COLLECT Belgique Hiver 2025
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N° 548 / HIVER 2025–2026
Ceramic Brussels
Moteur de création
BRAFA 2026
Des marchands en dialogue
Un bestiaire royal
Les animaux de Fabergé
HIËRONYMUS FRANCKEN II
(1578– Antwerpen – 1623)
JEAN-PIERRE CASSIGNEUL
(Born in Paris 1935)
BRAFA
ART FAIR BRUSSELS
STAND 69
Douwes Fine Art is the oldest family-owned art dealer in the
world, established in 1770. We offer five centuries of paintings
(from 1500 until today), works on paper and sculpture.
REMBRANDT HARMENSZ. VAN RIJN
(Leiden 1606 - 1669 Amsterdam)
We look forward to welcoming you at the BRAFA Art Fair in
Brussels at stand 69. Please visit our website for an overview
of our collection and feel free to contact us with any questions
you might have.
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EXHIBITIONS - VALUATIONS - RESTORATIONS
Johannes Vermeerstraat 15hs • 1071 DK Amsterdam • The Netherlands
Tel. +31(0)20 664 63 62 • info@douwesfineart.com • www.douwesfineart.com
LES
NOUVELLES
SALLES
Arts décoratifs
du XIX e siècle
Art Nouveau et
Art Déco
belges
Sphynx mystérieux
Charles Van der Stappen
1897
PARC DU CINQUANTENAIRE - BRUXELLES
Regie der Gebouwen
Régie des Bâtiments
COLLECT
Est. 1971 – hiver 2025–2026 n°548
Édito
Rédacteur en Chef
Christophe Dosogne
Rédaction
Els Bracke
Christophe Dosogne
Trice Hofkens
Collaborateurs
Gilles Bechet, Tamara Beheydt,
Jean-Marc Bodson, Gwenaëlle de Spa,
Gwennaëlle Gribaumont, Elien Haentjens,
Diane Hennebert, Ben Herremans, Anne
Hustache, Ewoud Mijnlief, Bernard Roisin,
Christine Vuegen
Mise en pages
Renaldo Candreva
Ellis De Vuyst
Administration, Rédaction, Agenda
Begijnhoflaan 464 G
9000 Gand
Tél. : 0468/51.15.39
collect@ips.be
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Publicité
Secteur Art : Joris van Glabbeek
Tél. : 012/26.37.11
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Tout autre secteur :
MAC-Strat SRL /
Yves de Schaetzen
Tél. : 0475/82.96.00
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manquant, ou toute autre question,
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Membre de l’Union des Editeurs
de la Presse Périodique
Pour les auteurs d’art visuel et les photographes
: © CISAC / SABAM Belgium 2025
Portrait : © Guy Kokken
Editeur responsable :
Patrick Snoeck
En couverture
Carlo Nicoli (1843-1915), Madame de
Pompadour, 1889, buste en marbre de
Carrare, H. 108 cm, signé et daté. Le
buste orné de l’œuvre d’Anna Volkova
(1974), Les Fleurs d’Amour (2025), en
porcelaine modelée et peinte. Courtesy
Artimo, Bruxelles / BRAFA 2026 / stand
n°150 - www.artimobrussels.com
Nulle partie de cette publication ne peut être reproduite
et/ou publiée par impression, photocopie ou
de toute autre manière que soit, sans l’autorisation
écrite de l’éditeur. Ni la rédaction ni l’éditeur ne
peuvent être tenus pour responsables des opinions
et faits contenus dans les articles signés ou les
contributions de ce magazine, lesquels n’engagent
que leurs auteurs. COLLECT ne peut être tenu pour
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publiées, la responsabilité en incombant uniquement
à l’annonceur. © Arts Antiques Auctions, Gand
Si les signes encourageants, observés
en octobre à Frieze London et Art
Basel Paris, ont ravivé les espoirs du
marché et prouvé que les collectionneurs
sont toujours prêts à dépenser, les pièces
acquises, des œuvres séduisantes et beaucoup
de photographie, témoignaient en revanche
d’une aversion au risque de plus en plus prégnante,
au détriment de l’art d’avant-garde et
de l’expérimentation. Ainsi, dans leur approche
prudente, les collectionneurs semblent rechercher
le soutien des institutions et d’œuvres
qui s’inscrivent pleinement dans l’histoire de
l’art, tandis que, dans un marché considéré
désormais comme incertain, les prix élevés paraissent
relégués à la marge. Selon une enquête
menée auprès de 3 100 collectionneurs à travers
le monde, réalisée pour Art Basel et UBS
par Clare McAndrew et publiée en amont de la
foire Art Basel Paris, leurs dépenses médianes,
en 2024, s’élevaient à 24.000 dollars, tandis que
la moyenne globale atteignait 438.990 dollars.
L’enquête, qui pointe davantage d’acheteurs
féminins et des jeunes générations, a mis en
évidence une plus grande diversité de goûts
comme un besoin d’évasion, incarné entre
autres par le succès des œuvres surréalistes.
De leur côté, les artistes contemporains, plus
nombreux et généralement moins chers que
leurs prédécesseurs du XXe siècle, gagnent en
popularité grâce à leurs paysages imaginaires
et symbolistes, notamment ceux du peintre
suisse Nicolas Party, omniprésents sur les
stands des grandes foires d’octobre et perçus
par les collectionneurs comme des espaces
d’évasion et de réflexion, offrant une alternative
aux récits martiaux d’expansion et d’exploitation
générés par la situation géopolitique
mondiale. En outre, peut-être en réaction au
rythme effréné des avancées technologiques,
la photographie argentique traditionnelle a fait
son grand retour cette saison, notamment à
Paris Photo qui a attiré 61 000 visiteurs. L’étude
Prudence et aversion au risque,
nouveaux paradigmes du marché
Si l’art numérique semble
désormais mis entre
parenthèses, on constate
un retour à l’ancien
qui, bien que loin d’être
toujours accessible, attire
de nouveaux acheteurs.
Art Basel et UBS Global Collecting Survey révèle
ainsi que les collectionneurs d’art sont de plus
en plus attirés par la photographie. De fait, 44
% des personnes interrogées ont acheté une
photographie entre 2024 et 2025, contre 16 % en
2023. Cette évolution s’explique en partie par le
profil des acheteurs interrogés : les femmes ont
dépensé plus du double de leurs homologues
masculins en photographie (65.000 $ en moyenne
contre 30.000 $), tandis que les acheteurs de
moins de 60 ans y ont consacré en moyenne
14 % de leurs dépenses, contre seulement 3 %
pour les baby-boomers (61-79 ans). Enfin, si l’art
numérique semble désormais mis entre parenthèses,
on constate un retour à l’ancien qui,
bien que loin d’être toujours accessible, attire
de nouveaux acheteurs, par exemple dans le
secteur technologique, qui déconcertés par les
prix que peuvent atteindre certains noms de l’art
contemporain se sentent, au contraire, rassurés
par l’importance historique d’une œuvre. Un
juste retour des choses ? A voir…
Pour l’heure, l’ensemble de la rédaction se joint
à moi pour vous souhaiter déjà de belles et lumineuses
fêtes, ainsi qu’une excellente année 2026 !
Nous vous retrouverons avec joie fin janvier.
Christophe Dosogne
26 50 60
Les animaux
de Fabergé. Un
savoir-faire inégalé
Au fil du temps :
la boule de Noël
Les dialogues de la BRAFA :
Objects With Narratives et
Haesaerts – le Grelle
44
Ceramic Brussels
20
Nos incontournables en 2026
L’an prochain, ces institutions
devraient écrire l’histoire de l’art.
Notez d’ores et déjà ces expositions
dans votre agenda.
6
40
L’argent fait un carton !
Sommaire
Hiver 2025–2026
Dossiers
Rubriques
56
La micro-mosaïque,
splendeur minature
16 Leçons de survie dans un
marché en mutation
20 Nos incontournables en
2026
26 Les dialogues de la BRAFA
26 Objects With Narratives et
Haesaerts – le Grelle
31 Virginie Devillez et
Gwenvael Launay
(Almine Rech)
34 Oscar De Vos et
Thomas Deprez
39 Une tradition qui se
renouvelle
40 L’argent fait un carton !
44 Ceramic Brussels
50 Les animaux de Fabergé.
Un savoir-faire inégalé
56 La micro-mosaïque,
splendeur minature
60 Au fil du temps :
la boule de Noël
88 Native Auctions
10 Up to date
14 Personalia
22 L’artiste du mois : Elise
de Falletans (aka Elium)
24 Zoom : PhotoBrussels
Festival
64 Beaux-Livres
70 La vie du conservateur :
Dorothée Duvivier et
Bachelot & Caron au
BPS22
72 Musées
78 Parole de galeristes :
Martins & Montero
79 Galeries
116 Salles de ventes
117 Bonnes adresses
Ventes
92 Focus International
96 La surprise du mois
97 Ventes en Belgique
Agendas
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76 Musées
84 Galeries
114 Ventes
115 Foires & Salons
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Up to date
->
Le futur Dubai Museum of Art, dessiné par Tadao Ando. Courtesy Al-Futtain Group
Signa temporum, ars temporis…
Catastrophe pour le marché US ? Les droits
de douane introduits par l’administration
Trump ayant pour but de soutenir les fabricants
américains dans des secteurs tels que
la construction, l’industrie pharmaceutique
et la production automobile, nuisent en fait
au négoce international des antiquités et
arts décoratifs. Ces nouvelles taxes, allant de
10 à 25 %, mais qui devraient atteindre 50 %
d’ici 2026, concernent aussi de fait nombre
d’objets de collection et de décoration, tels
que les meubles, le vin et les voitures anciennes.
En conséquence, plusieurs grands
marchands européens ont déjà renoncé à
participer à des salons outre-Atlantique,
choisissant de se recentrer sur l’Europe. S
Société européenne de gestion de crédit
privé, Pemberton Asset Management vient
d’acquérir l’auctioneer Bonhams auprès
du fonds d’investissement Epiris pour un
montant non divulgué. Il a été précisé que
ce changement de propriétaire coïnciderait
avec les départs de Chabi Nouri, PDG
monde de Bonhams, et de Céline Assimon,
directrice commerciale. www.bonhams.com
S Alors que le pays développe ses ambitions
culturelles avec la construction d’un grand
musée d’art moderne et contemporain
international et le lancement de sa propre
foire Art Basel, le Qatar s’apprête également
à inaugurer le plus grand centre de
stockage et de logistique d’oeuvres d’art
de la région du Golfe. Ce projet est le fruit
d’un partenariat entre QC+ et Gulf Warehousing
Company (GWC). Ce nouveau
complexe offrira des services de stockage
sécurisé, de conservation et des salles de
visionnage privé pour les collectionneurs
et les institutions. Situé à proximité de l’aéroport
international Hamad, au sein d’une
zone franche, il permettra le stockage et le
négoce d’œuvres d’art hors taxes, à l’instar
des zones franches de Genève, Luxembourg
et Singapour. Le port franc de Doha
desservira l’ensemble de la région du Golfe,
où il n’existe encore aucun lieu comparable.
S L’émirat d’Abu Dhabi, quant à lui, annonce
l’ouverture pour ce mois de décembre du
Zayed National Museum, dans le district
culturel de Saadiyat. Les collections qui y
seront présentées incluent des œuvres du
Paléolithique à l’Âge du Fer, reflétant la
résilience des premières communautés établies
dans cette portion du désert d’Arabie.
Le bâtiment qui les abrite est l’œuvre du
bureau Fosters + Partners. www.zayednationalmuseum.ae
De son côté, l’émirat de
Dubaï vient d’annoncer la construction à
l’horizon 2029 du Dubai Museum of Art,
confiée à l’architecte japonais Tadao Ando.
Cette institution, qui sera installée sur la
Dubai Creek, présentera de l’art moderne
et contemporain reflétant la dynamique
culturelle locale. www.alfuttaim.com S
L’artiste belge Jean Boghossian (1949) développe
depuis quelques années un travail de
céramique qu’il expose, en cette fin d’année
(du 06 au 31-12), en la More Upstairs Gallery
au Sablon. Ces écritures abstraites transcendées
par le feu s’illustrent dans une série
de plaques épigraphiques en porcelaine
émaillée. www.moreupstairs.com S Hériter
de la famille Stoclet, Stephane De Bruyn
vient d’ouvrir dans le quartier Brugmann
à Bruxelles (69 rue Alphonse Renard)
l’espace Branche & Lebrun, où l’art n’est
pas seulement destiné à être vu, mais aussi
vécu, transmis et partagé. Un espace où
10
UP TO DATE
->
Marthe Donas, La table de jeux, 1926, exposée au Mimdo.
Collection Fédération Wallonie-Bruxelles, inv. 9023.
© photo : Luc Schrobiltgen
->
Jean Boghossian, Epigraphic Plaque #9, 2025, plaque en porcelaine émaillée,
29 x 15 x 0,5 cm. © de l’artiste / Courtesy More Upstairs Gallery
les collectionneurs et les amateurs peuvent
acheter et vendre des œuvres, confier la
recherche de pièces rares et significatives,
et entrer en contact avec une communauté
qui apprécie l’art moderne et contemporain
dans ce qu’il a de meilleur. www.branchelebrun.com
S L’antenne bruxelloise de
Colnaghi présente (du 10-12 au 30-01) une
exposition consacrée aux chefs-d’œuvre du
caravagisme flamand. Avec notamment des
œuvres de Hendrick de Somer, Matthias
Stom, Theodore Rombouts, Abraham
Janssens et Jan van Dalen, qui reflètent
les échanges dynamiques développés au
XVIIe siècle entre Rome, Naples et Anvers.
www.colnaghi.com S De son côté, Agnews
Brussels annonce son déménagement du
Sablon vers le quartier de l’avenue Louise,
au 11 rue Paul Emile Janson. www.agnewsgallery.com
S La Granada Gallery, déjà présente
à Tucson, Lanaken, Genk et Anvers,
connue pour ses collections exceptionnelles
de fossiles, minéraux et météorites, vient
d’ouvrir sa première galerie à la côte belge,
sur la rive est d’Ostende, dans un bâtiment
appartenant au Versluys Group. www.
granadagallery.com S A Roux-Miroir, dans
le Brabant wallon, l’Atelier Pierre Culot vous
invite (du 12 au 14-12) à la découverte de ses
nouvelles créations, notamment une édition
spéciale de la lampe Piccolina, imaginée
par le céramiste Pierre Culot en 1965. www.
atelierpierreculot.com S En complément
de l’exposition consacrée à Marthe Donas
(1885-1967) au KMSKA, le musée Marthe
Donas présente Marthe Donas, de retour au
pays, qui réunit des œuvres réalisées entre
1921 et 1927, juste avant qu’elle ne prenne la
clé des champs. En 1921, elle tombait gravement
malade à Paris et, après son mariage,
était contrainte de retourner en Belgique,
où elle s’installa chez ses beaux-parents
dans le Brabant wallon. Là, cette citadine
découvrit le charme de la campagne, qui influença
sa peinture, abordant de nouveaux
thèmes tels que les paysages, les scènes
de la vie quotidienne, les natures mortes et
les peintures religieuses. Son style pictural
renoue alors également avec la figuration,
ponctuée de réminiscences de son langage
cubiste. Les œuvres présentées proviennent
principalement de collections privées belges
et sont donc rarement exposées (jusq.
25-01). www.museemarthedonas.be S A
Bruxelles, le musée Mode et Dentelle a
récemment acquis une pièce exceptionnelle
de la seconde moitié du XIXe siècle. Cette
dentelle raffinée, entièrement réalisée à
la main, mesurant près de deux mètres
sur deux, selon la technique du point de
gaz, ornée d’un somptueux motif floral,
témoigne de l’excellence de la production
dentellière bruxelloise du XVIIIe au début
du XXe siècle. www.fashionandlacemuseum.brussels
S Les trésors du patrimoine
désignés, cette année, pour le Challenge
Patrimoine de l’IRPA sont, entre autres, le
Palais chinois et des Pays des routes de la
Soie à Laeken (Bruxelles), la glacière du cimetière
Bedford House à Ypres, les tableaux
de coquillages de l’Institut des Sciences
naturelles à Bruxelles, ainsi que les bas-reliefs
en albâtre du Château de Gaasbeek.
La liste complète est à découvrir sur le site
www.challengepatrimoine.be, où vous
pouvez voter (jusq. 01-02) pour votre projet
favori qui bénéficiera d’un mécénat de
compétence de l’IRPA à hauteur de 25.000
euros. S Dans le cadre de l’élaboration d’un
catalogue raisonné consacré au peintre
belge Robert Giron (1897-1967), Christian
Defauw est à la recherche de toutes ses
œuvres réalisées sur toile, sur panneau ou
sur papier. Les propriétaires sont chaleureusement
invités à le contacter par email ou
téléphone: defauwchristian@gmail.com ou
0474/90.98.43. Discrétion et confidentialité
assurées.
11
UP TO DATE
Art Antwerp se
développe
Pour sa cinquième édition (du 11 au 14-12), la foire Art Antwerp met
l’accent sur les relations humaines et son rayonnement international.
Ce salon intimiste, où les galeristes sont invités par un comité de
sélection, connaît un succès grandissant. Cette année, 76 galeries,
principalement de Belgique, des Pays-Bas et de France, mais aussi du
Danemark, de Finlande, de Lituanie, d’Allemagne et du Luxembourg,
présentent une sélection dynamique d’artistes confirmés et prometteurs.
Parmi les nouveaux venus figurent des noms prestigieux tels
que Nathalie Obadia, Callewaert Vanlangendonck et Ramakers. Les
participants se distinguent par des présentations de stands originales
ou proposent une exploration approfondie de l’oeuvre d’un artiste lors
d’une présentation individuelle ou en duo. Nouveauté, le Bureau de
Conseil en Art, un service qui met en relation avec les galeries visiteurs
et collectionneurs et leur offre des conseils personnalisés, pour une expérience
accessible et enrichissante. Le Prix d’Acquisition Art Antwerp
est également lancé : un jury sélectionnera une oeuvre d’art d’une
valeur maximale de 10.000 euros, déposée au KMSKA. Cette initiative
enrichit non seulement le musée d’une nouvelle oeuvre, mais réalise
aussi le rêve de nombreux artistes de voir leurs oeuvres intégrées dans
une collection muséale. www.art-antwerp.com
->
Philip Aguirre y Otegui, Fields, 2025. © de l’artiste /
Courtesy Galerie valerie_traan
->
Europalia 2025 : Trois questions à Christian Salez
A l’occasion du 30e festival
Europalia, qui consacre pour
la deuxième fois une édition à
l’Espagne (jusq. 01-02), Christian
Salez, son directeur général,
nous précise les nouvelles
inflexions de l’organisation.
Comment Europalia se positionne-til
désormais ?
« Il ne s’agit plus seulement de présenter
des showcases du pays invité à
travers quelques grands maîtres, mais
bien de questionner les échanges,
les métamorphoses et les liens entre
les cultures. Nous revenons ainsi à
l’essence même de la création d’Europalia
: inciter à la connexion, créer des
perspectives et le dialogue à travers
l’art et la culture, dans un monde de
plus en plus polarisé. Cette nouvelle
édition s’inscrit donc dans une dynamique
de renouvellement. »
Qu’en est-il de l’indépendance
financière du festival ?
« Europalia a toujours défendu et
maintenu son indépendance artistique.
L’impact financier est important mais
pas décisif quant à la programmation.
Les collaborations avec les pays invités
reposent sur un partenariat artistique authentique,
sans contrainte ni compromis.
Ce n’est pas toujours facile, mais c’est
toujours enrichissant. Il nous est arrivé
de financer de manière autonome des
projets non retenus, voir censurés, pour
offrir une vision la plus complète possible
du pays invité. »
Quelles sont les futures pistes de
développement ?
« Le nouveau chapitre d’Europalia
s’écrira sous le signe de la transversalité
: croiser les disciplines, les générations
et les enjeux sociétaux. Nous
développons davantage des formats
participatifs, des résidences d’artistes et
des collaborations durables entre des
Christian Salez. © Europalia
partenaires peu attendus. L’objectif
est d’ancrer le festival dans le présent
tout en ouvrant de nouvelles perspectives
pour l’avenir culturel et son
impact, notamment par le biais d’un
programme à destination du public
scolaire particulièrement étoffé. »
S www.europalia.eu
12
UP TO DATE
Retour à Miami
Miami est la destination incontournable
de la Miami Art Week, du 02 au 07-12. Les
foires d’art moderne et contemporain les
plus prestigieuses s’y déroulent simultanément.
À commencer par Art Miami, la
plus ancienne et une destination de choix
pour les collectionneurs. La galerie L.E. est
la seule représentante belge. La galerie
néerlandaise Priveekollektie participe pour
la onzième fois. www.artmiami.com S
Depuis plus de vingt ans, Scope Art Show
Miami met en lumière galeries et artistes
émergents des plus dynamiques, à travers
une programmation multidisciplinaire
et immersive. www.scope-art. com S La
troisième édition d’Alcova Miami se tient à
nouveau au Miami River Inn, plus ancien et
pittoresque hôtel du quartier historique de
South River Drive, dans l’East Little Havana,
véritable oasis tropicale de tranquillité au
milieu des palmiers. Dans ce cadre exo-
tique est proposée une sélection de design
avant-gardiste et visionnaire. En collaboration
avec Patricia Urquiola, la cour ovale se
transforme en lieu de rencontre convivial.
www.alcova.xyz S Du 05 au 07-12, Art Basel
Miami Beach se dédie à l’art moderne et
contemporain et met en lumière les nouveaux
talents. Parmi les participants belges
figurent Tim Van Laere, Rodolphe Janssen
et Xavier Hufkens. Cette édition inaugure
une nouvelle plateforme, entièrement
consacrée à l’art numérique, baptisée Zero
10, en référence à l’exposition historique
0,10 de Malevitch, à Petrograd en 1915, jalon
de l’avant-garde. Art Basel inscrit ainsi l’art
numérique comme un pilier du marché.
Autre temps fort, Meridians, section dédiée
aux installations artistiques de grande
envergure, où l’on pourra découvrir les
Bruxellois Harlan Levey Projects et Maruani
Mercier. www.artbasel.com/miami-beach
->
Stuart Haygarth, Milk Moon, 2024, verre
opalin et acier, pièce unique. © de l’artiste
/ Courtesy Priveekollektie / Art Miami
Quelques salons spécialisés
->
Bouclier en bois et rotin, Beha, province
d’Oro, baie de Collingwood, Papouasie
Nouvelle-Guinée, XIXe siècle, L. 83,5
cm. © Courtesy Galerie Patrick & Ondine
Mestdagh / Civilisations Brussels
À Malines, du 05 au 07-12, les amoureux
du livre peuvent à nouveau se faire plaisir
et découvrir de magnifiques trésors. Les
marchands de livres anciens, d›antiquités
et d’ouvrages bibliophiles, ainsi que
d’estampes et de gravures, se réunissent
au Centre culturel de Malines pour la
Foire internationale du livre ancien. Les
participants viennent non seulement de
Belgique et des Pays-Bas, mais aussi d’Allemagne,
de France et du Royaume-Uni.
www.antiquarenbeurs-mechelen.com S
La nouvelle année commence traditionnellement
avec quelques événements
incontournables. Outre la BRAFA, Ceramics
Brussels et le PhotoBrussels Festival,
l’édition hivernale de la foire Civilisations
Brussels est prévue du 21 au 25-01. Des
marchands d’art belges et internationaux,
spécialisés dans l’art asiatique, tribal et
ancien, s’y réuniront dans différents lieux
animés du Sablon. Aux côtés d’exposants
de renom tels que Bernard De Grunne,
de la Galerie Patrick & Ondine Mestdagh,
de Bruno Claessens et de Jo De Buck,
des marchands d’art étrangers seront
également présents. www.civilisations.
brussels S La 51e édition du Salon des
Antiquités et de l’Art se tiendra à Luxembourg
(du 28-01 au 01-02) à LuxExpo. Ce
rendez-vous annuel, qui réunit une centaine
de galeries et d’antiquaires internationaux,
ravira tant les amateurs que les
collectionneurs professionnels. Avec un
large choix d’antiquités, d’art moderne et
contemporain, de tableaux, de meubles,
de bijoux et d’accessoires de luxe, chacun
y trouvera son bonheur. www.antiquaires.
lu S On attend aussi avec impatience
la fin du mois de janvier car, du 22 au
25-01, la Grote Kerk de Naarden-Vesting
accueillera à nouveau une foire d’art
réunissant plus de soixante galeries, marchands
et antiquaires, qui présenteront
une sélection variée d’œuvres anciennes,
modernes et contemporaines. Le thème
de cette édition est le bleu, la couleur
qui inspire les artistes depuis des siècles.
www.naardenartfair.nl
13
Têtes de l’Art
Louise Delanghe
In memoriam : Le 1er novembre,
Louise Delanghe (1994) est décédée
à Gand dans un accident de la
route. Cette figure prometteuse de
l’art contemporain belge avait été
sélectionnée pour l’exposition Painting
After Painting au S.M.A.K., terminée
le lendemain de son décès.
Son travail était également exposé
au Kunsthaus NRW d’Aix-la-Chapelle.
Elle avait étudié le graphisme au
KASK de Gand avant de se spécialiser
dans les arts plastiques et de
s’orienter vers la peinture, combinant
techniques classiques et matériaux
expérimentaux tels que le bois,
les coquillages et la peinture domestique.
Ses œuvres, souvent des portraits
colorés de figures féminines et
d’animaux, présentent un mélange
d’inspirations historiques, de Kazimir
Malevich à William Bouguereau,
et d’influences pop contemporaines.
© photo : Guy Kokken
Bart De Baere
Démission : Le 3 novembre, Bart De
Baere (1960) démissionnait de son
poste de directeur général et artistique
du M HKA, à Anvers. S’il quitte
ses fonctions de directeur opérationnel,
il restera probablement conseiller
jusqu’à sa retraite à la fin de
l’année prochaine. Sa démission, qui
fait suite à celle du président du CA
de l’institution, Herman De Bode, est
une conséquence des changements
dans la politique relative à l’art contemporain
en Flandre.
© photo : David Van Turnhout
Camille de Foresta
Promotion : Après quatre années
passées à la présidence de
l’association, le marchand Christophe
Hioco passe le relai à Camille
de Foresta (1986). Sous son impulsion,
le Printemps Asiatique Paris s’est
imposé comme le plus grand rendez-vous
mondial consacré aux arts
d’Asie. En fédérant des institutions
culturelles majeures, dont le musée
Guimet, et en attirant les plus prestigieuses
galeries étrangères, il a su
conférer à l’événement l’envergure
internationale qu’on lui connaît
aujourd’hui. C’est dans cet esprit
de développement que Camille de
Foresta lui succède, qui souhaite
étendre le rayonnement international
de la manifestation en poursuivant
la dynamique d’ouverture qui
en fait aujourd’hui la singularité.
© Printemps Asiatique
14
Xie Lei
Marianne Hoet
Promotion : À compter du mois de
février, Marianne Hoet devient présidente
du département européen
en Modern and Contemporary Art
de l’auctioneer Phillips, implanté à
Londres, New York, Genève et Hong
Kong. Fille de Jan Hoet, sa carrière
l’a menée à côtoyer les plus grands
collectionneurs et musées, notamment
dans le cadre de ses précédentes
fonctions chez Christie’s et
Bonhams. Dans le même temps,
India Phillips est nommée directrice
générale pour l’Europe. Phillips
renforce ainsi son équipe dirigeante
dans le domaine de l’art des XXe
et XXIe siècles.
© D. R.
Lauréat : Le 23 octobre, le peintre
d’origine chinoise Xie Lei était
proclamé lauréat du Prix Marcel
Duchamp 2025, doté de 35.000
euros. Né en 1983 et représenté,
en France, par la Galerie Semiose,
l’artiste est diplômé de l’Académie
centrale des Beaux-Arts de Chine et
des Beaux-Arts de Paris, ville où il
est installé depuis 2006. Ses toiles
oniriques et ambiguës incarnent,
dans des êtres évanescents, le flottement
de notre époque. Son installation
est à découvrir (jusq. 22-02) au
musée d’Art moderne de Paris, aux
côtés des œuvres des trois autres
finalistes Bianca Bondi, Eva Nielsen
et Lionel Sabatté.
© photo : Guillaume Blot
Karim Crippa
Nomination : Depuis le 1er novembre,
suite au départ de Clément Delépine
en septembre, le Suisse Karim
Crippa (1991) est le nouveau directeur
d’Art Basel Paris. Actif au sein
de la foire depuis 2022, il y dirigeait
le service communication. Auparavant,
il avait occupé des fonctions
à la Haus der Kunst de Munich et
au musée Thyssen-Bornemisza de
Madrid. Il souhaite bien sûr renforcer
la place d’Art Basel Paris et agir
en tant que défenseur de la ville, des
exposants et du réseau international
du salon, qui a tenu cette année, avec
succès, sa quatrième édition.
© Art Basel
Maurizio Cattelan
Lauréat : Le Prix de la Nationalgalerie
2026 sera décerné à l’artiste
italien Maurizio Cattelan (1960).
Ce prix berlinois récompense l’un
des artistes contemporains les plus
influents, présenté pour la première
fois en Allemagne dans le cadre
d’une exposition personnelle. Ses
œuvres, qui vont de la sculpture à
l’installation en passant par la pra-
tique conceptuelle, se caractérisent
par un humour corrosif, un sérieux
amer et une réflexion profonde sur
les structures sociales. L’exposition
accompagnant le Prix de la Nationalgalerie
ouvrira ses portes à la
Neue Nationalgalerie lors de la Berlin
Art Week de septembre 2026.
© D. R.
15
Leçons de survie
dans un marché en
mutation
La crise que traverse le marché de
l’art est d’abord celle d’une remise
en question et d’un changement
de modèle où les différents acteurs
sont appelés à s’adapter, et peutêtre
à changer leurs priorités.
TEXTE : GILLES BECHET
Pablo Picasso, Buste de femme au chapeau à fleurs (Dora Maar), 1943, huile sur toile, 81 x 60 cm.
Lucien Paris, 24-10. © Succession Picasso 2025 – 32.000.000 €
Les signaux qu’envoient le marché
de l’art sont alarmants mais trompeurs.
Le dernier rapport d’UBS
pour Art Basel notait une baisse
générale de 12 %, et selon Deloitte, ce recul
montait même à 26,2 %. A y bien regarder,
cette déprime concerne surtout les grosses
galeries et le haut du panier des enchères.
Mais, lorsqu’on y ajoute la fermeture en
série de nombreuses galeries, il y aurait
de quoi s’inquiéter. Toutefois, on observe
aussi que ce marché est résilient et que
les bonnes œuvres continuent à bien se
vendre, tant aux enchères qu’en galeries,
comme en témoignent plusieurs résultats
encourageants, notamment ceux recueillis
lors des semaines de ventes londoniennes
et parisiennes et des foires Frieze et Art
Basel Paris, en octobre dernier. Pour
autant on constatait que, faisant preuve
de prudence, les collectionneurs privilé-
16
« Les nouveaux
talents émergents
atteignent très
rapidement, dès le
lancement de leur
œuvre, des prix
élevés, inabordables
pour la plupart des
collectionneurs »
JOOST VANHAERENTS,
Vanhaerents Art Collection
giaient les œuvres qui s’inscrivent dans
l’histoire de l’art, même si les prix élevés
demeurent l’exception. L’étude Art Basel
and UBS Global Collecting Survey révèle
également que les collectionneurs d’art
sont de plus en plus attirés par la photographie
: 44 % des personnes interrogées
ont acheté une photographie entre
2024 et 2025, contre 16 % en 2023. Cette
évolution s’explique en partie par le profil
des acheteurs interrogés : les femmes ont
dépensé plus du double de leurs homologues
masculins en photographie (65.000
dollars en moyenne contre 30.000 dollars),
tandis que les acheteurs de moins de 60
ans y ont consacré en moyenne 14 % de
leurs dépenses, contre seulement 3 % pour
les baby-boomers (61-79 ans). Car, dans le
regard des Gen Y et Z, l’art redevient émotion
pure, plaisir immédiat, expérience
partagée, libérée du fétichisme de la cote.
« L’appétit du public est toujours là.
C’est une crise de volume, plus qu’une
crise de prix, ce qui se vend, continue à
bien se vendre, les prix tiennent »
Elles se plaisent dans un style plus idiosyncrasique,
où se côtoient œuvres anciennes,
meubles vintage et pièces contemporaines.
« Le marché de l’art doit tenir compte du
développement de ces nouvelles pratiques
d’achat et d’une jeune génération de collectionneurs
hyper connectés, très autonomes
et beaucoup plus éclectiques, dont
les intérêts portent autant sur les objets
de luxe et de collection que sur les œuvres
d’art », note Christine Mostert, Head
ARNAUD CORNETTE DE SAINT CYR
of Art Advisory Services chez Degroof
Petercam. Du reste, si on s’attarde sur un
autre segment du marché, on constate que
beaucoup de moyennes et petites galeries
n’ont pas à se plaindre. Julien Delagrange,
historien de l’art, artiste et directeur de
CAI et de la CAI Gallery, y voit d’abord la
fin d’un modèle basé sur la hype, où une
dizaine de ‘‘mega-galeries’’ aux capitaux financiers
conséquents orientent le marché
en se partageant un vivier d’artistes limité
17
« Le marché de
l’art doit aussi
tenir compte du
développement de
nouvelles pratiques
d’achat et d’une
jeune génération
de collectionneurs
hyper connectés,
très automnes et
beaucoup plus
éclectiques »
CHRISTINE MOSTERT
Degroof Petercam
Piet Mondrian, Composition with Large Red Plane, Bluish Gray, Yellow, Black and Blue, 1922, huile sur toile, 54
x 53.3 cm. Christie’s, New York, 12-05. © Christie’s Images Ltd. – 47.560.000 $
dont ils gonflent les prix pour couvrir leurs
coûts de fonctionnement. Un modèle qui,
aux yeux de certains acheteurs, décrédibilise
l’art contemporain plus exposé à la
volatilité des prix : « Le système risque de
s’effondrer quand un nombre toujours plus
grand d’amateurs tentent d’acquérir une
part d’un gâteau qui, lui, n’a pas grandi. »
Le collectionneur Joost Vanhaerents ne dit
pas autre chose : « Les nouveaux talents
émergents qui atteignent très rapidement,
dès le lancement de leur œuvre, des prix
élevés, sont inabordables pour la plupart
des collectionneurs. Ce qui rend pratiquement
impossible la constitution d’une collection
approfondie d’œuvres d’un artiste,
sur plusieurs années de sa carrière. »
FAIRE LA PART DES CHOSES
Entre crise des marchés financiers et crise
du marché de l’art, il est parfois difficile de
faire la part des choses, alors que comme le
rappelle Arnaud Cornette de Saint Cyr, « par
rapport aux marchés financiers, le marché
de l’art est microscopique. Sur une année,
il doit représenter trois ou quatre heures
d’échanges à Wall Street. » Quoi qu’il en soit,
l’année 2024, visée par le rapport, n’a pas été
une très bonne année. Depuis la décennie
1990, le marché de l’art a gagné en visibilité
et est, à la marge, un terrain de jeu pour
quelques spéculateurs. Pourtant, comme le
note Julien Delagrange, « au cours des vingt
dernières années, il n’y a pas eu de tendance
à la hausse dans la valeur totale du marché
de l’art, alors qu’on a pu remarquer dans le
marché des biens de luxe une croissance
continue. » La crise que nous traversons
n’est pas la première, mais elle est différente.
Ce n’est pas une crise financière, car la
bourse ne se porte pas trop mal. Le monde
globalisé se transforme, les échanges commerciaux
doivent intégrer de nouvelles
barrières et le marché de l’art aussi. Mais ce
n’est pas tout. « Ce que l’on voit depuis deux
ans, c’est un peu plus profond. Je crois qu’il
y a une vraie crise de confiance générale,
la peur d’un changement. L’hypothèse
qu’une guerre puisse avoir lieu en Europe
est quelque chose que personne n’avait
envisagé, il y a trois ou quatre ans », estime
Arnaud Cornette de Saint Cyr. Première
18
conséquence de cette incertitude, nombre
de collectionneurs mettent leurs achats
sur pause et redirigent leurs économies.
Toutefois, pour Vincent Matthu, fondateur
du bureau de conseils Ars Belga, la situation
n’est pas catastrophique : « Les crises
ont une influence sur le marché, mais c’est
à chaque fois différent. Quand le marché
ralentit, ça ne se voit pas nécessairement
directement sur les prix. Le public met du
temps à intégrer une baisse du marché. Il y
a toujours six mois entre la tendance baissière
des marchés financiers et la baisse des
prix sur le marché de l’art. » Si la situation
est mauvaise, elle demeure stable. « L’appétit
des acheteurs est toujours là. C’est une
crise de volume, plus qu’une crise de prix, ce
qui se vend, continue à bien se vendre, les
prix tiennent », souligne Arnaud Cornette
de Saint Cyr. On se bat toujours sur les lots,
mais il y a moins d’acheteurs.
« Il ne faut pas avoir
peur de repenser
son mode de
fonctionnement. Je
connais quelques
marchands qui ont
cherché à diminuer
leurs coûts, en
fermant leur boutique,
par exemple, et en
présentant leurs
pièces uniquement
en foires »
GIJS VAN KERKHOFF
Van Kerkhoff Art
RECRÉER DES ÉMOTIONS
On prête à Sir Winston Churchill la formule
« Never let a good crisis go to waste ». C’est
également valable sur le marché de l’art.
C’est le moment d’acheter pour ceux qui en
ont la possibilité, mais des œuvres qui font
sens. « Quand on constitue une collection,
et c’est valable en général, il faut vraiment se
demander est-ce que cet artiste est important,
est-ce qu’il a changé quelque chose,
est-ce qu’il va s’inscrire durablement dans
l’histoire de l’art ou s’il n’est pas le quatrième
ou le cinquième à servir la même chose »,
prévient Arnaud Cornette de Saint Cyr. Pour
regagner la confiance des acheteurs, galeristes
et marchands ont aussi leur partition
à jouer. « Il faut montrer des bonnes choses,
sans compromis avec des prix abordables,
qui ne sont pas gonflés. Il faut arriver à réexciter
le marché et à donner envie. Il faut
recréer des émotions », estime Vincent Matthu.
Dans un marché de l’art en mutation, le
centre de gravité est en train de se déplacer.
Les méga-galeries ne vont pas disparaître,
mais différentes analyses pointent un
déplacement des achats vers les segments
inférieurs du marché, qui bénéficient sans
doute de moins de visibilité. De même que
ce sont les galeries de moyenne et de petite
taille qui connaissent la croissance, on verra
se multiplier les collectionneurs moyens ou
plus modestes. On note aussi, par ailleurs,
que beaucoup plus de femmes ont réalisé
des acquisitions d’art. « Dans ce marché en
mutation, ce sera ceux qui s’adapteront le
mieux à une nouvelle clientèle et à de nouveaux
modes de consommation qui pourront
survivre et même prospérer », reprend
Julien Delagrange.
REPENSER SON FONCTIONNEMENT
Avec une galerie à Amsterdam, spécialisée
dans l’art et le design d’après-guerre, et
plus particulièrement le design scandinave,
Gijs Van Kerkhoff occupe un marché
de niche. Pour lui les affaires sont plutôt
bonnes. « La crise concerne d’abord
le haut du panier », confirme-t-il. « J’ai
la chance de connaître une croissance
continue depuis quelques années. Même
si c’est pour des raisons différentes, j’ai
connu une baisse des achats de la part de
clients venus des Etats-Unis ou de Grande
Bretagne. » Pour lui, la recherche, de nouveaux
clients a toujours été une priorité.
Et pour trouver de nouveaux clients, il faut
aller les chercher là où ils se trouvent, en
communiquant sur les réseaux sociaux
par exemple : « Il ne faut pas avoir peur de
« Le public met du
temps à intégrer la
baisse du marché.
Il y a toujours six mois
entre la tendance
baissière des marchés
financiers et la baisse
des prix sur le marché
de l’art »
VINCENT MATTHU,
Fondateur du bureau de conseils
Ars Belga
repenser son mode de fonctionnement. Je
connais quelques marchands qui ont cherché
à diminuer leurs coûts, en fermant
leur magasin, par exemple, et en présentant
leurs pièces uniquement sur les foires.
C’est quelque chose que je ne souhaite pas
faire parce qu’avec les objets et le mobilier
design, il est préférable de conserver un
espace vitrine, mais il ne faut jamais avoir
peur du changement. » Dans une société
en pleine mutation, où les changements
sont de plus en plus rapides, le marché de
l’art sait qu’il doit s’adapter.
SURFER
theartmarket.artbasel.com
19
Nos incontournables
pour 2026
L’an prochain, ces institutions devraient écrire
l’histoire de l’art. Notez d’ores et déjà ces expositions
dans votre agenda, car elles vont faire parler d’elles.
Renoir sous
un éclairage neuf
Deux grandes expositions placeront sous
un éclairage neuf l’œuvre de Pierre-Auguste
Renoir (1841-1919), en dehors de sa
réputation de coloriste impressionniste.
Renoir dessinateur dévoilera la puissance
de ses lignes en plus de cent dessins,
études et aquarelles démontrant que l’art
graphique sous-tendait son imagination,
de ses premiers exercices d’étudiant aux
expériences raffinées de la fin de sa vie.
L’humain occupera une place centrale
dans Renoir et l’amour : des relations entre
hommes et femmes, tendres et modernes,
baignant dans la lumière et la couleur.
Ces deux expositions devraient présenter
l’artiste sous un jour nouveau, en tant que
visionnaire de la forme et du sentiment,
peintre de la vie même.
Renoir dessinateur
du 17-03 au 05-07
Renoir et l’amour
du 17-03 au 19-07
Musée d’Orsay
Paris
www.musee-orsay.fr
Tracey Emin:
A Second Life
Pierre-Auguste Renoir, Nu féminin assis, s’essuyant le pied gauche, 1890, trois crayons, 56 x 46 cm.
