Boxoffice Pro n°511 – 4 mars 2026
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Bimensuel N°511 / 4 mars 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
Glen Powell et Margaret Qualley dans un thriller ultra-divertissant
LE 25 MARS AU CINÉMA
© 2026 STUDIOCANAL S.A.S. Tous droits réservés.
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Bimensuel N°511 / 4 mars 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
TOUS EN SCÈNE
(SAINT-DENIS) !
L'édito
Sommaire
Alea Jacta Est
Jeudi 26 février, devant la surenchère et la pression mise
(entres autres) par le studio propriétaire de Bob l’éponge,
Netflix a préféré jeter la sienne. Dès lors, le suspens
était terminé. Officialisée le 27 février, l’acquisition de
Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance est
aujourd’hui réalité. On ne saura donc jamais si les
déclarations d’intérêt, à défaut d’amour, de la plateforme
pour la salle de cinéma auraient été suivies d’effets. On
devine par contre, à la lueur de l’absorption de la 20 th
Century Fox par The Walt Disney Company, la suite
de l’histoire. David Ellison, le propriétaire de Paramount
Skydance qui aura donc réussi son OPA hostile a certes
clamé son amour de la salle, sa volonté de porter à 30
films par an la capacité de production et de distribution
de l’ensemble (pour mémoire, à ce jour, Paramount
Pictures a 14 films datés pour 2026 et Warner Bros.
16, pour un total de… 30 films), celle de garder les
deux entités distinctes et la force de sa nouvelle offre
de streaming, il a aussi annoncé des synergies de coûts
à hauteur de 6 Md $ (« intégration technologique,
efficacité à l'échelle de l'entreprise, rationalisation de
l'immobilier, etc. »). Reste, maintenant, à connaître la
position des autorités de régulation nationales et internationales
qui se pencheront sur le sujet. La perméabilité
de certaines institutions américaines avec le pouvoir
politique, et la promiscuité de ce dernier avec le clan
Ellison, n’augure pas forcément – on souhaite se tromper
– d’un combat féroce outre-Atlantique. Quid des autorités
européennes ? Quid également du rôle des fédérations
et associations professionnelles, qui risquent toutefois
de peser peu dans un deal à plus de 110 Md $ ?
Le feuilleton n’est pas terminé, mais il semble que l’on
soit entré dans son épilogue…
Laurent Cotillon
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
Directeur de la publication
Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr
Directeur général délégué média & stratégie
Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr
Rédacteurs
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Maquette / Infographie
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Impression
ORMONT IMPRIMEUR
4 Rue Antoine de Saint-Exupéry
88100 Saint-Dié-des-Vosges
P. 6 à 10
ACTUS
Cannes 2026 : Le Marché du Film et
Cine Group créent le Cinemas Club
Une nouvelle ministre de la Culture
Paramount annonce acquérir
Warner Bros. Discovery
L’AFCAE interpelle les candidats aux
municipales
P. 12 à 21
L’EXPLOITATION EN
SEINE-SAINT-DENIS
Est Ensemble : Des cinémas publics en
étendard
La Cité du Cinéma va ouvrir sa salle de
cinéma
Cinémas 93, contes enchantés de la
jeunesse
Rencontre avec Antoine Heude
(Le Méliès de Montreuil)
Moteur… et action au Alice Guy
de Bobigny
©Ariane Mestre
La Rédaction
P. 27
DISTRIBUTION
Art House au pays des idoles
avec Love On Trial
P. 30
ÉDUCATION
Emmanuel Ethis dans l’Émission
P. 32 à 37
EXPLOITATION
Le Cinéma Pax de Lourdes,
la renaissance
Un nouveau cinéma à Montbéliard
À Bandol, Ciné Méditerranée
rallume le Marcel Pagnol
À Lavaur, le cinéma se décline
en Ciné Pastel
P. 38
MISCELLANÉES
Bilan des Mycéliades et des SOFICA,
Carnet noir, CDACi, soutiens,
agenda de la profession…
Crédit page 3 : ©Ariane Mestre
©Lavaur Cinéma
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4 N°511 / 4 mars 2026
Actualités
Catherine Pégard
nommée ministre de
la Culture
Moins de 24 heures après la démission de Rachida
Dati, et quelques heures avant la cérémonie des
César où elle s’est rendue le 26 février, Catherine
Pégard intègre donc le gouvernement Lecornu
« réajusté ». Elle était depuis septembre dernier la
conseillère culture d’Emmanuel Macron et son
arrivée rue de Valois n’est pas vraiment une surprise.
Ancienne journaliste, Catherine Pégard était déjà
passée par l’Élysée en tant que conseillère du président
Nicolas Sarkozy, avant de devenir présidente de
l’établissement public du château de Versailles de
2011 à 2024, une longévité qui lui a permis de
bien connaître le monde culturel.
Âgée de 71 ans, celle qui devient la 6 e ministre de
la culture d’un gouvernement Macron, connaît
bien aussi le milieu politique. Elle avait débuté sa
carrière de journaliste au quotidien J'informe en
1977, avant de rejoindre le service politique du
Quotidien de Paris entre 1978 et 1982. Elle est
ensuite entrée au Point, comme cheffe du service
politique puis rédactrice en chef, et a également
commenté l'actualité politique sur Radio Classique.
Plus récemment, avant d’être conseillère d’Emmanuel
Macron, elle a fait un court passage à Afalula (Agence
française pour le développement d’Al Ula), pour
accompagner l’aménagement culturel de cette
nécropole en Arabie saoudite.
Parmi les autres arrivées au gouvernement, Camille
Galliard-Minier remplace Charlotte Parmentier-
Lecocq, la ministre déléguée chargée des Personnes
handicapées, qui avait annoncé son départ. La
nouvelle ministre, députée EPR de l’Isère, était
déjà membre de la commission des affaires sociales
de l'Assemblée.
Un nouveau délégué
général pour l’ACRIF
Thomas Petit est
nommé délégué général
de l’Association des
Cinémas de Recherche
d’Île-de-France. Il était
encore récemment directeur
du cinéma municipal
de Clichy-la-Garenne,
poste dont il a démissionné
après des pressions exercées par le maire sur sa
programmation, ce qui avait fait réagir plusieurs organisations
professionnelles.
C.V.
CANNES 2026 : LE MARCHÉ
DU FILM ET CINE GROUP
CRÉENT LE CINEMAS CLUB
Pour la première fois, un lieu sera spécifiquement dédié à l'exploitation cinéma
internationale au sein d’un marché majeur, offrant un espace convivial et
innovant de rencontres et de projections.
Situé dans le prolongement du Palais des Festivals, à
la Rotonde du Lérins, le Cinemas Club a pour vocation
de rassembler les exploitants français et internationaux,
en mettant la salle de cinéma au centre des échanges.
Né de l’association entre le Marché du Film et Cine
Group – qui édite notamment Boxoffice Pro France),
le Cinemas Club sera constitué de deux parties distinctes,
toutes designées par Gabrielle Larmet pour ABP
Architectes :
• La salle premium “Lérins Cinemas Club”, au cœur
du Marché du Film, proposera une expérience de projection
immersive, pensée pour un confort de visionnage
optimal (équipements laser Christie, Dolby 7.1,
canapés KLS...) ;
• L’espace attenant du “Cinemas Club” offrira un cadre
privilégié de réception, avec terrasse et vue sur la baie
de Cannes, dédié aux rencontres et au networking
« Le Marché du Film adresse depuis toujours le marché
“amont”, entre vendeurs internationaux et distributeurs.
Il nous semblait essentiel d’adresser également le marché
“aval”, entre distributeurs et exploitants, à travers cette
nouvelle initiative et cette salle de projection premium »,
commente Guillaume Esmiol, directeur exécutif du
Marché du Film – Festival de Cannes.
« Nous nous réjouissons de cette association avec le Marché
du Film et de la création de cet espace innovant et unique »,
se félicite Julien Marcel, président de Cine Group.
« Au-delà d’être un outil de travail pour de nombreux
professionnels, cet espace sera également un lieu de convivialité,
d’échange et de réflexion sur l’avenir et l’évolution
de la salle de cinéma. »
Ainsi du mardi 12 au mercredi 20 mai, le Cinemas
Club accueillera chaque jour un programme complet
dédié à l’écosystème de l’exploitation : tables rondes,
conférences et masterclass, avec des personnalités internationales
de l’industrie. Le lieu pourra par ailleurs être
utilisé par les distributeurs, institutions et vendeurs pour
des projections de films et line-up et des prises de parole.
Les professionnels pourront y retrouver les partenaires
fidèles des lieux de convivialité des exploitants à Cannes :
ADDE, ICE Theaters, Benoit Distribution, Coca Cola,
KLS et Boxoffice Pro.
Thomas Petit a débuté sa carrière en distribution internationale
(Les Films du Losange et Elle Driver) et en festivals,
avant de devenir exploitant, il y a une dizaine d’année, au
cinéma Jacques Prévert de Gonesse (95) puis au cinéma
Rutebeuf de Clichy-la-Garenne (92), deux cinémas municipaux
adhérents de l’ACRIF. Il succède à Didier Kiner, qui a été
directeur de l’association pendant 16 ans, et dont il poursuivra
le travail, notamment la consolidation de l’éducation
aux images.
Projet pour la salle Lérins Cinemas Club par Gabrielle Larmet pour ABP Architectes ©Gabrielle Larmet / ABP Architectes
6 N°511 / 4 mars 2026
RACHAT DE WARNER :
AND THE WINNER IS…
Netflix renonçant à surenchérir, le bras de fer pour remporter Warner Bros. Discovery
(WBD) a été remporté par Paramount Skydance.
Le 23 février, Paramount Skydance livrait sa « meilleure
et dernière offre », fixée à 31 dollars par action, en espèces
et pour 100 % de WBD. Le 26 février, Netflix annonçait
officiellement ne pas relever son offre. Dans une déclaration
conjointe, les co-directeurs généraux Ted Sarandos
et Greg Peters ont estimé que, « au prix nécessaire pour
s’aligner (...), la transaction n’est plus financièrement
attractive », soulignant que « cette opération a toujours
été un “atout souhaitable” au bon prix, et non un “impératif”
à n’importe quel prix ». Les dirigeants de Netflix
n’en restent pas moins convaincus qu’ils auraient été
« de solides dépositaires des marques emblématiques de
Warner Bros., et que [leur] projet aurait renforcé l’industrie
du divertissement tout en préservant et en créant davantage
d’emplois de production aux États-Unis ». La plateforme
va, en outre, relancer son programme de rachat d’actions,
et prévoit d’investir environ 20 milliards de dollars en
2026 dans les films et séries. La consolation de Netflix
a d'ailleurs un prix : les 2,8 milliards de dollars d'indemnités
de rupture d'accord que WBD est tenu de
lui verser… et que Paramount s’est engagé à prendre
en charge dans ses dernières offres.
©Dmitry Kropachev / Unsplash
historiques telles que Harry Potter, Mission : Impossible,
Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones ou
encore l’univers DC. En outre, l’entreprise détiendra
un portefeuille de droits sportifs conséquent, incluant
la NFL, l’UFC, le PGA Tour, la NHL…
Au-delà de sa dimension “industrielle”, le dossier est
également lourd en enjeux – et en pressions – politiques,
notamment avec un président Trump qui
cachait de moins en moins sa préférence pour Paramount
– détenu par David Ellison, fils de son fervent
partisan Larry Ellison. Dans ce climat, la rencontre
de Ted Sarandos avec des représentants de l’administration
américaine, quelques heures à peine avant
l’annonce du retrait de Netflix, n’a d’ailleurs pas
manqué d’alimenter les spéculations… L'anticipation
d'un éventuel durcissement du cadre réglementaire a
pu contribuer à refroidir les ambitions de la plateforme,
mais l'issue de l'acquisition par Paramount Skydance
n'en reste pas moins suspendue à l’examen des autorités
fédérales. D'ailleurs, si la transaction devait finalement
échouer pour des raisons réglementaires, Paramount
s’est engagé, dans son ultime offre, à lui régler des
"frais de résiliation" rehaussés à 7 milliards de dollars.
Ayşegül Algan
Paramount mentionne
explicitement le
maintien de ses
engagements vis-à-vis
de la chronologie des
médias en France
Un tournant décisif
Dès le lendemain du retrait du géant du streaming,
le rival Paramount Skydance annonçait son accord
avec le conseil d'administration de WBD, dans une
opération qui valorise l'entreprise à 110 milliards de
dollars. Si la nouvelle entité s’engage à maintenir
l’activité de ses deux studios distincts, l’objectif annoncé
est de produire un minimum de 30 longs-métrages
destinés au grand écran chaque année, soit une moyenne
de 15 films par studio. Concernant les fenêtres d’exploitation,
Paramount assure que chaque film bénéficiera
d’une sortie exclusive en salles. Le communiqué précise
une fenêtre mondiale minimale de 45 jours avant
toute disponibilité en vidéo à la demande payante,
avec l’intention d’étendre ce délai de 60 à 90 jours
pour les sorties majeures afin de maximiser la fréquentation.
Le groupe s’engage également à respecter les
cadres réglementaires locaux, mentionnant explicitement
le maintien de ses engagements vis-à-vis de la chronologie
des médias en France. Si la salle demeurera
la vitrine, l’enjeu de cette fusion réside dans la bataille
du streaming. En combinant les plateformes Paramount+,
HBO Max et Pluto TV, le groupe espère
générer plus de 6 milliards de dollars de synergies,
notamment via l’intégration technologique. Le futur
catalogue s’appuiera sur une bibliothèque de plus de
15 000 titres et réunira sous le même toit des franchises
N°511 / 4 mars 2026
7
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Actualités
Le programme complet des
Rencontres du Sud…
C’est donc un total de 20 films, dont 9 en compétition pour
être soumis au jury de Montreurs d’images présidé par
François Aymé, et 11 en présence d’équipes, qui composent
le cru 2026 des Rencontres du Sud. Pour rappel, les professionnels
ont jusqu’au mercredi 11 mars pour s'inscrire sur
le site des Rencontres du Sud.
L’AFCAE INTERPELLE LES CANDIDATS AUX
MUNICIPALES
Dans une tribune publiée dans Le Monde, le président
de l’Afcae Guillaume Bachy rappelle combien
le soutien aux salles art et essai relève de
la politique des maires, et adresse un message
aux candidats.
« L’exception culturelle française se trouve aussi au sein
de vos communes, et c’est à vous qu’il reviendra la responsabilité
de la défendre. » À quelques semaines d’un
« enjeu électoral crucial », c’est au nom des 1 250 cinémas
art et essai qu'elle fédère que l’Afcae adresse « un
message clair » aux candidats des municipales : « soutenir
les salles de cinéma de proximité, c’est investir durablement
dans la vitalité culturelle, sociale et économique de votre
commune. L’exception culturelle française se trouve aussi
au sein de vos communes et c’est à vous qu’il reviendra
la responsabilité de la défendre. »
Ce soutien aux salles – qui peut prendre des formes
multiples – doit toutefois reposer « sur un principe fondamental
: une confiance partagée, garante de la liberté de
programmation et d’action ». Et respecter la liberté de
programmation, « c’est affirmer que la culture ne peut être
réduite à un outil de communication ou à une variable
d’ajustement politique, mais qu’elle constitue un espace
essentiel de la démocratie, dont la liberté de création et de
diffusion artistique est garantie par la loi du 7 juillet 2016 »,
précise le président de l’Afcae Guillaume Bachy.
