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Boxoffice Pro n°506 – 17 décembre 2025

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Bimensuel N°506 / 17 décembre 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

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Bimensuel N°506 / 17 décembre 2025

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

SPÉCIAL

130 ANS DU CINÉMA

ENTRETIEN AVEC THIERRY FRÉMAUX

RETOUR SUR 130 ANS DE CINÉMA(S)

OUVERTURES À FRONTIGNAN, PLOURIN-LÈS-MORLAIX,

MONTCEAU-LES-MINES... ET L’AVENTURE CONTINUE !

VENTE DE WARNER BROS.

COMBAT DE TITANS ENTRE NETFLIX ET PARAMOUNT SKYDANCE


L'édito

Sommaire

Super Warner Bros., le film

Cela ressemble à un choix cornélien pour le studio : à

qui Warner Bros. Discovery doit-il se vendre ? La levée

de boucliers à l’annonce de l’accord avec Netflix a

démontré les craintes qu’il inspire. Craintes largement

alimentées par les déclarations incendiaires de Ted

Sarandos sur la salle, mais aussi par la position archi-dominante

que prendrait Netflix sur le marché du streaming

en mettant la main sur HBO Max, par les évolutions

de sa politique éditoriale, par ses offensives contre la

régulation, ou tout simplement sur le nombre de films

qui sortiraient (ou pas) au cinéma. La firme de Los

Gatos a essayé de se montrer rassurante, notamment

vis-à-vis de l’exploitation, mais, à date, sans vraiment

y être totalement parvenue. Elle a aussi, au moment où

nous bouclons, diffusé un message auprès de ses équipes,

pour assurer de sa volonté de maintenir la salle (voir

les pages 6 à 9). Les réactions des grands syndicats

professionnels américains (scénaristes, réalisateurs,

producteurs…) ne doivent pas non plus être prises à la

légère et peuvent peser en ce sens : Netflix, avec ou sans

Warner Bros., a besoin d’eux et des talents pour alimenter

son line-up. Ce sera d’ailleurs un point intéressant à

scruter : si l’on ne doit rien attendre de la MPA (qui

pourrait pourtant renforcer l’obligation de l’exploitation

en salle d’un film pour concourir aux Oscars, dont les

trois protagonistes de cette affaire sont membres), les

organisations syndicales sauront-elles être assez solides

pour imposer leurs vues ou des garanties ? Le régulateur,

s’il devait se prononcer – avec une impartialité très

hypothétique au vu de l’interventionnisme de la Maison-

Blanche – saurait-il imposer des règles claires et pérennes

à Netflix ? Enfin, le légendaire pragmatisme américain

en matière de business pourrait-il conduire le démocrate

Ted Sarandos à considérer la salle comme un élément

incontournable du modèle économique de Warner Bros.,

à l’image du virage à 180° de Disney qui avait conduit

au retour de Bob Iger en 2022 ? Les conséquences de

l’offre de Paramount – soutenue notamment par Jared

Kushner, gendre du président américain –, si elle devait

être acceptée (de gré ou de force serait-on tenté de dire,

au vu des implications politiques), sont, elles, très

prévisibles : même avec la garantie de la sortie en salles

des films, entre le coût social très élevé (Paramount

entend réaliser 6 Md $ d’économies de synergies) et la

baisse du nombre de films, le scénario a déjà été vécu

il y a quelques années avec l’absorption de Fox par

Disney. Ce sont donc, finalement, beaucoup d’incertitudes

qui planent, et Richard Patry ne s’y trompe pas

lorsqu’il parle de « bataille de société » : les décisions des

mois à venir auront un impact durable sur notre industrie.

D’autant plus que la consolidation appelle toujours

la consolidation…

Laurent Cotillon

P. 6 à 9

DEAL WARNER

La bataille Netflix-Paramount

Brève histoire de Warner

Réaction de Richard Patry

P. 10-11

ACTUS

Programme de l’Alpe d’Huez et

des rencontres Recherche & Découverte

CinéAccess à l’écoute

P. 14 à 16

ART ET ESSAI

Retour sur le colloque de l’AFCAE

sur la cinéphilie

P. 18-19

ÉDUCATION À L’IMAGE

Aurélie Delage dans l’Émission

JULIEN MARCEL

Directeur de la

publication

CÉCILE VARGOZ

Journaliste

La Rédaction

LAURENT COTILLON

Directeur général délégué

média & stratégie

JULES DREYFUS

Journaliste

AYSEGÜL ALGAN

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

P. 22 à 24

DISTRIBUTION

Le pari Légendaires de la Pan

Le CNC chiffre le bilan écologique

de la distribution

P. 32 à 49

130 ANS DE CINÉMA(S)

Histoire des mutations du cinéma

Entretien avec Thierry Frémaux

Ouvertures du Quai des lumières

de Frontignan, du Cinéville

Plourin-lès-Morlaix et du Capitole

de Montceau-les-Mines

Une salle ICE x Onyx au Mégarex

de Haguenau

Mouvements à Lorient, Carcassonne

et Lamotte-Beuvron

P. 50

MISCELLANÉES

Soutiens, parité, SDI et agenda de la

profession…

Crédit page 3 : ©Jean-Louis Hupe

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

Directeur de la publication

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Directeur général délégué média & stratégie

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Rédacteurs

Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr

Collaboration au magazine

Tanguy Colon

Base de données Films

guillaume.martin@webedia-group.com

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Réalisation CINE GROUP

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4 Rue Antoine de Saint-Exupéry

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4 N°506 / 17 décembre 2025


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Actualités

WARNER BROS. DISCOVERY

NETFLIX ET PARAMOUNT ENGAGÉS

DANS UN COMBAT DE TITANS

Un accord éclair, une OPA hostile en contre-attaque… et un florilège

de réactions : le coup de tonnerre autour de la cession de Warner Bros.

Discovery (WBD) réserve encore son lot de scénarios…

©Chase Yi/Unsplash

On pensait le conseil d’administration WBD entré dans

une longue phase de réflexion et d’évaluation des offres

finales qui lui étaient parvenues le 20 novembre… Et

pourtant, à peine deux semaines plus tard, le 5 décembre,

le board du conglomérat annonçait avoir scellé un accord

avec Netflix, créant une onde de choc à Hollywood et

dans toute l’industrie.

La transaction, valorisée à 27,75 $ par action, représente

un montant de 82,7 milliards de dollars (environ 71

milliards d’euros). L’acquisition ne concernant que les

activités Streaming & Studios de WBD – soit les studios

de cinéma et de télévision, HBO et HBO Max –, elle

ne doit être finalisée qu’après la scission de l’entité Global

Networks – soit les chaînes câblées à la peine –, au

troisième trimestre 2026… et bien entendu le feu vert

des autorités compétentes. « En combinant l’incroyable

catalogue de séries et de films de Warner Bros. – des classiques

intemporels comme Casablanca et Citizen Kane aux succès

modernes tels que Harry Potter et Friends – avec nos titres

emblématiques comme Stranger Things, KPop Demon

Hunters et Squid Game –, (…) nous pouvons offrir au

public davantage de ce qu’il aime et contribuer à façonner

l’avenir de la narration au 21 e siècle », s’est, d’emblée,

félicité Ted Sarandos, co-PDG de Netflix.

Mais comme tout bon scénario, dans un rebondissement

inattendu, Paramount Skydance, déjà parmi les prétendants

au rachat, a initié une contre-attaque hostile. Le 8

décembre, le groupe présidé par David Ellison a ainsi

lancé une offre publique d’achat directement auprès des

actionnaires de WBD, à 30 $ par action, pour un total

de 108,4 milliards de dollars (93 milliards d’euros).

Une valorisation supérieure qui s’explique par l’intention

de Paramount d’acquérir l’intégralité de WBD, incluant

donc aussi les chaînes de télévision comme CNN. Arguant

que l’offre de Netflix s’expose à « un long processus d’approbation

réglementaire multinational, ainsi qu’à un montage

complexe mêlant actions et numéraire », David Ellison

vante l’effet « pro-concurrentiel » de la réunion de

Paramount+ et HBO Max, qui créerait « un adversaire

sérieux face à Netflix, Amazon et Disney », tout comme

« un Hollywood plus fort ». Face à cette offre « non sollicitée »,

le conseil d’administration de WBD a maintenu sa

recommandation concernant l’accord avec Netflix,

conseillant à ses actionnaires de « ne prendre aucune mesure

concernant la proposition de Paramount Skydance », en

attendant de les informer de ses préconisations « dans un

délai de 10 jours ouvrables », soit le 19 décembre prochain.

Levée de boucliers

Si l’avenir de WBD reste donc flou au moment où nous

bouclons ces lignes, la perspective de le voir rejoindre le

giron de Netflix a provoqué, naturellement, un vif émoi

dans le monde du cinéma, à commencer par celui du

secteur de l’exploitation. Pour Michael O’Leary, président-directeur

général de Cinema United, qui représente plus

de 30 000 salles aux États-Unis et 26 000 à l’international,

la menace est « sans précédent », le géant du streaming

portant un modèle économique « qui ne soutient pas

6 N°506 / 17 décembre 2025


©Warner Bros.

Harry Potter et la Coupe de feu, 2005

LA PLUS GRANDE PLATEFORME DE STREAMING AVALANT

L’UN DE SES PRINCIPAUX CONCURRENTS, C’EST PRÉCISÉMENT

CE QUE LES LOIS ANTITRUST VISENT À EMPÊCHER

Writers Guild of America

l’exploitation en salles » ; ce que dénonce également l’UNIC,

allant jusqu'à évoquer « un échec sur toute la ligne ».

La Producers Guild of America réclame un accompagnement

des décideurs publics pour trouver « une voie

qui protège les moyens de subsistance des producteurs et une

véritable distribution en salles », quand, pour la Writers

Guild of America, « la plus grande plateforme de streaming

avalant l’un de ses principaux concurrents, c’est précisément

ce que les lois antitrust visent à empêcher ».

Le destin des films Warner sur grand écran apparaît

clairement comme le principal argument avancé par les

opposants au rachat par Netflix, malgré les récents signaux

envoyés par les patrons du streamer. Dans un mémo

interne adressé le 15 décembre à leurs salariés, Ted Sarandos

et Greg Peters se voulaient une nouvelle fois rassurants :

« Nous nous engageons pleinement à sortir les films Warner

Bros. au cinéma, comme c'est le cas actuellement. La sortie

en salles est un élément essentiel de son activité et de son

héritage, et nous ne voulons pas modifier ce qui fait la valeur

de Warner Bros. » Les deux co-PDG concèdent ne pas

avoir privilégié la sortie en salles par le passé, « car ce

n'était pas notre priorité chez Netflix. Une fois cet accord

finalisé, nous nous consacrerons pleinement à ce secteur ».

Difficile cependant pour les professionnels d’oublier les

paroles de Ted Sarandos au printemps dernier dans Time

Magazine, qui assumait que le déclin des cinémas « ne le

dérangeait pas », interprétant les difficultés du box-office

nord-américain comme un message clair du public :

« Il préfère regarder les films chez lui ». Depuis sa création,

la plateforme s’est attachée à limiter ses actions en faveur

de la sortie salle, acceptant l’exploitation éclair de certains

de ses productions dans le seul but de les rendre éligibles

aux cérémonies… où elle a raflé de nombreuses statuettes,

à l'exception de la plus prestigieuse : l’Oscar du meilleur

Warner, un siècle de cinéma…

et de changements de nom

Fondée au printemps 1923, la Warner Bros Pictures

Inc. a marqué l’histoire du cinéma avec ses innovations

révolutionnaires, en tête desquelles figurent l’avènement

du parlant avec le film Le Chanteur de jazz d’Alan

Crosland (1927). Le studio s’est également distingué

avec des productions légendaires pour le grand écran

– Casablanca (1943), My Fair Lady (1962), L’Exorciste

(1973), les films de Stanley Kubrick, de Clint Eastwood,

les sagas Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, Matrix,

l’univers DC Comics, Interstellar (2014) ou encore

Barbie (2023) – et la télévision – Friends, Les Looney

Tunes ou encore Les Frères Scott.

Mais l’histoire de Warner est aussi jalonnée d’opérations

d’achat, de fusion, de cession impliquant divers changements

de nom. Ainsi, quelques années après sa

création, le studio rachète la First National Pictures

pour devenir Warner Bros-First National (1929), avant

de retrouver, plus tard, son appellation d’origine. En

1966, peu de temps après être devenu seul patron du

studio après avoir trahi ses frères Harry et Albert, Jack

Warner cède ses parts à Seven Arts Productions, la

major devenant Warner Bros-Seven Arts. Elle change

encore de mains, mais retrouve son nom, à la fin des

années 1960, en entrant dans le giron de Kinney

National, propriétaire de National Periodical Publications,

l’ancêtre de DC Comics.

En 1989, le groupe Time, qui détient notamment la

chaîne de télévision payante HBO, rachète Warner

pour 14 milliards de dollars et le renomme Time

Warner. Le conglomérat se renforce en 1996 avec

l’acquisition de Turner Broadcasting et l’intégration

des chaînes CNN, TBS ou encore Cartoon Network.

Début 2000, le groupe se retrouve impliqué dans “le

mariage du siècle” lorsqu’il est officiellement absorbé

par AOL, fournisseur d’internet à la croissance fulgurante

et à la capitalisation boursière deux fois supérieure

à celle de Time Warner. Le néo géant est brièvement

rebaptisé AOL Time Warner, avant que la valeur du

fournisseur s’effondre suite à l’éclatement de la bulle

internet. Les pertes historiques, d’environ 100 milliards

de dollars, qui s’ensuivent poussent le groupe à recouvrer

le nom Time Warner en 2003 ; en 2009, la séparation

avec AOL est actée.

En 2018, s’ouvre une valse à trois temps lorsque le

studio est racheté par le géant des télécommunications

AT&T, pour 85 milliards de dollars, et devient Warner-

Media. En 2022, est entérinée la fusion avec Discovery

qui donne naissance à Warner Bros Discovery. Et en

2025, nouvel acte de cette danse avec la cession annoncée

du studio… au vainqueur du tango engagé depuis

plusieurs jours entre Netflix et Paramount Skydance.

T.C.

N°506 / 17 décembre 2025

7


Actualités

OPA hostile : le précédent Comcast sur Disney

LA COMBINAISON DE

NETFLIX ET DE HBO MAX

FORMERAIT UN GÉANT DE

PLUS DE 420 MILLIONS

D’ABONNÉS

En 2004, Comcast, alors principalement câblo-opérateur mais

déjà ambitieux dans le secteur des médias, a tenté de racheter

Disney via une OPA hostile évaluée à 66 milliards de dollars. Elle

visait – comme c’est le cas aujourd’hui avec Paramount sur

Warner Bros. – à prendre le contrôle direct du géant du divertissement

contre la volonté de son conseil d’administration.

Rapidement, l’offre s’est heurtée à un refus catégorique du

board, qui estimait qu’elle sous-évaluait lourdement la valeur de

Disney et menaçait son identité créative. Jugée risquée sur le

plan antitrust et accueillie avec scepticisme par les actionnaires

comme par la communauté artistique, la tentative de Comcast a

été abandonnée en quelques semaines.

Cet épisode a toutefois laissé des traces profondes au sein de

Disney : il a accéléré la chute de Michael Eisner, fragilisé par les

critiques internes, et ouvert la voie à l’arrivée de Bob Iger à la

tête du groupe en 2005. Sous sa direction, Disney a adopté une

stratégie ambitieuse, marquée par le rachat de Pixar, puis de

Marvel, Lucasfilm et 21st Century Fox. Soit autant d’acquisitions

qui ont redéfini le paysage hollywoodien et propulsé l’entreprise

dans une phase de croissance et de domination inédite. Ainsi,

l’échec de l’OPA de Comcast, loin d’être une simple parenthèse, a

servi de catalyseur à la transformation du Disney moderne.

Quant à Comcast, elle rachètera en 2011 NBC Universal.

Un temps dans la course au rachat de Warner Bros. Discovery,

elle a été jusqu’à présent devancée par Netflix

et Paramount Skydance.

Laurent Cotillon

©2022 Warner Bros. Entertainment Inc.

film. Après la plateforme Apple, confortée par le succès

de F1, le film, et Amazon MGM, qui prévoit de distribuer

ses propres films dès l’an prochain, Netflix se prépare-telle

à devenir un membre à part entière de la grande

famille… des cinémas ?

Quand bien même elle serait plus encline aux sorties

salle, la plateforme reste farouchement opposée aux

longues fenêtres d’exclusivité, tant à l’international

(en témoigne son recours contre la chronologie des

médias française devant le Conseil d’État) qu’aux

États-Unis, où les fenêtres ont pourtant été réduites

depuis le Covid à 45, voire 30 jours. Toujours dans

Time Magazine, Ted Sarandos fustigeait la bataille que

se livrent studios et salles pour préserver une fenêtre

« totalement déconnectée de l’expérience du consommateur

qui aime simplement voir un film », critiquant au passage

le « concept dépassé » de « faire des films pour un écran

géant et une expérience collective ».

Sur le petit écran, la combinaison de la première plateforme

mondiale et de la troisième, HBO Max, formerait

un géant de plus de 420 millions d’abonnés, très loin

devant l’actuel deuxième, Disney+ et ses quelque 130

millions de souscriptions. Si, au départ, Netflix et HBO

Max continueront à fonctionner séparément, avec des

titres du second ajoutés au catalogue du premier, une

fusion des deux plateformes pourrait-elle intervenir par

la suite ? Netflix projette 2 à 3 milliards de dollars d’économies,

dont 1 milliard sur ses actuels paiements pour

bénéficier de contenus HBO. Par ailleurs, les

mutualisations de frais seront déjà, et en premier lieu,

dans les 3,5 milliards de dollars annuels dépensés en frais

techniques de diffusion. Pour WBD, le “coût humain”

d’une intégration dans le grand N pourrait donc être

plus faible… et expliquer les faveurs apparentes du

président David Zaslav pour l’option Netflix.

Le spectre Disney-Fox

Car l’offre de Paramount n’est pas non plus sans part

d’ombre, à l’instar de la question des 6 milliards de dollars

de « synergies » qu’elle promet, et qui se traduira essentiellement

en “restructuration de ressources humaines”,

autrement dit en suppressions de postes dans les deux

entreprises aux activités très similaires. Autre crainte :

celle d’une réduction drastique du nombre des films

produits… et donc exploités en salles, avec l’exemple

encore frais des conséquences de l’acquisition de la Fox

par Disney en 2019. Avant l’opération, le studio derrière

Star Wars produisait encore une dizaine, voire une quinzaine

de films chaque année, quand les titres de ses

différents labels se comptent désormais sur les doigts

d’une main. Lors d’une conférence aux investisseurs,

David Ellison s’est engagé à ce que Paramount accompagne

« plus de 30 sorties en salles par an : nous allons répondre

aux attentes du public cinéphile ». Sachant que Paramount

a sorti en moyenne 8 nouveaux films par an depuis 2021

(contre 11 au cours des cinq années précédant la pandémie),

et que la dernière fois que Paramount et Warner Bros.

ont combiné au moins 30 nouveaux films en salle, c'était

en 2018 (avec 20 titres Warner Bros. et 11 Paramount),

on attend de voir les actes joints… aux paroles.

Le facteur Trump

Parmi ses autres points sensibles, l’offre de Paramount

Skydance compte trois fonds souverains du Golfe (de

l’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis)

au nombre de ses fournisseurs de capitaux, aux côtés de

la riche famille Ellison (David, avec le soutien de son

père Larry, fondateur multimillionnaire d’Oracle), de la

société américaine d’investissement RedBird Capital, et

du fonds Affinity Partners… de Jared Kushner, le gendre

de Donald Trump.

Alors, entre David Ellison soutenu par “la famille” et

Ted Sarandos le démocrate, le président des États-Unis

se garde d’entrer clairement en scène… Pour l’heure,

alors même que le conseil d’administration de WBD a

affiché sa préférence pour l’option Netflix, Paramount

apparaît en meilleure position pour obtenir les feux verts

réglementaires. Mais les verdicts ne sont pas attendus

avant, au moins, 12 à 18 mois.

A.A., J.M, T.C.

LA DERNIÈRE FOIS QUE

PARAMOUNT ET

WARNER ONT COMBINÉ

AU MOINS 30

NOUVEAUX FILMS

EN SALLE, C'ÉTAIT

EN 2018…

Barbie, le plus grand succès post CoviD de Warner

8 N°506 / 17 décembre 2025


©Jean-Luc Mege Photography

RICHARD PATRY : « WARNER BROS. EST

AU CŒUR D’UNE BATAILLE DE SOCIÉTÉ »

Observateur attentif des opérations en cours outre-Atlantique, le président de

la Fédération nationale des cinémas français revient sur un dossier qui dépasse

largement les enjeux boursiers.

