Thermalisme_Extrait
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Sources thermales
et minérales
de Corse
Ouvrage publié avec le concours
de la Collectivité de Corse
Alain Gauthier
Sources
thermales
et minéralesCorse
de
Regards historiques et géologiques
Sommaire
Avant-propos......................................................................... 9
I Histoires d’eaux. ........................................................ 10
1. Diversité géologique et diversité des eaux. ................. 12
Trilogie géologique et diversité des eaux ................................. 12
Quelques définitions… .............................................................. 12
Origine, âge et température des eaux....................................... 15
Quelques caractéristiques physico-chimiques des eaux
thermo-minérales de Corse................................................. 18
Les études récentes du laboratoire d’hydrogéologie
de la faculté des sciences de Corti ....................................... 24
À propos de l’hélium dans les sources de Caldanelle
et d’I Bagni di Guagnu......................................................... 26
2. Une connaissance ancienne, une utilisation
reconnue, un abandon presque complet...................... 29
Une découverte probablement très ancienne........................... 29
Les premières traces écrites (du xv e au début du xvi e siècle)...... 31
Le thermalisme au xviii e siècle. .................................................. 32
Une activité plus encadrée dans la première moitié
du xix e siècle. ........................................................................ 39
La « fièvre thermale » de la seconde moitié du xix e siècle. ......... 51
Un lent déclin au xx e siècle. ....................................................... 56
Des années 1980 à nos jours, vers un nouveau tournant ? ........ 60
En conclusion… ........................................................................ 63
II Les sources. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
3. Les sources thermales de la Corse granitique. ............ 67
I Bagni di Guagnu (Guagno-les-Bains) .............................. 68
Caldanelle di Mozi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .90
Caldaniccia. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .98
Urbalaconu, ou Taccana, ou Budurangu. ......................... 112
I Bagni di Vuttera (Guitera-les-Bains).............................. 120
Baracci. ........................................................................... 130
Caldane di Tallanu........................................................... 144
I Bagni di Petrapola (Pietrapola-les-Bains). ..................... 148
Les sources de la vallée du Travu. ............................................ 170
Vignola ........................................................................... 170
Caldane du Travu............................................................ 172
Les sources du bas Taravu....................................................... 174
Ramavolpe...................................................................... 174
Giunca. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .176
En conclusion… ...................................................................... 177
4. Les sources minérales froides de la Corse alpine
et de la Corse sédimentaire. ............................................ 179
En Castagniccia, la vallée d’Orezza
et ses nombreuses sources minérales................................................................. 180
Les sources d’Orezza Suttana (acqua acitosa)
et d’Orezza Suprana ....................................................... 182
Les autres sources carbogazeuses de la vallée du Fium’Altu. .. 206
La source Peretti............................................................. 208
Les sources de Piane et de Tascavota (ou Colomba)........ 210
La source Raffali. ............................................................. 216
La source Pastore, dite aussi Manfredi, ou Tinturaghju,
ou Mamucciu, ou du lion d’Orezza. ................................. 218
La source Siala, ou Angeli ............................................... 222
La source Forcione. ......................................................... 225
Les sources de Caldane d’Ampugnani. ............................ 226
La source La Porta........................................................... 231
D’autres émergences ferrugineuses dans le lit du Fium’Altu,
le ruisseau de San Pancraziu et le ruisseau d’Andegnu... 234
III De la cure au thermo-ludisme. ................. 275
6. Des hommes et des soins................................................ 277
Les médecins inspecteurs et les officiers de santé. .................. 277
Six ingénieurs des Mines......................................................... 283
Quelques concessionnaires, directeurs ou propriétaires ........ 284
Ceux qui ont écrit sur les sources ............................................ 285
Les curistes. ............................................................................. 286
La cure. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 288
En conclusion… ...................................................................... 293
7. Économie du thermalisme :
passé, présent et avenir.................................................. 295
Trois leitmotivs au xix e siècle................................................... 295
Le passé .................................................................................. 295
Le passé récent pour éclairer l’avenir...................................... 301
L’état du thermalisme en Corse en 2025. ................................. 302
L’avenir.................................................................................... 305
Conclusion.......................................................................... 309
En Castagniccia toujours… les vallées du Buccatoghju,
d’Alisgiani, de la Bravona et du Tavignani ............................ 236
La source d’Acqua Acitosa (vallée du Buccatoghju)............ 236
La source de Pardina (vallée de l’Alisgiani) ........................ 238
La source de Mòita (vallée de la Bravona).......................... 241
La source du Mulinu Biancu (vallée de la Bravona) ............ 242
Les sources de Faiu-Quarciu, ou de Puzzichellu
(vallée du Tavignani) ......................................................... 244
La Marana : vallées de la Marmorana et de la Menta.................. 245
La source de Lucciana (vallée de la Marmorana)................ 245
Le forage de Menta (vallée de la Menta) ............................ 246
Les sources de la plaine orientale............................................... 247
Les sources de Puzzichellu. ................................................ 247
La source de Campu Favaghju, ou Puzzichellucciu. ............ 254
La source Acquacitosa, ou Ornaso. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
Les sources de Vadina et Cordozza..................................... 256
Funtanellu, une source en bord de mer. ............................. 256
Annexes. ................................................................................ 310
Glossaire................................................................................. 328
Sources et bibliographie commentées.................................... 331
Remerciements....................................................................... 335
5. Des sources perdues, « miraculeuses » ou originales.. 259
Des sources aujourd’hui oubliées .............................................. 260
Les eaux que l’on a crues thermales et/ou minérales.................. 263
Les sources « miraculeuses », des eaux aux propriétés étranges. 266
Les sources radioactives. ............................................................ 269
Un usage curieux, le réchauffement des eaux. ........................... 270
« Les eaux thermales de Fuimorbo [sic] et Vico,
les eaux légèrement acidules d’Orezza,
arrêtent les maladies dans leurs germes,
et les domptent souvent dans leurs progrès… »
État actuel de la Corse. Caractères et mœurs
de ses habitans, P. P. Pompei, 1821.
