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Haiti Liberte 4 Mars 2026

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Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

LE BUTIN A-T-IL ÉTÉ BIEN PARTAGÉ ?

Kapayisyen:

Glisman tè blese

senk moun epi detwi

kat kay !

Page 6

Position officielle

du Mouvement

Reconoci-do

concernant l’éditorial

du Diario Libre sur

la nationalité et

l’apatridie !

Page 7

D’UN ASSASSINAT À L’AUTRE !

Voir page 4

Le Premier ministre Fils-Aimé a présenté, le mardi 3 mars 2026, les membres du nouveau gouvernement de

transition issu du pacte de la honte.

From Iran to

Venezuela to

Haiti, Duplicity

and Illegality Are

Foundations of U.S.

Conduct

page 9

Cuba : Nouveaux

détails sur

la tentative

d’infiltration de

terroristes !

Page 10

Voir page 3

Lorsque les États-Unis ont assassiné ouvertement et illégalement l’Ayatollah Khamenei, cela ne l’a-t-il pas amené à

penser qu’ils avaient joué un rôle dans le meurtre du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, comme

beaucoup le soupçonnent ?

La dictature

néocoloniale du

kenyan doit libérer

Booker Ngesa Omole !

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Le chantage de Washington !

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

Par Berthony Dupont

Face aux manœuvres de l’impérialisme américain visant à démanteler

profondément certains pays sous des prétextes inimaginables,

à les dénigrer injustement, souvent à l’aide d’informations

inexactes, nous, à Haïti Liberté, restons fiers et inébranlables dans

nos convictions politiques et dénonçons avec force l’administration

de Donald Trump. Nous constatons avec indignation que nombre de

groupes opportunistes adoptent des positions erronées et indécises

lorsqu’ils doivent choisir entre progrès et régression, entre révolution

et contre-révolution, et surtout, entre internationalisme prolétarien

et alliance capitaliste impie. Ces fossoyeurs de la libération

nationale agissent comme une balle ballottée dans tous les sens,

tout en démontrant concrètement leur allégeance à la politique occidentale.

C’est pour dénoncer cette pratique, afin de ne créer aucune

confusion susceptible d’induire les masses en erreur, que notre position

demeure claire et invincible sans la moindre déviation, dans

la mesure où nous ne fléchissons jamais au gré des circonstances.

Quel qu’en soit le temps qu’il fait, nous n’avions rien changé,

si ce n’est les saisons qui changent avec le temps ; non pas notre

détermination permanente, notre résistance profonde. Depuis nos

débuts jusqu’à aujourd’hui, près de 20 ans de lutte quotidienne,

notre message reste et demeure le même, car nous ne courberons

guère face au chantage de Washington. Nous restons fidèles à nos

principes, afin que notre position, pour aucune raison, ne soit jamais

identique à celle d’un quelconque représentant de la classe

dirigeante servant ce péché mortel qu’est le système capitaliste

occidental. Et c’est pourquoi notre véhicule idéologique ne circule

jamais sur deux routes opposées ; nous restons toujours sur notre

voie, et c’est ce qui nous donne évidemment la force, le zèle, la

légitimité et les arguments solides pour défendre notre pays victime

d’agression impérialiste.

Ainsi, chaque semaine, le journal est devenu un lieu de vive

confrontation entre les idées des classes laborieuses, afin de contrecarrer

et d’empêcher la mise en œuvre des manœuvres de ceux qui

exploitent véritablement les masses. Il s’agit également de contrer

les complots ourdis par la réaction interne, qui s’oppose au droit du

peuple haïtien à l’autodétermination sur son propre territoire. Il est

triste de voir Haïti, pays qui fut jadis un exemple de révolution sociale

et de lutte contre l’esclavage, sombrer dans ce bourbier, où ses

dirigeants, sans exception, servent désormais l’ennemi des peuples

luttant pour un changement fondamental. L’Empire américain et

son allié sioniste criminel viennent de perpétrer en Iran un acte

lâche de terrorisme. Voilà sur quelle force criminelle Haïti s’appuiet-elle

pour promouvoir son développement. Un monstre capitaliste

qui a détruit l›Irak, la Libye, la Syrie, et ne se soucie pas de la cause

de la paix mondiale.

Il veut faire sa proie du Venezuela tout en continuant de menacer

et d’asphyxier la révolution cubaine. Inféodés au criminel impérialiste,

ces exemples n’ont aucune signification et ne sont pas

conformes aux intérêts des classes bourgeoises haïtiennes. Rien ne

semble pouvoir changer en Haïti avec une telle servilité des néo-colonisés,

qui vise à fragiliser davantage le pays par des actes de sabotage,

d’assassinats et d’autres moyens, allant jusqu’à discréditer

ceux qui combattent véritablement pour la révolution. Lorsqu’un

gouvernement en arrive à utiliser des mercenaires étrangers contre

son propre peuple, sachez que la situation a atteint son paroxysme.

Il convient également de noter qu’une série de facteurs se sont

manifestement conjugués pour nous conduire à ce niveau de dégradation

sociale. La vérité est que ce système de destruction totale,

qui élabore des politiques préjudiciables aux intérêts des peuples

opprimés luttant pour leur pleine liberté, pour la paix et le bonheur

universels, est précisément le système dont les Haïtiens corrompus,

sans exception, espèrent et attendent la rédemption censée les arracher

au bourbier dans lequel ils sont englués.

Un système qui multiplie les manœuvres sournoises, les intrigues,

les abus de pouvoir, les assassinats politiques, les détournements

de fonds publics et le recours à la terreur politique pour

se maintenir au pouvoir au profit d’un régime sanguinaire qui refuse

de se sacrifier pour le bien du peuple. Ces conspirateurs contre

la cause haïtienne sont de deux ordres : les complices déclarés de

l’impérialisme et ceux qui collaborent par leur silence assourdissant.

Pourtant, les accusations les plus graves sont aujourd’hui portées

contre les gangs, présentés comme les principaux coupables. Ces

accusations ne reposent sur aucune volonté délibérée sauf de permettre

aux forces impérialistes de poursuivre leurs basses besognes.

Avec la domination impérialiste américaine, il n’y aura plus jamais

l’émergence d’une vie nationale porteuse d’espoir pour les masses

appauvries. Nous devons nous attendre au pire !

Ce qui se trame, c’est de nous barrer la route. Ce nouveau gouvernement

illégal est déjà une véritable clique de voyous de toutes

sortes, de connivence avec des membres corrompus de la classe

politique et l’oligarchie économique réactionnaire, non seulement

pour créer une situation menant à l’effondrement total de la nation,

mais aussi pour nous faire accepter le chantage que nous sommes

une colonie américaine. Certains individus naïfs, voire opportunistes,

qui soutenaient hier le Conseil Présidentiel de Transition

(CPT), font aujourd’hui preuve d’une remarquable constance en

offrant sans hésiter leur soutien au Premier ministre de facto, Alix

Didier Fils-Aimé, véritable agent de l’impérialisme américain, afin

de servir leurs intérêts en Haïti. Le pacte antinational adopté est une

alliance contre nature qui témoigne d’un profond mépris pour l’ingouvernabilité

de la cause nationale, afin de justifier l’inacceptable

et de permettre aux détenteurs du pouvoir politique de continuer à

vivre confortablement tandis que les masses défavorisées luttent

pour survivre.

Nous continuerons de consolider notre position d’anti-impérialisme

qui conditionne toujours notre point de vue. Notre engagement

révolutionnaire envers la lutte des masses exploitées et marginalisées

dans les zones de non-droit restera inattaquable. Notre

position irrévocable est précisément ce qui gêne nos détracteurs de

tous bords, mobilisés pour dépouiller le pays de tout progressisme.

Nous autres, nous avons choisi notre camp : inconditionnellement,

aux côtés non seulement du peuple haïtien, mais aussi des Cubains,

des Vénézuéliens, des Iraniens, des Palestiniens et d’innombrables

autres peuples, luttant pour leur droit à l’autodétermination, afin

de balayer ce système et de transformer l’ordre établi. Tant que ce

système de domination existera, nous resterons des combattants

indomptables, armés de la volonté populaire de ne pas céder au

chantage américain, afin que l’étendard de la lutte anti-impérialiste

ne soit jamais abaissé !

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Email :

editor@haitiliberte.com

Website :

www.haitiliberte.com

DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Victoria T. H. Sylvain

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Eddy Toussaint

Edmond Bertin

Robert Garoute

Jacques Nési

Ed Rainer

Elysée Luckner Vil

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

Didier Leblanc

DISTRIBUTION: MIAMI

Pierre Baptiste

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2 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


D’un assassinat à l’autre !

A Travers Haiti

Par Kervens Louissaint

De l’Iran au Venezuela, en passant

par Haïti, la duplicité et l’illégalité

sont les fondements de la conduite

des États-Unis.

Lorsque l’administration Trump

participe à l’assassinat du guide suprême

iranien Ali Hosseini Khamenei

ou envoie la Delta Force de l’armée

américaine kidnapper le président

vénézuélien Nicolas Maduro, elle ne

fait que reproduire au grand jour ce

que toutes les administrations américaines

pratiquent en coulisses : la projection

de cette puissance mondiale par

tous les moyens nécessaires, même au

mépris du droit international.

C’est précisément là que se pose

une question cruciale : comment les

États-Unis peuvent-ils orchestrer des

opérations aussi complexes et audacieuses

à travers le monde – frappes

ciblées, arrestations de chefs d’État,

changements de régime – tout en niant

toute implication dans l’assassinat du

président Jovenel Moïse le 7 juillet

2021 ?

Officiellement, ce n’était pas

l’administration Trump, mais l’administration

Biden ; Cependant, la question

n’est pas tant de savoir qui est

au pouvoir, mais plutôt de reconnaître

que les choix stratégiques de la politique

étrangère américaine transcendent

les clivages partisans.

Les structures de l’« État profond

», les agences de renseignement et le «

Le kidnapping du président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse

complexe militaro-financier-industriel

» fonctionnent sans interruption, quel

que soit le président en fonction.

C’est un point essentiel pour

comprendre le paradoxe haïtien :

depuis 1915, les États-Unis exercent

un contrôle direct ou indirect sur les

aspects fondamentaux de la vie politique,

économique et sécuritaire d’Haïti.

Ce sont eux qui ont créé le premier

groupe, avec le FRAPH d’Emmanuel

Toto Constant, pour empêcher le retour

au pouvoir du mouvement Lavalas.

Puis ils ont envoyé la MINUSTAH,

soi-disant pour stabiliser le pays, mais

en réalité pour le déstabiliser à leur

avantage. Cette histoire américaine est

révélatrice : demander aujourd’hui au

peuple haïtien de collaborer à la « capture

de certains chefs de gangs » revient

à le duper. D’une manière ou d’une

autre, la violence actuelle s’inscrit directement

dans leurs projets avec la

République dominicaine, visant non

seulement à détruire le tourisme dans

le pays, mais aussi à faire d’Haïti un

pays économiquement dépendant de

la République dominicaine, alliée directe

de l’impérialisme américain dans

le projet d’anéantissement d’Haïti.

Certains prétendent que Washington,

capable d’éliminer et d’enlever

des chefs d’État étrangers, n’a pas tué

ni capturé les dirigeants de la coalition

armée Viv Ansanm car ils seraient des

escrocs. Cet argument est simpliste,

facile, voire fallacieux. Affirmer cela,

c’est méconnaître les enjeux.

La seule personne que les Américains

souhaiteraient éliminer est l’ancien

policier Jimmy Cherizier, pour son

idéologie, sa formation militaire, sa

capacité à fédérer deux groupes armés

rivaux, à les organiser, à leur faire

comprendre qu’ils servent la même

cause, qu’ils appartiennent à la même

classe sociale et que leurs intérêts sociaux

sont les mêmes et de plus qu’ils

ont le même ennemi commun. Au lieu

de s’autodétruire l’un l’autre, il serait

à l ;’avantage de la lutte des masses

défavorisées qu’ils unissent leurs

forces pour lutter contre leur ennemi

commun : le système capitaliste et ses

tentacules criminelles antinationaux

que sont l’oligarchie bourgeoisie et la

clase politique traditionnelle parasite.

L’impérialisme a bien vite compris

ce qui est la base de Viv Ansanm

dans les quartiers pauvres abandonnés.

Pour empêcher que le virus de

lutte de classe n’atteigne pas les masses

populaires en son ensemble jusqu’à

se rallier à Viv Ansanm, d’autant plus

que ces dernières avaient salué et applaudi

la lutte efficace qui a conduit

à l’effacement du Premier ministre

Ariel Henry, que les États-Unis ont

complètement profité pour l’écarter

définitivement en le démettant de ses

fonctions de Premier ministre.

Cette action n’est pas passée

inaperçue, puis vient l’échec du Conseil

Présidentiel de Transition et de

la mission kényane, qui n’a pas su

susciter un espoir illusoire de paix et

d’élections permettant de se féliciter de

la résolution de la crise haïtienne. Cela

a poussé l’administration américaine à

envisager la création d’une force plus

Le mercenaire Erick Prince

robuste. Le secrétaire d’État américain

Antony Blinken a soutenu la transformation

de la mission multinationale de

soutien à la sécurité (MSS) dirigée par

le Kenya en Haïti en une opération de

maintien de la paix officielle des Nations

Unies. Puis sous l’administration

de Donald Trump, le secrétaire d’État

américain Rubio Marco a suggéré la

force de répression des gangs. C’est de

ce projet que le gouvernement de facto

dirigé par Alix Didier Fils-Aimé remplaçant

de Garry Conille va profiter de

cet héritage. Fils-Aimé est allé jusqu’à

l’extrême en recrutant des mercenaires

de la société d’Erik Prince et Vectus

Global pour accomplir sa sale besogne.

La Force de Suppression des Gangs

(GSF), elle-même appuyée par l’ONU,

et le Blackwater devraient collaborer

avec la Police nationale haïtienne

(PNH) afin qu’une quelconque paix

soit maintenue dans le pays.

Voici le résultat de cette soidisant

accalmie : les massacres perpétrés

par drones et escadrons de la

mort par Vectus Global, avec la complicité

de la PNH et de la GSF, dans les

quartiers populaires de Viv Ansanm

sont abominables. Environ 90 % des

victimes sont des civils innocents.

Comme à Gaza, la population haïtienne,

déjà pauvre, est la principale

victime.

En résumé, Haïti n’est pas encore

une priorité pour Washington car

aucun mouvement révolutionnaire ne

s’est encore développé dans les quartiers

populaires sous la direction d’une

organisation révolutionnaire structurée.

Bien que le secrétaire d’État

américain, Marco Rubio, ait déclaré

que les États-Unis pourraient déployer

des troupes au sol en Haïti cette année

pour tenter de briser la lutte des masses

pour un changement fondamental,

cela constitue une violation de la Constitution

haïtienne de 1987 et de la

Charte des Nations Unies.

Ceci met en lumière une règle

immuable de la géopolitique impérialiste

: la moralité affichée n’est qu’un

vernis, un masque servant à justifier

des actions visant le contrôle, la domination

et la terreur.

Les armes, les institutions, le

droit international, et même les demandes

de coopération, sont des instruments

permettant de traduire et de

légitimer les instincts et les intérêts.

Sous le vernis de la démocratie ou de

l’humanitarisme, la réalité demeure

la même : le pouvoir se mesure à ce

qu’un acteur peut réellement imposer,

et non aux règles qu’il prétend respecter.

En bref, qu’il s’agisse de l’Iran,

de la Palestine, du Venezuela, de Cuba

ou d’Haïti, le problème ne réside ni

dans l’exception Trump, ni dans le

président actuel, mais dans la structure

sous-jacente et persistante du

pouvoir américain, capable d’agir à

l’échelle mondiale tout en dictant aux

autres ce qu’il souhaite qu’ils croient

ou fassent. Comprendre cette vérité est

essentiel pour saisir l’histoire récente

d’Haïti et le cynisme persistant ainsi

que la langue de bois de ses maîtres

néo-coloniaux.

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Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

3


A Travers Haiti

Le butin a-t-il été bien partagé ?

Le lundi 2 mars 2026, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, lors d’un Conseil des ministres à la Primature a

procédé à un remaniement ministériel…

Les membres du Corps diplomatique

Par Isabelle L. Papillon

Suite à la signature du Pacte national

pour la stabilité et l’organisation des

élections, les protagonistes de ce pacte

honteux – à savoir Fanmi Lavalas,

OPL, EDE, ASE, PHTK, ESPWA, Inite

et toute l’élite politique, dépourvue de

conscience nationale si ce n’est le désir

de s’enrichir personnellement – ​se sont

de nouveau réunis, dans un contexte

de réalignement politique marqué par

de récentes négociations entre le pouvoir

exécutif et les signataires du Pacte

colonial. Ainsi, plusieurs partis politiques

signataires étaient censés être

teurs politiques ont prétendu que leur

accord serait durable et permettrait au

pays de retrouver l’ordre constitutionnel,

restaurant ainsi la confiance entre

les citoyens et les institutions censées

garantir le respect des droits fondamentaux

sur l’ensemble du territoire. Quelle

belle promesse, si ce n’était que des

paroles en l’air, une vaine tromperie

que nous sommes las d’entendre parler

dans le pays.

C’est dans ce contexte que, le

lundi 2 mars 2026, le Premier ministre

Alix Didier Fils-Aimé, lors d’une

réunion extraordinaire du Conseil des

ministres à la Primature, a procédé

à un remaniement ministériel, con-

du FAES, et Chesnel François, le nouveau

directeur général de la Direction

générale des impôts (DGI).

Par ailleurs, Patrick Pélissier

conserve son poste au ministère de la

Moïse Louis prend la tête du

ministère de l’Environnement.

Stéphanie Smith prend la tête du

ministère du Tourisme.

Et Patrick Chrispin devient

Hans Célestin de l’Office national

de l’aviation civile (OFNAC),

Pierre Richard René du ministère

de l’Agriculture et Bernard Élie du

ministère de la Défense.

Alix-Didier Fils-Aimé et ses nouveaux ministres

Alix-Didier Fils-Aimé et Emmanuel Ménard

représentés au sein du gouvernement

afin, soi-disant, de promouvoir une

meilleure gestion des affaires publiques

et un gouvernement plus équilibré.

En d’autres termes, il s’agissait plus

clairement de partager le butin avec les

principaux acteurs qui ont facilité les

manœuvres douteuses du Premier ministre

de facto, Didier-Alix Fils-Aimé, lui

permettant d’occuper la Primature et

la Présidence de l’État haïtien illégalement

sans aucun mandat populaire,

voire indéfiniment, jusqu’à la tenue des

élections présidentielles que personne

n’est assurée quand elles seront lieues

exactement.

N’est-ce pas là une aubaine

offerte à cet opportuniste pour qu’il

puisse faire du pouvoir son propre profit

? Pour apaiser la population, les ac-

formément à l’article 10 de ce pacte

antinational, afin de récompenser les

principaux contribuables. N’est-il pas

important de rappeler que les ministres

présents à cette réunion ne seront pas

laissés pour compte par le Premier ministre,

même après plus d’un an à s’être

gavés et à avoir pillé les caisses de

l’État ? Enfin, le moment est venu de

partager le gâteau. Le Premier ministre

annonce la présence de plus de vingt

invités à ce festin. À noter que Serge

Gabriel Colin, ancien directeur général

du Fonds d’assistance économique et

sociale (FAES), figure parmi les invités

d’honneur depuis le lundi 23 février

2026, date de sa nomination comme

ministre de l’Économie et des Finances.