Dans cette « affaire à rebondissements », Richard Patry

a bien conscience du nombre considérable de paramètres

« sur lesquels nous n’avons aucune prise ». Mais

quel que soit l’actionnaire majoritaire de WBD demain,

« notre préoccupation est la même : que les films du lineup,

comme du catalogue, de ce studio majeur de l’histoire

du cinéma – et certainement l’un des plus compatibles

avec le marché européen avec ses propositions de blockbusters

comme ses films d’auteur – restent accessibles en

salles… et au-delà, pour tous les publics ».

Parmi les scénarios de reprise, l’offre de Netflix suscite

naturellement une inquiétude particulière. « Malgré

les récentes déclarations du co-PDG Ted Sarandos, ses

prises de position contre la salle, il y a encore quelques

mois, et l’histoire la plateforme ne sont pas de nature à

nous rassurer », rappelle Richard Patry, citant le récent

cas de Frankenstein de Guillermo del Toro, dont le

public français est privé… hormis les abonnés Netflix.

Cette logique d’exclusivité nourrit une inquiétude

plus large chez le président de la FNCF. De fait, si

Netflix devrait se réserver l'exclusivité du catalogue

Warner – de Casablanca à Harry Potter, en passant

par Chantons sous la pluie pour ne citer qu’eux –, « c’est

tout le travail sur le cinéma de patrimoine et les actions

d’éducation à l’image des salles, sans compter la liberté

d’accès aux œuvres pour le public qui serait en péril ».

Un point d’autant plus sensible dans le pays champion

de la chronologie des médias, que la plateforme a

attaqué au Conseil d’État français. « Est-ce que les

nouveaux dirigeants de Warner accepteront notre chronologie

ou décideront-ils de ne pas sortir leurs films dans

nos salles pour y échapper ? », interroge Richard Patry,

en rappelant que sur l’année 2025, pas moins de cinq

titres Warner figurent dans le top 20 tricolore [F1,

Minecraft, le film, Conjuring : L’heure du jugement,

Superman et Une bataille après l’autre, pour un total

à date de 11,2 millions d’entrées et une part de marché

de 24,5 %, ndlr.]. « Certes, notre chronologie est toujours

en mouvement, mais l’intégration de WBD dans Netflix

aurait des conséquences sur la place de tous les diffuseurs,

dont ceux de VOD et SVOD. »

Sur le papier, l’option Paramount Skydance, « un

studio qui fait partie de l’histoire du cinéma, connaît

les salles et y diffuse ses films », pourrait sembler plus

proche du modèle traditionnel. Mais les exploitants

n’ont pas oublié la fusion Disney-Fox, où « un plus

un n’a pas fait deux » en matière d’offre, et « la rationalisation

et les mutualisations d’un rapprochement

WBD-Paramount risquent fort d’impacter le nombre

de projets ».

Pour l’heure, la Fédération avance donc avec prudence.

« Il est trop tôt pour réagir, et il ne faut pas faire de procès

d’intention. Les actionnaires de WBD vendront à qui

ils voudront, et le management fera ses choix. » Reste le

garde-fou des autorités de la concurrence, y compris

européennes, qui examineront la situation sous l’angle

de l’éventuel monopole créé par la fusion des activités

de plateforme, « et non sur la problématique de la

distribution de films en salles ».

En attendant, l’intrigue se déroule ailleurs... « Nous

sommes peut-être peu de choses à l’échelle mondiale, mais

la France reste une cinématographie et un marché majeurs.

Nous allons donc faire en sorte que notre voix soit entendue »,

assure le président de la FNCF, en soulignant la

dimension collective du combat. « Il est essentiel de

rester solidaires de nos confrères américains, de rappeler

que le cinéma, c’est la SALLE de cinéma, et que cette

bataille que nous menons pour défendre la liberté d’accès

aux films, c’est avant tout une bataille de société. »

Aysegul Algan

N°506 / 17 décembre 2025

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Actualités

Palmarès du Festival du

film de société de Royan

La 5 e édition de l’événement s’est achevée le 6 décembre

avec la remise des prix par le jury que présidait Vincent

Perez, aux côtés de Valérie Bonneton, Marilou Aussilloux,

Frédéric Farrucci et Thierry Laurentin, ainsi que le

jury lycéen.

Prix du meilleur film : Les Dimanches d’Alauda Ruiz de

Azúa (distribué par Le Pacte, sortie le 11/02/2026)

Prix coup de cœur du public : Furcy, né libre d’Abd Al

Malik (Memento, 14/01/2026)

Prix Jeunesse cinéma : Furcy, né libre d’Abd Al Malik

©Warner Bros

Golden Globes 2026 : un film Warner en tête

des nominations

Une bataille après l’autre de Paul Thomas

Anderson est le film le plus cité pour ces 83 es

Golden Globes, où figurent aussi plusieurs titres

Netflix. La France s’illustre particulièrement dans

la catégorie animation.

Une bataille après l'autre

Une bataille après l’autre est nommé dans neuf catégories,

dont celle de la Meilleure comédie, tandis

qu’un autre film Warner, Sinners de Ryan Coogler,

est cité sept fois, notamment comme Meilleur drame

face au Frankenstein de Guillermo del Toro… produit

par Netflix. La plateforme est d’ailleurs représentée à

travers cinq films différents toutes nominations

confondues.

Après le triomphe de Emilia Perez l’an dernier, la

France est présente à travers plusieurs (co)productions :

Un simple accident de Jafar Panahi, nommé quatre

fois notamment parmi les meilleurs films étrangers,

Valeur sentimentale de Joachim Trier qui prétendra à

huit récompenses, ou encore Nouvelle Vague de Richard

Linklater, L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho,

Sirât d’Oliver Laxe et La voix de Hind Rajab de Kaouther

Ben Hania. Mais c’est dans la catégorie Animation

que la production hexagonale brille le plus, avec deux

films sur les six nommés : Arco d’Ugo Bienvenu et

Amélie ou la métaphysique des tubes de Maïlys Vallade

et Liane-Cho Han, qui concourent, entre autres, face

à Kpop Demon Hunters de Netflix. Verdict le 11 janvier

à Los Angeles.

L’ensemble des nominations à retrouver sur

www.boxofficepro.fr

Thierry Laurentin et Vincent Perez, du jury professionnel,

dialoguent avec le jury lycéen du Festival de Royan

Les prix Louis-Delluc 2025

pour deux réalisatrices

Après Miséricorde d’Alain Guiraudie l’an dernier, La Petite

Dernière de Hafsia Herzi a été distingué par les jurés du

“Goncourt du cinéma” comme meilleur film français de

l’année. Après le Prix d’interprétation féminine à Cannes,

une nouvelle distinction pour le film distribué par Ad

Vitam, qui tutoie les 400 000 entrées depuis le 22 octobre

et figure dans la sélection du Festival Afcae-Télérama en

janvier. La Petite Dernière était en lice face à Dossier 137 de

Dominik Moll, Enzo de Laurent Cantet et Robin Campillo,

Nouvelle Vague de Richard Linklater, Love Me Tender

d’Anna Cazenave Cambet et Laurent dans le vent d’Anton

Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon.

Moins attendu, Le Rendez-vous de l’été de Valentine

Cadic, est couronné du prix Louis-Delluc du premier film,

raflant la récompense à Arco d’Ugo Bienvenu, L’Épreuve du

feu d’Aurélien Peyre, Kika d’Alexe Poukine et Nino de

Pauline Loquès. Une jolie reconnaissance pour New Story

qui a sorti le film le 11 juin, et a touché un peu de plus de

11 000 spectateurs.

La Petite Dernière

©Ad Vitam

Festival de l'Alpe d'Huez 2026 : la sélection

L’événement dédié aux films de comédie, qui se déroulera dans la station iséroise du 19 au dimanche

25 janvier 2026, a dévoilé l’essentiel de sa sélection de longs métrages.

EN COMPÉTITION

Alter Ego de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine (Tandem

Films, sortie le 04/03/26)

C’est quoi l’amour ? de Fabien Gorgeart (Zinc., 25/03/26)

De la Comédie-Française de Bertrand Usclat et Martin

Darondeau – 1 er film (Zinc., à dater)

Deviens génial, de Léo Grandperret – 1 er film (Apollo

Films, 15/04/26)

La Poupée de Sophie Beaulieu – 1 er film (Ad Vitam, 22/04/26)

L’Arnaqueuse de Wilfried Méance (Wild Bunch, à dater)

Tout va super de Patrick Cassir (Zinc., à dater)

Chers parents de Emmanuel Patron – 1 er film (SND, 25/02/26)

HORS COMPÉTITION

L’Infiltrée de Ahmed Sylla – 1 er film (Pan Distribution, 11/02/26)

Marsupilami de Philippe Lacheau (Pathé, 04/02/26)

Mauvaise pioche de Gérard Jugnot (Pan Distribution, 01/04/26)

Un complément de sélection sera annoncé avant la fin

de l'année.

Le jury de la compétition sera présidé par Audrey Lamy,

qui sera entourée de Mélanie Doutey, Alison Wheeler,

William Lebghil et Baptiste Lecaplain.

Les Rencontres Recherche et Découverte 2026

se précisent

Le Groupement national des cinémas de recherche

(GNCR), avec les associations de salles régionales CINA

et ACOR, convie les professionnels de l’exploitation et

de la distribution les 13 et 14 janvier prochains aux

cinémas Le Dietrich et le TAP-Scène nationale de Poitiers.

Cette 4 e édition, autour de projections et temps d’échanges,

sera marquée par une masterclass de la cinéaste américaine

Kelly Reichardt le 14 janvier, à l’occasion de la sortie de

The Mastermind le 4 février par Condor.

Le GNCR propose aussi une table ronde le 13 janvier,

à l’intitulé ambitieux : « La salle de cinéma, espace d’expression

citoyen au cœur des aléas politiques : Pérenniser

son modèle économique et son indépendance

artistique ».

Les intervenants et le programme complet seront détaillés

très prochainement, mais les inscriptions sont déjà ouvertes,

sur le site du GNCR.

10 N°506 / 17 décembre 2025


CGR Events et ADN signent un accord pour la

distribution cinéma

La plateforme de streaming européenne ADN (Animation

Digital Network) et CGR Events ont annoncé un

partenariat stratégique en vue de « la distribution européenne

de l’ensemble du line-up cinéma de la plateforme en 2026 ».

Les deux structures comptent accompagner l’essor du

cinéma d’animation, notamment japonais, « auprès d’un

public toujours plus large », en témoigne le succès récent

de Demon Slayer : Kimetsu No Yaiba - La Forteresse infinie

avec plus de 1,7 million d’entrées en France, sous bannière

Sony Pictures.

CGR Events et ADN entendent « impulser une nouvelle

dynamique autour de l’animation en Europe, portée par

l’attrait unique de l’animation japonaise et enrichie par

Extrait de l’affiche de Alice au pays des merveilles : Dive in Wonderland

The Jokers en VOST ukrainienne

Samedi 29 novembre, le cinéma Henri Langlois à

Franconville (Val-d'Oise) a accueilli près de 300 spectateurs

pour découvrir U Are the Universe de Pavlo

Ostrikov. Pour cette comédie ukrainienne de science-fiction,

sortie le 20 novembre dernier dans son pays

d’origine – et qui a déjà eu une première belle vie en

festivals* –, The Jokers ne prévoit pas de sortie nationale

en France. Mais il compte bien l'emmener à la rencontre

du public avec des projections sous visa exceptionnel…

et qu’il souhaite accessibles à la communauté ukrainienne

non-francophone en exil. L'un des personnages principaux

du film s'exprimant en français, le distributeur

a donc prévu une version sous-titrée en ukrainien.

des créations françaises et internationales ». En France,

trois titres sont prévus pour 2026, à commencer par

Alice au pays des merveilles : Dive in Wonderland le

14 janvier. Cette adaptation du roman de Lewis Carroll

par le réalisateur Toshiya Shinohara suit Lise, une

étudiante qui atterrit au Pays des merveilles, et se

retrouve guidée par une certaine Alice dans un mystérieux

périple. Viendront ensuite deux sorties sur visa

exceptionnel. D’abord The Dangers in My Heart :

The Movie les 14 et 15 février, à partir de l’anime du

même nom, puis Assassination Classroom the Movie :

Our Time les 28 et 29 mars, qui réunit l’ensemble des

épisodes écartés de la série pour des raisons de rythme

et de format.

Plusieurs cinémas ont déjà pris la suite du cinéma

Henri Langlois de Franconville pour organiser ces

séances spéciales, dont Les 2 Scènes de la Maule

(Yvelines) le 7 décembre, en attendant les rendez-vous

prévus à Bordeaux, Lyon, Nice, Rennes, Saint-Germain-en-Laye...

*Œil d'or et Prix Ciné+ Frisson du meilleur long-métrage international au PIFFF

(2024), Prix du public aux Utopiales à Nantes (2024), Octopus d'or et Méliès

d'argent au Festival européen du film fantastique de Strasbourg (2024), Grand

Prix et Prix du Jury à Hallucinations collectives à Lyon (2024), Prix du public au

festival du Premier film d'Annonay (2025), Prix du public et prix de la jeunesse

au Festival du film fantastique de Neufchâtel (2025).

©CGR Events/ADN ©The Jokers

CinéAccess, pour des

séances à l’écoute

Validée dans les cinémas CGR et en cours de

déploiement dans tout le circuit, une nouvelle

solution ambitionne de répondre aux besoins

audiovisuels et d’accessibilité sensorielle de l’ensemble

des salles.

Pour bénéficier des services d’audiodescription, de

bande son renforcée ou de la combinaison des deux,

les spectateurs n’auront besoin que de leur smartphone,

de leurs écouteurs… et de l’application – gratuite –

CinéAccess. Pour diffuser ces flux, la salle doit de son

côté s’équiper d’un boîtier CinéStreams, qui centralise

les principaux réglages audio et vidéo et trouve naturellement

sa place dans la cabine de projection.

Cette solution multimédia clé en main doit permettre,

bien au-delà de l’accessibilité sensorielle, de gérer tous

types de contenus alternatifs, qu’il s’agisse de diffusion

en direct, en ligne (pages web, vidéos YouTube…),

de lecture de fichiers (directement depuis une clé USB

ou via l’interface de gestion intégrée), ou d’ambiances

sonores.

À noter que le dispositif disposera également d’une

fonction sous-titrage, actuellement en cours de

finalisation.

À retrouver avec ce numéro :

UNE ANNONCE WOUF DE KMBO !

U Are the Universe, en compagnie du dernier homme de la Terre à la recherche de l’amour intergalactique

N°506 / 17 décembre 2025

11


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PHOTOS : EDDY BRIERE

AVEC

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ELLE N’EST PAS CELUI QUE VOUS CROYEZ !

UNE COMÉDIE

D’AHMED SYLLA

ET LA PARTICIPATION

AMAURY

D’ICHEM

CINDY

DE CRAYENCOUR BOUGHERABA BRUNA

SCÉNARIO DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA

AU CINÉMA LE 11 FÉVRIER

&CHANTAL

LADESOU

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ET LA PARTICIPATION

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SCÉNARIO DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA

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THOMAS BÉARD DÉCORS ISABELLE DELBECQ COSTUMES CAMILLE RABINEAU 1ÈRE ASSISTANTE RÉALISATEUR JULIE-ANNE SIMON DIRECTRICE DE PRODUCTION CLÉMENCE NEVOT MUSIQUE ORIGINALE MAXIME DESPREZ & MICHAËL TORDJMAN SON FRANK DUVAL CLÉMENT MAURIN

ÉCRIT PAR DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA RÉALISÉ PAR AHMED SYLLA PRODUIT PAR DANIEL TORDJMAN UNE COPRODUCTION 74 FILMS - PAN CINEMA - STUDIOCANAL - M6 FILMS AVEC LA PARTICIPATION DE

CANAL+ CINÉ+ M6 &

© 2026 74 FILMS - PAN DISTRIBUTION - STUDIOCANAL - M6 FILMS

SANDRA

PARFAIT

&CHANTAL

LADESOU

AMAURY

DE CRAYENCOUR

UNE COMÉDIE

D’AHMED SYLLA

SCÉNARIO DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA

ISABELLE DELBECQ COSTUMES CAMILLE RABINEAU 1 ÈRE ASSISTANTE RÉALISATEUR JULIE-ANNE SIMON DIRECTRICE DE PRODUCTION CLÉMENCE NEVOT MUSIQUE ORIGINALE MAXIME DESPREZ & MICHAËL TORDJMAN SON FRANK DUVAL CLÉMENT MAURIN & LOÏC GOURBE RESPONSABLE POST-PRODUCTION MORGANE LE GALLIC

DAIVE COHEN AVEC LA PARTICIPATION D’AHMED SYLLA RÉALISÉ PAR AHMED SYLLA PRODUIT PAR DANIEL TORDJMAN UNE COPRODUCTION 74 FILMS - PAN CINEMA - STUDIOCANAL - M6 FILMS AVEC LA PARTICIPATION DE

CANAL+ CINÉ+ M6 & W9

ET LA PARTICIPATION

D’ICHEM

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Art et essai

Guillaume Bachy et Antoine De Baecque

HISTOIRE(S) DE LA

CINÉPHILIE

©Jules Dreyfus

Dans le cadre des célébrations de

ses 70 ans, l’AFCAE a organisé, du 3

au 5 décembre derniers, un colloque

intitulé « La cinéphilie d’hier à

demain », où ont discuté et théorisé

chercheurs, critiques et exploitants.

« L’idée nous est venue de fêter la cinéphilie pendant trois

jours », a affirmé en ouverture du colloque Guillaume

Bachy, président de l’Association française des cinémas

d’art et d’essai. Une occasion de dresser les contours

de cette notion, ce qu’elle implique en tant que

spectateur, exploitant ou universitaire, et son état à

une époque où l’offre est fragmentée, et l’écosystème

français contesté. « La cinéphilie est bien plus que

l’amour du cinéma comme un objet. C’est la passion

d’un art vivant qui se partage, s’éprouve. C’est le rituel

de la salle de cinéma, de la séance, la découverte, l’altérité,

l’émotion cathartique, les débats parfois animés, mais

toujours amicaux », énonce Guillaume Bachy. Et alors

que les salles traversent une période de fréquentation

plus que morose, l’historien et critique Antoine De

Baecque rappelle qu’à l’occasion des 100 ans du

cinéma, en 1995, « on prédisait leur disparition ». La

génération de cinéphiles qui s’est construite alors était

« en déroute » à cause de la fermeture de nombreux

cinémas, contrairement à celle d’aujourd’hui, qui a

« reconquis les salles, en même temps que d’autres espaces

de cinéphilie : cette cinéphilie du temps d’Internet et de

nouveaux lieux de l’amour du cinéma que peuvent être

un musée, une exposition, un livre, une revue, un forum

de discussion, un café ».

LA CINÉPHILIE EST BIEN

PLUS QUE L’AMOUR DU

CINÉMA COMME UN

OBJET. C’EST LA

PASSION D’UN ART

VIVANT QUI SE

PARTAGE, S’ÉPROUVE.

Guillaume Bachy,

président de l’AFCAE

14 N°506 / 17 décembre 2025


De gauche à droite : Carole Desbarats, Gabriel Bortzmeyer,

Alixe Gallois, Pauline Chasserieau et Catherine Mallet

Table ronde ciné-clubs. De gauche à droite : Margot Merzouk,

Lilou Parente, Marion Polirsztok, Benjamin Léon, William Robin,

Antonin Crozet et Alex Masson.

La cinéphilie, un chemin sinueux de la

classe à la salle

S’il n’y a pas d’âge pour être cinéphile, y en a-t-il un pour

le devenir ? L’enfance, cette période charnière où se

façonnent goûts et centres d’intérêts, reste plus que jamais

dans le viseur des professionnels de la Culture, désireux

de séduire et préparer les jeunes à devenir un public fidèle

demain. Dans cette quête, le lien entre l’école et la salle

de cinéma a été questionné lors d’un échange vivant entre

Gabriel Bortzmeyer (professeur en classes préparatoires

aux grandes écoles), Pauline Chasserieau (directrice

générale de l’ACAP - Pôle régional images), Alice Gallois

(autrice de la thèse Lycéens et apprentis au Cinéma en

Occitanie) et Catherine Mallet (directrice du cinéma La

Cascade à Martigues), modéré par Carole Desbarats

(enseignante, critique et historienne).

« Il y a de plus en plus de jeunes qui indiquent ne pas voir

de films, quel que soit le support », ont évoqué les intervenants,

citant la concurrence des réseaux sociaux, le manque

de temps ou d’envie. De quoi établir un lien direct avec

le fait que, « lorsqu’elle n’existe pas enfant, la pratique d’aller

au cinéma a peu, voire aucune chance de s’établir plus tard ».

