialisés, Outplay et Optimale, mais aussi chez
n’importe quelle autre structure sortant un film LGBT.
Pourquoi tant de refus ?
Beaucoup d’exploitants affirment qu’ils n’ont pas de public LGBT, mais il
faut justement aller le chercher en mobilisant le tissu associatif local, car il
y en a absolument partout sur le territoire. Ce travail est souvent effectué
par le distributeur, qui organise à ses frais des séances événementielles.
Cependant, à force de ne pas programmer cette typologie de films, le public
concerné ne vient plus en salles et se reporte sur les plateformes. Donc le
serpent finit par se mordre la queue.
Comment la situation pourrait-elle être
améliorée ?
Il faudrait que le CNC mette en place des aides
spécifiques à la distribution des films LGBT,
en plus d’une subvention incitative à leur programmation
par les salles. Aujourd’hui, il est régulièrement
question de la parité, de l’importance
de diffuser des réalisatrices… Je pense que la
problématique LGBT est indissociable de cette
cause, surtout que les réalisatrices sont, en l’occurrence,
très bien représentées dans le
cinéma queer.
Et y a-t-il une production suffisamment
florissante pour accompagner cet élan ?
Bien sûr ! À la création de Chéries-Chéris en
1994, il y avait principalement quatre pays
représentés : la France, les États-Unis, le
Royaume-Uni et l’Allemagne. Aujourd’hui, la
production est mondialisée et nous accueillons
cette année un record de 40 nationalités !
Et surtout, il y a de plus en plus de films LGBT
visant le grand public. C’est par exemple le cas
d’Alice Douard avec Des preuves d’amour (Tandem,
19/11/25), dans un registre très fédérateur. De
même pour le film d’ouverture, Pillion de Harry
Lighton (Memento, 01/04/26), romance BDSM dans
le milieu des bikers gays qui aura, je pense, la
même importance qu’ont eu des titres comme
Le Secret de Brokeback Mountain, L’Inconnu du
lac, La Vie d’Adèle, Carol ou Call Me By Your Name.
Propos recueillis par Jules Dreyfus
N°503 / 5 novembre 2025
21
Distribution
C’EST À NOUS, PRODUCTEURS,
DE PROPOSER UNE OFFRE DE QUALITÉ
Invitée de l’Émission du 23 octobre,
la dirigeante de Gaumont évoque
ses nouvelles productions, en salles
et sur les plateformes. Car pour
Sidonie Dumas, il faut travailler avec
tout le monde, avec audace mais en
respectant un cadre, et en sachant
s’appuyer sur des technologies qui
évoluent "depuis que le cinéma existe".
©Valentin Le Cron
SIDONIE DUMAS
Directrice générale de Gaumont
Il faut peut-être admettre que l’on fait un « métier saisonnier
», estime Sidonie Dumas pour commenter la « fréquentation
en dents de scie » qu’a connu Gaumont l’an dernier,
mais qui, s’exprimant à quelques jours de la sortie de
L’Étranger, envisage la période avec beaucoup d’optimisme.
« C’est à nous, producteurs, de proposer une offre de qualité,
avec exigence et audace », et pas forcément en « terme de
budgets, mais de sujets ». La dirigeante de Gaumont se dit
ainsi très fière de l’adaptation du roman de Camus par
François Ozon, de celle du Mage du Kremlin par Olivier
Assayas et Emmanuel Carrère (21/01/26), mais aussi de
L'Âme idéale d’Alice Vial (17/12/25) ; des films qui,
chacun à leur manière, « entrent en résonance avec l’actualité
ou des problématiques existentielles » et peuvent séduire
un public jeune. Gaumont n’en renonce pas pour autant
à la comédie, comme avec le buddy movie à la française
Le Rêve américain d’Anthony Marciano (18/02/26), qui
sera montré, lui aussi, lors des quatre conventions en
régions. « Car la communauté autour d’un film commence
avec les exploitants », souligne Sidonie Dumas, « et il est
essentiel de leur montrer nos films, pour qu’ils en soient
les prescripteurs ».
Entre séries et cinéma
L’éclectisme du line-up Gaumont se confirmera avec le
très ambitieux High in the Clouds, film d’animation
d’après un livre de Paul McCartney, prévu pour l’été
2027, mais aussi dans l’audiovisuel. « Gaumont est un
raconteur d’histoires, quel que soit le support », et poursuit
ainsi le développement de séries, entamé il y a plus de
10 ans avec les États-Unis, et depuis déployé en Europe.
