20.11.2025 Vues

COLLECT Belgique Hiver 2025

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

collect COLLECT

Mensuel ne paraît pas en janvier, en juillet ni en août - 8,95 € - P608061

N° 548 / HIVER 2025–2026

Ceramic Brussels

Moteur de création

BRAFA 2026

Des marchands en dialogue

Un bestiaire royal

Les animaux de Fabergé


HIËRONYMUS FRANCKEN II

(1578– Antwerpen – 1623)

JEAN-PIERRE CASSIGNEUL

(Born in Paris 1935)

BRAFA

ART FAIR BRUSSELS

STAND 69

Douwes Fine Art is the oldest family-owned art dealer in the

world, established in 1770. We offer five centuries of paintings

(from 1500 until today), works on paper and sculpture.

REMBRANDT HARMENSZ. VAN RIJN

(Leiden 1606 - 1669 Amsterdam)

We look forward to welcoming you at the BRAFA Art Fair in

Brussels at stand 69. Please visit our website for an overview

of our collection and feel free to contact us with any questions

you might have.

SALES - PURCHASES - CONSIGNMENTS - RESEARCH - ADVICE

EXHIBITIONS - VALUATIONS - RESTORATIONS

Johannes Vermeerstraat 15hs • 1071 DK Amsterdam • The Netherlands

Tel. +31(0)20 664 63 62 • info@douwesfineart.com • www.douwesfineart.com


LES

NOUVELLES

SALLES

Arts décoratifs

du XIX e siècle

Art Nouveau et

Art Déco

belges

Sphynx mystérieux

Charles Van der Stappen

1897

PARC DU CINQUANTENAIRE - BRUXELLES

Regie der Gebouwen

Régie des Bâtiments



COLLECT

Est. 1971 – hiver 2025–2026 n°548

Édito

Rédacteur en Chef

Christophe Dosogne

Rédaction

Els Bracke

Christophe Dosogne

Trice Hofkens

Collaborateurs

Gilles Bechet, Tamara Beheydt,

Jean-Marc Bodson, Gwenaëlle de Spa,

Gwennaëlle Gribaumont, Elien Haentjens,

Diane Hennebert, Ben Herremans, Anne

Hustache, Ewoud Mijnlief, Bernard Roisin,

Christine Vuegen

Mise en pages

Renaldo Candreva

Ellis De Vuyst

Administration, Rédaction, Agenda

Begijnhoflaan 464 G

9000 Gand

Tél. : 0468/51.15.39

collect@ips.be

www.collectaaa.be

Publicité

Secteur Art : Joris van Glabbeek

Tél. : 012/26.37.11

collect.net@ips.be

Tout autre secteur :

MAC-Strat SRL /

Yves de Schaetzen

Tél. : 0475/82.96.00

yves@macstrat.be

Distribution

Librairies

AMP

La Poste

Abonnements

Pays d’Abonnements, Ambachtenlaan 21,

Unit 2A - 3001 Heverlee

Tél. 02/808.55.23

serviceclient@paysdabonnements.be

Belgique 52 €, Europe 90 €

Les abonnements sont à reconduction

automatique, sauf avis contraire envoyé

au minimum deux mois avant la date

d’échéance. Un abonnement offert en

cadeau se termine automatiquement

au bout d’un an. Pour un changement

d’adresse, une résiliation, un numéro

manquant, ou toute autre question,

surfez sur : www.paysdabo.be

Membre de l’Union des Editeurs

de la Presse Périodique

Pour les auteurs d’art visuel et les photographes

: © CISAC / SABAM Belgium 2025

Portrait : © Guy Kokken

Editeur responsable :

Patrick Snoeck

En couverture

Carlo Nicoli (1843-1915), Madame de

Pompadour, 1889, buste en marbre de

Carrare, H. 108 cm, signé et daté. Le

buste orné de l’œuvre d’Anna Volkova

(1974), Les Fleurs d’Amour (2025), en

porcelaine modelée et peinte. Courtesy

Artimo, Bruxelles / BRAFA 2026 / stand

n°150 - www.artimobrussels.com

Nulle partie de cette publication ne peut être reproduite

et/ou publiée par impression, photocopie ou

de toute autre manière que soit, sans l’autorisation

écrite de l’éditeur. Ni la rédaction ni l’éditeur ne

peuvent être tenus pour responsables des opinions

et faits contenus dans les articles signés ou les

contributions de ce magazine, lesquels n’engagent

que leurs auteurs. COLLECT ne peut être tenu pour

responsable du contenu des annonces publicitaires

publiées, la responsabilité en incombant uniquement

à l’annonceur. © Arts Antiques Auctions, Gand

Si les signes encourageants, observés

en octobre à Frieze London et Art

Basel Paris, ont ravivé les espoirs du

marché et prouvé que les collectionneurs

sont toujours prêts à dépenser, les pièces

acquises, des œuvres séduisantes et beaucoup

de photographie, témoignaient en revanche

d’une aversion au risque de plus en plus prégnante,

au détriment de l’art d’avant-garde et

de l’expérimentation. Ainsi, dans leur approche

prudente, les collectionneurs semblent rechercher

le soutien des institutions et d’œuvres

qui s’inscrivent pleinement dans l’histoire de

l’art, tandis que, dans un marché considéré

désormais comme incertain, les prix élevés paraissent

relégués à la marge. Selon une enquête

menée auprès de 3 100 collectionneurs à travers

le monde, réalisée pour Art Basel et UBS

par Clare McAndrew et publiée en amont de la

foire Art Basel Paris, leurs dépenses médianes,

en 2024, s’élevaient à 24.000 dollars, tandis que

la moyenne globale atteignait 438.990 dollars.

L’enquête, qui pointe davantage d’acheteurs

féminins et des jeunes générations, a mis en

évidence une plus grande diversité de goûts

comme un besoin d’évasion, incarné entre

autres par le succès des œuvres surréalistes.

De leur côté, les artistes contemporains, plus

nombreux et généralement moins chers que

leurs prédécesseurs du XXe siècle, gagnent en

popularité grâce à leurs paysages imaginaires

et symbolistes, notamment ceux du peintre

suisse Nicolas Party, omniprésents sur les

stands des grandes foires d’octobre et perçus

par les collectionneurs comme des espaces

d’évasion et de réflexion, offrant une alternative

aux récits martiaux d’expansion et d’exploitation

générés par la situation géopolitique

mondiale. En outre, peut-être en réaction au

rythme effréné des avancées technologiques,

la photographie argentique traditionnelle a fait

son grand retour cette saison, notamment à

Paris Photo qui a attiré 61 000 visiteurs. L’étude

Prudence et aversion au risque,

nouveaux paradigmes du marché

Si l’art numérique semble

désormais mis entre

parenthèses, on constate

un retour à l’ancien

qui, bien que loin d’être

toujours accessible, attire

de nouveaux acheteurs.

Art Basel et UBS Global Collecting Survey révèle

ainsi que les collectionneurs d’art sont de plus

en plus attirés par la photographie. De fait, 44

% des personnes interrogées ont acheté une

photographie entre 2024 et 2025, contre 16 % en

2023. Cette évolution s’explique en partie par le

profil des acheteurs interrogés : les femmes ont

dépensé plus du double de leurs homologues

masculins en photographie (65.000 $ en moyenne

contre 30.000 $), tandis que les acheteurs de

moins de 60 ans y ont consacré en moyenne

14 % de leurs dépenses, contre seulement 3 %

pour les baby-boomers (61-79 ans). Enfin, si l’art

numérique semble désormais mis entre parenthèses,

on constate un retour à l’ancien qui,

bien que loin d’être toujours accessible, attire

de nouveaux acheteurs, par exemple dans le

secteur technologique, qui déconcertés par les

prix que peuvent atteindre certains noms de l’art

contemporain se sentent, au contraire, rassurés

par l’importance historique d’une œuvre. Un

juste retour des choses ? A voir…

Pour l’heure, l’ensemble de la rédaction se joint

à moi pour vous souhaiter déjà de belles et lumineuses

fêtes, ainsi qu’une excellente année 2026 !

Nous vous retrouverons avec joie fin janvier.

Christophe Dosogne


26 50 60

Les animaux

de Fabergé. Un

savoir-faire inégalé

Au fil du temps :

la boule de Noël

Les dialogues de la BRAFA :

Objects With Narratives et

Haesaerts – le Grelle

44

Ceramic Brussels

20

Nos incontournables en 2026

L’an prochain, ces institutions

devraient écrire l’histoire de l’art.

Notez d’ores et déjà ces expositions

dans votre agenda.

6


40

L’argent fait un carton !

Sommaire

Hiver 2025–2026

Dossiers

Rubriques

56

La micro-mosaïque,

splendeur minature

16 Leçons de survie dans un

marché en mutation

20 Nos incontournables en

2026

26 Les dialogues de la BRAFA

26 Objects With Narratives et

Haesaerts – le Grelle

31 Virginie Devillez et

Gwenvael Launay

(Almine Rech)

34 Oscar De Vos et

Thomas Deprez

39 Une tradition qui se

renouvelle

40 L’argent fait un carton !

44 Ceramic Brussels

50 Les animaux de Fabergé.

Un savoir-faire inégalé

56 La micro-mosaïque,

splendeur minature

60 Au fil du temps :

la boule de Noël

88 Native Auctions

10 Up to date

14 Personalia

22 L’artiste du mois : Elise

de Falletans (aka Elium)

24 Zoom : PhotoBrussels

Festival

64 Beaux-Livres

70 La vie du conservateur :

Dorothée Duvivier et

Bachelot & Caron au

BPS22

72 Musées

78 Parole de galeristes :

Martins & Montero

79 Galeries

116 Salles de ventes

117 Bonnes adresses

Ventes

92 Focus International

96 La surprise du mois

97 Ventes en Belgique

Agendas

La rédaction de COLLECT

envoie régulièrement une

newsletter d’actualité des

ventes, foires et salons...

Inscrivez-vous y directement via

notre site internet ci-dessous.

76 Musées

84 Galeries

114 Ventes

115 Foires & Salons

SUIVEZ-NOUS ÉGALEMENT

@ARTMAGAZINECOLLECT

www.collectaaa.be

7


A la recherche

d’un cadeau pour

un passionné d’art ?

Offrez un

abonnement d’essai

à COLLECT

25 €

4 numéros


Envoyez le bon ci-joint ou souscrivez en ligne

www.collectaaa.be

• Offre valable jusqu’au 15/01/2026, uniquement pour les nouveaux abonnés à un abonnement d’essai en Belgique.

• Abonnement d’essai : 4 numéros (papier + numérique) à partir du 01/02/2026.

• Les abonnements offerts en cadeau expirent automatiquement.


Up to date

->

Le futur Dubai Museum of Art, dessiné par Tadao Ando. Courtesy Al-Futtain Group

Signa temporum, ars temporis…

Catastrophe pour le marché US ? Les droits

de douane introduits par l’administration

Trump ayant pour but de soutenir les fabricants

américains dans des secteurs tels que

la construction, l’industrie pharmaceutique

et la production automobile, nuisent en fait

au négoce international des antiquités et

arts décoratifs. Ces nouvelles taxes, allant de

10 à 25 %, mais qui devraient atteindre 50 %

d’ici 2026, concernent aussi de fait nombre

d’objets de collection et de décoration, tels

que les meubles, le vin et les voitures anciennes.

En conséquence, plusieurs grands

marchands européens ont déjà renoncé à

participer à des salons outre-Atlantique,

choisissant de se recentrer sur l’Europe. S

Société européenne de gestion de crédit

privé, Pemberton Asset Management vient

d’acquérir l’auctioneer Bonhams auprès

du fonds d’investissement Epiris pour un

montant non divulgué. Il a été précisé que

ce changement de propriétaire coïnciderait

avec les départs de Chabi Nouri, PDG

monde de Bonhams, et de Céline Assimon,

directrice commerciale. www.bonhams.com

S Alors que le pays développe ses ambitions

culturelles avec la construction d’un grand

musée d’art moderne et contemporain

international et le lancement de sa propre

foire Art Basel, le Qatar s’apprête également

à inaugurer le plus grand centre de

stockage et de logistique d’oeuvres d’art

de la région du Golfe. Ce projet est le fruit

d’un partenariat entre QC+ et Gulf Warehousing

Company (GWC). Ce nouveau

complexe offrira des services de stockage

sécurisé, de conservation et des salles de

visionnage privé pour les collectionneurs

et les institutions. Situé à proximité de l’aéroport

international Hamad, au sein d’une

zone franche, il permettra le stockage et le

négoce d’œuvres d’art hors taxes, à l’instar

des zones franches de Genève, Luxembourg

et Singapour. Le port franc de Doha

desservira l’ensemble de la région du Golfe,

où il n’existe encore aucun lieu comparable.

S L’émirat d’Abu Dhabi, quant à lui, annonce

l’ouverture pour ce mois de décembre du

Zayed National Museum, dans le district

culturel de Saadiyat. Les collections qui y

seront présentées incluent des œuvres du

Paléolithique à l’Âge du Fer, reflétant la

résilience des premières communautés établies

dans cette portion du désert d’Arabie.

Le bâtiment qui les abrite est l’œuvre du

bureau Fosters + Partners. www.zayednationalmuseum.ae

De son côté, l’émirat de

Dubaï vient d’annoncer la construction à

l’horizon 2029 du Dubai Museum of Art,

confiée à l’architecte japonais Tadao Ando.

Cette institution, qui sera installée sur la

Dubai Creek, présentera de l’art moderne

et contemporain reflétant la dynamique

culturelle locale. www.alfuttaim.com S

L’artiste belge Jean Boghossian (1949) développe

depuis quelques années un travail de

céramique qu’il expose, en cette fin d’année

(du 06 au 31-12), en la More Upstairs Gallery

au Sablon. Ces écritures abstraites transcendées

par le feu s’illustrent dans une série

de plaques épigraphiques en porcelaine

émaillée. www.moreupstairs.com S Hériter

de la famille Stoclet, Stephane De Bruyn

vient d’ouvrir dans le quartier Brugmann

à Bruxelles (69 rue Alphonse Renard)

l’espace Branche & Lebrun, où l’art n’est

pas seulement destiné à être vu, mais aussi

vécu, transmis et partagé. Un espace où

10


UP TO DATE

->

Marthe Donas, La table de jeux, 1926, exposée au Mimdo.

Collection Fédération Wallonie-Bruxelles, inv. 9023.

© photo : Luc Schrobiltgen

->

Jean Boghossian, Epigraphic Plaque #9, 2025, plaque en porcelaine émaillée,

29 x 15 x 0,5 cm. © de l’artiste / Courtesy More Upstairs Gallery

les collectionneurs et les amateurs peuvent

acheter et vendre des œuvres, confier la

recherche de pièces rares et significatives,

et entrer en contact avec une communauté

qui apprécie l’art moderne et contemporain

dans ce qu’il a de meilleur. www.branchelebrun.com

S L’antenne bruxelloise de

Colnaghi présente (du 10-12 au 30-01) une

exposition consacrée aux chefs-d’œuvre du

caravagisme flamand. Avec notamment des

œuvres de Hendrick de Somer, Matthias

Stom, Theodore Rombouts, Abraham

Janssens et Jan van Dalen, qui reflètent

les échanges dynamiques développés au

XVIIe siècle entre Rome, Naples et Anvers.

www.colnaghi.com S De son côté, Agnews

Brussels annonce son déménagement du

Sablon vers le quartier de l’avenue Louise,

au 11 rue Paul Emile Janson. www.agnewsgallery.com

S La Granada Gallery, déjà présente

à Tucson, Lanaken, Genk et Anvers,

connue pour ses collections exceptionnelles

de fossiles, minéraux et météorites, vient

d’ouvrir sa première galerie à la côte belge,

sur la rive est d’Ostende, dans un bâtiment

appartenant au Versluys Group. www.

granadagallery.com S A Roux-Miroir, dans

le Brabant wallon, l’Atelier Pierre Culot vous

invite (du 12 au 14-12) à la découverte de ses

nouvelles créations, notamment une édition

spéciale de la lampe Piccolina, imaginée

par le céramiste Pierre Culot en 1965. www.

atelierpierreculot.com S En complément

de l’exposition consacrée à Marthe Donas

(1885-1967) au KMSKA, le musée Marthe

Donas présente Marthe Donas, de retour au

pays, qui réunit des œuvres réalisées entre

1921 et 1927, juste avant qu’elle ne prenne la

clé des champs. En 1921, elle tombait gravement

malade à Paris et, après son mariage,

était contrainte de retourner en Belgique,

où elle s’installa chez ses beaux-parents

dans le Brabant wallon. Là, cette citadine

découvrit le charme de la campagne, qui influença

sa peinture, abordant de nouveaux

thèmes tels que les paysages, les scènes

de la vie quotidienne, les natures mortes et

les peintures religieuses. Son style pictural

renoue alors également avec la figuration,

ponctuée de réminiscences de son langage

cubiste. Les œuvres présentées proviennent

principalement de collections privées belges

et sont donc rarement exposées (jusq.

25-01). www.museemarthedonas.be S A

Bruxelles, le musée Mode et Dentelle a

récemment acquis une pièce exceptionnelle

de la seconde moitié du XIXe siècle. Cette

dentelle raffinée, entièrement réalisée à

la main, mesurant près de deux mètres

sur deux, selon la technique du point de

gaz, ornée d’un somptueux motif floral,

témoigne de l’excellence de la production

dentellière bruxelloise du XVIIIe au début

du XXe siècle. www.fashionandlacemuseum.brussels

S Les trésors du patrimoine

désignés, cette année, pour le Challenge

Patrimoine de l’IRPA sont, entre autres, le

Palais chinois et des Pays des routes de la

Soie à Laeken (Bruxelles), la glacière du cimetière

Bedford House à Ypres, les tableaux

de coquillages de l’Institut des Sciences

naturelles à Bruxelles, ainsi que les bas-reliefs

en albâtre du Château de Gaasbeek.

La liste complète est à découvrir sur le site

www.challengepatrimoine.be, où vous

pouvez voter (jusq. 01-02) pour votre projet

favori qui bénéficiera d’un mécénat de

compétence de l’IRPA à hauteur de 25.000

euros. S Dans le cadre de l’élaboration d’un

catalogue raisonné consacré au peintre

belge Robert Giron (1897-1967), Christian

Defauw est à la recherche de toutes ses

œuvres réalisées sur toile, sur panneau ou

sur papier. Les propriétaires sont chaleureusement

invités à le contacter par email ou

téléphone: defauwchristian@gmail.com ou

0474/90.98.43. Discrétion et confidentialité

assurées.

11


UP TO DATE

Art Antwerp se

développe

Pour sa cinquième édition (du 11 au 14-12), la foire Art Antwerp met

l’accent sur les relations humaines et son rayonnement international.

Ce salon intimiste, où les galeristes sont invités par un comité de

sélection, connaît un succès grandissant. Cette année, 76 galeries,

principalement de Belgique, des Pays-Bas et de France, mais aussi du

Danemark, de Finlande, de Lituanie, d’Allemagne et du Luxembourg,

présentent une sélection dynamique d’artistes confirmés et prometteurs.

Parmi les nouveaux venus figurent des noms prestigieux tels

que Nathalie Obadia, Callewaert Vanlangendonck et Ramakers. Les

participants se distinguent par des présentations de stands originales

ou proposent une exploration approfondie de l’oeuvre d’un artiste lors

d’une présentation individuelle ou en duo. Nouveauté, le Bureau de

Conseil en Art, un service qui met en relation avec les galeries visiteurs

et collectionneurs et leur offre des conseils personnalisés, pour une expérience

accessible et enrichissante. Le Prix d’Acquisition Art Antwerp

est également lancé : un jury sélectionnera une oeuvre d’art d’une

valeur maximale de 10.000 euros, déposée au KMSKA. Cette initiative

enrichit non seulement le musée d’une nouvelle oeuvre, mais réalise

aussi le rêve de nombreux artistes de voir leurs oeuvres intégrées dans

une collection muséale. www.art-antwerp.com

->

Philip Aguirre y Otegui, Fields, 2025. © de l’artiste /

Courtesy Galerie valerie_traan

->

Europalia 2025 : Trois questions à Christian Salez

A l’occasion du 30e festival

Europalia, qui consacre pour

la deuxième fois une édition à

l’Espagne (jusq. 01-02), Christian

Salez, son directeur général,

nous précise les nouvelles

inflexions de l’organisation.

Comment Europalia se positionne-til

désormais ?

« Il ne s’agit plus seulement de présenter

des showcases du pays invité à

travers quelques grands maîtres, mais

bien de questionner les échanges,

les métamorphoses et les liens entre

les cultures. Nous revenons ainsi à

l’essence même de la création d’Europalia

: inciter à la connexion, créer des

perspectives et le dialogue à travers

l’art et la culture, dans un monde de

plus en plus polarisé. Cette nouvelle

édition s’inscrit donc dans une dynamique

de renouvellement. »

Qu’en est-il de l’indépendance

financière du festival ?

« Europalia a toujours défendu et

maintenu son indépendance artistique.

L’impact financier est important mais

pas décisif quant à la programmation.

Les collaborations avec les pays invités

reposent sur un partenariat artistique authentique,

sans contrainte ni compromis.

Ce n’est pas toujours facile, mais c’est

toujours enrichissant. Il nous est arrivé

de financer de manière autonome des

projets non retenus, voir censurés, pour

offrir une vision la plus complète possible

du pays invité. »

Quelles sont les futures pistes de

développement ?

« Le nouveau chapitre d’Europalia

s’écrira sous le signe de la transversalité

: croiser les disciplines, les générations

et les enjeux sociétaux. Nous

développons davantage des formats

participatifs, des résidences d’artistes et

des collaborations durables entre des

Christian Salez. © Europalia

partenaires peu attendus. L’objectif

est d’ancrer le festival dans le présent

tout en ouvrant de nouvelles perspectives

pour l’avenir culturel et son

impact, notamment par le biais d’un

programme à destination du public

scolaire particulièrement étoffé. »

S www.europalia.eu

12


UP TO DATE

Retour à Miami

Miami est la destination incontournable

de la Miami Art Week, du 02 au 07-12. Les

foires d’art moderne et contemporain les

plus prestigieuses s’y déroulent simultanément.

À commencer par Art Miami, la

plus ancienne et une destination de choix

pour les collectionneurs. La galerie L.E. est

la seule représentante belge. La galerie

néerlandaise Priveekollektie participe pour

la onzième fois. www.artmiami.com S

Depuis plus de vingt ans, Scope Art Show

Miami met en lumière galeries et artistes

émergents des plus dynamiques, à travers

une programmation multidisciplinaire

et immersive. www.scope-art. com S La

troisième édition d’Alcova Miami se tient à

nouveau au Miami River Inn, plus ancien et

pittoresque hôtel du quartier historique de

South River Drive, dans l’East Little Havana,

véritable oasis tropicale de tranquillité au

milieu des palmiers. Dans ce cadre exo-

tique est proposée une sélection de design

avant-gardiste et visionnaire. En collaboration

avec Patricia Urquiola, la cour ovale se

transforme en lieu de rencontre convivial.

www.alcova.xyz S Du 05 au 07-12, Art Basel

Miami Beach se dédie à l’art moderne et

contemporain et met en lumière les nouveaux

talents. Parmi les participants belges

figurent Tim Van Laere, Rodolphe Janssen

et Xavier Hufkens. Cette édition inaugure

une nouvelle plateforme, entièrement

consacrée à l’art numérique, baptisée Zero

10, en référence à l’exposition historique

0,10 de Malevitch, à Petrograd en 1915, jalon

de l’avant-garde. Art Basel inscrit ainsi l’art

numérique comme un pilier du marché.

Autre temps fort, Meridians, section dédiée

aux installations artistiques de grande

envergure, où l’on pourra découvrir les

Bruxellois Harlan Levey Projects et Maruani

Mercier. www.artbasel.com/miami-beach

->

Stuart Haygarth, Milk Moon, 2024, verre

opalin et acier, pièce unique. © de l’artiste

/ Courtesy Priveekollektie / Art Miami

Quelques salons spécialisés

->

Bouclier en bois et rotin, Beha, province

d’Oro, baie de Collingwood, Papouasie

Nouvelle-Guinée, XIXe siècle, L. 83,5

cm. © Courtesy Galerie Patrick & Ondine

Mestdagh / Civilisations Brussels

À Malines, du 05 au 07-12, les amoureux

du livre peuvent à nouveau se faire plaisir

et découvrir de magnifiques trésors. Les

marchands de livres anciens, d›antiquités

et d’ouvrages bibliophiles, ainsi que

d’estampes et de gravures, se réunissent

au Centre culturel de Malines pour la

Foire internationale du livre ancien. Les

participants viennent non seulement de

Belgique et des Pays-Bas, mais aussi d’Allemagne,

de France et du Royaume-Uni.

www.antiquarenbeurs-mechelen.com S

La nouvelle année commence traditionnellement

avec quelques événements

incontournables. Outre la BRAFA, Ceramics

Brussels et le PhotoBrussels Festival,

l’édition hivernale de la foire Civilisations

Brussels est prévue du 21 au 25-01. Des

marchands d’art belges et internationaux,

spécialisés dans l’art asiatique, tribal et

ancien, s’y réuniront dans différents lieux

animés du Sablon. Aux côtés d’exposants

de renom tels que Bernard De Grunne,

de la Galerie Patrick & Ondine Mestdagh,

de Bruno Claessens et de Jo De Buck,

des marchands d’art étrangers seront

également présents. www.civilisations.

brussels S La 51e édition du Salon des

Antiquités et de l’Art se tiendra à Luxembourg

(du 28-01 au 01-02) à LuxExpo. Ce

rendez-vous annuel, qui réunit une centaine

de galeries et d’antiquaires internationaux,

ravira tant les amateurs que les

collectionneurs professionnels. Avec un

large choix d’antiquités, d’art moderne et

contemporain, de tableaux, de meubles,

de bijoux et d’accessoires de luxe, chacun

y trouvera son bonheur. www.antiquaires.

lu S On attend aussi avec impatience

la fin du mois de janvier car, du 22 au

25-01, la Grote Kerk de Naarden-Vesting

accueillera à nouveau une foire d’art

réunissant plus de soixante galeries, marchands

et antiquaires, qui présenteront

une sélection variée d’œuvres anciennes,

modernes et contemporaines. Le thème

de cette édition est le bleu, la couleur

qui inspire les artistes depuis des siècles.

www.naardenartfair.nl

13


Têtes de l’Art

Louise Delanghe

In memoriam : Le 1er novembre,

Louise Delanghe (1994) est décédée

à Gand dans un accident de la

route. Cette figure prometteuse de

l’art contemporain belge avait été

sélectionnée pour l’exposition Painting

After Painting au S.M.A.K., terminée

le lendemain de son décès.

Son travail était également exposé

au Kunsthaus NRW d’Aix-la-Chapelle.

Elle avait étudié le graphisme au

KASK de Gand avant de se spécialiser

dans les arts plastiques et de

s’orienter vers la peinture, combinant

techniques classiques et matériaux

expérimentaux tels que le bois,

les coquillages et la peinture domestique.

Ses œuvres, souvent des portraits

colorés de figures féminines et

d’animaux, présentent un mélange

d’inspirations historiques, de Kazimir

Malevich à William Bouguereau,

et d’influences pop contemporaines.

© photo : Guy Kokken

Bart De Baere

Démission : Le 3 novembre, Bart De

Baere (1960) démissionnait de son

poste de directeur général et artistique

du M HKA, à Anvers. S’il quitte

ses fonctions de directeur opérationnel,

il restera probablement conseiller

jusqu’à sa retraite à la fin de

l’année prochaine. Sa démission, qui

fait suite à celle du président du CA

de l’institution, Herman De Bode, est

une conséquence des changements

dans la politique relative à l’art contemporain

en Flandre.

© photo : David Van Turnhout

Camille de Foresta

Promotion : Après quatre années

passées à la présidence de

l’association, le marchand Christophe

Hioco passe le relai à Camille

de Foresta (1986). Sous son impulsion,

le Printemps Asiatique Paris s’est

imposé comme le plus grand rendez-vous

mondial consacré aux arts

d’Asie. En fédérant des institutions

culturelles majeures, dont le musée

Guimet, et en attirant les plus prestigieuses

galeries étrangères, il a su

conférer à l’événement l’envergure

internationale qu’on lui connaît

aujourd’hui. C’est dans cet esprit

de développement que Camille de

Foresta lui succède, qui souhaite

étendre le rayonnement international

de la manifestation en poursuivant

la dynamique d’ouverture qui

en fait aujourd’hui la singularité.

© Printemps Asiatique

14


Xie Lei

Marianne Hoet

Promotion : À compter du mois de

février, Marianne Hoet devient présidente

du département européen

en Modern and Contemporary Art

de l’auctioneer Phillips, implanté à

Londres, New York, Genève et Hong

Kong. Fille de Jan Hoet, sa carrière

l’a menée à côtoyer les plus grands

collectionneurs et musées, notamment

dans le cadre de ses précédentes

fonctions chez Christie’s et

Bonhams. Dans le même temps,

India Phillips est nommée directrice

générale pour l’Europe. Phillips

renforce ainsi son équipe dirigeante

dans le domaine de l’art des XXe

et XXIe siècles.

© D. R.

Lauréat : Le 23 octobre, le peintre

d’origine chinoise Xie Lei était

proclamé lauréat du Prix Marcel

Duchamp 2025, doté de 35.000

euros. Né en 1983 et représenté,

en France, par la Galerie Semiose,

l’artiste est diplômé de l’Académie

centrale des Beaux-Arts de Chine et

des Beaux-Arts de Paris, ville où il

est installé depuis 2006. Ses toiles

oniriques et ambiguës incarnent,

dans des êtres évanescents, le flottement

de notre époque. Son installation

est à découvrir (jusq. 22-02) au

musée d’Art moderne de Paris, aux

côtés des œuvres des trois autres

finalistes Bianca Bondi, Eva Nielsen

et Lionel Sabatté.

© photo : Guillaume Blot

Karim Crippa

Nomination : Depuis le 1er novembre,

suite au départ de Clément Delépine

en septembre, le Suisse Karim

Crippa (1991) est le nouveau directeur

d’Art Basel Paris. Actif au sein

de la foire depuis 2022, il y dirigeait

le service communication. Auparavant,

il avait occupé des fonctions

à la Haus der Kunst de Munich et

au musée Thyssen-Bornemisza de

Madrid. Il souhaite bien sûr renforcer

la place d’Art Basel Paris et agir

en tant que défenseur de la ville, des

exposants et du réseau international

du salon, qui a tenu cette année, avec

succès, sa quatrième édition.

© Art Basel

Maurizio Cattelan

Lauréat : Le Prix de la Nationalgalerie

2026 sera décerné à l’artiste

italien Maurizio Cattelan (1960).

Ce prix berlinois récompense l’un

des artistes contemporains les plus

influents, présenté pour la première

fois en Allemagne dans le cadre

d’une exposition personnelle. Ses

œuvres, qui vont de la sculpture à

l’installation en passant par la pra-

tique conceptuelle, se caractérisent

par un humour corrosif, un sérieux

amer et une réflexion profonde sur

les structures sociales. L’exposition

accompagnant le Prix de la Nationalgalerie

ouvrira ses portes à la

Neue Nationalgalerie lors de la Berlin

Art Week de septembre 2026.

© D. R.

15


Leçons de survie

dans un marché en

mutation

La crise que traverse le marché de

l’art est d’abord celle d’une remise

en question et d’un changement

de modèle où les différents acteurs

sont appelés à s’adapter, et peutêtre

à changer leurs priorités.

TEXTE : GILLES BECHET

Pablo Picasso, Buste de femme au chapeau à fleurs (Dora Maar), 1943, huile sur toile, 81 x 60 cm.

Lucien Paris, 24-10. © Succession Picasso 2025 – 32.000.000 €

Les signaux qu’envoient le marché

de l’art sont alarmants mais trompeurs.

Le dernier rapport d’UBS

pour Art Basel notait une baisse

générale de 12 %, et selon Deloitte, ce recul

montait même à 26,2 %. A y bien regarder,

cette déprime concerne surtout les grosses

galeries et le haut du panier des enchères.

Mais, lorsqu’on y ajoute la fermeture en

série de nombreuses galeries, il y aurait

de quoi s’inquiéter. Toutefois, on observe

aussi que ce marché est résilient et que

les bonnes œuvres continuent à bien se

vendre, tant aux enchères qu’en galeries,

comme en témoignent plusieurs résultats

encourageants, notamment ceux recueillis

lors des semaines de ventes londoniennes

et parisiennes et des foires Frieze et Art

Basel Paris, en octobre dernier. Pour

autant on constatait que, faisant preuve

de prudence, les collectionneurs privilé-

16


« Les nouveaux

talents émergents

atteignent très

rapidement, dès le

lancement de leur

œuvre, des prix

élevés, inabordables

pour la plupart des

collectionneurs »

JOOST VANHAERENTS,

Vanhaerents Art Collection

giaient les œuvres qui s’inscrivent dans

l’histoire de l’art, même si les prix élevés

demeurent l’exception. L’étude Art Basel

and UBS Global Collecting Survey révèle

également que les collectionneurs d’art

sont de plus en plus attirés par la photographie

: 44 % des personnes interrogées

ont acheté une photographie entre

2024 et 2025, contre 16 % en 2023. Cette

évolution s’explique en partie par le profil

des acheteurs interrogés : les femmes ont

dépensé plus du double de leurs homologues

masculins en photographie (65.000

dollars en moyenne contre 30.000 dollars),

tandis que les acheteurs de moins de 60

ans y ont consacré en moyenne 14 % de

leurs dépenses, contre seulement 3 % pour

les baby-boomers (61-79 ans). Car, dans le

regard des Gen Y et Z, l’art redevient émotion

pure, plaisir immédiat, expérience

partagée, libérée du fétichisme de la cote.

« L’appétit du public est toujours là.

C’est une crise de volume, plus qu’une

crise de prix, ce qui se vend, continue à

bien se vendre, les prix tiennent »

Elles se plaisent dans un style plus idiosyncrasique,

où se côtoient œuvres anciennes,

meubles vintage et pièces contemporaines.

« Le marché de l’art doit tenir compte du

développement de ces nouvelles pratiques

d’achat et d’une jeune génération de collectionneurs

hyper connectés, très autonomes

et beaucoup plus éclectiques, dont

les intérêts portent autant sur les objets

de luxe et de collection que sur les œuvres

d’art », note Christine Mostert, Head

ARNAUD CORNETTE DE SAINT CYR

of Art Advisory Services chez Degroof

Petercam. Du reste, si on s’attarde sur un

autre segment du marché, on constate que

beaucoup de moyennes et petites galeries

n’ont pas à se plaindre. Julien Delagrange,

historien de l’art, artiste et directeur de

CAI et de la CAI Gallery, y voit d’abord la

fin d’un modèle basé sur la hype, où une

dizaine de ‘‘mega-galeries’’ aux capitaux financiers

conséquents orientent le marché

en se partageant un vivier d’artistes limité

17


« Le marché de

l’art doit aussi

tenir compte du

développement de

nouvelles pratiques

d’achat et d’une

jeune génération

de collectionneurs

hyper connectés,

très automnes et

beaucoup plus

éclectiques »

CHRISTINE MOSTERT

Degroof Petercam

Piet Mondrian, Composition with Large Red Plane, Bluish Gray, Yellow, Black and Blue, 1922, huile sur toile, 54

x 53.3 cm. Christie’s, New York, 12-05. © Christie’s Images Ltd. – 47.560.000 $

dont ils gonflent les prix pour couvrir leurs

coûts de fonctionnement. Un modèle qui,

aux yeux de certains acheteurs, décrédibilise

l’art contemporain plus exposé à la

volatilité des prix : « Le système risque de

s’effondrer quand un nombre toujours plus

grand d’amateurs tentent d’acquérir une

part d’un gâteau qui, lui, n’a pas grandi. »

Le collectionneur Joost Vanhaerents ne dit

pas autre chose : « Les nouveaux talents

émergents qui atteignent très rapidement,

dès le lancement de leur œuvre, des prix

élevés, sont inabordables pour la plupart

des collectionneurs. Ce qui rend pratiquement

impossible la constitution d’une collection

approfondie d’œuvres d’un artiste,

sur plusieurs années de sa carrière. »

FAIRE LA PART DES CHOSES

Entre crise des marchés financiers et crise

du marché de l’art, il est parfois difficile de

faire la part des choses, alors que comme le

rappelle Arnaud Cornette de Saint Cyr, « par

rapport aux marchés financiers, le marché

de l’art est microscopique. Sur une année,

il doit représenter trois ou quatre heures

d’échanges à Wall Street. » Quoi qu’il en soit,

l’année 2024, visée par le rapport, n’a pas été

une très bonne année. Depuis la décennie

1990, le marché de l’art a gagné en visibilité

et est, à la marge, un terrain de jeu pour

quelques spéculateurs. Pourtant, comme le

note Julien Delagrange, « au cours des vingt

dernières années, il n’y a pas eu de tendance

à la hausse dans la valeur totale du marché

de l’art, alors qu’on a pu remarquer dans le

marché des biens de luxe une croissance

continue. » La crise que nous traversons

n’est pas la première, mais elle est différente.

Ce n’est pas une crise financière, car la

bourse ne se porte pas trop mal. Le monde

globalisé se transforme, les échanges commerciaux

doivent intégrer de nouvelles

barrières et le marché de l’art aussi. Mais ce

n’est pas tout. « Ce que l’on voit depuis deux

ans, c’est un peu plus profond. Je crois qu’il

y a une vraie crise de confiance générale,

la peur d’un changement. L’hypothèse

qu’une guerre puisse avoir lieu en Europe

est quelque chose que personne n’avait

envisagé, il y a trois ou quatre ans », estime

Arnaud Cornette de Saint Cyr. Première

18


conséquence de cette incertitude, nombre

de collectionneurs mettent leurs achats

sur pause et redirigent leurs économies.

Toutefois, pour Vincent Matthu, fondateur

du bureau de conseils Ars Belga, la situation

n’est pas catastrophique : « Les crises

ont une influence sur le marché, mais c’est

à chaque fois différent. Quand le marché

ralentit, ça ne se voit pas nécessairement

directement sur les prix. Le public met du

temps à intégrer une baisse du marché. Il y

a toujours six mois entre la tendance baissière

des marchés financiers et la baisse des

prix sur le marché de l’art. » Si la situation

est mauvaise, elle demeure stable. « L’appétit

des acheteurs est toujours là. C’est une

crise de volume, plus qu’une crise de prix, ce

qui se vend, continue à bien se vendre, les

prix tiennent », souligne Arnaud Cornette

de Saint Cyr. On se bat toujours sur les lots,

mais il y a moins d’acheteurs.

« Il ne faut pas avoir

peur de repenser

son mode de

fonctionnement. Je

connais quelques

marchands qui ont

cherché à diminuer

leurs coûts, en

fermant leur boutique,

par exemple, et en

présentant leurs

pièces uniquement

en foires »

GIJS VAN KERKHOFF

Van Kerkhoff Art

RECRÉER DES ÉMOTIONS

On prête à Sir Winston Churchill la formule

« Never let a good crisis go to waste ». C’est

également valable sur le marché de l’art.

C’est le moment d’acheter pour ceux qui en

ont la possibilité, mais des œuvres qui font

sens. « Quand on constitue une collection,

et c’est valable en général, il faut vraiment se

demander est-ce que cet artiste est important,

est-ce qu’il a changé quelque chose,

est-ce qu’il va s’inscrire durablement dans

l’histoire de l’art ou s’il n’est pas le quatrième

ou le cinquième à servir la même chose »,

prévient Arnaud Cornette de Saint Cyr. Pour

regagner la confiance des acheteurs, galeristes

et marchands ont aussi leur partition

à jouer. « Il faut montrer des bonnes choses,

sans compromis avec des prix abordables,

qui ne sont pas gonflés. Il faut arriver à réexciter

le marché et à donner envie. Il faut

recréer des émotions », estime Vincent Matthu.

Dans un marché de l’art en mutation, le

centre de gravité est en train de se déplacer.

Les méga-galeries ne vont pas disparaître,

mais différentes analyses pointent un

déplacement des achats vers les segments

inférieurs du marché, qui bénéficient sans

doute de moins de visibilité. De même que

ce sont les galeries de moyenne et de petite

taille qui connaissent la croissance, on verra

se multiplier les collectionneurs moyens ou

plus modestes. On note aussi, par ailleurs,

que beaucoup plus de femmes ont réalisé

des acquisitions d’art. « Dans ce marché en

mutation, ce sera ceux qui s’adapteront le

mieux à une nouvelle clientèle et à de nouveaux

modes de consommation qui pourront

survivre et même prospérer », reprend

Julien Delagrange.

REPENSER SON FONCTIONNEMENT

Avec une galerie à Amsterdam, spécialisée

dans l’art et le design d’après-guerre, et

plus particulièrement le design scandinave,

Gijs Van Kerkhoff occupe un marché

de niche. Pour lui les affaires sont plutôt

bonnes. « La crise concerne d’abord

le haut du panier », confirme-t-il. « J’ai

la chance de connaître une croissance

continue depuis quelques années. Même

si c’est pour des raisons différentes, j’ai

connu une baisse des achats de la part de

clients venus des Etats-Unis ou de Grande

Bretagne. » Pour lui, la recherche, de nouveaux

clients a toujours été une priorité.

Et pour trouver de nouveaux clients, il faut

aller les chercher là où ils se trouvent, en

communiquant sur les réseaux sociaux

par exemple : « Il ne faut pas avoir peur de

« Le public met du

temps à intégrer la

baisse du marché.

Il y a toujours six mois

entre la tendance

baissière des marchés

financiers et la baisse

des prix sur le marché

de l’art »

VINCENT MATTHU,

Fondateur du bureau de conseils

Ars Belga

repenser son mode de fonctionnement. Je

connais quelques marchands qui ont cherché

à diminuer leurs coûts, en fermant

leur magasin, par exemple, et en présentant

leurs pièces uniquement sur les foires.

C’est quelque chose que je ne souhaite pas

faire parce qu’avec les objets et le mobilier

design, il est préférable de conserver un

espace vitrine, mais il ne faut jamais avoir

peur du changement. » Dans une société

en pleine mutation, où les changements

sont de plus en plus rapides, le marché de

l’art sait qu’il doit s’adapter.

SURFER

theartmarket.artbasel.com

19


Nos incontournables

pour 2026

L’an prochain, ces institutions devraient écrire

l’histoire de l’art. Notez d’ores et déjà ces expositions

dans votre agenda, car elles vont faire parler d’elles.

Renoir sous

un éclairage neuf

Deux grandes expositions placeront sous

un éclairage neuf l’œuvre de Pierre-Auguste

Renoir (1841-1919), en dehors de sa

réputation de coloriste impressionniste.

Renoir dessinateur dévoilera la puissance

de ses lignes en plus de cent dessins,

études et aquarelles démontrant que l’art

graphique sous-tendait son imagination,

de ses premiers exercices d’étudiant aux

expériences raffinées de la fin de sa vie.

L’humain occupera une place centrale

dans Renoir et l’amour : des relations entre

hommes et femmes, tendres et modernes,

baignant dans la lumière et la couleur.

Ces deux expositions devraient présenter

l’artiste sous un jour nouveau, en tant que

visionnaire de la forme et du sentiment,

peintre de la vie même.

Renoir dessinateur

du 17-03 au 05-07

Renoir et l’amour

du 17-03 au 19-07

Musée d’Orsay

Paris

www.musee-orsay.fr

Tracey Emin:

A Second Life

Pierre-Auguste Renoir, Nu féminin assis, s’essuyant le pied gauche, 1890, trois crayons, 56 x 46 cm.

