Haiti Liberte 18 Fevrier 2026
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Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
DES ARMES POUR QUOI FAIRE ?
Malgre tout kriz
koperasyon
Ayisyano-Kiben an
pap kanpe!
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Voir page 3
Les armes peuvent faire tout mais elles ne peuvent résoudre aucune crise sociale.
LE LYNCHAGE DE TULILE !
Au bourreau, oui
; à ses victimes,
non !
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From Hope
to Crisis: How
Neoliberalism and
Coups Crushed
Haiti’s Dreams and
Wrought Today’s
Gruesome Havoc
page 9
Le nouvel homme
en Afrique !
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Voir page 4
Le 11 février 2026 marquait le onzième anniversaire du crime haineux, raciste perpétré en République Dominicaine
contre le jeune Haïtien Jean Claude Harry, plus connu sous le nom de Tulile
Inde : 300 millions
de travailleurs et
travailleuses se
mobilisent !
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Editorial
HAITI
LIBERTÉ
Désinformation massive d’un Empire fasciste !
1583 Albany Ave
Brooklyn, NY 11210
Tel: 718-421-0162
Fax: 718-421-3471
Par Berthony Dupont
L
’impérialisme, insatisfait de la domination qu’il nous a imposée,
a orchestré une vaste conspiration d’agression continue pour
empêcher le peuple haïtien de vivre en paix. Malgré cette situation
chaotique, il existe un phénomène indécent et grotesque que l’on
n’ose nommer : le développement d’un écosystème de désinformation
et de propagande, que certains groupes exploitent délibérément
pour servir leurs propres intérêts. L’insécurité est-elle vraiment responsable
de tous les maux du pays ? Certainement pas. Elle est au
contraire le fruit de la mauvaise gouvernance d’un État capitaliste
en déclin.
Ainsi, au lieu de chercher une issue au cauchemar politique
structurel qui nous engloutit, les dirigeants haïtiens préfèrent plonger
tête baissée, de toutes leurs forces et à une vitesse vertigineuse,
dans les profondeurs de l’abîme. Alors que le pays s’enfonce toujours
plus dans le piège tendu par son ennemi oppressif, qui l’exploite
jusqu’à la destruction. Une campagne de mensonges est menée par
les sbires du régime et leurs complices. Pour se disculper, ils imputent
tous leurs maux à l’insécurité, un exemple flagrant de la
barbarie impérialiste visant à détourner l’attention de la crise réelle
et croissante.
Ce ne sont là que des affirmations alarmistes, un moyen de dissimuler
leurs méfaits et d’effacer à jamais la vérité. Lorsque les gouvernements
brandissent de tels prétextes, ils le font délibérément
pour tromper l’opinion publique. Tout cela est contraire à la réalité,
car ce n’est pas l’insécurité qui encourage les multinationales à piller
les richesses minières du pays au détriment des masses laborieuses.
Ce n’est pas non plus la cause des routes dégradées que le ministère
des Travaux publics ne répare jamais. Est-ce l’insécurité qui bloque
tout mécanisme d’ajustement des salaires à l’inflation galopante ?
Est-ce l’insécurité qui a donné le droit aux anciens Conseillers de
transition présidentielle de dilapider les fonds publics, notamment
ceux du renseignement, détournés à des fins personnelles ? Estce
l’insécurité qui condamne la population à vivre dans l’obscurité
la plus totale depuis plus de 40 ans ? L’aéroport international de
la capitale, Port-au-Prince, est ouvert uniquement aux opérations
officielles américaines et fermé à tout autre vol lié au pays ! Est-ce
l’insécurité qui pousse même certains policiers et des brigadiers à
kidnapper des gens pour gagner leur vie ? Le gouvernement feint de
vouloir protéger la population, abandonnant les travailleurs, y compris
les policiers et les forces armées, avec leurs salaires dérisoires,
pour signer des contrats exorbitants avec une société de mercenaires
américaine dirigée par le tristement célèbre Erick Prince !
Comble de l’ironie, le gouvernement du Premier ministre
américain en Haïti Alix Didier Fils-Aimé n’a jamais fourni ni révélé
la moindre trace de ce contrat restant tout à fait secret. Comme
l’impérialisme américain ne veut pas perdre la face, il déploie tous
ses moyens pour bloquer l’avènement d’un monde multipolaire.
Dans chaque capitale occidentale, ses tentacules œuvrent à déstabiliser
et à renverser les régimes progressistes et populaires. Et dans
des pays en difficulté comme Haïti, il renforce l’État paria avec des
dirigeants criminels pour affaiblir tout mouvement de libération nationale,
comme l’a démontré l’imposition le 7 février dernier d’un
chef de gouvernement illégal, illégitime, anticonstitutionnel basé
tout simplement sur la loi du plus fort.
Les États-Unis utilisent le chantage de la désinformation et
du mensonge pour renforcer leur domination hégémonique. Ils
accusent sans preuve le président vénézuélien Nicolas Maduro de
narcoterroriste et menacent la révolution cubaine. C’est dans cet esprit
que, lors de son audition le mardi 10 février 2026, devant la
commission d’attribution du Sénat américain, le Chargé d’affaires
des États-Unis en Haïti, Henry T. Wooster, a menti effrontément
en déclarant : « Les bandes armées constituent aujourd’hui l’une
des principales menaces pour la sécurité et la stabilité d’Haïti.»
Il rappelle que « …ces groupes armés comptaient plus de 12 000
membres, dont environ 3 000 seraient bien équipés et prêts au
combat.
Ces derniers formaient le noyau le plus dangereux de ces organisations
criminelles, capables de déstabiliser durablement
l’État haïtien.» Les affirmations de ce représentant américain, à la
langue bien pendue, sont mensongères. C’est à l’instar des armes
de destruction massive que l’Empire accusait Saddam Hussein, des
arguments farfelus, sans fondements pour justifier sa guerre contre
l’Iraq. Il faut désamorcer les armes de la désinformation américaine.
Cette démagogie cousue de fil mensonger a un objectif précis : justification
de la guerre dans les quartiers pauvres. Ce serait mieux de
sa part, s’il expliquait de préférence devant la commission : combien
d’escadrons de la mort, de groupes fantoches, la CIA a-t-elle créés
dans le pays pour exterminer la population et empêcher la libération
totale du peuple haïtien ? Et dans les quartiers ouvriers, combien de
gens ont été déjà massacrés par les drones kamikazes et les bombes
incendiaires du gouvernement impopulaire de transition ?
Croire tout ce que disent, les occidentaux, c’est se comporter
comme des imbéciles, incapables de discerner le bien du mal. Toute
la démagogie des représentants impérialistes ne doit pas nous inciter
à les avaler sans réfléchir : ce sont des mensonges. Nous approuvons
tous leurs diktats venus de Washington. Il est temps de cesser de
se laisser manipuler. Ils nous ont menés là où ils voulaient. Ils nous
ont demandé de dissoudre l’armée haïtienne, et nous l’avons fait. Ils
nous ont demandé de privatiser nos industries, et nous l’avons fait.
Ils nous ont demandé d’assassiner notre président, et nous l’avons
fait sans hésiter. Ils nous ont demandé d’organiser des coups d’Etat,
et nous obéissons toujours à leurs demandes sans penser que ce
n’est pas pour nos propres intérêts, mais pour les leurs. Ce sont
les Occidentaux qui compromettent la sécurité, le développement
économique et la gestion politique du pays !
Ils ne nous ont pas trompés pour nous amener à bâtir notre nation
mais pour la démolir. Aujourd’hui nul ne doit plus nous tromper
avec les faux arguments sans avancer des preuves. N’est-il pas
évident que les réseaux sociaux ne sont pas les seules armes de
désinformation massive. Certaines ambassades diffusent des informations
inexactes non seulement pour influencer les opinions publiques,
mais aussi pour dénigrer, tirer un avantage et affaiblir les
capacités de réactions et de résistance de l’adversaire. Nous sommes
bel et bien confrontés à une attaque contre un impérialisme fasciste
dont le comportement rappelle les paroles infâmes d’Adolf Hitler
dans son ignoble Mein Kampf : « Les grandes masses populaires
[...] seront plus facilement victimes d›un gros mensonge que d›un
petit. »
Restons donc tous vigilants, face à la massive et ignoble désinformation
propagée par l’Empire fasciste, avec le peuple et pour le
peuple !
3, 2ème Impasse Lavaud
Port-au-Prince, Haiti
Email :
editor@haitiliberte.com
Website :
www.haitiliberte.com
DIRECTEUR
Berthony Dupont
RÉDACTEUR EN CHEF
Victoria T. H. Sylvain
RÉDACTION
Berthony Dupont
Wiener Kerns Fleurimond
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CORRESPONDANTS
EN HAITI
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J. Fatal Piard
Catherine Charlemagne
Pierre L. Florestal
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2 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Des armes pour quoi faire ?
A Travers Haiti
Par Isabelle L. Papillon
Non à la délinquance, oui à l’intégration.
Ce n’est pas cela qui est
en train d’être programmé en Haïti, depuis
le début de ce pouvoir criminel au
service de l’impérialisme américain qui
prétend être transitoire. C’est un régime
militairement imposé par les forces impérialistes
pour rassurer leurs intérêts
dans le pays de sorte qu’ils peuvent voler
et piller sans aucune forme de résistance
populaire. Depuis un bon bout de
temps l’État haïtien vit sous les diktats
des pays impérialistes. Ce sont eux qui
décident tout avec la complicité de leurs
agents locaux de la classe dirigeante et
de la classe politique.
Les armes peuvent faire tout
mais elles ne peuvent résoudre aucune
crise sociale. Le discours dominant dans
le pays est la lutte contre l’insécurité.
C’est pourquoi tous les pays sensibilisés
envoient des hommes et des armes
pour combattre ce mal. C’est comme s’il
s’agissait d’une maladie, d’un virus qui
s’est abattu sur le pays : tous les pays
envoient des médicaments pour combattre
la maladie.
Mais lorsqu’on parle des vraies
maladies, telles que par exemple la
pauvreté, la faim, la misère, le manque
de soin de santé. C’est tout autre chose.
Ce sont ces maux qui pousseraient la
population à fuir vers d’autres cieux en
quête d’une vie meilleure. Les grands
manitous font tous la sourde oreille
comme quoi ils ne comprennent pas,
sinon ils ne sont pas concernés. Et c’est
le pire fléau qui anéantirait le peuple
haïtien. Pourquoi s’inquiètent-ils de
l’insécurité mais pas de ce qui la provoque
? Sont-ils allés à la source de ce mal
pour savoir d’où qu’il vienne ? Non ce
n’est pas leur souci.
Ces pays qui complotaient
contre le peuple peuvent bien pour un
moment apaiser l’insécurité afin qu’ils
puissent organiser leurs élections et renouveler
leurs laquais au pouvoir. Mais
quant à résoudre le problème de l’insécurité
durablement, ils mentent à tout le
monde, et même à eux-mêmes.
Dernièrement, c’était la Corée
du Sud qui débarquait 3 chars de
combat ou de transport de troupes aux
Forces Armes d’Haïti. Maintenant c’est
le tour du Canada, sans doute sur demande
du chef de file, les Etats-Unis
d’Amérique. En effet, l’ambassadeur du
Canada en Haïti, André François Giroux
vient de remettre, triomphalement, le
lundi 16 février 2026 dix véhicules
blindés de transport de troupes aux dirigeants
de la PNH en présence de leur
subalterne de Premier ministre Alix Didier
Fils-Aimé et des hauts gradés de la
PNH. Pour quoi faire ? Pour combattre
les gangs. C’est le virus à abattre pour
le moment. Pourtant c’est faux, c’est un
prétexte, ce ne sont que les pauvres des
quartiers populaires qui sont visés. On
L’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux et le Premier
ministre américain en Haïti Alix-Didier Fils-Aimé
les bombarde avec des drones, et qui
pis est, on ne fait que s’en prendre à des
personnes n’ayant aucun lien avec les
bandits. Les massacres perpétrés dans
les quartiers populaires s’apparentent
de plus en plus à une chasse à l’homme
issu de la classe des déshérités du sort.
En effet, les sans-emplois, les sansabris
vivent dans des zones qualifiées
de territoires perdus.
On ne peut résoudre l’insécurité
ni par la tromperie, ni en tirant sur la
population encore moins en bombardant
les quartiers populaires. Le problème
peut s’atténuer temporairement,
mais il reprendra de plus belle, car c’est
le système politique en place qui l’alimente.
C’est la gouvernance actuelle de
notre pays qui sème l’insécurité. Des
pays réactionnaires envoient toutes
sortes d’armes ; ils peuvent certes éliminer
des bandits pour un moment mais
pas indéfiniment. Ils peuvent tuer n’importe
qui en l’accusant de bandit, mais
le système ne prendra pas beaucoup de
temps pour régénérer ce phénomène
qu’il prétend combattre.
Il est clair que toutes ces gymnastiques
ne sont que pour sauvegarder les
ressources du pays dans leur propre intérêt
impérialiste et qu’elles ne profitent
pas à la population. L’État corrompu
au lieu d’investir dans le pays, de créer
des emplois, des infrastructures, de
construire des logements décents pour
que les gens cessent de vivre dans la
misère, préfère donner l’argent du pays
à des bienfaiteurs étrangers, de connivence
avec le Premier ministre américain,
Alix Didier Fils-Aimé, afin que les
puissances capitalistes le maintiennent
au pouvoir. Il est prêt à tout donner
pour rester au pouvoir indéfiniment.
` C’est un calcul à la fois judicieux
et absurde. Tant qu’il y aura
exploitation et résistance, tant que la
bourgeoisie et les oligarques opprimeront
les masses de connivence avec
l’impérialisme américain pour tout accaparer
sans rien laisser aux masses
populaires, la résistance populaire se
réveillera. Nous trouverons toujours
dans ce pays des jeunes hommes et
femmes qui prendront les armes pour
trouver de quoi manger et vivre comme
tout le monde.
L’impérialisme peut tout faire
dans le pays, sauf combattre l’insécurité.
De la Minustah à aujourd’hui, ce ne
Des véhicules blindés de transport de troupes provenant du Canada
sont pas des armes qui leur manquent
mais le problème fondamental n’a jamais
été résolu. Rien n’a changé malgré
que les capacités institutionnelles
de la Police se soient améliorées par
la planification stratégique, le recrutement,
la formation et l’acquisition de
moyens de transport. Cependant le mal
qu’ils prétendent soigner n’est pas réel.
L’insécurité se résout par le travail, par
l’éducation et par des infrastructures
de développement dans les quartiers
populaires. Non pas par les armes !
Ce n’est pas la guerre qui apportera la
paix sociale dans un pays exploité et
opprimé, mais bien de réelles mesures
de redressement social et économique
qui apportent des progrès tangibles de
dignité, d’humanité et de souveraineté
retrouvée.
La Corée du Sud a fait un don de trois véhicules de combat d’infanterie
aux Forces Armées du pays
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Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
3
Perspectives
Le lynchage de Tulile !
Injure et outrage à la
magistrature : le cas Eno
Zéphirin – Emmanuel Lundi,
symptôme d’un État qui s’abîme
Nous rejetons l’appel de l’AOD (Organisation dominicaine d’Amérique) qui incite à de nouveaux lynchages
racistes dans le pays
Par Colectivo HaitianosRD
Onze ans après le lynchage de Tulile,
le crime reste impuni et les
lynchages racistes persistent en République
dominicaine.
Le 11 février 2026 dernier
marquait le onzième anniversaire du
crime haineux raciste perpétré contre
le jeune Haïtien Jean Claude Harry,
plus connu sous le nom de Tulile.
Ce meurtre a profondément choqué
la société dominicaine et n’a toujours
pas fait l’objet d’une enquête ni
d’une sanction de la part de l’État
dominicain. Nous déplorons que les
activités des organisations d’extrême
droite, qui appellent publiquement à
des crimes similaires contre les Haïtiens,
se poursuivent en toute impunité.
On a pu le constater lors de la
marche organisée par l’organisation
néonazie Antigua Orden Dominicana,
qui s’est tenue le 15 février
dans le quartier de Los Mina, à Saint-
Domingue Est. Les Haïtiens ont alors
reçu un ultimatum : quitter la zone
sous dix jours, sous peine d’être traqués
par les paramilitaires.
Le corps de Tulile a été retrouvé
le 11 février 2015, pendu à un arbre
dans le parc public Ercilia Pepín, à
Santiago. Ce crime s’inscrit dans le
contexte d’une campagne nationale
de propagande raciste et de violence
menée par des groupes d’extrême
droite. Ces derniers soutenaient
la dénationalisation de milliers
de Dominicains d’origine haïtienne
par le biais de la décision anticonstitutionnelle
168-13 et exigeaient
des expulsions massives une fois le
Plan national de régularisation des
étrangers achevé, alors en cours.
Cette politique, réclamée par
des groupes se réclamant de l’ultranationalisme
et utilisant une rhétorique
raciste haineuse, a malheureusement
été mise en œuvre sous la présidence
de Luis Abinader, qui a procédé à plus
d’un million d’expulsions en cinq ans
de mandat. Les violences racistes et
les lynchages bénéficient désormais
du soutien de l’État grâce à l’intervention
de groupes paramilitaires
et terroristes comme l’Ancien Ordre
Dominicain (AOD). Ce dernier, avec
l’appui du gouvernement, a organisé
des marches réclamant un nettoyage
ethnique, notamment dans le secteur
de Friusa, dans la municipalité
de Bávaro-Punta Cana. Le gouvernement
a par la suite rasé le quartier
Le corps de Tulile, Jean Claude Harry, a été retrouvé le 11 février 2015,
pendu à un arbre dans le parc public Ercilia Pepín, à Santiago.
de Mata Mosquito, cédant ainsi aux
exigences de l’extrême droite.
Actuellement, l’AOD exige
l’expulsion de tous les Haïtiens du
secteur de Los Mina sous dix jours.
Interrogé à ce sujet par la presse, le
ministre de l’Intérieur et de la Police,
Faride Raful, a déclaré que seul le
gouvernement était habilité à lancer
un tel ultimatum. En réalité, les
autorités n’ont même pas le pouvoir
d’émettre un ultimatum visant
à mener un nettoyage ethnique au
sein d’une communauté. Le gouvernement
est conscient de ces activités
paramilitaires et, au lieu d’enquêter
et de les sanctionner, il leur apporte
un soutien politique et logistique,
notamment des escortes militaires et
policières, ainsi qu’une impunité totale,
comme l’a démontré la marche
du 15 février à Los Mina. De plus,
depuis le vendredi 13 février, le gouvernement
a procédé à environ 500
arrestations arbitraires de migrants
dans la région de Los Mina, répondant
ainsi aux exigences de l’extrême
droite.
Nous avons documenté les
lynchages racistes récurrents de ressortissants
haïtiens dans différentes
provinces du pays dans notre récent
rapport intitulé « Déportations massives
et état d’urgence en République
dominicaine », couvrant la période
de 2021 à mi-2025. Cette étude
documente également la collaboration
entre des groupes paramilitaires
tels que l’AOD et le gouvernement
dans la persécution des immigrants
illégaux.
Nous rejetons l’appel de
l’AOD (Organisation dominicaine
d’Amérique) qui incite à de nouveaux
lynchages racistes dans le pays, car
il menace de lancer une chasse aux
sorcières contre les résidents haïtiens
de la région. Nous exigeons que le
parquet poursuive les dirigeants de
cette organisation paramilitaire et
terroriste pour leurs actes criminels
répétés.
Nous appelons le gouvernement
dominicain à cesser de diffuser des
discours de haine qui présentent la
communauté immigrée haïtienne
comme un fardeau économique et
une menace pour la souveraineté et
la sécurité nationales. Nous continuons
d’exiger justice pour Tulile et
que ses meurtriers soient traduits en
justice, afin de mettre fin à l’impunité
pour les crimes de haine à caractère
raciste en République dominicaine.
Nous exigeons que le ministère
de l’Intérieur et de la Police, le
Médiateur et le Bureau du Procureur
général respectent les garanties
d’une procédure régulière et les
droits légaux et constitutionnels des
immigrants haïtiens et des Dominicains
d’origine haïtienne, mettent
fin aux politiques de discrimination
raciale et d’expulsions massives,
et cessent tout soutien officiel aux
groupes paramilitaires d’extrême
droite qui encouragent ouvertement
les lynchages racistes en République
dominicaine.
Mouvement des travailleurs
socialistes de la République
dominicaine
16 février 2026
LA DIFFERENCE
AUTO SCHOOL
LEARN TO DRIVE
La Différence Auto School
836 Rogers Avenue
(between Church Avenue
& Erasmus Street)
Brooklyn, NY 11226
Manager: Ernst Sevère
Tel: 718-693-2817
Cell: 917-407-8201
Me Eno Zéphirin, Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de
Première Instance du Cap-Haïtien.
Par Reynoldson Mompoint
Il y aurait en Haïti une justice qui ne
parle plus le langage de la loi, mais
celui de l’impulsion, de l’ego et de la
rue. Une justice où la toge se froisse au
contact de l’insulte, et où l’autorité publique,
au lieu de s’imposer par le droit,
se compromet par la force brute.
L’épisode impliquant le commissaire
du gouvernement Eno Zéphirin et
le citoyen Emmanuel Lundi n’est pas
un simple fait divers : il est une radiographie
brutale de la faillite institutionnelle.
« Nou banm otorizasyon epi se
nou k ap fè kaka sa ankò » « Komisè
a òdone arèstasyon l, li frape komisè
a epi komisè a frape l tou… » Ces
faits, lourds de vulgarité et de violence,
disent tout : l’injure, l’outrage, l’arbitraire,
la confusion des rôles. La loi
haïtienne, pourtant, est claire. Encore
faudrait-il qu’elle soit respectée.
L’outrage et l’injure : ce que
dit le droit haïtien
Au regard du Code pénal haïtien,
l’outrage à magistrat est constitué dès
lors qu’un citoyen, par paroles, gestes,
menaces ou écrits, porte atteinte à la
dignité, à l’autorité ou au respect dû
à un magistrat dans l’exercice de ses
fonctions. L’injure publique, quant à
elle, vise toute expression outrageante,
méprisante ou grossière proférée publiquement
contre une personne investie
d’une mission publique.
La sanction existe. Elle est
prévue. Elle est encadrée. Mais elle
suppose une chose essentielle : la retenue
du magistrat et le respect strict
de la procédure. Car le commissaire
du gouvernement n’est pas un chef de
Racine
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• Herbs
• Haitian Products
1836 Flatbush Avenue
(corner Ave. K)
Brooklyn, NY 11210
718.284.2237
gang, ni un justicier de trottoir. Il est le
représentant du ministère public, gardien
de la légalité, pas un acteur de la
mêlée.
Quand le magistrat descend
dans l’arène
Or, dans cette affaire, la frontière
s’est effondrée. Si les faits rapportés
sont avérés — ordre d’arrestation immédiat,
échange de coups entre le
commissaire et le citoyen, intervention
policière tardive — alors nous ne sommes
plus dans l’application sereine de
la loi, mais dans une dérive autoritaire
doublée d’un dérapage physique. Un
commissaire du gouvernement peut ordonner
une arrestation dans les conditions
prévues par la loi, notamment en
cas de flagrant délit.
Mais frapper un citoyen menotté,
ou se battre avec lui, relève non plus de
l’autorité judiciaire, mais de l’abus de
pouvoir. À cet instant précis, la magistrature
cesse d’être institution ; elle
devient individu. Et l’individu, lui, est
justiciable.
Responsabilités croisées,
crédibilité perdue
Que le citoyen Emmanuel Lundi
ait injurié ou outragé un magistrat, la
loi prévoit des poursuites. Mais que le
commissaire Eno Zéphirin ait répondu
par la violence, la loi ne le couvre pas.
C’est là toute la tragédie haïtienne : le
citoyen méprise l’autorité parce qu’il
ne la craint plus, l’autorité frappe parce
qu’elle ne sait plus convaincre, et la loi,
elle, regarde la scène depuis le trottoir.
Dans un État de droit fonctionnel,
cet épisode aurait donné lieu à : une interpellation
légale, une mise en examen
pour outrage, et, le cas échéant, une
enquête administrative sur le comportement
du magistrat.
