Boxoffice Pro n°506 – 17 décembre 2025
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Bimensuel N°506 / 17 décembre 2025
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
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Bimensuel N°506 / 17 décembre 2025
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
SPÉCIAL
130 ANS DU CINÉMA
ENTRETIEN AVEC THIERRY FRÉMAUX
RETOUR SUR 130 ANS DE CINÉMA(S)
OUVERTURES À FRONTIGNAN, PLOURIN-LÈS-MORLAIX,
MONTCEAU-LES-MINES... ET L’AVENTURE CONTINUE !
VENTE DE WARNER BROS.
COMBAT DE TITANS ENTRE NETFLIX ET PARAMOUNT SKYDANCE
L'édito
Sommaire
Super Warner Bros., le film
Cela ressemble à un choix cornélien pour le studio : à
qui Warner Bros. Discovery doit-il se vendre ? La levée
de boucliers à l’annonce de l’accord avec Netflix a
démontré les craintes qu’il inspire. Craintes largement
alimentées par les déclarations incendiaires de Ted
Sarandos sur la salle, mais aussi par la position archi-dominante
que prendrait Netflix sur le marché du streaming
en mettant la main sur HBO Max, par les évolutions
de sa politique éditoriale, par ses offensives contre la
régulation, ou tout simplement sur le nombre de films
qui sortiraient (ou pas) au cinéma. La firme de Los
Gatos a essayé de se montrer rassurante, notamment
vis-à-vis de l’exploitation, mais, à date, sans vraiment
y être totalement parvenue. Elle a aussi, au moment où
nous bouclons, diffusé un message auprès de ses équipes,
pour assurer de sa volonté de maintenir la salle (voir
les pages 6 à 9). Les réactions des grands syndicats
professionnels américains (scénaristes, réalisateurs,
producteurs…) ne doivent pas non plus être prises à la
légère et peuvent peser en ce sens : Netflix, avec ou sans
Warner Bros., a besoin d’eux et des talents pour alimenter
son line-up. Ce sera d’ailleurs un point intéressant à
scruter : si l’on ne doit rien attendre de la MPA (qui
pourrait pourtant renforcer l’obligation de l’exploitation
en salle d’un film pour concourir aux Oscars, dont les
trois protagonistes de cette affaire sont membres), les
organisations syndicales sauront-elles être assez solides
pour imposer leurs vues ou des garanties ? Le régulateur,
s’il devait se prononcer – avec une impartialité très
hypothétique au vu de l’interventionnisme de la Maison-
Blanche – saurait-il imposer des règles claires et pérennes
à Netflix ? Enfin, le légendaire pragmatisme américain
en matière de business pourrait-il conduire le démocrate
Ted Sarandos à considérer la salle comme un élément
incontournable du modèle économique de Warner Bros.,
à l’image du virage à 180° de Disney qui avait conduit
au retour de Bob Iger en 2022 ? Les conséquences de
l’offre de Paramount – soutenue notamment par Jared
Kushner, gendre du président américain –, si elle devait
être acceptée (de gré ou de force serait-on tenté de dire,
au vu des implications politiques), sont, elles, très
prévisibles : même avec la garantie de la sortie en salles
des films, entre le coût social très élevé (Paramount
entend réaliser 6 Md $ d’économies de synergies) et la
baisse du nombre de films, le scénario a déjà été vécu
il y a quelques années avec l’absorption de Fox par
Disney. Ce sont donc, finalement, beaucoup d’incertitudes
qui planent, et Richard Patry ne s’y trompe pas
lorsqu’il parle de « bataille de société » : les décisions des
mois à venir auront un impact durable sur notre industrie.
D’autant plus que la consolidation appelle toujours
la consolidation…
Laurent Cotillon
P. 6 à 9
DEAL WARNER
La bataille Netflix-Paramount
Brève histoire de Warner
Réaction de Richard Patry
P. 10-11
ACTUS
Programme de l’Alpe d’Huez et
des rencontres Recherche & Découverte
CinéAccess à l’écoute
P. 14 à 16
ART ET ESSAI
Retour sur le colloque de l’AFCAE
sur la cinéphilie
P. 18-19
ÉDUCATION À L’IMAGE
Aurélie Delage dans l’Émission
JULIEN MARCEL
Directeur de la
publication
CÉCILE VARGOZ
Journaliste
La Rédaction
LAURENT COTILLON
Directeur général délégué
média & stratégie
JULES DREYFUS
Journaliste
AYSEGÜL ALGAN
Journaliste
PHILIPPE COSQUERIC
Maquette
P. 22 à 24
DISTRIBUTION
Le pari Légendaires de la Pan
Le CNC chiffre le bilan écologique
de la distribution
P. 32 à 49
130 ANS DE CINÉMA(S)
Histoire des mutations du cinéma
Entretien avec Thierry Frémaux
Ouvertures du Quai des lumières
de Frontignan, du Cinéville
Plourin-lès-Morlaix et du Capitole
de Montceau-les-Mines
Une salle ICE x Onyx au Mégarex
de Haguenau
Mouvements à Lorient, Carcassonne
et Lamotte-Beuvron
P. 50
MISCELLANÉES
Soutiens, parité, SDI et agenda de la
profession…
Crédit page 3 : ©Jean-Louis Hupe
N°ISSN : 2740-3335
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Rédacteurs
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Collaboration au magazine
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4 N°506 / 17 décembre 2025
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PHOTOS - CAROLE BETHUEL. CRÉDITS NON CONTRACTUELS
LE 21 JANVIER AU CINÉMA
Actualités
WARNER BROS. DISCOVERY
NETFLIX ET PARAMOUNT ENGAGÉS
DANS UN COMBAT DE TITANS
Un accord éclair, une OPA hostile en contre-attaque… et un florilège
de réactions : le coup de tonnerre autour de la cession de Warner Bros.
Discovery (WBD) réserve encore son lot de scénarios…
©Chase Yi/Unsplash
On pensait le conseil d’administration WBD entré dans
une longue phase de réflexion et d’évaluation des offres
finales qui lui étaient parvenues le 20 novembre… Et
pourtant, à peine deux semaines plus tard, le 5 décembre,
le board du conglomérat annonçait avoir scellé un accord
avec Netflix, créant une onde de choc à Hollywood et
dans toute l’industrie.
La transaction, valorisée à 27,75 $ par action, représente
un montant de 82,7 milliards de dollars (environ 71
milliards d’euros). L’acquisition ne concernant que les
activités Streaming & Studios de WBD – soit les studios
de cinéma et de télévision, HBO et HBO Max –, elle
ne doit être finalisée qu’après la scission de l’entité Global
Networks – soit les chaînes câblées à la peine –, au
troisième trimestre 2026… et bien entendu le feu vert
des autorités compétentes. « En combinant l’incroyable
catalogue de séries et de films de Warner Bros. – des classiques
intemporels comme Casablanca et Citizen Kane aux succès
modernes tels que Harry Potter et Friends – avec nos titres
emblématiques comme Stranger Things, KPop Demon
Hunters et Squid Game –, (…) nous pouvons offrir au
public davantage de ce qu’il aime et contribuer à façonner
l’avenir de la narration au 21 e siècle », s’est, d’emblée,
félicité Ted Sarandos, co-PDG de Netflix.
Mais comme tout bon scénario, dans un rebondissement
inattendu, Paramount Skydance, déjà parmi les prétendants
au rachat, a initié une contre-attaque hostile. Le 8
décembre, le groupe présidé par David Ellison a ainsi
lancé une offre publique d’achat directement auprès des
actionnaires de WBD, à 30 $ par action, pour un total
de 108,4 milliards de dollars (93 milliards d’euros).
Une valorisation supérieure qui s’explique par l’intention
de Paramount d’acquérir l’intégralité de WBD, incluant
donc aussi les chaînes de télévision comme CNN. Arguant
que l’offre de Netflix s’expose à « un long processus d’approbation
réglementaire multinational, ainsi qu’à un montage
complexe mêlant actions et numéraire », David Ellison
vante l’effet « pro-concurrentiel » de la réunion de
Paramount+ et HBO Max, qui créerait « un adversaire
sérieux face à Netflix, Amazon et Disney », tout comme
« un Hollywood plus fort ». Face à cette offre « non sollicitée »,
le conseil d’administration de WBD a maintenu sa
recommandation concernant l’accord avec Netflix,
conseillant à ses actionnaires de « ne prendre aucune mesure
concernant la proposition de Paramount Skydance », en
attendant de les informer de ses préconisations « dans un
délai de 10 jours ouvrables », soit le 19 décembre prochain.
Levée de boucliers
Si l’avenir de WBD reste donc flou au moment où nous
bouclons ces lignes, la perspective de le voir rejoindre le
giron de Netflix a provoqué, naturellement, un vif émoi
dans le monde du cinéma, à commencer par celui du
secteur de l’exploitation. Pour Michael O’Leary, président-directeur
général de Cinema United, qui représente plus
de 30 000 salles aux États-Unis et 26 000 à l’international,
la menace est « sans précédent », le géant du streaming
portant un modèle économique « qui ne soutient pas
6 N°506 / 17 décembre 2025
©Warner Bros.
Harry Potter et la Coupe de feu, 2005
LA PLUS GRANDE PLATEFORME DE STREAMING AVALANT
L’UN DE SES PRINCIPAUX CONCURRENTS, C’EST PRÉCISÉMENT
CE QUE LES LOIS ANTITRUST VISENT À EMPÊCHER
Writers Guild of America
l’exploitation en salles » ; ce que dénonce également l’UNIC,
allant jusqu'à évoquer « un échec sur toute la ligne ».
La Producers Guild of America réclame un accompagnement
des décideurs publics pour trouver « une voie
qui protège les moyens de subsistance des producteurs et une
véritable distribution en salles », quand, pour la Writers
Guild of America, « la plus grande plateforme de streaming
avalant l’un de ses principaux concurrents, c’est précisément
ce que les lois antitrust visent à empêcher ».
Le destin des films Warner sur grand écran apparaît
clairement comme le principal argument avancé par les
opposants au rachat par Netflix, malgré les récents signaux
envoyés par les patrons du streamer. Dans un mémo
interne adressé le 15 décembre à leurs salariés, Ted Sarandos
et Greg Peters se voulaient une nouvelle fois rassurants :
« Nous nous engageons pleinement à sortir les films Warner
Bros. au cinéma, comme c'est le cas actuellement. La sortie
en salles est un élément essentiel de son activité et de son
héritage, et nous ne voulons pas modifier ce qui fait la valeur
de Warner Bros. » Les deux co-PDG concèdent ne pas
avoir privilégié la sortie en salles par le passé, « car ce
n'était pas notre priorité chez Netflix. Une fois cet accord
finalisé, nous nous consacrerons pleinement à ce secteur ».
Difficile cependant pour les professionnels d’oublier les
paroles de Ted Sarandos au printemps dernier dans Time
Magazine, qui assumait que le déclin des cinémas « ne le
dérangeait pas », interprétant les difficultés du box-office
nord-américain comme un message clair du public :
« Il préfère regarder les films chez lui ». Depuis sa création,
la plateforme s’est attachée à limiter ses actions en faveur
de la sortie salle, acceptant l’exploitation éclair de certains
de ses productions dans le seul but de les rendre éligibles
aux cérémonies… où elle a raflé de nombreuses statuettes,
à l'exception de la plus prestigieuse : l’Oscar du meilleur
Warner, un siècle de cinéma…
et de changements de nom
Fondée au printemps 1923, la Warner Bros Pictures
Inc. a marqué l’histoire du cinéma avec ses innovations
révolutionnaires, en tête desquelles figurent l’avènement
du parlant avec le film Le Chanteur de jazz d’Alan
Crosland (1927). Le studio s’est également distingué
avec des productions légendaires pour le grand écran
– Casablanca (1943), My Fair Lady (1962), L’Exorciste
(1973), les films de Stanley Kubrick, de Clint Eastwood,
les sagas Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, Matrix,
l’univers DC Comics, Interstellar (2014) ou encore
Barbie (2023) – et la télévision – Friends, Les Looney
Tunes ou encore Les Frères Scott.
Mais l’histoire de Warner est aussi jalonnée d’opérations
d’achat, de fusion, de cession impliquant divers changements
de nom. Ainsi, quelques années après sa
création, le studio rachète la First National Pictures
pour devenir Warner Bros-First National (1929), avant
de retrouver, plus tard, son appellation d’origine. En
1966, peu de temps après être devenu seul patron du
studio après avoir trahi ses frères Harry et Albert, Jack
Warner cède ses parts à Seven Arts Productions, la
major devenant Warner Bros-Seven Arts. Elle change
encore de mains, mais retrouve son nom, à la fin des
années 1960, en entrant dans le giron de Kinney
National, propriétaire de National Periodical Publications,
l’ancêtre de DC Comics.
En 1989, le groupe Time, qui détient notamment la
chaîne de télévision payante HBO, rachète Warner
pour 14 milliards de dollars et le renomme Time
Warner. Le conglomérat se renforce en 1996 avec
l’acquisition de Turner Broadcasting et l’intégration
des chaînes CNN, TBS ou encore Cartoon Network.
Début 2000, le groupe se retrouve impliqué dans “le
mariage du siècle” lorsqu’il est officiellement absorbé
par AOL, fournisseur d’internet à la croissance fulgurante
et à la capitalisation boursière deux fois supérieure
à celle de Time Warner. Le néo géant est brièvement
rebaptisé AOL Time Warner, avant que la valeur du
fournisseur s’effondre suite à l’éclatement de la bulle
internet. Les pertes historiques, d’environ 100 milliards
de dollars, qui s’ensuivent poussent le groupe à recouvrer
le nom Time Warner en 2003 ; en 2009, la séparation
avec AOL est actée.
En 2018, s’ouvre une valse à trois temps lorsque le
studio est racheté par le géant des télécommunications
AT&T, pour 85 milliards de dollars, et devient Warner-
Media. En 2022, est entérinée la fusion avec Discovery
qui donne naissance à Warner Bros Discovery. Et en
2025, nouvel acte de cette danse avec la cession annoncée
du studio… au vainqueur du tango engagé depuis
plusieurs jours entre Netflix et Paramount Skydance.
T.C.
N°506 / 17 décembre 2025
7
Actualités
OPA hostile : le précédent Comcast sur Disney
LA COMBINAISON DE
NETFLIX ET DE HBO MAX
FORMERAIT UN GÉANT DE
PLUS DE 420 MILLIONS
D’ABONNÉS
En 2004, Comcast, alors principalement câblo-opérateur mais
déjà ambitieux dans le secteur des médias, a tenté de racheter
Disney via une OPA hostile évaluée à 66 milliards de dollars. Elle
visait – comme c’est le cas aujourd’hui avec Paramount sur
Warner Bros. – à prendre le contrôle direct du géant du divertissement
contre la volonté de son conseil d’administration.
Rapidement, l’offre s’est heurtée à un refus catégorique du
board, qui estimait qu’elle sous-évaluait lourdement la valeur de
Disney et menaçait son identité créative. Jugée risquée sur le
plan antitrust et accueillie avec scepticisme par les actionnaires
comme par la communauté artistique, la tentative de Comcast a
été abandonnée en quelques semaines.
Cet épisode a toutefois laissé des traces profondes au sein de
Disney : il a accéléré la chute de Michael Eisner, fragilisé par les
critiques internes, et ouvert la voie à l’arrivée de Bob Iger à la
tête du groupe en 2005. Sous sa direction, Disney a adopté une
stratégie ambitieuse, marquée par le rachat de Pixar, puis de
Marvel, Lucasfilm et 21st Century Fox. Soit autant d’acquisitions
qui ont redéfini le paysage hollywoodien et propulsé l’entreprise
dans une phase de croissance et de domination inédite. Ainsi,
l’échec de l’OPA de Comcast, loin d’être une simple parenthèse, a
servi de catalyseur à la transformation du Disney moderne.
Quant à Comcast, elle rachètera en 2011 NBC Universal.
Un temps dans la course au rachat de Warner Bros. Discovery,
elle a été jusqu’à présent devancée par Netflix
et Paramount Skydance.
Laurent Cotillon
©2022 Warner Bros. Entertainment Inc.
film. Après la plateforme Apple, confortée par le succès
de F1, le film, et Amazon MGM, qui prévoit de distribuer
ses propres films dès l’an prochain, Netflix se prépare-telle
à devenir un membre à part entière de la grande
famille… des cinémas ?
Quand bien même elle serait plus encline aux sorties
salle, la plateforme reste farouchement opposée aux
longues fenêtres d’exclusivité, tant à l’international
(en témoigne son recours contre la chronologie des
médias française devant le Conseil d’État) qu’aux
États-Unis, où les fenêtres ont pourtant été réduites
depuis le Covid à 45, voire 30 jours. Toujours dans
Time Magazine, Ted Sarandos fustigeait la bataille que
se livrent studios et salles pour préserver une fenêtre
« totalement déconnectée de l’expérience du consommateur
qui aime simplement voir un film », critiquant au passage
le « concept dépassé » de « faire des films pour un écran
géant et une expérience collective ».
Sur le petit écran, la combinaison de la première plateforme
mondiale et de la troisième, HBO Max, formerait
un géant de plus de 420 millions d’abonnés, très loin
devant l’actuel deuxième, Disney+ et ses quelque 130
millions de souscriptions. Si, au départ, Netflix et HBO
Max continueront à fonctionner séparément, avec des
titres du second ajoutés au catalogue du premier, une
fusion des deux plateformes pourrait-elle intervenir par
la suite ? Netflix projette 2 à 3 milliards de dollars d’économies,
dont 1 milliard sur ses actuels paiements pour
bénéficier de contenus HBO. Par ailleurs, les
mutualisations de frais seront déjà, et en premier lieu,
dans les 3,5 milliards de dollars annuels dépensés en frais
techniques de diffusion. Pour WBD, le “coût humain”
d’une intégration dans le grand N pourrait donc être
plus faible… et expliquer les faveurs apparentes du
président David Zaslav pour l’option Netflix.
Le spectre Disney-Fox
Car l’offre de Paramount n’est pas non plus sans part
d’ombre, à l’instar de la question des 6 milliards de dollars
de « synergies » qu’elle promet, et qui se traduira essentiellement
en “restructuration de ressources humaines”,
autrement dit en suppressions de postes dans les deux
entreprises aux activités très similaires. Autre crainte :
celle d’une réduction drastique du nombre des films
produits… et donc exploités en salles, avec l’exemple
encore frais des conséquences de l’acquisition de la Fox
par Disney en 2019. Avant l’opération, le studio derrière
Star Wars produisait encore une dizaine, voire une quinzaine
de films chaque année, quand les titres de ses
différents labels se comptent désormais sur les doigts
d’une main. Lors d’une conférence aux investisseurs,
David Ellison s’est engagé à ce que Paramount accompagne
« plus de 30 sorties en salles par an : nous allons répondre
aux attentes du public cinéphile ». Sachant que Paramount
a sorti en moyenne 8 nouveaux films par an depuis 2021
(contre 11 au cours des cinq années précédant la pandémie),
et que la dernière fois que Paramount et Warner Bros.
ont combiné au moins 30 nouveaux films en salle, c'était
en 2018 (avec 20 titres Warner Bros. et 11 Paramount),
on attend de voir les actes joints… aux paroles.
Le facteur Trump
Parmi ses autres points sensibles, l’offre de Paramount
Skydance compte trois fonds souverains du Golfe (de
l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis)
au nombre de ses fournisseurs de capitaux, aux côtés de
la riche famille Ellison (David, avec le soutien de son
père Larry, fondateur multimillionnaire d’Oracle), de la
société américaine d’investissement RedBird Capital, et
du fonds Affinity Partners… de Jared Kushner, le gendre
de Donald Trump.
Alors, entre David Ellison soutenu par “la famille” et
Ted Sarandos le démocrate, le président des États-Unis
se garde d’entrer clairement en scène… Pour l’heure,
alors même que le conseil d’administration de WBD a
affiché sa préférence pour l’option Netflix, Paramount
apparaît en meilleure position pour obtenir les feux verts
réglementaires. Mais les verdicts ne sont pas attendus
avant, au moins, 12 à 18 mois.
A.A., J.M, T.C.
LA DERNIÈRE FOIS QUE
PARAMOUNT ET
WARNER ONT COMBINÉ
AU MOINS 30
NOUVEAUX FILMS
EN SALLE, C'ÉTAIT
EN 2018…
Barbie, le plus grand succès post CoviD de Warner
8 N°506 / 17 décembre 2025
©Jean-Luc Mege Photography
RICHARD PATRY : « WARNER BROS. EST
AU CŒUR D’UNE BATAILLE DE SOCIÉTÉ »
Observateur attentif des opérations en cours outre-Atlantique, le président de
la Fédération nationale des cinémas français revient sur un dossier qui dépasse
largement les enjeux boursiers.
