Haiti Liberte 25 Fevrier 2026
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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
PACTE COLONIAL OU PACTE NATIONAL ?
Konfederasyon
Sendika Abolotcho:
Siyati Pak Nasyonal
Estabilite ak
Eleksyon
Page 6
Douze ans
sans patrie en
République
dominicaine !
Page 7
Voir page 4
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne peut pas regarder son chef le chargé d’Affaires américain
Henry T. Wooster dans les yeux
LE JUGE JEAN ROGER NOELCIUS A
FAIT LE POINT !
From Hope
to Crisis: How
Neoliberalism and
Coups Crushed
Haiti’s Dreams and
Wrought Today’s
Gruesome Havoc
page 9
Á Munich,
l’Europe applaudit
le nouveau
colonialisme !
Page 10
Voir page 3
Jean Roger Noelcius, ancien juge d’instruction du tribunal de Port-au-Prince, a témoigné par vidéoconférence au
sujet de l’assassinat de Jovenel Moïse.
Argentine : les
syndicats orchestrent
une grève nationale
contre la réforme du
travail !
Page 17
Editorial
HAITI
LIBERTÉ
Le tandem du pire !
Par Berthony Dupont
Un véritable théâtre politique se déroule dans le pays sur
fond de morts qui s’accumulent, de manœuvres électorales
et de menace pour la stabilité. Lorsque le Premier ministre
Alix-Didier Fils-Aimé a été imposé par les puissances tutrices à
la tête de l’État le 7 février 2026, il s’est agi d’un coup d’Etat.
Cet acte bafoue l’honneur de la Nation, le droit et la dignité du
peuple haïtien. La responsabilité du pays a été confiée à des
individus mal préparés, incompétents, irresponsables et, pour
couronner le tout, corrompus. Ce plan s’avère être une extension
dangereuse de la mainmise impérialiste sur la dynamique
politique du pays et alimente une résurgence des tensions politiques
qui ne s’apaiseront pas facilement.
Près de cinq ans se sont écoulés depuis l’assassinat du président
Jovenel Moïse. Lorsqu’un tel événement se produit, il est
impératif d’enquêter sur les bénéficiaires de cette affaire abjecte
et sanglante. Avons-nous le moindre doute que la crise actuelle
découle précisément de cet acte macabre, ignoble et barbare ?
Nous n’en avons aucun. Pendant ce temps, Washington, avec
la complicité de ses alliés et de ses intermédiaires locaux, joue
un double jeu, soutenant tantôt le gouvernement de transition
par la fourniture de matériels militaires, tantôt l’opposition par
une aide logistique et politique. Tout cela alimente la domination
coloniale du pays. L’objectif est d’encourager tout ce qui
pourrait affaiblir le gouvernement ou les forces d’opposition, et
ce sans relâche.
Qui tire les ficelles, brouille les pistes et se livre à des
manœuvres déstabilisatrices et à des complots de toutes sortes ?
Washington dit s’efforcer de favoriser une solution pacifique,
mais ne cache pas sa satisfaction de voir cette crise s’éterniser.
Tout ce qui peut créer des troubles, dresser des obstacles et
multiplier les provocations politiques, par la désinformation et
le mensonge, est monnaie courante. Des luttes et des guerres
interminables et ruineuses visent à attiser la haine au sein des
masses défavorisées. Toute solution s’avère impossible, et ce
double jeu a plongé le pays dans un bourbier où politiciens
mesquins et puissants de tous bords s’embourbent sous l’œil
vigilant et malveillant du Chargé d’affaires américain, à Portau-Prince
Henry T. Wooster, afin de perpétuer le grand complot
ourdi contre notre Nation. Il s’agit du chantage diplomatique le
plus flagrant que le pays ait jamais connu.
C’est dans ce contexte de renforcement des régimes de trahison
et d’affaiblissement des mouvements de libération nationale
que s’activent les nostalgiques du colonialisme, incapables
de se détourner de la voie tracée par les colonisateurs d’hier,
hommes et femmes d’action, tous, des sbires de l’impérialisme.
Au lieu de mettre en œuvre un plan radical qui consacrerait
la souveraineté du pays afin de réduire la dangereuse dépendance
économique et politique, d’apporter des réponses satisfaisantes
aux besoins sociaux des masses opprimées et d’offrir
aux générations futures l’espoir d’une société prospère - fondement
d’une vie meilleure pour tous -, ces protagonistes, « collabos
» préfèrent s’engager dans une sorte de pacte colonial
baptisé « Pacte national pour la stabilité et l›organisation
des élections ». Par cette collaboration, ils creusent ainsi le
fossé entre les riches affairistes antinationaux et la majorité de
la population pauvre. Ces États occidentaux sont incapables,
politiquement parlant, de nous guider vers un avenir électoral
sérieux, si ce n’est pour nous conduire sur le chemin qu’ils ont
dessiné pour nous.
Voyez ce qu’ils ont fait des dernières élections au Venezuela
: ils les ont instrumentalisées pour déstabiliser le pays à
leur propre intérêt pétrolier à l’encontre du peuple vénézuélien.
Le spectacle auquel nous avons assisté à l’hôtel Ritz Kinam 2
le samedi 21 février 2026 est à la fois consternant et honteux
: des partis et organisations politiques de tous bords se sont
rassemblés en rang serré pas pour discuter avec les agents d’un
régime prétendument transitoire, ennemi déclaré du peuple,
mais pour s’entendre et exécuter les désirs de leurs patrons
communs. Parmi ces opportunistes qui ont participé à cette
mascarade, ce chaos prémédité figurent en première loge les
partis Fanmi Lavalas, PHTK, Congrès patriotique, Résistance
Démocratique (RED), Voix des Indépendants Patriotes (VIP),
Engagés pour le Développement (EDE), Alliance pour une Société
sans Exclusion (ASE), Espace de Réflexion 21 Décembre,
et tant d’autres.
Tous ont fait étalage de leur cynisme sans bornes dans
l’espoir de décrocher un strapontin dans le futur cabinet ministériel
et surtout de maintenir les richesses minières du pays
sous le contrôle des puissances impérialistes le plus longtemps
possible, afin de pouvoir en extraire quelques miettes et empêcher
la véritable libération du peuple haïtien du joug des
oppresseurs occidentaux. Honte à eux ! Tout cela est source
d’anxiété et d’incertitude, assurément, et notre cauchemar est
loin d’être terminé avec ces marionnettes de la classe politique
traditionnelle à la tête de l’État haïtien. Notre seul recours est
d’attaquer le mal par ses racines afin de mettre un terme à cet
héritage de l’ère coloniale qui poursuit son cours et illustre la
dégradation constante de notre société, tout en nous enfonçant
toujours plus profondément dans une détresse indicible.
Fidèle à sa riche histoire de luttes, le peuple haïtien ne
doit pas se soumettre aux usurpateurs du pouvoir jouant leur
dernière carte politique tout en venant tant sur le fond que sur
la forme légitimer une nouvelle illustration du néocolonialisme.
Unis dans leurs pires instincts, le tandem pouvoir exécutif et
ces partis politiques fantoches ont conspiré, faisant objectivement
le jeu des forces réactionnaires. Tout ce qu’entreprennent
les États-Unis en Haïti, ne sont que des pirouettes stratégiques
susceptibles de perpétuer leur domination impérialiste. Dans un
pays où règnent la faim, l’injustice et la corruption, seul un
changement émanant des classes laborieuses peut remédier à
ces problèmes. Non, les solutions ne viendront pas de l’impérialisme,
ni de ce gouvernement illégal. Organisons-nous par
nous-mêmes et pour nous-mêmes!
1583 Albany Ave
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2 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
A Travers Haiti
Le juge Jean Roger Noelcius a fait le point !
Par Thomas Peralte
Selon un article de Miami Herald
écrit par Jacqueline Charles, l’ancien
juge d’instruction Jean Roger
Noelcius, du tribunal de Port-au-
Prince, refugié au Canada sans doute
depuis l’assassinat du président Jovenel
Moise a finalement témoigné
par visioconférence depuis le Canada
devant un tribunal fédéral de Miami.
Il a admis avoir signé un mandat
d’arrêt antidaté contre Jovenel Moïse
en février 2019, mais affirme désormais
que ce document était illégal
et sans valeur juridique. Noelcius
a expliqué qu’en tant que juge, il
n’avait pas le pouvoir de délivrer
un mandat contre un président en
exercice et que l’exécution d’un tel
mandat relève exclusivement de la
compétence de la Police nationale
haïtienne. Il soutient que le document
ne pouvait en aucun cas autoriser
des civils ou des étrangers à
procéder à une arrestation, et encore
moins justifier un enlèvement ou un
Mario Beauvoir
assassinat.
Il prétend avoir été manipulé,
citant notamment l’avocat Mario
Beauvoir, proche collaborateur de
Pierre Espérance, directeur du Réseau
national des droits de l’homme.
Il a déclaré avoir agi sous pression,
sans respecter les procédures judiciaires
normales. Le juge doit préciser
sous quelle pression, et par qui, il a
été contraint de délivrer ce mandat
frauduleux. Cependant, Noelcius a
catégoriquement nié toute son implication
dans l’assassinat du président
Moïse le 7 juillet 2021.
Léon Charles et Pierre Esperance
Il convient de rappeler que
Jovenel Moise
ce mandat d’arrêt qui a servi de prétexte
à l’arrestation et à la destitution
de Moïse à deux reprises : une
tentative de coup d’État manquée le
7 février 2021 et un assassinat le
7 juillet 2021. Les suspects arrêtés
dans le cadre de cet assassinat ont
invoqué à plusieurs reprises ce mandat,
ainsi qu’une lettre adressée à
l’ambassadrice américaine de l’époque,
Michele Sison.
Le chef de la police de
l’époque, Léon Charles, devra s’expliquer
à ce sujet, car il admet Beauvoir
lui avait donné une copie du
mandat et il l’avait remis à Mme
Sison, l’ambassadrice américaine,
qui lui avait pourtant assuré qu’une
telle chose n’arriverait pas.
Les mercenaires colombiens,
et les Américains d’origine haïtienne
qui se faisaient passer pour
des agents de la DEA et le chef de
la sécurité de la CTU, Antonio Intriago,
auraient invoqué ce mandat pour
justifier une prétendue mission d’«
arrestation ». Cette audience intervient
alors que le procès à Miami de
cinq accusés pour complot approche,
tandis que six autres ont déjà plaidé
coupable.
Noelcius a affirmé que Ma-
Le mandat d’arrêt contre Jovenel Moise
rio Beauvoir, un avocat proche de cate », a déclaré Noelcius à propos
Pierre Esperance, était en contact de Beauvoir, insistant sur le fait que
avec l’ambassade américaine à Portau-Prince.
Beauvoir aurait dit vou-
du complot visant à arrêter Moise en
ce n’est qu’après le démantèlement
loir que Noelcius sauve le pays en février 2021, lors d’une descente à
délivrant le mandat d’arrêt, a témoigné
l’ancien magistrat. Il a expliqué tiel sous la direction du commandant
l’aube des gardes du palais présiden-
avoir été conduit à la rencontre de Dimitri Hérard, qu’il a commencé à
Beauvoir par l’huissier de justice, réaliser qu’il avait été dupé.
dont il a prétendu ne plus se souvenir
du nom lorsqu’il a été interrogé dû arrêter tous ces hommes et ces
Le juge, du moins, aurait
par l’avocat de la défense, Humberto femmes qui concoctaient ce complot,
Dominguez. « Il m’a manipulé pour lorsqu’il avait constaté qu’ils avaient
me mettre dans cette situation déli-
été induits en erreur…
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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
3
A Travers Haiti
Pacte colonial ou pacte national ?
Par Marie Laurette Numa
Le lundi 23 février 2026, juste
après une réunion du Conseil
des ministres du gouvernement de
facto mis en place par les États-
Unis d’Amérique, la présentation
officielle du Pacte colonial, ou
d’un grand nombre de représentants
diplomatiques assis au premier
rang, est très significative.
Le message est clair : C’est une
initiative haïtienne, certes, mais
sous l’égide du triumvirat impérialistes
sous la direction de chef de
file l’impérialisme américain. Parmi
les invités à cette cérémonie
Des Ambassadeurs accrédités auprès du pays
Pacte national pour la stabilité et
l’organisation d’élections, a eu
lieu à la Villa d’accueil. Ce qui
rend ce pacte non pas national,
mais plutôt colonial, c’est la manifestation
des desseins désastreux
du projet de l’impérialisme américain
dans le pays. C’est la continuité
de l’acte indécent arrogant
et grossier de l’impérialisme le 7
février 2026 dernier. Son Conseil
présidentiel de Transition n’a fait
que des zéros partout, maintenant
pour se racheter et continuer sa
domination, il projette un quatrième
accord de la classe politique
et de la société civile pour
partager le pouvoir et sauvegarder
ses intérêts.
La disposition des participants,
et notamment la présence
s’y trouvaient le Chargé d’Affaires
des États-Unis, du Mexique,
du Canada et de la France,
ainsi que le représentant spécial
des Nations Unies et le chef du
Bureau intégré des Nations Unies
Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas et Jerry Tardieu d’En avant
L’assistance à la présentation du Pacte colonial
en Haïti (BINUH), et d’autres missions
diplomatiques accréditées
dans le pays.
Alors que les ministres ont
été envoyés dans un coin du bâtiment
car ils n’ont aucune importance
pour le moment. Même
quand on prétend c’est le Conseil
des ministres dirigé par Alix
Didier Fils-Aimé qui assure l’intérim
depuis le 7 février 2026, à
la suite de la fin du mandat du
Conseil Présidentiel de Transition,
la plupart d’entre eux vont perdre
leur poste suite au partage du gâteau
avec les partis politiques qui
ont signé, à l’hôtel Ritz Kinam 2,
le pacte colonial les samedi 21 et
22 février 2026, entre le Premier
ministre, la classe politique moribonde
et les organisations de la
société civile. Ce pacte vise à légitimer
la métropole pour qu’elle
puisse conserver son pion : le
Premier ministre Alix Didier Fils
Aimé, conformément aux termes
du pacte, jusqu’à la tenue d’élections
pour placer un autre pantin
au pouvoir de manière à ce que
rien ne change, le système corrompu
continue à servir les intérêts
des colonisateurs.
Du côté de la classe politique
haïtienne, plusieurs personnalités
ont répondu à l’invitation, notamment
Claude Joseph des « Engagés
pour le développement »
(EDE), Jerry Tardieu d’« En Avant
», Maryse Narcisse de « Fanmi
Lavalas », PHTK, OPL, En Avant,
Congrès Patriotique, ASE, Espace
de Réflexion 21 Décembre entre
autres. De nombreux politiciens
sont finalement sortis de leur trou
pour afficher leur solidarité avec le
pion américain en la personne de
Didier Fils-Aimé. Sous prétexte
que le pays ne peut plus continuer
ainsi, mais leur vrai mobile reste
leur part dans le partage de gâteau
qui sera lieu sous peu à travers
les ministères. Le grand et le
vrai absent est le peuple dans sa
majorité.
Le Premier ministre a profité
de l’occasion pour railler les
politiciens corrompus et avides.
Dans son discours, il a déclaré :
dans le contexte actuel, c’est la
première fois que ces gens faisaient
un geste aussi « digne et
grand » pour Haïti. Il réfère au
pacte signé par certains partis et
organisations politiques. Selon
Fils-Aimé, le texte du pacte est le
fruit de plusieurs jours de consultation
et reflète la volonté d’acteurs
politiques qui affirment croire en
« l’unité, la paix, la sécurité et la
stabilité ». Pour lui, l’importance
de la décision prise ne fait aucun
doute ; c’est la première fois que
des hommes politiques acceptent,
« sans calcul », de placer l’intérêt
supérieur de la nation au-dessus
des considérations partisanes.
Est-ce que les Haïtiens
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La présentation du pacte colonial au Villa d’accueil
craignent désormais les masques
de mardi gras ? Depuis quand
un pacte peut-il garantir le bon
déroulement d’une élection dans
le pays? Oublions-nous déjà, ce
vieux principe des classes bourgeoises
et réactionnaires : la constitution
n’est que du papier, la
baïonnette est de fer.
Dans son discours de circonstance,
Alix Didier a profité
d’étaler tous les mensonges qu’il
peut. Sans aucune honte, il évoqua
par cet acte la responsabilité
des autorités envers la population
en général, envers des groupes
spécifiques tels que la jeunesse, la
diaspora, les femmes, notamment
les madan Sara, les habitants des
quartiers défavorisés, les agriculteurs
et les entrepreneurs. Pour
duper le peuple, il annonce que
tous ces catégories attendent un
cadre politique et sécuritaire plus
prévisible pour pouvoir envisager
l’avenir avec davantage de confiance.
Belle parole sans fondement
!
Pour aider le Premier ministre
dans ses tas de mensonges,
Carlos Ruiz Massieu, représentant
du secrétaire général de
l’ONU en Haïti Carlos Ruiz Massieu,
« cet engagement commun
doit se traduire rapidement en
actions concrètes au service
du peuple haïtien ». Il poursuit
que « Les Nations Unies saluent
cet engagement. Nous restons
pleinement engagés aux côtés
d›Haïti. Notre rôle est d›appuyer,
de faciliter et d’accompagner
les efforts nationaux. La
responsabilité première est entre
les mains des Haïtiennes et des
Haïtiens »
Il est triste de constater que
certains Haïtiens disent avoir «
le sang de Dessalines dans leurs
veines » et qu’ils attendent de
l’impérialisme américain, leur
ennemi juré, qu’il vienne à leur secours.
Quelle aberration, c’est du
pur mensonge ! Quand comprendront-ils
donc que le problème du
pays est causé par les impérialistes
eux-mêmes ? Si le peuple souffre,
c’est à cause de ces mêmes puissances
qui l’exploitent et le tourmentent,
avec la complicité de
leurs nombreux agents infiltrés
dans les affaires du pays. D’Ariel
Henry à Alix-Didier Fils-Aimé,
en passant par Gary Conille, c’est
toujours le même poisson dans le
ragoût impérialiste.
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4 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Perspectives
J’accuse l’élite intellectuelle du mal du pays !
Par Reynoldson Mompoint
Il y a des silences qui tuent plus sûrement
que les balles. Il y a des complicités
feutrées plus dangereuses que
les fusils d’assaut. Et il y a des élites
qui, sous couvert de savoir, deviennent
les architectes invisibles de la ruine
nationale.
J’accuse ! J’accuse l’élite intellectuelle
haïtienne d’avoir abandonné le
peuple au moment précis où sa voix
était la seule arme capable de briser
l’impunité.
J’accuse ces docteurs, ces juristes,
ces recteurs, ces pasteurs, ces
sociologues, ces artistes, ces experts
autoproclamés — confortablement installés
dans les colloques climatisés et
les forums financés — d’avoir laissé
le pays sombrer dans l’abîme pendant
qu’ils dissertaient sur la théorie.
Haïti ne souffre pas seulement
de la corruption politique. Haïti souffre
d’un effondrement moral et stratégique
de son intelligence collective. Et cela,
personne n’ose le dire avec brutalité.
Je vais le dire.
Santé : le serment trahi
Le système de santé haïtien
est un champ de ruines. L’Hôpital de
l’Université d’État d’Haïti — symbole
de la médecine publique — est devenu
l’illustration tragique d’un État en
coma avancé. Matériel défectueux.
Manque de médicaments. Personnel
épuisé. Patients abandonnés.
Mais la question que personne
ne pose est la suivante : Où est la corporation
médicale ? Où sont les doyens
? Où sont les professeurs titulaires
? Où sont les spécialistes formés à
Cuba, en France, au Canada ?
Ils savent. Ils connaissent les
chiffres. Ils maîtrisent les diagnostics
structurels. Pourtant, combien ont levé
la voix avec constance ? Combien ont
organisé une grève nationale éthique,
non pas pour leurs primes, mais pour
la refondation du système ?
Une partie de l’élite médicale a
préféré s’exiler. Une autre a préféré
s’adapter au privé lucratif. Une autre
encore s’est accommodée des ONG,
devenant consultante humanitaire
permanente dans un pays maintenu
artificiellement malade.
J’accuse cette intelligentsia sanitaire
d’avoir transformé la crise en
carrière. Pendant ce temps, les femmes
meurent en couches. Les enfants
meurent de diarrhée. Les hôpitaux
sont pillés. Et le silence académique
continue.
Droit : la science juridique
prostituée
Le droit, en théorie, est l’architecture
de la justice. En Haïti, il est devenu
le camouflage de l’impunité. Le
Palais de Justice de Port-au-Prince est
le théâtre d’une tragédie lente : dossiers
disparus, juges menacés, procès
interminables. Mais les juristes savent.
Les constitutionnalistes savent. Les
professeurs de droit savent que l’État
est en violation permanente de ses
propres textes.
Où est l’indignation structurée
? Où sont les manifestes juridiques
signés par 200 professeurs dénonçant
l’effondrement institutionnel ? Où est
la doctrine courageuse ? L’élite du droit
a préféré commenter les crises au lieu
de les affronter. Elle rédige des analyses
savantes dans des revues confidentielles
pendant que les gangs remplacent
les tribunaux.
Les facultés de droit continuent
d’enseigner la séparation des pouvoirs
dans un pays où les pouvoirs sont capturés,
fragmentés, instrumentalisés.
J’accuse cette élite juridique d’avoir
normalisé l’anormal. En refusant de
transformer leur savoir en résistance
active, ils ont laissé la rue devenir le
seul tribunal.
Éducation : la fabrique de l’échec
Le pays qui ne lit pas ne pense
pas. Le pays qui ne pense pas obéit.
L’Université d’État d’Haïti devait être
le laboratoire de la renaissance intellectuelle.
Elle est devenue le miroir de
l’improvisation nationale. Programmes
obsolètes. Recherche quasi inexistante.
Production scientifique marginale.
Fuite massive des cerveaux.
J’accuse les recteurs successifs
d’avoir administré la survie au lieu de
concevoir la révolution académique.
J’accuse les enseignants universitaires
d’avoir accepté des conditions indignes
sans exiger une réforme radicale. J’accuse
l’élite pédagogique d’avoir formé
des diplômés sans esprit critique, incapables
de contester les structures
mafieuses.
On produit des licenciés, des
maîtrisards, des docteurs — mais
combien produisent de la pensée
stratégique pour Haïti ? Les colloques
s’enchaînent. Les rapports dorment.
Les bibliothèques sont vides. Pendant
ce temps, les écoles communautaires
tombent sous le contrôle indirect de
groupes armés. Et l’élite éducative parle
de « résilience ». La résilience n’est
pas une politique publique. C’est un
mot de consolation.
Culture : l’intelligence anesthésiée
Haïti est une puissance culturelle.
Mais sa production critique
s’est affaiblie. Où sont les écrivains
incendiaires ? Où sont les dramaturges
qui mettent en scène la vérité nue
? Où sont les intellectuels publics qui
dérangent quotidiennement ?
L’élite culturelle s’est souvent
réfugiée dans l’esthétique au détriment
du politique. On célèbre la mémoire.
On commémore les héros. On déclame
la révolution de 1804.
Mais on hésite à nommer les
responsables contemporains. La culture
devient parfois une zone de confort
symbolique : festivals financés,
conférences internationales, réseaux
diplomatiques. J’accuse cette intelligentsia
culturelle d’avoir édulcoré le
combat.
Un pays en crise ne peut pas se
contenter de métaphores élégantes. Il
a besoin de vérité brutale.
Religion : la chaire complice
La religion est l’institution la
plus influente du pays. Chaque dimanche,
des milliers de citoyens écoutent
des sermons. Mais combien de prédications
dénoncent explicitement la
corruption systémique ? Combien
d’églises refusent les dons suspects ?
Combien de pasteurs et de prêtres défient
publiquement les chefs de gangs
?
L’élite religieuse parle de bénédiction
individuelle pendant que la
structure collective s’effondre. Elle
promet le ciel et ignore l’enfer social.
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M.D., M.P.H.
Family and Community
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J’accuse cette élite spirituelle
d’avoir réduit la foi à une consolation
privée. Une nation ne se sauve pas
uniquement par la prière. Elle se sauve
par l’action morale organisée.
L’élite et la peur
Pourquoi ce silence ? La peur !
La dépendance financière. La
proximité avec le pouvoir. Le désir de
préserver son statut.
Une partie de l’élite intellectuelle
haïtienne est prise dans un système de
cooptation. Consultations internationales.
Postes administratifs. Subventions.
Invitations diplomatiques. On
critique à voix basse. On analyse en
privé. On murmure dans les salons.
Mais on ne mobilise pas.
Le mal du pays : une responsabilité
partagée mais hiérarchisée
Oui, les politiciens ont une responsabilité
immense. Oui, les gangs
terrorisent. Oui, la communauté internationale
a ses calculs. Mais l’élite intellectuelle
n’est pas innocente.
Dans toutes les grandes transformations
historiques, ce sont les
penseurs qui ont ouvert la voie. En
Haïti, la pensée critique s’est fragmentée,
professionnalisée, parfois
marchandisée. On est devenu expert
en diagnostic. On a cessé d’être acteur
du changement.
Ce que devrait être l’élite
Une élite véritable : défend la
vérité, même au prix du confort. Organise
des plateformes de mobilisation
structurée. Produit des propositions
concrètes et contraignantes. Refuse la
normalisation de l’illégalité. Éduque à
la désobéissance civique face à l’injustice.
Elle ne s’adapte pas au chaos. Elle
le combat.
J’accuse, mais j’appelle
Ce texte n’est pas une condamnation
définitive. C’est une sommation
morale. L’élite intellectuelle haïtienne
peut encore choisir : continuer à analyser
l’effondrement ou devenir le moteur
de la reconstruction. Le pays n’a
plus le luxe du silence académique.
