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Boxoffice Pro n°507 – 7 janvier 2026

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Bimensuel N°507 / 7 janvier 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

CURIOSA FILMS et LOVe IS IN tHe AIR pRéSeNteNt

eN ASSOCIAtION AVeC ApOLLO FILMS DIStRIBUtION

CRÉATION - PHOTOS : CAROLE BETHUEL

UN SCÉNARIO DE LISA AZUELOS FRÉDÉRIC DA ET THAÏS ALESSANDRIN

AVEC VICTOR BELMONDO SYLVIE TESTUD ISALINE PRÉVOST RADEFF NATHAN JAPY THÉO DELINCAK THÉO AUGIER OSCAR AL HAFIANE GASPARD MEIER MUSIQUE ORIGINALE BONJOUR MEOW IMAGE GILLES PORTE MONTAGE BAPTISTE DRUOT SON BENOÎT GUERINEAU NICOLAS BOUVET-LEVRARD MARCO DOISNE DÉCORS SÉBASTIEN INIZAN COSTUMES JÜRGEN DOERING CASTING EMMANUELLE PREVOST 1 RE ASSISTANTE RÉALISATRICE CRISTINA FREITAS

DIRECTRICE DE PRODUCTION KARINE PETITE PRODUCTEURS EXÉCUTIFS CYRILLE BRAGNIER CHRISTINE DE JEKEL PRODUCTEUR ASSOCIÉ ÉMILIEN BIGNON PRODUIT PAR OLIVIER DELBOSC LISA AZUELOS ET ILAN ALESSANDRIN UNE COPRODUCTION CURIOSA FILMS LOVE IS IN THE AIR FRANCE 2 CINÉMA M6 FILMS APOLLO FILMS DISTRIBUTION UMEDIA AVEC LA PARTICIPATION DE DISNEY+ NETFLIX FRANCE TÉLÉVISIONS M6

AVEC LE SOUTIEN DU TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DE BELGIQUE ET DES INVESTISSEURS TAX SHELTER EN ASSOCIATION AVEC UFUND DISTRIBUTION APOLLO FILMS VENTES INTERNATIONALES GINGER & FED

© 2026 CURIOSA FILMS – LOVE IS IN THE AIR – APOLLO FILMS DISTRIBUTION – FRANCE 2 CINÉMA – M6 FILMS

AU CINÉMA LE 11 FÉVRIER



Bimensuel N°507 / 7 janvier 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

2025

À LA POURSUITE

DE LA FLAMME


L'édito

Sommaire

L’année médusée

L’année vient de se clôturer et s’il est trop tôt pour

savoir si le millésime 2025 donnera de grands crus, on

peut d’ores et déjà affirmer que, côté cinéma, ce ne

sera pas une année mémorable. Si l’on considère les

seuls chiffres de la fréquentation – 157 millions d’entrées,

sa tendance par rapport à 2024, et le peu de films

français dans les sommets (voir en page 8), le bilan est

à l’évidence peu réjouissant. S’il souligne tout autant

la performance de 2024, assez unique dans le paysage

international par la grâce de quelques gros succès

tricolores, que la faiblesse des mois écoulés, il pointe

aussi l’offre. Décriée, elle a pourtant été au rendez-vous

en termes de volume, en égalant voire en établissant

un record historique du nombre de films sortis en

première exclusivité, mais a paradoxalement manqué

de champions, notamment américains. Alors 2025,

une année à oublier ? Non, au contraire. Car elle aura

pointé du doigt la fragilité de notre modèle – au-delà

des attaques politiques toujours plus nombreuses – et

la nécessité de savoir pallier la faiblesse de l’offre. De

toute évidence, lorsque l’offre faiblit, le réflexe cinéma

ne se montre plus aussi résilient qu’il a pu l’être. Il doit

donc être sinon rétabli du moins renforcé, ainsi que le

lien entre salles et public : marketing, utilisation de la

data, programmation…tout devra être mis en œuvre

pour y parvenir. Les salles n’en seront que plus fortes

une fois les fameuses locomotives revenues sur les rails.

Enfin, l’ensemble de l’équipe se joint à moi pour vous

présenter ses meilleurs vœux pour l’année 2026 et

vous souhaiter une année pleine de succès et de

réalisations.

est une publication de

Laurent Cotillon

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

P. 6-7

ACTUS

Cine Group et Cineville BV lancent

Cinessentiel

Échos du déjeuner Unic / Cine Group

Le programme

des Rencontres de Bretagne

P. 8 à 23

BILAN 2025

La rétrospective de l’année :

À la poursuite de la flamme

Le top 10 des films

Un box-office mondial à la hausse

2025 en chiffres

Focus sur le mois de décembre

Entretien avec Guillaume Bachy,

président de l’AFCAE

Le top 10 des films art et essai

La classement des cinémas

Rencontre avec Chloé Delaporte,

sociologue

P. 26

FINANCEMENT

Retour sur l’Émission avec BNP Paribas

P. 28 à 30

ÉVÉNEMENT

Le Sommet des Arcs, au pic du progrès

P. 32-33

DISTRIBUTION

La stratégie française de Piece of Magic

Entertainment

Arizona à La Reconquista

P. 34 à 49

EXPLOITATION

Pathé ouvre un cinéma au Maroc

Les cinémas de Lourdes et de Bagnolssur-Cèze

changent de mains

L’avenir s’éclaircit pour Le César de

Marseille

Focus sur le Ciné Sologne de

Controis-en-Sologne

P. 38

MISCELLANÉES

Soutiens, carnet, CDACi et agenda de la

profession…

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Directeur général délégué média & stratégie

Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr

Rédacteurs

Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr

Collaboration au magazine

Tanguy Colon

Base de données Films

guillaume.martin@webedia-group.com

Publicité / Base de données distributeurs

Pauline Luigi / pauline.luigi@webedia-group.com

Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com

Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com

Réalisation CINE GROUP

Maquette / Infographie

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr

Impression

ORMONT IMPRIMEUR

4 Rue Antoine de Saint-Exupéry

88100 Saint-Dié-des-Vosges

La Rédaction

Crédit page 3 : De gauche à droite : © Sony / Les Acacias

/ Disney / Pathé / Gaumont / Pyramide / Warner

JULIEN MARCEL

Directeur de la

publication

LAURENT COTILLON

Directeur général délégué

média & stratégie

AYSEGÜL ALGAN

Journaliste

CÉCILE VARGOZ

Journaliste

JULES DREYFUS

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

@BoxofficeFrance

@Boxoffice_fr

@boxofficefr

Boxoffice Pro France

4 N°507 / 7 janvier 2026


CJ ENM CO., LTD. PRÉSENTE UNE PRODUCTION MOHO FILM EN ASSOCIATION AVEC KG PRODUCTIONS

Sélection Officielle

AUCUN AUTRE CHOIX

UN FILM DE

PARK CHAN-WOOK

©CARACTÈRES - CRÉDITS NON CONTRACTUELS

LEE BYUNG HUN SON YEJIN PARK HEE SOON LEE SUNG MIN YEOM HYE RAN CHA SEUNG WON

AU CINÉMA LE 11 FÉVRIER


Actualités

CINESSENTIEL : Une offre d’abonnements illimités pour

les cinémas indépendants français

Cine Group et la société néerlandaise Cineville BV ont annoncé, le 18 décembre

dernier, leur partenariat visant à développer des offres d’abonnement

illimité dédiées aux salles de cinéma indépendantes en France.

©Cineville

Cine Group, leader français dans les services de billetterie, marketing digital et information

professionnelle pour les cinémas, et Cineville BV ont donc noué un accord de

coopération exclusif pour la mise en place d’un projet d’offres d’abonnements illimités

conçu pour – et avec – les cinémas indépendants français, nommé Cinessentiel.

Un modèle européen performant…

Présent dans cinq pays européens, Cineville BV – à ne pas confondre avec le circuit de

salles françaises Cinéville – opère depuis plus de seize ans un programme d’abonnement

illimité reconnu pour son impact sur la fréquentation et le renouvellement des publics.

Lancé aux Pays-Bas en 2009 par un groupe d’étudiants, il fédère aujourd'hui 77 cinémas

néérlandais dans 39 villes autour de son abonnement mensuel illimité. De quoi devenir

un acteur majeur du marché local, avec 104 000 abonnés qui, sur les 12 derniers mois,

ont généré 2,5 millions d’entrées – soit 8,6 % de la fréquentation nationale de 2024.

Ces dernières années, le modèle s’est exporté avec succès en Europe – Belgique (voir p.

26), Allemagne, Autriche et Suède –, pour regrouper un total de 222 cinémas partenaires

et 141 000 abonnés (chiffre de novembre 2025), qui ont généré 3,3 millions d'entrées

sur les 12 derniers mois.

… bientôt au service d’un projet français

En coopération avec Cine Group, le modèle Cineville s’adapte donc désormais au

marché français et ses spécificités. « La France est le cœur battant du cinéma indépendant

européen, déclare Samir Azrioual, CEO de Cineville BV, et avec Cine Group comme

partenaire de confiance [à nos] côtés, nous voyons une formidable opportunité de construire

de manière collective un modèle qui soutient les cinémas français, célèbre la diversité et peut

s’appuyer sur la passion des jeunes cinéphiles. »

De gauche à droite : Julien Marcel (président de Cine Group), Samir Azrioual (CEO de Cineville BV)

et Marilyn Iacovissi (directrice générale de Cine Group)

Grâce à leur accord exclusif, Cine Group et Cineville BV analyseront le marché, les

conditions techniques et les besoins des exploitants afin de construire Cinessentiel,

« main dans la main avec les salles indépendantes ».

« Le succès du modèle Cineville dans plusieurs pays européens, particulièrement auprès d’un

public jeune, ouvre de formidables perspectives pour Cinessentiel, commente Julien Marcel,

président de Cine Group. À un moment où l’innovation dans le secteur est plus nécessaire

que jamais, Cinessentiel peut devenir un levier majeur pour renforcer l’attractivité des cinémas

indépendants français grâce à des offres qui favorisent la curiosité du public et une plus

diversité toujours plus grande dans l’offre de films. »

CINE GROUP donne son premier Champs-Élysées Luncheon

Le 19 décembre dernier, à l’issue de l’assemblée générale de l’Union internationale des

cinémas (UNIC) qui se tenait à Paris, Cine Group a organisé son tout premier

“Champs-Elysées Luncheon”, sur la Terrasse des Champs-Elysées de la fameuse avenue

parisienne, auquel ont été conviés les membres de l’association européenne. Des représentants

de fédérations et de grands réseaux d’exploitation (Pathé, Cineplex Deutschland,

UGC, Cineplexx, Cinéville…), issus d’une dizaine de pays – Danemark, France,

Espagne, Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Belgique, Royaume-Uni, entre autres

– ont participé à cette première édition, soutenue par Barco, Cinemanext, Cineville

BV, Comscore, KLS VIP et Vertigo Research. En tout, près de 40 invités ont pu écouter

Gaëtan Bruel introduire ce moment d’échange.

Gaëtan Bruel, président du CNC, lors de l'ouverture du déjeuner Cine Group

Le président du CNC a ainsi évoqué en préambule que malgré le contexte global de

notre secteur – la fréquentation mondiale en baisse de 40 % depuis la pandémie, la

concentration croissante au sein du secteur, l’évolution du modèle économique d’un

certain nombre d’acteurs américains ou encore la pression, aussi bien externe qu’interne,

©Laurent Cotillon pour Boxoffice Pro

sur le cadre réglementaire –, « la France se battra pour le cinéma, pour les cinémas ».

Avant de poursuivre : « Nous devons soutenir la fréquentation de nos salles. L’offre de

films est bien sûr vitale, et pour cette raison, nous devons absolument maintenir notre

soutien aux créateurs et aux producteurs. Mais celui aux salles est décisif, à travers les

nombreux outils dont nous disposons, et notamment dans le soutien politique. Nous

devons construire un consensus national mais aussi local autour de nos cinémas. D’autre

part, au-delà du support financier indispensable, un vrai système de fenêtrage est clé,

pour garantir à l’exploitation une exclusivité. Ted Sarandos s’interrogeait : “Et si l’on

imaginait un système de fenêtres plus favorable aux consommateurs ?”. Pour notre

part, nous préférons répondre : “Et si l’on imaginait un système de fenêtres plus

favorable aux salles de cinéma ?” » Le président du Centre a ensuite évoqué la

nécessité « de rétablir une véritable culture de l’échange autour des films », notamment

dans les médias, et celle de l’éducation à l’image, avec pour objectif de « doubler le

nombre d’étudiants que nous invitons dans les salles afin de développer un véritable

goût pour le cinéma ».

Avant de conclure, en rappelant la stratégie française de renforcement des accords

bilatéraux, sur un appel à l’unité et à l’importance de porter une parole unique

afin de « délivrer les bons messages, notamment à Bruxelles », mais plus largement « à

l’échelle internationale ». Également présent, Jean-Marie Tritant, président du

directoire de la multinationale française spécialisée dans l’immobilier commercial

Unibail-Rodamco-Westfield, a lui aussi pris la parole pour rappeler le besoin du

public de « participer à une expérience. Nous ne sommes absolument pas inquiets de

l’évolution du commerce et du divertissement. Nous sommes convaincus que les gens

ont envie de vivre des moments qu’ils peuvent partager ensemble. Et c’est là que, selon

moi, le cinéma a un rôle à jouer ». Rappelant l’ouverture de deux Netflix House aux

États-Unis, le dirigeant a affiché sa confiance dans les lieux de divertissement : « Ils

vont à la rencontre des clients physiquement. Toutes les marques que nous connaissons

et qui ont commencé en ligne, passent toutes au physique. »

Laurent Cotillon

6 N°507 / 7 janvier 2026


Les Rencontres de Bretagne 2026

déroulent leur programme

Du renfort

chez Les Alchimistes

Cette 25 e édition, toujours organisée par l’association de

cinémas bretons La Règle du Jeu, aura lieu au cinéma

les Korrigans de Guingamp, du 27 au 31 janvier. Comme

chaque année, une vingtaine de films seront proposés en

avant-première, en présence de leurs distributeurs et pour

la moitié d’entre eux de leurs réalisateurs et équipes

artistiques. La programmation n’est pas encore définitive

mais les films sont annoncés… et les inscriptions (réservées

aux exploitants et partenaires) sont ouvertes jusqu’au

21 janvier sur le site de La Règle du Jeu.

MARDI 27 JANVIER

Mon grand frère et moi de Ryôta Nakano (Art House, sortie

le 29/04/26)

Les Enfants de la Résistance de Christophe Barratier,

en présence de l’équipe (Studiocanal, 11/02/26)

La Maison des femmes de Mélisa Godet, en présence

de l’équipe (Pathé, 04/12/26)

MERCREDI 28 JANVIER

Father de Tereza Nvotová (Epicentre, 13/05/26)

Un Voyage en brouette de Arthur D'haeyer, en présence

de l’équipe (production Aakenen)

L’Île de la demoiselle de Micha Wald, en présence de

l’équipe (The Jokers, 25/03/26)

La Guerre des prix de Anthony Dechaux, en présence

de l’équipe (Diaphana, 18/03/26)

I Swear de Kirk Jones (Tandem, 08/04/26)

JEUDI 29 JANVIER

Omaha de Cole Webley (Condor, 29/04/26)

Ceux qui comptent de Jean-Baptiste Leonetti, en présence

de l’équipe (UGC, 15/04/26)

Cocotte de György Pálfi (Paname, 22/04/26)

Mauvaise Pioche de Gérard Jugnot, en présence de

l’équipe (Pan, 01/04/26)

The New West de Kate Beecroft (Pyramide, 29/04/26)

VENDREDI 30 JANVIER

Les Contes du pommier de Patrik Pass Jr., Jean-Claude

Rozec et David Sukup (Gebeka, 08/04/26)

Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M.

Unkovski (KMBO, 03/06/26)

Rue Málaga de Maryam Touzani (Ad Vitam, 25/02/26)

De la Comédie-Française de Bertrand Usclat et Martin

Darondeau, en présence de l’équipe (Zinc., à dater)

C’est quoi l’amour ? de Fabien Gorgeart, en présence

de l’équipe (Zinc., 25/03/26)

SAMEDI 31 JANVIER

Il Maestro de Andrea Di Stefano (Universal, 11/03/26)

Rural de Édouard Bergeon, en présence de l’équipe

(Jour2Fête, 04/03/26)

©DR

Le distributeur indépendant annonce l’arrivée de

Charlotte Pouillot en tant qu’assistante de distribution.

Cette dernière avait intégré le Master 2 Métiers de la diffusion

du cinéma et de l’audiovisuel à l’Université Paul Valéry

de Montpellier. À cette occasion, elle a réalisé son alternance

en tant que journaliste à Boxoffice Pro jusqu’en

septembre 2025. En parallèle, elle a participé à plusieurs

expériences bénévoles en programmation ou organisation

d’événements. Chez Les Alchimistes, aux côtés de Violaine

Harchin, Romane Segui et Charlotte Quéré, Charlotte

Pouillot participera aux sorties prochaines de Forêt rouge de

Laurie Lassalle (14 janvier), ou encore La lumière ne meurt

jamais de Lauri-Matti Parppei (4 février).

Du changement

à la direction du

Nouvel Odéon à Paris

Marsupilami fait Coucou Nous Voilou !

Pathé Films réitère son soutien à l'association

caritative à l'occasion de la campagne nationale

d'avant-premières de la nouvelle comédie de (et

avec) Philippe Lacheau.

Sur les avant-premières du dimanche 25 janvier, le distributeur

s’engage à reverser 25 centimes par entrée à

l'association qui oeuvre à améliorer le quotidien et le

bien-être des enfants et adolescents hospitalisés, et appelle

tous les exploitants à en faire de même. C’est ainsi un

total de 50 centimes qui pourront être collectés pour

chaque ticket d’avant-première, afin de financer la fabrication

de boîtiers cache-poche de chimio ou de perfusion

AbracadaBox, mais également de nombreux autres projets

destinés à améliorer le quotidien des jeunes malades et

hospitalisés (fresques murales, animations, voyages,

équipements…). « L'association subit toujours une forte

baisse des dons et ce soutien est primordial pour les enfants

et adolescents qu'elle accompagne depuis plus de 10 ans »,

souligne Marc Salem, fondateur et délégué général de

Coucou Nous Voilou.

En janvier 2023, puis en février 2025, Pathé Films avait

déjà proposé des avant-premières caritatives en faveur de

l'association lors des avant-premières de Astérix et Obélix :

L'Empire du Milieu, puis de God Save the Tuche. Pour

rappel, ces dons sont déductibles d'impôt à hauteur de

60 %. Pour rappel, Marsupilami sort le 4 février.

Plus d’informations :

Un nouveau chapitre s’ouvre pour le Nouvel Odéon en ce

début d’année 2026. Directeur de la salle parisienne depuis

mai 2022, Arnaud Boileau est remplacé par Élise Laurent,

qui travaillait depuis l’été 2024 comme responsable animation

et accueil au sein du mono écran. Elle avait auparavant

occupé pendant trois ans la fonction de responsable

communication et événementiel au cinéma Les 7

Batignolles, dans le 17 e arrondissement.