Un rappel à la loi... mais qui est aussi un encouragement
à s’engager pour les aspirants maires : « À l’heure où les
choix municipaux engagent durablement l’avenir des territoires,
soutenir une salle de cinéma art et essai, c’est affirmer
une vision singulière, inclusive, ouverte et profondément
démocratique de la culture. »
C.V.
… et des Rencontres
nationales art et essai
répertoire
La 25 e édition de l’événement organisé par l’AFCAE se
déroulera du 25 au 27 mars prochains au cinéma Les
Studio de Tours. Huit films y seront projetés, en plus de six
temps d’échanges. Les inscriptions se font sur le site de
l’AFCAE avant le 6 mars.
BAFTAS, BERLINALE, CÉSAR,
UNE RÉCOMPENSE APRÈS L’AUTRE
La saison des prix met aussi en avant les distributeurs,
notamment Haut et Court, Diaphana…
ou encore Warner.
En dehors de son rachat, la major est aussi dans l’actualité
par les multiples célébrations de Une bataille après l’autre,
quelques semaines avant les Oscars pour lesquels il fait
figure de favori. Le film de Paul Thomas Anderson est
reparti des Baftas avec six statuettes, dont celles du
meilleur film et du meilleur réalisateur. La cérémonie
britannique a également mis à l’honneur deux sorties
à venir en France : Plus fort que moi de Kirk Jones,
auréolé notamment du prix du meilleur acteur et en
salles le 1 er avril chez Tandem, et Un jour avec mon père
d’Akinola Davies, meilleur premier film, et distribué
par Le Pacte le 25 mars. Le meilleur film en langue
étrangère, Valeur sentimentale de Joachim Trier, a aussi
reçu le Goya du meilleur film européen lors de la
cérémonie espagnole. Cette dernière a par ailleurs
récompensé à six reprises Sirāt d’Oliver Laxe (Pyramide),
et à cinq reprises Les Dimanches d’Alauda Ruiz de Azúa
(Le Pacte) – dont le meilleur film et la meilleure réalisation.
Sorda d’Eva Libertad (Condor, 29 avril) est reparti
avec trois statuettes, dont celle du meilleur premier film.
Du côté français, l’Académie des César a également
distingué Une bataille après l’autre, en tant que meilleur
film étranger, dans une cérémonie dominée par Diaphana
qui remporte cinq récompenses : trois pour L’Attachement
de Carine Tardieu, dont celle du meilleur film,
et deux pour Arco d’Ugo Bienvenu. ARP Sélection
a pour sa part été auréolé de quatre César, tous pour
Nouvelle Vague de Richard Linklater, par ailleurs film
le plus primé de la soirée. Haut et Court a également
été plébiscité avec quatre statuettes, réparties entre
La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa,
Le Chant des forêts de Vincent Munier et Dossier 137
de Dominik Moll. Ce dernier a par ailleurs été auréolé
peu après du César des lycéens, en plus du Marius de
l’audiodescription décerné la veille de la cérémonie.
Quelques jours plus tôt, ses productrices ont été
distinguées, une dizaine de jours plus tôt, du prix
Daniel Toscan du Plantier.
©Warner Bros.
La société fondée par Carole Scotta et Laurence Petit,
dans la lignée de son excellente année 2025
[voir le Boxoffice Pro du 21 janvier 2026], a aussi été
couronnée de l’Ours d’or lors de la 78 e Berlinale, pour
Yellow Letters d’İlker Çatak (1 er avril). Du côté des
autres titres qui ont déjà un distributeur français,
Salvation d’Emin Alper (Dulac Distribution) s’est
vu décerner le Grand prix du jury, et Rose de Markus
Schleinzer (KMBO) l’Ours d’argent de la meilleure
performance, pour Sandra Hüller. Le Festival de Berlin
s’est toutefois terminé dans un climat de tension suite
à plusieurs prises de position politisées, notamment
lors de la cérémonie de clôture où le réalisateur syro-palestinien
Abdallah Al-Khatib, lauréat du meilleur
premier film pour Chronicles From the Siege, a accusé
le gouvernement allemand d’être « complice du génocide
commis à Gaza par Israël ». Le ministère de la Culture
allemand a dans la foulée convoqué les dirigeants de
la Berlinale, et malgré le soutien de plusieurs organisations,
sa directrice, Tricia Tuttle, est sur la sellette.
Une bataille après l’autre
J.D.
10 N°511 / 4 mars 2026
L’Office de Tourisme Gérardmer - Hautes Vosges et Image’Est,
organisateurs de la manifestation,
vous attendent nombreux pour fêter 28 ans de Rencontres !
Avec
TOUS EN SCÈNE (SAINT-DENIS) !
Dans un Grand Paris foisonnant, existe un territoire de 1,6 million
d’habitants où s’est progressivement consolidé un modèle singulier de salles
associatives ou municipales, héritées des politiques culturelles engagées
dès les années 1990. Les 400 000 entrées annuelles du Méliès de Montreuil
[p.18-19] en constitue une de ses plus brillantes validations, et l’ouverture,
ce 11 mars, du Alice Guy à Bobigny [p.20-21] – qui rejoindra les 31 cinémas
et 114 écrans du département –, la plus récente illustration.
Aux côtés des cinémas de l’établissement public territorial Est Ensemble
[p.13], l’action cinématographique départementale est également
structurée par l'association Cinémas 93 [p.17], ou une manifestation comme
le festival Regards Satellites [p.19]. Si l’on ajoute à ça l’ouverture prochaine
au public de la Cité du Cinéma [p.16], ces initiatives, complémentaires des
exploitations privées, montrent que la Seine-Saint-Denis est aussi un terrain
d’expérimentation et un modèle à part entière d’exploitation. C’est, entre
autres, ce qui lui a permis de mieux résister que le marché national en 2025,
en totalisant 3,42 millions de billets, en recul de "seulement" 9,5 % sur un
an. En effet, depuis la crise sanitaire, cet écosystème se distingue par une
remarquable résilience, portée par une forte activité événementielle et
d’éducation à l’image qui abonde le département le plus jeune – et le plus
pauvre – de France métropolitaine.
Pour en témoigner, petit tour… de l’autre côté du périph’.
12 N°511 / 4 mars 2026
EST ENSEMBLE :
DES CINÉMAS PUBLICS
EN ÉTENDARD
Avec l’ouverture du Cinéma Alice Guy à Bobigny, Est Ensemble
franchit une nouvelle étape dans la structuration d’un réseau de
cinémas publics unique en France. L’établissement territorial, qui
fédère neuf communes de Seine-Saint-Denis, revendique un modèle
d’exploitation fondé sur la mutualisation des moyens, la liberté
éditoriale des équipes et une politique culturelle volontariste, sur
lesquelles revient Alexie Lorca, vice-présidente d’Est Ensemble et
adjointe à la culture et à l’éducation populaire à Montreuil.
Aux côtés de son champion Le Méliès de Montreuil
[voir p. 18-19], Est Ensemble peut désormais compter
sur un autre “vaisseau amiral”, à Bobigny [voir p.20-
21], sans compter tous ses autres cinémas de proximité
solidement ancrés dans leurs villes [voir encart]. « Nous
disposons d’un réseau de 19 salles réparties sur six cinémas
– auxquelles s’ajoute L’Écran nomade itinérant –, qui
font preuve d’un dynamisme extraordinaire », note Alexie
Lorca. En effet, après une remarquable année 2024,
les cinémas d’Est Ensemble ont totalisé 654 500 entrées
en 2025 « soit une baisse limitée -4 %, comparée à une
baisse nationale de -14 % », se réjouit l'élue, en soulignant
que « le réseau affiche +7 % par rapport à la
moyenne 2017-2019 ».
Une volonté politique en héritage…
Pour comprendre cette success story du Grand Paris,
il faut remonter aux années 1990. « Dans les années
60 et 70, les petites salles privées de banlieue ont déserté
nos villes. Puis les multiplexes sont arrivés dans Paris ou
dans les zones commerciales périphériques. Les exécutifs
municipaux de la “banlieue rouge” ont alors décidé de
racheter ou de créer des salles, pour préserver ce levier
majeur d’émancipation qui ne pouvait pas être confié
au seul secteur marchand. » C’est ainsi que sont nés
d'ambitieux cinémas publics comme Le Méliès de
Montreuil ou Le Trianon de Romainville, « que les
habitants se sont de suite appropriés, comme un service
public ». La création de la communauté d’agglomération
Est Ensemble a permis, à partir de 2013, de mutualiser
les moyens, parmi lesquels « un plan de 1 M € d’investissements
débuté en 2023 et qui, en quatre ans, va nous
permettre de passer tous nos projecteurs au laser ».
Lors de leurs réunions mensuelles, les “cinémas Est
Ensemble” échangent également leurs bonnes pratiques,
« dans des territoires différents où les problématiques ne
sont pas les mêmes ». D'où l'importance pour l’instance
publique de « ne pas peser en surplomb, et de laisser à
la manœuvre les équipes locales des cinémas qui connaissent
le mieux leur public et leur écosystème ».
… et un modèle au cœur des
équilibres sectoriels
Les cinémas gérés par Est Ensemble,
« tout comme des bibliothèques et des
conservatoires du territoire », conservent
ainsi une totale liberté de programmation
et peuvent proposer « des choses qu’on ne
peut pas faire dans d’autres modèles ». Pour
autant, leur accès à certains films dits
porteurs n’est pas sans susciter des crispations
dans le secteur, notamment avec
les circuits privés dénonçant régulièrement
une « distorsion de concurrence » au niveau
des politiques tarifaires. « Certes, la carte
d’abonnement valable dans tous les cinémas
d’Est Ensemble revient à moins de 5 € la
séance, note Alexie Lorca. Mais ces films
plus porteurs, que par ailleurs nous ne
diffusons jamais en masse, nous en avons
aussi besoin comme appel… pour faire
découvrir autre chose ». Et si l’élue est
sensible « aux fortes pressions économiques »
auxquelles peuvent être soumis les établissements
privés, elle rappelle que, parallèlement
à la défense de la diversité des œuvres, l’action
publique doit aussi garantir la diversité des publics. « Pour
favoriser l’égalité d’accès au savoir et à la création, pour
participer à la cohésion de la société – puisque dans nos
cinémas, les gens se rencontrent – et, en somme, pour consolider
la démocratie. »
Pour le Alice Guy de Bobigny, dont il est propriétaire
comme de l’ensemble de ses autres cinémas, Est Ensemble
a apporté 19 M € sur un budget de 23 M €, complétés
par 3 M € de l’État et 1 M € de la Métropole du Grand
Paris. Mais dans un contexte où « 70 % du financement
des politiques culturelles est assuré par les collectivités,
dont deux tiers par les communes de plus en plus étranglées
aux niveau de leurs dotations budgétaires », la question
des ressources demeure déterminante. « Les cinémas
d’Est Ensemble s’autofinancent à 51 % », souligne Alexie
Lorca, tout en assumant leur coût de fonctionnement,
Alexie Lorca, vice-présidente d’Est Ensemble et adjointe à la culture
et à l’éducation populaire à Montreuil
« avec des équipes dédiées qui accompagnent les publics,
travaillent avec les associations, les enseignants, sur l'éducation
à l'image… » Un engagement « très précieux »,
qui se traduit notamment sur le terrain en une offre
particulièrement dense de festivals et d’événements
spéciaux. Sans oublier les 120 000 enfants et jeunes
qui, chaque année, sont accueillis dans le cadre des
différents dispositifs nationaux de Ma classe au cinéma
ou Ma première séance, « mais également d’autres dispositifs
locaux d’éducation à l’image, comme Les Enfants
font leur cinéma au Trianon de Romainville ou des classes
qui s'immergent une semaine au Méliès de Montreuil
pour réaliser un court métrage d’animation ». Autant
d’actions que, à la veille des municipales, Est Ensemble
garde à cœur de « consolider », pour continuer à proposer
un cinéma “version est ensemble” dans le Grand Paris.
Aysegül Algan
Les cinémas Est Ensemble
Le Méliès de Montreuil (6 salles)
Le Trianon de Romainville (1 salle)
Le Ciné 104 à Pantin (3 salles)
Le Cin’Hoche à Bagnolet (2 salles)
Le Ciné Malraux à Bondy (1 salle)
Le Cinéma Alice Guy à Bobigny (6 salles)
et le cinéma itinérant L’Écran nomade
©Est Ensemble-Le Méliès
©Est Ensemble-Le Trianon
©Est Ensemble-Ciné 104
©Est Ensemble-Cin'Hoche
N°511 / 4 mars 2026
13
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APOLLO FILMS, YANN SAMUELL ET LE ROTARY
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676 000 entrées / 570 copies
FILM ROTARY 2023
réalisé par YANN SAMUELL
395 000 entrées / 589 copies
L’exploitation du 93
©Guilloux Jean-Claude/ Blue Event
LA CITÉ DU CINÉMA
VA OUVRIR SA SALLE… DE CINÉMA
Le site créé par Luc Besson en 2012 à Saint-Denis se transforme, depuis l’an
dernier, pour devenir un pôle culturel et événementiel ouvert à tous. Avec de
nouveaux espaces, dont une salle de projection de 440 places.
Après une année de transition et de travaux, la Cité du
cinéma commence sa nouvelle vie. Des événements
ponctuels y sont déjà proposés – une projection festive
et déguisée de Casper pour Halloween fin 2025, une
soirée avec Shirley Souagnon mêlant stand-up, images
et discussions le 7 mars prochain… –, avant une ouverture
complète au public fin mai 2026. Avec une programmation
pluridisciplinaire qui croise spectacles, musique et cinéma,
la Cité du Cinéma ambitionne aussi de faire se croiser
créateurs, entreprises, scolaires et grand public, et de
toucher aussi bien les habitants de Saint-Denis et du
Grand Paris que les visiteurs occasionnels. Les espaces
rénovés permettent d’accueillir jusqu’à 6 000 personnes,
et comprennent un vaste un food court d’une capacité de
1 000 personnes, ainsi qu’une salle de cinéma de 437 places.
Car bien sûr, le cinéma est le socle historique du lieu,
qui abrite déjà 9 plateaux de tournage, un studio de
post-production et la grande école publique l’ENS Louis
Lumière. En parallèle – et gérée avec la nouvelle entité
–, la salle sera exploitée en billetterie CNC. La programmation
s’articulera autour de séances régulières le week-end,
d’avant-premières en présence d’équipes et d’œuvres de
catalogues, en proposant régulièrement des formats
hybrides mêlant films et arts vivants. L'objectif est d’être
au croisement du cinéma populaire, du décryptage de
l’image et de l’événement culturel, pour que la Cité du
Cinéma devienne un lieu où l’on vient voir un film,
mais aussi comprendre comment il se fabrique, en
rencontrant celles et ceux qui le font.
Pour rappel, la Cité du Cinéma a été reprise l’an dernier
par la société Seine & Watts, via un bail de 10 ans avec
le gestionnaire des lieux (La Nef Lumière, filiale de la
Banque des Territoires - groupe Caisse des Dépôts et de
VINCI Immobilier). L’entreprise est présidée par Didier
Gouband, qui gérait depuis 2012 les espaces de la Cité
du cinéma, tandis que Caroline Safir est directrice de
la programmation, de la communication, des partenariats
et des publics.
L’équipe prévoit une montée en puissance progressive
pour la salle de cinéma, avec un objectif annuel autour
de 25 000 spectateurs, dans sa phase de lancement. Une
salle qui se veut complémentaire des circuits existants,
en accompagnant les sorties majeures tout en développant
une identité propre, fondée sur l’événementialisation,
la médiation et la transmission. Pour l’heure, un partenariat
a déjà eu lieu avec L'Écran de Saint-Denis, à
l'occasion de CinéBanlieue.
