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Boxoffice Pro n°504 – 19 novembre 2025

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Bimensuel N°504 / 19 novembre 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA


AU CINÉMA

JEAN-FRANÇOIS

CAYREY

JULIEN

PESTEL

ANDRÉ

PENVERN

ET CHANTAL

LADESOU

ORGANISEZ VOTRE AVANT-PREMIÈRE

LE DIMANCHE 7 DÉCEMBRE

STUDIO TF1 ET UGC PRÉSENTENT

UNE PRODUCTION CURIOSA FILMS ET STARMAN FILMS

DIDIER

BOURDON

HAKIM

JEMILI

CAMILLE

LOU

THIERRY

LHERMITTE

MAXIME

GASTEUIL

LE 10

DÉC.

AU CINÉMA

UN FILM DE FRÉDÉRIC FORESTIER

ET ANTONIN FOURLON

MATÉRIEL DISPONIBLE

LE 10

DÉC.

AFFICHES, AFFICHETTES, PLV

DISPONIBLES CHEZ SONIS

KIT EXPLOITANTS, TOURNÉE ET AVANT-PREMIÈRE

EN TÉLÉCHARGEMENT SUR UGCDISTRIBUTION.FR

FILM-ANNONCE

EN LIBRE TÉLÉCHARGEMENT SUR GLOBECAST,

CINEGO, CINESCOPE ET UGCDISTRIBUTION.FR

N’HÉSITEZ PAS À LE PLACER DÈS À PRÉSENT


Bimensuel N°504 / 19 novembre 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

RENCONTRES DE L’ARP 2025

DÉMOCRATIE, FINANCEMENT ET IA

AU CŒUR DES DÉBATS

Les cinéastes Valérie Donzelli et Boris Lojkine ont coprésidé

la 35 ème édition des Rencontres Cinématographiques de L’ARP.


L'édito

Sommaire

Canal un peu plus

La parole du président du directoire du groupe Canal+

était naturellement attendue dans le cas des Rencontres

de l’ARP, et ses auditeurs n’avaient pas fait le déplacement

pour rien. Maxime Saada avait un certain nombre

de messages à faire passer : non, Canal+ ne privilégiera

pas ses propres films au sein du réseau UGC ; oui,

Canal+ a envie de cinéma français mais ce n’est pas

vital ; non, Canal+ ne baissera pas ses investissements

dans le cinéma et souhaiterait même les augmenter…

si les conditions le permettent… Soit, de manière à

peine voilée, un moyen de remettre sur la table la

question de sa fenêtre et de celle de ses concurrents

que sont les plateformes et YouTube (qui, miraculeusement,

continue à passer entre les gouttes des obligations).

Des plateformes dont la stratégie d’intégration

se poursuit. Après qu’Apple a réalisé la plus belle course

de l’été avec sa F1, c’est Amazon MGM Studios qui

se lance, comme évoqué dans notre dernière émission,

dans la distribution de films en salles. C’est, à l’image

de Studio TF1, une bonne nouvelle pour le secteur et

la confiance qu’il peut inspirer aux observateurs bancaires

et politiques. Si cela laisse également entendre que

MGM nourrit des ambitions en la matière, la question

demeure quant à la stratégie qu’adoptera le studio pour

l’utilisation de ses obligations en France et pour la

distribution des films qu’il finance dans ce cadre. 2026

s’annonce donc comme une année particulièrement

riche, et pas seulement sur nos écrans.

Laurent Cotillon

P.6

ACTUALITÉS

Una Mattina se lance dans la

distribution, Amazon MGM Studios va

distribuer des films en France,

De nouveaux rôles au sein des équipes

de Warner Bros. France, Convention

Metropolitan, Le colloque « La cinéphilie

d’hier à demain » de l’Afcae en détail

P. 8 à 14

RENCONTRES DE L’ARP

Défendre le cinéma pour défendre

la démocratie

Canal+ et cinéma,

la vision de Maxime Saada

©SUSY LAGRANGE

P. 22

DISTRIBUTION

Rencontre avec

Christophe Courtois, SND

P. 24-25

RENCONTRES DU NORD

Un rendez-vous à succès

P. 28 à 33

EXPLOITATION

Le Cinéville de Beaupréau-en-Mauges

et le Grand Écran de Fontenay-le-Comte

©ISABELLE NEGRE

Rencontre avec Karim Mouttalib,

directeur général de l’Ifcic

P. 21

INTERNATIONAL

P. 34

MISCELLANÉES

CNACi, soutiens, petites annonces et

agenda de la profession

est une publication de

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

L’exploitation africaine en attente

d’éclosion

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Directeur général délégué média & stratégie

Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr

Rédacteurs

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Collaboration au magazine

Tanguy Colon

Base de données Films

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4 Rue Antoine de Saint-Exupéry

88100 Saint-Dié-des-Vosges

La Rédaction

Crédit page 3 : ©Susy Lagrange

JULIEN MARCEL

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publication

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Journaliste

JULES DREYFUS

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

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Boxoffice Pro France

4 N°504 / 19 novembre 2025


ORGANISEZ VOTRE AVANT-PREMIÈRE

DIMANCHE 14 DÉCEMBRE

GAUMONT PRÉSENTE

MAGALIE LÉPINE-BLONDEAU

JONATHAN COHEN

UN FILM DE

ALICE VIAL

Certaines

histoires d’amour

ne meurent jamais.

CRÉATION © 2025 LES FILMS ENTRE 2 & 4 – GAUMONT – TF1 FILMS PRODUCTION

FLORENCE JANAS JEAN-CHRISTOPHE FOLLY ANNE BENOÎT

scénario aLicE ViaL Et JEan-toUssaint BErnarD D’ après UnE iDéE originaLE DE JEan-toUssaint BErnarD proDUit par BEnJaMin BELLEcoUr JEan-toUssaint BErnarD JonatHan coHEn Et siDoniE DUMas proDUctEUr ExécUtif VincEnt LEfEUVrE MUsiqUE originaLE coMposéE Et DirigéE par oLiViEr MargUErit iMagE JULiEn poUparD MontagE BaptistE riBraULt Décors JULiE pLUMELLE

son roMain DE gUELtZL réMi DUrEL JULiE triBoUt costUMEs Marion MoULEs MattHiEU caMBLor 1 Er assistant réaLisatEUr KEVin soirat DirEctEUr DE proDUction LaUrEnt WEitMann régissEUr généraL BEnoÎt BaVErEL DirEctEUr DE postproDUction tiVa nagcHin UnE coproDUction LEs fiLMs EntrE 2 & 4 UnE société MEDiaWan gaUMont tf1 fiLMs proDUction aVEc La participation DE tf1 tMc nEtfLix

aVEc LE soUtiEn DE La région norManDiE En partEnariat aVEc LE cnc Et En association aVEc norManDiE iMagEs aVEc LE soUtiEn DU cEntrE nationaL DU cinéMa Et DE L’iMagE aniMéE DistriBUtion Et VEntEs intErnationaLEs gaUMont


Actualités

Amazon MGM Studios

va distribuer des films

en France

La major prépare son arrivée sur le marché tricolore de

l'exploitation salle, avec l’ambition de commencer à sortir

des films dès les prochains mois. Dans cette optique, les

manœuvres sont en cours pour former l’équipe française.

D’après une information du Film français que Boxoffice

Pro est en mesure de confirmer, les fonctions de Head

of Marketing Theatrical vont être confiées à Marion

Pistoresi, qui officiait comme VP Marketing Theatrical

chez Warner Bros. Après 15 ans au sein du studio historique,

elle s’apprête donc à rejoindre Amazon MGM où

elle travaillera notamment sur la sortie du prochain James

Bond de Denis Villeneuve.

De nouveaux rôles au

sein des équipes de

Warner Bros. France

Suite au départ de Marion Pistores à la direction

Marketing de Amazon MGM Studios France [voir

ci-dessus], l’équipe de Warner France dirigée par Olivier

Snanoudj se réorganise. Bruno Perez, précédemment

chargé des productions locales de la filiale, est nommé

vice-président Marketing Cinéma France. Pour rappel,

il avait également officié en tant que directeur Marketing

d'EuropaCorp de 2010 à 2018.

Una Mattina se lance dans la distribution

Girls For Tomorrow a reçu le prix du public à la 25 e édition des Escales

Documentaires de La Rochelle.

Fondée initialement pour travailler en hors média avec

des distributeurs, la structure élargit son activité pour

accompagner elle-même des films en salles, avec comme

premier projet Girls For Tomorrow de Nora Philippe, le

10 décembre. Ce portrait de quatre femmes à New York,

s'étale sur une décennie, de leurs études jusqu’à leur vie

de jeunes adultes, à travers leurs combats pour plus de

justice dans l’Amérique de Donald Trump.

« La productrice Estelle Robin You (Grande Ourse Films) m’a

contactée il y a quelques mois pour m’inciter à organiser des

©Grande Ourse Films

séances événements autour de ce film, qui allait être diffusé

sur Arte. Mais en le voyant, je me suis dis que c’était une

œuvre pour la salle et que si je montais une structure de

distribution, c’était pour défendre ce genre de propositions »,

raconte Sandrine Floc’h, ancienne collaboratrice de Urban

Distribution et fondatrice de Una Mattina Films. Après

quelques semaines de réflexion, elle décide de concrétiser

cette idée avec l’aide de professionnels du cinéma – Estelle

Robin You donc, mais aussi Laurence Ansquer (Tita

Production) ou encore Joseph Paris (cinéaste et membre

du CA de la SRF) – et d’ailleurs. « J’aime l’idée du collectif

et de la pluralité des regards. »

Outre Girls For Tomorrow, la structure a signé un autre

film pour une sortie courant 2026 : Un lugar más grande

de Nicolás Défossé. D’autres titres sont par ailleurs en

négociation, parmi lesquels « un documentaire finlandais,

une fiction napolitaine, un documentaire sur une grande

photographe, … et sur la Palestine ». Avec l’envie d’accompagner

trois titres par an, Una Mattina Films « veut défendre

des films beaux et nécessaires, pour aujourd’hui et pour

demain. Des œuvres qui parlent de société et qui favorisent

la rencontre et le questionnement de chacun ».

70 ans de l’Afcae : le colloque

« La cinéphilie d’hier à demain » en détails

Tanguy Colon

Par ailleurs, après le départ de sa directrice des ventes

Cristina Batlle – désormais à la tête de la distribution

cinéma de Studio TF1 [voir Boxoffice Pro du 28 mai

2025] –, Cheima Selmi, auparavant responsable du

Marketing et Business Analysis Manager, occupe désormais

le poste de directrice de la Stratégie Distribution

Cinéma. La responsable Province et Opérations Lucie

Grémont devient directrice de la Programmation et

des Opérations.

Metropolitan annonce

sa convention

La société de Victor Hadida convie exploitants, programmateurs

et partenaires, le mardi 13 janvier 2026, dans

la salle Infinite du Grand Rex (Paris).

À cette occasion, le distributeur dévoilera des images

de son line-up à venir et projettera deux films “sportifs” :

Marty Supreme de Josh Safdie, avec Timothée Chalamet

(sortie prévue le 18 février), et Christy de David Michôd,

avec Sydney Sweeney (4 mars).

©Metropolitan

MERCREDI 3 DÉCEMBRE, AU CNC

La cinéphilie dans les politiques publiques de la

culture

• 9h30-12h30

Ouverture et présentation du colloque

Intervention : Pourquoi la cinéphilie ?

Table ronde : La cinéphilie, politique publique

• 14h30 - 17h30

Intervention : Le Festival Premiers Plans d’Angers

Table ronde : La salle de cinéma, socle de la cinéphilie

Intervention : La cinéphilie internationale

Table ronde : Où en est la cinéphilie des cinémathèques

?

• 19h

Cocktail et projection de Baise-en-ville de Martin

Jauvat, en présence du cinéaste

JEUDI 4 DÉCEMBRE,

À L’ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE

De l’histoire de l’Afcae à la transmission de la

cinéphilie

• 9h30-13h

Intervention : La fondation de l’Afcae

Lecture : Dans les archives de l’Afcae

Table ronde : Aux origines de l’art et essai en France

Intervention : L’Afcae d'hier à demain

Intervention : Le ciné-club de l'ENS, histoires et

perspectives

• 14h30 - 17h30

Table ronde : La transmission de la cinéphilie,

de la classe aux sallesIntervention :

La cinéphilie Ciné-Sup

Table ronde : Les nouveaux défis des ciné-clubs

• 19h

Cocktail à La Fémis, suivi d’une projection

de Spectateurs ! d’Arnaud Desplechin, en présence

du cinéaste

VENDREDI 5 DÉCEMBRE,

AU COLLÈGE DE FRANCE

Évolutions de la cinéphilie

• 9h30-12h30

Intervention : Que montrer ? Comment le montrer ?

Table ronde : L’évolution de la cinéphilie au regard

des transformations sociétales

• 14h30 - 17h30

Table ronde : Critique et cinéphilie à l’heure de la

révolution numérique

Dialogue avec le public : Qu’est-ce que la cinéphilie

de demain ?

• Soir

Réception au ministère de la Culture, clôture du

colloque

Retrouvez l’ensemble du programme et le détail des

intervenants sur www.boxofficepro.fr. Inscriptions sur

le site de l’Afcae

Marty Supreme de Josh Safdie

6 N°504 / 19 novembre 2025


APRÈS

Astérix - Le domaine des dieux

(3 MILLIONS D’ENTRÉES)

ET Astérix et Le secret de la potion magique

(4 MILLIONS D’ENTRÉES)

RETROUVEZ

Astérix et Obélix

DANS UNE NOUVELLE AVENTURE POUR NOËL 2026 !

UN TEASER EXCEPTIONNEL SPÉCIALEMENT

CONÇU POUR LA SORTIE DE ZOOTOPIE 2 EST DISPONIBLE

DIFFUSEZ-LE DEVANT !

TEASER (72’’)

RETROUVEZ TOUTES LES INFOS CONCERNANT NOS PROCHAINES SORTIES SUR NOTRE SITE :

WWW.SND-FILMS.COM


RENCONTRES

DE L’ARP 2025

DÉFENDRE LE CINÉMA

POUR DÉFENDRE LA DÉMOCRATIE

Que ce soit au sujet des relations transatlantiques, de la production

indépendante, de la mutation des plateformes ou de l’encadrement de l’IA…

c’est le terme de démocratie qui a sous-tendu tous les enjeux soulevés par les

cinéastes de L’ARP cette année au Touquet. Signe des temps inquiétants, mais qui

montre l’unité de la filière en Europe et au-delà des continents, pour défendre

l’indépendance d’un cinéma, lui-même garant de… démocratie.

©SUSY LAGRANGE

nomie du cinéma à l’Université de Montpelier ; Francesco Ranieri Martinoti, auteur-réalisateur italien et président de l'ANAC ; Emma Rafowicz, députée européene et vice-présidente de la Commision culture ; Frédéric Sojcher, cinéaste de L'ARP ; Marine Francen, cinéaste de la SRF ; Howard A. Rodman, scénariste, ancien président de laWriters Guild of AmericaWest et vice-président de l’Academy for Motion Picture Arts and Sciences ; Kjersti Mo, directrice générale de l’Institut Norvégien du Film et vice-présidente des EFAD… réunis pour un dialogue "transatlantique".

Chloé Delaporte, professeure en socio-économie

du cinéma à l’Université de Montpellier ; Francesco

Ranieri Martinotti, auteur-réalisateur italien et

président de l’ANAC ; Emma Rafowicz, députée

européenne et vice-présidente de la Commission

culture ; Frédéric Sojcher, cinéaste de L’ARP ;

Marine Francen, cinéaste de la SRF ; Howard

A. Rodman, scénariste, ancien président de la

Writers Guild of America West et vice-président

de l’Academy for Motion Picture Arts and Sciences

; Kjersti Mo, directrice générale de l’Institut

Norvégien du Film et vice-présidente des EFAD…

réunis pour un dialogue «transatlantique».

Du président LR de la Région Hauts-de-France Xavier

Bertrand – « Si on croit à la démocratie, il faut se battre

pour la Culture et la création » –, au réalisateur de

L'Histoire de Souleymane Boris Lojkine – « Défendre le

cinéma, c’est défendre la démocratie » –, en passant par

les députées européennes ou les auteurs américains

présents à ces Rencontres, tous ont défendu les politiques

publiques de soutien au cinéma comme un enjeu

politique au sens large. Car si la France fait toujours

figure d’exception, la notion d’exception culturelle –

qui vise à sortir la culture des traités de libre échange

et adoptée par près de 200 pays – est née à L’ARP lors

d’un dialogue… franco-américain. Et le CNC, rappelle

son directeur général délégué, a été créé, il y a 80 ans,

« en miroir des accords Blum-Byrnes, qui réglaient les

conditions des échanges cinéma entre les deux rives ». Mais

ce dialogue “en famille” a muté, avec l’arrivée de plateformes

« dont le chiffre d’affaires excède la richesse de la

plupart des nations, précise Olivier Henrard, et pour

lesquelles le cinéma n’est qu’un enjeu parmi d’autres ».

