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N° 487 NOV/DÉC
2025
Édition familiale
Noël, c’est le printemps de l’esprit,
c’est tout promesse
Alain
(nom de plume d’Émile-Auguste Chartier)
1
2026
PHOTO
CONTEST
Give us your best shot
Enter now at rotary.org/photoawards.
Enter the 2026 Rotary magazine Photo Awards for a chance to have your photography featured in our June issue.
This year, we’re especially interested in photos that capture everyday life in your community.
Rotary members and their families may submit photos until 31 December.
ÉDITORIAL
‘Noël, c’est le printemps de l’esprit,
c’est tout promesse’
– Alain (nom de plume d’Émile-Auguste Chartier)
Ne pas détourner le regard… Notre monde, où l’immédiat se
déchaîne contre l’avenir, est troublé par sa dégradation et la
décomposition de ses apparences, par son indécence autant
que par sa dangerosité. Il reste certes la perspective de la
compréhension des enjeux face à la gravité de la situation,
de la portée des compétences (et de ses limites), qui appelle
une approche globale et nécessite un travail en complémentarité
entre les autorités et la société civile dont nous faisons,
tous et chacun, partie par l’apport essentiel de nos ambitions
et de nos valeurs rotariennes lorsqu’elles élèvent la condition
des moins nantis, lorsqu’elles nous éloignent des égotismes
et des égoïsmes.
Il suffit d’avoir de la conduite des affaires humaines une intuition
de ‘bon père de famille’. Cette intuition n’a rien d’inaccessible,
dans le respect de nos valeurs, chacun avec ses
moyens, ses espoirs et ses rêves d’un bonheur accessible à
tous. À choisir entre les idées et les égos, je choisis sans
hésiter les idées, même si cette vision, aussi subjective soitelle,
est l’expression d’une conviction profonde dont la forme
la plus mystérieuse est l’élégance et la Noblesse de cœur, une
conviction qui nous est donnée de pouvoir rester à l’écoute de
l’autre en notre époque d’abaissement, comme un défi, contre
l’égosystème qui nous étouffe, de ne pas détourner le regard.
Je tiens, au crépuscule du millésime vingt-cinq, à remercier
tous nos membres en Belgique et au Luxembourg, unis pour
faire le bien, pour leurs engagements pluriels, leur dévouement
et leur générosité envers les multiples causes que
chacun de nos clubs mettent en œuvre pour faire vibrer les
couleurs bleu-or du Rotary.
Au nom de toute l’équipe de votre Contact Rotary et du
eContact Hebdo, je vous présente
nos meilleurs souhaits pour de
joyeuses fêtes de fin d’année
aux douces saveurs de magie,
d’amour et de partage !
Paul Van den bossche
Éditeur & Rédacteur
en Chef
COLOPHON
RÉDACTEUR EN CHEF ET
ÉDITEUR RESPONSABLE
Paul Van den bossche
paulvdb@cethial.com
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION
Steven Vermeylen (NL)
steven@rotarybeluxservices.org
Denis Crepin (FR)
denis@rotarybeluxservices.org
SERVICES ADMINISTRATIFS
Evi Torfs
secretary@rotarybeluxservices.org
COMITÉ DE RÉDACTION
Georges Van Nevel
Stéphane Dor
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Éditeur: Paul Van den bossche
paulvdb@cethial.com
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FOCUS
Le Rotary pour le Télévie :
l’imagination au pouvoir
En 2024-25, pour la première fois, les districts 2150
et 2160 se sont engagés ensemble dans un partenariat
national avec le Télévie, la grande opération
caritative organisée par RTL-TVI au profit du FNRS et
de la recherche contre le cancer. La mobilisation des
clubs avait permis de recueillir un montant total de
80.500 €.
Le Rotary a décidé de remettre le couvert en 2025-26 et peut-être
votre club a-t-il décidé de participer – ce que nous vous encourageons
à faire, bien entendu. Peut-être êtes-vous aussi à la recherche
d’une idée d’action originale ? On peut dire que, l’année dernière, les
Rotariens des D 2150 et 2160 n’ont pas manqué d’imagination en la
matière. Nous vous livrons ici quelques exemples qui vous inspireront
assurément. En 2024-25, nous avons donc eu droit à :
• des concerts, comme celui du cover band d’Abba (Rc Soignies,
photo 1) ou encore celui de Mister Cover (Rc Liège-Airport)
• une soirée oberbayern (Rc Enghien-Edingen et Rc Silly-Roots and
Hope)
• des repas de toutes sortes, parmi lesquels une ‘opération choucroute’
au Rc Seneffe ou au Rc Ciney, une soirée ‘accords vins/
fromages’ organisée par les Rc Bruxelles et Bruxelles Val Duchesse,
ou encore la ‘tartiflette & blind test party’ du Rc Binche-Leptines
• l’opération Tram de Liège, organisée le jour de l’inauguration et
permettant aux voyageurs de compenser la gratuité des tickets
ce jour-là par un don au Télévie
• la vente de sacs rouges en forme de cœur, remplis de goodies
fournis par des sponsors locaux (photo 2)
• des bars divers et variés (champagne, bière...) lors de carnavals
ou autres évènements, comme au Rc La Louvière
• des spectacles : pièces de théâtre, one man show...
• des ventes d’œuvres offertes par des artistes renommés (photo
3, estampe signée par Philippe Geluck)
• des ventes de chocolat, comme au Rc Louvain-la-Neuve (photo
4) ou au Rc Wezembeek-Kraainem
• des stands aux marchés de Noël (Rc Dinant, Rc Seneffe...)
• des rallyes pour voitures anciennes, tel celui proposé par le Rc
Gembloux.
1
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4
4
Vous le voyez, l’imagination est au pouvoir. Nous sommes sûrs qu’en
2025-2026, d’autres idées surgiront encore, toutes plus originales
les unes que les autres. À titre d’exemple, nous faisons un zoom sur
une belle action, celle du rallye oldtimers du Rc Comines-Warneton,
qui a remporté un franc succès malgré le temps maussade.
BELLES MÉCANIQUES ET REPAS CHAMPÊTRE
Les sourires éclairent les visages de tous les membres du Rc
Comines-Warneton, en cette fin d’après-midi du 31 août. Pour son
vingtième anniversaire, l’Oldtimer Trip Comines a une nouvelle
fois drainé un public nombreux. Au fil des ans, la manifestation du
Rotary club local est devenue un rendez-vous incontournable dans
la région pour les amateurs de vieilles mécaniques. Elle se termine
traditionnellement autour d’un repas champêtre dans un cadre
verdoyant.
Cette année, malgré la météo capricieuse, 98 voitures étaient sur
la ligne de départ et environ 400 repas ont été servis. Le bar à
champagne, avec huîtres et escargots, a également connu un beau
succès. Le vingtième anniversaire aura donc été un bon cru. Pour
faire la part belle également à la mobilité douce, une marche et une
randonnée cycliste étaient aussi organisées en marge – avec des
fortunes diverses.
Vu de l’extérieur, l’évènement semble aller comme sur des roulettes,
mais l’organisation bien huilée est surtout le résultat d’automatismes
mis en place depuis des années. ‘Logistique, site web, gestion des
inscriptions et préparation du roadbook, il y a en amont un travail
énorme étalé sur plusieurs mois. Nous essayons de maîtriser le plus
grand nombre de paramètres possible avant coup et de faire face
aux imprévus le jour même’, expliquent les organisateurs. ‘Le seul
facteur indépendant de notre volonté est la météo, et nous avons
craint le pire quand la pluie s’est invitée au plus mauvais moment,
dimanche matin. Mais elle a finalement daigné s’arrêter et le public
a répondu présent.’ Par ailleurs, la manifestation constitue aussi
une excellente occasion de plonger les nouveaux membres (arrivés
en nombre ces dernières années) dans le bain et de les intégrer
au fonctionnement du groupe. Un bel exercice de renforcement de
l’équipe dont la devise pourrait être : ‘C’est possible’.
La ville de Comines-Warneton est située tout au bout de la Wallonie
(ne dites surtout pas cela aux locaux, ils vous répliqueront qu’au
contraire, elle se trouve tout au début). Le Rotary club local est
solidement implanté dans le tissu associatif et se montre toujours
solidaire des plus fragilisés. Fin 2024, près d’une tonne de denrées
alimentaires ont ainsi été offertes à des familles défavorisées de
l’entité dans le cadre d’une action annuelle du club, l’opération Colis
de Noël.
Comme le club s’y était engagé, une partie des bénéfices de la journée
oldtimers/repas champêtre ont été reversés au Télévie.
Photos du concert du cover band d’Abba : tinyurl.com/rotary-abba
Un pas en avant ! Pour 2025-26,
un nouveau défi est lancé : ‘Des
pas pour la vie’, un challenge
collectif visant à cumuler dix
millions de pas au profit de la
recherche.
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FOCUS
Télévie, un élan qui ne faiblit pas
Entretien avec Olivier Schoonejans (RTL Info), témoin privilégié d’un
mouvement de solidarité… et regard sur la place du Rotary.
Depuis 1989, le Télévie mobilise la Belgique francophone et
le Grand-Duché autour d’une même idée simple et puissante :
financer la recherche contre le cancer via le FNRS (Fonds de la
Recherche Scientifique). Journaliste et présentateur au RTL Info,
Olivier Schoonejans en est l’un des visages engagés. Comités,
défis sportifs, ‘Télévie en folie’, 20 kilomètres de Bruxelles (voir
photo), semi-marathon de Mons : il multiplie chaque année les
rendez-vous avec les bénévoles et le public.
Sa conviction de départ tient en une phrase : ‘Quand on fait partie
de RTL, adhérer aux valeurs de la chaîne et s’impliquer dans le
Télévie va de soi.’ Au fil du temps, cette évidence est devenue engagement
personnel : ‘On se rend compte de l’énergie incroyable
des comités et des associations. Le minimum qu’on puisse faire,
c’est donner un peu de temps, un peu de motivation, montrer qu’on
est avec eux.’
Sur le terrain, l’enthousiasme d’Olivier est contagieux. Parrain
de comités, notamment à Tubize, il voit de près l’abnégation des
organisateurs : ‘Toute l’année, ils se mobilisent. Nous, on vient, on
donne un coup de pouce. En amenant un peu de notre temps et de
notre énergie, on voit l’impact que cela produit : ça les pousse à se
mobiliser encore plus. C’est ça qui fait monter le compteur.’ Ce regard,
à hauteur d’hommes et de femmes engagés, s’accompagne
d’une émotion jamais feinte face à la résilience des témoins, en
particulier des enfants : ‘Voir ces jeunes qui se battent et gardent
le sourire, c’est impressionnant. Chaque année, ça me marque.’
L’histoire du Télévie est jalonnée de moments populaires et fédérateurs
que le journaliste cite spontanément. Parmi eux, l’opération
‘pièces rouges’ a, selon lui, constitué un tournant : ‘Cela a
permis à chacun de participer, même avec peu. Les gens se sont
dit : je ne vais pas donner 15 €, ni aller à une brocante ou un souper,
mais j’ai des pièces rouges au fond de ma poche – ça, je peux
les donner.’ Cette simplicité a élargi la communauté bien au-delà
du cercle des ‘habitués’ : ‘Un moment très fort de l’histoire du Télévie.’
Plus largement, ce qui frappe Olivier, c’est l’élan qui ne faiblit
pas : ‘Chaque année, on se demande : comment faire mieux ? Et
chaque année, c’est mieux – pas seulement en termes de sommes
récoltées, mais en créativité. Cette communauté ne meurt pas, elle
se développe et évolue. Ça me redonne foi en l’humanité : pour
de telles causes, des personnes de tous âges et de tous horizons
s’unissent encore.’
Interrogé sur le rôle des médias, il ne tourne pas autour du pot :
‘RTL et le Télévie sont indissociables. Le Télévie n’existerait pas
sans RTL, et RTL ne serait pas ce qu’elle est sans ce supplément
d’âme que le Télévie lui donne. À la base, c’est l’union du FNRS,
des médecins et d’une télévision qui met en avant la recherche
et la lutte contre le cancer. Les deux sont liés – indissolublement.’
Cette caisse de résonance ne dispense pas d’une exigence : ‘Rigueur,
respect des témoins, justesse du ton.’
Dans ce dispositif, les partenariats associatifs apportent
une force structurante. Olivier salue l’engagement du Rotary –
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80.500 € remis en 2025 par les districts 2150 et 2160, avec
l’appui de clubs luxembourgeois : ‘C’est extraordinaire, majeur pour
le Télévie. Avoir des organisations comme le Rotary, dont la générosité
est presque une marque de fabrique, c’est essentiel pour
faire avancer les choses. Chaque euro compte, chaque mobilisation
compte. Et c’est rassurant d’avoir des assos comme le Rotary
qui peuvent “y aller à fond”. Quand le Rotary s’engage à fond, ça
génère des résultats.’ Sans angélisme, il replace cette contribution
dans un ensemble plus vaste : ‘Le Télévie, c’est un assemblage
de beaucoup de choses. Le Rotary ne fera pas vivre tout seul le
Télévie, mais votre pierre renforce clairement la dynamique. On
l’accueille avec plaisir et enthousiasme.’
Regard vers l’avenir : trois défis se dessinent. D’abord, la recherche,
avec des progrès réels sur certains cancers mais ‘encore
énormément à faire.’ Ensuite, la transmission intergénérationnelle
: ‘Parents, grands-parents, écoles : la participation des
jeunes est primordiale.’ Enfin, le besoin de se réinventer dans les
formats d’adhésion : ‘Continuer à fédérer et à inventer de nouvelles
manières d’impliquer le public dans la récolte de fonds.’
Cette idée du mouvement, Olivier la prolonge naturellement
lorsqu’on évoque l’initiative rotarienne ‘Des Pas Pour la Vie’ – un
défi collectif de pas sponsorisés mêlant prévention, visibilité et
collecte, avec une marche fédératrice le 18 avril 2026 vers Liège
Expo : ‘Le côté groupe est porteur, grisant même. On marche, on
se parle, on se motive. Chaque petit effort compte.’ Dans l’esprit
des clubs, l’équation est simple et parlante : 2.000 pas = 10 €, 10
millions de pas = 50.000 € pour la recherche, en plus des autres
actions de clubs.
Au-delà de son rôle d’antenne, Olivier assume volontiers la responsabilité
qui va avec la notoriété : ‘Je fais un métier public que j’aime.
Je ne peux pas imaginer ne pas mettre cette notoriété au service de
quelque chose, avec un supplément d’âme. Mettre notre image et
notre énergie de personnes publiques au service d’une cause, ça va
de soi. Si c’est le Télévie, cela me convient tout à fait. Ça fait partie
de mes valeurs – et ça me rassure par rapport à ces valeurs.’
Et lorsqu’on lui demande un portrait en accéléré, le journaliste
joue le jeu : trois mots pour décrire le Télévie ? ‘Énergie, solidarité,
réconfort.’ Un ‘instant de vie’ qui incarne ces valeurs ? La famille,
‘le moment où les proches soutiennent quelqu’un de malade.’ Une
bande-son personnelle ? Bohemian Rhapsody de Queen, ‘parce
qu’on passe par toutes les émotions, ça va lentement puis vite, ça
pleure, ça rit, et ça se termine en apothéose.’ Un artiste capable
de fédérer au-delà des générations ? Jean-Jacques Goldman,
‘pour sa capacité à rassembler autour de choses simples et unificatrices.’
En peinture ? Monet, ‘dans ses jardins.’ Et, plus léger, un
plat à partager ? Les boulets sauce lapin – ‘avec des frites, bien
sûr’ – ou une pizza maison du vendredi soir.
En conclusion, son message aux Rotariens est d’une sobriété
persuasive : ‘On a tous une bonne raison de donner, une bonne
raison de s’engager. Le cancer touche de près ou de loin tout le
monde – pas toujours de manière dramatique, heureusement.