Avant-propos
Il y a un peu plus de quarante ans, nous étions consulté une
première fois, en tant qu’hydrogéologue, pour une étude sur une
source minérale insulaire. Depuis, à ce titre, au fil d’expertises
diverses, nous avons eu à donner, à un moment ou un autre, notre avis
de professionnel sur pratiquement l’ensemble des sources thermales
de la Corse granitique. Le suivi, ces dernières années, du recaptage
d’une des sources de Petrapola 1 , rendant ainsi possible la réouverture
du seul établissement insulaire agréé par la Sécurité sociale, en
marque le point d’orgue.
En outre, nous avons pu progressivement nous forger un avis sur les
sources minérales de la Corse alpine grâce à des investigations multiples
sur le terrain et à la consultation de très nombreux rapports ou
de documents des archives départementales ou nationales, en même
temps que la réussite commerciale des eaux d’Orezza 2 montrait le
potentiel économique de certaines de ces sources.
Ces diverses études, géologiques et historiques nous autorisent, du
moins le croyons-nous, à donner notre avis, sous la forme d’une
synthèse, sur le thermalisme en Corse. Comme tout point de vue,
ce dernier est nécessairement orienté et critiquable ; toutefois,
nous l’espérons, ce livre présente le plus honnêtement possible les
remarques et réflexions d’un géologue qui a été confronté aux espoirs
mais aussi aux désillusions qui entourent la (re)mise en valeur d’un
potentiel thermal parfois fantasmé.
La première partie de cet ouvrage rappelle les principales caractéristiques
des eaux thermales et minérales de la Corse en relation avec
la complexité géologique insulaire (chapitre 1), et présente un survol
historique de leur exploitation, en parallèle avec les évolutions de la
réglementation (chapitre 2). La deuxième partie est constituée d’une
série de monographies des sources insulaires : thermales (chapitre 3)
et minérales (chapitre 4). L’étude systématique sur le terrain, l’examen
aussi minutieux que possible des archives permettent de faire le point,
pour chaque source ou ensemble de sources, sur leur découverte, sur
les propriétés qui leur sont attribuées, les tentatives d’exploitation,
leur fréquentation, les raisons de l’arrêt de leur exploitation. Nous
attirerons, chaque fois que possible, l’attention sur un point particulier
(anecdote, particularité, incident, etc.). Dans le chapitre 5 sont
plus rapidement envisagées quelques sources atypiques, minérales ou
non, à la composition originale et/ou aux propriétés médicales supposées.
À l’occasion, nous signalerons de façon non exhaustive plusieurs
1. On trouve dans la littérature « Petrapola », « Petra Pola », « Pietrapola »,
« Pietrapolla ». Nous avons privilégié ici l’orthographe « Petrapola » (en
corse) et « Pietrapola » (en français).
2. Il s’agit dans ce cas d’un changement complet d’utilisation.
sources ou bains aux propriétés médicinales ou autres, signalés lors
d’enquêtes orales ou de découvertes fortuites.
Nous tenterons ensuite, au début de la troisième partie (chapitre 6),
de faire revivre les hommes : médecins inspecteurs, ingénieurs des
Mines, propriétaires ou concessionnaires et autres investisseurs, qui
ont vécu l’histoire thermale corse. Un point particulier concernera les
curistes qui ont fréquenté au xix e siècle les thermes. Plusieurs inventaires
conservés aux archives du Pumonti (archives départementales
de Corse-du-Sud), dans le fonds 5 M, permettent en effet de connaître
leur âge, leur origine, les maladies soignées, etc., mais aussi leurs
rapports parfois conflictuels avec les gestionnaires des établissements
thermaux.
