Boxoffice Pro n°507 – 7 janvier 2026
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Bimensuel N°507 / 7 janvier 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
CURIOSA FILMS et LOVe IS IN tHe AIR pRéSeNteNt
eN ASSOCIAtION AVeC ApOLLO FILMS DIStRIBUtION
CRÉATION - PHOTOS : CAROLE BETHUEL
UN SCÉNARIO DE LISA AZUELOS FRÉDÉRIC DA ET THAÏS ALESSANDRIN
AVEC VICTOR BELMONDO SYLVIE TESTUD ISALINE PRÉVOST RADEFF NATHAN JAPY THÉO DELINCAK THÉO AUGIER OSCAR AL HAFIANE GASPARD MEIER MUSIQUE ORIGINALE BONJOUR MEOW IMAGE GILLES PORTE MONTAGE BAPTISTE DRUOT SON BENOÎT GUERINEAU NICOLAS BOUVET-LEVRARD MARCO DOISNE DÉCORS SÉBASTIEN INIZAN COSTUMES JÜRGEN DOERING CASTING EMMANUELLE PREVOST 1 RE ASSISTANTE RÉALISATRICE CRISTINA FREITAS
DIRECTRICE DE PRODUCTION KARINE PETITE PRODUCTEURS EXÉCUTIFS CYRILLE BRAGNIER CHRISTINE DE JEKEL PRODUCTEUR ASSOCIÉ ÉMILIEN BIGNON PRODUIT PAR OLIVIER DELBOSC LISA AZUELOS ET ILAN ALESSANDRIN UNE COPRODUCTION CURIOSA FILMS LOVE IS IN THE AIR FRANCE 2 CINÉMA M6 FILMS APOLLO FILMS DISTRIBUTION UMEDIA AVEC LA PARTICIPATION DE DISNEY+ NETFLIX FRANCE TÉLÉVISIONS M6
AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DE BELGIQUE ET DES INVESTISSEURS TAX SHELTER EN ASSOCIATION AVEC UFUND DISTRIBUTION APOLLO FILMS VENTES INTERNATIONALES GINGER & FED
© 2026 CURIOSA FILMS – LOVE IS IN THE AIR – APOLLO FILMS DISTRIBUTION – FRANCE 2 CINÉMA – M6 FILMS
AU CINÉMA LE 11 FÉVRIER
Bimensuel N°507 / 7 janvier 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
2025
À LA POURSUITE
DE LA FLAMME
L'édito
Sommaire
L’année médusée
L’année vient de se clôturer et s’il est trop tôt pour
savoir si le millésime 2025 donnera de grands crus, on
peut d’ores et déjà affirmer que, côté cinéma, ce ne
sera pas une année mémorable. Si l’on considère les
seuls chiffres de la fréquentation – 157 millions d’entrées,
sa tendance par rapport à 2024, et le peu de films
français dans les sommets (voir en page 8), le bilan est
à l’évidence peu réjouissant. S’il souligne tout autant
la performance de 2024, assez unique dans le paysage
international par la grâce de quelques gros succès
tricolores, que la faiblesse des mois écoulés, il pointe
aussi l’offre. Décriée, elle a pourtant été au rendez-vous
en termes de volume, en égalant voire en établissant
un record historique du nombre de films sortis en
première exclusivité, mais a paradoxalement manqué
de champions, notamment américains. Alors 2025,
une année à oublier ? Non, au contraire. Car elle aura
pointé du doigt la fragilité de notre modèle – au-delà
des attaques politiques toujours plus nombreuses – et
la nécessité de savoir pallier la faiblesse de l’offre. De
toute évidence, lorsque l’offre faiblit, le réflexe cinéma
ne se montre plus aussi résilient qu’il a pu l’être. Il doit
donc être sinon rétabli du moins renforcé, ainsi que le
lien entre salles et public : marketing, utilisation de la
data, programmation…tout devra être mis en œuvre
pour y parvenir. Les salles n’en seront que plus fortes
une fois les fameuses locomotives revenues sur les rails.
Enfin, l’ensemble de l’équipe se joint à moi pour vous
présenter ses meilleurs vœux pour l’année 2026 et
vous souhaiter une année pleine de succès et de
réalisations.
est une publication de
Laurent Cotillon
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
P. 6-7
ACTUS
Cine Group et Cineville BV lancent
Cinessentiel
Échos du déjeuner Unic / Cine Group
Le programme
des Rencontres de Bretagne
P. 8 à 23
BILAN 2025
La rétrospective de l’année :
À la poursuite de la flamme
Le top 10 des films
Un box-office mondial à la hausse
2025 en chiffres
Focus sur le mois de décembre
Entretien avec Guillaume Bachy,
président de l’AFCAE
Le top 10 des films art et essai
La classement des cinémas
Rencontre avec Chloé Delaporte,
sociologue
P. 26
FINANCEMENT
Retour sur l’Émission avec BNP Paribas
P. 28 à 30
ÉVÉNEMENT
Le Sommet des Arcs, au pic du progrès
P. 32-33
DISTRIBUTION
La stratégie française de Piece of Magic
Entertainment
Arizona à La Reconquista
P. 34 à 49
EXPLOITATION
Pathé ouvre un cinéma au Maroc
Les cinémas de Lourdes et de Bagnolssur-Cèze
changent de mains
L’avenir s’éclaircit pour Le César de
Marseille
Focus sur le Ciné Sologne de
Controis-en-Sologne
P. 38
MISCELLANÉES
Soutiens, carnet, CDACi et agenda de la
profession…
Directeur de la publication
Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr
Directeur général délégué média & stratégie
Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr
Rédacteurs
Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,
Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,
Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr
Collaboration au magazine
Tanguy Colon
Base de données Films
guillaume.martin@webedia-group.com
Publicité / Base de données distributeurs
Pauline Luigi / pauline.luigi@webedia-group.com
Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com
Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com
Réalisation CINE GROUP
Maquette / Infographie
Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr
Impression
ORMONT IMPRIMEUR
4 Rue Antoine de Saint-Exupéry
88100 Saint-Dié-des-Vosges
La Rédaction
Crédit page 3 : De gauche à droite : © Sony / Les Acacias
/ Disney / Pathé / Gaumont / Pyramide / Warner
JULIEN MARCEL
Directeur de la
publication
LAURENT COTILLON
Directeur général délégué
média & stratégie
AYSEGÜL ALGAN
Journaliste
CÉCILE VARGOZ
Journaliste
JULES DREYFUS
Journaliste
PHILIPPE COSQUERIC
Maquette
@BoxofficeFrance
@Boxoffice_fr
@boxofficefr
Boxoffice Pro France
4 N°507 / 7 janvier 2026
CJ ENM CO., LTD. PRÉSENTE UNE PRODUCTION MOHO FILM EN ASSOCIATION AVEC KG PRODUCTIONS
Sélection Officielle
AUCUN AUTRE CHOIX
UN FILM DE
PARK CHAN-WOOK
©CARACTÈRES - CRÉDITS NON CONTRACTUELS
LEE BYUNG HUN SON YEJIN PARK HEE SOON LEE SUNG MIN YEOM HYE RAN CHA SEUNG WON
AU CINÉMA LE 11 FÉVRIER
Actualités
CINESSENTIEL : Une offre d’abonnements illimités pour
les cinémas indépendants français
Cine Group et la société néerlandaise Cineville BV ont annoncé, le 18 décembre
dernier, leur partenariat visant à développer des offres d’abonnement
illimité dédiées aux salles de cinéma indépendantes en France.
©Cineville
Cine Group, leader français dans les services de billetterie, marketing digital et information
professionnelle pour les cinémas, et Cineville BV ont donc noué un accord de
coopération exclusif pour la mise en place d’un projet d’offres d’abonnements illimités
conçu pour – et avec – les cinémas indépendants français, nommé Cinessentiel.
Un modèle européen performant…
Présent dans cinq pays européens, Cineville BV – à ne pas confondre avec le circuit de
salles françaises Cinéville – opère depuis plus de seize ans un programme d’abonnement
illimité reconnu pour son impact sur la fréquentation et le renouvellement des publics.
Lancé aux Pays-Bas en 2009 par un groupe d’étudiants, il fédère aujourd'hui 77 cinémas
néérlandais dans 39 villes autour de son abonnement mensuel illimité. De quoi devenir
un acteur majeur du marché local, avec 104 000 abonnés qui, sur les 12 derniers mois,
ont généré 2,5 millions d’entrées – soit 8,6 % de la fréquentation nationale de 2024.
Ces dernières années, le modèle s’est exporté avec succès en Europe – Belgique (voir p.
26), Allemagne, Autriche et Suède –, pour regrouper un total de 222 cinémas partenaires
et 141 000 abonnés (chiffre de novembre 2025), qui ont généré 3,3 millions d'entrées
sur les 12 derniers mois.
… bientôt au service d’un projet français
En coopération avec Cine Group, le modèle Cineville s’adapte donc désormais au
marché français et ses spécificités. « La France est le cœur battant du cinéma indépendant
européen, déclare Samir Azrioual, CEO de Cineville BV, et avec Cine Group comme
partenaire de confiance [à nos] côtés, nous voyons une formidable opportunité de construire
de manière collective un modèle qui soutient les cinémas français, célèbre la diversité et peut
s’appuyer sur la passion des jeunes cinéphiles. »
De gauche à droite : Julien Marcel (président de Cine Group), Samir Azrioual (CEO de Cineville BV)
et Marilyn Iacovissi (directrice générale de Cine Group)
Grâce à leur accord exclusif, Cine Group et Cineville BV analyseront le marché, les
conditions techniques et les besoins des exploitants afin de construire Cinessentiel,
« main dans la main avec les salles indépendantes ».
« Le succès du modèle Cineville dans plusieurs pays européens, particulièrement auprès d’un
public jeune, ouvre de formidables perspectives pour Cinessentiel, commente Julien Marcel,
président de Cine Group. À un moment où l’innovation dans le secteur est plus nécessaire
que jamais, Cinessentiel peut devenir un levier majeur pour renforcer l’attractivité des cinémas
indépendants français grâce à des offres qui favorisent la curiosité du public et une plus
diversité toujours plus grande dans l’offre de films. »
CINE GROUP donne son premier Champs-Élysées Luncheon
Le 19 décembre dernier, à l’issue de l’assemblée générale de l’Union internationale des
cinémas (UNIC) qui se tenait à Paris, Cine Group a organisé son tout premier
“Champs-Elysées Luncheon”, sur la Terrasse des Champs-Elysées de la fameuse avenue
parisienne, auquel ont été conviés les membres de l’association européenne. Des représentants
de fédérations et de grands réseaux d’exploitation (Pathé, Cineplex Deutschland,
UGC, Cineplexx, Cinéville…), issus d’une dizaine de pays – Danemark, France,
Espagne, Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Belgique, Royaume-Uni, entre autres
– ont participé à cette première édition, soutenue par Barco, Cinemanext, Cineville
BV, Comscore, KLS VIP et Vertigo Research. En tout, près de 40 invités ont pu écouter
Gaëtan Bruel introduire ce moment d’échange.
Gaëtan Bruel, président du CNC, lors de l'ouverture du déjeuner Cine Group
Le président du CNC a ainsi évoqué en préambule que malgré le contexte global de
notre secteur – la fréquentation mondiale en baisse de 40 % depuis la pandémie, la
concentration croissante au sein du secteur, l’évolution du modèle économique d’un
certain nombre d’acteurs américains ou encore la pression, aussi bien externe qu’interne,
©Laurent Cotillon pour Boxoffice Pro
sur le cadre réglementaire –, « la France se battra pour le cinéma, pour les cinémas ».
Avant de poursuivre : « Nous devons soutenir la fréquentation de nos salles. L’offre de
films est bien sûr vitale, et pour cette raison, nous devons absolument maintenir notre
soutien aux créateurs et aux producteurs. Mais celui aux salles est décisif, à travers les
nombreux outils dont nous disposons, et notamment dans le soutien politique. Nous
devons construire un consensus national mais aussi local autour de nos cinémas. D’autre
part, au-delà du support financier indispensable, un vrai système de fenêtrage est clé,
pour garantir à l’exploitation une exclusivité. Ted Sarandos s’interrogeait : “Et si l’on
imaginait un système de fenêtres plus favorable aux consommateurs ?”. Pour notre
part, nous préférons répondre : “Et si l’on imaginait un système de fenêtres plus
favorable aux salles de cinéma ?” » Le président du Centre a ensuite évoqué la
nécessité « de rétablir une véritable culture de l’échange autour des films », notamment
dans les médias, et celle de l’éducation à l’image, avec pour objectif de « doubler le
nombre d’étudiants que nous invitons dans les salles afin de développer un véritable
goût pour le cinéma ».
Avant de conclure, en rappelant la stratégie française de renforcement des accords
bilatéraux, sur un appel à l’unité et à l’importance de porter une parole unique
afin de « délivrer les bons messages, notamment à Bruxelles », mais plus largement « à
l’échelle internationale ». Également présent, Jean-Marie Tritant, président du
directoire de la multinationale française spécialisée dans l’immobilier commercial
Unibail-Rodamco-Westfield, a lui aussi pris la parole pour rappeler le besoin du
public de « participer à une expérience. Nous ne sommes absolument pas inquiets de
l’évolution du commerce et du divertissement. Nous sommes convaincus que les gens
ont envie de vivre des moments qu’ils peuvent partager ensemble. Et c’est là que, selon
moi, le cinéma a un rôle à jouer ». Rappelant l’ouverture de deux Netflix House aux
États-Unis, le dirigeant a affiché sa confiance dans les lieux de divertissement : « Ils
vont à la rencontre des clients physiquement. Toutes les marques que nous connaissons
et qui ont commencé en ligne, passent toutes au physique. »
Laurent Cotillon
6 N°507 / 7 janvier 2026
Les Rencontres de Bretagne 2026
déroulent leur programme
Du renfort
chez Les Alchimistes
Cette 25 e édition, toujours organisée par l’association de
cinémas bretons La Règle du Jeu, aura lieu au cinéma
les Korrigans de Guingamp, du 27 au 31 janvier. Comme
chaque année, une vingtaine de films seront proposés en
avant-première, en présence de leurs distributeurs et pour
la moitié d’entre eux de leurs réalisateurs et équipes
artistiques. La programmation n’est pas encore définitive
mais les films sont annoncés… et les inscriptions (réservées
aux exploitants et partenaires) sont ouvertes jusqu’au
21 janvier sur le site de La Règle du Jeu.
MARDI 27 JANVIER
Mon grand frère et moi de Ryôta Nakano (Art House, sortie
le 29/04/26)
Les Enfants de la Résistance de Christophe Barratier,
en présence de l’équipe (Studiocanal, 11/02/26)
La Maison des femmes de Mélisa Godet, en présence
de l’équipe (Pathé, 04/12/26)
MERCREDI 28 JANVIER
Father de Tereza Nvotová (Epicentre, 13/05/26)
Un Voyage en brouette de Arthur D'haeyer, en présence
de l’équipe (production Aakenen)
L’Île de la demoiselle de Micha Wald, en présence de
l’équipe (The Jokers, 25/03/26)
La Guerre des prix de Anthony Dechaux, en présence
de l’équipe (Diaphana, 18/03/26)
I Swear de Kirk Jones (Tandem, 08/04/26)
JEUDI 29 JANVIER
Omaha de Cole Webley (Condor, 29/04/26)
Ceux qui comptent de Jean-Baptiste Leonetti, en présence
de l’équipe (UGC, 15/04/26)
Cocotte de György Pálfi (Paname, 22/04/26)
Mauvaise Pioche de Gérard Jugnot, en présence de
l’équipe (Pan, 01/04/26)
The New West de Kate Beecroft (Pyramide, 29/04/26)
VENDREDI 30 JANVIER
Les Contes du pommier de Patrik Pass Jr., Jean-Claude
Rozec et David Sukup (Gebeka, 08/04/26)
Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M.
Unkovski (KMBO, 03/06/26)
Rue Málaga de Maryam Touzani (Ad Vitam, 25/02/26)
De la Comédie-Française de Bertrand Usclat et Martin
Darondeau, en présence de l’équipe (Zinc., à dater)
C’est quoi l’amour ? de Fabien Gorgeart, en présence
de l’équipe (Zinc., 25/03/26)
SAMEDI 31 JANVIER
Il Maestro de Andrea Di Stefano (Universal, 11/03/26)
Rural de Édouard Bergeon, en présence de l’équipe
(Jour2Fête, 04/03/26)
©DR
Le distributeur indépendant annonce l’arrivée de
Charlotte Pouillot en tant qu’assistante de distribution.
Cette dernière avait intégré le Master 2 Métiers de la diffusion
du cinéma et de l’audiovisuel à l’Université Paul Valéry
de Montpellier. À cette occasion, elle a réalisé son alternance
en tant que journaliste à Boxoffice Pro jusqu’en
septembre 2025. En parallèle, elle a participé à plusieurs
expériences bénévoles en programmation ou organisation
d’événements. Chez Les Alchimistes, aux côtés de Violaine
Harchin, Romane Segui et Charlotte Quéré, Charlotte
Pouillot participera aux sorties prochaines de Forêt rouge de
Laurie Lassalle (14 janvier), ou encore La lumière ne meurt
jamais de Lauri-Matti Parppei (4 février).
Du changement
à la direction du
Nouvel Odéon à Paris
Marsupilami fait Coucou Nous Voilou !
Pathé Films réitère son soutien à l'association
caritative à l'occasion de la campagne nationale
d'avant-premières de la nouvelle comédie de (et
avec) Philippe Lacheau.
Sur les avant-premières du dimanche 25 janvier, le distributeur
s’engage à reverser 25 centimes par entrée à
l'association qui oeuvre à améliorer le quotidien et le
bien-être des enfants et adolescents hospitalisés, et appelle
tous les exploitants à en faire de même. C’est ainsi un
total de 50 centimes qui pourront être collectés pour
chaque ticket d’avant-première, afin de financer la fabrication
de boîtiers cache-poche de chimio ou de perfusion
AbracadaBox, mais également de nombreux autres projets
destinés à améliorer le quotidien des jeunes malades et
hospitalisés (fresques murales, animations, voyages,
équipements…). « L'association subit toujours une forte
baisse des dons et ce soutien est primordial pour les enfants
et adolescents qu'elle accompagne depuis plus de 10 ans »,
souligne Marc Salem, fondateur et délégué général de
Coucou Nous Voilou.
En janvier 2023, puis en février 2025, Pathé Films avait
déjà proposé des avant-premières caritatives en faveur de
l'association lors des avant-premières de Astérix et Obélix :
L'Empire du Milieu, puis de God Save the Tuche. Pour
rappel, ces dons sont déductibles d'impôt à hauteur de
60 %. Pour rappel, Marsupilami sort le 4 février.
Plus d’informations :
Un nouveau chapitre s’ouvre pour le Nouvel Odéon en ce
début d’année 2026. Directeur de la salle parisienne depuis
mai 2022, Arnaud Boileau est remplacé par Élise Laurent,
qui travaillait depuis l’été 2024 comme responsable animation
et accueil au sein du mono écran. Elle avait auparavant
occupé pendant trois ans la fonction de responsable
communication et événementiel au cinéma Les 7
Batignolles, dans le 17 e arrondissement.