Créée au milieu des années 1960 sous le nom de Racine

Odéon, le Nouvel Odéon avait été racheté et rebaptisé en

2009 par la société Haut et Court, qui a entrepris plusieurs

travaux de modernisation. L’établissement, membre du

réseau des Cinémas indépendants parisiens, abrite

aujourd’hui 120 places et un espace bar, autour d’une

programmation éclectique et riche en ciné-clubs.

N°507 / 7 janvier 2026

7


©The Walt Disney Company France2 025

BILAN

2025

Zootopie 2

À LA POURSUITE DE LA FLAMME

Alors que 2024 affichait une

progression par rapport à l’année

précédente, 2025, malgré ses deux

dernières semaines explosives,

est bien plus terne au regard de

ses douze mois. Un résultat qui

interroge l’avenir : était-ce un exercice

exceptionnellement bas, ou est-ce le

nouveau normal ?

2025 est (enfin) finie, et totalise près de 157 millions

d’entrées (156,79 M), d’après les estimations du CNC,

grâce à un excellent mois de décembre à 20,7 millions

de spectateurs, le meilleur résultat post-Covid [voir p.

15]. Il s’agit en revanche d’un recul de 25 millions de

billets par rapport à 2024 [voir fig. 1]. Un tel écart entre

deux années successives ne s’était pas produit depuis

1987 – hors période Covid –, où 136 millions d’entrées

avaient été enregistrées, soit 31,2 millions de moins que

1986. La chute de la fréquentation s'était accentuée

jusqu'en 1992, avec 116 millions de spectateurs ; toutefois,

le contexte d'aujourd'hui est bien différent. Pour Gaëtan

Bruel, président du CNC, « ce résultat ne doit pas occulter

la pertinence de notre modèle sur le long terme : un réseau

de salles d’une densité incomparable qui permet à une grande

diversité de films de toucher tous les publics, et une part de

marché des films nationaux qui fait de la France une exception

en Europe et dans le monde ».

Un manque constant de dynamisme

L’année a commencé timidement, en se reposant surtout

sur les continuations de décembre 2024, à l’exception

de Un ours dans le Jura – et notons à une plus petite

échelle le joli succès de Personne n’y comprend rien. 13,8

millions d’entrées sont ainsi enregistrées en janvier, un

résultat bien loin des 17,7 millions de moyenne réalisés

avant Covid [voir fig. 2]. Mais le grand écart se crée en

février : habitué à 23,1 millions de tickets entre 2017 et

2019, voire 26 millions en 2016, le deuxième mois de

l’année ne draine plus autant de spectateurs. Et si l’offre

cette année semblait attractive sur le papier, les entrées

n’ont finalement pas atteint les hauteurs espérées : God

Save The Tuche, Paddington au Pérou, Captain America :

Brave New World ou encore Un parfait inconnu dominent

la fréquentation, mais pas suffisamment pour la porter

au-dessus des 14,3 millions d’entrées. Ceci confirmant

que février est, depuis 2022, le mois qui accuse le plus

fort recul par rapport à l’avant Covid, avec une baisse

moyenne de 34,7 %. « Ces vacances d’hiver sont la première

alerte de l’année, alors que les premières semaines suivaient

un rythme similaire à 2024 », rappelle Éric Marti, directeur

général de Comscore France.

Ces 14,3 millions d’entrées sont le plus haut score mensuel

que les cinémas connaîtront avant… décembre. En effet,

à partir de mars, la fréquentation fluctue autour des 12

millions de spectateurs, revenant à 14,3 millions en juillet

mais chutant à 9,57 millions en septembre. Ainsi, l’écart

type* entre janvier et novembre s’élève à 1,71 million,

soit la plus faible valeur depuis 1992. Un résultat qui

traduit un manque de dynamisme du box-office malgré

les vacances scolaires, et l’absence de film porteur, comme

8 N°507 / 7 janvier 2026


Fig. 1 - Variation de 2025 par rapport aux précédentes années | Source CNC

ANNÉE ENTRÉES VARIATION

2024 181,54 -13,65 %

2023 180,39 -13,10 %

2022 152,02 3,12%

2019 213,19 -26,47 %

2018 201,18 -22,08 %

2017 209,35 -25,12 %

2016 213,14 -26,45 %

2015 205,34 -23,66 %

CE RÉSULTAT NE DOIT PAS

OCCULTER LA PERTINENCE

DE NOTRE MODÈLE SUR LE

LONG TERME

Gaëtan Bruel,

président du CNC

l’avait été Un p’tit truc en plus en 2024. Éric Marti note

toutefois un écart type important entre les semaines,

signe d’un autre « paradoxe » de 2025, année en dents de

scie. La traversée du désert retrouve quelques éclaircies

à partir de la sortie simultanée de Lilo & Stitch et Mission :

Impossible - The Final Reckoning en mai, qui se prolonge

jusqu’à la Fête du Cinéma. Une bonne dynamique sur

deux mois observée depuis 2022, et qui contraste avec

celle pré-Covid. Néanmoins, l’été qui suit est aride, et

totalise 24,2 millions de billets entre juillet et août : le

plus bas résultat depuis 2003. Mais Éric Marti se veut

rassurant : « Le marché a été bas, mais ne s’est jamais effondré. »

Puis vient septembre où, après une première semaine

historiquement basse, plusieurs titres grand public (Conjuring

: L’Heure du jugement, Demon Slayer : Kimetsu No

Yaiba - La Forteresse infinie film 1), art et essai (Sirāt,

Muganga - Celui qui soigne), voire les deux en même

temps (Une bataille après l’autre), laissent espérer un début

de dynamique.

L’espoir ne durera pas longtemps, les vacances de la

Toussaint atterrissant loin des résultats des deux

* L’écart type indique la dispersion des valeurs par rapport à leur moyenne au sein d’une

liste. Plus il est élevé, plus il traduit une hétérogénéité des valeurs les unes par rapport

aux autres. À l’inverse, plus il est bas, plus elles s’approchent les unes des autres.

précédentes années. Et alors qu’octobre attirait au moins

14 millions de spectateurs depuis 2021 (18,8 millions

en 2017-2019), il n’en dénombre que 12,8 millions cette

année. Finalement, les cinq dernières semaines de 2025

ont été les plus continuellement solides, avec bien évidemment

Zootopie 2 et Avatar : De feu et de cendres, mais aussi

La Femme de ménage, Le Chant des forêts ou encore L’Agent

secret. Précisément, les deux dernières semaines ont dépassé

les six millions d’entrées, une performance jamais atteinte

depuis… décembre 2018. Une preuve, pour Éric Marti,

que « les Français ont toujours un appétit pour le cinéma ».

Un retard dans le peloton de tête

La grande absence de cette année, pointée du doigt au

fil des mois, est celle des locomotives de la fréquentation :

les films attendus pour dominer n’ont pas grimpé aux

hauteurs espérées. Sur ces 52 semaines, le leader hebdomadaire

a enregistré ses moins bons résultats post-Covid,

avec en moyenne 638 000 tickets écoulés pour 35 entrées

par séance (e/s), contre 733 000 entrées et 38 e/s pour

le leader de 2022, 753 000 entrées et 44 e/s pour 2023

et 822 000 entrées et 48 e/s pour 2024. À noter que le

film le plus vu chaque semaine n’est pas toujours le plus

programmé – on note une différence à 19 reprises cette

année –, ce dernier affichant également des résultats

inférieurs aux précédentes années : en 2025, il a attiré en

moyenne 600 000 spectateurs, quand ces niveaux grimpaient

à 697 000 spectateurs en 2024, 714 000 spectateurs

en 2023 et 711 000 spectateurs en 2022. Ce manque à

gagner de la fréquentation se répercute en fin d’exercice,

où le top 10 annuel cumule 36,6 millions d’entrées [voir

fig. 3], soit son plus bas niveau depuis 1992 – hors Covid.

Il s’agit également d’un recul de près de 22 millions

d’entrées par rapport à 2024 – peu ou prou l’écart général

entre les deux années –, où plusieurs films comme Un

p’tit truc en plus, Le Comte de Monte-Cristo et L’Amour

ouf ont exceptionnellement sur-performé.

Également, il apparaît que les top 20 hebdomadaires de

2025 totalisent 124 millions d’entrées, soit un résultat

inférieur à 2023 et 2024 (147,6 millions tous deux) et

proche de 2022 (123,6 millions). Le premier quartile**

de ce classement hebdomadaire a engrangé en moyenne

38 600 entrées, devançant de quelques centaines, voire

quelques milliers, de tickets les précédentes années [voir

fig. 4]. La médiane grimpe quant à elle jusqu’à 66 700

entrées, légèrement inférieure à 2023 et 2024 mais bien

supérieure à 2022, tandis que le troisième quartile enregistre

125 400 billets, un résultat en revanche inférieur

aux précédents millésimes. C’est donc bien par une panne

de plusieurs moteurs que 2025 a accumulé un retard par

rapport à 2024 et 2023 : « Un marché fort est un marché

Fig. 2 - Fréquentation mensuelle (en millions d’entrées) | Source CNC

2025 2024 2023 2022 Moyenne 2017-2019

23,1

22,4

20,7

19,7

15,8

15,2

13,3

12,7

18,6

18,5

13,8

11,9

11,8

15,7

14,2 14,1

13,8

11,4

11,2 11,4

11,2 11,1

10,2

18,3

17,9

16,7 15,7

14,3 15,4

14,1

13,8

11,1

10,5 10,1

10 9,6

9

7,6

18,8 18,8

17,8

15,3 15,2

14,4 14,5

14 14,1

12,8

20,5

18,2

17,3

N°507 / 7 janvier 2026

9


2025, la rétro

Fig. 3

2025

Si ce tableau indique les entrées arrêtées au 30 décembre, le podium a évolué lors de l’ultime

jour de 2025. D’après nos estimations, Avatar : De feu et de cendres cumulait 5 248 000

entrées au 31 décembre, délogeant Lilo & Stitch et ses 5 204 000 tickets de la deuxième place.

RANG

FILM DISTRI. ENTRÉES

1 ZOOTOPIE 2 DISNEY 6 547 287

2 LILO & STITCH DISNEY 5 162 390

3 AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES DISNEY 5 056 722

4 F1 - LE FILM WARNER 3 371 524

5 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 3 021 177

6 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 3 007 866

7 MINECRAFT, LE FILM WARNER 2 712 147

8 MUFASA : LE ROI LION (SORTI EN 2024) DISNEY 2 647 541

9 DRAGONS UNIVERSAL 2 580 896

10 MISSION: IMPOSSIBLE - THE FINAL RECKONING PARAMOUNT 2 498 716

Source : CBO, Distributeurs. Chiffres arrêtés au 30 décembre

UN MARCHÉ FORT EST

UN MARCHÉ CONCENTRÉ

AUTOUR DE TITRES

DONT TOUT LE

MONDE PARLE

Éric Marti,

directeur général de

Comscore France

concentré autour de titres dont tout le monde parle, comme

nous l’avons vu lors des deux dernières semaines de décembre

où le top 5 réalise 80 % des entrées, avance Éric Marti.

Quand aucun film ne domine réellement, le cinéma n’est

pas un sujet et il attire peu. » Le directeur général de

Comscore France soulignant que, dans ces cas de forte

affluence, « les titres majeurs n’écrasent pas le reste du marché,

mais le tirent vers le haut ».

Le recul vient également du line-up français, qui a occupé

une part de marché de 37,7 % sur l’année [voir fig. 5],

le moins bon résultat post-Covid (41,9 % de moyenne

entre 2022 et 2024), cependant toujours supérieur à

d’autres marchés étrangers. Le cinéma tricolore retrouve

ses niveaux d’avant-crise, où il s’établissait à 37,2 % des

entrées, mais au sein d’une fréquentation dominée par

une production américaine en vogue, à 49 % de part de

marché. En 2025, les films étasuniens ont aussi été à la

peine, et malgré un mois de décembre sur les chapeaux

de roue, ils ne portent les entrées du millésime qu’à

35,8 % – à noter que le CNC considère Lilo & Stitch,

F1, Jurassic World et Dragons comme des titres britanniques,

et Minecraft comme un titre néo-zélandais. « Nous

pouvons regretter que les poids lourds hollywoodiens se soient

davantage adressés au public américain plutôt que français,

comme Captain America, Superman ou encore Wicked »,

avance Éric Marti.

Des satisfactions ponctuelles

Néanmoins, cette année a aussi été le terrain de performances

notables permettant d’en tirer un bilan moins

sombre. Les dernières semaines depuis la sortie de Zootopie

2 en sont un bon exemple, avant le feu d’artifice avec

Avatar et La Femme de ménage. Plus tôt dans l’année,

certains titres attendus n’ont pas déçu, à l’instar de F1

avec ses 3,3 millions de spectateurs et, plus largement,

de Warner Bros. qui a connu un exercice faste. C’est

notamment sous la bannière du studio que sont sortis

deux des plus grands succès de septembre, Conjuring :

L’Heure du jugement et Une bataille après l’autre. L’autre

réussite de ce mois était Demon Slayer, dont la sortie sur

visa classique a confirmé la mobilisation massive du

public de japanimation, en témoignent également Chainsaw

Man ou encore Jujutsu Kaisen : Execution, tous distribués

par Sony. Côté français grand public, si 2025 n’a pas été

aussi paradisiaque que 2024, elle aura tout de même

fourni deux jolies surprises signées Gaumont : Un ours

dans le Jura et Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan.

Parmi les indépendants, quelques pertes sont à déplorer

(dernièrement Capricci et La Vingt-Cinquième Heure),

et la situation financière d’autres distributeurs inquiète.

De nombreux succès ont toutefois vu le jour, comme le

souligne Chloé Delaporte [voir p. 22], dont le plus

impressionnant est Sacré Cœur, chez Saje Distribution,

qui a bouclé une première semaine à 89 entrées par

séance, soit la deuxième meilleure performance de 2025.

Durant le premier semestre, The Brutalist et L’Attachement

ont connu un fort essor tout comme Zion, Fanon, Black

Dog ou A Normal Family. Puis, au second semestre – et

comme de coutume –, Cannes a fourni les titres art et

essai parmi les plus regardés, notamment Valeur sentimentale,

Sirāt, Oui, Un simple accident ou Arco, sans

oublier La Voix de Hind Rajab, passé par Venise. La fin

d’année pour le cinéma d’auteur a particulièrement été

rythmée par deux distributeurs : Ad Vitam (La Petite

Dernière, Vie privée et L’Agent secret) et Haut et Court

(La Femme la plus riche du monde, Dossier 137 et Le Chant

des forêts).

Fig. 4 - Quartiles et médianes du top 20 hebdomadaire | Source Distributeurs

159 885

2022 2023 2024 2025

126 750

145 399

125 468

** Le premier quartile, la médiane et le troisième quartile constituent les trois valeurs

qui séparent en quatre parties égales une liste triée par ordre croissant ou décroissant :

en dessous du premier quartile se situent 25 % des valeurs, en dessous du deuxième

quartile (équivalent de la médiane) se situent 50 % des valeurs, et en dessous du troisième

quartile se situent 75 % des valeurs.

*** L’indice de reprise Comscore Movies suit l’évolution de la fréquentation par rapport

à 2015-2019. Il établit une comparaison par rapport au niveau médian ou minimum de

la semaine équivalente pré-Covid.

67 259 65 602 66 766

57 105

34 366 37 993 38 153 38 654

1 er quartile Médiane 3 e quartile

10 N°507 / 7 janvier 2026


50,00%

40,00%

30,00%

20,00%

10,00%

0,00%

Fig. 5 - Part des films français au sein de la fréquentation | Source CNC

Regards braqués sur 2026

Les projections sur la nouvelle année restent incertaines,

car avec un tel écart entre 2024 et 2025, difficile de savoir

précisément quelle est la réalité du marché. 2026 semble

toutefois partie pour conjurer le faible début d’exercice

qui sévit depuis deux ans grâce aux continuations de

décembre. Cela sera également l’occasion de vérifier si

la dynamique des cinémas en mai et en juin se prolongera :

« Depuis trois ans, nous observons que l’indice de reprise***

est au plus haut pendant cette période, note Éric Marti.

C’est peut-être un signe de changement de la saisonnalité,

car les plus grands succès annuels se trouvent souvent dans

cette période maintenant. Il y a donc visiblement un public

“surprise” durant ces deux mois. » Et parmi les certitudes

que semble offrir 2026, celle d’un line-up américain

conséquent est des plus attendus, tant l’offre hollywoodienne

post-Covid a été inégale : « Nous avons la confirmation

que l’offre des studios sera très dense, particulièrement

à l’été où un gros film sort chaque semaine, explique le

directeur général de Comscore France. En outre, ces titres

sont moins “américains”, et parlent bien plus au public

français. » Un optimisme partagé par la FNCF, qui affirme

que « 2026 s’annonce sous des auspices nettement plus

favorables, avec une densité de sorties de films porteurs

significativement renforcée dans tous les registres ». L’année

sera en effet jalonnée par, entre autres, Super Mario Galaxy

Le Film (1 er avril), Disclosure Day de Steven Spielberg

(10 juin), L’Odyssée de Christopher Nolan (15 juillet),

Digger d’Alejandro González Iñárritu (30 septembre),

ou encore Dune : Troisième partie de Denis Villeneuve et

Avengers : Doomsday des frères Russo (16 décembre). Du

côté français, sont notamment attendus Les Légendaires

de Guillaume Ivernel (28 janvier), Marsupilami de Philippe

Lacheau (4 février), les deux Bataille de Gaulle (10 juin

et 3 juillet), Astérix - Le Royaume de Nubie (2 décembre)...

et bien d’autres. Sans oublier les nombreuses surprises

qui animeront la fréquentation, comme autant de preuves

que l’imprévisible a encore toute sa place au cinéma.

Jules Dreyfus

35,65% 36,03% 37,46%

39,48%

Un box-office mondial à la hausse

pour 2025… et 2026

Selon les estimations de Gower Street Analytic,

le box-office mondial se situe à 33 milliards de dollars

(Md $) sur l’année écoulée, et pourrait s’élever à 35

Md $ sur l’année à venir. 2026 deviendrait ainsi

« l’année mondiale la plus lucrative depuis 2019 (42,3

Md $) » selon Thomas Beranek, Chief Analyst de

Gower Street, qui anticipe une croissance particulièrement

marquée sur les marchés portés par les films

hollywoodiens. Toutefois, ajusté aux taux de change

actuels, l’estimation 2026 reste inférieure de 12 % à

la moyennedes trois dernières années pré-pandémie

(2017-2019).

Dans le détail, en 2026, le marché domestique nord-américain

pourrait ainsi atteindre 9,9 Md $ (+11 % vs 2025,

-14 % vs moyenne 2017-2019). Le marché international

(hors Chine) devrait pour sa part progresser de 5 % par

rapport à 2025 pour représenter environ 18 Md $ (-11 %

34,78%

41,03% 40,03%

44,76%

37,70%

2015 2016 2017 2018 2019 2022 2023 2024 2025

vs la moyenne 2017-2019 aux taux de change actuels)*.