Collection Musée d’Orsay. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / photo : Gérard Blot
Voici la plus grande exposition rétrospective
d’une des artistes contemporaines les plus
influentes de sa génération. Plus de 90 œuvres,
de l’emblématique My Bed aux sculptures,
vidéos, œuvres textiles et installations en
néon, montreront la façon dont Tracey Emin
(1963) a transformé ses expériences personnelles
en art sans compromis. L’accent sera
mis sur la période après la guérison de son
cancer de la vessie et les opérations qui ont
20
Flambant neuf et
encore meilleur
Le V&A East Museum à Londres ouvrira
ses portes le 18 avril prochain. Le directeur
Gus Casely-Hayford s’adresse à la
Génération Z avec un musée accessible et
inclusif. Dans le bâtiment de cinq étages à
Stratford Waterfront, les abondantes collections
du V&A côtoiront des expositions
novatrices désirant inspirer et sensibiliser
les jeunes visiteurs.
www.vam.ac.uk/east
Tracey Emin, My Bed, 1998. © de l’artiste / The Saatchi Gallery, Londres / Prudence Cuming Associates Ltd.
suivi, y compris sa vie avec une stomie. Des
expériences ayant influencé ses sculptures,
bronzes et installations récents, dans
lesquels elle explore le corps humain, met en
exergue sa vulnérabilité et rend perceptible
la tension entre douleur, guérison et expression
de soi. L’exposition suit son trajet, des
installations brutes et provocantes des années
1990 aux œuvres directes et explicites
des années écoulées. L’artiste montre que les
expériences intimes, traumatismes et déficiences
physiques peuvent devenir une source
de puissance et de raffinement.
et émotions. L’exposition révèlera l’art de la
sculpture comme un champ de perception
et d’expérience où la matière, l’espace et le
corps humain résonnent à l’infini.
du 23-05 au 20-09
KMSKA
Anvers
www.kmska.be
Gestel & De Smet
Le nouveau centre d’art BRUSK sera inauguré
le 8 mai, à Bruges, lors d’un événement
de trois jours. BRUSK, qui s’adressera
à un large public, dont des visiteurs jeunes
et variés, souhaite positionner la cité flamande
comme destination internationale
de l’art contemporain.
www.bruskbrugge.be
Le Design Museum de Gand conclura
l’année 2026, le 3 octobre, avec la réouverture
de sa nouvelle aile DING. Le hall
d’entrée, le café, le jardin intérieur et la
boutique seront librement accessibles,
tandis que les expositions demeureront
payantes. Le musée proposera des espaces
supplémentaires de conférences, ateliers
et événements et associera des pôles
d’attraction aux fonctions éducatives.
www.designmuseumgent.be
du 26-02 au 31-08
Tate Modern
Londres
www.tate.org.uk
Antony Gormley.
Geestgrond
Cette présentation explore le cœur de
l’œuvre d’Antony Gormley (1950) et fait dialoguer
ses sculptures avec l’espace urbain,
le bâtiment du musée et la collection permanente.
Ses corps poreux évolueront dans
les salles, toits et rues, entre tableaux et objets
historiques et deviendront ainsi partie
intégrante de leur environnement. Le titre
renvoie tant à des formations géologiques
qu’à des espaces intérieurs : un terreau fertile
dans lequel fusionnent présence, temps
Voici une illustration de l’amitié exceptionnelle
entre Gustave De Smet (1877-1943),
maître de l’expressionnisme flamand, et
Leo Gestel (1881-1941), pionnier du modernisme
néerlandais. Lors de la Première
Guerre mondiale, le second a influencé le
style du premier : des traits naturalistes aux
couleurs expressives et aux formes simplifiées,
inspirés par l’École de Mons. Lorsqu’il
résida plus tard en Flandre (1925-1927),
il reprit à son tour les thèmes et caractéristiques
stylistiques de Gust. De Smet.
L’exposition montrera des œuvres-clés de
leur collaboration et de leur inspiration réciproque
et dévoilera la façon dont l’amitié
personnelle et les échanges artistiques ont
produit un langage expressif.
du 24-04 au 13-09
Stedelijk Museum
Alkmaar
www.stedelijkmuseumalkmaar.nl
Gustave De Smet, À la fenêtre, 1931, huile et crayon
gras sur papier, 63,5 x 49 cm. © The Phoebus Foundation,
Anvers
21
L’ARTISTE DU MOIS
Elise de Falletans
Dans cette série, COLLECT s’intéresse à la place des jeunes artistes
dans le monde contemporain. Pourquoi ont-ils choisi cette voie,
d’où leur vient leur inspiration et comment se positionnent-ils ?
Ce mois-ci : Élise Garnier de Falletans (1999) aka Elium.
TEXTE : ELIEN HAENTJENS
PORTRAIT : GUY KOKKEN
Élise de Falletans, qui a effectué la
majeure partie de sa scolarité au
Royaume-Uni, s’est inventé, dès l’âge
de onze ans, le nom d’Elium, une
contraction d’Élise et d’‘‘asylum’’, et une
allusion au gaz hilarant : « Quand j’ai décidé
d’étudier le design et la pratique de la performance
au Central Saint Martins College
of Art and Design de Londres, mes parents
se sont d’abord un peu inquiétés. Pour eux,
c’était un monde de fous, une sorte d’asile
d’aliénés. Mais moi, j’y ai rapidement trouvé
mes marques. Dès mon plus jeune âge, j’ai
aimé jouer au théâtre et danser, et l’univers
qui se cache derrière la scène m’a toujours
profondément fascinée. J’y ai poursuivi
l’élaboration de mon langage plastique, inspiré
par le surréalisme. L’humour, la poésie
et l’ambiguïté y forment comme un voile
absurde, permettant de parler librement de
notre monde et de notre société, sans que le
propos ne paraisse trop appuyé. C’est peutêtre
aussi une manière de me protéger dans
un monde où les critiques, les jugements et
les préjugés sont omniprésents. » Depuis
l’obtention de son diplôme, elle transpose
ce contexte performatif dans sa pratique,
qui englobe aussi bien des dessins, des
peintures et des installations que des
œuvres vidéo de grande envergure. Élise de
Falletans : « J’’attache une grande importance
à l’interaction avec le public. Depuis
2019, je développe sur Instagram le projet
Let’s build a wall, pour lequel je demande
au public d’écrire sur une brique ce qui
l’empêche d’être heureux. Les réponses qui
reviennent le plus souvent sont « l’argent »,
« la culpabilité » et « soi-même ». Même si
nous vivons, et les jeunes en particulier, de
plus en plus dans une bulle, n’osant plus
interagir ni parler les uns avec les autres,
je fais partie d’une génération qui aime
l’interaction et les projets collectifs. Engager
le dialogue avec des inconnus est assez
intimidant, mais le projet fait contrepoids
à l’isolement et aux murs invisibles qui
nous séparent de plus en plus les uns des
autres. L’avenir de l’art réside dans le travail
performatif, expérimental et collaboratif. »
Lorsqu’elle dessine ou peint, des actions
performatives surgissent immédiatement,
dit-elle. « J’aime que les choses prennent
véritablement vie, et je n’apprécie pas qu’on
m’enferme dans une case. Pour chaque objet,
même un légume ou un fruit, j’imagine
un personnage. J’y glisse aussi une note
critique : l’oeuvre souhaite faire réfléchir sur
notre rapport au monde matériel. Nous devons
nous détacher de la surconsommation
et de l’obsession matérialiste. J’ai récem-
22
KUNSTENAAR VAN DE MAAND
ment traduit ce thème dans la sculpture
Money Lotus. Pour une exposition collective
au château de Menthon-Saint-Bernard, en
France, j’ai créé une fleur à partir des pièces
que les visiteurs jettent dans la fontaine du
château. Elle représente les vœux qui sont
associés à chaque pièce jetée. Cette plante,
simple et poétique, pousse sur un terreau
d’espoir et questionne notre idolâtrie de
l’argent. » L’artiste intègre avec légèreté et
subtilité le thème de la critique sociale dans
ses créations. Pour sa pièce de théâtre 2020
Heroes, ensuite adaptée en film, elle a personnifié
les treize catastrophes de l’année
2020 sous forme de personnages, réunis
autour d’un dernier repas dans une ville édifiée
en sucre. Du Coronavirus au Brexit, en
passant par la politique de Donald Trump en
matière de pandémie, tous provoquent la
chute de la ville. Élise de Falletans : « Parfois,
on peut se demander si nous ne naissons
pas, en tant qu’êtres humains, dans une
gigantesque maquette, et si nous ne jouons
pas le rôle de marionnettes dans un spectacle
incontrôlé, soumis en permanence à
des forces supérieures. L’étendue du pouvoir
des hommes politiques est insensée. Ils ont
le destin du monde entre leurs mains. »
UN MESSAGE POÉTIQUE
Élise de Falletans aborde les enjeux sociétaux
avec légèreté, en les teintant d’humour
et de touches surréalistes. « Bien que j’ai
passé la majeure partie de ma scolarité
en France et au Royaume-Uni, je reste
fondamentalement belge », confie-t-elle.
« Enfant, j’étais fascinée par la manière
dont Jaco Van Dormael mettait en scène
la série de mini-sacs Delvaux, empreints
Feux de forêt en Australie, 2020, tirage photographique
sur papier 225 gr., 40 x 50 cm, éd. de 5. © de l'artiste
Prix : 450 €
Le banquet, 2020, tirage photographique sur papier 225 gr., 150 x 225 cm, éd. de 3. © de l'artiste
Prix : 3.500 €
« J’aime jouer
avec les codes »
de surréalisme et de ‘‘belgitude’’. J’aime
jouer avec les codes et ne pas me prendre
au sérieux, ni le monde de l’art. En traduisant
des thématiques sociétales dans mon
univers, personnel et coloré, j’instaure une
forme de distance et de douceur, et je peux
m’exprimer librement sans que le propos ne
paraisse trop direct. Chaque détail ajoute du
sens. Je permets aux spectateurs d’échapper
un moment à la réalité quotidienne et
les encourage à inventer leur propre histoire.
Comme au début du surréalisme, je fais
passer sans mots un message poétique et
puissant. » Parmi ses références artistiques,
elle cite notamment le photographe JR, ainsi
que les cinéastes Wes Anderson et Tim Burton
: « JR conçoit son travail photographique
de manière très interactive, tout comme les
deux autres, qui créent un univers interactif
à travers leurs films, sculptures et dessins.
J’admire le fait que Tim Burton travaille dans
une grande diversité de médias. J’apprécie
également les dessins de David Shrigley,
ainsi que le magazine Toiletpaper, drôle et
surréaliste, imaginé par l’artiste Maurizio
Cattelan et le photographe Pierpaolo Ferrari.
» Si son talent artistique se concentre sur
des projets cinématographiques d’envergure,
elle réalise également des créations
sur commande pour des emballages ou
des vitrines de marques telles que Hermès,
Louis Vuitton ou Dior : « Lorsque la pandémie
a éclaté, j'ai décidé de mettre mes
études d'art entre parenthèses et de faire
un stage chez Hermès. C’est ainsi que les
premières commandes sont arrivées. Même
si ce travail artistique sur les vitrines passe au
second plan, derrière les objets eux-mêmes,
je considère cet espace comme un lieu idéal
d’expression créative, car accessible à tous, y
compris aux personnes sans abri. En même
temps, je suis fascinée par le fait que, en tant
qu’artiste, je disparaisse ainsi à l’arrière-plan.
Pour les mêmes raisons, j'ai un faible pour
le street art, qui déconstruit l'idée de galerie
ou de musée. » Des projets intéressants sont
en gestation, comme une installation éphémère
dans un hôtel bruxellois, de nouveaux
films et une exposition personnelle prévue
en 2027. Élise de Falletans : «De nombreux
autres projets sont prévus. En tant qu’artiste,
on n’a jamais la certitude qu’ils aboutiront,
jusqu’au moment où ils se concrétisent. Je
trouve intimidant de devoir vendre mon
travail moi-même, mais le contexte d’une
galerie peut engendrer le même sentiment
chez le visiteur. C’est pour cela que je
souhaite m’approprier les codes du monde
de l’art. L’œuvre passe avant toute chose
et doit être comprise universellement, sans
discours. Faire en sorte que le public se
sente le bienvenu et à l’aise dans l’exposition
de mon travail est mon but ultime. »
VISITER
Légendes botaniques
jusq. avril 2026
Château de Menthon
www.legendesbotaniques.com
SURFER
www.elium.space
23
ZOOM
PhotoBrussels Festival
Le PhotoBrussels Festival revient, en
cette fin janvier, avec une dixième
édition impressionnante. Pas moins
de 52 lieux, galeries et institutions,
exposeront de la photographie durant
un mois. Dans ses superbes espaces
de la place du Châtelain, le Hangar,
qui a créé ce Mois de la Photo à
Bruxelles, propose pour sa part The
House, une exposition immersive qui
reconstitue un intérieur anglais des
années 1960. Celle-ci se prolonge avec
sept projets d’artistes qui explorent les
liens familiaux. En figure de proue de
cet événement, l’ensemble forme un
univers sensible autour de l’identité,
de l’amour et de la mémoire.
La Belgique dispose de deux musées
dédiés à la photographie, très différents,
mais de grande qualité, l’un
à Anvers, l'autre à Charleroi. Chose
incroyable, à Bruxelles, il a fallu attendre
la création du Hangar par Rodolphe de
Spoelberch en 2014 pour disposer d’un lieu
d’ampleur qui réveille le secteur de la photographie.
Dirigé par Delphine Dumont, ce
centre d’art privé dynamique, qui s’étend
sur plus de mille mètres carrés, a créé il y
a dix ans le Mois de la Photo, à l’instar de
ceux de grandes villes comme Berlin, Lisbonne,
Luxembourg, Paris et Vienne. Ce
PhotoBrussels Festival est un vrai succès.
Il fédère désormais annuellement, de la
fin janvier à la fin février, plus d’une cinquantaine
d’expositions dans une grande
variété de lieux tels que musées, galeries,
centres d’art et espaces alternatifs.
UN MOIS DE L’INTIME
En figure de proue de cet événement, le Hangar
propose à chaque édition une exposition
collective à la thématique forte. Cette
année, c’est la sphère familiale, mais aussi la
quotidienneté, qui sont mises en avant. Avec,
au rez-de-chaussée, The HOUSE, première
exposition de Lee Shulman (1973) qui fut
l’un des moments forts des Rencontres de
la Photographie d’Arles en 2019 et n’a jamais
été présentée depuis. On y découvre les
images récoltées au sein de The Anonymous
Project, structure que ce Britannique vivant
à Paris a créée pour récolter les photos souvenirs
des familles du Royaume-Uni de ces
70 dernières années. Précisons que l’artiste
ne collectionne que des diapositives, support
aux couleurs vives désormais oublié qui
permettait des projections pour se remémorer
les bons moments passés ensemble.
TEXTE : JEAN-MARC BODSON
Lee Shulman, de la série The House. Anonyme, 1958. © de l’artiste
24
ZOOM
A Bruxelles, il a
fallu attendre la
création du Hangar
par Rodolphe de
Spoelberch en 2014
pour disposer d’un
lieu d’ampleur qui
réveille le secteur de
la photographie.
Pour retrouver le côté enveloppant de ces
soirées passées devant l’écran, il a conçu
The HOUSE, comme une expérience totalement
immersive. Une installation qui recrée
l’atmosphère d’une maison des années 1960.
Comme il le précise, «les photographies ne
sont pas simplement accrochées aux murs :
elles habitent l’espace. Chaque image trouve
sa place dans un cadre domestique (cuisine,
salon, chambre) avec l’intention de créer un
environnement vivant ou le spectateur se
sente ‘‘chez lui’’. Cet album de famille anonyme,
en trois dimensions, se prolonge aux
étages du Hangar, avec sept projets d’artistes
explorant les liens familiaux. On y découvre,
par exemple, comment Cristobal Ascencio
(1988) a travaillé sur la notion d’image familiale
après avoir appris, quinze ans après sa
mort, que son père s’était en fait suicidé. On y
voit les images d’adieu à ses parents, répétés
au fil des ans par Deanna Dikeman (1954),
à chaque départ de la maison familiale. On
s’étonne aussi des collages dont Alma Haser
(1989) se sert pour casser les codes du portrait
classique ou des images de Daesung Lee
(1975), qui pointent les modes de vie en voie
de muséification dans le cadre de la mondialisation.
Ce sont là autant d’histoires qui,
comme on le fait remarquer au Hangar, « tissent
un univers sensible autour de l’identité,
de l’amour et de la mémoire ».
TOTEMS DE LA BANALITÉ
En contrepoint de cet ensemble marqué au
coin de l’intimité, on trouvera également
Objets trouvés, le résultat de la résidence
à Bruxelles de Robin Lopvet (1990). Contrepoint
car il s’agit d’une recherche sur la
nature morte contemporaine, réalisée dans
l'espace public. Le temps de la résidence,
Francesca Hummler, La Salle de Bain, 2021. © de l’artiste
la ville fut pour l’artiste un vaste terrain
d’exploration, où les objets photographiés
ont remplacé les éléments d’atelier. « Chaque
image résulte d’une déambulation, d’un
trajet et d’un temps donné. Les matériaux visuels,
issus du marché du Jeu de Balle, des galeries
marchandes, des façades d’immeubles,
de la voirie ou des étals de fruits, forme la
matière première de compositions hybrides,
à mi-chemin entre observation documentaire
et construction symbolique », souligne
l’artiste. Cela nous vaut des images tout à
fait étranges d’objets qui nous sont pourtant
familiers. Des totems de la banalité qui nous
font voir, sous un angle neuf, les différentes
strates qui composent Bruxelles : son héritage
culturel, son quotidien marchand, ses
chantiers permanents, ses déchets et ses icô-
nes. Cette réécriture déjantée du réel constitue
une belle façon, très belge en fait, pour le
visiteur de se préparer à son propre parcours
dans le festival.
VISITER
10e PhotoBrussels Festival
(The Month of Photography)
du 22-01 au 22-02-2026
www.photobrusselsfestival.com
The House
Installation immersive de Lee Schulman
Hangar
Bruxelles
www.hangar.art
25
Tous se retrouvent
à la BRAFA
Contact,
dialogue et
transactions…
Maiq qu'a donc la BRAFA que les autres foires n’ont pas ? Au-delà
de la qualité et de la diversité exceptionnelles des œuvres d’art et
des antiquités exposées et vendues, son véritable succès réside dans
ce momentum unique où marchands, collectionneurs, amateurs et
experts se réunissent : en direct, dans le même fuseau horaire, en
un seul lieu. C’est cette rencontre et cette connexion réelle que les
marchands attendent avec impatience. Afin d’initier d’emblée ce
dialogue, nous avons réuni divers marchands afin qu’ils partagent, à
bâtons rompus, leurs passions, leur expertise et leur vision.
TEXTE : BEN HERREMANS
PORTRAITS : GUY KOKKEN
Alexis le Grelle : « Notre période est l’Art nouveau, avec une spécialisation dans le travail de Gustave Serrurier-Bovy. En tant que foire belge, la BRAFA souhaite mettre
en avant les créateurs belges »
26
Les dialogues de la BRAFA
Après des débuts réussis l’an
dernier, Objects With Narratives
revient avec enthousiasme à la
BRAFA. Quant à Haesaerts – le
Grelle, ils considèrent leur première participation
comme la consécration de dix ans
de dur labeur et de patience.
C’était leur première rencontre. Ils ne se
connaissaient pas, ni ne savaient quel genre
de pièces ils vont présenter à la BRAFA.
Laurent Haesaerts (LH) et Alexis le Grelle
(ALG) sont spécialisés dans les arts décoratifs
de la fin du XIXe et du début du XXe
siècle. Avec un faible pour le designer liégeois
Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910).
Le duo mène de front un atelier de restauration
et une galerie. Avec son frère Nik et
Oskar Eryatmaz, Robbe Vandewyngaerde
(RVDW) a fondé Objects With Narratives,
galerie qui se concentre sur le storytelling
d’un artisanat rare : « La BRAFA fut l’un
de nos meilleurs salons l’an dernier. Nous
avons établi avec eux de bonnes relations.
On sent qu’ils attachent de l’importance à
leurs exposants. Il y a une culture de dialogue
ouvert. En cas de problème, on peut
les appeler et ils nous viennent en aide. »
LH : « La BRAFA nous a contactés en
disant : ‘‘Nous avons pensé à vous’’. Ce qui
ne constituait pas l’accomplissement d’un
objectif, mais bien une immense reconnaissance,
après dix ans de travail. Notre
offre est limitée, mais spécifique et ciblée, ni
trop contemporaine, ni trop ancienne. Une
chose que l’on voit peu sur le marché. »
ALG : « Notre période est l’Art nouveau. Nous
sommes spécialisés dans l’œuvre de Gustave
Serrurier-Bovy, un grand nom de l’Art
nouveau belge. En tant que salon belge, la
BRAFA souhaite mettre les designers belges
en exergue. »
LH : « Lorsque nous avons ouvert notre
galerie en 2014, nous n’avions aucune expérience,
rien que notre passion. Nous sommes
restaurateurs de formation et continuons
de l’être, avec un atelier de restauration à
Bruxelles, Les Trouvères et associés. Nous
n’avons jamais abandonné ce travail artisanal.
Nous demeurons attachés aux matériaux,
au savoir-faire, à la menuiserie, au
traitement des objets que nous proposons. »
RVDW : « Nous insistons sur le côté crafts,
la façon de travailler de l’artiste, la méthode
artisanale qu’il applique. Si nous travaillons
sur des périodes différentes, je constate de
nombreuses similitudes. Avant la BRAFA,
nous avions presque exclusivement des
clients internationaux et peu de Belges.
« Nos pièces coûtent cher à produire,
nous commençons donc dans des prix
relativement élevés »
Cela a changé. J’ai compris, à la BRAFA, que
les clients belges aiment l’art belge. C’est le
salon où il faut être. Travaillez-vous pour
des clients belges ou internationaux ? »
ALG : « Surtout des Belges et quelques
Français. Ils ne sont pas faciles à trouver.
À terme, nous voudrions vendre à des
musées et des institutions. »
RVDW : « Avez-vous déjà des contacts
avec des musées ? »
LH : « Cela arrivera peut-être à la BRAFA. »
ROBBE VANDENWYNGAERDE
BRUXELLES
RVDW : « Nous visons un tout autre public.
Nous sommes bien plus proches de l’art
contemporain. Le public qualifie nos objets
de collectible design. Je n’aime pas cette
expression, car le design évoque des pièces
qui peuvent être produites en série, alors
que nous vendons des pièces rares, voire
uniques, plutôt du design de collection.
Des pièces qui se transcendent. Vous pouvez
les collectionner et elles peuvent durer
27
Gustave Serrurier-Bovy , Soyeur-Delvoye, horloge de
parquet, ca. 1902, chêne, laiton et faïence, 238 x 56 x 32 cm.
Courtesy Haesaerts – Le Grelle
Ben Storms, paravent Crushed, 2024, acier inoxydable, feuille d’or, 195 x 160 x 45 cm. © de l’artiste /
Courtesy Objects With Narrative
« Il est difficile de
coller un prix sur
nos pièces. Elles se
trouvent en dehors
de l’offre habituelle
du marché et ne sont
pas de véritables
références »
ALEXIS LE GRELLE
très longtemps. Les acheteurs y voient un
investissement personnel. »
LH : « Peut-être aussi d’un investissement
financier ? »
RVDW : « Certains me posent parfois la
question. Je réponds que c’est une intention
malveillante. D’accord, les prix ont monté, par
rapport à ce qu’ils étaient il y a cinq ans. Mais
nous n’agissons pas sur le marché secondaire.
Nous ne vendons que du neuf et le but n’est
pas de le revendre rapidement. Ce ne sont
pas des pièces qui se retrouveront aux enchères.
Notre galerie de Genève travaille avec
un conseiller artistique. Elle avait un Soulages
et nous avions une console en bronze. Nous
avons installé, par hasard, la console à côté
de cette œuvre. C’était parfait. Un client, qui
possédait un Soulages, a déclaré : ‘‘Pourquoi
ne l’ai-je pas vu plus tôt ?’’ Quel bonheur de
pouvoir réaliser de telles combinaisons. »
LH : « Pourquoi avez-vous une galerie à
Genève ? »
RVDW : « Parce que nous avons étudié en
Suisse. Nous sommes architectes. Nous
avons étudié à Louvain, mais déménagé
en Suisse parce que les études d’architecture
en Belgique ne nous satisfaisaient
pas. Trop techniques, trop axées sur les
ingénieurs. Mais n’allez pas sous-estimer
Bruxelles. Nous avons longtemps pensé à
nous installer à Londres, Paris ou dans une
autre grande ville. Mais il se passe plus de
choses à Bruxelles qu’ailleurs en Europe. Il
y a diverses raisons à cela. D’abord historiques
: on y a toujours accordé une grande
attention à l’artisanat. L’autre raison majeure
est que Bruxelles est financièrement plus
envisageable pour un jeune artiste. Les
logements sont inabordables dans nombre
de grandes villes. La Belgique a aussi mis en
place un système d’aide aux jeunes artistes
dans l’accès à une profession. À Bruxelles,
il y a la MAD avec laquelle nous sommes
en contact. On s’épanouit beaucoup ici,
Bruxelles offre un terrain favorable. La moitié
de nos artistes sont belges et travaillent
en Belgique. Avez-vous une identité bruxelloise
? »
LH : « Notre identité est Bruxelles, francophone,
belge. Mais nous avons naturellement
une autre approche. Vous êtes en
contact avec les artistes, les nôtres sont
28
Les dialogues de la BRAFA
morts… Vous nous rappelez qu’il est crucial
de retourner à la source des artistes et
de les rencontrer. Pour comprendre leurs
démarches et sensibilités. Ce que nous ne
pouvons hélas plus faire. »
ALG : « Nous essayons, dans notre travail de
restauration, de nous tenir au plus près du travail
de l’artiste en ce qui concerne la manière
dont il a monté un meuble, par exemple. »
LH : « Via la restauration, nous essayons
de deviner le cheminement de l’artiste
pour parvenir à sa construction finale. »
RÉSEAUX SOCIAUX
RVDW : « Comment vous procurez-vous
des pièces ? »
LH : « C’est une quête quotidienne. La
non-stop research est notre moteur. La
curiosité nous stimule. Entretenir des
contacts avec les collectionneurs, discuter
au téléphone, développer des idées, savoir
où se trouve une pièce. Certaines restent
parfois invisibles pendant dix ans. »
RVDW : « Dans quel genre de maisons vos
collectionneurs habitent-ils ? Peut-on y
trouver de l’art contemporain ? »
LH : « C’est possible. Cela dépend. Chaque
collectionneur est un univers en soi. Nous
sommes maintenant en contact, sur les
réseaux sociaux, avec un Coréen. »
RVDW : « Les réseaux sociaux ont vraiment
ouvert le marché. Nous avons près
de cent mille personnes qui nous suivent
sur Instagram. La Belgique représente
5 à 10 % de notre marché. Le reste est à
l’étranger, partout dans le monde : Corée,
Chine, Amérique latine. La plupart du
temps, nous ne savons pas à qui nous
avons affaire. Nous travaillons avec de
nombreux intermédiaires, ainsi que des
conseillers artistiques. Je peux me rendre
dans l’atelier de l’artiste, mais comment
ces cent mille personnes peuvent-elles
voir cela en ligne ? Nous ne pouvons
transporter notre galerie. Ce n’est pas
dans notre espace que nous réunissons
les gens. Nous y recevons entre deux mille
et cinq mille visiteurs par mois. Mais nos
clients en ligne aux Etats-Unis ne viennent
jamais ici et ce sont des collectionneurs
plus importants qu’en Belgique. Nous
avons embauché du personnel, depuis
notre déménagement au Sablon il y a deux
ans. La galerie a une superficie de 4.000
m2 et nous voulions un bâtiment ouvert.
Au début, nous étions prêts à accueillir du
monde et avions beaucoup de visiteurs.
Trop même. Je veux dire, trop de visiteurs
pour les mauvaises raisons. Nous sommes
populaires sur Instagram, TikTok et peu
importe. C’est un moyen de se créer une
vie. Certaines personnes s’y sont précipitées,
ont pris des photos et fait des vidéos.
Ça ne nous a rien rapporté et nous avons
dû arrêter. Aujourd’hui, seuls le premier et
le deuxième étages sont encore accessibles
sur rendez-vous ou pour un visiteur avec
un intérêt justifié. Où est votre galerie ? »
LH : « Avenue Albert, à Forest. Pas loin de la
Maison Hannon, un bâtiment Horta récemment
restauré. Nous avons eu la chance de
l’acheter, un pur hasard. Il se trouve un peu
à l’écart, mais nous pourrons y rester longtemps
et continuer à progresser. »
ALG : « Et ce bâtiment Art nouveau est
presque comme un écrin pour nos objets,
car il date de la même période. Il fait partie
de notre identité et met nos meubles en
valeur. Beaucoup souhaitent le visiter. »
« Dans ce monde, l’antiquaire est un
marginal, un contrepoids dans la société »
LAURENT HAESAERTS
29
HL : « Les responsables du Victoria and
Albert Museum de Londres sont venus
et nous leur avons présenté des meubles
belges. Ils étaient une bonne dizaine,
quelques conservateurs, d’anciens diplomates,
un échantillon de la high society.
Ce fut un plaisir de leur raconter notre
histoire. Serrurier-Bovy avait des contacts
en Grande-Bretagne, il s’est inspiré des
Anglais. Et vice-versa, ils aiment notre
patrimoine Art nouveau. »
RVDW : « Existe-t-il beaucoup de contrefaçons
? »
HL : « C’est la raison pour laquelle le métier
d’antiquaire existe encore. L’authentification
de pièces est notre métier et notre passion.
Si vous mettez cela entre les mains
de maisons de vente, c’est la fin de tout.
Les antiquaires proposent une garantie
fondée sur une expérience approfondie et
des contacts de longue date avec le client.
Nous avons encore un rôle à jouer. »
ALG : « Certains de nos clients n’osent
plus acheter en salle de vente de peur de
faire un mauvais achat. Ils préfèrent acheter
directement chez nous, car nous possédons
cette expertise. Les relations que
vous entretenez avec vos artistes, nous les
avons avec nos clients. »
LH : « C’est un atout dans notre métier.
Nous vivons dans un monde qui dématérialise
et déshumanise. Aucun humain ne se
trouve derrière l’écran. Dans ce monde, l’antiquaire
est un marginal, un contrepoids à la
société et à la façon dont celle-ci évolue. »
RVDW : « Dans pareille société, les
acheteurs se raccrochent davantage à la
valeur qu’à l’authenticité. Ce qui nécessite
un budget plus important. Mais ils
comprennent que c’est le prix à payer
pour une pièce authentique. Pour nous,
l’authenticité est bien entendu plus facile.
Nous connaissons l’artiste et avons la certitude
qu’une pièce est authentique. »
SALONS ET PRIX
LH : « Nous espérons que la BRAFA sera un
tremplin. Au bout de dix, quinze ans, il faut
encore tout réexpliquer depuis le début.
Nous espérons rencontrer à la BRAFA un
public engagé et informé, à l’esprit plus
ouvert. Il n’achètera pas immédiatement,
mais appréciera de faire notre connaissance.
Et vous ? »
RVDW : « Nous participons volontiers à des
foires. Certains viennent pour des pièces
anciennes, d’autres pour l’art contemporain.
Mais on peut toujours apprendre avec eux
et, le plus important, c’est un lieu de rencontres.
Des personnes que vous voyez rarement,
mais qui inscrivent la BRAFA tous les
ans à leur agenda. Ils vous voient et un déclic
peut se produire. Nous ne vendons pas, mais
rencontrons les gens. Une personne vraiment
intéressée pourra un jour acheter. »
LH : « Il ne faut pas nier non plus l’aspect
financier. Nous avons des pièces exceptionnelles
que nous montrons volontiers. Mais
l’objectif final est de vendre le plus cher
possible. Il y a toujours un enjeu financier.
L’argent n’est pas un but en soi, mais un
facteur de dynamique. »
ALG : « Il est difficile de mettre un prix sur nos
pièces. Elles se trouvent en dehors de l’offre
habituelle du marché et n’ont pas de véritables
références. Nous nous basons sur notre
« Nous espérons
rencontrer à
la BRAFA un
public engagé et
informé, à l’esprit
plus ouvert »
LAURENT HAESAERTS
expérience et notre instinct. Il faut ensuite
défendre le prix face à un client qui ne le comprend
pas et sera atterré en le découvrant.
Comment cela se passe de votre côté ? »
RVDW : « Nos pièces coûtent cher à produire,
nous commençons donc à des prix
relativement élevés. Nous n’appliquons pas
les prix des galeries, nous ne prenons pas de
commissions élevées et ne voulons pas que
nos clients le sachent. L’achat de matériau
est une donnée factuelle. Si vous expliquez
cela gentiment à quelqu’un, il comprendra
et appréciera. D’autres collectionneurs nous
disent : ‘‘D’après mon expérience, et j’ai une
importante collection, cette pièce vaut tant.’’
Puis la négociation commence. Il y a beaucoup
de galeries, comme la vôtre, qui possèdent
une seule pièce de tout. Nos artistes
sont encore vivants, la plupart connaissent
le client et celui-ci peut toujours revenir
pour une autre pièce, pas identique, mais
similaire. La moitié de ce que nous montrons
est fait sur mesure pour nos clients. »
LH : « Les pièces uniques, destinées à un
intérieur bien défini ne sont pas courantes
chez nous. Rares, même. »
RVDW : « Dans quelle fourchette de prix
vous situez-vous ? »
LH : « De 1.000 à 8.000 euros, en passant par
3.000 pour une chaise. 60.000 euros pour
un lustre. Cela dépend de la rareté. Des prix
relativement abordables. On voit les prix
exploser en salles de vente ou sur le marché
de l’art, mais cela ne s’applique pas à nous.
Notre pièce la plus chère à la BRAFA coûtera
160.000 euros. Nous n’avons jamais demandé
une telle somme auparavant. Ce ne sont pas
des prix comparables avec ceux du marché
de l’art. C’est très spécialisé, il faut trouver
des gens prêts à débourser de pareils montants.
Cela ne se vend pas facilement. »
ALG : « Les designers belges s’exportent
difficilement. À l’exception d’Henry Van de
Velde. »
LH : « À la BRAFA, nous aurons un stand
entièrement consacré à Serrurier-Bovy.
Des pièces très importantes. Nous espérons
ainsi faire monter sa cote et l’aider à
évoluer positivement sur le marché. Que
montrerez-vous ? »
RVDW : « Ben Storms, un designer contemporain
qui suscite un vif intérêt. Nous collaborons
étroitement. Il occupe, à lui tout
seul, 200 m2 dans notre galerie. Nous avons
organisé sa première exposition personnelle
en Belgique, il y a quinze ans. Comme
ses pièces sont de grande taille, nous avons
besoin d’un stand approprié. A Art Basel,
nous l’avons présenté sur 35 m2, cela n’a pas
marché. Nous avons donc pensé : on fera
comme il faut à la BRAFA, pour qu’il puisse
travailler et respirer aussi. L’an dernier nous
avions 55 m2, cette année 75 m2. »
LH : « Mais si cela tourne mal, il pourrait se
passer des années avant que vous puissiez
vendre. Nous achetons en général les pièces
que nous exposons. Si nous les présentons à
la BRAFA et ne les vendons pas, cela devient
compliqué. Elles peuvent rester vingt ans en
réserve, de l’argent qui dort. C’est le risque
avec ce genre de salons. Mais la plupart du
temps, cela se passe bien. Il faut rester optimiste,
dynamique et aimer son travail. »
RVDW : « Votre travail de restauration constitue-t-il
aussi une source de revenus ? »
LH : « C’est une base stable. Il nous a permis
d’évoluer, nous y prenons plaisir et il
est indispensable pour notre expertise. »
SURFER
www.objectswithnarratives.com
www.haesaerts-legrelle.com
30
Les dialogues de la BRAFA
« L’art est
un mode de vie »
Virginie Devillez, de la galerie éponyme, et Gwenvael Launay de la
Galerie Almine Rech préparent leur première participation à la BRAFA.
La première a postulé, la seconde a été sollicitée.
«
Je
suis ravie de cette participation,
avec toi qui représentes
la Galerie Almine Rech »,
s’enthousiasme Virginie
Devillez à l’issue de son
entretien avec Gwenvael Launay. « En tant
que femme galeriste, Almine Rech a eu un
parcours incroyable et inspirant. Il existe un
nombre non négligeable de femmes galeristes
qui défendent l’art contemporain, mais les
hommes dominent toujours le second marché
de la peinture et de la sculpture, où je suis
active. De même en ce qui concerne les collectionneurs
: je ne vendais qu’à des hommes.
Mais regardez les stands de second marché à
la BRAFA, on trouve Hélène Bailly, Sophie Van
de Velde et moi. Pour l’art contemporain, il y a
Greta Meert, Nathalie Obadia, Valérie Bach et
maintenant Almine Rech. La proportion de
femmes demeure limitée. » Virginie Devillez
(VD) entamait, il y a trois ans, une carrière de
marchande indépendante. Après un doctorat
à l’ULB, elle a eu un parcours varié avec des
postes, entre autres, aux musées royaux des
Beaux-Arts de Belgique (conservatrice), au
musée Magritte (chef de projet), dans les galeries
Daniel Templon et Micheline Szwajcer
et au sein du bureau belge de l’auctioneer
Sotheby’s. L’art belge, du XIXe à la moitié du
XXe siècle, est son domaine de prédilection.
Gwenvael Launay (GL) parle au nom de la
galerie, fondée en 1997 par Almine Rech,
qui s’est étendue depuis son siège parisien
à Bruxelles, Monaco, Londres, New York et
Shanghai. Né en France comme sa patronne,
il dirige son antenne bruxelloise, laquelle se
concentre sur l’art contemporain et représente
une ribambelle d’artistes internationaux
mais aussi belges.
COLLECT : Quelles sont les contraintes de
l’aménagement d’un stand ?
VD : « Il est possible de monter un stand du
sol au plafond. Mais je préfère les présentations
espacées. Et j’aime sortir du cadre
de l’histoire de l’art. Je n’ai pas besoin de
l’esthétique du XIXe siècle pour montrer de
l’art de cette époque. J’installe de préférence
les œuvres plus classiques, comme celles de
Rik Wouters, Georges Lemmen ou James
Ensor, dans un cadre contemporain. En présentant
ces œuvres historiques sous un jour
31
Virginie Devillez et Gwenvael Launay : « Au fil des derniers mois, nous avons vu certains artistes belges prendre beaucoup de valeur »
« Comme il s’agit
de notre première
participation, nous
voulons mettre
l’accent sur la galerie »
GWENVAEL LAUNAY
contemporain, je peux toucher un nouveau
public. Il y aura, à la BRAFA, des œuvres de
format moyen, la plus grande mesurant 120
sur 110 centimètres. Avec de l’art contemporain,
il faudrait peut-être envisager des
formats plus grands. »
GL : « Les grands formats sont en effet souvent
utilisés de nos jours dans l’art contemporain.
Les œuvres de trois mètres n’y sont
pas rares. Nous montrons aussi des œuvres
de plus petite taille. Des gravures uniques
de Picasso, par exemple, trois épreuves portant
la mention bon à tirer ou BAT. »
VD : « Comme les artistes avec lesquels j’ai
un contrat ne m’imposent aucune limite,
je présente aussi des œuvres issues de collections
privées. J’ai conçu un stand à trois
piliers, qui correspondent à des courants
artistiques que j’aime et à des mouvements
puissants dans l’histoire de l’art belge. Il
s’agira du surréalisme, avec René Magritte
et Paul Delvaux. Et puis une section sera
consacrée à Rik Wouters, une sculpture de
lui avec des œuvres d’artistes ayant débuté à
la même époque, comme Edgard Tytgat et
Jean-Luc Brusselmans. Et enfin, un aspect
plus moderniste avec des œuvres abstraites
de Pierre-Louis Flouquet, Victor Servranckx,
une sculpture de René Guiette. En bref, les
grands artistes belges du XIXe et de la première
moitié du XXe siècle seront présents.
Il faut, dans tous les cas, mûrement réfléchir
pour pouvoir montrer de bonnes œuvres. »
GL : « Exact, nous avons déjà effectué une
sélection que nous compléterons encore.
Comme il s’agit de notre première participation,
nous souhaitons mettre l’accent sur la
galerie. C’est pourquoi nous présenterons
un mix : des valeurs sûres, de jeunes artistes,
des œuvres héritées. Nous montrerons sans
doute des œuvres de Tom Wesselmann et
aussi de nouvelles pièces de Hans Op de
Beeck, que nous représentons désormais,
comme nous l’avons annoncé dernièrement.
Il s’agit d’un mélange d’œuvres historiques
et de productions nouvelles. Nous ne nous
concentrons pas sur un seul artiste. »
C’est votre première participation
à la BRAFA…
VD : « Je pense avoir fait mes preuves, ces
trois dernières années, en vendant des
œuvres majeures d’artistes reconnus. Il
est temps de repousser mes limites et de
quitter ma position privilégiée. En qualité
de ‘‘marchande en chambre’’, j’ai reçu dans
un cadre intimiste. J’ai entretemps réuni un
nombre suffisant de pièces importantes
pour pouvoir postuler à la BRAFA et ma
candidature a été acceptée. »
GL : « Personnellement, je fréquente la
foire depuis pas mal d’années. Avec la galerie,
nous avions déjà envisagé d’y participer.
Et aujourd’hui, c’est la BRAFA qui est
venue à nous. »
Le modèle des foires d’art est-il toujours
viable ?
VD : « Il faut avouer que nous traversons
des périodes difficiles. Certaines foires
s’arrêtent, tandis que les collectionneurs se
font plus sélectifs. Certains salons ont été
annulés faute d’exposants. Mais une crise
fournit aussi l’occasion de se recentrer et de
fixer de nouvelles normes. »
GL : « Les chiffres en chute libre sont
surtout visibles dans les maisons de vente,
32
Les dialogues de la BRAFA
lorsqu’elles publient leurs résultats. Bien
que la crise soit moins flagrante du côté
des galeries, nombre d’entre elles vont encore
souffrir de la situation économique. »
VD : « Les maisons de vente vivent cela
autrement, car elles sont en proie à une urgence
plus impérative. À un moment donné,
une vente aura forcément lieu. Le moindre
événement grave dans le monde affecte
immédiatement les ventes car les enchérisseurs
ont alors autre chose en tête. »
GL : « Les galeries tournent au ralenti.