Créée au milieu des années 1960 sous le nom de Racine
Odéon, le Nouvel Odéon avait été racheté et rebaptisé en
2009 par la société Haut et Court, qui a entrepris plusieurs
travaux de modernisation. L’établissement, membre du
réseau des Cinémas indépendants parisiens, abrite
aujourd’hui 120 places et un espace bar, autour d’une
programmation éclectique et riche en ciné-clubs.
N°507 / 7 janvier 2026
7
©The Walt Disney Company France2 025
BILAN
2025
Zootopie 2
À LA POURSUITE DE LA FLAMME
Alors que 2024 affichait une
progression par rapport à l’année
précédente, 2025, malgré ses deux
dernières semaines explosives,
est bien plus terne au regard de
ses douze mois. Un résultat qui
interroge l’avenir : était-ce un exercice
exceptionnellement bas, ou est-ce le
nouveau normal ?
2025 est (enfin) finie, et totalise près de 157 millions
d’entrées (156,79 M), d’après les estimations du CNC,
grâce à un excellent mois de décembre à 20,7 millions
de spectateurs, le meilleur résultat post-Covid [voir p.
15]. Il s’agit en revanche d’un recul de 25 millions de
billets par rapport à 2024 [voir fig. 1]. Un tel écart entre
deux années successives ne s’était pas produit depuis
1987 – hors période Covid –, où 136 millions d’entrées
avaient été enregistrées, soit 31,2 millions de moins que
1986. La chute de la fréquentation s'était accentuée
jusqu'en 1992, avec 116 millions de spectateurs ; toutefois,
le contexte d'aujourd'hui est bien différent. Pour Gaëtan
Bruel, président du CNC, « ce résultat ne doit pas occulter
la pertinence de notre modèle sur le long terme : un réseau
de salles d’une densité incomparable qui permet à une grande
diversité de films de toucher tous les publics, et une part de
marché des films nationaux qui fait de la France une exception
en Europe et dans le monde ».
Un manque constant de dynamisme
L’année a commencé timidement, en se reposant surtout
sur les continuations de décembre 2024, à l’exception
de Un ours dans le Jura – et notons à une plus petite
échelle le joli succès de Personne n’y comprend rien. 13,8
millions d’entrées sont ainsi enregistrées en janvier, un
résultat bien loin des 17,7 millions de moyenne réalisés
avant Covid [voir fig. 2]. Mais le grand écart se crée en
février : habitué à 23,1 millions de tickets entre 2017 et
2019, voire 26 millions en 2016, le deuxième mois de
l’année ne draine plus autant de spectateurs. Et si l’offre
cette année semblait attractive sur le papier, les entrées
n’ont finalement pas atteint les hauteurs espérées : God
Save The Tuche, Paddington au Pérou, Captain America :
Brave New World ou encore Un parfait inconnu dominent
la fréquentation, mais pas suffisamment pour la porter
au-dessus des 14,3 millions d’entrées. Ceci confirmant
que février est, depuis 2022, le mois qui accuse le plus
fort recul par rapport à l’avant Covid, avec une baisse
moyenne de 34,7 %. « Ces vacances d’hiver sont la première
alerte de l’année, alors que les premières semaines suivaient
un rythme similaire à 2024 », rappelle Éric Marti, directeur
général de Comscore France.
Ces 14,3 millions d’entrées sont le plus haut score mensuel
que les cinémas connaîtront avant… décembre. En effet,
à partir de mars, la fréquentation fluctue autour des 12
millions de spectateurs, revenant à 14,3 millions en juillet
mais chutant à 9,57 millions en septembre. Ainsi, l’écart
type* entre janvier et novembre s’élève à 1,71 million,
soit la plus faible valeur depuis 1992. Un résultat qui
traduit un manque de dynamisme du box-office malgré
les vacances scolaires, et l’absence de film porteur, comme
8 N°507 / 7 janvier 2026
Fig. 1 - Variation de 2025 par rapport aux précédentes années | Source CNC
ANNÉE ENTRÉES VARIATION
2024 181,54 -13,65 %
2023 180,39 -13,10 %
2022 152,02 3,12%
2019 213,19 -26,47 %
2018 201,18 -22,08 %
2017 209,35 -25,12 %
2016 213,14 -26,45 %
2015 205,34 -23,66 %
CE RÉSULTAT NE DOIT PAS
OCCULTER LA PERTINENCE
DE NOTRE MODÈLE SUR LE
LONG TERME
Gaëtan Bruel,
président du CNC
l’avait été Un p’tit truc en plus en 2024. Éric Marti note
toutefois un écart type important entre les semaines,
signe d’un autre « paradoxe » de 2025, année en dents de
scie. La traversée du désert retrouve quelques éclaircies
à partir de la sortie simultanée de Lilo & Stitch et Mission :
Impossible - The Final Reckoning en mai, qui se prolonge
jusqu’à la Fête du Cinéma. Une bonne dynamique sur
deux mois observée depuis 2022, et qui contraste avec
celle pré-Covid. Néanmoins, l’été qui suit est aride, et
totalise 24,2 millions de billets entre juillet et août : le
plus bas résultat depuis 2003. Mais Éric Marti se veut
rassurant : « Le marché a été bas, mais ne s’est jamais effondré. »
Puis vient septembre où, après une première semaine
historiquement basse, plusieurs titres grand public (Conjuring
: L’Heure du jugement, Demon Slayer : Kimetsu No
Yaiba - La Forteresse infinie film 1), art et essai (Sirāt,
Muganga - Celui qui soigne), voire les deux en même
temps (Une bataille après l’autre), laissent espérer un début
de dynamique.
L’espoir ne durera pas longtemps, les vacances de la
Toussaint atterrissant loin des résultats des deux
* L’écart type indique la dispersion des valeurs par rapport à leur moyenne au sein d’une
liste. Plus il est élevé, plus il traduit une hétérogénéité des valeurs les unes par rapport
aux autres. À l’inverse, plus il est bas, plus elles s’approchent les unes des autres.
précédentes années. Et alors qu’octobre attirait au moins
14 millions de spectateurs depuis 2021 (18,8 millions
en 2017-2019), il n’en dénombre que 12,8 millions cette
année. Finalement, les cinq dernières semaines de 2025
ont été les plus continuellement solides, avec bien évidemment
Zootopie 2 et Avatar : De feu et de cendres, mais aussi
La Femme de ménage, Le Chant des forêts ou encore L’Agent
secret. Précisément, les deux dernières semaines ont dépassé
les six millions d’entrées, une performance jamais atteinte
depuis… décembre 2018. Une preuve, pour Éric Marti,
que « les Français ont toujours un appétit pour le cinéma ».
Un retard dans le peloton de tête
La grande absence de cette année, pointée du doigt au
fil des mois, est celle des locomotives de la fréquentation :
les films attendus pour dominer n’ont pas grimpé aux
hauteurs espérées. Sur ces 52 semaines, le leader hebdomadaire
a enregistré ses moins bons résultats post-Covid,
avec en moyenne 638 000 tickets écoulés pour 35 entrées
par séance (e/s), contre 733 000 entrées et 38 e/s pour
le leader de 2022, 753 000 entrées et 44 e/s pour 2023
et 822 000 entrées et 48 e/s pour 2024. À noter que le
film le plus vu chaque semaine n’est pas toujours le plus
programmé – on note une différence à 19 reprises cette
année –, ce dernier affichant également des résultats
inférieurs aux précédentes années : en 2025, il a attiré en
moyenne 600 000 spectateurs, quand ces niveaux grimpaient
à 697 000 spectateurs en 2024, 714 000 spectateurs
en 2023 et 711 000 spectateurs en 2022. Ce manque à
gagner de la fréquentation se répercute en fin d’exercice,
où le top 10 annuel cumule 36,6 millions d’entrées [voir
fig. 3], soit son plus bas niveau depuis 1992 – hors Covid.
Il s’agit également d’un recul de près de 22 millions
d’entrées par rapport à 2024 – peu ou prou l’écart général
entre les deux années –, où plusieurs films comme Un
p’tit truc en plus, Le Comte de Monte-Cristo et L’Amour
ouf ont exceptionnellement sur-performé.
Également, il apparaît que les top 20 hebdomadaires de
2025 totalisent 124 millions d’entrées, soit un résultat
inférieur à 2023 et 2024 (147,6 millions tous deux) et
proche de 2022 (123,6 millions). Le premier quartile**
de ce classement hebdomadaire a engrangé en moyenne
38 600 entrées, devançant de quelques centaines, voire
quelques milliers, de tickets les précédentes années [voir
fig. 4]. La médiane grimpe quant à elle jusqu’à 66 700
entrées, légèrement inférieure à 2023 et 2024 mais bien
supérieure à 2022, tandis que le troisième quartile enregistre
125 400 billets, un résultat en revanche inférieur
aux précédents millésimes. C’est donc bien par une panne
de plusieurs moteurs que 2025 a accumulé un retard par
rapport à 2024 et 2023 : « Un marché fort est un marché
Fig. 2 - Fréquentation mensuelle (en millions d’entrées) | Source CNC
2025 2024 2023 2022 Moyenne 2017-2019
23,1
22,4
20,7
19,7
15,8
15,2
13,3
12,7
18,6
18,5
13,8
11,9
11,8
15,7
14,2 14,1
13,8
11,4
11,2 11,4
11,2 11,1
10,2
18,3
17,9
16,7 15,7
14,3 15,4
14,1
13,8
11,1
10,5 10,1
10 9,6
9
7,6
18,8 18,8
17,8
15,3 15,2
14,4 14,5
14 14,1
12,8
20,5
18,2
17,3
N°507 / 7 janvier 2026
9
2025, la rétro
Fig. 3
2025
Si ce tableau indique les entrées arrêtées au 30 décembre, le podium a évolué lors de l’ultime
jour de 2025. D’après nos estimations, Avatar : De feu et de cendres cumulait 5 248 000
entrées au 31 décembre, délogeant Lilo & Stitch et ses 5 204 000 tickets de la deuxième place.
RANG
FILM DISTRI. ENTRÉES
1 ZOOTOPIE 2 DISNEY 6 547 287
2 LILO & STITCH DISNEY 5 162 390
3 AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES DISNEY 5 056 722
4 F1 - LE FILM WARNER 3 371 524
5 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 3 021 177
6 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 3 007 866
7 MINECRAFT, LE FILM WARNER 2 712 147
8 MUFASA : LE ROI LION (SORTI EN 2024) DISNEY 2 647 541
9 DRAGONS UNIVERSAL 2 580 896
10 MISSION: IMPOSSIBLE - THE FINAL RECKONING PARAMOUNT 2 498 716
Source : CBO, Distributeurs. Chiffres arrêtés au 30 décembre
UN MARCHÉ FORT EST
UN MARCHÉ CONCENTRÉ
AUTOUR DE TITRES
DONT TOUT LE
MONDE PARLE
Éric Marti,
directeur général de
Comscore France
concentré autour de titres dont tout le monde parle, comme
nous l’avons vu lors des deux dernières semaines de décembre
où le top 5 réalise 80 % des entrées, avance Éric Marti.
Quand aucun film ne domine réellement, le cinéma n’est
pas un sujet et il attire peu. » Le directeur général de
Comscore France soulignant que, dans ces cas de forte
affluence, « les titres majeurs n’écrasent pas le reste du marché,
mais le tirent vers le haut ».
Le recul vient également du line-up français, qui a occupé
une part de marché de 37,7 % sur l’année [voir fig. 5],
le moins bon résultat post-Covid (41,9 % de moyenne
entre 2022 et 2024), cependant toujours supérieur à
d’autres marchés étrangers. Le cinéma tricolore retrouve
ses niveaux d’avant-crise, où il s’établissait à 37,2 % des
entrées, mais au sein d’une fréquentation dominée par
une production américaine en vogue, à 49 % de part de
marché. En 2025, les films étasuniens ont aussi été à la
peine, et malgré un mois de décembre sur les chapeaux
de roue, ils ne portent les entrées du millésime qu’à
35,8 % – à noter que le CNC considère Lilo & Stitch,
F1, Jurassic World et Dragons comme des titres britanniques,
et Minecraft comme un titre néo-zélandais. « Nous
pouvons regretter que les poids lourds hollywoodiens se soient
davantage adressés au public américain plutôt que français,
comme Captain America, Superman ou encore Wicked »,
avance Éric Marti.
Des satisfactions ponctuelles
Néanmoins, cette année a aussi été le terrain de performances
notables permettant d’en tirer un bilan moins
sombre. Les dernières semaines depuis la sortie de Zootopie
2 en sont un bon exemple, avant le feu d’artifice avec
Avatar et La Femme de ménage. Plus tôt dans l’année,
certains titres attendus n’ont pas déçu, à l’instar de F1
avec ses 3,3 millions de spectateurs et, plus largement,
de Warner Bros. qui a connu un exercice faste. C’est
notamment sous la bannière du studio que sont sortis
deux des plus grands succès de septembre, Conjuring :
L’Heure du jugement et Une bataille après l’autre. L’autre
réussite de ce mois était Demon Slayer, dont la sortie sur
visa classique a confirmé la mobilisation massive du
public de japanimation, en témoignent également Chainsaw
Man ou encore Jujutsu Kaisen : Execution, tous distribués
par Sony. Côté français grand public, si 2025 n’a pas été
aussi paradisiaque que 2024, elle aura tout de même
fourni deux jolies surprises signées Gaumont : Un ours
dans le Jura et Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan.
Parmi les indépendants, quelques pertes sont à déplorer
(dernièrement Capricci et La Vingt-Cinquième Heure),
et la situation financière d’autres distributeurs inquiète.
De nombreux succès ont toutefois vu le jour, comme le
souligne Chloé Delaporte [voir p. 22], dont le plus
impressionnant est Sacré Cœur, chez Saje Distribution,
qui a bouclé une première semaine à 89 entrées par
séance, soit la deuxième meilleure performance de 2025.
Durant le premier semestre, The Brutalist et L’Attachement
ont connu un fort essor tout comme Zion, Fanon, Black
Dog ou A Normal Family. Puis, au second semestre – et
comme de coutume –, Cannes a fourni les titres art et
essai parmi les plus regardés, notamment Valeur sentimentale,
Sirāt, Oui, Un simple accident ou Arco, sans
oublier La Voix de Hind Rajab, passé par Venise. La fin
d’année pour le cinéma d’auteur a particulièrement été
rythmée par deux distributeurs : Ad Vitam (La Petite
Dernière, Vie privée et L’Agent secret) et Haut et Court
(La Femme la plus riche du monde, Dossier 137 et Le Chant
des forêts).
Fig. 4 - Quartiles et médianes du top 20 hebdomadaire | Source Distributeurs
159 885
2022 2023 2024 2025
126 750
145 399
125 468
** Le premier quartile, la médiane et le troisième quartile constituent les trois valeurs
qui séparent en quatre parties égales une liste triée par ordre croissant ou décroissant :
en dessous du premier quartile se situent 25 % des valeurs, en dessous du deuxième
quartile (équivalent de la médiane) se situent 50 % des valeurs, et en dessous du troisième
quartile se situent 75 % des valeurs.
*** L’indice de reprise Comscore Movies suit l’évolution de la fréquentation par rapport
à 2015-2019. Il établit une comparaison par rapport au niveau médian ou minimum de
la semaine équivalente pré-Covid.
67 259 65 602 66 766
57 105
34 366 37 993 38 153 38 654
1 er quartile Médiane 3 e quartile
10 N°507 / 7 janvier 2026
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Fig. 5 - Part des films français au sein de la fréquentation | Source CNC
Regards braqués sur 2026
Les projections sur la nouvelle année restent incertaines,
car avec un tel écart entre 2024 et 2025, difficile de savoir
précisément quelle est la réalité du marché. 2026 semble
toutefois partie pour conjurer le faible début d’exercice
qui sévit depuis deux ans grâce aux continuations de
décembre. Cela sera également l’occasion de vérifier si
la dynamique des cinémas en mai et en juin se prolongera :
« Depuis trois ans, nous observons que l’indice de reprise***
est au plus haut pendant cette période, note Éric Marti.
C’est peut-être un signe de changement de la saisonnalité,
car les plus grands succès annuels se trouvent souvent dans
cette période maintenant. Il y a donc visiblement un public
“surprise” durant ces deux mois. » Et parmi les certitudes
que semble offrir 2026, celle d’un line-up américain
conséquent est des plus attendus, tant l’offre hollywoodienne
post-Covid a été inégale : « Nous avons la confirmation
que l’offre des studios sera très dense, particulièrement
à l’été où un gros film sort chaque semaine, explique le
directeur général de Comscore France. En outre, ces titres
sont moins “américains”, et parlent bien plus au public
français. » Un optimisme partagé par la FNCF, qui affirme
que « 2026 s’annonce sous des auspices nettement plus
favorables, avec une densité de sorties de films porteurs
significativement renforcée dans tous les registres ». L’année
sera en effet jalonnée par, entre autres, Super Mario Galaxy
Le Film (1 er avril), Disclosure Day de Steven Spielberg
(10 juin), L’Odyssée de Christopher Nolan (15 juillet),
Digger d’Alejandro González Iñárritu (30 septembre),
ou encore Dune : Troisième partie de Denis Villeneuve et
Avengers : Doomsday des frères Russo (16 décembre). Du
côté français, sont notamment attendus Les Légendaires
de Guillaume Ivernel (28 janvier), Marsupilami de Philippe
Lacheau (4 février), les deux Bataille de Gaulle (10 juin
et 3 juillet), Astérix - Le Royaume de Nubie (2 décembre)...
et bien d’autres. Sans oublier les nombreuses surprises
qui animeront la fréquentation, comme autant de preuves
que l’imprévisible a encore toute sa place au cinéma.
Jules Dreyfus
35,65% 36,03% 37,46%
39,48%
Un box-office mondial à la hausse
pour 2025… et 2026
Selon les estimations de Gower Street Analytic,
le box-office mondial se situe à 33 milliards de dollars
(Md $) sur l’année écoulée, et pourrait s’élever à 35
Md $ sur l’année à venir. 2026 deviendrait ainsi
« l’année mondiale la plus lucrative depuis 2019 (42,3
Md $) » selon Thomas Beranek, Chief Analyst de
Gower Street, qui anticipe une croissance particulièrement
marquée sur les marchés portés par les films
hollywoodiens. Toutefois, ajusté aux taux de change
actuels, l’estimation 2026 reste inférieure de 12 % à
la moyennedes trois dernières années pré-pandémie
(2017-2019).
Dans le détail, en 2026, le marché domestique nord-américain
pourrait ainsi atteindre 9,9 Md $ (+11 % vs 2025,
-14 % vs moyenne 2017-2019). Le marché international
(hors Chine) devrait pour sa part progresser de 5 % par
rapport à 2025 pour représenter environ 18 Md $ (-11 %
34,78%
41,03% 40,03%
44,76%
37,70%
2015 2016 2017 2018 2019 2022 2023 2024 2025
vs la moyenne 2017-2019 aux taux de change actuels)*.
