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Haiti Liberte 25 Fevrier 2026

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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

PACTE COLONIAL OU PACTE NATIONAL ?

Konfederasyon

Sendika Abolotcho:

Siyati Pak Nasyonal

Estabilite ak

Eleksyon

Page 6

Douze ans

sans patrie en

République

dominicaine !

Page 7

Voir page 4

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne peut pas regarder son chef le chargé d’Affaires américain

Henry T. Wooster dans les yeux

LE JUGE JEAN ROGER NOELCIUS A

FAIT LE POINT !

From Hope

to Crisis: How

Neoliberalism and

Coups Crushed

Haiti’s Dreams and

Wrought Today’s

Gruesome Havoc

page 9

Á Munich,

l’Europe applaudit

le nouveau

colonialisme !

Page 10

Voir page 3

Jean Roger Noelcius, ancien juge d’instruction du tribunal de Port-au-Prince, a témoigné par vidéoconférence au

sujet de l’assassinat de Jovenel Moïse.

Argentine : les

syndicats orchestrent

une grève nationale

contre la réforme du

travail !

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Le tandem du pire !

Par Berthony Dupont

Un véritable théâtre politique se déroule dans le pays sur

fond de morts qui s’accumulent, de manœuvres électorales

et de menace pour la stabilité. Lorsque le Premier ministre

Alix-Didier Fils-Aimé a été imposé par les puissances tutrices à

la tête de l’État le 7 février 2026, il s’est agi d’un coup d’Etat.

Cet acte bafoue l’honneur de la Nation, le droit et la dignité du

peuple haïtien. La responsabilité du pays a été confiée à des

individus mal préparés, incompétents, irresponsables et, pour

couronner le tout, corrompus. Ce plan s’avère être une extension

dangereuse de la mainmise impérialiste sur la dynamique

politique du pays et alimente une résurgence des tensions politiques

qui ne s’apaiseront pas facilement.

Près de cinq ans se sont écoulés depuis l’assassinat du président

Jovenel Moïse. Lorsqu’un tel événement se produit, il est

impératif d’enquêter sur les bénéficiaires de cette affaire abjecte

et sanglante. Avons-nous le moindre doute que la crise actuelle

découle précisément de cet acte macabre, ignoble et barbare ?

Nous n’en avons aucun. Pendant ce temps, Washington, avec

la complicité de ses alliés et de ses intermédiaires locaux, joue

un double jeu, soutenant tantôt le gouvernement de transition

par la fourniture de matériels militaires, tantôt l’opposition par

une aide logistique et politique. Tout cela alimente la domination

coloniale du pays. L’objectif est d’encourager tout ce qui

pourrait affaiblir le gouvernement ou les forces d’opposition, et

ce sans relâche.

Qui tire les ficelles, brouille les pistes et se livre à des

manœuvres déstabilisatrices et à des complots de toutes sortes ?

Washington dit s’efforcer de favoriser une solution pacifique,

mais ne cache pas sa satisfaction de voir cette crise s’éterniser.

Tout ce qui peut créer des troubles, dresser des obstacles et

multiplier les provocations politiques, par la désinformation et

le mensonge, est monnaie courante. Des luttes et des guerres

interminables et ruineuses visent à attiser la haine au sein des

masses défavorisées. Toute solution s’avère impossible, et ce

double jeu a plongé le pays dans un bourbier où politiciens

mesquins et puissants de tous bords s’embourbent sous l’œil

vigilant et malveillant du Chargé d’affaires américain, à Portau-Prince

Henry T. Wooster, afin de perpétuer le grand complot

ourdi contre notre Nation. Il s’agit du chantage diplomatique le

plus flagrant que le pays ait jamais connu.

C’est dans ce contexte de renforcement des régimes de trahison

et d’affaiblissement des mouvements de libération nationale

que s’activent les nostalgiques du colonialisme, incapables

de se détourner de la voie tracée par les colonisateurs d’hier,

hommes et femmes d’action, tous, des sbires de l’impérialisme.

Au lieu de mettre en œuvre un plan radical qui consacrerait

la souveraineté du pays afin de réduire la dangereuse dépendance

économique et politique, d’apporter des réponses satisfaisantes

aux besoins sociaux des masses opprimées et d’offrir

aux générations futures l’espoir d’une société prospère - fondement

d’une vie meilleure pour tous -, ces protagonistes, « collabos

» préfèrent s’engager dans une sorte de pacte colonial

baptisé « Pacte national pour la stabilité et l›organisation

des élections ». Par cette collaboration, ils creusent ainsi le

fossé entre les riches affairistes antinationaux et la majorité de

la population pauvre. Ces États occidentaux sont incapables,

politiquement parlant, de nous guider vers un avenir électoral

sérieux, si ce n’est pour nous conduire sur le chemin qu’ils ont

dessiné pour nous.

Voyez ce qu’ils ont fait des dernières élections au Venezuela

: ils les ont instrumentalisées pour déstabiliser le pays à

leur propre intérêt pétrolier à l’encontre du peuple vénézuélien.

Le spectacle auquel nous avons assisté à l’hôtel Ritz Kinam 2

le samedi 21 février 2026 est à la fois consternant et honteux

: des partis et organisations politiques de tous bords se sont

rassemblés en rang serré pas pour discuter avec les agents d’un

régime prétendument transitoire, ennemi déclaré du peuple,

mais pour s’entendre et exécuter les désirs de leurs patrons

communs. Parmi ces opportunistes qui ont participé à cette

mascarade, ce chaos prémédité figurent en première loge les

partis Fanmi Lavalas, PHTK, Congrès patriotique, Résistance

Démocratique (RED), Voix des Indépendants Patriotes (VIP),

Engagés pour le Développement (EDE), Alliance pour une Société

sans Exclusion (ASE), Espace de Réflexion 21 Décembre,

et tant d’autres.

Tous ont fait étalage de leur cynisme sans bornes dans

l’espoir de décrocher un strapontin dans le futur cabinet ministériel

et surtout de maintenir les richesses minières du pays

sous le contrôle des puissances impérialistes le plus longtemps

possible, afin de pouvoir en extraire quelques miettes et empêcher

la véritable libération du peuple haïtien du joug des

oppresseurs occidentaux. Honte à eux ! Tout cela est source

d’anxiété et d’incertitude, assurément, et notre cauchemar est

loin d’être terminé avec ces marionnettes de la classe politique

traditionnelle à la tête de l’État haïtien. Notre seul recours est

d’attaquer le mal par ses racines afin de mettre un terme à cet

héritage de l’ère coloniale qui poursuit son cours et illustre la

dégradation constante de notre société, tout en nous enfonçant

toujours plus profondément dans une détresse indicible.

Fidèle à sa riche histoire de luttes, le peuple haïtien ne

doit pas se soumettre aux usurpateurs du pouvoir jouant leur

dernière carte politique tout en venant tant sur le fond que sur

la forme légitimer une nouvelle illustration du néocolonialisme.

Unis dans leurs pires instincts, le tandem pouvoir exécutif et

ces partis politiques fantoches ont conspiré, faisant objectivement

le jeu des forces réactionnaires. Tout ce qu’entreprennent

les États-Unis en Haïti, ne sont que des pirouettes stratégiques

susceptibles de perpétuer leur domination impérialiste. Dans un

pays où règnent la faim, l’injustice et la corruption, seul un

changement émanant des classes laborieuses peut remédier à

ces problèmes. Non, les solutions ne viendront pas de l’impérialisme,

ni de ce gouvernement illégal. Organisons-nous par

nous-mêmes et pour nous-mêmes!

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RÉDACTION

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2 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


A Travers Haiti

Le juge Jean Roger Noelcius a fait le point !

Par Thomas Peralte

Selon un article de Miami Herald

écrit par Jacqueline Charles, l’ancien

juge d’instruction Jean Roger

Noelcius, du tribunal de Port-au-

Prince, refugié au Canada sans doute

depuis l’assassinat du président Jovenel

Moise a finalement témoigné

par visioconférence depuis le Canada

devant un tribunal fédéral de Miami.

Il a admis avoir signé un mandat

d’arrêt antidaté contre Jovenel Moïse

en février 2019, mais affirme désormais

que ce document était illégal

et sans valeur juridique. Noelcius

a expliqué qu’en tant que juge, il

n’avait pas le pouvoir de délivrer

un mandat contre un président en

exercice et que l’exécution d’un tel

mandat relève exclusivement de la

compétence de la Police nationale

haïtienne. Il soutient que le document

ne pouvait en aucun cas autoriser

des civils ou des étrangers à

procéder à une arrestation, et encore

moins justifier un enlèvement ou un

Mario Beauvoir

assassinat.

Il prétend avoir été manipulé,

citant notamment l’avocat Mario

Beauvoir, proche collaborateur de

Pierre Espérance, directeur du Réseau

national des droits de l’homme.

Il a déclaré avoir agi sous pression,

sans respecter les procédures judiciaires

normales. Le juge doit préciser

sous quelle pression, et par qui, il a

été contraint de délivrer ce mandat

frauduleux. Cependant, Noelcius a

catégoriquement nié toute son implication

dans l’assassinat du président

Moïse le 7 juillet 2021.

Léon Charles et Pierre Esperance

Il convient de rappeler que

Jovenel Moise

ce mandat d’arrêt qui a servi de prétexte

à l’arrestation et à la destitution

de Moïse à deux reprises : une

tentative de coup d’État manquée le

7 février 2021 et un assassinat le

7 juillet 2021. Les suspects arrêtés

dans le cadre de cet assassinat ont

invoqué à plusieurs reprises ce mandat,

ainsi qu’une lettre adressée à

l’ambassadrice américaine de l’époque,

Michele Sison.

Le chef de la police de

l’époque, Léon Charles, devra s’expliquer

à ce sujet, car il admet Beauvoir

lui avait donné une copie du

mandat et il l’avait remis à Mme

Sison, l’ambassadrice américaine,

qui lui avait pourtant assuré qu’une

telle chose n’arriverait pas.

Les mercenaires colombiens,

et les Américains d’origine haïtienne

qui se faisaient passer pour

des agents de la DEA et le chef de

la sécurité de la CTU, Antonio Intriago,

auraient invoqué ce mandat pour

justifier une prétendue mission d’«

arrestation ». Cette audience intervient

alors que le procès à Miami de

cinq accusés pour complot approche,

tandis que six autres ont déjà plaidé

coupable.

Noelcius a affirmé que Ma-

Le mandat d’arrêt contre Jovenel Moise

rio Beauvoir, un avocat proche de cate », a déclaré Noelcius à propos

Pierre Esperance, était en contact de Beauvoir, insistant sur le fait que

avec l’ambassade américaine à Portau-Prince.

Beauvoir aurait dit vou-

du complot visant à arrêter Moise en

ce n’est qu’après le démantèlement

loir que Noelcius sauve le pays en février 2021, lors d’une descente à

délivrant le mandat d’arrêt, a témoigné

l’ancien magistrat. Il a expliqué tiel sous la direction du commandant

l’aube des gardes du palais présiden-

avoir été conduit à la rencontre de Dimitri Hérard, qu’il a commencé à

Beauvoir par l’huissier de justice, réaliser qu’il avait été dupé.

dont il a prétendu ne plus se souvenir

du nom lorsqu’il a été interrogé dû arrêter tous ces hommes et ces

Le juge, du moins, aurait

par l’avocat de la défense, Humberto femmes qui concoctaient ce complot,

Dominguez. « Il m’a manipulé pour lorsqu’il avait constaté qu’ils avaient

me mettre dans cette situation déli-

été induits en erreur…

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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

3


A Travers Haiti

Pacte colonial ou pacte national ?

Par Marie Laurette Numa

Le lundi 23 février 2026, juste

après une réunion du Conseil

des ministres du gouvernement de

facto mis en place par les États-

Unis d’Amérique, la présentation

officielle du Pacte colonial, ou

d’un grand nombre de représentants

diplomatiques assis au premier

rang, est très significative.

Le message est clair : C’est une

initiative haïtienne, certes, mais

sous l’égide du triumvirat impérialistes

sous la direction de chef de

file l’impérialisme américain. Parmi

les invités à cette cérémonie

Des Ambassadeurs accrédités auprès du pays

Pacte national pour la stabilité et

l’organisation d’élections, a eu

lieu à la Villa d’accueil. Ce qui

rend ce pacte non pas national,

mais plutôt colonial, c’est la manifestation

des desseins désastreux

du projet de l’impérialisme américain

dans le pays. C’est la continuité

de l’acte indécent arrogant

et grossier de l’impérialisme le 7

février 2026 dernier. Son Conseil

présidentiel de Transition n’a fait

que des zéros partout, maintenant

pour se racheter et continuer sa

domination, il projette un quatrième

accord de la classe politique

et de la société civile pour

partager le pouvoir et sauvegarder

ses intérêts.

La disposition des participants,

et notamment la présence

s’y trouvaient le Chargé d’Affaires

des États-Unis, du Mexique,

du Canada et de la France,

ainsi que le représentant spécial

des Nations Unies et le chef du

Bureau intégré des Nations Unies

Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas et Jerry Tardieu d’En avant

L’assistance à la présentation du Pacte colonial

en Haïti (BINUH), et d’autres missions

diplomatiques accréditées

dans le pays.

Alors que les ministres ont

été envoyés dans un coin du bâtiment

car ils n’ont aucune importance

pour le moment. Même

quand on prétend c’est le Conseil

des ministres dirigé par Alix

Didier Fils-Aimé qui assure l’intérim

depuis le 7 février 2026, à

la suite de la fin du mandat du

Conseil Présidentiel de Transition,

la plupart d’entre eux vont perdre

leur poste suite au partage du gâteau

avec les partis politiques qui

ont signé, à l’hôtel Ritz Kinam 2,

le pacte colonial les samedi 21 et

22 février 2026, entre le Premier

ministre, la classe politique moribonde

et les organisations de la

société civile. Ce pacte vise à légitimer

la métropole pour qu’elle

puisse conserver son pion : le

Premier ministre Alix Didier Fils

Aimé, conformément aux termes

du pacte, jusqu’à la tenue d’élections

pour placer un autre pantin

au pouvoir de manière à ce que

rien ne change, le système corrompu

continue à servir les intérêts

des colonisateurs.

Du côté de la classe politique

haïtienne, plusieurs personnalités

ont répondu à l’invitation, notamment

Claude Joseph des « Engagés

pour le développement »

(EDE), Jerry Tardieu d’« En Avant

», Maryse Narcisse de « Fanmi

Lavalas », PHTK, OPL, En Avant,

Congrès Patriotique, ASE, Espace

de Réflexion 21 Décembre entre

autres. De nombreux politiciens

sont finalement sortis de leur trou

pour afficher leur solidarité avec le

pion américain en la personne de

Didier Fils-Aimé. Sous prétexte

que le pays ne peut plus continuer

ainsi, mais leur vrai mobile reste

leur part dans le partage de gâteau

qui sera lieu sous peu à travers

les ministères. Le grand et le

vrai absent est le peuple dans sa

majorité.

Le Premier ministre a profité

de l’occasion pour railler les

politiciens corrompus et avides.

Dans son discours, il a déclaré :

dans le contexte actuel, c’est la

première fois que ces gens faisaient

un geste aussi « digne et

grand » pour Haïti. Il réfère au

pacte signé par certains partis et

organisations politiques. Selon

Fils-Aimé, le texte du pacte est le

fruit de plusieurs jours de consultation

et reflète la volonté d’acteurs

politiques qui affirment croire en

« l’unité, la paix, la sécurité et la

stabilité ». Pour lui, l’importance

de la décision prise ne fait aucun

doute ; c’est la première fois que

des hommes politiques acceptent,

« sans calcul », de placer l’intérêt

supérieur de la nation au-dessus

des considérations partisanes.

Est-ce que les Haïtiens

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La présentation du pacte colonial au Villa d’accueil

craignent désormais les masques

de mardi gras ? Depuis quand

un pacte peut-il garantir le bon

déroulement d’une élection dans

le pays? Oublions-nous déjà, ce

vieux principe des classes bourgeoises

et réactionnaires : la constitution

n’est que du papier, la

baïonnette est de fer.

Dans son discours de circonstance,

Alix Didier a profité

d’étaler tous les mensonges qu’il

peut. Sans aucune honte, il évoqua

par cet acte la responsabilité

des autorités envers la population

en général, envers des groupes

spécifiques tels que la jeunesse, la

diaspora, les femmes, notamment

les madan Sara, les habitants des

quartiers défavorisés, les agriculteurs

et les entrepreneurs. Pour

duper le peuple, il annonce que

tous ces catégories attendent un

cadre politique et sécuritaire plus

prévisible pour pouvoir envisager

l’avenir avec davantage de confiance.

Belle parole sans fondement

!

Pour aider le Premier ministre

dans ses tas de mensonges,

Carlos Ruiz Massieu, représentant

du secrétaire général de

l’ONU en Haïti Carlos Ruiz Massieu,

« cet engagement commun

doit se traduire rapidement en

actions concrètes au service

du peuple haïtien ». Il poursuit

que « Les Nations Unies saluent

cet engagement. Nous restons

pleinement engagés aux côtés

d›Haïti. Notre rôle est d›appuyer,

de faciliter et d’accompagner

les efforts nationaux. La

responsabilité première est entre

les mains des Haïtiennes et des

Haïtiens »

Il est triste de constater que

certains Haïtiens disent avoir «

le sang de Dessalines dans leurs

veines » et qu’ils attendent de

l’impérialisme américain, leur

ennemi juré, qu’il vienne à leur secours.

Quelle aberration, c’est du

pur mensonge ! Quand comprendront-ils

donc que le problème du

pays est causé par les impérialistes

eux-mêmes ? Si le peuple souffre,

c’est à cause de ces mêmes puissances

qui l’exploitent et le tourmentent,

avec la complicité de

leurs nombreux agents infiltrés

dans les affaires du pays. D’Ariel

Henry à Alix-Didier Fils-Aimé,

en passant par Gary Conille, c’est

toujours le même poisson dans le

ragoût impérialiste.

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4 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


Perspectives

J’accuse l’élite intellectuelle du mal du pays !

Par Reynoldson Mompoint

Il y a des silences qui tuent plus sûrement

que les balles. Il y a des complicités

feutrées plus dangereuses que

les fusils d’assaut. Et il y a des élites

qui, sous couvert de savoir, deviennent

les architectes invisibles de la ruine

nationale.

J’accuse ! J’accuse l’élite intellectuelle

haïtienne d’avoir abandonné le

peuple au moment précis où sa voix

était la seule arme capable de briser

l’impunité.

J’accuse ces docteurs, ces juristes,

ces recteurs, ces pasteurs, ces

sociologues, ces artistes, ces experts

autoproclamés — confortablement installés

dans les colloques climatisés et

les forums financés — d’avoir laissé

le pays sombrer dans l’abîme pendant

qu’ils dissertaient sur la théorie.

Haïti ne souffre pas seulement

de la corruption politique. Haïti souffre

d’un effondrement moral et stratégique

de son intelligence collective. Et cela,

personne n’ose le dire avec brutalité.

Je vais le dire.

Santé : le serment trahi

Le système de santé haïtien

est un champ de ruines. L’Hôpital de

l’Université d’État d’Haïti — symbole

de la médecine publique — est devenu

l’illustration tragique d’un État en

coma avancé. Matériel défectueux.

Manque de médicaments. Personnel

épuisé. Patients abandonnés.

Mais la question que personne

ne pose est la suivante : Où est la corporation

médicale ? Où sont les doyens

? Où sont les professeurs titulaires

? Où sont les spécialistes formés à

Cuba, en France, au Canada ?

Ils savent. Ils connaissent les

chiffres. Ils maîtrisent les diagnostics

structurels. Pourtant, combien ont levé

la voix avec constance ? Combien ont

organisé une grève nationale éthique,

non pas pour leurs primes, mais pour

la refondation du système ?

Une partie de l’élite médicale a

préféré s’exiler. Une autre a préféré

s’adapter au privé lucratif. Une autre

encore s’est accommodée des ONG,

devenant consultante humanitaire

permanente dans un pays maintenu

artificiellement malade.

J’accuse cette intelligentsia sanitaire

d’avoir transformé la crise en

carrière. Pendant ce temps, les femmes

meurent en couches. Les enfants

meurent de diarrhée. Les hôpitaux

sont pillés. Et le silence académique

continue.

Droit : la science juridique

prostituée

Le droit, en théorie, est l’architecture

de la justice. En Haïti, il est devenu

le camouflage de l’impunité. Le

Palais de Justice de Port-au-Prince est

le théâtre d’une tragédie lente : dossiers

disparus, juges menacés, procès

interminables. Mais les juristes savent.

Les constitutionnalistes savent. Les

professeurs de droit savent que l’État

est en violation permanente de ses

propres textes.

Où est l’indignation structurée

? Où sont les manifestes juridiques

signés par 200 professeurs dénonçant

l’effondrement institutionnel ? Où est

la doctrine courageuse ? L’élite du droit

a préféré commenter les crises au lieu

de les affronter. Elle rédige des analyses

savantes dans des revues confidentielles

pendant que les gangs remplacent

les tribunaux.

Les facultés de droit continuent

d’enseigner la séparation des pouvoirs

dans un pays où les pouvoirs sont capturés,

fragmentés, instrumentalisés.

J’accuse cette élite juridique d’avoir

normalisé l’anormal. En refusant de

transformer leur savoir en résistance

active, ils ont laissé la rue devenir le

seul tribunal.

Éducation : la fabrique de l’échec

Le pays qui ne lit pas ne pense

pas. Le pays qui ne pense pas obéit.

L’Université d’État d’Haïti devait être

le laboratoire de la renaissance intellectuelle.

Elle est devenue le miroir de

l’improvisation nationale. Programmes

obsolètes. Recherche quasi inexistante.

Production scientifique marginale.

Fuite massive des cerveaux.

J’accuse les recteurs successifs

d’avoir administré la survie au lieu de

concevoir la révolution académique.

J’accuse les enseignants universitaires

d’avoir accepté des conditions indignes

sans exiger une réforme radicale. J’accuse

l’élite pédagogique d’avoir formé

des diplômés sans esprit critique, incapables

de contester les structures

mafieuses.

On produit des licenciés, des

maîtrisards, des docteurs — mais

combien produisent de la pensée

stratégique pour Haïti ? Les colloques

s’enchaînent. Les rapports dorment.

Les bibliothèques sont vides. Pendant

ce temps, les écoles communautaires

tombent sous le contrôle indirect de

groupes armés. Et l’élite éducative parle

de « résilience ». La résilience n’est

pas une politique publique. C’est un

mot de consolation.

Culture : l’intelligence anesthésiée

Haïti est une puissance culturelle.

Mais sa production critique

s’est affaiblie. Où sont les écrivains

incendiaires ? Où sont les dramaturges

qui mettent en scène la vérité nue

? Où sont les intellectuels publics qui

dérangent quotidiennement ?

L’élite culturelle s’est souvent

réfugiée dans l’esthétique au détriment

du politique. On célèbre la mémoire.

On commémore les héros. On déclame

la révolution de 1804.

Mais on hésite à nommer les

responsables contemporains. La culture

devient parfois une zone de confort

symbolique : festivals financés,

conférences internationales, réseaux

diplomatiques. J’accuse cette intelligentsia

culturelle d’avoir édulcoré le

combat.

Un pays en crise ne peut pas se

contenter de métaphores élégantes. Il

a besoin de vérité brutale.

Religion : la chaire complice

La religion est l’institution la

plus influente du pays. Chaque dimanche,

des milliers de citoyens écoutent

des sermons. Mais combien de prédications

dénoncent explicitement la

corruption systémique ? Combien

d’églises refusent les dons suspects ?

Combien de pasteurs et de prêtres défient

publiquement les chefs de gangs

?

L’élite religieuse parle de bénédiction

individuelle pendant que la

structure collective s’effondre. Elle

promet le ciel et ignore l’enfer social.

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J’accuse cette élite spirituelle

d’avoir réduit la foi à une consolation

privée. Une nation ne se sauve pas

uniquement par la prière. Elle se sauve

par l’action morale organisée.

L’élite et la peur

Pourquoi ce silence ? La peur !

La dépendance financière. La

proximité avec le pouvoir. Le désir de

préserver son statut.

Une partie de l’élite intellectuelle

haïtienne est prise dans un système de

cooptation. Consultations internationales.

Postes administratifs. Subventions.

Invitations diplomatiques. On

critique à voix basse. On analyse en

privé. On murmure dans les salons.

Mais on ne mobilise pas.

Le mal du pays : une responsabilité

partagée mais hiérarchisée

Oui, les politiciens ont une responsabilité

immense. Oui, les gangs

terrorisent. Oui, la communauté internationale

a ses calculs. Mais l’élite intellectuelle

n’est pas innocente.

Dans toutes les grandes transformations

historiques, ce sont les

penseurs qui ont ouvert la voie. En

Haïti, la pensée critique s’est fragmentée,

professionnalisée, parfois

marchandisée. On est devenu expert

en diagnostic. On a cessé d’être acteur

du changement.

Ce que devrait être l’élite

Une élite véritable : défend la

vérité, même au prix du confort. Organise

des plateformes de mobilisation

structurée. Produit des propositions

concrètes et contraignantes. Refuse la

normalisation de l’illégalité. Éduque à

la désobéissance civique face à l’injustice.

Elle ne s’adapte pas au chaos. Elle

le combat.