Dans cette « affaire à rebondissements », Richard Patry
a bien conscience du nombre considérable de paramètres
« sur lesquels nous n’avons aucune prise ». Mais
quel que soit l’actionnaire majoritaire de WBD demain,
« notre préoccupation est la même : que les films du lineup,
comme du catalogue, de ce studio majeur de l’histoire
du cinéma – et certainement l’un des plus compatibles
avec le marché européen avec ses propositions de blockbusters
comme ses films d’auteur – restent accessibles en
salles… et au-delà, pour tous les publics ».
Parmi les scénarios de reprise, l’offre de Netflix suscite
naturellement une inquiétude particulière. « Malgré
les récentes déclarations du co-PDG Ted Sarandos, ses
prises de position contre la salle, il y a encore quelques
mois, et l’histoire la plateforme ne sont pas de nature à
nous rassurer », rappelle Richard Patry, citant le récent
cas de Frankenstein de Guillermo del Toro, dont le
public français est privé… hormis les abonnés Netflix.
Cette logique d’exclusivité nourrit une inquiétude
plus large chez le président de la FNCF. De fait, si
Netflix devrait se réserver l'exclusivité du catalogue
Warner – de Casablanca à Harry Potter, en passant
par Chantons sous la pluie pour ne citer qu’eux –, « c’est
tout le travail sur le cinéma de patrimoine et les actions
d’éducation à l’image des salles, sans compter la liberté
d’accès aux œuvres pour le public qui serait en péril ».
Un point d’autant plus sensible dans le pays champion
de la chronologie des médias, que la plateforme a
attaqué au Conseil d’État français. « Est-ce que les
nouveaux dirigeants de Warner accepteront notre chronologie
ou décideront-ils de ne pas sortir leurs films dans
nos salles pour y échapper ? », interroge Richard Patry,
en rappelant que sur l’année 2025, pas moins de cinq
titres Warner figurent dans le top 20 tricolore [F1,
Minecraft, le film, Conjuring : L’heure du jugement,
Superman et Une bataille après l’autre, pour un total
à date de 11,2 millions d’entrées et une part de marché
de 24,5 %, ndlr.]. « Certes, notre chronologie est toujours
en mouvement, mais l’intégration de WBD dans Netflix
aurait des conséquences sur la place de tous les diffuseurs,
dont ceux de VOD et SVOD. »
Sur le papier, l’option Paramount Skydance, « un
studio qui fait partie de l’histoire du cinéma, connaît
les salles et y diffuse ses films », pourrait sembler plus
proche du modèle traditionnel. Mais les exploitants
n’ont pas oublié la fusion Disney-Fox, où « un plus
un n’a pas fait deux » en matière d’offre, et « la rationalisation
et les mutualisations d’un rapprochement
WBD-Paramount risquent fort d’impacter le nombre
de projets ».
Pour l’heure, la Fédération avance donc avec prudence.
« Il est trop tôt pour réagir, et il ne faut pas faire de procès
d’intention. Les actionnaires de WBD vendront à qui
ils voudront, et le management fera ses choix. » Reste le
garde-fou des autorités de la concurrence, y compris
européennes, qui examineront la situation sous l’angle
de l’éventuel monopole créé par la fusion des activités
de plateforme, « et non sur la problématique de la
distribution de films en salles ».
En attendant, l’intrigue se déroule ailleurs... « Nous
sommes peut-être peu de choses à l’échelle mondiale, mais
la France reste une cinématographie et un marché majeurs.
Nous allons donc faire en sorte que notre voix soit entendue »,
assure le président de la FNCF, en soulignant la
dimension collective du combat. « Il est essentiel de
rester solidaires de nos confrères américains, de rappeler
que le cinéma, c’est la SALLE de cinéma, et que cette
bataille que nous menons pour défendre la liberté d’accès
aux films, c’est avant tout une bataille de société. »
Aysegul Algan
N°506 / 17 décembre 2025
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Actualités
Palmarès du Festival du
film de société de Royan
La 5 e édition de l’événement s’est achevée le 6 décembre
avec la remise des prix par le jury que présidait Vincent
Perez, aux côtés de Valérie Bonneton, Marilou Aussilloux,
Frédéric Farrucci et Thierry Laurentin, ainsi que le
jury lycéen.
Prix du meilleur film : Les Dimanches d’Alauda Ruiz de
Azúa (distribué par Le Pacte, sortie le 11/02/2026)
Prix coup de cœur du public : Furcy, né libre d’Abd Al
Malik (Memento, 14/01/2026)
Prix Jeunesse cinéma : Furcy, né libre d’Abd Al Malik
©Warner Bros
Golden Globes 2026 : un film Warner en tête
des nominations
Une bataille après l’autre de Paul Thomas
Anderson est le film le plus cité pour ces 83 es
Golden Globes, où figurent aussi plusieurs titres
Netflix. La France s’illustre particulièrement dans
la catégorie animation.
Une bataille après l'autre
Une bataille après l’autre est nommé dans neuf catégories,
dont celle de la Meilleure comédie, tandis
qu’un autre film Warner, Sinners de Ryan Coogler,
est cité sept fois, notamment comme Meilleur drame
face au Frankenstein de Guillermo del Toro… produit
par Netflix. La plateforme est d’ailleurs représentée à
travers cinq films différents toutes nominations
confondues.
Après le triomphe de Emilia Perez l’an dernier, la
France est présente à travers plusieurs (co)productions :
Un simple accident de Jafar Panahi, nommé quatre
fois notamment parmi les meilleurs films étrangers,
Valeur sentimentale de Joachim Trier qui prétendra à
huit récompenses, ou encore Nouvelle Vague de Richard
Linklater, L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho,
Sirât d’Oliver Laxe et La voix de Hind Rajab de Kaouther
Ben Hania. Mais c’est dans la catégorie Animation
que la production hexagonale brille le plus, avec deux
films sur les six nommés : Arco d’Ugo Bienvenu et
Amélie ou la métaphysique des tubes de Maïlys Vallade
et Liane-Cho Han, qui concourent, entre autres, face
à Kpop Demon Hunters de Netflix. Verdict le 11 janvier
à Los Angeles.
L’ensemble des nominations à retrouver sur
www.boxofficepro.fr
Thierry Laurentin et Vincent Perez, du jury professionnel,
dialoguent avec le jury lycéen du Festival de Royan
Les prix Louis-Delluc 2025
pour deux réalisatrices
Après Miséricorde d’Alain Guiraudie l’an dernier, La Petite
Dernière de Hafsia Herzi a été distingué par les jurés du
“Goncourt du cinéma” comme meilleur film français de
l’année. Après le Prix d’interprétation féminine à Cannes,
une nouvelle distinction pour le film distribué par Ad
Vitam, qui tutoie les 400 000 entrées depuis le 22 octobre
et figure dans la sélection du Festival Afcae-Télérama en
janvier. La Petite Dernière était en lice face à Dossier 137 de
Dominik Moll, Enzo de Laurent Cantet et Robin Campillo,
Nouvelle Vague de Richard Linklater, Love Me Tender
d’Anna Cazenave Cambet et Laurent dans le vent d’Anton
Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon.
Moins attendu, Le Rendez-vous de l’été de Valentine
Cadic, est couronné du prix Louis-Delluc du premier film,
raflant la récompense à Arco d’Ugo Bienvenu, L’Épreuve du
feu d’Aurélien Peyre, Kika d’Alexe Poukine et Nino de
Pauline Loquès. Une jolie reconnaissance pour New Story
qui a sorti le film le 11 juin, et a touché un peu de plus de
11 000 spectateurs.
La Petite Dernière
©Ad Vitam
Festival de l'Alpe d'Huez 2026 : la sélection
L’événement dédié aux films de comédie, qui se déroulera dans la station iséroise du 19 au dimanche
25 janvier 2026, a dévoilé l’essentiel de sa sélection de longs métrages.
EN COMPÉTITION
Alter Ego de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine (Tandem
Films, sortie le 04/03/26)
C’est quoi l’amour ? de Fabien Gorgeart (Zinc., 25/03/26)
De la Comédie-Française de Bertrand Usclat et Martin
Darondeau – 1 er film (Zinc., à dater)
Deviens génial, de Léo Grandperret – 1 er film (Apollo
Films, 15/04/26)
La Poupée de Sophie Beaulieu – 1 er film (Ad Vitam, 22/04/26)
L’Arnaqueuse de Wilfried Méance (Wild Bunch, à dater)
Tout va super de Patrick Cassir (Zinc., à dater)
Chers parents de Emmanuel Patron – 1 er film (SND, 25/02/26)
HORS COMPÉTITION
L’Infiltrée de Ahmed Sylla – 1 er film (Pan Distribution, 11/02/26)
Marsupilami de Philippe Lacheau (Pathé, 04/02/26)
Mauvaise pioche de Gérard Jugnot (Pan Distribution, 01/04/26)
Un complément de sélection sera annoncé avant la fin
de l'année.
Le jury de la compétition sera présidé par Audrey Lamy,
qui sera entourée de Mélanie Doutey, Alison Wheeler,
William Lebghil et Baptiste Lecaplain.
Les Rencontres Recherche et Découverte 2026
se précisent
Le Groupement national des cinémas de recherche
(GNCR), avec les associations de salles régionales CINA
et ACOR, convie les professionnels de l’exploitation et
de la distribution les 13 et 14 janvier prochains aux
cinémas Le Dietrich et le TAP-Scène nationale de Poitiers.
Cette 4 e édition, autour de projections et temps d’échanges,
sera marquée par une masterclass de la cinéaste américaine
Kelly Reichardt le 14 janvier, à l’occasion de la sortie de
The Mastermind le 4 février par Condor.
Le GNCR propose aussi une table ronde le 13 janvier,
à l’intitulé ambitieux : « La salle de cinéma, espace d’expression
citoyen au cœur des aléas politiques : Pérenniser
son modèle économique et son indépendance
artistique ».
Les intervenants et le programme complet seront détaillés
très prochainement, mais les inscriptions sont déjà ouvertes,
sur le site du GNCR.
10 N°506 / 17 décembre 2025
CGR Events et ADN signent un accord pour la
distribution cinéma
La plateforme de streaming européenne ADN (Animation
Digital Network) et CGR Events ont annoncé un
partenariat stratégique en vue de « la distribution européenne
de l’ensemble du line-up cinéma de la plateforme en 2026 ».
Les deux structures comptent accompagner l’essor du
cinéma d’animation, notamment japonais, « auprès d’un
public toujours plus large », en témoigne le succès récent
de Demon Slayer : Kimetsu No Yaiba - La Forteresse infinie
avec plus de 1,7 million d’entrées en France, sous bannière
Sony Pictures.
CGR Events et ADN entendent « impulser une nouvelle
dynamique autour de l’animation en Europe, portée par
l’attrait unique de l’animation japonaise et enrichie par
Extrait de l’affiche de Alice au pays des merveilles : Dive in Wonderland
The Jokers en VOST ukrainienne
Samedi 29 novembre, le cinéma Henri Langlois à
Franconville (Val-d'Oise) a accueilli près de 300 spectateurs
pour découvrir U Are the Universe de Pavlo
Ostrikov. Pour cette comédie ukrainienne de science-fiction,
sortie le 20 novembre dernier dans son pays
d’origine – et qui a déjà eu une première belle vie en
festivals* –, The Jokers ne prévoit pas de sortie nationale
en France. Mais il compte bien l'emmener à la rencontre
du public avec des projections sous visa exceptionnel…
et qu’il souhaite accessibles à la communauté ukrainienne
non-francophone en exil. L'un des personnages principaux
du film s'exprimant en français, le distributeur
a donc prévu une version sous-titrée en ukrainien.
des créations françaises et internationales ». En France,
trois titres sont prévus pour 2026, à commencer par
Alice au pays des merveilles : Dive in Wonderland le
14 janvier. Cette adaptation du roman de Lewis Carroll
par le réalisateur Toshiya Shinohara suit Lise, une
étudiante qui atterrit au Pays des merveilles, et se
retrouve guidée par une certaine Alice dans un mystérieux
périple. Viendront ensuite deux sorties sur visa
exceptionnel. D’abord The Dangers in My Heart :
The Movie les 14 et 15 février, à partir de l’anime du
même nom, puis Assassination Classroom the Movie :
Our Time les 28 et 29 mars, qui réunit l’ensemble des
épisodes écartés de la série pour des raisons de rythme
et de format.
Plusieurs cinémas ont déjà pris la suite du cinéma
Henri Langlois de Franconville pour organiser ces
séances spéciales, dont Les 2 Scènes de la Maule
(Yvelines) le 7 décembre, en attendant les rendez-vous
prévus à Bordeaux, Lyon, Nice, Rennes, Saint-Germain-en-Laye...
*Œil d'or et Prix Ciné+ Frisson du meilleur long-métrage international au PIFFF
(2024), Prix du public aux Utopiales à Nantes (2024), Octopus d'or et Méliès
d'argent au Festival européen du film fantastique de Strasbourg (2024), Grand
Prix et Prix du Jury à Hallucinations collectives à Lyon (2024), Prix du public au
festival du Premier film d'Annonay (2025), Prix du public et prix de la jeunesse
au Festival du film fantastique de Neufchâtel (2025).
©CGR Events/ADN ©The Jokers
CinéAccess, pour des
séances à l’écoute
Validée dans les cinémas CGR et en cours de
déploiement dans tout le circuit, une nouvelle
solution ambitionne de répondre aux besoins
audiovisuels et d’accessibilité sensorielle de l’ensemble
des salles.
Pour bénéficier des services d’audiodescription, de
bande son renforcée ou de la combinaison des deux,
les spectateurs n’auront besoin que de leur smartphone,
de leurs écouteurs… et de l’application – gratuite –
CinéAccess. Pour diffuser ces flux, la salle doit de son
côté s’équiper d’un boîtier CinéStreams, qui centralise
les principaux réglages audio et vidéo et trouve naturellement
sa place dans la cabine de projection.
Cette solution multimédia clé en main doit permettre,
bien au-delà de l’accessibilité sensorielle, de gérer tous
types de contenus alternatifs, qu’il s’agisse de diffusion
en direct, en ligne (pages web, vidéos YouTube…),
de lecture de fichiers (directement depuis une clé USB
ou via l’interface de gestion intégrée), ou d’ambiances
sonores.
À noter que le dispositif disposera également d’une
fonction sous-titrage, actuellement en cours de
finalisation.
À retrouver avec ce numéro :
UNE ANNONCE WOUF DE KMBO !
U Are the Universe, en compagnie du dernier homme de la Terre à la recherche de l’amour intergalactique
N°506 / 17 décembre 2025
11
AVANT-PREMIÈRES NATION
CONTACTEZ LUCIEN POUR ORGA
MICHÈLE
LAROQUE
74 FILMS PRÉSENTE
AHMED
SYLLA
KAARIS
PHOTOS : EDDY BRIERE
AVEC
SANDRA
PARFAIT
ELLE N’EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ !
UNE COMÉDIE
D’AHMED SYLLA
ET LA PARTICIPATION
AMAURY
D’ICHEM
CINDY
DE CRAYENCOUR BOUGHERABA BRUNA
SCÉNARIO DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA
AU CINÉMA LE 11 FÉVRIER
&CHANTAL
LADESOU
© 2026 74 FILMS - PAN DISTRIBUTION - STUDIOCANAL - M6 FILMS
74 FILMS PRÉSENTE
© 2026 74 FILMS - PAN DISTRIBUTION - STUDIOCANAL - M6 FILMS
&
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ALES LE JEUDI 8 JANVIER
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MICHÈLE
LAROQUE
74 FILMS PRÉSENTE
AHMED
SYLLA
KAARIS
AVANT RÉVÉLATION
DU FILM
ANNONCE
PHOTOS : EDDY BRIERE
ELLE N’EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ !
UNE COMÉDIE D’AHMED SYLLA
LE 11 FÉVRIER
MICHÈLE
LAROQUE
AHMED
SYLLA
KAARIS
ELLE N’EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ !
UNE COMÉDIE
D’AHMED SYLLA
ELLE N’EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ !
ET LA PARTICIPATION
AMAURY
D’ICHEM
CINDY
PARFAIT DE CRAYENCOUR BOUGHERABA BRUNA
SCÉNARIO DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA
STEPHEN MÉANCE MONTAGE
THOMAS BÉARD DÉCORS ISABELLE DELBECQ COSTUMES CAMILLE RABINEAU 1ÈRE ASSISTANTE RÉALISATEUR JULIE-ANNE SIMON DIRECTRICE DE PRODUCTION CLÉMENCE NEVOT MUSIQUE ORIGINALE MAXIME DESPREZ & MICHAËL TORDJMAN SON FRANK DUVAL CLÉMENT MAURIN
ÉCRIT PAR DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA RÉALISÉ PAR AHMED SYLLA PRODUIT PAR DANIEL TORDJMAN UNE COPRODUCTION 74 FILMS - PAN CINEMA - STUDIOCANAL - M6 FILMS AVEC LA PARTICIPATION DE
CANAL+ CINÉ+ M6 &
© 2026 74 FILMS - PAN DISTRIBUTION - STUDIOCANAL - M6 FILMS
SANDRA
PARFAIT
&CHANTAL
LADESOU
AMAURY
DE CRAYENCOUR
UNE COMÉDIE
D’AHMED SYLLA
SCÉNARIO DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA
ISABELLE DELBECQ COSTUMES CAMILLE RABINEAU 1 ÈRE ASSISTANTE RÉALISATEUR JULIE-ANNE SIMON DIRECTRICE DE PRODUCTION CLÉMENCE NEVOT MUSIQUE ORIGINALE MAXIME DESPREZ & MICHAËL TORDJMAN SON FRANK DUVAL CLÉMENT MAURIN & LOÏC GOURBE RESPONSABLE POST-PRODUCTION MORGANE LE GALLIC
DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA RÉALISÉ PAR AHMED SYLLA PRODUIT PAR DANIEL TORDJMAN UNE COPRODUCTION 74 FILMS - PAN CINEMA - STUDIOCANAL - M6 FILMS AVEC LA PARTICIPATION DE
CANAL+ CINÉ+ M6 & W9
ET LA PARTICIPATION
D’ICHEM
BOUGHERABA
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&CHANTAL
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PHOTOS : EDDY BRIERE
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Renaud Davy, directeur des ventes I renaud@pan-groupe.com I 06 14 65 04 54
Lucien Paris, programmateur I lucien@pan-groupe.com I 06 08 74 48 90
MATÉRIEL DISPONIBLE CHEZ DISTRIBUTION SERVICE
Samuel Vaugeois I samuel.vaugeois@distri-service.com I 01 34 29 44 26
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Art et essai
Guillaume Bachy et Antoine De Baecque
HISTOIRE(S) DE LA
CINÉPHILIE
©Jules Dreyfus
Dans le cadre des célébrations de
ses 70 ans, l’AFCAE a organisé, du 3
au 5 décembre derniers, un colloque
intitulé « La cinéphilie d’hier à
demain », où ont discuté et théorisé
chercheurs, critiques et exploitants.
« L’idée nous est venue de fêter la cinéphilie pendant trois
jours », a affirmé en ouverture du colloque Guillaume
Bachy, président de l’Association française des cinémas
d’art et d’essai. Une occasion de dresser les contours
de cette notion, ce qu’elle implique en tant que
spectateur, exploitant ou universitaire, et son état à
une époque où l’offre est fragmentée, et l’écosystème
français contesté. « La cinéphilie est bien plus que
l’amour du cinéma comme un objet. C’est la passion
d’un art vivant qui se partage, s’éprouve. C’est le rituel
de la salle de cinéma, de la séance, la découverte, l’altérité,
l’émotion cathartique, les débats parfois animés, mais
toujours amicaux », énonce Guillaume Bachy. Et alors
que les salles traversent une période de fréquentation
plus que morose, l’historien et critique Antoine De
Baecque rappelle qu’à l’occasion des 100 ans du
cinéma, en 1995, « on prédisait leur disparition ». La
génération de cinéphiles qui s’est construite alors était
« en déroute » à cause de la fermeture de nombreux
cinémas, contrairement à celle d’aujourd’hui, qui a
« reconquis les salles, en même temps que d’autres espaces
de cinéphilie : cette cinéphilie du temps d’Internet et de
nouveaux lieux de l’amour du cinéma que peuvent être
un musée, une exposition, un livre, une revue, un forum
de discussion, un café ».
LA CINÉPHILIE EST BIEN
PLUS QUE L’AMOUR DU
CINÉMA COMME UN
OBJET. C’EST LA
PASSION D’UN ART
VIVANT QUI SE
PARTAGE, S’ÉPROUVE.
Guillaume Bachy,
président de l’AFCAE
14 N°506 / 17 décembre 2025
De gauche à droite : Carole Desbarats, Gabriel Bortzmeyer,
Alixe Gallois, Pauline Chasserieau et Catherine Mallet
Table ronde ciné-clubs. De gauche à droite : Margot Merzouk,
Lilou Parente, Marion Polirsztok, Benjamin Léon, William Robin,
Antonin Crozet et Alex Masson.