Il faut des manifestes. Il faut des
coalitions interprofessionnelles. Il faut
des états généraux véritables. Il faut
une insurrection intellectuelle. Haïti ne
mourra pas seulement par les armes.
Elle peut mourir par l’abandon des
consciences éclairées.
J’accuse, parce qu’aimer son
pays exige parfois de frapper fort. Et
je frappe. Parce qu’un peuple trahi par
ses élites mérite au moins une chose :
la vérité sans anesthésie.
Reynoldson Mompoint, Avocat,
Communicateur Social, Journaliste
Port-au-Prince, le 21 Février 2026
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Un million pour Johnson André
(Izo) : le théâtre américain et la
mise en scène haïtienne !
Par Reynoldson Mompoint
Dans le grand cirque géopolitique,
Haïti n’est jamais qu’une scène
secondaire. Un projecteur s’allume,
un nom circule — Izo, chef de gang
notoire, figure emblématique de la coalition
“Viv Ansanm” — et soudain,
Washington annonce une récompense
d’un million de dollars pour sa capture.
Rideau levé. Applaudissements feutrés.
Caméras braquées.
Mais derrière l’annonce spectaculaire,
une question s’impose : à
qui s’adresse réellement ce message et
pourquoi ont-ils choisi ce moment précis
? Représentait-il ce même danger
lorsque l’opposition au gouvernement
de Jovenel Moïse l’utilisait pour semer
le chaos par l’enlèvement contre
rançon dans le pays ?
Viv Ansanm : coalition ou construction
utile ?
“Viv Ansanm” — littéralement
“Vivre Ensemble” — est devenu le label
médiatique d’une alliance de gangs
que les propagandistes des classes
dominantes prétendent contrôler des
pans entiers de Port-au-Prince. Ports,
axes stratégiques, quartiers populaires,
circuits d’approvisionnement :
tout passe par eux ou ne passe pas.
Une telle campagne ne sert qu’à duper
davantage les masses populaires
afin que les escrocs au service puissent
se blanchir, et faire croire qu’ils sont
des innocents et le diable, le destructeur,
est dans le camp du peuple.
Cette coalition dont on fait responsable
de tous les problèmes estelle
seulement un monstre né du chaos
haïtien sinon le produit indirect d’années
de manipulations, d’abandons, de
complicités politiques et économiques ?
Elle ne surgit pas du néant. Elle
prospère dans les interstices du pouvoir.
Elle naît quand l’État abdique.
Elle grandit quand les élites pactisent.
Elle explose juste après la déstabilisation
programmée et consommée de
l’impérialisme en Haïti.
Etats-Unis : la prime et la morale
sélective
Un million de dollars pour Izo.
Un million pour un homme qui, hier
encore, évoluait dans un écosystème
connu, documenté, analysé par toutes
les chancelleries occidentales. Les
États-Unis veulent nous montrer qu’ils
ont de bonnes intentions, qu’ils veulent
aider Haïti, ils offrent des récompenses
pour l’arrestation d’Izo. En réalité, c’est
une façon de se moquer de nous, car
Johnson André (Izo)
c’est leur projet que ceux qui ont créé
Izo sont en train de mettre en œuvre
pour leur compte. Alors pourquoi aujourd’hui
la posture de la récompense
publique ? Parce qu’une prime, c’est
une narration. C’est un message diplomatique.
Un outil de pression pour que
la vérité ne soit jamais dévoilée!
Le théâtre américain
La prime fonctionne comme un
acte de communication stratégique :
elle repositionne Washington comme
acteur engagé contre l’insécurité haïtienne.
Elle délègue l’action au terrain
local. Elle évite l’engagement militaire
direct et ses coûts politiques.
C’est la diplomatie de la distance
: frapper sans apparaître, influencer
sans s’impliquer frontalement.
Mais pendant que les projecteurs
éclairent Izo, une question reste
dans l’ombre : Qui a ouvert le robinet
pour que les armes se répandent ainsi
en Haïti ? Qui profite de ce commerce,
sinon les entreprises qui contrôlent
le flux de munitions ? Une entreprise
rentable ne saurait en aucune circonstance
fermée ses portes.
Haïti, laboratoire ou victime
?
Haïti est devenu un terrain d’expérimentation
géopolitique. Mission
internationale en préparation. Pressions
diplomatiques. Sanctions ciblées.
Récompenses publiques. Le pays ressemble
à une pièce dont le script s’écrit
ailleurs. Mais l’erreur serait de croire
que tout vient de l’extérieur.
Les gangs prospèrent aussi grâce
aux alliances internes : politiciens en
quête de pouvoir, hommes d’affaires
protégeant leurs intérêts, segments de
l’élite utilisant l’insécurité comme instrument
de négociation.
La question que personne ne
pose
Si les grandes puissances veulent
une vie meilleure en Haïti, pourquoi
n’investissent-elles pas socialement
dans le pays ? Au lieu de cela,
elles forcent leurs marionnettes à diriger
contre les intérêts fondamentaux
de la population. Comme par exemple,
en plaçant à la tête de l’État un Premier
ministre illégitime, Alix Didier,
qui, à l’instar d’Ariel Henri, ne mènera
le pays nulle part, mais seulement à
l’abîme.
Le désordre les sert parfois plus
que l’ordre. Parce qu’un pays fragmenté
est plus malléable qu’un État
souverain et stable. Parce que la crise
permanente justifie l’intervention permanente.
Au-delà d’Izo
Izo n’est qu’un symptôme. Viv
Ansanm est une conséquence. Le million
de dollars est un symbole. Le véritable
enjeu, c’est le pouvoir. Le contrôle
du territoire. La redéfinition de l’équilibre
politique haïtien sous influence internationale.
Le théâtre américain n’est
pas une fiction. C’est une stratégie.
Et pendant que les acteurs principaux
négocient en coulisses, le peuple
haïtien continue de payer le prix du
spectacle.
Reynoldson Mompoint, Avocat,
Communicateur Social, Journaliste
Port-au-Prince, le 18 février 2026
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
5
Kwonik Kreyòl
Konfederasyon Sendika Abolotcho: Siyati Pak Nasyonal Estabilite ak Eleksyon
J. Fatal Piard
Manman bèf kabwa nan plenn disis
Fè konprann li pral sal savann
Epoutan se tout bouda l li sal nèt
Pwovèb Ayisyen
Abolotcho ti grangou ak latriye politisyen ratdokale ki vin siyen akò pou Premye minis Aliks Didye Fizeme
Samdi 21ak dimanch 22 fevriye a an
prensip madigra te gen tan boule depi
madi nan lannwit se vre. Men sa pat
anpeche yon makòn madigra malmaske
mele ak bonmas tout kalte te fèk kare
fè ekzèsis makak sale nan Pak Kinam
II. Efektivman depi nan samdi 21 pou
rive dimanch 23 fevriye lotèl Kinam II
ki chita kò l nan ri Panamerikèn, nan
Petyonvil nan kalfou Rèd Kapèt. Lokal
lotèl la te transfòme an Pak Nasyonal
pou Madigra mal maske ak Abolotcho
Pwofesyonèl gwo palto te kontinye fè
ekzèsis Makak Sale. Depi nan tout lakou
nan rantre lotèl la makòn militan an
denmon kòn nan fwon byen bande t ap
bat chalbari nan dengonn san wont, san
santiman ak san karaktè yo.
Se nan anbyans eskonbrit ak denonsyasyon
sa a makòn politichyen ti
grangou yo te rantre tèt bese ak ke yo
anba ti vant yo al bwè kola tou cho epi
manje pate chòdyè dòmi sou bil makòn
pòv malere ki pral gen 4 a 5 lane anba
tant yo. Mwen pa kwè n gen tan bliye
gwo zougoudou 184 GNB nan lane
2004 epi Zougoudou 12 janvye 2010
lanati ki te vin apse sou klou epi depi
jen 2021 Sendika Bandi Tèt Kale te vin
mete maleng kansè sou maklouklou. Lè
bandi te debake Matisan Kafoufèy ak
Solino, tout moun yo te bijo lage pye yo
al viv anba tant. Tout 2 jou yo seremoni
an te dewoule nan yon anbyans
kola cho ak pate kòde frèt ki fèt ak lwil
resikle pou touye vè nan vant abolotcho
ti grangou ak menm pwofesyonèl. Sa fè
3 jou depi makòn madigra an bonmas
aryè sezon yo t al fè grimas nan lòtèl
Rits Kinam II.
Pou jis kounye a, tèks ofisyèl
“Pak Nasyonal pou estabilite ak
òganizasyon eleksyon yo” poko pibliye
nan jounal ofisyèl Leta a ki se Lemonitè
pou piblik sa k fè tout moun rive wè se
te ekzèsis makak sale pa itil yo t ap fè.
Daprè enfòmasyon plizyè òganizasyon
sosyete sivil pa itil la ansanm ak kèk
reprezantan pati politik abolotcho ak
kèk lòt dinozò lalozè n pa bezwen lonmen
non yo pou n pa ba yo vyouz mete
siyati yo anba dokiman an. Sepandan,
yo pa t bay jounalis yo aksè nan sal
kote siyati a t ap fèt la. Bò kote Primati
a, moun ki pre dosye a anonse yon
kominike ofisyèl pral soti anvan lontan
pou ka tante bay enbesil pa ka tann yo
esplikasyon ak nan ki objektif ak angajman
ki nan pak la ki sanse fèt pou
kochon politik vin layite kadav kò yo
24/24 nan ma labou kòripsyon ak lòt
kalib malpwòpte.
Si n konprann byen youn nan inyoran
k siyen yo pa t menm konn nan
ki objektif premye minis revoke Aliks
Didye Frizeme fè makak sale yo pase 2
jou pe fè festival grimas. Malgre sa Premye
Minis la, Aliks Didye Fizeme pat
prezan pèsonèlman, alewè pou ta menm
pete nan koton mapou ba yo santi Men
kèk manm nan ekip li, pami yo chèf
kabinè li, te patisipe nan yon reyinyon
preparatwa ak kèk siyatè anvan lansman
ofisyèl seremoni an. Deyò a, nan
lakou etablisman an, anbyans lan te pi
tansyon. Kèk militan politik, ki klèman
pa t envite nan aktivite a, eseye deranje
dewoulman evènman an. Paske yo pa
t jwenn aksè ni nan lokal la ni nan sal
diskisyon an, yo leve fèy papye yo te di
yo chire pou montre yo voye dokiman
an jete, pandan yo t ap mande moun ki
te prezan yo kite espas la ba yo l blanch
kou koton mapou.
Malgre tansyon sa yo bò deyò,
aktivite ofisyèl yo te kontinye anndan
nan, nan yon klima kote se plis aktivite
vale kola epi bafre pate kòde apre sa fè
ekzèsis bat laponyèt detan y ap radote
koze tenten menm jan yo gen abitid fè l
sou Aryèl ak Gari Konil ak kakapt. Pou
kounye a, tout obsèvate rekonèt tout siyatè
ki siyen Pak la se an katimini anba
kagoul bare figi yo fè l. Sa vle di pesonn
pa ko fin konnen aklè ki òganizasyon
sosyete sivil pa itil yo ak ki pati politik
abolotcho lalozè dinozò raketè bouzen
ak aganman ak lòt kakalib tenten ki siyen
dokiman tenten an. “RED siyen Pak
Nasyonal la pou evite vid enstitisyonèl
ki ta ka fèt ak fen manda CPT a 7 fevriye
2026.
Eepi pou kreye yon kad klè pou
reponn ak 4 ijans: sekirite, sèvis esansyèl,
konstitisyon ak eleksyon kredib.
Siyati nou an pa vle di nou bay chèk
an blanch; se yon angajman pou netralite
Leta, ranfòsman PNH/FAd’H,
pwoteksyon sitwayen yo ak yon kalandriye
elektoral transparan, ak yon
komite siveyans ak obligasyon demisyon
pou nenpòt kandida. Nou rete vijilan,
egzijan ak mobilize jiskaske otorite
lejitim yo retounen ». Pawòl kaka kleren
Tèt Kale sa a yo se nan dyòl nonm Rena
Liberis la l di sou Pak Maskarad Sendika
Abolotcho Pwofesyonèl ak makak sale
yo pa menm wont pou yo fè nan boul
figi moun serye samdi ak dimanch lan.
Menm ekzèsis laponyèt yo
Depi sou ti Rene 1ye vesyon se
pa de akò rakò malatchong ki pat siyen
pou fè salopri politik yo plezi. Malgre
tout akòwòk kwòk sa a yo malfèktè
politik yo sasinen l kou yon manman
poul lògèy kan menm san l pat menm
gen tan pou l bat. Sou Miki menm an
nonm Aryèl Anri a se te festival akò
akwò menm kaklib yo. Sot nan akò
malatchong pou rive nan akò maskarad
ak sendika abolotcho pwofesyonèl yo
tout se menm tenten, menm tenyen
yo menm maskarad madignra aryè sezon
yo. Manman Lwa peyi a deja trase
depi 1987 tout pwosedi pou eleksyon
òganize nan peyi a.
Pran 1996 pou rive 2026 okenn
eleksyon pa ko janm òganize pou pèmèt
konble tout pòs ki rete vid yo tankou
Prezidan Senatè Depite Kolektivite yo ki
gen Majistra Kazèk Asèk ak Dele vil yo.
Sizoka konseye tèt pa dwat ta fè nonm
Fizeme a met nan tèt li l ka renevante
wou ak kawoutchou kite n fè l sonje
se pa ni 2 ni 3 akò Miki pat siyen ak
lopozisyon. A a a Tout se boudan Nini
nad marinad, ti bonnonm Tèt Kale a
pase yo tout nan kaka jan l pi pito. Se
jis apre entatad yo resi rive wè se ekzèsis
laponyèt ti vakabon an t ap fè yo fè.
Enben, sou baz eksperyans sa a n ka
menm rive konfime dpi se akò ak pak
kote w jwenn tout kalib marengwen san
w pa fouti konn kisa k mal ki sa k femèl.
Gwo èskonbrit pete
Depi nan denmen kote sendika
abolotcho pwofesyonèl yo te fè krèy
ak ti boujwa reyaksyonè mam pak bèt
sovak pou siyen Pak nasyonal pou
estabilite, gwo èskonbrit piblik te koumanse
pete. An prensip, Pak la te sipoze
yon akò politik ki lakòz yon antan tant
aktè yo. Kontrèma a sa moun tèt dwat
te panse Pak sa a gen tan tounen yon
jèm kansè divizyon pou Ayiti. Depi nan
lendi 23, anvan bajou kase plizyè pati
ak òganizasyon politik gen tan manche
plim denonsiyasyon yo pou yo salanbe
dokiman yo rele « Pak nasyonal pou estabilite
ak òganizasyon eleksyon ». nou
tande bèf…..
Se te samdi 21 ak nan dimanch
22 fevriye 2026 la kèk ti grangou san
memwa te siyen l apre yo fin bwè plizyè
gòje kola cho ak pate kòde dòmi. Pandan
plizyè pati politik t ap choute sou
Pak Aliks Didye Fizeme a, gen kèk lòt
ki gen espwa karas manje dòmi ki bat
pravo pou li. Youn nan premye objektig
siyati dokiman an se ta sipoze ede mete
estabilite pou pwochen eleksyon yo, fèt
nan yon kontèks kote se gwo divizyon
politik, zak laterè ak lòt vyolans gang
ame yo ki pèsiste. Reyalite k anba je n
chak jou se yon kriz imanitè, ansanm ak
absans eleksyon depi plis pase dis lane.
Pami pati politik ki siyen dokiman
bouyon mimi ak tyaka sa a w jwenn
Fanmi Lavalas, PHTK, Kongrè Patriyotik,
EDE, ASE ak Renmen Ayiti. Nan
yon nòt tou limen pou denonse Pak
lòbèy la ki gen dat dimanch 22 fevriye
2026, lidè pati politik Pitit Dessalines,
Janchal Moyiz, konfime otantisite li.
Gwoupman pati ak òganizasyon politik
ki soti nan Konsansis politik pou
redresman nasyonal ak reoryantasyon
tranzisyon an anonse yo rejte pak sa
a, premye minis Aliks Didye Fizeme te
pwopoze.
Yo fè konnen yo mete deyò ak bèl
majè kout pye nan bouda yo kat nan
manm yo, tankou pati EDE, Ansanm
nou fò, Akò 14 dawout 2025 ak Travay
ansanm pou sove Ayiti (TAPSA),
paske yo chwazi siyen pak la, yo konsidere
kòm ilegal. Desizyon sa a te pran
pa asanble siyatè Konsansis politik pou
redresman nasyonal ak reoryantasyon
tranzisyon an, apre yon sesyon ekstraòdinè
ki te fèt ak Komite pilotaj konsansis
la, dimanch 22 fevriye 2026. Akò
yo rele Konsansis politik pou redresman
nasyonal ak reoryantasyon tranzisyon
an mande pou yon nouvo tranzisyon
ki dire yon lane.i mande pou mete sou
pye yon egzekitif ak de tèt, prepare yon
plan sekirite estratejik prese prese ki ta
dwe pèmèt òganizasyon eleksyon yo,
ansanm ak respè estrik pou souverènte
nasyonal ak entegrite finans piblik yo.
Yo te menm anonse yon konferans
pou laprès pou madi 24 fevriye
2026, pou prezante yon plan aksyon ki
vize « yon dyalòg nasyonal sensè dapre
gwoupman pati ak òganizasyon politik
sa yo. Se yon pak ki gen tan trepase
depi anvan l fèt », dapre lidè lèdè pati
Pitit Desalin nan tout lemonn konen k
gen doktora nan ekzèsis abolotcho. Nan
nòt denonsyasyon li a, pati Pitit Desalin
ki twouve l anba direksyon ti Mòy,
manm Konsansis politik pou redresman
nasyonal ak reoryantasyon tranzisyon
an, rele pak la yon « fyasko », ki vle di
yon pak fos kouch pandan li souliye se
« yon gwo echèk » ak « yon twonpri klè
k ap legalize ilegalite ».
Pou jan ti Mòy pale la a yon
moun ki pa konnen ka fè gwo èrè pran
l pou moun serye. « Tantativ dezespere
sa a pap rive kache ilegalite total yon
pouvwa ki mete tèt li deyò kad konstitisyonèl
la ». Pitit Desalin avèti, li konsidere
sa kòm timoun k ap fè jwèt tè ak
tout yon zak ki pa respekte lalwa ditou
ditou. Pati a mete gwo pinga pou tout
tantativ pou bay inisyativ tèt anba sa a
sa a lejitimite, paske li wè sa kòm yon
admisyon echèk pou demokrasi. Menm
moun fou pre mande tèt yo èske ti Mòy,
nèg move zangi an janm pran menm tèt
li oserye vre pou menm yon grennfwa?
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6 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Perspectives
Douze ans sans patrie en République dominicaine !
Par Simona Carnino
Douze ans sans patrie en République
dominicaine : « L’État a fait
de cette violation des droits de l’homme
une politique publique »
Une décision de justice de 2013 a
rendu apatrides plus de 200 000
Dominicains d’origine haïtienne. Si
certains ont réussi à obtenir la citoyenneté,
on estime que 150 000 personnes
demeurent apatrides et subissent
des politiques d’immigration de
plus en plus violentes.
« C›est comme si vous n›existiez
pas. Vous ne pouvez même plus
acheter de carte SIM pour votre
téléphone. Lorsqu›un État décide de
vous retirer votre nationalité, c›est une
forme d›anéantissement.» C’est ainsi
que Franklin Dinol, coordinateur national
du mouvement Reconoci.do, qui revendique
la pleine citoyenneté pour la
population née en Haïti en République
dominicaine, décrit la situation. Le 23
septembre 2013, Franklin et 200 000
autres personnes ont perdu leur citoyenneté
dominicaine. Peu importait
qu’ils aient grandi sur l’île caribéenne,
qu’ils parlent espagnol ou que tous
leurs liens personnels et professionnels
y soient ancrés. Leur citoyenneté leur
a été retirée.
L’arrêt 168/13 de la Cour constitutionnelle
a supprimé rétroactivement
le droit à la citoyenneté par naissance
(jus soli) pour les personnes nées dans
le pays entre 1929 et 2010 de parents
haïtiens. Bien que la loi 169-14 sur la
naturalisation ait permis à certains de
régulariser leur situation, on estime
qu’environ 150 000 personnes se
trouvaient encore dans cette situation
d’incertitude juridique en 2025, selon
les données de Reconoci.do. Ces personnes,
ainsi que les migrants haïtiens,
sont exposées à des contrôles d’immigration
de plus en plus fréquents, fortement
marqués par le racisme, selon
des militants, et rencontrent également
d’importants obstacles pour accéder à
l’éducation et aux soins de santé.
Jermania Sevito, avocate et
militante de Reconoci.do, était étudiante
lorsque le verdict a été prononcé
en 2013. « J›ai dû abandonner
mes études, comme Franklin (Dinol)
et tant d’autres. Nous avons perdu
des années de notre vie, car sans citoyenneté,
il est impossible d’accéder
à l’enseignement supérieur, de trouver
un emploi stable, de se marier ou d’enregistrer
ses enfants. C’est terrible »,
confie-t-elle lors d’un entretien en visioconférence.
La République dominicaine
compte 11,5 millions d’habitants, dont
un peu moins d’un million sont Haïtiens.
Au XXe siècle, des milliers de
personnes ont traversé la frontière pour
rejoindre la partie dominicaine de l’île
et travailler dans l’industrie sucrière
et d’autres secteurs. Depuis quelques
années, cette migration se poursuit, alimentée
par la pauvreté, l’insécurité et
l’instabilité politique en Haïti.
Nous avons perdu des années de
notre vie, car sans citoyenneté, il est
impossible d’accéder à l’enseignement
supérieur, à un emploi stable, de se marier
ou d’enregistrer ses enfants. Jermania
Sevito, avocate
Entre septembre 2024 et mi-
2025, plus de 370 000 migrants et
Dominicains déchus de leur nationalité
ont été expulsés vers Haïti. À titre de
comparaison : en août, ce pays des Caraïbes
a expulsé 35 276 Haïtiens, et le
même mois, les États-Unis ont expulsé
29 263 personnes dans le cadre de la
politique anti-immigration de la présidence
de Donald Trump.
Une dénationalisation annoncée
Depuis le début des années 2000,
des milliers de familles se heurtent à
des obstacles pour inscrire leurs enfants
à l’état civil. Dans certaines municipalités,
les inscriptions sont acceptées,
tandis que dans d’autres, elles sont
arbitrairement rejetées au motif que
les enfants sont d’origine haïtienne,
même lorsque les parents sont dominicains
de naissance. De nombreuses
familles racontent avoir été contraintes
de se déplacer de province en province
Manifestation du Mouvement Reconoci-do à Saint-Domingue
avant de trouver un fonctionnaire disposé
à inscrire leurs nouveau-nés. « En
2013, l›État dominicain a révélé son
vrai visage au monde entier », déclare
Felipe Fortines, avocat d’origine haïtienne
et membre de Reconoci.do. « Il
a érigé cette violation des droits humains
en politique publique, décrétant
de fait un génocide civil pour une partie
de ses citoyens », ajoute-t-il.
Un an plus tard, en 2014, l’État
a adopté la loi sur la naturalisation afin
de régulariser le statut de certaines
personnes déchues de leur nationalité.
Ce fut la première grande victoire pour
Reconoci.do, qui est devenu l’une des
voix les plus importantes contre la dénationalisation,
avec un réseau d’environ
600 responsables.
La loi de 2014 a divisé la population
concernée en deux groupes : le
groupe A, composé des personnes déjà
inscrites à l’état civil, et le groupe B,
celles qui n’ont jamais été enregistrées
à la naissance. « Sur les 61 000 personnes
du groupe A, plus de 34 000
n’ont toujours pas recouvré leur nationalité,
tandis que dans le groupe B,
seules 8 755 personnes ont pu participer
à la procédure », explique Dinol,
illustrant ainsi l’impact limité de la loi.
« De plus, seule une naturalisation,
c’est-à-dire une citoyenneté de second
rang, a été accordée », explique Fortines.
« Nous exigeons le recouvrement
de la pleine nationalité, car nous ne
sommes pas des étrangers naturalisés,
nous sommes Dominicains à 100 %.»
Devenir apatrides a exposé des
milliers de personnes à l’expulsion
forcée. « Si vous êtes Noir ou si vous
avez un nom de famille à consonance
française, vous devez avoir vos papiers
sur vous en permanence. La police
de l’immigration arrête même des
Afro-Dominicains sans ascendance
haïtienne », explique Dinol.
Nous exigeons le rétablissement
de notre pleine nationalité car nous ne
sommes pas des étrangers naturalisés
; nous sommes Dominicains à 100 %.
Felipe Fortines, avocat
Les rafles d’immigrants comportent
une forte dimension raciale et
se sont intensifiées ces derniers mois
dans les communautés défavorisées,
les quartiers ouvriers et les bateyes,
ces hameaux où vivent et travaillent
des familles d’origine haïtienne dans
l’industrie sucrière. « Les gens ne sont
plus chez eux », témoigne Epifanía St.