Avec un calendrier de sorties encore limité à ce jour, le
marché chinois demeure plus difficile à anticiper, Gower
Street l’estimant, « de manière prudente », à 7,1 Md $ pour
2026 (-4 % vs 2025). L’année 2025 a été contrastée pour
les salles de l’Empire du Milieu, qui ont pu profiter de
Ne Zha 2 – le plus gros succès local de tous les temps
– et de Zootopie 2 – le deuxième plus grand succès importé
de l’histoire de l’exploitation en Chine –, mais aussi subi
de longues périodes de mauvaises performances.
Pour conclure ses prévisions sur 2026, le cabinet d’analyse
rappelle qu’elles sont « précoces » et soumises aux évolutions
du calendrier de sorties… et « d’éventuels événements
mondiaux imprévus ».
Ayşegül Algan
*Les évolutions des trois grandes régions du périmètre international se répartiraient comme suit :
• EMEA : 10,05 Md $ (+7 % vs 2025, -9 % vs moyenne 2017-2019)
• Asie-Pacifique (hors Chine) : 5,3 Md $ (stable par rapport à 2025, -15 % vs moyenne 2017-2019)
• Amérique latine : 2,65 Md $ (+9 % vs 2025, -5 % vs moyenne 2017-2019).
2026 S’ANNONCE
SOUS DES AUSPICES
NETTEMENT PLUS
FAVORABLES
Fédération nationale
des cinémas français
©Universal Studios. All Rights Reserved.
Disclosure Day de Steven Spielberg
N°507 / 7 janvier 2026
11
2025, la rétro
2025
en chiffres
2,08
Le coefficient par lequel il faut multiplier les entrées du
1 er semestre pour obtenir la fréquentation annuelle
totale, et qui met en relief la concentration du box-office
sur une période de l'année ;
en 2025, il a atteint son deuxième plus haut niveau
post-Covid (hors 2020 et 2021), à égalité avec 2022, et
reste bien au-dessus de la moyenne depuis 10 ans (2,02).
90
La meilleure performance par séance pour un
premier week-end à moins de 1 000 séances,
détenue par Sacré Cœur.
32
Le nombre de nouveautés millionnaires en
2024, contre 33 en 2024, 41 en 2023
et 47 en moyenne en 2017-2019.
95
La meilleure performance par séance
pour un premier week-end, détenue par
Avatar : De feu et de cendres.
26 794
La plus grande combinaison de séances pour
une première semaine, détenue par
Avatar : De feu et de cendres, par ailleurs
plus grande combinaison pour un démarrage
depuis Le Roi Lion en 2019.
886 130
Le plus faible cumul du top 20 hebdomadaire,
atteint la semaine du 3 septembre, par ailleurs plus
bas niveau observé depuis 2022.
119 735
La plus grande fréquentation pour un film en visa
exceptionnel, détenue par Ferrari. Tsamère.
Lecaplain. Le trio en direct au cinéma, pour
une moyenne de 228 entrées par séance.
6 451 816
Le plus haut cumul du top 20 hebdomadaire,
atteint la semaine du 24 décembre. Il s’agit par
ailleurs de la plus forte semaine depuis
décembre 2018.
12 N°507 / 7 janvier 2026
“Une remarquable partition amoureuse”
LES INROCKS
LE
SON
DES
SOUVENIRS
UN FILM DE
UNIVERSAL PICTURES & FOCUS FEATURES PRÉSENTENT EN ASSOCIATION AVEC FILM4 CLOSER MEDIA TANGO ET STORM CITY UNE PRODUCTION END CUE ET FAT CITY EN CO-PRODUCTION AVEC FILM Ï VAST ET FILMGATE FILMS
“LE SON DES SOUVENIRS” (THE HISTORY OF SOUND) PAUL MESCAL JOSH O’CONNOR CHRIS COOPER CASTING DE SUSAN SHOPMAKER COSTUMES DE MIYAKO BELLIZZI MONTAGE DE CHRIS WYATT DÉCORS DE DEBORAH JENSEN
DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE ALEXANDER DYNAN PRODUCTEURS DÉLÉGUÉS OLLIE MADDEN FARHANA BHULA WILLIAM HORBERG RICHARD LEWIS TIM HEADINGTON LIA BUMAN NEIL SHAH DENNIS MASSEL
GABRIELLE NADIG WALTER KORTSCHAK RYAN ZACARIAS ANDREA ROA PAUL MESCAL PRODUIT PAR SARA MURPHY P.G.A. ANDREW KORTSCHAK P.G.A. LISA CIUFFETTI P.G.A.
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2025, la rétro
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2025
RANG
SORTIE LE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 17/12/2025 AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES DISNEY 728 1789482 18 920 95
2 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28339 316 90
3 26/11/2025 ZOOTOPIE 2 DISNEY 645 1590916 17 748 90
4 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1188419 14 649 81
5 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673103 8 614 78
6 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909379 11 746 77
7 24/12/2025 LA FEMME DE MÉNAGE METROPOLITAN 613 842341 11 541 73
8 17/09/2025 DEMON SLAYER: KIMETSU NO YAIBA... SONY 690 789834 11 579 68
9 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24263 360 67
10 05/11/2025 SEMER ET RÉCOLTER LES FILMS D'AVALON 5 1512 26 58
11 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774727 14 330 54
12 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606069 12 289 49
13 29/10/2025 L'ÉTRANGER GAUMONT 308 196036 4 403 45
14 29/10/2025 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 433 263521 6 080 43
15 12/02/2025 THE BRUTALIST UNIVERSAL 195 103069 2 393 43
16 02/04/2025 MINECRAFT, LE FILM WARNER 670 661462 15 609 42
17 16/07/2025 LES SCHTROUMPS - LE FILM PARAMOUNT 685 433215 10 432 42
18 21/05/2025 MISSION : IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING PARAMOUNT 801 622716 15 009 41
19 23/07/2025 LES 4 FANTASTIQUES : PREMIERS PAS DISNEY 553 547713 13 588 40
20 19/02/2025 L'ATTACHEMENT DIAPHANA 336 187 590 4 907 38
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 3 SEMAINES
RANG
SORTIE LE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 17/12/2025 AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES DISNEY 728 1789482 18 920 95
2 24/12/2025 LA FEMME DE MÉNAGE METROPOLITAN 613 842 341 11 541 73
3 31/12/2025 MAGELLAN NOUR 68 15 980 440 36
4 17/12/2025 LE CHANT DES FORÊTS HAUT ET COURT 295 122 834 3 426 36
5 17/12/2025 L'AGENT SECRET AD VITAM 184 77 907 2 174 36
6 31/12/2025 LAURENT DANS LE VENT ARIZONA 58 10468 445 24
7 24/12/2025 LE MAÎTRE DU KABUKI PYRAMIDE 76 15 411 728 21
8 24/12/2025 LE TEMPS DES MOISSONS ARP SÉLECTION 61 12 229 620 20
9 24/12/2025 BOB L'ÉPONGE LE FILM : UN POUR TOUS, TOUS... PARAMOUNT 629 187 716 9 958 19
10 31/12/2025 LOS TIGRES LE PACTE 150 32 573 1 953 17
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Comme attendu, Avatar : De feu et de cendres a pris les devants
des top week-end sur les trois dernières semaines ainsi que de
l’année entière. Avec 95 entrées par séance (e/s), le troisième
volet de la franchise termine juste en-dessous des 98 e/s de La
Voie de l’eau. La Femme de ménage a grandement surpassé les
attentes, bouclant son week-end d’ouverture à 73 e/s, le deuxième
meilleur en cette fin d’année et le septième meilleur de 2025.
Le succès de ces dernières semaines vient également d’une offre
art et essai dense, à l’instar de Magellan, du Chant des forêts et
de L’Agent secret, à 36 e/s chacun. Au global, le classement des
meilleurs démarrages de 2025 est dominé par les sorties de fin
d’année. Précisément, 13 titres du top 20 sont sortis au second
semestre, là où le classement de 2024 était équilibré à 10 sorties,
contre 11 en 2023. Si cette liste intègre plusieurs titres attendus,
de Avatar aux 4 Fantastiques en passant par Lilo & Stitch, God
Save the Tuche et Minecraft, d’autres longs métrages font figure
d’outsider. Sacré Cœur notamment, qui obtient la deuxième
meilleure moyenne de l’année, ex-aequo avec Zootopie 2, avec
56 fois moins de séances. Belles performances également pour
Personne n’y comprend rien (67 e/s) et Semer et récolter (58 e/s) :
le premier est sorti juste avant le procès de Nicolas Sarkozy, qui
a très certainement boosté ses entrées, tandis que le deuxième
a été accompagné par son réalisateur lors de la majorité de ses
séances. À noter enfin les très bons résultats de L’Étranger (45
e/s), La Femme la plus riche du monde, The Brutalist (43 e/s
tous deux) et L’Attachement (38 e/s).
14 N°507 / 7 janvier 2026
UNE FIN D’ANNÉE PROPRE
Si la sortie de Avatar : De feu et de cendres était
attendue comme un catalyseur de la
fréquentation, les cinémas ont connu un mois
de décembre très dense, terminé sur les
chapeaux de roue.
Décembre 2025 figure très certainement parmi les
nombreux « paradoxes » de cette année, comme l’évoque
Éric Marti [voir p. 9]. En effet, le douzième mois de
l’année a engrangé 20,7 millions d’entrées, soit le meilleur
résultat post-Covid, devant les 20,5 millions de décembre
2024. De plus, la baisse par rapport à la moyenne 2017-
2019 (22,4 millions) n’est “que” de 7,4 % ; le deuxième
plus faible écart de l’année après juin. La surprise de ce
résultat vient surtout de la forte dynamique qu’a connue
la fréquentation en très peu de temps, alors qu’elle stagnait
à 14,12 millions de spectateurs en novembre. Décembre
2025 augmente ainsi de 46,6 %, soit la plus forte progression
observée à cette période de l’année depuis… 2005
(23,9 millions d’entrées, +62,4 %). En comparaison,
décembre 2024 affichait une hausse de 15,2 %, contre
+14,3 % en 2023, +25,7 % en 2022 et +19,8 % entre
2017 et 2019.
Autre point de surprise, et de satisfaction, les vacances
ont, pour la première fois cette année, retrouvé leurs effets
favorables sur la fréquentation. Si, depuis deux ans, les
vacances d’hiver et de Pâques n’attirent plus autant de
spectateurs qu’avant Covid, celles d’été et de la Toussaint
restaient bien plus fournies, ces dernières figurant souvent
parmi les meilleures semaines de l’année, à plus de 5
millions d’entrées, mais cela n’a pas été le cas en 2025.
Ce décembre a comblé tous les manques dont souffraient
les précédentes semaines de l’année, pour offrir un bouillonnement
cinématographique pas vu depuis sept ans.
L’offre a été en effet extrêmement complémentaire,
avec le jeune public ciblé par Zootopie 2, Panique à
Noël, Bob l’Éponge ou encore Mission Père Noël, le
public familial par Chasse gardée 2 voire Le Chant des
forêts, le public jeune par La Femme de ménage et Five
Nights at Freddy’s 2, le public art et essai par L’Agent
secret, La Voix de Hind Rajab et Vie privée, tandis que
Avatar vise (presque) tous les publics. Cela aboutit à
une dernière semaine de décembre à plus de 6,5
millions d’entrées, soit la meilleure performance depuis
décembre 2018. Un niveau atteint notamment grâce
La Femme de ménage
à trois films au dessus du million d’entrées : Avatar
3, Zootopie 2 et La Femme de ménage qui totalisent 5
millions de spectateurs. Difficile de ne pas être optimiste
pour 2026, quand on voit jusqu’où la fréquentation
peut grimper dans un marché que l’on pensait
au ralenti.
©Metropolitan Filmexport
J.D.
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
Alors que sort ce 21 janvier Le Mage du Kremlin d’Olivier
Assayas, sous pavillon Gaumont, regardons en chiffres les performances
en salles de trois récits politiques (sérieux) à l’échelle
mondiale, ou locale.
ALICE ET LE MAIRE
VICE
LES HEURES
SOMBRES
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
02/10/2019 13/02/2019 03/01/2018
BAC MARS UNIVERSAL
723 587 319 126 768 284
30 063 15 533 24 448
200 178 100 629 176 202
6 947 2 909 4 747
29 35 37
4,09 1,96 3,20
24 21 31
3,2 4 4,1
N°507 / 7 janvier 2026
15
2025, la rétro
IL N’Y A PAS TROP DE FILMS, MAIS TROP DE FILMS
QUI SORTENT À LA MÊME PÉRIODE
©Tanguy Colon pour Boxoffice Pro
Entretien avec
GUILLAUME BACHY,
PRÉSIDENT DE L’AFCAE
Au terme d’une année difficile, le président de l’Association française des
cinémas art et essai met en avant l’importance de la diversité des films, dont
les sorties doivent être mieux réparties tout au long de l’année et le nombre de
séances affiné. Et se réjouit de la vigueur du mouvement art et essai comme du
soutien du CNC… qu’il faut réaffirmer.
Quel bilan tirez-vous de 2025, en général et pour
l’art et essai ?
On ne peut pas réinventer l'année, qui n'a pas été forte
en grands films. Mais, pour moi qui ai commencé à
travailler dans les années 90, une année à 157 millions
d’entrées, ça ne me fait pas peur. Les salles classées
représentent environ 36 % de la fréquentation, comme
en 2024. Quant aux films art et essai, en attendant les
chiffres définitifs, ils ont eu une part de marché de 27
%, plus haute qu’en 2024 à la même période (24 %).
Sachant qu’il y a eu moins de gros succès populaires
en 2025, ils s'en sortent mieux, en proportion, que
l'année d’avant. On constate que quand les propositions
de films sont là, les spectateurs répondent présents.
Certains ont trouvé un écho plus large que le public
Guillaume Bachy au Congrès de la FNCF 2025
art et essai : Une bataille après l’autre avec 1,5 million
d’entrées, La Femme la plus riche du monde, L’Attachement,
Sirāt qui est une vraie surprise, et Un simple
accident, Arco, L’Étranger ou La Petite dernière qui ont
fonctionné dans l’ensemble des salles.
Si l’on va plus loin dans le top 20, des films comme
A Normal Family, Black Dog, ou Amélie et la métaphysique
des tubes – qui ont eux aussi été soutenus par
l’AFCAE – témoignent de la richesse de notre offre
cinématographique, alors que le marché américain
est polarisé sur deux ou trois titres. Ce sont d’abord
les films de la diversité qui ont fait l’offre, et c'est cette
diversité des films art et essai qui fait la structure de
l'exploitation française.
16 N°507 / 7 janvier 2026
Les succès art et essai ont-ils bénéficié aux salles
art et essai elles-mêmes, sachant que, par exemple,
un film comme La Voix de Hind Rajab cartonne dans
les multiplexes ?
Dans le cas de La Voix de Hind Rajab, comme pour
Muganga, on est sur un public d’occasionnels qui retourne
au cinéma pour un film sociétal dont la thématique
l’intéresse. Les multiplexes ayant beaucoup d’écrans, ils
peuvent garder ces films plus longtemps et cela contribue
à leur succès dans la durée. Pour le reste, les films art et
essai performent et progressent d’abord dans les salles
art et essai ; ce sont elles qui ont le public pour ces films,
même s’ils sont aujourd’hui programmés aussi dans les
circuits, face au manque d’offre hollywoodienne.
Justement, faut-il rééquilibrer la programmation
des films ?
Nous attendons beaucoup du comité de concertation
mis en place par le CNC. Aujourd'hui, l'exploitation et
la distribution sont un peu perdues et nous avons besoin
d’une réflexion commune : faire vivre les films n’est pas
qu’une question de tarifs et de stratégie nationale, mais
relève d’un choix de l’éditeur-distributeur film par film,
zone par zone, cinéma par cinéma. La programmation
ne doit pas se faire de façon globale, surtout pas avec
l'intelligence artificielle, mais par le dialogue. C’est ce
que nous espérons retrouver dans ce comité de concertation,
qui prépare justement une ambitieuse
recommandation sur le travail en commun avec nos amis
CE SONT D’ABORD LES
FILMS DE LA DIVERSITÉ
QUI ONT FAIT L’OFFRE
FILMS ART ET ESSAI 2025
distributeurs. Il reste notamment beaucoup de travail
sur les zones à concurrence, où l’accès aux films pour les
salles art et essai est très tendu.
Le nombre de séances doit-il être régulé ?
Il doit être questionnée. Sur cette fin d'année, la multidiffusion
de films grand public, programmés parfois
jusqu’à 140 séances par semaine alors que, dans le même
cinéma, des films art et essai n’en comptent parfois que
20, interroge sur l'équilibre à trouver. Comment sort-on
un film aujourd'hui ? Quelle est sa place et où est sa
place ? Aujourd’hui, on demande aux salles art et essai le
même nombre de séances quel que soit le film. Or, quand
un distributeur sort aussi son film dans un multiplexe
qui pratique de la multidiffusion sur un autre titre, il
accepte qu'il y ait une iniquité entre son film et un
blockbuster. Dans notre salle, en revanche, cette iniquité-là
n'est pas acceptée.
Faut-il questionner aussi le calendrier des sorties ?
Il n’y a pas trop de films, mais trop de films s’adressant
à la même typologie de spectateurs qui sortent à la
même période. En 2025, les films majeurs de Cannes
sont sortis entre le mois de septembre et de novembre.
L'année d’avant, on n'avait plus de films porteurs à
partir du mois de mars. Or définir une saison pour les
films d'auteur, c'est mettre en danger toute l'exploitation
française. Cela revient à dire aux spectateurs : “Venez
entre septembre et novembre, vous allez avoir plein de
films et après, plus rien, mais on se retrouvera au
prochain semestre !”. Les salles ne peuvent pas travailler
au semestre… surtout quand il est de 4 mois. Il nous
faut des films de la diversité toute l'année, pour garder
notre public éveillé et qu’il ait envie de revenir toutes
les semaines. Quand les films art et essai sortent en
juin ou juillet, on a vu que ça fonctionnait ; en 2025,
il n’y a pas vraiment eu de titres art et essai porteurs
pendant cette période, et l’été a été le pire que l’on ait
connu depuis les années 90. Inversement, sur les dernières
semaines de l’année, avec des films art et essai et
FILM DISTRI. CUMUL ENTRÉES
1 UNE BATAILLE APRÈS L'AUTRE WARNER BROS. 1 504 547
2 MICKEY 17 WARNER BROS. 1 190 565
3 UN PARFAIT INCONNU DISNEY 1 061 475
4 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 908 081
5 L'ATTACHEMENT DIAPHANA 779 092
6 L'ÉTRANGER GAUMONT 753 017
7 SIRAT PYRAMIDE 713 257
8 UN SIMPLE ACCIDENT MEMENTO 668 460
9 DOSSIER 137 HAUT ET COURT 661 729
10 PARTIR UN JOUR PATHÉ 660 640
Source : Distributeur/CBO
Art et essai : le classement
2025 définitif
Après réexamen par la commission nationale des
décisions ayant fait l’objet d’un appel, le CNC a publié
mi-décembre le classement art et essai définitif pour
2025. Le cabinet d’études Hexacom a compilé les
chiffres et analysé ces résultats.