La cinéphilie, un chemin sinueux de la
classe à la salle
S’il n’y a pas d’âge pour être cinéphile, y en a-t-il un pour
le devenir ? L’enfance, cette période charnière où se
façonnent goûts et centres d’intérêts, reste plus que jamais
dans le viseur des professionnels de la Culture, désireux
de séduire et préparer les jeunes à devenir un public fidèle
demain. Dans cette quête, le lien entre l’école et la salle
de cinéma a été questionné lors d’un échange vivant entre
Gabriel Bortzmeyer (professeur en classes préparatoires
aux grandes écoles), Pauline Chasserieau (directrice
générale de l’ACAP - Pôle régional images), Alice Gallois
(autrice de la thèse Lycéens et apprentis au Cinéma en
Occitanie) et Catherine Mallet (directrice du cinéma La
Cascade à Martigues), modéré par Carole Desbarats
(enseignante, critique et historienne).
« Il y a de plus en plus de jeunes qui indiquent ne pas voir
de films, quel que soit le support », ont évoqué les intervenants,
citant la concurrence des réseaux sociaux, le manque
de temps ou d’envie. De quoi établir un lien direct avec
le fait que, « lorsqu’elle n’existe pas enfant, la pratique d’aller
au cinéma a peu, voire aucune chance de s’établir plus tard ».
Les participants ont donc souligné le rôle essentiel des
dispositifs scolaires pour familiariser les jeunes au cinéma
– 15 % des élèves sont allés en salles pour la première
fois grâce à l’école –, tout en pointant l’importance de
soigner leur accueil. « La salle de cinéma reste, pour la
plupart des élèves, un lieu consacré au dispositif Ma Classe
au cinéma, et moins une sortie hors temps scolaire. Pour
autant, l’incarnation du lieu par un exploitant, qui facilite
la prise de parole et se montre à l’écoute, est un argument
majeur pour les jeunes. » Cela permet de s’affirmer comme
espace de bien-être, mais aussi d’exception, où sera
proposée une expérience immersive unique. La première
impression est déterminante à tout âge. En laisser une
positive lors des séances Ma Classe au cinéma, c’est donc
favoriser l’émergence d’un désir cinéphile chez les jeunes.
©AFCAE
©AFCAE
©Jules Dreyfus ©Jules Dreyfus
Patrick Boucheron et Natacha Laurent
Table ronde critiques. De gauche à droite : Mélanie Toubeau, Simon Riaux, Charlotte Garson
Les ciné-clubs, un enjeu cinéphile lié à
leur géographie
Installés depuis des décennies, les ciné-clubs ont dû
s'adapter aux différentes mutations du secteur pour
pérenniser leur activité. Démultipliés à Paris et dans les
grandes villes où s’exhibent la grande richesse de leurs
propositions, leur nombre se fait plus contenu dans les
zones rurales. À cette disparité géographique s’ajoute une
approche éditoriale différente, comme l'a montrée la
table ronde réunissant Antonin Crozet (fédération des
ciné-clubs de la Méditerranée), Isabelle Gibbal-Hardy
(Le Grand Action à Paris), Margot Merzouk (ciné-club
Elles en font des caisses à Paris), Marion Polirsztok et
Benjamin Léon (ciné-club Ciné-Tambour à l’Université
Rennes 2), Lilou Parente (ciné-club Contre-plongée à
Paris) et William Robin (association Sceni Qua Non à
Nevers), modérée par le critique Alex Masson.
Le cinéma arrive au Collège…
de France
En ouverture de la journée du vendredi, l’historien
Patrick Boucheron a annoncé la création dès l’année
prochaine d’une chaire universitaire de cinéma au
Collège de France, financée par le CNC. Une « occasion
de parler d’art, mais aussi d’industrie, d’économie…
de cinéma dans tous ses états », et de panser les plaies
de « l’histoire contrariée » entre le septième art et
l'institution, cette dernière ayant notamment écarté
Jean-Luc Godard qui souhaitait y enseigner.
N°506 / 17 décembre 2025
15
Art et essai
À Paris, face à une programmation très riche dans les
salles, les ciné-clubs se doivent d’innover et de mettre
en avant un cinéma rare et alternatif. A contrario, dans
certains territoires, le ciné-club s’appuie davantage sur
les sorties proposées par les distributeurs, notamment
de patrimoine. La volonté est principalement d’éveiller
ou de développer la cinéphilie de spectateurs moins
familiarisés, plus que de la parfaire ou de l’approfondir
comme c’est la cas dans la capitale, où le ciné-club peut
toucher un public qui n’est pas uniquement celui de
la salle. Et sur cet aspect, la salle comme le ciné-club
font face à un défi commun : élargir leur spectre pour
continuer à prospérer.
Voir, montrer et parler
Dans la continuité de la table ronde « Comment regarder
les films d’hier avec les yeux d’aujourd’hui ? » organisée
aux Rencontres art et essai répertoire, l’AFCAE s’est
interrogée sur « L'évolution de la cinéphilie au regard des
transformations sociétales ». Un sujet traversé aussi bien
par le point de vue du spectateur que celui de l’exploitant,
à l’instar de Myriam Djebour-Ferry, modératrice de la
discussion, qui relatait les manifestations intervenues
LORSQU’ELLE N’EXISTE
PAS ENFANT,
LA PRATIQUE D’ALLER
AU CINÉMA A PEU,
VOIRE AUCUNE CHANCE
DE S’ATTRAPER
PLUS TARD
©Jules Dreyfus
Christian Bräuer, président de la CICAE
©AFCAE
De gauche à droite : Guillaume Bachy, Charline Tabaraud, Élise Mignot, William Benedetto,
Myriam Djebour Ferry et Stéphane Goudet
©Jules Dreyfus
Martin Jauvat (réalisateur) et Myriam Djebour Ferry
devant son cinéma Les Carmes à Orléans contre J’accuse
de Roman Polanski. Et si l’ensemble des panélistes s’accorde
à dire qu’il est nécessaire de tout voir – notamment
pour « faire fonctionner sa pensée critique », selon l’historienne
Laure Murat –, la réalisatrice et critique Axelle
Ropert souligne que « certains films méritent une mise en
contexte ». Un travail qui peut être réalisé par les critiques,
permettant de « rentrer dans la matière du film, quitte à
ce que chaque spectateur défende un autre point de vue »
pour Sabine Putorti, directrice de l’Institut de l’image à
Aix-en-Provence et responsable adjointe du groupe
répertoire de l’AFCAE. L’évolution de la cinéphilie ne
peut ainsi se faire sans oublier l’Histoire du cinéma et
les films du passé qui, « y compris dans leurs ce qu’ils ne
contiennent pas, permettent d’avancer et de s’éveiller », selon
Sébastien Denis, professeur d’histoire.
Une discussion qui faisait suite à l’intervention de Natacha
Laurent, maîtresse de conférences en histoire
contemporaine à l’Université Toulouse Jean-Jaurès, sur
l’acte de programmation d’un film « abîmé ». Un terme
« forgé à l’origine pour désigner les films récents, dont la
production a été accompagnée de violences sexistes et sexuelles »,
mais qui désormais concerne également le patrimoine.
Ce dernier devient en effet de plus en plus sujet à des
remises en question suite à des heurts et des réactions du
public, appelant à quatre « attitudes », qui apportent toutes
leurs lots de questions : “éviter” (ne pas ou ne plus
programmer un film considéré comme sensible), “prévenir”
(à travers des avertissements en amont de la séance),
“segmenter” (concevoir des séances pour un public
particulier) et “contextualiser” (mettre en relation un
film avec son environnement de production et de réception).
Pour la chercheuse, ces questions sont la preuve
que « le patrimoine cinématographique n’est pas un objet
immuable », mais bien un objet du présent : « C’est ainsi
qu’il s’est construit depuis maintenant plus d’un siècle. Mais
encore faut-il laisser au passé, et donc à ces films anciens, la
capacité de nous apporter les réponses aux questions que le
présent leur pose. »
Et demain ?
En clôture, Antoine de Baecque a imaginé la cinéphilie
future comme étant plurielle, et rassemblant une « simultanéité
des manières et des pratiques ». Mais demain sera
également fait de « combat pour défendre des acquis, des
valeurs qui nous sont chères, a avancé le public, car en face
des cinéphiles, il y a aussi des cinéphobes ». Enfin, Guillaume
Bachy a rappelé la nécessité du soutien des pouvoirs publics
pour entretenir la cinéphilie, qui s’exprime sous différentes
typologies – indirecte, non professionnelle, non érudite,
profonde, active et passive – et sur tout le territoire :
« Ces trois jours ont été également l’occasion d’apprendre que
le ou la cinéphile est “moche, solitaire, un peu dépressif” [avait
énoncé Axelle Ropert, ndlr.], mais qu’il sera sauvé par le
cinéma et qu’en transformant nos dévots individuels en passions
collectives, peut-être que la vie sera plus belle. »
Tanguy Colon et Jules Dreyfus
16 N°506 / 17 décembre 2025
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Éducation à l’image
FAIRE DU CINÉMA UNE MATIÈRE À PART ENTIÈRE,
C’EST UNE GRANDE VICTOIRE
AURÉLIE DELAGE
présidente de la commission éducation à l’image de la FNCF
Après les annonces du gouvernement
sur l’éducation au cinéma, la
représentante de la FNCF partage
son enthousiasme et ses inquiétudes,
notamment sur le budget de la part
collective du pass Culture.
Inscrire l’éducation à l’image dans tous les programmes
scolaires, « c’est une grande victoire » pour Aurélie Delage,
quand l’objectif de passer de 2 à 4 millions d’élèves dans
les dispositifs de Ma classe au cinéma, est « une annonce
merveilleuse ». Et quand elle est faite par les deux ministres
de tutelle ensemble, c’est « un signe très encourageant »
pour la représentante de la FNCF, qui a vu se succéder
cinq ministres de l'Éducation nationale ces dernières
années. « On ne pouvait rêver mieux qu’Édouard Geffray »
à ce poste, après la publication de son rapport qui prenait
en compte la contribution des acteurs de la filière.
Un rapport qui, bien que paru le jour de la chute du
gouvernement Bayrou, est donc passé « très rapidement
à une mise en œuvre », prévue pour la rentrée 2026. « Dans
un contexte de fréquentation morose, ce sont des nouvelles
qui font du bien », se réjouit la représentante de la FNCF,
où, au sein de la commission qu’elle préside, « les retours
des exploitants sont unanimes ». Car au-delà des mesures
en elles-mêmes, on salue la volonté très forte du CNC
de les accompagner. « Depuis plusieurs mois, Gaëtan Bruel
témoigne de son attachement à l’éducation au cinéma et on
constate que les équipes du CNC sont très investies. »
Financement et part collective
Mais si le CNC vient en renfort des collectivités, le
financement des dispositifs et des nouvelles mesures
soulève des points d’inquiétude. « Nous espérons des
éclaircissements dans les prochaines semaines » sur la répartition
des 8 millions d’euros annoncés par la ministre de
la Culture et, surtout, la grande incertitude concerne
toujours le budget alloué à la part collective du pass
Culture, qui relève de l'Éducation nationale. « Une première
enveloppe a été annoncée jusqu’à fin décembre, mais rien
pour les deuxième et troisième trimestres de cette année
scolaire, rappelle Aurélie Delage. Pour le mois prochain,
nous n’avons aucune visibilité et les enseignants n’osent pas
réserver de séances. » Si certains établissements scolaires
ont trouvé des budgets permettant de maintenir les
inscriptions à la rentrée, l’année scolaire entière pourrait
Aurélie Delage dans l’émission Boxoffice Pro du 4 décembre 2025
Emission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
être très difficile. Car aujourd’hui, « pour des raisons
d’équité, on ne peut plus demander aux parents de financer
cette éducation au cinéma ». Alors avant d’espérer atteindre
les 4 millions dans les deux ans à venir, « il ne faut pas
s’effondrer sur cette année, pour amorcer une hausse dès la
rentrée 2026 ».
Regagner des territoires
Du côté de la capacité des salles, l’objectif de doubler le
contingent d’élèves est « réalisable » selon Aurélie Delage,
« en mobilisant l’ensemble des exploitants – petits, moyens
et gros – et les circuits itinérants, là où il n’y a pas de salle
de cinéma et pas de transport, comme cela a été annoncé ».
Mais la FNCF sera très vigilante et réaffirme sa ligne
rouge : « Ces projections doivent avoir lieu dans des salles
de cinéma, ou sur des points de passage déjà opérés par les
itinérants ; pas dans les établissements scolaires. L’éducation
au cinéma, c’est la salle de cinéma. »
Pour que cette amplification se fasse dans l’équité territoriale,
« il faut ainsi convaincre les collectivités de se
réengager, pour regagner des établissements que nous avions
perdu ces dernières années ». Et en particulier les
©Jules Dreyfus pour Boxoffice Pro
18 N°506 / 17 décembre 2025
départements qui ont totalement déserté Collège et
cinéma. Il est d’ailleurs important – et prévu dans le
plan – de valoriser les collectivités qui s’engagent : c’est
l’idée de l’affichage dans les établissements scolaires et
du clip « à projeter à toutes nos séances, pour montrer que
le travail d’éducation à l’image et à la démocratie est fait
dans nos salles, en mentionnant le soutien des collectivités ».
Aurélie Delage souligne aussi le problème majeur des
transports, que le soutien du CNC ne suffira pas à régler.
« Nous espérons qu’une partie du plan sera fléché vers le
transport, sans quoi l’objectif d’atteindre les 4 millions
d’élèves sera intenable. »
PASS CULTURE :
UNE ÉTUDE INDÉPENDANTE DONNE
L’AVIS DES JEUNES
Alors que la part individuelle du pass Culture est à nouveau mise en cause dans le cadre du PLF
2026, une étude d’Ipsos indique qu’elle correspond à un besoin, pour les jeunes de tous les milieux
sociaux.
Importance de la formation
La massification des dispositifs pose à nouveau la question
de la formation, aussi bien des enseignants que des
exploitants. « Tous les cinémas n’ont pas les mêmes moyens
humains pour accueillir les élèves, notamment ceux qui
fonctionnent avec des bénévoles. » La commission éducation
à l’image de la FNCF a notamment travaillé avec
L’Archipel des Lucioles sur une fiche pratique, expliquant
comment accueillir du public jeune et en particulier les
tout-petits. Et en attendant d’en savoir plus sur la formation
courte prévue pour les exploitants, « cette fiche,
disponible sur le site de la FNCF, donne déjà des bases à
beaucoup de salles ».
Pour les enseignants, les réformes de l’Éducation nationale
qui se sont succédé depuis 2023 – notamment celle
du remplacement de courte durée – ont affecté la formation
de façon très inégale selon les académies. « Or, la
formation en présentiel est indispensable : voir un tuto sur
internet ne suffit pas. » Et notamment pour accompagner
les professeurs sur des films aux sujets “sensibles” et éviter
l’autocensure. « Pour Collège et Lycéens au cinéma, certains
enseignants font l’impasse sur des films de crainte de heurter
les parents, rapporte Aurélie Delage. Il faut qu’ils puissent
contextualiser un film, aussi bien auprès des élèves que de
leurs parents. Les dispositifs reposent sur cette passation :
le travail qui est fait avant et après la projection. Les exploitants
en sont conscients. »
Inscrire l’éducation à l’image dans un
référentiel
Plus largement, la création d’un diplôme interuniversitaire
(DIU) « est un point essentiel de valorisation et de reconnaissance
du travail des enseignants, et va développer leur
capacité à transcrire les images ». Une mesure qui complète
le sens général du plan, qui est d’inscrire l’éducation au
cinéma et à l’image dans la scolarité de tous les élèves,
dès la rentrée 2026. Face à la profusion des réseaux
sociaux, « l’école doit permettre l’analyse des images, mais
aussi un éveil culturel que toutes les familles n’apportent pas,
souligne Aurélie Delage. C’est la première mesure clé
annoncée : des référentiels pour intégrer des passerelles entre
chaque discipline et le cinéma. On sent la volonté d'Édouard
Geffray de faire du cinéma une matière à part entière, ce
dont j’aurais rêvé en tant qu’élève ! »
Et en tant qu’exploitante, Aurélie Delage sait aussi que
« c’est en donnant une culture cinéma à un élève dès l’enfance…
qu’il ira plus dans les salles à l’âge adulte ».
Cécile Vargoz
« Le pass Culture poursuit son ambition de faire découvrir
aux jeunes toute la richesse culturelle de notre pays, en
particulier à ceux qui en sont le plus éloignés », réaffirme
la SAS en charge du dispositif, en dévoilant une étude
indépendante menée par l’institut Ipsos auprès de jeunes
de 15 à 21 ans, pour connaître leur relation à la culture
en général et au pass en particulier. En rappelant que
90 % des jeunes de 18 ans se sont saisis aujourd’hui du
pass Culture, et que 40 % résident en zones rurales ou
en quartiers prioritaires de la ville, l’étude d’Ipsos montre
aussi leur satisfaction : 9 sondés sur 10 déclarent apprécier
le pass Culture et 4 sur 5 disent qu’il leur donne une
meilleure image des pouvoirs publics.
Un point à méditer pour les parlementaires, dont
certains voudraient supprimer la part individuelle du
pass pour ne garder que la part collective. En se référant
notamment à de précédents rapports de la Cour des
comptes et de l’Igac, le rapporteur général du budget
au Sénat, Jean-François Husson, a récemment appelé
à « supprimer les crédits consacrés à la part individuelle
du pass Culture », jugeant le « dispositif coûteux et largement
inefficace en termes d’ouverture sociale, voire
anti-redistributif ».
L’étude d’Ipsos confirme que l’aspiration à la culture
est moins forte dans les agglomérations rurales, et le
sentiment que la culture est trop compliquée pour eux
concerne 54 % des jeunes issus de milieux modestes,
contre 38 % de ceux de milieux aisés.
Or parmi ceux qui veulent développer leur culture
artistique, près de 1 jeune sur 2 déclare être freiné par
les contraintes financières, et c’est ce qui motive 49 %
d'entre eux à s’inscrire à l’application. Ils estiment aussi
comme essentiel de pouvoir utiliser le pass Culture en
autonomie (42 %), sont attirés par la diversité des offres
proposées (39 %) et par le fait que cet instrument de
politique publique met tous les jeunes au même niveau
(32 %).
Le pass Culture répond à un besoin,
dans tous les milieux sociaux
Chez les 18-19 ans, la notoriété du pass est en
hausse, et son adoption est homogène dans tous
les milieux sociaux. Parmi ceux qui ont téléchargé
l’appli, 92 % des jeunes de milieu aisé utilisent les
crédits et 94 % chez les jeunes de milieu plus modeste.
Dans l’ensemble, quasiment tous les jeunes (94 %)
déclarent que ce dispositif leur plaît et, pour 73 %,
il donne une bonne image de l’action des pouvoirs
publics en faveur de la culture.
Enfin, l’étude d’Ipsos souligne les apports du pass
Culture pour la découverte de lieux et pratiques :
40 % de ceux qui l’ont utilisé se sont tournés vers
des offres vers lesquelles ils n’avaient pas l’habitude
d’aller ; 73 % de ceux qui se sont inscrits déclarent
que cela leur a donné envie de s’intéresser davantage
à un ou plusieurs domaines culturels ; et 87 % ont
déjà conseillé à des proches des activités culturelles
grâce au pass Culture.
Pour rappel, les jeunes utilisent cette part individuelle
pour aller au cinéma, qui en 2024 a représenté 26
% des réservations faites avec l’appli, 2 e poste après
le livre. Sur les 3 millions de séances auxquelles les
jeunes ont assisté avec le pass Culture cette année-là,
plus de 660 000 étaient pour des films art et essai
(en hausse de plus de 40 % vs 2023). Pour un total
de 7 millions d'entrées en comptant les entrées
"duo" et les cartes...
Cécile Vargoz
N°506 / 17 décembre 2025
19
Distribution
LE PARI LÉGENDAIRES DE LA PAN
La BD culte de Patrick Sobral, écoulée
à 10 millions d’exemplaires – sans
compter ses spin-offs, son adaptation
au format manga, en série animée,
en jeu de rôle… – devient un long
métrage de cinéma réalisé par
Guillaume Ivernel, attendu pour le 28
janvier 2026. Sa productrice, Nathalie
Gastaldo Godeau, et David Baudry,
directeur de la distribution chez
Pan, reviennent sur une aventure
qui ambitionne d’aller bien au-delà
des fans de la première heure…
et marquer son empreinte dans
l'histoire de l’animation française.
©Pan
Quelle a été votre première motivation à vous
lancer dans le projet Légendaires ?
Nathalie Gastaldo Godeau : Comme beaucoup d’autres,
mes enfants étaient fans ; cette bande dessinée, qui sortait
au rythme d'un tome par an, a notamment accompagné
mon fils aîné de l’enfance à l’adolescence. De tels succès
sont rares dans la BD française, et ses droits étaient libres.
Alors, il y a environ sept ans, j'ai contacté son
éditeur Delcourt…
Comment avez-vous abordé l’adaptation d’un
univers si établi, apprécié, et dès lors, probablement
sanctuarisé ?
