Smarthome Electricien+ de mars 2026
Smarthome Electricien+ de mars 2026 - Retour sur le CES 2026 et sur ISE 2026 - Milwaukee à Rome - Dossier : Matter en habitat et petit tertiaire - Dossier : NF C 15-100 - Interviews : Aurélien Hillairet-Falzon, Collège Intégrateurs KNX; Erwan Emery, Wago; Dominik Naumann, Wiha...
Smarthome Electricien+ de mars 2026 - Retour sur le CES 2026 et sur ISE 2026 - Milwaukee à Rome - Dossier : Matter en habitat et petit tertiaire - Dossier : NF C 15-100 - Interviews : Aurélien Hillairet-Falzon, Collège Intégrateurs KNX; Erwan Emery, Wago; Dominik Naumann, Wiha...
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LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF
SMARTHOME
ÉVÈNEMENTS
Retour sur le CES 2026 :
la maison autonome se construit
dès aujourd’hui
ISE 2026 : un salon qui parle
de plus en plus aux électriciens
Milwaukee à Rome : puissance,
numérique et solutions métier
pour les électriciens
DOSSIERS
Matter en habitat et petit
tertiaire : quelle place pour les
pros entre KNX, Thread et le
nouveau standard universel ?
NF C 15-100 : une mise à jour
pour répondre aux nouveaux
usages électriques
INTERVIEWS
Aurélien Hillairet-Falzon -
Collège Intégrateurs KNX
France
Erwan Emery - WAGO
Dominik Naumann - Wiha
Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr
Une publication de 3e Médias
ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
ÉDITO
2026, l’année
où l’intégrateur prend
les commandes
Chères lectrices, chers lecteurs,
Ce premier numéro de l’année arrive dans un contexte très clair pour votre métier :
le bâtiment devient réellement connecté, et c’est vous qui en tenez les clés. Matter
n’est plus une promesse lointaine, mais un standard qui se déploie dans les catalogues
comme sur les chantiers, en complément des bus filaires que vous maîtrisez déjà, de KNX à Modbus.
Au CES comme à l’ISE, les fabricants assument désormais
un discours commun : simplifier la vie des intégrateurs,
réduire le temps passé au plafond et au tableau, pour vous
laisser vous concentrer sur la conception, le conseil et la
valeur ajoutée.
Cette montée en puissance s’accompagne d’une réalité
moins glamour mais incontournable : la convergence
« électricité, réseau, domotique » vous impose de penser
IP, Wi-Fi 7, Thread, Z-Wave, cybersécurité et supervision
avec la même rigueur que la section d’un câble ou le calibre
d’un disjoncteur. Les maisons comme les petits tertiaires
seront presque tous multiprotocoles, avec des passerelles
intelligentes entre KNX, Matter, Z-Wave, et des outils logiciels toujours plus puissants pour
configurer, diagnostiquer et maintenir à distance.
Dans ce numéro, nous vous proposons justement de prendre un temps d’avance : standard Matter,
retours des salons CES et ISE, évolution de la norme NF C 15100, outils, matériels et retours
de terrain pour transformer ces contraintes en opportunités concrètes sur vos prochains projets.
L’objectif est simple : vous aider à rester l’interlocuteur technique de référence, face à des clients de
plus en plus informés et à des géants du numérique toujours plus présents dans l’habitat.
Amicalement,
Cédric Locqueneux
Rédacteur en chef
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 3
SOMMAIRE
© KNX France
© Cédric Locqueneux
© Wago
LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF
SMARTHOME
ÉVÈNEMENTS
Retour sur le CES 2026 :
la maison autonome se construit
dès aujourd’hui
ISE 2026 : un salon qui parle
de plus en plus aux électriciens
Milwaukee à Rome : puissance,
numérique et solutions métier
pour les électriciens
32 09
© Alexis Schneider
© DR
35
© Cédric Locqueneux
DOSSIERS
Matter en habitat et petit
tertiaire : quelle place pour les
pros entre KNX, Thread et le
nouveau standard universel ?
NF C 15-100 : une mise à jour
pour répondre aux nouveaux
usages électriques
INTERVIEWS
Aurélien Hillairet-Falzon -
Collège Intégrateurs KNX
France
Erwan Emery - WAGO
Dominik Naumann - Wiha
Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr
Une publication de 3e Médias
ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
Salon CES 2026 à Las Vegas
sur le stand LG
© Cédric Locqueneux
16 28 40
05 TENDANCES ET MARCHÉS
05 Formation
Dualsun lance SunAcademy pour
décloisonner les formations solaire,
électricité et chauffage
Partenariat
Coedis et GRDF s’allient pour pousser
la PAC hybride et le gaz vert
06 Énergie
RTE pousse l’électrification pour profiter
d’une surcapacité bas carbone
Récompense
Ledvance décroche la médaille Or
Ecovadis et renforce ses garanties
côté filière
07 Énergie
Loi APER : accélérer les renouvelables,
clarifier le foncier, mais un cadre encore
mouvant
Stockage d’énergie
Les batteries au sel et la technologie
SMC s’imposent dans les applications
critiques
08 Partenariat
Netatmo s’allie à EDF pour la flexibilité
via le thermostat
Formation
Kelkun Academy veut rendre la
formation BTP plus lisible pour les
artisans
09 ÉVÈNEMENT
09 Salon
Retour sur le CES 2026 :
la maison autonome se construit
dès aujourd’hui
16 Salon
ISE 2026, un salon qui parle
de plus en plus aux électriciens
20 DOSSIER
20 Domotique
Matter en habitat et petit tertiaire :
quelle place pour les pros entre
KNX, Thread et le nouveau standard
universel ?
28 NF C 15-100
Une mise à jour pour répondre
aux nouveaux usages électriques
32 INTERVIEW
Aurélien Hillairet-Falzon,
le nouveau visage du Collège
Intégrateurs KNX France
35 3 QUESTIONS À
Borne WAGO 221 Green Range :
la connexion durable
38 CE SONT EUX QUI EN
PARLENT LE MIEUX
WIHA SPARKIFY : quand le test
électrique entre dans l’ère du cloud
et de l’IA
40 FOCUS
Outillage
Milwaukee à Rome : puissance,
numérique et solutions métier
pour les électriciens
42 NOUVEAUTÉS PRODUITS
48 LA SÉLECTION PRESSE
50 AGENDA
51 INDEX & NOMINATIONS
SmartHome Electricien+ est édité par la société
3e Médias, SA au capital de 140 000 euros
Siège social : 32, rue du Faubourg-Poissonnière -
75010 Paris
Bureaux : 17, rue de l’Amiral-Hamelin - 75016 Paris
Directeur de la publication : David Catelain
Rédacteur en chef : Cédric Locqueneux
Ont collaboré à ce numéro :
Alexandre Arène (dossier NFC 15 100)
Olivier Darnault et Alexis Schneider
(reportage sur le salon ISE)
Relations abonnements : Juliette Aguelon
compta.3emedias@gmail.com
Publicité : Sandrine de Montmorillon
06 51 30 28 68 - sdm@filiere-3e.fr
Abonnements Electricien+
formule print & digital 1 an :
France métropolitaine : 65 € TTC
Communauté européenne : 70 € HT
Reste du monde : 85 € HT
Tarif au numéro : 17 € TTC
Conception et réalisation :
Planète Graphique Studio
95, boulevard Berthier, 75017 Paris
Corrections : Frédéric Bergossen
frederic.bergossen@gmail.com
Impression : imprimerie de Champagne,
52200 Langres
Routage : ARS
© 3e Médias, Paris. Reproduction interdite.