Collection Musée d’Orsay. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / photo : Gérard Blot

Voici la plus grande exposition rétrospective

d’une des artistes contemporaines les plus

influentes de sa génération. Plus de 90 œuvres,

de l’emblématique My Bed aux sculptures,

vidéos, œuvres textiles et installations en

néon, montreront la façon dont Tracey Emin

(1963) a transformé ses expériences personnelles

en art sans compromis. L’accent sera

mis sur la période après la guérison de son

cancer de la vessie et les opérations qui ont

20


Flambant neuf et

encore meilleur

Le V&A East Museum à Londres ouvrira

ses portes le 18 avril prochain. Le directeur

Gus Casely-Hayford s’adresse à la

Génération Z avec un musée accessible et

inclusif. Dans le bâtiment de cinq étages à

Stratford Waterfront, les abondantes collections

du V&A côtoiront des expositions

novatrices désirant inspirer et sensibiliser

les jeunes visiteurs.

www.vam.ac.uk/east

Tracey Emin, My Bed, 1998. © de l’artiste / The Saatchi Gallery, Londres / Prudence Cuming Associates Ltd.

suivi, y compris sa vie avec une stomie. Des

expériences ayant influencé ses sculptures,

bronzes et installations récents, dans

lesquels elle explore le corps humain, met en

exergue sa vulnérabilité et rend perceptible

la tension entre douleur, guérison et expression

de soi. L’exposition suit son trajet, des

installations brutes et provocantes des années

1990 aux œuvres directes et explicites

des années écoulées. L’artiste montre que les

expériences intimes, traumatismes et déficiences

physiques peuvent devenir une source

de puissance et de raffinement.

et émotions. L’exposition révèlera l’art de la

sculpture comme un champ de perception

et d’expérience où la matière, l’espace et le

corps humain résonnent à l’infini.

du 23-05 au 20-09

KMSKA

Anvers

www.kmska.be

Gestel & De Smet

Le nouveau centre d’art BRUSK sera inauguré

le 8 mai, à Bruges, lors d’un événement

de trois jours. BRUSK, qui s’adressera

à un large public, dont des visiteurs jeunes

et variés, souhaite positionner la cité flamande

comme destination internationale

de l’art contemporain.

www.bruskbrugge.be

Le Design Museum de Gand conclura

l’année 2026, le 3 octobre, avec la réouverture

de sa nouvelle aile DING. Le hall

d’entrée, le café, le jardin intérieur et la

boutique seront librement accessibles,

tandis que les expositions demeureront

payantes. Le musée proposera des espaces

supplémentaires de conférences, ateliers

et événements et associera des pôles

d’attraction aux fonctions éducatives.

www.designmuseumgent.be

du 26-02 au 31-08

Tate Modern

Londres

www.tate.org.uk

Antony Gormley.

Geestgrond

Cette présentation explore le cœur de

l’œuvre d’Antony Gormley (1950) et fait dialoguer

ses sculptures avec l’espace urbain,

le bâtiment du musée et la collection permanente.

Ses corps poreux évolueront dans

les salles, toits et rues, entre tableaux et objets

historiques et deviendront ainsi partie

intégrante de leur environnement. Le titre

renvoie tant à des formations géologiques

qu’à des espaces intérieurs : un terreau fertile

dans lequel fusionnent présence, temps

Voici une illustration de l’amitié exceptionnelle

entre Gustave De Smet (1877-1943),

maître de l’expressionnisme flamand, et

Leo Gestel (1881-1941), pionnier du modernisme

néerlandais. Lors de la Première

Guerre mondiale, le second a influencé le

style du premier : des traits naturalistes aux

couleurs expressives et aux formes simplifiées,

inspirés par l’École de Mons. Lorsqu’il

résida plus tard en Flandre (1925-1927),

il reprit à son tour les thèmes et caractéristiques

stylistiques de Gust. De Smet.

L’exposition montrera des œuvres-clés de

leur collaboration et de leur inspiration réciproque

et dévoilera la façon dont l’amitié

personnelle et les échanges artistiques ont

produit un langage expressif.

du 24-04 au 13-09

Stedelijk Museum

Alkmaar

www.stedelijkmuseumalkmaar.nl

Gustave De Smet, À la fenêtre, 1931, huile et crayon

gras sur papier, 63,5 x 49 cm. © The Phoebus Foundation,

Anvers

21


L’ARTISTE DU MOIS

Elise de Falletans

Dans cette série, COLLECT s’intéresse à la place des jeunes artistes

dans le monde contemporain. Pourquoi ont-ils choisi cette voie,

d’où leur vient leur inspiration et comment se positionnent-ils ?

Ce mois-ci : Élise Garnier de Falletans (1999) aka Elium.

TEXTE : ELIEN HAENTJENS

PORTRAIT : GUY KOKKEN

Élise de Falletans, qui a effectué la

majeure partie de sa scolarité au

Royaume-Uni, s’est inventé, dès l’âge

de onze ans, le nom d’Elium, une

contraction d’Élise et d’‘‘asylum’’, et une

allusion au gaz hilarant : « Quand j’ai décidé

d’étudier le design et la pratique de la performance

au Central Saint Martins College

of Art and Design de Londres, mes parents

se sont d’abord un peu inquiétés. Pour eux,

c’était un monde de fous, une sorte d’asile

d’aliénés. Mais moi, j’y ai rapidement trouvé

mes marques. Dès mon plus jeune âge, j’ai

aimé jouer au théâtre et danser, et l’univers

qui se cache derrière la scène m’a toujours

profondément fascinée. J’y ai poursuivi

l’élaboration de mon langage plastique, inspiré

par le surréalisme. L’humour, la poésie

et l’ambiguïté y forment comme un voile

absurde, permettant de parler librement de

notre monde et de notre société, sans que le

propos ne paraisse trop appuyé. C’est peutêtre

aussi une manière de me protéger dans

un monde où les critiques, les jugements et

les préjugés sont omniprésents. » Depuis

l’obtention de son diplôme, elle transpose

ce contexte performatif dans sa pratique,

qui englobe aussi bien des dessins, des

peintures et des installations que des

œuvres vidéo de grande envergure. Élise de

Falletans : « J’’attache une grande importance

à l’interaction avec le public. Depuis

2019, je développe sur Instagram le projet

Let’s build a wall, pour lequel je demande

au public d’écrire sur une brique ce qui

l’empêche d’être heureux. Les réponses qui

reviennent le plus souvent sont « l’argent »,

« la culpabilité » et « soi-même ». Même si

nous vivons, et les jeunes en particulier, de

plus en plus dans une bulle, n’osant plus

interagir ni parler les uns avec les autres,

je fais partie d’une génération qui aime

l’interaction et les projets collectifs. Engager

le dialogue avec des inconnus est assez

intimidant, mais le projet fait contrepoids

à l’isolement et aux murs invisibles qui

nous séparent de plus en plus les uns des

autres. L’avenir de l’art réside dans le travail

performatif, expérimental et collaboratif. »

Lorsqu’elle dessine ou peint, des actions

performatives surgissent immédiatement,

dit-elle. « J’aime que les choses prennent

véritablement vie, et je n’apprécie pas qu’on

m’enferme dans une case. Pour chaque objet,

même un légume ou un fruit, j’imagine

un personnage. J’y glisse aussi une note

critique : l’oeuvre souhaite faire réfléchir sur

notre rapport au monde matériel. Nous devons

nous détacher de la surconsommation

et de l’obsession matérialiste. J’ai récem-

22


KUNSTENAAR VAN DE MAAND

ment traduit ce thème dans la sculpture

Money Lotus. Pour une exposition collective

au château de Menthon-Saint-Bernard, en

France, j’ai créé une fleur à partir des pièces

que les visiteurs jettent dans la fontaine du

château. Elle représente les vœux qui sont

associés à chaque pièce jetée. Cette plante,

simple et poétique, pousse sur un terreau

d’espoir et questionne notre idolâtrie de

l’argent. » L’artiste intègre avec légèreté et

subtilité le thème de la critique sociale dans

ses créations. Pour sa pièce de théâtre 2020

Heroes, ensuite adaptée en film, elle a personnifié

les treize catastrophes de l’année

2020 sous forme de personnages, réunis

autour d’un dernier repas dans une ville édifiée

en sucre. Du Coronavirus au Brexit, en

passant par la politique de Donald Trump en

matière de pandémie, tous provoquent la

chute de la ville. Élise de Falletans : « Parfois,

on peut se demander si nous ne naissons

pas, en tant qu’êtres humains, dans une

gigantesque maquette, et si nous ne jouons

pas le rôle de marionnettes dans un spectacle

incontrôlé, soumis en permanence à

des forces supérieures. L’étendue du pouvoir

des hommes politiques est insensée. Ils ont

le destin du monde entre leurs mains. »

UN MESSAGE POÉTIQUE

Élise de Falletans aborde les enjeux sociétaux

avec légèreté, en les teintant d’humour

et de touches surréalistes. « Bien que j’ai

passé la majeure partie de ma scolarité

en France et au Royaume-Uni, je reste

fondamentalement belge », confie-t-elle.

« Enfant, j’étais fascinée par la manière

dont Jaco Van Dormael mettait en scène

la série de mini-sacs Delvaux, empreints

Feux de forêt en Australie, 2020, tirage photographique

sur papier 225 gr., 40 x 50 cm, éd. de 5. © de l'artiste

Prix : 450 €

Le banquet, 2020, tirage photographique sur papier 225 gr., 150 x 225 cm, éd. de 3. © de l'artiste

Prix : 3.500 €

« J’aime jouer

avec les codes »

de surréalisme et de ‘‘belgitude’’. J’aime

jouer avec les codes et ne pas me prendre

au sérieux, ni le monde de l’art. En traduisant

des thématiques sociétales dans mon

univers, personnel et coloré, j’instaure une

forme de distance et de douceur, et je peux

m’exprimer librement sans que le propos ne

paraisse trop direct. Chaque détail ajoute du

sens. Je permets aux spectateurs d’échapper

un moment à la réalité quotidienne et

les encourage à inventer leur propre histoire.

Comme au début du surréalisme, je fais

passer sans mots un message poétique et

puissant. » Parmi ses références artistiques,

elle cite notamment le photographe JR, ainsi

que les cinéastes Wes Anderson et Tim Burton

: « JR conçoit son travail photographique

de manière très interactive, tout comme les

deux autres, qui créent un univers interactif

à travers leurs films, sculptures et dessins.

J’admire le fait que Tim Burton travaille dans

une grande diversité de médias. J’apprécie

également les dessins de David Shrigley,

ainsi que le magazine Toiletpaper, drôle et

surréaliste, imaginé par l’artiste Maurizio

Cattelan et le photographe Pierpaolo Ferrari.

» Si son talent artistique se concentre sur

des projets cinématographiques d’envergure,

elle réalise également des créations

sur commande pour des emballages ou

des vitrines de marques telles que Hermès,

Louis Vuitton ou Dior : « Lorsque la pandémie

a éclaté, j'ai décidé de mettre mes

études d'art entre parenthèses et de faire

un stage chez Hermès. C’est ainsi que les

premières commandes sont arrivées. Même

si ce travail artistique sur les vitrines passe au

second plan, derrière les objets eux-mêmes,

je considère cet espace comme un lieu idéal

d’expression créative, car accessible à tous, y

compris aux personnes sans abri. En même

temps, je suis fascinée par le fait que, en tant

qu’artiste, je disparaisse ainsi à l’arrière-plan.

Pour les mêmes raisons, j'ai un faible pour

le street art, qui déconstruit l'idée de galerie

ou de musée. » Des projets intéressants sont

en gestation, comme une installation éphémère

dans un hôtel bruxellois, de nouveaux

films et une exposition personnelle prévue

en 2027. Élise de Falletans : «De nombreux

autres projets sont prévus. En tant qu’artiste,

on n’a jamais la certitude qu’ils aboutiront,

jusqu’au moment où ils se concrétisent. Je

trouve intimidant de devoir vendre mon

travail moi-même, mais le contexte d’une

galerie peut engendrer le même sentiment

chez le visiteur. C’est pour cela que je

souhaite m’approprier les codes du monde

de l’art. L’œuvre passe avant toute chose

et doit être comprise universellement, sans

discours. Faire en sorte que le public se

sente le bienvenu et à l’aise dans l’exposition

de mon travail est mon but ultime. »

VISITER

Légendes botaniques

jusq. avril 2026

Château de Menthon

www.legendesbotaniques.com

SURFER

www.elium.space

23


ZOOM

PhotoBrussels Festival

Le PhotoBrussels Festival revient, en

cette fin janvier, avec une dixième

édition impressionnante. Pas moins

de 52 lieux, galeries et institutions,

exposeront de la photographie durant

un mois. Dans ses superbes espaces

de la place du Châtelain, le Hangar,

qui a créé ce Mois de la Photo à

Bruxelles, propose pour sa part The

House, une exposition immersive qui

reconstitue un intérieur anglais des

années 1960. Celle-ci se prolonge avec

sept projets d’artistes qui explorent les

liens familiaux. En figure de proue de

cet événement, l’ensemble forme un

univers sensible autour de l’identité,

de l’amour et de la mémoire.

La Belgique dispose de deux musées

dédiés à la photographie, très différents,

mais de grande qualité, l’un

à Anvers, l'autre à Charleroi. Chose

incroyable, à Bruxelles, il a fallu attendre

la création du Hangar par Rodolphe de

Spoelberch en 2014 pour disposer d’un lieu

d’ampleur qui réveille le secteur de la photographie.

Dirigé par Delphine Dumont, ce

centre d’art privé dynamique, qui s’étend

sur plus de mille mètres carrés, a créé il y

a dix ans le Mois de la Photo, à l’instar de

ceux de grandes villes comme Berlin, Lisbonne,

Luxembourg, Paris et Vienne. Ce

PhotoBrussels Festival est un vrai succès.

Il fédère désormais annuellement, de la

fin janvier à la fin février, plus d’une cinquantaine

d’expositions dans une grande

variété de lieux tels que musées, galeries,

centres d’art et espaces alternatifs.

UN MOIS DE L’INTIME

En figure de proue de cet événement, le Hangar

propose à chaque édition une exposition

collective à la thématique forte. Cette

année, c’est la sphère familiale, mais aussi la

quotidienneté, qui sont mises en avant. Avec,

au rez-de-chaussée, The HOUSE, première

exposition de Lee Shulman (1973) qui fut

l’un des moments forts des Rencontres de

la Photographie d’Arles en 2019 et n’a jamais

été présentée depuis. On y découvre les

images récoltées au sein de The Anonymous

Project, structure que ce Britannique vivant

à Paris a créée pour récolter les photos souvenirs

des familles du Royaume-Uni de ces

70 dernières années. Précisons que l’artiste

ne collectionne que des diapositives, support

aux couleurs vives désormais oublié qui

permettait des projections pour se remémorer

les bons moments passés ensemble.

TEXTE : JEAN-MARC BODSON

Lee Shulman, de la série The House. Anonyme, 1958. © de l’artiste

24


ZOOM

A Bruxelles, il a

fallu attendre la

création du Hangar

par Rodolphe de

Spoelberch en 2014

pour disposer d’un

lieu d’ampleur qui

réveille le secteur de

la photographie.

Pour retrouver le côté enveloppant de ces

soirées passées devant l’écran, il a conçu

The HOUSE, comme une expérience totalement

immersive. Une installation qui recrée

l’atmosphère d’une maison des années 1960.

Comme il le précise, «les photographies ne

sont pas simplement accrochées aux murs :

elles habitent l’espace. Chaque image trouve

sa place dans un cadre domestique (cuisine,

salon, chambre) avec l’intention de créer un

environnement vivant ou le spectateur se

sente ‘‘chez lui’’. Cet album de famille anonyme,

en trois dimensions, se prolonge aux

étages du Hangar, avec sept projets d’artistes

explorant les liens familiaux. On y découvre,

par exemple, comment Cristobal Ascencio

(1988) a travaillé sur la notion d’image familiale

après avoir appris, quinze ans après sa

mort, que son père s’était en fait suicidé. On y

voit les images d’adieu à ses parents, répétés

au fil des ans par Deanna Dikeman (1954),

à chaque départ de la maison familiale. On

s’étonne aussi des collages dont Alma Haser

(1989) se sert pour casser les codes du portrait

classique ou des images de Daesung Lee

(1975), qui pointent les modes de vie en voie

de muséification dans le cadre de la mondialisation.

Ce sont là autant d’histoires qui,

comme on le fait remarquer au Hangar, « tissent

un univers sensible autour de l’identité,

de l’amour et de la mémoire ».

TOTEMS DE LA BANALITÉ

En contrepoint de cet ensemble marqué au

coin de l’intimité, on trouvera également

Objets trouvés, le résultat de la résidence

à Bruxelles de Robin Lopvet (1990). Contrepoint

car il s’agit d’une recherche sur la

nature morte contemporaine, réalisée dans

l'espace public. Le temps de la résidence,

Francesca Hummler, La Salle de Bain, 2021. © de l’artiste

la ville fut pour l’artiste un vaste terrain

d’exploration, où les objets photographiés

ont remplacé les éléments d’atelier. « Chaque

image résulte d’une déambulation, d’un

trajet et d’un temps donné. Les matériaux visuels,

issus du marché du Jeu de Balle, des galeries

marchandes, des façades d’immeubles,

de la voirie ou des étals de fruits, forme la

matière première de compositions hybrides,

à mi-chemin entre observation documentaire

et construction symbolique », souligne

l’artiste. Cela nous vaut des images tout à

fait étranges d’objets qui nous sont pourtant

familiers. Des totems de la banalité qui nous

font voir, sous un angle neuf, les différentes

strates qui composent Bruxelles : son héritage

culturel, son quotidien marchand, ses

chantiers permanents, ses déchets et ses icô-

nes. Cette réécriture déjantée du réel constitue

une belle façon, très belge en fait, pour le

visiteur de se préparer à son propre parcours

dans le festival.

VISITER

10e PhotoBrussels Festival

(The Month of Photography)

du 22-01 au 22-02-2026

www.photobrusselsfestival.com

The House

Installation immersive de Lee Schulman

Hangar

Bruxelles

www.hangar.art

25


Tous se retrouvent

à la BRAFA

Contact,

dialogue et

transactions…

Maiq qu'a donc la BRAFA que les autres foires n’ont pas ? Au-delà

de la qualité et de la diversité exceptionnelles des œuvres d’art et

des antiquités exposées et vendues, son véritable succès réside dans

ce momentum unique où marchands, collectionneurs, amateurs et

experts se réunissent : en direct, dans le même fuseau horaire, en

un seul lieu. C’est cette rencontre et cette connexion réelle que les

marchands attendent avec impatience. Afin d’initier d’emblée ce

dialogue, nous avons réuni divers marchands afin qu’ils partagent, à

bâtons rompus, leurs passions, leur expertise et leur vision.

TEXTE : BEN HERREMANS

PORTRAITS : GUY KOKKEN

Alexis le Grelle : « Notre période est l’Art nouveau, avec une spécialisation dans le travail de Gustave Serrurier-Bovy. En tant que foire belge, la BRAFA souhaite mettre

en avant les créateurs belges »

26


Les dialogues de la BRAFA

Après des débuts réussis l’an

dernier, Objects With Narratives

revient avec enthousiasme à la

BRAFA. Quant à Haesaerts – le

Grelle, ils considèrent leur première participation

comme la consécration de dix ans

de dur labeur et de patience.

C’était leur première rencontre. Ils ne se

connaissaient pas, ni ne savaient quel genre

de pièces ils vont présenter à la BRAFA.

Laurent Haesaerts (LH) et Alexis le Grelle

(ALG) sont spécialisés dans les arts décoratifs

de la fin du XIXe et du début du XXe

siècle. Avec un faible pour le designer liégeois

Gustave Serrurier-Bovy (1858-1910).

Le duo mène de front un atelier de restauration

et une galerie. Avec son frère Nik et

Oskar Eryatmaz, Robbe Vandewyngaerde

(RVDW) a fondé Objects With Narratives,

galerie qui se concentre sur le storytelling

d’un artisanat rare : « La BRAFA fut l’un

de nos meilleurs salons l’an dernier. Nous

avons établi avec eux de bonnes relations.

On sent qu’ils attachent de l’importance à

leurs exposants. Il y a une culture de dialogue

ouvert. En cas de problème, on peut

les appeler et ils nous viennent en aide. »

LH : « La BRAFA nous a contactés en

disant : ‘‘Nous avons pensé à vous’’. Ce qui

ne constituait pas l’accomplissement d’un

objectif, mais bien une immense reconnaissance,

après dix ans de travail. Notre

offre est limitée, mais spécifique et ciblée, ni

trop contemporaine, ni trop ancienne. Une

chose que l’on voit peu sur le marché. »

ALG : « Notre période est l’Art nouveau. Nous

sommes spécialisés dans l’œuvre de Gustave

Serrurier-Bovy, un grand nom de l’Art

nouveau belge. En tant que salon belge, la

BRAFA souhaite mettre les designers belges

en exergue. »

LH : « Lorsque nous avons ouvert notre

galerie en 2014, nous n’avions aucune expérience,

rien que notre passion. Nous sommes

restaurateurs de formation et continuons

de l’être, avec un atelier de restauration à

Bruxelles, Les Trouvères et associés. Nous

n’avons jamais abandonné ce travail artisanal.

Nous demeurons attachés aux matériaux,

au savoir-faire, à la menuiserie, au

traitement des objets que nous proposons. »

RVDW : « Nous insistons sur le côté crafts,

la façon de travailler de l’artiste, la méthode

artisanale qu’il applique. Si nous travaillons

sur des périodes différentes, je constate de

nombreuses similitudes. Avant la BRAFA,

nous avions presque exclusivement des

clients internationaux et peu de Belges.

« Nos pièces coûtent cher à produire,

nous commençons donc dans des prix

relativement élevés »

Cela a changé. J’ai compris, à la BRAFA, que

les clients belges aiment l’art belge. C’est le

salon où il faut être. Travaillez-vous pour

des clients belges ou internationaux ? »

ALG : « Surtout des Belges et quelques

Français. Ils ne sont pas faciles à trouver.

À terme, nous voudrions vendre à des

musées et des institutions. »

RVDW : « Avez-vous déjà des contacts

avec des musées ? »

LH : « Cela arrivera peut-être à la BRAFA. »

ROBBE VANDENWYNGAERDE

BRUXELLES

RVDW : « Nous visons un tout autre public.

Nous sommes bien plus proches de l’art

contemporain. Le public qualifie nos objets

de collectible design. Je n’aime pas cette

expression, car le design évoque des pièces

qui peuvent être produites en série, alors

que nous vendons des pièces rares, voire

uniques, plutôt du design de collection.

Des pièces qui se transcendent. Vous pouvez

les collectionner et elles peuvent durer

27


Gustave Serrurier-Bovy , Soyeur-Delvoye, horloge de

parquet, ca. 1902, chêne, laiton et faïence, 238 x 56 x 32 cm.

Courtesy Haesaerts – Le Grelle

Ben Storms, paravent Crushed, 2024, acier inoxydable, feuille d’or, 195 x 160 x 45 cm. © de l’artiste /

Courtesy Objects With Narrative

« Il est difficile de

coller un prix sur

nos pièces. Elles se

trouvent en dehors

de l’offre habituelle

du marché et ne sont

pas de véritables

références »

ALEXIS LE GRELLE

très longtemps. Les acheteurs y voient un

investissement personnel. »

LH : « Peut-être aussi d’un investissement

financier ? »

RVDW : « Certains me posent parfois la

question. Je réponds que c’est une intention

malveillante. D’accord, les prix ont monté, par

rapport à ce qu’ils étaient il y a cinq ans. Mais

nous n’agissons pas sur le marché secondaire.

Nous ne vendons que du neuf et le but n’est

pas de le revendre rapidement. Ce ne sont

pas des pièces qui se retrouveront aux enchères.

Notre galerie de Genève travaille avec

un conseiller artistique. Elle avait un Soulages

et nous avions une console en bronze. Nous

avons installé, par hasard, la console à côté

de cette œuvre. C’était parfait. Un client, qui

possédait un Soulages, a déclaré : ‘‘Pourquoi

ne l’ai-je pas vu plus tôt ?’’ Quel bonheur de

pouvoir réaliser de telles combinaisons. »

LH : « Pourquoi avez-vous une galerie à

Genève ? »

RVDW : « Parce que nous avons étudié en

Suisse. Nous sommes architectes. Nous

avons étudié à Louvain, mais déménagé

en Suisse parce que les études d’architecture

en Belgique ne nous satisfaisaient

pas. Trop techniques, trop axées sur les

ingénieurs. Mais n’allez pas sous-estimer

Bruxelles. Nous avons longtemps pensé à

nous installer à Londres, Paris ou dans une

autre grande ville. Mais il se passe plus de

choses à Bruxelles qu’ailleurs en Europe. Il

y a diverses raisons à cela. D’abord historiques

: on y a toujours accordé une grande

attention à l’artisanat. L’autre raison majeure

est que Bruxelles est financièrement plus

envisageable pour un jeune artiste. Les

logements sont inabordables dans nombre

de grandes villes. La Belgique a aussi mis en

place un système d’aide aux jeunes artistes

dans l’accès à une profession. À Bruxelles,

il y a la MAD avec laquelle nous sommes

en contact. On s’épanouit beaucoup ici,

Bruxelles offre un terrain favorable. La moitié

de nos artistes sont belges et travaillent

en Belgique. Avez-vous une identité bruxelloise

? »

LH : « Notre identité est Bruxelles, francophone,

belge. Mais nous avons naturellement

une autre approche. Vous êtes en

contact avec les artistes, les nôtres sont

28


Les dialogues de la BRAFA

morts… Vous nous rappelez qu’il est crucial

de retourner à la source des artistes et

de les rencontrer. Pour comprendre leurs

démarches et sensibilités. Ce que nous ne

pouvons hélas plus faire. »

ALG : « Nous essayons, dans notre travail de

restauration, de nous tenir au plus près du travail

de l’artiste en ce qui concerne la manière

dont il a monté un meuble, par exemple. »

LH : « Via la restauration, nous essayons

de deviner le cheminement de l’artiste

pour parvenir à sa construction finale. »

RÉSEAUX SOCIAUX

RVDW : « Comment vous procurez-vous

des pièces ? »

LH : « C’est une quête quotidienne. La

non-stop research est notre moteur. La

curiosité nous stimule. Entretenir des

contacts avec les collectionneurs, discuter

au téléphone, développer des idées, savoir

où se trouve une pièce. Certaines restent

parfois invisibles pendant dix ans. »

RVDW : « Dans quel genre de maisons vos

collectionneurs habitent-ils ? Peut-on y

trouver de l’art contemporain ? »

LH : « C’est possible. Cela dépend. Chaque

collectionneur est un univers en soi. Nous

sommes maintenant en contact, sur les

réseaux sociaux, avec un Coréen. »

RVDW : « Les réseaux sociaux ont vraiment

ouvert le marché. Nous avons près

de cent mille personnes qui nous suivent

sur Instagram. La Belgique représente

5 à 10 % de notre marché. Le reste est à

l’étranger, partout dans le monde : Corée,

Chine, Amérique latine. La plupart du

temps, nous ne savons pas à qui nous

avons affaire. Nous travaillons avec de

nombreux intermédiaires, ainsi que des

conseillers artistiques. Je peux me rendre

dans l’atelier de l’artiste, mais comment

ces cent mille personnes peuvent-elles

voir cela en ligne ? Nous ne pouvons

transporter notre galerie. Ce n’est pas

dans notre espace que nous réunissons

les gens. Nous y recevons entre deux mille

et cinq mille visiteurs par mois. Mais nos

clients en ligne aux Etats-Unis ne viennent

jamais ici et ce sont des collectionneurs

plus importants qu’en Belgique. Nous

avons embauché du personnel, depuis

notre déménagement au Sablon il y a deux

ans. La galerie a une superficie de 4.000

m2 et nous voulions un bâtiment ouvert.

Au début, nous étions prêts à accueillir du

monde et avions beaucoup de visiteurs.

Trop même. Je veux dire, trop de visiteurs

pour les mauvaises raisons. Nous sommes

populaires sur Instagram, TikTok et peu

importe. C’est un moyen de se créer une

vie. Certaines personnes s’y sont précipitées,

ont pris des photos et fait des vidéos.

Ça ne nous a rien rapporté et nous avons

dû arrêter. Aujourd’hui, seuls le premier et

le deuxième étages sont encore accessibles

sur rendez-vous ou pour un visiteur avec

un intérêt justifié. Où est votre galerie ? »

LH : « Avenue Albert, à Forest. Pas loin de la

Maison Hannon, un bâtiment Horta récemment

restauré. Nous avons eu la chance de

l’acheter, un pur hasard. Il se trouve un peu

à l’écart, mais nous pourrons y rester longtemps

et continuer à progresser. »

ALG : « Et ce bâtiment Art nouveau est

presque comme un écrin pour nos objets,

car il date de la même période. Il fait partie

de notre identité et met nos meubles en

valeur. Beaucoup souhaitent le visiter. »

« Dans ce monde, l’antiquaire est un

marginal, un contrepoids dans la société »

LAURENT HAESAERTS

29


HL : « Les responsables du Victoria and

Albert Museum de Londres sont venus

et nous leur avons présenté des meubles

belges. Ils étaient une bonne dizaine,

quelques conservateurs, d’anciens diplomates,

un échantillon de la high society.

Ce fut un plaisir de leur raconter notre

histoire. Serrurier-Bovy avait des contacts

en Grande-Bretagne, il s’est inspiré des

Anglais. Et vice-versa, ils aiment notre

patrimoine Art nouveau. »

RVDW : « Existe-t-il beaucoup de contrefaçons

? »

HL : « C’est la raison pour laquelle le métier

d’antiquaire existe encore. L’authentification

de pièces est notre métier et notre passion.

Si vous mettez cela entre les mains

de maisons de vente, c’est la fin de tout.

Les antiquaires proposent une garantie

fondée sur une expérience approfondie et

des contacts de longue date avec le client.

Nous avons encore un rôle à jouer. »

ALG : « Certains de nos clients n’osent

plus acheter en salle de vente de peur de

faire un mauvais achat. Ils préfèrent acheter

directement chez nous, car nous possédons

cette expertise. Les relations que

vous entretenez avec vos artistes, nous les

avons avec nos clients. »

LH : « C’est un atout dans notre métier.

Nous vivons dans un monde qui dématérialise

et déshumanise. Aucun humain ne se

trouve derrière l’écran. Dans ce monde, l’antiquaire

est un marginal, un contrepoids à la

société et à la façon dont celle-ci évolue. »

RVDW : « Dans pareille société, les

acheteurs se raccrochent davantage à la

valeur qu’à l’authenticité. Ce qui nécessite

un budget plus important. Mais ils

comprennent que c’est le prix à payer

pour une pièce authentique. Pour nous,

l’authenticité est bien entendu plus facile.

Nous connaissons l’artiste et avons la certitude

qu’une pièce est authentique. »

SALONS ET PRIX

LH : « Nous espérons que la BRAFA sera un

tremplin. Au bout de dix, quinze ans, il faut

encore tout réexpliquer depuis le début.

Nous espérons rencontrer à la BRAFA un

public engagé et informé, à l’esprit plus

ouvert. Il n’achètera pas immédiatement,

mais appréciera de faire notre connaissance.

Et vous ? »

RVDW : « Nous participons volontiers à des

foires. Certains viennent pour des pièces

anciennes, d’autres pour l’art contemporain.

Mais on peut toujours apprendre avec eux

et, le plus important, c’est un lieu de rencontres.

Des personnes que vous voyez rarement,

mais qui inscrivent la BRAFA tous les

ans à leur agenda. Ils vous voient et un déclic

peut se produire. Nous ne vendons pas, mais

rencontrons les gens. Une personne vraiment

intéressée pourra un jour acheter. »

LH : « Il ne faut pas nier non plus l’aspect

financier. Nous avons des pièces exceptionnelles

que nous montrons volontiers. Mais

l’objectif final est de vendre le plus cher

possible. Il y a toujours un enjeu financier.

L’argent n’est pas un but en soi, mais un

facteur de dynamique. »

ALG : « Il est difficile de mettre un prix sur nos

pièces. Elles se trouvent en dehors de l’offre

habituelle du marché et n’ont pas de véritables

références. Nous nous basons sur notre

« Nous espérons

rencontrer à

la BRAFA un

public engagé et

informé, à l’esprit

plus ouvert »

LAURENT HAESAERTS

expérience et notre instinct. Il faut ensuite

défendre le prix face à un client qui ne le comprend

pas et sera atterré en le découvrant.

Comment cela se passe de votre côté ? »

RVDW : « Nos pièces coûtent cher à produire,

nous commençons donc à des prix

relativement élevés. Nous n’appliquons pas

les prix des galeries, nous ne prenons pas de

commissions élevées et ne voulons pas que

nos clients le sachent. L’achat de matériau

est une donnée factuelle. Si vous expliquez

cela gentiment à quelqu’un, il comprendra

et appréciera. D’autres collectionneurs nous

disent : ‘‘D’après mon expérience, et j’ai une

importante collection, cette pièce vaut tant.’’

Puis la négociation commence. Il y a beaucoup

de galeries, comme la vôtre, qui possèdent

une seule pièce de tout. Nos artistes

sont encore vivants, la plupart connaissent

le client et celui-ci peut toujours revenir

pour une autre pièce, pas identique, mais

similaire. La moitié de ce que nous montrons

est fait sur mesure pour nos clients. »

LH : « Les pièces uniques, destinées à un

intérieur bien défini ne sont pas courantes

chez nous. Rares, même. »

RVDW : « Dans quelle fourchette de prix

vous situez-vous ? »

LH : « De 1.000 à 8.000 euros, en passant par

3.000 pour une chaise. 60.000 euros pour

un lustre. Cela dépend de la rareté. Des prix

relativement abordables. On voit les prix

exploser en salles de vente ou sur le marché

de l’art, mais cela ne s’applique pas à nous.

Notre pièce la plus chère à la BRAFA coûtera

160.000 euros. Nous n’avons jamais demandé

une telle somme auparavant. Ce ne sont pas

des prix comparables avec ceux du marché

de l’art. C’est très spécialisé, il faut trouver

des gens prêts à débourser de pareils montants.

Cela ne se vend pas facilement. »

ALG : « Les designers belges s’exportent

difficilement. À l’exception d’Henry Van de

Velde. »

LH : « À la BRAFA, nous aurons un stand

entièrement consacré à Serrurier-Bovy.

Des pièces très importantes. Nous espérons

ainsi faire monter sa cote et l’aider à

évoluer positivement sur le marché. Que

montrerez-vous ? »

RVDW : « Ben Storms, un designer contemporain

qui suscite un vif intérêt. Nous collaborons

étroitement. Il occupe, à lui tout

seul, 200 m2 dans notre galerie. Nous avons

organisé sa première exposition personnelle

en Belgique, il y a quinze ans. Comme

ses pièces sont de grande taille, nous avons

besoin d’un stand approprié. A Art Basel,

nous l’avons présenté sur 35 m2, cela n’a pas

marché. Nous avons donc pensé : on fera

comme il faut à la BRAFA, pour qu’il puisse

travailler et respirer aussi. L’an dernier nous

avions 55 m2, cette année 75 m2. »

LH : « Mais si cela tourne mal, il pourrait se

passer des années avant que vous puissiez

vendre. Nous achetons en général les pièces

que nous exposons. Si nous les présentons à

la BRAFA et ne les vendons pas, cela devient

compliqué. Elles peuvent rester vingt ans en

réserve, de l’argent qui dort. C’est le risque

avec ce genre de salons. Mais la plupart du

temps, cela se passe bien. Il faut rester optimiste,

dynamique et aimer son travail. »

RVDW : « Votre travail de restauration constitue-t-il

aussi une source de revenus ? »

LH : « C’est une base stable. Il nous a permis

d’évoluer, nous y prenons plaisir et il

est indispensable pour notre expertise. »

SURFER

www.objectswithnarratives.com

www.haesaerts-legrelle.com

30


Les dialogues de la BRAFA

« L’art est

un mode de vie »

Virginie Devillez, de la galerie éponyme, et Gwenvael Launay de la

Galerie Almine Rech préparent leur première participation à la BRAFA.

La première a postulé, la seconde a été sollicitée.

«

Je

suis ravie de cette participation,

avec toi qui représentes

la Galerie Almine Rech »,

s’enthousiasme Virginie

Devillez à l’issue de son

entretien avec Gwenvael Launay. « En tant

que femme galeriste, Almine Rech a eu un

parcours incroyable et inspirant. Il existe un

nombre non négligeable de femmes galeristes

qui défendent l’art contemporain, mais les

hommes dominent toujours le second marché

de la peinture et de la sculpture, où je suis

active. De même en ce qui concerne les collectionneurs

: je ne vendais qu’à des hommes.

Mais regardez les stands de second marché à

la BRAFA, on trouve Hélène Bailly, Sophie Van

de Velde et moi. Pour l’art contemporain, il y a

Greta Meert, Nathalie Obadia, Valérie Bach et

maintenant Almine Rech. La proportion de

femmes demeure limitée. » Virginie Devillez

(VD) entamait, il y a trois ans, une carrière de

marchande indépendante. Après un doctorat

à l’ULB, elle a eu un parcours varié avec des

postes, entre autres, aux musées royaux des

Beaux-Arts de Belgique (conservatrice), au

musée Magritte (chef de projet), dans les galeries

Daniel Templon et Micheline Szwajcer

et au sein du bureau belge de l’auctioneer

Sotheby’s. L’art belge, du XIXe à la moitié du

XXe siècle, est son domaine de prédilection.

Gwenvael Launay (GL) parle au nom de la

galerie, fondée en 1997 par Almine Rech,

qui s’est étendue depuis son siège parisien

à Bruxelles, Monaco, Londres, New York et

Shanghai. Né en France comme sa patronne,

il dirige son antenne bruxelloise, laquelle se

concentre sur l’art contemporain et représente

une ribambelle d’artistes internationaux

mais aussi belges.

COLLECT : Quelles sont les contraintes de

l’aménagement d’un stand ?

VD : « Il est possible de monter un stand du

sol au plafond. Mais je préfère les présentations

espacées. Et j’aime sortir du cadre

de l’histoire de l’art. Je n’ai pas besoin de

l’esthétique du XIXe siècle pour montrer de

l’art de cette époque. J’installe de préférence

les œuvres plus classiques, comme celles de

Rik Wouters, Georges Lemmen ou James

Ensor, dans un cadre contemporain. En présentant

ces œuvres historiques sous un jour

31


Virginie Devillez et Gwenvael Launay : « Au fil des derniers mois, nous avons vu certains artistes belges prendre beaucoup de valeur »

« Comme il s’agit

de notre première

participation, nous

voulons mettre

l’accent sur la galerie »

GWENVAEL LAUNAY

contemporain, je peux toucher un nouveau

public. Il y aura, à la BRAFA, des œuvres de

format moyen, la plus grande mesurant 120

sur 110 centimètres. Avec de l’art contemporain,

il faudrait peut-être envisager des

formats plus grands. »

GL : « Les grands formats sont en effet souvent

utilisés de nos jours dans l’art contemporain.

Les œuvres de trois mètres n’y sont

pas rares. Nous montrons aussi des œuvres

de plus petite taille. Des gravures uniques

de Picasso, par exemple, trois épreuves portant

la mention bon à tirer ou BAT. »

VD : « Comme les artistes avec lesquels j’ai

un contrat ne m’imposent aucune limite,

je présente aussi des œuvres issues de collections

privées. J’ai conçu un stand à trois

piliers, qui correspondent à des courants

artistiques que j’aime et à des mouvements

puissants dans l’histoire de l’art belge. Il

s’agira du surréalisme, avec René Magritte

et Paul Delvaux. Et puis une section sera

consacrée à Rik Wouters, une sculpture de

lui avec des œuvres d’artistes ayant débuté à

la même époque, comme Edgard Tytgat et

Jean-Luc Brusselmans. Et enfin, un aspect

plus moderniste avec des œuvres abstraites

de Pierre-Louis Flouquet, Victor Servranckx,

une sculpture de René Guiette. En bref, les

grands artistes belges du XIXe et de la première

moitié du XXe siècle seront présents.

Il faut, dans tous les cas, mûrement réfléchir

pour pouvoir montrer de bonnes œuvres. »

GL : « Exact, nous avons déjà effectué une

sélection que nous compléterons encore.

Comme il s’agit de notre première participation,

nous souhaitons mettre l’accent sur la

galerie. C’est pourquoi nous présenterons

un mix : des valeurs sûres, de jeunes artistes,

des œuvres héritées. Nous montrerons sans

doute des œuvres de Tom Wesselmann et

aussi de nouvelles pièces de Hans Op de

Beeck, que nous représentons désormais,

comme nous l’avons annoncé dernièrement.

Il s’agit d’un mélange d’œuvres historiques

et de productions nouvelles. Nous ne nous

concentrons pas sur un seul artiste. »

C’est votre première participation

à la BRAFA…

VD : « Je pense avoir fait mes preuves, ces

trois dernières années, en vendant des

œuvres majeures d’artistes reconnus. Il

est temps de repousser mes limites et de

quitter ma position privilégiée. En qualité

de ‘‘marchande en chambre’’, j’ai reçu dans

un cadre intimiste. J’ai entretemps réuni un

nombre suffisant de pièces importantes

pour pouvoir postuler à la BRAFA et ma

candidature a été acceptée. »

GL : « Personnellement, je fréquente la

foire depuis pas mal d’années. Avec la galerie,

nous avions déjà envisagé d’y participer.

Et aujourd’hui, c’est la BRAFA qui est

venue à nous. »

Le modèle des foires d’art est-il toujours

viable ?

VD : « Il faut avouer que nous traversons

des périodes difficiles. Certaines foires

s’arrêtent, tandis que les collectionneurs se

font plus sélectifs. Certains salons ont été

annulés faute d’exposants. Mais une crise

fournit aussi l’occasion de se recentrer et de

fixer de nouvelles normes. »

GL : « Les chiffres en chute libre sont

surtout visibles dans les maisons de vente,

32


Les dialogues de la BRAFA

lorsqu’elles publient leurs résultats. Bien

que la crise soit moins flagrante du côté

des galeries, nombre d’entre elles vont encore

souffrir de la situation économique. »

VD : « Les maisons de vente vivent cela

autrement, car elles sont en proie à une urgence

plus impérative. À un moment donné,

une vente aura forcément lieu. Le moindre

événement grave dans le monde affecte

immédiatement les ventes car les enchérisseurs

ont alors autre chose en tête. »

GL : « Les galeries tournent au ralenti.

Nous subissons la même crise. Les acheteurs

sont plus réticents. Mais chez un

marchand, ils ont plus de temps pour

réfléchir à une éventuelle acquisition. Ils

échappent ici à la pression des enchères. »

Quel est l’impact de la situation

économique actuelle sur les prix ?

VD : « Je travaille en général avec des artistes

sur base d’une cote stable. Ces derniers mois,

on a assisté à une hausse de la valeur de

plusieurs artistes belges, y compris parmi les

plus classiques : Léon Spilliaert, par exemple,

a enregistré des montants records. Cet

artiste est entouré de bons experts, se trouve

dans de bons musées et s’inscrit dans de

nombreux projets à un niveau mondial. Des

sommes importantes sont donc dépensées

pour l’acquisition d’œuvres de Spilliaert. Mais

les fluctuations et corrections de prix constituent

une évolution naturelle. Elles font

partie intégrante de l’histoire de l’art et du

marché. Rendez-vous compte : les vingt principaux

artistes sur le marché d’aujourd’hui

– je n’avance ici qu’une hypothèse, le marché

n’étant jamais pour moi le seul critère, car

la dimension institutionnelle entre aussi en

jeu – eh bien, vous verrez que, dans vingt ans,

sur ces vingt artistes, il en restera peut-être

trois qui continueront à évoluer, cinq ou six

qui seront stables et douze qui auront jeté

l’éponge. C’est tout à fait normal. Cela n’a

rien à voir avec de la spéculation. Les prix

changent dans un contexte plus général, où

certains artistes sont réévalués. Et puis il y a

des artistes auxquels on ne s’intéressait pas

auparavant, mais que les critiques d’art et les

musées se mettent à encenser d’un coup. »

GL : « Cela nous est arrivé avec Vivian

Springford, que nous exposerons à la

BRAFA. Elle avait totalement disparu de la

scène depuis les années 1980. Il y a environ

six ans, nous avons organisé une exposition

de ses œuvres à New York, produit un catalogue

et effectué des recherches à partir de

ses archives. Il s’en est suivi un regain d’intérêt

pour elle. Certaines de ses œuvres sont

entrées dans les collections du Guggenheim

et du musée d’art de Bâle, qui lui ont donné

une visibilité nouvelle. »

La crise modifie-t-elle le profil du

collectionneur ?

GL : « Nous constatons que les collectionneurs

continuent à acheter de l’art contemporain,

mais qu’ils ne sont plus aussi pressés

qu’il y a quatre ou cinq ans. À l’époque, il fallait

vraiment arriver le premier, avant même

l’ouverture d’une exposition pour être sûr

d’acquérir l’œuvre souhaitée. Aujourd’hui,

ils prennent leur temps et se montrent plus

prudents. Mais, finalement, les transactions

aboutissent. Crise ou pas, les amateurs ne

souhaitent pas renoncer à leur passion. Ils

collectionnaient des œuvres d’art avant

la crise et continuent de le faire. Cela vaut

aussi pour les jeunes collectionneurs. J’en

connais beaucoup, qui ont entre 25 et 35 ans.