Les participants ont donc souligné le rôle essentiel des

dispositifs scolaires pour familiariser les jeunes au cinéma

– 15 % des élèves sont allés en salles pour la première

fois grâce à l’école –, tout en pointant l’importance de

soigner leur accueil. « La salle de cinéma reste, pour la

plupart des élèves, un lieu consacré au dispositif Ma Classe

au cinéma, et moins une sortie hors temps scolaire. Pour

autant, l’incarnation du lieu par un exploitant, qui facilite

la prise de parole et se montre à l’écoute, est un argument

majeur pour les jeunes. » Cela permet de s’affirmer comme

espace de bien-être, mais aussi d’exception, où sera

proposée une expérience immersive unique. La première

impression est déterminante à tout âge. En laisser une

positive lors des séances Ma Classe au cinéma, c’est donc

favoriser l’émergence d’un désir cinéphile chez les jeunes.

©AFCAE

©AFCAE

©Jules Dreyfus ©Jules Dreyfus

Patrick Boucheron et Natacha Laurent

Table ronde critiques. De gauche à droite : Mélanie Toubeau, Simon Riaux, Charlotte Garson

Les ciné-clubs, un enjeu cinéphile lié à

leur géographie

Installés depuis des décennies, les ciné-clubs ont dû

s'adapter aux différentes mutations du secteur pour

pérenniser leur activité. Démultipliés à Paris et dans les

grandes villes où s’exhibent la grande richesse de leurs

propositions, leur nombre se fait plus contenu dans les

zones rurales. À cette disparité géographique s’ajoute une

approche éditoriale différente, comme l'a montrée la

table ronde réunissant Antonin Crozet (fédération des

ciné-clubs de la Méditerranée), Isabelle Gibbal-Hardy

(Le Grand Action à Paris), Margot Merzouk (ciné-club

Elles en font des caisses à Paris), Marion Polirsztok et

Benjamin Léon (ciné-club Ciné-Tambour à l’Université

Rennes 2), Lilou Parente (ciné-club Contre-plongée à

Paris) et William Robin (association Sceni Qua Non à

Nevers), modérée par le critique Alex Masson.

Le cinéma arrive au Collège…

de France

En ouverture de la journée du vendredi, l’historien

Patrick Boucheron a annoncé la création dès l’année

prochaine d’une chaire universitaire de cinéma au

Collège de France, financée par le CNC. Une « occasion

de parler d’art, mais aussi d’industrie, d’économie…

de cinéma dans tous ses états », et de panser les plaies

de « l’histoire contrariée » entre le septième art et

l'institution, cette dernière ayant notamment écarté

Jean-Luc Godard qui souhaitait y enseigner.

N°506 / 17 décembre 2025

15


Art et essai

À Paris, face à une programmation très riche dans les

salles, les ciné-clubs se doivent d’innover et de mettre

en avant un cinéma rare et alternatif. A contrario, dans

certains territoires, le ciné-club s’appuie davantage sur

les sorties proposées par les distributeurs, notamment

de patrimoine. La volonté est principalement d’éveiller

ou de développer la cinéphilie de spectateurs moins

familiarisés, plus que de la parfaire ou de l’approfondir

comme c’est la cas dans la capitale, où le ciné-club peut

toucher un public qui n’est pas uniquement celui de

la salle. Et sur cet aspect, la salle comme le ciné-club

font face à un défi commun : élargir leur spectre pour

continuer à prospérer.

Voir, montrer et parler

Dans la continuité de la table ronde « Comment regarder

les films d’hier avec les yeux d’aujourd’hui ? » organisée

aux Rencontres art et essai répertoire, l’AFCAE s’est

interrogée sur « L'évolution de la cinéphilie au regard des

transformations sociétales ». Un sujet traversé aussi bien

par le point de vue du spectateur que celui de l’exploitant,

à l’instar de Myriam Djebour-Ferry, modératrice de la

discussion, qui relatait les manifestations intervenues

LORSQU’ELLE N’EXISTE

PAS ENFANT,

LA PRATIQUE D’ALLER

AU CINÉMA A PEU,

VOIRE AUCUNE CHANCE

DE S’ATTRAPER

PLUS TARD

©Jules Dreyfus

Christian Bräuer, président de la CICAE

©AFCAE

De gauche à droite : Guillaume Bachy, Charline Tabaraud, Élise Mignot, William Benedetto,

Myriam Djebour Ferry et Stéphane Goudet

©Jules Dreyfus

Martin Jauvat (réalisateur) et Myriam Djebour Ferry

devant son cinéma Les Carmes à Orléans contre J’accuse

de Roman Polanski. Et si l’ensemble des panélistes s’accorde

à dire qu’il est nécessaire de tout voir – notamment

pour « faire fonctionner sa pensée critique », selon l’historienne

Laure Murat –, la réalisatrice et critique Axelle

Ropert souligne que « certains films méritent une mise en

contexte ». Un travail qui peut être réalisé par les critiques,

permettant de « rentrer dans la matière du film, quitte à

ce que chaque spectateur défende un autre point de vue »

pour Sabine Putorti, directrice de l’Institut de l’image à

Aix-en-Provence et responsable adjointe du groupe

répertoire de l’AFCAE. L’évolution de la cinéphilie ne

peut ainsi se faire sans oublier l’Histoire du cinéma et

les films du passé qui, « y compris dans leurs ce qu’ils ne

contiennent pas, permettent d’avancer et de s’éveiller », selon

Sébastien Denis, professeur d’histoire.

Une discussion qui faisait suite à l’intervention de Natacha

Laurent, maîtresse de conférences en histoire

contemporaine à l’Université Toulouse Jean-Jaurès, sur

l’acte de programmation d’un film « abîmé ». Un terme

« forgé à l’origine pour désigner les films récents, dont la

production a été accompagnée de violences sexistes et sexuelles »,

mais qui désormais concerne également le patrimoine.

Ce dernier devient en effet de plus en plus sujet à des

remises en question suite à des heurts et des réactions du

public, appelant à quatre « attitudes », qui apportent toutes

leurs lots de questions : “éviter” (ne pas ou ne plus

programmer un film considéré comme sensible), “prévenir”

(à travers des avertissements en amont de la séance),

“segmenter” (concevoir des séances pour un public

particulier) et “contextualiser” (mettre en relation un

film avec son environnement de production et de réception).

Pour la chercheuse, ces questions sont la preuve

que « le patrimoine cinématographique n’est pas un objet

immuable », mais bien un objet du présent : « C’est ainsi

qu’il s’est construit depuis maintenant plus d’un siècle. Mais

encore faut-il laisser au passé, et donc à ces films anciens, la

capacité de nous apporter les réponses aux questions que le

présent leur pose. »

Et demain ?

En clôture, Antoine de Baecque a imaginé la cinéphilie

future comme étant plurielle, et rassemblant une « simultanéité

des manières et des pratiques ». Mais demain sera

également fait de « combat pour défendre des acquis, des

valeurs qui nous sont chères, a avancé le public, car en face

des cinéphiles, il y a aussi des cinéphobes ». Enfin, Guillaume

Bachy a rappelé la nécessité du soutien des pouvoirs publics

pour entretenir la cinéphilie, qui s’exprime sous différentes

typologies – indirecte, non professionnelle, non érudite,

profonde, active et passive – et sur tout le territoire :

« Ces trois jours ont été également l’occasion d’apprendre que

le ou la cinéphile est “moche, solitaire, un peu dépressif” [avait

énoncé Axelle Ropert, ndlr.], mais qu’il sera sauvé par le

cinéma et qu’en transformant nos dévots individuels en passions

collectives, peut-être que la vie sera plus belle. »

Tanguy Colon et Jules Dreyfus

16 N°506 / 17 décembre 2025


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Éducation à l’image

FAIRE DU CINÉMA UNE MATIÈRE À PART ENTIÈRE,

C’EST UNE GRANDE VICTOIRE

AURÉLIE DELAGE

présidente de la commission éducation à l’image de la FNCF

Après les annonces du gouvernement

sur l’éducation au cinéma, la

représentante de la FNCF partage

son enthousiasme et ses inquiétudes,

notamment sur le budget de la part

collective du pass Culture.

Inscrire l’éducation à l’image dans tous les programmes

scolaires, « c’est une grande victoire » pour Aurélie Delage,

quand l’objectif de passer de 2 à 4 millions d’élèves dans

les dispositifs de Ma classe au cinéma, est « une annonce

merveilleuse ». Et quand elle est faite par les deux ministres

de tutelle ensemble, c’est « un signe très encourageant »

pour la représentante de la FNCF, qui a vu se succéder

cinq ministres de l'Éducation nationale ces dernières

années. « On ne pouvait rêver mieux qu’Édouard Geffray »

à ce poste, après la publication de son rapport qui prenait

en compte la contribution des acteurs de la filière.

Un rapport qui, bien que paru le jour de la chute du

gouvernement Bayrou, est donc passé « très rapidement

à une mise en œuvre », prévue pour la rentrée 2026. « Dans

un contexte de fréquentation morose, ce sont des nouvelles

qui font du bien », se réjouit la représentante de la FNCF,

où, au sein de la commission qu’elle préside, « les retours

des exploitants sont unanimes ». Car au-delà des mesures

en elles-mêmes, on salue la volonté très forte du CNC

de les accompagner. « Depuis plusieurs mois, Gaëtan Bruel

témoigne de son attachement à l’éducation au cinéma et on

constate que les équipes du CNC sont très investies. »

Financement et part collective

Mais si le CNC vient en renfort des collectivités, le

financement des dispositifs et des nouvelles mesures

soulève des points d’inquiétude. « Nous espérons des

éclaircissements dans les prochaines semaines » sur la répartition

des 8 millions d’euros annoncés par la ministre de

la Culture et, surtout, la grande incertitude concerne

toujours le budget alloué à la part collective du pass

Culture, qui relève de l'Éducation nationale. « Une première

enveloppe a été annoncée jusqu’à fin décembre, mais rien

pour les deuxième et troisième trimestres de cette année

scolaire, rappelle Aurélie Delage. Pour le mois prochain,

nous n’avons aucune visibilité et les enseignants n’osent pas

réserver de séances. » Si certains établissements scolaires

ont trouvé des budgets permettant de maintenir les

inscriptions à la rentrée, l’année scolaire entière pourrait

Aurélie Delage dans l’émission Boxoffice Pro du 4 décembre 2025

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

être très difficile. Car aujourd’hui, « pour des raisons

d’équité, on ne peut plus demander aux parents de financer

cette éducation au cinéma ». Alors avant d’espérer atteindre

les 4 millions dans les deux ans à venir, « il ne faut pas

s’effondrer sur cette année, pour amorcer une hausse dès la

rentrée 2026 ».

Regagner des territoires

Du côté de la capacité des salles, l’objectif de doubler le

contingent d’élèves est « réalisable » selon Aurélie Delage,

« en mobilisant l’ensemble des exploitants – petits, moyens

et gros – et les circuits itinérants, là où il n’y a pas de salle

de cinéma et pas de transport, comme cela a été annoncé ».

Mais la FNCF sera très vigilante et réaffirme sa ligne

rouge : « Ces projections doivent avoir lieu dans des salles

de cinéma, ou sur des points de passage déjà opérés par les

itinérants ; pas dans les établissements scolaires. L’éducation

au cinéma, c’est la salle de cinéma. »

Pour que cette amplification se fasse dans l’équité territoriale,

« il faut ainsi convaincre les collectivités de se

réengager, pour regagner des établissements que nous avions

perdu ces dernières années ». Et en particulier les

©Jules Dreyfus pour Boxoffice Pro

18 N°506 / 17 décembre 2025


départements qui ont totalement déserté Collège et

cinéma. Il est d’ailleurs important – et prévu dans le

plan – de valoriser les collectivités qui s’engagent : c’est

l’idée de l’affichage dans les établissements scolaires et

du clip « à projeter à toutes nos séances, pour montrer que

le travail d’éducation à l’image et à la démocratie est fait

dans nos salles, en mentionnant le soutien des collectivités ».

Aurélie Delage souligne aussi le problème majeur des

transports, que le soutien du CNC ne suffira pas à régler.

« Nous espérons qu’une partie du plan sera fléché vers le

transport, sans quoi l’objectif d’atteindre les 4 millions

d’élèves sera intenable. »

PASS CULTURE :

UNE ÉTUDE INDÉPENDANTE DONNE

L’AVIS DES JEUNES

Alors que la part individuelle du pass Culture est à nouveau mise en cause dans le cadre du PLF

2026, une étude d’Ipsos indique qu’elle correspond à un besoin, pour les jeunes de tous les milieux

sociaux.

Importance de la formation

La massification des dispositifs pose à nouveau la question

de la formation, aussi bien des enseignants que des

exploitants. « Tous les cinémas n’ont pas les mêmes moyens

humains pour accueillir les élèves, notamment ceux qui

fonctionnent avec des bénévoles. » La commission éducation

à l’image de la FNCF a notamment travaillé avec

L’Archipel des Lucioles sur une fiche pratique, expliquant

comment accueillir du public jeune et en particulier les

tout-petits. Et en attendant d’en savoir plus sur la formation

courte prévue pour les exploitants, « cette fiche,

disponible sur le site de la FNCF, donne déjà des bases à

beaucoup de salles ».

Pour les enseignants, les réformes de l’Éducation nationale

qui se sont succédé depuis 2023 – notamment celle

du remplacement de courte durée – ont affecté la formation

de façon très inégale selon les académies. « Or, la

formation en présentiel est indispensable : voir un tuto sur

internet ne suffit pas. » Et notamment pour accompagner

les professeurs sur des films aux sujets “sensibles” et éviter

l’autocensure. « Pour Collège et Lycéens au cinéma, certains

enseignants font l’impasse sur des films de crainte de heurter

les parents, rapporte Aurélie Delage. Il faut qu’ils puissent

contextualiser un film, aussi bien auprès des élèves que de

leurs parents. Les dispositifs reposent sur cette passation :

le travail qui est fait avant et après la projection. Les exploitants

en sont conscients. »

Inscrire l’éducation à l’image dans un

référentiel

Plus largement, la création d’un diplôme interuniversitaire

(DIU) « est un point essentiel de valorisation et de reconnaissance

du travail des enseignants, et va développer leur

capacité à transcrire les images ». Une mesure qui complète

le sens général du plan, qui est d’inscrire l’éducation au

cinéma et à l’image dans la scolarité de tous les élèves,

dès la rentrée 2026. Face à la profusion des réseaux

sociaux, « l’école doit permettre l’analyse des images, mais

aussi un éveil culturel que toutes les familles n’apportent pas,

souligne Aurélie Delage. C’est la première mesure clé

annoncée : des référentiels pour intégrer des passerelles entre

chaque discipline et le cinéma. On sent la volonté d'Édouard

Geffray de faire du cinéma une matière à part entière, ce

dont j’aurais rêvé en tant qu’élève ! »

Et en tant qu’exploitante, Aurélie Delage sait aussi que

« c’est en donnant une culture cinéma à un élève dès l’enfance…

qu’il ira plus dans les salles à l’âge adulte ».

Cécile Vargoz

« Le pass Culture poursuit son ambition de faire découvrir

aux jeunes toute la richesse culturelle de notre pays, en

particulier à ceux qui en sont le plus éloignés », réaffirme

la SAS en charge du dispositif, en dévoilant une étude

indépendante menée par l’institut Ipsos auprès de jeunes

de 15 à 21 ans, pour connaître leur relation à la culture

en général et au pass en particulier. En rappelant que

90 % des jeunes de 18 ans se sont saisis aujourd’hui du

pass Culture, et que 40 % résident en zones rurales ou

en quartiers prioritaires de la ville, l’étude d’Ipsos montre

aussi leur satisfaction : 9 sondés sur 10 déclarent apprécier

le pass Culture et 4 sur 5 disent qu’il leur donne une

meilleure image des pouvoirs publics.

Un point à méditer pour les parlementaires, dont

certains voudraient supprimer la part individuelle du

pass pour ne garder que la part collective. En se référant

notamment à de précédents rapports de la Cour des

comptes et de l’Igac, le rapporteur général du budget

au Sénat, Jean-François Husson, a récemment appelé

à « supprimer les crédits consacrés à la part individuelle

du pass Culture », jugeant le « dispositif coûteux et largement

inefficace en termes d’ouverture sociale, voire

anti-redistributif ».

L’étude d’Ipsos confirme que l’aspiration à la culture

est moins forte dans les agglomérations rurales, et le

sentiment que la culture est trop compliquée pour eux

concerne 54 % des jeunes issus de milieux modestes,

contre 38 % de ceux de milieux aisés.

Or parmi ceux qui veulent développer leur culture

artistique, près de 1 jeune sur 2 déclare être freiné par

les contraintes financières, et c’est ce qui motive 49 %

d'entre eux à s’inscrire à l’application. Ils estiment aussi

comme essentiel de pouvoir utiliser le pass Culture en

autonomie (42 %), sont attirés par la diversité des offres

proposées (39 %) et par le fait que cet instrument de

politique publique met tous les jeunes au même niveau

(32 %).

Le pass Culture répond à un besoin,

dans tous les milieux sociaux

Chez les 18-19 ans, la notoriété du pass est en

hausse, et son adoption est homogène dans tous

les milieux sociaux. Parmi ceux qui ont téléchargé

l’appli, 92 % des jeunes de milieu aisé utilisent les

crédits et 94 % chez les jeunes de milieu plus modeste.

Dans l’ensemble, quasiment tous les jeunes (94 %)

déclarent que ce dispositif leur plaît et, pour 73 %,

il donne une bonne image de l’action des pouvoirs

publics en faveur de la culture.

Enfin, l’étude d’Ipsos souligne les apports du pass

Culture pour la découverte de lieux et pratiques :

40 % de ceux qui l’ont utilisé se sont tournés vers

des offres vers lesquelles ils n’avaient pas l’habitude

d’aller ; 73 % de ceux qui se sont inscrits déclarent

que cela leur a donné envie de s’intéresser davantage

à un ou plusieurs domaines culturels ; et 87 % ont

déjà conseillé à des proches des activités culturelles

grâce au pass Culture.

Pour rappel, les jeunes utilisent cette part individuelle

pour aller au cinéma, qui en 2024 a représenté 26

% des réservations faites avec l’appli, 2 e poste après

le livre. Sur les 3 millions de séances auxquelles les

jeunes ont assisté avec le pass Culture cette année-là,

plus de 660 000 étaient pour des films art et essai

(en hausse de plus de 40 % vs 2023). Pour un total

de 7 millions d'entrées en comptant les entrées

"duo" et les cartes...

Cécile Vargoz

N°506 / 17 décembre 2025

19




Distribution

LE PARI LÉGENDAIRES DE LA PAN

La BD culte de Patrick Sobral, écoulée

à 10 millions d’exemplaires – sans

compter ses spin-offs, son adaptation

au format manga, en série animée,

en jeu de rôle… – devient un long

métrage de cinéma réalisé par

Guillaume Ivernel, attendu pour le 28

janvier 2026. Sa productrice, Nathalie

Gastaldo Godeau, et David Baudry,

directeur de la distribution chez

Pan, reviennent sur une aventure

qui ambitionne d’aller bien au-delà

des fans de la première heure…

et marquer son empreinte dans

l'histoire de l’animation française.

©Pan

Quelle a été votre première motivation à vous

lancer dans le projet Légendaires ?

Nathalie Gastaldo Godeau : Comme beaucoup d’autres,

mes enfants étaient fans ; cette bande dessinée, qui sortait

au rythme d'un tome par an, a notamment accompagné

mon fils aîné de l’enfance à l’adolescence. De tels succès

sont rares dans la BD française, et ses droits étaient libres.

Alors, il y a environ sept ans, j'ai contacté son

éditeur Delcourt…

Comment avez-vous abordé l’adaptation d’un

univers si établi, apprécié, et dès lors, probablement

sanctuarisé ?

Nathalie Gastaldo Godeau : Avant tout en compagnie

de l’auteur lui-même. Patrick Sobral a, dès le début,

été très impliqué dans le projet. Patrick a un grand recul

sur sa propre œuvre, et un incroyable contact avec sa

communauté de Légenfans. Mais il fallait également

nous “détacher”, en créant une histoire originale qui,

tout en reprenant l’univers existant, devienne un nouvel

objet, avec des personnages encore plus caractérisés,

dont le scénario a été confié à Antoine Schoumsky,

épaulé par Hélène Grémillon, et toujours avec l‘implication

de Patrick Sobral.

Mais avec un film, apparaît forcément un autre

auteur, à savoir le réalisateur…

David Baudry : Guillaume Ivernel est un très bon filmeur,

avec un incroyable sens de la mise en scène. La dimension

épique était visible dès la préviz’.

Nathalie Gastaldo Godeau : Et il est arrivé avec toute

une équipe de talents : de très bons techniciens qui

avaient planché sur Moi, moche et méchant, Minuscule…

Sachant que nous avons commencé par les voix, sur

lesquelles nous avons beaucoup travaillé pour que la

mise en scène se base sur une “chair” qui apporte l’émotion

et les messages, qu’elle serve une bonne histoire,

pas juste de belles images gratuites.