Sont également nommés Kesner

Romilus, qui devient directeur général

Ceux qui ont perdu leur portefeuille ministériel

Justice et de la Sécurité publique, tout

comme Bertrand Sinal au ministère de

la Santé publique et de la Population.

Quant à Paul Antoine Bien-Aimé, il

est retourné à sa propriété privée, le

ministère de l’Intérieur et des Communautés

territoriales.

Pour compléter la liste des convives,

il a fait appel à Joseph Almathe

Pierre-Louis pour prendre la tête du

ministère des Travaux publics, des

Transports et des Communications, en

remplacement de Raphaël Hosty. Dumas

Pithagore, ministre de la Jeunesse,

des Sports et de l’Action civique, succède

à Sarah Lynn Dévalisé Octavius.

L’ancien secrétaire d’État à la

Sécurité publique, Mario Andrésol, est

nommé ministre de la Défense, en remplacement

de Jean Michel Moïse.

Vijonet Déméro, ministre de l’Éducation

nationale et de la Formation

professionnelle, remplace Augustin

Antoine (tenten), un opportuniste sans

scrupules.

Raina Forbin, ministre des Affaires

étrangères et des Affaires religieuses,

succède à Jean-Victor Harvel

Jean-Baptiste.

Sandra Paulemont prend la tête

du ministère du Plan et de la Coopération

extérieure, en remplacement de

Ketlenn Florestal.

Marcelin Aubourg prend la direction

du ministère de l’Agriculture, en

remplacement de Vernet Joseph.

Emmanuel Ménard prend la tête

du ministère de la Culture et de la Communication,

en remplacement de Patrick

Délatour.

Marc-Élie Nelson devient ministre

des Affaires sociales et du Travail,

en remplacement de Georges Wilbert

Franck.

secrétaire d’État à la Communication.

Joseph Bernard Mathias Chetigny,

directeur général de l’Autorité nationale

des aéroports (AAN)

Rodolph Grégoire Emile, directeur

général du Fonds d’entretien des

routes

Daril Balthazar, directeur du Service

national de gestion des déchets

solides (SNGRS), Joselyn Pierre de l’Office

de la responsabilité civile automobile

(OAVCT),

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Nous n’avons encore entendu

aucune plainte de la part des politiciens,

notamment les grands-mangeurs,

même si certains attendent secrètement

leur part. Mais dans quelques

semaines, lorsque le gâteau sera entièrement

partagé, ne soyez pas surpris

si vous entendrez des plaintes de ces

charlatans, ces prostitués politiques venant

de tous les partis politiques moribonds

du pays.

4 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


Perspectives

Moïse Jean-Charles : L’opposant

professionnel qui prospère dans les

gouvernements qu’il dénonce

Le théâtre permanent

Le peuple haïtien assiste depuis

des années à un théâtre répétitif :

crise politique. Discours incendiaire

de Moïse Jean-Charles. Mobilisations.

Négociations en coulisses. Gouvernement

de transition. Présence, directe

ou indirecte, de son courant.

Puis le cycle recommence. Ce

n’est plus une posture idéologique.

C’est une méthode. Moïse Jean-Charles

n’est pas un accident du système. Il en

est devenu un rouage sophistiqué.

La dépendance étrangère

offre une solution de

facilité, mais étouffe la

culture, le développement

et l’avenir d’Haïti

Par Reynoldson Mompoint

Depuis l’ère de Jocelerme Privert, un

scénario se répète avec une régularité

presque obscène : crise politique,

mobilisation populaire, dénonciations

enflammées… puis négociations en

coulisses. Au centre de cette mécanique

bien huilée, un homme s’est

imposé comme expert en indignation

permanente : Moïse Jean-Charles.

Il est temps de cesser les euphémismes.

Moïse Jean-Charles n’est

pas seulement un opposant. Il est devenu

un opposant professionnel, un

acteur politique qui a fait de la contestation

un métier rentable, tout en

s’assurant que ses réseaux ne soient

jamais totalement exclus des gouvernements

qu’il fustige.

La colère comme fonds de

commerce

Moïse Jean-Charles parle fort. Il

accuse l’oligarchie. Il dénonce la corruption.

Il promet la rupture. Il incarne

la voix des exclus, des quartiers oubliés,

des jeunes sans avenir.

Mais depuis 2016, une constante

dérange : à chaque transition, à

chaque gouvernement dit de consensus,

son courant politique trouve un

espace. Sous Privert, il était au cœur

du jeu politique. Sous Jovenel Moïse,

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L’ancien sénateur Moïse Jean-Charles

qu’il combattait avec virulence, ses

relais continuaient d’exister dans l’architecture

institutionnelle informelle.

Après l’assassinat de Jovenel, lors des

négociations de transition, son nom

revenait systématiquement autour des

tables de discussion.

Toujours dehors dans le discours.

Jamais totalement dehors dans

les faits.

L’opposition sans risque

Il y a une différence fondamentale

entre l’opposant courageux

et l’opposant stratégique. Le premier

accepte le risque de l’isolement. Le

second négocie son influence. Moïse

Jean-Charles a choisi la seconde voie.

Il ne gouverne pas directement. Il ne

signe pas les décrets. Il ne porte pas

officiellement les échecs. Mais il veille

à ce que son courant, ses alliés, ses

hommes, aient un pied dans la maison.

Ainsi, il conserve le luxe suprême

: dénoncer les échecs d’un gouvernement

où ses proches ont parfois

contribué à placer des pièces ; mobiliser

contre un système dont il n’est jamais

totalement exclu ; préserver son

capital politique en évitant la responsabilité

directe.

C’est une stratégie redoutablement

efficace. Et profondément

cynique.

Depuis Privert, la même

méthode

Depuis la transition de 2016,

le pays s’enfonce : insécurité galopante,

effondrement institutionnel,

gangstérisation de l’espace public,

fuite massive des cerveaux. Et pendant

que l’État vacille, Moïse Jean-

Charles reste debout. Intact. Toujours

prêt à dénoncer le gouvernement en

place, quel qu’il soit.

Mais posons la question frontalement

: si tous les gouvernements sont

illégitimes, pourquoi ses représentants

ne sont-ils jamais absents des structures

de transition ? Pourquoi son courant

politique apparaît-il toujours dans

les négociations d’accords ? Pourquoi

ses proches gravitent-ils autour des

centres de décision ? Pourquoi ne

rompt-il jamais définitivement avec

un système qu’il qualifie lui-même de

pourri ?

Parce que la rupture totale coûte

cher. Parce que l’exclusion réelle est

risquée. Parce que l’opposition radicale,

si elle est cohérente, doit parfois

accepter l’isolement. Or, Moïse Jean-

Charles refuse l’isolement. Il préfère

l’influence indirecte.

Une opposition qui entretient

ce qu’elle prétend combattre

Le drame, c’est que cette stratégie

affaiblit la crédibilité de toute opposition

réelle en Haïti. Quand un

leader passe son temps à dénoncer

la corruption tout en participant aux

arrangements politiques, il normalise

l’ambiguïté. Il envoie un message

dangereux : on peut condamner un

système et en tirer profit simultanément.

C’est ainsi que la transition

permanente est devenue un mode

de gouvernance. C’est ainsi que les

mêmes figures circulent d’accord en

accord. C’est ainsi que l’indignation

devient une monnaie d’échange.

La vérité crue

Moïse Jean-Charles n’est ni naïf

ni marginalisé. Il est stratège. Il sait

que le pouvoir officiel use. Il sait que

gouverner en Haïti expose à l’échec. Il

sait que rester dans l’opposition permet

de préserver son image.

Alors il occupe une position

idéale : à proximité du pouvoir, sans

en porter le fardeau. Mais le pays, lui,

porte le fardeau. Les quartiers contrôlés

par les gangs ne vivent pas dans

la rhétorique. Les familles déplacées

ne survivent pas avec des slogans.

Les jeunes sans emploi n’ont que faire

des discours radicaux recyclés depuis

2016.

L’heure de la cohérence

Depuis l’ère Privert, la posture

n’a pas changé. Même ton. Même

colère. Même promesse de rupture.

Même présence indirecte dans les gouvernements.

Le problème n’est plus la radicalité

du discours. Le problème est

la cohérence des actes. Un véritable

opposant accepte de ne pas être

représenté dans un système qu’il juge

illégitime. Un véritable opposant assume

l’exclusion plutôt que la compromission.

Un véritable opposant

refuse les arrangements s’il considère

que le système est irrécupérable.

Moïse Jean-Charles, lui, a choisi

la voie médiane : dénoncer sans rompre,

participer sans assumer, critiquer

sans se retirer.

Le peuple mérite mieux

Haïti traverse l’une des périodes

les plus sombres de son histoire contemporaine.

Le pays n’a plus besoin

d’opposants professionnels. Il a besoin

de cohérence, de clarté, de courage. La

politique haïtienne ne peut plus être ce

jeu où l’on crie contre la maison tout

en conservant les clés d’une pièce.

Moïse Jean-Charles devra tôt

ou tard répondre à cette contradiction

fondamentale : peut-on se présenter

comme l’ennemi du système tout en

s’assurant d’y être toujours représenté

? Le temps des postures permanentes

est terminé. Le peuple, lui, paie les

conséquences de ces ambiguïtés.

Reynoldson Mompoint, Avocat,

Communicateur Social, Journaliste

Port-au-Prince, le 24 février 2026

Lorsque les transferts de fonds représentent environ 20 % à 25 % du PIB

d'Haïti, le pays est l'un des plus dépendants de ces transferts au monde.

Par Kervens Louissaint

Si les États-Unis décident réellement

de restreindre les transferts de fonds

vers Haïti, ma position est simple : je

soutiens cette décision !

Je m’exprime ici en tant qu’Haïtien.

Non pas en tant que partisan des

États-Unis. Non pas en tant que militant

anti-immigration. En tant qu’Haïtien.

Et je vais vous expliquer pourquoi.

Depuis des décennies, Haïti ne

développe pas son économie. Elle

développe son exil.

Nous avons transformé la fuite

des cerveaux en un modèle national.

Nous exportons nos talents, nos

médecins, nos ingénieurs, nos jeunes

diplômés. Nous importons leurs dollars.

C’est un modèle de dépendance.

Un modèle où le capital humain quitte

le pays et où les transferts de fonds se

substituent à la responsabilité de l’État.

Je ne soutiens pas ce modèle. Je ne l’ai

jamais soutenu.

Cependant, la diaspora n’est pas

à blâmer. C’est le système qui l’est. Je

ne condamne pas la diaspora. Je ne

condamne pas les familles qui survivent

grâce aux transferts de fonds. Mais soyons

réalistes : lorsque les transferts de

fonds représentent environ 20 à 25 %

du PIB d’Haïti, selon la Banque mondiale,

cela signifie que notre économie

ne produit pas suffisamment. Haïti est

ainsi l’un des pays les plus dépendants

des transferts de fonds au monde. Notre

survie repose sur l’aide extérieure.

Cela signifie que notre État se

dérobe à ses responsabilités. Un pays

ne peut pas fonder sa souveraineté sur

une aide aussi constante.

Il ne s’agit pas d’une aide marginale,

mais d’une aide vitale.

Chaque année, nous perdons

des médecins, des infirmières, des ingénieurs,

des entrepreneurs, des enseignants

et des policiers.

Il ne s’agit pas d’une migration

individuelle, mais d’une extraction systémique

de capital humain. On appelle

cela une « fuite des cerveaux ». J’appelle

cela une hémorragie. Un pays qui

perd ses cerveaux et compense par des

transferts de fonds ne se développe pas.

Il survit. Pour que l’aide soit utile, elle

doit nous aider à devenir autonomes.

Un pays qui respire grâce à des

poumons situés à l’étranger n’apprend

jamais à renforcer les siens.

Je ne me réjouis pas de la souffrance.

Je pose la question taboue : ce

maintien artificiel de la vie empêche-t-il

la guérison ?

Autrement dit, ce maintien artificiel

empêche-t-il l’effondrement structurel

? Alors posons la question que tout

le monde veut entendre : si les transferts

sont restreints, que se passera-t-il ? Oui,

il y aura un choc. Oui, ce sera difficile.

Oui, des familles souffriront.

Mais la vraie question est la suivante

: combien de temps allons-nous

continuer à stabiliser cet échec ? Et si

les transferts cessent brutalement, qui

en subira les conséquences en premier

? Car tant que l’argent continue

d’affluer : l’État n’est jamais contraint

de devenir un État. Les élites ne sont

jamais tenues responsables. Le modèle

reste immuable.

Si la restriction des envois de

fonds oblige Haïti à repenser son modèle

économique, alors ce choc pourrait devenir

un tournant décisif.

Soyons clairs : je ne suis pas

favorable à la punition des familles.

Je suis favorable à la fin d’un modèle

économique parasitaire. Je suis favorable

à la fin d’un système qui consiste

à exporter nos cerveaux, importer des

dollars et appeler cela une stratégie nationale.

Ce n’est pas une stratégie. C’est

une dépendance organisée.

Ce modèle a transformé l’exil en

une industrie. Il a empêché les élites de

se réformer. Il a remplacé l’État par la

diaspora. Il a anesthésié la rupture.

Maintenant, pouvons-nous

transformer cette bouée de sauvetage

en levier ?

Oui, une alternative plus efficace

serait : un plan de transformation

économique interne, une stratégie pour

l’organisation politique de la diaspora et

un mécanisme de pression conditionnelle.

Il s’agirait d’une rupture consciente,

et non d’une sanction extérieure.

Précision importante : je ne

m’exprime pas ici pour cautionner une

rhétorique anti-haïtienne. Je ne cherche

pas à criminaliser les migrants. Je dis

simplement ceci : un pays ne peut pas

indéfiniment dépendre des poumons de

ses enfants exilés. À un moment donné,

il doit apprendre à respirer par luimême,

comme il l’a fait par le passé.

Si cette décision américaine est

confirmée, nous n’aurons que deux options

: paniquer et chercher des coupables,

ou bien utiliser ce choc pour reconstruire.

Je choisis la reconstruction. Car

je refuse que l’avenir d’Haïti repose sur

la fuite des cerveaux et l’exportation de

sa jeunesse. Je refuse que notre modèle

économique soit fondé sur l’exil.

Haïti ne doit pas devenir un pays

qui produit des migrants. Haïti doit redevenir

un pays qui produit la richesse,

la stabilité et la dignité. Si cette mesure

nous oblige à changer de modèle, alors

oui, je la soutiens. Non par soumission,

mais par lucidité.

Et je pose cette question à ceux

qui s’y opposent : sommes-nous en

train d’empêcher la naissance du pays

que nous prétendons aimer ?

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

5


Kwonik Kreyòl

Carel Pèdre libere sou kosyon !

Dappiyanp

Tout pwòp yo

Se dappiyanp

Mache pran

Mache piye

Tout sa ki pa

pou yo.

Yo toupatou

Tankou chen

fou

Chen anraje

Nan tout raje.

Y ap krazebrize

Etazinize

Kolonize

An 1994

Yo te venmil

konsa

Sou pye palmis

nou

Pye kokoye

nou

Nan tout lizyè

nou

Ak peyi nou

Anba grif yo

Ak kilti nou

Nan pwent bèk

yo

Lavalaseman

Kapayisyen: Glisman

tè blese senk moun epi

detwi kat kay !

Carel Pèdre te libere nan Sant

Detansyon Krome nan Florid, nan lasware

vandredi 27 fevriye 2026 lan.

TPS: Trump Depoze Apèl Ijans

Administrasyon Trump lan depoze

yon apèl ijans nan Lakou Siprèm,

pou mande jij yo pou yo deside sou

Carel Pèdre

Donald Trump

Lapolis meriken te arete l nan dat 21

desanm 2025 sou akizasyon vyolans

domestik.

pouvwa Prezidan an pou pran desizyon

konsènan revokasyon Estati

Pwoteksyon Tanporè a (TPS).

Zwazo sa yo

Se zwazo

mechan

Ki viv anba dlo

Nan lespas

sèlman

Sou latè

Kote yo debake

Se gatesa

Zèb lavi

Sispann pouse

la

Kote yo pile

Se peripesi

Se detripe

Lespwa sispann

Donnen la !

Depi m ti katkat

M ap tande

Merinkò meriken

Se koken se

reken

Tout pwòp yo

Se devore

Pakanpak

Met lapat

Sou sa ki pa

pou yo

An 1915

Yo monte

Ak tout bòt

Ak tout kepi

Sou povant

Ayiti

Kako te desann

yo

Pyè Sili

Chalmay Peral

Benwa Batravil

Te tire sou yo

Malfini yo

desann

Kè pòpòz

Poze kè poze

Yo pote siwo

Yo pote simo

Yo pote diri

IRI-NDI

Pou laboujwazi

bati

Sitadèl yo pi wo

Sou do pèp

Ayisyen.

2004 menm

Yo retounen

Lafrans kèkontan

Kanada pakapala

Meriken pongongon

Tonbe kalonnen

Tankou kodenn

gran baskou

Lanavaz se vaz

nou

Lanavaz se baz

nou

Nan jwèt sila a

Si n chita

bèkèkè

De bra balanse

Ap jebede

kalewès

Yon jou n a

tande :

Ayiti se zetwal

nou

Ayiti se zile

nou!

Berthony

Dupont

Jou mèkredi 25 fevriye

2026, aprè yon kokenn lapli,

yon glisman tè te fèt nan katye

Fransik nan KapAyisyen kote

li blese

senk moun epi detwi kat

kay. Se de gwo wòch ki detache

nan Mòn Basiko epi yo te

tonbe woule desann pant lan,

frape kay ki te anba yo. Moun

ki viktim yo, yi te transpòte

yo lopital pou tretman. Pou

kounye a, pa gen okenn lanmò

ki konfime.

Ensidan an te fèt nan mitan

gwo lapli ki te afekte vil

la depi madi 24 fevriye. Lapli

pèsistan yo deja lakòz inondasyon

nan plizyè katye, febli

tè a epi ogmante risk glisman

tè.

Apre glisman tè a, plizyè

fanmi pat gen kay ankò e y ap

mande otorite yo pou yo entèvni

rapidman pou ba yo asistans

ijans.

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6 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


Perspectives

Position officielle du Mouvement Reconoci-do concernant

l’éditorial du Diario Libre sur la nationalité et l’apatridie !

Le Mouvement Reconoci-do publie

une déclaration publique concernant

l’éditorial intitulé « La nationalité

est une institution juridique et, à

ce titre, une question de souveraineté

», paru dans la rubrique « Editorial

DL » du Diario Libre. Cet éditorial invoque

la souveraineté de l’État et la

Convention de La Haye sur la nationalité

pour nier l’existence de l’apatridie

en République dominicaine.

