De la culture, de la politique et de la Corse au siècle des Lumières
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Bibliuteca Paolina
De la culture, de la politique
et de la Corse
au siècle des Lumières
Sous la direction d'Erick Miceli
Textes en italien traduits par Gloriana Mattei
Textes en anglais traduits par Christelle Catala
Albiana - Collectivité de Corse - Musée de Morosaglia
La collection Bibliuteca Paolina
est co-dirigée par Isabelle Latour et Erick Miceli
L
e 6 avril 1725 naissait à Merusaglia cel ui que l’histoire retiendra comme U Babbu di
a Patria, Pasquale Paoli. Trois siècles plus tard, sa pensée, son action et son héritage
demeurent une source d’inspiration pour la Corse et bien au-delà de nos frontières.
Chef de guerre, homme d’État, philosophe éclairé, Paoli a marqué son siècle par une
œuvre politique et intellectuelle qui fit entrer la Corse dans la modernité du xviiiᵉ siècle. À
la tête de l’État corse indépendant, de 1755 à 1769, il posa les bases d’une société nouvelle,
guidée par des valeurs d’humanisme et de liberté. La séparation des pouvoirs exécutif, législatif
et judiciaire, l’affirmation de la liberté religieuse, l’égalité entre les femmes et les hommes,
l’ouverture de l’Université de Corse à Corti comme lieu d’émancipation et de savoir : autant
d’avancées remarquables qui plaçaient notre île à l’avant-garde des idées démocratiques en
Europe.
En des temps où régnaient les monarchies de droit divin, Paoli osa imaginer et mettre
en œuvre un projet politique profondément novateur. Reconnu et admiré par ses pairs dans
toute l’Europe, il demeure un universaliste convaincu, à la fois enraciné dans son peuple et
ouvert sur le monde.
Commémorer le tricentenaire de sa naissance ne consiste pas seulement à rendre
hommage à un grand homme du passé. C’est affirmer que le paolisme reste vivant, moderne,
et qu’il continue de nourrir nos réflexions sur la société corse que nous souhaitons bâtir.
Pasquale Paoli ne fut pas seulement l’homme d’un temps, il fut l’homme d’un projet : celui
d’une Corse libre, éclairée et ouverte sur la Méditerranée et l’Europe.
Aujourd’hui, alors que notre époque est traversée par de nombreux défis démocratiques,
environnementaux et sociétaux, l’œuvre de Paoli demeure pour nous un repère majeur.
À l’heure où se dessine le xxiᵉ siècle, nous réaffirmons que la Corse doit être pleinement
reconnue dans sa culture, sa langue, son histoire, son patrimoine et son identité propre. Paoli
nous enseigne qu’il n’y a pas de progrès véritable sans dignité collective, pas de modernité
sans fidélité à ce que nous sommes.
En ce tricentenaire, célébrer Pasquale Paoli, c’est reconnaître en lui non seulement le
père fondateur de notre Nation, mais l’exemple et la boussole politique qui doivent continuer
d’éclairer le chemin de notre pays et de notre peuple vers la liberté, la justice et la reconnaissance
de ses droits fondamentaux.
Anne-Laure Santucci
Cunsigliera esecutiva in carica di a Cultura,
di u Patrimoniu, di u Mecenatu, di l’Audiovisivu,
di a Vita assuciativa è di i Sporti
En Corse, l’année 2025 marque la date anniversaire des trois cents ans de la naissance de
Pasquale Paoli, né le 6 avril 1725 à Merusaglia. À cette occasion, de nombreuses manifestations
sont organisées à travers toute l’île, à l’initiative de particuliers, d’associations, de
communes et de l’Università di Corsicà. La Collectivité de Corse s’est particulièrement mobilisée
à travers plusieurs services, et notamment la direction du patrimoine et le musée Pasquale Paoli.
Pour cet établissement, l’année 2025 marque l’aboutissement de plusieurs années de
travail pour moderniser le parcours permanent avec la mise en place d’une scénographie et la
présentation de nouvelles collections, la création de la Strada Paolina ou la rédaction du projet
scientifique et culturel, pour ne citer que les projets phares.
Les deux évènements importants de l’agenda 2025 sont l’exposition Pasquale Paoli 300
anni ! C’era una volta un Capu di Statu, et le colloque La Corse et les Corses dans les tempêtes
du xviii e siècle, organisé le 14 juillet 2025, pour commémorer les deux cent soixante-dix ans
de l’élection de Paoli à la fonction de Capu Generale di a Nazione.
L’exposition vise à revenir sur le parcours exceptionnel de Pasquale Paoli. Depuis son
enfance dans le Rustinu, son cadre familial, son parcours intellectuel et politique, mais aussi le
contexte corse et européen du xviii e siècle, avec l’objectif de mieux comprendre le chef d’État
et de dresser l’héritage du personnage.