Avec un calendrier de sorties encore limité à ce jour, le

marché chinois demeure plus difficile à anticiper, Gower

Street l’estimant, « de manière prudente », à 7,1 Md $ pour

2026 (-4 % vs 2025). L’année 2025 a été contrastée pour

les salles de l’Empire du Milieu, qui ont pu profiter de

Ne Zha 2 – le plus gros succès local de tous les temps

– et de Zootopie 2 – le deuxième plus grand succès importé

de l’histoire de l’exploitation en Chine –, mais aussi subi

de longues périodes de mauvaises performances.

Pour conclure ses prévisions sur 2026, le cabinet d’analyse

rappelle qu’elles sont « précoces » et soumises aux évolutions

du calendrier de sorties… et « d’éventuels événements

mondiaux imprévus ».

Ayşegül Algan

*Les évolutions des trois grandes régions du périmètre international se répartiraient comme suit :

• EMEA : 10,05 Md $ (+7 % vs 2025, -9 % vs moyenne 2017-2019)

• Asie-Pacifique (hors Chine) : 5,3 Md $ (stable par rapport à 2025, -15 % vs moyenne 2017-2019)

• Amérique latine : 2,65 Md $ (+9 % vs 2025, -5 % vs moyenne 2017-2019).

2026 S’ANNONCE

SOUS DES AUSPICES

NETTEMENT PLUS

FAVORABLES

Fédération nationale

des cinémas français

©Universal Studios. All Rights Reserved.

Disclosure Day de Steven Spielberg

N°507 / 7 janvier 2026

11


2025, la rétro

2025

en chiffres

2,08

Le coefficient par lequel il faut multiplier les entrées du

1 er semestre pour obtenir la fréquentation annuelle

totale, et qui met en relief la concentration du box-office

sur une période de l'année ;

en 2025, il a atteint son deuxième plus haut niveau

post-Covid (hors 2020 et 2021), à égalité avec 2022, et

reste bien au-dessus de la moyenne depuis 10 ans (2,02).

90

La meilleure performance par séance pour un

premier week-end à moins de 1 000 séances,

détenue par Sacré Cœur.

32

Le nombre de nouveautés millionnaires en

2024, contre 33 en 2024, 41 en 2023

et 47 en moyenne en 2017-2019.

95

La meilleure performance par séance

pour un premier week-end, détenue par

Avatar : De feu et de cendres.

26 794

La plus grande combinaison de séances pour

une première semaine, détenue par

Avatar : De feu et de cendres, par ailleurs

plus grande combinaison pour un démarrage

depuis Le Roi Lion en 2019.

886 130

Le plus faible cumul du top 20 hebdomadaire,

atteint la semaine du 3 septembre, par ailleurs plus

bas niveau observé depuis 2022.

119 735

La plus grande fréquentation pour un film en visa

exceptionnel, détenue par Ferrari. Tsamère.

Lecaplain. Le trio en direct au cinéma, pour

une moyenne de 228 entrées par séance.

6 451 816

Le plus haut cumul du top 20 hebdomadaire,

atteint la semaine du 24 décembre. Il s’agit par

ailleurs de la plus forte semaine depuis

décembre 2018.

12 N°507 / 7 janvier 2026


“Une remarquable partition amoureuse”

LES INROCKS

LE

SON

DES

SOUVENIRS

UN FILM DE

UNIVERSAL PICTURES & FOCUS FEATURES PRÉSENTENT EN ASSOCIATION AVEC FILM4 CLOSER MEDIA TANGO ET STORM CITY UNE PRODUCTION END CUE ET FAT CITY EN CO-PRODUCTION AVEC FILM Ï VAST ET FILMGATE FILMS

“LE SON DES SOUVENIRS” (THE HISTORY OF SOUND) PAUL MESCAL JOSH O’CONNOR CHRIS COOPER CASTING DE SUSAN SHOPMAKER COSTUMES DE MIYAKO BELLIZZI MONTAGE DE CHRIS WYATT DÉCORS DE DEBORAH JENSEN

DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE ALEXANDER DYNAN PRODUCTEURS DÉLÉGUÉS OLLIE MADDEN FARHANA BHULA WILLIAM HORBERG RICHARD LEWIS TIM HEADINGTON LIA BUMAN NEIL SHAH DENNIS MASSEL

GABRIELLE NADIG WALTER KORTSCHAK RYAN ZACARIAS ANDREA ROA PAUL MESCAL PRODUIT PAR SARA MURPHY P.G.A. ANDREW KORTSCHAK P.G.A. LISA CIUFFETTI P.G.A.

THÉRÈSA RYAN-VAN GRAAN P.G.A. OLIVER HERMANUS P.G.A. ZHANG XIN D’APRÈS LA NOUVELLE DE BEN SHATTUCK SCÉNARIO DE BEN SHATTUCK RÉALISÉ PAR OLIVER HERMANUS

Lesondessouvenirs-LeFilm.com FocusFeaturesFR LE 25 FÉVRIER AU CINÉMA

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2025, la rétro

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2025

RANG

SORTIE LE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 17/12/2025 AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES DISNEY 728 1789482 18 920 95

2 01/10/2025 SACRÉ COEUR SAJE DISTRIBUTION 149 28339 316 90

3 26/11/2025 ZOOTOPIE 2 DISNEY 645 1590916 17 748 90

4 21/05/2025 LILO & STITCH DISNEY 590 1188419 14 649 81

5 04/07/2025 JURASSIC WORLD : RENAISSANCE UNIVERSAL 720 673103 8 614 78

6 10/09/2025 CONJURING : L'HEURE DU JUGEMENT WARNER 439 909379 11 746 77

7 24/12/2025 LA FEMME DE MÉNAGE METROPOLITAN 613 842341 11 541 73

8 17/09/2025 DEMON SLAYER: KIMETSU NO YAIBA... SONY 690 789834 11 579 68

9 08/01/2025 PERSONNE N'Y COMPREND RIEN JOUR2FÊTE 52 24263 360 67

10 05/11/2025 SEMER ET RÉCOLTER LES FILMS D'AVALON 5 1512 26 58

11 05/02/2025 GOD SAVE THE TUCHE PATHÉ 734 774727 14 330 54

12 25/06/2025 F1® LE FILM WARNER 577 606069 12 289 49

13 29/10/2025 L'ÉTRANGER GAUMONT 308 196036 4 403 45

14 29/10/2025 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 433 263521 6 080 43

15 12/02/2025 THE BRUTALIST UNIVERSAL 195 103069 2 393 43

16 02/04/2025 MINECRAFT, LE FILM WARNER 670 661462 15 609 42

17 16/07/2025 LES SCHTROUMPS - LE FILM PARAMOUNT 685 433215 10 432 42

18 21/05/2025 MISSION : IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING PARAMOUNT 801 622716 15 009 41

19 23/07/2025 LES 4 FANTASTIQUES : PREMIERS PAS DISNEY 553 547713 13 588 40

20 19/02/2025 L'ATTACHEMENT DIAPHANA 336 187 590 4 907 38

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 3 SEMAINES

RANG

SORTIE LE FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 17/12/2025 AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES DISNEY 728 1789482 18 920 95

2 24/12/2025 LA FEMME DE MÉNAGE METROPOLITAN 613 842 341 11 541 73

3 31/12/2025 MAGELLAN NOUR 68 15 980 440 36

4 17/12/2025 LE CHANT DES FORÊTS HAUT ET COURT 295 122 834 3 426 36

5 17/12/2025 L'AGENT SECRET AD VITAM 184 77 907 2 174 36

6 31/12/2025 LAURENT DANS LE VENT ARIZONA 58 10468 445 24

7 24/12/2025 LE MAÎTRE DU KABUKI PYRAMIDE 76 15 411 728 21

8 24/12/2025 LE TEMPS DES MOISSONS ARP SÉLECTION 61 12 229 620 20

9 24/12/2025 BOB L'ÉPONGE LE FILM : UN POUR TOUS, TOUS... PARAMOUNT 629 187 716 9 958 19

10 31/12/2025 LOS TIGRES LE PACTE 150 32 573 1 953 17

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Comme attendu, Avatar : De feu et de cendres a pris les devants

des top week-end sur les trois dernières semaines ainsi que de

l’année entière. Avec 95 entrées par séance (e/s), le troisième

volet de la franchise termine juste en-dessous des 98 e/s de La

Voie de l’eau. La Femme de ménage a grandement surpassé les

attentes, bouclant son week-end d’ouverture à 73 e/s, le deuxième

meilleur en cette fin d’année et le septième meilleur de 2025.

Le succès de ces dernières semaines vient également d’une offre

art et essai dense, à l’instar de Magellan, du Chant des forêts et

de L’Agent secret, à 36 e/s chacun. Au global, le classement des

meilleurs démarrages de 2025 est dominé par les sorties de fin

d’année. Précisément, 13 titres du top 20 sont sortis au second

semestre, là où le classement de 2024 était équilibré à 10 sorties,

contre 11 en 2023. Si cette liste intègre plusieurs titres attendus,

de Avatar aux 4 Fantastiques en passant par Lilo & Stitch, God

Save the Tuche et Minecraft, d’autres longs métrages font figure

d’outsider. Sacré Cœur notamment, qui obtient la deuxième

meilleure moyenne de l’année, ex-aequo avec Zootopie 2, avec

56 fois moins de séances. Belles performances également pour

Personne n’y comprend rien (67 e/s) et Semer et récolter (58 e/s) :

le premier est sorti juste avant le procès de Nicolas Sarkozy, qui

a très certainement boosté ses entrées, tandis que le deuxième

a été accompagné par son réalisateur lors de la majorité de ses

séances. À noter enfin les très bons résultats de L’Étranger (45

e/s), La Femme la plus riche du monde, The Brutalist (43 e/s

tous deux) et L’Attachement (38 e/s).

14 N°507 / 7 janvier 2026


UNE FIN D’ANNÉE PROPRE

Si la sortie de Avatar : De feu et de cendres était

attendue comme un catalyseur de la

fréquentation, les cinémas ont connu un mois

de décembre très dense, terminé sur les

chapeaux de roue.

Décembre 2025 figure très certainement parmi les

nombreux « paradoxes » de cette année, comme l’évoque

Éric Marti [voir p. 9]. En effet, le douzième mois de

l’année a engrangé 20,7 millions d’entrées, soit le meilleur

résultat post-Covid, devant les 20,5 millions de décembre

2024. De plus, la baisse par rapport à la moyenne 2017-

2019 (22,4 millions) n’est “que” de 7,4 % ; le deuxième

plus faible écart de l’année après juin. La surprise de ce

résultat vient surtout de la forte dynamique qu’a connue

la fréquentation en très peu de temps, alors qu’elle stagnait

à 14,12 millions de spectateurs en novembre. Décembre

2025 augmente ainsi de 46,6 %, soit la plus forte progression

observée à cette période de l’année depuis… 2005

(23,9 millions d’entrées, +62,4 %). En comparaison,

décembre 2024 affichait une hausse de 15,2 %, contre

+14,3 % en 2023, +25,7 % en 2022 et +19,8 % entre

2017 et 2019.

Autre point de surprise, et de satisfaction, les vacances

ont, pour la première fois cette année, retrouvé leurs effets

favorables sur la fréquentation. Si, depuis deux ans, les

vacances d’hiver et de Pâques n’attirent plus autant de

spectateurs qu’avant Covid, celles d’été et de la Toussaint

restaient bien plus fournies, ces dernières figurant souvent

parmi les meilleures semaines de l’année, à plus de 5

millions d’entrées, mais cela n’a pas été le cas en 2025.

Ce décembre a comblé tous les manques dont souffraient

les précédentes semaines de l’année, pour offrir un bouillonnement

cinématographique pas vu depuis sept ans.

L’offre a été en effet extrêmement complémentaire,

avec le jeune public ciblé par Zootopie 2, Panique à

Noël, Bob l’Éponge ou encore Mission Père Noël, le

public familial par Chasse gardée 2 voire Le Chant des

forêts, le public jeune par La Femme de ménage et Five

Nights at Freddy’s 2, le public art et essai par L’Agent

secret, La Voix de Hind Rajab et Vie privée, tandis que

Avatar vise (presque) tous les publics. Cela aboutit à

une dernière semaine de décembre à plus de 6,5

millions d’entrées, soit la meilleure performance depuis

décembre 2018. Un niveau atteint notamment grâce

La Femme de ménage

à trois films au dessus du million d’entrées : Avatar

3, Zootopie 2 et La Femme de ménage qui totalisent 5

millions de spectateurs. Difficile de ne pas être optimiste

pour 2026, quand on voit jusqu’où la fréquentation

peut grimper dans un marché que l’on pensait

au ralenti.

©Metropolitan Filmexport

J.D.

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

Alors que sort ce 21 janvier Le Mage du Kremlin d’Olivier

Assayas, sous pavillon Gaumont, regardons en chiffres les performances

en salles de trois récits politiques (sérieux) à l’échelle

mondiale, ou locale.

ALICE ET LE MAIRE

VICE

LES HEURES

SOMBRES

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

02/10/2019 13/02/2019 03/01/2018

BAC MARS UNIVERSAL

723 587 319 126 768 284

30 063 15 533 24 448

200 178 100 629 176 202

6 947 2 909 4 747

29 35 37

4,09 1,96 3,20

24 21 31

3,2 4 4,1

N°507 / 7 janvier 2026

15


2025, la rétro

IL N’Y A PAS TROP DE FILMS, MAIS TROP DE FILMS

QUI SORTENT À LA MÊME PÉRIODE

©Tanguy Colon pour Boxoffice Pro

Entretien avec

GUILLAUME BACHY,

PRÉSIDENT DE L’AFCAE

Au terme d’une année difficile, le président de l’Association française des

cinémas art et essai met en avant l’importance de la diversité des films, dont

les sorties doivent être mieux réparties tout au long de l’année et le nombre de

séances affiné. Et se réjouit de la vigueur du mouvement art et essai comme du

soutien du CNC… qu’il faut réaffirmer.

Quel bilan tirez-vous de 2025, en général et pour

l’art et essai ?

On ne peut pas réinventer l'année, qui n'a pas été forte

en grands films. Mais, pour moi qui ai commencé à

travailler dans les années 90, une année à 157 millions

d’entrées, ça ne me fait pas peur. Les salles classées

représentent environ 36 % de la fréquentation, comme

en 2024. Quant aux films art et essai, en attendant les

chiffres définitifs, ils ont eu une part de marché de 27

%, plus haute qu’en 2024 à la même période (24 %).

Sachant qu’il y a eu moins de gros succès populaires

en 2025, ils s'en sortent mieux, en proportion, que

l'année d’avant. On constate que quand les propositions

de films sont là, les spectateurs répondent présents.

Certains ont trouvé un écho plus large que le public

Guillaume Bachy au Congrès de la FNCF 2025

art et essai : Une bataille après l’autre avec 1,5 million

d’entrées, La Femme la plus riche du monde, L’Attachement,

Sirāt qui est une vraie surprise, et Un simple

accident, Arco, L’Étranger ou La Petite dernière qui ont

fonctionné dans l’ensemble des salles.

Si l’on va plus loin dans le top 20, des films comme

A Normal Family, Black Dog, ou Amélie et la métaphysique

des tubes – qui ont eux aussi été soutenus par

l’AFCAE – témoignent de la richesse de notre offre

cinématographique, alors que le marché américain

est polarisé sur deux ou trois titres. Ce sont d’abord

les films de la diversité qui ont fait l’offre, et c'est cette

diversité des films art et essai qui fait la structure de

l'exploitation française.

16 N°507 / 7 janvier 2026


Les succès art et essai ont-ils bénéficié aux salles

art et essai elles-mêmes, sachant que, par exemple,

un film comme La Voix de Hind Rajab cartonne dans

les multiplexes ?

Dans le cas de La Voix de Hind Rajab, comme pour

Muganga, on est sur un public d’occasionnels qui retourne

au cinéma pour un film sociétal dont la thématique

l’intéresse. Les multiplexes ayant beaucoup d’écrans, ils

peuvent garder ces films plus longtemps et cela contribue

à leur succès dans la durée. Pour le reste, les films art et

essai performent et progressent d’abord dans les salles

art et essai ; ce sont elles qui ont le public pour ces films,

même s’ils sont aujourd’hui programmés aussi dans les

circuits, face au manque d’offre hollywoodienne.

Justement, faut-il rééquilibrer la programmation

des films ?

Nous attendons beaucoup du comité de concertation

mis en place par le CNC. Aujourd'hui, l'exploitation et

la distribution sont un peu perdues et nous avons besoin

d’une réflexion commune : faire vivre les films n’est pas

qu’une question de tarifs et de stratégie nationale, mais

relève d’un choix de l’éditeur-distributeur film par film,

zone par zone, cinéma par cinéma. La programmation

ne doit pas se faire de façon globale, surtout pas avec

l'intelligence artificielle, mais par le dialogue. C’est ce

que nous espérons retrouver dans ce comité de concertation,

qui prépare justement une ambitieuse

recommandation sur le travail en commun avec nos amis

CE SONT D’ABORD LES

FILMS DE LA DIVERSITÉ

QUI ONT FAIT L’OFFRE

FILMS ART ET ESSAI 2025

distributeurs. Il reste notamment beaucoup de travail

sur les zones à concurrence, où l’accès aux films pour les

salles art et essai est très tendu.

Le nombre de séances doit-il être régulé ?

Il doit être questionnée. Sur cette fin d'année, la multidiffusion

de films grand public, programmés parfois

jusqu’à 140 séances par semaine alors que, dans le même

cinéma, des films art et essai n’en comptent parfois que

20, interroge sur l'équilibre à trouver. Comment sort-on

un film aujourd'hui ? Quelle est sa place et où est sa

place ? Aujourd’hui, on demande aux salles art et essai le

même nombre de séances quel que soit le film. Or, quand

un distributeur sort aussi son film dans un multiplexe

qui pratique de la multidiffusion sur un autre titre, il

accepte qu'il y ait une iniquité entre son film et un

blockbuster. Dans notre salle, en revanche, cette iniquité-là

n'est pas acceptée.

Faut-il questionner aussi le calendrier des sorties ?

Il n’y a pas trop de films, mais trop de films s’adressant

à la même typologie de spectateurs qui sortent à la

même période. En 2025, les films majeurs de Cannes

sont sortis entre le mois de septembre et de novembre.