Il nous semble nécessaire de

clarifier la portée du droit international

et de l’ordre constitutionnel dominicain.

Il est vrai que l’article 1 de la

Convention de La Haye de 1930 reconnaît

que chaque État détermine,

par sa législation, qui sont ses ressortissants.

Toutefois, cette même disposition

établit que ce pouvoir doit être

exercé conformément au droit international.

La souveraineté en matière

de nationalité n’est pas absolue : elle

est limitée par les droits humains, le

principe de non-discrimination et l’interdiction

de la privation arbitraire de

nationalité.

La détermination de l’apatridie

ne repose pas exclusivement sur l’affirmation

de la souveraineté de l’État.

La Convention relative au statut des

apatrides définit un apatride comme

toute personne qui n’est pas considérée

comme ressortissante par un État en

vertu de sa législation, une appréciation

qui doit se fonder à la fois sur le

texte de loi et son application pratique.

L’Assemblée générale des Nations

Unies a désigné le HCR comme l’institution

technique chargée d’identifier et

de documenter les situations d’apatridie

au niveau international.

La Constitution dominicaine

établit clairement :

• L’article 18 reconnaît la nationalité

dominicaine aux personnes

nées sur le territoire avant la réforme

constitutionnelle de 2010.

• L’article 110 interdit l’application

rétroactive de la loi au détriment

des droits acquis.

• L’article 38 consacre la dignité

humaine comme fondement du

système juridique et limite du pouvoir

public.

L’arrêt TC/0168/13 a entraîné

une réinterprétation rétroactive du

statut d’immigration des parents, affectant

la nationalité des personnes

nées sous un régime constitutionnel

différent. La privation rétroactive de

nationalité constitue une forme d’arbitraire

prohibée par le droit international

des droits de l’homme et viole le

principe de sécurité juridique.

L’article 20 de la Convention

américaine relative aux droits de

l’homme établit que toute personne a

droit à une nationalité et que nul ne

peut en être arbitrairement privé. Cette

norme est contraignante pour la République

dominicaine.

La Cour interaméricaine des

droits de l’homme a établi que la privation

arbitraire de nationalité peut

se produire non seulement par une

décision formelle, mais aussi par des

mesures qui, dans les faits, empêchent

la reconnaissance effective de la personnalité

juridique. Les décisions internationales

distinguent la nationalité

formelle de la nationalité effective.

Dans l’affaire Niñas Yean et

Bosico c. République dominicaine

(2005), la Cour a jugé que le statut

d’immigration des parents ne peut être

automatiquement transmis aux enfants

nés sur le territoire et que le refus

de documents peut engendrer des situations

d’apatridie.

L’éditorial soutient que l’apatridie

n’existe pas car les enfants de ressortissants

haïtiens héritent de la nationalité

de leurs parents par filiation.

Cette déclaration omet un élément essentiel

du droit international contemporain

: le principe d’effectivité.

La simple possibilité théorique

d’acquérir une nationalité étrangère

n’exclut pas les situations d’apatridie

lorsqu’une personne est privée de

reconnaissance, de documents ou de

protection effective de la part d’un autre

État. Le droit international exige

l’analyse de la réalité pratique, et non

la simple existence abstraite d’une règle

de droit du sang.

Réduire le débat à un « problème

administratif » revient à ignorer que

la privation rétroactive de nationalité

modifie les droits acquis et place les

individus dans une situation de vulnérabilité

structurelle. Il ne s’agit pas

d’un débat idéologique, mais d’un débat

juridique.

Lorsqu’une personne n’est effectivement

reconnue comme ressortissante

par aucun État, la définition

internationale de l’apatridie est établie.

Nier cette possibilité sans analyser

la situation spécifique des personnes

concernées réduit un problème juridique

complexe à une simple déclaration.

Nous exigeons la reconnaissance, la dignité et le respect ! Vivre sans patrie, c’est comme vivre sans honneur !

Le Mouvement Reconoci-do affirme

catégoriquement :

• La souveraineté des États en

matière de nationalité est limitée par

la Constitution et le droit international.

• La privation rétroactive de nationalité

est incompatible avec l’État

de droit.

L’existence d’une nationalité

théorique par filiation n’exclut pas les

situations d’apatridie de fait en l’absence

de protection effective.

Ce débat ne porte pas sur la

politique d’immigration, mais sur la

validité des droits acquis, la sécurité

juridique et l’interdiction constitutionnelle

de la rétroactivité au détriment

des personnes nées sous un régime

constitutionnel différent.

La rigueur juridique exige la

reconnaissance que la souveraineté

n’autorise pas l’arbitraire et que le

droit à la nationalité doit être effectivement

garanti, conformément à la Constitution

et aux engagements internationaux

pris par l’État dominicain.

La République dominicaine peut

exercer pleinement sa souveraineté

dans le cadre de l’État de droit, en

assurant la protection de la dignité

humaine et la cohérence de son ordre

constitutionnel.

Reconoci-do 26 Février 2026

Jean R. St. Jour,

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Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

7


Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (03)

D’un processus électoral à l’autre, la saga continue ! (25 e partie)

Par Catherine Charlemagne

Il faut souligner que beaucoup de choses

ont été modifiées ou carrément

supprimées dans la version finale du

texte constitutionnel qui a été rendue.

Prenons juste un seul exemple. La

disparition du poste de Premier ministre

au profit d’un Vice-Président de la

République et la constitutionnalisation

du Président de la Cour de cassation

en Président provisoire de la République

en cas de vacance présidentielle

pour les postes du Président et de son

vice-Président. Selon l’article 118,

« le Pouvoir exécutif est exercé par

le Président de la République assisté

d’un vice-Président, de ministres et

de secrétaires d’État. L’article 119

précise que le Président de la République

et son vice-Président sont élus

en même temps au suffrage universel

direct à la majorité absolue des suffrages

exprimés. La durée du mandat

présidentiel, selon l’article 119-2, est

de cinq ans. Le Président n’est rééligible

qu’une fois et ne peut bénéficier de

prolongation de mandat.

En aucun cas, il ne peut briguer

un troisième mandat. Tandis que l’article

119 alinéa 3 stipule que l’élection

présidentielle a lieu lors des élections

générales du dernier dimanche d’octobre

de la cinquième année du mandat.

Le Président et son Vice-Président

élus entrent en fonction le 7 février

suivant la date de leur élection. Alors

que l’article 119-4 note : Si un mandat

présidentiel arrive à terme et qu’un

successeur n’a pas été élu, le Président

de la Cour de cassation ou, à défaut, le

vice-Président de cette Cour ou, à défaut

de celui-ci, le juge le plus ancien et

ainsi de suite, par ordre d’ancienneté,

exerce provisoirement la Présidence et

les élections sont complétées ou décrétées

incessamment. Dans ce cas,

une fois le processus électoral bouclé,

le nouveau Président et son vice-Président

sortis des urnes prennent investiture

et leur mandat est réputé avoir

commencé le 7 février de l’année où

un nouveau Président aurait dû prêter

serment. » Après la remise de la

version finale du texte de la nouvelle

Constitution, l’on s’attendait à une

nouvelle vague de contestation de la

part des acteurs de tout horizon. Il n’en

est rien. En tout cas, pas comme on

l’aurait pensé. Pas de levée de bouclier !

Alors qu’est-ce qui s’est passé ?

La réponse est simple comme

bonjour. Il se trouve, en effet, que la majorité

des acteurs qui était montée aux

créneaux pour critiquer l’avant-projet

estime que cela ne vaut pas le coup de

rejouer le match dans la mesure où le

texte, bien que fortement modifié, était

le même que celui qui a été remis aux

autorités. Toutefois, une bonne partie

d’entre eux se retrouve dans la nouvelle

version. Ces gens estiment que

leurs recommandations ont été prises

en compte dans le document final. Il

reste aussi une dernière hypothèse.

Selon certains observateurs, ceux qui

s’opposaient à la première version l’ont

été par principe et par opposition au

Conseil Présidentiel de Transition. Par

conséquent, ils seront toujours en opposition

à toute initiative venant de ce

pouvoir. Donc, inutile qu’ils reviennent

à la charge puisqu’ils ont déjà dit leur

désaccord avec le projet en lui-même.

D’où le peu de réaction et de débats

avons-nous observés après le 29 août

2025 contre la version revue, corrigée

et modifiée qui a été rendue au pouvoir.

Ce semblant de silence ne veut pas dire

qu’il n’y a pas eu de réactions, pour

certaines très virulentes. C’est le cas du

Barreau des avocats de Port-au-Prince.

On se souvient que le Conseil de

l’Ordre des avocats avait diligenté un

Rapport auprès d’une Commission qu’il

avait monté justement pour analyser la

légalité et la légitimité du pouvoir qui

a entrepris le processus de la réforme

constitutionnelle. Ce Rapport devait être

rendu à la fin du mois d’août. Comme

prévu, le 30 août, le Barreau était en

possession de ce document lui apportant

des arguments pour comprendre la

démarche des autorités. Le moins que

l’on puisse dire, les spécialistes chargés

de faire ce Rapport n’ont pas été de

mains mortes. D’emblée, les : Bernard

Gousse, Josué Pierre-Louis, Marc-Sony

Charles, Joe Ducasse et Alain Guillaume

ont recommandé au Conseil de

l’Ordre des avocats de Port-au-Prince

de s’opposer avec fermeté à l’initiative

des autorités relatives à la révision de

la Constitution.

Un court extrait de ce Rapport

peut donner une idée de la manière

dont ces constitutionnalistes appréhendent

le projet du gouvernement :

« Les autorités trompent la Nation

en présentant l’avant-projet ou le

projet final comme étant le fruit d’une

Conférence nationale. La Commission

ne peut que constater que l’avantprojet

et le processus de son adoption

ne peuvent même pas se réclamer des

dispositions inconstitutionnelles du

décret du 17 juillet 2024. Ils ne trouvent

leur soubassement dans aucun cadre

normatif. Le processus ayant conduit

à l’élaboration de l’avant-projet de

Constitution souffre incontestablement

d’un déficit de légitimité. Les auteurs

de l’avant-projet de Constitution ne

sont pas des représentants élus du

Peuple ni même des représentants

des corps intermédiaires ou structures

représentatives de la société.

L’élaboration du texte s’est déroulée

sans l’implication de manière

transparente d’entités représentatives.

En prenant la position ci-dessus

longuement exprimée, la Commission

ne s’écarte pas et s’inscrit dans la ligne

de la position adoptée par le Barreau

de Port-au-Prince et la Fédération des

Barreaux d’Haïti qui, en 2021, s’étaient

opposés à l’initiative de feu le Président

Jovenel Moïse visant à modifier la

Constitution de 1987 en dehors de ses

prescrits.

Ce qui était illégitime sous le Président

Moïse ne saurait ne pas l’être

aujourd’hui, à moins d’inventer, pour

la circonstance, une théorie de la mort

absolutoire. » Face à cette charge de ces

hommes de loi, le gouvernement qui est

un peu dans l’embarras avec un projet

qu’il a initié mais qui devient une patate

chaude n’en demandait pas moins pour

faire trainer une affaire, qu’il est presque

certain, qui n’aura aucun soutien pour

organiser un référendum sur ce texte

dans cette conjoncture. Histoire de dire

qu’ils ont compris le message de la

Commission du Conseil de l’ordre du

Barreau de Port-au-Prince, quelques

jours après la sortie du Rapport, avant

même de communiquer sur la version

finale de la nouvelle Constitution qu’ils

ont reçue à la Villa d’Accueil et à la

Primature, Alix Didier Fil-Aimé devait

recevoir à son bureau le Bâtonnier de

l’Ordre des avocats, Me Patrick Pierre-

Louis, en compagnie de l’ensemble des

membres de ladite Commission, Bernard

Gousse, Josué Pierre-Louis, Marc-Sony

Charles, Joe Ducasse et Alain Guillaume

le 1 er septembre 2025 pour les féliciter

pour le travail réalisé sur le texte constitutionnel.

C’est un communiqué venu de la

Primature qui a annoncé à l’opinion publique

que cette rencontre a été l’occasion

pour les juristes et spécialistes des

affaires constitutionnelles de présenter

leur Rapport au chef du gouvernement.

Il faut dire que le communiqué du cabinet

du Premier ministre est totalement

à contre-courant de ce qui était

en train de se passer. Alors que d’un

côté le Rapport demande qu’on rejette

en bloc le projet de la réforme constitutionnelle

telle qu’elle est engagée en

parlant de « illégitimité et irrégularité

du processus », de l’autre côté, en dépit

des récriminations venues de toute part,

le texte final a bien été rendu à qui de

droit. Le communiqué de la Primature

daté du 1 er septembre note : « Le chef du

Le 1er septembre 2025, le chef du gouvernement Alix-Didier Fils-Aimé a reçu, le bâtonnier Me Patrick Pierre-

Louis et les membres de la commission instituée par le Barreau de Port-au-Prince autour

de la réforme de la Constitution

gouvernement a salué la contribution

du Barreau à ce débat d’intérêt national

et a réaffirmé la détermination de

l’Exécutif à associer les forces vives de

la Nation à toute réflexion sur l’avenir

institutionnel du pays. »

Un communiqué totalement en

décalage avec le narratif qui a été développé

par pratiquement tous les protagonistes

à propos d’un texte restant

au demeurant un point d’achoppement

pour le pouvoir et ses interlocuteurs.

D’ailleurs, le mardi 2 septembre 2025,

invité de l’émission Panel Magik, l’un

des hôtes du Premier ministre, Me Josué

Pierre-Louis, Rapporteur de la Commission

du Barreau de l’ordre des avocats

de Port-au-Prince, ne s’est pas gêné

pour reprendre ses critiques acerbes

contre le texte après sa rencontre avec

Alix Didier Fils-Aimé. Lors de son interview

avec Robenson Geffrard, l’ancien

ministre de la Justice de l’ex-Président

Michel Martelly s’est livré à un démontage

en règle du Comité de pilotage de

Me Enex Jean-Charles. « Dans le processus

d’élaboration de l’avant-projet

de la Constitution, le Comité de pilotage

est hors sujet. Il y a lieu de parler

de fraude constitutionnelle puisque

le cadre de référence des textes de la

Transition n’est pas respecté.

La Constitution, l’Accord du

3 avril 2024, le décret du 17 juillet

2024 et le décret du 10 avril portant

création et fonctionnement du Conseil

Présidentiel de Transition, n’ont pas

été pris en compte. Le Comité a soumis

un Rapport qu’on ne lui a pas demandé.

C’est étonnant de voir que le

Me Josué Pierre-Louis

Comité de pilotage se substitue à la

Conférence nationale. Les membres du

Comité, auteurs de l’avant-projet de la

nouvelle Constitution, ne sont ni des

représentants élus du peuple ni même

des représentants des corps intermédiaires

ou structures représentatives

de la société. Ils ne peuvent pas décider

qu’ils vont élaborer une Constitution

sans que personne ne soit témoin

des réflexions qui conduisent à

telle ou telle décision. On ne fait pas

cela à un pays. Un État, ce sont des

règles, des normes. Une Constitution

n’est pas l’affaire d’un camp ou d’un

groupe. Ce ne sont pas les règlements

intérieurs d’un parti politique. C’est

l’affaire de tous. C’est le contrat social.

Tout le monde doit participer à

son élaboration. Le peuple, toutes les

forces socio-politiques de la nation. Ce

ne peut pas être l’affaire d’un groupe.

Une Constitution ne peut en aucun cas

être rédigée en petit comité.

Les méthodes proposées ne respectent

ni les exigences juridiques, ni

les normes délibératives de la démocratie

et de l’État de droit. Le Comité

de pilotage avait à organiser une

Conférence nationale dans laquelle

les acteurs, les associations et les organisations

de la Société civile, entre

autres, allaient soumettre des propositions

et des résolutions. Ces Résolutions

auraient servi de base pour

éventuellement réviser la Constitution

de 1987 » argumentait Me Josué

Pierre-Louis. Pendant que quelques

voix autorisées s’élèvent sur la dernière

version du texte constitutionnel pour

dire leur désapprobation, plus d’une

semaine après sa réception officielle

par le pourvoir, il n’a eu aucune

communication ni de commentaire de la

part du CPT ou de la Primature. Encore

plus surprenant, le Premier ministre

avait même reçu, comme on l’a vu plus

haut, ceux qui ont produit un Rapport

destructeur sur le texte. C’est un signe

qui ne trompe personne, notamment les

observateurs politiques attendant avec

impatience les réactions officielles du

CPT et du gouvernement sur la version

sensée être définitive.

Devant ce silence, certains médias

du pays ont cherché à connaître la

position officielle des uns et des autres

membres du pouvoir sur le texte et aussi

d’avoir, si possible, une réaction surtout

après la sortie au vitriol de Me Josué

Pierre-Louis dans la presse contre le Comité

de pilotage, le texte de la Constitution

et le Rapport qui l’accompagne. On

se rappelle des propos de Fritz Alphonse

Jean sur l’avant-projet alors qu’il présidait

le CPT. Ce Conseiller Présidentiel estimait

que le pouvoir n’était pas satisfait

du travail du Comité. Alors, le doyen de

la presse en Haïti, Le Nouvelliste, a fini

par activer ses sources auprès du Comité

de pilotage afin d’avoir leur avis face

au silence presqu’inquiétant des autorités.

Selon ce que rapporte le journal

en date du 8 septembre 2025, il était

évident que le CPT n’était toujours pas

satisfait du résultat. Pire, le gouvernement

avait même l’intention de solliciter,

selon sa source, le concours de

l’OEA via une commission dite « Commission

de Venise » pour améliorer le

texte. « C›est le CPT qui aurait dû rendre

public le document après l’avoir reçu du

Comité de pilotage. Mais, leur silence

une semaine après sur le projet de

Constitution n›est pas anodin. Plusieurs

raisons peuvent expliquer ce silence du

CPT. Certaines autorités ne se sentaient

pas à l›aise avec certaines dispositions

du texte, notamment les 4% du PIB

destinés à l’éducation, la décentralisation

des ressources financières, le

poste de vice-Président qui limiterait

les manœuvres de la « République »

de Port-au-Prince lors de la nomination

et la ratification du Premier ministre,

la nomination des juges par la

CSPJ, le Gouverneur qui va jouer le rôle

du Conseil départemental prévu dans

la Constitution de 1987 et qu’elles

ont refusé délibérément de mettre sur

pied depuis 38 ans. Certaines autorités

nous ont officieusement proposé une

révision du texte par une Commission

internationale (Commission de Venise

et OEA) ; ce que nous avons catégoriquement

refusé, sachant déjà ce

qu’elles voulaient y introduire.

Nous n’allons rien endosser pour

les autorités et l’International. Qu’ils

le fassent à la lumière du jour » expliquait

au journal ce membre du Comité

de pilotage tout en gardant l’anonymat.

Entre-temps, le texte continue de faire

couler beaucoup de salive dans le pays.

(À suivre)

C.C

8 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


This week in Haiti

From Iran to Venezuela to Haiti, Duplicity and Illegality Are

Foundations of U.S. Conduct

by Kervens Louissaint

When the Trump administration

takes part in the killing of Iran’s

Supreme Leader Ali Hosseini Khamenei

or sends the U.S. Army’s Delta

Force to kidnap Venezuela’s President

Nicolas Maduro, it is merely doing

openly and visibly what all U.S.

administrations practice behind the

scenes: the projection of global power

by any means necessary, even if

it means violating international law.