Le colloque a réuni les plus éminents universitaires spécialisés dans cette période de
l’Histoire de la Corse. À travers des analyses croisées et des recherches inédites, l’objectif est de
mettre en lumière l’influence de Paoli dans les révolutions corses et les dynamiques du Siècle
des Lumières.
Connaître son histoire et son territoire est un facteur d’émancipation pour les individus
comme pour les sociétés.
Pierre-Jean Campocasso
Direttore di u Patrimoniu
Sapere Aude
Horace
L
e musée Pasquale Paoli, gardien de la mémoire et de l’ héritage de l’enfant de Merusaglia,
a aujourd’ hui l’opportunité de prolonger sa mission à travers la création de la Bibliuteca
Paolina.
Cette initiative répond au double objectif de conserver et de valoriser le savoir, tout en
offrant au public un espace de découverte complémentaire aux collections muséales. Chaque
ouvrage de la Bibliuteca Paolina sera soigneusement sélectionné et viendra enrichir une
mémoire collective qui dépasse les murs du musée. En rendant accessibles ces ressources,
cette collection deviendra un outil de recherche pour les étudiants, historiens et passionnés,
mais aussi le moyen de prolonger la visite de la Maison natale pour tous les visiteurs curieux.
L’année du tricentenaire de la naissance du Babbu di a Patria offre le contexte idéal pour
donner vie à ce projet ambitieux. En créant une collection dédiée aux ouvrages en lien direct
ou indirect avec l’établissement, le musée de Merusaglia affirme sa place légitime dans la diffusion
des idées de Pasquale Paoli et de l’Europe des Lumières. La Bibliuteca Paolina ne sera
pas seulement une collection de livres, mais deviendra le véritable prolongement intellectuel
et vivant du musée.
Erick Miceli, commissaire de l’exposition temporaire Paoli 300 anni ! C’era una volta un
Capu di Statu, et moi-même avons choisi, plutôt que de proposer un catalogue, d’éditer un
ouvrage richement illustré, rassemblant les travaux les plus récents consacrés à la formation
intellectuelle de Pasquale Paoli.
Je souhaite rappeler que ce projet n’aurait jamais pu voir le jour sans le soutien de la
Cullettività di Corsica, qui donne à ses services les moyens financiers nécessaires à la conduite
d’une politique culturelle et patrimoniale à la fois riche et ambitieuse.
À toutes celles et tous ceux qui ont rendu cette réalisation possible, j’adresse ma plus
profonde gratitude. Je remercie tout particulièrement Anne-Laure Santucci, conseillère exécutive
chargée de la Culture et du Patrimoine, et ma hiérarchie : Alexandra Folacci, directrice générale
adjointe de la Culture et du Patrimoine, Pierre-Jean Campocasso, directeur du Patrimoine, et
Félix Bacci, directeur adjoint des Sites archéologiques et des Musées, pour la confiance qu’ils
m’ont témoignée.
Ma gratitude va également à mes collaborateurs, Leria Battesti, Nunzia Marchetti,
Sylvain Raffalli et Théo Gonzalès-Maraninchi, dont l’engagement est précieux. Je remercie les
nombreuses personnes qui suivent avec intérêt et soutiennent le travail réalisé au musée, et plus
particulièrement mes amis Georges Moracchini, Jean Marcel Leccia et Michel Vernet-Cristiani.
J’associe à ces remerciements Bernard Biancarelli pour son accompagnement constant, et tous
les esprits brillants qui ont contribué à la rédaction de cet ouvrage.
Enfin, j’exprime toute ma reconnaissance à Erick Miceli, dont la grande générosité et le
partage de son érudition exceptionnelle sont une lumière qui guide ma réflexion.
Isabelle Latour
Direttrice di u Museu Casa Nativa di Pasquale Paoli
Paul-Mathieu Novellini, Portrait de Pascal Paoli, 1891,
musée Pacal Paoli, Morosaglia.
David A. ABIÁN CUBILLO, Université de Cantabrie
Philippe AUDEGEAN, Sorbonne Université
Pierre-Yves BEAUREPAIRE, Université Côte d’Azur,
Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine.
