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N° 487 NOV/DÉC

2025

Édition familiale

Noël, c’est le printemps de l’esprit,

c’est tout promesse

Alain

(nom de plume d’Émile-Auguste Chartier)

1


2026

PHOTO

CONTEST

Give us your best shot

Enter now at rotary.org/photoawards.

Enter the 2026 Rotary magazine Photo Awards for a chance to have your photography featured in our June issue.

This year, we’re especially interested in photos that capture everyday life in your community.

Rotary members and their families may submit photos until 31 December.


ÉDITORIAL

‘Noël, c’est le printemps de l’esprit,

c’est tout promesse’

– Alain (nom de plume d’Émile-Auguste Chartier)

Ne pas détourner le regard… Notre monde, où l’immédiat se

déchaîne contre l’avenir, est troublé par sa dégradation et la

décomposition de ses apparences, par son indécence autant

que par sa dangerosité. Il reste certes la perspective de la

compréhension des enjeux face à la gravité de la situation,

de la portée des compétences (et de ses limites), qui appelle

une approche globale et nécessite un travail en complémentarité

entre les autorités et la société civile dont nous faisons,

tous et chacun, partie par l’apport essentiel de nos ambitions

et de nos valeurs rotariennes lorsqu’elles élèvent la condition

des moins nantis, lorsqu’elles nous éloignent des égotismes

et des égoïsmes.

Il suffit d’avoir de la conduite des affaires humaines une intuition

de ‘bon père de famille’. Cette intuition n’a rien d’inaccessible,

dans le respect de nos valeurs, chacun avec ses

moyens, ses espoirs et ses rêves d’un bonheur accessible à

tous. À choisir entre les idées et les égos, je choisis sans

hésiter les idées, même si cette vision, aussi subjective soitelle,

est l’expression d’une conviction profonde dont la forme

la plus mystérieuse est l’élégance et la Noblesse de cœur, une

conviction qui nous est donnée de pouvoir rester à l’écoute de

l’autre en notre époque d’abaissement, comme un défi, contre

l’égosystème qui nous étouffe, de ne pas détourner le regard.

Je tiens, au crépuscule du millésime vingt-cinq, à remercier

tous nos membres en Belgique et au Luxembourg, unis pour

faire le bien, pour leurs engagements pluriels, leur dévouement

et leur générosité envers les multiples causes que

chacun de nos clubs mettent en œuvre pour faire vibrer les

couleurs bleu-or du Rotary.

Au nom de toute l’équipe de votre Contact Rotary et du

eContact Hebdo, je vous présente

nos meilleurs souhaits pour de

joyeuses fêtes de fin d’année

aux douces saveurs de magie,

d’amour et de partage !

Paul Van den bossche

Éditeur & Rédacteur

en Chef

COLOPHON

RÉDACTEUR EN CHEF ET

ÉDITEUR RESPONSABLE

Paul Van den bossche

paulvdb@cethial.com

SECRÉTARIAT DE RÉDACTION

Steven Vermeylen (NL)

steven@rotarybeluxservices.org

Denis Crepin (FR)

denis@rotarybeluxservices.org

SERVICES ADMINISTRATIFS

Evi Torfs

secretary@rotarybeluxservices.org

COMITÉ DE RÉDACTION

Georges Van Nevel

Stéphane Dor

IMPRESSION

Van der Poorten, imprimerie 100% neutre en carbone

PUBLICITÉ

secretary@rotarybeluxservices.org

©2025 ContactRotary/Rotary BeLux Services. Éditeur responsable:

Paul Van den bossche, Avenue de l’Exposition Universelle 66, 1083 Brussels, Belgium

ROTARY BELUX SERVICES -

ORGANE D’ADMINISTRATION

Présidente: Vinciane Grevesse

vinciane.grevesse@hotmail.com

Vice-président: Tony Janssens

tony.janssens@altermate.be

Administrateur délégué: Dominique Deschietere

ddeschietere@gmail.com

Secrétaire: Christian Dohogne

christian.dohogne@hotmail.com

Éditeur: Paul Van den bossche

paulvdb@cethial.com

Dépôt légal à parution.

Sous réserve d’erreurs et d’omissions.

Consultez notre site web pour les informations

les plus récentes sur Rotary BeLux Services.

A publication of Rotary

Global Media Network

Le patin de cristal ©2025 CéthialCo. Tous droits réservés. Les produits, personnages, ressemblances, noms de biens et services (les « marques Céthial »)

sont des marques commerciales, enregistrées ou non, de CéthialCo. et utilisées dans le cadre d’accords spéciaux par ContactRotary/Rotary BeLux Services.

3


FOCUS

Le Rotary pour le Télévie :

l’imagination au pouvoir

En 2024-25, pour la première fois, les districts 2150

et 2160 se sont engagés ensemble dans un partenariat

national avec le Télévie, la grande opération

caritative organisée par RTL-TVI au profit du FNRS et

de la recherche contre le cancer. La mobilisation des

clubs avait permis de recueillir un montant total de

80.500 €.

Le Rotary a décidé de remettre le couvert en 2025-26 et peut-être

votre club a-t-il décidé de participer – ce que nous vous encourageons

à faire, bien entendu. Peut-être êtes-vous aussi à la recherche

d’une idée d’action originale ? On peut dire que, l’année dernière, les

Rotariens des D 2150 et 2160 n’ont pas manqué d’imagination en la

matière. Nous vous livrons ici quelques exemples qui vous inspireront

assurément. En 2024-25, nous avons donc eu droit à :

• des concerts, comme celui du cover band d’Abba (Rc Soignies,

photo 1) ou encore celui de Mister Cover (Rc Liège-Airport)

• une soirée oberbayern (Rc Enghien-Edingen et Rc Silly-Roots and

Hope)

• des repas de toutes sortes, parmi lesquels une ‘opération choucroute’

au Rc Seneffe ou au Rc Ciney, une soirée ‘accords vins/

fromages’ organisée par les Rc Bruxelles et Bruxelles Val Duchesse,

ou encore la ‘tartiflette & blind test party’ du Rc Binche-Leptines

• l’opération Tram de Liège, organisée le jour de l’inauguration et

permettant aux voyageurs de compenser la gratuité des tickets

ce jour-là par un don au Télévie

• la vente de sacs rouges en forme de cœur, remplis de goodies

fournis par des sponsors locaux (photo 2)

• des bars divers et variés (champagne, bière...) lors de carnavals

ou autres évènements, comme au Rc La Louvière

• des spectacles : pièces de théâtre, one man show...

• des ventes d’œuvres offertes par des artistes renommés (photo

3, estampe signée par Philippe Geluck)

• des ventes de chocolat, comme au Rc Louvain-la-Neuve (photo

4) ou au Rc Wezembeek-Kraainem

• des stands aux marchés de Noël (Rc Dinant, Rc Seneffe...)

• des rallyes pour voitures anciennes, tel celui proposé par le Rc

Gembloux.

1

2

3

4

4


Vous le voyez, l’imagination est au pouvoir. Nous sommes sûrs qu’en

2025-2026, d’autres idées surgiront encore, toutes plus originales

les unes que les autres. À titre d’exemple, nous faisons un zoom sur

une belle action, celle du rallye oldtimers du Rc Comines-Warneton,

qui a remporté un franc succès malgré le temps maussade.

BELLES MÉCANIQUES ET REPAS CHAMPÊTRE

Les sourires éclairent les visages de tous les membres du Rc

Comines-Warneton, en cette fin d’après-midi du 31 août. Pour son

vingtième anniversaire, l’Oldtimer Trip Comines a une nouvelle

fois drainé un public nombreux. Au fil des ans, la manifestation du

Rotary club local est devenue un rendez-vous incontournable dans

la région pour les amateurs de vieilles mécaniques. Elle se termine

traditionnellement autour d’un repas champêtre dans un cadre

verdoyant.

Cette année, malgré la météo capricieuse, 98 voitures étaient sur

la ligne de départ et environ 400 repas ont été servis. Le bar à

champagne, avec huîtres et escargots, a également connu un beau

succès. Le vingtième anniversaire aura donc été un bon cru. Pour

faire la part belle également à la mobilité douce, une marche et une

randonnée cycliste étaient aussi organisées en marge – avec des

fortunes diverses.

Vu de l’extérieur, l’évènement semble aller comme sur des roulettes,

mais l’organisation bien huilée est surtout le résultat d’automatismes

mis en place depuis des années. ‘Logistique, site web, gestion des

inscriptions et préparation du roadbook, il y a en amont un travail

énorme étalé sur plusieurs mois. Nous essayons de maîtriser le plus

grand nombre de paramètres possible avant coup et de faire face

aux imprévus le jour même’, expliquent les organisateurs. ‘Le seul

facteur indépendant de notre volonté est la météo, et nous avons

craint le pire quand la pluie s’est invitée au plus mauvais moment,

dimanche matin. Mais elle a finalement daigné s’arrêter et le public

a répondu présent.’ Par ailleurs, la manifestation constitue aussi

une excellente occasion de plonger les nouveaux membres (arrivés

en nombre ces dernières années) dans le bain et de les intégrer

au fonctionnement du groupe. Un bel exercice de renforcement de

l’équipe dont la devise pourrait être : ‘C’est possible’.

La ville de Comines-Warneton est située tout au bout de la Wallonie

(ne dites surtout pas cela aux locaux, ils vous répliqueront qu’au

contraire, elle se trouve tout au début). Le Rotary club local est

solidement implanté dans le tissu associatif et se montre toujours

solidaire des plus fragilisés. Fin 2024, près d’une tonne de denrées

alimentaires ont ainsi été offertes à des familles défavorisées de

l’entité dans le cadre d’une action annuelle du club, l’opération Colis

de Noël.

Comme le club s’y était engagé, une partie des bénéfices de la journée

oldtimers/repas champêtre ont été reversés au Télévie.

Photos du concert du cover band d’Abba : tinyurl.com/rotary-abba

Un pas en avant ! Pour 2025-26,

un nouveau défi est lancé : ‘Des

pas pour la vie’, un challenge

collectif visant à cumuler dix

millions de pas au profit de la

recherche.

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FOCUS

Télévie, un élan qui ne faiblit pas

Entretien avec Olivier Schoonejans (RTL Info), témoin privilégié d’un

mouvement de solidarité… et regard sur la place du Rotary.

Depuis 1989, le Télévie mobilise la Belgique francophone et

le Grand-Duché autour d’une même idée simple et puissante :

financer la recherche contre le cancer via le FNRS (Fonds de la

Recherche Scientifique). Journaliste et présentateur au RTL Info,

Olivier Schoonejans en est l’un des visages engagés. Comités,

défis sportifs, ‘Télévie en folie’, 20 kilomètres de Bruxelles (voir

photo), semi-marathon de Mons : il multiplie chaque année les

rendez-vous avec les bénévoles et le public.

Sa conviction de départ tient en une phrase : ‘Quand on fait partie

de RTL, adhérer aux valeurs de la chaîne et s’impliquer dans le

Télévie va de soi.’ Au fil du temps, cette évidence est devenue engagement

personnel : ‘On se rend compte de l’énergie incroyable

des comités et des associations. Le minimum qu’on puisse faire,

c’est donner un peu de temps, un peu de motivation, montrer qu’on

est avec eux.’

Sur le terrain, l’enthousiasme d’Olivier est contagieux. Parrain

de comités, notamment à Tubize, il voit de près l’abnégation des

organisateurs : ‘Toute l’année, ils se mobilisent. Nous, on vient, on

donne un coup de pouce. En amenant un peu de notre temps et de

notre énergie, on voit l’impact que cela produit : ça les pousse à se

mobiliser encore plus. C’est ça qui fait monter le compteur.’ Ce regard,

à hauteur d’hommes et de femmes engagés, s’accompagne

d’une émotion jamais feinte face à la résilience des témoins, en

particulier des enfants : ‘Voir ces jeunes qui se battent et gardent

le sourire, c’est impressionnant. Chaque année, ça me marque.’

L’histoire du Télévie est jalonnée de moments populaires et fédérateurs

que le journaliste cite spontanément. Parmi eux, l’opération

‘pièces rouges’ a, selon lui, constitué un tournant : ‘Cela a

permis à chacun de participer, même avec peu. Les gens se sont

dit : je ne vais pas donner 15 €, ni aller à une brocante ou un souper,

mais j’ai des pièces rouges au fond de ma poche – ça, je peux

les donner.’ Cette simplicité a élargi la communauté bien au-delà

du cercle des ‘habitués’ : ‘Un moment très fort de l’histoire du Télévie.’

Plus largement, ce qui frappe Olivier, c’est l’élan qui ne faiblit

pas : ‘Chaque année, on se demande : comment faire mieux ? Et

chaque année, c’est mieux – pas seulement en termes de sommes

récoltées, mais en créativité. Cette communauté ne meurt pas, elle

se développe et évolue. Ça me redonne foi en l’humanité : pour

de telles causes, des personnes de tous âges et de tous horizons

s’unissent encore.’

Interrogé sur le rôle des médias, il ne tourne pas autour du pot :

‘RTL et le Télévie sont indissociables. Le Télévie n’existerait pas

sans RTL, et RTL ne serait pas ce qu’elle est sans ce supplément

d’âme que le Télévie lui donne. À la base, c’est l’union du FNRS,

des médecins et d’une télévision qui met en avant la recherche

et la lutte contre le cancer. Les deux sont liés – indissolublement.’

Cette caisse de résonance ne dispense pas d’une exigence : ‘Rigueur,

respect des témoins, justesse du ton.’

Dans ce dispositif, les partenariats associatifs apportent

une force structurante. Olivier salue l’engagement du Rotary –

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80.500 € remis en 2025 par les districts 2150 et 2160, avec

l’appui de clubs luxembourgeois : ‘C’est extraordinaire, majeur pour

le Télévie. Avoir des organisations comme le Rotary, dont la générosité

est presque une marque de fabrique, c’est essentiel pour

faire avancer les choses. Chaque euro compte, chaque mobilisation

compte. Et c’est rassurant d’avoir des assos comme le Rotary

qui peuvent “y aller à fond”. Quand le Rotary s’engage à fond, ça

génère des résultats.’ Sans angélisme, il replace cette contribution

dans un ensemble plus vaste : ‘Le Télévie, c’est un assemblage

de beaucoup de choses. Le Rotary ne fera pas vivre tout seul le

Télévie, mais votre pierre renforce clairement la dynamique. On

l’accueille avec plaisir et enthousiasme.’

Regard vers l’avenir : trois défis se dessinent. D’abord, la recherche,

avec des progrès réels sur certains cancers mais ‘encore

énormément à faire.’ Ensuite, la transmission intergénérationnelle

: ‘Parents, grands-parents, écoles : la participation des

jeunes est primordiale.’ Enfin, le besoin de se réinventer dans les

formats d’adhésion : ‘Continuer à fédérer et à inventer de nouvelles

manières d’impliquer le public dans la récolte de fonds.’

Cette idée du mouvement, Olivier la prolonge naturellement

lorsqu’on évoque l’initiative rotarienne ‘Des Pas Pour la Vie’ – un

défi collectif de pas sponsorisés mêlant prévention, visibilité et

collecte, avec une marche fédératrice le 18 avril 2026 vers Liège

Expo : ‘Le côté groupe est porteur, grisant même. On marche, on

se parle, on se motive. Chaque petit effort compte.’ Dans l’esprit

des clubs, l’équation est simple et parlante : 2.000 pas = 10 €, 10

millions de pas = 50.000 € pour la recherche, en plus des autres

actions de clubs.

Au-delà de son rôle d’antenne, Olivier assume volontiers la responsabilité

qui va avec la notoriété : ‘Je fais un métier public que j’aime.

Je ne peux pas imaginer ne pas mettre cette notoriété au service de

quelque chose, avec un supplément d’âme. Mettre notre image et

notre énergie de personnes publiques au service d’une cause, ça va

de soi. Si c’est le Télévie, cela me convient tout à fait. Ça fait partie

de mes valeurs – et ça me rassure par rapport à ces valeurs.’