C’est dans ce rapport de force déséquilibré que les

systèmes de régulation sont attaqués, par les États-Unis

mais aussi à l’intérieur de l’Europe – où le cinéma relève

désormais de la commission des industries technologiques

–, et en France où l’existence même du CNC

est remise en cause.

8 N°504 / 19 novembre 2025


NOUS SOUHAITONS AUGMENTER

NOS INVESTISSEMENTS DANS LE CINÉMA FRANÇAIS…

SI LES CONDITIONS LE PERMETTENT

CANAL+ SELON MAXIME SAADA

©SUSY LAGRANGE

Interrogé sur les recours en justice d’Amazon et Netflix

contre la chronologie des médias, Maxime Saada « comprend

que Netflix s’énerve d’être à 15 mois, en investissant plus en

valeur absolue que Disney qui est à 9 mois,. Nous avons

mis la chronologie des médias dans les mains des Américains,

or ce n’est pas leur modèle ». Pour la fenêtre de Canal,

« la meilleure situation est celle d’aujourd’hui. Mais si la

chronologie actuelle devait sauter – ce que je ne souhaite

pas —, Canal y survivrait ».

Alors que Canal+ est entré à la bourse

à Londres, s’étend en Afrique…

et arrive au capital d’UGC, le

président du directoire du groupe

assure de son attachement au cinéma

français et de son optimisme quant à

l'avenir de la salle.

« La bascule des usages et de l’argent vers des plateformes »,

le développement de « modèles gratuits qui proposent

d’autres contenus que des films », la mutation « incroyable

de YouTube en télévision », ont abouti à un marché « très

confus », selon le président du directoire de Canal+,

interrogé au Touquet par Jérôme Enrico, président de

l’ARP, sur sa stratégie mondiale. Dans ce contexte de

porosité entre les métiers, « notre enjeu est de croître,

pour rivaliser ou s'associer ». Avec l’acquisition de Multi-

Choice en Afrique, Canal+ va franchir les 40 millions

d’abonnés dans le monde et vise les 100 millions. Et

c’est pour séduire les investisseurs internationaux que

le groupe, qui n’est plus une filiale de Vivendi, passe

par la Bourse de Londres. « Mais l’influence d'actionnaires

étrangers ne joue en rien sur notre politique d'investissement

dans le cinéma français », assure Maxime Saada, et

« l’ancrage de Canal en France reste essentiel ».

« On ne va pas privilégier nos propres films,

ça n’aurait aucun sens »

Ainsi son entrée au capital d’UGC, pour l’heure à

hauteur de 34 %, s’explique par « des liens intrinsèques

entre les deux sociétés », mais aussi parce que « si ce

n’était pas nous, c’était un autre ». Citant l’arrivée de

CMA-CGM chez Pathé ou l’intérêt de Xavier Niel/

Mediawan pour CGR au moment de sa mise en

vente, le patron de Canal+ souligne aussi qu’UGC

« aurait pu se retrouver dans les mains d’acteurs

américains ». Mais Maxime Saada dément être dans

une « logique d’intégration verticale vertigineuse. En

2024, Canal+ a investi dans 136 films auprès de 129

sociétés de production indépendantes : notre richesse ne

peut venir que de l'extérieur, on ne croit qu’à ça ». Canal

croit aussi que la salle protège la valeur des films,

« mais on ne va pas privilégier nos propres films, ça

n’aurait aucun sens : ce n’est ni notre vision artistique,

ni notre vision commerciale ». Quant à l’acquisition,

en 2028, de 100 % d’UGC, « c’est une option qui sera

soumise aux autorités de concurrence ».

« Le cinéma français n’est plus vital pour

Canal+, mais on en a envie »

Plus largement, le cinéma français reste au centre du

développement de Canal+, même si, comme le dit

Florence Foresti au sujet des hommes, « on n’en a plus

besoin, mais on en a envie ». Depuis sa mésaventure

avec la Ligue 1 en 2018, le groupe sait qu’il ne peut

pas dépendre d’un seul contenu et s’est diversifié dans

le sport puis en intégrant des plateformes. « Et si les

films restent la première motivation d’abonnement,

le cinéma français n’est plus vital pour Canal+ », explique

Maxime Saada. « C’est notre passion : les équipes de

Canal se réjouissent bien plus de l’acquisition d’UGC

que de celle de MultiChoice, pourtant 100 fois plus

importante économiquement. »

C’est donc « par envie » que Canal dépasse ses obligations

d’investissement dans le cinéma, de 150 M €

cette année, en y consacrant 226 M €. « Et je le dis

solennellement : nous ne souhaitons pas baisser nos

investissements dans le cinéma français, nous souhaitons

les augmenter ». Mais pour le président du directoire,

« il faut que les conditions le permettent. C’est un sujet

d'équité et reste à trouver un système qui nous permette

de revenir à des montants historiques ».

Quant aux accords Amazon/France TV et Netflix/TF1,

la vraie question, pour Maxime Saada, est de savoir ce

qui, demain, différenciera YouTube de TF1 ou de Netflix.

« Il me semble inévitable que YouTube finira par diffuser

des films et entrera dans la chronologie des médias. »

« Nos seuls choix sont artistiques et commerciaux

»

Questionné sur l’influence politique que pourrait avoir

Vincent Bolloré sur la diversité défendue par Canal+,

Maxime Saada rappelle d’abord que « le groupe Bolloré,

qui détient 30 % du capital, est l'actionnaire de référence

mais ne contrôle pas Canal+ ». Et surtout, « nous n’avons

pas de prisme politique chez Canal, on en mourrait.

Nos seuls choix sont artistiques – L'Histoire de Souleymane

a été soutenu par Canal seul, Miséricorde et La Petite

Dernière ne se seraient pas faits sans Canal – et commerciaux,

pour gagner des abonnés ». Et quand certains déplorent

qu’il y a trop de films et qu’il faudrait mener une politique

malthusianiste, Maxime Saada « n’y croit pas du tout ».

Pas plus qu’il ne croit aux positions du RN sur la suppression

du CNC, dont le rôle est essentiel : « Le cinéma

français est miraculé, les salles françaises sont un exemple

mondial, c’est inespéré. »

« Une chance inouïe »

Et pour le nouvel actionnaire d’UGC, la baisse de

fréquentation que l’on connaît n’a rien de structurel.

« On ne parle que du nombre d'entrées ou du nombre de

fois où les gens vont au cinéma. Or, lors de mon premier

CA d’UGC, je découvre que le nombre de gens qui vont au

cinéma est en augmentation depuis trois ans : c’est une chance

inouïe ! » Un grand message d’espoir pour Maxime Saada,

qui se dit « très très optimiste sur la salle ». Car « il est

beaucoup plus difficile de convaincre les gens d’aller au

cinéma que de les convaincre de venir voir un film de plus ».

Cécile Vargoz

N°504 / 19 novembre 2025

9


Rencontres de l’Arp

Un cinéma américain qui perd « sa spécificité,

son terroir, son goût »

Les États-Unis souhaitent instaurer des droits de douane

pour les tournages à l’étranger qui nuiront principalement…

à leur propre industrie. Mais au-delà, “la guerre

cognitive” menée par l’administration Trump pourrait

menacer toute la diversité de la création. C’est le risque

que pointe le scénariste Howard A. Rodman, ancien

président de la Writers Guild of America West (WGA)

et vice-président de l’Académie des Oscars. « Les États-Unis

estiment qu'ils ont le droit de diffuser leurs films dans tous

les cinémas de tous les pays du monde, tout comme ils estiment

que s'ils n'aiment pas la politique d'un pays, ils peuvent

l'envahir. » Or ce qui est perçu comme du protectionnisme

en Europe est, selon Howard A. Rodman, « une protection

nécessaire pour vous, mais aussi pour nous ». Pour ceux qui,

aux États-Unis, veulent produire autre chose que le « remake

de la suite d'une suite ou d'une extension de marque ».

Pour l’ex-président du syndicat de scénaristes, « le problème

du vin en France n'est pas l'afflux massif du mauvais cabernet

californien, mais la production de vin destinée au marché

international qui perd sa spécificité, son terroir, son goût ».

Et, par extension, celle d’une industrie qui voudrait

imposer au monde son mode de récit : « Vos vins doivent

avoir le même goût que la merde que vous achetez chez Trader

Joe's, et vos films et séries doivent ressembler aux nôtres. »

Si le message est le même du côté de la Directors Guild

of America (DGA), la doctrine de Trump s’appuie toutefois

sur une organisation comme la MPA – la Motion Picture

Association, qui rassemble grands studios et streamers

–, « qui défend les intérêts de ses membres, en faisant depuis

longtemps du lobbying en Europe et dans les pays d’Asie-Pacifique

sur les quotas de films américains », rappelle Chloé

Delaporte, professeure en socio-économie du cinéma à

l’Université de Montpellier. Pour autant, ce qui est « le

MEDEF de Hollywood » représente des entreprises privées,

et non pas un pays. La chercheuse rappelle ainsi que deux

tiers des États américains ont une politique de soutien

au cinéma, et qu’il est donc réducteur d'opposer la

politique étasunienne à celle du vieux continent.

Inquiétudes sur AgoraEU…

La députée européenne Emma Rafowicz confirme que

« ce combat politique se vit à l'intérieur même de l’UE, avec

des représentants comme Orban, Bardella ou Meloni, et en

France dans certaines régions ». La vice-présidente de la

Commission culture et éducation, qui a défendu au

parlement le droit d’auteur face à l’IA générative, a vu

« la France abandonner beaucoup de principes au nom de

l’innovation ». Heureusement, le secteur de la culture n’a,

selon elle, jamais été aussi uni, mais « il faudra une coalition

forte au parlement pour faire reculer la commission sur

AgoraEU ». Ce nouveau programme, qui doit être voté

pour 2028-2034, regroupera Europe Créative Média et

Démocratie et Citoyens (CERV), avec l’objectif louable

de soutenir à la fois la « compétitivité » de la culture et des

médias et la « citoyenneté active ». Mais le terme “cinéma”

n’y apparaît pas, et pour l’heure « rien ne cible ni la production

indépendante, ni la distribution en salles », rapporte

notamment Olivier Henrard. La crainte est que ce

programme aille plutôt dans le sens d’une concentration

des médias, « qu’il est urgent de réguler en Europe, selon

Emma Rafowicz, comme les Américains l’ont fait autrefois

[avec le décret Paramount, ndlr.] ». La députée européenne

redoute aussi la montée des idéologies réactionnaires.

« Quand l’extrême droite défend la souveraineté culturelle,

c’est avec une vision identitaire ; pour nous, il s'agit de

défendre la souveraineté d’un modèle, qui ne peut exister

sans la liberté de création. »

©SUSY LAGRANGE

… et en France pour les films du milieu

En France, cette liberté de création passe beaucoup

par les films indépendants dits “du milieu”, soit entre

4 et 7 M € de budget. Des films comme En fanfare ou

Un p’tit truc en plus, « indispensables à la démocratie »

selon Pierre Jolivet... et à la fréquentation. Mais alors

que les plus gros films sont portés par tous les diffuseurs,

que les plus petits (à moins de 4 M€ de budget) sont

préservés par la clause de diversité des obligations

d’investissement, le financement des films du milieu

est fragilisé. Une étude de l’UPC, présentée au Touquet

par les producteurs Denis Pineau-Valencienne (Les

Films du Kiosque) et Marc Missonnier (Moana Films),

montre que les financements externes ne suffisent plus

à couvrir le coût des œuvres au stade de leur fabrication.

Si la moitié des films indépendants étaient déficitaires

en 2020, ce sont les deux tiers en 2024, les plus impactés

étant les titres du milieu. La part de risque de leurs

producteurs est en augmentation significative (+160 %

en 4 ans) et pour le couvrir, ils doivent réduire le

nombre de jours de tournage et mobiliser davantage

leur fonds de soutien (de +250 % entre 2020 et 2024).

Or, la part de l’aide à la production est en baisse par

rapport aux autres filières (51 % des soutiens du CNC

en 2004, contre 42 % en 2024). Marc Missonnier

n’entend pas « minimiser les risques des distributeurs

indépendants et des salles, nos intérêts étant totalement

liés », mais estime qu’aujourd’hui,« la prise de risque du

producteur est à un point de rupture ».

Quel soutien pour la production indépendante

?

Du côté de France Télévisions, les accords prévoient

un investissement de 65 M € pour le cinéma, rappelle

Manuel Alduy, avec un engagement d’au moins 60

films français par an. « 40 % sont des films du milieu et

font les meilleures audiences – comme Antoinette dans

les Cévennes, La Daronne ou La Nuit du 12. Mais

avec la baisse de nos revenus publicitaires et de notre

budget, le niveau de dépenses prévu dans les accords va

être intenable. » Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des

antennes et programmes de France Télévisions, le

confirme: la perte de 200 M € de dotations en 18 mois

« remet en cause notre financement de la création. En

étant optimiste, on passe l’hiver en baissant de 5 M €

Priscilla Bertin, productrice (Silex Films) ;

Marc Missonnier, producteur (Moana Films) et

président de l’UPC ; Marine Forde, directrice de la

production cinéma (Gaumont) et membre de l’API

; et Pierre Jolivet, cinéaste et vice-président de

L’ARP… débattant de l’importance des films du

milieu dans la fréquentation.

EN ÉTANT OPTIMISTE,

ON BAISSE DE 5 M€

L’APPORT DE FRANCE

TÉLÉVISIONS DANS LE

CINÉMA EN 2026

Stéphane Sitbon-Gomez,

directeur des antennes et

programmes de France Télévisions

notre apport dans le cinéma pour 2026 ; l’hypothèse

pessimiste, c’est la pente vers la privatisation ». Pas celle

de France TV en particulier, « mais de tout le soutien à

la culture et à la création ».

Un soutien public qui, pour l’heure, doit être fléché

sur la production “vraiment” indépendante. Pierre

Jolivet rappelle, à ce titre, le recours de L’ARP pour

contester l’accès au compte de soutien du CNC de

Radar Films, filiale de Mediawan, lui-même détenu

par un fond de pension américain. « C’est une question

existentielle. Si on perd cette procédure, le message envoyé

aux États-Unis sera : venez créer votre filiale française à

51 % et vous aurez les aides publiques. » Pour Bruno

Nahon (Unité), membre du SPI et The Creatives, « il

faut arriver à une définition juste de l’indépendance, pas

par idéologie, mais pour corriger les inégalités par des

mécanismes publics ». Sans véhiculer l’image « de producteurs

qui se plaignent », ajoute Isabelle Madelaine

(Dharamsala), vice-présidente déléguée de l’UPC :

« Nous sommes des entrepreneurs, dans une industrie de

prototype avec un risque différent sur chaque projet. Nous

sommes subventionnés, mais notre diversité vient de la

diversité de nos financements. »

10 N°504 / 19 novembre 2025


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Rencontres de l’Arp

Martin Ajdari

Arcom : les investissements

des SMAD dans le cinéma

en 2024

Les différents diffuseurs audiovisuels ont consacré 443

millions d’euros dans la production cinéma au titre de

leurs obligations de financement.

Martin Ajdari, président de l'Arcom, a annoncé aux

Rencontres de l’ARP qu’un total de 1,6 milliard d'euros de

dépenses ont été retenues, en 2024, pour la production

cinéma et audiovisuel, soit une hausse de 1,5 % par

rapport à 2023. Pour le seul cinéma, les obligations d’investissement

sont passées de 360 M € à 443 M € (+3 %),

une hausse portée principalement par les plateformes. Les

dépenses des éditeurs linéaires sont stables avec 363 M €.

Les télévisions “historiques” (France TV, TF1, M6 et Canal+)

représentent 81 % de la contribution totale et Canal+

50 % à lui seul, avec 220 M €.

De leur côté, les SMAD (Crunchyroll, Disney+, Netflix et

Prime Video) passent de 71 M € à 80 M € (+13 %). Pour le

président de l’Arcom, « cette progression illustre le succès de

l’intégration de ces acteurs étrangers dans notre écosystème

». Les nouveaux acteurs du streaming ont consacré

89 % de leurs investissements dans des œuvres françaises,

78 % à des films inédits et 67 % à la production indépendante.

« Ils respectent les obligations du décret SMAD et vont

même un peu au-delà, même si des tensions demeurent. »

Notamment avec Amazon, dont le chiffre d'affaires sur la

seule vidéo est difficile à cerner, et dont le forfait établi est

toujours contesté par la plateforme.