And this is precisely where

a crucial question arises: how can

the United States orchestrate such

complex and audacious operations

around the world — targeted strikes,

the arrest of heads of state, regime

change — and at the same time claim

that it did not participate in President

Jovenel Moïse ‘s assassination on Jul.

7, 2021?

Officially, it was not the

Trump administration, but the Biden

administration; yet, the question is

not so much who is in power, but

rather recognizing that the strategic

choices of U.S. foreign policy transcend

party lines.

The structures of the “deep

state,” the intelligence agencies, and

the “military-financial-industrial

complex” operate continuously, regardless

of who occupies the White

House.

This is a crucial point for

understanding the Haitian paradox:

since 1915, the United States has

exerted direct or indirect control over

fundamental aspects of Haiti’s political,

economic, and security life.

In the early 1990s, they

created the death-squad FRAPH,

led by Emmanuel “Toto” Constant,

to prevent President Jean-Bertrand

Aristide’s return from exile. Then

after their 2004 coup, they sent MI-

NUSTAH, ostensibly to stabilize the

country, but in reality to destabilize it

for their own benefit.

This U.S. conduct is revealing:

asking the Haitian people today

to collaborate in the “capture of certain

gang leaders” is tantamount to

deceiving them. In one way or another,

the current violence is linked

to U.S. plans with the Dominican Republic

to destroy tourism in Haiti and

also make it economically dependent

on the Dominican Republic, a direct

proxy of U.S. imperialism in the project

to annihilate Haiti.

Some argue that Washington,

which is capable of eliminating

and kidnapping heads of state

abroad, has not killed or captured

the leaders of the Viv Ansanm armed

group coalition because they are

somehow in cahoots with one another.

This is a simplistic, facile, and

even specious argument. To assert

this is to misunderstand what’s at

stake.

The principal person the

U.S. wants to eliminate is former police

officer Jimmy “Barbecue” Cherizier,

for his ideology, his military

training, his ability to unite two rival

armed groups, to organize them,

to make them understand that they

serve the same cause, that they belong

to the same social class, that

their social interests are the same,

and, moreover, that they share the

same common enemy.

He has convinced them,

against all odds, to stop fighting and

join forces to fight their common enemy:

the “system” and its criminal,

anti-national tentacles, namely the

bourgeois oligarchy and the parasitic

political class.

Imperialism quickly

grasped the danger of Cherizier’s

message and saw the need to prevent

his class-based ideology from

infecting the masses as a whole and

leading them to rally to Viv Ansanm.

This became exceptionally urgent after

the Haitian people welcomed and

applauded the armed coalition’s ouster

of de facto Prime Minister Ariel

Henry in February 2024. Seeing that

he was a lost cause, the U.S. decided

not to try to reinstall him.

Washington’s next step

was to create the Transitional Presidential

Council (CPT) and the Kenyan-headed

Multinational Security

Support (MSS) mission, which dismally

failed to establish peace and

elections.

The Trump administration

proposed the larger, more autonomous

Gang Suppression Force (GSF)

which, if it ever comes to fruition,

will back up de facto Prime Minister

Alix Didier Fils-Aimé, along with the

mercenaries from Erik Prince’s Vectus

Global (formerly Blackwater) which

are training and leading the Haitian

National Police (PNH).

The massacres by drones

and death-squads that Vectus Global,

with the PNH and GSF, are carrying

out in the working class and Viv

Ansanm neighborhoods are horrific.

About 90% of those killed are innocent

civilians. The armed groups are

seasoned fighters who have tactics

When the U.S. so brazenly and illegally kills Iran’s Ayatollah Khamenei,

does this not suggest it had a hand in President Jovenel Moïse ‘s

magnicide on Jul. 7, 2021, as many suspect?

and experience to escape many attacks,

so as in Gaza, the population

is the victim.

In short, Haiti is not yet a

priority for Washington because no

revolutionary movement has yet developed

in the working-class neighborhoods

under the leadership of a

structured revolutionary organization,

although U.S. Secretary of State

Marco Rubio has stated that the United

States might deploy ground troops

to Haiti this year to try to break the

masses’ struggle for fundamental

change. This, of course, constitutes a

flagrant violation of the 1987 Haitian

Constitution and the UN Charter.

This highlights an immutable

rule of imperialist geopolitics:

professed morality is merely a

veneer, a mask to justify actions that

are primarily about control, domination,

and terror.

Weapons, institutions, international

law, even requests for

cooperation, are instruments for

translating and legitimizing instincts

and interests. Beneath the veneer of

democracy or humanitarianism, the

reality remains the same: power is

measured by what an actor can actually

impose, not by the rules it claims

to respect.

In short, whether it concerns

Iran, Palestine, Venezuela,

Cuba, or Haiti, the issue is not the

Trump exception, nor the current

president, but the ongoing and underlying

structure of U.S. power,

capable of acting on a global scale

while dictating what it wants others

to believe or do. And clarity on this

truth is needed to understand Haiti’s

recent history and the persistent cynicism

and double standards of Haiti’s

neocolonial masters.

Foreign Dependency Offers a Quick Fix but is Strangling

Haiti’s Culture, Development, and Future

by Kervens Louissaint

If the United States truly decides to

restrict remittances to Haiti, my position

is simple: I support this decision.

I speak here as a Haitian.

Not as a U.S. supporter. Not as an

anti-immigrant activist. As a Haitian.

And I will explain why.

For decades, Haiti has not

been developing its economy. It has

been developing its exile.

We have transformed the

“brain drain” into a national architectural

construct. We export our talent,

our doctors, our engineers, our young

graduates. We import their dollars.

It is a model of dependency.

A model where human capital leaves

the country, and where remittances

replace the state’s responsibility.

I do not support this model.

I never have.

However, the diaspora is not

to blame. The system is. I do not condemn

the diaspora. I don’t condemn

families who survive thanks to remittances.

But let’s face the truth:

When remittances represent approximately

20% to 25% of Haiti’s GDP,

according to the World Bank, it means

our economy isn’t producing enough.

This makes Haiti one of the most remittance-dependent

countries in the

world. Our survival depends on external

aid.

This means our state isn’t

taking responsibility. A country cannot

build its sovereignty on a constant

lifeline.

This isn’t marginal aid. It’s a

backbone.

Every year, we lose doctors,

nurses, engineers, entrepreneurs,

teachers, and police officers.

This isn’t individual migration.

It’s a systemic extraction of human

capital.

It’s called “brain drain.” I

call it a hemorrhage.

A country that loses its

brains and compensates with remittances

doesn’t develop. It survives.

For aid to help us, it must help us become

self-reliant.

A country that breathes

thanks to lungs located abroad never

learns to strengthen its own.

I am not celebrating suffering.

I am asking the taboo question:

Does the life support prevent healing?

In other words, does the artificial

maintenance of this model prevent

structural breakdown?

So let’s ask the question everyone

wants to hear: If transfers are

restricted, what happens?

Yes, there will be a shock.

Yes, it will be difficult. Yes, families

will suffer.

But the real question is this:

How long will we continue to stabilize

failure? And if transfers suddenly

cease, who falls first? Because as long

as the money keeps flowing: The state

is never forced to become a state. The

elites are never forced to be held accountable.

The model never changes.

If restricting remittances

forces Haiti to rethink its economic

model, then this shock could become

a turning point.

To be clear, I do not support

punishing families. I support ending

a parasitic economic model. I support

ending a system where we export our

brains, import dollars, and call it a national

strategy.

It is not a strategy. It is organized

dependency.

This model has turned exile

into an industry. It has allowed the

elites to never reform. It has replaced

the state with the diaspora. It has

anesthetized the break.

Now, can we turn this lifeline

into leverage?

Yes, a more powerful alternative

would be: an internal economic

transformation plan, a strategy for the

diaspora’s political organization and

a mechanism of conditional pressure.

This would be a conscious break. Not

When remittances represent approximately 20% to 25% of Haiti's GDP, this

makes Haiti one of the most remittance-dependent countries in the world.

an external sanction.

Important clarification: I am

not speaking here to endorse anti-Haitian

rhetoric. I am not speaking to

criminalize migrants. I am speaking to

say this: A country cannot indefinitely

breathe thanks to the lungs of its exiled

children. At some point, it must

learn to breathe on its own, as it has

in the past.

If this U.S. decision is confirmed,

then we have two choices:

Panic and blame. Or use the shock to

rebuild.

I choose reconstruction. Because

I refuse to allow Haiti’s future to

be based on the brain drain and the

export of its youth. I refuse to allow

our economic model to be based on

exile.

Haiti must not be a country

that produces migrants. Haiti must become

once again a country that produces

wealth, stability, and dignity. If

this measure forces us to change our

model, then yes, I support it. Not out

of submission. But out of clear-sightedness.

And I address this question

to those who are against it: Are we

preventing the birth of the country we

claim to love?

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

9


CUBA : NOUVEAUX DÉTAILS SUR

D’INFILTRATION DE TERRO

Armes saisies après une tentative d’infiltration à Cuba. Photo : Abel Padrón Padilla.

Par Oscar Figueredo Reinaldo et Abel Padrón Padilla

De nouveaux détails sur la tentative

d’infiltration sur le territoire

national d’une vedette rapide immatriculée

aux États-Unis ont été donnés

dans une émission spéciale du programme

télévisé «Razones de Cuba».

Selon le colonel Ybey Carballo

Pérez, chef d’état-major de la direction

des troupes de garde-frontières, la réponse

cubaine a été strictement ajustée

à la base réglementaire, selon un

«échelonnement des mesures de force,

face à une cible en infraction : d’abord

on identifie, ensuite on poursuit, on

accompagne et on persuade».

Il a souligné que l’emploi des

armes constitue un dernier recours :

«On ne répond avec les armes à feu que

quand nous sommes agressés. C’est un

modèle d’action rationnel et défensif

qui donne la priorité au fait d’éviter

l’utilisation des armes sauf dans des

situations d’agression directe».

Les détails de l’affrontement

Carballo Pérez a précisé que l’incident

s’est produit le 25, dans la municipalité

de Corralillo, dans une zone

de la cayería extérieure, connue sous

le nom de Los Cayos de Falcones, en

particulier dans le canal de Los Pinos.

«Nous parlons de quelques 10 milles de

la ceinture côtière, mais à peine d’un

mille marin de la ceinture extérieure.

Les eaux territoriales cubaines

comprennent 12 milles marins. Le

bateau a violé l’espace des eaux

juridictionnelles cubaines», a-t-il noté.

«Il a été détecté à 7h du matin,

grâce aux moyens techniques des

garde-frontières à 3,7 milles marins

dans les eaux territoriales. Il s’agissait

d’une embarcation suspecte. Nous

avons alors orienté notre bateau

intercepteur numéro 25 pour procéder

à son identification», a-t-il expliqué.

Pendant l’approche, la cible en

infraction – venant des États-Unis – a

commencé à se tourner vers le sud à

une vitesse de 24 nœuds. Le bateau

transportait environ 1,8 tonne de

charge. Le colonel a signalé, en outre,

qu’on a vu des gens dans l’eau qui,

avertis de la présence de l’unité cubaine,

ont rembarqué et mis le cap à

l’ouest. «Nous nous trouvions à 185 m,

quand nous avons été agressés par des

tirs. Comme conséquence, le commandant

de l’unité, le capitaine Yosmany

Hernández Hernández, a été blessé.

Il a reçu des balles dans l’abdomen et

dans l’avant-bras et il saignait abondamment».

Face à l’agression, l’équipage cubain

– composé de 5 combattants – a

répondu au feu. Dans l’échange ont été

abattus 3 des 10 occupants du bateau

en infraction et 7 ont été blessés. «Bien

qu’il ait été blessé, le capitaine n’a pas

abandonné le gouvernail».

Carballo Pérez a estimé que la

réaction a été «correcte, énergique et

ferme», conformément aux protocoles

établis. Il a confirmé que les troupes de

garde-frontières ont un dispositif prêt

au combat en permanence, soutenu par

des moyens techniques d’observation

qui améliorent l’efficacité de l’opération.

Après la neutralisation du bateau,

les blessés ont été évacués et transportés

dans des centres hospitaliers. Les

Cubains ont utilisé 3 fusils AKM et une

mitrailleuse légère RPK.

Les résultats de l’enquête

préliminaire

Pour sa part, le colonel Víctor

Álvarez Valle, second chef de l’organe

spécialisé dans les délits contre la sécurité

de l’État, a fait savoir que, face à

des faits de cette nature, une équipe

multidisciplinaire est formée pour conduire

l’enquête.

Il a révélé que, comme élément

nouveau, l’instruction pénale a déterminé

qu’il n’y avait pas un, mais deux

bateaux qui sont partis de Cayo Marathon,

en Floride : «L’un a eu des difficultés

techniques pendant le trajet et

ses occupants sont montés sur l’autre,

c’est pourquoi un seul bateau est arrivé,

finalement», a-t-il expliqué.

L’expertise technique a mis en

évidence 13 impacts de balles sur le bateau

cubain, à tribord, dans la coque et

dans les garde-corps. «C’est une unité

de 9 mètres de long. Seules des armes

réglementaires ont été utilisées. Il n’y

avait pas de lance-missiles ou d’autres

armes comme on l’a prétendu», a

déclaré le colonel.

Le bateau en provenance des

États-Unis, équipé d’un moteur horsbord,

a eu 21 impacts de balles. Il avait

du GPS et du matériel de radionavigation.

L’échange de coups de feu s’est

produit à environ 20 mètres, ce qui,

selon l’officier, montre la proximité et

l’intensité de l’affrontement.

Lors de l’inspection ont été saisi

des fusils de différents calibres, un

fusil de chasse Winchester, des fusils,

de type DB AR-15, un fusil Delta, 11

pistolets et un module individuel pour

chacun des 10 occupants comprenant

un fusil, un pistolet, un couteau, un

uniforme de camouflage, des médicaments,

des passe-montagnes, un

casque et d’autres choses. Ils portaient

aussi des moyens de communication,

du matériel de vision et des produits

stériles.

On a dénombré 134 chargeurs et

un total de 12 846 munitions de différents

calibres, dont 5,56×45 mm et

7,62 mm (AKM). L’un des pistolets

saisis avait la capacité de percer des

gilets pare-balles. De même, un drone

avec deux caméras, dix équipements

de communication, des couteaux de

commando, une centrale électrique portable,

une lame pour couper les cadenas

et des emblèmes d’identification ont

été saisis, dont celui du mouvement

contre-révolutionnaire nommé 30 novembre

et des badges d’«autodéfense

du peuple».

Les fusils saisis, d’après lui,

ont une portée réelle de 800 m et se

trouvent en parfait état de marche.

Álvarez Valle a signalé que parmi

les impliqués figure Amijail Sánchez

González, identifié comme l’un des organisateurs

et auparavant inclus dans

la liste nationale des personnes liées à

des activités terroristes. Il a ajouté que

l’enquête note que l’auteur intellectuel

est Maritza Lugo Fernández, résidant

aux États-Unis, et signalée comme

principal organisateur de ce qu’on appelle

le Mouvement 30 novembre.

L’objectif du groupe, a-t-il affirmé,

était de s’infiltrer dans le pays, de

créer des désordres publics, d’exécuter

des actes de violence et d’attaquer des

unités militaires : «Les armes saisies

sont des armes de combat. Ce n’est pas

un mensonge», a-t-il souligné.

Procédure pénale et soins

médicaux

Edward Robert Campbell, procureur

en chef du bureau du procureur

général de la République, a expliqué

que plusieurs des personnes impliquées

figuraient déjà sur la liste nationale des

personnes liées au terrorisme, à laquelle

on ajoute maintenant de nouveaux éléments.

Les individus arrêtés, qui font

l’objet d’une proposition de mesure

conservatoire, sont accusés d’agression

armée, d’entrée illégale sur le territoire

national et d’infractions liées à

des actes terroristes, à la violence et au

trafic d’armes illégal.

Il a indiqué que les peines encourues

pour le terrorisme vont de 10

à 15 ans dans les cas les moins graves,

jusqu’à 20 ans ou 30 ans de privation

de liberté ou la peine de mort dans les

cas les plus graves. Il a assuré que la

procédure régulière avait été respectée

et que les poursuites avaient été officiellement

instruites par le parquet.

Il a également signalé que s’agissant

de faits financés de l’étranger, les

personnes impliquées hors du pays

pourraient aussi être accusées de financement

du terrorisme. Et il a ajouté que

des dispositions légales étasuniennes

relatives à la navigation et au port

d’armes auraient été également violées.

Dans le domaine sanitaire, le colonel

Dr. Juan Antonio Ramírez, chef

des services médicaux du ministère de

l’Intérieur, a fait savoir que l’état du capitaine

Yosmany Hernández Hernández

évolue favorablement et qu’il est hors

de danger : «il a été blessé à l’abdomen

et à l’avant-bras. Son état est stable et il

a une bonne évolution clinique».

Les individus arrêtés qui ont été

blessés reçoivent également des soins

médicaux avec toutes les ressources

nécessaires : «C’est une pratique

éthique de nos institutions d’apporter

l’assistance sans distinction». Enfin, le

colonel Carballo Pérez a réaffirmé que

Cuba maintient une coopération opérationnelle

avec le service des gardecôtes

des États-Unis dans le domaine

de l’émigration, du combat contre le

trafic de drogue, de la recherche et du

sauvetage.

À propos de cette affaire, il a

affirmé qu’il y avait eu un échange

d’informations presque en temps réel

avec la liaison de l’ambassade des

États-Unis et des autorités à Miami,

qui ont reçu des détails sur l’incident.

Les autorités ont indiqué qu’elles

continueraient à informer la population

au fur et à mesure de l’avancement des

enquêtes.

Cubadebate 27 Février 2026

Traduction Françoise Lopez

Bolivar Infos 28 Février 2026

Les membres du groupe armé sont «des Cubains résidant aux Etats-Unis»

10 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


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16

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Armes saisies après une tentative d’infiltration à Cuba. Photo : Abel Padrón Padilla.

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

HAITI LIBERTE

Parutions : 4 mars

Format : 5 x 14

Haiti Liberté

11


Perspectives

Tchad: la Cendrillon des colonies françaises (5 ème partie)

Par Alexandra Panaguli

Ainsi, le Tchad a été la première – et

une des seules – colonie française

à envoyer des troupes à la rescousse de

l’armée française qui en avait bien besoin.

Et celles-ci ont apporté à la France

sa première victoire depuis la capitulation

de 1940: la prise de Koufra en Libye

aux Italiens en février 1941.

Seule une cinquantaine étaient les

Fançais de la fameuse colonne Leclerc,

85% des troupes étaient des Tchadiens

et des Camerounais, mal nommés

“Régiment de tirailleurs sénégalais du

Tchad”. Ils étaient enrôlés dans l’armée

française soit comme volontaires (si on

peut qualifier de telle une personne qui

cherche soit une ascension sociale soit

un revenu financier), ou de force, par

tous les moyens, tel que des rafles pendant

des fêtes ou des cérémonies “comme

cela avait été le cas dans la région

du Centre, au Batha, en 1938, où le

lieutenant Verdier avait profité d’une

fête au milieu d’une atmosphère de réjouissance

pour rafler 103 jeunes”.

