Boxoffice Pro n°505 – 3 décembre 2025
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Bimensuel N°505 / 3 décembre 2025
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
WY PRODUCTIONS ET NINETY FILMS
PRÉSENTENT
MÉFIEZ-VOUS
DE
VOS
IDOLES
PIERRE NINEY
GOUROU
UN FILM DE YANN GOZLAN
MARION BARBEAU ANTHONY BAJON CHRISTOPHE MONTENEZ
SCÉNARIO JEAN-BAPTISTE DELAFON ET
YANN GOZLAN DIALOGUES JEAN-BAPTISTE DELAFON D’APRÈS UNE IDÉE ORIGINALE DE PIERRE NINEY PRODUIT PAR WASSIM BÉJI, PIERRE NINEY ET
MARC-HENRI de BUSSCHÈRE AVEC LA PARTICIPATION EXCEPTIONNELLE DE HOLT McCALLANY DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE ANTOINE SANIER MUSIQUE ORIGINALE CHLOÉ THÉVENIN MONTAGE GRÉGOIRE SIVAN PREMIÈRE ASSISTANTE RÉALISATION
NATALIE ENGELSTEIN, A.F.A.R
CASTING CONSTANCE DEMONTOY SCRIPTE CHRISTINE RICHARD-SIVAN DÉCORS STÉPHANE ROZENBAUM COSTUMES OLIVIER LIGEN MAQUILLAGE LAURA OZIER COIFFURE SOPHIE ASSE SON DAVID RIT GUADALUPE CASSIUS NICOLAS BOUVET-LEVRARD MARC DOISNE DIRECTRICE DE PRODUCTION KARINE PETITE DIRECTRICE DE POST-PRODUCTION GAËLLE GODARD-BLOSSIER RÉGISSEUR GÉNÉRAL RAPHAËL RICHARD
COPRODUIT PAR ANDRÉ LOGIE ET GAËTAN DAVID UNE PRODUCTION DÉLÉGUÉE WY PRODUCTIONS ET NINETY FILMS EN COPRODUCTION AVEC STUDIOCANAL M6 FILMS PANACHE PRODUCTIONS LA COMPAGNIE CINÉMATOGRAPHIQUE BE TV ET ORANGE PROXIMUS AVEC LE SOUTIEN DE CANAL+ AVEC LA PARTICIPATION DE DISNEY+ ET M6 W9 AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DE BELGIQUE
ET LE TAX SHELTER DE MOVIE TAX INVEST AVEC LE SOUTIEN DE LA
PROCIREP
ET DE LA
SACEM VENTES INTERNATIONALES STUDIOCANAL
LE 28 JANVIER AU CINÉMA
DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE
PHOTO: JÉRÔME PRÉBOIS
PRÉSENTE
RETROUVEZ LA SÉLECTION
DE LA 17 e ÉDITION DU SOMMET DES ARCS !
AU PROGRAMME : 11 films en prévisionnement,
des ateliers et conférences autour de l’innovation et de
l’évolution de nos métiers, et des moments conviviaux en haut des pistes.
Bimensuel N°505 / 3 décembre 2025
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
ÉDUCATION À L’IMAGE
DU PLAN DU GOUVERNEMENT AUX
RENCONTRES DE L’ARCHIPEL DES LUCIOLES :
CE QU’IL FAUT RETENIR
L'édito
Sommaire
Théorie des grands ensembles
Les résultats décevants de la fréquentation doivent
nous inviter à nous interroger sur les raisons de ces
mauvaises performances. L’offre de films ne peut, à elle
seule, expliquer la disette et les difficultés à retrouver
des niveaux pré-Covid. Le public a changé – qui n’a
pas été impacté par les confinements, les nouveaux
usages, etc. ? –, de même que l’époque et le contexte
social et économique. L’introspection doit donc être
de mise à tous les étages, et les sujets ne manquent
pas. On constate par exemple une baisse de la fréquence
par habitant. En d’autres termes, les Français
vont (un peu) moins souvent au cinéma. Comment
l’expliquer ? Le poids de l’offre, une fois encore, est
prépondérant ; mais nos nouveaux usages de communication
n’en sont-ils pas aussi partiellement responsables
? La « ROIsation » des campagnes marketing
digitales pousse à toujours plus de ciblage. Avec
un effet vertueux : pouvoir toucher un cœur de cible
en maîtrisant son budget, voire en déclenchant l’acte
de réservation directement. Or, le succès d’un film se
construit aussi sur des cibles complémentaires, moins
naturelles. Après tout, nous ne sommes pas des profils
marketing monolithiques ! L’hyper-ciblage publicitaire
– au détriment croissant de méthodes plus anciennes,
mais non moins efficaces, telles que l’affichage, qui pesait
28,6 % des dépenses d’achat publicitaire en 2024,
contre 43,1 % dix ans plus tôt – pourrait-il conduire
à passer à côté de certaines franges du public ? Certes,
la télévision (mais qui, par définition, est ciblée), qui
pèse aujourd’hui 13 %, contre 0 % en 2019, ou encore le
cinéma (si l’on y va) peuvent pallier ce penchant pour
le tout digital. Mais, comme pour tout nouvel usage,
il faut savoir appréhender les effets bénéfiques et les
effets de bord. Notre société se fragmente et tend à se
définir davantage comme un agrégat de micro-communautés
qu’un grand ensemble. Mais c’est pourtant
lorsque ce grand ensemble se mobilise et que le film
sort de son territoire naturel qu’il devient un succès.
est une publication de
Laurent Cotillon
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
P.6
ACTUALITÉS
Les Légendaires sur les pas de Beyoncé
P. 8 à 11
ÉDUCATION À L’IMAGE
Un plan renforcé pour l’éducation au
cinéma
Retour sur les Rencontres de l’Archipel
des Lucioles
P. 17
PRODUCTION
Rencon tre avec
Jérôme Enrico (L’ARP)
P. 18 à 23
DISTRIBUTION
Gaumont et Diaphana font leurs
conventions
Metropolitan prépare La Femme de
ménage
Apollo mise sur l’émotion de Louise
P. 24-25
INTERNATIONAL
Boxoffice Pro fait son tour d’Europe
P. 28 à 33
EXPLOITATION
La Londe-les-Maures retrouve
son cinéma de la baie
Nouveau chapitre pour
le cinéma de Mont-Dore
Dans le Grand Est,
le cinéma en petite forme
(Ré)ouvertures à Sélestat et
Charleville-Mézières
P. 34
MISCELLANÉES
Soutiens, petites annonces, carnet noir,
agenda de la profession…
Directeur de la publication
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Directeur général délégué média & stratégie
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La Rédaction
Crédit page 3 : ©Jules Dreyfus pour Boxoffice Pro
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Boxoffice Pro France
4 N°505 / 3 décembre 2025
Actualités
Les Légendaires sur les pas de Beyoncé
À l’occasion de la sortie prochaine de Les Légendaires,
adaptation très attendue de la bande dessinée de Patrick
Sobral (vendue à plus de 10 millions d’exemplaires), Pan
Distribution a mis en place un dispositif d’avant-premières
particulièrement innovant. L’objectif était de tester la
puissance de la marque et la capacité du public à se
mobiliser spontanément, en s’inspirant du “Beyoncé
effect” : présenter le film très en avance, dans un nombre
restreint de salles, en s’appuyant uniquement sur la
communication des cinémas et sur une mise en avant
progressive des éléments marketing.
©Pan Animation
Cinquante cinémas ont donc été sélectionnés dans toute
la France, selon leur position géographique et le poids
des circuits (sur la base de leurs parts de marché sur
Vaïana 2, localement et nationalement). Pathé, CGR,
UGC, Kinepolis et Mégarama ont ainsi figuré parmi les
circuits impliqués.
L’objectif du dispositif consistait à ouvrir les préventes
dès le mois d’août dans les cinémas retenus : dès qu’une
salle atteignait le seuil fixé de 200 réservations, son circuit
était autorisé à intégrer une nouvelle salle au dispositif.
Six cinémas supplémentaires ont ainsi rejoint l’opération
au fil des semaines, et d’autres exploitants indépendants
ont pu ouvrir des séances sur demande. L’ensemble a
permis de créer une dynamique ascendante, tout en
laissant les salles s’emparer elles-mêmes de l’événement.
Les Légendaires de Guillaume Ivernel
Si des écarts de performance ont été constatés selon les
circuits, le distributeur estime les résultats « très encourageants
». Le film a par ailleurs ensuite intégré la Grande
Journée des Enfants de Pathé, deux semaines après la
première salve d’avant-premières.
Au total, le film de Guillaume Ivernel a enregistré 12
706 entrées sur 124 séances (soit une moyenne de 102
e/s). La sortie des Légendaires est prévue pour le 28 janvier
sur 600 écrans.
L.C.
La sélection du Festival
Télérama/AFCAE 2026
La 26 e édition du Festival Cinéma organisé par l'Association française des
cinémas art et essai et le magazine, en partenariat avec BNP Paribas, aura
lieu du 21 au 27 janvier.
Les 16 reprises sélectionnées :
Une bataille après l’autre de Paul Thomas
Anderson (Warner Bros.)
La Petite Dernière de Hafsia Herzi (Ad Vitam)
Valeur sentimentale de Joachim
Trier (Memento)
Sirāt d’Oliver Laxe (Pyramide)
The Brutalist de Brady Corbet (Universal)
L’Inconnu de la Grande Arche de Stéphane
Demoustier (Le Pacte)
Amour (la trilogie d’Oslo) de Dag Johan
Haugerud (Pyramide)
Un simple accident de Jafar Panahi (Memento)
Miroirs n°3 de Christian Petzold (Les Films
du Losange)
Black Dog de Gu Han (Memento)
Nino de Pauline Loquès (Jour2Fête)
Mémoire d’un escargot d’Adam Elliot
(Wild Bunch)
L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho
(Ad Vitam, sortie le 17 décembre)
Nouvelle vague de Richard Linklater (Arp
Sélection)
Je suis toujours là de Walter Salles
(Studiocanal)
Partir un jour d’Amélie Bonnin (Pathé)
Le coup de cœur des moins de 26 ans
Une bataille après l’autre
Les films en avant-première
Certains cinémas proposeront des séances
suivies d’une rencontre avec l’équipe,
retransmise depuis Le Balzac à Paris (aux
dates indiquées ci-dessous)
À pied d’œuvre de Valérie Donzelli (Diaphana,
04/02/26) - rencontre dimanche 25 janvier
à 16h
Baise-en-ville de Martin Jauvat (Le Pacte,
28/01/26) - rencontre mercredi 21 janvier
à 20h30
Le Gâteau du président de Hasan Hadi
(Tandem, 04/02/26) - rencontre mardi 27 janvier
à 20h
Promis le ciel d’Erige Sehiri (Jour2Fête, 28/01/26)
– rencontre vendredi 23 janvier à 20h30
The Mastermind de Kelly Reichardt (Condor,
04/02/26) - rencontre jeudi 22 janvier à 20h
Urchin de Harris Dickinson (Ad Vitam, 11/02/26)
- rencontre samedi 24 janvier à 20h
La Vie après Siham de Namir Abdel-
Messeeh (Météore, 28/01/26) - rencontre samedi
24 janvier à 17h
Les Mycéliades 2026
sous le signe des Résiliences
Le festival de science-fiction interdisciplinaire revient du 31 janvier au 15
février, dans 150 cinémas et médiathèques de plus de 80 villes.
Après avoir rassemblé 28 000 spectateurs
en 2025, la 4 e édition des Mycéliades
propose à nouveau des films, des ateliers
d’écriture, des escape games ou des conférences
scientifiques, pour explorer cette
année la question de la résilience, « celle
des sociétés qui se réinventent face aux
bouleversements climatiques, énergétiques
ou alimentaires ». L’ADRC et Images en
bibliothèques ont préparé un riche
programme en compagnie de youtubeurs,
d'écrivains ou de spécialistes du climat,
rejoints par de nouveaux ambassadeurs
(l'illustratrice Lisa Blumen, l'essayiste
Pacôme Thiellement, la vidéaste Nedrac
Philo..). On notera aussi la participation
du CNRS et de la Société astronomique
de France, aux côtés des autres partenaires
scientifiques du festival (CNES, SFE),
et le soutien de la Fondation Crédit Mutuel
pour la lecture. Parmi la vingtaine de
films proposés, des nouveautés comme
Amour Apocalypse de Anne Émond ou
Arco de Ugo Bienvenu, mais aussi Mad
Max de George Miller, Nausicaä de
Hayao Miyazaki, Dernier train pour
Busan de Sang-ho Yeon, Les Fils de
l’homme de Alfonso Cuarón ou Only
Lovers Left Alive de Jim Jarmusch. Le
programme complet est en ligne sur le
site de la manifestation.
Les cinémas souhaitant retransmettre les séances spéciales peuvent s’inscrire auprès de
l’AFCAE jusqu'au 5 décembre.
6 N°505 / 3 décembre 2025
ÉDUCATION À L’IMAGE
UN PLAN RENFORCÉ
POUR L’ÉDUCATION
AU CINÉMA
Édouard Geffray et Rachida Dati aux Cinémas du Palais, Créteil, 25 novembre 2025
©Jules Dreyfus pour Boxoffice Pro
Édouard Geffray, ministre de
l’Éducation nationale, et Rachida
Dati, ministre de la Culture, ont
dévoilé la semaine dernière leurs
mesures en faveur de l’éducation à
l’image et au cinéma.
Deux mois seulement après la publication du rapport
d’Édouard Geffray, devenu depuis ministre de l’Éducation,
ses propositions sont reprises dans un plan en 4 axes et 15
mesures, avec l’objectif ambitieux de doubler le nombre
d’élèves participant à Ma classe au cinéma (en passant de
2 à 4 millions d’ici deux ans). En gardant l’enjeu de montrer
les films en salles, « parce que le grand écran constitue un
antidote de qualité à la surconsommation des petits écrans », a
réaffirmé Édouard Geffray, et avec « dès 2026,
8 millions d’euros de moyens nouveaux engagés par le ministère
de la Culture et le CNC », a indiqué Rachida Dati, pour qui
ces mesures répondent « à des enjeux culturels
et éducatifs, mais aussi démocratiques et de santé publique ».