J’accuse, mais j’appelle

Ce texte n’est pas une condamnation

définitive. C’est une sommation

morale. L’élite intellectuelle haïtienne

peut encore choisir : continuer à analyser

l’effondrement ou devenir le moteur

de la reconstruction. Le pays n’a

plus le luxe du silence académique.

Il faut des manifestes. Il faut des

coalitions interprofessionnelles. Il faut

des états généraux véritables. Il faut

une insurrection intellectuelle. Haïti ne

mourra pas seulement par les armes.

Elle peut mourir par l’abandon des

consciences éclairées.

J’accuse, parce qu’aimer son

pays exige parfois de frapper fort. Et

je frappe. Parce qu’un peuple trahi par

ses élites mérite au moins une chose :

la vérité sans anesthésie.

Reynoldson Mompoint, Avocat,

Communicateur Social, Journaliste

Port-au-Prince, le 21 Février 2026

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Un million pour Johnson André

(Izo) : le théâtre américain et la

mise en scène haïtienne !

Par Reynoldson Mompoint

Dans le grand cirque géopolitique,

Haïti n’est jamais qu’une scène

secondaire. Un projecteur s’allume,

un nom circule — Izo, chef de gang

notoire, figure emblématique de la coalition

“Viv Ansanm” — et soudain,

Washington annonce une récompense

d’un million de dollars pour sa capture.

Rideau levé. Applaudissements feutrés.

Caméras braquées.

Mais derrière l’annonce spectaculaire,

une question s’impose : à

qui s’adresse réellement ce message et

pourquoi ont-ils choisi ce moment précis

? Représentait-il ce même danger

lorsque l’opposition au gouvernement

de Jovenel Moïse l’utilisait pour semer

le chaos par l’enlèvement contre

rançon dans le pays ?

Viv Ansanm : coalition ou construction

utile ?

“Viv Ansanm” — littéralement

“Vivre Ensemble” — est devenu le label

médiatique d’une alliance de gangs

que les propagandistes des classes

dominantes prétendent contrôler des

pans entiers de Port-au-Prince. Ports,

axes stratégiques, quartiers populaires,

circuits d’approvisionnement :

tout passe par eux ou ne passe pas.

Une telle campagne ne sert qu’à duper

davantage les masses populaires

afin que les escrocs au service puissent

se blanchir, et faire croire qu’ils sont

des innocents et le diable, le destructeur,

est dans le camp du peuple.

Cette coalition dont on fait responsable

de tous les problèmes estelle

seulement un monstre né du chaos

haïtien sinon le produit indirect d’années

de manipulations, d’abandons, de

complicités politiques et économiques ?

Elle ne surgit pas du néant. Elle

prospère dans les interstices du pouvoir.

Elle naît quand l’État abdique.

Elle grandit quand les élites pactisent.

Elle explose juste après la déstabilisation

programmée et consommée de

l’impérialisme en Haïti.

Etats-Unis : la prime et la morale

sélective

Un million de dollars pour Izo.

Un million pour un homme qui, hier

encore, évoluait dans un écosystème

connu, documenté, analysé par toutes

les chancelleries occidentales. Les

États-Unis veulent nous montrer qu’ils

ont de bonnes intentions, qu’ils veulent

aider Haïti, ils offrent des récompenses

pour l’arrestation d’Izo. En réalité, c’est

une façon de se moquer de nous, car

Johnson André (Izo)

c’est leur projet que ceux qui ont créé

Izo sont en train de mettre en œuvre

pour leur compte. Alors pourquoi aujourd’hui

la posture de la récompense

publique ? Parce qu’une prime, c’est

une narration. C’est un message diplomatique.

Un outil de pression pour que

la vérité ne soit jamais dévoilée!

Le théâtre américain

La prime fonctionne comme un

acte de communication stratégique :

elle repositionne Washington comme

acteur engagé contre l’insécurité haïtienne.

Elle délègue l’action au terrain

local. Elle évite l’engagement militaire

direct et ses coûts politiques.

C’est la diplomatie de la distance

: frapper sans apparaître, influencer

sans s’impliquer frontalement.

Mais pendant que les projecteurs

éclairent Izo, une question reste

dans l’ombre : Qui a ouvert le robinet

pour que les armes se répandent ainsi

en Haïti ? Qui profite de ce commerce,

sinon les entreprises qui contrôlent

le flux de munitions ? Une entreprise

rentable ne saurait en aucune circonstance

fermée ses portes.

Haïti, laboratoire ou victime

?

Haïti est devenu un terrain d’expérimentation

géopolitique. Mission

internationale en préparation. Pressions

diplomatiques. Sanctions ciblées.

Récompenses publiques. Le pays ressemble

à une pièce dont le script s’écrit

ailleurs. Mais l’erreur serait de croire

que tout vient de l’extérieur.

Les gangs prospèrent aussi grâce

aux alliances internes : politiciens en

quête de pouvoir, hommes d’affaires

protégeant leurs intérêts, segments de

l’élite utilisant l’insécurité comme instrument

de négociation.

La question que personne ne

pose

Si les grandes puissances veulent

une vie meilleure en Haïti, pourquoi

n’investissent-elles pas socialement

dans le pays ? Au lieu de cela,

elles forcent leurs marionnettes à diriger

contre les intérêts fondamentaux

de la population. Comme par exemple,

en plaçant à la tête de l’État un Premier

ministre illégitime, Alix Didier,

qui, à l’instar d’Ariel Henri, ne mènera

le pays nulle part, mais seulement à

l’abîme.

Le désordre les sert parfois plus

que l’ordre. Parce qu’un pays fragmenté

est plus malléable qu’un État

souverain et stable. Parce que la crise

permanente justifie l’intervention permanente.

Au-delà d’Izo

Izo n’est qu’un symptôme. Viv

Ansanm est une conséquence. Le million

de dollars est un symbole. Le véritable

enjeu, c’est le pouvoir. Le contrôle

du territoire. La redéfinition de l’équilibre

politique haïtien sous influence internationale.

Le théâtre américain n’est

pas une fiction. C’est une stratégie.

Et pendant que les acteurs principaux

négocient en coulisses, le peuple

haïtien continue de payer le prix du

spectacle.

Reynoldson Mompoint, Avocat,

Communicateur Social, Journaliste

Port-au-Prince, le 18 février 2026

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

5


Kwonik Kreyòl

Konfederasyon Sendika Abolotcho: Siyati Pak Nasyonal Estabilite ak Eleksyon

J. Fatal Piard

Manman bèf kabwa nan plenn disis

Fè konprann li pral sal savann

Epoutan se tout bouda l li sal nèt

Pwovèb Ayisyen

Abolotcho ti grangou ak latriye politisyen ratdokale ki vin siyen akò pou Premye minis Aliks Didye Fizeme

Samdi 21ak dimanch 22 fevriye a an

prensip madigra te gen tan boule depi

madi nan lannwit se vre. Men sa pat

anpeche yon makòn madigra malmaske

mele ak bonmas tout kalte te fèk kare

fè ekzèsis makak sale nan Pak Kinam

II. Efektivman depi nan samdi 21 pou

rive dimanch 23 fevriye lotèl Kinam II

ki chita kò l nan ri Panamerikèn, nan

Petyonvil nan kalfou Rèd Kapèt. Lokal

lotèl la te transfòme an Pak Nasyonal

pou Madigra mal maske ak Abolotcho

Pwofesyonèl gwo palto te kontinye fè

ekzèsis Makak Sale. Depi nan tout lakou

nan rantre lotèl la makòn militan an

denmon kòn nan fwon byen bande t ap

bat chalbari nan dengonn san wont, san

santiman ak san karaktè yo.

Se nan anbyans eskonbrit ak denonsyasyon

sa a makòn politichyen ti

grangou yo te rantre tèt bese ak ke yo

anba ti vant yo al bwè kola tou cho epi

manje pate chòdyè dòmi sou bil makòn

pòv malere ki pral gen 4 a 5 lane anba

tant yo. Mwen pa kwè n gen tan bliye

gwo zougoudou 184 GNB nan lane

2004 epi Zougoudou 12 janvye 2010

lanati ki te vin apse sou klou epi depi

jen 2021 Sendika Bandi Tèt Kale te vin

mete maleng kansè sou maklouklou. Lè

bandi te debake Matisan Kafoufèy ak

Solino, tout moun yo te bijo lage pye yo

al viv anba tant. Tout 2 jou yo seremoni

an te dewoule nan yon anbyans

kola cho ak pate kòde frèt ki fèt ak lwil

resikle pou touye vè nan vant abolotcho

ti grangou ak menm pwofesyonèl. Sa fè

3 jou depi makòn madigra an bonmas

aryè sezon yo t al fè grimas nan lòtèl

Rits Kinam II.

Pou jis kounye a, tèks ofisyèl

“Pak Nasyonal pou estabilite ak

òganizasyon eleksyon yo” poko pibliye

nan jounal ofisyèl Leta a ki se Lemonitè

pou piblik sa k fè tout moun rive wè se

te ekzèsis makak sale pa itil yo t ap fè.

Daprè enfòmasyon plizyè òganizasyon

sosyete sivil pa itil la ansanm ak kèk

reprezantan pati politik abolotcho ak

kèk lòt dinozò lalozè n pa bezwen lonmen

non yo pou n pa ba yo vyouz mete

siyati yo anba dokiman an. Sepandan,

yo pa t bay jounalis yo aksè nan sal

kote siyati a t ap fèt la. Bò kote Primati

a, moun ki pre dosye a anonse yon

kominike ofisyèl pral soti anvan lontan

pou ka tante bay enbesil pa ka tann yo

esplikasyon ak nan ki objektif ak angajman

ki nan pak la ki sanse fèt pou

kochon politik vin layite kadav kò yo

24/24 nan ma labou kòripsyon ak lòt

kalib malpwòpte.

Si n konprann byen youn nan inyoran

k siyen yo pa t menm konn nan

ki objektif premye minis revoke Aliks

Didye Frizeme fè makak sale yo pase 2

jou pe fè festival grimas. Malgre sa Premye

Minis la, Aliks Didye Fizeme pat

prezan pèsonèlman, alewè pou ta menm

pete nan koton mapou ba yo santi Men

kèk manm nan ekip li, pami yo chèf

kabinè li, te patisipe nan yon reyinyon

preparatwa ak kèk siyatè anvan lansman

ofisyèl seremoni an. Deyò a, nan

lakou etablisman an, anbyans lan te pi

tansyon. Kèk militan politik, ki klèman

pa t envite nan aktivite a, eseye deranje

dewoulman evènman an. Paske yo pa

t jwenn aksè ni nan lokal la ni nan sal

diskisyon an, yo leve fèy papye yo te di

yo chire pou montre yo voye dokiman

an jete, pandan yo t ap mande moun ki

te prezan yo kite espas la ba yo l blanch

kou koton mapou.

Malgre tansyon sa yo bò deyò,

aktivite ofisyèl yo te kontinye anndan

nan, nan yon klima kote se plis aktivite

vale kola epi bafre pate kòde apre sa fè

ekzèsis bat laponyèt detan y ap radote

koze tenten menm jan yo gen abitid fè l

sou Aryèl ak Gari Konil ak kakapt. Pou

kounye a, tout obsèvate rekonèt tout siyatè

ki siyen Pak la se an katimini anba

kagoul bare figi yo fè l. Sa vle di pesonn

pa ko fin konnen aklè ki òganizasyon

sosyete sivil pa itil yo ak ki pati politik

abolotcho lalozè dinozò raketè bouzen

ak aganman ak lòt kakalib tenten ki siyen

dokiman tenten an. “RED siyen Pak

Nasyonal la pou evite vid enstitisyonèl

ki ta ka fèt ak fen manda CPT a 7 fevriye

2026.

Eepi pou kreye yon kad klè pou

reponn ak 4 ijans: sekirite, sèvis esansyèl,

konstitisyon ak eleksyon kredib.

Siyati nou an pa vle di nou bay chèk

an blanch; se yon angajman pou netralite

Leta, ranfòsman PNH/FAd’H,

pwoteksyon sitwayen yo ak yon kalandriye

elektoral transparan, ak yon

komite siveyans ak obligasyon demisyon

pou nenpòt kandida. Nou rete vijilan,

egzijan ak mobilize jiskaske otorite

lejitim yo retounen ». Pawòl kaka kleren

Tèt Kale sa a yo se nan dyòl nonm Rena

Liberis la l di sou Pak Maskarad Sendika

Abolotcho Pwofesyonèl ak makak sale

yo pa menm wont pou yo fè nan boul

figi moun serye samdi ak dimanch lan.

Menm ekzèsis laponyèt yo

Depi sou ti Rene 1ye vesyon se

pa de akò rakò malatchong ki pat siyen

pou fè salopri politik yo plezi. Malgre

tout akòwòk kwòk sa a yo malfèktè

politik yo sasinen l kou yon manman

poul lògèy kan menm san l pat menm

gen tan pou l bat. Sou Miki menm an

nonm Aryèl Anri a se te festival akò

akwò menm kaklib yo. Sot nan akò

malatchong pou rive nan akò maskarad

ak sendika abolotcho pwofesyonèl yo

tout se menm tenten, menm tenyen

yo menm maskarad madignra aryè sezon

yo. Manman Lwa peyi a deja trase

depi 1987 tout pwosedi pou eleksyon

òganize nan peyi a.

Pran 1996 pou rive 2026 okenn

eleksyon pa ko janm òganize pou pèmèt

konble tout pòs ki rete vid yo tankou

Prezidan Senatè Depite Kolektivite yo ki

gen Majistra Kazèk Asèk ak Dele vil yo.

Sizoka konseye tèt pa dwat ta fè nonm

Fizeme a met nan tèt li l ka renevante

wou ak kawoutchou kite n fè l sonje

se pa ni 2 ni 3 akò Miki pat siyen ak

lopozisyon. A a a Tout se boudan Nini

nad marinad, ti bonnonm Tèt Kale a

pase yo tout nan kaka jan l pi pito. Se

jis apre entatad yo resi rive wè se ekzèsis

laponyèt ti vakabon an t ap fè yo fè.

Enben, sou baz eksperyans sa a n ka

menm rive konfime dpi se akò ak pak

kote w jwenn tout kalib marengwen san

w pa fouti konn kisa k mal ki sa k femèl.

Gwo èskonbrit pete

Depi nan denmen kote sendika

abolotcho pwofesyonèl yo te fè krèy

ak ti boujwa reyaksyonè mam pak bèt

sovak pou siyen Pak nasyonal pou

estabilite, gwo èskonbrit piblik te koumanse

pete. An prensip, Pak la te sipoze

yon akò politik ki lakòz yon antan tant

aktè yo. Kontrèma a sa moun tèt dwat

te panse Pak sa a gen tan tounen yon

jèm kansè divizyon pou Ayiti. Depi nan

lendi 23, anvan bajou kase plizyè pati

ak òganizasyon politik gen tan manche

plim denonsiyasyon yo pou yo salanbe

dokiman yo rele « Pak nasyonal pou estabilite

ak òganizasyon eleksyon ». nou

tande bèf…..

Se te samdi 21 ak nan dimanch

22 fevriye 2026 la kèk ti grangou san

memwa te siyen l apre yo fin bwè plizyè

gòje kola cho ak pate kòde dòmi. Pandan

plizyè pati politik t ap choute sou

Pak Aliks Didye Fizeme a, gen kèk lòt

ki gen espwa karas manje dòmi ki bat

pravo pou li. Youn nan premye objektig

siyati dokiman an se ta sipoze ede mete

estabilite pou pwochen eleksyon yo, fèt

nan yon kontèks kote se gwo divizyon

politik, zak laterè ak lòt vyolans gang

ame yo ki pèsiste. Reyalite k anba je n

chak jou se yon kriz imanitè, ansanm ak

absans eleksyon depi plis pase dis lane.

Pami pati politik ki siyen dokiman

bouyon mimi ak tyaka sa a w jwenn

Fanmi Lavalas, PHTK, Kongrè Patriyotik,

EDE, ASE ak Renmen Ayiti. Nan

yon nòt tou limen pou denonse Pak

lòbèy la ki gen dat dimanch 22 fevriye

2026, lidè pati politik Pitit Dessalines,

Janchal Moyiz, konfime otantisite li.

Gwoupman pati ak òganizasyon politik

ki soti nan Konsansis politik pou

redresman nasyonal ak reoryantasyon

tranzisyon an anonse yo rejte pak sa

a, premye minis Aliks Didye Fizeme te

pwopoze.

Yo fè konnen yo mete deyò ak bèl

majè kout pye nan bouda yo kat nan

manm yo, tankou pati EDE, Ansanm

nou fò, Akò 14 dawout 2025 ak Travay

ansanm pou sove Ayiti (TAPSA),

paske yo chwazi siyen pak la, yo konsidere

kòm ilegal. Desizyon sa a te pran

pa asanble siyatè Konsansis politik pou

redresman nasyonal ak reoryantasyon

tranzisyon an, apre yon sesyon ekstraòdinè

ki te fèt ak Komite pilotaj konsansis

la, dimanch 22 fevriye 2026. Akò

yo rele Konsansis politik pou redresman

nasyonal ak reoryantasyon tranzisyon

an mande pou yon nouvo tranzisyon

ki dire yon lane.i mande pou mete sou

pye yon egzekitif ak de tèt, prepare yon

plan sekirite estratejik prese prese ki ta

dwe pèmèt òganizasyon eleksyon yo,

ansanm ak respè estrik pou souverènte

nasyonal ak entegrite finans piblik yo.

Yo te menm anonse yon konferans

pou laprès pou madi 24 fevriye

2026, pou prezante yon plan aksyon ki

vize « yon dyalòg nasyonal sensè dapre

gwoupman pati ak òganizasyon politik

sa yo. Se yon pak ki gen tan trepase

depi anvan l fèt », dapre lidè lèdè pati

Pitit Desalin nan tout lemonn konen k

gen doktora nan ekzèsis abolotcho. Nan

nòt denonsyasyon li a, pati Pitit Desalin

ki twouve l anba direksyon ti Mòy,

manm Konsansis politik pou redresman

nasyonal ak reoryantasyon tranzisyon

an, rele pak la yon « fyasko », ki vle di

yon pak fos kouch pandan li souliye se

« yon gwo echèk » ak « yon twonpri klè

k ap legalize ilegalite ».

Pou jan ti Mòy pale la a yon

moun ki pa konnen ka fè gwo èrè pran

l pou moun serye. « Tantativ dezespere

sa a pap rive kache ilegalite total yon

pouvwa ki mete tèt li deyò kad konstitisyonèl

la ». Pitit Desalin avèti, li konsidere

sa kòm timoun k ap fè jwèt tè ak

tout yon zak ki pa respekte lalwa ditou

ditou. Pati a mete gwo pinga pou tout

tantativ pou bay inisyativ tèt anba sa a

sa a lejitimite, paske li wè sa kòm yon

admisyon echèk pou demokrasi. Menm

moun fou pre mande tèt yo èske ti Mòy,

nèg move zangi an janm pran menm tèt

li oserye vre pou menm yon grennfwa?

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6 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


Perspectives

Douze ans sans patrie en République dominicaine !

Par Simona Carnino

Douze ans sans patrie en République

dominicaine : « L’État a fait

de cette violation des droits de l’homme

une politique publique »

Une décision de justice de 2013 a

rendu apatrides plus de 200 000

Dominicains d’origine haïtienne. Si

certains ont réussi à obtenir la citoyenneté,

on estime que 150 000 personnes

demeurent apatrides et subissent

des politiques d’immigration de

plus en plus violentes.

« C›est comme si vous n›existiez

pas. Vous ne pouvez même plus

acheter de carte SIM pour votre

téléphone. Lorsqu›un État décide de

vous retirer votre nationalité, c›est une

forme d›anéantissement.» C’est ainsi

que Franklin Dinol, coordinateur national

du mouvement Reconoci.do, qui revendique

la pleine citoyenneté pour la

population née en Haïti en République

dominicaine, décrit la situation. Le 23

septembre 2013, Franklin et 200 000

autres personnes ont perdu leur citoyenneté

dominicaine. Peu importait

qu’ils aient grandi sur l’île caribéenne,

qu’ils parlent espagnol ou que tous

leurs liens personnels et professionnels

y soient ancrés. Leur citoyenneté leur

a été retirée.

L’arrêt 168/13 de la Cour constitutionnelle

a supprimé rétroactivement

le droit à la citoyenneté par naissance

(jus soli) pour les personnes nées dans

le pays entre 1929 et 2010 de parents

haïtiens. Bien que la loi 169-14 sur la

naturalisation ait permis à certains de

régulariser leur situation, on estime

qu’environ 150 000 personnes se

trouvaient encore dans cette situation

d’incertitude juridique en 2025, selon

les données de Reconoci.do. Ces personnes,

ainsi que les migrants haïtiens,

sont exposées à des contrôles d’immigration

de plus en plus fréquents, fortement

marqués par le racisme, selon

des militants, et rencontrent également

d’importants obstacles pour accéder à

l’éducation et aux soins de santé.

Jermania Sevito, avocate et

militante de Reconoci.do, était étudiante

lorsque le verdict a été prononcé

en 2013. « J›ai dû abandonner

mes études, comme Franklin (Dinol)

et tant d’autres. Nous avons perdu

des années de notre vie, car sans citoyenneté,

il est impossible d’accéder

à l’enseignement supérieur, de trouver

un emploi stable, de se marier ou d’enregistrer

ses enfants. C’est terrible »,

confie-t-elle lors d’un entretien en visioconférence.

La République dominicaine

compte 11,5 millions d’habitants, dont

un peu moins d’un million sont Haïtiens.

Au XXe siècle, des milliers de

personnes ont traversé la frontière pour

rejoindre la partie dominicaine de l’île

et travailler dans l’industrie sucrière

et d’autres secteurs. Depuis quelques

années, cette migration se poursuit, alimentée

par la pauvreté, l’insécurité et

l’instabilité politique en Haïti.

Nous avons perdu des années de

notre vie, car sans citoyenneté, il est

impossible d’accéder à l’enseignement

supérieur, à un emploi stable, de se marier

ou d’enregistrer ses enfants. Jermania

Sevito, avocate

Entre septembre 2024 et mi-

2025, plus de 370 000 migrants et

Dominicains déchus de leur nationalité

ont été expulsés vers Haïti. À titre de

comparaison : en août, ce pays des Caraïbes

a expulsé 35 276 Haïtiens, et le

même mois, les États-Unis ont expulsé

29 263 personnes dans le cadre de la

politique anti-immigration de la présidence

de Donald Trump.

Une dénationalisation annoncée

Depuis le début des années 2000,

des milliers de familles se heurtent à

des obstacles pour inscrire leurs enfants

à l’état civil. Dans certaines municipalités,

les inscriptions sont acceptées,

tandis que dans d’autres, elles sont

arbitrairement rejetées au motif que

les enfants sont d’origine haïtienne,

même lorsque les parents sont dominicains

de naissance. De nombreuses

familles racontent avoir été contraintes

de se déplacer de province en province

Manifestation du Mouvement Reconoci-do à Saint-Domingue

avant de trouver un fonctionnaire disposé

à inscrire leurs nouveau-nés. « En

2013, l›État dominicain a révélé son

vrai visage au monde entier », déclare

Felipe Fortines, avocat d’origine haïtienne

et membre de Reconoci.do. « Il

a érigé cette violation des droits humains

en politique publique, décrétant

de fait un génocide civil pour une partie

de ses citoyens », ajoute-t-il.

Un an plus tard, en 2014, l’État

a adopté la loi sur la naturalisation afin

de régulariser le statut de certaines

personnes déchues de leur nationalité.

Ce fut la première grande victoire pour

Reconoci.do, qui est devenu l’une des

voix les plus importantes contre la dénationalisation,

avec un réseau d’environ

600 responsables.

La loi de 2014 a divisé la population

concernée en deux groupes : le

groupe A, composé des personnes déjà

inscrites à l’état civil, et le groupe B,

celles qui n’ont jamais été enregistrées

à la naissance. « Sur les 61 000 personnes

du groupe A, plus de 34 000

n’ont toujours pas recouvré leur nationalité,

tandis que dans le groupe B,

seules 8 755 personnes ont pu participer

à la procédure », explique Dinol,

illustrant ainsi l’impact limité de la loi.

« De plus, seule une naturalisation,

c’est-à-dire une citoyenneté de second

rang, a été accordée », explique Fortines.

« Nous exigeons le recouvrement

de la pleine nationalité, car nous ne

sommes pas des étrangers naturalisés,

nous sommes Dominicains à 100 %.»

Devenir apatrides a exposé des

milliers de personnes à l’expulsion

forcée. « Si vous êtes Noir ou si vous

avez un nom de famille à consonance

française, vous devez avoir vos papiers

sur vous en permanence. La police

de l’immigration arrête même des

Afro-Dominicains sans ascendance

haïtienne », explique Dinol.

Nous exigeons le rétablissement

de notre pleine nationalité car nous ne

sommes pas des étrangers naturalisés

; nous sommes Dominicains à 100 %.

Felipe Fortines, avocat

Les rafles d’immigrants comportent

une forte dimension raciale et

se sont intensifiées ces derniers mois

dans les communautés défavorisées,

les quartiers ouvriers et les bateyes,

ces hameaux où vivent et travaillent

des familles d’origine haïtienne dans

l’industrie sucrière. « Les gens ne sont

plus chez eux », témoigne Epifanía St.