Chacun sait pourquoi il peut agir.’ Pour notre réseau, l’invitation est
claire : poursuivre, amplifier, rassembler. Le Télévie a prouvé qu’un
média, des chercheurs et une communauté peuvent faire cause
commune. À nous, Rotariens, de transformer l’essai – pas après
pas.
Stéphane Dor
Rc Herstal
Le Télévie en quelques chiffres
• Depuis 1989, le Télévie a récolté plus de 267 millions
€ et a permis au FNRS de soutenir près de 3.000
chercheurs et autant de projets dans la lutte contre le
cancer.
• L’édition 2025 a rapporté 13.351.977 €. L’intégralité
de cette somme va financer 99 projets (dont 5 grands
projets interuniversitaires) et 104 scientifiques, de quoi
ouvrir de nouvelles pistes afin de toujours mieux comprendre
et soigner la maladie.
• Grâce à la générosité extraordinaire des Belges, les
records sont battus année après année. L’édition 2025
n’a pas dérogé à la règle : le montant récolté dépasse
de plus d’1 million € celui de l’édition 2024. Ce chiffre en
hausse se répercute sur le financement (9 projets et 5
scientifiques en plus soutenus en 2025).
• La grande soirée de clôture s’est déroulée le 10 mai
2025 et les nouveaux projets de recherche ont démarré
dès le 1 er octobre.
• Le FNRS souligne que l’allocation des fonds est très
rigoureuse : des experts nationaux et internationaux
évaluent les projets sur base de critères d’excellence
scientifique, de faisabilité et d’originalité notamment.
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RÉSOLUMENT ROTARY
René Van Raemdonck :
innovateur au service
de la qualité de vie
Quand on rencontre René Van Raemdonck (78 ans, membre du Rc Ninove-Dendervallei),
on s’aperçoit vite qu’il n’est pas adepte des grands discours. Il préfère chercher
des solutions pour aider les gens à aller de l’avant et laisser les résultats parler
d’eux-mêmes. Des lève-personnes aux lits ergonomiques, des compléments alimentaires
aux livres d’auto-assistance, son travail s’articule autour d’un fil rouge : aider
autrui dans sa quête d’une meilleure qualité de vie.
HUIT BREVETS
L’aventure entrepreneuriale de René commence dans le domaine
des équipements médicaux. ‘Ça s’est fait un peu par hasard’,
raconte-t-il. ‘Pour un patient atteint de sclérose en plaques, j’ai
fabriqué un nouvel appareil, et la demande pour ce type d’appareil
s’est rapidement accélérée.’ Le prototype donnera lieu à un brevet
et sera ensuite à la base de la création de la société Handi-Move,
aujourd’hui mondialement connue pour ses lève-personnes. 85% de
la production est actuellement destinée à l’exportation, un chiffre
impressionnant pour une PME flamande.
Plus tard, sur la base de deux autres brevets, des lits ergonomiques
seront développés, destinés principalement aux personnes
souffrant de maux de dos et de troubles du sommeil. René compte
aujourd’hui huit brevets à son actif, et d’autres pourraient encore
venir. Car il est toujours en quête d’innovation, avec pour leitmotiv
cette question pratique : comment faciliter la vie des gens ?
UN ESPRIT D’ENTREPRISE ANCRÉ DANS LES RACINES FAMILIALES
Ce sens de l’initiative ne vient pas de nulle part. René Van
Raemdonck a grandi dans une famille où tout le monde ou presque
était entrepreneur, que ce soit dans le secteur de la blanchisserie ou
du nettoyage à sec. Lui a choisi une autre voie, mais l’esprit d’entreprise
et la persévérance lui ont été transmis dès son plus jeune âge.
Il décrit son style de gestion comme atypique : ‘Je travaille toujours
dans un esprit d’amitié et de respect pour tout le monde. Être patron
n’est qu’une fonction parmi d’autres. Je n’ai jamais besoin d’avoir raison
: la meilleure solution pour l’entreprise est automatiquement la
meilleure pour moi.’ En outre, il ne considère pas les erreurs comme
des échecs mais comme des étapes sur la voie du succès. ‘C’est en
se trompant que l’on apprend.’
APRÈS LA RETRAITE, UNE NOUVELLE MISSION
Lorsque ses fils Stefan et Paul reprennent les rênes de l’entreprise,
René se trouve un nouveau domaine d’activité qui, selon lui, offre
encore de nombreuses possibilités : le soutien aux patients atteints
de cancer. ‘Le secteur médical accomplit un travail fantastique avec
la chirurgie, la radiothérapie et la médication. Mais il reste encore
beaucoup de possibilités inexploitées. L’alimentation, l’exercice
physique, la relaxation, les compléments nutritionnels : tout cela
renforce l’organisme et, par conséquent, accélère la guérison.’ Afin
de diffuser cette vision, il crée Camfida, qui fait office de centre de
connaissances et de maison d’édition. Les ouvrages sont rédigés
8
Touches personnelles
À la question de savoir quel trait de caractère il aimerait
changer, il répond avec un sourire : ‘Un peu plus de
patience et de paix intérieure seraient les bienvenues. Et
peut-être aussi être meilleur en langues.’
Sa bande originale préférée ? Misty d’Errol Garner, un
morceau qu’il fait jouer partout dans le monde lorsqu’il
rencontre un pianiste.
Son artiste favori ? Willem Vermandere (chanteur et
auteur-compositeur originaire de Menin, ndlr), pour la
profonde humanité de ses textes.
En visite au Rc Bangkapi (Bangkok)
Et son plat préféré à partager avec un ami Rotarien ? C’est
très simple : des moules-frites, dans un cadre convivial...
par Hilde Maris, une journaliste médicale qui traduit les informations
scientifiques complexes dans un langage clair. René fonde
également Benfida, qui produit des compléments alimentaires
conçus pour renforcer l’organisme. ‘Un corps fortifié résiste mieux
à la maladie et se rétablit plus rapidement. Les compléments ne
sont pas un remède miracle mais font partie d’un soutien plus large’,
souligne-t-il.
COMPLÉMENTAIRE, PAS ALTERNATIF
René fait une distinction importante entre ces deux termes : ‘Les
méthodes complémentaires renforcent la médecine classique, elles
ne la remplacent pas. Un patient atteint d’un cancer doit bien sûr
toujours suivre son traitement médical, mais il peut aussi y prendre
part activement en optimisant son mode de vie et son alimentation.’
Le livre À fond contre le cancer, écrit par Hilde Maris et publié par
Camfida, n’est donc aucunement un pamphlet fantaisiste mais bien
un guide scientifiquement fondé qui fournit des informations pratiques
et ciblées aux patients et à leur entourage. ‘Je voulais éviter
que les gens perdent de vue certains détails. Les patients ont droit
à la clarté.’
LA SANTÉ COMME CHOIX QUOTIDIEN
Son mode de vie reflète ces mêmes principes : René mange sainement
(beaucoup de légumes, peu de sucre, de pain et d’alcool).
L’exercice physique, le sauna, les massages et un sommeil suffisant
font partie de son quotidien. Il accorde également beaucoup
d’importance aux relations humaines. ‘Famille, amis, collaborateurs,
clients, fournisseurs : j’essaie de maintenir de bonnes relations avec
tout le monde. C’est aussi crucial pour la santé que l’alimentation
ou le sport.’ Sa devise personnelle est donc simple mais efficace :
ne vous préoccupez que des choses vraiment importantes, et vous
aurez peu de soucis.
Il n’a pas de diplôme de médecine mais cela ne lui pose aucun
problème : ‘Je collecte des connaissances, je traduis la science et
je travaille en collaboration. Ce que je sais vient en complément de
ce que savent les médecins. Il s’agit de coopérer, pas de rivaliser. Le
monde médical travaille encore trop peu de manière holistique.’
ROTARIEN DEPUIS PRÈS DE 50 ANS
En plus d’être entrepreneur et éditeur, René est également un Rotarien
dévoué depuis 1976. Il fêtera donc son jubilé l’année prochaine.
Il a été président à deux reprises, a visité de nombreux clubs à
l’étranger et apprécie particulièrement le caractère international de
notre organisation ainsi que l’amitié qui règne entre ses membres.
Pour lui, l’éthique et l’empathie sont au cœur du Rotary, ‘et cela se
reflète dans mon travail, dans mes relations avec les gens et dans
mes choix d’entrepreneur.’
‘René est l’une des figures de proue
de notre club.’
‘René est membre depuis 1976 et a déjà assumé deux fois –
avec brio ! – le rôle de président. On peut le décrire comme
quelqu’un d’aimable et attentionné, toujours prêt à écouter,
modeste mais en même temps constant et convaincu dans
ses idées. Pour moi, René est une valeur sûre au sein de
notre club, quelqu’un avec qui j’aime dialoguer lors de nos
réunions. On apprend toujours quelque chose de lui, et c’est
précisément ce qui le rend si fascinant.
Ce qui me frappe à chaque fois, c’est son grand dévouement
envers la communauté de Ninove. Sans faire de
grands gestes, de manière discrète et sincère, il s’engage
en faveur des personnes en difficulté sur le plan de la santé.
Bref, René est un véritable ambassadeur de notre club,
ainsi que de la philosophie et des valeurs rotariennes.’
Dirk Vanderpoorten
Président Rc Ninove-Dendervallei
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RÉSOLUMENT ROTARY
Mobilisation continue
pour l’Ukraine
Depuis février 2022, de nombreuses actions rotariennes
en faveur de l’Ukraine ont vu le jour en
Belgique. Il y a quelques mois, pour essayer de rassembler
les forces vives, nous avons créé le groupe
‘Rotarians support Ukraine’ : il s’agit d’une association
rassemblant des membres issus de différents
clubs des D 2150 et 2160, désireux d’apporter leur
aide aux populations ukrainiennes souffrant de l’invasion
à grande échelle de leur pays.
Les projets ont porté sur différents axes ayant évolué au cours du
temps, afin de pouvoir répondre au mieux aux besoins du moment.
Ils ont été menés à bien en collaboration avec le CIP (Comité Interpays)
BeLux-Ukraine.
Durant l’hiver, il s’agissait principalement d’envois de générateurs
permettant à des institutions sensibles (hôpitaux, écoles, homes...)
de poursuivre leurs activités malgré les coupures d’électricité dues
aux bombardements russes. Il y eut également l’envoi de caisses
de vêtements pour les réfugiés déplacés au sein du pays et ayant
souvent tout perdu à la suite des bombardements.
Plus tard, grâce à des contacts étroits avec certains Rotary clubs
locaux (notamment le Rc Kyiv Balzac, francophone), une autre action
d’envergure a été mise en place : l’envoi de matériel médical de
rééducation pour l’hôpital de Novovolynsk, situé près de la frontière
polonaise. On y soigne les blessés civils et militaires, dans une zone
davantage protégée et éloignée du front.
dans de bonnes conditions de sécurité et avec la garantie que les
équipements arrivent à bon port. Une fois ce transporteur identifié,
il fallait encore financer le périple en semi-remorque ! Un appel aux
dons a donc été lancé auprès de clubs et d’entreprises désireuses
de s’investir dans le projet. Outre les dons privés, le transport a été
largement financé par la société pharmaceutique SERB.
Lorsque tous les éléments du puzzle ont été réunis, il restait à
effectuer le chargement et, plus tard, le suivi de celui-ci. Le 27 juin,
une partie du groupe ‘Rotarians Support Ukraine’ s’est réunie chez
HSF, à Champion, pour participer au chargement du camion semiremorque
: 100 m 3 de matériel de rééducation. Le convoi pouvait
partir ! La chaîne d’amitié rotarienne a fonctionné à merveille pour
assurer le suivi logistique à toutes les étapes, les compétences des
différents membres du groupe constituant assurément un atout.
MISSION (RAPIDEMENT) ACCOMPLIE
Le 2 juillet, après de nombreuses péripéties administratives et
douanières, le camion est enfin arrivé à destination : l’hôpital central
de Novovolynsk. Le matériel précautionneusement débarqué a été
rapidement installé et quelques jours plus tard, une première salle
de rééducation était déjà opérationnelle.
Le 21 août, je me suis rendu en Ukraine durant deux semaines,
d’une part pour rendre visite à ma fille d’accueil, Arina, et sa famille
à Kobelyaky (centre-est), d’autre part pour rencontrer le maire de la
ville et plusieurs amis rotariens afin de discuter de potentiels projets
à plus long terme.
Le projet a démarré début mars. La liste du matériel critique
nécessaire a été dressée, et c’est l’organisation rotarienne Hôpital
Sans Frontière qui l’a rassemblé et stocké. Il a ensuite fallu trouver
un transporteur capable d’effectuer le voyage jusqu’en Ukraine
Une semaine plus tard, je suis reparti vers Poltava puis à Kyiv, où
j’ai rencontré d’autres amis rotariens résidant dans la capitale. C’est
une ville magnifique et très vivante ! Ce qui est remarquable, c’est la
résilience et le courage de la population qui ne se laisse pas abattre
10
malgré la guerre et la pluie de drones, de
missiles qui s’abattent régulièrement sur
la ville. Quelques heures à peine après le
bombardement massif de la nuit du 27 au
28 août, les magasins de la zone touchée
rouvraient leurs portes. Même dans des
conditions de vie difficiles, les habitants
continuent de vivre aussi normalement que
possible. Nous avons beaucoup à apprendre
de cette population qui brille par son courage
et sa solidarité...
Après ces deux jours à Kyiv, j’ai rejoint
un groupe de Rotariens pour retraverser
l’Ukraine d’est en ouest. Arrivés à Loutsk, un
minibus nous attendait pour nous conduire
à Novovolynsk, le but de notre voyage.
Nous y avons été reçus par le maire, qui 27 juin : le grand départ
avait invité les délégations de tous les pays
ayant soutenu la ville et son hôpital : Lituanie, Pologne, Allemagne,
Slovaquie, Bulgarie, France et Belgique. Le lendemain, nous avons
organisé les visites de deux des centres soutenus par le Rotary
(belge et français) : l’hôpital central de Novovolynsk et l’orphelinat/
centre d’accueil pour déplacés de guerre.
RÉSILIENCE ET POÉSIE
Pour mettre à l’abri les orphelins de guerre et les familles proches
du front ayant perdu leur logement, l’État ukrainien les déplace
vers l’ouest, dans des centres d’accueil, pour leur permettre de
reprendre pied dans la société et de rescolariser les enfants.
Novovolynsk étant située en zone ‘calme’, la ville s’est vu attribuer
un groupe de réfugiés. Malheureusement, le bâtiment prévu pour
leur accueil n’était pas du tout en état de les recevoir dignement.
Faute de moyens, la ville s’est alors tournée vers ses partenaires,
dont le Rotary, pour l’aider dans la remise en état du bâtiment. C’est
là que le Rotary français est intervenu (via le CIP France-Ukraine),
notamment pour l’installation de sanitaires corrects. Durant la visite,
nous avons rencontré plusieurs résidents, dont une dame ayant
tout perdu... excepté les livres de poésie qu’elle écrit. Elle était très
heureuse de nous faire partager un de ses poèmes (voir photo).
la connaissance de patients en cours de revalidation, heureux de
partager leurs progrès après plusieurs semaines de soins.
La fin du séjour a été consacrée aux célébrations du 75 ème anniversaire
de la ville (avec notamment une cérémonie très émouvante
en hommage aux victimes de la guerre) et à une longue rencontre
avec l’ambassadeur belge en Ukraine afin d’évoquer le renforcement
de la collaboration entre nos deux pays, entre autres au travers du
Rotary. Pour honorer la culture locale, le séjour
s’est conclu par un concert d’un artiste très
renommé, Oleg Skrypka, un Rotarien de
Kyiv. Le 1 er septembre, je me suis remis
en chemin vers la Belgique, rempli
d’émotions et des projets plein la tête,
mais le cœur gros de laisser mes amis
et mes proches là-bas, en leur promettant
de revenir bientôt !