Des annonces faites à Créteil, où les ministres, accompagnés
par le président du CNC, ont visité les Cinémas du Palais
et le lycée polyvalent Léon Blum. Sur place, le président de
la FNCF Richard Patry a salué « un jour historique », tandis
que Victor Hadida s’est dit « extrêmement fier » de voir les
éditeurs-distributeurs prendre part à ce système d'éducation
à l'image. Du côté de l’AFCAE, ces mesures « vont dans le
bon sens » pour Guillaume Bachy, qui note toutefois l’absence
d’informations sur la part collective du pass Culture.
Sur toutes les questions en suspens, le président du CNC
a été très réactif en annonçant, deux jours plus tard aux
coordinations réunies à Metz, l’ouverture de l’adresse mail
planeci@cnc.fr [voir pages suivantes] pour recueillir,
jusqu’au 18 décembre, la contribution de tous les acteurs
de l’éducation aux images. Gaëtan Bruel a promis une
synthèse – et des réponses – pour début février.
Axe 1 :
Inscrire l’éducation au cinéma
et à l’image dans la scolarité de tous
les élèves
Mesure 1 : Concevoir un référentiel d’éducation au
cinéma et à l’image, publié à la rentrée 2026, qui
établira des liens avec les programmes disciplinaires
de chaque niveau d’enseignement.
Mesure 2 : Consolider les classes à horaire aménagé
cinéma (Chac), en dressant un bilan du fonctionnement
des neuf classes actuellement déployées afin d’étendre
leur nombre sur tout le territoire.
Mesure 3 : Faciliter l’accès au cinéma des élèves des
établissements ruraux, en travaillant avec les réseaux
itinérants.
Axe 2 :
Donner un nouvel élan à
Ma classe au cinéma
Mesure 4 : Actualiser le modèle de formation des
enseignants, qui bénéficieront dès la rentrée 2026 de
formations transversales pour acquérir les bases d’une
culture cinéma, complétées par une formation nationale
en ligne sur l’éducation à l’image et le dispositif Ma
classe au cinéma.
Mesure 5 : Créer un site de ressources mutualisées,
destinées à l’ensemble des acteurs intervenant auprès
des jeunes. Il sera prochainement mis à disposition.
Mesure 6 : Déployer une identité visuelle Ma classe
au cinéma via un kit de communication (bande annonce,
label affiché dans chaque établissement participant).
Mesure 7 : Valoriser l’engagement des enseignants
mobilisés dans le dispositif, via une carte “Enseignant
- Ami du cinéma” offrant des avantages selon les
modalités choisies par les exploitants, ainsi qu’à des
avantages nationaux mis en place par le CNC.
Axe 3 :
Renforcer le partenariat local autour de
l’éducation au cinéma et à l’image
Mesure 8 : Créer un diplôme interuniversitaire d’éducation
au cinéma, adressé aux enseignants comme à
d’autres acteurs de l’éducation au cinéma.
Mesure 9 : Renforcer la formation de tous les acteurs
via une session plus courte pour ceux qui ont moins
de temps à consacrer à une formation longue.
Mesure 10 : Sécuriser les financements et valoriser
l’engagement des collectivités qui s’engagent à accorder
une priorité budgétaire aux actions d’éducation à
l’image, et sanctuariser le niveau des enveloppes consacrées
par les DRAC et par le CNC aux actions
d’éducation.
Mesure 11 : Créer des conservatoires pilotes de cinéma
au niveau municipal ou départemental, le CNC instaurant,
pour deux ans, un fonds d’amorçage pour financer
équipements et programmes.
Axe 4 :
Diversifier les dispositifs d’éducation à
l’image et au cinéma
Mesure 12 : Déployer Enfants des Lumière(s)
dans l’ensemble des académies, contre trois actuellement.
Mesure 13 : Renforcer le défi Écris ta série ! lancé en
2021, pour permettre à des collégiens et lycéens de
rédiger un scénario et participer à un concours national.
Mesure 14 : Développer des projets innovants d'éducation
au cinéma et à l’image, afin d’accompagner
les évolutions rapides des pratiques culturelles des jeunes.
Mesure 15 : Lancer un concours national de critique
de cinéma destiné aux étudiants, organisé sur les
réseaux sociaux et coordonné par le CNC.
N°505 / 3 décembre 2025
7
Éducation à l’image
RENCONTRES NATIONALES DE
L’ARCHIPEL DES LUCIOLES
L’ÉDUCATION AUX IMAGES, EN PRATIQUE ET POLITIQUE
©Christina Perez Tarkowska, L'Archipel des lucioles
Les nouvelles mesures
annoncées pour l’éducation
au cinéma et aux images ont
été au centre des rencontres
organisées par l'Archipel des
lucioles, du 25 au 27 novembre
à Metz, où les coordinations
territoriales de Maternelle,
École, Collège au cinéma et
Passeurs d’images ont à la
fois questionné les contenus
des dispositifs et leur avenir,
débattant avec un président du
CNC très attentif.
« Ce n’est pas une coïncidence si les annonces ministérielles
interviennent le jour même de l'ouverture de nos rencontres »,
soulignait le 25 novembre Stéphanie Dalfeur, présidente
de l’association nationale qui coordonne les dispositifs.
Et si, pour cause, elle n’était pas à Créteil pour rencontrer
les ministres de l'Éducation et de la Culture, elle s’est
félicitée à Metz de l’importance de ce « binôme reconstitué »,
et de la venue, pour la première fois, d’un président du
CNC aux rencontres de l’Archipel des lucioles. « C’est
un grand honneur de recevoir Gaëtan Bruel, qui va s’adresser
à 250 coordinations territoriales et répondre à leurs questions.
Cela marque une vraie reconnaissance de leur travail. »
Sur les mesures annoncées [voir page 7], « la première
bonne nouvelle, c’est que le rapport Geffray n’a pas été
enterré ». Stéphanie Dalfeur rappelle en effet que « nous
avons tous été écoutés et entendus lors de la mission de
M. Geffray. On aurait pu craindre qu’en étant nommé
ministre dans la foulée, il ait d’autres priorités sur l'éducation
en général : or, au bout de trois semaines, les
annonces sont là. On se réjouit d’un calendrier rapide,
qui prend en compte les réussites et les manques, y compris
financiers, des dispositifs ». Et d’un discours, comme le
répète le président du CNC au fil de sa tournée des
régions, qui raccroche le problème sociétal des petits
écrans à une réponse… qui existe depuis 30 ans. Les
deux ministres ont fait entendre « une parole politique
très forte », a approuvé de son côté Olivier Meneux,
coordinateur général de la Fédération de l'Action
Culturelle Cinématographique (FACC), saluant une
« dynamique que l’on attend depuis 20 ans. Quand des
politiques parlent aujourd’hui “d’urgence démocratique”
et de “l’éducation comme l’exact antidote au chaos de
l’image”, c’est fondamental ».
L’invitation du CNC à contribuer
Certes, « nous attendons maintenant les conditions de
mise en œuvre de ces mesures », résume la présidente de
l’Archipel au sujet de toutes les questions que pose ce
plan ambitieux et des moyens qu’il suppose. Mais deux
jours à peine après les annonces, le président du CNC
estime « qu'il faut plutôt se réjouir que tout ne soit pas
complètement clair ». L'important, « c’est ce que nous
allons faire ensemble à partir de maintenant : donc j’ouvre
une boîte mail où chacun peut contribuer, je lis tout et
vous fais des propositions. » Ainsi, tous les coordinateurs
et acteurs de l’éducation aux images, temps scolaire et
hors temps scolaire, sont invités à partager leurs réactions
et « leurs recommandations concrètes », signalant les
bonnes initiatives comme les difficultés, à l’adresse
planeci@cnc.fr. « En deux pages maximum et avant le
18 décembre », précise le président du CNC, qui propose
de se retrouver en visio début février, pour partager sa
synthèse et les nouvelles orientations.
8 N°505 / 3 décembre 2025
« Il fallait cette parole politique pour que
tout le reste suive »
En attendant, Gaëtan Bruel a commenté les mesures et
apporté certaines réponses. En réaffirmant d’abord
qu’aujourd’hui, « la diffusion est le premier enjeu du CNC
et l’éducation, sa plus grande priorité ». Ce travail essentiel
a été délaissé au profit de la production des œuvres et,
dans le contexte de baisse de la fréquentation, le président
du CNC veut s’occuper du public, ce qui bénéficiera à
l’ensemble de la filière. « L’année prochaine, le CNC aura
quelques millions d’euros en plus, et 100 % de cette somme
ira à l'éducation aux images et aux territoires. » Comme
annoncé au Congrès de Deauville, le CNC viendra en
renfort du ministère de la Culture, en neutralisant les
baisses de budget des DRAC sur les dispositifs. « Nous
donnerons aux DRAC les moyens qu’elles avaient en 2024,
et verrons si l’on peut faire mieux », a précisé Gaëtan Bruel.
Dans le cadre des conventions État/Région, « on pousse
à fond le dispositif des médiateurs, en allant jusqu’à 3 € pour
1 € pour les Régions qui s’engagent le plus » et en remotivant
les départements, voire les intercommunalités. « Car il
s’agit d’abord de donner envie, malgré la lassitude. »
©Christina Perez Tarkowska, L'Archipel des lucioles
« Un tournant historique »… mais un
besoin accru de formation
À ce titre, le premier axe des annonces – ancrer l’éducation
à l’image dans les programmes scolaires en général – est
« un tournant historique » pour le président du CNC.
Avoir un référentiel commun pour toutes les disciplines
et tous les niveaux va « créer une incitation puissante pour
chaque enseignant, et permettre de partager une vision entre
professionnels du cinéma, chefs d'établissement et enseignants ».
Sur leur formation, initiale et continue, « les ministres
n’ont pas tout dit et y travaillent ». Le diplôme universitaire
pourrait concerner aussi des professionnels de la filière
cinéma ; quant aux formations plus courtes, notamment
dans le cadre des dispositifs, elles continueront à se faire
en présentiel dans les salles, même si elles sont complétées
par un module national en ligne. Car si elles ont été
fragilisées par la réforme du Remplacement de courte
durée (RCD), on sait que ces formations n’étaient pas
toujours suivies par les enseignants, « même dans le monde
d’avant », et qu'il faut permettre à tous d’y accéder.
Quant aux ressources pédagogiques, « il s’agit de les unifier,
en préservant les initiatives locales des coordinations », assure
le président du CNC, le projet étant d’avoir un portail
national unique « clair et accessible pour tous ceux qui
interviennent auprès des élèves ». Il précise, par ailleurs,
que la carte “Enseignant ami du cinéma”, qui va figurer
dans le kit de communication, donnera des avantages
nationaux aux professeurs engagés dans les dispositifs
– dont un abonnement à la plateforme Tënk négocié par
le CNC – et localement, laissés au choix des salles qui
feront leurs propositions.
Doubler le nombre d’élèves, mais pas au
détriment de la qualité
L’objectif de doubler le nombre d’élèves en deux ans
« peut paraître performatif selon Gaëtan Bruel, mais c’est
en ayant cet élan d’ambition que l’on dépassera les 15 %
d’élèves touchés actuellement ». Et il s’agit d’abord d’enrayer
Le président du CNC, le 27 novmebre à Metz, très attentif aux questions des acteurs de l'éducation aux images
L’IMPORTANT, C’EST CE QUE NOUS ALLONS
FAIRE ENSEMBLE À PARTIR DE MAINTENANT
Gaëtan Bruel
la baisse et d’engager des moyens. Si le problème des
transports n'est pas évoqué dans les mesures, l’action
renforcée des itinérants en milieu rural, qui pourraient
assurer des séances au sein des établissements scolaires,
est une partie de réponse. Interpellé sur le risque de la
massification sur la qualité des dispositifs – dont le
programme de 3 films auquel sont attachées les coordinations
–, le président du CNC se dit convaincu de la
volonté d’Édouard Geffray de maintenir leur niveau
d'exigence. Il ne s’agit pas de « faire du chiffre, on va y
aller par palier, en rappelant tout ce qui s’invente de formidable
au niveau local, en jouant l’émulation entre les territoires.
On ne fera pas passer la quantité avant la qualité ».
Une qualité qui doit beaucoup au rôle et au travail
historique des cinémas art et essai, a souligné le président
de l’AFCAE Guillaume Bachy, qui s‘interroge sur l’arrivée
de certains circuits revendiquant aujourd’hui de faire de
l'éducation. Pour Gaëtan Bruel, « l'éducation à l’image ne
doit pas être un effet de mode. Le cinéma ne doit pas être
utilisé seulement comme une ressource pédagogique pour
aborder des sujets de société, mais doit être étudié comme
un art et une fin en soi ». Pour autant, les salles historiques
n’ont pas le monopole des dispositifs et « les nouveaux
entrants sont bienvenus. Mais ils doivent respecter le cahier
des charges. »
Regards croisés
avec l’international
Les participants aux Rencontres venaient de loin cette
année : d’Outre-mer, avec pour la première fois une coordination
de Saint-Martin qui commence à expérimenter
les dispositifs… en plein air, car il n’y existe aucune salle
de cinéma. Peu de salles aussi en Colombie, où a pourtant
été lancé le programme “Otros Ojos”, avec un soutien du
Fonds Équipe France, mais aussi des ministères locaux de
la Culture et de l'Éducation. Un système hybride, appuyé
par un contingent de médiateurs, avec des séances dans
les salles des circuits commerciaux et d’autres lieux, pour
les élèves des écoles publiques qui n’auraient jamais les
moyens d’aller au cinéma sans ces séances, gratuites pour
eux. Le programme a été étendu en Bolivie, Équateur,
Pérou et Venezuela, en s’adaptant aux problèmes de
sécurité selon les régions… et là, sans aucun soutien des
institutions. Depuis février 2025, “Otros Ojos” a touché
plus de 25 000 jeunes.
Plus près, en Moselle qui partage trois frontières,
avec le Luxembourg, la Belgique et l'Allemagne, est né
le concours Créa Jeunes, pour montrer les films conçus
lors d’ateliers. Tout se passe en français et en allemand, et
vise à créer du commun entre les jeunes des différents
pays du Nord de l’Europe.
N°505 / 3 décembre 2025
9
Éducation à l’image
Enjeux de santé
mentale…
Une matinée a été consacrée à la santé mentale, avec
une conférence du docteur en sociologie Julien Aimé, qui
a défini ce qui pouvait relever d’un état psychique individuel,
mais aussi, de façon plus positive, d’une ressource
collective. Les films, « qui aident à découvrir la vie », selon
le psychiatre Jean-Christophe Vignoles, peuvent ainsi
être utilisés dans la thérapeutique avec les jeunes.