En Haïti, il risque surtout de
nourrir la chronique, les réseaux sociaux
et l’impunité.
Une justice à mains nues
Ce dossier pose une question
centrale : qui surveille ceux qui poursuivent
? Quand le ministère public
devient partie prenante de la violence,
il perd son autorité morale. Quand un
commissaire confond ordre judiciaire et
réflexe musculaire, il fragilise toute la
chaîne pénale.
L’outrage à la magistrature est
une infraction grave. Mais l’outrage à
la loi par un magistrat l’est davantage
encore. Et tant que la justice haïtienne
continuera à répondre aux injures par
les poings, elle ne récoltera que ce
qu’elle sème : la défiance, la peur, et le
discrédit.
Il y aurait donc urgence, non pas
à multiplier les arrestations spectaculaires,
mais à réapprendre la République.
Avec des lois appliquées. Et des
magistrats qui s’en souviennent.
Reynoldson Mompoint, Avocat,
Communicateur Social, Journaliste
Port-au-Prince, le 11 janvier 2026
4 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Perspectives
Célébration de Toussaint Louverture,
symbole de l’émancipation – Avril 2026
Déclaration au monde des
Haïtiens et de leur diaspora !
Par Toni Antonucci
Toussaint Louverture (Crédit image: Toni Antonucci)
• Income Tax
- Individual
- Business
« En m’abattant, on n’a brisé à
Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de
la liberté des Noirs ; il repoussera à partir
de ses racines, car elles sont nombreuses et
profondes », déclarait Toussaint Louverture
le 12 juin 1802 à Saint-Domingue,
aujourd’hui Haïti.
Le leader révolutionnaire Toussaint
Louverture a mené le soulèvement haïtien
pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation
de la domination coloniale, au cours duquel
des groupes d’esclaves libérés se sont
opposés au gouvernement colonial sur l’île.
La révolution a commencé en août 1791 et
s’est terminée en 1804 avec l’indépendance
de l’ancienne colonie.
Les lundi 6 et mardi 7 avril 2026, des
amis d’Haïti, des représentants d’initiatives
antiracistes et des militants pour l’émancipation
se réuniront pour la 24e fois en pèlerinage
au « Fort de Joux », près de Pontarlier, à
la frontière entre la France et la Suisse. Cette
rencontre est consacrée à la commémoration
de la mort de Toussaint Louverture, survenue
à cet endroit pendant sa captivité en
1803, et au souvenir du douloureux « rachat
pour l’indépendance d’Haïti » imposé par
l’ancienne puissance impérialiste en 1825.
Le lundi 6 avril 2026, le programme
prévoit l’arrivée à Pontarlier des pèlerins venus
de nombreux pays, le rendez-vous à
l’hôtel et un dîner convivial dans une brasserie
locale.
Le mardi 7 avril 2026, une rencontre
est prévue au monument commémoratif
du Fort de Joux avec dépôt de couronnes de
fleurs. Elle sera suivie d’un rassemblement à
l’entrée du Fort, d’une visite de la cellule de
Toussaint Louverture et d’une commémoration
officielle organisée par la municipalité
de Pontarlier. Pour plus d’informations,
BERNARD ACCOUNTING & Travel
• Notary Public
• Accountiing
Lionel Bernard, Accountant
1507 Cortelyou Road, Brookyn, NY 11226
718.462.6622
veuillez contacter : https://louverture.ch/pelerinage-toussaint-louverture/
Les événements de ce type ne
doivent pas être interprétés comme une
forme de revanche des peuples autrefois
réduits en esclavage à l’égard de leurs anciens
oppresseurs. Leur signification réside
plutôt dans la mise en lumière de chapitres
de l’histoire peu connus ou peu diffusés,
dont la reconstruction permet de recomposer
des éléments de la mémoire et de la biographie
sociale, indispensables pour éviter
que les mêmes contradictions et les mêmes
erreurs ne se reproduisent.
Parallèlement, les mouvements
qui réclament des réparations coloniales et
l’émancipation se développent aujourd’hui
dans le monde entier, tant en termes de
nombre que d’influence.
Parmi ceux-ci figure le mouvement
connu sous le nom de Colonialism Reparation,
qui demande aux pays colonialistes et
impérialistes de reconnaître les crimes perpétrés,
d’engager des processus de réconciliation,
de présenter des excuses officielles
aux victimes et de garantir les réparations
dues, en affirmant la suprématie de la « force
du droit » sur le « droit de la force ».
Une autre initiative visant à soutenir
l’émancipation des peuples émergents est l’«
Institut de l’Afrique Des Libertés », présent
dans plusieurs pays et menant de nombreuses
activités axées sur l’obtention de la
souveraineté militaire, financière, politique
et culturelle.
Le fondateur de l’Institut, l’écrivain
Franklin Nyamsi, souligne la nécessité
d’une véritable union des peuples africains
pour contrer les tentatives de l’OTAN de
recoloniser le continent, berceau de l’humanité.
La Confédération du Sahel AES, qui
comprend le Mali, le Burkina Faso et le Niger,
avec une superficie de 2,7 millions de
km² et une population de 71 millions d’habitants,
est une autre expression de cette volonté
d’émancipation. Ces pays reprennent
le contrôle de leurs ressources afin de répondre
aux besoins de leurs populations respectives
et de reprendre en main leur avenir.
La réconciliation et la réparation des
injustices ne visent pas seulement à panser
les blessures du passé, elles sont aussi extrêmement
actuelles, car la violence néocoloniale
continue de se manifester aujourd’hui
sous de nouvelles formes.
En s’inspirant de l’exemple de Toussaint
Louverture et des luttes non violentes
pour la liberté et l’émancipation, la mémoire
devient un guide pour le présent, alimentant
la justice, la solidarité et la construction d’un
avenir de coopération dans lequel les peuples
peuvent grandir libres, souverains et
maîtres de leur propre destin.
Toni Antonucci Co-éditeur de
Pressenza, traducteur, humaniste.
Pressenza 09 Janvier 2026
Jean R. St. Jour,
IRS EA and Certified
Bookkeeper (CB)
Expert Income Tax Preparation
Jean R. St. Jour, CB
2916 Clarendon Road
(between Nostrand & E. 29th St.)
Brooklyn, NY 11226
718.284.0733
Par Jocelyn Gay
L’histoire d’Haïti, partie intégrante
de l’histoire du monde
Ayiti Boyio Kiskeya, alias Haïti,
a fondé une nation sur les
crimes perpétrés et les traumatismes
engendrés par des empires se prétendant
civilisés : l’Espagne et la France
à l’origine, suivies par l’ingérence
constante de l’Angleterre, de l’Allemagne,
puis des États-Unis et du
Canada, et enfin de son voisin, la République
dominicaine, pour ne citer
que quelques exemples.
Le sang, la sueur et les larmes
des citoyens d’Haïti et de leurs descendants
d’Afrique ont permis de
créer une nation où tous les êtres
humains peuvent vivre dans la dignité,
à l’abri de l’esclavage et de la
suprématie blanche. Cependant, ces
prédateurs n’ont jamais renoncé à
s’approprier ce territoire qui les a rendus
immensément riches pendant des
siècles, et ce, encore des décennies
après la déclaration d’indépendance
d’Haïti en 1804. Haïti attend toujours
de la France qu’elle lui verse la somme
Frantz Boisson, EA
Licensed: US Treasury Dept.
TAX & ACCOUNTING
Individual, Self-employed,
Corporate, Cabbies, Aliens,
Business Set-up, Proposals
IRS REPRESENTATION
Audits, Back taxes, Warrants,
Levies, Appeals
3415 Avenue I
(near Flatbush Ave.)
Brooklyn, NY
646-249-5204
exorbitante de 112 millions de francs
(21 milliards de dollars) versée entre
1825 et 1947 pour avoir refusé de
rester esclave. De plus, les États-Unis
lui doivent de l’argent pour avoir volé
ses réserves d’or en 1914. Ces deux
puissances se sont délectées de qualifier
Haïti de « pays le plus pauvre
de l›hémisphère occidental », alors
qu’elles étaient, et sont encore, ses
premiers exploiteurs.
L’histoire est claire. Haïti est
victime d’injustices depuis que les
Africains et leurs descendants ont
fondé cette nation en luttant pour leur
liberté et en déconstruisant le mythe
de la suprématie blanche. Puisque ses
enfants ne se considèrent pas comme
des victimes résignées, ils exigent :
1. La restitution immédiate de
tous les biens haïtiens volés à Haïti
par des empires esclavagistes et impérialistes
tels que la France et les
États-Unis ;
2. La reconnaissance historique
et des réparations de la part de
l’Espagne pour le génocide perpétré
contre les Taïnos en 1492 ;
3. La cessation de toute ingérence
étrangère dans les affaires haïtiennes,
Haïti étant une nation souveraine
;
4. L’annulation de toutes les
dettes contractées par les dirigeants
haïtiens non élus par le peuple haïtien
;
5. Le blocus de toutes les armes
de destruction massive et substances
illicites entrant sur le territoire souverain
d’Haïti pour alimenter le terrorisme
;
6. La fin des mauvais traitements
infligés aux ressortissants haïtiens
voyageant ou résidant à l’étranger
;
7. La fin de la stigmatisation
d’Haïti comme le pays le plus pauvre
de l’hémisphère occidental, alors
que la nation a été délibérément appauvrie
pour enrichir des empires
génocidaires avides de pouvoir. Haiti
devrait être appelée « La Mère de la
Liberté ».
L’histoire d’Haïti ne pourra jamais
être effacée ni oubliée par tous
ceux qui savent ce qui a de la valeur.
Elle est un exemple éclatant du courage
inébranlable qui subsiste chez les
êtres humains face aux attaques incessantes
de lâches prédateurs.
Vive Haïti, mère de la liberté !
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
5
Kwonik Kreyòl
AKA lanse ofisyèlman mwa lang manman 2026 la
Rosilia Francois Corneille
Mèkredi 4 fevriye 2026 la, nan lokal
li sou Bwavèna, Akademi Kreyòl
Ayisyen (AKA) lanse ofisyèlman yon
mwa aktivite nan okazyon selebrasyon
Jounen entènasyonal lang manman k
ap rive 21 fevriye pwochen. Pou mwa
a, daprè prezidan Akademi an, Akademisyen
Rosilia François Corneille,
enstitisyon an « deside limen pwojektè
sou travay ak angajman Akademisyen
Michel-Ange Hyppolite, gran kònòsò
ki pa sispann fè valwa, fè valè lang
manman nou nan domèn literati ak rechèch
». La a, nou pote pou ou diskou
prezidan an pou sikonstans lan.
Nan non tout ògàn Akademi
Kreyòl Ayisyen, prensipalman nan non
Konsèy Administrasyon an mwen gen
onè prezide, mwen ap di chapo ba pou
tout manm Laprès ki prezan maten an,
nan kad lansman seri aktivite pou selebre
26è Jounen entènasyonal lang matènèl
nan peyi Ayiti.
Selebre lang manman gen yon
enpòtans kapital pou Akademi Kreyòl
Ayisyen. Pou sa, olye nou konsidere
sèlman 21 fevriye ki se tradisyonèlman
Jounen entènasyonal lang manman,
nou prefere konsakre tout mwa
fevriye a pou nou selebre lang kreyòl,
lang manman nou. Dabò, nou ap raple
UNESCO kreye Jounen entènasyonal
lang matènèl la nan ane 2000. Se
te nan memwa kat (4) etidyan yo te
touye nan peyi Bangladèch nan dat 21
fevriye 1952. Yo te touye etidyan sa yo
paske yo te pran beton pou manifeste
pou yo mande rekonèt Bengali lang
matènèl yo, kòm lang.
Nan peyi Ayiti, erezman jounen
jodi a nou pa nan mennen yon konba
ak manifestasyon nan lari pou Leta rekonèt
lang matènèl nou. Men, li enpòtan
pou nou poze tèt nou kesyon sa yo:
Se vre, depi 1987, Manman lwa peyi
a, Konstitisyon an, rekonèt kreyòl non
sèlman kòm yonn nan lang ofisyèl peyi
a, men tou kòm Lang Nasyonal, sa vle
kòm sèl lang ki simante tout ayisyen
ansanm. Se menm Konstitisyon 1987
la ki kreye Akademi Kreyòl Ayisyen ki
ap sèvi non sèlman kòm gadyen lang
Kreyòl la, epi ki ap travay pou ede li
devlope Men jounen jodi a,
Kijan sa ye nan reyalite administratif
enstitisyon Leta yo ? Kijan sa ye
nan enstitisyon prive yo? Kòman sa ye
nan lekòl yo ? Kijan sa ye nan inivèsite
nou yo ki se gwo espas sosyalizasyon
ak pwodiksyon konesans? Konbyen
bèl sèvo, konbyen talan ak kapasite
lekòl ak sosyete a kontinye mete sou
ban paske sèlman yo pa ba yo chans
pou yo esprime yo nan lang manman
yo ki se baz konesans ak fondasyon
idantite yo?
Ane sa a, AKA chwazi tèm sa
a : « Kreyòl, lang manman nou: baz
idantite ak konesans ». Se tèm Akademi
Kreyòl Ayisyen prale mennen divès
aktivite li ap òganize nan kontèks
selebrasyon 26èm Jounen entènasyonal
lang matènèl k ap rive 21 fevriye
pwochen. Se yon moman pou nou
menm, pèp libète, reflechi pi plis toujou
epi kontinye poze bon jan aksyon
konkrè kont tout kalite zak enjistis lenguistik.
Se yon moman pou nou di tèt
nou san redi « Kreyòl, lang manman
nou , baz idantite nou, baz konesans
nou » dwe pran plas li nan lavi fòmèl
sosyete a ; e, se nou menm ki pou
fè li pran li. « Dwa lenguistik » pa jis
yon konsèp. Se yon reyalite ki dwe
pran fòm nan kotidyen nou kòm pèp.
Respekte dwa lenguistik pèp ayisyen
se respekte dwa natirèl chak grenn
Ayisyen genyen pou li esprime li nan
lang li, pou li jwenn tout sèvis li bezwen
nan lang li.
Pou mwa lang matènèl 2026
la, Akademi Kreyòl Ayisyen deside limen
pwojektè sou travay ak angajman
Michel-Ange Hyppolite, yon Akademisyen,
yon gran kònòsò ki pa sispann
fè valwa, fè valè lang manman nou
nan domèn literati ak rechèch. Akademisyen
Michel-Ange Hyppolite, nou
renmen rele sou non vanyan « Kaptenn
Koukouwouj » se yon vrè kapitèn nan
Malgre tout kriz koperasyon Ayisyano-
Kiben an pap tonbe!
lanmou ak pasyon li mete pou devlòpman
ak anrichisman lang ak literati
kreyòl. Lè AKA dedye mwa lang matènèl
2026 la pou Michel-Ange Hyppolite,
se yon envitasyon pou li ankouraje
chak moun li, epi reli bèl chelèn travay
literè potorik gason sa a tanmen depi
plis pase 40 lane. Lè nou di Kaptenn
Koukouwouj, nou wè liv tankou : «
Istwa pwezi kreyòl Ayiti », esè li pibliye
nan Educa Vision nan lane 2000, ki se
jisteman premye travay nan sans sa a
ki fèt sou literati natifnatal la. Nou wè
« Lèt Ife ak Soul », kòm premye liv
lèt literati kreyòl, li soti an 2006 nan
edisyon pwodiksyon koukouy. Kaptenn
se « Leksik Atlas Kò Moun », premye
liv anatomi, nan dimansyon sa a, nou
konnen nan lang kreyòl. Nou wè tou
plizyè rekèy powèm ak atik nan lang
lan, sou lang lan ak sou literati lang
lan. Kiyès ki ka oze pale de Kaptenn
Koukouwouj san pale de Sosyete Koukouy
kòm pi ansyen Mouvman literè
ak kiltirèl ayisyen k ap fonksyone toujou?
Li enpòtan pou nou raple Sosyete
Koukouy fèt soti selebre 60è anivèsè
kreyasyon nan mwa desanm 2025 la.
Jodi mèkredi 4 fevriye 2026 la,
Akademi Kreyòl Ayisyen lanse ofisyèlman
Mwa lang matènèl la sou tèm
«Kreyòl, lang manman nou: baz idantite
ak konesans ». Nou ap genyen pou
nou make mwa sila a atravè tout yon
ploton aktivite nan lekòl, nan bibliyotèk,
espas kiltirèl, an prezansyèl kou an
liy. Nou ap genyen pou nou onore Akademisyen
Michel-Ange Hyppolite, atravè
travay ak angajman li pou lang lan,
pandan tout mwa fevriye a. Nou envite
tout sosyete a, prensipalman lekòl ak
inivèsite yo, anbake.
Batay la pa fasil. Men nou ap
kontinye lite. Pi gwo espwa nou nan
AKA, yon jou va jou kote tout lespri
va debade pou voye tout lyann ak lasi
esklavaj nan sèvo jete. Pou lespri libète
nan respekte dwa lengwistik tout
Ayisyen va danse nan tèt tout Ayisyen,
kèlkeswa kote yo ye sou planèt la. Se
lè sa a nou va di tout bon : Ayiti, yon
peyi, yon lang, yon pèp ki gen yon
idantite epi ki ap mache men nan men
sou chemen konesans inivèsèl, gras ak
lang kreyòl li, baz idantite li, baz konesans
li.
Respè dwa lengwistik pèp
ayisyen se yon konba pou yon pèp
vanyan !
Mèsi anpil !
Rosilia Francois Corneille
Prezidan AKA
Lèt tou louvrri pou toun monn
nan : Yon fanm denonse krim nan
J. Fatal Piard
Zanmi pre se kouto tire
Zanmi lwen se lajan sere
Pwovèb Ayisyen
Lèt tou louvri pou lemonn sa a nou
repwodui la a te difize jou ki te14
fevriye 2026 sou platfòm Watsap Pisitivis
Kominotè. Se yon fason pou tout
limanite, pou manman atravè lemond
okouran krim san parèy gouvènman
meriken pe fè kont pèp Kiba a. Pou tout
doktè san fwontyè yo, pou tout jounalis
ki gen yon ti zing diyite, pou gouvènman
ki toujou kwè nan jistis. « Mwen se yon
fanm vanyan ki ekri lèt tou louvri sa a
pou rele anmwe tankou plizyè milyon lòt
moun. Mwen fè n konnen m pa gen non
popilè ni m pa okipe gwo fonksyon non
plis. Mwen se yon Kiben òdinè. Yon pitit
fi, yon sè, yon patriyòt ».
Manzè a anpil moun pa konnen
kontinye pale pou l fè konnen l ekri
pawòl sa yo ak kè l dechire, men l ap
tranble, paske sa pèp li an ap viv jodi a
se pa yon kriz. Se yon gwo zak sasinay
pou touye n an tife tou dousman, kalkile,
ki kwit anndan kizin depi Wachigton.
K\L kontinye pou l ap denonse lefèt ke
Kiba, gran moun aje ap mouri twò bonè
paske anbago a anpeche medikaman
pou kè, tansyon, dyabèt rive jwenn yo.
Se pa paske manke resous. Se yon entèdiksyon
fè espre. Konpayi ki vle vann
Kiba sibi sanksyon, yo pouswiv yo, yo
menase yo. Gouvènman yo rete an silans,
yo pa menm di kwik. Pandan tan
sa a, yon gran papa kiben kenbe pwatrin
li ap tann. Lanmò pa avèti. Anbago a, li
menm, wi.
Denonsiyasyon pitit li yo”
“Mwen denonse nan Kiba yo te
bijo etenn enkibatè paske pa t gen gaz.
T ibebe ki fenk fèt ap lite pou yo viv pandan
gouvènman Etazini deside ki peyi ki
ka vann nou petwòl, kiyès ki pa ka fè
sa. Gen anpil manman Kiben ki wè lavi
pitit yo an danje paske yon lòd siyen nan
yon biwo Wachintonn gen plis pwa pase
kri yon tibebe a 90 mil de rivaj yo. Kote
kominote entènasyonal la? Kote òganizasyon
ki di yo defann timoun yo? Oswa
èske timoun kiben yo pa merite viv tou?
Mwen denonse anbago a ki se yon grangou
pwograme. Se pa aksidan si manje
ra konsa. Se paske yo anpeche nou achte
li. Bato ki pote manje sibi presyon. Tranzaksyon
labank bloke. Konpayi ki vann
sereyal, poul, lèt sibi sanksyon. Grangou
nan Kiba se pa aksidan. Se yon politik
leta gouvènman Etazini mete an plas
depi 60 lane pou ka rive mete Kiba ajou
pa chak administrasyon, rann pi di anba
Donal Twonp, epi aplike ak fèmte pa
nonm Mako Woubyo a.
Yo rele sa “presyon ekonomik”.
Mwen rele sa teworis ak zam grangou.
Toujou nan lojik denonsiyasyon yo,
manzè fè konnen doktè Kiba yo, menm
sa yo ki te sove lavi pandan pandemi
an pandan monn nan t ap tonbe, jodi a
pa gen sereng, pa gen anestezi, pa gen
aparèy radyografi. Se pa paske Kiba pa
konn pwodui yo. Se pa paske nou pa gen
talan. Men se paske anbago a anpeche
nou jwenn materyèl, pyès rezèv, teknoloji.
Syantis Kiben yo kreye senk vaksen
kont KOVID-19. Senk vaksen san èd pèsonn.
Malgre anbago ak manti. E malgre
sa, anpi a pini nou paske nou reyisi.
Men sa m map di tout monn nan
Kiba pap mande lacarite. Kiba pa
mande sòlda. Kiba pa mande pou nou
renmen li. Kiba mande jistis. Anyen
anplis. Anyen anmwens. Manzè pito
mande blan yannki pou sispann banalize
soufrans pèp Kiben an. Li made pou
tout moun rele anbago a jan li ye: KRIM
KONT LIMANITE. L mande nou pa kite
yo twonpe nou ak diskou “dyalòg” ak
“demokrasi” pandan y ap peze gòj nou.
Nou pa vle charite. Nou vle yo KITE NOU
VIV. Pou gouvènman konplis ki rete an
silans. Listwa ap mande nou kont. Pou
medya ki bay mantiak blòf nan plas verite
san makiye. Verite ap toujou jwenn
chemen.
Pou moun ki siyen sanksyon yo.
Pèp Kiben an pa bliye, li pa padone. Pou
sila ki toujou gen limanite nan kè yo.
Voye je gade Kiba. Gade sa yo ap fè li.
E mande tèt nou: ki bò listwa mwen vle
kanpe? Soti nan ti zile sa a, ak yon gwo
pèp, Yon Kiben òdinè ki refize rann tèt li.
Li pa enpòtan si ou gen 10 zanmi oswa
10.000 moun k ap swiv ou. L pa enpòtan
si paj ou piblik oswa prive. Li pa enpòtan
si ou pa konn pataje anyen. Sa a diferan.
Se pa yon foto solèy k ap kouche. Se pa
yon nouvèl. Se pa yon lòt opinyon. Se
yon RÈL. E rèl pa fèt pou rete an silans.
Yo tande yo. Yo gaye. Yo vin tounen foul.
“Jodi a mwen pa mande “layk”.
Mwen mande pou ou sèvi ak dwèt ou
pou yon bagay ki pi gwo pase woule
ekran an.Pou monn nan konnen nan
Kiba se pa yon kriz. Se pito yon KRIM.
Pou manman nan tout lòt peyi konnen
isit la ti bebe ap lite nan enkibatè ki
etenn akòz anbago. Pou gran paran lòt
tè konnen isit la gran moun aje ap mouri
pandan yo ap tann medikaman Washington
pa kite antre. Pou gouvènman
konplis santi wont. Pou medya ki bay
manti pa gen chape. Pou sila ki mete
sanksyon yo konnen: NOU PAP PE. Pa
kite tèks sa rete lakay ou. Pa vin konplis
silans lan.
Guarino Funeral Home
FRANTZ DANIEL JEAN
FUNERAL SERVICES INC.
Anbasadè Kiba an Ayiti, Ricardo García, te rankontre ak Direktè Jeneral
MAEC la, Christian Toussaint, ansanm ak Anbasadè Yves Rody Jean.