Nous nous sommes ensuite rendus à l’hôpital où Oleg, le directeur,
nous a reçus et nous a montré le résultat des rénovations réalisées
grâce aux dons de différentes sources, notamment le matériel
envoyé fin juin. Spécialisé dans l’accueil et les soins aux mutilés
de guerre, l’hôpital s’est prioritairement focalisé sur deux services
indissociables : la santé mentale et la rééducation (la seconde ne
donnant pas les résultats escomptés tant que la première ne s’est
pas améliorée).
Nous voyons la première salle de rééducation équipée avec le matériel
envoyé, qui était opérationnel moins de trois jours après l’arrivée
du camion. Une seconde salle plus grande est encore en cours de
rénovation pour installer le reste du matériel transmis. Nous faisons
Alain Brisy
Rc Louvain-la-
Neuve
11
RÉSOLUMENT ROTARY
‘Vibrant Day’ : impact social et
solutions tournées vers l’avenir
© Rita Galle
‘Ressentons l’énergie, laissons-nous gagner par les
vibrations et créons ensemble un impact !’ Tel était le
slogan du ‘Vibrant Day’ du D 2130, qui s’est tenu le 13
septembre à la haute école Odisee de Gand.
Le DG Etienne Verhasselt ouvre la réunion en annonçant la création
d’une commission Durabilité, qui se concentrera à la fois sur les
aspects environnementaux et socioéconomiques, et d’un groupe
de travail Santé mentale qui s’attaquera à des questions comme le
harcèlement scolaire, les violences intrafamiliales, la drogue...
Dominiek Callewier (Rc Kortrijk-Groeninghe) plaide ardemment en
faveur de l’utilisation de nos ‘ressources dormantes’ afin d’accroître
notre impact social : ‘Il est faux de croire que chaque club a besoin
d’un «trésor de guerre» important. De plus, nos économies sont
érodées par l’inflation.’ À Courtrai, le Rotary a investi en 2017 dans
l’achat d’une maison. Celle-ci a été mise à la disposition de l’asbl
Kompas, qui aide les jeunes récemment sevrés de la drogue à
vivre de manière autonome. L’évolution du marché immobilier a fait
prendre au bâtiment une plus-value considérable.
L’administratrice néerlandaise du RI Harriette Verwey (qui chapeaute
également la Flandre) est venue promouvoir le Plan d’action
du Rotary, qui aide les clubs à faire des choix réfléchis à long terme.
Selon elle, la barre doit être placée suffisamment haut : ‘Les difficultés
initiales font place à d’autant plus de satisfactions par la suite.’
Les ateliers, composés par le DGE Jan Broodcoorens, abordent les
thèmes classiques mais aussi quelques sujets de société. Ainsi,
Melanie De Roose livre un témoignage poignant sur la violence
intrafamiliale. En 2023, elle a fondé l’asbl Fonkel, qui organise des
rencontres entre enfants ayant subi ce type de maltraitance. L’accent
est mis sur la prévention, la résilience et la sensibilisation, Fonkel
aidant les écoles à créer un environnement sûr où les enfants
peuvent exprimer leurs préoccupations. Grâce à quelques outils sur
mesure, on les convainc que parler est la meilleure solution, quel
que soit le contexte familial. ‘Tout le monde peut ici jouer un rôle
important, y compris les Rotariens. Il s’agit de ne pas détourner le
regard, de poser des questions ciblées et d’offrir des perspectives
d’aide.’
Stefaan Haspeslagh (KU Leuven) porte un regard acéré sur les
dernières évolutions en matière d’IA. ‘Elle peut être un outil puissant
pour augmenter la productivité et l’efficacité, réduire les coûts,
améliorer l’expérience client et optimiser les décisions grâce à
l’analyse de grands ensembles de données.’ Le deep learning est
un sous-domaine de l’IA qui utilise des réseaux neuronaux artificiels
pour résoudre des tâches complexes. Cette technologie imite le
fonctionnement du cerveau humain et peut apprendre de manière
autonome, sans programmation explicite. Le risque réside dans le
fait qu’il est souvent difficile de comprendre comment le système
parvient à telle ou telle décision, le rendant potentiellement dangereux
dans des secteurs comme la santé ou la justice.
Le professeur Stijn Baert (UGent) donne son point de vue sur le marché
du travail belge. Ce n’est un secret pour personne : notre pays
obtient des résultats médiocres en matière d’activation. M. Baert envisage
plusieurs solutions. Tout d’abord, la fiscalité doit être adaptée
afin de réduire la différence entre salaire brut et salaire net (et par là
même augmenter l’écart avec les allocations). La Belgique a actuellement
la pression fiscale la plus forte au monde, avec 52,7 euros sur
100 de coûts salariaux qui vont au Trésor public. M. Baert évoque lui
aussi l’impact de l’IA : ‘Les emplois impliquant des tâches routinières
et prévisibles deviennent vulnérables. En revanche, les professions
qui exigent de nombreuses compétences sociales et de la créativité
(thérapeutes, ingénieurs, managers...) présentent un faible risque
d’automatisation. Je pense que le bilan final sera positif : le nombre
global d’heures de travail augmentera. De nouveaux «techjobs»
seront créés et nous gagnerons en productivité, ce qui nous permettra
de dépenser plus d’argent, par exemple pour les loisirs et les
voyages, ce qui créera à son tour des emplois. Mais il est essentiel
que nous soyons tous prêts à nous former en permanence.’
S.V. / D.C.
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RÉSOLUMENT ROTARY
Au D 2140, focus sur la dynamique
et la visibilité
S’inspirer des orateurs et échanger afin d’augmenter
notre impact grâce à des clubs plus dynamiques :
tel était l’objectif du Vibrant Club Day organisé le 18
octobre à la Maison provinciale de Louvain par le
DG 2140 Paul Vandeloo.
La PDG Emma Groenen a d’abord rappelé la priorité absolue du
Rotary : End Polio Now. Grâce à nos efforts et à ceux de nos
partenaires, environ 20 millions de personnes ont été épargnées
par le virus... ce qui permet d’épargner également quelque 27
milliards US$ en soins de santé à travers le monde (et on prévoit
une économie supplémentaire de 14 milliards d’ici 2050). Il est donc
essentiel de poursuivre nos efforts – y compris financiers – pour
achever le travail.
Connaissez-vous l’elevator pitch ? Il s’agit d’un argumentaire éclair
de 1 à 2 minutes (le temps d’un trajet en ascenseur) utilisé pour
présenter brièvement un projet, une idée ou soi-même, afin de
capter l’attention de l’interlocuteur et susciter son intérêt. Les PDG
Bart Purnal et Dominiek Willemse en ont fait une démonstration
convaincante pour, respectivement, le Cercle Paul Harris et le Fonds
de dotation.
Le coach d’entreprise et ‘architecte de la croissance’ Koen Van den
Brandt a jeté un regard externe sur les défis du Rotary en matière
de recrutement et de fidélisation des membres. Il nous a encouragés
à ‘rendre visible l’invisible’ et à partager plus souvent des récits
authentiques et humains. Quelques conseils concrets :
• Amenez les membres à rencontrer régulièrement les associations
bénéficiaires afin qu’ils voient concrètement les résultats de leurs
efforts.
• La perception est essentielle, y compris en ligne : créez un site
web attrayant, centré sur les actions et non sur les réunions.
• Remettez en question les habitudes du club. Offrez de l’espace
aux opinions individuelles : les personnes plus introverties ont
souvent de très bonnes idées.
• Ne dites pas aux gens pourquoi ils devraient rejoindre le Rotary,
mais expliquez pourquoi vous-même l’avez choisi (et pourquoi
vous y restez).
• Osez innover. Une citation marquante à ce propos : ‘Ce n’est pas
parce qu’il n’y avait plus de pierres que l’âge de pierre s’est éteint.’
‘L’actualité, c’est tout ce qui est important ou digne d’intérêt.’ C’est
avec cette citation de Siegfried Bracke que l’ancien professeur
de journalisme Patrick Pelgrims (Rc Laarne-Lochristi) a résumé la
manière dont les médias traditionnels abordent l’information – y
compris rotarienne. Pour susciter l’intérêt et obtenir une couverture
médiatique, tenez compte de ces quelques éléments :
• Mettez en avant des histoires humaines : bénéficiaires, membres,
bénévoles. Ne faites pas du club le protagoniste principal de
votre communiqué.
• Présentez l’information de façon correcte, claire et attrayante,
dans un ton approprié (évitez les discours triomphalistes).
• Pensez avant tout au lecteur : comment titiller sa curiosité ?
• Proposez éventuellement différentes versions du communiqué
selon le public visé.
• Proposez un titre accrocheur et un surtitre informatif, cela facilitera
le travail du journaliste.
• Ajoutez un lien vers du matériel visuel de qualité et indiquez une
personne de contact (réellement joignable !).
Après une longue pause-café, prévue pour favoriser le réseautage,
les présidents entrants ont suivi leur formation Pre-PELS tandis que
les autres participants abordaient divers thèmes en petits groupes.
Les sessions ‘administratives’ – nouvelles assurances du district,
législation TVA pour les asbl et associations de fait, facturation
électronique (obligatoire à partir du 1 er janvier 2026 – ont suscité
beaucoup d’intérêt. D’autres questions ont été abordées : ‘Comment
mieux garder le contact avec les alumni ?’, ‘Comment le Rotaract
perçoit-il la collaboration avec le Rotary ?’, ‘Comment concevoir un
flyer attractif pour présenter son club ?’, etc. Des sujets que nous
ne pouvons développer ici, mais les personnes intéressées pourront
retrouver les présentations (en néerlandais) sur Polaris.
S.V. / D.C.
Photos : Peter Wolters
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RÉSOLUMENT ROTARY
Adoucir la double
peine des enfermés
et de leurs familles
Que peuvent faire les clubs ?
Les prisons du Royaume sont pour la plupart vétustes
et plus que pleines : fin septembre 2025, les
37 prisons belges, d’une capacité totale de 11.098
détenus, devaient en héberger 13.156. De sorte que
les petites cellules, initialement conçues pour être individuelles,
sont à présent occupées par deux, voire
même trois personnes. Les enfermés y séjournent
dans l’inconfort et la promiscuité, ce qui inévitablement
génère rancœur et conflits.
Comme le pense unanimement le personnel pénitentiaire, et comme
le crient aux médias les directeurs de prison : ‘Les détenus sont
condamnés par la Justice à une privation de liberté, mais pas
à une privation de dignité !’ Ils souffrent énormément de cette
double peine non méritée, de même que leurs familles et proches.
C’est aussi le cas pour les personnes soumises à toute forme d’internement
psychiatrique.
En attendant que nos dirigeants et pouvoirs publics trouvent des
solutions pour résoudre le problème des locaux et améliorer les
critères et conditions d’incarcération (ce qui, n’en doutons pas,
prendra du temps, malheureusement), que pouvons-nous faire, à
notre échelle rotarienne pour aider les détenus et leurs proches ?
POURQUOI ET COMMENT APPORTER UN SOUTIEN ?
Le Rc Bruxelles-Renaissance, avec l’aide de l’Inner Wheel Bruxelles
Renaissance, a initié depuis quelques années des actions destinées
à aider les prisonniers et leurs proches, actions guidées par
les conseils du personnel soignant en milieu psychiatrique et des
agents pénitentiaires et psychologues en milieu carcéral.
La première initiative remonte à 2017, suite à la visite de la section
‘Les Tamaris’ de l’institut psychiatrique Beau Vallon à Namur. L’un des
membres avait en effet été frappé par l’amélioration spectaculaire de
l’état d’une malade schizophrène, grâce à la fréquentation de l’atelier
d’art-thérapie (dessin, peinture, illustration). La délégation rotarienne
avait admiré les œuvres d’art brut, certaines assez remarquables, et
surtout une grande toile collective réalisée par tous les ‘Tamartistes’.
En 2017, la commission Culture du Rc Bruxelles-Renaissance
découvrait l’atelier d’art-thérapie dans le pavillon ‘Tamaris’ de
l’institut psychiatrique Beau Vallon
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Désireux de soutenir cet atelier au-delà d’un budget modeste pour
fourniture de toiles et peintures, le club a posé la question : ‘Comment
pourrions-nous encore vous aider ?’ La réponse fusa : ‘Aidez-nous à
sortir, à nous en sortir !’. N’ayant ni pouvoir ni compétence médicale
pour signer des bons de sortie, le club a alors organisé une exposition
extra-muros de leurs œuvres dans le prestigieux Hôtel de
Groesbeeck-de Croix, en plein centre de Namur. Les ‘pensionnaires’,
accompagnés de leurs ‘anges gardiens’, étaient ravis d’expliquer leur
travail, retrouvant confiance en eux-mêmes grâce aux regards et
commentaires admiratifs des visiteurs. L’évènement permit en outre
d’amicaux échanges de fanions avec cinq clubs namurois.
Les œuvres des ‘Tamartistes’ exposées dans le prestigieux Hôtel de
Groesbeeck-de Croix, devenu Musée des Arts Décoratifs de Namur
Grâce à des contacts privilégiés avec la direction de la prison de
Jamioulx à Charleroi, le Rc Bruxelles-Renaissance a pu rencontrer les
agents pénitentiaires et les psychologues, qui ont confirmé les bienfaits
de l’art-thérapie. Un prisonnier était particulièrement heureux de
nous montrer la guitare qu’il venait de recevoir. Un groupe de détenus,
sous la direction d’un professeur, a réalisé une fresque gigantesque
sur l’un des murs de la cour de la prison. Ici également, le club
a modestement soutenu leurs activités artistiques (peinture et atelier
de poterie) tout en récoltant des livres pour la bibliothèque, ainsi que
des jeux de société. La bibliothèque ayant été rapidement remplie, il
poursuit cette action en fournissant sélectivement les publications les
plus demandées (BD, livres scolaires, etc.).
Un détenu heureux de montrer la guitare qu’il vient de recevoir
Plus récemment, les Rotariens de Bruxelles-Renaissance ont fait
connaissance avec la prison de Mons qui, elle, possède trois sections
distinctes (hommes, femmes et psychiatriques), dont les caractéristiques
et besoins distincts nécessitent l’expertise du personnel
psycho-pénitentiaire ad hoc.
Une bien pauvre bibliothèque que le club s’est empressé d’étoffer
À l’occasion de certaines fêtes (Noël, Nouvel An, Pâques, fête des
pères) et anniversaires, le club a fourni des cadeaux – doudous,
poupées, joujoux et jeux de société – qui ont été transmis aux enfants
de détenus par l’intermédiaire des psychologues spécifiquement en
charge à Jamioulx et à Mons. Cela a amené les Rotariens à rencontrer
le Relais Enfants-Parents qui, à l’occasion de sa 30 ème année
d’existence, publie une brochure détaillée de ses activités. Cette
association peut fournir aux clubs qui le souhaitent les coordonnées
des psychologues en charge des prisons les plus proches de leurs
lieux de réunions.
POURQUOI NE PAS ÉLARGIR CETTE ACTION ?
Et si d’autres clubs voulaient ‘coacher’ une prison ou un institut
psychiatrique ? Voici, à titre d’exemples et sur base de l’ expérience
acquise par le Rc Bruxelles-Renaissance depuis 2017, une liste non
exhaustive d’actions possibles, peu ou pas coûteuses :
• Soutien matériel pour les ateliers artistiques : peinture, dessin,
graffing, poterie...
• collecte sélective de livres (publications les plus demandées) pour
la bibliothèque
• récolte de doudous, poupées, jeux de société et cadeaux que les
détenus peuvent offrir à leurs enfants et conjoints à l’occasion des
fêtes ou d’anniversaires
• organisation d’expositions d’œuvres réalisées par les détenus et
leurs enfants : ‘Art brut et art en herbe’.
Fresque réalisée par un groupe de détenus sur l’un des murs de la
cour de la prison
• prendre contact avec le Relais Enfants-Parents, qui sera invité à
présenter de manière interactive ses actions lors d’une réunion
statutaire du Rc Bruxelles-Renaissance début 2026.
