16.03.2026 Vues

Smarthome Electricien+ de mars 2026

Smarthome Electricien+ de mars 2026 - Retour sur le CES 2026 et sur ISE 2026 - Milwaukee à Rome - Dossier : Matter en habitat et petit tertiaire - Dossier : NF C 15-100 - Interviews : Aurélien Hillairet-Falzon, Collège Intégrateurs KNX; Erwan Emery, Wago; Dominik Naumann, Wiha...

Smarthome Electricien+ de mars 2026 - Retour sur le CES 2026 et sur ISE 2026 - Milwaukee à Rome - Dossier : Matter en habitat et petit tertiaire - Dossier : NF C 15-100 - Interviews : Aurélien Hillairet-Falzon, Collège Intégrateurs KNX; Erwan Emery, Wago; Dominik Naumann, Wiha...

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LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF

SMARTHOME

ÉVÈNEMENTS

Retour sur le CES 2026 :

la maison autonome se construit

dès aujourd’hui

ISE 2026 : un salon qui parle

de plus en plus aux électriciens

Milwaukee à Rome : puissance,

numérique et solutions métier

pour les électriciens

DOSSIERS

Matter en habitat et petit

tertiaire : quelle place pour les

pros entre KNX, Thread et le

nouveau standard universel ?

NF C 15-100 : une mise à jour

pour répondre aux nouveaux

usages électriques

INTERVIEWS

Aurélien Hillairet-Falzon -

Collège Intégrateurs KNX

France

Erwan Emery - WAGO

Dominik Naumann - Wiha

Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr

Une publication de 3e Médias

ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026



ÉDITO

2026, l’année

où l’intégrateur prend

les commandes

Chères lectrices, chers lecteurs,

Ce premier numéro de l’année arrive dans un contexte très clair pour votre métier :

le bâtiment devient réellement connecté, et c’est vous qui en tenez les clés. Matter

n’est plus une promesse lointaine, mais un standard qui se déploie dans les catalogues

comme sur les chantiers, en complément des bus filaires que vous maîtrisez déjà, de KNX à Modbus.

Au CES comme à l’ISE, les fabricants assument désormais

un discours commun : simplifier la vie des intégrateurs,

réduire le temps passé au plafond et au tableau, pour vous

laisser vous concentrer sur la conception, le conseil et la

valeur ajoutée.

Cette montée en puissance s’accompagne d’une réalité

moins glamour mais incontournable : la convergence

« électricité, réseau, domotique » vous impose de penser

IP, Wi-Fi 7, Thread, Z-Wave, cybersécurité et supervision

avec la même rigueur que la section d’un câble ou le calibre

d’un disjoncteur. Les maisons comme les petits tertiaires

seront presque tous multiprotocoles, avec des passerelles

intelligentes entre KNX, Matter, Z-Wave, et des outils logiciels toujours plus puissants pour

configurer, diagnostiquer et maintenir à distance.

Dans ce numéro, nous vous proposons justement de prendre un temps d’avance : standard Matter,

retours des salons CES et ISE, évolution de la norme NF C 15100, outils, matériels et retours

de terrain pour transformer ces contraintes en opportunités concrètes sur vos prochains projets.

L’objectif est simple : vous aider à rester l’interlocuteur technique de référence, face à des clients de

plus en plus informés et à des géants du numérique toujours plus présents dans l’habitat.

Amicalement,

Cédric Locqueneux

Rédacteur en chef

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 3


SOMMAIRE

© KNX France

© Cédric Locqueneux

© Wago

LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF

SMARTHOME

ÉVÈNEMENTS

Retour sur le CES 2026 :

la maison autonome se construit

dès aujourd’hui

ISE 2026 : un salon qui parle

de plus en plus aux électriciens

Milwaukee à Rome : puissance,

numérique et solutions métier

pour les électriciens

32 09

© Alexis Schneider

© DR

35

© Cédric Locqueneux

DOSSIERS

Matter en habitat et petit

tertiaire : quelle place pour les

pros entre KNX, Thread et le

nouveau standard universel ?

NF C 15-100 : une mise à jour

pour répondre aux nouveaux

usages électriques

INTERVIEWS

Aurélien Hillairet-Falzon -

Collège Intégrateurs KNX

France

Erwan Emery - WAGO

Dominik Naumann - Wiha

Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr

Une publication de 3e Médias

ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026

Salon CES 2026 à Las Vegas

sur le stand LG

© Cédric Locqueneux

16 28 40

05 TENDANCES ET MARCHÉS

05 Formation

Dualsun lance SunAcademy pour

décloisonner les formations solaire,

électricité et chauffage

Partenariat

Coedis et GRDF s’allient pour pousser

la PAC hybride et le gaz vert

06 Énergie

RTE pousse l’électrification pour profiter

d’une surcapacité bas carbone

Récompense

Ledvance décroche la médaille Or

Ecovadis et renforce ses garanties

côté filière

07 Énergie

Loi APER : accélérer les renouvelables,

clarifier le foncier, mais un cadre encore

mouvant

Stockage d’énergie

Les batteries au sel et la technologie

SMC s’imposent dans les applications

critiques

08 Partenariat

Netatmo s’allie à EDF pour la flexibilité

via le thermostat

Formation

Kelkun Academy veut rendre la

formation BTP plus lisible pour les

artisans

09 ÉVÈNEMENT

09 Salon

Retour sur le CES 2026 :

la maison autonome se construit

dès aujourd’hui

16 Salon

ISE 2026, un salon qui parle

de plus en plus aux électriciens

20 DOSSIER

20 Domotique

Matter en habitat et petit tertiaire :

quelle place pour les pros entre

KNX, Thread et le nouveau standard

universel ?

28 NF C 15-100

Une mise à jour pour répondre

aux nouveaux usages électriques

32 INTERVIEW

Aurélien Hillairet-Falzon,

le nouveau visage du Collège

Intégrateurs KNX France

35 3 QUESTIONS À

Borne WAGO 221 Green Range :

la connexion durable

38 CE SONT EUX QUI EN

PARLENT LE MIEUX

WIHA SPARKIFY : quand le test

électrique entre dans l’ère du cloud

et de l’IA

40 FOCUS

Outillage

Milwaukee à Rome : puissance,

numérique et solutions métier

pour les électriciens

42 NOUVEAUTÉS PRODUITS

48 LA SÉLECTION PRESSE

50 AGENDA

51 INDEX & NOMINATIONS

SmartHome Electricien+ est édité par la société

3e Médias, SA au capital de 140 000 euros

Siège social : 32, rue du Faubourg-Poissonnière -

75010 Paris

Bureaux : 17, rue de l’Amiral-Hamelin - 75016 Paris

Directeur de la publication : David Catelain

Rédacteur en chef : Cédric Locqueneux

Ont collaboré à ce numéro :

Alexandre Arène (dossier NFC 15 100)

Olivier Darnault et Alexis Schneider

(reportage sur le salon ISE)

Relations abonnements : Juliette Aguelon

compta.3emedias@gmail.com

Publicité : Sandrine de Montmorillon

06 51 30 28 68 - sdm@filiere-3e.fr

Abonnements Electricien+

formule print & digital 1 an :

France métropolitaine : 65 € TTC

Communauté européenne : 70 € HT

Reste du monde : 85 € HT

Tarif au numéro : 17 € TTC

Conception et réalisation :

Planète Graphique Studio

95, boulevard Berthier, 75017 Paris

Corrections : Frédéric Bergossen

frederic.bergossen@gmail.com

Impression : imprimerie de Champagne,

52200 Langres

Routage : ARS

© 3e Médias, Paris. Reproduction interdite.

Toutefois, des photocopies peuvent être réalisées

avec l’autorisation de l’éditeur.

Dépôt légal : mars 2026

LISTE DES ANNONCEURS

PASSIBAT....................................2 e de couverture

ELECTRICIENS

SANS FRONTIÈRES....................4 e de couverture

INTRATONE....................................................... 23

THE SMARTER E EUROPE............................... 27

CITEL................................................................. 31

WAGO............................................................... 37

DISANO............................................................. 42

WIHA................................................................. 45

DOORBIRD ....................................................... 47

VALÉO............................................................... 49

4 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité

FORMATION

Dualsun lance SunAcademy pour décloisonner

les formations solaire, électricité et chauffage

D

ualsun

a lancé SunAcademy, un programme

de 24 mois destiné à faire évoluer

en profondeur la formation aux métiers du

solaire et du chauffage, avec une idée simple :

arrêter de former les installateurs « en silos ».

Le projet, lauréat du dispositif européen LIFE

Clean Energy Transition, bénéficie d’un financement

de 1,1 million d’euros. L’objectif affiché

est de structurer et coordonner, à l’échelle

nationale, des parcours de montée en compétences

et de reconversion autour du photovoltaïque,

du solaire thermique et des solutions

hybrides, en les reliant plus clairement aux

besoins du génie énergétique résidentiel.

Le contexte est clair pour la filière : en France,

environ 10 millions de résidences principales

se chauffent encore aux énergies fossiles, selon

le SDES (service des données et études statistiques),

ce qui implique un besoin massif

d’installations décarbonées… et donc de maind’œuvre

qualifiée. Dualsun s’appuie sur l’expérience

de sa Dualsun Académie, créée à Marseille

en 2023 puis à Rillieux-la-Pape en 2024,

qui revendique déjà près de 2000 apprenants

formés via une pédagogie centrée sur le geste

et des mises en situation terrain. SunAcademy

veut désormais changer d’échelle avec une approche

modulaire, adaptée à des profils variés,

y compris les artisans, les nouveaux entrants et

les personnes en reconversion.

Le programme prévoit 27 formations couvrant

le solaire photovoltaïque, thermique et

hybride, mais aussi des compétences clés liées

au génie énergétique domestique comme les

pompes à chaleur, la climatisation ou le stockage.

Les formats annoncés mêlent présentiel,

bootcamps intensifs, e-learning, modules

courts pour se perfectionner et parcours longs

pour se reconvertir, avec l’ajout d’outils immersifs

comme la réalité virtuelle. Dualsun met

aussi en avant le décloisonnement déjà pratiqué

en interne, notamment autour des chantiers

combinant solaire et PAC, y compris en

solarothermie. Cap annoncé : former et certi-

© SunAcademy

fier plus de 1 700 professionnels en deux ans.

Au cœur du dispositif, le portail SunConnect

se veut un point d’entrée transversal. Il doit

d’abord aider chacun à identifier un parcours

cohérent et finançable, puis servir de passerelle

entre formation et emploi en rapprochant apprenants

et employeurs pour faciliter les recrutements

et stabiliser la filière. •

PARTENARIAT

Coedis et GRDF s’allient pour pousser la PAC hybride et le gaz vert

© GRDF

Jean-Jacques Raidelet (à gauche), directeur des marchés de GRDF, et Roland Mongin, délégué général

de Coedis.

Coedis, fédération des distributeurs d’équipements

et solutions électriques, de génie

climatique et sanitaires, et GRDF, principal

distributeur de gaz en France, ont annoncé la

signature d’une convention nationale de partenariat

destinée à accélérer le développement

des pompes à chaleur hybrides chez les particuliers,

tout en mettant en avant la place du

gaz vert dans le mix énergétique. Signé pour

une durée d’un an, l’accord vise à donner plus

de traction à une technologie présentée comme

un compromis pragmatique entre décarbonation,

performance et maîtrise des coûts.

La PAC hybride combine une chaudière gaz

à très haute performance énergétique et une

PAC électrique de puissance modérée, avec

une logique de pilotage qui privilégie, selon les

conditions, la source la plus pertinente. L’intérêt

marché est tangible : en 2025, les ventes

de PAC hybrides auprès des particuliers ont

progressé de 50 % par rapport à l’année précédente,

signe qu’une partie du terrain cherche

des solutions capables de tenir la route en

rénovation, sans basculer dans des chantiers

lourds ni exposer les foyers à des variations de

coût d’usage.

Concrètement, le partenariat s’organise autour

de trois leviers opérationnels. D’abord,

un suivi régulier du marché : Coedis transmettra

chaque mois à GRDF des statistiques

de ventes de matériels auprès des

particuliers, afin d’objectiver la dynamique

et d’ajuster les actions. Ensuite, une contribution

directe aux travaux de filière : GRDF

participera au groupe de travail « chauffage

» de Coedis, pour aligner messages,

retours terrain et priorités. Enfin, un effort

de montée en compétence : des actions de

formation et de sensibilisation sont prévues

à destination des équipes commerciales des

entreprises adhérentes, centrées sur la PAC

hybride et le gaz vert, avec l’idée de mieux

armer les forces de vente face aux questions

des clients et aux arbitrages techniques des

projets.

Les deux acteurs insistent sur le biométhane,

présenté comme une énergie renouvelable

facile à stocker, utile à la souveraineté

énergétique, et déjà compatible avec

les équipements gaz. GRDF rappelle son

objectif d’atteindre 20 % de gaz verts dans

les réseaux en 2030, tandis que Coedis met

en avant un partenariat « utile » pour accompagner

les professionnels sur le terrain, au

service d’un mix énergétique cohérent. •

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 5


TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité

ÉNERGIE

RTE pousse l’électrification pour profiter d’une surcapacité bas carbone

RTE a publié son bilan prévisionnel à l’horizon

2035, l’exercice légal qui vise à analyser

l’équilibre offre-demande d’électricité en

France et à repérer les risques de déséquilibre

sur les années à venir. Dans cette édition 2025,

le message change de ton : la question n’est

plus de savoir si la France saura produire assez

d’électricité bas carbone, mais si elle saura en

consommer davantage pour décarboner vite.

RTE décrit une situation d’abondance, avec

une production qui augmente désormais au

rythme attendu, alors que la consommation

Trajectoires de consommation intérieure d’électricité.

reste globalement stable à court terme.

Cette « surcapacité » est vue comme une opportunité

à saisir, mais aussi comme un passage

à gérer. Sur le marché, l’abondance facilite

les exportations et peut peser à la baisse sur les

prix de gros, mais elle complique le pilotage

du système, puisque l’équilibre instantané entre

production et consommation doit rester strict.

RTE insiste donc sur la nécessité de transformer

cette abondance en levier de transition, en

accélérant l’électrification des usages dans le

bâtiment, l’industrie et les transports, tout en

© RTE

intégrant l’essor de consommations nouvelles

comme les data centers.

Le bilan met en avant une trajectoire dite de

décarbonation rapide, avec une consommation

annuelle qui passerait d’environ 450 TWh aujourd’hui

à 510 TWh en 2030 puis 580 TWh

en 2035. Dans ce scénario, la France atteindrait

l’objectif européen Fit for 55, tout en soutenant

une réindustrialisation avec une croissance de

1,1 % par an du PIB, et en réduisant les coûts

complets du système électrique. RTE prévient

néanmoins que cette trajectoire n’est pas la plus

probable à ce stade : elle suppose un soutien fort

et continu aux bascules d’usages vers l’électricité,

côté politiques publiques comme côté marché.

Côté raccordements, RTE souligne aussi que

de nombreux projets industriels ont déjà sécurisé

des étapes vers le réseau, avec une puissance

réservée de l’ordre de 30 GW, ce qui

donne un ordre de grandeur de la demande

potentielle à venir. Pour accélérer les mises en

service, le gestionnaire s’appuie notamment

sur une procédure de raccordement accélérée

dite « fast track », approuvée par la CRE

(Commission de régulation de l’énergie) pour

certains sites de grande puissance. En filigrane,

le gestionnaire rappelle l’enjeu de souveraineté

: la France reste fortement dépendante

des importations d’énergie finale, et électrifier

plus vite, avec une électricité déjà largement

bas carbone, permettrait de réduire à la fois les

émissions et la facture énergétique. •

RÉCOMPENSE

Ledvance décroche la médaille Or Ecovadis et renforce

ses garanties côté filière

Ledvance vient d’obtenir la médaille Or

Ecovadis, une distinction qui place l’entreprise

parmi les 5 % les mieux notées au niveau

mondial par cette plateforme d’évaluation de la

performance RSE. Ce type de reconnaissance

pèse de plus en plus dans les appels d’offres,

les politiques d’achats et les dossiers de conformité,

car elle apporte un indicateur tiers sur la

maturité d’un fournisseur, au-delà du discours

marketing.

La progression mise en avant est nette : Ledvance

indique avoir gagné 10 points en un

an, pour atteindre un score global de 78/100.

L’entreprise rappelle qu’elle était à 68/100 en

2024, niveau médaille Argent, et souligne avoir

amélioré ses résultats malgré un durcissement

continu des critères Ecovadis. En 2025, Ledvance

annonce avoir non seulement conservé

l’argent, mais franchi le seuil or, ce qui traduit,

sur le papier, un pilotage plus structuré des

engagements et des preuves associées.

Ecovadis évalue les entreprises sur quatre piliers

: environnement, droits du travail et droits

humains, éthique, achats responsables. Dans

le détail, Ledvance communique des scores

élevés dans chaque catégorie, avec un point

fort en éthique à 85/100. L’environnement est

annoncé à 79/100, les droits du travail et droits

humains à 76/100, et les achats responsables

à 73/100. Pour un installateur ou un bureau

d’études, ces données donnent des repères

quand il faut justifier un choix de marque dans

un projet public, une rénovation tertiaire ou

une démarche de labellisation.

Ledvance précise participer à l’évaluation Ecovadis

depuis 2018, avec l’objectif de mesurer et

© Ledvance

faire évoluer sa stratégie de durabilité de façon

transparente. L’entreprise met aussi en avant

l’idée d’une démarche qui couvre l’ensemble de

la chaîne de valeur, ce qui touche directement

les sujets sensibles du secteur : sourcing des

composants, conditions de fabrication, traçabilité,

gestion des risques, et exigences croissantes

des clients finaux. •

6 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité

ÉNERGIE

Loi APER : accélérer les renouvelables, clarifier le foncier,

mais un cadre encore mouvant

Promulguée le 10 mars 2023, la loi APER

(accélération de la production d’énergies

renouvelables) veut gagner du temps sur le

solaire et l’éolien en jouant sur deux leviers

très concrets : mieux « préparer le terrain » dans

les collectivités et fluidifier les procédures. Le

texte place les communes au centre avec les

zones d’accélération des énergies renouvelables

(ZAENR) : chaque commune peut proposer

des secteurs prioritaires, après concertation locale,

puis le périmètre est instruit avec l’appui

de l’État et validé au niveau préfectoral. L’idée

est d’éviter le projet « posé n’importe où », de

réduire les frictions et d’orienter plus vite les

développeurs vers des zones jugées adaptées.

Sur le volet simplification, la loi introduit des

outils pour limiter les délais et les blocages, notamment

via une présomption d’intérêt public

majeur pour certains projets, afin d’encadrer

plus clairement les dérogations environnementales

quand elles sont possibles et justifiées.

Elle formalise aussi des relais administratifs,

dont un référent préfectoral et un dispositif

de médiation, pour éviter que les dossiers ne

s’enlisent dans des allers-retours interminables.

Autre sujet très suivi sur le terrain : l’agrivoltaïsme.

La loi APER pose un cadre, puis le

décret du 8 avril 2024 vient préciser les règles

applicables aux projets agrivoltaïques et, plus

largement, au photovoltaïque au sol sur terrains

agricoles, naturels ou forestiers. Le message

est double : ouvrir des possibilités, tout

en évitant que l’électricité ne prenne le pas sur

l’usage agricole et que les projets ne deviennent

des « centrales déguisées ».

La mesure la plus médiatisée reste celle des parkings

extérieurs de plus de 1 500 m², avec une

obligation d’ombrage sur une part importante de

la surface et des échéances graduelles. Le cadre a

toutefois évolué : la réglementation permet désormais

d’atteindre l’objectif d’ombrage via des solutions

combinant ombrières photovoltaïques et dispositifs

végétalisés, ce qui réduit mécaniquement

la part minimale de solaire dans certains cas.

Deux ans après, l’accélération est réelle sur le

papier, mais la mise en musique reste heurtée :

de nombreuses communes peinent à finaliser

leurs ZAENR faute de moyens, et certains

textes attendus, comme le décret sur le partage

territorial de la valeur, continuent d’alimenter

l’impression d’un cadre qui se stabilise trop

lentement pour une filière censée « aller vite ». •

© Freepik

STOCKAGE D’ÉNERGIE

Les batteries au sel et la technologie SMC

s’imposent dans les applications critiques

Horien Salt Battery Solutions, entité du

groupe Horien dédiée au stockage et au

secours énergétique, met en avant une nette

accélération commerciale en 2025 autour des

batteries dites « au sel », basées sur la technologie

SMC (sodium metal chloride). Cette

chimie, longtemps cantonnée à des usages de

niche, est en train de devenir une référence pour

les applications critiques où la sécurité, la fiabilité

et la supervision à distance priment sur le

reste. Horien cite des déploiements récents dans

trois univers très exigeants, le pétrole et gaz, les

infrastructures numériques type data centers,

et les réseaux électriques, des secteurs rarement

tolérants aux solutions expérimentales.

Le signal le plus fort vient du marché américain,

qui représenterait désormais plus de la

moitié du chiffre d’affaires de l’activité. Horien

annonce une croissance de 40 % sur un an aux

États-Unis, portée par une clientèle qui arbitre

de plus en plus sur le coût total de possession

plutôt que sur le seul investissement initial.

Dans le discours, la batterie au sel est valorisée

pour sa durabilité et ses coûts d’exploitation réduits,

notamment grâce à un fonctionnement

annoncé sans maintenance et une surveillance

avancée via des systèmes de monitoring.

Autre indicateur de maturité, l’expansion au

Moyen-Orient. Horien indique avoir obtenu

des qualifications et approbations auprès d’acteurs

majeurs comme Aramco, Adnoc et Saudi

Electricity, après un processus de validation

technique. Ce type d’homologation est rarement

un simple tampon marketing : il traduit

des exigences élevées en continuité de service,

sûreté d’exploitation et traçabilité, et il confirme

que la technologie passe les fourches caudines

de donneurs d’ordres réputés difficiles.

Sur le réseau électrique européen, Horien cite

l’adoption de ses batteries dans des postes

© Horien Salt Battery

Solutions

électriques, avec des opérateurs comme Enel

et plusieurs utilities italiennes. Les bénéfices

mis en avant collent aux contraintes terrain :

tenue aux températures extrêmes, empreinte

au sol réduite, baisse des interventions grâce

au monitoring, et sécurité opérationnelle. Horien

rappelle aussi un parc installé de plus de

1 GWh et une présence dans plus de 50 pays,

avec une hausse de revenus de 30 % en 2025

et une base clients en progression équivalente.

À l’échelle d’une filière, ces chiffres traduisent

surtout une dynamique : la batterie au sel n’est

plus seulement une alternative « intéressante »,

elle est en train de gagner du chemin dans les

cahiers des charges des sites critiques. •

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 7


TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité

PARTENARIAT

Netatmo s’allie à EDF pour la flexibilité via le thermostat

Netatmo et le groupe EDF ont officialisé

un partenariat visant à renforcer la flexibilité

électrique des logements, en s’appuyant

sur le thermostat intelligent Netatmo. L’objectif

est double : aider les ménages à optimiser leur

consommation de chauffage, tout en contribuant

à la stabilité du réseau, dans un contexte

où la part des énergies renouvelables intermittentes

rend l’équilibre offre-demande plus

Alexandre Menu (à gauche), directeur général de

Netatmo, et Benoît Lamberti, directeur marketing

et expérience client d'EDF.

© Netatmo

délicat à piloter. EDF indique viser 27 GW de

flexibilité supplémentaire d’ici 2035, et ce rapprochement

s’inscrit dans cette trajectoire.

Pour les professionnels, l’intérêt est très concret

car l’intégration doit simplifier l’expérience

côté client final et donner plus de visibilité à

un usage « pilotable » du chauffage. Les clients

EDF équipés du thermostat intelligent Netatmo

pourront piloter leur installation directement

depuis l’application EDF & Moi, via une

rubrique dédiée au pilotage. Cette centralisation

dans une application grand public d’un énergéticien

facilite l’adoption, et peut devenir un

argument d’installation, notamment en rénovation

où le chauffage reste le principal poste

de dépense.

EDF rappelle le principe de la flexibilité : ajuster

temporairement la consommation de certains

équipements pour aider le réseau lors des

pics. En pratique, cela peut se traduire par un

décalage léger d’allumage ou une réduction de

chauffe sur quelques minutes, annoncée comme

sans impact sur le confort. Pour l’utilisateur, la

promesse est de conjuguer maîtrise du budget

et participation à l’effort collectif d’équilibrage,

avec une estimation allant jusqu’à 15 % d’économies

sur la part chauffage de la facture d’électricité,

grâce à une programmation plus fine, un

pilotage à distance et un suivi des consommations

réelles.

Côté compatibilité, Netatmo met en avant un

spectre large qui concerne directement les installateurs

: chaudières individuelles (électrique,

gaz, fioul, bois), pompes à chaleur air-air et aireau,

ainsi que poêles à bois ou à granulés, ce qui

positionne la solution sur une grande variété de

configurations domestiques.