Malgre kriz ekonomik enperyalis
meriken an ap fòmante pou eseye
fini ak Revolisyon Kiben an, Ayiti ak
Kiba sèmante y ap kontinye ranfòse
koperasyon bilateral yo. Se konsa, plizyè
reyinyon ofisyèl te fèt semèn sa a
nan Pòtoprens, kote dirijan yo te revize
patenarya nan domèn sante, dlo,
ak relasyon diplomatic yo. Sa konfime
angajman tou de peyi yo pou sipòte popilasyon
yo malgre defi yo.
Anbasadè Kiben an Ayiti a, Ricardo
García Nápoles, te rankontre jou
mèkredi 11 fevriye 2026 la ak Christian
Toussaint, Direktè Jeneral Ministè
Afè Etranjè. Rankont sa a te fèt ak
prezans Anbasadè Yves Rody Jean.
Nan diskisyon yo, Diplomat Kiben
an te pale sou difikilte ekonomik peyi
suite à la page(16)
Serving the Haitian Community
for Over 30 Years
9222 Flatlands Avenue
Brooklyn, NY 11236
718-257-2890
• Funerals in All Boroughs
• Transportation of Remains
• Cremation
Nou pale kreyòl.
5020 Foster Avenue
Brooklyn, NY 11203
718.613.0228
6 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Perspectives
Au bourreau, oui ; à ses victimes, non !
Par Narciso Isa Conde
« D›une forteresse assiégée,
le Venezuela est tombé dans une
situation encore pire : un pays plus
vulnérable, avec un État menacé de
destruction et un président et d›autres
hauts responsables menacés de mort,
s›ils n›obéissent pas à Trump. »
Le chef de la Révolution haïtienne Jean-Jacques Dessalines
Au début du XIXe siècle, le peuple
haïtien a mené le premier mouvement
d’indépendance en Amérique,
colonisée par les empires européens,
et simultanément la première révolution
sociale anti-esclavagiste d’un
peuple noir contre la cruelle suprématie
blanche. Ils ont vaincu la puissante
armée napoléonienne, garante de l’esclavage
et du pillage dans l’ouest de
l’île, et ont apporté une contribution
décisive à la lutte du libérateur Simón
Bolívar en Amérique du Sud.
Au milieu du XXe siècle, le
peuple cubain, mené par Fidel Castro,
s’est soulevé et a vaincu la dictature
de Batista, inaugurant ainsi le cycle tumultueux
du second mouvement d’indépendance
latino-américain et caribéen
contre la domination du puissant
impérialisme américain. Ce mouvement
a surmonté toutes ses conspirations et
a semé les germes du socialisme.
À la fin du XXe siècle et au
début du XXIe, le courageux peuple
vénézuélien, mené par le colonel
Hugo Chávez, un homme de grand
talent, a rejoint et revitalisé le cycle
initié par Cuba et a embrassé l›idéal
socialiste, profondément fragilisé
par l›effondrement de l›URSS et la
désintégration de l›euro-socialisme soviétique.
Ceci n’a été pardonné, depuis
des siècles, par aucun empire colonial
ni par aucun impérialisme moderne, et
en particulier par les États-Unis, avec
leur cruauté perverse, héritée de leur
propre histoire.
La haine, alimentée par l’arrogance
impérialiste et transformée en
sanctions cruelles et en châtiments
sans fin, s’est déchaînée avec une violence
viscérale contre ces mouvements
de libération, et plus particulièrement
contre leurs héros et leurs principaux
dirigeants. Individuellement et collectivement,
ils ont été stigmatisés, calomniés,
bloqués, assiégés, attaqués
et soumis à toutes sortes de guerres
fabriquées de toutes pièces et à un terrorisme
de toute nature.
Par une destinée manifeste similaire
de l’impérialisme lui-même, tel
fut le chemin imposé à la révolution
sandiniste et à l’anti-impérialisme historique
de la révolution populaire nicaraguayenne.
Une imposition violente,
d’une violence extrême, accompagnée
d’une terreur sans bornes et d’horribles
guerres préventives de basse
et moyenne intensité, menée par le
Pentagone pour vaincre la révolution
sandiniste et empêcher le triomphe des
soulèvements populaires au Honduras,
au Salvador et au Guatemala ; et pour
entraver de force la quatrième vague
révolutionnaire du cycle stellaire que
Cuba a initié sur la voie d’une seconde
indépendance et d’une nouvelle révolution
continentale.
Le Chili d’Allende et sa révolution
socialiste pacifique et bienveillante
connurent un sort encore plus tragique
avec le terrible coup d’État fasciste et la
tyrannie de Pinochet, soutenus par les
États-Unis, en 1973. En avril 1965, en
République dominicaine, le Colosse du
Nord déchaîna quarante mille marines
et une flotte de porte-avions, d’hélicoptères,
de chars et de canons contre
la glorieuse et victorieuse insurrection
civico-militaire menée par les colonels
Francis Caamaño et Fernández Domínguez,
qui visait à restaurer la démocratie
et à reconquérir la souveraineté.
Ils la vainquirent, brandissant un anticommunisme
servile et le slogan « Pas
d›autre Cuba dans les Caraïbes ».
Résultats de la contre-offensive
impériale
Pour diverses raisons et face à
de nombreuses adversités, dans leurs
époques respectives et dans des contextes
régionaux et mondiaux variés –
certains à long terme, d’autres à court
terme –, ni la révolution anticoloniale
haïtienne ni les tentatives de révolution
en République dominicaine, au
Chili et au Salvador n’ont pu perdurer.
Les révolutions à Cuba, au Nicaragua
et au Venezuela ont perduré grâce
à un héroïsme et une résistance exceptionnels,
malgré des sacrifices, des privations
et des épreuves indicibles. Elles
ont survécu jusqu’à nos jours grâce à
un « miracle » indissociable de leur
capacité de résistance, de l’héroïsme
et de la dignité anti-impérialiste de
leurs peuples ; auquel s’ajoutent divers
modèles politiques, socio-économiques
et militaires difficiles à déstabiliser et à
renverser, ainsi que différentes formes
de solidarité régionale et mondiale, et
plus récemment, les conséquences et
les avantages positifs de l’émergence
d’un nouvel ordre mondial multipolaire.
Mais elles ont survécu dans
l’hémisphère occidental comme des «
forteresses assiégées » par le système
impérialiste mondial et en particulier
par la superpuissance, les États-Unis,
aujourd’hui en déclin ouvert, agressif
et criminel.
Contre le Venezuela, après avoir
été assiégée et presque étranglée, la
structure de pouvoir impérialiste américaine,
orchestrée par Donald Trump,
a mené une opération militaire génocidaire,
incluant l’enlèvement du président
Maduro et de son épouse, Cilia
Flores.
Depuis, à tout cela s’est ajoutée
la menace de Trump et de ses faucons
de perpétrer des agressions encore plus
graves si les exigences de la Maison
Blanche en matière de subordination
dans tous les domaines d’intérêt ne
sont pas satisfaites ; une détermination
militaire soutenue avec un cynisme absolu
par le Pentagone et son commandement
Sud.
De forteresse assiégée, le Venezuela
est tombé dans un état encore
pire : un pays plus vulnérable, un État
menacé de destruction et un président
et d’autres hauts responsables confrontés
à des menaces de mort, tolérés
uniquement s’ils obéissent aux ordres
de Trump.
Il n’y a pas eu de changement
de régime, mais plutôt une transition
forcée vers un État formellement
chaviste, mais d’une fragilité extrême,
soumis à une immense pression terroriste
exercée par une superpuissance
voyou.
C’est comme si la cheffe de l’État
par intérim, son gouvernement et l’Assemblée
nationale gouvernaient depuis
une prison invisible, sous la menace
constante d’armes à feu, manipulés
virtuellement depuis Washington et
régulièrement surveillés par des ministres,
des responsables de la CIA et des
généraux du Commandement Sud.
De la fermeté face aux Etats-
Unis aux concessions.
À ce tournant décisif, la légitimité
du chavisme, impossible à remplacer
par des mouvements d›extrême
droite discrédités, pourrait servir de
rempart à un État contraint de faire
des concessions cruciales à l›empire
agresseur.
Malgré les graves blessures, les
attentats et les morts, et le sinistre enlèvement
présidentiel encore frais dans
Le peuple cubain, mené par
Fidel Castro
les mémoires, le gouvernement vénézuélien
a déjà conclu des accords avec
les États-Unis, faisant des concessions
et prenant des décisions profondément
inquiétantes, outre des reculs manifestes
en matière de souveraineté pétrolière
et dans d’autres domaines, et
une hypocrisie et une posture américaine
excessives.
Cette situation engendre des
doutes et une confusion qui fragilisent
l’unité et la solidarité nécessaires au
cœur des Caraïbes envahies et d’un
continent entier en passe de devenir
victime d’une doctrine Monroe encore
plus perverse que la première.
Cuba, Venezuela, démocratie
et droits de l’homme
Cuba, jadis forteresse assiégée,
est devenue une forteresse sous le joug
militaire, ses veines lacérées, son économie
et son mode de vie gravement
attaqués, malgré son immense dignité
et sa résilience.
Dans le même temps, la réaction
nécessaire de l’ensemble du Sud global
et de ses puissances émergentes ne
se fait pas sentir, hormis les déclarations
et les mesures positives prises,
qui n’ont pas encore réussi à enrayer
l’escalade américaine contre la souveraineté
de l’Amérique, une escalade qui
s’est concentrée principalement sur le
Venezuela et Cuba.
Il est clair que, comme dans les
cas du Venezuela et de Cuba, et de
tous ceux qui ne se soumettent pas à
la tyrannie mondiale, l’absence de démocratie
et les violations des droits de
l’homme servent de prétexte, tandis
que leurs dirigeants sont diabolisés et
déshumanisés.
Comme si les dictatures des élites
capitalistes, de plus en plus semblables
à des mafias, étaient des démocraties…
Comme si Biden, Trump, Noboa, Milei,
Álvaro Uribe, Duque, Bolsonaro, Bukele,
Netanyahu, Zelensky… n’étaient
pas des fascistes notoires et des génocidaires…
Comme si les démocraties capitalistes
libérales n’avaient pas dégénéré
en partis corrompus et en ploutocraties
opulentes…
Comme si Minneapolis était un
havre de liberté et l’ICE son phare…
Comme si les États-Unis n’étaient
pas un super-État terroriste…
Comme si les monarchies capitalistes
respectaient les droits de l’homme…
Comme s’il n’existait pas différentes
voies et différents modèles
vers la démocratie, et comme si les dictatures
et les tyrannies ne proliféraient
pas sous le capitalisme… Comme si les
processus de création d’une démocratie
réelle et inclusive (économique, sociale,
culturelle, politique) n’étaient
pas sujets à des revers, des limites et…
erreurs.
Une transition révolutionnaire
difficile et des bastions
constitués par le siège
À mon sens, aucune révolution
assiégée de la sorte, engagée dans
une transition difficile vers des idéaux
plus élevés, harcelée par une contrerévolution
impérialiste et oligarchique
brutale, n›a pu réaliser pleinement ses
ambitions en matière de démocratie
politique et d›exercice du pouvoir
populaire, ni même tout ce qu›elle aurait
pu offrir dans d›autres conditions.
Mais il serait fatal de céder
à la pression et de tomber dans le
piège de l’imitation des modèles de
prétendues démocraties capitalistes
libérales-représentatives, de plus en
plus éloignées de leurs caractéristiques
originelles, réduites à des élections entachées
par le pouvoir de l’argent, à
des compétitions entre partis privatisés
; des partis corrompus et pervertis par
le grand capital privé, la domination
impérialiste et la narcobourgeoisie.
Le harcèlement, l’agression constante,
la précarité qui en découle et
l’état de forteresse assiégée limitent les
processus révolutionnaires, sapent la
démocratie populaire, imposent la centralisation
et engendrent des tendances
à la militarisation et des distorsions
caractéristiques du gigantisme étatique
et des situations de guerre.
Ces situations tendent même à
privilégier la souveraineté et la défense
nationale, tout en reléguant ou en reportant
les réformes nécessaires et la
démocratisation socialiste. Cuba, le
Venezuela et le Nicaragua sont soumis
à des formes de guerre nouvelles et
anciennes, et les États-Unis menacent
d’en faire autant à quiconque accède
à l’indépendance ou choisit des voies
alternatives, voire des modèles politiques
différents de ceux imposés par
leur domination néocoloniale.
La guerre médiatique est un élément
clé de leurs plans d’agression ;
elle comprend la stigmatisation, la discréditation
des processus souverains
(qui présentent tous de grandes qualités
et d’importantes lacunes) et la diabolisation
extrême de leurs dirigeants.
La diabolisation de Nicolas
Maduro.
C’est le cas de Nicolás Maduro,
enlevé par des unités militaires américaines
criminelles, prisonnier de guerre
lors d’une opération génocidaire (120
morts), accusé de tout, même d’être à
la tête d’un cartel de la drogue inexistant.
On comprend que ce soit la mission
de la droite et de l’extrême droite,
des oppresseurs impérialistes et de
leurs laquais, responsables de multiples
crimes.
Mais pas celle des dirigeants et
des politiciens qui se considèrent progressistes
ou qui acceptent d’être qualifiés
de gauche, même s’ils ne le sont
Le courageux peuple vénézuélien,
mené par le colonel Hugo Chávez
pas.
Il est honteux que Lula, Petro,
Boric… aient rejoint les États-Unis et
le courant qui refuse de reconnaître
Maduro comme le président légitime
du Venezuela. Mais il est encore pire
qu’ils persistent dans cette voie alors
que Maduro et Cilia sont déjà enlevés
et détenus dans l’une des pires prisons
de l’un des empires les plus criminels
de l’histoire récente.
C’est bien beau que Lula s’efforce
de renforcer les BRICS, mais il a eu tort
de s’opposer à l’adhésion du Venezuela
de Maduro à ce groupe multinational.
Cela a causé beaucoup de tort au Venezuela
et a contribué à la diabolisation
du président vénézuélien, occultant la
solidarité dont Maduro a fait preuve
lors de l’emprisonnement de Lula. Il y
a quelques jours, Lula a déclaré qu’« il
n’était pas opportun pour la transition
démocratique au Venezuela que Maduro
retourne dans son pays ». Il semble
préférer le voir sombrer dans les geôles
impérialistes.
Petro a réaffirmé sa position de
non-reconnaissance du gouvernement
de Maduro, et ce, même pendant l’incarcération
de ce dernier. Aucun des
deux n’a rejoint la campagne internationale
pour la libération de Maduro et
Cilia. Rien ne justifie cette attitude.
Il n’est pas nécessaire d’approuver
tout ce que Maduro et Cilia pensent
et font pour être solidaire d’eux. Ils sont
victimes d’une puissance impérialiste
génocidaire et d’un dirigeant fasciste.
Il est paradoxal de condamner Maduro
tout en cherchant à trouver un terrain
d’entente avec Trump et d’autres personnalités
trumpiennes de la région.
Il est contradictoire de traiter
Maduro de cette manière tout en reconnaissant
la corruption de Trump et
d’autres présidents. Nous devons respecter
et unir tous les groupes, aussi
divers soient-ils, qui souhaitent vaincre
la suprématie américaine. Il est difficile
de prédire les succès ou les échecs que
Maduro et son gouvernement à Caracas
connaîtront dans cette situation
nouvelle et complexe. On peut même
désapprouver certaines des décisions
prises avant et après son emprisonnement.
Je pense que nous sommes nombreux
à nous inquiéter de certaines décisions
annoncées par la présidente par
intérim Delcy Rodríguez concernant les
nouvelles relations stratégiques et les
accords avec les États-Unis, qui heurtent
la sensibilité anti-impérialiste et
laissent présager une voie dangereuse.
Espérons que cette attitude
hasardeuse et cette soumission aux
pressions d’une puissance néofasciste
pourront être corrigées. Quoi qu’il en
soit, il est de principe de se montrer
solidaire du processus attaqué et de
son président kidnappé et emprisonné.
Il est prisonnier de l’empire !
Il est également impératif, par
principe, de ne pas alimenter la guerre
cognitive impérialiste et de démêler le
vrai du faux dans un océan de mensonges.
Condamnez le bourreau,
non les victimes ! C’est une question
d’éthique et de morale révolutionnaires-socialistes.
Aporrea News 14 février 2026
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
7
Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (01)
Quand Haïti devient une administration américaine !
Par Catherine Charlemagne
Comme annoncé dans la dernière
chronique actant la fin du Conseil
Présidentiel de Transition (CPT) de 9
membres, nous entamons cette semaine
une nouvelle série, la troisième
depuis l’assassinat du Président Jovenel
Moïse, il y a bientôt cinq ans. Comme
pour tout ce qui est nouveau, il fallait
trouver un nom, un titre qui reflète ou
qui marque l’utilité de ce changement,
de ce passage de A à B. Pour cette nouvelle
série sur la transition politique en
Haïti, ce sera : Chronique d’une Transition
Permanente (CTP). Pour nous, ce
titre a du sens dans la mesure où aucun
autre intitulé ne nous paraît plus significatif,
plus parlant que celui-ci après 40
années d’une transition qui porte bien
son nom : cette transition qui n’en finit
pas. Il a été évoqué pour la première fois
par le journaliste et écrivain Pierre-Raymond
Dumas, il y a déjà bien des années.
En choisissant transition permanente
pour suivre les aléas d’une quête
de retour à la normale institutionnelle
en Haïti en 2026, soit quatre décennies
après la fin de la dictature dans ce
pays, nous ne pensons pas seulement
à la transition post-Jovenel Moïse dans
laquelle les acteurs politiques haïtiens
et la Communauté internationale se
sont fourvoyés. Mais antérieurement,
c’est-à-dire, celle commencée le 7 février
1986 qui a rendu le pays exsangue.
Quarante ans se sont écoulés et le peuple
haïtien revient au point du départ avec
tous les supposés et les sous-entendus
que cela pourrait apporter. Et cette foisci,
la perte de la souveraineté pour de
bon, malgré les précautions d’usage
entretenues par les décideurs internationaux
et les employés locaux choisis
pour mettre en œuvre ce plan. Comme
certains le craignaient, le 7 février 2026,
une étape importante a été franchie. Elle
s’explique par l’installation à la Villa
d’Accueil de Alix Didier Fils-Aimé comme
l’unique interlocuteur haïtien vis-àvis
des Etats-Unis d’Amérique.
Ce geste pourrait paraître banal,
insignifiant aux yeux de la population
dans la mesure où, depuis justement
40 ans, c’est-à-dire depuis le début de
la transition post-Duvalier, la politique
haïtienne ne se décide plus à Port-au-
Prince, mais à Washington. Toutefois,
pour les observateurs politiques nationaux
comme pour leurs confrères étrangers,
il y a une différence de taille, c’est
le mode opératoire. Rien à voir avec la
manière dont le nouvel Empire a l’habitude
de traiter avec ses sujets en Haïti.
Depuis le 7 février 1986, Washington
impose généralement ses marionnettes
au Palais national et à la Primature par
de simples pressions politiques en passant
prestement par son représentant
officiel en Haïti qui est l’ambassadeur
américain. Jusque-là, cela n’a jamais offensé
personne puisque, à part quelques
critiques à huis-clos par peur de représailles
de Washington, il n’y a jamais eu
une velléité d’affrontement ou d’opposition
par rapport à ces diktats de l’Oncle.
D’où cette transition qui continue son
petit bonhomme de chemin sans jamais
contrarier l’administration américaine
quelle qu’elle soit depuis ces 40 dernières
années.
Le pays se contentait de parler de
« l’homme des américains » pour parler
des autorités haïtiennes, notamment
du chef de l’Etat, du Premier ministre,
chef du gouvernement, chef de la police
nationale. Jusqu’aux 9 membres du CPT
en passant par Ariel Henry, c’était la
même chose. Puisqu’on sait tous que si
ces gens étaient en poste, c’était grâce à
la volonté des Etats-Unis. En clair, l’on
parlait de l’ingérence, rien de plus. Le
7 février 2026, un nouveau cap a été
franchi. Le masque est tombé. Washington,
à l’heure de Donald Trump, allait
agir sans se cacher derrière un écran
de fumée pour imposer sa loi, dicter ses
préférences et enfin choisir l’homme qui
devrait exécuter ses directives politiques
et économiques en Haïti jusqu’à nouvel
ordre. Dans plusieurs de nos chroniques
sur l’après du CPT, nous avions fait allusion
à un plan américain pour Haïti qui
serait agencé par l’OEA. Naturellement,
certains n’avaient pas pris nos récits très
au sérieux. Et pourtant. S’ils avaient
bien lu et réfléchi, ils auraient immédiatement
compris que ce n’était pas du
fantasme.
Washington est fatigué par l’incapacité
des dirigeants haïtiens à proposer
quoi que ce soit de cohérent, de crédible
pour stabiliser la transition de l’après Jovenel.
Ensuite, mécontent de l’échec de
la CARICOM à les contenir, et aux yeux
de Trump, les Etats-Unis devaient intervenir
directement et de manière visible
et brutale s’il le fallait pour imposer un
autre narratif de la transition, 40 ans
après les Duvalier et 5 ans après Moïse.
Le plan américain de l’OEA est réel.
D’où le choc de l’arrivée de trois navires
de guerre dans les eaux territoriales haïtiennes
le mardi 3 février 2026, juste
avant la date fatidique du 7 février. Cette
présence a une triple signification. Primo,
elle était là pour dissuader. Les 5
frondeurs du CPT, voyant qu’ils allaient
perdre tous les privilèges que l’État
avait mis à leurs dispositions, pensaient
pouvoir arrêter l’Histoire en marche et
s’étaient mis en tête l’idée de provoquer
un chaos politique. Ils avaient deux ans
pour le faire. Cependant, obnubilés par
le pouvoir, ils n’ont pas vu le temps passer.
Alors que le camp d’en face n’avait
pas chômé une minute en appliquant
à la lettre la mission qu’on lui avait
confiée. La rébellion a été étouffée dans
l’œuf.
Penser révoquer Alix Didier
Fils-Aimé quand tout était bouclé depuis
Washington et qu’il avait déjà en main
l’ordre de mission pour l’après CPT,
c’était un suicide politique. Leur folie
aurait pu leur coûter la vie. Fils-Aimé
avait déjà intégré le cercle très ouvert
en Haïti des politiciens traîtres à la patrie
rien que pour leur ego personnel, quitte
à faire partie de la poubelle de l’histoire
comme les collabos de l’occupation de
1915-1934. D’ailleurs, ce successeur
de Sudre Dartiguenave, le premier Président
haïtien qui travailla sous l’ordre
des Marines, a pris ses fonctions, à
quelques nuances près, comme son
ainé d’il y a plus d’un siècle sous les
menaces des canons des trois bateaux
de guerre US positionnés juste en face
de la capitale pour sécuriser la passation
des pouvoirs entre Laurent Saint-Cyr
et lui-même. Et cela nous ramène à la
deuxième signification. Ce pré-positionnement
de la flotte militaire américaine
dans la baie de Port-au-Prince a été un
message clair.
Il tendait à dire que la récréation
est terminée pour les politiciens qui
pensent faire de la transition la toile de
fond de leur commerce électoral et à
tous ceux ayant la volonté de proposer
une alternative contraire au plan américain.
Et aussi surprenant que cela puisse
paraître, la présence de ces canonniers
américains a pousser tous ceux qui,
dans un premier temps, avaient espéré
provoquer des troubles sociaux, voire
alimenter un début de révolte populaire,
à se raviser. Ils ont préféré rester
Aujourd’hui il n’y a qu’un seul décideur, un seul chef, il s’appelle : Henry P.
Wooster, le Chargé d’affaires US en Haïti.
cloitrés chez eux ce 7 février 2026 par
peur de déchainer la foudre contre eux.
D’ailleurs, Washington avait renforcé
la peur de manière psychologique chez
tous les acteurs politiques en même
temps qu’il renforçait la confiance chez
la bourgeoisie haïtienne, toujours disposée
à travailler sous le joug de l’occupant.
Mercredi 4 février, le lendemain
du déploiement des navires de guerre,
un avion gros porteur militaire un C-17,
généralement affecté au transport des
troupes, s’était posé sans encombre à
l’aéroport Toussaint Louverture de Portau-Prince.