Institut universitaire de France
Paolo CALCAGNO, Centro di Ricerca Fernand
Braudel – Laboratorio di Storia Marittima e Navale
(NAVLAB)
Antoine FRANZINI, Université Gustave Eiffel
(Marne-la-Vallée)
Antoine-Marie GRAZIANI, Université de Corse
Luca LO BASSO, Université de Gênes, Centro di
Ricerca Fernand Braudel – Laboratorio di Storia
Marittima e Navale (NAVLAB)
Petru Santu MENOZZI, École des Hautes Études
en Sciences Sociales, Groupe de Recherches
Interdisciplinaires sur l'Histoire du Littéraire (GRIHL)
Erick MICELI, Université de Corse, Laboratoire
Lieux, Identités, eSpaces et Activités (LISA) /
Université de Gênes, Centro di Ricerca Fernand
Braudel – Laboratorio di Storia Marittima e Navale
(NAVLAB)
Paul PHILIPPE, doctorant
Vittorio TIGRINO, Universita' degli Studi del
Piemonte Orientale "Amedeo Avogadro",
Paul TURCHI-DURIANI, Université de Corse
Catherine VOLPILHAC-AUGER, ENS de Lyon
(IHRIM)
Sommaire
Préfaces ............................................................................................................................................................3
Introduction. Pour une Corse contextualisée dans l’ Europe des Lumières .................13
Erick MICELI
I. De la circulation des idées au XVIII e siècle en Italie ...............................................................21
La formation des officiers militaires : la fondation des premières académies
militaires en Europe (1675-1750) : France, Espagne et Italie .............................................23
David A. ABIÁN CUBILLO
La péninsule italienne entre l’équerre et le compas au Siècle des lumières ..................35
Pierre-Yves BEAUREPAIRE
De Genovesi à Beccaria, les premiers professeurs d’économie (1754-1772) ...............45
Philippe AUDEGEAN
Un best-seller des Lumières : Beccaria, Des délits et des peines (1764)...........................53
Philippe AUDEGEAN
Montesquieu en italien au xviii e siècle ......................................................................................61
Catherine VOLPILHAC-AUGER
II. La sensibilité génoise à l’air du temps ......................................................................................71
Une mer particulière. Choix stratégiques
et flottes de guerre dans la Méditerranée du xviiie siècle ...................................................73
Luca LO BASSO
La felicità pubblica des révolutionnaires corses du xviii e siècle ........................................83
Erick MICELI
L’affaire Sanremo. Pratique des archives, histoire des controverses
et fake news dans un conflit politique local du xviiie siècle ............................................ 101
Vittorio TIGRINO
12 DE LA CULTURE, DE LA POLITIQUE ET DE LA CORSE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
« Un pays très heureux » : perspectives génoises
sur les États-Unis d’Amérique à la fin du xviiie siècle ...................................................... 115
Paolo CALCAGNO
III. Dans la Corse génoise et révolutionnaire .......................................................................... 125
Anton Francesco Cirni, un unicum dans la Corse du xvi e siècle ................................. 127
Antoine-Marie GRAZIANI
Francesco Cànari et Angelo Francesco Colonna. Deux œuvres
majeures dans le riche contexte des lettrés corses du xviie siècle ................................. 137
Antoine FRANZINI
« Impugnando la penna », une guerre de plumes
durant la première décennie des révoltes de Corse (1730-1739) .................................. 153
Petru Santu MENOZZI
La recomposition du jeu rebelle
durant la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748).................................................. 167
Petru Santu MENOZZI et Erick MICELI
Le droit du peuple à la révolution.
La contribution des révolutionnaires corses (xviiie siècle) ............................................. 183
Erick MICELI
L’invention d’un patriotisme :
le cas des lettrés Leonardo Grimaldi et Giovanni Silvestri .............................................. 205
Erick MICELI
Les premiers pas de la Corse française sous influence maçonnique............................ 219
Paul PHILIPPE
Pasquale de’ Paoli, il principe nuovo. Une approche historiographique
de la formation intellectuelle de Pasquale de’ Paoli à Naples (1745-1749) ............... 249
Paul TURCHI-DURIANI
Index des noms de personnes ..........................................................................................................261
Sources des illustrations ................................................................................................................... 269
Erick MICELI
Introduction
Pour une Corse contextualisée
dans l’Europe des Lumières
Tutto il dispotismo illuminato è pervaso da aspirazioni, più o meno represse, d’eguaglianza
e di libertà. La rivolta dell’isola di Corsica aiuteva a rivelare queste contraddizione e
queste germinali esigenze.
Franco Venturi
Entre 1358 et 1768, la Corse appartient au domaine de la république de Gênes, un espace
qui ne compte pas parmi les terrains privilégiés de l’ historiographie du xviiie siècle. Vieille
république qui a été un pôle culturel de la contre-réforme pontificale, le patriciat génois
s’est taillé la réputation d’un groupe insensible aux Lumières, et ce, déjà au xviii e siècle. Le
peintre Alessandro Magnasco ne montre pas autre chose quand il réalise son Divertissement
dans un jardin d’Albaro qui met en scène la puissante famille des Saluzzo vautrée dans les
frivolités aristocratiques. Gênes aurait-elle ainsi tourné le dos aux idées nouvelles ?
Si cette image a la peau dure, il faut quand même distinguer deux, voire trois éléments :
il y a Gênes, en tant qu’institution et État, puis les Génois et, au-delà encore, toute la société
qui participe à la vie de la cité sans forcément bénéficier de la citoyenneté.