Au-delà des économies, EDF présente le partenariat

comme un dispositif « gagnant » pour

le système électrique : plus de pilotage côté

demande, moins de coûts d’ajustement, et une

meilleure résilience face aux variations de production

et de consommation. Pour la filière,

c’est un signe supplémentaire que le pilotage

des usages, via des équipements connectés déjà

présents chez les particuliers, devient un levier

central de la transition énergétique, et pas seulement

un gadget domotique. •

FORMATION

Kelkun Academy veut rendre la formation BTP plus lisible

pour les artisans

Kelkun annonce le lancement de la Kelkun

Academy, avec une première étape très opérationnelle

: un catalogue de formations en ligne

gratuit destiné aux professionnels de l’artisanat

et du BTP, mais aussi aux futurs entrants dans

ces métiers. Le positionnement est simple :

faciliter l’accès à une offre de formation jugée

trop dispersée, difficile à comparer et souvent

peu lisible pour des dirigeants d’entreprise déjà

pris par les urgences quotidiennes de chantier,

de gestion et de recrutement. Dans un secteur

où 57 % des recrutements étaient jugés difficiles

en 2024 selon une enquête France

Travail, la start-up montpelliéraine

veut se placer comme un point d’entrée

unique pour aider à prendre de

meilleures décisions de montée en

compétences.

Le catalogue réunit des formations

très variées, avec une logique de centralisation

plutôt que de production

de contenu en propre à ce stade. Kelkun

met en avant les habilitations et

formations réglementaires, les gestes

métier, les formations fabricants,

l’alternance, mais aussi des sujets

© Kelkun

de gestion, de finance, de transition écologique

et de compétences transversales. L’idée est de

couvrir la réalité du terrain, où les besoins ne se

limitent pas à la technique pure : un artisan doit

aussi suivre les évolutions réglementaires, structurer

son activité et adapter son entreprise aux

nouvelles attentes du marché.

Concrètement, la plateforme doit permettre de

trouver des formations, de les comparer, puis

de demander un devis ou de candidater directement

auprès d’organismes partenaires sélectionnés.

Pour les entreprises artisanales, l’intérêt

est surtout le gain de temps et la réduction de

la complexité administrative. Pour les installateurs

et électriciens, cela peut aussi devenir un

outil de veille compétences, utile pour identifier

rapidement une formation réglementaire, un

module fabricant ou un parcours de spécialisation

en lien avec l’évolution des équipements et

des chantiers.

Kelkun présente cette academy comme la première

brique d’un dispositif plus large. À court

terme, la société veut faciliter l’accès à la formation

et rendre l’offre plus compréhensible.

À moyen terme, elle ambitionne de

contribuer à réduire les tensions de

recrutement et à améliorer l’attractivité

des métiers, en élargissant l’accès

à des publics encore sous-représentés,

notamment les personnes en reconversion

ou en situation de handicap.

À plus long terme, Kelkun veut devenir

une porte d’entrée vers les métiers

et l’entrepreneuriat dans l’artisanat et

le BTP, en fédérant organismes, entreprises

et partenaires institutionnels

autour d’un écosystème plus lisible,

plus inclusif et plus durable. •

8 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


ÉVÈNEMENT

SALON

Retour sur le CES 2026 :

la maison autonome se construit

dès aujourd’hui

À Las Vegas, le CES 2026 n’a pas seulement confirmé les grandes tendances technologiques du moment.

Il a surtout montré que la maison connectée entre dans une phase de maturité. Matter s’impose comme

socle d’interopérabilité, Z-Wave se repositionne sur les usages exigeants, l’IA prend la main sur la gestion

énergétique et les assistants numériques quittent l’écran pour s’incarner dans des objets du quotidien.

Le CES a une nouvelle fois joué son rôle

de baromètre de l’innovation, en rassemblant

à Las Vegas près de 148 000 participants,

plus de 4 000 exposants et plus de

1 000 startups sur plus de 232 000 mètres

carrés d’exposition. Au milieu de cette déferlante

de nouveautés, plusieurs axes majeurs

se dégagent nettement pour les acteurs du

bâtiment et de la domotique : une maison

qui devient réellement intelligente et autonome,

une gestion de l’énergie de plus en plus

confiée à l’IA, l’irruption massive d’assistants

IA personnels, la robotique qui s’invite hors

des usines, et, en toile de fond, une attention

grandissante portée à la santé et au maintien

à domicile des seniors.

MAISON CONNECTÉE :

UN CHANTIER QUI DEVIENT

RÉELLEMENT MULTI‐PROTOCOLES

Matter s’installe comme socle

commun

Après des années à jongler entre Zigbee,

Z‐Wave, Wi‐Fi et protocoles propriétaires,

Matter commence enfin à jouer le rôle de « dénominateur

commun » à la maison connectée.

La différence est visible au CES : le logo Matter

n’est plus mis en avant comme une nouveauté

marketing, il est presque implicite sur les nouveautés

sérieuses. La plupart des nouveaux

produits sortent « Matter‐ready », souvent en

Thread, parfois en Wi‐Fi, et viennent se greffer

sans passerelle exotique dans Apple Maison,

Google Home, Alexa ou SmartThings.

Aqara illustre bien cette normalisation : son

écosystème, déjà riche, intègre désormais une

caméra Matter et un thermostat adaptatif qui

entrent nativement dans Apple Home tout en

restant exploitables par d’autres plateformes.

Mui Lab, de son côté, transforme la commande

murale en élément décoratif : la barre

en bois tactile certifiée Matter devient à la

fois un contrôleur multi‐produits et un objet

d’intégration architecturale. SwitchBot pousse

Le Convention Center, entièrement refait à neuf cette année.

la logique plus loin avec sa serrure Lock Ultra

Vision Pro, qui combine Matter, vidéo, clavier

et reconnaissance palmaire biométrique, en se

comportant côté intégration comme un simple

périphérique du bus domotique, malgré une

grande complexité interne.

Pour un professionnel, cela change la nature du

travail. Le débat « tel produit est‐il compatible

avec tel écosystème ? » va progressivement laisser

place à « quel transport Matter est le plus

pertinent ici : Wi‐Fi, Thread, ou les deux ? ».

L’enjeu se recentre sur la conception du réseau

radio, la densité de maillage, la gestion des alimentations,

et la coexistence avec les réseaux

Zigbee et Wi‐Fi déjà installés.

Ikea : Matter en grande surface,

pression sur les prix et culture

« standard »

L’autre signal fort, côté terrain, vient d’Ikea. Le

fabricant a clairement décidé de miser lourd sur

Matter, avec une vingtaine de références compatibles

annoncées et mises en avant au CES :

éclairage, prises, boutons, capteurs, mais aussi

équipements plus avancés comme les enceintes

ou les produits intégrables.

Dans la suite spécialement réservée à l’occasion,

la stratégie est limpide : Matter over Thread ou

Wi‐Fi, intégration directe dans les plateformes

grand public, et tarifs qui cassent le marché,

avec des prix démarrant à moins de 10 €. Une

installation de base avec quelques points lumineux,

détection d’ouverture et capteurs de fuite

se chiffre à quelques dizaines d’euros, installée

en grande partie par le client lui‐même. Ce segment

ne remplacera pas une installation domotique

professionnelle, mais il va conditionner

les attentes : beaucoup de clients auront testé

des produits Ikea ou équivalents et jugeront

normal de pouvoir ajouter ensuite des équipements

plus haut de gamme sans tout refaire.

Pour l’installateur, l’intérêt est double. D’un

côté, Ikea impose Matter dans l’imaginaire

du grand public, ce qui facilite l’argumentaire

autour d’un standard unique. De l’autre, ces

produits serviront souvent de « premier étage »

sur lequel venir greffer, en deuxième phase, un

travail pro : meilleure couverture radio, scéna-

© Cédric Locqueneux

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 9


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L’écosystème Matter se développe de plus en plus chez Aqara.

Avec la nouvelle serrure SwitchBot, plus de

contact, la reconnaissance se fait en scannant la

paume de la main.

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rios avancés, intégration énergétique, sécurité,

supervision.

Matter au‐delà des gadgets :

variateurs, miroirs, capteurs avancés

Cette édition 2026 du CES montre que Matter

sort clairement du domaine de la simple ampoule

RGB. Des fabricants comme LIFX proposent

par exemple un miroir lumineux de salle

de bains, le SuperColor Mirror, intégrant bandes

led multizones, scénarios de lumière dédiés et

boutons tactiles capables de piloter n’importe

quel appareil Matter du logement. Le même

acteur prépare un variateur mural quatre boutons

avec barre lumineuse, capable de gérer des

circuits classiques tout en déclenchant des scènes

dans l’écosystème connecté.

Du côté des capteurs, la sélection Matter mise en

avant regroupe détecteurs de fuite multi‐sondes,

capteurs de mouvement radar micro‐ondes avec

détection fine de présence, et serrures à double

pile en Thread et Wi‐Fi. Cela signifie que des

éléments historiquement « courant fort » ou

« courant faible filaire » (variateurs, commandes

murales, éclairages de salle d’eau, détecteurs de

fuite) entrent progressivement dans le champ natif

de Matter, avec des fonctions plus riches mais

aussi des contraintes de mise en œuvre (alimentation,

réseau, règles d’installation) à maîtriser.

Z‐WAVE : MOINS VISIBLE GRAND

PUBLIC, MAIS TOUJOURS TRÈS

STRATÉGIQUE POUR LES PROS

Une présence discrète au CES,

mais un message solide

Face à la déferlante Matter, Z‐Wave n’a pas disparu.

Bien que la Z‐Wave Alliance occupe une

suite privée plutôt qu’un grand stand comme

c’était le cas avant la crise Covid, elle occupait

tout de même un espace dédié au CES avec

démonstrations et panels, et un discours clair : le

protocole reste une brique clé pour les installations

exigeantes et les scénarios professionnels.

Là où Matter se focalise sur l’interopérabilité

entre grandes marques et plateformes, Z‐Wave

continue de se positionner comme un réseau

maillé robuste, pensé pour du résidentiel sérieux,

du petit tertiaire, et des environnements où la fiabilité

radio est prioritaire.

Z‐Wave Long Range (ZWLR) joue un rôle important

dans cette stratégie. Plus de 125 produits

certifiés sont désormais disponibles, avec une portée

considérablement augmentée et la possibilité,

sur certains marchés, de sortir du strict schéma

maillé pour atteindre des appareils éloignés. Sur

de grands habitats, des résidences étalées ou des

bâtiments avec sous‐sols profonds, c’est un argument

concret : on peut couvrir l’ensemble du site

sans multiplier à l’infini les répéteurs.

Wake on Event End Node :

vers de vrais capteurs « fit & forget »

La spécification Z‐Wave 2025B introduit le

rôle Wake on Event End Node (WOEEN), qui

intéresse directement la maintenance et la fiabilité.

Il s’agit d’un mode permettant de concevoir

des capteurs auto‐alimentés qui restent en veille

profonde et ne se réveillent que sur événement,

plutôt que d’émettre périodiquement. Dans la

pratique, cela permet de déployer des points de

mesure quasiment « sans entretien », avec des

durées de vie de piles très allongées, voire des dispositifs

combinant petite batterie et récupération

d’énergie.

Pour un installateur, cela change la donne dans

les zones difficiles d’accès ou les projets où l’on ne

veut plus « courir les piles » tous les 18 mois : capteurs

de fuite dans des vides sanitaires, contacts

d’ouverture sur des accès rarement utilisés, sondes

de température/hygrométrie dans des locaux

techniques éloignés. Couplé à Z‐Wave Long

Range, ce modèle de capteur élargit le champ

d’applications de la technologie sur des sites que

Matter ou Zigbee couvriront moins facilement.

Z‐Wave vs Matter : complémentarité

plus que confrontation

Au vu de ce CES, Z‐Wave ne prétend pas remplacer

Matter. Il se recentre sur ce qu’il sait faire :

des réseaux stables, supervisés, dans des installations

globales où l’installateur garde la main

sur l’infrastructure. Matter, de son côté, pousse

l’ouverture et le plug & play grand public. Sur

un chantier neuf ou une rénovation lourde, le

schéma le plus réaliste sera souvent un mélange

des deux : Matter pour la majorité des périphériques

visibles côté client (éclairage, commandes,

quelques capteurs, petites motorisations),

Z‐Wave pour certaines fonctions stratégiques

(alarme, sécurité, capteurs critiques, automatisations

« structurelles »).

Dans ce contexte, l’expertise de l’installateur ne

consiste plus à « choisir un protocole », mais à

assembler un système cohérent multi‐protocoles,

en gérant passerelles, priorités et scénarios de

secours.

RÉSEAUX, WI‐FI 7 ET 6G : LA COUCHE

INVISIBLE À NE PLUS NÉGLIGER

La maison connectée montre ses limites dès

que la connectivité se dégrade. Au niveau local,

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Netgear présentait sa large gamme de routeurs compatibles Wi-Fi 7.

pureLiFi fait transiter les données via la lumière, limitant ainsi la transmission

au seul rayon lumineux.

le Wi‐Fi 7 s’impose sur les routeurs grand public

haut de gamme, avec des gammes comme

Netgear Orbi 370, 770, 970, capables de délivrer

des débits gigabit stables et une latence

réduite, même avec plusieurs dizaines d’objets

connectés. Pour un installateur, cela signifie

que le dimensionnement du réseau Wi‐Fi n’est

plus un « accessoire » laissé au client, mais une

partie intégrante de la prestation domotique :

points d’accès maillés bien placés, canaux planifiés,

coexistence avec Thread et Zigbee sur

2,4 GHz.

En parallèle, la 6G se dessine déjà en labo et

en démonstration : des débits de 100 Gbps à

1 Tbps, une latence quasi nulle, des architectures

mêlant terrestre et satellitaire, et une forte

dose d’IA pour l’auto‐optimisation du réseau.

Les usages visés dépassent largement le résidentiel,

mais auront des retombées : télémédecine

haute définition au domicile, pilotage de robots

à distance, streaming temps réel de flux caméra

multiples vers des centres de télésurveillance,

etc. À plus court terme, le Li‐Fi avec des acteurs

comme pureLiFi introduit l’idée de lier la lumière

et la donnée, ce qui ouvre des perspectives

pour des sites sensibles (cliniques, maisons de

retraite, établissements médico‐sociaux) où les

ondes radio classiques posent question.

GESTION D’ÉNERGIE :

HEMS, BATTERIES ET INTÉGRATION

DOMOTIQUE

Tuya HEMS : du monitoring

à l’optimisation pilotée par IA

Sur la partie énergie, le CES marque un pivot :

le HEMS n’est plus un tableau de bord, c’est

un automate énergétique intelligent. Tuya en

donne une illustration très concrète. Sa solution

HEMS s’appuie sur une mesure granulaire

(pinces sur circuits, compteurs, prises,

clim, radiateurs, chauffe‐eau, électroménager,

voire véhicule électrique) et une couche IA qui

surveille en temps réel, détecte les gaspillages,

optimise en fonction de la météo et des horaires,

puis agit sans demander systématiquement

confirmation à l’utilisateur.

Dans la pratique, des scénarios type sont mis

en avant : mode « maison vide » qui coupe ce

qui n’a pas lieu de tourner, abaisse les consignes,

et relance confort et ECS juste avant le retour ;

mode « canicule » qui ferme volets et stores

motorisés, pré‐climatise au meilleur moment

en fonction des tarifs et de la production solaire

; mode « économie » qui décale certaines

charges en heures creuses. Pour l’installateur,

cela implique de prévoir dès la conception les

points de contrôle : contacteurs, interfaces sur

les chauffe‐eau, compatibilité des unités intérieures

de climatisation, pilotage des volets,

remontée de la production photovoltaïque,

intégration du véhicule électrique.

Tuya pousse aussi la logique jusqu’à la couche

développeur, avec son projet open source

TuyaOpen, qui permet à des fabricants de

créer des matériels « AI‐native » en s’appuyant

sur ses briques d’agent IA. Dans un contexte

pro, cela ouvre la porte à des compteurs, bornes

de recharge, batteries ou modules de chauffage

capables de dialoguer intelligemment avec le

HEMS, plutôt que d’être de simples esclaves

pilotés en tout ou rien.

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Tuya propose un HEMS très complet.

Stockage et PV : des équipements

à intégrer dans le schéma domotique

EcoFlow, Bluetti, Pila et d’autres montrent

que les batteries résidentielles ne sont plus un

marché de niche. EcoFlow, avec la Delta Pro

Ultra X, affiche des capacités pouvant aller

jusqu’à 180 kWh, modulables selon les besoins.

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Les panneaux solaires deviennent même enroulables, permettant la réalisation

par exemple d’un store banne.

Les fabricants proposent de nouvelles esthétiques pour s’intégrer n’importe où

en toute discrétion.

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Bluetti rend certaines de ses batteries compatibles

nativement avec Home Assistant.

Pila propose un concept de batteries maillées à

l’échelle d’un quartier. Bluetti frappe les installateurs

en rendant certaines batteries nativement

compatibles Home Assistant, ce qui les intègre

directement dans les logiques domotiques et

HEMS DIY ou pro.

Sur la production, les tuiles souples Jackery

SolarSaga ou les stores bannes solaires GT‐Pow

montrent comment le photovoltaïque s’intègre

de plus en plus dans l’enveloppe du bâtiment.

Ces produits transforment le chantier : il ne

s’agit plus seulement de raccorder « un champ

PV » standard, mais d’intégrer des éléments de

façade, des protections solaires motorisées, des

toiles souples, tout en maintenant la cohérence

électrique, la sécurité et la supervision.

ASSISTANTS IA PERSONNELS :

L’IA SORT DE L’ÉCRAN

L’IA ne reste plus enfermée dans un smartphone

ou une enceinte posée dans un coin du

salon. Au fil des allées du CES, nous avons pu la

La Delta Pro Ultra X d’EcoFlow est un

monstre de puissance pour répondre à tous les

besoins.

voir se matérialiser dans une multitude d’objets

qui accompagnent l’utilisateur du matin au soir.

La notion d’« assistant vocal » laisse place à celle

d’agent numérique, capable de prendre des initiatives,

de gérer des tâches en chaîne et de suivre

son utilisateur quel que soit le terminal utilisé.

C’est exactement l’ambition de Qira, présenté

par Lenovo et Motorola : un « super agent » qui

circule indifféremment du PC au smartphone,

de la tablette à la montre ou à des accessoires

dédiés. Plutôt que de multiplier les assistants

cloisonnés, l’utilisateur dispose d’un seul cerveau

numérique, distribué dans plusieurs boîtiers, qui

connaît ses habitudes, ses documents, son agenda

et son historique d’interactions, et qui peut

lancer lui-même des actions complexes dans un

cadre défini.

Cette incarnation de l’IA prend d’abord la forme

de wearables, des objets que l’on porte sur soi en

permanence. Looki L1, par exemple, se présente

comme un pendentif à porter autour du cou. Il

enregistre les moments clés de la journée, résume

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les conversations, génère automatiquement une

sorte de journal visuel ou un « comic » de la journée,

et n’hésite pas à intervenir pour suggérer une

pause, un changement d’itinéraire ou une idée

de repas en fonction de ce qu’il observe. Cap-

Mind One s’oriente davantage vers la mémoire

vocale : l’appareil capture facilement ce que l’on

dit ou entend au fil de la journée, puis permet

de retrouver rapidement une information, une

idée ou une décision, comme un second cerveau

dédié aux notes et aux discussions. Cette logique

de « mémoire externe » revient dans plusieurs

produits. À l’autre extrémité du spectre, Wizpr

Ring mise sur la discrétion totale : une bague

dans laquelle on chuchote quelques mots, main

portée à la bouche, pour converser avec son assistant

IA sans sortir le téléphone. Dans la continuité,

des écouteurs comme Oso AI, les Tozo X2

Pro ou la gamme Mobvoi TicNote (montre et

écouteurs assortis) montrent comment la voix

devient l’interface principale, avec une IA qui

écoute, résume et restitue en fin de journée les

notes, réunions et échanges importants.

Sur le bureau, les assistants prennent une forme

plus visible. Lepro Ami adopte l’apparence

d’un écran incurvé posé face à l’utilisateur, avec

Le Looki L1 est un assistant IA déjà disponible

à la vente, qui se porte autour du cou et vous suit

partout.

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Motorola et Lenovo ont présenté un prototype de « wearable » permettant

d’embarquer l’IA Qira partout avec soi.

TicNote Watch de Mobvoi : montre connectée et assistant IA au poignet.

une interface qui suit le regard et donne l’impression

de dialoguer avec une présence plutôt

qu’avec un logiciel abstrait. Certains systèmes

vont jusqu’à utiliser des effets holographiques

pour matérialiser un personnage virtuel doté

d’une personnalité propre, qui réagit aux expressions

et au ton de la voix. Loona Desk-

Mate choisit la voie du petit robot animé qui

vit à côté du clavier : il réagit aux notifications,

rappelle des tâches, commente ce qui se passe

à l’écran et offre une forme de compagnie dans

les longues sessions de télétravail. Vibe Bot, de

son côté, se pose comme un agent qui observe

le flux de travail numérique, aide à organiser

les priorités, à structurer le planning et à rappeler

à l’utilisateur de faire des pauses quand la

charge cognitive devient trop forte. Dans certains

concepts, un simple smartphone posé sur

une base se transforme en compagnon animé

de bureau, grâce à une interface IA qui occupe

l’écran et interagit en continu avec l’utilisateur.

Les lunettes connectées reviennent également

sur le devant de la scène, mais avec des usages

bien mieux définis que lors des premières vagues

de « smart glasses ». LookTech propose

des lunettes qui combinent vision augmentée

et assistance contextuelle, en ajoutant dans le

champ de vision des informations utiles à la situation

: directions de navigation, notifications

importantes, rappels. EchoVision se concentre

sur les personnes malvoyantes et fournit une

aide pour se repérer, reconnaître des objets ou

lire des informations écrites. HyperAI mise

sur un traitement local des données audio ou

visuelles pour éviter la dépendance permanente

au cloud, ce qui est intéressant pour des

contextes sensibles ou des usages hors ligne.

D’autres modèles, comme Even Realities G2

ou MentorLens, ciblent l’apprentissage et

la formation : ils affichent en temps réel des

traductions, des instructions de montage, des

indices pédagogiques ou des annotations sur

l’environnement, ce qui transforme les lunettes

en véritable assistant d’étude ou de travail.

En regroupant ces exemples, on obtient un

paysage assez clair pour les métiers de demain :

l’assistant IA ne sera plus seulement une application

sur un smartphone, mais une couche

intelligente qui circule entre les objets portés,

les équipements de bureau et, bien sûr, la maison

connectée. Les systèmes que vous installez

– éclairage, chauffage, sécurité, ventilation,

gestion d’énergie – seront de plus en plus commandés

par ces agents numériques, souvent

sans passer par des interfaces classiques. La capacité

à préparer des infrastructures robustes,

ouvertes et bien intégrées conditionnera la

qualité de l’expérience que ces nouveaux assistants

pourront offrir à vos clients.

LA ROBOTIQUE : PLUS QUE JAMAIS

PRÉSENTE

Robots domestiques : vers de vrais

assistants de maison

Les robots de maison ne se contentent plus

de passer l’aspirateur en ligne droite. Au

© Cédric Locqueneux

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Dans certains concepts, un simple smartphone posé sur une base se transforme en

compagnon animé de bureau, grâce à une interface IA qui occupe l’écran et interagit en

continu avec l’utilisateur.

Les lunettes Even Realities peuvent superposer des indications GPS,

traduire une conversation en direct ou afficher des instructions étape par

étape pendant une intervention technique

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Les assistants IA prennent aujourd’hui de

nombreuses formes.

Une démo mettait en scène l’Onero H1 ramassant

du linge sur un canapé pour le mettre dans la machine

à laver. Les nouveaux robots mobiles interagissent avec

tout l’écosystème domotique du foyer.

Le Rovar monte la garde, joue, et promène même le chien.

Le robot de LG est une véritable aide-ménagère.

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CES 2026, on a clairement senti le basculement

vers des machines pensées comme de

véritables « collaborateurs » du foyer, capables

de dialoguer avec l’écosystème domotique et

de prendre en charge plusieurs types de tâches.

L’exemple le plus frappant vient de Switch-

Bot avec l’Onero H1. Ce n’est plus un simple

robot ménager, mais un assistant mobile qui

sait interagir avec les autres appareils de la

maison, déclencher ou exécuter des scénarios,

et s’insérer dans une logique d’automatisation

globale. Annoncé pour une commercialisation

d’ici la fin de l’année, à un prix sous la barre des

10 000 €, il ne reste plus au stade du prototype

inaccessible : il vise clairement le marché résidentiel

haut de gamme, voire certains usages

semi-professionnels.

Chez LG, le robot présenté adoptait une

approche différente mais complémentaire. Sa

capacité à franchir des obstacles, à naviguer

dans des environnements encombrés et à intervenir

sur des surfaces verticales le rapproche

davantage d’une aide-ménagère partielle que

d’un gadget ludique. On n’est plus simplement

sur un appareil qui « aspire bien », mais sur une

plateforme mobile polyvalente, pouvant être

reconfigurée selon les besoins du foyer.

À l’extérieur, la robotique s’invite aussi dans les

usages plus sécuritaires. Le Rovar de Sentigent

patrouille de manière autonome autour de la

maison, s’appuie sur des capteurs multiples

et de la vision IA pour analyser les situations,

et transforme un jardin classique en véritable

périmètre surveillé. Ce robot ne se limite pas

à détecter une intrusion : il peut aussi interagir

avec les occupants, jusqu’à accompagner

ou jouer avec le chien, ce qui brouille volontairement

la frontière entre outil de sécurité et

compagnon quotidien.