Chals Lichardo, militante de Reconoci.

do. « Ils dorment dans les églises ou

dans les champs de canne à sucre. Ils

se cachent pour éviter d’être arrêtés. »

La politique de fermeté adoptée

par le gouvernement du président Luis

Abinader, libéral de centre-droit, s’inscrit

dans une longue tradition de discrimination

envers les Haïtiens, ancrée au

siècle dernier et renforcée sous la dictature

de Rafael Trujillo. Depuis 2022,

l’État dominicain construit un mur le

long de sa frontière avec Haïti, à l’aide

de clôtures et de capteurs, conformément

aux politiques de sécurité nationale

promues par des pays comme les

États-Unis et la Hongrie. Le mur couvrira

176 des près de 400 kilomètres de

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Une décision de justice de 2013 a rendu apatrides plus de 200 000

Dominicains d’origine haïtienne.

frontière. À ce jour, 54 kilomètres sont

construits.

« Ils expulsent même des

mineurs. Certaines familles n›envoient

déjà plus leurs enfants à l›école par

peur », témoigne Saint Chals Lichardo.

Bien que le ministère de l’Éducation

garantisse officiellement l’accès à

l’enseignement de base quel que soit

le statut migratoire, dans les faits, de

nombreuses familles préfèrent ne pas

prendre de risques. De plus, un acte

de naissance reste indispensable pour

accéder à une formation technique ou

entrer à l’université.

Le dernier bastion des hôpitaux

En avril 2025, le président

Abinader a annoncé 15 mesures renforçant

la politique d’immigration.

L’une d’elles, la numéro 11, oblige les

hôpitaux publics à vérifier et à déclarer

le statut migratoire de leurs patients.

Amnesty International a exigé

que le gouvernement dominicain

garantisse l’accès aux soins de santé

sans discrimination et protège celles et

ceux qui défendent la justice raciale et

les droits humains. Mais la réalité est

que les hôpitaux sont devenus un nouveau

terrain d’expérimentation pour

le contrôle de l’immigration, touchant

particulièrement les migrantes enceintes

ou les Dominicaines d’origine

haïtienne, qui évitent de se rendre dans

les centres de santé par crainte d’être

détenues et expulsées.

« Ce n›est pas une politique

du genre «Je vous soigne et ensuite

je vous expulse». C›est une politique

de négation du droit à la santé. Parce

que si vous savez qu›un agent de

l›immigration est posté à l›hôpital, vous

Jean R. St. Jour,

IRS EA and Certified

Bookkeeper (CB)

Expert Income Tax Preparation

Jean R. St. Jour, CB

2916 Clarendon Road

(between Nostrand & E. 29th St.)

Brooklyn, NY 11226

718.284.0733

n›y allez pas », explique Dinol.

Le cas de Lourdia Jean Pierre

illustre les conséquences de ces nouvelles

politiques. Malgré ses problèmes

de santé, cette femme a accouché chez

elle en mai dernier par crainte d’être expulsée.

Elle est décédée en couches, et

les services d’immigration ont détenu

et expulsé le bébé et son père. L’État

n’a même pas délivré de certificat de

décès. « Ici, sans papiers, vous n›êtes

pas une personne. » « L’État ne vous

reconnaît même plus après votre mort

», explique l’avocat Felipe Fortines.

La perte de nationalité en République

dominicaine est l’un des cas

d’apatridie les plus graves du continent,

condamné par la Commission

interaméricaine des droits de l’homme

et la Cour internationale de Justice. De

plus, lorsqu’une personne est expulsée

vers le pays voisin, elle tente de ne

pas rester en Haïti. Ce n’est pas seulement

parce qu’elle ne parle ni créole

ni français, ou qu’elle n’a pas de liens

familiaux de l’autre côté de la frontière,

mais aussi à cause de la violence qui

étouffe depuis des années le pays le

plus pauvre des Amériques, marqué

par l’emprise des gangs criminels et

l’absence d’État.

« Les gens paient des milliers de

pesos à des passeurs pour retourner

en République dominicaine. » « C’est

là qu’ils se retrouvent piégés dans

des réseaux de trafic d’êtres humains

qui opèrent avec la complicité des

services d’immigration », dénonce Dinof.

« Lorsqu’une personne est déchue

de sa nationalité, cela engendre des

activités clandestines et des violences,

et alimente un commerce florissant »,

ajoute-t-il.

Planeta Futuro 26 Janvier 2026

Frantz Boisson, EA

Licensed: US Treasury Dept.

TAX & ACCOUNTING

Individual, Self-employed,

Corporate, Cabbies, Aliens,

Business Set-up, Proposals

IRS REPRESENTATION

Audits, Back taxes, Warrants,

Levies, Appeals

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646-249-5204

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

7


Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (02)

D’un processus électoral à l’autre, la saga continue ! (24 e partie)

Par Catherine Charlemagne

Depuis l’installation le 7 février

dernier de Alix Didier Fils-Aimé

à la tête du Pouvoir exécutif haïtien

comme le chef unique de la transition,

il ne se passe rien de concret. A

part la signature d’un nouvel Accord

dit : « Pacte national pour la stabilité

et l’organisation des élections » qui

lui donne carte blanche pour gérer

la transition le temps qu’il voudra et

en même temps posé les bases pour

un partage éventuel des postes au

sein du futur cabinet ministériel. En

somme, un nouveau cycle de pouvoir

sans aucun objectif réel de mettre fin

à cette impasse institutionnelle. Pourtant,

dans cette lancinante transition

permanente, les membres du Conseil

Electoral Provisoire (CEP) continuent

d’agiter l’épouvantail des élections en

Haïti pour le mois d’août prochain,

soit dans six mois.

Paraît-il, ils y croient. A

en croire le quotidien Le Nouvelliste

datant du 20 février 2026 rapportant

les propos d’un membre du CEP

gardant l’anonymat : « Le départ des

membres du Conseil Présidentiel de

Transition n’a rien changé dans l’exécution

du calendrier électoral. Le 30

août prochain est maintenu pour la

réalisation du premier tour des élections

présidentielles et législatives. »

Alors, faisant comme si l’on croyait

encore au Père Noël, nous reprenons

notre chronique sur le processus électoral

entamé depuis 2024 par le Conseil

Présidentiel de Transition, donc

avec l’ancien et l’actuel Premier ministre

Alix Didier Fils-Aimé, exactement

là où on l’avait arrêtée.

Avant la confirmation, par Franck

Lauture, de la date de la sortie du texte

définitif de la Constitution, le mardi

22 juillet 2025, l’organisation « Nouvelle

Alliance pour la Transition Constitutionnelle

» dirigée par Jean-Pierre

Bailly, était de ceux qui ne soutiennent

nullement une nouvelle Constitution et

demeurent convaincus que l’avant-projet

n’apportera rien. D’ailleurs, dans le

bulletin de son organisation, il soutient

qu’il y a un aéropage d’organisations

bien ancrées dans la population, par

exemple : des représentants d’universités,

de différents groupes qui proposent

des solutions à la crise, des organisations

patronales, populaires, féminines,

syndicales, religieuses, paysannes et de

la diaspora qui ne soutiennent que la

Constitution de 1987. Pour Jean-Pierre

Bailly, le pays est à un moment décisif

de son histoire. Il promettait de revenir

avec cette Charte constitutionnelle

si jamais le CPT arriverait à la modifier

ou la remplacer. Pour démontrer la

pertinence de ses vœux de rétablir la

Constitution de 1987, la Nouvelle Alliance

pour la Transition Constitutionnelle

écrit dans son journal : « Le choc

causé par l’assassinat du Président

Jovenel Moïse en juillet 2021 a une

fois de plus exposé les problèmes du

système politique.

Il est temps de mettre fin aux

cycles de crises et de construire, sur

une base légitime et constitutionnelle,

un État de droit qui soit digne de ce

nom. Charles Henry Baker, une figure

respectée du monde des affaires et un

soutien de la NATC, a montré que cette

approche est pertinente. Il appelle à

rétablir officiellement la Constitution

de 1987, à reconnaître que le poste

de Président est vacant et à mettre

en place un Organe de Contrôle des

Actions du Gouvernement (OCAG).

Cet organisme aurait des pouvoirs

similaires à ceux du Parlement et

permettrait de limiter les excès du

gouvernement jusqu’à l’élection d’un

Président temporaire issu de la Cour de

cassation (la plus haute juridiction du

pays). »

Après les universitaires et tant

d’autres acteurs de la Société civile qui

se sont positionnés sur l’avant-projet,

Jean-Pierre Bailly de la Nouvelle Alliance pour la Transition

Constitutionnelle

on trouve le secteur religieux, plus précisément

l’église catholique. En effet, le

mardi 22 juillet 2025, la hiérarchie de

cette entité religieuse, par le biais de la

Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH),

l’organe suprême de cette église en Haïti,

devait publier un message presque

solennel dira-t-on à l’intention de la

Jocelerme Privert, l’ancien sénateur des Nippes l’ancien sénateur des

Nippes et ancien chef de l’Etat du pays

population et des autorités politiques.

Dans ce document, les évêques haïtiens

ont dressé un tableau apocalyptique de

la situation du pays comme la profanation

des lieux de culte, la destruction

du patrimoine culturel et les atteintes

répétées à la dignité humaine qu’ils

qualifient d’actes de barbarie.

Cet organisme s’est révolté contre

ce qu’il appelle : le chaos généralisé

caractérisé par l’effondrement des

piliers sociaux, politiques et moraux du

pays avant de donner clairement leur

position sur l’avant-projet. Sans langue

de bois, le CEH émet de sérieuses réserves

non seulement sur le processus

lui même mais surtout sur le contenu

du texte proposé bien qu’il s’agissait

d’un document provisoire appelé à être

modifié. Dans leur prise de position, les

évêques du CEH devaient rappeler que

toute Constitution digne de ce nom doit

être un véritable pacte social, fondé sur

un large consensus national et une volonté

commune de reconstruction. Le

lundi 28 juillet 2025, après le ton très

mesuré des évêques de la Conférence

Épiscopale d’Haïti (CEH), changement

de vocabulaire avec l’ancien Président

provisoire de la République, Jocelerme

Privert. Invité d’un média de la capitale,

d’emblée l’ex-Président du Sénat

s’en prenait au texte qu’il qualifie de :

monstruosité.

Pour Jocelerme Privert, il ne fait

pas de doute que cet avant-projet, s’il

reste dans l’état, sera un retour à la

dictature. L’ancien chef de l’Etat est

d’autant plus en colère qu’il dit avoir

la parole de son ancien chef de gouvernement,

Enex Jean-Charles, pour

modifier certains points avant sa publication.

Ce qui, bien entendu, n’a pas

été fait d’après lui. Si l’ancien sénateur

des Nippes ne voit aucune objection à

ce qu’il y ait un changement de Constitution

après 38 ans de bons et loyaux

services, il n’accepte pas que la nouvelle

devienne source d’instabilité, voire pire

que celle de 1987. Sur radio Magik9,

ce lundi 28 juillet 2025, l’ex-Président

provisoire de la République livre sa

pensée sur l’avant-projet : « Je ne peux

me rendre complice d’une telle démarche,

d’autant plus qu’elle est conduite

par un gouvernement dépourvu

de toute légitimité constitutionnelle.

Cette monstruosité, concoctée par ce

Comité de pilotage, ne répond en rien à

ce qui était nécessaire pour permettre

une application harmonieuse de la

Constitution. Au lieu de résoudre les

problèmes posés par la Constitution

de 1987, ce projet, s’il est imposé à la

population, sera source d’instabilité

politique, voire d’un retour au vieux

démon de la dictature dans le pays.

Je leur ai fait part de mes points

de vue par rapport au texte, et le Premier

ministre Enex Jean-Charles m’a

assuré qu’il s’agissait d’un document

soumis pour discussion et que mes réserves

seraient prises en compte dans

le document final. Mais il se trouve

que c’était déjà la version finale, à un

point tel qu’ils en font la promotion.

» Le lendemain, jeudi 31 juillet 2025,

toujours sur le même média, c’est un

juriste qui était appelé aux micros pour

venir plancher sur le texte sur le plan

juridique. Il s’appelle Abdonel Doudou,

directeur exécutif d’une organisation

dénommée Jurimédia. Connu pour son

franc parler, cet homme de loi s’appuie

sur le décret référendaire pour démonter

le texte de l’avant-projet qu’il estime

être une escroquerie puisqu’il n’a aucun

fondement juridique. « Il n’y a pas

une seule référence à la loi fondamentale

du pays. Donc, le document est

juridiquement nul » avançait-il. Avant

de poursuivre : « Le Conseil Présidentiel

de Transition essaie de faire diversion

en multipliant les gesticulations

politiques. L’avant-projet soumis à

l’Exécutif est une véritable imposture

qui ne débouchera sur aucun résultat

concret.

C’est une sorte de rideau de

fumée destiné à cacher l’incapacité du

gouvernement à régler la crise sécuritaire

qui ravage le pays » déclarait

Abdonel Doudou dans l’émission Panel

Magik du 31 juillet 2025. Entre-temps,

la polémique battait son plein sur le

processus et ce, malgré l’optimisme affiché

du Président du Comité de pilotage

début juillet et l’annonce de celui-ci que

le texte final sera rendu à la fin du mois

de juillet au gouvernement. Or, rien n’a

pu être concrétisé. Et pour cause! On

était à la deuxième semaine du mois

d’août 2025 et aucun texte n’avait été

remis aux autorités par le Comité de pilotage.

En clair, Me Enex Jean-Charles

et ses collègues n’ont pas pu tenir parole.

Tandis que le Premier ministre

Alix Didier Fils-Aimé, dans une lettre

de cadrage début août 2025, annonçait

que le gouvernement disposait de plus

de 67 millions de dollars (67,5) pour

la tenue du référendum et des élections

prévues au cours des mois à venir.

Dans ladite lettre de cadrage, les

observateurs avaient remarqué que le

gouvernement ne donnait plus de date

exacte pour ces scrutins, une sage précaution

signifiant que les autorités hésitent

sur l’opportunité de réaliser ces

élections dans un climat d’insécurité

mortifère d’une part. Et d’autre part,

compte tenu de la polémique, voire des

oppositions s’exprimant sur le contenu

même de l’avant-projet sans attendre

le texte final, il était plus que raisonnable

de faire profil bas quitte à laisser

au Comité de pilotage le temps qu’il

voudra pour rendre sa copie revue et

corrigée. A la mi-août 2025, le quotidien

Le Nouvelliste qui n’a rien vu venir

a été à la pêche aux nouvelles auprès

du Comité de pilotage, vu qu’on était

à la moitié du mois d’août. Le 19 août

2025, deux sources ont été contactées

par téléphone, le même jour. Sauf que

les deux sources devaient donner des

réponses divergentes.

Si l’une avait affirmé avec force

détails que : « Nous n’avons pas encore

envoyé le texte final de la nouvelle

Constitution au Conseil Présidentiel.

Le Secrétariat technique et les experts

impliqués sont en train de le finaliser.

Certaines entités ainsi que plusieurs

groupes organisés de la société ont

sollicité un délai supplémentaire afin

de transmettre leurs observations sur

l’avant-projet de la Constitution. Le

Comité de pilotage, soucieux de garantir

l’inclusion de tous les intéressés,

a dû accepter afin d’éviter toutes

mauvaises interprétations ou incompréhensions.

C’est pratiquement pour

cette raison qu’il y a eu un léger retard,

mais tout est quasiment fin prêt. » En

revanche, la seconde a été moins bavarde.

Elle s’est contentée d’indiquer,

selon Le Nouvelliste du 19 août 2025 :

« Qu’il n’y a pas eu de rencontres sur

le dossier depuis longtemps, avant

d’admettre qu’il n’avait peut-être pas

été invité aux rencontres. » Par ailleurs,

dans le cadre de la Commission

ad hoc mise en place par le Conseil de

l’Ordre des avocats chargé d’analyser

juridiquement la décision du CPT visant

à proposer une nouvelle Charte fondamentale,

le Bâtonnier dudit Conseil,

Me Patrick Pierre-Louis, avait reçu, le

vendredi 22 août 2025, une délégation

de trois membres de la Commission

afin de faire le point sur l’avancement

de son travail. Lors de son installation,

il était prévu que la Commission

ad hoc composée des Maîtres : Bernard

Gousse, Président ; Josué Pierre-Louis,

Rapporteur ; Marc-Sony Charles, Joe

Ducasse et Alain Guillaume, restitue

ses travaux au plus tard le 29 août

2025. Il se trouve qu’il allait y avoir

un télescopage ce jour-là entre deux

groupes. En effet, c’est cette date que le

Comité de pilotage de la Conférence Nationale

avait choisie pour prendre tout

le monde par surprise.

Ce vendredi 29 août 2025 a été la

date de la remise, tout au moins de l’envoi

officiel, de la version définitive de la

proposition de la nouvelle Constitution

aux autorités du pouvoir Exécutif, notamment

à Laurent Saint-Cyr, nouveau

Coordonnateur du CPT et Alix Didier

Fils-Aimé, le Premier ministre. Dans

un long courrier signé de l’ex-Premier

ministre Enex Jean-Charles adressé au

CPT et au Gouvernement, le Président

du Comité s’en réjouit et était comme

soulagé de pouvoir leur rendre le travail

qui lui a été confié. Mais, en bon

politique, Me Jean-Charles en a profité

pour revenir sur les difficultés que lui

et son groupe ont rencontrées durant le

processus de la rédaction du texte final.

Dans sa longue correspondance

datée du 28 août 2025, il n’a pas oublié

de souligner à l’attention des autorités

exécutives que les avis sont largement

partagés sur le processus lui-même en

disant que certains étaient plutôt partisans

d’une Assemblée constituante

alors que d’autres souhaitent garder la

Constitution de 1987 en l’état. L’ancien

chef du gouvernement a même

posé la problématique des milliers de

déplacés qui vivent dans une situation

déplorable. Bref, Enex Jean-Charles,

dans sa lettre aux autorités, a cherché

à devancer les critiques dont il sait qui

ne manqueront pas de continuer même

après avoir intégré un nombre incalculable

de remarques, suggestions et de

propositions. Selon Franck Lauture, un

membre influent du Comité, plus d’une

centaine de recommandations ont été

prises en compte. Il est important de

rapporter que le texte n’était pas arrivé

seul. Un solide Rapport contenant plus

de 1400 pages a accompagné le document

qui a été remis au Conseil Présidentiel

de Transition.

Voici un extrait de la correspondance

du Président du Comité de pilotage

aux membres du Collège Présidentiel

et au chef du gouvernement

et au peuple haïtien comme il est écrit

: « C’est un plaisir pour moi, au nom

du Comité de pilotage de la Conférence

nationale, de remettre au Conseil

Présidentiel de Transition, au gouvernement

et au peuple haïtien le résultat

de notre travail sur la Constitution

du pays comme le prévoit le décret du

17 juillet 2024. Le travail sur la

nouvelle proposition de la Constitution

a été très difficile. Le contexte dans

lequel la mission nous a été confiée a

considérablement évolué, mais dans

le mauvais sens. La situation du pays

s’est fortement détériorée. L’insécurité

est à un niveau où la population n’en

peut plus. Beaucoup de gens sont contraints

de fuir leur domicile pour se

réfugier dans des camps ou chez des

proches. La misère s’affiche au grand

jour. Même ceux qui arrivaient tant

bien que mal à s’en sortir se retrouvent

désormais à tendre la main. Là où il

a été possible de se rendre, le travail

a été mené tant bien que mal. Nous

avons travaillé dans un contexte où

les déplacements n’étaient pas toujours

possibles.

Dans certains endroits où nous

souhaitions aller pour dialoguer, nous

n’avons pas pu. Mais nous avons atteint

ceux que nous pouvions et fait

ce qui était à notre portée. Outre les

problèmes du pays, le manque chronique

de moyens a fortement ralenti

le processus. Nous voulons attirer l’attention

du CPT sur le fait que, malgré

le fait que beaucoup de gens soient

d’accord avec le contenu du projet

de Constitution, la réalisation d’un

référendum direct n’a pas fait l’unanimité.

Bon nombre d’organisations et

de personnalités de la société estiment

qu’une Assemblée constituante devrait

travailler sur le projet de Constitution

alors qu’une autre catégorie moins

importante en nombre pense qu’on ne

devrait pas changer la Constitution de

1987 dans le contexte actuel. Étant

donné que nous avons été mandatés

par le CPT, nous l’invitons à décider de

la présentation en référendum, comme

le prévoit le décret. »

(A suivre)

C.C

8 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


This week in Haiti

Dessalines’ Assassination and the

Rise of the Affranchi State

The assassination of Emporer Jean-Jacques Dessalines as rendered by

Jean-Claude Sevère: “Dessalines’ assassination was not merely a change

of leader. It produced three structural shifts.”

by Kervens Louissaint

The triumph of Haiti’s first revolution

resulted from the union of two distinct

classes.

The first was Haiti’s freedmen

(affranchi), whose foremost

political leaders included Alexandre

Pétion and Henri Christophe. This

class generally owned landed property,

but because many of its members

were the children of slave owners and

slave mothers, they did not enjoy all

the rights of French citizenship. Hence

their primary demand was for “égalité”

(equality).

The other group, much larger,

was the masses of former slaves,

the bossalles, many of them born in

Africa, whose foremost leader was

Jean-Jacques Dessalines. Either they,

their parents or grandparents had been

enslaved, and, with Napoleon seeking

to reestablish slavery a decade after

its 1793 abolition in the colony of St.

Domingue, their principal call was for

“liberté” (freedom).

Dessalines proclaimed Haiti’s

independence from France on Jan.

1, 1804, but just over two years later,

through a wide-ranging conspiracy, on

Oct. 17, 1806, the affranchi leaders

assassinated Dessalines, which dramatically

changed Haiti’s course.

Dessalines had challenged

the affranchi’s power, primarily

through his nationalization of land.

His guiding principle was: land belongs

to its tiller.

From the affranchi coup

d’état, two ruling classes emerged. The

grandon, or big landowners, and the

comprador bourgeoisie, which controlled

the import and export of goods

to and from Haiti.

Peasants worked the land,

paying a tithe to the grandon, much

like medieval European serfs paid their

nobility. The comprador bourgeoisie

then marketed those products to the

world capitalist system. Hence Haiti’s

system was known as semi-feudalism.

For this reason, Dessalines’

assassination was not merely a change

of leader.

shifts:

It produced three structural

1. Dissociation between

popular sovereignty and the state apparatus.

2. Privatization of power by

A Haitian peasant worked like a

medieval European serf under the

semi-feudalism guarded by the

Affranchi State.

politico-military factions.

3. Establishment of permanent

internal competition for control of

the State.

This was not an ordinary

political transition, but a transformation

of the principle of legitimacy —

a civilizational turning point. Power

ceased to be based on insurgent unity

and became based on institutional control.

The people were no longer

their own masters. They became administered.

Even if the regimes differed,

the underlying semi-feudal structure

remained the same: the state began to

exist to preserve this system, and give

The children of the now ruined peasantry work as factory workers in

Haiti’s assembly industries, defended by the Affranchi State.

Photo: The New York Times

advantages to whichever ruling class

rival – grandon or comprador – held the

Presidential Palace.

Under Dessalines, coercion

was justified by national survival

against hostile colonialist empires.

After 1806, it became administrative.

Power collected, organized, and disciplined

— without relying on continuous

popular mobilization. The implicit

contract was transformed: legitimacy

no longer stemmed from active sovereignty,

but from the capacity for governance.

1804: the people were the

source of legitimacy. 1806: the people

became the object of governance. This

is where the matrix of the semi-feudal

bourgeois state is born. I call it the Affranchi

State.

The indemnity imposed by

France in 1825 does not create this

matrix. It consolidates and locks it in.

It reinforces external dependence and

the centrality of customs revenues. The

State learns to survive through international

flows rather than through a

broadened domestic productive base.

The less it depends fiscally on the people,

the less it owes them politically.

Changes of presidents, coups

d’état, and civil wars do not alter this

architecture. The State becomes a prize

to be captured. Control of power guarantees

access to resources. In a fierce

rivalry, the grandon and comprador

fought for primacy, which conferred

advantages to whichever faction held

State power. Society remains peripheral

to the decision-making structure.

This is not a problem of race.

This is not a regional problem. Black,

mulatto, military, and civilian leaders

have succeeded one another. The

constant variable is not skin color. It is

structural. The Affranchi State could be

administered by actors from any and all

social strata, but it served the interests

only of the grandon and the comprador.

What matters is adherence to the

model.

In the 20 th century, the U.S.

occupation did not create the matrix. It

rationalized it, by increasing centralization

and bureaucratic institutionalization.

The U.S. Marines strengthened

the administrative center and conferred

more political power and trust to the

ruling class’ comprador faction. (There

were both economic and racist reasons

for this favoritism.) The form evolved,

the logic persists: the State became

more divorced from the popular masses.

In contemporary times, international

financial dependence prolongs

this configuration: external aid,

remittances from the diaspora, predominance

of customs revenue. The

State still does not primarily rely on

a broad national productive tax base.

It can therefore survive despite popular

distrust. Function despite territorial

fragmentation. Publish macroeconomic

indicators while society crumbles.

This is not the absence of a

State. It is a detached State.

Ultimately, the Affranchi

State is a political apparatus that, after

1806, ceased to be the direct expression

of an insurgent popular sovereignty

and began to reproduce itself

independently of it. It can change

its leaders. Change its constitution.

Change its ideology within feudal and

bourgeois parameters (e.g. Duvalier vs.

Déjoie). But it retains one constant: it is

not structurally dependent on the permanent

fiscal and productive consent

of the Haitian people.