Il est proposé aux clubs intéressés d’élargir cette action pionnière par
‘parrainage culturel’ des prisons de leur région. En fait, chaque prison
a des besoins spécifiques, dépendant de son infrastructure et de sa
population, qu’il faut identifier. Il est possible que d’autres actions que
celles citées ici plus haut puissent s’avérer utiles. C’est pourquoi la
mise sur pied d’un groupe de réflexion rotarien est souhaitable.
Si votre club est intéressé à participer à une première réunion de
travail début 2026, veuillez contacter, au nom du Rc Bruxelles-Renaissance
présidé par Nicole Schuhmann, le Dr Robert Paridaens, membre
du club (e-mail paridaensrobert@gmail.com, tél. 0475 20 35 24).
Info : relaisenfantsparents.be
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IT’S CHRISTMAS TIME
Au cœur de la forêt de Westerlo se
dresse l’imposant château de Merode,
bastion depuis des siècles de l’une
des plus anciennes familles nobles de
Belgique. Aujourd’hui, le prince Simon
de Merode (né en 1981) veille sur ce
domaine, le regard tourné à la fois vers
l’avenir et vers le passé. Depuis qu’il en
a pris la possession en 2006, il conjugue
avec soin gestion patrimoniale et organisation
de spectacles historiques
destinés au grand public.
Prince Simon de Merode :
‘Créer une connexion émotionnelle
est la meilleure façon d’éveiller
l’intérêt pour l’histoire.’
Vous n’avez pas hérité du château, vous l’avez racheté à votre
oncle. Pourquoi avoir voulu vous y installer ?
J’ai grandi dans les Ardennes françaises, également dans un château
– certes plus petit que celui-ci. Chaque année, la famille se
réunissait à Westerlo pour Noël. J’ai donc beaucoup de souvenirs
liés à ce lieu. À un moment donné, mon oncle n’a plus eu la force
d’en assurer l’entretien et ses enfants n’ont pas souhaité reprendre
le flambeau. Quand on m’a demandé si j’étais intéressé, j’ai immédiatement
accepté. Je sentais qu’il régnait en Campine une dynamique
intéressante : les gens y travaillent dur, et d’autre part il existe
un réel intérêt pour le château et son histoire. Pour convaincre la
banque de m’accorder un prêt, j’ai dû monter un business plan. C’est
ainsi qu’est né Historalia, qui produit depuis onze ans des spectacles
musicaux historiques. Honnêtement, j’ai surtout suivi mon
intuition. Je suis convaincu qu’il n’est pas nécessaire d’être un grand
intellectuel pour fonder une entreprise : il faut avant tout travailler
dur, être conscient de ses limites et bien s’entourer.
De nombreux châteaux appartiennent aujourd’hui à l’État ou à
des organismes publics comme Herita. Comment, en tant que
propriétaire privé, apporter une valeur ajoutée ?
Si des bâtiments historiques peuvent être sauvés grâce à l’intervention
publique, tant mieux ! C’est une bonne solution pour les familles
qui n’ont plus l’énergie ou les moyens d’en assurer l’entretien. Ceci
dit, il y a toujours un peu de l’âme du lieu qui s’en va… On y organise
des conférences ou d’autres activités, ce qui est louable, mais l’authenticité
finit par se diluer. Ce qui rend notre château unique, c’est
qu’il appartient à la même famille depuis près de sept siècles. Les
visiteurs ressentent et apprécient cette authenticité.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées lors de sa
restauration ?
Notre premier projet a été de remplacer toutes les fenêtres : 220 au
total, désormais à double vitrage. Un investissement considérable.
Nous avons aussi refait le pavage en pierre bleue de la cour intérieure,
restauré de nombreux tableaux et sauvé le donjon dont la charpente
était rongée par les vrillettes. Suite à la crise énergétique de 2022,
des panneaux solaires ont été posés et un nouveau système de
chauffage par aquathermie a été installé. On peut dire que nous habitons
aujourd’hui l’un des châteaux les plus écologiques du pays.
Vous êtes prince... Que répondez-vous quand on vous demande
votre profession ?
Le titre princier de notre famille remonte à Frédéric de Merode, un
noble qui combattit en 1830 lors de la Révolution belge et fut mortellement
blessé à la bataille de Berchem. Son courage fit de lui un
héros national et un symbole du jeune royaume. En reconnaissance
de son sacrifice, le roi Albert I er décerna en 1929 le titre de ‘prince
de Merode’ à ses descendants. J’aime comparer ce titre à un nom
de rue : il rappelle les mérites d’un personnage historique.
Professionnellement, je suis administrateur de plusieurs sociétés
familiales, mais 90% de mon temps est consacré à Historalia. Cette
année, nous avons produit 1830 au château de Wijnendale et Anne
Boleyn à Hever Castle, en Angleterre. Deux productions qui ont
généré près de six millions € de chiffre d’affaires et mobilisé environ
300 personnes – ce qui demande beaucoup de coordination. Je
ne m’implique pas directement dans les choix artistiques (j’ai une
excellente équipe pour cela) mais je veille aux valeurs de Historalia :
proposer des spectacles familiaux à la fois instructifs et divertissants.
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Spectacle musical ‘Jeanne d’Arc’ (2024)
La magie de Noël au château de Westerlo
Je fixe également les grandes lignes budgétaires et le calendrier.
Nous préparons actuellement la comédie musicale Napoléon, qui
sera présentée l’été prochain à Westerlo. Je vais bientôt mettre nos
acteurs principaux, Jelle Cleymans et Jef Hoogmartens, en contact
avec l’historien Johan Op de Beeck, grand spécialiste de l’empereur.
Comment est née la production Anne Boleyn en Angleterre ?
Ce fut notre première aventure à l’étranger, avec une distribution
britannique (Royal Shakespeare Company). Anne Boleyn, seconde
épouse d’Henri VIII, a grandi à Hever Castle. Ma sœur Eliane est
mariée à Charles Astor, descendant de la famille américaine qui a
acquis le domaine en 1903. Lors de leur mariage, j’ai discuté avec
l’actuel gestionnaire du château, et le projet a pris forme. Pour les
Anglais, c’était un concept inédit. Bien sûr, ils ont une grande tradition
de musicals, mais ils ne connaissaient pas ce type de spectacle
ancré dans le patrimoine. Les réactions ont été enthousiastes : nous
avons reçu 21 critiques avec quatre étoiles ou plus dans la presse.
Quelle figure historique aimeriez-vous encore mettre à l’honneur ?
Si j’avais carte blanche, je mettrais en scène Léopold II. Toutefois,
vu le contexte actuel, cela représente un risque trop important. Les
gens bien-pensants l’ont déclaré indésirable, mais c’est un peu facile
de juger les actions d’un homme d’il y a 150 ans sur des critères
d’aujourd’hui. La réalité est bien plus nuancée. Notre société est devenue
très polarisée. La réflexion critique sereine se perd. Peut-être
que l’intelligence artificielle, en nous apportant un regard plus large,
pourra rééquilibrer les perspectives ? Chaque personnage historique
possède plusieurs facettes qui méritent d’être explorées... De
manière plus réaliste, je pense qu’un spectacle sur les Bourguignons
ou sur Charles Quint serait plus envisageable.
Bientôt reviendra Kerstmagie (‘Magie de Noël’). De quoi s’agit-il
exactement ?
À cette occasion, le château ouvre ses portes à une expérience
théâtrale féerique mêlant ambiance de Noël, effets de lumière,
musique et émerveillement. Nous avons lancé le concept en 2015,
afin d’avoir aussi un évènement familial en hiver. Aujourd’hui, celui-ci
se décline dans six châteaux, chaque spectacle ayant sa propre
histoire, spécialement écrite pour le lieu. À la fin, tout le monde peut
poser avec le Père Noël – un moment toujours très attendu !
Vous reconnaissez-vous dans l’adage ‘Noblesse oblige’, principe
selon lequel toute personne privilégiée doit agir de manière
exemplaire ?
J’essaie d’aider quand je le peux – même si je dis un peu moins
souvent ‘oui’ qu’autrefois. J’ai entre autres siégé au conseil d’une
fondation de recherche sur les maladies rares. À 18 ans déjà, j’avais
créé une petite association qui projetait des films dans les hôpitaux
pour enfants. Les écoles des environs peuvent visiter le château
gratuitement. C’est important que les enfants découvrent notre
patrimoine : cela sème une graine pour l’avenir. Je mets aussi le
château à disposition pour des évènements caritatifs, par exemple
pour le CPAS de Westerlo, l’ONG éducative Cunina ou le Fonds
Olivia, qui soutient la recherche sur le cancer pédiatrique.
Quelle forme d’art vous touche le plus ?
J’éprouve une immense admiration pour les poètes, en particulier
pour Arthur Rimbaud, de qui je me sens proche : comme lui, j’ai
grandi près de Charleville-Mézières. Malheureusement, je manque
de temps pour lire de la poésie, qui exige concentration et disponibilité.
Je me limite aujourd’hui aux livres audio, surtout sur l’histoire,
la philosophie et la politique.
Avez-vous un lien particulier avec une œuvre musicale ?
Oui, avec le Canon de Pachelbel. Il a résonné lors de notre mariage,
au moment où nous entrions dans l’église.
Si vous pouviez dîner un soir avec un personnage historique, qui
choisiriez-vous ? Et quel plat serviriez-vous ?
Je choisirais sans hésiter le maréchal Jean-Philippe-Eugène de
Merode. Plusieurs portraits de lui ornent le château : c’est une figure
emblématique de notre famille. Il servit dans l’armée du Saint-Empire
romain germanique sous les Habsbourg et prit part à plusieurs
batailles majeures durant la guerre de Succession d’Espagne. Il
était réputé pour son courage ainsi que pour ses liens étroits avec
le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie. En outre, il
fit réaliser d’importants aménagements architecturaux au château
de Westerlo. Ce serait sans doute un dîner passionnant. Quant au
menu, il aurait peu d’importance…
Steven Vermeylen / D.C.
AVANTAGE ROTARY
Visitez Kerstmagie/Magie de Noël – quel que soit le lieu – et bénéficiez d’une remise de 10% ! Réservez vos billets sur
www.kerstmagie.be avec le code de réduction KMROTARY25.
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IT’S CHRISTMAS TIME
Des marchés de Noël
pas comme les autres
Kinderleven - Vie d’Enfant est une asbl 100% belge dont la conviction profonde est
en résonance avec les valeurs rotariennes : l’accès à l’éducation et à la scolarité
permet d’améliorer à long terme les conditions de vie des enfants et de leur famille.
Frédéric Struyf, l’un des coprésidents de l’association, nous explique comment celleci
fonctionne et quel est son impact réel sur la vie de milliers de jeunes.
Lancée à l’origine par deux amies anversoises désireuses d’agir
pour les enfants du tiers-monde, l’initiative s’est peu à peu étoffée
et professionnalisée jusqu’à se structurer en asbl en 1979. Aujourd’hui,
cette dernière soutient financièrement de nombreuses
actions au profit de jeunes démunis en Amérique du Sud, en Asie
et en Afrique – que ce soient des projets déjà bien établis ou des
nouvelles initiatives en cours de lancement.
CONFITURES ARTISANALES...
Ne bénéficiant d’aucuns subsides publics, Vie d’Enfant s’autofinance
de deux manières : par des dons privés, d’une part, mais aussi et surtout
par diverses activités et évènements : ‘Notre fundraising phare, ce
sont les marchés de Noël, dénommés Christmas Solidarity Shoppings’,
explique Frédéric Struyf. ‘Nous les organisons de A à Z et, croyez-moi,
c’est un travail colossal. Ils ont lieu à Bruxelles, Liège (Florzé), Namur
(Upigny) et Anvers. Nous proposons une vingtaine de stands très variés
: artisanat, brocante, jeux, déco, épicerie bio et équitable, livres et
vêtements de seconde main... La gamme des articles vendus est donc
très large, cela va des jeux dernier cri (négociés à bon prix directement
chez les fournisseurs) à des produits purement artisanaux comme des
confitures préparées par nos membres.’
... ET SACS CUSTOMISÉS
Plusieurs milliers de personnes participent à ces activités chaque
année. ‘La règle générale reste toujours le même : pour 10 euros
d’achats, 5 doivent être versés aux projets. Ceci est évidemment
une moyenne, car si le ratio est impossible à atteindre pour des
produits neufs comme le vin ou les articles de déco, il est largement
dépassé pour tout ce qui concerne l’artisanat, la brocante ou les
livres d’occasion proposés par nos membres et nos bénévoles. Un
exemple parmi d’autres : mon épouse et ses amies cousent, tout
au long de l’année, des tissus d’ornements destinés à recouvrir – et
à embellir – les sacs réutilisables des grands magasins. Cela se
vend très bien. La marge bénéficiaire est évidemment intéressante
puisque cela ne nous coûte qu’un peu de matériel, la main d’œuvre
étant gracieusement offerte par les couturières.’
Tout est fait pour raboter les frais au maximum afin d’assurer le
meilleur financement possible des projets : ‘Nous parvenons à réduire
les coûts sur certains emplacements. À Bruxelles, par exemple, le
marché se tient depuis 15 ans à l’intérieur d’un bâtiment d’entreprise,
sur un plateau de bureaux non occupés. Le patron nous les cède
gratuitement chaque année durant toute la durée de la manifestation.
La logistique représente aussi un poste très important, mais elle est
assurée sur une base volontaire.’ Cette armée de bénévoles (environ
500 en 2024) mais aussi de nombreux sponsors permettent de comprimer
considérablement les frais liés, par exemple, à la publication
de la newsletter de l’asbl, à la conception, l’impression et l’envoi des
invitations aux marchés, à l’entretien du site web, etc.
Pas de salariés, donc, chez Vie d’Enfant ? ‘Pas un seul. Nous avons
une centaine de membres actifs qui paient une cotisation annuelle
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permettant de couvrir l’ensemble des frais généraux, maintenus à
un niveau très bas. Cette année, nous avons distribué un montant
total d’environ 350.000 € qui nous a permis de soutenir 29 projets.
Les quatre marchés de Noël nous rapportent environ 200.000 €
de bénéfices nets. Le reste provient de dons mais aussi d’autres
activités que nous organisons, comme des tournois de bridge, des
compétitions de golf ou encore des concerts.’ Il faut signaler que
l’asbl Vie d’Enfant est suivie et analysée depuis 2005 par Donorinfo,
guide indépendant sur la transparence des organisations caritatives,
qui confirme que l’argent récolté est intégralement destiné à
financer des projets, les frais généraux étant quasi nuls.
PAS AUX FRAIS DE LA PRINCESSE
Une trentaine de projets à soutenir chaque année, alors que la
demande est énorme et que beaucoup de monde vient frapper à
la porte... Qu’est-ce qui détermine le choix d’épauler telle ou telle
initiative ? ‘Il y a toute une série de critères et de conditions à observer.
Nous devons pouvoir avoir un œil sur la comptabilité, recevoir
les rapports, factures, justificatifs et autres photos. Tout projet
doit avoir une personne de référence belge qui se porte garante
de l’exactitude des informations données ainsi que de l’utilisation
conforme de l’argent versé. Il est courant que cette personne se
rende sur place afin de constater la bonne avancée des opérations
et de recueillir les témoignages. J’insiste sur le fait qu’elle paie ce
voyage sur ses deniers propres et non sur ceux de l’asbl ! Pas de
tourisme humanitaire chez nous...’
[voir encadré], Wezembeek-Kraainem, Liège-Ouest...). La plupart du
temps, le Rotary club finance, organise et sert le cocktail d’ouverture
– c’est le cas du Rc Wezembeek-Kraainem pour le Christmas
Shopping de Bruxelles. Le but étant de rameuter un maximum de
proches et d’amis qui visiteront les stands et ne repartiront pas
les mains vides. ‘À Upigny, ils ont aussi la possibilité de prendre un
repas festif sur place. À Liège (Florzé), le club organise une Partners
Night exclusive pour ses membres avant l’ouverture officielle, avec
visite des stands en primeur.’