Enfin, de nombreux robots de « compagnie »

étaient disséminés un peu partout sur le salon,

sous des formes très variées. Les modèles issus

de Ludens AI, comme Cocomo ou Inu, misent

surtout sur la présence, l’expression et l’interaction

sociale pour apporter de la compagnie, du

divertissement ou un peu de soutien émotionnel.

Pour un installateur, ces produits restent

encore en marge des cahiers des charges classiques,

mais ils annoncent un futur proche où

la maison équipée devra aussi tenir compte

de ces nouveaux occupants robotisés, tant en

termes de réseau que de scénarios domotiques.

Exosquelettes :

une aide pour les seniors

Les exosquelettes constituent l’autre grande

famille de solutions où l’IA devient tangible.

Ce sont eux qui retiennent le plus l’attention

dès qu’on parle de maintien à domicile ou d’allègement

des tâches physiques. On est loin de

l’armure de science-fiction : de premiers modèles

« souples », comme ceux de Wirobotics

ou d’Ascentiz, prennent la forme de vêtements

techniques renforcés. Leur rôle est de soulager

les articulations, d’accompagner les mouvements

et de limiter la fatigue musculaire lors

de la marche ou du port de charges. Le gain

est réel, y compris pour un utilisateur en bonne

santé, et devient décisif dès qu’on s’adresse à

des personnes fragilisées ou à des professionnels

soumis à des gestes répétitifs.

Au-dessus de cette première catégorie, on

trouve des exosquelettes motorisés, comme ceux

proposés par Hypershell ou GOGOA. Ici, des

moteurs viennent fournir une partie de l’effort à

la place des muscles, en synchronisation avec le

mouvement naturel de la personne. Le résultat,

quand l’ajustement est bien fait, peut être spectaculaire

: marche prolongée malgré une fatigue

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Une fois enfilé, l’exosquelette donne clairement

l’impression de retrouver des « jambes neuves » après

une journée entière passée à arpenter le salon du CES.

importante, vitesse accrue sur terrain dégagé,

capacité à monter des pentes que l’utilisateur

n’aurait pas pu affronter seul. Pour un senior

ou une personne en convalescence, ce type

d’appareil peut faire la différence entre rester

enfermé chez soi ou retrouver la possibilité

de sortir, aller faire des courses ou visiter des

proches.

Une troisième catégorie cible directement la rééducation

fonctionnelle. Des dispositifs comme

HMedi Pro ou DNSYS Z1 sont conçus pour

accompagner des séances de rééducation après

un accident vasculaire cérébral, une opération

ou une chute. Ils imposent ou assistent des trajectoires

de mouvement très précises, adaptent

l’effort à la progression du patient, enregistrent

les données de chaque séance et permettent au

thérapeute de suivre l’évolution de manière objective.

Ces systèmes étaient déjà visibles lors de

l’édition précédente, mais les modèles montrés

cette année paraissent plus compacts, mieux finis

et plus « portables » dans un environnement

domestique.

Si l’on regarde tout cela sous l’angle de la Silver

Économie, la maison commence à ressembler

à un véritable « aidant numérique ». La convergence

entre domotique, gestion d’énergie, IA

et robotique modifie profondément la manière

d’aborder le vieillissement à domicile. On ne

parle plus de dispositifs stigmatisants affichant

ouvertement « produit pour personnes âgées »,

mais d’objets et de services qui se fondent

dans le paysage technologique général. Cairns

Health illustre bien cette tendance : son assistant

IA est conçu pour les seniors, mais dans

l’usage il ressemble à un assistant numérique

moderne, capable de surveiller l’état de santé,

détecter des signaux faibles, rappeler les rendezvous

ou la prise de médicaments, et prévenir les

proches ou les professionnels si nécessaire. Les

appareils auditifs nouvelle génération, comme

ceux d’Elehear, ou des lunettes spécialisées

comme EchoVision, utilisent l’IA et la connectivité

Bluetooth pour offrir un confort sonore

ou visuel optimisé, tout en restant discrets et

proches des wearables grand public.

Le suivi de santé bascule lui aussi vers une logique

beaucoup plus continue et prédictive. Des

solutions comme Meet Pete de Starling Medical

permettent d’analyser l’urine chaque jour à

domicile, de façon automatique, pour détecter

très tôt des infections urinaires, des problèmes

rénaux ou d’autres pathologies fréquentes chez

les personnes âgées. D’autres dispositifs, tels que

Throne, proposent des approches similaires en

intégrant les capteurs directement dans les toilettes.

Le tout se déroule en arrière-plan, sans

changer les habitudes de la personne. Des solutions

comme SleepQ combinent pour leur part

IA et médicaments en lien avec le sommeil, en

ajustant les prises et les doses au fil du temps

pour améliorer la qualité des nuits. Parallèlement,

des équipements comme Nemonic Dot

facilitent l’accès au braille en convertissant

du texte numérique en impression tactile, ce

qui améliore l’autonomie des personnes malvoyantes.

En arrière-plan, la question de la polypharmacie

et des interactions médicamenteuses devient un

enjeu central. Des dispositifs et organisations

comme Iatroprev montrent qu’en coordonnant

mieux le travail des médecins, pharmaciens et

gériatres, et en s’appuyant sur des outils numériques,

on peut réduire de manière significative

les hospitalisations liées aux erreurs ou aux incompatibilités

de traitements. La pharmacogénétique,

citée parmi les grandes tendances santé,

va encore plus loin en adaptant les prescriptions

au profil génétique de chaque patient, à l’aide

d’algorithmes capables d’identifier en amont

les combinaisons dangereuses ou les posologies

inadaptées. Dans ce cadre, l’IA ne se contente

pas de rappeler de prendre les comprimés : elle

participe à définir quels médicaments administrer,

quand et à quelle dose.

Sur le plan de la mobilité et de l’autonomie à la

maison, les exosquelettes ne sont plus seuls en

jeu. Des fauteuils roulants intelligents comme

le Strutt ev1 peuvent se déplacer presque seuls,

contourner les obstacles et aider à évoluer dans

des logements parfois encombrés. Les multiples

capteurs embarqués permettent un guidage

assisté qui sécurise les déplacements et réduit

l’effort de pilotage. Wheelmove propose une

approche intéressante pour le parc existant :

un système motorisé transportable qui vient

© Cédric Locqueneux

Grâce à ses nombreux capteurs, le Strutt ev1

permet de se déplacer très facilement.

se greffer sur presque n’importe quel fauteuil

manuel pour le transformer en fauteuil assisté,

avec un coût et une complexité bien plus faibles

qu’un fauteuil électrique complet. ReviMo Niko

se concentre davantage sur les déplacements à

l’intérieur du domicile, en aidant à traverser un

couloir, franchir un seuil ou passer d’une pièce à

l’autre sans risque de chute.

À côté de ces aides à la mobilité, des solutions

de confort comme les fauteuils Bodyfriend

mêlent massage, relaxation et fonctions de

rééducation douce. Pour un senior ou une personne

en convalescence, ce type d’équipement

peut encourager de petits exercices réguliers,

améliorer la circulation, réduire les douleurs

et, plus largement, contribuer au bien-être

général. L’ensemble compose un paysage où la

maison n’est plus seulement un toit, mais un

environnement actif qui aide à se déplacer, à se

soigner, à communiquer et à rester autonome,

en arrière-plan du travail des soignants et des

aidants humains. •

L’avis d’ SMARTHOME

Vu de notre métier, le message est

complémentaire : les produits deviennent

plus standards (Matter, Z‐Wave LR),

plus puissants (HEMS, IA), mais aussi

plus dépendants d’une conception

sérieuse des réseaux, de l’énergie et

des scénarios. Les installations seront

presque toutes multi‐protocoles,

bordées par des exigences de confort,

de sécurité, d’économie d’énergie et,

de plus en plus, de santé. Les chantiers

« tirer des fils et visser des prises »

laisseront progressivement la place à

des projets où l’expertise réside dans

l’architecture globale.

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 15


ÉVÈNEMENT

SALON

ISE 2026, un salon qui parle

de plus en plus aux électriciens

L’ISE 2026, organisé à Barcelone fin janvier, a confirmé son statut de rendez-vous majeur pour

l’audiovisuel professionnel, le smart home et le smart building. Les halls dédiés au résidentiel, aux

espaces intelligents et à l’innovation n’ont pas désempli, avec un discours très clair des fabricants :

simplifier la vie des intégrateurs, rendre les systèmes plus interopérables et mieux préparer la

convergence entre électricité, réseau et domotique. Pour des électriciens et installateurs domotiques,

l’édition 2026 ressemble de plus en plus à une grande maquette du bâtiment connecté de demain,

dans lequel bus terrain, radio, IP et interfaces utilisateur doivent cohabiter sans heurts.

Les organisateurs revendiquent une fréquentation

en hausse, des halls saturés et

une zone résidentielle et smart building

particulièrement dense. L’impression sur place

va dans le même sens, avec des allées pleines

dès l’ouverture, des stands pris d’assaut et des

conférences souvent complètes. L’Innovation

Park, dédié aux startups, continue d’augmenter

en taille, preuve que les usages émergents

autour de la santé, de l’éducation ou du retail

intéressent autant les intégrateurs que les

géants de l’audiovisuel.

Au fil des discussions, une constante revient :

tout le monde parle de l’intégrateur. Les stands

mettent en avant des systèmes plus rapides à

installer, des configurations assistées, des mises

à jour simplifiées, des diagnostics à distance.

Un interlocuteur résume bien la tendance en

expliquant que même sur des produits très

simples, les constructeurs cherchent à retirer

des vis, réduire le temps au plafond ou au rack,

et éviter à l’installateur des heures de réglages

fastidieux. L’objectif ne consiste pas à retirer de

la valeur au métier d’intégrateur, mais à lui dégager

du temps pour le conseil, la conception

et le suivi des installations.

Sur le volet technologique, sans surprise, l’IA

reste partout, mais le discours est moins naïf.

Des conférences reviennent sur les échecs de

projets d’IA, la difficulté à passer des preuves

de concept aux déploiements, le besoin de

gouvernance des données et de modèle économique

clair. L’IA générative est comparée à

une commodité, un point de départ plus qu’un

aboutissement, et la question devient : comment

l’intégrer dans des produits ou services

réellement utiles, qu’il s’agisse de supervision,

d’analyse de données de bâtiment, d’assistants

de configuration ou d’optimisation énergétique.

Côté résidentiel, le CEDIA (Association

for Smart Home Professionals, co-organisateur

avec AVIXA, Audiovisual and Integrated

Experience Association, du salon ISE, Integrated

Systems Events) insiste davantage sur

des usages concrets, comme l’ajustement intelligent

de la lumière, de la température ou du

son en fonction des habitudes, plutôt que sur

des promesses abstraites.

Réseau, AV sur IP et outils

de configuration : le nouveau socle

technique

L’audio-vidéo sur IP poursuit son implantation

comme socle des installations, y compris dans

des contextes proches de l’habitat et du tertiaire

léger. Des solutions à 1 gigabit mettent

en avant des latences très faibles, la possibilité

de mixer vidéo, audio, USB et contrôle sur le

même réseau, ainsi que des fonctions de multiview

permettant d’afficher plusieurs sources

sur un seul écran. Des fabricants expliquent

leur choix d’une architecture de plus en plus

décentralisée, où chaque endpoint embarque

ses propres capacités de traitement audio et

parfois vidéo.

Dans l’écosystème NACS par exemple, chaque

élément du réseau peut jouer le rôle de source,

de processeur et de destination, rendant possible

un mode karaoké complet en combinant

simplement une source Bluetooth, un micro

et quelques réglages de routing. Sur la vidéo

sur IP, la gamme NVX évolue avec l’ajout du

multiview, déjà connu sur certaines références,

Les commandes gravées améliorent immédiatement l’intuitivité des contrôles.

© Alexis Schneider

16 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


ÉVÈNEMENT

© Alexis Schneider

mais désormais généralisé sur plus de produits.

Cela permet d’envisager des murs d’images

ou des écrans de supervision dans des salles

techniques, des locaux tertiaires ou même des

grandes résidences, avec une logique purement

réseau. En parallèle, des solutions d’analyses

acoustiques sur smartphone, comme celles

couplées à NACS, permettent de faire des

mesures de type sweep dans une pièce et de

pousser directement les corrections dans l’écosystème.

Le réseau devient aussi central côté audio, avec

des enceintes alimentées en PoE ou PoE+, parfois

compatibles AES67, capables d’alimenter

plusieurs enceintes esclaves à partir d’un seul

point d’injection. L’un des modèles présentés

partage ainsi 25 watts entre une enceinte

maître et jusqu’à trois satellites, pour un niveau

sonore maximal de 98 dB, ce qui suffit pour de

nombreuses salles de réunion ou petits commerces.

Là encore, un câble réseau remplace

alimentation et câble haut-parleur, à condition

de maîtriser les notions de PoE, VLAN, QoS

et sécurité.

L’innovation ne se limite pas au cœur du système.

De nombreux stands mettent en avant la

qualité d’usage et le design des interfaces murales.

Dans la gamme Kameo, par exemple, les

claviers s’encastrent dans des boîtiers de type

américain et se clipsent sans vis, ce qui impose

une pose parfaitement plane et de niveau. La

personnalisation est poussée très loin, avec plus

de cent configurations de boutons possibles et

la possibilité de commander les façades directement

gravées, sans surcoût, pour éviter les

hésitations du client final face à des boutons

vierges. Pour des gammes plus sophistiquées

Crestron est bien sûr un incontournable à l’ISE.

© Alexis Schneider

Le caisson de basses architectural Sonance à technologie bandpass avec conduit déporté est

conçu pour une intégration invisible derrière cloison ou mobilier.

comme Horizon, une commande dès l’origine

avec la bonne répartition de touches et le bon

marquage devient quasiment obligatoire, au

risque de ne jamais finaliser le projet.

Les motorisations de stores et rideaux ont

aussi leur place, avec des partenariats qui

visent clairement à adapter des systèmes nés

aux États-Unis au marché européen. Un fabricant

explique ainsi travailler avec une société

britannique, Shadow, qui reprend moteurs,

tubes et rails pour y associer ses propres tissus,

conformes aux normes feu européennes.

Pour les intégrateurs français, cela simplifie

le discours : efficacité d’un système éprouvé,

mais conformité aux exigences locales.

Les enceintes et leur intégration dans des environnements

difficiles sont également abordées.

Les profils pour enceintes Sonance sont déjà

préconfigurés dans certains écosystèmes audio,

ce qui réduit le travail de réglage sur chantier.

La question de leur usage au-dessus d’une

piscine, exposées aux projections d’eau et à

l’humidité, reste en revanche à clarifier avec le

support technique américain, preuve que certaines

idées séduisantes demandent encore à

être validées en conditions réelles.

Côté éclairage, les modules de contrôle évoluent

aussi. Le support du protocole DALI

DT8 est confirmé, de quoi gérer plus finement

températures de couleur et scénarios de lumière

dynamique. Surtout, de nouveaux variateurs

de phase pour tableau électrique font leur

apparition, nettement plus compacts que les

anciennes références, tout en conservant une

architecture à quatre sorties avec communs

dédiés. La puissance maximale semble revue à

la baisse par rapport aux historiques modules

4 x 1 200 watts, mais ces nouvelles références

ciblent clairement des charges led modernes,

moins gourmandes.

Un autre dossier important du salon concerne

les plateformes logicielles de configuration et

de supervision, qui deviennent progressivement

des outils autant pour les intégrateurs

que pour les bureaux d’études. Configure Pro, le

nouveau logiciel de configuration d’automates

qui remplace XPanel chez Crestron, illustre

bien l’évolution. Il fonctionne sur macOS et

Windows, permet de travailler à plusieurs sur

le même contrôleur (l’un sur l’éclairage, l’autre

sur l’audio par exemple) et repose sur une philosophie

simple : représenter le bâtiment avec

des étages et des pièces, puis y affecter les équi-

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 17


ÉVÈNEMENT

© Alexis Schneider

Speak’nX est un produit KNX qui intègre les fonctions de diffusion de sons ou de messages

déclenchables par télégramme KNX. Il intègre aussi des sondes de température et d’hygrométrie, deux

entrées et un voyant RGBW. Tout est paramétrable pour diffuser la bonne information au bon moment.

pements. Certaines pièces techniques peuvent

être masquées dans l’interface client, ce qui

évite de polluer l’expérience utilisateur finale

tout en gardant une vision complète pour

l’intégrateur.

L’outil intègre une recherche de drivers

connectée à une base en ligne, avec des informations

précises sur l’origine du pilote, son caractère

payant ou non, le niveau d’intégration

et les protocoles exploités. Pour un intégrateur

habitué à devoir dénicher des fichiers divers

sur les sites constructeurs, cette centralisation

apporte un vrai gain de temps. Sur le plan domotique,

l’intégration KNX via une passerelle

1Home est déjà très aboutie pour l’éclairage,

avec retours d’état et variation, tandis que les

ouvrants restent en cours d’alignement pour

offrir une ergonomie identique.

Configure Pro franchit aussi une étape en matière

de logique. Les scènes restent des états

préconfigurés, que le client final peut modifier

à sa convenance, mais les actions deviennent

des raccourcis figés, capables d’enchaîner

plusieurs scènes avec des délais et de gérer

des conditions. L’un des exemples présentés

consiste à faire clignoter une lumière en

créant une action séquentielle : allumage via

une scène, attente, extinction, répétition. Ce

genre de construction, impossible auparavant

dans l’ancienne interface, ouvre de nouvelles

possibilités sans forcément basculer dans du

code personnalisé. La configuration reste pour

l’instant réalisée localement, mais une fonction

de configuration à distance via Cloud Relay

doit arriver, pour permettre aux intégrateurs de

prendre la main sur un site sans déplacement.

La bascule vers ce nouvel outil doit toutefois

être gérée avec prudence pour les chantiers à

livrer avant sa sortie finale, annoncée pour l’été,

car il reste en phase de bêta.

Smart Living by Nice

et interopérabilité :

radio, IP et contrôle d’accès

L’une des grandes annonces de l’ISE cette

année pour le résidentiel concerne Smart Living

by Nice. Le groupe Nice met en avant ce

concept comme un fil conducteur de sa stratégie,

avec un stand centré sur les interfaces,

les usages et une nouvelle manière de combiner

radio et IP dans un même projet. Au cœur du

dispositif, deux systèmes d’exploitation cohabitent

et dialoguent : Elan OS, bien connu sur

le marché haut de gamme, et Yubii OS, qui

anime la box Yubii Home.

Elan OS 9 reste la plateforme centrale pour les

projets premium, capables de couvrir sécurité,

audio-vidéo, éclairage, CVC et divertissement

dans des résidences ou des petits tertiaires

complexes. Yubii OS, de son côté, devient la

couche radio polyvalente, basée notamment

sur Z-Wave et les protocoles radio Nice, pour

assurer pilotage de motorisations, détecteurs,

actionneurs variés. L’intégration présentée à

Barcelone montre comment un contrôleur

Elan peut s’appuyer sur Yubii Home comme

passerelle radio unique, à la place de multiples

passerelles spécialisées.

Pour les installateurs, l’intérêt est double. Sur

le plan architectural, le schéma devient plus

lisible : un cerveau Elan sur IP, un nœud radio

Yubii, et derrière, tout l’écosystème d’accessoires

Z-Wave et Nice. Sur le terrain, la gestion

de la portée radio, du maillage et du nombre

de périphériques est nettement améliorée, avec

des capacités supérieures aux anciennes passerelles

limitées en nombre et peu adaptées aux

grandes maisons. Cela ouvre des scénarios évolutifs

très concrets. Une installation peut démarrer

modestement autour de motorisations

© Alexis Schneider

Elan OS 9 est spécialement étudié pour les projets premium, capables de couvrir sécurité, audio-vidéo,

éclairage, CVC et divertissement dans des résidences ou des petits tertiaires complexes.

Suite au rachat de Fibaro en 2018, Nice dispose à son

catalogue de nombreux périphériques Z-Wave.

© Alexis Schneider

18 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


ÉVÈNEMENT

© Alexis Schneider © Alexis Schneider

Le tout dernier clavier intelligent

Moorgen, issu de la série audacieuse

Rock’N Fire de Philippe Starck.

Quand l’innovation rencontre un

design emblématique.

de portails, de volets ou de quelques éclairages

pilotés via Yubii Home, puis migrer vers un

projet pleinement orchestré par Elan OS à

mesure que le budget ou les besoins du client

augmentent, sans démonter l’existant.

Nice insiste aussi sur la notion d’expérience.

Les interfaces murales présentées, les télécommandes,

les applications mobiles cherchent à

rester cohérentes entre les univers Elan et Yubii.

Pour un intégrateur domotique qui connaît

déjà KNX, ce type d’offre peut jouer un rôle

complémentaire : bus filaire pour les fonctions

critiques et l’éclairage principal, radio Z-Wave

pour les zones difficiles à câbler ou les extensions

dans une rénovation. La présence de

Nice sur le stand de l’alliance Z-Wave renforce

ce message, avec des démonstrations de retrofit

sur bâtiments existants.

L’interopérabilité ne se limite pas à Nice. Plusieurs

écosystèmes affichent des intégrations

poussées avec du contrôle d’accès comme

Moorgen a également collaboré avec le designer Kengo Kuma

pour une autre collection d’interrupteurs, qui deviennent de véritables

œuvres d’art.

De nombreux acteurs membres de KNX étaient bien sûr présents, comme le français Can’nX.

© Alexis Schneider

Doorbird, permettant d’afficher les appels

sur des écrans de contrôle, de piloter les relais

d’ouverture et de gérer des scénarios multi-écrans

sans serveur SIP externe. La limite

actuelle se situe dans l’impossibilité d’afficher

en simultané les flux de plusieurs portiers sur

une même interface, mais pour la plupart des

projets résidentiels ou petits tertiaires, ce point

n’est pas bloquant.

Le secteur de la santé illustre également de

nouvelles opportunités pour les intégrateurs.

Au sein de l’Innovation Park, le Barcelona

Health Hub et le Madrid Health Hub détaillent

comment des solutions audiovisuelles,

de télémédecine et de télémonitoring peuvent

répondre aux défis liés au vieillissement, aux

maladies chroniques et au manque de personnel

soignant. Un centre de santé barcelonais

explique, par exemple, sa réflexion sur la transformation

du parcours de soin, en s’appuyant

sur des technologies de communication améliorant

les échanges entre cliniciens et patients,

ainsi que sur des outils de suivi à distance. Les

startups présentes travaillent autant sur des

environnements immersifs pour la formation

médicale (simulation de cœur en VR, projection

d’images sur écrans géants) que sur des

dispositifs destinés au confort des patients.

Derrière ces solutions, on retrouve les mêmes

briques : réseau, écrans, sonorisation, capteurs,

sécurité des données.

Évolution du métier : de la pose

à la conception globale

Les discussions sur les talents et la formation

reviennent souvent dans les allées et les conférences.

De nombreux intervenants évoquent

une pénurie de profils capables de conjuguer

compréhension business, compétences réseau

et maîtrise des solutions audiovisuelles. L’intégrateur

n’est plus seulement celui qui tire des

câbles et pose des équipements, mais un partenaire

qui conçoit l’architecture globale, discute

cybersécurité avec le service informatique, se

coordonne avec l’architecte sur l’intégration

esthétique et échange avec le client final sur

les usages. CEDIA comme AVIXA martèlent

que l’intégrateur devient aussi essentiel qu’un

électricien ou un plombier sur les projets de

bâtiments intelligents.

Pour des installateurs domotiques, cette édition

2026 de l’ISE montre que le salon n’est

plus réservé à l’audiovisuel événementiel ou

aux grandes infrastructures de diffusion. Une

bonne partie des solutions présentées concerne

directement leurs chantiers, qu’il s’agisse de

distribution audio multiroom, de pilotage

d’éclairage, de contrôle d’accès, de gestion de

stores, de supervision énergétique ou de services

dans la santé et l’éducation. L’écosystème

Smart Living de Nice, les évolutions d’outils

comme Configure Pro, les plateformes audio

et vidéo sur IP, les nouvelles gammes de dimmers

ou d’enceintes PoE configurées pour

fonctionner avec des standards ouverts, tout

converge vers un même message : le métier se

complexifie, mais les outils deviennent plus

puissants pour ceux qui acceptent de monter

en compétences sur le réseau, l’IA, la sécurité

et l’ergonomie.

Pour ceux qui ne connaissaient pas encore le

salon, l’édition 2026 fournit de solides arguments

pour inscrire Barcelone à leur calendrier

dans les années à venir, non seulement comme

vitrine technologique, mais aussi comme

espace de rencontres et d’échanges avec les

marques et les autres intégrateurs, confrontés

aux mêmes défis d’interopérabilité et de montée

en valeur du métier. •

Merci à Alexis Schneider d’AJS TECHNOLOGIE

et Olivier Darnault de SMART TECH

ENERGIES pour ce retour sur l’ISE !

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 19


DOSSIER

DOMOTIQUE

Matter en habitat et petit tertiaire :

quelle place pour les pros entre

KNX, Thread et le nouveau

standard universel ?