Il existe à Bruxelles des initiatives comme

le WE Club, où ils se retrouvent. Ce sont

souvent des enfants de collectionneurs d’art,

la passion se transmettant d’une génération

à l’autre. C’est logique. Il faut avoir développé

une certaine sensibilité à l’art pour se mettre

à collectionner soi-même. On rencontre plus

de collectionneurs du type investisseurs du

côté des salles de ventes. »

Ce lien entre art et négoce n’est-il pas

préjudiciable à la création ?

VD : « En tant qu’universitaire, j’aime mon

travail dans le commerce de l’art, même si

j’accorde une grande importance à l’aspect

scientifique. Il me paraît important d’établir

des catalogues, d’écrire sur l’art, de mener des

recherches scientifiques. Ces aspects scientifiques,

artistiques et marchands sont parfaitement

compatibles. Le langage commercial

est bien entendu différent du discours scientifique.

On ne parle pas de la même manière

à un collectionneur qu’à un conservateur de

musée. Même si cela dépend toujours du

type de collectionneur que vous avez devant

vous. Il arrive que certains en savent plus que

vous sur les œuvres que vous leur présentez.

S’adaptez à son interlocuteur est une recommandation

qui vaut pour n’importe quel type

de négoce. »

SURFER

Tom Wesselmann, Smoker Study (For Smoker #11), 1972, huile sur toile, 29,2 x 29,2 cm. © The Estate of Tom

Wesselmann / Artists Rights Society (ARS), New York / Courtesy Almine Rech / photo : Thomas Barratt

www.virginiedevillez.com

www.alminerech.com

33


34


Les dialogues de la BRAFA

« Tout finit par arriver

sur le marché »

Lors de la BRAFA, ils se côtoieront

avec les périodes qu’ils traitent,

comme des parcelles adjacentes

de l’histoire de l’art. Même si un

demi-siècle les sépare, lors de

cet entretien croisé, les galeristes

Oscar De Vos et Thomas Deprez

se découvrent de nombreuses

affinités.

Est-ce naturel de s’adresser sans ambages

à quelqu’un par son prénom ?

Pas du tout pour Thomas Deprez

(TD), 32 ans, fondateur et propriétaire

de Thomas Deprez Fine Arts, galerie

spécialisée dans l’art belge des XIXe et XXe

siècles. Avant ce double entretien, il se

permet d’insister : « Pour moi, il a toujours

été Monsieur De Vos ; j’ai eu récemment

l’occasion de l’appeler par son prénom. Je le

fais avec plaisir et admiration. »

Une admiration vouée à Oscar De Vos

(ODV), 83 ans, fondateur et propriétaire

de la galerie éponyme, à Laethem-Saint-

Martin, qui se concentre sur l’École de

Laethem-Saint-Martin. Ils seront bientôt

côte à côte à la BRAFA, une perspective qui

réjouit Thomas Deprez : « Nous boirons un

café ensemble ou du champagne et admirerons

les œuvres de nos stands respectifs.

Si nous ne travaillons pas dans le même

domaine, nous nous complétons sans nous

exclure. Oscar s’occupe de la période de

l’École de Laethem, en réalité un amalgame

informel d’artistes qui se conformaient

à une certaine idée, un mouvement plutôt

qu’une école. »

ODV : « Nous, marchands, avons inventé

l’expression École de Laethem. »

Hubert Malfait, L’attelage, 1930, huile sur toile, 85 x 77 cm. Courtesy Galerie Oscar De Vos

TD : « L’École de Laethem représente

l’art du début du XXe siècle. C’est déjà de

l’art moderne à mes yeux. ‘‘Ma’’ période

est légèrement antérieure : l’avant-garde

bruxelloise, Les XX et La Libre Esthétique,

de 1884 à 1914. Elle commence peu à peu à

faire partie des maîtres anciens. Mais certaines

œuvres peuvent trouver place chez

Oscar et vice versa. »

Avez-vous les mêmes clients ?

TD : « Ma clientèle est différente de celle

d’Oscar. Nous fêterons, cette année, notre

dixième anniversaire. Depuis le début,

nous réalisons 80 à 85 % de notre chiffre

d’affaires avec les musées, nationaux et

internationaux, à un niveau élevé. Nous

vendons dans le monde entier, à des

musées qui me donnent le tournis rien que

35


à la TEFAF en avion. Je ne crois pas que

l’École de Laethem devienne internationale,

comme le pense Thomas. »

TD : « Je participe depuis quelques années

à la TEFAF. C’est davantage un salon d’antiquités

que d’art. La BRAFA et la TEFAF

sont deux choses différentes. J’ai participé,

pour la première fois, à la BRAFA en 2022.

C’est le plus important salon belge, qui occupe

aussi une place importante au niveau

international, car c’est devenu un véritable

événement, qui attire plus de visiteurs que

la TEFAF. Il y en a eu 72.000 l’an dernier. Le

Rock Werchter de l’art, pour ainsi dire. »

Qu’est-ce qui caractérise la BRAFA ?

TD : « C’est l’un des derniers vrais salons

d’antiquités, un mot qui évoque parfois

des choses poussiéreuses. Mais l’art, et

en particulier ce que j’appelle le ‘‘noncontemporary

art’’, joue un rôle important

à la BRAFA. Depuis quelques années, ce

salon revient à ses premières amours. À

un moment donné, il y a eu profusion d’art

contemporain. »

George Minne, Baigneuse I, 1899, bois composite, H. 40 cm, signé sur la base : ‘‘G. Minne’’. Courtesy

Thomas Deprez Fine Arts

« Si nous ne

travaillons pas

dans le même

domaine, nous nous

complétons sans

nous exclure »

THOMAS DEPREZ

d’y penser. Le Metropolitan Museum of

Art de New York, par exemple. Ce type de

collaboration me rend humble. »

ODV : « Nos relations avec les musées se

limitent à des prêts. Il n’est jamais question

d’achats. »

TD : « Lorsqu’Oscar a fondé sa galerie, et

aussi l’École de Laethem, il avait dans

l’idée de la consacrer aux clients privés et à

la décoration. Mais, selon moi, ces œuvres

transcendent l’idée de décoration. C’est un

art de haut niveau. À la fin du XIXe siècle,

l’art belge a côtoyé les plus grands noms au

niveau international. »

ODV : « J’étais là en 2008, lorsque le salon

a pris, pour la première fois, le nom de

BRAFA. Cet événement nous convient parfaitement.

Nous avons trop peu d’œuvres

pour la TEFAF de Maastricht et une qualité

insuffisante pour un contexte international.

Certains collectionneurs arrivent

Vous êtes-vous senti écrasé ?

TD : « La production est incessante dans

l’art contemporain, une avalanche intimidante

de nouvelles œuvres. Oscar a ouvert sa

galerie en 1968. À l’époque, l’art était encore

tourné vers le passé. Les XVIIe et XVIIIe

siècles étaient à la mode. Oscar se concentrait

sur Laethem-Saint-Martin. Il l’a délimité,

l’air de dire : ‘‘voici mon territoire’’. »

ODV : « Le nom du village m’a séduit. À un

moment donné, nous étions douze galeries.

Aujourd’hui, nous sommes les seuls

à proposer ce genre d’œuvres. Après nous,

vous ne trouverez que des galeries d’art

contemporain à Laethem-Saint-Martin, qui

s’adressent à un autre public. Je défends l’art

ayant un ancrage historique et une valeur. »

Pourquoi ces autres galeries ont disparu ?

ODV : « Parce qu’elles ne trouvaient plus

d’œuvres. »

TD : « Oscar a créé quelque chose d’exceptionnel,

à un moment et dans un lieu

importants de l’histoire de l’art belge.

Lorsqu’il a débuté, l’offre était phénoménale.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

ODV : « Dès le début, j’ai acheté des

œuvres. Les autres galeries les prenaient

en consignation. Ce qui revient, pour moi,

à sonner le glas. Si vous achetez et revendez,

la TVA porte sur la marge bénéficiaire.

Si vous prenez en consignation, c’est 21 %

sur le montant total, intenable. Nous ne

36


Les dialogues de la BRAFA

prenons des œuvres en consignation que si

nous n’avons pas le choix, mais cela ne rapporte

pas assez. On n’y déploie alors pas

d’énergie, l’œuvre demeure accrochée au

mur, point final. Si quelqu’un s’y intéresse,

vous dites le prix et c’est bon. Lorsque

vous avez investi votre propre argent, vous

aurez tendance à forcer sur le prix. »

TD : « Voilà qui nous réunit à nouveau.

Les marchands qui achètent se font rares.

Dès le début de ma carrière, j’ai acheté les

œuvres en lesquelles je croyais. Le client

savait alors que j’étais derrière. Oscar

et moi investissons dans l’art que nous

aimons. S’il ne se vend pas, peu importe.

Il demeure chez nous et nous en profitons

tous les jours. Une manière de regarder de

belles choses au quotidien. »

ODV : « Notre expertise se concentre sur

l’École de Laethem. Nous n’osons pas nous

aventurer dans autre chose. L’art contemporain

ou très ancien ? Nous n’y connaissons

rien. Nous ne faisons que du Laethem. »

TD : « L’avantage d’Oscar réside dans son

expertise, il travaille dans ce domaine

depuis soixante ans. Tout lui est passé

entre les mains. »

ODV : « Tu es bien placé pour le savoir. »

Y a-t-il encore des choses qui vous

surprennent ?

ODV : « Bien entendu. Par exemple, lorsque

je trouve une nouvelle source. Un arrièregrand-père

qui collectionnait des objets

restés ensuite dans la famille. Dans pareil

cas, j’effectue des découvertes qui en valent

la peine. Sauf que ces pièces ne sont pas à

vendre, c’est une illusion. On ne peut que

les regarder car elle ne nous sont confiées

que pour vérifier leur authenticité. Pour

déterminer leur valeur, leurs propriétaires

s’adressent de préférence à un collègue, qui

leur suggère d’autres montants. »

Y a-t-il encore beaucoup d’œuvres

cachées ?

ODV : « Tout finit par émerger sur le marché.

L’art est transmis et hérité, jusqu’à ce

qu’il passe dans les mains de quelqu’un qui

n’est pas un amateur d’art, ne l’apprécie

pas et n’y voit que son potentiel pécuniaire.

J’ai connu les héritiers au quatrième

En quoi votre expertise se différencie ?

TD : « Je suis ravi de mener des recherches

académiques sur les provenances ou de me

plonger dans des catalogues d’exposition.

Tu as moins que moi cet élan académique,

Oscar. »

« Je défends l’art ayant un ancrage

historique et une valeur »

OSCAR DE VOS

37


« À un moment,

nous étions douze

galeries à représenter

l’École de Laethem.

Aujourd’hui, il n’y a

plus que nous »

OSCAR DE VOS

degré de Xavier De Cock (1818-1896),

l’un des premiers peintres de l’École de

Laethem. Le dernier m’a contacté. Je lui ai

acheté 118 œuvres d’un coup. Elles occupaient

toute une pièce. »

TD : « Oscar a raison : tout finit par arriver

sur le marché. J’ajouterais même : tout finit

par arriver chez moi. Je fais cela depuis

dix ans. L’offre diminue, de même que le

nombre de personnes prêtes à y investir.

Pourquoi ? Parce que les goûts changent

et que les connaissances se perdent. Parce

que l’écart entre ce qui est représenté et la

réalité se creuse. Cela ne signifie pas que

c’est irréversible. Comme le XVIIe siècle,

qui n’a jamais été aussi en vogue que le

XXe. Le marché est toujours en proie à des

mouvements cycliques. Un jeu d’attraction

et de répulsion. Tout revient toujours.

Pourquoi ? Parce que nous explorons tous

un jour notre propre histoire. Un art de

qualité est toujours le reflet de son époque.

Cet art de qualité, comme expression de

son temps, revient comme un miroir. »

ODV : « Thomas est, en effet, le plus jeune

de la compagnie. Il prend cela très au

sérieux, joue, mène sa barque, c’est positif.

Si je rencontre beaucoup de personnes qui

manquent de sérieux ? Drôle de question…

On ne va pas s’étendre là-dessus, ce n’est

pas très collégial. Mais ceux-là ne durent

pas longtemps. Lorsqu’un marchand

acquiert une pièce contrefaite, ce qui peut

arriver par ignorance, un collègue finit par

le découvrir d’une manière ou d’une autre.

Ce que nous faisions dans le passé, c’est

détruire l’œuvre. Si on ne détruit pas les

faux, ils continuent à circuler. Et il y aura

toujours quelqu’un pour les remettre sur le

marché au moyen de subterfuges. »

Le nouveau collectionneur est-il trop

investisseur et pas assez amateur ?

TD : « Je pense qu’il est important pour les

jeunes d’investir. Il en a toujours été ainsi.

La différence réside dans le délai. Autrefois,

l’art et les investissements allaient

de pair, c’était pour l’éternité. Certaines

personnes entamaient une collection,

aménageaient parfois tout un bâtiment,

et la léguaient à leurs enfants. C’est l’idée

fondamentale derrière les grandes ‘‘mansions’’

et autres ‘‘palaces’’ d’Angleterre,

aujourd’hui gérés par le National Trust. De

nos jours, ce délai raccourcit à vue d’œil.

Si vous n’achetez pas des œuvres pour les

conserver chez vous, pourquoi le faites

vous ? Uniquement pour investir. »

SURFER

www.oscardevos.be

www.thomasdeprezfinearts.com

38


Une pléthore de

nouveaux exposants

Plus singulière

est la venue de la

galerie française La

Ménagerie, spécialisée

en art animalier des

années 1850 à 1950,

un segment en plein

essor à la foire.

Paire de lions héraldiques, Europe Centrale, territoires des Habsbourg, fin du XVIIe siècle, calcaire

sculpté, 90 x 57 x 77 cm. Courtesy Vagabond Antiques, Petworth / BRAFA

Outre les changements déjà annoncés

à la tête de l’organisation,

ainsi que l’augmentation

de la surface d’exposition,

qui passe à 140 exposants et se répartit

désormais sur trois palais, la BRAFA

2026 accueille pas moins de 24 nouveaux

exposants et voit le retour d’une dizaine

d’autres. Evidemment, la Belgique, qui regorge

de nouveaux talents en antiquariat,

se taille la part du lion. Les marchands

belges se répartissent ainsi entre art

ancien, moderne, design et art contemporain.

Dans ce dernier segment de marché,

débarquent plusieurs poids lourds dont la

Bruxelloise Greta Meert et la franco-belge

Almine Rech (lire par ailleurs), ainsi que

Mulier Mulier Gallery, qui prospère depuis

quelques temps déjà du côté de l’avenue

Louise à Bruxelles. Ce domaine est également

enrichi par la venue des Allemands

Beck & Eggeling International Fine Art, de

la Genevoise CKS Gallery, de la New-yorkaise

Martos Gallery, avec un solo show

sur Keith Haring, de la Parisienne PRON

et des Bruxellois de Martins & Montero.

Autre segment de taille, le design moderne

et contemporain, enrichi du duo

hennuyer, désormais installé à Uccle, à la

tête de unforget Decorative Arts, qu’on a

vu plusieurs fois aux PAD de Londres et

Paris, du Gantois Laurent Schaubroeck,

du duo bruxellois Haesaerts-le Grelle,

spécialisé dans l’œuvre de Gustave Serrurier-Bovy

(lire par ailleurs), ainsi que de

la Galerie Watteeu, installée au Sablon,

des Néerlandais de MassModernDesign

et des Parisiens de Maisonjaune Studio.

L’offre se renforce également du côté de

l’art moderne belge et international, avec

l’arrivée de Virginie Devillez Fine Art (lire

par ailleurs). Spécialité de la BRAFA, qui

attire nombre d’amateurs et de collectionneurs,

l’art ancien voit également sa présence

revivifiée avec l’arrivée de Arte-Fact

Fine Art, enseigne anversoise qui défend

la peinture des XVIe au XVIIIe siècles,

notamment des anciens Pays-Bas du Nord

et du Sud, des Italiens de Carlucci Gallery,

des Monégasques de Hartford Fine

Art – Lampronti Gallery, du Belge Cédric

Pelgrims de Bigard, grand défenseur de la

peinture flamande, qui faisait son entrée

l’an dernier à la TEFAF, et des Anglais de

Vagabond Antiques. Plus singulière est la

venue de la galerie française La Ménagerie,

spécialisée en art animalier des années

1850 à 1950, un segment en plein essor à la

foire, ainsi que celles des Néerlandais Van

Pruissen Asian Art, renommés en art japonais

et d’Extrême-Asie, et The Old Treasury,

marchand de Kerkrade, très en verve

sur la joaillerie vintage. Enfin, signalons la

présence inédite des éditions françaises

Citadelles et Mazenod, référence absolue

en ouvrages d’art de grande qualité. (cd)

VISITER

BRAFA

du 25-01 au 01-02

Bruxelles

www.brafa.art

39


L’argent fait

un carton !

La collaboration entre Puiforcat et

Rachel Whiteread illustre l’essor

d’une orfèvrerie contemporaine,

fière héritière de savoir-faire

séculaires. Alors que l’argenterie

s’affranchit, laissant derrière elle

les placards et les clichés, le cours

de l’argent atteint des sommets

historiques. Cette flambée

redéfinit-elle le marché ?

TEXTE : GWENNAËLLE GRIBAUMONT

Fondée en 1820, Puiforcat s’impose

depuis deux siècles comme l’une des

grandes références de l’orfèvrerie

française, alliant exigence artisanale,

audace esthétique et exploration de

matières nobles. Rattachée au Groupe

Hermès depuis 1993, la maison cultive un

dialogue fécond entre tradition et avantgarde,

conviant des artistes contemporains

à imaginer de nouvelles formes.

Directeur Général, Yann Jaegler confirme

la place prépondérante de ces collaborations,

véritables moteurs créatifs au cœur

de la stratégie d’innovation de la marque :

« Notre ambition est de proposer au moins

une nouvelle collaboration par an, en y associant

la réédition d’une sélection de pièces

issues de nos archives et l’animation de

quelques-unes de nos lignes les plus

porteuses. » Cette année, Puiforcat a invité

l’artiste britannique Rachel Whiteread

(1963), première femme lauréate du Turner

Prize en 1993. Yann Jaegler : « Ce choix

s'inscrit dans la continuité de la vision

créative de Puiforcat, aujourd'hui portée

par nos directeurs artistiques, Charlotte

Macaux Perelman et Alexis Fabry. Ils ont

notamment apprécié le lien étroit que

l’artiste entretient avec l’architecture, son

interprétation des volumes, son sens des

matériaux… et ses incursions dans des

univers aux contraintes fortes, où la fonction

est primordiale. On retrouve là des

notions en lien avec l’univers de Puiforcat

: la fonction, au cœur de nos collections, la

« La plasticité,

la souplesse du carton

semblait le contraire

de la solidité de

l’argent massif.

Ce qui pouvait naître

de cette opposition

était donc intéressant »

RACHEL WHITEREAD

contrainte de la matière argent mais aussi

du travail artisanal... Un choix également

orienté par notre admiration authentique

pour la force et la délicatesse de son

travail. »

RIGUEUR, CRÉATION ET PERMANENCE

Dans Silver Set 2025, Rachel Whiteread

part d’un matériau humble, le carton

ondulé, qu’elle plie, enroule et sculpte

pour donner vie à un broc, des timbales,

un plateau et des ronds de serviette. Elle

renverse la fonction du carton, voué à

protéger et à disparaître, pour en faire la

matrice d’objets durables. « La plasticité, la

souplesse du carton semblait le contraire

de la solidité de l’argent massif. Ce qui pouvait

naître de cette opposition était donc

40


L’artiste Rachel Whiteread et sa collection Silver Set 2025, imaginée pour la maison Puiforcat. © photo : Quentin Bertoux

41


intéressant », confie-t-elle. Les artisans de

la maison en reproduisent chaque cannelure,

chaque déchirure, chaque imperfection

assumée. Rien n’est lissé ni idéalisé :

irrégularités, bords brisés, empreintes du

geste humain deviennent la signature de

l’objet. « Il était important pour moi que

l’empreinte de ma main soit visible et que

les objets n’aient pas l’air trop industriels »,

souligne l’artiste, présente à chaque étape

de cette expérience, vécue comme une

rencontre d’exigences. À travers cette collection,

Rachel Whiteread inscrit Puiforcat

au cœur des débats contemporains sur la

mémoire des objets, la valeur de la matière

et le geste humain, dans un monde industrialisé.

Sa série raconte une histoire de

métamorphose : du fragile vers l’éternel,

du commun vers l’extraordinaire. L’objet

d’usage devient objet de contemplation.

Et c’est précisément là, dans ces collaborations,

que se joue l’avenir de l’orfèvrerie,

dont le directeur se réjouit : « Nos collections

contemporaines ont eu l’effet d’attirer

de nouveaux profils d’acheteurs. Des

clients qui voyaient l’orfèvrerie comme

quelque chose de très classique, parfois

désuet, et que ces nouvelles signatures

surprennent. Ils la redécouvrent au travers

de ces collections très actuelles, qui

remettent au goût du jour des savoir-faire

exceptionnels. »

Puiforcat x Rachel Whiteread, Silver Set 2025, argent massif. © photo : Eric Poitevin

Un Vase (ca 1930),

estimé entre 7.000 et

10.000 euros, obtenait,

en mai dernier au

marteau de Sotheby’s,

225.000 euros.

L’ÂGE D’OR DE L’ARGENT

Dans un contexte où le luxe repense sa

valeur dans le geste et la matière, le marché

de l’argenterie affiche un dynamisme

remarquable. Nous avons ici observé le

marché secondaire, à travers les résultats

enregistrés par Artprice.com pour

des pièces signées Jean Émile Puiforcat

(1897-1945). Et les derniers résultats

sont spectaculaires. 2025 affiche d’ores et

déjà une évolution de +29,7% de la cote,

portée par un chiffre d’affaires de 696.942

euros pour 45 lots. Notons qu’à lui seul,

un Vase, modèle 8461 (circa 1930, estimé

entre 7.000 et 10.000 euros) obtenait, en

mai dernier au marteau de Sotheby’s,

225.000 euros. D’autres adjudications ont

largement dépassé les prédictions. En

septembre, la vente Pauline Karpidas : The

London Collection, organisée par Sotheby’s

London, adjugeait 55.066 euros un Service

Deauville (estimé 4.500-6.800 euros). Tout

aussi exceptionnels, ces Couverts Cannes

(1928) adjugés 36.710 euros et une Boîte

(ca. 1930) 28.680 euros. Un marché tiré

vers le haut par les services complets et

les pièces Art déco. Dans le même temps,

l’argent flambe, flirtant avec les 50 euros

l’once. Une envolée qui résulte de la forte

demande liée aux nouvelles technologies

vertes et électroniques, mais aussi aux

investissements dans les métiaux précieux

comme valeurs refuges, alors que l’offre

se réduit et que le recyclage de l’argent

est lent et coûteux. Cette conjoncture

influence-t-elle, même indirectement, les

choix créatifs de Puiforcat ? Yann Jaegler

confirme sans ambiguïté : « Le cours de

l’argent à quasiment doublé en deux ans.

Notre secteur de l’orfèvrerie, et en particulier

celui de la haute orfèvrerie, est bien

entendu impacté par cette hausse, mais

42


«Notre ambition

est de proposer au

moins une nouvelle

collaboration par

an, en y associant

la réédition d’une

sélection de pièces

issues de nos

archives»

YANN JAEGLER

Directeur Général de Puiforcat

Puiforcat x Donald Judd, Collection Dinner Service, assiette à dessert, 2023 (imaginée par l’artiste en

1989), argent massif, 27,5 x 3,25 cm. © photo : Eric Poitevin

elle est à relativiser au regard de la part des

heures de travail artisanal, dans le coût

des objets que nous fabriquons. (…) La

hausse du prix de l’argent n’intervient donc

pas, ni sur notre ADN, ni sur notre stratégie.

» Quant à savoir si cette inflation pourrait

renforcer la dimension investissement

du métal, le directeur se montre optimiste

mais prudent : « L’argenterie n’est sans

doute pas encore une valeur refuge au

même titre que peuvent l’être les bijoux en

or mais peut-être va-t-elle le devenir ? »

SURFER

Puiforcat x Barber&Osgerby, Collection Pilotis, 2024, bougeoirs, argent massif, dimensions variables.

© photo : Maxime Tetard

www.puiforcat.com

43


Pour sa première participation, la Galerie Rademakers présente une exposition personnelle de l’artiste néerlandais Chris Rijk. © photo : Samuel Nagtegaal

44


Ceramic Brussels

« La céramique touche

à l’essence même de

notre humanité »

Avec une troisième édition, le

salon Ceramic Brussels confirme

qu’il est là pour durer. Ce qui

fait de la céramique un médium

passionnant, c’est sa capacité à se

transformer sans cesse, comme

un caméléon, en de nouvelles

formes, textures et couleurs. Une

introduction à la manière dont la

céramique stimule l’expression

artistique.

TEXTE : ELIEN HAENTJENS

Si la céramique n’est plus la cinquième

roue du carrosse, mais

reconnue comme une discipline à

part entière dans les arts plastiques,

c’est notamment grâce à Ceramic Brussels.

« De plus en plus d’artistes ont adopté la

céramique comme médium », explique Jean-

Marc Dimanche, cofondateur et commissaire

de ce salon de niche, « surtout ces cinq

à dix dernières années. Elle est devenue bien

davantage qu’un simple matériau destiné à

la création d’objets utilitaires. Avec Ceramic

Brussels, Gilles Parmentier et moi-même

voulons mettre en lumière cette diversité et

cette qualité artistique en un seul et même

endroit, et offrir à la céramique la scène

qu’elle mérite. Paris Photo a inscrit la photographie

sur la carte en tant que médium,

nous faisons de même avec la céramique. »

Si des artistes tels que Pablo Picasso ont

renoué avec la céramique, ce n’est que bien

plus tard qu’elle a suscité l’engouement.

« Picasso peignait sur des pièces existantes,

pour lesquelles il collabora, après la Seconde

Guerre mondiale, avec les céramistes de

Vallauris, dans le sud de la France. Il ne

travaillait pas lui-même la terre. Un artiste

comme Auguste Rodin utilisait l’argile,

mais uniquement en vue de réaliser ses

sculptures en bronze », explique Jean-Marc

Dimanche. « Ce n’est qu’autour de 1995 que

des artistes tels que le Belge Johan Creten ou

les Allemands Thomas Schütte et Rosemarie

Trockel ont commencé à employer l’argile

comme matériau sculptural. L’Autrichien

« De plus en plus

d’artistes ont adopté

la céramique comme

médium, surtout

ces cinq dernières

années »

JEAN-MARC DIMANCHE

Elmar Trenkwalder, qui est notre invité

d’honneur cette année, a lui aussi contribué

à inscrire la céramique sur la carte ces vingtcinq

dernières années. Alors qu’un atelier de

céramique comme celui de La Cambre a failli

fermer il y a vingt ans, les étudiants privilégiant

la vidéo, l’art conceptuel ou numérique,

sa responsable Caroline Andrin peine

aujourd’hui à répondre à la demande. »

DIVERSITÉ

Ceramic Brussels invite le public à exercer

son regard et à apprendre à lire la qualité

artistique et la diversité du médium

céramique. « Ce qu’une personne apprécie

relève partiellement d’un choix subjectif,

comme pour les autres formes d’art. Un œil

bien entraîné est important, mais le cœur et

les émotions entrent aussi en jeu », souligne

Jean-Marc Dimanche. « Personnellement,

je ne privilégie pas forcément les pièces

novatrices, mais plutôt les œuvres mettant

45


Chris Rijk, Freud en ik, 2025, poterie émaillée, 50 x 20 x 20

cm, cinq segments. © de l’artiste / Courtesy Rademakers

Gallery – Prix : 3.000 €

Rejean Peytavin, Sunrise, 2025, porcelaine émaillée et décorée, 35 x 21 x 17 cm. © de l’artiste / Courtesy La

peau de l’ours

« La céramique est

associée à l’innocence,

à la douceur et

au savoir-faire

domestique féminin,

ou encore aux clubs

féministes de poterie

des années 1970 »

CHRIS RIJK

en valeur la richesse du matériau, à travers

des formes et couleurs élaborées, parfaitement

équilibrées. Les créations de Claudine

Monchaussée, 85 ans, actuellement exposées

à La Verrière Hermès, en sont de beaux

exemples. Bien que de taille réduite, ces

œuvres rayonnent d’une intense présence

sculpturale. Si elles semblent, à première

vue, partager le même langage formel, elles

se révèlent en fait très différentes et justes.

Le travail de l’artiste illustre remarquablement

la tradition, pratiquée depuis des décennies

à La Borne, en France, caractérisée

par l’usage de matière brute, des couleurs

sobres et un langage formel équilibré. Elle

crée depuis soixante ans, mais ses œuvres

sont étonnamment contemporaines. »

CHARNELLE ET MALLÉABLE

Chris Rijk (1995) est un jeune talent qui

produit une céramique remarquable, s’inscrivant

dans la tradition néerlandaise : « À

l’école, personne ne s’intéressait à la céramique,

ce qui faisait du tour de potier une

sorte de refuge pour moi. Une résidence au

Centre européen de céramique m’a définitivement

convaincu de choisir ce médium.

La céramique est tangible et permet une

création intuitive. Mais elle exige aussi une

solide connaissance technique et beaucoup

de temps. Nombre de personnes sous-estiment

encore cela. La céramique est associée

à l’innocence, à la douceur et au savoir-faire

domestique féminin, ou encore aux clubs

féministes de poterie des années 1970. C’est

justement cet aspect qui m’attire. Il correspond

à une des lignes thématiques de mon

travail : la recherche de ce que signifie la

masculinité aujourd’hui. » C’est pourquoi

Chris Rijk intègre, par exemple, souvent les

logos de Louis Vuitton ou, plus récemment,

Gucci dans ses œuvres : « Ils incarnent une

nouvelle forme de virilité, intense et commercialisable.

Il y a aussi des images de dick

pics, que je trouve sur Internet, qui renvoient

au type d’homme que nous sommes censés

être, mais que je ne suis pas. La société de

consommation, la sexualité et le corps sont

également des thèmes récurrents. Le fait

que l’argile soit charnelle et malléable, qu’elle

46


« Grâce à des fours

plus grands, la

tradition a pu évoluer

et, aujourd’hui, elle

incarne notre identité

et notre culture »

JULIA ISÍDREZ

Julia Isídrez, Lagarto canon sin cola, 2025, céramique artisanale, 40 x 30 x 48 cm. © de l’artiste / Courtesy

Sorry we’re closed – Prix : 9.500 €

Elif Uras, Production Line, 2023, sous-glaçure, glaçure et feuille d’or sur grès, diam. 26,5 cm. © de l’artiste /

photo : Zeynep Firat

permette de créer des objets spatiaux auxquels

le corps doit se confronter, soutient

cette vision artistique. » A Ceramic Brussels,

Rademakers Gallery (Amsterdam/Weesp)

présentera une exposition personnelle de

son travail. Chris Rijk : « La pièce maîtresse

en sera une tulipière d’un mètre cinquante

de haut, à dix étages, représentant le

summum de la céramique néerlandaise.

Pour certaines formes et certains motifs,

je m’inscris dans cette tradition, mais aussi

dans celles de l’Italie ou de la Chine, ce qui

me donne un cadre pratique et augmente

la reconnaissance. Mais cela déroute le

spectateur aussi : ce n’est qu’en regardant

de plus près qu’il découvre mon langage

visuel, inspiré par la culture de l’image

contemporaine. Je confère ainsi un caractère

singulier aux paysages kitsch et désuets du

bleu de Delft original. Même si, à l’origine,

je me suis tourné vers le bleu de Delft en

raison de la technique picturale utilisée.

Les formes traditionnelles et la décoration

d’inspiration contemporaine s’imbriquent

comme des pièces de puzzle. La dualité

entre artisanat céramique et un monde de

plus en plus numérisé constitue un thème,

mais aussi une motivation intime. Je désire

rester humain, non devenir un robot. Ce

47


« On trouve de la

céramique partout

dans le monde,

mais l’argile et les

techniques la rendent

différente »

ELIF URAS

sentiment explique pourquoi la céramique

est aujourd’hui si omniprésente. Si ma céramique,

prétendument naïve, est exhumée

dans des centaines d’années, elle offrira une

image de notre époque. »

UNE PUISSANCE UNIVERSELLE

Grâce à son approche internationale, Ceramic

Brussels offre un aperçu de la scène céramique

mondiale et de ses particularismes

régionaux. Ainsi, les Français travaillent

généralement dans le cadre d’une démarche

plus sculpturale, tandis qu’en Norvège c’est

l’artisanat même qui occupe une place centrale.

La galerie Sorry We’re Closed, basée

à Bruxelles, présente des œuvres de Julia

Isídrez (1967), déjà exposées à la Biennale de

Venise. Cette céramiste paraguayenne pratique

la technique du ñai’u po, rendant ainsi

hommage à la tradition et à l’histoire de la

tribu des Guaranís : « Tout comme mon

arrière-grand-mère, j’utilise l’argile noire et

sculpte mes pièces à la main. Celles-ci sont

ensuite cuites dans un four à bois. Avant l’arrivée

des Européens, les Guaranís utilisaient

déjà l’argile comme moyen d’expression

artistique, mais aussi pour fabriquer des

ustensiles de cuisine ou des pots destinés au

stockage de l’eau et aux rituels. Grâce à des

fours plus grands, la tradition a pu évoluer et

aujourd’hui, elle incarne notre identité et

notre culture. L’argile noire provient de ma

ville natale, Itá ; je la collecte, la prépare et

la pétris de mes mains. Sans ce lieu, ma

céramique n’existerait pas. » Elle a appris les

ficelles du métier auprès de sa mère, Juana

Marta Rodas, et de son arrière-grand-mère,

María Balbina Cuevas, qui réalisaient surtout

des cruches et des carafes : « Lorsque

ma mère s’est lancée dans la création de

figures zoomorphes et anthropomorphes,

les habitants d’Asunción ont commencé à

les acheter. Quand j’ai débuté, à dix-sept ans,

ce sont les petits animaux et les insectes

qui m’inspiraient. La céramique me permet

de raconter des histoires sans mots.

Après le façonnage manuel, je peaufine les

pièces avec une cuillère ou un morceau de

bambou, puis je les laisse sécher à l’air libre.

Leur couleur noire provient de la fumée de

feuilles de manguier, technique inventée

par ma mère. Cette tradition se transmet de

mère en fille. Ma mère ne s’est pas limitée

Elif Uras, The Great Mother, 2025, sous-glaçure sur pâte de pierre, 76 x 45,5 x 25,5 cm. © de l’artiste /

photo : Barış Özçetin

Janis Lohrer, Schild, 2025, céramique émaillée,

57 x 30 x 30 cm. © de l’artiste / Courtesy Galerie

Judith Andreae / photo : Johannes Bendzulla –

Prix : 5.000 €

48


Reinhoud, La vie ne me fait pas peur, 2001,

céramique, 22 x 13 x 17 cm. © Courtesy Laurentin

Gallery - Prix : 4.500 €

Julia Isídrez, Mundo de Julia Ovalado, 2025, céramique artisanale, 35 x 33 x 48 cm. © de l’artiste / Courtesy

Sorry we’re closed – Prix : 14.000 €

aux pièces utilitaires : elle a osé diversifier,

c’est ce qui a fait toute la différence. Malgré

un intérêt limité chez les jeunes, je constate

que beaucoup d’artistes reviennent à nos

racines. C’est pourquoi je transmets mon

savoir par le biais de cours en atelier. »

RENAISSANCE

Une exposition double des galeries turques

Galerist et Nev mettra en avant le travail

d’Elif Uras (1972), artiste turque installée

entre New York et Istanbul : « Dans ma

recherche d’une surface alternative, j’ai découvert

la céramique comme support à ma

peinture. Au départ, j’utilisais des assiettes

et des cruches traditionnelles Iznik, dont

les formes arrondies évoquent les figurines

néolithiques de fertilité féminine. Durant

l’Empire ottoman, des quantités considérables

de carreaux et de poteries y furent

produites, destinées à soutenir le pouvoir

patriarcal. Après une période de déclin,

l’endroit connaît, depuis la fin du XXe siècle,

une renaissance grâce à la Iznik Founda-

tion. » Sa passion pour la céramique l’a rapidement

poussée à développer ses propres

formes : « Contrairement à la peinture,

la céramique est un processus collectif.

Dans l’atelier, je travaille avec des femmes

qui dessinent, produisent et peignent les

pièces. Chaque étape se déroule dans un

département différent. Avec mes créations,

je les encourage à dépasser les formes et les

motifs rigides. J’ai ainsi produit une série où

nous avons réalisé des gravures dans l’argile

encore humide. J’utilise également des

textures particulières, des couleurs mates

et je transforme des motifs traditionnels. Je

souhaite rendre hommage aux artisanes,

qui mettent énormément de perfection et

de temps dans chaque pièce. Si je travaille

surtout avec des moules, et à basse température,

avec des couleurs vives d’Iznik,

dans mon atelier new-yorkais, j’apprends à

tourner l’argile et à cuire les pièces à haute

température, ce qui lui confère une palette

de couleurs plus sobre. L’argile elle-même

diffère. C’est ce qui rend la céramique si

passionnante : on la retrouve partout dans

le monde, mais l’argile et les techniques la

rendent différente. » Jean-Marc Dimanche

voit lui aussi l’avenir avec optimisme :

« Pour notre prix destiné aux jeunes, nous

recevons trois cents dossiers et découvrons

beaucoup de pièces expérimentales, par

exemple autour de la céramique et du son.

Même après vingt-cinq ans, la céramique

continue de me surprendre. De plus, sa

tactilité, ses formes organiques, son savoirfaire

et son lien avec la terre touchent à

l’essence même de notre humanité, ce qui

apaise et fait du bien. En ce sens, l’intérêt

pour la céramique ne risque pas de disparaîtra

de sitôt. »

VISITER

Sourdre

jusq. 13-12

La Verrière

Bruxelles

www.fondationdentreprisehermes.org

Chris Rijksmuseum

jusq. 20-09-2026

Museum W

Weert

www.museumw.nl

Ceramic Brussels

du 21 au 25-01

Tour & Taxis

Bruxelles

www.ceramic.brussels

49


Les animaux

de Fabergé

Un savoir-faire inégalé

50


Maison ayant su conjuguer

l’excellence technique, l’ingéniosité

artistique et la charge symbolique,

Fabergé demeure l’icône ultime

de l’art joaillier impérial russe. Au

départ de commandes prestigieuses

ou des mythiques œufs de Pâques,

ce joaillier a produit des œuvres

ayant traversé le temps avec un éclat

intact, mobilisant les passions des

collectionneurs et des institutions de

par le monde. Alors que le fameux

Œuf d’Hiver est attendu, ce mois,

chez Christie’s à Londres, avec une

estimation à plus de 20 millions

de livres sterling, revisitons cette

histoire complexe, où art et marché

s’entrelacent étroitement.

TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE

Henrik Wigström pour Fabergé, Saint-Pétersbourg, Choucas, 1907, jaspe

de Kalgan, obsidienne, aigue-marine, argent doré, 7,8 x 15,7 x 5,7 cm.

Londres, The Royal Collection, inv. RCIN 13756. © The Royal Collection

Trust / His Majesty King Charles III

Issu d’une famille protestante aux origines

française, allemande et danoise, Peter

Carl Fabergé (1846-1920) a non seulement,

par son esprit artistique novateur,

façonné l’âge d’or de la joaillerie russe,

mais aussi positionné l’empire tsariste

au centre de la scène joaillière mondiale,

grâce à une identité forte et un héritage

qui fascinent toujours amateurs et historiens.

En 1907, fort de cette notoriété, le

roi d’Angleterre Édouard VII et son épouse

la reine Alexandra lui commandaient un

ensemble exceptionnel de sculptures en

pierres dures. Instillée par les cadeaux

reçus par la souveraine anglaise de sa sœur,

l’impératrice Maria Feodorovna, épouse

du tsar Alexandre III, cette passion pour

les créations Fabergé devait déboucher sur

la fameuse ‘’ménagerie de Sandringham’’,

qui réunit chiens, chevaux, oiseaux et

animaux de ferme vivant dans ce domaine

royal du Norfolk, de loin la plus importante

commande jamais passée à la succursale

londonienne de Fabergé, ouverte en 1903.

Pour ce faire, le joaillier envoya sur place ses

meilleurs sculpteurs afin de réaliser sur le vif

des modèles préparatoires en cire. Une fois

approuvés par les souverains, ceux-ci furent

expédiés à Saint-Pétersbourg et confiés à des

tailleurs de pierre et des maîtres artisans.

51


ensemble d’entre elles était réuni au sein

de Castle Howard, collection vendue par

Sotheby’s Genève, le 6 mai dernier, pour un

total de 3,6 millions d’euros. Le 29 mai 2024,

la maison de ventes londonienne Elmwood’s

adjugeait ce qui était alors considéré comme

l’un des meilleurs ensembles jamais réuni

de pièces de Fabergé, dont la provenance

remontait directement aux Romanov, ainsi

qu’à l’aristocratie britannique et à la royauté

européenne. Parmi les pièces maîtresses, on

trouvait un loir en agate offert à Immanuel

Nobel, père d’Alfred, le fondateur du prix

éponyme. Cette sculpture grandeur nature,

de couleur miel, est parée de moustaches en

argent, d'yeux en cabochons de saphir bleu,

tandis qu’elle mâche de la paille d’or…

Henrik Wigström pour Fabergé, Saint-Pétersbourg, Deux chouettes, 1908, agate fauve, rubis cabochon,

or, onyx blanc, H. 5,8 cm. © Wartski, Londres

La collection d’objets

Fabergé n’est plus

seulement un acte

d’acquisition, mais

une quête de prestige,

d’histoire et de

relation émotionnelle

à l’objet.

Chaque pièce composait ainsi un portrait

précis des animaux favoris de la famille

royale, tels le terrier Caesar, fidèle compagnon

du Roi, ou encore le cheval Persimmon,

célèbre pour ses victoires équestres.

Subtilement, les sculptures obtenues

alliaient rigueur technique et finesse d’exécution,

chaque pierre choisie correspondant

à la parure et à la couleur naturelles de l’animal

qu’elle représentait. Outre un réalisme

saisissant, ces pièces revêtaient une charge

émotionnelle palpable, traduisant l’attachement

de la famille royale à ses animaux. Au

fil du temps, la collection s’agrandit pour

inclure plus de 350 animaux, chacun unique

dans son matériau et son exécution. Le roi

Edward VII lui-même passa ainsi nombre de

commandes, précisant toujours : « Nous ne

voulons pas de doublons. » La plupart de ces

pièces, dont diverses versions furent encore

vendues cinq ans durant dans la succursale

londonienne de Fabergé, valaient alors environ

50 livres sterling (l’équivalent de 9.000

euros actuels). L’un des plus importants

UNE PASSION CONSTRUITE

Ni fortuit ni motivé par la mode, l’intérêt de

Peter Carl Fabergé pour les pierres dures

fut façonné par sa découverte précoce des

plus prestigieux centres de taille de pierre

d’Europe. Ses visites à Dresde, Idar-Oberstein

et Florence ont ainsi laissé un impact

durable, ancrant sa vision artistique dans

les traditions séculaires de l’artisanat lapidaire.

À Dresde, Fabergé entrait ainsi en

contact avec l’héritage saxon des objets

précieux en jaspe, agate et serpentine,

pierres montées en or et argent, souvent

utilisées pour créer de somptueuses boîtes

et autres récipients ornementaux. Des

maîtres artisans comme Heinrich Taddel

et Johann Christian Neuber, connus pour

leurs tabatières complexes, y avaient fixé

les normes techniques et esthétiques qui

influenceront ses créations. Ensuite, ses

études à Francfort l’ont rapproché d’Idar-

Oberstein, ville fameuse pour sa maîtrise

de la taille des agates et des calcédoines.

Des tailleurs de pierre de la région furent

ensuite employés dans les ateliers Fabergé

de Saint-Pétersbourg. De Florence et son

Opificio delle Pietre Dure, fondé par les

Médicis, qui a produit pendant des siècles

des figures religieuses et des dessus de table

en mosaïque de pierres dures polychromes,

Fabergé retint l’opulence décorative, ainsi

que l’utilisation récurrente de la purpurine,

pierre vitreuse rouge intense que l’on

retrouve dans la production florentine du

XVIIe siècle. Enfin, le joaillier en herbe a

aussi hérité de la riche tradition locale de

sculpture de pierre dure. La Russie a ainsi

longtemps cultivé sa propre expertise dans

l’art lapidaire, avec des centres tels qu’Ekaterinbourg,

Peterhof et Kolyvan, produisant

des objets impériaux depuis le XVIIIe

52


La dimension

interculturelle de

l’approche de Peter

Carl Fabergé mérite

d’être soulignée.

joints avec une telle finesse que les coutures

deviennent invisibles à l’œil nu. Une

fois l’animal achevé, des détails supplémentaires

tels que becs en or, défenses

d’ivoire ou yeux de pierres précieuses sont

rajoutés, sous la direction du chef-bijoutier.