Le futur ? ‘Nous pressentons qu’avec une trentaine de projets soutenus
chaque année, nous avons atteint une certaine limite. Notre
asbl fonctionne bien mais nous tenons à garder une structure aussi
simple que possible. Toutes les activités assurées par les membres
et par notre «armée de volontaires» exigent une grande rigueur
d’organisation. Nous sommes ravis de pouvoir compter sur la générosité
des gens à tous les niveaux’, conclut Frédéric Struyf.
Denis Crepin
Plus d’info et détail des projets : www.kinderleven-viedenfant.be
Le spectre des projets épaulés est assez large, même si l’accent
est mis sur l’éducation. Cela va de la simple fourniture de matériel
scolaire à la construction de nouvelles classes ou de sanitaires, en
passant par des actions dans les domaines de la nutrition, de la santé,
voire parfois de l’eau (forage de puits). ‘Car en libérant les jeunes
de la corvée eau, on les préserve du décrochage scolaire... Bien
souvent, nous ne finançons pas l’intégralité du projet mais le réalisons
en partenariat avec des acteurs locaux qui y contribuent également.’
LES COCKTAILS DU ROTARY
Plusieurs Rotary clubs ont décidé de soutenir Vie d’Enfant sur une
base plus ou moins régulière (Rc Antwerpen-Zuid, Namur-Citadelle
Frédéric Struyf rend visite aux enfants d’une école marocaine. Vie
d’Enfant y a financé une nouvelle extension avec un logement pour
l’instituteur et des sanitaires pour les élèves.
Du tac au tac
• Que ressentez-vous en pensant à Vie d’Enfant ? De la
fierté, car notre équipe parvient depuis de nombreuses
années à rassembler plus de 300.000 € pour les plus défavorisés,
mais aussi le sentiment d’être chanceux quand
je vois à quel point nous sommes bien lotis ici en Europe.
• Un artiste à citer de but en blanc ? Julos Beaucarne, sans
doute moins pour ses musiques que pour la qualité de
ses textes... et sa personnalité profondément humaniste.
• Votre plat préféré ? Des croquettes aux crevettes. Pas
n’importe où, mais je ne ferai pas de publicité...
• Votre couleur préférée ? Et pourquoi ? Le bleu, parce
que tout le monde a les yeux bleus dans la famille !
Témoignage du Rc Namur-Citadelle :
‘Nous soutenons l’asbl Vie d’Enfant depuis 2014 en organisant
un cocktail lors de l’inauguration de leur Christmas
Solidarity Shopping à Upigny, qui se tient habituellement
fin novembre. Nous organisons ce cocktail avec la participation
des membres de l’Inner Wheel Namur Citadelle, qui
préparent les zakouskis. Nous invitons nos amis et connaissances
afin d’avoir le plus grand nombre possible de participants
et visiteurs. Nous continuons cette activité encore
cette année car elle permet à l’asbl d’augmenter les ventes
et bénéfices qui sont intégralement reversés à leurs projets.
Nous restons en étroite collaboration avec Vie d’Enfant car
il y a une grande amitié entre les membres respectifs.’
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IT’S CHRISTMAS TIME
Un must du
Rc Genval
depuis 16 ans :
l’opération
‘Un Livre
pour Noël’
Le Rc Genval est fier de mener dans sa région, d’année en année,
une superbe initiative en faveur d’enfants parfois oubliés – ceux qui
sont hébergés des années durant dans des institutions, faute de
pouvoir rejoindre un chaud cocon familial.
Cette vaste opération sociale en est déjà à sa 16 ème édition, mais
son principe est resté identique : offrir un livre aux enfants défavorisés
(âgés de 0 à 18 ans), placés dans des institutions à la demande
du juge de la jeunesse ou des services de protection judiciaire.
L’an dernier, les demandes émanant de pas moins d’une quinzaine
d’institutions ont été rencontrées, donnant lieu à d’innombrables
instants de bonheur et de sourires au moment de la remise des
cadeaux. Les ouvrages distribués permettent aux jeunes d’enrichir
leur culture tout en forgeant leur imaginaire.
Concrètement, chaque année à partir de septembre, les livres à
offrir sont achetés par nos membres ou notre réseau, auxquels
viennent s’adjoindre les dons de partenaires (éditeurs, entreprises…).
Depuis sept ans, le grand public peut également participer
via les nombreuses librairies associées à l’action : des ‘Boîtes à
Livres’ y sont placées pour permettre à chaque citoyen qui le souhaite
d’acheter un ouvrage à donner et de l’y déposer.
Notre opération connait un succès qui ne se dément pas dans la
durée, tant auprès des bénéficiaires qu’au sein même de notre club,
où l’équipe organisatrice est nombreuse et heureuse de renforcer
l’amitié rotarienne autour d’une action qui fait l’unanimité puisqu’elle
se déroule au bénéfice exclusif d’enfants en souffrance affective.
Depuis son commencement, ‘Un Livre pour Noël’ a permis au Rc Genval
d’offrir certainement plus de 10.000 ouvrages, et cela grâce à la générosité
et à la collaboration de très nombreuses personnes : librairies,
partenaires, amis du club… Qu’ils en soient ici vivement remerciés !
Début décembre, l’action se clôture traditionnellement par une très
belle soirée de fête au cours de laquelle le Père Noël et ses lutins
rotariens remettent les nombreux colis de livres aux divers représentants
des institutions.
Que dire pour conclure sinon que ce must du Rc Genval constitue
un grand livre ouvert depuis 16 ans, dont les enfants sont vraiment
les héros…
Préparation des colis
Thierry Scoumanne
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IT’S CHRISTMAS TIME
Musique entre
tours et lumières
de Noël
Alors que les illuminations de Noël répandent leur
chaleureux éclat sur le centre-ville d’Anvers, le Rc
Antwerpen-Metropool invite à nouveau les mélomanes
à un parcours-découverte unique : le dimanche
14 décembre aura lieu la deuxième édition
du Musical History Tour, promenade musicale éclectique
animée par une vingtaine d’artistes et groupes
à travers les plus beaux endroits de la ville.
L’idée est née il y a quelques années sous la forme de concert
classique, avec trois représentations en un seul lieu. Mais les
organisateurs en voulaient plus. ‘Ce nouveau concept nous offre
beaucoup plus de liberté’, explique le Rotarien Marc Van Mael, l’un
des initiateurs du projet. ‘Nous proposons au public un voyage à
travers l’histoire de la musique, mais aussi à travers le patrimoine
anversois. Certains lieux sont tout simplement uniques, que ce soit
la tribune d’orgue de la cathédrale, le Schoon Verdiep (‘bel étage’)
de l’hôtel de ville ou encore le quatorzième étage de la Boerentoren,
sans oublier quelques joyaux cachés : des espaces privés rarement
ouverts au public.’
The Shots
Chaque lieu accueille un artiste ou un groupe pour un concert
intimiste d’environ une demi-heure. Du classique au jazz en passant
par la pop, le punk, la bossa nova et même le flamenco, la tournée
promet une riche palette musicale. Les participants peuvent tracer
leur propre itinéraire via le site web, réserver leurs billets et se
promener à leur rythme d’un endroit à l’autre. Et tout cela au cœur
de la ville, où le marché de Noël bat son plein. Une pause vin chaud
rendra sans doute l’expérience encore plus magique…
Au programme figurent des noms comme Jean Bosco Safari, la
soprano Elise Caluwaerts et le coverband The Shots, mené par
l’inventif touche-à-tout Guillaume Van der Stighelen. ‘La plupart
des artistes se produisent bénévolement’, précise Marc. ‘Et lorsque
ce n’était pas possible, nous avons mis en place un système de
parrainage d’entreprises afin de maîtriser les coûts et de maintenir
l’équilibre financier.’
Depuis une dizaine d’années, Marc s’investit dans la collecte de
fonds pour son club. Selon lui, il devient de plus en plus difficile
pour un club isolé d’organiser un grand évènement : ‘Nos membres
vieillissent, sont moins actifs professionnellement et ont donc moins
de contacts dans le monde de l’entreprise... C’est pourquoi il nous
a semblé logique d’établir des liens au-delà de notre organisation.
D’abord avec Mercy Ships, qui offre des soins médicaux gratuits
à bord de bateaux-hôpitaux, dans les pays en voie de développement.
Ils recevront une part importante de nos bénéfices. Nous collaborons
également avec NEOS Antwerpen, le réseau des seniors
actifs. Les bénévoles de ces organisations accueilleront d’ailleurs
les visiteurs sur les différents sites.’
Le Musical History Tour promet donc d’être bien plus qu’une simple
série de concerts : c’est une expérience fédératrice qui unit musique,
patrimoine et solidarité. Une jolie manière de redécouvrir le
cœur d’Anvers – tout en réchauffant celui des autres !
S.V. / D.C.
Ensemble bulgare à l’hôtel de ville
Info : www.tmht.be
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INTERVIEW
Des voix
contre le silence
Melanie De Roose & Triene-Mie Le Compte
Dans notre pays, le nombre de signalements de violences
intrafamiliales a augmenté de 25% en quatre
ans. Chaque jour, les parquets belges reçoivent en
moyenne 184 de ces signalements. En septembre
dernier, à l’initiative du DG Etienne Verhasselt, le
D 2130 a créé un groupe de travail qui doit proposer
des initiatives en faveur des victimes et des mesures
préventives. Triene-Mie Le Compte et Melanie De
Roose sont membres de ce groupe de travail. Elles
connaissent d’autant mieux le problème qu’elles ont
eu à l’affronter personnellement…
Triene-Mie Le Compte a été victime de violence psychologique
conjugale durant vingt ans, au point de se retrouver progressivement
dans une situation de ‘terreur intime’ : perte de contrôle,
manipulation, menaces et isolement. Privée du droit de sortir
seule, rabaissée, elle vivait constamment dans la tension et la peur.
Quand, finalement, elle trouve le courage de s’enfuir, la situation dérape
: son mari envoie un tueur à gages à ses trousses. Elle échappera
de justesse à la mort… Aujourd’hui, Triene-Mie sensibilise le
public à la violence conjugale. En collaboration avec Anne Groenen,
docteure en sciences criminologiques et médiatrice familiale, elle
a écrit un livre, Als liefde overleven wordt (‘Quand l’amour devient
survie’), dans lequel elle mêle son histoire à des réflexions et des
conseils destinés aux victimes, aux proches et aux aidants. Elle a
également créé le site web Partnergeweld Overleven (‘Survivre à la
violence conjugale’), une plateforme qui rassemble témoignages, informations
et conseils pour toute personne confrontée à la violence
conjugale.
Enfant, Melanie De Roose fut confrontée à la violence intrafamiliale
et aux mauvais traitements infligés par son beau-père. En 2008, elle
a perdu sa mère, achevée par des années de stress et d’anxiété.
Longtemps, elle gardera secrets ces évènements traumatisants,
jusqu’à ce qu’elle décide de faire entendre sa voix et d’aider les
autres. En 2023, elle fonde l’asbl Fonkel, dont la mission est d’offrir
un soutien et la possibilité d’entrer en contact avec d’autres enfants
confrontés à la violence et aux mauvais traitements au sein de leur
famille. Avec Fonkel, Melanie organise des ateliers qui enseignent
aux enfants la résilience et la capacité de résistance tout en leur
offrant un lieu sûr où partager leurs expériences. Elle souhaite ainsi
donner aux jeunes la force de ‘rayonner’ à nouveau.
Pourquoi avoir décidé un jour de rendre votre histoire publique ?
Triene-Mie : Au départ, je voulais surtout prendre mes distances
par rapport à ce passé douloureux. Mais après quelques années,
j’ai réalisé que tout laisser derrière moi n’était pas une option : c’est
impossible d’oublier le passé car il contribue à vous construire. J’ai
donc décidé d’en faire quelque chose de positif : aider les autres
grâce à mon livre, ma plateforme en ligne et mes conférences. Ainsi,
ces vingt années de violence conjugale n’auront pas été vaines.
Melanie : Pour moi, tout s’est accéléré lorsque l’on m’a assigné un
mentor personnel dans le cadre d’un programme d’accompagnement
au travail. Il a immédiatement décelé mes appréhensions et
m’a alors questionnée. Je me suis effondrée et lui ai raconté mon
histoire en pleurant. Ce récit, j’ai peu à peu trouvé la force de l’écrire.
Dans le but de m’engager pour les autres et aussi peut-être pour
rendre fière ma maman, de qui j’étais très proche… Ma première
idée était d’accompagner personnellement les victimes mais cela
s’est avéré impossible : je n’arrivais pas à prendre suffisamment de
recul et chaque histoire m’affectait profondément. Avec Fonkel, je
peux désormais me concentrer sur les aspects plus organisationnels
et les conférences.
À quels préjugés ou malentendus êtes-vous le plus confrontées ?
M. : Beaucoup de gens pensent qu’une enfance difficile signifie
que vous êtes fichu, que vous ne pourrez jamais vous en remettre.
J’aime faire entendre une autre voix et faire comprendre qu’il n’est
pas nécessaire de rester dans le négatif. Avec le temps, la situation
peut s’amélioer, et la vie offre aussi beaucoup de beaux moments.
T.-M. : Il existe une perception erronée selon laquelle la violence
conjugale toucherait principalement les classes défavorisées. Ce
n’est absolument pas vrai, elle touche toutes les couches sociales.
Souvent, on me demande pourquoi je n’ai pas quitté mon mari plus
tôt. Je me heurte à l’incompréhension, voire aux reproches de ceux
qui rejettent la faute sur la victime. Ils ne se rendent pas compte à
quel point il est facile de s’enfoncer dans une situation d’isolement
et de voir les issues disparaître l’une après l’autre.
En quoi le Rotary peut-il faire la différence ?
T.-M. : En matière de violence conjugale, il peut aider à indiquer
les ‘signaux d’alerte’ aux victimes, aux auteurs, aux aidants, aux
témoins... Ceux-ci sont souvent subtils au départ mais deviennent
22
plus évidents à mesure qu’un
schéma se dessine. Le contrôle
et la jalousie (par exemple, vouloir
constamment savoir où vous êtes)
sont des signaux importants. De
même que l’isolement des amis
et de la famille, la dépendance
financière ou encore les petites humiliations qui sapent la confiance
en soi. D’autres signaux d’alarme sont le gaslighting (manipulation
mentale), les menaces et les sautes d’humeur. Une campagne
d’affichage ou médiatique visant à sensibiliser davantage à ce sujet
serait la bienvenue.
M. : Je pense que le Rotary peut contribuer à créer un large soutien
à nos projets. Les clubs sont solidement ancrés au niveau local et
peuvent, par exemple, aider à établir des contacts avec les écoles
et les autorités locales.
© Veilig Huis
travailler de manière systémique,
d’impliquer les réseaux familiaux et
de sortir les personnes concernées
de leur isolement.
A-t-il été difficile pour vous
de continuer à croire en la bonté
et en l’amour ?
T.-M. : J’ai toujours vu le bon côté des gens, c’est quelque chose
que j’ai appris dès mon plus jeune âge. Mais il m’a été très difficile de
faire à nouveau confiance. Je me suis rendu compte que je n’osais
pas m’ouvrir complètement, que je restais toujours sur mes gardes.
Aujourd’hui, les choses vont beaucoup mieux : j’ai retrouvé une relation
stable, épanouissante, et je me suis même remariée (avec Daniël
Troch, past-président du Rc Sint Gillis – Stekene-Camasiacum, ndlr).
Daniël est d’une patience infinie, il reste toujours à mon écoute. Le
sentiment de sécurité qu’il me procure est fantastique.
Le DG Etienne Verhasselt appelle les Rotariens à jouer un rôle de
‘signaleur’. Comment faire ?