Cécile Vargoz
DRANCY BIENTÔT PRÊT
À EMBARQUER SUR L’ARCHE
D’ici quelques mois, l’offre cinématographique de Seine-
Saint-Denis sera renforcée de trois nouvelles salles,
implantées dans l’Arche de Drancy. L’équipement est
édifié sur une ancienne friche ferroviaire de la ville au
lourd passé, avec l’ambition de devenir « le plus grand
espace culturel de l’Est parisien ».
Aux côtés de ses trois salles de cinéma – dont la plus
grande sera équipée en son Dolby Atmos –, l’Arche
proposera une salle spectacle de 750 places – qui pourra
également accueillir des projections lors de grands
événements –, une salle « festive » – capable d'accueillir
jusqu’à 1 800 convives – ainsi qu’un rooftop. Le projet
est, pour rappel, porté par la Ville de Drancy et l’EPT
Paris Terres d'Envol, avec le soutien de la Métropole du
Grand Paris et de la Région Île-de-France.
Le chantier, entamé en avril 2024, est toujours en cours,
et l’ouverture du site retardée à juin… ou à la rentrée
2026. À suivre !
Aysegul Algan
©Ville de Drancy
La salle de 150 places en cours de finition
16 N°511 / 4 mars 2026
©Boxoffice Pro
CINÉMAS 93
CONTES ENCHANTÉS DE LA JEUNESSE
Lena Nilly Urbaneja et Vincent Merlin
Pivot de l’action culturelle en Seine-
Saint-Denis, Cinémas 93 s’est imposé
comme une référence en matière de
médiation. Alors que l'association
prépare ses journées professionnelles,
Vincent Merlin, directeur, et Lena Nilly
Urbaneja, chargée de mission diffusion,
reviennent sur les missions du réseau
de salles.
L’histoire de Cinémas 93 s’étale sur 30 ans, et fédère à ce
jour les 25 cinémas de service public du département,
pour la grande majorité art et essai. 20 sont en régie
municipale directe et 5 sont associatifs, dont deux en DSP,
et certains accueillent par ailleurs du spectacle vivant. Le
réseau représente ainsi 35 % des entrées d’un territoire
accusant un retard de 30 % par rapport à la fréquentation
pré-Covid, un peu plus marqué qu’à l’échelle nationale
[voir p. 12]. « Il s’agit, pour le département, d’une perte sèche
importante : une part du public n’est pas retournée dans les
cinémas commerciaux [principalement les multiplexes,
ndlr.], sans s’être pour autant reportée vers les nôtres », signale
Vincent Merlin. Si les salles de l’association ont, en moyenne,
retrouvé leurs spectateurs, cela s’explique beaucoup par
l’accent mis sur l’éducation au cinéma : la Seine-Saint-
Denis étant le département le plus jeune de France métropolitaine,
une quinzaine de postes de médiation jeune
public sont répartis dans deux tiers des établissements.
« C’est un aspect historique de Cinémas 93, et le souhait des
collectivités territoriales », souligne le directeur de la structure.
Ainsi, le réseau réalise en moyenne 30 % de ses entrées
grâce aux scolaires et aux centres de loisirs.
La salle comme lieu de diffusion et de
partage
Au-delà des dispositifs scolaires nationaux, l’association
met en place de nombreux outils et actions, fédérés par
un médiateur dédié circulant sur tout le territoire.
L’objectif est, ensuite, « la formation des personnels des
salles », rappelle Lena Nilly Urbaneja, chargée de mission
diffusion. Cinémas 93 propose à toutes les salles des
actions mutualisées de médiation regroupées sous le
nom Les Échappées, dont certains axes plus spécifiquement
dédiés aux 12-25 ans ont dernièrement rencontré
« une certaine réussite ». D’abord, le jeu vidéo, que le
réseau a été l’un des premiers à introduire dans les
cinémas, grâce notamment à « l’implication des plus jeunes
dans les équipes », précise Vincent Merlin – un rapprochement
« évident » entre les deux médias, tant « l’un
s’inspire de l’autre ». Les séances vont ainsi d’une projection
suivie d’une session vidéoludique en rapport avec le film
sélectionné, à des conférences de « ciné-gaming qui, par
exemple, explorent le western dans les deux domaines ».
Des événements qui permettent d’attirer de nouveaux
spectateurs, et ayant « un effet notable dans le rajeunissement
des publics ».
Autre piste : Sport et cinéma, qui consiste en plusieurs
ateliers de pratique avec des clubs locaux, où les jeunes
participants peuvent combiner les deux pratiques : « C’est
également l’occasion de leur faire découvrir les métiers du
cinéma », ajoute Vincent Merlin, qui précise également
que, « quelle que soit leur couleur politique, les collectivités
sont impliquées dans cette démarche ». Enfin, le volet
Critique et éloquence part du constat que l’élaboration
de la pensée critique est plus naturelle par voie orale
qu’écrite, qui renvoie à une pratique scolaire. Ainsi, en
plus d’ateliers, l’association a conçu le Vidéomaton, un
appareil circulant dans le territoire permettant, principalement
dans un cadre événementiel, d’enregistrer de
courtes vidéos sur l’avis des spectateurs en sortie de
projection. Parmi toutes ses actions, Cinémas 93 propose
à la jeunesse du département un accompagnement
échelonné de la sensibilisation à la professionnalisation.
Cela se matérialise également par l’Aide au film court
en Seine-Saint-Denis, faisant de l’association l’unique
regroupement de cinémas en France à coordonner un
fonds d’aide à la production : « La salle doit être un lieu
où les jeunes d’un territoire peuvent découvrir tous les
métiers, et pas uniquement ceux de la diffusion », affirme
Vincent Merlin.
La salle doit être un lieu
où les jeunes d’un
territoire peuvent
découvrir tous les métiers,
et pas uniquement ceux
de la diffusion
Vincent Merlin,
directeur de Cinémas 93
Un mois de mars entre élections et rencontres
Les élections municipales sont bien évidemment scrutées
par le réseau, particulièrement les renouvellements d’équipes
qui, même sans changement de bord politique, impliquent
de réaffirmer le rôle d’un cinéma au niveau local [voir la
tribune de l’AFCAE p. 10]. Cinémas 93 a également les
yeux rivés sur ses journées professionnelles, qui se dérouleront
les 17 et 18 mars au Ciné 104 à Pantin. Elles se
déclinent en deux thèmes : “Le cinéma et nos écrans du
quotidien”, puis “Les jeunes ambassadeur·ices sont-elles
et ils la solution ?”. « L’idée derrière ces journées est de croiser
tous les champs d’action de Cinémas 93, entre la création,
l’éveil culturel, l’exploitation et l’éducation à l’image, indique
Lena Nilly Urbaneja. Nous nous adressons à tous les professionnels
des salles de cinémas, pas qu’en Seine-Saint-Denis,
mais également aux cinéastes, producteurs, distributeurs,
enseignants et professionnels de la petite enfance. »
Jules Dreyfus
N°511 / 4 mars 2026
17
L’exploitation du 93
©Boxoffice Pro
Reprocher aux
cinémas publics une
concurrence déloyale
revient à éluder
l’Histoire, tout
comme les
disparités territoriales
Rencontre avec
ANTOINE HEUDE
LE MÉLIÈS DE MONTREUIL
Avec six écrans et près de 400 000 entrées annuelles, le
Méliès s'impose comme le navire amiral de l’exploitation
publique en France. Entre "dentelle" éditoriale, défense de
l’accessibilité tarifaire et enjeux de mixité sociale, Antoine
Heude, son directeur d’exploitation, détaille le modèle d'un
site qui travaille à déconnecter sa performance des seules
logiques de marché.
Comment se porte le Méliès depuis la pandémie ?
Depuis son déménagement en août 2015 – le faisant
passer de trois à six salles –, le cinéma était sur une
pente ascendante en termes de fréquentation, avec un
exercice 2019 à plus de 360 000 entrées. Après 2022,
nous avons maintenu notre montée en puissance : 2023
a terminé juste en-dessous de 2019, puis 2024 a été
explosive, avec 415 000 spectateurs, soit une hausse de
17 %. Et en 2025, nous avons reculé de 8 % pour nous
établir à près de 400 000 entrées, ce qui constitue, je
pense, notre nouveau plancher. Notre baisse plus contenue
que le marché national s’explique principalement par
notre forte éditorialisation : entre 2024 et 2025, notre
top 10 – composé de titres grand public – a réalisé 22 %
d’entrées en moins, mais nos 300 séances uniques ont
progressé de 2 %. Nous avons noué une relation organique
avec les spectateurs à travers des propositions
assez spécifiques pour tous les publics.
Chaque année, le Méliès diffuse environ 900 films :
comment arrive-t-on à un tel résultat ?
Nous organisons quelque 300 séances uniques, qui
représentent 3 % de notre volume de programmation
pour 7 % de nos entrées. À côté, nous programmons
environ 250 titres de manière “classique” – sur plus de
20 projections – pour 85 % de séances art et essai ; les
15 % restants s'expliquent par notre volonté, en tant que
cinéma public, de s’adresser à tous les spectateurs. Par
exemple, nous diffuserons en sortie nationale Super Mario
Galaxy, ce qui ne répond pas a priori à notre vocation
de salle art et essai, mais entre pleinement dans notre
mission de service public en rendant ce film accessible à
toutes les familles. C’est, avec la défense du cinéma
d’auteur, l’un des axes du projet politique fondamental
d’une salle comme la nôtre et de toutes celles du réseau
Est Ensemble [voir p. 13, ndlr.], que nous pouvons
particulièrement appliquer grâce à nos six écrans. Petit
à petit, nous espérons créer un réflexe chez les spectateurs
qui viennent pour la première fois au Méliès, afin que
les habitants s’approprient notre programmation dans
son ensemble, au même titre que nos habitués. Cela
porte ses fruits car, en 2024, notre progression de 17 %
a été obtenue tant sur nos dix premiers films que les 890
autres. Et je suis convaincu que cette stratégie de programmation
en “dentelle” est gagnante et qu’elle pourrait être
bénéfique à tous les types d’établissements.
Montreuil est une ville à part en Seine-Saint-Denis.
Est-ce que cela se vérifie dans le public du Méliès ?
Il est vrai que Montreuil connaît une gentrification depuis
une vingtaine d'années, et est donc plus aisée que d’autres
communes comme Bobigny [voir p. 20-21, ndlr.], tout
en restant très diverse sur les plans culturel et social. Le
Méliès, comme de nombreux établissements art et essai,
attire spontanément des spectateurs de CSP+ avec un
18 N°511 / 4 mars 2026
réflexe culturel déjà ancré. L’élargissement de ce public
passe par une lutte contre des forces contraires très puissantes,
mais avec la conviction qu’un cinéma comme le
nôtre peut contribuer à influer sur les logiques de reproduction
sociales et culturelles. C’est pour cela que nous
travaillons beaucoup avec les scolaires, car cela nous
permet de cibler tous les enfants de Montreuil afin, on
l’espère, de créer chez eux le réflexe de la sortie cinéma,
et de se familiariser avec le cinéma d’auteur.
Et pour mieux connaître votre public, n’y a-t-il
pas un travail important à faire du côté de la data,
comme le soulignent de plus en plus de professionnels
?
Je pense qu’il faudrait, dans un premier temps, mieux
définir ce qu’est la “data”, qui est devenue un mot-valise.
De quoi parle-t-on précisément ? Personnellement, les
statistiques qui m’intéressent sont celles me permettant
d’affiner l’analyse de mes dynamiques de salle, selon la
typologie des séances, ou celles renseignant sur les performances,
année après année, des films Recherche et découverte,
par exemple. Nous collectons énormément de
données mais avons du mal à les traiter par manque
d’outils. Par ailleurs, pour trouver des réponses dans la
data, encore faut-il se poser les bonnes questions, ce qui
n’est pas si évident. Quoi qu’il en soit, mettre les données
en perspective et les mutualiser est important car cela
peut nous permettre de mettre en évidence des pratiques
payantes et de s’inspirer les uns les autres.
Comment se passe la relation entre le cinéma et
les pouvoirs publics ?
Nous bénéficions ici d’une concorde politique absolue,
ce qui est une chance par rapport à d’autres territoires.
Cela n’a cependant pas toujours été le cas et nous devons
rester vigilants car nous savons que ces équilibres sont
fragiles. Le Méliès est souvent perçu comme une exception
Les exploitants doivent
se demander en quoi
leurs établissements
sont attractifs en
eux-mêmes, et
réinvestir la dimension
humaine de leur activité
au niveau national et ce n’est pas totalement faux. Par
contre, je réfute l’idée qu’il soit une anomalie, voire un
problème. Je n’aime pas qu’on l’attaque au prétexte que
le soutien politique de longue date dont il bénéficie lui
a permis de se créer une spécificité et une identité fortes.
C’est un espace d’expérimentation dont il faudrait plutôt
se réjouir qu’il existe.
À quel point la politique tarifaire fait-elle partie
de l’identité du Méliès ?
Certains pensent que les salles publiques ont des tarifs
trop bas, mais je trouve injuste de rejeter le modèle pour
cette raison. Il ne faut pas oublier que c’est en partie
grâce aux politiques publiques que le parc de salles s’est
maintenu avant l’arrivée des multiplexes, sur des territoires
qui n’étaient pas jugés assez rentables. Donc reprocher
aux cinémas publics une concurrence déloyale revient à
éluder l’Histoire, tout comme les disparités territoriales :
la Seine-Saint-Denis est le département le plus pauvre
de l’hexagone, cela me paraît donc logique qu’il y ait une
densité particulièrement importante de cinémas publics
ou associatifs subventionnés en mesure de proposer des
tarifs accessibles à toutes les bourses. Le modèle des salles
publiques, complémentaire aux autres formes d’exploitation,
contribue largement au dynamisme et à la pérennité
de la salle de cinéma en France.
La filière est en proie à plusieurs inquiétudes,
du fait notamment des nombreuses attaques
politiques qu’elle subit. Est-ce que le Méliès se
reconnaît dans ces craintes ?
Bien sûr. Nous avons une responsabilité : celle de
comprendre notre activité, nos spectateurs, d’être dans
une logique d’intelligence collective et de ne pas nous
opposer les uns les autres. Il me paraît important de se
demander si nous sommes au maximum de nos capacités
quant à nos méthodes de travail, nos modalités d’accueil
du public ou nos stratégies de programmation. Nous
avons peu de prise sur le contexte extérieur, donc concentrons-nous
sur nous-mêmes, et donnons à nos concitoyens
la conviction que nous valons le coup d’être défendus.
Je ne pense pas que la premiumisation soit la seule
stratégie valable. Il faut massivement investir le terrain
de l’éditorialisation et de l’incarnation, c’est-à-dire le
fait de créer un rapport direct entre une équipe de
cinéma et “ses” spectateurs. Nous devons aller au-delà
de la simple affirmation que le cinéma est une expérience
collective : si nous voulons que nos concitoyens fassent
pression sur les élus pour sauver les cinémas, ils doivent
nous aimer en tant que lieux. Les exploitants devraient
à mon sens décaler leur regard en ne se concentrant pas
que sur la question de l’offre – dont on connaît la
volatilité –, mais en se demandant en quoi leurs établissements
sont attractifs en eux-mêmes, et réinvestir la
dimension humaine de leur activité.