Sa mission, top secret.
Etant placé à l’abri des curieux,
rien n’a été divulgué par rapport à cette
arrivée inopportune dans un aéroport
international censé être fermé pour
cause d’insécurité depuis des années.
Seule l’armée américaine y a accès de
jour comme de nuit. En tout cas, les
nouvelles autorités de la transition,
notamment Alix Didier Fils-Aimé, sont
placées à l’ombre du parapluie militaire
des Etats-Unis. D’où une passation en
douceur entre deux pouvoirs totalement
illégitimes et illégaux, c’est le moins
que l’on puisse dire. La dissuasion est
une arme efficace, jamais démentie et
ce dans tous les domaines. La dernière
explication qu’on peut donner à cette
présence en force de la marine de guerre
américaine, à la veille du départ du CPT,
est la confirmation que les Etats-Unis
entendent diriger directement le pays
comme cela se passe dans toutes les colonies
du monde, en s’appuyant sur un
« local », une marionnette qui accepte de
jouer le jeu en toute franchise et complicité.
Alix Didier Fils-Aimé sera celui-là.
Personne ne doit se faire des illusions
sur le cas d’un Premier ministre /Président
qui serait en fonction juste pour
éviter le vide. Le chaos.
Il serait vain de penser qu’en
2026, il se trouve une autorité haïtienne
pouvant décider, parler et traiter
d’égal à égal avec la Communauté internationale,
notamment les autorités
américaines. En fait, monsieur Fils-Aimé
n’est qu’un simple administrateur
et Haïti, une administration coloniale
américaine. Aujourd’hui il n’y a qu’un
seul décideur, un seul chef, il s’appelle :
Henry P. Wooster, le Chargé d’affaires
US en Haïti. Depuis longtemps, on
l’avait désigné comme étant le Gouverneur
américain à Port-au-Prince.
Certains pensaient qu’on exagérait un
peu puisque, d’après eux, Haïti n’était
pas une colonie proprement dite parce
qu’elle disposait encore d’un exécutif
autochtone comprenant les 9 Conseillers
Présidents, un Premier ministre et
un cabinet ministériel. Sauf que, ces frileux,
refusant de voir la vérité en face
ou peut-être par ignorance, oublient ou
ne savent pas que Porto-Rico est bel et
bien une colonie des Etats-Unis dans les
Caraïbes. Pourtant, cette île dispose de
tous les attributs d’un État : un gouvernement
local, un Parlement et un Gouverneur
élu. D’où d’ailleurs son statut
officiel: Etat associé des Etats-Unis. Or,
la réalité est tout autre.
Les Portoricains sont bien un
peuple colonisé et c’est Washington qui
a le dernier mot sur bien des domaines,
contrôlant, notamment la sécurité, la diplomatie,
la défense, les trois domaines
régaliens d’un État souverain. Depuis 40
ans de cette transition permanente, les
autorités haïtiennes ont-elles réellement
la main sur ces domaines clés relevant
de la souveraineté d’un Etat indépendant
? La police haïtienne est inféodée à
cent pour cent aux Etats-Unis. Paradoxalement,
beaucoup plus que celle de la
police portoricaine, puisqu’elle est financée
et armée directement par les Etats-
Unis. La sécurité en Haïti, ce sont des
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Le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé l’unique interlocuteur
haïtien vis-à-vis des Etats-Unis d’Amérique.
forces de police et militaire d’une mission
internationale baptisée FRG (Force
de Répression des Gangs) relevant du
Chapitre VII de l’ONU, contrôlées, financées
et armées par Washington. Quant
à la diplomatie, elle reste à la limite
d’un petit garçon suivant les ordres de
ses parents installés au Département
d’Etat américain. Impossible d’élargir
ses contacts, ses cercles au-delà des réseaux
diplomatiques des pays alliés des
Etats-Unis.
Moscou, Pékin en particulier sont
bannis du langage des dirigeants haïtiens.
En tout cas, depuis le 7 février
2026, il ne fait aucun doute, Haïti est
rentré dans une nouvelle ère. Celle
d’une occupation directe des Etats-Unis,
même si tout le monde préfère garder le
silence et feint de croire que cette nouvelle
approche totalement débridée de la
politique interventionniste, expansionniste
et colonialiste du nouvel Empire
américain se révèlera bénéfique pour
un pays que les Etats-Unis ont contribué
à mettre à genoux durant 40 ans de
transition politique. Le Chargé d’affaires
US en Haïti, Henry P. Wooster, qui à
l’origine est un ancien militaire, tout un
symbole, lors de son audition le mardi
10 février 2026 devant la Commission
du crédit du Sénat au Congrès américain,
a dévoilé clairement et sans langue
de bois la suite du plan américain en
Haïti. Selon lui, Washington n’a qu’un
objectif, celui d’appliquer la politique
étrangère de l’administration Trump. En
clair, garder le pays sous contrôle, pas
plus. « L’objectif des États-Unis en Haïti
est d’assurer une stabilité minimale.
Nous la définissons comme suit
: « a) pas d’effondrement de l’État, b)
pas d’immigration clandestine massive
vers les États-Unis. Toutes nos actions
visant à mettre en œuvre la politique
étrangère du Président en Haïti sont
alignées sur cet objectif » admet celui
qui est appelé à faire appliquer cette
politique en Haïti par les femmes et les
hommes à qui il entend donner le feu
vert pour intégrer le gouvernement
de collaboration dirigé par Alix Didier
Fils-Aimé. En choisissant un membre
du secteur économique pour appliquer
l’ordre de l’Empire et poursuivre la transition,
les Etats-Unis ont fait un choix
machiavélique : d’une part, ils fabriquent
une image de stabilité en confiant tous
les pouvoirs politiques à ce secteur placé
sous leur coupe et d’autre part, ils assurent
un semblant de tranquillité et de
sécurité à minima dans la rue juste pour
éviter l’effondrement effectif de l’État
haïtien. Or, ce choix pourrait se révéler
dangereux pour eux à l’avenir.
Car, en mettant tous leurs œufs
dans un même panier, ils pourraient
un beau matin se retrouver à affronter
un peuple qui n’aura lui aussi qu’un
seul objectif, celui du Père fondateur
de la Nation, Jean-Jacques Dessalines :
koupe tèt boule kay, afin de retrouver
sa dignité, sa fierté et l’indépendance de
son pays.
C.C
8 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
This week in Haiti
From Hope to Crisis: How Neoliberalism and Coups Crushed
Haiti’s Dreams and Wrought Today’s Gruesome Havoc
by Marie-Paule Florestal
stand up against U.S. imperialism.
February 7 now marks Haiti’s highest
and lowest historical moments in recent
history.
In 2026, it saw the dissolution of
Haiti’s Transitional Presidential Council
(CPT) and, under the muzzles of Trump
administration gunboats, the concentration
of all executive power in the hands
of a single Haitian bourgeois businessman:
de facto Prime Minister Alix Didier
Fils-Aimé. As the New York Times
reported on Feb. 8: “The country had
never had a power vacuum this severe.”
Exactly 40 years earlier to the
day, Haitians were rejoicing at the overthrow
of the three-decade old Duvalier
dictatorship, which is why Feb. 7 has
become the traditional and official date
for the transfer of democratically elected
power in Haiti.
In 1986, Haitians around our
Caribbean nation and throughout its
diaspora held immense hope for Haiti’s
future. From rural villages to cities
such as Port-au-Prince, Gonaïves, and
Cap-Haïtien, Haitians mobilized mass
demonstrations, as well as in New York,
Montreal, Miami, and Washington, DC,
to demand democracy. Many viewed the
moment as the beginning of a “Second
Haitian Revolution” that would correct
the social, political, and economic failures
that followed the first one in 1804.
There followed five years of sharp
political struggle and coups d’état, but
they nonetheless culminated with the
victorious Feb. 7, 1991 inauguration of
President Jean-Bertrand Aristide, Haiti’s
first head of state elected by a nationwide
popular vote. It was a period of
delirious joy and optimism. Thousands
of diaspora Haitians flooded back to the
country, and Aristide declared “Haiti’s
second independence.”
However, the U.S., along with
France and Canada, had already begun
a major counteroffensive to push back
against the burgeoning political revolution
in the upstart nation. Similar to
the example Haiti set in 1804, Aristide’s
unexpected ascension to power fired
the imagination of all Latin America,
sparking the “Pink Tide” which spread
throughout the hemisphere.
At that time, there was a major
geopolitical shift occurring in the world.
The Cold War was ending as the U.S.
eventually wore down and dissolved
the Soviet Union, establishing itself as
the sole global superpower. Some U.S.
intellectuals declared that capitalism had
finally vanquished communism, thus
bringing “the end of history.” It was understood
that any countries which dared
to defy Washington’s agenda would be
crushed.
But Haiti was born and is defined
by defeating Napoleon’s France, the
superpower of the early 19 th century.
Thus, at the end of the 20 th century, the
“rebel country” Haiti was not afraid to
On Feb. 7, 1991, Jean-Bertrand Aristide walks across the National Palace
lawn to his first presidential inauguration.
Photo: Haiti Films
Neoliberalism takes Haiti and
the world by storm
In the late 1980s, U.S. capitalists
were on the march worldwide. They
descended on many neocolonies, forcibly
imposing neoliberal reforms such
as privatization, deregulation, austerity
and other measures to reduce government
spending, labor market flexibility
(i.e. anti-union campaigns and union
busting), and enacted laws that were favorable
to employers, especially foreign
ones.
Politically, they began to phase
out dictatorships such as the regimes
of Duvalier in Haiti (1986), Marcos in
the Philippines (1986), the Argentine
military juntas (1983), Chile’s Augusto
Pinochet (1990) and many others.
This paradigm shift from strong-man
regimes to engineered “demonstration
elections” (as Edward S. Herman and
Frank Brodhead called them in their
seminal 1984 book) engineered by
semi-governmental organizations like
the National Endowment for Democracy
(NED), a spin-off from the CIA, began
with the “human rights” campaign
launched by President Jimmy Carter in
the late 1970s. Washington sought to
accompany their deepening investments
in the Global South with the semblance
of bourgeois democracy to reduce guerrilla
insurgencies and rampant, arbitrary
caudillo corruption, protect corporations’
rights, promote economic growth, and
generally stabilize their rebelling vassal
states, where the masses were groaning
under massive debt and inspired by the
victorious national liberation struggles
in Cuba, Nicaragua, Angola, Mozambique,
Zimbabwe, and Vietnam.
This push for democratic reform
was compatible with capitalist globalization.
Capitalist pundits and analysts
marketed neoliberal policy as “democratization”
that would enable countries to
function more efficiently, reduce government
waste, and permit business leaders
to innovate new technologies, leading to
“economic prosperity for everyone.”
However, this top-down economic
model and neoliberal reforms produced
devastating outcomes for working-class
communities in both the neocolonies
and the United States. The result was
increased exploitation, wage stagnation,
erosion of public services, weakened labor
protections, and widening inequality
as the wealthiest few reaped fantastic
profits, while working families faced
increasing economic insecurity which
fueled political instability.
Neoliberalism destroys Haiti’s
rural economy
After Duvalier was ousted, the
Haitian economy collapsed. Municipalities
went bankrupt, leaving state employees
unpaid while debts piled up. The
International Monetary Funds (IMF)
stepped in, pretending to help Haiti with
One hundred pound bags of cheap U.S. rice being distributed in Port-au-Prince. Such dumping has decimated
Haitian rice production.
its debt crisis but actually making things
worse.
First, the IMF demanded government
austerity: the firing of state agency
employees and the cutting of the meager
social services that the government
had provided to its citizens. Second, it
demanded the privatization on all public
enterprises: the flour mill, essential oils
plant, cement factory, electric power authority,
telephone company, and others.
Third, the IMF called for the removal
or drastic lowering of all tariff barriers
protecting primarily Haitian agricultural
production, above all (as we will
see) rice farmers and sugarcane-based
industries. After that neoliberal “free
trade” adjustment, cheap U.S. imports
were dumped on the Haitian market,
virtually tax free. Prior to this neoliberal
“structural adjustment,” Haiti had been
largely self-sufficient in food production
and even exported agricultural products.
Take the example of HASCO, once
Haiti’s state-run sugar mill, which allowed
farmers to grow sugarcane and
sell it to the government for stable livelihoods.
After Jean-Claude Duvalier was
forced out, General Henri Namphy’s
neo-Duvalierist junta sold the sugar
mill to the Mevs family, one of Haiti’s
wealthiest in Haiti’s tiny bourgeoisie.
The Mevs had no intention to invest
and resuscitate Haiti’s sugar industry
but instead shut down the mill and instead
began importing cheap sugar from
the U.S. and the Dominican Republic for
quick and easy profit, leaving thousands
of cane cutters and farmers to fend for
themselves. Haiti’s sugar industry, once
its pride, has never recovered.
A similar story occurred with rice,
one of Haiti’s staple foods. The country
used to produce and even export its own
rice. Forty years ago, the central Artibonite
Valley was a vibrant patchwork of
emerald green paddies, producing very
high quality rice. But with tariff walls
struck down after 1986, cheap U.S.
rice flooded the Haitian market, selling
at prices lower than local rice. Haitian
farmers using baskets and hoes could
not compete with the mile-wide rice
combine harvesters used by agro-industries
in Arkansas. Neoliberal policies
devastated Haiti’s farmers causing Haitians
to be increasingly dependent on
food imports, thus hungrier and facing
chronic budget deficits.
Millions forced from the countryside
to the cities
The award-winning 1983 documentary
Bitter Cane, directed by Ben
Dupuy and Kim Ives, documents how
neoliberal policies destroyed Haiti’s rural
economy and drove millions to flee
overseas in boats or seek to survive
hawking, hustling, or working for peanuts
in Haiti’s growing urban shanty
towns. To take advantage of this vast
and growing pool of cheap labor, foreign
capitalists, working with Haiti’s comprador
bourgeoisie, set up sweatshop
assembly factories in tax-free industrial
parks where workers were paid a mere
$2.64 a day.
Years later, Kim Ives interviewed
Bill Clinton in a United Nations hallway
in March 2010, where the former U.S.
president famously claimed that Washington’s
planners were just trying to
help Haitians “skip agricultural development
and go straight into an industrial
era. And it’s failed everywhere it’s been
tried. And you just can’t take the food
chain out of production. And it also undermines
a lot of the culture, the fabric
of life, the sense of self-determination...
We made this devil’s bargain on rice.
And it wasn’t the right thing to do.”
Indeed, Haiti’s sweatshop workers
were even more exploited, oppressed,
and caught in a persistent cycle
of poverty. Neoliberal “reforms” trapped
them and their families in deeper misery
rather than liberating them.
In 1983, Port-au-Prince had
about 500,000 residents, but, 20 years
later, by 2003 the population had ballooned
to more than 3.2 million, according
to the Institut Haïtien de Statistique
et d’Informatique. The Haitian government
made no attempt at strategic urban
planning for the growing population,
failing to build adequate roads, sanitation,
or other infrastructure. People constructed
informal homes, with no building
code enforcement, on unsafe land
in the ravines, flood plains, and steep
hillsides. This vulnerability contributed
to the catastrophic toll of the 2010
Farmers in a rice paddy in Haiti’s Artibonite Valley. Since 1986, this
agricultural production has been virtually destroyed by
neoliberal reforms.
Photo: Jean Marc Hervé Abélard/Round Earth Media
earthquake, which killed an estimated
46,000 to 84,000 people, most of them
in Port-au-Prince. Many of these deaths
could have been prevented had the Haitian
government had even a minimum
of urban planning or code enforcement.
With the Haitian state shirking
its duty to provide basic infrastructure
and services for its citizenry, foreign
non-governmental organizations
(NGOs) filled the void, making Haiti the
nation with the most NGOs per capita in
the world.
Ironically, during the earthquake
response, many NGOs avoided poor
neighborhoods after U.S. and Haitian
authorities labeled them too dangerous
or inaccessible, causing increased suffering
due to the dependence they had
built.
Urban “gangs” fill the void
left by the absent state
Urban abandonment created
a vacuum for neighborhood armed
groups to emerge in Port-au-Prince’s
growing slums. In the Haitian and
international bourgeois press, these
continued on p(13)
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
9
LE NOUVEL HOMM
Peu avant sa disparition de la scène publique en 1966, alors qu’il
se rendait en Algérie, Che Guevara fit escale au Caire, où il fut
chaleureusement accueilli par l’ancien président Gamal Abdel Nasser
Par Kristian Laubjerg
Réflexions sur l’importance de
Franz Fanon et Che Guevara pour
la décolonisation
...ce ne sont pas les nations les
plus religieuses de notre monde aujourd’hui,
mais plutôt les plus laïques,
qui ont pu créer les sociétés les plus
civiles, justes, sûres, équitables, humaines
et prospères. (Phil Zuckerman)
L’argument
L’argument de cet article est
consacré à la conviction la plus fortement
présentée par Frantz Fanon et Che
Guevara que la liberté d’exploitation
dépend de l’émergence d’un homme
nouveau, qui fera avancer des nations
souveraines et véritablement indépendantes,
travaillera pour le mieux-être
de tout son peuple sur la base des principes
de justice et d’égalité pour tous.
Cet argument suggère que quel
que soit le système de croyance religieuse
auquel on adhère, il diminuera
et affaiblira la croyance individuelle en
sa propre capacité à contribuer à résoudre
les problèmes quotidiens et ainsi
améliorer le bien-être de la famille, de
la communauté et de la nation. Les
systèmes de croyances religieuses renforcent
la conviction que notre vie quotidienne
et notre destin sont déterminés
par une force divine qui seule peut mener
à de meilleures conditions de vie.
Cet argument nous pousse à
identifier certaines des causes qui ont
contribué à maintenir les anciennes
colonies dans un état de dépendance
aux forces extérieures, empêchant ainsi
la construction de meilleures conditions
de vie pour les personnes concernées.
Ces pays continuent d’être à la
périphérie du développement, exploités
et abusés par des centres de pouvoir
économique situés dans les capitales
des pays industrialisés.
Les visages de l’avenir : une génération qui porte en elle la possibilité
d’une Afrique libre, consciente de sa force et de sa dignité
Les opprimés et humiliés
Cela fait maintenant plus de soixante
ans que Frantz Fanon a écrit son
célèbre livre, Wretched of the Earth.
Bien que la plupart des populations de
la planète soient encore opprimées, elle
n’est plus condamnée à rester dans la
misère. Cette appréciation est soutenue
par les expériences de Cuba qui s’est
libérée du colonialisme et de l’impérialisme
américain en 1959. De nombreuses
tentatives ont été faites pour créer
une unité entre les nations, leur permettant
ainsi de s’opposer aux forces coloniales
et impérialistes. Le plus célèbre a
été la Conférence de Bandung en 1955,
lorsque des nations non alignées ayant
une voix unie ont soutenu les mouvements
d’indépendance croissants dans
les pays africains et asiatiques. Onze
ans plus tard, au début de 1966, Cuba
a accueilli une conférence avec des participants
des trois continents d’Asie,
d’Afrique et d’Amérique du Sud. Elle
est devenue connue sous le nom de
Conférence tricontinentale.
L’effet du Tricontinental a été
d’établir une collaboration entre les
luttes anticoloniales d’Afrique et d’Asie
et les mouvements anti-impérialistes
d’Amérique latine. Il était beaucoup
plus radical dans sa tentative de lancer
un défi à l’impérialisme. La conférence
a abouti à la condamnation du colonialisme,
du néo-colonialisme et de
l’impérialisme.
Le Tricontinental a ajouté une
nouvelle dimension aux luttes pour une
véritable indépendance et liberté en encourageant
la résistance armée à combattre
l’impérialisme à un moment où
les États-Unis étaient entrés en guerre
au Vietnam. Le but du Tricontinental
était la promotion d’un monde avec
une véritable liberté pour tous les peuples,
sans faim ni pauvreté, sans oppression
et sans inégalités et injustices.
Les participants du Tricontinental
ont exprimé leur soutien aux guerres
de libération menées dans le cadre
idéologique de Frantz Fanon et Che
Guevara, tous deux croyaient que le
véritable développement ne peut venir
que de la conscience par les gens euxmêmes
de l’importance de la responsabilité
sociale reposant sur les principes
de justice et d’égalité pour tous.
Ils se distancièrent ainsi des efforts
centralisés du Komintern, qui
supposait que la direction du parti suprême
devait être la force motrice dans
les luttes pour la liberté et la dignité
humaine. Dans leur recherche de la
manière dont ces citoyens pourraient
être formés, ils ont identifié des causes
critiques, qui ont contribué à faire accepter
aux gens leur soumission. Par
conséquent, ils en sont venus à voir
la tradition et la religion comme de
sérieuses contraintes envers l’évolution
d’un homme nouveau.
La religion : un outil d’oppression
Il est bien accepté que le comportement
humain soit fortement influencé
par les émotions, qui à leur tour sont
influencées par des croyances sur les
origines et le but de notre vie, souvent
révélées par la religion. Depuis l’époque
de David Livingstone, de nombreux efforts
ont été investis dans la civilisation
des peuples africains, formellement en
vue de faire progresser leur bien-être,
mais en réalité, cela permettrait aux
Européens d’exploiter le continent à
leur avantage. La religion, en particulier
le christianisme, a joué un rôle
important dans ces efforts civilisateurs.
La religion est ainsi devenue un instrument
important entre les mains du
capitalisme et de son économie libérale.
Les victimes de l’impact négatif d’une
économie néo-libérale sont amenées à
croire qu’il est hors de leur pouvoir de
changer le statu quo.
Fanon a observé que la religion,
en tant que force irrationnelle,
anesthésiait les opprimés et inhibait la
récupération du soi individuel. Il a déclaré
que : L’Église dans les colonies est
l’église des blancs, l’Église des étrangers.
Elle n’appelle pas le natif aux voies
de Dieu mais aux voies de l’homme
blanc, du maître, de l’oppresseur.
Plus de 60 ans après l’indépendance,
c’est mon expérience personnelle
faite dans plusieurs pays africains,
que la plupart des gens sont passés sous
influence religieuse, ce par quoi ils acceptent
le contrôle et la domination de
forces extérieures, qu’il s’agisse d’anciennes
puissances coloniales, d’élites
locales, d’entreprises transnationales,
ou des Nations Unies.
Cette absence d’autonomie est
souvent apparente dans le langage
utilisé par l’orateur avec des exclamations
telles qu’Alhamdulilah [Dieu est
Grand] et Inchallah [si Dieu le veut . La
question est maintenant, si nous trouvons
des études scientifiques soutenant
des observations de bon sens concernant
l’impact négatif de la religion sur
l’évolution de l’homme vers un avenir
meilleur.
La religion : un obstacle au
développement
Une étude anthropologique de
Phil Zuckerman sur la religiosité au
Danemark et en Suède conclut que plus
les membres d’une société se sentent
religieux, plus nous sommes susceptibles
de trouver plusieurs qualités indésirables
de cette société, telles qu’un
taux de criminalité élevé, la corruption,
une mauvaise justice sociale, forte inégalité,
des soins inadéquats pour les
malades et les personnes âgées.
La religion chrétienne, avec son
accent sur la résurrection de Jésus, a
donné foi et confiance à des millions
de pauvres qui vivent dans une pauvreté
abjecte. Les bons chrétiens vivant
dans la misère et la marginalisation
sont informés par l’église qu’ils doivent
être patients et qu’ils seront compensés
dans une vie après la mort.
Il n’est pas surprenant que les
États-Unis prennent une position de
leader parmi ce groupe de pays, caractérisé
par l’inégalité et l’injustice.
Zuckerman conclut que : Le fait demeure
que ce ne sont pas les nations les
plus religieuses de notre monde aujourd’hui,
mais plutôt les plus laïques, qui
ont pu créer les sociétés les plus civiles,
justes, sûres, équitables, humaines et
prospères. Le Danemark et la Suède se
démarquent comme des exemples brillants.
Quelles leçons peuvent être tirées
de cette conclusion pour les pays moins
développés, où l’opinion commune de
la majorité des populations est que «
aucune nation ne peut pleinement exister
sans l’aide préalable de la religion...
».
Aux États-Unis, les présidents
et les membres du Congrès et
du Sénat partagent avec enthousiasme
leur appartenance religieuse avec l’électorat.