©SUSY LAGRANGE

©SUSY LAGRANGE

Et « nous ne demandons pas plus d’argent public, précise

Marc Missonnier, mais de corriger certains biais : en

agissant sur les accords entre les différents diffuseurs (clause

volume et clause diversité), en majorant le fonds de soutien

du producteur délégué lorsqu’il le réinvestit, et en protégeant

son couloir de recettes, qui, aujourd’hui, n’est pas considéré

comme un apport financier ». Car « nous ne sommes pas

des nuls », appuie Marie Masmonteil : « C’est aussi la

valeur de nos catalogues qui nous permet de prendre des

risques. Si je suis au SPI et pas à L’ARP, c’est que je crois

tout autant aux films à moins de 4 M €, comme Sirat ou

La Petite Dernière. Nous devons donc réfléchir dans

l’unité. » Et repenser, « contre nous-mêmes », la façon de

fabriquer les films, ajoute Bruno Nahon. « Certains

peuvent se tourner en 20 jours, d’autres ont besoin de 60 ;

il va falloir tirer le meilleur de l’IA, mais aussi réfléchir

jusqu’à la distribution. On ne peut plus faire de press

junket dans des palaces : toutes les lignes d’un budget

doivent être discutées. »

Plateformes et délinéarisation : vers de

nouveaux équilibres

Certes, les plateformes américaines participent désormais

au financement des films indépendants – Marine Forde,

directrice de la production chez Gaumont, cite entre

autres l'accompagnement de Netflix sur L’Âme idéale,

après celui d’Amazon sur Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan.

Mais Priscilla Bertin, chez Silex Films, pointe la situation

« catastrophique » des films d’animation, qui ne peuvent

se faire pour moins de 7 M € et sont, de fait, des films

du milieu. « Ce sont les films qui voyagent le mieux à

l’étranger, mais on n’arrive plus à les financer en France. Il

va falloir trouver l’argent ailleurs : peut-être à travers les

obligations de Disney ? »

Mais là aussi, le paysage se redessine, avec des télévisions

qui se délinéarisent… et des plateformes qui deviennent

des télévisions. L’essor fulgurant de YouTube en est

l’exemple vertueux, Justine Ryst soulignant que « nous

sommes la seule plateforme de partage de vidéos à reverser

plus de la moitié de notre chiffre d’affaires aux auteurs de

contenus ». La directrice générale estime « parfaitement

normal » de contribuer au fonds du CNC, avec la taxe

sur les services vidéo et celle sur les services numériques.

Aujourd'hui, toutes les télés sont sur la plateforme (France

TV, Arte…), qui peuvent y vendre elles-mêmes leur

publicité. Et Stéphane Sitbon-Gomez reconnaît que

YouTube est devenue « non pas la première chaîne de télé,

mais la première télévision » et qu’il va lui-même y chercher

des revenus pour France TV. Le cinéma aussi est sur

YouTube, où « on peut acheter ou louer des films des grands

studios », rappelle Justine Ryst, et les youtubeurs font

eux-mêmes « des œuvres qui peuvent avoir la qualité du

cinéma, comme Inoxtag avec Kaizen ».

Du côté d’Arte, la question des interfaces d’usage a

très vite été centrale face à des plateformes comme

TikTok. « L’enjeu est de toucher des jeunes, tout en gardant

notre identité éditoriale artisanale, précise Boris Razon.

Nous avons 32 millions d’abonnés sur nos chaînes sociales,

sans logique de puissance, mais avec une forte croissance.

Notre raison d’être est de rapprocher les peuples par la

culture, précise le directeur éditorial, et c’est le projet de

Arte+ Europe que de s’étendre à tous les territoires de l’UE

dans ses 24 langues. »

Le cinéma européen et mondial reste le moteur

d’Arte qui, en tant que chaîne franco-allemande, n’est

pas soumise aux mêmes règles que France TV, « mais

nous avons décidé de consacrer 3,5 % de notre chiffre

d’affaires au cinéma, soit 10 M €, pour une trentaine

de films par an ».

Dans ce paysage audiovisuel difficile à lire, comme

l’analyse aussi Maxime Saada [voir ci-contre], la chronologie

des médias, avec ses obligations, devra évoluer.

Mais alors qu’au niveau de l’UE, la directive SMA est

en passe d’être rediscutée, la députée européenne

Aurore Lalucq alerte : « Avec un tiers d’extrême droite

au parlement, et la voix de la France décrédibilisée depuis

la dissolution, rouvrir les discussions sur ce texte serait

très dangereux. Il faut la garder comme telle pour préserver

l'essentiel. »

De son côté, L’ARP veut être l’une des têtes de pont

pour les créateurs français et européens, et entend

« livrer bataille, pour faire peser tout le poids de la création

et de la diversité à l’instant de décisions cruciales ».

Cécile Vargoz

Perspectives pour 2025… et 2026

Pour cette année, le président de l’Arcom estime que le

niveau d’obligation sera stable, « avec peut-être un petit

repli sur le cinéma lié à la diminution des engagements de

Canal+, pas encore compensée par d’autres accords, notamment

avec Disney ».

Le retournement risque d’avoir lieu en 2026, à cause de la

baisse d’audience de la télévision linéaire, de celle de ses

revenus publicitaires (-5 % en 2025), et la diminution du

budget de France Télévisions, « qui va altérer son rôle structurant

dans l'écosystème », précise Martin Ajdari. Il pointe

aussi que le rythme de progression des abonnements des

SMAD va ralentir, et prévoit donc un contexte « moins

engageant pour 2026, qui en appelle à une prise de

conscience et à un sursaut », tant des pouvoirs publics que

des différents acteurs de la filière.

C.V.

Justine Ryst, directrice générale YouTube France et Europe du Sud, et Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des antennes et programmes de France Télévisions

12 N°504 / 19 novembre 2025


L’IA, une chance pour le cinéma ?

Si l’inquiétude demeure sur la régulation de l’IA, les cinéastes

s’en emparent avec enthousiasme, témoignant non seulement

de l’évolution fulgurante des technologies en un an, mais

aussi celle des mentalités.

Pas une semaine sans qu’arrive une nouvelle IA générative révolutionnaire…

sous réserve d’être dans les mains d’un metteur en

scène. C’est notamment le rôle de Matthieu Lorrain, directeur

créatif chez Google DeepMind, que de faire le lien entre les chercheurs

et les créateurs, « comme aux débuts du cinéma, avec les

frères Lumière ingénieurs, et Méliès qui était un artiste ». Le Français

prône les productions hybrides et non pas 100 % IA, comme sur

sa collaboration avec Darren Aronofsky pour produire Ancestra,

réalisé par Elisa McNitz, « dans une approche responsable où l’acteur

n’est pas remplacé, mais augmenté. » Même vision du côté d’Anne

Seibel, cheffe décoratrice qui dit « s’emparer de ce nouvel outil

comme d’un nouveau pinceau, sachant que c’est à nous de définir

l’univers visuel du film ».

Car il n’est pas anodin de rappeler, comme le fait Quentin H. Martin,

que « dans IA, comme dans CIA, “intelligence” renvoie au terme

américain, à savoir la collecte de renseignements. Les IA calculent et

corrèlent, mais ne comprennent pas ». Pour le producteur en VFX,

elles ont pris toute leur place pour les tâches rébarbatives (rotoscopie,

tracking…), en préparation (storyboard, animatique…)

ou pour les retouches (maquillage ou décors…). « Mais les images

IA restent très limitées pour la résolution et ne passent pas à

l'échantillonnage. »

Elles sont limitées aussi dans ce qu’elles recyclent, « principalement

une esthétique de pub, de manga, ou de SF », estime le réalisateur

Nicolas Saada, qui a utilisé l’outil pour son film Le Danger. « Elles se

nourrissent peu de nos images du passé et de notre culture visuelle.

Qu'auraient fait Cocteau ou David Lynch avec l’IA ? »

Hadrien Gautrot, lui, a réalisé son court-métrage 1895 entièrement

en IA, mais avec « énormément de déchets ». Car il ne suffit pas d’un

prompt pour avoir une vidéo de qualité : l’enjeu, aujourd’hui, est la

professionnalisation, sachant que « moins de 200 personnes dans le

monde sont capables de travailler sur des tournages en IA », selon

Matthieu Lorrain.

Pour Sarah Lelouch, fondatrice de La Diversité du Cinéma Français

(DCF) et de ClapAction, « beaucoup de nouveaux métiers vont

apparaître, et sans forcément condamner les anciens, comme celui

de doubleurs, les IA étant incapables de transmettre une émotion ».

Ce n’est pas Claude Lelouch, amoureux des acteurs, qui la contredira.

Et pourtant, à 88 ans, le président d'honneur de L'ARP utilise déjà

l'intelligence artificielle. « Pour mon 52 e film, les 8 premières minutes

seront faites avec une IA. Pour raconter l'Histoire du monde, du Big

Bang à aujourd’hui, ce qui m’aurait coûté des millions. » Car enfin,

si l’IA n’est qu’un outil, il peut permettre d’importantes économies

de temps et d’argent, face aux difficultés de financement des films,

souligne Sarah Lelouch. « Il est donc urgent que les data set s'entraînent

sur des références culturelles européennes ». D’où l’importance

de reconnaître et d’encadrer le droit d’auteur…

Régulation et responsabilité

Or l’IA Act et la Directive droit d'auteur négociés à Bruxelles sont

encore très imparfaits. Il est en effet difficile de respecter le droit

d’auteur sans transparence sur les données utilisées, quand c’est

toujours le principe d’opt in qui prévaut : les fournisseurs d’IA ont

le droit d’utiliser toutes les données qu’ils veulent, sauf si les ayantsdroit

font savoir leur désaccord (opt out). Pour résumer, deux visions

s’affrontent au Parlement européen : celle d’un compromis, « pour

ne pas étouffer l’innovation », et celle qui considère que l’innovation

vient de la création humaine, et que les scrollers doivent se plier

aux règles et rémunérer les auteurs. On manque toutefois d’outils

juridiques pour faire appliquer le droit, ce à quoi travaille notamment

le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (SPLA).

De son côté, le CNC a créé un observatoire de l’IA et veut imposer

la transparence. Pour attribuer les aides, les membres des commissions

doivent savoir si l’IA est utilisée dans un projet de film, mais

eux-mêmes, « s’ils utilisent l’IA pour étudier les dossiers, doivent en

informer les porteurs de projet », explique Pauline Augrain, directrice

du numérique au CNC. L’Arcom quant à elle pourrait voir ses compétences

étendues à la régulation de l’IA et à l’information du public,

quand la Sacem travaille à une juste rémunération des auteurs.

Mais cela demande de définir un statut juridique pour les données…

et, là encore, cela se joue dans un contexte géopolitique difficile.

C.V.

Rencontre avec

KARIM MOUTTALIB

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’IFCIC

©Emilie Lombard

NOUS AVONS ÉTÉ CRÉÉS POUR

FAIRE UN MÉTIER DE BANQUIER,

À NE PAS CONFONDRE AVEC CELUI

D'INVESTISSEUR

À la tête de l’Institut pour le financement du cinéma et

des industries culturelles depuis 2020, Karim Mouttalib

décrypte, au lendemain des Rencontres de L’ARP, le rôle

de cet établissement singulier, à la croisée du public et

du privé, et observateur privilégié des défis

de la filière cinématographique.

L’Ifcic… Voici un sigle et une “maison” qui accompagne depuis plus de

quarante ans le cinéma, mais qu’on a souvent du mal à définir. Pouvez-vous

nous expliquer son statut et sa fonction ?

L’Institut a été créé par Jack Lang en 1983, pour faciliter l’accès des entreprises du

cinéma et des industries culturelles au crédit bancaire. Il est détenu à 50,5 % par des

acteurs privés, les plus grosses parts étant celles des établissements les plus actifs en

matière de cinéma, à savoir Natixis (Coficiné), Neuflize OBC, BNP(Cofiloisirs)…

Actionnaire minoritaire à 49,5 %, l’État est notamment actionnaire à travers la

Banque publique d’investissement et la direction générale du Trésor. Il est aussi

représenté au conseil d’administration par le CNC et le Ministère de la Culture. En

résumé, l’Ifcic est un établissement bancaire majoritairement détenu par le privé,

N°504 / 19 novembre 2025

13


Rencontres de l’Arp

avec une mission d'intérêt général. Et si le cinéma et

l’audiovisuel représentent nos deux grands piliers, nous

intervenons également sur toutes les industries créatives

rattachées au champ du Ministère de la Culture.

Qu’est-ce qui rend l’activité cinéma en particulier

si complexe que l'État a décidé de créer un établissement

financier spécifique à son financement ?

Le secteur de la production cinématographique manie

beaucoup de propriété intellectuelle et reste une industrie

de prototype, dont nous sommes fiers, mais où les investissements

sont souvent très supérieurs aux fonds propres

des sociétés de production indépendantes. Il y a, par

nature, une part d’incertitude quant à la conduite à terme

des projets. C’est pourquoi les banques traditionnelles

non spécialisées ont toujours plus de mal à financer les

activités cinématographiques.

Dans ce contexte, l’Ifcic intervient en tant que garant

des prêts, couvrant en moyenne 50 à 55 % de leurs

montants. Mais attention, ce rôle ne doit pas être

confondu avec un rôle d'assurance ou de garant de

bonne fin ! Le nôtre est de garantir les plans de financement,

sachant que ces derniers sont basés sur des

promesses d'achats, de crédits d'impôts, de minimum

garantis… Les banques spécialisées avancent donc les

fonds, avec le risque d’un incident de tournage, d’un

dépassement budgétaire, d’une défaillance de créancier ;

auquel cas, nous partageons les éventuelles pertes avec

les établissements bancaires.

Concrètement, combien de productions représente

votre activité de garantie ?

Nous garantissons en moyenne 100 à 110 films de cinéma

par an, dont une très grande partie des films du milieu.

Les plus petits budgets n'ayant pas forcément besoin de

garantie voire de crédits dans certains cas, et les plus chers

étant généralement portés par des sociétés dotées d’assez

de fonds propres pour faire face aux aléas, c’est en effet

sur les films du milieu, et plus largement les projets de

2 à 20 M €, que nous sommes les plus pertinents. Et

nous n'intervenons que sur les productions déléguées

– et non sur les productions exécutives –, car notre

mission est de soutenir la production indépendante, et

que les producteurs gardent leurs droits.

Reste que nous avons été créés pour faire un métier de

banquier, à ne pas confondre avec celui d'investisseur :

il ne s’agit pas de faire des paris, ni d’évaluer artistiquement

les projets. Nous sommes, certes, très heureux si le film

marche bien, mais notre but, avant tout, est qu’il y ait

un film livré.

Dans quelles conditions l’Ifcic peut-il lui-même

attribuer des prêts ?

L’Ifcic n’a pas vocation à boucler les plans de financement

de films. Par contre, nous pouvons soutenir

les projets d’investissements de la filière : équipements

de sociétés de post-production ou VFX, création de

studios, achats de catalogue… et bien entendu, rachats

et transmissions de salles de cinéma. Nous intervenons

alors en privilégiant la garantie qui peut aller jusqu’à

70 % des prêts pour les sommes les plus faibles. En

complément, nous pouvons également accorder des

prêts directs aux entreprises du secteur. Concernant

le secteur particulier de la production, nos interventions

en prêts directs se sont concentrées sur la période qui

a suivi le rapport Boutonnat en 2019 – avec l’idée de

créer des “champions” nationaux de la production,

ce qui a été réalisé – et celle de la crise du Covid où

la logique de soutien s’inscrivait dans une action

nationale de l’État.

C’est d’ailleurs, entre autres, vers l’Ifcic que le

CNC a orienté les exploitants en difficulté dans le

cadre de ses mesures d'urgence annoncées lors du

dernier Congrès de la FNCF. Ont-ils été nombreux

à vous solliciter ?

J’en profite pour saluer la réactivité exceptionnelle du

CNC et de son président Gaëtan Bruel, avec la mise en

place du guichet d'urgence. De notre côté, nous sommes

tenus par le secret bancaire, et je ne peux donner de chiffres.

Ce que je peux partager, c'est que les situations que nous

avons expertisées étaient très différentes, et moins nombreuses

que nous aurions pu le craindre. Nous avons toujours été

très volontaires pour apporter des solutions, pour soutenir

les trésoreries, mais dans la limite de la capacité de l’exploitant

à rester solvable. Nous pouvons aider à passer

une mauvaise passe, sauf si la situation économique est

irrémédiablement compromise, auquel cas notre crédit

serait qualifié d’“abusif", ce qui nous est bien entendu

interdit par la règlementation bancaire. Nous poursuivons

la mise en avant de nos capacités d’accompagnement

auprès des exploitants les plus impactés.

NOUS AVONS

APPORTÉ DES

SOLUTIONS DE

FINANCEMENT

AUX EXPLOITANTS,

DANS LA LIMITE DE

LEUR CAPACITÉ À

RESTER SOLVABLES

Dans le contexte de mauvaise fréquentation que

nous connaissons, quelles sont les plus grosses

fragilités que vous avez identifiées au niveau des

différents acteurs du secteur ?

Nous sommes très attentifs au risque porté par les distributeurs,

qui constituent un maillon essentiel de la chaîne

de financement des films. Même s’ils ne représentent pas

une part prépondérante, ils ont un vrai rôle d'investissement

à travers leurs minima garantis, mais doivent se

positionner très en amont, dans un environnement qui

bouge très vite et très violemment depuis le Covid. Une

défaillance d’un distributeur peut avoir un impact assez

systémique sur l’ensemble de la filière.