Nathalie Gastaldo Godeau : Avant tout en compagnie
de l’auteur lui-même. Patrick Sobral a, dès le début,
été très impliqué dans le projet. Patrick a un grand recul
sur sa propre œuvre, et un incroyable contact avec sa
communauté de Légenfans. Mais il fallait également
nous “détacher”, en créant une histoire originale qui,
tout en reprenant l’univers existant, devienne un nouvel
objet, avec des personnages encore plus caractérisés,
dont le scénario a été confié à Antoine Schoumsky,
épaulé par Hélène Grémillon, et toujours avec l‘implication
de Patrick Sobral.
Mais avec un film, apparaît forcément un autre
auteur, à savoir le réalisateur…
David Baudry : Guillaume Ivernel est un très bon filmeur,
avec un incroyable sens de la mise en scène. La dimension
épique était visible dès la préviz’.
Nathalie Gastaldo Godeau : Et il est arrivé avec toute
une équipe de talents : de très bons techniciens qui
avaient planché sur Moi, moche et méchant, Minuscule…
Sachant que nous avons commencé par les voix, sur
lesquelles nous avons beaucoup travaillé pour que la
mise en scène se base sur une “chair” qui apporte l’émotion
et les messages, qu’elle serve une bonne histoire,
pas juste de belles images gratuites.
Avez-vous eu des difficultés à trouver les financements
pour un projet certes prometteur, mais
également onéreux ?
Nathalie Gastaldo Godeau : Le budget des Légendaires
représente en effet 18 millions d’euros. Tous nos partenaires
habituels ont répondu présent, mais avec pour
David Baudry (directeur de la distribution) et Nathalie Gastaldo Godeau (productrice chez Pan)
NOUS NOUS DEVONS DE
NE PAS DÉCEVOIR LES
FANS. POUR AUTANT,
L’IDÉE D’UN FILM FAMI-
LIAL EST DE PLAIRE AUX
PETITS COMME
AUX GRANDS
David Baudry,
directeur de la distribution chez Pan
certains, des montants d’engagements à la baisse étant
donné le marché actuel. Le plan de financement nous
a occupés à plein temps durant un an et demi ; nous
avons présenté le projet à toutes les Régions, eu les
Sofica… et fabriqué beaucoup de matériel pour être
convaincants, quitte à frapper aux portes plusieurs fois.
Nous avons aussi un coproducteur belge, Belvision,
même si Pan est le seul producteur délégué sur le film.
Aujourd’hui, la même ambition doit être de mise
pour les préparatifs de sortie…
David Baudry : Nous avons prévu un budget de 1,5
millions d’euros, pour ce qui va représenter la plus
grosse sortie de Pan depuis les Largo Winch et Mr.
Nobody de Jaco van Dormael (2010) – que
Pan-Européenne avait produit, mais sorti avec Wild
Bunch et Pathé. Et je suis intimement convaincu que
Les Légendaires, que nous prévoyons de sortir sur environ
600 copies, sera le film d’animation des vacances
d’hiver 2026.
Pourquoi cette date ?
David Baudry : Les Légendaires a les mêmes attraits que
les productions américaines du genre, mais l’option
Noël était difficilement envisageable avec les deux
Disney à destination très familiale que sont Zootopie
2 et Avatar 3. L’ambition est grande, on met les moyens,
mais les studios en mettent toujours beaucoup plus.
Par ailleurs, la case des vacances d’hiver se déployant
sur quatre, voire cinq semaines, laissera tout le temps
à Légendaires de “s’exprimer” pleinement.
D’ici là, comment se déploie le plan marketing ?
David Baudry : Il a commencé il y a presque un an où
nous avons présenté la première affiche préventive, très
bien accueillie d’ailleurs. Puis au fil des mois, nous
avons dévoilé d'autres affiches teasers, avec l’idée de
nous adresser en premier lieu à la communauté, puis
des teasers cinéma (en ligne et dans les salles), dans la
continuité de notre stratégie de sortie.
Nous avons également fait un test grandeur nature avec
une première salve d’avant-premières, le 9 novembre
dernier. Nous les avons proposés dès le mois d'août,
quand nous avons eu l’assurance de la production d’une
livraison du film en octobre, à cinquante cinémas
répartis sur toute la France, selon un maillage qui
permettait à n'importe quel fan d’avoir une avant-première
à moins d’une heure de chez lui, les cinémas
étant par la suite départagés en fonction des parts de
marché qu’ils avaient représenté sur Vaiana 2. Quand
un cinéma atteignait 200 préventes, il avait le droit
“d’ouvrir” un autre cinéma à l’avant-première : c’est
22 N°506 / 17 décembre 2025
POUR CETTE ADAPTATION CINÉ, IL NOUS FALLAIT REPRENDRE
L’UNIVERS EXISTANT, TOUT EN CRÉANT UN NOUVEL OBJET,
AVEC DES PERSONNAGES ENCORE PLUS CARACTÉRISÉS
Nathalie Gastaldo Godeau, productrice
©Pan Distribution
Les Légendaires débarquent au cinéma le 28 janvier 2026.
ainsi que, par exemple, l’UGC Bercy a désigné l’UGC
Bordeaux, ou que le Grand Écran de Limoges a “ouvert”
la voie au Grand Écran de Sainte-Eulalie. Ainsi, le 9
novembre, les avant-premières proposées dans un total
de 56 cinémas ont rassemblé 7 000 spectateurs.
Et ceci près de trois mois avant la sortie du film,
et avant que Pan Distribution n’ait engagé aucun
marketing payant…
David Baudry : En effet, c’est ce que j’appelle la mesure
du “Beyoncé effect”. Pour pouvoir pleinement apprécier
la force de la proposition, il ne fallait aucun biais. Tous
les cinémas participants ont communiqué à leur niveau,
localement, avec leurs atouts, et une évidente émulation.
Certes, il y a de la disparité dans les résultats, mais en
moyenne – en excluant l’avant-première du Grand Rex
de Paris avec les membres de l’équipe et celle de Limoges
en présence de Patrick Sobral, local de l’étape –, nous
avons eu 95 entrées par séance, soit autant que Le Robot
sauvage trois jours avant sa sortie [en octobre 2024,
ndlr.], au prime de sa communication. De la même
manière, sans tournée préliminaire, les avant-premières
sèches de Un p’tit truc en plus d’Artus avaient ressemblé
en moyenne 125 spectateurs, mais nous étions 15 jours
avant la sortie.
Depuis, d’autres avant-premières ont eu lieu, et
les investissements marketing vont commencer !
David Baudry : Nous avons des campagnes d’achat
de passages pendant les vacances de Noël. Le film
arrive également comme un beau cadeau pour la
cinquantaine d’arbres de Noël en entreprise qui sont
prévus. Pour l’occasion, Delcourt a réédité les deux
premiers tomes des “Légendaires”, reliés avec une
couverture souple, et un dessin original de Patrick
Sobral en quatrième de couverture, que nous vendons
aux CSE à prix coûtant, et qui nous serviront également
de goodies pour la suite.
Aussi, après le succès des avant-premières pendant la
Grande Journée des Enfants chez Pathé le 23 novembre,
le film sera présenté lors des Matinées magiques de
Kinepolis, le 4 janvier. L’avant-première officielle se
déroulera à l’UGC Bercy, le 18 janvier, avec des ateliers
de doublage et autres activités, avant les ultimes avant-premières
le dimanche qui précède. De quoi égayer un mois
de janvier qui peut être tristoune, mais aussi propice
aux surprises !
La nature des Légendaires vous a-t-elle inspiré
d’autres matériels de promotion spécifiques ?
David Baudry : L’intervention de l’auteur Patrick Sobral,
du réalisateur Guillaume Ivernel et du scénariste Antoine
Schoumsky à la Paris Games Week nous a donné l’idée
de créer, avec Nathalie, un petit documentaire de 6 à 8
minutes sur la fabrication du film. Il sera réalisé par l’école
de cinéma Eicar, qui accueille nos nouveaux bureaux à
Ivry, et mis à disposition des salles sous différents formats ;
sans oublier les contenus spécifiques que permet de
réaliser l’animation, comme pour les avant–premières,
en redoublant des extraits du film.
Pour être en phase avec la nature heroic fantasy de l’univers
Légendaires, le press junket du 12 janvier aura lieu au
musée médiéval de Cluny. Enfin, 15 jours avant la sortie
du film, sera mis en ligne un jeu Légendaires sur la
plateforme Roblox, que Pan développe avec la société
Rivrs, avec un événement live regroupant plusieurs
influenceurs et joueurs sur Twitch.
Beaucoup d’actions qui semblent cibler les
geeks et autres initiés…
David Baudry : Nous nous devons de ne pas décevoir
les fans. Pour autant, l’idée d’un film familial est de
plaire aux petits comme aux grands. Certes la “marque”
sécurise, mais nous devons toujours envisager les
choses comme si elles n’étaient pas connues. Nous
allons donc aller chercher ceux qui ne connaissent
pas les Légendaires, et en faire un film d’animation à
part entière, dont les parents seront aussi prescripteurs
que les enfants. C’est simple, il y a les fans ; allons
chercher tous les autres !
Nathalie, quels sont vos prochains projets de
production ?
Nathalie Gastaldo Godeau : Cette première aventure
dans l’animation m’a beaucoup plu et beaucoup appris,
notamment sur la gestion du temps, les compromis
qui ne sont pas forcément les mêmes que ceux du
live…. et l’esprit d'équipe. Je continuerai donc le défi
avec une adaptation 3D de… Lucky Luke. On y
retrouve Antoine Schoumsky au scénario, accompagné
de Bernard Campan en tant que co-auteur, mais
également réalisateur aux côtés de Célestine Plays.
Et bien sûr, nous espérons bien enclencher un Légendaires
2 dès que possible. Le premier volet cinéma a
nécessité beaucoup de recherche et développement,
devenant notamment le premier long métrage animé
3D à intégrer dans son pipe le moteur de jeu vidéo
Unreal – utilisé par Fortnite –, qui permet de faire
beaucoup de travaux en temps réel… Pour cela, nous
avons effectué des essais qui nous ont pris du temps,
mais qui finalement nous en ont fait gagner. Autant
d'assets et de moyens que nous comptons réenclencher
pour explorer le monde des Jaguarians et le personnage
de Gryf, mon préféré… avec un scénario signé cette
fois Antoine Schoumsky, Céline Ronté et…
Patrick Sobral !
Propos recueillis par Aysegül Algan
N°506 / 17 décembre 2025
23
Distribution
LE CNC CHIFFRE LE BILAN ÉCOLOGIQUE
DE LA DISTRIBUTION
Dans une étude intégrée dans son Plan Action !, le
Centre établit un diagnostic environnemental du
secteur en 2024 et propose des actions concrètes
pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
©Ad Vitam
D’après les données du CNC, 7 201 tonnes d’équivalent
CO₂ (tCO₂e) ont été émises par 18 distributeurs en
2024, soit une moyenne individuelle de 400 tCO₂e*,
qui équivaut à 165 allers-retours Paris-New York en
avion. Un niveau principalement porté par les plus
grandes structures, qui émettent en moyenne 1 045
tCO₂e par an. À noter que les 18 sociétés de distribution
interrogées représentent 187 films sortis en salles en 2024
pour 52,6 millions d’entrées.
Au global, les intrants (ensemble des achats de biens
matériels et prestations de services immatériels) sont de
loin la catégorie la plus polluante, avec en moyenne 348
tCO₂e rejetés par société. Cela comprend aussi bien le
marketing (80 %) que la technique (11 %), les prestations
de services et de bureau (6 %), les services numériques
(2 %) et la programmation (1 %). Le plan média est
particulièrement important, 231 tCO₂e étant en moyenne
rejetés par distributeurs, avec un pic à 740 tCO₂e pour
les structures les plus importantes. Parmi les autres
émissions, les déplacements représentent 21 tCO₂e par
structure. Un niveau principalement généré par les
tournées, notamment les trajets en avion et jet privé.
* Le CNC précise un niveau d’incertitude de plus ou moins 24 %, considéré comme « modéré ».
Le CNC a ainsi dressé un plan d’action pour la filière
afin de réduire ces émissions. Il est classé en trois
thématiques – envois de matériels promotionnels et
DCP en salles, achats marketing hors salles et affichage
extérieur, déplacements –, chaque action apportant
divers bénéfices et contraintes, et pouvant être appliquée
plus ou moins rapidement. Les mesures proposées vont
ainsi de la rationalisation de quantités de matériel
envoyées aux salles à une optimisation de la logique
géographique des soirées.
L’ensemble du plan est à retrouver sur le site du CNC,
qui va désormais mener une étude plus large sur l’ensemble
de la filière, mais qui ne devrait pas voir le jour
avant au moins un an.
Jules Dreyfus
Animal Totem de Benoît Delépine
À retenir en 2024
400 tCO₂e en moyenne par distributeur dont
348 tCO₂e pour les intrants
21 tCO₂e pour les déplacements
15 tCO₂e pour les déchets
6 tCO₂e pour les immobilisations
4,6 tCO₂e pour l’énergie
4,6 tCO₂e pour le fret
©Capricci
Liquidation judiciaire de Capricci…
Un mois après son placement en redressement judiciaire, Capricci Films a été placée
en liquidation par le tribunal de commerce de Nantes. La structure de distribution,
fondée à Nantes en 1999 par Thierry et Farid Lounas – également producteurs et
co-fondateurs magazine So Film –, aura sorti en salles plus d'une centaine de longs
métrages en 25 ans, contribuant à la découverte d’auteurs singuliers comme Albert
Serra, mais aussi de Hong Sang-soo, Wang Bing, ou encore Philippe Garrel ou Abel
Ferrara. Le distributeur était aussi très actif dans les rééditions, de Dreyer à Cronenberg
en passant par Godard, y compris à travers des rétrospectives consacrées à Mizoguchi,
Pialat ou encore Chantal Akerman en 2024. La dernière, sortie le 17 septembre dernier,
était la trilogie Gregg Araki “Teenage Apocalypse”.
La procédure de liquidation intervient dans le contexte houleux de témoignages dans
la presse accusant Thierry Lounas de harcèlement moral et sexiste au sein de ses équipes.
Sans qu’il y ait forcément de lien direct avec la triste fin de Capricci, cette situation a
fait réagir le GNCR, qui a exprimé son soutien aux victimes présumées et sa « solidarité
à tou·te·s les salarié·e·s dans cette lourde et difficile période. Cette dernière annonce marque
également la fin d’un label cinéphile dont la singularité a été portée, jour après jour, par des
équipes passionnées. Leur travail au service des œuvres a constitué, durant de longues années,
notre premier lien avec ces structures ».C.V.
… et de La Vingt-Cinquième Heure
En cessation de paiement depuis juillet 2024, la société a été placée en liquidation par
le tribunal de commerce de Bobigny le 26 novembre dernier.
La Vingt-Cinquième Heure a distribué 33 titres dans les salles françaises depuis 2014.
Son plus gros succès reste 16 levers de soleil avec Thomas Pesquet (52 000 entrées depuis
sa sortie en 2018), coproduit et réalisé par son président-fondateur Pierre-Emmanuel
Le Goff. La structure s’était particulièrement démarquée durant la crise Covid, avec les
séances virtuelles géolocalisées qu’elle proposait aux cinémas durant leur période de
fermeture. Une initiative qu’elle a prolongé avec son concept de séances Cuult’, en
France comme à l’étranger. Côté distribution, le dernier titre proposé par La Vingt-Cinquième
Heure est le documentaire La Chute du ciel d'Eryk Rocha et Gabriela Carneiro
Da Cunha, sur une tribu indigène de l'Amazonie brésilienne, et qui a rassemblé environ
8 000 spectateurs en février 2025. A.A.