Avez-vous eu des difficultés à trouver les financements

pour un projet certes prometteur, mais

également onéreux ?

Nathalie Gastaldo Godeau : Le budget des Légendaires

représente en effet 18 millions d’euros. Tous nos partenaires

habituels ont répondu présent, mais avec pour

David Baudry (directeur de la distribution) et Nathalie Gastaldo Godeau (productrice chez Pan)

NOUS NOUS DEVONS DE

NE PAS DÉCEVOIR LES

FANS. POUR AUTANT,

L’IDÉE D’UN FILM FAMI-

LIAL EST DE PLAIRE AUX

PETITS COMME

AUX GRANDS

David Baudry,

directeur de la distribution chez Pan

certains, des montants d’engagements à la baisse étant

donné le marché actuel. Le plan de financement nous

a occupés à plein temps durant un an et demi ; nous

avons présenté le projet à toutes les Régions, eu les

Sofica… et fabriqué beaucoup de matériel pour être

convaincants, quitte à frapper aux portes plusieurs fois.

Nous avons aussi un coproducteur belge, Belvision,

même si Pan est le seul producteur délégué sur le film.

Aujourd’hui, la même ambition doit être de mise

pour les préparatifs de sortie…

David Baudry : Nous avons prévu un budget de 1,5

millions d’euros, pour ce qui va représenter la plus

grosse sortie de Pan depuis les Largo Winch et Mr.

Nobody de Jaco van Dormael (2010) – que

Pan-Européenne avait produit, mais sorti avec Wild

Bunch et Pathé. Et je suis intimement convaincu que

Les Légendaires, que nous prévoyons de sortir sur environ

600 copies, sera le film d’animation des vacances

d’hiver 2026.

Pourquoi cette date ?

David Baudry : Les Légendaires a les mêmes attraits que

les productions américaines du genre, mais l’option

Noël était difficilement envisageable avec les deux

Disney à destination très familiale que sont Zootopie

2 et Avatar 3. L’ambition est grande, on met les moyens,

mais les studios en mettent toujours beaucoup plus.

Par ailleurs, la case des vacances d’hiver se déployant

sur quatre, voire cinq semaines, laissera tout le temps

à Légendaires de “s’exprimer” pleinement.

D’ici là, comment se déploie le plan marketing ?

David Baudry : Il a commencé il y a presque un an où

nous avons présenté la première affiche préventive, très

bien accueillie d’ailleurs. Puis au fil des mois, nous

avons dévoilé d'autres affiches teasers, avec l’idée de

nous adresser en premier lieu à la communauté, puis

des teasers cinéma (en ligne et dans les salles), dans la

continuité de notre stratégie de sortie.

Nous avons également fait un test grandeur nature avec

une première salve d’avant-premières, le 9 novembre

dernier. Nous les avons proposés dès le mois d'août,

quand nous avons eu l’assurance de la production d’une

livraison du film en octobre, à cinquante cinémas

répartis sur toute la France, selon un maillage qui

permettait à n'importe quel fan d’avoir une avant-première

à moins d’une heure de chez lui, les cinémas

étant par la suite départagés en fonction des parts de

marché qu’ils avaient représenté sur Vaiana 2. Quand

un cinéma atteignait 200 préventes, il avait le droit

“d’ouvrir” un autre cinéma à l’avant-première : c’est

22 N°506 / 17 décembre 2025


POUR CETTE ADAPTATION CINÉ, IL NOUS FALLAIT REPRENDRE

L’UNIVERS EXISTANT, TOUT EN CRÉANT UN NOUVEL OBJET,

AVEC DES PERSONNAGES ENCORE PLUS CARACTÉRISÉS

Nathalie Gastaldo Godeau, productrice

©Pan Distribution

Les Légendaires débarquent au cinéma le 28 janvier 2026.

ainsi que, par exemple, l’UGC Bercy a désigné l’UGC

Bordeaux, ou que le Grand Écran de Limoges a “ouvert”

la voie au Grand Écran de Sainte-Eulalie. Ainsi, le 9

novembre, les avant-premières proposées dans un total

de 56 cinémas ont rassemblé 7 000 spectateurs.

Et ceci près de trois mois avant la sortie du film,

et avant que Pan Distribution n’ait engagé aucun

marketing payant…

David Baudry : En effet, c’est ce que j’appelle la mesure

du “Beyoncé effect”. Pour pouvoir pleinement apprécier

la force de la proposition, il ne fallait aucun biais. Tous

les cinémas participants ont communiqué à leur niveau,

localement, avec leurs atouts, et une évidente émulation.

Certes, il y a de la disparité dans les résultats, mais en

moyenne – en excluant l’avant-première du Grand Rex

de Paris avec les membres de l’équipe et celle de Limoges

en présence de Patrick Sobral, local de l’étape –, nous

avons eu 95 entrées par séance, soit autant que Le Robot

sauvage trois jours avant sa sortie [en octobre 2024,

ndlr.], au prime de sa communication. De la même

manière, sans tournée préliminaire, les avant-premières

sèches de Un p’tit truc en plus d’Artus avaient ressemblé

en moyenne 125 spectateurs, mais nous étions 15 jours

avant la sortie.

Depuis, d’autres avant-premières ont eu lieu, et

les investissements marketing vont commencer !

David Baudry : Nous avons des campagnes d’achat

de passages pendant les vacances de Noël. Le film

arrive également comme un beau cadeau pour la

cinquantaine d’arbres de Noël en entreprise qui sont

prévus. Pour l’occasion, Delcourt a réédité les deux

premiers tomes des “Légendaires”, reliés avec une

couverture souple, et un dessin original de Patrick

Sobral en quatrième de couverture, que nous vendons

aux CSE à prix coûtant, et qui nous serviront également

de goodies pour la suite.

Aussi, après le succès des avant-premières pendant la

Grande Journée des Enfants chez Pathé le 23 novembre,

le film sera présenté lors des Matinées magiques de

Kinepolis, le 4 janvier. L’avant-première officielle se

déroulera à l’UGC Bercy, le 18 janvier, avec des ateliers

de doublage et autres activités, avant les ultimes avant-premières

le dimanche qui précède. De quoi égayer un mois

de janvier qui peut être tristoune, mais aussi propice

aux surprises !

La nature des Légendaires vous a-t-elle inspiré

d’autres matériels de promotion spécifiques ?

David Baudry : L’intervention de l’auteur Patrick Sobral,

du réalisateur Guillaume Ivernel et du scénariste Antoine

Schoumsky à la Paris Games Week nous a donné l’idée

de créer, avec Nathalie, un petit documentaire de 6 à 8

minutes sur la fabrication du film. Il sera réalisé par l’école

de cinéma Eicar, qui accueille nos nouveaux bureaux à

Ivry, et mis à disposition des salles sous différents formats ;

sans oublier les contenus spécifiques que permet de

réaliser l’animation, comme pour les avant–premières,

en redoublant des extraits du film.

Pour être en phase avec la nature heroic fantasy de l’univers

Légendaires, le press junket du 12 janvier aura lieu au

musée médiéval de Cluny. Enfin, 15 jours avant la sortie

du film, sera mis en ligne un jeu Légendaires sur la

plateforme Roblox, que Pan développe avec la société

Rivrs, avec un événement live regroupant plusieurs

influenceurs et joueurs sur Twitch.

Beaucoup d’actions qui semblent cibler les

geeks et autres initiés…

David Baudry : Nous nous devons de ne pas décevoir

les fans. Pour autant, l’idée d’un film familial est de

plaire aux petits comme aux grands. Certes la “marque”

sécurise, mais nous devons toujours envisager les

choses comme si elles n’étaient pas connues. Nous

allons donc aller chercher ceux qui ne connaissent

pas les Légendaires, et en faire un film d’animation à

part entière, dont les parents seront aussi prescripteurs

que les enfants. C’est simple, il y a les fans ; allons

chercher tous les autres !

Nathalie, quels sont vos prochains projets de

production ?

Nathalie Gastaldo Godeau : Cette première aventure

dans l’animation m’a beaucoup plu et beaucoup appris,

notamment sur la gestion du temps, les compromis

qui ne sont pas forcément les mêmes que ceux du

live…. et l’esprit d'équipe. Je continuerai donc le défi

avec une adaptation 3D de… Lucky Luke. On y

retrouve Antoine Schoumsky au scénario, accompagné

de Bernard Campan en tant que co-auteur, mais

également réalisateur aux côtés de Célestine Plays.

Et bien sûr, nous espérons bien enclencher un Légendaires

2 dès que possible. Le premier volet cinéma a

nécessité beaucoup de recherche et développement,

devenant notamment le premier long métrage animé

3D à intégrer dans son pipe le moteur de jeu vidéo

Unreal – utilisé par Fortnite –, qui permet de faire

beaucoup de travaux en temps réel… Pour cela, nous

avons effectué des essais qui nous ont pris du temps,

mais qui finalement nous en ont fait gagner. Autant

d'assets et de moyens que nous comptons réenclencher

pour explorer le monde des Jaguarians et le personnage

de Gryf, mon préféré… avec un scénario signé cette

fois Antoine Schoumsky, Céline Ronté et…

Patrick Sobral !

Propos recueillis par Aysegül Algan

N°506 / 17 décembre 2025

23


Distribution

LE CNC CHIFFRE LE BILAN ÉCOLOGIQUE

DE LA DISTRIBUTION

Dans une étude intégrée dans son Plan Action !, le

Centre établit un diagnostic environnemental du

secteur en 2024 et propose des actions concrètes

pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

©Ad Vitam

D’après les données du CNC, 7 201 tonnes d’équivalent

CO₂ (tCO₂e) ont été émises par 18 distributeurs en

2024, soit une moyenne individuelle de 400 tCO₂e*,

qui équivaut à 165 allers-retours Paris-New York en

avion. Un niveau principalement porté par les plus

grandes structures, qui émettent en moyenne 1 045

tCO₂e par an. À noter que les 18 sociétés de distribution

interrogées représentent 187 films sortis en salles en 2024

pour 52,6 millions d’entrées.

Au global, les intrants (ensemble des achats de biens

matériels et prestations de services immatériels) sont de

loin la catégorie la plus polluante, avec en moyenne 348

tCO₂e rejetés par société. Cela comprend aussi bien le

marketing (80 %) que la technique (11 %), les prestations

de services et de bureau (6 %), les services numériques

(2 %) et la programmation (1 %). Le plan média est

particulièrement important, 231 tCO₂e étant en moyenne

rejetés par distributeurs, avec un pic à 740 tCO₂e pour

les structures les plus importantes. Parmi les autres

émissions, les déplacements représentent 21 tCO₂e par

structure. Un niveau principalement généré par les

tournées, notamment les trajets en avion et jet privé.

* Le CNC précise un niveau d’incertitude de plus ou moins 24 %, considéré comme « modéré ».

Le CNC a ainsi dressé un plan d’action pour la filière

afin de réduire ces émissions. Il est classé en trois

thématiques – envois de matériels promotionnels et

DCP en salles, achats marketing hors salles et affichage

extérieur, déplacements –, chaque action apportant

divers bénéfices et contraintes, et pouvant être appliquée

plus ou moins rapidement. Les mesures proposées vont

ainsi de la rationalisation de quantités de matériel

envoyées aux salles à une optimisation de la logique

géographique des soirées.

L’ensemble du plan est à retrouver sur le site du CNC,

qui va désormais mener une étude plus large sur l’ensemble

de la filière, mais qui ne devrait pas voir le jour

avant au moins un an.

Jules Dreyfus

Animal Totem de Benoît Delépine

À retenir en 2024

400 tCO₂e en moyenne par distributeur dont

348 tCO₂e pour les intrants

21 tCO₂e pour les déplacements

15 tCO₂e pour les déchets

6 tCO₂e pour les immobilisations

4,6 tCO₂e pour l’énergie

4,6 tCO₂e pour le fret

©Capricci

Liquidation judiciaire de Capricci…

Un mois après son placement en redressement judiciaire, Capricci Films a été placée

en liquidation par le tribunal de commerce de Nantes. La structure de distribution,

fondée à Nantes en 1999 par Thierry et Farid Lounas – également producteurs et

co-fondateurs magazine So Film –, aura sorti en salles plus d'une centaine de longs

métrages en 25 ans, contribuant à la découverte d’auteurs singuliers comme Albert

Serra, mais aussi de Hong Sang-soo, Wang Bing, ou encore Philippe Garrel ou Abel

Ferrara. Le distributeur était aussi très actif dans les rééditions, de Dreyer à Cronenberg

en passant par Godard, y compris à travers des rétrospectives consacrées à Mizoguchi,

Pialat ou encore Chantal Akerman en 2024. La dernière, sortie le 17 septembre dernier,

était la trilogie Gregg Araki “Teenage Apocalypse”.

La procédure de liquidation intervient dans le contexte houleux de témoignages dans

la presse accusant Thierry Lounas de harcèlement moral et sexiste au sein de ses équipes.

Sans qu’il y ait forcément de lien direct avec la triste fin de Capricci, cette situation a

fait réagir le GNCR, qui a exprimé son soutien aux victimes présumées et sa « solidarité

à tou·te·s les salarié·e·s dans cette lourde et difficile période. Cette dernière annonce marque

également la fin d’un label cinéphile dont la singularité a été portée, jour après jour, par des

équipes passionnées. Leur travail au service des œuvres a constitué, durant de longues années,

notre premier lien avec ces structures ».C.V.

… et de La Vingt-Cinquième Heure

En cessation de paiement depuis juillet 2024, la société a été placée en liquidation par

le tribunal de commerce de Bobigny le 26 novembre dernier.

La Vingt-Cinquième Heure a distribué 33 titres dans les salles françaises depuis 2014.

Son plus gros succès reste 16 levers de soleil avec Thomas Pesquet (52 000 entrées depuis

sa sortie en 2018), coproduit et réalisé par son président-fondateur Pierre-Emmanuel

Le Goff. La structure s’était particulièrement démarquée durant la crise Covid, avec les

séances virtuelles géolocalisées qu’elle proposait aux cinémas durant leur période de

fermeture. Une initiative qu’elle a prolongé avec son concept de séances Cuult’, en

France comme à l’étranger. Côté distribution, le dernier titre proposé par La Vingt-Cinquième

Heure est le documentaire La Chute du ciel d'Eryk Rocha et Gabriela Carneiro

Da Cunha, sur une tribu indigène de l'Amazonie brésilienne, et qui a rassemblé environ

8 000 spectateurs en février 2025. A.A.

©La Vingt-Cinquième Heure

Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma de Jean-Luc Godard... distribué par Capricci

16 levers de soleil

24 N°506 / 17 décembre 2025


LE COMBAT

POUR SURVIVRE

CONTINUE

GERARD BUTLER

MORENA BACCARIN

AU CINÉMA LE 14 JANVIER




Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S51

17 DÉC

21 DÉC

S52

24 DÉC

S01

31 DÉC

4 JAN

S02

7 JAN

S03

14 JAN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES 03h17 J.Cameron S.Worthington, Z.Saldana, S.Weaver

APOLLO FILMS HEIDI ET LE LYNX DES MONTAGNES 01h19 T.Schwarz et A.Roca Berridi L.Graffam, T.Zahner, L.Lucero

SHELLAC HISTOIRES DE LA BONNE VALLÉE 02h02 J.Luis Guerín

LA FIDÈLE STUDIO JONE SOMETIMES 01h20 S.Fantova Barrena O.Aguayo, J.Bengoetxea, A.Artetxe

NEXT FILM DISTRIBUTION KOGIS, ENSEMBLE POUR SOIGNER LA TERRE 01h15 A.Bouchet

WILD BUNCH DISTRIBUTION LA FABRIQUE DES MONSTRES 01h32 S.Hudson et T.Genkel A.Butterfield, J.Fry, R.Brydon

AD VITAM L'AGENT SECRET 02h40 K.Mendonça Filho W.Moura, G.Leone, M.Cândido

GAUMONT DISTRIBUTION L’ÂME IDÉALE 01h38 A.Vial J.Cohen, M.Lépine Blondeau, F.Janas

JOUR2FÊTE L'AMOUR QU'IL NOUS RESTE 01h49 H.Pálmason S.Garðarsdóttir, S.Gudnason, Í.Mekkín Hlynsdóttir

HAUT ET COURT LE CHANT DES FORÊTS 01h33 V.Munier V.Munier, M.Munier, S.Munier

LES ACACIAS L'ECHELLE DE JACOB 01h53 A.Lyne T.Robbins, E.Peña, D.Aiello

SOLARIS DISTRIBUTION LE CID 03h04 A.Mann C.Heston, S.Loren, G.Raymond

CARLOTTA FILMS LE QUAI DES BRUMES 01h31 M.Carné J.Gabin, M.Simon, M.Morgan

URBAN SALES LES ENFANTS DU LARGE 01h37 V.Tangvald

FRIDAY ENTERTAINMENT LIK: LOVE INSURANCE KOMPANY 02h30 V.Shivan K.Shetty, P.Ranganathan, Y.Babu

KMBO REBUILDING 01h35 M.Walker-Silverman J.O'Connor, M.Fahy, K.Reis

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PARAMOUNT PICTURES FRANCE BOB L'ÉPONGE - LE FILM : UN POUR TOUS, TOUS PIRATES ! 01h28 D.Drymon T.Kenny, C.Brown, B.Fagerbakke

ELKIN COMMUNICATION C'EST ARRIVÉ AU CINÉMA 00h11 B.Richaud M.Imbert, S.Nivault, B.Faure

FRIDAY ENTERTAINMENT IKKIS 02h24 S.Raghavan A.Nanda, Dharmendra, J.Ahlawat

METROPOLITAN FILMEXPORT LA FEMME DE MÉNAGE 02h11 P.Feig S.Sweeney, A.Seyfried, B.Sklenar

LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION

(EX CINÉ SORBONNE) LA PANTHÈRE ROSE 01h55 B.Edwards P.Sellers, D.Niven, R.Wagner

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION LA PIRE MÈRE AU MONDE 01h30 P.Mazingarbe L.Bourgoin, M.Robin, F.Loiret Caille

PYRAMIDE DISTRIBUTION LE MAÎTRE DU KABUKI 02h54 S.Lee R.Yoshizawa, R.Yokohama, S.Kurokawa

CONDOR DISTRIBUTION L’ENGLOUTIE 01h37 L.Hémon G.Bellugi, M.Lucci, S.Kircher

ARP SÉLECTION LE TEMPS DES MOISSONS 02h15 H.Meng S.Wang, C.Zhang, Z.Yanrong

BATHYSPHERE LIBERTALIA 01h41 S.Benhaïm

SWASHBUCKLER FILMS MARIAGE ROYAL 01h34 S.Donen F.Astaire, J.Powell, P.Lawford

SPLENDOR FILMS METROPOLIS 01h52 Rintaro Y.Imoto, K.Kobayashi, K.Okada

NIGHT ED FILMS SARVAM MAYA 02h30 A.Sathyan P.Mukhundhan, N.Pauly, A.Salim

THE JOKERS FILMS SELON JOY C.Lugan S.Bonny, V.Zhdanov, A.Argento

FRIDAY ENTERTAINMENT TU MERI MAIN TERA MAIN TERA TU MERI 02h30 S.Vidwans K.Aaryan, A.Panday, N.Gupta

DULAC DISTRIBUTION UNE ENFANCE ALLEMANDE - ÎLE D'AMRUM, 1945 01h33 F.Akın J.Billerbeck, L.Tonke, D.Kruger

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SONY PICTURES RELEASING FRANCE ANACONDA 01h40 T.Gormican P.Rudd, J.Black, D.Melchior

OUTPLAY FILMS EN GARDE 01h46 N.Low T.Yu-Ning, H.Liu, N.Ding

TRINITY CINEASIA LA DERNIÈRE VALSE 02h20 A.Chan D.Chi-Wah, M.Hui, M.Wai

ARIZONA DISTRIBUTION LAURENT DANS LE VENT 01h50 A.Balekdjian et L.Couture B.Perusat, B.Dalle, D.Bouzyani

PAN DISTRIBUTION LE PAYS D’ARTO 01h44 T.Stepanyan C.Cottin, Z.Ebrahimi, S.Hovhannisyan

MEDIA ART LE SECRET DE L'ANGELUS, LA FASCINATION DE DALI 01h30 J.Charansonnet J.Charansonnet, M.Alcoverro, E.Alejandre

LE PACTE LOS TIGRES 01h49 A.Rodriguez A.de la Torre, B.Lennie, J.Nuñez

NOUR FILMS MAGELLAN 02h43 L.Diaz G.García Bernal, R.Koza, D.Yazbek Bernal

APOLLO FILMS QUI BRILLE AU COMBAT 01h40 J.Japy M.Laurent, P.Cardinal, S.Pachoud

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR SUR UN AIR DE BLUES 02h13 C.Brewer H.Jackman, K.Hudson, M.Imperioli