Pas de révolution majeure après réexamen des
demandes par la commission nationale : 1 317
cinémas sont classés art et essai en 2025, soit 13 de
plus qu’avant les demandes en appel, ce qui représente
toujours 63 % du parc. Le total d’aides attribuées
s’élève à 19,9 M € contre 19,6 M €, soit
281 099 € de plus qu’avant le réexamen, pour une
moyenne de 15 100 € par établissement contre
15 000 €, mais avec bien sûr de grandes disparités.
Sur l’ensemble du classement final, les principaux
bénéficiaires du budget supplémentaire accordé sont
les établissements de la catégorie B avec, en
moyenne, 1 100 € de plus par cinéma (23 établissements
dans cette catégorie, tous déjà classés en
2025). Dans les quatre autres catégories, les
montants moyens d’aides sont restés quasiment
identiques (augmentation ou baisse de quelques
dizaines d’euros).
Pour rappel, le classement établi en juin par les
commissions régionales – le premier appliquant la
réforme et doté d’un budget renforcé par rapport à
2024 –, avait montré que
les établissements des catégories A et B perdaient en
moyenne 5 % de leur aide par rapport à 2024, tandis
que la subvention moyenne des cinémas des catégories
C, D et E progressait. Environ 170 cinémas avaient
fait appel des décisions les concernant et la moitié
ont vu leur situation évoluer.
« Sur les 84 demandes de réexamen qui ont abouti soit
à une revalorisation de l'aide art et essai (71 dossiers
pour environ 211 000 €), soit à une entrée dans le classement
(13 cinémas pour un total de près de 70 000 €),
les montants d'aides supplémentaires octroyées vont
de 200 à 14 500 € par cinéma, commente Sophie
Girieud, consultante chez Hexacom. Malgré cette
disparité, le montant moyen de financement supplémentaire
accordé s'élève à environ 3 300 € et plus de la
moitié des établissements ayant fait appel ont reçu un
complément de subvention inférieur à 2 000 €. »
On note aussi que sur l'ensemble des demandes en
appel qui ont conduit à une évolution, les cinémas de
la catégorie A n’en représentent qu'1/5ème, mais ont
obtenu près d'un tiers de l'aide supplémentaire, « ce
qui s'explique par les montants d'aide généralement
élevés attribués aux cinémas de cette catégorie ». Et si
ceux de la catégorie B affichent le montant moyen
d'aide supplémentaire par demande le plus élevé
(près de 8 500 €), c’est sur seulement 3 dossiers, donc
peu significatif.
N°507 / 7 janvier 2026
17
2025, la rétro
©Pyramide
Sirāt de Oliver Laxe, avec plus de 700 000 entrées, est l’une des surprises art et essai de l’année.
commerciaux, le public est là. Et à ce moment, on ne
dit plus que le cinéma est trop cher ou que les gens
sont sur les plateformes.
Les distributeurs, sur des périodes courtes, ont eux-mêmes
du mal à faire exister un film tous les 15 jours : en étalant
les sorties, nous aurions tous plus de temps et de place
pour travailler les films, en sortie nationale, mais aussi
en décalé. On nous reproche de ne plus vouloir sortir les
films en décalé, mais ce n’est pas possible quand tous
sortent à la même période.
Mais globalement, ne produit-on pas trop de films
en France ?
Je ne dirais jamais qu'il y a trop de films. Rebecca
Zlotowski a dit récemment qu’en 2010, son premier
film, Belle Épine, avec 20 000 entrées, pouvait être
considéré comme le film de trop. Aujourd'hui, Vie
privée fait 600 000 entrées. C'est la force de notre
système : soutenir des premiers films pour accompagner
la naissance de cinéastes. Et puis, nous qui voyons
beaucoup de films avec le collège de recommandation
art et essai, nous ne saurions dire quels sont les films
“en trop” ; ceux qui sortent sur très peu de copies et
réalisent peu d’entrées ne viennent pas déséquilibrer
le marché.
Êtes-vous satisfait du soutien CNC à la diffusion ?
Le plan lancé en 2024 pour soutenir la diffusion est
évidemment très important, car il n'y a pas de films
sans salle de cinéma. Aujourd'hui, ceux qui sortent
directement en unitaire ou sur les plateformes sont
oubliés aussi vite qu'ils ont été diffusés. Un film comme
Frankenstein de Guillermo Del Toro n'existe pas dans
l'imaginaire collectif, au bout d’un mois il a disparu.
Je crois que l'ensemble de la filière a compris qu'il ne
sert à rien de produire si derrière, il n'y a pas de lieu de
diffusion. Et le plan du CNC va au-delà de la salle de
cinéma, en soutenant l'éducation aux images mais aussi
des actions de pratiques artistiques.
Pouvez-vous déjà mesurer l’effet de ce plan pour
l’éducation à l’image ?
Les annonces des ministres ont été très rapidement suivies
de discussions. L’appel à contribution de Gaëtan Bruel
a été entendu et beaucoup de coordinations, de salles et
d'associations territoriales ont adressé leurs propositions
d'actions concrètes. Avec l’AFCAE, nous soutenons, bien
sûr, cette valorisation à la fois de Ma classe au cinéma et
de l’éducation au cinéma au sens large, et encourageons
les salles à toujours mieux faire pour l'accès et la qualité
des dispositifs. Le CNC a été très proactif et à l’écoute
des gens de terrain. Nous avons aussi un ministre de
l'Éducation nationale très volontariste, donc tous les
voyants sont au vert.
Cette année a aussi été marquée par les 70 ans
de l’AFCAE.
Et ce n’est pas fini ! Notre colloque sur la cinéphile
en a marqué la mi-temps. Il était important de montrer,
avec le CNC, que la cinéphilie n’est pas has been mais
se redéfinit au fil des générations. Aujourd'hui, des
jeunes voient beaucoup de films en salle, tiennent un
blog, font des vidéos TikTok ou sont sur Letterboxd :
ce sont de vrais cinéphiles, au même titre que ceux
des années 60, qui se fédéraient autour de revues
éditorialisées. Sur le travail des salles art et essai, nous
avons aussi été entendus sur France Inter le 13 décembre,
où quatre exploitants sont intervenus dans l'émission
“On aura tout vu”, ce qui n’était pas arrivé depuis
près de 20 ans. Les célébrations vont se poursuivre,
d’abord avec le Festival Télérama/AFCAE en janvier,
qui s'inscrira pleinement dans les 70 ans, puis des
actions menées par les salles et de nouvelles vidéos de
deux minutes, diffusées sur les réseaux sociaux, pour
expliquer ce qu’est une salle art et essai et ses valeurs.
Quelles seront les nouvelles actions de l’AFCAE
pour 2026 ?
Toujours en lien avec notre anniversaire, nous lançons
un “Coup de coeur surprise jeune public”, pendant
les vacances d’hiver. Par ailleurs, nous poursuivons
notre travail sur les 15-25 ans, primordial pour le
renouvellement du public. Mais en tant que réseau,
nous avons aussi un rôle à jouer dans la formation de
pair à pair. Nous réfléchissons ainsi à la mise en place
de formations courtes sur l'Éducation artistique et
culturelle, et sur des modules de 3 ou 4 jours, conçus
spécialement pour les exploitants art et essai. Elles
seraient complémentaires des formations techniques
ou sur la communication qui existent déjà, mais
permettraient une passation pour de nouveaux venus
dans la filière et dans le mouvement art et essai.
Et puis nous préparons Cannes, qui marquera la fin
de notre anniversaire… mais pas la fin de notre
réflexion. Les élections qui approchent, municipales
et présidentielles, vont être importantes parce qu'elles
vont définir la politique des collectivités territoriales
pour les prochaines années. Les salles de cinéma qui
sont en lien direct avec les collectivités sont inquiètes
de certaines évolutions et ont besoin d’être accompagnées
pour adopter un discours clair auprès de leurs
prochains élus de proximité. Nous considérons qu'une
salle art et essai est un lieu de partage et d'ouverture,
avec une nécessaire liberté de programmation, et ce
sont des points infranchissables que nous allons
rappeler, dans une tribune que nous préparons pour
début 2026.
Et rappeler aussi le rôle du CNC, objet d’attaques
politiques ?
Aujourd'hui, certains élus s'interrogent sur l'intérêt
des cinémas de proximité, s’interrogent aussi sur
l'importance du CNC. Nous devons leur dire que la
France est l’un des pays les plus regardés et des plus
enviés, un des pays qui a le mieux résisté post-Covid
– même avec une année comme 2025 – parce que
nous avons un cinéma fort, diversifié, vivifié par notre
exception culturelle et par le travail du CNC. Le
remettre en cause serait un suicide culturel collectif.
Propos recueillis par Cécile Vargoz
18 N°507 / 7 janvier 2026
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LE VENDREDI 30 JANVIER *
DANS MES RÊVES AGITÉS,
JE VOIS CETTE VILLE.
SAMUEL HADIDA ET VICTOR HADIDA
PRÉSENTENT
*sous réserve de la sortie nationale
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CHRISTOPHE GANS
AU CINÉMA LE 4 FÉVRIER
Design : Benjamin Seznec /
CURIOSA FILMS et LOVe IS IN tHe AIR pRéSeNteNt
eN ASSOCIAtION AVeC ApOLLO FILMS DIStRIBUtION
CRÉATION - PHOTOS : CAROLE BETHUEL
UN SCÉNARIO DE LISA AZUELOS FRÉDÉRIC DA ET THAÏS ALESSANDRIN
AVEC VICTOR BELMONDO SYLVIE TESTUD ISALINE PRÉVOST RADEFF NATHAN JAPY THÉO DELINCAK THÉO AUGIER OSCAR AL HAFIANE GASPARD MEIER MUSIQUE ORIGINALE BONJOUR MEOW IMAGE GILLES PORTE MONTAGE BAPTISTE DRUOT SON BENOÎT GUERINEAU NICOLAS BOUVET-LEVRARD MARCO DOISNE DÉCORS SÉBASTIEN INIZAN COSTUMES JÜRGEN DOERING CASTING EMMANUELLE PREVOST 1 RE ASSISTANTE RÉALISATRICE CRISTINA FREITAS
DIRECTRICE DE PRODUCTION KARINE PETITE PRODUCTEURS EXÉCUTIFS CYRILLE BRAGNIER CHRISTINE DE JEKEL PRODUCTEUR ASSOCIÉ ÉMILIEN BIGNON PRODUIT PAR OLIVIER DELBOSC LISA AZUELOS ET ILAN ALESSANDRIN UNE COPRODUCTION CURIOSA FILMS LOVE IS IN THE AIR FRANCE 2 CINÉMA M6 FILMS APOLLO FILMS DISTRIBUTION UMEDIA AVEC LA PARTICIPATION DE DISNEY+ NETFLIX FRANCE TÉLÉVISIONS M6
AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DE BELGIQUE ET DES INVESTISSEURS TAX SHELTER EN ASSOCIATION AVEC UFUND DISTRIBUTION APOLLO FILMS VENTES INTERNATIONALES GINGER & FED
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TEASER 60’ & FILM-ANNONCE 92’
LOL A RÉALISÉ
3,6 MILLIONS D’ENTRÉES,
LA SUITE SORT LE 11 FÉVRIER 2026 AU CINÉMA !
LOL
04/02/2009 - 3 665 495 ENTRÉES
2025, la rétro
POURQUOI SE
FOCALISER PLUS
SUR LES OCCASIONNELS
QUE SUR LE TIERS DE LA
POPULATION FRANÇAISE
QUI NE VA JAMAIS
AU CINÉMA ?
Chloé Delaporte, docteure en sociologie, est professeure
en socioéconomie du cinéma à l’Université de
Montpellier Paul-Valéry.
REPENSER LES PUBLICS
ET LE RÔLE POLITIQUE
DES CINÉMAS
À rebours des lectures strictement conjoncturelles de
la fréquentation cinématographique, Chloé Delaporte,
professeure en socioéconomie du cinéma à l’Université de
Montpellier Paul-Valéry, replace les analyses dans le temps
long des pratiques culturelles. Un public senior invisibilisé,
un public jeune stigmatisé… et des cinémas appelés
à remplir un rôle politique et sociétal, sans céder aux
injonctions et aux hiérarchies culturelles.
©A.Algan
La fréquentation de 2025 est en baisse. Y a-t-il
encore un sens à interroger ce recul à la lumière
de la crise Covid ?
En effet, pourquoi prendre la crise sanitaire comme point
de bascule, et non l’année 2014 de l’arrivée de Netflix
sur le marché français ? Ou la fin des VPF ? Ou encore
l'équipement total en numérique des salles ? Cela ne veut
pas dire que le crise Covid n’est pas un marqueur pertinent,
mais en postulant le fait qu’elle marque un moment
de rupture, on crée la rupture.
Mais les années passent, sans qu’on ne puisse clairement
faire la part entre les évolutions conjoncturelles
et structurelles en cours dans le secteur…
Penser la fréquentation et l’offre de film année après
année a du sens du point de vue de la filière, mais pas
du tout du point de vue du public ; ce n’est pas en un
an que les pratiques se font et se défont. Pour observer
les usages, à travers un prisme sociologique, il serait
beaucoup plus pertinent de se référer à des cycles au
minimum de trois voire cinq ans. Car si on regarde sur
le très long terme, la population cinématographique a
très peu varié. En valeur relative, depuis les années 1950,
c’est la même proportion de ⅔ des Français qui fréquentent
les cinémas. Ce qui a changé au fil des années, ce n’est
donc pas le taux de pénétration, mais le nombre moyen
d'entrées par spectateur et spectatrices, qu’il nous faudrait
observer avec une granularité plus fine, notamment sur
le public des seniors.
Les études catégorisent pourtant bien les publics
en fonction de leur âge…
D’un côté on analyse avec grande attention les 15-25
ans, et de l’autre, on met tous les seniors dans le même
sac, comme si un spectateur ou une spectatrice de 61
ans, c'était la même chose qu’un spectateur ou une
spectatrice de 92 ans : une vraie hérésie scientifique sur
le plan de la sociologie des publics. D’autant plus que
les +60 ans représentent la seule tranche d’âge dont le
nombre d’entrées annuel moyen a augmenté et qu’ils
ont un vrai pouvoir prescripteur auprès des “jeunes” publics.
22 N°507 / 7 janvier 2026
L’absence de gros succès comme Un p’tit truc en
plus et Le Comte de Monte-Cristo peut-il suffire à
expliquer les 25 millions d’entrées manquantes
par rapport à 2024 ?
Il n’est pas faux de souligner l'absence de locomotives,
mais plus discutable d’accuser uniquement l’offre. Focaliser
la critique sur le manque de films porteurs, comme
s’il étaient les seuls à même de générer de la fréquentation,
c’est mettre sous le tapis nombre de films qui ont quand
même eu des belles performances cette année, et qui ont
eux aussi attiré les spectateurs moins assidus. Alors certes
les occasionnels ont eu moins “d’occasions” de se rendre
en salles en 2025, mais pourquoi se focalise-t-on tant
sur eux, sans parler du tiers de la population française
qui… ne va jamais au cinéma ? N’y a-t-il pas là un gros
levier de spectateurs potentiels à activer ? Mais pour cela,
il faut interroger le contenu des films qu’on lui propose…
L’offre de cinéma en France n’est-elle pourtant
pas la plus riche du monde ?
Il ne s’agit pas de tomber dans le discours qui consiste
à dire que le cinéma français, ce n’est qu’« un cinéma
de grands bourgeois fait dans de grands appartements
haussmanniens » et que, forcément, ça n'intéresse
personne. Nous avons une grande diversité de création,
mais aussi une sous-représentation des femmes au-delà
de 50 ans, des questions de blanchité, de rapports de
genre… Les études Cinégalités du Collectif 50/50 ou
les enquêtes du sociologue Éric Fassin démontrent
que le taux de représentation de personnages non
blancs ou en situation de handicap est très inférieur
à ce qui existe dans la population réelle, et surtout
que leur représentation est très stéréotypée. Des films
pas suffisamment à l'image de la réalité des spectateurs
et des spectatrices n'expliquent peut-être pas, à eux
seuls, la baisse de la fréquentation des salles, mais
posent problème.
Et du côté des raisons exogènes au cinéma,
quid de l’impact du contexte économique sur
la fréquentation des salles ?
Le cinéma reste la première sortie culturelle des
Français et touche les gens de tous milieux et classes
sociales. Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat
et d’accroissement des inégalités, l’arbitrage sur la
sortie cinéma n’est pas qu’une question d’argent, mais
aussi de temps, pour des personnes qui multiplient
les boulots, galèrent à trouver des places en crèche…
Or plus le nombre de sorties au cinéma d’un foyer
est réduit, plus cette sortie s'accompagne d’autres
pratiques (restaurant, patinoire…) dont le coût a
augmenté de manière bien moins raisonnable que le
prix de la place de cinéma.
Et la concurrence, réelle ou supposée, des plateformes
?
Avec une moyenne de 1,8 abonnement par foyer, cette
concurrence ne s’exerce pas sur le terrain économique,
mais bien sur le terrain des pratiques. C’est ce qui
explique que les gens vont toujours au cinéma… mais
moins, car une partie de leur pratique s’est reportée
sur la consommation de films en ligne. Mais pourquoi
les accuser d'être responsables de la “crise du cinéma”
ou de la “mort des salles”, alors que notre société est
en train de se numériser à grande échelle (on ferme
les guichets commerciaux et on dématérialise les
services), notamment sous l'impulsion de la puissance
publique (par exemple dans le domaine de l'éducation) ?
Cela pèse sur les budgets de ces mêmes gens obligés
de suivre le mouvement, de s'équiper en smartphones,
en ordinateurs et en télévisions connectées… et dont
on va incriminer les pratiques numériques en matière
de cinéma. D’autant plus que ce discours vise avant
tout les jeunes, qui sont ceux qui vont le plus au cinéma.
… et aussi ceux qui passent le plus de temps devant
les écrans en général…
Pourtant, les “adultes” ne font pas que lire Le Monde et
Télérama quand ils sont sur leur smartphone. Mais on
s’offusque beaucoup moins des journées qu’ils passent
sur Facebook que des jeunes sur TikTok. Il faut faire
attention à ce que cette incrimination, qui s’adosse à une
forme d’âgisme, ne soit pas assimilée à un discours antijeunes.
Alors qu’ils ont été les premiers à retourner dans
les salles après la crise sanitaire, qu’ils ont le taux de
pénétration du cinéma le plus important, ils entendent
tous les jours à quel point leurs pratiques mettent en
péril la société. Et il faut noter que les gens qui émettent
ce genre de discours appartiennent, généralement, à la
tranche d’âge [des 25-49 ans] dont la fréquentation des
salles a… le plus baissé ces 10 dernières années !
LE PUBLIC VA VERS UN
CINÉMA AVEC LEQUEL
IL A LE SENTIMENT DE
PARTAGER PLUS QUE LE
CHOIX D'UN FILM.
Dans ces conditions, quelle devrait être la première
priorité du grand plan Éducation à l’image annoncé
fin novembre ?