Propos recueillis par Jules Dreyfus
©Chang Martin
REGARDS SATELLITES : UN FESTIVAL NÉ AU CINÉMA
L’ÉCRAN DE SAINT-DENIS
Les étudiants de Université des Créations- Paris 8, jury du Grand Prix Ambition Saint-Denis,
le 22 févrir 2026.
Héritier des Journées cinématographiques dionysiennes,
le festival Regards Satellites met en lumière des cinématographies
« minoritaires », indépendantes et engagées.
Tourné vers le monde et la découverte, il entend
prolonger une histoire profondément ancrée à Saint-
Denis : celle d’un cinéma attentif aux enjeux politiques,
sociaux et esthétiques de son époque. Le cinéma public
L’Écran est le cœur battant du
festival, qui se déploie toutefois
dans d’autres salles (le Max Linder
Panorama et La Clef à Paris, le
Ciné 104 à Pantin, le Cin’Hoche
à Bagnolet, le Luxy à Ivry-Sur-
Seine et L’Espace 1789 de
Saint-Ouen).
La 4 e édition s’est déroulée du 13
au 22 février, sous les bannières
« Écrans libres » et « Constellation
militante», avec une compétition
internationale de six longs métrages,
des avant-premières en présence
des équipes (dont Écrire la vie :
Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des lycéens de
Claire Simon, Un jour avec mon père d'Akinola Davies
Jr, Toutes mes sœurs de Massoud Bakhshi, La Danse des
renards de Valéry Carnoy, Planète de Momoko Seto…),
des rétrospectives (Pedro Pinho, Leila Bouzid, Andrzej
Wajda…), des programmes de courts… et de nombreuses
rencontres. Un hommage à Peter Watkins a permis de
redécouvrir sa vision singulière du territoire de Seine-
Saint-Denis, à travers son film La Commune (Paris, 1871),
tourné à Montreuil.
Pour 2026, un tout nouveau Grand Prix Ambition
Saint-Denis / Regards Satellites a été décerné par des
étudiants de l'Université des Créations-Paris 8, doté
d’un soutien à la distribution d’une valeur de 3 000 €
(avec le soutien de la Fondation Ambition Saint-Denis).
Il a été remis à Shadowbox (Baksho Bondi) de Tanushree
Das et Saumyananda Sahi. Le film indien, qui avait
été présenté dans la section Perspectives de la Berlinale
2025, n’a toutefois pas encore de distributeur en
France… mais est également reparti avec le Prix
du public.
Le Prix de la presse a été attribué à la coproduction
hispano-portugaise Last Night I Conquered The City
of Thebes de Gabriel Azorín, également sans
distributeur.
À noter enfin que les Jeunes Ambassadeurices de Cinémas
93 ont attribué leur coup de cœur à Une année italienne
(Un anno di scuola) de Laura Samani, qui sortira le 10
juin prochain sous bannière Arizona Distribution.
N°511 / 4 mars 2026
19
L’exploitation du 93
©Ariane Mestre
dans nos tarifs et notre programmation qui se veut mixte,
souligne la directrice artistique. Le tout, en assurant
pleinement nos missions de service public : faire découvrir
le cinéma et son histoire, développer l’esprit critique, créer
de la curiosité… bref, ouvrir les champs ». En outre, vu
la part importante de la jeunesse dans la population
locale, le Alice Guy accordera une place centrale au
jeune public et à l’éducation à l’image, « dans la droite
ligne du travail de médiation sur le terrain avec, par
extension, toute une action à destination de 15-25 ans »,
ajoute Victor Courgeon. La programmation proposera
également des rendez-vous réguliers autour du documentaire
(en prolongement des Ciné-docs mensuels
de L'Écran nomade), du répertoire (avec deux cinéclubs,
l'un lycéen, l'autre proposé par l'équipe du
cinéma) et des courts métrages en avant-séances, « avec
un Extracourt hebdomadaire devant l'un des films
programmés, et sachant que le premier mois d'ouverture,
ce sont les courts d'Alice Guy qui seront projetés, devant
tous types de films – blockbusters, art et essai, jeune
public, etc. Du court de répertoire, en somme ! », se réjouit
Ariane Mestre . Aussi, comme en témoignent son
nom-hommage à la femme cinéaste pionnière et le
choix de son parrain Jean-Pascal Zadi, le cinéma
entend s'adresser à toute la diversité des publics du
territoire. « Cela passera notamment par une offre confiserie
qui, dans cette ville parmi les plus populaires de la
Seine-Saint-Denis, fait partie du “kit” de la sortie cinéma »,
précise le directeur d’exploitation.
MOTEUR… ET ACTION
AU ALICE GUY DE BOBIGNY
Ce 11 mars, la commune francilienne accueille un complexe de six écrans porté
par l’établissement public territorial Est Ensemble. Un équipement culturel
de proximité, inscrit dans un projet mêlant exigence artistique et accessibilité
tarifaire, pour une ouverture à tous les publics.
C’est le grand retour du cinéma à Bobigny, près de sept
ans après la fermeture du Magic, l’ancien UGC dont
deux salles (sur trois) avaient continué à être exploitées
par la municipalité jusqu'en 2019 – et qui ont été
détruits depuis, en même temps que le centre commercial
dans lequel elles étaient implantées. Le nouveau cinéma
s’est donc inscrit « dans un temps long, au cœur d’un
vaste quartier en renouvellement urbain que Est Ensemble
a rejoint en finançant et en assurant, via son service des
bâtiments, la maîtrise d'œuvre et l’aménagement, après
remise de la coque », explique Victor Courgeon. Ce
dernier, précédemment chargé des publics et de la
communication au Méliès de Montreuil, officie désormais
comme directeur d’exploitation du Alice Guy. À
ses côtés, Ariane Mestre assure les fonctions de directrice
artistique de la structure ; une belle manière de faire la
jonction entre Écran nomade, la structure de cinéma
itinérant qu’elle dirigeait, et qui a assuré l'activité
cinématographique temporaire, « entretenu les habitudes
et cultivé les scolaires » à Bobigny, en proposant notamment
les projections estivales de Ciné sous les étoiles.
Un cinéma public, populaire…
et exigeant
L’établissement déploie ses six salles (et 865 places
PMR compris) au rez-de-chaussée et au sous-sol d’un
immeuble de neuf étages, situé dans l’allée centrale
du nouveau quartier de Bobigny. Et s’il revendique
avant tout son identité de cinéma, il pourra ponctuellement
accueillir, dans ses trois salles modulables, « la
saison culturelle de Bobigny tout comme nos propres
propositions hybridant cinéma et musique, ou cinéma
et danse, dans une logique de dialogue entre les arts »,
détaille Ariane Mestre. Dans une ville marquée par
un niveau de revenus parmi les plus faibles de France,
« il faut tenir compte de la sociologie de la population
Reconquérir et rayonner
Au-delà des 55 000 Balbyniens, le Alice Guy a vocation
à rayonner sur un bassin de 350 000 habitants à 15
minutes de trajet en transports, bénéficiant par ailleurs
d’une très bonne desserte publique – qui sera renforcée
d’ici 5 ans de la ligne 15 du métro Grand Paris Express.
Autour de la commune, le paysage concurrentiel prend
la forme de grands multiplexes – les UGC de Rosny
(15 salles), UGC O'Parinor d’Aulnay (14 salles), UGC
Paris 19 (14 salles) et Pathé La Villette (16 salles) –
mais pas que. Le cinéma le plus proche est le monoécran
à activité mixte le Malraux de Bondy – dirigé
par… le même Victor Courgeon – et qui fait partie,
comme les Ciné 104 de Pantin et le Trianon de Romainville
voisins, du réseau Est Ensemble. « Sans oublier
les autres salles publiques à la Courneuve, Aubervilliers
ou, encore plus proche, le nouveau cinéma L’Arche à
venir à Drancy, rappelle Victor Courgeon, avec chacun
ses bassins de populations, mais une certaine porosité
des publics. » Reste aussi à savoir « comment les gens
de ce nouveau quartier de Bobigny, qui compte près
de 1 200 logements, vont s’emparer de leur cinéma
de proximité », s'interroge Ariane Mestre, qui s'apprête
à déployer un gros travail autour du champ social,
avec le tissu associatif local, « dont celui du tribunal,
de l'hôpital, et tous les bureaux alentours que nous
pouvons aussi mobiliser, avec un vrai potentiel de
création de nouveaux publics ». Derrière l’élégante
grande façade du cinéma, le hall de 300 m² a été
imaginé comme un espace « vivant et vivable », ouvert
à tous ceux qui veulent venir « se poser, faire du coworking...
», et bientôt accueillir un café librairie. « Je crois
profondément au pouvoir d’attraction de ce lieu »,
résume Victor Courgeon. C’est dans ce contexte que
le Alice Guy table sur une fréquentation autour de
150 000 entrées annuelles, un objectif appelé à être
atteint progressivement, « même si nous ne sommes
pas à l’abri d’une… bonne surprise », notent les jeunes
responsables de cet équipement pensé comme un
marqueur culturel fort pour le territoire, et avant tout
« un lieu public ».
Aysegul Algan
20 N°511 / 4 mars 2026
©Ariane Mestre
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : EPT EST ENSEMBLE
Maître d’œuvre / pilote : MOE : HERAULT ARNOD ARCHITECTURES /
OPC : DELTEXPLAN
Bureau de contrôle : SOCOTEC
BÂTIMENT
Gros œuvre : GO : COGEDIM / AMÉNAGEMENTS : EPRIM
Climatisation/chauffage : SITEME
FAÇADE/HALL
Comptoir : EPRIM
Système de billetterie : CINE OFFICE
Signalétique intérieure : EPRIM / SINIO
Enseignes façade : EPRIM / SINIO
Affichage dynamique : SONIS
CABINES
Installateur : CINEMANEXT
EXPLOITATION
Programmation : EN INTERNE
SITE INTERNET
Conception : ERAKYS
*Basé sur le déclaratif de la salle
©Ariane Mestre ©Ariane Mestre
Victor Courgeon,directeur d’exploitation, et Ariane Mestre, directrice artistique du Alice Guy
Salle 1, la plus grande du cinéma, avec projecteur 4K et option 3D
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 286 8 14,1 7.1 4K laser
2 157 5 9 7.1 4K laser
3 132 4 10 7.1 2K laser
4 90 3 7,4 7.1 2K laser
5 97 3 8 7.1 2K laser
6 76 4 8 7.1 2K laser
TOTAL 838 27
Salle 2, avec fauteuils rétractables (sauf les trois derniers rangs), équipement son spécifique, projecteur 4K et... boule à facettes !
N°511 / 4 mars 2026
21
LE 1 ER AVRIL
EXCLUSIVEMENT AU CINÉMA
LE 1 ER AVRIL EXCLUSIVEMENT AU CINÉMA
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S10
4 MARS
08
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DOCUMENTAIRE SUR GRAND ÉCRAN A FIDAI FILM 01h18 K.Aljafari
BAC FILMS ALLAH N'EST PAS OBLIGÉ 01h23 Z.Najjar T.Ngijol, M.Zinga
TANDEM ALTER EGO 01h39 N.Charlet et B.Lavaine L.Lafitte, B.Gardin, O.Kurylenko
CGR EVENTS AURORA : WHAT HAPPENED TO THE EARTH ? 01h30 G.López Aurora, A.Holt Kleive, F.Svabø
METROPOLITAN FILMEXPORT CHRISTY 02h15 D.Michôd S.Sweeney, B.Foster, M.Wever
LES FILMS DU LOSANGE
CYCLE RAYMOND DEPARDON PAYSAN (3 FILMS)
LES ALCHIMISTES DEUX FEMMES ET QUELQUES HOMMES 01h40 C.Robichaud L.Leboeuf, K.Gonthier-Hyndman, F.Moati
ASSOCIATION KINOTAYO DIAMONDS IN THE SAND 01h42 J.Victoria M.Lopez, L.Franky, C.Dizon
ALAMBICRÉATIONS EN DÉRIVES 02h10 K.Lanka C.Rabenoro, J.Belon, T.Lhomme
PATHÉ LIVE ENHYPEN [WALK THE LINE SUMMER EDITION] IN CINEMAS 02h08 J.Park et Y.Oh ENHYPEN
LES FILMS DU PRÉAU FANTASTIQUE 01h11 M.Prins
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE JUMPERS 01h45 D.Chong P.Curda, B.Moynihan, M.Villaseñor
LES FILMS DU CAMELIA LA CROISIÈRE 01h14 B.Miller T.'Speed' Levitch
ORPHÉE FILMS LA DÉVIANTE COMÉDIE 01h06 B.Mandico C.Bier, E.Löwensohn, J.Riedler
PATHÉ FILMS LA MAISON DES FEMMES 01h50 M.Godet K.Viard, L.Dosch, E.Haïdara
MK2.ALT LE FANTÔME DES ROCHEUSES 01h05 J.Donzé
HAUT ET COURT NINO DANS LA NUIT 01h57 L.Micheli O.Högström, M.Taquin, B.Hassani
SURVIVANCE PÉDALE RURALE 01h24 A.Vazquez
MEMENTO PILLION 01h47 H.Lighton H.Melling, A.Skarsgård, D.Hodge
JOUR2FÊTE RURAL 01h33 E.Bergeon
WARNER BROS. FRANCE THE BRIDE ! 02h07 M.Gyllenhaal J.Buckley, C.Bale, J.Gyllenhaal
SEVENTH ART PRODUCTIONS TURNER ET CONSTABLE 01h37 D.Bickerstaff
LES FILMS DU TITAN UNE DERNIÈRE CHANCE 01h11 F.Grare et J.Lejeune A.Desprez, F.Monge, J.Martin
CGR EVENTS VÉRONIQUE 01h40 T.Volf
S11
11 MARS
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
CARLOTTA FILMS CARMEN DE KAWACHI 01h29 S.Suzuki Y.Nogawa, R.Ito, C.Miyagi