Enfin, dans un dernier chapitre, le plus subjectif sans doute, nous
essayerons de faire le point sur le poids économique passé et sur
l’avenir du thermalisme, au sens large, en Corse. N’étant ni économiste
ni a fortiori spécialiste de l’économie thermale, nous n’avons ici
pour ambition que de présenter, à l’éclairage des tentatives passées,
des espoirs déçus, des situations foncières et environnementales
actuelles, un tableau des possibles, en évitant les utopies les plus
folles ou les avis les plus pessimistes.
L’avenir n’étant jamais écrit à l’avance, et même quand la situation
paraît aujourd’hui compromise (environnement dégradé, pollution
bactérienne), évitons de l’aggraver encore par des actions inconsidérées.
Tel devrait être le comportement des décideurs et autres
aménageurs.
Qui peut prédire en effet, en ces temps de changement climatique,
les utilisations futures de ces eaux, dont certaines, après s’être infiltrées
lentement, ont voyagé pendant des siècles, voire des millénaires,
dans le sous-sol de l’île de Beauté, avant de réapparaître au fond d’une
vallée ou au flanc d’une montagne. Les techniques de recherche et
d’exploitation (forages, par exemple), les changements de législation
peuvent modifier le statut d’une ressource aujourd’hui inutilisable et
demain peut-être fort utile.
Dernière précision, le lecteur ne trouvera pas ici d’études précises
sur les vertus curatives de ces sources. Certes, au fil des descriptions,
il sera fait référence aux propriétés thérapeutiques qui en déterminaient
jadis les usages, mais nous renvoyons le potentiel utilisateur
aux hommes de l’art qui sauront, si nécessaire, conseiller et prescrire
la fréquentation des rares sites thermaux encore en fonction.
Alain Gauthier, géologue
Aiacciu – Vezzani, été 2025
9
Source d'Orezza Suprana
I
Histoires
d’eaux11
1 I Bagni di Guagnu 50°
2 Caldanella 37°
3 Caldaniccia 37,8°
4 Vuitera 42,7°
5 Urbalacone 32°
6 Baracci 52°
7 E Caldane 36°
8 A Funtanella 19°
9 Vignola
PORTU
1
2
CALVI
CINTU
• •
•
•
Corse
alpine
•
•
BASTIA
20
19
18
17
16
15
10 Aqua Acitosa 15,3
11 Petrapola 57°
12 Vadina 17°
13 Cordozza 14°
14 Puzzichellu 14,5°
15 Moïta 15°
16 Pardina 12°
17 Orezza 12,5°
18 Ferriera 13°
19 E Caldane d’Ampugnani 15°
20 La Porta 13°
• •
14
AIACCIU
3
•
•
•
•
•
•
•
•
A GHISUNACCIA
•
ALERIA
13
12
11
10
9
8
7
4
5
6
•
•
PORTIVECHJU
Quaternaire et néogène
Couverture mésoïque et éocène
Nappes à matériel sédimentaire
Nappes des schistes lustrés
0 20 km
Granites alcalins et volcanisme permien
BONIFAZIU
Granitoïdes carbonifères
1
Diversité géologique
et diversité des eaux
À la mémoire de Pierre Termier (1859-1930).
Professeur de géologie de renommée internationale,
il intégra le corps des ingénieurs des Mines à sa sortie (major)
de l’École polytechnique, en 1880. En poste à Nice la décennie suivante,
il avait la Corse dans son champ d'études et rédigea alors plusieurs rapports
détaillés sur ses sources thermales et minérales.
De nombreuses sources, chaudes
et froides jaillissent en Corse.
Des milliers de curistes allaient
y prendre les eaux au cours
du xix e siècle. Aujourd’hui,
aux exceptions, notables,
de l’embouteillage des eaux d’Orezza, et
des quelques centaines de curistes
de Petrapola, ou de baigneurs
de Baracci ou de Caldane di Tallanu et,
très récemment, à Caldanelle di Mozi et
Urbalaconu, le thermalisme corse
n’est plus qu’un souvenir.
Voyons dans ce premier chapitre,
comment la géologie de l’île explique
la diversité des eaux, leur débit,
leur origine et leur âge.
Trilogie géologique et diversité
des eaux
S’il est habituel d’opposer la Corse ancienne à l’ouest, essentiellement
formée de roches granitiques et rhyolitiques 1 *, et la Corse de l’est,
ou alpine, constituée en majeure partie de roches métamorphiques*
(schistes* variés et ophiolites*), il ne faut pas pour autant oublier
les terrains sédimentaires des collines et des plaines orientales.