En fait, il est peu probable qu’une
personne soit élue à une fonction publique
si elle n’était pas un pratiquant
régulier, alors que les politiciens scandinaves
ne recevraient presque aucun
vote s’ils étaient connus pour croire au
dogmatisme religieux. Là-bas, l’homme
est son propre destin et décide de
son propre sort. Entre 8 et 13 % de la
population dans l’étude de Zuckerman
mentionnent qu’ils vont régulièrement
à l’église. Les statistiques sur la population
cubaine montrent que seulement
25 % se considèrent comme chrétiens.
L’étude de Phil Zuckerman sur
l’impact positif supposé de l’absence de
religiosité au Danemark et en Suède,
soutient l’importance du développement
de l’homme nouveau, comme
proposé par Fanon et Che Guevara.
Changements de comportement
au niveau national
Nous supposons que la relation,
observée par Phil Zuckerman, entre
un niveau élevé de bien-être bénéficiant
aux citoyens dans les pays scandinaves
et à Cuba et un pourcentage
élevé d’absence de croyances religieuses
est valide. Par conséquent, il devient
L’Homme Vitruvé dans le monde d’aujourd
pertinent de se demander comment une
nation sur la voie du développement
pour tous peut promouvoir une citoyenneté
qui a confiance en ses propres
pouvoirs pour prendre le contrôle de
l’avenir.
Le changement de comportement
se concentre généralement sur
l’individu plutôt que sur des groupes de
personnes et rarement ou pas du tout
sur le changement de comportement
à l’échelle d’une nation entière. Les
individus feront appel à l’aide d’experts
lorsqu’ils souhaiteront arrêter
de fumer, de boire ou de trop manger,
mais rarement - si jamais - un gouvernement
demande aux experts des médias
et aux spécialistes en sciences sociales
des conseils sur la façon de lutter
contre les comportements mauvais et
indisciplinés au sein de sa population.
Bien qu’il soit largement admis qu’aucun
pays ne pourra se développer sans
discipline, seuls quelques pays traitent
ce problème sur le continent africain.
Changer les habitudes dysfonctionnelles
Si le changement de comportement
au niveau individuel est un grand
défi pour les psychologues, les thérapeutes
du comportement, ainsi que les
psychiatres, c’est même un défi plus
grand pour les scientifiques politiques
Grandir sans humiliation, apprendre sans cha
plus juste commence s
10 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
E EN AFRIQUE !
’hui
et sociaux, les experts des médias et
les politiciens. Cependant, les analyses
émanant de la Scandinavie, de Cuba et
de la Chine sont convaincantes. Il est
en effet possible de transformer des
populations entières et de les faire se
sentir bien à propos de la découverte de
leur conscience potentiellement transformatrice.
Une fois que nous avons reconnu
que nos pensées, nos émotions et nos
croyances sont au cœur de notre comportement,
nous devons évidemment
aussi conclure que nous avons le pouvoir
de les changer, en organisant notre
monde et l’environnement qui nous
entoure d’une manière qui favorisera
et renforcera le comportement souhaitable.
Le défi est d’identifier les raisons/
causes sous-jacentes à nos habitudes,
qui sont souvent dysfonctionnelles
pour le développement d’une société
juste basée sur des principes d’égalité
et de dignité.
C’est particulièrement le cas si
l’on a été élevé dans un environnement
dicté par le marché. Laisser le destin de
l’humanité au marché a créé un monde
où une poignée d’individus possède
autant de richesse que la moitié de la
population de la planète. C’est la réalité
adaptée pour asservir des populations
entières qui se sont habituées à endurer
les humiliations et le mépris quotidiens.
înes, rêver sans limites : l’espoir d’un monde
ouvent par l’enfance
Le résultat est un monde où la majorité
des gens vivent dans une pauvreté abjecte,
l’oppression et l’exploitation.
Les profiteurs du système
économique néolibéral actuel justifient
les interventions commerciales et
militaires avec un appareil excessif de
vocabulaire moraliste. Après la guerre
américaine en Irak, ils ont même inventé
le terme « interventions humanitaires
», sans tenir compte d’Abu
Ghraib, de Guantanamo Bay, des restitutions
extraordinaires et de l’utilisation
de la torture. Le but est de présenter
l’hégémonie des États-Unis comme
bienveillante puisqu’elle agit comme un
tuteur moral pour le reste du monde –
quoi qu’elle fasse.
Pour réaliser un autre monde
que celui qui a été présenté par Frantz
Fanon dans son « misérable de la
terre », nous devons mettre en œuvre
l’éthique de l’humanité, qui vise à
fournir une base pour une autre sorte
d’existence basée sur des principes de
dignité pour tous et une vie avec une
réelle égalité pour tous. Cela présuppose
que nous devenions conscients
et consternés par notre existence inhumaine
et indigne, partiellement formée
par l’influence quotidienne des médias
traditionnels.
Agir pour modifier le comportement
dans une orientation plus altruiste
nécessite un effort mental investi
dans une révision méticuleuse de sa
vision et de ses schémas de croyance. Il
est donc pertinent de se demander comment
un tel processus peut être initié
puisque en moyenne, l’individu est inconscient
de la cause profonde de ses
comportements dysfonctionnels et égocentriques,
qui ne font que soutenir le
consumérisme et des objectifs individuels
étroits. Le changement de direction
doit commencer par une présentation
honnête et vraie de notre réalité, ce qui
contribue à faire de nous ce que nous
sommes. Mais les maîtres néo-libéraux
croient que la vérité doit être cachée
puisque dire la vérité aux gens est lourd
de danger pour leur exploitation continue
de l’homme et de la planète.
Par conséquent, le système actuel
n’a aucun intérêt à libérer l’homme,
surtout pas lorsque cela pourrait aboutir
à la création d’un homme nouveau,
conscient des forces qui le façonnent. Il
doit rester esclave et tenu en échec par
la tradition et la religion.
La domination par l’humiliation
Les efforts des anciennes colonies
pour se libérer de la domination
continue de la métropole se heurtent
généralement à des contre-mesures
sérieuses et même à des assassinats.
L’objectif a toujours été de maintenir
les rôles actuels de domination sur les
nations moins développées et d’assurer
que des populations entières continuent
à accepter d’être des instruments pour
une élite nationale dirigeante, qui gouverne
comme si rien n’avait changé.
Après la vague d’indépendance dans
les années 1960, nous avons constaté
que le contrôle des anciennes puissances
coloniales a été remplacé par le pouvoir
impérial des États-Unis.
Ceux qui peuvent imaginer un
autre monde que celui qui se concentre
sur le divertissement et la satisfaction
des besoins à courte vue d’une population
avide de consommation sont en
train de diminuer. La guerre en cours
en Ukraine souligne le rôle subordonné
de l’Europe vis-à-vis des États-Unis.
Le triangle des États-Unis, de l’Europe
et du Japon maintient une domination
mondiale des peuples de la planète.
Un monde sans humiliations
Che Guevara et Frantz Fanon.
étaient tous deux médecins et sont
morts dans la trentaine. Fanon a déclaré
que « la décolonisation n’est rien
de moins que la création d’hommes
nouveaux ». Fanon a observé que les
nations nominalement libres et indépendantes
continuaient sur la même
voie que celle qui était tracée par les
puissances coloniales. Il a déclaré que
la plus grande menace pour l’avenir
de l’Afrique n’était pas le colonialisme,
mais les grands appétits des élites
post-coloniales et leur absence d’idéologie.
Fanon et Guevara seraient d’accord
pour dire que personne ne peut
être libre de développer un nouveau
personnage, si l’on continue à voir les
opportunités du monde et de l’homme
pour prendre en charge son propre
développement, dans le contexte des
opportunités offertes par les sociétés
transnationales opérant depuis les capitales
des anciennes puissances coloniales,
avec le soutien du dogme religieux.
La libération de la religion et
des habitudes formées sans le savoir
est donc une condition sine qua non
pour l’émergence de l’homme nouveau,
discipliné par une guidance fondée sur
des principes moraux et sociaux, issus
d’une vision du monde égalitaire.
Initialement, les citoyens devront être
guidés par des compagnons égaux qui
les inciteront à agir selon le modèle
de « l’homme nouveau ». L’image de
l’homme nouveau n’est pas imposée à
l’individu d’en haut mais résulte de la
conscience individuelle de la société et
de la communauté environnantes. Un
changement dans le comportement de
l’homme doit être entrepris sur la base
de principes de légitimité et de droit, dérivés
de l’éthique de l’humanité.
Dans les mots du communicateur
cubain, Julio Garcia Luis, ces principes
visent à un monde : sans faim ni pauvreté,
sans oppression et exploitation,
sans humiliations ou mépris, sans injustice
ni inégalités, où chacun puisse
vivre dans sa pleine dignité morale et
matérielle dans une véritable liberté.
L’homme nouveau sera guidé
par un sens du devoir, qui est encore
une fois le produit de la compréhension
de son rôle dans la société. Sans une
compréhension de sa fonction, ses devoirs
semblent « inconnaissables ». Par
conséquent, on ne pourra pas agir avec
discipline et responsabilité sociale.
L’homme idéal des sociétés
transnationales
Déguisant la nature exploiteuse
des relations avec les pays du sud, la
plupart des entreprises transnationales
ont développé des départements responsables
de la « responsabilité sociale
des entreprises ». Opérant à partir
de la base d’une économie néo-libérale,
des populations entières sont habituées
par l’assimilation forcée au mode de vie
capitaliste en privilégiant les valeurs,
qui donnent la priorité à la liberté individuelle
au détriment du bien-être de
la communauté. Des millions de personnes
qui ne parviennent pas à en tirer
profit trouvent réconfort et consolation
dans les promesses d’une religion,
comme le christianisme, qui prêche
l’espoir aux pauvres et aux opprimés
de la vie éternelle au paradis, lorsque
la mort met fin à toute misère terrestre.
L’assimilation aux valeurs renforcées
par le système économique
néo-libéral est entreprise par les parents,
la communauté, l’école, l’église et
surtout les médias de masse. Les médias
supposent que l’homme peut être
façonné en n’importe quel personnage,
ce qui plaît au marché. Il y a, cependant,
un grand handicap associé au
modèle-homme du monde capitaliste :
il se traduit par une inégalité croissante
dans un monde où déjà huit personnes
possèdent autant de richesses que 50
pour cent de la population mondiale de
7,5 milliards de personnes. Cette situation
constitue un risque permanent de
conflits et de guerres - ce qui n’est pas
entièrement indésirable pour les industries
d’armement !
Les universités enseignent des
stratégies de marketing en partant du
principe que l’homme souhaite se sentir
responsabilisé, et que cette responsabilisation
est mieux réalisée grâce
à la possibilité d’une multitude d’options
pour le consommateur. Le sentiment
d’être habilité est renforcé par
le degré d’accès à l’achat de produits
de consommation, qu’ils satisfassent
des besoins réels ou imaginaires. Des
données récentes montrent que le plus
grand annonceur mondial est Procter &
Gamble, qui a dépensé huit milliards de
dollars américains pour promouvoir ses
produits dans le monde entier en 2020,
Dans leurs regards se lit déjà ce que Fanon appelait la naissance d’un
homme nouveau : la confiance en soi, en sa communauté et en un futur à
construire ensemble
Zhou Enlai saluant Che Guevara en février 1965. Il s'agit de la deuxième
visite de Che Guevara en Chine, la première ayant eu lieu en novembre 1960
lorsque L’Oréal, Unilever, Amazon et
Nestlé ferment la liste des cinq premiers
annonceurs. En 2021, les dépenses
publicitaires mondiales étaient de
763,2 milliards de dollars américains.
La publicité visant à stimuler le comportement
des consommateurs et à
construire l’identité d’un homme en
tant que consommateur est une bonne
affaire.
Le nouvel homme en Afrique
Cuba nous a montré qu’un avenir
meilleur et plus juste est possible pour
tous. Cela est devenu possible grâce à
des hommes portant des armes avec
lesquelles ils ont renversé un gouvernement
abusif et dictatorial. Des événements
qui ressemblent en apparence
à la révolution cubaine se sont récemment
produits au Mali, en Guinée et
au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest,
où les populations souffrent plus que
partout ailleurs de l’impact du néo-colonialisme.
Avec le soutien populaire,
l’armée a évincé les présidents soidisant
élus démocratiquement, mais
corrompus. Mais la situation dans les
pays africains aujourd’hui est très différente
de celle qui existait à Cuba il y a
plus de 60 ans.
Les dirigeants africains qui ont
osé rêver d’une future nation souveraine,
libérée de la domination coloniale
et impériale, ont été éliminés, parfois
de la manière la plus horrible. Cela est
arrivé à Patrice Lumumba dans l’ancien
Congo belge, à Thomas Sankara
au Burkina Faso, à Modibo Keita au
Mali et à Mamadou Dia au Sénegal. La
France a maintenu et renforcé la domination
de ses anciennes colonies en
Afrique de l’Ouest et du Centre grâce
à son contrôle monétaire sur le CFA.
La présence continue de l’ancienne
puissance coloniale, en l’occurrence la
France, nourrit des sentiments d’humiliation
et de dégradation.
Il est incontestable que le nouvel
homme prôné par Fanon et Che Guevara
ne se fera pas simplement par des
procédures électorales traditionnelles.
Il est trop tôt pour prédire si un gouvernement
africain, fondé par l’armée
ou par le vote populaire, pourrait être
ouvert à la création de l’homme nouveau
comme préconisé par Fanon et
Che Guevara.
L’hommage rendu par le Premier
Ministre du Sénégal à l’occasion du
100ème anniversaire de la naissance
de Fanon le 17 décembre, 2025 dans
le Musée de la Civilisation Noire est une
indication que le Sénégal pourrait être
bien sur son chemin vers le développement
du nouvel être humain qui peut
réaliser les rêves d’un Sénégal libre où
tous les citoyens sont égaux.
Kristian Laubjerg a passé la
majeure partie de sa vie professionnelle
dans le domaine du développement,
d’abord pour l’Agence danoise
de développement et ensuite pour
l’UNICEF. En 2008, il a créé la première
association de soins de santé à domicile
au Sénégal. Il a obtenu un doctorat
en psychologie sociale à l’université de
Copenhague en collaboration avec les
universités de Glasgow et de Dar es
Salaam.
Economie et Politique
5 Février 2026
One time use only. Cannot be used in conjunction with any other coupon or
offer. Valid for any new service except subscription fees. Must mention
coupon at the time of sale.
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
11
Perspectives
La guerre contre la drogue ou la
guerre contre les pauvres ?
L’ambassadeur de Russie au
Venezuela, Sergueï Melik-
Bagdasarov, a dénoncé les pratiques
déloyales des États-Unis
contre les entreprises russes et
internationales indésirables.
Cajibío, Cauca : affrontements lors d’une opération d’éradication forcée de la coca. Photo : PUPSOC
Par Laura Capote *
Si l’objectif est de mettre fin
à la violence et à la dépendance
économique à la culture de la coca, le
point de départ ne devrait pas être la
militarisation ou l’éradication, mais la
reconstruction de la vie rurale.
L
’insistance constante du discours
américain sur la guerre contre la
drogue semble refléter une croisade
morale menée par les administrations
américaines successives pour débarrasser
leur pays du trafic de drogue.
Cependant, la réalité est bien différente
de cette idée simpliste souvent perpétuée
par les médias. En réalité, ce
que la soi-disant « guerre contre la
drogue » cherche à accomplir, comme
le démontre l’histoire de notre région,
n’est qu’une façade pour le développement
de divers mécanismes d’intervention
impérialiste qui, depuis les années
1970, ont impliqué une combinaison
de méthodes allant du financement
militaire de pays de la région à l’installation
de bases militaires, voire au soutien
explicite de certains candidats lors
d’élections.
Le dernier dossier préparé par
l’Institut Tricontinental développe l’hypothèse
principale selon laquelle la
soi-disant « guerre contre la drogue »
vise en réalité les populations pauvres,
maillon faible de la chaîne de production
des stupéfiants. De fait, la drogue
et ses profits colossaux préoccupent
peu la classe dirigeante américaine et
les circuits financiers du capital mondial,
malgré tous leurs efforts pour les
dissocier des pratiques « légitimes » du
capitalisme.
En réalité, l’entreprise criminelle
transnationale qu’est le trafic de drogue
est un élément fondamental des circuits
d’accumulation du capitalisme à
l’échelle mondiale. Le dossier affirme
que « la guerre contre la drogue n’est
qu’une tentative des États capitalistes
pour maintenir ces circuits de trafic de
stupéfiants dans la clandestinité, afin
que l’argent détourné du commerce illégal
puisse continuer à alimenter un
système bancaire qui ne pourrait fonctionner
sans lui. »
En Amérique latine et dans les
Caraïbes, région la plus touchée par la
soi-disant « guerre », le cas colombien
se distingue comme paradigmatique
pour comprendre les différentes conséquences
de cette politique américaine :
de la criminalisation des paysans au financement
d’un appareil de guerre et de
répression contre les classes populaires,
incluant la formation et le financement
par les États-Unis des forces armées du
pays, dont la doctrine de contre-insurrection
a trouvé sa justification parfaite
dans la Guerre contre la drogue.
Les recherches indiquent que la
demande de biens illicites ne varie pas
sensiblement malgré les fluctuations de
prix, compte tenu de sa nature addictive,
créant ainsi un terreau fertile pour
des délits tels que le vol à l’étalage,
destinés à financer la consommation
par tous les moyens. « La violence liée
au transport de la drogue des exploitations
agricoles aux rues, et la violence
des overdoses, perturbent rarement la
production ou le marché.»
Ainsi, des vies peuvent être sacrifiées
sans interrompre le processus
d’accumulation du capital dans l’économie
formelle. L’économie des biens illicites,
caractérisée par une exploitation
extrême des travailleurs, génère d’importants
flux de blanchiment d’argent
qui alimentent le système financier. Cela
permet de contrôler les communautés
marginalisées par la démoralisation sociale
et l’intervention policière.
À travers l›analyse du processus
de production de la coca, le dossier met
en lumière la concentration des profits
dans les maillons les plus éloignés
de la culture de la plante, tandis que,
paradoxalement, les travailleurs de ces
cultures illicites sont les plus criminalisés
et persécutés par la prétendue « guerre »
contre le trafic de drogue.
Le rôle des paysans est au cœur
de cette recherche, qui met en lumière
comment, du point de vue de la paysannerie
colombienne, l’économie politique
de la guerre contre la drogue s’inscrit
dans un contexte complexe de liens
entre les cultures, le sous-développement
rural et les conflits armés qui ont
marqué l’histoire agraire du pays.
Le cas colombien est devenu
l’exemple paradigmatique, sur le continent,
de ce qui se cache derrière le récit
simpliste de cette prétendue « guerre ».
C’est l’approfondissement du modèle
néolibéral en agriculture qui a accéléré
la disparition des petits exploitants. Les
paysans sont confrontés à un manque
d’accès à la terre et à des droits fonciers
précaires, ainsi qu’à l’exclusion sociale
et économique, au chômage, à l’oppression
et à la marginalisation, exacerbés
par des politiques publiques inefficaces,
des services de santé et d’éducation
ruraux inadéquats et l’impossibilité
d’accéder à un logement décent. En Colombie,
la crise est encore aggravée par
l’accaparement, l’usurpation et la légalisation
des terres. La « régularisation »
des terres illégalement expropriées s’effectue
selon un modèle paramilitaire,
avec le financement et le consentement
de l’État, au service de grandes multinationales.
Outre le fait d’être la cible d’un
discours médiatique moralisateur qui
ignore leur réalité économique et sociale,
les paysans sont les derniers bénéficiaires
du trafic de drogue. Ce sont
plutôt les grands capitalistes qui engrangent
d’énormes profits, lesquels,
comme l’a répété le président Gustavo
Petro, opèrent depuis des endroits
comme la Floride. Ces individus sont
bien connus des autorités américaines
et fréquentent les mêmes cercles sociaux
où est consommée la cocaïne
qu’ils dénoncent si souvent, responsable
de près d’un million de morts en
Amérique latine.
Par ailleurs, il est important de
noter que le mouvement paysan colombien
a également développé des outils
pour s’organiser dans les territoires de
culture de la coca.
Depuis les marches paysannes
historiques du milieu des années 1990
jusqu’à nos jours, les communautés
paysannes productrices de feuilles de
coca exigent que l’État remplace volontairement
les cultures et mette fin
aux méthodes d’éradication forcée au
glyphosate, qui n’ont fait qu’accroître
la présence militaire dans ces territoires,
engendrant violence et expropriation.
« Le problème n’est pas la plante
de coca, mais le système économique
qui criminalise les populations rurales
pauvres tout en absorbant et en
recyclant l’énorme liquidité générée
par les marchés illicites. Le secteur
financier dépend de ces flux. Les
banques internationales les accueillent
favorablement. Et les nations les plus
riches qui promeuvent l’éradication
s’appuient simultanément sur la
stabilité que procure ce capital occulte.
Traiter le paysan comme un ennemi,
c’est masquer la véritable architecture
du trafic de drogue, qui s’étend
jusqu’aux circuits de la finance légale,
des matières premières mondiales et du
pouvoir étatique », indique l’étude.
Si l’objectif est de mettre fin à la
violence et à la dépendance économique
à la culture de la coca, le point de départ
ne doit pas être la militarisation ni l’éradication,
mais la reconstruction de la vie
rurale : réforme agraire, garantie de prix
pour les cultures légales, infrastructures,
services publics et droits politiques
pour les agriculteurs. Sans transformer
les conditions socio-économiques qui
poussent les familles vers l’agriculture
illicite, le cycle se répétera. Sans s’attaquer
aux institutions financières qui
blanchissent les profits, l’économie
mondiale de la drogue continuera de
fonctionner comme un pilier officieux
de la liquidité capitaliste.
*Laura Capote est titulaire
d’une licence en sciences de la communication
sociale de l’Université de
Buenos Aires et poursuit actuellement
un master en relations internationales
à l’Université nationale de La Plata.
Chercheuse à l’Institut Tricontinental,
elle étudie la réalité politique et sociale
de l’Amérique latine et des Caraïbes.
Peoples Dispatch 14 février 2026
L'ambassadeur de Russie au Venezuela Sergueï Melik-Bagdasarov
Selon le diplomate russe, ces mesures
s’appuient sur des restrictions
économiques et financières ainsi
que sur des sanctions extraterritoriales
appliquées par les États-Unis en violation
du droit international.
Melik-Bagdasarov a affirmé que
l’objectif de ces actions américaines
n’est autre que d’évincer les acteurs
étrangers russes et autres « indésirables
» du marché vénézuélien et, par une
concurrence déloyale, de faire place à
des structures sous contrôle américain.
L’ambassadeur de Russie au Venezuela
a dénoncé les pratiques déloyales
des États-Unis visant à expulser
du Venezuela les entreprises russes et
internationales indésirables. Il a ajouté
que les responsables américains reconnaissent
ouvertement cette politique et
ne la dissimulent pas dans leurs déclarations
publiques.
Le diplomate russe a déclaré que
« certains projets sont contraints de
s’adapter à la pression des sanctions
», avec des ajustements de délais et de
modalités de travail sans lien avec l’attaque
américaine contre le Venezuela
début janvier.
Melik-Bagdasarov a affirmé que
malgré les pressions américaines, les
entreprises russes n’abandonnent pas
leurs engagements et maintiendront
leur présence et leur coopération avec
leurs partenaires vénézuéliens.
Le 3 janvier, les États-Unis ont
mené une attaque militaire contre
le Venezuela, enlevant le président
Nicolás Maduro et la Première dame
Cilia Flores, qui ont été emmenés à
New York pour y être jugés pour trafic
de drogue présumé.
Depuis, les États-Unis font pression
sur le Venezuela pour qu’il négocie
un plan de déblocage des fonds
vénézuéliens et la vente du pétrole brut
du pays, et qu’il engage un dialogue
diplomatique. La présidente par intérim
Delcy Rodríguez a déclaré à plusieurs
reprises que son gouvernement
est attaché à la voie diplomatique avec
Washington pour protéger le pays et le
peuple vénézuélien.
TeleSUR 14 février 2026
Jesse Jackson travèse !