Toutefois, des photocopies peuvent être réalisées
avec l’autorisation de l’éditeur.
Dépôt légal : mars 2026
LISTE DES ANNONCEURS
PASSIBAT....................................2 e de couverture
ELECTRICIENS
SANS FRONTIÈRES....................4 e de couverture
INTRATONE....................................................... 23
THE SMARTER E EUROPE............................... 27
CITEL................................................................. 31
WAGO............................................................... 37
DISANO............................................................. 42
WIHA................................................................. 45
DOORBIRD ....................................................... 47
VALÉO............................................................... 49
4 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité
FORMATION
Dualsun lance SunAcademy pour décloisonner
les formations solaire, électricité et chauffage
D
ualsun
a lancé SunAcademy, un programme
de 24 mois destiné à faire évoluer
en profondeur la formation aux métiers du
solaire et du chauffage, avec une idée simple :
arrêter de former les installateurs « en silos ».
Le projet, lauréat du dispositif européen LIFE
Clean Energy Transition, bénéficie d’un financement
de 1,1 million d’euros. L’objectif affiché
est de structurer et coordonner, à l’échelle
nationale, des parcours de montée en compétences
et de reconversion autour du photovoltaïque,
du solaire thermique et des solutions
hybrides, en les reliant plus clairement aux
besoins du génie énergétique résidentiel.
Le contexte est clair pour la filière : en France,
environ 10 millions de résidences principales
se chauffent encore aux énergies fossiles, selon
le SDES (service des données et études statistiques),
ce qui implique un besoin massif
d’installations décarbonées… et donc de maind’œuvre
qualifiée. Dualsun s’appuie sur l’expérience
de sa Dualsun Académie, créée à Marseille
en 2023 puis à Rillieux-la-Pape en 2024,
qui revendique déjà près de 2000 apprenants
formés via une pédagogie centrée sur le geste
et des mises en situation terrain. SunAcademy
veut désormais changer d’échelle avec une approche
modulaire, adaptée à des profils variés,
y compris les artisans, les nouveaux entrants et
les personnes en reconversion.
Le programme prévoit 27 formations couvrant
le solaire photovoltaïque, thermique et
hybride, mais aussi des compétences clés liées
au génie énergétique domestique comme les
pompes à chaleur, la climatisation ou le stockage.
Les formats annoncés mêlent présentiel,
bootcamps intensifs, e-learning, modules
courts pour se perfectionner et parcours longs
pour se reconvertir, avec l’ajout d’outils immersifs
comme la réalité virtuelle. Dualsun met
aussi en avant le décloisonnement déjà pratiqué
en interne, notamment autour des chantiers
combinant solaire et PAC, y compris en
solarothermie. Cap annoncé : former et certi-
© SunAcademy
fier plus de 1 700 professionnels en deux ans.
Au cœur du dispositif, le portail SunConnect
se veut un point d’entrée transversal. Il doit
d’abord aider chacun à identifier un parcours
cohérent et finançable, puis servir de passerelle
entre formation et emploi en rapprochant apprenants
et employeurs pour faciliter les recrutements
et stabiliser la filière. •
PARTENARIAT
Coedis et GRDF s’allient pour pousser la PAC hybride et le gaz vert
© GRDF
▼
Jean-Jacques Raidelet (à gauche), directeur des marchés de GRDF, et Roland Mongin, délégué général
de Coedis.
Coedis, fédération des distributeurs d’équipements
et solutions électriques, de génie
climatique et sanitaires, et GRDF, principal
distributeur de gaz en France, ont annoncé la
signature d’une convention nationale de partenariat
destinée à accélérer le développement
des pompes à chaleur hybrides chez les particuliers,
tout en mettant en avant la place du
gaz vert dans le mix énergétique. Signé pour
une durée d’un an, l’accord vise à donner plus
de traction à une technologie présentée comme
un compromis pragmatique entre décarbonation,
performance et maîtrise des coûts.
La PAC hybride combine une chaudière gaz
à très haute performance énergétique et une
PAC électrique de puissance modérée, avec
une logique de pilotage qui privilégie, selon les
conditions, la source la plus pertinente. L’intérêt
marché est tangible : en 2025, les ventes
de PAC hybrides auprès des particuliers ont
progressé de 50 % par rapport à l’année précédente,
signe qu’une partie du terrain cherche
des solutions capables de tenir la route en
rénovation, sans basculer dans des chantiers
lourds ni exposer les foyers à des variations de
coût d’usage.
Concrètement, le partenariat s’organise autour
de trois leviers opérationnels. D’abord,
un suivi régulier du marché : Coedis transmettra
chaque mois à GRDF des statistiques
de ventes de matériels auprès des
particuliers, afin d’objectiver la dynamique
et d’ajuster les actions. Ensuite, une contribution
directe aux travaux de filière : GRDF
participera au groupe de travail « chauffage
» de Coedis, pour aligner messages,
retours terrain et priorités. Enfin, un effort
de montée en compétence : des actions de
formation et de sensibilisation sont prévues
à destination des équipes commerciales des
entreprises adhérentes, centrées sur la PAC
hybride et le gaz vert, avec l’idée de mieux
armer les forces de vente face aux questions
des clients et aux arbitrages techniques des
projets.
Les deux acteurs insistent sur le biométhane,
présenté comme une énergie renouvelable
facile à stocker, utile à la souveraineté
énergétique, et déjà compatible avec
les équipements gaz. GRDF rappelle son
objectif d’atteindre 20 % de gaz verts dans
les réseaux en 2030, tandis que Coedis met
en avant un partenariat « utile » pour accompagner
les professionnels sur le terrain, au
service d’un mix énergétique cohérent. •
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 5
TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité
ÉNERGIE
RTE pousse l’électrification pour profiter d’une surcapacité bas carbone
RTE a publié son bilan prévisionnel à l’horizon
2035, l’exercice légal qui vise à analyser
l’équilibre offre-demande d’électricité en
France et à repérer les risques de déséquilibre
sur les années à venir. Dans cette édition 2025,
le message change de ton : la question n’est
plus de savoir si la France saura produire assez
d’électricité bas carbone, mais si elle saura en
consommer davantage pour décarboner vite.