À ces trois provinces géologiques se superposent en effet plusieurs
ensembles géochimiques qui se retrouvent dans la diversité des eaux
minérales et thermales de l’île de Beauté.
En Corse ancienne, les sources sont en général thermales (température
à l’émergence entre 32 et 55 °C), pour des débits naturels pouvant
dépasser 100 l/min. Leur pH* est fort, souvent supérieur ou égal à 9,
et le dégagement gazeux varie de « faible » à « nul ». Les eaux sont
sulfureuses et chlorurées sodiques. Elles sont artésiennes*.
En Corse alpine prédominent les sources minérales à faible température
(12 à 16 °C), au débit en général plus faible qu’en Corse granitique.
Leur pH est faible, inférieur à 6,5, et le dégagement gazeux toujours
présent. Les eaux sont carbonatées et contiennent souvent du fer.
Une troisième catégorie de sources se rencontre essentiellement dans
la plaine orientale (Puzzichellu, par exemple). Il s’agit d’émergences
minérales où la température de l’eau ne dépasse pas 20 °C, à pH intermédiaire
(de 6,7 à 7,3). Elles sont souvent sulfureuses et parfois à
dégagement gazeux.
Quelques définitions…
Fig. 1
Localisations et températures de quelques
sources thermales et minérales sur la carte
géologique de l’île.
Eaux thermales et thermalisme
Le vocabulaire qui entoure les sources est souvent à l’origine d’imprécisions,
voire de confusions. S’il est en effet assez facile de qualifier
de « thermales » les eaux chaudes et de classer parmi ces dernières
les eaux de Petrapola, par exemple (55 °C à l’émergence), il est déjà
1. Les mots suivis d’un astérisque renvoient au lexique en fin d’ouvrage.
13
Histoires d’eaux
de propriétés curatives (eau digestive, par exemple), mais sans en
préciser réellement la nature. Ce terme est aujourd’hui abandonné et
remplacé par le qualificatif d’« eau minérale » avec, en sus, la composition
chimique et des indications médicales.
En combinant température et constance de la composition chimique,
on définit :
Fig. 2
Une étiquette ancienne de l’eau d’Orezza
plus délicat, car ce n’est pas codifié, de déterminer la température à
partir de laquelle on parle de source thermale. Quant au vocable de
« thermalisme », il s’applique davantage à l’utilisation que l’on fait
de l’eau, aux soins que l’on réalise à partir ou autour de la ressource
hydrique, qu’à sa température : on faisait jadis des cures thermales à
Puzzichellu où la température de la source est à seulement 14,5 °C.
Minérales, de source, de table…
Si l’on considère que toutes les eaux de source contiennent des
substances minérales dissoutes, elles devraient être toutes qualifiées
de « minérales », y compris celles qui arrivent à nos robinets. En
réalité, on réserve, ou on devrait réserver, le terme d’« eaux minérales
naturelles » à des eaux souterraines dont la composition chimique est
constante et qui ont des propriétés reconnues par le corps médical
et validées par une autorisation ministérielle. Tout traitement de
ces eaux, physique ou chimique, est interdit 2 . Le vocable « eaux de
source » est réservé à des eaux souterraines qui ne sont pas traitées, à
l’exception d’une filtration possible et d’un traitement concernant les
teneurs en gaz carbonique, en fer et en manganèse3. Enfin, les eaux de
table sont des eaux qui peuvent avoir été rendues potables par divers
traitements, y compris par la désinfection.
On trouve dans les listes des sources recensées par le Plan terrier (fin
du xviii e siècle) et dans certains rapports des médecins inspecteurs du
début du xix e siècle le vocable d’« eau médicinale ». Il s’agit d’un terme
vague, qui semble seulement indiquer que ces eaux sont pourvues
– les eaux minérales froides (températures inférieures à 20 °C) ;
– les eaux minérales chaudes (température supérieure à 20 °C).
Parmi ces dernières, les eaux dont la température ne dépasse pas
36 °C sont hypothermales ; celles dont la température est comprise
entre 36 et 42 °C sont mésothermales ; celles dont la température
dépasse 42 °C sont hyperthermales ; enfin, celles dont la température
dépasse 50 °C sont acrothermales (par exemple, une source à
Petrapola et le forage de Guagnu).
Jusqu’en 2009, les eaux minérales naturelles, une fois leurs vertus
thérapeutiques reconnues par l’Académie de médecine, étaient
soumises à une déclaration d’intérêt public, avec parfois, mais pas
toujours, la définition d’un périmètre de protection. Par exemple, la
source d’Orezza a fait l’objet d’une autorisation d’exploitation par
arrêté ministériel en date du 25 avril 1856 et a été déclarée d’intérêt
public le 7 février 1866, mais sans délimitation de périmètre de
protection.