« Au-delà d’un montage financier très différent, il est logique
pour une entreprise comme la nôtre de faire de la télévision :
en termes de narration, certains sujets nécessitent un format
long et ce sont deux activités complémentaires. » The Deal
est d’ores et déjà disponible sur Arte, tandis que Traqué
sera sur Apple TV à partir de décembre. Et alors que le
tournage de Masterplan pour Amazon a démarré, une
nouvelle saison de Lupin se prépare pour Netflix. « Il faut
trouver le bon partenaire pour chaque projet et Gaumont
travaille avec toutes les chaînes et plateformes, de même que
pour le cinéma nous collaborons aussi bien avec France
Télévisions que TF1, M6 ou Canal+. »
Emission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
La nécessité d’un cadre…
Concernant Canal+ et son association avec UGC, Sidonie
Dumas salue l’entrée d’un groupe français au capital d’un
circuit français, « et la preuve que Canal aime la salle de
cinéma ». Quant aux conséquences de cette alliance sur
la chronologie des médias, « c’est plus une interrogation
qu’une inquiétude » pour la dirigeante de Gaumont, qui
a confiance dans le dialogue… et la régulation.
« Pour faire nos métiers de conviction, il faut un cadre.
Si chacun fait n’importe quoi, ce sera la guerre. Il faut donc
des lois et un accompagnement des pouvoirs publics, comme
pour la transposition de la directive SMA qui a permis de
faire entrer Netflix, puis Disney dans notre schéma. »
Autrement dit, « si les acteurs américains veulent travailler
avec nous, ils doivent respecter notre façon de faire.
Nous avons choisi de privilégier la salle, c’est un atout
français et il faut se battre pour le conserver ».
Tout comme il a fallu réaffirmer, dans le cadre du budget
2026, l’importance du crédit d’impôt cinéma que certains
voulaient revoir à la baisse. « Ce n’est pas l'endroit pour
faire des économies, affirmait Sidonie Dumas au moment
de cet entretien, et baisser le taux de ce crédit d’impôt serait
une folie. Ces petites ristournes auraient finalement des
conséquences catastrophiques sur l’économie », et auraient
été antinomiques avec le projet de France 2030, qui veut
faire du pays un leader des tournages.
130 ans de cinéma… pour montrer comment
avancer
Et pour se tourner vers l’avenir, il est essentiel de comprendre
l’Histoire du cinéma… et donc de connaître celle de
Gaumont. Pour fêter ses 130 ans, la société a ainsi voulu
« mettre l’accent sur la transmission et l’éducation ».
Pour Sidonie Dumas « l'histoire du cinéma et de Gaumont
fait partie d’un récit, et fait comprendre aux enfants comment
se conçoivent les films, et comment la technologie et l’art
sont mêlés. De même qu’Apple, qui a commencé par fabriquer
des ordinateurs, a aujourd'hui besoin de contenu et
crée des séries, Léon Gaumont était au départ un ingénieur,
qui fabriquait des machines pour montrer des images.
C’est son assistante, Alice Guy, qui va lui apporter des talents
et des histoires, et donc des images qui vont faire évoluer la
machine ». Raconter l'histoire de Gaumont “depuis que
le cinéma existe” permet d’envisager le futur, en insistant
sur ce maillage entre la technologie et les œuvres.
« Les frères Lumière, Charles Pathé et Léon Gaumont étaient
tous des ingénieurs, qui ont basculé dans le cinéma », rappelle
Sidonie Dumas. Mais « la technologie a besoin d'œuvres
pour avancer. Aujourd’hui, l’IA est un outil dont on peut
se servir pour progresser, mais on aura toujours besoin de
récits pour faire du cinéma ».
Les ressorties des “pépites de Gaumont”, à l’occasion de
ses 130 ans, en sont la plus belle illustration.
Cécile Vargoz
22 N°503 / 5 novembre 2025
Distribution
LE PACTE S’ATTAQUE À LA DÉFENSE
Le distributeur aborde avec ambition
la sortie de L’Inconnu de la Grande
Arche le 5 novembre, qui marque
sa troisième collaboration avec le
cinéaste Stéphane Demoustier.