Dans le résidentiel comme dans le petit tertiaire, Matter n’est plus un simple buzzword marketing,

mais un standard que les clients commencent à citer au même titre que KNX, Zigbee ou le WiFi.

Porté par les géants du numérique et pensé pour fonctionner au-dessus d’IP, ce protocole promet

une interopérabilité réelle entre marques et écosystèmes (Apple, Google, Amazon, Samsung…),

tout en s’ouvrant progressivement à des usages plus techniques comme la gestion de l’énergie,

les bornes de recharge ou les caméras. Pour l’installateur, la question n’est plus de savoir si Matter

va s’imposer, mais comment l’intégrer intelligemment aux solutions existantes, notamment en

passerelle avec KNX et les infrastructures réseau professionnelles.

© CSA

Logo officiel Matter.

incompatibilités temporaires avec certaines

plateformes. Pour un professionnel, ces retours

d’expérience sont précieux : ils incitent à tester,

à cadrer une gamme de produits validés et à

éviter les assemblages hasardeux de marques et

de routeurs Thread.

En quelques années, Matter a quitté le

terrain du simple « futur standard » pour

devenir une réalité dans les catalogues

des fabricants, les mises à jour de box grand public

et, surtout, dans les demandes des clients.

Ils ne parlent plus seulement de KNX, de Zigbee

ou de « box domotique », mais demandent

désormais si leurs luminaires, leurs volets roulants

ou leurs prises seront compatibles avec

Apple Home, Google Home, Alexa… et Matter.

Pour un intégrateur, cela change la façon

d’aborder un chantier : il ne s’agit plus seulement

de choisir un protocole technique, mais

aussi de garantir une interopérabilité durable

avec des écosystèmes pilotés par les géants du

numérique.

Matter se présente comme une couche applicative

IP commune, fonctionnant au-dessus de

réseaux que vous maîtrisez déjà au quotidien :

Ethernet, Wi-Fi et, de plus en plus, Thread

pour la partie radio maillée. L’idée est simple

sur le papier : un produit certifié Matter doit

pouvoir être ajouté à plusieurs univers (Apple,

Google, Amazon, Samsung, etc.) sans qu’il

soit nécessaire de multiplier les firmwares

ou les passerelles propriétaires. Pour le client

final, c’est la promesse de pouvoir changer de

smartphone ou d’assistant vocal sans remettre

en cause l’installation. Pour le professionnel,

c’est l’espoir de réduire les appels SAV liés aux

incompatibilités entre marques et aux changements

d’applications.

Dans le même temps, les contraintes réglementaires

et énergétiques se resserrent sur

le résidentiel et le petit tertiaire : suivi des

consommations, pilotage des charges (chauffage,

climatisation, VE, eau chaude), confort

et sécurité des occupants deviennent des sujets

centraux. Les dernières évolutions de Matter

intègrent justement des fonctions de mesure

et de gestion de l’énergie, de support des

bornes de recharge, de pilotage d’équipements

thermiques ou encore de caméras et serrures

connectées. Autrement dit, on sort progressivement

du simple « gadget grand public » pour

toucher des domaines qui rejoignent ceux des

bus filaires professionnels comme KNX ou

Modbus.

Cependant, la réalité de terrain rappelle que le

standard reste jeune. Le lancement récent de

gammes complètes d’appareils Matter chez

certains acteurs, comme Ikea évoqué dans

notre dossier consacré au salon CES, montre

que la promesse d’interopérabilité se heurte

encore à des problèmes concrets : difficultés

de mise en service, instabilités en Thread,

MATTER EN BREF : PRINCIPES

TECHNIQUES ET AMBITIONS

Origines et gouvernance

Matter est né fin 2019 sous le nom de projet

Connected Home over IP (CHIP), lancé

par Amazon, Apple, Google et la Zigbee Alliance,

devenue depuis la Connectivity Standards

Alliance (CSA). L’objectif affiché était

de sortir de la fragmentation des protocoles

domotiques grand public en créant un langage

commun, basé sur IP, que tous les objets

pourraient comprendre. En 2021, le projet est

officiellement rebaptisé « Matter » et la CSA le

présente comme un standard ouvert, avec un

programme de certification et une spécification

publique.

Aujourd’hui, plus de 600 entreprises sont

membres de la CSA autour de Matter, des

géants des plateformes (Apple, Google, Amazon,

Samsung SmartThings) aux fabricants

d’éclairage, de chauffage, d’électroménager,

en passant par les fournisseurs de puces et de

stacks logiciels. Cela signifie que le protocole

n’est pas porté par un seul constructeur mais

par un consortium large, ce qui limite le risque

de voir la technologie disparaître du jour au

lendemain. La gouvernance repose sur des

groupes de travail thématiques (sécurité, éner-

20 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


DOSSIER

© CSA

Quelques-uns des nombreux membres Matter.

gie, transport, nouveaux types d’appareils), qui

font évoluer la spécification par versions successives.

Architecture technique : IP partout

Techniquement, Matter est une couche applicative

qui fonctionne au-dessus d’IP, et non un

nouveau protocole radio en soi. Il s’appuie sur

des technologies réseau déjà bien maîtrisées :

Ethernet et Wi-Fi pour la partie filaire et radio

classique, Thread pour le maillage radio basse

consommation, et Bluetooth Low Energy

pour la phase de mise en service (commissioning).

Un même produit peut donc exister

en plusieurs variantes (Wi-Fi, Thread), tout

en exposant les mêmes « clusters » et services

Matter, ce qui garantit une cohérence fonctionnelle

pour les applications.

Un concept clé pour les pros est le modèle

« multi‐admin » : un équipement Matter peut

être intégré simultanément à plusieurs contrôleurs,

par exemple une installation professionnelle

(box domotique, superviseur IP) et,

en parallèle, Apple Home ou Google Home

pour l’utilisateur final. La sécurité repose sur

un système de certificats, de clés et de sessions

chiffrées de bout en bout, avec un processus

de mise en service sécurisé et une exigence

de certification pour afficher le logo Matter.

Pour l’installateur, cela se traduit par des équipements

qui parlent un langage normalisé,

sur IP, tout en restant intégrables dans une

architecture réseau maîtrisée (VLAN, QoS,

firewall, etc.).

Ambitions et périmètre fonctionnel

L’ambition de Matter est de réduire drastiquement

la complexité d’intégration entre

marques et plateformes, en définissant des

modèles d’objets (éclairage, prises, capteurs,

thermostats, caméras, bornes de recharge, fermetures,

électroménager, etc.) suffisamment

précis pour que chaque fabricant n’ait pas à

réinventer sa propre API. Pour le client final,

c’est la promesse d’une expérience plus simple :

un produit certifié Matter doit pouvoir être inclus,

découvert et piloté de manière cohérente

quelle que soit la passerelle. Pour le professionnel,

c’est un socle commun sur lequel bâtir des

projets en combinant des produits de plusieurs

marques sans devoir gérer une multitude d’intégrations

propriétaires.

Il est toutefois important de bien cerner le

périmètre : Matter n’a pas vocation à remplacer

une GTB complète, un bus KNX ou un système

de sécurité incendie certifié. Le protocole

vise la couche applicative et l’interopérabilité,

pas la définition de logiques complexes de sûreté

de fonctionnement, de scénarios normatifs

ou de stratégies d’optimisation avancées.

Là où KNX, Modbus ou BACnet restent les

outils de référence pour les fonctions critiques,

Matter apporte une brique de standardisation

Home Assistant permet par exemple d’afficher les flux énergétiques des capteurs Matter.

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 21


DOSSIER

pour les objets connectés, l’interface avec les

écosystèmes grand public et, de plus en plus,

la visualisation et le pilotage simple de l’énergie.

Pour un intégrateur, la bonne approche

consiste donc à voir Matter comme un complément

IP interopérable, destiné à dialoguer

avec l’existant via des passerelles, plutôt qu’un

remplaçant des solutions métier éprouvées.

LES GRANDES ÉTAPES DE MATTER :

DE LA PROMESSE À LA RÉALITÉ

Des premières spécifications à

Matter 1.2

Le projet naît officiellement en 2019 sous le

nom Connected Home over IP, avec une ambition

claire : créer un langage commun pour

la maison connectée, porté par un consortium

rassemblant plateformes, fabricants de puces

et industriels de l’éclairage ou du chauffage.

Au départ, le calendrier est ambitieux, mais les

premières versions prennent du retard, le temps

de stabiliser la sécurité, le modèle d’objets et les

outils de certification. La version 1.0 finit par

arriver en 2022, avec un périmètre volontairement

limité : éclairage, prises et interrupteurs,

quelques capteurs (température, présence, ouverture),

serrures et commandes simples.

Cette première étape vise surtout à prouver

que la promesse d’interopérabilité est tenable :

un même module d’éclairage ou une prise

connectée Matter peuvent être intégrés dans

les univers Apple, Google, Amazon ou Samsung

sans firmware spécifique. Rapidement,

une version 1.1 vient corriger des problèmes

de jeunesse, fiabiliser le processus de mise en

service, améliorer la gestion des erreurs et la

stabilité des liaisons, sans ajouter encore beaucoup

de nouveaux types d’appareils. Avec

Matter 1.2, le périmètre s’élargit : davantage de

capteurs, certains équipements d’électroménager

et de petits automatismes font leur entrée,

ce qui commence à rendre le standard intéressant

au-delà du simple éclairage domestique.

Matter 1.3 et 1.4 : énergie,

scènes et infrastructure

Les versions suivantes marquent un tournant,

en particulier pour les usages professionnels

légers. Matter 1.3 introduit des fonctions de

mesure d’énergie et de suivi de consommation,

ainsi qu’un support plus abouti des bornes de

recharge de véhicules électriques, de certains

équipements liés à l’eau (détection de fuites,

compteurs) et de commandes plus structurées.

L’apparition de mécanismes de scènes et de

commandes groupées permet de réduire l’effet

« popcorn » où les équipements réagissent les

uns après les autres, et d’offrir des scénarios

plus fluides côté utilisateur.

Matter 1.4 poursuit cette logique en renforçant

la partie énergétique : prise en charge

plus large de la production (photovoltaïque),

du stockage (batteries) et des équipements

thermiques (pompes à chaleur, chauffe-eau),

avec l’idée de pouvoir orchestrer les grandes

charges d’un bâtiment de manière harmonisée.

En parallèle, l’infrastructure réseau n’est pas

oubliée : meilleure gestion des objets sur batterie,

optimisation des échanges pour éviter de

saturer les réseaux, prise en compte des routeurs

et hubs comme éléments à part entière

de l’écosystème. Pour le résidentiel et le petit

tertiaire, cela ouvre la voie à des scénarios de

pilotage de charges et de suivi énergétique qui

commencent à dialoguer avec les préoccupations

réglementaires.

Matter 1.5 : caméras, fermetures

et montée en puissance

Avec Matter 1.5, la norme franchit un nouveau

cap en incluant deux familles d’équipements

particulièrement sensibles pour les

professionnels : les caméras et les fermetures

(portes, portails, ouvrants motorisés). Cette

évolution permet, sur le principe, d’intégrer

de manière unifiée interphones vidéo, caméras

de surveillance, serrures et motorisations dans

le même socle interopérable que l’éclairage ou

le chauffage. La version 1.5 améliore aussi la

gestion des flux lourds (mise à jour firmware,

images, données plus volumineuses) et affine

des points de sécurité et de fiabilité.

Sur le terrain, cela signifie que Matter commence

à couvrir une part significative des

usages courants d’un logement ou d’un petit

bâtiment tertiaire : éclairage, confort thermique,

énergie, accès et télésurveillance

peuvent théoriquement être harmonisés dans

un même univers. Néanmoins, le standard

reste en évolution rapide, avec des implémentations

parfois incomplètes selon les marques,

des fonctions optionnelles et des différences

d’interprétation. Pour le professionnel, la

bonne lecture de cette chronologie est double :

d’un côté, Matter est désormais suffisamment

mature pour entrer dans les études sérieuses de

projets ; de l’autre, il faut accepter qu’il s’agisse

d’une technologie vivante, dont les capacités et

les bonnes pratiques continueront d’évoluer au

fil des versions, imposant une veille régulière et

des validations sur le terrain.

QUI POUSSE MATTER,

ET AVEC QUELS OBJECTIFS ?

Les grands écosystèmes

et les fabricants

Matter bénéficie d’un soutien massif des géants

de la maison connectée : Apple (HomeKit),

Google (Google Home), Amazon (Alexa) et

Samsung (SmartThings) forment le noyau dur

du projet depuis ses origines en 2019. Ces acteurs

voient dans Matter un moyen de simplifier

leurs catalogues d’intégrations, en évitant

de devoir négocier des API propriétaires avec

chaque fabricant d’équipements. Leur implication

garantit que les box, enceintes et applications

associées reçoivent des mises à jour régulières

pour supporter les nouvelles versions du

protocole.

Côté fabricants, l’adhésion est large : Eve,

Nanoleaf, Philips Hue, Osram, Schneider

Electric, Legrand, Somfy, Tuya, Aqara et

bien d’autres ont certifié des gammes entières

d’éclairage, de prises, de capteurs et de motorisations.

Les fournisseurs de puces (Silicon

Labs, Nordic, Texas Instruments, Qualcomm)

jouent un rôle clé en intégrant des stacks

Matter dans leurs modules Thread/Wi-Fi,

rendant l’adoption technique plus accessible.

Même Ikea, avec sa récente gamme Matterover-Thread,

illustre cette dynamique, malgré

les retours terrain mitigés qui rappellent que la

maturité n’est pas encore uniforme.

© CSA

Les fabricants arborent tous aujourd’hui une compatibilité Matter.

Les acteurs professionnels

et énergétiques

De plus en plus d’industriels du bâtiment et de

l’énergie s’intéressent à Matter : des fabricants

de pompes à chaleur (Daikin, Mitsubishi),

22 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


DOSSIER

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 23


DOSSIER

© Aqara

La dernière serrure connectée Smart Lock U400 d’Aqara est certifiée Matter.

de bornes de recharge (Wallbox, Zaptec), de

compteurs d’énergie ou de batteries domestiques

voient dans les versions 1.3 à 1.5 un

socle pour harmoniser la mesure et le pilotage

des consommations. Dans le petit tertiaire,

des éditeurs de GTB légère ou de supervision

(Delta Dore, Somfy, Fibaro) explorent des

passerelles pour exposer des données KNX

ou Modbus vers Matter, répondant ainsi à la

demande croissante d’interfaces utilisateur

simplifiées.

Les associations et organismes comme la KNX

Association suivent de près, avec des travaux

en cours sur des passerelles KNX/Matter pour

éviter l’isolement des installations filaires.

Cette convergence est cruciale pour les pros :

elle positionne Matter non comme un concurrent

de KNX ou Modbus, mais comme une

couche d’interopérabilité IP qui peut valoriser

les investissements existants en les rendant accessibles

aux occupants via leurs smartphones

ou assistants vocaux.

Les ambitions officielles

et les limites assumées

L’objectif premier de la Connectivity Standards

Alliance est simple : « Créer un écosystème

IoT unifié, interopérable et sécurisé, où les appareils

fonctionnent ensemble indépendamment de

la marque ou de la plateforme. » Royalty-free

et ouvert à tous, Matter vise à réduire la fragmentation

qui freine l’adoption massive des

objets connectés, en standardisant les modèles

d’objets (clusters) et les interactions. Pour les

installateurs, cela promet des choix de produits

plus larges, avec une garantie de compatibilité

multi-écosystèmes et une pérennité logicielle

accrue.

Les ambitions incluent aussi une scalabilité

vers des usages plus avancés : gestion énergétique

fine, intégration de la mobilité électrique,

scénarios multi-occupants dans le collectif.

Cependant, la CSA assume des limites : Matter

n’est pas conçu pour la sûreté de fonctionnement

critique (SSI, GTB classe A), les

temps réels durs ou les topologies industrielles

complexes. Il excelle dans l’interopérabilité

applicative et l’expérience utilisateur, laissant

aux bus dédiés comme KNX le cœur des

logiques métier. Pour l’intégrateur, l’enjeu est

donc stratégique : maîtriser Matter pour élargir

son offre sans renoncer à la robustesse des

solutions filaires, en utilisant des passerelles

intelligentes pour hybrider les mondes pro et

grand public.

(border routers) IP standards, intégrés dans les

box opérateur, Apple TV, Google Nest Hub ou

passerelles dédiées. Dans un contexte résidentiel

ou petit tertiaire, cela permet de déployer

des réseaux maillés auto-organisants d’interrupteurs,

capteurs, têtes thermostatiques ou

luminaires, avec une portée et une redondance

supérieures aux solutions stars Wi-Fi.

Pour l’installateur, Thread change la donne

en termes de conception réseau : il faut anticiper

le placement des routeurs (un par zone

de 100-200 m², alimentés en continu), gérer

la coexistence avec le Wi-Fi 6/6E (canaux 15

et 16 réservés), et limiter les interférences avec

le Bluetooth. Les enjeux pratiques incluent

la stabilité en cas de panne d’un nœud, la

consommation des appareils sur pile (optimisée

par Matter 1.4), et la mise à l’échelle sur

plusieurs étages ou bâtiments collectifs. Une

bonne pratique consiste à cartographier le

réseau Thread dès la phase étude, avec des tests

de débit multicast pour valider la couverture

avant livraison.

Passerelles KNX/Matter :

pourquoi et comment

KNX reste le bus filaire de référence pour

l’éclairage, les stores, le CVC et la GTB en

résidentiel haut de gamme et petit tertiaire,

grâce à sa normalisation européenne, sa durée

de vie de 20-30 ans et sa robustesse. Cependant,

ses clients finaux veulent souvent visualiser

et piloter ces fonctions via leur smartphone

ou assistant vocal, ce que KNX seul ne facilite

pas nativement. Une passerelle KNX/Matter

expose alors des groupes d’adresses KNX

(lumière, température, énergie) comme objets

Matter standardisés, accessibles simultanément

par une supervision pro et les écosystèmes

grand public.

Plusieurs implémentations existent : des passerelles

IP dédiées (comme celles de Gira, ABB

© Shelly

Shelly, qui s’adresse de plus en plus aux

professionnels, propose des micro-modules multiprotocoles

: Wi-Fi, Bluetooth, Zigbee, et Matter.

MATTER, THREAD ET KNX : QUEL

RÔLE POUR LES PASSERELLES ?

Thread en milieu professionnel

Thread est un protocole radio maillé basse

consommation basé sur IPv6, conçu spécifiquement

pour l’IoT et nativement compatible

avec Matter. Contrairement au Zigbee,

qui nécessite souvent des hubs propriétaires,

Thread s’appuie sur des routeurs de bordure

Le serveur KNX Matter d’Elsner est « powered by

1Home » et relie KNX à Matter.

© Elsner

24 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


DOSSIER

© Hager

La passerelle Domovea de Hager permet de faire cohabiter KNX

et Matter, et bien plus encore.

ou Jung) intègrent un stack Matter/Thread

pour mapper les datagrammes KNX vers les

clusters Matter ; des box hybrides (type Home

Assistant ou openHAB avec plugins) jouent le

rôle de pont logiciel ; enfin, des serveurs industriels

sur Raspberry Pi ou mini-PC offrent

une flexibilité pour des projets sur mesure.

L’intérêt pour l’intégrateur est double : préserver

l’architecture KNX pour les automatismes

critiques tout en offrant une interface Matter

fluide, sans multiplier les applis. Des fabricants

comme MDT, Theben ou Ekinex proposent

déjà des prototypes certifiés, avec un mappage

fin (états, mesures, scénarios).

Points de vigilance

et bonnes pratiques

Malgré ces avancées, les passerelles ne sont

pas magiques : la latence KNX-Matter peut

atteindre 500 ms en cas de surcharge réseau,

les clusters Matter ne couvrent pas toujours la

richesse des objets KNX (logiques conditionnelles

complexes), et une panne du pont isole

les occupants des fonctions de confort. Il faut

aussi gérer les fabrics multi-admin : attribuer

des droits granulaires pour que l’installateur

garde le contrôle admin sur les fonctions pros,

tandis que le client voit une vue simplifiée.

En résumé, Thread et les passerelles KNX/

Matter positionnent l’électricien comme architecte

hybride : bus filaire pour la fiabilité,

IP/Matter pour l’interopérabilité, avec une clé

succès dans la validation terrain de ces ponts

avant généralisation sur chantier.

MATTER SUR LE TERRAIN :

CAS D’USAGE EN HABITAT

ET PETIT TERTIAIRE

Habitat individuel et collectif

Dans une maison individuelle ou un appartement

en copropriété, Matter permet de

mutualiser des équipements de confort quotidien

: luminaires, prises connectées, volets roulants,

thermostats et capteurs de présence ou

d’ouverture sont pilotables de façon homogène,

que ce soit via une interface professionnelle ou

les applications Apple Home, Google Home

et Alexa. Par exemple, un scénario « départ vacances

» peut fermer les stores, baisser le chauffage

et activer une caméra Matter 1.5, avec des

retours d’état remontés simultanément vers

une supervision KNX via passerelle.

Pour l’installateur, l’intérêt réside dans la simplification

des choix : au lieu de multiplier les

protocoles propriétaires, une gamme certifiée

Matter (Philips Hue, Aqara, Legrand) s’intègre

nativement à plusieurs écosystèmes, réduisant

les risques d’obsolescence applicative.

Qu’est-ce que Thread, et en

quoi ça change la donne par

rapport au Zigbee ?

Thread est un réseau maillé IPv6 pour

l’IoT, avec une topologie full mesh (chaque

nœud relaie), une sécurité DPA (Device

Pairing Authentication) et une scalabilité

jusqu’à 250 nœuds. Contrairement à Zigbee

(propriétaire, hubs obligatoires), Thread est

ouvert, IP-natif et s’appuie sur des routeurs

grand public. Pour un pro : moins de hubs,

meilleure résilience, mais exigence d’une

ingénierie réseau (répartition routeurs,

QoS). Idéal pour capteurs/prises en habitat

collectif, avec Matter comme applicatif unifié.

Dans le collectif, Thread brille par sa résilience :

un réseau maillé relie les capteurs d’appartements

via routeurs partagés (box opérateur +

Apple TV), avec Matter exposant les consommations

énergétiques par logement pour une

facturation fine ou un délestage harmonisé.

Petit tertiaire : bureaux, commerces,

santé légère

En bureaux ou commerces de proximité, Matter

couvre les usages phares : gestion zonale

de l’éclairage et des stores, suivi énergétique

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 25


DOSSIER

© CSA

Matter propose aujourd'hui un large catalogue de périphériques pour tous les besoins.

IP, Wi-Fi, Thread, Zigbee…

qui fait quoi ?

• IP/Ethernet : backbone filaire stable pour

gros flux (supervision, caméras).

• Wi-Fi : star pour appareils gourmands

(prises puissantes, thermostats).

• Thread : maillé IPv6 basse conso pour

capteurs/interrupteurs (250 nœuds max).

• Zigbee : concurrent historique, hubs

propriétaires ; Matter le rend obsolète sur

IP. Matter unifie l’applicatif au-dessus, sans

toucher la couche physique.

des zones (mesure en temps réel via Matter

1.3), alertes fuites ou présence anormale, et

contrôles d’accès simplifiés (serrures, portails

Matter 1.5). Une borne de recharge EV dans

le parking peut être orchestrée avec les PAC

et le PV, priorisant les charges en fonction des

tarifs heures pleines/creuses, le tout visible sur

une appli grand public pour le gestionnaire.

Ces scénarios positionnent Matter comme

complément aux GTB dédiées : KNX pilote

Matter est un

protocole de connectivité

IP unifié, construit sur des

technologies éprouvées,

qui aide à connecter et à

construire des écosystèmes

IoT fiables et sécurisés.

Connectivity Standards

Alliance

les automatismes critiques (éclairage sécurité,

SSI), tandis que Matter offre une vue occupant-friendly

et des mesures énergétiques normalisées,

idéales pour le décret tertiaire ou les

obligations RGE.

Avantages et limites pratiques

L’atout majeur pour le professionnel est la

pérennité : un investissement dans des clusters

Matter (énergie, scènes, multimédia) reste

valable sur 10 ans, même si le client change

de smartphone ou d’assistant. La certification

CSA garantit un minimum de conformité, et

les mises à jour OTA (Over-The-Air) facilitent

la maintenance à distance. Cependant, les limites

persistent : pas de gestion temps réel dur

(<100 ms), clusters parfois trop simplistes pour

des logiques GTB complexes, et dépendance

aux routeurs Thread/Wi-Fi pour la couverture.

Pour réussir ces déploiements, l’intégrateur

doit valider les couples « équipement/plateforme

» en amont, documenter les fabrics multi-admin

et prévoir un plan de reprise en cas

de défaillance réseau. Matter transforme ainsi

le pro en intégrateur hybride, capable d’allier

robustesse filaire et fluidité IP pour des clients

exigeants.

RETOURS DU TERRAIN :

PROMESSES, FRUSTRATIONS

ET CAS IKEA

Les bénéfices constatés et les progrès

Sur le terrain, Matter tient déjà certaines

promesses, notamment en simplifiant l’intégration

multi-marques pour les installateurs.