La touche finale consiste en l’application

d’émail coloré, permettant d’harmoniser la

palette de l’objet et d’accentuer sa qualité

narrative. Ainsi, grâce à une sélection drastique

et novatrice de matériaux raffinés,

mêlant les pierres semi-précieuses minées

dans les montagnes de l’Oural et les techniques

d’orfèvrerie les plus avancées, dont

le fameux guillochage, le ciselage et un sertissage

particulièrement raffiné, les ateliers

de Fabergé parviennent à une innovation

constante dont la sophistication n’aura

guère d’égal. A ce titre, la dimension interculturelle

de l’approche de Peter Carl Fabergé

mérite d’être soulignée. Pour la création

de ses animaux de pierre, le joaillier s’est

inspiré des netsukes japonais, petits objets

sculptés dans l’ivoire ou le bois, apparus au

début du XIXe siècle et servant à suspendre

des accessoires à la ceinture du kimono,

dont il possédait une collection comptant

pas moins de cinq cents pièces. Beaucoup

d’entre elles furent probablement acquises

dans la boutique Japan, installée sur la

perspective Nevski de Saint-Pétersbourg.

Ces sculptures miniatures l’ont non seusiècle.

Ces ateliers fournissaient à la cour

des Romanov des vases décoratifs en pierre,

des urnes monumentales et des plateaux

de table en mosaïque, fabriqués à partir de

matériaux indigènes comme la malachite,

le jaspe et les marbres polychromes, tandis

que les pierres plus dures comme l’agate,

l’obsidienne, le quartz et le cristal de roche

étaient taillés à l’étranger. De retour en

Russie en 1870, Peter Carl Fabergé chercha

donc naturellement à étendre le modeste

atelier de bijouterie de son père, en introduisant

ces objets de pierre dure dans le

répertoire de l’enseigne. Pour ce faire, il

recruta comme chef de projet le bijoutier

finlandais Erik August Kollin (1836-1901).

DE LA PIERRE BRUTE À L’OBJET FINI

Les figurines animales de Fabergé résultent

de la conjonction entre sculpteurs sur

pierre, orfèvres, émailleurs et modeleurs.

Une grande partie est d’abord réalisée

dans l’usine de Karl Woerffel, sur le

Fabergé, Sanglier, n. d., calcédoine, 10 x 7 x 3 cm. © Pandolfini

Fabergé, Saint-Pétersbourg, Chat, ca. 1900, agate, diamants taille rose, L. 5,5 cm. Il s’accompagne de son

écrin d’origine caractéristique, en bois de bouleau. Christie’s, Londres, 29-11-2021. © Christie’s Images

Ltd. – 137.500 £

canal d’Obvodny, que le joaillier finit par

acquérir. Deux des artisans les plus doués,

Derbyshev et Kremlev, y sont responsables

de la production de nombreuses pièces

en pierre dure au savoir-faire particulièrement

perfectionné. Le processus de

production est méticuleux. Les morceaux

de pierre, sculptés individuellement, sont

53


lement fasciné par leur qualité artisanale,

mais aussi par leur capacité à exprimer

l’esprit même des animaux, à travers des

formes compactes et tactiles. Car, à l’instar

des artisans japonais, Fabergé et son

équipe s’efforçaient de capturer la personnalité

et le mouvement des sujets, pas

seulement leur ressemblance physique : la

courbure d’un cou, la torsion d’une queue

ou l’éclat d’un œil, tous indices subtils

apportant émotion et vitalité à leurs créations.

Ces influences extrême-orientales,

alliées à la tradition russe de la sculpture

lapidaire et aux références stylistiques

européennes (Renaissance, rocaille, Louis

XVI ou Art nouveau), ont fortement contribué

à la singularité de l’œuvre de Fabergé,

car cette hybridation artistique a généré un

mélange de finesse et d’expressivité, peu

commun dans l’art joaillier de son temps.

FOURNISSEUR IMPÉRIAL

Si son atelier de création s'est distingué par

la complexité et le raffinement exceptionnel

de ses pièces, le travail de Peter Carl Fabergé

était déjà révélé au monde à l’occasion de

l’exposition panrusse de Moscou, en 1846,

qui suscita l’intérêt du tsar Alexandre III,

lequel passa d’emblée plusieurs commandes

et le désignera, dès 1884, comme fournisseur

impérial. Avec, en 1885, la commande

du premier œuf, le fameux Œuf à la poule,

conservé au Kremlin à Moscou. Quant à elle,

la production d’animaux sculptés débuta

dans les années 1890. Jusqu’en 1908, date à

laquelle, en raison de leur succès considérable,

la maison s'est dotée de son propre

atelier pour la taille des pierres dures, le

travail lapidaire était effectué par des soustraitants.

Les créatures imaginées par les

ateliers Fabergé étaient essentiellement des

animaux domestiques (cochons, chiens,

canards...), dans des poses et des pierres

variées. On trouvait également des animaux

exotiques, principalement des éléphants,

mais d’autres, tel un fourmilier en jaspe

sanguin, furent plus rares. Certains animaux

portent exceptionnellement les initiales

de l’orfèvre Henrik Wigstrom (1862-1923).

D’origine finnoise, ce dernier fut l’un des

principaux artisans des ateliers Fabergé,

dont il devint directeur en 1903, mais qui

marquait rarement sa production. Cette

absence de signature cohérente a créé une

zone d’ombre dans l’attribution, d’autant que

plusieurs ateliers rivaux ont commencé à

produire des animaux similaires. Cartier, par

exemple, était un concurrent redoutable,

cherchant activement à débaucher la clientèle

de Fabergé. Des documents provenant

de ses archives révèlent ainsi qu’en 1904, le

joaillier parisien avait passé commande de

sculptures en pierre dure auprès du lapidaire

russe Svietchnikov et envisageait d’installer

ses propres ateliers lapidaires à Saint-Pétersbourg.

D’autres concurrents tels qu’Ovchinnikov,

Sumin, Dennisov-Uralski et Britzin

ont également ouvert des ateliers, copiant

parfois le style de Fabergé si précisément

qu’aujourd’hui il est presque impossible de

distinguer certaines pièces sans provenance

ou analyse approfondie.

Fabergé, Moscou, Lapin, ca. 1908, argent, grenat, H. 10 cm. © Bonhams

LA RANÇON D’UN SUCCÈS MONDIAL

Dès lors, si les figurines animales de Fabergé

demeurent considérées aujourd’hui, à juste

titre, comme des chefs-d’œuvre de l’artisanat,

leur authenticité présente des défis

même pour les collectionneurs chevronnés.

Leader du marché, Christie’s détient le

record d’enchères pour Fabergé, établi en

2007 lorsque l'Oeuf Rothschild était adjugé

à Londres pour 8,9 millions de livres sterling.

Plus récemment, en 2021, la maison vendait

aux enchères l’un des plus importants

ensembles d’objets Fabergé provenant d’un

seul propriétaire, la Collection Harry Woolf,

adjugée 5,2 millions de livres sterling. A ce

titre, Christie’s joue donc un rôle de référence

incontestée dans le domaine, offrant aux collectionneurs

et institutions l’accès à un véritable

accompagnement expert. Pour Margo

Oganesian, spécialiste maison de Fabergé,

«la provenance demeure un élément crucial

pour déterminer l’authenticité et donc la

valeur d’une pièce ». Elle précise que « les

pièces ayant appartenu à la famille impériale

ou dotée d’un pedigree noble sont particulièrement

recherchées, attirant un public

international diversifié. En avril 2025, Chris-

54


« Face à la

prolifération des

copies et imitations,

la qualité du savoirfaire

est crucial

pour la validation

d’une pièce »

MARGO OGANESIAN

Christie’s

tie’s présentait une remarquable collection

de pièces Fabergé provenant des descendants

du grand-duc Michel Mikhaïlovitch.

Cette collection a suscité un vif intérêt sur le

marché et fait l’objet d’une acquisition avant

la vente par un collectionneur qui entendait

la conserver intacte. » L’experte souligne

également que « face à la prolifération des

copies et imitations, la qualité du savoir-faire

(sculpture, choix de la pierre, finition) est crucial

pour la validation d’une pièce. »

Fabergé, Saint-Pétersbourg, Ibex de Sibérie, ca. 1900, agate et diamants, L. 5,5 cm. Sotheby’s, Genève,

16-05-2025. © Sotheby’s Art Digital Studio – 76.200 CHF

NOUVEAUX ACTEURS

Avec la défection d’une partie de la clientèle

russe, depuis les sanctions internationales

liées à la guerre en Ukraine, même si

il conserve une clientèle russophone de la

diaspora établie hors de Russie, l’auctioneer a

vu émerger une communauté d’acheteurs à

la fois traditionnelle et nouvelle, tant en Europe

qu’en Amérique, en Asie et au Moyen-

Orient. Margo Oganesian indique, à propos

de ces nouveaux acteurs, que « certains

préfèrent se spécialiser, par exemple dans les

animaux en pierre dure ou les fleurs de cristal

de roche, tandis que d’autres recherchent

des œuvres emblématiques comme les œufs

impériaux. Les institutions, quant à elles,

ont tendance à se concentrer sur les chefsd’œuvre,

tels que les emblématiques œufs

de Pâques ou d’autres créations uniques de

Fabergé. » Cette diversité témoigne d’une

tendance de fond, où la collection d’objets

Fabergé n’est plus seulement un acte d’acquisition,

mais une quête de prestige, d’histoire

et de relation émotionnelle à l’objet. Ce qui

frappe ainsi dans la production des animaux

miniatures de Fabergé, souvent si petits

qu’ils tiennent dans la paume de la main,

c’est l’invitation quasi ludique au geste, au

toucher, à la manipulation, à une expérience

sensible dissociée des grandes pièces d’exposition.

L’équilibre entre élégance, couleur et

expressivité confère à ces œuvres une poésie

unique, où la pierre ne se contente pas d’être

décorative mais raconte une histoire. Pour

Margo Oganesian, cette dimension sensible

est cardinale : « Les acheteurs sont fascinés

par le récit et le savoir- faire artistique, mais

aussi par la mémoire d’un monde révolu que

ces pièces incarnent. La qualité artistique est

tout aussi importante : les collectionneurs

apprécient le savoir-faire exceptionnel caractéristique

de l’œuvre de Fabergé, un niveau

d’excellence qui demeure aujourd’hui quasiment

impossible à égaler. » Fabergé continue

donc d’exercer une fascination puissante, à

la croisée du symbolique, du technique et du

sensible. Entre héritage impérial et marché

mondialisé, le joaillier incarne la complexité

d’une pratique ayant su conjuguer innovation

et tradition, histoire et désir.

ENCHÉRIR

Vente The Winter Egg and Important Works

by Fabergé from a Princely Collection

Christie’s Londres

www.christies.com

le 02-12

Vente Swinging on a Star: The Private Fabergé

Collection of Kathryn and Bing Crosby

Sotheby’s New York

www.sothebys.com

le 18-12

LIRE

Caroline de Guitaut, Les animaux de

Fabergé : Miniatures des Collections royales

d’Angleterre, Fonds Mercator, Bruxelles, 2010,

ISBN 978-9-06153-988-9, 15 €

55


La micro-mosaïque

Splendeur miniature

Fortunato Pio Castellani, bracelet de style byzantin, XIXe siècle, or et médaillons de micro-mosaïque, L. 20 cm. Auktionsverket, Stockholm, 10-12-2024. © Stockholms

Auktionsverket — 170.000 SEK (14.740 €)

Aux origines d’un art du fragment, la micro-mosaïque de verre

s’apparente à une énigme à l’italienne, une prouesse qui concentre

la magie de l’Antiquité et l’extrême raffinement des artisans romains

du XVIIIe siècle. Demeurée longtemps le secret d’ateliers clos et de

fabricants de rêves, elle s’ouvre aujourd’hui à de nouvelles perspectives,

portée par des créateurs, collectionneurs et artistes, qui y voient le

symbole d’une résistance active à la standardisation, à l’obsolescence

et à l’instantanéité du monde actuel.

TEXTE : CHRISTOPHE DOSOGNE

Ce qui distingue l’art de la micromosaïque

de verre, c’est cette

faculté à abolir l’évidence du

fragment, à rendre la jointure

invisible, à recomposer la matière en une

image continue, délicieusement troublante.

Héritière d’une tradition qui remonterait à

plus de six mille ans, lorsque les premières

mosaïques se dessinaient entre les galets de

Mésopotamie, la micro-mosaïque condense,

dans sa précision, toute l’évolution

des techniques anciennes, passant des

compositions de marbre à la pâte de verre

56


« La micromosaïque

tend à

effacer la visibilité

du fragment, à

confondre les

tesselles dans une

perfection picturale »

GALA GREENWOOD

jusqu’aux smalti filati, ces baguettes colorées,

fruits d’une alchimie de la flamme,

réduites à la finesse d’un cheveu. Pour Gala

Greenwood, artiste mosaïste contemporaine,

installée à Bruxelles, « la micro-mosaïque

porte la poésie d’un regard rapproché,

intime, quasi secret. Historiquement, elle visait

la perfection et la précision du réalisme,

car elle invite le spectateur à s’approcher, à

plonger le regard dans le détail, pour se dévoiler

pleinement, en un rapport à l’échelle,

au fragment, qui devient un dialogue mystérieux

avec le temps et la main. »

Le fragment y devient image, sublimé par

la continuité du geste. Là où la technique

contemporaine valorise la visibilité du fragment,

la micro-mosaïque classique tend

à l’effacer, à confondre les tesselles dans

une perfection picturale. » Les supports,

quant à eux, rivalisent de noblesse : cuivre,

ardoise, or ou argent, parfois incrustés

sur des montures luxueuses. Quant à lui,

le mastic accueille chaque tesselle avec

une rigueur quasi rituelle, où la régularité

de la pose conditionne la naissance d’une

véritable peinture d’éternité. Si le bestiaire

romain, la flore italienne et les monuments

antiques constituaient traditionnellement

les motifs privilégiés de la micro-mosaïque,

celle-ci ne se limitait pas à l’imitation mais

dévoilait chacune des aspirations de son

époque. Les scènes bucoliques, les portraits

de personnalités illustres ou encore les

ruines côtoyaient de délicats bouquets ou

de charmants animaux, chiens, colombes

ou papillons. L’un de ces sujets les plus répandus

s’inspirait directement d’une œuvre

de même nature mais de plus grand format,

la Mosaïque des Colombes, conservée au

musée du Capitole à Rome, découverte lors

des fouilles des ruines de la villa d’Hadrien

à Tivoli, en 1737. Pline l’Ancien (23-79), dans

son Histoire naturelle, cite une mosaïque

aux colombes exécutée par le célèbre Sôsos

de Pergame, au IIe siècle avant notre ère;

celle d’Hadrien en serait une copie pour

certains, l’original pour d’autres... Précisons

qu’il en existe aussi une version pompéienne

datant du Ier siècle.

ROME, BERCEAU DE L’EXCELLENCE

Si Rome s’impose toujours comme capitale

de la micro-mosaïque, c’est qu’elle a su fédérer

autour de ses ateliers une élite d’artisans

et une clientèle cosmopolite, jadis portée

par les fastes du Grand Tour. Ainsi, dès la fin

du XVIIIe siècle, la Ville éternelle foisonnait

de plus de vingt ateliers, où aristocrates

et voyageurs européens commandaient

des souvenirs miniatures, reproductions

fidèles des monuments de la cité, antique et

papale, ou bouquets éternels pour orner bijoux,

tabatières, couvercles de bonbonnières,

cadrans de montres et autres garnitures

de vases. À l’instar des vedute émaillées, ces

micro-mosaïques étaient très prisées pour

leurs couleurs, leur minutie et leur parfum

d’Antiquité. La petitesse et la régularité des

tesselles étaient d’ailleurs des signatures

L’EXTRÊME DANS LE MINUSCULE

Précision, patience et transmutation du

geste, telles sont de fait les exigences de la

micro-mosaïque. Ici les tesselles, sections

minuscules de baguettes de verre coloré,

sont déposées une à une à la pince sur

un support encollé, et si fines que l’on en

compte jusqu’à huit cents par centimètre

carré pour les œuvres les plus virtuoses.

Mais toute la subtilité de la technique

réside dans la maîtrise des matériaux : la

pâte, la fusion, l’amalgame et le refroidissement

soigneux. Chaque étape destine ainsi

la baguette à une découpe millimétrée, une

régularité sans faille et une pose si dense

que la lumière s’y reflète comme sur une

laque. Gala Greenwood précise : « La micromosaïque

puise son langage dans l’invisible.

Plaque au bouvreuil, Rome, ca. 1800, micro-mosaïque, diam. 14 cm (sans le cadre). © Anticstore

57


Le Sibille, Rome, Bague Scriptorium, 2025, micromosaïque

inspirée d’une œuvre de Gustave Doré,

or, diamants et saphirs. © Le Sibille – 33.130 €

Michelangelo Barberi (?), Plateau circulaire, Rome, premier quart du XIXe siècle, micro-mosaïque,

75 x 84 cm. Sotheby’s, Paris, 27-11-2024. © Sotheby’s Art Digital Studio — 192.000 €

Rome s’impose

toujours comme

capitale de la micromosaïque

car elle

a su fédérer autour

de ses ateliers une

élite d’artisans et une

clientèle cosmopolite,

jadis portée par les

fastes du Grand Tour.

reconnaissables de la production romaine.

Dans ce contexte, des noms sont entrés

dans l’Histoire : Giacomo Raffaelli (1753-

1836), orfèvre de la tesselle, a inauguré à

Rome l’ère de la réduction, exposant dès

1775 ses plaques minutieuses, tout comme

Michelangelo Barberi (1787-1867), dont

les créations sont aujourd’hui fort recherchées.

Quant à lui, le Studio Vaticano del

Mosaico, fondé en 1727, achevait d’ancrer

la micro-mosaïque dans le patrimoine

romain, donnant le ton à toute l’Europe, de

Constantinople à Saint-Pétersbourg. À cette

époque, où la photographie n’était qu’un

rêve à venir, ces objets transportaient littéralement

les paysages d’Italie d’un intérieur

à l’autre, cristallisant l’image de la Rome

éternelle dans la mémoire collective. Dans

les institutions du monde, entre autres le

Victoria & Albert Museum de Londres ou

l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, s’admirent

aujourd’hui des collections entières qui

témoignent de la diversité stylistique et

de la virtuosité de ces mosaïstes romains,

vénitiens ou florentins. Le marché demeure

d’ailleurs soutenu pour ces créations

anciennes et les enchères consacrent

régulièrement bracelets, colliers, boutons

de manchette ou broches en micro-mosaïque,

certaines pièces atteignant des

montants records pour une marqueterie

de pixels colorés, rivalisant avec les trésors

de l’orfèvrerie. Le prix moyen est toutefois

compris entre 2.500 et 5.000 euros, même si

une grande table romaine en micro-mosaïque,

réalisée au début du XIXe siècle, était

négociée à 192.000 euros chez Sotheby’s, à

Paris, en novembre 2024.

ÂGE D’OR ET RENAISSANCE

Le siècle romantique a vu l’apogée de la

micro-mosaïque : objets de collection insérés

dans des meubles raffinés, bijoux portés

comme talismans par l’élite européenne,

souvenirs rapportés des grandes étapes

du voyage d’Italie. L’influence des ateliers

italiens s’est même alors étendue jusque

chez les grands orfèvres européens comme

Castellani, Wolfers, Brogden, Chaumet ou

encore Fabergé, qui perpétuèrent ce goût

pour la miniature, en joaillerie comme en

objets de prestige. Mais, à partir des décennies

1870 et 1880, la photographie puis la

multiplication de l’industrie du souvenir

ont fragilisé l’essor de cet art lent et exigeant,

désormais supplanté par la rapidité et

la reproductibilité modernes. Car, art du

détail, miroir de la patience et du génie,

qui fait cohabiter dans le même geste une

58


L’essence de la

mosaïque invite à

la contemplation,

au temps suspendu,

à une forme de

méditation active.

mémoire plurimillénaire et l’intuition de

l’avenir, la micro-mosaïque est de ces techniques

qui n’existent que par la perfection

du geste, le respect d’un savoir oublié puis

réveillé, la patience d’une pose qui confine

à la liturgie. Il faudra dès lors attendre la

fin du XXe siècle pour qu’elle connaisse un

retour d’audace et d’exclusivité, initié par

des créateurs qui revendiquent un ancrage

dans la tradition de même qu’une ouverture

à la modernité. La maison romaine Le Sibille,

présente notamment dans les différentes

boutiques du Dover Street Market comme

dans tous les établissements de la chaîne

hôtelière Mandarin Oriental, célèbre ainsi

ses trente-cinq ans d’existence, s’appuyant

sur l’excellence d’une équipe entièrement

féminine, qui façonne chaque pièce dans

un dialogue fécond entre Histoire, poésie

et innovation. Des collections capsules,

comme celle co-signée cette année par

l’influenceuse en joaillerie Laura Inghirami,

y revisitent l’imaginaire symbolique

des petites créatures (escargot, papillon,

tortue, coccinelle) pour réinventer le bijou

mosaïque en une déclaration universelle à

la frontière de la philosophie, de la mémoire

et du talisman. Chaque bague, réalisée à la

main, célèbre la lenteur du geste, la force

tranquille de l’artisanat. Leurs micro-mosaïques

renouent ainsi avec la tradition tout

en la réinventant, dans une approche joaillière

d’une grande contemporanéité, signe

éclatant de vitalité et de richesse.

UN ART À L’ÉPREUVE DU TEMPS

La créatrice Gala Greenwood observe

que «la micro-mosaïque contemporaine

dialogue avec la tradition dans un langage

joaillier vibrant d’énergie, prêt à susciter

l’attrait d’un public toujours plus curieux. »

Car chaque pièce contemporaine invente

ses propres codes : variété des matières,

diversité chromatique, alliances inédites

entre tradition ornementale et inspiration

stylistique. «Le public est aujourd’hui

prêt à redécouvrir la matière, la couleur, la

symbolique, la dimension méditative de la

mosaïque contemporaine », précise-t-elle.

Ce retour en grâce interroge aussi la tension

permanente entre effacement du fragment

et valorisation du geste : « Dans la micromosaïque,

le fragment s’efface, devient

invisible pour laisser place à une image

fluide, presque parfaite. Dans la mosaïque

contemporaine, on rend visible la construction

elle-même, le geste, la mémoire

du faire. Pourtant, dans les deux cas, le

fragment reste le cœur du langage. Il parle

de multiple, de temps, de reconstruction.

Ainsi, la micro-mosaïque et la mosaïque

contemporaine se répondent, animées par

le même élan, celui de recréer un monde,

fragment après fragment. » Une vision qui

souligne l’essence de la mosaïque comme

invitation à la contemplation, au temps suspendu,

à une forme de méditation active.

Dans ce contexte, la micro-mosaïque incarnerait

donc la résistance de l’art à la vitesse

numérique. Gala Greenwood : « Aujourd’hui,

on consomme l’art comme une succession

de stimuli. La mosaïque, quelle que

soit sa technique, propose une pause, une

rencontre avec la beauté. » Là réside, peutêtre,

sa suprême actualité, dans cette capacité

à tisser une continuité, à faire vibrer la

matière de l’Histoire au sein de l’expérience

contemporaine, en une invitation à ralentir,

observer, contempler et s’émerveiller

encore devant l’infime qui contient toute la

splendeur du monde.

SURFER

www.lesibille.it

www.doverstreetmarket.com

www.galagreenwood.com

Laura Inghirami pour Le Sibille, ensemble de chevalières de la collection capsule, 2025, argent et micro-mosaïque. © Le Sibille – +/- 3.000 € (pièce)

59


Les magiciennes

de Noël

Elles marquent d’emblée la fin de

l’année : les boules de Noël, qui

scintillent sur nos sapins, dans nos

intérieurs, dans les rues et dans les

magasins. Elles captent la lumière

qu’elles renvoient, scintillantes,

jusque dans les yeux d’enfants

émerveillés, mais aussi dans ceux

des plus grands. Les boules de

Noël ne sont pas si anciennes

dans l’histoire de la décoration

des fêtes de fin d’année, mais y

occupent désormais une place

prépondérante, dont le succès n’est

pas près de se démentir.

TEXTE : ANNE HUSTACHE

Le sapin, décoré de boules et guirlandes

rutilantes, semble indissociable

de la fête de Noël. Or, ni l’un ni

l’autre ne sont anciens. Fête religieuse

à l’origine, célébrant la naissance de

Jésus, Noël ne figure pas dans les Evangiles

et ne s’est mise en place qu’à partir du IVe

siècle, la date du 25 décembre coïncidant

curieusement avec d’autres fêtes païennes,

comme la Nativité de Mithra, les Saturnales,

la fête romaine du ‘‘Sol Invictus’’, ou

encore le solstice d’hiver. Et, si la coutume

d’orner la maison de branches d’arbre

vert semble marquer plusieurs traditions

populaires, celle du sapin garni paraît trouver

son origine en Alsace au XVIIe siècle,

où on le pare de pommes et autres fruits.

Cette habitude va largement se diffuser en

Allemagne. Mais où donc l’idée de transformer

les fruits en boules de verres estelle

née ? En Alsace ou en Allemagne ? Le

débat demeure ouvert, mais la légende est

semblable : suite à une disette survenue en

1847-1848, les pommes devenaient trop

précieuses. Un ou plusieurs artisans de ces

régions, alors verrières, décidèrent de les

substituer par des pommes soufflées dans

cette matière. En outre, au XVIIIe siècle,

les sapins décorés de boules de verre sont

entrés dans la traditions des familles aristocratiques

et, de là, se répandirent dans

la bourgeoisie et, dès la seconde moitié du

XIXe siècle, dans tous les foyers.

LIRE

Noël se met en boule, éd. Musée du Verre,

Charleroi, 1996

Aux origines

ca. 1880-1900

Elles figurent parmi les plus anciennes aujourd’hui

conservées, pourtant les boules de verre

doublées d’argent ne furent pas obligatoirement

réservées aux sapins de Noël. Certaines, appelées

‘‘boules de sorcières’’, étaient accrochées aux

arbres devant les maisons afin de les protéger.

Grandes (jusqu’à dix-huit centimètres), elles

renvoyaient les maléfices et autres mauvais sorts

par leur effet miroitant. C’est d’ailleurs sous cette

définition de boule de sorcière que cet objet était

initialement entré au Victoria and Albert Museum,

avant d’être requalifié de boule de Noël. Le joli

effet décoratif des parois convexes de la ‘‘sorcière’’

leur fit trouver une place de choix sur le sapin.

Inconnu, boule verte de Noël (boule de sorcière ?), Allemagne,

verre soufflé, argent, diam. 8,5 cm. Londres, The

Victoria and Albert Museum, inv. C.109-1916.

60


Juteuse comme la vie

Seconde moitié du XIXe siècle

La boule en forme de raisin a connu un succès notable parmi les sujets

traditionnels et fut produite dans toutes les couleurs, même si la teinte

bleu nuit fut la plus prisée. Rappelons que ce fruit garde sa place parmi

ceux de fin d’année, car certaines variétés, comme le servan, se conservent

bien jusque fin décembre. Le raisin est aussi lié à certaines traditions de

nouvel an : en Espagne, il faut manger un grain de raisin à chaque coup de

l’horloge sonnant minuit, cette action favorisant la chance pour chaque

mois de l’année nouvelle. La présence de la grappe sur un sapin étend

donc son influence symbolique au-delà de la fête stricte de la Nativité.

Grappe de raisin, Allemagne, verre bleuté, 11 x 7 cm. © Bidsquare

Le préféré

1900 (1993)

Indubitablement, l’ange est un des sujets

préférés des sapins et, partant, des décorations

de Noël. Et ce petit ange, un rien

boudeur, tout en nostalgie, ne déroge pas

à la tradition. En outre, le modèle original

vient d’un moule issu de la ville de

Lauscha (Thuringe), lieu célèbre car il fut

aussi le berceau de ce type de fabrication.

Ici, les artisans eurent l’idée de fabriquer

des perles de plus en plus grosses, les

transformant en boules transparentes

étincelantes. Soufflée dans un moule,

cette ravissante figurine d’ange a été, çà

et là, vaporisée de peinture blanche afin

d’imiter la neige.

Ange, création : 1900, fabrication : 1990 (avec le

moule original), manufacture Krebsglas, Lauscha,

verre clair soufflé et décoré à la main de paillettes

d’argent, diam. 10 cm. Londres, The Victoria and

Albert Museum, inv. C.325-1993.

Délicatesse

1923

Bimini Werkstätten, Vienne, décoration de sapin en forme de fruit, verre soufflé

et verre moulé, H. 10 cm. Vienne, MAK, inv. CL 3622-5.

Le succès des boules en verre venues d’Allemagne et d’Alsace fut

tel que de nombreuses firmes spécialisées dans cette production

s’ouvrirent partout en Europe, tandis que d’autres, spécialisées

dans le verre soufflé, se mirent à fabriquer des boules

comme l’atelier viennois Bimini, reconnu pour ses créations

élégantes, aux formes simples caractéristiques, qui conviennent

parfaitement à cette belle boule. Actuellement, la plupart

des boules de Noël sont suspendues par une attache métallique

qui prend souvent la forme d’une petite couronne. Ce moyen

de fixation est né par souci d’économie alors que les fixations

d’origine étaient, comme c’est le cas ici, délicatement réalisées

dans un filament de verre coulé qui venait se poser au sommet

de la boule pour l’accrocher à l’arbre.

61


Et que la lumière soit !

Deuxième quart du XXe siècle

En Bohème du Nord, les boules de Noël ont avant tout été fabriquées au moyen

de perles de verre montées sur fils métalliques, comme en témoignent ces petits

lustres. A l’origine, la fabrication des perles n’était pas destinée à des boules mais

à la fabrication de bijoux. C’est peut-être par hasard que les artisans se mirent à

fabriquer des ornements de Noël. Certaines sources évoquent même le rôle des

femmes, utilisant des perles éparses, restantes de bijoux, pour monter des petits

ornements pour leur sapin. Le succès de ces objets fut immédiat et entraîna la

fabrication, à plus grande échelle, de ces ‘‘drôles’’ de boule. Le motif du lustre est

intrinsèquement lié au sapin : il faut que celui-ci brille, qu’il éclate de lumière et

aille toucher le cœur !

Atelier de Jablonec ad Nisou, boules en forme de lustre, perles argentées, pointes bleu opale, montée

sur fils métalliques, H. 10,5 cm. Nivelles, collection privée. © Musée du Verre, Charleroi

Un drôle de bonhomme

ca. 1920-1990

La réputation des verreries de Thuringe, et le succès qui s’ensuivit, ne repose

pas uniquement sur la production d’ornements de Noël en perles de

verre mais sur l’étonnante variété des motifs qui sortirent de ses ateliers.

En effet, ceux-ci vont au-delà des thèmes strictement liés au sapin ou à la

Nativité pour embrasser des motifs renvoyant à la vie quotidienne, comme

ce charmant petit bonhomme rieur. Certains sujets sont même surprenants

comme le homard ou la bicyclette. Au cours de l’âge d’or des boules

de Noël, soit entre 1920 et 1990, des boîtes à musique furent également

incluses dans ce catalogue qui arriverait à réconcilier les réfractaires avec

les fêtes de fin d’année .

Atelier de Jablonec nad Nisou, boule personnage en perles,

perles de verre, sphères creuses, fil de fer et feutre.

© MAK / photo : Christian Mendez

Tradition croisée

XXe siècle

Boule de Noël, Collection blue, faïence peinte à la main. Delft,

Royal Delft Museum.

La faïence de Delft ne s’est pas, pendant longtemps, intéressée à la

fabrication de boules de Noël. Pourtant, en 1915, ses designers se

sont mis à créer des assiettes sur lesquelles un paysage ou une scène

typiques de Noël étaient représentés. En 1989, l’institution royale

commença à produire de délicates boules dont le décor blanc/bleu

est inspiré des techniques et de ses motifs caractéristiques. Très vite,

trois modèles sont façonnés et décorés à la main : la petite boule de

huit centimètres, la goutte et la clochette. Outre le décor à la main,

celui posé par décalcomanie permet actuellement de décliner une

collection touchant un plus vaste public. Depuis 2018, une édition

peinte à la main et, surtout, datée de l’année, est spécialement produite

afin de répondre à la demande des collectionneurs.

62


La plus précieuse

ca. 1990

À la fin des années 1990, la célèbre entreprise verrière Jablonec a répondu

au défi – une demande venue d’Amérique du Nord – de créer une boule

de Noël dont le décor imiterait le plus parfaitement possible les pierres

précieuses. Les artisans mirent tout leur savoir-faire au service de cette

commande, ajoutant à leur méthode traditionnelle de soufflage à la main

celle de réaliser en verre des pierres précieuses, comme ici des petites

perles et des pierres rondes ou oblongues de couleur rouge. De délicats

rehauts de verre doré composent des médaillons terminés par des

courbes et teintés de couleur noire, celle-ci mettant en valeur les pierres,

posées délicatement sur des feuillages roses. Des filaments pailletés

ponctuent l’ensemble, accrochant la lumière.

Atelier de Jablonec nad Nisou, boule précieuse, verre soufflé et

décoré à la main, H. 8 cm. © Museum of Glass and Jewellery,

Jablonec

Symbolique

2018

La Pologne compte aujourd’hui de nombreux ateliers particulièrement

réputés pour la réalisation de boules aux sujet divers, parfois

surprenants. Celle-ci, reproduisant l’architecture du dôme du

Rocher, en est particulièrement significative, puisqu’elle évoque

directement ce lieu sacré, tant pour les juifs, les chrétiens et les

musulmans. La dorure accentue fidèlement les lignes architecturales

de ce monument de forme octogonale.

Boule de Noël représentant le dôme du Rocher de Jérusalem, Pologne, verre

industriel, 7,5 x 8 cm. Berlin, Deutsches Historisches Museum, inv. AK 2018/105.

Antidérapante

2025

Chaque année depuis 1999, le Centre international d’Art

Verrier de Meisenthal invite un designer à concevoir une

boule de Noël. Une manière réussie de combiner l’héritage

d’une haute production – le lieu est aussi un espace muséal

– et l’art d’aujourd’hui. Pour répondre à cette demande, cette

année, Lucas Lorigeon a imaginé GRIP, une boule de Noël

augmentée d’excroissances ergonomiques à la fonction antidérapante

qui lui confère une parfaite prise en main. Pour

mieux éviter les drames au pied du sapin...

Lucas Lorigeon, GRIP, 2025, verre soufflé, diam. 8,5 cm. © de l’artiste /

Courtesy CIAV Meisenthal – Prix : 28 €

63


Beaux-Livres

Ce qu’ils ont

vu, ce qu’ils ont

peint

L’auteur de cet ouvrage n’est ni

un archéologue ni spécialiste

de la Préhistoire. Mais ce maître

de conférences en philosophie

et écrivain, observe depuis des

années les grands mammifères

et c’est suite à une longue et

attentive expérience de ce type

qu’il a vécu un moment de

grâce : la révélation inopinée

d’animaux apparaissant sur un

mur nu. D’où quelques interrogations

lancinantes : pourquoi

les hommes préhistoriques

ont-ils peint ou gravé sur les

parois des cavernes des animaux

tellement vivants et reconnaissables,

alors que ces représentations

ne sont ni complètes ni

remises dans leur contexte ? Car

aucun paysage n’accompagne

ces animaux. Baptiste Morizot

estime, dès lors, que ce n’est pas

tant l’animal que son ‘‘jizz’’ qui

est figuré. Mais qu’est-ce donc

cela ? Comment prouver cette

théorie ? Voilà tout le propos de

ce livre, qui n’a pas pour but de

répondre à toutes les questions

traitant du genre mais de nous

faire voir ces premières manifestations

de l’art autrement, tant

dans le regard des hommes que

du côté des animaux. (ah)

Bruxelles

Moderniste

Au lendemain de la Première

Guerre mondiale, le modernisme

marque une rupture

radicale avec les traditions

historicistes et académiques.

Caractérisé par sa rationalité et

son souci de l’innovation, ce style

architectural se diffuse à travers

le monde. Voici une invitation à

découvrir le modernisme dans

la capitale européenne à travers

neuf parcours à réaliser en

autonomie, à pied, à vélo ou en

transports en commun, présentés

sous forme de cartes et de

QRcodes. Ce guide-promenades

relie cent adresses emblématiques

et confidentielles de la

ville. De la maison individuelle

aux immeubles d’habitation

et de bureaux en passant par

des écoles, des équipements

culturels et sportifs, des lieux

de culte ou des jardins, cette

sélection dévoile la diversité du

Mouvement moderne bruxellois.

Chaque lieu est accompagné

d’une notice descriptive offrant

un regard expert.

Jacinthe Gigou, Bruxelles Moderniste.

Promenade autour de 100 édifices

remarquables, Racine, Bruxelles,

2025, ISBN 978-2-39025-326-6, 25 €

Art moderne

scandinave

Sous l’appellation de ‘‘scandinaves’’

sont ici réunis cinq

pays, le Danemark, la Finlande,

l’Islande, la Norvège et la Suède,

dont l’histoire, la culture, la

langue et les mœurs sont aussi

semblables que différentes. Cet

ouvrage propose une histoire

complète de l’art plastique

moderne de chaque pays, selon

son originalité propre et ses

relations avec ses voisins mais

également avec le reste de l’art

mondial. L’auteur s’arrête sur la

carrière et l’œuvre de peintres

et sculpteurs, des plus célèbres

aux plus méconnus, tels Vilhelm

Hammershøi et Franciska

Clausen, Akseli Gallen-Kallela

et Fanny Churberg, Gerdur

Helgadóttir et Finnur Jónsson,

Edvard Munch et Harriet Backer,

Hilma af Klint et Anders Zorn.

Des années 1870 aux années

1950, voici un parcours où originalité

et tradition sont entremêlés,

qui met en lumière la grande

et ancienne présence des artistes

femmes dans ces pays où leurs

droits ont très tôt été défendus.

Serge Fauchereau, L’Art moderne des

pays scandinaves, Flammarion, Paris,

2025, ISBN 978-2-08046-754-6 , 60 €

La maison

d’un écrivain

voyageur

Pierre Loti a transformé sa modeste

maison natale en théâtre

aux multiples décors. Officier de

marine et collectionneur dans

l’âme depuis sa plus tendre

enfance, il n’a cessé de rapporter

de ses expéditions lointaines

mille objets exotiques, pour

reconstituer dans sa demeure

rochefortaise les lieux tant aimés

et en conserver le souvenir.

Salon turc, mosquée, chambre

arabe, salle Renaissance, salle

gothique, pagode japonaise,

salle chinoise : chaque pièce

témoigne du goût des ailleurs

et de la mise en scène du maître

des lieux, qui aimait y organiser

des réceptions costumées. Tous

ces décors, aujourd’hui entièrement

restitués, révèlent le caractère

exubérant et romanesque

du plus célèbre des écrivainsvoyageurs.

Marie-Laure Lemoine et Claude

Stéfani, La maison de Pierre Loti.

Ecrivain voyageur, Gallimard, Paris,

2025, ISBN 978-2-07301-246-3,

14,50 €

Baptiste Morizot, Le Regard perdu,

à l’origine de l’art animal, Actes Sud,

Arles, 2025, ISBN 978-2-33021-401-2,

23 €

64


Beaux-Livres

John Singer

Sargent

Né en Italie de parents américains,

le peintre John Singer Sargent

(1856-1925) passe l’essentiel

de sa carrière à Londres et le

plus clair de sa vie à voyager.

Paris sera pour lui bien plus

qu’une simple étape. Lorsqu’il

s’y installe en 1874, la capitale

est en effervescence et le jeune

artiste brillant y trouve sa voie.

Formé dans les ateliers de Carolus-Duran

et de Léon Bonnat,

Sargent séduit le Tout-Paris. Par

la virtuosité de sa touche, la force

de ses portraits et l’élégance de

son regard, il impose son style

singulier. Le milieu artistique

français salue ce talent hors du

commun, qui choque parfois,

avant que la reconnaissance ne

cède peu à peu la place à une

certaine méfiance... et à l’oubli

au XXe siècle. Cent ans après sa

disparition, une rétrospective

exceptionnelle (jusq. 11-01-2026),

rassemblant près de 130 œuvres

majeures, a redonné toute sa

lumière à sa période parisienne,

sans doute la plus décisive et la

plus vibrante de sa carrière.

Coll., John Singer Sargent. Eblouir

Paris, coéd. Gallimard / Musée

d’Orsay, Paris, 2025, ISBN 978-

207311-490-7, 45 €

Marianne

Van Vyve

L’artiste peintre belge Marianne

Van Vyve (1943-1991) vivait et travaillait

à Anvers. N’ayant jamais

adhéré à aucun groupe en

particulier, elle a suivi sa propre

inclination artistique, souvent à

contre-courant des tendances

dominantes de l’époque. Elle a

retracé son paysage émotionnel

à travers son art, dans l’intimité

de ses différents ateliers. Cette

monographie en anglais explore

son œuvre singulière, examinant

l’influence de sa formation académique

sur ses années de formation

et retraçant son évolution

surprenante en tant que peintre.

L’ouvrage réévalue également

l’artiste en tant que féminine

influente, dans le contexte plus

large de l’histoire de l’art, et met

en lumière le radicalisme discret

de son œuvre tardive, qui trouve

ses racines dans les enseignements

médicaux traditionnels

amérindiens.

Coll., Marianne Van Vyve, Fonds

Mercator, Bruxelles, 2025, ISBN 978-

9-46230-391-1, 60 €

Ito Jakuchū

Ce livre explore l’univers

fascinant de l’artiste japonais

Ito Jakuchū (1716-1800), figure

emblématique de la période

Edo et de l’art japonais, dont les

œuvres forcent l’admiration par

la richesse éblouissante de leurs

compositions, leurs détails d’une

minutie saisissante et leur profondeur

spirituelle imprégnée

par le bouddhisme zen. Ému par

la beauté de la nature dans toute

sa diversité, il a élaboré un style

enchanteur qui atteignit son

apogée en 1757 avec sa série de

trente rouleaux verticaux, Images

du royaume coloré des êtres

vivants. Il lui aura fallu plus d’une

décennie d’observation et de

travail pour retranscrire délicatement

sur soie, plume par plume

et pétale par pétale, la profusion

de ce chatoyant bestiaire et de

cette flore fabuleuse. Fervent

adepte de la peinture d’après

nature, l’artiste est ainsi parvenu

à métamorphoser le réel en y

infusant un soupçon de merveilleux

et un souffle spirituel lié à

sa foi bouddhiste, ainsi qu’une

flamboyante réinvention des

modèles de la peinture chinoise

d’oiseaux et de fleurs.

Joséphine Bindé, Ito Jakuchū. La

nature enchantée, Hazan, Paris, 2025,

ISBN 978-2-75411-693-0, 49,95 €

L’œuvre gravé

de Goya

Si vous êtes rentrés chez vous

avec des sentiments mitigés,

après avoir visité Luz y Sombra.

Goya et le réalisme espagnol à

Bozar (Europalia), cette édition

devrait vous réconcilier avec

le travail du maître espagnol.

Ouvrage monumental, elle

réunit les 287 gravures et lithographies

connues de Francisco

de Goya (1746-1828), y compris

des épreuves rares et des séries

inachevées. Trilingue, elle offre

un aperçu complet de l’œuvre

graphique de Goya, de ses

premières gravures satiriques

aux séries visionnaires, préludes

à la modernité. Des essais,

rédigés par José Manuel Matilla

et Anna Reuter, situent l’œuvre

dans son contexte historique et

technique et révèlent l’irrépressible

novateur que fut l’artiste.

Comme graveur, il expérimenta

l’aquatinte, la pointe sèche et

l’eau-forte dans un jeu constant

d’ombres et de lumières, utilisant

chaque étape de ses plaques

comme espace de réflexion.

Cette documentation minutieuse

fait de cet ouvrage non

seulement un livre de référence

visuel, mais aussi un outil de

recherche pour les historiens de

l’art et les amateurs. Car, avec ses

600 pages et ses riches reproductions,

ce n’est pas un simple

catalogue, mais une archive

visuelle captivante qui plonge

le lecteur dans la complexité

d’un regard qui, à deux siècles

de distance, n’a rien perdu de sa

force.