Un simple arrêté préfectoral permet aujourd’hui d’exploiter une
source minérale naturelle destinée à l’embouteillage, mais cet arrêté
doit être accompagné de la délimitation d’un périmètre de protection
sanitaire défini par un hydrogéologue agréé.
Les eaux utilisées dans les établissements thermaux sont soumises
à des contrôles supplémentaires (gestion du risque microbien, par
exemple). Leur reconnaissance par l’Académie de médecine va
permettre ensuite la mise en place de cures. On y précisera alors
les maladies soignées, la durée des cures, les modes d’utilisation de
l’eau : bain, boisson, etc. Cette reconnaissance entraînera la possibilité
de prise en charge du patient par la Sécurité sociale 4 . Cette reconnaissance,
compliquée à obtenir, va être activement recherchée au
xix e siècle. Plusieurs sources vont l’obtenir, d’autres non, certaines
vont la perdre ensuite et, actuellement, les bains de Petrapola sont
les seuls à être reconnus par l’Académie de médecine. Les bains de
Guagnu, il y a une vingtaine d’années, et ceux d’Urbalaconu, plus
récemment, ont perdu cet agrément.
2. Voir à ce sujet la polémique et les plaintes entourant les eaux du groupe
Nestlé Waters (Hépar, Vittel, Contrex et Perrier).
3. Traitements utilisés à Orezza.
4. Après la Seconde Guerre mondiale.
14
Diversité géologique et diversité des eaux
D 0 ∕00
Fig. 3
Origine de l’eau (d’après Gil Michard). Altitude de
l’infiltration des eaux en fonction des teneurs en
deutérium et en oxygène 18
Sulfureuse, bicarbonatée, calcique…
Minérales et/ou thermales, les eaux sont en général accompagnées,
pour les qualifier, d’un ou plusieurs termes caractérisant la ou les
principales substances dissoutes : eaux sulfureuses, bicarbonatées
calciques, gazeuses, etc.
Dans sa récente thèse (2021), Margaux Dupuy a classé les eaux de
la façade orientale de la Corse en cinq faciès hydro-chimiques en
fonction de la prédominance de certains éléments majeurs : bicarbonaté
sodique (Na – H – CO3), par exemple, à Petrapola ; chloruré
sodique (Na – Cl) ; bicarbonaté calcique (Ca – HCO3) ; bicarbonaté
calcique et sodique (Na – Ca – HCO3) ; bicarbonaté calcique et sulfaté
(Ca – HCO3 – SO4).
- 30
- 40
- 50
- 60
Émergences
Origine, âge et température des eaux
Il nous a été maintes fois indiqué que les eaux des sources ou des lacs
de montagne avaient une origine lointaine, extérieure à l’île, et pour
certaines, principe des vases communicants oblige, une origine alpine.
Il est donc tentant d’imaginer une origine lointaine ou très profonde,
et donc juvénile*, pour les eaux thermales de la Corse. On a démontré
ces dernières années qu’il n’en était rien et que l’eau des sources
thermales et minérales provient de l’infiltration sur la Corse d’eaux de
pluie, lesquelles, après un trajet plus ou moins long et lent, donnent une
résurgence, souvent dans un point bas, en fond de vallée, par exemple.
Les études récentes de l’université de Corse Pascal-Paoli, et en particulier
la thèse de Margaux Dupuy (2021), ont permis de distinguer et de
caractériser des « provinces thermales », tout en précisant les zones
d’infiltration, les circuits de circulation des eaux souterraines sur le
versant oriental de l’île (voir la fin de ce chapitre).
Altitude d’infiltration et isotopes
C’est l’utilisation de divers isotopes*, c’est-à-dire de variétés en
général rares d’atomes* habituellement abondants, qui va permettre
de trancher scientifiquement la question de l’altitude d’infiltration.
Parmi ces isotopes, ceux de l’oxygène et de l’hydrogène vont être déterminants.
Oxygène et hydrogène possèdent, outre les variétés habituelles
(oxygène 16 et hydrogène 1), des isotopes non radioactifs qui n’ont pas
la même masse atomique*. On emploie ici l’isotope 18 de l’oxygène
(oxygène lourd, non radioactif). On utilise en parallèle le deutérium*
(isotope lourd de l’hydrogène). Dans le détail, on n’utilise pas directement
les valeurs des rapports isotopiques 18 O / 16 O mais les écarts entre
ces rapports et un standard, ce qui permet de définir une unité δ qui est
alors employée pour tracer des graphes (voir rapport δ*).