NOUR FILMS CE QU'IL RESTE DE NOUS 02h25 C.Dabis S.Bakri, C.Dabis, A.Bakri
MOON RIVER ENTERTAINMENT ENCONTRO 01h56 F.Manceaux I.Otéro, J.Heldenbergh, P.Pais
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR IL MAESTRO 02h05 A.Di Stefano P.Favino, T.Menichelli, G.Ludeno
L'ATELIER DISTRIBUTION LA TRAQUE DE MERAL 01h31 S.Bouma D.Yurdakul, G.Naber, R.Thiry
SND LE CRIME DU 3E ÉTAGE 01h44 R.Bezançon G.Lellouche, L.Casta, G.Gallienne
PATHÉ LIVE LE PARC 01h41 L.Narboni A.Renavand, M.Ganio
STUDIOCANAL LES K D'OR J.Ferrari J.Ferrari, L.Felpin, E.Judor
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE LE TESTAMENT D'ANN LEE 02h10 M.Fastvold A.Seyfried, L.Pullman, T.Blake Nelson
ASC DISTRIBUTION LITTLE TROUBLE GIRLS 01h30 U.Djukić J.Ostan, M.Švajger, S.Tabaković
TAMASA DISTRIBUTION LOOKING FOR YOTAM 01h22 G.Benayoun
LE PACTE ORPHELIN 02h13 L.Nemes B.Barabas, A.Waskovics, G.Gadebois
GEBEKA FILMS PLANÈTES 01h15 M.Seto
LES ACACIAS
RÉTROSPECTIVE : LE TEMPS DE CLAUDE SAUTET (9 FILMS)
MK2 FILMS SANS TOIT NI LOI 01h45 A.Varda S.Bonnaire, M.Méril, S.Freiss
SONY PICTURES RELEASING FRANCE SCARLET ET L'ÉTERNITÉ 01h52 M.Hosoda M.Ashida, M.Okada, M.Ichimura
MY SECRET ANGEL COMPANY SOUFFRANCE ET DÉLIVRANCE 01h29 J.Ciranna
METROPOLITAN FILMEXPORT TRILOGIE LE SYNDICAT DU CRIME J.Woo/T.Hark
LES FILMS DU LOSANGE VICTOR COMME TOUT LE MONDE 01h28 P.Bonitzer F.Luchini, C.Mastroianni, M.Narbonne
THE JOKERS FILMS
WONG KAR-WAI : L'INTÉGRALE DES ANNÉES HONG-KONG
S12
18 MARS
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PLUME ET SILLONS DISTRIBUTION 57KM 01h50 G.Descave et S.Mathelin
ASSOCIATION CINÉMA BERRYWOOD
PRODUCTION ADNAN ET SES CHÈVRES 01h20 H.Maisari X.Gauthier, F.Gauthier, C.Bobbio
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS ALLO LA FRANCE 01h17 F.Devigne
SAJE DISTRIBUTION DAVID 01h49 B.Dawes et P.Cunningham P.Wickham, A.Chaudhry, B.Engman
CHANDELIER DERNIÈRE SOIRÉE 01h10 N.Dozol L.Cecchi, R.Gérard, U.Condolo
JOUR2FÊTE LA DANSE DES RENARDS 01h34 V.Carnoy S.Kircher, F.Anaflous, J.Cuppens
PANAME DISTRIBUTION LA GIFLE 01h26 F.Hambalek L.Geiseler, J.Jentsch, F.Kramer
DIAPHANA DISTRIBUTION LA GUERRE DES PRIX 01h36 A.Dechaux A.Girardot, O.Gourmet, J.Frison
MALAVIDA FILMS LA PRINCESSE, L'OGRE ET LA FOURMI 00h41 E.Nazarov
DULAC DISTRIBUTION LAS CORRIENTES 01h40 M.Mumenthaler I.Gonzalez Sola, E.Bigliardi, C.Sanchez
LES FILMS DU TITAN LE POUVOIR DE L’INSIGNIFIANT 01h11 O.Flamion
ANDANA FILMS LES CHAILLÉES DE L'ENFER 01h42 L.Boudet
METROPOLITAN FILMEXPORT LE SIFFLET 01h40 C.Hardy D.Keen, P.Hynes White, S.Nélisse
GAUMONT DISTRIBUTION LES RAYONS ET LES OMBRES 03h15 X.Giannoli J.Dujardin, N.Golubeva, A.Diehl
FANNY DORIAN DISTRIBUTION L'ÉTAGE SECRET...BAD GASTEIN 01h36 N.Lechner S.John, A.Benzin, M.Reinwald
PATHÉ FILMS POLICE FLASH 80 J.Saurel F.Damiens, A.Lamy, X.Lacaille
WAYNA PITCH PRÉCIEUSE(S) 01h17 F.Guiard-Norel
SONY PICTURES RELEASING FRANCE PROJET DERNIÈRE CHANCE 02h36 P.Lord et C.Miller R.Gosling, S.Hüller, M.Vayntrub
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR REMINDERS OF HIM 01h55 V.Caswill M.Monroe, T.Withers, R.Pankow
OUTPLAY FILMS SCÈNES DE NUIT 01h59 F.Matzembacher et M.Reolon G.Faryas, C.Luna, H.Barreira
MEDIA ART SILENTIUM 01h33 N.Chatta M.Dahech, A.Chouayet, R.Hayouni
PATHÉ LIVE TRISTAN ET ISOLDE (METROPOLITAN OPERA) 05h12 Y.Sharon L.Davidsen, E.Gubanova, M.Spyres
24 N°511 / 4 mars 2026
S13
25 MARS
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PATHÉ LIVE ALAIN SOUCHON - LE CONCERT AU CINÉMA 02h10 T.Teston
CONDOR DISTRIBUTION ANEMONE – LES RACINES DU MENSONGE 02h05 R.Day-Lewis D.Day-Lewis, S.Bean, S.Morton
CGR EVENTS ASSASSINATION CLASSROOM THE MOVIE : OUR TIME M.Kitamura J.Fukuyama, M.Fuchigami, N.Okamoto
PATHÉ LIVE
BRING ME THE HORIZON : L.I.V.E. IN SÃO PAULO (LIVE IMMERSIVE
VIRTUAL EXPERIMENT)
01h54 C.HEaD et O.Sykes O.Sykes, M.Kean, L.Malia
UGC DISTRIBUTION CEUX QUI COMPTENT 01h38 J.Leonetti S.Kiberlain, P.Lottin, L.Labeque
VRAIVRAI FILMS DERRIÈRE LES DRAPEAUX, LE SOLEIL 01h31 J.Pereira
ÉLEVONS NOUS DROITS DANS LEURS BOTTES 01h25 N.Lay
CINÉMA PUBLIC FILMS EDMOND ET LUCY - LA FORÊT, C'EST L'AVENTURE 00h45
JHR FILMS JULIAN 01h31 C.Kusters N.Meurisse, L.Roothooft, R.Cuevas
ARP SÉLECTION LA COULEUVRE NOIRE 01h25 A.Vernhes-Lermusiaux A.Lozano Tafur, M.Viera, Á.Rodríguez (II)
SPLENDOR FILMS LA DAME DE SHANGHAI 01h27 O.Welles R.Hayworth, O.Welles, E.Sloane
MEMENTO LES FILLES DU CIEL 01h36 B.McNeese H.Volle, S.Nataf, Y.Tshikaya
DALINO MEDIA LES FRACTURES INVISIBLES 01h15 J.Loutoby L.Michanol, A.Rene, F.Fostan
NORTE DISTRIBUTION LES SAISONS 01h23 M.Fazendeiro
THE JOKERS L’ÎLE DE LA DEMOISELLE 01h41 M.Wald S.Dewaels, L.Peres, C.Bouchet
BAC FILMS L'ODYSSÉE DE CÉLESTE 01h26 K.Koala
ART HOUSE LOVE ON TRIAL 02h03 K.Fukada K.Saito, Y.Kura, E.Karata
STUDIOCANAL L'ULTIME HÉRITIER 01h45 J.Ford G.Powell, M.Qualley, J.Henwick
EUROZOOM LUPIN THE IIIRD THE MOVIE : LA LIGNÉE IMMORTELLE 01h30 T.Koike K.Kurita, A.Ôtsuka, D.Namikawa
MAVERICK DISTRIBUTION PLUS FORTS QUE LE DIABLE 01h24 G.Guit M.Poupaud, A.Argento, M.Vacth
CARLOTTA FILMS
RÉTROSPECTIVE SEIJUN SUZUKI (8 FILMS)
CGR EVENTS SIEGFRIED (THE ROYAL OPERA) 05h30 B.Kosky A.Schager, P.Hoare, C.Maltman
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE THE REVENANT 02h36 A.González Iñárritu L.DiCaprio, T.Hardy, D.Gleeson
WARNER BROS. FRANCE THEY WILL KILL YOU 01h34 K.Sokolov Z.Beetz, P.Arquette, T.Felton
AD VITAM UNE JEUNESSE INDIENNE - HOMEBOUND 01h59 N.Ghaywan I.Khatter, V.Jethwa, J.Kapoor
LE PACTE UN JOUR AVEC MON PÈRE 01h33 A.Davies S.Dirisu, C.Egbo, G.Egbo
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION
(EX CINÉ SORBONNE) VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU 02h14 M.Forman J.Nicholson, L.Fletcher, W.Redfield
KMBO WALTER LAPIN 01h22 C.Origer M.Goode, K.Lord Cassidy, S.Mangan
S14
1 ER AVR.
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
APOLLO FILMS COMPOSTELLE Y.Samuell A.Lamy, J.Le Berre, M.Doutey
PYRAMIDE DISTRIBUTION DERRIÈRE LES PALMIERS 01h34 M.Benm’Barek S.Giraudeau, D.Ramdi, N.Kounda
SUDU CONNEXION DIDY 01h24 G.Kamilindi
ESC FILMS DOLLY 01h23 R.Blackhurst F.Therese, S.Scott, E.Suplee
SINGULARIS FILMS HÉLÈNE TRÉSORE TRANSNATIONALE 01h34 J.Abitbol H.Hazera, C.Chuzel, L.Miesseroff
L'ATELIER DISTRIBUTION HOLDING LIAT 01h33 B.Kramer
LES FILMS DU CAMELIA LE FLEUVE DE LA MORT 01h32 L.Buñuel C.Domínguez, M.Torruco, J.Cordero
LES ACACIAS LE GOÛT DES AUTRES 01h52 A.Jaoui J.Bacri, G.Lanvin, A.Chabat
TRIDAC FILMS LE SECRET DU LOUP D’ÉTHIOPIE 01h00 B.Deturche et A.Lesaffre
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS L'HEURE DE LA LIBÉRATION A SONNÉ 01h02 H.Srour
PAN DISTRIBUTION MAUVAISE PIOCHE 01h32 G.Jugnot G.Jugnot, P.Lacheau, T.Lhermitte
MÉTÉORE FILMS NUESTRA TIERRA 01h59 L.Martel
TANDEM PLUS FORT QUE MOI 02h01 K.Jones (II) R.Aramayo, S.Henderson, M.Peake
KMBO SILENT FRIEND 02h27 I.Enyedi T.Leung Chiu-Wai, L.Seydoux, L.Wedler
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR SUPER MARIO GALAXY LE FILM 01h38 A.Horvath et M.Jelenic C.Pratt, A.Taylor-Joy, C.Day
METROPOLITAN FILMEXPORT THE DRAMA 01h45 K.Borgli Zendaya, R.Pattinson, G.Cohen
MALAVIDA FILMS TRILOGIE WIVES A.Breien
HAUT ET COURT YELLOW LETTERS 02h08 İ.Çatak Ö.Namal, T.Biçer, L.Cabas
S15
8 AVR.
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
ED DISTRIBUTION AN EVENING SONG (FOR THREE VOICES) 01h26 G.Swon D.Campbell, H.Gross, P.Vack
FACTORIS FILMS BISONS 01h45 P.Monnard I.Hair, A.Bencherif, K.Barras
PATHÉ LIVE BTS WORLD TOUR 'ARIRANG' IN GOYANG : LIVE VIEWING 03h00 J.Ha BTS, RM, Jin
SND COCORICO 2 J.Hervé C.Clavier, D.Bourdon, S.Testud
JOUR2FÊTE LA FEMME DE 01h33 D.Roux M.Thierry, E.Caravaca, A.Valois
ASC DISTRIBUTION L’AFFAIRE ABDALLAH 01h41 P.Carles
APOLLO FILMS LA NIRVANA H. Bougheraba I. Bougheraba, J-B. Brucker, G. Elmaleh
BOBINE FILMS LA VILLE ET LES CHIENS 02h15 F.Lombardi P.Serra, G.Bueno, J.Manuel Ochoa
LES FILMS DU LOSANGE LE CRI DES GARDES 01h49 C.Denis I.de Bankolé, M.Dillon, M.McKenna-Bruce
NEW STORY LE DERNIER POUR LA ROUTE 01h40 F.Sossai F.Scotti, S.Romano, P.Capovilla
STUDIOCANAL L’ENFANT DU DÉSERT G.de Maistre N.Tran, Z.Sekkat, N.Bouazzaoui
GEBEKA FILMS LES CONTES DU POMMIER 01h10 P.Pass Jr. et J.Rozec
DELASTRE FILMS L’ŒUVRE INVISIBLE 01h11 V. Rodionov, A. Tembouret J.Rochefort, A.Aimée, J.Perrin
CGR EVENTS NIKON FILM FESTIVAL 2026 02h00
EPICENTRE FILMS POUR KLÁRA 01h50 O.Omerzu B.Ward, D.Franc, A.Chmela
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION
RÉTROSPECTIVE ALEXANDRE ROCKWELL (4 FILMS)
AD VITAM ROMERÍA 01h55 C.Simón L.Garcia, Mitch, T.Ulloa
MEMENTO SAUVAGE 01h41 C.Ponsin C.Sallette, L.Lampros, B.Belin
JOUR J PRODUCTIONS SUR LE SENTIER 01h42 G.Jumel G.Jumel, F.Branger, C.Briand
ED DISTRIBUTION THE WORLD IS FULL OF SECRETS 01h38 G.Swon E.Burger, D.Gregory, A.Guttman
PATHÉ LIVE TOSCA 02h05 D.Caïozzi M.Serafin, M.Álvarez, L.Tézier
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE WEDDING NIGHTMARE : DEUXIÈME PARTIE 01h48 M.Bettinelli-Olpin et T.Gillett S.Weaving, K.Newton, S.Gellar
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°511 / 4 mars 2026
25
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
Ce 18 mars sort chez Universal Reminders Of Him de Vanessa
Caswill, une nouvelle adaptation d’un roman de Colleen Hoover,
autrice également de Jamais plus. Ainsi, retour en chiffres sur les
performances en salles de trois récentes romances plus ou moins
sombres, visant un public principalement féminin et jeune, et
ayant pendant plusieurs années été cantonnées aux plateformes
avant de retrouver le chemin des cinémas.
REGRETTING YOU
JAMAIS PLUS - IT
ENDS WITH US
TOUT SAUF TOI
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
29/10/2025 14/08/2024 24/01/2024
PARAMOUNT SONY SONY
299 196 1 358 247 626 283
22 674 - 9 646
103 701 241 723 76 059
4 852 5 509 4 312
21 44 18
7,36 8,46 5,21
13 - 65
3,2 3,3 3
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 2 SEMAINES
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43
2 25/02/2026 ORWELL: 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40
3 18/02/2026 MARTY SUPREME METROPOLITAN 512 331 262 8 855 37
4 25/02/2026 RUE MALAGA AD VITAM 134 42 835 1 458 29
5 25/02/2026 CHERS PARENTS SND 567 270 479 9 270 29
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2026
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77
2 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59
3 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54
4 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43
5 25/02/2026 ORWELL: 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40
6 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40
7 07/01/2026 MR. NOBODY AGAINST PUTIN LOCO 5 1 180 30 39
8 11/02/2026 AUCUN AUTRE CHOIX ARP 158 80 089 2 107 38
9 18/02/2026 MARTY SUPREME METROPOLITAN 512 331 262 8 855 37
10 31/12/2025 MAGELLAN (SORTI EN 2025) NOUR 68 15 980 440 36
Frayeurs sur le box-office avec Scream 7 qui réalise le meilleur
démarrage de ces deux dernières semaines, et la quatrième meilleure
de l’année. La sortie de Paramount obtient une très bonne moyenne
de 43 entrées par séance, supérieure au Scream de 2022 (24 e/s)
mais inférieure à Scream VI (48 e/s). Avec 40 e/s, Orwell: 2+2=5
surprend et se hisse à la deuxième place du classement de ces deux
dernières semaines. Le documentaire de Raoul Peck réalise la
deuxième meilleure performance du Pacte sur un week-end depuis
2021, après les 45 e/s de Anatomie d’une chute. Chez Metropolitan,
Marty Supreme réalise un solide démarrage à 37 e/s. Le film effréné
de Josh Safdie se place légèrement en-dessous d’un Killers of the
Flower Moon (40 e/s) ou de Babylon (42 e/s). Enfin, Rue Malaga
(Ad Vitam) séduit 29 spectateurs par séance, à égalité avec
Chers parents (SND).