Coll., Goya. The Complete Prints,

Taschen, Cologne, 2025, ISBN 978-3-

83658-151-6, 100 €

65




Nemo | Le Corbusier Oluce Bruno Erpicum | BE.Classics

Magis

A SPACE WHERE

FORM, THOUGHT

AND AESTHETICS

CONVERGE.

Michele de Lucchi

Magis

Michele de Lucchi

Photo : Max Vicca

Showroom:

Mon - Fri: 8h30 - 17h30

Altenaken 11

3320 Hoegaarden

Showroom: Altenaken 11

3320 Hoegaarden

quattro-benelux.com

quattro@quattro-bnlf.com


Depuis 90 ans au service

du patrimoine historique privé

Rejoignez notre communauté !

www.dhj-hwt.be

Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique asbl

Avenue Général de Gaulle 43 – 1050 Bruxelles • Tél. 02 / 644 50 05 – admin@dhj-hwt.be


La vie du conservateur

Dorothée Duvivier – #011

Bachelot & Caron,

des faits divers à l’art

Le duo d’artistes français Bachelot & Caron est

connu pour son mélange de photographie, de

peinture et de céramique. Leurs œuvres explorent

la condition humaine, d’une manière à la fois

visuellement saisissante et intellectuellement

stimulante. Dorothée Duvivier, commissaire au BPS22

et responsable du suivi scientifique de l’institution,

nous plonge dans cet univers intrigant.

Roméo et Juliette, 2011. © des artistes

« La pratique

de Bachelot

& Caron est à

l’opposé d’une

culture artistique

contemporaine

élitiste »

DOROTHÉE DUVIVIER

Quel fut le point de départ de

cette exposition ?

« J’ai rencontré Louis Bachelot

(1960, Alger) et Marjolaine Caron

(1963, Paris) à Art Brussels, en

2024. La Galerie Anne-Laure

Buffard présentait un solo du

duo d’artistes, conçu comme

un hommage à deux figures

belges emblématiques : René

Magritte et Chantal Akerman.

Telle une mise en abîme, le stand

reprenait, exposé à l’entrée sur

un chevalet, un tableau-photographique

inspiré de la peinture

L’assassin menacé de Magritte.

Chaque objet peint y trouvait son

double en céramique émaillée,

en plus d’une série de références

subtiles aux éléments du film

Jeanne Dielman, 23 quai du

commerce, 1080, Bruxelles de

Chantal Akerman. Adeptes des

jeux d’images, où se mêlent le

vrai et le faux, Bachelot & Caron

ont l’habitude de se mettre en

scène, ainsi que leurs proches.

Les quatre personnages du

tableau portaient ainsi les traits

familiers des deux artistes, mais

également de leur galeriste

Anne-Laure Buffard, en victime,

et de Xavier Canonne, spécialiste

du surréalisme et directeur du

musée de la Photographie de

Charleroi, en assassin. J’ai tout de

suite aimé leur univers fantasque

et populaire, qui rappelle les

cabinets de curiosité. Leur tableaux-photographiques

comme

leurs céramiques génèrent un

sentiment d’étrangeté tout en

faisant preuve d’une exubérante

virtuosité. Leur énergie et leur

liberté de création m’ont littéralement

happée. »

Comment la sélection a-t-elle

pris forme ?

« Bachelot & Caron se sont

fait connaître en réalisant des

illustrations de faits divers pour

Le Nouveau Détective, une

littérature de colportage souvent

décriée par l’intelligentsia. En

travaillant la photographie par

collage et procédés numériques,

le duo a mis en scène

la comédie humaine dans des

tableaux photographiques où

l’on discerne mal le vrai du faux.

Ils ont inventé un nouveau style

de narration, inspiré des fables

et des mythes, interrogeant les

contradictions de la société et les

zones d’ombres qui la traversent.

Il y aura bientôt dix ans, saisis par

un impératif besoin de retour à la

matière et au volume, ils ont basculé

vers la céramique. En grès

ou en porcelaine, leurs œuvres

évoquent le pastiche sans jamais

y sombrer, tant elles portent la

noblesse des grands genres.

Foisonnantes et hallucinées, elles

mêlent végétation luxuriante,

paysages des fonds marins,

affrontements épiques et délices

pâtissiers. J’ai fait de suite le lien

entre ces deux pratiques, témoins

des différentes strates de la

condition humaine sous le vernis

civilisationnel. Le titre de l’exposition

parle de cette relation, de ce

point de rencontre entre pulsions

et passions. »

Quelle œuvre vous semble

incarner le cœur du récit ?

« Venant tous deux des arts

appliqués, Louis Bachelot et

Marjolaine Caron, respectivement

ex-scénographe et ex-costumière,

ont travaillé pour l’opéra,

le théâtre et le cinéma. Leur pratique

se situe aux antipodes de

la culture élitaire de l’art contemporain.

Le mélange permanent

d’horreur et de fascination, de

70


« Cette performance spéciale illustre

la transition entre actualité et

céramique, qui traite de la fragilité

du corps et des artefacts »

vertige et de répulsion, et surtout

la construction d’images au

service d’un récit, sans cesse

rejoué sur un mode esthétique,

ne pouvait que les conduire à la

performance. C’est donc elle qui

est au cœur de l’exposition. Sur

une grande scène cylindrique, ils

traînent et enterrent un cadavre

avant de se transformer en céramique

humaine, montrent leurs

corps nus d’artistes martyrisés,

racontent leur quotidien de

Vase Maldoror Li, 2024. © des artistes

couple, abordent la question de

la survie dans le milieu de l’art

et de la rédemption par l’acte

créateur. »

Comment percevez-vous votre

rôle de commissaire ?

« En tant que commissaire

d’exposition, je suis là pour veiller

aux artistes et à leur œuvre, la

mettre en valeur et la défendre.

Je travaille depuis quinze ans

au BPS22 et je connais donc

Holopherne, 2008. © des artistes

le lieu, ses pièges et, à ce titre,

suis une sorte de guide pour les

artistes. Mon rôle est de créer une

narration, tout en apportant des

éclairages singuliers aux visiteurs.

Un travail mené collectivement

avec les différentes équipes du

musée afin de penser et offrir

un programme de médiation et

d’accompagnement riche et varié

autour de l’exposition. Enfin, je

suis particulièrement attachée à

la production des œuvres et à leur

muséographie, véritable période

de construction du projet. »

Qu’aimeriez-vous que les

visiteurs retiennent de cette

exposition ?

« Outre l’énergie, la couleur et

la puissance libératrice de cette

création, j’aimerais que cette

exposition soit un moment

d’étonnement et de réflexion. Le

recul des idéologies, la puissance

investigatrice de la science, la

démultiplication des images dans

les médias, les réseaux sociaux

et les avancées aussi incroyables

qu’effrayantes de l’intelligence

artificielle, ont rendu obsolète le

recours au mythe, ou du moins

à un certain type d’histoires…

Les faits divers qu’ils illustrent,

comme les scènes de banquet

gargantuesque ou ces salons

bourgeois cachant les excès d’une

société en manque de sens,

génèrent une fable où tout déborde,

rire, violence, jouissance,

mort, vie. Dans cette exposition,

je souhaite que le mythe opère à

nouveau, de même que ses fonc-

tions cathartiques, qu’il puisse

réactiver tout un fonds symbolique

et l’imaginaire collectif

en questionnant les implicites

socioculturels et la norme. »

Si vous pouviez choisir une

œuvre, quelle serait-elle ?

« Parmi les tableaux photographiques,

je choisirais Roméo et

Juliette, image de deux adolescents

assassinés ou suicidés,

l’un torse-nu, l’autre en robe et

talons aiguilles, étendue sur un

couvre-lit rose. Sa perspective

décalée sème le trouble et laisse

deviner les multiples prises de

vue qui ont précédé le collage

final. C’est autant l’histoire de la

photographie que de la peinture

qui est convoquée dans la pose

de ces jeunes corps rappelant les

études de Charcot sur l’hystérie,

Le Cauchemar de Füssli ou

encore l’univers de Larry Clarck.

Côté céramique, j’emporterais le

vase Maldoror Li, en porcelaine,

d’un bleu qui rappelle le ciel

et l’océan et fait référence aux

Chants de Maldoror du Comte

de Lautréamont, personnage

nihiliste, cruel, dont l’écriture

subversive rappelle les collages

surréalistes. »

Bachelot & Caron. Porcelaine et

Faits Divers

du 31-01 au 03-05

BPS22

Charleroi

www.bps22.be

71


Sélection Musées

Désir, violence, beauté et

transgression

du 31-12 au 03-05

BPS22

Charleroi

www.bps22.be

Identification et

résistance

du 13-12 au 07-06

MoMu

Anvers

www.momu.be

Vase de l’enfer, 2023. © des artistes / photo : Pierre Tanguy

Voilà ce que notre époque

tait, selon les deux protagonistes

de cette exposition

sensorielle : le désir,

la violence, la beauté et la

transgression. En convoquant

les mythes oubliés,

les banquets dévoyés, les

images troublantes et les

formes hybrides, Louis

Bachelot (1960) et Marjolaine

Caron (1967 invitent

à un parcours immersif

où l’art dialogue avec les

pulsions humaines les plus

sombres. Après avoir été

respectivement scénographe

et costumière

pour le théâtre et l’opéra,

ce couple d’artistes

s’est ensuite consacré à

l’illustration de presse

avant de se tourner vers la

céramique et la performance,

intégrées dans de

vastes installations. Cette

première exposition belge

convoque humour et

cruauté dans chacune des

scènes, celles-ci mettant à

nu le réel. (ah)

Comme

c’est le

cas dans

d’autres

civilisations,

la

broderie

féminine

palestinienne

est bien

plus

qu’en

simple

atour :

couleurs,

motifs

et matières remplissent un rôle identificatoire.

Si les motifs et les couleurs sont tributaires

de la nature environnante de chaque région

(comme l’indigo cultivé en Galilée), le choix

des fils et des tissus témoigne du statut de

celle qui les portent. Le costume de mariage,

par exemple, selon qu’il soit tissé de fils d’or et

de soie… ou pas, reflète la richesse familiale.

Certains motifs, qui trouvent résonnance dans

les bijoux, endossent aussi une fonction talismanique

et illustrent le pouvoir protecteur du

vêtement. Répartie en quatre thèmes (nature,

splendeur, puissance et transformation), cette

exposition explore la broderie mais aussi le

costume palestiniens en démontrant combien,

aujourd’hui, il est devenu une forme de résistance

culturelle. (ah)

Matson Photo Service, Femme mariée de Bethléem

portant un chapeau et un voile, ca. 1934-1939. Musée

Mode & Dentelle de la Ville de Bruxelles.

Un labyrinthe de vie

du 14-12 au 10-05

MAC’s

Hornu

www.mac-s.be

Honoré d’O, La Quête (vue d’exposition), 2006. © de l’artiste /

Courtesy MAC’s

Le pavillon belge de la 51e Biennale de Venise, en 2005, accueillait l’immense

installation d’Honoré d’O (1961), intitulée La Quête. Conçue sous forme de

labyrinthe, avec des passerelles et des obstacles, l’œuvre invitait à une expérience

immersive inédite. Vingt ans plus tard, n’ayant cessé de se renouveler

au fil du temps, elle s’installe à Hornu. Construite autour de drapés de papier

suspendus dans l’espace, l’installation se veut à la fois un ensemble visuel

cohérent et une somme de micro-gestes effectués par l’artiste au cours

de sa vie, au cours de sa “quête” comme l’indique le titre de l’œuvre. Une

quête introspective et ludique dans laquelle formes, images, sons, matières,

couleurs et textures se déclinent et se répondent pour former des réseaux de

signes et de significations, emprunts de la vie de l’artiste et du souvenir de

son expérience vénitienne. (ah)

72


Pharaonne éternelle

du 20-12 au 05-07

Gare des Guillemins

Liège

www.europaexpo.be

Fascination du

papier

du 11-12 au 22-03

Albertina

Vienne

www.albertina.at

De nombreux

faits, des plus

avérés aux

plus anecdotiques

voire

fantaisistes, ont

circulé à son

propos : Cléopâtre

reste une

des femmes les

plus fascinantes

de l’Histoire, ce

que démontre

sa présence non

démentie dans

les arts au fil

des siècles. Des

œuvres historiques

originales

côtoient des

interprétations

contemporaines

dans le parcours

interactif de

cette exposition,

qui interroge

les multiples facettes de cette reine mythique. Faut-il rappeler qu’elle fut souveraine

d’Egypte et donc fine stratège, maîtresse de César dont elle eut un fils et

amoureuse ensuite d’Antoine dont la défaite la conduisit à un suicide volontairement

assumé. Afin de ne pas finir enchaînée et humiliée à Rome ? Des statuettes

antiques aux clips musicaux actuels, en passant par les péplums hollywoodiens et

les jeux vidéos, Cléopâtre prouve plus que jamais que son pouvoir de séduction

reste éternel. (ah)

L’Albertina rend hommage au papier comme

médium artistique, au travers d’une exposition

qui met en lumière la polyvalence du papier

sous toutes ses formes, du XVe siècle à nos

jours. Dessins, gravures, cartes à jouer, installations

monumentales et objets tridimensionnels

sont ici réunis, issus des riches collections

graphiques, architecturales et contemporaines.

Des combinaisons et des contrastes

surprenants révèlent la puissance du papier :

fragile et durable, intime et monumental. Une

occasion rare de découvrir des siècles d’art sur

papier en une seule exposition. (eb)

Birgit Knoechl, Hors de contrôle : revisité – L’autonomie

de la croissance, 2022. Collection Albertina, Vienne.

© de l’artiste / photo : Thomas Gorisek

John William Waterhouse, Cléopâtre. 1888, huile sur toile. © D. R.

Basquiat sur papier

du 30-01 au 17-05

Louisiana Museum of Modern Art

Humlebeak

www.louisiana.dk

Voici une importante exposition monographique, consacrée aux œuvres

sur papier de Jean-Michel Basquiat (1960-1988). Pour la première fois,

l’accrochage se concentrera exclusivement sur ses représentations de tête

humaine, thème récurrent jusqu’ici peu exploré. Entre 1981 et 1983, l’artiste

a créé certaines de ses œuvres les plus impressionnantes et les plus

complexes, où la tête fait office de frontière entre apparence et psyché.

Nombre de ses dessins évoquent des masques, faisant allusion à l’art et

au symbolisme africains, plutôt qu’à des portraits réalistes. L’exposition

met en lumière le format, la vivacité des couleurs des pastels à l’huile et la

place exceptionnelle qu’occupent ces œuvres au sein de son œuvre. Grâce

à des prêts de collectionneurs internationaux, on révèle pour la première

fois toute la puissance et l’étendue de sa pratique du dessin. (eb)

Jean-Michel Basquiat, Mosquito Coil, 1982. Collection privée.

© Succession Jean-Michel Basquiat / Courtesy Artestar, New York

73


Sélection Musées

Au-delà du Surréalisme

jusq. date indéterminée

Dépôt Boijmans Van Beuningen

Rotterdam

www.boijmans.nl

Hendrik

Wiegersma

du 13-12 au 10-05

Museum De Wieger

Deurne

www.dewieger.nl

Que se passe-t-il lorsque six

artistes laissent libre cours à leur

imagination, au sein d’une collection

muséale ? L’exposition

Au-delà du surréalisme, présentée

au Dépôt du musée Boijmans

Van Beuningen, explore

l’influence durable du surréalisme.

Kerstin Brätsch, Monster

Chetwynd, Laure Prouvost, Tai

Shani, Emma Talbot et Raphaela

Vogel ont chacune sélectionné

des œuvres de la collection et

les ont mises en relation avec

leur propre pratique artistique.

Leurs interprétations ouvrent de

nouvelles perspectives sur des

thèmes actuels tels que l’identité,

le genre, le féminisme et le

changement climatique. L’exposition

invite à porter un regard

neuf sur le monde, guidés par la

liberté de l’inconscient. (eb)

Leonora Carrington, De nouveau, les

Gémeaux sont dans le verger, 1947.

Collection du musée.

Le musée De Wieger présente une sélection

unique d’œuvres issues de sa collection

et de prêts divers, qui met en lumière

le travail d’Hendrik Wiegersma (1891-1969),

aux côtés d’artistes de l’École de Bergen,

parmi lesquels Charley Toorop, Arnout

Colnot, Else Berg, Gerrit van Blaaderen,

Dirk Filarski, ainsi que Piet et Matthieu

Wiegman. Tons terreux, coups de pinceau

énergiques et influences cubistes témoignent

de leur quête de nouvelles formes

expressives. Une attention particulière est

portée à Piet Wiegman, ami et âme sœur

de Wiegersma, dont le lien artistique est au

cœur de l’exposition. (eb)

Jan Ponstijn, Bouquet, 1927, huile sur toile.

Collection De Wieger.

Le dessin, territoire innovant

du 16-12 au 25-03

Grand Palais

Paris

www.grandpalaisrmn.fr

Jean Dubuffet, Un voyage en métro, 10 mars 1943,

gouache sur papier, 36,8 x 30,4 cm © Adagp, Paris,

2025 © Centre Pompidou, MNAM-CCI / photro :

Philippe Migeat

Le dessin est un medium que sa fragilité dispose peu à la présentation muséale

permanente. On ne peut donc que se réjouir de cette exposition, qui réunit quelques

trois cents œuvres de 120 artistes, issues de la collection du Cabinet d’art graphique du

Centre Pompidou, l’un des plus importants ensemble au monde d’œuvres sur papier

des XXe et XXIe siècles. Il s’agit d’abord de montrer combien les artistes se sont emparé

du dessin pour transgresser les limites de l’art, en débordant du papier ou du carnet de

croquis pour investir l’espace du mur ou de l’installation. Le parcours évite l’ordre chronologique,

les œuvres se répondant selon une approche sensible, comme dans un effet

domino. Quatre thématiques donnent le ton (étudier, raconter, tracer et animer), afin

de démontrer combien cet art fragile est inventif et demeure toujours actuel. (ah)

74


La star de l’Antiquité

jusq. 28-06

Skulpturen Sammlung

Dresde

www.skd.museum

Un art d’aujourd’hui

du 31-01 au 25-05

Aargauer Kunsthaus

Aarau

www.aargauerkunsthaus.ch

Durant l’Antiquité,

Héraclès (en grec) ou

Hercule (en latin), fut

de loin le héros le plus

populaire. Son corps

musclé et ses attributs

(la massue et la peau

de lion), permettaient

une identification

immédiate par tous.

Cette fascination reprit

de plus belle dès la

Renaissance et la redécouverte

des œuvres le

représentant. Non seulement

son anatomie

parfaite, mais aussi sa

vie tumultueuse (et ses

fameux douze travaux),

offraient bon nombre

de situations dramatiques

et inspirèrent

les artistes dans tous

les domaines. La personnalité de ce demi-dieu mythique, fils de Zeus et d’Alcmène,

s’avère complexe : Hercule n’est pas sans tache, il n’est pas toujours victorieux. Sa

vertu est souvent mise à mal et il connaît des moment de doute, de colère, qui lui

font prendre de mauvaises décisions. C’est pourquoi il séduit autant. L’exposition

présente des sculptures, des peintures, des gravures et des objets artisanaux qui

illustrent, avec éclat, la fascination pour ce personnage de l’Antiquité jusqu’à nos

jours. Ces récits nous questionnent aussi : que signifie l’héroïsme pour nous ? Qui

sont nos véritables héros ? (ah)

Pierre Paul Rubens, Hercule ivre, soutenu par deux satyres, ca. 1613-1614, huile sur chêne.

Gemäldegalerie Alte Meister, Staatlische Kunstsammlungen Dresden. © photo : Hans-Peter Klut

Ce n’est pas une constatation mais une

évidence : les images mouvantes font partie

intégrante de notre époque, s’immisçant

dans nos maisons et dans nos lieux de travail,

courant partout dans nos rues, nous rattrapant

là où nous ne le voulons peut-être pas.

L’art ne pouvait rester extérieur à ce nouveau

medium et s’en est largement emparé, comme

en témoignent les grandes foires d’art où leur

découverte exige souvent un long temps de

contemplation. Cette exposition fait le point

en réunissant quelques œuvres d’artistes qui,

par la vidéo, transgressent les frontières de

l’art et ouvrent de nouvelles possibilités à notre

perception. Répartie en deux lieux, l’exposition

présente, entre autres, le travail de Judith

Albert, Emmanuelle Antille, Sylvie Defraoue et

Pipilotti Rist. (ah)

Emmanuelle Antille, Angels Camp – First Songs, 2003-

2004. Vue de l’exposition au pavillon suisse, à la Biennale

de Venise 2003. Installation vidéo. © de l’artiste /

Courtesy Aargauer Kunsthaus / Depositum der Walter A.

Bechtler-Stiftung / photo : Georg Rehsteiner

Du genre en Islam...

du 27-11 au 15-03

Nasjonalmuseet

Oslo

www.nasjonalmuseet.no

Cette exposition audacieuse invite à revoir et à appréhender différemment les thèmes et ornements

issus des cultures visuelles du monde islamique. Répondant aux questions persistantes

autour du genre et de la sexualité, elle invite à découvrir combien les désirs et pratiques queer

imprègnent cet art islamique, comment l’intimité, le plaisir et les identités non normatives y sont

depuis longtemps ancrés dans l’ornement et la représentation. Pour la première fois, une généalogie

queer de l’art islamique est proposée. Le parcours couvre plus d’un millénaire, réunissant des

œuvres historiques (céramiques, textiles, manuscrits) ainsi que de nombreuses créations contemporaines

de Taner Ceylan, Shahzia Sikander, Lynette Yiadom-Boakye, du collectif Ramin Haerizadeh,

Rokni Haerizadeh et Hesam Rahmanian. L’exposition présente également quatre nouvelles

œuvres commandées à Damien Ajavon, Rah Eleh, Kasra Jalilipour et Sa’dia Rehman. (ah)

Anonyme, Textile Safavide, 1567. Athènes, Benaki Museum. © photo : Leonidas Kourgiantakis

75


Agenda Musées

Antwerpen

De Singel

△ BWMSTR Label 034.

Living Frameworks

till 01-02

Aalst

NW Aalst

△ Pauline Curnier Jardin.

Dress To Kill / Info-Angel:

Arendcarnaval

till 29-03

△ Lisa Vlaemminck. Gut

till 01-02

t Gasthuys - Stedelijk

Museum

△ Santé

till 26-04

Aarschot

Het Gasthuis -

Stedelijk Museum

△ Stories across the lands

18-01 till 22-02

△ Edward Moons. De

Laatste Aarschotse

Meester

till 18-01

△ Mieke Lamiroy. Surreal

Stories Print, Cut & Paste

till 18-12

Antwerpen

De Singel

△ BWMSTR Label 034.

Living Frameworks

till 01-02

DIVA

△ Slow Roast. Slow Craft

till 11-01

FOMU

△ Early Gaze. Ongeziene

fotografie uit de 19de

eeuw

till 01-03

△ Danial Shah. Becoming,

belonging and vanishing

till 04-01

△ Magie en Macht.

Fotografie in België,

1839-1900

till 08-03

△ No longer not yet.

Katja Mater en FOMU-

Collectie

till 22-02

KMSKA

△ Magritte. La Ligne

de vie

till 22-02

△ Eugeen Van Mieghem

/ Donas, Archipenko & La

Section d’Or Betoverend

modernisme

till 11-01

Kunsthal Extra City

△ Bianca Baldi. Sea

Through Skin

till 25-01

△ It goes without saying

till 29-03

△ Periphery

till 31-12

M HKA

△ De toestand is vloeibaar

till 03-01-2027

△ Kyiv Biennale 2025:

Homelands and

Hinterlands / Vaast

Colson. Casus: You

Used to Be Part of

Something / against

the powerlessness of

Art / Saodat Ismailova.

Chillahona / S & W &…

till 11-01

△ Les Associations de

Pauline Curnier Jardin

till 25-01

MAS

△ Anouk Kruithof.

Universal Tongue

till 04-01

Middelheim

△ Sammy Baloji. The long

hand

till 31-12

MoMu

△ Embroidering Palestine

13-12 till 07-06

△ GIRLS

till 01-02

△ Collection presentation.

Fashion from the MoMu

Collection

till 31-12

Museum Plantin-

Moretus

△ Vrouwenzaken/

Zakenvrouw

till 11-01

Museum

Snijders&Rockoxhuis

△ Ydáñez en Amberes

till 18-01

△ Oude landschappen in

een nieuw perspectief

till 31-01

Ath

Maison Culturelle

△ Manon Bara & Stephan

Goldrajch. Jour de fête

till 20-12

Bastogne

L’Orangerie

△ Mémory Cache

Collection 99

till 04-01

Pôle Culture

△ Alec De Busschère.

Memory Cache

Collection 99

till 04-01

△ Djos Jannssens. Twist

till 31-12

Brugge

CC Brugge

△ Input/Output

06-12 till 11-01

△ Joke Raes en

academiestudenten.

Studio (K)now

13-12 till 08-02

△ Het vertekende verhaal

31-01 till 22-03

△ AiR Biekorf 10.0. Vivid

Waves

till 06-02

Brussels

AfricaMuseum

△ Boma la première

till 03-01

△ Le Panorama du Congo

1913. Illusion coloniale

démontée

till 27-09

Art et Marges

△ Aussi loin qu’ici + 2de

deel

till 29-03

Autoworld

△ German Tuners from

the 80’s & 90’s

till 14-12

BELvue! Museum

△ ART DECO

till 04-01

Bozar

△ John Baldessari.

Parabels, Fabels en

andere sterke verhalen

till 01-02

△ Ouest. Urban Legend

/ Bozar Arcade. Urban

Playground / Nina Beier.

Real Estate

till 04-01

△ Francisco de Goya

till 11-01

△ Delcy Morelos. Bozar

Monumental

till 30-08

Centrale

△ Grégoire Motte

18-12 till 01-03

△ Michel Couturier. La

friche la galaxie / Làzara

Rosell Albear. Gao

till 22-02

Centrale / Vitrine

△ Elias Cafmeyer. Les

gargouilles de Catherine

till 07-12

Centre Culturel de

Schaerbeek

△ Brolectif. Le Brol

till 19-12

Charlier Musuem

△ Michel Couturier

till 22-02

Design Museum

△ Design & Comics:

Living in a Box

till 01-03

△ Paris, Brussels and

back. The Art Déco

periode of the Baucher-

Feron couple

till 18-01

Fondation A

△ What’s the word?

Johannesburg!

till 21-12

△ Histoires en séries

till 25-01

Fondation

Boghossian - Villa

Empain

△ Elsa Paricio. Biblioteca

Nacional

till 10-05

△ Fire

till 01-03

Fondation CAB

△ Art & Language, 1965-

2025

till 16-05

Fondation Gaston

Bertrand

△ Prix Gaston Bertrand.

Lauréat Michel Mouffe

till 21-12

iMal

△ Félix Luque Sánchez. La

Société Automatique

till 15-02

ISELP

△ Uncharted

till 06-12

Korean Cultural

Center

△ That’s Korea

till 23-01

La Fonderie

△ Beldavia. Jouw nieuwe

thuishaven

till 28-06

MAD

△ Jean Paul Knott

till 31-01

Maison de l’Histoire

Européenne

△ Passé Composé. Un

album européen

till 11-01

Maison Hannon

△ Échos des Songes. Le

Symbolisme à Bruxelles

till 19-04

Migratie Museum

Migration

△ Bruxelles, la Congolaise

till 13-12

MRBAB

△ Room 54. Recent

acquisitions

till 01-03

△ FRAGILE ! / Art et

stéréotypes de genre

till 19-04

△ Georges Meurant

meets Bonolo Kavula

till 10-03

Musée & Jardins van

Buuren

△ 1925: Fashion in the age

of Art Deco

till 02-02

Musée de la BD

△ Métal Hurlant.

Embarquement immédiat

till 17-05

△ La Nature de Wauter

Mannaert

till 20-09

Musée Juif

△ There is a crack in

everything

till 14-12

Musée Mode &

Dentelle

△ 40+ years of stijl

till 11-01

Museum voor

Moderne Religieuze

Kunst

△ Sketching For the

Basilica. Architect Albert

Van Huffel. Art Deco &

100 years of Arts and

Architecture

till 31-03

Thomas Deprez

△ Charles Doudelet. A

Flemish Primitive around

1900

till 18-12

Walter & Nicole

Leblanc Foundation

△ Esther Ferrer & Walter

Leblanc. Shared Lines

till 19-12

WIELS

△ Marie Zolamian.

Confabulations

21-02 till 17-05

△ Everlyn Nicodemus.

Black Bird

till 01-02

△ Nairy Baghramain.

Nameless

till 01-03

Wittockiana

△ Faune, Flore et Reliures

/ Open Book, Closed

Book

till 01-02

△ Verso-Recto. Collection

inédites

till 25-01

Charleroi

BPS22

△ Bachelot & Caron.

Porcelaine et faits divers

/ Chantal Maes. …

Puisque Bafouillent aussi

les astres

31-01 till 03-05

△ La «S» Grand Atelier.

Novê Salm

till 04-01

Musée de la

Photograhie

△ Collection Astrid Ullens

de Shooten Whettnall

/ Fañch le Bos / Younès

Ben Slimane

till 25-01

Musée des Beaux-

Arts

△ Mig Quinet. Matières

en mouvement. Coupé,

collé, cousu

till 25-01

Musée du Verre

△ Antoine Leperlier.

Venduta Interna

till 03-05

Deurle

MDD

△ Libasse Ka. Notes on

Shape Shifting / George

Minne. De Verloren Zoon

till 21-12

Eupen

IKOB

△ Ronny Delrue. Elke lijn

een luide kamer

16-12 till 02-02

△ Mikolaj Sobczak.

Choking the oracle. What

the Flag?!

till 31-12

Flémalle

La Châtaigneraie

△ Le Coeur et le Cru

till 08-02

Genk

C-Mine

△ VLAIO Living Lab

till 04-01

76


△ Alphabet City

till 15-03

△ Blue Heaven

till 31-12-2027

Jester

△ Kenny Dunkan &

Anthony Ngoya. Ghostly

Matters

till 11-01

Gent

Kunsthal

△ Mark Pozlep.

Everything under

till 18-01

Kunsthal Sint-

Pietersabdij

△ Schoonheid als verzet

till 18-01

MSK

△ Stephan Vanfleteren.

Transcripts of a Sea

till 04-01

Museum Dr. Guislain

△ Monique Gies.

Binnenzicht

til 19-04

△ ik ben er !?

till 04-01

△ Op losse schroeven

till 22-02

△ Eigen Huis

till 27-09

SMAK

△ Narcisse Tordoir. Fake

Barok / Aziz Hazara. Bow

Echo / 10ans de S.M.A.K.

Bouge

till 03-05

△ Resistance. The Power

of the Image / Marc De

blieck. Point de voir /

Hoet & Matthys-Colle.

Through Collectors’ Eyes

till 08-03

SMAK - museumplein

04

△ Edith Dekyndt.

Shadows from the Walls

of Death

till 28-02

Herbert Foundation

△ Lawrence Weiner. Red

and Green and Blue

more or less

till 28-06

Huis van Alijn

△ Foorwonder

till 26-04

STAM

△ Offside. Football in

the city

till 26-05

Grimbergen

CC Strombeek

△ Aysha E Arar. Al Farisa

/ Katya Ev Anton.

Lactating Bodies

till 01-02

△ Maëlle Dufour. Sonar

till 02-04

△ Valérian Goalec. Plakt

till 30-10

CC Strombeek /

Studio S

△ Katya Ev. Lactating

Bodies

till 14-12

Hasselt

CC Hasselt

△ Hasselt Torenhoog. Een

poëtische blik op jong

erfgoed

till 17-05

△ Elizabeth Alderliesten.

The inbetween / Els

Martens. In to me see in

to me sae / I Have seen

people made of dreams

/ Elise Corten. Warmer

than te sun

till 25-01

Mode Museum

△ Rococo Reboot. Mode

1750-1830

till 22-02

Z33

△ Mounir Addib.

Taliswoman

till 14-12

△ Michael Beutler

till 22-02

Hoogstraten

Stedelijk Museum

△ Derde straat links.

Straatnamen ontrafeld

till 08-03

Hornu

CID

△ Patricia Urquiola. Meta-

Morphosa

14-12 till 26-04

△ Woven Whispers

till 14-12

MACS

△ Cristina Garrido. The

White Cube Is Never

Empty / Honoré δ’O.

Quarantaine-quarantine

14-12 till 10-05

Ieper

Raadzaal Lakenhallen

△ vitrinetentoonstelling:

Druk!Druk!Druk!

till 22-02

Ittre

Musée Marthe Donas

△ Marthe Donas, de

retour au pays (1921-

1927)

till 25-01

Jabbeke

Permekemuseum

△ Zie de mens.

Collectiepresentatie

13-12 till 19-04

Knokke

Peiremuzee

△ Lijnen van inspiratie

till 04-01

Kortrijk

Be-Part

△ Joelle Dubois.

Rekindling

till 07-12

La Hulpe

Fondation Folon

△ Nicola Magrin. Del cielo

e della terra

till 01-03

La Louvière

Centre de la Gravure

△ Sara Conti. Corlandia

06-12 till 22-03

△ Voyage en collections

#6

till 01-02

Keramis

△ Clémence van Lunen.

Une joyeuse intraquillité

/ Pia Mougeot.

Restitution de Résidence

till 01-03

Leuven

M Museum

△ Els Nouwen

30-01 till 22-11

△ Alicja Kwade. Dusty Die

/ Kennis in zicht

till 22-02

△ Collectie van M

till 29-04-2029

△ Ellen Dhont. Afsluitend

toonmoment

till 22-02

STUK

△ Soadat Ismailova. Her

Journeys, Her Lives

till 14-12

△ Artefact 2026: Grind

Grind Grind, Release. An

exhibition as a message

12-02 till 01-03

Universiteits

Bibliotheek

△ Routes naar kennis

till 22-02

Liège

Cité Miroir

△ Podium. Le pouvoir du

sport

12-12 till 10-05

Espace 251 Nord

△ Trésor de la Cathédrale

de Liège

till 29-03

Fonds Patrimoniaux

△ 250 ans de l’académie

royale des beaux-arts:

une école d’art sur

quatre siècle

till 18-01

Grand Curtius

△ Trésors cachés de

l’instutut archéologique

liégeois

till 11-01

La Boverie

△ Robert Doisneau.

Instants Donnés

till 19-04

△ 250 ans de l’académie

royale des beaux-arts:

L’Atelier de dessin

till 18-01

Liège

La Boverie

△ Cécile Pichault

till 04-01

Musée de la Vie

Wallonne

△ Carnaval de Rio

till 15-03

Louvain-la-

Neuve

Musée L

△ Embellir le savoir /

Happy U!

till 22-02

△ La passion de la

recherche

till 31-12

Mechelen

Kazerne Dossin

△ Sport et les athlètes au

KL Auschwitz

till 10-12

Museum Hof Van

Busleyden

△ Rik Wouters & Nel:

Muze en Manager

till 26-04

Mol

Jakob Smitsmuseum

△ Jong Landschap. De

verknipte wereld van

Bruegel tot Smits en van

Ostaijen

till 01-03

Mons

BeCraft

△ Claire Lavendhomme /

Bring Me Art!

till 01-02

CAP/ musée des

Beaux-Arts de Mons

△ David Hockney. Le

Chant de la Terre / Kévin

Douillez. Voyages d’un

geste / Emmy Bergsma. I

ask the plants

till 25-01

Maison Losseau

△ Bords Perdu. Marie

Bonnin

till 01-03

Mons Memorial

Museum

△ L’esprit carcéral.

Verlaine, Dumont,

Detournay, Bervoets et la

prison de Mons

till 10-05

Morlanwelz

Musée Royal de

Mariemont

△ Marie De Hongrie.

Art & Pouvoir à la

renaissance

till 10-05

Mouscron

Centre Culturel

△ Yvonne Guermonprez

& Michel Dusollier -

Camille Simon

till 18-01

Namur

Le Delta

△ Les trésors minuscules

till 04-01

△ Mehdi Georges Lahlou.

A l’ombre des palmiers,

conversation botanique

till 25-01

Musée Félicien Rops

△ Japoniaiseries.

Fantaisies japonaises au

temps de félicien rops

till 15-02

Oostende

MU.ZEE -

Venetiaanse

Gaanderijen

△ Het is zondag op zee!

till 22-02

Oudenaarde

Erfgoedsite Ename

△ Oog in oog met de

prehistorie / Bult in zicht

till 10-12

Roeselare

Ter Posterie

△ Roger Raveel. Dag

meneer Raveel!

till 04-01

Sint-Martens-

Latem

Crypte Gemeentehuis

& gemeentelijk

museum Gevaert-

Minne

△ Lode Laperre. (D)

CNSTRCT

till 07-12

Sint-Niklaas

MAP

△ Kaarten in boeken

till 22-02

Tentoonstellingsruimte

Zwijgershoek

△ Compleet van de

kaart. Artistieke visies op

cartografie

till 04-01

Tournai

TAMAT

△ Arpy Gokceyan. Les fils

invisibles de la mémore /

Regard sur la collection.

Tournai 1930-1950

till 01-03

Wechelderzande

Kasteel Hof d’Intere

△ Pastorale

till 06-12

Envoyez vos informations, pour le

mois de février, à collect@ips.be

avant le 5 janvier !

77


Parole de galeristes

Martins & Montero – #082

Art critique brésilien

En 2024, deux galeries de renom, la Galeria Jaqueline

Martins (São Paulo et Bruxelles) et la Gallery Sé

(Londres), unissaint leurs forces pour fonder Martins

& Montero, au cœur de Bruxelles. La seconde est

spécialisée dans le design de collection, tandis que la

première, également présente à Bruxelles depuis 2020,

se concentre sur les artistes brésiliens engagés sur les

plans politique et social. Outre la galerie de São Paulo,

Martins & Montero mise à Bruxelles sur le dialogue

international. COLLECT s’est entretenu avec Jaqueline

Martins et Maria Montero.

Maria Montero et Jaqueline Martins. © photo : Francio de Holanda

Qu’est-ce qui vous a réunis ?

« Nous étions animées par une

amitié et un respect mutuels

pour nos programmes respectifs,

par une ambition commune

de développer nos galeries

et une vision partagée des

stratégies curatoriales. Nous

voulions mettre en commun

nos expertises et nos réseaux

pour étendre notre présence à

l’international. Cette collaboration

nous permet de partager

nos ressources et de renforcer

nos activités. »

Pourquoi avoir choisi Bruxelles ?

« Bruxelles possède un écosystème

artistique dynamique et

diversifié, avec de nombreuses

galeries telles que Jan Mot,

Xavier Hufkens, Greta Meert,

et bien sûr, notre ami brésilien

Mendes Wood DM. La ville

compte également des projets à

but non lucratif et une production

importante dans les

domaines des arts plastiques,

de la danse et du théâtre. De

plus, elle est située au cœur de

l’Europe et facilement accessible

en train depuis d’autres

capitales importantes comme

Londres, Paris, Zurich et Amsterdam.

Cette proximité facilite

la participation aux grandes

foires d’art et permet à la galerie

d’entrer en contact avec un

large public international. »

Comment décririez-vous le

profil de la galerie ?

« Nous sommes très attachés aux

artistes ayant œuvré pendant

la dictature militaire brésilienne

(1964-1985), mettant l’accent sur

l’art comme forme de résistance

et de critique, tels le collectif

3Nós3 et Genilson Soares. Nous

apprécions beaucoup les artistes

ayant pris des risques pour faire

passer un message. En ce qui

concerne la pertinence sociale

et politique, nous sommes

extrêmement motivés par la

‘‘tâche supplémentaire’’ qui

consiste à aborder des questions

politiques sérieuses avec des

artistes qui traitent directement,

dans leur travail, de questions

sociales urgentes telles que le

changement climatique ou la

politique identitaire, à l’instar

de Jota Mombaça, Lia D. Castro,

Hudinilson Jr., Dalton Paula et

Maria Thereza Alves. La galerie

de Bruxelles vise à promouvoir

un dialogue international en utilisant

des stratégies curatoriales

collaboratives pour connecter

nos artistes à la scène internationale.

Bien que la galerie représente

un noyau solide d’artistes

brésiliens contemporains et

historiques, son programme ne

se concentre pas exclusivement

sur ces derniers. »

L’art brésilien suscite-t-il de

l’intérêt sur le marché européen ?

« La popularité croissante de l’art

brésilien en Europe s’explique

notamment par la longue et

solide tradition d'avant-garde

« La galerie de Bruxelles vise

à promouvoir un dialogue

international »

du Brésil, avec des mouvements

importants tels que le néoconcrétisme

et la Tropicália.

Cette histoire constitue une base

solide de qualité et de reconnaissance

critique, qui séduit les

collectionneurs et les institutions

européennes avertis. Mais les

efforts d’internationalisation

des galeries brésiliennes, qui

participent à de grandes foires

et ouvrent des galeries dans les

capitales européennes et américaines,

ont également considérablement

accru la visibilité et

l’accessibilité de l’art brésilien sur

le marché européen. »

Quelle est l’importance de

salons comme Art Antwerp et

la BRAFA ?

« Art Antwerp est une plateforme

cruciale pour entrer en

contact avec la communauté

artistique locale, mais aussi pour

attirer un groupe de collectionneurs

plus jeunes et régionaux.

Pour l’édition 2025, nous

collaborons avec la Galerie Sofie

Van de Velde. Ce projet représente

une formidable occasion

d’établir un dialogue entre nos

artistes et la galerie. La BRAFA

est réputée pour son éclec-

tisme, alliant différents styles et

époques, des maîtres anciens

au design contemporain. Notre

participation permet à la galerie

de resituer ses modernistes

brésiliens historiques et ses

pièces conceptuellement riches

dans un contexte historique plus

large, ce qui séduit les collectionneurs

confirmés qui apprécient

le cross-collecting. Nous

avons constitué une sélection

fantastique, notamment avec

la légendaire architecte et designer

brésilienne Lina Bo Bardi,

en dialogue avec des œuvres de

Jimmie Durham, Robert Barry et

Philippe Van Snick. »

Calafrio – Ana Mazzei

jusq. 24-01

Martins & Montero

Bruxelles

www.martinsemontero.com

Art Antwerp

du 11 au 14-12

www.art-antwerp.com

BRAFA

du 25-01 au 01-02

www.brafa.art

78


Sélection Galeries

Leif Österman.

The garden never sleeps

jusq. 20-12

Zedes Art Gallery

Bruxelles

www.zedez-art-gallery.be

Andreas Senoner &

Sam Ballet

jusq. 20-12 Michèle Schoonjans Gallery

Bruxelles

www.micheleschoonjansgallery.be

Pour l’artiste suédois Leif Österman (1963), refuser les conventions est une manière

d’être. Sa peinture questionne notre rapport à la technologie et à l’aliénation qu’elle

engendre, tout en recherchant un nouvel équilibre pour l’humain. Nourrie par une

écologie optimiste et ancrée dans l’imaginaire nordique, son œuvre dépeint un

monde où terre, eau, glace et feu cohabitent, traversés par la résilience du végétal.

Sa perspective, toujours déstabilisante, glisse d’une vue aérienne à une contre-plongée

vertigineuse, brouillant nos repères d’échelle. Geste libre, couleurs fougueuses,

Leif Österman fait se confondre dessin et matière jusqu’à frôler l’abstraction. Des

structures industrielles esquissées flottent dans le paysage, emportées dans la tourmente

d’un souffle pictural puissant. Entre figuration et vertige visuel, il compose des

paysages en métamorphose, où la nature reprend le pouvoir. (gg)

Leif Österman, The garden never sleeps, 2025, huile sur toile, 200 x 110 cm. © de l’artiste / Courtesy

Zedes Art Gallery – Prix : entre 1.800 et 7.000 €

Cette

exposition

réunit

deux

artistes

aux univers

singuliers

:

Andreas

Senoner

(1982) et

Sam Ballet (1991). Tous deux explorent la

tension entre présence et absence, entre

permanence de la matière et fragilité du

geste. Chez le premier, la sculpture en bois

devient mémoire et métamorphose : figures

fragmentées, visages effacés, humanité

universelle plutôt qu’individuelle. La

densité du bois dialogue avec des plumes

et des éléments naturels, conférant une intensité

silencieuse et spirituelle. Le second,

au crayon de couleur, façonne un monde

où le réel flirte avec l’imaginaire. Ses

scènes évoquent la figure humaine, par

la lumière et l’atmosphère plus que par la

représentation directe. Sans titre, ses dessins

restent ouverts à l’interprétation. Mis

en regard, sculptures et dessins révèlent

un dialogue subtil : volume et trait, densité

et respiration. Quiet Encounters offre un

moment suspendu, où le silence devient

espace d’écoute et d’imagination. (gg)

Andreas Senoner, NEST, 2025, noyer et plumes,

H. 47cm. © de l’artiste / Courtesy Michèle Schoonjans

Gallery – Prix : entre 150 et 5.500 €

Eva L’Hoest.