Des retours d’électriciens en résidentiel haut

de gamme soulignent une réduction des interventions

SAV : une fois les fabrics configurés,

les occupants basculent facilement entre Apple

Home et Google Home sans perte de fonctions,

et les mises à jour OTA corrigent les bugs

sans déplacement. Les versions 1.1 à 1.4 ont

nettement amélioré la stabilité des connexions,

avec moins de déconnexions aléatoires sur Wi-

Fi et une résilience accrue en Thread pour les

réseaux maillés de 50-100 nœuds.

La gestion énergétique (Matter 1.3+) séduit

particulièrement : mesure en temps réel des

PAC, bornes VE et compteurs PV permet un

suivi granulaire accessible aux occupants via

appli, tout en alimentant une supervision pro

via passerelle. Des intégrateurs rapportent des

gains de 10-15 % sur les consommations grâce

à des scénarios délestage simples, compatibles

avec les exigences du décret tertiaire pour le

petit tertiaire. Ces avancées positionnent Matter

comme un outil mature pour les projets

non critiques, où l’interopérabilité prime sur la

complexité.

L’exemple Ikea : un déploiement

massif… et douloureux

Fin 2025, Ikea a lancé une gamme étendue

d’équipements Matter-over-Thread : éclairage,

capteurs température/humidité, prises, télécommandes

et stores motorisés, avec la promesse

d’une compatibilité universelle via sa

passerelle Dirigera. L’ambition était de passer

du Zigbee propriétaire à un standard ouvert

pour toucher tous les écosystèmes. Pourtant,

les retours utilisateurs et professionnels sont

largement négatifs : taux d’échec de pairing

jusqu’à 50 %, déconnexions récurrentes avec

Apple Home ou Alexa, et instabilités en multi-routeurs

Thread (box opérateur + Dirigera +

Nest Hub).

Ces problèmes s’expliquent par une implémentation

Thread immature chez Ikea, des conflits

26 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


DOSSIER

de border routers concurrents saturant le mesh IPv6, et des

bugs firmware non résolus malgré des mises à jour. Des

utilisateurs ont dû repasser en Wi-Fi pur ou isoler les produits

Ikea dans un fabric dédié, perdant l’interopérabilité

promise. Ce cas illustre les pièges d’un standard jeune : la

certification CSA ne garantit pas une exécution parfaite,

et les déploiements massifs révèlent des faiblesses réseau

invisibles en labo.

Enseignements pour les pros

Ces retours terrain valident l’approche prudente : tester

rigoureusement les couples « produit/plateforme » sur site

pilote avant généralisation, privilégier Ethernet/Wi-Fi

pour les flux critiques, et limiter Thread à des zones inférieures

à 100 nœuds avec un seul type de border router dominant.

Pour les passerelles KNX/Matter, valider le mapping

clusters (exemple : groupes KNX vers énergie Matter)

évite les pertes de fonctions. L’expérience Ikea rappelle

aussi l’importance d’un contrat de maintenance clair : qui

gère les OTA, les resets fabrics et les conflits multi-admin ?

Malgré ces frustrations, les progrès sont réels et rapides :

Matter 1.5 corrige nombre de bugs Thread, et les fabricants

leaders (Philips, Legrand) affichent une fiabilité supérieure.

Pour le professionnel, la clé est de capitaliser sur ces retours

pour se positionner en expert : sélectionner des gammes

validées, hybrider avec KNX pour la robustesse, et communiquer

sur les limites réelles auprès des clients. Ainsi,

Matter devient un atout différenciant plutôt qu’un risque. •

L’avis d’ SMARTHOME

Matter s’impose progressivement comme le

socle IP de la domotique interopérable, reliant

éclairage, énergie, accès et confort dans un

langage commun accessible aux occupants et

aux professionnels. Entre Thread pour les réseaux

maillés résilients, passerelles KNX/Matter pour

hybrider robustesse filaire et fluidité grand public,

et évolutions constantes (1.3 à 1.5), le standard

offre aujourd’hui des outils concrets pour le

résidentiel et le petit tertiaire, tout en préparant les

exigences énergétiques à venir.

Pour l’électricien et l’intégrateur, le message à

retenir : ne pas ignorer Matter, mais ne pas tout

miser dessus non plus. Sélectionnez des gammes

certifiées et testées, concevez des réseaux IP

solides, et positionnez-vous comme architecte

hybride capable d’articuler KNX, Modbus et

Matter. Les retours terrain comme Ikea montrent

les pièges, mais aussi l’opportunité : celui qui

maîtrise ces ponts protocolaires gagne en

crédibilité et en pérennité face à des clients de

plus en plus connectés et exigeants.

L’avenir ? Une domotique unifiée où vos

installations KNX s’exposent en Matter sans effort,

où le pilotage énergétique devient un service

récurrent, et où vous restez maître d’œuvre face

aux géants du numérique. La transition est en

cours : équipez-vous, testez, et transformez Matter

en avantage compétitif.

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 27


DOSSIER

NF C 15-100

Une mise à jour pour répondre

aux nouveaux usages électriques

Après plus de deux décennies sans mise à jour majeure, la norme NF C 15-100 évolue en

profondeur pour s’adapter aux nouveaux besoins du secteur électrique. Publiée en 2024 et

applicable obligatoirement depuis août 2025, cette nouvelle version, dont l’architecture a été

totalement repensée, intègre de nouveaux usages électriques et des avancées technologiques,

et prend également en compte les enjeux environnementaux au travers de l’efficacité

énergétique. Fruit de dix années de concertation entre les acteurs du secteur, cette refonte

marque une étape clé pour les installations électriques en basse tension, qu’elles soient

résidentielles, tertiaires ou industrielles.

© DR

La mise à jour de la NF C 15-100 a pour

objectif de prendre en compte les nouveaux

usages électriques et les nouvelles

charges qui impactent le bâtiment. Cette

norme n’a pas été révisée depuis 22 ans, la précédente

version datant de 2002. Cinq amendements

avaient été apportés entre 2008 et

2015, introduisant des mises à jour sur toutes

les parties de la norme. En France, la commission

Afnor U 15 « installations électriques à

basse tension » avait pour rôle d’adapter les

dispositions internationales et européennes au

marché français.

Retour sur le processus

de normalisation

Il y a 10 ans, la commission Afnor U 15 a décidé

de réviser la norme NF C 15-100 pour

prendre en compte les évolutions normatives

et technologiques. Elle oriente les travaux des

groupes de travail et définit les priorités des

sujets à traiter, notamment en fonction des

documents d’harmonisation du Comité européen

de normalisation en électronique et en

électrotechnique (Cenelec) qui sont publiés.

Chaque partie de la norme a donc été confiée

à un groupe de travail. Leur rôle était d’étudier

les textes existants, les textes européens et

internationaux ainsi que les nouveautés réglementaires

françaises. Après la rédaction de la

norme par les différents groupes de travail, la

commission Afnor U 15 a validé l’ensemble

du texte, qui a été soumis à une enquête publique

courant 2023. « Nous avons reçu plus de

1 200 commentaires, que nous avons examinés un

à un pour les intégrer à la version finale lorsqu’ils

faisaient consensus », explique Angélique Branton,

responsable Infrastructure électrique -

Évacuation et mise à l'abri des personnes chez

Ignes, membre de la commission de normalisation

Afnor U 15 « installations électriques à

basse tension » et de ses groupes de travail.

Le collège d’intervenants est regroupé au

sein de l’Afnor et comprend les installateurs,

les bureaux de contrôle, l’Ignes, le Gimelec

et les acteurs économiques de l’électrotechnique.

« L’élaboration de la NF C 15-100 a

nécessité 8 années de travail très complexe, avec

des échanges âpres entre les différentes parties en

présence », explique Bernard Gioan, installateur

électricien, chef de file de la FFIE pour la

NF C 15-100 et membre de la commission de

normalisation Afnor U 15 « installations électriques

à basse tension ».

Des changements importants

dans la forme

La première évolution notable vient de l’architecture

de la norme. Dans la précédente

version de la norme de 2002, la NF C 15-100

était une norme unique. Dans la nouvelle version,

il s’agit d’une série de normes, avec chacune

sa référence. « Les différentes normes dédiées,

usuellement appelées "Parties 7" sont à lire

en conjonction avec la norme de base NF C 15-

100-1 », explique Angélique Branton. La

NF C 15-100-1 définit les exigences générales,

applicables à tous types d’installations

électriques, répertoriées dans les titres 1 à 6.

La série 7 (NF C 15-100-7-7xx) regroupe

17 normes applicatives, dédiées aux locaux ou

aux emplacements spéciaux. « Le fait d’avoir

séparé cette série de normes nous permet de réviser

les textes indépendamment », explique Bernard

Gioan. Le titre 8 (NF C 15-100-8-1) se focalise

sur la performance énergétique, avec un

ensemble de recommandations techniques.

Le titre 10 (NF C 15-100-10) concerne les

locaux d’habitation, pour lesquels les changements

sont très minimes. Enfin, le titre 11

(NF C 15-100-11) fixe les règles pour les

28 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


DOSSIER

© Afnor Éditions

Couverture du guide d’application de la norme

NF C 15-100 de l’Afnor.

réseaux de communication des bâtiments

d’habitation.

Un socle commun : NF C 15-100-1

La NF C 15-100-1 fixe les règles applicables

à tous types d’installations électriques. Globalement,

la nouvelle version de la NF C 15-100

adapte le niveau de sécurité requis aux nouvelles

exigences, ce qui constitue le scope principal

de la norme. Le premier sujet concerne la

sécurité du bâtiment, notamment avec l’introduction

des Euroclasses de câbles, pour renforcer

la protection contre la diffusion et la nocivité

des incendies. « Ce sujet a toujours existé,

mais a pris une grande importance ces dernières

années », ajoute Bernard Gioan. Pour les installateurs,

la tendance générale est de les protéger

au maximum pour limiter leur responsabilité

personnelle en cas de sinistre. D’ailleurs,

le législateur s’est emparé du sujet incendie,

puisqu’au 23 mai 2025, les câbles R2V(c2)

ont été remplacés par les câbles Cca-s2, d2,

a2 pour les établissements recevant du public

(ERP) toutes catégories et dans les immeubles

de grande hauteur (IGH).

D’autre part, plusieurs changements notables

sont à souligner. Le premier concerne les

DPDA (dispositifs de protection contre les

défauts d’arc), qui sont recommandés par la

norme, notamment pour la protection des

circuits « prises de courant » dans des lieux

critiques. Ils permettent de surveiller en

continu de nombreux paramètres électriques

du circuit qu’ils protègent. En présence d’arcs

électriques dangereux, les protecteurs d’arcs

mettent en sécurité la partie de l’installation

électrique concernée afin de réduire les risques

d’incendie. Les principaux défauts pouvant

générer des arcs dangereux restent les câbles

entaillés ou rongés et les prises électriques en

mauvais état. Il est également recommandé

d’installer un protecteur d’arc sur le circuit

de la VMC, cet équipement fonctionnant en

permanence.

Le deuxième changement notable concerne

les DDR (dispositifs différentiels résiduels)

de type F, qui complètent la gamme existante.

Ils garantissent un niveau de protection au

moins égal à celui de type A. Ils sont exigés

pour la protection des personnes en tête des

circuits alimentant des équipements avec variateur

de vitesse monophasé, que ce soit en

résidentiel, tertiaire ou industrie : pompes de

piscine, climatisation, pompe à chaleur…

Troisième modification importante, la protection

foudre. Pour le tertiaire et l’industrie,

l’ensemble de la méthodologie a été revue pour

se baser sur les évolutions méthodologiques

des normes européennes et internationales. Si

le bâtiment répond à l’un des 7 critères définis

dans la norme, l’installation d’un parafoudre

principal à l’origine de l’installation basse tension

et du réseau de communication est obligatoire

:

- conséquences sur la vie humaine (service de

sécurité, hôpitaux...) ;

- conséquences sur le service public ou le patrimoine

(services publics, centre de communication,

musées, monuments…) ;

- conséquences économiques sur l’activité

commerciale et industrielle (usines, hôtels,

banques, centres commerciaux, fermes...) ;

Bernard Gioan, installateur électricien,

chef de file de la FFIE pour la NF C

15-100 et membre de la commission de

normalisation Afnor U 15 « installations

électriques à basse tension ».

- conséquences sur la présence d’un nombre

important de personnes (ERP, bureaux, bâtiments

scolaires) ;

- conséquences sur la sûreté de fonctionnement

(contrôle d’accès, vidéosurveillance,

incendie) ;

- si un paratonnerre protège l’installation ;

- structures avec risque d’explosion (ICPE).

Si le bâtiment ne rentre pas dans les critères

définis par la norme, le gestionnaire doit soit

se soumettre à une analyse de risque simplifiée,

soit installer un parafoudre à l’entrée de

l’installation.

© DR

© Adobe Stock

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 29


DOSSIER

© PxHere

Angélique Branton, responsable Infrastructure

électrique - Évacuation et mise à l’abri des

personnes chez Ignes, membre de la commission de

normalisation Afnor U 15 « installations électriques

à basse tension » et de ses groupes de travail.

La NF C 15-100-1 introduit également la

notion de parafoudre supplémentaire, à installer

au plus près des équipements à protéger.

Il doit être installé si le parafoudre principal

a un niveau de protection trop élevé ou si le

bâtiment est soumis à des surtensions de manœuvre.

Si l’équipement à protéger est situé à

plus de 10 mètres du parafoudre principal, il

est recommandé d’installer un parafoudre supplémentaire.

Côté habitat, un seul changement notable est

à mentionner et concerne le positionnement

© DR

des parafoudres supplémentaires à installer au

plus près des équipements. La distance a été

raccourcie de 30 mètres à 10 mètres. Les circuits

de communication raccordés à un réseau

extérieur en cuivre doivent également être protégés,

à partir du moment où un parafoudre

est mis en œuvre sur l’installation électrique à

basse tension.

Pour les luminaires et installations d’éclairage,

regroupés dans l’article 559, la NF C 15-100-1

reprend un certain nombre de guides (UTE)

sur les luminaires et les installations d’éclairage

séparés de la norme jusqu’ici. « L’objectif

était de reclarifier les règles des différents guides,

notamment par la création d’un volume technique

autour du luminaire pour éviter la propagation

d’incendies, en rendant obligatoire l’ajout d’un

capot de protection entre le spot et l’isolant si le luminaire

n’est pas prévu pour être recouvert par de

l’isolant (§ 559.4) », explique Bernard Gioan.

Un volet apporte des indications supplémentaires,

notamment sur les règles de fixation des

luminaires au plafond, l’ajout obligatoire d’une

boîte d’encastrement en bout de ligne pour les

canalisations noyées ou encastrées et revoit les

règles particulières pour la très basse tension

de sécurité (TBTS), en définissant l’ampérage

par section.

IRVE : NF C 15 100-7-722

Cette norme remplace le guide pratique

UTE C15-722 qui datait de juillet 2012. Elle

définit les exigences pour le raccordement des

IRVE (infrastructures de recharge de véhicules

électriques), lorsqu’elles sont alimentées par un

bâtiment quel qu’il soit. « Cette nouvelle norme

est notamment l’occasion de reposer le vocabulaire

La NF C 15-100-1 a repris les exigences des groupes de normalisation européens et internationaux et

proscrit les générateurs raccordés via une prise de courant.

et de préciser les exigences en matière de raccordement

d’IRVE », précise Angélique Branton.

Au-delà de la sémantique, la NF C 15 100-

7-722 fixe un certain nombre d’obligations.

Premièrement, les IRVE doivent être raccordées

via un circuit spécialisé. Deuxièmement,

chaque point de recharge doit être protégé

individuellement avec un DDR (dispositif

différentiel résiduel) de 30 mA. Cela permet

d’éviter qu’un point de recharge dysfonctionnel

rende inutilisable l’ensemble des IRVE de

l’installation, dans une logique de continuité

de service. Ensuite, pour les bornes à courant

réglable – par l’installateur –, la norme définit

le dimensionnement des câbles et des protections.

Enfin, la norme maintient l’obligation

de présence d’obturateurs pour la recharge

normale et la recommande pour la recharge

rapide.

Côté câblage, le dimensionnement des câbles

a été revu, avec un nouveau tableau de câbles

(52.1A et 52.1B) reprenant les Euroclasses,

qui modifie les appellations des câbles et les

tableaux 52.3A et 52.3B précisant également

les normes et les conditions d’influence externes.

Les modes de pose ont été harmonisés

et ont été regroupés par méthode de référence.

Pour chaque méthode, les électriciens doivent

se référer à de nouveaux tableaux de courants

admissibles. Donc nouvelle numérotation

des modes de pose et nouvelles méthodes de

référence d’installations. Les hauteurs sur les

modes de pose évoluent sur les dispositifs de

constructions, mais aussi pour les installations

sur tablettes chemins de câbles. Les logiciels

de calculs devront donc être mis à jour.

Efficacité énergétique :

NF C 15 100-8-1

L’efficacité énergétique est une nouveauté importante

de la série NF C 15-100, mais reste

pour le moment au stade des recommandations.

« L’objectif est de poser les bases pour conjuguer

efficacité énergétique et sécurité, en conception

et en exploitation », explique Angélique Branton.

Cette norme est applicable à tous les types

de bâtiments, neufs et existants, et repose sur

le principe d’amélioration continue. La norme

fournit une échelle pour positionner son installation

en matière d’efficacité énergétique.

La norme s’articule autour de 3 principes généraux.

Le premier concerne la réduction des

pertes d’énergie dans l’installation électrique.

Dans cette optique, la norme propose notamment

la méthode du barycentre : les transformateurs

et les tableaux de distribution doivent

être positionnés au plus proche des fortes

charges.

Le deuxième principe vise à favoriser l’utilisation

de l’énergie au bon moment, selon les

besoins. Par exemple, pour les bâtiments ter-

30 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


DOSSIER

tiaires, elle recommande de créer plusieurs

circuits par espace, pour gérer et piloter les

usages. Elle intègre la notion de maille, autrement

dit des usages qui fonctionnent en même

temps à un instant T. « La répartition des circuits

ne suffit pas. Il faut un gestionnaire d’énergie

pour piloter l’utilisation de l’énergie en fonction

des sources disponibles, des charges à alimenter, des

besoins de l’utilisateur, des données d’environnement…

», poursuit Angélique Branton. Enfin,

le dernier volet concerne le maintien et l’amélioration

des performances de l’installation,

via la mesure des consommations d’énergie

aux échelles pertinentes. L’application de cette

norme contribue à répondre aux obligations

des décrets BACS et tertiaire.

Installations photovoltaïques :

NF C 15-100-1 et NF C 15-100-10

La norme apporte des évolutions mineures

sur les installations solaires, qui font partie

des prochains travaux de révision. La principale

modification concerne le raccordement

d’une nouvelle source d’électricité en amont du

tableau électrique. Le dimensionnement de ce

dernier tient désormais compte de la puissance

fournie par le réseau public de distribution et

par la production locale.

Enfin, pour les générateurs raccordés via une

prise de courant, la NF C 15-100-1 a repris

les exigences des groupes de normalisation

européens et internationaux, qui proscrivent

le branchement de ces générateurs sur un circuit

terminal par l’intermédiaire d’un socle de

prise de courant. Pour raccorder un générateur

en toute sécurité, il est important de suivre

les mesures figurant dans la NF C 15-100-1

ou les règles applicables aux installations

photovoltaïques (documents normatifs de la

série C 15-712). Des discussions normatives

se poursuivent concernant les modes de raccordement

des générateurs aux installations

électriques fixes.

Entrée en vigueur

Le normalisateur a prévu un délai de 1 an entre

la publication et l’application obligatoire fixée

à août 2025. Tous les projets dont les dépôts

de permis de construire ont été effectués avant

août 2025 peuvent se conformer à l’ancienne

norme. Pour ceux déposés après août 2025,

ils devront se conformer à la nouvelle norme.

L’ancienne norme fait également foi pour les

textes réglementaires qui citent la NF C 15-100

de 2002.

Consuel a communiqué sur les référentiels

qu’il prendra en compte pour les contrôles.

Les deux normes, la version de 2002 et la nouvelle

version de la NF C 15-100 vont coexister

pour le moment et s’appliqueront en fonction

de la date de dépôt de permis de construire ou

de début des travaux de rénovation.

La normalisation est un travail continu, car

les commissions poursuivent leurs missions

pour faire évoluer la norme en fonction des

nouveaux usages, des nouveaux risques... En

France, les évolutions sont réalisées progressivement,

pour laisser le temps aux installateurs

de digérer la norme. •

Alexandre Arène

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 31


INTERVIEW

Aurélien Hillairet-Falzon,

le nouveau visage du Collège

Intégrateurs KNX France

Élu représentant le 18 décembre 2025, ce Lyonnais expert en résidentiel et petit tertiaire

partage avec nous sa vision pour booster le KNX auprès des électriciens et installateurs pros.

© KNX France

Aurélien HILLAIRET-FALZON, représentant

du Collège Intégrateurs KNX France.

Électricien+ - Aurélien, pouvez-vous

vous présenter à nos lecteurs, ainsi

que votre société ?

Aurélien Hillairet-Falzon - Je suis donc

Aurélien Hillairet-Falzon, nouveau

représentant du Collège Intégrateurs

KNX France. J’ai une société d’intégration

domotique sur Lyon, Adel Smart Building

Solutions, qui entame sa 4 e année

d’activité. Cela fait une petite vingtaine

d’années que j’interviens dans l’intégration

KNX, principalement dans le résidentiel

et le petit tertiaire.

animant une communauté d’intégrateurs

engagés, et renforcer le dialogue avec

les constructeurs pour encourager

l’innovation.

Électricien+ - Pouvez-vous nous

présenter la nouvelle équipe dirigeante

du Collège ?

A. H.-F. - Avec moi, il y a Daniel Guillen,

vice-représentant, de la société IDtique

basée à Aix-en-Provence. Robert Van

Middelkoop, qui s’occupe de la partie

« événementiel et formation » – il la gérait

déjà, mais nous allons la renforcer avec des

initiatives concrètes comme une formation

annuelle sur le pilotage énergétique avec

visite de fabricants, une formation HVAC

alliant théorie et pratique, une journée

de rencontres dédiée aux intégrateurs

pour partager expériences et bonnes

pratiques, ainsi que des webinaires variés

sur des sujets techniques et d’actualité.

Fabrice Lucien, d’E.R.T., est responsable

« développement » et son objectif est

d’augmenter considérablement le nombre

de membres dès cette année 2026. Le

Collège compte actuellement 42 membres

Advanced, avec une bonne couverture

géographique sur un axe Nord-Sud-

Est : Paris Sud, Lyon, Rhône-Alpes en

général, et l’Est comme Strasbourg ou

Franche-Comté. L’Ouest, et notamment

la Bretagne, reste aujourd’hui une zone où

nous souhaitons renforcer notre présence.

L’idée centrale, c’est que les intégrateurs

adhèrent à notre charte qualité pour offrir

aux clients des installations vraiment

sereines et durables.

Électricien+ - Quelles sont vos priorités

pour ce mandat au Collège ?

A. H.-F. - Ma priorité consiste à renforcer

la dynamique du Collège en fédérant

davantage de membres. Plus notre réseau

s’élargit, plus notre capacité d’action et

notre visibilité progressent, au bénéfice de

l’écosystème KNX en France.

Le Collège reflète déjà une grande

diversité de projets et d’expertises, du

résidentiel au gros tertiaire, y compris

du yachting, avec des réalisations à forte

valeur ajoutée. L’enjeu aujourd’hui réside

dans une meilleure sensibilisation des

prescripteurs afin d’intégrer pleinement

les spécificités KNX dès la phase de

conception.

Notre objectif vise à promouvoir une

approche structurée de l’intégration,

reconnue comme un véritable lot

technique. KNX constitue une

Électricien+ - Comment avezvous

rejoint le Collège et été élu

représentant ?

A. H.-F. - J’ai été membre actif et

responsable communication du Collège

Intégrateurs KNX France avant d’être

élu représentant le 18 décembre dernier.

Ce qui m’anime, c’est la volonté de

renforcer l’image du KNX et de favoriser

son adoption en France. Concrètement,

je souhaite développer des actions

ciblées auprès des donneurs d’ordres et

des professionnels de terrain, valoriser

une approche KNX qualitative dès la

conception des projets, faire remonter

les problématiques du terrain tout en

Le Bureau du Collège Intégrateurs KNX France.

© KNX France

32 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


INTERVIEW

© KNX France

Visite du Collège Intégrateurs KNX France chez Theben.

Représenter

le Collège

Intégrateurs

KNX France,

c’est porter une

vision exigeante

et collective

du bâtiment

intelligent.

Aurélien HILLAIRET-FALZON,

représentant du Collège

Intégrateurs KNX France

infrastructure pérenne, capable de couvrir

l’essentiel des fonctions du bâtiment et

d’accompagner ses évolutions dans le

temps.

KNX est la colonne vertébrale du

bâtiment : un bus terrain bien installé

communique déjà 80 % des fonctions, et

absorbe ensuite CTA, clim ou supervision.

Il faut prouver que ce n’est pas plus cher à

long terme : les extensions sont plus aisées,

et nous avons 35 ans de maintenance

prouvée contre des solutions propriétaires

éphémères.

Il importe également de rappeler que la

performance d’une solution ne se mesure

pas uniquement à l’investissement initial,

mais à sa durabilité, sa maintenabilité et

sa capacité d’adaptation. KNX s’inscrit

pleinement dans cette logique de valeur à

long terme.