PANAME DISTRIBUTION VADE RETRO 01h35 A.Peretjatko Estéban, P.Tagnati, Y.Gontrand

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

DEAN MEDIAS ANIMUS FEMINA 01h42 E.de Latour

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ELLA MCCAY 01h55 J.Brooks E.Mackey, J.Curtis, W.Harrelson

LES FILMS DU LOSANGE / SCALA FILMS FATHER MOTHER SISTER BROTHER 01h51 J.Jarmusch T.Waits, A.Driver, M.Bialik

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION IN THE SOUP 01h36 A.Rockwell S.Buscemi, S.Cassel, J.Beals

DIAPHANA DISTRIBUTION LES ÉCHOS DU PASSÉ 02h29 M.Schilinski H.Heckt, L.Urzendowsky, L.Geiseler

KMBO LES LUMIÈRES DE NEW YORK 01h43 L.Choi F.Chen, P.Yung, L.Nakli

PATHÉ LIVE LES PURITAINS (METROPOLITAN OPERA) 03h47 C.Edwards (IV) L.Oropesa, L.Brownlee, A.Rucinski

SPACE ODYSSEY LE STUDIO PHOTO DE NANKIN 02h17 A.Shen L.Haoran, X.Wang, Y.Gao

LES ACACIAS LE SUD 01h33 V.Erice O.Antonutti, S.Aranguren, I.Bollaín

STUDIOCANAL MA FRÈRE L.Akoka et R.Gueret F.Kebe, S.Nataf, A.Bent

LOCO FILMS MR. NOBODY AGAINST PUTIN 01h30 D.Borenstein et P.Talankin

SHELLAC PILE OU FACE 01h56 A.Rigo de Righi et M.Zoppis J.Reilly, A.Borghi, N.Tereszkiewicz

BAROUDEUSE PRODUCTIONS PREMIÈRES LUNES 01h02 M.Melot

SOUTHFILMS RED BIRD 01h28 A.Laugier et T.Habibes T.Habibes, H.Adili, J.Paris

LOOK AT SCIENCES RIEN N'EST OUBLIÉ 01h25 A.Ceriana Mayneri et E.Laconi

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL

FRANCE SOULM8TE K.Dolan L.Sullivan, D.Rysdahl, C.Doumit

JOUR2FÊTE TOUT VA BIEN T.Ellis

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SONY PICTURES RELEASING FRANCE 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS N.DaCosta R.Fiennes, A.Williams, J.O'Connell

DAMNED DISTRIBUTION ABEL 02h00 E.Eskendir E.Toleutai, N.Beksultanova, K.Deputat

CGR EVENTS ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : DIVE IN WONDERLAND 01h35 T.Shinohara N.Hara, M.Pugh, K.Yamamoto

AD VITAM ELEONORA DUSE 02h02 P.Marcello V.Bruni Tedeschi, N.Merlant, F.Wrochna

LES ALCHIMISTES FORÊT ROUGE 01h44 L.Lassalle

MEMENTO FURCY, NÉ LIBRE 01h48 A.Al Malik M.Samba, R.Duris, A.Girardot

METROPOLITAN FILMEXPORT GREENLAND MIGRATION 01h39 R.Waugh G.Butler, M.Baccarin, W.Abadie

ART HOUSE JUSQU’À L’AUBE 01h59 S.Miyake H.Matsumura, M.Kamishiraishi, Ryô

LE PACTE L’AFFAIRE BOJARSKI J.Salomé R.Kateb, S.Giraudeau, B.Bouillon

SHELLAC LAGUNA 01h42 S.Bartas S.Bartas, I.Bartaité, U.Bartaite

CGR EVENTS LA TRAVIATA (THE ROYAL OPERA) 04h00 R.Eyre E.Jaho, G.Sala, A.Isaev

DORIANE FILMS LE RENDEZ-VOUS DES QUAIS 01h33 P.Carpita F.Munoz, R.Manunta, A.Maufray

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LES COURAGEUX 01h20 J.Gordon O.Kolb, J.Kalisz Saurer, P.Besnier

HAUT ET COURT PALESTINE 36 01h59 A.Jacir J.Irons, H.Abbass, K.Basha

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION SANS PITIÉ 01h35 J.Hosmalin A.Bessa, T.Jallab, J.Turnbull

28 N°506 / 17 décembre 2025


S04

21 JAN

S05

28 JAN

S06

4 FÉV

S07

11 FÉV

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

L'ATELIER DISTRIBUTION AMOUR APOCALYPSE 01h40 A.Émond P.Hivon, P.Perabo, C.Jessup

PYRAMIDE DISTRIBUTION CHRISTY AND HIS BROTHER 01h34 B.Canty D.Power, D.Noyes, E.Willis

DESTINY FILMS DIAMANTI 02h15 F.Özpetek J.Trinca, L.Ranieri, S.Accorsi

LES FILMS DU WHIPPET EN ROUTE ! 00h40 A.Mironov et Y.Matrosova

UFO DISTRIBUTION GRAND CIEL 01h31 A.Hata D.Bonnard, S.Guesmi, M.Soualem

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR HAMNET 02h05 C.Zhao P.Mescal, J.Buckley, E.Watson

SHELLAC IMPERIAL PRINCESS 00h48 V.Vernier I.Perminova

MISSION LA VOIE NORMALE 01h14 E.Sehiri

GAUMONT DISTRIBUTION LE MAGE DU KREMLIN 02h25 O.Assayas P.Dano, J.Law, A.Vikander

SURVIVANCE LE RETOUR DU PROJECTIONNISTE 01h20 O.Aghazadeh

CGR EVENTS LUDOVIC 01h40 R.Letzgus

TRAFALGAR RELEASING MEGADETH: BEHIND THE MASK 01h48 C.Tebo D.Mustaine, J.LoMenzo, D.Verbeuren

KMBO OLIVIA 01h11 I.Iborra E.Suárez, J.Évole

PARAMOUNT PICTURES FRANCE PRIMATE 01h29 J.Roberts T.Kotsur, J.Sequoyah, J.Alexander

MY SECRET ANGEL COMPANY SOUFFRANCE ET DÉLIVRANCE 01h29 J.CIRANNA

PARADIS FILMS TAFITI 01h20 N.Wels C.Henman, B.Dietrich, T.Schmuckert

WAYNA PITCH UNE PAGE APRÈS L'AUTRE 01h35 N.Cheuk L.Yip, R.Cheng, H.Chan

21FILMS VIES ET MORTS DE MAX LINDER 01h39 E.Porembny R.Bichet, M.Adamczuk, P.Anid

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LE PACTE BAISE-EN-VILLE 01h34 M.Jauvat M.Jauvat, E.Bercot, W.Lebghil

BLUE NOTE FILMS BEL AMI 01h57 J.Geng X.Gang, W.Qing, Z.Zhang

METROPOLITAN FILMEXPORT DREAMS 01h38 M.Franco J.Chastain, I.Hernández, R.Friend

STUDIOCANAL GOUROU 02h06 Y.Gozlan P.Niney, M.Barbeau, A.Bajon

LES FILMS DES DEUX RIVES HOWARD ZINN, UNE HISTOIRE POPULAIRE AMÉRICAINE 2 01h52 O.Azam et D.Mermet

LES FILMS DU PRÉAU LA GRANDE RÊVASION 00h45

PATHÉ FILMS LA GRAZIA 02h13 P.Sorrentino T.Servillo, A.Ferzetti, O.Cinque

ARIZONA DISTRIBUTION LA RECONQUISTA 01h48 J.Trueba F.Carril, I.Arana, A.Garrido

MÉTÉORE FILMS LA VIE APRÈS SIHAM 01h16 N.Messeeh

SINGULARIS FILMS LE CHASSEUR DE BALEINES 01h33 P.Yuryev V.Onokhov, V.Lyubimtsev, K.Asmus

PAN DISTRIBUTION LES LÉGENDAIRES 01h32 G.Ivernel R.Doduik, E.Dumand, E.Tilloloy

POTEMKINE FILMS NAKED 02h06 M.Leigh D.Thewlis, L.Sharp, C.Skinner

NOUR FILMS NUREMBERG 02h28 J.Vanderbilt R.Malek, R.Crowe, M.Shannon

JOUR2FÊTE PROMIS LE CIEL 01h32 E.Sehiri A.Maïga, D.Christelle Naney, L.Ky

SONY PICTURES RELEASING FRANCE RECONNU COUPABLE 01h40 T.Bekmambetov C.Pratt, R.Ferguson, A.Wallis

NIGHTSHIFT

RÉTROSPECTIVE MÁRTA MÉSZÁROS (3 FILMS)

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

CGR EVENTS 200% LOUP 01h36 A.Stadermann I.Swindells, S.Georgina, E.Nabben

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE À DEMAIN SUR LA LUNE 01h20 T.Balmès

CGR EVENTS AMADOU ET MARIAM : SONS DU MALI 01h28 R.Marley

DIAPHANA DISTRIBUTION À PIED D'ŒUVRE 01h32 V.Donzelli B.Bouillon, A.Marcon, V.Ledoyen

KMBO BISCUIT LE CHIEN FANTASTIQUE 01h32 S.Wageman O.Wilson, S.Billingsley-Rodriguez, D.Littman

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE BLUEY AU CINÉMA : COLLECTION “EN CUISINE” 00h55 J.Brumm et R.Jeffery D.McCormack, M.Zanetti, B.Elliott

LES FILMS DU LOSANGE

CYCLE RAYMOND DEPARDON PHOTOGRAPHE (7 FILMS)

MITIKI DIS-MOI SUR QUEL PIED TU DANSES 01h12 P.Ménard

TAMASA DISTRIBUTION GREEN LINE 02h30 S.Ballyot

L'ATELIER DISTRIBUTION HOLDING LIAT 01h33 B.Kramer

MALAVIDA FILMS LA FAMILLE HOMOLKA 01h20 J.Papousek J.Sebanek, M.Motlova, F.Husak

LES ALCHIMISTES LA LUMIÈRE NE MEURT JAMAIS 01h48 L.Parppei S.Kujala, A.Kauno, C.Auer

TANDEM LE GÂTEAU DU PRÉSIDENT 01h42 H.Hadi B.Nayyef, S.Qasem, W.Khreibat

DESTINY FILMS LE GRAND PHUKET 01h38 L.Yaonan L.Rongkun, Y.Xuan, K.Hang

PATHÉ FILMS MARSUPILAMI P.Lacheau P.Lacheau, J.Debbouze, T.Boudali

WILD BUNCH DISTRIBUTION N121 - BUS DE NUIT M.Aïssaoui R.Belaïche, B.Diombera, G.Gevin-Hié

DORIANE FILMS RAK 01h33 C.Belmont S.Frey, L.Kedrova, A.Deleuze

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE RENTAL FAMILY 01h43 M.Miyazaki B.Fraser, M.Yamamoto, T.Hira

METROPOLITAN FILMEXPORT RETOUR À SILENT HILL 01h46 C.Gans J.Irvine, H.Anderson, E.Templeton

CONDOR DISTRIBUTION THE MASTERMIND 01h50 K.Reichardt J.O'Connor, A.Haim, J.Magaro

PATHÉ LIVE UN BAL MASQUÉ 03h00 G.Deflo M.Polenzani, A.Netrebko, L.Tézier

CGR EVENTS WOOLF WORKS (THE ROYAL BALLET) 03h30 W.McGregor

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

EUROZOOM 5 CENTIMÈTRES PAR SECONDE 02h00 Y.Okuyama H.Matsumura, H.Yoshioka, A.Miyazaki

ARP SÉLECTION AUCUN AUTRE CHOIX 02h19 P.Chan-Wook L.Byung-Hun, Y.Son, S.Cha

SONY PICTURES RELEASING FRANCE GOAT - RÊVER PLUS HAUT T.Dillihay et A.Rosette C.McLaughlin, D.Harbour, Jelly Roll

WARNER BROS. FRANCE HURLEVENT E.Fennell M.Robbie, J.Elordi, H.Chau

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE IT’S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY 01h46 A.Berg J.Buckley, B.Harper

KMBO

LE ROYAUME DES MERS

LE PACTE LES DIMANCHES 01h58 A.Ruíz de Azúa B.Soroa, P.López Arnaiz, J.Minujin

STUDIOCANAL LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE C.Barratier L.Hector, N.Filbrandt, O.Gerbi

NEW STORY LES IMMORTELLES 01h29 C.Deruas L.Garrel, L.Aura, E.Béart

PANAME DISTRIBUTION LES VOYAGES DE TEREZA 01h27 G.Mascaro D.Weinberg, R.Santoro, M.Socarrás

PAN DISTRIBUTION L'INFILTRÉE 01h35 A.Sylla A.Sylla, M.Laroque, Kaaris

APOLLO FILMS LOL 2.0 L.Azuelos S.Marceau, T.Alessandrin, V.Elbaz

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION PERSONNE NE RIRA 01h34 H.Bočan J.Kačer, S.Rehakova, J.Schvalina

JHR FILMS SAINTE-MARIE-AUX-MINES C.Schmitz R.Burger, F.Soetens

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE SEND HELP S.Raimi R.McAdams, D.O'Brien, E.Ismail

JOUR2FÊTE SOULÈVEMENTS 01h45 T.Lacoste

SPLENDOR FILMS STAND BY ME 01h29 R.Reiner R.Phoenix, R.Dreyfuss, C.Feldman

AD VITAM URCHIN 01h39 H.Dickinson F.Dillane, M.Northam, A.Waked

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°506 / 17 décembre 2025

29


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

La sortie le 31 décembre de Qui brille au combat, premier

film de Joséphine Japy qu’accompagne Apollo, donne l’occasion

de revenir sur les performances de trois autres longs métrages

sur la thématique du handicap.

UNE PLACE

POUR PIERROT

EN TONGS AU PIED

DE L'HIMALAYA

PRESQUE

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

10/09/2025 13/11/2024 26/01/2022

DIAPHANA LE PACTE APOLLO

130 840 79 631 498 440

5 349 4 521 13 798

41 841 33 325 114 728

3 277 4 325 8 282

13 8 14

13,47 6,51 9,66

24 18 36

3,8 3,9 4,1

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 2 SEMAINES

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 03/12/2025 L'ŒUF DE L'ANGE (REPRISE) EUROZOOM 36 8 998 269 33

2 03/12/2025 FIVE NIGHTS AT FREDDY'S 2 UNIVERSAL 368 214 595 7 153 30

3 03/12/2025 LES ENFANTS VONT BIEN STUDIOCANAL 292 105 347 4 342 24

4 10/12/2025 RESURRECTION

LES FILMS DU

LOSANGE 67 14 174 587 24

5 10/12/2025 CHASSE GARDÉE 2 UGC 697 233 675 10 719 22

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2025

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28 339 316 90

2 26/11/2025 ZOOTOPIE 2 DISNEY 645 1 590 916 17 748 90

3 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1 188 419 14 649 81

4 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673 103 8 614 78

5 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909 379 11 746 77

6 17/09/2025 DEMON SLAYER: KIMETSU NO YAIBA LA FORTERESSE INFINIE FILM 1 SONY 690 789 834 11 579 68

7 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24 263 360 67

8 05/11/2025 SEMER ET RÉCOLTER LES FILMS D'AVALON 5 1 512 26 58

9 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774 727 14 330 54

10 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606 069 12 289 49

C’est un leader surprise qui trône en tête du dernier top 5 de l’année.

La ressortie de L’Œuf de l’Ange, l’animation post-apocalyptique de

Mamoru Oshii, embarque quelque 9 000 spectateurs, pour une moyenne

de 33 entrées par séance (e/s). Il s’agit de la quatrième meilleure

performance à la séance de l’année pour un film à moins de 500 séances,

et de la meilleure depuis 2021 pour un titre Eurozoom. Derrière, avec

30 e/s, suit Five Nights At Freddy’s 2 : un week-end bien en-dessous du

premier volet (55 e/s), mais suffisant pour devenir la troisième meilleure

performance de 2025 pour un titre horreur, après Conjuring : L’Heure

du jugement (77 e/s) et Évanouis (32 e/s). Côte à côte, Les enfants vont

bien et Resurrection engrangent 24 e/s. Le premier, sous bannière

Studiocanal, séduit plus de 100 000 spectateurs tandis que le second,

chez Les Films du Losange, écoule 14 100 tickets en à peine 580 séances.

Enfin, Chasse gardée 2 clôture le classement avec 22 e/s, là où le premier

volet engrangeait 26 e/s.

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company


Production

Réalisé par

L’histoire méconnue qui a inspiré

le plus grand chef-d’œuvre de Shakespeare

LAURÉAT

Écrit par

D’APRÈS LE ROMAN À SUCCÈS

LE 21 JANVIER AU CINÉMA

HamnetLeFilm.com FocusFeaturesFR @UniversalFR

#HamnetLeFilm


Première affiche du Cinématographe Lumière, par Marcellin Auzolle (1896)

©Marcellin Auzolle

Ce numéro vient clôturer une année morose, où la

fréquentation devrait tout juste dépasser celle de 2022,

débutée avec le pass sanitaire. Pourtant, des cinémas

continuent de naître et de se réinventer, en témoignent

les nombreuses ouvertures et rénovations présentes dans

ce numéro, et toutes celles les précédant. Leur accélération

sur ces dernières semaines n’est pas étrangère à la

sortie, ce 17 décembre, de Avatar : De feu et de cendres

dont les deux précédents volets, en plus d’avoir chacun

atteint 14 millions d’entrées, ont participé à l’évolution

du parc cinématographique : le premier, en 2009, a

stimulé le passage à la projection numérique pour être

projeté en 3D, tandis que le deuxième accentuait la

premiumisation, à l’instar du troisième. Mais les mutations

et le parc cinématographique, c'est une histoire

vieille de 130 ans

Du muet au parlant

« Le 28 décembre 1895, nous avons ouvert une salle de

projection publique au sous-sol du Grand Café, à Paris.

Ce n’est qu’à partir de cette date que quelqu'un a pu dire

qu’il était allé au cinéma », expliquait Louis Lumière à

propos d’un lieu qui va progressivement devenir incontournable

dans la vie des cités. Pourtant, dès 1897, le

développement du cinéma connaît un coup d’arrêt avec

l'incendie de la projection au Bazar de la Charité, à

l'occasion d’une vente d’objets au profit des plus démunis.

CE N’EST QU’À PARTIR

DU 28 DÉCEMBRE 1895

QUE QUELQU'UN A PU

DIRE QU’IL ÉTAIT ALLÉ

AU CINÉMA

Louis Lumière,

inventeur du cinématographe

L’accident est causé par l’inflammation brutale des vapeurs

d’éther qui servaient à alimenter la lampe de projection

du cinématographe, et 125 personnes décèdent.

En conséquence, le gouvernement interdit les projections

en centre-ville, et le cinématographe est relégué au monde

forain et itinérant. L’interdiction prend fin en 1908,

année de réalisation de L’Assassinat du duc de Guise d’André

Calmettes et Charles Le Bargy, qui marque l’anoblissement

du cinéma et sa conquête d’un public plus bourgeois.

C’est également à cette période qu’il se sédentarise, et

que de nombreuses salles sont créées.

Le prochain bouleversement majeur, cette fois-ci à échelle

mondiale, intervient en 1927, date du passage au parlant.

Alors que le septième art est désormais bien installé, la

Warner sort Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland, considéré

comme le premier film parlant, mais plutôt sonore

– avec beaucoup de séquences muettes – et montré avec

des disques synchronisés. Il faut attendre 1928 et Les

Lumières de New York de Bryan Foy, également produit

par la Warner, pour entendre une œuvre entièrement

parlante. Les conséquences sont multiples : la pellicule

cinéma doit être repensée, et donc les projecteurs et les

salles. Les bonimenteurs – qui commentaient les films

muets – et les orchestres disparaissent, sans oublier les

tournages, qui s’enferment dans des studios. À cela s’ajoute

la fin de carrière de nombreux acteurs qui ne passent pas

32 N°506 / 17 décembre 2025


LES PARTICIPANTS AU

LONDRES • BRUXELLES • AMSTERDAM

REMERCIENT CHALEUREUSEMENT

L’ENSEMBLE DES PARTENAIRES QUI ONT CONTRIBUÉ,

PAR LEUR EXPERTISE, LEUR ACCUEIL ET LEUR DISPONIBILITÉ,

À FAIRE DE CETTE ÉDITION 2025 UN MOMENT INOUBLIABLE


130 ans de cinéma(s)

la barrière du parlant, comme l’ont raconté tant de films,

de Chantons sous la pluie de Gene Kelly et Stanley Donen

(1952) à Babylon de Damien Chazelle (2023), en passant

par The Artist de Michel Hazanavicius (2011). En somme,

les disparitions sont nombreuses et le discrédit est grand,

en France comme aux États-Unis – voir Les Lumières de

la ville de Charlie Chaplin (1931) qui tourne en dérision

le parlant. Néanmoins, l’industrie et l’art s’adaptent, et

le succès de titres sonores comme Sous les toits de Paris

de René Clair (1930) ou M le Maudit de Fritz Lang

(1931) ne tuent pas le cinéma, mais le sanctuarisent.