Inkstand - fragments of intent

jusq. 10-01

Galerie Eric Mouchet

Bruxelles

www.ericmouchet.com

Eva L’Hoest, Leda’s Dream (série : Inkstand), 2025,

alliage bismuth-étain, sable, encre, moulage sur

nature, acier galvanisé, système de miroirs infinis.

Casino Luxembourg. © de l’artiste / Courtesy

Galerie Eric Mouchet / photo : Luk Vander Plaetse

– Prix : entre 2.000 et 15.000 €

Eva L’Hoest (1991) utilise le langage numérique comme outil archéologique pour sonder

l’origine, la mémoire et les images mentales, individuelles ou collectives. Par la sculpture,

la performance et l’installation audiovisuelle, elle réactive des mythologies anciennes aussi

bien que des données contemporaines, créant des formes où se croisent temps, médias et

mondes distincts. La série Inkstand réunit de petites sculptures en alliage bismuth-étain,

partiellement émergées de leurs moules de sable. Suspendues dans un état intermédiaire,

en train de fondre ou de s’effondrer, elles évoquent des dioramas domestiques habités de

figures humaines ou animales. Leur disposition rappelle les chambres de conditionnement

opérant, conçues dans les années 1930 par B. F. Skinner pour étudier le renforcement

positif, principe ayant influencé le développement des technologies numériques et de

l’intelligence artificielle. (gg)

79


Sélection Galeries

Mouvements sacrés. Tiffanie Delune &

Philippe Sène

jusq. 17-01

Galerie Christophe Person

Bruxelles

www.christopheperson.com

Deux univers reliés par la spiritualité

et la mémoire : Tiffanie

Delune (1988) développe une

pratique onirique nourrie par

l’enfance, l’errance et l’utopie.

Ses compositions mêlent souvenirs,

spiritualité, symboles

féminins et récits personnels.

Entre constellations, paysages

et cartographies imaginaires,

elle crée des œuvres mixtes

célébrant la pluralité. L’artiste

interroge la magie du récit

comme espace d’émotions

partagées. En regard, Philippe

Sène (1945), issu de l’École de

Dakar fondée à l’époque des

indépendances sous Senghor,

puise dans la cosmogonie

sérère. Ses œuvres, sur toile

et papier, donnent forme

aux pangols, êtres mystiques

intermédiaires entre humains,

ancêtres et divin. Philippe

Sène explore ainsi les liens

fondamentaux, qui préservent

la vie, dans une vision harmonieuse de l’Univers. Considéré comme l’un des artistes

majeurs de l’Afrique contemporaine, il perpétue les traditions orales tout en faisant

évoluer sa technique. (gg)

Tiffanie Delune, The River dances, 2025, technique mixte sur toile, 100 x 70 cm. © de l’artiste /

Courtesy Galerie Christophe Person – Prix : entre 2.000 et 10.000 €

Guy de Malherbe.

Dans les Roches

traversées

jusq. 20-12

Galerie La Forest Divonne

Bruxelles

www.galerielaforestdivonne.com

Cette exposition offre un large panorama de

la peinture de Guy de Malherbe (1958). Elle

plonge au cœur de ce qu’Olivier Kaeppelin

décrit comme « un secret, qui se manifeste par

détour », une peinture qui ne représente pas le

paysage, mais le laisse surgir. Falaises d’Étretat,

rochers de la Costa Brava ou glaciers du Perito

Moreno deviennent des énigmes de matière et

de lumière. Guy de Malherbe se tient au bord

du monde, face à la mer ou à la paroi, pour

saisir le moment où la forme vacille : rochers

anthropomorphes, silhouettes flottantes,

éclats minéraux incandescents… La couleur,

dense, charnelle, sculpte le motif autant qu’elle

l’efface. Dans ses paysages, l’invisible affleure :

l’inconscient, les rêves, un imaginaire hérité

de Dalí, Buñuel et García Lorca. À la croisée

de la tradition et d’une gestualité résolument

contemporaine, son œuvre célèbre la beauté,

indomptée et mouvante, du monde. (gg)

Guy de Malherbe, Rouge flamboyant, couple et baigneuse,

2024, huile sur toile, 170 x 280 cm. © de l’artiste

/ Courtesy Galerie La Forest Divonne / photo : Bertrand

Michau – Prix : entre 2.000 et 35.000 €

Dome Wood. Fourth-Space Chapel

jusq. 06-01

Kunstraum

Bruxelles

www.kunstraum.art

Dome Wood, Collapse of the Wave

Function, 2024, huile sur toile, 70 x

50 cm. © de l’artiste – Prix : entre

2.618 et 42.360 € (TTC)

Conçue par l’artiste Dome Wood (1974) et la commissaire Valentine Himpens-David, cette exposition

interroge la possibilité d’une spiritualité contemporaine, à la croisée de l’art et de la science.

Depuis plus de vingt ans, Dome Wood explore ce qu’il appelle la « quatrième dimension », un

espace invisible, métaphysique, où la réalité demeure en devenir. Inspirée par la logique quantique,

sa démarche conçoit l’art comme un seuil entre le monde des potentialités et celui du tangible. Au

cœur de l’exposition, Quantum Time Tunnel, une microarchitecture immersive, invite le public à

faire l’expérience d’un autre rapport au temps et à la conscience. Autour, des peintures abstraites,

réalisées par fines touches vibratoires, évoquent des formes enfouies et des profondeurs lumineuses,

comme les traces d’un monde parallèle. Cofondateur du Fourth-Space Meditation Center, Dome

Wood conçoit cette exposition comme un espace de transformation, où l’incertitude devient liberté

intérieure. (gg)

80


Real Humans.

Ulrike Bolenz

jusq. 20-12

Galerie Sofie Van den Bussche

Bruxelles

www.sofievandenbussche.be

Laura Payen

et Giulia H

jusq. 21-12

Galerie Azur

Spa

www.galerieazur.be

Avec Real Humans, Ulrike Bolenz (1958) questionne les frontières mouvantes entre

humanité, technologie et perception. À travers un langage visuel affirmé, elle

combine papier calque, peinture, photographie et techniques mixtes pour interroger

la place de l’être humain dans un monde désormais traversé par le numérique.

L’exposition invite à réfléchir à ce qui constitue encore notre authenticité, à l’heure

où avatars, filtres et intelligence artificielle modifient notre appréhension de la

réalité. Ulrike Bolenz met en lumière la tension entre la fragilité du corps et la force

de l’imaginaire technologique, entre identité vécue et identité projetée. Poétique

et dense, son œuvre joue sur la transparence, les superpositions et la vibration des

images. Fidèle à son approche expérimentale, l’artiste crée un espace où vulnérabilité

et puissance se répondent, engageant le visiteur dans une expérience à la fois

sensible et réflexive. (gg)

Ulrike Bolenz, Matrix, 2025, impression mono-polymère, polycarbonate et peinture acrylique,

125 x 200 cm. © de l’artiste / Courtesy Galerie Sofie Van den Bussche – Prix : entre 1.500 et 10.000 €

Originaire

de La

Louvière,

Laura Payen

(1989),

diplômée

en infographie,

nourrit

depuis

l’enfance

une passion

pour le

dessin. En

2012, elle

se tourne

vers la

peinture sur toile et développe de manière

autodidacte un univers où se mêlent corps

féminins, couleurs vives et géométrie. Son

travail s’inspire des femmes qui l’entourent

ou qu’elle imagine, figures de force, de liberté

et d’affirmation. La sculptrice liégeoise Giulia

H. (1970) puise, elle aussi, dans le féminin. Un

visage marqué, une coiffure ou des bijoux suffisent

à déclencher son geste, influencé par les

masques africains et asiatiques et sa passion

pour la bijouterie et les coiffures du XVIIIe

siècle. Ses silhouettes élégantes et énigmatiques

évoquent l’héritage de Modigliani par la

grâce et l’allure allongée des visages, tout en

puisant dans la palette de Braque, la sobriété

lumineuse de Soulages ou l’équilibre des compositions

de Picasso. (gg)

Giulia H, Anouck, s.d., technique mixte, H. 40 cm

© de l’artiste / Courtesy Galerie Azur – Prix : entre 1.200

et 8.300 €

Stefan De Jaeger. Diversions

jusq. 20-12

Bernier Eliades

Bruxelles

www.bernier-eliades.com

Stefan De Jaeger, Diversions, 2025, huile sur

toile, 80 x 60 cm. © de l’artiste / Courtesy Bernier

Eliades – Prix : entre 4.000 et 25.000 €

Né en 1957, basé à Bruxelles, Stefan De Jaeger fut d’abord reconnu pour ses expérimentations

Polaroid, avant de se consacrer à la peinture. Depuis des décennies, il explore le lien intime

entre geste et perception. Chaque trace devient émotion et transformation intérieure. Refusant

le numérique, il revendique la lenteur du geste et la présence du corps dans l’acte de créer.

Pour Diversions, il réunit des œuvres sur papier et de grandes peintures : des constellations

rythmiques de traits et d’effacements, mais aussi des champs chromatiques où pigments,

transparences et textures se superposent. Entre contrôle et lâcher-prise, impulsion et méditation,

ses compositions forment un territoire visuel sans récit, mais d’une profonde intensité.

L’artiste poursuit une œuvre où la matière rencontre l’émotion, invitant à une contemplation

active. (gg)


Sélection Galeries

La joyeuse entrée d’Arthur Devissscher

du 13-12 au 18-01

Rufus Gallery

Gand

www.rufus.gallery

La Rufus

Gallery est

un vivier de

jeunes talents.

De sprint van

de naakte

aap y est la

première

exposition

personnelle

d’Arthur Devisscher

(1996).

Elle marque

également

son entrée

dans le circuit

artistique

officiel. À quoi

s’attendre ? Le

titre semble insinuer qu’il s’agit de nous et de notre comportement dans le monde. Car

le singe nu, c’est l’être humain. Il fait évidemment référence à The Naked Ape, best-seller

controversé de 1967 du zoologue britannique Desmond Morris. Mais Arthur Devisscher

n’excelle pas seulement dans les titres. Diplômé en 2022 de la Luca School of Arts

de Gand, l’artiste belge réalise de magnifiques dessins, très colorés. Il travaille généralement

avec des crayons pour camper un univers foisonnant d’imagination, envahissant

toute la surface et se révélant d’une richesse de détails saisissante. On perçoit d’abord

l’ensemble, puis le regard glisse d’un détail surprenant à un autre. Cette fois, la galerie

présente exclusivement de nouvelles œuvres, avec des dessins réalisés lorsqu’il était

artiste résident au sein du B’Rock Orchestra de Gand. (cv)

Arthur Devisscher, Wandelwolk, 2025, crayon de couleur sur papier, 42 x 29 cm. © de l’artiste / Courtesy

Rufus Gallery – Prix : à partir de 500 €

Gabriel Belgeonne.

Silences troublés

du 12-12 au 31-01

Aquilaluna

Dalhem

www.aquilaluna.com

Peintre et graveur belge, Gabriel Belgeonne

(1935) a enseigné la gravure et les techniques

d’impression à Mons puis à La Cambre,

école qu’il dirigera ensuite. Invité dans de

nombreuses institutions européennes, il a

reçu plusieurs distinctions en Belgique et

à l’étranger et illustré de nombreux textes

majeurs. À la fin des années 1990, il ma mis

la gravure à distance pour revenir pleinement

à la peinture, un geste quotidien qu’il

poursuit encore. La forme noire, épaisse et

compacte, qui dominait ses débuts, s’est

transformée en une nébuleuse sombre et

vibrante. La composition s’est peu à peu

affirmée, avec l’apparition de l’ammonite,

symbole d’éternel retour, motif spiralé qui

ouvre le regard vers la profondeur du temps.

Aussi son geste, affiné par l’expérience,

gagne en concision : carrés, diagonales, croix

et coquilles circulent désormais sur des fonds

plus clairs, comme libérés. Les masses noires

s’allègent, s’élèvent, la peinture devient

respiration. (gg)

Gabriel Belgeonne, Force positive, 2021, acrylique sur

toile, 50 x 65 cm. © de l’artiste / Courtesy Aquilaluna –

Prix : entre 1.000 et 12.000 €

Jean le Sauvage

du 18-01 au 15-02

Kristof De Clercq Gallery

Gand

kristofdeclercq.com

Johan De Wilde, Pi - Fugue pour les survivants

#29, 2025, crayon sur carton d’archives, monté

sur Dibond, cadre en aluminium, 42 x 59,4 cm.

© de l’artiste / Courtesy Kristof De Clercq

Gallery – Prix : 900 à 1.000 €

Tiens, Johan De Wilde (1964) se produirait-il sous le nom de Jean le Sauvage ? Hands of Time.

Les très riches heures de Jean le Sauvage est le quatrième volume de sa série d’ouvrages

imprimés. Son titre fait référence au célèbre livre d’heures enluminé des Frères de Limbourg.

Ce nouveau livre sera inclus dans Saturnus, première exposition personnelle chez Kristof De

Clercq. Saturne fait-il référence au dieu romain du temps qui, dans les tableaux de maîtres

comme Goya, dévore son fils ? Le temps, le nôtre également, intervient dans ses œuvres sur

papier, complexes et exigeantes, construites par strates. Son travail peut sembler aride, mais ne

vous y trompez pas : il s’agit d’une véritable bombe à retardement de pensées et de questions.

L’art peut-il réconforter ? L’art vaut-il plus que son prix ? Voilà quelques questions qui se posent.

Dans dix œuvres, réalisées à l’acrylique et au crayon, le Penseur de Rodin tourne sur lui-même,

comme s’il nous posait des questions essentielles. L’artiste présente également de nouvelles

œuvres issues d’une série autour du nombre Pi, dont certaines font partie de la collection du

S.M.A.K. Mais aussi des photographies encadrées, des images oniriques et des paysages, ainsi

que, pour la première fois, des œuvres de plus grand format. (cv)

82


Un quart de siècle

d’Atelier Les Deux Garçons

du 04-12 au 04-01

Coppejans Gallery

Anvers

www.coppejansgallery.be

Lin Zhipeng

alias 223

jusq. 07-02

Stieglitz19

Anvers

www.stieglitz19.be

Cette première exposition personnelle du duo néerlandais Les Deux Garçons,

à la Coppejans Gallery, est aussi un événement festif. L’enseigne anversoise

célèbre, en effet, les vingt-cinq ans de collaboration entre Michel Vanderheijden

van Tinteren (1965) et Roel Moonen (1966), en une sorte de rétrospective. Lannoo

vient d’ailleurs de publier le livre Atelier Les Deux Garçons. Vingt-cinq. Ce n’est

pas leur première exposition en Belgique, car leur percée internationale s’est

faite rapidement. En 2001, le duo avait déjà présenté une exposition chez Leo

Castelli, à New York. En 2009 y était présentée L’air de New York, ampoule de

verre remplie d’air de la ville, à nouveau visible aujourd’hui. Les deux s’emparent

avec malice des œuvres iconiques de Duchamp ou de Brancusi. Ils réalisent

également des sculptures de bronze, mais ce sont surtout leurs œuvres intégrant

taxidermie et objets trouvés, souvent séduisantes, drôles et provocantes, qui les

ont rendus célèbres. Le duo présente fréquemment ses créations comme celles

de jumeaux siamois, métaphore des choix existentiels auxquels nous restons attachés,

qu’il s’agisse de notre nom ou de décisions personnelles. Une démarche

où la profondeur de réflexion ne manque pas. (cv)

Les Deux Garçons, L’adieu impossible, technique mixte, wallabies empaillés morts de mort

naturelle, 45 x 31 x 40 cm. © des artistes / Courtesy Coppejans Gallery – Prix : 14.800 €

Stieglitz19 fait montre, depuis ses débuts, d’un

excellent flair pour repérer les talents de la photographie

chinoise émergente. Lin Zhipeng, alias 223

(1979), a intégré la galerie avant même d’être internationalement

considéré comme l’une des figuresclés

de la nouvelle photographie chinoise. Il s’est

d’abord fait connaître sur les réseaux sociaux sous

son pseudonyme, emprunté à l’agent 223 dans le

film dramatique romantique Chungking Express de

Wong Kar-Wai. New Works est sa cinquième exposition

personnelle à Anvers. L’artiste est reconnu pour

ses portraits de jeunes, souvent des amis, accompagnés

d’objets ou d’attributs tels que des fleurs. Les

natures mortes ont également rejoint, depuis peu,

ses thèmes de prédilection. L’esthétique spontanée

de l’instantané, les couleurs, le cadrage et les textures

de ses photographies accentuent une vitalité

résolument provocante ainsi qu’une atmosphère, à

la fois poétique et mystérieuse, souvent empreinte

d’érotisme, d’innocence ludique, de vulnérabilité et

de tendresse. Il s’en dégage une quête de liberté et

d’amour, une image de la Chine que les autorités

chinoises apprécient peu. (cv)

Lin Zhipeng alias 223, Untitled, 2025. © de l’artiste / Courtesy

Stieglitz19 – Prix : 2.500 à 5.000 €

Franz West, une œuvre influente

jusq. 17-01

Tim Van Laere Gallery

Anvers

www.timvanlaeregallery.com

Franz West, Sitting Sculpture, 2003, aluminium peint,

54,5 x 116 x 54,5 cm. © Archiv Franz West / Estate Franz

West / Courtesy Tim Van Laere Gallery – Prix sur

demande

Pour la quatrième fois, Tim Van Laere braque ses projecteurs sur l’œuvre polyvalent

de l’artiste viennois Franz West (1947-2012). Devenu célèbre dans le monde, l’artiste est

toujours resté modeste. Sa reconnaissance internationale est venue dans les années

1980. En 1973, il commence à créer ses premiers Paßtücke, des sculptures de plâtre et

de métal conçues comme des prolongements de corps, destinés à être mis en mouvement,

ce qui peut donner lieu à des situations hilarantes. Ses œuvres constituent des

instruments au service de processus physiques et psychiques. À partir des années 1980,

il commence également à fabriquer des meubles, faute de trouver dans le commerce

des divans, chaises, tables ou lampes, adaptés aux besoins de ses expositions. La frontière

entre objet utilitaire et œuvre d’art est alors abolie. L’interaction entre couleurs,

assises, collages et sculptures en tout genre peut donner une impression de terrain de

jeu. Franz West fut, à sa façon, un esprit joueur, mais d’une influence considérable. (cv)

83


Agenda Galeries

EDJI Gallery

△ Michel Deneckere.

Reverse Déja Vu

till 21-12

Frederick Mouraux

Gallery

△ Bob Verschueren.

Surfaces végétales /

Sophie Blanc. À l’ombre

du silence

till 31-12

Galerie Albert Ier

△ Michel Demart

till 18-01

Galerie Arielle

d’Hauterives

△ Conversation sur

papier

till 21-12

Galerie Christophe

Gaillard

△ Textile Unravelled

till 31-01

Galerie Christophe

Person

△ Tiffanie Delune

& Philippe Sène.

Mouvements sacrés

till 17-01

Sherrie Levine, Fedora, 2011, éd. 12, bronze, 12,7 x 29,2 x 25,4 cm. © de l'artiste / Courtesy QG, Brussels

Galerie Didier

Devillez

△ Thomas Van

Gindertael

till 20-12

Antwerpen

Art Forum

△ Armin Göhringer &

Michael Kravagna

till 16-01

Campo & Campo

△ Floris Jespers. Zigzag

till 17-01

Coppejans Gallery

△ Un quart de siècle

d’Atelier Les Deux

Garcons

04-12 till 04-01

Fred & Freddy

△ Adrien Tirtiaux. The

Grand Chambord

Interchange

till 31-08-2028

Galerie De Zwarte

Panter

△ Frieda Van dun.

Pictura / Michel Buylen.

Grammer of Paradise

till 25-01

Galerie Vrijdag

△ Hans Bruyneel. There’s

some place that I’d

rather be

till 15-12

Gallery Fifty One

△ Bruno V. Roels.

Artificial Paradise

till 21-02

Gallery28

△ Banksy4Humanity

till 07-12

In-Dependance

△ Tomasz Laczny. Traces

till 11-01

△ Land-/Bodyscapes.

Galerie swap met

Hopstreet Gallery Brussel

15-01 till 07-03

Newchild Gallery

△ Cheung Tsz Hin

05-12 till 29-01

△ Unmade

06-02 till 19-03

Raf Van Severen

Gallery

△ Évasion, une

parenthèse hivernale

poétique

12-12 till 10-01

Stieglitz19

△ Lin Zhipeng alias 223

till 07-02

Tim Van Laere Gallery

△ Franz West

till 17-01

Tommy Simoens

Contemporary Art

Gallery

△ Pavel Büchler.

Experience

till 20-12

valerie_traan gallery

△ Susan Collis.

Remainder / Ayrton Eblé.

Straat

till 20-12

VCRB Gallery

△ Jef Van Campen

till 25-01

Brussels

A.galerie

△ Simon Outers. Jungle

à l’envers

till 31-01

Alice Gallery

△ Jean Jullien

till 13-12

Almine Rech

△ Brent Wadden. Best

Before

till 10-01

Art Lab

△ David Mileikowski. De

Profundis

till 31-12

Bernier/Eliades

Gallery

△ Stefan De Jaeger.

Diversions

till 20-12

Box

△ Marjolein Martinot.

Riverland

till 10-01

Cauchies Selection

△ Jean Marc De

Pelsemaeker. Matière

Noire

till 18-01

Collectors Gallery

△ Nisa Chevènement

till 13-12

Contretype

△ Earth Not a Globe -

Philippe Braquenier

15-01 till 29-03

△ Pop Up. 3e édition

till 14-12

Darwin 15

△ Sébastian Cruyt. A

forest

11 till 17-12

Dauwens & Beernaert

Gallery

△ Peter De Meyer.

Uppers And Downers

till 19-12

Galerie DYS

△ Simone Pellegrini

till 20-12

Galerie Eric Mouchet

△ Eva L’Hoest & Pierre

Gaignard

till 10-01

Galerie Faider

△ Michael Kravagna.

Seasons

till 21-12

Galerie La Forest

Divonne

△ Guy De Malherbe.

Dans les Roches

traversées

till 20-12

Galerie La Patinoire

Royale Bach

△ Alfredo Jaar. La fin du

monde

till 23-12

Galerie Nathalie

Obadia

△ Sasha Cambier de

Montravel. J’ai assis la

Beauté sur mes genoux -

Et je l’ai trouvée amère

till 10-01

△ Viswanadhan

15-01 till 03-2026

Galerie Templon

△ Hervé Di Rosa.

Idolâtries

till 10-01

84


Galerie the K Art

Signatures

△ Odyssée africaine de

Benoît Feron

till 07-12

Gallery Sofie Van den

Bussche

△ Ulrike Bolenz. Real

Humans

till 20-12

Gallery Twenty Seven

△ Julie Perrin & Eric Luc

Maquet. Catharsis

till 06-12

Greta Meert

△ Jef Geys. 1961-1970

till 10-01

Halles Saint-Géry

△ Mappa Mundo

till 31-12

Hangar

△ Nick Brandt. The Day

May Break / Charlotte

Abramow. Maurice,

Tristesse et Rigolade

till 21-12

Hopstreet Gallery

△ Susanne Wellm &

Jonathan Callan. What

Remains

till 20-12

Brussels

Husk Gallery

△ Juana Soria. Memoria.

Synaptic Plasticity

till 20-12

Isabelle De

Borchgrave Atelier

△ Koi et Kimono

till 18-12

JAP

△ Marc Buchy. Hoshi Go

Club

till 16-01

Kunstraum

△ Dome Wood. Fourth-

Space Chapel

till 06-01

L’Enfant Sauvage

△ Vincen Beeckman &

Kasper Demeulemeester.

Invisble Cowboy

till 21-12

La Verrière

△ Claudine Monchaussé.

Sourdre

till 13-12

Le Salon d’Art

△ Kikie Crêvecoeur

till 20-12

LMNO Gallery

△ Aïda Kazarian. Prélude

d’une Feuillaison

till 28-02

Maruani Mercier

△ Bea Scaccia. Mood

Swings

till 03-01

Meessen

△ Solène Rigou. L’Invité.e

surprise

till 20-12

Melissa Ansel

△ Myriam Hornard

Francis Miller. Un

mouvement Derrière Le

Rideau

till 14-12

Michel Rein

△ book, design & art

till 24-12

Michèle Schoonjans

△ Andreas & Sam Ballet.

Quiet Encounters

till 20-12

Modestie Perdriolle

△ Philippe Jaccard

till 12-12

More Upstairs

△ Jean Boghossian’s

latest series of ceramic

works

06 till 31-12

Nationale 8 Gallery

△ the last round

till 13-12

Objects With

Narratives

△ South African

Group Show. Digging

Traces / Conrad Hicks.

Implemente 4

11-12 till …

△ Benoit Viaene &

Katrien Doms. A Serene

Dialogue of Matter

till 07-02

Odradek

△ Pli contre pli - Gita

Remy. Exhumer

till 13-12

QG

△ group show

till 19-12

Rodolphe Janssen

△ Marcel Berlanger

15-01 till 28-02

△ L’union fait la force

/ Sanam Khatibi.

I Miscalculated the Stars

till 20-12

Rossicontemporary

△ Jean-Georges

Massart. Selected Works

1981-2019

till 04-01

Sorry we’re closed

△ Sven Luke. Branches

till 20-12

Stems Gallery

△ Pauline Guerrier. The

guardians of the world

till 13-12

Studio 84 Art &

Culture(s)

△ Christophe Vootz. Half

Monster, Half God

till 07-12

Super Dakota

△ Tenki Hiramatsu.

Hira Hira

till 20-12

The Palm Beach

△ Du bout des doigts

till 20-12

TheMerode

△ Paul Nimer Pjota

till 19-12

△ ENERGIA

till 31-03

Xavier Hufkens

△ Magdalena Odundo

till 24-01

Zedes Art Gallery

△ Leif Österman. The

Garden Never Sleeps

till 20-12

Durbuy

Galerie Brachot

△ Radical or Nothing

till 27-12

Gent

Kiosk

△ Tom Poelmans. A Spirit

in Painting / Veronika

Eberhart. Alles pelt zich

till 21-12

Kristof De Clercq

△ Thomas Müller &

Brigitte Stahl. Two-Way

till 21-12

Rufus Gallery

△ La Joyeuse entrée

d’Arthur Devisscher

13-12 till 18-01

Sabine Oosterlynck

△ focus on small

12-12 till 15-12

Valcke Art Gallery

△ Paint in Clay

till 20-12

Jambes

Galerie Détour

△ Amandine Lamand

till 20-12

Knokke

Aqualex

△ Charlotte

Vandenbroucke

till 31-03

La Louvière

Galerie Nardone

△ Frédéric Kruczynski.

Ponts invisible

till 13-12

Liège

galerie bonnemaison

△ collection

bonnemaison

till 01-02

Louvain-La-

Neuve

Espace 001

△ Henri Plas. Hommage

till 21-12

Mol

Expoa

△ Raymond Minne.

ExpLositie

till 14-12

Mons

Maison Losseau

△ Marie Bonnin. Bords

Perdu

till 01-03

Oostende

valerie_troost gallery

△ Rein Dufait. Spreuken,

Wolken en Aardklompen

till 04-01

Roeselaere

Ter Posterie

△ Dag Meneer Raveel!

till 04-01

Sint-Martens-

Latem

Galerie Oscar De Vos

△ Albert Saverys. Kleur

en seizoen

till 21-12

Soumagne

Galerie de Wégimont

△ Philippe Frere & Mario

Garzaniti & Pascal

Koch. Architect without

architecture

till 21-12

Spa

Galerie Azur

△ Laura Payen & Giulia H

till 21-12

Wavre

Buysse Gallery

△ Tom Van Puyvelde.

Continuum

till 09-05

Wijnegem

Axel Vervoordt

Gallery

△ Raimund Girke

till 21-02

△ William Turnbull.

Paintings 1959-1962

till 11-04

Barbé

△ Carole Ebtinger. Ma

Première Extase était

Blueu / Happy Happy

Joy Joy

till 14-12

Une oeuvre d'​Aïda Kazarian.© de l'artiste / Courtesy Galerie LMNO, Brussels

Galerie S&H De Buck

△ Johan Clarysse. Those

who never look will never

see

till 30-12

Envoyez vos informations, pour le mois

de février, à collect@ips.be avant le

5 janvier !

85


Résidences avec personnalité

DOMAINE UNIQUE AVEC ÉCURIES, GRANGE ET MAISON D’HÔTES

WWW.IMMODOME.BE | T 0469 17 83 40


« Caractère historique et architecture

contemporaine fusionnent ici en un

ensemble harmonieux de

trois bâtiments, chacun avec sa

propre identité. »

Cristina Steel,

agent immobilier

ANVERS | BERCHEM | GAND | LIER | LOUVAIN | MALINES | SCHILDE


88


Native Auctions

Là où les collectionneurs se sentent chez eux

Depuis 2011, Native Auctions

met en exergue des ventes

conçues comme des portraits de

collections et, en s’appuyant sur la

flexibilité de leur petite structure,

propose un accompagnement

personnalisé aux collectionneurs.

TEXTE : GILLES BECHET

PORTRAITS : GUY KOKKEN

De gauche à droite, Sébastien Hauwaert, Nicolas

Paszukiewicz et Emmanuel Van de Putte.

Native, c’est l’histoire de trois copains

qui se connaissent depuis

vingt ans et qui aujourd’hui

président à la destinée de la

maison de vente. Nicolas Paszukiewicz,

Sébastien Hauwaert et Emmanuel Van de

Putte partagent une même passion pour les

beaux objets et leur histoire, et surtout une

même curiosité pour les œuvres d’art de différentes

époques et de différentes origines.

Tous trois ont travaillé pour la maison

de vente Lempertz, mais à des périodes

différentes. C’est en 2011 que Sébastien

et Nicolas ont créé leur propre maison de

vente. Nicolas Paszukiewicz : « Au fil de nos

expériences professionnelles, nous nous

sommes rendu compte qu’il était probablement

possible de travailler autrement, avec

une autre vision des choses. J’ai toujours

été un grand amateur de galeries. Et j’ai

toujours trouvé que le modèle des salles de

vente embrassait trop de choses, en laissant

le client un peu perdu. Commencer une

galerie était, pour nous, assez compliqué financièrement.

L’idée était de combiner une

sélection qualitative, qui nous rapprochait

d’une galerie, avec le mode de fonctionnement

d’une salle de vente. »

UNE APPROCHE TRANSVERSALE

Leur nom vient de l’intérêt qu’ils marquaient,

à leurs débuts, pour les créations

d’art tribal et la fascination pour l’épure

formelle autant que pour la symbolique,

parfois mystérieuse, qui se dégagent de ces

objets. Mais, comme le rappelle Nicolas

Paszukiewicz, « ce qui est natif peut provenir

de partout dans le monde. Que ce soit

en Europe, en Chine, en Afrique ou aux

Native opte pour

une approche plus

narrative. Chaque

vente raconte une

histoire : le portrait

d'un collectionneur,

construit à partir de

ses goûts et de ses

passions.

Etats-Unis, c’est toujours lié à un temps de

développement, à une époque et à un lieu.

Ce qui est natif est universel et, en même

temps, extrêmement local. » La première

vente était consacrée à de l’art africain,

pour lequel ils avaient l’expertise et les

contacts. Mais progressivement, au travers

de collectionneurs à la vision plus ouverte,

ils ont pu, comme ils le souhaitaient dès

le début, proposer des ventes réunissant

tableaux anciens, art moderne ou

mobilier, dans une approche plus globale.

Très vite, cette transversalité est devenue

la ‘‘signature Native’’. Contrairement à la

plupart des maisons, qui scindent leurs

ventes par départements, Native privilégie

les vacations avec une narration, qui

dresse le portrait d’un collectionneur au

travers de l’ensemble de ses passions. Et si

le collectionneur est un amateur exclusif

de tableaux anciens, d’art moderne ou

d’art tribal, la vente le reflètera. Ils ne se

89


« Ce qui est natif peut

provenir de partout

dans le monde. Que

ce soit d’Europe,

de Chine, d’Afrique

ou des Etats-Unis,

c’est toujours lié

à un temps de

développement, à une

époque et à un lieu »

NICOLAS PASZUKIEWICZ

Oiseau Senufo – Porpianong, Côte d’Ivoire, bois et pigment, 138 x 56 cm. © Native –Est. 40.000-60.000 €

« Une collection est

une entité vivante »

SÉBASTIEN HAUWAERT

veulent pas des ‘‘chasseurs de trophées’’,

qui alignent trois cents lots sans liens les

uns avec les autres, mais plutôt des raconteurs

d’histoires, qui travaillent à générer

un narratif qui donne de la cohérence à un

ensemble. « C’est la rencontre avec une

personnalité, au travers de la vente de ses

objets, au travers d’une succession. Cela

fonctionne aussi à l’acquisition. Certaines

personnes sont arrivées chez Native

attirées par un type d’objet, un bronze animalier

par exemple, et deviennent clientes,

non pour ce bronze animalier mais pour

un masque africain. Par la suite, elles achèteront

un tableau moderne des années

1960 et, progressivement, du mobilier et

d’autres choses encore. »

LE COLLECTIONNEUR D’ABORD

Beaucoup de leurs clients sont ou deviennent

collectionneurs. Chez Native, ils

se sentent chez eux, dans ce qui est pensé

comme une salle de vente pour collectionneurs.

« Une collection est une entité

vivante. Les collectionneurs vendent,

achètent, vendent, achètent. Dix fois dans

leur vie, ils vont venir nous proposer un

petit groupe d’objets, parce qu’ils changent

d’idée, cela peut évoluer vers d’autres

intérêts. On a beaucoup de collectionneurs,

qu’on connait par le biais de l’art

tribal, qui nous achètent régulièrement

soit un meuble design, soit un tableau et

qui finissent aussi par nous déposer un

tableau acheté ailleurs. Certaines choses

se télescopent parce qu’on ne travaille pas

que sur des successions », précise Sébastien

Hauwaert. Avec leurs clients-collectionneurs,

Native veut aller plus loin en

proposant un accompagnement personnalisé.

« On peut créer une exposition de

type muséal, accompagnée, dans certains

cas, d’un vrai catalogue, adapté à l’histoire

à raconter. On peut faire une très belle

sélection dans la collection, l’exposer de

manière très rigoureuse et très esthétique

pendant quinze jours ou un mois et le point

90


culminant de cet événement peut être

une vente ou pas. Nous sommes là aussi

pour la beauté du geste », reprend Nicolas

Paszukiewicz. « Nous avons la capacité de

prendre ce temps qui échappe a beaucoup

de salles de vente et d’imposer une lecture,

un rythme, une exposition ou une vente. Il y

a beaucoup de choses possibles », renchérit

Emmanuel Van de Putte.

UN ÉCRIN EXCEPTIONNEL

Pour ses événements publics, la salle Native

dispose d’un écrin exceptionnel, caché derrière

une discrète façade de briques rouges.

Le lieu qu’ils occupent, spacieux, épuré et

lumineux, est une ancienne salle de fête, qui

prolongeait un ensemble plus large allant

jusqu’à la chaussée de Charleroi. Dessiné à

la fin du XIXe siècle par Henri Beyaert, avec

l’aide de Paul Hankar, il a été rénové il y a six

ans par Olivier Dwek. C’est en septembre

dernier qu’Emmanuel Van de Putte a annoncé

avoir rejoint ses camarades. Anciennement

directeur du bureau bruxellois de

Sotheby’s et spécialiste des arts des XIXe et

XXe siècles, il arrive avec toute l’expérience

d’une maison de vente internationale. Et vit

cette arrivée plutôt comme un retour aux

sources. « J’étais présent à leur première

vente et je collectionne leurs catalogues depuis

le début », sourit-il. Depuis l’ouverture,

Native a organisé une trentaine de ventes

et, aujourd’hui, la salle commence à se faire

un nom en concluant 75 % de ses ventes

avec des clients de l’étranger. Ensemble, ils

ont forcément envie de faire grandir Native,

mais pas n’importe comment. Ils désirent

avancer seuls, sans investisseurs extérieurs,

à leur rythme, en conservant la souplesse

et la flexibilité d’une petite structure, où ils

peuvent prendre leur temps. Trois ou quatre

belles ventes annuelles leur permettent,

pour l’heure, de survivre financièrement.

supplément de narration. Dans dix ans, Native

désire continuer à poursuivre les ventes

cataloguées et les expositions et développer

les ventes en ligne, en alliant toujours qualité

et curiosité. « Je voudrais des ventes avec

des étrangetés mais très qualitatives. Si on

trouve un public pour ce type de choses,

ce serait un grand motif de satisfaction.

La perfection n’est pas humaine, mais elle

permet quand même d’arriver très loin »,

conclut Nicolas Paszukiewicz.

ENCHÉRIR

Vente Art moderne, art africain, design :

œuvres de la Belfius Art Collection et

chefs-d’œuvre de diverses collections

privées

Native Auctions

Bruxelles

le 02-12

www.native-auctions.com

« Nous avons la

capacité de prendre

ce temps qui

échappe a beaucoup

de salles de vente

et d’imposer une

lecture, un rythme,

une exposition ou

une vente »

EMMANUEL VAN DE PUTTE

UN RÉSEAU QUI S’ÉTOFFE

Petit à petit, Native élargit son réseau. La

salle a travaillé pour la famille princière du

Qatar et organise, ce mois-ci, la vente des

meubles design de la styliste Ann Demeulemester.

La banque Belfius les a également

contactés pour vendre une partie de

sa collection, parce qu’ils ne souhaitaient

pas la saucissonner en envoyant leurs old

masters hollandais dans une maison de

vente aux Pays-Bas, un tableau français du

XVIIIe siècle en France, un contemporain

américain à New York ou du design belge

dans une maison spécialisée, alors qu’ils

pouvaient rassembler le tout ici, avec un

Le Corbusier, Placard pour l’Unité d’Habitation, Marseille, 1947-1952, bois laqué, 155 x 105 x 53 cm. © Native

Est. 4.000-6.000 €

91


Focus

International

520.000 €

Francisco de Goya, Portrait du

Duc d’Albe et Marquis de Villafranca,

ca. 1783, huile sur toile, 52,5 x

42,7 cm. Dorotheum, Vienne, 23-10.

© Dorotheum

203.200 $

Ensemble de quatre vases canopes, Egypte, XXVIe dynastie, 664-

525 av. J.-C., albâtre peint. Christie’s, New York, 23-10. © Christie’s

Images Ltd.

27.000.000 €

Amedeo Modigliani, Elvire en

buste, ca. 1918-1919, huile sur

toile, 65,2 x 46,5 cm. Sotheby’s,

Paris, 24-10. © Sotheby’s Art

Digital Studio

ON A VENDU

Un portrait de

Goya pour le

Dorotheum

Pièce maîtresse de la vente en

maîtres anciens du 23 octobre, au

Dorotheum, le Portrait du jeune

duc d’Albe de Francisco de Goya,

récemment redécouvert, atteignait

la somme exceptionnelle de

520.000 euros. Dans cette œuvre

de commande, peinte vers 1783

comme portrait représentatif de

l’un des membres les plus puissants

de la noblesse espagnole

de son époque, la combinaison

magistrale de l’observation naturaliste

et du réalisme psychologique

de Goya est clairement

évidente. Les peintures italiennes

connaissaient, elles aussi, un

succès singulier, notamment les

œuvres de Michele Marieschi

et Luigi Querena. Un capriccio

de l’un des grands peintres de

paysages du Grand Tour, Giovanni

Paolo Panini, intitulé Offrande à

Esculape sur l’île Tibérine, était

acquis par un enchérisseur au

téléphone pour 395.500 euros. Il

avait été commandé en hommage

au dieu de la médecine et de la

guérison par le célèbre médecin

britannique Richard Mead. Quant

à elle, L’Incrédulité de saint Thomas

‘‘Eristoff’’, peint par un artiste du

cercle du Caravage, suscitait également

un vif intérêt, dépassant

largement les attentes avec une

adjudication de 292.500 euros.

Les antiquités

égyptiennes

en forme chez

Christie’s

Le 23 octobre, une semaine avant

l’inauguration officielle du Grand

Egyptian Museum sur le plateau

de Gizeh, Christie’s New York

proposait une vente en antiquités

qui générait pas moins de 2,2

millions de dollars. Poursuivant

un calendrier international chargé

dans cette catégorie, cette vente

illustrait la demande croissante

pour les antiquités, avec parmi les

enchérisseurs 21 % de milléniaux.

Mettant l’accent sur les objets

décoratifs avec des estimations

attractives, elle dépassait largement

les estimations pour de

nombreux lots d’origine égyptienne,

notamment la plus belle

enchère donnée à un ensemble

de quatre vases canopes égyptiens

en albâtre appartenant à un

nommé Khakare et datant de la fin

du Nouvel Empire, sous la XXVIe

dynastie (664-525 av. J.-C.), adjugé

203.200 dollars. Parmi les autres

résultats notables, citons une tête

cycladique en marbre adjugée

de même, soit plus de trois fois

l’estimation basse ; une statue

égyptienne en bois doré et bronze

représentant un ibis, emportée

190.500 dollars, plus de deux fois

et demie son estimation basse ;

parmi les bijoux proposés, une

bague romaine en or en forme de

serpent, datant du Ier siècle av.

J.-C. au Ier siècle apr. J.-C., emportée

à 30.480 dollars, deux fois et

demie son estimation basse.

Une nuit surréaliste

pour Sotheby’s

Le 24 octobre, Sotheby’s profitait

de l’effervescence d’Art Basel

Paris pour enregistrer les résultats

les plus élevés jamais atteints en

France pour des enchères d’art

surréaliste et moderne. Les ventes

Surréalisme et son héritage et

Modernités rapportaient ainsi un

total de 89,7 millions d’euros, en

augmentation de 50 % par rapport

à la même série de ventes de

2024. Elvire en buste (1918-1919)

d’Amedeo Modigliani menait la

danse, dépassant largement son

estimation haute de 7,5 millions

d’euros en s’adjugeant pour 27

millions d’euros. Ce qui en fait

l’œuvre de Modigliani la plus

chère jamais vendue en France, et

la pièce la plus précieuse jamais

vendue par Sotheby’s Paris. Sept

enchérisseurs se sont disputés ce

tableau, qui n’avait plus été vu en

public depuis son entrée dans une

collection privée en 1947. La partie

surréaliste de la vente générait,

quant à elle, 26,9 millions d’euros,

deuxième total le plus élevé jamais

atteint pour une vente surréaliste

chez Sotheby’s en France.

Belles enchères à

Londres et Paris

chez Christie’s

En totalisant 92,44 millions d’euros

et 88% de lots vendus, les quatre

ventes proposées par Christie’s,

les 23 et 24 octobre, pour

l’édition 2025 de la Paris Art Week,

constituaient un solide résultat en

progression de 16 % par rapport

à la même semaine, en 2024. Ce

succès s’inscrivait dans le prolongement

direct de la Marquee

Week de Londres, organisée à l’occasion

de Frieze, qui totalisait 106,9

millions de livres sterling (122,7 millions

d’euros). Porté par la qualité

des œuvres et des provenances

proposées par Christie’s, le résultat

de ces ventes illustrait la résilience

et la profondeur du marché. Les

collectionneurs ont répondu

présents avec une demande

soutenue pour les pièces rares et

iconiques. Au total, ce sont près de

900 participants provenant de 55

nationalités qui étaient enregistrés

pour l’ensemble des ventes. Les

enchères ont ainsi souvent été très

disputées comme pour le portrait

92


18.375.000 €

Yves Klein, California (IKB 71), 1961, pigment sec et résine synthétique sur tissu

monté sur panneau, 195 × 421,6 cm. Christie’s, Paris, 23-10. © Christie’s Images

Limited

162.500 $

Philippe Druillet, Métal Hurlant

#2 Cover Original Art - Les

Humanoïdes Associés, 1975. Heritage

Auctions, Dallas, 25 & 26-10.