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
26 N°511 / 4 mars 2026
Distribution
©2025 “Love On Trial” Film Partners
Love On Trial est scindé en deux parties : une centrée sur le monde des idoles, et une autre judiciaire.
ART HOUSE AU PAYS DES IDOLES
AVEC LOVE ON TRIAL
La structure fondée par Éric Le Bot distribue, le 25 mars, le dixième long métrage
du cinéaste japonais Kōji Fukada. Un nouveau pari pour cette sortie qui plonge
dans le monde des chanteuses de la pop japonaise soumises à de grandes
contraintes, à travers le prisme d’un drame judiciaire.
Entre Kōji Fukada et Éric Le Bot, l’histoire remonte à
près de dix ans. Le distributeur – qui, à l’époque chez
Version Originale, collaborait avec Condor –, accompagne
début 2017 Harmonium, le deuxième film du cinéaste
japonais à être distribué en France. Depuis, avec sa
société Art House, il a collaboré six autres fois avec le
réalisateur, Love On Trial marquant un nouveau chapitre.
« Kōji Fukada entretient un lien fort avec la France, relate
Éric Le Bot. Son co-producteur, Masa Sawada (Comme
des Cinémas), est français, ses films sont souvent post-produits
en France… Cela nous a permis de nouer une relation
assez profonde. » Le réalisateur s’est, d’ailleurs, fait un
nom auprès du public tricolore : Harmonium et
L’Infirmière ont tous deux dépassé les 70 000 entrées,
et Love Life, sorti au début de l’été 2023, a même atteint
les 100 000. Une performance notable pour un cinéaste
ni francophone ou anglophone, et dont « aucune œuvre
ne ressemble à une autre ».
La J-pop pour toutes et tous
L’aventure Love On Trial marque un changement de
dimension dans la carrière du réalisateur, en raison de
l’implication tardive de la Toho – un des piliers de la
production, de la distribution et de l’exploitation
cinématographique au Japon. « Je m’étais engagé sur le
film alors que nous n’étions même pas sûrs qu’il puisse
être finalisé. Finalement, la Toho s’est positionnée deux
mois avant le tournage, ce qui a permis de boucler le
financement. Forcément, à sa sortie japonaise, le film est
devenu le plus grand succès de Fukada. » Présenté à
Cannes Première, le film est daté au 25 le printemps
suivant, notamment pour « coïncider avec les Saisons
Hanabi ». Entre-temps, le cinéaste est intervenu à la
dernière Japan Expo, à l’occasion d’une conférence
sur les idoles. De quoi sensibiliser un public plus jeune
et déjà familier avec le sujet du film : la J-pop. Un
univers dont le pendant sud-coréen, la K-pop, a connu
une très grande percée en Occident ces dernières
années, en témoignent les succès en salles de BTS : Yet
to Come, KPop Demon Hunters et, plus récemment,
de Stray Kids : The dominATE Experience.
Bien que le film plonge à la fois dans la J-pop et dans
le monde judiciaire, à travers une seconde partie
principalement dans les tribunaux, Éric Le Bot ne
redoute pas la réaction des spectateurs moins familiers
de l'art et essai : « Nous avons des retours très positifs. Par
exemple, nous avons organisé une grande soirée “Jap’n
Des parents peuvent
accompagner leurs
enfants de 11 ou 12 ans,
et tous peuvent aimer
le film pour des
raisons différentes
Pop” au Max Linder Panorama, à Paris, où était projeté
Love On Trial. De nombreux influenceurs K-pop sont
venus et ont adoré le film, car il aborde plusieurs problématiques
qui se posent régulièrement sur leur passion. »
Mais le public du long métrage de Kōji Fukada ne se
limite pas qu’aux adorateurs de pop, et peut s’élargir
aux jeunes comme aux seniors : « Je pense qu’il peut
intéresser tous les spectateurs, de 18 à 78 ans. Nous avons
mobilisé des influenceurs à travers l’agence INSA, et le
film a également obtenu le Coup de cœur 15-25 de
l’AFCAE. À côté, nous mobilisons le public “classique”
art et essai. Également, nous pensons que des parents
peuvent venir avec leurs enfants de 11 ou 12 ans, et tous
peuvent aimer le film pour des raisons différentes. »
Des Saisons Hanabi fructueuses
Love On Trial a ainsi bénéficié de nombreuses avant-premières,
qui se poursuivront jusqu’au Printemps du
Cinéma, juste avant sa sortie. Le long métrage en est
pour l’instant à plus de 9 000 entrées payantes, et a
connu une belle exposition lors des Saisons Hanabi,
qui ont engrangé cette année 52 000 tickets dans 250
cinémas, un record dans les deux cas. La programmation
d'avant-premières événementialisées proposée par Art
House affiche, de fait, un très bon taux de satisfaction,
avec des spectateurs qui voient en moyenne trois films
et demi. « La particularité de cette édition est l’homogénéité
de la sélection : aucun film ne devance largement les
autres », souligne Éric Le Bot. Une bonne nouvelle,
sachant que les performances d’un film pendant les
Saisons se retranscrivent souvent au moment de sa
sortie. Le film le plus plébiscité par le public, Mon
grand frère et moi de Ryôta Nakano, sortira le 6 mai.
En attendant, Art House distribuera également, le 15
avril, La Fille du Konbini de Yuho Ishibashi. Le distributeur
a récemment annoncé son line-up pour le reste de l‘année :
Sous le ciel de Kyoto d’Akiko Ohku le 24 juin, Sham de
Takashi Miike le 19 août, Seppuku : L’Honneur d’un
samouraï de Yuji Kakizaki le 30 septembre et Fais-moi
un signe de Mipo Oh le 16 décembre. Puis devrait venir,
en 2027, le Léopard d’or Un été en hiver de Sho Miyake,
qu’Art House accompagne pour la troisième fois après
La Beauté du geste (2023) et Jusqu’à l’aube, sorti en
début d’année.
Jules Dreyfus
N°511 / 4 mars 2026
27
"UN REGARD FORT ET PUISSANT SUR LA SURDITÉ"
La Septième Obsession
MIRIAM GARLO
ÁLVARO CERVANTES
ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR
EVA LIBERTAD
LE 29 AVRIL AU CINÉMA
ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR
UNE PRODUCTION DISTINTO FILMS NEXUS CREAFILMS A CONTRACORRIENTE FILMS ET DIVERSO FILMS AVEC MIRIAM GARLO ÁLVARO CERVANTES ET LA PARTICIPATION SPÉCIALE DE ELENA IRURETA ET JOAQUÍN NOTARIO DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE GINA FERRER GARCÍA MONTAGE MARTA VELASCO CASTING IRENE ROQUÉ
DÉCORS ANNA AUQUER SON URKO GARAI MONTAGE SON ENRIQUE G. BERMEJO MIXAGE SON ALEJANDRO CASTILLO MUSIQUE ORIGINALE ARÁNZAZU CALLEJA COSTUMES DÉSIRÉE GUIRAO ET ANGÉLICA MUÑOZ COIFFURE ET MAQUILLAGE MERCEDES CARCELÉN LÓPEZ ET CRISTINA GÓMEZ MARQUINA PRODUCTION GORETTI PAGÈS
PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR MIGUEL GAGO PRODUCTION ASSOCIÉE MANUEL MONZÓN FERNANDO RIERA ET ADRIÀ MIRÓ PRODUCTEURS DÉLÉGUÉS MIRIAM PORTÉ NURIA MUÑOZ ORTÍN AMALIA BLANCO ET GERARD MARGINEDAS PRODUIT PAR MIRIAM PORTÉ NURIA MUÑOZ ORTÍN ET ADOLFO BLANCO
ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR EVA LIBERTAD
© 2025. DISTINTO FILMS SLU, NEXUS CREAFILMS SL, A CONTRACORRIENTE FILMS SL, DIVERSO FILMS AIE. TOUS DROITS RÉSERVÉS. © 2026 CONDOR DISTRIBUTION SAS. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
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PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR MIGUEL GAGO PRODUCTION ASSOCIÉE MANUEL MONZÓN FERNANDO RIERA ET ADRIÀ MIRÓ PRODUCTEURS DÉLÉGUÉS MIRIAM PORTÉ NURIA MUÑOZ ORTÍN AMALIA BLANCO ET GERARD MARGINEDAS PRODUIT PAR MIRIAM PORTÉ NURIA MUÑOZ ORTÍN ET ADOLFO BLANCO
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La Septième Obsession
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Avec sous-titrage pour sourds et malentendants (SME).
Disponible en audiodescription (AD)
via l’application La Bavarde ou le système Fidelio.
MIRIAM GARLO ÁLVARO CERVANTES
ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR
EVA LIBERTAD
UNE PRODUCTION DISTINTO FILMS NEXUS CREAFILMS A CONTRACORRIENTE FILMS ET DIVERSO FILMS AVEC MIRIAM GARLO ÁLVARO CERVANTES ET LA PARTICIPATION SPÉCIALE DE ELENA IRURETA ET JOAQUÍN NOTARIO DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE GINA FERRER GARCÍA MONTAGE MARTA VELASCO CASTING IRENE ROQUÉ
DÉCORS ANNA AUQUER SON URKO GARAI MONTAGE SON ENRIQUE G. BERMEJO MIXAGE SON ALEJANDRO CASTILLO MUSIQUE ORIGINALE ARÁNZAZU CALLEJA COSTUMES DÉSIRÉE GUIRAO ET ANGÉLICA MUÑOZ COIFFURE ET MAQUILLAGE MERCEDES CARCELÉN LÓPEZ ET CRISTINA GÓMEZ MARQUINA PRODUCTION GORETTI PAGÈS
PREMIER ASSISTANT RÉALISATEUR MIGUEL GAGO PRODUCTION ASSOCIÉE MANUEL MONZÓN FERNANDO RIERA ET ADRIÀ MIRÓ PRODUCTEURS DÉLÉGUÉS MIRIAM PORTÉ NURIA MUÑOZ ORTÍN AMALIA BLANCO ET GERARD MARGINEDAS PRODUIT PAR MIRIAM PORTÉ NURIA MUÑOZ ORTÍN ET ADOLFO BLANCO
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MIRIAM GARLO
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ÁLVARO CERVANTES
"UN REGARD FORT ET PUISSANT SUR LA SURDITÉ"
La Septième Obsession
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ÁLVARO CERVANTES
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Une version de l’affiche du film
audiodécrite sera disponible
en scannant un QR code
(en cours de développement).
LIVRET EXPLOITANT
Afin de faciliter la communication
du film auprès de tous les publics.
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et engager les spectateurs autour des enjeux de l’accessibilité.
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programmation@condor-films.fr / 01 55 94 91 70
L’Émission
La culture est l’une des plus belles choses
pour nous faire grandir ensemble
EMMANUEL ETHIS
délégué interministériel à l’éducation artistique et culturelle
©Boxoffice Pro
Sur le pass Culture, « il y a eu un effet de stop l’an dernier
[avec le gel du budget de la part collective, ndlr.], mais
la vive réaction des acteurs concernés a montré, justement,
que cette politique publique fonctionnait. Elle va évoluer,
avec peut-être des changements de critères », le délégué
interministériel assurant qu’il sera « très attentif aux différents
rapports d’inspection pour que le pass Culture touche ceux
qui en ont le plus besoin ». Quant à l’emploi de médiateurs,
qui relève de la volonté des Régions, le travail d’Emmanuel
Ethis « est de faire remonter les bonnes pratiques et d'inciter
les territoires à les partager ».
Emmanuel Ethis, délégué interministériel à l’éducation artistique et culturelle, invité de l'émission Boxoffice Pro du 19 févreier 2026
Dans sa nouvelle fonction, Emmanuel Ethis
travaille avec les différents ministres pour
poursuivre l’objectif du 100 % EAC. Une
politique du temps long, comme l’est
l’éducation aux images en particulier et la
construction du public des cinémas, dans
laquelle l’universitaire et sociologue
s’est engagé.
C’est en mars 2025 qu’Emmanuel Ethis a été nommé
délégué interministériel à l'éducation artistique et culturelle,
« une fonction créée après la disparition du Haut
Conseil de l’éducation artistique et culturelle, explique celui
qui en était le vice-président, et alors que la Cour des
comptes préconisait une meilleure coordination entre les
ministères. Principalement celui de l’Éducation nationale
et de la Culture, mais aussi tous ceux qui travaillent auprès
de la jeunesse (Marine, Armée, Agriculture…) ». On sait
que le président Macron, à son arrivée en 2017, a souhaité
que l’on atteigne “le 100 % EAC”, pour que, « très concrètement,
tous les enfants de France puissent avoir un parcours
d’ouverture à la culture », et qu’aucun ne puisse se sentir
« disqualifié du “commun” et du vivre ensemble ». Car pour
celui qui est aussi spécialiste de la sociologie des publics,
« la culture est l’une des plus belles choses pour nous réunir
et nous faire grandir ».
Pour engager cette dynamique sur les territoires, les
acteurs culturels – musées, théâtres, cinémas… –, les
écoles et universités doivent travailler ensemble. C’est le
sens du Label 100 % EAC, créé il y a quatre ans pour
valoriser les collectivités engagées. Leur candidature est
validée par les ministères et le préfet. « Aujourd’hui 180
villes en France sont labellisées. La première à s’être lancée
est la Ville de Cannes, d’autres le font à l’échelle d’un département
ou d’un village de 1 000 habitants comme Pontieux
en Bretagne. » L’idée étant de s’engager dans la durée,
souligne Emmanuel Ethis, « pour construire un parcours
de spectateurs progressif, sans chercher forcément à montrer
Le Cuirassé Potemkine à un enfant, mais en l’accompagnant
progressivement vers les chefs d’œuvres ».
Former les enseignants et les exploitants
Sur l'éducation au cinéma en particulier, Emmanuel
Ethis confirme l'engagement du ministre de l’Éducation
nationale. « Dès l’annonce de son plan, Édouard Geffray a
réuni, avec Gaëtan Bruel, tous les recteurs pour leur présenter
les objectifs : doubler le nombre d’élèves de Ma classe au
cinéma, construire des lieux de formation pour les enseignants,
ou encore développer les classes cinéma à horaires aménagés »,
avec l’idée maîtresse de « reconsidérer avec force la place
du grand écran ». L’éducation au cinéma fera donc partie
des programmes scolaires, quelle que soit la discipline
enseignée, ce qui implique que les plus de 800 000
enseignants français soient formés, dès leur formation
initiale mais aussi en continu. « Nous avons des lieux pour
ça, les Écoles académiques de la formation continue (EAFC),
l’Institut national supérieur du professorat et de l'éducation
(INSPE), mais aussi toutes les pôles et associations territoriales
qui travaillent en lien avec les salles… et il faut éviter le
stop and go que l’on a connu. » Emmanuel Ethis souligne
aussi l’importance de former les exploitants et agents des
cinémas qui, souvent, sont les premiers prescripteurs
auprès du public. « Quand le projectionniste ou le personnel
du cinéma sont formés pour accueillir la jeunesse, cela compte
beaucoup, et le mieux serait d’avoir une formation conjointe. »
Reste que si les nombreux changements de gouvernement
ces dernières années – et les budgets incertains – ont
interrogé l’avenir des différents dispositifs, le délégué
interministériel se dit, globalement, « extrêmement positif »
quant à la continuité de la politique du 100 % EAC, qui
s’inscrit dans le temps long. « Dans l’après-guerre, on a
commencé à développer l’éducation populaire, en 1968 on
a mis en place l’éducation artistique et culturelle dans les
lycées agricoles, en 2000 le plan Lang-Tasca pour le développement
des arts et de la culture à l'école... et depuis, l’EAC
a toujours été présente dans les programmes présidentiels.