©La Vingt-Cinquième Heure
Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma de Jean-Luc Godard... distribué par Capricci
16 levers de soleil
24 N°506 / 17 décembre 2025
LE COMBAT
POUR SURVIVRE
CONTINUE
GERARD BUTLER
MORENA BACCARIN
AU CINÉMA LE 14 JANVIER
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S51
17 DÉC
21 DÉC
S52
24 DÉC
S01
31 DÉC
4 JAN
S02
7 JAN
S03
14 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES 03h17 J.Cameron S.Worthington, Z.Saldana, S.Weaver
APOLLO FILMS HEIDI ET LE LYNX DES MONTAGNES 01h19 T.Schwarz et A.Roca Berridi L.Graffam, T.Zahner, L.Lucero
SHELLAC HISTOIRES DE LA BONNE VALLÉE 02h02 J.Luis Guerín
LA FIDÈLE STUDIO JONE SOMETIMES 01h20 S.Fantova Barrena O.Aguayo, J.Bengoetxea, A.Artetxe
NEXT FILM DISTRIBUTION KOGIS, ENSEMBLE POUR SOIGNER LA TERRE 01h15 A.Bouchet
WILD BUNCH DISTRIBUTION LA FABRIQUE DES MONSTRES 01h32 S.Hudson et T.Genkel A.Butterfield, J.Fry, R.Brydon
AD VITAM L'AGENT SECRET 02h40 K.Mendonça Filho W.Moura, G.Leone, M.Cândido
GAUMONT DISTRIBUTION L’ÂME IDÉALE 01h38 A.Vial J.Cohen, M.Lépine Blondeau, F.Janas
JOUR2FÊTE L'AMOUR QU'IL NOUS RESTE 01h49 H.Pálmason S.Garðarsdóttir, S.Gudnason, Í.Mekkín Hlynsdóttir
HAUT ET COURT LE CHANT DES FORÊTS 01h33 V.Munier V.Munier, M.Munier, S.Munier
LES ACACIAS L'ECHELLE DE JACOB 01h53 A.Lyne T.Robbins, E.Peña, D.Aiello
SOLARIS DISTRIBUTION LE CID 03h04 A.Mann C.Heston, S.Loren, G.Raymond
CARLOTTA FILMS LE QUAI DES BRUMES 01h31 M.Carné J.Gabin, M.Simon, M.Morgan
URBAN SALES LES ENFANTS DU LARGE 01h37 V.Tangvald
FRIDAY ENTERTAINMENT LIK: LOVE INSURANCE KOMPANY 02h30 V.Shivan K.Shetty, P.Ranganathan, Y.Babu
KMBO REBUILDING 01h35 M.Walker-Silverman J.O'Connor, M.Fahy, K.Reis
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PARAMOUNT PICTURES FRANCE BOB L'ÉPONGE - LE FILM : UN POUR TOUS, TOUS PIRATES ! 01h28 D.Drymon T.Kenny, C.Brown, B.Fagerbakke
ELKIN COMMUNICATION C'EST ARRIVÉ AU CINÉMA 00h11 B.Richaud M.Imbert, S.Nivault, B.Faure
FRIDAY ENTERTAINMENT IKKIS 02h24 S.Raghavan A.Nanda, Dharmendra, J.Ahlawat
METROPOLITAN FILMEXPORT LA FEMME DE MÉNAGE 02h11 P.Feig S.Sweeney, A.Seyfried, B.Sklenar
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION
(EX CINÉ SORBONNE) LA PANTHÈRE ROSE 01h55 B.Edwards P.Sellers, D.Niven, R.Wagner
MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION LA PIRE MÈRE AU MONDE 01h30 P.Mazingarbe L.Bourgoin, M.Robin, F.Loiret Caille
PYRAMIDE DISTRIBUTION LE MAÎTRE DU KABUKI 02h54 S.Lee R.Yoshizawa, R.Yokohama, S.Kurokawa
CONDOR DISTRIBUTION L’ENGLOUTIE 01h37 L.Hémon G.Bellugi, M.Lucci, S.Kircher
ARP SÉLECTION LE TEMPS DES MOISSONS 02h15 H.Meng S.Wang, C.Zhang, Z.Yanrong
BATHYSPHERE LIBERTALIA 01h41 S.Benhaïm
SWASHBUCKLER FILMS MARIAGE ROYAL 01h34 S.Donen F.Astaire, J.Powell, P.Lawford
SPLENDOR FILMS METROPOLIS 01h52 Rintaro Y.Imoto, K.Kobayashi, K.Okada
NIGHT ED FILMS SARVAM MAYA 02h30 A.Sathyan P.Mukhundhan, N.Pauly, A.Salim
THE JOKERS FILMS SELON JOY C.Lugan S.Bonny, V.Zhdanov, A.Argento
FRIDAY ENTERTAINMENT TU MERI MAIN TERA MAIN TERA TU MERI 02h30 S.Vidwans K.Aaryan, A.Panday, N.Gupta
DULAC DISTRIBUTION UNE ENFANCE ALLEMANDE - ÎLE D'AMRUM, 1945 01h33 F.Akın J.Billerbeck, L.Tonke, D.Kruger
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
SONY PICTURES RELEASING FRANCE ANACONDA 01h40 T.Gormican P.Rudd, J.Black, D.Melchior
OUTPLAY FILMS EN GARDE 01h46 N.Low T.Yu-Ning, H.Liu, N.Ding
TRINITY CINEASIA LA DERNIÈRE VALSE 02h20 A.Chan D.Chi-Wah, M.Hui, M.Wai
ARIZONA DISTRIBUTION LAURENT DANS LE VENT 01h50 A.Balekdjian et L.Couture B.Perusat, B.Dalle, D.Bouzyani
PAN DISTRIBUTION LE PAYS D’ARTO 01h44 T.Stepanyan C.Cottin, Z.Ebrahimi, S.Hovhannisyan
MEDIA ART LE SECRET DE L'ANGELUS, LA FASCINATION DE DALI 01h30 J.Charansonnet J.Charansonnet, M.Alcoverro, E.Alejandre
LE PACTE LOS TIGRES 01h49 A.Rodriguez A.de la Torre, B.Lennie, J.Nuñez
NOUR FILMS MAGELLAN 02h43 L.Diaz G.García Bernal, R.Koza, D.Yazbek Bernal
APOLLO FILMS QUI BRILLE AU COMBAT 01h40 J.Japy M.Laurent, P.Cardinal, S.Pachoud
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR SUR UN AIR DE BLUES 02h13 C.Brewer H.Jackman, K.Hudson, M.Imperioli
PANAME DISTRIBUTION VADE RETRO 01h35 A.Peretjatko Estéban, P.Tagnati, Y.Gontrand
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DEAN MEDIAS ANIMUS FEMINA 01h42 E.de Latour
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ELLA MCCAY 01h55 J.Brooks E.Mackey, J.Curtis, W.Harrelson
LES FILMS DU LOSANGE / SCALA FILMS FATHER MOTHER SISTER BROTHER 01h51 J.Jarmusch T.Waits, A.Driver, M.Bialik
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION IN THE SOUP 01h36 A.Rockwell S.Buscemi, S.Cassel, J.Beals
DIAPHANA DISTRIBUTION LES ÉCHOS DU PASSÉ 02h29 M.Schilinski H.Heckt, L.Urzendowsky, L.Geiseler
KMBO LES LUMIÈRES DE NEW YORK 01h43 L.Choi F.Chen, P.Yung, L.Nakli
PATHÉ LIVE LES PURITAINS (METROPOLITAN OPERA) 03h47 C.Edwards (IV) L.Oropesa, L.Brownlee, A.Rucinski
SPACE ODYSSEY LE STUDIO PHOTO DE NANKIN 02h17 A.Shen L.Haoran, X.Wang, Y.Gao
LES ACACIAS LE SUD 01h33 V.Erice O.Antonutti, S.Aranguren, I.Bollaín
STUDIOCANAL MA FRÈRE L.Akoka et R.Gueret F.Kebe, S.Nataf, A.Bent
LOCO FILMS MR. NOBODY AGAINST PUTIN 01h30 D.Borenstein et P.Talankin
SHELLAC PILE OU FACE 01h56 A.Rigo de Righi et M.Zoppis J.Reilly, A.Borghi, N.Tereszkiewicz
BAROUDEUSE PRODUCTIONS PREMIÈRES LUNES 01h02 M.Melot
SOUTHFILMS RED BIRD 01h28 A.Laugier et T.Habibes T.Habibes, H.Adili, J.Paris
LOOK AT SCIENCES RIEN N'EST OUBLIÉ 01h25 A.Ceriana Mayneri et E.Laconi
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL
FRANCE SOULM8TE K.Dolan L.Sullivan, D.Rysdahl, C.Doumit
JOUR2FÊTE TOUT VA BIEN T.Ellis
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
SONY PICTURES RELEASING FRANCE 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS N.DaCosta R.Fiennes, A.Williams, J.O'Connell
DAMNED DISTRIBUTION ABEL 02h00 E.Eskendir E.Toleutai, N.Beksultanova, K.Deputat
CGR EVENTS ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : DIVE IN WONDERLAND 01h35 T.Shinohara N.Hara, M.Pugh, K.Yamamoto
AD VITAM ELEONORA DUSE 02h02 P.Marcello V.Bruni Tedeschi, N.Merlant, F.Wrochna
LES ALCHIMISTES FORÊT ROUGE 01h44 L.Lassalle
MEMENTO FURCY, NÉ LIBRE 01h48 A.Al Malik M.Samba, R.Duris, A.Girardot
METROPOLITAN FILMEXPORT GREENLAND MIGRATION 01h39 R.Waugh G.Butler, M.Baccarin, W.Abadie
ART HOUSE JUSQU’À L’AUBE 01h59 S.Miyake H.Matsumura, M.Kamishiraishi, Ryô
LE PACTE L’AFFAIRE BOJARSKI J.Salomé R.Kateb, S.Giraudeau, B.Bouillon
SHELLAC LAGUNA 01h42 S.Bartas S.Bartas, I.Bartaité, U.Bartaite
CGR EVENTS LA TRAVIATA (THE ROYAL OPERA) 04h00 R.Eyre E.Jaho, G.Sala, A.Isaev
DORIANE FILMS LE RENDEZ-VOUS DES QUAIS 01h33 P.Carpita F.Munoz, R.Manunta, A.Maufray
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LES COURAGEUX 01h20 J.Gordon O.Kolb, J.Kalisz Saurer, P.Besnier
HAUT ET COURT PALESTINE 36 01h59 A.Jacir J.Irons, H.Abbass, K.Basha
MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION SANS PITIÉ 01h35 J.Hosmalin A.Bessa, T.Jallab, J.Turnbull
28 N°506 / 17 décembre 2025
S04
21 JAN
S05
28 JAN
S06
4 FÉV
S07
11 FÉV
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
L'ATELIER DISTRIBUTION AMOUR APOCALYPSE 01h40 A.Émond P.Hivon, P.Perabo, C.Jessup
PYRAMIDE DISTRIBUTION CHRISTY AND HIS BROTHER 01h34 B.Canty D.Power, D.Noyes, E.Willis
DESTINY FILMS DIAMANTI 02h15 F.Özpetek J.Trinca, L.Ranieri, S.Accorsi
LES FILMS DU WHIPPET EN ROUTE ! 00h40 A.Mironov et Y.Matrosova
UFO DISTRIBUTION GRAND CIEL 01h31 A.Hata D.Bonnard, S.Guesmi, M.Soualem
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR HAMNET 02h05 C.Zhao P.Mescal, J.Buckley, E.Watson
SHELLAC IMPERIAL PRINCESS 00h48 V.Vernier I.Perminova
MISSION LA VOIE NORMALE 01h14 E.Sehiri
GAUMONT DISTRIBUTION LE MAGE DU KREMLIN 02h25 O.Assayas P.Dano, J.Law, A.Vikander
SURVIVANCE LE RETOUR DU PROJECTIONNISTE 01h20 O.Aghazadeh
CGR EVENTS LUDOVIC 01h40 R.Letzgus
TRAFALGAR RELEASING MEGADETH: BEHIND THE MASK 01h48 C.Tebo D.Mustaine, J.LoMenzo, D.Verbeuren
KMBO OLIVIA 01h11 I.Iborra E.Suárez, J.Évole
PARAMOUNT PICTURES FRANCE PRIMATE 01h29 J.Roberts T.Kotsur, J.Sequoyah, J.Alexander
MY SECRET ANGEL COMPANY SOUFFRANCE ET DÉLIVRANCE 01h29 J.CIRANNA
PARADIS FILMS TAFITI 01h20 N.Wels C.Henman, B.Dietrich, T.Schmuckert
WAYNA PITCH UNE PAGE APRÈS L'AUTRE 01h35 N.Cheuk L.Yip, R.Cheng, H.Chan
21FILMS VIES ET MORTS DE MAX LINDER 01h39 E.Porembny R.Bichet, M.Adamczuk, P.Anid
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
LE PACTE BAISE-EN-VILLE 01h34 M.Jauvat M.Jauvat, E.Bercot, W.Lebghil
BLUE NOTE FILMS BEL AMI 01h57 J.Geng X.Gang, W.Qing, Z.Zhang
METROPOLITAN FILMEXPORT DREAMS 01h38 M.Franco J.Chastain, I.Hernández, R.Friend
STUDIOCANAL GOUROU 02h06 Y.Gozlan P.Niney, M.Barbeau, A.Bajon
LES FILMS DES DEUX RIVES HOWARD ZINN, UNE HISTOIRE POPULAIRE AMÉRICAINE 2 01h52 O.Azam et D.Mermet
LES FILMS DU PRÉAU LA GRANDE RÊVASION 00h45
PATHÉ FILMS LA GRAZIA 02h13 P.Sorrentino T.Servillo, A.Ferzetti, O.Cinque
ARIZONA DISTRIBUTION LA RECONQUISTA 01h48 J.Trueba F.Carril, I.Arana, A.Garrido
MÉTÉORE FILMS LA VIE APRÈS SIHAM 01h16 N.Messeeh
SINGULARIS FILMS LE CHASSEUR DE BALEINES 01h33 P.Yuryev V.Onokhov, V.Lyubimtsev, K.Asmus
PAN DISTRIBUTION LES LÉGENDAIRES 01h32 G.Ivernel R.Doduik, E.Dumand, E.Tilloloy
POTEMKINE FILMS NAKED 02h06 M.Leigh D.Thewlis, L.Sharp, C.Skinner
NOUR FILMS NUREMBERG 02h28 J.Vanderbilt R.Malek, R.Crowe, M.Shannon
JOUR2FÊTE PROMIS LE CIEL 01h32 E.Sehiri A.Maïga, D.Christelle Naney, L.Ky
SONY PICTURES RELEASING FRANCE RECONNU COUPABLE 01h40 T.Bekmambetov C.Pratt, R.Ferguson, A.Wallis
NIGHTSHIFT
RÉTROSPECTIVE MÁRTA MÉSZÁROS (3 FILMS)
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
CGR EVENTS 200% LOUP 01h36 A.Stadermann I.Swindells, S.Georgina, E.Nabben
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE À DEMAIN SUR LA LUNE 01h20 T.Balmès
CGR EVENTS AMADOU ET MARIAM : SONS DU MALI 01h28 R.Marley
DIAPHANA DISTRIBUTION À PIED D'ŒUVRE 01h32 V.Donzelli B.Bouillon, A.Marcon, V.Ledoyen
KMBO BISCUIT LE CHIEN FANTASTIQUE 01h32 S.Wageman O.Wilson, S.Billingsley-Rodriguez, D.Littman
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE BLUEY AU CINÉMA : COLLECTION “EN CUISINE” 00h55 J.Brumm et R.Jeffery D.McCormack, M.Zanetti, B.Elliott
LES FILMS DU LOSANGE
CYCLE RAYMOND DEPARDON PHOTOGRAPHE (7 FILMS)
MITIKI DIS-MOI SUR QUEL PIED TU DANSES 01h12 P.Ménard
TAMASA DISTRIBUTION GREEN LINE 02h30 S.Ballyot
L'ATELIER DISTRIBUTION HOLDING LIAT 01h33 B.Kramer
MALAVIDA FILMS LA FAMILLE HOMOLKA 01h20 J.Papousek J.Sebanek, M.Motlova, F.Husak
LES ALCHIMISTES LA LUMIÈRE NE MEURT JAMAIS 01h48 L.Parppei S.Kujala, A.Kauno, C.Auer
TANDEM LE GÂTEAU DU PRÉSIDENT 01h42 H.Hadi B.Nayyef, S.Qasem, W.Khreibat
DESTINY FILMS LE GRAND PHUKET 01h38 L.Yaonan L.Rongkun, Y.Xuan, K.Hang
PATHÉ FILMS MARSUPILAMI P.Lacheau P.Lacheau, J.Debbouze, T.Boudali
WILD BUNCH DISTRIBUTION N121 - BUS DE NUIT M.Aïssaoui R.Belaïche, B.Diombera, G.Gevin-Hié
DORIANE FILMS RAK 01h33 C.Belmont S.Frey, L.Kedrova, A.Deleuze
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE RENTAL FAMILY 01h43 M.Miyazaki B.Fraser, M.Yamamoto, T.Hira
METROPOLITAN FILMEXPORT RETOUR À SILENT HILL 01h46 C.Gans J.Irvine, H.Anderson, E.Templeton
CONDOR DISTRIBUTION THE MASTERMIND 01h50 K.Reichardt J.O'Connor, A.Haim, J.Magaro
PATHÉ LIVE UN BAL MASQUÉ 03h00 G.Deflo M.Polenzani, A.Netrebko, L.Tézier
CGR EVENTS WOOLF WORKS (THE ROYAL BALLET) 03h30 W.McGregor
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
EUROZOOM 5 CENTIMÈTRES PAR SECONDE 02h00 Y.Okuyama H.Matsumura, H.Yoshioka, A.Miyazaki
ARP SÉLECTION AUCUN AUTRE CHOIX 02h19 P.Chan-Wook L.Byung-Hun, Y.Son, S.Cha
SONY PICTURES RELEASING FRANCE GOAT - RÊVER PLUS HAUT T.Dillihay et A.Rosette C.McLaughlin, D.Harbour, Jelly Roll
WARNER BROS. FRANCE HURLEVENT E.Fennell M.Robbie, J.Elordi, H.Chau
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE IT’S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY 01h46 A.Berg J.Buckley, B.Harper
KMBO
LE ROYAUME DES MERS
LE PACTE LES DIMANCHES 01h58 A.Ruíz de Azúa B.Soroa, P.López Arnaiz, J.Minujin
STUDIOCANAL LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE C.Barratier L.Hector, N.Filbrandt, O.Gerbi
NEW STORY LES IMMORTELLES 01h29 C.Deruas L.Garrel, L.Aura, E.Béart
PANAME DISTRIBUTION LES VOYAGES DE TEREZA 01h27 G.Mascaro D.Weinberg, R.Santoro, M.Socarrás
PAN DISTRIBUTION L'INFILTRÉE 01h35 A.Sylla A.Sylla, M.Laroque, Kaaris
APOLLO FILMS LOL 2.0 L.Azuelos S.Marceau, T.Alessandrin, V.Elbaz
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION PERSONNE NE RIRA 01h34 H.Bočan J.Kačer, S.Rehakova, J.Schvalina
JHR FILMS SAINTE-MARIE-AUX-MINES C.Schmitz R.Burger, F.Soetens
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE SEND HELP S.Raimi R.McAdams, D.O'Brien, E.Ismail
JOUR2FÊTE SOULÈVEMENTS 01h45 T.Lacoste
SPLENDOR FILMS STAND BY ME 01h29 R.Reiner R.Phoenix, R.Dreyfuss, C.Feldman
AD VITAM URCHIN 01h39 H.Dickinson F.Dillane, M.Northam, A.Waked
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°506 / 17 décembre 2025
29
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
La sortie le 31 décembre de Qui brille au combat, premier
film de Joséphine Japy qu’accompagne Apollo, donne l’occasion
de revenir sur les performances de trois autres longs métrages
sur la thématique du handicap.
UNE PLACE
POUR PIERROT
EN TONGS AU PIED
DE L'HIMALAYA
PRESQUE
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
10/09/2025 13/11/2024 26/01/2022
DIAPHANA LE PACTE APOLLO
130 840 79 631 498 440
5 349 4 521 13 798
41 841 33 325 114 728
3 277 4 325 8 282
13 8 14
13,47 6,51 9,66
24 18 36
3,8 3,9 4,1
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 2 SEMAINES
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 03/12/2025 L'ŒUF DE L'ANGE (REPRISE) EUROZOOM 36 8 998 269 33
2 03/12/2025 FIVE NIGHTS AT FREDDY'S 2 UNIVERSAL 368 214 595 7 153 30
3 03/12/2025 LES ENFANTS VONT BIEN STUDIOCANAL 292 105 347 4 342 24
4 10/12/2025 RESURRECTION
LES FILMS DU
LOSANGE 67 14 174 587 24
5 10/12/2025 CHASSE GARDÉE 2 UGC 697 233 675 10 719 22
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2025
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28 339 316 90
2 26/11/2025 ZOOTOPIE 2 DISNEY 645 1 590 916 17 748 90
3 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188 419 14 649 81
4 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673 103 8 614 78
5 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909 379 11 746 77
6 17/09/2025 DEMON SLAYER: KIMETSU NO YAIBA LA FORTERESSE INFINIE FILM 1 SONY 690 789 834 11 579 68
7 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67
8 05/11/2025 SEMER ET RÉCOLTER LES FILMS D'AVALON 5 1 512 26 58
9 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54
10 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606 069 12 289 49
C’est un leader surprise qui trône en tête du dernier top 5 de l’année.
La ressortie de L’Œuf de l’Ange, l’animation post-apocalyptique de
Mamoru Oshii, embarque quelque 9 000 spectateurs, pour une moyenne
de 33 entrées par séance (e/s). Il s’agit de la quatrième meilleure
performance à la séance de l’année pour un film à moins de 500 séances,
et de la meilleure depuis 2021 pour un titre Eurozoom. Derrière, avec
30 e/s, suit Five Nights At Freddy’s 2 : un week-end bien en-dessous du
premier volet (55 e/s), mais suffisant pour devenir la troisième meilleure
performance de 2025 pour un titre horreur, après Conjuring : L’Heure
du jugement (77 e/s) et Évanouis (32 e/s). Côte à côte, Les enfants vont
bien et Resurrection engrangent 24 e/s. Le premier, sous bannière
Studiocanal, séduit plus de 100 000 spectateurs tandis que le second,
chez Les Films du Losange, écoule 14 100 tickets en à peine 580 séances.
Enfin, Chasse gardée 2 clôture le classement avec 22 e/s, là où le premier
volet engrangeait 26 e/s.
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Production
Réalisé par
L’histoire méconnue qui a inspiré
le plus grand chef-d’œuvre de Shakespeare
LAURÉAT
Écrit par
D’APRÈS LE ROMAN À SUCCÈS
LE 21 JANVIER AU CINÉMA
HamnetLeFilm.com FocusFeaturesFR @UniversalFR
#HamnetLeFilm
Première affiche du Cinématographe Lumière, par Marcellin Auzolle (1896)
©Marcellin Auzolle
Ce numéro vient clôturer une année morose, où la
fréquentation devrait tout juste dépasser celle de 2022,
débutée avec le pass sanitaire. Pourtant, des cinémas
continuent de naître et de se réinventer, en témoignent
les nombreuses ouvertures et rénovations présentes dans
ce numéro, et toutes celles les précédant. Leur accélération
sur ces dernières semaines n’est pas étrangère à la
sortie, ce 17 décembre, de Avatar : De feu et de cendres
dont les deux précédents volets, en plus d’avoir chacun
atteint 14 millions d’entrées, ont participé à l’évolution
du parc cinématographique : le premier, en 2009, a
stimulé le passage à la projection numérique pour être
projeté en 3D, tandis que le deuxième accentuait la
premiumisation, à l’instar du troisième. Mais les mutations
et le parc cinématographique, c'est une histoire
vieille de 130 ans
Du muet au parlant
« Le 28 décembre 1895, nous avons ouvert une salle de
projection publique au sous-sol du Grand Café, à Paris.
Ce n’est qu’à partir de cette date que quelqu'un a pu dire
qu’il était allé au cinéma », expliquait Louis Lumière à
propos d’un lieu qui va progressivement devenir incontournable
dans la vie des cités. Pourtant, dès 1897, le
développement du cinéma connaît un coup d’arrêt avec
l'incendie de la projection au Bazar de la Charité, à
l'occasion d’une vente d’objets au profit des plus démunis.
CE N’EST QU’À PARTIR
DU 28 DÉCEMBRE 1895
QUE QUELQU'UN A PU
DIRE QU’IL ÉTAIT ALLÉ
AU CINÉMA
Louis Lumière,
inventeur du cinématographe
L’accident est causé par l’inflammation brutale des vapeurs
d’éther qui servaient à alimenter la lampe de projection
du cinématographe, et 125 personnes décèdent.
En conséquence, le gouvernement interdit les projections
en centre-ville, et le cinématographe est relégué au monde
forain et itinérant. L’interdiction prend fin en 1908,
année de réalisation de L’Assassinat du duc de Guise d’André
Calmettes et Charles Le Bargy, qui marque l’anoblissement
du cinéma et sa conquête d’un public plus bourgeois.
C’est également à cette période qu’il se sédentarise, et
que de nombreuses salles sont créées.
Le prochain bouleversement majeur, cette fois-ci à échelle
mondiale, intervient en 1927, date du passage au parlant.
Alors que le septième art est désormais bien installé, la
Warner sort Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland, considéré
comme le premier film parlant, mais plutôt sonore
– avec beaucoup de séquences muettes – et montré avec
des disques synchronisés. Il faut attendre 1928 et Les
Lumières de New York de Bryan Foy, également produit
par la Warner, pour entendre une œuvre entièrement
parlante. Les conséquences sont multiples : la pellicule
cinéma doit être repensée, et donc les projecteurs et les
salles. Les bonimenteurs – qui commentaient les films
muets – et les orchestres disparaissent, sans oublier les
tournages, qui s’enferment dans des studios. À cela s’ajoute
la fin de carrière de nombreux acteurs qui ne passent pas
32 N°506 / 17 décembre 2025
LES PARTICIPANTS AU
LONDRES • BRUXELLES • AMSTERDAM
REMERCIENT CHALEUREUSEMENT
L’ENSEMBLE DES PARTENAIRES QUI ONT CONTRIBUÉ,
PAR LEUR EXPERTISE, LEUR ACCUEIL ET LEUR DISPONIBILITÉ,
À FAIRE DE CETTE ÉDITION 2025 UN MOMENT INOUBLIABLE
130 ans de cinéma(s)
la barrière du parlant, comme l’ont raconté tant de films,
de Chantons sous la pluie de Gene Kelly et Stanley Donen
(1952) à Babylon de Damien Chazelle (2023), en passant
par The Artist de Michel Hazanavicius (2011). En somme,
les disparitions sont nombreuses et le discrédit est grand,
en France comme aux États-Unis – voir Les Lumières de
la ville de Charlie Chaplin (1931) qui tourne en dérision
le parlant. Néanmoins, l’industrie et l’art s’adaptent, et
le succès de titres sonores comme Sous les toits de Paris
de René Clair (1930) ou M le Maudit de Fritz Lang
(1931) ne tuent pas le cinéma, mais le sanctuarisent.