© Heritage Auctions

455.000 €

Venise, fin du XVe siècle, bassin en

verre calcedonio, 14 x 31 cm. Gros

& Delettrez, Paris, 28-10. © Gros &

Delettrez

d’Ambroise Adam dans le jardin

de Pressagny d’Edouard Manet,

premier tableau de l’artiste peint

en extérieur : plus de 10 minutes

d’enchères ont abouti à une adjudication

exceptionnelle de 895.350

euros, soit plus de huit fois son

estimation. Par ailleurs, California

(IKB 71) témoignait du génie d’Yves

Klein et établissait un record pour

l’artiste en France à 18,37 millions

d’euros, devenant ainsi l’œuvre

d’art d’après-guerre et contemporain

la plus chère vendue dans

l’hexagone en 2025. Présentée

aux enchères pour le compte d’un

important collectionneur privé

américain, elle témoignait de

l’attractivité exceptionnelle dont

jouit actuellement Paris sur la

scène internationale.

Succès pour l’art

contemporain chez

Artcurial

Egalement dans le cadre de la

semaine d’Art Basel Paris, Artcurial

présentait la deuxième édition de

la vente Selected 20/21. Consacrée

à l’Art moderne et contemporain,

cette session de 27 lots réunissait

collectionneurs et passionnés

autour d’un ensemble d’œuvres

emblématiques des XXe et XXIe

siècles. Sous le marteau d’Arnaud

Oliveux, la vente totalisait 9,7

millions d’euros frais inclus, devant

une salle comble. Moment fort

de la journée, l’ensemble de deux

bronzes d’Alberto Giacometti

atteignait 2,18 millions d’euros frais

inclus, tandis que Composition

murale de Fernand Léger était

acquise 820.880 euros frais inclus

et que Maternité sur fond bleu de

Marc Chagall s’envolait à 741.440

euros. Enfin, un Mirror d’Anish

Kapoor était adjugé 688.480 euros

et le Cock’s comb d’Alexandre

Calder s’envolait à 529.600 euros,

frais inclus.

Des enchères

élevées pour la

BD chez Heritage

Auctions

Adjugée 162.500 dollars (frais

inclus), la couverture du n°2 de

Métal Hurlant (Les Humanoïdes

Associés, 1975), signée Philippe

Druillet, s’imposait en tête de

la vente internationale d’art de

bande dessinée organisée à Dallas

par Heritage Auctions, les 25 et

26 octobre. Un total spectaculaire

de 2,36 millions de dollars,

qui témoigne de l’attrait durable

de l’art de la science-fiction des

années 1970 et de l’influence

majeure du dessinateur sur toute

une génération de créateurs.

Pour Olivier Delflas, directeur du

département International Comic

Art and Anime, la couverture de

Métal Hurlant a marqué « un

moment fondateur dans l’histoire

de la bande dessinée de sciencefiction

pour adultes et sans

doute l’une des images les plus

reconnaissables de toute l’histoire

de la science-fiction. » Quant

à elles, les œuvres de Moebius

(Jean Giraud), Frank Miller, Enrico

Marini, Juanjo Guarnido et Luis

Royo suscitaient, elles aussi, un vif

engouement lors de cette vente

rigoureusement sélectionnée, qui

réunissait 2 534 enchérisseurs du

monde et atteignait un taux de

vente remarquable de 99,85 % sur

les 688 lots proposés. Enfin, une

sélection prestigieuse d’œuvres

de maîtres internationaux tels que

Hergé, Enki Bilal, Manuel Sanjulián

et Pepe Gonzalez, ainsi que des

pièces exceptionnelles d’illustres

artistes américains comme Robert

Crumb, Hal Foster, Alex Raymond,

John Byrne, John Buscema et Mike

Mignola, contribuaient au succès

éclatant de ces vacations.

Succès pour un

rare calcedonio

chez Gros &

Delettrez

La troisième vente sur le thème du

cabinet des merveilles, organisée

à Drouot le 28 octobre par

Gros & Delettrez, était portée par

deux résultats phares, ex aequo à

455.000 euros. Imitant les motifs

de l’agate calcédoine, grâce à

son verre calcedonio, un bassin

vénitien de la fin du XVe siècle

dépassait largement son estimation

haute de 250.000 euros. Des

trois bassins connus de ce type –

les deux autres figurant au Victoria

& Albert Museum et dans les

collections Saxe-Cobourg –, celuici

est le mieux conservé. Cette

pièce d’exception fut sans doute

conçue pour former un ensemble

avec une aiguière piriforme sur

piédouche de qualité similaire

et de taille adéquate, présentant

les mêmes marbrures bleues de

la matière, adjugée à 390.000

euros par la même maison le 19

décembre 2024. La seconde pièce

de choix, adjugée de même, était

un objet monté parisien, réalisé

vers 1645. Cette coupe couverte

en agate, véritable bijou, a figuré

dans l’inventaire du marchandmercier

Laurent Danet (ca. 1659-

1720), fournisseur de Louis XIV.

ON VENDRA

Un Gerrit Dou chez

Christie’s

La première représentation d’un

musicien par l’artiste Gerrit Dou

(1613-1675), Le Flûtiste, est à prendre

lors de la vente Old Masters Evening

Sale organisée par Christie’s,

93


Focus

International

EST. 2.000.000-3.000.000 £

(2.500.000-3.500.000

euros)

Gerrit Dou, Le Flûtiste, ca. 1632-1635,

huile sur panneau, 35,7 x 29,2 cm.

Christie’s, Londres, 02-12. © Christie’s

Images Ltd.

EST. 2.500.000-3.500.000 £

Maître du Triptyque de l’Hospice de Sherborne, Les Cinq miracles du Christ, ca.

1480-1490, huile et or sur panneaux, 99,1 x 127 cm (centre), 99,1 x 58,4 cm (chaque

volet). Sotheby’s, Londres, 03-12. © Sotheby’s Art Digital Studio

Vue d’une partie des bronzes

d’Aristide Maillol proposés par

Lempertz, à Cologne, les 04 et

05-12. © Lempertz

le 2 décembre, durant la Classic

Week de Londres. Tout comme

son maître Rembrandt, Gerrit Dou

figurait parmi les artistes hollandais

les plus célèbres du XVIIe siècle.

Il comptait parmi ses mécènes

Cosme III de Médicis et ses œuvres

furent présentées à Charles II

d’Angleterre. Chef-d’œuvre précoce

issu d’un corpus relativement

modeste mais très recherché, cette

nature morte chargée de symbolisme

fait allusion à la musique,

au savoir et à la brièveté de la vie.

Peinte avec des détails microscopiques

et une finition émaillée qui

dissimule toute trace du pinceau,

elle illustre l’extraordinaire précision

technique qui fit du maître l’un des

peintres les plus acclamés de son

temps. Elle était conservée depuis

125 ans dans une célèbre collection

anglaise (est. 2.000.000-3.000.000

livres sterling).

Un chef d’œuvre

de la peinture

flamande pour

Sotheby’s

Le 3 décembre, à Londres, Sotheby’s

propose un chef d’œuvre

de la peinture flamande, dont

de récentes recherches scientifiques

et académiques ont

révélé l’importance exceptionnelle.

Unique par son iconographie

et parfaitement préservé, ce

retable anonyme, œuvre dite du

Maître du Triptyque de l’Hospice

de Sherborne, aurait été peint à

Bruxelles entre 1480 et 1490 par un

proche des plus grands maîtres

flamands de l’époque, notamment

Rogier van der Weyden. Il provient

de l’hospice de St Johns, maison

de charité anglaise créée en 1437

au sein de l’abbaye de Sherborne

(Dorset). Son iconographie renvoie

directement à la mission de soin

et d’hébergement de cet hospice,

laissant penser que l’œuvre aurait

pu faire l’objet d’une commande

spéciale de la part d’un mécène

anglais, peut-être Robert Neville,

évêque de Salisbury (1404–1457)

ou son successeur Richard Beauchamp

(†1481), ayant tous deux

apporté leur soutien à la création

de l’hospice. Estimée entre 2,5 et

3,5 millions de livres sterling (3 à

4 millions d’euros), le produit de

sa vente permettra à l’Hospice

de Saint Johns de poursuivre sa

mission originelle et d’offrir un toit

aux personnes de la localité dans

le besoin, mission à laquelle l’institution

a œuvré sans interruption

depuis près de six cents ans.

Des bronzes

de Maillol chez

Lempertz

Les 4 et 5 décembre, à Cologne,

la maison Lempertz présente

une collection exceptionnelle de

treize bronzes d’Aristide Maillol

(1861-1944). Cet ensemble illustre

la collaboration historique entre le

sculpteur, le marchand Ambroise

Vollard et le fondeur Florentin

Godard, acteurs majeurs de la

diffusion de la sculpture moderne

au début du XXe siècle. Présenté à

Vollard en 1898 par Édouard Vuillard,

Maillol expose chez le marchand

dès 1902, scellant une relation

décisive. Deux contrats signés

en 1902 et 1905 cèdent à Vollard

vingt-deux modèles, avec droits

d’édition et de reproduction. Ces

œuvres, répertoriées en 2021 par

Ursel Berger dans le catalogue des

sculptures de Maillol éditées par

Vollard, marquent le développement

du style intime et sensuel du

sculpteur, salué dès ses débuts par

Rodin et Mirbeau. Onze des treize

sculptures présentées par Lempertz

proviennent de cette édition

historique Vollard-Godard, dont

des exemplaires sont aujourd’hui

conservés au Staedel Museum de

Francfort, au musée Rodin à Paris,

au Metropolitan Museum de New

York ou au musée Pouchkine de

Moscou. L’ensemble comprend

notamment un rare marteau de

porte articulé de la période Nabis

(collection John Hay Whitney), le

projet de pendule Les Deux Sœurs

(dont seuls deux autres exemplaires

sont connus), ainsi que

La Femme assise dite Baigneuse

Renoir, présente dans plusieurs

peintures de Renoir. L’ensemble

proposé constitue un panorama

exceptionnel du dialogue entre

création, édition et collection

dans la sculpture du XXe siècle, et

célèbre également les cinquante

ans de marteau d’Henrik Hanstein.

Une montre de

légende chez

Phillips

Dans le cadre de la célébration

de son 10e anniversaire, Phillips,

en association avec Bacs & Russo,

aura pour lot-phare lors de sa

vente The New York Watch Auction:

XIII, les 6 et 7 décembre à New

York, la montre-bracelet unique de

Francis Ford Coppola, spécialement

conçue pour le légendaire

cinéaste par l’horloger F. P. Journe.

Née d’une conversation entre

les deux titans en 2012, au cours

de laquelle le cinéaste demanda

si une main humaine avait déjà

été utilisée pour indiquer l’heure,

cette montre est la première de

l’Histoire à utiliser une telle fonctionnalité.

Cette FFC est proposée

aux côtés de six autres montres

issues de la collection personnelle

de Coppola, dont la F.P.Journe

Résonance offerte par son épouse

Eleanor en 2009, qui conduisit à sa

rencontre décisive avec François-

Paul Journe. Ce prototype, dont

le prix devrait dépasser le million

de dollars, pourrait devenir l’un

des lots les plus prisés de la saison

dans le secteur des ventes aux

enchères de montres. A ce propos,

94


EST. 1.000.000 $

F. P. Journe, prototype de FFC, pièce

unique pour Francis Ford Coppola.

Phillips, New York, 06 & 07-12.

© Phillips

EST. 60.000-80.000 €

Statue de bouddha, Gandhara, Ier-IVe

siècles, schiste. Bonhams Cornette, Paris,

10-12. © Bonhams Cornette

EST. 100.000-150.000 €

François Boucher, Nature

morte au vanneau huppé et au

combattant varié, ca. 1745, huile

sur toile, 45 x 33,7 cm. Pescheteau-Badin

OVV, Paris, 12-12.

© Pescheteau-Badin

Phillips Genève adjugeait, les 8

et 9 novembre, une montre Patek

Philippe Perpetual Calendar (réf.

1518) de 1943 pour 14,2 millions

de francs suisses (15,2 millions

d’euros)…

Un Gauguin oublié

pour Artcurial

Le 9 décembre, Artcurial vend une

Danse bretonne de Paul Gauguin,

peinte en 1889. Jamais exposé

depuis plus de quarante ans et

largement publié depuis 1919, ce

panneau emblématique de la

période bretonne de l’artiste est

proposé avec une estimation de

500.000 à 700.000 euros. Toute en

longueur, cette scène se compose

en deux temps : à gauche,

une farandole de Bretonnes et

de Bretons se tenant la main,

au centre, deux musiciens assis

sur des tonneaux, et à droite, un

cochon, une paysanne et trois oies,

le tout sous un ciel jaune lumineux

et un horizon sinueux dansant. Elle

pourrait intéresser un musée.

Une importante

collection belge

chez Bonhams

Le 10 décembre (et du 2 au 16 décembre

en ligne), Bonhams Cornette

de Saint Cyr disperse à Paris

une collection belge de près de

350 objets réunis depuis plus de 70

ans. Deux lots phares attireront le

regard des collectionneurs les plus

fortunés : une statue de bouddha

en schiste gris de l’ancienne région

du Gandhara, acquise dans les

années 1970 auprès du collectionneur

belge Claude de Marteau,

estimée 60.000 à 80.000 euros.

Datant de l’art Cycladique ancien

II (ca. 2600-2400 av. J.-C.), une

délicate idole cycladique féminine

en marbre, variété de Spedos, est

estimée 60.000 à 80.000 euros. A

noter également ce haut-relief en

albâtre sculpté représentant l’Annonciation,

d’un suiveur de Jean

Mone, Brabant, Malines ou Anvers,

ca. 1550-1580 (est. 20.000-30.000

euros. On remarque également

une délicate huile sur panneau

représentant une Crucifixion de

l’Ecole anversoise du XVIe siècle

(est. 8.000-12.000 euros).

La Collection Stern

chez Christie’s

Christie’s Paris disperse, le 12

décembre, la collection de la

famille Stern. Dynastie cosmopolite

de banquiers dont le nom

figure en lettres d’or dans l’histoire

économique de l’Europe depuis

le XVIIIe siècle, les Stern sont de

longue date, et à l’image des

Rothschild auxquels ils sont liés,

une famille de collectionneurs,

mécènes et philanthropes de

grande réputation. A ce titre, leur

collection n’échappera pas aux

spoliations nazies de la Seconde

Guerre mondiale. Dans une abondance

de lots et de disciplines,

Christie’s propose une sélection

d’œuvres rendant hommage au

goût éclectique d’une famille. Ces

vacations représentant une partie

de leur collection se déclinent sur

trois générations, avec des lots

conservés dans l’intimité familiale

depuis leur acquisition et par

conséquent inédits sur le marché

depuis des décennies. Ces ventes

illustrent autour d’une sélection

de 360 lots l’histoire d’une famille

à travers le goût de quelques-uns

de ses membres durant plus d’un

siècle. La collection mise en vente

comprend des œuvres acquises

par Edgard Stern (1854-1937), alors

à la tête de la branche parisienne

de la famille, par sa belle-fille,

Alice Stern (1906-2008), et leurs

descendants. Passionné par les

maîtres anciens, Edgard Stern a

collectionné principalement les

toiles des maîtres hollandais du

XVIIe siècle telle qu’Un Marché aux

poissons au bord d’une rivière par

Mattys Schoevaerts (1665-1723).

D’importants dessins figurent

aussi dans la vente, signés par des

artistes majeurs du XVIIIe siècle,

dont Pierre-Paul Prud’hon et François

Boucher.

Un unicum de

François Boucher à

Drouot

L’œuvre proposée par Pescheteau-

Badin, à Drouot le 12 décembre,

constitue une rare et précieuse

incursion de François Boucher

(1703-1770) dans le genre de la

nature morte. Elle est la première à

être retrouvée et, par la qualité de

son exécution, sa touche assurée,

ses empâtements maîtrisés, le

rendu minutieux des textures,

notamment des plumages, elle

témoigne du métier accompli de

l’artiste à son apogée. La dominante

de noirs subtilement nuancés

de verts profonds, l’équilibre

de la composition et l’élégance

de la matière picturale rattachent

cette œuvre aux années 1745-1750,

au moment où Boucher s’éloigne

des influences nordiques du

XVIIe siècle qui avaient nourri ses

débuts. Ce type de sujet évoque

immanquablement Jean-Baptiste

Oudry qui s’en était fait une spécialité

et dont Boucher fut proche

dès les années 1730. On estime

cette belle et rare composition

entre 100.000 et 150.000 euros.

95


30.000 € ( frais exclus)

La surprise du mois

Lors de sa vente cataloguée du 16

octobre, une surprise attendait la salle

bruxelloise Arenberg au sujet d’une

œuvre sur papier de René Magritte

(1898-1967). Car, on l’oublie souvent, avant

d’entamer la carrière que l’on connaît,

Magritte fut d’abord un publicitaire hors

pair. Cette affiche, absolument rarissime,

constitue le plus important témoignage de

l’engagement de l’artiste surréaliste dans

l’entre-deux-guerres. Elle montre Léon

Degrelle, chef du parti Rex, tenant un miroir

dans lequel se reflète le visage d’Adolf Hitler.

Sa rareté s’expliquerait par le fait qu’elle fut

détruite, par prudence, lors de l’arrivée des

Allemands au début de la Seconde Guerre

mondiale. Durant l’Occupation, si Magritte

eut peur d’être arrêté, c’est notamment à

cause de cette image. Le peintre avait dessiné

Le Vrai Visage de Rex en soutien au Comité de

Vigilance des Intellectuels Antifascistes, fondé

en juin 1935 et très actif dans la lutte contre le

parti d’extrême droite. Habituellement datée

de 1937 ou 1939, cette affiche date en réalité

au plus tard d’octobre 1936, lorsqu’elle est

commentée et reproduite dans la presse et

que des timbres la reproduisant sont réalisés

(La Dernière Heure, 25 octobre 1936 et La Voix

du Peuple, 26 octobre 1936). L’affiche est lithographiée

en rouge et noir. Ses couleurs éclatantes

sont appliquées de diverses manières :

modelé léger des visages, hachures dans les

vêtements, larges coups pour le fond, aplats.

Une variété qui témoigne du soin avec lequel

Magritte a composé cette image en tout point

exceptionnelle, qui constitue sa seule œuvre

politique connue et fait étrangement écho

à la situation géopolitique actuelle. Estimée

entre 2.000 et 2.500 euros, elle était donc tout

naturellement adjugée 30.000 euros.

René Magritte, Le vrai visage de Rex, ca. 1935-1936,

Forest-Bruxelles, J. Wuillaume, lithographie,

81 x 58 cm, cachet « Service de l’affichage / Ville de

Bruxelles ». © Arenberg Auctions

96


On a vendu

Belgique

01-10 Un vase d’Amalric Walter étonne chez Zouave Auctions

Pour sa deuxième vente,

Zouave Auctions proposait

une sélection variée

allant du design, avec ces

fauteuils Tulip de la Pedestal

Collection d’Eero Saarinen

(1910-1961), adjugé 4.800

euros, à l’argenterie incluant

ces moutardier et saupoudroir

de l’orfèvre de Diest

Johannes Josephus Cools,

marqués de l’année 1770 et

adjugés 3.000 euros. Coté

surprise, un beau vase en

pâte de verre d’Amalric Walter

(1869-1942), estimé entre

500 et 700 euros s’adjugeait

2.400 euros.

6.000 €

Salvador Dalí, Le bestiaire de

La Fontaine Dalinise, Robert

Mouret pour les éditions des

Maitres Contemporains, suite

de douze gravures sur vélin.

Est. 2.500-3.500 €. © Zouave

Auctions

4.800 €

Eero Saarinen, suite de huit fauteuils

Tulip créés pour la Pedestal Collection,

éditée par Knoll en 1957. Est. 3.000-

4.000 €. © Zouave Auctions

3.000 €

Johannes Josephus Cool, maître orfèvre

actif à Diest à partir de 1766, moutardier

ansé et saupoudroir, argent, poinçons

de ville de Bruxelles, de l’année (17)70 et

d’orfèvre. Est. 1.500-2.000 €. © Zouave

Auctions

Du 03 au 04-10

Une pendule de cheminée crée la surprise chez Coronari

17.000 €

Impressionnant bassin, XVIIIe siècle,

marbre blanc de Carrare, avec trois

lions ailés. Est. 8.000-12.000 €.

© Coronari

15.000 €

Pendule de cheminée ‘‘tête de

poupée’’ de style Louis XIV, France, fin

du XVIIe siècle, marqueterie Boulle,

reposant sur pied, ornée de montures

en bronze doré et d’incrustations de

cuivre, d’étain et d’écaille de tortue.

Est. 2.500-5.000 €. © Coronari

Les 3 et 4 octobre, Coronari Auctions organisait la vente de pas

moins de 900 lots, où antiquités et œuvres d’art se complétaient

magnifiquement. À l’honneur, une pendule de cheminée française

‘‘tête de poupée’’, de style Louis XIV, en marqueterie Boulle, ornée

de montures en bronze doré et d’incrustations de cuivre, d’étain et

d’écaille de tortue, datant de la fin du XVIIe siècle, adjugée au prix de

15.000 euros. Une paire de consoles françaises en bois doré finement

sculptées, avec un plateau en marbre, datant du XVIIIe siècle,

changeait quant à elle de mains pour 11.000 euros, tandis qu’un grand

vase chinois bleu et rouge, orné de médaillons floraux et figuratifs du

XIXe siècle, rapportait 7.500 euros. Une grande sculpture polychrome

en bois représentant Jésus en Salvator Mundi, datant du XVIe siècle,

suscitait également beaucoup d’intérêt, vendue pour 7.500 euros. Des

pièces plus modernes attiraient tout autant l’attention, comme une

table basse rectangulaire au plateau en cuivre gravé, signée Georges

Mathias pour Lova Creation, Belgique, des années 1970-1980, qui

changeait de propriétaire contre 6.000 euros. Ce mélange de pièces

antiques rares, d’art décoratif tout à fait remarquable et de chefsd’œuvre

de différentes époques donnait lieu à une vente animée, où

chaque objet sut trouver son public.

05-10 Une Rolls chez Rops

26.000 €

Rolls-Royce Silver Shadow,

1969. Est. 15.000-20.000 €.

© Rops

11.200 €

Arthur Dupagne, Les

Trois Danseuses, bronze

signé, cachet de fondeur

Batardy, pièce unique, 57

x 60 x 14 cm. Est. 10.000-

15.000 €. © Rops

8.200 €

De Sede, canapé modulable,

cuir, L. 500 cm. Est. 6.000-7.000 €.

© Rops

7.200 €

Portrait du Christ, XVIIIe

siècle, huile sur toile,

70 x 55 cm. Est. 800-

1.200€. © Rops

4.000 €

Saupoudroir et moutardier

aux poinçons

de Liège, XVIIIe siècle,

argent. Est. 4.000-

5.000 €. © Rops

97


On a vendu

Belgique

06 au 07-10 Gustav Max Stevens surprend chez Horta

28.000 €

Léon Frédéric, Jeune fille à la coccinelle,

1910, huile sur toile, 86 x 67 cm.

Est. 5.000-7.000 €. © Horta

26.000 €

Bague, or blanc et diamant taille

brillant de ca. 5,18 carats. Est. 24.000-

26.000 €. © Horta

17.000 €

Gustav Max Stevens, Andromède sauvée

par Persée, 1896, huile sur toile, 110

x 106 cm. Est. 800-1.200 €. © Horta

16.000 €

Juliette Wytsman, La Meuse vue du

jardin, huile sur toile, 46 x 56 cm. Est.

10.000-15.000 €. © Horta

07-10 Des broches animalières chez AZ Auction

La vente d’AZ Auction mettait notamment à l’honneur des broches,

dont quelques-unes engrangeaient de très beaux résultats, à l’instar

du lion de Lalaounis ou du hibou de Chaumet. La broche animalière

a le vent en poupe ! De beaux diamants et un imposant bracelet

moderne, d’une grande souplesse et couvert de pierres de couleurs,

très finement sélectionnées, ont également réalisés les prix les plus

élevés de la vente.

15.000 €

Bague Art déco en or blanc 18 carats

présentant un diamant solitaire taille

brillant ancien proche de la taille old

european, poids brut : 5,8 gr. Est.

15.000-25.000 €. © AZ Auction

25.000 €

Broche en or blanc 18 carats, dont

on a desserti le diamant central afin

de procéder à son rapport gemmologique,

diamant naturel taille rond

brillant de 4,20 carats, L. 3 cm. Est.

25.000-35.000 €. © AZ Auction

28.000 €

Van Goller, Collection Insolita, bracelet

manchette large de Haute Joaillerie

d’une incroyable souplesse dans la

maille, en trois ors 18 carats, poids

brut : 111,8 gr. Est. 28.000-32.000€.

© AZ Auction

10.000 €

Ilias Lalaounis, Grèce, broche en

or jaune 18 carats représentant un

lion, la crinière en filigrane finement

torsadé, laissant apparaitre des yeux

en diamants ronds brillants et un

museau en cabochon de rubis, poids

brut : 46,8 gr. Est. 2.500-3.500 €. © AZ

Auction

07-10 Une horloge d’Amsterdam chez Bernaerts

35.000 €

Horloge d’Amsterdam sur pied

avec calendrier astronomique,

1754, signée ‘‘Dames Starre Amsterdam’’,

H. 300 cm. Est. 25.000-

35.000 €. © Bernaerts

12.000 €

Dimiter Buyukliiski-Mitchy, Nude, 1994,

huile sur toile, 110 x 130 cm. Est. 6.000-

8.000 €. © Bernaerts

Lors de cette vente éclectique, un catalogue réunissant peintures,

antiquités et objets design était proposé le 7 octobre, les œuvres sur

papier le 9 octobre. Une Dame assise à l’ombrelle de Jean Béraud, joli

petit portrait évoquant le style d’Alfred Stevens, peintre des dames

de la Belle Époque, doublait son estimation à 7.000 euros. Par ailleurs,

une toile de Frits Van den Berghe intitulée Coucher de soleil en lisière

de forêt, datant de 1916-1917, changeait de mains contre 15.000 euros.

L’entre-deux-guerres était également représenté, notamment par

une chaise en acier chromé signée Louis-Herman De Koninck (5.000

euros), ainsi qu’un lot de meubles de Ferdinando Meccani (3.600 et

8.500 euros). Des peintures récentes de Sophie Kuijken (1.600 euros),

Davis Rhodes (950 euros) et Dimiter Buyukliiski-Mitchy (12.000 euros)

se vendaient également bien, tandis que des œuvres plus anciennes

d'Octave Landuyt (7.000 euros), Bram Bogart (6.000 euros), Jean

Brusselmans (5.500 euros) ou même Pablo Picasso (Cruchon Hibou,

7.000 euros) suscitaient tout autant un vif intérêt. Enfin, une imposante

horloge d’Amsterdam avec calendrier astronomique (milieu du

XVIIIe siècle), spécialement fabriquée pour le bourgmestre Van de

Poll, atteignait la belle somme de 35.000 euros, devenant ainsi le lot le

plus cher de la vente.

98


Haynault, organise

quatre jours de vente

aux enchères en décembre

07/12

L’entier contenu

d’une villa à Tervuren

09/12

Les classiques : tableaux,

mobilier, objet d’art

La Tentation de saint Antoine

Attribué à Jan MANDYN (1500-1560)

08/12

Bijoux, montres

et marques de lux

10/12

Les Modernes : art du XXe, art

moderne et contemporain

Cartier,

paire de

pendants

d’oreilles

sertis d’un

diamant de

4 carat

Plat rectangulaire Soleil

Jean Lurçat (1892 - 1966)

MAISON DE VENTES AUX ENCHERES

rue de stalle, 9 - UCCLE

info@haynault.be

02 842 42 43


On a vendu

Belgique

07-10 Du Val Saint Lambert au

Mont-de-Piété

10 et 11-10 Un philosophe danois chez

Vandewiele

4.300 €

Bracelet, or jaune 18 carats, poids :

64,5 gr. Est. 3.400 €. © Mont-de-Piété

800 €

Val Saint Lambert, vase Jupiter,

cristal taillé avec frise dorée La

danse de Flore, H. 39 cm. Est.

300 €. © Mont-de-Piété

9.500 €

Boëthius de Dacie, philosophe et grammairien

danois travaillant à Paris, manuscrit, XIIIe

siècle, quatre feuilles volantes. Est. 2.000 €.

© Vandewiele

11-10 Une Bugatti de 1936 chez Aguttes

390.000 €

Bugatti Type 57 cabriolet par Graber,

1936, châssis n° 57483. Est. 520.000-

580.000 €. © Aguttes

355.000 €

Pegaso Z-102 Berlinetta Saoutchik

Série 2, 1954, châssis n° 0102.153.0137.

Est. 500.000-700.000 €. © Aguttes

215.000 €

Ferrari 308 Gr. 4 (R) FIA, 1980, châssis

n° 32419. Est. 235.000-285.000 €.

© Aguttes

205.000 €

Ferrari 330 GT 2+2 Série 2, 1966, châssis

n° 8245. Est. 240.000-320.000 €.

© Aguttes

12-10 Un perroquet de Sadji chez Stanley’s Auction

6.400 €

Sha Qi/Sadji, Le Perroquet,

aquarelle sur

papier, 45,5 × 33,5 cm.

Est. 3.000-5.000 €. ©

Stanley’s Auction

5.400 €

Rolex Datejust, réf. 16233,

or et acier avec lunette

cannelée, 3,6 cm. Est.

3.500-5.000 €. © Stanley’s

Auction

3.400 €

Jules Ernest Cran,

Atelier d’artiste (vue

sur l’Eglise royale

Sainte- Marie à

Bruxelles?), 1905,

huile sur toile,

120 x 50 cm. Est.

1.000-2.000 €.

© Stanley’s Auction

3.400 €

Khaled Ben Slimane, ensemble de trois

vases, céramique peinte, H. 33,5, 23,5 et 18

cm. Est. 500-700 €. © Stanley’s Auction

3.400 €

Seni Awa Camara, Acrobate

femme, toucouleur,

sculpture en terre

cuite, H. ca. 20 cm. Est.

1.000-2.000 €. © Stanley’s

Auction

100


ATELIER BART VERBEKE COMMV

Restauration D’ŒUVRES D’ART

44 ans de passion professionelle

VENTE PUBLIQUE

16 et 17 décembre à 18h30

Pendant nettoyage’ nourissant les pigeons’au balcon’

huile sur panneau, signature Jan Verhas - 1834- 1896

"L'avocat du village". Signé Pieter II Breughel.

400.000/600.000 euros.

Adolf Lootensstraat 2, 9031 Drongen, Belgique

tel. 09/223 49 54 - 0477/48 66 79

atelier.bart.verbeke@telenet.be

www.atelierbartverbeke.be

“De rooters”. Signé Modeste Huys.

7.000/10.000 euros.

23 & 24 JANVIER 2026

“Nu au perroquet”. Signé Wallasse Ting.

13.000/18.000 euros.

EXPOSITION

12, 13 et 14 décembre de 10h à 18h

HOTEL DE VENTES VANDERKINDERE S.A.

Chaussée d'Alsemberg 685-687, 1180 Brussel,

Tel. 02 344 54 46 | info@vanderkindere.com | parking privé

www.vanderkindere.com

info@coronariauctions.com

coronariauctions.com

5x132-NEW.indd 2 10/11/2025 09:46


On a vendu

Belgique

12-10 Une Ferrari chez Bonhams

2.300.000 €

Ferrari F40 Coupé,

1991, châssis no.

ZFFGJ34B000090667,

moteur no. 28385.

Est. 2.600.000-

2.900.000 €. ©

Bonhams

1.200.000 €

Ferrari 250 GT Berlinetta Lusso, 1963, châssis

no. 4439, moteur no. 4439. Est. 1.250.000-

1.500.000 €. © Bonhams Cornette.

525.000 €

Ferrari 365 GTB/4 Daytona Berlinetta, 1969,

châssis no. 12637, moteur no. 12637. Est.

500.000-700.000 €. © Bonhams

440.000 €

Aston Martin DB5 Sports Saloon, 1964, châssis

no. DB5/ 1429/R, moteur no. 40/1405. Est.

500.000-550.000 €. © Bonhams

14-10 Des bijoux au Mont-de-Piété

18.500 €

Ensemble de sept

bracelets rigides,

deux colliers, pendentif,

gourmette et

bracelet en or jaune

18 carats, poids brut :

193,2 gr. Est. 14.000 €.

© Mont-de-Piété

5.600 €

Collier et bracelet, or jaune et blanc 18

carats, pierres d’imitation, poids brut :

88,6 gr. Est. 4.400 €. © Mont-de-Piété

1.400 €

Longines, bracelet-montre d’homme

mécanique, or jaune 18 carats. Est.

480 €. © Mont-de-Piété.

14 et 15-10 Un Miró chez Carlo Bonte

170.000 €

Joan Miró, Oiseaux, 1972,

peinture acrylique sur toile,

81,3 x 19 cm. Est. 150.000-

200.000 € © Carlo Bonte

60.000 €

Bram Bogart, Le Rouge, 1962, technique

mixte sur panneau, 153 x 123 cm.

Est. 60.000-80.000 €. © Carlo Bonte

La vente d’octobre de Carlo Bonte engendrait à nouveau des résultats

exceptionnels. Le clou en était le tableau Oiseaux de Joan Miró, adjugé

170.000 euros. Une œuvre d’une telle envergure apparaît rarement

sur le marché belge. L’offre intéressante du XXe siècle confirmait

la solide réputation de la maison : Le Rouge (1962) de Bram Bogart

trouvait preneur pour 60.000 euros, tandis qu’une œuvre expressive

de Karel Appel datant de 1954 atteignait 52.000 euros. Deux assiettes

de Picasso, Tête de chèvre et Corrida, étaient quant à elles vendues

respectivement 13.000 euros et 11.000 euros. Le point d’orgue de la

collection d’art appliqué était le centre de table panslave en argent,

orné d’émail et de pierres semi-précieuses, adjugé 44.000 euros. La

vente comprenait également un vase Bacchantes, en verre opalescent,

signé René Lalique, adjugé 13.000 euros. Le sellier Hermès confirmait

son statut iconique avec deux sacs Birkin très convoités, vendus

respectivement 8.500 et 9.500 euros, ainsi qu’un service en porcelaine

Siesta, emporté contre 10.000 euros. Un lot de chaises Africa, réalisées

par Afra & Tobia Scarpa pour Maxalto en 1975, était adjugé 19.000

euros. Parmi les objets de collection, une édition ancienne de 1932 des

Aventures de Tintin, Reporter du Petit Vingtième (lot 943), s’adjugeait

8.000 euros. Du côté des arts asiatiques, c’est surtout l’impressionnante

pièce chinoise 100 Boys de la dynastie Qing qui attirait tous les

regards. Une lutte acharnée entre enchérisseurs se soldait ainsi par

une adjudication de 42.000 euros.

102


Mâitres Anciens

Gravures et dessins

vente XVII

9 décembre 2025

live online 18h.

Rembrandt van Rijn

Albrecht Dürer

Hendrick Goltzius

Lucas van Leyden

Johannes Wierix

Master of Antwerp

Hieronymus Cock

Rubens

Catalogue disponible sur:

oldmasterprint.net

Drouot, Invaluable

the Salesroom et Lot-tissimo

DECEMBre

expo : 28/11 - 2/12

vente : 6 & 7/12

Ellermanstraat 36 - 38

2060 Anvers

+32 9 224 14 40

dvc@dvc.be

www.dvc.be


On a vendu

Belgique

15 et 16-10 Une tête de cochon chez Rob Michiels

40.000 €

Rare et grand plat Longquan céladon

‘‘bouquet de lotus’’, Chine, époque

Ming, début du XVe siècle. Est.

40.000-80.000 €. © Rob Michiels

40.000 €

Bouddha Maitreya sino-tibétain,

époque Kangxi, bronze doré orné

d’incrustations de turquoise et de

corail. Est. 30.000-60.000 €. © Rob

Michiels

26.000 €

Rare bol à soupe de Famille Rose avec

couvercle, Chine, époque Qianlong.

Est. 20.000-40.000 €. © Rob Michiels

22.000 €

Exceptionnelle garniture de trois

vases, Delft, fin du XVIIe/début du

XVIIIe siècle, faïence bleue et blanche.

Est. 20.000-40.000 €. © Rob Michiels

16-10 Une montre Cobra jumbo pour Arts Talents Enchères

17.000 €

Audemars Piguet, montre

Cobra jumbo, ca. 1970, modèle

réalisé sur commande à très peu

d’exemplaires, boîtier numéroté

66464, or jaune 18 carats, poids

brut : 140,48 gr. Est. 9.000-

12.000€. © Arts Talents Enchères

15.000 €

Boite à cigarette, ca. 1930, or 18 carats, poids

net : 237,24 gr. Est. 8.000-12.000 €. © Arts Talents

Enchères

8.900 €

Boîte, XVIIIe siècle, quartz

blanc et mauve, monture or,

surmonté d’un carlin sculpté,

avec un petit collier de diamants

taillés en rose, au centre

un petit saphir rose, poinçon, 6

x 5 x 4,5 cm, poids brut : 125,64

gr. Est. 1.800-2.200 €. © Arts

Talents Enchères

6.700 €

Zolotas (att.), bracelet rigide “deux

panthères”, or jaune 18 carats, yeux

sertis de rubis et colliers de diamants,

poids brut : 86 gr. Est. 4.000-8.000 €.

© Arts Talents Enchères

19 et 20-10 Un portrait de Schwartze pour MonsAntic

5.500 €

Thérèse Schwartze,

Portrait jeune femme,

1875, huile sur toile,

103 x 74 cm. Est. 3.000-

5.000 €. © MonsAntic

3.500 €

Calice, patène et cuillère en vermeil,

poinçon 800, dans son coffret

d’origine, H. 22 cm. Est. 700-1.000 €.

© MonsAntic

3.400 €

Horloge/pendule dôme,

XVIIe siècle, tourelles

en bronze gravé doré,

cadran pour la sonnerie

au dos, piètement en

bois, H. 29 cm. Est. 400-

600 €. © MonsAntic

1.300 €

Bernard Vuarnesson, table basse

modulable à six plateaux coulissants,

1935, 40 x 105 x 52,5 cm. Est. 400-

600 €. © MonsAntic

950 €

Bague, or blanc 18 carats

sertie de diamants,

poids : 6 gr. Est. 700-

1.300 €. © MonsAntic

104


VOUS SOUHAITEZ VENDRE

AUX ENCHÈRES ?

Ventes aux enchères

d’art, d’antiquités et

de bijoux

15 décembre

ESTIMATION

GRATUITE

TOUS LES

VENDREDIS

Billet américain de

20 dollars. 1904

Il représente le visage de Lady

Liberty avec un aigle et des

armoiries

Montre Omega

pour femme en or

jaune 14 carats

Sur bracelet à maillons

en or jaune

École européenne,

XVIIIe-XIXe siècle,

monogramme W.E.,

Cléopâtre

Monogramme au centre

à gauche

Pendule dorée au feu

Représentant la déesse

Minerve, France (ca. 1825)

ENCHÈRES À PARTIR DU

5 décembre

EXPOSITIONS

Du 13 au 15 décembre

Nos spécialistes se tiennent à votre disposition pour une estimation sans engagement.

Pour plus d’informations ou pour prendre rendez-vous, surfez sur vendurotterdam.nl.

010 411 85 44

VENDUROTTERDAM.NL

DEPOT

DE LOTS

TOUJOURS

POSSIBLE

DickHaut

Sinds 1930

veilingmaastricht.nl | Bredestraat 23 - 23A | +31 (0)43 321 30 95


On a vendu

Belgique

20-10 Cinquante Korun chez Haynault

2.300 €

Tchécoslovaquie, 50 Korun, 15.4.1919

(6). Est. 150-200 €. © Haynault

1.800 €

Crimée, Shahin Giray (AH1191-

1197/1777-1783), Ischal ou Tschal (10

Kopeks), AH1191, tranches avec stries

en diagonales, frappe médaille, 72,97

gr. Est. 1.000-1.500 €. © Haynault

1.500 €

Gouvernement des Indes néerlandaises

orientales, 1 Gulden, 1815,

cachet rouge avec W couronné, signature

manuscrite. Est. 1.000-1.500 €.

© Haynault

1.100 €

Kushan Vasu Deva I (ca. 190-230),

Dinar, 7,99gr. Est. 800-1.000 €. © Haynault

Du 21 et 22-10

L’homme qui mesure les nuages chez Campo & Campo

320.000 €

Jan Fabre, L’homme

qui mesure les

nuages, bronze,

signé M.P. 2/8, 287 x

150,5 x 78,5 cm. Est.

280.000-340.000 €.

© Campo & Campo

60.000 €

Jan Cox, Le fils d’Hector

effrayé par l’armure

de son père, de la série

L’Iliade, 1975, huile sur

toile, 180 x 130 cm. Est.

15.000-20.000 €.

© Campo & Campo

32.000 €

Jo Delahaut, Signe

36, 1963, huile sur

toile, 162 x 114 cm.

Est. 10.000-15.000 €.

© Campo & Campo

23.000 €

Walter Leblanc, Torsions

Mobilo-Static LB 36

(bis), polyvinyle rouge et

bleu sur châssis monté

sur Isorel, fond noir.

Est. 10.000-15.000 €.

© Campo & Campo

14.000 €

Sam Dillemans, Autoportrait

en Thailande,

huile sur toile. Est.

7.000-9.000 €. © Campo

& Campo

21 et 22-10 Un marbre de Wolfers chez Vanderkindere

36.000 €

Miguel Berrocal, Opus 131,

Alhucema, 1974, sculpture

puzzle en bronze doré au

feu, socle en bronze à patine

brune, numéroté 7/9. H. ca.

151 cm (socle inclus). Est.

30.000-40.000 €. © Vanderkindere

35.000 €

Philippe Wolfers,

Léda, 1911, marbre

blanc, huit exemplaires

en marbre, un

en bronze et un en

ivoire, H. ca. 52 cm.

Est. 18.000-24.000 €.

© Vanderkindere

7.400 €

Wolfers, mendiant Art nouveau à décor de

pélican et de végétation, travail belge, XXe

siècle, argent, poids : ca. 1115 gr. Est. 800-

1.200 €. © Vanderkindere

7.600 €

Importante collection de 36 cannes à pommeaux

sculptés, fin XIXe et début XXe siècle, à

décor de «Tête d’animaux», «Scène mythologique»,

«Personnages», et décor «Géométrique»,

dont dix-neuf en ivoire, cinq en

argent, une en vermeil, trois en bois, huit en

bronze argenté et doré, avec deux présentoirs,

H. de 85 à 90 cm. Est. 3.000-4.000 €. © Vanderkindere

106


25-10 Records d’enchères pour Peire et Van de Velde chez De Vuyst

La 192e vente de la Galerie De Vuyst, consacrée aux maîtres

contemporains, modernes et anciens, comportait un riche catalogue

de près de 600 lots. Des prix remarquables étaient enregistrés

pour plusieurs chefs-d’œuvre de l’art moderne et d’aprèsguerre

: 90.000 euros pour Jean-Michel Folon, 85.000 euros pour

Léon Spilliaert, 70.000 euros pour Rinus Van de Velde. Les sculptures

de Folon étaient particulièrement appréciées des collectionneurs.

Le promeneur singulier de la sculpture Le secret (2003) était

adjugé 90.000 euros, soulignant l’attrait durable de cette œuvre

énigmatique et poétique. Un record absolu de vente était battu

pour Luc Peire. Salomon (1964), peinture de près de deux mètres

de large, suscitait un vif intérêt parmi plusieurs collectionneurs. Le

prix total de 48.000 euros doublait largement le précédent record

d’enchères pour une œuvre de l'artiste, établi il y a près de vingt

ans pour ce même tableau proposé par De Vuyst. Une nouvelle

évaluation de la valeur de cet artiste était ainsi confirmée. Un

nouveau record de vente pourrait également avoir été enregistré

pour l’un des coryphées de l’art contemporain belge. Pour la toute

première fois, un grand dessin en couleur réalisé au pastel gras

par Rinus Van de Velde était proposé à la vente, ce qui se traduisait

immédiatement par un résultat exceptionnel. Plusieurs collectionneurs

tentaient d’acquérir cette pièce unique, faisant grimper les

enchères jusqu’au prix de 70.000 euros, le plus élevé jamais atteint

à ce jour pour une œuvre de l’artiste aux enchères.

70.000 €

Rinus Van de Velde, Now the shadow still

cover him..., 2023, pastel gras sur papier,

106,5 x 151 cm. Est. 40.000-60.000 €. ©

De Vuyst

48.000 €

Luc Peire, Salomon, 1964, huile

sur toile, 130 x 195 cm. Est. 24.000-

30.000 €. © De Vuyst

27-10 Succès pour Karel Appel à la Maison Jules

44.000 €

Karel Appel, Sans titre, 1975, huile sur

papier marouflé sur toile. Est. 20.000-

30.000 €. © Maison Jules

26.000 €

Herman Van Nazareth,

In motion, bronze. Est.

20.000-30.000 €.