Pour faire de l’éducation à l’image, il faut la confier aux
premiers concernés. Tous les chercheurs en sciences de
l’éducation savent que le meilleur moyen de convertir
ou former à une pratique sera celle transmise par des
gens qui leur ressemblent, partagent leurs aspirations,
ont les mêmes références, les mêmes codes, les mêmes
façons de communiquer. Je ne doute pas des compétences
de ceux qui font les programmes d'éducation à l’image,
mais il est très important de faire de la place aux jeunes
générations. C'est ce que l'on essaye de faire au sein du
Master Pro Métiers de la diffusion du cinéma à l'Université
de Montpellier Paul-Valéry – qui compte d’ailleurs
Boxoffice Pro parmi ses partenaires – en les formant à la
communication digitale, à l'éducation à l'image et à la
médiation culturelle, pour tous types de publics.
Et le plus grand écueil à éviter ?
Il est important de se mettre d’accord sur le vrai but
de l’éducation à l’image. Est-ce qu'il s’agit de s'assurer
que les jeunes et très jeunes d'aujourd'hui soient
familiarisés avec le cinéma en salle et donc intègrent et
maintiennent cette pratique à l'âge adulte ? À ce
moment-là, c’est un travail de familiarisation avec une
pratique culturelle et de renouvellement des publics,
donc un enjeu de filière à défendre car derrière la
préservation de la salle, il y a toute l'économie de la
création qui en dépend. Si en revanche, l'éducation à
l'image se double – comme c'est très souvent le cas –
d'un enjeu de conformation aux “bonnes pratiques”
pour devenir un lieu où se transmettrait le “bon” cinéma
– en opposition à un cinéma “moins bon” ou “moins
nécessaire” –, elle deviendrait tout simplement un lieu
de réactualisation de la culpabilisation des publics et
de conformation à des hiérarchies culturelles. Et là, elle
aurait un effet repoussoir sur une partie de la jeunesse
qui ne se sent absolument pas écoutée, voire se sent
méprisée par les institutions.
Ne plaçons pas les jeunes dans des situations passives
de spectateurs et spectatrices ; mettons-les en situation
de programmateurs et programmatrices, de manière à
ce qu’ils comprennent l'enjeu de la circulation des
images. Il faut les responsabiliser, leur faire confiance…
et admettre la réalité de leurs pratiques sans se voiler la
face sur la réalité de NOS pratiques qui sont pas plus
nobles, ni plus légitimes que les leurs.
Récemment, plusieurs organismes représentatifs
de l’ensemble de la filière ont pris position contre
les pressions exercées par des élus locaux sur
la programmation – ou la déprogrammation –
de films. Quel est l’enjeu de préserver la liberté,
mais aussi une certaine neutralité politique des
cinémas, d’autant plus à la veille des élections
qui approchent ?
Il peut sembler banal de le dire mais le cinéma est un
art et une industrie qui, tout en étant insérée dans
une économie marchande, libérale et capitaliste, assume
un rôle – non pas inné, mais construit – dans le vivre
ensemble et l’ouverture à l'autre. Dans cette ambition
de fonction sociale, l’idée n’est pas que les cinémas
se posent comme garants de la démocratie, mais qu’ils
forment, en accueillant toute la diversité des formes
cinématographiques et des opinions, les gens à être
eux-mêmes des remparts contre ceux qui attaquent
la démocratie. Si on veut vraiment être un rempart
contre l'obscurantisme, il faut se placer du côté des
publics, et se départir des hiérarchies culturelles. Ce
qui ne veut pas dire que les cinémas doivent tout
programmer. Ils connaissent leur travail et leurs publics
et ils ont une ligne éditoriale. L’attachement des
spectateurs et spectatrices à leur cinéma de proximité,
démontré dans toutes les enquêtes, relève aussi de cet
ensemble de systèmes de valeurs qui est promu par
leur cinéma. Concernant les raisons de la plus grande
baisse de fréquentation des multiplexes, au-delà de
l'arbitrage économique réalisé sur le prix du billet et
du fait que leur public est davantage constitué d'occasionnels,
on devrait tester l’hypothèse que la consommation
de film en multiplexe est perçue, par certains,
comme un “non engagement”. Or le public va plutôt
vers un cinéma auquel il s’identifie, en tout cas avec
lequel il a le sentiment de partager plus que le choix
d'un film.
Propos recueillis par Aysegül Algan
N°507 / 7 janvier 2026
23
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S02
7 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DEAN MEDIAS ANIMUS FEMINA 01h42 E.de Latour
METROPOLITAN FILMEXPORT CITY ON FIRE 01h40 R.Lam Chow Yun-Fat, D.Lee, S.Yueh
LES FILMS DU LOSANGE / SCALA FILMS FATHER MOTHER SISTER BROTHER 01h51 J.Jarmusch T.Waits, A.Driver, M.Bialik
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION IN THE SOUP 01h36 A.Rockwell S.Buscemi, S.Cassel, J.Beals
POWERHOUSE PRODUCTIONS JANA NAYAGAN 03h06 H.Vinoth Vijay, P.Hegde, M.Baiju
LES FILMS DU CAMELIA L’ACADÉMIE DES SECRETS 01h53 J.Olender
DIAPHANA DISTRIBUTION LES ÉCHOS DU PASSÉ 02h29 M.Schilinski H.Heckt, L.Urzendowsky, L.Geiseler
KMBO LES LUMIÈRES DE NEW YORK 01h43 L.Choi F.Chen, P.Yung, L.Nakli
PATHÉ LIVE LES PURITAINS (METROPOLITAN OPERA) 03h47 C.Edwards (IV) L.Oropesa, L.Brownlee, A.Rucinski
SPACE ODYSSEY LE STUDIO PHOTO DE NANKIN 02h17 A.Shen L.Haoran, X.Wang, Y.Gao
LES ACACIAS LE SUD 01h33 V.Erice O.Antonutti, S.Aranguren, I.Bollaín
STUDIOCANAL MA FRÈRE 01h52 L.Akoka et R.Gueret F.Kebe, S.Nataf, A.Bent
SAJE DISTRIBUTION MAXIMILIEN 01h56 D.Cook A.Greene Khoury, D.Henrie, H.Elizondo
LOCO FILMS MR. NOBODY AGAINST PUTIN 01h30 D.Borenstein et P.Talankin
FRIDAY ENTERTAINMENT PARASAKTHI 02h34 S.Kongara Sivakarthikeyan, S.Leela, R.Mohan
SHELLAC PILE OU FACE 01h56 A.Rigo de Righi et M.Zoppis J.Reilly, A.Borghi, N.Tereszkiewicz
BAROUDEUSE PRODUCTIONS PREMIÈRES LUNES 01h02 M.Melot
SOUTHFILMS RED BIRD 01h28 A.Laugier et T.Habibes T.Habibes, H.Adili, J.Paris
LOOK AT SCIENCES RIEN N'EST OUBLIÉ 01h25 A.Ceriana Mayneri et E.Laconi
JOUR2FÊTE TOUT VA BIEN 01h26 T.Ellis
S03
14 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
SONY PICTURES RELEASING FRANCE 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS 01h50 N.DaCosta R.Fiennes, A.Williams, J.O'Connell
DAMNED DISTRIBUTION ABEL 02h00 E.Eskendir E.Toleutai, N.Beksultanova, K.Deputat
CGR EVENTS / ADN ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : DIVE IN WONDERLAND 01h35 T.Shinohara N.Hara, M.Pugh, K.Yamamoto
AD VITAM ELEONORA DUSE 02h02 P.Marcello V.Bruni Tedeschi, N.Merlant, F.Wrochna
LES ALCHIMISTES FORÊT ROUGE 01h44 L.Lassalle
MEMENTO FURCY, NÉ LIBRE 01h48 A.Al Malik M.Samba, R.Duris, A.Girardot
METROPOLITAN FILMEXPORT GREENLAND MIGRATION 01h39 R.Waugh G.Butler, M.Baccarin, W.Abadie
ART HOUSE JUSQU’À L’AUBE 01h59 S.Miyake H.Matsumura, M.Kamishiraishi, Ryô
LE PACTE L’AFFAIRE BOJARSKI 02h08 J.Salomé R.Kateb, S.Giraudeau, B.Bouillon
SHELLAC LAGUNA 01h42 S.Bartas S.Bartas, I.Bartaité, U.Bartaite
CGR EVENTS LA TRAVIATA (THE ROYAL OPERA) 03h00 R.Eyre E.Jaho, G.Sala, A.Isaev
DORIANE FILMS LE RENDEZ-VOUS DES QUAIS 01h33 P.Carpita F.Munoz, R.Manunta, A.Maufray
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LES COURAGEUX 01h20 J.Gordon O.Kolb, J.Kalisz Saurer, P.Besnier
HAUT ET COURT PALESTINE 36 01h59 A.Jacir J.Irons, H.Abbass, K.Basha
AMAZING DIGITAL STUDIOS RUSALKA 03h00 F.Savoir
MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION SANS PITIÉ 01h34 J.Hosmalin A.Bessa, T.Jallab, J.Turnbull
S04
21 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
L'ATELIER DISTRIBUTION AMOUR APOCALYPSE 01h40 A.Émond P.Hivon, P.Perabo, C.Jessup
PYRAMIDE DISTRIBUTION CHRISTY AND HIS BROTHER 01h34 B.Canty D.Power, D.Noyes, E.Willis
DESTINY FILMS DIAMANTI 02h15 F.Özpetek J.Trinca, L.Ranieri, S.Accorsi
LES FILMS DU WHIPPET EN ROUTE ! 00h40 A.Mironov et Y.Matrosova
UFO DISTRIBUTION GRAND CIEL 01h31 A.Hata D.Bonnard, S.Guesmi, M.Soualem
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR HAMNET 02h05 C.Zhao P.Mescal, J.Buckley, E.Watson
SHELLAC IMPERIAL PRINCESS 00h48 V.Vernier I.Perminova
MISSION LA VOIE NORMALE 01h14 E.Sehiri
GAUMONT DISTRIBUTION LE MAGE DU KREMLIN 02h25 O.Assayas P.Dano, J.Law, A.Vikander
SURVIVANCE LE RETOUR DU PROJECTIONNISTE 01h28 O.Aghazadeh
CGR EVENTS LUDOVIC 01h40 R.Letzgus
TRAFALGAR RELEASING MEGADETH: BEHIND THE MASK 01h48 C.Tebo D.Mustaine, J.LoMenzo, D.Verbeuren
KMBO OLIVIA 01h11 I.Iborra O.Bagué, J.Évole, B.Pato
PARAMOUNT PICTURES FRANCE PRIMATE 01h29 J.Roberts T.Kotsur, J.Sequoyah, J.Alexander
MY SECRET ANGEL COMPANY SOUFFRANCE ET DÉLIVRANCE 01h29 J.CIRANNA
PARADIS FILMS TAFITI 01h22 N.Wels C.Henman, B.Dietrich, T.Schmuckert
WAYNA PITCH UNE PAGE APRÈS L'AUTRE 01h35 N.Cheuk L.Yip, R.Cheng, H.Chan
21FILMS VIES ET MORTS DE MAX LINDER 01h39 E.Porembny R.Bichet, M.Adamczuk, P.Anid
S05
28 JAN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
LE PACTE BAISE-EN-VILLE 01h34 M.Jauvat M.Jauvat, E.Bercot, W.Lebghil
BLUE NOTE FILMS BEL AMI 01h57 J.Geng X.Gang, W.Qing, Z.Zhang
METROPOLITAN FILMEXPORT DREAMS 01h38 M.Franco J.Chastain, I.Hernández, R.Friend
STUDIOCANAL GOUROU 02h04 Y.Gozlan P.Niney, M.Barbeau, A.Bajon
LES FILMS DES DEUX RIVES HOWARD ZINN, UNE HISTOIRE POPULAIRE AMÉRICAINE 2 01h52 O.Azam et D.Mermet
LES FILMS DU PRÉAU LA GRANDE RÊVASION 00h45
PATHÉ FILMS LA GRAZIA 02h13 P.Sorrentino T.Servillo, A.Ferzetti, O.Cinque
ARIZONA DISTRIBUTION LA RECONQUISTA 01h48 J.Trueba F.Carril, I.Arana, A.Garrido
MÉTÉORE FILMS LA VIE APRÈS SIHAM 01h16 N.Messeeh
SINGULARIS FILMS LE CHASSEUR DE BALEINES 01h33 P.Yuryev V.Onokhov, V.Lyubimtsev, K.Asmus
PAN DISTRIBUTION LES LÉGENDAIRES 01h32 G.Ivernel R.Doduik, E.Dumand, E.Tilloloy
POTEMKINE FILMS NAKED 02h06 M.Leigh D.Thewlis, L.Sharp, C.Skinner
NOUR FILMS NUREMBERG 02h28 J.Vanderbilt R.Malek, R.Crowe, M.Shannon
JOUR2FÊTE PROMIS LE CIEL 01h32 E.Sehiri A.Maïga, D.Christelle Naney, L.Ky
SONY PICTURES RELEASING FRANCE RECONNU COUPABLE 01h40 T.Bekmambetov C.Pratt, R.Ferguson, A.Wallis
NIGHTSHIFT
RÉTROSPECTIVE MÁRTA MÉSZÁROS (3 FILMS)
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
24 N°507 / 7 janvier 2026
S06
4 FÉV
08
S07
11 FÉV
15
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
CGR EVENTS 200% LOUP 01h36 A.Stadermann I.Swindells, S.Georgina, E.Nabben
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE À DEMAIN SUR LA LUNE 01h20 T.Balmès
CGR EVENTS AMADOU ET MARIAM : SONS DU MALI 01h28 R.Marley
DIAPHANA DISTRIBUTION À PIED D'ŒUVRE 01h32 V.Donzelli B.Bouillon, A.Marcon, V.Ledoyen
KMBO BISCUIT LE CHIEN FANTASTIQUE 01h32 S.Wageman O.Wilson, S.Billingsley-Rodriguez, D.Littman
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE BLUEY AU CINÉMA : COLLECTION “EN CUISINE” 00h55 J.Brumm et R.Jeffery D.McCormack, M.Zanetti, B.Elliott
LES FILMS DU LOSANGE
CYCLE RAYMOND DEPARDON PHOTOGRAPHE (7 FILMS)
MITIKI DIS-MOI SUR QUEL PIED TU DANSES 01h12 P.Ménard
LES ALCHIMISTES LA LUMIÈRE NE MEURT JAMAIS 01h48 L.Parppei S.Kujala, A.Kauno, C.Auer
TANDEM LE GÂTEAU DU PRÉSIDENT 01h42 H.Hadi B.Nayyef, S.Qasem, W.Khreibat
DESTINY FILMS LE GRAND PHUKET 01h38 L.Yaonan L.Rongkun, Y.Xuan, K.Hang
CORPUS FILMS LES ÂMES BOSSALES 01h21 F.Perlier
CINÉMA PUBLIC FILMS LES TOUTES PETITES CRÉATURES 2 00h38 L.Izzard
PATHÉ FILMS MARSUPILAMI 01h39 P.Lacheau P.Lacheau, J.Debbouze, T.Boudali
WILD BUNCH DISTRIBUTION N121 - BUS DE NUIT M.Aïssaoui R.Belaïche, B.Diombera, G.Gevin-Hié
DORIANE FILMS RAK 01h33 C.Belmont S.Frey, L.Kedrova, A.Deleuze
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE RENTAL FAMILY 01h50 M.Miyazaki B.Fraser, M.Yamamoto, T.Hira
METROPOLITAN FILMEXPORT RETOUR À SILENT HILL 01h46 C.Gans J.Irvine, H.Anderson, E.Templeton
CONDOR DISTRIBUTION THE MASTERMIND 01h50 K.Reichardt J.O'Connor, A.Haim, J.Magaro
PATHÉ LIVE UN BAL MASQUÉ 03h00 G.Deflo M.Polenzani, A.Netrebko, L.Tézier
CGR EVENTS WOOLF WORKS (THE ROYAL BALLET) 03h30 W.McGregor
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
WAYNA PITCH 303 02h23 H.Weingartner A.Spieker, M.Emde, C.Erikson
EUROZOOM 5 CENTIMÈTRES PAR SECONDE 02h01 Y.Okuyama H.Matsumura, H.Yoshioka, A.Miyazaki
ARP SÉLECTION AUCUN AUTRE CHOIX 02h19 P.Chan-Wook L.Byung-Hun, Y.Son, S.Cha
SONY PICTURES RELEASING FRANCE GOAT - RÊVER PLUS HAUT T.Dillihay et A.Rosette C.McLaughlin, D.Harbour, Jelly Roll
WARNER BROS. FRANCE "HURLEVENT" E.Fennell M.Robbie, J.Elordi, H.Chau
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE IT’S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY 01h46 A.Berg J.Buckley, B.Harper
LE PACTE LES DIMANCHES 01h58 A.Ruíz de Azúa B.Soroa, P.López Arnaiz, J.Minujin
STUDIOCANAL LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE C.Barratier L.Hector, N.Filbrandt, O.Gerbi
NEW STORY LES IMMORTELLES 01h29 C.Deruas L.Garrel, L.Aura, E.Béart
PANAME DISTRIBUTION LES VOYAGES DE TEREZA 01h27 G.Mascaro D.Weinberg, R.Santoro, M.Socarrás
PAN DISTRIBUTION L'INFILTRÉE 01h35 A.Sylla A.Sylla, M.Laroque, Kaaris
APOLLO FILMS LOL 2.0 L.Azuelos S.Marceau, T.Alessandrin, V.Elbaz
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION PERSONNE NE RIRA 01h34 H.Bočan J.Kačer, S.Rehakova, J.Schvalina
JHR FILMS SAINTE-MARIE-AUX-MINES C.Schmitz R.Burger, F.Soetens
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE SEND HELP 01h53 S.Raimi R.McAdams, D.O'Brien, E.Ismail
DAVID SERERO PRODUCTIONS SERGE LAMA - LE FILM 01h10 D.Serero S.Lama, L.Fabian, J.Clerc
JOUR2FÊTE SOULÈVEMENTS 01h45 T.Lacoste
SPLENDOR FILMS STAND BY ME 01h29 R.Reiner R.Phoenix, R.Dreyfuss, C.Feldman
CGR EVENTS / ADN
THE DANGERS IN MY HEART: THE MOVIE
AD VITAM URCHIN 01h39 H.Dickinson F.Dillane, M.Northam, A.Waked
S08
18 FÉV
22 22
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DULAC DISTRIBUTION AU-DELÀ DE KATMANDOU A.Murphy
STUDIOCANAL COLD STORAGE 01h39 J.Campbell J.Keery, G.Campbell, L.Neeson
PATHÉ FILMS COUTURES 01h47 A.Winocour A.Jolie, E.Rumpf, L.Garrel
TAMASA DISTRIBUTION GREEN LINE 02h30 S.Ballyot
SONY PICTURES RELEASING FRANCE KISS OF THE SPIDER WOMAN 02h08 B.Condon D.Luna, Tonatiuh, J.Lopez
CONDOR DISTRIBUTION LA FAMILLE ADDAMS 01h39 B.Sonnenfeld A.Huston, R.Julia, C.Lloyd
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LA FEMME CACHÉE 01h41 B.Bensaddek A.Bertrand, N.Harzoune, A.Henry
ARIZONA DISTRIBUTION LE MYSTÉRIEUX REGARD DU FLAMANT ROSE 01h48 D.Cespedes T.Cortes, M.Catalán, P.Dinamarca
GAUMONT DISTRIBUTION LE RÊVE AMÉRICAIN A.Marciano J.Zadi, R.Quenard
MÉTÉORE FILMS LE RIRE ET LE COUTEAU (VERSION INTÉGRALE) 05h30 P.Pinho S.Coragem, C.Diára, J.Guilherme
CARLOTTA FILMS LES FILLES 01h50 S.Peries V.Chaturani, A.Jinadasa, J.Samaraweera
LITTLE KMBO L'OURSE ET L'OISEAU 00h41 M.Caudry et A.Peuffier N.Lvovsky, B.Belin, Estéban
ART HOUSE LOVE ON TRIAL 02h03 K.Fukada K.Saito, Y.Kura, K.Tsuda
PYRAMIDE DISTRIBUTION MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX 01h20 P.Bonitzer D.Podalydès, A.Alvaro, M.Guillot
METROPOLITAN FILMEXPORT MARTY SUPREME 02h29 J.Safdie T.Chalamet, G.Paltrow, O.A’zion
HAUT ET COURT SUKKWAN ISLAND 01h55 V.de Fontenay S.Arlaud, W.Norman, A.Pöysti
GEBEKA FILMS SUPER CHARLIE 01h20 J.Holmberg O.Wahlsteen, S.Strand, S.Björklund
UFO DISTRIBUTION UN MONDE FRAGILE ET MERVEILLEUX 01h50 C.Aris M.Akl, H.Akil, J.Kassar
S09
25 FÉV
01
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PATHÉ LIVE ATHOS - AU CŒUR DE LA PATROUILLE DE FRANCE 01h30 M.Giombini
SND CHERS PARENTS E.Patron A.Dussollier, Miou-Miou, A.Ducret
CGR EVENTS GISELLE (THE ROYAL BALLET) 03h30
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE IS THIS THING ON? 02h04 B.Cooper W.Arnett, L.Dern, A.Day
TAMASA DISTRIBUTION JAMES ET LA PÊCHE GÉANTE 01h20 H.Selick P.Terrry, S.Sarandon, R.Dreyfuss
EPICENTRE FILMS JUSTA 01h28 T.Villaverde M.Cunha, B.Faria, R.Vidal (II)
MALAVIDA FILMS LA FAMILLE HOMOLKA 01h20 J.Papousek J.Sebanek, M.Motlova, F.Husak
L'ATELIER DISTRIBUTION LA TRAQUE DE MERAL 01h31 S.Bouma G.Naber, D.Yurdakul, R.Thiry
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR LE SON DES SOUVENIRS 02h09 O.Hermanus J.O'Connor, P.Mescal, C.Cooper
EUROZOOM LUPIN THE IIIRD THE MOVIE: LA LIGNÉE IMMORTELLE 01h32 T.Koike K.Kurita, A.Ôtsuka, D.Namikawa
LE PACTE ORWELL: 2+2=5 02h00 R.Peck D.Lewis
ORIFLAMME FILMS QUARTIER LIBRE 01h12 C.Delsaux L.Dubarry, G.Vandeweerd, M.Zenou
AD VITAM RUE MÁLAGA 01h56 M.Touzani C.Maura, M.Etura, A.Boulane
PARAMOUNT PICTURES FRANCE SCREAM 7 K.Williamson N.Campbell, C.Cox, I.May
THE JOKERS FILMS THE GRANDMASTER 02h03 W.Kar-Wai T.Leung Chiu-Wai, Z.Zhang, C.Chang
KMBO THE UGLY 01h42 S.Yeon J.Min Park, H.Kwon
ARP SÉLECTION UN ÉTÉ À LA FERME 01h40 H.Willocq
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS WELCOME TO EUROPE 02h00
DIAPHANA DISTRIBUTION WOMAN AND CHILD 02h11 S.Roustaee P.Izadyar, S.Mohebi, P.Maadi
N°507 / 7 janvier 2026
25
Emission
BNP PARIBAS
AU CŒUR DES ÉQUILIBRES DU CINÉMA
La banque partenaire historique
du 7 e art répond aux besoins
de financement de l’ensemble
des acteurs de la filière. Un
accompagnement fondé sur
l’expertise, le conseil et la durabilité,
comme l’ont décrit Ariane Cohen,
directrice du Centre d’affaires
Image et Médias, et Denis Campion,
directeur général de Cofiloisirs, dans
l’Émission.