Une histoire qu’on ne connaît pas sur un monument
connu de tous : telle est la présentation succincte que
l’on pourrait faire du film, que Le Pacte déploie ce mercredi
5 novembre sur environ 250 copies. L’Inconnu de la
Grande Arche adapte librement le livre La Grande Arche
de Laurence Cossé (2016, Éd. Gallimard) centré sur la construction
de cet édifice iconique, initiée par François Mitterrand
et confiée… à un inconnu en France, le Danois Johan
Otto von Spreckelsen, incarné à l’écran par Claes Bang
(The Square). Michel Fau, Xavier Dolan, Swann Arlaud
et Sidse Babett Knudsen complètent la distribution.
« L’intrigue du livre a été simplifiée pour se concentrer sur
la trajectoire de l’architecte et pousser une thématique qui
relève davantage du thriller politique », explique Aurélien
Renouard, responsable marketing chez Le Pacte.
« Après La Fille au bracelet et Borgo, c’est notre troisième
collaboration avec Stéphane Demoustier, un cinéaste qui
monte en grade, en témoigne sa première sélection à Cannes »,
note Xavier Hirigoyen, directeur de la distribution.
Présenté à Un Certain Regard, le film séduit également
les professionnels, décrochant le soutien de l’Afcae suite
à sa projection aux Rencontres art et essai.
Le Pacte initie, au début de l’été, sa prise de parole
publique avec le lancement d’une première bande
annonce (BA), dans la foulée de l’annonce de la sélection
de L’Inconnu… au Festival du film francophone d’Angoulême.
Fin août, en parallèle de la manifestation, le
distributeur accélère en dévoilant l’affiche ainsi que la
BA définitive, réalisée avec Hands Up. Depuis début
octobre, outre une importante tournée, plusieurs
avant-premières événementielles, dans l'auditorium de
la Grande Arche ou à la Cité de l’Architecture, fédèrent
personnalités politiques comme du monde l’architecture.
Les étudiants concernés sont également impliqués, via
le média L’Architecte mais aussi deux séances organisées
à Paris par l’agence La Grande Distribution (Mélanie
Simon-Franza) avec l’Union nationale des étudiants en
architecture et paysage.
Car outre un public cinéphile urbain, Le Pacte entend
attirer une cible jeune, via de l’achat sur les réseaux
sociaux, mais aussi une émission spéciale avec « Épicurieux
» de Jamy, centrée sur la construction de la Grand
Arche. En salles, le distributeur a profité « d’un marché
fort pendant les vacances, particulièrement en films français »
pour de l’achat de BA, notamment chez UGC en S-3
et mk2 en S-2, Xavier Hirigoyen rappelant que L’Inconnu
de la Grande Arche a décroché les labels UGC Aime,
L’Autre Regard (Pathé) et On a vu, on a aimé (mk2).
Une campagne d’affichage sur colonne Morris est
déployée à Paris en S-1 tandis que parmi les partenariats
médias figurent Le Figaro, Télérama, Paris Match avec
un tiré-à-part spécial dans le numéro du 6 novembre,
Le Nouvel Obs, France Culture, Ciné+/OCS et France
TV via des spots autour de ses émissions phares.
©Julien Panie / Agat Films - Le Pacte
©Boxoffice Pro
L'Inconnu de la Grande Arche
Par ailleurs, Le Pacte prévoit également d’être présent
en soutien de L’Inconnu de la Grande Arche, avec
plusieurs activations dans la foulée de la sortie « pour
installer le film sur la durée dans un marché moins
concurrentiel ». Des campagnes digitales avec UGC et
Pathé sont planifiées sur le premier week-end,
CONDOR SOIGNE LA FAIM DE TOUCH
Lundi 27 octobre, le distributeur indépendant a
organisé une soirée événement au Grand Rex (Paris)
pour marquer la fin d’exploitation du film Touch – Nos
Étreintes passées de l’Islandais Baltasar Kormákur. « L’été
est rarement une période idéale pour organiser des
événements à Paris donc nous n’avions rien prévu au
moment de la sortie [le 30 juillet, ndlr.]. Mais le fait
que le film réussisse à dépasser le cap des 100 000 entrées
nous a offert l’occasion parfaite pour imaginer une
célébration en forme de dernière séance », confie Alexis
et de la programmatique, avec Targett, sur les deux
premiers, notamment autour de podcasts politiques
et historiques. Enfin, le distributeur se réserve une
enveloppe « pour de l’achat d’opportunités de dernière
minute ». En somme, garder une part d’inconnu, tout
en visant grand.