L'année d’avant, on n'avait plus de films porteurs à

partir du mois de mars. Or définir une saison pour les

films d'auteur, c'est mettre en danger toute l'exploitation

française. Cela revient à dire aux spectateurs : “Venez

entre septembre et novembre, vous allez avoir plein de

films et après, plus rien, mais on se retrouvera au

prochain semestre !”. Les salles ne peuvent pas travailler

au semestre… surtout quand il est de 4 mois. Il nous

faut des films de la diversité toute l'année, pour garder

notre public éveillé et qu’il ait envie de revenir toutes

les semaines. Quand les films art et essai sortent en

juin ou juillet, on a vu que ça fonctionnait ; en 2025,

il n’y a pas vraiment eu de titres art et essai porteurs

pendant cette période, et l’été a été le pire que l’on ait

connu depuis les années 90. Inversement, sur les dernières

semaines de l’année, avec des films art et essai et

FILM DISTRI. CUMUL ENTRÉES

1 UNE BATAILLE APRÈS L'AUTRE WARNER BROS. 1 504 547

2 MICKEY 17 WARNER BROS. 1 190 565

3 UN PARFAIT INCONNU DISNEY 1 061 475

4 LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE HAUT ET COURT 908 081

5 L'ATTACHEMENT DIAPHANA 779 092

6 L'ÉTRANGER GAUMONT 753 017

7 SIRAT PYRAMIDE 713 257

8 UN SIMPLE ACCIDENT MEMENTO 668 460

9 DOSSIER 137 HAUT ET COURT 661 729

10 PARTIR UN JOUR PATHÉ 660 640

Source : Distributeur/CBO

Art et essai : le classement

2025 définitif

Après réexamen par la commission nationale des

décisions ayant fait l’objet d’un appel, le CNC a publié

mi-décembre le classement art et essai définitif pour

2025. Le cabinet d’études Hexacom a compilé les

chiffres et analysé ces résultats.

Pas de révolution majeure après réexamen des

demandes par la commission nationale : 1 317

cinémas sont classés art et essai en 2025, soit 13 de

plus qu’avant les demandes en appel, ce qui représente

toujours 63 % du parc. Le total d’aides attribuées

s’élève à 19,9 M € contre 19,6 M €, soit

281 099 € de plus qu’avant le réexamen, pour une

moyenne de 15 100 € par établissement contre

15 000 €, mais avec bien sûr de grandes disparités.

Sur l’ensemble du classement final, les principaux

bénéficiaires du budget supplémentaire accordé sont

les établissements de la catégorie B avec, en

moyenne, 1 100 € de plus par cinéma (23 établissements

dans cette catégorie, tous déjà classés en

2025). Dans les quatre autres catégories, les

montants moyens d’aides sont restés quasiment

identiques (augmentation ou baisse de quelques

dizaines d’euros).

Pour rappel, le classement établi en juin par les

commissions régionales – le premier appliquant la

réforme et doté d’un budget renforcé par rapport à

2024 –, avait montré que

les établissements des catégories A et B perdaient en

moyenne 5 % de leur aide par rapport à 2024, tandis

que la subvention moyenne des cinémas des catégories

C, D et E progressait. Environ 170 cinémas avaient

fait appel des décisions les concernant et la moitié

ont vu leur situation évoluer.

« Sur les 84 demandes de réexamen qui ont abouti soit

à une revalorisation de l'aide art et essai (71 dossiers

pour environ 211 000 €), soit à une entrée dans le classement

(13 cinémas pour un total de près de 70 000 €),

les montants d'aides supplémentaires octroyées vont

de 200 à 14 500 € par cinéma, commente Sophie

Girieud, consultante chez Hexacom. Malgré cette

disparité, le montant moyen de financement supplémentaire

accordé s'élève à environ 3 300 € et plus de la

moitié des établissements ayant fait appel ont reçu un

complément de subvention inférieur à 2 000 €. »

On note aussi que sur l'ensemble des demandes en

appel qui ont conduit à une évolution, les cinémas de

la catégorie A n’en représentent qu'1/5ème, mais ont

obtenu près d'un tiers de l'aide supplémentaire, « ce

qui s'explique par les montants d'aide généralement

élevés attribués aux cinémas de cette catégorie ». Et si

ceux de la catégorie B affichent le montant moyen

d'aide supplémentaire par demande le plus élevé

(près de 8 500 €), c’est sur seulement 3 dossiers, donc

peu significatif.

N°507 / 7 janvier 2026

17


2025, la rétro

©Pyramide

Sirāt de Oliver Laxe, avec plus de 700 000 entrées, est l’une des surprises art et essai de l’année.

commerciaux, le public est là. Et à ce moment, on ne

dit plus que le cinéma est trop cher ou que les gens

sont sur les plateformes.

Les distributeurs, sur des périodes courtes, ont eux-mêmes

du mal à faire exister un film tous les 15 jours : en étalant

les sorties, nous aurions tous plus de temps et de place

pour travailler les films, en sortie nationale, mais aussi

en décalé. On nous reproche de ne plus vouloir sortir les

films en décalé, mais ce n’est pas possible quand tous

sortent à la même période.

Mais globalement, ne produit-on pas trop de films

en France ?

Je ne dirais jamais qu'il y a trop de films. Rebecca

Zlotowski a dit récemment qu’en 2010, son premier

film, Belle Épine, avec 20 000 entrées, pouvait être

considéré comme le film de trop. Aujourd'hui, Vie

privée fait 600 000 entrées. C'est la force de notre

système : soutenir des premiers films pour accompagner

la naissance de cinéastes. Et puis, nous qui voyons

beaucoup de films avec le collège de recommandation

art et essai, nous ne saurions dire quels sont les films

“en trop” ; ceux qui sortent sur très peu de copies et

réalisent peu d’entrées ne viennent pas déséquilibrer

le marché.

Êtes-vous satisfait du soutien CNC à la diffusion ?

Le plan lancé en 2024 pour soutenir la diffusion est

évidemment très important, car il n'y a pas de films

sans salle de cinéma. Aujourd'hui, ceux qui sortent

directement en unitaire ou sur les plateformes sont

oubliés aussi vite qu'ils ont été diffusés. Un film comme

Frankenstein de Guillermo Del Toro n'existe pas dans

l'imaginaire collectif, au bout d’un mois il a disparu.

Je crois que l'ensemble de la filière a compris qu'il ne

sert à rien de produire si derrière, il n'y a pas de lieu de

diffusion. Et le plan du CNC va au-delà de la salle de

cinéma, en soutenant l'éducation aux images mais aussi

des actions de pratiques artistiques.

Pouvez-vous déjà mesurer l’effet de ce plan pour

l’éducation à l’image ?

Les annonces des ministres ont été très rapidement suivies

de discussions. L’appel à contribution de Gaëtan Bruel

a été entendu et beaucoup de coordinations, de salles et

d'associations territoriales ont adressé leurs propositions

d'actions concrètes. Avec l’AFCAE, nous soutenons, bien

sûr, cette valorisation à la fois de Ma classe au cinéma et

de l’éducation au cinéma au sens large, et encourageons

les salles à toujours mieux faire pour l'accès et la qualité

des dispositifs. Le CNC a été très proactif et à l’écoute

des gens de terrain. Nous avons aussi un ministre de

l'Éducation nationale très volontariste, donc tous les

voyants sont au vert.

Cette année a aussi été marquée par les 70 ans

de l’AFCAE.

Et ce n’est pas fini ! Notre colloque sur la cinéphile

en a marqué la mi-temps. Il était important de montrer,

avec le CNC, que la cinéphilie n’est pas has been mais

se redéfinit au fil des générations. Aujourd'hui, des

jeunes voient beaucoup de films en salle, tiennent un

blog, font des vidéos TikTok ou sont sur Letterboxd :

ce sont de vrais cinéphiles, au même titre que ceux

des années 60, qui se fédéraient autour de revues

éditorialisées. Sur le travail des salles art et essai, nous

avons aussi été entendus sur France Inter le 13 décembre,

où quatre exploitants sont intervenus dans l'émission

“On aura tout vu”, ce qui n’était pas arrivé depuis

près de 20 ans. Les célébrations vont se poursuivre,

d’abord avec le Festival Télérama/AFCAE en janvier,

qui s'inscrira pleinement dans les 70 ans, puis des

actions menées par les salles et de nouvelles vidéos de

deux minutes, diffusées sur les réseaux sociaux, pour

expliquer ce qu’est une salle art et essai et ses valeurs.

Quelles seront les nouvelles actions de l’AFCAE

pour 2026 ?

Toujours en lien avec notre anniversaire, nous lançons

un “Coup de coeur surprise jeune public”, pendant

les vacances d’hiver. Par ailleurs, nous poursuivons

notre travail sur les 15-25 ans, primordial pour le

renouvellement du public. Mais en tant que réseau,

nous avons aussi un rôle à jouer dans la formation de

pair à pair. Nous réfléchissons ainsi à la mise en place

de formations courtes sur l'Éducation artistique et

culturelle, et sur des modules de 3 ou 4 jours, conçus

spécialement pour les exploitants art et essai. Elles

seraient complémentaires des formations techniques

ou sur la communication qui existent déjà, mais

permettraient une passation pour de nouveaux venus

dans la filière et dans le mouvement art et essai.

Et puis nous préparons Cannes, qui marquera la fin

de notre anniversaire… mais pas la fin de notre

réflexion. Les élections qui approchent, municipales

et présidentielles, vont être importantes parce qu'elles

vont définir la politique des collectivités territoriales

pour les prochaines années. Les salles de cinéma qui

sont en lien direct avec les collectivités sont inquiètes

de certaines évolutions et ont besoin d’être accompagnées

pour adopter un discours clair auprès de leurs

prochains élus de proximité. Nous considérons qu'une

salle art et essai est un lieu de partage et d'ouverture,

avec une nécessaire liberté de programmation, et ce

sont des points infranchissables que nous allons

rappeler, dans une tribune que nous préparons pour

début 2026.

Et rappeler aussi le rôle du CNC, objet d’attaques

politiques ?

Aujourd'hui, certains élus s'interrogent sur l'intérêt

des cinémas de proximité, s’interrogent aussi sur

l'importance du CNC. Nous devons leur dire que la

France est l’un des pays les plus regardés et des plus

enviés, un des pays qui a le mieux résisté post-Covid

– même avec une année comme 2025 – parce que

nous avons un cinéma fort, diversifié, vivifié par notre

exception culturelle et par le travail du CNC. Le

remettre en cause serait un suicide culturel collectif.

Propos recueillis par Cécile Vargoz

18 N°507 / 7 janvier 2026


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CRÉATION - PHOTOS : CAROLE BETHUEL

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AVEC VICTOR BELMONDO SYLVIE TESTUD ISALINE PRÉVOST RADEFF NATHAN JAPY THÉO DELINCAK THÉO AUGIER OSCAR AL HAFIANE GASPARD MEIER MUSIQUE ORIGINALE BONJOUR MEOW IMAGE GILLES PORTE MONTAGE BAPTISTE DRUOT SON BENOÎT GUERINEAU NICOLAS BOUVET-LEVRARD MARCO DOISNE DÉCORS SÉBASTIEN INIZAN COSTUMES JÜRGEN DOERING CASTING EMMANUELLE PREVOST 1 RE ASSISTANTE RÉALISATRICE CRISTINA FREITAS

DIRECTRICE DE PRODUCTION KARINE PETITE PRODUCTEURS EXÉCUTIFS CYRILLE BRAGNIER CHRISTINE DE JEKEL PRODUCTEUR ASSOCIÉ ÉMILIEN BIGNON PRODUIT PAR OLIVIER DELBOSC LISA AZUELOS ET ILAN ALESSANDRIN UNE COPRODUCTION CURIOSA FILMS LOVE IS IN THE AIR FRANCE 2 CINÉMA M6 FILMS APOLLO FILMS DISTRIBUTION UMEDIA AVEC LA PARTICIPATION DE DISNEY+ NETFLIX FRANCE TÉLÉVISIONS M6

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2025, la rétro

POURQUOI SE

FOCALISER PLUS

SUR LES OCCASIONNELS

QUE SUR LE TIERS DE LA

POPULATION FRANÇAISE

QUI NE VA JAMAIS

AU CINÉMA ?

Chloé Delaporte, docteure en sociologie, est professeure

en socioéconomie du cinéma à l’Université de

Montpellier Paul-Valéry.

REPENSER LES PUBLICS

ET LE RÔLE POLITIQUE

DES CINÉMAS

À rebours des lectures strictement conjoncturelles de

la fréquentation cinématographique, Chloé Delaporte,

professeure en socioéconomie du cinéma à l’Université de

Montpellier Paul-Valéry, replace les analyses dans le temps

long des pratiques culturelles. Un public senior invisibilisé,

un public jeune stigmatisé… et des cinémas appelés

à remplir un rôle politique et sociétal, sans céder aux

injonctions et aux hiérarchies culturelles.

©A.Algan

La fréquentation de 2025 est en baisse. Y a-t-il

encore un sens à interroger ce recul à la lumière

de la crise Covid ?

En effet, pourquoi prendre la crise sanitaire comme point

de bascule, et non l’année 2014 de l’arrivée de Netflix

sur le marché français ? Ou la fin des VPF ? Ou encore

l'équipement total en numérique des salles ? Cela ne veut

pas dire que le crise Covid n’est pas un marqueur pertinent,

mais en postulant le fait qu’elle marque un moment

de rupture, on crée la rupture.

Mais les années passent, sans qu’on ne puisse clairement

faire la part entre les évolutions conjoncturelles

et structurelles en cours dans le secteur…

Penser la fréquentation et l’offre de film année après

année a du sens du point de vue de la filière, mais pas

du tout du point de vue du public ; ce n’est pas en un

an que les pratiques se font et se défont. Pour observer

les usages, à travers un prisme sociologique, il serait

beaucoup plus pertinent de se référer à des cycles au

minimum de trois voire cinq ans. Car si on regarde sur

le très long terme, la population cinématographique a

très peu varié. En valeur relative, depuis les années 1950,

c’est la même proportion de ⅔ des Français qui fréquentent

les cinémas. Ce qui a changé au fil des années, ce n’est

donc pas le taux de pénétration, mais le nombre moyen

d'entrées par spectateur et spectatrices, qu’il nous faudrait

observer avec une granularité plus fine, notamment sur

le public des seniors.

Les études catégorisent pourtant bien les publics

en fonction de leur âge…

D’un côté on analyse avec grande attention les 15-25

ans, et de l’autre, on met tous les seniors dans le même

sac, comme si un spectateur ou une spectatrice de 61

ans, c'était la même chose qu’un spectateur ou une

spectatrice de 92 ans : une vraie hérésie scientifique sur

le plan de la sociologie des publics. D’autant plus que

les +60 ans représentent la seule tranche d’âge dont le

nombre d’entrées annuel moyen a augmenté et qu’ils

ont un vrai pouvoir prescripteur auprès des “jeunes” publics.

22 N°507 / 7 janvier 2026


L’absence de gros succès comme Un p’tit truc en

plus et Le Comte de Monte-Cristo peut-il suffire à

expliquer les 25 millions d’entrées manquantes

par rapport à 2024 ?

Il n’est pas faux de souligner l'absence de locomotives,

mais plus discutable d’accuser uniquement l’offre. Focaliser

la critique sur le manque de films porteurs, comme

s’il étaient les seuls à même de générer de la fréquentation,

c’est mettre sous le tapis nombre de films qui ont quand

même eu des belles performances cette année, et qui ont

eux aussi attiré les spectateurs moins assidus. Alors certes

les occasionnels ont eu moins “d’occasions” de se rendre

en salles en 2025, mais pourquoi se focalise-t-on tant

sur eux, sans parler du tiers de la population française

qui… ne va jamais au cinéma ? N’y a-t-il pas là un gros

levier de spectateurs potentiels à activer ? Mais pour cela,

il faut interroger le contenu des films qu’on lui propose…

L’offre de cinéma en France n’est-elle pourtant

pas la plus riche du monde ?

Il ne s’agit pas de tomber dans le discours qui consiste

à dire que le cinéma français, ce n’est qu’« un cinéma

de grands bourgeois fait dans de grands appartements

haussmanniens » et que, forcément, ça n'intéresse

personne. Nous avons une grande diversité de création,

mais aussi une sous-représentation des femmes au-delà

de 50 ans, des questions de blanchité, de rapports de

genre… Les études Cinégalités du Collectif 50/50 ou

les enquêtes du sociologue Éric Fassin démontrent

que le taux de représentation de personnages non

blancs ou en situation de handicap est très inférieur

à ce qui existe dans la population réelle, et surtout

que leur représentation est très stéréotypée. Des films

pas suffisamment à l'image de la réalité des spectateurs

et des spectatrices n'expliquent peut-être pas, à eux

seuls, la baisse de la fréquentation des salles, mais

posent problème.

Et du côté des raisons exogènes au cinéma,

quid de l’impact du contexte économique sur

la fréquentation des salles ?

Le cinéma reste la première sortie culturelle des

Français et touche les gens de tous milieux et classes

sociales. Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat

et d’accroissement des inégalités, l’arbitrage sur la

sortie cinéma n’est pas qu’une question d’argent, mais

aussi de temps, pour des personnes qui multiplient

les boulots, galèrent à trouver des places en crèche…

Or plus le nombre de sorties au cinéma d’un foyer

est réduit, plus cette sortie s'accompagne d’autres

pratiques (restaurant, patinoire…) dont le coût a

augmenté de manière bien moins raisonnable que le

prix de la place de cinéma.

Et la concurrence, réelle ou supposée, des plateformes

?

Avec une moyenne de 1,8 abonnement par foyer, cette

concurrence ne s’exerce pas sur le terrain économique,

mais bien sur le terrain des pratiques. C’est ce qui

explique que les gens vont toujours au cinéma… mais

moins, car une partie de leur pratique s’est reportée

sur la consommation de films en ligne. Mais pourquoi

les accuser d'être responsables de la “crise du cinéma”

ou de la “mort des salles”, alors que notre société est

en train de se numériser à grande échelle (on ferme

les guichets commerciaux et on dématérialise les

services), notamment sous l'impulsion de la puissance

publique (par exemple dans le domaine de l'éducation) ?

Cela pèse sur les budgets de ces mêmes gens obligés

de suivre le mouvement, de s'équiper en smartphones,

en ordinateurs et en télévisions connectées… et dont

on va incriminer les pratiques numériques en matière

de cinéma. D’autant plus que ce discours vise avant

tout les jeunes, qui sont ceux qui vont le plus au cinéma.

… et aussi ceux qui passent le plus de temps devant

les écrans en général…

Pourtant, les “adultes” ne font pas que lire Le Monde et

Télérama quand ils sont sur leur smartphone. Mais on

s’offusque beaucoup moins des journées qu’ils passent

sur Facebook que des jeunes sur TikTok. Il faut faire

attention à ce que cette incrimination, qui s’adosse à une

forme d’âgisme, ne soit pas assimilée à un discours antijeunes.

Alors qu’ils ont été les premiers à retourner dans

les salles après la crise sanitaire, qu’ils ont le taux de

pénétration du cinéma le plus important, ils entendent

tous les jours à quel point leurs pratiques mettent en

péril la société. Et il faut noter que les gens qui émettent

ce genre de discours appartiennent, généralement, à la

tranche d’âge [des 25-49 ans] dont la fréquentation des

salles a… le plus baissé ces 10 dernières années !

LE PUBLIC VA VERS UN

CINÉMA AVEC LEQUEL

IL A LE SENTIMENT DE

PARTAGER PLUS QUE LE

CHOIX D'UN FILM.

Dans ces conditions, quelle devrait être la première

priorité du grand plan Éducation à l’image annoncé

fin novembre ?