Et lorsqu’on lui demande un portrait en accéléré, le journaliste

joue le jeu : trois mots pour décrire le Télévie ? ‘Énergie, solidarité,

réconfort.’ Un ‘instant de vie’ qui incarne ces valeurs ? La famille,

‘le moment où les proches soutiennent quelqu’un de malade.’ Une

bande-son personnelle ? Bohemian Rhapsody de Queen, ‘parce

qu’on passe par toutes les émotions, ça va lentement puis vite, ça

pleure, ça rit, et ça se termine en apothéose.’ Un artiste capable

de fédérer au-delà des générations ? Jean-Jacques Goldman,

‘pour sa capacité à rassembler autour de choses simples et unificatrices.’

En peinture ? Monet, ‘dans ses jardins.’ Et, plus léger, un

plat à partager ? Les boulets sauce lapin – ‘avec des frites, bien

sûr’ – ou une pizza maison du vendredi soir.

En conclusion, son message aux Rotariens est d’une sobriété

persuasive : ‘On a tous une bonne raison de donner, une bonne

raison de s’engager. Le cancer touche de près ou de loin tout le

monde – pas toujours de manière dramatique, heureusement.

Chacun sait pourquoi il peut agir.’ Pour notre réseau, l’invitation est

claire : poursuivre, amplifier, rassembler. Le Télévie a prouvé qu’un

média, des chercheurs et une communauté peuvent faire cause

commune. À nous, Rotariens, de transformer l’essai – pas après

pas.

Stéphane Dor

Rc Herstal

Le Télévie en quelques chiffres

• Depuis 1989, le Télévie a récolté plus de 267 millions

€ et a permis au FNRS de soutenir près de 3.000

chercheurs et autant de projets dans la lutte contre le

cancer.

• L’édition 2025 a rapporté 13.351.977 €. L’intégralité

de cette somme va financer 99 projets (dont 5 grands

projets interuniversitaires) et 104 scientifiques, de quoi

ouvrir de nouvelles pistes afin de toujours mieux comprendre

et soigner la maladie.

• Grâce à la générosité extraordinaire des Belges, les

records sont battus année après année. L’édition 2025

n’a pas dérogé à la règle : le montant récolté dépasse

de plus d’1 million € celui de l’édition 2024. Ce chiffre en

hausse se répercute sur le financement (9 projets et 5

scientifiques en plus soutenus en 2025).

• La grande soirée de clôture s’est déroulée le 10 mai

2025 et les nouveaux projets de recherche ont démarré

dès le 1 er octobre.

• Le FNRS souligne que l’allocation des fonds est très

rigoureuse : des experts nationaux et internationaux

évaluent les projets sur base de critères d’excellence

scientifique, de faisabilité et d’originalité notamment.

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RÉSOLUMENT ROTARY

René Van Raemdonck :

innovateur au service

de la qualité de vie

Quand on rencontre René Van Raemdonck (78 ans, membre du Rc Ninove-Dendervallei),

on s’aperçoit vite qu’il n’est pas adepte des grands discours. Il préfère chercher

des solutions pour aider les gens à aller de l’avant et laisser les résultats parler

d’eux-mêmes. Des lève-personnes aux lits ergonomiques, des compléments alimentaires

aux livres d’auto-assistance, son travail s’articule autour d’un fil rouge : aider

autrui dans sa quête d’une meilleure qualité de vie.

HUIT BREVETS

L’aventure entrepreneuriale de René commence dans le domaine

des équipements médicaux. ‘Ça s’est fait un peu par hasard’,

raconte-t-il. ‘Pour un patient atteint de sclérose en plaques, j’ai

fabriqué un nouvel appareil, et la demande pour ce type d’appareil

s’est rapidement accélérée.’ Le prototype donnera lieu à un brevet

et sera ensuite à la base de la création de la société Handi-Move,

aujourd’hui mondialement connue pour ses lève-personnes. 85% de

la production est actuellement destinée à l’exportation, un chiffre

impressionnant pour une PME flamande.

Plus tard, sur la base de deux autres brevets, des lits ergonomiques

seront développés, destinés principalement aux personnes

souffrant de maux de dos et de troubles du sommeil. René compte

aujourd’hui huit brevets à son actif, et d’autres pourraient encore

venir. Car il est toujours en quête d’innovation, avec pour leitmotiv

cette question pratique : comment faciliter la vie des gens ?

UN ESPRIT D’ENTREPRISE ANCRÉ DANS LES RACINES FAMILIALES

Ce sens de l’initiative ne vient pas de nulle part. René Van

Raemdonck a grandi dans une famille où tout le monde ou presque

était entrepreneur, que ce soit dans le secteur de la blanchisserie ou

du nettoyage à sec. Lui a choisi une autre voie, mais l’esprit d’entreprise

et la persévérance lui ont été transmis dès son plus jeune âge.

Il décrit son style de gestion comme atypique : ‘Je travaille toujours

dans un esprit d’amitié et de respect pour tout le monde. Être patron

n’est qu’une fonction parmi d’autres. Je n’ai jamais besoin d’avoir raison

: la meilleure solution pour l’entreprise est automatiquement la

meilleure pour moi.’ En outre, il ne considère pas les erreurs comme

des échecs mais comme des étapes sur la voie du succès. ‘C’est en

se trompant que l’on apprend.’

APRÈS LA RETRAITE, UNE NOUVELLE MISSION

Lorsque ses fils Stefan et Paul reprennent les rênes de l’entreprise,

René se trouve un nouveau domaine d’activité qui, selon lui, offre

encore de nombreuses possibilités : le soutien aux patients atteints

de cancer. ‘Le secteur médical accomplit un travail fantastique avec

la chirurgie, la radiothérapie et la médication. Mais il reste encore

beaucoup de possibilités inexploitées. L’alimentation, l’exercice

physique, la relaxation, les compléments nutritionnels : tout cela

renforce l’organisme et, par conséquent, accélère la guérison.’ Afin

de diffuser cette vision, il crée Camfida, qui fait office de centre de

connaissances et de maison d’édition. Les ouvrages sont rédigés

8


Touches personnelles

À la question de savoir quel trait de caractère il aimerait

changer, il répond avec un sourire : ‘Un peu plus de

patience et de paix intérieure seraient les bienvenues. Et

peut-être aussi être meilleur en langues.’

Sa bande originale préférée ? Misty d’Errol Garner, un

morceau qu’il fait jouer partout dans le monde lorsqu’il

rencontre un pianiste.

Son artiste favori ? Willem Vermandere (chanteur et

auteur-compositeur originaire de Menin, ndlr), pour la

profonde humanité de ses textes.

En visite au Rc Bangkapi (Bangkok)

Et son plat préféré à partager avec un ami Rotarien ? C’est

très simple : des moules-frites, dans un cadre convivial...

par Hilde Maris, une journaliste médicale qui traduit les informations

scientifiques complexes dans un langage clair. René fonde

également Benfida, qui produit des compléments alimentaires

conçus pour renforcer l’organisme. ‘Un corps fortifié résiste mieux

à la maladie et se rétablit plus rapidement. Les compléments ne

sont pas un remède miracle mais font partie d’un soutien plus large’,

souligne-t-il.

COMPLÉMENTAIRE, PAS ALTERNATIF

René fait une distinction importante entre ces deux termes : ‘Les

méthodes complémentaires renforcent la médecine classique, elles

ne la remplacent pas. Un patient atteint d’un cancer doit bien sûr

toujours suivre son traitement médical, mais il peut aussi y prendre

part activement en optimisant son mode de vie et son alimentation.’

Le livre À fond contre le cancer, écrit par Hilde Maris et publié par

Camfida, n’est donc aucunement un pamphlet fantaisiste mais bien

un guide scientifiquement fondé qui fournit des informations pratiques

et ciblées aux patients et à leur entourage. ‘Je voulais éviter

que les gens perdent de vue certains détails. Les patients ont droit

à la clarté.’

LA SANTÉ COMME CHOIX QUOTIDIEN

Son mode de vie reflète ces mêmes principes : René mange sainement

(beaucoup de légumes, peu de sucre, de pain et d’alcool).

L’exercice physique, le sauna, les massages et un sommeil suffisant

font partie de son quotidien. Il accorde également beaucoup

d’importance aux relations humaines. ‘Famille, amis, collaborateurs,

clients, fournisseurs : j’essaie de maintenir de bonnes relations avec

tout le monde. C’est aussi crucial pour la santé que l’alimentation

ou le sport.’ Sa devise personnelle est donc simple mais efficace :

ne vous préoccupez que des choses vraiment importantes, et vous

aurez peu de soucis.

Il n’a pas de diplôme de médecine mais cela ne lui pose aucun

problème : ‘Je collecte des connaissances, je traduis la science et

je travaille en collaboration. Ce que je sais vient en complément de

ce que savent les médecins. Il s’agit de coopérer, pas de rivaliser. Le

monde médical travaille encore trop peu de manière holistique.’

ROTARIEN DEPUIS PRÈS DE 50 ANS

En plus d’être entrepreneur et éditeur, René est également un Rotarien

dévoué depuis 1976. Il fêtera donc son jubilé l’année prochaine.

Il a été président à deux reprises, a visité de nombreux clubs à

l’étranger et apprécie particulièrement le caractère international de

notre organisation ainsi que l’amitié qui règne entre ses membres.

Pour lui, l’éthique et l’empathie sont au cœur du Rotary, ‘et cela se

reflète dans mon travail, dans mes relations avec les gens et dans

mes choix d’entrepreneur.’

‘René est l’une des figures de proue

de notre club.’

‘René est membre depuis 1976 et a déjà assumé deux fois –

avec brio ! – le rôle de président. On peut le décrire comme

quelqu’un d’aimable et attentionné, toujours prêt à écouter,

modeste mais en même temps constant et convaincu dans

ses idées. Pour moi, René est une valeur sûre au sein de

notre club, quelqu’un avec qui j’aime dialoguer lors de nos

réunions. On apprend toujours quelque chose de lui, et c’est

précisément ce qui le rend si fascinant.

Ce qui me frappe à chaque fois, c’est son grand dévouement

envers la communauté de Ninove. Sans faire de

grands gestes, de manière discrète et sincère, il s’engage

en faveur des personnes en difficulté sur le plan de la santé.

Bref, René est un véritable ambassadeur de notre club,

ainsi que de la philosophie et des valeurs rotariennes.’

Dirk Vanderpoorten

Président Rc Ninove-Dendervallei

AVANTAGE ROTARY

Commandez votre exemplaire via ce lien avec le code promotionnel ‘Rotary5’ et vous bénéficierez d’une remise

de 5%. En outre, la livraison est gratuite et l’éditeur reverse 20% du montant aux œuvres sociales de son Rotary club.

9


RÉSOLUMENT ROTARY

Mobilisation continue

pour l’Ukraine

Depuis février 2022, de nombreuses actions rotariennes

en faveur de l’Ukraine ont vu le jour en

Belgique. Il y a quelques mois, pour essayer de rassembler

les forces vives, nous avons créé le groupe

‘Rotarians support Ukraine’ : il s’agit d’une association

rassemblant des membres issus de différents

clubs des D 2150 et 2160, désireux d’apporter leur

aide aux populations ukrainiennes souffrant de l’invasion

à grande échelle de leur pays.

Les projets ont porté sur différents axes ayant évolué au cours du

temps, afin de pouvoir répondre au mieux aux besoins du moment.

Ils ont été menés à bien en collaboration avec le CIP (Comité Interpays)

BeLux-Ukraine.

Durant l’hiver, il s’agissait principalement d’envois de générateurs

permettant à des institutions sensibles (hôpitaux, écoles, homes...)

de poursuivre leurs activités malgré les coupures d’électricité dues

aux bombardements russes. Il y eut également l’envoi de caisses

de vêtements pour les réfugiés déplacés au sein du pays et ayant

souvent tout perdu à la suite des bombardements.

Plus tard, grâce à des contacts étroits avec certains Rotary clubs

locaux (notamment le Rc Kyiv Balzac, francophone), une autre action

d’envergure a été mise en place : l’envoi de matériel médical de

rééducation pour l’hôpital de Novovolynsk, situé près de la frontière

polonaise. On y soigne les blessés civils et militaires, dans une zone

davantage protégée et éloignée du front.

dans de bonnes conditions de sécurité et avec la garantie que les

équipements arrivent à bon port. Une fois ce transporteur identifié,

il fallait encore financer le périple en semi-remorque ! Un appel aux

dons a donc été lancé auprès de clubs et d’entreprises désireuses

de s’investir dans le projet. Outre les dons privés, le transport a été

largement financé par la société pharmaceutique SERB.

Lorsque tous les éléments du puzzle ont été réunis, il restait à

effectuer le chargement et, plus tard, le suivi de celui-ci. Le 27 juin,

une partie du groupe ‘Rotarians Support Ukraine’ s’est réunie chez

HSF, à Champion, pour participer au chargement du camion semiremorque

: 100 m 3 de matériel de rééducation. Le convoi pouvait

partir ! La chaîne d’amitié rotarienne a fonctionné à merveille pour

assurer le suivi logistique à toutes les étapes, les compétences des

différents membres du groupe constituant assurément un atout.

MISSION (RAPIDEMENT) ACCOMPLIE

Le 2 juillet, après de nombreuses péripéties administratives et

douanières, le camion est enfin arrivé à destination : l’hôpital central

de Novovolynsk. Le matériel précautionneusement débarqué a été

rapidement installé et quelques jours plus tard, une première salle

de rééducation était déjà opérationnelle.

Le 21 août, je me suis rendu en Ukraine durant deux semaines,

d’une part pour rendre visite à ma fille d’accueil, Arina, et sa famille

à Kobelyaky (centre-est), d’autre part pour rencontrer le maire de la

ville et plusieurs amis rotariens afin de discuter de potentiels projets

à plus long terme.

Le projet a démarré début mars. La liste du matériel critique

nécessaire a été dressée, et c’est l’organisation rotarienne Hôpital

Sans Frontière qui l’a rassemblé et stocké. Il a ensuite fallu trouver

un transporteur capable d’effectuer le voyage jusqu’en Ukraine

Une semaine plus tard, je suis reparti vers Poltava puis à Kyiv, où

j’ai rencontré d’autres amis rotariens résidant dans la capitale. C’est

une ville magnifique et très vivante ! Ce qui est remarquable, c’est la

résilience et le courage de la population qui ne se laisse pas abattre

10


malgré la guerre et la pluie de drones, de

missiles qui s’abattent régulièrement sur

la ville. Quelques heures à peine après le

bombardement massif de la nuit du 27 au

28 août, les magasins de la zone touchée

rouvraient leurs portes. Même dans des

conditions de vie difficiles, les habitants

continuent de vivre aussi normalement que

possible. Nous avons beaucoup à apprendre

de cette population qui brille par son courage

et sa solidarité...

Après ces deux jours à Kyiv, j’ai rejoint

un groupe de Rotariens pour retraverser

l’Ukraine d’est en ouest. Arrivés à Loutsk, un

minibus nous attendait pour nous conduire

à Novovolynsk, le but de notre voyage.

Nous y avons été reçus par le maire, qui 27 juin : le grand départ

avait invité les délégations de tous les pays

ayant soutenu la ville et son hôpital : Lituanie, Pologne, Allemagne,

Slovaquie, Bulgarie, France et Belgique. Le lendemain, nous avons

organisé les visites de deux des centres soutenus par le Rotary

(belge et français) : l’hôpital central de Novovolynsk et l’orphelinat/

centre d’accueil pour déplacés de guerre.

RÉSILIENCE ET POÉSIE

Pour mettre à l’abri les orphelins de guerre et les familles proches

du front ayant perdu leur logement, l’État ukrainien les déplace

vers l’ouest, dans des centres d’accueil, pour leur permettre de

reprendre pied dans la société et de rescolariser les enfants.

Novovolynsk étant située en zone ‘calme’, la ville s’est vu attribuer

un groupe de réfugiés. Malheureusement, le bâtiment prévu pour

leur accueil n’était pas du tout en état de les recevoir dignement.