The North-South divide following

Dessalines’ assassination was

the visible symptom. The ontological

rupture, however, was invisible. Since

1806, the foundation of legitimacy, the

relationship with the people, and the

mode of power reproduction have been

transformed. This matrix runs through

the 19 th century, the U.S. occupation,

authoritarian regimes, fragile democracy,

and the contemporary period.

In the past 57 years, since

the visit of Nelson Rockefeller in 1969,

the grandon have gradually begun to

disappear. In the 40 years since Jean-

Claude Duvalier’s fall in 1986, their

demise has accelerated. Haiti is no lon-

Haiti Has a Special

Place in World History

Declaration to Haitians and Their Diaspora

During Black History Month

by Jocelyn Gay

Haiti is humanity’s mother of freedom.

Ayiti Boyio Kiskeya, aka Haiti,

founded a nation to be a refuge

from the crimes perpetrated and trauma

created by empires claiming to be

civilized: Spain and France started, followed

by the constant interference of

England, Germany, and later the USA

and Canada, and next-door neighbor

the Dominican Republic, to name only

those.

The blood, sweat and tears

of Ayiti’s citizens and their descendants

from Kemet/Africa created a nation

where all human beings could live in

dignity away from slavery and white

supremacy. However, these predators

never gave up on laying claim to this

piece of real estate that made them

filthy rich for centuries and still decades

later after Ayiti declared her independence

in 1804.

Ayiti is still owed money

from France for having been forced to

pay her the extortion sum of 112 millions

of francs (US$21 billion) from

1825 to 1947 for refusing to remain

enslaved. Then, money is also owed

to Ayiti by the USA because that country

stole Ayiti’s gold reserves in 1914.

Both of these empires relished calling

Ayiti “the poorest country of the Western

Hemisphere” while they were and

still are the first gangsters which

robbed her.

The history is clear. Ayiti

has been victimized since the Africans

and their descendants founded this

ger an agricultural neocolony surviving

off the toil of its peasant serfs (deux

moitiés). It has been converted into a

giant prison camp for wage-slave labor

assembling clothing and electronics for

the U.S. empire.

The comprador bourgeoisie,

in its vast majority, no longer sells

overseas the cheap coffee, sugar, cacao,

cotton, sisal, and bananas that

the peasantry once produced. Instead,

it taps the inexpensive labor power of

the peasantry’s children and grandchildren,

a teeming proletariat and

lumpen-proletariat who live in the cities’

vast slums to work in the “transformation

industries,” putting together

duty-free merchandise exclusively

for export. Only the labor comes from

and stays in Haiti.

nation while fighting for their freedom

from slavery and debunking the myth

of white supremacy in the process.

Since her children are not RESIGNED

VICTIMS, they demand:

1.) The immediate return of all

Haitian assets stolen from Ayiti by enslaving

empires and imperialists like

France and the USA;

2) Historical recognition and reparations

from Spain for the genocide

perpetrated on the Tainos in 1492;

3) The stopping of all interference

of foreign countries in Ayitian

affairs, Ayiti being a sovereign nation;

4) The elimination of all current

debts incurred by Ayitian leaders not

chosen by Ayiti;

5) The blockage of all weapons

and illicit substances entering the sovereign

territory of Ayiti to sustain terrorism;

6) An end to mistreatment of Ayitian

nationals traveling and/or residing

abroad;

7) An end to referring to Ayiti

as the poorest country of the Western

Hemisphere while the nation has been

deliberately impoverished to enrich

greedy genocidal empires. Ayitishould

be referred to as “The Mother of Freedom.”

Ayiti’s history can never be

erased and forgotten by all humans

who know what value is. It is a shining

example of the enduring courage

that remains in humans faced with

constant attacks from cowardly predators.

Long Live Ayiti, Mother of Freedom

Therefore, today, Haiti’s

comprador bourgeoisie is a contractor

for U.S. imperialism and hence the

sole master of the Affranchi State. De

facto Prime Minister Alix Didier Fils-

Aimé is its archetypal representative.

It is not a question of color.

Nor a regional issue. The Affranchi

State has a specific architecture. As

long as the architecture remains, the

actors change, but the logic persists.

The Affranchi State was born

of a rupture. It became a structure. And

it continues to adapt, serve its foreign

masters, and reproduce.

But, the affranchi must beware,

and they know it, running to

their masters. The descendants of the

bossalles, Dessalines’ children and

avengers, are once again rising.

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

9


Á MUNICH, L’EUROPE APPLAUDIT

Par Roland Marounek, José Antonio Egido et

Daniel Garcia

la Conférence de sécurité de

Á Munich, le samedi 14 février

2026, le secrétaire d’État américain

Marco Rubio a exposé avec une brutalité

et une clarté saisissantes la nature

profondément raciste, impérialiste

et belliqueuse d’une idéologie de

la classe dirigeante de Washington,

porteuse de menaces graves pour

l’humanité.

Rubio ressort les poncifs

de l’impérialisme américain :

Un anticommunisme virulent, aux

accents rappelant les années 1930,

où le socialisme est désigné comme

l’« empire du mal », enfermé derrière

un supposé « mur infâme ».

Une idéalisation du passé colonial

européen, marqué par l’exploitation,

l’esclavage et la répression,

présenté comme une épopée

civilisatrice : « pendant cinq siècles

l’Occident n’a cessé de s’étendre »,

« la plus grande civilisation de

l’histoire de l’humanité ».

La revendication d’une idéologie

ancienne, forgée dès 313 de

notre ère comme ciment de domination

impériale : la « foi chrétienne »,

érigée en lien prétendument naturel

entre l’Europe et les Etats-Unis.

Il expose sans détour son

projet de recolonisation du

monde : La reconstitution d’une

« chaîne d’approvisionnement »

mondiale, c’est‐à-dire l’organisation

méthodique de l’acheminement des

ressources planétaires au profit de

l’oligarchie financière et industrielle

américaine.

Il affiche sa volonté de détruire

le droit international pour

lui substituer la loi brutale de

l’empire : Les Nations unies ne

joueraient « aucun rôle », tandis que

le droit international serait réduit à

de simples « abstractions » faisant

obstacle à une ambition impériale

sans limite.

Il revendique la restauration

d’une domination coloniale

remise en cause après 1945 :

Selon lui, « les grands empires

occidentaux étaient entrés dans un

déclin », accéléré par les révolutions

communistes et les mouvements

anticoloniaux.

Il exige des alliés impitoyables

et dociles, prêts à

suivre cette logique de confrontation

: « Nous ne voulons pas

d’alliés faibles. »

Il assume une vision du

monde où des populations entières

sont vouées à être sacrifiées

: Le rejet de tout « État‐providence

mondial » légitime la faim,

les guerres et les pandémies comme

instruments de domination.

Enfin, il cherche à flatter

les impérialistes européens tout

en dissimulant son exigence de

soumission : Derrière le discours

selon lequel « les Etats-Unis et l’Europe

ne font qu’un », se cache le

mensonge d’une prétendue « Europe

forte », appelée en réalité à s’aligner

et à s’agenouiller.

La Conférence de sécurité de Munich, le samedi 14 février 2026

One time use only. Cannot be used in conjunction with any other coupon or

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coupon at the time of sale.

Quelques extraits de cette

conférence :

Sous la présidence de Trump,

les États-Unis d’Amérique s’attelleront

à nouveau à la tâche du renouveau

et de la restauration, animés

par la vision d’un avenir aussi fier,

aussi souverain et aussi vital que le

passé de notre civilisation. Et bien

que nous soyons prêts, si nécessaire,

à le faire seuls, nous préférons

et nous espérons le faire avec vous,

nos amis ici en Europe.

Pour les États-Unis et l’Europe,

nous sommes faits l’un pour

l’autre. L’Amérique a été fondée il

y a 250 ans, mais ses racines ont

commencé ici, sur ce continent, bien

avant. Les hommes qui ont colonisé

et construit la nation où je suis né

sont arrivés sur nos rivages en emportant

les souvenirs, les traditions

et la foi chrétienne de leurs ancêtres

comme un héritage sacré, un lien

indéfectible entre l’ancien et le nouveau

monde.

Nous faisons partie d’une seule

civilisation, la civilisation occidentale.

Nous sommes liés les uns aux

autres par les liens les plus profonds

que des nations puissent partager,

forgés par des siècles d’histoire commune,

de foi chrétienne, de culture,

d’héritage, de langue, d’ascendance,

et par les sacrifices que nos ancêtres

ont consentis ensemble pour la civilisation

commune dont nous sommes

devenus les héritiers.

C’est pourquoi nous, Américains,

pouvons parfois paraître un

peu directs et pressants dans nos

conseils. C’est pourquoi le président

Trump exige le sérieux et la réciprocité

de la part de nos amis européens.

La raison, mes amis, c’est que

nous nous soucions profondément

de votre avenir et du nôtre. Votre

avenir et le nôtre nous tiennent à

cœur. Et si nous sommes parfois en

désaccord, nos désaccords proviennent

de notre profond sentiment

d’inquiétude à l’égard d’une Europe

avec laquelle nous sommes liés – pas

seulement sur le plan économique,

pas seulement sur le plan militaire.

Nous sommes liés spirituellement et

culturellement. Nous voulons que

l’Europe soit forte. Nous pensons

que l’Europe doit survivre, parce

que les deux grandes guerres du

siècle dernier nous rappellent constamment

qu’en fin de compte, notre

destin est et sera toujours lié au

vôtre, parce que nous savons – (Applaudissements)

– parce que nous

savons que le destin de l’Europe

ne sera jamais sans rapport avec le

nôtre.

(…) le travail de cette nouvelle

alliance ne doit pas se limiter

À Munich, Marco Rubio a démontré que c'est le respect, et non la confr

à la coopération militaire et à la reconquête

des industries du passé.

Elle doit également s’attacher à faire

progresser, ensemble, nos intérêts

mutuels et nos nouvelles frontières,

en libérant notre ingéniosité, notre

créativité et notre esprit dynamique

pour construire un nouveau siècle

occidental. Les voyages spatiaux

commerciaux et l’intelligence artificielle

de pointe, l’automatisation

industrielle et la fabrication flexible,

la création d’une chaîne d’approvisionnement

occidentale pour les

minerais essentiels qui ne soit pas

vulnérable à l’extorsion par d’autres

puissances, et un effort unifié pour

rivaliser pour des parts de marché

dans les économies du Sud global.

Ensemble, nous pouvons non

seulement reprendre le contrôle de

nos propres industries et chaînes

d’approvisionnement, mais aussi

prospérer dans les domaines qui

définiront le XXIe siècle (…)

Nous ne pouvons plus placer

le soi-disant ordre mondial au-dessus

des intérêts vitaux de nos peuples

et de nos nations (…) [les Nations

unies] n’ont pas pu résoudre

la guerre à Gaza. C’est le leadership

américain qui a permis de libérer les

captifs des barbares et d’instaurer

une trêve fragile (…)

Les Nations unies ont été impuissantes

à limiter le programme

nucléaire des religieux chiites radicaux

de Téhéran. Il a fallu pour cela

14 bombes larguées avec précision

par des bombardiers américains B-2.

L’ONU n’a pas non plus été en mesure

de faire face à la menace que

représentait pour notre sécurité un

dictateur narcoterroriste au Venezuela.

Au lieu de cela, ce sont les forces

spéciales américaines qui ont dû

traduire ce fugitif en justice.

Dans un monde parfait, tous

ces problèmes et bien d’autres encore

seraient résolus par des diplomates

et des résolutions fermement

formulées. Mais nous ne vivons pas

dans un monde parfait, et nous ne

pouvons pas continuer à permettre

à ceux qui menacent ouvertement

et de manière flagrante nos citoyens

et mettent en péril notre stabilité

mondiale de se protéger derrière des

abstractions du droit international

qu’ils violent eux-mêmes régulièrement.

C’est la voie dans laquelle le

président Trump et les États-Unis

se sont engagés. C’est la voie sur

laquelle nous vous demandons, ici

en Europe, de nous rejoindre. C’est

un chemin que nous avons déjà

emprunté ensemble et que nous

espérons emprunter à nouveau ensemble.

Pendant cinq siècles, avant

Un auditoire « conquis » qui applaudit debout (Capt

la fin de la Seconde Guerre mondiale,

l’Occident s’est développé – ses

10 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


LE NOUVEAU COLONIALISME !

ontation, qui forge les alliances.

ure d’écran)

missionnaires, ses pèlerins, ses soldats,

ses explorateurs ont quitté ses

rivages pour traverser les océans,

coloniser de nouveaux continents,

bâtir de vastes empires s’étendant

sur toute la planète.

Mais en 1945, pour la première

fois depuis l’ère de Christophe Colomb,

elle se contracte. L’Europe est

en ruine. La moitié d’entre elle vivait

derrière un rideau de fer et le reste

semblait sur le point de suivre. Les

grands empires occidentaux étaient

entrés en phase terminale de déclin,

accéléré par les révolutions communistes

impies et par les soulèvements

anticoloniaux qui allaient

transformer le monde et draper de

la faucille et du marteau rouges de

vastes pans de la carte dans les années

à venir.

Dans ce contexte, alors comme

aujourd’hui, beaucoup en sont

venus à penser que l’ère de domination

de l’Occident avait pris fin

et que notre avenir était destiné à

n’être qu’un faible écho de notre

passé. Mais ensemble, nos prédécesseurs

ont reconnu que le déclin était

un choix, et c’est un choix qu’ils ont

refusé de faire. C’est ce que nous

avons fait ensemble par le passé,

et c’est ce que le président Trump et

les États-Unis veulent refaire aujourd’hui,

avec vous.

C’est pourquoi nous ne voulons

pas que nos alliés soient faibles,

car cela nous affaiblit. Nous voulons

des alliés capables de se défendre

afin qu’aucun adversaire ne soit

jamais tenté de mettre à l’épreuve

notre force collective. C’est pourquoi

nous ne voulons pas que nos alliés

soient entravés par la culpabilité et

la honte. Nous voulons des alliés qui

soient fiers de leur culture et de leur

héritage, qui comprennent que nous

sommes les héritiers de la même

grande et noble civilisation et qui,

avec nous, sont désireux et capables

de la défendre.

C’est pourquoi nous ne voulons

pas d’alliés qui rationalisent le

statu quo brisé au lieu de réfléchir à

ce qui est nécessaire pour le réparer,

car nous, en Amérique, n’avons

aucun intérêt à être les gardiens

polis et ordonnés du déclin géré de

l’Occident. Nous ne cherchons pas

à nous séparer, mais à revitaliser

une vieille amitié et à renouveler la

plus grande civilisation de l’histoire

de l’humanité. Ce que nous voulons,

c’est une alliance revigorée

qui reconnaisse que ce qui a nui à

nos sociétés n’est pas seulement un

ensemble de mauvaises politiques,

mais un malaise de désespoir et

d’autosatisfaction. Une alliance –

l’alliance que nous voulons est une

alliance qui n’est pas paralysée dans

l’inaction par la peur – la peur du

changement climatique, la peur de

la guerre, la peur de la technologie.

Nous voulons au contraire une alliance

qui s’élance avec audace vers

l’avenir. Et la seule peur que nous

ayons est la peur de la honte de ne

pas laisser à nos enfants des nations

plus fières, plus fortes et plus riches.

Une alliance prête à défendre

nos peuples, à sauvegarder nos intérêts

et à préserver la liberté d’action

qui nous permet de façonner

notre propre destin – et non une

alliance qui existe pour gérer un

État-providence mondial et expier

les prétendus péchés des générations

passées. Une alliance qui ne

permet pas que son pouvoir soit externalisé,

limité ou subordonné à des

systèmes échappant à son contrôle ;

une alliance qui ne dépend pas des

autres pour les besoins essentiels

de sa vie nationale ; et une alliance

qui ne maintient pas le prétexte poli

que notre mode de vie n’est qu’un

parmi d’autres et qui demande la

permission avant d’agir. Et surtout,

une alliance fondée sur la reconnaissance

du fait que nous, l’Occident,

avons hérité ensemble – ce que nous

avons hérité ensemble est quelque

chose d’unique, de distinctif et d’irremplaçable,

car c’est là, après tout,

le fondement même du lien transatlantique.

En agissant ensemble de cette

manière, nous ne contribuerons pas

seulement à retrouver une politique

étrangère saine. Elle nous redonnera

une idée plus claire de nous-mêmes.

Nous retrouverons une place dans le

monde et, ce faisant, nous réprimanderons

et dissuaderons les forces de

l’effacement civilisationnel qui menacent

aujourd’hui tant l’Amérique

que l’Europe.

Ainsi, à l’heure où les gros titres

annoncent la fin de l’ère transatlantique,

qu’il soit connu et clair

pour tous que ce n’est ni notre objectif

ni notre souhait – car pour

nous, Américains, notre foyer se

trouve peut-être dans l’hémisphère

occidental, mais nous serons toujours

un enfant de l’Europe. (Applaudissements).

Notre histoire a commencé

avec un explorateur italien dont

l’aventure dans le grand inconnu

pour découvrir un nouveau monde

a apporté le christianisme aux

Amériques – et est devenu la légende

qui a défini l’imagination de notre

nation pionnière.

Nos premières colonies ont

été bâties par des colons anglais, à

qui nous devons non seulement la

langue que nous parlons, mais aussi

l’ensemble de notre système politique

et juridique. Nos frontières ont

été façonnées par les Écossais-Irlandais,

ce clan fier et chaleureux des

collines de l’Ulster qui nous a donné

Davy Crockett, Mark Twain, Teddy

Roosevelt et Neil Armstrong.

Notre grand cœur du Midwest

a été construit par des agriculteurs

et des artisans allemands qui ont

transformé des plaines vides en une

puissance agricole mondiale – et qui,

au passage, ont considérablement

amélioré la qualité de la bière américaine.

(Rires.)

Notre expansion vers l’intérieur

des terres a suivi les traces

des commerçants de fourrures et des

explorateurs français dont les noms,

soit dit en passant, ornent encore

les panneaux de signalisation et les

noms de villes dans toute la vallée

du Mississippi. Nos chevaux, nos

ranchs, nos rodéos – tout le romantisme

de l’archétype du cow-boy qui

est devenu synonyme de l’Ouest

américain – sont nés en Espagne.

Et notre ville la plus grande et la

plus emblématique s’appelait New

Amsterdam avant de s’appeler New

York.

Et savez-vous que l’année

où mon pays a été fondé, Lorenzo

et Catalina Geroldi vivaient à Casale

Monferrato, dans le royaume de

Piémont-Sardaigne. Jose et Manuela

Reina vivaient à Séville, en Espagne.

Je ne sais pas ce qu’ils savaient, le

cas échéant, des 13 colonies qui

avaient obtenu leur indépendance

de l’empire britannique, mais ce

dont je suis certain, c’est qu’ils n’auraient

jamais pu imaginer que 250

ans plus tard, le monde de l’Europe

allait devenir une réalité : Ils n’auraient

jamais pu imaginer que, 250

ans plus tard, l’un de leurs descendants

directs serait de retour sur ce

continent en tant que diplomate en

chef de cette jeune nation. Et pourtant,

je suis là, à qui ma propre histoire

rappelle que nos histoires et

nos destins seront toujours liés.

Ensemble, nous avons reconstruit

un continent brisé au lendemain

de deux guerres mondiales

dévastatrices. Lorsque nous nous

sommes retrouvés à nouveau divisés

par le rideau de fer, l’Occident

libre s’est associé aux courageux

dissidents qui luttaient contre la tyrannie

à l’Est pour vaincre le communisme

soviétique. Nous nous

sommes battus les uns contre les

autres, puis réconciliés, puis battus,

puis réconciliés à nouveau. Et nous

avons saigné et sommes morts côte

à côte sur les champs de bataille, de

Illustration publiée dans India Today

Kapyong à Kandahar.

Je suis ici aujourd’hui pour

vous dire clairement que l’Amérique

trace la voie d’un nouveau siècle

de prospérité et qu’une fois de plus,

nous voulons le faire avec vous, nos

alliés les plus chers et nos amis les

plus anciens. (Applaudissements).

Nous voulons le faire avec

vous, avec une Europe qui est fière

de son patrimoine et de son histoire

; avec une Europe qui a l’esprit de

création de la liberté qui a envoyé

des navires sur des mers inexplorées

SCAN TO APPLY NOW.

et qui a donné naissance à notre civilisation

; avec une Europe qui a les

moyens de se défendre et la volonté

de survivre. Nous devons être fiers

de ce que nous avons accompli ensemble

au cours du siècle dernier,

mais nous devons maintenant affronter

et saisir les opportunités d’un

nouveau siècle – parce qu’hier est

révolu, que l’avenir est inévitable

et que notre destin commun nous

attend. Je vous remercie. (Applaudissements).

Investig’Action 20 Février 2026

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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

11


Perspectives

Le gouvernement américain s’acharne à persécuter

l’étudiante Leqaa Kordia

Par Sam Judy

Leqaa Kordia, emprisonnée

depuis près d’un an, vient d’être hospitalisée

suite à une crise d’épilepsie.

Sa famille et ses avocats affirment

qu’on lui fait subir des conditions de

plus en plus difficiles pour la punir de

son activisme en faveur de la Palestine

et de sa foi.

L

’hospitalisation, puis la disparition

de la dernière manifestante

de l’université Columbia ne sont que

les derniers signes de la détérioration

des conditions de sa détention. Alors

qu’elle approche d’une année entière

de détention, Leqaa Kordia, 33 ans,

manifestante de Columbia et défenseuse

des droits humains palestiniens,

a disparu pendant plus de 72 heures

alors qu’elle était sous la garde de

l’ICE, à la suite d’un incident médical

vendredi dernier.

Le 6 février, Kordia a été

hospitalisée à la suite d’une crise,

probablement causée par un

traumatisme crânien, dans les toilettes

du centre de détention. Il a fallu

attendre plus de 24 heures pour avoir

la confirmation de son hospitalisation

; et encore deux jours avant que

l’emplacement de l’hôpital ne soit

divulgué à un journaliste du Dallas

Morning News, sans aucune condition,

alors même que le DHS avait refusé

de communiquer l’emplacement de

l’hôpital aux avocats et à la famille

en invoquant des « risques pour la

sécurité ».

« L’ICE a refusé de fournir des

informations sur le lieu où elle était

détenue, sur son état de santé et sur

son pronostic vital, et n’a rien dit non

plus à sa famille. Imaginez la terreur

et la panique qu’on peut ressentir

en apprenant qu’un être cher vient

d’avoir une crise d’épilepsie alors qu’il

est détenu par l’ICE ! Ces 72 heures ont

donc été incroyablement stressantes

et douloureuses pour sa famille », a

déclaré Travis Fife, du Texas Civil

Rights Project et de l’équipe de soutien

de Kordia, à Mondoweiss, après le

retour en détention de cette dernière.

« Il ne s’agissait pas d’un problème

médical accidentel. C’était le résultat

de 11 mois de privations quotidiennes

pendant lesquels Leqaa a été détenue

de manière anticonstitutionnelle par

l’ICE. » Travis Fife, Texas Civil Rights

Project

Avant son hospitalisation, Kordia

s’était plainte de plusieurs symptômes,

notamment de la fièvre, des

vertiges et des troubles cognitifs, probablement

dus à la malnutrition. Hamzah

Abushaban, le cousin de Kordia,

venu de Miami, en Floride, pour lui

rendre visite à Dallas, l’a rencontrée

seul le dimanche précédent et a témoigné

qu’elle était « mal nourrie » et «

très malade ».

Le centre de détention de Prairieland à Alvarado, au Texas, est géré

par LaSalle Corrections et sert de point de transit pour les personnes

détenues par l’ICE à travers le pays.

Dans une interview accordée à

Mondoweiss, Abushaban a déclaré

que, du fait de son franc-parler et de

son ardeur à défendre les autres, sa

cousine était de plus en plus mal traitée.

« C’est une personne très altruiste

», a déclaré Abushaban. « Chaque fois

qu’il y a une injustice à la prison, elle

dit : « ce n’est pas normal », que ce soit

pour la nourriture ou d’accès aux tablettes

[informatiques], elle s’exprime,

même si cela ne la concerne pas personnellement.

Et le lendemain, comme

par hasard, il lui arrive quelque chose

de mal… Je pense que c’est une forme

de représailles. »

Le centre de détention de Prairieland

à Alvarado, au Texas, où Kordia

se trouve depuis peu après son arrestation

par le DHS le 13 mars 2025,

serait surpeuplé, aurait des problèmes

de plomberie et d’insalubrité alimentaire

et, comme l’a affirmé Kordia, les

dortoirs sont infestés de cafards. Elle

a souffert d’éruptions cutanées et de

diverses maladies et elle présente des

symptômes de malnutrition depuis son

incarcération. Elle s’est également vu

refuser des aménagements religieux en

tant que femme musulmane.

Le DHS/ICE n’a pas répondu

aux demandes de commentaires.

Le centre de détention Prairieland

à Alvarado, au Texas, est géré

par LaSalle Corrections et sert de lieu

de transfert pour les détenus de l’ICE

dans tout le pays. Les détenus de cet

établissement ont signalé des problèmes

de plomberie, de surpopulation,

d’hygiène médiocre et de nourriture de

mauvaise qualité. (Photo : Sam Judy)

De plus en plus isolée

Avant sa disparition, le vendredi

30 janvier, Kordia s’était vu refuser

la visite de deux députés démocrates

du Texas, Abushaban et Salam Bhojani,

qui s’étaient présentés au centre

de détention de Prairieland. À leur arrivée,

la police d’Alvarado, y compris

son chef, les attendait avec jusqu’à

huit véhicules dans le parking. Après

avoir interrogé les deux hommes, la

police a déclaré que les visites au centre

de détention étaient annulées pour

une durée indéterminée, sans fournir

d’explication.