Pour faire de l’éducation à l’image, il faut la confier aux

premiers concernés. Tous les chercheurs en sciences de

l’éducation savent que le meilleur moyen de convertir

ou former à une pratique sera celle transmise par des

gens qui leur ressemblent, partagent leurs aspirations,

ont les mêmes références, les mêmes codes, les mêmes

façons de communiquer. Je ne doute pas des compétences

de ceux qui font les programmes d'éducation à l’image,

mais il est très important de faire de la place aux jeunes

générations. C'est ce que l'on essaye de faire au sein du

Master Pro Métiers de la diffusion du cinéma à l'Université

de Montpellier Paul-Valéry – qui compte d’ailleurs

Boxoffice Pro parmi ses partenaires – en les formant à la

communication digitale, à l'éducation à l'image et à la

médiation culturelle, pour tous types de publics.

Et le plus grand écueil à éviter ?

Il est important de se mettre d’accord sur le vrai but

de l’éducation à l’image. Est-ce qu'il s’agit de s'assurer

que les jeunes et très jeunes d'aujourd'hui soient

familiarisés avec le cinéma en salle et donc intègrent et

maintiennent cette pratique à l'âge adulte ? À ce

moment-là, c’est un travail de familiarisation avec une

pratique culturelle et de renouvellement des publics,

donc un enjeu de filière à défendre car derrière la

préservation de la salle, il y a toute l'économie de la

création qui en dépend. Si en revanche, l'éducation à

l'image se double – comme c'est très souvent le cas –

d'un enjeu de conformation aux “bonnes pratiques”

pour devenir un lieu où se transmettrait le “bon” cinéma

– en opposition à un cinéma “moins bon” ou “moins

nécessaire” –, elle deviendrait tout simplement un lieu

de réactualisation de la culpabilisation des publics et

de conformation à des hiérarchies culturelles. Et là, elle

aurait un effet repoussoir sur une partie de la jeunesse

qui ne se sent absolument pas écoutée, voire se sent

méprisée par les institutions.

Ne plaçons pas les jeunes dans des situations passives

de spectateurs et spectatrices ; mettons-les en situation

de programmateurs et programmatrices, de manière à

ce qu’ils comprennent l'enjeu de la circulation des

images. Il faut les responsabiliser, leur faire confiance…

et admettre la réalité de leurs pratiques sans se voiler la

face sur la réalité de NOS pratiques qui sont pas plus

nobles, ni plus légitimes que les leurs.

Récemment, plusieurs organismes représentatifs

de l’ensemble de la filière ont pris position contre

les pressions exercées par des élus locaux sur

la programmation – ou la déprogrammation –

de films. Quel est l’enjeu de préserver la liberté,

mais aussi une certaine neutralité politique des

cinémas, d’autant plus à la veille des élections

qui approchent ?

Il peut sembler banal de le dire mais le cinéma est un

art et une industrie qui, tout en étant insérée dans

une économie marchande, libérale et capitaliste, assume

un rôle – non pas inné, mais construit – dans le vivre

ensemble et l’ouverture à l'autre. Dans cette ambition

de fonction sociale, l’idée n’est pas que les cinémas

se posent comme garants de la démocratie, mais qu’ils

forment, en accueillant toute la diversité des formes

cinématographiques et des opinions, les gens à être

eux-mêmes des remparts contre ceux qui attaquent

la démocratie. Si on veut vraiment être un rempart

contre l'obscurantisme, il faut se placer du côté des

publics, et se départir des hiérarchies culturelles. Ce

qui ne veut pas dire que les cinémas doivent tout

programmer. Ils connaissent leur travail et leurs publics

et ils ont une ligne éditoriale. L’attachement des

spectateurs et spectatrices à leur cinéma de proximité,

démontré dans toutes les enquêtes, relève aussi de cet

ensemble de systèmes de valeurs qui est promu par

leur cinéma. Concernant les raisons de la plus grande

baisse de fréquentation des multiplexes, au-delà de

l'arbitrage économique réalisé sur le prix du billet et

du fait que leur public est davantage constitué d'occasionnels,

on devrait tester l’hypothèse que la consommation

de film en multiplexe est perçue, par certains,

comme un “non engagement”. Or le public va plutôt

vers un cinéma auquel il s’identifie, en tout cas avec

lequel il a le sentiment de partager plus que le choix

d'un film.

Propos recueillis par Aysegül Algan

N°507 / 7 janvier 2026

23


Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S02

7 JAN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

DEAN MEDIAS ANIMUS FEMINA 01h42 E.de Latour

METROPOLITAN FILMEXPORT CITY ON FIRE 01h40 R.Lam Chow Yun-Fat, D.Lee, S.Yueh

LES FILMS DU LOSANGE / SCALA FILMS FATHER MOTHER SISTER BROTHER 01h51 J.Jarmusch T.Waits, A.Driver, M.Bialik

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION IN THE SOUP 01h36 A.Rockwell S.Buscemi, S.Cassel, J.Beals

POWERHOUSE PRODUCTIONS JANA NAYAGAN 03h06 H.Vinoth Vijay, P.Hegde, M.Baiju

LES FILMS DU CAMELIA L’ACADÉMIE DES SECRETS 01h53 J.Olender

DIAPHANA DISTRIBUTION LES ÉCHOS DU PASSÉ 02h29 M.Schilinski H.Heckt, L.Urzendowsky, L.Geiseler

KMBO LES LUMIÈRES DE NEW YORK 01h43 L.Choi F.Chen, P.Yung, L.Nakli

PATHÉ LIVE LES PURITAINS (METROPOLITAN OPERA) 03h47 C.Edwards (IV) L.Oropesa, L.Brownlee, A.Rucinski

SPACE ODYSSEY LE STUDIO PHOTO DE NANKIN 02h17 A.Shen L.Haoran, X.Wang, Y.Gao

LES ACACIAS LE SUD 01h33 V.Erice O.Antonutti, S.Aranguren, I.Bollaín

STUDIOCANAL MA FRÈRE 01h52 L.Akoka et R.Gueret F.Kebe, S.Nataf, A.Bent

SAJE DISTRIBUTION MAXIMILIEN 01h56 D.Cook A.Greene Khoury, D.Henrie, H.Elizondo

LOCO FILMS MR. NOBODY AGAINST PUTIN 01h30 D.Borenstein et P.Talankin

FRIDAY ENTERTAINMENT PARASAKTHI 02h34 S.Kongara Sivakarthikeyan, S.Leela, R.Mohan

SHELLAC PILE OU FACE 01h56 A.Rigo de Righi et M.Zoppis J.Reilly, A.Borghi, N.Tereszkiewicz

BAROUDEUSE PRODUCTIONS PREMIÈRES LUNES 01h02 M.Melot

SOUTHFILMS RED BIRD 01h28 A.Laugier et T.Habibes T.Habibes, H.Adili, J.Paris

LOOK AT SCIENCES RIEN N'EST OUBLIÉ 01h25 A.Ceriana Mayneri et E.Laconi

JOUR2FÊTE TOUT VA BIEN 01h26 T.Ellis

S03

14 JAN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SONY PICTURES RELEASING FRANCE 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS 01h50 N.DaCosta R.Fiennes, A.Williams, J.O'Connell

DAMNED DISTRIBUTION ABEL 02h00 E.Eskendir E.Toleutai, N.Beksultanova, K.Deputat

CGR EVENTS / ADN ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : DIVE IN WONDERLAND 01h35 T.Shinohara N.Hara, M.Pugh, K.Yamamoto

AD VITAM ELEONORA DUSE 02h02 P.Marcello V.Bruni Tedeschi, N.Merlant, F.Wrochna

LES ALCHIMISTES FORÊT ROUGE 01h44 L.Lassalle

MEMENTO FURCY, NÉ LIBRE 01h48 A.Al Malik M.Samba, R.Duris, A.Girardot

METROPOLITAN FILMEXPORT GREENLAND MIGRATION 01h39 R.Waugh G.Butler, M.Baccarin, W.Abadie

ART HOUSE JUSQU’À L’AUBE 01h59 S.Miyake H.Matsumura, M.Kamishiraishi, Ryô

LE PACTE L’AFFAIRE BOJARSKI 02h08 J.Salomé R.Kateb, S.Giraudeau, B.Bouillon

SHELLAC LAGUNA 01h42 S.Bartas S.Bartas, I.Bartaité, U.Bartaite

CGR EVENTS LA TRAVIATA (THE ROYAL OPERA) 03h00 R.Eyre E.Jaho, G.Sala, A.Isaev

DORIANE FILMS LE RENDEZ-VOUS DES QUAIS 01h33 P.Carpita F.Munoz, R.Manunta, A.Maufray

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LES COURAGEUX 01h20 J.Gordon O.Kolb, J.Kalisz Saurer, P.Besnier

HAUT ET COURT PALESTINE 36 01h59 A.Jacir J.Irons, H.Abbass, K.Basha

AMAZING DIGITAL STUDIOS RUSALKA 03h00 F.Savoir

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION SANS PITIÉ 01h34 J.Hosmalin A.Bessa, T.Jallab, J.Turnbull

S04

21 JAN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

L'ATELIER DISTRIBUTION AMOUR APOCALYPSE 01h40 A.Émond P.Hivon, P.Perabo, C.Jessup

PYRAMIDE DISTRIBUTION CHRISTY AND HIS BROTHER 01h34 B.Canty D.Power, D.Noyes, E.Willis

DESTINY FILMS DIAMANTI 02h15 F.Özpetek J.Trinca, L.Ranieri, S.Accorsi

LES FILMS DU WHIPPET EN ROUTE ! 00h40 A.Mironov et Y.Matrosova

UFO DISTRIBUTION GRAND CIEL 01h31 A.Hata D.Bonnard, S.Guesmi, M.Soualem

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR HAMNET 02h05 C.Zhao P.Mescal, J.Buckley, E.Watson

SHELLAC IMPERIAL PRINCESS 00h48 V.Vernier I.Perminova

MISSION LA VOIE NORMALE 01h14 E.Sehiri

GAUMONT DISTRIBUTION LE MAGE DU KREMLIN 02h25 O.Assayas P.Dano, J.Law, A.Vikander

SURVIVANCE LE RETOUR DU PROJECTIONNISTE 01h28 O.Aghazadeh

CGR EVENTS LUDOVIC 01h40 R.Letzgus

TRAFALGAR RELEASING MEGADETH: BEHIND THE MASK 01h48 C.Tebo D.Mustaine, J.LoMenzo, D.Verbeuren

KMBO OLIVIA 01h11 I.Iborra O.Bagué, J.Évole, B.Pato

PARAMOUNT PICTURES FRANCE PRIMATE 01h29 J.Roberts T.Kotsur, J.Sequoyah, J.Alexander

MY SECRET ANGEL COMPANY SOUFFRANCE ET DÉLIVRANCE 01h29 J.CIRANNA

PARADIS FILMS TAFITI 01h22 N.Wels C.Henman, B.Dietrich, T.Schmuckert

WAYNA PITCH UNE PAGE APRÈS L'AUTRE 01h35 N.Cheuk L.Yip, R.Cheng, H.Chan

21FILMS VIES ET MORTS DE MAX LINDER 01h39 E.Porembny R.Bichet, M.Adamczuk, P.Anid

S05

28 JAN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LE PACTE BAISE-EN-VILLE 01h34 M.Jauvat M.Jauvat, E.Bercot, W.Lebghil

BLUE NOTE FILMS BEL AMI 01h57 J.Geng X.Gang, W.Qing, Z.Zhang

METROPOLITAN FILMEXPORT DREAMS 01h38 M.Franco J.Chastain, I.Hernández, R.Friend

STUDIOCANAL GOUROU 02h04 Y.Gozlan P.Niney, M.Barbeau, A.Bajon

LES FILMS DES DEUX RIVES HOWARD ZINN, UNE HISTOIRE POPULAIRE AMÉRICAINE 2 01h52 O.Azam et D.Mermet

LES FILMS DU PRÉAU LA GRANDE RÊVASION 00h45

PATHÉ FILMS LA GRAZIA 02h13 P.Sorrentino T.Servillo, A.Ferzetti, O.Cinque

ARIZONA DISTRIBUTION LA RECONQUISTA 01h48 J.Trueba F.Carril, I.Arana, A.Garrido

MÉTÉORE FILMS LA VIE APRÈS SIHAM 01h16 N.Messeeh

SINGULARIS FILMS LE CHASSEUR DE BALEINES 01h33 P.Yuryev V.Onokhov, V.Lyubimtsev, K.Asmus

PAN DISTRIBUTION LES LÉGENDAIRES 01h32 G.Ivernel R.Doduik, E.Dumand, E.Tilloloy

POTEMKINE FILMS NAKED 02h06 M.Leigh D.Thewlis, L.Sharp, C.Skinner

NOUR FILMS NUREMBERG 02h28 J.Vanderbilt R.Malek, R.Crowe, M.Shannon

JOUR2FÊTE PROMIS LE CIEL 01h32 E.Sehiri A.Maïga, D.Christelle Naney, L.Ky

SONY PICTURES RELEASING FRANCE RECONNU COUPABLE 01h40 T.Bekmambetov C.Pratt, R.Ferguson, A.Wallis

NIGHTSHIFT

RÉTROSPECTIVE MÁRTA MÉSZÁROS (3 FILMS)

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

24 N°507 / 7 janvier 2026


S06

4 FÉV

08

S07

11 FÉV

15

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

CGR EVENTS 200% LOUP 01h36 A.Stadermann I.Swindells, S.Georgina, E.Nabben

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE À DEMAIN SUR LA LUNE 01h20 T.Balmès

CGR EVENTS AMADOU ET MARIAM : SONS DU MALI 01h28 R.Marley

DIAPHANA DISTRIBUTION À PIED D'ŒUVRE 01h32 V.Donzelli B.Bouillon, A.Marcon, V.Ledoyen

KMBO BISCUIT LE CHIEN FANTASTIQUE 01h32 S.Wageman O.Wilson, S.Billingsley-Rodriguez, D.Littman

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE BLUEY AU CINÉMA : COLLECTION “EN CUISINE” 00h55 J.Brumm et R.Jeffery D.McCormack, M.Zanetti, B.Elliott

LES FILMS DU LOSANGE

CYCLE RAYMOND DEPARDON PHOTOGRAPHE (7 FILMS)

MITIKI DIS-MOI SUR QUEL PIED TU DANSES 01h12 P.Ménard

LES ALCHIMISTES LA LUMIÈRE NE MEURT JAMAIS 01h48 L.Parppei S.Kujala, A.Kauno, C.Auer

TANDEM LE GÂTEAU DU PRÉSIDENT 01h42 H.Hadi B.Nayyef, S.Qasem, W.Khreibat

DESTINY FILMS LE GRAND PHUKET 01h38 L.Yaonan L.Rongkun, Y.Xuan, K.Hang

CORPUS FILMS LES ÂMES BOSSALES 01h21 F.Perlier

CINÉMA PUBLIC FILMS LES TOUTES PETITES CRÉATURES 2 00h38 L.Izzard

PATHÉ FILMS MARSUPILAMI 01h39 P.Lacheau P.Lacheau, J.Debbouze, T.Boudali

WILD BUNCH DISTRIBUTION N121 - BUS DE NUIT M.Aïssaoui R.Belaïche, B.Diombera, G.Gevin-Hié

DORIANE FILMS RAK 01h33 C.Belmont S.Frey, L.Kedrova, A.Deleuze

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE RENTAL FAMILY 01h50 M.Miyazaki B.Fraser, M.Yamamoto, T.Hira

METROPOLITAN FILMEXPORT RETOUR À SILENT HILL 01h46 C.Gans J.Irvine, H.Anderson, E.Templeton

CONDOR DISTRIBUTION THE MASTERMIND 01h50 K.Reichardt J.O'Connor, A.Haim, J.Magaro

PATHÉ LIVE UN BAL MASQUÉ 03h00 G.Deflo M.Polenzani, A.Netrebko, L.Tézier

CGR EVENTS WOOLF WORKS (THE ROYAL BALLET) 03h30 W.McGregor

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

WAYNA PITCH 303 02h23 H.Weingartner A.Spieker, M.Emde, C.Erikson

EUROZOOM 5 CENTIMÈTRES PAR SECONDE 02h01 Y.Okuyama H.Matsumura, H.Yoshioka, A.Miyazaki

ARP SÉLECTION AUCUN AUTRE CHOIX 02h19 P.Chan-Wook L.Byung-Hun, Y.Son, S.Cha

SONY PICTURES RELEASING FRANCE GOAT - RÊVER PLUS HAUT T.Dillihay et A.Rosette C.McLaughlin, D.Harbour, Jelly Roll

WARNER BROS. FRANCE "HURLEVENT" E.Fennell M.Robbie, J.Elordi, H.Chau

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE IT’S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY 01h46 A.Berg J.Buckley, B.Harper

LE PACTE LES DIMANCHES 01h58 A.Ruíz de Azúa B.Soroa, P.López Arnaiz, J.Minujin

STUDIOCANAL LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE C.Barratier L.Hector, N.Filbrandt, O.Gerbi

NEW STORY LES IMMORTELLES 01h29 C.Deruas L.Garrel, L.Aura, E.Béart

PANAME DISTRIBUTION LES VOYAGES DE TEREZA 01h27 G.Mascaro D.Weinberg, R.Santoro, M.Socarrás

PAN DISTRIBUTION L'INFILTRÉE 01h35 A.Sylla A.Sylla, M.Laroque, Kaaris

APOLLO FILMS LOL 2.0 L.Azuelos S.Marceau, T.Alessandrin, V.Elbaz

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION PERSONNE NE RIRA 01h34 H.Bočan J.Kačer, S.Rehakova, J.Schvalina

JHR FILMS SAINTE-MARIE-AUX-MINES C.Schmitz R.Burger, F.Soetens

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE SEND HELP 01h53 S.Raimi R.McAdams, D.O'Brien, E.Ismail

DAVID SERERO PRODUCTIONS SERGE LAMA - LE FILM 01h10 D.Serero S.Lama, L.Fabian, J.Clerc

JOUR2FÊTE SOULÈVEMENTS 01h45 T.Lacoste

SPLENDOR FILMS STAND BY ME 01h29 R.Reiner R.Phoenix, R.Dreyfuss, C.Feldman

CGR EVENTS / ADN

THE DANGERS IN MY HEART: THE MOVIE

AD VITAM URCHIN 01h39 H.Dickinson F.Dillane, M.Northam, A.Waked

S08

18 FÉV

22 22

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

DULAC DISTRIBUTION AU-DELÀ DE KATMANDOU A.Murphy

STUDIOCANAL COLD STORAGE 01h39 J.Campbell J.Keery, G.Campbell, L.Neeson

PATHÉ FILMS COUTURES 01h47 A.Winocour A.Jolie, E.Rumpf, L.Garrel

TAMASA DISTRIBUTION GREEN LINE 02h30 S.Ballyot

SONY PICTURES RELEASING FRANCE KISS OF THE SPIDER WOMAN 02h08 B.Condon D.Luna, Tonatiuh, J.Lopez

CONDOR DISTRIBUTION LA FAMILLE ADDAMS 01h39 B.Sonnenfeld A.Huston, R.Julia, C.Lloyd

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LA FEMME CACHÉE 01h41 B.Bensaddek A.Bertrand, N.Harzoune, A.Henry