Nous suivons également de près le secteur de l'animation,

particulièrement fragilisé avec son processus plus industriel,

qui se déploie sur des durées plus longues que le cinéma

live, et avec plus d’intervenants, parfois des centaines de

salariés embauchés sur plusieurs années. Or l’animation

française s’était développée en partie ces dernières années

sur les commandes de plateformes, qui ont assez brutalement

baissé le nombre de leurs commandes, au regard

de leur stratégie globale, et contribué ainsi à fragiliser de

nombreuses entreprises. Des défaillances ont eu lieu de

studios d’animation de taille significative : des sociétés

comme TeamTO ou Cyber Group Studios ces 18 derniers

mois. Nous pouvons cependant en citer qui se portent

bien, comme Fortiche Production, créateur de la série

Arcane, dont la saison 2 a été récemment distinguée par

quatre Emmys Awards.

Parmi les autres risques identifiés, il y a ceux pesant sur

le financement de la création si les engagements de

l'audiovisuel public venaient à refluer pour des raisons

budgétaires. Nous regardons également l’appétence des

diffuseurs traditionnels privés pour l’animation, dans un

contexte où il est plus difficile de valoriser les cases

“jeunesse” avec la baisse de leurs recettes publicitaires et

un déport d’une partie de cette audience vers des canaux

comme YouTube. On peut d’ailleurs relever que, pour

l'heure, YouTube ne participe pas pleinement au système

tel qu’il est conçu actuellement, alors qu’une partie de

la diffusion s’est déplacée sur ce canal.

Enfin, sachant que l'Ifcic est intervenu sur beaucoup de

projets de La Grande Fabrique de l’image, dont un certain

nombre sont déjà sortis de terre, nous suivons avec

attention le sort du crédit d'impôt international dans le

Projet de loi de finances en cours de discussion. Même

si les débats ont été rassurants, le PLF n’est pas encore

finalisé. Il serait surprenant d’avoir consacré 300 millions

d'euros d’argent public dans le cadre de la Grande Fabrique

de l’image pour favoriser l’extension ou la création de

grands studios, avec pour objectif de susciter 2 milliards

d’euros d’investissements au total, si c’est pour diminuer

l’intérêt fiscal des productions étrangères à venir tourner

en France, à rebours de ce que font nos voisins.

Pour finir, que retenez-vous des Rencontres de

l’ARP de cette année ? Et par extension, quelle est

votre vision du cinéma sur les prochaines années ?

On ne peut pas nier les difficultés de financement actuelles

des films indépendants du milieu. Nous le voyons dans

nos dossiers, avec des plans de financement plus difficiles

à boucler et plus serrés qu’avant, des MG distributeurs

et des préachats plus faibles… alors que les coûts de

production subissent l’inflation. Ainsi, nous constatons

souvent que, pour ces productions du milieu, le nombre

de jours de tournage sert de variable d’ajustement et peut

être réduit en cours de projet.

Pour ce qui est de la fréquentation en salles, 2025 a de

toute évidence manqué de locomotives, notamment

américaines, car finalement, cette année a subi pleinement

l’impact des six mois d’arrêt de la production durant la

double grève historique des scénaristes et acteurs. En

2026, il semblerait que l’offre soit de retour, réinstallant

la dynamique vertueuse du système de soutien à la

création cinématographique et audiovisuelle qui commence

par les salles. Un autre facteur d'optimisme est que la

mise à contribution des plateformes dans le financement

de la création commence à donner sa pleine mesure.

Reste à savoir si ces nouveaux acteurs étaleront leurs

investissements sur plusieurs projets en soutien de la

diversité ou s’ils les concentreront sur quelques grosses

productions. Ce qui est sûr, c’est que la salle de cinéma,

à laquelle l’Ifcic croit beaucoup, est centrale. C’est elle

qui crée de la valeur. Et les plateformes, après quelques

hésitations, l’ont compris aussi.

Propos recueillis par Aysegül Algan

14 N°504 / 19 novembre 2025



Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S47

19 NOV

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

FRIDAY ENTERTAINMENT 120 BAHADUR 02h40 R.Ghai F.Akhtar, R.Khanna, A.Siwach

DAVID ABOUCAYA 7 JOURS EN JUIN 02h20 D.Aboucaya M.Goncalves, L.Guiot, F.Rasamison

PATHÉ LIVE ARABELLA (METROPOLITAN OPERA) 04h12 O.Schenk R.Willis-Sørensen, L.Alder, P.Breslik

CGR EVENTS CENDRILLON (THE ROYAL BALLET) 03h15 F.Ashton F.Kaneko, W.Bracewell, B.Gartside

TANDEM DES PREUVES D’AMOUR 01h37 A.Douard E.Rumpf, M.Chokri, N.Lvovsky

HAUT ET COURT DOSSIER 137 01h55 D.Moll L.Drucker, G.Malanda, M.Roehrich

FRIDAY ENTERTAINMENT EKO 02h05 D.Ayyathan S.Pradeep, Vineeth, Narain

SONY PICTURES RELEASING FRANCE ELEANOR THE GREAT 01h38 S.Johansson J.Squibb, E.Kellyman, C.Ejiofor

BAC FILMS FRANZ K. 02h07 A.Holland I.Weiss, P.Kurth, C.Schuler

WARNER BROS. FRANCE JEAN VALJEAN E.Besnard G.Gadebois, B.Campan, A.Lamy

GASTIBELTZA FILMAK KARMELE 01h54 A.Altuna J.Laspiur, E.Sagardoy, N.Aranburu

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LA FONTE DES GLACES 01h43 F.Péloquin C.Beaulieu, L.Bluteau, M.Béland

JHR FILMS L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE 01h40 E.Green R.Silva, A.Moreira, D.Doria

CARLOTTA FILMS LES DERNIERS JOURS DE MUSSOLINI 02h10 C.Lizzani R.Steiger, F.Nero, L.Gastoni

POWERHOUSE PRODUCTIONS MASK 02h10 V.Ashok Kavin, A.Jeremiah, R.Sharma

FRIDAY ENTERTAINMENT MIDDLE CLASS 02h05 K.Muthuramalingam Munishkanth, Vijayalakshmi, Kuraishi

ALILEO MEDIA LIMITED POKÉMON AU CINÉMA 01h41 K.Yuyama et J.Loeffler

MÉTÉORE FILMS POMPEI, SOTTO LE NUVOLE 01h55 G.Rosi

LES FILMS DU PRÉAU PREMIÈRES NEIGES 00h37

PATHÉ FILMS RÉTROSPECTIVE FRANCIS FORD COPPOLA (6 FILMS) F.Coppola

POTEMKINE FILMS RÉTROSPECTIVE WERNER HERZOG (6 FILMS) W.Herzog

PARAMOUNT PICTURES FRANCE RUNNING MAN 02h14 E.Wright G.Powell, J.Brolin, W.Macy

METROPOLITAN FILMEXPORT SHELBY OAKS 01h31 C.Stuckmann C.Sullivan, S.Durn, B.Sexton III

GEBEKA FILMS THELMA DU PAYS DES GLACES 01h11 R.Kalnaellis

OUTPLAY FILMS TRANS MEMORIA 01h12 V.Verseau

PRODUCTION LES FILMS DE L’YMAGIER UTOPIE ZÉRO CHÔMEUR 01h25 C.Baqué

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR WICKED : PARTIE II 02h18 J.Chu A.Grande, C.Erivo, J.Bailey

S48

26 NOV

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION À HAUTEUR D'ENFANT 01h33 M.Carrier et O.Higgins M.Carrier, O.Higgins, B.Higgins

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR BUGONIA 01h59 Y.Lanthimos E.Stone, J.Plemons, A.Delbis

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE CONCERT DE NOËL 2025 D’ANDRÉ RIEU : JOYEUX NOËL ! 03h00 A.Rieu A.Rieu, E.Kok

DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS DIS PAS DE BÊTISES ! 01h20 V.Glenn P.Glenn

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION FOLLEMENT(E) 01h37 P.Genovese E.Leo, P.Fogliati, E.Fanelli

PROGRAM STORE HELL IN PARADISE 01h42 L.Sy N.Arnezeder, M.Bello, A.Khan

POLITIE PRODUCTION HOMELESSLY IN LOVE 01h22 A.Mohseni-Sadjadi et L.Clozel

MK2 FILMS JE N’AVAIS QUE LE NÉANT 01h34 G.Ribot G.Ribot, C.Lanzmann

LITTLE KMBO LA PETITE FANFARE DE NOËL 00h40 M.Fehre et S.Dully

JOUR2FÊTE LA VOIX DE HIND RAJAB 01h29 K.Ben Hania A.Hlehel, C.Khoury, M.Malhees

SONY PICTURES RELEASING FRANCE L'INTERMÉDIAIRE (RELAY) 01h52 D.Mackenzie R.Ahmed, L.James, S.Worthington

LES FILMS DU CAMELIA MALINA 02h07 W.Schroeter I.Huppert, M.Carrière, C.Togay

DULAC DISTRIBUTION QUEERPANORAMA 01h27 J.Li J.Cheung, E.Shekarriz, S.Mahito Soukup

BON VOYAGE FILMS RENAÎTRE 01h45 R.Lange R.Portes, H.Kimpo, M.Blanc

L'ATELIER DISTRIBUTION

RÉTROSPECTIVE MASSON KIBERLAIN (3 FILMS)

NIGHT ED FILMS REVOLVER RITA 02h23 K. Chandru K.Suresh, R.Sarathkumar, Sunil

LÉOPARD FILMS ROOM TEMPERATURE 01h33 D.Cooper et Z.Farley C.Jacobs, J.Williams (V), C.Olsen

TRAFALGAR RELEASING SEVENTEEN WORLD TOUR [NEW_] IN JAPAN : LIVE VIEWING 03h45 HYBE

WAYNA PITCH SILVER STAR 01h42 R.Amar et L.Bessis G.Van Dien, T.Johnson, T.Fruits

METROPOLITAN FILMEXPORT THE KILLER 01h50 J.Woo Chow Yun-Fat, D.Lee, S.Yeh

CARLOTTA FILMS UN ÉTÉ CHEZ GRAND-PÈRE 01h33 H.Hsiao-Hsien M.Fang, W.Qiguang, G.Jun

AD VITAM VIE PRIVÉE 01h45 R.Zlotowski J.Foster, D.Auteuil, V.Efira

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ZOOTOPIE 2 01h48 B.Howard et J.Bush G.Goodwin, J.Bateman, K.Quan

S49

3 DÉC

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PATHÉ LIVE BARDOT 01h30 A.Berliner et E.Thevenet B.Bardot, C.Ardan, F.Bel

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION BILLY 01h45 L.Côté-Collins

OPTIMALE DISTRIBUTION CABO NEGRO 01h16 A.Taïa O.Barid, Y.Beyej, J.Compan

DULAC DISTRIBUTION DEMAIN 01h58 C.Dion et M.Laurent M.Laurent, C.Dion, J.Rifkin

ARP SÉLECTION DITES-LUI QUE JE L’AIME 01h32 R.Bohringer R.Bohringer, C.Autain, E.Yelmani

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR FIVE NIGHTS AT FREDDY'S 2 01h44 E.Tammi J.Hutcherson, E.Lail, M.Lillard

LE PACTE FUORI 01h57 M.Martone V.Golino, M.De Angelis, Elodie

WILD BUNCH DISTRIBUTION GÉRALD LE CONQUÉRANT F.Eboué F.Eboué, L.Lefèbvre, A.Roth

LES FILMS DES DEUX RIVES IL A SUFFI D'UNE NUIT 01h30 E.Bidou

SAJE DISTRIBUTION JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION 01h20 M.Kondrat M.Juzwin, K.Przystal, N.Strzelecka

SONY PICTURES ENTERTAINMENT FRANCE JUJUTSU KAISEN : EXÉCUTION 01h30 S.Goshozono J.Enoki, Y.Uchida, A.Seto

MISSION LA FAUTE À VOLTAIRE 02h13 A.Kechiche S.Bouajila, A.Atika, É.Bouchez

STUDIOCANAL LES ENFANTS VONT BIEN 01h51 N.Ambrosioni C.Cottin, J.Armanet, M.Chokri

EUROZOOM L'ŒUF DE L'ANGE 01h11 M.Oshii M.Hyôdô, J.Nezu, K.Noda

PATHÉ FILMS MEKTOUB MY LOVE : CANTO DUE 02h14 A.Kechiche S.Boumedine, O.Bau, J.Pennington

TRAFALGAR RELEASING MONSTA X : CONNECT X IN CINEMAS 01h58 Y.Oh et Y.Lee MONSTA X

PARADIS FILMS PANIQUE À NOËL 01h20 H.Martin Dahlsbakken V.Falk Berg, V.Eide, F.Fagerli

METROPOLITAN FILMEXPORT POUR L'ÉTERNITÉ 01h52 D.Freyne E.Olsen, M.Teller, C.Turner

NEW STORY QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE 01h35 J.Kowalski M.Wróbel, R.Mesquida, W.Skibinski

THE JOKERS FILMS REEDLAND 01h45 S.Bresser G.Knobbe, L.Reinders

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION SOME NIGHTS I FEEL LIKE WALKING 01h43 P.Vargas J.Angeles, A.Saycon, T.Alejandrino

SINGULARIS FILMS SOUVENT L'HIVER SE MUTINE 01h14 B.Perraud

MK2.ALT TAYC X RED BULL SYMPHONIC : DERNIER ACCORD 01h30 S.Bergé

NOUR FILMS TERESA 01h44 T.Mitevska N.Rapace, S.Hoeks, N.Ristanovski

PATHÉ LIVE THE DOORS : WHEN YOU'RE STRANGE 01h41 T.DiCillo J.Depp, J.Densmore, R.Krieger

SPACE ODYSSEY THE SHADOW’S EDGE 02h20 L.Yang J.Chan, Z.Zhang, T.Leung Ka Fai

CGR EVENTS THE WORLD OF HANS ZIMMER - A NEW DIMENSION 02h00 M.Greving H.Zimmer, L.Gerrard, L.M.

16 N°504 / 19 novembre 2025


S50

10 DÉC

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SND À LA POURSUITE DU PÈRE NOËL ! J.Huth P.Timsit, I.Nanty, T.De Boeck

TAJINE STUDIO ALICE PAR CI PAR LÀ 01h24 I.Tent

PATHÉ LIVE ANDREA CHÉNIER (METROPOLITAN OPERA) 03h31 N.Joël S.Yoncheva, P.Beczala, I.Golovatenko

AD VITAM ANIMAL TOTEM 01h29 B.Delépine S.Guesmi, O.Rabourdin, S.Rigot

PATHÉ LIVE CASSE-NOISETTE 01h43 F.Roussillon D.Gilbert, G.Diop

CGR EVENTS CASSE-NOISETTE (THE ROYAL BALLET) 03h30 P.Wright M.Magri, R.Clarke, M.Tsembenhoi

UGC DISTRIBUTION / TF1 STUDIO CHASSE GARDÉE 2 A.Fourlon et F.Forestier D.Bourdon, C.Lou, H.Jemili

EPICENTRE FILMS ELLE ENTEND PAS LA MOTO 01h34 D.Fischbach

LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION

(EX CINÉ SORBONNE) FEUX DANS LA PLAINE 01h47 K.Ichikawa E.Funakoshi, O.Takizawa, M.Curtis

UNA MATTINA FILMS GIRLS FOR TOMORROW 01h38 N.Philippe

DIAPHANA DISTRIBUTION LA CONDITION 01h43 J.Bonnell S.Arlaud, G.Bellugi, L.Chevillotte

MEMENTO LADY NAZCA 01h39 D.Dorsaz D.Lingnau, G.Gallienne, O.Ross

PYRAMIDE DISTRIBUTION LA PETITE CUISINE DE MEHDI 01h44 A.Adjina Y.Boucif, C.Bretheau, H.Abbass

MALAVIDA FILMS LA PISCINE 02h18 B.Zhelyazkova K.Tsonev, Y.Kasheva, K.Denchev

MALAVIDA FILMS LA VIE S'ÉCOULE SILENCIEUSEMENT... 01h45 H.Ganev et B.Zhelyazkova B.Simeonov, G.Georgiev-Getz, E.Radeva

METROPOLITAN FILMEXPORT L'ÉLUE 01h39 O.Perkins T.Maslany, R.Sutherland, E.Boyes

APOLLO FILMS LOUISE 01h48 N.Keitel D.Rouxel, C.de France, S.Dewaels

TANDEM LOVE ME TENDER 02h13 A.Cazenave Cambet V.Krieps, A.Reinartz, M.Chokri

KMBO MISSION PÈRE NOËL 01h36 R.Cussó et D.Mitrevski J.Weckauf, B.Zimmermann, O.Kalkofe

LES FILMS DU CAMELIA MOI IVAN, TOI ABRAHAM 01h45 Y.Zauberman R.Alexandrovitch, A.Yakovlev, V.Mashkov

LES FILMS DU LOSANGE RESURRECTION 02h40 B.Gan J.Yee, S.Qi, M.Chao

PATHÉ LIVE ROLLING STONES - AT THE MAX 01h33 J.Temple et R.Kroitor M.Jagger, K.Richards, R.Wood