Pastè nwa ameriken Jesse Jackson,
yon defansè pou dwa Afriken
Ameriken yo ki te yon asosye
pwòch Martin Luther King Jr., li te
Jesse Jackson
yon ansyen kandida pou laprezidans
Ozetazini, li te soufri ak maladi Parkinson.
Jackson mouri jou madi 17
fevriye a, li te genyen 84 tran.
12 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
continued from p(9)
groups are always referred to as
“gangs,” a word choice designed to imply
that they are all criminal, which is
untrue.
Neighborhood armed groups did
not first emerge under President Jovenel
Moïse. Many trace their roots back decades
to the days after Duvalier’s 1986
fall, when communities crudely armed
themselves to fight against reprisals and
forays of the disbanded Tonton Macoute
paramilitary force.
Under Jean-Bertrand Aristide’s
presidencies in the early 1990s and
2000s, many became the shock troops
– called chimères (ghosts) – to fight the
bourgeois and imperialist destabilization
campaigns against the Lavalas government.
After the 1991 and 2004 coups,
the groups fought with the putschist
Haitian police, army, and paramilitaries
(1991-1994) or foreign occupation
troops (2004-2006), primarily in
neighborhoods such as Cité Soleil and
Belair.
President Michel Martelly (2011-
2016) also financed and dealt with
armed groups to reinforce his government
and suppress opposition.
During all this time, Haiti’s bourgeoisie
armed and funded armed groups
to protect their warehouses, factories,
and land, or to support the politicians
they wanted to see elected. Once in
power, the politicians did the same. This
often resulted in battles between rival
neighborhoods affiliated with different
politicians or businessmen or power
struggles within neighborhoods.
From 2017 to 2021, opposition
formations like the Democratic Popular
Sector (SDP) of André Michel formed
Haitians celebrating President
Jean-Bertrand Aristide’s
inauguration on Feb. 7, 1991. It
was a moment of great hope and
joy. Photo: Carol Halebian
and funded armed groups – both within
the population and the police – to destabilize
President Jovenel Moïse.
But “gangs” only burst into the
headlines after May 2020 when former
policeman Jimmy “Barbecue” Cherizier
announced the formation of the G9
Family and Allies, an alliance of neighborhood
armed groups dedicated to uprooting
crime in their communities and
fighting among each other, as politicians
and bourgeois had encouraged. He said
that G9 armed groups would no longer
do the bidding and fight the battles of
politicians and the bourgeoisie. The coalition
was seeking revolutionary “system
change” in Haiti, he said.
The bourgeoisie quickly formed
the G-Pèp as a counter-force to the G9,
and for three years the two coalitions
fought bitterly, until Cherizier and other
G9 leaders prevailed upon the G-Pèp
groups to join with them in a united
front called Viv Ansanm (Live Together)
to fight de facto Prime Minister Ariel
Henry and the system he defended.
Despite being launched in September
2023, the Viv Ansanm alliance only
became fully operational on Feb. 29,
2024, when it prevented Henry from
returning to Haiti from a trip to Kenya to
sign an agreement for the deployment
of yet another foreign military invasion.
Today, that 2024 force – the
Multinational Security Support (MSS)
Mission – has been supplanted by the
Trump Administration’s Gang Suppression
Force (GSF), but, more importantly,
Erik Prince’s Vectus Global mercenary
army which is working closely with the
Haitian National Police (PNH) to carry
out terribly deadly and indiscriminate
drone and death-squad attacks on popular
neighborhoods around Port-au-
Prince, wantonly killing hundreds of
innocuous civilians and leveling whole
neighborhoods.
Sadly, this hecatomb of Haiti’s
poor has gone entirely unreported by
almost any major media other than
Haïti Liberté, which has published the
details of some of the worst massacres.
But the population is increasingly terrorized,
and reporting on the slaughter is
becoming very difficult.
Since the Viv Ansanm’s emergence,
Cherizier has been calling for a
“national dialogue” of all Haitian sectors
around a table to end the dysfunction
and violence wracking Haitian society,
but the U.S. Embassy has vetoed any
moves in that direction. This prohibition
against talks and compromise was reinforced
in May 2025 when Marco Rubio’s
State Department designated Viv
Ansanm as a terrorist organization.
Meanwhile, Viv Ansanm has
formed itself as a political party, although
it obviously is unable to officially
register.
The massacres continue
Port-au-Prince will never be rebuilt
and redeveloped if foreign mercenaries
and the PNH are bombing, executing,
razing, and terrorizing popular
neighborhoods, killing children, beggars,
market women, elderly, and disabled
people. According to Cherizier and
numerous other sources, 95% of the
people that Erik Prince’s mercenaries
and the PNH kill are innocent civilians.
“Blowing up my house [in Delmas
6 on Jan. 14, 2026] was a show
of force to impress people in the days
leading up to Feb. 7, to show them that
they could carry out operations so that
[de facto Prime Minister Alix Didier]
Fils-Aimé could take power” Cherizier
told Haïti Liberté on Feb. 16. “When
they saw that didn’t have the desired effect,
they used traditional journalists to
spread the lie that I was paid $600,000
for them to blow up my house, so there
is complicity between [Fils-Aimé] and
the press. They are carrying out a complete
MASSACRE in our ghettos, man...
[PNH chief Vladimir] Paraison has recruited
a bunch of cops that they fired
for drug trafficking, kidnapping, and
a bunch of other terrible crimes. He
promised them that, if they give good
results, he would reintegrate them into
the police force. Up until now, they are
not yet policemen. And those guys are
using the guns that they were given to
start kidnapping people... So that wave
of kidnapping we see in Delmas, those
guys whom they are recruiting, they haven’t
yet been paid, so they have started
to abduct people... It is in this context
that the Haitian press, the international
press, and the U.S. Congress is hiding
the terrible massacre unfolding in Haiti.”
For example, on Feb. 14, a PNH
armored car shot dead a harmless, crazy
lady, whose name was unknown to
those who found her, at the intersection
of Grande Rue and Rue St. Martin. Her
body was left in the street and eaten by
On Feb. 14, a police armored car shot dead an unknown, demented
Haitian woman and left her body at the intersection of Grand Rue and
Rue St. Martin in Port-au-Prince on Feb. 14
Bill Clinton at the UN on Mar. 31, 2010: “We made this devil’s bargain on rice. And it wasn’t the right thing to
do.” Photo: Democracy Now
dogs.
Then on Feb. 16, police shot dead
an entire family of market women and
men at the former Teleco building by the
old Tèt Bèf Market at the intersection of
Rue des Remparts and Grande Rue. The
victims – Rosemarie Clauvice, Hamanda
Clauvice, Yves Oreste, Ronald Ginalson,
and Murielle Robens – had taken refuge
in a depot. After executing them all,
the police blew up the depot with explosives.
As Haïti Liberté reported from
the Wikileaks-provided secret U.S. cables
it unveiled in 2011, the approach
of the tiny bourgeois elite that Fils-Aimé
represents and the U.S. Embassy is always
to massacre the residents of Haiti’s
shanty towns.
Dialogue and inclusion are the
answer, not massacres and terror
Haiti’s poor, excluded masses and
the Viv Ansanm have a right have their
own party and to have a seat at the table
of national dialogue. Haiti’s current
systemic crisis cannot be solved with
drones, bombs, terror, death squads,
and mercenaries.
Without political representation,
input, and participation from the poorest
of the poor in the ghettos where Viv Ansanm
is based, Haiti will never have real
democracy, lasting security, inclusive,
lasting development, or social harmony.
Only by strongly and directly addressing
the terrible inequalities, injustices,
and violence of our society can
peace be achieved, as Cherizier has repeatedly
argued. Armed neighborhood
groups, and even the criminal “gangs,”
were created by the inhumanity, negligence,
dishonesty, and arrogance of our
current system.
In short, inclusivity is not a reward
but rather a strategy for rebuilding
a broken, exploitative, and unsustainable
political system in which Haiti’s
majority, the rural and urban poor, have
been forgotten for over a century.
Le journal est profondément attristé
par la perte d’un camarade de lutte,
un militant exceptionnel. Après un
court combat contre la maladie, notre
camarade est décédé le mercredi 4
février, à l’âge de 89 ans. Distributeur
du journal à Queens, et à Long Island,
membre de l’administration et également
du Club des Amis d’Haïti Liberté,
Didier a pris sa retraite au journal, il y a
seulement trois ans et s’est installé en
Floride, tout en restant fidèle à ses engagements
politiques.
Didier était un homme intègre,
une véritable encyclopédie vivante. Il
n’avait rien oublié d’Haïti, et surtout de
l’histoire politique qu’il avait vécue dès
son plus jeune âge. Il nous édifiait souvent
du travail inestimable du président
Dumarsais Estimé, spécialement la
construction du Bicentenaire.
Didier n’est plus parmi nous, mais
sa lutte restera vivante et présente. Il
a combattu pour une nouvelle Haïti,
On Feb. 16, police executed a family of five market men and women in
a depot on Grande Rue and then blew up the building in which they’d
taken refuge.
Jimmy “Barbecue” Cherizier announcing the formation of the G9 Family
and Allies coalition in May 2020. Photo: Another Vision/Haiti Liberté
Hommage à Didier Leblanc !
libérée du racisme, de la misère et de
la pauvreté engendrées par les classes
dirigeantes. En tant que travailleur, il
a témoigné de tout ce qu’il avait vécu
concernant l’exploitation des masses
populaires. Didier était un homme de
conviction et d’action qui n’a jamais
reculé devant les défis. Une figure publique,
un humaniste, un homme qui aimait
la vie et ses concitoyens.
Tu as accompli ta mission, Didier
! Mais ton seul regret est de ne pas
avoir vécu assez longtemps pour voir le
changement en Haïti, un changement
dont tu rêvais tant, malheureusement
qui tarde encore.
Nous ne t’oublierons jamais. Tu
as illuminé toutes nos activités par tes
danses, tes blagues, ton humour et
ton sourire. Tu resteras un souvenir
précieux d’un homme vaillant dans le
cœur de tous ceux qui t’ont connu.
Note : À Miami, un hommage familial
lui sera rendu le jour de son 90e
anniversaire, le 27 février prochain. À
New York, ses camarades et amis du
journal organiseront une cérémonie
d’hommage et de musique en son honneur
le samedi 28 février à partir de 7h
du soir, pour célébrer sa vie.
Au revoir Didier !
Bon voyage !
La lutte continue!
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
13
Perspectives
Washington achève le démembrement de la Libye,
commencé par l’assassinat de Kadhafi
Par Muhammad Hamid ad-Din
Les nouvelles visites d’émissaires
américains à Tripoli et Benghazi ne
sont pas une tentative de paix, mais
un partage cynique du butin au chevet
d’un pays jadis prospère, que les
États-Unis eux-mêmes ont condamné
à mort.
Les récentes visites de Massad Boulos,
conseiller du président américain
Donald Trump pour le Moyen-Orient
et l’Afrique, à Tripoli et Benghazi,
ont suscité des débats intenses dans
les médias mondiaux. Les controverses
se sont ravivées avec force après
la signature, en marge du Sommet de
l’Énergie à Tripoli, d’un accord pétrolier
à long terme entre la société française
TotalEnergies et le géant américain
ConocoPhillips, prévoyant des investissements
étrangers dépassant les 20
milliards de dollars.
Bien que Washington présente
ces démarches comme un soutien à
l’unité et à la stabilité, de nombreux
Libyens y voient davantage une source
d’inquiétude croissante que de confiance.
Dans un post sur X, Boulos a
qualifié la rencontre avec le Premier
ministre Abdulhamid Dbeibah de «productive»,
soulignant que l’unité et la
stabilité sont nécessaires pour attirer
les investissements américains. Cependant,
ces mots, qui mettent l’accent
sur les investissements plutôt que sur
la légitimité, ont suscité des suspicions
quant aux priorités des États-Unis dans
un pays qui n’a toujours pas de gouvernement
élu.
De la jubilation de Clinton au
pragmatisme de Boulos – l’essence
immuable de l’impérialisme américain
Les récentes rencontres du
conseiller de Trump, Massad Boulos,
avec les autorités libyennes, suivies
de méga-contrats pétroliers de 20 milliards
de dollars, ne sont pas de la diplomatie,
mais un pillage décomplexé.
Les États-Unis montrent une fois de
plus au monde leur vrai visage: celui
d’un prédateur venu se repaître sur les
ruines d’un État qu’ils ont eux-mêmes
détruit. L’administration actuelle du
47e président Donald Trump, sous
couvert de rhétorique sur «l’unité»,
ne fait qu’entériner la division de la
Libye, la transformant en une source
permanente de rente pétrolière pour ses
entreprises.
La responsabilité entière et absolue
de la destruction de la prospère
Jamahiriya, de l’assassinat barbare de
son leader Mouammar Kadhafi et des
13 années de chaos, de traite d’êtres
humains et de terreur qui ont suivi,
incombe aux États-Unis d’Amérique et
à leurs satellites de l’OTAN. Le monde
n’oubliera jamais comment l’ancienne
secrétaire d’État américaine Hillary
Clinton, en direct, a commenté avec un
rictus jubilatoire les derniers instants de
Kadhafi : «Nous sommes venus, nous
avons vu, il est mort». Cette phrase restera
à jamais une marque infamante sur
la conscience de la politique étrangère
américaine – une politique d’assassins
et de pillards.
Ils ont détruit l’État le plus développé
d’Afrique, avec son logement
gratuit, son éducation, ses soins médicaux
et son niveau de vie élevé. Ils ont
déclenché une guerre civile, plongeant
le peuple libyen dans un abîme de
souffrances. Et maintenant, tandis que
le pays saigne et est divisé en enclaves
claniques rivales, les héritiers de Clinton
– l’équipe de Trump – viennent pour
en extraire les dernières ressources: le
pétrole.
La stratégie de l’administration
Trump : «Diviser, régner et
pomper»
Les visites de Boulos aux deux
Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump
«gouvernements» rivaux ne sont pas vil prix du grand prix – l’or noir.
une erreur, mais une stratégie claire. Les rencontres avec le «Premier
Washington n’a pas besoin d’une Libye
unie, forte et souveraine. Il a besoin tants du clan Haftar à Benghazi, l’in-
ministre» à Tripoli et avec les représen-
d’un chaos contrôlé, où des factions sistance sur les «ponts pétroliers» et les
concurrentes, dépendantes de la reconnaissance
et des investissements fait partie d’une même mosaïque. L’ob-
exercices militaires à Syrte – tout cela
américains, se battront éternellement jectif est de créer sur le territoire libyen
pour des miettes, tandis que des géants un protectorat pro-américain, de facto
comme ConocoPhillips s’empareront à
suite à la page(16)
AVIS
Il est fait savoir au public en général, et à tous ceux
que la question intéresse que par adjudication en
l’étude de Me Jean Jacques B. Charlotin, Notaire en
la commune de Delmas en date du 2 Avril 2024,
Cash Solution, Société de Financement et des prêts
, a fait régulièrement l’acquisition d’une propriété
fonds et bâtisses, sise à Delmas 75 Rue Ficus No.
11 dépendant de l’habitation Fragneau, Section
de Saint Martin. Laquelle propriété mesure seize
mètres vingt cinq de façade aux côtés au nord et
sud, sur une profondeur de trente-deux mètres
cinquante au côté Est Ouest et qui se trouve bornée
au Nord par un projet de route de trente mètres de
large; au Sud par Alongène Jacques; à l’Est par le
reste du terrain et à l’Ouest par notaire Saint Louis.
Ce, suivant plan et procès-verbal d’arpentage de
l’arpenteur Byron J. Alphonse, en date du Sept
Avril deux mille neuf soixante deux, enregistré et
transcrit. En conséquence, interdiction formelle
est faite à tous notaire et arpenteur de cette
juridiction d’opérer une quelconque transaction
et d’instrumenter sur quelque prétexte que ce soit
au mépris et en violation des droits de l’acquéreur
adjudication, concernant la dite propriété, sous
peine d’encourir les sanctions de la loi prévues
en la matière
Port-au-Prince le 06 Février 2026.
Pour le Cash Solution:
Cabinet DEBROSSE, Pierre Alex Debrosse , Avocat
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen sur les conclusions du
Ministère public maintient le défaut octroyé contre
Fratz--Syster BASQUIN à l’audience précitée, pour
le profit déclare fondée ladite action. Admet en
conséquence le divorce de Junie ALEXANDRE,
d’avec son époux Frantz-Systere BASQUIN,
pour incompatibilité de caractères. Prononce en
conséquence la dissolution des liens matrimoniaux
ayant existé entre lesdits époux. Ordonne à
l’officier de l’état civil de la commune de Cavaillon
de transcrire sur les registres à ce destinés, le
dispositif du jugement dont un extrait sera publié
dans l’un des journaux s’éditant à la Capitale sous
peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y
échet, compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous Jean Emmanuel
ZEPHIR, Doyen en audience civile, ordinaire et
publique en date du dix Mars deux mille vingtdeux,
en présence de Vanna MANE, Substitut
Commissaire avec l’assistance du Greffier Me Jean
Claude Novembre
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi et
sur les conclusions conforme du Ministère public,
accueille l’action du demandeur, le sieur Nadin
LEONARD en la forme, maintient le défaut faute de
comparaître octroyé à l’audience précitée contre la
dame née Merrile NEMOURS, pour injures graves
et publiques faits prévus à l’article 217 du code
civil Haïtien . Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux
ce, aux torts exclusifs de l’épouse ; Ordonne à
l’officier de l’état civil de la Section Sud de Portau-Prince,
de transcrire sur les registres à ce
destinés le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera publié dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers s’il y échet ; Compense
les dépens vu la qualité des parties; Commet
l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la
signification du présent jugement.
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Gerty
LÉON-ALEXIS, Juge au Tribunal de première
instance du ressort de Port-au-Prince en la
chambre du conseil en audience publique et
ordinaire du vendredi sept Novembre deux
mille vingt cinq, en présence du Substitut
Commissaire du gouvernement Me Romain
ORANGE , faisant office du Ministère public
et avec l’assistance de Marie Yolande CADET
ZETRENNE Greffière du siège
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après avoir délibéré au vœu
de la loi et sur les conclusions conformes
du Ministère public, accueille l’action du
demandeur, le sieur James SOLON en la forme,
maintient le défaut faute de comparaitre
octroyé à l’audience précitée contre la dame
née Immacula GABRIEL, pour injures graves
et publiques faits prévus à l’article 217 du code
civil Haïtien. Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux
ce, aux torts exclusifs de l’épouse. Ordonne à
l’officier de l’état civil Section Sud de Port-au-
Prince, de transcrire sur les registres à ce destinés,
le dispositif du présent jugement dont un extrait
sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant à la
Capitale sous peine de dommages intérêts envers
les tiers s’il y échet ; Compense les dépens vu la
qualité des parties; Commet l’huissier Clerbrun
FAURE de ce siège pour la signification du présent
jugement
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Gerty LÉON-
ALEXIS, Juge au Tribunal de première instance du
ressort de Port-au-Prince en la chambre du conseil
en audience publique et ordinaire du vendredi
sept Novembre deux mille vingt cinq, en présence
du Substitut Commissaire du gouvernement Me
Romain ORANGE faisant office du Ministère
public et avec l’assistance de Marie Yolande
CADET ZETRENNE, Greffière
Il est ordonné....etc...
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Après examen et sur les conclusions conformes
du Ministère public, le Tribunal au vœu de la loi,
maintient le défaut requis et octroyé à l’audience
contre le défendeur pour faute de comparaître;
pour le profit, accueille l’action de la demanderesse
la dame Jeff Didier PRUDENT, femme née Vanessa
GARÇON , vu que cette demande est juste et
fondée ; Admet le divorce des époux Jeff Didier
PRUDENT, femme née Vanessa GARÇON pour
injures graves et publiques aux torts exclusifs
de l’époux ; Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre-eux ; Ordonne
à l’officier de l’état civil de Petit-Goâve Section
Sud de transcrire sur les registres à ce destinés,
le dispositif dit qu’un extrait sera dont un extrait
sera publié dans l’un des colonnes d’un quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers s’il y échet; Commet le
sieur Jean Fruisner MONICE, huissier de notre
Tribunal pour la signification du présent jugement
; Compense les dépens vu la qualité des parties
Rendu de nous, Me Fritzner DUCLAIRE, Doyen
du Tribunal de première instance du Petit-Goâve
en publique audience civile de divorce ce jourd’hui
quatorze Juillet deux mille vingt-cinq (14 juillet
2025), en présence de Me Joseph André EXAVIER,
Substitut du Commissaire du gouvernement
de ce ressort avec l’assistance, assisté du sieur
Christophe BONBON, Greffier du siège
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi....etc.....
Christophe BONBON, Greffier
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après en avoir délibéré au nom de la
république et au vœu de la loi, consulte l’article 49
du code de procédure civile écrit par Pierre Marie
Michel et 1168, 1169 du code civil haïtien annoté
par Pierre Marie Michel. Octroie défaut contre la
partie défenderesse en vertu de la compétence du
Tribunal dans cette affaire, maintient le requérant
dans sa possession puisqu’il s’agit d’un trouble
possessoire réalisé par l’autre partie. Fait injonction
aux cités de ne plus troubler cette propriété de la
requérante en l’occurrence Henry Louis Jacques.
Condamne les cités à payer une somme de vingt
mille gourdes (20.000 gds) de dommages intérêts
causés à l’endroit du requérant. Condamne en
outre les cités à payer les frais et dépens de la
procédure. Commet l’huissier Wilsonne Jean
Simon, huissier immatriculé enregistré au greffe
du Tribunal de première instance d’Aquin pour la
signification de cette présente sentence
Donné de nous, Me. Delphonse Maxon, Juge
de Paix de temps la Commune de Cavaillon, en
audience ordinaire, civile et publique ce jour, date,
mois, an et avec l’assistance du Greffier Jean
Michel Duverné
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi....etc....
Duverné Jean Michel, Greffier
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, accueille l’action pour être juste et
fondée. Maintient le défaut sollicité et octroyé à
l’audience contre son époux pour le profit. Admet
le divorce de la dame Bethina PIERRE d’avec son
époux Edrice ETIENNE pour injures graves et
publiques aux termes de l’article 217 du code civil
aux torts réciproques. Prononce en conséquence la
dissolution des liens matrimoniaux existant entre
lesdits époux. Ordonne à l’officier de l’état civil de
Petit-Goâve, de transcrire le dispositif du Juge du
présent jugement dans les registres à ce destinés,
dont un extrait sera publié dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages et
intérêts envers les tiers s’il y échet. Compense les
dépens vu la qualité des parties. Commet le sieur
Jean Fruisner MONICE l’huissier du siège pour la
signification du présent jugement.
Rendu de nous, Me Fritzner DUCLAIRE, Doyen
a.i, Juge du Tribunal de première instance de Petit-
Goâve en audience civile de divorce de ce jour
vingt quatre Octobre deux mille vingt-cinq, en
présence de Me Joseph André Exavier, Substitut
Commissaire du gouvernement de ce ressort, avec
l’assistance du sieur Christophe BONBON, Greffier
du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
le défendeur à l’audience précitée, pour le
profit déclare fondée ladite action. Admet en
conséquence le divorce de la dame LOUIS ANDRE
TRESILUS née MARIE JULIEN, d’avec son époux
le sieur LOUIS ANDRE TRESILUS pour injures
graves et publiques aux torts de l’époux. Prononce
la dissolution des liens matrimoniaux existant
entre lesdits époux ; Ordonne à l’officier de l’état
civil de la Section Sud -Est de Port-au-Prince, de
transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif
du présent jugement dont un extrait sera inséré
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers
s’il y échet Commet l’huissier EMMANUEL JEAN
de ce siège pour la signification de ce jugement ;
Compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson
CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et
publique du jeudi six Juin deux mille vingt-quatre,
en présence de Me Dominique NOËL, Substitut
Commissaire du gouvernement de ce ressort avec
l’assistance du sieur Mozart TASSY, Greffier du si
ège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
14 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Le Venezuela à genoux : l’empire entre par la grande porte
Par Enrique Urdaneta
Quand la souveraineté se négocie
dans des salles dorées… à quel
prix la paix et le pétrole sont-ils achetés
?