ARIZONA DISTRIBUTION LE MYSTÉRIEUX REGARD DU FLAMANT ROSE 01h48 D.Cespedes T.Cortes, M.Catalán, P.Dinamarca

GAUMONT DISTRIBUTION LE RÊVE AMÉRICAIN A.Marciano J.Zadi, R.Quenard

MÉTÉORE FILMS LE RIRE ET LE COUTEAU (VERSION INTÉGRALE) 05h30 P.Pinho S.Coragem, C.Diára, J.Guilherme

CARLOTTA FILMS LES FILLES 01h50 S.Peries V.Chaturani, A.Jinadasa, J.Samaraweera

LITTLE KMBO L'OURSE ET L'OISEAU 00h41 M.Caudry et A.Peuffier N.Lvovsky, B.Belin, Estéban

ART HOUSE LOVE ON TRIAL 02h03 K.Fukada K.Saito, Y.Kura, K.Tsuda

PYRAMIDE DISTRIBUTION MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX 01h20 P.Bonitzer D.Podalydès, A.Alvaro, M.Guillot

METROPOLITAN FILMEXPORT MARTY SUPREME 02h29 J.Safdie T.Chalamet, G.Paltrow, O.A’zion

HAUT ET COURT SUKKWAN ISLAND 01h55 V.de Fontenay S.Arlaud, W.Norman, A.Pöysti

GEBEKA FILMS SUPER CHARLIE 01h20 J.Holmberg O.Wahlsteen, S.Strand, S.Björklund

UFO DISTRIBUTION UN MONDE FRAGILE ET MERVEILLEUX 01h50 C.Aris M.Akl, H.Akil, J.Kassar

S09

25 FÉV

01

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PATHÉ LIVE ATHOS - AU CŒUR DE LA PATROUILLE DE FRANCE 01h30 M.Giombini

SND CHERS PARENTS E.Patron A.Dussollier, Miou-Miou, A.Ducret

CGR EVENTS GISELLE (THE ROYAL BALLET) 03h30

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE IS THIS THING ON? 02h04 B.Cooper W.Arnett, L.Dern, A.Day

TAMASA DISTRIBUTION JAMES ET LA PÊCHE GÉANTE 01h20 H.Selick P.Terrry, S.Sarandon, R.Dreyfuss

EPICENTRE FILMS JUSTA 01h28 T.Villaverde M.Cunha, B.Faria, R.Vidal (II)

MALAVIDA FILMS LA FAMILLE HOMOLKA 01h20 J.Papousek J.Sebanek, M.Motlova, F.Husak

L'ATELIER DISTRIBUTION LA TRAQUE DE MERAL 01h31 S.Bouma G.Naber, D.Yurdakul, R.Thiry

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR LE SON DES SOUVENIRS 02h09 O.Hermanus J.O'Connor, P.Mescal, C.Cooper

EUROZOOM LUPIN THE IIIRD THE MOVIE: LA LIGNÉE IMMORTELLE 01h32 T.Koike K.Kurita, A.Ôtsuka, D.Namikawa

LE PACTE ORWELL: 2+2=5 02h00 R.Peck D.Lewis

ORIFLAMME FILMS QUARTIER LIBRE 01h12 C.Delsaux L.Dubarry, G.Vandeweerd, M.Zenou

AD VITAM RUE MÁLAGA 01h56 M.Touzani C.Maura, M.Etura, A.Boulane

PARAMOUNT PICTURES FRANCE SCREAM 7 K.Williamson N.Campbell, C.Cox, I.May

THE JOKERS FILMS THE GRANDMASTER 02h03 W.Kar-Wai T.Leung Chiu-Wai, Z.Zhang, C.Chang

KMBO THE UGLY 01h42 S.Yeon J.Min Park, H.Kwon

ARP SÉLECTION UN ÉTÉ À LA FERME 01h40 H.Willocq

DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS WELCOME TO EUROPE 02h00

DIAPHANA DISTRIBUTION WOMAN AND CHILD 02h11 S.Roustaee P.Izadyar, S.Mohebi, P.Maadi

N°507 / 7 janvier 2026

25


Emission

BNP PARIBAS

AU CŒUR DES ÉQUILIBRES DU CINÉMA

La banque partenaire historique

du 7 e art répond aux besoins

de financement de l’ensemble

des acteurs de la filière. Un

accompagnement fondé sur

l’expertise, le conseil et la durabilité,

comme l’ont décrit Ariane Cohen,

directrice du Centre d’affaires

Image et Médias, et Denis Campion,

directeur général de Cofiloisirs, dans

l’Émission.

©Boxoffice Pro

Au terme d’une réorganisation de ses activités, BNP

Paribas s’est renforcé d’une « ligne métier » Médias et

Cinéma – dirigée par Henri de Roquemaurel et Claire

Hélène Massau –, qui recouvre notamment les activités

du Centre d’affaires Image et Médias. « Nous sommes en

charge d'entreprises de l’univers des médias au sens large,

dont l’édition, la presse, les télécoms, le jeu vidéo… et bien

entendu, le cinéma, pour répondre à leurs besoins de financement,

en conseils, en évolution de capital comme en

prévention des risques – qui peuvent être cyber ou assurantiels.

Pour les exploitants, nous proposons également des services

dans le domaine des paiements et, parfois, du développement

à l'international », explique Ariane Cohen, qui dirige ce

Centre d'affaires. Denis Campion rappelle de son côté

que Cofiloisirs, spécialisé dans le financement du contenu

audiovisuel et cinématographique, s'adresse essentiellement

aux producteurs avec 40 experts, mais qu’originellement,

« il a été créé, il y a plus de 50 ans, pour financer le développement

des salles ». Ce que la structure, désormais

adossée à BNP Paribas, continue de faire auprès des

cinémas indépendants, tandis que « le Centre d’Ariane

gère de grands groupes nationaux et internationaux ».

Une expertise sectorielle organisée

Dans le contexte de recul de fréquentation, le directeur

général de Cofiloisirs a observé « un certain nombre

d’établissements en souffrance », mais également des

cinémas art et essai – notamment parisiens – qui ont

« plutôt bien fonctionné. À l'échelle du Centre d’affaires

comme de Cofiloisirs, nous avons pu, au cas par cas, réaliser

des aménagements de prêts pour passer cette période, mais

les sollicitations n’ont pas été massives et nous avons toujours

trouvé des solutions ».

Reste un point de fragilité pour les exploitants : « leur

capacité d’investissement », prévient Ariane Cohen. Pour

ce faire, BNP Paribas, qui accompagne plus de la moitié

du parc de salles français, a développé « des offres attractives,

tant en termes de taux que de durée » Dans un souci

de durabilité, certains financements sont « fléchés lorsque

le sous-jacent est ce que l’on appelle “green” : des projecteurs

LED, des systèmes de climatisation… ». Les projets sont

Ariane Cohen, directrice du Centre d’affaires Image et Médias, et Denis Campion, directeur général de Cofiloisirs, dans l’Émission du 18 décembre 2025

étudiés au cas par cas, « par des équipes dédiées, qui

regardent ce qui se fait ailleurs et qui ont un vraie expertise

et un vrai rôle de conseil pour amener nos clients vers une

exploitation plus durable ». Des efforts qui, au-delà de

la dimension environnementale, portent également

leurs fruits en matière d’attractivité du métier, comme

le souligne Denis Campion : « Aujourd'hui, les jeunes

recrues sont très attentives aux bonnes pratiques de leurs

employeurs en termes de politique RSE. »

Accompagner le risque

« Parmi les acteurs qui prennent le plus de risque dans la

filière », BNP Paribas et Cofiloisirs sont également présents

auprès des distributeurs, et particulièrement attentifs à

ce que les montants investis en minimums garantis soient

« raisonnables, en rapport avec la capacité des structures ».

Mais là aussi, « il y a des situations très différentes », observe

Denis Campion qui se garde de dresser des « constats

définitifs entre les tendances longues et les effets conjoncturels

d'une année difficile ».

Côté production, en 2025, Cofiloisirs est fier d’avoir

accompagné un record de plus de 200 projets, mais son

directeur général est conscient d’une « polarisation entre

petits et grands films, et moins de titres intermédiaires », et

de plans de financement « de plus en plus tendus ». Et si,

dès lors, le recours à des coproductions internationales

permet d'optimiser les ressources, « c'est aussi beaucoup

plus technique à monter. Et donc, c'est là aussi où les experts

de Cofiloisirs interviennent, pour accompagner les producteurs

dans la structuration de leur financement ».

Cette année encore, BNP Paribas sera de la Fête du

Cinéma, « pour la 22 e fois consécutive », se réjouit Ariane

Cohen, en rappelant que la banque est également

partenaire de 40 festivals à travers le monde et qu’elle

a invité un total de 100 000 personnes au cinéma dans

l’année. Début décembre, elle a notamment offert 5 000

places pour la 4 e édition de son opération Ciné Culte

autour de James Cameron, organisée dans cinq villes.

Enfin, depuis fin avril dernier, le Pathé BNP Paribas

est devenu un épicentre des activités de diffusion de la

banque, accueillant associations partenaires, clients et

collaborateurs autour de nombreux événements.

Une expérience de branding qui résonne comme la

consécration de l'histoire d’une banque qui aime le

cinéma… et « qui pourrait être reproduite dans d'autres

villes en France, avec d'autres partenaires ».

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

Ayşegül Algan

26 N°507 / 7 janvier 2026


L’ACTUALITÉ DE

L’EXPLOITATION ET DE LA

DISTRIBUTION CINÉMA

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Événement

©NICOL Claire

LE SOMMET DES ARCS

AU PIC DU PROGRÈS

En marge des Arcs Film Festival,

le rendez-vous professionnel a

convié exploitants, distributeurs

indépendants et fournisseurs

à réfléchir sur les questions de

démocratie, d’innovation…

et de vin chaud.

Ce 17 e Sommet des Arcs marquait un changement majeur

dans son organisation, Quentin Stallivieri en étant devenu

le responsable suite au départ d’Anne Pouliquen l’année

dernière pour se consacrer intégralement à Futura Cinema.

Mais comme les précédentes années, l’événement a fait

la part belle aux multiples actions pour dynamiser les

salles ou apporter un nouveau regard sur l’exploitation.

En témoigne l’atelier ludique Vis ma vie, en partenariat

avec LuckyTime, où exploitants et distributeurs ont

inversé leurs rôles le temps de quelques heures pour se

rendre compte des défis et contraintes du quotidien de

chacun, ou le Laboratoire des initiatives qui s’est concentré

sur quatre projets. Privio, bien connu des professionnels

pour ses services de screener (lien de visionnage sécurisé

d’un film), a présenté son cloud augmenté, permettant

de stocker un certain nombre de films, de gérer des KDM

et même de créer des DCP. Juliette Vigoureux est intervenue

sous sa casquette Cut ! pour faire une démonstration

de Count !, le premier calculateur écologique des salles,

en accès libre : « Le but n’est pas de dire qu’il y a des bons

ou des mauvais élèves selon le bilan carbone, mais de comprendre

sa dépendance aux énergies fossiles, donc sa vulnérabilité. »

Présents en 2024 pour introduire cinesociety data,

Thierry Delpit et Marie Razin ont cette année dévoilé

les résultats de leur outil permettant de collecter les

données des cinémas pour mieux cibler les spectateurs.

Une hausse d’entrées est ainsi observée dans les salles

participantes, à l’instar de celles utilisant cinesociety

social. Enfin, Frédéric Cornet, manager des Cinémas

Galeries de Bruxelles, a présenté l’offre illimitée Cineville

La traditionnelle session de luge du Sommet

en Belgique. Lancée en juillet 2022 suite à la réussite du

modèle néerlandais, l’initiative a également su y trouver

son public avec 13 000 abonnés et quelque 110 000

entrées enregistrées sur les 12 derniers mois dans 26

cinémas. Un projet présent dans cinq pays européens, et

qui devrait arriver en France sous le nom Cinessentiel,

développé en collaboration avec Cine Group (voir p. 6).

Pratiquer les nouvelles pistes

Ce Sommet était également une occasion de présenter

des projets de cinémas innovants, dont l’ouverture est

prévue dans les prochains mois. Benjamin Gondard a

dévoilé les contours du nouveau cinéma de trois salles

Le Patio à Gex (Ain), en remplacement du mono-écran

municipal art et essai dont il est responsable. Le transfert

aura normalement lieu au printemps prochain, illustrant

la belle dynamique de l’établissement qui a renoué avec

sa fréquentation pré-Covid. Le nouveau lieu a ainsi été

construit de la manière la plus accessible possible, avec

un hall pensé comme « un sas de décompression », un espace

canapés, des caisses mobiles… En outre, le bâtiment a

été enterré pour bénéficier de la géothermie, et ainsi

atteindre des températures raisonnables sans traitement d’air.

Thomas Legal, connu en tant que directeur de la programmation

chez The Jokers, était cette fois-ci présent sur

scène pour parler du CiNey, dans le 18 e arrondissement

parisien. Développé par l’association La Sierra, en partenariat

avec Paris Habitat, La Mission locale de Paris et

la Fondation de l'Armée du Salut, l’espace culturel et

28 N°507 / 7 janvier 2026


L'atelier Vis ma vie

social devrait ouvrir entre février et mars prochains. Ce

lieu de 1 500 m² sera organisé en trois pôles – culture,

insertion et mieux manger –, et sera équipé de deux

écrans pour 176 places, dont l’architecture s’est adaptée

à deux contraintes : impossibilité de construire en dessous

(passage du métro) ni au-dessus (présence d’autres bâtiments).

Dans un souci d’y investir au mieux la population

locale, la programmation sera participative, et « une

réflexion sur la VF est en cours ».

Enfin, Victor Courgeon a livré un peu plus de détails

sur le cinéma municipal Alice Guy de Bobigny (Seine-

Saint-Denis), aussi prévu pour février-mars. Ce nouvel

établissement viendra dynamiser une ville de 55 000

habitants qui n’a plus connu de cinéma fixe depuis la

fermeture du Magic, en 2019. Au total, six salles sont

attendues, dont trois hybrides pouvant également accueillir

du spectacle vivant. Le hall est conçu comme un espace

de vie à travers un café – qui abritera probablement une

librairie – et « un espace confiserie en bonne et due forme ».

Le nouveau cinéma sera accessible aussi bien par sa grille

tarifaire qu’en transports en commun, grâce aux lignes

de métro 5 et, bientôt, 15.

Café démocratique

Moment éminemment attendu du Sommet, le Café des

indés proposait cette année cinq ateliers autour de la

démocratie. Un thème d’actualité au regard des récentes

ingérences d’élus locaux dans la programmation de

plusieurs cinémas, ainsi que des prochaines élections

municipales en mars. Les participants ont, pour certains,

Le quizz SensCritique a, comme chaque année, enflammé les participants.

©NICOL Claire ©NICOL Claire

relaté leurs expériences de pressions par des élus ou des

spectateurs, entraînant parfois une autocensure. Particulièrement,

les réseaux sociaux ont été relevés comme

un espace d’amplification des tensions, pour les exploitants

comme les distributeurs, où les posts mettant en valeur

une personne issue d’une minorité – selon la couleur de

peau, le genre ou encore l’orientation sexuelle – reçoivent

de nombreux commentaires haineux. Il a toutefois été

souligné que cela ne se transcrit que très rarement, voire

jamais, dans des actions concrètes dans les cinémas.

Les ateliers du GNCR et de l’ACID avaient deux thèmes

similaires, portant sur la défense de l’indépendance

artistique de la salle de cinéma face à l’interventionnisme

politique. Globalement, un travail de médiation auprès

des élus serait bénéfique, que ce soit via une formation

ou une journée de pédagogie sur le fonctionnement du

cinéma. Les exploitants peuvent aussi être formés, notamment

sur les bases juridiques à connaître face à des cas

d’ingérence. À ce titre, un guide juridique et pratique

sur la liberté de création – incluant donc la programmation

– a été conçu par le ministère de la Culture. L’ACID

propose également de mettre en place, « avant les élections

municipales », une charte d’indépendance de la programmation

entre les cinémas municipaux et leurs tutelles.

Une idée semblable à celle du GNCR, qui conseille

l’ajout, dans les conventions passées avec les collectivités

territoriales, de clauses de non-ingérence dans la programmation

et les animations. Le Groupement avance en

outre que cela pourrait, après réflexion avec le CNC, être

une condition d’attribution de la subvention art et essai.

©NICOL Claire ©NICOL Claire

Les participants du Laboratoire des initiatives, et au centre Quentin Stallivieri, responsable du Sommet

Enfin, l’ACID évoque l’importance de « remettre les

questions esthétiques au cœur du débat », pour rappeler

« l’expertise des formes cinématographiques » des

exploitants.

Dans la lignée de ces discussions, le SCARE s’interrogeait

sur les manières de programmer un film dont le sujet

divise, dans un contexte où « certains événements organisés

par les exploitants peuvent être récupérés politiquement ». Il

a tout d’abord été suggéré que les distributeurs identifient

les sujets potentiellement problématiques dans les films,

afin d’en discuter en amont avec les exploitants qui,

ensuite, préparent leurs équipes, des médiateurs aux

agents d’accueil, ces derniers étant ceux qui ont « le rapport

le plus direct avec les spectateurs, et donc leurs retours ». Les

cinéastes peuvent également être prévenus et préparés

sur les points de tensions, notamment dans le cas de

débats avec le public. De son côté, le SDI, en collaboration

avec LuckyTime, réfléchissait aux stratégies de communication

pour garantir l’accès et la visibilité de sorties

potentiellement entravées. A émergé la nécessité d’une

communication continue, des producteurs aux exploitants,

pour connaître les problèmes qu’ont pu rencontrer certains

films, et mieux les anticiper pour les combattre. Le

Syndicat de distributeurs a également rappelé l’importance

de trouver les bons relais médiatiques pour un film, en

n’oubliant pas la parole prescriptrice des influenceurs.

La question des créateurs de contenus a également été

abordée à l’atelier de l’AFCAE qui, dans le prolongement

de son colloque (voir le Boxoffice Pro du 17 décembre

2025), proposait une réflexion sur la cinéphilie comme

Le Café des indés

N°507 / 7 janvier 2026

29


Événement

Palmarès

Les Arcs Film Festival 2025

Flèche de cristal

Mr. Nobody Against Putin

de David Borenstein et Pavel Talankin (Loco Films, en salles)

©Pavel Talankin

Mr. Nobody Against Putin de David Borenstein et Pavel Talankin

Grand prix du jury

Little Trouble Girls

d’Urška Djukić (ASC Distribution, 11 mars)

Prix d’interprétation

Milan Ondrík pour Father

de Tereza Nvotová (Epicentre, 13 mai)

Robert Aramayo et Scott Ellis Watson pour I Swear

de Kirk Jones (Tandem, 8 avril)

Prix de la meilleure musique originale

Michal Rataj et Jonas Struck pour Mr. Nobody Against

Putin de David Borenstein et Pavel Talankin

Prix de la meilleure photographie

Gergely Pálos pour Silent Friend

d’Ildiko Enyedi (KMBO, 1 er avril)

Prix du jury jeune

I Swear de Kirk Jones

Prix des Cinglés du cinéma

Maspalomas

d’Aitor Arregi et José Mari Goenaga (Epicentre, 24 juin)

Prix Cineuropa

Trois Adieux

d’Isabel Coixet (Nour Films, septembre 2026)

Prix du public

I Swear

de Kirk Jones

©NICOL Claire

vecteur de lien social et démocratique. Des capsules vidéo

peuvent par exemple être réalisées pour viser un public

jeune, à l’instar de partenariats autour des coups de cœur

15-25. Les discussions ont également porté sur les manières

de parler de “cinéphilie” sans renvoyer une image élitiste.