RTE décrit une situation d’abondance, avec
une production qui augmente désormais au
rythme attendu, alors que la consommation
▼
Trajectoires de consommation intérieure d’électricité.
reste globalement stable à court terme.
Cette « surcapacité » est vue comme une opportunité
à saisir, mais aussi comme un passage
à gérer. Sur le marché, l’abondance facilite
les exportations et peut peser à la baisse sur les
prix de gros, mais elle complique le pilotage
du système, puisque l’équilibre instantané entre
production et consommation doit rester strict.
RTE insiste donc sur la nécessité de transformer
cette abondance en levier de transition, en
accélérant l’électrification des usages dans le
bâtiment, l’industrie et les transports, tout en
© RTE
intégrant l’essor de consommations nouvelles
comme les data centers.
Le bilan met en avant une trajectoire dite de
décarbonation rapide, avec une consommation
annuelle qui passerait d’environ 450 TWh aujourd’hui
à 510 TWh en 2030 puis 580 TWh
en 2035. Dans ce scénario, la France atteindrait
l’objectif européen Fit for 55, tout en soutenant
une réindustrialisation avec une croissance de
1,1 % par an du PIB, et en réduisant les coûts
complets du système électrique. RTE prévient
néanmoins que cette trajectoire n’est pas la plus
probable à ce stade : elle suppose un soutien fort
et continu aux bascules d’usages vers l’électricité,
côté politiques publiques comme côté marché.
Côté raccordements, RTE souligne aussi que
de nombreux projets industriels ont déjà sécurisé
des étapes vers le réseau, avec une puissance
réservée de l’ordre de 30 GW, ce qui
donne un ordre de grandeur de la demande
potentielle à venir. Pour accélérer les mises en
service, le gestionnaire s’appuie notamment
sur une procédure de raccordement accélérée
dite « fast track », approuvée par la CRE
(Commission de régulation de l’énergie) pour
certains sites de grande puissance. En filigrane,
le gestionnaire rappelle l’enjeu de souveraineté
: la France reste fortement dépendante
des importations d’énergie finale, et électrifier
plus vite, avec une électricité déjà largement
bas carbone, permettrait de réduire à la fois les
émissions et la facture énergétique. •
RÉCOMPENSE
Ledvance décroche la médaille Or Ecovadis et renforce
ses garanties côté filière
Ledvance vient d’obtenir la médaille Or
Ecovadis, une distinction qui place l’entreprise
parmi les 5 % les mieux notées au niveau
mondial par cette plateforme d’évaluation de la
performance RSE. Ce type de reconnaissance
pèse de plus en plus dans les appels d’offres,
les politiques d’achats et les dossiers de conformité,
car elle apporte un indicateur tiers sur la
maturité d’un fournisseur, au-delà du discours
marketing.
La progression mise en avant est nette : Ledvance
indique avoir gagné 10 points en un
an, pour atteindre un score global de 78/100.
L’entreprise rappelle qu’elle était à 68/100 en
2024, niveau médaille Argent, et souligne avoir
amélioré ses résultats malgré un durcissement
continu des critères Ecovadis. En 2025, Ledvance
annonce avoir non seulement conservé
l’argent, mais franchi le seuil or, ce qui traduit,
sur le papier, un pilotage plus structuré des
engagements et des preuves associées.
Ecovadis évalue les entreprises sur quatre piliers
: environnement, droits du travail et droits
humains, éthique, achats responsables. Dans
le détail, Ledvance communique des scores
élevés dans chaque catégorie, avec un point
fort en éthique à 85/100. L’environnement est
annoncé à 79/100, les droits du travail et droits
humains à 76/100, et les achats responsables
à 73/100. Pour un installateur ou un bureau
d’études, ces données donnent des repères
quand il faut justifier un choix de marque dans
un projet public, une rénovation tertiaire ou
une démarche de labellisation.
Ledvance précise participer à l’évaluation Ecovadis
depuis 2018, avec l’objectif de mesurer et
© Ledvance
faire évoluer sa stratégie de durabilité de façon
transparente. L’entreprise met aussi en avant
l’idée d’une démarche qui couvre l’ensemble de
la chaîne de valeur, ce qui touche directement
les sujets sensibles du secteur : sourcing des
composants, conditions de fabrication, traçabilité,
gestion des risques, et exigences croissantes
des clients finaux. •
6 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité
ÉNERGIE
Loi APER : accélérer les renouvelables, clarifier le foncier,
mais un cadre encore mouvant
Promulguée le 10 mars 2023, la loi APER
(accélération de la production d’énergies
renouvelables) veut gagner du temps sur le
solaire et l’éolien en jouant sur deux leviers
très concrets : mieux « préparer le terrain » dans
les collectivités et fluidifier les procédures. Le
texte place les communes au centre avec les
zones d’accélération des énergies renouvelables
(ZAENR) : chaque commune peut proposer
des secteurs prioritaires, après concertation locale,
puis le périmètre est instruit avec l’appui
de l’État et validé au niveau préfectoral. L’idée
est d’éviter le projet « posé n’importe où », de
réduire les frictions et d’orienter plus vite les
développeurs vers des zones jugées adaptées.
Sur le volet simplification, la loi introduit des
outils pour limiter les délais et les blocages, notamment
via une présomption d’intérêt public
majeur pour certains projets, afin d’encadrer
plus clairement les dérogations environnementales
quand elles sont possibles et justifiées.
Elle formalise aussi des relais administratifs,
dont un référent préfectoral et un dispositif
de médiation, pour éviter que les dossiers ne
s’enlisent dans des allers-retours interminables.
Autre sujet très suivi sur le terrain : l’agrivoltaïsme.
La loi APER pose un cadre, puis le
décret du 8 avril 2024 vient préciser les règles
applicables aux projets agrivoltaïques et, plus
largement, au photovoltaïque au sol sur terrains
agricoles, naturels ou forestiers. Le message
est double : ouvrir des possibilités, tout
en évitant que l’électricité ne prenne le pas sur
l’usage agricole et que les projets ne deviennent
des « centrales déguisées ».
La mesure la plus médiatisée reste celle des parkings
extérieurs de plus de 1 500 m², avec une
obligation d’ombrage sur une part importante de
la surface et des échéances graduelles. Le cadre a
toutefois évolué : la réglementation permet désormais
d’atteindre l’objectif d’ombrage via des solutions
combinant ombrières photovoltaïques et dispositifs
végétalisés, ce qui réduit mécaniquement
la part minimale de solaire dans certains cas.