Tanguy Colon
Mas, dirigeant de Condor. Avant la projection du
film dans la grande salle du mythique cinéma parisien,
influenceurs et spectateurs ont pu déguster quelques
gourmandises japonaises, offertes par la chaîne de
restaurants Matsuri. Une opération originale qui a
mobilisé plusieurs partenaires : l’Agence Cartel pour
l’influence et l’événementiel, LuckyTime pour l’animation
sur les réseaux, Elle et Sens Critique pour les
relais médias, ainsi que les associations Cop1 et Maison
étudiante de la Ville de Paris. T. C.
24 N°503 / 5 novembre 2025
L’ACTUALITÉ DE
L’EXPLOITATION ET DE LA
DISTRIBUTION CINÉMA
LE MAGAZINE PRO
ET LES SUPPLÉMENTS
LE SITE
BOXOFFICEPRO.FR
LE DIRECT
YOUTUBE
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disponibles sur
Deezer
OU SUR
BOXOFFICEPRO.FR/CATEGORY/LEMISSION/
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@Boxoffice_fr
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Miscellanées
PROCHAINE CDACi
DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO
13/11/25
PROCHAINES CNACi
DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO
28/11/25
28/11/25
ÉTABLISSEMENT PUBLIC TERRITORIAL EST
ENSEMBLE
SAS SOCIÉTÉ ARDÉCHOISE
D’EXPLOITATION CINÉMATOGRAPHIQUE
COMMUNAUTÉ D'AGGLOMÉRATION LE
GRAND NARBONNE
ALICE GUY 6 865
CINÉMA CONFLUENCES
ANNONAY
LE CINÉMA SCÈNE NATIONALE
DU GRAND NARBONNE
7 770 Projet de création Annonay Ardèche Annonay Rhône Agglo
1 109
Projet de création en remplacement du cinéma (Magic Cinéma
(2 salles et 443 places)
Projet d'extention via l'ajout d’une salle et 109 places (portant la
capacité du site à 2 salles et 369 places)
Bobigny Seine-Saint-Denis Est Ensemble
Narbonne Aude Le Grand Narbonne
Kinepolis connaît un troisième
trimestre à la baisse
©CARLSON PRODUCTIONS
Liquidation judiciaire pour Bodega
et KapFilms
Le 21 octobre, le tribunal de commerce d’Albi a, comme révélé par Le Film Français,
prononcé la liquidation judiciaire de la société de distribution Bodega. Placée en redressement
judiciaire en mai 2022, la structure en était sortie en juin 2023. Co-fondée par
Jean-Pierre Gardelli et Vincent-Paul Boncour en 2002, Bodega a distribué une centaine
de longs métrages, dont Alabama Monroe de Felix Van Groeningen, L’Énigme Velazquez
de Stéphane Sorlat, La Communion de Jan Komasa jusqu’à La guitarra flamenca de Yerai
Cortes d’Anton Alvarez, son ultime sortie, le 2 juillet dernier.
Une salle ScreenX de MJR Theatres, la filiale américaine de Kinepolis
Après un premier semestre bouclé en
hausse, le groupe d’Eddy Duquenne
repasse derrière 2024 à l’issue d’un troisième
trimestre où il a enregistré 8,19
millions d’entrées, soit 11,1 % de moins
que l’année dernière (9,21 millions).
Les plus fortes baisses sont observées en
France avec 1,35 million de spectateurs
(-19,2 %), aux Pays-Bas (0,62 million
d’entrées, -15,1 %) et aux États-Unis
(1,04 million d’entrées, -12 %). Le chiffre
d'affaires est également à la baisse, bien
que le groupe belge précise que la comparaison
est « moins favorable en raison du
succès, entre autres, de Vice-Versa 2 en
2024 ». Ce troisième trimestre s’est
toutefois bien terminé grâce aux sorties
en septembre de Conjuring : L’Heure du
jugement et de Demon Slayer : Kimetsu no
Yaiba La Forteresse Infinie Film 1.