Kordia, qui était malade de la

grippe, a été informée en même temps

que les visites étaient annulées, bien

qu’il y ait encore des visites, selon elle.

Le personnel du centre de détention a

déclaré à Kordia qu’il y avait des restrictions

en raison de la présence de «

plus de 200 manifestants à l’extérieur

» à ce moment-là. En réalité, il y avait

moins de dix personnes à l’extérieur,

toutes membres de la famille ou membres

des équipes de Kordia ou de Bhojani.

Kordia est en détention depuis

plus de 330 jours. Elle attend actuellement

une décision sur une requête en

habeas corpus, déposée à la mi-septembre,

ainsi qu’une décision finale

sur sa caution, qu’un juge avait déjà

ordonnée avant l’appel du DHS.

L’équipe de soutien de Kordia, dirigée

conjointement par le Texas Civil Rights

Project, Muslim Advocates et CLEAR,

a tenu une conférence de presse après

la violation de son droit de visite. «

C’est comme les camps d’internement

japonais, où les personnes d’un même

pays sont prises pour cible. La religion

de Leqaa et [ses liens avec] la Palestine…

c’est pour cela qu’elle est prise

pour cible. C’est évidemment injuste,

et nous ne devons pas l’accepter. Si

quelqu’un est pris pour cible, cela signifie

que n’importe lequel d’entre nous

peut l’être. »

Salman Bhojani, représentant de

l’État du Texas, s’adressant à Mondoweiss

au sujet de la persécution de Leqaa

Kordia par le gouvernement américain.

Le député Bhojani fait partie des

nombreux législateurs qui, au niveau

fédéral comme au niveau des États,

réclament la libération de Kordia. Plus

de trente autres élus se sont prononcés

contre son maintien en détention dans

des lettres rédigées par le représentant

Cory Booker et le représentant Bhojani

lui-même.

En l’absence de Kordia, sa famille

a dû faire face à des difficultés accrues,

notamment en ce qui concerne

la prise en charge de son frère handicapé

et le soutien financier qu’elle apportait

grâce à son emploi de serveuse.

« Nous tenons parfois nos amis et

notre famille pour acquis », a déclaré

Abushaban. « Mais lorsque vous retirez

de la société une personne aussi

sereinement efficace que Leqaa, cela a

un impact énorme. »

Ciblée par le gouvernement

américain

Abushaban a souligné que le

gouvernement avait pris Kordia pour

cible avec, pour preuve, la brève chasse

à l’homme que la police a menée à

l’échelle nationale en mars dernier,

pour la retrouver. La police est même

Le cousin de Kordia, Hamzah

Abushaban, photographié ici lors

d’une interview dans le centreville

de Dallas, a pris le rôle de

porte-parole de la famille pour

dénoncer sa détention.

(Photo : Sam Judy)

venue chez lui, à Miami. « Je suis dans

la voiture avec mon manager, et un

numéro commençant par 201 n’arrête

pas d’appeler. Je le refuse, encore, encore

et encore. Et mon manager me dit

: « Mec, je ne pense pas que ce soit un

appel indésirable. Tu devrais répondre

», alors je réponds. Il ne me dit pas :

« Bonjour, je suis untel ». Il me dit : «

Connaissez-vous une certaine Leckay

Carda ? Je réponds : « Vous vous êtes

trompé de numéro, mec. » Et il raccroche

», raconte Abushaban.

« Après, je reçois une notification

m’informant qu’il y a des gens devant

chez moi. Je regarde la caméra et je vois

un groupe de types en tenue ordinaire,

en jeans, rien qui indique qu’ils sont de

la police, à part leurs grosses plaques

d’identité. Mon père n’est pas un

criminel, je ne suis pas un criminel, ma

mère n’est pas une criminelle. Je vis

avec mon petit frère, et ma petite sœur

était à la fac de médecine. On est tous

discrets, rien d’extravagant. Je me dis :

« Pourquoi quatre types frappent à ma

porte à huit heures du soir ? » C’était

donc une chasse à l’homme à l’échelle

nationale. »

Pendant que des agents rendaient

également visite à la mère de

Kordia dans le New Jersey, des agents

du DHS ont été envoyés à Miami pour

savoir si sa famille cachait Kordia ou

savait où elle se trouvait. Après l’arrestation

de Kordia, le compte bancaire

de la famille a été brièvement gelé en

raison de paiements effectués à des

membres de la famille en Palestine.

Abushaban affirme que seule la menace

d’une action en justice lui a permis

de retrouver l’accès aux comptes.

« Elle se bat simplement pour sa

propre liberté et celle de la Palestine.

Et c’est toujours son combat. Elle sait

que sa petite victoire personnelle, qui

consiste à sortir de prison ou à attirer

l’attention sur cette affaire, est aussi une

victoire pour la liberté de la Palestine

à terme. Je pense que c’est ce qui lui

permet de garder sa santé mentale, et

c’est sa priorité… Elle ne s’est jamais

vraiment considérée comme une

militante. Elle veut simplement que

nous ayons les mêmes droits que tous

ceux qui vivent sur cette terre. »

Hamzah Abushaban, cousin de

Leqaa Kordia, à propos de son statut

de prisonnière politique. Lorsque les

agents ont déclaré que « New York » la

« recherchait », Abushaban a supposé

que Kordia avait manqué une audience

au tribunal pour un délit mineur lié à

une manifestation. Puis la famille a

découvert qu’il s’agissait de son statut

d’immigrante. « C’est là qu’il est devenu

très évident, très clair, que le seul

crime qu’elle avait commis était d’être

palestinienne et de parler de la Palestine

», a déclaré Abushaban.

Fife affirme que le gouvernement

cible « avec détermination et

sans aucun doute possible » Kordia et a

souligné l’utilisation par l’État de sites

sionistes de doxxing [1] dans le cadre

d’un effort concerté visant à traquer les

personnes qui soutiennent la Palestine,

notamment Kordia.

« Non seulement le DHS a publié

un tweet à son sujet en la qualifiant

d’anti-américaine, mais il a également

admis – comme l’ont précisé des hauts

responsables du DHS dans une affaire

au Massachusetts – qu’il s’appuyait sur

des sites web tels que Betar et d’autres

sites de propagande sioniste pour identifier

les personnes sympathisantes de

la cause palestinienne. »

« Il n’a jamais été aussi urgent de

demander sa libération »

La famille et l’équipe juridique

de Kordia, indignés par ses récents

problèmes de santé et sa disparition,

ont renouvelé et élargi leurs appels

en faveur de sa libération. Dans une

déclaration publiée le 9 février après

le retour de Kordia en détention,

Abushaban souligne le danger que

court toujours Kordia.

« Bien que nous soyons soulagés

que Leqaa soit sortie de l’hôpital, nous

ne savons toujours pas comment elle

va, ni ce qui lui est arrivé au cours des

trois derniers jours. Elle est maintenant

contrainte de retourner vivre dans les

conditions cauchemardesques de la

détention de l’ICE qui l’ont conduite à

l’hôpital. Il n’a jamais été aussi urgent

de demander sa libération », a déclaré

Abushaban au nom de la famille.

Sadaf Hasan, un autre membre

Leqaa Kordia -

Photo : via Mondoweiss

de l’équipe juridique de Kordia, a déclaré

que sa disparition était « tout à

fait conforme aux méthodes utilisées

par l’ICE » pour « isoler, dissimuler et

punir toute personne qui lui déplaît

». Fife a déclaré que ces évènements

permettent de comprendre « à la fois

l’inhumanité du traitement infligé à

Leqaa en détention et le traumatisme

émotionnel causé par la séparation familiale

».

Les inquiétudes concernant la

santé de Kordia sont plus grandes que

jamais. Même dans une interview accordée

quelques jours avant l’hospitalisation

de Kordia, Fife a décrit son état

de santé comme sa principale préoccupation.

Fife s’attend toutefois à de nouvelles

difficultés avec l’arrivée du mois

sacré du ramadan, vers le 18 février.

« Je suis inquiet parce qu’elle

souffre déjà de malnutrition avant

même le début du ramadan. Comment

va-t-elle pouvoir pratiquer sa religion ?

», a déclaré Fife à Mondoweiss. « Elle

souffre énormément de la faim, même

sans respecter le calendrier de jeûne

plus strict imposé par le ramadan. »

La libération sous caution de

Kordia continue d’être entravée par

les appels juridiques du DHS, mais sa

demande de libération par voie d’habeas

corpus [2] suit son cours, et son

équipe affirme que le juge pourrait

toujours ordonner sa libération à tout

moment. « Répondre aux appels téléphoniques,

répondre aux demandes de

commentaires de la presse, faire face à

la pression publique, vous savez, c’est

une lourde charge supplémentaire »,

a déclaré Fife. « Les mesures d’application

de la loi en matière d’immigration

se sont terriblement renforcées et

c’est évidemment très inquiétant. Mais

l’énorme opposition publique à ces mesures

a, je pense, vraiment amené les

gens à remettre en question certaines

idées fondamentales concernant le

pouvoir que nous avons accordé au

DHS et à l’ICE, en particulier en tant

qu’agence subsidiaire du DHS. »

Notes :

[1] Le doxing, ou doxxing, comme

il est parfois orthographié, est le fait

de révéler sur Internet des informations

permettant d’identifier quelqu’un. Ces

informations sont ensuite diffusées

dans le public, le tout sans la permission

de la victime.

[2] Le habeas corpus est un principe

juridique fondamental qui protège

la liberté individuelle en permettant à

un individu de contester la légalité de

sa détention devant un tribunal.

* Sam Judy est un journaliste

d’investigation basé à Dallas, au Texas.

Il écrit généralement des articles

consacrés à la justice pénale, aux droits

civiques et à la montée continue du

fascisme aux États-Unis.

Mondoweiss 10 février 2026

Traduction Dominique Muselet

Chronique de Palestine

15 février 2026

12 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


Perspectives

Tchad: la Cendrillon des colonies françaises

(4 ème partie)

Par Alexandra Panaguli

Opacité et doubles standards. Il est plus

que temps de parler du rôle néfaste et

continu de l’ancienne puissance coloniale

au Tchad. “Opacité” est le mot employé

par Saleh Kebzabo à la correspondante

de RFI (Radio France Internationale) et

AFP (Agence France-Presse) Sonia Rolley

en 2007. Il était alors opposant sous

Déby père, avant d’être nommé premier

ministre par Déby fils...

« Déby [père] a été pratiquement

convoyé au Tchad par des éléments français,

il bénéficie de ce soutien français et

il a des rapports particuliers avec le président

Chirac [bientôt remplacé par Sarkozy],

explique-t-il. Or, on sait que ce sont

des relations privilégiées qui l’emportent

sur des relations d’Etat à Etat. Ce que je

reproche à ce système, c’est son opacité,

argumente-t-il. Ça pose un réel problème

de démocratie, y compris en France. Ça

veut dire que tout un pan de la politique

étrangère française est tenu sous le sceau

du secret, que même les parlementaires

n’y ont pas accès [...] Qu’après cinquante

ans, la France soit toujours là à

soutenir des régimes vomis par leur population,

c’est totalement anachronique

et archaïque [...] J’ose espérer que, avec

les élections en France, et au vu de leurs

âges, les nouveaux dirigeants auront une

autre culture que la culture néo-coloniale

»

François-Xavier

Verschave, un économiste français, grand

spécialiste du néocolonialisme, définissait

ainsi la Françafrique: « une nébuleuse

d’acteurs économiques, politiques et militaires,

en France et en Afrique, organisée

en réseaux et lobbies, et polarisée

sur l’accaparement de deux rentes: les

matières premières et l’Aide publique au

développement. La logique de cette ponction

est d’interdire l’initiative hors

du cercle des initiés [je souligne]. Le

système autodégradant se recycle dans

la criminalisation. Il est naturellement

hostile à la démocratie ».

Cela fait penser aux Anglais qui envoient

maintenant illégalement des armes

à Israël dans son génocide contre Gaza à

partir de leur base sur Chypre, le ministère

anglais de la Défense bloquant toutes les

enquêtes parlementaires sur ces activités

[voir Haïti-Liberté https://haitiliberte.

com/de-lindecence-de-celebrer-le-nouvelan-2024/]

Il n’y a «Pas de base légale» pour

intervenir au Tchad a répondu l’attaché de

défense à l’ambassade de France, à Sonia

Rolley, la correspondante de RFI, qui avait

vainement demandé une réponse à plusieurs

officiels. “La France préfère ce flou”

conclut-elle. Cela ne se limite nullement à

ce pays. On l’a compris, le critère de démocratie

n’est appliqué que contre les dits

ennemis de l’Occident – représenté ici par

la France, les Etats-Unis et l’Angleterre –

notamment la Chine ou la Russie.

Ajoutons encore deux aspects accablants.

Les violations des droits humains

et les enfants-soldats. Pour le premier,

rapportons les propos de Ben Taub en reportage

sur place: « Bien que les conseillers

militaires français en poste dans les

avant-postes tchadiens aient été témoins

de violations des droits humains, ils

ne sont pas intervenus, affirmant qu’il

n’était pas de leur responsabilité de s’interposer

entre l’État et son peuple”. Et:

“Au Tchad, le Comité international de

la Croix-Rouge est la seule organisation

internationale à avoir accès aux prisons.

Afin de maintenir l’accès, l’I.C.R.C. garde

confidentielles toutes les atrocités qu’il

constate ».

Ne présentons qu’un événement.

(Nous avons déjà parlé de la répression

d’octobre 2022 quand le fils de Déby a

prolongé de deux ans la période de transition

et où l’armée tchadienne a abattu plus

de 128 protestataires en une journée).

Une manifestation, le 11 juin 2001, devant

l’ambassade de France à N’Djamena,

d’une centaine de femmes de l’Association

Tchadienne pour la Promotion et la

Défense des Droits de l’Homme (ATPDH)

protestant contre les irrégularités de l’élection

présidentielle de Déby père. Jacqueline

Moudeina, une avocate membre de

l’association, a été spécifiquement

visée pour son rôle en faveur des droits

humains, et grièvement blessée par une

grenade – une parmi plusieurs – qu’un

soldat lui avait jetée devant les pieds. Son

état a nécessité un séjour de 15 mois en

hôpital et en centre de réadaptation en

France où elle a reçu l’asile politique suite

à de nombreuses menaces de mort.

L’ATPDH co-fondée par Delphine

Djiraibe, également avocate de droits humains,

lutte contre l’esclavage des enfants.

« La pauvreté et le manque d’instruction

portent de nombreux paysans au Tchad

à vendre leurs enfants pour l’équivalent

d’une dizaine de dollars étatsuniens à

des éleveurs en quête de main-d’œuvre

bon marché pour garder leurs troupeaux,

mais il arrive également que des enfants

soient enlevés sans le consentement de

Ali Bongo Ondimba, 3ème

président du Gabon et encore un

protégé de la France (ici avec

Macron). En août 2023 coup d’état

a mis fin au règne de la famille

Bongo au pouvoir depuis plus d’un

demi siècle, avec 39 propriétés en

France, 70 comptes bancaires et 9

voitures de luxe alors qu’un tiers

de la population vit avec moins de

5,50 dollars par jour.

leurs parents. Les enfants n’accomplissant

pas leurs tâches à la satisfaction des

éleveurs sont battus, voire assassinés ».

Un autre secteur important couvert

par l’ATPDH concerne les enfants illégalement

recrutés dans l’armée, ce qui a

valu le plus de menaces contre Jacqueline

Moudeina qui a des preuves que les enfants

sont entrainés dans des garnisons

dans le désert du Bourkou-Ennedi-Tibesti,

et à Moussoro, à quelque 150 km au

nord de la capitale où nous avons subi un

contrôle d’identité sévère.

La journaliste française Sonia Rolley,

elle, a longuement examiné la question

des enfants-soldats, et la position

totalement hypocrite de la France auxquelles

elle consacre un chapitre de sept

pages intitulé “Tabou” dans son livre

“Retour du Tchad” (2010) . Le pire est

que l’Unicef, censé protéger les enfants

dans le monde entier, joue pleinement le

jeu de camoufler la présence de centaines

d’enfants dans l’armée gouvernementale

tchadienne – 10.000 est un chiffre avancé

par l’ONU même!

Le recrutement d’enfants dans l’armée

est considéré comme crime de guerre

par la Cour pénale internationale. Le

Congrès des Etats-Unis a de plus interdit

en 2008 d’envoyer de l’aide militaire aux

pays utilisant des soldats-enfants. Admettant

implicitement le problème, Obama a

usé de la même exception. Il “a obtenu

une dérogation pour le Tchad, arguant

qu’il était ‘dans l’intérêt national’ des

États-Unis de former et d’équiper l’armée

tchadienne”.

Le “flou” dont nous parlions qui

permet aux puissances occidentales de

définir quel régime est démocratique ou

non, ne sert pas seulement aux gouvernements.

“Un ministre tchadien annonce

que le budget n’est pas respecté, que des

armes sont achetées en masse et que le

pays risque de s’endetter pour des années...

Et la Banque Mondiale salue l’effort

de transparence du gouvernement et

affirme qu’il est sur la bonne voie!” rapporte

Rolley suite à une réunion budgétaire

en 2007 entre les ministres tchadiens

et les bailleurs de fond, lesquels, en privé,

parlent du “règne de l’incompétence et de

l’immoralité”.

L’Afrique se rebelle

Nous avons débarqué à N’Djamena

avec un des premiers vols civils autorisés

depuis le coup d’état militaire du

26 juillet 2023 au Niger voisin. Turkish

Airlines avait annulé tous ses vols Istanbul-N’Djamena-Niamey

pendant un mois

et demi. Il n’y avait plus qu’Ethiopian

et Egypt Airlines qui reliaient le Tchad

au reste du monde, et bien entendu Air

France.

Avant le Niger avaient eu lieu des

coups d’Etat au Mali le 24 mai 2021 et

au Burkina Faso le 30 septembre 2022.

Après le Niger, coup d’état au Gabon le 30

août 2023 pour mettre fin au règne de la

famille Bongo au pouvoir depuis plus d’un

demi siècle par des élections frauduleuses,

possédant 39 propriétés en France, 70

comptes bancaires et neuf voitures de luxe

d’une valeur totale de 1,5 million d’euros,

dans un pays très riche en termes de PIB

per capita ($10.149 en 2023) grâce aux

rentrées du pétrole pour une population de

seulement 2,3 millions, mais très pauvre

où un tiers de la population vit toujours

sous le seuil de pauvreté de 5,50 dollars

par jour. Et tous ces pays ont expulsé les

militaires français, tout en accueillant les

mercenaires russes.

La France vient d’annoncer qu’elle

va “drastiquement réduire ses bases militaires”

également au Sénégal et en Côte

d’Ivoire. Tout en précisant qu’elle va accroître

sa coopération dans la région avec

les Etats-Unis. Fatalement, puisque eux

ont réussi à garder une certaine présence.

En juin 2022, le Gabon et le Togo – encore

une ex-colonie française – ont rejoint le

Commonwealth des Nations, reconnaissant

le monarque anglais comme son chef!

Les pays du dit Sud voient l’impuissance

militaire de la France et surtout son

insignifiance politique – tout comme celle

de l’Union européenne – et son hypocrisie

en ce qui concerne l’Ukraine, la Palestine

et ailleurs, et ils sentent où le vent tourne.

Surtout les jeunes générations – y compris

celles des ex-pays coloniaux – qui

soutiennent le renversement de régimes

inféodés à la France. De plus, la Russie,

la Chine et la Turquie n’ont jamais été des

puissances coloniales en Afrique. Il y a

maintenant une forte recrudescence d’intérêt

pour se joindre aux BRICS (Brésil,

Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui

est vu comme le contrepoids de l’arrogant

G7 occidental. L’Iran, l’Arabie saoudite,

les Émirats arabes unis (EAU), l’Éthiopie

et l’Égypte ont officiellement rejoint le

groupe au début 2024, et 34 autres pays

viennent d’en faire la demande. Et, très

important, le groupe essaie de remplacer

le dollar étatsunien dans le système commercial

mondial.

Mais le Tchad reste – jusqu’à présent

– une exception. Le pays le plus

pauvre et le “gouvernement” le plus fragile

de la chaine francophone est l’allié le

plus proche, ou plutôt l’état le plus fermement

encadré par son maître néo-colonial.

À noter cependant que depuis avoir

été assuré de son accession formelle à la

présidence, en mai 2024, Mahamat Déby

a annoncé que le Tchad mettait fin à son

accord de coopération en matière de défense

avec la France, sans annoncer de

date pour les retrait des troupes françaises.

Le ministre des Affaires étrangères, Abderaman

Koulamallah, a qualifié la France

de «partenaire essentiel» mais a déclaré

qu’elle «doit désormais aussi considérer

que le Tchad a grandi, mûri et est un État

souverain très jaloux de sa souveraineté»

Le Tchad doit jouer avec diplomatie.

Dixit Aliou Dia, chef de l’équipe Réduction

des risques de catastrophes et changement

climatique du PNUD en Afrique: « L’incapacité

des gouvernements fragiles à répondre

aux besoins de leur population ou

à assurer une protection face aux difficultés

liées au changement climatique peut

déclencher des frustrations, conduire à

des tensions entre différents groupes ethniques

et religieux au sein des pays et à

une radicalisation politique ».

Et il serait difficile de trouver gouvernement

plus fragile qu’au Tchad. Les

automobilistes ne sont pas autorisés à

s’arrêter dans l’avenue qui longe le palais

présidentiel et autres ministères. Avant

d’embarquer dans l’avion du retour, nous

avons subi un triple contrôle à l’aéroport

de N’Djamena, le dernier au pied même

de l’appareil où les militaires confisquaient

jusqu’à des bouteilles en plastique vides ou

de menues poteries, sans doute pouvant à

leurs yeux servir d’armes! Du jamais vu,

signe de crainte donc de faiblesse.

À l’époque coloniale le pays

n’apportait pas grand-chose aux Français,

à part la production forcée de cotton dans

le sud fertile. Il est nettement plus utile à

l’époque moderne et pas seulement pour

la France.

Donner son sang pour la métropole

Une exception de taille a été la Seconde

guerre mondiale quand le Tchad a

apporté une denrée essentielle à la métropole:

son sang, et le pays est tout à

coup devenu “la clé de notre défense

impériale”, d’après les paroles mêmes de

son gouverneur, Félix Eboué. Le général

Charles Mangin – dit “le Boucher” pour

avoir poussé à la guerre à outrance pendant

la Première guerre mondiale – à qui

on doit le recrutement d’Africains, disait,

lui: “Qui tient le Tchad, tient l’Afrique».

Devant la reddition du gouvernement

français du maréchal Pétain, le (tout

récemment promu) général De Gaulle a

lancé de nombreux appels à la résistance

face aux nazis, ainsi le 22 juin 1940, trois

jours après son arrivée en Angleterre: «La

France n’est pas seule […]. Elle a un

vaste Empire derrière elle !»

Le 30 juillet, depuis Londres, il prononce

à la radio: “Hauts-commissaires !

Gouverneurs généraux ! Gouverneurs !

Administrateurs ! Résidents de nos colonies

et de nos protectorats ! Votre devoir

envers la France, votre devoir envers nos

colonies, votre devoir envers ceux dont

les intérêts, l’honneur, la vie dépendent

de vous, consiste à refuser d’exécuter les

abominables armistices. Vous êtes les

gérants de la souveraineté française actuellement

en déshérence. Déjà plusieurs

d’entre vous se sont unis à moi pour

continuer la guerre aux côtés de nos Alliés

; ceux-là seront secourus. J’en appelle

aux autres. Au besoin, j’en appelle aux

populations».

Dans ses mémoires, il écrit: “C’était

en Afrique que nous, Français, devions

reprendre la lutte […]. Dans les vastes

étendues de l’Afrique, la France pouvait,

en effet, se refaire une armée et une souveraineté”.

Et le Tchad est au cœur de

l’Afrique.

« Le ralliement du Tchad donne

à de Gaulle, un vaste territoire avec des

hommes et des ressources ». Et l’historien

français Jean Lacouture peut écrire:

« Grâce à Eboué, à la fin du mois d’août

1940, de Gaulle a cessé d’être un squatter

sur les rives de la Tamise». C’est de Brazzaville,

capitale de l’Afrique équatoriale

française (Gabon, République centrafricaine

et Tchad) que De Gaulle a annoncé

en octobre 1940 la formation du Conseil

de défense de l’Empire dans son «Manifeste

de Brazzaville». «C›est donc depuis

Brazzaville que Vichy est contesté, depuis

Brazzaville que l›Empire sera défendu

et depuis Brazzaville que le combat sera

mené ».

Chef du département du Kanem

sous Eboué, Henri Laurentie admet:

« l’un de nos territoires les moins prisés,

le Tchad, décidait pour son compte de

forcer la chance, et son initiative était à

l’origine de ce rassemblement général qui

aboutit à la reconquête de la Patrie »

À noter que cela s’est passé sous

le gouvernorat de Félix Éboué (1884-

1944), «ce Noir ardemment français »,

tel que décrit par De Gaulle dans ses Mémoires,

considéré comme “un patriote”

par Georges Mandel, le député français

ayant cherché à établir un gouvernement

en exil pendant la 2ème guerre mondiale.