Pour celui qui travaille auprès de sans-abris et co-organise
les Journées Cinéma et Psychiatrie de Lyon,
le cinéma permet notamment de s'identifier à des
affects : « On ne s’identifie pas au Joker, mais on partage
sa souffrance. » Cela vaut aussi pour la réalisation en
atelier, comme en a témoigné le film Un petit régime,
que Nathalie Joyeux a réalisé avec des adolescentes
anorexiques. Et pour une cinéaste comme Claire Burger
(C’est ça l’amour, Langue étrangère…), puiser dans son
histoire familiale traversée de troubles mentaux
« est un riche terreau créatif ».
©Christina Perez Tarkowska, L'Archipel des lucioles
Les participants ont bravé le froid lorrain pour une projection de courts métrages... en plein air !
… et d’approche
environnementale
Autre thème de ces Rencontres, décliné en trois temps
d’échanges, l’écologie à travers les images. Et d’abord
celles des réseaux sociaux, qui peuvent générer de
l’anxiété, mais aussi la capacité à se « mettre en colère »,
selon le socio-anthropologue de l’adolescence Jocelyn
Lachance. Le critique Raphaël Nieuwjaer a montré, de
son côté, que les questions environnementales sont
souvent traitées dans les films de façon catastrophiste,
mais plus largement comment la nature et le vivant
irriguent l’histoire du cinéma. La table ronde organisée
par la SRF a confirmé que le rapport à l’écologie dépasse
la “crise”, comme dans le travail de Marine Brun-Franzetti
avec les peuples autochtones en Guyane, de Thomas
Salvador dans La Montagne… et plus généralement
dans les pratiques de médiation. À noter que cette
rencontre a été enregistrée pour devenir le nouvel
épisode du podcast “L’écologie et la pratique du cinéma”
réalisé par le groupe Écologie de la SRF, en collaboration
avec Ecoprod.
Côté son, on n’oubliera pas non plus la puissante
Traversée sonore proposée par l’audio-naturaliste
Boris Jollivet, qui a travaillé sur La Panthère des neiges
ou La Vallée des loups, et fait entendre à Metz des chants
d'araignée ou des pleurs de bébé castor inoubliables.
Au Klub de Metz, l’audio-naturaliste Boris Jollivet a
embarqué les spectateurs dans une puissante
Traversée sonore.
Le président du CNC insiste en effet sur « l'unicité du
dispositif national Ma classe au cinéma », même si le
quatrième axe des mesures met en avant la pratique du
cinéma, en déployant “Enfant des Lumières(s)” ou “Écris
ta série”, Gaëtan Bruel citant de son côté “Toute la lumière
sur les Segpa” « comme le plus bel exemple de ce qui peut
naître dans les salles ». Quant à Passeurs d’images, sur le
hors temps scolaire, « le CNC est très attaché à ce dispositif
qui souffre plus que d’autres et que les annonces ne mettent
pas assez en avant. Nous espérons qu’en reconsolidant le
budget des DRAC, le dispositif sera relancé ».
Un financement encore flou
Plus généralement, Gaëtan Bruel a été interrogé sur la
répartition des 8 millions d’euros annoncés par Rachida
Dati. « Plutôt que de chiffrer chaque mesure, nous avons
décidé d’inscrire une ligne et de faire les choix intelligents,
en fonction de vos besoins », a assuré le président du CNC.
Citant le projet des conservatoires, qui sont gérés par les
collectivités, « nous proposons à ceux qui existent d’ouvrir
une section cinéma : il ne s’agit pas de siphonner les moyens
dédiés à l’éducation à l’image ».
Quant à la part collective du pass Culture… c’est la
grande inconnue d’un plan qui vise pourtant à passer à
4 millions nombre d’élèves participant aux dispositifs.
Selon Gaëtan Bruel, « on attend des éléments dans les
semaines qui viennent ». Éric Rostand, conseiller cinéma
à la Direction générale de l'enseignement scolaire
(DGESCO), n’en a pas dit plus : « Sous réserve du vote du
budget de l’État, elle devrait être reconduite selon les modalités
de 2025. » Des groupes de travail feront des propositions
sur son évolution, mais elle ne sera pas étendue au premier
degré – comme certains l’espéraient –, sauf pour “Marseille
en Grand”, où c’est déjà le cas.
La salle au coeur des dispositifs
Avant d’en débattre avec Gaëtan Bruel, certains participants
aux Rencontres se sont ré-interrogés sur le rôle de
la salle dans les dispositifs. « En salle, les élèves font l’expérience
collective du grand écran », comme l’a réaffirmé
Édouard Geffray. Mais les professionnels mettent aussi
en avant un lieu d’accueil bienveillant pour chaque élève,
et un espace de dialogue, y compris avec les enseignants.
Ces derniers ignorent souvent tout du métier
Au Klub, « il se passe toujours quelque chose »
Les Rencontres étaient accueillies cette année au Klub de Metz,
notamment dans la plus grande des ses 7 salles, mais aussi son
vaste hall, doté d’un bar central. Rouvert en 2018 par Kinepolis sous
sa nouvelle identité, l’ancien Palace – dont les murs appartiennent
à la mairie – est, depuis, le seul cinéma art et essai de la ville lorraine.
Son directeur, Dimitri Fayette, est depuis 2024 administrateur de
l’Afcae, dont il a fêté les 70 ans tout au long de l’année.
Le Klub accueille tous les dispositifs scolaires – de Maternelle à
Lycéens au cinéma – qui représentent 20 000 entrées sur une année.
« Une fréquentation stable, malgré la légère baisse des effectifs sur
Collège l’an dernier, à cause des difficultés de transport », résume
l’exploitant, très actif dans le comité de pilotage local et le choix
des films, même si c’est la Ligue de l'enseignement FOL 57 qui
coordonne les dispositifs en Moselle.
En parallèle, l'équipe du Klub mène un travail important auprès
des enseignants, en étant force de proposition sur des films d'actualité
ou des thématiques, à travers une newsletter envoyée à tous
les établissements. En novembre, toutes les séances scolaires
confondues ont rassemblé 4 000 élèves. L’histoire et la géographie
de Metz favorisant les échanges frontaliers avec l'Allemagne –
notamment à travers deux écoles bi-culturelles –, c’est un axe que
le Klub développe dans son travail d’éducation au cinéma, en
participant depuis deux ans au Festival germanophone Augenblick,
porté par le RECIT – le Pôle régional d’éducation aux images dirigé
par Stéphanie Dalfeur.
Plus largement dans son travail auprès des jeunes, le Klub accueille
des ciné-clubs étudiants. « C’est parti d’une demande de leur part et
que nous essayons de formaliser avec des professeurs de l’Université,
notamment ceux du Master “Métiers de la transmission du cinéma
et de l'audiovisuel”, relate Dimitri Fayette. L’idée est d’aller plus loin
que la simple animation de séances, et mon rôle est d’accompagner
les étudiants, en les mettant en relation avec les distributeurs et en
leur proposant des films d’actualité ou inédits. »
Un ciné-club étudiant sur le Québec, un ciné club “féministe et
intersectionnel” l’an dernier… des initiatives qui, selon l’exploitant,
font clairement venir de nouveaux publics. Autre temps fort de
l’année, le Festival du film d'animation de Metz (FIFAM), organisé
par la Ligue de l'enseignement en février, avec notamment
beaucoup d’ateliers animés par des studios du Luxembourg, et
qui attire beaucoup d’ados. Pour la médiation jeune public, l'équipe
du Klub est soutenue par deux volontaires en service civique,
deux jours par semaine de novembre à mai. Un renfort utile
10 N°505 / 3 décembre 2025
©Christina Perez Tarkowska, L'Archipel des lucioles
Au Klub de Metz, l’audio-naturaliste Boris Jollivet a embarqué les spectateurs dans une puissante Traversée sonore.
©Klub Metz
“En amenant les élèves au cinéma, on crée des cinéphiles
mais surtout des humains” : Nathan Ambrosioni a présenté
à Metz l’avant-première de son film Les Enfants vont bien
(Studiocanal), à l’occasion des 70 ans de l’AFCAE.
d’exploitant… et inversement. On sait aussi que cet
accueil et l’accompagnement des élèves demande du
temps et des ressources, que certaines salles n’ont pas.
Avec parfois du personnel dédié, parfois des bénévoles
engagés… parfois personne. Et si les dispositifs se déploient
en majorité dans des salles art et essai, ce n’est pas toujours
la garantie d’un bon accueil : un directeur de multiplexe
motivé peut assurer une meilleure présentation qu’un
projectionniste que les élèves connaissent par son prénom,
mais qui ne se sent pas légitime.
Car s’il n’est pas nécessaire d’avoir fait pour cela des études
de cinéma, le film n’est pas toujours présenté, ni par le
personnel des cinémas… ni par les enseignants, qui parfois
arrivent sans savoir le titre du film qui va être projeté à
leurs élèves. Cet accompagnement est pourtant au cœur
du cahier des charges des dispositifs, rédigé il y a 30 ans
par les salles qui les ont lancés, avant de devenir plus
institutionnel et unifié. Là encore, la formation demeure
essentielle. Les formations “transversales” pourront-elles
renforcer le partenariat enseignants/exploitants ? Les
formations plus courtes seront-elles ouvertes aux bénévoles
des salles associatives et circuits itinérants ? Et plus largement,
l’éducation doit-elle faire partie des métiers de
sachant que « la Région Grand Est a créé des postes de médiateurs,
mais qui sont pour l’heure affiliés à des associations territoriales
plus qu’à des salles de cinéma ».
De façon plus générale, « c’est tout ce travail d’animation qui fait
que les salles art et essai résistent mieux », rappelle l’exploitant,
l’exploitation, notamment depuis la disparition du CAP
de projectionniste ?
La qualité de projection, d’ailleurs, figure aussi dans
le cahier des charges des dispositifs. Aussi dans les
territoires sans salle de cinéma, les itinérants pourront
opérer des séances dans les établissements scolaires.
« Une très bonne idée, selon la présidente de l’Archipel
des Lucioles, qui mettrait en valeur le travail de ces
circuits ; il vaut mieux s’appuyer sur des professionnels que
d'utiliser un vidéoprojecteur dans une école. »
C’est l’une des mesures qui prend en compte l'hétérogénéité
des problématiques… et l'adaptabilité des dispositifs
à l’échelle locale. Car s’il est essentiel de préserver la
dimension nationale de Ma classe au cinéma, c’est aussi
cette multiplicité, reconnue par Édouard Geffray, qui
fait sa richesse. Ces Rencontres en ont à nouveau témoigné,
avec cette année un nombre record de participants, pour
des débats exigeants autour des films, des thématiques
sociétales et des pratiques au quotidien. Pour l’édition
2026, rendez-vous à Sarlat !
Cécile Vargoz
dont l'établissement a enregistré 125 000 entrées l’an dernier,
dans une ville de 120 000 habitants. « Les spectateurs savent que
chez nous, il se passe toujours quelque chose. Y compris cette semaine
quand ils entrent dans le hall bondé et se mêlent aux 300 participants
des Rencontres. »
©Cécile Vargoz
Nouveaux films des
dispositifs scolaires
Après les projections du programme de 17 films d’Alice
Guy, pensé pour Collège au cinéma, et de Takara, la nuit
où j’ai nagé, entré au catalogue École et cinéma, les films
retenus pour les catalogues 2026-2027 ont été présentés
à Metz par des membres des comités de sélection.