L’institution républicaine a été refondée par la grande réforme constitutionnelle de
l’amiral Andrea Doria en 1528, puis modifiée par les Leges novæ de Casale de 1576. Depuis
lors, c’est un modèle qui fonctionne, d’où les fortes réticences à modifier cette constitution
garante d’un subtil équilibre. Or, jusqu’à la fin de la République en 1797, un idéal réformiste
prend forme. « La Repubblica è vecchia » notait un sénateur à la veille de l’effondrement. En
mars 1778, le sénateur Domenico Invrea remarquait que tous les prétextes avaient jusqu’alors
été bons pour écarter les réformes : avant 1769, c’étaient les Révolutions corses (1729-1769)
qui avaient été brandies comme étant le principal frein, mais qu’est-ce qui nous en empêche
désormais ? En fait, essentiellement la peur de dérégler un système qui fonctionne tant bien
que mal depuis près de deux cent cinquante ans ; au fond, qu’importe s’il n’est pas parfait,
14 DE LA CULTURE, DE LA POLITIQUE ET DE LA CORSE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
puisque ses imperfections étant connues de tous, cela forme une espèce d’égalité. Toute
innovation (même minime) est risquée, mieux vaut toujours attendre que passe la tempête.
Si le milieu éditorial génois n’a assurément pas eu le dynamisme vénitien, quelles sont
les cités qui ont été capables de concurrencer l’imprimerie et librairie flottante qu’était Venise ?
Cela dit, la Ligurie n’accuse pas de grands retards éditoriaux : la Cyclopedia de Chambers
Ephraïm y connaît une de ses premières éditions italiennes vers 1748-1749 quand, pour
d’autres cas, le milieu éditorial est même en pointe : n’est-ce pas à Gênes qu’est imprimée la
première traduction italienne du Traité du gouvernement civil de Locke en 1773 ?
Un esprit révolutionnaire né au fil de l’eau
Si les Génois n’ont donc guère ignoré les Lumières, la surprise illuministe vient surtout
de l’île de Corse, dont on dit fallacieusement qu’elle était aussi connue que le « Japon ou la
Californie ». Ce territoire était entré à la surprise de tous sous les projecteurs européens :
tout commence en décembre 1729 par une jacquerie dans la région reculée du Bozio et,
dépassée par les événements, la République fait appel à l’Empereur en 1731 qui mobilise
des troupes pour restaurer l’ordre. En janvier 1735, les rebelles déclarent une indépendance
de façade visant à forcer la République au compromis. La constitution alors promulguée
circule dans les gazettes européennes et est même recopiée dans les notes de Montesquieu
(Spicilège, n o 611). Face à l’absence de succès, un cran est franchi l’année suivante : en
avril 1736, les notables philo-rebelles élisent comme roi de Corse Théodore de Neuhoff, un
aventurier originaire de Westphalie. Cette élection est à l’origine d’une nouvelle constitution
qui, si elle connaît une circulation correcte dans l’espace public, n’a jamais pour autant été
véritablement commentée. Peu après, ce sont les troupes françaises qui interviennent sur
l’île pour restaurer l’ordre. La tranquillité n’a cependant pas duré.
Quoique éphémère, cet épisode conduit à une internationalisation des « cose di
Corsica », de même qu’à de nombreuses prises de position favorables dans l’espace public,
comme celle du célèbre franc-maçon Jean Rousset de Missy qui, avec ses amis, réunit près
de 50 à 60 % de la caution de Théodore lorsque celui-ci se trouve emprisonné pour dettes à
Amsterdam en 1738 ! Cependant, comme le remarquait Christiane Berkvens-Stevelinck, Jean
Rousset de Missy était-il davantage pro-corse qu’il n’était anti-français ? Lui, ce huguenot
qui a tout perdu en France ? Il faut dire que beaucoup de ceux qui ont soutenu les Corses
contre les Génois ou, plus tard, contre les Français, avaient une rancœur envers l’une de ces
deux puissances. Car être pour l’un, c’est souvent (et surtout) être contre l’autre. La prise
de position internationale n’est jamais exclusivement décidée par l’engagement idéologique,
mais aussi par un large spectre de déterminants. Une prise de position est un phénomène
complexe qu’il faut toujours savoir appréhender en tant que tel.
Quoi qu’il en soit, Rousset de Missy suit les péripéties des insulaires puisqu’il donne
en 1748 une édition traduite en français du plus virulent des pamphlets révolutionnaires, le
Disinganno intorno alla guerra di Corsica, initialement publié en 1736 et republié en 1739.
Les références à Théodore sont assez nombreuses dans l’espace public, comme Voltaire qui
INTRODUCTION
15
lui donne un rôle dans son Candide ou l’Optimiste ! La surprise et l’exotisme de l’évènement
ont consolidé l’intérêt des Européens dans ce siècle des gazettes.