Deux ans après, l’accélération est réelle sur le
papier, mais la mise en musique reste heurtée :
de nombreuses communes peinent à finaliser
leurs ZAENR faute de moyens, et certains
textes attendus, comme le décret sur le partage
territorial de la valeur, continuent d’alimenter
l’impression d’un cadre qui se stabilise trop
lentement pour une filière censée « aller vite ». •
© Freepik
STOCKAGE D’ÉNERGIE
Les batteries au sel et la technologie SMC
s’imposent dans les applications critiques
Horien Salt Battery Solutions, entité du
groupe Horien dédiée au stockage et au
secours énergétique, met en avant une nette
accélération commerciale en 2025 autour des
batteries dites « au sel », basées sur la technologie
SMC (sodium metal chloride). Cette
chimie, longtemps cantonnée à des usages de
niche, est en train de devenir une référence pour
les applications critiques où la sécurité, la fiabilité
et la supervision à distance priment sur le
reste. Horien cite des déploiements récents dans
trois univers très exigeants, le pétrole et gaz, les
infrastructures numériques type data centers,
et les réseaux électriques, des secteurs rarement
tolérants aux solutions expérimentales.
Le signal le plus fort vient du marché américain,
qui représenterait désormais plus de la
moitié du chiffre d’affaires de l’activité. Horien
annonce une croissance de 40 % sur un an aux
États-Unis, portée par une clientèle qui arbitre
de plus en plus sur le coût total de possession
plutôt que sur le seul investissement initial.
Dans le discours, la batterie au sel est valorisée
pour sa durabilité et ses coûts d’exploitation réduits,
notamment grâce à un fonctionnement
annoncé sans maintenance et une surveillance
avancée via des systèmes de monitoring.
Autre indicateur de maturité, l’expansion au
Moyen-Orient. Horien indique avoir obtenu
des qualifications et approbations auprès d’acteurs
majeurs comme Aramco, Adnoc et Saudi
Electricity, après un processus de validation
technique. Ce type d’homologation est rarement
un simple tampon marketing : il traduit
des exigences élevées en continuité de service,
sûreté d’exploitation et traçabilité, et il confirme
que la technologie passe les fourches caudines
de donneurs d’ordres réputés difficiles.
Sur le réseau électrique européen, Horien cite
l’adoption de ses batteries dans des postes
© Horien Salt Battery
Solutions
électriques, avec des opérateurs comme Enel
et plusieurs utilities italiennes. Les bénéfices
mis en avant collent aux contraintes terrain :
tenue aux températures extrêmes, empreinte
au sol réduite, baisse des interventions grâce
au monitoring, et sécurité opérationnelle. Horien
rappelle aussi un parc installé de plus de
1 GWh et une présence dans plus de 50 pays,
avec une hausse de revenus de 30 % en 2025
et une base clients en progression équivalente.
À l’échelle d’une filière, ces chiffres traduisent
surtout une dynamique : la batterie au sel n’est
plus seulement une alternative « intéressante »,
elle est en train de gagner du chemin dans les
cahiers des charges des sites critiques. •
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 7
TENDANCES ET MARCHÉS • Actualité
PARTENARIAT
Netatmo s’allie à EDF pour la flexibilité via le thermostat
Netatmo et le groupe EDF ont officialisé
un partenariat visant à renforcer la flexibilité
électrique des logements, en s’appuyant
sur le thermostat intelligent Netatmo. L’objectif
est double : aider les ménages à optimiser leur
consommation de chauffage, tout en contribuant
à la stabilité du réseau, dans un contexte
où la part des énergies renouvelables intermittentes
rend l’équilibre offre-demande plus
Alexandre Menu (à gauche), directeur général de
Netatmo, et Benoît Lamberti, directeur marketing
et expérience client d'EDF.
▼
© Netatmo
délicat à piloter. EDF indique viser 27 GW de
flexibilité supplémentaire d’ici 2035, et ce rapprochement
s’inscrit dans cette trajectoire.
Pour les professionnels, l’intérêt est très concret
car l’intégration doit simplifier l’expérience
côté client final et donner plus de visibilité à
un usage « pilotable » du chauffage. Les clients
EDF équipés du thermostat intelligent Netatmo
pourront piloter leur installation directement
depuis l’application EDF & Moi, via une
rubrique dédiée au pilotage. Cette centralisation
dans une application grand public d’un énergéticien
facilite l’adoption, et peut devenir un
argument d’installation, notamment en rénovation
où le chauffage reste le principal poste
de dépense.
EDF rappelle le principe de la flexibilité : ajuster
temporairement la consommation de certains
équipements pour aider le réseau lors des
pics. En pratique, cela peut se traduire par un
décalage léger d’allumage ou une réduction de
chauffe sur quelques minutes, annoncée comme
sans impact sur le confort. Pour l’utilisateur, la
promesse est de conjuguer maîtrise du budget
et participation à l’effort collectif d’équilibrage,
avec une estimation allant jusqu’à 15 % d’économies
sur la part chauffage de la facture d’électricité,
grâce à une programmation plus fine, un
pilotage à distance et un suivi des consommations
réelles.
Côté compatibilité, Netatmo met en avant un
spectre large qui concerne directement les installateurs
: chaudières individuelles (électrique,
gaz, fioul, bois), pompes à chaleur air-air et aireau,
ainsi que poêles à bois ou à granulés, ce qui
positionne la solution sur une grande variété de
configurations domestiques.
Au-delà des économies, EDF présente le partenariat
comme un dispositif « gagnant » pour
le système électrique : plus de pilotage côté
demande, moins de coûts d’ajustement, et une
meilleure résilience face aux variations de production
et de consommation. Pour la filière,
c’est un signe supplémentaire que le pilotage
des usages, via des équipements connectés déjà
présents chez les particuliers, devient un levier
central de la transition énergétique, et pas seulement
un gadget domotique. •
FORMATION
Kelkun Academy veut rendre la formation BTP plus lisible
pour les artisans
Kelkun annonce le lancement de la Kelkun
Academy, avec une première étape très opérationnelle
: un catalogue de formations en ligne
gratuit destiné aux professionnels de l’artisanat
et du BTP, mais aussi aux futurs entrants dans
ces métiers. Le positionnement est simple :
faciliter l’accès à une offre de formation jugée
trop dispersée, difficile à comparer et souvent
peu lisible pour des dirigeants d’entreprise déjà
pris par les urgences quotidiennes de chantier,
de gestion et de recrutement. Dans un secteur
où 57 % des recrutements étaient jugés difficiles
en 2024 selon une enquête France
Travail, la start-up montpelliéraine
veut se placer comme un point d’entrée
unique pour aider à prendre de
meilleures décisions de montée en
compétences.