Chals Lichardo, militante de Reconoci.
do. « Ils dorment dans les églises ou
dans les champs de canne à sucre. Ils
se cachent pour éviter d’être arrêtés. »
La politique de fermeté adoptée
par le gouvernement du président Luis
Abinader, libéral de centre-droit, s’inscrit
dans une longue tradition de discrimination
envers les Haïtiens, ancrée au
siècle dernier et renforcée sous la dictature
de Rafael Trujillo. Depuis 2022,
l’État dominicain construit un mur le
long de sa frontière avec Haïti, à l’aide
de clôtures et de capteurs, conformément
aux politiques de sécurité nationale
promues par des pays comme les
États-Unis et la Hongrie. Le mur couvrira
176 des près de 400 kilomètres de
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Une décision de justice de 2013 a rendu apatrides plus de 200 000
Dominicains d’origine haïtienne.
frontière. À ce jour, 54 kilomètres sont
construits.
« Ils expulsent même des
mineurs. Certaines familles n›envoient
déjà plus leurs enfants à l›école par
peur », témoigne Saint Chals Lichardo.
Bien que le ministère de l’Éducation
garantisse officiellement l’accès à
l’enseignement de base quel que soit
le statut migratoire, dans les faits, de
nombreuses familles préfèrent ne pas
prendre de risques. De plus, un acte
de naissance reste indispensable pour
accéder à une formation technique ou
entrer à l’université.
Le dernier bastion des hôpitaux
En avril 2025, le président
Abinader a annoncé 15 mesures renforçant
la politique d’immigration.
L’une d’elles, la numéro 11, oblige les
hôpitaux publics à vérifier et à déclarer
le statut migratoire de leurs patients.
Amnesty International a exigé
que le gouvernement dominicain
garantisse l’accès aux soins de santé
sans discrimination et protège celles et
ceux qui défendent la justice raciale et
les droits humains. Mais la réalité est
que les hôpitaux sont devenus un nouveau
terrain d’expérimentation pour
le contrôle de l’immigration, touchant
particulièrement les migrantes enceintes
ou les Dominicaines d’origine
haïtienne, qui évitent de se rendre dans
les centres de santé par crainte d’être
détenues et expulsées.
« Ce n›est pas une politique
du genre «Je vous soigne et ensuite
je vous expulse». C›est une politique
de négation du droit à la santé. Parce
que si vous savez qu›un agent de
l›immigration est posté à l›hôpital, vous
Jean R. St. Jour,
IRS EA and Certified
Bookkeeper (CB)
Expert Income Tax Preparation
Jean R. St. Jour, CB
2916 Clarendon Road
(between Nostrand & E. 29th St.)
Brooklyn, NY 11226
718.284.0733
n›y allez pas », explique Dinol.
Le cas de Lourdia Jean Pierre
illustre les conséquences de ces nouvelles
politiques. Malgré ses problèmes
de santé, cette femme a accouché chez
elle en mai dernier par crainte d’être expulsée.
Elle est décédée en couches, et
les services d’immigration ont détenu
et expulsé le bébé et son père. L’État
n’a même pas délivré de certificat de
décès. « Ici, sans papiers, vous n›êtes
pas une personne. » « L’État ne vous
reconnaît même plus après votre mort
», explique l’avocat Felipe Fortines.
La perte de nationalité en République
dominicaine est l’un des cas
d’apatridie les plus graves du continent,
condamné par la Commission
interaméricaine des droits de l’homme
et la Cour internationale de Justice. De
plus, lorsqu’une personne est expulsée
vers le pays voisin, elle tente de ne
pas rester en Haïti. Ce n’est pas seulement
parce qu’elle ne parle ni créole
ni français, ou qu’elle n’a pas de liens
familiaux de l’autre côté de la frontière,
mais aussi à cause de la violence qui
étouffe depuis des années le pays le
plus pauvre des Amériques, marqué
par l’emprise des gangs criminels et
l’absence d’État.
« Les gens paient des milliers de
pesos à des passeurs pour retourner
en République dominicaine. » « C’est
là qu’ils se retrouvent piégés dans
des réseaux de trafic d’êtres humains
qui opèrent avec la complicité des
services d’immigration », dénonce Dinof.
« Lorsqu’une personne est déchue
de sa nationalité, cela engendre des
activités clandestines et des violences,
et alimente un commerce florissant »,
ajoute-t-il.
Planeta Futuro 26 Janvier 2026
Frantz Boisson, EA
Licensed: US Treasury Dept.
TAX & ACCOUNTING
Individual, Self-employed,
Corporate, Cabbies, Aliens,
Business Set-up, Proposals
IRS REPRESENTATION
Audits, Back taxes, Warrants,
Levies, Appeals
3415 Avenue I
(near Flatbush Ave.)
Brooklyn, NY
646-249-5204
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
7
Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (02)
D’un processus électoral à l’autre, la saga continue ! (24 e partie)
Par Catherine Charlemagne
Depuis l’installation le 7 février
dernier de Alix Didier Fils-Aimé
à la tête du Pouvoir exécutif haïtien
comme le chef unique de la transition,
il ne se passe rien de concret. A
part la signature d’un nouvel Accord
dit : « Pacte national pour la stabilité
et l’organisation des élections » qui
lui donne carte blanche pour gérer
la transition le temps qu’il voudra et
en même temps posé les bases pour
un partage éventuel des postes au
sein du futur cabinet ministériel. En
somme, un nouveau cycle de pouvoir
sans aucun objectif réel de mettre fin
à cette impasse institutionnelle. Pourtant,
dans cette lancinante transition
permanente, les membres du Conseil
Electoral Provisoire (CEP) continuent
d’agiter l’épouvantail des élections en
Haïti pour le mois d’août prochain,
soit dans six mois.
Paraît-il, ils y croient. A
en croire le quotidien Le Nouvelliste
datant du 20 février 2026 rapportant
les propos d’un membre du CEP
gardant l’anonymat : « Le départ des
membres du Conseil Présidentiel de
Transition n’a rien changé dans l’exécution
du calendrier électoral. Le 30
août prochain est maintenu pour la
réalisation du premier tour des élections
présidentielles et législatives. »
Alors, faisant comme si l’on croyait
encore au Père Noël, nous reprenons
notre chronique sur le processus électoral
entamé depuis 2024 par le Conseil
Présidentiel de Transition, donc
avec l’ancien et l’actuel Premier ministre
Alix Didier Fils-Aimé, exactement
là où on l’avait arrêtée.
Avant la confirmation, par Franck
Lauture, de la date de la sortie du texte
définitif de la Constitution, le mardi
22 juillet 2025, l’organisation « Nouvelle
Alliance pour la Transition Constitutionnelle
» dirigée par Jean-Pierre
Bailly, était de ceux qui ne soutiennent
nullement une nouvelle Constitution et
demeurent convaincus que l’avant-projet
n’apportera rien. D’ailleurs, dans le
bulletin de son organisation, il soutient
qu’il y a un aéropage d’organisations
bien ancrées dans la population, par
exemple : des représentants d’universités,
de différents groupes qui proposent
des solutions à la crise, des organisations
patronales, populaires, féminines,
syndicales, religieuses, paysannes et de
la diaspora qui ne soutiennent que la
Constitution de 1987. Pour Jean-Pierre
Bailly, le pays est à un moment décisif
de son histoire. Il promettait de revenir
avec cette Charte constitutionnelle
si jamais le CPT arriverait à la modifier
ou la remplacer. Pour démontrer la
pertinence de ses vœux de rétablir la
Constitution de 1987, la Nouvelle Alliance
pour la Transition Constitutionnelle
écrit dans son journal : « Le choc
causé par l’assassinat du Président
Jovenel Moïse en juillet 2021 a une
fois de plus exposé les problèmes du
système politique.
Il est temps de mettre fin aux
cycles de crises et de construire, sur
une base légitime et constitutionnelle,
un État de droit qui soit digne de ce
nom. Charles Henry Baker, une figure
respectée du monde des affaires et un
soutien de la NATC, a montré que cette
approche est pertinente. Il appelle à
rétablir officiellement la Constitution
de 1987, à reconnaître que le poste
de Président est vacant et à mettre
en place un Organe de Contrôle des
Actions du Gouvernement (OCAG).
Cet organisme aurait des pouvoirs
similaires à ceux du Parlement et
permettrait de limiter les excès du
gouvernement jusqu’à l’élection d’un
Président temporaire issu de la Cour de
cassation (la plus haute juridiction du
pays). »
Après les universitaires et tant
d’autres acteurs de la Société civile qui
se sont positionnés sur l’avant-projet,
Jean-Pierre Bailly de la Nouvelle Alliance pour la Transition
Constitutionnelle
on trouve le secteur religieux, plus précisément
l’église catholique. En effet, le
mardi 22 juillet 2025, la hiérarchie de
cette entité religieuse, par le biais de la
Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH),
l’organe suprême de cette église en Haïti,
devait publier un message presque
solennel dira-t-on à l’intention de la
Jocelerme Privert, l’ancien sénateur des Nippes l’ancien sénateur des
Nippes et ancien chef de l’Etat du pays
population et des autorités politiques.
Dans ce document, les évêques haïtiens
ont dressé un tableau apocalyptique de
la situation du pays comme la profanation
des lieux de culte, la destruction
du patrimoine culturel et les atteintes
répétées à la dignité humaine qu’ils
qualifient d’actes de barbarie.
Cet organisme s’est révolté contre
ce qu’il appelle : le chaos généralisé
caractérisé par l’effondrement des
piliers sociaux, politiques et moraux du
pays avant de donner clairement leur
position sur l’avant-projet. Sans langue
de bois, le CEH émet de sérieuses réserves
non seulement sur le processus
lui même mais surtout sur le contenu
du texte proposé bien qu’il s’agissait
d’un document provisoire appelé à être
modifié. Dans leur prise de position, les
évêques du CEH devaient rappeler que
toute Constitution digne de ce nom doit
être un véritable pacte social, fondé sur
un large consensus national et une volonté
commune de reconstruction. Le
lundi 28 juillet 2025, après le ton très
mesuré des évêques de la Conférence
Épiscopale d’Haïti (CEH), changement
de vocabulaire avec l’ancien Président
provisoire de la République, Jocelerme
Privert. Invité d’un média de la capitale,
d’emblée l’ex-Président du Sénat
s’en prenait au texte qu’il qualifie de :
monstruosité.
Pour Jocelerme Privert, il ne fait
pas de doute que cet avant-projet, s’il
reste dans l’état, sera un retour à la
dictature. L’ancien chef de l’Etat est
d’autant plus en colère qu’il dit avoir
la parole de son ancien chef de gouvernement,
Enex Jean-Charles, pour
modifier certains points avant sa publication.
Ce qui, bien entendu, n’a pas
été fait d’après lui. Si l’ancien sénateur
des Nippes ne voit aucune objection à
ce qu’il y ait un changement de Constitution
après 38 ans de bons et loyaux
services, il n’accepte pas que la nouvelle
devienne source d’instabilité, voire pire
que celle de 1987. Sur radio Magik9,
ce lundi 28 juillet 2025, l’ex-Président
provisoire de la République livre sa
pensée sur l’avant-projet : « Je ne peux
me rendre complice d’une telle démarche,
d’autant plus qu’elle est conduite
par un gouvernement dépourvu
de toute légitimité constitutionnelle.
Cette monstruosité, concoctée par ce
Comité de pilotage, ne répond en rien à
ce qui était nécessaire pour permettre
une application harmonieuse de la
Constitution. Au lieu de résoudre les
problèmes posés par la Constitution
de 1987, ce projet, s’il est imposé à la
population, sera source d’instabilité
politique, voire d’un retour au vieux
démon de la dictature dans le pays.
Je leur ai fait part de mes points
de vue par rapport au texte, et le Premier
ministre Enex Jean-Charles m’a
assuré qu’il s’agissait d’un document
soumis pour discussion et que mes réserves
seraient prises en compte dans
le document final. Mais il se trouve
que c’était déjà la version finale, à un
point tel qu’ils en font la promotion.
» Le lendemain, jeudi 31 juillet 2025,
toujours sur le même média, c’est un
juriste qui était appelé aux micros pour
venir plancher sur le texte sur le plan
juridique. Il s’appelle Abdonel Doudou,
directeur exécutif d’une organisation
dénommée Jurimédia. Connu pour son
franc parler, cet homme de loi s’appuie
sur le décret référendaire pour démonter
le texte de l’avant-projet qu’il estime
être une escroquerie puisqu’il n’a aucun
fondement juridique. « Il n’y a pas
une seule référence à la loi fondamentale
du pays. Donc, le document est
juridiquement nul » avançait-il. Avant
de poursuivre : « Le Conseil Présidentiel
de Transition essaie de faire diversion
en multipliant les gesticulations
politiques. L’avant-projet soumis à
l’Exécutif est une véritable imposture
qui ne débouchera sur aucun résultat
concret.
C’est une sorte de rideau de
fumée destiné à cacher l’incapacité du
gouvernement à régler la crise sécuritaire
qui ravage le pays » déclarait
Abdonel Doudou dans l’émission Panel
Magik du 31 juillet 2025. Entre-temps,
la polémique battait son plein sur le
processus et ce, malgré l’optimisme affiché
du Président du Comité de pilotage
début juillet et l’annonce de celui-ci que
le texte final sera rendu à la fin du mois
de juillet au gouvernement. Or, rien n’a
pu être concrétisé. Et pour cause! On
était à la deuxième semaine du mois
d’août 2025 et aucun texte n’avait été
remis aux autorités par le Comité de pilotage.
En clair, Me Enex Jean-Charles
et ses collègues n’ont pas pu tenir parole.
Tandis que le Premier ministre
Alix Didier Fils-Aimé, dans une lettre
de cadrage début août 2025, annonçait
que le gouvernement disposait de plus
de 67 millions de dollars (67,5) pour
la tenue du référendum et des élections
prévues au cours des mois à venir.
Dans ladite lettre de cadrage, les
observateurs avaient remarqué que le
gouvernement ne donnait plus de date
exacte pour ces scrutins, une sage précaution
signifiant que les autorités hésitent
sur l’opportunité de réaliser ces
élections dans un climat d’insécurité
mortifère d’une part. Et d’autre part,
compte tenu de la polémique, voire des
oppositions s’exprimant sur le contenu
même de l’avant-projet sans attendre
le texte final, il était plus que raisonnable
de faire profil bas quitte à laisser
au Comité de pilotage le temps qu’il
voudra pour rendre sa copie revue et
corrigée. A la mi-août 2025, le quotidien
Le Nouvelliste qui n’a rien vu venir
a été à la pêche aux nouvelles auprès
du Comité de pilotage, vu qu’on était
à la moitié du mois d’août. Le 19 août
2025, deux sources ont été contactées
par téléphone, le même jour. Sauf que
les deux sources devaient donner des
réponses divergentes.
Si l’une avait affirmé avec force
détails que : « Nous n’avons pas encore
envoyé le texte final de la nouvelle
Constitution au Conseil Présidentiel.
Le Secrétariat technique et les experts
impliqués sont en train de le finaliser.
Certaines entités ainsi que plusieurs
groupes organisés de la société ont
sollicité un délai supplémentaire afin
de transmettre leurs observations sur
l’avant-projet de la Constitution. Le
Comité de pilotage, soucieux de garantir
l’inclusion de tous les intéressés,
a dû accepter afin d’éviter toutes
mauvaises interprétations ou incompréhensions.
C’est pratiquement pour
cette raison qu’il y a eu un léger retard,
mais tout est quasiment fin prêt. » En
revanche, la seconde a été moins bavarde.
Elle s’est contentée d’indiquer,
selon Le Nouvelliste du 19 août 2025 :
« Qu’il n’y a pas eu de rencontres sur
le dossier depuis longtemps, avant
d’admettre qu’il n’avait peut-être pas
été invité aux rencontres. » Par ailleurs,
dans le cadre de la Commission
ad hoc mise en place par le Conseil de
l’Ordre des avocats chargé d’analyser
juridiquement la décision du CPT visant
à proposer une nouvelle Charte fondamentale,
le Bâtonnier dudit Conseil,
Me Patrick Pierre-Louis, avait reçu, le
vendredi 22 août 2025, une délégation
de trois membres de la Commission
afin de faire le point sur l’avancement
de son travail. Lors de son installation,
il était prévu que la Commission
ad hoc composée des Maîtres : Bernard
Gousse, Président ; Josué Pierre-Louis,
Rapporteur ; Marc-Sony Charles, Joe
Ducasse et Alain Guillaume, restitue
ses travaux au plus tard le 29 août
2025. Il se trouve qu’il allait y avoir
un télescopage ce jour-là entre deux
groupes. En effet, c’est cette date que le
Comité de pilotage de la Conférence Nationale
avait choisie pour prendre tout
le monde par surprise.
Ce vendredi 29 août 2025 a été la
date de la remise, tout au moins de l’envoi
officiel, de la version définitive de la
proposition de la nouvelle Constitution
aux autorités du pouvoir Exécutif, notamment
à Laurent Saint-Cyr, nouveau
Coordonnateur du CPT et Alix Didier
Fils-Aimé, le Premier ministre. Dans
un long courrier signé de l’ex-Premier
ministre Enex Jean-Charles adressé au
CPT et au Gouvernement, le Président
du Comité s’en réjouit et était comme
soulagé de pouvoir leur rendre le travail
qui lui a été confié. Mais, en bon
politique, Me Jean-Charles en a profité
pour revenir sur les difficultés que lui
et son groupe ont rencontrées durant le
processus de la rédaction du texte final.
Dans sa longue correspondance
datée du 28 août 2025, il n’a pas oublié
de souligner à l’attention des autorités
exécutives que les avis sont largement
partagés sur le processus lui-même en
disant que certains étaient plutôt partisans
d’une Assemblée constituante
alors que d’autres souhaitent garder la
Constitution de 1987 en l’état. L’ancien
chef du gouvernement a même
posé la problématique des milliers de
déplacés qui vivent dans une situation
déplorable. Bref, Enex Jean-Charles,
dans sa lettre aux autorités, a cherché
à devancer les critiques dont il sait qui
ne manqueront pas de continuer même
après avoir intégré un nombre incalculable
de remarques, suggestions et de
propositions. Selon Franck Lauture, un
membre influent du Comité, plus d’une
centaine de recommandations ont été
prises en compte. Il est important de
rapporter que le texte n’était pas arrivé
seul. Un solide Rapport contenant plus
de 1400 pages a accompagné le document
qui a été remis au Conseil Présidentiel
de Transition.
Voici un extrait de la correspondance
du Président du Comité de pilotage
aux membres du Collège Présidentiel
et au chef du gouvernement
et au peuple haïtien comme il est écrit
: « C’est un plaisir pour moi, au nom
du Comité de pilotage de la Conférence
nationale, de remettre au Conseil
Présidentiel de Transition, au gouvernement
et au peuple haïtien le résultat
de notre travail sur la Constitution
du pays comme le prévoit le décret du
17 juillet 2024. Le travail sur la
nouvelle proposition de la Constitution
a été très difficile. Le contexte dans
lequel la mission nous a été confiée a
considérablement évolué, mais dans
le mauvais sens. La situation du pays
s’est fortement détériorée. L’insécurité
est à un niveau où la population n’en
peut plus. Beaucoup de gens sont contraints
de fuir leur domicile pour se
réfugier dans des camps ou chez des
proches. La misère s’affiche au grand
jour. Même ceux qui arrivaient tant
bien que mal à s’en sortir se retrouvent
désormais à tendre la main. Là où il
a été possible de se rendre, le travail
a été mené tant bien que mal. Nous
avons travaillé dans un contexte où
les déplacements n’étaient pas toujours
possibles.
Dans certains endroits où nous
souhaitions aller pour dialoguer, nous
n’avons pas pu. Mais nous avons atteint
ceux que nous pouvions et fait
ce qui était à notre portée. Outre les
problèmes du pays, le manque chronique
de moyens a fortement ralenti
le processus. Nous voulons attirer l’attention
du CPT sur le fait que, malgré
le fait que beaucoup de gens soient
d’accord avec le contenu du projet
de Constitution, la réalisation d’un
référendum direct n’a pas fait l’unanimité.
Bon nombre d’organisations et
de personnalités de la société estiment
qu’une Assemblée constituante devrait
travailler sur le projet de Constitution
alors qu’une autre catégorie moins
importante en nombre pense qu’on ne
devrait pas changer la Constitution de
1987 dans le contexte actuel. Étant
donné que nous avons été mandatés
par le CPT, nous l’invitons à décider de
la présentation en référendum, comme
le prévoit le décret. »
(A suivre)
C.C
8 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
This week in Haiti
Dessalines’ Assassination and the
Rise of the Affranchi State
The assassination of Emporer Jean-Jacques Dessalines as rendered by
Jean-Claude Sevère: “Dessalines’ assassination was not merely a change
of leader. It produced three structural shifts.”
by Kervens Louissaint
The triumph of Haiti’s first revolution
resulted from the union of two distinct
classes.
The first was Haiti’s freedmen
(affranchi), whose foremost
political leaders included Alexandre
Pétion and Henri Christophe. This
class generally owned landed property,
but because many of its members
were the children of slave owners and
slave mothers, they did not enjoy all
the rights of French citizenship. Hence
their primary demand was for “égalité”
(equality).
The other group, much larger,
was the masses of former slaves,
the bossalles, many of them born in
Africa, whose foremost leader was
Jean-Jacques Dessalines. Either they,
their parents or grandparents had been
enslaved, and, with Napoleon seeking
to reestablish slavery a decade after
its 1793 abolition in the colony of St.
Domingue, their principal call was for
“liberté” (freedom).
Dessalines proclaimed Haiti’s
independence from France on Jan.
1, 1804, but just over two years later,
through a wide-ranging conspiracy, on
Oct. 17, 1806, the affranchi leaders
assassinated Dessalines, which dramatically
changed Haiti’s course.
Dessalines had challenged
the affranchi’s power, primarily
through his nationalization of land.
His guiding principle was: land belongs
to its tiller.
From the affranchi coup
d’état, two ruling classes emerged. The
grandon, or big landowners, and the
comprador bourgeoisie, which controlled
the import and export of goods
to and from Haiti.
Peasants worked the land,
paying a tithe to the grandon, much
like medieval European serfs paid their
nobility. The comprador bourgeoisie
then marketed those products to the
world capitalist system. Hence Haiti’s
system was known as semi-feudalism.
For this reason, Dessalines’
assassination was not merely a change
of leader.
shifts:
It produced three structural
1. Dissociation between
popular sovereignty and the state apparatus.
2. Privatization of power by
A Haitian peasant worked like a
medieval European serf under the
semi-feudalism guarded by the
Affranchi State.
politico-military factions.
3. Establishment of permanent
internal competition for control of
the State.
This was not an ordinary
political transition, but a transformation
of the principle of legitimacy —
a civilizational turning point. Power
ceased to be based on insurgent unity
and became based on institutional control.
The people were no longer
their own masters. They became administered.
Even if the regimes differed,
the underlying semi-feudal structure
remained the same: the state began to
exist to preserve this system, and give
The children of the now ruined peasantry work as factory workers in
Haiti’s assembly industries, defended by the Affranchi State.
Photo: The New York Times
advantages to whichever ruling class
rival – grandon or comprador – held the
Presidential Palace.
Under Dessalines, coercion
was justified by national survival
against hostile colonialist empires.
After 1806, it became administrative.
Power collected, organized, and disciplined
— without relying on continuous
popular mobilization. The implicit
contract was transformed: legitimacy
no longer stemmed from active sovereignty,
but from the capacity for governance.
1804: the people were the
source of legitimacy. 1806: the people
became the object of governance. This
is where the matrix of the semi-feudal
bourgeois state is born. I call it the Affranchi
State.
The indemnity imposed by
France in 1825 does not create this
matrix. It consolidates and locks it in.
It reinforces external dependence and
the centrality of customs revenues. The
State learns to survive through international
flows rather than through a
broadened domestic productive base.
The less it depends fiscally on the people,
the less it owes them politically.
Changes of presidents, coups
d’état, and civil wars do not alter this
architecture. The State becomes a prize
to be captured. Control of power guarantees
access to resources. In a fierce
rivalry, the grandon and comprador
fought for primacy, which conferred
advantages to whichever faction held
State power. Society remains peripheral
to the decision-making structure.
This is not a problem of race.
This is not a regional problem. Black,
mulatto, military, and civilian leaders
have succeeded one another. The
constant variable is not skin color. It is
structural. The Affranchi State could be
administered by actors from any and all
social strata, but it served the interests
only of the grandon and the comprador.
What matters is adherence to the
model.
In the 20 th century, the U.S.
occupation did not create the matrix. It
rationalized it, by increasing centralization
and bureaucratic institutionalization.
The U.S. Marines strengthened
the administrative center and conferred
more political power and trust to the
ruling class’ comprador faction. (There
were both economic and racist reasons
for this favoritism.) The form evolved,
the logic persists: the State became
more divorced from the popular masses.
In contemporary times, international
financial dependence prolongs
this configuration: external aid,
remittances from the diaspora, predominance
of customs revenue. The
State still does not primarily rely on
a broad national productive tax base.
It can therefore survive despite popular
distrust. Function despite territorial
fragmentation. Publish macroeconomic
indicators while society crumbles.
This is not the absence of a
State. It is a detached State.
Ultimately, the Affranchi
State is a political apparatus that, after
1806, ceased to be the direct expression
of an insurgent popular sovereignty
and began to reproduce itself
independently of it. It can change
its leaders. Change its constitution.
Change its ideology within feudal and
bourgeois parameters (e.g. Duvalier vs.
Déjoie). But it retains one constant: it is
not structurally dependent on the permanent
fiscal and productive consent
of the Haitian people.
The North-South divide following
Dessalines’ assassination was
the visible symptom. The ontological
rupture, however, was invisible. Since
1806, the foundation of legitimacy, the
relationship with the people, and the
mode of power reproduction have been
transformed. This matrix runs through
the 19 th century, the U.S. occupation,
authoritarian regimes, fragile democracy,
and the contemporary period.