S51

17 DÉC

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES 03h12 J.Cameron S.Worthington, Z.Saldana, S.Weaver

APOLLO FILMS HEIDI ET LE LYNX DES MONTAGNES 01h19 T.Schwarz et A.Roca Berridi L.Graffam, T.Zahner, L.Lucero

SHELLAC HISTOIRES DE LA BONNE VALLÉE 02h02 J.Luis Guerín

LA FIDÈLE STUDIO JONE SOMETIMES 01h20 S.Fantova O.Aguayo, J.Bengoetxea, A.Artetxe

NEXT FILM DISTRIBUTION KOGIS, ENSEMBLE POUR SOIGNER LA TERRE 01h15 A.Bouchet

WILD BUNCH DISTRIBUTION LA FABRIQUE DES MONSTRES 01h32 S.Hudson et T.Genkel A.Butterfield, J.Fry, R.Brydon

AD VITAM L'AGENT SECRET 02h40 K.Mendonça Filho W.Moura, G.Leone, M.Cândido

GAUMONT DISTRIBUTION L’ÂME IDÉALE A.Vial J.Cohen, M.Lépine Blondeau, F.Janas

JOUR2FÊTE L'AMOUR QU'IL NOUS RESTE 01h49 H.Pálmason S.Garðarsdóttir, S.Gudnason, Í.Mekkín Hlynsdóttir

HAUT ET COURT LE CHANT DES FORÊTS 01h36 V.Munier V.Munier

LES ACACIAS L'ECHELLE DE JACOB 01h53 A.Lyne T.Robbins, E.Peña, D.Aiello

CARLOTTA FILMS LE QUAI DES BRUMES 01h31 M.Carné J.Gabin, M.Simon, M.Morgan

URBAN SALES LES ENFANTS DU LARGE 01h37 V.Tangvald

KMBO REBUILDING 01h35 M.Walker-Silverman J.O'Connor, M.Fahy, K.Reis

S52

24 DÉC

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

STUDIOCANAL BAGARRE J.Royal N.Lyes, R.Bedia, A.Lamy

PARAMOUNT PICTURES FRANCE BOB L'ÉPONGE - LE FILM : UN POUR TOUS, TOUS PIRATES ! 01h29 D.Drymon T.Kenny, C.Brown, R.Bumpass

METROPOLITAN FILMEXPORT LA FEMME DE MÉNAGE 02h11 P.Feig S.Sweeney, A.Seyfried, B.Sklenar

LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION

(EX CINÉ SORBONNE) LA PANTHÈRE ROSE 01h55 B.Edwards P.Sellers, D.Niven, R.Wagner

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION LA PIRE MÈRE AU MONDE 01h30 P.Mazingarbe L.Bourgoin, M.Robin, F.Loiret Caille

PYRAMIDE DISTRIBUTION LE MAÎTRE DU KABUKI 02h55 S.Lee R.Yoshizawa, R.Yokohama, S.Kurokawa

CONDOR DISTRIBUTION L’ENGLOUTIE 01h38 L.Hémon G.Bellugi, M.Lucci, S.Kircher

OWLS AGENCY LES AVENTURES DU CAPITAINE JIMMY CROCHU 01h39 E.Atlan L.de Funès, J.Armand, P.Al

ARP SÉLECTION LE TEMPS DES MOISSONS 02h15 H.Meng S.Wang, C.Zhang

BATHYSPHERE LIBERTALIA 01h41 S.Benhaïm

SWASHBUCKLER FILMS MARIAGE ROYAL 01h34 S.Donen F.Astaire, J.Powell, P.Lawford

SPLENDOR FILMS METROPOLIS 01h52 Rintaro Y.Imoto, K.Kobayashi, K.Okada

THE JOKERS FILMS SELON JOY C.Lugan S.Bonny, V.Zhdanov, A.Argento

DULAC DISTRIBUTION UNE ENFANCE ALLEMANDE - ÎLE D'AMRUM, 1945 01h33 F.Akın J.Billerbeck, L.Tonke, D.Kruger

S01

31 DÉC

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SONY PICTURES RELEASING FRANCE ANACONDA T.Gormican P.Rudd, J.Black, D.Melchior

OUTPLAY FILMS EN GARDE 01h46 N.Low T.Yu-Ning, H.Liu, N.Ding

TRINITY CINEASIA LA DERNIÈRE VALSE 02h20 A.Chan D.Chi-Wah, M.Hui, M.Wai

ARIZONA DISTRIBUTION LAURENT DANS LE VENT 01h50 A.Balekdjian et L.Couture B.Perusat, B.Dalle, D.Bouzyani

PAN DISTRIBUTION LE PAYS D’ARTO 01h44 T.Stepanyan C.Cottin, Z.Ebrahimi, S.Hovhannisyan

LE PACTE LOS TIGRES 01h49 A.Rodriguez A.de la Torre, B.Lennie, J.Nuñez

NOUR FILMS MAGELLAN 02h43 L.Diaz G.García Bernal, R.Koza, D.Yazbek Bernal

APOLLO FILMS QUI BRILLE AU COMBAT 01h40 J.Japy M.Laurent, P.Cardinal, S.Pachoud

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR SUR UN AIR DE BLUES 02h13 C.Brewer H.Jackman, K.Hudson, M.Imperioli

PANAME DISTRIBUTION VADE RETRO 01h35 A.Peretjatko Estéban, P.Tagnati, Y.Gontrand

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°504 / 19 novembre 2025

17


ELLE CONNAÎT VOS SECRETS. DÉCOUVREZ LES SIENS.

D’APRÈS LE PHÉNOMÈNE LITTÉRAIRE MONDIAL

LE 24 DÉCEMBRE AU CINÉMA


LE PHÉNOMÈNE LA FEMME DE MÉNAGE :

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ogra

ramm

ateu

eur.


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

Alors qu’Ad Vitam sort Animal Totem le 10 décembre, retour en

chiffres sur les performances en salles des derniers longs métrages

de Benoît Delépine, qui avec son comparse grolandais Gustave

Kervern a réalisé certains des plus grands succès du distributeur.

EN MÊME TEMPS

EFFACER

L'HISTORIQUE

I FEEL GOOD

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

06/04/2022 26/08/2020 26/09/2018

AD VITAM AD VITAM AD VITAM

125 642 518 747 527 324

11 037 14 073 30 773

55 367 196 441 160 413

6 903 8 821 6 236

8 22 26

4,36 4,78 5,81

11 37 17

2,3 2,3 2,7

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 2 SEMAINES

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 05/11/2025 SEMER ET RÉCOLTER LES FILMS D'AVALON 5 1 512 26 58

2 12/11/2025 INSAISISSABLES 3 SND 607 343 994 10 238 34

3 05/11/2025 BAROUDEURS DU CHRIST ORAWA PROD 83 5 986 224 27

4 05/11/2025 T'AS PAS CHANGÉ STUDIOCANAL 549 215 513 8 473 25

5 05/11/2025 LE ROI DES ROIS SAJE 265 43 549 1 879 23

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2025

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28 339 316 90

2 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188 419 14 649 81

3 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673 103 8 614 78

4 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909 379 11 746 77

5 17/09/2025 DEMON SLAYER: KIMETSU NO YAIBA LA FORTERESSE INFINIE FILM 1 SONY 690 789 834 11 579 68

6 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67

7 05/11/2025 SEMER ET RÉCOLTER LES FILMS D'AVALON 5 1 512 26 58

8 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54

9 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606 069 12 289 49

10 29/10/2025 L'ÉTRANGER GAUMONT 308 196 036 4 403 45

Diffusé sur seulement 26 séances, Semer et récolter crée la surprise avec une moyenne de 58 entrées

par séance (e/s) sur son week-end, soit la meilleure performance de ces deux dernières semaines et

la septième meilleure de l’année. Un résultat qui tient à la stratégie de sortie du distributeur Les

Films d’Avalon qui a accompagné la grande majorité des projections. Sur une combinaison bien

supérieure, Insaisissables 3 engrange 34 e/s et réalise le deuxième meilleur démarrage de l’année

pour SND. Dans une veine plus messianique, Baroudeurs du Christ attire 27 spectateurs par séance.

Un succès sans doute corrélé à celui de Sacré cœur quelques semaines plus tôt. Enfin, le reste du

top 5 va de la comédie T’as pas changé (25 e/s) en passant par l’animation religieuse Le Roi des rois

(23 e/s), qui confirme la belle année de Saje.

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company


International

L’EXPLOITATION AFRICAINE

EN ATTENTE D'ÉCLOSION

au Congo…

Entre retraits d’opérateurs et timides renaissances

institutionnelles, les deux Congo illustrent à eux

seuls les défis d’un continent où l’exploitation

peine encore à s’enraciner durablement.

Les 7 millions de Congolais avaient retrouvé le cinéma

en salles en 2016, après 25 ans d’absence, avec le MTN

Movies House de Brazzaville. Le mono-écran de 200

places n’est plus actif depuis l’automne 2019, mais la

même année, le pays a accueilli pas moins de trois CanalOlympia

(de 300 places chacun), à Brazzaville, Pointe-

Noire et Oyo. De quoi sauvegarder un accès au grand

écran pour les sorties africaines et internationales, tout

en devenant d'authentiques viviers de vie culturelle –

concerts, débats, ateliers.

En avril 2019, le CanalOlympia de Brazzaville avait été le 12 e site à

être inauguré en Afrique pour le réseau qui a compté jusqu’à 18

établissements dans 12 pays.

Le 26 octobre dernier, dans le cadre du repositionnement

stratégique du groupe Canal+ sur le continent où il a

entamé une vague de rétrocessions de ses établissements

à des partenaires locaux – comme au Cameroun, au

Gabon et à Madagascar [voir ci-dessous] –, les trois

CanalOlympia du Congo ont fermé leurs portes après

six années d’activité. Si l'identité des nouveaux opérateurs

des trois établissements n’est pas encore connue, le ministère

de l’industrie culturelle, touristique, artistique et des

loisirs se veut rassurant : une transition harmonieuse sera

assurée afin de maintenir l’activité cinématographique,

« au bénéfice du public et des professionnels ».

©Vivendi

Présentation de la Palme d’or 2025 Un simple accident par

Thierry Frémaux, délégué général Festival de Cannes,

à Kinshasa, le 4 novembre 2025

… et en RDC

De son côté, la République démocratique du Congo

voisine a accueilli, fin octobre, une délégation du Festival

de Cannes menée par son délégué général, Thierry

Frémaux. Un déplacement des plus symboliques pour

soutenir le lancement du Centre national du cinéma de

RDC, et dans la continuité de l’une des missions essentielles

du Festival : « célébrer le cinéma international et

prolonger, au fil de l’année, la rencontre avec ceux qui le

font vivre ».

En attendant, les 120 millions d’habitants Congolais de

la RDC ne disposent que d’un minuscule parc de salles,

composé des deux CinéBuzz implantés dans deux centres

commerciaux de Kinshasa et qui, selon un rapport de

l’Unesco datant de 2021, sont, de part leur localisation

et leur tarification, « très peu accessibles au grand public ».

Lancé il y a trois ans, le projet Ciné na biso qui ambitionnait

de créer une fontaine de salles de cinéma dans

des conteneurs à travers l’ensemble du territoire, « en

tenant compte des revenus de l’habitant lambda », est encore

dans les cartons.

Ayşegül Algan

©Berclairestudio

©Emagine Entertainment

Kinepolis fait l’acquisition

d’une chaîne de cinémas

américaine

Le groupe d’Eddy Duquenne élargit son parc et

accentue sa présence aux États-Unis.

Ce sont 14 cinémas pour 177 écrans et 18 000 sièges qui

devraient s’ajouter au portefeuille de Kinepolis d’ici la fin

d’année. Le groupe a en effet annoncé la signature d’un

accord pour l’acquisition de l’activité d’Emagine

Entertainment, réseau américain implanté dans le

Michigan, l’Illinois, l’Indiana et le Wisconsin, réalisant 6

millions d’entrées annuelles, pour un chiffre d’affaires de

129 millions de dollars. En outre, le circuit a développé

ses propres concepts premium EMX et Super EMX qui

proposent des écrans agrandis et un son Dolby Atmos.

D’autres cinémas opèrent sous la marque Emagine, mais

sont gérés par des tiers dans le cadre d’un accord de

licence de marque. Au total, la transaction représente 105

millions de dollars, plus un complément de 15 millions

selon la croissance du box-office américain en 2025, et

est financée par la facilité de crédit que Kinepolis a

obtenue en juin dernier. D’ici la fin d’année, Emagine

Entertainment devrait générer un EBITDA de 19,6

millions de dollars.

Il s’agit de la deuxième chaîne étasunienne de Kinepolis

après MJR Theatres, acquise en 2019. Kinepolis, qui a

bouclé un troisième trimestre à la baisse, exploite désormais

122 cinémas pour 1 314 écrans répartis dans 8 pays.

MADAGASCAR RETROUVE SON CINÉPAX

Après un mois de fermeture forcée, le Cinépax

d’Antananarivo a rouvert ses portes, rendant à

“l’île rouge” de l’Océan indien sa seule salle de

cinéma en activité.

En 1972, on dénombrait 40 salles de cinéma à Madagascar,

réparties dans les chefs-lieux de provinces. En

2021, il n’y en avait plus que quatre pour une population

35,6 millions… et toutes concentrées dans la capitale

Antananarivo. Aujourd'hui, après les fermetures début

2024 du grand amphithéâtre Plaza Ampefiloha, et en

juillet dernier de la salle CanalOlympia Iarivo, les seuls

lieux de diffusion de cinéma en salle sont l’Institut

français de Madagascar (324 places), et les 4 salles (de

90 places chacune) du Cinépax Ambodivona, ouvert

en 2018.

Or ce dernier a été détruit lors des émeutes survenues

dans la nuit du 25 septembre, dans un contexte de

violences urbaines et de colère populaire – contre les

coupures d'eau, d'électricité et la corruption du gouvernement…

L’émotion était donc des plus vives pour

le reprise du 29 octobre, après d’intenses travaux. Si

pour le moment, les séances se terminent plus tôt – la

dernière étant programmée vers 17h30 ou 18h –, les

tarifs restent inchangés, à 15 000 ariary, soit environ 2,9 €.

©Cinépax Ambodivona

A.A.

Le Cinépax Ambodivona, à sa réouverture le 29 octobre 2025

N°504 / 19 novembre 2025

21


Distribution

©Boxoffice Pro

Entre forces et faiblesses du secteur,

le directeur de la distribution de

la filiale de M6 a évoqué les forces

sans détour les crises en cours,

et l’urgence de remettre une

“chronologie de l’exploitation” au

cœur des discussions.

Rencontre avec

CHRISTOPHE COURTOIS, SND

Christophe Courtois était l’invité de l’Émission Boxoffice Pro du 6 novembre 2025

La crise de la fréquentation en cours, qui a mené au faible

cumul de 122 millions d’années au terme des dix premiers

mois de l’année, « soit au niveau de 1999, avant l’essor des

multiplexes en France », est « durable et profonde », selon

Christophe Courtois. Et si les 45 millions d’entrées qui

manquent par rapport à la moyenne 2017-2019 représentent

350 millions d’euros de recettes billetterie, « le

manque à gagner monte à 500 millions si on ajoute celles

de l’avant-séance, de la confiserie ».

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

Dans ce contexte, et tout en se méfiant des « raccourcis »,

le responsable de la distribution de SND insiste sur le

modèle économique du secteur « attaqué » depuis 15 ans.

Les revenus vidéo se sont « effondrés, tout comme la durée

d’audience moyenne de la télévision, donc de nos films qui

y sont diffusés », déplore Christophe Courtois, en rappelant

la faillite de Mars Films et l’arrêt de l’activité distribution

d’EuropaCorp – « des acteurs qui faisaient parfois 14

millions d'entrées par an » – ou encore de mk2…

Car à terme, c’est l’ensemble de la filière qui sera impactée

par les fragilités des distributeurs, « petits, moyens ou grands,

qui vont avoir des difficultés à sortir les films dans les mois

qui viennent, mais également tendance à prendre moins de

risques, donc à dépenser moins et moins bien faire connaître

les sorties. Et enfin, c'est aujourd'hui qu'on finance les films

qui sortiront… ou manqueront dans deux ans ».

Reste ce paradoxe : les Français n’ont jamais consommé

autant de films et de séries… « mais ils dépensent moins »,

observe Christophe Courtois. Pour preuve, il y a toujours

40,9 millions de personnes qui sont allées au cinéma les

trois dernières années, « mais elles y sont allées moins

souvent », passant de 5 visites annuelles à 4,16 l’année

dernière, « et nous nous dirigeons vers quatre ! » D'où l'importance

de « réinventer » l’approche de la salle comme

un lieu « du collectif, où ils ont accès à quelque chose qu’on

ne voit pas ailleurs », comme le prouvent le succès des

titres art et essai et des films d’horreur.

Plus de séances, moins de spectateurs

Les « avantages compétitifs » du cinéma sont certains.