Maternelle au cinéma
Vive le vent d’hiver, programme de 5 courts métrages
d’animation, 2022 (Films du Préau)
Des trésors plein ma poche, programme de 6 courts
métrages, 2017 (Gebeka)
La Petite Fabrique des nuages,programme de 5 courts
métrages, 2019 (KMBO)
La Colline aux cailloux, programme de 3 courts
métrages,2023 (Cinéma Public Films)
École et cinéma
Dounia et la princesse d’Alep de Marya Zarif et André
Kadi, 2023 (Haut et Court)
Reine d’un été de Joya Thome, 2018 (Films du Préau)
Takara, la nuit où j’ai nagé de Damien Manivel et Kohei
Igarashi, 2018 (Shellac)
Le Grand Méchant Renard et autres contes de
Benjamin Renner et Patrick Imbert, 2017 (StudioCanal)
L’École du bout du monde de Pawo Choyning Dorji,
2019 (ARP Sélection)
Collège au cinéma
Vampire humaniste cherche suicidaire consentant de
Ariane Luis-Seize, Canada, 2024 (Wayna Pitch)
La Ferme des Bertrand de Gilles Perret, France,
2024 (Jour2Fête)
Charade de Stanley Donen, 1963/2021 (La
Filmothèque Distribution)
Tehachapi de JR, France, 2024 (mk2.Alt)
Coeurs perdus, programme 3 courts métrages, 2024
(Studio des Ursulines)
Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau de Gints
Zilbalodis, 2024 (UFO)
La Forteresse de Avinash Arun, 2015 (Films du Préau)
Wallay de Berni Goldblat, 2017 (Rezo)
Le Voyage du Prince de Jean-François Laguionie et
Xavier Picard, 2019 (Gebeka)
Alice Guy, pionnière du cinéma, programme de 17
courts métrages, 1900-1907 (Gaumont)
N°505 / 3 décembre 2025
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MISSION LA FAUTE À VOLTAIRE 02h13 A.Kechiche S.Bouajila, A.Atika, É.Bouchez
STUDIOCANAL LES ENFANTS VONT BIEN 01h51 N.Ambrosioni C.Cottin, J.Armanet, M.Chokri
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HAUT ET COURT LE CHANT DES FORÊTS 01h36 V.Munier V.Munier
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SONY PICTURES RELEASING FRANCE ANACONDA T.Gormican P.Rudd, J.Black, D.Melchior
OUTPLAY FILMS EN GARDE 01h46 N.Low T.Yu-Ning, H.Liu, N.Ding
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PAN DISTRIBUTION LE PAYS D’ARTO 01h44 T.Stepanyan C.Cottin, Z.Ebrahimi, S.Hovhannisyan
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S02
7 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DEAN MEDIAS ANIMUS FEMINA 01h42 E.de Latour
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ELLA MCCAY J.Brooks E.Mackey, J.Curtis, W.Harrelson
LES FILMS DU LOSANGE / SCALA FILMS FATHER MOTHER SISTER BROTHER 01h51 J.Jarmusch T.Waits, A.Driver, M.Bialik
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION IN THE SOUP 01h36 A.Rockwell S.Buscemi, S.Cassel, J.Beals
DIAPHANA DISTRIBUTION LES ÉCHOS DU PASSÉ 02h29 M.Schilinski H.Heckt, L.Urzendowsky, L.Geiseler
MEDIA ART LE SECRET DE L'ANGELUS, LA FASCINATION DE DALI 01h30 J.Charansonnet J.Charansonnet, M.Alcoverro, E.Alejandre
KMBO LES LUMIÈRES DE NEW YORK 01h43 L.Choi F.Chen, P.Yung, L.Nakli
PATHÉ LIVE LES PURITAINS (METROPOLITAN OPERA) 03h47 C.Edwards (IV) L.Oropesa, L.Brownlee, A.Rucinski
SPACE ODYSSEY LE STUDIO PHOTO DE NANKIN 02h17 A.Shen L.Haoran, X.Wang, Y.Gao
LES ACACIAS LE SUD 01h33 V.Erice O.Antonutti, S.Aranguren, I.Bollaín
STUDIOCANAL MA FRÈRE L.Akoka et R.Gueret F.Kebe, S.Nataf, A.Bent
POTEMKINE FILMS NAKED 02h06 M.Leigh D.Thewlis, L.Sharp, C.Skinner
SHELLAC PILE OU FACE 01h56 A.Rigo de Righi et M.Zoppis N.Tereszkiewicz, A.Borghi, J.Reilly
BAROUDEUSE PRODUCTIONS PREMIÈRES LUNES 01h02 M.Melot
SOUTHFILMS RED BIRD 01h28 A.Laugier et T.Habibes T.Habibes, H.Adili, J.Paris
LOOK AT SCIENCES RIEN N'EST OUBLIÉ 01h25 A.Ceriana Mayneri et E.Laconi
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR SOULM8TE K.Dolan L.Sullivan, D.Rysdahl, C.Doumit
JOUR2FÊTE TOUT VA BIEN T.Ellis
S03
14 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
SONY PICTURES RELEASING FRANCE 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS N.DaCosta R.Fiennes, A.Williams, J.O'Connell
DAMNED DISTRIBUTION ABEL 02h00 E.Eskendir E.Toleutai, N.Beksultanova, K.Deputat
AD VITAM ELEONORA DUSE 02h02 P.Marcello V.Bruni Tedeschi, N.Merlant, F.Wrochna
LES ALCHIMISTES FORÊT ROUGE 01h44 L.Lassalle
MEMENTO FURCY, NÉ LIBRE 01h48 A.Al Malik M.Samba, R.Duris, A.Girardot
METROPOLITAN FILMEXPORT GREENLAND MIGRATION R.Waugh G.Butler, M.Baccarin, W.Abadie
ART HOUSE JUSQU’À L’AUBE 01h59 S.Miyake H.Matsumura, M.Kamishiraishi, Ryô
LE PACTE L’AFFAIRE BOJARSKI J.Salomé R.Kateb, S.Giraudeau, B.Bouillon
SHELLAC LAGUNA 01h42 S.Bartas S.Bartas, I.Bartaité, U.Bartaite
CGR EVENTS LA TRAVIATA (THE ROYAL OPERA) 04h00 R.Eyre E.Jaho, G.Sala, A.Manacorda
DORIANE FILMS LE RENDEZ-VOUS DES QUAIS 01h33 P.Carpita F.Munoz, R.Manunta, A.Maufray
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LES COURAGEUX 01h20 J.Gordon O.Kolb, J.Kalisz Saurer, P.Besnier
HAUT ET COURT PALESTINE 36 01h59 A.Jacir J.Irons, H.Abbass, K.Basha
MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION SANS PITIÉ 01h35 J.Hosmalin A.Bessa, T.Jallab, J.Turnbull
S04
21 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
L'ATELIER DISTRIBUTION AMOUR APOCALYPSE 01h40 A.Émond P.Hivon, P.Perabo, C.Jessup
PYRAMIDE DISTRIBUTION CHRISTY AND HIS BROTHER 01h34 B.Canty D.Power, D.Noyes, E.Willis
DESTINY FILMS DIAMANTI 02h15 F.Özpetek J.Trinca, L.Ranieri, S.Accorsi
LES FILMS DU WHIPPET EN ROUTE ! 00h40 A.Mironov et Y.Matrosova
UFO DISTRIBUTION GRAND CIEL A.Hata D.Bonnard, S.Guesmi, M.Soualem
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR HAMNET 02h05 C.Zhao P.Mescal, J.Buckley, E.Watson
SHELLAC IMPERIAL PRINCESS 00h48 V.Vernier I.Perminova
MISSION LA VOIE NORMALE 01h14 E.Sehiri
GAUMONT DISTRIBUTION LE MAGE DU KREMLIN 02h36 O.Assayas P.Dano, J.Law, A.Vikander
SURVIVANCE LE RETOUR DU PROJECTIONNISTE 01h20 O.Aghazadeh
CGR EVENTS LUDOVIC 01h40 R.Letzgus
KMBO OLIVIA 01h11 I.Iborra E.Suárez, J.Évole
PARAMOUNT PICTURES FRANCE PRIMATE 01h29 J.Roberts T.Kotsur, J.Sequoyah, J.Alexander
MY SECRET ANGEL COMPANY SOUFFRANCE ET DÉLIVRANCE 01h29 J.CIRANNA
PARADIS FILMS TAFITI 01h20 N.Wels C.Henman, B.Dietrich, T.Schmuckert
WAYNA PITCH UNE PAGE APRÈS L'AUTRE 01h35 N.Cheuk L.Yip, R.Cheng, H.Chan
21FILMS VIES ET MORTS DE MAX LINDER 01h39 E.Porembny R.Bichet, M.Adamczuk, P.Anid
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°505 / 3 décembre 2025
15
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
Alors que sort le 17 décembre L’Âme idéale d’Alice Vial, chez
Gaumont, retour en chiffres sur les performances en salles de trois
dernières romances francophones, où s’entremêlent les tribulations
amoureuses de trentenaires… comme de septuagénaires.
L'AMOUR
C'EST SURCOTÉ
SIMPLE
COMME SYLVAIN
LES JEUNES
AMANTS
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
23/04/2025 08/11/2023 02/02/2022
STUDIOCANAL MEMENTO DIAPHANA
471 124 277 961 401 705
19 680 7 413 18 252
113 001 54 619 113 099
7 154 1 794 4 725
16 30 24
3,18 3,06 4,77
24 37 22
3,6 3,8 3,9
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 2 SEMAINES
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 26/11/2025 ZOOTOPIE 2 DISNEY 645 1 590 916 17 748 90
2 26/11/2025 VIE PRIVÉE AD VITAM 406 195 705 5 941 33
3 19/11/2025 DOSSIER 137 HAUT ET COURT 441 176 952 6 435 27
4 19/11/2025 POMPEI, SOTTO LE NUVOLE MÉTÉORE 48 7 966 297 27
5 19/11/2025 RÉTROSPECTIVE FRANCIS FORD COPPOLA PATHÉ 49 4 677 198 24
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2025
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28 339 316 90
2 26/11/2025 ZOOTOPIE 2 DISNEY 645 1 590 916 17 748 90
3 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188 419 14 649 81
4 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673 103 8 614 78
5 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909 379 11 746 77
6 17/09/2025 DEMON SLAYER : KIMETSU NO YAIBA LA FORTERESSE INFINIE FILM 1 SONY 690 789 834 11 579 68
7 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67
8 05/11/2025 SEMER ET RÉCOLTER LES FILMS D'AVALON 5 1 512 26 58
9 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54
10 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606 069 12 289 49
Comme attendu, Zootopie 2 (Disney) trône en tête des meilleurs
démarrages sur ces deux dernières semaines, avec une moyenne de 90
entrées par séance (e/s) sur son premier week-end, la meilleure de l’année
à égalité avec Sacré Cœur. Une performance réalisée sur 17 700 séances,
la plus grande combinaison de l’année et la quatrième meilleure depuis
2021. La suite du classement met en valeur deux titres français passés
par Cannes : Vie privée de Rebecca Zlotowski (Ad Vitam), avec XX e/s,
et Dossier 137 de Dominik Moll (Haut et Court), avec 27 e/s. Le reste
du classement est composé de deux sorties plus restreintes : le documentaire
Pompei, Sotto le Nuvole de Gianfranco Rosi (Météore) qui
enregistre 27 e/s, et la rétrospective en sept films sur Francis Ford
Coppola (Pathé) avec 24 e/s.
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Production
L’Émission avec
JÉRÔME ENRICO, PRÉSIDENT DE L’ARP
Après les Rencontres
cinématographiques de L’ARP,
son président revient sur les enjeux
qui ont animé les débats.
©Boxoffice Pro
« La diversité du cinéma, en France et en Europe, est un
garant de démocratie », réaffirme Jérôme Enrico en écho
aux débats du Touquet mi-novembre, « et il faut se bagarrer
pour défendre notre système, qui préserve cette diversité ».
Le réalisateur de L’Origine du monde et de Paulette, par
ailleurs directeur de l’ESEC, a pris la présidence de L’ARP
en juin dernier avec l’ambition d'ouvrir plus encore le
débat, « en rajeunissant les troupes et en nous rapprochant
de nos camarades de la SRF, du SPI ou de l’UPC ». Et en
restant mobilisé à Bruxelles, « avec les organisations professionnelles
et les députés qui portent notre voix ». Car il s’agit
de « faire accepter nos règles », en résistant « aux attaques
de l'administration Trump », mais aussi « à la position
extrêmement timorée de la Commission européenne, prête
à mettre dans la balance le cinéma contre quelques voitures ».
Une position qui s’explique par le lobbying des plateformes
américaines, mais aussi par « une grande méconnaissance
de notre système de la part d’autres pays européens, qui
n’appliquent pas le cinquième de notre régulation », estime
Jérôme Enrico. Et si le nouveau programme AgoraEU a
augmenté le budget pour l’audiovisuel, « il ne le flèche
plus du tout vers l’indépendance et la diversité. Nous devons
défendre notre système français au niveau de l’Europe, pour
qu’il rayonne dans le reste du monde ». Et à ce titre, « le fait
que Un simple accident de Jafar Panahi représente la France
aux Oscars raconte ce que nous sommes ».
De nouveaux venus dans l’écosystème
du cinéma…
Mais le combat doit se mener dans un écosystème
bouleversé par les nouveaux entrants, et une chronologie
des médias en constante évolution. Aussi, quand Maxime
Saada dit que Canal+ investira davantage dans le cinéma
« si les conditions le permettent », Jérôme Enrico y voit
principalement des conditions de « stabilité » : « La situation
de l'audiovisuel public, la délinéarisation des télévisions,
la fragilité de la fréquentation des salles empêchent d’avoir
une vision de long terme. Je pense que Maxime Saada aspire
à une plus grande stabilité, même s’il souligne aussi l’équité
face à la fenêtre de Disney dans la chronologie des médias. »
Mais pour Jérôme Enrico, on ne peut qu’être « contents
de l’arrivée de nouveaux acteurs, à partir du moment où ils
se plient à nos règles ».
D’après les chiffres de 2024 publiés par l’Arcom, les
investissements des SMAD dans la création française et
européenne ont augmenté, et le président de L’ARP s’en
félicite. Il souligne toutefois que « la place de l’audiovisuel
dans leurs dépenses est de plus en plus importante par rapport
à celle du cinéma. Il faut réduire ce déséquilibre, sachant
que la valeur d’un film se crée lors de son passage en salle ».
Et ça, les plateformes l’ont bien compris, comme Amazon/
MGM qui se lance dans la distribution en France. « Nous
sommes très contents qu’ils s'intéressent à la salle, mais un
peu inquiets de cette concentration verticale et de ce que cela
représente pour les distributeurs indépendants français. Mais
c’est un bon signe, sachant que seul Netflix n’est pas dans
cette démarche. »
NOUS DEVONS DÉFENDRE
NOTRE SYSTÈME AU
NIVEAU DE L’EUROPE
POUR QU’IL RAYONNE
DANS LE RESTE
DU MONDE
Autre exception pointée par Jérôme Enrico : « YouTube,
qui est devenu la nouvelle façon de consommer la télévision,
mais n’est pas encore entré dans l’écosystème du cinéma. Or,
à en juger la participation de Justine Ryst et ses équipes à
nos rencontres, même eux pensent qu’ils doivent entrer dans
notre chronologie ! Reste à organiser le mariage. »
… mais une difficulté croissante à financer
les films du milieu
Ces nouveaux mariages ne règlent pas les difficultés,
pour les indépendants, à produire les films dits “du
milieu”, que Jérôme Enrico définit comme ayant un
budget entre 5 et 7 M €. « Des films qui représentent la
rencontre entre cinéma d’auteur et cinéma populaire, de
ceux qui réservent des surprises, comme Un p’tit truc en
plus. Or ils sont pénalisés, car moins soutenus que les films
à moins de 4 millions : c’est un vrai sujet, et la baisse des
entrées cette année n’est pas sans lien avec la fragilité de
ces films et des sociétés qui les produisent. » Comme le
montre l’étude de l’UPC dévoilée au Touquet, « ces films
autrefois tournés en 40 jours le sont aujourd’hui en 32 :
on a moins la possibilité de faire du spectacle ». Et quand
des sociétés fragilisées se regroupent dans des structures
comme Mediawan, L’ARP s’interroge sur leur indépendance
et leur liberté de choix. À cela s’ajoute la baisse
du budget de France Télévisions, « un appauvrissement
des sources de financement du cinéma ». Si l’audiovisuel
public, l’acteur le plus important après Canal+, était
privatisé demain, « il entrerait dans une logique de rentabilité
qui nous éloignerait encore plus de la diversité de
notre production ».
Intelligence artificielle
Autre grand bouleversement, l’IA peut aussi être au
service de la production. « À L’ARP nous la voyons comme
une chance pour le cinéma européen, qui va pouvoir se
payer des choses jusqu’ici réservées aux productions américaines
», confirme Jérôme Enrico. Mais les technologies
évoluent plus vite que leur régulation, d’autant que
« tous les modèles d’IA ont été pensés sans jamais rémunérer
les auteurs qui leur fournissent les données d'entraînement ».
Aujourd’hui, le nombre d'œuvres créées par l’intelligence
artificielle a dépassé celui des créations humaines, et
« les géants de la tech savent que sans nouvelles œuvres
humaines pour nourrir leurs machines, elles s'appauvrissent.