Le catalogue réunit des formations
très variées, avec une logique de centralisation
plutôt que de production
de contenu en propre à ce stade. Kelkun
met en avant les habilitations et
formations réglementaires, les gestes
métier, les formations fabricants,
l’alternance, mais aussi des sujets
© Kelkun
de gestion, de finance, de transition écologique
et de compétences transversales. L’idée est de
couvrir la réalité du terrain, où les besoins ne se
limitent pas à la technique pure : un artisan doit
aussi suivre les évolutions réglementaires, structurer
son activité et adapter son entreprise aux
nouvelles attentes du marché.
Concrètement, la plateforme doit permettre de
trouver des formations, de les comparer, puis
de demander un devis ou de candidater directement
auprès d’organismes partenaires sélectionnés.
Pour les entreprises artisanales, l’intérêt
est surtout le gain de temps et la réduction de
la complexité administrative. Pour les installateurs
et électriciens, cela peut aussi devenir un
outil de veille compétences, utile pour identifier
rapidement une formation réglementaire, un
module fabricant ou un parcours de spécialisation
en lien avec l’évolution des équipements et
des chantiers.
Kelkun présente cette academy comme la première
brique d’un dispositif plus large. À court
terme, la société veut faciliter l’accès à la formation
et rendre l’offre plus compréhensible.
À moyen terme, elle ambitionne de
contribuer à réduire les tensions de
recrutement et à améliorer l’attractivité
des métiers, en élargissant l’accès
à des publics encore sous-représentés,
notamment les personnes en reconversion
ou en situation de handicap.
À plus long terme, Kelkun veut devenir
une porte d’entrée vers les métiers
et l’entrepreneuriat dans l’artisanat et
le BTP, en fédérant organismes, entreprises
et partenaires institutionnels
autour d’un écosystème plus lisible,
plus inclusif et plus durable. •
8 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
ÉVÈNEMENT
SALON
Retour sur le CES 2026 :
la maison autonome se construit
dès aujourd’hui
À Las Vegas, le CES 2026 n’a pas seulement confirmé les grandes tendances technologiques du moment.
Il a surtout montré que la maison connectée entre dans une phase de maturité. Matter s’impose comme
socle d’interopérabilité, Z-Wave se repositionne sur les usages exigeants, l’IA prend la main sur la gestion
énergétique et les assistants numériques quittent l’écran pour s’incarner dans des objets du quotidien.
Le CES a une nouvelle fois joué son rôle
de baromètre de l’innovation, en rassemblant
à Las Vegas près de 148 000 participants,
plus de 4 000 exposants et plus de
1 000 startups sur plus de 232 000 mètres
carrés d’exposition. Au milieu de cette déferlante
de nouveautés, plusieurs axes majeurs
se dégagent nettement pour les acteurs du
bâtiment et de la domotique : une maison
qui devient réellement intelligente et autonome,
une gestion de l’énergie de plus en plus
confiée à l’IA, l’irruption massive d’assistants
IA personnels, la robotique qui s’invite hors
des usines, et, en toile de fond, une attention
grandissante portée à la santé et au maintien
à domicile des seniors.
MAISON CONNECTÉE :
UN CHANTIER QUI DEVIENT
RÉELLEMENT MULTI‐PROTOCOLES
Matter s’installe comme socle
commun
Après des années à jongler entre Zigbee,
Z‐Wave, Wi‐Fi et protocoles propriétaires,
Matter commence enfin à jouer le rôle de « dénominateur
commun » à la maison connectée.
La différence est visible au CES : le logo Matter
n’est plus mis en avant comme une nouveauté
marketing, il est presque implicite sur les nouveautés
sérieuses. La plupart des nouveaux
produits sortent « Matter‐ready », souvent en
Thread, parfois en Wi‐Fi, et viennent se greffer
sans passerelle exotique dans Apple Maison,
Google Home, Alexa ou SmartThings.
Aqara illustre bien cette normalisation : son
écosystème, déjà riche, intègre désormais une
caméra Matter et un thermostat adaptatif qui
entrent nativement dans Apple Home tout en
restant exploitables par d’autres plateformes.
Mui Lab, de son côté, transforme la commande
murale en élément décoratif : la barre
en bois tactile certifiée Matter devient à la
fois un contrôleur multi‐produits et un objet
d’intégration architecturale. SwitchBot pousse
▼
Le Convention Center, entièrement refait à neuf cette année.
la logique plus loin avec sa serrure Lock Ultra
Vision Pro, qui combine Matter, vidéo, clavier
et reconnaissance palmaire biométrique, en se
comportant côté intégration comme un simple
périphérique du bus domotique, malgré une
grande complexité interne.
Pour un professionnel, cela change la nature du
travail. Le débat « tel produit est‐il compatible
avec tel écosystème ? » va progressivement laisser
place à « quel transport Matter est le plus
pertinent ici : Wi‐Fi, Thread, ou les deux ? ».
L’enjeu se recentre sur la conception du réseau
radio, la densité de maillage, la gestion des alimentations,
et la coexistence avec les réseaux
Zigbee et Wi‐Fi déjà installés.
Ikea : Matter en grande surface,
pression sur les prix et culture
« standard »
L’autre signal fort, côté terrain, vient d’Ikea. Le
fabricant a clairement décidé de miser lourd sur
Matter, avec une vingtaine de références compatibles
annoncées et mises en avant au CES :
éclairage, prises, boutons, capteurs, mais aussi
équipements plus avancés comme les enceintes
ou les produits intégrables.
Dans la suite spécialement réservée à l’occasion,
la stratégie est limpide : Matter over Thread ou
Wi‐Fi, intégration directe dans les plateformes
grand public, et tarifs qui cassent le marché,
avec des prix démarrant à moins de 10 €. Une
installation de base avec quelques points lumineux,
détection d’ouverture et capteurs de fuite
se chiffre à quelques dizaines d’euros, installée
en grande partie par le client lui‐même. Ce segment
ne remplacera pas une installation domotique
professionnelle, mais il va conditionner
les attentes : beaucoup de clients auront testé
des produits Ikea ou équivalents et jugeront
normal de pouvoir ajouter ensuite des équipements
plus haut de gamme sans tout refaire.
Pour l’installateur, l’intérêt est double. D’un
côté, Ikea impose Matter dans l’imaginaire
du grand public, ce qui facilite l’argumentaire
autour d’un standard unique. De l’autre, ces
produits serviront souvent de « premier étage »
sur lequel venir greffer, en deuxième phase, un
travail pro : meilleure couverture radio, scéna-
© Cédric Locqueneux
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 9
ÉVÈNEMENT
© Cédric Locqueneux
▼
L’écosystème Matter se développe de plus en plus chez Aqara.
Avec la nouvelle serrure SwitchBot, plus de
contact, la reconnaissance se fait en scannant la
paume de la main.
▼
© Cédric Locqueneux
rios avancés, intégration énergétique, sécurité,
supervision.