En outre, les recettes par visiteur sont à
la hausse par rapport à 2024, « grâce notamment
à l'engagement en faveur des expériences
cinématographiques premium ». Kinepolis
a pour l’heure réalisé 22,46 millions d’entrées
en 2025, soit un recul de 3,1 % par
rapport à 2024 (23,18 millions). Le groupe
compte pour rappel 108 cinémas depuis
le 1 er octobre – et la vente de son cinéma
de Port Alberni au Canada, exploité par
sa filiale Landmark Cinemas –, répartis
dans 8 pays.
J.D.
Un mois plus tôt, une autre société de distribution indépendante, KapFilms, a déposé le
bilan. Le tribunal des activités économiques de Paris a prononcé la liquidation judiciaire,
le 18 septembre, de la société, placée en redressement judiciaire en octobre 2018 avant
d’en sortir en septembre 2020. C’est en 2006 qu’Arnaud Kerneguez avait lancé KapFilms,
initialement centrée sur la production, avant d’élargir à la distribution suite au Covid,
avec des titres comme Entre nous de Jude Bauman ou Jour de colère avec JoeyStarr. Parmi
ses prochaines sorties figurait le drame historique sur le Débarquement, 7 jours en juin
de David Aboucaya, désormais auto-distribué par son réalisateur dès le 19 novembre.
T. C.
CINA mise sur une nouvelle
génération de volontaires
Cinémas Indépendants de Nouvelle-Aquitaine a lancé la quatrième saison de son dispositif
de Volontaires en Service Civique dans les cinémas qui chaque année, depuis 2022,
permet à une quinzaine de volontaires de participer, durant huit mois, à la programmation,
à la communication ou à l’animation de séances.
Innovation de cette année, un « parcours de formation pour aux tuteurs et tutrices » permet
d’« intégrer durablement la dimension écologique dans l’accompagnement des volontaires »,
en cohérence avec l’engagement de CINA et de sa charte des cinémas verts. A.A.
AGENDA DE LA PROFESSION
FESTIVAL DU FILM ITALIEN DE VILLERUPT 24 /10 au 11/11/25 VILLERUPT
RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE L'ARP 05 au 7/11/25 LE TOUQUET
ARRAS FILM FESTIVAL 07 au 16/11/25 ARRAS
RENCONTRES PROFESSIONNELLES DU NORD 12 au 14/11/25 ARRAS
CONVENTIONS GAUMONT du 18 au 27/1125
CONVENTION DIAPHANA 18/11/25 PARIS
JOURNÉE ART ET ESSAI DU CINÉMA EUROPÉEN 23/11/25 MONDE
RENCONTRES NATIONALES DE L’ARCHIPEL DES LUCIOLES 25 au 27/11/25 METZ
COLLOQUE POUR LES 70 ANS DE L’AFCAE 03 au 05/12/25 PARIS
FESTIVAL DU FILM DE SOCIÉTÉ DE ROYAN 03 au 07/12/25 ROYAN
SOMMET DES ARCS 16 au 20/12/25 LES ARCS
RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS
FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE
25 ES RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP
RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD
TOULOUSE, NANCY, LYON ET
VERN-SUR-SEICHE
Soutiens
ADRC
Séances accompagnées
La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben
Hania (Jour2Fête, 26 novembre)
Elle entend pas la moto de Dominique
Fischbach (Épicentre Films, 10 décembre)
Histoires de la bonne vallée de José Luis
Guerin (Shellac, 17 décembre)
L'Agent secret de Kleber Mendoça Filho
(Ad Vitam, 17 décembre)
Le Chant des forêts de Vincent Munier
(Haut et Court, 17 décembre))
Afcae
Répertoire
The Killer de John Woo (Metropolitan Filmexport,
26 novembre)
La Panthère rose de Blake Edwards
(Filmothèque Distribution, 24 décembre)
Le Sud de Victor Erice (Les Acacias, 7 janvier)
26 N°503 / 5 novembre 2025
LE FILM FAMILLE DE CE NOËL
À PARTIR
DE 4 ANS
SORTIE
LE 10
DEC.
ORGANISEZ
VOS SÉANCES DE NOËL
DÈS MAINTENANT !
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LE DIMANCHE 7 DÉCEMBRE
Contact KMBO : Léa Belbenoit - Tél : 01 43 54 47 24 / lea@kmbofilms.com