Ils ont donc intérêt à aider la culture à exister et l’urgence
est de discuter avec eux ». Ce qui reste compliqué, Jérôme
Enrico écartant l’idée d’une licence globale au profit
« d’une taxe sur les données, qui pourrait être répartie en
fonction d’un prorata par un organisme comme la Sacem.
Ce que l'on veut, c’est que ces sociétés d’IA nourrissent les
auteurs – écrivains, musiciens et cinéastes ».
En tant que cinéaste, Jérôme Enrico utilisera-t-il l’IA
pour son nouveau film ? En tout cas, il espère tourner
au printemps prochain « une nouvelle comédie sociale
qui se passe en Bretagne, autour d’un groupe de pêcheurs
fauchés. Comme pour Paulette, le scénario est né lors
d’ateliers d’écriture avec mes étudiants. Je serais ravi que
ce projet voie le jour ».
Emission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
Cécile Vargoz
N°505 / 3 décembre 2025
17
Distribution
©Brice Christen
Olivier Assayas, aux côtés d’Aurélien Dauge (directeur des ventes chez Gaumont)
et devant les exploitants réunis au Pathé Labège
DANS LES COULISSES DE GAUMONT :
DES FILMS ET DES STRATÉGIES
Du 18 au 27 novembre derniers,
au fil de quatre dates et autant de
régions, l’équipe distribution de la
société à la marguerite a présenté ses
rendez-vous à venir en salles, dans
un dialogue franc avec les exploitants
où les réussites comme les échecs
étaient évoqués sans détours.
Le 18 novembre, c’est dans l'une des salles récemment
rénovées du Pathé Labège, en banlieue toulousaine, que
Gaumont a entamé sa tournée de fin d’année, adossée
sur celle de L’Âme idéale (sortie le 17/12/25), en compagnie
de la réalisatrice Alice Vial et des comédiens Jonathan
Cohen et Magalie Lépine Blondeau. La comédie romantique,
« très French Touch dans sa manière de mélanger
les thèmes de l’amour et de la mort », faisait partie des
trois films présentés lors de la journée, avec autant
d’enjeux spécifiques.
À commencer par ceux de Le Mage du Kremlin (21/01/26),
dont les exploitants étaient parmi les premiers à découvrir
le nouveau montage après sa présentation à la Mostra de
Venise fin août dernier. Présent sur l’ensemble des dates
de la convention à l'exception de celle de Nancy, Olivier
Assayas est revenu sur son adaptation du roman éponyme
de Giuliano da Empoli en compagnie d'Emmanuel
Carrère. De quoi restituer trente ans d'histoire russe
contemporaine, et « offrir un grand spectacle qui parle de
notre Monde qui se transforme ». Pour cette production
100 % française et en langue anglaise, Gaumont prévoit
une sortie toute aussi ambitieuse, sur une large combinaison
de copies en VO et en VF.
Également accompagné de son réalisateur, Anthony
Marciano, Le Rêve américain (18/02/26) était introduit
par un message vidéo des comédiens Raphaël Quenard
et Jean-Pascal Zadi, par ailleurs « ultra-motivés pour la
tournée en préparation, et qui vont beaucoup communiquer
sur les réseaux sociaux respectifs », ont indiqué la directrice
de la distribution Ariane Toscan du Plantier et le directeur
des ventes Aurélien Dauge. Le film est inspiré de l’histoire
vraie de Jeremy Medjana et Bouna N'Diaye, deux outsiders
passionnés de basket qui sont devenus les agents français
qui comptent le plus en NBA – où ils représentent, entre
autres aujourd'hui, Victor Wembanyama. Eux aussi
accompagneront la sortie du film, côté presse sportive,
sachant que Gaumont compte cibler bien au-delà du
public – déjà acquis – de fans de basket pour cette
« petite pépite » sur la persévérance et l’amitié.
Panorama
Parmi ses autres films en préparation, a été évoqué le
nouveau Xavier Giannoli, sous le titre encore provisoire
Les Rayons et les Ombres, très récemment daté au 18
mars. Et il est « encore plus ambitieux que Illusions perdues,
le précédent film du cinéaste », promet Ariane Toscan du
Plantier à propos de ce récit historique dans la France
occupée, avec Jean Dujardin et l’Allemand August Diehl.
Le Puy des Oufs d’Éric Judor, sous titre provisoire aussi,
« renouvelle la recette de la comédie française et ne ressemble
à aucune autre », prévient Aurélien Dauge. Il réunit
l’acteur-réalisateur et Alexandra Lamy, que l’on retrouve
aussi dans le casting, fort éclectique, de Les Bonnes
Manières, aux côtés de Corinne Masiero, Yvan Attal….
ainsi qu’Anthony Bajon et Aliocha Schneider en jeune
couple homo cherchant à recourir à la PMA. À noter
qu’il s’agira de la première collaboration de Gaumont
avec Louis-Julien Petit, le réalisateur de Discount,
Les Invisibles et La Brigade.
18 N°505 / 3 décembre 2025
©Brice Christen
La réalisatrice Alice Vial et les comédiens Magalie Lépine
Blondeau et Jonathan Cohen ont fait la tournée des salles…
et des conventions Gaumont, avant la sortie de L’Âme idéale
ce 17 décembre.
Stéphane Brizé s’apprête à prolonger sa trilogie sur le
monde du travail (La Loi du marché, En guerre et Un
autre monde) avec Un bon petit soldat. La douce Alba
Rohrwacher, que le cinéaste a filmée dans son précédent
Hors-saison (déjà chez Gaumont), y campe la DRH d’une
grande entreprise de mutuelle, face à l’incontournable
Vincent Lindon.
On ne s’étonne pas de trouver le prochain Toledano-Nakache
sur la date automnale fétiche du duo de cinéastes,
à savoir le 14 octobre 2026. Juste une illusion réunit
Camille Cottin, Louis Garrel, Pierre Lottin « et beaucoup
de jeunes comédiens dans ce film sur l’adolescence dans les
années 1980, où Olivier Nakache et Eric Toledano connectent
avec la veine intime de Nos jours heureux », se réjouit
Ariane Toscan du Plantier.
Enfin, Gisèle, réalisé par Lauriane Escaffre et Yvo Muller,
qui retrace le fameux procès de Bobigny (1972) durant
lequel étaient jugées une ado et sa mère pour avortement
illégal et complicité. Un biopic avec Charlotte Gainsbourg
dans la peau de Gisèle Halimi, qui compile « vertu historique
et dimension pédagogique », décrit Aurélien Dauge.
Un bilan sans fard
Le distributeur mesure pleinement la confiance qu’inspire
leur sélection d’avant-premières présentées à Labège
près de Toulouse, à Nancy, à Lyon et à Vern-sur-Seiche.
Parmi les films projetés lors de sa précédente convention,
fin 2024, Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan de Ken Scott
et Un ours dans le Jura de Franck Dubosc sont devenus
ses plus gros succès de 2025, avec respectivement
1,5 M d’entrées environ.
Pour autant, parmi ses huit sorties de l’année (dont
L’Âme idéale à venir), l'équipe n’a pas éludé ses déceptions
: Les Orphelins, Dalloway (tous deux à moins de
200 000 entrées) et Le Grand Déplacement sorti le 25
juin (130 000 entrées). Pour donner la pleine mesure
des enjeux, Ariane Toscan du Plantier et Aurélien Dauge
ont présenté une analyse comparative des recettes-distributeur
(avant partage avec les ayants droit) de
Un ours dans le Jura et Le Grand Déplacement, les montants
de leurs frais d’éditions, le détail de leurs frais marketing
et techniques… et la marge de leur sortie salle, soit
autant de chiffres réservés au cadre confidentiel de la
convention. « Et malgré ce que certains pensent, nous ne
dépensons pas moins, mais différemment et de manière
plus réfléchie », estime Ariane Toscan du Plantier, qui
milite par ailleurs pour « plus de digital et plus de diffusion
de bandes-annonces dans les cinémas ».
Même démarche de pédagogie et de transparence du
côté du travail de l’équipe marketing dirigée par Maison
Walsh, et représentée à Labège par le chef de projet
Pierre Lassalle, qui a donné des exemples de positionnement
– « en tenant compte des forces comme des faiblesses
du film » –, de détermination des public cibles – prioritaires
et secondaires –, et de partenariats médias, entre
échange de visibilité et campagnes payantes. Sachant
que l’outil de communication numéro 1 reste, comme
toujours, la bande-annonce « sur laquelle nous investissons
beaucoup de temps, avec le souci de la faire la plus courte
possible afin que vous puissiez la présenter en avant-séance »,
précise Pierre Lassalle.
Entre détails de process et de budgets, au terme de cette
tournée de conventions qui a rassemblé plus de 300
participants, Gaumont aura partagé ses paris éditoriaux
comme les enjeux qui structurent sa relation aux salles.
Un exemple très concret de dialogue entre distributeurs
et exploitants.
Ayşegül Algan
©Marie-Camille Orlando / 2025 Les Films entre 2 &
4-Gaumont-TF1 Films Production
Le réalisateur Anthony Marciano pour compter sur le renfort
de Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi pour la sortie de Le Rêve américain.
N°505 / 3 décembre 2025
19
Distribution
LA FEMME DE MÉNAGE, LE CADEAU DE NOËL
DE METROPOLITAN
Le distributeur orchestre une campagne inédite
autour du thriller adapté du best-seller de Freida
McFadden, daté au 24 décembre.
Si c’était encore un secret… on rappellerait que La Femme
de ménage, c’est d’abord un roman phénomène, autour
d’un jeu de manipulation pervers entre une employée
de maison et le couple bourgeois qui vient de l’embaucher.
Avec son premier tome écoulé à plus de 2,5 millions
d’exemplaires en France, la trilogie est devenue... la saga
la plus lue après Harry Potter. Et Metropolitan compte
bien toucher un très large public avec son adaptation,
réalisée par Paul Feig (L'Ombre d'Emily) et incarnée par
Sydney Sweeney et Amanda Seyfried.
Un plan marketing et média massif…
Aussi le distributeur a développé un plan marketing
particulièrement ambitieux. L’idée est de mettre en orbite
une nouvelle franchise, dans la continuité du savoir-faire
de Metropolitan sur Le Seigneur des anneaux, Hunger
Games ou autres Expendables… Avec un site officiel dédié
à La Femme de ménage, un achat télé important, renforcé
par des formats évènementiels sur les principales plateformes
de replay. On notera un partenariat dans le cadre
du label “Coup de cœur TF1”, avec un soutien éditorial
étendu sur les médias du groupe dont TF1+. Metropolitan
mise aussi sur une large campagne d’influence digitale
pour toucher les jeunes, dont des watch parties avec des
créatrices de contenu. La campagne d’affichage nationale
sera quant à elle renforcée dans les gares, au moment des
grands déplacements de fin d’année.
©© 2025 Lionsgate
Hadida, en investissant dans la diffusion renforcée de la
bande-annonce, une PLV exclusive, et en proposant des jeux
concours et animations. » Sans oublier une opération
d’avant-premières le vendredi 19 décembre, soutenue par
AlloCiné et un partenariat exclusif avec NRJ.
… et un maillage terrain inédit
Plus rare, ce thriller de Noël suscite l’engouement de
partenaires peu habitués à la promotion cinéma. Des
dispositifs inédits avec Wecasa ou Made in Design, des
offres “asilage” dans les colis Houra.fr… et une visibilité
directe dans plus de 2 500 points de vente à travers la
France : Maisons de la Presse, agences de voyage TUI,
magasins Cultura, salons Jacques Dessange, ou encore
des boutiques Grain de Malice, Kiko, Son-Video.com
et French Coffee Shop. Un maillage qui expose près de
20 millions de personnes à la campagne, sans compter
que chaque marque activera ses propres réseaux sociaux.
En parallèle, le dispositif digital du film devrait toucher
près de 8 millions d’internautes et plus de 6 millions de
followers cumulés sur Facebook et Instagram.
Une opération d’envergure, pour « un film qui regorge de
surprises et devrait embarquer tous les spectateurs, même
ceux qui pensent connaître tous les secrets de l'intrigue »,
estime le président de Metropolitan Filmexport.
Cécile Vargoz
Du côté des salles, le film bénéficie déjà des labels “CGR
Adore” et “Coup de cœur Kinepolis”. Mais « nous souhaitons
particulièrement accompagner les exploitants, souligne Victor
Sydney Sweeney et Amanda Seyfried dans La Femme de ménage
APOLLO FILMS MISE SUR L’ÉMOTION DE LOUISE
ET LA PRESCRIPTION DES EXPLOITANTS
Il arrive que les distributeurs découvrent des films lors
de… conventions exploitants. C’est le cas d'Apollo
avec l’intense thriller familial Louise de Nicolas Keitel,
qu’il remarque lors de sa première projection lors du
congrès Cinédiffusion, et qu’il accueille dans son
line-up lorsque les chemins du film et de son précédent
distributeur se séparent.
Dès lors, François Clerc et son équipe préparent la sortie
– avec notamment une tournée et deux press junkets –,
en gardant en tête que « c’est grâce aux exploitants que nous
nous sommes intéressés à ce film ». Le distributeur leur
donnera d’ailleurs la parole dans sa communication BtoB,
via des citations de trois professionnels représentant les
différentes typologies de salles.
La démarche donne l’occasion de souligner « le pouvoir
de recommandation des exploitants et de leurs équipes, qui
reste le meilleur moyen d'orienter leur public vers les films
à l'affiche », note François Clerc. « Certes le digital a
développé le marketing des films, mais rien ne vaut la
prescription des cinémas, à l’image des libraires qui mettent
en avant leur choix sur leurs étalages. Et savoir ce que pense
le libraire des livres qu'il expose compte beaucoup dans les
actes d'achat », remarque le distributeur.
Après avoir conquis les jurys, et les spectateurs de plusieurs
festivals (prix du public au Festival de Saint-Jean-de-Luz,
Franco German Youth Award" du festival de Brunschweig
en Allemagne et prix du jury du Festival du film de
femmes de Toulon), Louise arrive sur les écrans ce 10
Louise arrive en salles le 10 décembre 2025.
décembre. Et en cette époque où « les gens ont plus que
jamais besoin d’être émus dans les salles », l’émotion que
ces dernières pourraient partager avec leur public pourrait
bien être… la plus impactante des promotions.
Ayşegül Algan
©2024 Gabman-La Boétie-Scope Pictures-RTBF-Voo Be TV-Proximus
20 N°505 / 3 décembre 2025
Actualités
N°505 / 3 décembre 2025
21
Distribution
©Tom Aguillon
Le distributeur, qui termine un
exercice 2025 faste, a convié les
exploitants à une convention
parisienne, où trois films de son
line-up ont été dévoilés.