Matter au‐delà des gadgets :
variateurs, miroirs, capteurs avancés
Cette édition 2026 du CES montre que Matter
sort clairement du domaine de la simple ampoule
RGB. Des fabricants comme LIFX proposent
par exemple un miroir lumineux de salle
de bains, le SuperColor Mirror, intégrant bandes
led multizones, scénarios de lumière dédiés et
boutons tactiles capables de piloter n’importe
quel appareil Matter du logement. Le même
acteur prépare un variateur mural quatre boutons
avec barre lumineuse, capable de gérer des
circuits classiques tout en déclenchant des scènes
dans l’écosystème connecté.
Du côté des capteurs, la sélection Matter mise en
avant regroupe détecteurs de fuite multi‐sondes,
capteurs de mouvement radar micro‐ondes avec
détection fine de présence, et serrures à double
pile en Thread et Wi‐Fi. Cela signifie que des
éléments historiquement « courant fort » ou
« courant faible filaire » (variateurs, commandes
murales, éclairages de salle d’eau, détecteurs de
fuite) entrent progressivement dans le champ natif
de Matter, avec des fonctions plus riches mais
aussi des contraintes de mise en œuvre (alimentation,
réseau, règles d’installation) à maîtriser.
Z‐WAVE : MOINS VISIBLE GRAND
PUBLIC, MAIS TOUJOURS TRÈS
STRATÉGIQUE POUR LES PROS
Une présence discrète au CES,
mais un message solide
Face à la déferlante Matter, Z‐Wave n’a pas disparu.
Bien que la Z‐Wave Alliance occupe une
suite privée plutôt qu’un grand stand comme
c’était le cas avant la crise Covid, elle occupait
tout de même un espace dédié au CES avec
démonstrations et panels, et un discours clair : le
protocole reste une brique clé pour les installations
exigeantes et les scénarios professionnels.
Là où Matter se focalise sur l’interopérabilité
entre grandes marques et plateformes, Z‐Wave
continue de se positionner comme un réseau
maillé robuste, pensé pour du résidentiel sérieux,
du petit tertiaire, et des environnements où la fiabilité
radio est prioritaire.
Z‐Wave Long Range (ZWLR) joue un rôle important
dans cette stratégie. Plus de 125 produits
certifiés sont désormais disponibles, avec une portée
considérablement augmentée et la possibilité,
sur certains marchés, de sortir du strict schéma
maillé pour atteindre des appareils éloignés. Sur
de grands habitats, des résidences étalées ou des
bâtiments avec sous‐sols profonds, c’est un argument
concret : on peut couvrir l’ensemble du site
sans multiplier à l’infini les répéteurs.
Wake on Event End Node :
vers de vrais capteurs « fit & forget »
La spécification Z‐Wave 2025B introduit le
rôle Wake on Event End Node (WOEEN), qui
intéresse directement la maintenance et la fiabilité.
Il s’agit d’un mode permettant de concevoir
des capteurs auto‐alimentés qui restent en veille
profonde et ne se réveillent que sur événement,
plutôt que d’émettre périodiquement. Dans la
pratique, cela permet de déployer des points de
mesure quasiment « sans entretien », avec des
durées de vie de piles très allongées, voire des dispositifs
combinant petite batterie et récupération
d’énergie.
Pour un installateur, cela change la donne dans
les zones difficiles d’accès ou les projets où l’on ne
veut plus « courir les piles » tous les 18 mois : capteurs
de fuite dans des vides sanitaires, contacts
d’ouverture sur des accès rarement utilisés, sondes
de température/hygrométrie dans des locaux
techniques éloignés. Couplé à Z‐Wave Long
Range, ce modèle de capteur élargit le champ
d’applications de la technologie sur des sites que
Matter ou Zigbee couvriront moins facilement.
Z‐Wave vs Matter : complémentarité
plus que confrontation
Au vu de ce CES, Z‐Wave ne prétend pas remplacer
Matter. Il se recentre sur ce qu’il sait faire :
des réseaux stables, supervisés, dans des installations
globales où l’installateur garde la main
sur l’infrastructure. Matter, de son côté, pousse
l’ouverture et le plug & play grand public. Sur
un chantier neuf ou une rénovation lourde, le
schéma le plus réaliste sera souvent un mélange
des deux : Matter pour la majorité des périphériques
visibles côté client (éclairage, commandes,
quelques capteurs, petites motorisations),
Z‐Wave pour certaines fonctions stratégiques
(alarme, sécurité, capteurs critiques, automatisations
« structurelles »).
Dans ce contexte, l’expertise de l’installateur ne
consiste plus à « choisir un protocole », mais à
assembler un système cohérent multi‐protocoles,
en gérant passerelles, priorités et scénarios de
secours.
RÉSEAUX, WI‐FI 7 ET 6G : LA COUCHE
INVISIBLE À NE PLUS NÉGLIGER
La maison connectée montre ses limites dès
que la connectivité se dégrade. Au niveau local,
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ÉVÈNEMENT
© Cédric Locqueneux
© Cédric Locqueneux
▼
Netgear présentait sa large gamme de routeurs compatibles Wi-Fi 7.
pureLiFi fait transiter les données via la lumière, limitant ainsi la transmission
au seul rayon lumineux.
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le Wi‐Fi 7 s’impose sur les routeurs grand public
haut de gamme, avec des gammes comme
Netgear Orbi 370, 770, 970, capables de délivrer
des débits gigabit stables et une latence
réduite, même avec plusieurs dizaines d’objets
connectés. Pour un installateur, cela signifie
que le dimensionnement du réseau Wi‐Fi n’est
plus un « accessoire » laissé au client, mais une
partie intégrante de la prestation domotique :
points d’accès maillés bien placés, canaux planifiés,
coexistence avec Thread et Zigbee sur
2,4 GHz.
En parallèle, la 6G se dessine déjà en labo et
en démonstration : des débits de 100 Gbps à
1 Tbps, une latence quasi nulle, des architectures
mêlant terrestre et satellitaire, et une forte
dose d’IA pour l’auto‐optimisation du réseau.
Les usages visés dépassent largement le résidentiel,
mais auront des retombées : télémédecine
haute définition au domicile, pilotage de robots
à distance, streaming temps réel de flux caméra
multiples vers des centres de télésurveillance,
etc. À plus court terme, le Li‐Fi avec des acteurs
comme pureLiFi introduit l’idée de lier la lumière
et la donnée, ce qui ouvre des perspectives
pour des sites sensibles (cliniques, maisons de
retraite, établissements médico‐sociaux) où les
ondes radio classiques posent question.