La guerre de Succession d’Autriche fait franchir un cran supplémentaire dans l’internationalisation
des Révolutions et, surtout, pour bien des Corses, dans la compréhension
du fait que la République était devenue un État faible. La démarche insurrectionnelle mute ;
il s’agit, dès lors, de faire passer l’île sous un autre prince. Toutes les puissances méditerranéennes
ont disposé d’un parti révolutionnaire favorable. À la fin de la guerre cependant, ce
sont à nouveau les troupes du roi de France qui interviennent sur l’île. Si cette intervention
consolide l’influence politique et culturelle des Français, elle alimente aussi l’apparition
d’un idéal indépendantiste. Et si la Nation corse était juste libre… par elle-même ? Quelles
seraient, dans ce cas, les modalités du nouveau contrat social ?
Il faut attendre juillet 1755 pour que la tendance indépendantiste prenne la main sur
les affaires, lorsque Pascal Paoli (1725-1807) est fait Général de la Nation et qu’il fonde une
république indépendante dont la vie sera contrariée par le contexte international : avec la
perte du « premier empire colonial » en Amérique à la suite de la guerre de Sept Ans, la
monarchie française se réinvente un destin méditerranéen dont la première étape sera de
faire main basse sur l’île (1768-1769).
« Small places sometimes generates events of wide
historical importance 1 »
Si les circonstances politiques conduisant à l’accession de Pascal Paoli au généralat sont
complexes, il faut écrire qu’il profite de la légitimité de son père Giacinto, un notable sans
noblesse qui s’était imposé dans les institutions de la Corse génoise par son habileté politique
avant de se réinventer dans le parti révolutionnaire dont il est devenu l’un des principaux
protagonistes. En juillet 1739, les chefs révolutionnaires de la première génération avaient
pu s’embarquer pour trouver exil à Naples où ils allaient être employés dans un régiment de
complaisance, le Corcega ou Real Corsica. Giacinto avait emmené son fils Pascal, et c’est dans
la cité parthénopéenne que le jeune homme allait recevoir une éducation entre les cercles
conservateurs fréquentés par son père – entre jésuitisme et l’Académie de la Stadera – et
les milieux réformateurs. Pascal y côtoie le jeune Ferdinando Galiani ou encore Antonio
Genovesi qui le désignera plus tard comme ayant été son « compagnon d’école » ! Lors de
sa prise de pouvoir, Paoli reçoit aussi les sympathies et encouragements de Ferdinando de
Léon, l’une des figures les plus représentatives de l’illuminisme napolitain.
Le « moment paolien » (1755-1769) qui en découle est une phase d’expérimentation
des idées nouvelles, tout autant que de la construction d’un État moderne fondé sur une
constitution (16-18 novembre 1755), mais aussi sur l’importance du droit et de l’égalité des
citoyens devant la loi, de l’éducation avec une université fondée en 1765, d’une imprimerie
1 Linda Colley, The Gun, the Ship & the Pen : Warfare, Constitutions and the Making of the Modern
World, Liveright, London, 2022, p. 17.
16 DE LA CULTURE, DE LA POLITIQUE ET DE LA CORSE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
avec une gazette, d’une monnaie, tout autant que d’un habile jeu diplomatique. « L’égalité ne
doit pas être un vain mot », écrira le général Paoli. Mais en fait, bien au-delà de la formation
illuministe de Paoli, c’est toute une nouvelle génération de Corses – pour la plupart des trentenaires
formés et diplômés d’universités italiennes – qui deviennent des élites dirigeantes.
Plus qu’autre chose, le « moment paolien » est un temps de renouvellement générationnel
et d’expression des ambitions d’une jeunesse réformatrice.
Ces expérimentations ont souvent été regardées comme des curiosités isolées, car la
Corse était historiographiquement appréhendée comme un espace déconnecté des circuits
éditoriaux et culturels ; en fait, l’île est tout à fait inscrite dans l’air du temps. Il nous faut
savoir penser les Lumières et leurs circulations dans un espace rural et montagnard, en
dehors de tout salon cossu. La quête de l’universalisation des Lumières passe également
par la nécessité de savoir déceler les manifestations locales, particulières et singulières, de
ce courant protéiforme dans chacune des sociétés.