DIAPHANA PRÉPARE
SA PARTITION POUR 2026
Près de 160 professionnels étaient réunis au Pathé Les
Fauvettes, mardi 18 novembre, pour assister à la première
convention de Diaphana depuis deux ans. À cette occasion,
le fondateur et président de la structure, Michel Saint-
Jean, a remercié les exploitants d’avoir « défendu [leurs]
films » durant cette année 2025 où 3,5 millions d’entrées
ont pour l’instant été réalisées, dont 2,7 millions par les
nouveautés. Un résultat porté par la continuation de En
fanfare (1 million de tickets en 2025) et les très bonnes
performances de La Pie voleuse (350 000 entrées), L’Attachement
(780 000), A Normal Family (250 000), L’Accident
de piano (390 000) ou encore Arco (380 000, toujours en
exploitation).
En outre, cette année Diaphana a particulièrement
conjugué succès populaires et critiques, avec cinq titres
présents à Cannes – Prix du jury ex-aequo pour Les
Échos du passé de Mascha Schilinski et Prix du scénario
pour Jeunes Mères des Dardenne – et le Cristal du long
métrage à Annecy de Arco. L’année se terminera avec
La Condition de Jérôme Bonnell, en salles le 10 décembre.
Cette adaptation du roman Amours de Léonor de
Récondo (éditions Sabine Wespieser, 2015) marque la
deuxième collaboration entre le distributeur et le réalisateur,
après Chère Léa en 2021. On y retrouve Swann
Arlaud, Louise Chevillotte, Galatéa Bellugi ou encore
Emmanuelle Devos.
Cap sur 2026
Pour Diaphana, l’année prochaine débutera le 7 janvier
avec Les Échos du passé (Sound of Falling) de Mascha
Schilinski. Premier long métrage de la cinéaste allemande
à être distribué en France, cette fresque suit quatre jeunes
filles à quatre époques différentes, mais ayant toutes passé
leur adolescence dans la même ferme. Le film a été un
beau succès en Allemagne, où il a engrangé plus de
500 000 entrées. Le premier titre projeté lors de la convention
était À pied d’œuvre de Valérie Donzelli, distribué
le 4 février. La réalisatrice, qui collabore pour la troisième
fois avec Diaphana – après notamment les 670 000 entrées
de L’Amour et les Forêts en 2023 –, adapte ici le roman
éponyme de Franck Courtès (Gallimard, 2023). Présente
pour introduire son huitième long métrage, elle explique
avoir « découvert ce livre quand j’étais en pleine crise existentielle,
et j’y ai vu la possibilité de raconter ce qu'est un
artiste ». Le long métrage retrace le vrai parcours d’un
ancien photographe à succès qui se met subitement à
l’écriture, perdant ainsi une grande source de revenus
jusqu’à tomber dans la précarité. Prix du scénario à la
dernière Mostra de Venise, À pied d’œuvre réunit Bastien
Bouillon, André Marcon et Virginie Ledoyen.
Viendra, le 25 février, Woman and Child de Saeed
Roustaee. Le cinéaste iranien, remarqué avec La Loi
de Téhéran et Leila et ses frères, intègre pour la première
fois le line-up de Diaphana après être passé par la
compétition cannoise. Le film est l’un des grands
22 N°505 / 3 décembre 2025
succès de l’année en Iran où il comptabilise 1,2 million
d’entrées. A ensuite été projeté La Guerre des prix
d’Anthony Dechaux, un thriller sur les négociations
annuelles dans la grande distribution qui réunit Ana
Girardot, Olivier Gourmet et Julien Frison. Le film
sortira le 18 mars, juste après lesdites négociations et
le Salon de l’agriculture. Sur scène, le cinéaste a expliqué
avoir enquêté pendant près de six mois pour obtenir
les informations nécessaires à la réalisation du film,
malgré « la grande omerta sur la manière dont les prix
sont fixés en supermarché ». Par ailleurs, il s’agit du
premier des quatre premiers longs que Diaphana
sortira en 2026. Suivra le 15 avril – la date est susceptible
de changer – Vivaldi et moi de Damiano Michieletto,
qui imagine une histoire entre Antonio Vivaldi
et une violoniste virtuose de l’orphelinat de Pièta. Un
récit porté par de nombreuses scènes musicales, le
metteur en scène étant un nom remarqué de l’opéra
depuis 20 ans. Autre premier long, In Waves de
Phuong Mai Nguyen adapte la bande dessinée du
même nom de AJ Dungo (Casterman, 2019). Le film
d’animation suit la relation naissante entre un adolescent
et une passionnée de surf, dont la vie se retrouve
bouleversée par une maladie. Le distributeur projette
pour l’heure une sortie le 1 er juillet, après idéalement
une présentation à Cannes et à Annecy.
Enfin, parmi les sorties non datées, Diaphana retrouvera
plusieurs noms bien connus de son catalogue :
• Le plus iconique d’entre tous, Robert Guédiguian,
réalise Une femme aujourd’hui, avec les fidèles
Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin,
Gérard Meylan…
• Quentin Dupieux revient avec Full Phil, son
neuvième film en dix ans, en compagnie Woody
Harrelson, Kristen Stewart, Charlotte Le Bon ou
encore Emma Mackey.
• Avec Soudain, Ryusuke Hamaguchi travaille pour
la quatrième fois avec Diaphana... et la première
avec Virginie Efira.
• Troisième long métrage pour Lukas Dhont – que
le distributeur accompagne depuis ses débuts avec
Girl – qui signe Coward, quatre ans après son Grand
prix cannois pour Close.
• Après En fanfare – deuxième plus grand succès du
distributeur avec 2,6 millions d’entrées –, Emmanuel
Courcol réunit pour la première fois Sandrine Kiberlain
et Benoît Magimel dans Banquise. Sortie prévue
entre octobre ou novembre.
• Diaphana accompagne pour la deuxième fois Elie
Wajeman – après Médecin de nuit – avec Le Joueur,
où se retrouvent Pio Marmaï, William Lebghil et
Hippolyte Girardot.
©Christine Tamalet ©Claude Pocobene ©Kimberley Ross
À pied d’œuvre de Valérie Donzelli
La Guerre des prix d’Anthony Dechaux
Du côtés des premières collaborations, le distributeur
doit encore dater trois films :
• Adieu monde cruel de Félix de Givry – qui est
également le producteur de Arco –, un récit filmé
en 16mm avec Milo Machado-Graner, révélé dans
Anatomie d’une chute.
• La Vénus électrique de Pierre Salvadori, un film
d’époque avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles
Lellouche et Vimala Pons.
• Peau d’homme de Léa Domenach (Bernadette),
adapté de la bande dessinée à succès de Zanzim et
Hubert (Glénat, 2020), où l’on retrouve Catherine
Deneuve, Pomme, Karin Viard, Laurent Stocker ou
encore Esteban.
Jules Dreyfus
Vivaldi et moi de Damiano Michieletto
N°505 / 3 décembre 2025
23
International
BOXOFFICE PRO FAIT SON
TOUR D’EUROPE
Si le Boxoffice Tour a notamment permis de découvrir une quinzaine de cinémas
entre Londres, Bruxelles et Amsterdam, le siège de Barco ou la screening
room londonienne de Dolby, il a également été l’occasion d’échanger avec
des analystes de renom. David Hancock, figure d’Omdia, a ainsi présenté aux
participants un panorama de la situation mondiale du cinéma.
Production mondiale :
les États-Unis à la traîne
En France comme ailleurs, la quantité de films croît
fortement. D’après le cabinet d’études Omdia, 9 594
films ont été réalisés dans le monde en 2023, soit bien
au-dessus des 9 092 de 2019, qui constituait déjà un
record. Le top 3 (États-Unis, Chine et Inde) n’y pèse que
40 %, son plus bas niveau de la décennie : un signe du
développement de la production mondiale qui dépasse
celle des marchés chinois et indiens, eux aussi en croissance.
Du côté des États-Unis, la baisse du nombre de
sorties salles était déjà observée depuis plusieurs années
avant Covid. En effet, entre 2015 et 2019, la production
recule de 22 %, puis de 14,6 % entre 2019 et 2024 : les
studios – excepté Sony – produisent bien moins qu’avant,
et l’acquisition de la Fox par Disney a retiré du marché
un acteur majeur. D’un autre côté, cette baisse n’est pas
encore contrebalancée par les plateformes qui n’investissent
pas assez – voire pas du tout – dans les salles. La donne
est toutefois susceptible de changer ces prochaines années,
avec la croissance de l'engagement d’Amazon, et plus de
80 sorties américaines des studios attendues pour 2026,
soit une hausse de 2 % par rapport à 2019.
Une fréquentation mondiale en
mutation… locale
Ce regain de la production américaine prolongera le
mouvement positif du box-office mondial en 2025, où
la plupart des pays enregistrent une hausse par rapport
à 2024 : le Portugal, la Chine, le Brésil, la Tchéquie, le
Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande progressent tous
de plus ou moins 20 %. Toutefois, certains pays comme
la France et la Corée du Sud sont à la traîne. Il apparaît
alors que les productions locales deviennent de plus en
plus importantes pour les spectateurs. La part de marché
des œuvres nationales en France, de 44 % en 2024, n'a
en effet pas échappé aux observateurs étrangers, qui
notent qu'en Asie aussi, les films américains perdent en
impact, au profit des titres locaux : en 2024, les productions
nationales représentent plus de 60 % du box-office
en Indonésie (contre 40 % en 2019), près de 80 % en
Chine (contre plus de 60 % en 2019), ou encore plus
de 40 % dans le « très jeune marché » du Vietnam. En
revanche, les États-Unis ne profitent pas de cet essor du
“local”, et de moins en moins de titres y dépassent les
100 millions de dollars. Une baisse qu’Omdia impute
aux changements de goûts des spectateurs, ainsi qu’à la
fenêtre d’exclusivité salle plus courte. Au global, les
studios américains sont en perte de vitesse à l’international,
avec seulement 15,4 milliards de dollars engrangés
en 2024 (contre 25 milliards entre 2017 et 2019) et une
part de marché de 51 % (contre 60 % sur la
dernière décennie).
Un parc mondial en développement
Côté technologique, les cinémas continuent d’investir
dans le premium avec plus de 8 000 écrans PLF recensés
en 2024, contre un peu plus de 6 000 en 2019. Imax
y est le format le plus représenté, et qui a connu le
plus d’installations en 2024. Autre croissance : les
projecteurs Laser. Ces derniers sont passés de 20 000
en 2019 à plus de 70 000 en 2024, pour une part de
marché de plus de 30 %. Un rythme qui n’est pas prêt
de s'essouffler, plusieurs grands circuits (comme Vue
International et Regal Cineworld) ayant signé des
accords pour équiper leur parc. D’un autre côté, les
écrans LED commencent à se développer (350 salles),
mais restent surtout l’apanage de la Chine.
Jules Dreyfus
LES MARCHÉS LOCAUX TIRENT LA CROISSANCE
QUAND LES STUDIOS DÉÇOIVENT
24 N°505 / 3 décembre 2025
1
2
3
4
5
1- Pathé Tuschinski (Amsterdam)
2 - Tim Richards, fondateur et PDG de Vue Entertainment
3 - Dolby Screening Room (Londres)
4 - Odeon Luxe Leicester Square (Londres)
5 - Présentation de Coca-Cola
6 - Pathé Tuschinski
7 - Serge Plasch, Senior Vice President Global Sales Cinema chez Barco
8 - Everyman at the Whiteley (Londres)
9 - Screening Room des BAFTA Film Awards (Londres)
10 - FilmTheater de Uitkijk (Amsterdam)
11 - Les participants devant l’Empire Leicester Square (Londres)
7
8
6
9
10
11
N°505 / 3 décembre 2025
25
LA BD CULTE ADAPTÉE SUR GRAND ÉCRAN
LE 11 FÉVRIER 2026 AU CINÉMA
UN FILM DE CHRISTOPHE BARRATIER
avec LUCAS HECTOR NINA FILBRANDT OCTAVE GERBI FRANZ LANG STEFAN KONARSKE GASPARD LACORNE scénario CHRISTOPHE BARRATIER et STÉPHANE KELLER
d’après la bande dessinée LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE de VINCENT DUGOMIER et BENOÎT ERS publiée par LE LOMBARD musique originale PHILIPPE ROMBI
DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE JÉRÔME ALMERAS DIRECTEUR DE PRODUCTION ROBIN WELCH PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR JOSEPH RAPP CHEF DÉCORATEUR JÉRÉMY STRELISKI CHEF COSTUMIÈRE MARIE FREMONT INGÉNIEUR DU SON THOMAS GASTINEL CASTING SYLVIE BROCHERÉ MONTEURS YVES DESCHAMPS SIMON BURDET MONTEUR SON & COMIXEUR EDOUARD MORIN
MIXEUR DANIEL SOBRINO PRODUCTEUR ASSOCIÉ STÉPHANE RETHORÉ PRODUIT PAR CHRISTOPHE CERVONI MARC FISZMAN UNE COPRODUCTION AXEL FILMS PRODUCTION - STUDIOCANAL - TFI FILMS PRODUCTION - FONTANA - BNP PARIBAS FORTIS FILM FINANCE AVEC LA PARTICIPATION DE CANAL+ CINÉ+ OCS TF1 TMC AVEC LE SOUTIEN DE LA PROCIREP VENTES INTERNATIONALES STUDIOCANAL
PAR LE RÉALISATEUR DES CHORISTES
MATÉRIEL À DISPOSITION
Affiche
disponible en 120x160,
40x60 et JPEG
Totem elliptique
disponible en 120x160,
40x60 et JPEG
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97 sec. pour le digital : disponible dès le 16/12
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Exploitation
LA LONDE-LES-MAURES RETROUVE SON CINÉMA DE LA BAIE
L’équipement cinématographique de la commune varoise a repris les séances le 19 novembre, après
plus de 10 ans de fermeture, ouvrant également un nouveau chapitre pour l’exploitant itinérant Ciné
Méditerranée.
©Ciné Méditerranée
Les huit mois de travaux, menés avec un million d’euros
de budget, auront impliqué du gros œuvre – démolition
de certains éléments et reprise des fondations du bâtiment
–, mais également l'acquisition d’un local mitoyen d’environ
50 m² pour y aménager le nouveau hall d’entrée.