GESTION D’ÉNERGIE :
HEMS, BATTERIES ET INTÉGRATION
DOMOTIQUE
Tuya HEMS : du monitoring
à l’optimisation pilotée par IA
Sur la partie énergie, le CES marque un pivot :
le HEMS n’est plus un tableau de bord, c’est
un automate énergétique intelligent. Tuya en
donne une illustration très concrète. Sa solution
HEMS s’appuie sur une mesure granulaire
(pinces sur circuits, compteurs, prises,
clim, radiateurs, chauffe‐eau, électroménager,
voire véhicule électrique) et une couche IA qui
surveille en temps réel, détecte les gaspillages,
optimise en fonction de la météo et des horaires,
puis agit sans demander systématiquement
confirmation à l’utilisateur.
Dans la pratique, des scénarios type sont mis
en avant : mode « maison vide » qui coupe ce
qui n’a pas lieu de tourner, abaisse les consignes,
et relance confort et ECS juste avant le retour ;
mode « canicule » qui ferme volets et stores
motorisés, pré‐climatise au meilleur moment
en fonction des tarifs et de la production solaire
; mode « économie » qui décale certaines
charges en heures creuses. Pour l’installateur,
cela implique de prévoir dès la conception les
points de contrôle : contacteurs, interfaces sur
les chauffe‐eau, compatibilité des unités intérieures
de climatisation, pilotage des volets,
remontée de la production photovoltaïque,
intégration du véhicule électrique.
Tuya pousse aussi la logique jusqu’à la couche
développeur, avec son projet open source
TuyaOpen, qui permet à des fabricants de
créer des matériels « AI‐native » en s’appuyant
sur ses briques d’agent IA. Dans un contexte
pro, cela ouvre la porte à des compteurs, bornes
de recharge, batteries ou modules de chauffage
capables de dialoguer intelligemment avec le
HEMS, plutôt que d’être de simples esclaves
pilotés en tout ou rien.
© Cédric Locqueneux
▼
Tuya propose un HEMS très complet.
Stockage et PV : des équipements
à intégrer dans le schéma domotique
EcoFlow, Bluetti, Pila et d’autres montrent
que les batteries résidentielles ne sont plus un
marché de niche. EcoFlow, avec la Delta Pro
Ultra X, affiche des capacités pouvant aller
jusqu’à 180 kWh, modulables selon les besoins.
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 11
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© Cédric Locqueneux
Les panneaux solaires deviennent même enroulables, permettant la réalisation
par exemple d’un store banne.
▼
Les fabricants proposent de nouvelles esthétiques pour s’intégrer n’importe où
en toute discrétion.
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Bluetti rend certaines de ses batteries compatibles
nativement avec Home Assistant.
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Pila propose un concept de batteries maillées à
l’échelle d’un quartier. Bluetti frappe les installateurs
en rendant certaines batteries nativement
compatibles Home Assistant, ce qui les intègre
directement dans les logiques domotiques et
HEMS DIY ou pro.
Sur la production, les tuiles souples Jackery
SolarSaga ou les stores bannes solaires GT‐Pow
montrent comment le photovoltaïque s’intègre
de plus en plus dans l’enveloppe du bâtiment.
Ces produits transforment le chantier : il ne
s’agit plus seulement de raccorder « un champ
PV » standard, mais d’intégrer des éléments de
façade, des protections solaires motorisées, des
toiles souples, tout en maintenant la cohérence
électrique, la sécurité et la supervision.
ASSISTANTS IA PERSONNELS :
L’IA SORT DE L’ÉCRAN
L’IA ne reste plus enfermée dans un smartphone
ou une enceinte posée dans un coin du
salon. Au fil des allées du CES, nous avons pu la
La Delta Pro Ultra X d’EcoFlow est un
monstre de puissance pour répondre à tous les
besoins.
voir se matérialiser dans une multitude d’objets
qui accompagnent l’utilisateur du matin au soir.
La notion d’« assistant vocal » laisse place à celle
d’agent numérique, capable de prendre des initiatives,
de gérer des tâches en chaîne et de suivre
son utilisateur quel que soit le terminal utilisé.
C’est exactement l’ambition de Qira, présenté
par Lenovo et Motorola : un « super agent » qui
circule indifféremment du PC au smartphone,
de la tablette à la montre ou à des accessoires
dédiés. Plutôt que de multiplier les assistants
cloisonnés, l’utilisateur dispose d’un seul cerveau
numérique, distribué dans plusieurs boîtiers, qui
connaît ses habitudes, ses documents, son agenda
et son historique d’interactions, et qui peut
lancer lui-même des actions complexes dans un
cadre défini.
Cette incarnation de l’IA prend d’abord la forme
de wearables, des objets que l’on porte sur soi en
permanence. Looki L1, par exemple, se présente
comme un pendentif à porter autour du cou. Il
enregistre les moments clés de la journée, résume
▼
© Cédric Locqueneux
les conversations, génère automatiquement une
sorte de journal visuel ou un « comic » de la journée,
et n’hésite pas à intervenir pour suggérer une
pause, un changement d’itinéraire ou une idée
de repas en fonction de ce qu’il observe. Cap-
Mind One s’oriente davantage vers la mémoire
vocale : l’appareil capture facilement ce que l’on
dit ou entend au fil de la journée, puis permet
de retrouver rapidement une information, une
idée ou une décision, comme un second cerveau
dédié aux notes et aux discussions. Cette logique
de « mémoire externe » revient dans plusieurs
produits. À l’autre extrémité du spectre, Wizpr
Ring mise sur la discrétion totale : une bague
dans laquelle on chuchote quelques mots, main
portée à la bouche, pour converser avec son assistant
IA sans sortir le téléphone. Dans la continuité,
des écouteurs comme Oso AI, les Tozo X2
Pro ou la gamme Mobvoi TicNote (montre et
écouteurs assortis) montrent comment la voix
devient l’interface principale, avec une IA qui
écoute, résume et restitue en fin de journée les
notes, réunions et échanges importants.
Sur le bureau, les assistants prennent une forme
plus visible. Lepro Ami adopte l’apparence
d’un écran incurvé posé face à l’utilisateur, avec
Le Looki L1 est un assistant IA déjà disponible
à la vente, qui se porte autour du cou et vous suit
partout.
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© Cédric Locqueneux
© Cédric Locqueneux
Motorola et Lenovo ont présenté un prototype de « wearable » permettant
d’embarquer l’IA Qira partout avec soi.
▼
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TicNote Watch de Mobvoi : montre connectée et assistant IA au poignet.
une interface qui suit le regard et donne l’impression
de dialoguer avec une présence plutôt
qu’avec un logiciel abstrait. Certains systèmes
vont jusqu’à utiliser des effets holographiques
pour matérialiser un personnage virtuel doté
d’une personnalité propre, qui réagit aux expressions
et au ton de la voix. Loona Desk-
Mate choisit la voie du petit robot animé qui
vit à côté du clavier : il réagit aux notifications,
rappelle des tâches, commente ce qui se passe
à l’écran et offre une forme de compagnie dans
les longues sessions de télétravail. Vibe Bot, de
son côté, se pose comme un agent qui observe
le flux de travail numérique, aide à organiser
les priorités, à structurer le planning et à rappeler
à l’utilisateur de faire des pauses quand la
charge cognitive devient trop forte. Dans certains
concepts, un simple smartphone posé sur
une base se transforme en compagnon animé
de bureau, grâce à une interface IA qui occupe
l’écran et interagit en continu avec l’utilisateur.