Nous subissons la même crise. Les acheteurs
sont plus réticents. Mais chez un
marchand, ils ont plus de temps pour
réfléchir à une éventuelle acquisition. Ils
échappent ici à la pression des enchères. »
Quel est l’impact de la situation
économique actuelle sur les prix ?
VD : « Je travaille en général avec des artistes
sur base d’une cote stable. Ces derniers mois,
on a assisté à une hausse de la valeur de
plusieurs artistes belges, y compris parmi les
plus classiques : Léon Spilliaert, par exemple,
a enregistré des montants records. Cet
artiste est entouré de bons experts, se trouve
dans de bons musées et s’inscrit dans de
nombreux projets à un niveau mondial. Des
sommes importantes sont donc dépensées
pour l’acquisition d’œuvres de Spilliaert. Mais
les fluctuations et corrections de prix constituent
une évolution naturelle. Elles font
partie intégrante de l’histoire de l’art et du
marché. Rendez-vous compte : les vingt principaux
artistes sur le marché d’aujourd’hui
– je n’avance ici qu’une hypothèse, le marché
n’étant jamais pour moi le seul critère, car
la dimension institutionnelle entre aussi en
jeu – eh bien, vous verrez que, dans vingt ans,
sur ces vingt artistes, il en restera peut-être
trois qui continueront à évoluer, cinq ou six
qui seront stables et douze qui auront jeté
l’éponge. C’est tout à fait normal. Cela n’a
rien à voir avec de la spéculation. Les prix
changent dans un contexte plus général, où
certains artistes sont réévalués. Et puis il y a
des artistes auxquels on ne s’intéressait pas
auparavant, mais que les critiques d’art et les
musées se mettent à encenser d’un coup. »
GL : « Cela nous est arrivé avec Vivian
Springford, que nous exposerons à la
BRAFA. Elle avait totalement disparu de la
scène depuis les années 1980. Il y a environ
six ans, nous avons organisé une exposition
de ses œuvres à New York, produit un catalogue
et effectué des recherches à partir de
ses archives. Il s’en est suivi un regain d’intérêt
pour elle. Certaines de ses œuvres sont
entrées dans les collections du Guggenheim
et du musée d’art de Bâle, qui lui ont donné
une visibilité nouvelle. »
La crise modifie-t-elle le profil du
collectionneur ?
GL : « Nous constatons que les collectionneurs
continuent à acheter de l’art contemporain,
mais qu’ils ne sont plus aussi pressés
qu’il y a quatre ou cinq ans. À l’époque, il fallait
vraiment arriver le premier, avant même
l’ouverture d’une exposition pour être sûr
d’acquérir l’œuvre souhaitée. Aujourd’hui,
ils prennent leur temps et se montrent plus
prudents. Mais, finalement, les transactions
aboutissent. Crise ou pas, les amateurs ne
souhaitent pas renoncer à leur passion. Ils
collectionnaient des œuvres d’art avant
la crise et continuent de le faire. Cela vaut
aussi pour les jeunes collectionneurs. J’en
connais beaucoup, qui ont entre 25 et 35 ans.
Il existe à Bruxelles des initiatives comme
le WE Club, où ils se retrouvent. Ce sont
souvent des enfants de collectionneurs d’art,
la passion se transmettant d’une génération
à l’autre. C’est logique. Il faut avoir développé
une certaine sensibilité à l’art pour se mettre
à collectionner soi-même. On rencontre plus
de collectionneurs du type investisseurs du
côté des salles de ventes. »
Ce lien entre art et négoce n’est-il pas
préjudiciable à la création ?
VD : « En tant qu’universitaire, j’aime mon
travail dans le commerce de l’art, même si
j’accorde une grande importance à l’aspect
scientifique. Il me paraît important d’établir
des catalogues, d’écrire sur l’art, de mener des
recherches scientifiques. Ces aspects scientifiques,
artistiques et marchands sont parfaitement
compatibles. Le langage commercial
est bien entendu différent du discours scientifique.
On ne parle pas de la même manière
à un collectionneur qu’à un conservateur de
musée. Même si cela dépend toujours du
type de collectionneur que vous avez devant
vous. Il arrive que certains en savent plus que
vous sur les œuvres que vous leur présentez.
S’adaptez à son interlocuteur est une recommandation
qui vaut pour n’importe quel type
de négoce. »
SURFER
Tom Wesselmann, Smoker Study (For Smoker #11), 1972, huile sur toile, 29,2 x 29,2 cm. © The Estate of Tom
Wesselmann / Artists Rights Society (ARS), New York / Courtesy Almine Rech / photo : Thomas Barratt
www.virginiedevillez.com
www.alminerech.com
33
34
Les dialogues de la BRAFA
« Tout finit par arriver
sur le marché »
Lors de la BRAFA, ils se côtoieront
avec les périodes qu’ils traitent,
comme des parcelles adjacentes
de l’histoire de l’art. Même si un
demi-siècle les sépare, lors de
cet entretien croisé, les galeristes
Oscar De Vos et Thomas Deprez
se découvrent de nombreuses
affinités.
Est-ce naturel de s’adresser sans ambages
à quelqu’un par son prénom ?
Pas du tout pour Thomas Deprez
(TD), 32 ans, fondateur et propriétaire
de Thomas Deprez Fine Arts, galerie
spécialisée dans l’art belge des XIXe et XXe
siècles. Avant ce double entretien, il se
permet d’insister : « Pour moi, il a toujours
été Monsieur De Vos ; j’ai eu récemment
l’occasion de l’appeler par son prénom. Je le
fais avec plaisir et admiration. »
Une admiration vouée à Oscar De Vos
(ODV), 83 ans, fondateur et propriétaire
de la galerie éponyme, à Laethem-Saint-
Martin, qui se concentre sur l’École de
Laethem-Saint-Martin. Ils seront bientôt
côte à côte à la BRAFA, une perspective qui
réjouit Thomas Deprez : « Nous boirons un
café ensemble ou du champagne et admirerons
les œuvres de nos stands respectifs.
Si nous ne travaillons pas dans le même
domaine, nous nous complétons sans nous
exclure. Oscar s’occupe de la période de
l’École de Laethem, en réalité un amalgame
informel d’artistes qui se conformaient
à une certaine idée, un mouvement plutôt
qu’une école. »
ODV : « Nous, marchands, avons inventé
l’expression École de Laethem. »
Hubert Malfait, L’attelage, 1930, huile sur toile, 85 x 77 cm. Courtesy Galerie Oscar De Vos
TD : « L’École de Laethem représente
l’art du début du XXe siècle. C’est déjà de
l’art moderne à mes yeux. ‘‘Ma’’ période
est légèrement antérieure : l’avant-garde
bruxelloise, Les XX et La Libre Esthétique,
de 1884 à 1914. Elle commence peu à peu à
faire partie des maîtres anciens. Mais certaines
œuvres peuvent trouver place chez
Oscar et vice versa. »
Avez-vous les mêmes clients ?
TD : « Ma clientèle est différente de celle
d’Oscar. Nous fêterons, cette année, notre
dixième anniversaire. Depuis le début,
nous réalisons 80 à 85 % de notre chiffre
d’affaires avec les musées, nationaux et
internationaux, à un niveau élevé. Nous
vendons dans le monde entier, à des
musées qui me donnent le tournis rien que
35
à la TEFAF en avion. Je ne crois pas que
l’École de Laethem devienne internationale,
comme le pense Thomas. »
TD : « Je participe depuis quelques années
à la TEFAF. C’est davantage un salon d’antiquités
que d’art. La BRAFA et la TEFAF
sont deux choses différentes. J’ai participé,
pour la première fois, à la BRAFA en 2022.
C’est le plus important salon belge, qui occupe
aussi une place importante au niveau
international, car c’est devenu un véritable
événement, qui attire plus de visiteurs que
la TEFAF. Il y en a eu 72.000 l’an dernier. Le
Rock Werchter de l’art, pour ainsi dire. »
Qu’est-ce qui caractérise la BRAFA ?
TD : « C’est l’un des derniers vrais salons
d’antiquités, un mot qui évoque parfois
des choses poussiéreuses. Mais l’art, et
en particulier ce que j’appelle le ‘‘noncontemporary
art’’, joue un rôle important
à la BRAFA. Depuis quelques années, ce
salon revient à ses premières amours. À
un moment donné, il y a eu profusion d’art
contemporain. »
George Minne, Baigneuse I, 1899, bois composite, H. 40 cm, signé sur la base : ‘‘G. Minne’’. Courtesy
Thomas Deprez Fine Arts
« Si nous ne
travaillons pas
dans le même
domaine, nous nous
complétons sans
nous exclure »
THOMAS DEPREZ
d’y penser. Le Metropolitan Museum of
Art de New York, par exemple. Ce type de
collaboration me rend humble. »
ODV : « Nos relations avec les musées se
limitent à des prêts. Il n’est jamais question
d’achats. »
TD : « Lorsqu’Oscar a fondé sa galerie, et
aussi l’École de Laethem, il avait dans
l’idée de la consacrer aux clients privés et à
la décoration. Mais, selon moi, ces œuvres
transcendent l’idée de décoration. C’est un
art de haut niveau. À la fin du XIXe siècle,
l’art belge a côtoyé les plus grands noms au
niveau international. »
ODV : « J’étais là en 2008, lorsque le salon
a pris, pour la première fois, le nom de
BRAFA. Cet événement nous convient parfaitement.
Nous avons trop peu d’œuvres
pour la TEFAF de Maastricht et une qualité
insuffisante pour un contexte international.
Certains collectionneurs arrivent
Vous êtes-vous senti écrasé ?
TD : « La production est incessante dans
l’art contemporain, une avalanche intimidante
de nouvelles œuvres. Oscar a ouvert sa
galerie en 1968. À l’époque, l’art était encore
tourné vers le passé. Les XVIIe et XVIIIe
siècles étaient à la mode. Oscar se concentrait
sur Laethem-Saint-Martin. Il l’a délimité,
l’air de dire : ‘‘voici mon territoire’’. »
ODV : « Le nom du village m’a séduit. À un
moment donné, nous étions douze galeries.
Aujourd’hui, nous sommes les seuls
à proposer ce genre d’œuvres. Après nous,
vous ne trouverez que des galeries d’art
contemporain à Laethem-Saint-Martin, qui
s’adressent à un autre public. Je défends l’art
ayant un ancrage historique et une valeur. »
Pourquoi ces autres galeries ont disparu ?
ODV : « Parce qu’elles ne trouvaient plus
d’œuvres. »
TD : « Oscar a créé quelque chose d’exceptionnel,
à un moment et dans un lieu
importants de l’histoire de l’art belge.
Lorsqu’il a débuté, l’offre était phénoménale.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »
ODV : « Dès le début, j’ai acheté des
œuvres. Les autres galeries les prenaient
en consignation. Ce qui revient, pour moi,
à sonner le glas. Si vous achetez et revendez,
la TVA porte sur la marge bénéficiaire.
Si vous prenez en consignation, c’est 21 %
sur le montant total, intenable. Nous ne
36
Les dialogues de la BRAFA
prenons des œuvres en consignation que si
nous n’avons pas le choix, mais cela ne rapporte
pas assez. On n’y déploie alors pas
d’énergie, l’œuvre demeure accrochée au
mur, point final. Si quelqu’un s’y intéresse,
vous dites le prix et c’est bon. Lorsque
vous avez investi votre propre argent, vous
aurez tendance à forcer sur le prix. »
TD : « Voilà qui nous réunit à nouveau.
Les marchands qui achètent se font rares.
Dès le début de ma carrière, j’ai acheté les
œuvres en lesquelles je croyais. Le client
savait alors que j’étais derrière. Oscar
et moi investissons dans l’art que nous
aimons. S’il ne se vend pas, peu importe.
Il demeure chez nous et nous en profitons
tous les jours. Une manière de regarder de
belles choses au quotidien. »
ODV : « Notre expertise se concentre sur
l’École de Laethem. Nous n’osons pas nous
aventurer dans autre chose. L’art contemporain
ou très ancien ? Nous n’y connaissons
rien. Nous ne faisons que du Laethem. »
TD : « L’avantage d’Oscar réside dans son
expertise, il travaille dans ce domaine
depuis soixante ans. Tout lui est passé
entre les mains. »
ODV : « Tu es bien placé pour le savoir. »
Y a-t-il encore des choses qui vous
surprennent ?
ODV : « Bien entendu. Par exemple, lorsque
je trouve une nouvelle source. Un arrièregrand-père
qui collectionnait des objets
restés ensuite dans la famille. Dans pareil
cas, j’effectue des découvertes qui en valent
la peine. Sauf que ces pièces ne sont pas à
vendre, c’est une illusion. On ne peut que
les regarder car elle ne nous sont confiées
que pour vérifier leur authenticité. Pour
déterminer leur valeur, leurs propriétaires
s’adressent de préférence à un collègue, qui
leur suggère d’autres montants. »
Y a-t-il encore beaucoup d’œuvres
cachées ?
ODV : « Tout finit par émerger sur le marché.
L’art est transmis et hérité, jusqu’à ce
qu’il passe dans les mains de quelqu’un qui
n’est pas un amateur d’art, ne l’apprécie
pas et n’y voit que son potentiel pécuniaire.
J’ai connu les héritiers au quatrième
En quoi votre expertise se différencie ?
TD : « Je suis ravi de mener des recherches
académiques sur les provenances ou de me
plonger dans des catalogues d’exposition.
Tu as moins que moi cet élan académique,
Oscar. »
« Je défends l’art ayant un ancrage
historique et une valeur »
OSCAR DE VOS
37
« À un moment,
nous étions douze
galeries à représenter
l’École de Laethem.
Aujourd’hui, il n’y a
plus que nous »
OSCAR DE VOS
degré de Xavier De Cock (1818-1896),
l’un des premiers peintres de l’École de
Laethem. Le dernier m’a contacté. Je lui ai
acheté 118 œuvres d’un coup. Elles occupaient
toute une pièce. »
TD : « Oscar a raison : tout finit par arriver
sur le marché. J’ajouterais même : tout finit
par arriver chez moi. Je fais cela depuis
dix ans. L’offre diminue, de même que le
nombre de personnes prêtes à y investir.
Pourquoi ? Parce que les goûts changent
et que les connaissances se perdent. Parce
que l’écart entre ce qui est représenté et la
réalité se creuse. Cela ne signifie pas que
c’est irréversible. Comme le XVIIe siècle,
qui n’a jamais été aussi en vogue que le
XXe. Le marché est toujours en proie à des
mouvements cycliques. Un jeu d’attraction
et de répulsion. Tout revient toujours.
Pourquoi ? Parce que nous explorons tous
un jour notre propre histoire. Un art de
qualité est toujours le reflet de son époque.
Cet art de qualité, comme expression de
son temps, revient comme un miroir. »
ODV : « Thomas est, en effet, le plus jeune
de la compagnie. Il prend cela très au
sérieux, joue, mène sa barque, c’est positif.
Si je rencontre beaucoup de personnes qui
manquent de sérieux ? Drôle de question…
On ne va pas s’étendre là-dessus, ce n’est
pas très collégial. Mais ceux-là ne durent
pas longtemps. Lorsqu’un marchand
acquiert une pièce contrefaite, ce qui peut
arriver par ignorance, un collègue finit par
le découvrir d’une manière ou d’une autre.
Ce que nous faisions dans le passé, c’est
détruire l’œuvre. Si on ne détruit pas les
faux, ils continuent à circuler. Et il y aura
toujours quelqu’un pour les remettre sur le
marché au moyen de subterfuges. »
Le nouveau collectionneur est-il trop
investisseur et pas assez amateur ?
TD : « Je pense qu’il est important pour les
jeunes d’investir. Il en a toujours été ainsi.
La différence réside dans le délai. Autrefois,
l’art et les investissements allaient
de pair, c’était pour l’éternité. Certaines
personnes entamaient une collection,
aménageaient parfois tout un bâtiment,
et la léguaient à leurs enfants. C’est l’idée
fondamentale derrière les grandes ‘‘mansions’’
et autres ‘‘palaces’’ d’Angleterre,
aujourd’hui gérés par le National Trust. De
nos jours, ce délai raccourcit à vue d’œil.
Si vous n’achetez pas des œuvres pour les
conserver chez vous, pourquoi le faites
vous ? Uniquement pour investir. »
SURFER
www.oscardevos.be
www.thomasdeprezfinearts.com
38
Une pléthore de
nouveaux exposants
Plus singulière
est la venue de la
galerie française La
Ménagerie, spécialisée
en art animalier des
années 1850 à 1950,
un segment en plein
essor à la foire.
Paire de lions héraldiques, Europe Centrale, territoires des Habsbourg, fin du XVIIe siècle, calcaire
sculpté, 90 x 57 x 77 cm. Courtesy Vagabond Antiques, Petworth / BRAFA
Outre les changements déjà annoncés
à la tête de l’organisation,
ainsi que l’augmentation
de la surface d’exposition,
qui passe à 140 exposants et se répartit
désormais sur trois palais, la BRAFA
2026 accueille pas moins de 24 nouveaux
exposants et voit le retour d’une dizaine
d’autres. Evidemment, la Belgique, qui regorge
de nouveaux talents en antiquariat,
se taille la part du lion. Les marchands
belges se répartissent ainsi entre art
ancien, moderne, design et art contemporain.
Dans ce dernier segment de marché,
débarquent plusieurs poids lourds dont la
Bruxelloise Greta Meert et la franco-belge
Almine Rech (lire par ailleurs), ainsi que
Mulier Mulier Gallery, qui prospère depuis
quelques temps déjà du côté de l’avenue
Louise à Bruxelles. Ce domaine est également
enrichi par la venue des Allemands
Beck & Eggeling International Fine Art, de
la Genevoise CKS Gallery, de la New-yorkaise
Martos Gallery, avec un solo show
sur Keith Haring, de la Parisienne PRON
et des Bruxellois de Martins & Montero.
Autre segment de taille, le design moderne
et contemporain, enrichi du duo
hennuyer, désormais installé à Uccle, à la
tête de unforget Decorative Arts, qu’on a
vu plusieurs fois aux PAD de Londres et
Paris, du Gantois Laurent Schaubroeck,
du duo bruxellois Haesaerts-le Grelle,
spécialisé dans l’œuvre de Gustave Serrurier-Bovy
(lire par ailleurs), ainsi que de
la Galerie Watteeu, installée au Sablon,
des Néerlandais de MassModernDesign
et des Parisiens de Maisonjaune Studio.
L’offre se renforce également du côté de
l’art moderne belge et international, avec
l’arrivée de Virginie Devillez Fine Art (lire
par ailleurs). Spécialité de la BRAFA, qui
attire nombre d’amateurs et de collectionneurs,
l’art ancien voit également sa présence
revivifiée avec l’arrivée de Arte-Fact
Fine Art, enseigne anversoise qui défend
la peinture des XVIe au XVIIIe siècles,
notamment des anciens Pays-Bas du Nord
et du Sud, des Italiens de Carlucci Gallery,
des Monégasques de Hartford Fine
Art – Lampronti Gallery, du Belge Cédric
Pelgrims de Bigard, grand défenseur de la
peinture flamande, qui faisait son entrée
l’an dernier à la TEFAF, et des Anglais de
Vagabond Antiques. Plus singulière est la
venue de la galerie française La Ménagerie,
spécialisée en art animalier des années
1850 à 1950, un segment en plein essor à la
foire, ainsi que celles des Néerlandais Van
Pruissen Asian Art, renommés en art japonais
et d’Extrême-Asie, et The Old Treasury,
marchand de Kerkrade, très en verve
sur la joaillerie vintage. Enfin, signalons la
présence inédite des éditions françaises
Citadelles et Mazenod, référence absolue
en ouvrages d’art de grande qualité. (cd)
VISITER
BRAFA
du 25-01 au 01-02
Bruxelles
www.brafa.art
39
L’argent fait
un carton !
La collaboration entre Puiforcat et
Rachel Whiteread illustre l’essor
d’une orfèvrerie contemporaine,
fière héritière de savoir-faire
séculaires. Alors que l’argenterie
s’affranchit, laissant derrière elle
les placards et les clichés, le cours
de l’argent atteint des sommets
historiques. Cette flambée
redéfinit-elle le marché ?
TEXTE : GWENNAËLLE GRIBAUMONT
Fondée en 1820, Puiforcat s’impose
depuis deux siècles comme l’une des
grandes références de l’orfèvrerie
française, alliant exigence artisanale,
audace esthétique et exploration de
matières nobles. Rattachée au Groupe
Hermès depuis 1993, la maison cultive un
dialogue fécond entre tradition et avantgarde,
conviant des artistes contemporains
à imaginer de nouvelles formes.
Directeur Général, Yann Jaegler confirme
la place prépondérante de ces collaborations,
véritables moteurs créatifs au cœur
de la stratégie d’innovation de la marque :
« Notre ambition est de proposer au moins
une nouvelle collaboration par an, en y associant
la réédition d’une sélection de pièces
issues de nos archives et l’animation de
quelques-unes de nos lignes les plus
porteuses. » Cette année, Puiforcat a invité
l’artiste britannique Rachel Whiteread
(1963), première femme lauréate du Turner
Prize en 1993. Yann Jaegler : « Ce choix
s'inscrit dans la continuité de la vision
créative de Puiforcat, aujourd'hui portée
par nos directeurs artistiques, Charlotte
Macaux Perelman et Alexis Fabry. Ils ont
notamment apprécié le lien étroit que
l’artiste entretient avec l’architecture, son
interprétation des volumes, son sens des
matériaux… et ses incursions dans des
univers aux contraintes fortes, où la fonction
est primordiale. On retrouve là des
notions en lien avec l’univers de Puiforcat
: la fonction, au cœur de nos collections, la
« La plasticité,
la souplesse du carton
semblait le contraire
de la solidité de
l’argent massif.
Ce qui pouvait naître
de cette opposition
était donc intéressant »
RACHEL WHITEREAD
contrainte de la matière argent mais aussi
du travail artisanal... Un choix également
orienté par notre admiration authentique
pour la force et la délicatesse de son
travail. »
RIGUEUR, CRÉATION ET PERMANENCE
Dans Silver Set 2025, Rachel Whiteread
part d’un matériau humble, le carton
ondulé, qu’elle plie, enroule et sculpte
pour donner vie à un broc, des timbales,
un plateau et des ronds de serviette. Elle
renverse la fonction du carton, voué à
protéger et à disparaître, pour en faire la
matrice d’objets durables. « La plasticité, la
souplesse du carton semblait le contraire
de la solidité de l’argent massif. Ce qui pouvait
naître de cette opposition était donc
40
L’artiste Rachel Whiteread et sa collection Silver Set 2025, imaginée pour la maison Puiforcat. © photo : Quentin Bertoux
41
intéressant », confie-t-elle. Les artisans de
la maison en reproduisent chaque cannelure,
chaque déchirure, chaque imperfection
assumée. Rien n’est lissé ni idéalisé :
irrégularités, bords brisés, empreintes du
geste humain deviennent la signature de
l’objet. « Il était important pour moi que
l’empreinte de ma main soit visible et que
les objets n’aient pas l’air trop industriels »,
souligne l’artiste, présente à chaque étape
de cette expérience, vécue comme une
rencontre d’exigences. À travers cette collection,
Rachel Whiteread inscrit Puiforcat
au cœur des débats contemporains sur la
mémoire des objets, la valeur de la matière
et le geste humain, dans un monde industrialisé.
Sa série raconte une histoire de
métamorphose : du fragile vers l’éternel,
du commun vers l’extraordinaire. L’objet
d’usage devient objet de contemplation.
Et c’est précisément là, dans ces collaborations,
que se joue l’avenir de l’orfèvrerie,
dont le directeur se réjouit : « Nos collections
contemporaines ont eu l’effet d’attirer
de nouveaux profils d’acheteurs. Des
clients qui voyaient l’orfèvrerie comme
quelque chose de très classique, parfois
désuet, et que ces nouvelles signatures
surprennent. Ils la redécouvrent au travers
de ces collections très actuelles, qui
remettent au goût du jour des savoir-faire
exceptionnels. »
Puiforcat x Rachel Whiteread, Silver Set 2025, argent massif. © photo : Eric Poitevin
Un Vase (ca 1930),
estimé entre 7.000 et
10.000 euros, obtenait,
en mai dernier au
marteau de Sotheby’s,
225.000 euros.
L’ÂGE D’OR DE L’ARGENT
Dans un contexte où le luxe repense sa
valeur dans le geste et la matière, le marché
de l’argenterie affiche un dynamisme
remarquable. Nous avons ici observé le
marché secondaire, à travers les résultats
enregistrés par Artprice.com pour
des pièces signées Jean Émile Puiforcat
(1897-1945). Et les derniers résultats
sont spectaculaires. 2025 affiche d’ores et
déjà une évolution de +29,7% de la cote,
portée par un chiffre d’affaires de 696.942
euros pour 45 lots. Notons qu’à lui seul,
un Vase, modèle 8461 (circa 1930, estimé
entre 7.000 et 10.000 euros) obtenait, en
mai dernier au marteau de Sotheby’s,
225.000 euros. D’autres adjudications ont
largement dépassé les prédictions. En
septembre, la vente Pauline Karpidas : The
London Collection, organisée par Sotheby’s
London, adjugeait 55.066 euros un Service
Deauville (estimé 4.500-6.800 euros). Tout
aussi exceptionnels, ces Couverts Cannes
(1928) adjugés 36.710 euros et une Boîte
(ca. 1930) 28.680 euros. Un marché tiré
vers le haut par les services complets et
les pièces Art déco. Dans le même temps,
l’argent flambe, flirtant avec les 50 euros
l’once. Une envolée qui résulte de la forte
demande liée aux nouvelles technologies
vertes et électroniques, mais aussi aux
investissements dans les métiaux précieux
comme valeurs refuges, alors que l’offre
se réduit et que le recyclage de l’argent
est lent et coûteux. Cette conjoncture
influence-t-elle, même indirectement, les
choix créatifs de Puiforcat ? Yann Jaegler
confirme sans ambiguïté : « Le cours de
l’argent à quasiment doublé en deux ans.
Notre secteur de l’orfèvrerie, et en particulier
celui de la haute orfèvrerie, est bien
entendu impacté par cette hausse, mais
42
«Notre ambition
est de proposer au
moins une nouvelle
collaboration par
an, en y associant
la réédition d’une
sélection de pièces
issues de nos
archives»
YANN JAEGLER
Directeur Général de Puiforcat
Puiforcat x Donald Judd, Collection Dinner Service, assiette à dessert, 2023 (imaginée par l’artiste en
1989), argent massif, 27,5 x 3,25 cm. © photo : Eric Poitevin
elle est à relativiser au regard de la part des
heures de travail artisanal, dans le coût
des objets que nous fabriquons. (…) La
hausse du prix de l’argent n’intervient donc
pas, ni sur notre ADN, ni sur notre stratégie.
» Quant à savoir si cette inflation pourrait
renforcer la dimension investissement
du métal, le directeur se montre optimiste
mais prudent : « L’argenterie n’est sans
doute pas encore une valeur refuge au
même titre que peuvent l’être les bijoux en
or mais peut-être va-t-elle le devenir ? »
SURFER
Puiforcat x Barber&Osgerby, Collection Pilotis, 2024, bougeoirs, argent massif, dimensions variables.
© photo : Maxime Tetard
www.puiforcat.com
43
Pour sa première participation, la Galerie Rademakers présente une exposition personnelle de l’artiste néerlandais Chris Rijk. © photo : Samuel Nagtegaal
44
Ceramic Brussels
« La céramique touche
à l’essence même de
notre humanité »
Avec une troisième édition, le
salon Ceramic Brussels confirme
qu’il est là pour durer. Ce qui
fait de la céramique un médium
passionnant, c’est sa capacité à se
transformer sans cesse, comme
un caméléon, en de nouvelles
formes, textures et couleurs. Une
introduction à la manière dont la
céramique stimule l’expression
artistique.
TEXTE : ELIEN HAENTJENS
Si la céramique n’est plus la cinquième
roue du carrosse, mais
reconnue comme une discipline à
part entière dans les arts plastiques,
c’est notamment grâce à Ceramic Brussels.
« De plus en plus d’artistes ont adopté la
céramique comme médium », explique Jean-
Marc Dimanche, cofondateur et commissaire
de ce salon de niche, « surtout ces cinq
à dix dernières années. Elle est devenue bien
davantage qu’un simple matériau destiné à
la création d’objets utilitaires. Avec Ceramic
Brussels, Gilles Parmentier et moi-même
voulons mettre en lumière cette diversité et
cette qualité artistique en un seul et même
endroit, et offrir à la céramique la scène
qu’elle mérite. Paris Photo a inscrit la photographie
sur la carte en tant que médium,
nous faisons de même avec la céramique. »
Si des artistes tels que Pablo Picasso ont
renoué avec la céramique, ce n’est que bien
plus tard qu’elle a suscité l’engouement.
« Picasso peignait sur des pièces existantes,
pour lesquelles il collabora, après la Seconde
Guerre mondiale, avec les céramistes de
Vallauris, dans le sud de la France. Il ne
travaillait pas lui-même la terre. Un artiste
comme Auguste Rodin utilisait l’argile,
mais uniquement en vue de réaliser ses
sculptures en bronze », explique Jean-Marc
Dimanche. « Ce n’est qu’autour de 1995 que
des artistes tels que le Belge Johan Creten ou
les Allemands Thomas Schütte et Rosemarie
Trockel ont commencé à employer l’argile
comme matériau sculptural. L’Autrichien
« De plus en plus
d’artistes ont adopté
la céramique comme
médium, surtout
ces cinq dernières
années »
JEAN-MARC DIMANCHE
Elmar Trenkwalder, qui est notre invité
d’honneur cette année, a lui aussi contribué
à inscrire la céramique sur la carte ces vingtcinq
dernières années. Alors qu’un atelier de
céramique comme celui de La Cambre a failli
fermer il y a vingt ans, les étudiants privilégiant
la vidéo, l’art conceptuel ou numérique,
sa responsable Caroline Andrin peine
aujourd’hui à répondre à la demande. »
DIVERSITÉ
Ceramic Brussels invite le public à exercer
son regard et à apprendre à lire la qualité
artistique et la diversité du médium
céramique. « Ce qu’une personne apprécie
relève partiellement d’un choix subjectif,
comme pour les autres formes d’art. Un œil
bien entraîné est important, mais le cœur et
les émotions entrent aussi en jeu », souligne
Jean-Marc Dimanche. « Personnellement,
je ne privilégie pas forcément les pièces
novatrices, mais plutôt les œuvres mettant
45
Chris Rijk, Freud en ik, 2025, poterie émaillée, 50 x 20 x 20
cm, cinq segments. © de l’artiste / Courtesy Rademakers
Gallery – Prix : 3.000 €
Rejean Peytavin, Sunrise, 2025, porcelaine émaillée et décorée, 35 x 21 x 17 cm. © de l’artiste / Courtesy La
peau de l’ours
« La céramique est
associée à l’innocence,
à la douceur et
au savoir-faire
domestique féminin,
ou encore aux clubs
féministes de poterie
des années 1970 »
CHRIS RIJK
en valeur la richesse du matériau, à travers
des formes et couleurs élaborées, parfaitement
équilibrées. Les créations de Claudine
Monchaussée, 85 ans, actuellement exposées
à La Verrière Hermès, en sont de beaux
exemples. Bien que de taille réduite, ces
œuvres rayonnent d’une intense présence
sculpturale. Si elles semblent, à première
vue, partager le même langage formel, elles
se révèlent en fait très différentes et justes.
Le travail de l’artiste illustre remarquablement
la tradition, pratiquée depuis des décennies
à La Borne, en France, caractérisée
par l’usage de matière brute, des couleurs
sobres et un langage formel équilibré. Elle
crée depuis soixante ans, mais ses œuvres
sont étonnamment contemporaines. »
CHARNELLE ET MALLÉABLE
Chris Rijk (1995) est un jeune talent qui
produit une céramique remarquable, s’inscrivant
dans la tradition néerlandaise : « À
l’école, personne ne s’intéressait à la céramique,
ce qui faisait du tour de potier une
sorte de refuge pour moi. Une résidence au
Centre européen de céramique m’a définitivement
convaincu de choisir ce médium.
La céramique est tangible et permet une
création intuitive. Mais elle exige aussi une
solide connaissance technique et beaucoup
de temps. Nombre de personnes sous-estiment
encore cela. La céramique est associée
à l’innocence, à la douceur et au savoir-faire
domestique féminin, ou encore aux clubs
féministes de poterie des années 1970. C’est
justement cet aspect qui m’attire. Il correspond
à une des lignes thématiques de mon
travail : la recherche de ce que signifie la
masculinité aujourd’hui. » C’est pourquoi
Chris Rijk intègre, par exemple, souvent les
logos de Louis Vuitton ou, plus récemment,
Gucci dans ses œuvres : « Ils incarnent une
nouvelle forme de virilité, intense et commercialisable.
Il y a aussi des images de dick
pics, que je trouve sur Internet, qui renvoient
au type d’homme que nous sommes censés
être, mais que je ne suis pas. La société de
consommation, la sexualité et le corps sont
également des thèmes récurrents. Le fait
que l’argile soit charnelle et malléable, qu’elle
46
« Grâce à des fours
plus grands, la
tradition a pu évoluer
et, aujourd’hui, elle
incarne notre identité
et notre culture »
JULIA ISÍDREZ
Julia Isídrez, Lagarto canon sin cola, 2025, céramique artisanale, 40 x 30 x 48 cm. © de l’artiste / Courtesy
Sorry we’re closed – Prix : 9.500 €
Elif Uras, Production Line, 2023, sous-glaçure, glaçure et feuille d’or sur grès, diam. 26,5 cm. © de l’artiste /
photo : Zeynep Firat
permette de créer des objets spatiaux auxquels
le corps doit se confronter, soutient
cette vision artistique. » A Ceramic Brussels,
Rademakers Gallery (Amsterdam/Weesp)
présentera une exposition personnelle de
son travail. Chris Rijk : « La pièce maîtresse
en sera une tulipière d’un mètre cinquante
de haut, à dix étages, représentant le
summum de la céramique néerlandaise.
Pour certaines formes et certains motifs,
je m’inscris dans cette tradition, mais aussi
dans celles de l’Italie ou de la Chine, ce qui
me donne un cadre pratique et augmente
la reconnaissance. Mais cela déroute le
spectateur aussi : ce n’est qu’en regardant
de plus près qu’il découvre mon langage
visuel, inspiré par la culture de l’image
contemporaine. Je confère ainsi un caractère
singulier aux paysages kitsch et désuets du
bleu de Delft original. Même si, à l’origine,
je me suis tourné vers le bleu de Delft en
raison de la technique picturale utilisée.
Les formes traditionnelles et la décoration
d’inspiration contemporaine s’imbriquent
comme des pièces de puzzle. La dualité
entre artisanat céramique et un monde de
plus en plus numérisé constitue un thème,
mais aussi une motivation intime. Je désire
rester humain, non devenir un robot. Ce
47
« On trouve de la
céramique partout
dans le monde,
mais l’argile et les
techniques la rendent
différente »
ELIF URAS
sentiment explique pourquoi la céramique
est aujourd’hui si omniprésente. Si ma céramique,
prétendument naïve, est exhumée
dans des centaines d’années, elle offrira une
image de notre époque. »
UNE PUISSANCE UNIVERSELLE
Grâce à son approche internationale, Ceramic
Brussels offre un aperçu de la scène céramique
mondiale et de ses particularismes
régionaux. Ainsi, les Français travaillent
généralement dans le cadre d’une démarche
plus sculpturale, tandis qu’en Norvège c’est
l’artisanat même qui occupe une place centrale.
La galerie Sorry We’re Closed, basée
à Bruxelles, présente des œuvres de Julia
Isídrez (1967), déjà exposées à la Biennale de
Venise. Cette céramiste paraguayenne pratique
la technique du ñai’u po, rendant ainsi
hommage à la tradition et à l’histoire de la
tribu des Guaranís : « Tout comme mon
arrière-grand-mère, j’utilise l’argile noire et
sculpte mes pièces à la main. Celles-ci sont
ensuite cuites dans un four à bois. Avant l’arrivée
des Européens, les Guaranís utilisaient
déjà l’argile comme moyen d’expression
artistique, mais aussi pour fabriquer des
ustensiles de cuisine ou des pots destinés au
stockage de l’eau et aux rituels. Grâce à des
fours plus grands, la tradition a pu évoluer et
aujourd’hui, elle incarne notre identité et
notre culture. L’argile noire provient de ma
ville natale, Itá ; je la collecte, la prépare et
la pétris de mes mains. Sans ce lieu, ma
céramique n’existerait pas. » Elle a appris les
ficelles du métier auprès de sa mère, Juana
Marta Rodas, et de son arrière-grand-mère,
María Balbina Cuevas, qui réalisaient surtout
des cruches et des carafes : « Lorsque
ma mère s’est lancée dans la création de
figures zoomorphes et anthropomorphes,
les habitants d’Asunción ont commencé à
les acheter. Quand j’ai débuté, à dix-sept ans,
ce sont les petits animaux et les insectes
qui m’inspiraient. La céramique me permet
de raconter des histoires sans mots.
Après le façonnage manuel, je peaufine les
pièces avec une cuillère ou un morceau de
bambou, puis je les laisse sécher à l’air libre.
Leur couleur noire provient de la fumée de
feuilles de manguier, technique inventée
par ma mère. Cette tradition se transmet de
mère en fille. Ma mère ne s’est pas limitée
Elif Uras, The Great Mother, 2025, sous-glaçure sur pâte de pierre, 76 x 45,5 x 25,5 cm. © de l’artiste /
photo : Barış Özçetin
Janis Lohrer, Schild, 2025, céramique émaillée,
57 x 30 x 30 cm. © de l’artiste / Courtesy Galerie
Judith Andreae / photo : Johannes Bendzulla –
Prix : 5.000 €
48
Reinhoud, La vie ne me fait pas peur, 2001,
céramique, 22 x 13 x 17 cm. © Courtesy Laurentin
Gallery - Prix : 4.500 €
Julia Isídrez, Mundo de Julia Ovalado, 2025, céramique artisanale, 35 x 33 x 48 cm. © de l’artiste / Courtesy
Sorry we’re closed – Prix : 14.000 €
aux pièces utilitaires : elle a osé diversifier,
c’est ce qui a fait toute la différence. Malgré
un intérêt limité chez les jeunes, je constate
que beaucoup d’artistes reviennent à nos
racines. C’est pourquoi je transmets mon
savoir par le biais de cours en atelier. »
RENAISSANCE
Une exposition double des galeries turques
Galerist et Nev mettra en avant le travail
d’Elif Uras (1972), artiste turque installée
entre New York et Istanbul : « Dans ma
recherche d’une surface alternative, j’ai découvert
la céramique comme support à ma
peinture. Au départ, j’utilisais des assiettes
et des cruches traditionnelles Iznik, dont
les formes arrondies évoquent les figurines
néolithiques de fertilité féminine. Durant
l’Empire ottoman, des quantités considérables
de carreaux et de poteries y furent
produites, destinées à soutenir le pouvoir
patriarcal. Après une période de déclin,
l’endroit connaît, depuis la fin du XXe siècle,
une renaissance grâce à la Iznik Founda-
tion. » Sa passion pour la céramique l’a rapidement
poussée à développer ses propres
formes : « Contrairement à la peinture,
la céramique est un processus collectif.
Dans l’atelier, je travaille avec des femmes
qui dessinent, produisent et peignent les
pièces. Chaque étape se déroule dans un
département différent. Avec mes créations,
je les encourage à dépasser les formes et les
motifs rigides. J’ai ainsi produit une série où
nous avons réalisé des gravures dans l’argile
encore humide. J’utilise également des
textures particulières, des couleurs mates
et je transforme des motifs traditionnels. Je
souhaite rendre hommage aux artisanes,
qui mettent énormément de perfection et
de temps dans chaque pièce. Si je travaille
surtout avec des moules, et à basse température,
avec des couleurs vives d’Iznik,
dans mon atelier new-yorkais, j’apprends à
tourner l’argile et à cuire les pièces à haute
température, ce qui lui confère une palette
de couleurs plus sobre. L’argile elle-même
diffère. C’est ce qui rend la céramique si
passionnante : on la retrouve partout dans
le monde, mais l’argile et les techniques la
rendent différente. » Jean-Marc Dimanche
voit lui aussi l’avenir avec optimisme :
« Pour notre prix destiné aux jeunes, nous
recevons trois cents dossiers et découvrons
beaucoup de pièces expérimentales, par
exemple autour de la céramique et du son.
Même après vingt-cinq ans, la céramique
continue de me surprendre. De plus, sa
tactilité, ses formes organiques, son savoirfaire
et son lien avec la terre touchent à
l’essence même de notre humanité, ce qui
apaise et fait du bien. En ce sens, l’intérêt
pour la céramique ne risque pas de disparaîtra
de sitôt. »
VISITER
Sourdre
jusq. 13-12
La Verrière
Bruxelles
www.fondationdentreprisehermes.org
Chris Rijksmuseum
jusq. 20-09-2026
Museum W
Weert
www.museumw.nl
Ceramic Brussels
du 21 au 25-01
Tour & Taxis
Bruxelles
www.ceramic.brussels
49
Les animaux
de Fabergé
Un savoir-faire inégalé
50
Maison ayant su conjuguer
l’excellence technique, l’ingéniosité
artistique et la charge symbolique,
Fabergé demeure l’icône ultime
de l’art joaillier impérial russe. Au
départ de commandes prestigieuses
ou des mythiques œufs de Pâques,
ce joaillier a produit des œuvres
ayant traversé le temps avec un éclat
intact, mobilisant les passions des
collectionneurs et des institutions de
par le monde. Alors que le fameux
Œuf d’Hiver est attendu, ce mois,
chez Christie’s à Londres, avec une
estimation à plus de 20 millions
de livres sterling, revisitons cette
histoire complexe, où art et marché
s’entrelacent étroitement.
TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE
Henrik Wigström pour Fabergé, Saint-Pétersbourg, Choucas, 1907, jaspe
de Kalgan, obsidienne, aigue-marine, argent doré, 7,8 x 15,7 x 5,7 cm.
Londres, The Royal Collection, inv. RCIN 13756. © The Royal Collection
Trust / His Majesty King Charles III
Issu d’une famille protestante aux origines
française, allemande et danoise, Peter
Carl Fabergé (1846-1920) a non seulement,
par son esprit artistique novateur,
façonné l’âge d’or de la joaillerie russe,
mais aussi positionné l’empire tsariste
au centre de la scène joaillière mondiale,
grâce à une identité forte et un héritage
qui fascinent toujours amateurs et historiens.
En 1907, fort de cette notoriété, le
roi d’Angleterre Édouard VII et son épouse
la reine Alexandra lui commandaient un
ensemble exceptionnel de sculptures en
pierres dures. Instillée par les cadeaux
reçus par la souveraine anglaise de sa sœur,
l’impératrice Maria Feodorovna, épouse
du tsar Alexandre III, cette passion pour
les créations Fabergé devait déboucher sur
la fameuse ‘’ménagerie de Sandringham’’,
qui réunit chiens, chevaux, oiseaux et
animaux de ferme vivant dans ce domaine
royal du Norfolk, de loin la plus importante
commande jamais passée à la succursale
londonienne de Fabergé, ouverte en 1903.
Pour ce faire, le joaillier envoya sur place ses
meilleurs sculpteurs afin de réaliser sur le vif
des modèles préparatoires en cire. Une fois
approuvés par les souverains, ceux-ci furent
expédiés à Saint-Pétersbourg et confiés à des
tailleurs de pierre et des maîtres artisans.
51
ensemble d’entre elles était réuni au sein
de Castle Howard, collection vendue par
Sotheby’s Genève, le 6 mai dernier, pour un
total de 3,6 millions d’euros. Le 29 mai 2024,
la maison de ventes londonienne Elmwood’s
adjugeait ce qui était alors considéré comme
l’un des meilleurs ensembles jamais réuni
de pièces de Fabergé, dont la provenance
remontait directement aux Romanov, ainsi
qu’à l’aristocratie britannique et à la royauté
européenne. Parmi les pièces maîtresses, on
trouvait un loir en agate offert à Immanuel
Nobel, père d’Alfred, le fondateur du prix
éponyme. Cette sculpture grandeur nature,
de couleur miel, est parée de moustaches en
argent, d'yeux en cabochons de saphir bleu,
tandis qu’elle mâche de la paille d’or…
Henrik Wigström pour Fabergé, Saint-Pétersbourg, Deux chouettes, 1908, agate fauve, rubis cabochon,
or, onyx blanc, H. 5,8 cm. © Wartski, Londres
La collection d’objets
Fabergé n’est plus
seulement un acte
d’acquisition, mais
une quête de prestige,
d’histoire et de
relation émotionnelle
à l’objet.
Chaque pièce composait ainsi un portrait
précis des animaux favoris de la famille
royale, tels le terrier Caesar, fidèle compagnon
du Roi, ou encore le cheval Persimmon,
célèbre pour ses victoires équestres.
Subtilement, les sculptures obtenues
alliaient rigueur technique et finesse d’exécution,
chaque pierre choisie correspondant
à la parure et à la couleur naturelles de l’animal
qu’elle représentait. Outre un réalisme
saisissant, ces pièces revêtaient une charge
émotionnelle palpable, traduisant l’attachement
de la famille royale à ses animaux. Au
fil du temps, la collection s’agrandit pour
inclure plus de 350 animaux, chacun unique
dans son matériau et son exécution. Le roi
Edward VII lui-même passa ainsi nombre de
commandes, précisant toujours : « Nous ne
voulons pas de doublons. » La plupart de ces
pièces, dont diverses versions furent encore
vendues cinq ans durant dans la succursale
londonienne de Fabergé, valaient alors environ
50 livres sterling (l’équivalent de 9.000
euros actuels). L’un des plus importants
UNE PASSION CONSTRUITE
Ni fortuit ni motivé par la mode, l’intérêt de
Peter Carl Fabergé pour les pierres dures
fut façonné par sa découverte précoce des
plus prestigieux centres de taille de pierre
d’Europe. Ses visites à Dresde, Idar-Oberstein
et Florence ont ainsi laissé un impact
durable, ancrant sa vision artistique dans
les traditions séculaires de l’artisanat lapidaire.
À Dresde, Fabergé entrait ainsi en
contact avec l’héritage saxon des objets
précieux en jaspe, agate et serpentine,
pierres montées en or et argent, souvent
utilisées pour créer de somptueuses boîtes
et autres récipients ornementaux. Des
maîtres artisans comme Heinrich Taddel
et Johann Christian Neuber, connus pour
leurs tabatières complexes, y avaient fixé
les normes techniques et esthétiques qui
influenceront ses créations. Ensuite, ses
études à Francfort l’ont rapproché d’Idar-
Oberstein, ville fameuse pour sa maîtrise
de la taille des agates et des calcédoines.
Des tailleurs de pierre de la région furent
ensuite employés dans les ateliers Fabergé
de Saint-Pétersbourg. De Florence et son
Opificio delle Pietre Dure, fondé par les
Médicis, qui a produit pendant des siècles
des figures religieuses et des dessus de table
en mosaïque de pierres dures polychromes,
Fabergé retint l’opulence décorative, ainsi
que l’utilisation récurrente de la purpurine,
pierre vitreuse rouge intense que l’on
retrouve dans la production florentine du
XVIIe siècle. Enfin, le joaillier en herbe a
aussi hérité de la riche tradition locale de
sculpture de pierre dure. La Russie a ainsi
longtemps cultivé sa propre expertise dans
l’art lapidaire, avec des centres tels qu’Ekaterinbourg,
Peterhof et Kolyvan, produisant
des objets impériaux depuis le XVIIIe
52
La dimension
interculturelle de
l’approche de Peter
Carl Fabergé mérite
d’être soulignée.
joints avec une telle finesse que les coutures
deviennent invisibles à l’œil nu. Une
fois l’animal achevé, des détails supplémentaires
tels que becs en or, défenses
d’ivoire ou yeux de pierres précieuses sont
rajoutés, sous la direction du chef-bijoutier.
La touche finale consiste en l’application
d’émail coloré, permettant d’harmoniser la
palette de l’objet et d’accentuer sa qualité
narrative. Ainsi, grâce à une sélection drastique
et novatrice de matériaux raffinés,
mêlant les pierres semi-précieuses minées
dans les montagnes de l’Oural et les techniques
d’orfèvrerie les plus avancées, dont
le fameux guillochage, le ciselage et un sertissage
particulièrement raffiné, les ateliers
de Fabergé parviennent à une innovation
constante dont la sophistication n’aura
guère d’égal. A ce titre, la dimension interculturelle
de l’approche de Peter Carl Fabergé
mérite d’être soulignée. Pour la création
de ses animaux de pierre, le joaillier s’est
inspiré des netsukes japonais, petits objets
sculptés dans l’ivoire ou le bois, apparus au
début du XIXe siècle et servant à suspendre
des accessoires à la ceinture du kimono,
dont il possédait une collection comptant
pas moins de cinq cents pièces. Beaucoup
d’entre elles furent probablement acquises
dans la boutique Japan, installée sur la
perspective Nevski de Saint-Pétersbourg.
Ces sculptures miniatures l’ont non seusiècle.
Ces ateliers fournissaient à la cour
des Romanov des vases décoratifs en pierre,
des urnes monumentales et des plateaux
de table en mosaïque, fabriqués à partir de
matériaux indigènes comme la malachite,
le jaspe et les marbres polychromes, tandis
que les pierres plus dures comme l’agate,
l’obsidienne, le quartz et le cristal de roche
étaient taillés à l’étranger. De retour en
Russie en 1870, Peter Carl Fabergé chercha
donc naturellement à étendre le modeste
atelier de bijouterie de son père, en introduisant
ces objets de pierre dure dans le
répertoire de l’enseigne. Pour ce faire, il
recruta comme chef de projet le bijoutier
finlandais Erik August Kollin (1836-1901).
DE LA PIERRE BRUTE À L’OBJET FINI
Les figurines animales de Fabergé résultent
de la conjonction entre sculpteurs sur
pierre, orfèvres, émailleurs et modeleurs.
Une grande partie est d’abord réalisée
dans l’usine de Karl Woerffel, sur le
Fabergé, Sanglier, n. d., calcédoine, 10 x 7 x 3 cm. © Pandolfini
Fabergé, Saint-Pétersbourg, Chat, ca. 1900, agate, diamants taille rose, L. 5,5 cm. Il s’accompagne de son
écrin d’origine caractéristique, en bois de bouleau. Christie’s, Londres, 29-11-2021. © Christie’s Images
Ltd. – 137.500 £
canal d’Obvodny, que le joaillier finit par
acquérir. Deux des artisans les plus doués,
Derbyshev et Kremlev, y sont responsables
de la production de nombreuses pièces
en pierre dure au savoir-faire particulièrement
perfectionné. Le processus de
production est méticuleux. Les morceaux
de pierre, sculptés individuellement, sont
53
lement fasciné par leur qualité artisanale,
mais aussi par leur capacité à exprimer
l’esprit même des animaux, à travers des
formes compactes et tactiles. Car, à l’instar
des artisans japonais, Fabergé et son
équipe s’efforçaient de capturer la personnalité
et le mouvement des sujets, pas
seulement leur ressemblance physique : la
courbure d’un cou, la torsion d’une queue
ou l’éclat d’un œil, tous indices subtils
apportant émotion et vitalité à leurs créations.
Ces influences extrême-orientales,
alliées à la tradition russe de la sculpture
lapidaire et aux références stylistiques
européennes (Renaissance, rocaille, Louis
XVI ou Art nouveau), ont fortement contribué
à la singularité de l’œuvre de Fabergé,
car cette hybridation artistique a généré un
mélange de finesse et d’expressivité, peu
commun dans l’art joaillier de son temps.
FOURNISSEUR IMPÉRIAL
Si son atelier de création s'est distingué par
la complexité et le raffinement exceptionnel
de ses pièces, le travail de Peter Carl Fabergé
était déjà révélé au monde à l’occasion de
l’exposition panrusse de Moscou, en 1846,
qui suscita l’intérêt du tsar Alexandre III,
lequel passa d’emblée plusieurs commandes
et le désignera, dès 1884, comme fournisseur
impérial. Avec, en 1885, la commande
du premier œuf, le fameux Œuf à la poule,
conservé au Kremlin à Moscou. Quant à elle,
la production d’animaux sculptés débuta
dans les années 1890. Jusqu’en 1908, date à
laquelle, en raison de leur succès considérable,
la maison s'est dotée de son propre
atelier pour la taille des pierres dures, le
travail lapidaire était effectué par des soustraitants.
Les créatures imaginées par les
ateliers Fabergé étaient essentiellement des
animaux domestiques (cochons, chiens,
canards...), dans des poses et des pierres
variées. On trouvait également des animaux
exotiques, principalement des éléphants,
mais d’autres, tel un fourmilier en jaspe
sanguin, furent plus rares. Certains animaux
portent exceptionnellement les initiales
de l’orfèvre Henrik Wigstrom (1862-1923).
D’origine finnoise, ce dernier fut l’un des
principaux artisans des ateliers Fabergé,
dont il devint directeur en 1903, mais qui
marquait rarement sa production. Cette
absence de signature cohérente a créé une
zone d’ombre dans l’attribution, d’autant que
plusieurs ateliers rivaux ont commencé à
produire des animaux similaires. Cartier, par
exemple, était un concurrent redoutable,
cherchant activement à débaucher la clientèle
de Fabergé. Des documents provenant
de ses archives révèlent ainsi qu’en 1904, le
joaillier parisien avait passé commande de
sculptures en pierre dure auprès du lapidaire
russe Svietchnikov et envisageait d’installer
ses propres ateliers lapidaires à Saint-Pétersbourg.
D’autres concurrents tels qu’Ovchinnikov,
Sumin, Dennisov-Uralski et Britzin
ont également ouvert des ateliers, copiant
parfois le style de Fabergé si précisément
qu’aujourd’hui il est presque impossible de
distinguer certaines pièces sans provenance
ou analyse approfondie.
Fabergé, Moscou, Lapin, ca. 1908, argent, grenat, H. 10 cm. © Bonhams
LA RANÇON D’UN SUCCÈS MONDIAL
Dès lors, si les figurines animales de Fabergé
demeurent considérées aujourd’hui, à juste
titre, comme des chefs-d’œuvre de l’artisanat,
leur authenticité présente des défis
même pour les collectionneurs chevronnés.
Leader du marché, Christie’s détient le
record d’enchères pour Fabergé, établi en
2007 lorsque l'Oeuf Rothschild était adjugé
à Londres pour 8,9 millions de livres sterling.
Plus récemment, en 2021, la maison vendait
aux enchères l’un des plus importants
ensembles d’objets Fabergé provenant d’un
seul propriétaire, la Collection Harry Woolf,
adjugée 5,2 millions de livres sterling. A ce
titre, Christie’s joue donc un rôle de référence
incontestée dans le domaine, offrant aux collectionneurs
et institutions l’accès à un véritable
accompagnement expert. Pour Margo
Oganesian, spécialiste maison de Fabergé,
«la provenance demeure un élément crucial
pour déterminer l’authenticité et donc la
valeur d’une pièce ». Elle précise que « les
pièces ayant appartenu à la famille impériale
ou dotée d’un pedigree noble sont particulièrement
recherchées, attirant un public
international diversifié. En avril 2025, Chris-
54
« Face à la
prolifération des
copies et imitations,
la qualité du savoirfaire
est crucial
pour la validation
d’une pièce »
MARGO OGANESIAN
Christie’s
tie’s présentait une remarquable collection
de pièces Fabergé provenant des descendants
du grand-duc Michel Mikhaïlovitch.
Cette collection a suscité un vif intérêt sur le
marché et fait l’objet d’une acquisition avant
la vente par un collectionneur qui entendait
la conserver intacte. » L’experte souligne
également que « face à la prolifération des
copies et imitations, la qualité du savoir-faire
(sculpture, choix de la pierre, finition) est crucial
pour la validation d’une pièce. »
Fabergé, Saint-Pétersbourg, Ibex de Sibérie, ca. 1900, agate et diamants, L. 5,5 cm. Sotheby’s, Genève,
16-05-2025. © Sotheby’s Art Digital Studio – 76.200 CHF
NOUVEAUX ACTEURS
Avec la défection d’une partie de la clientèle
russe, depuis les sanctions internationales
liées à la guerre en Ukraine, même si
il conserve une clientèle russophone de la
diaspora établie hors de Russie, l’auctioneer a
vu émerger une communauté d’acheteurs à
la fois traditionnelle et nouvelle, tant en Europe
qu’en Amérique, en Asie et au Moyen-
Orient. Margo Oganesian indique, à propos
de ces nouveaux acteurs, que « certains
préfèrent se spécialiser, par exemple dans les
animaux en pierre dure ou les fleurs de cristal
de roche, tandis que d’autres recherchent
des œuvres emblématiques comme les œufs
impériaux. Les institutions, quant à elles,
ont tendance à se concentrer sur les chefsd’œuvre,
tels que les emblématiques œufs
de Pâques ou d’autres créations uniques de
Fabergé. » Cette diversité témoigne d’une
tendance de fond, où la collection d’objets
Fabergé n’est plus seulement un acte d’acquisition,
mais une quête de prestige, d’histoire
et de relation émotionnelle à l’objet. Ce qui
frappe ainsi dans la production des animaux
miniatures de Fabergé, souvent si petits
qu’ils tiennent dans la paume de la main,
c’est l’invitation quasi ludique au geste, au
toucher, à la manipulation, à une expérience
sensible dissociée des grandes pièces d’exposition.
L’équilibre entre élégance, couleur et
expressivité confère à ces œuvres une poésie
unique, où la pierre ne se contente pas d’être
décorative mais raconte une histoire. Pour
Margo Oganesian, cette dimension sensible
est cardinale : « Les acheteurs sont fascinés
par le récit et le savoir- faire artistique, mais
aussi par la mémoire d’un monde révolu que
ces pièces incarnent. La qualité artistique est
tout aussi importante : les collectionneurs
apprécient le savoir-faire exceptionnel caractéristique
de l’œuvre de Fabergé, un niveau
d’excellence qui demeure aujourd’hui quasiment
impossible à égaler. » Fabergé continue
donc d’exercer une fascination puissante, à
la croisée du symbolique, du technique et du
sensible. Entre héritage impérial et marché
mondialisé, le joaillier incarne la complexité
d’une pratique ayant su conjuguer innovation
et tradition, histoire et désir.
ENCHÉRIR
Vente The Winter Egg and Important Works
by Fabergé from a Princely Collection
Christie’s Londres
www.christies.com
le 02-12
Vente Swinging on a Star: The Private Fabergé
Collection of Kathryn and Bing Crosby
Sotheby’s New York
www.sothebys.com
le 18-12
LIRE
Caroline de Guitaut, Les animaux de
Fabergé : Miniatures des Collections royales
d’Angleterre, Fonds Mercator, Bruxelles, 2010,
ISBN 978-9-06153-988-9, 15 €
55
La micro-mosaïque
Splendeur miniature
Fortunato Pio Castellani, bracelet de style byzantin, XIXe siècle, or et médaillons de micro-mosaïque, L. 20 cm. Auktionsverket, Stockholm, 10-12-2024. © Stockholms
Auktionsverket — 170.000 SEK (14.740 €)
Aux origines d’un art du fragment, la micro-mosaïque de verre
s’apparente à une énigme à l’italienne, une prouesse qui concentre
la magie de l’Antiquité et l’extrême raffinement des artisans romains
du XVIIIe siècle. Demeurée longtemps le secret d’ateliers clos et de
fabricants de rêves, elle s’ouvre aujourd’hui à de nouvelles perspectives,
portée par des créateurs, collectionneurs et artistes, qui y voient le
symbole d’une résistance active à la standardisation, à l’obsolescence
et à l’instantanéité du monde actuel.
TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE
Ce qui distingue l’art de la micromosaïque
de verre, c’est cette
faculté à abolir l’évidence du
fragment, à rendre la jointure
invisible, à recomposer la matière en une
image continue, délicieusement troublante.
Héritière d’une tradition qui remonterait à
plus de six mille ans, lorsque les premières
mosaïques se dessinaient entre les galets de
Mésopotamie, la micro-mosaïque condense,
dans sa précision, toute l’évolution
des techniques anciennes, passant des
compositions de marbre à la pâte de verre
56
« La micromosaïque
tend à
effacer la visibilité
du fragment, à
confondre les
tesselles dans une
perfection picturale »
GALA GREENWOOD
jusqu’aux smalti filati, ces baguettes colorées,
fruits d’une alchimie de la flamme,
réduites à la finesse d’un cheveu. Pour Gala
Greenwood, artiste mosaïste contemporaine,
installée à Bruxelles, « la micro-mosaïque
porte la poésie d’un regard rapproché,
intime, quasi secret. Historiquement, elle visait
la perfection et la précision du réalisme,
car elle invite le spectateur à s’approcher, à
plonger le regard dans le détail, pour se dévoiler
pleinement, en un rapport à l’échelle,
au fragment, qui devient un dialogue mystérieux
avec le temps et la main. »
Le fragment y devient image, sublimé par
la continuité du geste. Là où la technique
contemporaine valorise la visibilité du fragment,
la micro-mosaïque classique tend
à l’effacer, à confondre les tesselles dans
une perfection picturale. » Les supports,
quant à eux, rivalisent de noblesse : cuivre,
ardoise, or ou argent, parfois incrustés
sur des montures luxueuses. Quant à lui,
le mastic accueille chaque tesselle avec
une rigueur quasi rituelle, où la régularité
de la pose conditionne la naissance d’une
véritable peinture d’éternité. Si le bestiaire
romain, la flore italienne et les monuments
antiques constituaient traditionnellement
les motifs privilégiés de la micro-mosaïque,
celle-ci ne se limitait pas à l’imitation mais
dévoilait chacune des aspirations de son
époque. Les scènes bucoliques, les portraits
de personnalités illustres ou encore les
ruines côtoyaient de délicats bouquets ou
de charmants animaux, chiens, colombes
ou papillons. L’un de ces sujets les plus répandus
s’inspirait directement d’une œuvre
de même nature mais de plus grand format,
la Mosaïque des Colombes, conservée au
musée du Capitole à Rome, découverte lors
des fouilles des ruines de la villa d’Hadrien
à Tivoli, en 1737. Pline l’Ancien (23-79), dans
son Histoire naturelle, cite une mosaïque
aux colombes exécutée par le célèbre Sôsos
de Pergame, au IIe siècle avant notre ère;
celle d’Hadrien en serait une copie pour
certains, l’original pour d’autres... Précisons
qu’il en existe aussi une version pompéienne
datant du Ier siècle.
ROME, BERCEAU DE L’EXCELLENCE
Si Rome s’impose toujours comme capitale
de la micro-mosaïque, c’est qu’elle a su fédérer
autour de ses ateliers une élite d’artisans
et une clientèle cosmopolite, jadis portée
par les fastes du Grand Tour. Ainsi, dès la fin
du XVIIIe siècle, la Ville éternelle foisonnait
de plus de vingt ateliers, où aristocrates
et voyageurs européens commandaient
des souvenirs miniatures, reproductions
fidèles des monuments de la cité, antique et
papale, ou bouquets éternels pour orner bijoux,
tabatières, couvercles de bonbonnières,
cadrans de montres et autres garnitures
de vases. À l’instar des vedute émaillées, ces
micro-mosaïques étaient très prisées pour
leurs couleurs, leur minutie et leur parfum
d’Antiquité. La petitesse et la régularité des
tesselles étaient d’ailleurs des signatures
L’EXTRÊME DANS LE MINUSCULE
Précision, patience et transmutation du
geste, telles sont de fait les exigences de la
micro-mosaïque. Ici les tesselles, sections
minuscules de baguettes de verre coloré,
sont déposées une à une à la pince sur
un support encollé, et si fines que l’on en
compte jusqu’à huit cents par centimètre
carré pour les œuvres les plus virtuoses.
Mais toute la subtilité de la technique
réside dans la maîtrise des matériaux : la
pâte, la fusion, l’amalgame et le refroidissement
soigneux. Chaque étape destine ainsi
la baguette à une découpe millimétrée, une
régularité sans faille et une pose si dense
que la lumière s’y reflète comme sur une
laque. Gala Greenwood précise : « La micromosaïque
puise son langage dans l’invisible.
Plaque au bouvreuil, Rome, ca. 1800, micro-mosaïque, diam. 14 cm (sans le cadre). © Anticstore
57
Le Sibille, Rome, Bague Scriptorium, 2025, micromosaïque
inspirée d’une œuvre de Gustave Doré,
or, diamants et saphirs. © Le Sibille – 33.130 €
Michelangelo Barberi (?), Plateau circulaire, Rome, premier quart du XIXe siècle, micro-mosaïque,
75 x 84 cm. Sotheby’s, Paris, 27-11-2024. © Sotheby’s Art Digital Studio — 192.000 €
Rome s’impose
toujours comme
capitale de la micromosaïque
car elle
a su fédérer autour
de ses ateliers une
élite d’artisans et une
clientèle cosmopolite,
jadis portée par les
fastes du Grand Tour.
reconnaissables de la production romaine.
Dans ce contexte, des noms sont entrés
dans l’Histoire : Giacomo Raffaelli (1753-
1836), orfèvre de la tesselle, a inauguré à
Rome l’ère de la réduction, exposant dès
1775 ses plaques minutieuses, tout comme
Michelangelo Barberi (1787-1867), dont
les créations sont aujourd’hui fort recherchées.
Quant à lui, le Studio Vaticano del
Mosaico, fondé en 1727, achevait d’ancrer
la micro-mosaïque dans le patrimoine
romain, donnant le ton à toute l’Europe, de
Constantinople à Saint-Pétersbourg. À cette
époque, où la photographie n’était qu’un
rêve à venir, ces objets transportaient littéralement
les paysages d’Italie d’un intérieur
à l’autre, cristallisant l’image de la Rome
éternelle dans la mémoire collective. Dans
les institutions du monde, entre autres le
Victoria & Albert Museum de Londres ou
l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, s’admirent
aujourd’hui des collections entières qui
témoignent de la diversité stylistique et
de la virtuosité de ces mosaïstes romains,
vénitiens ou florentins. Le marché demeure
d’ailleurs soutenu pour ces créations
anciennes et les enchères consacrent
régulièrement bracelets, colliers, boutons
de manchette ou broches en micro-mosaïque,
certaines pièces atteignant des
montants records pour une marqueterie
de pixels colorés, rivalisant avec les trésors
de l’orfèvrerie. Le prix moyen est toutefois
compris entre 2.500 et 5.000 euros, même si
une grande table romaine en micro-mosaïque,
réalisée au début du XIXe siècle, était
négociée à 192.000 euros chez Sotheby’s, à
Paris, en novembre 2024.
ÂGE D’OR ET RENAISSANCE
Le siècle romantique a vu l’apogée de la
micro-mosaïque : objets de collection insérés
dans des meubles raffinés, bijoux portés
comme talismans par l’élite européenne,
souvenirs rapportés des grandes étapes
du voyage d’Italie. L’influence des ateliers
italiens s’est même alors étendue jusque
chez les grands orfèvres européens comme
Castellani, Wolfers, Brogden, Chaumet ou
encore Fabergé, qui perpétuèrent ce goût
pour la miniature, en joaillerie comme en
objets de prestige. Mais, à partir des décennies
1870 et 1880, la photographie puis la
multiplication de l’industrie du souvenir
ont fragilisé l’essor de cet art lent et exigeant,
désormais supplanté par la rapidité et
la reproductibilité modernes. Car, art du
détail, miroir de la patience et du génie,
qui fait cohabiter dans le même geste une
58
L’essence de la
mosaïque invite à
la contemplation,
au temps suspendu,
à une forme de
méditation active.
mémoire plurimillénaire et l’intuition de
l’avenir, la micro-mosaïque est de ces techniques
qui n’existent que par la perfection
du geste, le respect d’un savoir oublié puis
réveillé, la patience d’une pose qui confine
à la liturgie. Il faudra dès lors attendre la
fin du XXe siècle pour qu’elle connaisse un
retour d’audace et d’exclusivité, initié par
des créateurs qui revendiquent un ancrage
dans la tradition de même qu’une ouverture
à la modernité. La maison romaine Le Sibille,
présente notamment dans les différentes
boutiques du Dover Street Market comme
dans tous les établissements de la chaîne
hôtelière Mandarin Oriental, célèbre ainsi
ses trente-cinq ans d’existence, s’appuyant
sur l’excellence d’une équipe entièrement
féminine, qui façonne chaque pièce dans
un dialogue fécond entre Histoire, poésie
et innovation. Des collections capsules,
comme celle co-signée cette année par
l’influenceuse en joaillerie Laura Inghirami,
y revisitent l’imaginaire symbolique
des petites créatures (escargot, papillon,
tortue, coccinelle) pour réinventer le bijou
mosaïque en une déclaration universelle à
la frontière de la philosophie, de la mémoire
et du talisman. Chaque bague, réalisée à la
main, célèbre la lenteur du geste, la force
tranquille de l’artisanat. Leurs micro-mosaïques
renouent ainsi avec la tradition tout
en la réinventant, dans une approche joaillière
d’une grande contemporanéité, signe
éclatant de vitalité et de richesse.
UN ART À L’ÉPREUVE DU TEMPS
La créatrice Gala Greenwood observe
que «la micro-mosaïque contemporaine
dialogue avec la tradition dans un langage
joaillier vibrant d’énergie, prêt à susciter
l’attrait d’un public toujours plus curieux. »
Car chaque pièce contemporaine invente
ses propres codes : variété des matières,
diversité chromatique, alliances inédites
entre tradition ornementale et inspiration
stylistique. «Le public est aujourd’hui
prêt à redécouvrir la matière, la couleur, la
symbolique, la dimension méditative de la
mosaïque contemporaine », précise-t-elle.
Ce retour en grâce interroge aussi la tension
permanente entre effacement du fragment
et valorisation du geste : « Dans la micromosaïque,
le fragment s’efface, devient
invisible pour laisser place à une image
fluide, presque parfaite. Dans la mosaïque
contemporaine, on rend visible la construction
elle-même, le geste, la mémoire
du faire. Pourtant, dans les deux cas, le
fragment reste le cœur du langage. Il parle
de multiple, de temps, de reconstruction.
Ainsi, la micro-mosaïque et la mosaïque
contemporaine se répondent, animées par
le même élan, celui de recréer un monde,
fragment après fragment. » Une vision qui
souligne l’essence de la mosaïque comme
invitation à la contemplation, au temps suspendu,
à une forme de méditation active.
Dans ce contexte, la micro-mosaïque incarnerait
donc la résistance de l’art à la vitesse
numérique. Gala Greenwood : « Aujourd’hui,
on consomme l’art comme une succession
de stimuli. La mosaïque, quelle que
soit sa technique, propose une pause, une
rencontre avec la beauté. » Là réside, peutêtre,
sa suprême actualité, dans cette capacité
à tisser une continuité, à faire vibrer la
matière de l’Histoire au sein de l’expérience
contemporaine, en une invitation à ralentir,
observer, contempler et s’émerveiller
encore devant l’infime qui contient toute la
splendeur du monde.
SURFER
www.lesibille.it
www.doverstreetmarket.com
www.galagreenwood.com
Laura Inghirami pour Le Sibille, ensemble de chevalières de la collection capsule, 2025, argent et micro-mosaïque. © Le Sibille – +/- 3.000 € (pièce)
59
Les magiciennes
de Noël
Elles marquent d’emblée la fin de
l’année : les boules de Noël, qui
scintillent sur nos sapins, dans nos
intérieurs, dans les rues et dans les
magasins. Elles captent la lumière
qu’elles renvoient, scintillantes,
jusque dans les yeux d’enfants
émerveillés, mais aussi dans ceux
des plus grands. Les boules de
Noël ne sont pas si anciennes
dans l’histoire de la décoration
des fêtes de fin d’année, mais y
occupent désormais une place
prépondérante, dont le succès n’est
pas près de se démentir.
TEXTE : ANNE HUSTACHE
Le sapin, décoré de boules et guirlandes
rutilantes, semble indissociable
de la fête de Noël. Or, ni l’un ni
l’autre ne sont anciens. Fête religieuse
à l’origine, célébrant la naissance de
Jésus, Noël ne figure pas dans les Evangiles
et ne s’est mise en place qu’à partir du IVe
siècle, la date du 25 décembre coïncidant
curieusement avec d’autres fêtes païennes,
comme la Nativité de Mithra, les Saturnales,
la fête romaine du ‘‘Sol Invictus’’, ou
encore le solstice d’hiver. Et, si la coutume
d’orner la maison de branches d’arbre
vert semble marquer plusieurs traditions
populaires, celle du sapin garni paraît trouver
son origine en Alsace au XVIIe siècle,
où on le pare de pommes et autres fruits.
Cette habitude va largement se diffuser en
Allemagne. Mais où donc l’idée de transformer
les fruits en boules de verres estelle
née ? En Alsace ou en Allemagne ? Le
débat demeure ouvert, mais la légende est
semblable : suite à une disette survenue en
1847-1848, les pommes devenaient trop
précieuses. Un ou plusieurs artisans de ces
régions, alors verrières, décidèrent de les
substituer par des pommes soufflées dans
cette matière. En outre, au XVIIIe siècle,
les sapins décorés de boules de verre sont
entrés dans la traditions des familles aristocratiques
et, de là, se répandirent dans
la bourgeoisie et, dès la seconde moitié du
XIXe siècle, dans tous les foyers.
LIRE
Noël se met en boule, éd. Musée du Verre,
Charleroi, 1996
Aux origines
ca. 1880-1900
Elles figurent parmi les plus anciennes aujourd’hui
conservées, pourtant les boules de verre
doublées d’argent ne furent pas obligatoirement
réservées aux sapins de Noël. Certaines, appelées
‘‘boules de sorcières’’, étaient accrochées aux
arbres devant les maisons afin de les protéger.
Grandes (jusqu’à dix-huit centimètres), elles
renvoyaient les maléfices et autres mauvais sorts
par leur effet miroitant. C’est d’ailleurs sous cette
définition de boule de sorcière que cet objet était
initialement entré au Victoria and Albert Museum,
avant d’être requalifié de boule de Noël. Le joli
effet décoratif des parois convexes de la ‘‘sorcière’’
leur fit trouver une place de choix sur le sapin.
Inconnu, boule verte de Noël (boule de sorcière ?), Allemagne,
verre soufflé, argent, diam. 8,5 cm. Londres, The
Victoria and Albert Museum, inv. C.109-1916.
60
Juteuse comme la vie
Seconde moitié du XIXe siècle
La boule en forme de raisin a connu un succès notable parmi les sujets
traditionnels et fut produite dans toutes les couleurs, même si la teinte
bleu nuit fut la plus prisée. Rappelons que ce fruit garde sa place parmi
ceux de fin d’année, car certaines variétés, comme le servan, se conservent
bien jusque fin décembre. Le raisin est aussi lié à certaines traditions de
nouvel an : en Espagne, il faut manger un grain de raisin à chaque coup de
l’horloge sonnant minuit, cette action favorisant la chance pour chaque
mois de l’année nouvelle. La présence de la grappe sur un sapin étend
donc son influence symbolique au-delà de la fête stricte de la Nativité.
Grappe de raisin, Allemagne, verre bleuté, 11 x 7 cm. © Bidsquare
Le préféré
1900 (1993)
Indubitablement, l’ange est un des sujets
préférés des sapins et, partant, des décorations
de Noël. Et ce petit ange, un rien
boudeur, tout en nostalgie, ne déroge pas
à la tradition. En outre, le modèle original
vient d’un moule issu de la ville de
Lauscha (Thuringe), lieu célèbre car il fut
aussi le berceau de ce type de fabrication.
Ici, les artisans eurent l’idée de fabriquer
des perles de plus en plus grosses, les
transformant en boules transparentes
étincelantes. Soufflée dans un moule,
cette ravissante figurine d’ange a été, çà
et là, vaporisée de peinture blanche afin
d’imiter la neige.
Ange, création : 1900, fabrication : 1990 (avec le
moule original), manufacture Krebsglas, Lauscha,
verre clair soufflé et décoré à la main de paillettes
d’argent, diam. 10 cm. Londres, The Victoria and
Albert Museum, inv. C.325-1993.
Délicatesse
1923
Bimini Werkstätten, Vienne, décoration de sapin en forme de fruit, verre soufflé
et verre moulé, H. 10 cm. Vienne, MAK, inv. CL 3622-5.
Le succès des boules en verre venues d’Allemagne et d’Alsace fut
tel que de nombreuses firmes spécialisées dans cette production
s’ouvrirent partout en Europe, tandis que d’autres, spécialisées
dans le verre soufflé, se mirent à fabriquer des boules
comme l’atelier viennois Bimini, reconnu pour ses créations
élégantes, aux formes simples caractéristiques, qui conviennent
parfaitement à cette belle boule. Actuellement, la plupart
des boules de Noël sont suspendues par une attache métallique
qui prend souvent la forme d’une petite couronne. Ce moyen
de fixation est né par souci d’économie alors que les fixations
d’origine étaient, comme c’est le cas ici, délicatement réalisées
dans un filament de verre coulé qui venait se poser au sommet
de la boule pour l’accrocher à l’arbre.
61
Et que la lumière soit !
Deuxième quart du XXe siècle
En Bohème du Nord, les boules de Noël ont avant tout été fabriquées au moyen
de perles de verre montées sur fils métalliques, comme en témoignent ces petits
lustres. A l’origine, la fabrication des perles n’était pas destinée à des boules mais
à la fabrication de bijoux. C’est peut-être par hasard que les artisans se mirent à
fabriquer des ornements de Noël. Certaines sources évoquent même le rôle des
femmes, utilisant des perles éparses, restantes de bijoux, pour monter des petits
ornements pour leur sapin. Le succès de ces objets fut immédiat et entraîna la
fabrication, à plus grande échelle, de ces ‘‘drôles’’ de boule. Le motif du lustre est
intrinsèquement lié au sapin : il faut que celui-ci brille, qu’il éclate de lumière et
aille toucher le cœur !
Atelier de Jablonec ad Nisou, boules en forme de lustre, perles argentées, pointes bleu opale, montée
sur fils métalliques, H. 10,5 cm. Nivelles, collection privée. © Musée du Verre, Charleroi
Un drôle de bonhomme
ca. 1920-1990
La réputation des verreries de Thuringe, et le succès qui s’ensuivit, ne repose
pas uniquement sur la production d’ornements de Noël en perles de
verre mais sur l’étonnante variété des motifs qui sortirent de ses ateliers.
En effet, ceux-ci vont au-delà des thèmes strictement liés au sapin ou à la
Nativité pour embrasser des motifs renvoyant à la vie quotidienne, comme
ce charmant petit bonhomme rieur. Certains sujets sont même surprenants
comme le homard ou la bicyclette. Au cours de l’âge d’or des boules
de Noël, soit entre 1920 et 1990, des boîtes à musique furent également
incluses dans ce catalogue qui arriverait à réconcilier les réfractaires avec
les fêtes de fin d’année .
Atelier de Jablonec nad Nisou, boule personnage en perles,
perles de verre, sphères creuses, fil de fer et feutre.
© MAK / photo : Christian Mendez
Tradition croisée
XXe siècle
Boule de Noël, Collection blue, faïence peinte à la main. Delft,
Royal Delft Museum.
La faïence de Delft ne s’est pas, pendant longtemps, intéressée à la
fabrication de boules de Noël. Pourtant, en 1915, ses designers se
sont mis à créer des assiettes sur lesquelles un paysage ou une scène
typiques de Noël étaient représentés. En 1989, l’institution royale
commença à produire de délicates boules dont le décor blanc/bleu
est inspiré des techniques et de ses motifs caractéristiques. Très vite,
trois modèles sont façonnés et décorés à la main : la petite boule de
huit centimètres, la goutte et la clochette. Outre le décor à la main,
celui posé par décalcomanie permet actuellement de décliner une
collection touchant un plus vaste public. Depuis 2018, une édition
peinte à la main et, surtout, datée de l’année, est spécialement produite
afin de répondre à la demande des collectionneurs.
62
La plus précieuse
ca. 1990
À la fin des années 1990, la célèbre entreprise verrière Jablonec a répondu
au défi – une demande venue d’Amérique du Nord – de créer une boule
de Noël dont le décor imiterait le plus parfaitement possible les pierres
précieuses. Les artisans mirent tout leur savoir-faire au service de cette
commande, ajoutant à leur méthode traditionnelle de soufflage à la main
celle de réaliser en verre des pierres précieuses, comme ici des petites
perles et des pierres rondes ou oblongues de couleur rouge. De délicats
rehauts de verre doré composent des médaillons terminés par des
courbes et teintés de couleur noire, celle-ci mettant en valeur les pierres,
posées délicatement sur des feuillages roses. Des filaments pailletés
ponctuent l’ensemble, accrochant la lumière.
Atelier de Jablonec nad Nisou, boule précieuse, verre soufflé et
décoré à la main, H. 8 cm. © Museum of Glass and Jewellery,
Jablonec
Symbolique
2018
La Pologne compte aujourd’hui de nombreux ateliers particulièrement
réputés pour la réalisation de boules aux sujet divers, parfois
surprenants. Celle-ci, reproduisant l’architecture du dôme du
Rocher, en est particulièrement significative, puisqu’elle évoque
directement ce lieu sacré, tant pour les juifs, les chrétiens et les
musulmans. La dorure accentue fidèlement les lignes architecturales
de ce monument de forme octogonale.
Boule de Noël représentant le dôme du Rocher de Jérusalem, Pologne, verre
industriel, 7,5 x 8 cm. Berlin, Deutsches Historisches Museum, inv. AK 2018/105.
Antidérapante
2025
Chaque année depuis 1999, le Centre international d’Art
Verrier de Meisenthal invite un designer à concevoir une
boule de Noël. Une manière réussie de combiner l’héritage
d’une haute production – le lieu est aussi un espace muséal
– et l’art d’aujourd’hui. Pour répondre à cette demande, cette
année, Lucas Lorigeon a imaginé GRIP, une boule de Noël
augmentée d’excroissances ergonomiques à la fonction antidérapante
qui lui confère une parfaite prise en main. Pour
mieux éviter les drames au pied du sapin...
Lucas Lorigeon, GRIP, 2025, verre soufflé, diam. 8,5 cm. © de l’artiste /
Courtesy CIAV Meisenthal – Prix : 28 €
63
Beaux-Livres
Ce qu’ils ont
vu, ce qu’ils ont
peint
L’auteur de cet ouvrage n’est ni
un archéologue ni spécialiste
de la Préhistoire. Mais ce maître
de conférences en philosophie
et écrivain, observe depuis des
années les grands mammifères
et c’est suite à une longue et
attentive expérience de ce type
qu’il a vécu un moment de
grâce : la révélation inopinée
d’animaux apparaissant sur un
mur nu. D’où quelques interrogations
lancinantes : pourquoi
les hommes préhistoriques
ont-ils peint ou gravé sur les
parois des cavernes des animaux
tellement vivants et reconnaissables,
alors que ces représentations
ne sont ni complètes ni
remises dans leur contexte ? Car
aucun paysage n’accompagne
ces animaux. Baptiste Morizot
estime, dès lors, que ce n’est pas
tant l’animal que son ‘‘jizz’’ qui
est figuré. Mais qu’est-ce donc
cela ? Comment prouver cette
théorie ? Voilà tout le propos de
ce livre, qui n’a pas pour but de
répondre à toutes les questions
traitant du genre mais de nous
faire voir ces premières manifestations
de l’art autrement, tant
dans le regard des hommes que
du côté des animaux. (ah)
Bruxelles
Moderniste
Au lendemain de la Première
Guerre mondiale, le modernisme
marque une rupture
radicale avec les traditions
historicistes et académiques.