La guerre des écrans

Puis viennent les années 1950. Après-guerre, la fréquentation

des salles est au plus haut : plus de 400 millions

d’entrées en France, plus d’un milliard au Royaume-Uni

ou encore plus de 4 milliards aux États-Unis. Mais

l’arrivée de la télévision crée une crise sans précédent

et les majors – qui doivent également s’adapter aux lois

anti-trust les obligeant à dissocier leurs activités de

production et d’exploitation – sont en déclin. C’est à

cette période que naissent de nombreuses innovations

pour faire face à la concurrence de la télévision :

la couleur se généralise, avec notamment le fameux

Technicolor, les formats s’agrandissent jusqu’au CinémaScope,

et les sorties audio doublent pour passer de

la monophonie (un canal) à la stéréophonie (deux

canaux). Malgré ces innovations, l’érosion des spectateurs

s’observe de façon plus ou moins prononcée selon les

territoires. Et si le cinéma plie sans rompre, il vacille

davantage avec l’arrivée de la cassette vidéo, à la fin des

années 1970. En ouverture de la collection VHS

©Nicolas Thomas

JE N'AIMERAIS PAS

VOIR POUR LA

PREMIÈRE FOIS UN

FILM EN VIDÉO, UN

FILM DOIT D'ABORD

SE VOIR EN SALLE

François Truffaut, cinéaste

“Les films de ma vie”, François Truffaut expliquait ainsi :

« Je n'aimerais pas voir pour la première fois un film en

vidéo, un film doit d'abord se voir en salle. » Mais il

ajoutait également : « Aujourd'hui, la vidéo bouleverse

ma vie. Prenez Sérénade à trois de Lubitsch par exemple.

Avant s'il passait, j'y allais en me disant que je pourrais

attendre un an ou deux avant de le revoir. Là, il m'arrive

de le visionner trois fois dans la même semaine. En tant

que cinéphile je suis un fanatique de la vidéo. » En France,

les années 1980 sont marquées par un accroissement

du parc avec la création de l’ADRC en 1983, puis, en

1993 est construit le Pathé Grand Ciel, en banlieue de

Toulon, à ce jour considéré comme le premier multiplexe

tricolore. Une rupture « à la fois architecturale, avec des

bâtiments neufs et spacieux, géographiques (nombreux sont

ceux qui s’installeront en banlieue et surtout dans des zones

accessibles en voiture) et en termes de services proposés »,

énonce Tristan Dominguez dans L’Ère des multiplexes

(L’Harmattan, 2025).

La voie du premium

La dernière mutation majeure est celle de la projection

numérique, entamée aux États-Unis dès 1999 avec Star

Wars Épisode 1 : La Menace fantôme, et en Europe le

2 février 2000 avec la projection de Toy Story 2 au Gaumont

Aquaboulevard. Le coup d’accélérateur est mis neuf ans

plus tard : le raz-de-marée Avatar, premier film tourné en

3D numérique, incite tous les exploitants à s’équiper en

conséquence, cap qui sera entièrement atteint en France

en 2014 (voir le dossier “20 ans de…” du Boxoffice Pro

du 22 septembre 2025). Ces dernières années, aux côtés

des offres d'équipementiers internationaux, les exploitants

français ont pleinement embrassé le premium, développant

leurs propres concepts, de l’Orium de Cinéville à l’Élysées

Lincoln de Multiciné, en passant par l’Horizon THX de

Megarama ou le Nova Ciné de la famille Tabaraud.

Dans le même temps, les cinémas se sont adaptés aux

évolutions du public, cessant d’être exclusivement des

salles de projection pour devenir des lieux polyvalents,

alliant animations (des ateliers aux bornes d’arcades),

restauration (du coin café à la brasserie) et événementialisation

(accueil d’équipes, expositions, etc.).

La grande diversité des établissements qui voient le jour

en cette fin d’année en est le parfait exemple. Des cinémas

aux concepts premium immersifs à l’instar du Cinéville

à Plourin-lès-Morlaix, du Megarama aux Ulis et du

Mégarex de Haguenau – dont l’écran LED permet de

se passer de projecteur –, et des salles de proximité installées

en cœur de ville à l’image du Capitole à Montceau-les-

Mines, du Quai des lumières à Frontignan, du Ciné

Pévèle à Templeuve-en-Pévèle, du Ciné Sologne à Controis

et des prochains CiNey à Paris, Le Grand Bain à l’Airesur-l’Adour

ou encore l’Arsenal à Valenciennes, évoqués

prochainement dans nos colonnes. Tout un symbole de

voir, 130 ans après la première séance, que des cinémas

continuent d’émerger à travers le territoire. Et c’est pour

cette raison que nous avons souhaité mettre en avant

tous ces mouvements d’une industrie mouvante. Car

l’aventure continue !

Jules Dreyfus et Tanguy Colon

34 N°506 / 17 décembre 2025


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130 ans de cinéma(s)

THIERRY FRÉMAUX :

« QUAND LUMIÈRE INVENTE LE CINÉMA,

IL INVENTE LA SALLE DE CINÉMA »

Invité au colloque de l’AFCAE,

le délégué général du Festival

de Cannes, directeur de l’Institut

Lumière et réalisateur de deux

films sur les frères Lumière

revient sur les évolutions

majeures de la salle de cinéma en

130 ans, dans un contexte délicat

qui n’empêche pas l’optimisme

d’un futur lumineux.

130 ans après l’invention du cinéma par les frères

Lumière, où en sommes-nous avec la salle ?

Si nous avons célébré les frères Lumière à de nombreuses

reprises en insistant, à chaque fois, sur le fait qu’ils

étaient des cinéastes, et que le cinéma comme Art

commence avec eux – et non après –, nous avons peu

évoqué la deuxième invention Lumière, la salle de

cinéma. Aujourd’hui, en cette année des 130 ans,

nous en parlons davantage. Moins pour elle-même,

en effet fragilisée par une fréquentation en baisse, un

manque de films et bien d’autres facteurs, que le

caractère philosophique de l’idée Lumière sur la salle.

C’est-à-dire, ce que signifie être dans un cinéma

aujourd’hui, dans un monde où les films se consomment

de bien d’autres manières – et en plus grande

quantité – qu’en salle.

En quoi le cinéma témoigne-t-il de l’état dans lequel

nous nous trouvons, et que peut-il encore nous

apporter ? Nous n’en sommes pas encore là avec le

théâtre et les restaurants, nous n’en sommes plus à ce

niveau avec la musique, qui a notamment relancé la

notion de concert, mais voilà où nous nous situons

avec le cinéma. Nous devons donc plus que jamais

préserver la salle, car c’est de cette manière que l’art

du cinéma se fait – un livre de photos n’est pas une

photo –, mais aussi parce que l’idée d’être enfermé

dans un lieu avec des langues qu’on ne connaît pas,

dans le noir, sans consulter ses messages pendant deux

heures, peut apporter des enseignements utiles à la

vie que nous menons.

La salle de cinéma reste-t-elle donc un élément

essentiel de la cinéphilie, au sens général du terme ?

Les modes cinéphiliques ont évolué et ne passent plus

forcément par la salle. Beaucoup de personnes connaissent

très bien l’histoire du cinéma en ayant vu des films en

DVD ou sur des plateformes : on peut être cinéphile

sans aimer la salle. Pourquoi pas ? Mais les personnes

doivent se rendre compte que ne plus aller dans ce lieu

implique sa fermeture. Donc il faut parfois faire ce

type d’effort. Dans tous les cas, je pense que la salle

reste le vecteur principal du succès du cinéma, et de la

façon dont il doit continuer à exister.

Cet anniversaire est célébré dans un contexte délicat,

avec de nombreuses incertitudes sur l'avenir

des studios (Warner Bros. par exemple) et un public

qui semble prendre ses distances. Quelles sont les

clés pour renforcer le lien entre public et salles, et

la fréquentation ?

Nous avons toujours eu coutume de dire que le cinéma,

lors des crises rencontrées (l’apparition de la télévision,

de la vidéo, d’internet, aujourd’hui des plateformes), a

toujours été sauvé par les films eux-mêmes. Ça ne

changera pas. Mais il faut des films ! Tout le monde

regarde 2026 de manière particulière pour cette raison.

Personnellement, j’ai confiance en les artistes et les

professionnels. Mais il est vrai que la situation des

studios, entre crise du Covid, incendies et restructurations

industrielles, est incertaine. Un peu de stabilité

permettra qu’Hollywood montre au monde entier qu’il

reste… Hollywood. Car il le faut.

©Jules Dreyfus pour Boxoffice Pro

36 N°506 / 17 décembre 2025


Malgré la précarité financière grandissante d'un

certain nombre de festivals, et une fréquentation

des salles en difficulté, le public ne cesse de croître

dans le cadre de ces événements, comme au Festival

Lumière et aux séances publiques du Festival

de Cannes. Comment l'expliquez-vous ?

Un festival est par définition une fête, un rassemblement,

un commun collectif. Il semble que le public a toujours

envie de se retrouver. C’est valable en musique ou en

sport. Pour le cinéma, il y a aussi l’idée qu’un festival

reste un moment sauvé du tumulte de la vie quotidienne.

Le cinéma du samedi soir jouait ce rôle-là. Aujourd’hui

ce sont les festivals. L’endroit où il faut être, le lieu où se

retrouver. De surcroît, les organisateurs, partout, font

preuve d’engagement et vont chercher les spectateurs.

Et la présence des artistes, qui en France jouent le jeu,

est aussi une raison pour laquelle le public déploie de

l’engouement. Et il faut continuer.

JADIS,

LES ANNIVERSAIRES

LUMIÈRE CÉLÉBRAIENT

L’ART DU CINÉMA.

IL NE FAUT PAS OUBLIER

LA SALLE DE CINÉMA

Quels peuvent être le rôle des films classiques et

d'un lieu tel que l'Institut Lumière dans l'éducation

à l'image, qui va faire l'objet d'un grand plan

soutenu par Édouard Geffray et Rachida Dati ?

Lorsque les politiques d’éducation à l’image ont commencé,

à l’époque de Jack Lang, c’était pour enseigner le cinéma.

Aujourd’hui, il s’agit de lutter contre les fléaux contemporains

: l’addiction aux réseaux sociaux, l’obligation de

savoir décrypter une image, la pédagogie du grand écran

qui permet de retrouver le partage, l’émotion collective…

et d’être injoignable pendant deux heures !

Le cinéma classique est un océan infini de beaux films,

il permet d’emporter les enfants vers le grand écran

comme nous l’avons été et de les former comme le public

de demain. Lumière, quand il invente le cinéma, invente

la salle de cinéma. Jadis, les anniversaires Lumière célébraient

l’art du cinéma. Il ne faut pas oublier la salle de

cinéma. C’est notre responsabilité de les préserver et d’y

envoyer les enfants. C’est un lieu de bonheur, de réflexion

et de paix. Nous en avons plus que jamais besoin. Et de

ce point de vue, l’engagement public des ministres de la

Culture et de l’Éducation est fondamental. Et c’est chose

magnifique de voir Édouard Geffray et Rachida Dati

œuvrer ensemble pour la poursuite de la spécificité

française en la matière. On n’a pas idée comment,

à l’étranger, on admire cela. Il est heureux que ça continue.

Ce sont des graines plantées pour le futur.

Comment voyez-vous la salle dans le futur ?

Cela dépend d’où nous nous plaçons. La salle est très

fragilisée dans certains pays qui, en général, n’ont pas

de politique publique. Or, une politique publique est

faite pour la lecture, pour les enfants, pour un certain

nombre de choses ; pourquoi, alors, ne pas en mener

une pour le cinéma ? En France, cela a longtemps été

le cas, mais la dynamique s’est quelque peu affaiblie.

Il faut éviter qu’une année créativement faible coïncide

avec un mouvement d’ensemble qui, lui aussi, tend

à s’amoindrir. Je ne crois pas que nous soyons à l’aune

de quelque chose de fondamentalement différent,

mais il faut veiller à ce que cela ne soit pas le cas.

Les plateformes ont apporté une nouvelle proposition,

extrêmement forte, avec les séries ou encore les unitaires,

et aujourd’hui Netflix compte 300 millions d'abonnés

à travers le monde. Il faut en tenir compte, sans se

lamenter, se réjouir ou penser que les personnes sont

les unes contre les autres.

Donc le cinéma tel que défini par les Lumière a 130

ans, et ça tombe bien. Nous nous posons ces questions,

pour fêter tranquillement, dans 20 ans, les 150 ans.

Propos recueillis par

Jules Dreyfus et Laurent Cotillon

Photogramme d’un des films Lumière dans Lumière l’aventure continue ! de Thierry Frémaux

©Institut Lumière

N°506 / 17 décembre 2025

37


Focus Exploitation

©Quai des lumières

ARRIVÉE EN QUAI DES LUMIÈRES

À FRONTIGNAN

Le complexe né de la volonté

municipale et de l’association

de quatre exploitants locaux

ouvre ses portes le vendredi

19 décembre, avec l’ambition

de devenir une destination

incontournable de la commune

héraultaise, située entre

Méditerranée et étang de Thau.

INFOS PRATIQUES

TARIFS :

Plein tarif : 9,50 €

Tarif réduit +60 ans, -25 ans et pour tous

les lundi et jeudi* : 7,50 €

Tarif réduit +16 ans, demandeurs

d'emploi, bénéficiaires du RSA,

titulaires de la carte d'invalidité,

séance du matin et séances du vendredi

13h30/14h/14h30 : 5,50 €

Abonnement 10 places : 69 €

Abonnement 5 places : 35 €

Opération “Mardi, c’est gratuit” :

Tous les mardis de l’année, pour 1 place

achetée plein tarif*

* hors jours fériés et fête et veille soir de fête

Il y a un peu plus d’un an, Priscilla Schneider (directrice

du CinéMistral de Frontignan), Isabelle Moreau (Travelling

d’Agde), Frédéric Perrot (Clap Ciné de Port Leucate) et

Jean Villa (Véo Cinémas, dont ceux de Sète) prenaient

la relève du GPCI sur le projet de cinéma des Chais du

canal. « La Ville a choisi ces anciens chais Botta, en bordure

du canal et en centre-ville, pour y implanter un pôle culturel

qui compte notre cinéma de quatre salles et 545 fauteuils,

mais également un restaurant brasserie déjà ouvert, une

librairie qui arrivera en janvier, et une école de cinéma

documentaire aux alentours de février », énumère Priscilla

Schneider. Si celle qui a dirigé l’ancien mono-écran

frontignanais durant plus de 20 ans reste « la référence

locale » et se donne désormais pour mission « d'incarner »

le Quai des lumières, chacun des associés a apporté ses

compétences à l’aventure.

Le bonheur est dans le chai

Ainsi, Frédéric Perrot a pu éprouver les défis d’une double

adaptation, « à un lieu patrimonial existant… et qui était

déjà passé entre les mains de deux cabinets d’architectes. En

2019, nous avions finalisé le Clap Ciné de Canet [soit la

précédente ouverture de cinéma en date de l'exploitant,

Chai Botta de Frontignan, années 1920

en collaboration avec Jérôme Quaretti via L’yre Cinéma,

ndlr.], du terrassement du site à son ouverture, en 8 mois

et demi. Ici, c’est le temps qui nous a été nécessaire pour

effectuer l'aménagement intérieur de la coque », note l’intéressé,

dont l’expérience en construction a été renforcée

par celle de Jean Villa, dernièrement à l’oeuvre sur la

Cartoucherie à Toulouse [voir Boxoffice Pro du 22 septembre

2025]. « Un cinéma qui s’installe dans un ancien chai où

l’on stockait du vin, sur le bords du canal du Rhône à Sète,

c’est forcément un lieu qui a du caractère et un supplément

d’âme, avec des salles qui ne sont pas des cubes, des angles

qui épousent les formes du bâtiment, des lumières et des

volumes différents », décrit l’associé. Sans compter les

vertus écologiques d’une revalorisation de site existant,

qui a évité toute artificialisation de sol, avec reprise d’une

partie de la dalle et de toute la charpente… jusqu’au

comptoir sur mesure fabriqué en matériaux de récup par

deux menuisiers locaux, « dont un compagnon de France »,

précise Priscilla Schneider. De fait, grâce à l’implication

de l’ensemble des collectivités (Région, agglomération,

Ville), qui ont notamment financé la construction d’une

passerelle piétonne avec ascenseurs, le cinéma est littéralement

accessible par toute voie modale, avec pas moins

38 N°506 / 17 décembre 2025


©Quai des lumières

Le hall avant son aménagement,

mais déjà avec son banc des

amoureux du cinéma, sur lequel

les spectateurs sont invités à

graver le couple imaginaire ou

réel de cinéma qui les ont fait

rêver… et un olivier tout aussi

fort en symbole.

de quatre parkings gratuits à proximité, des accès par

piste cyclable, « sans oublier par l'eau, en bateau, paddle,

pédalo, à la nage, ou en barque de joute », s’amuse la

directrice-associée.

Une fois arrivés à destination, après être passés par la

promenade nouvellement aménagée avec chaises longues

en bois et tables de pique-nique, les spectateurs peuvent

continuer la déambulation à travers « un grand hall

lumineux, qui mène vers un passage plus intime, puis un

autre espace d'accueil arborant deux ouvrages d’art. Le tout

en alternant l’esprit brut industriel des lieux et des espaces

plus cosy », détaille Isabelle Moreau, « et sans aucune borne

automatique », ajoute Frédéric Perrot.

Au total, l’aménagement de cet espace cinéma de 2 108

m² (sur le total de 2 700 m² du bâtiment) et ses quatre

salles (de respectivement 286, 150, 68 et 44 fauteuils, et

un total de 16 places PMR) aura nécessité un budget de

2,6 M €.

L’élan d’une alliance

Côté prévisionnel de fréquentation, Isabelle Moreau

estime le Quai des lumières en « bonne posture » pour

prolonger le succès du petit champion CinéMistral* et

sa programmation généraliste/art et essai avec le label

Jeune public. De quoi viser les 115 000 entrées la

première année, et jusqu’à 140 000 entrées en vitesse

de croisière, sachant que l’étude de marché avait été

réalisée avant Covid, « et en tenant compte d’un projet

de multiplexe en face qui n’a pas abouti ». De fait, Véo

Cinémas, le concurrent d’hier qui opère en DSP les

deux cinémas de la ville de Sète, distante d’à peine 7

km, a finalement embarqué sur le projet du Quai, dont

il assurera par ailleurs la programmation. « On ne peut

plus se permettre de dépenser de l'énergie à se battre contre

un voisin », commente Jean Villa, en prenant exemple

sur la bonne entente des multiples cinémas de Toulouse.

« Alors certes le Comoedia art et essai de Sète bougera

peut-être un peu dans les premiers temps, mais le Nouveau

Palace, plus généraliste, n’est clairement pas équipé pour

accueillir convenablement les spectateurs pour certains

titres. Et je préfère que les Sétois trouvent un élément

déclencheur pour aller au cinéma à Frontignan plutôt que

de rester à la maison, à scroller… ou à pirater. »

Malgré la montée en gamme de l’équipement, les

exploitants du Quai des lumières, liés à la mairie

propriétaire des murs via un bail commercial de longue

durée, maintiendra un plein tarif sous la barre des 10

euros. Un positionnement que Priscilla Schneider

estime « défendable et entendable » pour un public

habitué depuis 25 ans aux tarifs « un peu irréels » que

leur proposait leur CinéMistral ambitieusement

subventionné. Alors que la Ville confie désormais son

équipement cinématographique à des entrepreneurs

privés, Isabelle Moreau souligne l’importance de

l'accessibilité tarifaire d’un loisir populaire comme le

cinéma, « surtout si l’on veut que le public revienne dans

nos salles, et que nous nous sentons très attendus comme

à Frontignan ». Enfin, si tous les associés rappellent le

rôle central de l’offre de films, ils restent convaincus

qu’un cinéma doit aussi son attractivité à l'accueil

qu’il réserve à ses spectateurs. Et en la matière, Priscilla

Schneider et son équipe ont de quoi faire des étincelles

au Quai des lumières.