On a démontré que les teneurs en oxygène 18 et en deutérium de l’eau
de pluie aux différentes altitudes étaient liées par une relation linéaire
- 9 -8 -7
2 200 m 1 850 m 1 500 m
δ-18 0 ∕ 00
(fig.3). On dispose donc d’un moyen d’évaluer l’altitude à laquelle
les eaux se sont infiltrées. L’analyse du graphe δ 18 O/δD montre que
les eaux des sources minérales corses correspondent à des eaux de
pluie qui se sont infiltrées en assez haute altitude, mais à des altitudes
compatibles avec l’orographie* de la Corse. Elles ont atteint ensuite
des zones profondes où elles se sont réchauffées dans des réservoirs
constitués par des champs de diaclases* au sein des unités granitiques.
On sait par ailleurs que la température et la pression augmentent avec
la profondeur (en moyenne d’un degré par tranche de 30 mètres ou
de 30 degrés par kilomètre). C’est donc en profondeur que les eaux
se sont lentement réchauffées, en dissolvant certaines substances et
en acquérant leur composition chimique caractéristique et donc leur
potentialité médicale.
La remontée de l’eau thermale s’effectue ensuite selon les plans
préférentiels (des failles). Ces dernières conditionnent la formation
des vallées en Corse granitique et expliquent pourquoi les sources
thermales se rencontrent habituellement à proximité des grands cours
d’eau de la Corse occidentale, à basse altitude. Quant à la remontée
de l’eau chaude, plus légère, elle est suffisamment rapide pour que
l’eau se refroidisse peu (remontée adiabatique*). C’est le principe du
thermosiphon, mais appliqué à un petit secteur géographique autour
de la source.
15
Histoires d’eaux
Fig. 4
Le principe du thermosiphon
Précipitation sur le Cerbellu
Guagno-les-Bains
Fiume Grosso
Faille
Par exemple, diverses considérations concernant la fracturation, la
composition chimique des eaux, les rapports isotopiques et la hauteur
des reliefs environnants suggèrent que l’eau de la source de Guagnu
provient d’un « réservoir » constitué par le massif Punta Sirenese -
Monte Cerbellu – Monte Tretorre (fig. 4).
Un mécanisme identique peut être envisagé à Petrapola où les eaux
météoriques (de pluie) tombées sur le massif de la Punta della Cappella
se sont lentement infiltrées (jusqu’à près de 3 kilomètres de profondeur),
réchauffées, puis à la faveur d’un ou de plusieurs accidents
importants (des fractures, ou failles) affectant les granitoïdes*, ont
rejoint rapidement la surface sans se refroidir.
On notera de plus que, dans la mesure où la teneur en oxygène 18
des eaux minérales est en tout point comparable à celle des eaux de
pluie, on a la preuve que les eaux minérales ne sont pas des eaux
« juvéniles », c’est-à-dire des eaux récemment formées dans l’écorce
terrestre.
D’après Gil Michard, les faibles débits actuels sont dus à des colmatages
superficiels et, de fait, chaque fois que l’on a réalisé des forages,
par exemple aux Bagni di Guagnu (Guagno-les-Bains) ou à Baracci, on
a obtenu un débit plus important.
Enfin, les eaux sont artésiennes, c’est-à-dire qu’elles jaillissent sous
pression et peuvent ainsi s’élever de plusieurs décimètres au-dessus
du sol (fig. 7). Leur débit peut en conséquence être influencé par la
pression atmosphérique ou, plus fréquemment, par la pression hydrostatique.
Plusieurs sources s’épanchent en effet au fond de réservoirs
– Baracci, Urbalaconu, Vuttera (Guitera). Leur débit dépend alors
de l’état de remplissage du bassin. Il est plus fort lorsque le bassin
est vide et, inversement, plus faible lorsque ce dernier est plein. La
comparaison des débits doit tenir compte de ce paramètre.
16
Diversité géologique et diversité des eaux
Fig. 5
Le monte Tretorre
Fig. 6
Massif de Punta della Cappella, secteur de Prati
Fig. 7
Artésianisme lors de la réouverture du forage BA6 à Baracci (2004)
L’ancienneté des eaux
À partir de 1952, les essais atomiques dans l’atmosphère ont enrichi
celle-ci en tritium* ( 3 H), un autre isotope de l’hydrogène, mais
radioactif celui-ci. L’absence de ce tritium dans l’eau des émergences
de la Corse ancienne montre que leur infiltration est antérieure à
1952. Cette absence montre également que ces eaux n’ont pas été
mélangées avec des eaux plus récentes au cours de leur remontée,
ce qui est un gage d’excellente qualité sur le plan bactériologique. Le
fait que ces eaux soient artésiennes, c’est-à-dire qu’elles remontent
sous pression, représente une indication supplémentaire de non-mélange
avec des eaux superficielles qui pourraient les contaminer
bactériologiquement.