©Boxoffice Pro
Au terme d’une réorganisation de ses activités, BNP
Paribas s’est renforcé d’une « ligne métier » Médias et
Cinéma – dirigée par Henri de Roquemaurel et Claire
Hélène Massau –, qui recouvre notamment les activités
du Centre d’affaires Image et Médias. « Nous sommes en
charge d'entreprises de l’univers des médias au sens large,
dont l’édition, la presse, les télécoms, le jeu vidéo… et bien
entendu, le cinéma, pour répondre à leurs besoins de financement,
en conseils, en évolution de capital comme en
prévention des risques – qui peuvent être cyber ou assurantiels.
Pour les exploitants, nous proposons également des services
dans le domaine des paiements et, parfois, du développement
à l'international », explique Ariane Cohen, qui dirige ce
Centre d'affaires. Denis Campion rappelle de son côté
que Cofiloisirs, spécialisé dans le financement du contenu
audiovisuel et cinématographique, s'adresse essentiellement
aux producteurs avec 40 experts, mais qu’originellement,
« il a été créé, il y a plus de 50 ans, pour financer le développement
des salles ». Ce que la structure, désormais
adossée à BNP Paribas, continue de faire auprès des
cinémas indépendants, tandis que « le Centre d’Ariane
gère de grands groupes nationaux et internationaux ».
Une expertise sectorielle organisée
Dans le contexte de recul de fréquentation, le directeur
général de Cofiloisirs a observé « un certain nombre
d’établissements en souffrance », mais également des
cinémas art et essai – notamment parisiens – qui ont
« plutôt bien fonctionné. À l'échelle du Centre d’affaires
comme de Cofiloisirs, nous avons pu, au cas par cas, réaliser
des aménagements de prêts pour passer cette période, mais
les sollicitations n’ont pas été massives et nous avons toujours
trouvé des solutions ».
Reste un point de fragilité pour les exploitants : « leur
capacité d’investissement », prévient Ariane Cohen. Pour
ce faire, BNP Paribas, qui accompagne plus de la moitié
du parc de salles français, a développé « des offres attractives,
tant en termes de taux que de durée » Dans un souci
de durabilité, certains financements sont « fléchés lorsque
le sous-jacent est ce que l’on appelle “green” : des projecteurs
LED, des systèmes de climatisation… ». Les projets sont
Ariane Cohen, directrice du Centre d’affaires Image et Médias, et Denis Campion, directeur général de Cofiloisirs, dans l’Émission du 18 décembre 2025
étudiés au cas par cas, « par des équipes dédiées, qui
regardent ce qui se fait ailleurs et qui ont un vraie expertise
et un vrai rôle de conseil pour amener nos clients vers une
exploitation plus durable ». Des efforts qui, au-delà de
la dimension environnementale, portent également
leurs fruits en matière d’attractivité du métier, comme
le souligne Denis Campion : « Aujourd'hui, les jeunes
recrues sont très attentives aux bonnes pratiques de leurs
employeurs en termes de politique RSE. »
Accompagner le risque
« Parmi les acteurs qui prennent le plus de risque dans la
filière », BNP Paribas et Cofiloisirs sont également présents
auprès des distributeurs, et particulièrement attentifs à
ce que les montants investis en minimums garantis soient
« raisonnables, en rapport avec la capacité des structures ».
Mais là aussi, « il y a des situations très différentes », observe
Denis Campion qui se garde de dresser des « constats
définitifs entre les tendances longues et les effets conjoncturels
d'une année difficile ».
Côté production, en 2025, Cofiloisirs est fier d’avoir
accompagné un record de plus de 200 projets, mais son
directeur général est conscient d’une « polarisation entre
petits et grands films, et moins de titres intermédiaires », et
de plans de financement « de plus en plus tendus ». Et si,
dès lors, le recours à des coproductions internationales
permet d'optimiser les ressources, « c'est aussi beaucoup
plus technique à monter. Et donc, c'est là aussi où les experts
de Cofiloisirs interviennent, pour accompagner les producteurs
dans la structuration de leur financement ».
Cette année encore, BNP Paribas sera de la Fête du
Cinéma, « pour la 22 e fois consécutive », se réjouit Ariane
Cohen, en rappelant que la banque est également
partenaire de 40 festivals à travers le monde et qu’elle
a invité un total de 100 000 personnes au cinéma dans
l’année. Début décembre, elle a notamment offert 5 000
places pour la 4 e édition de son opération Ciné Culte
autour de James Cameron, organisée dans cinq villes.
Enfin, depuis fin avril dernier, le Pathé BNP Paribas
est devenu un épicentre des activités de diffusion de la
banque, accueillant associations partenaires, clients et
collaborateurs autour de nombreux événements.
Une expérience de branding qui résonne comme la
consécration de l'histoire d’une banque qui aime le
cinéma… et « qui pourrait être reproduite dans d'autres
villes en France, avec d'autres partenaires ».
Emission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
Ayşegül Algan
26 N°507 / 7 janvier 2026
L’ACTUALITÉ DE
L’EXPLOITATION ET DE LA
DISTRIBUTION CINÉMA
LE MAGAZINE PRO
ET LES SUPPLÉMENTS
LE DIRECT
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@boxofficefr
Événement
©NICOL Claire
LE SOMMET DES ARCS
AU PIC DU PROGRÈS
En marge des Arcs Film Festival,
le rendez-vous professionnel a
convié exploitants, distributeurs
indépendants et fournisseurs
à réfléchir sur les questions de
démocratie, d’innovation…
et de vin chaud.
Ce 17 e Sommet des Arcs marquait un changement majeur
dans son organisation, Quentin Stallivieri en étant devenu
le responsable suite au départ d’Anne Pouliquen l’année
dernière pour se consacrer intégralement à Futura Cinema.
Mais comme les précédentes années, l’événement a fait
la part belle aux multiples actions pour dynamiser les
salles ou apporter un nouveau regard sur l’exploitation.
En témoigne l’atelier ludique Vis ma vie, en partenariat
avec LuckyTime, où exploitants et distributeurs ont
inversé leurs rôles le temps de quelques heures pour se
rendre compte des défis et contraintes du quotidien de
chacun, ou le Laboratoire des initiatives qui s’est concentré
sur quatre projets. Privio, bien connu des professionnels
pour ses services de screener (lien de visionnage sécurisé
d’un film), a présenté son cloud augmenté, permettant
de stocker un certain nombre de films, de gérer des KDM
et même de créer des DCP. Juliette Vigoureux est intervenue
sous sa casquette Cut ! pour faire une démonstration
de Count !, le premier calculateur écologique des salles,
en accès libre : « Le but n’est pas de dire qu’il y a des bons
ou des mauvais élèves selon le bilan carbone, mais de comprendre
sa dépendance aux énergies fossiles, donc sa vulnérabilité. »
Présents en 2024 pour introduire cinesociety data,
Thierry Delpit et Marie Razin ont cette année dévoilé
les résultats de leur outil permettant de collecter les
données des cinémas pour mieux cibler les spectateurs.
Une hausse d’entrées est ainsi observée dans les salles
participantes, à l’instar de celles utilisant cinesociety
social. Enfin, Frédéric Cornet, manager des Cinémas
Galeries de Bruxelles, a présenté l’offre illimitée Cineville
La traditionnelle session de luge du Sommet
en Belgique. Lancée en juillet 2022 suite à la réussite du
modèle néerlandais, l’initiative a également su y trouver
son public avec 13 000 abonnés et quelque 110 000
entrées enregistrées sur les 12 derniers mois dans 26
cinémas. Un projet présent dans cinq pays européens, et
qui devrait arriver en France sous le nom Cinessentiel,
développé en collaboration avec Cine Group (voir p. 6).
Pratiquer les nouvelles pistes
Ce Sommet était également une occasion de présenter
des projets de cinémas innovants, dont l’ouverture est
prévue dans les prochains mois. Benjamin Gondard a
dévoilé les contours du nouveau cinéma de trois salles
Le Patio à Gex (Ain), en remplacement du mono-écran
municipal art et essai dont il est responsable. Le transfert
aura normalement lieu au printemps prochain, illustrant
la belle dynamique de l’établissement qui a renoué avec
sa fréquentation pré-Covid. Le nouveau lieu a ainsi été
construit de la manière la plus accessible possible, avec
un hall pensé comme « un sas de décompression », un espace
canapés, des caisses mobiles… En outre, le bâtiment a
été enterré pour bénéficier de la géothermie, et ainsi
atteindre des températures raisonnables sans traitement d’air.
Thomas Legal, connu en tant que directeur de la programmation
chez The Jokers, était cette fois-ci présent sur
scène pour parler du CiNey, dans le 18 e arrondissement
parisien. Développé par l’association La Sierra, en partenariat
avec Paris Habitat, La Mission locale de Paris et
la Fondation de l'Armée du Salut, l’espace culturel et
28 N°507 / 7 janvier 2026
L'atelier Vis ma vie
social devrait ouvrir entre février et mars prochains. Ce
lieu de 1 500 m² sera organisé en trois pôles – culture,
insertion et mieux manger –, et sera équipé de deux
écrans pour 176 places, dont l’architecture s’est adaptée
à deux contraintes : impossibilité de construire en dessous
(passage du métro) ni au-dessus (présence d’autres bâtiments).
Dans un souci d’y investir au mieux la population
locale, la programmation sera participative, et « une
réflexion sur la VF est en cours ».
Enfin, Victor Courgeon a livré un peu plus de détails
sur le cinéma municipal Alice Guy de Bobigny (Seine-
Saint-Denis), aussi prévu pour février-mars. Ce nouvel
établissement viendra dynamiser une ville de 55 000
habitants qui n’a plus connu de cinéma fixe depuis la
fermeture du Magic, en 2019. Au total, six salles sont
attendues, dont trois hybrides pouvant également accueillir
du spectacle vivant. Le hall est conçu comme un espace
de vie à travers un café – qui abritera probablement une
librairie – et « un espace confiserie en bonne et due forme ».
Le nouveau cinéma sera accessible aussi bien par sa grille
tarifaire qu’en transports en commun, grâce aux lignes
de métro 5 et, bientôt, 15.
Café démocratique
Moment éminemment attendu du Sommet, le Café des
indés proposait cette année cinq ateliers autour de la
démocratie. Un thème d’actualité au regard des récentes
ingérences d’élus locaux dans la programmation de
plusieurs cinémas, ainsi que des prochaines élections
municipales en mars. Les participants ont, pour certains,
Le quizz SensCritique a, comme chaque année, enflammé les participants.
©NICOL Claire ©NICOL Claire
relaté leurs expériences de pressions par des élus ou des
spectateurs, entraînant parfois une autocensure. Particulièrement,
les réseaux sociaux ont été relevés comme
un espace d’amplification des tensions, pour les exploitants
comme les distributeurs, où les posts mettant en valeur
une personne issue d’une minorité – selon la couleur de
peau, le genre ou encore l’orientation sexuelle – reçoivent
de nombreux commentaires haineux. Il a toutefois été
souligné que cela ne se transcrit que très rarement, voire
jamais, dans des actions concrètes dans les cinémas.
Les ateliers du GNCR et de l’ACID avaient deux thèmes
similaires, portant sur la défense de l’indépendance
artistique de la salle de cinéma face à l’interventionnisme
politique. Globalement, un travail de médiation auprès
des élus serait bénéfique, que ce soit via une formation
ou une journée de pédagogie sur le fonctionnement du
cinéma. Les exploitants peuvent aussi être formés, notamment
sur les bases juridiques à connaître face à des cas
d’ingérence. À ce titre, un guide juridique et pratique
sur la liberté de création – incluant donc la programmation
– a été conçu par le ministère de la Culture. L’ACID
propose également de mettre en place, « avant les élections
municipales », une charte d’indépendance de la programmation
entre les cinémas municipaux et leurs tutelles.
Une idée semblable à celle du GNCR, qui conseille
l’ajout, dans les conventions passées avec les collectivités
territoriales, de clauses de non-ingérence dans la programmation
et les animations. Le Groupement avance en
outre que cela pourrait, après réflexion avec le CNC, être
une condition d’attribution de la subvention art et essai.
©NICOL Claire ©NICOL Claire
Les participants du Laboratoire des initiatives, et au centre Quentin Stallivieri, responsable du Sommet
Enfin, l’ACID évoque l’importance de « remettre les
questions esthétiques au cœur du débat », pour rappeler
« l’expertise des formes cinématographiques » des
exploitants.
Dans la lignée de ces discussions, le SCARE s’interrogeait
sur les manières de programmer un film dont le sujet
divise, dans un contexte où « certains événements organisés
par les exploitants peuvent être récupérés politiquement ». Il
a tout d’abord été suggéré que les distributeurs identifient
les sujets potentiellement problématiques dans les films,
afin d’en discuter en amont avec les exploitants qui,
ensuite, préparent leurs équipes, des médiateurs aux
agents d’accueil, ces derniers étant ceux qui ont « le rapport
le plus direct avec les spectateurs, et donc leurs retours ». Les
cinéastes peuvent également être prévenus et préparés
sur les points de tensions, notamment dans le cas de
débats avec le public. De son côté, le SDI, en collaboration
avec LuckyTime, réfléchissait aux stratégies de communication
pour garantir l’accès et la visibilité de sorties
potentiellement entravées. A émergé la nécessité d’une
communication continue, des producteurs aux exploitants,
pour connaître les problèmes qu’ont pu rencontrer certains
films, et mieux les anticiper pour les combattre. Le
Syndicat de distributeurs a également rappelé l’importance
de trouver les bons relais médiatiques pour un film, en
n’oubliant pas la parole prescriptrice des influenceurs.
La question des créateurs de contenus a également été
abordée à l’atelier de l’AFCAE qui, dans le prolongement
de son colloque (voir le Boxoffice Pro du 17 décembre
2025), proposait une réflexion sur la cinéphilie comme
Le Café des indés
N°507 / 7 janvier 2026
29
Événement
Palmarès
Les Arcs Film Festival 2025
Flèche de cristal
Mr. Nobody Against Putin
de David Borenstein et Pavel Talankin (Loco Films, en salles)
©Pavel Talankin
Mr. Nobody Against Putin de David Borenstein et Pavel Talankin
Grand prix du jury
Little Trouble Girls
d’Urška Djukić (ASC Distribution, 11 mars)
Prix d’interprétation
Milan Ondrík pour Father
de Tereza Nvotová (Epicentre, 13 mai)
Robert Aramayo et Scott Ellis Watson pour I Swear
de Kirk Jones (Tandem, 8 avril)
Prix de la meilleure musique originale
Michal Rataj et Jonas Struck pour Mr. Nobody Against
Putin de David Borenstein et Pavel Talankin
Prix de la meilleure photographie
Gergely Pálos pour Silent Friend
d’Ildiko Enyedi (KMBO, 1 er avril)
Prix du jury jeune
I Swear de Kirk Jones
Prix des Cinglés du cinéma
Maspalomas
d’Aitor Arregi et José Mari Goenaga (Epicentre, 24 juin)
Prix Cineuropa
Trois Adieux
d’Isabel Coixet (Nour Films, septembre 2026)
Prix du public
I Swear
de Kirk Jones
©NICOL Claire
vecteur de lien social et démocratique. Des capsules vidéo
peuvent par exemple être réalisées pour viser un public
jeune, à l’instar de partenariats autour des coups de cœur
15-25. Les discussions ont également porté sur les manières
de parler de “cinéphilie” sans renvoyer une image élitiste.