T.-M. : Si vous remarquez un changement de comportement chez
quelqu’un de votre entourage et que vous avez l’impression que
quelque chose ne va pas, n’hésitez pas à lui demander comment
il/elle va. La personne en question restera probablement évasive,
mais vous aurez semé une graine : elle saura que votre porte lui est
ouverte. Dans ce contexte, il est très important de faire preuve de
patience. Signalez également les aides possibles : via le médecin
généraliste, la famille ou le 1712, la ligne d’assistance professionnelle
pour les questions relatives à la violence, aux abus et à la
maltraitance des enfants.
M. : Dans ce dernier cas, c’est généralement l’école qui donne
l’alerte en premier lieu. Si nécessaire, elle contacte le Centre
contre la maltraitance des enfants. Il est important que les jeunes
concernés continuent à disposer d’un endroit sûr, mais les retirer
immédiatement de leur foyer n’est pas souvent la meilleure option.
Là encore, en tant que témoin, il est préférable de faire preuve de
patience, d’offrir des perspectives et de donner à l’enfant le temps
nécessaire pour faire face à une situation aussi bouleversante.
Comment les autorités peuvent-elles mieux faire ?
T.-M. : Au Royaume-Uni, la violence psychologique est punissable
depuis quelques années, dans le cadre d’une approche plus large
de la violence domestique. L’abus psychologique et émotionnel
y est reconnu comme une forme d’emprise coercitive, pouvant
entraîner des peines de prison et des mesures de protection civile. Il
faudrait s’en inspirer… Par ailleurs, les signalements faits à la police
devraient bénéficier d’une approche plus large, moins ponctuelle.
Il faut davantage considérer la situation dans son ensemble, tenir
compte du contexte et de l’historique.
M. : En Flandre, un projet pilote a récemment été mis en place,
dans le cadre duquel les écoles étaient rapidement informées d’une
intervention policière pour violence intrafamiliale. Cela permettait
de mettre immédiatement en place l’accompagnement nécessaire.
Malheureusement, le projet s’est heurté à la législation RGPD et
n’a pas pu être déployé. Dans tous les cas, il reste important de
M. : Pour moi aussi, savoir faire confiance est un vrai défi. Je suis
dans une nouvelle relation depuis un an et demi, après avoir divorcé
du père de mes enfants. Je constate que je reste toujours sur mes
gardes, de peur que les anciens schémas ne refassent surface. Une
communication ouverte est donc essentielle pour moi. Cela apporte
beaucoup de sérénité dans ma relation et m’aide à contrôler mes
angoisses.
Dès lors, comment vous détendez-vous ?
T.-M. : J’aime faire de la randonnée, du sport et j’adore lire. Je lis de
tout, sauf des thrillers.
M. : Je suis également une lectrice assidue. À côté de cela, je suis
en train d’écrire mon deuxième livre. J’aime aussi créer une ambiance
chaleureuse à la maison, et j’adore cuisiner pour ma famille.
Sinon, il y a les concerts, les festivals. Mes goûts sont très variés,
de Pink Floyd à Nick Cave en passant par Sylvie Kreusch.
T.-M. : La musique est quelque chose que j’ai redécouvert après
mon mariage, elle me redonne goût à la vie. Avant, je n’avais le droit
d’écouter que des chants évangéliques car mon mari trouvait les
autres genres ridicules. Aujourd’hui, j’écoute Amy Winehouse, les
Beatles, du jazz, du classique...
Dernière question : imaginez que vous vous invitiez mutuellement
à dîner. Que mettriez-vous sur la table ?
T.-M. : Je n’ai jamais appris à cuisiner, mon premier mari me l’interdisait.
Je laisserai donc à Daniël le soin de composer le menu, mais
je veillerai à apporter le gâteau et à dresser une jolie table (rires).
M. : J’ai repris une recette de ma maman, datant des années 90.
Des scampis dans une sauce à la crème avec tomates, poivrons et
aromates. Simple mais délicieux…
T.-M. : Ça en a l’air… On devrait peut-être se donner rendez-vous ?
M. : Affaire conclue !
Steven Vermeylen / D.C.
23
INTERVIEW
‘Un véritable
artiste
s’émerveille
tout au long
de sa carrière.’
Valère Burnon est un pianiste concertiste belge de
27 ans, originaire de Marche-en-Famenne. Même
si le Rotary avait déjà débusqué son talent rare en
2013, c’est cette année qu’il s’est révélé aux yeux du
grand public, grâce à sa troisième place décrochée
en juin au Concours musical international Reine
Élisabeth. ‘J’y suis allé en restant moi-même, sans
m’imposer de contraintes.’
En mars 2013, à l’âge de 14 ans, vous remportiez le Concours
Breughel, organisé par plusieurs Rotary clubs bruxellois. Vous en
souvenez-vous ?
Oui, je me rappelle le logo du Rotary sur mon diplôme... C’était la première
fois que je jouais à Flagey, de bon augure pour la suite ! J’avais
déjà reçu plusieurs distinctions auparavant, mais c’était là mon tout
premier ‘premier prix’.
Mais qu’est-ce qui a fait que, à un moment donné, vous avez basculé
vers le piano ?
C’est vrai que le violon était mon premier choix. Toutefois, mes parents
se sont aperçus que je pouvais aussi reproduire à l’oreille, sur un
clavier, tout ce que j’entendais. Dès lors, ils m’ont inscrit à des cours
de piano et celui-ci a pris de plus en plus de place dans ma vie. Sans
doute qu’il me correspondait davantage.
Depuis lors, vous avez été lauréat de plusieurs autres épreuves...
Comment vivez-vous cette dimension de compétition alors que
vous êtes artiste et non sportif ?
Les concours sont une porte d’entrée obligatoire pour pouvoir se
produire sur scène. On essaie d’y objectiver les performances mais
cela se joue souvent à quelques détails, à des questions de ressenti...
J’ai considéré le Concours Reine Élisabeth comme un aboutissement
à des années de préparation. J’y suis allé en veillant à rester
authentique et avec pour objectif de prendre du plaisir. C’est selon
moi la meilleure stratégie à adopter avant une compétition. De toute
façon, les niveaux d’exigence étant très élevés, cela ne peut que nous
pousser à travailler encore plus et à progresser. Cela enrichit notre
expérience, même lorsqu’on n’atteint pas la finale.
On vous connaît comme pianiste mais vous êtes également violoniste,
c’est d’ailleurs avec cet instrument que vous avez commencé...
Cela fait un bout de temps que je n’ai plus eu l’occasion de toucher
mon violon, malheureusement. Il y a des moments où il faut faire des
choix... Mais cet apprentissage n’est en rien perdu car, comme le dit
Frank Braley, mon professeur à la Chapelle Musicale Reine Élisabeth,
le fait d’avoir pu expérimenter un autre point de vue musical enrichit
forcément ma pratique pianistique aujourd’hui.
Vous jouez à la fois en soliste, en musique de chambre et avec des
orchestres. Quel format vous plaît le plus ? Et pourquoi ?
Je n’ai pas de préférence, chacune de ces pratiques a ses avantages
et ses ‘inconvénients’. En solo, vous êtes seul maître à bord, vous êtes
plus libre mais cela représente également de grosses responsabilités.
En musique de chambre, il faut apprendre à être flexible mais
cela vous apporte aussi une très grande richesse grâce au dialogue,
aux échanges d’énergie. Enfin, l’orchestre vous porte et vous pousse
vers l’avant mais il exige en retour un grand degré d’adaptation. Ces
pratiques m’apportent donc toutes trois des expériences différentes
et je ne voudrais me passer d’aucune d’entre elles. Actuellement, les
concerts avec orchestre sont en vogue, au détriment parfois des
récitals solo et surtout de la musique de chambre. Et pourtant, le
répertoire au piano est gigantesque, dans cette dernière catégorie, et
il y a vraiment moyen de s’amuser.
Parmi les compositeurs ou pièces que vous avez interprétés, y en
a-t-il un ou une qui vous enthousiasme particulièrement, dont vous
ne vous lasserez jamais ?
Il y en a beaucoup mais je cite souvent Rachmaninov comme le
compositeur qui me touche le plus. Et je retiens peut-être avant tout
son concerto pour piano n° 3, qui est synonyme d’énormément de
24
choses, notamment de belles émotions lors de la finale du Reine
Élisabeth. D’autre part, je réécoute très régulièrement les concertos
de Mozart, dont je ne me lasse jamais. Pour compléter le trio, je citerai
Brahms. Trois esthétiques assez différentes, mais à chaque fois
touchantes. J’aime aussi beaucoup Ravel, Debussy, Mahler... C’est
impossible de se cantonner à un seul nom.
Depuis 2022, vous enseignez la musique de chambre au Conservatoire
de Liège. Que vous apporte ce rôle pédagogique ?
Un musicien doit pouvoir transmettre des émotions au public lorsqu’il
est sur scène, mais j’estime qu’il est important de transmettre également
à la jeune génération – même s’il n’y a pas beaucoup d’années
d’écart entre mes élèves et moi ! Cette activité est néanmoins mise
sur pause en ce moment car j’ai de nombreux concerts à assurer.
Vous êtes actuellement en résidence à la Chapelle Musicale Reine
Élisabeth...
‘Résidence’ n’est pas vraiment le terme exact car, étant domicilié
à Marche-en-Famenne, il n’aurait pas été judicieux de prendre un
studio à l’année comme un étudiant artiste venu d’un autre continent.
Il est également possible d’y louer un studio insonorisé à la
nuit, pratique pour pouvoir répéter à n’importe quelle heure, à son
rythme. L’endroit est propice aux retraites de travail productives, c’est
pourquoi j’y suis resté durant les deux mois précédant le Concours
Reine Élisabeth. J’y suis encore au moins jusqu’à la fin de l’année
académique.
La Chapelle repose sur deux piliers principaux : un enseignement
de très haute qualité – j’y bénéficie des précieux conseils de Frank
Braley, Avo Kouyoumdjian et Jean-Claude Vanden Eynden – mais
aussi les quelque 300 concerts qu’elle organise chaque année, en ses
murs ou alors sur des scènes prestigieuses comme Flagey, Bozar...
Une grande partie de l’enseignement se fait donc sur scène, et c’est
sans doute ce qui fait la particularité et l’excellente réputation de la
Chapelle en tant qu’école.
En dehors de la musique classique, quelle passion ou activité vous
nourrit ?
Pour l’instant, la musique occupe vraiment toute ma vie ! Je suis un
peu un ovni en mon genre car, contrairement à la plupart de mes
collègues, je n’écoute que du classique et ne me suis jamais ouvert à
d’autres styles...
Vous êtes encore très jeune. Vous devez donc avoir un projet
particulier que vous rêvez d’accomplir ?
Pouvoir vivre de mes concerts aussi longtemps que possible. Le rêve
est actuellement en train de se réaliser, mais qui sait s’il s’inscrira
dans le temps ? Il est hasardeux de se projeter au-delà de deux ou
trois saisons, et c’est là le souci quotidien d’un artiste. Heureusement,
depuis septembre, je joue beaucoup en Belgique, y compris en
Flandre. J’aimerais m’ouvrir davantage à l’international.
Lorsque vous considérez votre carrière, encore courte mais déjà
riche, quel mot vous vient à l’esprit ?
Je dirais accomplissement car c’est ainsi que je voyais le Concours
Reine Élisabeth. Mais, comme je viens de le dire, après il faut persévérer,
se remettre en question constamment et ne jamais se satisfaire
de ce que l’on propose. C’est le travail de toute une vie... J’en discute
souvent avec Jean-Claude Vanden Eynden (qui, en 1964, a remporté
le troisième prix du Concours Reine Élisabeth à l’âge de 16 ans, ndlr)
et il m’explique que, aujourd’hui encore, il découvre des choses et
parvient à résoudre des énigmes sur la manière de jouer telle ou telle
pièce. Un artiste doit être capable de continuer à s’émerveiller tout au
long de sa carrière, d’autant que nous avons la chance de travailler
sur des œuvres intemporelles, passionnantes.
Votre couleur préférée ? Peut-on associer telle couleur avec telle
note ou harmonie ?
Je ne peux vraiment pas répondre à la première question, je n’ai
aucune préférence. Par contre, oui, j’associe beaucoup les couleurs
et les effets de lumière aux harmonies. Il existe d’ailleurs des compositeurs
dits ‘synesthètes’ comme Alexandre Scriabine ou, plus tard,
Olivier Messiaen qui, lui, a théorisé cette faculté de voir telle couleur
avec tel accord musical. J’aime beaucoup son esthétique mais je
pense qu’il était tout de même un peu ‘perché’.
Si vous pouviez dîner un soir avec un personnage historique, qui
choisiriez-vous ? Et quel plat serviriez-vous ?
J’aurais évidemment aimé rencontrer Mozart même si, je le crains, je
n’aurais pas été à l’abri d’une déception, son côté entier et plein de
vitalité cachant sans doute une nature difficile. Et puis Rachmaninov,
qui est un personnage intéressant, touchant, à l’instar de sa musique.
Cela aurait été passionnant de converser avec lui. Quant au plat,
j’aurais simplement opté pour les spaghettis de ma maman !
Denis Crepin
Info : www.valereburnon.be
Concerts sous l’égide du Rotary
• 22 janvier 2026 à 20h : récital solo au Theater Elckerlyc,
Frankrijklei 85-87, Anvers (organisé par le Rc Antwerpen-Zuid).
Tickets : tinyurl.com/3j2xe4yy
• 7 février 2026 à 19h : concert de la Saint-Valentin à la
Maison de la Culture d’Arlon (organisé par le Rc Arlon).
Info & tickets : tinyurl.com/5n7rpata
• 4 mars 2027 : concert à l’Opéra de Liège (organisé par
le Rc Liège dans le cadre de son centenaire)
25
ROTARY GLOBAL
Donner avec gratitude
En ce mois de novembre, alors que nous célébrons la Fondation
Rotary, je vous invite à réfléchir non seulement à ce
que nous donnons, mais aussi aux raisons qui nous poussent
à le faire. La Fondation est plus qu’un simple fonds destiné à
financer des actions. Elle est au cœur de notre promesse que
le service, ancré dans la confiance et l’amitié, peut apporter un
changement durable.
Notre Plan d’action nous invite à accroître notre impact, et la Fondation
est le moyen par lequel nous concrétisons cette vision. Son
véritable impact se voit moins dans les chiffres que, par exemple,
dans la vie des enfants qui n’auront plus jamais à craindre la polio,
dans l’espoir redonné aux familles et dans la paix retrouvée dans
des communautés autrefois marquées par la maladie.
La polio n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Chaque
année, les Centres du Rotary pour la paix forment de nouvelles
générations de leaders qui transformeront les conflits
en dialogue et les divisions en compréhension. En investissant
dans leur formation, nous semons les graines de la paix qui
porteront leurs fruits pendant des décennies.
La Fondation touche également des vies grâce aux subventions
mondiales et de district, qui financent des actions
de toute taille. Il ne s’agit pas là de gestes temporaires mais
d’étapes vers la dignité. C’est ainsi que le Rotary a un impact
durable. Et lorsque des calamités naturelles surviennent, la
Fondation nous permet d’agir rapidement grâce à des subventions
Secours en cas de catastrophe.
Notre Fondation ne se concentre pas sur ce que nous pouvons
accomplir seuls, mais sur ce que nous pouvons réaliser
ensemble. Chaque contribution, quelle que soit son montant,
s’ajoute à celles des autres pour créer un acte collectif de foi
en l’humanité et en l’avenir. Chaque fois que
nous donnons, nous déclarons que notre
travail se poursuivra, quel que soit le
défi à relever.
Francesco Arezzo
Président du RI
Un impact indéniable
Ce mois-ci, prenons le temps de réfléchir aux nombreuses
façons dont la Fondation Rotary contribue à rendre le monde
meilleur, en amplifiant notre impact. J’encourage chaque club
à dépasser son cadre local et à s’engager auprès de la Fondation
à l’échelle mondiale. Vous pouvez ainsi vous associer à
d’autres clubs pour promouvoir l’alphabétisation au Guatemala,
lutter contre le paludisme en Zambie, rendre l’eau potable accessible
à des milliers de personnes, sauver des vies sur tous
les continents grâce à des programmes de santé maternelle...