La guerre des écrans
Puis viennent les années 1950. Après-guerre, la fréquentation
des salles est au plus haut : plus de 400 millions
d’entrées en France, plus d’un milliard au Royaume-Uni
ou encore plus de 4 milliards aux États-Unis. Mais
l’arrivée de la télévision crée une crise sans précédent
et les majors – qui doivent également s’adapter aux lois
anti-trust les obligeant à dissocier leurs activités de
production et d’exploitation – sont en déclin. C’est à
cette période que naissent de nombreuses innovations
pour faire face à la concurrence de la télévision :
la couleur se généralise, avec notamment le fameux
Technicolor, les formats s’agrandissent jusqu’au CinémaScope,
et les sorties audio doublent pour passer de
la monophonie (un canal) à la stéréophonie (deux
canaux). Malgré ces innovations, l’érosion des spectateurs
s’observe de façon plus ou moins prononcée selon les
territoires. Et si le cinéma plie sans rompre, il vacille
davantage avec l’arrivée de la cassette vidéo, à la fin des
années 1970. En ouverture de la collection VHS
©Nicolas Thomas
JE N'AIMERAIS PAS
VOIR POUR LA
PREMIÈRE FOIS UN
FILM EN VIDÉO, UN
FILM DOIT D'ABORD
SE VOIR EN SALLE
François Truffaut, cinéaste
“Les films de ma vie”, François Truffaut expliquait ainsi :
« Je n'aimerais pas voir pour la première fois un film en
vidéo, un film doit d'abord se voir en salle. » Mais il
ajoutait également : « Aujourd'hui, la vidéo bouleverse
ma vie. Prenez Sérénade à trois de Lubitsch par exemple.
Avant s'il passait, j'y allais en me disant que je pourrais
attendre un an ou deux avant de le revoir. Là, il m'arrive
de le visionner trois fois dans la même semaine. En tant
que cinéphile je suis un fanatique de la vidéo. » En France,
les années 1980 sont marquées par un accroissement
du parc avec la création de l’ADRC en 1983, puis, en
1993 est construit le Pathé Grand Ciel, en banlieue de
Toulon, à ce jour considéré comme le premier multiplexe
tricolore. Une rupture « à la fois architecturale, avec des
bâtiments neufs et spacieux, géographiques (nombreux sont
ceux qui s’installeront en banlieue et surtout dans des zones
accessibles en voiture) et en termes de services proposés »,
énonce Tristan Dominguez dans L’Ère des multiplexes
(L’Harmattan, 2025).
La voie du premium
La dernière mutation majeure est celle de la projection
numérique, entamée aux États-Unis dès 1999 avec Star
Wars Épisode 1 : La Menace fantôme, et en Europe le
2 février 2000 avec la projection de Toy Story 2 au Gaumont
Aquaboulevard. Le coup d’accélérateur est mis neuf ans
plus tard : le raz-de-marée Avatar, premier film tourné en
3D numérique, incite tous les exploitants à s’équiper en
conséquence, cap qui sera entièrement atteint en France
en 2014 (voir le dossier “20 ans de…” du Boxoffice Pro
du 22 septembre 2025). Ces dernières années, aux côtés
des offres d'équipementiers internationaux, les exploitants
français ont pleinement embrassé le premium, développant
leurs propres concepts, de l’Orium de Cinéville à l’Élysées
Lincoln de Multiciné, en passant par l’Horizon THX de
Megarama ou le Nova Ciné de la famille Tabaraud.
Dans le même temps, les cinémas se sont adaptés aux
évolutions du public, cessant d’être exclusivement des
salles de projection pour devenir des lieux polyvalents,
alliant animations (des ateliers aux bornes d’arcades),
restauration (du coin café à la brasserie) et événementialisation
(accueil d’équipes, expositions, etc.).
La grande diversité des établissements qui voient le jour
en cette fin d’année en est le parfait exemple. Des cinémas
aux concepts premium immersifs à l’instar du Cinéville
à Plourin-lès-Morlaix, du Megarama aux Ulis et du
Mégarex de Haguenau – dont l’écran LED permet de
se passer de projecteur –, et des salles de proximité installées
en cœur de ville à l’image du Capitole à Montceau-les-
Mines, du Quai des lumières à Frontignan, du Ciné
Pévèle à Templeuve-en-Pévèle, du Ciné Sologne à Controis
et des prochains CiNey à Paris, Le Grand Bain à l’Airesur-l’Adour
ou encore l’Arsenal à Valenciennes, évoqués
prochainement dans nos colonnes. Tout un symbole de
voir, 130 ans après la première séance, que des cinémas
continuent d’émerger à travers le territoire. Et c’est pour
cette raison que nous avons souhaité mettre en avant
tous ces mouvements d’une industrie mouvante. Car
l’aventure continue !
Jules Dreyfus et Tanguy Colon
34 N°506 / 17 décembre 2025
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130 ans de cinéma(s)
THIERRY FRÉMAUX :
« QUAND LUMIÈRE INVENTE LE CINÉMA,
IL INVENTE LA SALLE DE CINÉMA »
Invité au colloque de l’AFCAE,
le délégué général du Festival
de Cannes, directeur de l’Institut
Lumière et réalisateur de deux
films sur les frères Lumière
revient sur les évolutions
majeures de la salle de cinéma en
130 ans, dans un contexte délicat
qui n’empêche pas l’optimisme
d’un futur lumineux.
130 ans après l’invention du cinéma par les frères
Lumière, où en sommes-nous avec la salle ?
Si nous avons célébré les frères Lumière à de nombreuses
reprises en insistant, à chaque fois, sur le fait qu’ils
étaient des cinéastes, et que le cinéma comme Art
commence avec eux – et non après –, nous avons peu
évoqué la deuxième invention Lumière, la salle de
cinéma. Aujourd’hui, en cette année des 130 ans,
nous en parlons davantage. Moins pour elle-même,
en effet fragilisée par une fréquentation en baisse, un
manque de films et bien d’autres facteurs, que le
caractère philosophique de l’idée Lumière sur la salle.
C’est-à-dire, ce que signifie être dans un cinéma
aujourd’hui, dans un monde où les films se consomment
de bien d’autres manières – et en plus grande
quantité – qu’en salle.
En quoi le cinéma témoigne-t-il de l’état dans lequel
nous nous trouvons, et que peut-il encore nous
apporter ? Nous n’en sommes pas encore là avec le
théâtre et les restaurants, nous n’en sommes plus à ce
niveau avec la musique, qui a notamment relancé la
notion de concert, mais voilà où nous nous situons
avec le cinéma. Nous devons donc plus que jamais
préserver la salle, car c’est de cette manière que l’art
du cinéma se fait – un livre de photos n’est pas une
photo –, mais aussi parce que l’idée d’être enfermé
dans un lieu avec des langues qu’on ne connaît pas,
dans le noir, sans consulter ses messages pendant deux
heures, peut apporter des enseignements utiles à la
vie que nous menons.
La salle de cinéma reste-t-elle donc un élément
essentiel de la cinéphilie, au sens général du terme ?
Les modes cinéphiliques ont évolué et ne passent plus
forcément par la salle. Beaucoup de personnes connaissent
très bien l’histoire du cinéma en ayant vu des films en
DVD ou sur des plateformes : on peut être cinéphile
sans aimer la salle. Pourquoi pas ? Mais les personnes
doivent se rendre compte que ne plus aller dans ce lieu
implique sa fermeture. Donc il faut parfois faire ce
type d’effort. Dans tous les cas, je pense que la salle
reste le vecteur principal du succès du cinéma, et de la
façon dont il doit continuer à exister.
Cet anniversaire est célébré dans un contexte délicat,
avec de nombreuses incertitudes sur l'avenir
des studios (Warner Bros. par exemple) et un public
qui semble prendre ses distances. Quelles sont les
clés pour renforcer le lien entre public et salles, et
la fréquentation ?
Nous avons toujours eu coutume de dire que le cinéma,
lors des crises rencontrées (l’apparition de la télévision,
de la vidéo, d’internet, aujourd’hui des plateformes), a
toujours été sauvé par les films eux-mêmes. Ça ne
changera pas. Mais il faut des films ! Tout le monde
regarde 2026 de manière particulière pour cette raison.
Personnellement, j’ai confiance en les artistes et les
professionnels. Mais il est vrai que la situation des
studios, entre crise du Covid, incendies et restructurations
industrielles, est incertaine. Un peu de stabilité
permettra qu’Hollywood montre au monde entier qu’il
reste… Hollywood. Car il le faut.
©Jules Dreyfus pour Boxoffice Pro
36 N°506 / 17 décembre 2025
Malgré la précarité financière grandissante d'un
certain nombre de festivals, et une fréquentation
des salles en difficulté, le public ne cesse de croître
dans le cadre de ces événements, comme au Festival
Lumière et aux séances publiques du Festival
de Cannes. Comment l'expliquez-vous ?
Un festival est par définition une fête, un rassemblement,
un commun collectif. Il semble que le public a toujours
envie de se retrouver. C’est valable en musique ou en
sport. Pour le cinéma, il y a aussi l’idée qu’un festival
reste un moment sauvé du tumulte de la vie quotidienne.
Le cinéma du samedi soir jouait ce rôle-là. Aujourd’hui
ce sont les festivals. L’endroit où il faut être, le lieu où se
retrouver. De surcroît, les organisateurs, partout, font
preuve d’engagement et vont chercher les spectateurs.
Et la présence des artistes, qui en France jouent le jeu,
est aussi une raison pour laquelle le public déploie de
l’engouement. Et il faut continuer.
JADIS,
LES ANNIVERSAIRES
LUMIÈRE CÉLÉBRAIENT
L’ART DU CINÉMA.
IL NE FAUT PAS OUBLIER
LA SALLE DE CINÉMA
Quels peuvent être le rôle des films classiques et
d'un lieu tel que l'Institut Lumière dans l'éducation
à l'image, qui va faire l'objet d'un grand plan
soutenu par Édouard Geffray et Rachida Dati ?
Lorsque les politiques d’éducation à l’image ont commencé,
à l’époque de Jack Lang, c’était pour enseigner le cinéma.
Aujourd’hui, il s’agit de lutter contre les fléaux contemporains
: l’addiction aux réseaux sociaux, l’obligation de
savoir décrypter une image, la pédagogie du grand écran
qui permet de retrouver le partage, l’émotion collective…
et d’être injoignable pendant deux heures !
Le cinéma classique est un océan infini de beaux films,
il permet d’emporter les enfants vers le grand écran
comme nous l’avons été et de les former comme le public
de demain. Lumière, quand il invente le cinéma, invente
la salle de cinéma. Jadis, les anniversaires Lumière célébraient
l’art du cinéma. Il ne faut pas oublier la salle de
cinéma. C’est notre responsabilité de les préserver et d’y
envoyer les enfants. C’est un lieu de bonheur, de réflexion
et de paix. Nous en avons plus que jamais besoin. Et de
ce point de vue, l’engagement public des ministres de la
Culture et de l’Éducation est fondamental. Et c’est chose
magnifique de voir Édouard Geffray et Rachida Dati
œuvrer ensemble pour la poursuite de la spécificité
française en la matière. On n’a pas idée comment,
à l’étranger, on admire cela. Il est heureux que ça continue.
Ce sont des graines plantées pour le futur.
Comment voyez-vous la salle dans le futur ?
Cela dépend d’où nous nous plaçons. La salle est très
fragilisée dans certains pays qui, en général, n’ont pas
de politique publique. Or, une politique publique est
faite pour la lecture, pour les enfants, pour un certain
nombre de choses ; pourquoi, alors, ne pas en mener
une pour le cinéma ? En France, cela a longtemps été
le cas, mais la dynamique s’est quelque peu affaiblie.
Il faut éviter qu’une année créativement faible coïncide
avec un mouvement d’ensemble qui, lui aussi, tend
à s’amoindrir. Je ne crois pas que nous soyons à l’aune
de quelque chose de fondamentalement différent,
mais il faut veiller à ce que cela ne soit pas le cas.
Les plateformes ont apporté une nouvelle proposition,
extrêmement forte, avec les séries ou encore les unitaires,
et aujourd’hui Netflix compte 300 millions d'abonnés
à travers le monde. Il faut en tenir compte, sans se
lamenter, se réjouir ou penser que les personnes sont
les unes contre les autres.
Donc le cinéma tel que défini par les Lumière a 130
ans, et ça tombe bien. Nous nous posons ces questions,
pour fêter tranquillement, dans 20 ans, les 150 ans.
Propos recueillis par
Jules Dreyfus et Laurent Cotillon
Photogramme d’un des films Lumière dans Lumière l’aventure continue ! de Thierry Frémaux
©Institut Lumière
N°506 / 17 décembre 2025
37
Focus Exploitation
©Quai des lumières
ARRIVÉE EN QUAI DES LUMIÈRES
À FRONTIGNAN
Le complexe né de la volonté
municipale et de l’association
de quatre exploitants locaux
ouvre ses portes le vendredi
19 décembre, avec l’ambition
de devenir une destination
incontournable de la commune
héraultaise, située entre
Méditerranée et étang de Thau.
INFOS PRATIQUES
TARIFS :
Plein tarif : 9,50 €
Tarif réduit +60 ans, -25 ans et pour tous
les lundi et jeudi* : 7,50 €
Tarif réduit +16 ans, demandeurs
d'emploi, bénéficiaires du RSA,
titulaires de la carte d'invalidité,
séance du matin et séances du vendredi
13h30/14h/14h30 : 5,50 €
Abonnement 10 places : 69 €
Abonnement 5 places : 35 €
Opération “Mardi, c’est gratuit” :
Tous les mardis de l’année, pour 1 place
achetée plein tarif*
* hors jours fériés et fête et veille soir de fête
Il y a un peu plus d’un an, Priscilla Schneider (directrice
du CinéMistral de Frontignan), Isabelle Moreau (Travelling
d’Agde), Frédéric Perrot (Clap Ciné de Port Leucate) et
Jean Villa (Véo Cinémas, dont ceux de Sète) prenaient
la relève du GPCI sur le projet de cinéma des Chais du
canal. « La Ville a choisi ces anciens chais Botta, en bordure
du canal et en centre-ville, pour y implanter un pôle culturel
qui compte notre cinéma de quatre salles et 545 fauteuils,
mais également un restaurant brasserie déjà ouvert, une
librairie qui arrivera en janvier, et une école de cinéma
documentaire aux alentours de février », énumère Priscilla
Schneider. Si celle qui a dirigé l’ancien mono-écran
frontignanais durant plus de 20 ans reste « la référence
locale » et se donne désormais pour mission « d'incarner »
le Quai des lumières, chacun des associés a apporté ses
compétences à l’aventure.
Le bonheur est dans le chai
Ainsi, Frédéric Perrot a pu éprouver les défis d’une double
adaptation, « à un lieu patrimonial existant… et qui était
déjà passé entre les mains de deux cabinets d’architectes. En
2019, nous avions finalisé le Clap Ciné de Canet [soit la
précédente ouverture de cinéma en date de l'exploitant,
Chai Botta de Frontignan, années 1920
en collaboration avec Jérôme Quaretti via L’yre Cinéma,
ndlr.], du terrassement du site à son ouverture, en 8 mois
et demi. Ici, c’est le temps qui nous a été nécessaire pour
effectuer l'aménagement intérieur de la coque », note l’intéressé,
dont l’expérience en construction a été renforcée
par celle de Jean Villa, dernièrement à l’oeuvre sur la
Cartoucherie à Toulouse [voir Boxoffice Pro du 22 septembre
2025]. « Un cinéma qui s’installe dans un ancien chai où
l’on stockait du vin, sur le bords du canal du Rhône à Sète,
c’est forcément un lieu qui a du caractère et un supplément
d’âme, avec des salles qui ne sont pas des cubes, des angles
qui épousent les formes du bâtiment, des lumières et des
volumes différents », décrit l’associé. Sans compter les
vertus écologiques d’une revalorisation de site existant,
qui a évité toute artificialisation de sol, avec reprise d’une
partie de la dalle et de toute la charpente… jusqu’au
comptoir sur mesure fabriqué en matériaux de récup par
deux menuisiers locaux, « dont un compagnon de France »,
précise Priscilla Schneider. De fait, grâce à l’implication
de l’ensemble des collectivités (Région, agglomération,
Ville), qui ont notamment financé la construction d’une
passerelle piétonne avec ascenseurs, le cinéma est littéralement
accessible par toute voie modale, avec pas moins
38 N°506 / 17 décembre 2025
©Quai des lumières
Le hall avant son aménagement,
mais déjà avec son banc des
amoureux du cinéma, sur lequel
les spectateurs sont invités à
graver le couple imaginaire ou
réel de cinéma qui les ont fait
rêver… et un olivier tout aussi
fort en symbole.
de quatre parkings gratuits à proximité, des accès par
piste cyclable, « sans oublier par l'eau, en bateau, paddle,
pédalo, à la nage, ou en barque de joute », s’amuse la
directrice-associée.
Une fois arrivés à destination, après être passés par la
promenade nouvellement aménagée avec chaises longues
en bois et tables de pique-nique, les spectateurs peuvent
continuer la déambulation à travers « un grand hall
lumineux, qui mène vers un passage plus intime, puis un
autre espace d'accueil arborant deux ouvrages d’art. Le tout
en alternant l’esprit brut industriel des lieux et des espaces
plus cosy », détaille Isabelle Moreau, « et sans aucune borne
automatique », ajoute Frédéric Perrot.
Au total, l’aménagement de cet espace cinéma de 2 108
m² (sur le total de 2 700 m² du bâtiment) et ses quatre
salles (de respectivement 286, 150, 68 et 44 fauteuils, et
un total de 16 places PMR) aura nécessité un budget de
2,6 M €.
L’élan d’une alliance
Côté prévisionnel de fréquentation, Isabelle Moreau
estime le Quai des lumières en « bonne posture » pour
prolonger le succès du petit champion CinéMistral* et
sa programmation généraliste/art et essai avec le label
Jeune public. De quoi viser les 115 000 entrées la
première année, et jusqu’à 140 000 entrées en vitesse
de croisière, sachant que l’étude de marché avait été
réalisée avant Covid, « et en tenant compte d’un projet
de multiplexe en face qui n’a pas abouti ». De fait, Véo
Cinémas, le concurrent d’hier qui opère en DSP les
deux cinémas de la ville de Sète, distante d’à peine 7
km, a finalement embarqué sur le projet du Quai, dont
il assurera par ailleurs la programmation. « On ne peut
plus se permettre de dépenser de l'énergie à se battre contre
un voisin », commente Jean Villa, en prenant exemple
sur la bonne entente des multiples cinémas de Toulouse.
« Alors certes le Comoedia art et essai de Sète bougera
peut-être un peu dans les premiers temps, mais le Nouveau
Palace, plus généraliste, n’est clairement pas équipé pour
accueillir convenablement les spectateurs pour certains
titres. Et je préfère que les Sétois trouvent un élément
déclencheur pour aller au cinéma à Frontignan plutôt que
de rester à la maison, à scroller… ou à pirater. »
Malgré la montée en gamme de l’équipement, les
exploitants du Quai des lumières, liés à la mairie
propriétaire des murs via un bail commercial de longue
durée, maintiendra un plein tarif sous la barre des 10
euros. Un positionnement que Priscilla Schneider
estime « défendable et entendable » pour un public
habitué depuis 25 ans aux tarifs « un peu irréels » que
leur proposait leur CinéMistral ambitieusement
subventionné. Alors que la Ville confie désormais son
équipement cinématographique à des entrepreneurs
privés, Isabelle Moreau souligne l’importance de
l'accessibilité tarifaire d’un loisir populaire comme le
cinéma, « surtout si l’on veut que le public revienne dans
nos salles, et que nous nous sentons très attendus comme
à Frontignan ». Enfin, si tous les associés rappellent le
rôle central de l’offre de films, ils restent convaincus
qu’un cinéma doit aussi son attractivité à l'accueil
qu’il réserve à ses spectateurs. Et en la matière, Priscilla
Schneider et son équipe ont de quoi faire des étincelles
au Quai des lumières.