Un cap a été franchi en 2017, avec des élus ou conseillers
territoriaux spécifiquement en charge de l’EAC. »
Une éducation tout au long de la vie
Une logique de « progression permanente », mais aussi de
transmission. « Il faut savoir parler avec nos fantômes, vivre
avec ceux qui ont écrit ou filmé avant nous », estime Emmanuel
Ethis. Y compris avec ceux qui peuvent poser problème :
« On peut tout regarder à condition d’accompagner le regard,
de restituer les œuvres dans leur contexte. C’est une problématique
éducative que d’accompagner la construction de
l'esprit critique et de prendre en compte la dimension géopolitique
des œuvres. Ce n’est pas toujours simple pour les
enseignants, mais c’est une tâche noble. »
Et cette éducation ne s'arrête jamais, comme a pu le
constater celui qui est aussi sociologue. « J’ai observé de
merveilleuses expériences en France, comme à l’EHPAD de
Guingamp où tous les aides-soignants sont artistes. Quand
on vieillit, la seule chose qui reste, ce sont les chansons, les
couleurs ou les images de certains films, qui aident la
mémoire à fonctionner. L’école ne doit pas juste apprendre
à entrer dans la vie active, mais aussi à vivre et à vieillir.
Considérer la transmission intergénérationnelle et la dignité
humaine, c’est aussi une façon de continuer l’éducation
artistique et culturelle. »
Émission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
Cécile Vargoz
30 N°511 / 4 mars 2026
ILLUSTRATION : ZELDA BOMBA
D’APRÈS WAKE IN FRIGHT DE TED KOTCHEFF
Exploitation
LE CINÉMA PAX DE LOURDES
LA RÉSURRECTION
©Cinéma Pax
©Cinéma Pax
L’établissement lourdais a repris les
séances le 20 février, modernisé et
repositionné sous l’impulsion d’un
nouveau trio d’exploitants. Avec
l’ambition de reconquérir son public,
dans une ville au profil singulier.
Fermé depuis mai 2025, le Cinéma Pax rouvre ses portes
ce vendredi 20 février. Une relance portée par une nouvelle
gérance, associant Charles Mascagni (Le Régent à Saint-Gaudens,
Le Grand Rio à Lannemezan) et Ludovic Graillat,
déjà partenaires au Grand Palais de Cahors, aux Toiles
du Rex de Pamiers et au Rex de Luchon. À Lourdes, ils
sont alliés à Marine Sans, ancienne directrice adjointe
du Royal de Biarritz, désormais à la tête du Pax.
yşegül AlganPlusieurs semaines de travaux ont été engagées
pour remettre l’équipement de trois salles à niveau : hall
entièrement refait, « plus un accueil plus lumineux et
moderne », création d’un espace d’attente et d’un coin
café, nouveau système son dans la grande salle, écran
agrandi dans la plus petite, et quelques fauteuils retirés,
à la marge, pour améliorer le confort.
« Le Pax, c’est 95 ans d’histoire, marquée notamment
par la diffusion de films religieux », rappelle Marine
Sans. Et si ces dernières années, le cinéma s’était
exclusivement centré sur des titres commerciaux, la
nouvelle équipe entend diversifier sa programmation
vers l’art et essai. L’objectif est d’obtenir le classement
et un label, « voire à terme, en fonction de l’envie du
public, l’ensemble des labels », mais également de « casser
les clichés sur Lourdes ».
Un nouvel élan ciné dans la Cité mariale
La petite ville des Hautes-Pyrénées compte 13 000
habitants… et accueille près de trois millions de
touristes par an. Une ville « originale dans son
©Cinéma Pax
fonctionnement, divisée en deux, à la fois au niveau de
sa population mais aussi au niveau géographique, avec
une partie basse composée de boutiques et de restaurants,
et une partie haute, plus résidentielle. Mais tout ça vit
ensemble », observe la nouvelle directrice, bien décidée
à ce que le Cinéma Pax trouve une place centrale dans
cette « petite ville où tout le monde se connaît, et qui ne
vit pas que pour les touristes et le tout cultuel ».
Parmi les autres équipements cinématographiques de la
commune, aux côtés du « croquignolesque » mono-écran
Majestic « qui ne passe que des films religieux », la Ville
avait ouvert la salle du Palais pour pallier l’absence d’offre
art et essai et de séances scolaires sous l’ancienne exploitation
du Pax. Quel est l’avenir de ce cinéma programmé
par le Parvis ? « Ce qui est sûr, c’est qu’au Pax, nous allons
faire notre travail, y compris à destination des scolaires »,
tranche Marine Sans. Observant que les anciens exploitants
du Pax ne réalisaient qu’environ 15 000 entrées
annuelles, « avec trois salles ouvertes tous les jours », la
nouvelle directrice espère atteindre les 60 000 spectateurs,
tout en restant consciente du « gros travail à
faire pour aller chercher un public qui a perdu l’habitude
de venir ». À cet enjeu de reconquête s’ajoutent des
contraintes très concrètes : implanté en centre-ville,
le Pax doit composer avec des conditions de circulation
et de stationnement qui s’annoncent d’autant plus
complexes à partir du mois de mars. « On est impatients
de démarrer », conclut la jeune exploitante, déterminée
à relancer la dynamique.
Aysegül Algan
32 N°511 / 4 mars 2026
L’ACTUALITÉ DE
L’EXPLOITATION ET DE LA
DISTRIBUTION CINÉMA
LE MAGAZINE PRO
ET LES SUPPLÉMENTS
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Exploitation
Le Cinéma Stars d’Arpajon
rallume ses projecteurs
Après un an de fermeture, l’équipement cinématographique
de la commune essonnienne a rouvert le
25 février sous son appellation historique, Cinéma
Stars, et désormais géré par la SPL Sorgem.
L’établissement de cinq salles et 600 fauteuils avait initialement
ouvert en octobre 2022, sous enseigne Première Cinémas
par le GECI. Il a cessé son activité moins de trois ans plus tard, à
défaut d’avoir trouvé son point d’équilibre car loin des 120 000
entrées initialement visées.
Le nouveau propriétaire, la société d’économie mixte Sorgem, a
confié l'exploitation du site à Nicolas Chemin, qui programme
également le CinéMassy (3 salles) et le mono-écran de
Longjumeau voisins. Le professionnel compte bien réinstaller
une offre de proximité équilibrée à Arpajon, dans un contexte
concurrentiel exigeant – le Kinepolis de Brétigny-sur-Orge est
à moins de 7 km. Sa programmation généraliste au Stars vise le
classement art et essai, ainsi que les labels Jeune public, patrimoine
et 15-25 ans, « du moins dans un premier temps ». Le
tout, avec un objectif « prudent » de 70 000 entrées annuelles
aligné sur les résultats de l’établissement avant sa fermeture,
UN NOUVEAU CINÉMA À MONTBÉLIARD
Alice Grégoire, présidente de l'association Le Cinéma et Rien d'Autre, le jour de l'inauguration
« tout en développant les scolaires et des animations ».
Pour la réouverture du Cinéma Stars, les interventions techniques
ont essentiellement porté sur la résolution de contentieux
urbanistiques, notamment le placement de blocs de
climatisation extérieurs. Mais Nicolas Chemin compte sur un
programme de modernisation, notamment une “lasérisation”
des projecteurs, « dans les trois ou quatre ans à venir ».
Avec le Cinéma Stars d’Arpajon, la Sorgem – majoritairement
détenue par les collectivités de l'Essonne et départements
limitrophes – a donc intégré l'exploitation cinématographique
dans ses statuts. Dans un contexte de campagne municipale,
l’opérateur semi-public observe toutefois une réserve de
communication. « La Sorgem a racheté les murs et le fonds de
commerce, dans un temps relativement court, pour faire revivre
de cinéma de proximité et soutenir l’attractivité du centre-ville »,
souligne de son côté Nicolas Chemin, qui fera également partie
de l’aventure du second projet de reprise de la société d’économie
mixte locale, à Sainte-Geneviève-des-Bois. L’actuel
complexe 4 Perray, fermé depuis avril 2024, y fera l’objet d’une
rénovation-extension, avec un passage de quatre à sept salles
et une réouverture envisagée à l’horizon du second
semestre 2028.A.A.
©Adrien Boualam
Après la fermeture de son historique Colisée en
juillet dernier, la ville du Doubs retrouve un nouveau
cinéma de proximité, Les Bains Douches,
grâce à la volonté commune de la mairie et de
Centre Image.
Pour son ouverture le week-end du 21 et 22 février,
Les Bains Douches - Le Cinéma a accueilli 400 spectateurs,
ravis de retrouver une offre de films au centre
de Montbéliard. C’est désormais dans cette salle,
partagée avec la scène nationale, que Centre Images
– le pôle d’éducation aux images de Bourgogne-
Franche-Comté – a pu développer un projet collectif
avec ses partenaires et le soutien de la Ville. Une
vingtaine de films, grand public, art et essai et patrimoine,
avec une attention particulière au jeune public,
seront ainsi proposés à raison de 18 séances par semaine,
du mercredi au dimanche, en laissant des créneaux
certaines semaines ou week-ends pour d’autres spectacles
ou activités.
« Nous avons développé ce projet avec MA scène nationale
et l’association Le Cinéma et rien d’autre, qui travaillait
déjà sur l’art et essai au Colisée, explique la directrice
de Centre Images, en créant un circuit itinérant, Circuit
Image. » Celui-ci va opérer les projections aux Bains
Douches, mais aussi dans une salle annexe, le Jules
Verne, située en quartier prioritaire de la ville et qui
accueillera surtout les dispositifs scolaires et les publics
jeunes, et ponctuellement des séances tout public. Les
deux salles ont été équipées d’écrans fixes mais le
matériel de projection, acquis par la mairie, est donc
itinérant. « Cela nous a permis de répondre très vite à
l’appel à projet de la municipalité, ce que le CNC et la
DRAC, qui nous connaissaient, ont bien compris. »
Centre Images coordonne en effet les dispositifs
nationaux d’éducation à l’image dans le Doubs, et
organise entre autres le festival Diversité à l’échelle de
la grande région. Pour Muriel Goux, l’idéal, sur le
long terme, serait de redonner vie au Colisée, “le”
cinéma historique de Montbéliard qui existait depuis
les années 60, « mais nous ne pouvions pas investir dans
un vrai cinéma ». Le Colisée, exploité par le privé
Jean-Claude Kieffer, s’était dégradé ces dernières
années au point de devoir fermer cet été pour raisons
de sécurité. Centre Images en a repris le projectionniste,
qui travaille désormais avec l’équipe d’une vingtaine
de bénévoles, aux côtés de professionnels. Muriel
Goux et sa collègue médiatrice Nora Hangler travaillent
sur la programmation jeune public et les dispositifs
d'éducation à l’image, tandis que Sacha Marjanovic
est en charge des films art et essai et grand public,
avec Le cinéma et rien d’autre.
L’objectif étant de rendre le cinéma accessible à tous,
avec une offre complète et des tarifs s’échelonnant
entre 7 et 5 €, dans une ville qui compte 25 000
habitants – et plus de 110 000 pour l’agglo. Le cinéma
le plus proche est le Megarama d’Audincourt à 8 km,
puis le mono écran de Pont-de-Roide à 25 km et le
Kinepolis de Belfort à 40 km. La directrice de Centre
Images espère attirer plus de 11 000 spectateurs par
an avec la formule actuelle.
Cécile Vargoz
Saint-Maur sécurise l’avenir du 4 Delta
Le cinéma municipal de la commune du Val-de-Marne,
fermé depuis janvier 2025 en raison de désordres
affectant plafonds et chauffage, s’apprête à ouvrir un
nouveau chapitre. Le 17 février dernier, la Ville a
officialisé la signature d’un bail de 25 ans avec le
propriétaire des murs, ouvrant la voie à une rénovation
complète du site, incluant mise aux normes et modernisation
des équipements. Une issue positive à plusieurs
mois de négociations. Le 4 Delta avait déjà été menacé
de fermeture en 2018, ses exploitants d’alors, David
et Pascal Launois, souhaitant le céder pour financer
leur projet de multiplexe dans la commune voisine
de Chennevières-sur-Marne (le Pince-Vent ouvrira à
l'automne 2018… avant d’être liquidé puis repris par
Mégarama à l’été 2023).
La municipalité avait alors acquis le fonds de commerce
du 4 Delta, confiant son exploitation à un EPIC dédié
(l’EPIC Théâtre & Cinémas) devenu locataire des
murs. L’accord de long terme trouvé avec le propriétaire
lui permet désormais de se projeter dans des investissements
de long terme, aux côtés du mon-écran Le
Lido (425 fauteuils), également municipal. La réouverture
des 4 Delta est prévue pour fin 2027.
A.A.
©Ville de Saint-Maur-des-Fossés
34 N°511 / 4 mars 2026
À BANDOL, CINÉ MÉDITERRANÉE RALLUME
LE CINÉMA MARCEL PAGNOL
Le 25 février, la commune du littoral varois a retrouvé
un cinéma en cœur de ville avec l'aménagement
d’une salle des fêtes.
Implanté à une vingtaine de mètres à peine de l’ancien
cinéma Le Caméra – fermé il y a plusieurs années puis
démoli –, le cinéma Marcel Pagnol prend place dans la
maison Tholosan. Longtemps utilisée pour des assemblées
générales, repas des seniors et autres activités associatives,
la salle a été entièrement
réaménagée et gradinée
pour accueillir 88
fauteuils. Côté technique,
elle est équipée d’un
projecteur 2K laser avec
3D active, d’un écran de
écran 6,50 m de base et
du son Dolby 7.1.
« C’est un équipement
extrêmement attendu »,
indique François Viette.
Le dirigeant du réseau
itinérant Ciné Méditerranée,
qui inaugure,
avec cette DSP, son
deuxième cinéma fixe
après le Cinéma de la
Baie à Londe-les-Maures, en novembre 2025, est déjà
un habitué des lieux puisqu’il y proposait déjà, depuis
deux ans, des séances itinérantes (en partenariat avec
l’association L’Étoile bandolaise) « qui affichaient une
moyenne de 130 entrées ». Dans un premier temps,
l’exploitation du Marcel Pagnol sera circonscrite aux
mercredis, samedis et dimanches, en raison du partage
encore partiel des lieux. Dans un premier temps,
l’exploitation du Marcel Pagnol sera circonscrite aux
mercredi, samedi et dimanche, « en raison du partage
encore partiel des lieux avec les activités associatives ».
En revanche, le cinéma sera ouvert tous les jours
durant les vacances scolaires.
Côté ligne éditoriale, Ciné Méditerranée entend
répondre aux attentes d’un public « très CSP+ » en
travaillant les films art et essai, visant le classement
et, éventuellement, le label jeune public, « et peut-être
plus tard le label patrimoine ».
Bandol compte entre 7 000 et 8 000 habitants à l’année,
mais voit sa population fortement augmenter en été.
Une forte saisonnalité qui a été intégrée dans le prévisionnel
établi à 20 000 entrées annuelles par le cabinet
Hexacom. Dans cette commune de l’agglomération
Sud Sainte Baume, que Ciné Méditerranée sillonne
déjà régulièrement via ses points itinérants, les cinémas
fixes les plus proches sont le Cinéma A.B.C. de Sanary-sur-Mer
(2 salles), le Six n'étoiles de Six-Fours-les-
Plages (4 salles) et le mono écran Casino de
Saint-Cyr-sur-Mer, tous à une vingtaine de minutes
en voiture.