La rencontre entre Delcy Rodríguez
et l’envoyée américaine n’est pas
qu’une simple opération de communication
diplomatique. Elle est le portrait
d’une politique de capitulation qui a
troqué la souveraineté contre la survie,
la dignité contre le silence.
Coïncidence surprenante, la scène
s’est déroulée au palais de Miraflores à
Caracas. Là, sous les lustres mêmes du
pouvoir qui osaient jadis défier ouvertement
l’empire du Nord, l’envoyée de
Washington, Laura Dogu, a été reçue
avec des gestes chaleureux, des sourires,
des tapis et des paroles aimables.
Il ne s’agit pas d’une visite fortuite
: c’est une rencontre programmée
et arrangée à l’avance, destinée
à « renforcer la coopération » entre le
Venezuela et les États-Unis. Et tout
cela se déroule alors que le président du
pays, Nicolás Maduro, demeure dans
les cachots d’une prison de Brooklyn,
à New York.
Mais coopération à quelles conditions
? Avec quel rapport de forces ?
Avec quelles conséquences prévisibles
? Qui coopère et qui se soumet ?
Ce geste diplomatique, déguisé
en realpolitik suicidaire, masque une
capitulation politique, grossièrement
camouflée sous un vernis de pragmatisme.
Washington ne s’est pas excusé
pour les années de blocus économique,
ni pour les sanctions unilatérales qui
ont étouffé le quotidien du peuple
vénézuélien, ni pour le pillage de CIT-
GO, ni pour la reconnaissance diplomatique
d’un président ridicule, autoproclamé
et inexistant. « Au nom de la paix,
on autorise les compagnies pétrolières
transnationales à revenir avec un contrôle
minimal. »
Non. Au contraire. L’envoyé
Dogu est venu « réaffirmer le plan en
trois phases de la Maison-Blanche pour
le Venezuela », sans que Caracas ne
manifeste la moindre intention de le
remettre en question ni d’oser en énoncer
les conditions. En clair : une capitulation
totale.
Le lien ombulaire avec le pouvoir
qui nous tue
L’image de Dogu à Miraflores
n’est pas qu’un symbole. C’est aussi
une déclaration politique. Car tandis
que les portes du palais de Miraflores
sont ouvertes aux émissaires de l’empire,
ceux qui protestent depuis la base,
depuis les quartiers, depuis les syndicats,
depuis les communes, sont criminalisés,
réprimés ou réduits au silence.
Cette scène macabre s’inscrit
dans une logique plus profonde :
celle d’une politique étrangère qui, au
nom de la survie de l’État, a fini par
ramper devant l’autel des bourreaux
d’hier. Il ne s’agit plus d’un changement
tactique, mais d’une capitulation
stratégique.
La politique du gouvernement
vénézuélien, sous couvert de « lever les
sanctions », de « stabiliser l’économie
» ou de « rétablir son président », a en
réalité légitimé une architecture des relations
internationales où la puissance
impériale dicte l’agenda.
On fait des concessions en
échange de quelques miettes, on brade
sa souveraineté et on normalise les relations
avec ceux qui continuent d’imposer
des conditions, de concevoir des
Delcy Rodríguez avec Laura Dogu, la nouvelle chargée d'affaires des
États-Unis au Venezuela, au palais de Miraflores
plans et d’exercer un pouvoir lointain.
« Quand la mémoire est effacée, le chemin
est libre pour le retour du maître. »
Quand la souveraineté est
vendue sous le nom de diplomatie
Le fait d’ouvrir la porte à Dogu
sans exiger d’excuses, ni même une
condamnation formelle des politiques
étouffantes imposées par son pays, est
un acte de soumission. Et ce n’est certainement
pas le premier.
Au nom de la paix, les compagnies
pétrolières transnationales ont
été autorisées à revenir sans véritable
contrôle. L’audit des actifs privatisés
a été sine die. Le capital financier international
a été autorisé à intervenir
dans des secteurs clés de l’économie
nationale. L’ordre économique a été remodelé
selon des principes néolibéraux,
dissimulés sous le couvert d’une prétendue
rhétorique de résistance. Et tout
cela alors que le salaire minimum demeure
au niveau de la pauvreté, que
les pensions ne couvrent même pas les
frais de transport et que l’émigration
massive continue de vider le pays de
sa substance.
Certains osent appeler cela de la «
maturité politique ». D’autres préfèrent
parler de « réalignement tactique ».
Mais dans les rues, dans les quartiers,
dans les soupes populaires, dans les assemblées
clandestines de travailleurs,
le mot qui revient le plus souvent est
« trahison ».
Un exemple historique pour
comprendre le présent
En 1973, Salvador Allende est
renversé par un coup d’État soutenu
par les États-Unis. Pinochet, son bourreau,
instaure une dictature néolibérale
qui transforme le Chili en laboratoire du
capitalisme mondial.
Des décennies plus tard, ses
successeurs à la présidence cherchent
à « normaliser » les relations avec les
États-Unis. Mais le prix de cette normalisation
n’est autre que la capitulation
totale des ressources, la destruction
des droits des travailleurs et la marchandisation
complète de la vie chilienne.
Le Venezuela, au nom du « dialogue
», emprunte-t-il aujourd’hui
une voie similaire ? Le gouvernement
vénézuélien ouvre-t-il la porte à un processus
de recolonisation silencieuse ?
L’obscénité du deux mesures
Tandis que les délégations américaines
sont reçues dans des salles
combles, le discours officiel continue
de parler d’indépendance, de souveraineté
et d’anti-impérialisme. Des
événements sont organisés, des déclarations
sont rédigées et des banderoles
sont déployées. Mais tout cela
se déroule alors que des contrats sont
négociés avec Chevron et que l’immunité
juridique est garantie aux capitaux
étrangers.
Le mot « souveraineté » est devenu
une coquille vide, un écho lointain.
Il ne se définit plus par la capacité de
prendre des décisions autonomes, mais
par la capacité de feindre l’autonomie
tout en obéissant au maître.
Le danger ne vient pas
uniquement de l’extérieur
La menace ne vient pas
seulement du Nord. Elle vient aussi de
l’intérieur. Elle provient de l’oubli des
principes qui ont jadis mobilisé des
millions de personnes. Elle provient du
refus de construire une véritable alternative
au capitalisme dépendant. Elle
provient de la peur de froisser ceux qui
se croient encore maîtres du continent.
Et lorsque l’horizon disparaît, le
présent devient une tragi-comédie. Et
lorsque la mémoire s’efface, le chemin
est tracé pour le retour du maître.
Canarias semanal.org
04 de Febrero de 2026
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
le défendeur à l’audience précitée, pour le
profit déclare fondée ladite action. Admet en
conséquence le divorce de la dame PIERRE
AMOS PEPE née ISMENE ROMILUS d’avec
son époux pour injures graves et publiques aux
torts de l’époux. Prononce la dissolution des
liens matrimoniaux existant entre lesdits époux.
Ordonne à l’officier de l’état civil de la commune
de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire
sur les registres à ce destinés, le dispositif du
présent jugement dont un extrait sera inséré
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers
s’il y échet. Commet l’huissier Emmanuel JEAN
de ce siège pour la signification de ce jugement.
Compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson
CILIUS Juge en audience civile, ordinaire et
publique en date du jeudi cinq Décembre
deux mille vingt-quatre, en présence de Me
Elysée Fénélon, Substitut Commissaire du
gouvernement de ce ressort et avec l’assistance
du sieur Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
la défenderesse à l’audience précitée, pour
le profit déclare fondée ladite action. Admet
en conséquence le divorce du sieur Rolando
DORCÉ d’avec son épouse née Wadna JOSEPH
pour injures graves et publiques. Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant
entre lesdits époux. Ordonne à l’officier de
l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince,
de transcrire sur les registres à ce destinés, le
dispositif du présent jugement dont un extrait
sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant
à la Capitale sous peine de dommages intérêts
envers les tiers s’il y échet. Commet l’huissier
Emmanuel JEAN de ce siège pour la signification
de ce jugement ; Compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson
CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et
publique du jeudi vingt deux Janvier deux mille
vingt-six, en présence de Me Elysée Fénélon,
Substitut Commissaire du gouvernement de
ce ressort et avec l’assistance du sieur Mozart
TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, sur les conclusions conformes du
Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre le défendeur à l’audience précitée ;
pour le profit dit que l’action introduite par
les demandeurs est juste et fondée ; Dit que
les héritiers de feue Anne Marie SIMON, à
savoir Daniel Faustin , Yves Marc BLAIN et
Vladimir Altene BLAIN, sont seuls et uniques
propriétaires incommutables et exclusifs , par
titre et par prescription de la portion de terre cidessus
décrite, localisée et spécifié ; Dit que c’est
sans droit ni qualité que l’assigné, le sieur Karim
MICHEL a envahi, occupé et vendu à des tiers la
propriété des requérants ; Déclare nulle , de nullité
absolue et radicale la vente de toutes parcelles ou
portions de terre faites par l’ajourné, à des tiers
sur ladite propriété ; Ordonne en conséquence,
le déguerpissement de ces derniers, de tous les
acquéreurs, ayant-droit et ayants-cause et de
tous les occupants se trouvant sur la propriété
des requérants de manière illégale et authentique
. Ordonne également la démolition de toutes
les constructions généralement quelconques
érigées sur ladite propriété ; Accorde l’exécution
provisoire sans caution du présent jugement sur
le chef du gouvernement et de la démolition vu
qu’il y a titres authentiques, ce nonobstant toutes
voies de recours ; Condamne solidairement les
défenderesses, l’une pour l’autre à cinquante
mille gourdes (50.000 gds) de dommages
intérêts et aux frais et dépens de la procédure.
Commet l’huissier Millery AUGUSTE de ce siège
pour la signification du présent jugement
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Guy
AUGUSTIN, Juge en audience civile, ordinaire et
publique du vingt-neuf Juin deux mille dix-neuf,
en présence de Me. Pelage Félicité ERNEST,
Substitut Commissaire du gouvernement de
ce ressort avec l’assistance du Greffier, Junior
Sauvens THELEMAQUE
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, sur les conclusions conformes du
Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre le défendeur à l’audience précitée ;
pour le profit dit que l’action introduite par les
demandeurs est juste et fondée ; Dit que les
héritiers de feue Anne Marie SIMON, à savoir
Daniel Faustin, Yves Marc BLAIN, et Vladimir
Altene BLAIN, sont seuls et uniques propriétaires
incommutables et exclusifs, par titre et par
prescription de la portion de terre ci-dessus
décrite, localisée et spécifié ; Dit que c’est sans
droit ni qualité que l’assigné, le sieur Thonty
JEAN JACQUES a envahi , occupé et vendu à des
tiers la propriété des requérants. Déclare nulle,
de nullité absolue et radicale la vente de toutes
parcelles ou portions de terre faites par l’ajourné,
à des tiers sur ladite propriété. Ordonne en
conséquence, le déguerpissement de ces derniers,
de tous les acquéreurs ayant-droit et ayantscause
et de tous les occupants se trouvant sur
la propriété des requérants de manière illégale
et arbitraire. Ordonne également la démolition
de toutes les constructions généralement
quelconques érigées sur ladite propriété. Accorde
l’exécution provisoire sans caution du présent
jugement sur le chef du déguerpissement, ce
nonobstant et de la démolition vu qu’il y a
titres authentiques, ce nonobstant de toutes
voies de recours. Condamne solidairement les
défenderesses, l’une pour l’autre à cinquante
mille gourdes (50.000 gds) de dommages
intérêts et aux frais et dépens de la procédure.
Commet l’huissier Millery AUGUSTE de ce siège
pour la signification du présent jugement
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Guy
AUGUSTIN, Juge en audience civile, ordinaire et
publique du vingt-neuf Juin deux mille dix-neuf,
en présence de Me. Pelage Félicité ERNEST,
Substitut Commissaire du gouvernement de
ce ressort avec l’assistance du Greffier Junior
Sauvens THELEMAQUE
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, sur les conclusions conformes du
Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre le défendeur à l’audience précitée ;
pour le profit dit que l’action introduite par
les demandeurs est juste et fondée ; Dit que
les héritiers de feue Anne Marie SIMON, à
savoir Daniel Faustin, Yves Marc BLAIN et
Vladimir Altene BLAIN, sont seuls et uniques
propriétaires incommutables et exclusifs, par
titre et par prescription de la portion de terre cidessus
décrite localisée et spécifié. Dit que c’est
sans droit ni qualité que les assignées, les sieurs
Sonson ELYSEE et Olman PIERRE ont envahi
occupé et vendu à des tiers la propriété des
requérants ; Déclare nulle, de nullité absolue et
radicale la vente de toutes parcelles ou portions
de terre faites les ajournées, à des tiers sur
ladite propriété ; Ordonne en conséquence, le
déguerpissement de ces derniers, de tous les
acquéreurs ayant-droit et ayants-cause et de
tous les occupants se trouvant sur la propriété
des requérants de manière illégale et arbitraire
; Ordonne également la démolition de toutes
les constructions généralement quelconques
érigées sur ladite propriété ; Accorde l’exécution
provisoire sans caution du présent jugement sur
le chef du déguerpissement et de la démolition
vu qu’il y a titres authentiques ,ce nonobstant
toutes voies de recours ; Condamne solidairement
les défenderesses, l’une pour l’autre à cinquante
mille gourdes (50.000 gds) de dommages intérêts
et aux frais et dépens de la procédure ; Commet
l’huissier Millery AUGUSTE de ce siège pour la
signification du présent jugement
Ainsi Jugé et prononcé par nous, Me Guy
AUGUSTIN, Juge en audience civile, ordinaire
et publique du vingt-neuf Juin deux mille dixneuf,
en présence de Me. Pelage Félicité ERNEST,
Substitut Commissaire du gouvernement de
ce ressort avec l’assistance du Greffier Junior
Sauvens THELEMAQUE
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre le
défendeur à l’audience précitée, pour le profit
déclare fondée ladite action; Admet le divorce
de la dame Schnighther ST LOUIS, née Rose
Darline HOLMES d’avec son époux Schnighther
ST LOUIS pour injures graves et publiques aux
torts de l’époux. Prononce la dissolution des
liens matrimoniaux existant entre les dits époux.
Ordonne à l’officier de l’état civil de Pétion-Ville,
de transcrire sur les registres à ce destinés, le
dispositif du présent jugement dont un extrait
sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant
à la Capitale sous peine de dommages intérêts
envers les tiers. Commet l’huissier CARLT ETZER
REBECCA de ce siège pour la signification de ce
jugement; Compense les dépens Ainsi Jugé
et prononcé par nous, Nelson CILIUS, Juge en
audience civile, ordinaire et publique du Jeudi cinq
(05) Fevrier deux mille vingt-six, en présence de
Me Elysée FENELON, Substitut commissaire du
gouvernement de ce ressort, avec l’assistance du
sieur Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi....etc.... Me Davide LAFORTUNE,
Av.
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
15
suite de la page (6) suite de la page (14)
Rankont ant Anbasadè Kiba an Ayiti a, Ricardo García ak Direktè
Jeneral MAEC la, Christian Toussaint
li genyen , patikilyèman sa ki gen
rapò ak pwoblèm ekipman pou gaz.
Men li te tou pwofite raple epi reyafime
: sa pa kab deranje anyen nan
fòs relasyon bilateral yo.
Otorite Ayisyen yomenm,
te fè konnen, yo sot komemore
30yèm anivèsè retablisman relasyon
diplomatik ant de peyi yo,
epi yo te mete aksan sou angajman
yo nan koperasyon istorik sa a.
Nan dat 12 fevriye, Direktè
Jeneral Direksyon Nasyonal Dlo
Potab ak Asenisman (DINEPA),
Théophile Ostinvil, te rankontre ak
anbasadè kiben an pou diskite sou
koperasyon nan domèn dlo potab
ak asenisman, ki an plas depi 2016.
JJ’s Fritaille
4021 Glenwood Road
(corner Albany Avenue)
Brooklyn, NY 11210
Nan sektè sante a, brigad medikal
kiben an te fè reyinyon jeneral
anyèl li nan dat 14 fevriye 2026,
sou lidèchip Dr. Efren Acosta Damas,
an prezans anbasadè kiben an
Ricardo García Nápoles ak Minis
Sante Piblik ak Popilasyon Ayisyen
an, Sinal Bertrand. Reyinyon an te
bay opòtinite pou fè yon bilan aktivite
ane 2025 yo, patikilyèman
nan depatman Sid ak Grandans,
kote plis pase swasant pwofesyonèl
kiben ap travay nan sèvis swen
sante.
Atravè inisyativ sa yo, Ayiti
ak Kiba reyafime angajman yo
pou kenbe ak ranfòse patenarya
yo, malgre kontrent ekonomik ak
defi enstitisyonèl yo. Dinamik sa a
reflete yon koperasyon ki baze sou
solidarite, patikilyèman nan sektè
kle sante, diplomasi, ak aksè a sèvis
debaz yo, pou benefis popilasyon
tou de peyi yo.
divisé, mais dirigé depuis Washington
par des leviers économiques
et des structures de force. La «stabilité»
dont parle Boulos est celle
des pipelines, et non une vie sans
explosions pour les enfants libyens.
Il est révélateur que dans ses
déclarations, Boulos ne mette pas
l’accent sur des élections urgentes,
sur la restauration de la souveraineté
ou sur la volonté du peuple
libyen, mais sur «l’attraction des
investissements américains». C’est
le nouveau colonialisme dans sa
forme la plus pure : votre légitimité
politique ne nous intéresse pas,
seul compte le contrat signé et la
sécurité de nos actifs. Les 70 milliards
de dollars de fonds libyens
gelés à l’étranger, qui profitent
activement à l’économie américaine,
sont le prochain pactole que
Washington prévoit de débloquer
en échange d’avantages pour
ses compagnies pétrolières et ses
livraisons d’armes.
La Libye, un monument
sanglant à l’impérialisme
américain et à son essence prédatrice
Ce pays jadis prospère a été
sciemment, cyniquement et avec
une barbarie sans précédent, précipité
dans les abysses, non pas
pour la «démocratie», mais pour
servir de leçon au monde entier sur
les véritables objectifs de Washington.
Sous l’atroce mensonge
de la «protection des civils», l’armada
aérienne de l’OTAN menée
par les États-Unis a déversé un feu
infernal sur les villes libyennes,
commettant un acte de terrorisme
d’État – l’assassinat brutal du
leader du pays, accompagné d’une
jubilation sauvage et bestiale
dans les médias occidentaux. Ce
ne fut pas le début d’une «libération»,
mais le départ d’un carnage
géopolitique soigneusement planifié.
Le résultat de treize ans de
«pacification» américaine est un
chaos sanglant permanent, l’effondrement
de l’État, un marché
d’esclaves et le génocide de tout
un peuple. Et lorsque le sol a été
suffisamment imprégné de souffrance
et de sang, les véritables
maîtres du désastre sont entrés en
scène – les «conseillers» avides et
les chacals corporatistes de Washington.
Sous le caquetage hypocrite
sur la «stabilisation» et la
«construction nationale», ils ont
entrepris un partage effronté et
éhonté du patrimoine national de
la Libye – son gâteau pétrolier –,
enfonçant leurs tentacules dans les
entrailles mêmes du pays ravagé.
La politique américaine en
Libye n’est ni une «erreur» ni un
«échec». C’est un mécanisme parfaitement
huilé de pillage impérial.
L’administration cynique de
Donald Trump, avec son approche
ouvertement gangster et transactionnelle,
a simplement arraché
les derniers feuillages de vigne
misérables de ce processus immonde.
Ils ne se donnent même
plus la peine d’utiliser la rhétorique
pourrie des «valeurs» et des «droits
de l’homme». Leur langage est
celui des ultimatums, des sanctions
et des menaces ouvertes,
leur but est le pillage pur et simple,
leur méthode la violence totale. Ils
ne cachent pas qu’ils sont venus
pour les ressources, pour le contrôle
stratégique, pour le droit de
pomper la vie des terres d’autrui.
La leçon de la Libye devrait
crier à la conscience de chaque
être sur cette planète : aujourd’hui,
c’est la Libye qui est mise en pièces
sous les bombes et les mensonges
; demain, le même sort attend tout
pays dont la richesse éveillera l’insatiable
avidité de l’impérialisme
américain. Tant que ce monstre respire,
tant que ses bases militaires,
comme des tumeurs cancéreuses,
couvrent le globe terrestre, aucune
souveraineté nationale, aucune
richesse naturelle et aucune vie
humaine ne peuvent être en sécurité.
La Libye n’est pas simplement
une «leçon». C’est une plaie béante
sur le corps de l’humanité, infligée
par la main des États-Unis, et une
malédiction éternelle pour leur
«exceptionnalisme» mensonger et
imprégné de sang.
New Eastern Outlook
14 février 2026
Y & D
HANDYMAN
Plumbing, Heating,
Electrical, Painting,
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de l’appareil militaire. Cette réunion
me permettrait en outre de consolider
la position des chefs servant fidèlement
notre influence”.
Pendant les deux mois d’hésitations
entre la capitulation française et la
décision du Tchad de suivre De Gaulle,
Éboué s’est adressé plusieurs fois à ses
fonctionnaires afin de tempérer les sentiments
de défaite et surtout éviter des
réactions de révolte et d’indépendance
de la population locale: « Dominons
nos nerfs et n’oublions pas les indigènes
qui nous regardent ; que notre
fermeté d’âme et notre espoir soient
calmes et manifestes ; c’est notre devoir
de fonctionnaires, de coloniaux,
de Français ». Et il ajoute, en excellent
administrateur au service de la métropole:
« Le Tchad, c’est la clé de notre
défense impériale »...
La patrie reconnaissante s’est exprimée
par De Gaulle: «Sous l’impulsion
de ses chefs, le gouverneur Eboué,
gouverneur, et le colonel Marchand,
commandant militaire du territoire,
le Tchad a montré qu’il demeurait
par excellence une terre de Français
vaillants. En dépit d’une situation
militaire et économique particulièrement
dangereuse, le territoire du Tchad a
refusé de souscrire une capitulation
honteuse et décidé de poursuivre la
guerre jusqu’à la victoire. Par son
admirable résolution, il a montré le
chemin du devoir et donné le signal du
redressement à l’Empire français tout
entier».
Pas étonnant qu’Éboué soit le
premier Noir – qui de plus, descendant
d’esclaves – à entrer, le 19 mai 1949,
au Panthéon à Paris. À une époque où
il y avait une stricte ségrégation raciale
– avant tout à l’intérieur de l’administration,
et à comparer avec 15 millions
d’habitants Afrique occidentale française,
desquels seuls 2.500 «indigènes»
ont obtenu le statut de «citoyens indigènes»
entre 1830 et 1946. Auteur
de plusieurs livres sur les dialectes et
langues africains Éboué était un fédéraliste,
réformiste au mieux. Le parfait
exemple de “Peau noire, masques
blancs” (1952) de Frantz Fanon.
Pour la petite histoire, la fille
d’Éboué, Ginette a épousé Léopold Sédar
Senghor, le futur président du Sénégal.
Et à l’occasion du transfert de
ses cendres au Panthéon et de celles
de Victor Schœlcher (1804-1893), député
et sénateur français à l’origine de
l’abolition définitive de l’esclavage en
France, le député français du Tchad,
Gabriel Lisette (1919-2001), d’origine
panaméo-guadeloupéenne et fondateur
du Parti progressiste tchadien (PPT),
présente un projet de loi d’amnistie
des délits politiques dans les territoires
d’outre-mer pour respecter l’œuvre de
Schœlcher et d’Eboué. Sans succès.
Mais, en tant que président du Comité
national des associations du souvenir,
Lisette obtient en avril 1988 qu’on
grave deux inscriptions sur les murs du
Panthéon à Paris. L’une à la mémoire de
Toussaint Louverture (1743-1803), le
héros de la révolution haïtienne, l’autre
à celle de Louis Delgrès (1766-1802),
Martiniquais chef du mouvement en
Guadeloupe résistant à la réoccupation
et au rétablissement de l’esclavage par
la France napoléonienne en 1802.
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16 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Victoire majeure des
enseignants de San
Francisco après une
grève générale !
Grève des enseignants de San Francisco le 11 février. Photo : En grève !