Faute de moyens, la ville s’est alors tournée vers ses partenaires,

dont le Rotary, pour l’aider dans la remise en état du bâtiment. C’est

là que le Rotary français est intervenu (via le CIP France-Ukraine),

notamment pour l’installation de sanitaires corrects. Durant la visite,

nous avons rencontré plusieurs résidents, dont une dame ayant

tout perdu... excepté les livres de poésie qu’elle écrit. Elle était très

heureuse de nous faire partager un de ses poèmes (voir photo).

la connaissance de patients en cours de revalidation, heureux de

partager leurs progrès après plusieurs semaines de soins.

La fin du séjour a été consacrée aux célébrations du 75 ème anniversaire

de la ville (avec notamment une cérémonie très émouvante

en hommage aux victimes de la guerre) et à une longue rencontre

avec l’ambassadeur belge en Ukraine afin d’évoquer le renforcement

de la collaboration entre nos deux pays, entre autres au travers du

Rotary. Pour honorer la culture locale, le séjour

s’est conclu par un concert d’un artiste très

renommé, Oleg Skrypka, un Rotarien de

Kyiv. Le 1 er septembre, je me suis remis

en chemin vers la Belgique, rempli

d’émotions et des projets plein la tête,

mais le cœur gros de laisser mes amis

et mes proches là-bas, en leur promettant

de revenir bientôt !

Nous nous sommes ensuite rendus à l’hôpital où Oleg, le directeur,

nous a reçus et nous a montré le résultat des rénovations réalisées

grâce aux dons de différentes sources, notamment le matériel

envoyé fin juin. Spécialisé dans l’accueil et les soins aux mutilés

de guerre, l’hôpital s’est prioritairement focalisé sur deux services

indissociables : la santé mentale et la rééducation (la seconde ne

donnant pas les résultats escomptés tant que la première ne s’est

pas améliorée).

Nous voyons la première salle de rééducation équipée avec le matériel

envoyé, qui était opérationnel moins de trois jours après l’arrivée

du camion. Une seconde salle plus grande est encore en cours de

rénovation pour installer le reste du matériel transmis. Nous faisons

Alain Brisy

Rc Louvain-la-

Neuve

11


RÉSOLUMENT ROTARY

‘Vibrant Day’ : impact social et

solutions tournées vers l’avenir

© Rita Galle

‘Ressentons l’énergie, laissons-nous gagner par les

vibrations et créons ensemble un impact !’ Tel était le

slogan du ‘Vibrant Day’ du D 2130, qui s’est tenu le 13

septembre à la haute école Odisee de Gand.

Le DG Etienne Verhasselt ouvre la réunion en annonçant la création

d’une commission Durabilité, qui se concentrera à la fois sur les

aspects environnementaux et socioéconomiques, et d’un groupe

de travail Santé mentale qui s’attaquera à des questions comme le

harcèlement scolaire, les violences intrafamiliales, la drogue...

Dominiek Callewier (Rc Kortrijk-Groeninghe) plaide ardemment en

faveur de l’utilisation de nos ‘ressources dormantes’ afin d’accroître

notre impact social : ‘Il est faux de croire que chaque club a besoin

d’un «trésor de guerre» important. De plus, nos économies sont

érodées par l’inflation.’ À Courtrai, le Rotary a investi en 2017 dans

l’achat d’une maison. Celle-ci a été mise à la disposition de l’asbl

Kompas, qui aide les jeunes récemment sevrés de la drogue à

vivre de manière autonome. L’évolution du marché immobilier a fait

prendre au bâtiment une plus-value considérable.

L’administratrice néerlandaise du RI Harriette Verwey (qui chapeaute

également la Flandre) est venue promouvoir le Plan d’action

du Rotary, qui aide les clubs à faire des choix réfléchis à long terme.

Selon elle, la barre doit être placée suffisamment haut : ‘Les difficultés

initiales font place à d’autant plus de satisfactions par la suite.’

Les ateliers, composés par le DGE Jan Broodcoorens, abordent les

thèmes classiques mais aussi quelques sujets de société. Ainsi,

Melanie De Roose livre un témoignage poignant sur la violence

intrafamiliale. En 2023, elle a fondé l’asbl Fonkel, qui organise des

rencontres entre enfants ayant subi ce type de maltraitance. L’accent

est mis sur la prévention, la résilience et la sensibilisation, Fonkel

aidant les écoles à créer un environnement sûr où les enfants

peuvent exprimer leurs préoccupations. Grâce à quelques outils sur

mesure, on les convainc que parler est la meilleure solution, quel

que soit le contexte familial. ‘Tout le monde peut ici jouer un rôle

important, y compris les Rotariens. Il s’agit de ne pas détourner le

regard, de poser des questions ciblées et d’offrir des perspectives

d’aide.’

Stefaan Haspeslagh (KU Leuven) porte un regard acéré sur les

dernières évolutions en matière d’IA. ‘Elle peut être un outil puissant

pour augmenter la productivité et l’efficacité, réduire les coûts,

améliorer l’expérience client et optimiser les décisions grâce à

l’analyse de grands ensembles de données.’ Le deep learning est

un sous-domaine de l’IA qui utilise des réseaux neuronaux artificiels

pour résoudre des tâches complexes. Cette technologie imite le

fonctionnement du cerveau humain et peut apprendre de manière

autonome, sans programmation explicite. Le risque réside dans le

fait qu’il est souvent difficile de comprendre comment le système

parvient à telle ou telle décision, le rendant potentiellement dangereux

dans des secteurs comme la santé ou la justice.

Le professeur Stijn Baert (UGent) donne son point de vue sur le marché

du travail belge. Ce n’est un secret pour personne : notre pays

obtient des résultats médiocres en matière d’activation. M. Baert envisage

plusieurs solutions. Tout d’abord, la fiscalité doit être adaptée

afin de réduire la différence entre salaire brut et salaire net (et par là

même augmenter l’écart avec les allocations). La Belgique a actuellement

la pression fiscale la plus forte au monde, avec 52,7 euros sur

100 de coûts salariaux qui vont au Trésor public. M. Baert évoque lui

aussi l’impact de l’IA : ‘Les emplois impliquant des tâches routinières

et prévisibles deviennent vulnérables. En revanche, les professions

qui exigent de nombreuses compétences sociales et de la créativité

(thérapeutes, ingénieurs, managers...) présentent un faible risque

d’automatisation. Je pense que le bilan final sera positif : le nombre

global d’heures de travail augmentera. De nouveaux «techjobs»

seront créés et nous gagnerons en productivité, ce qui nous permettra

de dépenser plus d’argent, par exemple pour les loisirs et les

voyages, ce qui créera à son tour des emplois. Mais il est essentiel

que nous soyons tous prêts à nous former en permanence.’

S.V. / D.C.

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RÉSOLUMENT ROTARY

Au D 2140, focus sur la dynamique

et la visibilité

S’inspirer des orateurs et échanger afin d’augmenter

notre impact grâce à des clubs plus dynamiques :

tel était l’objectif du Vibrant Club Day organisé le 18

octobre à la Maison provinciale de Louvain par le

DG 2140 Paul Vandeloo.

La PDG Emma Groenen a d’abord rappelé la priorité absolue du

Rotary : End Polio Now. Grâce à nos efforts et à ceux de nos

partenaires, environ 20 millions de personnes ont été épargnées

par le virus... ce qui permet d’épargner également quelque 27

milliards US$ en soins de santé à travers le monde (et on prévoit

une économie supplémentaire de 14 milliards d’ici 2050). Il est donc

essentiel de poursuivre nos efforts – y compris financiers – pour

achever le travail.

Connaissez-vous l’elevator pitch ? Il s’agit d’un argumentaire éclair

de 1 à 2 minutes (le temps d’un trajet en ascenseur) utilisé pour

présenter brièvement un projet, une idée ou soi-même, afin de

capter l’attention de l’interlocuteur et susciter son intérêt. Les PDG

Bart Purnal et Dominiek Willemse en ont fait une démonstration

convaincante pour, respectivement, le Cercle Paul Harris et le Fonds

de dotation.

Le coach d’entreprise et ‘architecte de la croissance’ Koen Van den

Brandt a jeté un regard externe sur les défis du Rotary en matière

de recrutement et de fidélisation des membres. Il nous a encouragés

à ‘rendre visible l’invisible’ et à partager plus souvent des récits

authentiques et humains. Quelques conseils concrets :

• Amenez les membres à rencontrer régulièrement les associations

bénéficiaires afin qu’ils voient concrètement les résultats de leurs

efforts.

• La perception est essentielle, y compris en ligne : créez un site

web attrayant, centré sur les actions et non sur les réunions.

• Remettez en question les habitudes du club. Offrez de l’espace

aux opinions individuelles : les personnes plus introverties ont

souvent de très bonnes idées.

• Ne dites pas aux gens pourquoi ils devraient rejoindre le Rotary,

mais expliquez pourquoi vous-même l’avez choisi (et pourquoi

vous y restez).

• Osez innover. Une citation marquante à ce propos : ‘Ce n’est pas

parce qu’il n’y avait plus de pierres que l’âge de pierre s’est éteint.’

‘L’actualité, c’est tout ce qui est important ou digne d’intérêt.’ C’est

avec cette citation de Siegfried Bracke que l’ancien professeur

de journalisme Patrick Pelgrims (Rc Laarne-Lochristi) a résumé la

manière dont les médias traditionnels abordent l’information – y

compris rotarienne. Pour susciter l’intérêt et obtenir une couverture

médiatique, tenez compte de ces quelques éléments :

• Mettez en avant des histoires humaines : bénéficiaires, membres,

bénévoles. Ne faites pas du club le protagoniste principal de

votre communiqué.

• Présentez l’information de façon correcte, claire et attrayante,

dans un ton approprié (évitez les discours triomphalistes).

• Pensez avant tout au lecteur : comment titiller sa curiosité ?

• Proposez éventuellement différentes versions du communiqué

selon le public visé.

• Proposez un titre accrocheur et un surtitre informatif, cela facilitera

le travail du journaliste.

• Ajoutez un lien vers du matériel visuel de qualité et indiquez une

personne de contact (réellement joignable !).

Après une longue pause-café, prévue pour favoriser le réseautage,

les présidents entrants ont suivi leur formation Pre-PELS tandis que

les autres participants abordaient divers thèmes en petits groupes.

Les sessions ‘administratives’ – nouvelles assurances du district,

législation TVA pour les asbl et associations de fait, facturation

électronique (obligatoire à partir du 1 er janvier 2026 – ont suscité

beaucoup d’intérêt. D’autres questions ont été abordées : ‘Comment

mieux garder le contact avec les alumni ?’, ‘Comment le Rotaract

perçoit-il la collaboration avec le Rotary ?’, ‘Comment concevoir un

flyer attractif pour présenter son club ?’, etc. Des sujets que nous

ne pouvons développer ici, mais les personnes intéressées pourront

retrouver les présentations (en néerlandais) sur Polaris.

S.V. / D.C.

Photos : Peter Wolters

13


RÉSOLUMENT ROTARY

Adoucir la double

peine des enfermés

et de leurs familles

Que peuvent faire les clubs ?

Les prisons du Royaume sont pour la plupart vétustes

et plus que pleines : fin septembre 2025, les

37 prisons belges, d’une capacité totale de 11.098

détenus, devaient en héberger 13.156. De sorte que

les petites cellules, initialement conçues pour être individuelles,

sont à présent occupées par deux, voire

même trois personnes. Les enfermés y séjournent

dans l’inconfort et la promiscuité, ce qui inévitablement

génère rancœur et conflits.

Comme le pense unanimement le personnel pénitentiaire, et comme

le crient aux médias les directeurs de prison : ‘Les détenus sont

condamnés par la Justice à une privation de liberté, mais pas

à une privation de dignité !’ Ils souffrent énormément de cette

double peine non méritée, de même que leurs familles et proches.

C’est aussi le cas pour les personnes soumises à toute forme d’internement

psychiatrique.

En attendant que nos dirigeants et pouvoirs publics trouvent des

solutions pour résoudre le problème des locaux et améliorer les

critères et conditions d’incarcération (ce qui, n’en doutons pas,

prendra du temps, malheureusement), que pouvons-nous faire, à

notre échelle rotarienne pour aider les détenus et leurs proches ?

POURQUOI ET COMMENT APPORTER UN SOUTIEN ?

Le Rc Bruxelles-Renaissance, avec l’aide de l’Inner Wheel Bruxelles

Renaissance, a initié depuis quelques années des actions destinées

à aider les prisonniers et leurs proches, actions guidées par

les conseils du personnel soignant en milieu psychiatrique et des

agents pénitentiaires et psychologues en milieu carcéral.

La première initiative remonte à 2017, suite à la visite de la section

‘Les Tamaris’ de l’institut psychiatrique Beau Vallon à Namur. L’un des

membres avait en effet été frappé par l’amélioration spectaculaire de

l’état d’une malade schizophrène, grâce à la fréquentation de l’atelier

d’art-thérapie (dessin, peinture, illustration). La délégation rotarienne

avait admiré les œuvres d’art brut, certaines assez remarquables, et

surtout une grande toile collective réalisée par tous les ‘Tamartistes’.

En 2017, la commission Culture du Rc Bruxelles-Renaissance

découvrait l’atelier d’art-thérapie dans le pavillon ‘Tamaris’ de

l’institut psychiatrique Beau Vallon

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Désireux de soutenir cet atelier au-delà d’un budget modeste pour

fourniture de toiles et peintures, le club a posé la question : ‘Comment

pourrions-nous encore vous aider ?’ La réponse fusa : ‘Aidez-nous à

sortir, à nous en sortir !’. N’ayant ni pouvoir ni compétence médicale

pour signer des bons de sortie, le club a alors organisé une exposition

extra-muros de leurs œuvres dans le prestigieux Hôtel de

Groesbeeck-de Croix, en plein centre de Namur. Les ‘pensionnaires’,

accompagnés de leurs ‘anges gardiens’, étaient ravis d’expliquer leur

travail, retrouvant confiance en eux-mêmes grâce aux regards et

commentaires admiratifs des visiteurs. L’évènement permit en outre

d’amicaux échanges de fanions avec cinq clubs namurois.

Les œuvres des ‘Tamartistes’ exposées dans le prestigieux Hôtel de

Groesbeeck-de Croix, devenu Musée des Arts Décoratifs de Namur

Grâce à des contacts privilégiés avec la direction de la prison de

Jamioulx à Charleroi, le Rc Bruxelles-Renaissance a pu rencontrer les

agents pénitentiaires et les psychologues, qui ont confirmé les bienfaits

de l’art-thérapie. Un prisonnier était particulièrement heureux de

nous montrer la guitare qu’il venait de recevoir. Un groupe de détenus,

sous la direction d’un professeur, a réalisé une fresque gigantesque

sur l’un des murs de la cour de la prison. Ici également, le club

a modestement soutenu leurs activités artistiques (peinture et atelier

de poterie) tout en récoltant des livres pour la bibliothèque, ainsi que

des jeux de société. La bibliothèque ayant été rapidement remplie, il

poursuit cette action en fournissant sélectivement les publications les

plus demandées (BD, livres scolaires, etc.).

Un détenu heureux de montrer la guitare qu’il vient de recevoir

Plus récemment, les Rotariens de Bruxelles-Renaissance ont fait

connaissance avec la prison de Mons qui, elle, possède trois sections

distinctes (hommes, femmes et psychiatriques), dont les caractéristiques

et besoins distincts nécessitent l’expertise du personnel

psycho-pénitentiaire ad hoc.

Une bien pauvre bibliothèque que le club s’est empressé d’étoffer

À l’occasion de certaines fêtes (Noël, Nouvel An, Pâques, fête des

pères) et anniversaires, le club a fourni des cadeaux – doudous,

poupées, joujoux et jeux de société – qui ont été transmis aux enfants

de détenus par l’intermédiaire des psychologues spécifiquement en

charge à Jamioulx et à Mons. Cela a amené les Rotariens à rencontrer

le Relais Enfants-Parents qui, à l’occasion de sa 30 ème année

d’existence, publie une brochure détaillée de ses activités. Cette

association peut fournir aux clubs qui le souhaitent les coordonnées

des psychologues en charge des prisons les plus proches de leurs

lieux de réunions.

POURQUOI NE PAS ÉLARGIR CETTE ACTION ?