Après avoir visité la bibliothèque de l’université de Corti, le Français Pommereul écrivait
avoir vu dans les rayonnages les ouvrages de « Voltaire, Locke, Montesquieu, Helvétius,
Hume et J.-J. Rousseau ». Le tourist écossais James Boswell (1740-1795) s’est montré moins
satisfait puisque, déçu des lectures anglaises de Paoli, il lui fit parvenir quelques beaux
ouvrages des frères Foulis, imprimeurs de l’université de Glasgow, ainsi que des pièces de
« Harrington, de Sidney, d’Addison, de Trenchard, de Gordon et d’autres écrivains en faveur
de la liberté. Je lui fis parvenir encore quelques-uns de nos meilleurs livres de Morale & de
goût, tels que les œuvres de M. Samuel Johnson 2 . » Mais dans les faits, les livres présents dans
la bibliothèque universitaire étaient davantage policés : s’il y avait le Journal encyclopédique,
c’était l’édition traduite en italien et modérée par Ottavio Diodati. Pour penser la religion
et ses rapports avec l’État, les révolutionnaires puisaient du côté du gallicanisme, avec les
ouvrages de Zeger Bernard van Espen et de Pietro di Marca qui ont été les premiers achats
pour la bibliothèque universitaire.
Au-delà de ces exemples modérés, les genres littéraires du siècle sont bien représentés :
plusieurs insulaires ont souscrit dès 1750 à l’Encyclopédie quand, dans un autre registre, les
poésies de l’abbé Giovanni Franchi (sans aucun doute un pseudonyme d’auteur) font côtoyer
athéisme, révolte du monde et libertinage érudit, tandis que l’abbé Nuti (probablement également
un faux nom) s’est lancé dans une œuvre inachevée sur base d’érotisme conventuel. Si
les Corses ont assurément consommé la littérature du temps, ils en ont également produit.
Le « moment paolien » est néanmoins la séquence des quatre décennies de révolutions
qui a été la plus médiatisée en Europe. Le principal artisan de cette célébrité est ce Boswell
qui, après avoir passé cinq jours sur l’île en octobre 1765 sur recommandation de Jean-
Jacques Rousseau – à qui les Corses avaient demandé une constitution 3 ! – publie en 1768 à
Glasgow un Account of Corsica. L’Écossais expérimente sur Paoli une ébauche de son style qui
2 James Boswell, État de la Corse suivi d’un Journal d’un voyage dans l’isle et des Mémoires de Pascal
Paoli, Londres, 1769, p. 214.
3 Christophe Litwin et James Swenson (dir.), Jean-Jacques Rousseau, Affaires de Corse. Textes et commentaires,
Vrin Éditeur, Paris, 2018.
INTRODUCTION
17
le conduira à la première biographie moderne, The Life of Samuel Johnson. Boswell focalise
son récit sur la figure d’un général qu’il décrit tout droit issu de l’Antiquité. Et en effet, plus
que pour écrire l’Histoire, Boswell est surtout venu pour raconter une histoire, projet qu’il
réalise avec brio puisque son Account est maintes fois réédité, traduit et contrefait.
Malgré tout, si la célébrité de Pascal Paoli fut grande, elle fut surtout tardive : avec
l’Account publié en 1768, puis lors de la guerre menée par la France à la suite du traité de
Versailles (mai 1768) prévoyant le transfert de la souveraineté génoise sur l’île et, enfin,
après mai 1769, date de la défaite des Corses à Ponte Novo et du début de l’exil de Paoli en
Terraferma puis en Angleterre. Pour le dire autrement, le Paoli des Lumières est davantage la
figure du héros vaincu d’une minuscule nation face à la première puissance mondiale plutôt
que celle de l’ habile constructeur d’État que l’on a pris l’ habitude de voir aujourd’ hui. Le
regard porté sur des sujets n’est jamais immuable, mais il est une construction historique.
Dès lors, la notoriété du Général dépasse largement l’espace italique pour gagner
l’Allemagne, les pays nordiques, mais aussi le monde anglophone, jusqu’en Amérique où
plusieurs toasts sont portés par les Sons of Liberty en l’ honneur de Paoli et des Corses !
Entre 1767 et 1770, le Pennsylvania Chronicle présente non loin de 130 articles explicitement
consacrés à la Corse. Cette célébrité dans l’espace public est telle que David A. Bell fait très
audacieusement du Paoli « boswellien » l’un des premiers modèles du « héros charismatique
», aux côtés de George Washington, de Napoléon Bonaparte, de Toussaint Louverture
ainsi que de Simon Bolívar. Mais l’ homme de l’espace public est-il le même que l’ homme
historique ? C’est à débattre, même s’il me semble, à titre personnel, bien important de ne
pas confondre ces deux figures en une. Quoi qu’il en soit, par l’intermédiaire de la figure
héroïque du héros-rédempteur de la patrie, « the Corsicans had won Europe-wide attention
for their supposed attachment to republican liberty 4 », au point que le « Corsican moment 5 »
connaisse un « immediate and spectacular success 6 ».