Aysegul Algan

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : SAS CINÉMAS FRONTIGNAN

Maître d’œuvre / pilote : GROUPE 3D ARCHITECTURE –

THIERRY RASPAUD

Bureau de contrôle : APAVE

BÂTIMENT

Gros œuvre : TERRITOIRE 34 / BASALT ARCHITECTURE

Climatisation/chauffage : MJP CLIM FROID SERVICES

Électricité et réseaux : BUREAUTIQUE MAXIME PETIT

FAÇADE/HALL

Comptoir : LA MALFRABRIQUE (FELIX LASCAUX, COMPAGNON,

ET LAURENT NEZ)

Système de billetterie : MONNAIE SERVICES

Enseignes façade : GRAFIC STICK

Affichage dynamique : ADDE

SALLES

Fauteuils : KLS

Tissus tendus et moquettes : PAT MAUB

CABINES

Installateur : ADDE

EXPLOITATION

Programmation : VÉO

SITE INTERNET

Conception : MONNAIE SERVICES

*Basé sur le déclaratif de la salle

* Le CinéMistral avait réalisé 58 000 entrées en 2024, et dépassé les 60 000 en 2019. Le mono écran de 149 fauteuils, qui a proposé sa dernière séance fin avril, va devenir une salle de

conférences et de spectacle. Le Quai des lumières en préserve le souvenir, avec son vieux projecteur 35 mm et un fauteuil en déco dans le hall.

©Quai des lumières

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 283 7 14 m Atmos NEC 4K Laser 3D

2 150 4 10 m 7.1

NC2000 rétrofité

laser 3D

3 68 3 8 m 7.1 2K Laser 2D

4 44 2 6 m 7.1 2K Laser 2D

TOTAL 545 16

Salle 4

N°506 / 17 décembre 2025

39


Focus Exploitation

CINÉVILLE

DÉCUPLE L’OFFRE À MORLAIX

©Cinéville

Construit à Plourin-lès-Morlaix, un

nouveau complexe de 6 salles et près

de 1 000 places ouvre le 19 décembre

et remplace l'historique Rialto.

Fin d’année en fête pour Cinéville. Après l’ouverture fin

novembre d’un établissement de 5 écrans à Beaupréauen-Mauges

dans le Maine-et-Loire, le circuit d’Yves Sutter

se renforce encore sur ses terres d’origine avec la construction

d’un « miniplexe », à l’entrée de Morlaix dans le

Finistère. Six salles tout confort dont une Orium, qui

remplacent les trois du Rialto, le cinéma historique du

centre-ville né en 1933 – dont Cinéville avait repris

l'exploitation en janvier 2025 –, et viennent en complément

des trois écrans art et essai de La Salamandre. Si

celle-ci a rouvert en 2021, « Morlaix restait la dernière

ville de Bretagne de cette taille qui n’avait pas eu de modernisation

de son cinéma généraliste de centre-ville », explique

le directeur général de Cinéville au sujet du Rialto, tout

en rendant hommage à sa dernière exploitante, Emmanuelle

Gagnère*, disparue en avril dernier. Le nouvel

établissement, aux normes de confort et d’accessibilité

actuels, renforce significativement l’offre cinéma pour

les 130 000 habitants du Pays de Morlaix, dont la moitié

résident au sein de l’agglo Morlaix Communauté.

INFOS PRATIQUES

ADRESSE :

2 rue Karine Ruby

29 600 Plourin-lès-Morlaix

CONTACT :

morlaix@cineville.fr

SITE INTERNET :

http ://morlaix.cineville.fr

TARIFS :

9,90 € / étudiants :7,50 € / séances

avant 12h : 6,50 € / moins de 14 ans,

abonnements Ciné Liberté : 5,90 €

Le projet ne date pas d’hier, mais le relief contrasté de

Morlaix rendait sa conception difficile dans l’hyper-centre,

qui se situe dans la partie basse, sous le haut viaduc.

« Sachant que la “nouvelle” Salamandre, autrefois sur les

hauteurs de Morlaix, s’est installée dans l’ancienne manufacture

du centre-ville il y a quatre ans, il n’était pas absurde

que le Rialto fasse le mouvement inverse », résume Yves

Sutter. Un constat partagé par tous les acteurs qui se sont

entendus : la municipalité a récupéré du foncier en

rachetant les murs du Rialto à Emmanuelle Gagnère,

Cinéville en a repris le fonds tout en conduisant le

nouveau projet, tandis que Morlaix Communauté a

proposé un terrain dans la ZAC Saint-Fiacre, sur la

commune de Plourin-lès-Morlaix mais à l’entrée de la

ville principale, et qui intègre déjà des logements, un

pôle santé, des commerces et des équipements sportifs.

« Une opération qui a satisfait aussi bien les acteurs politiques

et économiques locaux et a permis de déposer le projet en

CDACi à l’automne 2023. »

Une salle Orium native

Le cinéma achevé compte 900 fauteuils et 27 emplacements

PMR, soit un total de 927 places… un peu moins

que dans le projet validé en commission car il intègre

finalement une salle Orium, le format premium conçu

par Cinéville. « C’est notre sixième salle Orium – après celle

installée à Hénin-Beaumont [voir ci-contre, ndlr.] la

semaine dernière – mais la première native, conçue dans

du neuf, ce qui est bien plus simple y compris pour le son

Atmos ». Elle offre donc une projection 4K Pure Laser

sur un écran de 13 m de base, légèrement moins large

que dans les salles Orium situées dans les multiplexes

des grandes villes, « mais en cohérence avec ses 142 places,

et pour du vrai spectacle » précise Yves Sutter. Les autres

capacités vont de 90 à 331 places pour la plus grande

salle (en laser 4K et Atmos), toutes étant équipées de

fauteuils club.

L'établissement dans son ensemble s’étend sur 3 373 m²,

propose deux espaces lounge dans son hall mais intègre

aussi deux restaurants, que Cinéville va mettre en location.

S’ils ne sont pas encore ouverts, ils seront les seuls de la

ZAC où ils apporteront donc une offre supplémentaire,

au-delà des spectateurs.

Le Cinéville de Plourin-lès-Morlaix a été dessiné par

l’architecte brestois Guy Fauvet de l'agence Collectif

d’architectes, qui collabore avec Cinéville pour la quatrième

fois. À noter que des panneaux photovoltaïques ont été

installés en toiture, en plus des ombrières du parking

construit par Cinéville. Au total, le cinéma aura coûté

7,5 millions d’euros (sans compter le photovoltaïque et

les restaurants), financés en majeure partie par Cinéville,

et complété par des aides, notamment de Morlaix Communauté

et du Département.

Une petite ville équipée comme une

grande

Sur place, le nouveau Cinéville emploie un total de 8

salariés, dont les anciens du Rialto, et sera dirigé par

Mirko Galli, précédemment au Cinéville d’Hénin-Beaumont

mais qui avait auparavant dirigé celui de Lorient,

après des début à Brest, et connaît donc bien le territoire.

La programmation élargira la ligne généraliste du Rialto

avec deux fois plus de salles, et sera complémentaire de

celle de La Salamandre, labellisé Recherche, et historiquement

programmé par… Cinédiffusion, une des autres

filiales de la Soredic. Une quinzaine de films sera proposée

chaque semaine, pour environ 160 séances, avec des

cycles réguliers pour les familles – Ciné-Bambino le

dimanche matin au tarif unique de 4,50 €, “Je découvre

le cinéma” pour les enfants de 2 à 4 ans… –, des rééditions

avec les programmes Cultissime ! et Cult’Anim, des

retransmissions de concerts et spectacles… et bien entendu

des avant-premières et animations locales « dont on sait

40 N°506 / 17 décembre 2025


©Cinéville

Une salle Orium au Cinéville

Hénin-Beaumont

Une semaine avant celle de Plourin-lès-Morlaix dans le

complexe tout neuf, Cinéville a équipé une salle Orium à

Hénin-Beaumont, la cinquième après le lancement du

concept à Saint-Sébastien-sur-Loire en 2024, puis dans les

multiplexes de Dorlisheim, Vern-sur-Seiche et Saint-Nazaire.

Celui d’Hénin-Beaumont, qui compte 12 salles, est le plus

important du réseau en termes de fréquentation : 517 767

entrées en 2024, et près de 660 000 en 2016, sa meilleure

année. La salle retenue, d’une capacité initiale de 326 places,

en compte désormais 229, numérotées et réservables à la

place. Elle dispose d’un écran flat de 14 m de base et arbore

les couleurs bleu nuit du concept. Une majoration tarifaire de

3 € sera appliquée pour l’accès à la salle Orium.

Pour rappel, le format premium développé par Cinéville

propose de larges fauteuils inclinables avec tablettes en bois,

associés à une projection 4K Pure Laser et un son Dolby Full

Atmos, via des enceintes DK Audio. Six salles en sont donc

équipées aujourd’hui.

La salle 2 de Plourin-lès-Morlaix

©Cinéville

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES DIM (M) SON IMAGE

1 331 18,10 Laser 4K Dolby Atmos

2 150 10 Laser 2K Dolby 7.1

3 124 9,25 Laser 2K Dolby 7.1

4 90 9,10 Laser 2K Dolby 7.1

5 90 9,10 Laser 2K Dolby 7.1

6 142 13,20 Pure Laser 4K Dolby Atmos

TOTAL 927

La salle Orium propose 142 places

l’importance aujourd’hui ». Les dispositifs d’éducation à

l’image « restent à La Salamandre », précise Yves Sutter,

dont il souligne le « dynamisme art et essai, rare dans une

ville de cette taille ». Un travail qui contribue à former le

public en général… et à générer des entrées.

« Avec un total de 9 salles, l’agglomération de Morlaix dispose

désormais d’un parc généreux pour 65 000 habitants, et

devient même l’une des mieux équipées de France. » Mais

sans concurrence directe à moins de 30 km – les complexes

les plus proches étant à Lannion, Landernau et Brest – et

si l’on prend en compte les vacanciers – Morlaix est à 15

minutes de la mer et bénéficie d’un bon maillage routier

–, la zone de chalandise concerne 200 000 personnes. À

terme, Yves Sutter vise entre 190 à 200 000 entrées par

an, « sachant qu’on a déjà un fond de public ». Le Rialto

avait enregistré près de 65 000 entrées en 2024, et une

moyenne de 85 000 dans l’avant Covid.

Certes, comme tous les cinémas qui ouvrent aujourd’hui,

les études prévisionnelles ont été faites dans un contexte

national à 185 millions d’entrées. « Nous n’avions aucune

raison de penser qu’on descendrait si bas, et si nous aurions

peut être fait d’autres arbitrages pour Morlaix, je n’ai aucun

doute sur le projet de fond de cet équipement. ».

Un équipement qui témoigne du dynamisme du groupe,

qui a connu 50 % de croissance de son parc en deux ans,

passant de 16 cinémas et 124 salles en décembre 2023…

à 24 et 187 aujourd’hui ! Cette progression a valu à

Cinéville d’être distingué, parmi tous les circuits européens,

par le “Fastest Moving Giant Award”, décerné par Boxoffice

Pro et l’UNIC à Barcelone en juin dernier. Cinéville

devrait donc faire une pause dans ses projets – « sauf si

nous avons des opportunités » –, y compris dans l’extension

de son format premium, lancé en 2024. « Nos 6 salles

Orium sont installées dans des contextes très différents, des

grandes agglos comme celle de Nantes ou Rennes à une petite

ville comme celle d’aujourd’hui. Nous allons analyser leur

potentiel avant d’affiner leur déploiement. »

En attendant, celle de Plourin-lès-Morlaix devrait se

remplir : « Nous ouvrons deux jours après la sortie d’Avatar,

mais nous sauvons Noël, donc le contexte est bon ! »

Cécile Vargoz

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : SAS CINÉVILLE

Maître d’œuvre / pilote : COLLECTIF D’ARCHITECTES (BREST)

Contrôle technique : APAVE (29 BREST)

BÂTIMENT

Gros œuvre : NOBA (22 PLÉRIN)

Electricité et réseaux : DOURMAP (29 BREST)

Climatisation/chauffage : KERJEAN (29 BODILIS)

Photovoltaïque : QUENEA (29 CARHAIX)

FAÇADE/HALL

Comptoir : BROUILLET (49 MARTIGNÉ-BRIAND)

Système de billetterie : CINE GROUP

Enseignes : ETG ENSEIGNES (22 PLÉRIN)

Informatiuqe/Affichage dynamique : BM TECH (59 HANTAY)

SALLES

Fauteuils : SAONOISE DE MOBILIERS (70 FROIDECONCHE)

Fauteuils salle Orium : LINO SONEGO (ITALIE)

Sols : LEMRAY (85 AVRILLÉ)

Tissus tendus : VIP CINÉ (28 NOGENT-LE-ROTROU)

CABINES

Installateur : CINÉ DIGITAL (44 LA CHAPELLE-SUR-ERDRE)

EXPLOITATION

Programmation : CINÉDIFFUSION

*Basé sur le déclaratif de la salle

N°506 / 17 décembre 2025

41


Exploitation

Pathé

Une nouvelle salle IMAX

dans le Grand Est…

©Pathé Brumath

©ADDE

LE MÉGAREX DE HAGUENAU S’ÉQUIPE DE

LA PREMIÈRE SALLE ICE ONYX AU MONDE

Combinant la technologie ICE immersive à un écran Led Onyx, la salle a ouvert au public le 12 décembre

dans le multiplexe alsacien de la famille Wernert.

Après Angers et Saint-Herblain, c’est au tour du Pathé

Brumath, à une vingtaine de kilomètres au nord de

Strasbourg, de s’équiper d’une salle IMAX. La salle

choisie se dote ainsi d’un écran de 205 m², et passe à

271 places dont 7 PMR. Les fauteuils club premium

en cuir sont munis d’un dossier inclinable et d’une

assise plus large.

Pour rappel, le Pathé Brumath est l’unique établissement

bas-rhinois du circuit leader français. Il compte

14 écrans, et a terminé 2024 à 377 000 entrées, mais

dépassait les 500 000 avant Covid.

Dans l’ensemble du parc tricolore, 29 cinémas sont

équipés de la technologie canadienne IMAX. Pathé

en dénombre 23, en plus de 41 salles 4DX et 11 Dolby

Cinéma.

… et fin de rénovations

en Occitanie

Le Pathé Labège dans la banlieue de Toulouse et le

Pathé Odysseum de Montpellier ont bouclé la première

phase de leur rénovation, centrée sur les salles avec

de nouveaux fauteuils (en velours rouge, plus larges

et inclinables) et un espacement porté à deux mètres

entre les rangées.

Les deux sites font partie des premiers Pathé en France

à tester cette configuration, menée en parallèle sur les

deux villes. Toutes les salles sont désormais équipées

de projecteurs laser nouvelle génération.

À noter que la salle IMAX de Montpellier a elle aussi

été modernisée, du gradinage à l’éclairage en passant

par les sièges. Avec son écran de 432 m², elle revendique

aujourd’hui le titre de « troisième meilleure salle IMAX

d’Europe et vient rejoindre celle de Pathé Labège atteignant

un même niveau d’exigence pour nos spectateurs et clients

BtoB », indique Daniel Paulaud, directeur régional

Sud-Ouest et responsable du développement opérationnel

BtoB de Pathé.

« Les spectateurs sont enchantés et expriment leur étonnement,

aussi bien pour l’effet ICE que l’immense écran Led et le

son exceptionnel : c’est le plus important pour nous », se

réjouit Philippe Wernert, directeur du Mégarex de

Haguenau, à 25 km de Strasbourg. Trois mois après avoir

été annoncée, au moment du Congrès des exploitants,

sa nouvelle salle est donc la première à associer le concept

immersif ICE Theaters à la technologie Led développée

par Samsung pour le cinéma. Aux dires de l’exploitant,

« on a vraiment une uniformité des couleurs parfaites, des

noirs très profonds et un contraste que l’on n’avait pas avec

le Laser 4K, déjà installé dans notre salle ». À cette qualité

d’image s’ajoutent un son Dolby Atmos diffusé par des

enceintes Darkside, et le confort de fauteuils inclinables,

disposés en rangées cintrées espacées de 1,80 m. La salle

équipée, parmi les 10 du Mégarex, est ainsi passée de

238 à 138 fauteuils inclinables, et 4 places PMR.

Elle a été installée par ADDE, qui avait équipé le Pathé

Beaugrenelle du premier écran Onyx Led de France en

2019, puis celles du Pathé Bellecour à Lyon et les six du

Pathé Palace. Mais Philippe Wernert précise qu’il s'agit

cette fois du premier écran Onyx 2 en France, qui propose

un vrai format scope et 13,80 m de base. Quant à la

technologie Ice, elle est, à ce jour, présente dans 57 salles

à travers le monde, la dernière ayant ouvert le 11 décembre

en Allemagne chez Cineplex.

Pour ce premier week-end, 350 spectateurs ont découvert

la nouvelle salle de Haguenau avec Zootopie 2 et

beaucoup ont déjà réservé leurs places pour Avatar :

De feu et de cendres.

S’adresser à la “génération Led”

« Un signal très encourageant » pour l’exploitant, qui réfléchissait

depuis le Covid à ce qui pourrait être « le déclencheur

pour retrouver une clientèle perdue ». Le Mégarex propose

depuis longtemps un bowling, une salle de billard et autres

espaces ludiques, et s’était agrandi de 8 à 10 salles pour

un total de 1 545 fauteuils il y a quatre ans, après un

incendie qui avait notamment endommagé toutes les

cabines et parties techniques. Mais « en étant situés entre

le Pathé Brumath – équipé d’une salle 4DX et Imax depuis

une semaine [voir ci-contre] – et l’UGC Strasbourg, nous

voulions vraiment nous démarquer en proposant du jamais

vu », explique Philippe Wernert. « Plutôt que de créer un

format maison spécifique, j’ai préféré travailler avec la force

de frappe de ICE Theaters et Samsung. Je n’aurais jamais

eu le rendu des panneaux latéraux ICE, qui apportent

vraiment une immersion sans dénaturer le film. Quant à

l'écran Led, il me semble que c’est le format adéquat pour

s’adresser aux jeunes d’aujourd’hui : ils sont de la génération

Led, c’est le monde technologique qui leur parle. Et notre

but est vraiment de faire revivre les sensations cinéma à cette

génération, qui ne consomme plus les films comme avant. »

Quand on lui demande ce que lui inspire un écran sans

projecteur, Philippe Wernert estime que cela reste du

cinéma, « car l’écran est immense et la qualité exceptionnelle.

Le spectateur, lui, ne se pose pas la question de savoir s’il y

a un projecteur ». Et si le prix de l’installation ne permet

pas d’étendre dans l’immédiat cet Onyx 2 à toutes les

salles, la technologie a de l’avenir selon l’exploitant

alsacien. Dans la foulée, il a aussi installé 24 m d’écrans

Led (d’une autre marque) le long de ses pistes de bowling,

« ce qui nous permet de diffuser des contenus très différents,

y compris de communiquer pour notre salle ICE ».

Pour accéder à cette salle, les spectateurs paieront un

supplément de 7,50 € sur tous les tarifs. « Le plus cher

est à 18 €, ce qui reste raisonnable pour une telle expérience,

estime l’exploitant. On comprend que cela puisse être

difficile pour les familles nombreuses, mais un film comme

Avatar sera aussi proposé en 3D dans notre grande salle

de 385 places. »

Le Mégarex, qui enregistrait une moyenne de 330 000

entrées avant Covid – et 260 000 en 2024 – espère que

la nouvelle salle, à elle seule, attirera entre 30 et 40 000

spectateurs par an.

Cécile Vargoz

42 N°506 / 17 décembre 2025


N°506 / 17 décembre 2025

43


Focus Exploitation

©Léa-Jade Charpentier

À MONTCEAU-LES-MINES,

LE CINÉMA DE RETOUR

EN VERSION CAPITOLE

Deux ans et demi après la

fermeture des Plessis en centreville,

la commune de Saône-et-

Loire retrouve un établissement

digne de ce nom, développé par

Régis Faure.

INFOS PRATIQUES

ADRESSE :

30 quai Jules Chagot,

71300 Montceau-les-Mines

HEURES D'OUVERTURE :

Lundi, mardi, jeudi, vendredi :

13h00 à 00h30

Mercredi, samedi, dimanche :

10h00 à 00h30

TARIFS :

Normal : 9,50 €, Réduit : 8 €, -20 ans : 6,50 €

cartes 10 places : 60 €

cartes 10 places -20 ans : 55 €

Le 3 décembre, c’est un écrin totalement dédié au 7 e

art qui a ouvert ses portes au public montcellien,

orphelin d’une programmation pérenne et régulière

depuis que Les Plessis a baissé le rideau à l’été 2023.

Ancien théâtre transformé en 3 salles par la famille

Davoine (Ciné Alpes), le site n’avait plus connu de

rénovation depuis les années 1980, souffrant de vétusté

et d’une absence de normes d’accessibilité. Racheté par

Pathé Cinémas en 2019 dans le cadre de l’acquisition

de Ciné Alpes, l’établissement a été revendu en février

2022 à Régis Faure, localement bien implanté (Digoin,

Gueugnon), qui a acté sa fermeture à l’expiration du

bail, en août 2023. « Entre les infiltrations d’eau et

l’écroulement partiel du bâtiment quelques mois plus tard,

c’était la bonne décision. » Si l’activité cinéma est transférée

temporairement au sein de L’Embarcadère, salle de

spectacle de 900 places qu’il va équiper en son et en

projecteur, l’exploitant consacre toute son énergie à

concrétiser le projet de construction d’un nouvel équipement,

dans les tuyaux depuis plusieurs années.