©Ciné Méditerranée
François Viette, du Ciné Méditerranée, à l’inauguration
du 19 novembre 2025
Les violentes inondations survenues en 2014 dans la petite
ville balnéaire, située entre le versant sud du massif des
Maures et la rade d’Hyères, ont longtemps privé les Londais
de leur cinéma municipal, à l'époque exploité via une
convention d’objectifs et de moyens avec l'association
Ciné 83. Sous l’impulsion du maire, la renaissance du site
se préfigure dès 2022, et le chantier est lancé en juin 2025.
Aujourd'hui, le Cinéma de la Baie propose une salle
regradinée de 80 fauteuils (+ 3 PMR), équipée, grâce
aux soins de l'installateur ADDE, d’un projecteur Laser
et d’un son Dolby 7.1. Suite à un appel d'offres sur
marché public, sa gestion a été confiée à Ciné Méditerranée.
« Cette ville, dans laquelle nous organisions des séances
itinérantes, devient ainsi notre première salle fixe », se réjouit
le dirigeant de la structure François Viette, en décrivant
« un très beau cinéma de proximité, implanté dans un
quartier résidentiel, à côté de nombreuses offres de restauration
et d’un énorme parking », en attendant une meilleure
desserte par transports publics.
Si la saison estivale et les vacances auront « une grosse
portée » sur le Cinéma de la Baie, le jeune exploitant
compte bien, à raison de six jours d'ouverture par semaine,
attirer le public tout au long de l’année, la population
de plus de 10 000 habitants présentant une vraie mixité
de tranches d’âge. Sans oublier les scolaires, sachant que
l'établissement s’est déjà mobilisé auprès des primaires,
mais va également mener un travail auprès du collège et
des maternelles de la ville.
Dans un environnement concurrentiel composé des
cinémas l’Olbia de Hyères et du Grand Bleu du Lavandou
(respectivement à 15 km), Ciné Méditerranée sera co-programmé
par Pathé (La Valette étant à moins de 25 km)
et vise un classement art et essai, avec le label Jeune public
pour le Cinéma de la Baie. De quoi également ouvrir le
nouveau chapitre de ce circuit itinérant de huit points
de projection à travers le Var et les Bouches-du-Rhône,
et qui organise une soixantaine de séances en plein air,
de Monaco à Montpellier durant l’été… en attendant,
déjà, d’autres projets.
Ayşegül Agan
NOUVEAU CHAPITRE POUR LE CINÉMA DE MONT-DORE
Suite au décès de son gérant, le mono-écran
Olympic est repris par sa famille, avec le souhait
de perpétuer un héritage et un lieu essentiel pour
la commune auvergnate.
C’est un drame familial qui a accéléré le destin de la salle
de Mont-Dore (Puy-de-Dôme), à une quarantaine de
kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. En août dernier,
la disparition de Jean-Marie Leoty, exploitant des lieux
pendant 30 ans, conduit ses filles Lola et Lou et leur mère,
Aurélie Battut, à reprendre le flambeau de manière anticipée.
« C’est un défi colossal car nous ne cessons pas nos
activités annexes pour reprendre le cinéma », expliquent les
nouvelles gérantes, soucieuses de ne pas « interrompre
l’histoire familiale ». L’Olympic est avant tout « un héritage
culturel, mémoriel, affectif : nos meilleurs souvenirs avec
notre père se trouvant dans cette salle ». C’est aussi « un
engagement pour la culture dans une petite ville : il faut que
Mont-Dore retrouve son cinéma », insiste Lou Leoty, soulignant
le soutien inconditionnel de la municipalité.
films grand public qui font « vivre la salle, mais nous
aimerions augmenter la part de l’art et essai », L’Olympic
n’ayant plus été classé depuis 2011. Il avait accueilli près
de 10 000 spectateurs en 2024.
Concrètement, en raison des contraintes professionnelles,
le cinéma ouvrira « plutôt le week-end et lors des vacances
scolaires, à raison de deux séances quotidiennes, avec le
recrutement, durant l’été, d’un salarié pour pallier à nos
possibles absences sur les deux mois », indique Aurélie Battut,
nouvelle gérante du site en plus de ses fonctions de cadre
chez Michelin. Lycéenne en option cinéma, Lola s'occupe
de la communication sur les réseaux et de la création
graphique et audiovisuelle, tandis que Lou, étudiante et
critique de cinéma, va animer les projets de médiation
culturelle et épauler sur la communication. « Toutes les
décisions sont prises à trois. » Dont celle d’entreprendre
prochainement des travaux (nouveaux sièges, murs et
tentures) pour moderniser un établissement dont la
dernière rénovation remonte à 2001, avec le changement
des fauteuils et la réfection du hall. « Nous aimerions que
notre projet de réaménagement, impulsé par notre père,
corresponde au plus près à ce qu'il avait pensé », précise
Lola. « Notre père était fier de nous laisser ce patrimoine. À
trois, nous puisons dans notre cohésion, notre courage et
notre passion pour poursuivre ce rêve. »
Tanguy Colon
©Cinéma Olympic
Le 13 décembre prochain, la salle de 180 places, dont
les premières séances remontent à 1942, rallumera son
projecteur avec Dossier 137 de Dominik Moll, suivi d’une
rencontre-cocktail où la famille exposera ses projets.
« Nous aimerions redonner à la salle un véritable élan de
lieu culturel, dynamique et inclusif », en renouant avec le
festival Jeune public Plein la Bobine ou avec de la médiation
culturelle, via des débats autour de films plus exigeants,
des séances cultes, de patrimoine ou de genre destinées
aux 15-25 ans, mais aussi une mise en avant du court-métrage
avec l’intervention de jeunes auteurs. Le reste de
la programmation s’articulera principalement autour de
Lola et Lou Leoty entourant leur mère Aurélie Battut devant la façade de L'Olympic
28 N°505 / 3 décembre 2025
DANS LE GRAND EST,
LE CINÉMA EN PETITE FORME
Après Paris, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire, étape dans une région
qui a connu une fréquentation 2024 compliquée, mais affiche une riche
actualité, entre l’ouverture d’un nouveau cinéma et la rénovation d’un site
emblématique [pages 30 à 33].
Les 124 cinémas du Grand Est ont attiré 12,39 millions
de spectateurs l’an passé – soit 6,8 % de la fréquentation
nationale –, plaçant le territoire au 7 e rang parmi les 13
régions françaises. Une performance en recul de 3 % par
rapport à 2023 (12,8 M) quand, à l’échelle du pays, les
entrées ont légèrement rebondi (+0,3 %) ; et surtout de
-18 % sur la moyenne de la période 2017-2019 (15,16
M). Localement, le Bas-Rhin a été le département le plus
prolifique (environ 3 millions d’entrées, près d’un quart
de la fréquentation régionale), tandis que la Meuse affiche
le plus faible résultat (318 000 spectateurs) ; une hiérarchie
logique, le premier possédant le plus grand nombre
d’écrans de la région (98), le second le plus petit (16).
Comment expliquer que le Grand Est accuse autant le
coup ? Historiquement, la région abrite l’un des publics
les plus friands de films américains, en témoignent encore
les chiffres 2024 où le cinéma US affiche la deuxième
meilleure part de marché du pays (39 %) derrière les
Hauts-de-France (40,7 %). Or, cette production fait
défaut depuis le Covid, avec un nombre de titres inédits
loin des niveaux pré-pandémiques (95 films américains
sortis en 2024 contre 127 en moyenne entre 2017 et
2019). Ainsi, le Grand Est affiche le deuxième indice de
fréquentation le plus faible de France (2,19 entrées par
habitant), après la Corse (2,05), et le plus faible taux
d’occupation du pays (9,8 %), bien en dessous de la
moyenne nationale (12,1 %). Autre signe d’un exercice
2024 compliqué, la région se classe avant dernière en
moyenne par séance, avec 18,2 entrées par projection.
Kinepolis premier circuit, la famille
Tabaraud premier indépendant
L’offre en berne n’a pourtant pas mis à mal les ambitions
des exploitants locaux de continuer à développer le parc
de salles et ce, malgré la crise qui a exacerbé les difficultés
économiques. Le Relief de Sélestat représente ainsi la
dernière ouverture en date (pages 30 et 31), après celles,
Évolution du nombre d’écrans et de la fréquentation entre 2017 et 2024
449 448
15,68
14,47
456 460
15,28
471
488 487 485
12,77 12,39
40,1 %
C’est la part du public du Grand Est qui, en 2024, avait
moins de 25 ans, alors que ces derniers représentaient
27,7 % de la population régionale
entre autres, du Nova Ciné de Saint-Dié-des-Vosges,
du Confluences de Bar-le-Duc (en attendant celui de
Romilly-sur-Seine dans les prochains mois), du Majestic
Le Volontaire de Remiremont, de l’Utopia de Pont-
Sainte-Marie, ainsi que de deux Kinepolis à Metz.
Avec 88 salles (9 établissements), le groupe belge s’impose
d’ailleurs comme le premier exploitant de la région,
devant 45 écrans pour CGR (4 cinémas), 44 pour UGC
(3 sites), 28 pour la famille Tabaraud (5 complexes)
et 27 pour Pathé (2 cinémas).
Si entre 2023 et 2024, le Grand Est a “perdu” deux
écrans d’après les données du CNC, son parc affiche
surtout une progression régulière, de 449 écrans en
2017 à 485 l’an dernier, avec près de 500 attendus
fin 2025. Alors que la région pointe parmi celles
affichant le plus faible nombre de fauteuils par habitant
(1 pour 62 contre 1 pour 59 à l’échelle nationale),
ce développement de l’équipement était donc plus
que bienvenu.
Tanguy Colon
10,53
4,58
6,72
4 810 m
4 000 m
3 500 m
3 000 m
2 500 m
2 000 m
1 500 m
1 000 m
750 m
500 m
Carte
250
d’identité
m
100 m
du Grand Est (en 2024)
0
100 m
5,6 millions
200
d’habitants
m
59,2 % sont 500 des m spectateurs de cinéma
1 000 m
12,39 millions
1 500 md’entrées (7e région/13)
2 000 m
dont 4,68 millions dans les salles art et essai
2 500 m
3 500 m
124 cinémas 4 500 m(7/13)
dont 245 multiplexes
000 m
dont 66 salles art et essai
485 écrans (6/13)
dont 200 classés art et essai
N°505 / 3 décembre 2025
29
Focus Exploitation
©Le Relief
LE CINÉMA PREND DU RELIEF À SÉLESTAT
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : SOGEXCI
Maître d’œuvre / pilote : JB2L
Bureau de contrôle : SOCOTEC
BÂTIMENT
Gros œuvre : FEHR, PL MAITRE, CHAMLEY
Climatisation/chauffage : MCI THERECO
FAÇADE/HALL
Comptoir : FRENE & CHENE
Système de billetterie : MONNAIE SERVICES
Signalétique intérieure : ADDE, CREAKTIVE
Enseignes façade : CREAKTIVE
Affichage dynamique : ADDE
SALLES
Fauteuils : KLS VIP
CABINES
Installateur : ADDE
EXPLOITATION
Programmation : SOGEXCI
SITE INTERNET
Conception : MONNAIE SERVICES
Depuis le 26 novembre, la
commune du Bas-Rhin a étoffé
son offre cinématographique
avec l’ouverture d’un nouvel
équipement de 7 salles, en
complément des 3 écrans du
Sélect, tous deux exploités par
Jean-Philippe Hochwelker.
C’est Noël avant l’heure pour les spectateurs de Sélestat.
Alors que les célèbres marchés alsaciens brillent à travers
la région, c’est un cadeau d’une ampleur différente qui
a été déposé dans la cité sélestadienne : un cinéma flambant
neuf de 7 salles et plus de 1 000 fauteuils. Érigé à l’emplacement
d’une ancienne usine, le complexe s’insère
dans un nouveau pôle de loisirs, où cohabitent également
un bowling, un restaurant et, à proximité, un karting et
une salle de sport. « Le site est installé à l’entrée de la ville,
pour faire le lien entre le centre et les communes environnantes,
et offre une vue imprenable sur le relief des Vosges – d’où il
tire son nom – et le château du Haut-Kœnigsbourg », explique
Jean-Philippe Hochwelker.
L’exploitant savoure la concrétisation d’un projet de
longue haleine, lancé il y a plusieurs années, recalibré de
10 à 7 salles, puis retardé par la crise et l’explosion des
coûts des matériaux. « Il fallait encore se convaincre post-
Covid que le projet était viable. Mais, surtout, se dire que
le cinéma reste une envie et un lieu d’animation dont les
villes ont besoin. Et l’attente du public de Sélestat m’a
largement rassuré. » En témoigne l’engouement pour
l’avant-première à guichet fermé de Chasse gardée 2, en
présence de l’équipe du film, qui a lancé la nouvelle vie
du Relief le 27 novembre. Et permis aux spectateurs
d’apprécier au plus près le confort déployé dans
l’établissement.
LE CINÉMA RESTE UNE ENVIE
ET UN LIEU D’ANIMATION
DONT LES VILLES ONT BESOIN
Jean-Philippe Hochwelker,
exploitant des cinémas de Sélestat
*Basé sur le déclaratif de l’exploitant
30 N°505 / 3 décembre 2025
©Le Relief
Placement numéroté
D’une capacité allant de 55 à 290 places, les salles possèdent
toutes des fauteuils premium inclinables aux premiers
rangs, fixes et avec banquettes dans les derniers, et un
gradinage renforcé. Tous sont numérotés, « car je souhaite
développer davantage la vente à distance », indique Jean-Philippe
Hochwelker. Outre des sièges de couleur bleu
marine, les 3 plus grandes salles disposent du son Dolby
Atmos et de projecteurs laser 4K, tandis que les 4 autres,
aux assises rouge cosy, sont en 7.1. Le hall, traversant
pour offrir une perspective à la fois sur la ville et sur la
nature, arbore un grand comptoir caisse-confiserie, des
bornes billetterie ainsi qu'un espace café. Comme un
clin d’œil à son implantation géographique, des motifs
inspirés des courbes des cartes IGN décorent la moquette
et les portes des salles.