À noter enfin que l’inauguration du Marcel Pagnol a
eu lieu le 24 février, en présence de Jean-Pierre Darroussin
venu présente La Pie voleuse de son camarade
Robert Guédiguian.A.A.
RÉNOVATION AU MAJESTIC DE
MONTMORILLON
Dans la commune de la Vienne de 6 000 habitants,
l’historique cinéma s’est doté d’espaces d’accueil
et d’une nouvelle visibilité.
« En un mois, les gens ont pris l'habitude de venir boire un
café dans notre salon et de s’y attarder », se réjouit Marie-Françoise
Desbrousses depuis la rénovation du Majestic. La
présidente de l’association L’Étoile, qui gère le mono
écran de Montmorillon depuis 40 ans, explique en effet
que le cinéma était jusqu’à présent coincé entre deux
commerces et peu visible de la rue. En lançant des travaux,
la municipalité, propriétaire des murs, a décidé de les
déplacer pour élargir le Majestic, qui dispose ainsi de
deux salons cosy et lumineux favorisant les échanges.
« Nous proposons beaucoup d’animations – bientôt la venue
d'Édouard Bergeon pour Rural, chaque année le festival
Ciné d’Afrique en Vienne, avec des réalisateurs venus d’Afrique,
mais aussi des séances Unipop, pour lesquelles nous offrons
un en-cas à nos spectateurs qui, jusqu’à présent, devaient
manger dans la salle. » Les travaux, entrepris dans le cadre
de la revitalisation du centre-ville, ont aussi permis de
refaire la toiture en ardoise et la façade, et de rendre le
cinéma entièrement accessible aux PMR.
Une deuxième tranche concernera le désamiantage, les
sanitaires et l’installation d’une pompe à chaleur. Au
total, le coût frôle le million d'euros, dont 300 000
financés par la municipalité, le reste provenant du programme
Petites villes de demain, du fonds de soutien du CNC
ou encore d’aides la Région Nouvelle-Aquitaine.
L’association a de son côté investi 17 000 euros dans les
équipements de billetterie, un nouveau site internet et
un affichage dynamique, fournis par Ciné Digital.
Un grand coup de neuf donc pour cette ancienne salle
des fêtes, qui proposait déjà du cinéma dans les années
30. La municipalité l’avait rénovée au début des années
80, confiant d’abord la gestion à un privé puis, en 1986,
à l’association L’Étoile, qui gérait déjà l’ancienne salle
paroissiale de La Trimouille, village de 900 habitants au
sud de la Vienne. Aujourd'hui, avec une équipe de 22
bénévoles pour Montmorillon et 15 à la Trimouille, plus
un médiateur culturel à temps plein sur les deux cinémas,
l’association propose 15 séances par semaine au Majestic,
sans compter les dispositifs École, Collège et Lycéens au
cinéma, la salle étant accessible à pied pour tous les
établissements scolaires de la ville.
L’association travaille avec Véo pour la programmation,
perçoit une aide de la mairie – qu’elle lui reverse en
grande partie pour le loyer –, son plus gros soutien
étant la subvention art et essai. Passé de 24 000 entrées
en 2019 à 21 000 en 2024, le Majestic est déjà en
progression en ce début d’année. Et si le nouvel espace
de convivialité – avec sa « cafetière professionnelle » –
donne plus de travail aux bénévoles, il donne plus
d’envie de se réunir. Dimanche dernier, Le Chant des
forêts a rassemblé 80 personnes à Montmorillon.
Cécile Vargoz
©Lisiane Belloy ©Lisiane Belloy
N°511 / 4 mars 2026
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Focus Exploitation
©Lavaur Cinéma
À LAVAUR, LE CINÉMA SE DÉCLINE
EN CINÉ PASTEL
Cinq ans après la fermeture de son
ancien mono-écran, la commune
tarnaise a retrouvé, le 20 février,
un cinéma flambant neuf, porté en
délégation de service public par Véo
et L’Yre Cinémas.
En 2019, lorsque son ancien exploitant – qui opérait en
même temps la boîte de nuit attenante – met la clé sous
la porte, le cinéma de Lavaur est repris par la Ville propriétaire
des murs. Et lorsque, deux mois plus tard, frappe
la crise sanitaire, la municipalité repense entièrement son
équipement. C’est ainsi que Ciné Pastel, de 3 salles et
404 fauteuils, prend forme sur l'îlot intégralement rasé
et reconstruit, sans aucune artificialisation de sols, à deux
pas de la mairie et dans le périmètre protégé de la cathédrale
Saint-Alain. La maîtrise d’ouvrage a été confiée à
l’Arac Occitanie (Agence régionale aménagement construction
Occitanie), qui a livré la coque pour un budget
global d’un peu plus de 4 M €.
Une exploitation en duo
C’est là qu'entre en scène la société Lavaur Cinéma, issue
de l’association entre Véo (qui en détient 51 %) et L’Yre
Cinémas (49 %), conjointement retenus pour une DSP
de 12 ans. La nouvelle structure portera l’intégralité de
l’aménagement intérieur, représentant 800 000 euros
d’investissements. Les trois salles sont équipées en projection
laser, en 3D active et en son 7.1. Afin de répondre
à des contraintes d’espace, l’une d’elles reprend le dispositif
de projecteur intégré dans les soffites – soit dans le faux
plafond accueillant les gaines de soufflage –, déjà expérimenté
par Véo à la Cartoucherie de Toulouse.
INFOS PRATIQUES
TARIFS
Normal : 8,90 €
Réduit : 7,90 €
(étudiants de moins de 25 ans, retraités,
personnes en situation de handicap,
demandeurs d’emploi, bénéficiaires
du RSA)
-18 ans : 6,90 €
-14 ans : 5 €
Séances du matin (avant 13h) : 5,90 €
Carte 10 entrées : 69 €
Carte magnétique (achat ou
remplacement) : 3 €
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Au-delà des choix techniques, pour Jean Villa, directeur
général des cinémas Véo, le Ciné Pastel est « l’archétype
du cinéma de proximité », et un équipement très attendu
dans la commune de 10 000 habitants, comme en atteste
le succès de la journée portes ouvertes du 18 février
dernier. En plus de 6 ans d’absence de cinéma dans leur
ville, les spectateurs lavauréens se sont reportés vers les
établissements implantés dans un périmètre de 25 km
– dont le Cinéma Vertigo (2 salles) de Graulhet et l’Imagin'
Cinémas (4 salles) de Gaillac –, « voire jusqu'à l’agglomération
toulousaine… ou n’allaient tout simplement plus au
cinéma », note Jean Villa.
Prêt à relever l’enjeu de reconquête du public, le Ciné
Pastel garde le cap, fixé avant-crise, d’une fréquentation
annuelle comprise entre 65 000 et 70 000 entrées. Le
tout avec une programmation généraliste et art et essai,
et l’objectif d’obtenir le classement, tout comme celui
de mener « un travail spécifique en direction du public
jeune, notamment grâce aux liens étroits tissés avec la section
cinéma du lycée de la ville ». Jérôme Quaretti, qui gère
L’Yre Cinémas avec Frédéric Perrot, souligne de son côté
que le ciné-club historique de la ville reprendra ses séances
patrimoine dès le mois prochain. Quant au rooftop du
cinéma et son restaurant qui viendront compléter le
nouvel équipement, « la mairie a mis le choix du délégataire
en stand-by durant la période électorale, mais nous comptons
avoir, d’ici quelques mois, une offre de restauration qui
pourra optimiser la sortie cinéma, au-delà du coin-café du
Ciné Pastel et les établissements alentour », ajoute Jérôme
Quaretti.
À noter enfin que, dans le cadre de leur partenariat, Véo
– qui programmait déjà le mono écran de Lavaur – assure
la programmation via son entente, et L’Yre Cinémas, la
direction opérationnelle du site.
Ayşegül Algan
©Lavaur Cinéma
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : ARAC / LAVAUR CINÉMAS
Maître d’œuvre / pilote : OSCO ARCHITECTURE/THIBAUT FRÉCON
ARCHITECTE EI / ID-CINÉ - ALPHA BET
Bureau de contrôle : QUALICONSULT
BÂTIMENT
Gros œuvre : GBMP
Electricité et réseaux : GB ENERGIE / ALLEZ ENERGIES
Climatisation/chauffage : ALIBERT
FAÇADE/HALL
Comptoir : RONCO
Système de billetterie : EMS MONNAIE SERVICES
Signalétique intérieure : NEON AQUITAINE
Enseignes façade : NEON AQUITAINE
Affichage dynamique : SONIS
SALLES
Fauteuils : KLS
CABINES
Installateur : MÉDIATECHNIQUES
EXPLOITATION
Programmation : VÉO
SITE INTERNET
Conception : MONNAIE SERVICES / BONNE IMPRESSION
*Basé sur le déclaratif de la salle
©Lavaur Cinéma
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 72 3 8,5 5.1 laser
2 132 5 10 7.1 laser 4K
3 187 5 13,5 7.1 laser 4K
TOTAL 391 13
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Miscellanées
PROCHAINE CDACi
DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO
11/03/26 SAS CINEMOVIDA (GROUPE CGR) CGR CHÂTEAUROUX 2 233 Projet de transfert-extension du multiplexe
CGR Châteauroux (8 salles et 1 078 places)
Châteauroux Indre Châteauroux Métropole
11/03/26 SAS SEDAN CINÉMA APOLLO 5 810 Projet de création Sedan Ardennes Ardenne Métropole
Les Mycéliades :
une 4 e édition encore
en expansion
L’édition 2026 du festival SF coordonné par l’ADRC et
Images en bibliothèques s’est achevée le 15 février, après
16 jours d’événements autour de la thématique des
“Résiliences”. Organisé dans plus de 80 villes de France,
Les Mycéliades a attiré un public toujours plus nombreux
et diversifié, avec plus de 20 000 spectateurs dans les
cinémas, soit une augmentation de 5 % par rapport à
l’année précédente, qui était déjà en forte progression.
Les médiathèques ont accueilli plus de 8 000 visiteurs.
Avec 580 animations, 230 intervenants issus de divers
domaines et 16 tournées d’ambassadeurs, le festival a
mobilisé un public varié, notamment les 15-25 ans qui
ont représenté en moyenne 35 % des participants, atteignant
même 80 % dans certaines structures. Un engouement
qui confirme « l’importance de développer la
manifestation sur l’ensemble des territoires et la nécessité de
convoquer un dialogue interdisciplinaire autour de questions
science et société impactantes », soulignent l’Agence nationale
pour le développement du cinéma en régions et Images
en bibliothèques, qui donnent rendez-vous en février
2027 pour la cinquième édition.
©Les Mycéliades
Sofica : cap maintenu
Les douze Sofica agréées en 2025 ont collecté environ
73 M €, « soit 99,5 % de l’enveloppe totale autorisée »,
précise le CNC a propos de ce dispositif adossé à l’épargne
privée, qui permet aux souscripteurs de bénéficier d’une
réduction d’impôt pouvant atteindre 48 %. En contrepartie,
les Sofica contribuent chaque année au financement
de plus de la moitié des films d’initiative française et près
de la moitié de tous les films agréés par le CNC.Un outil
de financement « plus que jamais indispensable pour
accompagner le dynamisme de la création indépendante de
films et de séries en France », commente Gaëtan Bruel.
« Les Sofica sont notamment devenues des partenaires des
premiers et deuxièmes films, des films de moins de 8 M €,
ou encore des œuvres d’animation. »
L'Affaire Bojarski
Parmi les longs métrages qui ont bénéficié de l’apport
de Sofica figurent, entre autres, La Petite Dernière de
Hafsia Herzi, Amélie ou la métaphysique des tubes de
Liane-Cho Han et Maïlys Vallad, Partir un jour d’Amélie
Bonnin, La Femme la plus riche du monde de Thierry
Klifa, Dossier 137 de Dominik Moll, L’Inconnu de la
Grande Arche de Stéphane Demoustier ou encore L’Affaire
Bojarski de Jean-Paul Salomé.
© 2025 Guy Ferrandis - Le Bureau Films - Les Compagnons du Cinema
Carnet noir
Claude Bertin Denis,
collectionneur majeur
C’est la perte du « plus grand
collectionneur d’affiches de France,
véritable passionné et passionnant
de cinéma, n'hésitant pas à prêter
ses affiches à tous les cinémas qui
en avaient besoin », regrette
Brigitte Lonchampt Frelet,
exploitante du cinéma Olympia
de Pontarlier. Claude Bertin Denis nous a quittés le
19 février dernier à l'âge de 80 ans. Il laisse derrière
lui plus de 500 000 affiches et plus d’un million de
photos de tous les pays du cinéma. Par ailleurs président
du Centre de ressources iconographiques pour le
cinéma de Pontarlier, il y organisait régulièrement des
expositions d’affiches. Après celle, en cours, consacrée
à Bernard Blier, débutera l’exposition hommage à
l’affichiste Constantin Belinsky, en présence de la fille
de ce dernier (7-22 mars).
A.A.
Soutiens
Afcae
Coup de Cœur 15-25
Plus fort que moi de Kirk Jones
(Tandem, 1 er avril)
Marama de Taratoa Stappard
(Grindhouse Paradise, 22 avril)
ADRC
Séances accompagnées
Plus fort que moi de Kirk Jones
(Tandem, 1 er avril)
Wives d’Anja Breien (Malavida, 1 er avril)
Romeriá de Carlá Simon (Ad Vitam, 8 avril)
Nous l’orchestre de Philippe Béziat
(Pyramide Distribution, 22 avril)
GNCR
Dao d’Alain Gomis (Jour2Fête, 29 avril)
AGENDA DE LA PROFESSION1
AG VÉO 12/03/26 PLAISANCE-DU-TOUCH ET TOULOUSE
AG SYNDICAT DES CINÉMAS DE PROXIMITÉ 13/03/26 TOULOUSE
RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON
JOURNÉES PROFESSIONNELLES DE CINÉMAS 93 17 et 18/03/26 PANTIN
PRINTEMPS DU CINÉMA 22 au 24/03/26 FRANCE
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS
AG ANNUELLE DU SFTC 31/03 et 01/04/26 PARIS
RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER
AG CHAMBRE SYNDICALE DES CINÉMAS DE NORMANDIE 29 et 30/04/26 FÉCAMP
AG CHAMBRE SYNDICALE DES CINÉMAS NORD-PAS-DE-CALAIS 05/05/26 LOMME
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES
FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES
RÉUNION EUROPA CINEMAS 17/05/26 Cannes
AG DU SYNDICAT DES PAYS DE SAVOIE 02/06/26 ANNECY
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE
CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 17 au 19/06/26 DINARD
STUDIO SHOW 02 et 03/07/26 PARIS
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IF... PRODUCTIONS, HAUT ET COURT ET LIMAN FILM PRÉSENTENT
UN THRILLER POLITIQUE SAISISSANT
LES INROCKUPTIBLES
PAR LE RÉALISATEUR DE
LA SALLE DES PROFS,
NOMMÉ AUX OSCARS®
CRÉATION : IF... PRODUCTIONS / HAUT ET COURT / LIMANFILM / ZDF MMXXV
ÖZGÜ NAMAL
TANSU BİÇER
YELLOW LETTERS
UN FILM DE
İLKER ÇATAK
AU CINÉMA LE 1 ER AVRIL