Électricien+ - Quelle est la valeur

ajoutée d’un intégrateur KNX

aujourd’hui ?

A. H.-F. - Aujourd’hui, ce qui fait la force

de KNX, c’est son ouverture qui procure

une grosse valeur ajoutée. Nous avons

plus de 500 marques compatibles derrière

nous, ce qui nous donne la possibilité

de trouver vraiment des solutions sur

mesure qui correspondent aux besoins des

clients, et pas seulement à ce qui facilite

l’installation pour l’installateur. La vraie

force du protocole KNX réside dans son

interopérabilité avec différents protocoles

et fabricants. Cela nous offre la possibilité

de proposer des solutions qui collent à

100 % aux attentes du client. Bien sûr,

il y a plein d’intégrateurs qui travaillent

sur d’autres protocoles et cela fonctionne

très bien, il n’y a pas de souci. Mais je

pense sincèrement qu’aujourd’hui, être

intégrateur KNX représente une vraie

force compétitive sur le marché.

Électricien+ - Pour un électricien

lecteur qui veut aller plus loin – gestion

énergétique, solaire, VE –, quel

parcours conseillez-vous au-delà de la

certification Partner/Advanced ?

A. H.-F. - Tout commence par une

formation solide, idéalement dispensée

dans un centre indépendant et multimarques,

afin de bénéficier d’une vision

large et de retours d’expérience terrain.

C’est aussi l’opportunité de découvrir

différentes approches et solutions, au-delà

d’un seul écosystème produit. Débutez

par des projets de taille raisonnable,

qu’il s’agisse de projets personnels ou de

l’aménagement de vos propres locaux

professionnels, afin de consolider vos bases

et gagner en assurance. La formation

initiale KNX Basic permet déjà de réaliser

des projets concrets bien structurés.

Ensuite, l’expérience terrain devient le

véritable accélérateur pour aborder, étape

par étape, des projets plus ambitieux

et complexes. Transformez vos devis

d’électricité traditionnelle en intégrant

du KNX d’office, en maîtrisant les coûts

pour ne pas exploser le budget : vous serez

un peu plus cher, mais vous apportez une

solution évolutive, et vous développez les

possibilités sur la question du client. La

communauté du Collège Intégrateurs

KNX France est essentielle : notre groupe

WhatsApp permet d’obtenir rapidement

des retours d’expérience concrets, des

réponses issues du terrain, venant

compléter efficacement l’accompagnement

proposé par les fabricants.

Il faut être certifié Advanced pour nous

rejoindre aujourd’hui, mais nous avons

un projet pour 2026-2027 qui ouvrirait

aux Partners. Enfin, l’expérience terrain

reste irremplaçable : elle permet d’analyser

les solutions complexes, de programmer

des systèmes avancés, de mixer des

protocoles, et de gérer les aléas chantier

comme un CVC qui change de marque

au dernier moment – là, vous improvisez

sereinement.

Électricien+ - Votre message final

aux électriciens et intégrateurs

qui nous lisent ?

A. H.-F. - Présentez toujours vos solutions de

manière claire et professionnelle, et soyez

irréprochables sur vos chantiers. Un projet

bien mené, c’est aussi un projet correctement

transmis : fournir les fichiers sources,

expliquer le fonctionnement et permettre

au client de devenir pleinement propriétaire

de son installation. Cette transparence évite

ensuite des reprises complexes, coûteuses

et décourageantes, que ce soit pour des

dépannages ou des extensions.

N’hésitez pas à travailler et à échanger

avec vos confrères électriciens, plombiers et

chauffagistes. Nous avons besoin les uns des

autres : beaucoup d’intégrateurs ne réalisent

pas eux-mêmes les tableaux électriques, et

les autres corps de métiers intègrent de plus

en plus de technologies sans toujours en

avoir conscience.

Proposez des solutions globales et

cohérentes, plutôt qu’une accumulation

d’applications indépendantes : une seule

expérience utilisateur pour l’éclairage, le

chauffage, l’audiovisuel ou les équipements

de confort comme une piscine ou un spa.

L’accompagnement est clé, tout comme

la pédagogie auprès des clients et des

partenaires.

Enfin, valorisez votre métier et parlez-en

autour de vous. Le Collège Intégrateurs

permet de fédérer les compétences, de

partager des retours d’expérience terrain et

de donner un véritable poids collectif à la

profession, dans un contexte où tous les lots

deviennent de plus en plus techniques et

interconnectés. •

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 33


LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF

S M A R T H O M E

LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF

SMARTHOME

Toute l’actualité de l’intégration domotique

et installation électrique dans l’habitat

résidentiel, collectif et le petit tertiaire

ÉVÈNEMENT

Rexel Expo : un carrefour

d’innovations pour installateurs

domotiques et électriciens

LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF

S M A R T H O M E

DOSSIER

DOSSIER

ÉVÈNEMENTS

Berlin : tendances

et nouveautés

IBS édition 2025 :

GTB et LoRaWAN en vedette

INTERVIEWS

David Le Souder,

Smart Green Execution

Ludovic Bécourt, B.E.G.

Jean-Marc Vogel, Ledvance

Nicolas Roy, Sylvania

Aurore Alric, Citel

Claire Blouin, Cogelec

Cyril Malinvaud,

Hager Group

Antonio Calvo, Airzone

Romaric Thevenet, Wago

Frédéric Bettega, Erard

Joël Chrisment, Agi-Robur

FORMATION

L’atelier des Chefs :

on a testé la formation

CAP Électricien

Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr

Une publication de 3e Médias

DOSSIERS

Éclairage intérieur connecté :

solutions de pilotage pour les

logements et le petit tertiaire

Réseaux mesh résidentiels :

simplifier l’installation et

la gestion du Wi-Fi

Stockage d’énergie pour le

résidentiel : les solutions pour

maximiser l’autonomie énergétique

Applis pour électricien :

l'essentiel pour smartphone

et tablette

INTERVIEWS

Charley Ruminy - La Domotique & Moi

Germain Martinez - Digital Electric

Paul Calinescu - ABB

Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr

Une publication de 3e Médias

ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 100 - OCTOBRE 2025

ÉVÈNEMENTS

Retour sur le CES 2026 :

la maison autonome se construit

dès aujourd’hui

ISE 2026 : un salon qui parle

de plus en plus aux électriciens

Milwaukee à Rome : puissance,

numérique et solutions métier

pour les électriciens

DOSSIERS

Matter en habitat et petit

tertiaire : quelle place pour les

pros entre KNX, Thread et le

nouveau standard universel ?

NF C 15-100 : une mise à jour

pour répondre aux nouveaux

usages électriques

ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 101 - DÉCEMBRE 2025

INTERVIEWS

Aurélien Hillairet-Falzon -

Collège Intégrateurs KNX

France

Erwan Emery - WAGO

Dominik Naumann - Wiha

Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr

ÉCLAIRAGE

Gestion de l’éclairage intérieur

connecté : solutions de pilotage

pour les logements et petit tertiaire

Éclairage connecté dans un logement, gestion d’ambiance dans un commerce, pilotage automatique

dans un petit bureau : les usages se multiplient et les attentes des clients aussi.

Entre ampoules connectées, appareillage mural, bus Dali ou KNX et box domotiques, le choix peut vite

tourner au casse-tête. Le point sur les solutions disponibles.

L’

éclairage est souvent le premier Les fabricants ont suivi le mouvement, parfois

contact du client avec le bâtiment. même en l’accélérant. Gammes grand public

C’est ce qu’il touche en entrant, ce d’ampoules connectées, appareillage mural

qu’il voit en ouvrant la porte, ce qui va donner

le ton dans un salon, une salle d’attente ou un circuit classique en circuit connecté, bus

radio ou IP, micromodules pour transformer

un bureau. Quand la lumière est bien pensée, Dali ou KNX pour le tertiaire, box domotiques,

superviseurs et plateformes cloud :

l’espace paraît plus agréable, plus fonctionnel,

plus moderne. Quand elle est mal gérée, on l’offre explose. Résultat, le client final arrive

se retrouve avec des pièces trop sombres, trop souvent avec des idées (et des applications)

éblouissantes, ou des luminaires qui restent déjà en tête, pas toujours cohérentes entre elles.

allumés pour rien.

Pour l’installateur, le défi est clair. Il ne suffit

plus d’installer des points lumineux et des

Avec la généralisation des leds, des capteurs et

des réseaux sans fil, le pilotage de l’éclairage a interrupteurs. Il faut être capable de proposer

complètement changé de visage. On ne parle une architecture de pilotage, de choisir des

plus seulement d’allumer ou d’éteindre, mais protocoles, de combiner des produits grand

de scènes, de température de couleur, de détection

de présence, de variation en fonction de restant lisible et

public et des gammes professionnelles, tout en

la lumière du jour, de programmation horaire. maintenable

Dans un même bâtiment, un simple couloir dans le temps.

peut être géré par un détecteur autonome, alors C’est aussi une

qu’une salle de réunion bénéficie d’un scénario vraie opportunité

de mon-

complet, et qu’une vitrine joue sur le rendu des

couleurs pour mettre les produits en valeur. ter en valeur :

Pour l’installateur, le défi est

clair. Il ne suffit plus d’installer

des points lumineux et des

interrupteurs. Il faut être capable

de proposer une architecture

de pilotage, de choisir des

protocoles, de combiner des

produits grand public et des

gammes professionnelles, tout

en restant lisible et maintenable

dans le temps.

concevoir une solution d’éclairage connecté

cohérente, c’est vendre du confort, des économies

d’énergie et une image moderne du bâtiment,

bien au-delà du simple devis luminaires.

Pourquoi connecter l’éclairage

des logements et du petit tertiaire

Un logement moderne ou un petit local tertiaire

ne se contente plus d’un simple interrupteur

près de la porte. Les attentes ont

changé. Les occupants veulent du confort,

une ambiance lumineuse adaptée à chaque

moment, tout en gardant la main sur la facture

d’électricité. De l’autre côté, les propriétaires et

gestionnaires cherchent des solutions durables,

faciles à maintenir, qui ajoutent de la valeur au

bâtiment.

L’éclairage pèse

encore une

part notable

de la consommation

électrique,

surtout

Philips Hue est une référence depuis de nombreuses années dans le

domaine de l’éclairage connecté grand public.

© Signify

© Legrand

La gamme Céliane With Netatmo permet de

rendre un éclairage connecté tout en conservant

l’esthétique des célèbres interrupteurs Céliane.

dans le petit tertiaire où les luminaires restent

souvent allumés plus longtemps que nécessaire.

Dès qu’on ajoute détection de présence,

variation, gestion horaire ou mesure de luminosité,

les économies deviennent très visibles,

sans sacrifier le confort.

Pour l’installateur, l’éclairage connecté est un

terrain idéal pour proposer plus qu’un simple

remplacement de luminaire. C’est l’occasion de

vendre un projet global : ambiances, scénarios,

économies d’énergie, sécurité, image moderne

du lieu. Les clients n’attendent pas forcément

une solution ultra technique, mais une installation

fiable, simple à utiliser, qui ne deviendra

pas obsolète au bout de deux ans. C’est précisément

là que le professionnel fait la différence :

choisir les bons produits, organiser l’architecture,

anticiper maintenance et évolutions.

Entre ampoules connectées grand public et bus

d’éclairage pro, le marché peut sembler confus.

Un même chantier peut mélanger des spots

led dimmables, des bandeaux décoratifs, des

appliques connectées, des variateurs radio, des

détecteurs de présence et une box domotique.

Panorama des architectures

de pilotage

Le premier niveau reste le pilotage local simple.

Interrupteurs, boutons-poussoirs, variateurs

muraux, détecteurs autonomes : tout cela continue

de très bien fonctionner et ne disparaît pas

avec le connecté. Un détecteur de présence avec

cellule de luminosité dans un couloir de bureaux,

par exemple, reste une solution rentable

et robuste, même sans réseau radio ou box.

© Nodon

Le micromodule Nodon s’installe derrière un interrupteur classique pour connecter n’importe quel éclairage.

Viennent ensuite les luminaires ou sources Autre approche : les actionneurs déportés.

directement connectés. On remplace la lampe Les micromodules, variateurs ou contacteurs

par une version connectée, ou on pose un se placent derrière l’interrupteur, dans une

plafonnier pilotable. Chaque point lumineux boîte de dérivation ou au tableau électrique.

devient adressable, sans modifier le câblage. Le circuit reste classique, mais chaque groupe

C’est la logique des ampoules type Philips Hue, d’éclairage est piloté par un module relié à

Ikea Tradfri, Lidl Home ou Nanoleaf, qui sont un réseau radio ou bus. Des marques comme

des produits grand public par excellence, mais Legrand with Netatmo, Schneider Electric

aussi des panneaux led et plafonniers connectés Wiser, Yokis, Nodon ou Delta Dore proposent

proposés par de plus en plus de fabricants. ce type de solution.

Enfin, le niveau supérieur consiste à centraliser

le pilotage via une passerelle ou une box

domotique. Les points lumineux sont commandés

par différents modules ou luminaires

connectés, mais l’ensemble est orchestré par un

cœur de système : box domotique résidentielle,

superviseur tertiaire, contrôleur KNX ou Dali.

C’est ce qui permet de créer des scénarios globaux,

des tableaux de bord, des historiques et

une maintenance à distance.

Protocoles et écosystèmes :

du grand public au professionnel

Les solutions grand public reposent souvent sur

le Wi-Fi ou le Zigbee. Les lampes connectées

type Philips Hue ou Ikea Tradfri utilisent une

passerelle Zigbee vers le réseau IP. D’autres

produits, notamment d’entrée de gamme, se

connectent directement en Wi-Fi à la box

internet et sont pilotés via le cloud. On trouve

aussi des solutions en Bluetooth mesh, très intéressantes

pour de petites surfaces, grâce à un

maillage simple entre luminaires et commandes.

Aqara fait cohabiter de nombreux protocoles Les gammes d’appareillages connectés

professionnels, tels que KNX, Dali, BACnet, etc. comme Legrand with Netatmo, Schneider

© Cédric Locqueneux

Une publication de 3e Médias

12 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 101 - DÉCEMBRE 2025 SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 101 - DÉCEMBRE 2025 - 13

ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026

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dédiée au résidentiel et petit tertiaire.


3 QUESTIONS À

Borne WAGO 221 Green Range :

la connexion durable

Et si un produit aussi courant qu’une borne de raccordement devenait un levier concret de

transition environnementale sur les chantiers ? Avec la gamme 221 Green Range, WAGO

revisite sa célèbre série à leviers en intégrant des plastiques recyclés et bio-circulaires, tout

en conservant strictement les mêmes performances électriques. Erwan Emery, responsable

distribution chez WAGO, nous en dit un peu plus à son sujet.

© Wago

© Wago

Face aux exigences croissantes en matière

de performance, de sécurité et désormais

de responsabilité environnementale, les

industriels du matériel électrique doivent

repenser leurs standards sans jamais

compromettre la fiabilité. Avec la gamme

221 Green Range, WAGO décline l’une

de ses bornes les plus emblématiques

dans une version intégrant des plastiques

recyclés et bio-circulaires, tout en

conservant les caractéristiques techniques

qui ont fait le succès de la série 221.

Déclinée en versions 4 mm², 6 mm²,

Inline et désormais en 10 pôles, cette

gamme vise clairement les professionnels

du résidentiel, du collectif et du

petit tertiaire. Nous avons souhaité

comprendre la démarche, les enjeux et les

bénéfices concrets pour les installateurs.

Chaque extension adresse un besoin terrain bien réel : plus de modularité, plus de puissance admissible,

et des solutions toujours plus adaptées aux configurations d’installations modernes.

avec la Green Range concernent

uniquement les matières premières, pas

la conception de la borne : l’architecture,

le design interne, les composants

conducteurs et les paramètres de

fabrication restent strictement inchangés.

La nouveauté réside dans l’utilisation

de polymères bio-circulaires et issus de

filières de recyclage : leur part est attribuée

selon des règles d’allocation certifiées

(Mass balance) : jusqu’à 77 % de matériaux

recyclés pour le boîtier, et environ 26 à

27 % pour les leviers, selon les versions.

Le certificat ISCC PLUS garantit la

traçabilité de l’ensemble de la chaîne

d’approvisionnement*.

Cet exercice est particulièrement

exigeant : dans le domaine du matériel

électrique, tous les plastiques – recyclés

ou non – doivent satisfaire les mêmes

critères d’isolement, de tenue dans le

temps et de résistance mécanique fixés

par la norme EN 60998.

C’est précisément ce respect strict des

normes qui garantit que les performances

restent 100 % identiques à la série 221

classique. Les spécifications ne changent

pas :

• 450 V,

• 32 A en 4 mm²,

• 41 A en 6 mm²,

• température d’utilisation jusqu’à 85 °C,

• les mêmes certifications et les mêmes

tests qualité.

Au final, seule l’origine des matériaux

évolue ; les performances, elles, sont

absolument inchangées.

Électricien+ - La série 221 est devenue

une référence sur les chantiers. Avec

la Green Range, vous introduisez des

matériaux recyclés et bio-circulaires.

Concrètement, qu’est-ce qui change

dans la conception de la borne, et

comment garantissez-vous des

performances strictement identiques

à la version classique ?

Erwan Emery - Les évolutions apportées

La version 10 pôles répond à une forte demande

des installateurs.

© Wago

Électricien+ - La gamme couvre

désormais le 4 mm², le 6 mm², l’Inline

et la nouvelle version 10 pôles. Pour

quels types d’applications terrain cette

extension est-elle particulièrement

stratégique, notamment en résidentiel

collectif et petit tertiaire ?

E. E. - L’extension de gamme apporte des

réponses très attendues sur le terrain, en

particulier dans le résidentiel collectif

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 35


3 QUESTIONS À

© Wago

Seule l’origine des matériaux évolue ; les performances, elles, sont absolument inchangées.

et le petit tertiaire où la densité des

installations et la diversité des besoins

exigent flexibilité et compacité.

La version 10 pôles répond à une forte

demande des installateurs : elle est idéale

pour regrouper les liaisons équipotentielles

(vert/jaune) dans les boîtes ou dans les

GTL, d’autant plus avec son support rail

DIN. Elle s’impose également comme

une solution simple et compacte pour la

distribution de polarités dans les tableaux

de contrôle/commande, offrant une

alternative pratique aux blocs de jonction.

La version Inline a surpris par

son potentiel : bien qu’il s’agisse

fonctionnellement d’une 2 pôles

existante, son format « en ligne » ouvre

de nouvelles possibilités d’intégration,

notamment lorsque l’organisation des

câbles dans les enveloppes impose un

routage axial ou plus linéaire. C’est

typiquement le genre de détail qui

change la vie sur chantier.

La gamme en 6 mm² est tout aussi

stratégique. Elle permet le raccordement

de circuits fortement chargés tels que la

plaque de cuisson en résidentiel, mais

aussi des équipements plus exigeants

comme certaines pompes à chaleur.

Dans le petit tertiaire, certaines lignes

dépassent les 40 A, par exemple dans

les hôpitaux ou bâtiments techniques :

pouvoir connecter du 6 mm² avec la

même simplicité que le reste de la

gamme est un atout décisif pour les

installateurs.

Au final, chaque extension adresse

un besoin terrain bien réel : plus de

modularité, plus de puissance admissible,

et des solutions toujours plus adaptées

aux configurations d’installations

modernes.

Électricien+ - Les installateurs sont de

plus en plus sollicités sur les critères

RSE et l’empreinte carbone des

chantiers. Pensez-vous que ce type

de produit puisse devenir un argument

différenciant dans les appels d’offres

ou les démarches environnementales

des maîtres d’ouvrage ?

E. E. - Aujourd’hui, ce n’est plus un

simple argument commercial : c’est

devenu une obligation économique.

Dans de nombreux appels d’offres

publics, la dimension environnementale

est désormais déterminante, et une

candidature peut être écartée si la

réponse RSE n’est pas jugée suffisante.

Sur certaines consultations, le volet

environnemental peut représenter jusqu’à

20 % de la note globale, ce qui change

profondément la manière dont les

installateurs préparent leurs dossiers.

À l’échelle d’un chantier, une

borne Green WAGO peut sembler

anecdotique, mais ce serait mal

comprendre les enjeux opérationnels

actuels : les installateurs doivent justifier

chaque choix, du plus petit composant au

matériel le plus visible. Tout est scruté,

tout compte dans le bilan carbone global,

et la cohérence de l’ensemble devient un

critère d’évaluation.

Est‐ce différenciant ? Oui et non.

Oui, parce que tous les fabricants ne

s’aventurent pas encore dans les principes

de l’économie circulaire. Mais non, car

cette situation est transitoire : très vite, ce

type de solution deviendra un pré‐requis,

et l’ensemble du marché devra s’aligner.

C’est une excellente évolution pour la

filière.

Pour les artisans, l’enjeu est tout

aussi important. Ils veulent eux aussi

contribuer à la réduction de l’usage

des ressources fossiles et répondre aux

attentes croissantes des clients finaux.

Le fait que WAGO propose la version

Green au même prix que la version

classique lève définitivement les freins à

l’adoption : il n’y a plus aucune barrière

économique ou technique pour s’engager

dans une démarche plus responsable.

L’arrivée imminente des fiches PEP

liées à ces connecteurs apporte enfin une

preuve technique supplémentaire : en

quantifiant les impacts sur l’ensemble du

cycle de vie, elles offrent aux installateurs

un argument solide, transparent et

directement mobilisable dans les appels

d’offres. •

* La certification selon le schéma ISCC PLUS garantit

la traçabilité des flux de matières certifiées ainsi que

le respect des critères de durabilité tout au long de la

chaîne d’approvisionnement.

La borne Inline ouvre de nouvelles possibilités

d’intégration lorsque l’organisation des câbles dans

les enveloppes impose un routage axial ou plus

linéaire.

© Wago

36 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 37


CE SONT EUX QUI EN PARLENT LE MIEUX

WIHA SPARKIFY :

quand le test électrique entre

dans l’ère du cloud et de l’IA

Avec ses nouveaux testeurs connectés et la plateforme Sparkify,

Wiha ne se contente plus de mesurer : la marque transforme la

gestion complète des contrôles électriques. NFC, reconnaissance

d’images et cloud redessinent le quotidien des électriciens. Une

évolution qui pourrait bien faire basculer le métier dans une nouvelle

dimension numérique. Dominik Naumann, de l’équipe innovation

Wiha, nous en dit plus à ce sujet.

Longtemps, les appareils de mesure ont été

perçus comme de simples outils techniques,

centrés sur la précision des relevés.

Wiha propose aujourd’hui une approche

radicalement différente. En associant des

testeurs optimisés à une plateforme cloud

multi-constructeurs, connectée via NFC

et enrichie par l’intelligence artificielle,

la marque allemande entend simplifier

la documentation, fiabiliser la traçabilité

et réduire drastiquement le temps

administratif sur chantier. Au-delà d’un

nouveau produit, c’est une nouvelle logique

de travail qui s’installe, où la donnée

devient un véritable levier de performance

pour les entreprises d’électricité.

Électricien+ - Wiha annonce une innovation

majeure avec ses nouveaux testeurs

connectés. En quoi cette solution marquet-elle

une rupture par rapport aux testeurs

d’installations électriques traditionnels ?

Dominik Naumann - Les appareils de test

traditionnels fonctionnent le plus souvent

avec une mémoire interne et un transfert

manuel des données via Bluetooth ou PC.

Notre solution connectée permet de gagner

du temps et de simplifier nettement les

processus.

La documentation des contrôles s’effectue

directement via une plateforme multiconstructeurs

sous forme d’application.

Les données de mesure et les

informations relatives aux équipements

sont enregistrées automatiquement par

NFC, photo et intelligence artificielle.

Les données sont stockées de manière

centralisée dans le cloud et peuvent être

exportées au format PDF.

Les électriciens peuvent ainsi réduire

jusqu’à 50 % le temps consacré à

la documentation des contrôles

d’équipements. Cela est rendu possible

grâce à la reconnaissance d’images, aux

données préremplies et à la transmission

NFC. L’attribution manuelle des résultats de

mesure aux équipements contrôlés ou aux

points de mesure de l’installation électrique

n’est plus nécessaire.

Le recours à du matériel supplémentaire

comme des tablettes, ordinateurs portables,

imprimantes ou scanners est également

réduit, car de nombreuses fonctions sont

désormais assurées par le smartphone.

Les responsables en bénéficient aussi : la

charge liée à l’archivage et à la gestion des

rapports de contrôle diminue.

La documentation est ainsi externalisée

de l’appareil lui-même. La mémoire

interne, les programmes et les interfaces

de transmission filaire ne sont plus

nécessaires. Les appareils restent ainsi

clairs, simples et centrés sur leur fonction

de mesure.

L’interaction entre la plateforme et un

matériel optimisé permet de réduire les

sources d’erreur, de simplifier l’organisation

des projets et de faciliter la collaboration

grâce au partage des données en temps

réel via le cloud.

Électricien+ - La connexion NFC entre les

testeurs et l’application mobile est un

point fort de votre solution. Concrètement,

comment cela simplifie-t-il le quotidien d’un

électricien sur chantier ?