Ambition écologique

Érigé le long du canal du Centre, en plein cœur de

ville, le Capitole Panacéa abrite 4 salles, allant de 62 à

242 places pour une capacité totale de 560 sièges, à

seulement 50 mètres de… L’Embarcadère « qui fera

office de cinquième salle pour certains événements ».

Habillé d’une coque dorée et blanche, le nouveau

cinéma a dû composer avec des contraintes imposées

par l’Architecte des Bâtiments de France, tant sur

l’architecture que sur l’espace alloué. Un mal pour un

bien « puisque nous avions des objectifs écologiques et nous

nous retrouvons avec moins de volumes perdus », explique

Régis Faure, qui a fait installer des panneaux solaires

sur le toit et un système de récupération de la pluie

pour alimenter les sanitaires. Dans son hall de 300 m²

à la moquette rouge et aux luminaires rétro, l’exploitant

a aménagé un foyer avec un poêle de masse – « le site

est en partie chauffé au bois » – et un coin café où pourront

être organisés des ateliers et de la médiation.

Dans cette ambiance cosy, les 4 salles se déploient dans

un haut niveau de confort mais des spécificités différentes.

Les deux plus petites arborent des fauteuils et

sofas jaunes et bleus, des petites lampes et un son Dolby

7.1 ; les deux plus grandes disposent de sièges club,

inclinables aux premiers rangs, d’un gradinage en

courbe, d’un son Atmos et d’une projection 4K. Toutes

sont de plain-pied, donc accessibles aux spectateurs à

mobilité réduite, et dotées d’écran de 10 à 16 mètres

de base. 6,2 M € ont été déboursés pour ce projet conçu

par l’architecte Clémence Radovitch, du cabinet MR3A,

à l’œuvre notamment sur Le Grand Rio de Lannemezan

[voir Boxoffice Pro n°474 du 28 août 2024]. Régis Faure

s’est, par ailleurs, appuyé sur Henry Maître et son

agence ID Ciné, qui pilote également la maîtrise d’œuvre

de l’autre projet de l’exploitant : Le Magic de 5 écrans

au Creusot, dont l’ouverture est prévue en février

prochain, en lieu et place des 4 salles du Morvan, qui

va fermer fin décembre.

120 000 entrées annuelles espérées

À l’instar des autres établissements exploités par Régis

Faure, l’association Panacéa assure la programmation

du Capitole de Montceau-les-mines, parrainé par

Zabou Breitman. « Entre la salle supplémentaire et

quatre projections quotidiennes – six le dimanche –,

nous voulons proposer davantage de films, mais surtout

44 N°506 / 17 décembre 2025


LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : STÉ DES CINÉMAS LCM

Maître d’œuvre / pilote : ID CINÉ

Bureau de contrôle : SOCOTEC

BÂTIMENT

Gros œuvre : SAÔNE BTP

Climatisation/chauffage : PHEBUS

FAÇADE/HALL

Comptoir : SEGOND

Système de billetterie : BOOST

Signalétique intérieure : NEON AQUITAINE

Enseignes façade : NEON AQUITAINE

Affichage dynamique : CINÉMECCANICA

CABINES/SALLES

Projecteurs : CHRISTIE / BARCO

Fauteuils : LINO SONEGO / INFINITY

Installateur : CDS / CINEMECCANICA

©Léa-Jade Charpentier

©Léa-Jade Charpentier

EXPLOITATION

Programmation : ASSOCIATION PANACÉA

SITE INTERNET

Conception : BOOST / PANACÉA

*Basé sur le déclaratif de la salle

mieux les exposer. L’envie, c’est aussi de programmer

60 % d’œuvres art et essai sur au moins 40 % des séances ».

En plus de retrouver le classement et de pérenniser

les labels Jeune public et Patrimoine qu’avait Les

Plessis avant sa fermeture, l’exploitant vise le Recherche

& Découverte puis le 15-25, via notamment une

collaboration avec l’option cinéma du lycée de la ville,

la seule du département. De plus, il entend renforcer

les synergies développées avec L’Embarcadère et proposer

des événements ponctuels liés à la saison culturelle…

tout en restant déterminé à attirer davantage de talents,

pour des soirées débats ou cartes blanches. Enfin,

pour renforcer son ambition d’accessibilité, le cinéma

propose de l’audiodescription via une application,

des renforts de dialogues via des casques ainsi que des

séances Ciné Relax.

Régis Faure vise les 120 000 entrées annuelles pour

le Capitole, qui lui permet de poursuivre la montée

en gamme de ses équipements dans la région. Outre

la finalisation du projet du Creusot, il avait déjà

inauguré, à l’automne 2019, un site flambant neuf

de trois écrans à Digoin, en remplacement du monoécran

vieillissant. L’arrivée de la crise sanitaire quelques

mois plus tard a contrarié la bonne mise en route du

site, qui n’a jamais réussi à atteindre les prévisions de

fréquentation des études de marché. En Saône-et-Loire,

l’exploitant gère également la salle du Danton à Gueugnon

et programme, via Panacéa, une quinzaine

d’établissements en Bourgogne-Franche-Comté.

Tanguy Colon

©Léa-Jade Charpentier

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 72 3 12 (FLAT) 7,1 2K laser / 35mm

2 238 6 16 (SCOPE) Atmos 4K laser

3 61 3 9 7,1 2K laser

4 151 5 13 Atmos 4K laser

TOTAL 522 17

N°506 / 17 décembre 2025

45


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LE 14 JANVIER AU CINÉMA


Exploitation

À Lorient, Le Manège devient une salle de cinéma alternative

©J'ai vu un documentaire

©J'ai vu un documentaire

Le bâtiment du Manège abritait une salle de concert emblématique...

... désormais redevenue salle de cinéma.

Depuis le 6 décembre et après 12 ans de « nomadisme

heureux », l’association J’ai vu un documentaire,

qui proposait des séances itinérantes sur le

territoire lorientais, a posé ses valises dans une

salle, fixe et alternative, en attendant de devenir

une Maison de l’image.

Un temps envisagé dans l’ancien cinéma Le Rex de

la ville – fermé depuis plus de 25 ans –, dans le cadre

du plan Action Cœur de Ville, le nouvel équipement

prend finalement ses quartiers dans une bâtisse propriété

de la municipalité. La salle de spectacle du Manège a

ainsi retrouvé sa fonction de cinéma, après avoir été

consacrée, du début des années 1970 à 2020, à des

concerts, et sera désormais dédiée à la diffusion de

films documentaires – mais pas que – et à différents

ateliers, notamment d’éducation aux images.

La salle arbore un écran de 7 mètres de base, face

auquel 98 fauteuils de l’ancien cinéma Le Rohan de

Landernau – remplacé depuis l'automne 2024 par le

Ciné Galaxy – ont trouvé une nouvelle vie. Le balcon,

dont la vue est brisée par le garde-corps de sécurité,

est réservé à la régie. « Côté son, nous nous contentons

pour l’heure d’un système stéréo et d’un projecteur laser

vidéo en attendant de passer à quelque chose de plus

pro », explique le directeur et responsable de la programmation

Nicolas Le Gac. Car le projet du Manège, sur

lequel l’association s’est repliée après l’arrêt « assez

brutal », en mai 2024, de celui prévu au Rex, n’est est

qu’à sa préfiguration.

Premiers pas

« En attendant le déménagement en 2029 des associations

culturelles qui occupent encore l’étage du bâtiment, nous

allons développer une programmation trimestrielle,

expérimenter et réfléchir sur la future Maison de l’image

que le lieu est destiné à devenir », explique le responsable,

en citant comme sources d’inspiration des lieux tels

que La Forêt électrique à Toulouse, l'Aquarium Ciné-

Café à Lyon et Le Videodrome 2 à Marseille.

Si l’étude architecturale est concluante, deux petites

salles s’ajouteront, à l’étage, à la grande du bas. « Avec

par ailleurs un vrai bistrot », ajoute Nicolas Le Gac,

notamment passé par « la bonne école Utopia », à Tournefeuille

et Toulouse, avant de suivre la formation de

directeur d’exploitation à la Fémis.

En attendant, avec le renfort d’une soixantaine de

bénévoles, l’association J’ai vu un documentaire proposera

des séances non commerciales, « mais payantes »,

dans sa salle du Manège, en poursuivant ses partenariats

et en en développant de nouveaux. Et en gardant ses

séances itinérantes « les plus atypiques, comme celle sur

un bateau de la rade de Lorient ou celle dans la ville

voisine de Port-Louis ».

À noter qu’en matière de cinéma commercial, Lorient

compte un seul multiplexe (le Cinéville de 11 salles)

et aucun cinéma art et essai. « Il existe, dans un rayon

de 50 km, trois mono-écrans classées (à Quimperlé,

Lochrist et Etel) et un second multiplexe à Lanester

[le CGR de 12 salles, ndlr.] », note l’association J’ai vu

un documentaire, bien décidée à enrichir l’offre

culturelle locale.

Ayşegül Algan

À Carcassonne, une mini-salle pour prolonger les plaisirs du court

Les responsables du festival et les bénévoles de l’association

CineBastide... dans La Boîte !

À l’occasion du lancement de sa 8 e édition, le 15

janvier prochain, le Festival international du film

politique de Carcassonne dévoile sa nouvelle

salle dédiée au court métrage, avec l’ambition

d’ancrer le rendez-vous tout au long de l’année.

Un nouvel espace de projection s’ajoute aux trois écrans

du CGR Colisée et aux deux salles transformées,

respectivement dans le Centre de Congrès et de l’amphithéâtre

de l’Odeum, pour accueillir le Festival

international du film politique de Carcassonne. La

“Boîte” sera implantée « à mi-chemin de toutes les autres,

soit dans le cœur névralgique de notre rendez-vous », note

le délégué général Henzo Lefèvre.

©Festival International du Film Politique de Carcassonne

Porté par l’association La Bastide organisatrice du

festival, le projet a été concrétisé grâce au budget

citoyen dont il a été doté par le Conseil départemental,

grâce au vote des Audois, soit 49 900 €. De quoi

équiper une petite, mais « vraie salle de cinéma, de

seulement 16 fauteuils mais avec un écran de 3 mètres,

des murs en tissu noir, une accoustique réglée et un projecteur

non DCI, mais de gamme professionnel ».

Sur mesure

De fait, la Boîte diffusera exclusivement des courts

métrages, à commencer par ceux du festival de Carcassonne,

avec des séances de 8h30 à 23h tous les jours ;

une amplitude horaire d’autant plus large que « depuis

quelques années, notre sélection de courts attirent autant

de spectateurs que notre sélection de longs métrages ».

Mais persuadé que le format peut séduire bien au-delà

du temps fort de janvier, Henzo Lefèvre entend faire

tourner la Boîte toute l’année. « Les premiers mois nous

permettront de tester et ajuster notre proposition, mais

nous visons 26 séances et 420 entrées mensuelles, au fil

de rendez-vous réguliers, dans un premier temps les

mercredi et samedi après-midi. » En outre un “café des

cinéphiles” dans lequel on pourra « prendre un verre,

discuter des films… prolongera l’engagement et l'expérience

du festival ».

Côté billetterie, les séances à l’année seront en accès libre

pour tous les adhérents de l’association. Quant à la

programmation, elle sera « réfléchie de manière trimestrielle »

et mensuellement établie par le comité de sélection du

festival, « et avec les mêmes méthodes de travail, entre gens

qui viennent du monde du cinéma et ceux qui viennent

d’autres horizons », souligne le délégué général. Et si des

programmations, de 1h à 1h30 par session, sont déjà

prévues avec différents partenaires, dont le Syndicat

français de la critique (dans cadre de ses 80 ans) et le

distributeur coopératif québécois Spira, la nouvelle salle

est ouverte « à quiconque souhaite nous proposer des courts

métrages en phase avec notre ligne éditoriale, à savoir des

film films qui s’adressent autant aux cinéphiles qu’aux

citoyens », résume Henzo Lefèvre.

En attendant, la prochaine édition du Festival international

du film politique de Carcassonne se déroulera du

15 au 19 janvier 2026, avec entre autres une journée de

“Rencontres économiques” dédiées à la santé de la Culture.

Depuis 2023, le rendez-vous a doublé sa fréquentation

pour atteindre près de 22 600 entrées en 2025. Et la

petite Boîte est elle aussi prête à grandir, puisque dès le

départ, elle a été conçue pour être entièrement démontable…

et remontable.

Ayşegül Algan

48 N°506 / 17 décembre 2025


Un nouveau cinéma ouvre à Lamotte-Beuvron

Après plusieurs mois de travaux, la commune du

Loire-et-Cher se dote d’un mono-écran moderne,

le N3, qui succède à l’ancienne salle Le Méliès.

©Ville de Lamotte-Beuvron

C’est un nouveau scénario qui s’écrit depuis le 3

décembre à Lamotte-Beuvron, commune de 4 500

habitants située entre Bourges et Orléans. Après de

nombreuses années de bons et loyaux services, Le

Méliès a éteint son projecteur, laissant l’activité cinéma

prendre ses quartiers dans la salle flambant neuve du

N3, baptisée ainsi en hommage à Napoléon III,

bienfaiteur de la ville.

Érigé, en plein centre, dans les locaux réhabilités de

l’ancienne cartonnerie de Sologne, le cinéma, exploité

en régie municipale, constitue le premier équipement

du futur pôle culturel situé face au bassin du canal.

Conçu par l’architecte Gilbert Autret, le bâtiment se

distingue par son ossature bois selon la méthode de

la “boîte dans la boîte”. Un an de travaux a été nécessaire

pour concrétiser ce projet, d’un montant inférieur

à 2 millions €, soutenu par le département du Loireet-Cher

(170 000 €) et le CNC (100 000 €).

Dotée de 170 fauteuils au revêtement fushia, la salle,

également accessible aux personnes à mobilité réduite,

est programmée par le circuit CVL, une entente de

programmation regroupant une douzaine de cinémas

en région Centre, que dirige Francis Fourneau, exploitant

du Ciné Sologne de Romorantin-Lanthenay. Ce

dernier a, fût un temps, été gérant locataire de l’ancien

Méliès de Lamotte-Beuvron avant que la ville ne

reprenne la gestion du site.

Le N3 vise le classement art et essai, mais propose

aussi des films commerciaux ainsi que des événements

ponctuels. Le Méliès avait enregistré quelque 10 000

entrées en moyenne ces dernières années : avec la

nouvelle salle, et le projet d’une deuxième en réflexion,

l’objectif est de renouer, à terme, avec les niveaux

pré-Covid – 15 000 spectateurs avaient été accueillis

en 2019.

Tanguy Colon

L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET

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N°506 / 17 décembre 2025

49


Miscellanées

Le CNC dresse le bilan

d’une parité contrastée

en 2024

Dans son observatoire de l’égalité femmes-hommes publié

fin novembre, le Centre annonce 103 797 salariées dans

le cinéma et l’audiovisuel l’année dernière. Il s’agit d’une

baisse de 4,6 % par rapport à 2023, relative au recul

global de 5 % des emplois de la filière : la part de femmes

employées reste quant à elle stable, autour des 44 %. La

hausse est particulièrement remarquée depuis 2019, où

l’on dénombrait 8,6 % de salariées en moins. La dynamique

ralentit toutefois sur le premier semestre de 2025,

où la part de femmes dans la filière plafonne à 44,1 %

entre janvier et juillet.

En revanche, seuls 24,2 % de films en 2024 ont été

réalisés par une ou plusieurs femmes, un pourcentage au

plus bas depuis 2019. De même, la part des premiers

films réalisés par des femmes est de 30 %, soit le plus bas

niveau depuis 2018 (excepté 2020). Une absence derrière

la caméra qui se traduit également devant : les actrices

continuent d’être minoritaires par rapport aux hommes,

particulièrement à partir de 50 ans. À cela s'ajoutent des

écarts salariaux toujours importants dans les professions

les plus rémunératrices (actorat, réalisation, image,

production).

Ainsi, en introduction de la présentation de l’observatoire,

le président du CNC Gaëtan Bruel a annoncé la création

d’un malus parité qui sera effectif à partir du 1 er janvier

2027. « Le bonus parité créé en 2019 a fait bouger les lignes,

mais aujourd’hui les chiffres stagnent et montrent bien que

©Pathé Films

Partir un jour d’Amélie Bonnin

ce dispositif a atteint un plafond, à un niveau qui n’est pas

satisfaisant. [...] La parité n’a pas de prix, mais son absence

aura désormais un coût. »

J.D.

Soutiens

Afcae

Inédits

Soulèvements de Thomas Lacoste

(Jour2Fête, 11 février)

Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris

(UFO Distribution, 18 février)

Le Mystérieux Regard du flamant rose

de Diego Céspedes (Arizona Distribution, 18 février)

Jeune Public

Les Toutes Petites Créatures, collectif

(Cinéma Public Films, 4 février)

Stand By Me de Rob Reiner (ressortie)

(Splendor Films, 11 février)

James et la Pêche géante de Henry Selick

(ressortie) (Tamasa Distribution, 25 février)

Fantastique de Marjolijn Prins

(Les Films du Préau, 4 mars)

Planètes de Momoko Seto (Gebeka Films, 11 mars)

Répertoire

Le rendez-vous des quais de Paul Carpita

(Doriane Films, 14 janvier)

Adoption de Márta Mészáros

(Nightshift Films, 4 février)

Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner

Herzog (Potemkine, 25 février)

Wives d’Anja Breien (Malavida)

Coup de coeur 15-25

Love On Trial de Koji Fukada (Art House, 18 février)

ADRC

Séances accompagnées

Laguna de Sharunas Bartas (Shellac, 14 janvier)

Olivia d’Irene Iborra Rizo (KMBO, 21 janvier)

Le Retour du projectionniste d’Orkhan

Aghazadeh (Survivance, 21 janvier)

Amour apocalypse d’Anne Émond

(L’Atelier distribution, 21 janvier)

Baise-en-ville de Martin Jauvat (Le Pacte, 28 janvier)

La Vie après Siham de Namir Abdel Messeeh

(Météore Films, 28 janvier)

GNCR

Soutiens

Bait de Mark Jenkin (ED Distribution, 25 février)

Wim Wenders à la tête

du jury de la Berlinale

Le cinéaste berlinois multi-récompensé – Lion d’or pour

L’État des choses en 1982 et Palme d’or pour Paris, Texas

en 1984 – succède à Todd Haynes et présidera le jury de

la 76 e Berlinale. La directrice du festival, Tricia Tuttle,

déclare que « Wim Wenders est l’une des voix les plus

influentes dans le cinéma international. Pendant six décennies,

ses films nous ont émus et ravis par leur humanité et

leur sens de l’émerveillement. Son insatiable curiosité et sa

profonde maîtrise du langage cinématographique transparaissent

dans chacune de ses œuvres, qu'il s'agisse d'explorer

le talent d'autres artistes ou d'éclairer notre propre quête de

sens et de connexion ».

AGENDA DE LA PROFESSION6

©Gerhard KassnerIG: @gerhardkassner

Nouvelle DG au SDI

Magalie Armand succèdera

à Emmanuelle Döry en tant

que déléguée générale du

Syndicat des distributeurs

indépendants à partir du 5

janvier prochain. La nouvelle

représentante est forte de

plus de 20 ans d’expérience

dans le secteur cinématographique,

en France comme à l’international.

Magalie Armand a notamment été, durant plus de

dix ans, cheffe du département coproduction, coopération

et cinémas du monde au CNC, où elle a piloté

plusieurs dispositifs majeurs (Aide aux Cinémas du

Monde, Fonds bilatéraux France–Allemagne, Tunisie,

Italie, Grèce, Portugal), représenté la France auprès

d’Eurimages, coordonné ateliers et événements professionnels,

soutenu des festivals internationaux et négocié

des accords de coproduction intergouvernementaux.

Elle a également travaillé pour Unifrance, sur les études

de marché et l’accompagnement des distributeurs

ainsi que pour différents festivals et structures internationales.

Parallèlement à ses nouvelles fonctions au SDI, Magalie

Armand poursuivra ses activités en freelance auprès des

professionnels de l’industrie, institutions et festivals.

SOMMET DES ARCS 16 au 20/12/25 LES ARCS

CONVENTION METROPOLITAN FILMEXPORT 13/01/26 PARIS

RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS

JOURNÉES PROFESSIONNELLES VIVA CINÉMA 20 au 27/01/26 VALENCE

FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE

25 ES RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP

RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS

RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES

FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE

12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD

50 N°506 / 17 décembre 2025



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