Guyanais de naissance, Éboué était le parfait

homme de main des Français, reproduisant

à fond la politique et la mentalité

coloniale avec tous ses préjugés. Dès l’été

1939, juste avant le début des hostilités,

recherchant le concours des chefs indigènes,

Éboué organise une foire exposition

à Fort-Lamy qu’il décrit comme «une

excellente occasion d’étaler la puissance

française… pareille démonstration

influencerait très favorablement les chefs

et la population du Tchad sensibles comme

toutes les populations musulmanes aux

Jacqueline Moudeina, une avocate

de droits humains menacée de

mort et gravement blessée par une

grenade qu’un soldat lui a lancé

dans les pieds. Mais elle a réussi

à faire traduire en justice l'ancien

dictateur Hissène Habré et a veillé

à ce qu'il rende des comptes pour

les crimes commis.

manifestations entourées d’un certain

faste et rehaussées du prestige que garde

à leurs yeux le déploiement de l’appareil

militaire. Cette réunion me permettrait en

outre de consolider la position des chefs

servant fidèlement notre influence”.

Pendant les deux mois d’hésitations

entre la capitulation française et la décision

du Tchad de suivre De Gaulle, Éboué s’est

adressé plusieurs fois à ses fonctionnaires

afin de tempérer les sentiments de défaite

et surtout éviter des réactions de révolte

et d’indépendance de la population locale:

« Dominons nos nerfs et n’oublions

pas les indigènes qui nous regardent ;

que notre fermeté d’âme et notre espoir

soient calmes et manifestes ; c’est notre

devoir de fonctionnaires, de coloniaux, de

Français ». Et il ajoute, en excellent administrateur

au service de la métropole:

« Le Tchad, c’est la clé de notre défense

impériale »...

La patrie reconnaissante s’est exprimée

par De Gaulle: «Sous l’impulsion de ses

chefs, le gouverneur Eboué, gouverneur,

et le colonel Marchand, commandant

militaire du territoire, le Tchad a montré

qu’il demeurait par excellence une terre de

Français vaillants. En dépit d’une situation

militaire et économique particulièrement

dangereuse, le territoire du Tchad a refusé

de souscrire une capitulation honteuse et

décidé de poursuivre la guerre jusqu’à la

victoire. Par son admirable résolution, il

a montré le chemin du devoir et donné le

signal du redressement à l’Empire français

tout entier».

Pas étonnant qu’Éboué soit le premier

Noir – qui de plus, descendant d’esclaves

– à entrer, le 19 mai 1949, au Panthéon

à Paris. À une époque où il y avait

une stricte ségrégation raciale – avant tout

à l’intérieur de l’administration, et à comparer

avec 15 millions d’habitants Afrique

occidentale française, desquels seuls

2.500 «indigènes» ont obtenu le statut de

«citoyens indigènes» entre 1830 et 1946.

Auteur de plusieurs livres sur les dialectes

et langues africains Éboué était un fédéraliste,

réformiste au mieux. Le parfait

exemple de “Peau noire, masques blancs”

(1952) de Frantz Fanon.

Pour la petite histoire, la fille

d’Éboué, Ginette a épousé Léopold Sédar

Senghor, le futur président du Sénégal. Et

à l’occasion du transfert de ses cendres au

Panthéon et de celles de Victor Schœlcher

(1804-1893), député et sénateur français

à l’origine de l’abolition définitive de l’esclavage

en France, le député français du

Tchad, Gabriel Lisette (1919-2001), d’origine

panaméo-guadeloupéenne et fondateur

du Parti progressiste tchadien (PPT),

présente un projet de loi d’amnistie des

délits politiques dans les territoires d’outremer

pour respecter l’œuvre de Schœlcher

et d’Eboué. Sans succès. Mais, en tant que

président du Comité national des associations

du souvenir, Lisette obtient en avril

1988 qu’on grave deux inscriptions sur

les murs du Panthéon à Paris. L’une à la

mémoire de Toussaint Louverture (1743-

1803), le héros de la révolution haïtienne,

l’autre à celle de Louis Delgrès (1766-

1802), Martiniquais chef du mouvement

en Guadeloupe résistant à la réoccupation

et au rétablissement de l’esclavage par la

France napoléonienne en 1802.

(À suivre)

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

13


Perspectives

Entretien avec Edison Alvarado, président du Syndicat

des travailleurs du métro de Caracas !

Par Geraldina Colotti

« La conscience de la classe

ouvrière est le bouclier qui protège

Nicolás Maduro et la Révolution. »

Au cœur des ateliers et des dépôts

du Metrobús La Paz, où le métal et

la graisse des moteurs témoignent du

travail quotidien, s’est forgée l’une des

histoires les plus emblématiques de la

Révolution bolivarienne. C’est là, au

milieu du vrombissement des moteurs

diesel, que nous avons rencontré Edison

Alvarado, président du Syndicat

des travailleurs du métro de Caracas

(Sitrameca) et actuel député à l’Assemblée

nationale.

Alvarado, qui a rejoint l’institution

en 2000 comme technicien de

maintenance, bénéficie d’un point de

vue privilégié : celui d’avoir été témoin

de l’ascension de Nicolás Maduro, d’exploitant

de transport de surface à président

issu de la classe ouvrière.

Dans cet entretien, Alvarado revient

non seulement sur les années de

la Quatrième République et les luttes

ouvrières, mais analyse aussi avec fermeté

le contexte actuel de guerre hybride,

le rôle de la classe ouvrière face

au blocus, et lance un avertissement

sans équivoque à ceux qui cherchent

à saper la souveraineté vénézuélienne.

Geraldina Colotti : Edison, pour

les archives de cet entretien et pour

Abrebrecha Venezuela, pourriez-vous

nous dire quel est votre rôle actuel dans

le processus révolutionnaire ?

Edison Alvarado : Je m’appelle

Edison Alvarado, président du Syndicat

des travailleurs du métro de Caracas,

Citrameca. Je le dis avec une grande fierté,

car notre président, Nicolás Maduro

Moros, issu de la classe ouvrière, est

né ici. Aujourd’hui, je suis également

député, un poste que j’occupe grâce au

peuple et à la confiance du président,

afin d’exercer davantage de pouvoir au

service du peuple en tant que législateur.

Geraldina Colotti : Vous

avez personnellement été témoin des

débuts de Nicolás Maduro au sein du

métro. Comment était cette époque, et

quels souvenirs gardez-vous de votre

première rencontre ?

Edison Alvarado : Nous sommes

ici, au dépôt Metrobús de La Paz,

un lieu qui nous remplit d’énergie. J’ai

commencé en 2000 comme technicien

d’entretien des moteurs diesel. Nicolás,

lui, avait rejoint l’entreprise en 1991

comme conducteur. Je l’ai rencontré en

2000, alors qu’il était déjà député pour

son premier mandat, mais il n’a jamais

perdu le contact avec ses collègues.

Voir un travailleur qui sait ce que c’est

que de se lever à cinq heures du matin

pour vérifier les niveaux et les courroies

d’un Metrobús, qui sait ce que c’est que

de gagner quinze mois et son dernier

salaire, gouverner le pays, c’est ce qui

donne de l’espoir aux travailleurs du

monde entier. L’empire tente de nous

voler cet espoir car il ne supporte pas

qu’un des nôtres soit au pouvoir.

Geraldina Colotti : Avec le recul,

comment analysez-vous l’évolution

de la réalité du prolétariat des transports

depuis la Révolution ?

Edison Alvarado : Avant

Chávez, nous étions divisés. Une vision

élitiste du management empêchait

la classe ouvrière de s’unir ; l’agent

de maintenance ne pouvait même pas

s’adresser au chef de station. Aujourd’hui,

la classe ouvrière gouverne.

Nous discutons des politiques de maintenance

avec les dirigeants politiques

et avec la présidente par intérim, Delcy

Rodríguez. Auparavant, un mécanicien

de bus aurait-il pu imaginer un jour légiférer

à l’Assemblée nationale ? Cela

n’est possible que grâce à la Révolution.

Geraldina Colotti : Le métro

a été la cible de sabotages constants.

Comment avez-vous résisté à ces attaques,

de la grève du pétrole aux violentes

manifestations ?

Edison Alvarado : Le métro

appartient au peuple et il ne s’arrête jamais.

En 2002, nous étions parmi les

rares entreprises à ne pas fermer ; nous

avons affirmé à la droite que nous respections

l’ordre constitutionnel.

Puis sont survenues les violences

de 2014, le soi-disant « exit ». Ils ont

incendié nos locaux, des stations comme

Parque Carabobo, et ont même mis

le feu à un collègue, Jonathan Tiapa,

alors qu’il travaillait.

Ils ont confisqué les uniformes

des ouvrières pour les démoraliser.

Mais ils n’y sont pas parvenus. Nous

avons compris que l’attaque ne visait

pas seulement Nicolás, mais nous, en

tant que classe. L’empire ne peut tolérer

qu’un ouvrier dirige la nation.

Geraldina Colotti : Face au blocus

et au retrait des entreprises étrangères,

quelles solutions les travailleurs

ont-ils mises en œuvre sous votre direction

?

Edison Alvarado : « On invente

ou on échoue », comme disait Simón

Rodríguez. Face aux « sanctions »

Edison Alvarado et

Nicolas Maduro

d’Obama puis de Trump, des entreprises

comme Alstom, CAF, Otis et Schneider

nous ont refusé les pièces détachées.

Qu’avons-nous fait ?

La rétro-ingénierie et la substitution

des importations. Nous avons

formé des alliances entre les travailleurs

du métro de Los Teques, de l’IFE

(Institut fédéral d’électricité) et de Valence.

Dans d’autres pays, confrontés à

des crises comme celle-ci, on licencie du

personnel ou on ferme des institutions.

Nous, nous sommes unis pour maintenir

le service. Nous sommes un exem-

Edison Alvarado

ple de dignité et de lutte.

Geraldina Colotti : Récemment,

certains présidents de la région,

ont remis en question la situation au

Venezuela. Quelle réponse leur apportez-vous

en tant que représentant des

travailleurs ?

Edison Alvarado : Cela me

blesse profondément, surtout les propos

de Lula, puisqu’il est issu de la classe

ouvrière. Lula, vous vous discréditez.

Nous vous avons connu avec

Chávez. Les Vénézuéliens règlent les

problèmes des Vénézuéliens ; vous

n’avez pas le droit de commenter notre

démocratie. Sinon, vous finirez aux

oubliettes de l’histoire avec Milei, qui

n’est rien de plus qu’un flagorneur remuant

la queue pour Donald Trump. Et

à Petro, nous disons : ne vous y trompez

pas, ne considérez pas le Venezuela

comme votre arrière-cour. Si vous tentez

de piétiner notre territoire, nous, les

travailleurs, en ferons un Vietnam pour

l’Amérique latine.

Geraldina Colotti : Quelle est

la position du syndicat, concernant la

nouvelle étape de la Révolution et les

récentes agressions impériales ?

Edison Alvarado : Nous soutenons

fermement Nicolás et Cilia.

L’empire, a ciblé de manière disproportionnée

le président et la Première

dame, mais le peuple a continué à

produire. Si les gringos osent poser le

pied ici, avec leurs bottes yankees, ils

trouveront un peuple héroïque, fusils

sur l’épaule. Nicolás nous a donné une

instruction claire : s’ils mettent le pied

sur notre terre, nous nous rebellerons et

lancerons une grève générale. La Révolution

bolivarienne règne toujours ici.

Geraldina Colotti : Enfin, Edison,

comment le contrôle des travailleurs

est-il exercé aujourd’hui contre la

corruption, et quelle est votre position

sur une éventuelle loi d’amnistie ?

Edison Alvarado : La classe ouvrière

ne tolère pas la corruption. Les

responsabilités sont individuelles, et

quiconque détourne les ressources du

peuple doit en assumer les conséquences.

Ceux qui volent mettent en péril la

santé, l’éducation et la sécurité alimentaire

de tous. Concernant l’amnistie,

notre gouvernement a été clair : aucun

privilège ne sera accordé aux corrompus

ni à ceux qui ont commis des crimes

contre l’humanité. Amnistie pour ceux

qui ont posé des bombes ou pour celui

qui a brûlé vif un collègue à Altamira

à cause de sa couleur de peau ? Qu’on

ne s’y trompe pas. Nous respectons les

directives de la haute direction politique

et de la présidente par intérim, Delcy

Rodríguez. Toute étincelle qui s’allume

sera éteinte.

Geraldina Colotti : Avec le recul,

comment analysez-vous l’évolution

de la réalité du prolétariat des transports

depuis la Révolution ?

Edison Alvarado : Avant

Chávez, nous étions divisés. Une vision

élitiste du management empêchait

la classe ouvrière de s’unir ; l’agent

de maintenance ne pouvait même pas

s’adresser au chef de station. Aujourd’hui,

la classe ouvrière gouverne.

Nous discutons des politiques de maintenance

avec les dirigeants politiques

et avec la présidente par intérim, Delcy

Rodríguez. Auparavant, un mécanicien

de bus aurait-il pu imaginer un jour légiférer

à l’Assemblée nationale ? Cela

n’est possible que grâce à la Révolution.

Resumen Latinoamericano

22 février 2026

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre

le défendeur à l’audience précitée, pour le

profit, déclare fondée ladite action ; Admet en

conséquence le divorce de la dame DIEUSINETTE

IRA d’avec son époux JEAN SONNE ELTIMÉ pour

injures graves et publiques aux torts de l’époux,

prononce la dissolution des liens existant entre

lesdits époux, ordonne à l’officier de l’état civil de

Taïfer. Commune de Carrefour de transcrire dans

les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet,

compense les dépens, commet l’huissier Maxime

CANDIO pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous ,Me Nelson

CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et

publique en date du Jeudi vingt Mars deux mille

vingt cinq, en présence de Me Dominique NOEL,

Substitut du commissaire du gouvernement de ce

ressort avec l’assistance du Greffier, Mozart TA

SSY

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc....

AVIS

Il est fait savoir au public en général, et à tous

ceux que la question intéresse que par adjudication

en l’étude de Me Jean Jacques B. Charlotin, Notaire

en la commune de Delmas en date du 2 Avril

2024, Cash Solution, Société de Financement et

des prêts , a fait régulièrement l’acquisition d’une

propriété fonds et bâtisses, sise à Delmas 75 Rue

Ficus No. 11 dépendant de l’habitation Fragneau,

Section de Saint Martin. Laquelle propriété mesure

seize mètres vingt cinq de façade aux côtés nord

et sud, sur une profondeur de trente-deux mètres

cinquante au côté Est Ouest et qui se trouve bornée

au Nord par un projet de route de trente mètres de

large ; au Sud par Alongène Jacques ; à l’Est par le

reste du terrain et à l’Ouest par notaire Saint Louis

. Ce, suivant plan et procès-verbal d’arpentage de

l’arpenteur Byron J. Alphonse , en date du Sept

Avril mille neuf cent soixante deux , enregistré et

transcrit. En conséquence, interdiction formelle

est faites a tous notaire et arpenteur de cette

juridiction d’opérer une quelconque transaction

et d’instrumenter sur quelque prétexte que ce soit

au mépris et en violation des droits de l’acquéreur

adjudication, concernant la dite propriété, sous

peine d’encourir les sanctions de la loi prévues

en la matière

Port-au-Prince le 06 février 2026.

Pour le Cash Solution: Cabinet DEBRROSSE

Pierre Alex Debrosse , Avocat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre

le défendeur à l’audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action ; Admet en

conséquence le divorce de la dame Joseph Pierre

ETIENNE, la femme née Marjorie MAXIS, d’avec

son époux Joseph Pierre ETIENNE pour injures

graves et publiques aux torts de l’époux. Prononce

la dissolution des liens matrimoniaux existant

entre lesdits époux; Ordonne à l’officier de

l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince, de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers

s’il y échet. Commet l’huissier Lubenson Baptiste

de ce siège pour la signification de ce jugement;

Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson

CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et

publique du jeudi vingt deux Janvier deux mille

vingt six, en présence de Me Elysée Fénélon,

Substitut Commissaire du gouvernement de ce

ressort et avec l’assistance du sieur Mozart TASSY,

Greffier du siège

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc...

Pour le Cabinet Me Michaud GASPARD, Av

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi

et sur les conclusions conformes du Ministère

public, accueille l’action de la demanderesse la

dame Maxène JOSEPH née Nathalie CINEAS en la

forme; Maintient le défaut contre le sieur Maxène

JOSEPH, défendeur à l’audience précitée ; Admet

en conséquence le divorce de la dame Maxène

JOSEPH née Nathalie CINEAS , d’avec son époux

Maxène JOSEPH, pour injures graves et publiques

faits prévus à l’article 217 du code civil Haïtien ;

Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre lesdits époux aux torts exclusifs

de l’époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de

la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur

les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera publié dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers; Compense

les dépens vu la qualité des parties ; Commet

l’huissier Clerbrun FAURE pour la signification du

présent jugement

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Gerty LÉON-

ALEXIS, Juge au Tribunal de première instance

du ressort de Port-au-Prince, en la chambre

du conseil en audience publique et ordinaire

du vendredi sept Novembre deux mille vingt

cinq, en présence du Substitut commissaire du

gouvernement Me. Romain ORANGE, faisant

office du Ministère public et avec l’assistance de

Marie Yolande CADET ZETRENNE, Greffière du si

ège

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc....

AVIS DE PUBLICATION

Révocation du Mandat de Richard LOUIS JACQUES

par Briel LOUIS JACQUES. Il est important de porter

à la connaissance du public en général qu’en date

du (7) Février deux mille vingt six (2026) par le

Ministère de l’huissier Jude Gelin DESROSIERS,

Huissier immatriculé au greffe du Tribunal de

première instance de Port-au-Prince que le sieur

Briel LOUIS JACQUES révoque la procuration

authentique octroyé au sieur Richard LOUIS

JACQUES en date du (14) Mars deux mille

vingt (2020), au rapport de Me Fritzner JEAN,

Notaire de la résidence d’Anse à Galets sous

toutes réserves.

Dont acte

Me Roberto AUGUSTIN, Av.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public,

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse

à l’audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action; Admet en conséquence

le divorce de la dame EVETTE PIERRE d’avec

son époux SONIQUE ESTIVERNE, pour injures

graves et publiques aux torts de l’époux,

prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux, ordonne à l’officier

de l’état civil de la Commune de Carrefour,

de transcrire sur les registres à ce destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait

sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant

à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers, compense les dépens vu la

qualité des parties, commet l’huissier Canal

Gabriel de ce siège pour la signification de ce

jugement ,compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson

CILIUS, Juge en audience civile et publique

en date du jeudi treize Avril deux mille vingt

trois, en présence de Me ALBERT DARELUS,

Substitut Commissaire du gouvernement de

ce ressort avec l’assistance du Greffier Mozart

TASSY

Il est ordonné....etc ....

En foi de quoi....etc....

Me Jean Luma CHARLES Officier

14 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


Venezuela : le retour assumé de l’impérialisme yankee en Amérique latine

Par Laurent Delcourt

En réactivant la doctrine Monroe sous

la forme d’un « corollaire Trump »,

Washington assume sans détour une

ambition hégémonique renouvelée en

Amérique latine. Présentée comme un

impératif de sécurité nationale, cette

stratégie vise à reprendre le contrôle de

ressources clés, à contenir l’influence

de puissances rivales et à discipliner

les États de l’hémisphère occidental,

par une combinaison d’alliances

sélectives, de pressions économiques

et d’ingérences politiques et militaires.

Le Venezuela en constitue aujourd’hui

l’illustration la plus brutale.

L’opération militaire menée par

les États-Unis au Venezuela dans la

nuit du 2 au 3 janvier 2026, qui a

abouti à la capture de Nicolás Maduro et

de son épouse Cilia Flores, a provoqué

la surprise, sinon la stupeur. Au-delà

des débats sur sa légitimité au regard

du droit international, elle n’a pourtant

rien de vraiment exceptionnel pour

qui connaît l’histoire de l’Amérique

latine. Loin de constituer une rupture

majeure, elle s’inscrit dans un continuum

: celui d’une longue tradition

d’interventions – directes ou indirectes

– dans ce que Washington a longtemps

considéré comme son arrière-cour. Une

dynamique à l’œuvre, en fait, depuis

la guerre hispano-américaine de 1898

qui a vu l’affirmation de la puissance

étatsunienne dans la région.

Des occupations militaires dans

les Caraïbes et en Amérique centrale

dans la première moitié du 20e siècle

aux coups d’État orchestrés par la CIA

au Guatemala en 1954 et au Chili en

1973, en passant par la tentative de

débarquement à la baie des Cochons

à Cuba en 1961, l’intervention en République

dominicaine en 1965 et l’invasion

du Panama en 1989, la liste des

ingérences et coups de forces de l’Oncle

Sam sur le continent apparaît aussi

longue que protéiforme. Sans même

évoquer son soutien indéfectible aux

dictatures parmi les plus sanglantes de

la région.

Rarement les États européens

s’en sont véritablement émus ou s’y

sont opposées frontalement : le plus

souvent, ils ont fermé les yeux, parfois

ont approuvé ces opérations, voire y

ont directement pris part. On se souviendra

notamment de l’opération conjointe

des États-Unis, de la France et du

Canada en 1994, qui a débouché sur la

réinstallation (sous strictes conditions

politiques et économiques) du président

haïtien Jean-Bertrand Aristide, renversé

trois ans plus tôt par un coup d’État

militaire, avec le concours de la CIA

et le soutien des élites traditionnelles

(Thomas, 2026)

Une rhétorique inédite

Ce qui frappe en revanche, et

distingue cette intervention des précédentes,

ne tient pas tant à sa nature et

sa gravité qu’à la manière dont elle est

désormais justifiée et mise en scène.

Deux éléments inédits retiennent en

particulier l’attention. D’une part, pour

la première fois, une opération militaire

états-unienne d’envergure cible directement

un grand pays du Cône Sud.

D’autre part – et c’est sans doute l’aspect

le plus saillant – ses motivations

réelles, jusqu’ici euphémisées ou dissimulées,

sont désormais exposées de

la manière la plus crue.

Là où, depuis la Seconde Guerre

mondiale, la lutte contre le « danger

communiste », puis contre le narcotrafic,

servait de justification aux

coups d’État, aux opérations clandestines

et aux interventions militaires,

c’est aujourd’hui l’appropriation et le

contrôle pur et simple des ressources

énergétiques qui passent au premier

plan. Donald Trump n’a cessé de le

marteler : ce qui l’intéresse avant tout,

c’est l’or noir vénézuélien, présenté

comme un butin « volé » aux États-

Unis. Il faisait bien entendu référence

aux nationalisations successives du

secteur pétrolier vénézuélien — sous

le gouvernement de Carlos Andrés

Pérez au milieu des années 1970, puis

sous celui d’Hugo Chávez au cours de

la première décennie du 21ᵉ siècle —

perçues à Washington comme autant

d’atteintes à ses intérêts.

Dans ce contexte, les discours

sur le « changement de régime » et la «

restauration de la démocratie » ne tiennent

même plus la route. Preuve en est

la décision des États-Unis de négocier

directement avec les piliers du régime

madurien, contournant une opposition

de droite comme de gauche – laissée

sans rôle ni influence. Cette posture

révèle de manière éclatante que la priorité

réelle n’est ni la promotion des

droits démocratiques, ni la protection

des citoyen·nes vénézuélien·nes, mais

une logique purement prédatrice d’accès

aux richesses du pays.

Etendre sa sphère d’influence,

enrôler et discipliner : le nouveau

corollaire Trump à la doctrine

Monroe

On pourrait certes être tenté

de réduire cette fixation sur le pétrole

vénézuélien à une énième lubie, l’une

des obsessions dont Trump est coutumier.

Mais une telle lecture, psychologisante

et superficielle, fait l’impasse

sur l’essentiel, empêchant d’en saisir

la véritable portée et les ressorts profonds.

La volonté de mettre la main sur

cette ressource n’est ni un caprice ni le

fruit d’une improvisation : elle s’inscrit

dans un projet politique structuré, porteur

d’une vision du monde désormais

largement partagée au sein du Parti républicain.

Loin d’un simple réflexe de

domination, la pression maximale exercée

sur Caracas procède d’une doctrine

idéologique et stratégique explicitement

formulée, dont le Venezuela ne constitue

qu’un terrain d’application parmi

d’autres. Publiée en décembre 2025, la

nouvelle Stratégie de sécurité nationale

des États-Unis [1] en offre la traduction

programmatique la plus aboutie.

Largement inspirée du Project

2025 – vaste feuille de route élaborée

par la Heritage Foundation, principal

think tank conservateur étatsuniens,

pour orienter l’action d’une future

administration républicaine vers une

refonte en profondeur des priorités institutionnelles,

économiques et sécuritaires

du pays – , cette Stratégie

consacre le retour de l’Amérique latine

au premier rang des préoccupations

de Washington. Alors que John Kerry,

secrétaire d’Etat de Barak Obama,

affirmait encore en 2013 que « l’ère

Monroe était révolue », le document

en opère au contraire une réactivation

explicite. Il accorde ainsi une place centrale

au « corollaire Trump » à la doctrine

Monroe – rebaptisée désormais «

Donroe » – et réaffirme sans détour la

prétention hégémonique des États-Unis

sur l’Amérique latine et, plus largement,

sur l’ensemble de l’hémisphère

occidental, de l’Arctique à la Terre de

Feu (Delcourt, 2025).

Cette réactivation s’accompagne

toutefois d’un glissement majeur :

l’hégémonie n’est plus justifiée au nom

de la sécurité régionale, mais érigée

en impératif de sécurité nationale. Le

corollaire Trump assume ouvertement

la primauté des intérêts économique,

énergétique, géopolitique et sécuritaire

des Etats-Unis dans l’hémisphère.