Et pourtant, il faut, selon le responsable de SND, se

rendre à l’évidence : le « pari collectif » de la multiprogrammation

n’a « ni permis d'attirer des nouveaux publics

dans les salles, ni d'augmenter la fréquence à laquelle les

gens vont au cinéma, ni le taux d’occupation des fauteuils,

et ceci, dans aucune catégorie d’exploitation ». En résumé,

LA CHRONOLOGIE

DE L’EXPLOITATION

DOIT REVENIR

AU CŒUR DE NOS

DISCUSSIONS

Christophe Courtois pointe, chiffres du CNC à l'appui,

que les 900 000 séances annuelles supplémentaires attirent

finalement moins de public, avec une moyenne par

séance sur les nouveautés en recul de 24 à 20 spectateurs

sur ces 15 dernières années. « La réalité, c’est que les

exploitants consacrent plus de séances à des films qui font

moins d’entrées. » En outre, le distributeur observe que

les baisses consenties sur le nombre de séances en première

semaine ne se traduisent pas par de plus longues tenues

à l'affiche, pour toutes les catégories de distributeurs.

Résultat : « la moyenne d’entrées des films est passée de

300 000 à 200 000 entrées, et celle des films français en

particulier, de 280 000 à 156 000 entrées. Pas besoin d'être

un grand économiste pour se rendre compte que le modèle

n'est pas tenable, car il ne dégage pas assez de valeur. »

Un constat prolongé par celui de plans de sorties mus

par le « tout en même temps », quelque soit la proposition

tarifaire des cinémas – y compris ceux « où l’on vend des

places de cinéma moins chères que le paquet de pop-corn

moyen », s’offusque Christophe Courtois, en soulignant

le besoin de « remettre au coeur des discussions la chronologie

de l’exploitation », rythmée par les conditions de rémunération,

et « au bénéfice de toute la filière ».

22 N°504 / 19 novembre 2025


La stratégie de “l’événement”

Si les producteurs sont « force de proposition », ce sont les

éditeurs de films – « nombreux à être à l’origine même des

films » – qui, chaque année, « formalisent l’offre », notamment

grâce à leur connaissance du public et de sa sociologie.

Et d'après les observations de Christophe Courtois, ce

ne sont pas les jeunes qui manquent au cinéma, mais les

25-49 ans qu’il faut séduire, tout comme les plus de 50

ans, « qui sont 23 millions dans la population française…

et beaucoup d’entrées potentielles ». Parmi tous les distributeurs

qui « font chacun leur chemin », SND prend la

voie de films « plus événementiels, plus gros et

spectaculaires ».

De son année 2025 « de transition », le distributeur est

plutôt satisfait, notamment avec les succès de Les Bodin’s

partent en vrille ! (près de 960 000 entrées), Dracula

(650 000 entrées) et plus récemment l’animation franco-belge

Hopper et le Secret de la marmotte, « qui se dirige

vers les 800 000, voire le million d’entrées, et avec lequel

nous avons prouvé que nous sommes capables de rivaliser

avec les Américains sur le jeune public ».

Évidemment, le distributeur est globalement déçu par

les résultats de Kaamelott - Deuxième volet (partie 1) [qui

cumule 978 106 entrées au moment du bouclage, ndlr.],

mais était dès le départ conscient des conditions « hors

normes » de la sortie du premier volet, « avec des gens

frustrés de cinéma pendant six mois, et aucun concurrent

pendant un été complet ».

Après Insaisissables 3 [en salles depuis le 12 novembre],

avec lequel il espère réaliser un braquage magique vu « la

nostalgie des fans autour de la franchise tout comme la

variété de typologie de spectateurs attirés par le film », SND

clôturera l’année avec À la poursuite du Père Noël de James

Huth, qui arrive le 10 décembre. « Un vrai film familial »

sur lequel les salles savent communiquer, tandis que le

distributeur, « qui connaît largement aussi bien le public »,

tirera profit de son expertise data pour toucher la cible,

dont les mamans.

Après un Cocorico 2 (8 avril), un Fantôme de l’opéra (29

septembre), Kaamelott - Deuxième volet (partie 2) et

Astérix et le Royaume de Nubie (12 décembre) pour ne

citer qu’eux, l’inflexion éditoriale, « sous l’impulsion du

directeur général Thierry Desmichelle, de Rémi Jimenez

directeur des acquisitions et des productions et de toute

l’équipe », sera plus sensible à partir de 2027. Notamment

avec Fantômas, coproduit avec Wassim Beji, et prévu

pour le 3 février 2027. Le réalisateur Frédéric Tellier

(L’Affaire SK1, Goliath, L'Abbé Pierre…) y propose un

retour aux livres d’origine signés dans les années 1910

Marcel Allain et Pierre Souvestre. « C’est le premier antihéros

français, qui a beaucoup inspiré les Américains ; et il

y a d’ailleurs quelque chose de Batman dans ce Fantômas »,

promet Christophe Courtois, en rappelant le casting

composé de Guillaume Canet, Romain Duris, Lyna

Khoudri…. et une ambition digne d’un Comte de

Monte-Cristo !

Au-delà de ce projet « majeur », SND se positionne de

manière « plus forte » sur des films américains, comme le

Paper Tiger de James Gray, avec Adam Driver et Scarlett

Johansson, pitché comme « Les Affranchis dans la mafia

russe new-yorkaise ». Côté français, Jupiter avec Denis

Ménochet, André Dussollier et Reda Kateb sera la première

collaboration du distributeur avec Chi-Fou-Mi Productions.

Première collaboration également avec Rémi

Bezançon, dont le Bazaar réunissant Gilles Lellouche,

Laetitia Casta et Guillaume Gallienne est déjà daté au

11 mars 2026. Comme quoi, « notre vision de ce marché

plus “événement” est également plus auteur et plus

familial ».

Dans le contexte actuel de forte incertitude politique et

économique, les prévisions sont complexes, et les signaux

du marché de la publicité TV… mauvais. « Un enjeu

direct pour l’ensemble de la filière cinéma, les obligations

de financement des chaînes télé étant calculées sur un pourcentage

de leur chiffre d’affaires », rappelle Christophe

Courtois, en citant également les 493 millions d’euros

que représente la TST*, « soit une contribution bien supérieure

aux 140 millions d’euros de la TSA ». Pour autant

le distributeur “intégré” reste d’une sérénité à toute

épreuve concernant les choix de M6 et de son nouveau

président du directoire David Larramendy, qui a sécurisé

les droits de la Coupe du monde de football l’année

prochaine… et « réaffirmé la volonté d'être un acteur majeur

dans le cinéma ». Et SND sera là pour le prouver.

*taxe sur les services de télévision

Ayşegül Algan

©SND

Line-up

2025

10/12

À la poursuite du Père Noël ! de James Huth

Avec Patrick Timsit, Isabelle Nanty, Antoine Gouy

2026

25/02

Chers parents d’Emmanuel Patron

Avec André Dussollier, Miou-Miou, Arnaud Ducret, Thomas

Solivéres, Pauline Clément

11/03

Bazaar de Rémi Bezançon

Avec Gilles Lellouche, Laetitia Casta, Guillaume Gallienne

08/04

Cocorico 2 de Julien Hervé

Avec Christian Clavier, Didier Bourdon

à dater courant juin

Mutiny de Jean-François Richet

Avec Jason Statham

12/08

Bollywoof de Frederik Du Chau

Animation

23/09

Le Fantôme de l’Opéra d’Alexandre Castagnetti

Avec Deva Cassel, Romain Duris, Julien de Saint-Jean,

Dorothée Gilbert

14/10

Untitled nWave Animation Event film de Jérémie

Degruson et Yanis Belaïd

Animation

11/11

Kaamelott – Deuxième Volet [partie 2]

d’Alexandre Astier

Avec Alexandre Astier, Franck Dubosc, Christian Clavier, Audrey

Fleurot, Alban Lenoir, Antoine de Caunes, Virginie Ledoyen,

Anne Girouard, Jean-Christophe Hembert, Lionnel Astier,

Thomas VDB, Sting

02/12

Astérix – Le Royaume de Nubie d’Alexandre Heboyan

Animation, auteurs : histoire originale de Matthieu Delaporte

et Alexandre de la Patellière, d’après l’œuvre de René Goscinny

et Albert Uderzo

2027

03/02

Fantômas de Frédéric Tellier

D’après le personnage de fiction créé par Pierre Souvestre et

Marcel Allain

©Éditions Arthème Fayard

SND comptabilise près de 414 000 entrées sur Insaisissables 3 depuis sa

sortie le 12 novembre dernier.

Fantômas est un roman des écrivains Pierre Souvestre

et Marcel Allain, paru en 1911, originellement publié

sous forme de roman-feuilleton par les éditions

Arthème Fayard.

N°504 / 19 novembre 2025

23


Exploitation

©ISABELLE NEGRE

SUCCÈS POUR LES

RENCONTRES DU NORD

En marge du Arras Film Festival, l’événement organisé par la Chambre syndicale

des cinémas du Nord et du Pas-de-Calais a connu un très bon accueil.

Près de 200 professionnels se sont réunis à Arras, du 12

au 14 novembre derniers, pour la 19 e édition des Rencontres

du Nord. Pour Cathy Coppey, présidente de la Chambre

syndicale, les participants avaient « besoin d’échanger et

d’arrêter de penser à la morosité de la situation ». Un constat

partagé par Laurent Coët, vice-président, qui souligne

que « beaucoup de professionnels sont arrivés avant les

Rencontres, et repartent après la fin ». Autre signe du succès :

un tiers des accrédités venait pour la première fois à Arras.

Trois jours très conviviaux, donc, et qui prennent de plus

en plus d’importance au sein de la profession, Laurent

Coët notant que « désormais, [leur] programmation fait

plus de déçus que d’heureux parmi les distributeurs ».

Les line-ups des distributeurs

Destiny a sorti le tapis rouge pour la présentation de

Diamanti de Ferzan Özpetek, en salles le 21 janvier. Le

cinéaste réunit une ribambelle de comédiens italiens

(Jasmine Trinca, Luisa Ranieri, Stefano Accorsi) dans un

prestigieux atelier de couture pour le cinéma et le théâtre.

Amilcar du public au Festival de Villerupt, le film a été

l’un des grands succès en Italie en 2024 avec 2 millions

de spectateurs. KMBO a dévoilé des images de l’animation

familiale Mission Père Noël (10 décembre) et Rebuilding

de Max Walker-Silverman (17 décembre), avec Josh

O’Connor en père de famille dévasté par l’incendie de

son ranch.

©ISABELLE NEGRE

Sa fin d’année étant bien connue, Disney a mis la lumière

sur trois de ses titres de 2026, à commencer par le retour

de James L. Brooks, Ella McCay (7 janvier), avec Emma

MacKey, Jamie Lee Curtis et Woody Harrelson. Viendra

ensuite, le 28 janvier, Send Help de Sam Raimi, où un

boss et son employée sont les seuls rescapés d’un crash

aérien. Enfin, Pixar revisitera le monde des animaux avec

Jumpers (4 mars) qui suit les (més)aventures d’une jeune

fille glissée dans la peau d’un… castor. Après avoir remercié

les exploitants pour l’accompagnement de leurs sorties

de la Toussaint, SND a montré la bande-annonce de

Chers parents (25 février). André Dussollier et Miou-

Miou y incarnent deux parents qui ont gagné le superjackpot

au loto, mais rechignent à donner le moindre

centime à leurs enfants.

Pour Paname qui vit une très belle année avec trois

films au dessus des 100 000 entrées, 2025 se conclura

avec la comédie vampiresque déjantée Vade Retro

d’Antonin Peretjatko (31 décembre). Le distributeur

Cathy Coppey, Éric Miot et Laurent Coët

24 N°504 / 19 novembre 2025


débutera son exercice 2026 le 11 février, avec Les

Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro puis La Gifle

de Frédéric Hambalek le 11 mars – anciennement

Marielle, la jeune fille qui en savait trop. La structure a

également annoncé avoir acquis Cocotte de György

Pálfi, qu’elle projette entre fin avril et début mai.

Warner a dévoilé les images du très sensuel Hurlevent

d’Emerald Fennell (11 février), avec Jacob Elordi et

Margot Robbie. Le 4 mars, Maggie Gyllenhaal retournera

derrière la caméra avec The Bride !, une revisite

du mythe de Frankenstein avec Jessie Buckley et Christian

Bale. Enfin, le 6 mai marquera le retour dans l’arène

avec Mortal Kombat II avant celui du Chat chapeauté

le 4 novembre.

2025 est une année record pour Nour, qu’il compte

terminer en beauté avec Teresa de Teona Strugar Mitevska

(3 décembre), avec Noomi Rapace en Mère Teresa.

2026 commencera avec le récemment acquis Nuremberg

de James Vanderbilt (28 janvier), qui met en scène le

Procès du siècle, avec Rami Malek, Russel Crowe et

Michael Shannon. Après Ce qu’il reste de nous de

Cherien Dabis (11 mars), une fresque sur l’histoire de

la Palestine, la structure sortira Une fille en or de

Jean-Luc Gaget (15 avril), avec Pauline Clément.

Gaumont a présenté des images de la romance fantastique

L’Âme idéale d’Alice Vial (17 décembre), avec

Jonathan Cohen et Magalie Lépine Blondeau, puis du

thriller politique Le Mage du Kremlin d’Olivier Assayas

(21 janvier) avec Paul Dano et Jude Law, qu’il envisage

de sortir sur 450 copies, en VO et VF.

Pas de bande-annonce pour Tandem, qui a remercié

les exploitants pour les 250 000 entrées de Classe

moyenne, et rappelé les prochaines étapes de son

line-up : Des preuves d’amour d’Alice Douard (en

salles), Love Me Tender d’Anna Cazenave Cambet (10

décembre), Le Gâteau du président de Hasan Hadi

(4 février), Alter Ego de Nicolas Charlet et Bruno

Lavaine (4 mars), I Swear de Kirk Jones (8 avril) et

L’Étrangère de Gaya Jiji (attendu entre le printemps

et l’été 2026). Universal a rappelé Wicked : Partie II

(en salles), avant de montrer des images de Five Nights

At Freddy’s 2 (3 décembre) et de Sur un air de blues

(31 décembre). En 2026, Chloé Zhao fera son retour

avec Hamnet (21 janvier), avant que Vanessa Caswill

ne porte à l’écran une nouvelle adaptation de Colleen

Hoover (Jamais plus, Regretting You…) avec Reminders

of Him (18 mars).

Pour Art House, le début d’année rime avec Saisons

Hanabi. Le distributeur a montré des images des films

qui composent son festival clé en main qui commencera

le 28 janvier. Avant cela, la structure sortira Jusqu’à

l’aube de Sho Miyake (14 janvier), Léopard d’or à

Locarno. Du côté de Metropolitan, la fin d’année passera

par La Femme de ménage de Paul Feig (24 décembre),

adaptation d’un des livres les plus en vogue de ces dernières

années, avec Sydney Sweeney et Amanda Seyfried. Puis

le distributeur a montré des images de Marty Supreme

(18 février), la première réalisation solo de Josh Safdie.

Apollo aura un mois de décembre très chargé avec, entre

autres, l’animation Heidi et le lynx des montagnes (17

décembre). En 2026 sortira l’un des grands défis de la

structure, LOL 2.0 de Lisa Azuelos (11 février), toujours

avec Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin. Viendra

ensuite le 1 er avril Compostelle de Yann Samuell, avec

Alexandra Lamy. Dulac a, de son côté, rappelé la ressortie

de Demain de Mélanie Laurent et Cyril Dion (8 décembre)

à l’occasion des 10 ans du documentaire millionnaire.

Puis, le distributeur a montré des images de Une enfance

allemande - Île d’Amrum 1945 de Fatih Akin (24

décembre), avec Diane Kruger, et de Au-delà de Katmandou

d’Alexander Murphy (18 février).

Line-up très éclectique pour Sony avec, le 31 décembre,

le très atypique Anaconda de Tom Gormican, où Jack

Black et Paul Rudd tentent de faire le remake du film

culte. 2026 passera par tous les genres : l’horreur avec 28

ans plus tard : Le Temple des morts de Nia DaCosta

(14 janvier), l’animation avec Goat - Rêver plus haut

(11 février) et la science-fiction avec Projet dernière

chance (18 mars), avec Ryan Gosling et Sandra Hüller.

Pathé a mis en lumière la nouvelle réalisation de la Bande

à Fifi, Marsupilami (4 février), où l’on retrouve, en plus

de Philippe Lacheau et Tarek Boudali, Jamel Debbouze,

Alban Ivanov et Jean Reno. Le distributeur a ensuite

diffusé une boucle montrant l’étendue de son line-up,

de Mektoub my Love : Canto Due d’Abdellatif Kechiche

(3 décembre) aux deux parties de De Gaulle d’Antonin

Baudry (attendues pour 2026), en passant par Coutures

d’Alice Winocour (18 février). Enfin, avant de dévoiler

la première française de Les Enfants de la Résistance de

Christophe Barratier (11 février), Studiocanal a montré

les bandes-annonces de Ma frère de Lise Akoka et Romane

Gueret (7 janvier), Gourou de Yann Gozlan (28 janvier)

avec Pierre Niney, et Cold Storage de Jonny Campbell

(18 février).