De plus, les soldats africains ont

péri en plus grand nombre, et pour un

pays qui n’était pas le leurs, car on les

envoyait au plus grand danger, tout

en étant payés une fraction de leurs

collègues français, pour finir oubliés

après la guerre. Dans une interview à

Deutsche Welle, le radiodiffuseur international

allemand, en 2015, le vétéran

congolais Albert Kunyuku, alors âgé

de 97 ans, raconte qu’il est rentré chez

lui en 1946 après avoir combattu en

Birmanie avec les troupes belges et affirme

ne recevoir que 5 Euros par mois

de pension de guerre... «Je travaillais

dans une entreprise textile quand

ils sont venus nous chercher. Puis ils

sont allés dans d’autres entreprises.

Tous les jeunes travailleurs ont été recrutés».

La bataille susmentionnée a été

suivie du «serment de Koufra»: «Jurez

de ne déposer les armes que lorsque

nos couleurs, nos belles couleurs,

flotteront sur la cathédrale de Strasbourg»...

Plus d’un million d’Africains

ont été recrutés pendant la 2ème guerre

mondiale pour défendre ces “belles

couleurs” alliées, dont plus de la moitié

par les Anglais, le reste par les Français

(289.000 Africains de l’Ouest) et les

Belges.

Pendant la 1ère guerre mondiale

ce sont 2 millions d’Africains qui

s’étaient retrouvés dans les charniers

européens – un demi million pour la

France. Il faut ajouter un million de

morts de faim en Afrique même car les

ouvriers agricoles avaient été recrutés

comme soldats par les coloniaux, avec

comme résultat que les cultures périssent.

Le monument à «l’Armée noire»,

érigé à Reims dans les années 1920, a

été retiré par les nazis pendant la Seconde

Guerre mondiale et n’a jamais refait

surface.

Ajoutons que les vautours, pardon,

vainqueurs de la 1ère guerre

mondiale se sont rués sur les colonies

allemandes du Cameroun (repris par

les Français), Togo (repris par les Anglais

et Français), Afrique du Sud Ouest

(Namibie, reprise par les Anglais) et

Afrique de l’Est (Tanzanie, Burundi,

Rwanda, repris par les Anglais, Belges,

et Portugais).

Sur le plan positif, cette expérience

a poussé les Africains vers les

luttes de libération au lendemain de

la 2ème guerre mondiale. L’écrivain et

cinéaste sénégalais Ousmane Sembene,

lui-même un ancien soldat colonial,

raconte au Deutsche Welle: “‘Pendant

la guerre, nous avons vu les hommes

blancs nus et nous n’avons pas oublié

cette image’. Les soldats africains ont

vu les Européens gisant dans la boue

et la crasse, souffrant et mourant. ‘Ils

ont alors compris qu’il n’y avait pas

de différences entre les peuples’». Et

surtout que les Européens n’étaient pas

invincibles.

Stabilité versus démocratie

“Le Tchad constitue un pare-feu

entre plusieurs conflagrations dans

la région: guerre civile et génocide au

Soudan; violences djihadistes au Sahel;

conflits en Centrafrique et en Libye, où

les mercenaires russes du groupe Wagner

opèrent dans les deux pays”.

Il faut garder le pays dans le giron

français, maintenant plus que jamais

où la Chine s’investit fortement

dans l’infrastructure du continent et

où la Russie attire les sympathies des

jeunes générations africaines.

Base française à Abéché (nous

avons croisé un convoi militaire

français qui s’y rendait), avions militaires

français utilisant l’aéroport de

N’Djamena, des soldats tchadiens

participent aux missions de l’ONU au

Mali et en République centrafricaine,

les officiers tchadiens sont formés et/

ou étudient en France (depuis le coup

d’état au Niger, la France rejette même

les étudiants nigériens).

Reconnu par le régime même

d’Idriss Déby par la voix de son ministre

des affaires étrangères Ahmad

Allami s’adressant à la journaliste

Sonia Rolley en 2007: “La présence

française contribue à la stabilisation

du pays dans l’intérêt de tout le

monde”. Confirmé par, selon Rolley,

“l’un des personnages les plus importants

de N’Djamena, le commandant

de l’opération Epervier”, le colonel

de l’armée de l’air française Vincent

Tesnière: “Les éléments français au

Tchad sont là pour assurer la stabilité

du Tchad”. Il ajoute: “Ce que l’on souhaite

par-dessus tout, c’est s’opposer

à la prise du pouvoir par la force. En

nous opposant à la prise du pouvoir

par la force, nous sommes persuadés

qu’on arrivera à ancrer le processus

démocratique au Tchad”.

À rectifier: s’opposer à la prise du

pouvoir par la force d’un parti hostile à

la France et/ou pro-russe. 14 ans plus

tard, la France entérine la prise du pouvoir

par la force quand, à la mort de

son père, Idriss fils dissout le parlement

et prend illégalement le pouvoir. Belle

leçon de démocratie. Mais, « après les

débâcles au Niger et au Mali, la France

estime que pousser Déby à honorer sa

promesse de ne pas se présenter et

d’organiser des élections libres est ‘un

luxe que nous ne pouvons pas nous

permettre’ », déclare un diplomate occidental.

L’opération Epervier (1986-

2014) susmentionnée était une mission

militaire française au Tchad pour

protéger ses intérêts et repousser les

ennemis – notamment la Libye – de

leur régime à N’Djamena. Elle avait

remplacé opération Manta (1983-

1984) et a elle-même été prolongée

par l’opération Barkhane (2014-2022)

étendue à l’ensemble du Sahel contre

les djihadistes et soi-disant interrompue

en 2022 par Macron.

Comme le disait Rolley, « l’armée

française n’a pratiquement jamais

quitté le Tchad depuis l’indépendance

en 1960 [depuis la colonisation en

1900 devrait-on dire...] toutes les

prises de pouvoir ont eu lieu par les

armes. Si j’étais une mauvaise langue,

je dirais qu’on prend tout notre temps

pour l’ancrer, cette démocratie ».

Mais cette politique, même si

sincère, ne fait pas de sens. Comme

le dit le reporter étatsunien Ben Taub

en 2017: « en recherchant la stabilité,

cela renforce l’autocrate, mais, en

renforçant l’autocrate, cela lui permet

d’abuser davantage de sa position ».

De plus, dit le politiste anglais

Nathaniel Powell, la présence française

est aussi “potentiellement déstabilisatrice,

car la protection qu’elle apporte

contribue à éliminer les incitations

aux réformes, délégitime le gouvernement

et fournit une couverture internationale

efficace à la répression du

régime”.

Stabilité qui convient plutôt à

l’Occident partout où il s’ingère ou

tente de s’ingérer, agitant le concept de

démocratie quand cela l’arrange. Succès

Masra, ancien économiste en chef à

La Libye était une des raisons de la présence occidentale au Tchad qui

partage plus de 1.000 kilomètres de frontière avec ce pays. Entre 1978

et 1987 il y a eu 4 interventions libyennes au Tchad alliées aux rebelles

tchadiens, repoussées par l’armée tchadienne soutenue par la France

(Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

la Banque africaine de développement

(BAD), devenu premier ministre du

Tchad depuis le 1er janvier de cette année

après avoir été l’objet d’un mandat

d’arrêt international émis par le régime

(!), met un point final: « La France et

[les Etats-Unis d’] Amérique ont toujours

considéré le Tchad comme utile à

la sécurité. Qu’en est-il des attentes

de notre peuple [je souligne] demande-t-il?

», ainsi que rapporté par

The Economist en novembre dernier.

Parenthèse: la stabilité est le

même grand concept qui gouverne la

Chine et la pousse vers ces politiques

– avant tout la crainte de révolte musulmane

au Xinjiang – qui déroutent

les peuples d’Occident, et qu’exploite la

propagande occidentale

[Chine: la stabilité à tout prix,

Alexandra Panaguli, March 23, 2020,

https://haitiliberte.com/chine-lastabilite-a-tout-prix-1/].

Entre création et destruction

Après avoir été négligé comme

colonie, “Le pays a passé les décennies

suivantes ‘suspendu entre création et

destruction’, comme l’écrit l’historien

sud-africain Sam Nolutshungu, dans

‘Limits of Anarchy: Intervention and

State Formation in Chad’ [1996]».

À Massaguet, notre premier arrêt

à 80 km au nord-est de N’Djamena,

nous nous étions arrêtés pour prendre

le thé et manger des beignets dans une

des gargotes le long de la rue principale.

Notre chauffeur, Shérif, a une maison et

une épouse dans cette bourgade. C’est

ici que, début 2008, les forces gouvernementales

personnellement dirigées

par Idriss Déby ont essayé d’arrêter une

grande offensive des rebelles de l’Union

des forces pour la démocratie et le

développement (UFDD) et du Rassemblement

des forces pour le changement

(RFC) venus de l’est du pays. Ceux-ci

ont réussi à pénétrer dans la capi-

Les soldats français n’ont jamais quitté le Tchad depuis l’indépendance

en 1960. Nous les avons croisés dans un long convoi en route vers

Abéché, une importante ville de l’Est flanquée d’une base militaire

française (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

tale mais, face aux tanks et aux hélicoptères

de l’armée tchadienne aidée

par la logistique française, ils ont été

refoulés au bout de deux jours de combats

qui ont fait quelques centaines de

morts, surtout civils. On a alors assisté

à un remake de l’évacuation des Occidentaux

par les forces de l’ONU – ici les

forces françaises – au Rwanda en 1994

qui avaient abandonné les réfugiés Tutsis

qui se faisaient massacrer.

Deux ans auparavant, en avril

2006, d’autres rebelles, du Front uni

pour le changement démocratique

(FUC) de Mahamat Nour Abdelkerim,

avaient déjà tenté de prendre la capitale.

Idriss Déby avait fanfaronné,

déclarant aux journalistes qu’il les attendait

avec sa (4ème) femme Hinda,

« en écoutant les coups de canon,

parce que nous savions qu’ils arrivaient,

alors que nous prenions notre

petit-déjeuner composé de café fort et

de croissants chauds [...] C’était vraiment

du travail d’amateur. Je ne vais

nulle part. C’étaient des petits mercenaires

».

Si on remonte plus loin, 1979-

1980, pendant la guerre civile, la ville

avait été partiellement détruite quand

des unités de cinq armées tchadiennes

distinctes se battaient dans ses rues.

On comprend maintenant l’interdiction

de s’arrêter quand on passe en voiture

devant le palais et les ministères, Avenue

du Général Kerim Nassour, afin

d’éviter de se faire tirer dessus par les

sentinelles paranoïaques.

Quand nous avons bifurqué vers

le nord-est après avoir laissé Koro-Toro

avec son Australopithecus bahrelghazali

et sa prison, nous avons longé,

sur notre droite, le massif du Kapka

qui fait frontière avec le Soudan à une

centaine de kilomètres à l’est. C’est

là qu’en 2007 le Rassemblement des

forces pour le changement (RFC) de Timane

Erdimi, a engagé le combat contre

les forces gouvernementales de son

oncle Idriss Déby. Celles-ci se joignant

aux rebelles car les deux parties étaient

Zaghawas, une importante ethnie à

cheval sur le Tchad et le Soudan.

Encore plus au nord, entre les

bourgades de Kalait et Fada nous sommes

tombés sur des carcasses de tanks

et des ossements en pleines dunes. Les

restes de la “guerre des Toyotas”...

« L’illusion d’un État tchadien

a été utile à la France et aux États-

Unis, qui considéraient une armée

tchadienne forte comme un moyen de

paralyser les ambitions de Kadhafi ».

La Libye était une des raisons

de la présence occidentale au Tchad

qui partage plus de 1.000 kilomètres

de frontière en ligne droite avec feu la

Jamahiriya arabe libyenne populaire

et socialiste. Entre 1978 et 1987 il y

a eu quatre interventions libyennes au

Tchad alliées aux rebelles tchadiens,

repoussées par l’armée tchadienne

soutenue par la France. Ce n’est qu’à

la fin que l’alliance Libye-rebelles s’est

écroulée, laissant les quelque 300 chars

libyens sans grande infanterie une

proie facile face à la mobilité des Tchadiens

dans les fameux pick-ups Toyota

équipés de missiles anti-tank.

En septembre 1987, grâce à

l’aide logistique de la France et des

Etats-Unis qui leur fournissaient des

renseignements par satellites, les

Tchadiens ont anéanti la base aérienne-clé

libyenne de Maaten al-Sarra,

à une centaine de kilomètres seulement

de la frontière. À 200 km du côté

Dans le patelin de Ounianga Kébir, à 200 km de la frontière, restes de

véhicules militaires libyens qui ont fait plusieurs incursions au Tchad

dans les années 1980 (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

tchadien, dans le patelin de Ounianga

Kébir, nous avons pu voir des restes de

véhicules libyens. (Ounianga avait déjà

été attaquée en juin 1977 par les Forces

Armées Populaires (FAP) soutenues

par la Libye, et sauvée par les militaires

français. Les FAP devaient par la suite

se rebeller contre les Libyens puis devenir

la principale faction du Gouvernement

d’Union Nationale de Transition

– (GUNT) 1979-1982 – du Tchad.)

Série de quelques lacs très colorés

dans cette région de dunes de sable.

En fait, depuis 2012 ils font partie

du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Si cela semble étonnant du fait qu’il

tombe moins de 2 millimètres de pluie

chaque année, on se rappellera qu’il y

a quelque 7.000 ans, il y avait le Méga-Lac

Tchad. Il y a beaucoup d’eau accumulée

dans les nappes aquifères des

déserts – et pas seulement du pétrole! À

un millier de kilomètres au nord-ouest,

à Ubari, en plein coeur de la Libye,

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


Perspectives

Lénine, interviewé par Clara Zetkin : « La prostitution n’est pas un

métier. C’est un esclavage intolérable » !

« Nous ne voulons pas seulement

changer qui est au pouvoir, mais aussi

comment les gens vivent. »

En 1920, au cœur de la jeune

Union soviétique, Clara Zetkin,

figure emblématique du socialisme

européen et fervente défenseure des

droits des travailleuses, s’entretenait

avec Lénine d’un sujet alors considéré

par beaucoup comme « secondaire » :

la question féminine. De cet échange

est ressorti bien plus qu’une simple

conversation. Il s’agissait d’une déclaration

claire et profonde du dirigeant

bolchevique sur le rôle essentiel que les

femmes devaient jouer dans la révolution.

Nous reproduisons ici le résultat

de cet entretien.

Clara Zetkin était une révolutionnaire

allemande, une militante marxiste

et une pionnière de l’organisation

des travailleuses en Europe. Elle a

consacré sa vie à la lutte pour le socialisme

et l’émancipation des femmes,

convaincue de leur indissociabilité profonde.

En 1920, lors d’un voyage à

Moscou en tant que dirigeante de l’Internationale

communiste, elle s’est

longuement entretenue avec Lénine,

chef de la Révolution russe, au sujet

de la question féminine. Ce qui pouvait

paraître secondaire à beaucoup à l’époque

était, pour Lénine, un thème central

: sans l’émancipation des femmes,

il était impossible de parler de véritable

révolution socialiste.

Son intérêt n’était pas théorique,

mais profondément pratique : il se souciait

de savoir comment organiser, mobiliser

et transformer les conditions de

vie de millions de femmes prolétaires,

briser leur servitude domestique et

garantir leur pleine participation à la

construction du nouveau monde communiste.

Clara Zetkin : Camarade

Lénine, de nombreux camarades révolutionnaires

– notamment les plus

jeunes – m’ont demandé de m’entretenir

avec vous au sujet de votre vision

de la question féminine. Plus précisément,

concernant votre rôle dans la

lutte socialiste et les défis que nous

rencontrons dans l’organisation politique

des travailleuses. Puis-je vous

poser quelques questions à ce sujet ?

Lénine : Bien sûr, Clara, parlons

franchement. Cette question est d’une

importance capitale. Je suis profondément

préoccupé par le fait que nombre

de nos camarades ne saisissent pas

pleinement combien la participation

active des femmes est essentielle à la

lutte révolutionnaire et à la construction

du nouvel État.

Clara Zetkin : En Allemagne,

beaucoup de camarades, même communistes,

considèrent encore la question

des femmes comme une question

« secondaire », voire comme une distraction

par rapport à la lutte des classes

principale. Que répondriez-vous à

cette attitude ?

Lénine : C’est une grave erreur.

La véritable émancipation du prolétariat

est impossible sans l’émancipation

complète des femmes. Comment peuton

construire le socialisme si la moitié

de la classe ouvrière reste enchaînée

aux anciennes structures familiales, au

travail domestique non reconnu et à la

subordination ? C’est absurde. La révolution

doit éradiquer toutes les formes

d’oppression. Et cela inclut sans aucun

doute l’oppression des femmes.

Clara Zetkin : Mais de nombreux

camarades rétorquent que « le

moment n’est pas venu », qu’il y a des

« urgences plus grandes », qu’il faut

d’abord consolider le pouvoir du prolétariat,

et ensuite seulement s’occuper

de la question des femmes…

Lénine : Et quand pensent-ils

que « le moment est venu » ? Quand

tout sera réglé, quand il n’y aura plus

rien à transformer ? Ce prétexte du

« pas maintenant » a toujours été celui

des réformistes et des opportunistes. La

révolution ne connaît pas d’étapes intermédiaires.

La liberté des femmes ne

peut être reportée comme une simple

réforme. Elle doit être intégrée dès le

départ, comme une composante essentielle

de la transformation révolutionnaire.

Clara Zetkin : Et selon vous,

quel est le rôle des femmes dans le

nouvel État socialiste ?

Lénine : Un rôle actif, créatif et

égalitaire. Il ne suffit pas de proclamer

l’égalité sur le papier. Il faut créer

les conditions matérielles nécessaires

à son accomplissement : crèches, cuisines

collectives, blanchisseries publiques,

droit à l’avortement, éducation

pour tous. C’est la seule façon pour les

femmes travailleuses de s’affranchir

du fardeau des tâches ménagères et de

participer pleinement à la vie publique,

politique et économique. L’égalité ne

s’acquiert pas par des discours, mais

par la transformation du quotidien.

Clara Zetkin : Et qu’en est-il

des coutumes, des préjugés ? Nombre

d’hommes considèrent encore les

femmes comme leurs servantes ou

comme leur propriété.

Lénine : C’est un problème profondément

enraciné, hérité de siècles

de patriarcat. Mais les mentalités ne

changent pas d’elles-mêmes. Elles

évoluent avec la pratique sociale. En

confiant aux femmes des responsabilités,

en démontrant qu’elles peuvent et

doivent participer sur un pied d’égalité,

les préjugés commencent à s’effriter. Le

Parti doit être inflexible sur ce point. Il

ne doit tolérer aucune attitude sexiste

en son sein. Nous devons éduquer,

mais aussi discipliner.