Des line-ups au sommet

En amont du traditionnel vin chaud, cinq distributeurs

et l’ACID ont présenté leurs boucles de line-ups. Et pour

Les Films du Préau, 2026 débutera le 28 janvier avec

La Grande Rêvasion. Les trois courts métrages animés

qui composent ce programme de 45 minutes abordent

la confiance en soi. À découvrir à partir de 4 ans. Le 4

mars viendra Fantastique, un documentaire de Marjolijn

Prins sur une jeune circassienne guinéenne. Le distributeur,

qui suit le film depuis cinq ans, réaffirme ici sa volonté

de poursuivre la diffusion de documentaires. Un travail

d’accompagnement pourra être effectué avec plusieurs

écoles de cirque, et un dossier pédagogique bientôt à

disposition. À partir de 8 ans.

2025 était une année importante pour L’Atelier Distribution,

qui a tenu à remercier les exploitants pour le

succès de Muganga - Celui qui soigne, son plus grand

succès (plus de 280 000 entrées). Le 21 janvier sera

distribué Amour apocalypse, une sortie d’envergure

attendue sur environ 100 copies. Passée par la Quinzaine

Présentation de I Swear par le réalisateur, Kir Jones, et l’équipe de Tandem.

des Cinéastes, cette comédie romantique québécoise

s’inscrit dans la lignée d’un Simple comme Sylvain, et sera

accompagnée en tournée par la réalisatrice Anne Émond

ainsi que l’acteur principal Patrick Hivon. Le distributeur

a ensuite évoqué les autres titres qui composeront son

line-up 2026 : La Traque de Meral de Stijn Bouma le

25 février – qui montre les conséquences d’une casse

sociale –, Holding Liat de Brandon Kramer le 1 er avril

– documentaire dans la lignée de No Other Land – et

D’où vient le vient d’Amel Guellaty le 3 juin – sur une

jeunesse post-révolutionnaire.

Chez Paname, 2025 a également été faste, avec plus de

trois films au-dessus des 100 000 entrées : Jane Austen a

gâché ma vie, Vermiglio et L’Épreuve du feu. Le distributeur

a dévoilé de nouvelles images des Voyages de Tereza de

Gabriel Mascaro (11 février), Ours d’argent à la Berlinale

2025, la bande-annonce de La Gifle de Frédéric Hambalek

(18 mars) et le teaser de Cocotte de György Pálfi (22

avril), un film « à hauteur de poule ». 2025 était une

excellente année pour Nour qui a connu son plus grand

succès, Life of Chuck (290 000 entrées). 2026 débutera

avec la plus grande sortie de son histoire, Nuremberg de

James Vanderbilt le 28 janvier, lendemain d’une série

d’avant-premières nationales pour la Journée mondiale

dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Suivront,

le 11 mars, Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis, une

grande fresque sur trois générations, puis Une fille en

or de Jean-Luc Gaget le 15 avril, Cosmos de Germinal

Roaux le 6 mai, Elisa de Leonardo Di Costanzo le 3

juin, I Was A Stranger de Brandt Andersen en juin, Des

fleurs pour Tokyo de Yuiga Danzuka (passé par la Quinzaine

des Cinéastes) en août, puis Trois Adieux d’Isabel

Coixet en septembre. Enfin, le distributeur annonce

plusieurs projets en cours d’écriture, comme On était

des loups de François Busnel et Malika de Mounia

Meddour. 2026 sera également un exercice dense pour

Wayna Pitch, qui annonce sept titres jusqu’à août : Une

page après l’autre de Nick Cheuk le 21 janvier, Précieuse(s)

de Fanny Guiard-Norel le 18 mars, A Second Life de

Laurent Slama le 15 avril, Vanilla de Mayra Hermosillo

le 13 mai, Silent Rebellion (titre susceptible d’être changé)

de Marie-Elsa Sgualdo le 3 juin, Cotton Queen de

Suzannah Mirghani le 1 er juillet et La Fille Condor

d’Alvaro Olmos Torrico le 19 août.

Pour la première fois, l’ACID présentait une boucle au

Sommet. L’occasion de rappeler les nombreux films que

l’association soutient, à commencer par Laurent dans

le vent d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo

Eustachon, en salles depuis le 31 décembre chez Arizona.

Sont également accompagnés La Vie après Siham de

Namir Abdel Messeeh (Météore, 28 janvier), La lumière

ne meurt jamais de Lauri-Matti Parppei (Les Alchimistes,

4 février), Green Line de Sylvie Ballyot (Tamasa, 18

février), Drunken Noodles de Lucio Castro (Outplay,

18 mars), La Couleuvre noire d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux

(ARP, 25 mars) et Entroncamento de Pedro

Cabeleira (Les Alchimistes, printemps 2026). Pour rappel,

l’ACID accompagne ces films en prenant en charge

plusieurs rencontres, en fournissant des dépliants gratuits

pour les salles adhérentes ou encore à travers ses jeunes

ambassadeur·ices.

Jules Dreyfus

30 N°507 / 7 janvier 2026


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Distribution

DU FILM À L’ÉVÉNEMENT,

LA STRATÉGIE FRANCE DE

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT

Après ses débuts en solo dans les salles

tricolores en compagnie de Godzilla

Minus One fin 2023, la société de

distribution internationale poursuit

son développement en France. Un

marché « unique », dans lequel Caspar

Nadaud, PDG fondateur de Piece Of

Magic Entertainment, entend déployer

une offre décloisonnée s’appuyant

sur l’expérience et le savoir-faire des

exploitants locaux.

Vous avez fondé Piece Of Magic Entertainment,

après plus de deux années passées à la direction

de Pathé Live en France. Qu'est-ce qui a motivé

cette aventure internationale ?

Après la très belle opportunité et les enseignements de

Pathé Live, j’ai souhaité prendre ma liberté d'entrepreneur,

notamment en matière de ligne éditoriale. Un

tout premier partenariat en 2017 avec le violoniste et

chef d’orchestre André Rieu m'a donné l'opportunité

de travailler avec 60 pays et plus de 4 000 salles. Depuis,

en sept ans, nous avons développé toute une offre

composée de films, de documentaires, d’animes, de

preschool pour le jeune public et d’événements musicaux

et gaming que nous proposons à travers le monde, et

notamment en France, notre premier titre à sortir sous

l’unique enseigne Piece Of Magic Entertainment – et

non en collaboration avec un autre distributeur – a été

Godzilla Minus One, en décembre 2023.

Quelles forces observez-vous en matière de diffusion

de contenus alternatifs dans les salles

françaises ?

Je n’aime pas le terme “contenu alternatif”,

car Piece Of Magic Entertainment

propose également

des films, comme Les Courageux,

de Jasmin Gordon, que

nous sortons en France le

14 janvier prochain. Certes,

nous sommes principalement

positionnés sur le

hors-film, aux côtés de

distributeurs spécialisés

déjà établis. Il reste de la

place pour un acteur

additionnel, et on voit

la force des salles françaises

sur ces sorties, dans

un pays où le contenu

événementiel, notamment

local, est si développé,

comme le montre le succès

de Mylène Farmer - Nevermore

- Le Film [plus de

400000 entrées en novembre

2024, sous bannière Pathé Live,

ndlr.], sans compter ceux de Jul,

Michel Sardou, Johnny Hallyday…

Caspar Nadaud, PDG fondateur de Piece Of Magic Entertainment

Mais autant de succès très spécifiques à notre

marché…. Quelles sont les types de contenus

que Piece Of Magic Entertainment va proposer

en France ?

Nous interrogeons toujours notre offre en fonction de

son public potentiel dans le pays, et bien entendu de son

calendrier de sorties. Parmi nos axes spécifiques de

développement en France, nous avons les concerts de

musique, comme le Official Release Party Of A Showgirl

de Taylor Swift en octobre dernier, ou le documentaire

musical It’s Never Over, Jeff Buckley d’Amy Berg, prévu

pour le 11 février.

Les exploitants français sont également très preneurs

de nos titres pour les 3-5 ans, à programmation flexible ;

Sam Le Pompier - Nouvelle Caserne, Grandes Aventures !

en octobre dernier a notamment lancé le label Petits

Pestacles d’UGC, tout comme Bluey au cinéma :

Collection “En cuisine” en février 2026.

©Piece of Magic Entertainment

It’s Never Over, Jeff Buckley d’Amy Berg

Bluey au cinéma : Collection “En cuisine”

Et bien entendu, dans un pays qui a une si grande

culture de l’anime et reste un pays phare dans le domaine

pour l’Europe, nous allons proposer des reprises événementielles

de Dragon Ball et d’Akira en 4K.

Qui dit sortie française, dit visa d'exploitation ;

comment s’effectue votre choix de recourir à un

visa classique ou exceptionnel ?

En fonction du public. Pour certains titres, le meilleur

moyen de l'atteindre est de créer l’urgence, en

focalisant le marketing vers la création d’un momentum

à leur sortie. La démarche est d’autant plus pertinente

pour les propositions où l'esprit de communauté

à rassembler est aussi important que le film.

C’est le cas des animes, mais également des

événements gaming comme le League of Legends

World Championship, auparavant proposé via

Pathé Live, mais que nous distribuerons désormais

nous-mêmes en France. Qu'un programme,

disponible gratuitement en ligne, affiche des

taux d’occupation de 80 à 90 % en salles, montre

que le cinéma a quelque chose d’unique à offrir,

y compris à un public qui n’y va pas souvent.

La chronologie des médias est un cadre unique

pour lequel nous avons le plus grand respect.

Je sais que Kaizen d’Inoxtag, en septembre 2024,

a créé la polémique car il n’a pas respecté les règles de

diffusion sous visa exceptionnel, mais aussi prouvé la

capacité de ces contenus non traditionnels à attirer

le public jeune.

©Merri Cyr ©Ludo Studio

32 N°507 / 7 janvier 2026


©Piece Of Magic Entertainment

Comment se passe la collaboration entre votre

équipe, basée à Amsterdam, et les exploitants

français ?

Je savais qu’on ne pouvait pas se positionner sur ce

marché sans une équipe dédiée qui connaît bien le

territoire et le métier, comme notre directrice distribution

France, Manon Dulauroy, qui vient de Studiocanal, et

notre directrice marketing Sophie Ménard, qui vient

de Walt Disney Company France. Après nos

Les Courageux de Jasmin Gordon

collaborations historiques via des partenaires locaux,

nous sommes donc en train de bâtir une relation directe

avec les exploitants français, dont le savoir-faire et la

connaissance du public est unique. Et ils savent que le

contenu hors-film peut ajouter de la couleur à la fréquentation

de leurs salles, en réintroduisant le cinéma dans

le paysage de publics nouveaux… et fidèles.

Propos recueillis par Aysegül Algan

Line-up 2026

14 janvier : Les Courageux de Jasmin Gordon

4 février : Bluey au Cinéma : Collection “En cuisine’’

11 février : It’s Never Over, Jeff Buckley d’Amy Berg

Juillet : Akira de Katsuhiro Ôtomo (en 4K)

Fin août : Concert d’été d’André Rieu

3 e trimestre : Finale des championnats du Monde de

League of Legends (retransmission en direct)

Décembre : Concert de Noël d’André Rieu

D’autres sorties seront annoncées ultérieurement.

Contact programmation :

Manon Dulauroy, directrice de la distribution France

06 24 28 11 50 / Manon.Dulauroy@pieceofmagic.com

ARIZONA TOUT FEU TOUT FLAMME

POUR LA RECONQUISTA

Le distributeur lance, ce 28 janvier, un film inédit de son fidèle compagnon de route Jonás Trueba,

également mis à l’honneur par une rétrospective du Centre Pompidou.

Quatrième long métrage du cinéaste espagnol, La Reconquista

suit Manuela et Olmo, deux trentenaires qui se

sont aimés il y a 15 ans, et se retrouvent exceptionnellement

pour une soirée alors que leur vie a changé, mais le passé

est quant à lui resté intact. Une histoire d’amour rompue,

contrairement à celle entre Arizona et Jonás Trueba, qui

a démarré en août 2020 avec la sortie de Eva en août, et

a depuis abouti à quatre autres collaborations. Mais avec

La Reconquista, la donne est légèrement différente, le

long métrage ayant été réalisé en 2016. Pour autant,

Bénédicte Thomas l’affirme : « C’est un film inédit, non

de patrimoine. » La fondatrice et dirigeante d’Arizona

explique avoir voulu le distribuer depuis plusieurs années,

mais le rythme de production de Jonás Trueba, qui

s’approchait d’un film par an, l’en a notamment empêchée.

Finalement, « les planètes se sont alignées » pour le 28

janvier, lendemain de l’ouverture de la rétrospective

dédiée au cinéaste organisée par le Centre Pompidou,

accueillie au mk2 Bibliothèque*.

Entre 50 et 100 copies sont visées par la distributrice,

qui travaille « en parallèle » de la rétrospective, afin de

mieux souligner cette sortie nationale. Elle pourra ainsi

compter sur plusieurs partenaires média, comme Télérama,

Le Monde, Les Inrockuptibles et Les Cahiers du Cinéma.

Ces derniers ont justement régulièrement soutenu Jonás

Trueba, classant depuis 2020 trois de ses quatre films

dans leur top 10 annuel. Cela a participé à installer le

réalisateur auprès d’un public « cinéphile comme l’on en

trouve partout en France, mais également en province »,

évoque Bénédicte Thomas, « avec de grands succès dans

des salles très fidèles comme l’ABC de Toulouse ou le Méliès

©Losilusos films

de Grenoble ou les Studios de Tours ». La distributrice salue

également un « fort soutien des associations de salles. L’AFCAE

et l’ACID avaient conjointement soutenu Eva en août,

l’ACID Qui à part nous [sorti en 2022, ndlr.], Septembre

sans attendre [sorti en 2024, ndlr] avait été montré aux

Rencontres nationales de Cannes de l’AFCAE et soutenu

par le GNCR, qui soutient également la sortie de La

Reconquista ».

À l’occasion de sa grande avant-première en ouverture

de la rétrospective, Jonás Trueba sera présent en France

et y restera quelques temps pour « assister à quelques

dates en région, et ainsi retrouver les salles » qui ont

accueilli ses films à des niveaux que ni lui, ni Bénédicte

Thomas n’auraient pu espérer. Lors d’un échange le

lendemain d’une projection d’Eva en août à La Rochesur-Yon

en 2020, le réalisateur avait ainsi confié à la

distributrice ses doutes quant à l’intérêt d’une sortie

française. Le film, lancé le 5 août entre les deux fermetures

de salles, rencontrera finalement un joli succès,

couronné par une nomination au César du meilleur

film étranger. De quoi amorcer idéalement une histoire

d’amour avec la France, et préparer le terrain pour

La Reconquista.

Jules Dreyfus

* Pendant les travaux de rénovation du Centre Pompidou, toutes ses projections sont

délocalisées au mk2 Bibliothèque.

N°507 / 7 janvier 2026

33


International

PATHÉ OUVRE UN CINÉMA À RABAT

©Pathé Cinémas

Le leader de l’exploitation française a inauguré,

le 16 décembre, son second établissement au

Maroc.

Le Pathé Dar Essalam est situé au cœur du petit centre

commercial du même nom, dans un quartier résidentiel

de l’ouest de la capitale. Son aménagement a été confié

au cabinet de l’architecte Patrick Genard, basé à Barcelone,

qui réalise ici son premier cinéma.

Le complexe propose quatre salles premium d'une capacité

totale de 149 fauteuils (une grande de 80 places, et trois

petites salles VIP de 23 places chacune), toutes équipées

d’écrans Samsung Onyx 2 4K et du son Dolby Atmos.

En somme, le Pathé Dar Essalam « s’intègre dans l’écosystème

très qualitatif de son site d’implantation », explique Frédéric

Godfroid, directeur général de Pathé Maroc.

Si les séances VIP, avec leurs prestations spécifiques – dont

de restauration – peuvent monter à 250 dirhams (environ

23,30 €), « nous sommes restés attentifs à préserver l'accessibilité

culturelle de l'établissement, soit à ne pas dépasser

certains seuils symboliques, avec un tarif plein à 95 dirhams

(8,85 €), un tarif étudiant à 70 dirhams (6,50 €) et un

tarif enfant à 60 dirhams (6,50 €) dans la salle traditionnelle

», énumère le dirigeant.

Aux côtés des cinémas déjà présents dans la capitale

marocaine – dont un CinéAtlas et un Megarama qui a

inauguré, le 17 décembre dernier, une salle IMAX de

150 places –, le Pathé Dar Essalam mise sur une fréquentation

annuelle de 100 000 entrées. Un cap d’autant plus

clair que « le public marocain témoigne d’une vraie appétence

pour les films locaux, ces derniers représentant 12 % des

films projetés et plus de 30 % des entrées du Pathé de Casablanca

», note Frédéric Godfroid.

©Pathé Cinémas

Une salle VIP du Pathé Dar Essalam

Sur le continent africain, Pathé est pour rappel également

présent en Tunisie, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Au Maroc, où il a fait son arrivée fin 2023 avec le

Pathé Californie de Casablanca, le circuit est associé,

depuis avril dernier, à Marjane Group. Parmi les projets

à venir de la joint-venture détenue à 60 % par le leader

local de la grande distribution alimentaire et à 40 %

par Pathé, figure le Pathé Hay Riad, également à

Rabat. « L’offre de ce cinéma, qui devrait être finalisé

d’ici un an et demi ou deux ans, sera complémentaires,

en termes de programmation comme d’expérience, du

Pathé Dar Essalam », précise le directeur général, en

attendant de dévoiler, « assez rapidement », les autres

projets du circuit au coq dans le royaume.

Ayşegül Algan

ÉTATS-UNIS : UNE FRÉQUENTATION RENFORCÉE PAR LA GEN Z

Cinema United a publié le 17 décembre la mise

à jour de son rapport “Strength of Theatrical

Exhibition”, qui porte l’analyse du secteur de

l’exploitation états-unienne au-delà du box-office

« irrégulier » de cette année 2025.

« Le box-office du week-end est important, mais une analyse

de l’industrie à l’échelle annuelle, prenant en compte d’autres

facteurs du marché, offre une vision plus complète de la

solidité du secteur », souligne Michael O’Leary, président

et CEO de Cinema United. Comme la dynamique initiée

par les efforts des cinémas en matière de fidélisation de

leurs publics, la montée en gamme de l’expérience… et

les spectateurs de la génération Z, dont l'assiduité en

salles a progressé de 25 % au cours des douze derniers mois.