Vous êtes nombreux à vous interroger sur la progression du
projet le plus ambitieux de l’histoire du Rotary : la lutte en
faveur de l’éradication de la polio. Récemment, Francesco
Arezzo et moi-même avons rencontré le premier ministre et
les dirigeants militaires pakistanais. Tous sont pleinement engagés
à finir le travail. Nous avons été absolument convaincus
par les efforts des centres opérationnels d’urgence, où des
experts planifient et coordonnent les vaccinations. Alors que
certains gouvernements réduisent leur soutien, le Rotary reste
fidèle à son engagement de collecter 50 millions US$ cette
année encore.
Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de voir comment chacun
d’entre nous peut avoir un véritable impact grâce à notre Fondation.
J’encourage vivement tout le monde, en particulier les
nouveaux membres, à explorer ces possibilités. Trouvez votre
passion parmi nos causes prioritaires et découvrez des actions
à soutenir, notamment grâce aux subventions mondiales.
Et si vous ne souhaitez pas vous engager aussi loin, vous
pouvez décider d’une simple contribution financière.
Nous, les membres, finançons, soutenons et réalisons nousmêmes
ces actions. C’est pourquoi la Fondation obtient
régulièrement la meilleure note de Charity Navigator. Pour
2025-26, nous avons l’objectif ambitieux de récolter 500 millions
US$. Soyez certains que vos dons permettront de créer
d’innombrables opportunités.
Holger Knaack
Président Fondation Rotary
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NOTRE HISTOIRE
‘Toutes ces batailles devant les tribunaux !’
Connaissez-vous Sylvia Whitlock ?
Elle fut, en 1987, la première
femme à devenir présidente
d’un Rotary club, au terme d’une
longue bataille juridique entre
son club et les instances du RI.
Aujourd’hui, ce même RI décerne
chaque année un prix portant
son nom pour récompenser des
personnes ayant fait avancer
la cause des femmes dans le
monde.
En 1976, le Rc Duarte (Californie) décidait
d’admettre des femmes en ses rangs,
allant ainsi à l’encontre du règlement du
Rotary International. Banni par ce dernier,
le club engagea une bataille juridique qui
se conclut en 1987 par une décision historique
de la Cour suprême des États-Unis :
les Rotary clubs ne peuvent exclure les
femmes de leur statut de membre.
Depuis lors, les mentalités ont heureusement
évolué. Pas encore suffisamment,
rétorqueront certains... Lors de la convention
du RI à Calgary en juin dernier, Björn
Lange, rédacteur en chef de Rotary Magazin
(Allemagne et Autriche), a pu rencontrer
brièvement la pionnière Sylvia Whitlock.
Vous avez été la première femme à
rejoindre un Rotary club. Comment cela
s’est-il déroulé ?
À l’époque, je travaillais comme principale
d’école et le directeur de l’établissement
m’a invitée à rejoindre son club, où il n’y
avait bien sûr encore aucune femme. Regardez
le pin’s sur ma veste, il y est inscrit :
‘Ex-Rotary club’. Eh oui, le RI a alors exclu
notre club, tout simplement parce que
les femmes étaient interdites. Nous nous
sommes donc rebaptisés ‘Ex-Rotary club’
et avons poursuivi le RI en justice. Finalement,
après onze ans de procédure et de
nombreuses audiences, la Cour suprême
des États-Unis a statué que le Rotary devait
admettre les femmes en ses rangs. Ce
fut là une avancée décisive !
Sylvia Whitlock, une pionnière...
Quand êtes-vous officiellement devenue
Rotarienne ?
C’était le 4 mai 1987. Je me suis battue
pour cela. Pendant onze ans ! Toutes ces
batailles devant les tribunaux !
Aujourd’hui, la proportion de femmes au
Rotary dans le monde est d’environ 25%.
Aux États-Unis, elle est d’au moins 30%
mais en Allemagne et en Autriche, elle
atteint à peine 14%. 1
On peut aussi voir cela de manière positive
: vous avez encore une belle marge de
progression. En Allemagne comme ailleurs,
il y a certainement des femmes exceptionnelles
qui peuvent en encourager d’autres
à rejoindre un club et à s’engager.
Chez nous, environ 10% des clubs sont
exclusivement masculins et souhaitent le
rester. Que leur dire ?
Tout simplement qu’il y a des règles et
qu’ils doivent les respecter. Selon les
statuts du RI, ils ne peuvent pas s’appeler
‘Rotary clubs’ s’ils ne sont pas ouverts aux
femmes.
Certes, mais certains prétendent ne pas
trouver de candidates adéquates.
Oh, les pauvres ! (Rires) Ils devraient venir
me voir, je les aiderai à chercher.
Vous avez aujourd’hui 90 ans et vous
assistez à la convention du RI. Cela en
vaut-il la peine ?
Oui, j’ai beaucoup aimé. Un endroit magnifique,
une ville formidable, des sessions
intéressantes et beaucoup de gens sympathiques.
Mais si, comme moi, vous avez
besoin d’aide pour vous déplacer, ce n’est
pas facile. Le manque de mobilité est le
gros point faible de cette convention.
Au moins un tiers des participants sont
des femmes...
C’est vrai. J’en suis très heureuse, mais on
peut faire mieux encore.
Comment voyez-vous l’avenir du Rotary ?
Le Rotary est la réponse aux questions les
plus brûlantes. Regardez autour de vous,
dans la Maison de l’Amitié : vous trouverez
partout des réponses aux grandes
questions de notre époque. Y compris à
la plus importante : comment résoudre les
conflits. Partout où les gens n’ont pas accès
à l’eau potable, où il y a des sans-abri,
le Rotary apporte une réponse. Regardez
ce que nous avons accompli dans l’éradication
de la polio. Il a fallu 40 ans, mais
nous y sommes presque. Cela démontre
que nous pouvons accomplir beaucoup
ensemble. Et nous devons écouter. À une
époque où plus personne ne le fait, le
Rotary doit écouter avant d’agir.
1 Au BeLux, on compte 1.457 femmes pour un total de 9.923 membres actifs, soit 14,68%
27
AVENTURES URBAINES
Gand : lueurs hivernales
et féérie nocturne
© Martin Corlazzoli / Stad Gent
© Martin Corlazzoli / Stad Gent
Certaines villes vous séduisent immédiatement, et
Gand ne fait pas exception à cette règle. Imaginez :
des tours médiévales, des places animées, des
canaux scintillant au soleil, une ambiance jeune et
créative... Ajoutez-y une bonne dose de magie de
Noël et vous obtenez la recette parfaite pour une
escapade urbaine hivernale.
TROIS TOURS ET UN CHÂTEAU
Commencez par vous rendre sur le Korenmarkt, où se dévoile la
célèbre silhouette de Gand : l’église Saint-Nicolas, le beffroi et la cathédrale
Saint-Bavon se dressent fièrement côte à côte. À l’intérieur
de la cathédrale vous attend un trésor mondial incontournable :
L’Agneau mystique des frères Van Eyck. Même les néophytes en
matière d’art seront touchés par les détails raffinés de ce polyptique
peint sur bois et par son impressionnante restauration.
À deux pas de là, le Gravensteen domine la ville : un château fort
avec des donjons, des créneaux et une bonne dose de charme
médiéval. À l’intérieur, vous apprendrez comment vivaient les
comtes de Flandre, tandis qu’à l’extérieur, vous profiterez d’une vue
panoramique.
DES MUSÉES PLEINS DE VIE
Gand respire la culture, et pas seulement celle du passé. Au
S.M.A.K., vous découvrirez un art contemporain rafraîchissant,
volontiers provocateur.
Le Musée des Beaux-Arts possède une vaste collection de premier
ordre, qui couvre 600 ans d’histoire. Jusqu’au 4 janvier, vous pourrez
y voir l’exposition Transcripts of a Sea du célèbre photographe
Stephan Vanfleteren. Ses photos de la mer constituent des motifs
inspirants qui vous invitent à porter un regard nouveau sur l’évolution
de la peinture marine.
Le Design Museum Gent, quant à lui, met à l’honneur des objets,
des meubles et des installations au design épuré.
Ne manquez pas de découvrir la Boekentoren, la ‘quatrième tour de
Gand’, parfois oubliée. Ce chef-d’œuvre moderniste de l’architecte
Henry van de Velde (1930) abrite plus de trois millions de livres et
manuscrits de l’université de Gand. Depuis l’étage panoramique,
vous bénéficierez d’une vue imprenable sur la ville. Avec ses lignes
épurées et son style Art déco, la Boekentoren est non seulement un
puits de savoir mais aussi une icône architecturale.
DÎNER AVEC STYLE
Une journée culturelle ouvre l’appétit et, ça tombe bien, Gand est
justement le paradis des gourmets. Si la ville est connue comme
étant la ‘capitale végé de l’Europe’, elle offre aussi une expérience
culinaire agréable à tous les types de gastronomes. Quelques
recommandations :
• Publiek : une étoile Michelin, mais sans la rigidité. Le chef Olly
Ceulenaere surprend avec ses combinaisons inventives aux
saveurs à la fois locales et internationales.
• De Superette : pain au levain et pizzas cuites au four à bois dans
un cadre industriel – l’endroit idéal pour une soirée décontractée
entre amis.
• Volta : dîner dans une ancienne centrale électrique avec de hauts
plafonds et des plats raffinés.
• Le Botaniste : ceux qui veulent profiter d’une cuisine d’origine
végétale seront ici au septième ciel. Imaginez des bols colorés et
des vins surprenants dans un décor d’apothicaire.
Et n’oubliez pas les spécialités locales : une bière Gentse Strop de la
brasserie Roman dans un café convivial, ou quelques cuberdons –
ces bonbons fourrés à la framboise – pour une pause sucrée en
cours de route.
MAGIE HIVERNALE
En décembre, vous vous retrouverez au cœur des Winterfeesten
de Gand, un marché de Noël plein de charme qui s’étend autour du
Korenmarkt, de la Sint-Baafsplein et de la Stadshal. Vous pourrez
vous réchauffer les mains autour d’un verre de vin chaud et
dénicher des cadeaux artisanaux, voire enfiler des patins à glace
pour arpenter la patinoire. Les façades historiques en arrière-plan
en feront un moment Instagram par excellence. Le soir, la ville se
transforme encore davantage : suivez la promenade Lichtplan et
découvrez comment les ponts, les places et les façades baignent
dans une lueur féérique.
28
LE COIN LECTURE
L’homme le plus riche des Temps Modernes
Qui est-il ? Beaucoup miseront sur Elon Musk, Jef Bezos, Mark Zuckerberg
ou encore Bill Gates, mais ils ont tort. Il s’agit en fait de Jacob
Fugger, né à Augsbourg (Germanie) en 1459. C’est l’époque où
Christophe Colomb parcourt les océans, s’imaginant découvrir une
nouvelle route vers l’Inde, où Magellan fait le tour de la Terre pour
bien prouver qu’elle est ronde, et où Léonard De Vinci peint sa Mona
Lisa. À peine sorti de l’adolescence, Jacob est destiné au petit
séminaire de Venise. Mais, dans la ville la plus luxuriante d’Europe, il
va découvrir les plaisirs de la nuit en même temps que le métier de
banquier et la rigueur de la comptabilité en partie double, dont il va
se servir avec génie. Cet épisode résume à lui seul la dualité et la
complexité d’un être d’exception.
Il deviendra, entre autres, le banquier du Grand-Duc Sigismond de
Habsbourg puis de son successeur, le futur Empereur Maximilien I er ,
de Charles Quint, des papes Sixte IV et Jules II.
En échange de ses prêts, il prend des garanties sur leurs biens,
principalement des mines. Ses clients étant systématiquement dans
l’impossibilité de le rembourser (ce qu’il avait prévu), il peut donc
sans problème faire main basse sur celles-ci. Il développera aussi le
commerce des indulgences pour le compte de la papauté. Enfin, il
financera la fameuse garde suisse pour protéger le pape Jules II, qui
passe plus de temps à guerroyer qu’à s’occuper de ses disciples.
Mais réduire Fugger à son extraordinaire habileté à manipuler les
chiffres et donc les richesses serait une erreur. Le personnage est
infiniment plus subtil. Il suffit de se pencher sur sa jeunesse pour
amorcer un début d’analyse psychologique. Dès l’âge de 10 ans, il
court dans les ateliers parentaux pour y découvrir les techniques du
tissage. Curieux de tout et inventif, il va à la rencontre des anciens
de son quartier juif pour s’imprégner de leur histoire. Plus tard, lors
de la découverte du nouveau monde, il comprend immédiatement
l’intérêt du broyage du bois ‘brasil’ pour la création d’un colorant
rouge destiné aux tissus. En un mot, il est tout sauf un technocrate
besogneux.
s’enrichissait. Sa vie durant, il stimulera ce mouvement grâce à son
immense fortune accumulée.
Mais il reste encore aujourd’hui un mystère sur sa personne :
quelle est l’origine réelle de cette immense fortune ? Provient-t-elle
uniquement de ses activités minières et de la frappe de monnaie ?
Plusieurs chercheurs ont remarqué dans sa comptabilité rigoureuse
que ces activités avaient un rendement de 5% annuel dans
les années de prospérité. Il va d’ailleurs devenir la cible de Luther,
le fait de toucher des intérêts étant contre la loi religieuse. Fugger
achète alors le pape Léon X, qui proclamera une bulle interdisant le
prêt à intérêt sauf s’il y a travail, coût ou risque. Évidemment, tous
ses prêts répondent à ces critères ! Toutefois, ces péripéties ne
permettent pas d’expliquer totalement l’accroissement de son patrimoine
de 700% depuis la reprise des rênes de la maison mère...
Cet ouvrage vous entraîne dans une histoire fascinante et fabuleuse,
où la ville d’Anvers joue un rôle de levier incontestable. L’un
des deux auteurs, Bernard Van den Bogaert, était directeur général
de la brasserie familiale De Koninck et membre du Rc Antwerpen-
Schelde. Il est malheureusement décédé en avril dernier.
Marc Hermant & Bernard Van den Bogaert, Jacob Fugger le Riche,
génie des Temps Modernes, éd. Racine, 25 €
Les activités de la maison Fugger disposent à leur apogée de
nombreuses succursales. Non content de servir ses ambitions
commerciales, elles permettent à Jacob de se créer un réseau d’informateurs
inédit à l’époque. Grâce à cela, il va nouer de nombreux
et fructueux contacts mercantiles, devançant ainsi ses concurrents
sur tous les terrains.
Fugger a aussi remarquablement assimilé l’époque humaniste et la
Renaissance qui ont pris leur irrésistible envol en même temps qu’il
AVANTAGE ROTARY
Commandez ce livre au prix de 25 € via ce lien.
Les frais de port sont offerts.
29
AGENDA
DEADLINES
Cet agenda reprend un aperçu des activités les plus importantes figurant
dans le calendrier en ligne de Polaris, au 15 du mois précédent et en mode
‘public’ (cochez également la visibilité ‘district’ et ‘multidistrict’). Vous désirez
mettre en avant une activité de votre club ? Demandez alors nos tarifs publicitaires
préférentiels.