A contrario, la présence en petites quantités de tritium dans les eaux
de Castagniccia ou de Puzzichellu indique une eau « moderne » pour
les premières et un mélange entre des eaux anciennes et modernes
pour les secondes.
L’évaluation de l’âge des eaux thermales par la méthode du carbone
14 ne peut être effectuée qu’en Corse ancienne où les émergences ne
sont pas perturbées par le dégagement de CO2. Les résultats donnent
les âges suivants : I Bagni di Guagnu : 6 000 ans, Caldanelle : 9 000
ans, Baracci : 15 000 ans, Petrapola : 9 000 ans. Ces âges traduisent des
temps de transit très longs (un mètre par an, d’après la littérature scientifique),
soulignent l’importance du volume des réservoirs thermaux
et sont encore un gage d’excellence sur le plan bactériologique 5 .
5. En 2025, le laboratoire SGS Beta de Floride a réalisé une étude isotopique
de l’eau de Guitera. Un âge de 18200 ans a été déterminé par l’emploi du
14
C. Quant aux δ 18 O = - 10,07 et d 2 H = - 71,14, ils confirment une infiltration
des eaux à haute altitude, et dans ce cas précis, à des altitudes voisines de
2000 mètres.
17
Histoires d’eaux
Évaluation de la température des réservoirs
Les géologues spécialistes utilisent des géothermomètres* pour
évaluer les températures. Sans entrer dans des détails techniques
qui dépasseraient le cadre de cet ouvrage, indiquons qu’il s’agit de
plusieurs méthodes basées sur des rapports entre ions* (par exemple,
Na+/K+, K+/Mg+, Na+/li+, etc.) et sur les variations d’équilibre
entre ce rapport et la roche encaissante. L’étude de divers géothermomètres
permet d’attribuer aux réservoirs les températures suivantes :
Caldanniccia, 115 °C ; Caldanella, 130 °C ; I Bagni di Guagnu : 125 °C ;
Vuttera, 85 °C ; Baracci, 85 °C ; Petrapola, 135 °C. Dans la mesure où
les températures des émergences et des réservoirs sont assez élevées,
le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) s’est naturellement
posé la question de leur utilisation possible en géothermie
(voir chapitre 2).
Quelques caractéristiques
physico-chimiques des eaux
thermo-minérales de Corse
Trois tableaux d’analyses effectuées
aux xx e et xxi e siècles
Les trois tableaux qui suivent correspondent aux trois ensembles de
sources présentes en Corse, même si quelques sources ont des profils
chimiques particuliers. Les analyses concernant ces eaux ont été effectuées
aux xx e et xxi e siècles ; pour le xxi e siècle, elles ont été réalisées
dans le cadre d’un mémoire de master (Aude Giacomini) et d’une thèse
(Margaux Dupuy), soutenus à l’université de Corse Pascal-Paoli.
Dates et nombre des analyses : les dates indiquées dans les trois
tableaux ne sont pas synchrones, certaines sont anciennes (deuxième
moitié du xx e siècle), d’autres très récentes (2014 et 2018-2019).
Certaines analyses, les plus anciennes, correspondent à un prélèvement
ponctuel dans le temps, les plus récentes sont des moyennes
d’un grand nombre d’analyses : six en 2014, jusqu’à dix-huit en
2018-2019. Sauf exception, pour certains paramètres, lorsque nous
avons comparé des résultats acquis à plus d’un demi-siècle d’intervalle,
nous avons constaté que les résultats étaient très voisins, ce qui
montre que les eaux thermo-minérales ont une composition très peu
variable dans le temps. Pour les analyses de 2014 et 2018, outre les
paramètres présentés ici, les travaux d’Aude Giacomini et de Margaux
Dupuy contiennent les dosages d’autres éléments tels que les principaux
métaux et autres éléments traces, ainsi qu’un un certain nombre
d’analyses isotopiques. Nous signalerons, pour chaque source pour
laquelle cela nous a paru utile, les valeurs de certains de ces éléments.
Conductivité : cette valeur nous renseigne sur la minéralisation de
l’eau. L’unité de mesure est le microsiemens : µS. Elle est en général
peu élevée dans les eaux de la zone granitique (tableau A), mais nettement
plus forte ailleurs.
Résidu à sec : ce paramètre évolue parallèlement avec la conductivité.
Il est donc assez faible en Corse granitique et plus élevé ailleurs.