Aysegul Algan
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : SAS CINÉMAS FRONTIGNAN
Maître d’œuvre / pilote : GROUPE 3D ARCHITECTURE –
THIERRY RASPAUD
Bureau de contrôle : APAVE
BÂTIMENT
Gros œuvre : TERRITOIRE 34 / BASALT ARCHITECTURE
Climatisation/chauffage : MJP CLIM FROID SERVICES
Électricité et réseaux : BUREAUTIQUE MAXIME PETIT
FAÇADE/HALL
Comptoir : LA MALFRABRIQUE (FELIX LASCAUX, COMPAGNON,
ET LAURENT NEZ)
Système de billetterie : MONNAIE SERVICES
Enseignes façade : GRAFIC STICK
Affichage dynamique : ADDE
SALLES
Fauteuils : KLS
Tissus tendus et moquettes : PAT MAUB
CABINES
Installateur : ADDE
EXPLOITATION
Programmation : VÉO
SITE INTERNET
Conception : MONNAIE SERVICES
*Basé sur le déclaratif de la salle
* Le CinéMistral avait réalisé 58 000 entrées en 2024, et dépassé les 60 000 en 2019. Le mono écran de 149 fauteuils, qui a proposé sa dernière séance fin avril, va devenir une salle de
conférences et de spectacle. Le Quai des lumières en préserve le souvenir, avec son vieux projecteur 35 mm et un fauteuil en déco dans le hall.
©Quai des lumières
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 283 7 14 m Atmos NEC 4K Laser 3D
2 150 4 10 m 7.1
NC2000 rétrofité
laser 3D
3 68 3 8 m 7.1 2K Laser 2D
4 44 2 6 m 7.1 2K Laser 2D
TOTAL 545 16
Salle 4
N°506 / 17 décembre 2025
39
Focus Exploitation
CINÉVILLE
DÉCUPLE L’OFFRE À MORLAIX
©Cinéville
Construit à Plourin-lès-Morlaix, un
nouveau complexe de 6 salles et près
de 1 000 places ouvre le 19 décembre
et remplace l'historique Rialto.
Fin d’année en fête pour Cinéville. Après l’ouverture fin
novembre d’un établissement de 5 écrans à Beaupréauen-Mauges
dans le Maine-et-Loire, le circuit d’Yves Sutter
se renforce encore sur ses terres d’origine avec la construction
d’un « miniplexe », à l’entrée de Morlaix dans le
Finistère. Six salles tout confort dont une Orium, qui
remplacent les trois du Rialto, le cinéma historique du
centre-ville né en 1933 – dont Cinéville avait repris
l'exploitation en janvier 2025 –, et viennent en complément
des trois écrans art et essai de La Salamandre. Si
celle-ci a rouvert en 2021, « Morlaix restait la dernière
ville de Bretagne de cette taille qui n’avait pas eu de modernisation
de son cinéma généraliste de centre-ville », explique
le directeur général de Cinéville au sujet du Rialto, tout
en rendant hommage à sa dernière exploitante, Emmanuelle
Gagnère*, disparue en avril dernier. Le nouvel
établissement, aux normes de confort et d’accessibilité
actuels, renforce significativement l’offre cinéma pour
les 130 000 habitants du Pays de Morlaix, dont la moitié
résident au sein de l’agglo Morlaix Communauté.
INFOS PRATIQUES
ADRESSE :
2 rue Karine Ruby
29 600 Plourin-lès-Morlaix
CONTACT :
morlaix@cineville.fr
SITE INTERNET :
http ://morlaix.cineville.fr
TARIFS :
9,90 € / étudiants :7,50 € / séances
avant 12h : 6,50 € / moins de 14 ans,
abonnements Ciné Liberté : 5,90 €
Le projet ne date pas d’hier, mais le relief contrasté de
Morlaix rendait sa conception difficile dans l’hyper-centre,
qui se situe dans la partie basse, sous le haut viaduc.
« Sachant que la “nouvelle” Salamandre, autrefois sur les
hauteurs de Morlaix, s’est installée dans l’ancienne manufacture
du centre-ville il y a quatre ans, il n’était pas absurde
que le Rialto fasse le mouvement inverse », résume Yves
Sutter. Un constat partagé par tous les acteurs qui se sont
entendus : la municipalité a récupéré du foncier en
rachetant les murs du Rialto à Emmanuelle Gagnère,
Cinéville en a repris le fonds tout en conduisant le
nouveau projet, tandis que Morlaix Communauté a
proposé un terrain dans la ZAC Saint-Fiacre, sur la
commune de Plourin-lès-Morlaix mais à l’entrée de la
ville principale, et qui intègre déjà des logements, un
pôle santé, des commerces et des équipements sportifs.
« Une opération qui a satisfait aussi bien les acteurs politiques
et économiques locaux et a permis de déposer le projet en
CDACi à l’automne 2023. »
Une salle Orium native
Le cinéma achevé compte 900 fauteuils et 27 emplacements
PMR, soit un total de 927 places… un peu moins
que dans le projet validé en commission car il intègre
finalement une salle Orium, le format premium conçu
par Cinéville. « C’est notre sixième salle Orium – après celle
installée à Hénin-Beaumont [voir ci-contre, ndlr.] la
semaine dernière – mais la première native, conçue dans
du neuf, ce qui est bien plus simple y compris pour le son
Atmos ». Elle offre donc une projection 4K Pure Laser
sur un écran de 13 m de base, légèrement moins large
que dans les salles Orium situées dans les multiplexes
des grandes villes, « mais en cohérence avec ses 142 places,
et pour du vrai spectacle » précise Yves Sutter. Les autres
capacités vont de 90 à 331 places pour la plus grande
salle (en laser 4K et Atmos), toutes étant équipées de
fauteuils club.
L'établissement dans son ensemble s’étend sur 3 373 m²,
propose deux espaces lounge dans son hall mais intègre
aussi deux restaurants, que Cinéville va mettre en location.
S’ils ne sont pas encore ouverts, ils seront les seuls de la
ZAC où ils apporteront donc une offre supplémentaire,
au-delà des spectateurs.
Le Cinéville de Plourin-lès-Morlaix a été dessiné par
l’architecte brestois Guy Fauvet de l'agence Collectif
d’architectes, qui collabore avec Cinéville pour la quatrième
fois. À noter que des panneaux photovoltaïques ont été
installés en toiture, en plus des ombrières du parking
construit par Cinéville. Au total, le cinéma aura coûté
7,5 millions d’euros (sans compter le photovoltaïque et
les restaurants), financés en majeure partie par Cinéville,
et complété par des aides, notamment de Morlaix Communauté
et du Département.
Une petite ville équipée comme une
grande
Sur place, le nouveau Cinéville emploie un total de 8
salariés, dont les anciens du Rialto, et sera dirigé par
Mirko Galli, précédemment au Cinéville d’Hénin-Beaumont
mais qui avait auparavant dirigé celui de Lorient,
après des début à Brest, et connaît donc bien le territoire.
La programmation élargira la ligne généraliste du Rialto
avec deux fois plus de salles, et sera complémentaire de
celle de La Salamandre, labellisé Recherche, et historiquement
programmé par… Cinédiffusion, une des autres
filiales de la Soredic. Une quinzaine de films sera proposée
chaque semaine, pour environ 160 séances, avec des
cycles réguliers pour les familles – Ciné-Bambino le
dimanche matin au tarif unique de 4,50 €, “Je découvre
le cinéma” pour les enfants de 2 à 4 ans… –, des rééditions
avec les programmes Cultissime ! et Cult’Anim, des
retransmissions de concerts et spectacles… et bien entendu
des avant-premières et animations locales « dont on sait
40 N°506 / 17 décembre 2025
©Cinéville
Une salle Orium au Cinéville
Hénin-Beaumont
Une semaine avant celle de Plourin-lès-Morlaix dans le
complexe tout neuf, Cinéville a équipé une salle Orium à
Hénin-Beaumont, la cinquième après le lancement du
concept à Saint-Sébastien-sur-Loire en 2024, puis dans les
multiplexes de Dorlisheim, Vern-sur-Seiche et Saint-Nazaire.
Celui d’Hénin-Beaumont, qui compte 12 salles, est le plus
important du réseau en termes de fréquentation : 517 767
entrées en 2024, et près de 660 000 en 2016, sa meilleure
année. La salle retenue, d’une capacité initiale de 326 places,
en compte désormais 229, numérotées et réservables à la
place. Elle dispose d’un écran flat de 14 m de base et arbore
les couleurs bleu nuit du concept. Une majoration tarifaire de
3 € sera appliquée pour l’accès à la salle Orium.
Pour rappel, le format premium développé par Cinéville
propose de larges fauteuils inclinables avec tablettes en bois,
associés à une projection 4K Pure Laser et un son Dolby Full
Atmos, via des enceintes DK Audio. Six salles en sont donc
équipées aujourd’hui.
La salle 2 de Plourin-lès-Morlaix
©Cinéville
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES DIM (M) SON IMAGE
1 331 18,10 Laser 4K Dolby Atmos
2 150 10 Laser 2K Dolby 7.1
3 124 9,25 Laser 2K Dolby 7.1
4 90 9,10 Laser 2K Dolby 7.1
5 90 9,10 Laser 2K Dolby 7.1
6 142 13,20 Pure Laser 4K Dolby Atmos
TOTAL 927
La salle Orium propose 142 places
l’importance aujourd’hui ». Les dispositifs d’éducation à
l’image « restent à La Salamandre », précise Yves Sutter,
dont il souligne le « dynamisme art et essai, rare dans une
ville de cette taille ». Un travail qui contribue à former le
public en général… et à générer des entrées.
« Avec un total de 9 salles, l’agglomération de Morlaix dispose
désormais d’un parc généreux pour 65 000 habitants, et
devient même l’une des mieux équipées de France. » Mais
sans concurrence directe à moins de 30 km – les complexes
les plus proches étant à Lannion, Landernau et Brest – et
si l’on prend en compte les vacanciers – Morlaix est à 15
minutes de la mer et bénéficie d’un bon maillage routier
–, la zone de chalandise concerne 200 000 personnes. À
terme, Yves Sutter vise entre 190 à 200 000 entrées par
an, « sachant qu’on a déjà un fond de public ». Le Rialto
avait enregistré près de 65 000 entrées en 2024, et une
moyenne de 85 000 dans l’avant Covid.
Certes, comme tous les cinémas qui ouvrent aujourd’hui,
les études prévisionnelles ont été faites dans un contexte
national à 185 millions d’entrées. « Nous n’avions aucune
raison de penser qu’on descendrait si bas, et si nous aurions
peut être fait d’autres arbitrages pour Morlaix, je n’ai aucun
doute sur le projet de fond de cet équipement. ».
Un équipement qui témoigne du dynamisme du groupe,
qui a connu 50 % de croissance de son parc en deux ans,
passant de 16 cinémas et 124 salles en décembre 2023…
à 24 et 187 aujourd’hui ! Cette progression a valu à
Cinéville d’être distingué, parmi tous les circuits européens,
par le “Fastest Moving Giant Award”, décerné par Boxoffice
Pro et l’UNIC à Barcelone en juin dernier. Cinéville
devrait donc faire une pause dans ses projets – « sauf si
nous avons des opportunités » –, y compris dans l’extension
de son format premium, lancé en 2024. « Nos 6 salles
Orium sont installées dans des contextes très différents, des
grandes agglos comme celle de Nantes ou Rennes à une petite
ville comme celle d’aujourd’hui. Nous allons analyser leur
potentiel avant d’affiner leur déploiement. »
En attendant, celle de Plourin-lès-Morlaix devrait se
remplir : « Nous ouvrons deux jours après la sortie d’Avatar,
mais nous sauvons Noël, donc le contexte est bon ! »
Cécile Vargoz
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : SAS CINÉVILLE
Maître d’œuvre / pilote : COLLECTIF D’ARCHITECTES (BREST)
Contrôle technique : APAVE (29 BREST)
BÂTIMENT
Gros œuvre : NOBA (22 PLÉRIN)
Electricité et réseaux : DOURMAP (29 BREST)
Climatisation/chauffage : KERJEAN (29 BODILIS)
Photovoltaïque : QUENEA (29 CARHAIX)
FAÇADE/HALL
Comptoir : BROUILLET (49 MARTIGNÉ-BRIAND)
Système de billetterie : CINE GROUP
Enseignes : ETG ENSEIGNES (22 PLÉRIN)
Informatiuqe/Affichage dynamique : BM TECH (59 HANTAY)
SALLES
Fauteuils : SAONOISE DE MOBILIERS (70 FROIDECONCHE)
Fauteuils salle Orium : LINO SONEGO (ITALIE)
Sols : LEMRAY (85 AVRILLÉ)
Tissus tendus : VIP CINÉ (28 NOGENT-LE-ROTROU)
CABINES
Installateur : CINÉ DIGITAL (44 LA CHAPELLE-SUR-ERDRE)
EXPLOITATION
Programmation : CINÉDIFFUSION
*Basé sur le déclaratif de la salle
N°506 / 17 décembre 2025
41
Exploitation
Pathé
Une nouvelle salle IMAX
dans le Grand Est…
©Pathé Brumath
©ADDE
LE MÉGAREX DE HAGUENAU S’ÉQUIPE DE
LA PREMIÈRE SALLE ICE ONYX AU MONDE
Combinant la technologie ICE immersive à un écran Led Onyx, la salle a ouvert au public le 12 décembre
dans le multiplexe alsacien de la famille Wernert.
Après Angers et Saint-Herblain, c’est au tour du Pathé
Brumath, à une vingtaine de kilomètres au nord de
Strasbourg, de s’équiper d’une salle IMAX. La salle
choisie se dote ainsi d’un écran de 205 m², et passe à
271 places dont 7 PMR. Les fauteuils club premium
en cuir sont munis d’un dossier inclinable et d’une
assise plus large.
Pour rappel, le Pathé Brumath est l’unique établissement
bas-rhinois du circuit leader français. Il compte
14 écrans, et a terminé 2024 à 377 000 entrées, mais
dépassait les 500 000 avant Covid.
Dans l’ensemble du parc tricolore, 29 cinémas sont
équipés de la technologie canadienne IMAX. Pathé
en dénombre 23, en plus de 41 salles 4DX et 11 Dolby
Cinéma.
… et fin de rénovations
en Occitanie
Le Pathé Labège dans la banlieue de Toulouse et le
Pathé Odysseum de Montpellier ont bouclé la première
phase de leur rénovation, centrée sur les salles avec
de nouveaux fauteuils (en velours rouge, plus larges
et inclinables) et un espacement porté à deux mètres
entre les rangées.
Les deux sites font partie des premiers Pathé en France
à tester cette configuration, menée en parallèle sur les
deux villes. Toutes les salles sont désormais équipées
de projecteurs laser nouvelle génération.
À noter que la salle IMAX de Montpellier a elle aussi
été modernisée, du gradinage à l’éclairage en passant
par les sièges. Avec son écran de 432 m², elle revendique
aujourd’hui le titre de « troisième meilleure salle IMAX
d’Europe et vient rejoindre celle de Pathé Labège atteignant
un même niveau d’exigence pour nos spectateurs et clients
BtoB », indique Daniel Paulaud, directeur régional
Sud-Ouest et responsable du développement opérationnel
BtoB de Pathé.
« Les spectateurs sont enchantés et expriment leur étonnement,
aussi bien pour l’effet ICE que l’immense écran Led et le
son exceptionnel : c’est le plus important pour nous », se
réjouit Philippe Wernert, directeur du Mégarex de
Haguenau, à 25 km de Strasbourg. Trois mois après avoir
été annoncée, au moment du Congrès des exploitants,
sa nouvelle salle est donc la première à associer le concept
immersif ICE Theaters à la technologie Led développée
par Samsung pour le cinéma. Aux dires de l’exploitant,
« on a vraiment une uniformité des couleurs parfaites, des
noirs très profonds et un contraste que l’on n’avait pas avec
le Laser 4K, déjà installé dans notre salle ». À cette qualité
d’image s’ajoutent un son Dolby Atmos diffusé par des
enceintes Darkside, et le confort de fauteuils inclinables,
disposés en rangées cintrées espacées de 1,80 m. La salle
équipée, parmi les 10 du Mégarex, est ainsi passée de
238 à 138 fauteuils inclinables, et 4 places PMR.
Elle a été installée par ADDE, qui avait équipé le Pathé
Beaugrenelle du premier écran Onyx Led de France en
2019, puis celles du Pathé Bellecour à Lyon et les six du
Pathé Palace. Mais Philippe Wernert précise qu’il s'agit
cette fois du premier écran Onyx 2 en France, qui propose
un vrai format scope et 13,80 m de base. Quant à la
technologie Ice, elle est, à ce jour, présente dans 57 salles
à travers le monde, la dernière ayant ouvert le 11 décembre
en Allemagne chez Cineplex.
Pour ce premier week-end, 350 spectateurs ont découvert
la nouvelle salle de Haguenau avec Zootopie 2 et
beaucoup ont déjà réservé leurs places pour Avatar :
De feu et de cendres.
S’adresser à la “génération Led”
« Un signal très encourageant » pour l’exploitant, qui réfléchissait
depuis le Covid à ce qui pourrait être « le déclencheur
pour retrouver une clientèle perdue ». Le Mégarex propose
depuis longtemps un bowling, une salle de billard et autres
espaces ludiques, et s’était agrandi de 8 à 10 salles pour
un total de 1 545 fauteuils il y a quatre ans, après un
incendie qui avait notamment endommagé toutes les
cabines et parties techniques. Mais « en étant situés entre
le Pathé Brumath – équipé d’une salle 4DX et Imax depuis
une semaine [voir ci-contre] – et l’UGC Strasbourg, nous
voulions vraiment nous démarquer en proposant du jamais
vu », explique Philippe Wernert. « Plutôt que de créer un
format maison spécifique, j’ai préféré travailler avec la force
de frappe de ICE Theaters et Samsung. Je n’aurais jamais
eu le rendu des panneaux latéraux ICE, qui apportent
vraiment une immersion sans dénaturer le film. Quant à
l'écran Led, il me semble que c’est le format adéquat pour
s’adresser aux jeunes d’aujourd’hui : ils sont de la génération
Led, c’est le monde technologique qui leur parle. Et notre
but est vraiment de faire revivre les sensations cinéma à cette
génération, qui ne consomme plus les films comme avant. »
Quand on lui demande ce que lui inspire un écran sans
projecteur, Philippe Wernert estime que cela reste du
cinéma, « car l’écran est immense et la qualité exceptionnelle.
Le spectateur, lui, ne se pose pas la question de savoir s’il y
a un projecteur ». Et si le prix de l’installation ne permet
pas d’étendre dans l’immédiat cet Onyx 2 à toutes les
salles, la technologie a de l’avenir selon l’exploitant
alsacien. Dans la foulée, il a aussi installé 24 m d’écrans
Led (d’une autre marque) le long de ses pistes de bowling,
« ce qui nous permet de diffuser des contenus très différents,
y compris de communiquer pour notre salle ICE ».
Pour accéder à cette salle, les spectateurs paieront un
supplément de 7,50 € sur tous les tarifs. « Le plus cher
est à 18 €, ce qui reste raisonnable pour une telle expérience,
estime l’exploitant. On comprend que cela puisse être
difficile pour les familles nombreuses, mais un film comme
Avatar sera aussi proposé en 3D dans notre grande salle
de 385 places. »
Le Mégarex, qui enregistrait une moyenne de 330 000
entrées avant Covid – et 260 000 en 2024 – espère que
la nouvelle salle, à elle seule, attirera entre 30 et 40 000
spectateurs par an.
Cécile Vargoz
42 N°506 / 17 décembre 2025
N°506 / 17 décembre 2025
43
Focus Exploitation
©Léa-Jade Charpentier
À MONTCEAU-LES-MINES,
LE CINÉMA DE RETOUR
EN VERSION CAPITOLE
Deux ans et demi après la
fermeture des Plessis en centreville,
la commune de Saône-et-
Loire retrouve un établissement
digne de ce nom, développé par
Régis Faure.
INFOS PRATIQUES
ADRESSE :
30 quai Jules Chagot,
71300 Montceau-les-Mines
HEURES D'OUVERTURE :
Lundi, mardi, jeudi, vendredi :
13h00 à 00h30
Mercredi, samedi, dimanche :
10h00 à 00h30
TARIFS :
Normal : 9,50 €, Réduit : 8 €, -20 ans : 6,50 €
cartes 10 places : 60 €
cartes 10 places -20 ans : 55 €
Le 3 décembre, c’est un écrin totalement dédié au 7 e
art qui a ouvert ses portes au public montcellien,
orphelin d’une programmation pérenne et régulière
depuis que Les Plessis a baissé le rideau à l’été 2023.