Et si d’autres clubs voulaient ‘coacher’ une prison ou un institut

psychiatrique ? Voici, à titre d’exemples et sur base de l’ expérience

acquise par le Rc Bruxelles-Renaissance depuis 2017, une liste non

exhaustive d’actions possibles, peu ou pas coûteuses :

• Soutien matériel pour les ateliers artistiques : peinture, dessin,

graffing, poterie...

• collecte sélective de livres (publications les plus demandées) pour

la bibliothèque

• récolte de doudous, poupées, jeux de société et cadeaux que les

détenus peuvent offrir à leurs enfants et conjoints à l’occasion des

fêtes ou d’anniversaires

• organisation d’expositions d’œuvres réalisées par les détenus et

leurs enfants : ‘Art brut et art en herbe’.

Fresque réalisée par un groupe de détenus sur l’un des murs de la

cour de la prison

• prendre contact avec le Relais Enfants-Parents, qui sera invité à

présenter de manière interactive ses actions lors d’une réunion

statutaire du Rc Bruxelles-Renaissance début 2026.

Il est proposé aux clubs intéressés d’élargir cette action pionnière par

‘parrainage culturel’ des prisons de leur région. En fait, chaque prison

a des besoins spécifiques, dépendant de son infrastructure et de sa

population, qu’il faut identifier. Il est possible que d’autres actions que

celles citées ici plus haut puissent s’avérer utiles. C’est pourquoi la

mise sur pied d’un groupe de réflexion rotarien est souhaitable.

Si votre club est intéressé à participer à une première réunion de

travail début 2026, veuillez contacter, au nom du Rc Bruxelles-Renaissance

présidé par Nicole Schuhmann, le Dr Robert Paridaens, membre

du club (e-mail paridaensrobert@gmail.com, tél. 0475 20 35 24).

Info : relaisenfantsparents.be

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IT’S CHRISTMAS TIME

Au cœur de la forêt de Westerlo se

dresse l’imposant château de Merode,

bastion depuis des siècles de l’une

des plus anciennes familles nobles de

Belgique. Aujourd’hui, le prince Simon

de Merode (né en 1981) veille sur ce

domaine, le regard tourné à la fois vers

l’avenir et vers le passé. Depuis qu’il en

a pris la possession en 2006, il conjugue

avec soin gestion patrimoniale et organisation

de spectacles historiques

destinés au grand public.

Prince Simon de Merode :

‘Créer une connexion émotionnelle

est la meilleure façon d’éveiller

l’intérêt pour l’histoire.’

Vous n’avez pas hérité du château, vous l’avez racheté à votre

oncle. Pourquoi avoir voulu vous y installer ?

J’ai grandi dans les Ardennes françaises, également dans un château

– certes plus petit que celui-ci. Chaque année, la famille se

réunissait à Westerlo pour Noël. J’ai donc beaucoup de souvenirs

liés à ce lieu. À un moment donné, mon oncle n’a plus eu la force

d’en assurer l’entretien et ses enfants n’ont pas souhaité reprendre

le flambeau. Quand on m’a demandé si j’étais intéressé, j’ai immédiatement

accepté. Je sentais qu’il régnait en Campine une dynamique

intéressante : les gens y travaillent dur, et d’autre part il existe

un réel intérêt pour le château et son histoire. Pour convaincre la

banque de m’accorder un prêt, j’ai dû monter un business plan. C’est

ainsi qu’est né Historalia, qui produit depuis onze ans des spectacles

musicaux historiques. Honnêtement, j’ai surtout suivi mon

intuition. Je suis convaincu qu’il n’est pas nécessaire d’être un grand

intellectuel pour fonder une entreprise : il faut avant tout travailler

dur, être conscient de ses limites et bien s’entourer.

De nombreux châteaux appartiennent aujourd’hui à l’État ou à

des organismes publics comme Herita. Comment, en tant que

propriétaire privé, apporter une valeur ajoutée ?

Si des bâtiments historiques peuvent être sauvés grâce à l’intervention

publique, tant mieux ! C’est une bonne solution pour les familles

qui n’ont plus l’énergie ou les moyens d’en assurer l’entretien. Ceci

dit, il y a toujours un peu de l’âme du lieu qui s’en va… On y organise

des conférences ou d’autres activités, ce qui est louable, mais l’authenticité

finit par se diluer. Ce qui rend notre château unique, c’est

qu’il appartient à la même famille depuis près de sept siècles. Les

visiteurs ressentent et apprécient cette authenticité.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées lors de sa

restauration ?

Notre premier projet a été de remplacer toutes les fenêtres : 220 au

total, désormais à double vitrage. Un investissement considérable.

Nous avons aussi refait le pavage en pierre bleue de la cour intérieure,

restauré de nombreux tableaux et sauvé le donjon dont la charpente

était rongée par les vrillettes. Suite à la crise énergétique de 2022,

des panneaux solaires ont été posés et un nouveau système de

chauffage par aquathermie a été installé. On peut dire que nous habitons

aujourd’hui l’un des châteaux les plus écologiques du pays.

Vous êtes prince... Que répondez-vous quand on vous demande

votre profession ?

Le titre princier de notre famille remonte à Frédéric de Merode, un

noble qui combattit en 1830 lors de la Révolution belge et fut mortellement

blessé à la bataille de Berchem. Son courage fit de lui un

héros national et un symbole du jeune royaume. En reconnaissance

de son sacrifice, le roi Albert I er décerna en 1929 le titre de ‘prince

de Merode’ à ses descendants. J’aime comparer ce titre à un nom

de rue : il rappelle les mérites d’un personnage historique.

Professionnellement, je suis administrateur de plusieurs sociétés

familiales, mais 90% de mon temps est consacré à Historalia. Cette

année, nous avons produit 1830 au château de Wijnendale et Anne

Boleyn à Hever Castle, en Angleterre. Deux productions qui ont

généré près de six millions € de chiffre d’affaires et mobilisé environ

300 personnes – ce qui demande beaucoup de coordination. Je

ne m’implique pas directement dans les choix artistiques (j’ai une

excellente équipe pour cela) mais je veille aux valeurs de Historalia :

proposer des spectacles familiaux à la fois instructifs et divertissants.

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Spectacle musical ‘Jeanne d’Arc’ (2024)

La magie de Noël au château de Westerlo

Je fixe également les grandes lignes budgétaires et le calendrier.

Nous préparons actuellement la comédie musicale Napoléon, qui

sera présentée l’été prochain à Westerlo. Je vais bientôt mettre nos

acteurs principaux, Jelle Cleymans et Jef Hoogmartens, en contact

avec l’historien Johan Op de Beeck, grand spécialiste de l’empereur.

Comment est née la production Anne Boleyn en Angleterre ?

Ce fut notre première aventure à l’étranger, avec une distribution

britannique (Royal Shakespeare Company). Anne Boleyn, seconde

épouse d’Henri VIII, a grandi à Hever Castle. Ma sœur Eliane est

mariée à Charles Astor, descendant de la famille américaine qui a

acquis le domaine en 1903. Lors de leur mariage, j’ai discuté avec

l’actuel gestionnaire du château, et le projet a pris forme. Pour les

Anglais, c’était un concept inédit. Bien sûr, ils ont une grande tradition

de musicals, mais ils ne connaissaient pas ce type de spectacle

ancré dans le patrimoine. Les réactions ont été enthousiastes : nous

avons reçu 21 critiques avec quatre étoiles ou plus dans la presse.

Quelle figure historique aimeriez-vous encore mettre à l’honneur ?

Si j’avais carte blanche, je mettrais en scène Léopold II. Toutefois,

vu le contexte actuel, cela représente un risque trop important. Les

gens bien-pensants l’ont déclaré indésirable, mais c’est un peu facile

de juger les actions d’un homme d’il y a 150 ans sur des critères

d’aujourd’hui. La réalité est bien plus nuancée. Notre société est devenue

très polarisée. La réflexion critique sereine se perd. Peut-être

que l’intelligence artificielle, en nous apportant un regard plus large,

pourra rééquilibrer les perspectives ? Chaque personnage historique

possède plusieurs facettes qui méritent d’être explorées... De

manière plus réaliste, je pense qu’un spectacle sur les Bourguignons

ou sur Charles Quint serait plus envisageable.

Bientôt reviendra Kerstmagie (‘Magie de Noël’). De quoi s’agit-il

exactement ?

À cette occasion, le château ouvre ses portes à une expérience

théâtrale féerique mêlant ambiance de Noël, effets de lumière,

musique et émerveillement. Nous avons lancé le concept en 2015,

afin d’avoir aussi un évènement familial en hiver. Aujourd’hui, celui-ci

se décline dans six châteaux, chaque spectacle ayant sa propre

histoire, spécialement écrite pour le lieu. À la fin, tout le monde peut

poser avec le Père Noël – un moment toujours très attendu !

Vous reconnaissez-vous dans l’adage ‘Noblesse oblige’, principe

selon lequel toute personne privilégiée doit agir de manière

exemplaire ?

J’essaie d’aider quand je le peux – même si je dis un peu moins

souvent ‘oui’ qu’autrefois. J’ai entre autres siégé au conseil d’une

fondation de recherche sur les maladies rares. À 18 ans déjà, j’avais

créé une petite association qui projetait des films dans les hôpitaux

pour enfants. Les écoles des environs peuvent visiter le château

gratuitement. C’est important que les enfants découvrent notre

patrimoine : cela sème une graine pour l’avenir. Je mets aussi le

château à disposition pour des évènements caritatifs, par exemple

pour le CPAS de Westerlo, l’ONG éducative Cunina ou le Fonds

Olivia, qui soutient la recherche sur le cancer pédiatrique.

Quelle forme d’art vous touche le plus ?

J’éprouve une immense admiration pour les poètes, en particulier

pour Arthur Rimbaud, de qui je me sens proche : comme lui, j’ai

grandi près de Charleville-Mézières. Malheureusement, je manque

de temps pour lire de la poésie, qui exige concentration et disponibilité.

Je me limite aujourd’hui aux livres audio, surtout sur l’histoire,

la philosophie et la politique.

Avez-vous un lien particulier avec une œuvre musicale ?

Oui, avec le Canon de Pachelbel. Il a résonné lors de notre mariage,

au moment où nous entrions dans l’église.

Si vous pouviez dîner un soir avec un personnage historique, qui

choisiriez-vous ? Et quel plat serviriez-vous ?

Je choisirais sans hésiter le maréchal Jean-Philippe-Eugène de

Merode. Plusieurs portraits de lui ornent le château : c’est une figure

emblématique de notre famille. Il servit dans l’armée du Saint-Empire

romain germanique sous les Habsbourg et prit part à plusieurs

batailles majeures durant la guerre de Succession d’Espagne. Il

était réputé pour son courage ainsi que pour ses liens étroits avec

le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie. En outre, il

fit réaliser d’importants aménagements architecturaux au château

de Westerlo. Ce serait sans doute un dîner passionnant. Quant au

menu, il aurait peu d’importance…

Steven Vermeylen / D.C.

AVANTAGE ROTARY

Visitez Kerstmagie/Magie de Noël – quel que soit le lieu – et bénéficiez d’une remise de 10% ! Réservez vos billets sur

www.kerstmagie.be avec le code de réduction KMROTARY25.

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IT’S CHRISTMAS TIME

Des marchés de Noël

pas comme les autres

Kinderleven - Vie d’Enfant est une asbl 100% belge dont la conviction profonde est

en résonance avec les valeurs rotariennes : l’accès à l’éducation et à la scolarité

permet d’améliorer à long terme les conditions de vie des enfants et de leur famille.

Frédéric Struyf, l’un des coprésidents de l’association, nous explique comment celleci

fonctionne et quel est son impact réel sur la vie de milliers de jeunes.

Lancée à l’origine par deux amies anversoises désireuses d’agir

pour les enfants du tiers-monde, l’initiative s’est peu à peu étoffée

et professionnalisée jusqu’à se structurer en asbl en 1979. Aujourd’hui,

cette dernière soutient financièrement de nombreuses

actions au profit de jeunes démunis en Amérique du Sud, en Asie

et en Afrique – que ce soient des projets déjà bien établis ou des

nouvelles initiatives en cours de lancement.

CONFITURES ARTISANALES...

Ne bénéficiant d’aucuns subsides publics, Vie d’Enfant s’autofinance

de deux manières : par des dons privés, d’une part, mais aussi et surtout

par diverses activités et évènements : ‘Notre fundraising phare, ce

sont les marchés de Noël, dénommés Christmas Solidarity Shoppings’,

explique Frédéric Struyf. ‘Nous les organisons de A à Z et, croyez-moi,

c’est un travail colossal. Ils ont lieu à Bruxelles, Liège (Florzé), Namur

(Upigny) et Anvers. Nous proposons une vingtaine de stands très variés

: artisanat, brocante, jeux, déco, épicerie bio et équitable, livres et

vêtements de seconde main... La gamme des articles vendus est donc

très large, cela va des jeux dernier cri (négociés à bon prix directement

chez les fournisseurs) à des produits purement artisanaux comme des

confitures préparées par nos membres.’

... ET SACS CUSTOMISÉS

Plusieurs milliers de personnes participent à ces activités chaque

année. ‘La règle générale reste toujours le même : pour 10 euros

d’achats, 5 doivent être versés aux projets. Ceci est évidemment

une moyenne, car si le ratio est impossible à atteindre pour des

produits neufs comme le vin ou les articles de déco, il est largement

dépassé pour tout ce qui concerne l’artisanat, la brocante ou les

livres d’occasion proposés par nos membres et nos bénévoles. Un

exemple parmi d’autres : mon épouse et ses amies cousent, tout

au long de l’année, des tissus d’ornements destinés à recouvrir – et

à embellir – les sacs réutilisables des grands magasins. Cela se

vend très bien. La marge bénéficiaire est évidemment intéressante

puisque cela ne nous coûte qu’un peu de matériel, la main d’œuvre

étant gracieusement offerte par les couturières.’

Tout est fait pour raboter les frais au maximum afin d’assurer le

meilleur financement possible des projets : ‘Nous parvenons à réduire

les coûts sur certains emplacements. À Bruxelles, par exemple, le

marché se tient depuis 15 ans à l’intérieur d’un bâtiment d’entreprise,

sur un plateau de bureaux non occupés. Le patron nous les cède

gratuitement chaque année durant toute la durée de la manifestation.

La logistique représente aussi un poste très important, mais elle est

assurée sur une base volontaire.’ Cette armée de bénévoles (environ

500 en 2024) mais aussi de nombreux sponsors permettent de comprimer

considérablement les frais liés, par exemple, à la publication

de la newsletter de l’asbl, à la conception, l’impression et l’envoi des

invitations aux marchés, à l’entretien du site web, etc.

Pas de salariés, donc, chez Vie d’Enfant ? ‘Pas un seul. Nous avons

une centaine de membres actifs qui paient une cotisation annuelle

18


permettant de couvrir l’ensemble des frais généraux, maintenus à

un niveau très bas. Cette année, nous avons distribué un montant

total d’environ 350.000 € qui nous a permis de soutenir 29 projets.

Les quatre marchés de Noël nous rapportent environ 200.000 €

de bénéfices nets. Le reste provient de dons mais aussi d’autres

activités que nous organisons, comme des tournois de bridge, des

compétitions de golf ou encore des concerts.’ Il faut signaler que

l’asbl Vie d’Enfant est suivie et analysée depuis 2005 par Donorinfo,

guide indépendant sur la transparence des organisations caritatives,

qui confirme que l’argent récolté est intégralement destiné à

financer des projets, les frais généraux étant quasi nuls.

PAS AUX FRAIS DE LA PRINCESSE

Une trentaine de projets à soutenir chaque année, alors que la

demande est énorme et que beaucoup de monde vient frapper à

la porte... Qu’est-ce qui détermine le choix d’épauler telle ou telle

initiative ? ‘Il y a toute une série de critères et de conditions à observer.