Clara Zetkin : Une question cruciale

qui revient sans cesse est celle du

travail domestique. Même dans l’État

socialiste, de nombreuses femmes

restent cantonnées à la cuisine, aux

Entretien réalisé par Clara Zetkin avec Vladímir Lénine en 1920

enfants, au ménage… Comment briser

ce cycle ?

Lénine : Ce travail invisible, ce

« travail domestique », comme on l’appelle,

a été l’un des mécanismes historiques

les plus efficaces pour maintenir

les femmes sous le joug. C’est

de l’esclavage domestique. Si nous ne

socialisons pas ces tâches, si nous ne

les libérons pas de la sphère privée, les

femmes ne seront jamais libres. Nous

avons besoin de cuisines collectives, de

crèches dans chaque quartier, de blanchisseries

collectives… Ce n’est pas

un luxe ; c’est une mesure révolutionnaire.

Et n’oublions pas que ce n’est

pas seulement pour libérer les femmes,

mais aussi pour le progrès de toute la

société.

Clara Zetkin : Certains camarades

disent que cela revient à « bureaucratiser

la vie familiale »…

Lénine : Non pas bureaucratiser

! Libérer ! La femme qui cuisine des

heures durant chaque jour n’est-elle

pas déjà « bureaucratisée », au sens le

plus péjoratif du terme ? Ce que nous

proposons est tout autre chose : que le

travail nécessaire à la subsistance soit

organisé collectivement, rationnellement

et de manière planifiée, et non

comme un esclavage individuel au sein

du foyer.

V.I. Lénine, chef de la révolution bolchevique, avec Clara Zetkin (au

centre) et son épouse, Nadejda Kroupskaïa. Lénine et Zetkin ont

collaboré à la résolution de l’Internationale communiste.

« La prostitution n’est pas un

métier. C’est une forme d’esclavage

que le socialisme doit éradiquer. »

Clara Zetkin : Vladimir, j’aimerais

vous interroger sur un sujet délicat

: la prostitution. Certains camarades

proposent que, dans un État socialiste,

elle soit reconnue comme un « métier

», assorti de droits. Qu’en pensez-vous

?

Lénine : Je suis en total désaccord

avec cette opinion. La prostitution

est l’une des formes les plus extrêmes

d’asservissement des femmes.

Il ne saurait y avoir de « profession

» là-dedans. Les femmes ne sont pas

des marchandises. Le corps humain

ne doit pas être vendu, pas plus que le

travail des enfants. Le socialisme doit

éradiquer les conditions qui le rendent

nécessaire : la pauvreté, le chômage, le

désespoir. Et nous devons aussi lutter

contre la demande, c’est-à-dire contre

cette mentalité masculine qui considère

comme « normal » d’acheter le corps

d’autrui pour le plaisir.

Clara Zetkin : Et concernant

l’organisation des femmes, pensez-vous

qu’il soit nécessaire d’avoir

des structures spécifiques au sein

du Parti ou des structures parallèles,

comme les mouvements de femmes

communistes ?

Lénine : Oui, c’est essentiel.

Non pas parce que nous voulons les

séparer, mais parce qu’il existe des problèmes,

des expériences et des luttes

propres aux femmes, que les hommes

ne connaissent pas. Les femmes ont

besoin d’un espace pour discuter

entre elles, s’organiser, faire entendre

leur voix. Mais toujours en lien organique

avec le Parti. Il ne s’agit pas de

construire des ghettos politiques, mais

de renforcer l’unité de classe en reconnaissant

sa diversité.

Clara Zetkin : Mais certains

craignent que cela ne conduise à un

féminisme « séparatiste », détaché du

marxisme…

« Le Parti doit être un laboratoire

pour de nouvelles relations humaines.

»

Lénine : La pire forme de séparatisme

est celle de ceux qui, sous

prétexte d’unité, nient l’oppression

concrète que subissent les femmes. Ce

qui est véritablement marxiste, c’est de

comprendre que la lutte contre le patriarcat

ne concurrence pas la lutte des

classes : elle la renforce. Les femmes

prolétaires doivent être des acteurs du

processus révolutionnaire, et cela ne se

produira pas si elles ne se sentent pas

entendues, organisées et autonomes.

Clara Zetkin : Camarade Lénine,

vous avez parlé de la nécessité

de transformer les coutumes, les mentalités,

la culture… Ne pensez-vous

pas que cela prendra beaucoup plus de

temps que n’importe quel changement

économique ?

Lénine : Sans aucun doute. Les

vieilles idées ne disparaissent pas d’un

coup de décret. Même si l’on nationalise

les usines et que l’on socialise la

terre, la mentalité patriarcale demeure

vivante. Parfois déguisée, parfois

flagrante. Changer cela demande du

travail.

Clara Zetkin : Et comment

combattre cette morale bourgeoise qui

imprègne encore même nos camarades

les plus honnêtes ?

Lénine : Par l’exemple. Le

Parti doit être un laboratoire pour de

nouvelles relations humaines. Si une

femme, active dans nos rangs, y subit

sexisme, mépris ou exclusion, alors

nous échouons. L’expérience vaut

mieux que mille discours. Un homme

qui fait le ménage, qui élève ses enfants,

qui respecte la parole de ses camarades,

qui ne recourt pas à la violence,

fait davantage pour la révolution

que celui qui récite des slogans et se

comporte en chef à la maison.

Clara Zetkin : Vous insistez

beaucoup là-dessus…

Lénine : Parce que c’est essentiel,

Clara. Si la révolution n’entre pas

dans les foyers, les lits et les cuisines,

ce n’est pas une révolution. Nous ne

voulons pas seulement changer qui est

au pouvoir, mais aussi notre façon de

vivre. Et cela commence par les détails

: qui cuisine, qui prend soin des

autres, qui parle et qui écoute. L’égalité

ne se décrète pas : elle se construit jour

après jour.

Clara Zetkin : Alors, quel serait

votre message aux travailleuses

qui hésitent encore à adhérer au Parti

communiste ?

Lénine : Qu’elles ne doivent pas

hésiter. Que leur place est au cœur de

la lutte. Que la révolution n’aura pas

lieu sans elles. Que personne ne leur

« octroiera » de droits : elles doivent

les conquérir par leur force, leur intelligence

et leur organisation. Et qu’elles

ne sont pas seules. Le Parti qui ne lutte

pas pour elles et avec elles ne mérite

pas de se dire révolutionnaire.

Source consultée: Clara Zetkin,

« From the Classics: Clara Zetkin’s

Interview with Lenin on the Woman

Question, 1920 »

CANARIAS SEMANAL.ORG

3 Février 2026

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

13


Perspectives

L’agroécologie est une arme contre le colonialisme, affirment

des intellectuels et des agriculteurs du Sahel !

Par Lucas Estanislau

Les agriculteurs des pays du Sahel

africain veulent utiliser l’agroécologie

pour combattre le colonialisme.

C’est ce qu’ont déclaré des représentants

du Mali et du Burkina Faso à

Brasil de Fato.

L’intellectuel malien Mamadou

Goita et le leader paysan burkinabé Joseph

Thiombiano sont à Carthagène, en

Colombie, pour participer à la deuxième

Conférence sur la réforme agraire et le

développement rural (CIRADR+20).

Ils se sont entretenus avec la

presse au sujet des problèmes communs

auxquels leurs pays sont confrontés et

des solutions proposées par les travailleurs

ruraux et leurs gouvernements.

Depuis 2018, le Mali, le Niger et le

Burkina Faso connaissent des gouvernements

révolutionnaires issus de soulèvements

militaires dans les pays du

Sahel – une région d’Afrique de l’Ouest

– qui s’opposent à l’influence et à la domination

françaises.

Mamadou Goita croit lui aussi en l’agroécologie comme

outil de transformation de la réalité de son pays

Crédit : Lucas Estanislau/ Brasil de Fato

Ces processus sont menés par

l’armée et soutenus par diverses organisations

de base dans leurs pays et à travers

le monde. C’est le cas de la Confédération

des Paysans du Burkina Faso,

une organisation dirigée par Joseph

Thiombiano. Selon le militant, « le Burkina

Faso utilise l’agroécologie comme

une arme contre le colonialisme ».

Au Burkina Faso, nous promouvons

des idées telles que la consommation

locale et les produits locaux. «

Regardez, je porte un produit 100 %

burkinabè. Ce coton a été produit par

nos agriculteurs, nos bijoutiers ont

créé cette broche et nos couturières ont

confectionné ce tabuk. Ce sont des ressources

pour lutter contre l’impérialisme

», a-t-il déclaré à BdF.

Environ 80 % de la population

active du Burkina Faso dépend de

l’agriculture. Suite au soulèvement militaire

et à l’arrivée au pouvoir du capitaine

Ibrahim Traoré, l’agroécologie

– production alimentaire sans pesticides

et respectueuse de la biodiversité locale

– a pris une importance accrue dans le

pays.

Des organisations de base comme

la Fondation Yelemani ont été à la

pointe du combat pour la souveraineté

alimentaire dans un pays encore étroitement

lié à son ancienne puissance coloniale,

la France.

M. Thiombiano souligne que le

gouvernement met actuellement en

œuvre des politiques importantes visant

à soutenir les agriculteurs et à renforcer

la souveraineté alimentaire, notamment

par l’attribution de milliers d’hectares

de terres aux organisations paysannes,

la promotion de systèmes d’irrigation

et la lutte contre la désertification, qui

a conduit à un vaste programme de reboisement.

Le leader paysan s’est également

félicité de sa participation à CIRADR+20

car, selon lui, « les problèmes des pays

du Sud sont globalement les mêmes ».

« Aujourd’hui, nous sommes

confrontés à une guerre qui n’est pas

la nôtre. Une guerre imposée par les

impérialistes. Nos autorités œuvrent à

couvrir l’ensemble du territoire national

et à instaurer la paix, l’équité et la

justice sociale », a-t-il déclaré.

Le leader paysan burkinabé Joseph Thiombiano et son tabuk 100 %

burkinabé | Crédit : Lucas Estanislau/Brasil de Fato

Le Mali participe à cette lutte.

L’intellectuel malien Mamadou

Goita croit lui aussi en l’agroécologie

comme outil de transformation de la

réalité de son pays. Cet économiste, directeur

exécutif de l’Institut de recherche

et de promotion des alternatives

pour le développement (IRPAD), a déclaré

à Brasil de Fato que la mise en œuvre

de systèmes agroécologiques dans

les pays du Sahel implique de s’opposer

frontalement aux intérêts des entreprises

étrangères dans la région. « Aujourd’hui,

l’espoir renaît au Sahel. Nous

rompons avec ce modèle de production,

nous rompons avec les monocultures

qui ont causé tant de dégâts avec leurs

engrais chimiques », a-t-il affirmé.

Le professeur explique qu’au

Mali, depuis 2016, les lois foncières

sont orientées vers la souveraineté alimentaire,

sous l’impulsion du gouvernement

du président Assimi Goïta, un

officier militaire arrivé au pouvoir après

un soulèvement en 2021.

Deuxième producteur d’or d’Afrique

et quatrième au monde, le Mali

est un pays exclusivement producteur

et exportateur de minéraux. Goïta explique

que le secteur est entièrement

dominé par des entreprises étrangères

qui pratiquent souvent l’accaparement

des terres pour développer l’exploitation

minière.

Le gouvernement du général

Goita tente de créer une entreprise publique

pour concurrencer les entreprises

privées étrangères. « Mais ce n’est pas

chose facile », explique le professeur. «

Nous utilisons encore des techniques artisanales

qui nuisent à l’environnement

et polluent les rivières. Nous devons

évoluer vers une production durable. »

Brasil de Fato 27 février 2026

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre

la défenderesse à l’audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence le divorce du sieur Ulrick JACQUES

d’avec son épouse la dame Ulrick JACQUES née

Annièse PIERRE pour injures graves et publiques

aux torts de l’épouse. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre les

dits époux. Ordonne à l’officier de l’état civil de

la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur

les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers si le cas y

échet Commet l’huissier Vilneret GABRIEL de ce

Tribunal pour la signification de ce jugement ;

Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Nelson CILIUS,

Juge en audience civile, ordinaire et publique

du jeudi dix-huit Décembre deux mille vingtcinq

(2025) en présence de Me Elysée Fénélon,

Substitut Commissaire du gouvernement de ce

ressort avec l’assistance de la dame Célène SAINT

JEAN CHERY, Greffière du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre le

défendeur à l’audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action. Admet en conséquence

le divorce du sieur Francky CHERISME, contre son

épouse Roudelyne CELESTIN pour injures graves

et publiques aux torts de l’épouse, prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre

lesdits époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de

Taïfer, commune de Carrefour de transcrire dans

les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des

quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine de

dommages et intérêts envers les tiers s’il y échet;

Commet l’huissier Canal GABRIEL de ce siège

pour la signification de ce jugement; Compense les

dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson

CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire et

publique du dix sept Juillet deux mille vingt cinq,

en présence de Me Choubert BAPTISTE, Substitut

Commissaire de ce ressort avec l’assistance du

sieur Mozart TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc...

Me Jean Luma CHARLES, Officier de l’état civil

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public,

maintient le défaut octroyé contre la partie

défenderesse à l’audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence le divorce du sieur René FRANÇOIS

d’avec son épouse la dame née Marie Lourdes

CLERGÉ pour injures graves et publiques aux

torts de l’épouse. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ;

Ordonne à l’officier de l’état civil de la commune

de Carrefour, de transcrire sur les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s’il y échet ; Commet

l’huissier Vilneret GABRIEL de ce siège pour la

signification de ce jugement ; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson CILIUS,

Juge en audience civile, ordinaire et publique du

Jeudi Treize Novembre deux mille vingt-cinq,

en présence de Me Wilbert JEAN FRANÇOIS,

Substitut Commissaire du gouvernement de ce

ressort avec l’assistance de Célène SAINT JEAN

CHERY, Greffière du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre le défendeur à l’audience précitée, pour

le profit déclare fondée ladite action; Admet en

conséquence le divorce de la dame Stéphanie

DELLY d’avec son époux Jean Eddy JEAN

FRANCOIS pour injures graves et publiques

aux torts exclusifs de l’époux, prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant

entre lesdits époux, ordonne à l’officier de l’état

civil de Port-au-Prince Section Sud de transcrire

dans les registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers

s’il y échet, commet l’huissier Canal GABRIEL

de ce siège pour la signification dudit jugement,

compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nelson

CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire

et publique en date du vingt quatre Juillet

deux mille vingt cinq, en présence de Me.

Maudelair BARTHELUS, Substitut Commissaire

du gouvernement de Port-au-Prince et avec

l’assistance du Greffier, Mozart TASSY, Greffier

du siège

Il est ordonné....etc.....

En foi de quoi....etc....

Me Ingrid Karline WOOLEY, Officier de l’état

civil

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre Micius CIVIL à l’audience précitée, pour

le profit, déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence, le divorce de Samania EDOUARD

d’avec son époux Micius CIVIL, pour injures

graves et publiques. Prononce en conséquence

la dissolution des liens matrimoniaux ayant

existé entre lesdits époux. Ordonne à l’officier

de l’état civil de la commune de cavaillon, de

transcrire sur les registres à ce destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait

sera publié dans l’un des journaux s’éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s’il y échet ; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Osmond

CASTOR, Doyen en audience civile, ordinaire

et publique en date du vingt Janvier deux mille

vingt-six, en présence de Holitha JACQUET,

Substitut Commissaire, avec l’assistance du

Greffier Me Jean Claude Novembre

Il est ordonné...etc...

En foi de quoi....etc..

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut

octroyé contre son épouse Marie Michèle Exil

à l’audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action. Admet en conséquence

le divorce de Sylvio Cadet avec Marie Michèle

Exil pour incompatibilité de caractères ;

prononce en conséquence la dissolution des

liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits

époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de la

commune de Port-de-Paix, de transcrire sur les

registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet

; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Selnick

Attsim GARÇON, Av. Juge en audience civile,

ordinaire et publique en date du cinq Novembre

deux mille vingt-quatre, en présence de Me

Gilbert Saintel, Av, Substitut Commissaire du

gouvernement de ce ressort avec l’assistance de

Me Jean Yves Victorin, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

Me Théoric Cétoute, Officier de l’état civil

14 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


Perspectives

Liban : Le Hezbollah promet de rester

aux côtés de l’Iran jusqu’à la victoire !

Le Hezbollah a publié un communiqué

de condoléances suite

au martyre du Guide suprême de la

Révolution et de la République islamique

d’Iran, Sayyed Ali Khamenei,

dans lequel il réaffirme son engagement

à poursuivre « la voie de

la lutte et de la résistance ».

L’organisation a réitéré sa

loyauté envers Sayyed Khamenei,

ainsi qu’envers Sayyed Abbas Al

Musawi, Sayyed Hassan Nasrallah,

Sayyed Hashem Safi Al Din et tous

les martyrs, assurant qu’elle maintiendra

son combat.

Il a affirmé qu’il resterait «

inébranlable et résolu aux côtés

de l’Iran, de ses dirigeants, de son

gouvernement, des Gardiens de la

révolution, de son armée et de son

peuple, comme il l’a toujours fait face

à toutes les circonstances et à toutes

les épreuves, jusqu’à la défaite des

agresseurs arrogants et tyranniques

et l’obtention de la victoire finale et

totale ».

Le communiqué indique que «

Sayyed Khamenei est mort sous les

coups des criminels les plus pervers

de notre époque, les terroristes israéliens

et américains, durant le mois de

Ramadan ».

L’organisation a souligné que

le Guide suprême martyr a consolidé

les piliers de la République islamique,

renforcé ses fondements et transformé

le pays en un État solide et actif

dans les domaines scientifique, pratique,

militaire et de la résistance.

Le Hezbollah a également présenté

ses condoléances aux autorités

religieuses, aux centres d’études islamiques,

aux combattants, à la « nation

de résistance », au gouvernement

et au peuple iraniens, à l’ensemble

de la communauté islamique et à

la famille du défunt guide, félicitant

Terrorisme : la coalition israélo-US

commet un massacre dans une école

Sayyed Khamenei et ceux qui sont

morts à ses côtés pour avoir atteint «

l’honneur suprême du martyre ».

Enfin, l’organisation a rappelé

que Khamenei avait consacré sa vie à

la défense des opprimés et à la cause

de la libération de la Palestine, qu’il

considérait comme sa priorité absolue.

Al Mayadeen 2 mars 2026

Par Al-Jazeera

Les médias iraniens informent que

l’attaque israélienne contre une

école de filles dans la ville de Minab,

dans le sud du pays, a fait des

dizaines de morts.

Une frappe israélienne a touché

une école primaire pour filles à Minab,

une ville de la province d’Hormozgan,

dans le sud de l’Iran, tuant au moins

51 personnes, ont rapporté les médias

iraniens, alors que le bilan immédiat

des victimes civiles des bombardements

massifs menés par Israël et les

États-Unis contre l’Iran devient plus

précis.

L’agence de presse iranienne

Mehr a également rapporté qu’au

moins deux élèves ont été tuées par

une attaque israélienne qui a frappé

une école à l’est de la capitale, Téhéran.