Les Hauts-de-France : une

reprise poussive, due à

la baisse des productions

américaines

D’après les chiffres du CNC, les Hauts-de-France accusent en

2024 le troisième retard le plus important de la Métropole

par rapport à la moyenne 2017-2019 avec 13,61 millions

d’entrées enregistrées (-15,91 %), après l’Île-de-France

(-20,23 %, voir le Boxoffice Pro du 5 novembre 2025) et le

Grand Est (-18,16 %). Pourtant, depuis la pandémie, la

sixième région la plus peuplée de France* connaît une croissance

de son parc supérieure à la moyenne nationale, tant

en termes d’établissements (+1,12 % contre +0,46 %) que

d’écrans (+6,4 % contre +5,86 %).

La baisse de la fréquentation peut s’expliquer par la chute

du nombre de sorties des productions américaines, passées

pour rappel de 127 avant Covid à 95 en 2024, alors que la

part de marché qu'elles représentent dans la région (40,7 %

l'année dernière) est la plus haute observée en France. Cette

domination étasunienne est très certainement liée à la

répartition du public des Hauts-de-France, dont la démographie

permet d'afficher un record national de 42,9 % de

spectateurs de moins de 25 ans. De même, les CSP – qui

sont fréquemment attirés par les mêmes films que les

moins de 25 ans –, représentent 31,4 % du public,

deuxième plus grande part nationale.

À noter également une forte perte de diffusion de l’art et

essai sur le territoire. En effet, si les établissements classés

sont passés de 47 avant la pandémie à 53 en 2024, le

nombre d’écrans a, lui, diminué (-1,67 %), un cas unique sur

le pays. Les séances art et essai sont donc drastiquement à

la baisse (-10,79 %), tout comme les entrées (-19,1 %).

J. D.

Top 5 des films dans les Hauts-de-France

en 2024 :

1 - Un p’tit truc en plus, 1 million d’entrées (4 e région la

plus importante)

2 - Vice-Versa 2, 727 000 entrées (5 e région)

3 - Vaiana 2, 612 000 entrées (4 e région)

4 - Le Comte de Monte-Cristo, 564 000 entrées

(8 e région)

5 - L’Amour ouf, 391 000 entrées (6 e région)

*D’après les estimations de l’Insee au 1 er janvier 2025.

Jules Dreyfus

©ISABELLE NEGRE

Palmarès de

l’Arras Film Festival

Atlas d’or / Grand prix du jury : Solitary d’Eamonn

Murphy

Mention spéciale pour L’Âge mûr de Jean-Benoît Ugeux

Atlas d’argent / Prix de la mise en scène :

Renovation de Gabriele Urbonaite

Prix SFCC de la critique : Made in EU de

Stephan Komandarev

Prix du public : I Swear de Kirk Jones

(Tandem, 08/04/26)

Prix regards jeunes : I Swear de Kirk Jones

Prix Arras Days : Kathy Moves de Marie Vernalde

Forbidden Fruit d’Urska Djukic

Cour de cœur au féminin : Qui brille au combat

de Joséphine Japy (Apollo, 31/12/25)

N°504 / 19 novembre 2025

25


À PARTIR

DE 3 ANS

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AMY AMY HINTERKIRCHER

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Exploitation

LES SALLES DE LA FAMILLE AUBERT CHANGENT DE MAINS

Les cinq “cinémas Aubert”, en bord de

Méditerranée, ont changé de propriétaire : ceux

de Marseille et de Nice sont repris par Philippe

Dejust et Alexis Dantec, tandis que Philippe

Borys-Combret a acquis celui de Cannes.

Philippe Dejust et Alexis Dantec, associés sur l’Artplexe

Canebière et les Variétés à Marseille depuis février 2024,

ont acquis le 7 novembre les cinémas exploités historiquement

par Dominique et Brigitte Aubert : Le Prado

(rénové en 2022) et le Chambord de Marseille, Les

Variétés et le Rialto de Nice ainsi que L’Olympia de

Cannes. Ce dernier a toutefois été cédé dans la foulée à

Philippe Borys-Combret.

Avec cette acquisition, la société Les Variétés devient le

deuxième exploitant marseillais après Pathé, avec l’idée,

selon Philippe Dejust, « de proposer une programmation

intelligente et complémentaire entre nos quatre cinémas, et

d’atteindre potentiellement 1 million d’entrées ». En 2024,

l’Artplexe et les Variétés ont cumulé 450 000 entrées sur

la Canebière, tandis que Le Prado et Le Chambord en

totalisaient 385 000.

Par ailleurs, Alexis Dantec est aussi associé, via sa société

Babylone 222, à Xavier Orsel de CinéZéphyr qui a racheté

le cinéma Bonneveine en 2024.

À Cannes, le Cinéma Olympia et ses 9 salles (136 000

entrées en 2024) ont donc intégré de leur côté, depuis

le 5 novembre, le réseau Cineplanet de Philippe Borys-

Combret, déjà propriétaire de l’historique Arcades

(3 salles) et qui s’est, ces dernières années, « concentré à

équiper la zone en outils modernes », comme le Cineum

de Cannes ou le Cineplanet d’Antibes inauguré début

2024. Avec ses cartes 5 et 10 places valables sur l’ensemble

de ces quatre établissements, Philippe Borys-

Combret entend proposer une programmation « plus

diversifiée et harmonisée » sur l’ensemble de la ville

cannoise, « et qui va également simplifier la vie des distributeurs

», note-t-il. « Une belle opportunité de développement

», qui permet à l’exploitant indépendant de renforcer

son assise dans « la grande mégalopole de 2 millions

d'habitants qui s’étend de Saint-Raphaël à Nice/Monaco,

et dont Cineplanet devient le deuxième exploitant, à côté

de Pathé », souligne le dirigeant.

©Le Prado ©Le Rialto

Le Prado a fêté ses 40 ans en octobre 2022.

©Cinéma L'Olympia

C.V. & A.A.

Le Rialto de Nice, Halloween 2025

Cinéma Olympia de Cannes

Megarama révèle les contours du futur cinéma d’Arras

Le circuit de Jean-Pierre Lemoine accentue sa

présence au sein de la commune nordiste avec

un nouveau multiplexe attendu pour 2028.

À l’occasion d’une conférence de presse lors du Arras

Film Festival, les représentants de Megarama et de la

Ville ont dévoilé les premiers aperçus du cinéma qui

remplacera l’établissement actuel (6 salles), situé en plein

centre de la commune arrageoise. C’est donc à côté de

la Cité Nature, à près d’un kilomètre au nord, que

s’installera le nouveau multiplexe de 12 salles, dotées de

62 à 450 fauteuils pour un total de plus de 2 000 sièges.

Côté premium, trois salles seront respectivement équipées

de la 4D-E Motion et des concepts maisons Orion et

Horizon THX. En outre, un parking de 200 places et

un espace de restauration vont être construits.

Megarama ambitionne entre 450 000 et 500 000 entrées

annuelles, en s’appuyant sur une programmation diversifiée,

composée de 450 films sur 19 000 séances – contre

près de 9 000 aujourd’hui. Le cinéma visera le classement

art et essai en prolongeant le travail actuellement réalisé,

notamment avec l’association Plan-Séquence qui organise

l’Arras Film Festival.

Ce projet était souhaité de longue date par le circuit et

le maire d’Arras Frédéric Leturque, tant le site actuel est

en « sous-capacité », affirme Olivier Labarthe, directeur

général de Megarama. Une rénovation et une extension

étaient initialement prévues, notamment pour conserver

sa localisation idéale sur la Grand’Place, mais de nombreuses

contraintes architecturales et l’explosion des coûts des

travaux ont mené à un pivotement de stratégie.

Megarama vise un dépôt en CDACi pour le premier

trimestre de 2026, avant celui du permis de construire

en milieu d’année et une ouverture en 2028, après 10 à

12 mois de travaux. Le projet, accompagné par l’architecte

Raphaële Carril, s'élèvera à plus de 18 millions d’euros.

Pour rappel, le groupe de Jean-Pierre Lemoine a récemment

repris deux cinémas dans le Nord et ouvrira dans

les prochains mois un établissement de 9 salles aux Ulis

(Essonne) et un établissement de 6 salles à Cormeillesen-Parisis

(Val-d’Oise).

J.D.

28 N°504 / 19 novembre 2025


DANS LES PAYS DE LA LOIRE,

LES CINÉMAS RAVIVENT LEUR TERRITOIRE

Alors qu’elle accueille deux nouveaux établissements (pages 30 à 33), la région affiche des

résultats prometteurs sur plusieurs indicateurs, dont la fréquentation, d’après la géographie du

cinéma 2024 du CNC.

11,4 millions d’entrées ont été enregistrées dans les 125

cinémas des Pays de la Loire en 2024 (6,2 % des 181,5

millions à l’échelle nationale), en progression de 5,8 %

sur 2023, soit la plus forte hausse régionale du pays, loin

devant la moyenne nationale (+0,6 %). En attendant de

connaître la dynamique en 2025, la région peut également

se targuer d’être celle qui affiche le plus faible retard

(-2,2 %) sur la moyenne de sa fréquentation pour la

période 2017-2019. Un résultat que le CNC attribue

notamment à la densification du parc de salles (322 en

2017-19 et 359 en 2024, +9,2 %).

Plusieurs cinémas ont en effet vu le jour ces dernières

années dans la région, parmi lesquels le CinéTriskell de

Challans, le Confluences de Sablé-sur-Sarthe (en attendant

celui de Carquefou en 2026) et les Grand Écran de

Montaigu-Vendée et La Chapelle-sur-Erdre. Le réseau

de la famille Fridemann dévoile d’ailleurs un nouveau

site à Fontenay-le-Comte (voir pages 32-33), tandis qu’un

Cinéville est inauguré à Beaupréau-en-Mauges (voir

pages 30-31). Le groupe dirigé par Yves Sutter s’affirme

comme le circuit le plus implanté dans les Pays de la

Loire, avec 8 établissements (60 écrans), dont 5 multiplexes

(8 salles et plus) sur les 14 que compte la région. Pathé

Cinémas arrive deuxième, avec 4 multiplexes (49 écrans),

puis CGR avec 3 cinémas (29 écrans), dont 2 multiplexes,

et Grand Écran avec également 3 sites (17 écrans).

Un public plus occasionnel que régulier

Un développement bienvenu pour une région qui se

classait 8 e sur 13 en nombre de salles en 2024, avec 1

fauteuil pour 62 habitants (contre 1 pour 59 au niveau

national). En regardant plus en détail les données sur le

public de Vertigo, les Pays de la Loire présentent plusieurs

Évolution du nombre d’écrans et de la fréquentation entre 2017 et 2024

327 327 332

11,69

11,26

12,05

342 345 347 346

5,61

8,95

10,78

359

11,41

51,9 %

Les Pays de la Loire sont la région avec la plus forte

part de marché des films français en 2024, devant

la Bretagne (51,2 %) et la Bourgogne-Franche-Comté

(49 %), bien au-dessus de la moyenne nationale

(44,8 %). Dans le top films sur ce territoire, Un p’tit

truc en plus a écoulé plus de 1 million de tickets,

devant Le Comte de Monte-Cristo (702 800 entrées)

et Vice-Versa 2 (509 200 billets).

axes de progression. En effet, les spectateurs occasionnels

sont les plus présents dans la région (44,7 % du public

contre 41 % en moyenne nationale), qui reste celle

affichant le taux de réguliers le plus faible de France

métropolitaine (45,2 % vs 45,7 % à l’échelle nationale).

De plus, elle se révèle être le territoire qui attire le moins

de spectateurs de moins de 25 ans (35,4 % contre 39,5 %

en moyenne nationale).

Et pourtant, les Pays de la Loire possédaient le 3 e meilleur

indice de fréquentation, avec 2,91 entrées par habitant,

et le meilleur taux d’occupation par fauteuils de France

(14,8 %), bien supérieur à la moyenne nationale (12,1 %),

sachant que c’est également la région où les places de

cinéma sont les moins chères (6,88 € en moyenne contre

7,42 € à l’échelle du pays). De là à dire qu’il y a un lien,

voilà un pas que nous ne franchirons pas.

Tanguy Colon

3,85

Source CNC

Carte d’identité

des Pays de la Loire (en 2024)

3,9 millions d’habitants

66,3 % sont des spectateurs de cinéma

11,41 millions d’entrées (8 e région/13)

dont 5,35 millions dans les salles

art et essai

125 cinémas (6/13)

dont 14 multiplexes

dont 90 salles art et essai

359 écrans (8/13)

dont 188 classés art et essai

N°504 / 19 novembre 2025

29


Focus Exploitation

©Cinéville

©Liilou Hamon

CINÉVILLE SE DÉVELOPPE

DANS LE MAINE-ET-LOIRE

Le circuit ouvre son nouvel établissement ce vendredi 21 novembre à

Beaupréau-en-Mauges, dans un contexte de crise de la fréquentation qui

n’empêche toutefois pas l’optimisme de son dirigeant, Yves Sutter.

INFOS PRATIQUES

ADRESSE :

3 rue Robert Schuman,

49600 Beaupréau-en-Mauges

TARIFS (LISTE NON EXHAUSTIVE):

Normal : 9,90 €

Séniors (+65 ans) : 7,90 €

Étudiant : 7,50 €

Moins de 18 ans : 7,50 €

Moins de 14 ans : 5,90 €

Matin : 6,50 €

Depuis un peu plus d’un an, Cinéville multiplie ses

investissements, entre acquisitions de cinémas d’est

en ouest – à Dorlisheim, Dijon ou Saint-Brieuc – et

premiumisation – développement du concept maison

Orium. C’est désormais au tour de la construction,

avec l’ouverture de son tout nouveau site angevin de

5 salles et 686 fauteuils, son deuxième dans le département

après le Cinéville Les Ponts-de-Cé. « Historiquement,

Cinéville est davantage implanté dans des

agglomérations plus peuplées, relate Yves Sutter, directeur

général du réseau. Mais en 2015, en association avec

Rémy Sérillon, nous avons ouvert un site à Savenay, une

commune de 8 000 habitants, et les entrées ont rapidement

dépassé nos attentes. » En effet, la modernisation du

parc durant les années 2010, qui accompagne un

marché dynamique, se caractérise notamment par

« l’arrivée et le succès de cinémas de 4, 5 ou 6 salles dans

des territoires plus petits ». Et au moment où Yves Sutter

remarque un fort potentiel dans les Mauges, une

réorganisation administrative importante s’y déroule :

« Les six intercommunalités de la région, chacune composée

d’une douzaine de communes, ont fusionné. Ainsi,

Beaupréau-en-Mauges – anciennement Beaupréau – passe

de 8 000 à 24 000 habitants, et devient le cœur de la

nouvelle intercommunalité réunissant les 120 000 personnes

des six villes créées. »

S’adapter aux réalités du marché

C’est donc de « la convergence de plusieurs raisonnements

et observations » que naît l’idée d’implanter un complexe

dans une région conséquente, dotée de seulement 5

cinémas, dont un mono-écran à Beaupréau-en-Mauges,

le Jeanne d’Arc. L’indice de fréquentation y est de 0,7,

soit fortement plus bas que la moyenne départementale

de 2,7. Le projet est accepté en CDACi en juillet 2019,

puis en CNACi en décembre 2019, mais arrêté par la

pandémie. Et au sortir du Covid, plutôt que d’entamer

des constructions, Cinéville préfère « prendre le temps

d’observer les conséquences de la crise ». La chute de la

fréquentation mais surtout l’inflation des coûts des travaux

poussent le groupe, accompagné du cabinet d’architecture

Gilles Imbert, à revoir ses ambitions à la baisse, en réduisant

la taille du site de 10 % ainsi que sa capacité de 5 %.

Après une validation par la Cour administrative d’appel

de Nantes début 2022 suite à un dernier recours, les

travaux commencent début 2025.

Le projet définitif est un établissement de 2 240 m² pour

5 salles allant de 77 à 236 places, soit un total de 686

fauteuils dont 21 PMR. Côté technique, deux projecteurs

Laser 4K sont installés et toutes les salles sont équipées

en 7.1 à l’exception de la plus grande, en Dolby Atmos.

Au total, près de 5,5 millions d’euros ont été dépensés.

30 N°504 / 19 novembre 2025


La cohabitation avec le cinéma Jeanne d’Arc est gérée

par une convention tripartite signée lors de la CDACi

entre l’association gérant le mono-écran, Cinéville et

la Ville de Beaupréau-en-Mauges. Ainsi, le Jeanne

d’Arc garde les dispositifs scolaires et l’exclusivité sur

les sorties art et essai de moins de 175 copies, tandis

que le Cinéville adopte une ligne généraliste. Certains

programmes du réseau y seront repris, tels que

“Ciné-Bambino” et “Je découvre le cinéma”, tous

deux à destination du jeune public, ou encore les

reprises de “Cultissime !” et “Cult’Anim”. « Nous nous

situons dans une zone pavillonnaire dense en familles,

et la démographie – à l’époque où nous avons réalisé

notre étude – était très dynamique, explique Yves Sutter.