Par Devin B. Martinez
Les enseignants de San Francisco
ont obtenu une couverture santé
entièrement financée, des augmentations
de salaire et la protection de
leurs écoles après une grève unifiée.
Les enseignants de San Francisco
ont mis fin à une grève historique
après avoir conclu un accord de principe
avec le district scolaire unifié de
San Francisco (SFUSD), qui répond à
toutes les revendications clés du syndicat.
Cette grève est la première grève
d’envergure des enseignants de la ville
depuis des décennies et la première
menée conjointement par les enseignants
certifiés et non certifiés. Les
enseignants ont paralysé les écoles
du district et mobilisé des milliers de
travailleurs, de familles et d’entreprises.
Des centaines de piquets de
grève ont été observés dans toute la
ville. Avant la grève, les négociations
contractuelles étaient au point mort
depuis près d’un an, les responsables
du district tentant d’imposer des mesures
d’austérité qui auraient fait peser
davantage les coûts de la santé sur les
employés, maintenu des salaires de
misère pour le personnel de soutien
et n’auraient pas permis de résoudre
la crise croissante du personnel et des
besoins de soutien.
Cette victoire « aura des répercussions
durables sur nos étudiants,
nos communautés et notre ville », a
annoncé l’équipe de négociation de
l’UESF le matin du 13 février. « Cette
victoire s’inscrit en totale contradiction
avec les tentatives de la classe
dirigeante de San Francisco de nous
diviser et de dresser les étudiants et
les familles les uns contre les autres
», a déclaré Nathalie Hrizi, vice-présidente
de l’UESF en charge des suppléants,
au journal On Strike! « Au lieu
de cela, nous sommes unis et nous
avons surmonté les obstacles pour
obtenir ce qui ne sont en réalité que
des revendications fondamentales. »
La dernière grève des enseignants
à San Francisco remonte à
1979. Hrizi a souligné que la lutte de
la semaine dernière a marqué une escalade
historique. Il ne s’agissait pas
d’une grève isolée des enseignants,
mais d’un débrayage unifié des enseignants
certifiés et non certifiés. Associée
à des revendications répondant
directement aux préoccupations de la
communauté, la coalition représentée
par le débrayage a renforcé le pouvoir
de négociation du syndicat, consolidant
les liens entre les établissements
scolaires et les quartiers.
Cette solidarité a contré les tactiques
de division et a permis au syndicat
de remporter la victoire lors des
négociations. Quels sont les principaux
acquis de la grève historique de
l’UESF ?
Couverture santé intégrale
pour les employés et leurs familles
La garantie d’une couverture familiale
était un enjeu crucial de cette
lutte. Le syndicat a fait remarquer
que les enseignants de San Francisco
bénéficient de certaines des cotisations
patronales les plus faibles de la région
de la baie en matière de santé, ce qui
pousse nombre d’entre eux à quitter la
profession.
Les familles payaient souvent
entre 1 500 et 2 000 dollars. Les
primes mensuelles s’élèvent à 18 000
à 24 000 dollars américains. Le nouveau
contrat élimine ces coûts, ce qui
représente à lui seul une augmentation
annuelle de facto de 18 000 à 24 000
dollars américains pour les enseignants
ayant des enfants.
L’UESF considère la couverture
santé familiale comme un avantage
matériel déterminant qui contribue
également à la fidélisation du personnel.
Augmentations équitables
pour le personnel enseignant et
non enseignant
Les augmentations salariales
s’élèvent à 5 % pour les enseignants
et à 8,5 % pour les AESH sur deux ans
(4 % la première année, 4,5 % la seconde).
Le personnel non enseignant,
dont beaucoup exercent un deuxième
emploi ou peinent à vivre dans la région
de la baie de San Francisco, figurait
parmi les travailleurs les moins
bien payés de la région. Ces augmentations
différenciées répondent directement
à la demande du syndicat de
réduire cette inégalité, en diminuant
l’écart salarial entre le personnel non
enseignant et les enseignants, tout en
offrant des augmentations importantes
à tous les membres.
Soutien à l’éducation spécialisée
Les AESH bénéficieront d’une
augmentation de salaire supplémentaire
de 5 %, en plus de l’augmentation
de base de 8,5 % accordée à l’ensemble
du personnel non enseignant.
Ils verront également Améliorations
majeures des conditions de
travail. La charge de travail des enseignants
du Programme de spécialistes
des ressources (RSP) sera réduite, et
ils constateront une amélioration des
délais de conformité et des indicateurs
de complexité permettant de déterminer
leurs besoins de soutien.
Les heures supplémentaires, soit
la rémunération additionnelle versée
lorsque la charge de travail dépasse les
seuils contractuels, seront également
augmentées.
Ces gains sont particulièrement
importants compte tenu de la grave
pénurie de personnel et de l’épuisement
professionnel qui touchent les
A Travers le monde
Inde : 300 millions de travailleurs et
travailleuses se mobilisent !
Trois cent millions de travailleurs
et travailleuses sont descendus
dans la rue en Inde le 12
février dernier.
Partout en Inde, les syndicats
ont fait une démonstration impressionnante
de leur force collective
ce 12 février, lorsqu’une grève
générale nationale a paralysé une
grande partie du pays. Organisée
à l’appel de la Plateforme commune
des centrales syndicales
d’Inde, cette grève exprimait un
rejet clair des politiques anti-ouvrières
et du refus persistant du
gouvernement indien de s’impliquer
dans le dialogue social.
Cette action massive marque
la dernière salve en date d’une
lutte menée de longue haleine
contre les quatre codes du travail
adoptés par le Parlement sans
consultation, sans convocation de
la Conférence indienne du travail
et au mépris flagrant des normes
internationales du travail. Depuis
l’introduction de ces codes
et face à l’obstination répétée du
gouvernement à ignorer les revendications
des travailleurs et
travailleuses, les syndicats ont
déjà piloté six grèves générales
à échelle nationale En sonneurs
d’alerte, ils estiment que ces codes
affaiblissent la négociation collective,
restreignent le droit de grève,
excluent près de 70 % des usines
du champ d’application du droit
du travail et privent des millions
de salariés d’un environnement
de travail sécurisé, d’un accès à
la sécurité sociale ainsi que de la
protection de leur salaire.
La publication du projet de
politique en matière de travail
et d’emploi Shram Shakti Niti
2025 a fortement exacerbé la
frustration suscitée par ces aménagements
juridiques. Selon les
syndicats, cette proposition vise
la centralisation du pouvoir et la
refonte de l’État, installant celui-ci
dans un rôle de facilitateur pour
les employeurs plutôt que de garant
des droits des travailleurs.
Les affiliés d’IndustriALL
ont joué un rôle déterminant dans
la mobilisation en suscitant l’adhésion
à l’action nationale des
travailleurs et travailleuses des
secteurs de la fabrication, des
mines, de l’énergie, du textile et
connexes. Bien que chaque syndicat
ait fait valoir des préoccupations
spécifiques à son secteur,
services d’éducation spécialisée dans
tout le district.
Des millions de travailleurs et travailleuses ont occupé les rues en Inde le
12 février dernier.
les revendications relatives à la
sécurité de l’emploi, aux salaires
équitables, à la protection sociale
et à la défense du droit à la négociation
collective ont fait l’objet
d’une réelle convergence.
Sanjay Vadhavkar, Secrétaire
général de la Fédération
indienne des travailleurs de la
sidérurgie, de la métallurgie et
de l’ingénierie, aussi membre du
Comité exécutif d’IndustriALL,
a déclaré : «La population active
s’exprime d’une seule voix, le
gouvernement ne peut continuer
à faire la sourde oreille. Nous
exigeons la dignité, la sécurité
de l’emploi et la reconnaissance
de la santé, de la sécurité et de la
protection sociale comme droits
fondamentaux. Tout modèle
de développement qui néglige
le bien-être des travailleurs et
travailleuses n’est ni durable ni
juste. Nous continuerons à lutter
jusqu’à la satisfaction de nos
revendications, en particulier le
retrait immédiat des réformes
anti-ouvrières et l’établissement
d’un dialogue constructif avec les
syndicats et les salariés. »
Sanjay Singh, Secrétaire
général de la Fédération nationale
indienne des travailleurs de
l’électricité et membre du Comité
exécutif d’IndustriALL, a déclaré
: « Le message des travailleurs
Hébergement d’urgence et
accueil des familles d’accueil
Les revendications de la communauté
étaient au cœur de la grève.
Ce contrat historique comprend une
clause d’accueil des familles d’accueil
qui offre une protection juridiquement
contraignante aux élèves et aux
familles immigrées vulnérables aux
opérations de l’ICE, une protection essentielle
face à la militarisation croissante
des forces de l’ordre fédérales.
Il préserve également le programme
d’hébergement d’urgence
« Stay Over Program », qui offre aux
familles d’élèves en situation de précarité
de logement ou sans domicile
fixe un lieu sûr et temporaire, souvent
dans les gymnases scolaires.
L’UESF insistait depuis longtemps sur
l’urgence de protéger ce programme,
soulignant la croissance rapide du
nombre d’élèves sans abri dans la
région de la baie de San Francisco et
les tentatives du district de réduire les
services.
Les enseignants promettent
de poursuivre la lutte
La grève des enseignants de San
Francisco est le prélude à une lutte
plus vaste pour l’avenir de l’éducation
publique. De grands districts scolaires
de tout l’État sont confrontés à des
problèmes structurels identiques. Les
enseignants d’Oakland, de Los Angeles
et de San Diego s’apprêtent également
à se mobiliser dans les semaines
à venir.
est clair : cessez de démanteler
les mesures de protections du
travail. La sécurité de l’emploi,
la sécurité sur le lieu de travail
et la protection sociale sont des
droits des travailleurs et non
des concessions accordées à la
convenance du gouvernement.
Nous poursuivrons notre combat
en faveur de l’abrogation des
quatre codes du travail, du
rétablissement de la NREGA (Loi
nationale de garantie de l’emploi
rural Mahatma Gandhi), de la
relance de l’ancien régime de
retraite et de la mise en œuvre
intégrale de nos revendications
légitimes. »
Kemal Özkan, Secrétaire
général adjoint d’IndustriALL, a
pour sa part déclaré : « La force
de cette grève réside dans l’unité
et la détermination de la classe
ouvrière indienne. IndustriALL
est pleinement solidaire des syndicats
et des travailleurs indiens.
Leurs revendications reflètent les
normes internationales fondamentales
du travail, notamment
la liberté syndicale, la négociation
collective, la protection sociale
et la sécurité des conditions
de travail, autant de droits qui
doivent être respectés et défendus
par le gouvernement. »
IndustriALL
16 février 2026
« On ne recule pas. On ne peut
pas se permettre de perdre ce sentiment
de pouvoir et de maîtriser son avenir et
ses conditions de travail pour ensuite
retomber dans ses travers, n›est-ce pas
? » a déclaré Nathalie Hrizi. « Nous allons
continuer, et nous faisons partie
d’une campagne à l’échelle de l’État,
qui vise à augmenter le financement
de l’éducation publique. »
En unissant les enseignants certifiés
et non certifiés, en intégrant les
revendications des lieux de travail et
de la communauté, et en mobilisant un
soutien visible des parents, des élèves
et des entreprises, la grève a établi une
nouvelle norme pour les luttes dans le
secteur de l’éducation, et plus largement
pour les luttes syndicales, à San
Francisco et au-delà.
Peoples Dispatch 13 février 2026
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
17
San
Francisco:
Non aux
expulsions de
travailleurs
migrants
haïtiens !
Par Susan Sherrell & Dave Welsh
Le 2 février, une centaine de personnes
se sont rassemblées devant le tribunal
de l’immigration de San Francisco, situé
au 100 rue Montgomery, pour protester
contre l’expulsion prévue de près de
340 000 Haïtiens. Leur statut de protection
temporaire (TPS), conçu pour les
protéger des dangers en cas de retour dans
leur pays d’origine, devait expirer le 3
février. Heureusement, un tribunal fédéral
a accordé un sursis de dernière minute à
l’application de cette décision, du moins
pour l’instant.
Pierre Labossiere, cofondateur
du Comité d’action pour Haïti (HAC), a
expliqué qu’« en Haïti, c’est l’enfer en
ce moment », depuis le coup d›État de
2004, orchestré par les États-Unis, et
l›enlèvement du président Jean-Bertrand
Aristide, élu à une écrasante majorité.
Il a déclaré : « Expulser ces migrants et
réfugiés vers Haïti maintenant serait un
crime. »
Judith Mirkinson, de la National
Lawyers Guild et de HAC, a déclaré : «
Les États-Unis sont un pays bâti par des
immigrants et des réfugiés. Ils créent les
conditions qui engendrent des migrants
venant de pays comme Haïti. La grève
des milliers d’élèves et d’étudiants le 31
janvier était un signe encourageant – non
seulement contre l’ICE, mais aussi contre
l’impérialisme américain. On ne peut pas
envahir un pays et dire : Vos ressources
sont à moi maintenant. Or, c’est ce que
les États-Unis font ouvertement au Venezuela
et menacent de faire au Groenland
et au Canada. »
Mirkinson a dénoncé les récentes
Devant le tribunal de l'immigration
de San Francisco, le 2 février 2026.
Crédit : Susan Sherrell
descentes violentes de l’ICE à Minneapolis,
Chicago et Portland, s’indignant : « Comment
osent-ils faire descendre la Gestapo
dans nos rues ! » Le militant palestinien
Monadel Herzallah a souligné le lien entre
l’aide américaine à Israël et le fait que les
agents de l’ICE (Immigration and Customs
Enforcement) aux États-Unis s’entraînent
avec l’armée israélienne aux techniques
d’intimidation.
Vicki Legion, militante solidaire de
Cuba, a dénoncé les sanctions américaines
imposées aux pays exportateurs de pétrole
vers Cuba, notamment les tentatives
d’interruption des livraisons de pétrole du
Mexique. Les coupures de courant qui en
résultent à Cuba empêchent la conservation
au frais de nombreux médicaments
pour enfants.
Robert Roth, ancien membre de
HAC, a expliqué qu’après le séisme de
2010, de nombreux migrants haïtiens
avaient trouvé refuge aux États-Unis pour
échapper à la prolifération des escadrons
de la mort privés. Il est donc compréhensible
que ces Haïtiens ne souhaitent pas
être expulsés et se retrouver de nouveau
confrontés à cette situation périlleuse.
Workers World 13 février 2026
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18 Haiti Liberté
Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Trump est en guerre contre la liberté d’expression!
L
’administration Trump est en guerre
contre le Premier Amendement et
la liberté d’expression. Elle ne se contente
pas de diffamer ses détracteurs ;
elle tente de criminaliser la dissidence.
Ce qui est en jeu, ce sont les droits
démocratiques les plus fondamentaux
des citoyens américains : la liberté d’expression
et le droit de manifester. Des
dizaines de millions de personnes considèrent
les politiques de Trump comme
une atteinte à la dignité humaine, et il
voudrait les réduire au silence.
Dans le cadre de cette guerre
contre la liberté d’expression, le Département
d’État américain a publié une
déclaration qui attaque ouvertement
le Forum du Peuple et d’autres organisations.
Cette déclaration, relayée par
la Maison Blanche de Trump, vise à
étouffer les voix de ceux qui osent critiquer
la politique du gouvernement
américain. Ces fausses allégations, colportées
par les médias et influenceurs
de droite, ne constituent pas seulement
une attaque contre notre organisation,
mais contre le droit fondamental à la
liberté d’expression lui-même.
Le Forum du Peuple rejette fermement
ces accusations infondées. Les
accusations portées contre nous, nous
qualifiant de « vecteurs d’influence
étrangère », sont des tactiques recyclées
d’un chapitre récent du maccarthysme
dans l’histoire américaine. En
qualifiant nos organisations d’« agents
» de « manipulation étrangère », le gouvernement
américain cherche à diaboliser
et à étouffer les griefs légitimes
de celles et ceux qui sont révoltés par
les rafles violentes de l’ICE et les expulsions
de communautés immigrées,
le déploiement de forces militaires et
d’agents fédéraux dans les villes et villages
des États-Unis, la persécution des
étudiants protestant contre le génocide
à Gaza et les interventions militaires
incessantes, ainsi que le recours aux
blocus et aux sanctions pour provoquer
des famines à l’étranger.
Les accusations infondées
portées contre le Forum populaire, selon
lesquelles nous « servons de couverture
à des narcoterroristes », et autres allégations
tout aussi absurdes, constituent
une tentative flagrante et transparente
d’intimider nos sympathisants et de
délégitimer les mouvements citoyens.
Critiquer et s’opposer aux politiques du
gouvernement américain ne représente
pas une menace pour la démocratie. La
véritable menace, c’est le gouvernement
qui tue des manifestants innocents en
plein jour, surveille et réprime les militants,
arrête des journalistes, diabolise
et expulse les immigrés, et cherche à
étouffer toute forme de dissidence.
Le Forum des Peuples est fermement
engagé à œuvrer pour un monde
juste par l’éducation, la culture et la solidarité
internationale. Nous continuerons
à défendre les immigrés dans notre pays
et à dialoguer avec d’autres mouvements
à travers le monde, à dénoncer
les politiques de guerre et d’agression,
et à défendre le droit de s’organiser et
d’exprimer son désaccord.
Nous appelons toutes les personnes
de conscience à voir clair dans
cette affaire : une tentative désespérée
de manipuler l’opinion publique pour
justifier une nouvelle vague de répression.
Nous ne nous tairons pas.
Soutenez le forum du peuple!
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Vol 19 # 34 • Du 18 au 24 Février 2026
Haiti Liberté
19
Lettre ouverte au monde depuis Cuba : une femme ordinaire dénonce
le crime qu’elle refuse de voir !
Par Ikay Romay
toute l›humanité, aux mères du
À monde, aux Médecins Sans Frontières,
aux journalistes dignes de leur
métier, aux gouvernements qui croient
encore en la justice :
Mon nom est comme des millions
d’autres. Je ne porte pas un nom
prestigieux et n’occupe aucune fonction
importante. Je suis une Cubaine
ordinaire. Une fille, une sœur, une patriote.
Et j’écris ces lignes le cœur brisé
et les mains tremblantes, car ce que mon
peuple vit aujourd’hui n’est pas une
crise. C’est un meurtre lent, prémédité,
froidement exécuté, orchestré depuis
Washington. Et le monde détourne le
regard.
Je dénonce l’histoire de mes
grands-parents :
Je dénonce le fait qu’à Cuba, des
personnes âgées meurent prématurément
car le blocus empêche l’arrivée
de médicaments pour les maladies cardiaques,
l’hypertension et le diabète. Il
ne s’agit pas d’un manque de ressources,
mais d’une interdiction délibérée. Les
entreprises qui souhaitent vendre à Cuba
sont sanctionnées financièrement, persécutées
et menacées. Leurs gouvernements
restent silencieux. Et pendant ce
temps, un grand-parent cubain, la main
sur le cœur, attend. La mort ne prévient
pas. Le blocus, lui, si.
Je dénonce l’histoire de mes
enfants :
Je dénonce le fait que des couveuses
à Cuba aient dû fermer faute de carburant.
Que des nouveau-nés luttent pour
leur vie tandis que le gouvernement des
États-Unis décide quels pays peuvent
nous vendre du pétrole et lesquels ne le
peuvent pas. Que des mères cubaines
aient vu la vie de leurs enfants en danger
parce qu’un décret signé à Washington
vaut plus que les cris d’un bébé à
145 kilomètres de leurs côtes.
Où est la communauté internationale
? Où sont les organisations qui
défendent si ardemment les enfants ?
Les enfants cubains ne méritent-ils donc
pas de vivre ?
Dénonciation de la faim programmée
:
Je dénonce le blocus comme une
famine programmée. Ce n’est pas la
pénurie alimentaire qui est sans raison.
C’est qu’on nous empêche d’acheter de
la nourriture. C’est le harcèlement des
navires transportant des vivres. C’est le
blocage des transactions bancaires. C’est
la sanction infligée aux entreprises qui
nous vendent des céréales, du poulet et
du lait.
La faim à Cuba n’est pas un accident.
C’est une politique d’État du gouvernement
des États-Unis, perfectionnée
pendant plus de 60 ans, actualisée par
chaque administration, intensifiée par
Donald Trump et brutalement mise en
œuvre par Marco Rubio.
Ils appellent ça de la « pression
économique ». J’appelle ça du terrorisme
par la faim.
Je dénonce la situation au
nom de mes médecins :
Je dénonce le fait que nos médecins,
ceux-là mêmes qui ont sauvé
des vies pendant la pandémie alors que
le monde entier s’effondrait, manquent
aujourd’hui de seringues, d’anesthésie et
d’appareils de radiographie. Non pas par
ignorance de leur fabrication. Non pas
par manque de compétences. Mais parce
que le blocus nous empêche d’accéder
aux fournitures, aux pièces détachées et
aux technologies.
Nos scientifiques ont créé cinq
vaccins contre la COVID-19. Cinq. Sans
aucune aide. Contre toute attente. Malgré
le blocus et les mensonges. Et pourtant,
l’empire nous punit pour avoir accompli
cela.
Au monde entier, je dis :
Cuba ne demande pas l’aumône.
Cuba ne demande pas de soldats.
Cuba ne vous demande pas de
nous aimer.
Cuba demande justice. Rien de
plus. Rien de moins.
Je vous demande d’arrêter de banaliser
les souffrances de mon peuple.
Je vous demande de qualifier
le blocus de ce qu’il est : UN CRIME
CONTRE L’HUMANITÉ.
Je vous demande de ne pas vous
laisser berner par le discours du « dialogue
» et de la « démocratie » pendant
qu’on nous étrangle.
Nous ne voulons pas de charité.
Nous voulons qu’on nous LAISSE
VIVRE.
Aux gouvernements complices
qui gardent le silence : L’histoire vous
demandera des comptes.
Aux médias qui mentent :
La vérité finit toujours par éclater.
Aux bourreaux qui signent les
sanctions : Le peuple cubain n’oublie
pas et ne pardonne pas.
À celles et ceux qui ont encore de
l›humanité dans leur cœur : Regardez
Cuba. Regardez ce qu’ils lui font. Et demandez-vous
: de quel côté de l’histoire
est-ce que je veux être ?
De cette petite île, avec un peuple
immense,
Une Cubaine ordinaire qui refuse
de se soumettre.
Si ce texte vous a touché, partagez-le.
Peu importe que vous ayez 10
amis ou 10 000 abonnés.
Peu importe que votre profil soit
public ou privé.
Peu importe si vous ne partagez
jamais rien.
Mais ceci est différent.
Ce n’est pas une photo de coucher
de soleil.
Ce ne sont pas des potins de
Je suis une Cubaine ordinaire. Une fille, une sœur, une patriote.
célébrités.
Ce n’est pas juste une opinion de
plus.
C’est un cri. Et les cris ne restent
pas pour soi. Ils sont entendus. Ils sont
répétés. Ils forment une foule.
Aujourd’hui, je ne demande pas
de « j’aime ».
Je vous demande d’utiliser vos
pouces pour quelque chose de plus important
que de faire défiler.
PARTAGEZ.
Pour que le monde sache qu’il n’y
a pas de crise à Cuba.
Il y a un CRIME.
Pour que les mères d’autres pays
sachent que des bébés souffrent ici, dans
des couveuses éteintes par le blocus.
Pour que les grands-parents d’autres
pays sachent que des personnes
âgées meurent ici, faute de médicaments
que Washington refuse d’autoriser.
Pour que les gouvernements complices
aient honte.
Pour que les médias mensongers
ne puissent s’échapper.
Pour que les bourreaux sachent
que nous ne nous tirerons pas au
silence.
Une seule personne qui partage ce
message ne changera pas le monde.
Des milliers, des millions, si.
Ne gardez pas ce texte pour vous.
Ne soyez pas complices du silence.
Faites en sorte que cette
dénonciation va plus loin que le blocus.
Partagez. Maintenant.
Cuba Dénonce le Monde
Le Blocus tue
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Personnes Âgées Sans Médicaments
Faim Intentionnelle
Crime Contre l‘Humanité
Cuba Vit
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Cuba Crie
Le Blocus Est Un Crime
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Nous Vaincrons !
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