Depuis Téhéran, Mohammed

Vall, journaliste à Al Jazeera, a déclaré

à propos de l’attaque contre l’école de

filles : « De nouveaux rapports confirment

que le nombre de personnes

tuées dans cette frappe dépasse désormais

les 40. Il s’agit d’une cible civile,

et c’est l’une des cibles qui pourrait

vraiment poser problème dans le

cadre de cette campagne menée par

les Américains et les Israéliens, qui

affirment ne viser que des cibles militaires

et chercher à punir le régime, et

non le peuple iranien. »

28 février 2026 – Middle East-

Eye – Au moins 51 filles ont été tuées

lors d’une frappe aérienne contre une

école primaire dans le sud de l’Iran,

ont déclaré les autorités locales, alors

que les États-Unis et Israël intensifient

leurs attaques contre le pays.

L’attaque de samedi matin a touché

l’école Shajareh Tayyebeh dans la

ville de Minab, dans la province méridionale

d’Hormozgan. Les victimes

étaient âgées de 7 à 12 ans, selon les

agences de presse iraniennes Tasnim

et Fars.

Le raid aérien sur l’école a piégé

de nombreuses personnes à l’intérieur

du bâtiment sous les décombres.

Au moment de l’attaque, 170

élèves de sexe féminin se trouvaient

dans l’école. À ce jour, au moins 45

personnes auraient également été blessées.

« Lors de l’attaque israélienne à

la roquette ce matin (samedi) contre

une école primaire de filles dans le

comté de Minab, 51 élèves ont été

tuées et 60 autres blessées », a déclaré

le gouverneur du comté, selon les

médias d’État.

« Le président Trump a promis

au peuple iranien que de l’aide lui

serait apportée, mais nous constatons

aujourd’hui des victimes civiles ; c’est

quelque chose que le gouvernement

Cette image tirée d'une émission diffusée par la télévision d'État

iranienne le 28 février 2026 montre le site des frappes meurtrières

américaines et israéliennes qui ont touché une école primaire de filles à

Minab, dans la province d'Hormozgan, au sud de l'Iran, près de la route

maritime stratégique du détroit d'Ormuz - Capture d'écran/IRIB TV

iranien soulignera comme une

violation du droit international et une

agression contre le peuple iranien »,

a-t-il ajouté.

Selon le ministère iranien de la

Santé et de l’Éducation médicale, des

milliers de civils avaient été tués ou

blessés et les infrastructures publiques

ont été endommagés pendant la guerre

de 12 jours entre les États-Unis et Israël

en juin 2025.

Al-Jazeera – Traduction :

Chronique de Palestine

28 février 2026

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, sur les conclusions conformes du

Ministère public, maintient le défaut octroyé contre

la défenderesse à l’audience précitée ; pour le profit

dit que l’action introduite par les demandeurs est

juste et fondée; Dit que les héritiers de feue Anne

Marie SIMON , à savoir Daniel Faustin, Yves Marc

BLAIN ,et Vladimir Altene BLAIN, sont seuls et

uniques Propriétaires incommutables et exclusifs,

par titre et par prescriptions de la portion de terre

ci-dessus décrite, localisée et spécifique . Dit que

c’est sans droit ni qualité que l’assignée la dame

Elpidia PIERRE a envahi, occupé et vendu à des

tiers la propriété des requérants ; Déclare nulle ,

de nullité absolue et radicale la vente de toutes

Parcelles ou portions de terre faites par l’ajournée

, à des tiers sur ladite propriété ; Ordonne en

conséquence, le déguerpissement de ces deniers

, de tous les acquéreurs ayant-droits et ayantcause

et de tous les occupants se trouvant sur

la propriété des requérants de manière illégale et

arbitraire ; Ordonne également la démolition de

toutes les constructions généralement quelconque

érigées sur ladite propriété; Accorde l’exécution

provisoire sans caution du présent jugement sur

le chef du déguerpissement et de la démolition

vu qu’il y a titres authentiques , ce nonobstant

toutes voies de recours; Condamne solidairement

les défenderesse, l’une pour l’autre à cinquante

mille gourdes (50.000 gds) de dommages intérêts

et aux frais et dépens de la procédure; Commet

l’huissier Millery AUGUSTE, de ce siège pour la

signification du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Guy

AUGUSTIN, Juge en audience civile, ordinaire

et publique du vingt-neuf Juin deux mille dixneuf,

en présence de Me. Pelage Félicité ERNST,

Substitut Commissaire du gouvernement de ce

ressort avec l’assistance du Greffier Junior Sauvens

THELEMAQUE Il est ordonné....etc...

En foi de quoi....etc…

AVIS

Dispositif du jugement de défaut rendu par le

Tribunal de première instance de Port-au-Prince

entre le sieur Monclair Paul contre son épouse

Mirlaine Estiel; PAR CES MOTIFS, le Tribunal après

examen, le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience

précitée, pour le profit déclare fondée ladite action,

admet en conséquence le divorce du sieur Monclair

Paul et la dame née Mirlaine Estiel ; prononce la

dissolution la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux; Ordonne à l’officier de

l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince, de

transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous

peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y

échet; Commet l’huissier Vilneret Gabriel de ce siège

pour la signification de ce jugement; Compense les

dépens.

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc...

Boileau Dieuveuil, Av.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions du

Ministère public, maintient le défaut octroyé contre

Marie Béatrice CANGE à la susdite audience, pour

le profit du défaut déclare fondée ladite action,

admet en conséquence le divorce du sieur Sondy

INNOCENT d’avec Marie Béatrice CANGE pour

incompatibilité de caractères aux torts de l’épouse,

prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux, ordonne à l’officier

de l’état civil de la commune d’Aquin de transcrire

dans ses registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet,

Commet l’huissier Anthony SAINT GERMAIN

de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Louis Fritz

JOSEPH, Av Juge en audience civile, ordinaire

et publique du dix Juillet deux mille vingt cinq,

en présence de Me Vanna MANE, Substitut

Commissaire du gouvernement de ce resort avec

l’assistance du Greffier Paulin CIVIL

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions du

Ministère public, maintient le défaut octroyé contre

Hans Valery BLÉMUR à l’audience citée; pour

le profit déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence le divorce de Madge Valerie PELISSIER

d’avec Hans Valery BLÉMUR pour incompatibilité de

caractères; Prononce en conséquence la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux;

Ordonne à l’officier de l’état civil de la Commune

de Port-de-Paix, de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera publié dans l’un des journaux s’éditant

à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s’il y échet; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Selnick Attsim

GARÇON, Av Juge en audience civile, ordinaire et

publique en date du onze Mars deux mille vingt

quatre, en présence de Me Gilbert SAINTEL, Av.

Substitut Commissaire du gouvernement de ce

resort avec l’assistance du Greffier Jean Yves

VICTORIN

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc....

AVIS

Dispositif du jugement de défaut Rendu par le

Tribunal de première instance de Port-au-Prince,

entre la dame Marie Michele Bruneau contre son

époux Jean Camille Chirac; PAR CES MOTIFS, le

Tribunal après examen, le Ministère public entendu,

maintient le défaut octroyé contre le défendeur à

l’audience précitée, pour le profit déclare fondée

ladite action. Admet en conséquence le divorce de

la dame Marie Michele Bruneau contre son époux

Jean Camille Chirac. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre lesdits époux;

Ordonne à l’officier de l’état civil de la Section Est

de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant

à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s’il y échet; Commet l’huissier

Vilneret Gabriel de ce siège pour la signification de

ce jugement; Compense les dépens

Il est ordonné....etc....

En foi de quoi....etc...

Me Boileau Dieuveuil, Av.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre son épouse Johams LIATHANA PAMPHILE

à l’audience précitée, pour le profit déclare fondée

ladite action; Admet en conséquence le divorce

de Randolphe Jason COICOU avec son épouse

née Johams LIATHANA PAMPHILE, pour injures

graves et publiques; Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre les

dits époux; Ordonne à l’officier de l’état civil de

la Commune de Cavaillon, de transcrire sur les

registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet;

Compense les dépens

Ainsi jugé et

prononcé par nous, Me Osmond CASTOR, Av. Juge

en audience civile, ordinaire et publique en date du

Treize Juin deux mille vingt quatre, en présence de

Me Holitha JACQUET, Av Substitut Commissaire

du gouvernement de ce ressort avec l’assistance du

sieur Jean Claude Novembre, Greffier du siège

Il est ordonné....etc.....

En foi de quoi....etc.....

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

15


suite de la page (12 )

Subversion américaine au Mexique !

Par Narciso Isa Conde

Lacs Ounianga – patrimoine de l’Unesco – un série de lacs très colorés à

proximité de la Libye. Il y a beaucoup d’eau accumulée dans les nappes

aquifères des déserts – et pas seulement du pétrole! Le Sahara n’a pas

toujours été un désert (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

on retrouve de magnifiques lacs au milieu

de hautes dunes. Le Sahara n’était pas toujours

un désert. Les formidables vents qui

soufflent sur ces régions transportent de

tonnes de sable et changent la configuration

des lacs.

À quelques dizaines de kilomètres au

sud des lacs, l’aviation française sous les ordres

de François Mitterrand avait déjà bombardé

en février 1986 la base libyenne de

Ouadi Doum en territoire tchadien occupé.

C’était le début de cette fameuse Opération

militaire française Epervier avec un bon

millier d’hommes, qui devait durer 28 ans

jusqu’en 2014, bien au-delà du conflit libyen,

sous le prétexte de consolider le processus

démocratique, comme nous l’avons vu.

L’Opération Epervier a été immédiatement

remplacée par l’Opération

Barkhane (le nom de dunes en forme de

croissant) , cette fois forte de plus de 5.000

hommes, contre les islamistes dans le Sahel

– ultérieurement aidée par les Anglais,

les Estoniens et les Suédois. Elle a pris fin

en 2022, « presque universellement interprétée

comme un désastre massif de la part

des Français ». Mais les soldats français

sont toujours au Tchad et nous les avons

croisés dans un long convoi en route vers

Abéché, une importante ville de l’Est flanquée

d’une base militaire française.

Après de longues négociations et au

grand détriment de l’administration Reagan

qui souhaitait utiliser cette guerre pour renverser

Kadhafi, les deux pays se sont finalement

réconciliés, surtout après qu’Idriss

Déby – protégé de Kadhafi – ait renversé

Hissène Habré en décembre 1990.

Les dites ambitions de Kadhafi se

réfèrent à une bande de désert dénommée

Aouzou d’une largeur d’une centaine de kilomètres

le long de la frontière Libye-Tchad.

Son but était « la création d’un État client

dans le ‘ventre mou’ de la Libye [...] l’expulsion

des Français de la région; et l’utilisation

du Tchad comme base pour étendre

son influence en Afrique centrale ».

Mais l’histoire remonte à l’époque

coloniale et est typique des manigances de

feu les grandes puissances. Tout a commencé

au lendemain de la première guerre

mondiale, quand les vainqueurs se sont

partagés les (relativement petites) colonies

allemandes, laissant des miettes à l’Italie

pour la récompenser de s’être jointe aux

Alliés. Les Anglais ont donné une petite

Fine Dining

Haitian Owned & Operated

Wine ● Catering ● Brunch

partie (3 fois la Belgique) du Kenya et les

Français ont trainé les pieds jusqu’en 1935,

autorisant les Italiens à occuper l’Ethiopie –

alors indépendante sous Haile Selassie – et

leur cédant cette bande désertique – mais

riche en uranium – d’Aouzou. Loin d’être

une largesse, c’était dans l’espoir que l’Italie

mussolinienne soutienne la France contre

l’Allemagne hitlérienne qui montait en

puissance. Très mauvais calcul comme on

le sait. Les Accords franco-italiens ont été

signés à Rome par le ministre français des

Affaires étrangères Pierre Laval et le Premier

ministre italien Benito Mussolini le 7

janvier 1935. (En octobre 1936, l’Italie et

l’Allemagne signaient un protocole d’accord

établissant le fameux Axe). Aouzou passait

ainsi du Tchad sous occupation française à

la Libye sous occupation italienne! Mais tout

en étant ratifiés par les parlements des deux

pays, les instruments de ratification n’ont

jamais été échangés.

Par contre, en 1955 un “Traité d’amitié

et de bon voisinage” a été signé entre

la Libye et le Tchad. Et c’est ce traité que la

Cour internationale de justice a préféré en

1994 pour délimiter définitivement la frontière

entre les deux pays, attribuant la bande

d’Aouzou au Tchad. Inutile de préciser qu’on

n’a jamais demandé l’avis des tribus arabophones

qui l’habitaient. “Le tribunal a jugé

non pertinente l’occupation effective exclusive

de facto par des habitants autochtones

de territoires contestés riches en uranium

revendiqués par la Libye et le Tchad”.

Pratique traditionnelle des colonialistes qui

déclarent que les terres qu’ils envahissent

et occupent n’appartiennent à personne, en

tout cas à aucun état, et que les habitants

qui s’y trouvent ne forment pas un Etat,

donc ils peuvent se les approprier – la théorie

de la terra nullius, appliquée également à

la Palestine en 1948 ou à l’Afrique lors de

la ruée vers de nouvelles terres à la fin du

19ème siècle, sept pays européens s’étant

approprié 90% du continent en 1914. En

1870, ils n’avaient que 10%.

La tendance actuelle sur le plan du

droit international humanitaire est de garantir

les droits territoriaux des peuples autochtones,

c’est-à-dire de leur demander qu’ils

donnent ou refusent leur consentement

libre, préalable et éclairé (FPIC, Free Prior

and Informed Consent) à toute exploitation

de leurs terres.

(À suivre)

DJON DJON

Restaurant

Menu: djondjonbk.com

« Il s›agit d›un plan pervers

par lequel la CIA, de concert

avec la DEA, arme les gangs,

organise des manifestations et

incite à une violence extrême

de la part des cartels poursuivis

par le gouvernement. »

KATOU

RESTAURANT

5012 Ave M

(Entre E. 51 et Utica)

10h am – 10h pm

La présidente Sheinbaum a dénoncé la marche de la CIA de concert avec

la DEA devant le palais présidentiel

La présidente mexicaine

Claudia Sheinbaum est une

fervente défenseure de la souveraineté

de son pays et du

principe de non-intervention à

l’échelle continentale. Elle se

montre solidaire des pays ayant

accédé à une seconde indépendance

et promeut un modèle

socio-politique de démocratie

fondé sur la justice sociale et le

respect de la diversité culturelle.

Face à un harcèlement

impérialiste agressif et persistant,

le Mexique a emprunté

des voies alternatives

à la dépendance envers les

États-Unis, en développant sa

coopération avec la Russie et la

Chine, et en s’intégrant au bloc

multipolaire des BRICS et aux

pays du Sud.

En représailles, le fascisme

trumpiste a lancé des formes

spécifiques de guerre hybride

et proféré de graves menaces

d’intervention militaire contre le

gouvernement mexicain et son

processus d’autodétermination,

sous prétexte de lutter contre

les cartels de la drogue.

L’un des volets de cette

guerre consiste à fomenter des

manifestations violentes sur

des sujets extrêmement sensibles,

en l’occurrence, la violence

des cartels de la drogue.

De larges pans de la société

mexicaine reconnaissent que le

président Sheinbaum a pris des

mesures contre les cartels, mais

refuse l’intervention des forces

spéciales américaines sous ce

prétexte ; ce qui a conduit des

groupes d’extrême droite et la

CIA à organiser des manifestations

d’une extrême violence.

Ils profitent du climat d’insécurité

et des assassinats ciblés

perpétrés par des narco-gangs

armés travaillant pour les cartels

de la drogue. La nouvelle

droite à tendance fasciste et

les agences américaines sont

expertes dans l’incitation à la

subversion numérique contre

les gouvernements souverains.

La présidente Sheinbaum

a dénoncé les manifestations,

les accusant d’être financées

par des politiciens d’extrême

droite. Quelques jours avant la

marche devant le palais présidentiel,

elle a affirmé que la

manifestation était alimentée

par des « bots » sur Internet.

Il s’agit d’un plan pervers

par lequel la CIA, de concert

avec la DEA, arme les gangs,

organise les manifestations et

incite à une violence extrême de

la part des cartels poursuivis par

le gouvernement. Ils fomentent

même ces troubles devant

le palais présidentiel, allant

jusqu’à détruire la barrière de

sécurité, ce qui a entraîné des

blessures parmi les policiers.

Claudia Sheinbaum conserve

une cote de popularité

supérieure à 70 % durant sa

première année de mandat, et

les agences américaines ont

décidé de lui créer de sérieux

problèmes afin de la déstabiliser.

Elles mobilisent même

l’extrême droite à travers le

continent contre le modèle de

souveraineté que représente le

Mexique.

Nous sommes confrontés

à un nouvel exemple de l’inévitabilité

de la confrontation avec

cet impérialisme décadent. C’est

un impérialisme fasciste.

Aporrea News 3 mars 2026

JJ’s Fritaille

4021 Glenwood Road

(corner Albany Avenue)

Brooklyn, NY 11210

Open Monday to Thursday

2 pm to 10 pm

Friday and Saturday

2 pm to 11 pm

Sunday

Closed

347.636.2850

CATERING & TAKE-OUT

Now 3 Locations in Brooklyn

Hours:

Sun - Thu: 11am - 11pm

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16 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


A Travers le monde

La dictature néocoloniale du kenyan doit

libérer Booker Ngesa Omole !

Par Diagne fodé Roland

Le camarade Booker Ngesa Omole,

Secrétaire Général du Parti Communiste

Marxiste du Kenya, a été kidnappé

par la police kényane le 23 février, violemment

battu, une dent cassée et un

doigt coupé par un objet tranchant, privé

de nourriture et d’eau et jeté à l’isolement,

sans avocat et sans accès aux soins. Cet

enlèvement qui rappelle celui du couple

présidentiel du Venezuela par le cowboy

yankee fait suite à la manifestation de

protestation contre le kidnapping de ce

dernier devant l’Ambassade des USA.

Les charges absurdes retenues

contre lui comprennent « des liens présumés

avec le président Nicolas Maduro

et les soi-disant cartels de la drogue ».

L’alignement sur les barbares étasunien

et sioniste est la marque de fabrique du

néocolonialisme kenyan.

Il faut dire que le PCM Kenya est

un acteur important dans les mobilisations

ouvrières et populaires contre les

politiques libérales d’austérité dictée par

le FMI/BM. Le Kenya connaît des grèves

et protestations des masses populaires

contre les effets socialement dévastateurs

des recettes libérales.

Le Parti Communiste Marxiste de

Kenya déclare : « Aucune prison ne peut

contenir la volonté du peuple. Aucun

bâton ne peut faire étouffer la vérité.

Aucun régime ne peut arrêter la marche

de l’histoire. La lutte continue. Le peuple

vaincra ».

Alors que la première phase indépendantiste

a eu comme leader Jomo

Kenyatta, le camarade Booker, à la tête

du Parti Communiste Marxiste, apparaît

de plus en plus comme le leader montant

de la seconde phase de libération anti-néocoloniale

au Kenya.