Caractérisé par sa rationalité et
son souci de l’innovation, ce style
architectural se diffuse à travers
le monde. Voici une invitation à
découvrir le modernisme dans
la capitale européenne à travers
neuf parcours à réaliser en
autonomie, à pied, à vélo ou en
transports en commun, présentés
sous forme de cartes et de
QRcodes. Ce guide-promenades
relie cent adresses emblématiques
et confidentielles de la
ville. De la maison individuelle
aux immeubles d’habitation
et de bureaux en passant par
des écoles, des équipements
culturels et sportifs, des lieux
de culte ou des jardins, cette
sélection dévoile la diversité du
Mouvement moderne bruxellois.
Chaque lieu est accompagné
d’une notice descriptive offrant
un regard expert.
Jacinthe Gigou, Bruxelles Moderniste.
Promenade autour de 100 édifices
remarquables, Racine, Bruxelles,
2025, ISBN 978-2-39025-326-6, 25 €
Art moderne
scandinave
Sous l’appellation de ‘‘scandinaves’’
sont ici réunis cinq
pays, le Danemark, la Finlande,
l’Islande, la Norvège et la Suède,
dont l’histoire, la culture, la
langue et les mœurs sont aussi
semblables que différentes. Cet
ouvrage propose une histoire
complète de l’art plastique
moderne de chaque pays, selon
son originalité propre et ses
relations avec ses voisins mais
également avec le reste de l’art
mondial. L’auteur s’arrête sur la
carrière et l’œuvre de peintres
et sculpteurs, des plus célèbres
aux plus méconnus, tels Vilhelm
Hammershøi et Franciska
Clausen, Akseli Gallen-Kallela
et Fanny Churberg, Gerdur
Helgadóttir et Finnur Jónsson,
Edvard Munch et Harriet Backer,
Hilma af Klint et Anders Zorn.
Des années 1870 aux années
1950, voici un parcours où originalité
et tradition sont entremêlés,
qui met en lumière la grande
et ancienne présence des artistes
femmes dans ces pays où leurs
droits ont très tôt été défendus.
Serge Fauchereau, L’Art moderne des
pays scandinaves, Flammarion, Paris,
2025, ISBN 978-2-08046-754-6 , 60 €
La maison
d’un écrivain
voyageur
Pierre Loti a transformé sa modeste
maison natale en théâtre
aux multiples décors. Officier de
marine et collectionneur dans
l’âme depuis sa plus tendre
enfance, il n’a cessé de rapporter
de ses expéditions lointaines
mille objets exotiques, pour
reconstituer dans sa demeure
rochefortaise les lieux tant aimés
et en conserver le souvenir.
Salon turc, mosquée, chambre
arabe, salle Renaissance, salle
gothique, pagode japonaise,
salle chinoise : chaque pièce
témoigne du goût des ailleurs
et de la mise en scène du maître
des lieux, qui aimait y organiser
des réceptions costumées. Tous
ces décors, aujourd’hui entièrement
restitués, révèlent le caractère
exubérant et romanesque
du plus célèbre des écrivainsvoyageurs.
Marie-Laure Lemoine et Claude
Stéfani, La maison de Pierre Loti.
Ecrivain voyageur, Gallimard, Paris,
2025, ISBN 978-2-07301-246-3,
14,50 €
Baptiste Morizot, Le Regard perdu,
à l’origine de l’art animal, Actes Sud,
Arles, 2025, ISBN 978-2-33021-401-2,
23 €
64
Beaux-Livres
John Singer
Sargent
Né en Italie de parents américains,
le peintre John Singer Sargent
(1856-1925) passe l’essentiel
de sa carrière à Londres et le
plus clair de sa vie à voyager.
Paris sera pour lui bien plus
qu’une simple étape. Lorsqu’il
s’y installe en 1874, la capitale
est en effervescence et le jeune
artiste brillant y trouve sa voie.
Formé dans les ateliers de Carolus-Duran
et de Léon Bonnat,
Sargent séduit le Tout-Paris. Par
la virtuosité de sa touche, la force
de ses portraits et l’élégance de
son regard, il impose son style
singulier. Le milieu artistique
français salue ce talent hors du
commun, qui choque parfois,
avant que la reconnaissance ne
cède peu à peu la place à une
certaine méfiance... et à l’oubli
au XXe siècle. Cent ans après sa
disparition, une rétrospective
exceptionnelle (jusq. 11-01-2026),
rassemblant près de 130 œuvres
majeures, a redonné toute sa
lumière à sa période parisienne,
sans doute la plus décisive et la
plus vibrante de sa carrière.
Coll., John Singer Sargent. Eblouir
Paris, coéd. Gallimard / Musée
d’Orsay, Paris, 2025, ISBN 978-
207311-490-7, 45 €
Marianne
Van Vyve
L’artiste peintre belge Marianne
Van Vyve (1943-1991) vivait et travaillait
à Anvers. N’ayant jamais
adhéré à aucun groupe en
particulier, elle a suivi sa propre
inclination artistique, souvent à
contre-courant des tendances
dominantes de l’époque. Elle a
retracé son paysage émotionnel
à travers son art, dans l’intimité
de ses différents ateliers. Cette
monographie en anglais explore
son œuvre singulière, examinant
l’influence de sa formation académique
sur ses années de formation
et retraçant son évolution
surprenante en tant que peintre.
L’ouvrage réévalue également
l’artiste en tant que féminine
influente, dans le contexte plus
large de l’histoire de l’art, et met
en lumière le radicalisme discret
de son œuvre tardive, qui trouve
ses racines dans les enseignements
médicaux traditionnels
amérindiens.
Coll., Marianne Van Vyve, Fonds
Mercator, Bruxelles, 2025, ISBN 978-
9-46230-391-1, 60 €
Ito Jakuchū
Ce livre explore l’univers
fascinant de l’artiste japonais
Ito Jakuchū (1716-1800), figure
emblématique de la période
Edo et de l’art japonais, dont les
œuvres forcent l’admiration par
la richesse éblouissante de leurs
compositions, leurs détails d’une
minutie saisissante et leur profondeur
spirituelle imprégnée
par le bouddhisme zen. Ému par
la beauté de la nature dans toute
sa diversité, il a élaboré un style
enchanteur qui atteignit son
apogée en 1757 avec sa série de
trente rouleaux verticaux, Images
du royaume coloré des êtres
vivants. Il lui aura fallu plus d’une
décennie d’observation et de
travail pour retranscrire délicatement
sur soie, plume par plume
et pétale par pétale, la profusion
de ce chatoyant bestiaire et de
cette flore fabuleuse. Fervent
adepte de la peinture d’après
nature, l’artiste est ainsi parvenu
à métamorphoser le réel en y
infusant un soupçon de merveilleux
et un souffle spirituel lié à
sa foi bouddhiste, ainsi qu’une
flamboyante réinvention des
modèles de la peinture chinoise
d’oiseaux et de fleurs.
Joséphine Bindé, Ito Jakuchū. La
nature enchantée, Hazan, Paris, 2025,
ISBN 978-2-75411-693-0, 49,95 €
L’œuvre gravé
de Goya
Si vous êtes rentrés chez vous
avec des sentiments mitigés,
après avoir visité Luz y Sombra.
Goya et le réalisme espagnol à
Bozar (Europalia), cette édition
devrait vous réconcilier avec
le travail du maître espagnol.
Ouvrage monumental, elle
réunit les 287 gravures et lithographies
connues de Francisco
de Goya (1746-1828), y compris
des épreuves rares et des séries
inachevées. Trilingue, elle offre
un aperçu complet de l’œuvre
graphique de Goya, de ses
premières gravures satiriques
aux séries visionnaires, préludes
à la modernité. Des essais,
rédigés par José Manuel Matilla
et Anna Reuter, situent l’œuvre
dans son contexte historique et
technique et révèlent l’irrépressible
novateur que fut l’artiste.
Comme graveur, il expérimenta
l’aquatinte, la pointe sèche et
l’eau-forte dans un jeu constant
d’ombres et de lumières, utilisant
chaque étape de ses plaques
comme espace de réflexion.
Cette documentation minutieuse
fait de cet ouvrage non
seulement un livre de référence
visuel, mais aussi un outil de
recherche pour les historiens de
l’art et les amateurs. Car, avec ses
600 pages et ses riches reproductions,
ce n’est pas un simple
catalogue, mais une archive
visuelle captivante qui plonge
le lecteur dans la complexité
d’un regard qui, à deux siècles
de distance, n’a rien perdu de sa
force.
Coll., Goya. The Complete Prints,
Taschen, Cologne, 2025, ISBN 978-3-
83658-151-6, 100 €
65
Nemo | Le Corbusier Oluce Bruno Erpicum | BE.Classics
Magis
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AND AESTHETICS
CONVERGE.
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La vie du conservateur
Dorothée Duvivier – #011
Bachelot & Caron,
des faits divers à l’art
Le duo d’artistes français Bachelot & Caron est
connu pour son mélange de photographie, de
peinture et de céramique. Leurs œuvres explorent
la condition humaine, d’une manière à la fois
visuellement saisissante et intellectuellement
stimulante. Dorothée Duvivier, commissaire au BPS22
et responsable du suivi scientifique de l’institution,
nous plonge dans cet univers intrigant.
Roméo et Juliette, 2011. © des artistes
« La pratique
de Bachelot
& Caron est à
l’opposé d’une
culture artistique
contemporaine
élitiste »
DOROTHÉE DUVIVIER
Quel fut le point de départ de
cette exposition ?
« J’ai rencontré Louis Bachelot
(1960, Alger) et Marjolaine Caron
(1963, Paris) à Art Brussels, en
2024. La Galerie Anne-Laure
Buffard présentait un solo du
duo d’artistes, conçu comme
un hommage à deux figures
belges emblématiques : René
Magritte et Chantal Akerman.
Telle une mise en abîme, le stand
reprenait, exposé à l’entrée sur
un chevalet, un tableau-photographique
inspiré de la peinture
L’assassin menacé de Magritte.
Chaque objet peint y trouvait son
double en céramique émaillée,
en plus d’une série de références
subtiles aux éléments du film
Jeanne Dielman, 23 quai du
commerce, 1080, Bruxelles de
Chantal Akerman. Adeptes des
jeux d’images, où se mêlent le
vrai et le faux, Bachelot & Caron
ont l’habitude de se mettre en
scène, ainsi que leurs proches.
Les quatre personnages du
tableau portaient ainsi les traits
familiers des deux artistes, mais
également de leur galeriste
Anne-Laure Buffard, en victime,
et de Xavier Canonne, spécialiste
du surréalisme et directeur du
musée de la Photographie de
Charleroi, en assassin. J’ai tout de
suite aimé leur univers fantasque
et populaire, qui rappelle les
cabinets de curiosité. Leur tableaux-photographiques
comme
leurs céramiques génèrent un
sentiment d’étrangeté tout en
faisant preuve d’une exubérante
virtuosité. Leur énergie et leur
liberté de création m’ont littéralement
happée. »
Comment la sélection a-t-elle
pris forme ?
« Bachelot & Caron se sont
fait connaître en réalisant des
illustrations de faits divers pour
Le Nouveau Détective, une
littérature de colportage souvent
décriée par l’intelligentsia. En
travaillant la photographie par
collage et procédés numériques,
le duo a mis en scène
la comédie humaine dans des
tableaux photographiques où
l’on discerne mal le vrai du faux.
Ils ont inventé un nouveau style
de narration, inspiré des fables
et des mythes, interrogeant les
contradictions de la société et les
zones d’ombres qui la traversent.
Il y aura bientôt dix ans, saisis par
un impératif besoin de retour à la
matière et au volume, ils ont basculé
vers la céramique. En grès
ou en porcelaine, leurs œuvres
évoquent le pastiche sans jamais
y sombrer, tant elles portent la
noblesse des grands genres.
Foisonnantes et hallucinées, elles
mêlent végétation luxuriante,
paysages des fonds marins,
affrontements épiques et délices
pâtissiers. J’ai fait de suite le lien
entre ces deux pratiques, témoins
des différentes strates de la
condition humaine sous le vernis
civilisationnel. Le titre de l’exposition
parle de cette relation, de ce
point de rencontre entre pulsions
et passions. »
Quelle œuvre vous semble
incarner le cœur du récit ?
« Venant tous deux des arts
appliqués, Louis Bachelot et
Marjolaine Caron, respectivement
ex-scénographe et ex-costumière,
ont travaillé pour l’opéra,
le théâtre et le cinéma. Leur pratique
se situe aux antipodes de
la culture élitaire de l’art contemporain.
Le mélange permanent
d’horreur et de fascination, de
70
« Cette performance spéciale illustre
la transition entre actualité et
céramique, qui traite de la fragilité
du corps et des artefacts »
vertige et de répulsion, et surtout
la construction d’images au
service d’un récit, sans cesse
rejoué sur un mode esthétique,
ne pouvait que les conduire à la
performance. C’est donc elle qui
est au cœur de l’exposition. Sur
une grande scène cylindrique, ils
traînent et enterrent un cadavre
avant de se transformer en céramique
humaine, montrent leurs
corps nus d’artistes martyrisés,
racontent leur quotidien de
Vase Maldoror Li, 2024. © des artistes
couple, abordent la question de
la survie dans le milieu de l’art
et de la rédemption par l’acte
créateur. »
Comment percevez-vous votre
rôle de commissaire ?
« En tant que commissaire
d’exposition, je suis là pour veiller
aux artistes et à leur œuvre, la
mettre en valeur et la défendre.
Je travaille depuis quinze ans
au BPS22 et je connais donc
Holopherne, 2008. © des artistes
le lieu, ses pièges et, à ce titre,
suis une sorte de guide pour les
artistes. Mon rôle est de créer une
narration, tout en apportant des
éclairages singuliers aux visiteurs.
Un travail mené collectivement
avec les différentes équipes du
musée afin de penser et offrir
un programme de médiation et
d’accompagnement riche et varié
autour de l’exposition. Enfin, je
suis particulièrement attachée à
la production des œuvres et à leur
muséographie, véritable période
de construction du projet. »
Qu’aimeriez-vous que les
visiteurs retiennent de cette
exposition ?
« Outre l’énergie, la couleur et
la puissance libératrice de cette
création, j’aimerais que cette
exposition soit un moment
d’étonnement et de réflexion. Le
recul des idéologies, la puissance
investigatrice de la science, la
démultiplication des images dans
les médias, les réseaux sociaux
et les avancées aussi incroyables
qu’effrayantes de l’intelligence
artificielle, ont rendu obsolète le
recours au mythe, ou du moins
à un certain type d’histoires…
Les faits divers qu’ils illustrent,
comme les scènes de banquet
gargantuesque ou ces salons
bourgeois cachant les excès d’une
société en manque de sens,
génèrent une fable où tout déborde,
rire, violence, jouissance,
mort, vie. Dans cette exposition,
je souhaite que le mythe opère à
nouveau, de même que ses fonc-
tions cathartiques, qu’il puisse
réactiver tout un fonds symbolique
et l’imaginaire collectif
en questionnant les implicites
socioculturels et la norme. »
Si vous pouviez choisir une
œuvre, quelle serait-elle ?
« Parmi les tableaux photographiques,
je choisirais Roméo et
Juliette, image de deux adolescents
assassinés ou suicidés,
l’un torse-nu, l’autre en robe et
talons aiguilles, étendue sur un
couvre-lit rose. Sa perspective
décalée sème le trouble et laisse
deviner les multiples prises de
vue qui ont précédé le collage
final. C’est autant l’histoire de la
photographie que de la peinture
qui est convoquée dans la pose
de ces jeunes corps rappelant les
études de Charcot sur l’hystérie,
Le Cauchemar de Füssli ou
encore l’univers de Larry Clarck.
Côté céramique, j’emporterais le
vase Maldoror Li, en porcelaine,
d’un bleu qui rappelle le ciel
et l’océan et fait référence aux
Chants de Maldoror du Comte
de Lautréamont, personnage
nihiliste, cruel, dont l’écriture
subversive rappelle les collages
surréalistes. »
Bachelot & Caron. Porcelaine et
Faits Divers
du 31-01 au 03-05
BPS22
Charleroi
www.bps22.be
71
Sélection Musées
Désir, violence, beauté et
transgression
du 31-12 au 03-05
BPS22
Charleroi
www.bps22.be
Identification et
résistance
du 13-12 au 07-06
MoMu
Anvers
www.momu.be
Vase de l’enfer, 2023. © des artistes / photo : Pierre Tanguy
Voilà ce que notre époque
tait, selon les deux protagonistes
de cette exposition
sensorielle : le désir,
la violence, la beauté et la
transgression. En convoquant
les mythes oubliés,
les banquets dévoyés, les
images troublantes et les
formes hybrides, Louis
Bachelot (1960) et Marjolaine
Caron (1967 invitent
à un parcours immersif
où l’art dialogue avec les
pulsions humaines les plus
sombres. Après avoir été
respectivement scénographe
et costumière
pour le théâtre et l’opéra,
ce couple d’artistes
s’est ensuite consacré à
l’illustration de presse
avant de se tourner vers la
céramique et la performance,
intégrées dans de
vastes installations. Cette
première exposition belge
convoque humour et
cruauté dans chacune des
scènes, celles-ci mettant à
nu le réel. (ah)
Comme
c’est le
cas dans
d’autres
civilisations,
la
broderie
féminine
palestinienne
est bien
plus
qu’en
simple
atour :
couleurs,
motifs
et matières remplissent un rôle identificatoire.
Si les motifs et les couleurs sont tributaires
de la nature environnante de chaque région
(comme l’indigo cultivé en Galilée), le choix
des fils et des tissus témoigne du statut de
celle qui les portent. Le costume de mariage,
par exemple, selon qu’il soit tissé de fils d’or et
de soie… ou pas, reflète la richesse familiale.
Certains motifs, qui trouvent résonnance dans
les bijoux, endossent aussi une fonction talismanique
et illustrent le pouvoir protecteur du
vêtement. Répartie en quatre thèmes (nature,
splendeur, puissance et transformation), cette
exposition explore la broderie mais aussi le
costume palestiniens en démontrant combien,
aujourd’hui, il est devenu une forme de résistance
culturelle. (ah)
Matson Photo Service, Femme mariée de Bethléem
portant un chapeau et un voile, ca. 1934-1939. Musée
Mode & Dentelle de la Ville de Bruxelles.
Un labyrinthe de vie
du 14-12 au 10-05
MAC’s
Hornu
www.mac-s.be
Honoré d’O, La Quête (vue d’exposition), 2006. © de l’artiste /
Courtesy MAC’s
Le pavillon belge de la 51e Biennale de Venise, en 2005, accueillait l’immense
installation d’Honoré d’O (1961), intitulée La Quête. Conçue sous forme de
labyrinthe, avec des passerelles et des obstacles, l’œuvre invitait à une expérience
immersive inédite. Vingt ans plus tard, n’ayant cessé de se renouveler
au fil du temps, elle s’installe à Hornu. Construite autour de drapés de papier
suspendus dans l’espace, l’installation se veut à la fois un ensemble visuel
cohérent et une somme de micro-gestes effectués par l’artiste au cours
de sa vie, au cours de sa “quête” comme l’indique le titre de l’œuvre. Une
quête introspective et ludique dans laquelle formes, images, sons, matières,
couleurs et textures se déclinent et se répondent pour former des réseaux de
signes et de significations, emprunts de la vie de l’artiste et du souvenir de
son expérience vénitienne. (ah)
72
Pharaonne éternelle
du 20-12 au 05-07
Gare des Guillemins
Liège
www.europaexpo.be
Fascination du
papier
du 11-12 au 22-03
Albertina
Vienne
www.albertina.at
De nombreux
faits, des plus
avérés aux
plus anecdotiques
voire
fantaisistes, ont
circulé à son
propos : Cléopâtre
reste une
des femmes les
plus fascinantes
de l’Histoire, ce
que démontre
sa présence non
démentie dans
les arts au fil
des siècles. Des
œuvres historiques
originales
côtoient des
interprétations
contemporaines
dans le parcours
interactif de
cette exposition,
qui interroge
les multiples facettes de cette reine mythique. Faut-il rappeler qu’elle fut souveraine
d’Egypte et donc fine stratège, maîtresse de César dont elle eut un fils et
amoureuse ensuite d’Antoine dont la défaite la conduisit à un suicide volontairement
assumé. Afin de ne pas finir enchaînée et humiliée à Rome ? Des statuettes
antiques aux clips musicaux actuels, en passant par les péplums hollywoodiens et
les jeux vidéos, Cléopâtre prouve plus que jamais que son pouvoir de séduction
reste éternel. (ah)
L’Albertina rend hommage au papier comme
médium artistique, au travers d’une exposition
qui met en lumière la polyvalence du papier
sous toutes ses formes, du XVe siècle à nos
jours. Dessins, gravures, cartes à jouer, installations
monumentales et objets tridimensionnels
sont ici réunis, issus des riches collections
graphiques, architecturales et contemporaines.
Des combinaisons et des contrastes
surprenants révèlent la puissance du papier :
fragile et durable, intime et monumental. Une
occasion rare de découvrir des siècles d’art sur
papier en une seule exposition. (eb)
Birgit Knoechl, Hors de contrôle : revisité – L’autonomie
de la croissance, 2022. Collection Albertina, Vienne.
© de l’artiste / photo : Thomas Gorisek
John William Waterhouse, Cléopâtre. 1888, huile sur toile. © D. R.
Basquiat sur papier
du 30-01 au 17-05
Louisiana Museum of Modern Art
Humlebeak
www.louisiana.dk
Voici une importante exposition monographique, consacrée aux œuvres
sur papier de Jean-Michel Basquiat (1960-1988). Pour la première fois,
l’accrochage se concentrera exclusivement sur ses représentations de tête
humaine, thème récurrent jusqu’ici peu exploré. Entre 1981 et 1983, l’artiste
a créé certaines de ses œuvres les plus impressionnantes et les plus
complexes, où la tête fait office de frontière entre apparence et psyché.
Nombre de ses dessins évoquent des masques, faisant allusion à l’art et
au symbolisme africains, plutôt qu’à des portraits réalistes. L’exposition
met en lumière le format, la vivacité des couleurs des pastels à l’huile et la
place exceptionnelle qu’occupent ces œuvres au sein de son œuvre. Grâce
à des prêts de collectionneurs internationaux, on révèle pour la première
fois toute la puissance et l’étendue de sa pratique du dessin. (eb)
Jean-Michel Basquiat, Mosquito Coil, 1982. Collection privée.
© Succession Jean-Michel Basquiat / Courtesy Artestar, New York
73
Sélection Musées
Au-delà du Surréalisme
jusq. date indéterminée
Dépôt Boijmans Van Beuningen
Rotterdam
www.boijmans.nl
Hendrik
Wiegersma
du 13-12 au 10-05
Museum De Wieger
Deurne
www.dewieger.nl
Que se passe-t-il lorsque six
artistes laissent libre cours à leur
imagination, au sein d’une collection
muséale ? L’exposition
Au-delà du surréalisme, présentée
au Dépôt du musée Boijmans
Van Beuningen, explore
l’influence durable du surréalisme.
Kerstin Brätsch, Monster
Chetwynd, Laure Prouvost, Tai
Shani, Emma Talbot et Raphaela
Vogel ont chacune sélectionné
des œuvres de la collection et
les ont mises en relation avec
leur propre pratique artistique.
Leurs interprétations ouvrent de
nouvelles perspectives sur des
thèmes actuels tels que l’identité,
le genre, le féminisme et le
changement climatique. L’exposition
invite à porter un regard
neuf sur le monde, guidés par la
liberté de l’inconscient. (eb)
Leonora Carrington, De nouveau, les
Gémeaux sont dans le verger, 1947.
Collection du musée.
Le musée De Wieger présente une sélection
unique d’œuvres issues de sa collection
et de prêts divers, qui met en lumière
le travail d’Hendrik Wiegersma (1891-1969),
aux côtés d’artistes de l’École de Bergen,
parmi lesquels Charley Toorop, Arnout
Colnot, Else Berg, Gerrit van Blaaderen,
Dirk Filarski, ainsi que Piet et Matthieu
Wiegman. Tons terreux, coups de pinceau
énergiques et influences cubistes témoignent
de leur quête de nouvelles formes
expressives. Une attention particulière est
portée à Piet Wiegman, ami et âme sœur
de Wiegersma, dont le lien artistique est au
cœur de l’exposition. (eb)
Jan Ponstijn, Bouquet, 1927, huile sur toile.
Collection De Wieger.
Le dessin, territoire innovant
du 16-12 au 25-03
Grand Palais
Paris
www.grandpalaisrmn.fr
Jean Dubuffet, Un voyage en métro, 10 mars 1943,
gouache sur papier, 36,8 x 30,4 cm © Adagp, Paris,
2025 © Centre Pompidou, MNAM-CCI / photro :
Philippe Migeat
Le dessin est un medium que sa fragilité dispose peu à la présentation muséale
permanente. On ne peut donc que se réjouir de cette exposition, qui réunit quelques
trois cents œuvres de 120 artistes, issues de la collection du Cabinet d’art graphique du
Centre Pompidou, l’un des plus importants ensemble au monde d’œuvres sur papier
des XXe et XXIe siècles. Il s’agit d’abord de montrer combien les artistes se sont emparé
du dessin pour transgresser les limites de l’art, en débordant du papier ou du carnet de
croquis pour investir l’espace du mur ou de l’installation. Le parcours évite l’ordre chronologique,
les œuvres se répondant selon une approche sensible, comme dans un effet
domino. Quatre thématiques donnent le ton (étudier, raconter, tracer et animer), afin
de démontrer combien cet art fragile est inventif et demeure toujours actuel. (ah)
74
La star de l’Antiquité
jusq. 28-06
Skulpturen Sammlung
Dresde
www.skd.museum
Un art d’aujourd’hui
du 31-01 au 25-05
Aargauer Kunsthaus
Aarau
www.aargauerkunsthaus.ch
Durant l’Antiquité,
Héraclès (en grec) ou
Hercule (en latin), fut
de loin le héros le plus
populaire. Son corps
musclé et ses attributs
(la massue et la peau
de lion), permettaient
une identification
immédiate par tous.
Cette fascination reprit
de plus belle dès la
Renaissance et la redécouverte
des œuvres le
représentant. Non seulement
son anatomie
parfaite, mais aussi sa
vie tumultueuse (et ses
fameux douze travaux),
offraient bon nombre
de situations dramatiques
et inspirèrent
les artistes dans tous
les domaines. La personnalité de ce demi-dieu mythique, fils de Zeus et d’Alcmène,
s’avère complexe : Hercule n’est pas sans tache, il n’est pas toujours victorieux. Sa
vertu est souvent mise à mal et il connaît des moment de doute, de colère, qui lui
font prendre de mauvaises décisions. C’est pourquoi il séduit autant. L’exposition
présente des sculptures, des peintures, des gravures et des objets artisanaux qui
illustrent, avec éclat, la fascination pour ce personnage de l’Antiquité jusqu’à nos
jours. Ces récits nous questionnent aussi : que signifie l’héroïsme pour nous ? Qui
sont nos véritables héros ? (ah)
Pierre Paul Rubens, Hercule ivre, soutenu par deux satyres, ca. 1613-1614, huile sur chêne.
Gemäldegalerie Alte Meister, Staatlische Kunstsammlungen Dresden. © photo : Hans-Peter Klut
Ce n’est pas une constatation mais une
évidence : les images mouvantes font partie
intégrante de notre époque, s’immisçant
dans nos maisons et dans nos lieux de travail,
courant partout dans nos rues, nous rattrapant
là où nous ne le voulons peut-être pas.
L’art ne pouvait rester extérieur à ce nouveau
medium et s’en est largement emparé, comme
en témoignent les grandes foires d’art où leur
découverte exige souvent un long temps de
contemplation. Cette exposition fait le point
en réunissant quelques œuvres d’artistes qui,
par la vidéo, transgressent les frontières de
l’art et ouvrent de nouvelles possibilités à notre
perception. Répartie en deux lieux, l’exposition
présente, entre autres, le travail de Judith
Albert, Emmanuelle Antille, Sylvie Defraoue et
Pipilotti Rist. (ah)
Emmanuelle Antille, Angels Camp – First Songs, 2003-
2004. Vue de l’exposition au pavillon suisse, à la Biennale
de Venise 2003. Installation vidéo. © de l’artiste /
Courtesy Aargauer Kunsthaus / Depositum der Walter A.
Bechtler-Stiftung / photo : Georg Rehsteiner
Du genre en Islam...
du 27-11 au 15-03
Nasjonalmuseet
Oslo
www.nasjonalmuseet.no
Cette exposition audacieuse invite à revoir et à appréhender différemment les thèmes et ornements
issus des cultures visuelles du monde islamique. Répondant aux questions persistantes
autour du genre et de la sexualité, elle invite à découvrir combien les désirs et pratiques queer
imprègnent cet art islamique, comment l’intimité, le plaisir et les identités non normatives y sont
depuis longtemps ancrés dans l’ornement et la représentation. Pour la première fois, une généalogie
queer de l’art islamique est proposée. Le parcours couvre plus d’un millénaire, réunissant des
œuvres historiques (céramiques, textiles, manuscrits) ainsi que de nombreuses créations contemporaines
de Taner Ceylan, Shahzia Sikander, Lynette Yiadom-Boakye, du collectif Ramin Haerizadeh,
Rokni Haerizadeh et Hesam Rahmanian. L’exposition présente également quatre nouvelles
œuvres commandées à Damien Ajavon, Rah Eleh, Kasra Jalilipour et Sa’dia Rehman. (ah)
Anonyme, Textile Safavide, 1567. Athènes, Benaki Museum. © photo : Leonidas Kourgiantakis
75
Agenda Musées
Antwerpen
De Singel
△ BWMSTR Label 034.
Living Frameworks
till 01-02
Aalst
NW Aalst
△ Pauline Curnier Jardin.
Dress To Kill / Info-Angel:
Arendcarnaval
till 29-03
△ Lisa Vlaemminck. Gut
till 01-02
t Gasthuys - Stedelijk
Museum
△ Santé
till 26-04
Aarschot
Het Gasthuis -
Stedelijk Museum
△ Stories across the lands
18-01 till 22-02
△ Edward Moons. De
Laatste Aarschotse
Meester
till 18-01
△ Mieke Lamiroy. Surreal
Stories Print, Cut & Paste
till 18-12
Antwerpen
De Singel
△ BWMSTR Label 034.
Living Frameworks
till 01-02
DIVA
△ Slow Roast. Slow Craft
till 11-01
FOMU
△ Early Gaze. Ongeziene
fotografie uit de 19de
eeuw
till 01-03
△ Danial Shah. Becoming,
belonging and vanishing
till 04-01
△ Magie en Macht.
Fotografie in België,
1839-1900
till 08-03
△ No longer not yet.
Katja Mater en FOMU-
Collectie
till 22-02
KMSKA
△ Magritte. La Ligne
de vie
till 22-02
△ Eugeen Van Mieghem
/ Donas, Archipenko & La
Section d’Or Betoverend
modernisme
till 11-01
Kunsthal Extra City
△ Bianca Baldi. Sea
Through Skin
till 25-01
△ It goes without saying
till 29-03
△ Periphery
till 31-12
M HKA
△ De toestand is vloeibaar
till 03-01-2027
△ Kyiv Biennale 2025:
Homelands and
Hinterlands / Vaast
Colson. Casus: You
Used to Be Part of
Something / against
the powerlessness of
Art / Saodat Ismailova.
Chillahona / S & W &…
till 11-01
△ Les Associations de
Pauline Curnier Jardin
till 25-01
MAS
△ Anouk Kruithof.
Universal Tongue
till 04-01
Middelheim
△ Sammy Baloji. The long
hand
till 31-12
MoMu
△ Embroidering Palestine
13-12 till 07-06
△ GIRLS
till 01-02
△ Collection presentation.
Fashion from the MoMu
Collection
till 31-12
Museum Plantin-
Moretus
△ Vrouwenzaken/
Zakenvrouw
till 11-01
Museum
Snijders&Rockoxhuis
△ Ydáñez en Amberes
till 18-01
△ Oude landschappen in
een nieuw perspectief
till 31-01
Ath
Maison Culturelle
△ Manon Bara & Stephan
Goldrajch. Jour de fête
till 20-12
Bastogne
L’Orangerie
△ Mémory Cache
Collection 99
till 04-01
Pôle Culture
△ Alec De Busschère.
Memory Cache
Collection 99
till 04-01
△ Djos Jannssens. Twist
till 31-12
Brugge
CC Brugge
△ Input/Output
06-12 till 11-01
△ Joke Raes en
academiestudenten.
Studio (K)now
13-12 till 08-02
△ Het vertekende verhaal
31-01 till 22-03
△ AiR Biekorf 10.0. Vivid
Waves
till 06-02
Brussels
AfricaMuseum
△ Boma la première
till 03-01
△ Le Panorama du Congo
1913. Illusion coloniale
démontée
till 27-09
Art et Marges
△ Aussi loin qu’ici + 2de
deel
till 29-03
Autoworld
△ German Tuners from
the 80’s & 90’s
till 14-12
BELvue! Museum
△ ART DECO
till 04-01
Bozar
△ John Baldessari.
Parabels, Fabels en
andere sterke verhalen
till 01-02
△ Ouest. Urban Legend
/ Bozar Arcade. Urban
Playground / Nina Beier.
Real Estate
till 04-01
△ Francisco de Goya
till 11-01
△ Delcy Morelos. Bozar
Monumental
till 30-08
Centrale
△ Grégoire Motte
18-12 till 01-03
△ Michel Couturier. La
friche la galaxie / Làzara
Rosell Albear. Gao
till 22-02
Centrale / Vitrine
△ Elias Cafmeyer. Les
gargouilles de Catherine
till 07-12
Centre Culturel de
Schaerbeek
△ Brolectif. Le Brol
till 19-12
Charlier Musuem
△ Michel Couturier
till 22-02
Design Museum
△ Design & Comics:
Living in a Box
till 01-03
△ Paris, Brussels and
back. The Art Déco
periode of the Baucher-
Feron couple
till 18-01
Fondation A
△ What’s the word?
Johannesburg!
till 21-12
△ Histoires en séries
till 25-01
Fondation
Boghossian - Villa
Empain
△ Elsa Paricio. Biblioteca
Nacional
till 10-05
△ Fire
till 01-03
Fondation CAB
△ Art & Language, 1965-
2025
till 16-05
Fondation Gaston
Bertrand
△ Prix Gaston Bertrand.
Lauréat Michel Mouffe
till 21-12
iMal
△ Félix Luque Sánchez. La
Société Automatique
till 15-02
ISELP
△ Uncharted
till 06-12
Korean Cultural
Center
△ That’s Korea
till 23-01
La Fonderie
△ Beldavia. Jouw nieuwe
thuishaven
till 28-06
MAD
△ Jean Paul Knott
till 31-01
Maison de l’Histoire
Européenne
△ Passé Composé. Un
album européen
till 11-01
Maison Hannon
△ Échos des Songes. Le
Symbolisme à Bruxelles
till 19-04
Migratie Museum
Migration
△ Bruxelles, la Congolaise
till 13-12
MRBAB
△ Room 54. Recent
acquisitions
till 01-03
△ FRAGILE ! / Art et
stéréotypes de genre
till 19-04
△ Georges Meurant
meets Bonolo Kavula
till 10-03
Musée & Jardins van
Buuren
△ 1925: Fashion in the age
of Art Deco
till 02-02
Musée de la BD
△ Métal Hurlant.
Embarquement immédiat
till 17-05
△ La Nature de Wauter
Mannaert
till 20-09
Musée Juif
△ There is a crack in
everything
till 14-12
Musée Mode &
Dentelle
△ 40+ years of stijl
till 11-01
Museum voor
Moderne Religieuze
Kunst
△ Sketching For the
Basilica. Architect Albert
Van Huffel. Art Deco &
100 years of Arts and
Architecture
till 31-03
Thomas Deprez
△ Charles Doudelet. A
Flemish Primitive around
1900
till 18-12
Walter & Nicole
Leblanc Foundation
△ Esther Ferrer & Walter
Leblanc. Shared Lines
till 19-12
WIELS
△ Marie Zolamian.
Confabulations
21-02 till 17-05
△ Everlyn Nicodemus.
Black Bird
till 01-02
△ Nairy Baghramain.
Nameless
till 01-03
Wittockiana
△ Faune, Flore et Reliures
/ Open Book, Closed
Book
till 01-02
△ Verso-Recto. Collection
inédites
till 25-01
Charleroi
BPS22
△ Bachelot & Caron.
Porcelaine et faits divers
/ Chantal Maes. …
Puisque Bafouillent aussi
les astres
31-01 till 03-05
△ La «S» Grand Atelier.
Novê Salm
till 04-01
Musée de la
Photograhie
△ Collection Astrid Ullens
de Shooten Whettnall
/ Fañch le Bos / Younès
Ben Slimane
till 25-01
Musée des Beaux-
Arts
△ Mig Quinet. Matières
en mouvement. Coupé,
collé, cousu
till 25-01
Musée du Verre
△ Antoine Leperlier.
Venduta Interna
till 03-05
Deurle
MDD
△ Libasse Ka. Notes on
Shape Shifting / George
Minne. De Verloren Zoon
till 21-12
Eupen
IKOB
△ Ronny Delrue. Elke lijn
een luide kamer
16-12 till 02-02
△ Mikolaj Sobczak.
Choking the oracle. What
the Flag?!
till 31-12
Flémalle
La Châtaigneraie
△ Le Coeur et le Cru
till 08-02
Genk
C-Mine
△ VLAIO Living Lab
till 04-01
76
△ Alphabet City
till 15-03
△ Blue Heaven
till 31-12-2027
Jester
△ Kenny Dunkan &
Anthony Ngoya. Ghostly
Matters
till 11-01
Gent
Kunsthal
△ Mark Pozlep.
Everything under
till 18-01
Kunsthal Sint-
Pietersabdij
△ Schoonheid als verzet
till 18-01
MSK
△ Stephan Vanfleteren.
Transcripts of a Sea
till 04-01
Museum Dr. Guislain
△ Monique Gies.
Binnenzicht
til 19-04
△ ik ben er !?
till 04-01
△ Op losse schroeven
till 22-02
△ Eigen Huis
till 27-09
SMAK
△ Narcisse Tordoir. Fake
Barok / Aziz Hazara. Bow
Echo / 10ans de S.M.A.K.
Bouge
till 03-05
△ Resistance. The Power
of the Image / Marc De
blieck. Point de voir /
Hoet & Matthys-Colle.
Through Collectors’ Eyes
till 08-03
SMAK - museumplein
04
△ Edith Dekyndt.
Shadows from the Walls
of Death
till 28-02
Herbert Foundation
△ Lawrence Weiner. Red
and Green and Blue
more or less
till 28-06
Huis van Alijn
△ Foorwonder
till 26-04
STAM
△ Offside. Football in
the city
till 26-05
Grimbergen
CC Strombeek
△ Aysha E Arar. Al Farisa
/ Katya Ev Anton.
Lactating Bodies
till 01-02
△ Maëlle Dufour. Sonar
till 02-04
△ Valérian Goalec. Plakt
till 30-10
CC Strombeek /
Studio S
△ Katya Ev. Lactating
Bodies
till 14-12
Hasselt
CC Hasselt
△ Hasselt Torenhoog. Een
poëtische blik op jong
erfgoed
till 17-05
△ Elizabeth Alderliesten.
The inbetween / Els
Martens. In to me see in
to me sae / I Have seen
people made of dreams
/ Elise Corten. Warmer
than te sun
till 25-01
Mode Museum
△ Rococo Reboot. Mode
1750-1830
till 22-02
Z33
△ Mounir Addib.
Taliswoman
till 14-12
△ Michael Beutler
till 22-02
Hoogstraten
Stedelijk Museum
△ Derde straat links.
Straatnamen ontrafeld
till 08-03
Hornu
CID
△ Patricia Urquiola. Meta-
Morphosa
14-12 till 26-04
△ Woven Whispers
till 14-12
MACS
△ Cristina Garrido. The
White Cube Is Never
Empty / Honoré δ’O.
Quarantaine-quarantine
14-12 till 10-05
Ieper
Raadzaal Lakenhallen
△ vitrinetentoonstelling:
Druk!Druk!Druk!
till 22-02
Ittre
Musée Marthe Donas
△ Marthe Donas, de
retour au pays (1921-
1927)
till 25-01
Jabbeke
Permekemuseum
△ Zie de mens.
Collectiepresentatie
13-12 till 19-04
Knokke
Peiremuzee
△ Lijnen van inspiratie
till 04-01
Kortrijk
Be-Part
△ Joelle Dubois.
Rekindling
till 07-12
La Hulpe
Fondation Folon
△ Nicola Magrin. Del cielo
e della terra
till 01-03
La Louvière
Centre de la Gravure
△ Sara Conti. Corlandia
06-12 till 22-03
△ Voyage en collections
#6
till 01-02
Keramis
△ Clémence van Lunen.
Une joyeuse intraquillité
/ Pia Mougeot.
Restitution de Résidence
till 01-03
Leuven
M Museum
△ Els Nouwen
30-01 till 22-11
△ Alicja Kwade. Dusty Die
/ Kennis in zicht
till 22-02
△ Collectie van M
till 29-04-2029
△ Ellen Dhont. Afsluitend
toonmoment
till 22-02
STUK
△ Soadat Ismailova. Her
Journeys, Her Lives
till 14-12
△ Artefact 2026: Grind
Grind Grind, Release. An
exhibition as a message
12-02 till 01-03
Universiteits
Bibliotheek
△ Routes naar kennis
till 22-02
Liège
Cité Miroir
△ Podium. Le pouvoir du
sport
12-12 till 10-05
Espace 251 Nord
△ Trésor de la Cathédrale
de Liège
till 29-03
Fonds Patrimoniaux
△ 250 ans de l’académie
royale des beaux-arts:
une école d’art sur
quatre siècle
till 18-01
Grand Curtius
△ Trésors cachés de
l’instutut archéologique
liégeois
till 11-01
La Boverie
△ Robert Doisneau.