Info: rotarycontact@rotarybeluxservices.org
PROCHAIN NUMÉRO
DATE DE PARUTION : 15.01
PÉRIODE : 15.01 – 28.02
DEADLINE : 31.12
ROTARY AT A GLANCE
WORLDWIDE
Rotarians : 1.167.882 Clubs : 36.625
Rotaractors : 143.470 Clubs : 9.841
BELUX
Rotarians : 9.908 Clubs: 288
Rotaractors : 768 Clubs: 43
COMPTES BANCAIRES
D 2150
District: BE86 0018 5183 2050
Fondation: BE84 0019 5928 9559
Polio: BE49 0019 5929 0771
Jeunesse: BE85 3632 0205 7306
D 2160
(BEL): BE84 0018 6824 5359
(LUX): LU18 0030 5474 8046 0000
Fondation - Fonds annuel: BE 97 0018 8663 5549
Fondation - Polio: BE75 0018 8663 5751
DATE HEURE CLUB ACTIVITÉ LIEU
24.11 12h30 Bruxelles-Ouest Jean-Émile Vanderheyden, ‘Le burn-out
professionnel et/ou privé’
Chalet du Laerbeek,
av. du Laerbeek 145, Jette
24.11 19u Dendermonde Rudi Vranckx, ‘Mijn kleine oorlog, 35 jaar aan
het front’
Kasteel van Lebbeke
24.11 19u Gent Bart Verbeke, ‘Restauratie van schilderijen’ Kasteel Coninxdonck
25.11 19u Jabbeke Amizant: vakanties voor kinderen en jongeren met
een beperking
Het Oosthof
26.11 19u Kortrijk Wine Art: kaas, wijn & fototentoonstelling Bel&Bo Deerlijk
30
DATE HEURE CLUB ACTIVITÉ LIEU
26.11 19u Vilvoorde Faja Lobi, ‘Herbebossing in de DR Congo’ Hotel Abbey
27.11 12h15 Luxembourg-
Horizon
Sven Baltes, ‘Jonk entrepreneuren Luxembourg’
Park Hotel Alvisse,
route d’Echternach 120,
L-1453 Luxembourg
27.11 19u30 Diksmuide 86XX Meet & Greet : maak kennis met de club! De IJzertoren
27.11 19u30 Landen Rotary Info Café: Red onze bijen De Rietgors, Landen
28-30.11 La Louvière Vente de sapins Nordmann + bar
(aussi les 12 et 13 décembre)
Espaces Verts Masse & Fils,
rue de la Croix du Maïeur 10,
Strépy-Bracquegnies
29.11 9h Luxembourg-Kiem Plantation d’arbres (réserve Rotary) Rue de Dalheim, Medingen
29.11 18u RAC Leuven Soirée Vinifiée : tasting Portugese wijnen OC Genadedal
29.11 18h Vallée du Geer
(Glons)
Paëlla solidaire + spectacle flamenco.
Info: Paul Lemoine
Salle de l’école de Voroux,
rue Provinciale 26, Voroux-lez-Liers
29.11 18u30 Brakel-Zwalmvallei Viering 10-jarig bestaan Gare C – feestzaal station Oudenaarde
29.11 19u Oudenaarde Casino Royale Royal Golf Club Oudenaarde
30.11 14u30 Turnhout &
Hoogstraten-
Kempen
Euregio Jeugdorkest, Akari Bastiaens & Jef Neve
De Warande, Turnhout
02.12 19u30 Hasselt-Juniperus Benefietavond Reginald Moreels & Architecten
zonder Grenzen
Krekelhof Hasselt
04.12 19h15 Seraing Soirée théâtre: ‘Apocalypse non’ (Marc Herman) Comédie en Île, rue Méan 11,
4020 Liège
04.12 19u45 Landen Steven Vanbergen, ‘Everything is possible.
Mijn weg naar de Ironman.
Aulnenhof, Walshoutem
06.12 18u30 Leuven Diner@Lampeke: culinaire beleving voor het
goede doel
Buurtwerk ‘t Lampeke
06.12 19h30 Brussel-Bruxelles
Atomium
Soirée théâtre: ‘Le prénom’.
Info: josehans62@gmail.com
Théâtre Royal des Galeries,
Galerie du Roi 32, 1000 Bxl
09.12 19h Bruxelles Valérie Glatigny et Pierre Jadoul, ‘L’enseignement
de demain’
EPHEC Bruxelles, Campus Woluwe -
info@rotary.brussels
10.12 19h Luxembourg-Hearts Christmas Dinner. Info: Damien Welsch, Michel Faltz Tubbo (igloo transparent sur la place
de l’Europe)
31
AGENDA
DATE HEURE CLUB ACTIVITÉ LIEU
11.12 12h15 Luxembourg-
Horizon
Daniel Becker, Conseil national d’Éthique
Park Hotel Alvisse,
route d’Echternach 120,
L-1453 Luxembourg
12-14.12 Waterloo Stand au marché de Noël (foie gras, champagne,
gaufres…)
Devant la maison communale
de Waterloo
13.12 16h30 Liège Ville Mosane Vente de sapins Nordmann et stand au marché
de Noël (huîtres, saumon, foie gras, bulles…)
Domaine de la Tour de Tilice,
rue Tilice 101, Juprelle
13.12 18h Bruxelles-Altitude
e.a.
Dîner + spectacle de mime ‘Les Petites Aventures’
Théâtre du Collège Saint-Pierre,
av. Coghen 205, Uccle
13.12 20h La Louvière Concert Gaspesie French Cover (bar champagne &
restauration 18h30)
Église Saint-Joseph,
place de Bracquegnies
15.12 19h Sept Fontaines Avant-première cinéma: ‘The Penguin Lessons’ Cinés Wellington, chée de Bruxelles
165, Waterloo
16.12 21u E-club of Belgium 1
Passport
Sjarabang: a welcoming place where art is a
leverage for social inclusion
Online
18.12 19h30 Louvain-la-Neuve Repas festif de fin d’année. Info: Olivier van Cutsem Abbaye de Clerlande,
allée de Clerlande 1, Ottignies
18.12 19u30 Menen Barnyard Bigband & showkoor Spotz-On:
‘White Christmas’
Fabriekspand
18.12 19h30 Saint-Ghislain PN, Pierre Degand, ‘Le réseau Séquoia pour les 50+’ Chez Romano, rue Neuve 18, Boussu
18.12 19h30 Wavre Gisèle Maréchal, ‘Climat et environnement:
de la fresque à l’action’
Hôtel Ibis Styles, bd de Lauzelle 61,
Louvain-la-Neuve
19.12 13h30 Herstal ‘Tournée du Père Noël’ (dans les homes de l’entité).
Info: Dimitri Tsalos
Départ: boulangerie-pâtisserie Pelzer,
Herstal
13.01 12h30 Esch-sur-Alzette Dr Marc Jacoby, ‘The power of sleep’.
Info: Gerry Wagner
De Spackelter, rue de Luxembourg 2,
Leudelange
15.01 12h15 Luxembourg-
Horizon
Raoul Schaaf, ‘Le travail social au service des
personnes en danger de marginalisation’
Park Hotel Alvisse,
route d’Echternach 120,
L-1453 Luxembourg
24.01 19h Binche-Leptines Soirée tartiflettes et blind test Maison de village, rue Albert Bastin,
Vellereille-les-Brayeux
24.01 19u30 Brugge ‘t Vrije Nieuwjaarsconcert met Dirk Brossé & Prima
la Musica
Concertgebouw Brugge
24.01 19h30 Lessines Concert du Nouvel An (JB Band Baudour) avec bar
champagne & tapas
Théâtre Jean-Claude Drouot,
rue des Quatre Fils Aymon, Lessines
26.01 19u Dendermonde Lezing ‘Jan Leyers bij de Duitsers’ Kasteel van Lebbeke
27.01 19h Esch-sur-Alzette Prof. Dr Jean Ehret, ‘Luxembourg School of Religion
and Society’. Info: Gerry Wagner
De Spackelter, rue de Luxembourg 2,
Leudelange
31.01 19h30 Durbuy Course caritative (5 ou 10 km) + animation Ruelles de Durbuy
32
SHOT ON SITE
Au sud du Limbourg, le Rc Bilzen-Alden Biesen
compte désormais un club satellite : Bilzen-Hoeselt.
L’entité a été créée sous la présidence de Johnny
Stegen, par ailleurs président de la commission
Image publique du D 2140. Le DG Paul Vandeloo
est venu personnellement remettre l’épinglette aux
nouveaux membres.
Même jour, autre équipe super motivée : les
Rc Bruxelles-Sud, Bruxelles-Tercoigne et
Bruxelles-Europe, accompagnés de quelque 200
scouts et guides (briefés par un quiz sur la défense
de l’environnement et l’impact néfaste du plastique),
ont récolté environ 200 kilos de déchets en un peu
plus d’une heure dans le parc de Wolvendael à Uccle.
Il reste encore beaucoup à faire pour que tout le
monde respecte notre environnement et donc notre
planète en général, mais cette initiative soutenue par
la commune d’Uccle est un pas important.
Dimanche 12 octobre, c’était la grande journée de
nettoyage dans les parcs bruxellois pour plusieurs
clubs de la capitale, à l’image des Rc Bruxelles-
Ouest et Brussel-Bruxelles Atomium au parc du
Laerbeek. L’occasion pour les participants de revêtir
leur gilet de travail et d’empoigner sacs poubelles et
pinces à déchets.
Pour la première fois, une course de canards en plastique a été organisée
à Charleroi, sur la Sambre, et c’est l’œuvre des Rc Gilly-Charleroi et
Fontaine-l’Évêque - Montigny-le-Tilleul. La manifestation s’est déroulée le
21 septembre, et tout avait été mis en œuvre pour limiter l’impact sur l’environnement
: barrage flottant anti-pollution pour récupérer tous les canards, nettoyage
complet du site, limitation des supports jetables, restitution des canards d’occasion
loués à une asbl... Les bénéfices seront versés à la Maison Mieux-Être, qui vient en
aide aux personnes atteintes de cancer.
33
SHOT ON SITE
Le 24 août, la marche gourmande du Rc Durbuy
s’est déroulée dans les magnifiques paysages
champêtres (et ensoleillés) d’Ouffet. La promenade
était ponctuée de sept étapes culinaires soigneusement
élaborées par un traiteur de la région mettant à
l’honneur des produits locaux et de saison, dans une
démarche de valorisation du terroir et de la gastronomie
artisanale.
Le 7 septembre,
le Rc Fléron a roulé des (belles) mécaniques avec
son Rallye d’Ancêtres qui a rassemblé, sous le soleil,
passionnés de véhicules anciens et amis du Rotary.
Au programme : balade sur les plus belles routes de
la région, pause apéro à Aubel, retour convivial autour
d’un barbecue et remise des cadeaux. Une journée
festive placée sous le signe de l’amitié mais aussi de
la solidarité puisque les recettes sont redistribuées
aux associations locales soutenues par le club.
Au bout de 33 étapes et 2.405 kilomètres parcourus
à bicyclette, Dorothée (Rc Esch-Bassin Minier) et
son conjoint Michael sont arrivés à Saint-Jacquesde-Compostelle.
Leur parcours parrainé bénéficiera à
la campagne End Polio Now. La photo a été prise sur
le Monte do Gozo, une colline hautement symbolique
pour les pèlerins : c’est là qu’ils aperçoivent pour la
première fois les tours de la cathédrale de Saint-
Jacques-de-Compostelle, objectif de leur long périple.
Quelques membres du Rc Gaasbeek-Pajottenland
se sont rendus dans la ville d’Ukunda (Kenya) afin de
visiter le projet Rainbow4Kids, qui prodigue aux enfants
les plus vulnérables une éducation de qualité
dans une école récemment construite. Les élèves y
reçoivent en outre deux repas complets chaque jour
(déjeuner et dîner).
Les clubs Rotaract de
Gand ont organisé leur
première réunion interclubs
de l’année rotarienne sur
l’eau, plus précisément sur
le Partyboot. Un excellent
moment placé sous le signe
de la musique, de la danse
et de la convivialité.
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SHOT ON SITE
Il y a quelques années, un membre du Rc Ieper sauvait
la vie d’une personne grâce aux techniques de
réanimation. Dans la foulée, le club lançait un projet
visant à les promouvoir et depuis lors, des centaines
de jeunes les ont apprises dans leurs écoles respectives.
Lors de la journée portes ouvertes des entreprises,
le club, en collaboration avec la Croix-Rouge,
était présent à l’hôpital Jan Yperman. Petits et
grands ont pu y apprendre à quel point il est simple –
et important – de savoir pratiquer la réanimation.
À Haacht, la résidence Wachthuis offre un lieu sûr aux
personnes présentant une vulnérabilité psychique
et/ou sociale, en dehors des structures de soins de
santé mentale. Avec le soutien du Rc Keerbergen,
un lieu de réconfort a été aménagé. Chacun peut s’y
asseoir en silence ou discuter, et simplement ‘être’...
sans jugement et en connexion avec les autres.
Le Rc Kasterlee a organisé une balade à vélo en famille
qui passait par les plus beaux coins de la commune.
Un temps idéal, une ambiance du tonnerre
et des participants enthousiastes ont fait de cet
évènement une journée inoubliable. La terrasse au
bord de la Nete a été transformée en piste de danse
improvisée, alors qu’un large choix de snacks et de
boissons était proposé au public. Les bénéfices seront
reversés à Mastival, un festival inclusif pour les
élèves de l’enseignement spécial, et aux résidents de
divers établissements de soins.
Le Rc Sint-Truiden est parti en... safari œnologique.
Slalomant entre les gouttes de pluie, les voiturettes
de golf ont emmené les membres visiter la région
viticole de Hesbaye. Diverses dégustations – Gloire
de Duras, Domein Cuvelier et Schorpion – ont ravi
les papilles rotariennes.
L’Interclub du Grand Tournai
illustre une coordination rare
et précieuse : 25 service clubs
réunissant près de 700 membres,
unis par le même engagement.
Le 3 septembre, l’Espace Wallonie
Picarde a accueilli la réunion
annuelle de coordination. 75 représentants issus de
25 clubs (Rotary, Lions, Kiwanis, Fifty-One, Soroptimist,
Inner Wheel, Table Ronde, etc.) y ont pris part.
Sur la photo, le DGE 2150 Christophe Cossyns, le DG
2150 Alain Vanrillaer et le PDG 1620 Paul Coppens
entourent Richard Paris, past-gouverneur du Lions.
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Quel est le montant versé
par le Rotary au Télévie en 2025 ?
Alain Van de Poel est-il le premier
Belge à être vice-président du RI ?
Si non, qui a déjà occupé ce poste ?
Avant Yinka Babalola (qui sera président du RI l’année prochaine), un Rotarien
africain a-t-il déjà accédé à ce poste ?
Bill Gates a décidé de céder la quasi-totalité de sa fortune. Quel âge a aujourd’hui
l’emblématique entrepreneur ?
Où le nouveau Rotary Peace Center sera-t-il inauguré ?
RÉPONSES :
• 80.500 €
• Clément Morraye (Rc Gent) en 1961-62
• Oui, Jonathan Majiyagbe (Nigeria), en 2003-04
• 70 ans
• À Pune, en Inde
Dans notre prochain numéro :
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FOCUS : Depuis quelques années, vous pouvez soutenir les programmes de la Fondation Rotary via le Fonds Rotary
Belgium auprès de la Fondation Roi Baudouin et bénéficier d’une déduction fiscale pour vos dons. Nous examinons
comment tout cela fonctionne et si d’autres formes de collaboration sont envisageables.
Des chatbots rédigant des essais aux algorithmes prédisant les maladies, l’intelligence artificielle conquiert le monde
à un rythme effréné. Mais ces machines comprennent-elles vraiment ce qu’elles disent ou se contentent-elles de
répéter ce qu’elles ont appris ? Eva Robbrecht (Rc Gent-Noord) analyse le mode de fonctionnement des modèles de
langage comme ChatGPT. Pourquoi sont-ils si impressionnants ? Quelles sont leurs limites ?
Proposant à l’origine des concerts d’envergure modeste, Arte Amanti est devenu, en moins de deux décennies, un
festival international à part entière. Son initiatrice, Reinilde Leyers, offre une scène aux jeunes espoirs comme aux
musiciens confirmés, donnant ainsi lieu à des rencontres artistiques exceptionnelles.
Interview de Lorenzo Gatto, violoniste belge (deuxième lauréat du Concours Reine Élisabeth 2009), partisan d’une
musique classique accessible à tous.
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