Nous devons pouvoir avoir un œil sur la comptabilité, recevoir

les rapports, factures, justificatifs et autres photos. Tout projet

doit avoir une personne de référence belge qui se porte garante

de l’exactitude des informations données ainsi que de l’utilisation

conforme de l’argent versé. Il est courant que cette personne se

rende sur place afin de constater la bonne avancée des opérations

et de recueillir les témoignages. J’insiste sur le fait qu’elle paie ce

voyage sur ses deniers propres et non sur ceux de l’asbl ! Pas de

tourisme humanitaire chez nous...’

[voir encadré], Wezembeek-Kraainem, Liège-Ouest...). La plupart du

temps, le Rotary club finance, organise et sert le cocktail d’ouverture

– c’est le cas du Rc Wezembeek-Kraainem pour le Christmas

Shopping de Bruxelles. Le but étant de rameuter un maximum de

proches et d’amis qui visiteront les stands et ne repartiront pas

les mains vides. ‘À Upigny, ils ont aussi la possibilité de prendre un

repas festif sur place. À Liège (Florzé), le club organise une Partners

Night exclusive pour ses membres avant l’ouverture officielle, avec

visite des stands en primeur.’

Le futur ? ‘Nous pressentons qu’avec une trentaine de projets soutenus

chaque année, nous avons atteint une certaine limite. Notre

asbl fonctionne bien mais nous tenons à garder une structure aussi

simple que possible. Toutes les activités assurées par les membres

et par notre «armée de volontaires» exigent une grande rigueur

d’organisation. Nous sommes ravis de pouvoir compter sur la générosité

des gens à tous les niveaux’, conclut Frédéric Struyf.

Denis Crepin

Plus d’info et détail des projets : www.kinderleven-viedenfant.be

Le spectre des projets épaulés est assez large, même si l’accent

est mis sur l’éducation. Cela va de la simple fourniture de matériel

scolaire à la construction de nouvelles classes ou de sanitaires, en

passant par des actions dans les domaines de la nutrition, de la santé,

voire parfois de l’eau (forage de puits). ‘Car en libérant les jeunes

de la corvée eau, on les préserve du décrochage scolaire... Bien

souvent, nous ne finançons pas l’intégralité du projet mais le réalisons

en partenariat avec des acteurs locaux qui y contribuent également.’

LES COCKTAILS DU ROTARY

Plusieurs Rotary clubs ont décidé de soutenir Vie d’Enfant sur une

base plus ou moins régulière (Rc Antwerpen-Zuid, Namur-Citadelle

Frédéric Struyf rend visite aux enfants d’une école marocaine. Vie

d’Enfant y a financé une nouvelle extension avec un logement pour

l’instituteur et des sanitaires pour les élèves.

Du tac au tac

• Que ressentez-vous en pensant à Vie d’Enfant ? De la

fierté, car notre équipe parvient depuis de nombreuses

années à rassembler plus de 300.000 € pour les plus défavorisés,

mais aussi le sentiment d’être chanceux quand

je vois à quel point nous sommes bien lotis ici en Europe.

• Un artiste à citer de but en blanc ? Julos Beaucarne, sans

doute moins pour ses musiques que pour la qualité de

ses textes... et sa personnalité profondément humaniste.

• Votre plat préféré ? Des croquettes aux crevettes. Pas

n’importe où, mais je ne ferai pas de publicité...

• Votre couleur préférée ? Et pourquoi ? Le bleu, parce

que tout le monde a les yeux bleus dans la famille !

Témoignage du Rc Namur-Citadelle :

‘Nous soutenons l’asbl Vie d’Enfant depuis 2014 en organisant

un cocktail lors de l’inauguration de leur Christmas

Solidarity Shopping à Upigny, qui se tient habituellement

fin novembre. Nous organisons ce cocktail avec la participation

des membres de l’Inner Wheel Namur Citadelle, qui

préparent les zakouskis. Nous invitons nos amis et connaissances

afin d’avoir le plus grand nombre possible de participants

et visiteurs. Nous continuons cette activité encore

cette année car elle permet à l’asbl d’augmenter les ventes

et bénéfices qui sont intégralement reversés à leurs projets.

Nous restons en étroite collaboration avec Vie d’Enfant car

il y a une grande amitié entre les membres respectifs.’

19


IT’S CHRISTMAS TIME

Un must du

Rc Genval

depuis 16 ans :

l’opération

‘Un Livre

pour Noël’

Le Rc Genval est fier de mener dans sa région, d’année en année,

une superbe initiative en faveur d’enfants parfois oubliés – ceux qui

sont hébergés des années durant dans des institutions, faute de

pouvoir rejoindre un chaud cocon familial.

Cette vaste opération sociale en est déjà à sa 16 ème édition, mais

son principe est resté identique : offrir un livre aux enfants défavorisés

(âgés de 0 à 18 ans), placés dans des institutions à la demande

du juge de la jeunesse ou des services de protection judiciaire.

L’an dernier, les demandes émanant de pas moins d’une quinzaine

d’institutions ont été rencontrées, donnant lieu à d’innombrables

instants de bonheur et de sourires au moment de la remise des

cadeaux. Les ouvrages distribués permettent aux jeunes d’enrichir

leur culture tout en forgeant leur imaginaire.

Concrètement, chaque année à partir de septembre, les livres à

offrir sont achetés par nos membres ou notre réseau, auxquels

viennent s’adjoindre les dons de partenaires (éditeurs, entreprises…).

Depuis sept ans, le grand public peut également participer

via les nombreuses librairies associées à l’action : des ‘Boîtes à

Livres’ y sont placées pour permettre à chaque citoyen qui le souhaite

d’acheter un ouvrage à donner et de l’y déposer.

Notre opération connait un succès qui ne se dément pas dans la

durée, tant auprès des bénéficiaires qu’au sein même de notre club,

où l’équipe organisatrice est nombreuse et heureuse de renforcer

l’amitié rotarienne autour d’une action qui fait l’unanimité puisqu’elle

se déroule au bénéfice exclusif d’enfants en souffrance affective.

Depuis son commencement, ‘Un Livre pour Noël’ a permis au Rc Genval

d’offrir certainement plus de 10.000 ouvrages, et cela grâce à la générosité

et à la collaboration de très nombreuses personnes : librairies,

partenaires, amis du club… Qu’ils en soient ici vivement remerciés !

Début décembre, l’action se clôture traditionnellement par une très

belle soirée de fête au cours de laquelle le Père Noël et ses lutins

rotariens remettent les nombreux colis de livres aux divers représentants

des institutions.

Que dire pour conclure sinon que ce must du Rc Genval constitue

un grand livre ouvert depuis 16 ans, dont les enfants sont vraiment

les héros…

Préparation des colis

Thierry Scoumanne

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IT’S CHRISTMAS TIME

Musique entre

tours et lumières

de Noël

Alors que les illuminations de Noël répandent leur

chaleureux éclat sur le centre-ville d’Anvers, le Rc

Antwerpen-Metropool invite à nouveau les mélomanes

à un parcours-découverte unique : le dimanche

14 décembre aura lieu la deuxième édition

du Musical History Tour, promenade musicale éclectique

animée par une vingtaine d’artistes et groupes

à travers les plus beaux endroits de la ville.

L’idée est née il y a quelques années sous la forme de concert

classique, avec trois représentations en un seul lieu. Mais les

organisateurs en voulaient plus. ‘Ce nouveau concept nous offre

beaucoup plus de liberté’, explique le Rotarien Marc Van Mael, l’un

des initiateurs du projet. ‘Nous proposons au public un voyage à

travers l’histoire de la musique, mais aussi à travers le patrimoine

anversois. Certains lieux sont tout simplement uniques, que ce soit

la tribune d’orgue de la cathédrale, le Schoon Verdiep (‘bel étage’)

de l’hôtel de ville ou encore le quatorzième étage de la Boerentoren,

sans oublier quelques joyaux cachés : des espaces privés rarement

ouverts au public.’

The Shots

Chaque lieu accueille un artiste ou un groupe pour un concert

intimiste d’environ une demi-heure. Du classique au jazz en passant

par la pop, le punk, la bossa nova et même le flamenco, la tournée

promet une riche palette musicale. Les participants peuvent tracer

leur propre itinéraire via le site web, réserver leurs billets et se

promener à leur rythme d’un endroit à l’autre. Et tout cela au cœur

de la ville, où le marché de Noël bat son plein. Une pause vin chaud

rendra sans doute l’expérience encore plus magique…

Au programme figurent des noms comme Jean Bosco Safari, la

soprano Elise Caluwaerts et le coverband The Shots, mené par

l’inventif touche-à-tout Guillaume Van der Stighelen. ‘La plupart

des artistes se produisent bénévolement’, précise Marc. ‘Et lorsque

ce n’était pas possible, nous avons mis en place un système de

parrainage d’entreprises afin de maîtriser les coûts et de maintenir

l’équilibre financier.’

Depuis une dizaine d’années, Marc s’investit dans la collecte de

fonds pour son club. Selon lui, il devient de plus en plus difficile

pour un club isolé d’organiser un grand évènement : ‘Nos membres

vieillissent, sont moins actifs professionnellement et ont donc moins

de contacts dans le monde de l’entreprise... C’est pourquoi il nous

a semblé logique d’établir des liens au-delà de notre organisation.

D’abord avec Mercy Ships, qui offre des soins médicaux gratuits

à bord de bateaux-hôpitaux, dans les pays en voie de développement.

Ils recevront une part importante de nos bénéfices. Nous collaborons

également avec NEOS Antwerpen, le réseau des seniors

actifs. Les bénévoles de ces organisations accueilleront d’ailleurs

les visiteurs sur les différents sites.’

Le Musical History Tour promet donc d’être bien plus qu’une simple

série de concerts : c’est une expérience fédératrice qui unit musique,

patrimoine et solidarité. Une jolie manière de redécouvrir le

cœur d’Anvers – tout en réchauffant celui des autres !

S.V. / D.C.

Ensemble bulgare à l’hôtel de ville

Info : www.tmht.be

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INTERVIEW

Des voix

contre le silence

Melanie De Roose & Triene-Mie Le Compte

Dans notre pays, le nombre de signalements de violences

intrafamiliales a augmenté de 25% en quatre

ans. Chaque jour, les parquets belges reçoivent en

moyenne 184 de ces signalements. En septembre

dernier, à l’initiative du DG Etienne Verhasselt, le

D 2130 a créé un groupe de travail qui doit proposer

des initiatives en faveur des victimes et des mesures

préventives. Triene-Mie Le Compte et Melanie De

Roose sont membres de ce groupe de travail. Elles

connaissent d’autant mieux le problème qu’elles ont

eu à l’affronter personnellement…

Triene-Mie Le Compte a été victime de violence psychologique

conjugale durant vingt ans, au point de se retrouver progressivement

dans une situation de ‘terreur intime’ : perte de contrôle,

manipulation, menaces et isolement. Privée du droit de sortir

seule, rabaissée, elle vivait constamment dans la tension et la peur.

Quand, finalement, elle trouve le courage de s’enfuir, la situation dérape

: son mari envoie un tueur à gages à ses trousses. Elle échappera

de justesse à la mort… Aujourd’hui, Triene-Mie sensibilise le

public à la violence conjugale. En collaboration avec Anne Groenen,

docteure en sciences criminologiques et médiatrice familiale, elle

a écrit un livre, Als liefde overleven wordt (‘Quand l’amour devient

survie’), dans lequel elle mêle son histoire à des réflexions et des

conseils destinés aux victimes, aux proches et aux aidants. Elle a

également créé le site web Partnergeweld Overleven (‘Survivre à la

violence conjugale’), une plateforme qui rassemble témoignages, informations

et conseils pour toute personne confrontée à la violence

conjugale.

Enfant, Melanie De Roose fut confrontée à la violence intrafamiliale

et aux mauvais traitements infligés par son beau-père. En 2008, elle

a perdu sa mère, achevée par des années de stress et d’anxiété.

Longtemps, elle gardera secrets ces évènements traumatisants,

jusqu’à ce qu’elle décide de faire entendre sa voix et d’aider les

autres. En 2023, elle fonde l’asbl Fonkel, dont la mission est d’offrir

un soutien et la possibilité d’entrer en contact avec d’autres enfants

confrontés à la violence et aux mauvais traitements au sein de leur

famille. Avec Fonkel, Melanie organise des ateliers qui enseignent

aux enfants la résilience et la capacité de résistance tout en leur

offrant un lieu sûr où partager leurs expériences. Elle souhaite ainsi

donner aux jeunes la force de ‘rayonner’ à nouveau.

Pourquoi avoir décidé un jour de rendre votre histoire publique ?

Triene-Mie : Au départ, je voulais surtout prendre mes distances

par rapport à ce passé douloureux. Mais après quelques années,

j’ai réalisé que tout laisser derrière moi n’était pas une option : c’est

impossible d’oublier le passé car il contribue à vous construire. J’ai

donc décidé d’en faire quelque chose de positif : aider les autres

grâce à mon livre, ma plateforme en ligne et mes conférences. Ainsi,

ces vingt années de violence conjugale n’auront pas été vaines.

Melanie : Pour moi, tout s’est accéléré lorsque l’on m’a assigné un

mentor personnel dans le cadre d’un programme d’accompagnement

au travail. Il a immédiatement décelé mes appréhensions et

m’a alors questionnée. Je me suis effondrée et lui ai raconté mon

histoire en pleurant. Ce récit, j’ai peu à peu trouvé la force de l’écrire.

Dans le but de m’engager pour les autres et aussi peut-être pour

rendre fière ma maman, de qui j’étais très proche… Ma première

idée était d’accompagner personnellement les victimes mais cela

s’est avéré impossible : je n’arrivais pas à prendre suffisamment de

recul et chaque histoire m’affectait profondément. Avec Fonkel, je

peux désormais me concentrer sur les aspects plus organisationnels

et les conférences.

À quels préjugés ou malentendus êtes-vous le plus confrontées ?

M. : Beaucoup de gens pensent qu’une enfance difficile signifie

que vous êtes fichu, que vous ne pourrez jamais vous en remettre.

J’aime faire entendre une autre voix et faire comprendre qu’il n’est

pas nécessaire de rester dans le négatif. Avec le temps, la situation

peut s’amélioer, et la vie offre aussi beaucoup de beaux moments.

T.-M. : Il existe une perception erronée selon laquelle la violence

conjugale toucherait principalement les classes défavorisées. Ce

n’est absolument pas vrai, elle touche toutes les couches sociales.

Souvent, on me demande pourquoi je n’ai pas quitté mon mari plus

tôt. Je me heurte à l’incompréhension, voire aux reproches de ceux

qui rejettent la faute sur la victime. Ils ne se rendent pas compte à

quel point il est facile de s’enfoncer dans une situation d’isolement

et de voir les issues disparaître l’une après l’autre.

En quoi le Rotary peut-il faire la différence ?

T.-M. : En matière de violence conjugale, il peut aider à indiquer

les ‘signaux d’alerte’ aux victimes, aux auteurs, aux aidants, aux

témoins... Ceux-ci sont souvent subtils au départ mais deviennent

22


plus évidents à mesure qu’un

schéma se dessine. Le contrôle

et la jalousie (par exemple, vouloir

constamment savoir où vous êtes)

sont des signaux importants. De

même que l’isolement des amis

et de la famille, la dépendance

financière ou encore les petites humiliations qui sapent la confiance

en soi. D’autres signaux d’alarme sont le gaslighting (manipulation

mentale), les menaces et les sautes d’humeur. Une campagne

d’affichage ou médiatique visant à sensibiliser davantage à ce sujet

serait la bienvenue.

M. : Je pense que le Rotary peut contribuer à créer un large soutien

à nos projets. Les clubs sont solidement ancrés au niveau local et

peuvent, par exemple, aider à établir des contacts avec les écoles

et les autorités locales.

© Veilig Huis

travailler de manière systémique,

d’impliquer les réseaux familiaux et

de sortir les personnes concernées

de leur isolement.

A-t-il été difficile pour vous

de continuer à croire en la bonté

et en l’amour ?

T.-M. : J’ai toujours vu le bon côté des gens, c’est quelque chose

que j’ai appris dès mon plus jeune âge. Mais il m’a été très difficile de

faire à nouveau confiance. Je me suis rendu compte que je n’osais

pas m’ouvrir complètement, que je restais toujours sur mes gardes.