Instants Donnés
till 19-04
△ 250 ans de l’académie
royale des beaux-arts:
L’Atelier de dessin
till 18-01
Liège
La Boverie
△ Cécile Pichault
till 04-01
Musée de la Vie
Wallonne
△ Carnaval de Rio
till 15-03
Louvain-la-
Neuve
Musée L
△ Embellir le savoir /
Happy U!
till 22-02
△ La passion de la
recherche
till 31-12
Mechelen
Kazerne Dossin
△ Sport et les athlètes au
KL Auschwitz
till 10-12
Museum Hof Van
Busleyden
△ Rik Wouters & Nel:
Muze en Manager
till 26-04
Mol
Jakob Smitsmuseum
△ Jong Landschap. De
verknipte wereld van
Bruegel tot Smits en van
Ostaijen
till 01-03
Mons
BeCraft
△ Claire Lavendhomme /
Bring Me Art!
till 01-02
CAP/ musée des
Beaux-Arts de Mons
△ David Hockney. Le
Chant de la Terre / Kévin
Douillez. Voyages d’un
geste / Emmy Bergsma. I
ask the plants
till 25-01
Maison Losseau
△ Bords Perdu. Marie
Bonnin
till 01-03
Mons Memorial
Museum
△ L’esprit carcéral.
Verlaine, Dumont,
Detournay, Bervoets et la
prison de Mons
till 10-05
Morlanwelz
Musée Royal de
Mariemont
△ Marie De Hongrie.
Art & Pouvoir à la
renaissance
till 10-05
Mouscron
Centre Culturel
△ Yvonne Guermonprez
& Michel Dusollier -
Camille Simon
till 18-01
Namur
Le Delta
△ Les trésors minuscules
till 04-01
△ Mehdi Georges Lahlou.
A l’ombre des palmiers,
conversation botanique
till 25-01
Musée Félicien Rops
△ Japoniaiseries.
Fantaisies japonaises au
temps de félicien rops
till 15-02
Oostende
MU.ZEE -
Venetiaanse
Gaanderijen
△ Het is zondag op zee!
till 22-02
Oudenaarde
Erfgoedsite Ename
△ Oog in oog met de
prehistorie / Bult in zicht
till 10-12
Roeselare
Ter Posterie
△ Roger Raveel. Dag
meneer Raveel!
till 04-01
Sint-Martens-
Latem
Crypte Gemeentehuis
& gemeentelijk
museum Gevaert-
Minne
△ Lode Laperre. (D)
CNSTRCT
till 07-12
Sint-Niklaas
MAP
△ Kaarten in boeken
till 22-02
Tentoonstellingsruimte
Zwijgershoek
△ Compleet van de
kaart. Artistieke visies op
cartografie
till 04-01
Tournai
TAMAT
△ Arpy Gokceyan. Les fils
invisibles de la mémore /
Regard sur la collection.
Tournai 1930-1950
till 01-03
Wechelderzande
Kasteel Hof d’Intere
△ Pastorale
till 06-12
Envoyez vos informations, pour le
mois de février, à collect@ips.be
avant le 5 janvier !
77
Parole de galeristes
Martins & Montero – #082
Art critique brésilien
En 2024, deux galeries de renom, la Galeria Jaqueline
Martins (São Paulo et Bruxelles) et la Gallery Sé
(Londres), unissaint leurs forces pour fonder Martins
& Montero, au cœur de Bruxelles. La seconde est
spécialisée dans le design de collection, tandis que la
première, également présente à Bruxelles depuis 2020,
se concentre sur les artistes brésiliens engagés sur les
plans politique et social. Outre la galerie de São Paulo,
Martins & Montero mise à Bruxelles sur le dialogue
international. COLLECT s’est entretenu avec Jaqueline
Martins et Maria Montero.
Maria Montero et Jaqueline Martins. © photo : Francio de Holanda
Qu’est-ce qui vous a réunis ?
« Nous étions animées par une
amitié et un respect mutuels
pour nos programmes respectifs,
par une ambition commune
de développer nos galeries
et une vision partagée des
stratégies curatoriales. Nous
voulions mettre en commun
nos expertises et nos réseaux
pour étendre notre présence à
l’international. Cette collaboration
nous permet de partager
nos ressources et de renforcer
nos activités. »
Pourquoi avoir choisi Bruxelles ?
« Bruxelles possède un écosystème
artistique dynamique et
diversifié, avec de nombreuses
galeries telles que Jan Mot,
Xavier Hufkens, Greta Meert,
et bien sûr, notre ami brésilien
Mendes Wood DM. La ville
compte également des projets à
but non lucratif et une production
importante dans les
domaines des arts plastiques,
de la danse et du théâtre. De
plus, elle est située au cœur de
l’Europe et facilement accessible
en train depuis d’autres
capitales importantes comme
Londres, Paris, Zurich et Amsterdam.
Cette proximité facilite
la participation aux grandes
foires d’art et permet à la galerie
d’entrer en contact avec un
large public international. »
Comment décririez-vous le
profil de la galerie ?
« Nous sommes très attachés aux
artistes ayant œuvré pendant
la dictature militaire brésilienne
(1964-1985), mettant l’accent sur
l’art comme forme de résistance
et de critique, tels le collectif
3Nós3 et Genilson Soares. Nous
apprécions beaucoup les artistes
ayant pris des risques pour faire
passer un message. En ce qui
concerne la pertinence sociale
et politique, nous sommes
extrêmement motivés par la
‘‘tâche supplémentaire’’ qui
consiste à aborder des questions
politiques sérieuses avec des
artistes qui traitent directement,
dans leur travail, de questions
sociales urgentes telles que le
changement climatique ou la
politique identitaire, à l’instar
de Jota Mombaça, Lia D. Castro,
Hudinilson Jr., Dalton Paula et
Maria Thereza Alves. La galerie
de Bruxelles vise à promouvoir
un dialogue international en utilisant
des stratégies curatoriales
collaboratives pour connecter
nos artistes à la scène internationale.
Bien que la galerie représente
un noyau solide d’artistes
brésiliens contemporains et
historiques, son programme ne
se concentre pas exclusivement
sur ces derniers. »
L’art brésilien suscite-t-il de
l’intérêt sur le marché européen ?
« La popularité croissante de l’art
brésilien en Europe s’explique
notamment par la longue et
solide tradition d'avant-garde
« La galerie de Bruxelles vise
à promouvoir un dialogue
international »
du Brésil, avec des mouvements
importants tels que le néoconcrétisme
et la Tropicália.
Cette histoire constitue une base
solide de qualité et de reconnaissance
critique, qui séduit les
collectionneurs et les institutions
européennes avertis. Mais les
efforts d’internationalisation
des galeries brésiliennes, qui
participent à de grandes foires
et ouvrent des galeries dans les
capitales européennes et américaines,
ont également considérablement
accru la visibilité et
l’accessibilité de l’art brésilien sur
le marché européen. »
Quelle est l’importance de
salons comme Art Antwerp et
la BRAFA ?
« Art Antwerp est une plateforme
cruciale pour entrer en
contact avec la communauté
artistique locale, mais aussi pour
attirer un groupe de collectionneurs
plus jeunes et régionaux.
Pour l’édition 2025, nous
collaborons avec la Galerie Sofie
Van de Velde. Ce projet représente
une formidable occasion
d’établir un dialogue entre nos
artistes et la galerie. La BRAFA
est réputée pour son éclec-
tisme, alliant différents styles et
époques, des maîtres anciens
au design contemporain. Notre
participation permet à la galerie
de resituer ses modernistes
brésiliens historiques et ses
pièces conceptuellement riches
dans un contexte historique plus
large, ce qui séduit les collectionneurs
confirmés qui apprécient
le cross-collecting. Nous
avons constitué une sélection
fantastique, notamment avec
la légendaire architecte et designer
brésilienne Lina Bo Bardi,
en dialogue avec des œuvres de
Jimmie Durham, Robert Barry et
Philippe Van Snick. »
Calafrio – Ana Mazzei
jusq. 24-01
Martins & Montero
Bruxelles
www.martinsemontero.com
Art Antwerp
du 11 au 14-12
www.art-antwerp.com
BRAFA
du 25-01 au 01-02
www.brafa.art
78
Sélection Galeries
Leif Österman.
The garden never sleeps
jusq. 20-12
Zedes Art Gallery
Bruxelles
www.zedez-art-gallery.be
Andreas Senoner &
Sam Ballet
jusq. 20-12 Michèle Schoonjans Gallery
Bruxelles
www.micheleschoonjansgallery.be
Pour l’artiste suédois Leif Österman (1963), refuser les conventions est une manière
d’être. Sa peinture questionne notre rapport à la technologie et à l’aliénation qu’elle
engendre, tout en recherchant un nouvel équilibre pour l’humain. Nourrie par une
écologie optimiste et ancrée dans l’imaginaire nordique, son œuvre dépeint un
monde où terre, eau, glace et feu cohabitent, traversés par la résilience du végétal.
Sa perspective, toujours déstabilisante, glisse d’une vue aérienne à une contre-plongée
vertigineuse, brouillant nos repères d’échelle. Geste libre, couleurs fougueuses,
Leif Österman fait se confondre dessin et matière jusqu’à frôler l’abstraction. Des
structures industrielles esquissées flottent dans le paysage, emportées dans la tourmente
d’un souffle pictural puissant. Entre figuration et vertige visuel, il compose des
paysages en métamorphose, où la nature reprend le pouvoir. (gg)
Leif Österman, The garden never sleeps, 2025, huile sur toile, 200 x 110 cm. © de l’artiste / Courtesy
Zedes Art Gallery – Prix : entre 1.800 et 7.000 €
Cette
exposition
réunit
deux
artistes
aux univers
singuliers
:
Andreas
Senoner
(1982) et
Sam Ballet (1991). Tous deux explorent la
tension entre présence et absence, entre
permanence de la matière et fragilité du
geste. Chez le premier, la sculpture en bois
devient mémoire et métamorphose : figures
fragmentées, visages effacés, humanité
universelle plutôt qu’individuelle. La
densité du bois dialogue avec des plumes
et des éléments naturels, conférant une intensité
silencieuse et spirituelle. Le second,
au crayon de couleur, façonne un monde
où le réel flirte avec l’imaginaire. Ses
scènes évoquent la figure humaine, par
la lumière et l’atmosphère plus que par la
représentation directe. Sans titre, ses dessins
restent ouverts à l’interprétation. Mis
en regard, sculptures et dessins révèlent
un dialogue subtil : volume et trait, densité
et respiration. Quiet Encounters offre un
moment suspendu, où le silence devient
espace d’écoute et d’imagination. (gg)
Andreas Senoner, NEST, 2025, noyer et plumes,
H. 47cm. © de l’artiste / Courtesy Michèle Schoonjans
Gallery – Prix : entre 150 et 5.500 €
Eva L’Hoest.
Inkstand - fragments of intent
jusq. 10-01
Galerie Eric Mouchet
Bruxelles
www.ericmouchet.com
Eva L’Hoest, Leda’s Dream (série : Inkstand), 2025,
alliage bismuth-étain, sable, encre, moulage sur
nature, acier galvanisé, système de miroirs infinis.
Casino Luxembourg. © de l’artiste / Courtesy
Galerie Eric Mouchet / photo : Luk Vander Plaetse
– Prix : entre 2.000 et 15.000 €
Eva L’Hoest (1991) utilise le langage numérique comme outil archéologique pour sonder
l’origine, la mémoire et les images mentales, individuelles ou collectives. Par la sculpture,
la performance et l’installation audiovisuelle, elle réactive des mythologies anciennes aussi
bien que des données contemporaines, créant des formes où se croisent temps, médias et
mondes distincts. La série Inkstand réunit de petites sculptures en alliage bismuth-étain,
partiellement émergées de leurs moules de sable. Suspendues dans un état intermédiaire,
en train de fondre ou de s’effondrer, elles évoquent des dioramas domestiques habités de
figures humaines ou animales. Leur disposition rappelle les chambres de conditionnement
opérant, conçues dans les années 1930 par B. F. Skinner pour étudier le renforcement
positif, principe ayant influencé le développement des technologies numériques et de
l’intelligence artificielle. (gg)
79
Sélection Galeries
Mouvements sacrés. Tiffanie Delune &
Philippe Sène
jusq. 17-01
Galerie Christophe Person
Bruxelles
www.christopheperson.com
Deux univers reliés par la spiritualité
et la mémoire : Tiffanie
Delune (1988) développe une
pratique onirique nourrie par
l’enfance, l’errance et l’utopie.
Ses compositions mêlent souvenirs,
spiritualité, symboles
féminins et récits personnels.
Entre constellations, paysages
et cartographies imaginaires,
elle crée des œuvres mixtes
célébrant la pluralité. L’artiste
interroge la magie du récit
comme espace d’émotions
partagées. En regard, Philippe
Sène (1945), issu de l’École de
Dakar fondée à l’époque des
indépendances sous Senghor,
puise dans la cosmogonie
sérère. Ses œuvres, sur toile
et papier, donnent forme
aux pangols, êtres mystiques
intermédiaires entre humains,
ancêtres et divin. Philippe
Sène explore ainsi les liens
fondamentaux, qui préservent
la vie, dans une vision harmonieuse de l’Univers. Considéré comme l’un des artistes
majeurs de l’Afrique contemporaine, il perpétue les traditions orales tout en faisant
évoluer sa technique. (gg)
Tiffanie Delune, The River dances, 2025, technique mixte sur toile, 100 x 70 cm. © de l’artiste /
Courtesy Galerie Christophe Person – Prix : entre 2.000 et 10.000 €
Guy de Malherbe.
Dans les Roches
traversées
jusq. 20-12
Galerie La Forest Divonne
Bruxelles
www.galerielaforestdivonne.com
Cette exposition offre un large panorama de
la peinture de Guy de Malherbe (1958). Elle
plonge au cœur de ce qu’Olivier Kaeppelin
décrit comme « un secret, qui se manifeste par
détour », une peinture qui ne représente pas le
paysage, mais le laisse surgir. Falaises d’Étretat,
rochers de la Costa Brava ou glaciers du Perito
Moreno deviennent des énigmes de matière et
de lumière. Guy de Malherbe se tient au bord
du monde, face à la mer ou à la paroi, pour
saisir le moment où la forme vacille : rochers
anthropomorphes, silhouettes flottantes,
éclats minéraux incandescents… La couleur,
dense, charnelle, sculpte le motif autant qu’elle
l’efface. Dans ses paysages, l’invisible affleure :
l’inconscient, les rêves, un imaginaire hérité
de Dalí, Buñuel et García Lorca. À la croisée
de la tradition et d’une gestualité résolument
contemporaine, son œuvre célèbre la beauté,
indomptée et mouvante, du monde. (gg)
Guy de Malherbe, Rouge flamboyant, couple et baigneuse,
2024, huile sur toile, 170 x 280 cm. © de l’artiste
/ Courtesy Galerie La Forest Divonne / photo : Bertrand
Michau – Prix : entre 2.000 et 35.000 €
Dome Wood. Fourth-Space Chapel
jusq. 06-01
Kunstraum
Bruxelles
www.kunstraum.art
Dome Wood, Collapse of the Wave
Function, 2024, huile sur toile, 70 x
50 cm. © de l’artiste – Prix : entre
2.618 et 42.360 € (TTC)
Conçue par l’artiste Dome Wood (1974) et la commissaire Valentine Himpens-David, cette exposition
interroge la possibilité d’une spiritualité contemporaine, à la croisée de l’art et de la science.
Depuis plus de vingt ans, Dome Wood explore ce qu’il appelle la « quatrième dimension », un
espace invisible, métaphysique, où la réalité demeure en devenir. Inspirée par la logique quantique,
sa démarche conçoit l’art comme un seuil entre le monde des potentialités et celui du tangible. Au
cœur de l’exposition, Quantum Time Tunnel, une microarchitecture immersive, invite le public à
faire l’expérience d’un autre rapport au temps et à la conscience. Autour, des peintures abstraites,
réalisées par fines touches vibratoires, évoquent des formes enfouies et des profondeurs lumineuses,
comme les traces d’un monde parallèle. Cofondateur du Fourth-Space Meditation Center, Dome
Wood conçoit cette exposition comme un espace de transformation, où l’incertitude devient liberté
intérieure. (gg)
80
Real Humans.
Ulrike Bolenz
jusq. 20-12
Galerie Sofie Van den Bussche
Bruxelles
www.sofievandenbussche.be
Laura Payen
et Giulia H
jusq. 21-12
Galerie Azur
Spa
www.galerieazur.be
Avec Real Humans, Ulrike Bolenz (1958) questionne les frontières mouvantes entre
humanité, technologie et perception. À travers un langage visuel affirmé, elle
combine papier calque, peinture, photographie et techniques mixtes pour interroger
la place de l’être humain dans un monde désormais traversé par le numérique.
L’exposition invite à réfléchir à ce qui constitue encore notre authenticité, à l’heure
où avatars, filtres et intelligence artificielle modifient notre appréhension de la
réalité. Ulrike Bolenz met en lumière la tension entre la fragilité du corps et la force
de l’imaginaire technologique, entre identité vécue et identité projetée. Poétique
et dense, son œuvre joue sur la transparence, les superpositions et la vibration des
images. Fidèle à son approche expérimentale, l’artiste crée un espace où vulnérabilité
et puissance se répondent, engageant le visiteur dans une expérience à la fois
sensible et réflexive. (gg)
Ulrike Bolenz, Matrix, 2025, impression mono-polymère, polycarbonate et peinture acrylique,
125 x 200 cm. © de l’artiste / Courtesy Galerie Sofie Van den Bussche – Prix : entre 1.500 et 10.000 €
Originaire
de La
Louvière,
Laura Payen
(1989),
diplômée
en infographie,
nourrit
depuis
l’enfance
une passion
pour le
dessin. En
2012, elle
se tourne
vers la
peinture sur toile et développe de manière
autodidacte un univers où se mêlent corps
féminins, couleurs vives et géométrie. Son
travail s’inspire des femmes qui l’entourent
ou qu’elle imagine, figures de force, de liberté
et d’affirmation. La sculptrice liégeoise Giulia
H. (1970) puise, elle aussi, dans le féminin. Un
visage marqué, une coiffure ou des bijoux suffisent
à déclencher son geste, influencé par les
masques africains et asiatiques et sa passion
pour la bijouterie et les coiffures du XVIIIe
siècle. Ses silhouettes élégantes et énigmatiques
évoquent l’héritage de Modigliani par la
grâce et l’allure allongée des visages, tout en
puisant dans la palette de Braque, la sobriété
lumineuse de Soulages ou l’équilibre des compositions
de Picasso. (gg)
Giulia H, Anouck, s.d., technique mixte, H. 40 cm
© de l’artiste / Courtesy Galerie Azur – Prix : entre 1.200
et 8.300 €
Stefan De Jaeger. Diversions
jusq. 20-12
Bernier Eliades
Bruxelles
www.bernier-eliades.com
Stefan De Jaeger, Diversions, 2025, huile sur
toile, 80 x 60 cm. © de l’artiste / Courtesy Bernier
Eliades – Prix : entre 4.000 et 25.000 €
Né en 1957, basé à Bruxelles, Stefan De Jaeger fut d’abord reconnu pour ses expérimentations
Polaroid, avant de se consacrer à la peinture. Depuis des décennies, il explore le lien intime
entre geste et perception. Chaque trace devient émotion et transformation intérieure. Refusant
le numérique, il revendique la lenteur du geste et la présence du corps dans l’acte de créer.
Pour Diversions, il réunit des œuvres sur papier et de grandes peintures : des constellations
rythmiques de traits et d’effacements, mais aussi des champs chromatiques où pigments,
transparences et textures se superposent. Entre contrôle et lâcher-prise, impulsion et méditation,
ses compositions forment un territoire visuel sans récit, mais d’une profonde intensité.
L’artiste poursuit une œuvre où la matière rencontre l’émotion, invitant à une contemplation
active. (gg)
Sélection Galeries
La joyeuse entrée d’Arthur Devissscher
du 13-12 au 18-01
Rufus Gallery
Gand
www.rufus.gallery
La Rufus
Gallery est
un vivier de
jeunes talents.
De sprint van
de naakte
aap y est la
première
exposition
personnelle
d’Arthur Devisscher
(1996).
Elle marque
également
son entrée
dans le circuit
artistique
officiel. À quoi
s’attendre ? Le
titre semble insinuer qu’il s’agit de nous et de notre comportement dans le monde. Car
le singe nu, c’est l’être humain. Il fait évidemment référence à The Naked Ape, best-seller
controversé de 1967 du zoologue britannique Desmond Morris. Mais Arthur Devisscher
n’excelle pas seulement dans les titres. Diplômé en 2022 de la Luca School of Arts
de Gand, l’artiste belge réalise de magnifiques dessins, très colorés. Il travaille généralement
avec des crayons pour camper un univers foisonnant d’imagination, envahissant
toute la surface et se révélant d’une richesse de détails saisissante. On perçoit d’abord
l’ensemble, puis le regard glisse d’un détail surprenant à un autre. Cette fois, la galerie
présente exclusivement de nouvelles œuvres, avec des dessins réalisés lorsqu’il était
artiste résident au sein du B’Rock Orchestra de Gand. (cv)
Arthur Devisscher, Wandelwolk, 2025, crayon de couleur sur papier, 42 x 29 cm. © de l’artiste / Courtesy
Rufus Gallery – Prix : à partir de 500 €
Gabriel Belgeonne.
Silences troublés
du 12-12 au 31-01
Aquilaluna
Dalhem
www.aquilaluna.com
Peintre et graveur belge, Gabriel Belgeonne
(1935) a enseigné la gravure et les techniques
d’impression à Mons puis à La Cambre,
école qu’il dirigera ensuite. Invité dans de
nombreuses institutions européennes, il a
reçu plusieurs distinctions en Belgique et
à l’étranger et illustré de nombreux textes
majeurs. À la fin des années 1990, il ma mis
la gravure à distance pour revenir pleinement
à la peinture, un geste quotidien qu’il
poursuit encore. La forme noire, épaisse et
compacte, qui dominait ses débuts, s’est
transformée en une nébuleuse sombre et
vibrante. La composition s’est peu à peu
affirmée, avec l’apparition de l’ammonite,
symbole d’éternel retour, motif spiralé qui
ouvre le regard vers la profondeur du temps.
Aussi son geste, affiné par l’expérience,
gagne en concision : carrés, diagonales, croix
et coquilles circulent désormais sur des fonds
plus clairs, comme libérés. Les masses noires
s’allègent, s’élèvent, la peinture devient
respiration. (gg)
Gabriel Belgeonne, Force positive, 2021, acrylique sur
toile, 50 x 65 cm. © de l’artiste / Courtesy Aquilaluna –
Prix : entre 1.000 et 12.000 €
Jean le Sauvage
du 18-01 au 15-02
Kristof De Clercq Gallery
Gand
kristofdeclercq.com
Johan De Wilde, Pi - Fugue pour les survivants
#29, 2025, crayon sur carton d’archives, monté
sur Dibond, cadre en aluminium, 42 x 59,4 cm.
© de l’artiste / Courtesy Kristof De Clercq
Gallery – Prix : 900 à 1.000 €
Tiens, Johan De Wilde (1964) se produirait-il sous le nom de Jean le Sauvage ? Hands of Time.
Les très riches heures de Jean le Sauvage est le quatrième volume de sa série d’ouvrages
imprimés. Son titre fait référence au célèbre livre d’heures enluminé des Frères de Limbourg.
Ce nouveau livre sera inclus dans Saturnus, première exposition personnelle chez Kristof De
Clercq. Saturne fait-il référence au dieu romain du temps qui, dans les tableaux de maîtres
comme Goya, dévore son fils ? Le temps, le nôtre également, intervient dans ses œuvres sur
papier, complexes et exigeantes, construites par strates. Son travail peut sembler aride, mais ne
vous y trompez pas : il s’agit d’une véritable bombe à retardement de pensées et de questions.
L’art peut-il réconforter ? L’art vaut-il plus que son prix ? Voilà quelques questions qui se posent.
Dans dix œuvres, réalisées à l’acrylique et au crayon, le Penseur de Rodin tourne sur lui-même,
comme s’il nous posait des questions essentielles. L’artiste présente également de nouvelles
œuvres issues d’une série autour du nombre Pi, dont certaines font partie de la collection du
S.M.A.K. Mais aussi des photographies encadrées, des images oniriques et des paysages, ainsi
que, pour la première fois, des œuvres de plus grand format. (cv)
82
Un quart de siècle
d’Atelier Les Deux Garçons
du 04-12 au 04-01
Coppejans Gallery
Anvers
www.coppejansgallery.be
Lin Zhipeng
alias 223
jusq. 07-02
Stieglitz19
Anvers
www.stieglitz19.be
Cette première exposition personnelle du duo néerlandais Les Deux Garçons,
à la Coppejans Gallery, est aussi un événement festif. L’enseigne anversoise
célèbre, en effet, les vingt-cinq ans de collaboration entre Michel Vanderheijden
van Tinteren (1965) et Roel Moonen (1966), en une sorte de rétrospective. Lannoo
vient d’ailleurs de publier le livre Atelier Les Deux Garçons. Vingt-cinq. Ce n’est
pas leur première exposition en Belgique, car leur percée internationale s’est
faite rapidement. En 2001, le duo avait déjà présenté une exposition chez Leo
Castelli, à New York. En 2009 y était présentée L’air de New York, ampoule de
verre remplie d’air de la ville, à nouveau visible aujourd’hui. Les deux s’emparent
avec malice des œuvres iconiques de Duchamp ou de Brancusi. Ils réalisent
également des sculptures de bronze, mais ce sont surtout leurs œuvres intégrant
taxidermie et objets trouvés, souvent séduisantes, drôles et provocantes, qui les
ont rendus célèbres. Le duo présente fréquemment ses créations comme celles
de jumeaux siamois, métaphore des choix existentiels auxquels nous restons attachés,
qu’il s’agisse de notre nom ou de décisions personnelles. Une démarche
où la profondeur de réflexion ne manque pas. (cv)
Les Deux Garçons, L’adieu impossible, technique mixte, wallabies empaillés morts de mort
naturelle, 45 x 31 x 40 cm. © des artistes / Courtesy Coppejans Gallery – Prix : 14.800 €
Stieglitz19 fait montre, depuis ses débuts, d’un
excellent flair pour repérer les talents de la photographie
chinoise émergente. Lin Zhipeng, alias 223
(1979), a intégré la galerie avant même d’être internationalement
considéré comme l’une des figuresclés
de la nouvelle photographie chinoise. Il s’est
d’abord fait connaître sur les réseaux sociaux sous
son pseudonyme, emprunté à l’agent 223 dans le
film dramatique romantique Chungking Express de
Wong Kar-Wai. New Works est sa cinquième exposition
personnelle à Anvers. L’artiste est reconnu pour
ses portraits de jeunes, souvent des amis, accompagnés
d’objets ou d’attributs tels que des fleurs. Les
natures mortes ont également rejoint, depuis peu,
ses thèmes de prédilection. L’esthétique spontanée
de l’instantané, les couleurs, le cadrage et les textures
de ses photographies accentuent une vitalité
résolument provocante ainsi qu’une atmosphère, à
la fois poétique et mystérieuse, souvent empreinte
d’érotisme, d’innocence ludique, de vulnérabilité et
de tendresse. Il s’en dégage une quête de liberté et
d’amour, une image de la Chine que les autorités
chinoises apprécient peu. (cv)
Lin Zhipeng alias 223, Untitled, 2025. © de l’artiste / Courtesy
Stieglitz19 – Prix : 2.500 à 5.000 €
Franz West, une œuvre influente
jusq. 17-01
Tim Van Laere Gallery
Anvers
www.timvanlaeregallery.com
Franz West, Sitting Sculpture, 2003, aluminium peint,
54,5 x 116 x 54,5 cm. © Archiv Franz West / Estate Franz
West / Courtesy Tim Van Laere Gallery – Prix sur
demande
Pour la quatrième fois, Tim Van Laere braque ses projecteurs sur l’œuvre polyvalent
de l’artiste viennois Franz West (1947-2012). Devenu célèbre dans le monde, l’artiste est
toujours resté modeste. Sa reconnaissance internationale est venue dans les années
1980. En 1973, il commence à créer ses premiers Paßtücke, des sculptures de plâtre et
de métal conçues comme des prolongements de corps, destinés à être mis en mouvement,
ce qui peut donner lieu à des situations hilarantes. Ses œuvres constituent des
instruments au service de processus physiques et psychiques. À partir des années 1980,
il commence également à fabriquer des meubles, faute de trouver dans le commerce
des divans, chaises, tables ou lampes, adaptés aux besoins de ses expositions. La frontière
entre objet utilitaire et œuvre d’art est alors abolie. L’interaction entre couleurs,
assises, collages et sculptures en tout genre peut donner une impression de terrain de
jeu. Franz West fut, à sa façon, un esprit joueur, mais d’une influence considérable. (cv)
83
Agenda Galeries
EDJI Gallery
△ Michel Deneckere.
Reverse Déja Vu
till 21-12
Frederick Mouraux
Gallery
△ Bob Verschueren.
Surfaces végétales /
Sophie Blanc. À l’ombre
du silence
till 31-12
Galerie Albert Ier
△ Michel Demart
till 18-01
Galerie Arielle
d’Hauterives
△ Conversation sur
papier
till 21-12
Galerie Christophe
Gaillard
△ Textile Unravelled
till 31-01
Galerie Christophe
Person
△ Tiffanie Delune
& Philippe Sène.
Mouvements sacrés
till 17-01
Sherrie Levine, Fedora, 2011, éd. 12, bronze, 12,7 x 29,2 x 25,4 cm. © de l'artiste / Courtesy QG, Brussels
Galerie Didier
Devillez
△ Thomas Van
Gindertael
till 20-12
Antwerpen
Art Forum
△ Armin Göhringer &
Michael Kravagna
till 16-01
Campo & Campo
△ Floris Jespers. Zigzag
till 17-01
Coppejans Gallery
△ Un quart de siècle
d’Atelier Les Deux
Garcons
04-12 till 04-01
Fred & Freddy
△ Adrien Tirtiaux. The
Grand Chambord
Interchange
till 31-08-2028
Galerie De Zwarte
Panter
△ Frieda Van dun.
Pictura / Michel Buylen.
Grammer of Paradise
till 25-01
Galerie Vrijdag
△ Hans Bruyneel. There’s
some place that I’d
rather be
till 15-12
Gallery Fifty One
△ Bruno V. Roels.
Artificial Paradise
till 21-02
Gallery28
△ Banksy4Humanity
till 07-12
In-Dependance
△ Tomasz Laczny. Traces
till 11-01
△ Land-/Bodyscapes.
Galerie swap met
Hopstreet Gallery Brussel
15-01 till 07-03
Newchild Gallery
△ Cheung Tsz Hin
05-12 till 29-01
△ Unmade
06-02 till 19-03
Raf Van Severen
Gallery
△ Évasion, une
parenthèse hivernale
poétique
12-12 till 10-01
Stieglitz19
△ Lin Zhipeng alias 223
till 07-02
Tim Van Laere Gallery
△ Franz West
till 17-01
Tommy Simoens
Contemporary Art
Gallery
△ Pavel Büchler.
Experience
till 20-12
valerie_traan gallery
△ Susan Collis.
Remainder / Ayrton Eblé.
Straat
till 20-12
VCRB Gallery
△ Jef Van Campen
till 25-01
Brussels
A.galerie
△ Simon Outers. Jungle
à l’envers
till 31-01
Alice Gallery
△ Jean Jullien
till 13-12
Almine Rech
△ Brent Wadden. Best
Before
till 10-01
Art Lab
△ David Mileikowski. De
Profundis
till 31-12
Bernier/Eliades
Gallery
△ Stefan De Jaeger.
Diversions
till 20-12
Box
△ Marjolein Martinot.
Riverland
till 10-01
Cauchies Selection
△ Jean Marc De
Pelsemaeker. Matière
Noire
till 18-01
Collectors Gallery
△ Nisa Chevènement
till 13-12
Contretype
△ Earth Not a Globe -
Philippe Braquenier
15-01 till 29-03
△ Pop Up. 3e édition
till 14-12
Darwin 15
△ Sébastian Cruyt. A
forest
11 till 17-12
Dauwens & Beernaert
Gallery
△ Peter De Meyer.
Uppers And Downers
till 19-12
Galerie DYS
△ Simone Pellegrini
till 20-12
Galerie Eric Mouchet
△ Eva L’Hoest & Pierre
Gaignard
till 10-01
Galerie Faider
△ Michael Kravagna.
Seasons
till 21-12
Galerie La Forest
Divonne
△ Guy De Malherbe.
Dans les Roches
traversées
till 20-12
Galerie La Patinoire
Royale Bach
△ Alfredo Jaar. La fin du
monde
till 23-12
Galerie Nathalie
Obadia
△ Sasha Cambier de
Montravel. J’ai assis la
Beauté sur mes genoux -
Et je l’ai trouvée amère
till 10-01
△ Viswanadhan
15-01 till 03-2026
Galerie Templon
△ Hervé Di Rosa.
Idolâtries
till 10-01
84
Galerie the K Art
Signatures
△ Odyssée africaine de
Benoît Feron
till 07-12
Gallery Sofie Van den
Bussche
△ Ulrike Bolenz. Real
Humans
till 20-12
Gallery Twenty Seven
△ Julie Perrin & Eric Luc
Maquet. Catharsis
till 06-12
Greta Meert
△ Jef Geys. 1961-1970
till 10-01
Halles Saint-Géry
△ Mappa Mundo
till 31-12
Hangar
△ Nick Brandt. The Day
May Break / Charlotte
Abramow. Maurice,
Tristesse et Rigolade
till 21-12
Hopstreet Gallery
△ Susanne Wellm &
Jonathan Callan. What
Remains
till 20-12
Brussels
Husk Gallery
△ Juana Soria. Memoria.
Synaptic Plasticity
till 20-12
Isabelle De
Borchgrave Atelier
△ Koi et Kimono
till 18-12
JAP
△ Marc Buchy. Hoshi Go
Club
till 16-01
Kunstraum
△ Dome Wood. Fourth-
Space Chapel
till 06-01
L’Enfant Sauvage
△ Vincen Beeckman &
Kasper Demeulemeester.
Invisble Cowboy
till 21-12
La Verrière
△ Claudine Monchaussé.
Sourdre
till 13-12
Le Salon d’Art
△ Kikie Crêvecoeur
till 20-12
LMNO Gallery
△ Aïda Kazarian. Prélude
d’une Feuillaison
till 28-02
Maruani Mercier
△ Bea Scaccia. Mood
Swings
till 03-01
Meessen
△ Solène Rigou. L’Invité.e
surprise
till 20-12
Melissa Ansel
△ Myriam Hornard
Francis Miller. Un
mouvement Derrière Le
Rideau
till 14-12
Michel Rein
△ book, design & art
till 24-12
Michèle Schoonjans
△ Andreas & Sam Ballet.
Quiet Encounters
till 20-12
Modestie Perdriolle
△ Philippe Jaccard
till 12-12
More Upstairs
△ Jean Boghossian’s
latest series of ceramic
works
06 till 31-12
Nationale 8 Gallery
△ the last round
till 13-12
Objects With
Narratives
△ South African
Group Show. Digging
Traces / Conrad Hicks.
Implemente 4
11-12 till …
△ Benoit Viaene &
Katrien Doms. A Serene
Dialogue of Matter
till 07-02
Odradek
△ Pli contre pli - Gita
Remy. Exhumer
till 13-12
QG
△ group show
till 19-12
Rodolphe Janssen
△ Marcel Berlanger
15-01 till 28-02
△ L’union fait la force
/ Sanam Khatibi.
I Miscalculated the Stars
till 20-12
Rossicontemporary
△ Jean-Georges
Massart. Selected Works
1981-2019
till 04-01
Sorry we’re closed
△ Sven Luke. Branches
till 20-12
Stems Gallery
△ Pauline Guerrier. The
guardians of the world
till 13-12
Studio 84 Art &
Culture(s)
△ Christophe Vootz. Half
Monster, Half God
till 07-12
Super Dakota
△ Tenki Hiramatsu.
Hira Hira
till 20-12
The Palm Beach
△ Du bout des doigts
till 20-12
TheMerode
△ Paul Nimer Pjota
till 19-12
△ ENERGIA
till 31-03
Xavier Hufkens
△ Magdalena Odundo
till 24-01
Zedes Art Gallery
△ Leif Österman. The
Garden Never Sleeps
till 20-12
Durbuy
Galerie Brachot
△ Radical or Nothing
till 27-12
Gent
Kiosk
△ Tom Poelmans. A Spirit
in Painting / Veronika
Eberhart. Alles pelt zich
till 21-12
Kristof De Clercq
△ Thomas Müller &
Brigitte Stahl. Two-Way
till 21-12
Rufus Gallery
△ La Joyeuse entrée
d’Arthur Devisscher
13-12 till 18-01
Sabine Oosterlynck
△ focus on small
12-12 till 15-12
Valcke Art Gallery
△ Paint in Clay
till 20-12
Jambes
Galerie Détour
△ Amandine Lamand
till 20-12
Knokke
Aqualex
△ Charlotte
Vandenbroucke
till 31-03
La Louvière
Galerie Nardone
△ Frédéric Kruczynski.
Ponts invisible
till 13-12
Liège
galerie bonnemaison
△ collection
bonnemaison
till 01-02
Louvain-La-
Neuve
Espace 001
△ Henri Plas. Hommage
till 21-12
Mol
Expoa
△ Raymond Minne.
ExpLositie
till 14-12
Mons
Maison Losseau
△ Marie Bonnin. Bords
Perdu
till 01-03
Oostende
valerie_troost gallery
△ Rein Dufait. Spreuken,
Wolken en Aardklompen
till 04-01
Roeselaere
Ter Posterie
△ Dag Meneer Raveel!
till 04-01
Sint-Martens-
Latem
Galerie Oscar De Vos
△ Albert Saverys. Kleur
en seizoen
till 21-12
Soumagne
Galerie de Wégimont
△ Philippe Frere & Mario
Garzaniti & Pascal
Koch. Architect without
architecture
till 21-12
Spa
Galerie Azur
△ Laura Payen & Giulia H
till 21-12
Wavre
Buysse Gallery
△ Tom Van Puyvelde.
Continuum
till 09-05
Wijnegem
Axel Vervoordt
Gallery
△ Raimund Girke
till 21-02
△ William Turnbull.
Paintings 1959-1962
till 11-04
Barbé
△ Carole Ebtinger. Ma
Première Extase était
Blueu / Happy Happy
Joy Joy
till 14-12
Une oeuvre d'Aïda Kazarian.© de l'artiste / Courtesy Galerie LMNO, Brussels
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Native Auctions
Là où les collectionneurs se sentent chez eux
Depuis 2011, Native Auctions
met en exergue des ventes
conçues comme des portraits de
collections et, en s’appuyant sur la
flexibilité de leur petite structure,
propose un accompagnement
personnalisé aux collectionneurs.
TEXTE : GILLES BECHET
PORTRAITS : GUY KOKKEN
De gauche à droite, Sébastien Hauwaert, Nicolas
Paszukiewicz et Emmanuel Van de Putte.
Native, c’est l’histoire de trois copains
qui se connaissent depuis
vingt ans et qui aujourd’hui
président à la destinée de la
maison de vente. Nicolas Paszukiewicz,
Sébastien Hauwaert et Emmanuel Van de
Putte partagent une même passion pour les
beaux objets et leur histoire, et surtout une
même curiosité pour les œuvres d’art de différentes
époques et de différentes origines.
Tous trois ont travaillé pour la maison
de vente Lempertz, mais à des périodes
différentes. C’est en 2011 que Sébastien
et Nicolas ont créé leur propre maison de
vente. Nicolas Paszukiewicz : « Au fil de nos
expériences professionnelles, nous nous
sommes rendu compte qu’il était probablement
possible de travailler autrement, avec
une autre vision des choses. J’ai toujours
été un grand amateur de galeries. Et j’ai
toujours trouvé que le modèle des salles de
vente embrassait trop de choses, en laissant
le client un peu perdu. Commencer une
galerie était, pour nous, assez compliqué financièrement.
L’idée était de combiner une
sélection qualitative, qui nous rapprochait
d’une galerie, avec le mode de fonctionnement
d’une salle de vente. »
UNE APPROCHE TRANSVERSALE
Leur nom vient de l’intérêt qu’ils marquaient,
à leurs débuts, pour les créations
d’art tribal et la fascination pour l’épure
formelle autant que pour la symbolique,
parfois mystérieuse, qui se dégagent de ces
objets. Mais, comme le rappelle Nicolas
Paszukiewicz, « ce qui est natif peut provenir
de partout dans le monde. Que ce soit
en Europe, en Chine, en Afrique ou aux
Native opte pour
une approche plus
narrative. Chaque
vente raconte une
histoire : le portrait
d'un collectionneur,
construit à partir de
ses goûts et de ses
passions.
Etats-Unis, c’est toujours lié à un temps de
développement, à une époque et à un lieu.
Ce qui est natif est universel et, en même
temps, extrêmement local. » La première
vente était consacrée à de l’art africain,
pour lequel ils avaient l’expertise et les
contacts. Mais progressivement, au travers
de collectionneurs à la vision plus ouverte,
ils ont pu, comme ils le souhaitaient dès
le début, proposer des ventes réunissant
tableaux anciens, art moderne ou
mobilier, dans une approche plus globale.