Principaux enseignements du rapport

“Strength of Theatrical Exhibition” de

décembre 2025 :

• le nombre de spectateurs assidus (ceux qui voient au

moins six films par an, selon les usages statistiques

américains) a progressé de 8 % ;

©LexScope/Unsplash

• 77 % des Américains âgés de 12 à 74 ans se sont

rendus au cinéma au moins une fois, soit plus de 200

millions de personnes ;

• les nouvelles inscriptions aux programmes de fidélité

des cinémas d’Amérique du Nord sont en hausse de

15 % (entre 2024 et 2025) ;

• la génération Z affiche la plus forte hausse de fréquence

de fréquentation, toutes tranches d’âges confondues,

avec une moyenne de 6,1 visites (contre 4,9 précédemment)

; ainsi, 41 % des spectateurs de la génération

Z se sont rendus au cinéma six fois ou plus (contre

31 % en 2022). Par ailleurs, d’après des données inédites

sur cette Gen Z*, ses attentes prioritaires en matière

de sortie cinéma sont l’offre confiserie (23 %) et les

expériences immersives (18 %).

A.A.

*issues de l’étude “Attention Equation” du cabinet McKinsey & Company

34 N°507 / 7 janvier 2026


Exploitation

REPRISE DU CINÉMA

CASINO DE BAGNOLS-SUR-CÈZE…

Après avoir récemment fondé Émotions Distribution,

Kevin James et David Masson succèdent à Anne-Marie

et Mathieu Duffès au cinéma Casino de Bagnols-sur-

Cèze, dans le Gard rhodanien. Les nouveaux exploitants

ont acquis le fonds de commerce, tandis que la Mairie

est désormais propriétaire des murs par l’intermédiaire

de l’Établissement public foncier Occitanie.

L’équipe du Cinéma Émotions de Bagnols-Sur-Cèze avec, de gauche à

droite, Kevin James (cogérant), Pascal Di Nardo (projectionniste), David

Masson (cogérant) et Mohamed Hamzaoui (projectionniste)

Le cinéma de 4 salles et 666 fauteuils était exploité par

la même famille depuis sa création, sous forme de monoécran,

en 1947, voyant défiler trois générations.

« Je remercie Anne-Marie et Mathieu qui, jusqu’à leur

retraite bien méritée, ont pris soin de leurs spectateurs et de

leur personnel. Leur énergie nous a donné confiance pour

prendre la suite et faire perdurer ce cinéma de proximité,

moderne et à la programmation éclectique », explique Kevin

James. Le jeune homme cumule lui aussi quelques années

d’expérience en exploitation, de son service civique passé

à « déchirer des tickets de cinéma » à la direction du Véo

Grand Lumière de Saint-Chamond et de CGR de Troyes.

À Bagnols-sur-Cèze, le cinéma a repris les séances le 10

décembre dernier après quelques jours de travaux consacrés

au hall, au comptoir confiserie et à la nouvelle enseigne :

Cinéma Émotions. Parmi les projets en équipement, le

nouvel exploitant espère « arriver au plus vite au laser » et

…ET DU CINÉMA PAX DE LOURDES

Nouvelle collaboration occitane entre Charles Mascagni

(Le Régent de Saint-Gaudens et Le Grand Rio de Lannemezan)

et Ludovic Graillat, après Le Grand Palais de

Cahors, Les Toiles du Rex de Pamiers et le Cinéma Rex

de Luchon. À Lourdes, les deux exploitants aguerris se

sont associés à Marine Sans, l'ancienne directrice adjointe

du Royal de Biarritz devenant par ailleurs la nouvelle

directrice du Cinéma Pax.

Auprès de la Ville de Lourdes, cette dernière affiche son

ambition d’inscrire l'établissement « sur le territoire, de

nouer des partenariats avec les associations, de travailler

avec tous les publics ». Et ceci, avec des tarifs accessibles et

une approche événementielle incluant ciné-débats,

rencontres avec des réalisateurs et, « possiblement », des

retransmissions d’opéras ou d'événements sportifs.

Le Cinéma Pax (trois salles, de respectivement 280, 123

et 80 places), partie intégrante du patrimoine lourdais

depuis près de 95 ans, avait suspendu ses séances en mai

dernier. Il devrait rouvrir ses portes dès le premier trimestre

2026, « après quelques travaux de rénovation et une remise

aux normes », indique le site de la Ville. Il avait accueilli

14 641 spectateurs en 2024.

©Émotions Groupe

©Émotions Groupe

©Service communication de la Ville de Lourdes

réfléchit à une rénovation de l’ensemble du bâtiment.

« C’est un lieu qui va vivre avec la ville et ses habitants, et

évoluer avec eux », note Kevin James, fier d’avoir gardé

les trois salariés, l’agent d'entretien Lyliane et les projectionnistes

Pascal et Mo, « les Messieurs cinéma de la ville,

connus de tous, et qui connaissent tout le monde ».

Dans la commune de 18 000 habitants (environ 60 000

avec l’agglomération), le cinéma a accueilli 70 000

spectateurs en 2024, dans un paysage concurrentiel

« assez faible », avec Uzès à 45 minutes, Orange à 30

minutes et, à 15 minutes, le cinéma classé art et essai

de Pont-Saint-Esprit, programmé par Jean-Philippe

Sicaud de l’Urfol – qui s’occupera également de la

programmation du Cinéma Émotions.

Côté Émotions Distribution, Kevin James et David

Masson prévoient trois sorties dans les mois à venir,

pas encore datées. « Tous nos films feront leurs avant-premières

mondiales chez nous, à Bagnols, à un tarif spécial

de 2 euros exclusivement reversé au réalisateur. L’idée ici

n’est pas de gagner de l’argent, mais de faire découvrir ces

nouveaux films au public, et faire du Cinéma Émotions

une terre de découverte », conclut Kevin James, qui

projette également d’y créer un festival de courts métrages

et un festival de premiers films.

A.A.

Pour rappel, Lourdes, peuplée de 13 000 habitants (près

de 17 000 dans l’ensemble de l’agglomération), mais

recevant la visite d’environ 3 millions de pèlerins annuels,

est actuellement également équipé du mono-écran Majestic

– dédiée aux films de foi – et du mono-écran généraliste

Le Palais, au Palais des Congrès.

A.A.

©Alice Perromat Architecture et Olivia Fauvelle Architecture

LE CÉSAR

DE MARSEILLE

CONNAÎT SON

AVENIR

L’historique cinéma art et essai de la place Castellane,

ouvert en 1938 par Marcel Pagnol et fermé depuis

deux ans, devrait bientôt connaître une nouvelle

jeunesse. La Ville de Marseille, qui l’avait préempté

et souhaitait qu’il devienne un tiers-lieu culturel,

va en confier les clés aux sociétés du Lucernaire (le

cinéma parisien) et du Théâtre des Criques (fondateur

du Festival à la Bonne Mère), qui vont ensemble

en faire un espace pluridisciplinaire « innovant »,

mêlant activité cinématographique, salle de théâtre,

librairie et petite restauration. La décision a été

votée lors du Conseil municipal du 18 décembre.

Le projet comprend deux salles de cinéma art et

essai, de 90 et 50 places, et une grande de 200 places

« permettant des projections de films grand publics,

des représentations de théâtre et, ou la tenue d’évènements

spécifiques ». Le lieu abritera donc aussi un

café-restaurant et un “carré” librairie. Selon la Ville

de Marseille, « ce projet a été sélectionné afin que le

César se réinvente comme un lieu de vie, en affirmant

d’abord sa vocation première : le cinéma ». La municipalité

entend « redonner toute sa place à la culture

dans le renouveau de la place Castellane, qui bénéficiera

notamment de la prolongation du tramway et d’un

espace public apaisé ».

Pour rappel, Le César avait fermé en 2023, alors

exploité par Jean Mizrahi, qui n’avait pu trouver

de modèle économique tenable, contrairement au

cinéma “frère” de la Canebière, Les Variétés, qu’il

avait toutefois revendu en 2024. Et c’est en août

dernier que la mairie de Marseille avait lancé un

appel à projets pour que le César soit repris et

transformé.

Si la Ville n’indique pas de date précise, le nouveau

César pourrait rouvrir fin 2026-début 2027, d’après

la presse locale. Et les travaux devraient être

importants.

C.V.

N°507 / 7 janvier 2026

35


Focus Exploitation

©Ciné Sologne

LA FAMILLE FOURNEAU

SE DÉVELOPPE DANS LE LOIR-ET-CHER

Quelques années après

le nouveau cinéma de

Romorantin-Lanthenay,

Julie et Adrien Fourneau

ont dévoilé, le 17 décembre

dernier, un complexe flambant

neuf au Controis-en-Sologne,

au sud de Blois.

C’est avec une fierté palpable que la famille d’exploitants

accueille, depuis trois semaines, les nombreux spectateurs

dans leur nouvel écrin, qui marque le retour du cinéma

dans la commune après plusieurs décennies d’absence.

L’aboutissement d’un projet de longue haleine, initié

en 2017 par l’ancien maire de Contres (intégrée depuis

2019 dans la commune nouvelle de Controis-en-Sologne

avec Feings, Fougères-sur-Bièvre, Ouchamps et Thenay)

qui sollicite alors Francis Fourneau pour transformer

un ancien hangar en un mono-écran. Finalement, la

réhabilitation prendra la forme d’un équipement de

deux, puis trois salles.

©Ciné Sologne

Repris par le fils Adrien et son épouse Julie, le projet

s’appuie également sur l’expertise de Cédric Aubry (Cinéma

Confluences), qui œuvre déjà avec la famille Fourneau

sur la construction du complexe de Romorantin-Lanthenay

(ouvert en 2021). Après quelques difficultés, le terrain

idéal est trouvé au niveau de l’ancien Intermarché, destiné

à devenir une zone de loisirs, l’Agoräe, regroupant, à

terme, une salle de crossfit, des terrains de padel, un

espace de jeu indoor pour enfants ou encore un restaurant,

accompagnée de la création de 200 logements et d’une

coulée verte reliant au centre-ville. « Le projet a pris du

temps, mais pour les bonnes raisons », résume Adrien Fourneau.

Avec Julie, ils savourent la livraison du site, malgré

un « calendrier serré », après un lancement des travaux

l’été dernier.

Configuration optimale

Fidèle à l’allure des cinémas clé-en-mains proposés par

Cédric Aubry et son architecte Véronique Kirchner, le

Ciné Sologne arbore une large façade vitrée, surplombée

d’une grande marquise et flanquée de parois aux tons

rouge, gris et marron. Dans le hall lumineux, outre un

comptoir-caisses, des bornes automatiques jalonnent

le parcours spectateur jusqu'aux salles, tandis qu’un

espace détente se distingue avec un mobilier en velours

côtelé, touche « cosy chic » du site. Avec 291 places au

total, le site présente donc des salles de capacité relativement

contenue – « il vaut mieux, pour l’expérience du

public, des petites salles pleines que des grandes salles vides »

–, équipées en projection 4K laser, en son Dolby 7.1,

ainsi qu’avec l’application ListenWIFI, destinée aux

personnes en situation de handicap sensoriel. Budget

total : 2,8 M €, dont 300 000 € du CNC et 1,7 M €

d’apports personnels. « Nous n’avons pas fait l’impasse

sur le confort ou la qualité des équipements », se félicite

Adrien Fourneau.

36 N°507 / 7 janvier 2026


La programmation, qui allie films grand public et

d’auteur, est orchestrée par le circuit CVL, l’entente de

programmation dirigée par la famille Fourneau et qui

regroupe une douzaine de cinémas en région Centre-Val

de Loire, dont Le N3 de Lamotte-Beuvron, récemment

rénové [voir Boxoffice Pro n°506]. « Dans l’idée, tout ce

qui fonctionne à Romorantin va être déployée au Controis »,

glisse Adrien Fourneau, citant le ciné club, le programme

Connaissances du monde, le hors-film avec une soirée

hypnose, le ciné Boutchous où les enfants de 3 ans se

voient remettre leur diplôme du premier cinéma, et

bien d’autres. Le couple d’exploitants vise le classement

art et essai et ambitionne de décrocher les labels Jeune

public et Répertoire.

©Ciné Sologne

Potentiel à 60 000 entrées

L’étude de marché, prudente, réalisée par CinéConseil,

table sur 55 000 entrées annuelles, « mais il y a le potentiel

pour faire au moins 60 000 ». Le nouvel établissement

s’insère en effet dans un contexte géographique assez

favorable, le premier et principal concurrent, le CGR

de Blois, étant à plus de 30 minutes de route. « Nous

sommes sur un vrai projet de création de public et c’est pour

ça que nous faisons ce métier avec passion. Quand des

spectateurs, dès le plus jeune âge, nous remercient d’avoir

construit un cinéma dans leur ville, il n’y a rien qui peut

nous rendre plus fiers », se réjouit Adrien Fourneau, qui,

avec Julie, espère bien développer d’autres projets de ce

type à l’avenir. « Mais pas tout de suite… »

Tanguy Colon

©Ciné Sologne

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : SAS CINE SOLOGNE (ADRIEN FOURNEAU &

JULIE JEGOU)

Maître d’œuvre / pilote : ADVK ARCHITECTURE (VÉRONIQUE KIRCHNER)

Bureau de contrôle : APAVE

BÂTIMENT

Gros œuvre : MATHE LEITE CONSTRUCTION

Climatisation/chauffage : CLIMASET

FAÇADE/HALL

Comptoir : CINEMOB

Système de billetterie : MONNAIE SERVICES

Signalétique intérieure : SONIS

Enseignes façade : ARROW

Affichage dynamique : SONIS

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 141 4 12m Dolby 7.1. 4K Xénon

2 87 3 9,80m Dolby 7.1. 4K Xénon

3 53 3 7,80m Dolby 7.1. 4K Xénon

TOTAL 281 10

CABINES/SALLES

Projecteurs : CINEMECCANICA / BARCO DP4K

Fauteuils : FAUTEUILS CLUB ANTHRAX ELARGI

Installateur : KLS

EXPLOITATION

Programmation : CIRCUIT CVL (CINEXPANSION DU VAL DE LOIRE)

SITE INTERNET

Conception : ERAKYS

*Basé sur le déclaratif de la salle

N°507 / 7 janvier 2026

37


Miscellanées

Nous vous remercions chaleureusement

pour vos gestes et vos témoignages

d’affection. Votre présence à nos côtés

durant cette épreuve difficile

nous a apporté un vrai réconfort.

Vos fleurs et vos mots apaisants

ont été un véritable soutien pour nous

lors de la perte de notre cher mari,

père et grand-père

CLAUDE DAMIANTHE

Michelle, son épouse

Véronique et William ses enfants,

Anton et Eva, ses petits enfants.

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

04/02/26 SAS LES CINÉMAS DE MACS CINÉLANDES 5 532 Projet de création Benesse-Maremne Landes

Communauté de communes Maremne

Adour Côte Sud

AFCAE : Coup de Cœur

Surprise Jeune Public

À l’occasion de ses 70 ans, l’AFCAE décline son

opération “Coup de Cœur Surprise” pour les enfants,

avec une sélection de films jeune public en avant-première,

pour les 3-5 ans, 6-7 ans et 8-10 ans. L’opération

se tiendra pendant les vacances d’hiver 2026 en deux

temps : les 17 et 18 février pour les cinémas des zones

A et B ; les 24 et 25 février pour ceux de la zone C.

Chaque salle participante pourra programmer jusqu'à

deux films de différentes tranches d’âge, proposés en

accord avec les distributeurs, et s’engagera à accompagner

les séances (ciné-goûters, jeux, animations).

Ouverture des inscriptions et annonce des films sélectionnés

le 8 janvier.

2 e Prix Cinéma des

Enseignants UGC-MAIF

Le prix créé en 2024 par le Groupe UGC, en partenariat

avec la MAIF et avec le soutien de Réseau Canopé, est

reconduit. 900 000 enseignants, de la maternelle au lycée,

peuvent ainsi désigner leur titre favori parmi 10 films de

2025, « sélectionnés pour leur pertinence pédagogique », et

qui seront rediffusés dans les salles UGC du 14 au 27

janvier 2026, dans le cadre des “Incontournables” de

l’année : L’Étranger (Gaumont) ; Arco (Diaphana) ; La

Venue de l’avenir (Studiocanal) ; Amélie et la métaphysique

des tubes (Haut et Court) ; Mémoires d’un escargot (Wild

Bunch) ; Un simple accident (Memento) ; Une bataille

après l’autre (Warner) ; A Normal Family (Diaphana) ;

L’Attachement (Diaphana) et À Bicyclette ! (Ad Vitam).

Formation exploitation

de la Fémis

Les inscriptions au parcours de formation professionnelle

“direction d’exploitation cinématographique”

proposé par la grande école du cinéma sont ouvertes

en ligne jusqu’au 1 er février 2026 minuit. Pour rappel,

cette formation est dispensée via un parcours complet

diplômant (titre de niveau 7 Master) ou un parcours

personnalisé certifiant, et éligible au financement de

l’Afdas, d’Uniformation, de Transition Pro, des Régions

et de France Travail.

Soutiens

ADRC

Séances accompagnées

Le Gâteau du Président de Hasan Hadi

(Tandem - 4 février)

Les Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro

(Paname, 11 février)

Stand By Me de Rob Reiner (ressortie, Splendor

Films, 11 février)

Le Mystérieux Regard du flamant rose

de Diego Céspedes (Arizona Distribution, 18 février

GNCR

Films recommandés

Justa de Teresa Villaverde (Epicentre, 25 février)

Les Saisons de Maureen Fazendeiro (Norte,

25 mars)

Soutiens

Bouchra de Meriem Bennani et Orian Barki

(sans distributeur, 3 juin)

AGENDA DE LA PROFESSION

CONVENTION METROPOLITAN FILMEXPORT 13/01/26 PARIS

RENCONTRES PROFESSIONNELLES RECHERCHE & DÉCOUVERTE 13 et 14/01/26 POITIERS

JOURNÉES PROFESSIONNELLES VIVA CINÉMA 20 au 27/01/26 VALENCE

FESTIVAL AFCAE/TÉLÉRAMA 21 au 27/01/26 FRANCE

RENCONTRES DE BRETAGNE 27 au 31/01/26 GUINGAMP

AG VÉO 12/03/26

JOURNÉES PROFESSIONNELLES DE CINÉMAS 93 17 et 18/03/26 PANTIN

RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON

PRINTEMPS DU CINÉMA 22 au 24/03/26 FRANCE

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS

RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES

FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE

CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE

12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 23 au 27/06/26 DINARD

38 N°507 / 7 janvier 2026



Meilleur film

Meilleur premier film

Meilleur film d’animation

Meilleure musique originale

"LA RENCONTRE ENTRE

E.T. ET MIYAZAKI"

Konbini

"UNE RÉUSSITE

ÉPOUSTOUFLANTE"

Télérama

"AUDACIEUX, INNOVANT,

MAGNIFIQUE"

Le Figaro

"L’UN DES PLUS BEAUX FILMS

DE L’ANNÉE"

Paris Match

Adaptation :

Avec les voix de

Swann Arlaud Alma Jodorowsky Margot Ringard Oldra Oscar Tresanini

Vincent Macaigne Louis Garrel William Lebghil et Oxmo Puccino

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