© Maison Jules

6.500 €

Joseph Willaert, Paysage dans une

bulle de texte, 1992, huile sur toile.

Est. 4.000-6.000 €. © Maison Jules

La vente exclusive Autumn Adorables organisée

par la Maison Jules répondait pleinement

aux attentes. Plusieurs lots-phares obtenaient,

en effet, des résultats remarquables. Karel

Appel confirmait son statut de vedette avec

un résultat de 44.000 euros, tandis que notre

compatriote Herman Van Nazareth obtenait

26.000 euros pour une grande sculpture en

bronze. George Minne générait 22.000 euros

pour son bronze L’Adolescent à genoux. Une

huile sur toile très colorée de 1969 de Maurice

Wyckaert s’adjugeait 16.000 euros tandis que

Roger Raveel obtenait 24.000 euros de trois

œuvres combinées. Des prix surprenants

étaient enregistrés pour une petite huile sur

toile d’Alice Frey (4.600 euros) ainsi que pour

une huile de Matthieu Ronsse, également

adjugée 4.600 euros. De son côté, un petit

triptyque ‘‘bicé’’ de Jan Fabre atteignait 8.000

euros.

06 au 08-11 Trésors chez Elsen

120.000 €

Carolingiens, Louis le Pieux (814-840), AV solidus,

816 (?), Aix-la-Chapelle (?). Est. 50.000 €.

© Elsen

100.000 €

Brabant, Duché, Charles VI (1711-1740), AV

double souverain, 1719, Anvers. Est. 50.000 €.

© Elsen

55.000 €

Belgique, écrin exceptionnel de 25 médailles en argent

(59 mm) de la série des cathédrales par J. Wiener. Est.

10.000 €. © Elsen

107


On vendra

Belgique

03-12 La renaissance de la Galerie Moderne

EST. 8.000-12.000 €

Sirio Tofanari, Couple de singe

et leur petit, bronze à patine

brune, 37,5 x 40 x 32 cm. © Galerie

Moderne

EST. 10.000-15.000 €

Charles Delhommeau, Panthère en

marche, bronze à patine verte nuancée,

31 x 58,5 x 12, 5 cm. © Galerie

Moderne

EST. 30.000-50.000 €

Paul Delvaux, Au bord du lac, 1964,

encre de Chine et lavis d’encre sur papier,

42,5 x 53,5 cm. © Galerie Moderne

Fermée le 10 janvier dernier

en raison de l’hyper-concurrence

du numérique, la Galerie

Moderne, fondée au Sablon en

1935 et longtemps active dans le

Quartier Léopold, renaît de ces

cendres en cette fin d’année.

Reprise par l’expert et commissaire-priseur

Régis Baert

(B.Art.Invest), elle organise une

première vente cataloguée le 3

décembre, dans ses nouveaux

locaux du 414 chaussée de

Waterloo, à Ixelles. On annonce

notamment une vingtaine de

tableaux de Réal Lessard (1939),

qui partage sa vie entre Bruxelles

et Marrakech, mais aussi

quelques bronzes intéressants et

une importante œuvre sur papier

de Paul Delvaux.

06 au 07-12 Une broche Napoléon III chez DVC Anvers

Chez DVC Auctions à Anvers, l’année du 40 e anniversaire se

termine par une vente d’art asiatique, ethnique et islamique,

le 6 décembre, et par une prestigieuse vente de bijoux et de

montres, le 7. Quelques exceptionnels encensoirs vietnamiens

Nghê du XVe siècle sont annoncés dans la première session. Ils

font partie d’une collection assez importante d’objets en bronze

et en céramique de l’époque Han. De nombreux objets provenant

de Chine sont également mis à l’encan, notamment de la

porcelaine et des bronzes, ainsi que des meubles et des sculptures

d’Extrême-Orient. À cela s’ajoutent des textiles orientaux

anciens, des objets archéologiques, de l’art ethnique (Afrique

et Papouasie) et des objets d’art islamique. Lors de la seconde

vente, environ deux cents bijoux et montres sont à prendre,

dont une véritable pièce de collection d’époque Napoléon III,

un brillant de 4,05 carats, de magnifiques bijoux sertis de rubis,

d’émeraudes et de saphirs.

EST. 30.000-60.000 €

Paire exceptionnellement grande

d’encensoirs en forme de Nghê, Vietnam,

début du XVe siècle, avec rapport

de thermoluminescence. © DVC Anvers

EST. 7.000-8.000 €

Grande broche, France, époque Napoléon

III, ca. 1860, or 18 carats serti de ca.

14 carats de diamants en taille rose, dont

le plus grand fait ca. 1,20 carat, poids :

43,4 gr. © DVC Anvers

07-12 House Sale chez Haynault 07-12 Varia pour MonsAntic

Haynault organise l’une de ses traditionnelles House Sale, située

dans le Brabant flamand. Au menu, du mobilier classique du XVIIIe

siècle, dont un buffet en laque estampillé de Mewesen, des tableaux

anciens, dont une belle école flamande du XVIIe siècle figurant une

scène de noces et une scène animée sur une plage signée du maître

Abraham Susenier. Dans le domaine de l’argenterie, outre un bel

ensemble de platerie, une ménagère Wolfers dans son coffret en

bois d’origine est à noter.

EST. 2.000-3.000 €

Joe Colombo, Fauteuil, modèle ELDA,

éd. Comfort, ca. 1963, cuir et fibre de

verre. © MonsAntic

EST. 700-1.000 €

Roger Capron, Lampe à poser,

Vallauris, terre cuite, H. 39cm.

© MonsAntic

108


08-12 L’univers de la joaillerie chez Haynault

EST. 20.000-30.000 €

Cartier, paire de pendants d’oreilles, chacun

serti d’un diamant de 4 carats. © Haynault

Haynault organise une vente dédiée à l’univers de la joaillerie, réunissant un ensemble soigneusement

sélectionné de bijoux raffinés, témoins de plus d’un siècle de création, des montres,

sacs et foulards de marques comme Hermès et Louis Vuitton. Cette collection se distingue par

la présence de pièces signées par des artistes belges reconnus tels qu’Oscar Landuyt et Fernand

Demaret, d’une ravissante trembleuse, ainsi que de solitaires ornés de diamants aux tailles

remarquables, de 2,50 à plus de 4 carats. On retiendra surtout une paire de pendants d’oreilles

Cartier, chacun sertis d’un diamant ovale de 4 carats, certifié VVS ou LC, et un pendentif de la

même maison, lui aussi serti d’un diamant de 4 carats, l’ensemble formant un parure exceptionnelle.

Les amateurs de gemmes et de pierres fines colorées y trouveront également leur bonheur.

Ce parcours joaillier traverse les époques, de l’élégance aérienne de la Belle Époque aux créations

contemporaines des années 2000, sans oublier les bijoux audacieux et géométriques de l’Art déco

et ceux aux lignes généreuses des années 1950.

08 et 09-12 Beaux tableaux chez Horta

EST. 20.000-30.000 €

École flamande, suiveur de Jacob Grimmer, Le Christ et

les pèlerins d’Emmaüs dans un paysage animé, ca 1600,

huile sur panneau, 113 x 176 cm. © Horta

EST. 12.000-15.000 €

Willem Van Royen, Perroquets,

cardinal rouge et autres

oiseaux d’ornement dans un

parc agrémenté de fontaines,

huile sur toile, 80 x 65 cm.

© Horta

EST. 10.000-12.000 €

James Ensor, La Cathédrale,

1886, eau-forte en noir

et blanc sur papier Japon

rehaussée d’aquarelle à la

main, 23,5 x 17,5 cm. © Horta

09-12 Gravures et dessins de maîtres anciens chez Old Master Print

Le mardi 9 décembre, Old Master Print présente une sélection

exceptionnelle d’estampes et de dessins de maîtres anciens, avec

une attention particulière portée aux grands noms de la gravure

européenne. Cette vente Live Online, comprenant plus de 380 lots,

s’ouvre sur un ensemble de dessins des XVI e et XVII e siècles, suivi

d’une série d’eaux-fortes et de gravures inspirées, classées par

période et par école. La vente débute avec des gravures sur bois

précoces du XVe siècle, dont quelques pièces quasi uniques, tel

ce vœu de Nouvel An de 1470 et une Scène de la Nativité de 1482.

Albrecht Dürer et Lucas de Leyde y sont représentés par de précieux

exemples de leur art, issus de la Grande et de la Petite Passion. Les

maîtres flamands de l’humanisme, issus du cercle de Hieronymus

Cock, ainsi que Rubens et le baroque anversois, occupent également

une place importante. Une sélection d’œuvres originales de

Rembrandt van Rijn, caractérisées par son traitement emblématique

de la lumière, constitue l’un des moments forts de cette vente. Le

catalogue réunit l’ensemble de la production gravée jusqu’aux

environs de 1650, enrichie par des œuvres plus tardives de Goya,

Piranèse, Legrand et Buhot.

EST. 4.000-6.000 €

Rembrandt van Rijn, Portrait du

jeune Pieter Haaringh, eau-forte.

© Old Master Prints

EST. 1.200-1.800 €

École française, Etudes de mains.

Collection Hone (1718-1784). © Old

Master Prints

109


On vendra

Belgique

09-12 De l’art belge pour AZ Auction

EST. 15.000-25.000 €

Anna Boch, Pavots, 1889, huile sur toile,

86 x 64 cm. © AZ Auction

EST. 15.000-20.000 €

Anto Carte, Nu féminin, 1926, huile et

fusain sur carton, 81 x 60,8 cm. © AZ

Auction

EST. 2.000-3.000 €

Armand Rassenfosse, La jeune hiercheuse,

1910, fusain et pastel sur papier,

90 x 51 cm. © AZ Auction

09 et 10-12 Classiques et modernes chez Haynault

Le 9 décembre, la vente Classique met à l’honneur

les XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles au travers d’une

sélection de meubles, dont un cabinet d’époque

Louis XIII, un ensemble de mobilier d’époque Louis

XV et Louis XVI et, bien sûr, des tableaux anciens,

dont La tentation de Saint Antoine par Jan Mandyn

(1500-1560). L’argenterie et les arts de la table sont

représentés par plusieurs ménagères en argent

belge, et service en cristal du Val Saint-Lambert. Le

lendemain, place aux arts modernes avec de grands

classiques comme des lounge chairs de Eames, de

la céramique dont un plat signé Jean Lurçat ou un

vase de Jacques Innocenti. Au mur, le fond d’atelier

de Ferdinand Schirren présente tableaux et aquarelles

ainsi que quelques sculptures.

EST. 20.000-30.000 €

Jan Mandyn (att.), La tentation de Saint-Antoine,

huile. © Haynault

EST. 700-800 €

Jean Lurçat, Plat soleil. © Haynault

10-12 Joaillerie et horlogerie pour AZ Auction

EST. 4.000-6.000 €

Patek Philippe, montre de dame

Calatrava Lady Diamond, ca. 1980, or

jaune 18 carats, mouvement à quartz,

lunette sertie de diamants, avec écrin

d’origine, diam. 21 mm, poids : 47,8 gr.

© AZ Auction

EST. 7.000-9.000 €

Fernand Demaret, Parure en or jaune 18 carats, composée d’un collier

ras-de-cou, d’une paire de boucles d’oreilles pendantes et d’un bracelet,

poids de l’ensemble : 123,7 gr. © AZ Auction

EST. 8.000-12.000 €

Jean Després, Exceptionnel et rare

collier boule, années 1930, argent

et or jaune 18 carats, L. 42 cm, poids

brut : 112,4 gr. © AZ Auction

110


11 au 13-12 Un Mundomotorium pour Arenberg Auctions

EST. 12.000-15.000 €

Willem Gleuns Jr. & Hendrik Deutgen, Mundomotorium, 1854. © Arenberg

Auctions

EST. 4.000-5.000 €

James Ensor, La Gamme d’Amour,

1929. © Arenberg Auctions

Arenberg Auctions met aux

enchères une sélection exceptionnelle

d’estampes et de

dessins anciens et modernes, de

photographies historiques, mais

aussi de livres anciens et rares,

de manuscrits et de cartes. Parmi

les pièces maîtresses, citons une

carte des Pays-Bas du XVIIe siècle,

dessinée pour le cardinal de

Richelieu, un instrument astronomique

unique du XIXe siècle,

connu sous le nom de Mundomotorium,

une série complète

de gravures des Métamorphoses

de Hendrick Goltzius et une belle

sélection d’estampes de James

Ensor.

16-12 Vente d’hiver chez Rob Michiels

Le 16 décembre, Rob Michiels organise sa vente annuelle

d’hiver, suivie d’une vente en ligne exclusive

se clôturant le mercredi 17 décembre, via Drouot.

Cette vente proposera une sélection variée d’art

asiatique, européen et islamique. Parmi les pièces

maîtresses, citons un vase chinois bleu et blanc de

la période de transition, orné d’un chat et de papillons,

symboles de longue et heureuse vie, estimé

entre 8.000 et 12.000 euros, et une rare plaque

de Delft du XVIIIe siècle, à fond jaune et bordure

noire, estimée entre 6.000 et 12.000 euros. Une

tulipière de Delft, en forme de cœur, est également

proposée, estimée entre 5.000 et 10.000 euros.

Parmi les tableaux, le Portrait de Malvina, peint par

Jakob Smits entre 1888 et 1899, est particulièrement

remarquable (est. 8.000 à 12.000 euros). Deux

tapisseries bruxelloises de l’atelier de Jodocus de

Vos, d’après des dessins de Lambertus D’Hondt II,

sont également exceptionnelles et leur estimation à

l’avenant, entre 15.000 et 25.000 euros. La vente en

ligne proposera plusieurs lots sans limite d’achat,

occasion unique de dénicher une œuvre remarquable

ou un cadeau original pour les fêtes.

EST. 6.000-12.000 €

Rare plaque de Delft en bleu et blanc, avec

fond jaune et bordure noire, XVIIIe siècle,

24,5 x 22 cm. © Rob Michiels

EST. 4.000-8.000 €

Rare coupe et soucoupe de famille rose, Chine,

époque Yongzheng/Qianlong, décorée d’après

la gravure L’Apothicaire charitable de Bernard

Picart, 4 x 7 cm. © Rob Michiels

16 et 17-12 Un Breughel chez Vanderkindere

EST. 400.000-600.000 €

Pierre Breughel II, L’avocat du village, huile sur

panneau, signée. © Vanderkindere

EST. 7.000-10.000 €

Modeste Huys, Les vendangeurs, huile sur

toile. © Vanderkindere

EST. 13.000-18.000 €

Walasse Ting, Nu au perroquet, toile. © Vanderkindere

111


On vendra

Belgique

27-12 Une charity chez De Wit

En décembre, la maison de ventes De Wit organisera une grande

vente de quatre jours comprenant 3 400 lots d’art moderne, antiquités,

objets vintage et de collection. Le samedi 27 décembre,

une vente caritative proposera environ 300 tuiles provenant de

l’ancien Casino de Middelkerke, décorées par de nombreux

artistes et célébrités, dont Panamarenko, Delphine Boël, Herr

Seele, Salvatore Adamo et bien d’autres, au profit de MUG-Heli.

Tuile de Hannes D’Haese. © De Wit

Tuile de Cleymans. © De Wit

13-01 Art religieux néogothique pour Flanders Auctions

Le 13 janvier, Flanders Auctions organisera

une vente thématique consacrée à l’art

religieux et aux reliques. L’accent sera mis

principalement sur des pièces de la période

néogothique et plus anciennes. L’un des

musts sera une sculpture en bois sculptée

à la main et peinte de brocart représentant

une Vierge à l’enfant grandeur nature,

réalisée à Munich et achevée pendant

la période néogothique. On y trouvera également

de la vaisselle religieuse provenant

des célèbres ateliers belges Bourdon et

Jean-Baptist Van Damme, ainsi que des

sculptures des ateliers Bressers-Blanchaert

de Gand. Enfin, l’accent sera mis sur les

reliques et les reliquaires. Une fois de plus,

quelques pièces magnifiques et rares

seront proposées, notamment celles de la

Sainte Croix, des Apôtres et de la Sainte

Famille.

EST. 8.000-12.000 €

Marie-Madeleine avec une

couronne de fleurs, couronne par

Andries Daniels (ca. 1580-1640),

portrait de Marie-Madeleube

par Simon De Vos (1603-1676).

© Flanders Auctions

EST. 1.000-1.500 €

Calice de style néogothique,

probablement de Jean- Baptiste

Van Damme, vermeil. © Flanders

Auctions

EST. 200-300 €

Atelier Bressers-Blanchaert,

Gand, Saint Joachim.

© Flanders Auctions

23 et 24-01 Porcelaine de Chine chez Coronari Auctions

EST. 12.000-18.000 €

Paire de vases bouteilles exceptionnels,

décor de motifs antiques en relief sur

fond de sgraffite jaune, Chine, XIXe siècle.

© Coronari Auctions

EST. 6.000-12.000 €

Jan Frans Verhas, Deux enfants

dans un intérieur, 1883, huile

sur toile. © Coronari Auctions

Les 23 et 24 janvier, Coronari Auctions inaugurera la nouvelle année

par une vente de deux jours proposant une offre extrêmement variée.

Comme le veut la tradition, la partie asiatique attirera particulièrement

l’attention, avec principalement de la porcelaine de Chine,

couvrant plus de cinq siècles d’Histoire. Entre autres, quelques plats

chinois ‘‘Rose-Imari’’ représentant un oiseau sur une branche fleurie

de la période Kangxi, plusieurs groupes en corail rouge et une paire

exceptionnelle de vases en forme de bouteille, avec un décor en relief

d’antiquités sur fond de sgraffite jaune (XIXe siècle). Parmi l’offre européenne,

outre une vaste sélection de meubles estampillés, de tapis

et de vins, on trouvera une offre de peintures des XIXe et XXe siècles,

avec des noms prestigieux tels qu’Emile Claus et Valerius De Saedeleer.

Côté maîtres anciens, notamment des œuvres de l’entourage de Frans

Snyders et Peter Paul Rubens. Enfin, mentionnons l’exceptionnelle

pendule Deverberie, American Indian.

112


VENTE 11, 12 & 13 Décembre, 13h

Dessins, Estampes, Photographies

Manuscrits, Livres, Atlas ...

Exposition : 5 - 9 décembre

Register Antwerps broederschap H. Besnijdenis

Rue aux Laines 19/2 · 1000 Bruxelles

info@arenbergauctions.com +32 (0) 2 544 10 55

L’antenne belge de la maison de ventes historique ADER

L’antenne belge de la maison de ventes historique ADER

L’antenne belge de la maison de ventes historique ADER

JOURNÉES

JOURNÉES

D’EXPERTISES

D’EXPERTISES

Venez rencontrer les commissaires-priseurs

de Venez la maison rencontrer ADER les : art commissaires-priseurs

belge, art moderne

et Venez

de contemporain, la maison

rencontrer

ADER tableaux les

: art

commissaires-priseurs

belge, et dessins art moderne anciens,

arts de

et contemporain,

la décoratifs maison ADER et design, tableaux

: art belge, arts et dessins d’Asie, art moderne bijoux, anciens,

et

arts

contemporain, tribal, décoratifs ainsi que et design,

tableaux toutes arts nos et dessins

d’Asie, spécialités. bijoux,

anciens,

arts

art tribal,

décoratifs

ainsi que

et design,

toutes

arts

nos

d’Asie,

spécialités.

bijoux,

art tribal, ainsi que toutes nos spécialités.

vendredi 7 novembre

vendredi 28 7 novembre

vendredi 12 728 novembre décembre novembre

vendredi 16 12 28 décembre janvier novembre 2026

vendredi 12 16 décembre janvier 2026

vendredi 16 janvier 2026

Expertises gratuites et confidentielles sur rendez-vous

Expertises gratuites et confidentielles sur rendez-vous

Expertises gratuites et confidentielles sur rendez-vous

Contact M e Octavie Bordet, commissaire-priseur

Contact contact@ader-brussels.be M e Octavie Bordet, | commissaire-priseur

0032 2 268 85 88

Contact

contact@ader-brussels.be

M e Octavie Bordet,

|

commissaire-priseur

0032 2 268 85 88

contact@ader-brussels.be ADER Brussels | 0032 2 268 85 88

Royal ADER Tervuren. Brussels Avenue de Tervuren, 113

1040 ADER

Royal Bruxelles Tervuren.

Brussels

Avenue de Tervuren, 113

Royal

1040 Bruxelles

Tervuren. Avenue de Tervuren, 113

1040 Bruxelles


Auction calendar december 2025—february 2026

Belgium

DECEMBER

01 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

01 Salle des Ventes

Uccle Saint-Job

Design aftersale ONLINE

01-07 Salle de Ventes Rops

Art et antiquités ONLINE

02 Berg van Barmhartigheid

Fietsen, meubilair,

verzamelobjecten en juwelen

BRUSSEL

02 Campo & Campo

Klassieke kunstveiling

ANTWERPEN

02 Antenor Auction

Mobilier, objet d’art et

tableaux anciens BRUXELLES

02 Antenor Auction

Haute Epoque BRUXELLES

02 Native Auctions

Modern art, African art and

design: Belfius Art Collection

and private collections

BRUXELLES

02-03 Galerie Athena

Kunst en antiek BRUSSEL

02-04 Bernaerts

Bernaerts 50: kunst en antiek,

werk op papier ANTWERPEN

03 Galerie Moderne

Kunst en antiek BRUXELLES

04-06 Sylvie’s Wine Auctions

Kerstveiling wijn ANTWERPEN

05 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

05-16 AZ Auction

Numismatique, bijoux,

montres et gemmes ONLINE

06 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

06-07 DVC Antwerpen

Aziatica en Aziatische

archeologie, etnische

kunst, juwelen en horloges

ANTWERPEN

07 Haynault

House Sale BRUXELLES

07 MonsAntic

Art et antiquités MONS

07 MJV Soudant

Vente online 9 ONLINE

07 Stanley’s Auction

Peinture, sculpture, bijoux,

horlogerie, argenterie,

mobilier etc. ZAVENTEM

08 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

08 Haynault

Juwelen en horloges

BRUXELLES

08 Salle des Ventes Uccle

Saint-Job

Antiquités et brocante ONLINE

08-09 Horta

Art et antiquités BRUXELLES

09 Berg van Barmhartigheid

Juwelen, sieraden en

numismatiek BRUSSEL

09 Old Master Print

Prenten, tekeningen en

schilderijen IZEGEM

09 Antenor Auction

Arts de la table et orfèvrerie

BRUXELLES

09 AZ Auction

Tableaux et objets d’art

BRUXELLES

09-10 Haynault

Vente classique BRUXELLES

10 AZ Auction

Joaillerie et horlogerie

BRUXELLES

10 Zouave Auction

Maroquinerie, bijoux et

accessoires de luxe BRUXELLES

10 Antenor Auction

Tableaux modernes et

contemporains BRUXELLES

10 MJV Soudant

Bijoux et montres GERPINNES

10 Legia Auction

Souvenir de Grandes Familles

Belges Partie 2 HANNUT

11 Arts Talents Enchères

Bruxelles

Intérieurs - Collections et

successions BRUXELLES

11 Antenor Auction

Un pied à terre dans le Marais

BRUXELLES

11 Hôtel des Ventes Legros

Antiquités et objets d’art

VERVIERS

11-13 Arenberg Auctions

Boeken, prenten, tekeningen,

schilderijen BRUSSEL

12 Phoenix Auction

Art et antiquités WAVRE

12 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

13 Berg van Barmhartigheid

Uitzonderlijke stukken

BRUSSEL

13 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

13 Morel de Westgaver

Littérature, gravures et cartes

postales BRUXELLES

13 Cnock

Juwelen KNOKKE

14 Stanley’s Auction

Arts d’Asie ZAVENTEM

14 Cnock

Kunst en antiek KNOKKE

15 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

15 Ventes Elysée

Art et antiquités GRIVEGNÉE-

LIÈGE

15 Salle des Ventes Uccle

Saint-Job

Brocante ONLINE

16 Rob Michiels Auctions

Winter Sale BRUGGE

16 Ventes Elysée

Art et antiquités ONLINE

16-17 Vanderkindere

Art et antiquités BRUXELLES

16-17 Jordaens

Kunst en antiek MORTSEL

19 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

20 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

22 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

22 Salle des Ventes Uccle

Saint-Job

Art de verre ONLINE

27-30 Veilinghuis De Wit

Kunst en antiek OOSTENDE

JANUARY

03 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

08 ABS Veilingen Mechelen

Deurwaarderstukken

MECHELEN

09 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

12 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

13 Flanders Auctions

Religieuze kunst en thecas

ROESELARE

16 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

18 Stanley’s Auction

Militaria et histoire ZAVENTEM

19 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

23 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

23-24 Coronari Auctions

Nieuwjaarsveiling NAZARETH

24-01/02 AZ Auction

Bandes dessinées ONLINE

25 MJV Soudant

Objets d’art et antiquités

GERPINNES

26 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

26-27 Horta

Art et antiquités BRUXELLES

27 AZ Auction

Philatélie BRUXELLES

30 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

FEBRUARY

02 Amberes

Burgerveiling ANTWERPEN

02 Veilinghuis Pictura

Kunst en antiek GENT

02-08 Salle de Ventes Rops

Art et antiquités ONLINE

03-04 Flanders Auctions

Kunst, design en antiek

ROESELARE

03-04 Bernaerts

Kunst en antiek ANTWERPEN

04 Carlo Bonte Auctions

Netsuke BRUGGE

06 Maison des Huissiers de

Justice

Vente aux enchères judiciaire

BRUXELLES

09 Amberes

Kunst- en antiekveiling

ANTWERPEN

10 Carlo Bonte Auctions

Kunst- en antiekveiling

BRUGGE

The Netherlands

NOVEMBER

24-03/12 Venduehuis Den

Haag

Vendue Next Door Part I, II

and III ONLINE

24-09/12 Venduehuis Den

Haag

Winter Auctions Luxury

Edition ONLINE

24-10/12 Venduehuis Den

Haag

Winter Auctions: Arts of the

East ONLINE

24-11/12 Venduehuis Den

Haag

Winter Auctions: Home and

interiors including fine silver

ONLINE

24-12/12 Venduehuis Den

Haag

Winter Auctions: Tribale kunst,

Etnografica en Indonesische

kunstnijverheid ONLINE

DECEMBER

01 ADAMS Amsterdam

Auctions

Kunst, sieraden, tassen en

zilver AMSTERDAM

01 Veilinghuis Bouwman

Vintage toys en automobilia

ONLINE

01-03 Veilinghuis Klinkhamer

Kunst en antiek GRONINGEN

01-05 Zwiggelaar Auctions

Boeken, stripverhalen,

prenten en tekeningen etc.

AMSTERDAM

02 ADAMS Amsterdam

Auctions

Kunst, sieraden, tassen en

zilver ONLINE

02-03 Veilinghuis De Jager

Kunst, antiek, juwelen en

aziatica GOES

05-15 Venduehuis Dickhaut

Kunst, antiek en juwelen

ONLINE

08-11 Van Spengen

Kunst en antiek ONLINE

08-15 Veilinghuis Korendijk

Kunst en antiek ONLINE

09-10 Veilinghuis Omnia

Kunst en antiek KOLHAM/

HOOGEZAND

09-10 Oprechte Veiling

Haarlem

Kunst en antiek HAARLEM

10-11 Vendu Rotterdam

Algemene veiling ONLINE

10-11 Veilinggebouw De

Zwaan

De kunstcollectie van Aldo en

Hannie van Eyck AMSTERDAM

11-14 Oprechte Veiling

Haarlem

Kunst en antiek ONLINE

12 Vendu Rotterdam

Muntenveiling ONLINE

13 Hessink’s Fine Art

Auctioneers

Boeken, prenten, grafiek en

kunst BEEK

15 Veilinghuis Bouwman

Vintage toys en automobilia

ONLINE

15 De Eland & De Zon

Winterveiling S-GRAVELAND

15-16 Van Zadelhoff

Kunst en antiek ONLINE

15-16 Ald Fryslân

Kunst en antiek WOMMELS

15-17 Veilinghuis Onder de

Boompjes

Lustrumveiling: Kunst en

antiek ONLINE

17-19 Ald Fryslân

Kunst en antiek ONLINE

18 Schulman

Jubileumveiling: Numismatiek

AMSTERDAM

29 Veilinghuis Bouwman

Vintage toys en automobilia

ONLINE

JANUARY

08-10 Twents Veilinghuis

Kunst en antiek ENSCHEDE

09-10 Heritage Auctions

Europe

Stamps and postcards

IJSSELSTEIN

FEBRUARY

02-07 Derksen Veilingbedrijf

Kunst, antiek, design en

brocante ARNHEM

09-10 Van Zadelhoff

Algemene veiling ONLINE

Luxembourg

DECEMBER

07 Goldfield Auction

Luxembourg

Lumières d’Hiver

WEISWAMPACH

114


Fair calendar december 2025—february 2026

Belgium

DECEMBER

06-07 GANDA: Ghent

Antiques

Design Art - Kunstroute

Ghent

05-07 Internationale

Antiquarenbeurs

Mechelen

11-14 Art Antwerp

Antwerp

JANUARY

21-25 Ceramic Brussels

Brussels

21-25 Civilisations Brussels

Art Fair

Brussels

22-22/02 PhotoBrussels

Festival

Brussels

25-01/02 BRAFA Art Fair

Brussels

FEBRUARY

04-08 Affordable Art Fair

Brussels

Luxembourg

JANUARY

28-01/02 Antiques & Art Fair

Luxembourg

Luxembourg

Switzerland

JANUARY

29-01/02 Artgenève

Genève

The Netherlands

JANUARY

22-25 Naarden The Art Fair

Naarden

Turkey

DECEMBER

04-07 Istanbul Art & Antique

Fair

Istanbul

United Emirate

States

FEBRUARY

05-07 Art Basel Qatar

Doha

United Kingdom

JANUARY

21-25 London Art Fair

London

20-25 Winter Fair

London

United States

DECEMBER

02-07 Art Miami

Miami

02-07 SCOPE Art Show Miami

Miami

02-07 Alcova Miami

Miami

05-07 Art Basel Miami Beach

Miami

Marthe Donas,

de retour au pays (1921-1927)

Du 29/11/2025 au 25/01/2026

À la fin de l’été 1921, à court d’argent, dépressive et malade, Marthe

Donas tourne le dos à l’avant-garde, quitte Paris et retourne dans

sa famille à Anvers. Elle opte désormais pour une existence plus

conventionnelle: le mariage, associé à un cadre de vie radicalement

différent, dans le Brabant wallon.

À Ittre, elle peint la campagne (paysages, scènes de la vie quotidienne,

natures mortes) avec quelques réminiscences de son langage cubiste

des années 1917-1920.

L’opportunité de montrer son travail ne suffit pourtant pas à rendre

confiance à une femme de plus en plus absorbée par les tâches domestiques.

En 1927, Marthe Donas cesse de peindre pendant vingt

ans et disparaît pratiquement du paysage artistique.

Heures d’ouverture: Jeudis et samedis de 13:00-17:30

Dimanches: 11:00-17:30 et sur rendez-vous (0471 21 63 88)

115


Chambre Royale Belgo-

Luxembourgeoise des salles de ventes

aux enchères, commissaires-priseurs, courtiers et experts mobiliers

asbl fondée en 1936

Avenue Louise 500,

1000 Bruxelles

Tél. 0475-62 71 85

Fax 02-741 60 70

www.auctions-in-belgium.be info@auctions-in-belgium.be

Extrait de la liste des membres (Liste complète disponible au sécretariat ci-dessus)

ANVERS

Amberes sprl

(Dir. Rik Dupain - Marc Royer)

Terninckstraat 6-8-10,

2000 Antwerpen

T.03/226.99.69 - 0745/708782

www.amberes.be.

info@amberes.be

Ventes aux enchères

d’œuvres d’art cataloguées,

estimations pour successions

et assurances. Catalogues

illustrés. Ventes bourgeoises

hebdomadaires. Plus de 35

000 lots attribués par an.

Bernaerts

(Dir. Ch. & P. Bernaerts)

Verlatstraat 16-22,

2000 Antwerpen

T.03/248.19.21

info@bernaerts.be

www.bernaerts.be

Live & online.

Maîtres anciens, romantiques

et modernes.

Antiquités, arts appliqués,

design, œuvres sur papier.

Expertises pour succession et

assurance.

Campo & Campo

(Dir. Guy Campo)

Grote Steenweg 19-21,

2600 Berchem

T.03/218.47.77

F.03/218.53.63

guy@campocampo.be

www.campocampo.be - 5

Ventes aux enchères cataloguées

d’art et d’antiquités,

de peintures, d’estampes, de

sculptures, de meubles, de

porcelaine, d’argenterie, de

tapis, de vins, etc.

DVC

(Dir. D. Van Cappel)

Ellermanstraat 36-38,

2060 Antwerpen

T.03/232.36.64

F.03/234.22.14

Ventes aux enchères d’art et

d’antiquités cataloguées, estimations

et évaluations pour

successions et assurances.

dvc@dvc.be

www.dvc.be

Jordaens SA

Drabstraat 74 - 2640 Mortsel

T.03/449.44.30

info@jordaens.eu

www.jordaens.eu

Ventes publiques d’œuvres

d’art, d’antiquités, de bijoux,

de vins, de collections et

mobilier. Évaluations pour

succession et assurance.

BRABANT-WALLON

Salle de Ventes du

Beguinage s.p.r.l.

(David Libotte - Samy Greif)

Avenue Vésale 11, 1300 Wavre

T.02/218.17.42

www.salledeventesdubeguinage.be

info@svbeguinage.com

Online via Drouot digital

BRUXELLES

Arenberg Auctions

(Dir. Henri Godts)

Rue aux Laines 19 bte 2,

1000 Bruxelles

T. 02-5441055

info@arenbergauctions.com

www.arenbergauctions.com

Vente aux enchères d’atlas,

de livres, d’estampes et de

dessins rares. Également

bibliothèques entières,

archives et manuscrits rares.

AZ Auction

Dir. Arnaud de Partz

Av. des Casernes, 39B

1040 Etterbeek

T. 02/218.00.18

www.azauction.be

info@azauction.be

Ventes de Tableaux et objets

d’art, d’Arts d’Asie, de bijoux

et de bandes dessinées.

Ventes Haynault

(Dir. Rodolphe de

Maleingreau d’Hembise)

Rue de Stalle 9 - 1180 Uccle

T.02/842.42.43

www.haynault.be

info@haynault.be

Neuf ventes aux enchères

spécialisées par an : bijoux,

orfèvrerie, pièces de monnaie,

collections et souvenirs historiques,

peintures, œuvres

d’art d’Europe et d’Asie.

Lempertz 1798

(Dir. Hélène Robbe)

Rue du Grand Cerf 6,

1000 Bruxelles

T. 02 514 05 86

brussel@lempertz.com

jolly@lempertz.com

www.lempertz.com

Estimations et évaluations du

lundi au vendredi de 9h à 13h

et de 14h à 17h.

Hôtel de Ventes Horta

(Dir. Dominique de Villegas)

70/74 Avenue de

Roodebeek, 1030 Schaerbeek

T.02/741.60.60 – F.02/741.60.70

www.horta.be – info@horta.be

Ventes mensuelles cataloguées

d’antiquitées, oeuvres

d’art, bijoux et vins.

Mont-de-Piété

21 Rue Saint-Ghislain,

1000 Bruxelles

T. 02/512.13.85

appreciateurs@montdepiete.be

montdepiete.be

Ventes aux enchères de

bijoux, maroquinerie,

argenterie, céramique, vins,

tableaux, sculptures, BD,

objets de collection, etc.

Estimations gratuites sans

rendez-vous du lundi au

vendredi de 8h30 à 15h30,

sauf le mardi jusqu’à 18h.

FLANDRE ORIENTALE

Coronari

(Dir. Tim De Doncker)

Steenweg 144/A, 9810 Nazareth

T. 09/3123240

info@coronariauctions.com

www.coronariauctions.com

Coronari Auctions organise

quatre ventes aux enchères

internationales d’art et d’antiquités

par an. Spécialisée

dans l’art européen, asiatique

et islamique, avec un accent

particulier sur la porcelaine

chinoise, les maîtres anciens

et les peintures des XIXe

et XXe siècles. Audience

internationale. Expertise

scientifique. Estimations,

recherches, conseils.

DVC

(Dir. D. Van Cappel)

Zandlopersstraat 10 -

9030 Mariakerke

T.09/224.14.40

F.09/225.04.14

dvc@dvc.be

www.dvc.be

Ventes aux enchères

d’œuvres d’art et d’antiquités

cataloguées. Successions

et évaluations pour successions

et assurances.

Galerie et Salle de Ventes

Pictura sprl

Brusselsesteenweg 656

9050 Gentbrugge

T.0475/74.49.25

henk.vervondel@telenet.be

www.pictura.be

Loeckx Auctioneers

(Dir. Cécile La Pipe,

Peter en Natan Loeckx)

Ingelandgat 4, 9000 Gand

T.09/223.37.93 – F.09/233.76.71

www.loeckx.be

info@loeckx.be

International art & antiques

auctions. Expertises.

De Vuyst

(Dir. Guy De Vuyst &

Pascale Philips)

Kerkstraat 22-54, 9160 Lokeren

T.09/348.54.40

F.09/348.92.18

www.de-vuyst.com

info@de-vuyst.com

Vente aux enchères et expositions

internationales, du XVIIe

siècle à l’art contemporain.

Successions et évaluations de

successions et assurances.

FLANDRE OCCIDENTALE

Carlo Bonte Auctions

Kardinaal Mercierstraat 20,

Brugge

Carlo Bonte Gallery

Zeedijk-Het Zoute 796,

Knokke

Trusted partner for global

art deals

@carlobonte.be

T. 050 33 23 55

Van de Wiele Auctions

Groeninge 34, 8000 Bruges

T.050 49 07 69

auctions.vandewiele@proximus.be

www.vdw-auctions.com

Imprimés et manuscrits

rares, cartes anciennes,

atlas, gravures et peintures.

Estimations pour assurances

et successions.

HAINAUT

Monsantic

(Dir: Daniel Otten)

Rue Grande 193b, 7020 Mons

T.065/73.94.00 – F.065/73.94.09

otten@monsantic.com

www.monsantic.com

Ventes publiques cataloguées.

Expertises le mercredi

et le jeudi, rendez-vous le

mardi et le jeudi - déplacement

gratuit à domicile.

LIEGE

Hôtel des Ventes Elysée

(Dir. José & Ch. Fairon)

Boulevard Cuivre et Zinc 28,

4000 Liège

T.04/221.09.09

F. 04/221.15.05

www.ventes-elysee.be

info@ventes-elysee.be

Ventes publiques mensuelles

d’antiquités et objets d’art,

Vintage, Maroquinerie,

Bijoux. Expertises et accueil

du lundi au vendredi. Fermé

le mercredi.

Légia Auction

Rue de Cras-Avernas 12,

4280 Hannut

Tél. : 019/63.55.59

0495/87.99.01 (Bruno de

Wasseige) 0475/27.73.87

(Vincent de Lange)

www.legia-auction.com

contact@legia-auction.com

Ventes publiques d’Arts et

d’Antiquités, tapis, mobiliers,

bijoux, tableaux, Art d’Asie,…

Expertises gratuites sur rendez-vous.

Librairie Lhomme

(Dir. David Lhomme)

Rue des Carmes 9, 4000 Liège

T.04/223.24.63

www.michel-lhomme.com

librairie@michel-lhomme.com

Ventes aux enchères internationales

live et online,

galerie d’art, expertise.

Tableaux anciens et

modernes, dessins, gravures,

sculptures, livres anciens

et modernes, manuscrits,

armes anciennes, bd, objets

scientifiques.

Hôtel des Ventes Legros

(Dir. Benoît Legros)

Rue Peltzer de Clermont 41,

4800 Verviers

T. 087/33.01.00

www.venteslegros.com

info@venteslegros.com

Ventes régulières d’antiquités

et objets d’art.

NAMUR

Salle de Ventes Rops

(Dir. Paul & Benoît de

Sauvage)

Avenue d’Ecolys 2,

5020 Namur

T.081/74.99.88 – F.081/74.99.86

www.rops.be

www.rops-online.be

Ventes publiques tous les

deux mois d’antiquités

et ventes bourgeoises.

Expertises gratuites.

116


Bonnes adresses

Assurance

INVICTA ART INSURANCE

Musées. Collections privées.

Expositions. Fondations particuliers/

professionnels. Séjours - Transports

L’assurance au service de l’art

Eeckman Jean-Pierre &

Eeckman Isabelle

67-69 Bd. Reyerslaan

1030 Bruxelles

Tél. : 02/735 55 92

info@invicta-insurance.be

www.invicta-insurance.be

Art Handling

ART ON THE MOVE

Un service spécialisé et complet :

avant, pendant et après le transport.

Décrochage/accrochage, protection

& emballage,entreposage sécurisé,

assurance, transport/expédition

nationale et internationale, formalités

douanières, etc….

Rue Henri-Joseph Genesse 1,

1070 Bruxelles

Tél. : +32(0)2 333 2411 ou +32(0)477 253 839

georges.merz@art-onthemove.be &

joel.delville@art-onthemove.be

www.art-onthemove.be

ART STOCKAGE

Stockage sécurisé et climatisé

à 10 minutes du centre de Bruxelles.

Surfaces modulables et fermées,

de 1 à 100 m2. Enlèvements et livraisons

possibles. Etudes, devis et réalisations

de transports, emballages et

groupages dans le monde entier.

Tél. : +32(0)2 333 2411 ou +32(0)477 253 839

georges.merz@art-onthemove.be

joel.delville@art-onthemove.be

Bijoux

FRISCHDIAMOND

Nous sommes spécialisés dans l’achat

de bijoux anciens sertis de diamants.

Nous mettons également notre expertise

à votre service pour une estimation

fiable et un retaillage des diamants

dans un souci de perfection.

Vous nous trouverez au cœur du secteur

diamantaire anversois.

serge@frischdiamond.com

oldcut@frischdiamond.com

www.frischdiamond.com

Design

QUATTRO BENELUX

Altenaken 11, 3320 Hoegaarden

Tél. : 016 765400

Design et intérieur

www.quattro-benelux.com

Livres

ERIK TONEN BOOKS ANVERS

Beaux livres illustrés sur les beaux-arts

et les arts appliqués. Large choix à

destination des historiens de l’art, des

musées, des antiquaires professionnels,

des galeries et des collectionneurs.

Livres d’art neufs ou d’occasion,

éditions bibliophiles ou livres anciens.

Visitez notre site web pour un aperçu

de notre offre ou envoyez-nous un

e-mail avec vos demandes spécifiques.

www.erik-tonen-books.com

Musée

MUSÉE DE L’EROTISME ET

DE LA MYTHOLOGIE

Musée de l’Erotisme et de la Mythologie

. Le musée, situé dans une maison

ancienne du Sablon, offre un aperçu

historique de l’art érotique de l’antiquité

à nos jours. Cette collection privée, parmi

les plus belles d’Europe, présente des

pièces rares et uniques : ivoires, peintures,

sculptures, antiquités greco-romaines,

estampes japonaises, œuvres d’artistes

belges et autres curiosités.

Rue Sainte-Anne, 32 Bruxelles

Tél. : +32(0) 2/514.03.53

E-Mail : info@m-e-m.be

www.m-e-m.be

Restauration

ATELIER DE RESTAURATION

TEMPERA

Tempera sprl, Alost - Aäron

Uytterhaegen. Restauration d’oeuvres

d’art - toiles - panneaux - statues

polychromes. Devis & expertise (sans

engagement):

tempera@telenet.be

Tél. : 0494 47 60 32

www.temperarestauratie.be

117


Quand l’impression

devient art

Depuis 1928, notre entreprise familiale cultive une profonde fierté, transmettant avec soin son savoir-faire de

génération en génération. Avec 650 artisans dévoués, nous perpétuons une riche tradition, alliée à une expertise

technique innovante et à une passion pour l’impression de la plus haute qualité. Grâce à notre intégration

verticale complète – de la photogravure à la reliure – nous maîtrisons chaque détail, garantissant un produit fini

irréprochable. Le résultat ? Des livres intemporels qui préservent à jamais l’essence et l’âme de votre œuvre.

Graphius, votre partenaire pour l’impression des livres, catalogues et magazines.

Atelier de photogravure - Imprimerie - Reliure

GAND • ANVERS • BRUXELLES • CHARLEROI • BREDA • PARIS • LONDRES • NEW YORK

Graphius Group

Traktaatweg 8, B-9041 Gand

T +32 9 218 08 41

info@graphiusgroup.com

www.graphiusgroup.com



Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!