D. N. - La connexion NFC entre les appareils

de test Wiha et l’application Sparkify

facilite considérablement le travail sur

le chantier. Les données mesurées sont

transmises directement de l’appareil de

test au smartphone aussi simplement et

rapidement que lors d’un paiement sans

contact.

Les saisies manuelles ne sont plus

nécessaires, ce qui réduit les sources

d’erreur. L’appairage via Bluetooth n’est

également plus requis.

Les formulaires papier et les notes

manuscrites sont remplacés par des

rapports de contrôle numériques. Ceux-ci

comprennent les valeurs de mesure,

des photos et d’autres informations,

et peuvent être créés directement sur

site. Les rapports peuvent ensuite être

transmis au format PDF ou via un lien. Un

QR code permet d’accéder à nouveau à la

documentation à tout moment.

La saisie des données reste possible même

sans connexion Internet. L’application

enregistre les informations localement

sur le smartphone et les synchronise

automatiquement dès qu’une connexion est

rétablie.

La solution garantit une traçabilité fiable

et conforme aux normes, notamment

dans le cadre des contrôles Consuel

ou des opérations de maintenance. La

transmission NFC inclut également des

informations telles que l’horodatage, la date

d’étalonnage, le numéro de série et le type

d’appareil. L’origine des données peut ainsi

être clairement retracée.

Électricien+ - Vous évoquez la

reconnaissance automatique des appareils

via photo et analyse IA. Comment

fonctionne cette technologie et quel

est son niveau de fiabilité aujourd’hui ?

D. N. - La reconnaissance d’images

s’appuie sur le serveur d’intelligence

artificielle français « Mistral ». L’équipement

photographié est comparé à des images

de produits disponibles en ligne. Le type

d’appareil et le fabricant peuvent ainsi être

identifiés et enregistrés dans l’application.

La qualité de la reconnaissance dépend de

plusieurs facteurs : la qualité de l’image,

le contraste et la lisibilité de la plaque

signalétique. L’IA assiste l’électricien

lors de la création d’un équipement à

contrôler et pour le renseignement des

données techniques. Dans certains cas,

quelques informations doivent encore être

complétées ou vérifiées.

La reconnaissance permet également

de réduire les erreurs d’attribution des

équipements contrôlés. L’analyse repose

toujours sur l’image capturée. Celle-ci

38 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


CE SONT EUX QUI EN PARLENT LE MIEUX

© Wiha

est enregistrée avec le code-barres et les

données techniques, puis intégrée à la

documentation.

Lors d’un contrôle périodique, l’équipement

peut être rappelé directement via le codebarres.

Les données n’ont pas besoin d’être

saisies à nouveau. Les valeurs de mesure

peuvent ainsi être comparées sur la durée

et l’évolution de l’état de l’équipement peut

être suivie.

Électricien+ - La gestion numérique des

rapports et des données est un enjeu fort

dans le résidentiel comme dans le petit

tertiaire. Votre solution s’intègre-t-elle

dans les flux existants (export PDF, cloud,

ERP, logiciel de devis, archivage sécurisé) ?

D. N. - Sparkify est conçue comme une

plateforme. L’objectif n’est pas seulement

de numériser des tâches isolées, mais

de rendre les données exploitables entre

différents systèmes.

Un exemple est la collaboration

avec l’application Easy Pro d’ABB

ou un logiciel allemand de schéma

électrique (stromlaufplan.de). Dans ces

environnements, des données sont déjà

générées dès la phase de planification,

notamment pour la construction de

tableaux électriques. Elles peuvent

être reprises directement dans la

documentation. Les transferts manuels

deviennent inutiles et les risques d’erreur

sont réduits.

À l’issue d’un projet, une documentation

complète peut être générée au format PDF.

Celle-ci peut être signée numériquement

directement sur site.

La plateforme est conçue pour évoluer.

À long terme, des interfaces ouvertes

permettront d’y connecter d’autres

systèmes, par exemple des données

d’ordres de travail ou des modèles de

documentation issus de systèmes ERP.

L’approche plateforme constitue ainsi une

alternative assumée aux solutions isolées

et non interconnectées.

Électricien+ - Pensez-vous que ce type

d’outil va redéfinir la manière dont

les entreprises d’électricité gèrent la

conformité et la maintenance dans les

prochaines années ?

D. N. - Dans le quotidien des électriciens,

une grande quantité de documentation est

produite. Parallèlement, les assureurs et

les exploitants imposent des exigences de

plus en plus élevées en matière de preuves

et de contrôles.

Lorsque l’application Sparkify est utilisée

de manière systématique, les données de

mesure ne servent plus uniquement de

documentation. Elles peuvent également

être exploitées pour analyser l’évolution

de l’état des installations et des

équipements. Les changements peuvent

ainsi être identifiés et évalués sur de

longues périodes.

Les clients disposent ainsi d’un moyen

fiable pour prouver dans la durée le

bon état de leurs installations et, si

nécessaire, de prendre des mesures à un

stade précoce.

Tous les documents sont stockés dans

le cloud et peuvent être restaurés à

tout moment. Cela est particulièrement

important lors de changements de

personnel au sein de l’entreprise

d’électricité ou, du point de vue du client,

en cas de changement d’entreprise,

d’insolvabilité ou de changement

d’exploitant, car les informations sont

sinon souvent perdues et doivent être

reconstituées.

Sparkify offre aux électriciens un

outil pratique et orienté processus.

L’accent se déplace de la documentation

complexe vers le travail artisanal luimême,

tandis que les données restent

disponibles sur le long terme.

Jusqu’à présent, les appareils de mesure

étaient principalement considérés

comme de simples instruments de

mesure. Avec Sparkify, ils deviennent

partie intégrante d’un système de

documentation continu.•

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 39


FOCUS

OUTILLAGE

Milwaukee à Rome : puissance,

numérique et solutions métier

pour les électriciens

À Rome, Milwaukee n’a pas simplement dévoilé une série de nouveautés. La marque a exposé

une vision structurée du chantier professionnel, où performance, traçabilité et sécurité forment

un ensemble cohérent. Batteries Forge plus puissantes et plus rapides à charger, outils

électroportatifs repensés pour réduire bruit et vibrations, accessoires co-développés selon la

logique « Perfect Match », intégration massive de One-Key et élargissement des gammes EPI :

tout converge vers une productivité accrue et une meilleure maîtrise des interventions.

Comme chaque année, Milwaukee Tool

a réuni ses partenaires européens pour

dévoiler sa vision et ses nouveautés,

cette fois à Rome. Le décor était spectaculaire

(show à l’américaine), mais le message, lui, était

très concret. Milwaukee accélère sur trois axes :

domination du sans-fil, intégration numérique

poussée et élargissement massif des solutions

métier, des machines aux EPI en passant par

le rangement.

La marque ne parle plus seulement d’outillage.

Elle parle d’écosystèmes complets capables de

transformer la productivité, la traçabilité et la

sécurité sur les chantiers.

UNE CROISSANCE PORTÉE

PAR LE SANS-FIL ET

L’INVESTISSEMENT MASSIF

Les chiffres annoncés donnent le ton : plus de

500 nouvelles solutions présentées, des investissements

continus en R&D et une expansion

constante des plateformes M12, M18 et

MX Fuel. En Europe, la progression est spectaculaire

sur la dernière décennie, avec une

progression à deux chiffres chaque année, et

une multiplication des parts de marché dans

de nombreux segments professionnels.

Le fil rouge reste le sans-fil. L’introduction

du lithium en 2005 a marqué une rupture. Le

RedLithium a ensuite apporté un contrôle

électronique cellule par cellule, optimisant la

charge et la longévité. Les cellules 21700 High

Output ont permis d’alimenter des machines

énergivores comme les scies à onglet ou les

meuleuses lourdes sans perte de performance.

Rien ne semble arrêter la progression de Milwaukee.

Magnétiques, sécurisés pour les camions, sur USB,

allume-cigare… il existe des chargeurs pour tous les

besoins.

© Cédric Locqueneux

Forge : une nouvelle architecture

batterie

La batterie Forge représente une étape

supplémentaire. L’architecture interne a

été repensée pour fluidifier la circulation

de l’énergie. L’objectif est double : délivrer

davantage de puissance instantanée et accepter

des charges beaucoup plus rapides.

Pour un électricien qui alterne perforateur,

visseuse à choc et coupe-tube sur une même

journée, cela signifie moins de temps mort et

une puissance stable jusqu’à la dernière barre

d’autonomie. Sur les plateformes les plus sollicitées,

la différence se ressent immédiatement

en usage continu.

Les solutions de charge ont évolué en parallèle.

Chargeurs USB-C bidirectionnels capables

d’alimenter ordinateur et téléphone,

superchargeurs double baie refroidis activement,

stations d’énergie MX Fuel type Roll-

On 6 kWh remplaçant avantageusement un

groupe électrogène sur des chantiers urbains

sensibles au bruit… Milwaukee structure son

offre autour de la mobilité énergétique et de

la réduction des contraintes logistiques.

One-Key : le chantier devient traçable

Nous l’avions déjà vu dans le numéro 98 de

SmartHome Électricien+ : Milwaukee One-Key

n’est plus un simple module de localisation. La

plateforme s’impose aujourd’hui comme un

véritable outil de gestion de parc et de reporting.

Lors des démonstrations, une électrosoudeuse

MX Fuel enregistrait chaque opération avec

point GPS, durée de soudure et paramètres

thermiques. Les données étaient exportables

sous forme de rapport à transmettre au donneur

d’ordre. Même logique sur les sertisseuses

M12 et M18, capables d’enregistrer les

cycles et d’indiquer visuellement la validation

correcte d’un sertissage.

Pour les électriciens intervenant en collectif

ou en tertiaire, la documentation devient

© Cédric Locqueneux

40 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


FOCUS

Livré avec têtes interchangeables codées couleur

et butée réglable, il assure un dénudage

reproductible et sécurisé.

Milwaukee annonce un gain de vitesse multiplié

par quatre par rapport aux solutions

manuelles. Sur des opérations répétitives en

industrie ou en réseaux, l’économie de temps

cumulée devient significative.

© Cédric Locqueneux

Des embouts adaptés sont tout aussi importants qu’une bonne visseuse.

une exigence contractuelle. Pouvoir prouver

la conformité d’une intervention sécurise

l’entreprise et renforce la crédibilité face aux

maîtres d’ouvrage.

Perfect Match : machines et

accessoires conçus ensemble

La doctrine « Perfect Match » présentée

durant l’événement repose sur un principe

simple : machine et accessoire doivent être

développés conjointement pour supporter les

contraintes réelles d’utilisation.

Les visseuses à choc M18 Fuel atteignent aujourd’hui

226 Nm et près de 3 900 tours par

minute. Les anciennes générations d’embouts

n’étaient plus adaptées à ces niveaux de couple

et de fréquence d’impact, et pouvaient se déformer,

voire casser.

La gamme Shockwave Gen4 introduit une

découpe laser des têtes pour une meilleure

tenue dans la vis et une nouvelle gestion des

zones d’absorption d’impact. Cinquante-neuf

configurations de Shock Zone différentes ont

été développées selon la longueur et le type

d’embout. Les tests internes annoncent une

durabilité pouvant tripler par rapport à la

génération précédente.

Pour un électricien, cela signifie moins de

casse d’embouts en pleine installation de

chemins de câbles ou de rails, et une transmission

de couple plus efficace dans les vis

autoforeuses.

© Cédric Locqueneux © Cédric Locqueneux

Puissance et autonomie dans un format compact

et silencieux.

LES NOUVEAUTÉS CLÉS

POUR LES ÉLECTRICIENS

M18 FIDRQ-502X : performance

et confort acoustique

La nouvelle visseuse à choc hydraulique M18

FIDRQ, évolution de la technologie Surge, vise

clairement le confort d’utilisation. Milwaukee annonce

jusqu’à 50 % de bruit en moins et trois fois

moins de vibrations. La vitesse en charge progresse

également par rapport à la génération précédente.

Sur des interventions en logement occupé, en

établissement recevant du public ou en maintenance

tertiaire, la réduction des nuisances

sonores devient un avantage opérationnel.

Moins de fatigue pour l’utilisateur, moins de

perturbation pour l’environnement.

M18 FCST : le dénudage

passe à l’électrique

Le dénudeur de câbles M18 FCST illustre

la volonté d’électrifier des tâches répétitives.

Lors de la démonstration, la vitesse de dénudage

d’un câble 50 mm² était impressionnant.

Milwaukee Packout : organisation

modulaire renforcée

Le célèbre système Packout s’enrichit avec le

nouveau Packout Rolling Drawer à tiroirs,

permettant d’accéder aux outils sans démonter

l’ensemble de la colonne. La marque

propose également une caisse électricien

62 pièces pré-configurée et un sac à dos dédié.

La logique modulaire de ce système de rangement

simplifie l’organisation du matériel et

réduit les pertes de temps sur chantier, atelier,

ou même utilitaire. Pour un installateur transportant

petits outils, accessoires de connexion

et appareils de mesure, cette cohérence d’ensemble

apporte une vraie fluidité.

Sécurité : le Bolt 200 en tête

du classement

Le casque Bolt 200 avec insert Impact Armor

arrive en tête d’un classement indépendant

mené par Virginia Tech. L’insert en matériau

développé à l’origine pour des applications

aérospatiales améliore l’absorption des chocs.

La gamme intègre également des solutions

rafraîchissantes activables à l’eau et une offre

complète de lunettes au design plus affirmé.

Les vestes chauffantes M12 évoluent vers une

technologie à nanotubes de carbone offrant

une montée en température plus rapide et une

surface de chauffe élargie. •

L’avis d’ SMARTHOME

La conférence de Rome n’a pas

seulement présenté des nouveautés

produits. Elle a mis en avant une

vision structurée du chantier de

demain. Batteries haute performance,

recharge rapide, traçabilité numérique,

accessoires co-développés, rangement

modulaire et EPI intégrés dans une

logique système.

Pour les professionnels, cette

cohérence globale répond à des enjeux

très concrets : manque de main-d’œuvre

qualifiée, exigences documentaires

croissantes, pression sur les délais et

besoin de confort d’utilisation.

Milwaukee confirme sa volonté de

ne plus être uniquement un fabricant

d’outillage, mais un partenaire global

de productivité et de sécurité sur les

chantiers professionnels.

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 41


NOUVEAUTÉS PRODUITS

OMRON ELECTRONIC

Nouveau relais G9EK-1-EX : 250 A à 500 VDC

au format compact et conçu sans gaz

Omron Electronic Components Europe élargit sa série G9EK

à bornes à vis avec le G9EK-1-EX DC, un relais de puissance

normalement ouvert capable de commuter 250 A sous 500 VDC pour

l’isolement sécurisé. Il vise les architectures fortes intensités liées

à la recharge de véhicules électriques, aux énergies renouvelables

et à la mobilité électrique, où l’on cherche une alternative plus

compacte aux contacteurs. Le relais conserve un encombrement

réduit (47,7 × 86 × 64,2 mm) tout en améliorant la marge de sécurité

par rapport au G9EK-1-E (200 A/500 VDC). Sa structure interne

optimisée annonce 15 mΩ de résistance de contact en fermeture

et une faible puissance de bobine de 4 W, avec une dissipation

maîtrisée malgré un courant de commutation supérieur. La tenue

mécanique est renforcée face aux chocs et vibrations, jusqu’à

100 g, un point clé pour des usages e-mobilité comme les véhicules

guidés autonomes industriels. Les bornes limitent aussi les forces

répulsives magnétiques en cas de très forts courants, notamment

lors d’un court-circuit, pour gagner en fiabilité et longévité. Le

composant peut interrompre jusqu’à 1 000 A sous 400 V et résister à

des impulsions de 4 000 V. Les temps de réponse annoncés sont de

50 ms à l’activation et 30 ms à la désactivation, pour 200 000 cycles

mécaniques, avec une conception sans gaz. •

https://components.omron.com

© Omron Electronic

DISANO

Pastilla CCT/Power Switch : luminaire

polyvalent pour habitat et petit tertiaire

Le luminaire Pastilla CCT/Power Switch de Disano Fosnova est

conçu pour l’habitat et le petit tertiaire, offrant une installation

en applique ou plafonnier. Son corps et son diffuseur en

polycarbonate incassable, auto-extinguible, avec protection

IP65 et résistance IK10, garantissent sécurité et durabilité en

environnements exigeants. L’isolation classe II assure une

grande fiabilité. Grâce aux dip switch intégrés, l’utilisateur

configure simplement la température de couleur de la led et la

puissance, optimisant flexibilité et gestion des stocks. Proposé

de 10 à 24 W avec flux jusqu’à 2 850 lm, CRI>80 et efficacité

élevée, Pastilla offre une lumière LED stable (RG0, PF>0,9),

un maintien du flux lumineux de 30 000 h (L80B20). Idéal pour

halls, circulations, sanitaires et locaux techniques nécessitant

robustesse et performance. •

www.disano.it/fr/

© Disano

PEAKNX

Nouveaux écrans tactiles et mises à jour YOUVI pour projets KNX

À Light + Building 2026, PEAKnx a présenté une série de nouveautés autour de ses écrans tactiles KNX, de la visualisation YOUVI

et de ses interfaces. La gamme d’écrans, pensée comme poste de commande central en résidentiel comme en tertiaire, s’appuie

sur Windows IoT Enterprise LTSC et accepte, en plus de YOUVI, des visualisations Windows et web ainsi que des applications via

navigateur. Côté matériel, le nouveau Control 8 remplace le Controlmicro avec des performances en hausse, un châssis plus fin et

une installation possible en portrait ou paysage. PEAKnx a dévoilé

aussi un aperçu du futur Control 12, plus proche du Control 16, avec

touches latérales, éclairage d’ambiance, boîtier revu et haut-parleur

optimisé, tout en conservant les montages en saillie, encastré ou au

ras du mur. Le Control 19, successeur technique du Controlpro 18,5",

gagne en marge de puissance et reste compatible avec les projets

existants, tout en servant de remplacement pour le Gira Control 19

via kit d’échange. Enfin, YOUVI 5.1 apporte de nouveaux widgets,

une couleur d’accent personnalisable, un import ETS amélioré et

un rôle utilisateur limité, tandis que la KNX Modbus Gateway TCP

secure, le Home Automation Server et l’USB Connector complètent

l’offre d’intégration. •

www.peaknx.com

© PEAKnx

42 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


NOUVEAUTÉS PRODUITS

MODELEC

Balises de sol : une signature lumineuse

discrète pour couloirs et escaliers

Modelec dévoile des balises de sol au design sobre, pensées pour éclairer les zones

peu lumineuses et sécuriser les circulations. Ciblées pour les couloirs et escaliers, en

habitat comme en hôtellerie, elles diffusent une lumière subtile qui guide le passage,

structure l’espace et souligne les marches avec une touche contemporaine. Ces balises

sont proposées dans les gammes Confidence et M, avec les mêmes finitions que les

interrupteurs et prises assortis, afin d’assurer une cohérence esthétique sur chantier. La

personnalisation se fait à deux niveaux : trois températures de lumière (froide, naturelle

ou chaude) et trois intensités, soit neuf combinaisons possibles. Le réglage d’intensité

s’effectue à l’installation via un sélecteur à trois positions, pratique pour adapter l’éclairage

à l’usage du lieu sans intervention ultérieure. L’installation est prévue en encastré,

compatible avec des façades à vis ou magnétiques, pour une intégration propre et soignée.

Côté fiche technique, le format annonce 80 x 80 x 5 mm, avec un choix de matériaux selon

la collection : laiton ou aluminium. Prix indicatif : à partir de 240 €. •

www.modelec.com

© Modelec

NETATMO

Thermostat repensé, tête thermostatique

et compatibilité Matter

Netatmo renouvelle son offre chauffage avec le Thermostat

Original et la Tête Thermostatique Original, une gamme

modernisée qui mise sur la simplicité d’usage et l’interopérabilité.

Le thermostat adopte un design plus minimaliste avec écran

tactile affichant l’essentiel, et une conception plus responsable :

produit conçu en France, fabriqué en Europe, intégrant 65 %

de plastiques recyclés. Le pilotage passe par l’application

Home + Control (qui remplace Energy) pour programmer les

plages de chauffe, ajuster la consigne et consulter un suivi

d’activité. Parmi les fonctions mises en avant : anticipation pour

atteindre la bonne température à l’heure voulue, eco-assist par

géolocalisation, verrouillage, alertes en cas de dysfonctionnement

et scénarios maison (arrivée/départ) pouvant interagir avec volets

et éclairage. Un Thermo hub centralise l’installation et apporte

la compatibilité Matter, ouvrant l’intégration avec Apple Home,

Google Home, Alexa ou SmartThings, avec commandes vocales

et automatisations. Pour un pilotage pièce par pièce, la tête

thermostatique annonce un affichage led discret et orientable,

qui s’éteint automatiquement. Côté tarifs, le Thermostat Original

est proposé à 139,99 € en filaire et 149,99 € en sans-fil, avec

un bonus reprise de 40 € pour les clients déjà équipés. La tête

thermostatique est annoncée pour septembre 2026. •

www.netatmo.com

© Netatmo

VIMAR

Touch View : nouveaux superviseurs

7 et 10 pouces pour piloter toute la

maison

Vimar lance deux nouveaux superviseurs Touch view en 7

et 10 pouces, pensés comme point de commande central

pour la maison connectée. Leur interface à widgets mise sur

une prise en main directe pour superviser, depuis un seul

écran, l’éclairage, les stores et volets, la climatisation, les

consommations d’énergie, les alarmes et la vidéo. Les Touch

view couvrent aussi bien l’écosystème View wireless que

la domotique By-me plus, tout en intégrant le portier-vidéo

Elvox, l’anti-intrusion By-alarm plus et la vidéosurveillance

Elvox CCTV. Côté design, Vimar mise sur un format ultraplat

de 8,5 mm et la possibilité de personnaliser le cadre avant sur

demande, afin d’adapter l’intégration à chaque chantier, en

résidentiel comme en petit tertiaire. Un capteur de proximité

réactive l’écran en sortie de mode économie d’énergie et

affiche directement une page « favoris » avec les fonctions clés

de l’utilisateur. Des capteurs de proximité et de luminosité

ajustent automatiquement l’affichage, tandis qu’une led de

notification change de couleur selon l’événement, par exemple

alarme intrusion, alarme technique, coupure de charges ou

appel vidéo manqué. •

www.vimar.com

© Vimar

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 43


NOUVEAUTÉS PRODUITS

WAGO

Mini L-BOXX 221 Green Range : la connexion

éco-responsable, prête pour le terrain

Pensée pour les professionnels de l’électricité, la mallette Mini L-BOXX 221 Green

Range concentre dans un format compact tout le savoir-faire WAGO, avec une

dimension environnementale affirmée. Robuste, facile à transporter et parfaitement

organisée, cette mallette accompagne les électriciens sur tous leurs chantiers et

facilite les interventions au quotidien.

À l’intérieur, 250 bornes de connexion 221 Green Range sont réparties en trois

compartiments distincts pour les connexions à 2, 3 et 5 fils. Cette organisation claire

permet d’identifier immédiatement le produit adapté et de gagner un temps précieux

lors des opérations de raccordement, même en mobilité. Les installateurs retrouvent

ainsi des gestes familiers, une mise en œuvre simple et une fiabilité reconnue.

La particularité de cette édition Green Range réside dans la conception plus

responsable de ses composants. Les bornes sont fabriquées avec des matériaux

intégrant jusqu’à 77 % de plastiques bio-circulaires pour le boîtier et 27 % de PET recyclé pour les leviers. Cette évolution réduit

l’empreinte carbone tout en conservant les performances, la sécurité et la durabilité qui font la réputation de la gamme 221.

Au-delà de l’aspect technique, la mallette Mini L-BOXX 221 Green Range s’inscrit dans une démarche globale visant à accompagner

la transition environnementale de la filière électrique. Elle permet aux professionnels d’intégrer des solutions plus vertueuses sans

changer leurs habitudes de travail ni compromettre leur efficacité.

Compacte, résistante et pratique, cette mallette devient rapidement un indispensable du quotidien : transport simplifié, stockage

soigné, visibilité immédiate du contenu. Une solution complète pour les installateurs qui souhaitent conjuguer performance terrain,

qualité premium et engagement responsable dans chacun de leurs chantiers. •

www.wago.com/fr/technique-de-raccordement/d%C3%A9couvrir-bornes-d-apos-installation/green-range-221

© Wago

DISANO

Eco Janus CCT Switch :

spot LED compact et polyvalent

LÉBÉNOÏD

Sliméo : réglette extra-plate pour

un éclairage continu et sans

éblouissement

© Lébénoïd

Eco Janus CCT Switch est un spot LED encastrable Disano

Fosnova conçu pour offrir performance, fiabilité et polyvalence

dans l’habitat et le petit tertiaire. Son corps en polycarbonate

avec ressorts de fixation assure une pose rapide, tandis que

sa lentille PMMA à faible éblouissement garantit un excellent

confort visuel et une sécurité phytobiologique RG0. Le dip

switch intégré permet de choisir la température de couleur

(3 000 K, 4 000 K, 6 500 K), afin d’adapter la lumière à chaque

espace. Alimenté en AC 220–240 V, 50–60 Hz, il délivre

jusqu’à 598 lm pour 6 W (CRI≥80, 38°, 100 lm/W). Classé

IP20, IK04, il offre 25 000 heures de durée de vie (L70/B50).