Aujourd’hui, les choses vont beaucoup mieux : j’ai retrouvé une relation

stable, épanouissante, et je me suis même remariée (avec Daniël

Troch, past-président du Rc Sint Gillis – Stekene-Camasiacum, ndlr).

Daniël est d’une patience infinie, il reste toujours à mon écoute. Le

sentiment de sécurité qu’il me procure est fantastique.

Le DG Etienne Verhasselt appelle les Rotariens à jouer un rôle de

‘signaleur’. Comment faire ?

T.-M. : Si vous remarquez un changement de comportement chez

quelqu’un de votre entourage et que vous avez l’impression que

quelque chose ne va pas, n’hésitez pas à lui demander comment

il/elle va. La personne en question restera probablement évasive,

mais vous aurez semé une graine : elle saura que votre porte lui est

ouverte. Dans ce contexte, il est très important de faire preuve de

patience. Signalez également les aides possibles : via le médecin

généraliste, la famille ou le 1712, la ligne d’assistance professionnelle

pour les questions relatives à la violence, aux abus et à la

maltraitance des enfants.

M. : Dans ce dernier cas, c’est généralement l’école qui donne

l’alerte en premier lieu. Si nécessaire, elle contacte le Centre

contre la maltraitance des enfants. Il est important que les jeunes

concernés continuent à disposer d’un endroit sûr, mais les retirer

immédiatement de leur foyer n’est pas souvent la meilleure option.

Là encore, en tant que témoin, il est préférable de faire preuve de

patience, d’offrir des perspectives et de donner à l’enfant le temps

nécessaire pour faire face à une situation aussi bouleversante.

Comment les autorités peuvent-elles mieux faire ?

T.-M. : Au Royaume-Uni, la violence psychologique est punissable

depuis quelques années, dans le cadre d’une approche plus large

de la violence domestique. L’abus psychologique et émotionnel

y est reconnu comme une forme d’emprise coercitive, pouvant

entraîner des peines de prison et des mesures de protection civile. Il

faudrait s’en inspirer… Par ailleurs, les signalements faits à la police

devraient bénéficier d’une approche plus large, moins ponctuelle.

Il faut davantage considérer la situation dans son ensemble, tenir

compte du contexte et de l’historique.

M. : En Flandre, un projet pilote a récemment été mis en place,

dans le cadre duquel les écoles étaient rapidement informées d’une

intervention policière pour violence intrafamiliale. Cela permettait

de mettre immédiatement en place l’accompagnement nécessaire.

Malheureusement, le projet s’est heurté à la législation RGPD et

n’a pas pu être déployé. Dans tous les cas, il reste important de

M. : Pour moi aussi, savoir faire confiance est un vrai défi. Je suis

dans une nouvelle relation depuis un an et demi, après avoir divorcé

du père de mes enfants. Je constate que je reste toujours sur mes

gardes, de peur que les anciens schémas ne refassent surface. Une

communication ouverte est donc essentielle pour moi. Cela apporte

beaucoup de sérénité dans ma relation et m’aide à contrôler mes

angoisses.

Dès lors, comment vous détendez-vous ?

T.-M. : J’aime faire de la randonnée, du sport et j’adore lire. Je lis de

tout, sauf des thrillers.

M. : Je suis également une lectrice assidue. À côté de cela, je suis

en train d’écrire mon deuxième livre. J’aime aussi créer une ambiance

chaleureuse à la maison, et j’adore cuisiner pour ma famille.

Sinon, il y a les concerts, les festivals. Mes goûts sont très variés,

de Pink Floyd à Nick Cave en passant par Sylvie Kreusch.

T.-M. : La musique est quelque chose que j’ai redécouvert après

mon mariage, elle me redonne goût à la vie. Avant, je n’avais le droit

d’écouter que des chants évangéliques car mon mari trouvait les

autres genres ridicules. Aujourd’hui, j’écoute Amy Winehouse, les

Beatles, du jazz, du classique...

Dernière question : imaginez que vous vous invitiez mutuellement

à dîner. Que mettriez-vous sur la table ?

T.-M. : Je n’ai jamais appris à cuisiner, mon premier mari me l’interdisait.

Je laisserai donc à Daniël le soin de composer le menu, mais

je veillerai à apporter le gâteau et à dresser une jolie table (rires).

M. : J’ai repris une recette de ma maman, datant des années 90.

Des scampis dans une sauce à la crème avec tomates, poivrons et

aromates. Simple mais délicieux…

T.-M. : Ça en a l’air… On devrait peut-être se donner rendez-vous ?

M. : Affaire conclue !

Steven Vermeylen / D.C.

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INTERVIEW

‘Un véritable

artiste

s’émerveille

tout au long

de sa carrière.’

Valère Burnon est un pianiste concertiste belge de

27 ans, originaire de Marche-en-Famenne. Même

si le Rotary avait déjà débusqué son talent rare en

2013, c’est cette année qu’il s’est révélé aux yeux du

grand public, grâce à sa troisième place décrochée

en juin au Concours musical international Reine

Élisabeth. ‘J’y suis allé en restant moi-même, sans

m’imposer de contraintes.’

En mars 2013, à l’âge de 14 ans, vous remportiez le Concours

Breughel, organisé par plusieurs Rotary clubs bruxellois. Vous en

souvenez-vous ?

Oui, je me rappelle le logo du Rotary sur mon diplôme... C’était la première

fois que je jouais à Flagey, de bon augure pour la suite ! J’avais

déjà reçu plusieurs distinctions auparavant, mais c’était là mon tout

premier ‘premier prix’.

Mais qu’est-ce qui a fait que, à un moment donné, vous avez basculé

vers le piano ?

C’est vrai que le violon était mon premier choix. Toutefois, mes parents

se sont aperçus que je pouvais aussi reproduire à l’oreille, sur un

clavier, tout ce que j’entendais. Dès lors, ils m’ont inscrit à des cours

de piano et celui-ci a pris de plus en plus de place dans ma vie. Sans

doute qu’il me correspondait davantage.

Depuis lors, vous avez été lauréat de plusieurs autres épreuves...

Comment vivez-vous cette dimension de compétition alors que

vous êtes artiste et non sportif ?

Les concours sont une porte d’entrée obligatoire pour pouvoir se

produire sur scène. On essaie d’y objectiver les performances mais

cela se joue souvent à quelques détails, à des questions de ressenti...

J’ai considéré le Concours Reine Élisabeth comme un aboutissement

à des années de préparation. J’y suis allé en veillant à rester

authentique et avec pour objectif de prendre du plaisir. C’est selon

moi la meilleure stratégie à adopter avant une compétition. De toute

façon, les niveaux d’exigence étant très élevés, cela ne peut que nous

pousser à travailler encore plus et à progresser. Cela enrichit notre

expérience, même lorsqu’on n’atteint pas la finale.

On vous connaît comme pianiste mais vous êtes également violoniste,

c’est d’ailleurs avec cet instrument que vous avez commencé...

Cela fait un bout de temps que je n’ai plus eu l’occasion de toucher

mon violon, malheureusement. Il y a des moments où il faut faire des

choix... Mais cet apprentissage n’est en rien perdu car, comme le dit

Frank Braley, mon professeur à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth,

le fait d’avoir pu expérimenter un autre point de vue musical enrichit

forcément ma pratique pianistique aujourd’hui.

Vous jouez à la fois en soliste, en musique de chambre et avec des

orchestres. Quel format vous plaît le plus ? Et pourquoi ?

Je n’ai pas de préférence, chacune de ces pratiques a ses avantages

et ses ‘inconvénients’. En solo, vous êtes seul maître à bord, vous êtes

plus libre mais cela représente également de grosses responsabilités.

En musique de chambre, il faut apprendre à être flexible mais

cela vous apporte aussi une très grande richesse grâce au dialogue,

aux échanges d’énergie. Enfin, l’orchestre vous porte et vous pousse

vers l’avant mais il exige en retour un grand degré d’adaptation. Ces

pratiques m’apportent donc toutes trois des expériences différentes

et je ne voudrais me passer d’aucune d’entre elles. Actuellement, les

concerts avec orchestre sont en vogue, au détriment parfois des

récitals solo et surtout de la musique de chambre. Et pourtant, le

répertoire au piano est gigantesque, dans cette dernière catégorie, et

il y a vraiment moyen de s’amuser.

Parmi les compositeurs ou pièces que vous avez interprétés, y en

a-t-il un ou une qui vous enthousiasme particulièrement, dont vous

ne vous lasserez jamais ?

Il y en a beaucoup mais je cite souvent Rachmaninov comme le

compositeur qui me touche le plus. Et je retiens peut-être avant tout

son concerto pour piano n° 3, qui est synonyme d’énormément de

24


choses, notamment de belles émotions lors de la finale du Reine

Élisabeth. D’autre part, je réécoute très régulièrement les concertos

de Mozart, dont je ne me lasse jamais. Pour compléter le trio, je citerai

Brahms. Trois esthétiques assez différentes, mais à chaque fois

touchantes. J’aime aussi beaucoup Ravel, Debussy, Mahler... C’est

impossible de se cantonner à un seul nom.

Depuis 2022, vous enseignez la musique de chambre au Conservatoire

de Liège. Que vous apporte ce rôle pédagogique ?

Un musicien doit pouvoir transmettre des émotions au public lorsqu’il

est sur scène, mais j’estime qu’il est important de transmettre également

à la jeune génération – même s’il n’y a pas beaucoup d’années

d’écart entre mes élèves et moi ! Cette activité est néanmoins mise

sur pause en ce moment car j’ai de nombreux concerts à assurer.

Vous êtes actuellement en résidence à la Chapelle Musicale Reine

Élisabeth...

‘Résidence’ n’est pas vraiment le terme exact car, étant domicilié

à Marche-en-Famenne, il n’aurait pas été judicieux de prendre un

studio à l’année comme un étudiant artiste venu d’un autre continent.

Il est également possible d’y louer un studio insonorisé à la

nuit, pratique pour pouvoir répéter à n’importe quelle heure, à son

rythme. L’endroit est propice aux retraites de travail productives, c’est

pourquoi j’y suis resté durant les deux mois précédant le Concours

Reine Élisabeth. J’y suis encore au moins jusqu’à la fin de l’année

académique.

La Chapelle repose sur deux piliers principaux : un enseignement

de très haute qualité – j’y bénéficie des précieux conseils de Frank

Braley, Avo Kouyoumdjian et Jean-Claude Vanden Eynden – mais

aussi les quelque 300 concerts qu’elle organise chaque année, en ses

murs ou alors sur des scènes prestigieuses comme Flagey, Bozar...

Une grande partie de l’enseignement se fait donc sur scène, et c’est

sans doute ce qui fait la particularité et l’excellente réputation de la

Chapelle en tant qu’école.

En dehors de la musique classique, quelle passion ou activité vous

nourrit ?

Pour l’instant, la musique occupe vraiment toute ma vie ! Je suis un

peu un ovni en mon genre car, contrairement à la plupart de mes

collègues, je n’écoute que du classique et ne me suis jamais ouvert à

d’autres styles...

Vous êtes encore très jeune. Vous devez donc avoir un projet

particulier que vous rêvez d’accomplir ?

Pouvoir vivre de mes concerts aussi longtemps que possible. Le rêve

est actuellement en train de se réaliser, mais qui sait s’il s’inscrira

dans le temps ? Il est hasardeux de se projeter au-delà de deux ou

trois saisons, et c’est là le souci quotidien d’un artiste. Heureusement,

depuis septembre, je joue beaucoup en Belgique, y compris en

Flandre. J’aimerais m’ouvrir davantage à l’international.

Lorsque vous considérez votre carrière, encore courte mais déjà

riche, quel mot vous vient à l’esprit ?

Je dirais accomplissement car c’est ainsi que je voyais le Concours

Reine Élisabeth. Mais, comme je viens de le dire, après il faut persévérer,

se remettre en question constamment et ne jamais se satisfaire

de ce que l’on propose. C’est le travail de toute une vie... J’en discute

souvent avec Jean-Claude Vanden Eynden (qui, en 1964, a remporté

le troisième prix du Concours Reine Élisabeth à l’âge de 16 ans, ndlr)

et il m’explique que, aujourd’hui encore, il découvre des choses et

parvient à résoudre des énigmes sur la manière de jouer telle ou telle

pièce. Un artiste doit être capable de continuer à s’émerveiller tout au

long de sa carrière, d’autant que nous avons la chance de travailler

sur des œuvres intemporelles, passionnantes.

Votre couleur préférée ? Peut-on associer telle couleur avec telle

note ou harmonie ?

Je ne peux vraiment pas répondre à la première question, je n’ai

aucune préférence. Par contre, oui, j’associe beaucoup les couleurs

et les effets de lumière aux harmonies. Il existe d’ailleurs des compositeurs

dits ‘synesthètes’ comme Alexandre Scriabine ou, plus tard,

Olivier Messiaen qui, lui, a théorisé cette faculté de voir telle couleur

avec tel accord musical. J’aime beaucoup son esthétique mais je

pense qu’il était tout de même un peu ‘perché’.

Si vous pouviez dîner un soir avec un personnage historique, qui

choisiriez-vous ? Et quel plat serviriez-vous ?

J’aurais évidemment aimé rencontrer Mozart même si, je le crains, je

n’aurais pas été à l’abri d’une déception, son côté entier et plein de

vitalité cachant sans doute une nature difficile. Et puis Rachmaninov,

qui est un personnage intéressant, touchant, à l’instar de sa musique.

Cela aurait été passionnant de converser avec lui. Quant au plat,

j’aurais simplement opté pour les spaghettis de ma maman !

Denis Crepin

Info : www.valereburnon.be

Concerts sous l’égide du Rotary

• 22 janvier 2026 à 20h : récital solo au Theater Elckerlyc,

Frankrijklei 85-87, Anvers (organisé par le Rc Antwerpen-Zuid).

Tickets : tinyurl.com/3j2xe4yy

• 7 février 2026 à 19h : concert de la Saint-Valentin à la

Maison de la Culture d’Arlon (organisé par le Rc Arlon).

Info & tickets : tinyurl.com/5n7rpata

• 4 mars 2027 : concert à l’Opéra de Liège (organisé par

le Rc Liège dans le cadre de son centenaire)

25


ROTARY GLOBAL

Donner avec gratitude

En ce mois de novembre, alors que nous célébrons la Fondation

Rotary, je vous invite à réfléchir non seulement à ce

que nous donnons, mais aussi aux raisons qui nous poussent

à le faire. La Fondation est plus qu’un simple fonds destiné à

financer des actions. Elle est au cœur de notre promesse que

le service, ancré dans la confiance et l’amitié, peut apporter un

changement durable.

Notre Plan d’action nous invite à accroître notre impact, et la Fondation

est le moyen par lequel nous concrétisons cette vision. Son

véritable impact se voit moins dans les chiffres que, par exemple,

dans la vie des enfants qui n’auront plus jamais à craindre la polio,

dans l’espoir redonné aux familles et dans la paix retrouvée dans

des communautés autrefois marquées par la maladie.

La polio n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Chaque

année, les Centres du Rotary pour la paix forment de nouvelles

générations de leaders qui transformeront les conflits

en dialogue et les divisions en compréhension. En investissant

dans leur formation, nous semons les graines de la paix qui

porteront leurs fruits pendant des décennies.

La Fondation touche également des vies grâce aux subventions

mondiales et de district, qui financent des actions

de toute taille. Il ne s’agit pas là de gestes temporaires mais

d’étapes vers la dignité. C’est ainsi que le Rotary a un impact

durable. Et lorsque des calamités naturelles surviennent, la

Fondation nous permet d’agir rapidement grâce à des subventions

Secours en cas de catastrophe.

Notre Fondation ne se concentre pas sur ce que nous pouvons

accomplir seuls, mais sur ce que nous pouvons réaliser

ensemble. Chaque contribution, quelle que soit son montant,

s’ajoute à celles des autres pour créer un acte collectif de foi

en l’humanité et en l’avenir. Chaque fois que

nous donnons, nous déclarons que notre

travail se poursuivra, quel que soit le

défi à relever.