18
Diversité géologique et diversité des eaux
Tableau A – Les sources de la Corse ancienne granitique
Commune
Source
Ulmetu
(Olmeto)
Baracci
Date des analyses Juil. 2008
L’Isolacciu
(Isolaccio)
I Bagni
di Petrapola
Juin
2005/ 2014/2018
U Pighjolu
(Poggiolo)
I Bagni
di Guagnu
Vuttera
(Guitera)
I Bagni
di Vuttera
Zigliara
Urbalaconu
Santa Lucia
di Tallanu
Caldane
di Tallanu
Oct. 2010 Années 75 Années 70 ?
Sarrula-
Carcupinu
Caldaniccia
Années
1970 ?
Vicu
Caldanelle
di Mozi
Température 44 °C 54,7 °C 57 °C 44 °C 35 °C 36 °C 32 °C 31,5 °C
Odeur sulfureuse sulfureuse sulfureuse sulfureuse sulfureuse sulfureuse nulle nulle
Résidu à sec en g/l 0,261 0,238 0,329 0,164 0,224 0,206 0,430 0,425
pH 9,6 9,48 9,15 8,6 8,8 8,3 8,4 8,5
Résistivité 2900 3570 2270 4070 3190 2990 1 200 1690
Degré sulfhydrique 8°8 3°89 5°08 13°23 8°88 6°09 1°54 1°09
Conductivité en µS 462 345 411
Carbonates 42
Principaux minéraux en mg/l
Bicarbonate 27,45 12,2 36,6 73,2 36,6 18,3 51,85 36,6
Chlorures 72,77 32 10,61 36,21 42,6 113,6 81,65
Sulfates 37,44 25 26 30 38,4 41,6 84 105,6
Calcium 4,2 1,5 4,74 1,6 2 12 5,4 4,8
Magnésium 0,243 0,2 0,12 0,243 0,486 0,973 0,486 0,486
Potassium 2,4 3 3,1 1 8,2 0,8 4,8 5,7
Sodium 81 67,5 77,5 43 63 54 137,5 117
Fer total 0,07 0,09 0,05 0,07 0,075 0,095 0,025 0,06
Silice 34 97 107,5 41 28 37,5 55 62,5
Fluor 7,7 3,27 5,94
1963
Degré sulfhydrique : les eaux
thermales au sens strict contiennent
du soufre sous la forme réduite
(hydrogène sulfuré et/ou acide
sulfhydrique). Il s’agit d’une de leurs
principales caractéristiques. Cette
teneur en soufre est mesurée par
divers paramètres qui permettent
de les comparer. C’est cette présence
de soufre qui leur donne par ailleurs
leur principal intérêt médical
(dermatologie, ORL et rhumatismes).
Le soufre joue en effet un rôle
considérable dans l’organisme en
participant à la synthèse d’acides
aminés indispensables, en
intervenant dans la physiologie
des muqueuses respiratoires, en
participant à la réparation des
cartilages, etc. La teneur en principes
sulfurés varie, selon les sources, de
quelques milligrammes à quelques
centigrammes. « Les eaux sulfurées
sont éminemment instables : le soufre
s’y trouve sous différentes formes, en
équilibre précaire, que les moindres
variations de l’état acido-basique
ou du potentiel d’oxydo-réduction*
peuvent perturber… » (Extrait de
la thèse de Claire Sibon-Lanfranchi,
1985.)
Composants chimiques : on notera
l’abondance du sodium ; c’est l’ion
le plus abondant et qui justifie
l’appellation d’« eaux sodiques ». Une
autre caractéristique est la forte teneur
en silice. Enfin, la teneur en fluor est
forte et dépasse largement le seuil de
potabilité.
Débits : concernant les débits des
sources de la Corse granitique, voir
chaque source dans la deuxième
partie de l’ouvrage. Deux au moins
des établissements thermaux (Baracci
et Guagnu) ont en effet des débits
très différents aujourd’hui des débits
avant forages. Un des établissements
(Petrapola) ne capte pour l’instant
qu’une source.
Au sujet de Petrapola, il y a
de nombreuses sources qui
ont historiquement alimenté
l’établissement thermal ; une seule
est utilisée fin 2024, la plus chaude et
celle qui a le débit le plus important.
L’analyse présentée dans le tableau A
correspond à cette source.
Pour les autres sources, on dispose
d’analyses récentes très nombreuses.
Ces analyses montrent :
– des différences entre les sources,
ce qui était connu depuis toujours,
pour les températures et les débits ;
– une constance remarquable des
principaux paramètres pour une
même source ;
– des résultats très voisins pour les
différents paramètres analysés pour
les différentes sources ;
– Des résultats très voisins (quasi
identiques) pour les paramètres
pouvant être comparés pour la
source D’ (Rastello), analysée en
1999, 2005, 2014 et 2018.
Enfin, les travaux de Aude Giacomini
et de Margaux Dupuy fournissent
les premières analyses connues
des sources de Vignola et de
Caldane dans la vallée du Travu (voir
chapitre 3).
•
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