Ancien théâtre transformé en 3 salles par la famille
Davoine (Ciné Alpes), le site n’avait plus connu de
rénovation depuis les années 1980, souffrant de vétusté
et d’une absence de normes d’accessibilité. Racheté par
Pathé Cinémas en 2019 dans le cadre de l’acquisition
de Ciné Alpes, l’établissement a été revendu en février
2022 à Régis Faure, localement bien implanté (Digoin,
Gueugnon), qui a acté sa fermeture à l’expiration du
bail, en août 2023. « Entre les infiltrations d’eau et
l’écroulement partiel du bâtiment quelques mois plus tard,
c’était la bonne décision. » Si l’activité cinéma est transférée
temporairement au sein de L’Embarcadère, salle de
spectacle de 900 places qu’il va équiper en son et en
projecteur, l’exploitant consacre toute son énergie à
concrétiser le projet de construction d’un nouvel équipement,
dans les tuyaux depuis plusieurs années.
Ambition écologique
Érigé le long du canal du Centre, en plein cœur de
ville, le Capitole Panacéa abrite 4 salles, allant de 62 à
242 places pour une capacité totale de 560 sièges, à
seulement 50 mètres de… L’Embarcadère « qui fera
office de cinquième salle pour certains événements ».
Habillé d’une coque dorée et blanche, le nouveau
cinéma a dû composer avec des contraintes imposées
par l’Architecte des Bâtiments de France, tant sur
l’architecture que sur l’espace alloué. Un mal pour un
bien « puisque nous avions des objectifs écologiques et nous
nous retrouvons avec moins de volumes perdus », explique
Régis Faure, qui a fait installer des panneaux solaires
sur le toit et un système de récupération de la pluie
pour alimenter les sanitaires. Dans son hall de 300 m²
à la moquette rouge et aux luminaires rétro, l’exploitant
a aménagé un foyer avec un poêle de masse – « le site
est en partie chauffé au bois » – et un coin café où pourront
être organisés des ateliers et de la médiation.
Dans cette ambiance cosy, les 4 salles se déploient dans
un haut niveau de confort mais des spécificités différentes.
Les deux plus petites arborent des fauteuils et
sofas jaunes et bleus, des petites lampes et un son Dolby
7.1 ; les deux plus grandes disposent de sièges club,
inclinables aux premiers rangs, d’un gradinage en
courbe, d’un son Atmos et d’une projection 4K. Toutes
sont de plain-pied, donc accessibles aux spectateurs à
mobilité réduite, et dotées d’écran de 10 à 16 mètres
de base. 6,2 M € ont été déboursés pour ce projet conçu
par l’architecte Clémence Radovitch, du cabinet MR3A,
à l’œuvre notamment sur Le Grand Rio de Lannemezan
[voir Boxoffice Pro n°474 du 28 août 2024]. Régis Faure
s’est, par ailleurs, appuyé sur Henry Maître et son
agence ID Ciné, qui pilote également la maîtrise d’œuvre
de l’autre projet de l’exploitant : Le Magic de 5 écrans
au Creusot, dont l’ouverture est prévue en février
prochain, en lieu et place des 4 salles du Morvan, qui
va fermer fin décembre.
120 000 entrées annuelles espérées
À l’instar des autres établissements exploités par Régis
Faure, l’association Panacéa assure la programmation
du Capitole de Montceau-les-mines, parrainé par
Zabou Breitman. « Entre la salle supplémentaire et
quatre projections quotidiennes – six le dimanche –,
nous voulons proposer davantage de films, mais surtout
44 N°506 / 17 décembre 2025
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : STÉ DES CINÉMAS LCM
Maître d’œuvre / pilote : ID CINÉ
Bureau de contrôle : SOCOTEC
BÂTIMENT
Gros œuvre : SAÔNE BTP
Climatisation/chauffage : PHEBUS
FAÇADE/HALL
Comptoir : SEGOND
Système de billetterie : BOOST
Signalétique intérieure : NEON AQUITAINE
Enseignes façade : NEON AQUITAINE
Affichage dynamique : CINÉMECCANICA
CABINES/SALLES
Projecteurs : CHRISTIE / BARCO
Fauteuils : LINO SONEGO / INFINITY
Installateur : CDS / CINEMECCANICA
©Léa-Jade Charpentier
©Léa-Jade Charpentier
EXPLOITATION
Programmation : ASSOCIATION PANACÉA
SITE INTERNET
Conception : BOOST / PANACÉA
*Basé sur le déclaratif de la salle
mieux les exposer. L’envie, c’est aussi de programmer
60 % d’œuvres art et essai sur au moins 40 % des séances ».
En plus de retrouver le classement et de pérenniser
les labels Jeune public et Patrimoine qu’avait Les
Plessis avant sa fermeture, l’exploitant vise le Recherche
& Découverte puis le 15-25, via notamment une
collaboration avec l’option cinéma du lycée de la ville,
la seule du département. De plus, il entend renforcer
les synergies développées avec L’Embarcadère et proposer
des événements ponctuels liés à la saison culturelle…
tout en restant déterminé à attirer davantage de talents,
pour des soirées débats ou cartes blanches. Enfin,
pour renforcer son ambition d’accessibilité, le cinéma
propose de l’audiodescription via une application,
des renforts de dialogues via des casques ainsi que des
séances Ciné Relax.
Régis Faure vise les 120 000 entrées annuelles pour
le Capitole, qui lui permet de poursuivre la montée
en gamme de ses équipements dans la région. Outre
la finalisation du projet du Creusot, il avait déjà
inauguré, à l’automne 2019, un site flambant neuf
de trois écrans à Digoin, en remplacement du monoécran
vieillissant. L’arrivée de la crise sanitaire quelques
mois plus tard a contrarié la bonne mise en route du
site, qui n’a jamais réussi à atteindre les prévisions de
fréquentation des études de marché. En Saône-et-Loire,
l’exploitant gère également la salle du Danton à Gueugnon
et programme, via Panacéa, une quinzaine
d’établissements en Bourgogne-Franche-Comté.
Tanguy Colon
©Léa-Jade Charpentier
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 72 3 12 (FLAT) 7,1 2K laser / 35mm
2 238 6 16 (SCOPE) Atmos 4K laser
3 61 3 9 7,1 2K laser
4 151 5 13 Atmos 4K laser
TOTAL 522 17
N°506 / 17 décembre 2025
45
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LE 14 JANVIER AU CINÉMA
Exploitation
À Lorient, Le Manège devient une salle de cinéma alternative
©J'ai vu un documentaire
©J'ai vu un documentaire
Le bâtiment du Manège abritait une salle de concert emblématique...
... désormais redevenue salle de cinéma.
Depuis le 6 décembre et après 12 ans de « nomadisme
heureux », l’association J’ai vu un documentaire,
qui proposait des séances itinérantes sur le
territoire lorientais, a posé ses valises dans une
salle, fixe et alternative, en attendant de devenir
une Maison de l’image.
Un temps envisagé dans l’ancien cinéma Le Rex de
la ville – fermé depuis plus de 25 ans –, dans le cadre
du plan Action Cœur de Ville, le nouvel équipement
prend finalement ses quartiers dans une bâtisse propriété
de la municipalité. La salle de spectacle du Manège a
ainsi retrouvé sa fonction de cinéma, après avoir été
consacrée, du début des années 1970 à 2020, à des
concerts, et sera désormais dédiée à la diffusion de
films documentaires – mais pas que – et à différents
ateliers, notamment d’éducation aux images.
La salle arbore un écran de 7 mètres de base, face
auquel 98 fauteuils de l’ancien cinéma Le Rohan de
Landernau – remplacé depuis l'automne 2024 par le
Ciné Galaxy – ont trouvé une nouvelle vie. Le balcon,
dont la vue est brisée par le garde-corps de sécurité,
est réservé à la régie. « Côté son, nous nous contentons
pour l’heure d’un système stéréo et d’un projecteur laser
vidéo en attendant de passer à quelque chose de plus
pro », explique le directeur et responsable de la programmation
Nicolas Le Gac. Car le projet du Manège, sur
lequel l’association s’est repliée après l’arrêt « assez
brutal », en mai 2024, de celui prévu au Rex, n’est est
qu’à sa préfiguration.
Premiers pas
« En attendant le déménagement en 2029 des associations
culturelles qui occupent encore l’étage du bâtiment, nous
allons développer une programmation trimestrielle,
expérimenter et réfléchir sur la future Maison de l’image
que le lieu est destiné à devenir », explique le responsable,
en citant comme sources d’inspiration des lieux tels
que La Forêt électrique à Toulouse, l'Aquarium Ciné-
Café à Lyon et Le Videodrome 2 à Marseille.
Si l’étude architecturale est concluante, deux petites
salles s’ajouteront, à l’étage, à la grande du bas. « Avec
par ailleurs un vrai bistrot », ajoute Nicolas Le Gac,
notamment passé par « la bonne école Utopia », à Tournefeuille
et Toulouse, avant de suivre la formation de
directeur d’exploitation à la Fémis.
En attendant, avec le renfort d’une soixantaine de
bénévoles, l’association J’ai vu un documentaire proposera
des séances non commerciales, « mais payantes »,
dans sa salle du Manège, en poursuivant ses partenariats
et en en développant de nouveaux. Et en gardant ses
séances itinérantes « les plus atypiques, comme celle sur
un bateau de la rade de Lorient ou celle dans la ville
voisine de Port-Louis ».
À noter qu’en matière de cinéma commercial, Lorient
compte un seul multiplexe (le Cinéville de 11 salles)
et aucun cinéma art et essai. « Il existe, dans un rayon
de 50 km, trois mono-écrans classées (à Quimperlé,
Lochrist et Etel) et un second multiplexe à Lanester
[le CGR de 12 salles, ndlr.] », note l’association J’ai vu
un documentaire, bien décidée à enrichir l’offre
culturelle locale.
Ayşegül Algan
À Carcassonne, une mini-salle pour prolonger les plaisirs du court
Les responsables du festival et les bénévoles de l’association
CineBastide... dans La Boîte !
À l’occasion du lancement de sa 8 e édition, le 15
janvier prochain, le Festival international du film
politique de Carcassonne dévoile sa nouvelle
salle dédiée au court métrage, avec l’ambition
d’ancrer le rendez-vous tout au long de l’année.
Un nouvel espace de projection s’ajoute aux trois écrans
du CGR Colisée et aux deux salles transformées,
respectivement dans le Centre de Congrès et de l’amphithéâtre
de l’Odeum, pour accueillir le Festival
international du film politique de Carcassonne. La
“Boîte” sera implantée « à mi-chemin de toutes les autres,
soit dans le cœur névralgique de notre rendez-vous », note
le délégué général Henzo Lefèvre.
©Festival International du Film Politique de Carcassonne
Porté par l’association La Bastide organisatrice du
festival, le projet a été concrétisé grâce au budget
citoyen dont il a été doté par le Conseil départemental,
grâce au vote des Audois, soit 49 900 €. De quoi
équiper une petite, mais « vraie salle de cinéma, de
seulement 16 fauteuils mais avec un écran de 3 mètres,
des murs en tissu noir, une accoustique réglée et un projecteur
non DCI, mais de gamme professionnel ».
Sur mesure
De fait, la Boîte diffusera exclusivement des courts
métrages, à commencer par ceux du festival de Carcassonne,
avec des séances de 8h30 à 23h tous les jours ;
une amplitude horaire d’autant plus large que « depuis
quelques années, notre sélection de courts attirent autant
de spectateurs que notre sélection de longs métrages ».
Mais persuadé que le format peut séduire bien au-delà
du temps fort de janvier, Henzo Lefèvre entend faire
tourner la Boîte toute l’année. « Les premiers mois nous
permettront de tester et ajuster notre proposition, mais
nous visons 26 séances et 420 entrées mensuelles, au fil
de rendez-vous réguliers, dans un premier temps les
mercredi et samedi après-midi. » En outre un “café des
cinéphiles” dans lequel on pourra « prendre un verre,
discuter des films… prolongera l’engagement et l'expérience
du festival ».
Côté billetterie, les séances à l’année seront en accès libre
pour tous les adhérents de l’association. Quant à la
programmation, elle sera « réfléchie de manière trimestrielle »
et mensuellement établie par le comité de sélection du
festival, « et avec les mêmes méthodes de travail, entre gens
qui viennent du monde du cinéma et ceux qui viennent
d’autres horizons », souligne le délégué général. Et si des
programmations, de 1h à 1h30 par session, sont déjà
prévues avec différents partenaires, dont le Syndicat
français de la critique (dans cadre de ses 80 ans) et le
distributeur coopératif québécois Spira, la nouvelle salle
est ouverte « à quiconque souhaite nous proposer des courts
métrages en phase avec notre ligne éditoriale, à savoir des
film films qui s’adressent autant aux cinéphiles qu’aux
citoyens », résume Henzo Lefèvre.
En attendant, la prochaine édition du Festival international
du film politique de Carcassonne se déroulera du
15 au 19 janvier 2026, avec entre autres une journée de
“Rencontres économiques” dédiées à la santé de la Culture.
Depuis 2023, le rendez-vous a doublé sa fréquentation
pour atteindre près de 22 600 entrées en 2025. Et la
petite Boîte est elle aussi prête à grandir, puisque dès le
départ, elle a été conçue pour être entièrement démontable…
et remontable.
Ayşegül Algan
48 N°506 / 17 décembre 2025
Un nouveau cinéma ouvre à Lamotte-Beuvron
Après plusieurs mois de travaux, la commune du
Loire-et-Cher se dote d’un mono-écran moderne,
le N3, qui succède à l’ancienne salle Le Méliès.
©Ville de Lamotte-Beuvron
C’est un nouveau scénario qui s’écrit depuis le 3
décembre à Lamotte-Beuvron, commune de 4 500
habitants située entre Bourges et Orléans. Après de
nombreuses années de bons et loyaux services, Le
Méliès a éteint son projecteur, laissant l’activité cinéma
prendre ses quartiers dans la salle flambant neuve du
N3, baptisée ainsi en hommage à Napoléon III,
bienfaiteur de la ville.
Érigé, en plein centre, dans les locaux réhabilités de
l’ancienne cartonnerie de Sologne, le cinéma, exploité
en régie municipale, constitue le premier équipement
du futur pôle culturel situé face au bassin du canal.
Conçu par l’architecte Gilbert Autret, le bâtiment se
distingue par son ossature bois selon la méthode de
la “boîte dans la boîte”. Un an de travaux a été nécessaire
pour concrétiser ce projet, d’un montant inférieur
à 2 millions €, soutenu par le département du Loireet-Cher
(170 000 €) et le CNC (100 000 €).
Dotée de 170 fauteuils au revêtement fushia, la salle,
également accessible aux personnes à mobilité réduite,
est programmée par le circuit CVL, une entente de
programmation regroupant une douzaine de cinémas
en région Centre, que dirige Francis Fourneau, exploitant
du Ciné Sologne de Romorantin-Lanthenay. Ce
dernier a, fût un temps, été gérant locataire de l’ancien
Méliès de Lamotte-Beuvron avant que la ville ne
reprenne la gestion du site.
Le N3 vise le classement art et essai, mais propose
aussi des films commerciaux ainsi que des événements
ponctuels. Le Méliès avait enregistré quelque 10 000
entrées en moyenne ces dernières années : avec la
nouvelle salle, et le projet d’une deuxième en réflexion,
l’objectif est de renouer, à terme, avec les niveaux
pré-Covid – 15 000 spectateurs avaient été accueillis
en 2019.
Tanguy Colon
L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET
DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
LE MAGAZINE PRO
ET LES SUPPLÉMENTS
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N°506 / 17 décembre 2025
49
Miscellanées
Le CNC dresse le bilan
d’une parité contrastée
en 2024
Dans son observatoire de l’égalité femmes-hommes publié
fin novembre, le Centre annonce 103 797 salariées dans
le cinéma et l’audiovisuel l’année dernière. Il s’agit d’une
baisse de 4,6 % par rapport à 2023, relative au recul
global de 5 % des emplois de la filière : la part de femmes
employées reste quant à elle stable, autour des 44 %. La
hausse est particulièrement remarquée depuis 2019, où
l’on dénombrait 8,6 % de salariées en moins. La dynamique
ralentit toutefois sur le premier semestre de 2025,
où la part de femmes dans la filière plafonne à 44,1 %
entre janvier et juillet.
En revanche, seuls 24,2 % de films en 2024 ont été
réalisés par une ou plusieurs femmes, un pourcentage au
plus bas depuis 2019. De même, la part des premiers
films réalisés par des femmes est de 30 %, soit le plus bas
niveau depuis 2018 (excepté 2020). Une absence derrière
la caméra qui se traduit également devant : les actrices
continuent d’être minoritaires par rapport aux hommes,
particulièrement à partir de 50 ans. À cela s'ajoutent des
écarts salariaux toujours importants dans les professions
les plus rémunératrices (actorat, réalisation, image,
production).
Ainsi, en introduction de la présentation de l’observatoire,
le président du CNC Gaëtan Bruel a annoncé la création
d’un malus parité qui sera effectif à partir du 1 er janvier
2027. « Le bonus parité créé en 2019 a fait bouger les lignes,
mais aujourd’hui les chiffres stagnent et montrent bien que
©Pathé Films
Partir un jour d’Amélie Bonnin
ce dispositif a atteint un plafond, à un niveau qui n’est pas
satisfaisant. [...] La parité n’a pas de prix, mais son absence
aura désormais un coût. »
J.D.
Soutiens
Afcae
Inédits
Soulèvements de Thomas Lacoste
(Jour2Fête, 11 février)
Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris
(UFO Distribution, 18 février)
Le Mystérieux Regard du flamant rose
de Diego Céspedes (Arizona Distribution, 18 février)
Jeune Public
Les Toutes Petites Créatures, collectif
(Cinéma Public Films, 4 février)
Stand By Me de Rob Reiner (ressortie)
(Splendor Films, 11 février)
James et la Pêche géante de Henry Selick
(ressortie) (Tamasa Distribution, 25 février)
Fantastique de Marjolijn Prins
(Les Films du Préau, 4 mars)
Planètes de Momoko Seto (Gebeka Films, 11 mars)
Répertoire
Le rendez-vous des quais de Paul Carpita
(Doriane Films, 14 janvier)
Adoption de Márta Mészáros
(Nightshift Films, 4 février)
Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner
Herzog (Potemkine, 25 février)
Wives d’Anja Breien (Malavida)
Coup de coeur 15-25
Love On Trial de Koji Fukada (Art House, 18 février)
ADRC
Séances accompagnées
Laguna de Sharunas Bartas (Shellac, 14 janvier)
Olivia d’Irene Iborra Rizo (KMBO, 21 janvier)
Le Retour du projectionniste d’Orkhan
Aghazadeh (Survivance, 21 janvier)
Amour apocalypse d’Anne Émond
(L’Atelier distribution, 21 janvier)
Baise-en-ville de Martin Jauvat (Le Pacte, 28 janvier)
La Vie après Siham de Namir Abdel Messeeh
(Météore Films, 28 janvier)
GNCR
Soutiens
Bait de Mark Jenkin (ED Distribution, 25 février)
Wim Wenders à la tête
du jury de la Berlinale
Le cinéaste berlinois multi-récompensé – Lion d’or pour
L’État des choses en 1982 et Palme d’or pour Paris, Texas
en 1984 – succède à Todd Haynes et présidera le jury de
la 76 e Berlinale. La directrice du festival, Tricia Tuttle,
déclare que « Wim Wenders est l’une des voix les plus
influentes dans le cinéma international. Pendant six décennies,
ses films nous ont émus et ravis par leur humanité et
leur sens de l’émerveillement. Son insatiable curiosité et sa
profonde maîtrise du langage cinématographique transparaissent
dans chacune de ses œuvres, qu'il s'agisse d'explorer
le talent d'autres artistes ou d'éclairer notre propre quête de
sens et de connexion ».
AGENDA DE LA PROFESSION6
©Gerhard KassnerIG: @gerhardkassner
Nouvelle DG au SDI
Magalie Armand succèdera
à Emmanuelle Döry en tant
que déléguée générale du
Syndicat des distributeurs
indépendants à partir du 5
janvier prochain. La nouvelle
représentante est forte de
plus de 20 ans d’expérience
dans le secteur cinématographique,
en France comme à l’international.
Magalie Armand a notamment été, durant plus de
dix ans, cheffe du département coproduction, coopération
et cinémas du monde au CNC, où elle a piloté
plusieurs dispositifs majeurs (Aide aux Cinémas du
Monde, Fonds bilatéraux France–Allemagne, Tunisie,
Italie, Grèce, Portugal), représenté la France auprès
d’Eurimages, coordonné ateliers et événements professionnels,
soutenu des festivals internationaux et négocié
des accords de coproduction intergouvernementaux.
Elle a également travaillé pour Unifrance, sur les études
de marché et l’accompagnement des distributeurs
ainsi que pour différents festivals et structures internationales.
Parallèlement à ses nouvelles fonctions au SDI, Magalie
Armand poursuivra ses activités en freelance auprès des
professionnels de l’industrie, institutions et festivals.
SOMMET DES ARCS 16 au 20/12/25 LES ARCS
CONVENTION METROPOLITAN FILMEXPORT 13/01/26 PARIS
RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS
JOURNÉES PROFESSIONNELLES VIVA CINÉMA 20 au 27/01/26 VALENCE
FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE
25 ES RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP
RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS
RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES
FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD
50 N°506 / 17 décembre 2025
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