In the past 57 years, since
the visit of Nelson Rockefeller in 1969,
the grandon have gradually begun to
disappear. In the 40 years since Jean-
Claude Duvalier’s fall in 1986, their
demise has accelerated. Haiti is no lon-
Haiti Has a Special
Place in World History
Declaration to Haitians and Their Diaspora
During Black History Month
by Jocelyn Gay
Haiti is humanity’s mother of freedom.
Ayiti Boyio Kiskeya, aka Haiti,
founded a nation to be a refuge
from the crimes perpetrated and trauma
created by empires claiming to be
civilized: Spain and France started, followed
by the constant interference of
England, Germany, and later the USA
and Canada, and next-door neighbor
the Dominican Republic, to name only
those.
The blood, sweat and tears
of Ayiti’s citizens and their descendants
from Kemet/Africa created a nation
where all human beings could live in
dignity away from slavery and white
supremacy. However, these predators
never gave up on laying claim to this
piece of real estate that made them
filthy rich for centuries and still decades
later after Ayiti declared her independence
in 1804.
Ayiti is still owed money
from France for having been forced to
pay her the extortion sum of 112 millions
of francs (US$21 billion) from
1825 to 1947 for refusing to remain
enslaved. Then, money is also owed
to Ayiti by the USA because that country
stole Ayiti’s gold reserves in 1914.
Both of these empires relished calling
Ayiti “the poorest country of the Western
Hemisphere” while they were and
still are the first gangsters which
robbed her.
The history is clear. Ayiti
has been victimized since the Africans
and their descendants founded this
ger an agricultural neocolony surviving
off the toil of its peasant serfs (deux
moitiés). It has been converted into a
giant prison camp for wage-slave labor
assembling clothing and electronics for
the U.S. empire.
The comprador bourgeoisie,
in its vast majority, no longer sells
overseas the cheap coffee, sugar, cacao,
cotton, sisal, and bananas that
the peasantry once produced. Instead,
it taps the inexpensive labor power of
the peasantry’s children and grandchildren,
a teeming proletariat and
lumpen-proletariat who live in the cities’
vast slums to work in the “transformation
industries,” putting together
duty-free merchandise exclusively
for export. Only the labor comes from
and stays in Haiti.
nation while fighting for their freedom
from slavery and debunking the myth
of white supremacy in the process.
Since her children are not RESIGNED
VICTIMS, they demand:
1.) The immediate return of all
Haitian assets stolen from Ayiti by enslaving
empires and imperialists like
France and the USA;
2) Historical recognition and reparations
from Spain for the genocide
perpetrated on the Tainos in 1492;
3) The stopping of all interference
of foreign countries in Ayitian
affairs, Ayiti being a sovereign nation;
4) The elimination of all current
debts incurred by Ayitian leaders not
chosen by Ayiti;
5) The blockage of all weapons
and illicit substances entering the sovereign
territory of Ayiti to sustain terrorism;
6) An end to mistreatment of Ayitian
nationals traveling and/or residing
abroad;
7) An end to referring to Ayiti
as the poorest country of the Western
Hemisphere while the nation has been
deliberately impoverished to enrich
greedy genocidal empires. Ayitishould
be referred to as “The Mother of Freedom.”
Ayiti’s history can never be
erased and forgotten by all humans
who know what value is. It is a shining
example of the enduring courage
that remains in humans faced with
constant attacks from cowardly predators.
Long Live Ayiti, Mother of Freedom
Therefore, today, Haiti’s
comprador bourgeoisie is a contractor
for U.S. imperialism and hence the
sole master of the Affranchi State. De
facto Prime Minister Alix Didier Fils-
Aimé is its archetypal representative.
It is not a question of color.
Nor a regional issue. The Affranchi
State has a specific architecture. As
long as the architecture remains, the
actors change, but the logic persists.
The Affranchi State was born
of a rupture. It became a structure. And
it continues to adapt, serve its foreign
masters, and reproduce.
But, the affranchi must beware,
and they know it, running to
their masters. The descendants of the
bossalles, Dessalines’ children and
avengers, are once again rising.
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
9
Á MUNICH, L’EUROPE APPLAUDIT
Par Roland Marounek, José Antonio Egido et
Daniel Garcia
la Conférence de sécurité de
Á Munich, le samedi 14 février
2026, le secrétaire d’État américain
Marco Rubio a exposé avec une brutalité
et une clarté saisissantes la nature
profondément raciste, impérialiste
et belliqueuse d’une idéologie de
la classe dirigeante de Washington,
porteuse de menaces graves pour
l’humanité.
Rubio ressort les poncifs
de l’impérialisme américain :
Un anticommunisme virulent, aux
accents rappelant les années 1930,
où le socialisme est désigné comme
l’« empire du mal », enfermé derrière
un supposé « mur infâme ».
Une idéalisation du passé colonial
européen, marqué par l’exploitation,
l’esclavage et la répression,
présenté comme une épopée
civilisatrice : « pendant cinq siècles
l’Occident n’a cessé de s’étendre »,
« la plus grande civilisation de
l’histoire de l’humanité ».
La revendication d’une idéologie
ancienne, forgée dès 313 de
notre ère comme ciment de domination
impériale : la « foi chrétienne »,
érigée en lien prétendument naturel
entre l’Europe et les Etats-Unis.
Il expose sans détour son
projet de recolonisation du
monde : La reconstitution d’une
« chaîne d’approvisionnement »
mondiale, c’est‐à-dire l’organisation
méthodique de l’acheminement des
ressources planétaires au profit de
l’oligarchie financière et industrielle
américaine.
Il affiche sa volonté de détruire
le droit international pour
lui substituer la loi brutale de
l’empire : Les Nations unies ne
joueraient « aucun rôle », tandis que
le droit international serait réduit à
de simples « abstractions » faisant
obstacle à une ambition impériale
sans limite.
Il revendique la restauration
d’une domination coloniale
remise en cause après 1945 :
Selon lui, « les grands empires
occidentaux étaient entrés dans un
déclin », accéléré par les révolutions
communistes et les mouvements
anticoloniaux.
Il exige des alliés impitoyables
et dociles, prêts à
suivre cette logique de confrontation
: « Nous ne voulons pas
d’alliés faibles. »
Il assume une vision du
monde où des populations entières
sont vouées à être sacrifiées
: Le rejet de tout « État‐providence
mondial » légitime la faim,
les guerres et les pandémies comme
instruments de domination.
Enfin, il cherche à flatter
les impérialistes européens tout
en dissimulant son exigence de
soumission : Derrière le discours
selon lequel « les Etats-Unis et l’Europe
ne font qu’un », se cache le
mensonge d’une prétendue « Europe
forte », appelée en réalité à s’aligner
et à s’agenouiller.
La Conférence de sécurité de Munich, le samedi 14 février 2026
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Quelques extraits de cette
conférence :
Sous la présidence de Trump,
les États-Unis d’Amérique s’attelleront
à nouveau à la tâche du renouveau
et de la restauration, animés
par la vision d’un avenir aussi fier,
aussi souverain et aussi vital que le
passé de notre civilisation. Et bien
que nous soyons prêts, si nécessaire,
à le faire seuls, nous préférons
et nous espérons le faire avec vous,
nos amis ici en Europe.
Pour les États-Unis et l’Europe,
nous sommes faits l’un pour
l’autre. L’Amérique a été fondée il
y a 250 ans, mais ses racines ont
commencé ici, sur ce continent, bien
avant. Les hommes qui ont colonisé
et construit la nation où je suis né
sont arrivés sur nos rivages en emportant
les souvenirs, les traditions
et la foi chrétienne de leurs ancêtres
comme un héritage sacré, un lien
indéfectible entre l’ancien et le nouveau
monde.
Nous faisons partie d’une seule
civilisation, la civilisation occidentale.
Nous sommes liés les uns aux
autres par les liens les plus profonds
que des nations puissent partager,
forgés par des siècles d’histoire commune,
de foi chrétienne, de culture,
d’héritage, de langue, d’ascendance,
et par les sacrifices que nos ancêtres
ont consentis ensemble pour la civilisation
commune dont nous sommes
devenus les héritiers.
C’est pourquoi nous, Américains,
pouvons parfois paraître un
peu directs et pressants dans nos
conseils. C’est pourquoi le président
Trump exige le sérieux et la réciprocité
de la part de nos amis européens.
La raison, mes amis, c’est que
nous nous soucions profondément
de votre avenir et du nôtre. Votre
avenir et le nôtre nous tiennent à
cœur. Et si nous sommes parfois en
désaccord, nos désaccords proviennent
de notre profond sentiment
d’inquiétude à l’égard d’une Europe
avec laquelle nous sommes liés – pas
seulement sur le plan économique,
pas seulement sur le plan militaire.
Nous sommes liés spirituellement et
culturellement. Nous voulons que
l’Europe soit forte. Nous pensons
que l’Europe doit survivre, parce
que les deux grandes guerres du
siècle dernier nous rappellent constamment
qu’en fin de compte, notre
destin est et sera toujours lié au
vôtre, parce que nous savons – (Applaudissements)
– parce que nous
savons que le destin de l’Europe
ne sera jamais sans rapport avec le
nôtre.
(…) le travail de cette nouvelle
alliance ne doit pas se limiter
À Munich, Marco Rubio a démontré que c'est le respect, et non la confr
à la coopération militaire et à la reconquête
des industries du passé.
Elle doit également s’attacher à faire
progresser, ensemble, nos intérêts
mutuels et nos nouvelles frontières,
en libérant notre ingéniosité, notre
créativité et notre esprit dynamique
pour construire un nouveau siècle
occidental. Les voyages spatiaux
commerciaux et l’intelligence artificielle
de pointe, l’automatisation
industrielle et la fabrication flexible,
la création d’une chaîne d’approvisionnement
occidentale pour les
minerais essentiels qui ne soit pas
vulnérable à l’extorsion par d’autres
puissances, et un effort unifié pour
rivaliser pour des parts de marché
dans les économies du Sud global.
Ensemble, nous pouvons non
seulement reprendre le contrôle de
nos propres industries et chaînes
d’approvisionnement, mais aussi
prospérer dans les domaines qui
définiront le XXIe siècle (…)
Nous ne pouvons plus placer
le soi-disant ordre mondial au-dessus
des intérêts vitaux de nos peuples
et de nos nations (…) [les Nations
unies] n’ont pas pu résoudre
la guerre à Gaza. C’est le leadership
américain qui a permis de libérer les
captifs des barbares et d’instaurer
une trêve fragile (…)
Les Nations unies ont été impuissantes
à limiter le programme
nucléaire des religieux chiites radicaux
de Téhéran. Il a fallu pour cela
14 bombes larguées avec précision
par des bombardiers américains B-2.
L’ONU n’a pas non plus été en mesure
de faire face à la menace que
représentait pour notre sécurité un
dictateur narcoterroriste au Venezuela.
Au lieu de cela, ce sont les forces
spéciales américaines qui ont dû
traduire ce fugitif en justice.
Dans un monde parfait, tous
ces problèmes et bien d’autres encore
seraient résolus par des diplomates
et des résolutions fermement
formulées. Mais nous ne vivons pas
dans un monde parfait, et nous ne
pouvons pas continuer à permettre
à ceux qui menacent ouvertement
et de manière flagrante nos citoyens
et mettent en péril notre stabilité
mondiale de se protéger derrière des
abstractions du droit international
qu’ils violent eux-mêmes régulièrement.
C’est la voie dans laquelle le
président Trump et les États-Unis
se sont engagés. C’est la voie sur
laquelle nous vous demandons, ici
en Europe, de nous rejoindre. C’est
un chemin que nous avons déjà
emprunté ensemble et que nous
espérons emprunter à nouveau ensemble.
Pendant cinq siècles, avant
Un auditoire « conquis » qui applaudit debout (Capt
la fin de la Seconde Guerre mondiale,
l’Occident s’est développé – ses
10 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
LE NOUVEAU COLONIALISME !
ontation, qui forge les alliances.
ure d’écran)
missionnaires, ses pèlerins, ses soldats,
ses explorateurs ont quitté ses
rivages pour traverser les océans,
coloniser de nouveaux continents,
bâtir de vastes empires s’étendant
sur toute la planète.
Mais en 1945, pour la première
fois depuis l’ère de Christophe Colomb,
elle se contracte. L’Europe est
en ruine. La moitié d’entre elle vivait
derrière un rideau de fer et le reste
semblait sur le point de suivre. Les
grands empires occidentaux étaient
entrés en phase terminale de déclin,
accéléré par les révolutions communistes
impies et par les soulèvements
anticoloniaux qui allaient
transformer le monde et draper de
la faucille et du marteau rouges de
vastes pans de la carte dans les années
à venir.
Dans ce contexte, alors comme
aujourd’hui, beaucoup en sont
venus à penser que l’ère de domination
de l’Occident avait pris fin
et que notre avenir était destiné à
n’être qu’un faible écho de notre
passé. Mais ensemble, nos prédécesseurs
ont reconnu que le déclin était
un choix, et c’est un choix qu’ils ont
refusé de faire. C’est ce que nous
avons fait ensemble par le passé,
et c’est ce que le président Trump et
les États-Unis veulent refaire aujourd’hui,
avec vous.
C’est pourquoi nous ne voulons
pas que nos alliés soient faibles,
car cela nous affaiblit. Nous voulons
des alliés capables de se défendre
afin qu’aucun adversaire ne soit
jamais tenté de mettre à l’épreuve
notre force collective. C’est pourquoi
nous ne voulons pas que nos alliés
soient entravés par la culpabilité et
la honte. Nous voulons des alliés qui
soient fiers de leur culture et de leur
héritage, qui comprennent que nous
sommes les héritiers de la même
grande et noble civilisation et qui,
avec nous, sont désireux et capables
de la défendre.
C’est pourquoi nous ne voulons
pas d’alliés qui rationalisent le
statu quo brisé au lieu de réfléchir à
ce qui est nécessaire pour le réparer,
car nous, en Amérique, n’avons
aucun intérêt à être les gardiens
polis et ordonnés du déclin géré de
l’Occident. Nous ne cherchons pas
à nous séparer, mais à revitaliser
une vieille amitié et à renouveler la
plus grande civilisation de l’histoire
de l’humanité. Ce que nous voulons,
c’est une alliance revigorée
qui reconnaisse que ce qui a nui à
nos sociétés n’est pas seulement un
ensemble de mauvaises politiques,
mais un malaise de désespoir et
d’autosatisfaction. Une alliance –
l’alliance que nous voulons est une
alliance qui n’est pas paralysée dans
l’inaction par la peur – la peur du
changement climatique, la peur de
la guerre, la peur de la technologie.
Nous voulons au contraire une alliance
qui s’élance avec audace vers
l’avenir. Et la seule peur que nous
ayons est la peur de la honte de ne
pas laisser à nos enfants des nations
plus fières, plus fortes et plus riches.
Une alliance prête à défendre
nos peuples, à sauvegarder nos intérêts
et à préserver la liberté d’action
qui nous permet de façonner
notre propre destin – et non une
alliance qui existe pour gérer un
État-providence mondial et expier
les prétendus péchés des générations
passées. Une alliance qui ne
permet pas que son pouvoir soit externalisé,
limité ou subordonné à des
systèmes échappant à son contrôle ;
une alliance qui ne dépend pas des
autres pour les besoins essentiels
de sa vie nationale ; et une alliance
qui ne maintient pas le prétexte poli
que notre mode de vie n’est qu’un
parmi d’autres et qui demande la
permission avant d’agir. Et surtout,
une alliance fondée sur la reconnaissance
du fait que nous, l’Occident,
avons hérité ensemble – ce que nous
avons hérité ensemble est quelque
chose d’unique, de distinctif et d’irremplaçable,
car c’est là, après tout,
le fondement même du lien transatlantique.
En agissant ensemble de cette
manière, nous ne contribuerons pas
seulement à retrouver une politique
étrangère saine. Elle nous redonnera
une idée plus claire de nous-mêmes.
Nous retrouverons une place dans le
monde et, ce faisant, nous réprimanderons
et dissuaderons les forces de
l’effacement civilisationnel qui menacent
aujourd’hui tant l’Amérique
que l’Europe.
Ainsi, à l’heure où les gros titres
annoncent la fin de l’ère transatlantique,
qu’il soit connu et clair
pour tous que ce n’est ni notre objectif
ni notre souhait – car pour
nous, Américains, notre foyer se
trouve peut-être dans l’hémisphère
occidental, mais nous serons toujours
un enfant de l’Europe. (Applaudissements).
Notre histoire a commencé
avec un explorateur italien dont
l’aventure dans le grand inconnu
pour découvrir un nouveau monde
a apporté le christianisme aux
Amériques – et est devenu la légende
qui a défini l’imagination de notre
nation pionnière.
Nos premières colonies ont
été bâties par des colons anglais, à
qui nous devons non seulement la
langue que nous parlons, mais aussi
l’ensemble de notre système politique
et juridique. Nos frontières ont
été façonnées par les Écossais-Irlandais,
ce clan fier et chaleureux des
collines de l’Ulster qui nous a donné
Davy Crockett, Mark Twain, Teddy
Roosevelt et Neil Armstrong.
Notre grand cœur du Midwest
a été construit par des agriculteurs
et des artisans allemands qui ont
transformé des plaines vides en une
puissance agricole mondiale – et qui,
au passage, ont considérablement
amélioré la qualité de la bière américaine.
(Rires.)
Notre expansion vers l’intérieur
des terres a suivi les traces
des commerçants de fourrures et des
explorateurs français dont les noms,
soit dit en passant, ornent encore
les panneaux de signalisation et les
noms de villes dans toute la vallée
du Mississippi. Nos chevaux, nos
ranchs, nos rodéos – tout le romantisme
de l’archétype du cow-boy qui
est devenu synonyme de l’Ouest
américain – sont nés en Espagne.
Et notre ville la plus grande et la
plus emblématique s’appelait New
Amsterdam avant de s’appeler New
York.
Et savez-vous que l’année
où mon pays a été fondé, Lorenzo
et Catalina Geroldi vivaient à Casale
Monferrato, dans le royaume de
Piémont-Sardaigne. Jose et Manuela
Reina vivaient à Séville, en Espagne.
Je ne sais pas ce qu’ils savaient, le
cas échéant, des 13 colonies qui
avaient obtenu leur indépendance
de l’empire britannique, mais ce
dont je suis certain, c’est qu’ils n’auraient
jamais pu imaginer que 250
ans plus tard, le monde de l’Europe
allait devenir une réalité : Ils n’auraient
jamais pu imaginer que, 250
ans plus tard, l’un de leurs descendants
directs serait de retour sur ce
continent en tant que diplomate en
chef de cette jeune nation. Et pourtant,
je suis là, à qui ma propre histoire
rappelle que nos histoires et
nos destins seront toujours liés.
Ensemble, nous avons reconstruit
un continent brisé au lendemain
de deux guerres mondiales
dévastatrices. Lorsque nous nous
sommes retrouvés à nouveau divisés
par le rideau de fer, l’Occident
libre s’est associé aux courageux
dissidents qui luttaient contre la tyrannie
à l’Est pour vaincre le communisme
soviétique. Nous nous
sommes battus les uns contre les
autres, puis réconciliés, puis battus,
puis réconciliés à nouveau. Et nous
avons saigné et sommes morts côte
à côte sur les champs de bataille, de
Illustration publiée dans India Today
Kapyong à Kandahar.
Je suis ici aujourd’hui pour
vous dire clairement que l’Amérique
trace la voie d’un nouveau siècle
de prospérité et qu’une fois de plus,
nous voulons le faire avec vous, nos
alliés les plus chers et nos amis les
plus anciens. (Applaudissements).
Nous voulons le faire avec
vous, avec une Europe qui est fière
de son patrimoine et de son histoire
; avec une Europe qui a l’esprit de
création de la liberté qui a envoyé
des navires sur des mers inexplorées
SCAN TO APPLY NOW.
et qui a donné naissance à notre civilisation
; avec une Europe qui a les
moyens de se défendre et la volonté
de survivre. Nous devons être fiers
de ce que nous avons accompli ensemble
au cours du siècle dernier,
mais nous devons maintenant affronter
et saisir les opportunités d’un
nouveau siècle – parce qu’hier est
révolu, que l’avenir est inévitable
et que notre destin commun nous
attend. Je vous remercie. (Applaudissements).
Investig’Action 20 Février 2026
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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
11
Perspectives
Le gouvernement américain s’acharne à persécuter
l’étudiante Leqaa Kordia
Par Sam Judy
Leqaa Kordia, emprisonnée
depuis près d’un an, vient d’être hospitalisée
suite à une crise d’épilepsie.
Sa famille et ses avocats affirment
qu’on lui fait subir des conditions de
plus en plus difficiles pour la punir de
son activisme en faveur de la Palestine
et de sa foi.
L
’hospitalisation, puis la disparition
de la dernière manifestante
de l’université Columbia ne sont que
les derniers signes de la détérioration
des conditions de sa détention. Alors
qu’elle approche d’une année entière
de détention, Leqaa Kordia, 33 ans,
manifestante de Columbia et défenseuse
des droits humains palestiniens,
a disparu pendant plus de 72 heures
alors qu’elle était sous la garde de
l’ICE, à la suite d’un incident médical
vendredi dernier.
Le 6 février, Kordia a été
hospitalisée à la suite d’une crise,
probablement causée par un
traumatisme crânien, dans les toilettes
du centre de détention. Il a fallu
attendre plus de 24 heures pour avoir
la confirmation de son hospitalisation
; et encore deux jours avant que
l’emplacement de l’hôpital ne soit
divulgué à un journaliste du Dallas
Morning News, sans aucune condition,
alors même que le DHS avait refusé
de communiquer l’emplacement de
l’hôpital aux avocats et à la famille
en invoquant des « risques pour la
sécurité ».
« L’ICE a refusé de fournir des
informations sur le lieu où elle était
détenue, sur son état de santé et sur
son pronostic vital, et n’a rien dit non
plus à sa famille. Imaginez la terreur
et la panique qu’on peut ressentir
en apprenant qu’un être cher vient
d’avoir une crise d’épilepsie alors qu’il
est détenu par l’ICE ! Ces 72 heures ont
donc été incroyablement stressantes
et douloureuses pour sa famille », a
déclaré Travis Fife, du Texas Civil
Rights Project et de l’équipe de soutien
de Kordia, à Mondoweiss, après le
retour en détention de cette dernière.
« Il ne s’agissait pas d’un problème
médical accidentel. C’était le résultat
de 11 mois de privations quotidiennes
pendant lesquels Leqaa a été détenue
de manière anticonstitutionnelle par
l’ICE. » Travis Fife, Texas Civil Rights
Project
Avant son hospitalisation, Kordia
s’était plainte de plusieurs symptômes,
notamment de la fièvre, des
vertiges et des troubles cognitifs, probablement
dus à la malnutrition. Hamzah
Abushaban, le cousin de Kordia,
venu de Miami, en Floride, pour lui
rendre visite à Dallas, l’a rencontrée
seul le dimanche précédent et a témoigné
qu’elle était « mal nourrie » et «
très malade ».
Le centre de détention de Prairieland à Alvarado, au Texas, est géré
par LaSalle Corrections et sert de point de transit pour les personnes
détenues par l’ICE à travers le pays.
Dans une interview accordée à
Mondoweiss, Abushaban a déclaré
que, du fait de son franc-parler et de
son ardeur à défendre les autres, sa
cousine était de plus en plus mal traitée.
« C’est une personne très altruiste
», a déclaré Abushaban. « Chaque fois
qu’il y a une injustice à la prison, elle
dit : « ce n’est pas normal », que ce soit
pour la nourriture ou d’accès aux tablettes
[informatiques], elle s’exprime,
même si cela ne la concerne pas personnellement.
Et le lendemain, comme
par hasard, il lui arrive quelque chose
de mal… Je pense que c’est une forme
de représailles. »
Le centre de détention de Prairieland
à Alvarado, au Texas, où Kordia
se trouve depuis peu après son arrestation
par le DHS le 13 mars 2025,
serait surpeuplé, aurait des problèmes
de plomberie et d’insalubrité alimentaire
et, comme l’a affirmé Kordia, les
dortoirs sont infestés de cafards. Elle
a souffert d’éruptions cutanées et de
diverses maladies et elle présente des
symptômes de malnutrition depuis son
incarcération. Elle s’est également vu
refuser des aménagements religieux en
tant que femme musulmane.
Le DHS/ICE n’a pas répondu
aux demandes de commentaires.
Le centre de détention Prairieland
à Alvarado, au Texas, est géré
par LaSalle Corrections et sert de lieu
de transfert pour les détenus de l’ICE
dans tout le pays. Les détenus de cet
établissement ont signalé des problèmes
de plomberie, de surpopulation,
d’hygiène médiocre et de nourriture de
mauvaise qualité. (Photo : Sam Judy)
De plus en plus isolée
Avant sa disparition, le vendredi
30 janvier, Kordia s’était vu refuser
la visite de deux députés démocrates
du Texas, Abushaban et Salam Bhojani,
qui s’étaient présentés au centre
de détention de Prairieland. À leur arrivée,
la police d’Alvarado, y compris
son chef, les attendait avec jusqu’à
huit véhicules dans le parking. Après
avoir interrogé les deux hommes, la
police a déclaré que les visites au centre
de détention étaient annulées pour
une durée indéterminée, sans fournir
d’explication.
Kordia, qui était malade de la
grippe, a été informée en même temps
que les visites étaient annulées, bien
qu’il y ait encore des visites, selon elle.