La confrontation de plus en plus

ouverte entre le camp néocolonial qui a

été imposé par le colonialisme impérialisme

après la première phase de libération

anti-coloniale et le camp souverainiste

panafricain est la contradiction dont

la résolution va déterminer l’avenir de

chaque pays africains et partant de l’Afrique.

Cette confrontation montante a vu

la percée du camp souverainiste panafricain

dans les trois pays de l’AES et au

Sénégal.

Ces expériences souverainistes

panafricaines en cours sont dirigées par

la petite bourgeoisie intellectuelle radicale

civile et militaire. Au Kenyan, le PCMK,

parti des classes laborieuses, semble

avoir un impact politique important dans

les luttes sociales et démocratiques anti-impérialistes.

L’arrestation, la torture,

l’emprisonnement arbitraire et illégal du

Mexique : après Pasta de Conchos, un nouveau

projet de loi cible les homicides industriels

Les familles réclament toujours justice. Tous les corps n’ont pas été récupérés

et Grupo México n’a jamais endossé l’entière responsabilité de l’accident

Booker Ngesa Omole, Secrétaire Général du Parti Communiste

Marxiste du Kenya, (PCMK)

Au Mexique, vingt ans après l’homicide

industriel de Pasta de Conchos,

qui a coûté la vie à 65 mineurs,

les familles réclament toujours justice.

Tous les corps n’ont pas été récupérés

et Grupo México n’a jamais endossé

l’entière responsabilité de l’accident.

Un nouveau projet de loi vise à réformer

la législation afin d’inclure la

responsabilité pénale des individus

dans les cas d’homicide industriel, et

ce pour éviter des tragédies comme

celle de Pasta de Conchos.

La catastrophe de la mine de

Pasta de Conchos, dans l’État de

Coahuila, a coûté la vie à 65 mineurs

de Grupo México qui travaillaient

dans des conditions extrêmement

périlleuses. Les travailleurs avaient

signalé à plusieurs reprises de graves

manquements en matière de sécurité,

comme une ventilation inadéquate,

une accumulation de méthane et l’absence

d’équipements essentiels. Bien

que l’entreprise ait assuré que la mine

répondait aux normes de sécurité, des

enquêtes et des témoignages ultérieurs

ont mis en évidence des conditions de

travail dangereuses. Grupo México a

d’emblée nié toute responsabilité et a

suspendu les opérations de sauvetage

cinq jours après l’accident, laissant 63

mineurs piégés sous terre.

Le député Jesús Jiménez a récemment

présenté au Parlement un

projet de loi visant à intégrer la notion

d’« homicide industriel » dans le Code

pénal. Ce texte prévoit de tenir les entreprises

pénalement responsables des

décès de travailleurs et travailleuses

par suite de violations graves des réglementations

en matière de sécurité

industrielle et de santé au travail. Il a

pour objectif la mise en place de mécanismes

juridiques destinés à prévenir

des tragédies industrielles similaires.

camarade Secrétaire Général, Booker, est

une stratégie répressive bourgeoise néocoloniale

pour empêcher que les masses

laborieuses prennent la tête des luttes

pour mettre fin à l’oppression néocoloniale

impérialiste et la dictature de la

bourgeoisie compradore vassale.

Nous exigeons :

- Libération immédiate et inconditionnelle

de Booker

- La fin des persécutions politiques

des forces progressistes et révolutionnaires

au Kenya

- Justice pour établir et punir les

responsables des tortures subies

- En avant vers un Kenya et une

Afrique souveraine et unie !

03 Mars 2026

A l’origine, Napoleón Gómez

Urrutia, Secrétaire général de Los Mineros,

syndicat affilié à IndustriALL,

en a rédigé le contenu avec en ligne de

mire la garantie que la responsabilité

des entreprises ne soit diluée par des

procédures administratives. Il a également

appelé au sauvetage immédiat

des travailleurs et travailleuses, à une

enquête objective, neutre et indépendante

pour déterminer les causes et

punir les responsables par le biais de

sanctions légales fortes, et, en cas de

décès, à une indemnisation équitable

et digne pour les familles.

Napoleón Gómez Urrutia s’est

confié au journal mexicain La Jornada

: « L’objectif est de renforcer le cadre

juridique afin que l’obligation des

entreprises de garantir la sécurité ne

reste pas lettre morte et que, lorsque la

négligence entraîne la mort, il y ait des

conséquences pénales incontestables.

Il s’agit de transformer le monde du

travail en un monde plus juste et

plus digne, où la vie des travailleurs

et travailleuses a plus de valeur plus

que tout profit, gain ou bilan financier.

(…) Nous ne pouvons pas effacer

Pasta de Conchos de nos mémoires ni

nous en détourner. »

Le Secrétaire général d’IndustriALL,

Atle Høie, a pour sa part déclaré

: « Vingt ans après le tragique accident

mortel survenu à Pasta de Conchos,

au Mexique, justice n’a toujours

pas été rendue aux 65 victimes et à

leurs familles. Grupo México n’a pas

assumé ses responsabilités et le pays

n’a pas honoré, à ce jour, le sacrifice

de ces vies par l’adoption d’une loi

qui garantisse la responsabilité des

entreprises. La nouvelle législation

L’ICE arrête sans mandat

une étudiante de l’université

Columbia. L’intervention de

Mamdani la libère !

Elmina “Ellie” Aghayeva, étudiante de l'université de Colombia arrêtée

par l'ICE (photo Instagram/@ellharve)

Par Anna Polo

Le matin du jeudi 26 février, Elmina

« Ellie » Aghayeva, étudiante

à l’université Columbia originaire

d’Azerbaïdjan, a été arrêtée

à New York par des agents de l’ICE,

qui s’étaient introduits sans mandat

dans son immeuble résidentiel situé

en dehors du campus.

La présidente par intérim de Columbia,

Claire Shipman, a déclaré que

les caméras de sécurité avaient filmé

les agents dans le couloir alors qu’ils

montraient les photos d’un enfant disparu,

le faux prétexte utilisé pour accéder

à l’immeuble. Aghayeva a publié

un message sur son arrestation tôt ce

matin-là sur Instagram, écrivant : « Le

département de la Sécurité intérieure

m’a arrêtée illégalement. Aidez-moi,

s’il vous plaît. »

Les premiers à réagir pour dénoncer

cette arrestation ont été les

amis de l’étudiante, qui ont organisé

jeudi après-midi un rassemblement à

l’entrée de l’université, auquel ont participé

environ deux cents personnes.

La libération d’Elmina Aghayeva

est intervenue peu après que le

maire de New York, Zohran Mamdani,

ait lancé un appel direct au président

Trump, lors de sa deuxième visite à

la Maison Blanche après sa victoire

électorale historique en novembre. «

Je viens de parler au téléphone avec

le président Trump. Je lui ai fait part

de mon inquiétude concernant la détention

de l’étudiante de Columbia Elmina

Aghayeva, arrêtée par l’ICE ce

matin. Le président vient de m’informer

qu’elle sera immédiatement libérée

», a ensuite écrit le maire de New

York sur X. L’université Columbia a

confirmé la nouvelle dans un message

publié également sur X, se déclarant «

soulagée et émue par la libération de

l’étudiante ».

doit créer des chaînes de responsabilité

fiables et fonctionnelles dans le secteur

minier. Les 65 mineurs qui ont perdu

la vie et leurs familles méritent ce

Zohran Mamdani a également

remis à la chef de cabinet de la Maison

Blanche, Susie Wiles, une liste contenant

les noms de quatre étudiants actuels

et anciens étudiants visés par les

autorités fédérales chargées de l’immigration

et a demandé à l’administration

d’aider à clore leurs dossiers.

Il s’agit de Mahmoud Khalil, Yunseo

Chung, Mohsen Mahdawi et Leqaa

Kordia, tous arrêtés après avoir participé

à des manifestations en faveur de la

Palestine. Leqaa Kordia est la seule à

être encore en détention, près d’un an

après son arrestation, dans une prison

de l’ICE au Texas.

Avant l’intervention de Mamdani,

la gouverneure démocrate de l’État

de New York, Kathy Hochul, avait

également vivement critiqué l’irruption

des agents de l’ICE dans un

espace universitaire et demandé la

libération de l’étudiante. « Personne

ne devrait disparaître aux mains du

gouvernement. Aucun étudiant ne

devrait être emmené de son dortoir par

la ruse. Ces incidents nécessitent une

enquête indépendante et une véritable

prise de responsabilité. New York ne

détournera pas le regard. »

Sources : Democracy Now !;

The New York Times

Anna Polo est Engagée depuis

des années dans les thèmes concernant

la paix et la nonviolence, elle a

coordonné la commission sur ce sujet

dans la Régionale Humaniste Européenne

en 2003 à Prague et en 2004 à

Budapest, puis dans le Forum Humaniste

Européen en 2006 à Lisbonne et

en 2008 à Milan. En 2009 elle a fait

partie de l’équipe de Relations Internationales

de la Marche Mondiale pour la

Paix et la Nonviolence. Actuellement

elle participe à l’organisation Monde

sans guerres et sans violence.

Pressenza 01 Mars 2026

respect, tout comme l’ensemble des

communautés minières du Mexique. »

IndustriALL 25 février 2026

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

17


Non à

l’asphyxie

économique de

Cuba !

Par Salim Lamrani*

Depuis plus de six décennies, les

États-Unis étouffent le peuple de

Cuba en lui imposant des sanctions

économiques anachroniques et inhumaines.

Elles affectent les catégories

les plus vulnérables de la population

de l’île, en particulier les malades, les

enfants, les personnes

âgées et les femmes enceintes,

et ont un impact

dramatique sur tous les

secteurs de la société cubaine.

Rétroactives et extraterritoriales,

elles contreviennent

aux principes

élémentaires du droit international.

Depuis 1992,

elles sont unanimement

condamnées chaque

année par l’Assemblée

générale des Nations

unies.

Imposées en 1960 dans le but

de renverser le gouvernement de Fidel

Castro, elles ont été régulièrement renforcées

par les différentes administrations

étasuniennes, en particulier sous

la présidence de Donald Trump. Lors de

son premier mandat, ce dernier a imposé

243 nouvelles mesures coercitives

unilatérales – dont 50 en pleine pandémie

de Covid-19 – contre le peuple de

Cuba, en ciblant les principales sources

de revenus de l’île, à savoir la coopération

médicale, les transferts d’argent

de la diaspora et le tourisme. Ainsi, de

2017 à 2020, la Maison-Blanche a imposé

en moyenne une nouvelle sanction

chaque semaine pendant quatre

ans.

En 2025, les sanctions

ont coûté 7,5 milliards de dollars

à Cuba, soit en moyenne

20 millions de dollars par

jour, c’est-à-dire 15 000 dollars

par minute ! Cette somme

équivaut à la consommation

électrique des 10 millions

de Cubains pendant six ans.

Avec cette même somme,

Cuba pourrait assurer l’approvisionnement

en produits de

première nécessité de toute la

population pendant six ans.

Depuis leur imposition en

1960, les sanctions ont coûté à Cuba

un total de 170 milliards de dollars, et

plus de 80% de la population cubaine

est née sous cet état de siège.

Le 29 janvier 2026, l’administration

Trump a adopté un décret présidentiel

qualifiant Cuba de « menace

extraordinaire et inhabituelle pour la

sécurité des États-Unis », sanctionnant

tout pays qui livrerait du pétrole

à Cuba par des droits de douane. Dès

lors, l’île – déjà durement frappée par

l’état de siège économique et les différentes

catastrophes naturelles – se

trouve dans une situation extrêmement

difficile, étant privée du combustible vital

pour son économie et ses services.

Ainsi, à Cuba, le système électrique,

qui alimente le réseau d’assainissement

de l’eau potable, les hôpitaux et

les écoles, dépend grandement de l’approvisionnement

en pétrole.

Cuba ne traverse pas une crise :

elle est victime d’un crime économique

perpétré par les États-Unis depuis des

décennies. La communauté internationale

doit refuser cet étranglement

économique et énergétique illégal qui

asphyxie l’île et apporter un concours

urgent à la population cubaine confrontée

à une situation humanitaire

d’une gravité extrême.

*Professeur des universités en

histoire de l’Amérique latine

L’Humanité 24 février 2026

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18 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026


Halte à l’agression impérialiste américano-israélienne contre l’Iran !

Déclaration du Parti des travailleurs de France

En déclenchant leur agression contre

l’Iran ce 28 février, Trump et

Netanyahou prennent la lourde responsabilité

de placer l’humanité au

bord d’une guerre généralisée aux

conséquences incalculables. Aucun

travailleur, aucun jeune ne peut croire

une seconde les affirmations grotesques

de ces deux criminels selon

lesquelles ils agiraient « pour rendre

le pouvoir au peuple iranien ».

Refuser cette agression impérialiste

contre l’Iran ne signifie nullement

apporter le moindre soutien au

régime sanguinaire des mollahs. Bien

au contraire, légitime est la révolte

des travailleurs, des femmes et de la

jeunesse d’Iran pour en finir avec ce

régime.

Comme l’a déclaré le syndicat

des travailleurs de la compagnie

des bus de Téhéran : « La véritable

libération du peuple d’Iran n’est

possible que par l’action collective

et la participation consciente,

organisée de la classe ouvrière et des

couches opprimées, et non par une

intervention militaire des États-Unis

et d’Israël. »

L’agression américano-israélienne

contre l’Iran, c’est la tentative

d’imposer encore plus le talon de fer

des intérêts de la classe capitaliste des

États-Unis. Comme c’est le cas avec

le génocide à Gaza et le « conseil de

la paix » de Trump, le plan américain

de pillage de l’Ukraine et les négociations

avec Poutine, les menaces

d’annexion du Groenland, l’agression

contre le Venezuela, le blocus

pétrolier contre Cuba, les accords de

Washington sur la République démocratique

du Congo ou les menaces

contre la Chine : il s’agit d’une seule

et même guerre impérialiste, produit

de la putréfaction du système capitaliste

fondé sur la propriété privée des

moyens de production.

Quant à l’État d’Israël, il apparaît

ici pour ce qu’il est de plus

en plus : le bras armé de l’impérialisme

américain. Une semaine avant

l’agression, l’ambassadeur américain

à Tel Aviv a vendu la mèche, affirmant

qu’Israël « avait des droits » sur

tous les territoires situés entre le Nil

et l’Euphrate, dessinant les contours

d’un vaste plan néocolonial plaçant le

Moyen-Orient sous l’administration

directe de Trump, auquel l’État génocidaire

servira de garde prétorienne.

Quant à Macron, sans surprise, il n’a

pas exigé l’arrêt de l’intervention.

Le Parti des travailleurs se tient

inconditionnellement aux côtés des

peuples et des travailleurs d’Iran,

contre l’agression américano-israélienne.

Avec les organisations

ouvrières d’Iran, il affirme que la libération

des travailleurs d’Iran sera

l’œuvre des travailleurs eux-mêmes

et non de l’intervention américano-israélienne.

Il affirme que c’est la

responsabilité du mouvement ouvrier

dans le monde de faire front pour

condamner l’agression et bloquer la

marche à la guerre mondiale dans laquelle

Trump et Netanyahou veulent

Le Parti des travailleurs se tient inconditionnellement aux côtés des peuples et des travailleurs d’Iran, contre

l’agression américano-israélienne.

entraîner l’humanité.

De premiers craquements apparaissent

dans la bourgeoisie américaine.

L’éditorial du New York Times

interpelle Trump : « Pourquoi avezvous

déclenché cette guerre ? » Le

Parti des travailleurs salue les prises

de position d’organisations ouvrières

et noires, de coalitions anti-guerre

aux États-Unis contre l’intervention.

Sans nul doute, la classe ouvrière

américaine et la jeunesse, qui se sont

mobilisées contre le génocide à Gaza

et contre la terreur de l’ICE (police fédérale

de l’immigration), qui – se saisissant

de leurs organisations syndicales

– viennent d’infliger une défaite

à Trump à Minneapolis, sauront exprimer

le refus de la guerre du peuple

des États-Unis.

Le Parti des travailleurs, qui

combat contre la guerre et l’exploitation,

pour l’Internationale ouvrière,

appelle à l’unité la plus large des

organisations ouvrières et démocratiques

:

Halte à l’agression impérialiste

américano-israélienne contre l’Iran !

C’est au peuple d’Iran et à lui

seul de déterminer son propre avenir

!

Trump et Netanyahou n’entraîneront

pas l’humanité dans une

guerre généralisée !

Les milliards des budgets militaires

doivent être confisqués au

profit des travailleurs !

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Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

Haiti Liberté

19


IN THE CENTENARY YEAR OF FIDEL CASTRO’S BIRTH

1926-2026

MARCH 14, 2026

CUBA UNDER SIEGE:

STRATEGIES FOR RESISTANCE AND A UNITED RESPONSE

STOP U.S. MILITARY INTERVENTION

IN THE AMERICAS

DEFEND VENEZUELAN SOVEREIGNTY!

WELCOME TO THE DELEGATION FROM

CUBA ATTENDING THE UN COMMISSION

ON THE STATUS OF WOMEN (CSW70)

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FILM TERESITA'S DREAM

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Street in Manhattan, NYC)

OPENING PLENARY

MEETING CALLED TO ORDER

TRIBUTE TO

DR. ROSEMARI

MEALY

PLENARY CO-CHAIRS

Gail Walker

– IFCO-Pastors

for Peace

IKE NAHEM – INTERNATIONAL US-CUBA NOR-

MALIZATION CONFERENCE COALITION, CUBA

SI NY/NJ COALITION

IMPORTANT NOTE: THIS EVENT WILL BE HELD AT

THE FOLLOWING LOCATION:

235 WEST 23RD STREET

(BETWEEN 7TH & 8TH AVENUES IN MANHATTAN)

TIME: 7:00 PM

Tamara Hansen – International

US-Cuba Normalization Conference

Coalition, Vancouver Communities in

Solidarity with Cuba

César Omar

Sánchez –

National Network

on Cuba

WELCOMES FROM NY CITY COUNCIL - FEATURED SPEAKERS

Osmayda

Hernández

Beleño –Director,

FMC Department

of International

Relations

Ambassador

Ernesto Soberón

Guzmán –

Permanent

Representative

of Cuba to the

United Nations

Ambassador

Samuel Moncada

– Permanent

Representative of

Venezuela to the

United Nations

ANTI-INTERVENTION ORGANIZING IN THE AMERICAS

SECOND PLENARY CO-CHAIRS - Introduced by Dr. Rosemari Mealy

Sara Flounders – United

National Anti-War

Coalition

Tarisse Iriarte – International

Art Curator and Researcher, UN

Global Ambassador for Peace,

Cuba Si NY/NJ Coalition

PANELISTS

Alina Duarte

– Mexican

journalist,

Report on

solidarity with

Cuba in Mexico

Berthony

Dupont –

Editor, Haiti

Liberte

David

Abdullah

– Trinidad

and Tobago

Movement for

Social Justice

Artemio

Camacho –

Cuba Solidarity

Movement in

Puerto Rico

Music dance Celebration

Food and refreshments

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20 Haiti Liberté

Vol 19 # 36 • Du 4 au 10 Mars 2026

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