En Italie, le « moment paolien » est reçu par de nombreux illuministes comme l’importation
réussie du modèle anglais ; ainsi, selon le réformiste lombard Alberto Fortis (1741-
1803), l’excellence du gouvernement libre fondé par Paoli tiendrait au fait qu’il est « recopié
quasi exactement sur celui de l’Angleterre 7 » ! La Corse pourrait-elle être la première étape
dans la diffusion du modèle anglais dans la Péninsule ? Tel est l’axe défendu par différents
réformateurs qui, pour beaucoup, sont de véritables anglomaniaques : c’est le cas du Florentin
Raimondo Cocchi (1735-1775) qui n’avait pas hésité à prendre épistolairement attache avec
Paoli. Cocchi avait même publiquement pris la défense des Corses en promouvant le livre
d’un autre tourist, John Symonds, auteur des Osservazioni di un viaggiatore inglese sopra l’isola
4 David A. Bell, Men on horseback, The Power of Charisma in the Age of Revolution, Farrar, Straus and
Giroux, New York, 2020, p. 20.
5 Ibid., p. 25.
6 Ibid., p. 23.
7 Cité dans Franco Venturi, La letteratura italiana : Storia e testi, volume 46 – tomo vii, Riccardo Ricciardi,
Milano - Napoli, 1965, p. 719-784.
18 DE LA CULTURE, DE LA POLITIQUE ET DE LA CORSE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
di Corsica (1769), qui vantait d’une façon excessive les origines anglaises de la constitution
corse, mais aussi la formation de Paoli auprès de Genovesi désormais devenu une célébrité.
Pour bien des illuministes italiens, le combat global des Lumières passe aussi par la
cause des Corses ; cela s’observe par les choix de certains éditeurs : en 1770, des Lettere
italiane sopra la Corsica in rapporto allo spirito di legislazione […] per renderl[a] felice sont
publiées avec la fausse indication de Lausanne ; or, les caractères typographiques permettent
d’identifier l’éditeur comme étant Giuseppe Aubert, celui qui, avec Marco Coltellini, avait
publié en 1764 le Dei delitti e delle pene de Cesare Beccaria puis qui avait été, peu après,
responsable de l’édition livournaise de l’Encyclopédie. Si ces Lettere s’adressent officiellement
aux insulaires, elles forment une somme de réflexions abstraites qui pourraient tout autant
parler d’ailleurs ; cet ouvrage – en fait rédigé par Cocchi – ne prendrait-il pas la Corse comme
prétexte pour parler de sa Toscane ? L’ailleurs permet souvent avant tout de discuter de l’ici.
L’exemple se prolonge au-delà de la Péninsule. Symonds, par exemple, n’avait guère
hésité à extrapoler, évoquant la Corse comme la terre d’une totale liberté de conscience 8
alors que l’on n’y promouvait qu’une tolérance modérée à la livournaise. L’Anglais a-t-il fait
erreur dans sa lecture des évènements ? Au fond, le tourist s’en fiche, car le débat n’est pas là.
Pour lui, la grande inspiration des insulaires, ce serait les Britanniques ; or, explique-t-il, ces
insulaires n’ hésitent guère à aller là où les Anglais n’osent aller. L’espace public lui emboîte le
pas : divers articles de gazettes mentionnent des événements renforçant un philosémitisme
prétendument total, à l’instar du The London Chronicle (17 octobre 1767) ou encore du The
Weekly Magazine (septembre 1768). Cette même année, un petit pamphlet intitulé A manual
of Religious liberty publié à Londres se déclare même en vente partout en Angleterre… mais
aussi en Corse ! L’universalisation des Lumières passe également par la compréhension des
luttes-écrans, il faut chercher à appréhender ce que soutenir les Corses (ainsi que d’autres
luttes) veut dire.
Une tardive… mise en chantier historique
Les divers discours politiques relatifs à la Corse ont, durant les xix e et xx e siècles,
souvent eu pour conséquence d’en occulter un autre autrement plus sérieux, à savoir celui de
l’ historien Franco Venturi (1914-1994), auteur d’une œuvre qui est, sur l’île, bien davantage
citée qu’elle n’est lue. Son auteur a, quant à lui, un parcours hors du commun.
Après avoir refusé de prêter serment à Benito Mussolini en 1932, Venturi s’exile à Paris
où il consacre ses recherches aux soubassements intellectuels des Lumières : en mêlant une
histoire érudite de la littérature à l’économique et sociale, Venturi exploite son génie pour
l’explication des racines locales de phénomènes globaux. Ainsi, pour expliquer le parcours
de Diderot, c’est une Jeunesse de Diderot (de 1713 à 1753) qu’il publie en 1939, puis Le
origini dell’Enciclopedia (1946). Après la seconde guerre mondiale et une parenthèse russe
8 [John Symonds], Osservazioni d’un viaggiatore inglese sopra l’isole di Corsica scritte in Inglese sul luogo
nel 1767 e tradote in Italiano nel 1768, Londres, n. d., p. xxxiii.