Dans ce vaste espace géopolitique –

dans lequel l’Amérique latine se trouve

comme diluée, son nom n’apparaissant

qu’à peine dans le document, comme si

son identité propre devait être effacée

–, les États ne sont plus appréhendés

comme des acteurs souverains, mais

comme les éléments constitutifs d’une

zone d’influence exclusive que Washington

entend se réserver et « protéger

» de toute présence jugée hostile. Les

puissances extra-hémisphériques – au

premier rang desquelles la Chine, et

dans une moindre mesure la Russie

et l’Iran – y sont désignées comme

des rivales à contenir, tandis que les

partenaires régionaux sont sommés de

s’aligner sur les priorités stratégiques

étasuniennes.

Loin d’un simple rappel historique,

cette orientation se matérialise

par un interventionnisme offensif, mobilisant

une panoplie d’instruments

de contrainte destinés à préserver et

à approfondir l’emprise stratégique

des États-Unis dans les domaines

énergétique, commercial et militaire.

Les objectifs sont clairement définis :

Image d’illustration : Graffiti à Caracas, janvier 2006.

Photo Geya Garcia, Wikimedia, Commons.

reprendre le contrôle des ressources

clés, sécuriser les chaînes d’approvisionnement,

imposer des accords

commerciaux et d’investissement favorables,

freiner l’implantation de

puissances rivales et contenir les flux

migratoires, désormais érigés en enjeu

de sécurité nationale.

Cette stratégie repose sur une

double logique : mobiliser des États

partenaires et les rallier aux orientations

stratégiques de Washington, tout

en exerçant une coercition maximale à

l’encontre des pays jugés récalcitrants.

Il s’agit, d’une part, « d’enrôler » (to

enlist), et, d’autre part, de discipliner.

En ce sens, l’obsession

énergétique de Trump ne se réduit pas

à une simple impulsion prédatrice : elle

s’inscrit dans un calcul stratégique plus

large – affaiblir les partenariats de Caracas

avec la Chine, préserver à tout prix

le système des pétrodollars en déclin,

relancer l’appareil industriel étatsunien,

en particulier un secteur du raffinage

largement conçu pour traiter le

pétrole lourd vénézuélien et…asphyxier

économiquement Cuba.

Une stratégie de coercition

multidimensionnelle

Au-delà du Venezuela, cette

« mise à jour » doctrinale s’exerce à

travers un arsenal d’instruments calibrés

selon les contextes nationaux :

sanctions économiques, chantage et

ingérences politiques, pressions diplomatiques,

aides conditionnées et

démonstrations de force. Tous servent à

remodeler le paysage régional au profit

des intérêts stratégiques de Washington.

Depuis le retour au pouvoir de

Trump, cette ambition s’est traduite par

une intensification des actions coercitives

à l’encontre de plusieurs gouvernements

latino-américains, en particulier

là où la compétition avec Pékin est

la plus vive. Sous l’effet d’interventions

explicites visant à limiter l’influence

chinoise sur le canal, le Panama a été

contraint d’abandonner son projet

d’adhésion aux Nouvelles routes de la

soie et d’annuler des contrats avec des

entreprises de Hong Kong. À Mexico et

à Bogota, les États-Unis instrumentalisent

les questions de sécurité, de flux

migratoires et de commerce comme

leviers de chantage économique et diplomatique,

multipliant menaces tarifaires

et pressions bilatérales afin de

contraindre leurs gouvernements de

gauche à aligner leurs politiques sur les

exigences de la Maison-Blanche.

Ces pressions se ne limitent pas

aux menaces économiques ou diplomatiques

: elles s’étendent à une immixtion

politique, directe ou masquée, dans

les scrutins nationaux pour favoriser

des candidats ou des résultats jugés

favorables aux intérêts étatsuniens (au

Honduras et en Argentine notamment),

tandis que les alliés régionaux peuvent

compter sur un soutien renforcé. Même

le Brésil, moins exposé en raison de sa

taille, de son poids économique et de

sa relative autonomie, n’échappe pas à

cette tentative d’assujettissement de la

région. Il a lui aussi fait l’objet de menaces

tarifaires et de sanctions ciblées,

dans une vaine tentative d’influencer

le cours du procès de l’ex-président Jair

Bolsonaro, grand allié de Trump, condamné

à 27 ans de prison pour tentative

de coup d’État (Delcourt, 2025).

En fait, l’ensemble de ces actions

dessine une stratégie pragmatique et

fragmentée, où coercition et récompense

se combinent pour orienter le

jeu politique régional. Pour l’Amérique

latine, les conséquences sont lourdes.

En imposant discipline et subordination

stratégique, la doctrine américaine

réduit le périmètre d’action des Etats,

délégitime leurs stratégies d’autonomisation

et réactive une relation de tutelle

incompatible avec les aspirations

démocratiques et souverainistes. Ce

retour explicite d’un interventionnisme

suite à la page(16)

AVIS D’APPEL D’OFFRE RESTREINTE

PETITE RIVIÈRE DE L’ARTIBONITE,

Vendredi 23 Janvier 2026

Objet: demande de cotation pour la construction d’un Presbytère

de la 4e Section (localité Deslandes) Commune de Petite Rivière de

l’Artibonite. Madame/Monsieur

1- La Mairie de Petite Rivière de l’Artibonite a reçu un montant de six

millions de gourdes (6,000,000Gds) du Ministère de l’intérieur et de

collectivités territoriales (MICT) pour financer le projet de construction

d’un Presbytère à Deslandes dans la quatrième Section

2- La Mairie de Petite Rivière de l’Artibonite sollicite des offres

restreintes de la part de soumissionnaires éligibles et répondant aux

qualifications requises pour la réalisation de ce projet

3- La présente demande caution (DC) à été adressée aux entreprises

figurant sur la liste restreintes, dont les noms figurant ci-après

4- Pour obtenir plus de renseignements sur l’ensemble des tâches

à accomplir, veuillez consulter le joint à la présente. Il est vivement

recommandé que votre entreprise prenne connaissance des lieux

avant de soumettre son offre. Votre représentant pourrait, s’il le désire,

rencontrer les responsables suivants: le président du Conseil Municipal

(Les Maires) de Petite Rivière de l’Artibonite, le Directeur général, le

Responsable Technique. Les propositions doivent être préparées en

conformité avec les règles de l’art. Les propositions techniques seront

acceptées selon les critères d’évaluation.

5- L’Administration attribuera le marché au soumissionnaire ayant

présenté une soumission conforme pour l’essentiel au dossier d’appel

d’offres et évalué la moins distantes.

6 -Les prix unitaires incluront tous les coûts tels que les honoraires,

l’achat des matrimoniaux, le transport et la valeur des équipements,

décomposer en coût de location si nécessaire, pour constituer le

coût global soit le prix des travaux. L’absence de présentation de la

ventilation détaillée selon le format annexé à cette invitation pourrait

conduire au rejet de la proposition. Aux fins d’évaluation, le prix sera

le coût total des travaux.

7- L’Administration Communale de Petite Rivière de l’Artibonite

réserve le droit de ne retenir aucune des entreprises de la liste restreinte

ayant soumis leurs propositions. Les offres doivent parvenir en trois

(3) exemplaires dont (1) original et (2) copies et sur un support

numérique (CD ou USB) au plus tard Mercredi 25 Février 2026 avant

12 heures locales à l’adresse suivante : Mairie de Petite Rivière de

l’Artibonite. Angle Rue Claire Heureuse et Louverture

Email: artibonitemairiepetiterivière@gmail.com Téléphone:(509)

37243339

A l’Attention de Me Lereste DORT, Av. Maire Titulaire commune Petite

Rivière de l’Artibonite

L’offre Technique et l’offre financière seront remises dans des

enveloppes séparées et cachetées portant la mention ‘offre technique

et offre financière ‘ en y ajoutant ne pas ouvrir avant la date de

soumission.

Liste restreintes des enterprises

NOM: Ulysse Julbert . REPRESENTANT ENTREPRISE GTACC

TELEPHONE (509)37414168 EMAIL gtacc, construction@yahoo.co

m

NOM: Dameus PRENOM: Markin. REPRESENTANT ENTREPRISE

Marcoren construction Téléphone (509)36205497 (509)41243200

Emailmarcoren construction2007@gmail.com

NOM: JEAN CHARLES PRENOM: Brunel REPRESENTANT

ENTREPRISE ASSIREM Téléphone (509) 36940284

NOM: DIEUDONNE PRENOM: Delva REPRESENTANT ENTREPRISE

INOGEC (509)31575464 Email ingec01@gmail.com NOM:

JEAN PRENOM: Asony

REPRESENTANT ENTREPRISE:

GRIPCO Téléphone (509)32306037

Pour authentification de cette liste restreinte: Me Lereste DORT, Avocat

Titulaire Commune de Petite Rivière de l’Artibonite Téléphone (509)

37243339

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions conformes du Ministère public, maintient le défaut

octroyé contre les défendeurs à l’audience précitée; pour le profit déclare

que l’action introduite par les demandeurs est juste et fondée ; dit que

le sieur Jean D. Rochner est seul et unique propriétaire incommutable

et exclusif par titre et par prescription de la portion de terre ci-dessus

décrite localisée et spécifiée; dit que c’est sans droit ni qualité que les

assignées, les sieurs et dames Jean Claude F. DOUYON , Myrthil FIFON,

Leclerc FRANÇOIS, Joseph LAMBERT, Vilaire , Charles CASTEL, Arodon

BIEN-AIME, Kirolo L’OISEAU, Vladimir LARSENE Luders DUPLESSY,

Watson James JEAN , Mme, Charles Jean JOSEPH, Destiné (BRANA) ,

Jacques (IPRIMEUR) , Paulin (I’HOTELIER), Mme D. G. DESPEINGNES,

Alex DEMOSTHENE Jean Peter TOUSSAINT, Oben PIERRE, HENRI

Saintazard PERJUSTE, Sasaille MAGISTRAT, Jean Thony LORTHE

, Sebastien DOUYON, Minouche NICOLAS, Ing. MICHEL, Sony

LOUIMENE, Compagnie DIGICEL, D. G (Jean Phillipe BRUN ), Sony Jean

PIERRE, Lophane JEAN JOSEPH, Rémy JOSEPH, (institution Plein Soleil)

ont envahi, et occupé et vendu à des tiers la propriété du requérant ;

Déclare nulle, de nullité absolue et radicale la vente de toutes Parcelles

ou portions de terre faites par les ajournés, par des tiers sur ladite propriété

; Ordonne en conséquence, le déguerpissement de ces deniers, de tous

les acquéreurs ayant-droits et ayant-causes et de tous les occupants se

trouvant sur la propriété des requérants de manière illégale et arbitraire.

Ordonne également la démolition de toutes les constructions généralement

quelconque érigées sur ladite propriété ; Accorde l’exécution provisoire

sans caution du présent jugement sur le chef du déguerpissement et de la

démolition vu qu’il y a titres authentiques , ce nonobstant toutes voies de

recours ; Condamne solidairement les défenderesses, l’une pour l’autre à

cinquante mille gourdes (50.000 gds) de dommages intérêts et aux frais

et dépens de la procédure . Commet l’huissier Millery AUGUSTE de ce

siège pour la signification du présent jugement

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me. Guy AUGUSTIN, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du vingt-neuf Juin deux mille dix-neuf,

en présence de Me. Pelage Félicité ERNEST, Substitut Commissaire

du gouvernement de ce ressort avec l’assistance du Greffier Junior

Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc....

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

15


Il faut tenir le congrès pour rétablir l’unité

de Pastef et la liaison avec le peuple

Par Diagne Fodé Roland

Le congrès de Pastef annoncé par le

président du parti, O. Sonko, pour

avril 2026 ne peut pas se tenir parce que

les documents réglementaires disent que

les textes préparatoires après validation

du BP et du CN doivent arriver à la base

trois mois avant sa tenue. Bientôt fin

février, rien n’a été fait, la base attend

toujours. C’est au moins la troisième fois

qu’est annoncé le 1er congrès.

Même si, beaucoup de décisions

prises vont dans le bon sens, notamment

la résistance aux manœuvres du

FMI/BM/Agences de notation, un décalage

s’opère avec l’analyse que nous

écrivions le 24/06/24 : « Remédier aux

urgences réparatrices : Nous devons

sérier dans notre camp au plan national

et panafricain les urgences dont l’axe

est d’abord l’assainissement souverainiste

de l’appareil d’État néocolonial dont

nous avons hérité suite au vote du peuple…

Gérer les impatiences : L’empressement

pour la reddition des comptes

par les voleurs ne doit pas faire oublier

qu’il s’agit d’une nécessité absolue qui

doit se faire dans le respect des lois et

procédures consécutives à l’assainissement

d’un pouvoir judiciaire qui a été

sali par sa soumission à l’ex-autocratie

présidentialiste qui a utilisé naguère la

CREI pour « régler des comptes » et non

pas rendre justice à la demande sociale

suite de la page (15)

impérial, désormais justifié non

par l’idéologie mais par la sécurité

économique et stratégique des États-

Unis, fragilise incontestablement les

souverainetés nationales, entrave les

projets d’intégration régionale et consolide

des rapports de dépendance

asymétriques, laissant certains États

durablement subordonnés aux intérêts

de Washington.

Une stratégie vouée à l’échec ?

Pour autant, la stratégie de

l’administration états-unienne – et

ses tentatives pour contraindre les

États latino-américains à épouser ses

priorités et à réduire leurs relations

avec la Chine – semble, à moyen et

long terme, vouée à l’échec. La profonde

implantation économique, commerciale

et technologique de Pékin dans la région,

ainsi que les interdépendances tissées

au fil des deux dernières décennies,

limitent aujourd’hui considérablement

la capacité des États-Unis à isoler les

pays latino-américains. Au contraire,

ces interdépendances offrent aux

gouvernements régionaux de véritables

marges de manœuvre, leur permettant

de jouer la concurrence entre grandes

puissances, de préserver une autonomie

relative, de défendre leurs agendas

de développement et de négocier des

alliances plus équilibrées (Frenkel,

2026).

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d’alors... la vraie question est la suivante

: LES CONDITIONS OBJECTIVES ET

SUBJECTIVES DE LA RÉALISATION DU

PROJET SOUVERAINISTE SONT-ELLES

ACTUELLEMENT VRAIMENT RÉUNIES

? NON... Ne reflètent-ils pas plutôt à la

fois l’état réel calamiteux de la gouvernance

néocoloniale et la complexité de

l’œuvre de souverainisation de l’État

néocolonial dont a hérité le camp souverainiste

? Ne faut-il pas briser l’échine

aux libéraux néocoloniaux dans l’État

pour ouvrir la nécessaire période de rupture

promise ? ».

Et voilà qu’en 2026, ne cessent

de s’accumuler les mouvements sociaux

des étudiants avec un mort suite à l’intervention

policière à l’UCAD, des enseignants

et élèves, des personnels de la

santé, des mobilisations populaires sur

le foncier, des victimes des passifs sociaux,

des arriérés de salaires, des indemnités

non payées et des crimes répressifs

du pouvoir APR/BBY, des manifestations

des organisations panafricaines,

anti-impérialistes exigeant la rupture

des relations avec l’État génocidaire

d’Israël, l’audit citoyen de la dette, la

cessation des répressions policières, la

justice pour les victimes des crimes de

sang de l’APR/BBY, etc.

Ne voit-on pas que le réveil en

cours des mouvements protestataires

sociaux et démocratiques est à mettre en

rapport avec ce qui apparaît comme des

non priorités pour les masses, voire pire,

des sinécures entre nouvelles autorités

Malgré les efforts du gouvernement

Trump II pour étendre son emprise

sur l’Amérique latine, la région

conserve ainsi une capacité réelle de

résistance — et sait l’exercer. Le Brésil

affirme sa liberté stratégique, refuse les

diktats de la Maison-Blanche et multiplie

les partenariats avec la Chine, l’Union

européenne et d’autres acteurs globaux.

Le Mexique et la Colombie diversifient

leurs relations économiques et s’efforcent

de préserver leur souveraineté en veillant

à maintenir une coopération pragmatique

avec les Etats-Unis. Sous l’impulsion de

Lula, un front latino-américain émerge

pour défendre l’autonomie régionale et

contrer les tentatives de subordination de

Washington. Même les alliés traditionnels

du président étatsunien cherchent à

préserver leur autonomie : l’Argentine de

Milei — le président le plus « trumpien »

d’Amérique latine — évite soigneusement

de compromettre ses liens avec la Chine

et a décidé de rembourser par anticipation

un prêt de 20 milliards de dollars accordé

par Trump, voyant sans doute poindre

le danger d’une trop grande dépendance

économique et financière.

Ces exemples montrent qu’en

dépit de l’activisme du « corollaire

Trump », la région ne se comporte pas

en acteur passif. Elle exploite les rivalités

entre grandes puissances pour préserver

sa souveraineté et continue de négocier

des conditions favorables à ses priorités

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à coups de « distributions de millions

aux footballeurs millionnaires, de billets

de pèlerinages religieux, de soukerou

koor, de voitures à coups de millions à

des députés qui touchent un salaire d’au

moins 1 million trois cents milles francs

CFA, d’une télévision parlementaire

d’au moins trois cents millions CFA, de

maintien d’agences qui font doublons

avec des ministères, de fonds politiques

non réglementés, d’interdictions parfois

de manifester, de décisions de justice au

profit des travailleurs non exécutées par

des patrons véreux, de pratiques politiques

clientélistes qui rappellent celles

du PS, du PDS, de l’APR/BBY, etc ».

Pendant ce temps, quelle tristesse

de constater que les militants de base,

mais aussi les masses observent les «

querelles de coqs pour des grains de mil

» entre « pro-sonko » et pro-diomaye »,

entre les « pros » président du parti et

premier ministre et les « pros » président

de la république et ex-Secrétaire Général

de Pastef sur l’incroyable question de

savoir en 2025/26 QUI sera notre candidat

en 2029 ? Quelle inacceptable faute

de confondre le Parti avec une confrérie

religieuse dans laquelle le choix est entre

« serigne Sonko » ou « serigne Diomaye

» ? N’est-ce pas une erreur ce

cumul des mandats faisant que chaque

responsable du parti a une responsabilité

gouvernementale ou élective sans se

demander comment ceux-ci ou celles-ci

peuvent-ils s’occuper du parti ? N’est-ce

pas regrettable que Pastef - ses instances

politiques et économiques, rappelant que

sa dépendance vis-à-vis des États-Unis

demeure relative et contestable.

Reste toutefois un facteur de vulnérabilité

: l’influence de mouvements

d’extrême droite pro-Trump dans certains

pays, cherchant à inscrite les États latino-américains

dans l’orbite stratégique

de Washington, peut exacerber les tensions

internes et compliquer la conduite

d’une politique véritablement autonome.

Cette dynamique montre que l’affirmation

de l’Amérique latine face à l’administration

étatsunienne n’est pas entièrement

acquise, la résistance régionale

restant conditionnée par la nécessité de

naviguer simultanément entre contraintes

internes et pressions extérieures.

Laurent Delcourt est sociologue

et historien, chargé d’études au Centre

tricontinental (CETRI) à Louvain-la-

Neuve (Belgique), où il travaille sur les

rapports Nord-Sud et la mondialisation.

Spécialiste de l’Amérique latine et du «

Sud global », il a coordonné de nombreux

dossiers de la collection Alternatives

Sud, notamment sur le Brésil de Lula

puis de Bolsonaro, les BRICS, la Chine

en Afrique, les mouvements sociaux et

les politiques sociales dans les pays du

Sud. Ses travaux, publiés entre autres

au CETRI, aux éditions Syllepse et dans

Le Monde diplomatique.

Cetri 19 Février 2026

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10h am – 10h pm

dirigeantes (BP, CN), ses mouvements,

ses coordinations, ses cellules, commissions

- soit mis en berne, inactif,

paralysé ? Dans un tel contexte, n’est-ce

pas une désolation de constater que « les

coalitions » présidées par des libéraux

néocoloniaux, dont on avait juste besoin

pour affaiblir l’APR/BBY, deviennent le

riz de la discorde entre pastéfiens ? Estce

franchement logique et correct que le

premier ministre réunisse le BP à la primature

et le président les coordinateurs

de Pastef au palais, pourquoi diable ces

deux militants, principaux dirigeants et

leaders ne se rendent tout simplement

pas au siège de Pastef pour réunir nos

instances régulières ?

Cette situation concurrentielle

personnalisée est en flagrante contradiction

avec la position ainsi exprimée

par Sonko lui-même et avec laquelle

tous les militant(e)s sont certainement

d’accord, y compris Diomaye : « Le

Sénégal n’a pas besoin de messie ni de

héros mais d’une masse critique de citoyens

conscients des enjeux de l’heure

». La masse critique résulte de l’élévation

du niveau de conscience politique

et idéologique des militants afin que

chacun sache, pour l’essentiel, analyser,

décider, impulser le mouvement des

masses vers l’objectif de la souveraineté

panafricaine.

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cours, au-delà de sa nature inédite et

complexe, ne peut déraper que par notre

propre turpitude qui consiste à se laisser

happer par l’appât de l’embourgeoisement

par phagocytose progressive par le

système néocolonial.

Il faut rétablir le contrôle démocratique

du parti sur le gouvernement et sa

liaison avec les masses populaires, juges,

protecteurs et garants en dernière

instance de la justesse de notre politique

souverainiste.

C’est le parti qui gouverne à travers

le président Diomaye et le premier

ministre Sonko et non l’inverse. Sonko

et Diomaye doivent passer du « je » au «

nous » en remettant au centre la démocratisation

de Pastef en surmontant le

présidentialisme fortement personnalisé

interne au parti et en incluant Diomaye

en tant que militant devenu président de

la République dans les processus décisionnels

du parti.

Il est encore temps de rectifier le tir

pour s’occuper de l’essentiel attendu par

le peuple dont la continuation de la lutte

contre la vie chère, l’emploi des jeunes,

la reddition des comptes financiers, des

crimes de sang de l’APR/BBY tout en

s’auto-appliquant le Jub, Jubal, Jubanti à

tous les échelons de l’État dans la gouvernance.

La révolution démocratique souverainiste

du 24, pour ne pas être une

troisième alternance, doit préparer unitairement

dans cette phase de transition

imposée par l’état calamiteux des finances

publiques léguées par la voyoucratie

APR/BBY l’alternative de rupture

anti-impérialiste et de transformation

systémique portée par nos martyrs, torturés,

emprisonnés.

Le congrès est une étape vers la

résolution de nos difficultés actuelles et

le rétablissement par l’unité, critique,

unité du cap commun sur le « projet »

de Pastef incarné par le duo Diomaye/

Sonko.

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16 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


A Travers le monde

Argentine : les syndicats orchestrent une grève

nationale contre la réforme du travail !

Corée du Nord : Kim Jong-un

réélu secrétaire général du

Parti des travailleurs !

Les affiliés d’IndustriALL en

Argentine ont organisé une grève nationale

qui a paralysé le pays ce 19

février, confirmant ainsi la décision

des travailleurs et travailleuses de

rejeter la réforme de la loi du travail

préconisée par le gouvernement de

Javier Milei.

L’Union africaine affiche sa solidarité avec

Cuba et la Palestine

Par Carlos Lopes Pereira*

Participants au sommet de l’Union africaine, Addis-Abeba, Éthiopie, 15 février 2026.

Le 39e sommet de l’Union africaine

(UA), qui s’est tenu les 14 et

15 février à Addis-Abeba, s’est conclu

par un appel à la paix, à la sécurité et

à l’unité continentale.

L

’objectif était d’opposer un refus, le

jour même de son débat en Chambre

des députés, au projet de loi sur la

« modernisation du travail » promu par

le Président argentin Milei. Les salariés

affirment que ce texte, qui ampute

certains droits individuels et collectifs

inscrits dans la Constitution nationale,

pourrait accroître la précarité de l’emploi.

Vendredi dernier, en tout début

de matinée, les Députés ont approuvé

la réforme du travail par 135 voix pour

et 115 contre. Cependant, en raison

de nouveaux amendements, le Sénat

doit ratifier le texte avant sa promulgation.

La modification majeure réside

dans l’abandon de l’article 44, qui portait

une coupe sombre à l’indemnisation

des congés de maladie, avec une

couverture réduite à 75 % voire 50 %.

Dans son appel officiel à la grève

nationale, la Confédération générale

du travail de la République argentine

(CGT) a mis en avant la perte de

quelque 120.000 emplois dans le secteur

privé et 80.000 dans le secteur

public. Le nombre d’employés de maison

a, quant à lui, baissé de 25.000

durant les deux années du mandat

de Milei. Elle a également mis le doigt

sur l’aggravation de la crise, la de-

Manifestation contre la réforme du travail en Argentine, le 11 février 2026.

struction du tissu industriel, la hausse

du chômage, la diminution du pouvoir

d’achat ainsi que sur l’accroissement de

la dette publique et privée.

La CGT a fait ressortir que les

graves problèmes de pauvreté, de

chômage, de précarité et de détérioration

du contexte social ne découlent

pas des réglementations inhérentes

au marché du travail, mais sont la

conséquence directe d’une absence de

croissance et d’investissements productifs

au plan des politiques économiques

nationales. Elle a souligné, par ailleurs,

que ses adhérents sont ouverts à une

véritable modernisation du travail, qui

soit respectueuse des droits acquis et

qui fasse œuvre commune afin que le

pays, en équilibrant croissance et progrès,

puisse offrir de meilleures perspectives

de développement personnel,

familial et communautaire.