Très vite, cette transversalité est devenue
la ‘‘signature Native’’. Contrairement à la
plupart des maisons, qui scindent leurs
ventes par départements, Native privilégie
les vacations avec une narration, qui
dresse le portrait d’un collectionneur au
travers de l’ensemble de ses passions. Et si
le collectionneur est un amateur exclusif
de tableaux anciens, d’art moderne ou
d’art tribal, la vente le reflètera. Ils ne se
89
« Ce qui est natif peut
provenir de partout
dans le monde. Que
ce soit d’Europe,
de Chine, d’Afrique
ou des Etats-Unis,
c’est toujours lié
à un temps de
développement, à une
époque et à un lieu »
NICOLAS PASZUKIEWICZ
Oiseau Senufo – Porpianong, Côte d’Ivoire, bois et pigment, 138 x 56 cm. © Native –Est. 40.000-60.000 €
« Une collection est
une entité vivante »
SÉBASTIEN HAUWAERT
veulent pas des ‘‘chasseurs de trophées’’,
qui alignent trois cents lots sans liens les
uns avec les autres, mais plutôt des raconteurs
d’histoires, qui travaillent à générer
un narratif qui donne de la cohérence à un
ensemble. « C’est la rencontre avec une
personnalité, au travers de la vente de ses
objets, au travers d’une succession. Cela
fonctionne aussi à l’acquisition. Certaines
personnes sont arrivées chez Native
attirées par un type d’objet, un bronze animalier
par exemple, et deviennent clientes,
non pour ce bronze animalier mais pour
un masque africain. Par la suite, elles achèteront
un tableau moderne des années
1960 et, progressivement, du mobilier et
d’autres choses encore. »
LE COLLECTIONNEUR D’ABORD
Beaucoup de leurs clients sont ou deviennent
collectionneurs. Chez Native, ils
se sentent chez eux, dans ce qui est pensé
comme une salle de vente pour collectionneurs.
« Une collection est une entité
vivante. Les collectionneurs vendent,
achètent, vendent, achètent. Dix fois dans
leur vie, ils vont venir nous proposer un
petit groupe d’objets, parce qu’ils changent
d’idée, cela peut évoluer vers d’autres
intérêts. On a beaucoup de collectionneurs,
qu’on connait par le biais de l’art
tribal, qui nous achètent régulièrement
soit un meuble design, soit un tableau et
qui finissent aussi par nous déposer un
tableau acheté ailleurs. Certaines choses
se télescopent parce qu’on ne travaille pas
que sur des successions », précise Sébastien
Hauwaert. Avec leurs clients-collectionneurs,
Native veut aller plus loin en
proposant un accompagnement personnalisé.
« On peut créer une exposition de
type muséal, accompagnée, dans certains
cas, d’un vrai catalogue, adapté à l’histoire
à raconter. On peut faire une très belle
sélection dans la collection, l’exposer de
manière très rigoureuse et très esthétique
pendant quinze jours ou un mois et le point
90
culminant de cet événement peut être
une vente ou pas. Nous sommes là aussi
pour la beauté du geste », reprend Nicolas
Paszukiewicz. « Nous avons la capacité de
prendre ce temps qui échappe a beaucoup
de salles de vente et d’imposer une lecture,
un rythme, une exposition ou une vente. Il y
a beaucoup de choses possibles », renchérit
Emmanuel Van de Putte.
UN ÉCRIN EXCEPTIONNEL
Pour ses événements publics, la salle Native
dispose d’un écrin exceptionnel, caché derrière
une discrète façade de briques rouges.
Le lieu qu’ils occupent, spacieux, épuré et
lumineux, est une ancienne salle de fête, qui
prolongeait un ensemble plus large allant
jusqu’à la chaussée de Charleroi. Dessiné à
la fin du XIXe siècle par Henri Beyaert, avec
l’aide de Paul Hankar, il a été rénové il y a six
ans par Olivier Dwek. C’est en septembre
dernier qu’Emmanuel Van de Putte a annoncé
avoir rejoint ses camarades. Anciennement
directeur du bureau bruxellois de
Sotheby’s et spécialiste des arts des XIXe et
XXe siècles, il arrive avec toute l’expérience
d’une maison de vente internationale. Et vit
cette arrivée plutôt comme un retour aux
sources. « J’étais présent à leur première
vente et je collectionne leurs catalogues depuis
le début », sourit-il. Depuis l’ouverture,
Native a organisé une trentaine de ventes
et, aujourd’hui, la salle commence à se faire
un nom en concluant 75 % de ses ventes
avec des clients de l’étranger. Ensemble, ils
ont forcément envie de faire grandir Native,
mais pas n’importe comment. Ils désirent
avancer seuls, sans investisseurs extérieurs,
à leur rythme, en conservant la souplesse
et la flexibilité d’une petite structure, où ils
peuvent prendre leur temps. Trois ou quatre
belles ventes annuelles leur permettent,
pour l’heure, de survivre financièrement.
supplément de narration. Dans dix ans, Native
désire continuer à poursuivre les ventes
cataloguées et les expositions et développer
les ventes en ligne, en alliant toujours qualité
et curiosité. « Je voudrais des ventes avec
des étrangetés mais très qualitatives. Si on
trouve un public pour ce type de choses,
ce serait un grand motif de satisfaction.
La perfection n’est pas humaine, mais elle
permet quand même d’arriver très loin »,
conclut Nicolas Paszukiewicz.
ENCHÉRIR
Vente Art moderne, art africain, design :
œuvres de la Belfius Art Collection et
chefs-d’œuvre de diverses collections
privées
Native Auctions
Bruxelles
le 02-12
www.native-auctions.com
« Nous avons la
capacité de prendre
ce temps qui
échappe a beaucoup
de salles de vente
et d’imposer une
lecture, un rythme,
une exposition ou
une vente »
EMMANUEL VAN DE PUTTE
UN RÉSEAU QUI S’ÉTOFFE
Petit à petit, Native élargit son réseau. La
salle a travaillé pour la famille princière du
Qatar et organise, ce mois-ci, la vente des
meubles design de la styliste Ann Demeulemester.
La banque Belfius les a également
contactés pour vendre une partie de
sa collection, parce qu’ils ne souhaitaient
pas la saucissonner en envoyant leurs old
masters hollandais dans une maison de
vente aux Pays-Bas, un tableau français du
XVIIIe siècle en France, un contemporain
américain à New York ou du design belge
dans une maison spécialisée, alors qu’ils
pouvaient rassembler le tout ici, avec un
Le Corbusier, Placard pour l’Unité d’Habitation, Marseille, 1947-1952, bois laqué, 155 x 105 x 53 cm. © Native
Est. 4.000-6.000 €
91
Focus
International
520.000 €
Francisco de Goya, Portrait du
Duc d’Albe et Marquis de Villafranca,
ca. 1783, huile sur toile, 52,5 x
42,7 cm. Dorotheum, Vienne, 23-10.
© Dorotheum
203.200 $
Ensemble de quatre vases canopes, Egypte, XXVIe dynastie, 664-
525 av. J.-C., albâtre peint. Christie’s, New York, 23-10. © Christie’s
Images Ltd.
27.000.000 €
Amedeo Modigliani, Elvire en
buste, ca. 1918-1919, huile sur
toile, 65,2 x 46,5 cm. Sotheby’s,
Paris, 24-10. © Sotheby’s Art
Digital Studio
ON A VENDU
Un portrait de
Goya pour le
Dorotheum
Pièce maîtresse de la vente en
maîtres anciens du 23 octobre, au
Dorotheum, le Portrait du jeune
duc d’Albe de Francisco de Goya,
récemment redécouvert, atteignait
la somme exceptionnelle de
520.000 euros. Dans cette œuvre
de commande, peinte vers 1783
comme portrait représentatif de
l’un des membres les plus puissants
de la noblesse espagnole
de son époque, la combinaison
magistrale de l’observation naturaliste
et du réalisme psychologique
de Goya est clairement
évidente. Les peintures italiennes
connaissaient, elles aussi, un
succès singulier, notamment les
œuvres de Michele Marieschi
et Luigi Querena. Un capriccio
de l’un des grands peintres de
paysages du Grand Tour, Giovanni
Paolo Panini, intitulé Offrande à
Esculape sur l’île Tibérine, était
acquis par un enchérisseur au
téléphone pour 395.500 euros. Il
avait été commandé en hommage
au dieu de la médecine et de la
guérison par le célèbre médecin
britannique Richard Mead. Quant
à elle, L’Incrédulité de saint Thomas
‘‘Eristoff’’, peint par un artiste du
cercle du Caravage, suscitait également
un vif intérêt, dépassant
largement les attentes avec une
adjudication de 292.500 euros.
Les antiquités
égyptiennes
en forme chez
Christie’s
Le 23 octobre, une semaine avant
l’inauguration officielle du Grand
Egyptian Museum sur le plateau
de Gizeh, Christie’s New York
proposait une vente en antiquités
qui générait pas moins de 2,2
millions de dollars. Poursuivant
un calendrier international chargé
dans cette catégorie, cette vente
illustrait la demande croissante
pour les antiquités, avec parmi les
enchérisseurs 21 % de milléniaux.
Mettant l’accent sur les objets
décoratifs avec des estimations
attractives, elle dépassait largement
les estimations pour de
nombreux lots d’origine égyptienne,
notamment la plus belle
enchère donnée à un ensemble
de quatre vases canopes égyptiens
en albâtre appartenant à un
nommé Khakare et datant de la fin
du Nouvel Empire, sous la XXVIe
dynastie (664-525 av. J.-C.), adjugé
203.200 dollars. Parmi les autres
résultats notables, citons une tête
cycladique en marbre adjugée
de même, soit plus de trois fois
l’estimation basse ; une statue
égyptienne en bois doré et bronze
représentant un ibis, emportée
190.500 dollars, plus de deux fois
et demie son estimation basse ;
parmi les bijoux proposés, une
bague romaine en or en forme de
serpent, datant du Ier siècle av.
J.-C. au Ier siècle apr. J.-C., emportée
à 30.480 dollars, deux fois et
demie son estimation basse.
Une nuit surréaliste
pour Sotheby’s
Le 24 octobre, Sotheby’s profitait
de l’effervescence d’Art Basel
Paris pour enregistrer les résultats
les plus élevés jamais atteints en
France pour des enchères d’art
surréaliste et moderne. Les ventes
Surréalisme et son héritage et
Modernités rapportaient ainsi un
total de 89,7 millions d’euros, en
augmentation de 50 % par rapport
à la même série de ventes de
2024. Elvire en buste (1918-1919)
d’Amedeo Modigliani menait la
danse, dépassant largement son
estimation haute de 7,5 millions
d’euros en s’adjugeant pour 27
millions d’euros. Ce qui en fait
l’œuvre de Modigliani la plus
chère jamais vendue en France, et
la pièce la plus précieuse jamais
vendue par Sotheby’s Paris. Sept
enchérisseurs se sont disputés ce
tableau, qui n’avait plus été vu en
public depuis son entrée dans une
collection privée en 1947. La partie
surréaliste de la vente générait,
quant à elle, 26,9 millions d’euros,
deuxième total le plus élevé jamais
atteint pour une vente surréaliste
chez Sotheby’s en France.
Belles enchères à
Londres et Paris
chez Christie’s
En totalisant 92,44 millions d’euros
et 88% de lots vendus, les quatre
ventes proposées par Christie’s,
les 23 et 24 octobre, pour
l’édition 2025 de la Paris Art Week,
constituaient un solide résultat en
progression de 16 % par rapport
à la même semaine, en 2024. Ce
succès s’inscrivait dans le prolongement
direct de la Marquee
Week de Londres, organisée à l’occasion
de Frieze, qui totalisait 106,9
millions de livres sterling (122,7 millions
d’euros). Porté par la qualité
des œuvres et des provenances
proposées par Christie’s, le résultat
de ces ventes illustrait la résilience
et la profondeur du marché. Les
collectionneurs ont répondu
présents avec une demande
soutenue pour les pièces rares et
iconiques. Au total, ce sont près de
900 participants provenant de 55
nationalités qui étaient enregistrés
pour l’ensemble des ventes. Les
enchères ont ainsi souvent été très
disputées comme pour le portrait
92
18.375.000 €
Yves Klein, California (IKB 71), 1961, pigment sec et résine synthétique sur tissu
monté sur panneau, 195 × 421,6 cm. Christie’s, Paris, 23-10. © Christie’s Images
Limited
162.500 $
Philippe Druillet, Métal Hurlant
#2 Cover Original Art - Les
Humanoïdes Associés, 1975. Heritage
Auctions, Dallas, 25 & 26-10.
© Heritage Auctions
455.000 €
Venise, fin du XVe siècle, bassin en
verre calcedonio, 14 x 31 cm. Gros
& Delettrez, Paris, 28-10. © Gros &
Delettrez
d’Ambroise Adam dans le jardin
de Pressagny d’Edouard Manet,
premier tableau de l’artiste peint
en extérieur : plus de 10 minutes
d’enchères ont abouti à une adjudication
exceptionnelle de 895.350
euros, soit plus de huit fois son
estimation. Par ailleurs, California
(IKB 71) témoignait du génie d’Yves
Klein et établissait un record pour
l’artiste en France à 18,37 millions
d’euros, devenant ainsi l’œuvre
d’art d’après-guerre et contemporain
la plus chère vendue dans
l’hexagone en 2025. Présentée
aux enchères pour le compte d’un
important collectionneur privé
américain, elle témoignait de
l’attractivité exceptionnelle dont
jouit actuellement Paris sur la
scène internationale.
Succès pour l’art
contemporain chez
Artcurial
Egalement dans le cadre de la
semaine d’Art Basel Paris, Artcurial
présentait la deuxième édition de
la vente Selected 20/21. Consacrée
à l’Art moderne et contemporain,
cette session de 27 lots réunissait
collectionneurs et passionnés
autour d’un ensemble d’œuvres
emblématiques des XXe et XXIe
siècles. Sous le marteau d’Arnaud
Oliveux, la vente totalisait 9,7
millions d’euros frais inclus, devant
une salle comble. Moment fort
de la journée, l’ensemble de deux
bronzes d’Alberto Giacometti
atteignait 2,18 millions d’euros frais
inclus, tandis que Composition
murale de Fernand Léger était
acquise 820.880 euros frais inclus
et que Maternité sur fond bleu de
Marc Chagall s’envolait à 741.440
euros. Enfin, un Mirror d’Anish
Kapoor était adjugé 688.480 euros
et le Cock’s comb d’Alexandre
Calder s’envolait à 529.600 euros,
frais inclus.
Des enchères
élevées pour la
BD chez Heritage
Auctions
Adjugée 162.500 dollars (frais
inclus), la couverture du n°2 de
Métal Hurlant (Les Humanoïdes
Associés, 1975), signée Philippe
Druillet, s’imposait en tête de
la vente internationale d’art de
bande dessinée organisée à Dallas
par Heritage Auctions, les 25 et
26 octobre. Un total spectaculaire
de 2,36 millions de dollars,
qui témoigne de l’attrait durable
de l’art de la science-fiction des
années 1970 et de l’influence
majeure du dessinateur sur toute
une génération de créateurs.
Pour Olivier Delflas, directeur du
département International Comic
Art and Anime, la couverture de
Métal Hurlant a marqué « un
moment fondateur dans l’histoire
de la bande dessinée de sciencefiction
pour adultes et sans
doute l’une des images les plus
reconnaissables de toute l’histoire
de la science-fiction. » Quant
à elles, les œuvres de Moebius
(Jean Giraud), Frank Miller, Enrico
Marini, Juanjo Guarnido et Luis
Royo suscitaient, elles aussi, un vif
engouement lors de cette vente
rigoureusement sélectionnée, qui
réunissait 2 534 enchérisseurs du
monde et atteignait un taux de
vente remarquable de 99,85 % sur
les 688 lots proposés. Enfin, une
sélection prestigieuse d’œuvres
de maîtres internationaux tels que
Hergé, Enki Bilal, Manuel Sanjulián
et Pepe Gonzalez, ainsi que des
pièces exceptionnelles d’illustres
artistes américains comme Robert
Crumb, Hal Foster, Alex Raymond,
John Byrne, John Buscema et Mike
Mignola, contribuaient au succès
éclatant de ces vacations.
Succès pour un
rare calcedonio
chez Gros &
Delettrez
La troisième vente sur le thème du
cabinet des merveilles, organisée
à Drouot le 28 octobre par
Gros & Delettrez, était portée par
deux résultats phares, ex aequo à
455.000 euros. Imitant les motifs
de l’agate calcédoine, grâce à
son verre calcedonio, un bassin
vénitien de la fin du XVe siècle
dépassait largement son estimation
haute de 250.000 euros. Des
trois bassins connus de ce type –
les deux autres figurant au Victoria
& Albert Museum et dans les
collections Saxe-Cobourg –, celuici
est le mieux conservé. Cette
pièce d’exception fut sans doute
conçue pour former un ensemble
avec une aiguière piriforme sur
piédouche de qualité similaire
et de taille adéquate, présentant
les mêmes marbrures bleues de
la matière, adjugée à 390.000
euros par la même maison le 19
décembre 2024. La seconde pièce
de choix, adjugée de même, était
un objet monté parisien, réalisé
vers 1645. Cette coupe couverte
en agate, véritable bijou, a figuré
dans l’inventaire du marchandmercier
Laurent Danet (ca. 1659-
1720), fournisseur de Louis XIV.
ON VENDRA
Un Gerrit Dou chez
Christie’s
La première représentation d’un
musicien par l’artiste Gerrit Dou
(1613-1675), Le Flûtiste, est à prendre
lors de la vente Old Masters Evening
Sale organisée par Christie’s,
93
Focus
International
EST. 2.000.000-3.000.000 £
(2.500.000-3.500.000
euros)
Gerrit Dou, Le Flûtiste, ca. 1632-1635,
huile sur panneau, 35,7 x 29,2 cm.
Christie’s, Londres, 02-12. © Christie’s
Images Ltd.
EST. 2.500.000-3.500.000 £
Maître du Triptyque de l’Hospice de Sherborne, Les Cinq miracles du Christ, ca.
1480-1490, huile et or sur panneaux, 99,1 x 127 cm (centre), 99,1 x 58,4 cm (chaque
volet). Sotheby’s, Londres, 03-12. © Sotheby’s Art Digital Studio
Vue d’une partie des bronzes
d’Aristide Maillol proposés par
Lempertz, à Cologne, les 04 et
05-12. © Lempertz
le 2 décembre, durant la Classic
Week de Londres. Tout comme
son maître Rembrandt, Gerrit Dou
figurait parmi les artistes hollandais
les plus célèbres du XVIIe siècle.
Il comptait parmi ses mécènes
Cosme III de Médicis et ses œuvres
furent présentées à Charles II
d’Angleterre. Chef-d’œuvre précoce
issu d’un corpus relativement
modeste mais très recherché, cette
nature morte chargée de symbolisme
fait allusion à la musique,
au savoir et à la brièveté de la vie.
Peinte avec des détails microscopiques
et une finition émaillée qui
dissimule toute trace du pinceau,
elle illustre l’extraordinaire précision
technique qui fit du maître l’un des
peintres les plus acclamés de son
temps. Elle était conservée depuis
125 ans dans une célèbre collection
anglaise (est. 2.000.000-3.000.000
livres sterling).
Un chef d’œuvre
de la peinture
flamande pour
Sotheby’s
Le 3 décembre, à Londres, Sotheby’s
propose un chef d’œuvre
de la peinture flamande, dont
de récentes recherches scientifiques
et académiques ont
révélé l’importance exceptionnelle.
Unique par son iconographie
et parfaitement préservé, ce
retable anonyme, œuvre dite du
Maître du Triptyque de l’Hospice
de Sherborne, aurait été peint à
Bruxelles entre 1480 et 1490 par un
proche des plus grands maîtres
flamands de l’époque, notamment
Rogier van der Weyden. Il provient
de l’hospice de St Johns, maison
de charité anglaise créée en 1437
au sein de l’abbaye de Sherborne
(Dorset). Son iconographie renvoie
directement à la mission de soin
et d’hébergement de cet hospice,
laissant penser que l’œuvre aurait
pu faire l’objet d’une commande
spéciale de la part d’un mécène
anglais, peut-être Robert Neville,
évêque de Salisbury (1404–1457)
ou son successeur Richard Beauchamp
(†1481), ayant tous deux
apporté leur soutien à la création
de l’hospice. Estimée entre 2,5 et
3,5 millions de livres sterling (3 à
4 millions d’euros), le produit de
sa vente permettra à l’Hospice
de Saint Johns de poursuivre sa
mission originelle et d’offrir un toit
aux personnes de la localité dans
le besoin, mission à laquelle l’institution
a œuvré sans interruption
depuis près de six cents ans.
Des bronzes
de Maillol chez
Lempertz
Les 4 et 5 décembre, à Cologne,
la maison Lempertz présente
une collection exceptionnelle de
treize bronzes d’Aristide Maillol
(1861-1944). Cet ensemble illustre
la collaboration historique entre le
sculpteur, le marchand Ambroise
Vollard et le fondeur Florentin
Godard, acteurs majeurs de la
diffusion de la sculpture moderne
au début du XXe siècle. Présenté à
Vollard en 1898 par Édouard Vuillard,
Maillol expose chez le marchand
dès 1902, scellant une relation
décisive. Deux contrats signés
en 1902 et 1905 cèdent à Vollard
vingt-deux modèles, avec droits
d’édition et de reproduction. Ces
œuvres, répertoriées en 2021 par
Ursel Berger dans le catalogue des
sculptures de Maillol éditées par
Vollard, marquent le développement
du style intime et sensuel du
sculpteur, salué dès ses débuts par
Rodin et Mirbeau. Onze des treize
sculptures présentées par Lempertz
proviennent de cette édition
historique Vollard-Godard, dont
des exemplaires sont aujourd’hui
conservés au Staedel Museum de
Francfort, au musée Rodin à Paris,
au Metropolitan Museum de New
York ou au musée Pouchkine de
Moscou. L’ensemble comprend
notamment un rare marteau de
porte articulé de la période Nabis
(collection John Hay Whitney), le
projet de pendule Les Deux Sœurs
(dont seuls deux autres exemplaires
sont connus), ainsi que
La Femme assise dite Baigneuse
Renoir, présente dans plusieurs
peintures de Renoir. L’ensemble
proposé constitue un panorama
exceptionnel du dialogue entre
création, édition et collection
dans la sculpture du XXe siècle, et
célèbre également les cinquante
ans de marteau d’Henrik Hanstein.
Une montre de
légende chez
Phillips
Dans le cadre de la célébration
de son 10e anniversaire, Phillips,
en association avec Bacs & Russo,
aura pour lot-phare lors de sa
vente The New York Watch Auction:
XIII, les 6 et 7 décembre à New
York, la montre-bracelet unique de
Francis Ford Coppola, spécialement
conçue pour le légendaire
cinéaste par l’horloger F. P. Journe.
Née d’une conversation entre
les deux titans en 2012, au cours
de laquelle le cinéaste demanda
si une main humaine avait déjà
été utilisée pour indiquer l’heure,
cette montre est la première de
l’Histoire à utiliser une telle fonctionnalité.
Cette FFC est proposée
aux côtés de six autres montres
issues de la collection personnelle
de Coppola, dont la F.P.Journe
Résonance offerte par son épouse
Eleanor en 2009, qui conduisit à sa
rencontre décisive avec François-
Paul Journe. Ce prototype, dont
le prix devrait dépasser le million
de dollars, pourrait devenir l’un
des lots les plus prisés de la saison
dans le secteur des ventes aux
enchères de montres. A ce propos,
94
EST. 1.000.000 $
F. P. Journe, prototype de FFC, pièce
unique pour Francis Ford Coppola.
Phillips, New York, 06 & 07-12.
© Phillips
EST. 60.000-80.000 €
Statue de bouddha, Gandhara, Ier-IVe
siècles, schiste. Bonhams Cornette, Paris,
10-12. © Bonhams Cornette
EST. 100.000-150.000 €
François Boucher, Nature
morte au vanneau huppé et au
combattant varié, ca. 1745, huile
sur toile, 45 x 33,7 cm. Pescheteau-Badin
OVV, Paris, 12-12.
© Pescheteau-Badin
Phillips Genève adjugeait, les 8
et 9 novembre, une montre Patek
Philippe Perpetual Calendar (réf.
1518) de 1943 pour 14,2 millions
de francs suisses (15,2 millions
d’euros)…
Un Gauguin oublié
pour Artcurial
Le 9 décembre, Artcurial vend une
Danse bretonne de Paul Gauguin,
peinte en 1889. Jamais exposé
depuis plus de quarante ans et
largement publié depuis 1919, ce
panneau emblématique de la
période bretonne de l’artiste est
proposé avec une estimation de
500.000 à 700.000 euros. Toute en
longueur, cette scène se compose
en deux temps : à gauche,
une farandole de Bretonnes et
de Bretons se tenant la main,
au centre, deux musiciens assis
sur des tonneaux, et à droite, un
cochon, une paysanne et trois oies,
le tout sous un ciel jaune lumineux
et un horizon sinueux dansant. Elle
pourrait intéresser un musée.
Une importante
collection belge
chez Bonhams
Le 10 décembre (et du 2 au 16 décembre
en ligne), Bonhams Cornette
de Saint Cyr disperse à Paris
une collection belge de près de
350 objets réunis depuis plus de 70
ans. Deux lots phares attireront le
regard des collectionneurs les plus
fortunés : une statue de bouddha
en schiste gris de l’ancienne région
du Gandhara, acquise dans les
années 1970 auprès du collectionneur
belge Claude de Marteau,
estimée 60.000 à 80.000 euros.
Datant de l’art Cycladique ancien
II (ca. 2600-2400 av. J.-C.), une
délicate idole cycladique féminine
en marbre, variété de Spedos, est
estimée 60.000 à 80.000 euros. A
noter également ce haut-relief en
albâtre sculpté représentant l’Annonciation,
d’un suiveur de Jean
Mone, Brabant, Malines ou Anvers,
ca. 1550-1580 (est. 20.000-30.000
euros. On remarque également
une délicate huile sur panneau
représentant une Crucifixion de
l’Ecole anversoise du XVIe siècle
(est. 8.000-12.000 euros).
La Collection Stern
chez Christie’s
Christie’s Paris disperse, le 12
décembre, la collection de la
famille Stern. Dynastie cosmopolite
de banquiers dont le nom
figure en lettres d’or dans l’histoire
économique de l’Europe depuis
le XVIIIe siècle, les Stern sont de
longue date, et à l’image des
Rothschild auxquels ils sont liés,
une famille de collectionneurs,
mécènes et philanthropes de
grande réputation. A ce titre, leur
collection n’échappera pas aux
spoliations nazies de la Seconde
Guerre mondiale. Dans une abondance
de lots et de disciplines,
Christie’s propose une sélection
d’œuvres rendant hommage au
goût éclectique d’une famille. Ces
vacations représentant une partie
de leur collection se déclinent sur
trois générations, avec des lots
conservés dans l’intimité familiale
depuis leur acquisition et par
conséquent inédits sur le marché
depuis des décennies. Ces ventes
illustrent autour d’une sélection
de 360 lots l’histoire d’une famille
à travers le goût de quelques-uns
de ses membres durant plus d’un
siècle. La collection mise en vente
comprend des œuvres acquises
par Edgard Stern (1854-1937), alors
à la tête de la branche parisienne
de la famille, par sa belle-fille,
Alice Stern (1906-2008), et leurs
descendants. Passionné par les
maîtres anciens, Edgard Stern a
collectionné principalement les
toiles des maîtres hollandais du
XVIIe siècle telle qu’Un Marché aux
poissons au bord d’une rivière par
Mattys Schoevaerts (1665-1723).
D’importants dessins figurent
aussi dans la vente, signés par des
artistes majeurs du XVIIIe siècle,
dont Pierre-Paul Prud’hon et François
Boucher.
Un unicum de
François Boucher à
Drouot
L’œuvre proposée par Pescheteau-
Badin, à Drouot le 12 décembre,
constitue une rare et précieuse
incursion de François Boucher
(1703-1770) dans le genre de la
nature morte. Elle est la première à
être retrouvée et, par la qualité de
son exécution, sa touche assurée,
ses empâtements maîtrisés, le
rendu minutieux des textures,
notamment des plumages, elle
témoigne du métier accompli de
l’artiste à son apogée. La dominante
de noirs subtilement nuancés
de verts profonds, l’équilibre
de la composition et l’élégance
de la matière picturale rattachent
cette œuvre aux années 1745-1750,
au moment où Boucher s’éloigne
des influences nordiques du
XVIIe siècle qui avaient nourri ses
débuts. Ce type de sujet évoque
immanquablement Jean-Baptiste
Oudry qui s’en était fait une spécialité
et dont Boucher fut proche
dès les années 1730. On estime
cette belle et rare composition
entre 100.000 et 150.000 euros.
95
30.000 € ( frais exclus)
La surprise du mois
Lors de sa vente cataloguée du 16
octobre, une surprise attendait la salle
bruxelloise Arenberg au sujet d’une
œuvre sur papier de René Magritte
(1898-1967). Car, on l’oublie souvent, avant
d’entamer la carrière que l’on connaît,
Magritte fut d’abord un publicitaire hors
pair. Cette affiche, absolument rarissime,
constitue le plus important témoignage de
l’engagement de l’artiste surréaliste dans
l’entre-deux-guerres. Elle montre Léon
Degrelle, chef du parti Rex, tenant un miroir
dans lequel se reflète le visage d’Adolf Hitler.
Sa rareté s’expliquerait par le fait qu’elle fut
détruite, par prudence, lors de l’arrivée des
Allemands au début de la Seconde Guerre
mondiale. Durant l’Occupation, si Magritte
eut peur d’être arrêté, c’est notamment à
cause de cette image. Le peintre avait dessiné
Le Vrai Visage de Rex en soutien au Comité de
Vigilance des Intellectuels Antifascistes, fondé
en juin 1935 et très actif dans la lutte contre le
parti d’extrême droite. Habituellement datée
de 1937 ou 1939, cette affiche date en réalité
au plus tard d’octobre 1936, lorsqu’elle est
commentée et reproduite dans la presse et
que des timbres la reproduisant sont réalisés
(La Dernière Heure, 25 octobre 1936 et La Voix
du Peuple, 26 octobre 1936). L’affiche est lithographiée
en rouge et noir. Ses couleurs éclatantes
sont appliquées de diverses manières :
modelé léger des visages, hachures dans les
vêtements, larges coups pour le fond, aplats.
Une variété qui témoigne du soin avec lequel
Magritte a composé cette image en tout point
exceptionnelle, qui constitue sa seule œuvre
politique connue et fait étrangement écho
à la situation géopolitique actuelle. Estimée
entre 2.000 et 2.500 euros, elle était donc tout
naturellement adjugée 30.000 euros.
René Magritte, Le vrai visage de Rex, ca. 1935-1936,
Forest-Bruxelles, J. Wuillaume, lithographie,
81 x 58 cm, cachet « Service de l’affichage / Ville de
Bruxelles ». © Arenberg Auctions
96
On a vendu
Belgique
01-10 Un vase d’Amalric Walter étonne chez Zouave Auctions
Pour sa deuxième vente,
Zouave Auctions proposait
une sélection variée
allant du design, avec ces
fauteuils Tulip de la Pedestal
Collection d’Eero Saarinen
(1910-1961), adjugé 4.800
euros, à l’argenterie incluant
ces moutardier et saupoudroir
de l’orfèvre de Diest
Johannes Josephus Cools,
marqués de l’année 1770 et
adjugés 3.000 euros. Coté
surprise, un beau vase en
pâte de verre d’Amalric Walter
(1869-1942), estimé entre
500 et 700 euros s’adjugeait
2.400 euros.
6.000 €
Salvador Dalí, Le bestiaire de
La Fontaine Dalinise, Robert
Mouret pour les éditions des
Maitres Contemporains, suite
de douze gravures sur vélin.
Est. 2.500-3.500 €. © Zouave
Auctions
4.800 €
Eero Saarinen, suite de huit fauteuils
Tulip créés pour la Pedestal Collection,
éditée par Knoll en 1957. Est. 3.000-
4.000 €. © Zouave Auctions
3.000 €
Johannes Josephus Cool, maître orfèvre
actif à Diest à partir de 1766, moutardier
ansé et saupoudroir, argent, poinçons
de ville de Bruxelles, de l’année (17)70 et
d’orfèvre. Est. 1.500-2.000 €. © Zouave
Auctions
Du 03 au 04-10
Une pendule de cheminée crée la surprise chez Coronari
17.000 €
Impressionnant bassin, XVIIIe siècle,
marbre blanc de Carrare, avec trois
lions ailés. Est. 8.000-12.000 €.
© Coronari
15.000 €
Pendule de cheminée ‘‘tête de
poupée’’ de style Louis XIV, France, fin
du XVIIe siècle, marqueterie Boulle,
reposant sur pied, ornée de montures
en bronze doré et d’incrustations de
cuivre, d’étain et d’écaille de tortue.
Est. 2.500-5.000 €. © Coronari
Les 3 et 4 octobre, Coronari Auctions organisait la vente de pas
moins de 900 lots, où antiquités et œuvres d’art se complétaient
magnifiquement. À l’honneur, une pendule de cheminée française
‘‘tête de poupée’’, de style Louis XIV, en marqueterie Boulle, ornée
de montures en bronze doré et d’incrustations de cuivre, d’étain et
d’écaille de tortue, datant de la fin du XVIIe siècle, adjugée au prix de
15.000 euros. Une paire de consoles françaises en bois doré finement
sculptées, avec un plateau en marbre, datant du XVIIIe siècle,
changeait quant à elle de mains pour 11.000 euros, tandis qu’un grand
vase chinois bleu et rouge, orné de médaillons floraux et figuratifs du
XIXe siècle, rapportait 7.500 euros. Une grande sculpture polychrome
en bois représentant Jésus en Salvator Mundi, datant du XVIe siècle,
suscitait également beaucoup d’intérêt, vendue pour 7.500 euros. Des
pièces plus modernes attiraient tout autant l’attention, comme une
table basse rectangulaire au plateau en cuivre gravé, signée Georges
Mathias pour Lova Creation, Belgique, des années 1970-1980, qui
changeait de propriétaire contre 6.000 euros. Ce mélange de pièces
antiques rares, d’art décoratif tout à fait remarquable et de chefsd’œuvre
de différentes époques donnait lieu à une vente animée, où
chaque objet sut trouver son public.
05-10 Une Rolls chez Rops
26.000 €
Rolls-Royce Silver Shadow,
1969. Est. 15.000-20.000 €.
© Rops
11.200 €
Arthur Dupagne, Les
Trois Danseuses, bronze
signé, cachet de fondeur
Batardy, pièce unique, 57
x 60 x 14 cm. Est. 10.000-
15.000 €. © Rops
8.200 €
De Sede, canapé modulable,
cuir, L. 500 cm. Est. 6.000-7.000 €.
© Rops
7.200 €
Portrait du Christ, XVIIIe
siècle, huile sur toile,
70 x 55 cm. Est. 800-
1.200€. © Rops
4.000 €
Saupoudroir et moutardier
aux poinçons
de Liège, XVIIIe siècle,
argent. Est. 4.000-
5.000 €. © Rops
97
On a vendu
Belgique
06 au 07-10 Gustav Max Stevens surprend chez Horta
28.000 €
Léon Frédéric, Jeune fille à la coccinelle,
1910, huile sur toile, 86 x 67 cm.
Est. 5.000-7.000 €. © Horta
26.000 €
Bague, or blanc et diamant taille
brillant de ca. 5,18 carats. Est. 24.000-
26.000 €. © Horta
17.000 €
Gustav Max Stevens, Andromède sauvée
par Persée, 1896, huile sur toile, 110
x 106 cm. Est. 800-1.200 €. © Horta
16.000 €
Juliette Wytsman, La Meuse vue du
jardin, huile sur toile, 46 x 56 cm. Est.
10.000-15.000 €. © Horta
07-10 Des broches animalières chez AZ Auction
La vente d’AZ Auction mettait notamment à l’honneur des broches,
dont quelques-unes engrangeaient de très beaux résultats, à l’instar
du lion de Lalaounis ou du hibou de Chaumet. La broche animalière
a le vent en poupe ! De beaux diamants et un imposant bracelet
moderne, d’une grande souplesse et couvert de pierres de couleurs,
très finement sélectionnées, ont également réalisés les prix les plus
élevés de la vente.
15.000 €
Bague Art déco en or blanc 18 carats
présentant un diamant solitaire taille
brillant ancien proche de la taille old
european, poids brut : 5,8 gr. Est.
15.000-25.000 €. © AZ Auction
25.000 €
Broche en or blanc 18 carats, dont
on a desserti le diamant central afin
de procéder à son rapport gemmologique,
diamant naturel taille rond
brillant de 4,20 carats, L. 3 cm. Est.
25.000-35.000 €. © AZ Auction
28.000 €
Van Goller, Collection Insolita, bracelet
manchette large de Haute Joaillerie
d’une incroyable souplesse dans la
maille, en trois ors 18 carats, poids
brut : 111,8 gr. Est. 28.000-32.000€.
© AZ Auction
10.000 €
Ilias Lalaounis, Grèce, broche en
or jaune 18 carats représentant un
lion, la crinière en filigrane finement
torsadé, laissant apparaitre des yeux
en diamants ronds brillants et un
museau en cabochon de rubis, poids
brut : 46,8 gr. Est. 2.500-3.500 €. © AZ
Auction
07-10 Une horloge d’Amsterdam chez Bernaerts
35.000 €
Horloge d’Amsterdam sur pied
avec calendrier astronomique,
1754, signée ‘‘Dames Starre Amsterdam’’,
H. 300 cm. Est. 25.000-
35.000 €. © Bernaerts
12.000 €
Dimiter Buyukliiski-Mitchy, Nude, 1994,
huile sur toile, 110 x 130 cm. Est. 6.000-
8.000 €. © Bernaerts
Lors de cette vente éclectique, un catalogue réunissant peintures,
antiquités et objets design était proposé le 7 octobre, les œuvres sur
papier le 9 octobre. Une Dame assise à l’ombrelle de Jean Béraud, joli
petit portrait évoquant le style d’Alfred Stevens, peintre des dames
de la Belle Époque, doublait son estimation à 7.000 euros. Par ailleurs,
une toile de Frits Van den Berghe intitulée Coucher de soleil en lisière
de forêt, datant de 1916-1917, changeait de mains contre 15.000 euros.
L’entre-deux-guerres était également représenté, notamment par
une chaise en acier chromé signée Louis-Herman De Koninck (5.000
euros), ainsi qu’un lot de meubles de Ferdinando Meccani (3.600 et
8.500 euros). Des peintures récentes de Sophie Kuijken (1.600 euros),
Davis Rhodes (950 euros) et Dimiter Buyukliiski-Mitchy (12.000 euros)
se vendaient également bien, tandis que des œuvres plus anciennes
d'Octave Landuyt (7.000 euros), Bram Bogart (6.000 euros), Jean
Brusselmans (5.500 euros) ou même Pablo Picasso (Cruchon Hibou,
7.000 euros) suscitaient tout autant un vif intérêt. Enfin, une imposante
horloge d’Amsterdam avec calendrier astronomique (milieu du
XVIIIe siècle), spécialement fabriquée pour le bourgmestre Van de
Poll, atteignait la belle somme de 35.000 euros, devenant ainsi le lot le
plus cher de la vente.
98
Haynault, organise
quatre jours de vente
aux enchères en décembre
07/12
L’entier contenu
d’une villa à Tervuren
09/12
Les classiques : tableaux,
mobilier, objet d’art
La Tentation de saint Antoine
Attribué à Jan MANDYN (1500-1560)
08/12
Bijoux, montres
et marques de lux
10/12
Les Modernes : art du XXe, art
moderne et contemporain
Cartier,
paire de
pendants
d’oreilles
sertis d’un
diamant de
4 carat
Plat rectangulaire Soleil
Jean Lurçat (1892 - 1966)
MAISON DE VENTES AUX ENCHERES
rue de stalle, 9 - UCCLE
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On a vendu
Belgique
07-10 Du Val Saint Lambert au
Mont-de-Piété
10 et 11-10 Un philosophe danois chez
Vandewiele
4.300 €
Bracelet, or jaune 18 carats, poids :
64,5 gr. Est. 3.400 €. © Mont-de-Piété
800 €
Val Saint Lambert, vase Jupiter,
cristal taillé avec frise dorée La
danse de Flore, H. 39 cm. Est.
300 €. © Mont-de-Piété
9.500 €
Boëthius de Dacie, philosophe et grammairien
danois travaillant à Paris, manuscrit, XIIIe
siècle, quatre feuilles volantes. Est. 2.000 €.
© Vandewiele
11-10 Une Bugatti de 1936 chez Aguttes
390.000 €
Bugatti Type 57 cabriolet par Graber,
1936, châssis n° 57483. Est. 520.000-
580.000 €. © Aguttes
355.000 €
Pegaso Z-102 Berlinetta Saoutchik
Série 2, 1954, châssis n° 0102.153.0137.
Est. 500.000-700.000 €. © Aguttes
215.000 €
Ferrari 308 Gr. 4 (R) FIA, 1980, châssis
n° 32419. Est. 235.000-285.000 €.
© Aguttes
205.000 €
Ferrari 330 GT 2+2 Série 2, 1966, châssis
n° 8245. Est. 240.000-320.000 €.
© Aguttes
12-10 Un perroquet de Sadji chez Stanley’s Auction
6.400 €
Sha Qi/Sadji, Le Perroquet,
aquarelle sur
papier, 45,5 × 33,5 cm.
Est. 3.000-5.000 €. ©
Stanley’s Auction
5.400 €
Rolex Datejust, réf. 16233,
or et acier avec lunette
cannelée, 3,6 cm. Est.
3.500-5.000 €. © Stanley’s
Auction
3.400 €
Jules Ernest Cran,
Atelier d’artiste (vue
sur l’Eglise royale
Sainte- Marie à
Bruxelles?), 1905,
huile sur toile,
120 x 50 cm. Est.
1.000-2.000 €.
© Stanley’s Auction
3.400 €
Khaled Ben Slimane, ensemble de trois
vases, céramique peinte, H. 33,5, 23,5 et 18
cm. Est. 500-700 €. © Stanley’s Auction
3.400 €
Seni Awa Camara, Acrobate
femme, toucouleur,
sculpture en terre
cuite, H. ca. 20 cm. Est.
1.000-2.000 €. © Stanley’s
Auction
100
ATELIER BART VERBEKE COMMV
Restauration D’ŒUVRES D’ART
44 ans de passion professionelle
VENTE PUBLIQUE
16 et 17 décembre à 18h30
Pendant nettoyage’ nourissant les pigeons’au balcon’
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"L'avocat du village". Signé Pieter II Breughel.
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tel. 09/223 49 54 - 0477/48 66 79
atelier.bart.verbeke@telenet.be
www.atelierbartverbeke.be
“De rooters”. Signé Modeste Huys.