Francesco Arezzo

Président du RI

Un impact indéniable

Ce mois-ci, prenons le temps de réfléchir aux nombreuses

façons dont la Fondation Rotary contribue à rendre le monde

meilleur, en amplifiant notre impact. J’encourage chaque club

à dépasser son cadre local et à s’engager auprès de la Fondation

à l’échelle mondiale. Vous pouvez ainsi vous associer à

d’autres clubs pour promouvoir l’alphabétisation au Guatemala,

lutter contre le paludisme en Zambie, rendre l’eau potable accessible

à des milliers de personnes, sauver des vies sur tous

les continents grâce à des programmes de santé maternelle...

Vous êtes nombreux à vous interroger sur la progression du

projet le plus ambitieux de l’histoire du Rotary : la lutte en

faveur de l’éradication de la polio. Récemment, Francesco

Arezzo et moi-même avons rencontré le premier ministre et

les dirigeants militaires pakistanais. Tous sont pleinement engagés

à finir le travail. Nous avons été absolument convaincus

par les efforts des centres opérationnels d’urgence, où des

experts planifient et coordonnent les vaccinations. Alors que

certains gouvernements réduisent leur soutien, le Rotary reste

fidèle à son engagement de collecter 50 millions US$ cette

année encore.

Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de voir comment chacun

d’entre nous peut avoir un véritable impact grâce à notre Fondation.

J’encourage vivement tout le monde, en particulier les

nouveaux membres, à explorer ces possibilités. Trouvez votre

passion parmi nos causes prioritaires et découvrez des actions

à soutenir, notamment grâce aux subventions mondiales.

Et si vous ne souhaitez pas vous engager aussi loin, vous

pouvez décider d’une simple contribution financière.

Nous, les membres, finançons, soutenons et réalisons nousmêmes

ces actions. C’est pourquoi la Fondation obtient

régulièrement la meilleure note de Charity Navigator. Pour

2025-26, nous avons l’objectif ambitieux de récolter 500 millions

US$. Soyez certains que vos dons permettront de créer

d’innombrables opportunités.

Holger Knaack

Président Fondation Rotary

26


NOTRE HISTOIRE

‘Toutes ces batailles devant les tribunaux !’

Connaissez-vous Sylvia Whitlock ?

Elle fut, en 1987, la première

femme à devenir présidente

d’un Rotary club, au terme d’une

longue bataille juridique entre

son club et les instances du RI.

Aujourd’hui, ce même RI décerne

chaque année un prix portant

son nom pour récompenser des

personnes ayant fait avancer

la cause des femmes dans le

monde.

En 1976, le Rc Duarte (Californie) décidait

d’admettre des femmes en ses rangs,

allant ainsi à l’encontre du règlement du

Rotary International. Banni par ce dernier,

le club engagea une bataille juridique qui

se conclut en 1987 par une décision historique

de la Cour suprême des États-Unis :

les Rotary clubs ne peuvent exclure les

femmes de leur statut de membre.

Depuis lors, les mentalités ont heureusement

évolué. Pas encore suffisamment,

rétorqueront certains... Lors de la convention

du RI à Calgary en juin dernier, Björn

Lange, rédacteur en chef de Rotary Magazin

(Allemagne et Autriche), a pu rencontrer

brièvement la pionnière Sylvia Whitlock.

Vous avez été la première femme à

rejoindre un Rotary club. Comment cela

s’est-il déroulé ?

À l’époque, je travaillais comme principale

d’école et le directeur de l’établissement

m’a invitée à rejoindre son club, où il n’y

avait bien sûr encore aucune femme. Regardez

le pin’s sur ma veste, il y est inscrit :

‘Ex-Rotary club’. Eh oui, le RI a alors exclu

notre club, tout simplement parce que

les femmes étaient interdites. Nous nous

sommes donc rebaptisés ‘Ex-Rotary club’

et avons poursuivi le RI en justice. Finalement,

après onze ans de procédure et de

nombreuses audiences, la Cour suprême

des États-Unis a statué que le Rotary devait

admettre les femmes en ses rangs. Ce

fut là une avancée décisive !

Sylvia Whitlock, une pionnière...

Quand êtes-vous officiellement devenue

Rotarienne ?

C’était le 4 mai 1987. Je me suis battue

pour cela. Pendant onze ans ! Toutes ces

batailles devant les tribunaux !

Aujourd’hui, la proportion de femmes au

Rotary dans le monde est d’environ 25%.

Aux États-Unis, elle est d’au moins 30%

mais en Allemagne et en Autriche, elle

atteint à peine 14%. 1

On peut aussi voir cela de manière positive

: vous avez encore une belle marge de

progression. En Allemagne comme ailleurs,

il y a certainement des femmes exceptionnelles

qui peuvent en encourager d’autres

à rejoindre un club et à s’engager.

Chez nous, environ 10% des clubs sont

exclusivement masculins et souhaitent le

rester. Que leur dire ?

Tout simplement qu’il y a des règles et

qu’ils doivent les respecter. Selon les

statuts du RI, ils ne peuvent pas s’appeler

‘Rotary clubs’ s’ils ne sont pas ouverts aux

femmes.

Certes, mais certains prétendent ne pas

trouver de candidates adéquates.

Oh, les pauvres ! (Rires) Ils devraient venir

me voir, je les aiderai à chercher.

Vous avez aujourd’hui 90 ans et vous

assistez à la convention du RI. Cela en

vaut-il la peine ?

Oui, j’ai beaucoup aimé. Un endroit magnifique,

une ville formidable, des sessions

intéressantes et beaucoup de gens sympathiques.

Mais si, comme moi, vous avez

besoin d’aide pour vous déplacer, ce n’est

pas facile. Le manque de mobilité est le

gros point faible de cette convention.

Au moins un tiers des participants sont

des femmes...

C’est vrai. J’en suis très heureuse, mais on

peut faire mieux encore.

Comment voyez-vous l’avenir du Rotary ?

Le Rotary est la réponse aux questions les

plus brûlantes. Regardez autour de vous,

dans la Maison de l’Amitié : vous trouverez

partout des réponses aux grandes

questions de notre époque. Y compris à

la plus importante : comment résoudre les

conflits. Partout où les gens n’ont pas accès

à l’eau potable, où il y a des sans-abri,

le Rotary apporte une réponse. Regardez

ce que nous avons accompli dans l’éradication

de la polio. Il a fallu 40 ans, mais

nous y sommes presque. Cela démontre

que nous pouvons accomplir beaucoup

ensemble. Et nous devons écouter. À une

époque où plus personne ne le fait, le

Rotary doit écouter avant d’agir.

1 Au BeLux, on compte 1.457 femmes pour un total de 9.923 membres actifs, soit 14,68%

27


AVENTURES URBAINES

Gand : lueurs hivernales

et féérie nocturne

© Martin Corlazzoli / Stad Gent

© Martin Corlazzoli / Stad Gent

Certaines villes vous séduisent immédiatement, et

Gand ne fait pas exception à cette règle. Imaginez :

des tours médiévales, des places animées, des

canaux scintillant au soleil, une ambiance jeune et

créative... Ajoutez-y une bonne dose de magie de

Noël et vous obtenez la recette parfaite pour une

escapade urbaine hivernale.

TROIS TOURS ET UN CHÂTEAU

Commencez par vous rendre sur le Korenmarkt, où se dévoile la

célèbre silhouette de Gand : l’église Saint-Nicolas, le beffroi et la cathédrale

Saint-Bavon se dressent fièrement côte à côte. À l’intérieur

de la cathédrale vous attend un trésor mondial incontournable :

L’Agneau mystique des frères Van Eyck. Même les néophytes en

matière d’art seront touchés par les détails raffinés de ce polyptique

peint sur bois et par son impressionnante restauration.

À deux pas de là, le Gravensteen domine la ville : un château fort

avec des donjons, des créneaux et une bonne dose de charme

médiéval. À l’intérieur, vous apprendrez comment vivaient les

comtes de Flandre, tandis qu’à l’extérieur, vous profiterez d’une vue

panoramique.

DES MUSÉES PLEINS DE VIE

Gand respire la culture, et pas seulement celle du passé. Au

S.M.A.K., vous découvrirez un art contemporain rafraîchissant,

volontiers provocateur.

Le Musée des Beaux-Arts possède une vaste collection de premier

ordre, qui couvre 600 ans d’histoire. Jusqu’au 4 janvier, vous pourrez

y voir l’exposition Transcripts of a Sea du célèbre photographe

Stephan Vanfleteren. Ses photos de la mer constituent des motifs

inspirants qui vous invitent à porter un regard nouveau sur l’évolution

de la peinture marine.

Le Design Museum Gent, quant à lui, met à l’honneur des objets,

des meubles et des installations au design épuré.

Ne manquez pas de découvrir la Boekentoren, la ‘quatrième tour de

Gand’, parfois oubliée. Ce chef-d’œuvre moderniste de l’architecte

Henry van de Velde (1930) abrite plus de trois millions de livres et

manuscrits de l’université de Gand. Depuis l’étage panoramique,

vous bénéficierez d’une vue imprenable sur la ville. Avec ses lignes

épurées et son style Art déco, la Boekentoren est non seulement un

puits de savoir mais aussi une icône architecturale.

DÎNER AVEC STYLE

Une journée culturelle ouvre l’appétit et, ça tombe bien, Gand est

justement le paradis des gourmets. Si la ville est connue comme

étant la ‘capitale végé de l’Europe’, elle offre aussi une expérience

culinaire agréable à tous les types de gastronomes. Quelques

recommandations :

• Publiek : une étoile Michelin, mais sans la rigidité. Le chef Olly

Ceulenaere surprend avec ses combinaisons inventives aux

saveurs à la fois locales et internationales.

• De Superette : pain au levain et pizzas cuites au four à bois dans

un cadre industriel – l’endroit idéal pour une soirée décontractée

entre amis.

• Volta : dîner dans une ancienne centrale électrique avec de hauts

plafonds et des plats raffinés.

• Le Botaniste : ceux qui veulent profiter d’une cuisine d’origine

végétale seront ici au septième ciel. Imaginez des bols colorés et

des vins surprenants dans un décor d’apothicaire.

Et n’oubliez pas les spécialités locales : une bière Gentse Strop de la

brasserie Roman dans un café convivial, ou quelques cuberdons –

ces bonbons fourrés à la framboise – pour une pause sucrée en

cours de route.

MAGIE HIVERNALE

En décembre, vous vous retrouverez au cœur des Winterfeesten

de Gand, un marché de Noël plein de charme qui s’étend autour du

Korenmarkt, de la Sint-Baafsplein et de la Stadshal. Vous pourrez

vous réchauffer les mains autour d’un verre de vin chaud et

dénicher des cadeaux artisanaux, voire enfiler des patins à glace

pour arpenter la patinoire. Les façades historiques en arrière-plan

en feront un moment Instagram par excellence. Le soir, la ville se

transforme encore davantage : suivez la promenade Lichtplan et

découvrez comment les ponts, les places et les façades baignent

dans une lueur féérique.

28


LE COIN LECTURE

L’homme le plus riche des Temps Modernes

Qui est-il ? Beaucoup miseront sur Elon Musk, Jef Bezos, Mark Zuckerberg

ou encore Bill Gates, mais ils ont tort. Il s’agit en fait de Jacob

Fugger, né à Augsbourg (Germanie) en 1459. C’est l’époque où

Christophe Colomb parcourt les océans, s’imaginant découvrir une

nouvelle route vers l’Inde, où Magellan fait le tour de la Terre pour

bien prouver qu’elle est ronde, et où Léonard De Vinci peint sa Mona

Lisa. À peine sorti de l’adolescence, Jacob est destiné au petit

séminaire de Venise. Mais, dans la ville la plus luxuriante d’Europe, il

va découvrir les plaisirs de la nuit en même temps que le métier de

banquier et la rigueur de la comptabilité en partie double, dont il va

se servir avec génie. Cet épisode résume à lui seul la dualité et la

complexité d’un être d’exception.

Il deviendra, entre autres, le banquier du Grand-Duc Sigismond de

Habsbourg puis de son successeur, le futur Empereur Maximilien I er ,

de Charles Quint, des papes Sixte IV et Jules II.

En échange de ses prêts, il prend des garanties sur leurs biens,

principalement des mines. Ses clients étant systématiquement dans

l’impossibilité de le rembourser (ce qu’il avait prévu), il peut donc

sans problème faire main basse sur celles-ci. Il développera aussi le

commerce des indulgences pour le compte de la papauté. Enfin, il

financera la fameuse garde suisse pour protéger le pape Jules II, qui

passe plus de temps à guerroyer qu’à s’occuper de ses disciples.

Mais réduire Fugger à son extraordinaire habileté à manipuler les

chiffres et donc les richesses serait une erreur. Le personnage est

infiniment plus subtil. Il suffit de se pencher sur sa jeunesse pour

amorcer un début d’analyse psychologique. Dès l’âge de 10 ans, il

court dans les ateliers parentaux pour y découvrir les techniques du

tissage. Curieux de tout et inventif, il va à la rencontre des anciens

de son quartier juif pour s’imprégner de leur histoire. Plus tard, lors

de la découverte du nouveau monde, il comprend immédiatement

l’intérêt du broyage du bois ‘brasil’ pour la création d’un colorant

rouge destiné aux tissus. En un mot, il est tout sauf un technocrate

besogneux.

s’enrichissait. Sa vie durant, il stimulera ce mouvement grâce à son

immense fortune accumulée.

Mais il reste encore aujourd’hui un mystère sur sa personne :

quelle est l’origine réelle de cette immense fortune ? Provient-t-elle

uniquement de ses activités minières et de la frappe de monnaie ?

Plusieurs chercheurs ont remarqué dans sa comptabilité rigoureuse

que ces activités avaient un rendement de 5% annuel dans

les années de prospérité. Il va d’ailleurs devenir la cible de Luther,

le fait de toucher des intérêts étant contre la loi religieuse. Fugger

achète alors le pape Léon X, qui proclamera une bulle interdisant le

prêt à intérêt sauf s’il y a travail, coût ou risque. Évidemment, tous

ses prêts répondent à ces critères ! Toutefois, ces péripéties ne

permettent pas d’expliquer totalement l’accroissement de son patrimoine

de 700% depuis la reprise des rênes de la maison mère...

Cet ouvrage vous entraîne dans une histoire fascinante et fabuleuse,

où la ville d’Anvers joue un rôle de levier incontestable. L’un

des deux auteurs, Bernard Van den Bogaert, était directeur général

de la brasserie familiale De Koninck et membre du Rc Antwerpen-

Schelde. Il est malheureusement décédé en avril dernier.

Marc Hermant & Bernard Van den Bogaert, Jacob Fugger le Riche,

génie des Temps Modernes, éd. Racine, 25 €

Les activités de la maison Fugger disposent à leur apogée de

nombreuses succursales. Non content de servir ses ambitions

commerciales, elles permettent à Jacob de se créer un réseau d’informateurs

inédit à l’époque. Grâce à cela, il va nouer de nombreux

et fructueux contacts mercantiles, devançant ainsi ses concurrents

sur tous les terrains.

Fugger a aussi remarquablement assimilé l’époque humaniste et la

Renaissance qui ont pris leur irrésistible envol en même temps qu’il

AVANTAGE ROTARY

Commandez ce livre au prix de 25 € via ce lien.

Les frais de port sont offerts.

29


AGENDA

DEADLINES

Cet agenda reprend un aperçu des activités les plus importantes figurant

dans le calendrier en ligne de Polaris, au 15 du mois précédent et en mode

‘public’ (cochez également la visibilité ‘district’ et ‘multidistrict’). Vous désirez

mettre en avant une activité de votre club ? Demandez alors nos tarifs publicitaires

préférentiels.