Diamètre Ø 85 mm. •

www.disano.it/fr/

© Disano

Lébénoïd vient de lancer Sliméo, une réglette fine et

compacte pensée pour apporter un éclairage discret et

homogène dans les aménagements où chaque millimètre

compte. Fabriquée en France, elle vise les usages courants

sous meuble haut, dans une salle de bains, ou plus

largement dans les zones de travail qui demandent une

lumière régulière. Son design monobloc et son diffuseur

opalin sont conçus pour offrir un confort visuel sans

éblouissement, avec une diffusion continue qui limite les

zones d’ombre. Sliméo se positionne ainsi comme une

solution simple à intégrer en neuf comme en rénovation,

aussi bien en résidentiel qu’en tertiaire. Pour s’adapter

aux habitudes de pose et aux besoins des utilisateurs, la

gamme est annoncée en deux versions : avec interrupteur

intégré ou sans interrupteur. L’objectif est d’obtenir une

installation propre et discrète, tout en améliorant le ressenti

au quotidien, notamment sur les plans de travail où une

lumière mal répartie fatigue rapidement. •

www.lebenoid.fr

44 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


NOUVEAUTÉS PRODUITS

YOKIS

Kits Yokis UP : micromodules Zigbee 3.0

déjà préprogrammés pour gagner du

temps sur chantier

Urmet Yokis complète sa gamme de micromodules radio

Yokis UP (Zigbee 3.0) avec des kits prêts à l’emploi, livrés

déjà configurés pour accélérer la mise en œuvre. Le but est

de supprimer les étapes qui font perdre du temps lors d’une

première mise en service : le réseau Zigbee est créé en amont

et l’émetteur est pré-associé au récepteur. Sur site, l’installateur

n’a plus qu’à raccorder les micromodules aux équipements, et

l’installation devient immédiatement opérationnelle. Ces kits

ciblent les cas les plus courants en résidentiel, notamment le

pilotage de l’éclairage, des volets roulants et des commandes

va-et-vient, en neuf comme en rénovation. Pour l’utilisateur,

Yokis UP vise un pilotage simple en local ou à distance, avec

une ouverture vers des solutions tierces compatibles Zigbee 3.0.

L’écosystème s’appuie aussi sur l’application YnO UP, qui

permet de gérer les équipements depuis smartphone ou tablette,

à domicile ou à distance, et de piloter également d’autres

appareils Zigbee 3.0. La gamme est fabriquée sur le site Urmet

de Cholet (49) et bénéficie d’une garantie de 5 ans. •

www.urmetwithyokis.fr

© Yokis

LICHTVISION ENGINEERING GMBH

ProbitSite : diagnostic Dali sur chantier

en quelques secondes

Lichtvision Engineering

GMBH a lancé

ProbitSite, un testeur

Dali portable conçu pour

repérer rapidement les

erreurs d’installation et

les conflits d’adressage

avant la mise en service.

Une fois raccordé au

bus Dali avec deux

fils, l’appareil détecte

automatiquement

les équipements

présents sans modifier

la configuration et

affiche, sur écran couleur, la tension et la qualité du signal via des

indicateurs visuels simples. L’objectif : éviter les mauvaises surprises

à la réception, quand une boucle mal câblée, un driver « pseudo

compatible » ou une adresse en conflit peut bloquer tout un plateau

d’éclairage. ProbitSite intègre sa propre alimentation de bus, capable

de fournir au moins 190 mA, ce qui permet de réaliser des mesures

même si le contrôleur Dali n’est pas encore installé, sans chercher de

prise ni ajouter d’alimentation externe. Pensé pour le terrain, il pèse

environ 300 g, annonce jusqu’à huit heures d’autonomie, et se pilote

avec quatre boutons. Il propose des fonctions d’identification des

luminaires (dont un mode clignotement), un rapport détaillé navigable,

et l’export des données via USB pour documenter un dossier de

réception. Autre atout : l’accès à la base de données DiiA pour vérifier

la certification des produits et repérer les équipements non conformes. •

https://lichtvision-engineering.com

© Lichtvision Engineering GMBH

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 45


NOUVEAUTÉS PRODUITS

SOCOMEC

Countis P : compteurs d’énergie AC/DC

plus compacts, multi-interfaces et câblage

Quick Connect

Socomec fait évoluer sa gamme de compteurs d’énergie avec Countis P, une

nouvelle génération de compteurs AC/DC pensée pour améliorer l’efficacité

des installations, en neuf comme en retrofit. Avec 11 références, la gamme

se veut plus lisible tout en couvrant un large spectre d’applications :

bâtiments tertiaires, sites industriels, infrastructures et bornes de recharge.

Les modèles sont disponibles en monophasé et triphasé, avec du

comptage direct jusqu’à 100 A et jusqu’à 10 000 A via transformateurs de

courant. Socomec met en avant la conformité à la dernière version de la

directive MID, et une certification module B+D, pour des mesures fiables,

notamment en refacturation. Selon les versions, les compteurs intègrent

sorties impulsion et communications Modbus RTU, M-Bus ou Modbus TCP,

avec affichage LCD rétroéclairé et remontée des données (kWh, kVArh,

kVA et autres mesures) vers une supervision. Autre point pratique pour les

chantiers : une plage de fonctionnement annoncée de -40 à +70 °C, utile en tableaux extérieurs. Le raccordement vise aussi

à réduire les erreurs : la solution « Quick Connect » promet un branchement plug & play sans outil et un câblage simplifié, en

limitant le besoin d’accessoires additionnels. La gamme s’inscrit enfin dans un écosystème avec capteurs (dont Rogowski)

et le logiciel Webview pour visualisation, historique et analyse de dérives jusqu’à 200 équipements. •

https://socomec.fr

© Socomec

WIHA

Sparkify : moins de papier, plus d’avenir !

L'efficacité et la précision sont des priorités pour les

électriciens, qui ont besoin d'outils simplifiant les processus,

car les tests et la gestion documentaire sont souvent

fastidieux, sources d'erreurs et difficiles à organiser.

Gagner du temps et simplifier les démarches, c'est ce que

permettent les testeurs d’installation (MFT) et d'appareils

(PAT) avec l’application mobile Sparkify, lancée aujourd'hui

par Wiha. La documentation des tests se fait directement sur

site, avec des données collectées de manière automatisée

et un stockage centralisé dans le cloud. Un véritable gain de

temps et de sérénité pour tous ! •

https://wiha.com/fr/fr

QLIMA

Sereno et Ovido : radiateurs à inertie

connectés avec Wi-Fi intégré et détection

de fenêtre ouverte

© Qlima

© Wiha

Qlima lance deux gammes de radiateurs électriques à inertie, Sereno

(chaleur douce) et Ovido (inertie sèche), conçues pour conjuguer confort

thermique, sobriété d’usage et pilotage connecté. Les deux séries

partagent une base commune orientée « chantier » : programmation

hebdomadaire, Wi-Fi directement intégré pour le contrôle à distance

sans boîtier additionnel, détection de fenêtre ouverte, certification NF,

fabrication en Espagne et garantie 5 ans. Elles couvrent des pièces de 16

à 32 m² avec trois puissances, 1 000 W, 1 500 W et 2 000 W. La différence

se fait sur la sensation de chauffe : Sereno utilise une technologie « double

cœur » associant la fonte et la pierre naturelle Dual Kherr pour une montée

progressive et une restitution longue et homogène, adaptée aux pièces

de vie occupées longtemps. Ovido combine une résistance en aluminium

à la pierre Dual Kherr pour une chaleur régulière avec davantage de

réactivité au quotidien. Qlima ajoute une couche d’aide à la vente avec

réalité augmentée pour visualiser l’appareil à l’échelle, et une vidéo 3D

explicative pour Sereno. Côté prix publics indicatifs, Sereno démarre à

359 € (1 000 W), puis 449 € (1 500 W) et 499 € (2 000 W), tandis qu’Ovido

est annoncé à 289 €, 349 € et 399 € selon la puissance. •

www.qlima.fr

46 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


NOUVEAUTÉS PRODUITS

DUALSUN

Flashbox : routeur solaire à petit prix

pour doper l’autoconsommation et

l’eau chaude

© Dualsun

Dualsun a profité du dernier salon Energaïa pour

lancer Flashbox, un routeur solaire destiné à valoriser

automatiquement le surplus photovoltaïque en chauffant

l’eau chaude sanitaire. Le principe est simple : dès que

l’injection réseau dépasse un seuil défini dans l’application

MyDualsun, l’énergie excédentaire est redirigée vers la

résistance du ballon. L’intérêt économique est immédiat

dans le contexte actuel : Dualsun rappelle qu’un kWh vendu

autour de 4 c€ rapporte bien moins qu’un kWh utilisé

pour chauffer l’eau, facturé plutôt autour de 20 c€, soit un

différentiel annoncé de 16 c€ par kWh autoconsommé via

Flashbox. Sur une installation de 6 kWc à Toulouse pour

deux occupants, le logiciel Vesta évoque par exemple un

gain d’environ 25 % d’autoconsommation.

Côté installateur, Dualsun insiste sur une approche multicompatible,

à l’inverse des solutions « mono-marque » :

Flashbox s’adapte aux ballons électriques, onduleurs et

batteries existants. Le boîtier se pose dans le tableau, avec

une mise en service guidée par l’application, et un temps

de pose annoncé inférieur à 30 minutes. Le suivi à distance

aide aussi au SAV. Dualsun vise un prix autour de 100 € HT

pour l’installateur et met en avant l’éligibilité à la TVA 5,5 %,

renforcée par l’arrivée annoncée d’un panneau ultra bas

carbone au premier trimestre 2026. •

https://dualsun.com

DOORBIRD

Connectivité repensée : DoorBird présente

à l’ISE les premières platines vidéo IP au

monde avec 5G intégrée

À l’Integrated Systems Europe (ISE) de Barcelone, DoorBird, l’un des

leaders des systèmes de communication de porte intelligents, franchit une

nouvelle étape technologique. Avec les modèles D31TDV 5G et D31TDH

5G, l’entreprise présente les premières platines vidéo IP au monde avec

connectivité 5G intégrée. Cette innovation garantit une connexion Internet

stable et sécurisée sans câble Ethernet, offrant plus de flexibilité, de fiabilité

et de pérennité.

La 5G ouvre de nouvelles perspectives pour les bâtiments existants :

aucun recâblage n’est nécessaire, ce qui rend l’installation plus rapide et

plus économique. Développés pour les immeubles résidentiels, les sites

commerciaux et les grands complexes jusqu’à 3 000 unités, ces modèles

permettent une gestion digitale complète des accès via navigateur ou

application. Les platines seront disponibles en 2026 et sont déjà proposées

pour des projets pilotes sélectionnés. •

www.doorbird.com

© DoorBird

VOLTCRAFT

VC-771 PV : pince ampèremétrique 1 500 V DC et jusqu’à

2 000 A pour solaire et industrie

Voltcraft enrichit son offre chez Conrad avec la pince ampèremétrique haute performance

VC-771 PV, conçue pour les mesures de courants et tensions élevés en AC/DC sur des

environnements exigeants : photovoltaïque, mobilité électrique, automatisation et maintenance

industrielle. L’appareil annonce une mesure de tension jusqu’à 1 000 V AC et 1 500 V DC, et

des intensités jusqu’à 1 500 A AC et 2 000 A DC, un positionnement taillé pour contrôler des

chaînes PV et leurs courants sans interruption de service. L’ouverture de mâchoire de 52 mm

facilite les mesures sur grosses sections de câble, et un réglage de zéro en DC aide à gagner

en précision sur les mesures d’intensité continue. Pour les variateurs de fréquence, un filtre

passe-bas est prévu afin d’améliorer la qualité de mesure, un point concret sur les chantiers

tertiaires et industriels. Côté usage terrain, la VC-771 PV mise sur un écran LCD 6000 points

avec rétroéclairage automatique, la connectivité Bluetooth pour l’enregistrement via application,

et un éclairage des points de mesure intégré à la tête de pince. Elle intègre aussi des fonctions de diagnostic utiles comme NCV, datahold,

min/max, ainsi que la mesure de fréquence et de température. Enfin, la robustesse est annoncée avec une protection IP54, un cadre

caoutchouc, et une conformité sécurité cat IV 1 000 V et cat III 1 500 V, avec alertes surcharge et batterie faible et extinction automatique. •

www.conrad.fr

© Conrad

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 47


La sélection

presse

Le grand livre de l’électricité :

Septième édition

ı THIERRY GALLAUZIAUX ET DAVID FEDULLO

Véritable bible de l’électricité domestique, ce guide pratique s’adresse aux bricoleurs

avertis mais également aux professionnels soucieux de rester à jour des normes.

L’ensemble des textes et des schémas est rigoureusement conforme à la dernière

réglementation, dont la série de normes NF C 15-100.

Les dernières innovations y sont pleinement intégrées : éclairage LED, systèmes de

commande et de variation, appareillage radio (pour une transition en douceur vers une

installation connectée), gestion et programmation du chauffage, ou encore panneaux

solaires photovoltaïques en autoconsommation. •

L’installation électrique connectée facile :

Solutions et schémas pratiques»

ı THIERRY GALLAUZIAUX ET DAVID FEDULLO

Les installations domotiques ont longtemps souffert de la complexité

et du coût des systèmes filaires. L’essor des objets connectés, porté par

le haut débit et la 5G, a simplifié la programmation et démocratisé la

gestion à distance. Aujourd’hui, presque tous les équipements électriques

peuvent être pilotés via smartphone, tablette ou assistant vocal. Toutefois,

la multiplicité des protocoles (Bluetooth, Wi-Fi, radio spécifique)

complique le choix. Cet ouvrage, conforme à la norme NF C 15-100,

présente des solutions fiables pour créer ou rénover une installation

connectée, avec schémas, scénarios, alertes et conseils pour sélectionner le

protocole ou le fabricant adapté à ses besoins. •

Batiprix Bordereau 2026 - Volume 9 :

Électricité - Éclairage LED - Domotique

ı BATIPRIX

Le Volume 9 du bordereau Batiprix 2026 couvre l’ensemble des prestations du

corps d’état électricité, de la domotique filaire ou sans fil, jusqu’aux solutions

LED basse consommation, tableaux de distribution, GTB et infrastructures de

recharge pour véhicules électriques (IRVE). Pensé pour les maîtres d’ouvrage,

maîtres d’œuvre, économistes, entreprises et artisans, ce volume vous garantit

une précision technique conforme aux normes en vigueur (NF C 15-100,

RE2020, DTU, UTE, etc.). Il intègre également les évolutions les plus récentes

du secteur : connectivité, performances énergétiques et sécurité. •

48 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 49


AGENDA

17 au 19 mars

30 mars au 2 avril 1 er et 2 avril 2 et 3 juin

AMPER

Brno Exhibition Center,

Brno, République tchèque

Le salon Amper est l’un

des principaux événements

internationaux de

l’électrotechnique, de l’énergie,

de l’automatisation, de la

communication, de l’éclairage

et de la sécurité. Il se déroule

en République tchèque, avec la

participation de sociétés leaders

dans le domaine de l’ingénierie

électrique et électronique. La

liste des exposants regroupe

des entreprises de premier

plan dans l’industrie, venues

présenter leurs derniers produits

et services.

Contacts/informations

www.amper.cz

GLOBAL INDUSTRIE

Paris Villepinte

Point d’ancrage de la

réindustrialisation, Global

Industrie est le marqueur de

l’engagement et de la fierté des

acteurs de l’industrie. Vitrine des

Territoires, des savoir-faire et de

la présence incontournable de

l’industrie dans notre quotidien,

c’est avant tout le rendezvous

business de ceux qui

font l’industrie d’aujourd’hui

et de demain. Global Industrie

vous accompagne dans

votre veille, vos démarches

d’investissements et de

développement.

Contacts/informations

www.global-industrie.com

BIM WORLD

Paris Expo,

porte de Versailles

Digital Twin | BIM World

s’impose comme l’événement

de référence dédié au numérique

et à l’innovation pour les

bâtiments, les infrastructures

et les territoires. Cette nouvelle

édition s’articule autour de trois

axes majeurs : les territoires

et villes « smart and safe », les

bâtiments connectés (BIM,

jumeaux numériques, IA,

construction tech) et l’énergie.

Avec plus de 10 000 participants

et 250 exposants, le salon fédère

un écosystème international.

Contacts/informations

https://bim-w.com

SEPEM BREST

Parc des expositions

Penfeld, Brest

Depuis près de 20 ans, les

salons SEPEM Industries (Salon

des équipements, process et

maintenance) rassemblent les

acteurs de toutes les filières

industrielles pour favoriser

l’innovation, la durabilité et la

digitalisation. Avec plus de

50 éditions organisées dans

8 régions françaises et une

édition en Italie, ces événements

mettent en valeur les savoirfaire

locaux tout en offrant des

solutions pertinentes sur les

enjeux du secteur.

Contacts/informations

www.sepem-industries.com

4 au 8 septembre

28 sept au 1 er oct

14-15 octobre

9-10 décembre

IFA

Messe Berlin, Allemagne

L’IFA (Internationale

Funkausstellung Berlin) est

l’un des plus grands salons

mondiaux consacrés à

l’électronique grand public. Il

attire chaque année des milliers

d’exposants et de visiteurs

venus découvrir les dernières

innovations technologiques.

C’est une plateforme majeure

pour les entreprises qui

souhaitent lancer leurs nouveaux

produits et se connecter avec

des partenaires commerciaux

et des consommateurs.

Mais c’est également

l’occasion de découvrir les

nouvelles tendances : solaire,

stockage, etc.

Contacts/informations

www.ifa-berlin.com

BATIMAT

Porte de Versailles, Paris

Batimat est le leader mondial

des salons de la construction.

L’édition 2026 s’apprête à

réunir 1300 exposants et

environ 320000 visiteurs. Au

programme : 200 innovations

primées, solutions en électricité,

énergies renouvelables,

domotique, matériels de

chantier. Trois salons combinés :

Batimat, Interclima (génie

climatique) et Idéobain (salle de

bains). Un incontournable pour

les électriciens et installateurs

en domotique en quête de

nouveautés techniques et

commerciales.

Contacts/informations

www.batimat.com

SOLAR & STORAGE

LIVE PARIS

Le Bourget, Paris

Solar & Storage Live Paris

est un salon professionnel

dédié au photovoltaïque, au

stockage d’énergie et aux

réseaux intelligents. Il réunit

fabricants, installateurs,

développeurs de projets,

distributeurs et décideurs

publics autour des solutions

solaires, batteries, onduleurs,

EMS et autoconsommation.

Conférences, ateliers et retours

d’expérience mettent en avant

les modèles économiques, la

réglementation française et les

innovations marché, faisant de

l’événement un rendez-vous

stratégique pour les électriciens

et intégrateurs orientés ENR.

Contacts/informations

https://www.terrapinn.com/

exhibition/solar-storage-liveparis/

ENERGAÏA

Parc des expositions,

Montpellier

Energaïa est le rendez-vous

incontournable des énergies

solaires et renouvelables en

Méditerranée. Focus sur le

photovoltaïque, le stockage,

l’hydrogène, l’efficacité

énergétique et les smart grids.

Conférences, prix des énergies

intelligentes et networking avec

installateurs, électriciens et

financeurs. Idéal pour découvrir

innovations solaires, modèles

économiques et réglementations

adaptées aux pros de l’ENR en

France.

Contacts/informations

www.energaia.fr

50 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026


INDEX & NOMINATIONS

LISTE DES ENTREPRISES ET ORGANISATIONS

PROFESSIONNELLES CITÉES DANS CE MAGAZINE

ABB.................................................24

Adel Smart Building Solutions.... 32, 51

AJS Technologie..............................19

Amazon..................................... 20, 22

Apple................................9, 20-26, 43

Aqara..........................9, 10, 22, 24, 25

Ascentiz...........................................14

Bluetti........................................ 11, 12

Bodyfriend ......................................15

Cairns Health...................................15

Can’nX ............................................19

Coedis...............................................5

Crestron..........................................17

Daikin..............................................22

Delta Dore................................. 24, 34

Disano....................................... 42, 44

Doorbird.................................... 19, 47

Dualsun....................................... 5, 47

E.R.T................................................32

EchoVision................................. 13, 15

EcoFlow..................................... 11, 12

EDF...................................................8

Ekinex.............................................25

Elehear............................................15

Elsner..............................................24

Eve..................................................22

Even Realities..................................13

Fibaro........................................ 18, 24

Gira.................................................24

GOGOA............................................14

Google..............................9, 20-26, 43

GRDF.................................................5

GT-Pow............................................12

Hager..............................................25

Horien Salt Battery Solutions..............7

HyperAI............................................13

Hypershell.......................................14

IDtique.............................................32

Ignes......................................... 28, 30

Ikea............................9, 20, 22, 26, 27

Jackery...........................................12

Jung................................................25

Kelkun...............................................8

Lébénoïd.........................................44

Ledvance...........................................6

Legrand......................... 22, 25, 27, 51

Lenovo...................................... 12, 13

LG...................................................14

Lichtvision Engineering ...................45

LIFX.................................................10

Looki...............................................12

LookTech.........................................13

Ludens AI.........................................14

MDT................................................25

MentorLens.....................................13

Milwaukee................................. 40, 41

Mitsubishi........................................22

Modelec..........................................43

Moorgen..........................................19

Motorola.................................... 12, 13

Mui Lab.............................................9

Nanoleaf..........................................22

Netatmo...................................... 8, 43

Netgear...........................................11

Nice........................................... 18, 19

Nordic..............................................22

Omron Electronic.............................42

Osram.............................................22

PEAKnx............................................42

Philips Hue................................ 22, 25

Pila............................................ 11, 12

pureLiFi...........................................11

Qlima...............................................46

Qualcomm.......................................22

RTE....................................................6

Samsung......................... 9, 20, 22, 43

Schneider Electric............................22

Sentigent.........................................14

Shelly..............................................24

Silicon Labs.....................................22

Smart Tech Energies........................19

Socomec.........................................46

Somfy........................................ 22, 24

Sonance..........................................17

Starling Medical...............................15

SwitchBot.............................. 9, 10, 14

Sylvania Group.................................51

Texas Instruments............................22

Theben...................................... 25, 33

Tuya.......................................... 11, 22

Vimar...............................................43

Voltcraft...........................................47

Wago................................... 35, 36, 44

Wallbox............................................24

Wheelmove......................................15

Wiha.................................... 38, 39, 46

Wirobotics.......................................14

Yokis................................................44

Zaptec.............................................24

© FIEEC © DR

© Sylvania Group

NOMINATIONS

Ancien responsable communication du

Collège Intégrateurs KNX, Aurélien

Hillairet-Falzon (Adel Smart Building

Solutions) prend la tête de cette instance avec

une ambition claire : renforcer l’adoption du

KNX en France. Ses priorités ? Développer

des actions ciblées auprès des donneurs

d’ordres et des professionnels, valoriser

une approche KNX qualitative dès la conception, faire remonter les

problématiques de terrain et animer une communauté d’intégrateurs

engagés. Il s’engage également à renforcer le dialogue avec les

constructeurs pour stimuler l’innovation (lire p. 32).

La Fédération des industries électriques,

électroniques et de communication (FIEEC)

a annoncé le 14 janvier l’élection de Benoît

Coquart, directeur général du groupe

Legrand, à sa présidence. Il succède

à Laurent Tardif, qui devient président

d’honneur. Il prend ses fonctions dans un

contexte marqué par l’accélération des

transitions énergétique et numérique, qui mobilisent fortement

l’ensemble de la filière.

Danny Ma est nommé Global & EMEA Chief

Operating Officer (COO) chez Sylvania Group.

Il aura la responsabilité de la mise en œuvre

des plans d’action annuels et supervisera

l’ensemble des opérations : usines, logistique,

produits et ventes en EMEA. Fort de plus

de 18 ans d’expérience dans l’industrie de

l’éclairage, Danny Ma a rejoint INESA Group

en 2012. Il dirige la région Asie de Sylvania Group depuis 2024 et est

membre du Global Management Committee depuis 2025.

© Sylvania Group

© Sylvania Group

© David PLAS

Tom Qi prend en charge officiellement

le rôle de CEO EMEA chez Sylvania

Group, en complément de ses fonctions

de Global CEO, garantissant ainsi une

cohérence renforcée entre transformation

et développement commercial.

Simon Reed est nommé Global

Chief Strategy Officer (CSO) chez

Sylvania Group. En complément de ses

responsabilités de Global VP, Simon

Reed pilotera la planification stratégique

du Groupe, avec un focus particulier sur

la mise en œuvre de projets structurants

majeurs, principalement dans la région

EMEA. Il agira également comme consultant senior auprès de

Tom Qi – Global et EMEA CEO – et de Danny Ma – Global et

EMEA COO.

Dans un contexte de profonde

transformation du secteur du bâtiment,

portée par la transition énergétique

et numérique, et la recherche d’une

croissance responsable, le Groupe

Legrand a confié la direction de ses

activités françaises à Morgan Malecotte.

Depuis le 2 janvier 2026, il dirige Legrand

France, qui rassemble près de 3 300 collaborateurs répartis sur

l’ensemble du territoire, et comprenant notamment 2 campus,

8 directions régionales et un siège situé à Limoges.

SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 51


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