Le personnel du centre de détention a
déclaré à Kordia qu’il y avait des restrictions
en raison de la présence de «
plus de 200 manifestants à l’extérieur
» à ce moment-là. En réalité, il y avait
moins de dix personnes à l’extérieur,
toutes membres de la famille ou membres
des équipes de Kordia ou de Bhojani.
Kordia est en détention depuis
plus de 330 jours. Elle attend actuellement
une décision sur une requête en
habeas corpus, déposée à la mi-septembre,
ainsi qu’une décision finale
sur sa caution, qu’un juge avait déjà
ordonnée avant l’appel du DHS.
L’équipe de soutien de Kordia, dirigée
conjointement par le Texas Civil Rights
Project, Muslim Advocates et CLEAR,
a tenu une conférence de presse après
la violation de son droit de visite. «
C’est comme les camps d’internement
japonais, où les personnes d’un même
pays sont prises pour cible. La religion
de Leqaa et [ses liens avec] la Palestine…
c’est pour cela qu’elle est prise
pour cible. C’est évidemment injuste,
et nous ne devons pas l’accepter. Si
quelqu’un est pris pour cible, cela signifie
que n’importe lequel d’entre nous
peut l’être. »
Salman Bhojani, représentant de
l’État du Texas, s’adressant à Mondoweiss
au sujet de la persécution de Leqaa
Kordia par le gouvernement américain.
Le député Bhojani fait partie des
nombreux législateurs qui, au niveau
fédéral comme au niveau des États,
réclament la libération de Kordia. Plus
de trente autres élus se sont prononcés
contre son maintien en détention dans
des lettres rédigées par le représentant
Cory Booker et le représentant Bhojani
lui-même.
En l’absence de Kordia, sa famille
a dû faire face à des difficultés accrues,
notamment en ce qui concerne
la prise en charge de son frère handicapé
et le soutien financier qu’elle apportait
grâce à son emploi de serveuse.
« Nous tenons parfois nos amis et
notre famille pour acquis », a déclaré
Abushaban. « Mais lorsque vous retirez
de la société une personne aussi
sereinement efficace que Leqaa, cela a
un impact énorme. »
Ciblée par le gouvernement
américain
Abushaban a souligné que le
gouvernement avait pris Kordia pour
cible avec, pour preuve, la brève chasse
à l’homme que la police a menée à
l’échelle nationale en mars dernier,
pour la retrouver. La police est même
Le cousin de Kordia, Hamzah
Abushaban, photographié ici lors
d’une interview dans le centreville
de Dallas, a pris le rôle de
porte-parole de la famille pour
dénoncer sa détention.
(Photo : Sam Judy)
venue chez lui, à Miami. « Je suis dans
la voiture avec mon manager, et un
numéro commençant par 201 n’arrête
pas d’appeler. Je le refuse, encore, encore
et encore. Et mon manager me dit
: « Mec, je ne pense pas que ce soit un
appel indésirable. Tu devrais répondre
», alors je réponds. Il ne me dit pas :
« Bonjour, je suis untel ». Il me dit : «
Connaissez-vous une certaine Leckay
Carda ? Je réponds : « Vous vous êtes
trompé de numéro, mec. » Et il raccroche
», raconte Abushaban.
« Après, je reçois une notification
m’informant qu’il y a des gens devant
chez moi. Je regarde la caméra et je vois
un groupe de types en tenue ordinaire,
en jeans, rien qui indique qu’ils sont de
la police, à part leurs grosses plaques
d’identité. Mon père n’est pas un
criminel, je ne suis pas un criminel, ma
mère n’est pas une criminelle. Je vis
avec mon petit frère, et ma petite sœur
était à la fac de médecine. On est tous
discrets, rien d’extravagant. Je me dis :
« Pourquoi quatre types frappent à ma
porte à huit heures du soir ? » C’était
donc une chasse à l’homme à l’échelle
nationale. »
Pendant que des agents rendaient
également visite à la mère de
Kordia dans le New Jersey, des agents
du DHS ont été envoyés à Miami pour
savoir si sa famille cachait Kordia ou
savait où elle se trouvait. Après l’arrestation
de Kordia, le compte bancaire
de la famille a été brièvement gelé en
raison de paiements effectués à des
membres de la famille en Palestine.
Abushaban affirme que seule la menace
d’une action en justice lui a permis
de retrouver l’accès aux comptes.
« Elle se bat simplement pour sa
propre liberté et celle de la Palestine.
Et c’est toujours son combat. Elle sait
que sa petite victoire personnelle, qui
consiste à sortir de prison ou à attirer
l’attention sur cette affaire, est aussi une
victoire pour la liberté de la Palestine
à terme. Je pense que c’est ce qui lui
permet de garder sa santé mentale, et
c’est sa priorité… Elle ne s’est jamais
vraiment considérée comme une
militante. Elle veut simplement que
nous ayons les mêmes droits que tous
ceux qui vivent sur cette terre. »
Hamzah Abushaban, cousin de
Leqaa Kordia, à propos de son statut
de prisonnière politique. Lorsque les
agents ont déclaré que « New York » la
« recherchait », Abushaban a supposé
que Kordia avait manqué une audience
au tribunal pour un délit mineur lié à
une manifestation. Puis la famille a
découvert qu’il s’agissait de son statut
d’immigrante. « C’est là qu’il est devenu
très évident, très clair, que le seul
crime qu’elle avait commis était d’être
palestinienne et de parler de la Palestine
», a déclaré Abushaban.
Fife affirme que le gouvernement
cible « avec détermination et
sans aucun doute possible » Kordia et a
souligné l’utilisation par l’État de sites
sionistes de doxxing [1] dans le cadre
d’un effort concerté visant à traquer les
personnes qui soutiennent la Palestine,
notamment Kordia.
« Non seulement le DHS a publié
un tweet à son sujet en la qualifiant
d’anti-américaine, mais il a également
admis – comme l’ont précisé des hauts
responsables du DHS dans une affaire
au Massachusetts – qu’il s’appuyait sur
des sites web tels que Betar et d’autres
sites de propagande sioniste pour identifier
les personnes sympathisantes de
la cause palestinienne. »
« Il n’a jamais été aussi urgent de
demander sa libération »
La famille et l’équipe juridique
de Kordia, indignés par ses récents
problèmes de santé et sa disparition,
ont renouvelé et élargi leurs appels
en faveur de sa libération. Dans une
déclaration publiée le 9 février après
le retour de Kordia en détention,
Abushaban souligne le danger que
court toujours Kordia.
« Bien que nous soyons soulagés
que Leqaa soit sortie de l’hôpital, nous
ne savons toujours pas comment elle
va, ni ce qui lui est arrivé au cours des
trois derniers jours. Elle est maintenant
contrainte de retourner vivre dans les
conditions cauchemardesques de la
détention de l’ICE qui l’ont conduite à
l’hôpital. Il n’a jamais été aussi urgent
de demander sa libération », a déclaré
Abushaban au nom de la famille.
Sadaf Hasan, un autre membre
Leqaa Kordia -
Photo : via Mondoweiss
de l’équipe juridique de Kordia, a déclaré
que sa disparition était « tout à
fait conforme aux méthodes utilisées
par l’ICE » pour « isoler, dissimuler et
punir toute personne qui lui déplaît
». Fife a déclaré que ces évènements
permettent de comprendre « à la fois
l’inhumanité du traitement infligé à
Leqaa en détention et le traumatisme
émotionnel causé par la séparation familiale
».
Les inquiétudes concernant la
santé de Kordia sont plus grandes que
jamais. Même dans une interview accordée
quelques jours avant l’hospitalisation
de Kordia, Fife a décrit son état
de santé comme sa principale préoccupation.
Fife s’attend toutefois à de nouvelles
difficultés avec l’arrivée du mois
sacré du ramadan, vers le 18 février.
« Je suis inquiet parce qu’elle
souffre déjà de malnutrition avant
même le début du ramadan. Comment
va-t-elle pouvoir pratiquer sa religion ?
», a déclaré Fife à Mondoweiss. « Elle
souffre énormément de la faim, même
sans respecter le calendrier de jeûne
plus strict imposé par le ramadan. »
La libération sous caution de
Kordia continue d’être entravée par
les appels juridiques du DHS, mais sa
demande de libération par voie d’habeas
corpus [2] suit son cours, et son
équipe affirme que le juge pourrait
toujours ordonner sa libération à tout
moment. « Répondre aux appels téléphoniques,
répondre aux demandes de
commentaires de la presse, faire face à
la pression publique, vous savez, c’est
une lourde charge supplémentaire »,
a déclaré Fife. « Les mesures d’application
de la loi en matière d’immigration
se sont terriblement renforcées et
c’est évidemment très inquiétant. Mais
l’énorme opposition publique à ces mesures
a, je pense, vraiment amené les
gens à remettre en question certaines
idées fondamentales concernant le
pouvoir que nous avons accordé au
DHS et à l’ICE, en particulier en tant
qu’agence subsidiaire du DHS. »
Notes :
[1] Le doxing, ou doxxing, comme
il est parfois orthographié, est le fait
de révéler sur Internet des informations
permettant d’identifier quelqu’un. Ces
informations sont ensuite diffusées
dans le public, le tout sans la permission
de la victime.
[2] Le habeas corpus est un principe
juridique fondamental qui protège
la liberté individuelle en permettant à
un individu de contester la légalité de
sa détention devant un tribunal.
* Sam Judy est un journaliste
d’investigation basé à Dallas, au Texas.
Il écrit généralement des articles
consacrés à la justice pénale, aux droits
civiques et à la montée continue du
fascisme aux États-Unis.
Mondoweiss 10 février 2026
Traduction Dominique Muselet
Chronique de Palestine
15 février 2026
12 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Perspectives
Tchad: la Cendrillon des colonies françaises
(4 ème partie)
Par Alexandra Panaguli
Opacité et doubles standards. Il est plus
que temps de parler du rôle néfaste et
continu de l’ancienne puissance coloniale
au Tchad. “Opacité” est le mot employé
par Saleh Kebzabo à la correspondante
de RFI (Radio France Internationale) et
AFP (Agence France-Presse) Sonia Rolley
en 2007. Il était alors opposant sous
Déby père, avant d’être nommé premier
ministre par Déby fils...
« Déby [père] a été pratiquement
convoyé au Tchad par des éléments français,
il bénéficie de ce soutien français et
il a des rapports particuliers avec le président
Chirac [bientôt remplacé par Sarkozy],
explique-t-il. Or, on sait que ce sont
des relations privilégiées qui l’emportent
sur des relations d’Etat à Etat. Ce que je
reproche à ce système, c’est son opacité,
argumente-t-il. Ça pose un réel problème
de démocratie, y compris en France. Ça
veut dire que tout un pan de la politique
étrangère française est tenu sous le sceau
du secret, que même les parlementaires
n’y ont pas accès [...] Qu’après cinquante
ans, la France soit toujours là à
soutenir des régimes vomis par leur population,
c’est totalement anachronique
et archaïque [...] J’ose espérer que, avec
les élections en France, et au vu de leurs
âges, les nouveaux dirigeants auront une
autre culture que la culture néo-coloniale
»
François-Xavier
Verschave, un économiste français, grand
spécialiste du néocolonialisme, définissait
ainsi la Françafrique: « une nébuleuse
d’acteurs économiques, politiques et militaires,
en France et en Afrique, organisée
en réseaux et lobbies, et polarisée
sur l’accaparement de deux rentes: les
matières premières et l’Aide publique au
développement. La logique de cette ponction
est d’interdire l’initiative hors
du cercle des initiés [je souligne]. Le
système autodégradant se recycle dans
la criminalisation. Il est naturellement
hostile à la démocratie ».
Cela fait penser aux Anglais qui envoient
maintenant illégalement des armes
à Israël dans son génocide contre Gaza à
partir de leur base sur Chypre, le ministère
anglais de la Défense bloquant toutes les
enquêtes parlementaires sur ces activités
[voir Haïti-Liberté https://haitiliberte.
com/de-lindecence-de-celebrer-le-nouvelan-2024/]
Il n’y a «Pas de base légale» pour
intervenir au Tchad a répondu l’attaché de
défense à l’ambassade de France, à Sonia
Rolley, la correspondante de RFI, qui avait
vainement demandé une réponse à plusieurs
officiels. “La France préfère ce flou”
conclut-elle. Cela ne se limite nullement à
ce pays. On l’a compris, le critère de démocratie
n’est appliqué que contre les dits
ennemis de l’Occident – représenté ici par
la France, les Etats-Unis et l’Angleterre –
notamment la Chine ou la Russie.
Ajoutons encore deux aspects accablants.
Les violations des droits humains
et les enfants-soldats. Pour le premier,
rapportons les propos de Ben Taub en reportage
sur place: « Bien que les conseillers
militaires français en poste dans les
avant-postes tchadiens aient été témoins
de violations des droits humains, ils
ne sont pas intervenus, affirmant qu’il
n’était pas de leur responsabilité de s’interposer
entre l’État et son peuple”. Et:
“Au Tchad, le Comité international de
la Croix-Rouge est la seule organisation
internationale à avoir accès aux prisons.
Afin de maintenir l’accès, l’I.C.R.C. garde
confidentielles toutes les atrocités qu’il
constate ».
Ne présentons qu’un événement.
(Nous avons déjà parlé de la répression
d’octobre 2022 quand le fils de Déby a
prolongé de deux ans la période de transition
et où l’armée tchadienne a abattu plus
de 128 protestataires en une journée).
Une manifestation, le 11 juin 2001, devant
l’ambassade de France à N’Djamena,
d’une centaine de femmes de l’Association
Tchadienne pour la Promotion et la
Défense des Droits de l’Homme (ATPDH)
protestant contre les irrégularités de l’élection
présidentielle de Déby père. Jacqueline
Moudeina, une avocate membre de
l’association, a été spécifiquement
visée pour son rôle en faveur des droits
humains, et grièvement blessée par une
grenade – une parmi plusieurs – qu’un
soldat lui avait jetée devant les pieds. Son
état a nécessité un séjour de 15 mois en
hôpital et en centre de réadaptation en
France où elle a reçu l’asile politique suite
à de nombreuses menaces de mort.
L’ATPDH co-fondée par Delphine
Djiraibe, également avocate de droits humains,
lutte contre l’esclavage des enfants.
« La pauvreté et le manque d’instruction
portent de nombreux paysans au Tchad
à vendre leurs enfants pour l’équivalent
d’une dizaine de dollars étatsuniens à
des éleveurs en quête de main-d’œuvre
bon marché pour garder leurs troupeaux,
mais il arrive également que des enfants
soient enlevés sans le consentement de
Ali Bongo Ondimba, 3ème
président du Gabon et encore un
protégé de la France (ici avec
Macron). En août 2023 coup d’état
a mis fin au règne de la famille
Bongo au pouvoir depuis plus d’un
demi siècle, avec 39 propriétés en
France, 70 comptes bancaires et 9
voitures de luxe alors qu’un tiers
de la population vit avec moins de
5,50 dollars par jour.
leurs parents. Les enfants n’accomplissant
pas leurs tâches à la satisfaction des
éleveurs sont battus, voire assassinés ».
Un autre secteur important couvert
par l’ATPDH concerne les enfants illégalement
recrutés dans l’armée, ce qui a
valu le plus de menaces contre Jacqueline
Moudeina qui a des preuves que les enfants
sont entrainés dans des garnisons
dans le désert du Bourkou-Ennedi-Tibesti,
et à Moussoro, à quelque 150 km au
nord de la capitale où nous avons subi un
contrôle d’identité sévère.
La journaliste française Sonia Rolley,
elle, a longuement examiné la question
des enfants-soldats, et la position
totalement hypocrite de la France auxquelles
elle consacre un chapitre de sept
pages intitulé “Tabou” dans son livre
“Retour du Tchad” (2010) . Le pire est
que l’Unicef, censé protéger les enfants
dans le monde entier, joue pleinement le
jeu de camoufler la présence de centaines
d’enfants dans l’armée gouvernementale
tchadienne – 10.000 est un chiffre avancé
par l’ONU même!
Le recrutement d’enfants dans l’armée
est considéré comme crime de guerre
par la Cour pénale internationale. Le
Congrès des Etats-Unis a de plus interdit
en 2008 d’envoyer de l’aide militaire aux
pays utilisant des soldats-enfants. Admettant
implicitement le problème, Obama a
usé de la même exception. Il “a obtenu
une dérogation pour le Tchad, arguant
qu’il était ‘dans l’intérêt national’ des
États-Unis de former et d’équiper l’armée
tchadienne”.
Le “flou” dont nous parlions qui
permet aux puissances occidentales de
définir quel régime est démocratique ou
non, ne sert pas seulement aux gouvernements.
“Un ministre tchadien annonce
que le budget n’est pas respecté, que des
armes sont achetées en masse et que le
pays risque de s’endetter pour des années...
Et la Banque Mondiale salue l’effort
de transparence du gouvernement et
affirme qu’il est sur la bonne voie!” rapporte
Rolley suite à une réunion budgétaire
en 2007 entre les ministres tchadiens
et les bailleurs de fond, lesquels, en privé,
parlent du “règne de l’incompétence et de
l’immoralité”.
L’Afrique se rebelle
Nous avons débarqué à N’Djamena
avec un des premiers vols civils autorisés
depuis le coup d’état militaire du
26 juillet 2023 au Niger voisin. Turkish
Airlines avait annulé tous ses vols Istanbul-N’Djamena-Niamey
pendant un mois
et demi. Il n’y avait plus qu’Ethiopian
et Egypt Airlines qui reliaient le Tchad
au reste du monde, et bien entendu Air
France.
Avant le Niger avaient eu lieu des
coups d’Etat au Mali le 24 mai 2021 et
au Burkina Faso le 30 septembre 2022.
Après le Niger, coup d’état au Gabon le 30
août 2023 pour mettre fin au règne de la
famille Bongo au pouvoir depuis plus d’un
demi siècle par des élections frauduleuses,
possédant 39 propriétés en France, 70
comptes bancaires et neuf voitures de luxe
d’une valeur totale de 1,5 million d’euros,
dans un pays très riche en termes de PIB
per capita ($10.149 en 2023) grâce aux
rentrées du pétrole pour une population de
seulement 2,3 millions, mais très pauvre
où un tiers de la population vit toujours
sous le seuil de pauvreté de 5,50 dollars
par jour. Et tous ces pays ont expulsé les
militaires français, tout en accueillant les
mercenaires russes.
La France vient d’annoncer qu’elle
va “drastiquement réduire ses bases militaires”
également au Sénégal et en Côte
d’Ivoire. Tout en précisant qu’elle va accroître
sa coopération dans la région avec
les Etats-Unis. Fatalement, puisque eux
ont réussi à garder une certaine présence.
En juin 2022, le Gabon et le Togo – encore
une ex-colonie française – ont rejoint le
Commonwealth des Nations, reconnaissant
le monarque anglais comme son chef!
Les pays du dit Sud voient l’impuissance
militaire de la France et surtout son
insignifiance politique – tout comme celle
de l’Union européenne – et son hypocrisie
en ce qui concerne l’Ukraine, la Palestine
et ailleurs, et ils sentent où le vent tourne.
Surtout les jeunes générations – y compris
celles des ex-pays coloniaux – qui
soutiennent le renversement de régimes
inféodés à la France. De plus, la Russie,
la Chine et la Turquie n’ont jamais été des
puissances coloniales en Afrique. Il y a
maintenant une forte recrudescence d’intérêt
pour se joindre aux BRICS (Brésil,
Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui
est vu comme le contrepoids de l’arrogant
G7 occidental. L’Iran, l’Arabie saoudite,
les Émirats arabes unis (EAU), l’Éthiopie
et l’Égypte ont officiellement rejoint le
groupe au début 2024, et 34 autres pays
viennent d’en faire la demande. Et, très
important, le groupe essaie de remplacer
le dollar étatsunien dans le système commercial
mondial.
Mais le Tchad reste – jusqu’à présent
– une exception. Le pays le plus
pauvre et le “gouvernement” le plus fragile
de la chaine francophone est l’allié le
plus proche, ou plutôt l’état le plus fermement
encadré par son maître néo-colonial.
À noter cependant que depuis avoir
été assuré de son accession formelle à la
présidence, en mai 2024, Mahamat Déby
a annoncé que le Tchad mettait fin à son
accord de coopération en matière de défense
avec la France, sans annoncer de
date pour les retrait des troupes françaises.
Le ministre des Affaires étrangères, Abderaman
Koulamallah, a qualifié la France
de «partenaire essentiel» mais a déclaré
qu’elle «doit désormais aussi considérer
que le Tchad a grandi, mûri et est un État
souverain très jaloux de sa souveraineté»
Le Tchad doit jouer avec diplomatie.
Dixit Aliou Dia, chef de l’équipe Réduction
des risques de catastrophes et changement
climatique du PNUD en Afrique: « L’incapacité
des gouvernements fragiles à répondre
aux besoins de leur population ou
à assurer une protection face aux difficultés
liées au changement climatique peut
déclencher des frustrations, conduire à
des tensions entre différents groupes ethniques
et religieux au sein des pays et à
une radicalisation politique ».
Et il serait difficile de trouver gouvernement
plus fragile qu’au Tchad. Les
automobilistes ne sont pas autorisés à
s’arrêter dans l’avenue qui longe le palais
présidentiel et autres ministères. Avant
d’embarquer dans l’avion du retour, nous
avons subi un triple contrôle à l’aéroport
de N’Djamena, le dernier au pied même
de l’appareil où les militaires confisquaient
jusqu’à des bouteilles en plastique vides ou
de menues poteries, sans doute pouvant à
leurs yeux servir d’armes! Du jamais vu,
signe de crainte donc de faiblesse.
À l’époque coloniale le pays
n’apportait pas grand-chose aux Français,
à part la production forcée de cotton dans
le sud fertile. Il est nettement plus utile à
l’époque moderne et pas seulement pour
la France.
Donner son sang pour la métropole
Une exception de taille a été la Seconde
guerre mondiale quand le Tchad a
apporté une denrée essentielle à la métropole:
son sang, et le pays est tout à
coup devenu “la clé de notre défense
impériale”, d’après les paroles mêmes de
son gouverneur, Félix Eboué. Le général
Charles Mangin – dit “le Boucher” pour
avoir poussé à la guerre à outrance pendant
la Première guerre mondiale – à qui
on doit le recrutement d’Africains, disait,
lui: “Qui tient le Tchad, tient l’Afrique».
Devant la reddition du gouvernement
français du maréchal Pétain, le (tout
récemment promu) général De Gaulle a
lancé de nombreux appels à la résistance
face aux nazis, ainsi le 22 juin 1940, trois
jours après son arrivée en Angleterre: «La
France n’est pas seule […]. Elle a un
vaste Empire derrière elle !»
Le 30 juillet, depuis Londres, il prononce
à la radio: “Hauts-commissaires !
Gouverneurs généraux ! Gouverneurs !
Administrateurs ! Résidents de nos colonies
et de nos protectorats ! Votre devoir
envers la France, votre devoir envers nos
colonies, votre devoir envers ceux dont
les intérêts, l’honneur, la vie dépendent
de vous, consiste à refuser d’exécuter les
abominables armistices. Vous êtes les
gérants de la souveraineté française actuellement
en déshérence. Déjà plusieurs
d’entre vous se sont unis à moi pour
continuer la guerre aux côtés de nos Alliés
; ceux-là seront secourus. J’en appelle
aux autres. Au besoin, j’en appelle aux
populations».
Dans ses mémoires, il écrit: “C’était
en Afrique que nous, Français, devions
reprendre la lutte […]. Dans les vastes
étendues de l’Afrique, la France pouvait,
en effet, se refaire une armée et une souveraineté”.
Et le Tchad est au cœur de
l’Afrique.
« Le ralliement du Tchad donne
à de Gaulle, un vaste territoire avec des
hommes et des ressources ». Et l’historien
français Jean Lacouture peut écrire:
« Grâce à Eboué, à la fin du mois d’août
1940, de Gaulle a cessé d’être un squatter
sur les rives de la Tamise». C’est de Brazzaville,
capitale de l’Afrique équatoriale
française (Gabon, République centrafricaine
et Tchad) que De Gaulle a annoncé
en octobre 1940 la formation du Conseil
de défense de l’Empire dans son «Manifeste
de Brazzaville». «C›est donc depuis
Brazzaville que Vichy est contesté, depuis
Brazzaville que l›Empire sera défendu
et depuis Brazzaville que le combat sera
mené ».
Chef du département du Kanem
sous Eboué, Henri Laurentie admet:
« l’un de nos territoires les moins prisés,
le Tchad, décidait pour son compte de
forcer la chance, et son initiative était à
l’origine de ce rassemblement général qui
aboutit à la reconquête de la Patrie »
À noter que cela s’est passé sous
le gouvernorat de Félix Éboué (1884-
1944), «ce Noir ardemment français »,
tel que décrit par De Gaulle dans ses Mémoires,
considéré comme “un patriote”
par Georges Mandel, le député français
ayant cherché à établir un gouvernement
en exil pendant la 2ème guerre mondiale.
Guyanais de naissance, Éboué était le parfait
homme de main des Français, reproduisant
à fond la politique et la mentalité
coloniale avec tous ses préjugés. Dès l’été
1939, juste avant le début des hostilités,
recherchant le concours des chefs indigènes,
Éboué organise une foire exposition
à Fort-Lamy qu’il décrit comme «une
excellente occasion d’étaler la puissance
française… pareille démonstration
influencerait très favorablement les chefs
et la population du Tchad sensibles comme
toutes les populations musulmanes aux
Jacqueline Moudeina, une avocate
de droits humains menacée de
mort et gravement blessée par une
grenade qu’un soldat lui a lancé
dans les pieds. Mais elle a réussi
à faire traduire en justice l'ancien
dictateur Hissène Habré et a veillé
à ce qu'il rende des comptes pour
les crimes commis.
manifestations entourées d’un certain
faste et rehaussées du prestige que garde
à leurs yeux le déploiement de l’appareil
militaire. Cette réunion me permettrait en
outre de consolider la position des chefs
servant fidèlement notre influence”.