Info: rotarycontact@rotarybeluxservices.org

PROCHAIN NUMÉRO

DATE DE PARUTION : 15.01

PÉRIODE : 15.01 – 28.02

DEADLINE : 31.12

ROTARY AT A GLANCE

WORLDWIDE

Rotarians : 1.167.882 Clubs : 36.625

Rotaractors : 143.470 Clubs : 9.841

BELUX

Rotarians : 9.908 Clubs: 288

Rotaractors : 768 Clubs: 43

COMPTES BANCAIRES

D 2150

District: BE86 0018 5183 2050

Fondation: BE84 0019 5928 9559

Polio: BE49 0019 5929 0771

Jeunesse: BE85 3632 0205 7306

D 2160

(BEL): BE84 0018 6824 5359

(LUX): LU18 0030 5474 8046 0000

Fondation - Fonds annuel: BE 97 0018 8663 5549

Fondation - Polio: BE75 0018 8663 5751

DATE HEURE CLUB ACTIVITÉ LIEU

24.11 12h30 Bruxelles-Ouest Jean-Émile Vanderheyden, ‘Le burn-out

professionnel et/ou privé’

Chalet du Laerbeek,

av. du Laerbeek 145, Jette

24.11 19u Dendermonde Rudi Vranckx, ‘Mijn kleine oorlog, 35 jaar aan

het front’

Kasteel van Lebbeke

24.11 19u Gent Bart Verbeke, ‘Restauratie van schilderijen’ Kasteel Coninxdonck

25.11 19u Jabbeke Amizant: vakanties voor kinderen en jongeren met

een beperking

Het Oosthof

26.11 19u Kortrijk Wine Art: kaas, wijn & fototentoonstelling Bel&Bo Deerlijk

30


DATE HEURE CLUB ACTIVITÉ LIEU

26.11 19u Vilvoorde Faja Lobi, ‘Herbebossing in de DR Congo’ Hotel Abbey

27.11 12h15 Luxembourg-

Horizon

Sven Baltes, ‘Jonk entrepreneuren Luxembourg’

Park Hotel Alvisse,

route d’Echternach 120,

L-1453 Luxembourg

27.11 19u30 Diksmuide 86XX Meet & Greet : maak kennis met de club! De IJzertoren

27.11 19u30 Landen Rotary Info Café: Red onze bijen De Rietgors, Landen

28-30.11 La Louvière Vente de sapins Nordmann + bar

(aussi les 12 et 13 décembre)

Espaces Verts Masse & Fils,

rue de la Croix du Maïeur 10,

Strépy-Bracquegnies

29.11 9h Luxembourg-Kiem Plantation d’arbres (réserve Rotary) Rue de Dalheim, Medingen

29.11 18u RAC Leuven Soirée Vinifiée : tasting Portugese wijnen OC Genadedal

29.11 18h Vallée du Geer

(Glons)

Paëlla solidaire + spectacle flamenco.

Info: Paul Lemoine

Salle de l’école de Voroux,

rue Provinciale 26, Voroux-lez-Liers

29.11 18u30 Brakel-Zwalmvallei Viering 10-jarig bestaan Gare C – feestzaal station Oudenaarde

29.11 19u Oudenaarde Casino Royale Royal Golf Club Oudenaarde

30.11 14u30 Turnhout &

Hoogstraten-

Kempen

Euregio Jeugdorkest, Akari Bastiaens & Jef Neve

De Warande, Turnhout

02.12 19u30 Hasselt-Juniperus Benefietavond Reginald Moreels & Architecten

zonder Grenzen

Krekelhof Hasselt

04.12 19h15 Seraing Soirée théâtre: ‘Apocalypse non’ (Marc Herman) Comédie en Île, rue Méan 11,

4020 Liège

04.12 19u45 Landen Steven Vanbergen, ‘Everything is possible.

Mijn weg naar de Ironman.

Aulnenhof, Walshoutem

06.12 18u30 Leuven Diner@Lampeke: culinaire beleving voor het

goede doel

Buurtwerk ‘t Lampeke

06.12 19h30 Brussel-Bruxelles

Atomium

Soirée théâtre: ‘Le prénom’.

Info: josehans62@gmail.com

Théâtre Royal des Galeries,

Galerie du Roi 32, 1000 Bxl

09.12 19h Bruxelles Valérie Glatigny et Pierre Jadoul, ‘L’enseignement

de demain’

EPHEC Bruxelles, Campus Woluwe -

info@rotary.brussels

10.12 19h Luxembourg-Hearts Christmas Dinner. Info: Damien Welsch, Michel Faltz Tubbo (igloo transparent sur la place

de l’Europe)

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AGENDA

DATE HEURE CLUB ACTIVITÉ LIEU

11.12 12h15 Luxembourg-

Horizon

Daniel Becker, Conseil national d’Éthique

Park Hotel Alvisse,

route d’Echternach 120,

L-1453 Luxembourg

12-14.12 Waterloo Stand au marché de Noël (foie gras, champagne,

gaufres…)

Devant la maison communale

de Waterloo

13.12 16h30 Liège Ville Mosane Vente de sapins Nordmann et stand au marché

de Noël (huîtres, saumon, foie gras, bulles…)

Domaine de la Tour de Tilice,

rue Tilice 101, Juprelle

13.12 18h Bruxelles-Altitude

e.a.

Dîner + spectacle de mime ‘Les Petites Aventures’

Théâtre du Collège Saint-Pierre,

av. Coghen 205, Uccle

13.12 20h La Louvière Concert Gaspesie French Cover (bar champagne &

restauration 18h30)

Église Saint-Joseph,

place de Bracquegnies

15.12 19h Sept Fontaines Avant-première cinéma: ‘The Penguin Lessons’ Cinés Wellington, chée de Bruxelles

165, Waterloo

16.12 21u E-club of Belgium 1

Passport

Sjarabang: a welcoming place where art is a

leverage for social inclusion

Online

18.12 19h30 Louvain-la-Neuve Repas festif de fin d’année. Info: Olivier van Cutsem Abbaye de Clerlande,

allée de Clerlande 1, Ottignies

18.12 19u30 Menen Barnyard Bigband & showkoor Spotz-On:

‘White Christmas’

Fabriekspand

18.12 19h30 Saint-Ghislain PN, Pierre Degand, ‘Le réseau Séquoia pour les 50+’ Chez Romano, rue Neuve 18, Boussu

18.12 19h30 Wavre Gisèle Maréchal, ‘Climat et environnement:

de la fresque à l’action’

Hôtel Ibis Styles, bd de Lauzelle 61,

Louvain-la-Neuve

19.12 13h30 Herstal ‘Tournée du Père Noël’ (dans les homes de l’entité).

Info: Dimitri Tsalos

Départ: boulangerie-pâtisserie Pelzer,

Herstal

13.01 12h30 Esch-sur-Alzette Dr Marc Jacoby, ‘The power of sleep’.

Info: Gerry Wagner

De Spackelter, rue de Luxembourg 2,

Leudelange

15.01 12h15 Luxembourg-

Horizon

Raoul Schaaf, ‘Le travail social au service des

personnes en danger de marginalisation’

Park Hotel Alvisse,

route d’Echternach 120,

L-1453 Luxembourg

24.01 19h Binche-Leptines Soirée tartiflettes et blind test Maison de village, rue Albert Bastin,

Vellereille-les-Brayeux

24.01 19u30 Brugge ‘t Vrije Nieuwjaarsconcert met Dirk Brossé & Prima

la Musica

Concertgebouw Brugge

24.01 19h30 Lessines Concert du Nouvel An (JB Band Baudour) avec bar

champagne & tapas

Théâtre Jean-Claude Drouot,

rue des Quatre Fils Aymon, Lessines

26.01 19u Dendermonde Lezing ‘Jan Leyers bij de Duitsers’ Kasteel van Lebbeke

27.01 19h Esch-sur-Alzette Prof. Dr Jean Ehret, ‘Luxembourg School of Religion

and Society’. Info: Gerry Wagner

De Spackelter, rue de Luxembourg 2,

Leudelange

31.01 19h30 Durbuy Course caritative (5 ou 10 km) + animation Ruelles de Durbuy

32


SHOT ON SITE

Au sud du Limbourg, le Rc Bilzen-Alden Biesen

compte désormais un club satellite : Bilzen-Hoeselt.

L’entité a été créée sous la présidence de Johnny

Stegen, par ailleurs président de la commission

Image publique du D 2140. Le DG Paul Vandeloo

est venu personnellement remettre l’épinglette aux

nouveaux membres.

Même jour, autre équipe super motivée : les

Rc Bruxelles-Sud, Bruxelles-Tercoigne et

Bruxelles-Europe, accompagnés de quelque 200

scouts et guides (briefés par un quiz sur la défense

de l’environnement et l’impact néfaste du plastique),

ont récolté environ 200 kilos de déchets en un peu

plus d’une heure dans le parc de Wolvendael à Uccle.

Il reste encore beaucoup à faire pour que tout le

monde respecte notre environnement et donc notre

planète en général, mais cette initiative soutenue par

la commune d’Uccle est un pas important.

Dimanche 12 octobre, c’était la grande journée de

nettoyage dans les parcs bruxellois pour plusieurs

clubs de la capitale, à l’image des Rc Bruxelles-

Ouest et Brussel-Bruxelles Atomium au parc du

Laerbeek. L’occasion pour les participants de revêtir

leur gilet de travail et d’empoigner sacs poubelles et

pinces à déchets.

Pour la première fois, une course de canards en plastique a été organisée

à Charleroi, sur la Sambre, et c’est l’œuvre des Rc Gilly-Charleroi et

Fontaine-l’Évêque - Montigny-le-Tilleul. La manifestation s’est déroulée le

21 septembre, et tout avait été mis en œuvre pour limiter l’impact sur l’environnement

: barrage flottant anti-pollution pour récupérer tous les canards, nettoyage

complet du site, limitation des supports jetables, restitution des canards d’occasion

loués à une asbl... Les bénéfices seront versés à la Maison Mieux-Être, qui vient en

aide aux personnes atteintes de cancer.

33


SHOT ON SITE

Le 24 août, la marche gourmande du Rc Durbuy

s’est déroulée dans les magnifiques paysages

champêtres (et ensoleillés) d’Ouffet. La promenade

était ponctuée de sept étapes culinaires soigneusement

élaborées par un traiteur de la région mettant à

l’honneur des produits locaux et de saison, dans une

démarche de valorisation du terroir et de la gastronomie

artisanale.

Le 7 septembre,

le Rc Fléron a roulé des (belles) mécaniques avec

son Rallye d’Ancêtres qui a rassemblé, sous le soleil,

passionnés de véhicules anciens et amis du Rotary.

Au programme : balade sur les plus belles routes de

la région, pause apéro à Aubel, retour convivial autour

d’un barbecue et remise des cadeaux. Une journée

festive placée sous le signe de l’amitié mais aussi de

la solidarité puisque les recettes sont redistribuées

aux associations locales soutenues par le club.

Au bout de 33 étapes et 2.405 kilomètres parcourus

à bicyclette, Dorothée (Rc Esch-Bassin Minier) et

son conjoint Michael sont arrivés à Saint-Jacquesde-Compostelle.

Leur parcours parrainé bénéficiera à

la campagne End Polio Now. La photo a été prise sur

le Monte do Gozo, une colline hautement symbolique

pour les pèlerins : c’est là qu’ils aperçoivent pour la

première fois les tours de la cathédrale de Saint-

Jacques-de-Compostelle, objectif de leur long périple.

Quelques membres du Rc Gaasbeek-Pajottenland

se sont rendus dans la ville d’Ukunda (Kenya) afin de

visiter le projet Rainbow4Kids, qui prodigue aux enfants

les plus vulnérables une éducation de qualité

dans une école récemment construite. Les élèves y

reçoivent en outre deux repas complets chaque jour

(déjeuner et dîner).

Les clubs Rotaract de

Gand ont organisé leur

première réunion interclubs

de l’année rotarienne sur

l’eau, plus précisément sur

le Partyboot. Un excellent

moment placé sous le signe

de la musique, de la danse

et de la convivialité.

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SHOT ON SITE

Il y a quelques années, un membre du Rc Ieper sauvait

la vie d’une personne grâce aux techniques de

réanimation. Dans la foulée, le club lançait un projet

visant à les promouvoir et depuis lors, des centaines

de jeunes les ont apprises dans leurs écoles respectives.

Lors de la journée portes ouvertes des entreprises,

le club, en collaboration avec la Croix-Rouge,

était présent à l’hôpital Jan Yperman. Petits et

grands ont pu y apprendre à quel point il est simple –

et important – de savoir pratiquer la réanimation.

À Haacht, la résidence Wachthuis offre un lieu sûr aux

personnes présentant une vulnérabilité psychique

et/ou sociale, en dehors des structures de soins de

santé mentale. Avec le soutien du Rc Keerbergen,

un lieu de réconfort a été aménagé. Chacun peut s’y

asseoir en silence ou discuter, et simplement ‘être’...

sans jugement et en connexion avec les autres.

Le Rc Kasterlee a organisé une balade à vélo en famille

qui passait par les plus beaux coins de la commune.

Un temps idéal, une ambiance du tonnerre

et des participants enthousiastes ont fait de cet

évènement une journée inoubliable. La terrasse au

bord de la Nete a été transformée en piste de danse

improvisée, alors qu’un large choix de snacks et de

boissons était proposé au public. Les bénéfices seront

reversés à Mastival, un festival inclusif pour les

élèves de l’enseignement spécial, et aux résidents de

divers établissements de soins.

Le Rc Sint-Truiden est parti en... safari œnologique.

Slalomant entre les gouttes de pluie, les voiturettes

de golf ont emmené les membres visiter la région

viticole de Hesbaye. Diverses dégustations – Gloire

de Duras, Domein Cuvelier et Schorpion – ont ravi

les papilles rotariennes.

L’Interclub du Grand Tournai

illustre une coordination rare

et précieuse : 25 service clubs

réunissant près de 700 membres,

unis par le même engagement.

Le 3 septembre, l’Espace Wallonie

Picarde a accueilli la réunion

annuelle de coordination. 75 représentants issus de

25 clubs (Rotary, Lions, Kiwanis, Fifty-One, Soroptimist,

Inner Wheel, Table Ronde, etc.) y ont pris part.

Sur la photo, le DGE 2150 Christophe Cossyns, le DG

2150 Alain Vanrillaer et le PDG 1620 Paul Coppens

entourent Richard Paris, past-gouverneur du Lions.

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Quel est le montant versé

par le Rotary au Télévie en 2025 ?

Alain Van de Poel est-il le premier

Belge à être vice-président du RI ?

Si non, qui a déjà occupé ce poste ?

Avant Yinka Babalola (qui sera président du RI l’année prochaine), un Rotarien

africain a-t-il déjà accédé à ce poste ?

Bill Gates a décidé de céder la quasi-totalité de sa fortune. Quel âge a aujourd’hui

l’emblématique entrepreneur ?

Où le nouveau Rotary Peace Center sera-t-il inauguré ?

RÉPONSES :

• 80.500 €

• Clément Morraye (Rc Gent) en 1961-62

• Oui, Jonathan Majiyagbe (Nigeria), en 2003-04

• 70 ans

• À Pune, en Inde

Dans notre prochain numéro :

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FOCUS : Depuis quelques années, vous pouvez soutenir les programmes de la Fondation Rotary via le Fonds Rotary

Belgium auprès de la Fondation Roi Baudouin et bénéficier d’une déduction fiscale pour vos dons. Nous examinons

comment tout cela fonctionne et si d’autres formes de collaboration sont envisageables.

Des chatbots rédigant des essais aux algorithmes prédisant les maladies, l’intelligence artificielle conquiert le monde

à un rythme effréné. Mais ces machines comprennent-elles vraiment ce qu’elles disent ou se contentent-elles de

répéter ce qu’elles ont appris ? Eva Robbrecht (Rc Gent-Noord) analyse le mode de fonctionnement des modèles de

langage comme ChatGPT. Pourquoi sont-ils si impressionnants ? Quelles sont leurs limites ?

Proposant à l’origine des concerts d’envergure modeste, Arte Amanti est devenu, en moins de deux décennies, un

festival international à part entière. Son initiatrice, Reinilde Leyers, offre une scène aux jeunes espoirs comme aux

musiciens confirmés, donnant ainsi lieu à des rencontres artistiques exceptionnelles.

Interview de Lorenzo Gatto, violoniste belge (deuxième lauréat du Concours Reine Élisabeth 2009), partisan d’une

musique classique accessible à tous.

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