Les Centrales syndicales argentines

CTA-A et CTA-T se sont

également jointes à la grève contre

la réforme du travail, la qualifiant de

régressive pour la classe ouvrière. La

CTA-A a déclaré que le projet de loi en

question constitue à la fois une attaque

directe contre les droits de la population

dans son ensemble et une atteinte à la

démocratie. Elle a martelé qu’il abolit

des acquis historiques tels que les congés

payés, le repos hebdomadaire, les

indemnités de licenciement, la journée

de travail de huit heures et les dispositifs

de protection de base. Elle anticipe

les conséquences de l’adoption d’un tel

document, à savoir une plus grande

précarité, une flambée du travail informel,

une hausse du chômage et une

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Plus de 50 chefs d’État et de gouvernement,

ou leurs représentants,

réunis dans la capitale éthiopienne,

ont mis l’accent sur les priorités

stratégiques et souligné la responsabilité

partagée de l’Afrique pour

résoudre les conflits, promouvoir le

exclusion sociale accrue.

La CTA-T a qualifié la réforme

d’acte d’agression du gouvernement

contre les travailleurs et travailleuses,

qui survient dans un contexte anxiogène,

alors que l’Argentine affiche

l’un des salaires moyens les plus bas

d’Amérique latine assorti d’une perte

du pouvoir d’achat d’environ 30 %, le

tout sur fond de milliers de nouveaux

licenciements. Elle a expliqué que la réforme

du travail et son cortège de mesures

d’austérité ne constituent pas un

volet isolé, mais s’inscrivent dans un

projet régressif qui vise à faire peser le

poids de la crise sur les épaules de celles

et ceux qui vivent de leur travail.

IndustriALL soutient fermement

les syndicats argentins dans leur opposition

à la réforme du travail. Celle-ci

soulève de sérieuses préoccupations du

point de vue syndical, car elle propose

des mesures susceptibles d’affaiblir la

négociation collective, de restreindre

l’activité syndicale et de porter atteinte

aux droits fondamentaux reconnus par

les normes internationales du travail de

l’OIT, en particulier la liberté d’association,

le droit à la syndicalisation et à la

négociation collective.

Le Secrétaire général d’Industri-

ALL, Atle Høie, a déclaré : « Je félicite

nos affiliés argentins de résister à ces

assauts contre les droits des travailleurs.

La réforme de la loi du travail

prouve à quel point le Président Milei

se moque du sort des travailleurs

et travailleuses. La grève nationale

témoigne d’une opposition forte dont

le Parlement devra tenir compte. »

IndustriALL 23 février 2026

Le Parti des travailleurs de Corée

du Nord a réélu Kim Jong-un à son

poste de secrétaire général lors de la

quatrième journée de son 9e Congrès.

« L›élection du chef du Parti des

travailleurs de Corée, qui assumera la

lourde responsabilité de mener l›État

et le peuple à la victoire dans la cause

socialiste, revêt une importance capitale

dans les travaux du Congrès du Parti »,

a déclaré l›agence de presse officielle

KCNA, citant la décision du 9e Congrès

du Parti des travailleurs de Corée.

« Le neuvième congrès du Parti

des travailleurs de Corée a décidé d’élire

le camarade Kim Jong Un secrétaire

général du Parti des travailleurs de

Corée, conformément à la volonté

inébranlable et aux aspirations

développement et renforcer la gouvernance

continentale.

Sous le thème « Garantir un accès

durable à l’eau et à des systèmes

d’assainissement sûrs pour atteindre

les objectifs de l’Agenda 2063 », les

dirigeants africains ont réaffirmé leur

engagement en faveur du développement

à long terme et de l’intégration

régionale. À l’issue des travaux, le

chef d’État du Burundi, Évariste Ndayishimiye,

élu président de l’Union africaine

pour 2026 (succédant à João

Lourenço d’Angola), et le président

de la Commission de l’Union africaine,

Mahmoud Ali Youssouf, ont souligné

que le sommet avait porté sur la paix,

la sécurité et d’autres questions clés

telles que les réformes internes, l’engagement

de l’Afrique envers le G20

et la mise en œuvre de la Zone de

libre-échange continentale africaine

(ZLECA).

Le sommet a abordé la question

des réformes nécessaires au Conseil de

sécurité des Nations Unies, appelant à

ce que l’Afrique obtienne deux sièges

permanents avec droit de veto et cinq

sièges non permanents, reflétant ainsi

l’influence croissante du continent sur

la scène internationale.

Mahmoud Ali Youssouf a réaffirmé

la position de « tolérance zéro

» de l’Union africaine à l’égard des

changements anticonstitutionnels de

gouvernement et a réitéré la détermination

de l’Union africaine à « faire

taire les armes », considérant la paix

et la stabilité comme des conditions

préalables à l’unité et au développement

durable en Afrique.

Condamnation du blocus de

Cuba

La position adoptée de longue

date par le sommet des pays africains

concernant Cuba et la Palestine revêt

une importance particulière.

L’Assemblée a approuvé, pour

la 17e fois consécutive, une résolution

condamnant le blocus économique,

commercial et financier imposé par les

États-Unis à Cuba. Le texte comprend

l’appel de l’Union africaine à Washington

pour retirer Cuba de la liste unilatérale

et injustifiée des pays accusés

de soutenir le terrorisme, soulignant le

Kim Jong-un

unanimes de tous les délégués, des

millions de membres du parti, de

l’ensemble du peuple et des cadres et

soldats de l’Armée populaire, pour le

développement du Parti des travailleurs

de Corée et la prospérité du pays »,

précise le communiqué. Le congrès

a également élu les membres du 9e

Comité central du Parti des travailleurs

de Corée et approuvé des amendements

aux statuts du parti.

Selon l’agence KCNA, 138 candidats

ont été élus au Comité central

du Parti des travailleurs de Corée à

l’unanimité des délégués. Par ailleurs,

111 candidats ont été élus membres

suppléants du Comité central selon la

procédure de nomination et d’élection

prévue.

Resumen Latinoamericano

23 février 2026

caractère arbitraire d’une telle désignation.

La résolution réaffirme, une fois

de plus, les liens historiques, politiques

et de solidarité profonds qui unissent

les peuples africain et cubain. Il s’agit

d’une expression claire de soutien à la

levée du blocus, qu’ils considèrent «

injuste, illégal et contraire aux principes

du droit international et à la souveraineté

des États ».

Solidarité totale avec la Palestine

Dans la déclaration finale du

sommet, les dirigeants africains ont

appelé à ce que l’État de Palestine obtienne

le statut de membre à part entière

des Nations Unies, conformément au

soutien majoritaire de la communauté

internationale. Ils ont souligné que

cette mesure représente le droit légitime

du peuple palestinien à l’autodétermination

et à la fin de l’occupation

étrangère.

Ils ont fermement condamné

toute tentative de déplacement forcé

de la population palestinienne. Ils ont

mis en garde contre la détérioration de

la situation humanitaire dans la bande

de Gaza, où le blocus et l’embargo sur

l’aide médicale et humanitaire mettent

en danger la vie de millions de civils.

Enfin, ils ont réaffirmé leur pleine solidarité

avec la lutte palestinienne pour

la liberté et la création d’un État indépendant.

*L’auteur, ancien membre du

Secrétariat du Parti africain pour l’indépendance

de Guinée-Bissau et du

Cap-Vert (PAIGC), écrit sur l’actualité

africaine pour Avante!, le journal

du Parti communiste portugais, qui a

publié cet article le 19 février. Traduction

anglaise: John Catalinotto

Workers World 20 février 2026

Haiti Liberté

17


Francesca

Albanese

répond à

la fausse

accusation

d’antisémitisme

portée par le

gouvernement

français

Par Anna Polo

Le jour même où le documentaire «

Nations désunies » était projeté dans

122 cinémas italiens (1), attirant 10

000 spectateurs, le ministre français des

Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a

appelé à la démission de Francesca Albanese,

l’accusant d’antisémitisme pour

une phrase qui n’apparaît pas dans la

vidéo du forum promue par Al Jazeera.

L’accusation porte en réalité sur

la définition d’Israël comme « ennemi

commun de l’humanité », tandis que

Francesca Albanese intervient ainsi : «

Le fait qu’au lieu de stopper Israël, la

majeure partie du monde l’ait armé,

lui ait fourni des prétextes politiques,

une couverture politique et un soutien

économique et financier est un défi. Si

le droit international a été profondément

ébranlé, il est tout aussi vrai que

jamais auparavant la communauté internationale

n’avait reconnu les défis

auxquels nous sommes tous confrontés.

Nous qui ne contrôlons pas d’immenses

capitaux financiers, algorithmes et

armes, constatons désormais qu’en

tant qu’humanité, nous avons un ennemi

commun. Cet ennemi commun est

le système qui a rendu possible le génocide

en Palestine, notamment les capitaux

qui le financent, les algorithmes

qui le dissimulent et les armes qui le

rendent possible. »

Aux côtés de l’eurodéputée Cecilia

Strada lors des 122 projections du

documentaire, la Rapporteuse spéciale

des Nations Unies pour les territoires

palestiniens occupés a répondu, avec sa

franchise et sa passion habituelles, aux

accusations du ministre français, aussitôt

reprises par de nombreux et nombreuses

membres de la droite italienne.

« J’attends des excuses du ministre, car

il a tenu des propos erronés. S’il ne le

La rapporteuse spéciale des

Nations unies Francesca Albanese

fait pas, ce serait de la mauvaise foi.

Une organisation dont la mission est de

défendre l’apartheid israélien diffuse une

vidéo truquée, qui a depuis été corrigée.

Je n’arrive pas à croire que le ministre

des Affaires étrangères ait vu cela

au lieu de ma réponse. Il m’a accusée

d’antisémitisme et a exigé ma démission

pour avoir dit quelque chose que je n’ai

pas dit, à savoir qu’Israël est un ennemi

de l’humanité. C’est tout simplement

absurde. Nous vivons dans une ère

orwellienne, où le mensonge est vérité

et la vérité mensonge. »

Encore un mensonge, donc, et

encore une occasion d’exprimer notre

solidarité avec une femme courageuse,

cible des pires fausses informations

simplement pour avoir dit la vérité sur

l’horreur du génocide à Gaza et les complicités

honteuses qui l’ont permis.

Anna Polo : Engagée depuis des

années dans les thèmes concernant la

paix et la nonviolence, elle a coordonné

la commission sur ce sujet dans la

Régionale Humaniste Européenne en

2003 à Prague et en 2004 à Budapest,

puis dans le Forum Humaniste Européen

en 2006 à Lisbonne et en 2008

à Milan. En 2009 elle a fait partie de

l’équipe de Relations Internationales de

la Marche Mondiale pour la Paix et la

Nonviolence. Actuellement elle participe

à l’organisation Monde sans guerres et

sans violence.

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18 Haiti Liberté

Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026


Mumia livre à l’ONU son témoignage

sur le couloir de la mort !

Par Mumia Abu-Jamal

Prison Radio a diffusé cette

déclaration le 16 février 2026, signée

Mumia Abu-Jamal et préfacée par Noelle

Hanrahan et Jackie Hortaut.*

En réponse à l’appel à contributions

du Rapporteur spécial des Nations

Unies sur la peine de mort, en lien

avec l’interdiction de la torture et autres

formes de mauvais traitements et la

protection de la dignité humaine, nous

souhaitons porter à son attention la situation

de M. Mumia Abu-Jamal, qui a

passé 29 ans de sa vie dans le couloir de

la mort en Pennsylvanie (États-Unis).

Ce journaliste afro-américain, aujourd’hui

âgé de 71 ans, a vu sa peine

commuée en réclusion à perpétuité sans

possibilité de libération conditionnelle.

Incarcéré pendant 45 ans, vous

trouverez ci-dessous son témoignage

sur les conditions de survie dans l’enfer

carcéral et les conséquences physiques

et psychologiques pour ses codétenus

condamnés à mort ou dont la santé se

détériore, les exposant à la mort dans

le cas des peines de prison à perpétuité.

Figure emblématique de la lutte

internationale pour l’abolition universelle

de la peine de mort, M. Abu-Jamal

a été condamné à l’issue d’un procès

raciste et expéditif, sans avoir pu prouver

son innocence. Dénoncé par Amnesty

International, le Parlement européen

et le Comité des droits de l’homme des

Nations Unies, il n’a toujours pas obtenu

de révision de son procès. Aujourd’hui,

la dégradation de son état de

santé, comme celle des prisonniers les

plus âgés, justifierait sa libération pour

raisons humanitaires.

Communication de Mumia

Abu-Jamal aux Nations Unies

Quand on pense au couloir de la

mort, je dois rappeler à tous ceux qui

entendent ou lisent ces mots que ce

n’est pas un film. N’imaginez pas un

film. Imaginez plutôt une réalité où,

pendant des années, des personnes sont

enfermées dans leur cellule 23 heures

par jour. Ce qui a commencé par une

surveillance 24 heures sur 24 le weekend,

puis, au fil des années, est devenu

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même serrer dans vos bras vos enfants,

votre femme, vos frères, vos sœurs, vos

parents, car le non-contact était la règle.

Qu’est-ce que cela signifiait

concrètement ? Et pourquoi cette mesure

a-t-elle été instaurée ? Cela signifie

que l’État vous sépare de tous ceux

que vous aimez et qui vous aiment. Et

qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie

que cet isolement physique, ce véritable

isolement cellulaire, vous sépare des

personnes qui se soucient naturellement

de vous. Et les sépare de vous. Quel est

le but de tout cela ? Le but est simple :

déshumaniser l’accusé, le condamné à

mort, et le couper de l’humanité.

Dans certains États, surtout dans

le Sud, il est devenu coutumier que,

lorsqu’un condamné à mort est escorté

dans la prison, les gardiens crient

généralement : « C’est un mort qui

marche. Écartez-vous. C’est un mort

qui marche. » Cela vous rappellera sans

doute un film, car c’est une histoire

vraie.

Séparer les gens, c’est les priver

de leur humanité, de leur capacité à être

en relation avec les autres. Et c’est devenu

une pratique courante dans les prisons

américaines, du Nord au Sud, d’Est

en Ouest. Cette tradition perdure dans

une grande partie du pays et vise à désespérer

les condamnés, afin de faciliter

leur exécution, ou, comme le dit l’État,

leur « mise à mort ».

Ce n’est pas qu’un mot, une description,

ni même un film. J’ai connu des

hommes qui ont partagé le couloir de la

mort avec moi et qui se sont suicidés

pour diverses raisons.

Parfois, ils souffraient de problèmes

de santé qu’ils ne pouvaient

plus supporter. Parfois, ils étaient déprimés

car ils savaient qu’ils auraient dû

bénéficier d’un nouveau procès, mais

qu’ils avaient eu droit à une nouvelle

audience de détermination de la peine.

Je connaissais un gars avec qui j’avais

joué au handball à la prison d’État de

Pennsylvanie, Greene. C’était un excellent

jeune joueur, car il avait joué au

niveau international. On se livrait à de

belles batailles, le vieux et le jeune, et il

était en pleine forme.

Jusqu’à ce que son appel soit rejeté

et qu’il soit condamné à la prison à

vie au lieu du nouveau procès qu’il savait,

qu’il méritait et que la loi lui avait

dû accorder. Une semaine plus tard, il

s’est enchaîné aux barreaux de sa cellule

et s’est suicidé. Pour lui, la prison

à vie, ce qu’on appelle le « couloir de

la mort au ralenti », ressemblait trop au

couloir de la mort lui-même ; en sortir,

c’était comme y retourner. Un couloir de

la mort dans le couloir de la perpétuité.

J’ai rencontré des gens que j’ai

connus dans le couloir de la mort,

exécutés par le gouvernement du

Commonwealth de Pennsylvanie. Un

gars était à deux ou trois cellules de la

mienne à Graterford, dans l’est de la

Pennsylvanie. C’était un homme âgé ;

je lui ai envoyé un mot : « Écoute, mon

pote, bats-toi. » Il a crié : « Jamal, je suis

fatigué ; je n›ai plus rien ici, plus aucune

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raison de vivre, je suis prêt à partir. »

Et c’est ce qu’il a fait. Il s’est porté volontaire

pour être exécuté. L’État de

Pennsylvanie a accepté sa proposition.

Quand on ne laisse aucune issue,

aucun espoir, est-ce surprenant que des

hommes dans de telles conditions se

suicident ?

Si on y réfléchit, cet homme se

suicide à cause de l’État. L’autre Portoricain

dont j’ai parlé s’est suicidé, profondément

déçu que l’État ne puisse pas le

traiter conformément à la loi.

Mais ce qui a été tué, c’est l’espoir.

Et c’est précisément le but recherché.

C’est le but du couloir de la mort. Et

c’est ce qu’est réellement le couloir de la

mort et les peines lentes. Pas seulement

dans cet État, mais dans plusieurs États

d’un pays pourtant appelé « le pays de

la liberté ».

Je voulais vous donner un aperçu

TOLL

FREE

Mumia Abu-Jamal

de l’intérieur. J’espère y être parvenu.

Avec toute mon affection,

Mumia ABU-JAMAL

Ce témoignage audio a été enregistré

par Prison Radio et sa transcription,

réalisée par Claude Guillaumaud-Pujol,

est jointe.

*Noelle Hanrahan (États-Unis)

nhanrahanlaw@gmail.com ; Avocate de

Mumia Abu-Jamal ; Directrice de Prison

Radio (États-Unis) Membre de la Coalition

mondiale contre la peine de mort

*Jacky Hortaut (FRANCE)

contact@mumiabujamal.com ; Co-organisatrice

de Let’s Free, le collectif français

Mumia qui rassemble une centaine

d’ONG et la ville de Paris ; Membre du

comité de pilotage de la Coalition mondiale

contre la peine de mort

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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

Haiti Liberté

19


Mémoire normative et dette structurelle :

l’initiative africaine face à l’ordre économique international

Par Claudia Aranda

Lors du dernier sommet de l’Union

africaine tenu à Addis-Abeba (février2026),

le Ghana a obtenu l’inscription

à l’agenda d’une initiative visant

à ce que l’Assemblée générale des Nations

Unies reconnaisse formellement

la traite transatlantique et l’asservissement

racialisé des Africains comme

crime contre l’humanité. Le président

John Dramani Mahama a annoncé que

la résolution sera présentée le 25 mars,

date correspondant à la Journée internationale

du souvenir des victimes de l’esclavage

et de la traite transatlantique

des esclaves. Il ne s’agit ni d’un geste

procédural ni d’une commémoration

symbolique supplémentaire. Il s’agit

d’une intervention politique au cœur

du langage normatif international. Et

lorsque le langage évolue aux Nations

Unies, le terrain sur lequel se négocient

légitimité, responsabilité et, à terme,

architecture économique évolue également.

La traite transatlantique ne fut

pas un accident historique. Elle constitua

un système organisé par des États,

soutenu par les cadres juridiques de son

époque et fonctionnel à l’accumulation

originelle ayant permis la consolidation

des économies impériales et du capitalisme

industriel naissant. Des millions de

personnes furent transformées en capital

vivant, en marchandises et en force

de travail forcée. Les réseaux commerciaux,

le crédit, les assurances maritimes

et la banque moderne se développèrent

en lien avec ce circuit. La richesse accumulée

ne disparut pas avec l’abolition ;

elle fut convertie en infrastructures, institutions,

capital financier et avantage

structurel.

L’initiative portée par le Ghana

introduit une question dérangeante

dans le système international contemporain

: si l’ordre économique mondial

s’est partiellement construit sur un

crime d’une telle ampleur, peut-il continuer

à se présenter comme historiquement

neutre ?

Mémoire normative

L’esclavage et la traite transatlantique

ont été qualifiés de crimes contre

l’humanité dans la Déclaration et le Programme

d’action de Durban en 2001

(*). Toutefois, cette reconnaissance

s’inscrivait dans un instrument politique

programmatique, et non dans une

résolution autonome et spécifique de

l’Assemblée générale fixant le langage

de manière explicite et sans équivoque.

La distinction est essentielle. En

droit international, le langage établit

des hiérarchies. Le génocide a été juridiquement

défini après que l’histoire

l’ait produit. La catégorie de crime contre

l’humanité a émergé après la Seconde

Guerre mondiale. La traite transatlantique

s’est déroulée avant l’existence

du cadre pénal contemporain capable de

la qualifier avec précision juridique.

La résolution proposée par le

Ghana ne vise pas à poursuivre rétroactivement

des actes passés, ce qui serait

juridiquement impossible au regard du

principe de non-rétroactivité du droit

pénal. Elle cherche à intégrer formellement

ce passé dans le langage normatif

actuel. Il ne s’agit pas d’une sentence,

mais d’une requalification historique au

sein du forum multilatéral le plus large

du monde.

De l’accumulation historique

à la dette structurelle

L’accumulation générée par la

traite et l’asservissement ne fut pas

épisodique. Elle fut structurelle. Elle finança

l’expansion industrielle, consolida

des infrastructures, renforça des systèmes

financiers et créa des avantages

qui se prolongèrent au fil des siècles. En

parallèle, le continent africain subit une

dépopulation forcée, une fragmentation

sociale et, ultérieurement, une colonisation

formelle.

Aujourd’hui, de nombreux pays

africains consacrent une part significative

de leur budget au service

de la dette extérieure. Cette dette est

analysée presque exclusivement à travers

des paramètres macroéconomiques

: soutenabilité budgétaire, stabilité

monétaire, risque souverain. La généalogie

historique des inégalités structurelles

ayant conditionné leur insertion

dans le système financier international

est rarement prise en compte.

Parler de dette structurelle n’est

pas une rhétorique morale. C’est reconnaître

que les asymétries contemporaines

ne sont pas nées dans un vide

historique. L’architecture économique

mondiale ne s’est pas construite sur des

bases égalitaires.

Ce qu’une résolution peut

modifier

Une résolution de l’Assemblée

générale ne crée pas automatiquement

d’obligations d’indemnisation ni n’ouvre

de procédures pénales rétroactives.

Elle ne crée pas de tribunaux ni n’impose

de compensations. Toutefois, le

pouvoir de l’Assemblée ne réside pas

dans la coercition directe, mais dans la

fixation de cadres normatifs.

Une reconnaissance formelle et

sans équivoque de la traite transatlantique

comme crime contre l’humanité

pourrait renforcer la légitimité des

agendas de justice réparatrice promus

par l’Union africaine et les États des

Caraïbes. Elle pourrait influencer des

contentieux nationaux où la responsabilité

historique est débattue. Elle

pourrait soutenir la création de fonds

multilatéraux orientés vers le développement

structurel sous le langage

de réparation historique. Elle pourrait

même reconfigurer le débat sur l’allègement

de la dette en y introduisant une

dimension éthique dans une discussion

jusqu’ici présentée comme exclusivement

technique.

L’impact ne serait ni immédiat ni

automatique. Il serait cumulatif. Dans

le système international, le langage

précède la norme, et la norme précède

la pratique.

Architecture financière et

légitimité

Les institutions financières internationales

fonctionnent selon des structures

de gouvernance reflétant des rapports

de force hérités du XXe siècle. Les

règles de vote, l’accès au crédit et les

conditionnalités ne sont pas détachés

de cette histoire. L’initiative africaine

introduit une variable différente dans

ce paysage : la légitimité historique de

l’ordre économique.

Si l’Assemblée générale fixe la reconnaissance

formelle du crime, la discussion

sur la représentation, les quotas

de vote et les conditions financières

pourrait commencer à se déplacer d’un

terrain purement technique vers celui de

la justice historique. Cela n’implique pas

d’annulations automatiques de dette

ni de redistributions immédiates. Cela

implique une transformation du cadre

moral à partir duquel les asymétries

sont justifiées.

Au-delà de la compensation

Réduire le débat à une question

d’indemnisation monétaire l’appauvrit.

La justice réparatrice contemporaine

peut également s’exprimer à

travers l’investissement structurel, le

transfert technologique, les réformes

curriculaires, la coopération financière

préférentielle et des mécanismes multilatéraux

de développement.

L’initiative portée par le Ghana

ne réécrit pas le passé, mais elle confronte

le présent. Si le crime est formellement

reconnu, l’ordre économique

international sera confronté à sa propre

généalogie. Et dans cette confrontation

La mémoire normative n’est pas

nostalgie. Elle est architecture. Et

lorsque l’architecture se transforme,

les possibilités de l’avenir se

transforment également.

s’ouvrira un espace pour repenser la

manière dont sont conçus le développement,

la dette et la légitimité mondiale.

La mémoire normative n’est pas

nostalgie. Elle est architecture. Et lorsque

l’architecture se transforme, les

possibilités de l’avenir se transforment

également.

(*)Que sont la Déclaration et le

Programme d’action de Durban ? La

déclaration et le programme d’action de

Durban (Document PDF) constituent le

plan directeur des Nations Unies pour

lutter contre le racisme, la discrimination

raciale, la xénophobie et l’intolérance

Claudia Aranda Journaliste

chilienne, spécialisée en Sémiologie et

Analyse Politique. Analyste internationale

consacrée à l’analyse prospective

des processus sociaux. Résidente

à Montréal, Québec, elle couvre pour

Pressenza les fronts d’actualité de

l’agence et les sujets de débat philosophique

contemporain dans le cadre de

l’analyse de divers faits conjoncturels,

avec un accent sur les droits humains,

la géopolitique, les conflits armés, l’environnement

et le développement technologique.

Humaniste et activiste pour

des causes justes.

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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026

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