Pendant les deux mois d’hésitations
entre la capitulation française et la décision
du Tchad de suivre De Gaulle, Éboué s’est
adressé plusieurs fois à ses fonctionnaires
afin de tempérer les sentiments de défaite
et surtout éviter des réactions de révolte
et d’indépendance de la population locale:
« Dominons nos nerfs et n’oublions
pas les indigènes qui nous regardent ;
que notre fermeté d’âme et notre espoir
soient calmes et manifestes ; c’est notre
devoir de fonctionnaires, de coloniaux, de
Français ». Et il ajoute, en excellent administrateur
au service de la métropole:
« Le Tchad, c’est la clé de notre défense
impériale »...
La patrie reconnaissante s’est exprimée
par De Gaulle: «Sous l’impulsion de ses
chefs, le gouverneur Eboué, gouverneur,
et le colonel Marchand, commandant
militaire du territoire, le Tchad a montré
qu’il demeurait par excellence une terre de
Français vaillants. En dépit d’une situation
militaire et économique particulièrement
dangereuse, le territoire du Tchad a refusé
de souscrire une capitulation honteuse et
décidé de poursuivre la guerre jusqu’à la
victoire. Par son admirable résolution, il
a montré le chemin du devoir et donné le
signal du redressement à l’Empire français
tout entier».
Pas étonnant qu’Éboué soit le premier
Noir – qui de plus, descendant d’esclaves
– à entrer, le 19 mai 1949, au Panthéon
à Paris. À une époque où il y avait
une stricte ségrégation raciale – avant tout
à l’intérieur de l’administration, et à comparer
avec 15 millions d’habitants Afrique
occidentale française, desquels seuls
2.500 «indigènes» ont obtenu le statut de
«citoyens indigènes» entre 1830 et 1946.
Auteur de plusieurs livres sur les dialectes
et langues africains Éboué était un fédéraliste,
réformiste au mieux. Le parfait
exemple de “Peau noire, masques blancs”
(1952) de Frantz Fanon.
Pour la petite histoire, la fille
d’Éboué, Ginette a épousé Léopold Sédar
Senghor, le futur président du Sénégal. Et
à l’occasion du transfert de ses cendres au
Panthéon et de celles de Victor Schœlcher
(1804-1893), député et sénateur français
à l’origine de l’abolition définitive de l’esclavage
en France, le député français du
Tchad, Gabriel Lisette (1919-2001), d’origine
panaméo-guadeloupéenne et fondateur
du Parti progressiste tchadien (PPT),
présente un projet de loi d’amnistie des
délits politiques dans les territoires d’outremer
pour respecter l’œuvre de Schœlcher
et d’Eboué. Sans succès. Mais, en tant que
président du Comité national des associations
du souvenir, Lisette obtient en avril
1988 qu’on grave deux inscriptions sur
les murs du Panthéon à Paris. L’une à la
mémoire de Toussaint Louverture (1743-
1803), le héros de la révolution haïtienne,
l’autre à celle de Louis Delgrès (1766-
1802), Martiniquais chef du mouvement
en Guadeloupe résistant à la réoccupation
et au rétablissement de l’esclavage par la
France napoléonienne en 1802.
(À suivre)
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
13
Perspectives
Entretien avec Edison Alvarado, président du Syndicat
des travailleurs du métro de Caracas !
Par Geraldina Colotti
« La conscience de la classe
ouvrière est le bouclier qui protège
Nicolás Maduro et la Révolution. »
Au cœur des ateliers et des dépôts
du Metrobús La Paz, où le métal et
la graisse des moteurs témoignent du
travail quotidien, s’est forgée l’une des
histoires les plus emblématiques de la
Révolution bolivarienne. C’est là, au
milieu du vrombissement des moteurs
diesel, que nous avons rencontré Edison
Alvarado, président du Syndicat
des travailleurs du métro de Caracas
(Sitrameca) et actuel député à l’Assemblée
nationale.
Alvarado, qui a rejoint l’institution
en 2000 comme technicien de
maintenance, bénéficie d’un point de
vue privilégié : celui d’avoir été témoin
de l’ascension de Nicolás Maduro, d’exploitant
de transport de surface à président
issu de la classe ouvrière.
Dans cet entretien, Alvarado revient
non seulement sur les années de
la Quatrième République et les luttes
ouvrières, mais analyse aussi avec fermeté
le contexte actuel de guerre hybride,
le rôle de la classe ouvrière face
au blocus, et lance un avertissement
sans équivoque à ceux qui cherchent
à saper la souveraineté vénézuélienne.
Geraldina Colotti : Edison, pour
les archives de cet entretien et pour
Abrebrecha Venezuela, pourriez-vous
nous dire quel est votre rôle actuel dans
le processus révolutionnaire ?
Edison Alvarado : Je m’appelle
Edison Alvarado, président du Syndicat
des travailleurs du métro de Caracas,
Citrameca. Je le dis avec une grande fierté,
car notre président, Nicolás Maduro
Moros, issu de la classe ouvrière, est
né ici. Aujourd’hui, je suis également
député, un poste que j’occupe grâce au
peuple et à la confiance du président,
afin d’exercer davantage de pouvoir au
service du peuple en tant que législateur.
Geraldina Colotti : Vous
avez personnellement été témoin des
débuts de Nicolás Maduro au sein du
métro. Comment était cette époque, et
quels souvenirs gardez-vous de votre
première rencontre ?
Edison Alvarado : Nous sommes
ici, au dépôt Metrobús de La Paz,
un lieu qui nous remplit d’énergie. J’ai
commencé en 2000 comme technicien
d’entretien des moteurs diesel. Nicolás,
lui, avait rejoint l’entreprise en 1991
comme conducteur. Je l’ai rencontré en
2000, alors qu’il était déjà député pour
son premier mandat, mais il n’a jamais
perdu le contact avec ses collègues.
Voir un travailleur qui sait ce que c’est
que de se lever à cinq heures du matin
pour vérifier les niveaux et les courroies
d’un Metrobús, qui sait ce que c’est que
de gagner quinze mois et son dernier
salaire, gouverner le pays, c’est ce qui
donne de l’espoir aux travailleurs du
monde entier. L’empire tente de nous
voler cet espoir car il ne supporte pas
qu’un des nôtres soit au pouvoir.
Geraldina Colotti : Avec le recul,
comment analysez-vous l’évolution
de la réalité du prolétariat des transports
depuis la Révolution ?
Edison Alvarado : Avant
Chávez, nous étions divisés. Une vision
élitiste du management empêchait
la classe ouvrière de s’unir ; l’agent
de maintenance ne pouvait même pas
s’adresser au chef de station. Aujourd’hui,
la classe ouvrière gouverne.
Nous discutons des politiques de maintenance
avec les dirigeants politiques
et avec la présidente par intérim, Delcy
Rodríguez. Auparavant, un mécanicien
de bus aurait-il pu imaginer un jour légiférer
à l’Assemblée nationale ? Cela
n’est possible que grâce à la Révolution.
Geraldina Colotti : Le métro
a été la cible de sabotages constants.
Comment avez-vous résisté à ces attaques,
de la grève du pétrole aux violentes
manifestations ?
Edison Alvarado : Le métro
appartient au peuple et il ne s’arrête jamais.
En 2002, nous étions parmi les
rares entreprises à ne pas fermer ; nous
avons affirmé à la droite que nous respections
l’ordre constitutionnel.
Puis sont survenues les violences
de 2014, le soi-disant « exit ». Ils ont
incendié nos locaux, des stations comme
Parque Carabobo, et ont même mis
le feu à un collègue, Jonathan Tiapa,
alors qu’il travaillait.
Ils ont confisqué les uniformes
des ouvrières pour les démoraliser.
Mais ils n’y sont pas parvenus. Nous
avons compris que l’attaque ne visait
pas seulement Nicolás, mais nous, en
tant que classe. L’empire ne peut tolérer
qu’un ouvrier dirige la nation.
Geraldina Colotti : Face au blocus
et au retrait des entreprises étrangères,
quelles solutions les travailleurs
ont-ils mises en œuvre sous votre direction
?
Edison Alvarado : « On invente
ou on échoue », comme disait Simón
Rodríguez. Face aux « sanctions »
Edison Alvarado et
Nicolas Maduro
d’Obama puis de Trump, des entreprises
comme Alstom, CAF, Otis et Schneider
nous ont refusé les pièces détachées.
Qu’avons-nous fait ?
La rétro-ingénierie et la substitution
des importations. Nous avons
formé des alliances entre les travailleurs
du métro de Los Teques, de l’IFE
(Institut fédéral d’électricité) et de Valence.
Dans d’autres pays, confrontés à
des crises comme celle-ci, on licencie du
personnel ou on ferme des institutions.
Nous, nous sommes unis pour maintenir
le service. Nous sommes un exem-
Edison Alvarado
ple de dignité et de lutte.
Geraldina Colotti : Récemment,
certains présidents de la région,
ont remis en question la situation au
Venezuela. Quelle réponse leur apportez-vous
en tant que représentant des
travailleurs ?
Edison Alvarado : Cela me
blesse profondément, surtout les propos
de Lula, puisqu’il est issu de la classe
ouvrière. Lula, vous vous discréditez.
Nous vous avons connu avec
Chávez. Les Vénézuéliens règlent les
problèmes des Vénézuéliens ; vous
n’avez pas le droit de commenter notre
démocratie. Sinon, vous finirez aux
oubliettes de l’histoire avec Milei, qui
n’est rien de plus qu’un flagorneur remuant
la queue pour Donald Trump. Et
à Petro, nous disons : ne vous y trompez
pas, ne considérez pas le Venezuela
comme votre arrière-cour. Si vous tentez
de piétiner notre territoire, nous, les
travailleurs, en ferons un Vietnam pour
l’Amérique latine.
Geraldina Colotti : Quelle est
la position du syndicat, concernant la
nouvelle étape de la Révolution et les
récentes agressions impériales ?
Edison Alvarado : Nous soutenons
fermement Nicolás et Cilia.
L’empire, a ciblé de manière disproportionnée
le président et la Première
dame, mais le peuple a continué à
produire. Si les gringos osent poser le
pied ici, avec leurs bottes yankees, ils
trouveront un peuple héroïque, fusils
sur l’épaule. Nicolás nous a donné une
instruction claire : s’ils mettent le pied
sur notre terre, nous nous rebellerons et
lancerons une grève générale. La Révolution
bolivarienne règne toujours ici.
Geraldina Colotti : Enfin, Edison,
comment le contrôle des travailleurs
est-il exercé aujourd’hui contre la
corruption, et quelle est votre position
sur une éventuelle loi d’amnistie ?
Edison Alvarado : La classe ouvrière
ne tolère pas la corruption. Les
responsabilités sont individuelles, et
quiconque détourne les ressources du
peuple doit en assumer les conséquences.
Ceux qui volent mettent en péril la
santé, l’éducation et la sécurité alimentaire
de tous. Concernant l’amnistie,
notre gouvernement a été clair : aucun
privilège ne sera accordé aux corrompus
ni à ceux qui ont commis des crimes
contre l’humanité. Amnistie pour ceux
qui ont posé des bombes ou pour celui
qui a brûlé vif un collègue à Altamira
à cause de sa couleur de peau ? Qu’on
ne s’y trompe pas. Nous respectons les
directives de la haute direction politique
et de la présidente par intérim, Delcy
Rodríguez. Toute étincelle qui s’allume
sera éteinte.
Geraldina Colotti : Avec le recul,
comment analysez-vous l’évolution
de la réalité du prolétariat des transports
depuis la Révolution ?
Edison Alvarado : Avant
Chávez, nous étions divisés. Une vision
élitiste du management empêchait
la classe ouvrière de s’unir ; l’agent
de maintenance ne pouvait même pas
s’adresser au chef de station. Aujourd’hui,
la classe ouvrière gouverne.
Nous discutons des politiques de maintenance
avec les dirigeants politiques
et avec la présidente par intérim, Delcy
Rodríguez. Auparavant, un mécanicien
de bus aurait-il pu imaginer un jour légiférer
à l’Assemblée nationale ? Cela
n’est possible que grâce à la Révolution.
Resumen Latinoamericano
22 février 2026
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
le défendeur à l’audience précitée, pour le
profit, déclare fondée ladite action ; Admet en
conséquence le divorce de la dame DIEUSINETTE
IRA d’avec son époux JEAN SONNE ELTIMÉ pour
injures graves et publiques aux torts de l’époux,
prononce la dissolution des liens existant entre
lesdits époux, ordonne à l’officier de l’état civil de
Taïfer. Commune de Carrefour de transcrire dans
les registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet,
compense les dépens, commet l’huissier Maxime
CANDIO pour la signification de ce jugement.
Compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous ,Me Nelson
CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et
publique en date du Jeudi vingt Mars deux mille
vingt cinq, en présence de Me Dominique NOEL,
Substitut du commissaire du gouvernement de ce
ressort avec l’assistance du Greffier, Mozart TA
SSY
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi....etc....
AVIS
Il est fait savoir au public en général, et à tous
ceux que la question intéresse que par adjudication
en l’étude de Me Jean Jacques B. Charlotin, Notaire
en la commune de Delmas en date du 2 Avril
2024, Cash Solution, Société de Financement et
des prêts , a fait régulièrement l’acquisition d’une
propriété fonds et bâtisses, sise à Delmas 75 Rue
Ficus No. 11 dépendant de l’habitation Fragneau,
Section de Saint Martin. Laquelle propriété mesure
seize mètres vingt cinq de façade aux côtés nord
et sud, sur une profondeur de trente-deux mètres
cinquante au côté Est Ouest et qui se trouve bornée
au Nord par un projet de route de trente mètres de
large ; au Sud par Alongène Jacques ; à l’Est par le
reste du terrain et à l’Ouest par notaire Saint Louis
. Ce, suivant plan et procès-verbal d’arpentage de
l’arpenteur Byron J. Alphonse , en date du Sept
Avril mille neuf cent soixante deux , enregistré et
transcrit. En conséquence, interdiction formelle
est faites a tous notaire et arpenteur de cette
juridiction d’opérer une quelconque transaction
et d’instrumenter sur quelque prétexte que ce soit
au mépris et en violation des droits de l’acquéreur
adjudication, concernant la dite propriété, sous
peine d’encourir les sanctions de la loi prévues
en la matière
Port-au-Prince le 06 février 2026.
Pour le Cash Solution: Cabinet DEBRROSSE
Pierre Alex Debrosse , Avocat
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
le défendeur à l’audience précitée, pour le
profit déclare fondée ladite action ; Admet en
conséquence le divorce de la dame Joseph Pierre
ETIENNE, la femme née Marjorie MAXIS, d’avec
son époux Joseph Pierre ETIENNE pour injures
graves et publiques aux torts de l’époux. Prononce
la dissolution des liens matrimoniaux existant
entre lesdits époux; Ordonne à l’officier de
l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince, de
transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif
du présent jugement dont un extrait sera inséré
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers
s’il y échet. Commet l’huissier Lubenson Baptiste
de ce siège pour la signification de ce jugement;
Compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson
CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et
publique du jeudi vingt deux Janvier deux mille
vingt six, en présence de Me Elysée Fénélon,
Substitut Commissaire du gouvernement de ce
ressort et avec l’assistance du sieur Mozart TASSY,
Greffier du siège
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi....etc...
Pour le Cabinet Me Michaud GASPARD, Av
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi
et sur les conclusions conformes du Ministère
public, accueille l’action de la demanderesse la
dame Maxène JOSEPH née Nathalie CINEAS en la
forme; Maintient le défaut contre le sieur Maxène
JOSEPH, défendeur à l’audience précitée ; Admet
en conséquence le divorce de la dame Maxène
JOSEPH née Nathalie CINEAS , d’avec son époux
Maxène JOSEPH, pour injures graves et publiques
faits prévus à l’article 217 du code civil Haïtien ;
Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
ayant existé entre lesdits époux aux torts exclusifs
de l’époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de
la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur
les registres à ce destinés le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera publié dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers; Compense
les dépens vu la qualité des parties ; Commet
l’huissier Clerbrun FAURE pour la signification du
présent jugement
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Gerty LÉON-
ALEXIS, Juge au Tribunal de première instance
du ressort de Port-au-Prince, en la chambre
du conseil en audience publique et ordinaire
du vendredi sept Novembre deux mille vingt
cinq, en présence du Substitut commissaire du
gouvernement Me. Romain ORANGE, faisant
office du Ministère public et avec l’assistance de
Marie Yolande CADET ZETRENNE, Greffière du si
ège
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi....etc....
AVIS DE PUBLICATION
Révocation du Mandat de Richard LOUIS JACQUES
par Briel LOUIS JACQUES. Il est important de porter
à la connaissance du public en général qu’en date
du (7) Février deux mille vingt six (2026) par le
Ministère de l’huissier Jude Gelin DESROSIERS,
Huissier immatriculé au greffe du Tribunal de
première instance de Port-au-Prince que le sieur
Briel LOUIS JACQUES révoque la procuration
authentique octroyé au sieur Richard LOUIS
JACQUES en date du (14) Mars deux mille
vingt (2020), au rapport de Me Fritzner JEAN,
Notaire de la résidence d’Anse à Galets sous
toutes réserves.
Dont acte
Me Roberto AUGUSTIN, Av.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public,
maintient le défaut octroyé contre la défenderesse
à l’audience précitée, pour le profit déclare
fondée ladite action; Admet en conséquence
le divorce de la dame EVETTE PIERRE d’avec
son époux SONIQUE ESTIVERNE, pour injures
graves et publiques aux torts de l’époux,
prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre lesdits époux, ordonne à l’officier
de l’état civil de la Commune de Carrefour,
de transcrire sur les registres à ce destinés, le
dispositif du présent jugement dont un extrait
sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant
à la Capitale sous peine de dommages intérêts
envers les tiers, compense les dépens vu la
qualité des parties, commet l’huissier Canal
Gabriel de ce siège pour la signification de ce
jugement ,compense les dépens
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson
CILIUS, Juge en audience civile et publique
en date du jeudi treize Avril deux mille vingt
trois, en présence de Me ALBERT DARELUS,
Substitut Commissaire du gouvernement de
ce ressort avec l’assistance du Greffier Mozart
TASSY
Il est ordonné....etc ....
En foi de quoi....etc....
Me Jean Luma CHARLES Officier
14 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Venezuela : le retour assumé de l’impérialisme yankee en Amérique latine
Par Laurent Delcourt
En réactivant la doctrine Monroe sous
la forme d’un « corollaire Trump »,
Washington assume sans détour une
ambition hégémonique renouvelée en
Amérique latine. Présentée comme un
impératif de sécurité nationale, cette
stratégie vise à reprendre le contrôle de
ressources clés, à contenir l’influence
de puissances rivales et à discipliner
les États de l’hémisphère occidental,
par une combinaison d’alliances
sélectives, de pressions économiques
et d’ingérences politiques et militaires.
Le Venezuela en constitue aujourd’hui
l’illustration la plus brutale.
L’opération militaire menée par
les États-Unis au Venezuela dans la
nuit du 2 au 3 janvier 2026, qui a
abouti à la capture de Nicolás Maduro et
de son épouse Cilia Flores, a provoqué
la surprise, sinon la stupeur. Au-delà
des débats sur sa légitimité au regard
du droit international, elle n’a pourtant
rien de vraiment exceptionnel pour
qui connaît l’histoire de l’Amérique
latine. Loin de constituer une rupture
majeure, elle s’inscrit dans un continuum
: celui d’une longue tradition
d’interventions – directes ou indirectes
– dans ce que Washington a longtemps
considéré comme son arrière-cour. Une
dynamique à l’œuvre, en fait, depuis
la guerre hispano-américaine de 1898
qui a vu l’affirmation de la puissance
étatsunienne dans la région.
Des occupations militaires dans
les Caraïbes et en Amérique centrale
dans la première moitié du 20e siècle
aux coups d’État orchestrés par la CIA
au Guatemala en 1954 et au Chili en
1973, en passant par la tentative de
débarquement à la baie des Cochons
à Cuba en 1961, l’intervention en République
dominicaine en 1965 et l’invasion
du Panama en 1989, la liste des
ingérences et coups de forces de l’Oncle
Sam sur le continent apparaît aussi
longue que protéiforme. Sans même
évoquer son soutien indéfectible aux
dictatures parmi les plus sanglantes de
la région.
Rarement les États européens
s’en sont véritablement émus ou s’y
sont opposées frontalement : le plus
souvent, ils ont fermé les yeux, parfois
ont approuvé ces opérations, voire y
ont directement pris part. On se souviendra
notamment de l’opération conjointe
des États-Unis, de la France et du
Canada en 1994, qui a débouché sur la
réinstallation (sous strictes conditions
politiques et économiques) du président
haïtien Jean-Bertrand Aristide, renversé
trois ans plus tôt par un coup d’État
militaire, avec le concours de la CIA
et le soutien des élites traditionnelles
(Thomas, 2026)
Une rhétorique inédite
Ce qui frappe en revanche, et
distingue cette intervention des précédentes,
ne tient pas tant à sa nature et
sa gravité qu’à la manière dont elle est
désormais justifiée et mise en scène.
Deux éléments inédits retiennent en
particulier l’attention. D’une part, pour
la première fois, une opération militaire
états-unienne d’envergure cible directement
un grand pays du Cône Sud.
D’autre part – et c’est sans doute l’aspect
le plus saillant – ses motivations
réelles, jusqu’ici euphémisées ou dissimulées,
sont désormais exposées de
la manière la plus crue.
Là où, depuis la Seconde Guerre
mondiale, la lutte contre le « danger
communiste », puis contre le narcotrafic,
servait de justification aux
coups d’État, aux opérations clandestines
et aux interventions militaires,
c’est aujourd’hui l’appropriation et le
contrôle pur et simple des ressources
énergétiques qui passent au premier
plan. Donald Trump n’a cessé de le
marteler : ce qui l’intéresse avant tout,
c’est l’or noir vénézuélien, présenté
comme un butin « volé » aux États-
Unis. Il faisait bien entendu référence
aux nationalisations successives du
secteur pétrolier vénézuélien — sous
le gouvernement de Carlos Andrés
Pérez au milieu des années 1970, puis
sous celui d’Hugo Chávez au cours de
la première décennie du 21ᵉ siècle —
perçues à Washington comme autant
d’atteintes à ses intérêts.
Dans ce contexte, les discours
sur le « changement de régime » et la «
restauration de la démocratie » ne tiennent
même plus la route. Preuve en est
la décision des États-Unis de négocier
directement avec les piliers du régime
madurien, contournant une opposition
de droite comme de gauche – laissée
sans rôle ni influence. Cette posture
révèle de manière éclatante que la priorité
réelle n’est ni la promotion des
droits démocratiques, ni la protection
des citoyen·nes vénézuélien·nes, mais
une logique purement prédatrice d’accès
aux richesses du pays.
Etendre sa sphère d’influence,
enrôler et discipliner : le nouveau
corollaire Trump à la doctrine
Monroe
On pourrait certes être tenté
de réduire cette fixation sur le pétrole
vénézuélien à une énième lubie, l’une
des obsessions dont Trump est coutumier.
Mais une telle lecture, psychologisante
et superficielle, fait l’impasse
sur l’essentiel, empêchant d’en saisir
la véritable portée et les ressorts profonds.
La volonté de mettre la main sur
cette ressource n’est ni un caprice ni le
fruit d’une improvisation : elle s’inscrit
dans un projet politique structuré, porteur
d’une vision du monde désormais
largement partagée au sein du Parti républicain.
Loin d’un simple réflexe de
domination, la pression maximale exercée
sur Caracas procède d’une doctrine
idéologique et stratégique explicitement
formulée, dont le Venezuela ne constitue
qu’un terrain d’application parmi
d’autres. Publiée en décembre 2025, la
nouvelle Stratégie de sécurité nationale
des États-Unis [1] en offre la traduction
programmatique la plus aboutie.
Largement inspirée du Project
2025 – vaste feuille de route élaborée
par la Heritage Foundation, principal
think tank conservateur étatsuniens,
pour orienter l’action d’une future
administration républicaine vers une
refonte en profondeur des priorités institutionnelles,
économiques et sécuritaires
du pays – , cette Stratégie
consacre le retour de l’Amérique latine
au premier rang des préoccupations
de Washington. Alors que John Kerry,
secrétaire d’Etat de Barak Obama,
affirmait encore en 2013 que « l’ère
Monroe était révolue », le document
en opère au contraire une réactivation
explicite. Il accorde ainsi une place centrale
au « corollaire Trump » à la doctrine
Monroe – rebaptisée désormais «
Donroe » – et réaffirme sans détour la
prétention hégémonique des États-Unis
sur l’Amérique latine et, plus largement,
sur l’ensemble de l’hémisphère
occidental, de l’Arctique à la Terre de
Feu (Delcourt, 2025).
Cette réactivation s’accompagne
toutefois d’un glissement majeur :
l’hégémonie n’est plus justifiée au nom
de la sécurité régionale, mais érigée
en impératif de sécurité nationale. Le
corollaire Trump assume ouvertement
la primauté des intérêts économique,
énergétique, géopolitique et sécuritaire
des Etats-Unis dans l’hémisphère.