Nous pensons donc que l’établissement, par son envergure

et sa programmation, peut attirer des spectateurs à 20

minutes aux alentours. » Le directeur général de Cinéville,

en se basant sur les chiffres du CNC, pense en

effet que « les complexes formatés sur des zones d’influence

cinématographique à 30 minutes ne correspondent plus

à la réalité, ce qui peut aussi expliquer leur perte de

fréquentation ». L’étude menée avec le cabinet Ciné

Conseil table sur 140 000 entrées annuelles, bien que

le marché actuel perturbe les prévisions. « En 2023 et

2024, ces types de cinémas de la moyenne exploitation

se rapprochaient de leurs entrées pré-Covid, donc même

sans attendre un Un p’tit truc en plus annuel, il y avait

des raisons de garder nos prévisions de 2019 – qui pour

rappel se fondaient sur les résultats de 2018, donc 201

millions d’entrées. Maintenant, la question est de savoir

si la vérité des prochaines années est celle de 2024 ou

de 2025. »

©Liilou Hamon ©Liilou Hamon

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : CINÉVILLE

Maître d’œuvre / pilote : GILLES IMBERT ARCHITECTURE

Bureau de contrôle : APAVE

BÂTIMENT

Gros œuvre : BOISSEAU BATIMENT

Climatisation/chauffage : CVCLIM

FAÇADE/HALL

Comptoir : BROUILLET PRODUCTION

Système de billetterie : CINE GROUP

Signalétique intérieure : CINÉ DIGITAL

Enseignes façade : ETG ENSEIGNES

Affichage dynamique : BM TECH

CABINES

Installateur : CINEMECCANICCA

EXPLOITATION

Programmation : CINÉDIFFUSION

SITE INTERNET

Conception : 1000 MONDES

*Basé sur le déclaratif de l’exploitant

Continuer à investir

L’état de la fréquentation cette année impacte en effet

tout le parc Cinéville, qui avait « surperformé en 2024

grâce aux succès français », et se retrouve maintenant en

manque de spectateurs occasionnels. Et alors que le

circuit a lancé il y a un an son concept premium maison

Orium*, déployé dans quatre de ses établissements – à

Saint-Sébastien-sur-Loire, Dorlisheim, Vern-sur-Seiche

et Saint-Nazaire –, il peut difficilement en juger les

performances tant l’offre a manqué. « Mais la question

est aussi de savoir si la salle engrange des entrées qui n’auraient

pas été réalisées si elle n’existait pas, et je ne le pense

pas, affirme Yves Sutter. Il peut en revanche y avoir des

transferts de public sur certains films, comme nous l’avons

remarqué pour Gladiator II où nos résultats sur l’Orium

étaient au-dessus de la moyenne. Nous verrons bien

pour Avatar. »

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

En attendant, la fin d’année de Cinéville sera chargée,

le nouveau site de Plourin-lès-Morlaix (6 écrans) ouvrant

courant décembre pour remplacer le vieillissant Rialto

de Morlaix (voir le Boxoffice Pro du 8 janvier 2025).

De plus, le circuit a récemment apposé son enseigne

sur l’Olympia de Dijon, officiellement entré dans son

giron en avril dernier, tout en conservant « [sa] programmation

résolument familiale et grand public ». Enfin, dans

la même ville, le Darcy garde son enseigne, et affirme

plus fortement sa ligne art et essai avec « environ 90 %

des séances consacrées à des films recommandés ». Pour

rappel, Cinéville exploite, avec l’ouverture de son site

à Beaupréau-en-Mauges, 24 cinémas pour 184 écrans,

et a terminé 2024 avec 6,3 millions d’entrées (voir la

France des cinémas du Boxoffice Pro du 5 février 2025).

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE PARTICULARITÉ

1 150 5 13 Dolby 7.1 CHRISTIE CP4230 4K 3D

2 74 3 9 Dolby 7.1 CHRISTIE CP2411 Laser

3 117 4 10 Dolby 7.1 CHRISTIE CP2411 Laser

4 230 6 16 Dolby ATMOS CHRISTIE CP4435 Laser 4K 3D

5 94 3 10 Dolby 7.1 CHRISTIE CP2411 Laser 3D

TOTAL 665 21

Jules Dreyfus

* Les salles Orium proposent un écran de 16 mètres de base, un projecteur 4K Pure Laser

et un son Dolby Atmos. Les fauteuils électriquement inclinables disposent d’une assise

élargie, et d’une tablette en bois ainsi que d’une case de rangement.

N°504 / 19 novembre 2025

31


Focus Exploitation

©BLAMM ARCHITECTURE

GRAND ÉCRAN DÉVOILE

SON NOUVEAU CINÉMA

À FONTENAY-LE-COMTE

Le réseau de la famille Fridemann

ouvre ce mercredi 19 novembre

son nouvel établissement dans la

commune vendéenne et renforce son

implantation en Pays de la Loire.

Jamais deux sans trois. Après les inaugurations de Montaigu-Vendée

(6 salles) et de La Chapelle-sur-Erdre (6 écrans)

en 2024, Grand Écran lève le voile sur son troisième

cinéma dans la région Pays de la Loire, avec un complexe

5 salles à Fontenay-le-Comte. « Nous sommes fiers d’avoir

pu concrétiser ces opportunités qui sont cohérentes géographiquement

pour notre circuit et respectent nos valeurs axées

sur la proximité, la diversité, l’éco-responsabilité et l’innovation

», explique Sacha Fridemann, responsable du

développement au sein de Grand Écran.

Emplacement stratégique

La commune de Fontenay-le-Comte « nous intéressait

particulièrement car elle dispose d’un emplacement stratégique

dans le Sud Vendée, corrélé à une dynamique économique

et démographique positive retrouvée depuis 2020 ». La

famille Fridemann se positionne donc lorsque la Ville et

la Communauté de communes du Pays de Fontenay-Vendée

réfléchissent à l’évolution du cinéma historique Le Renaissance,

doté de 3 salles. Mais son emplacement trop

enclavé et contraint poussent les collectivités à privilégier

le déplacement de l’activité cinématographique. Un projet

qui va se révéler plus complexe qu’il n’y paraît, entre une

emprise au sol réduite, la proximité de la Vendée (la

rivière, ndlr.) et une insertion urbaine dans un périmètre

avec des bâtiments classés Monuments historiques.

Le circuit a, par ailleurs, fait le choix d’installer 500 m²

de panneaux photovoltaïques en toiture ains qu’une

étanchéité réfléchissante blanche, pour atteindre « une

autonomie énergétique d’environ 35 % ». Conçu par le

cabinet Blamm Architecture, déjà aux manettes des deux

autres cinémas du groupe dans la région, le Grand Écran

de Fontenay-le-Comte propose 750 places et tout le

confort des équipements modernes : projection laser, son

Dolby Atmos dans la grande salle, fauteuils duo, gradinage

renforcé, ainsi que l’accessibilité sensorielle grâce à l’application

Greta. 4,7 millions d’euros (hors taxe) ont été

nécessaires pour concrétiser ce projet.

L’activité cinématographique n’aura d’ailleurs pas subi

d’interruption dans la commune de 14 000 habitants :

Le Renaissance a, en effet, joué sa dernière séance officielle

mardi 18 novembre, et le Grand Écran sa première ce

mercredi 19 novembre. Avec une programmation généraliste

grand public et art et essai, le circuit vise le classement

ainsi que le label Jeune public et ambitionne les 130 000

à 150 000 entrées annuelles, contre 80 000 billets vendus

par Le Renaissance en 2024. L’établissement se situe dans

une zone sans vraie concurrence directe : le CGR de

Niort et le CinéTriskell de Luçon, exploité par l’indépendant

privé Éric Dubot, se trouvent à 40 minutes en

voiture, tandis que les CGR de La Rochelle sont à environ

une heure de route.

32 N°504 / 19 novembre 2025


Croissance importante

L’ouverture du cinéma de Fontenay-le-Comte marque

le point d’orgue d’une phase de développement fulgurante

pour le groupe de la famille Fridemann. Depuis fin 2019,

le circuit a concrétisé la construction de quatre établissements

flambant neufs, entre Langon (Gironde) et les

trois sites en Pays de la Loire, et l’extension de deux autres

équipements, à Limoges (Haute-Vienne) et Villeneuve-sur-Lot

(Lot-et-Garonne). En outre, le réseau a

également orchestré la montée en gamme de certains

autres cinémas, à travers des rénovations – Le Lido à

Limoges étant la dernière en date [voir Boxoffice Pro

n°501 du 8 octobre 2025] – ainsi que le déploiement

de son format premium maison Cinemax, qui équipe

désormais 7 salles (dans 6 sites, le multiplexe de Sainte-Eulalie

en possédant deux).

Pour Sacha Fridemann, cette phase de croissance « nous

conforte dans notre volonté de faire et d’exploiter des cinémas

personnalisés, ancrés au cœur de la ville avec un fort degré

d’immersion et de confort dans les salles. Ces paramètres

seront, selon nous, gages de vitalité pour aborder l’avenir

plus sereinement. Nous allons ainsi poursuivre la modernisation

de nos sites existants sur cette base, et continuer

d’envisager de nouveaux développements externes ». Qu’ils

soient dans les régions d’implantation ou des nouvelles,

à l’image d’une première incursion dans l’Allier via

l’acquisition des 7 salles de l’Étoile Palace de Vichy

finalisée en avril 2024.

À date, et malgré la récente fermeture du Rio dans le

centre-ville de Langon [voir ci-contre], Grand Écran

exploite 14 cinémas et 108 écrans, à travers la Nouvelle-Aquitaine,

les Pays-de-la-Loire et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Le circuit avait enregistré 2,2 millions d’entrées en 2024,

se hissant au 10 e rang des principaux exploitants français

en fréquentation.

Tanguy Colon

©Grand Écran ©Grand Écran

Fermeture du Rio

de Langon

Mi-octobre, le groupe Grand Écran a acté la fermeture

du complexe de 2 écrans et 465 fauteuils, dont il avait

repris les activités à l’automne 2019. Malgré les

travaux effectués en 2021, « le marché national n’est

pas suffisant pour justifier l’économie de fonctionnement

du Rio, même en synergie avec le multiplexe »,

explique Sacha Fridemann, chargé du développement

chez Grand Écran, qui confesse une « décision difficile »

mais « une obligation de lucidité » au regard du

contexte défavorable. « Nous avons eu le mérite d’avoir

essayé, même si dès le départ la cohabitation des deux

cinémas dans une agglomération de cette taille s’annonçait

difficile car inédite. » Le Rio oscillait autour des

6 000 entrées annuelles post-Covid, loin des 18 000

spectateurs attirés en 2019, dans la commune de 7

500 habitants. Le personnel et la programmation du

site ont ainsi été transférés sur le multiplexe de périphérie.

Doté de six salles et 933 fauteuils, le cinéma,

inauguré en octobre 2019, avait enregistré quelque

180 000 entrées en 2024.

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : GRAND ECRAN

Maître d’œuvre / pilote : BLAMM ARCHITECTURE

Bureau de contrôle : SOCOTEC

BÂTIMENT

Gros œuvre : GUILLEBEAU BATIMENT

Climatisation/chauffage : SET

FAÇADE/HALL

Comptoir : BROUILLET PRODUCTION

Système de billetterie : CINE GOUP

Signalétique intérieure : ENSEIGNE 33

Affichage dynamique : SONIS

CABINES

Installateur : CINEMANEXT

T. C.

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 282 7 16 Atmos 4K

2 177 5 14 7,1 2K

3 125 4 11 7,1 2K

4 82 3 8 7,1 2K

5 82 3 8 7,1 2K

TOTAL 748 22

EXPLOITATION

Programmation : GRAND ECRAN

SITE INTERNET

Conception : CINE GROUP

*Basé sur le déclaratif de l’exploitant

N°504 / 19 novembre 2025

33


Miscellanées

PROCHAINES CNACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

28/11/25

28/11/25

SAS SOCIÉTÉ ARDÉCHOISE

D’EXPLOITATION CINÉMATOGRAPHIQUE

COMMUNAUTÉ D'AGGLOMÉRATION LE

GRAND NARBONNE

CINÉMA CONFLUENCES

ANNONAY

LE CINÉMA SCÈNE NATIONALE

DU GRAND NARBONNE

7 770 Projet de création Annonay Ardèche Annonay Rhône Agglo

1 109

Projet d'extention via l'ajout d’une salle et 109 places (portant la

capacité du site à 2 salles et 369 places)

Narbonne Aude Le Grand Narbonne

PETITES ANNONCES

Soutiens

GNCR

Magellan de Lav Diaz (Nour Films, 31 décembre)

Les Échos du passé de de Mascha Schilinski

(Diaphana , 7 janvier)

La Reconquista de Jonás Trueba

(Arizona - 28 janvier)

Afcae

Inédits

Le Temps des moissons de Huo Meng (ARP

Selection, 24 décembre)

Le Retour du projectionniste d’Orkhan

Aghazadeh (Survivance, 21 janvier

Urchin de Harris Dickinson (Ad Vitam, 11 février)

Les Voyage de Tereza de Gabriel Mascaro

(Paname, 11 février)

Double soutien Inédits et 15-25

Baise-en-ville de Martin Jauvat (Le Pacte,

28 janvier)

Jeune Public

L’Ourse et l’Oiseau, collectif (Litte KMBO,

25 février)

48 e Festival italien de

Villerupt : le palmarès

Parmi les différents prix, le jury professionnel, parrainé

par Boxoffice Pro, a récompensé Pile ou face d’Alessio

Rigo De Righi et Matteo Zoppis. Marie-Pierre Lafargue

(association Ciné 32), Stéphane Ory (La Scala, Thionville),

Francesca Pesce (5 Caumartin, Paris) et Denis Polere

(circuit itinérant Ecran Vagabond du Trièves) ont salué

« cette adresse à la jeunesse à l’heure où nous faisons du

renouvellement des publics des salles de cinéma l’une de nos

priorités ». Ce western, distribué par Shellac le 7 janvier,

retrace l’histoire vraie de Buffalo Bill et de son spectacle

de l’ouest sauvage au public italien. On y retrouve

notamment Nadia Tereszkiewicz et John C. Reilly.

RESTE DU PALMARÈS

Amilcar du jury : La Vita da Grandi de Greta Scarano

Mention à Ciao Bambino d’Edgardo Pistone

Amilcar du jury jeunes : Ciao Bambino d’Edgardo Pistone

Amilcar de la critique : Pompei, Sotto le Nuvole de

Gianfranco Rosi (Météore, 19/11/25)

Mention à Le Dernier pour la route de Francesco Sossai

(New Story, 11/03/26)

Amilcar du public : Diamanti de Ferzan Özpetek

(Destiny, 21/01/26)

Le cinéma LE GRAND BAIN

Complexe de 3 écrans, situé dans la com com

de Aire-sur-l’Adour (12 880 hab) à 30 mn de

Mont-de-Marsan, classé Art & Essai, pour une fréquentation

annuelle estimée à 70 000 entrées.

RECRUTE

un.e directeur.rice

En CDI à temps plein

Prise de poste dès que possible

Compétences

Expérience en tant que manager d’équipes • Maîtrise des

outils informatiques • Compétences administratives

• Prise d’initiatives et autonomie • Sens de l’organisation

• Bonne culture cinématographique • Expérience

projection numérique et TMS sera un plus.

Merci d’envoyer votre CV et lettre de motivation à

thomaspaul@cinem2m.com

AGENDA DE LA PROFESSION

CONVENTIONS GAUMONT du 18 au 27/1125 TOULOUSE, NANCY, LYON ET VERN-SUR-SEICHE

JOURNÉE ART ET ESSAI DU CINÉMA EUROPÉEN 23/11/25 MONDE

RENCONTRES NATIONALES DE L’ARCHIPEL DES LUCIOLES 25 au 27/11/25 METZ

COLLOQUE POUR LES 70 ANS DE L’AFCAE 03 au 05/12/25 PARIS

FESTIVAL DU FILM DE SOCIÉTÉ DE ROYAN 03 au 07/12/25 ROYAN

SOMMET DES ARCS 16 au 20/12/25 LES ARCS

CONVENTION METROPOLITAN FILMEXPORT 13/01/26 PARIS

RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS

FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE

25 ES RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP

RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS

RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE

12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD

ERRATUM

Dans le dernier magazine, en date du 5

novembre, plusieurs erreurs et imprécisions

ont été renseignées dans l’interview avec Sophie

Cazes. Ainsi, l’étude sur la mobilité du public

entre Paris et la périphérie est une initiative

de la Ville de Paris, et non du CNC. La version

corrigée de l’entretien est disponible sur le site

boxofficepro.fr et sur le magazine digital.

34 N°504 / 19 novembre 2025


25 ANS DANS UNE FAMILLE HORS DU COMMUN

AU CINÉMA LE

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