INTRODUCTION
19
– occasion, pour lui, de donner en 1952 une histoire du populisme russe au xix e siècle –,
Venturi retourne en Italie où il se consacre à nouveau à ses recherches sur le xviii e siècle : il
s’emploie à ce qui deviendra son œuvre majeure, le Settecento riformatore (1969-1990). Au
sein de ce vaste panorama des effets, progrès et contradictions de l’illuminisme italien étalé
sur près de sept tomes, ce sont 220 pages de son cinquième volume que l’on trouve dédiées
aux Révolutions corses ou, plus précisément, à leur « moment paolien ».
Ce n’était cependant pas la première fois que Venturi incorporait les Lumières corses
aux italiennes, puisque près de 80 pages du tome VIII du 46 e volume des Illuministi italiani
étaient déjà consacrées à Paoli en 1965. Toutefois, pour Venturi, si le Général était une
« incarnation plus pauvre, plus énergique et plus originale du législateur illuminé », il n’a
guère su s’extraire d’une galerie des personnages. Alors que Venturi eut ce génie historique
des origines, il n’est guère parvenu à lire les « guerre di Corsica » au-delà de Paoli. Les
Révolutions corses n’y sont réduites qu’à leur expression paoline. S’il va sans dire qu’une
telle appréhension est aujourd’ hui dépassée, l’œuvre venturienne n’a, dans sa globalité, pas
eu l’écho mérité. Rares sont les historiens italiens qui ont emprunté la voie de Venturi quand,
en France, c’est toute sa méthodologie qui fut délaissée ; l’université française a choisi la voie
de l’ histoire culturelle plutôt que de l’intellectuelle 9 .
Il faut finalement attendre la fin du xx e siècle avec les travaux de Fernand Ettori, dont
sa classique étude inégalée sur La formation intellectuelle de Pascal Paoli publiée en 1974,
puis, surtout, le début du présent millénaire pour que les travaux de Venturi concernant
l’inscription de l’île dans les Lumières soient poursuivis par une nouvelle génération de
chercheurs et, en particulier, par l’ historien corse Antoine-Marie Graziani et le Génois Carlo
Bitossi qui ont été les véritables pionniers historiques de la Corse génoise et, de surcroît, des
Révolutions corses. Pascal Paoli a quitté le domaine de l’ histoire régionale pour appartenir
désormais à l’ histoire globale et, comme le notait en mars 1769 le rédacteur des Ragguagli
dell’Isola di Corsica dits de la « seconde époque », le Général est devenu le « héros du dixhuitième
siècle 10 » ; la responsabilité incombe dorénavant aux historiens corses d’en rester
les meilleurs spécialistes.
La présente exposition « Paoli 300 anni ! C’era una volta un Capu di Statu » inscrite
dans le cadre des festivités du tricentenaire du « Babbu di a patria » se veut être une première
étape dans un processus de recontextualisation de la Corse dans son espace italien et, plus
largement, au sein de l’Europe des Lumières. Nous savons aujourd’ hui que nous pouvons
compter sur le musée de Morosaglia pour être l’une des principales structures participant
à cet effort d’encouragement des études sur le xviii e siècle, ainsi qu’à leur diffusion auprès
du grand public.
Il me revient, enfin, en tant que commissaire de l’exposition de remercier plus personnellement
l’ensemble des contributeurs de cet ouvrage collectif pour la rédaction des articles
9 Daniel Roche, « Histoire des idées, histoire de la culture, expériences françaises et expériences
italiennes », in Il coraggio della ragione. Franco Venturi intellettuale e storico cosmopolita, ed. Luciano
Guerci et Giuseppe Ricuperati, Turin, 1998, p. 151-170.
10 Ragguagli dell’Isola di Corsica, « seconde époque », num. xxxx, lettre de L’Île-Rousse, 3 mars 1769.
20 DE LA CULTURE, DE LA POLITIQUE ET DE LA CORSE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
et chapitres de cet ouvrage qui, je l’espère, formera un socle de réflexions scientifiques
actualisées disponibles et prêtes à l’emploi pour le grand public, pour les chercheurs ainsi
que pour les étudiants.
Ma reconnaissance va également à l’ensemble des prêteurs particuliers et institutionnels
présents sur l’île (la bibliothèque patrimoniale Tommaso Prelà de Bastia ainsi que la
bibliothèque universitaire de Corte) et en Italie (la biblioteca universitaria di Pisa ainsi que
la Biblioteca nazionale centrale di Roma). Je voudrais, enfin, exprimer ma gratitude à l’égard
du personnel du musée de Morosaglia (Leria Battesti, Nunzia Marchetti, Sylvain Raffalli
et Théo Gonzales-Maraninchi) pour leur investissement quotidien et, surtout, envers sa
directrice Isabelle Latour pour le remarquable travail effectué depuis quelques années. Tous
font vivre avec succès ce magnifique lieu de notre histoire collective.
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