Dans ce vaste espace géopolitique –
dans lequel l’Amérique latine se trouve
comme diluée, son nom n’apparaissant
qu’à peine dans le document, comme si
son identité propre devait être effacée
–, les États ne sont plus appréhendés
comme des acteurs souverains, mais
comme les éléments constitutifs d’une
zone d’influence exclusive que Washington
entend se réserver et « protéger
» de toute présence jugée hostile. Les
puissances extra-hémisphériques – au
premier rang desquelles la Chine, et
dans une moindre mesure la Russie
et l’Iran – y sont désignées comme
des rivales à contenir, tandis que les
partenaires régionaux sont sommés de
s’aligner sur les priorités stratégiques
étasuniennes.
Loin d’un simple rappel historique,
cette orientation se matérialise
par un interventionnisme offensif, mobilisant
une panoplie d’instruments
de contrainte destinés à préserver et
à approfondir l’emprise stratégique
des États-Unis dans les domaines
énergétique, commercial et militaire.
Les objectifs sont clairement définis :
Image d’illustration : Graffiti à Caracas, janvier 2006.
Photo Geya Garcia, Wikimedia, Commons.
reprendre le contrôle des ressources
clés, sécuriser les chaînes d’approvisionnement,
imposer des accords
commerciaux et d’investissement favorables,
freiner l’implantation de
puissances rivales et contenir les flux
migratoires, désormais érigés en enjeu
de sécurité nationale.
Cette stratégie repose sur une
double logique : mobiliser des États
partenaires et les rallier aux orientations
stratégiques de Washington, tout
en exerçant une coercition maximale à
l’encontre des pays jugés récalcitrants.
Il s’agit, d’une part, « d’enrôler » (to
enlist), et, d’autre part, de discipliner.
En ce sens, l’obsession
énergétique de Trump ne se réduit pas
à une simple impulsion prédatrice : elle
s’inscrit dans un calcul stratégique plus
large – affaiblir les partenariats de Caracas
avec la Chine, préserver à tout prix
le système des pétrodollars en déclin,
relancer l’appareil industriel étatsunien,
en particulier un secteur du raffinage
largement conçu pour traiter le
pétrole lourd vénézuélien et…asphyxier
économiquement Cuba.
Une stratégie de coercition
multidimensionnelle
Au-delà du Venezuela, cette
« mise à jour » doctrinale s’exerce à
travers un arsenal d’instruments calibrés
selon les contextes nationaux :
sanctions économiques, chantage et
ingérences politiques, pressions diplomatiques,
aides conditionnées et
démonstrations de force. Tous servent à
remodeler le paysage régional au profit
des intérêts stratégiques de Washington.
Depuis le retour au pouvoir de
Trump, cette ambition s’est traduite par
une intensification des actions coercitives
à l’encontre de plusieurs gouvernements
latino-américains, en particulier
là où la compétition avec Pékin est
la plus vive. Sous l’effet d’interventions
explicites visant à limiter l’influence
chinoise sur le canal, le Panama a été
contraint d’abandonner son projet
d’adhésion aux Nouvelles routes de la
soie et d’annuler des contrats avec des
entreprises de Hong Kong. À Mexico et
à Bogota, les États-Unis instrumentalisent
les questions de sécurité, de flux
migratoires et de commerce comme
leviers de chantage économique et diplomatique,
multipliant menaces tarifaires
et pressions bilatérales afin de
contraindre leurs gouvernements de
gauche à aligner leurs politiques sur les
exigences de la Maison-Blanche.
Ces pressions se ne limitent pas
aux menaces économiques ou diplomatiques
: elles s’étendent à une immixtion
politique, directe ou masquée, dans
les scrutins nationaux pour favoriser
des candidats ou des résultats jugés
favorables aux intérêts étatsuniens (au
Honduras et en Argentine notamment),
tandis que les alliés régionaux peuvent
compter sur un soutien renforcé. Même
le Brésil, moins exposé en raison de sa
taille, de son poids économique et de
sa relative autonomie, n’échappe pas à
cette tentative d’assujettissement de la
région. Il a lui aussi fait l’objet de menaces
tarifaires et de sanctions ciblées,
dans une vaine tentative d’influencer
le cours du procès de l’ex-président Jair
Bolsonaro, grand allié de Trump, condamné
à 27 ans de prison pour tentative
de coup d’État (Delcourt, 2025).
En fait, l’ensemble de ces actions
dessine une stratégie pragmatique et
fragmentée, où coercition et récompense
se combinent pour orienter le
jeu politique régional. Pour l’Amérique
latine, les conséquences sont lourdes.
En imposant discipline et subordination
stratégique, la doctrine américaine
réduit le périmètre d’action des Etats,
délégitime leurs stratégies d’autonomisation
et réactive une relation de tutelle
incompatible avec les aspirations
démocratiques et souverainistes. Ce
retour explicite d’un interventionnisme
suite à la page(16)
AVIS D’APPEL D’OFFRE RESTREINTE
PETITE RIVIÈRE DE L’ARTIBONITE,
Vendredi 23 Janvier 2026
Objet: demande de cotation pour la construction d’un Presbytère
de la 4e Section (localité Deslandes) Commune de Petite Rivière de
l’Artibonite. Madame/Monsieur
1- La Mairie de Petite Rivière de l’Artibonite a reçu un montant de six
millions de gourdes (6,000,000Gds) du Ministère de l’intérieur et de
collectivités territoriales (MICT) pour financer le projet de construction
d’un Presbytère à Deslandes dans la quatrième Section
2- La Mairie de Petite Rivière de l’Artibonite sollicite des offres
restreintes de la part de soumissionnaires éligibles et répondant aux
qualifications requises pour la réalisation de ce projet
3- La présente demande caution (DC) à été adressée aux entreprises
figurant sur la liste restreintes, dont les noms figurant ci-après
4- Pour obtenir plus de renseignements sur l’ensemble des tâches
à accomplir, veuillez consulter le joint à la présente. Il est vivement
recommandé que votre entreprise prenne connaissance des lieux
avant de soumettre son offre. Votre représentant pourrait, s’il le désire,
rencontrer les responsables suivants: le président du Conseil Municipal
(Les Maires) de Petite Rivière de l’Artibonite, le Directeur général, le
Responsable Technique. Les propositions doivent être préparées en
conformité avec les règles de l’art. Les propositions techniques seront
acceptées selon les critères d’évaluation.
5- L’Administration attribuera le marché au soumissionnaire ayant
présenté une soumission conforme pour l’essentiel au dossier d’appel
d’offres et évalué la moins distantes.
6 -Les prix unitaires incluront tous les coûts tels que les honoraires,
l’achat des matrimoniaux, le transport et la valeur des équipements,
décomposer en coût de location si nécessaire, pour constituer le
coût global soit le prix des travaux. L’absence de présentation de la
ventilation détaillée selon le format annexé à cette invitation pourrait
conduire au rejet de la proposition. Aux fins d’évaluation, le prix sera
le coût total des travaux.
7- L’Administration Communale de Petite Rivière de l’Artibonite
réserve le droit de ne retenir aucune des entreprises de la liste restreinte
ayant soumis leurs propositions. Les offres doivent parvenir en trois
(3) exemplaires dont (1) original et (2) copies et sur un support
numérique (CD ou USB) au plus tard Mercredi 25 Février 2026 avant
12 heures locales à l’adresse suivante : Mairie de Petite Rivière de
l’Artibonite. Angle Rue Claire Heureuse et Louverture
Email: artibonitemairiepetiterivière@gmail.com Téléphone:(509)
37243339
A l’Attention de Me Lereste DORT, Av. Maire Titulaire commune Petite
Rivière de l’Artibonite
L’offre Technique et l’offre financière seront remises dans des
enveloppes séparées et cachetées portant la mention ‘offre technique
et offre financière ‘ en y ajoutant ne pas ouvrir avant la date de
soumission.
Liste restreintes des enterprises
NOM: Ulysse Julbert . REPRESENTANT ENTREPRISE GTACC
TELEPHONE (509)37414168 EMAIL gtacc, construction@yahoo.co
m
NOM: Dameus PRENOM: Markin. REPRESENTANT ENTREPRISE
Marcoren construction Téléphone (509)36205497 (509)41243200
Emailmarcoren construction2007@gmail.com
NOM: JEAN CHARLES PRENOM: Brunel REPRESENTANT
ENTREPRISE ASSIREM Téléphone (509) 36940284
NOM: DIEUDONNE PRENOM: Delva REPRESENTANT ENTREPRISE
INOGEC (509)31575464 Email ingec01@gmail.com NOM:
JEAN PRENOM: Asony
REPRESENTANT ENTREPRISE:
GRIPCO Téléphone (509)32306037
Pour authentification de cette liste restreinte: Me Lereste DORT, Avocat
Titulaire Commune de Petite Rivière de l’Artibonite Téléphone (509)
37243339
PAR CES MOTIFS
Sur les conclusions conformes du Ministère public, maintient le défaut
octroyé contre les défendeurs à l’audience précitée; pour le profit déclare
que l’action introduite par les demandeurs est juste et fondée ; dit que
le sieur Jean D. Rochner est seul et unique propriétaire incommutable
et exclusif par titre et par prescription de la portion de terre ci-dessus
décrite localisée et spécifiée; dit que c’est sans droit ni qualité que les
assignées, les sieurs et dames Jean Claude F. DOUYON , Myrthil FIFON,
Leclerc FRANÇOIS, Joseph LAMBERT, Vilaire , Charles CASTEL, Arodon
BIEN-AIME, Kirolo L’OISEAU, Vladimir LARSENE Luders DUPLESSY,
Watson James JEAN , Mme, Charles Jean JOSEPH, Destiné (BRANA) ,
Jacques (IPRIMEUR) , Paulin (I’HOTELIER), Mme D. G. DESPEINGNES,
Alex DEMOSTHENE Jean Peter TOUSSAINT, Oben PIERRE, HENRI
Saintazard PERJUSTE, Sasaille MAGISTRAT, Jean Thony LORTHE
, Sebastien DOUYON, Minouche NICOLAS, Ing. MICHEL, Sony
LOUIMENE, Compagnie DIGICEL, D. G (Jean Phillipe BRUN ), Sony Jean
PIERRE, Lophane JEAN JOSEPH, Rémy JOSEPH, (institution Plein Soleil)
ont envahi, et occupé et vendu à des tiers la propriété du requérant ;
Déclare nulle, de nullité absolue et radicale la vente de toutes Parcelles
ou portions de terre faites par les ajournés, par des tiers sur ladite propriété
; Ordonne en conséquence, le déguerpissement de ces deniers, de tous
les acquéreurs ayant-droits et ayant-causes et de tous les occupants se
trouvant sur la propriété des requérants de manière illégale et arbitraire.
Ordonne également la démolition de toutes les constructions généralement
quelconque érigées sur ladite propriété ; Accorde l’exécution provisoire
sans caution du présent jugement sur le chef du déguerpissement et de la
démolition vu qu’il y a titres authentiques , ce nonobstant toutes voies de
recours ; Condamne solidairement les défenderesses, l’une pour l’autre à
cinquante mille gourdes (50.000 gds) de dommages intérêts et aux frais
et dépens de la procédure . Commet l’huissier Millery AUGUSTE de ce
siège pour la signification du présent jugement
Ainsi jugé et prononcé par nous, Me. Guy AUGUSTIN, Juge en audience
civile, ordinaire et publique du vingt-neuf Juin deux mille dix-neuf,
en présence de Me. Pelage Félicité ERNEST, Substitut Commissaire
du gouvernement de ce ressort avec l’assistance du Greffier Junior
Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège
Il est ordonné....etc....
En foi de quoi....etc....
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
15
Il faut tenir le congrès pour rétablir l’unité
de Pastef et la liaison avec le peuple
Par Diagne Fodé Roland
Le congrès de Pastef annoncé par le
président du parti, O. Sonko, pour
avril 2026 ne peut pas se tenir parce que
les documents réglementaires disent que
les textes préparatoires après validation
du BP et du CN doivent arriver à la base
trois mois avant sa tenue. Bientôt fin
février, rien n’a été fait, la base attend
toujours. C’est au moins la troisième fois
qu’est annoncé le 1er congrès.
Même si, beaucoup de décisions
prises vont dans le bon sens, notamment
la résistance aux manœuvres du
FMI/BM/Agences de notation, un décalage
s’opère avec l’analyse que nous
écrivions le 24/06/24 : « Remédier aux
urgences réparatrices : Nous devons
sérier dans notre camp au plan national
et panafricain les urgences dont l’axe
est d’abord l’assainissement souverainiste
de l’appareil d’État néocolonial dont
nous avons hérité suite au vote du peuple…
Gérer les impatiences : L’empressement
pour la reddition des comptes
par les voleurs ne doit pas faire oublier
qu’il s’agit d’une nécessité absolue qui
doit se faire dans le respect des lois et
procédures consécutives à l’assainissement
d’un pouvoir judiciaire qui a été
sali par sa soumission à l’ex-autocratie
présidentialiste qui a utilisé naguère la
CREI pour « régler des comptes » et non
pas rendre justice à la demande sociale
suite de la page (15)
impérial, désormais justifié non
par l’idéologie mais par la sécurité
économique et stratégique des États-
Unis, fragilise incontestablement les
souverainetés nationales, entrave les
projets d’intégration régionale et consolide
des rapports de dépendance
asymétriques, laissant certains États
durablement subordonnés aux intérêts
de Washington.
Une stratégie vouée à l’échec ?
Pour autant, la stratégie de
l’administration états-unienne – et
ses tentatives pour contraindre les
États latino-américains à épouser ses
priorités et à réduire leurs relations
avec la Chine – semble, à moyen et
long terme, vouée à l’échec. La profonde
implantation économique, commerciale
et technologique de Pékin dans la région,
ainsi que les interdépendances tissées
au fil des deux dernières décennies,
limitent aujourd’hui considérablement
la capacité des États-Unis à isoler les
pays latino-américains. Au contraire,
ces interdépendances offrent aux
gouvernements régionaux de véritables
marges de manœuvre, leur permettant
de jouer la concurrence entre grandes
puissances, de préserver une autonomie
relative, de défendre leurs agendas
de développement et de négocier des
alliances plus équilibrées (Frenkel,
2026).
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d’alors... la vraie question est la suivante
: LES CONDITIONS OBJECTIVES ET
SUBJECTIVES DE LA RÉALISATION DU
PROJET SOUVERAINISTE SONT-ELLES
ACTUELLEMENT VRAIMENT RÉUNIES
? NON... Ne reflètent-ils pas plutôt à la
fois l’état réel calamiteux de la gouvernance
néocoloniale et la complexité de
l’œuvre de souverainisation de l’État
néocolonial dont a hérité le camp souverainiste
? Ne faut-il pas briser l’échine
aux libéraux néocoloniaux dans l’État
pour ouvrir la nécessaire période de rupture
promise ? ».
Et voilà qu’en 2026, ne cessent
de s’accumuler les mouvements sociaux
des étudiants avec un mort suite à l’intervention
policière à l’UCAD, des enseignants
et élèves, des personnels de la
santé, des mobilisations populaires sur
le foncier, des victimes des passifs sociaux,
des arriérés de salaires, des indemnités
non payées et des crimes répressifs
du pouvoir APR/BBY, des manifestations
des organisations panafricaines,
anti-impérialistes exigeant la rupture
des relations avec l’État génocidaire
d’Israël, l’audit citoyen de la dette, la
cessation des répressions policières, la
justice pour les victimes des crimes de
sang de l’APR/BBY, etc.
Ne voit-on pas que le réveil en
cours des mouvements protestataires
sociaux et démocratiques est à mettre en
rapport avec ce qui apparaît comme des
non priorités pour les masses, voire pire,
des sinécures entre nouvelles autorités
Malgré les efforts du gouvernement
Trump II pour étendre son emprise
sur l’Amérique latine, la région
conserve ainsi une capacité réelle de
résistance — et sait l’exercer. Le Brésil
affirme sa liberté stratégique, refuse les
diktats de la Maison-Blanche et multiplie
les partenariats avec la Chine, l’Union
européenne et d’autres acteurs globaux.
Le Mexique et la Colombie diversifient
leurs relations économiques et s’efforcent
de préserver leur souveraineté en veillant
à maintenir une coopération pragmatique
avec les Etats-Unis. Sous l’impulsion de
Lula, un front latino-américain émerge
pour défendre l’autonomie régionale et
contrer les tentatives de subordination de
Washington. Même les alliés traditionnels
du président étatsunien cherchent à
préserver leur autonomie : l’Argentine de
Milei — le président le plus « trumpien »
d’Amérique latine — évite soigneusement
de compromettre ses liens avec la Chine
et a décidé de rembourser par anticipation
un prêt de 20 milliards de dollars accordé
par Trump, voyant sans doute poindre
le danger d’une trop grande dépendance
économique et financière.
Ces exemples montrent qu’en
dépit de l’activisme du « corollaire
Trump », la région ne se comporte pas
en acteur passif. Elle exploite les rivalités
entre grandes puissances pour préserver
sa souveraineté et continue de négocier
des conditions favorables à ses priorités
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à coups de « distributions de millions
aux footballeurs millionnaires, de billets
de pèlerinages religieux, de soukerou
koor, de voitures à coups de millions à
des députés qui touchent un salaire d’au
moins 1 million trois cents milles francs
CFA, d’une télévision parlementaire
d’au moins trois cents millions CFA, de
maintien d’agences qui font doublons
avec des ministères, de fonds politiques
non réglementés, d’interdictions parfois
de manifester, de décisions de justice au
profit des travailleurs non exécutées par
des patrons véreux, de pratiques politiques
clientélistes qui rappellent celles
du PS, du PDS, de l’APR/BBY, etc ».
Pendant ce temps, quelle tristesse
de constater que les militants de base,
mais aussi les masses observent les «
querelles de coqs pour des grains de mil
» entre « pro-sonko » et pro-diomaye »,
entre les « pros » président du parti et
premier ministre et les « pros » président
de la république et ex-Secrétaire Général
de Pastef sur l’incroyable question de
savoir en 2025/26 QUI sera notre candidat
en 2029 ? Quelle inacceptable faute
de confondre le Parti avec une confrérie
religieuse dans laquelle le choix est entre
« serigne Sonko » ou « serigne Diomaye
» ? N’est-ce pas une erreur ce
cumul des mandats faisant que chaque
responsable du parti a une responsabilité
gouvernementale ou élective sans se
demander comment ceux-ci ou celles-ci
peuvent-ils s’occuper du parti ? N’est-ce
pas regrettable que Pastef - ses instances
politiques et économiques, rappelant que
sa dépendance vis-à-vis des États-Unis
demeure relative et contestable.
Reste toutefois un facteur de vulnérabilité
: l’influence de mouvements
d’extrême droite pro-Trump dans certains
pays, cherchant à inscrite les États latino-américains
dans l’orbite stratégique
de Washington, peut exacerber les tensions
internes et compliquer la conduite
d’une politique véritablement autonome.
Cette dynamique montre que l’affirmation
de l’Amérique latine face à l’administration
étatsunienne n’est pas entièrement
acquise, la résistance régionale
restant conditionnée par la nécessité de
naviguer simultanément entre contraintes
internes et pressions extérieures.
Laurent Delcourt est sociologue
et historien, chargé d’études au Centre
tricontinental (CETRI) à Louvain-la-
Neuve (Belgique), où il travaille sur les
rapports Nord-Sud et la mondialisation.
Spécialiste de l’Amérique latine et du «
Sud global », il a coordonné de nombreux
dossiers de la collection Alternatives
Sud, notamment sur le Brésil de Lula
puis de Bolsonaro, les BRICS, la Chine
en Afrique, les mouvements sociaux et
les politiques sociales dans les pays du
Sud. Ses travaux, publiés entre autres
au CETRI, aux éditions Syllepse et dans
Le Monde diplomatique.
Cetri 19 Février 2026
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dirigeantes (BP, CN), ses mouvements,
ses coordinations, ses cellules, commissions
- soit mis en berne, inactif,
paralysé ? Dans un tel contexte, n’est-ce
pas une désolation de constater que « les
coalitions » présidées par des libéraux
néocoloniaux, dont on avait juste besoin
pour affaiblir l’APR/BBY, deviennent le
riz de la discorde entre pastéfiens ? Estce
franchement logique et correct que le
premier ministre réunisse le BP à la primature
et le président les coordinateurs
de Pastef au palais, pourquoi diable ces
deux militants, principaux dirigeants et
leaders ne se rendent tout simplement
pas au siège de Pastef pour réunir nos
instances régulières ?
Cette situation concurrentielle
personnalisée est en flagrante contradiction
avec la position ainsi exprimée
par Sonko lui-même et avec laquelle
tous les militant(e)s sont certainement
d’accord, y compris Diomaye : « Le
Sénégal n’a pas besoin de messie ni de
héros mais d’une masse critique de citoyens
conscients des enjeux de l’heure
». La masse critique résulte de l’élévation
du niveau de conscience politique
et idéologique des militants afin que
chacun sache, pour l’essentiel, analyser,
décider, impulser le mouvement des
masses vers l’objectif de la souveraineté
panafricaine.
L’expérience souverainiste en
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cours, au-delà de sa nature inédite et
complexe, ne peut déraper que par notre
propre turpitude qui consiste à se laisser
happer par l’appât de l’embourgeoisement
par phagocytose progressive par le
système néocolonial.
Il faut rétablir le contrôle démocratique
du parti sur le gouvernement et sa
liaison avec les masses populaires, juges,
protecteurs et garants en dernière
instance de la justesse de notre politique
souverainiste.
C’est le parti qui gouverne à travers
le président Diomaye et le premier
ministre Sonko et non l’inverse. Sonko
et Diomaye doivent passer du « je » au «
nous » en remettant au centre la démocratisation
de Pastef en surmontant le
présidentialisme fortement personnalisé
interne au parti et en incluant Diomaye
en tant que militant devenu président de
la République dans les processus décisionnels
du parti.
Il est encore temps de rectifier le tir
pour s’occuper de l’essentiel attendu par
le peuple dont la continuation de la lutte
contre la vie chère, l’emploi des jeunes,
la reddition des comptes financiers, des
crimes de sang de l’APR/BBY tout en
s’auto-appliquant le Jub, Jubal, Jubanti à
tous les échelons de l’État dans la gouvernance.
La révolution démocratique souverainiste
du 24, pour ne pas être une
troisième alternance, doit préparer unitairement
dans cette phase de transition
imposée par l’état calamiteux des finances
publiques léguées par la voyoucratie
APR/BBY l’alternative de rupture
anti-impérialiste et de transformation
systémique portée par nos martyrs, torturés,
emprisonnés.
Le congrès est une étape vers la
résolution de nos difficultés actuelles et
le rétablissement par l’unité, critique,
unité du cap commun sur le « projet »
de Pastef incarné par le duo Diomaye/
Sonko.
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16 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
A Travers le monde
Argentine : les syndicats orchestrent une grève
nationale contre la réforme du travail !
Corée du Nord : Kim Jong-un
réélu secrétaire général du
Parti des travailleurs !
Les affiliés d’IndustriALL en
Argentine ont organisé une grève nationale
qui a paralysé le pays ce 19
février, confirmant ainsi la décision
des travailleurs et travailleuses de
rejeter la réforme de la loi du travail
préconisée par le gouvernement de
Javier Milei.
L’Union africaine affiche sa solidarité avec
Cuba et la Palestine
Par Carlos Lopes Pereira*
Participants au sommet de l’Union africaine, Addis-Abeba, Éthiopie, 15 février 2026.
Le 39e sommet de l’Union africaine
(UA), qui s’est tenu les 14 et
15 février à Addis-Abeba, s’est conclu
par un appel à la paix, à la sécurité et
à l’unité continentale.
L
’objectif était d’opposer un refus, le
jour même de son débat en Chambre
des députés, au projet de loi sur la
« modernisation du travail » promu par
le Président argentin Milei. Les salariés
affirment que ce texte, qui ampute
certains droits individuels et collectifs
inscrits dans la Constitution nationale,
pourrait accroître la précarité de l’emploi.
Vendredi dernier, en tout début
de matinée, les Députés ont approuvé
la réforme du travail par 135 voix pour
et 115 contre. Cependant, en raison
de nouveaux amendements, le Sénat
doit ratifier le texte avant sa promulgation.
La modification majeure réside
dans l’abandon de l’article 44, qui portait
une coupe sombre à l’indemnisation
des congés de maladie, avec une
couverture réduite à 75 % voire 50 %.
Dans son appel officiel à la grève
nationale, la Confédération générale
du travail de la République argentine
(CGT) a mis en avant la perte de
quelque 120.000 emplois dans le secteur
privé et 80.000 dans le secteur
public. Le nombre d’employés de maison
a, quant à lui, baissé de 25.000
durant les deux années du mandat
de Milei. Elle a également mis le doigt
sur l’aggravation de la crise, la de-
Manifestation contre la réforme du travail en Argentine, le 11 février 2026.
struction du tissu industriel, la hausse
du chômage, la diminution du pouvoir
d’achat ainsi que sur l’accroissement de
la dette publique et privée.
La CGT a fait ressortir que les
graves problèmes de pauvreté, de
chômage, de précarité et de détérioration
du contexte social ne découlent
pas des réglementations inhérentes
au marché du travail, mais sont la
conséquence directe d’une absence de
croissance et d’investissements productifs
au plan des politiques économiques
nationales. Elle a souligné, par ailleurs,
que ses adhérents sont ouverts à une
véritable modernisation du travail, qui
soit respectueuse des droits acquis et
qui fasse œuvre commune afin que le
pays, en équilibrant croissance et progrès,
puisse offrir de meilleures perspectives
de développement personnel,
familial et communautaire.