Des line-ups au sommet
En amont du traditionnel vin chaud, cinq distributeurs
et l’ACID ont présenté leurs boucles de line-ups. Et pour
Les Films du Préau, 2026 débutera le 28 janvier avec
La Grande Rêvasion. Les trois courts métrages animés
qui composent ce programme de 45 minutes abordent
la confiance en soi. À découvrir à partir de 4 ans. Le 4
mars viendra Fantastique, un documentaire de Marjolijn
Prins sur une jeune circassienne guinéenne. Le distributeur,
qui suit le film depuis cinq ans, réaffirme ici sa volonté
de poursuivre la diffusion de documentaires. Un travail
d’accompagnement pourra être effectué avec plusieurs
écoles de cirque, et un dossier pédagogique bientôt à
disposition. À partir de 8 ans.
2025 était une année importante pour L’Atelier Distribution,
qui a tenu à remercier les exploitants pour le
succès de Muganga - Celui qui soigne, son plus grand
succès (plus de 280 000 entrées). Le 21 janvier sera
distribué Amour apocalypse, une sortie d’envergure
attendue sur environ 100 copies. Passée par la Quinzaine
Présentation de I Swear par le réalisateur, Kir Jones, et l’équipe de Tandem.
des Cinéastes, cette comédie romantique québécoise
s’inscrit dans la lignée d’un Simple comme Sylvain, et sera
accompagnée en tournée par la réalisatrice Anne Émond
ainsi que l’acteur principal Patrick Hivon. Le distributeur
a ensuite évoqué les autres titres qui composeront son
line-up 2026 : La Traque de Meral de Stijn Bouma le
25 février – qui montre les conséquences d’une casse
sociale –, Holding Liat de Brandon Kramer le 1 er avril
– documentaire dans la lignée de No Other Land – et
D’où vient le vient d’Amel Guellaty le 3 juin – sur une
jeunesse post-révolutionnaire.
Chez Paname, 2025 a également été faste, avec plus de
trois films au-dessus des 100 000 entrées : Jane Austen a
gâché ma vie, Vermiglio et L’Épreuve du feu. Le distributeur
a dévoilé de nouvelles images des Voyages de Tereza de
Gabriel Mascaro (11 février), Ours d’argent à la Berlinale
2025, la bande-annonce de La Gifle de Frédéric Hambalek
(18 mars) et le teaser de Cocotte de György Pálfi (22
avril), un film « à hauteur de poule ». 2025 était une
excellente année pour Nour qui a connu son plus grand
succès, Life of Chuck (290 000 entrées). 2026 débutera
avec la plus grande sortie de son histoire, Nuremberg de
James Vanderbilt le 28 janvier, lendemain d’une série
d’avant-premières nationales pour la Journée mondiale
dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Suivront,
le 11 mars, Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis, une
grande fresque sur trois générations, puis Une fille en
or de Jean-Luc Gaget le 15 avril, Cosmos de Germinal
Roaux le 6 mai, Elisa de Leonardo Di Costanzo le 3
juin, I Was A Stranger de Brandt Andersen en juin, Des
fleurs pour Tokyo de Yuiga Danzuka (passé par la Quinzaine
des Cinéastes) en août, puis Trois Adieux d’Isabel
Coixet en septembre. Enfin, le distributeur annonce
plusieurs projets en cours d’écriture, comme On était
des loups de François Busnel et Malika de Mounia
Meddour. 2026 sera également un exercice dense pour
Wayna Pitch, qui annonce sept titres jusqu’à août : Une
page après l’autre de Nick Cheuk le 21 janvier, Précieuse(s)
de Fanny Guiard-Norel le 18 mars, A Second Life de
Laurent Slama le 15 avril, Vanilla de Mayra Hermosillo
le 13 mai, Silent Rebellion (titre susceptible d’être changé)
de Marie-Elsa Sgualdo le 3 juin, Cotton Queen de
Suzannah Mirghani le 1 er juillet et La Fille Condor
d’Alvaro Olmos Torrico le 19 août.
Pour la première fois, l’ACID présentait une boucle au
Sommet. L’occasion de rappeler les nombreux films que
l’association soutient, à commencer par Laurent dans
le vent d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo
Eustachon, en salles depuis le 31 décembre chez Arizona.
Sont également accompagnés La Vie après Siham de
Namir Abdel Messeeh (Météore, 28 janvier), La lumière
ne meurt jamais de Lauri-Matti Parppei (Les Alchimistes,
4 février), Green Line de Sylvie Ballyot (Tamasa, 18
février), Drunken Noodles de Lucio Castro (Outplay,
18 mars), La Couleuvre noire d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux
(ARP, 25 mars) et Entroncamento de Pedro
Cabeleira (Les Alchimistes, printemps 2026). Pour rappel,
l’ACID accompagne ces films en prenant en charge
plusieurs rencontres, en fournissant des dépliants gratuits
pour les salles adhérentes ou encore à travers ses jeunes
ambassadeur·ices.
Jules Dreyfus
30 N°507 / 7 janvier 2026
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VOSTFR
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Distribution
DU FILM À L’ÉVÉNEMENT,
LA STRATÉGIE FRANCE DE
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT
Après ses débuts en solo dans les salles
tricolores en compagnie de Godzilla
Minus One fin 2023, la société de
distribution internationale poursuit
son développement en France. Un
marché « unique », dans lequel Caspar
Nadaud, PDG fondateur de Piece Of
Magic Entertainment, entend déployer
une offre décloisonnée s’appuyant
sur l’expérience et le savoir-faire des
exploitants locaux.
Vous avez fondé Piece Of Magic Entertainment,
après plus de deux années passées à la direction
de Pathé Live en France. Qu'est-ce qui a motivé
cette aventure internationale ?
Après la très belle opportunité et les enseignements de
Pathé Live, j’ai souhaité prendre ma liberté d'entrepreneur,
notamment en matière de ligne éditoriale. Un
tout premier partenariat en 2017 avec le violoniste et
chef d’orchestre André Rieu m'a donné l'opportunité
de travailler avec 60 pays et plus de 4 000 salles. Depuis,
en sept ans, nous avons développé toute une offre
composée de films, de documentaires, d’animes, de
preschool pour le jeune public et d’événements musicaux
et gaming que nous proposons à travers le monde, et
notamment en France, notre premier titre à sortir sous
l’unique enseigne Piece Of Magic Entertainment – et
non en collaboration avec un autre distributeur – a été
Godzilla Minus One, en décembre 2023.
Quelles forces observez-vous en matière de diffusion
de contenus alternatifs dans les salles
françaises ?
Je n’aime pas le terme “contenu alternatif”,
car Piece Of Magic Entertainment
propose également
des films, comme Les Courageux,
de Jasmin Gordon, que
nous sortons en France le
14 janvier prochain. Certes,
nous sommes principalement
positionnés sur le
hors-film, aux côtés de
distributeurs spécialisés
déjà établis. Il reste de la
place pour un acteur
additionnel, et on voit
la force des salles françaises
sur ces sorties, dans
un pays où le contenu
événementiel, notamment
local, est si développé,
comme le montre le succès
de Mylène Farmer - Nevermore
- Le Film [plus de
400000 entrées en novembre
2024, sous bannière Pathé Live,
ndlr.], sans compter ceux de Jul,
Michel Sardou, Johnny Hallyday…
Caspar Nadaud, PDG fondateur de Piece Of Magic Entertainment
Mais autant de succès très spécifiques à notre
marché…. Quelles sont les types de contenus
que Piece Of Magic Entertainment va proposer
en France ?
Nous interrogeons toujours notre offre en fonction de
son public potentiel dans le pays, et bien entendu de son
calendrier de sorties. Parmi nos axes spécifiques de
développement en France, nous avons les concerts de
musique, comme le Official Release Party Of A Showgirl
de Taylor Swift en octobre dernier, ou le documentaire
musical It’s Never Over, Jeff Buckley d’Amy Berg, prévu
pour le 11 février.
Les exploitants français sont également très preneurs
de nos titres pour les 3-5 ans, à programmation flexible ;
Sam Le Pompier - Nouvelle Caserne, Grandes Aventures !
en octobre dernier a notamment lancé le label Petits
Pestacles d’UGC, tout comme Bluey au cinéma :
Collection “En cuisine” en février 2026.
©Piece of Magic Entertainment
It’s Never Over, Jeff Buckley d’Amy Berg
Bluey au cinéma : Collection “En cuisine”
Et bien entendu, dans un pays qui a une si grande
culture de l’anime et reste un pays phare dans le domaine
pour l’Europe, nous allons proposer des reprises événementielles
de Dragon Ball et d’Akira en 4K.
Qui dit sortie française, dit visa d'exploitation ;
comment s’effectue votre choix de recourir à un
visa classique ou exceptionnel ?
En fonction du public. Pour certains titres, le meilleur
moyen de l'atteindre est de créer l’urgence, en
focalisant le marketing vers la création d’un momentum
à leur sortie. La démarche est d’autant plus pertinente
pour les propositions où l'esprit de communauté
à rassembler est aussi important que le film.
C’est le cas des animes, mais également des
événements gaming comme le League of Legends
World Championship, auparavant proposé via
Pathé Live, mais que nous distribuerons désormais
nous-mêmes en France. Qu'un programme,
disponible gratuitement en ligne, affiche des
taux d’occupation de 80 à 90 % en salles, montre
que le cinéma a quelque chose d’unique à offrir,
y compris à un public qui n’y va pas souvent.
La chronologie des médias est un cadre unique
pour lequel nous avons le plus grand respect.
Je sais que Kaizen d’Inoxtag, en septembre 2024,
a créé la polémique car il n’a pas respecté les règles de
diffusion sous visa exceptionnel, mais aussi prouvé la
capacité de ces contenus non traditionnels à attirer
le public jeune.
©Merri Cyr ©Ludo Studio
32 N°507 / 7 janvier 2026
©Piece Of Magic Entertainment
Comment se passe la collaboration entre votre
équipe, basée à Amsterdam, et les exploitants
français ?
Je savais qu’on ne pouvait pas se positionner sur ce
marché sans une équipe dédiée qui connaît bien le
territoire et le métier, comme notre directrice distribution
France, Manon Dulauroy, qui vient de Studiocanal, et
notre directrice marketing Sophie Ménard, qui vient
de Walt Disney Company France. Après nos
Les Courageux de Jasmin Gordon
collaborations historiques via des partenaires locaux,
nous sommes donc en train de bâtir une relation directe
avec les exploitants français, dont le savoir-faire et la
connaissance du public est unique. Et ils savent que le
contenu hors-film peut ajouter de la couleur à la fréquentation
de leurs salles, en réintroduisant le cinéma dans
le paysage de publics nouveaux… et fidèles.
Propos recueillis par Aysegül Algan
Line-up 2026
14 janvier : Les Courageux de Jasmin Gordon
4 février : Bluey au Cinéma : Collection “En cuisine’’
11 février : It’s Never Over, Jeff Buckley d’Amy Berg
Juillet : Akira de Katsuhiro Ôtomo (en 4K)
Fin août : Concert d’été d’André Rieu
3 e trimestre : Finale des championnats du Monde de
League of Legends (retransmission en direct)
Décembre : Concert de Noël d’André Rieu
D’autres sorties seront annoncées ultérieurement.
Contact programmation :
Manon Dulauroy, directrice de la distribution France
06 24 28 11 50 / Manon.Dulauroy@pieceofmagic.com
ARIZONA TOUT FEU TOUT FLAMME
POUR LA RECONQUISTA
Le distributeur lance, ce 28 janvier, un film inédit de son fidèle compagnon de route Jonás Trueba,
également mis à l’honneur par une rétrospective du Centre Pompidou.
Quatrième long métrage du cinéaste espagnol, La Reconquista
suit Manuela et Olmo, deux trentenaires qui se
sont aimés il y a 15 ans, et se retrouvent exceptionnellement
pour une soirée alors que leur vie a changé, mais le passé
est quant à lui resté intact. Une histoire d’amour rompue,
contrairement à celle entre Arizona et Jonás Trueba, qui
a démarré en août 2020 avec la sortie de Eva en août, et
a depuis abouti à quatre autres collaborations. Mais avec
La Reconquista, la donne est légèrement différente, le
long métrage ayant été réalisé en 2016. Pour autant,
Bénédicte Thomas l’affirme : « C’est un film inédit, non
de patrimoine. » La fondatrice et dirigeante d’Arizona
explique avoir voulu le distribuer depuis plusieurs années,
mais le rythme de production de Jonás Trueba, qui
s’approchait d’un film par an, l’en a notamment empêchée.
Finalement, « les planètes se sont alignées » pour le 28
janvier, lendemain de l’ouverture de la rétrospective
dédiée au cinéaste organisée par le Centre Pompidou,
accueillie au mk2 Bibliothèque*.
Entre 50 et 100 copies sont visées par la distributrice,
qui travaille « en parallèle » de la rétrospective, afin de
mieux souligner cette sortie nationale. Elle pourra ainsi
compter sur plusieurs partenaires média, comme Télérama,
Le Monde, Les Inrockuptibles et Les Cahiers du Cinéma.
Ces derniers ont justement régulièrement soutenu Jonás
Trueba, classant depuis 2020 trois de ses quatre films
dans leur top 10 annuel. Cela a participé à installer le
réalisateur auprès d’un public « cinéphile comme l’on en
trouve partout en France, mais également en province »,
évoque Bénédicte Thomas, « avec de grands succès dans
des salles très fidèles comme l’ABC de Toulouse ou le Méliès
©Losilusos films
de Grenoble ou les Studios de Tours ». La distributrice salue
également un « fort soutien des associations de salles. L’AFCAE
et l’ACID avaient conjointement soutenu Eva en août,
l’ACID Qui à part nous [sorti en 2022, ndlr.], Septembre
sans attendre [sorti en 2024, ndlr] avait été montré aux
Rencontres nationales de Cannes de l’AFCAE et soutenu
par le GNCR, qui soutient également la sortie de La
Reconquista ».
À l’occasion de sa grande avant-première en ouverture
de la rétrospective, Jonás Trueba sera présent en France
et y restera quelques temps pour « assister à quelques
dates en région, et ainsi retrouver les salles » qui ont
accueilli ses films à des niveaux que ni lui, ni Bénédicte
Thomas n’auraient pu espérer. Lors d’un échange le
lendemain d’une projection d’Eva en août à La Rochesur-Yon
en 2020, le réalisateur avait ainsi confié à la
distributrice ses doutes quant à l’intérêt d’une sortie
française. Le film, lancé le 5 août entre les deux fermetures
de salles, rencontrera finalement un joli succès,
couronné par une nomination au César du meilleur
film étranger. De quoi amorcer idéalement une histoire
d’amour avec la France, et préparer le terrain pour
La Reconquista.
Jules Dreyfus
* Pendant les travaux de rénovation du Centre Pompidou, toutes ses projections sont
délocalisées au mk2 Bibliothèque.
N°507 / 7 janvier 2026
33
International
PATHÉ OUVRE UN CINÉMA À RABAT
©Pathé Cinémas
Le leader de l’exploitation française a inauguré,
le 16 décembre, son second établissement au
Maroc.
Le Pathé Dar Essalam est situé au cœur du petit centre
commercial du même nom, dans un quartier résidentiel
de l’ouest de la capitale. Son aménagement a été confié
au cabinet de l’architecte Patrick Genard, basé à Barcelone,
qui réalise ici son premier cinéma.
Le complexe propose quatre salles premium d'une capacité
totale de 149 fauteuils (une grande de 80 places, et trois
petites salles VIP de 23 places chacune), toutes équipées
d’écrans Samsung Onyx 2 4K et du son Dolby Atmos.
En somme, le Pathé Dar Essalam « s’intègre dans l’écosystème
très qualitatif de son site d’implantation », explique Frédéric
Godfroid, directeur général de Pathé Maroc.
Si les séances VIP, avec leurs prestations spécifiques – dont
de restauration – peuvent monter à 250 dirhams (environ
23,30 €), « nous sommes restés attentifs à préserver l'accessibilité
culturelle de l'établissement, soit à ne pas dépasser
certains seuils symboliques, avec un tarif plein à 95 dirhams
(8,85 €), un tarif étudiant à 70 dirhams (6,50 €) et un
tarif enfant à 60 dirhams (6,50 €) dans la salle traditionnelle
», énumère le dirigeant.
Aux côtés des cinémas déjà présents dans la capitale
marocaine – dont un CinéAtlas et un Megarama qui a
inauguré, le 17 décembre dernier, une salle IMAX de
150 places –, le Pathé Dar Essalam mise sur une fréquentation
annuelle de 100 000 entrées. Un cap d’autant plus
clair que « le public marocain témoigne d’une vraie appétence
pour les films locaux, ces derniers représentant 12 % des
films projetés et plus de 30 % des entrées du Pathé de Casablanca
», note Frédéric Godfroid.
©Pathé Cinémas
Une salle VIP du Pathé Dar Essalam
Sur le continent africain, Pathé est pour rappel également
présent en Tunisie, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Au Maroc, où il a fait son arrivée fin 2023 avec le
Pathé Californie de Casablanca, le circuit est associé,
depuis avril dernier, à Marjane Group. Parmi les projets
à venir de la joint-venture détenue à 60 % par le leader
local de la grande distribution alimentaire et à 40 %
par Pathé, figure le Pathé Hay Riad, également à
Rabat. « L’offre de ce cinéma, qui devrait être finalisé
d’ici un an et demi ou deux ans, sera complémentaires,
en termes de programmation comme d’expérience, du
Pathé Dar Essalam », précise le directeur général, en
attendant de dévoiler, « assez rapidement », les autres
projets du circuit au coq dans le royaume.
Ayşegül Algan
ÉTATS-UNIS : UNE FRÉQUENTATION RENFORCÉE PAR LA GEN Z
Cinema United a publié le 17 décembre la mise
à jour de son rapport “Strength of Theatrical
Exhibition”, qui porte l’analyse du secteur de
l’exploitation états-unienne au-delà du box-office
« irrégulier » de cette année 2025.
« Le box-office du week-end est important, mais une analyse
de l’industrie à l’échelle annuelle, prenant en compte d’autres
facteurs du marché, offre une vision plus complète de la
solidité du secteur », souligne Michael O’Leary, président
et CEO de Cinema United. Comme la dynamique initiée
par les efforts des cinémas en matière de fidélisation de
leurs publics, la montée en gamme de l’expérience… et
les spectateurs de la génération Z, dont l'assiduité en
salles a progressé de 25 % au cours des douze derniers mois.