Plus globalement, l’exploitant a cherché à rendre son
bâtiment de 3 000 m 2 énergiquement le plus autonome
possible. Ainsi, des panneaux photovoltaïques habillent
la toiture du cinéma tandis qu’un système de récupération
d’eau de pluie alimente les sanitaires. De plus,
les matériaux utilisés, à l’instar du béton matricé,
favorisent une meilleure isolation du site. Quelque 9
M € ont été déboursés par Jean-Philippe Hochwelker
pour finaliser un projet pour lequel il a fait appel aux
services de Gilbert Long, déjà à l’œuvre sur le cinéma
de Cernay, ouvert fin 2021 par l’exploitant avec Claude
Brasseur [voir Boxoffice Pro n°409 du 1 er décembre
2021]. Suite au départ à la retraite de l’architecte, le
site de Sélestat a été mené à son terme par le cabinet
local JB2L.
250 000 entrées visées
Le Relief vient enrichir l’offre cinéma de la commune,
incarnée depuis près d’un siècle par Le Sélect en centreville
(90 000 entrées en 2024). Mono-écran à sa création
en 1927, puis transformé en 3 salles en 1981, l’historique
établissement, classé et labellisé Jeune public et court
métrage, voit sa programmation légèrement recentrée
sur de l’art et essai et entend rester un lieu de proximité,
notamment pour les scolaires. Le nouveau complexe
allie, pour sa part, cinéma d’auteur et films grand
public, et concentre la majorité des animations et
séances événements – entre autres opéra, concerts…
– qui n’avaient pu être initiées au Sélect. Avec une
concurrence relativement éloignée – le CGR de Colmar
au Sud et le Cinéville de Dorlisheim au Nord sont à
une vingtaine de minutes en voiture –, Jean-Philippe
Hochwelker ambitionne 250 000 entrées annuelles
cumulées sur ses deux cinémas.
Tanguy Colon
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE LASER
1 187 5 14m 7.3 4K
2 290 7 16m Atmos 4K
3 207 6 16m Atmos 4K
4 96 3 10m 7.1 2K
5 96 3 10m 7.1 2K
6 59 3 9m 7.1 2K
7 59 3 9m 7.1 2K
TOTAL 994 30
©Le Relief ©Le Relief
INFOS PRATIQUES
ADRESSE :
34 route de Colmar, 67600 Sélestat
TARIFS (LISTE NON EXHAUSTIVE) :
Normal : 11,50 €
Réduit : 8,50 €
Moins de 16 ans : 6,80 €
Cartes 5 places (32 €), 10 places (59 €)
et 10 places aux cinémas de Sélestat,
de Cernay et de Guebwiller (72 €)
N°505 / 3 décembre 2025
31
Exploitation
©Métropolis
CURE DE JOUVENCE POUR
LE MÉTROPOLIS DE CHARLEVILLE-MÉZIÈRES
La famille Thirriot a mené d’importantes rénovations, des salles au hall,
pour apporter un nouveau souffle au plus ancien multiplexe des Ardennes.
« Présenter un confort renforcé à nos spectateurs » : tel était
l’objectif de Noëlle et François Thirriot au moment
d’initier les travaux du Métropolis en janvier dernier.
Un chantier évident pour un cinéma qui n’avait pas
connu de transformation majeure depuis sa création
au début des années 2000. « Nous avions toujours joué
la carte de l’entretien maximum, indique l’exploitant,
mais nous nous sommes rendus compte qu’il fallait désormais
apporter un nouveau souffle. »
Le chantier, réparti en plusieurs phases, s’est achevé au
début de l’été et a permis de réaliser plusieurs modifications
notables. À commencer par les 10 salles, dont
la capacité totale a été revue à la baisse, de 2 000 à 1 500
places, via l’installation de fauteuils club neufs avec un
espace renforcé de 105 à 130 cm entre chaque rangée,
et un revêtement en velour bleu nuit. Si les écrans et
les projecteurs restent inchangés, de nouvelles enceintes
d’ambiance ont été installées, les trois plus grandes
salles accueillant également des renforts de basses
supplémentaires. Par ailleurs, toutes les salles sont
dorénavant pourvues de boîtiers afin de proposer
l’application AudioEverywhere pour rendre les séances
inclusives aux spectateurs en situation de handicap
sensoriel. « Nous avions une forte demande de notre public
sur ce sujet-là », note François Thirriot.
Évolution des habitudes
Les autres parties communes arborent aussi de nouvelles
configurations. Le hall, plus spacieux, a été réorganisé à
la suite de la disparition des quatre caisses fixes. « En 20
ans, les habitudes des spectateurs ont évolué. Aujourd’hui,
près de 30 % de nos réservations se font en ligne, une dimension
que nous voulons développer », explique Julien Thirriot,
qui a rejoint l’entreprise de ses parents en septembre 2024
comme adjoint de direction. Davantage de bornes automatiques
ont été installées, tandis que les caisses sont
désormais couplées avec le comptoir confiserie. « Cela
nous permet de satisfaire tous types de clients : ceux qui ont
besoin du contact comme ceux qui ont plus de facilité avec
le digital. Nous nous retrouvons ainsi avec un hall plus
fluide », souligne François Thirriot.
Le coin café renforce la convivialité avec un espace plus
confortable autour d’un mobilier aux teintes chaleureuses
et à la décoration repensée. En amont des salles, les zones
d’attente déploient, elles-aussi, tout le confort nécessaire,
entre une large banquette serpentant le long des murs, des
guéridons répartis intelligemment pour pouvoir poser des
affaires et des prises permettant de recharger téléphones et
autres appareils juste avant la séance. Les teintes bleu-grises
choisies pour les équipements accentuent l’immersion
cinématographique de ces espaces aux parois habillées de
grandes photos du film culte de Fritz Lang… Metropolis.
Épaulée par l’architecte Romain Delattre, du cabinet
Aquilone Studio, la famille Thirriot a déboursé quelque
2,5 millions € (HT) pour finaliser cette rénovation, dont
250 000 € d’aide sélective, 200 000 € de la région Grand
Est, 100 000 € d’Ardennes Métropole et 100 000 € de la
Ville de Charleville-Mézières.
Premium soft
À l’issue de ce chantier, le Métropolis se présente comme
un cinéma “premium soft” : « confort premium, prix
doux », glisse François Thirriot. L’exploitant se réjouit
en effet de ne pas avoir augmenté ses tarifs malgré les
travaux entrepris et les nouveaux équipements. « Je ne
voulais pas prendre les spectateurs en otage. Ou pire, qu’ils
ne viennent plus. »
Car c’est un lien indéfectible et historique qui unit,
depuis plus de deux décennies, le public de Charleville-Mézières
au multiplexe. À la fin du siècle dernier,
quand ce type de multi-salles commence seulement à
germer à travers l’Hexagone, peu sont érigés en centreville.
« Avec mon frère Jérôme [décédé en 2008, ndlr.],
nous avons été précurseurs en choisissant un terrain en
plein cœur de ville » pour donner un nouvel élan à une
activité qui avait atteint un certain plafond. Construit
en 1974, l’ancien cinéma de 5 salles était devenu trop
32 N°505 / 3 décembre 2025
étroit pour une fréquentation en plein essor. Aussi,
lorsque le Métropolis flambant neuf sort de terre en
janvier 2004, les résultats ne se font pas attendre : « Les
entrées ont bondi de 280 000 à 400 000 billets annuels »,
se souvient François Thirriot. Un rythme que l’établissement
parvient à conserver jusqu’au Covid où, à l’instar
du marché national, la fréquentation chute à 307 000
tickets en 2024, sans doute un peu moins en 2025.
Un nouveau cinéma à Sedan
Malgré cette période délicate, l’exploitant affiche son
optimisme, en atteste cette rénovation, mais aussi le projet
familial qu’il développe à Sedan, à 20 minutes à l’Est de
Charleville. Le Turenne, cinéma emblématique du centreville,
« a été inauguré en 1914 sous la forme d’un mono-écran,
avant que mon père le transforme en un trois salles en 1978.
Mais aujourd’hui, le bâtiment se révèle trop vétuste et compliqué
à chauffer. » L’activité cinéma va donc déménager à l’entrée
de la commune, où sera érigé, dans les prochaines années,
un nouveau complexe de cinq écrans et 800 fauteuils,
« avec le même confort qu’au Métropolis ». Le permis de
construire va bientôt être déposé et le début des travaux
est espéré l’année prochaine, sans crainte de possibles
remous en fonction des prochaines élections municipales.
« Tout le monde ici est solidaire sur l’avenir du cinéma à
Sedan », affirme François Thirriot, qui entend bien ouvrir
un nouveau chapitre ambitieux dans l’histoire centenaire
de sa famille d’exploitants.
Tanguy Colon
©Métropolis
NOUS PROPOSONS DU PREMIUM SOFT :
UN CINÉMA AU CONFORT PREMIUM AVEC DES PRIX DOUX
François Thirriot, exploitant du Métropolis
©Métropolis ©Métropolis
N°505 / 3 décembre 2025
33
Miscellanées
Claude Damianthe nous a quittés
Pilier incontournable de la profession, Claude
Damianthe nous a quittés le 29 novembre 2025,
après plus de cinq décennies consacrées à la distribution
et à l’équipement des salles. Il avait
82 ans.
Ce Guyanais, fils de militaire, s’est très tôt fait une
place parmi les distributeurs du boulevard Longchamp
à Marseille. Il a à peine 16 ans lorsqu’il intègre les
United Artists/Artistes Associés en tant qu’“expéditionnaire
et vendeur en publicité”. Au terme de trois
années d'engagement militaire, il retrouve les Artistes
Associés en 1963, avant de devenir programmeur
chez Columbia.
Après un passage chez Femina Distribution, Claude
Damianthe devient, en 1970, représentant Sud de la
CFDC (Compagnie Française de Distribution Cinématographique,
future Union Générale Cinématographique
soit UGC…). En 1978, il est de retour en
AGENDA DE LA PROFESSION
ERRATUM
Dans le précédent numéro, nous avons indiqué
par erreur que les partenaires étaient conviés à
la convention Metropolitan du 13 janvier 2026.
Pour rappel, seuls les exploitants et programmateurs
sont accueillis.
Le Sommet des Arcs : un questionnaire pour tous
Afin de nourrir son prochain Café des
Indés, le Sommet propose à tous les
professionnels, participant à l’événement
ou non, de répondre à une enquête sur
leurs pratiques. « Vos réponses et retours
d'expérience permettront d'enrichir le
débat notamment sur les thèmes de
©Rencontres du Sud 2019
tant que responsable de la région Sud-Est chez les
Artistes Associés. Les années 1980 seront celles de
Parafrance puis de AAA (Acteurs et Auteurs Associés),
où en tant que directeur Sud.
À partir de 1996, il ouvre un nouveau chapitre professionnel,
en devenant directeur général de la société
française spécialisée en fauteuil de cinéma, Kleslo
(futur KLS VIP). Parallèlement, il prolonge son indéfectible
lien avec l’exploitation, en accompagnant – aux
côtés de Laurent Demangeon – la programmation du
réseau Cinemovida.
Sacré chevalier puis officier du Mérite cinématographique
(respectivement en 1987 et 1998), Claude
Damianthe a également créé et présidé l’association
des Victoires du Cinéma, par laquelle il sera lui-même
distingué dans le cadre des Rencontres du Sud, en
mars 2011.
Retraité, l'infatigable touche-à-tout avait, de longues
années durant, continué à partager avec l’ensemble
de la profession son sens de la fête… et sa recette du
ti punch !
La rédaction de Boxoffice Pro adresse ses pensées à sa
famille, à ses proches et à l’ensemble de celles et ceux
qui ont travaillé à ses côtés.
A.A.
l'éducation au cinéma ou de l'ingérence
politique dans la distribution et l'exploitation.
» Pour rappel, le Sommet des
Arcs se déroulera du 16 au 20 décembre
prochains. Le Café des Indés, composé
de six ateliers, aura pour thème la démocratie.
L’enquête est accessible ici :
Soutiens
Afcae
Coup de coeur 15-25
Ma frère de Lise Akoka et Romane Guéret
(Studiocanal - 7 janvier)
Elle entend pas la moto
de Dominique Fischbach (Epicentre - 10 décembre)
GNCR
A Fidai Film de Kamal Aljafari
(sans distributeur - 4 mars. Récompensé du Prix GNCR/Ciné+
au FID Marseille 2024, le film fera l’objet de projections
spéciales événementielles durant le festival Best Of Docs 2026.
Le GNCR apportera son soutien au film et aux salles
adhérentes qui souhaitent le programmer.)
PETITES ANNONCES
Le cinéma LE GRAND BAIN
Complexe de 3 écrans, situé dans la com com
de Aire-sur-l’Adour (12 880 hab) à 30 mn de
Mont-de-Marsan, classé Art & Essai, pour une fréquentation
annuelle estimée à 70 000 entrées.
RECRUTE
un.e directeur.rice
En CDI à temps plein
Prise de poste dès que possible
Compétences
Expérience en tant que manager d’équipes • Maîtrise des
outils informatiques • Compétences administratives
• Prise d’initiatives et autonomie • Sens de l’organisation
• Bonne culture cinématographique • Expérience
projection numérique et TMS sera un plus.
Merci d’envoyer votre CV et lettre de motivation à
thomaspaul@cinem2m.com
COLLOQUE POUR LES 70 ANS DE L’AFCAE 03 au 05/12/25 PARIS
FESTIVAL DU FILM DE SOCIÉTÉ DE ROYAN 03 au 07/12/25 ROYAN
SOMMET DES ARCS 16 au 20/12/25 LES ARCS
CONVENTION METROPOLITAN FILMEXPORT 13/01/26 PARIS
RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS
JOURNÉES PROFESSIONNELLES VIVA CINÉMA 20 au 27/01/26 VALENCE
FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE
25 ES RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP
RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS
RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER
FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD
34 N°505 / 3 décembre 2025
LEADER DIGITAL SUR LE CINÉMA
17.5M 45M 67%
De visiteurs
uniques
par mois*
De sessions
par mois**
Des spectateurs
se rendent sur
AlloCiné***
LA MARQUE ALLOCINÉ PRÉSENTE
SUR TOUTES LES PLATEFORMES
+18M
DE FOLLOWERS
Réseaux sociaux, AlloCiné, Avril 2025
11,9M
abonnés
521K
abonnés
1,5M
abonnés
465K
abonnés
2,3M
abonnés
1,2M
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RÉGIE ALLOCINÉ : Pauline Luigi regiecinema@allocine.fr
RELATIONS EXPLOITANTS : Marion Chauvet exploitants@allocine.fr
OUTILS D'ANALYSE THE BOXOFFICE COMPANY : Emilien Robert emilien.robert@boxoffice.com
*Médiamétrie Février 2025 **Google Analytics Avril 2025 ***TGI Avril 2024
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ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR CRAIG BREWER
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