Les Centrales syndicales argentines
CTA-A et CTA-T se sont
également jointes à la grève contre
la réforme du travail, la qualifiant de
régressive pour la classe ouvrière. La
CTA-A a déclaré que le projet de loi en
question constitue à la fois une attaque
directe contre les droits de la population
dans son ensemble et une atteinte à la
démocratie. Elle a martelé qu’il abolit
des acquis historiques tels que les congés
payés, le repos hebdomadaire, les
indemnités de licenciement, la journée
de travail de huit heures et les dispositifs
de protection de base. Elle anticipe
les conséquences de l’adoption d’un tel
document, à savoir une plus grande
précarité, une flambée du travail informel,
une hausse du chômage et une
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Plus de 50 chefs d’État et de gouvernement,
ou leurs représentants,
réunis dans la capitale éthiopienne,
ont mis l’accent sur les priorités
stratégiques et souligné la responsabilité
partagée de l’Afrique pour
résoudre les conflits, promouvoir le
exclusion sociale accrue.
La CTA-T a qualifié la réforme
d’acte d’agression du gouvernement
contre les travailleurs et travailleuses,
qui survient dans un contexte anxiogène,
alors que l’Argentine affiche
l’un des salaires moyens les plus bas
d’Amérique latine assorti d’une perte
du pouvoir d’achat d’environ 30 %, le
tout sur fond de milliers de nouveaux
licenciements. Elle a expliqué que la réforme
du travail et son cortège de mesures
d’austérité ne constituent pas un
volet isolé, mais s’inscrivent dans un
projet régressif qui vise à faire peser le
poids de la crise sur les épaules de celles
et ceux qui vivent de leur travail.
IndustriALL soutient fermement
les syndicats argentins dans leur opposition
à la réforme du travail. Celle-ci
soulève de sérieuses préoccupations du
point de vue syndical, car elle propose
des mesures susceptibles d’affaiblir la
négociation collective, de restreindre
l’activité syndicale et de porter atteinte
aux droits fondamentaux reconnus par
les normes internationales du travail de
l’OIT, en particulier la liberté d’association,
le droit à la syndicalisation et à la
négociation collective.
Le Secrétaire général d’Industri-
ALL, Atle Høie, a déclaré : « Je félicite
nos affiliés argentins de résister à ces
assauts contre les droits des travailleurs.
La réforme de la loi du travail
prouve à quel point le Président Milei
se moque du sort des travailleurs
et travailleuses. La grève nationale
témoigne d’une opposition forte dont
le Parlement devra tenir compte. »
IndustriALL 23 février 2026
Le Parti des travailleurs de Corée
du Nord a réélu Kim Jong-un à son
poste de secrétaire général lors de la
quatrième journée de son 9e Congrès.
« L›élection du chef du Parti des
travailleurs de Corée, qui assumera la
lourde responsabilité de mener l›État
et le peuple à la victoire dans la cause
socialiste, revêt une importance capitale
dans les travaux du Congrès du Parti »,
a déclaré l›agence de presse officielle
KCNA, citant la décision du 9e Congrès
du Parti des travailleurs de Corée.
« Le neuvième congrès du Parti
des travailleurs de Corée a décidé d’élire
le camarade Kim Jong Un secrétaire
général du Parti des travailleurs de
Corée, conformément à la volonté
inébranlable et aux aspirations
développement et renforcer la gouvernance
continentale.
Sous le thème « Garantir un accès
durable à l’eau et à des systèmes
d’assainissement sûrs pour atteindre
les objectifs de l’Agenda 2063 », les
dirigeants africains ont réaffirmé leur
engagement en faveur du développement
à long terme et de l’intégration
régionale. À l’issue des travaux, le
chef d’État du Burundi, Évariste Ndayishimiye,
élu président de l’Union africaine
pour 2026 (succédant à João
Lourenço d’Angola), et le président
de la Commission de l’Union africaine,
Mahmoud Ali Youssouf, ont souligné
que le sommet avait porté sur la paix,
la sécurité et d’autres questions clés
telles que les réformes internes, l’engagement
de l’Afrique envers le G20
et la mise en œuvre de la Zone de
libre-échange continentale africaine
(ZLECA).
Le sommet a abordé la question
des réformes nécessaires au Conseil de
sécurité des Nations Unies, appelant à
ce que l’Afrique obtienne deux sièges
permanents avec droit de veto et cinq
sièges non permanents, reflétant ainsi
l’influence croissante du continent sur
la scène internationale.
Mahmoud Ali Youssouf a réaffirmé
la position de « tolérance zéro
» de l’Union africaine à l’égard des
changements anticonstitutionnels de
gouvernement et a réitéré la détermination
de l’Union africaine à « faire
taire les armes », considérant la paix
et la stabilité comme des conditions
préalables à l’unité et au développement
durable en Afrique.
Condamnation du blocus de
Cuba
La position adoptée de longue
date par le sommet des pays africains
concernant Cuba et la Palestine revêt
une importance particulière.
L’Assemblée a approuvé, pour
la 17e fois consécutive, une résolution
condamnant le blocus économique,
commercial et financier imposé par les
États-Unis à Cuba. Le texte comprend
l’appel de l’Union africaine à Washington
pour retirer Cuba de la liste unilatérale
et injustifiée des pays accusés
de soutenir le terrorisme, soulignant le
Kim Jong-un
unanimes de tous les délégués, des
millions de membres du parti, de
l’ensemble du peuple et des cadres et
soldats de l’Armée populaire, pour le
développement du Parti des travailleurs
de Corée et la prospérité du pays »,
précise le communiqué. Le congrès
a également élu les membres du 9e
Comité central du Parti des travailleurs
de Corée et approuvé des amendements
aux statuts du parti.
Selon l’agence KCNA, 138 candidats
ont été élus au Comité central
du Parti des travailleurs de Corée à
l’unanimité des délégués. Par ailleurs,
111 candidats ont été élus membres
suppléants du Comité central selon la
procédure de nomination et d’élection
prévue.
Resumen Latinoamericano
23 février 2026
caractère arbitraire d’une telle désignation.
La résolution réaffirme, une fois
de plus, les liens historiques, politiques
et de solidarité profonds qui unissent
les peuples africain et cubain. Il s’agit
d’une expression claire de soutien à la
levée du blocus, qu’ils considèrent «
injuste, illégal et contraire aux principes
du droit international et à la souveraineté
des États ».
Solidarité totale avec la Palestine
Dans la déclaration finale du
sommet, les dirigeants africains ont
appelé à ce que l’État de Palestine obtienne
le statut de membre à part entière
des Nations Unies, conformément au
soutien majoritaire de la communauté
internationale. Ils ont souligné que
cette mesure représente le droit légitime
du peuple palestinien à l’autodétermination
et à la fin de l’occupation
étrangère.
Ils ont fermement condamné
toute tentative de déplacement forcé
de la population palestinienne. Ils ont
mis en garde contre la détérioration de
la situation humanitaire dans la bande
de Gaza, où le blocus et l’embargo sur
l’aide médicale et humanitaire mettent
en danger la vie de millions de civils.
Enfin, ils ont réaffirmé leur pleine solidarité
avec la lutte palestinienne pour
la liberté et la création d’un État indépendant.
*L’auteur, ancien membre du
Secrétariat du Parti africain pour l’indépendance
de Guinée-Bissau et du
Cap-Vert (PAIGC), écrit sur l’actualité
africaine pour Avante!, le journal
du Parti communiste portugais, qui a
publié cet article le 19 février. Traduction
anglaise: John Catalinotto
Workers World 20 février 2026
Haiti Liberté
17
Francesca
Albanese
répond à
la fausse
accusation
d’antisémitisme
portée par le
gouvernement
français
Par Anna Polo
Le jour même où le documentaire «
Nations désunies » était projeté dans
122 cinémas italiens (1), attirant 10
000 spectateurs, le ministre français des
Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a
appelé à la démission de Francesca Albanese,
l’accusant d’antisémitisme pour
une phrase qui n’apparaît pas dans la
vidéo du forum promue par Al Jazeera.
L’accusation porte en réalité sur
la définition d’Israël comme « ennemi
commun de l’humanité », tandis que
Francesca Albanese intervient ainsi : «
Le fait qu’au lieu de stopper Israël, la
majeure partie du monde l’ait armé,
lui ait fourni des prétextes politiques,
une couverture politique et un soutien
économique et financier est un défi. Si
le droit international a été profondément
ébranlé, il est tout aussi vrai que
jamais auparavant la communauté internationale
n’avait reconnu les défis
auxquels nous sommes tous confrontés.
Nous qui ne contrôlons pas d’immenses
capitaux financiers, algorithmes et
armes, constatons désormais qu’en
tant qu’humanité, nous avons un ennemi
commun. Cet ennemi commun est
le système qui a rendu possible le génocide
en Palestine, notamment les capitaux
qui le financent, les algorithmes
qui le dissimulent et les armes qui le
rendent possible. »
Aux côtés de l’eurodéputée Cecilia
Strada lors des 122 projections du
documentaire, la Rapporteuse spéciale
des Nations Unies pour les territoires
palestiniens occupés a répondu, avec sa
franchise et sa passion habituelles, aux
accusations du ministre français, aussitôt
reprises par de nombreux et nombreuses
membres de la droite italienne.
« J’attends des excuses du ministre, car
il a tenu des propos erronés. S’il ne le
La rapporteuse spéciale des
Nations unies Francesca Albanese
fait pas, ce serait de la mauvaise foi.
Une organisation dont la mission est de
défendre l’apartheid israélien diffuse une
vidéo truquée, qui a depuis été corrigée.
Je n’arrive pas à croire que le ministre
des Affaires étrangères ait vu cela
au lieu de ma réponse. Il m’a accusée
d’antisémitisme et a exigé ma démission
pour avoir dit quelque chose que je n’ai
pas dit, à savoir qu’Israël est un ennemi
de l’humanité. C’est tout simplement
absurde. Nous vivons dans une ère
orwellienne, où le mensonge est vérité
et la vérité mensonge. »
Encore un mensonge, donc, et
encore une occasion d’exprimer notre
solidarité avec une femme courageuse,
cible des pires fausses informations
simplement pour avoir dit la vérité sur
l’horreur du génocide à Gaza et les complicités
honteuses qui l’ont permis.
Anna Polo : Engagée depuis des
années dans les thèmes concernant la
paix et la nonviolence, elle a coordonné
la commission sur ce sujet dans la
Régionale Humaniste Européenne en
2003 à Prague et en 2004 à Budapest,
puis dans le Forum Humaniste Européen
en 2006 à Lisbonne et en 2008
à Milan. En 2009 elle a fait partie de
l’équipe de Relations Internationales de
la Marche Mondiale pour la Paix et la
Nonviolence. Actuellement elle participe
à l’organisation Monde sans guerres et
sans violence.
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18 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Mumia livre à l’ONU son témoignage
sur le couloir de la mort !
Par Mumia Abu-Jamal
Prison Radio a diffusé cette
déclaration le 16 février 2026, signée
Mumia Abu-Jamal et préfacée par Noelle
Hanrahan et Jackie Hortaut.*
En réponse à l’appel à contributions
du Rapporteur spécial des Nations
Unies sur la peine de mort, en lien
avec l’interdiction de la torture et autres
formes de mauvais traitements et la
protection de la dignité humaine, nous
souhaitons porter à son attention la situation
de M. Mumia Abu-Jamal, qui a
passé 29 ans de sa vie dans le couloir de
la mort en Pennsylvanie (États-Unis).
Ce journaliste afro-américain, aujourd’hui
âgé de 71 ans, a vu sa peine
commuée en réclusion à perpétuité sans
possibilité de libération conditionnelle.
Incarcéré pendant 45 ans, vous
trouverez ci-dessous son témoignage
sur les conditions de survie dans l’enfer
carcéral et les conséquences physiques
et psychologiques pour ses codétenus
condamnés à mort ou dont la santé se
détériore, les exposant à la mort dans
le cas des peines de prison à perpétuité.
Figure emblématique de la lutte
internationale pour l’abolition universelle
de la peine de mort, M. Abu-Jamal
a été condamné à l’issue d’un procès
raciste et expéditif, sans avoir pu prouver
son innocence. Dénoncé par Amnesty
International, le Parlement européen
et le Comité des droits de l’homme des
Nations Unies, il n’a toujours pas obtenu
de révision de son procès. Aujourd’hui,
la dégradation de son état de
santé, comme celle des prisonniers les
plus âgés, justifierait sa libération pour
raisons humanitaires.
Communication de Mumia
Abu-Jamal aux Nations Unies
Quand on pense au couloir de la
mort, je dois rappeler à tous ceux qui
entendent ou lisent ces mots que ce
n’est pas un film. N’imaginez pas un
film. Imaginez plutôt une réalité où,
pendant des années, des personnes sont
enfermées dans leur cellule 23 heures
par jour. Ce qui a commencé par une
surveillance 24 heures sur 24 le weekend,
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pour le restant de vos jours, vous ne
puissiez ni embrasser, ni câliner, ni
même serrer dans vos bras vos enfants,
votre femme, vos frères, vos sœurs, vos
parents, car le non-contact était la règle.
Qu’est-ce que cela signifiait
concrètement ? Et pourquoi cette mesure
a-t-elle été instaurée ? Cela signifie
que l’État vous sépare de tous ceux
que vous aimez et qui vous aiment. Et
qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie
que cet isolement physique, ce véritable
isolement cellulaire, vous sépare des
personnes qui se soucient naturellement
de vous. Et les sépare de vous. Quel est
le but de tout cela ? Le but est simple :
déshumaniser l’accusé, le condamné à
mort, et le couper de l’humanité.
Dans certains États, surtout dans
le Sud, il est devenu coutumier que,
lorsqu’un condamné à mort est escorté
dans la prison, les gardiens crient
généralement : « C’est un mort qui
marche. Écartez-vous. C’est un mort
qui marche. » Cela vous rappellera sans
doute un film, car c’est une histoire
vraie.
Séparer les gens, c’est les priver
de leur humanité, de leur capacité à être
en relation avec les autres. Et c’est devenu
une pratique courante dans les prisons
américaines, du Nord au Sud, d’Est
en Ouest. Cette tradition perdure dans
une grande partie du pays et vise à désespérer
les condamnés, afin de faciliter
leur exécution, ou, comme le dit l’État,
leur « mise à mort ».
Ce n’est pas qu’un mot, une description,
ni même un film. J’ai connu des
hommes qui ont partagé le couloir de la
mort avec moi et qui se sont suicidés
pour diverses raisons.
Parfois, ils souffraient de problèmes
de santé qu’ils ne pouvaient
plus supporter. Parfois, ils étaient déprimés
car ils savaient qu’ils auraient dû
bénéficier d’un nouveau procès, mais
qu’ils avaient eu droit à une nouvelle
audience de détermination de la peine.
Je connaissais un gars avec qui j’avais
joué au handball à la prison d’État de
Pennsylvanie, Greene. C’était un excellent
jeune joueur, car il avait joué au
niveau international. On se livrait à de
belles batailles, le vieux et le jeune, et il
était en pleine forme.
Jusqu’à ce que son appel soit rejeté
et qu’il soit condamné à la prison à
vie au lieu du nouveau procès qu’il savait,
qu’il méritait et que la loi lui avait
dû accorder. Une semaine plus tard, il
s’est enchaîné aux barreaux de sa cellule
et s’est suicidé. Pour lui, la prison
à vie, ce qu’on appelle le « couloir de
la mort au ralenti », ressemblait trop au
couloir de la mort lui-même ; en sortir,
c’était comme y retourner. Un couloir de
la mort dans le couloir de la perpétuité.
J’ai rencontré des gens que j’ai
connus dans le couloir de la mort,
exécutés par le gouvernement du
Commonwealth de Pennsylvanie. Un
gars était à deux ou trois cellules de la
mienne à Graterford, dans l’est de la
Pennsylvanie. C’était un homme âgé ;
je lui ai envoyé un mot : « Écoute, mon
pote, bats-toi. » Il a crié : « Jamal, je suis
fatigué ; je n›ai plus rien ici, plus aucune
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raison de vivre, je suis prêt à partir. »
Et c’est ce qu’il a fait. Il s’est porté volontaire
pour être exécuté. L’État de
Pennsylvanie a accepté sa proposition.
Quand on ne laisse aucune issue,
aucun espoir, est-ce surprenant que des
hommes dans de telles conditions se
suicident ?
Si on y réfléchit, cet homme se
suicide à cause de l’État. L’autre Portoricain
dont j’ai parlé s’est suicidé, profondément
déçu que l’État ne puisse pas le
traiter conformément à la loi.
Mais ce qui a été tué, c’est l’espoir.
Et c’est précisément le but recherché.
C’est le but du couloir de la mort. Et
c’est ce qu’est réellement le couloir de la
mort et les peines lentes. Pas seulement
dans cet État, mais dans plusieurs États
d’un pays pourtant appelé « le pays de
la liberté ».
Je voulais vous donner un aperçu
TOLL
FREE
Mumia Abu-Jamal
de l’intérieur. J’espère y être parvenu.
Avec toute mon affection,
Mumia ABU-JAMAL
Ce témoignage audio a été enregistré
par Prison Radio et sa transcription,
réalisée par Claude Guillaumaud-Pujol,
est jointe.
*Noelle Hanrahan (États-Unis)
nhanrahanlaw@gmail.com ; Avocate de
Mumia Abu-Jamal ; Directrice de Prison
Radio (États-Unis) Membre de la Coalition
mondiale contre la peine de mort
*Jacky Hortaut (FRANCE)
contact@mumiabujamal.com ; Co-organisatrice
de Let’s Free, le collectif français
Mumia qui rassemble une centaine
d’ONG et la ville de Paris ; Membre du
comité de pilotage de la Coalition mondiale
contre la peine de mort
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Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026
Haiti Liberté
19
Mémoire normative et dette structurelle :
l’initiative africaine face à l’ordre économique international
Par Claudia Aranda
Lors du dernier sommet de l’Union
africaine tenu à Addis-Abeba (février2026),
le Ghana a obtenu l’inscription
à l’agenda d’une initiative visant
à ce que l’Assemblée générale des Nations
Unies reconnaisse formellement
la traite transatlantique et l’asservissement
racialisé des Africains comme
crime contre l’humanité. Le président
John Dramani Mahama a annoncé que
la résolution sera présentée le 25 mars,
date correspondant à la Journée internationale
du souvenir des victimes de l’esclavage
et de la traite transatlantique
des esclaves. Il ne s’agit ni d’un geste
procédural ni d’une commémoration
symbolique supplémentaire. Il s’agit
d’une intervention politique au cœur
du langage normatif international. Et
lorsque le langage évolue aux Nations
Unies, le terrain sur lequel se négocient
légitimité, responsabilité et, à terme,
architecture économique évolue également.
La traite transatlantique ne fut
pas un accident historique. Elle constitua
un système organisé par des États,
soutenu par les cadres juridiques de son
époque et fonctionnel à l’accumulation
originelle ayant permis la consolidation
des économies impériales et du capitalisme
industriel naissant. Des millions de
personnes furent transformées en capital
vivant, en marchandises et en force
de travail forcée. Les réseaux commerciaux,
le crédit, les assurances maritimes
et la banque moderne se développèrent
en lien avec ce circuit. La richesse accumulée
ne disparut pas avec l’abolition ;
elle fut convertie en infrastructures, institutions,
capital financier et avantage
structurel.
L’initiative portée par le Ghana
introduit une question dérangeante
dans le système international contemporain
: si l’ordre économique mondial
s’est partiellement construit sur un
crime d’une telle ampleur, peut-il continuer
à se présenter comme historiquement
neutre ?
Mémoire normative
L’esclavage et la traite transatlantique
ont été qualifiés de crimes contre
l’humanité dans la Déclaration et le Programme
d’action de Durban en 2001
(*). Toutefois, cette reconnaissance
s’inscrivait dans un instrument politique
programmatique, et non dans une
résolution autonome et spécifique de
l’Assemblée générale fixant le langage
de manière explicite et sans équivoque.
La distinction est essentielle. En
droit international, le langage établit
des hiérarchies. Le génocide a été juridiquement
défini après que l’histoire
l’ait produit. La catégorie de crime contre
l’humanité a émergé après la Seconde
Guerre mondiale. La traite transatlantique
s’est déroulée avant l’existence
du cadre pénal contemporain capable de
la qualifier avec précision juridique.
La résolution proposée par le
Ghana ne vise pas à poursuivre rétroactivement
des actes passés, ce qui serait
juridiquement impossible au regard du
principe de non-rétroactivité du droit
pénal. Elle cherche à intégrer formellement
ce passé dans le langage normatif
actuel. Il ne s’agit pas d’une sentence,
mais d’une requalification historique au
sein du forum multilatéral le plus large
du monde.
De l’accumulation historique
à la dette structurelle
L’accumulation générée par la
traite et l’asservissement ne fut pas
épisodique. Elle fut structurelle. Elle finança
l’expansion industrielle, consolida
des infrastructures, renforça des systèmes
financiers et créa des avantages
qui se prolongèrent au fil des siècles. En
parallèle, le continent africain subit une
dépopulation forcée, une fragmentation
sociale et, ultérieurement, une colonisation
formelle.
Aujourd’hui, de nombreux pays
africains consacrent une part significative
de leur budget au service
de la dette extérieure. Cette dette est
analysée presque exclusivement à travers
des paramètres macroéconomiques
: soutenabilité budgétaire, stabilité
monétaire, risque souverain. La généalogie
historique des inégalités structurelles
ayant conditionné leur insertion
dans le système financier international
est rarement prise en compte.
Parler de dette structurelle n’est
pas une rhétorique morale. C’est reconnaître
que les asymétries contemporaines
ne sont pas nées dans un vide
historique. L’architecture économique
mondiale ne s’est pas construite sur des
bases égalitaires.
Ce qu’une résolution peut
modifier
Une résolution de l’Assemblée
générale ne crée pas automatiquement
d’obligations d’indemnisation ni n’ouvre
de procédures pénales rétroactives.
Elle ne crée pas de tribunaux ni n’impose
de compensations. Toutefois, le
pouvoir de l’Assemblée ne réside pas
dans la coercition directe, mais dans la
fixation de cadres normatifs.
Une reconnaissance formelle et
sans équivoque de la traite transatlantique
comme crime contre l’humanité
pourrait renforcer la légitimité des
agendas de justice réparatrice promus
par l’Union africaine et les États des
Caraïbes. Elle pourrait influencer des
contentieux nationaux où la responsabilité
historique est débattue. Elle
pourrait soutenir la création de fonds
multilatéraux orientés vers le développement
structurel sous le langage
de réparation historique. Elle pourrait
même reconfigurer le débat sur l’allègement
de la dette en y introduisant une
dimension éthique dans une discussion
jusqu’ici présentée comme exclusivement
technique.
L’impact ne serait ni immédiat ni
automatique. Il serait cumulatif. Dans
le système international, le langage
précède la norme, et la norme précède
la pratique.
Architecture financière et
légitimité
Les institutions financières internationales
fonctionnent selon des structures
de gouvernance reflétant des rapports
de force hérités du XXe siècle. Les
règles de vote, l’accès au crédit et les
conditionnalités ne sont pas détachés
de cette histoire. L’initiative africaine
introduit une variable différente dans
ce paysage : la légitimité historique de
l’ordre économique.
Si l’Assemblée générale fixe la reconnaissance
formelle du crime, la discussion
sur la représentation, les quotas
de vote et les conditions financières
pourrait commencer à se déplacer d’un
terrain purement technique vers celui de
la justice historique. Cela n’implique pas
d’annulations automatiques de dette
ni de redistributions immédiates. Cela
implique une transformation du cadre
moral à partir duquel les asymétries
sont justifiées.
Au-delà de la compensation
Réduire le débat à une question
d’indemnisation monétaire l’appauvrit.
La justice réparatrice contemporaine
peut également s’exprimer à
travers l’investissement structurel, le
transfert technologique, les réformes
curriculaires, la coopération financière
préférentielle et des mécanismes multilatéraux
de développement.
L’initiative portée par le Ghana
ne réécrit pas le passé, mais elle confronte
le présent. Si le crime est formellement
reconnu, l’ordre économique
international sera confronté à sa propre
généalogie. Et dans cette confrontation
La mémoire normative n’est pas
nostalgie. Elle est architecture. Et
lorsque l’architecture se transforme,
les possibilités de l’avenir se
transforment également.
s’ouvrira un espace pour repenser la
manière dont sont conçus le développement,
la dette et la légitimité mondiale.
La mémoire normative n’est pas
nostalgie. Elle est architecture. Et lorsque
l’architecture se transforme, les
possibilités de l’avenir se transforment
également.
(*)Que sont la Déclaration et le
Programme d’action de Durban ? La
déclaration et le programme d’action de
Durban (Document PDF) constituent le
plan directeur des Nations Unies pour
lutter contre le racisme, la discrimination
raciale, la xénophobie et l’intolérance
Claudia Aranda Journaliste
chilienne, spécialisée en Sémiologie et
Analyse Politique. Analyste internationale
consacrée à l’analyse prospective
des processus sociaux. Résidente
à Montréal, Québec, elle couvre pour
Pressenza les fronts d’actualité de
l’agence et les sujets de débat philosophique
contemporain dans le cadre de
l’analyse de divers faits conjoncturels,
avec un accent sur les droits humains,
la géopolitique, les conflits armés, l’environnement
et le développement technologique.
Humaniste et activiste pour
des causes justes.
Pressenza 21 Février 2026
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20 Haiti Liberté
Vol 19 # 35 • Du 25 Février au 3 Mars 2026