7.000/10.000 euros.
23 & 24 JANVIER 2026
“Nu au perroquet”. Signé Wallasse Ting.
13.000/18.000 euros.
EXPOSITION
12, 13 et 14 décembre de 10h à 18h
HOTEL DE VENTES VANDERKINDERE S.A.
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On a vendu
Belgique
12-10 Une Ferrari chez Bonhams
2.300.000 €
Ferrari F40 Coupé,
1991, châssis no.
ZFFGJ34B000090667,
moteur no. 28385.
Est. 2.600.000-
2.900.000 €. ©
Bonhams
1.200.000 €
Ferrari 250 GT Berlinetta Lusso, 1963, châssis
no. 4439, moteur no. 4439. Est. 1.250.000-
1.500.000 €. © Bonhams Cornette.
525.000 €
Ferrari 365 GTB/4 Daytona Berlinetta, 1969,
châssis no. 12637, moteur no. 12637. Est.
500.000-700.000 €. © Bonhams
440.000 €
Aston Martin DB5 Sports Saloon, 1964, châssis
no. DB5/ 1429/R, moteur no. 40/1405. Est.
500.000-550.000 €. © Bonhams
14-10 Des bijoux au Mont-de-Piété
18.500 €
Ensemble de sept
bracelets rigides,
deux colliers, pendentif,
gourmette et
bracelet en or jaune
18 carats, poids brut :
193,2 gr. Est. 14.000 €.
© Mont-de-Piété
5.600 €
Collier et bracelet, or jaune et blanc 18
carats, pierres d’imitation, poids brut :
88,6 gr. Est. 4.400 €. © Mont-de-Piété
1.400 €
Longines, bracelet-montre d’homme
mécanique, or jaune 18 carats. Est.
480 €. © Mont-de-Piété.
14 et 15-10 Un Miró chez Carlo Bonte
170.000 €
Joan Miró, Oiseaux, 1972,
peinture acrylique sur toile,
81,3 x 19 cm. Est. 150.000-
200.000 € © Carlo Bonte
60.000 €
Bram Bogart, Le Rouge, 1962, technique
mixte sur panneau, 153 x 123 cm.
Est. 60.000-80.000 €. © Carlo Bonte
La vente d’octobre de Carlo Bonte engendrait à nouveau des résultats
exceptionnels. Le clou en était le tableau Oiseaux de Joan Miró, adjugé
170.000 euros. Une œuvre d’une telle envergure apparaît rarement
sur le marché belge. L’offre intéressante du XXe siècle confirmait
la solide réputation de la maison : Le Rouge (1962) de Bram Bogart
trouvait preneur pour 60.000 euros, tandis qu’une œuvre expressive
de Karel Appel datant de 1954 atteignait 52.000 euros. Deux assiettes
de Picasso, Tête de chèvre et Corrida, étaient quant à elles vendues
respectivement 13.000 euros et 11.000 euros. Le point d’orgue de la
collection d’art appliqué était le centre de table panslave en argent,
orné d’émail et de pierres semi-précieuses, adjugé 44.000 euros. La
vente comprenait également un vase Bacchantes, en verre opalescent,
signé René Lalique, adjugé 13.000 euros. Le sellier Hermès confirmait
son statut iconique avec deux sacs Birkin très convoités, vendus
respectivement 8.500 et 9.500 euros, ainsi qu’un service en porcelaine
Siesta, emporté contre 10.000 euros. Un lot de chaises Africa, réalisées
par Afra & Tobia Scarpa pour Maxalto en 1975, était adjugé 19.000
euros. Parmi les objets de collection, une édition ancienne de 1932 des
Aventures de Tintin, Reporter du Petit Vingtième (lot 943), s’adjugeait
8.000 euros. Du côté des arts asiatiques, c’est surtout l’impressionnante
pièce chinoise 100 Boys de la dynastie Qing qui attirait tous les
regards. Une lutte acharnée entre enchérisseurs se soldait ainsi par
une adjudication de 42.000 euros.
102
Mâitres Anciens
Gravures et dessins
vente XVII
9 décembre 2025
live online 18h.
Rembrandt van Rijn
Albrecht Dürer
Hendrick Goltzius
Lucas van Leyden
Johannes Wierix
Master of Antwerp
Hieronymus Cock
Rubens
Catalogue disponible sur:
oldmasterprint.net
Drouot, Invaluable
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Belgique
15 et 16-10 Une tête de cochon chez Rob Michiels
40.000 €
Rare et grand plat Longquan céladon
‘‘bouquet de lotus’’, Chine, époque
Ming, début du XVe siècle. Est.
40.000-80.000 €. © Rob Michiels
40.000 €
Bouddha Maitreya sino-tibétain,
époque Kangxi, bronze doré orné
d’incrustations de turquoise et de
corail. Est. 30.000-60.000 €. © Rob
Michiels
26.000 €
Rare bol à soupe de Famille Rose avec
couvercle, Chine, époque Qianlong.
Est. 20.000-40.000 €. © Rob Michiels
22.000 €
Exceptionnelle garniture de trois
vases, Delft, fin du XVIIe/début du
XVIIIe siècle, faïence bleue et blanche.
Est. 20.000-40.000 €. © Rob Michiels
16-10 Une montre Cobra jumbo pour Arts Talents Enchères
17.000 €
Audemars Piguet, montre
Cobra jumbo, ca. 1970, modèle
réalisé sur commande à très peu
d’exemplaires, boîtier numéroté
66464, or jaune 18 carats, poids
brut : 140,48 gr. Est. 9.000-
12.000€. © Arts Talents Enchères
15.000 €
Boite à cigarette, ca. 1930, or 18 carats, poids
net : 237,24 gr. Est. 8.000-12.000 €. © Arts Talents
Enchères
8.900 €
Boîte, XVIIIe siècle, quartz
blanc et mauve, monture or,
surmonté d’un carlin sculpté,
avec un petit collier de diamants
taillés en rose, au centre
un petit saphir rose, poinçon, 6
x 5 x 4,5 cm, poids brut : 125,64
gr. Est. 1.800-2.200 €. © Arts
Talents Enchères
6.700 €
Zolotas (att.), bracelet rigide “deux
panthères”, or jaune 18 carats, yeux
sertis de rubis et colliers de diamants,
poids brut : 86 gr. Est. 4.000-8.000 €.
© Arts Talents Enchères
19 et 20-10 Un portrait de Schwartze pour MonsAntic
5.500 €
Thérèse Schwartze,
Portrait jeune femme,
1875, huile sur toile,
103 x 74 cm. Est. 3.000-
5.000 €. © MonsAntic
3.500 €
Calice, patène et cuillère en vermeil,
poinçon 800, dans son coffret
d’origine, H. 22 cm. Est. 700-1.000 €.
© MonsAntic
3.400 €
Horloge/pendule dôme,
XVIIe siècle, tourelles
en bronze gravé doré,
cadran pour la sonnerie
au dos, piètement en
bois, H. 29 cm. Est. 400-
600 €. © MonsAntic
1.300 €
Bernard Vuarnesson, table basse
modulable à six plateaux coulissants,
1935, 40 x 105 x 52,5 cm. Est. 400-
600 €. © MonsAntic
950 €
Bague, or blanc 18 carats
sertie de diamants,
poids : 6 gr. Est. 700-
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104
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Sinds 1930
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On a vendu
Belgique
20-10 Cinquante Korun chez Haynault
2.300 €
Tchécoslovaquie, 50 Korun, 15.4.1919
(6). Est. 150-200 €. © Haynault
1.800 €
Crimée, Shahin Giray (AH1191-
1197/1777-1783), Ischal ou Tschal (10
Kopeks), AH1191, tranches avec stries
en diagonales, frappe médaille, 72,97
gr. Est. 1.000-1.500 €. © Haynault
1.500 €
Gouvernement des Indes néerlandaises
orientales, 1 Gulden, 1815,
cachet rouge avec W couronné, signature
manuscrite. Est. 1.000-1.500 €.
© Haynault
1.100 €
Kushan Vasu Deva I (ca. 190-230),
Dinar, 7,99gr. Est. 800-1.000 €. © Haynault
Du 21 et 22-10
L’homme qui mesure les nuages chez Campo & Campo
320.000 €
Jan Fabre, L’homme
qui mesure les
nuages, bronze,
signé M.P. 2/8, 287 x
150,5 x 78,5 cm. Est.
280.000-340.000 €.
© Campo & Campo
60.000 €
Jan Cox, Le fils d’Hector
effrayé par l’armure
de son père, de la série
L’Iliade, 1975, huile sur
toile, 180 x 130 cm. Est.
15.000-20.000 €.
© Campo & Campo
32.000 €
Jo Delahaut, Signe
36, 1963, huile sur
toile, 162 x 114 cm.
Est. 10.000-15.000 €.
© Campo & Campo
23.000 €
Walter Leblanc, Torsions
Mobilo-Static LB 36
(bis), polyvinyle rouge et
bleu sur châssis monté
sur Isorel, fond noir.
Est. 10.000-15.000 €.
© Campo & Campo
14.000 €
Sam Dillemans, Autoportrait
en Thailande,
huile sur toile. Est.
7.000-9.000 €. © Campo
& Campo
21 et 22-10 Un marbre de Wolfers chez Vanderkindere
36.000 €
Miguel Berrocal, Opus 131,
Alhucema, 1974, sculpture
puzzle en bronze doré au
feu, socle en bronze à patine
brune, numéroté 7/9. H. ca.
151 cm (socle inclus). Est.
30.000-40.000 €. © Vanderkindere
35.000 €
Philippe Wolfers,
Léda, 1911, marbre
blanc, huit exemplaires
en marbre, un
en bronze et un en
ivoire, H. ca. 52 cm.
Est. 18.000-24.000 €.
© Vanderkindere
7.400 €
Wolfers, mendiant Art nouveau à décor de
pélican et de végétation, travail belge, XXe
siècle, argent, poids : ca. 1115 gr. Est. 800-
1.200 €. © Vanderkindere
7.600 €
Importante collection de 36 cannes à pommeaux
sculptés, fin XIXe et début XXe siècle, à
décor de «Tête d’animaux», «Scène mythologique»,
«Personnages», et décor «Géométrique»,
dont dix-neuf en ivoire, cinq en
argent, une en vermeil, trois en bois, huit en
bronze argenté et doré, avec deux présentoirs,
H. de 85 à 90 cm. Est. 3.000-4.000 €. © Vanderkindere
106
25-10 Records d’enchères pour Peire et Van de Velde chez De Vuyst
La 192e vente de la Galerie De Vuyst, consacrée aux maîtres
contemporains, modernes et anciens, comportait un riche catalogue
de près de 600 lots. Des prix remarquables étaient enregistrés
pour plusieurs chefs-d’œuvre de l’art moderne et d’aprèsguerre
: 90.000 euros pour Jean-Michel Folon, 85.000 euros pour
Léon Spilliaert, 70.000 euros pour Rinus Van de Velde. Les sculptures
de Folon étaient particulièrement appréciées des collectionneurs.
Le promeneur singulier de la sculpture Le secret (2003) était
adjugé 90.000 euros, soulignant l’attrait durable de cette œuvre
énigmatique et poétique. Un record absolu de vente était battu
pour Luc Peire. Salomon (1964), peinture de près de deux mètres
de large, suscitait un vif intérêt parmi plusieurs collectionneurs. Le
prix total de 48.000 euros doublait largement le précédent record
d’enchères pour une œuvre de l'artiste, établi il y a près de vingt
ans pour ce même tableau proposé par De Vuyst. Une nouvelle
évaluation de la valeur de cet artiste était ainsi confirmée. Un
nouveau record de vente pourrait également avoir été enregistré
pour l’un des coryphées de l’art contemporain belge. Pour la toute
première fois, un grand dessin en couleur réalisé au pastel gras
par Rinus Van de Velde était proposé à la vente, ce qui se traduisait
immédiatement par un résultat exceptionnel. Plusieurs collectionneurs
tentaient d’acquérir cette pièce unique, faisant grimper les
enchères jusqu’au prix de 70.000 euros, le plus élevé jamais atteint
à ce jour pour une œuvre de l’artiste aux enchères.
70.000 €
Rinus Van de Velde, Now the shadow still
cover him..., 2023, pastel gras sur papier,
106,5 x 151 cm. Est. 40.000-60.000 €. ©
De Vuyst
48.000 €
Luc Peire, Salomon, 1964, huile
sur toile, 130 x 195 cm. Est. 24.000-
30.000 €. © De Vuyst
27-10 Succès pour Karel Appel à la Maison Jules
44.000 €
Karel Appel, Sans titre, 1975, huile sur
papier marouflé sur toile. Est. 20.000-
30.000 €. © Maison Jules
26.000 €
Herman Van Nazareth,
In motion, bronze. Est.
20.000-30.000 €.
© Maison Jules
6.500 €
Joseph Willaert, Paysage dans une
bulle de texte, 1992, huile sur toile.
Est. 4.000-6.000 €. © Maison Jules
La vente exclusive Autumn Adorables organisée
par la Maison Jules répondait pleinement
aux attentes. Plusieurs lots-phares obtenaient,
en effet, des résultats remarquables. Karel
Appel confirmait son statut de vedette avec
un résultat de 44.000 euros, tandis que notre
compatriote Herman Van Nazareth obtenait
26.000 euros pour une grande sculpture en
bronze. George Minne générait 22.000 euros
pour son bronze L’Adolescent à genoux. Une
huile sur toile très colorée de 1969 de Maurice
Wyckaert s’adjugeait 16.000 euros tandis que
Roger Raveel obtenait 24.000 euros de trois
œuvres combinées. Des prix surprenants
étaient enregistrés pour une petite huile sur
toile d’Alice Frey (4.600 euros) ainsi que pour
une huile de Matthieu Ronsse, également
adjugée 4.600 euros. De son côté, un petit
triptyque ‘‘bicé’’ de Jan Fabre atteignait 8.000
euros.
06 au 08-11 Trésors chez Elsen
120.000 €
Carolingiens, Louis le Pieux (814-840), AV solidus,
816 (?), Aix-la-Chapelle (?). Est. 50.000 €.
© Elsen
100.000 €
Brabant, Duché, Charles VI (1711-1740), AV
double souverain, 1719, Anvers. Est. 50.000 €.
© Elsen
55.000 €
Belgique, écrin exceptionnel de 25 médailles en argent
(59 mm) de la série des cathédrales par J. Wiener. Est.
10.000 €. © Elsen
107
On vendra
Belgique
03-12 La renaissance de la Galerie Moderne
EST. 8.000-12.000 €
Sirio Tofanari, Couple de singe
et leur petit, bronze à patine
brune, 37,5 x 40 x 32 cm. © Galerie
Moderne
EST. 10.000-15.000 €
Charles Delhommeau, Panthère en
marche, bronze à patine verte nuancée,
31 x 58,5 x 12, 5 cm. © Galerie
Moderne
EST. 30.000-50.000 €
Paul Delvaux, Au bord du lac, 1964,
encre de Chine et lavis d’encre sur papier,
42,5 x 53,5 cm. © Galerie Moderne
Fermée le 10 janvier dernier
en raison de l’hyper-concurrence
du numérique, la Galerie
Moderne, fondée au Sablon en
1935 et longtemps active dans le
Quartier Léopold, renaît de ces
cendres en cette fin d’année.
Reprise par l’expert et commissaire-priseur
Régis Baert
(B.Art.Invest), elle organise une
première vente cataloguée le 3
décembre, dans ses nouveaux
locaux du 414 chaussée de
Waterloo, à Ixelles. On annonce
notamment une vingtaine de
tableaux de Réal Lessard (1939),
qui partage sa vie entre Bruxelles
et Marrakech, mais aussi
quelques bronzes intéressants et
une importante œuvre sur papier
de Paul Delvaux.
06 au 07-12 Une broche Napoléon III chez DVC Anvers
Chez DVC Auctions à Anvers, l’année du 40 e anniversaire se
termine par une vente d’art asiatique, ethnique et islamique,
le 6 décembre, et par une prestigieuse vente de bijoux et de
montres, le 7. Quelques exceptionnels encensoirs vietnamiens
Nghê du XVe siècle sont annoncés dans la première session. Ils
font partie d’une collection assez importante d’objets en bronze
et en céramique de l’époque Han. De nombreux objets provenant
de Chine sont également mis à l’encan, notamment de la
porcelaine et des bronzes, ainsi que des meubles et des sculptures
d’Extrême-Orient. À cela s’ajoutent des textiles orientaux
anciens, des objets archéologiques, de l’art ethnique (Afrique
et Papouasie) et des objets d’art islamique. Lors de la seconde
vente, environ deux cents bijoux et montres sont à prendre,
dont une véritable pièce de collection d’époque Napoléon III,
un brillant de 4,05 carats, de magnifiques bijoux sertis de rubis,
d’émeraudes et de saphirs.
EST. 30.000-60.000 €
Paire exceptionnellement grande
d’encensoirs en forme de Nghê, Vietnam,
début du XVe siècle, avec rapport
de thermoluminescence. © DVC Anvers
EST. 7.000-8.000 €
Grande broche, France, époque Napoléon
III, ca. 1860, or 18 carats serti de ca.
14 carats de diamants en taille rose, dont
le plus grand fait ca. 1,20 carat, poids :
43,4 gr. © DVC Anvers
07-12 House Sale chez Haynault 07-12 Varia pour MonsAntic
Haynault organise l’une de ses traditionnelles House Sale, située
dans le Brabant flamand. Au menu, du mobilier classique du XVIIIe
siècle, dont un buffet en laque estampillé de Mewesen, des tableaux
anciens, dont une belle école flamande du XVIIe siècle figurant une
scène de noces et une scène animée sur une plage signée du maître
Abraham Susenier. Dans le domaine de l’argenterie, outre un bel
ensemble de platerie, une ménagère Wolfers dans son coffret en
bois d’origine est à noter.
EST. 2.000-3.000 €
Joe Colombo, Fauteuil, modèle ELDA,
éd. Comfort, ca. 1963, cuir et fibre de
verre. © MonsAntic
EST. 700-1.000 €
Roger Capron, Lampe à poser,
Vallauris, terre cuite, H. 39cm.
© MonsAntic
108
08-12 L’univers de la joaillerie chez Haynault
EST. 20.000-30.000 €
Cartier, paire de pendants d’oreilles, chacun
serti d’un diamant de 4 carats. © Haynault
Haynault organise une vente dédiée à l’univers de la joaillerie, réunissant un ensemble soigneusement
sélectionné de bijoux raffinés, témoins de plus d’un siècle de création, des montres,
sacs et foulards de marques comme Hermès et Louis Vuitton. Cette collection se distingue par
la présence de pièces signées par des artistes belges reconnus tels qu’Oscar Landuyt et Fernand
Demaret, d’une ravissante trembleuse, ainsi que de solitaires ornés de diamants aux tailles
remarquables, de 2,50 à plus de 4 carats. On retiendra surtout une paire de pendants d’oreilles
Cartier, chacun sertis d’un diamant ovale de 4 carats, certifié VVS ou LC, et un pendentif de la
même maison, lui aussi serti d’un diamant de 4 carats, l’ensemble formant un parure exceptionnelle.
Les amateurs de gemmes et de pierres fines colorées y trouveront également leur bonheur.
Ce parcours joaillier traverse les époques, de l’élégance aérienne de la Belle Époque aux créations
contemporaines des années 2000, sans oublier les bijoux audacieux et géométriques de l’Art déco
et ceux aux lignes généreuses des années 1950.
08 et 09-12 Beaux tableaux chez Horta
EST. 20.000-30.000 €
École flamande, suiveur de Jacob Grimmer, Le Christ et
les pèlerins d’Emmaüs dans un paysage animé, ca 1600,
huile sur panneau, 113 x 176 cm. © Horta
EST. 12.000-15.000 €
Willem Van Royen, Perroquets,
cardinal rouge et autres
oiseaux d’ornement dans un
parc agrémenté de fontaines,
huile sur toile, 80 x 65 cm.
© Horta
EST. 10.000-12.000 €
James Ensor, La Cathédrale,
1886, eau-forte en noir
et blanc sur papier Japon
rehaussée d’aquarelle à la
main, 23,5 x 17,5 cm. © Horta
09-12 Gravures et dessins de maîtres anciens chez Old Master Print
Le mardi 9 décembre, Old Master Print présente une sélection
exceptionnelle d’estampes et de dessins de maîtres anciens, avec
une attention particulière portée aux grands noms de la gravure
européenne. Cette vente Live Online, comprenant plus de 380 lots,
s’ouvre sur un ensemble de dessins des XVI e et XVII e siècles, suivi
d’une série d’eaux-fortes et de gravures inspirées, classées par
période et par école. La vente débute avec des gravures sur bois
précoces du XVe siècle, dont quelques pièces quasi uniques, tel
ce vœu de Nouvel An de 1470 et une Scène de la Nativité de 1482.
Albrecht Dürer et Lucas de Leyde y sont représentés par de précieux
exemples de leur art, issus de la Grande et de la Petite Passion. Les
maîtres flamands de l’humanisme, issus du cercle de Hieronymus
Cock, ainsi que Rubens et le baroque anversois, occupent également
une place importante. Une sélection d’œuvres originales de
Rembrandt van Rijn, caractérisées par son traitement emblématique
de la lumière, constitue l’un des moments forts de cette vente. Le
catalogue réunit l’ensemble de la production gravée jusqu’aux
environs de 1650, enrichie par des œuvres plus tardives de Goya,
Piranèse, Legrand et Buhot.
EST. 4.000-6.000 €
Rembrandt van Rijn, Portrait du
jeune Pieter Haaringh, eau-forte.
© Old Master Prints
EST. 1.200-1.800 €
École française, Etudes de mains.
Collection Hone (1718-1784). © Old
Master Prints
109
On vendra
Belgique
09-12 De l’art belge pour AZ Auction
EST. 15.000-25.000 €
Anna Boch, Pavots, 1889, huile sur toile,
86 x 64 cm. © AZ Auction
EST. 15.000-20.000 €
Anto Carte, Nu féminin, 1926, huile et
fusain sur carton, 81 x 60,8 cm. © AZ
Auction
EST. 2.000-3.000 €
Armand Rassenfosse, La jeune hiercheuse,
1910, fusain et pastel sur papier,
90 x 51 cm. © AZ Auction
09 et 10-12 Classiques et modernes chez Haynault
Le 9 décembre, la vente Classique met à l’honneur
les XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles au travers d’une
sélection de meubles, dont un cabinet d’époque
Louis XIII, un ensemble de mobilier d’époque Louis
XV et Louis XVI et, bien sûr, des tableaux anciens,
dont La tentation de Saint Antoine par Jan Mandyn
(1500-1560). L’argenterie et les arts de la table sont
représentés par plusieurs ménagères en argent
belge, et service en cristal du Val Saint-Lambert. Le
lendemain, place aux arts modernes avec de grands
classiques comme des lounge chairs de Eames, de
la céramique dont un plat signé Jean Lurçat ou un
vase de Jacques Innocenti. Au mur, le fond d’atelier
de Ferdinand Schirren présente tableaux et aquarelles
ainsi que quelques sculptures.
EST. 20.000-30.000 €
Jan Mandyn (att.), La tentation de Saint-Antoine,
huile. © Haynault
EST. 700-800 €
Jean Lurçat, Plat soleil. © Haynault
10-12 Joaillerie et horlogerie pour AZ Auction
EST. 4.000-6.000 €
Patek Philippe, montre de dame
Calatrava Lady Diamond, ca. 1980, or
jaune 18 carats, mouvement à quartz,
lunette sertie de diamants, avec écrin
d’origine, diam. 21 mm, poids : 47,8 gr.
© AZ Auction
EST. 7.000-9.000 €
Fernand Demaret, Parure en or jaune 18 carats, composée d’un collier
ras-de-cou, d’une paire de boucles d’oreilles pendantes et d’un bracelet,
poids de l’ensemble : 123,7 gr. © AZ Auction
EST. 8.000-12.000 €
Jean Després, Exceptionnel et rare
collier boule, années 1930, argent
et or jaune 18 carats, L. 42 cm, poids
brut : 112,4 gr. © AZ Auction
110
11 au 13-12 Un Mundomotorium pour Arenberg Auctions
EST. 12.000-15.000 €
Willem Gleuns Jr. & Hendrik Deutgen, Mundomotorium, 1854. © Arenberg
Auctions
EST. 4.000-5.000 €
James Ensor, La Gamme d’Amour,
1929. © Arenberg Auctions
Arenberg Auctions met aux
enchères une sélection exceptionnelle
d’estampes et de
dessins anciens et modernes, de
photographies historiques, mais
aussi de livres anciens et rares,
de manuscrits et de cartes. Parmi
les pièces maîtresses, citons une
carte des Pays-Bas du XVIIe siècle,
dessinée pour le cardinal de
Richelieu, un instrument astronomique
unique du XIXe siècle,
connu sous le nom de Mundomotorium,
une série complète
de gravures des Métamorphoses
de Hendrick Goltzius et une belle
sélection d’estampes de James
Ensor.
16-12 Vente d’hiver chez Rob Michiels
Le 16 décembre, Rob Michiels organise sa vente annuelle
d’hiver, suivie d’une vente en ligne exclusive
se clôturant le mercredi 17 décembre, via Drouot.
Cette vente proposera une sélection variée d’art
asiatique, européen et islamique. Parmi les pièces
maîtresses, citons un vase chinois bleu et blanc de
la période de transition, orné d’un chat et de papillons,
symboles de longue et heureuse vie, estimé
entre 8.000 et 12.000 euros, et une rare plaque
de Delft du XVIIIe siècle, à fond jaune et bordure
noire, estimée entre 6.000 et 12.000 euros. Une
tulipière de Delft, en forme de cœur, est également
proposée, estimée entre 5.000 et 10.000 euros.
Parmi les tableaux, le Portrait de Malvina, peint par
Jakob Smits entre 1888 et 1899, est particulièrement
remarquable (est. 8.000 à 12.000 euros). Deux
tapisseries bruxelloises de l’atelier de Jodocus de
Vos, d’après des dessins de Lambertus D’Hondt II,
sont également exceptionnelles et leur estimation à
l’avenant, entre 15.000 et 25.000 euros. La vente en
ligne proposera plusieurs lots sans limite d’achat,
occasion unique de dénicher une œuvre remarquable
ou un cadeau original pour les fêtes.
EST. 6.000-12.000 €
Rare plaque de Delft en bleu et blanc, avec
fond jaune et bordure noire, XVIIIe siècle,
24,5 x 22 cm. © Rob Michiels
EST. 4.000-8.000 €
Rare coupe et soucoupe de famille rose, Chine,
époque Yongzheng/Qianlong, décorée d’après
la gravure L’Apothicaire charitable de Bernard
Picart, 4 x 7 cm. © Rob Michiels
16 et 17-12 Un Breughel chez Vanderkindere
EST. 400.000-600.000 €
Pierre Breughel II, L’avocat du village, huile sur
panneau, signée. © Vanderkindere
EST. 7.000-10.000 €
Modeste Huys, Les vendangeurs, huile sur
toile. © Vanderkindere
EST. 13.000-18.000 €
Walasse Ting, Nu au perroquet, toile. © Vanderkindere
111
On vendra
Belgique
27-12 Une charity chez De Wit
En décembre, la maison de ventes De Wit organisera une grande
vente de quatre jours comprenant 3 400 lots d’art moderne, antiquités,
objets vintage et de collection. Le samedi 27 décembre,
une vente caritative proposera environ 300 tuiles provenant de
l’ancien Casino de Middelkerke, décorées par de nombreux
artistes et célébrités, dont Panamarenko, Delphine Boël, Herr
Seele, Salvatore Adamo et bien d’autres, au profit de MUG-Heli.
Tuile de Hannes D’Haese. © De Wit
Tuile de Cleymans. © De Wit
13-01 Art religieux néogothique pour Flanders Auctions
Le 13 janvier, Flanders Auctions organisera
une vente thématique consacrée à l’art
religieux et aux reliques. L’accent sera mis
principalement sur des pièces de la période
néogothique et plus anciennes. L’un des
musts sera une sculpture en bois sculptée
à la main et peinte de brocart représentant
une Vierge à l’enfant grandeur nature,
réalisée à Munich et achevée pendant
la période néogothique. On y trouvera également
de la vaisselle religieuse provenant
des célèbres ateliers belges Bourdon et
Jean-Baptist Van Damme, ainsi que des
sculptures des ateliers Bressers-Blanchaert
de Gand. Enfin, l’accent sera mis sur les
reliques et les reliquaires. Une fois de plus,
quelques pièces magnifiques et rares
seront proposées, notamment celles de la
Sainte Croix, des Apôtres et de la Sainte
Famille.
EST. 8.000-12.000 €
Marie-Madeleine avec une
couronne de fleurs, couronne par
Andries Daniels (ca. 1580-1640),
portrait de Marie-Madeleube
par Simon De Vos (1603-1676).
© Flanders Auctions
EST. 1.000-1.500 €
Calice de style néogothique,
probablement de Jean- Baptiste
Van Damme, vermeil. © Flanders
Auctions
EST. 200-300 €
Atelier Bressers-Blanchaert,
Gand, Saint Joachim.
© Flanders Auctions
23 et 24-01 Porcelaine de Chine chez Coronari Auctions
EST. 12.000-18.000 €
Paire de vases bouteilles exceptionnels,
décor de motifs antiques en relief sur
fond de sgraffite jaune, Chine, XIXe siècle.
© Coronari Auctions
EST. 6.000-12.000 €
Jan Frans Verhas, Deux enfants
dans un intérieur, 1883, huile
sur toile. © Coronari Auctions
Les 23 et 24 janvier, Coronari Auctions inaugurera la nouvelle année
par une vente de deux jours proposant une offre extrêmement variée.
Comme le veut la tradition, la partie asiatique attirera particulièrement
l’attention, avec principalement de la porcelaine de Chine,
couvrant plus de cinq siècles d’Histoire. Entre autres, quelques plats
chinois ‘‘Rose-Imari’’ représentant un oiseau sur une branche fleurie
de la période Kangxi, plusieurs groupes en corail rouge et une paire
exceptionnelle de vases en forme de bouteille, avec un décor en relief
d’antiquités sur fond de sgraffite jaune (XIXe siècle). Parmi l’offre européenne,
outre une vaste sélection de meubles estampillés, de tapis
et de vins, on trouvera une offre de peintures des XIXe et XXe siècles,
avec des noms prestigieux tels qu’Emile Claus et Valerius De Saedeleer.
Côté maîtres anciens, notamment des œuvres de l’entourage de Frans
Snyders et Peter Paul Rubens. Enfin, mentionnons l’exceptionnelle
pendule Deverberie, American Indian.
112
VENTE 11, 12 & 13 Décembre, 13h
Dessins, Estampes, Photographies
Manuscrits, Livres, Atlas ...
Exposition : 5 - 9 décembre
Register Antwerps broederschap H. Besnijdenis
Rue aux Laines 19/2 · 1000 Bruxelles
info@arenbergauctions.com +32 (0) 2 544 10 55
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vendredi 7 novembre
vendredi 28 7 novembre
vendredi 12 728 novembre décembre novembre
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Fietsen, meubilair,
verzamelobjecten en juwelen
BRUSSEL
02 Campo & Campo
Klassieke kunstveiling
ANTWERPEN
02 Antenor Auction
Mobilier, objet d’art et
tableaux anciens BRUXELLES
02 Antenor Auction
Haute Epoque BRUXELLES
02 Native Auctions
Modern art, African art and
design: Belfius Art Collection
and private collections
BRUXELLES
02-03 Galerie Athena
Kunst en antiek BRUSSEL
02-04 Bernaerts
Bernaerts 50: kunst en antiek,
werk op papier ANTWERPEN
03 Galerie Moderne
Kunst en antiek BRUXELLES
04-06 Sylvie’s Wine Auctions
Kerstveiling wijn ANTWERPEN
05 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
05-16 AZ Auction
Numismatique, bijoux,
montres et gemmes ONLINE
06 ABS Veilingen Mechelen
Deurwaarderstukken
MECHELEN
06-07 DVC Antwerpen
Aziatica en Aziatische
archeologie, etnische
kunst, juwelen en horloges
ANTWERPEN
07 Haynault
House Sale BRUXELLES
07 MonsAntic
Art et antiquités MONS
07 MJV Soudant
Vente online 9 ONLINE
07 Stanley’s Auction
Peinture, sculpture, bijoux,
horlogerie, argenterie,
mobilier etc. ZAVENTEM
08 Amberes
Burgerveiling ANTWERPEN
08 Haynault
Juwelen en horloges
BRUXELLES
08 Salle des Ventes Uccle
Saint-Job
Antiquités et brocante ONLINE
08-09 Horta
Art et antiquités BRUXELLES
09 Berg van Barmhartigheid
Juwelen, sieraden en
numismatiek BRUSSEL
09 Old Master Print
Prenten, tekeningen en
schilderijen IZEGEM
09 Antenor Auction
Arts de la table et orfèvrerie
BRUXELLES
09 AZ Auction
Tableaux et objets d’art
BRUXELLES
09-10 Haynault
Vente classique BRUXELLES
10 AZ Auction
Joaillerie et horlogerie
BRUXELLES
10 Zouave Auction
Maroquinerie, bijoux et
accessoires de luxe BRUXELLES
10 Antenor Auction
Tableaux modernes et
contemporains BRUXELLES
10 MJV Soudant
Bijoux et montres GERPINNES
10 Legia Auction
Souvenir de Grandes Familles
Belges Partie 2 HANNUT
11 Arts Talents Enchères
Bruxelles
Intérieurs - Collections et
successions BRUXELLES
11 Antenor Auction
Un pied à terre dans le Marais
BRUXELLES
11 Hôtel des Ventes Legros
Antiquités et objets d’art
VERVIERS
11-13 Arenberg Auctions
Boeken, prenten, tekeningen,
schilderijen BRUSSEL
12 Phoenix Auction
Art et antiquités WAVRE
12 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
13 Berg van Barmhartigheid
Uitzonderlijke stukken
BRUSSEL
13 ABS Veilingen Mechelen
Deurwaarderstukken
MECHELEN
13 Morel de Westgaver
Littérature, gravures et cartes
postales BRUXELLES
13 Cnock
Juwelen KNOKKE
14 Stanley’s Auction
Arts d’Asie ZAVENTEM
14 Cnock
Kunst en antiek KNOKKE
15 Amberes
Burgerveiling ANTWERPEN
15 Ventes Elysée
Art et antiquités GRIVEGNÉE-
LIÈGE
15 Salle des Ventes Uccle
Saint-Job
Brocante ONLINE
16 Rob Michiels Auctions
Winter Sale BRUGGE
16 Ventes Elysée
Art et antiquités ONLINE
16-17 Vanderkindere
Art et antiquités BRUXELLES
16-17 Jordaens
Kunst en antiek MORTSEL
19 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
20 ABS Veilingen Mechelen
Deurwaarderstukken
MECHELEN
22 Amberes
Burgerveiling ANTWERPEN
22 Salle des Ventes Uccle
Saint-Job
Art de verre ONLINE
27-30 Veilinghuis De Wit
Kunst en antiek OOSTENDE
JANUARY
03 ABS Veilingen Mechelen
Deurwaarderstukken
MECHELEN
08 ABS Veilingen Mechelen
Deurwaarderstukken
MECHELEN
09 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
12 Amberes
Burgerveiling ANTWERPEN
13 Flanders Auctions
Religieuze kunst en thecas
ROESELARE
16 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
18 Stanley’s Auction
Militaria et histoire ZAVENTEM
19 Amberes
Burgerveiling ANTWERPEN
23 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
23-24 Coronari Auctions
Nieuwjaarsveiling NAZARETH
24-01/02 AZ Auction
Bandes dessinées ONLINE
25 MJV Soudant
Objets d’art et antiquités
GERPINNES
26 Amberes
Burgerveiling ANTWERPEN
26-27 Horta
Art et antiquités BRUXELLES
27 AZ Auction
Philatélie BRUXELLES
30 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
FEBRUARY
02 Amberes
Burgerveiling ANTWERPEN
02 Veilinghuis Pictura
Kunst en antiek GENT
02-08 Salle de Ventes Rops
Art et antiquités ONLINE
03-04 Flanders Auctions
Kunst, design en antiek
ROESELARE
03-04 Bernaerts
Kunst en antiek ANTWERPEN
04 Carlo Bonte Auctions
Netsuke BRUGGE
06 Maison des Huissiers de
Justice
Vente aux enchères judiciaire
BRUXELLES
09 Amberes
Kunst- en antiekveiling
ANTWERPEN
10 Carlo Bonte Auctions
Kunst- en antiekveiling
BRUGGE
The Netherlands
NOVEMBER
24-03/12 Venduehuis Den
Haag
Vendue Next Door Part I, II
and III ONLINE
24-09/12 Venduehuis Den
Haag
Winter Auctions Luxury
Edition ONLINE
24-10/12 Venduehuis Den
Haag
Winter Auctions: Arts of the
East ONLINE
24-11/12 Venduehuis Den
Haag
Winter Auctions: Home and
interiors including fine silver
ONLINE
24-12/12 Venduehuis Den
Haag
Winter Auctions: Tribale kunst,
Etnografica en Indonesische
kunstnijverheid ONLINE
DECEMBER
01 ADAMS Amsterdam
Auctions
Kunst, sieraden, tassen en
zilver AMSTERDAM
01 Veilinghuis Bouwman
Vintage toys en automobilia
ONLINE
01-03 Veilinghuis Klinkhamer
Kunst en antiek GRONINGEN
01-05 Zwiggelaar Auctions
Boeken, stripverhalen,
prenten en tekeningen etc.
AMSTERDAM
02 ADAMS Amsterdam
Auctions
Kunst, sieraden, tassen en
zilver ONLINE
02-03 Veilinghuis De Jager
Kunst, antiek, juwelen en
aziatica GOES
05-15 Venduehuis Dickhaut
Kunst, antiek en juwelen
ONLINE
08-11 Van Spengen
Kunst en antiek ONLINE
08-15 Veilinghuis Korendijk
Kunst en antiek ONLINE
09-10 Veilinghuis Omnia
Kunst en antiek KOLHAM/
HOOGEZAND
09-10 Oprechte Veiling
Haarlem
Kunst en antiek HAARLEM
10-11 Vendu Rotterdam
Algemene veiling ONLINE
10-11 Veilinggebouw De
Zwaan
De kunstcollectie van Aldo en
Hannie van Eyck AMSTERDAM
11-14 Oprechte Veiling
Haarlem
Kunst en antiek ONLINE
12 Vendu Rotterdam
Muntenveiling ONLINE
13 Hessink’s Fine Art
Auctioneers
Boeken, prenten, grafiek en
kunst BEEK
15 Veilinghuis Bouwman
Vintage toys en automobilia
ONLINE
15 De Eland & De Zon
Winterveiling S-GRAVELAND
15-16 Van Zadelhoff
Kunst en antiek ONLINE
15-16 Ald Fryslân
Kunst en antiek WOMMELS
15-17 Veilinghuis Onder de
Boompjes
Lustrumveiling: Kunst en
antiek ONLINE
17-19 Ald Fryslân
Kunst en antiek ONLINE
18 Schulman
Jubileumveiling: Numismatiek
AMSTERDAM
29 Veilinghuis Bouwman
Vintage toys en automobilia
ONLINE
JANUARY
08-10 Twents Veilinghuis
Kunst en antiek ENSCHEDE
09-10 Heritage Auctions
Europe
Stamps and postcards
IJSSELSTEIN
FEBRUARY
02-07 Derksen Veilingbedrijf
Kunst, antiek, design en
brocante ARNHEM
09-10 Van Zadelhoff
Algemene veiling ONLINE
Luxembourg
DECEMBER
07 Goldfield Auction
Luxembourg
Lumières d’Hiver
WEISWAMPACH
114
Fair calendar december 2025—february 2026
Belgium
DECEMBER
06-07 GANDA: Ghent
Antiques
Design Art - Kunstroute
Ghent
05-07 Internationale
Antiquarenbeurs
Mechelen
11-14 Art Antwerp
Antwerp
JANUARY
21-25 Ceramic Brussels
Brussels
21-25 Civilisations Brussels
Art Fair
Brussels
22-22/02 PhotoBrussels
Festival
Brussels
25-01/02 BRAFA Art Fair
Brussels
FEBRUARY
04-08 Affordable Art Fair
Brussels
Luxembourg
JANUARY
28-01/02 Antiques & Art Fair
Luxembourg
Luxembourg
Switzerland
JANUARY
29-01/02 Artgenève
Genève
The Netherlands
JANUARY
22-25 Naarden The Art Fair
Naarden
Turkey
DECEMBER
04-07 Istanbul Art & Antique
Fair
Istanbul
United Emirate
States
FEBRUARY
05-07 Art Basel Qatar
Doha
United Kingdom
JANUARY
21-25 London Art Fair
London
20-25 Winter Fair
London
United States
DECEMBER
02-07 Art Miami
Miami
02-07 SCOPE Art Show Miami
Miami
02-07 Alcova Miami
Miami
05-07 Art Basel Miami Beach
Miami
Marthe Donas,
de retour au pays (1921-1927)
Du 29/11/2025 au 25/01/2026
À la fin de l’été 1921, à court d’argent, dépressive et malade, Marthe
Donas tourne le dos à l’avant-garde, quitte Paris et retourne dans
sa famille à Anvers. Elle opte désormais pour une existence plus
conventionnelle: le mariage, associé à un cadre de vie radicalement
différent, dans le Brabant wallon.
À Ittre, elle peint la campagne (paysages, scènes de la vie quotidienne,
natures mortes) avec quelques réminiscences de son langage cubiste
des années 1917-1920.
L’opportunité de montrer son travail ne suffit pourtant pas à rendre
confiance à une femme de plus en plus absorbée par les tâches domestiques.
En 1927, Marthe Donas cesse de peindre pendant vingt
ans et disparaît pratiquement du paysage artistique.
Heures d’ouverture: Jeudis et samedis de 13:00-17:30
Dimanches: 11:00-17:30 et sur rendez-vous (0471 21 63 88)
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et de bandes dessinées.
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Maleingreau d’Hembise)
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