Principaux enseignements du rapport
“Strength of Theatrical Exhibition” de
décembre 2025 :
• le nombre de spectateurs assidus (ceux qui voient au
moins six films par an, selon les usages statistiques
américains) a progressé de 8 % ;
©LexScope/Unsplash
• 77 % des Américains âgés de 12 à 74 ans se sont
rendus au cinéma au moins une fois, soit plus de 200
millions de personnes ;
• les nouvelles inscriptions aux programmes de fidélité
des cinémas d’Amérique du Nord sont en hausse de
15 % (entre 2024 et 2025) ;
• la génération Z affiche la plus forte hausse de fréquence
de fréquentation, toutes tranches d’âges confondues,
avec une moyenne de 6,1 visites (contre 4,9 précédemment)
; ainsi, 41 % des spectateurs de la génération
Z se sont rendus au cinéma six fois ou plus (contre
31 % en 2022). Par ailleurs, d’après des données inédites
sur cette Gen Z*, ses attentes prioritaires en matière
de sortie cinéma sont l’offre confiserie (23 %) et les
expériences immersives (18 %).
A.A.
*issues de l’étude “Attention Equation” du cabinet McKinsey & Company
34 N°507 / 7 janvier 2026
Exploitation
REPRISE DU CINÉMA
CASINO DE BAGNOLS-SUR-CÈZE…
Après avoir récemment fondé Émotions Distribution,
Kevin James et David Masson succèdent à Anne-Marie
et Mathieu Duffès au cinéma Casino de Bagnols-sur-
Cèze, dans le Gard rhodanien. Les nouveaux exploitants
ont acquis le fonds de commerce, tandis que la Mairie
est désormais propriétaire des murs par l’intermédiaire
de l’Établissement public foncier Occitanie.
L’équipe du Cinéma Émotions de Bagnols-Sur-Cèze avec, de gauche à
droite, Kevin James (cogérant), Pascal Di Nardo (projectionniste), David
Masson (cogérant) et Mohamed Hamzaoui (projectionniste)
Le cinéma de 4 salles et 666 fauteuils était exploité par
la même famille depuis sa création, sous forme de monoécran,
en 1947, voyant défiler trois générations.
« Je remercie Anne-Marie et Mathieu qui, jusqu’à leur
retraite bien méritée, ont pris soin de leurs spectateurs et de
leur personnel. Leur énergie nous a donné confiance pour
prendre la suite et faire perdurer ce cinéma de proximité,
moderne et à la programmation éclectique », explique Kevin
James. Le jeune homme cumule lui aussi quelques années
d’expérience en exploitation, de son service civique passé
à « déchirer des tickets de cinéma » à la direction du Véo
Grand Lumière de Saint-Chamond et de CGR de Troyes.
À Bagnols-sur-Cèze, le cinéma a repris les séances le 10
décembre dernier après quelques jours de travaux consacrés
au hall, au comptoir confiserie et à la nouvelle enseigne :
Cinéma Émotions. Parmi les projets en équipement, le
nouvel exploitant espère « arriver au plus vite au laser » et
…ET DU CINÉMA PAX DE LOURDES
Nouvelle collaboration occitane entre Charles Mascagni
(Le Régent de Saint-Gaudens et Le Grand Rio de Lannemezan)
et Ludovic Graillat, après Le Grand Palais de
Cahors, Les Toiles du Rex de Pamiers et le Cinéma Rex
de Luchon. À Lourdes, les deux exploitants aguerris se
sont associés à Marine Sans, l'ancienne directrice adjointe
du Royal de Biarritz devenant par ailleurs la nouvelle
directrice du Cinéma Pax.
Auprès de la Ville de Lourdes, cette dernière affiche son
ambition d’inscrire l'établissement « sur le territoire, de
nouer des partenariats avec les associations, de travailler
avec tous les publics ». Et ceci, avec des tarifs accessibles et
une approche événementielle incluant ciné-débats,
rencontres avec des réalisateurs et, « possiblement », des
retransmissions d’opéras ou d'événements sportifs.
Le Cinéma Pax (trois salles, de respectivement 280, 123
et 80 places), partie intégrante du patrimoine lourdais
depuis près de 95 ans, avait suspendu ses séances en mai
dernier. Il devrait rouvrir ses portes dès le premier trimestre
2026, « après quelques travaux de rénovation et une remise
aux normes », indique le site de la Ville. Il avait accueilli
14 641 spectateurs en 2024.
©Émotions Groupe
©Émotions Groupe
©Service communication de la Ville de Lourdes
réfléchit à une rénovation de l’ensemble du bâtiment.
« C’est un lieu qui va vivre avec la ville et ses habitants, et
évoluer avec eux », note Kevin James, fier d’avoir gardé
les trois salariés, l’agent d'entretien Lyliane et les projectionnistes
Pascal et Mo, « les Messieurs cinéma de la ville,
connus de tous, et qui connaissent tout le monde ».
Dans la commune de 18 000 habitants (environ 60 000
avec l’agglomération), le cinéma a accueilli 70 000
spectateurs en 2024, dans un paysage concurrentiel
« assez faible », avec Uzès à 45 minutes, Orange à 30
minutes et, à 15 minutes, le cinéma classé art et essai
de Pont-Saint-Esprit, programmé par Jean-Philippe
Sicaud de l’Urfol – qui s’occupera également de la
programmation du Cinéma Émotions.
Côté Émotions Distribution, Kevin James et David
Masson prévoient trois sorties dans les mois à venir,
pas encore datées. « Tous nos films feront leurs avant-premières
mondiales chez nous, à Bagnols, à un tarif spécial
de 2 euros exclusivement reversé au réalisateur. L’idée ici
n’est pas de gagner de l’argent, mais de faire découvrir ces
nouveaux films au public, et faire du Cinéma Émotions
une terre de découverte », conclut Kevin James, qui
projette également d’y créer un festival de courts métrages
et un festival de premiers films.
A.A.
Pour rappel, Lourdes, peuplée de 13 000 habitants (près
de 17 000 dans l’ensemble de l’agglomération), mais
recevant la visite d’environ 3 millions de pèlerins annuels,
est actuellement également équipé du mono-écran Majestic
– dédiée aux films de foi – et du mono-écran généraliste
Le Palais, au Palais des Congrès.
A.A.
©Alice Perromat Architecture et Olivia Fauvelle Architecture
LE CÉSAR
DE MARSEILLE
CONNAÎT SON
AVENIR
L’historique cinéma art et essai de la place Castellane,
ouvert en 1938 par Marcel Pagnol et fermé depuis
deux ans, devrait bientôt connaître une nouvelle
jeunesse. La Ville de Marseille, qui l’avait préempté
et souhaitait qu’il devienne un tiers-lieu culturel,
va en confier les clés aux sociétés du Lucernaire (le
cinéma parisien) et du Théâtre des Criques (fondateur
du Festival à la Bonne Mère), qui vont ensemble
en faire un espace pluridisciplinaire « innovant »,
mêlant activité cinématographique, salle de théâtre,
librairie et petite restauration. La décision a été
votée lors du Conseil municipal du 18 décembre.
Le projet comprend deux salles de cinéma art et
essai, de 90 et 50 places, et une grande de 200 places
« permettant des projections de films grand publics,
des représentations de théâtre et, ou la tenue d’évènements
spécifiques ». Le lieu abritera donc aussi un
café-restaurant et un “carré” librairie. Selon la Ville
de Marseille, « ce projet a été sélectionné afin que le
César se réinvente comme un lieu de vie, en affirmant
d’abord sa vocation première : le cinéma ». La municipalité
entend « redonner toute sa place à la culture
dans le renouveau de la place Castellane, qui bénéficiera
notamment de la prolongation du tramway et d’un
espace public apaisé ».
Pour rappel, Le César avait fermé en 2023, alors
exploité par Jean Mizrahi, qui n’avait pu trouver
de modèle économique tenable, contrairement au
cinéma “frère” de la Canebière, Les Variétés, qu’il
avait toutefois revendu en 2024. Et c’est en août
dernier que la mairie de Marseille avait lancé un
appel à projets pour que le César soit repris et
transformé.
Si la Ville n’indique pas de date précise, le nouveau
César pourrait rouvrir fin 2026-début 2027, d’après
la presse locale. Et les travaux devraient être
importants.
C.V.
N°507 / 7 janvier 2026
35
Focus Exploitation
©Ciné Sologne
LA FAMILLE FOURNEAU
SE DÉVELOPPE DANS LE LOIR-ET-CHER
Quelques années après
le nouveau cinéma de
Romorantin-Lanthenay,
Julie et Adrien Fourneau
ont dévoilé, le 17 décembre
dernier, un complexe flambant
neuf au Controis-en-Sologne,
au sud de Blois.
C’est avec une fierté palpable que la famille d’exploitants
accueille, depuis trois semaines, les nombreux spectateurs
dans leur nouvel écrin, qui marque le retour du cinéma
dans la commune après plusieurs décennies d’absence.
L’aboutissement d’un projet de longue haleine, initié
en 2017 par l’ancien maire de Contres (intégrée depuis
2019 dans la commune nouvelle de Controis-en-Sologne
avec Feings, Fougères-sur-Bièvre, Ouchamps et Thenay)
qui sollicite alors Francis Fourneau pour transformer
un ancien hangar en un mono-écran. Finalement, la
réhabilitation prendra la forme d’un équipement de
deux, puis trois salles.
©Ciné Sologne
Repris par le fils Adrien et son épouse Julie, le projet
s’appuie également sur l’expertise de Cédric Aubry (Cinéma
Confluences), qui œuvre déjà avec la famille Fourneau
sur la construction du complexe de Romorantin-Lanthenay
(ouvert en 2021). Après quelques difficultés, le terrain
idéal est trouvé au niveau de l’ancien Intermarché, destiné
à devenir une zone de loisirs, l’Agoräe, regroupant, à
terme, une salle de crossfit, des terrains de padel, un
espace de jeu indoor pour enfants ou encore un restaurant,
accompagnée de la création de 200 logements et d’une
coulée verte reliant au centre-ville. « Le projet a pris du
temps, mais pour les bonnes raisons », résume Adrien Fourneau.
Avec Julie, ils savourent la livraison du site, malgré
un « calendrier serré », après un lancement des travaux
l’été dernier.
Configuration optimale
Fidèle à l’allure des cinémas clé-en-mains proposés par
Cédric Aubry et son architecte Véronique Kirchner, le
Ciné Sologne arbore une large façade vitrée, surplombée
d’une grande marquise et flanquée de parois aux tons
rouge, gris et marron. Dans le hall lumineux, outre un
comptoir-caisses, des bornes automatiques jalonnent
le parcours spectateur jusqu'aux salles, tandis qu’un
espace détente se distingue avec un mobilier en velours
côtelé, touche « cosy chic » du site. Avec 291 places au
total, le site présente donc des salles de capacité relativement
contenue – « il vaut mieux, pour l’expérience du
public, des petites salles pleines que des grandes salles vides »
–, équipées en projection 4K laser, en son Dolby 7.1,
ainsi qu’avec l’application ListenWIFI, destinée aux
personnes en situation de handicap sensoriel. Budget
total : 2,8 M €, dont 300 000 € du CNC et 1,7 M €
d’apports personnels. « Nous n’avons pas fait l’impasse
sur le confort ou la qualité des équipements », se félicite
Adrien Fourneau.
36 N°507 / 7 janvier 2026
La programmation, qui allie films grand public et
d’auteur, est orchestrée par le circuit CVL, l’entente de
programmation dirigée par la famille Fourneau et qui
regroupe une douzaine de cinémas en région Centre-Val
de Loire, dont Le N3 de Lamotte-Beuvron, récemment
rénové [voir Boxoffice Pro n°506]. « Dans l’idée, tout ce
qui fonctionne à Romorantin va être déployée au Controis »,
glisse Adrien Fourneau, citant le ciné club, le programme
Connaissances du monde, le hors-film avec une soirée
hypnose, le ciné Boutchous où les enfants de 3 ans se
voient remettre leur diplôme du premier cinéma, et
bien d’autres. Le couple d’exploitants vise le classement
art et essai et ambitionne de décrocher les labels Jeune
public et Répertoire.
©Ciné Sologne
Potentiel à 60 000 entrées
L’étude de marché, prudente, réalisée par CinéConseil,
table sur 55 000 entrées annuelles, « mais il y a le potentiel
pour faire au moins 60 000 ». Le nouvel établissement
s’insère en effet dans un contexte géographique assez
favorable, le premier et principal concurrent, le CGR
de Blois, étant à plus de 30 minutes de route. « Nous
sommes sur un vrai projet de création de public et c’est pour
ça que nous faisons ce métier avec passion. Quand des
spectateurs, dès le plus jeune âge, nous remercient d’avoir
construit un cinéma dans leur ville, il n’y a rien qui peut
nous rendre plus fiers », se réjouit Adrien Fourneau, qui,
avec Julie, espère bien développer d’autres projets de ce
type à l’avenir. « Mais pas tout de suite… »
Tanguy Colon
©Ciné Sologne
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : SAS CINE SOLOGNE (ADRIEN FOURNEAU &
JULIE JEGOU)
Maître d’œuvre / pilote : ADVK ARCHITECTURE (VÉRONIQUE KIRCHNER)
Bureau de contrôle : APAVE
BÂTIMENT
Gros œuvre : MATHE LEITE CONSTRUCTION
Climatisation/chauffage : CLIMASET
FAÇADE/HALL
Comptoir : CINEMOB
Système de billetterie : MONNAIE SERVICES
Signalétique intérieure : SONIS
Enseignes façade : ARROW
Affichage dynamique : SONIS
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 141 4 12m Dolby 7.1. 4K Xénon
2 87 3 9,80m Dolby 7.1. 4K Xénon
3 53 3 7,80m Dolby 7.1. 4K Xénon
TOTAL 281 10
CABINES/SALLES
Projecteurs : CINEMECCANICA / BARCO DP4K
Fauteuils : FAUTEUILS CLUB ANTHRAX ELARGI
Installateur : KLS
EXPLOITATION
Programmation : CIRCUIT CVL (CINEXPANSION DU VAL DE LOIRE)
SITE INTERNET
Conception : ERAKYS
*Basé sur le déclaratif de la salle
N°507 / 7 janvier 2026
37
Miscellanées
Nous vous remercions chaleureusement
pour vos gestes et vos témoignages
d’affection. Votre présence à nos côtés
durant cette épreuve difficile
nous a apporté un vrai réconfort.
Vos fleurs et vos mots apaisants
ont été un véritable soutien pour nous
lors de la perte de notre cher mari,
père et grand-père
CLAUDE DAMIANTHE
Michelle, son épouse
Véronique et William ses enfants,
Anton et Eva, ses petits enfants.
PROCHAINE CDACi
DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO
04/02/26 SAS LES CINÉMAS DE MACS CINÉLANDES 5 532 Projet de création Benesse-Maremne Landes
Communauté de communes Maremne
Adour Côte Sud
AFCAE : Coup de Cœur
Surprise Jeune Public
À l’occasion de ses 70 ans, l’AFCAE décline son
opération “Coup de Cœur Surprise” pour les enfants,
avec une sélection de films jeune public en avant-première,
pour les 3-5 ans, 6-7 ans et 8-10 ans. L’opération
se tiendra pendant les vacances d’hiver 2026 en deux
temps : les 17 et 18 février pour les cinémas des zones
A et B ; les 24 et 25 février pour ceux de la zone C.
Chaque salle participante pourra programmer jusqu'à
deux films de différentes tranches d’âge, proposés en
accord avec les distributeurs, et s’engagera à accompagner
les séances (ciné-goûters, jeux, animations).
Ouverture des inscriptions et annonce des films sélectionnés
le 8 janvier.
2 e Prix Cinéma des
Enseignants UGC-MAIF
Le prix créé en 2024 par le Groupe UGC, en partenariat
avec la MAIF et avec le soutien de Réseau Canopé, est
reconduit. 900 000 enseignants, de la maternelle au lycée,
peuvent ainsi désigner leur titre favori parmi 10 films de
2025, « sélectionnés pour leur pertinence pédagogique », et
qui seront rediffusés dans les salles UGC du 14 au 27
janvier 2026, dans le cadre des “Incontournables” de
l’année : L’Étranger (Gaumont) ; Arco (Diaphana) ; La
Venue de l’avenir (Studiocanal) ; Amélie et la métaphysique
des tubes (Haut et Court) ; Mémoires d’un escargot (Wild
Bunch) ; Un simple accident (Memento) ; Une bataille
après l’autre (Warner) ; A Normal Family (Diaphana) ;
L’Attachement (Diaphana) et À Bicyclette ! (Ad Vitam).
Formation exploitation
de la Fémis
Les inscriptions au parcours de formation professionnelle
“direction d’exploitation cinématographique”
proposé par la grande école du cinéma sont ouvertes
en ligne jusqu’au 1 er février 2026 minuit. Pour rappel,
cette formation est dispensée via un parcours complet
diplômant (titre de niveau 7 Master) ou un parcours
personnalisé certifiant, et éligible au financement de
l’Afdas, d’Uniformation, de Transition Pro, des Régions
et de France Travail.
Soutiens
ADRC
Séances accompagnées
Le Gâteau du Président de Hasan Hadi
(Tandem - 4 février)
Les Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro
(Paname, 11 février)
Stand By Me de Rob Reiner (ressortie, Splendor
Films, 11 février)
Le Mystérieux Regard du flamant rose
de Diego Céspedes (Arizona Distribution, 18 février
GNCR
Films recommandés
Justa de Teresa Villaverde (Epicentre, 25 février)
Les Saisons de Maureen Fazendeiro (Norte,
25 mars)
Soutiens
Bouchra de Meriem Bennani et Orian Barki
(sans distributeur, 3 juin)
AGENDA DE LA PROFESSION
CONVENTION METROPOLITAN FILMEXPORT 13/01/26 PARIS
RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS
JOURNÉES PROFESSIONNELLES VIVA CINÉMA 20 au 27/01/26 VALENCE
FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE
RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP
AG VÉO 12/03/26
JOURNÉES PROFESSIONNELLES DE CINÉMAS 93 17 et 18/03/26 PANTIN
RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON
PRINTEMPS DU CINÉMA 22 au 24/03/26 FRANCE
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS
RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES
FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE
CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD
38 N°507 / 7 janvier 2026
Meilleur film
Meilleur premier film
Meilleur film d’animation
Meilleure musique originale
"LA RENCONTRE ENTRE
E.T. ET MIYAZAKI"
Konbini
"UNE RÉUSSITE
ÉPOUSTOUFLANTE"
Télérama
"AUDACIEUX, INNOVANT,
MAGNIFIQUE"
Le Figaro
"L’UN DES PLUS BEAUX FILMS
DE L’ANNÉE"
Paris Match
Adaptation :
Avec les voix de
Swann Arlaud Alma Jodorowsky Margot Ringard Oldra Oscar Tresanini
Vincent Macaigne Louis Garrel William Lebghil et Oxmo Puccino