Les lunettes connectées reviennent également
sur le devant de la scène, mais avec des usages
bien mieux définis que lors des premières vagues
de « smart glasses ». LookTech propose
des lunettes qui combinent vision augmentée
et assistance contextuelle, en ajoutant dans le
champ de vision des informations utiles à la situation
: directions de navigation, notifications
importantes, rappels. EchoVision se concentre
sur les personnes malvoyantes et fournit une
aide pour se repérer, reconnaître des objets ou
lire des informations écrites. HyperAI mise
sur un traitement local des données audio ou
visuelles pour éviter la dépendance permanente
au cloud, ce qui est intéressant pour des
contextes sensibles ou des usages hors ligne.
D’autres modèles, comme Even Realities G2
ou MentorLens, ciblent l’apprentissage et
la formation : ils affichent en temps réel des
traductions, des instructions de montage, des
indices pédagogiques ou des annotations sur
l’environnement, ce qui transforme les lunettes
en véritable assistant d’étude ou de travail.
En regroupant ces exemples, on obtient un
paysage assez clair pour les métiers de demain :
l’assistant IA ne sera plus seulement une application
sur un smartphone, mais une couche
intelligente qui circule entre les objets portés,
les équipements de bureau et, bien sûr, la maison
connectée. Les systèmes que vous installez
– éclairage, chauffage, sécurité, ventilation,
gestion d’énergie – seront de plus en plus commandés
par ces agents numériques, souvent
sans passer par des interfaces classiques. La capacité
à préparer des infrastructures robustes,
ouvertes et bien intégrées conditionnera la
qualité de l’expérience que ces nouveaux assistants
pourront offrir à vos clients.
LA ROBOTIQUE : PLUS QUE JAMAIS
PRÉSENTE
Robots domestiques : vers de vrais
assistants de maison
Les robots de maison ne se contentent plus
de passer l’aspirateur en ligne droite. Au
© Cédric Locqueneux
© Cédric Locqueneux
Dans certains concepts, un simple smartphone posé sur une base se transforme en
compagnon animé de bureau, grâce à une interface IA qui occupe l’écran et interagit en
continu avec l’utilisateur.
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Les lunettes Even Realities peuvent superposer des indications GPS,
traduire une conversation en direct ou afficher des instructions étape par
étape pendant une intervention technique
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Les assistants IA prennent aujourd’hui de
nombreuses formes.
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Une démo mettait en scène l’Onero H1 ramassant
du linge sur un canapé pour le mettre dans la machine
à laver. Les nouveaux robots mobiles interagissent avec
tout l’écosystème domotique du foyer.
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Le Rovar monte la garde, joue, et promène même le chien.
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Le robot de LG est une véritable aide-ménagère.
© Cédric Locqueneux
CES 2026, on a clairement senti le basculement
vers des machines pensées comme de
véritables « collaborateurs » du foyer, capables
de dialoguer avec l’écosystème domotique et
de prendre en charge plusieurs types de tâches.
L’exemple le plus frappant vient de Switch-
Bot avec l’Onero H1. Ce n’est plus un simple
robot ménager, mais un assistant mobile qui
sait interagir avec les autres appareils de la
maison, déclencher ou exécuter des scénarios,
et s’insérer dans une logique d’automatisation
globale. Annoncé pour une commercialisation
d’ici la fin de l’année, à un prix sous la barre des
10 000 €, il ne reste plus au stade du prototype
inaccessible : il vise clairement le marché résidentiel
haut de gamme, voire certains usages
semi-professionnels.
Chez LG, le robot présenté adoptait une
approche différente mais complémentaire. Sa
capacité à franchir des obstacles, à naviguer
dans des environnements encombrés et à intervenir
sur des surfaces verticales le rapproche
davantage d’une aide-ménagère partielle que
d’un gadget ludique. On n’est plus simplement
sur un appareil qui « aspire bien », mais sur une
plateforme mobile polyvalente, pouvant être
reconfigurée selon les besoins du foyer.
À l’extérieur, la robotique s’invite aussi dans les
usages plus sécuritaires. Le Rovar de Sentigent
patrouille de manière autonome autour de la
maison, s’appuie sur des capteurs multiples
et de la vision IA pour analyser les situations,
et transforme un jardin classique en véritable
périmètre surveillé. Ce robot ne se limite pas
à détecter une intrusion : il peut aussi interagir
avec les occupants, jusqu’à accompagner
ou jouer avec le chien, ce qui brouille volontairement
la frontière entre outil de sécurité et
compagnon quotidien.
Enfin, de nombreux robots de « compagnie »
étaient disséminés un peu partout sur le salon,
sous des formes très variées. Les modèles issus
de Ludens AI, comme Cocomo ou Inu, misent
surtout sur la présence, l’expression et l’interaction
sociale pour apporter de la compagnie, du
divertissement ou un peu de soutien émotionnel.
Pour un installateur, ces produits restent
encore en marge des cahiers des charges classiques,
mais ils annoncent un futur proche où
la maison équipée devra aussi tenir compte
de ces nouveaux occupants robotisés, tant en
termes de réseau que de scénarios domotiques.
Exosquelettes :
une aide pour les seniors
Les exosquelettes constituent l’autre grande
famille de solutions où l’IA devient tangible.
Ce sont eux qui retiennent le plus l’attention
dès qu’on parle de maintien à domicile ou d’allègement
des tâches physiques. On est loin de
l’armure de science-fiction : de premiers modèles
« souples », comme ceux de Wirobotics
ou d’Ascentiz, prennent la forme de vêtements
techniques renforcés. Leur rôle est de soulager
les articulations, d’accompagner les mouvements
et de limiter la fatigue musculaire lors
de la marche ou du port de charges. Le gain
est réel, y compris pour un utilisateur en bonne
santé, et devient décisif dès qu’on s’adresse à
des personnes fragilisées ou à des professionnels
soumis à des gestes répétitifs.
Au-dessus de cette première catégorie, on
trouve des exosquelettes motorisés, comme ceux
proposés par Hypershell ou GOGOA. Ici, des
moteurs viennent fournir une partie de l’effort à
la place des muscles, en synchronisation avec le
mouvement naturel de la personne. Le résultat,
quand l’ajustement est bien fait, peut être spectaculaire
: marche prolongée malgré une fatigue
© Cédric Locqueneux
14 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
ÉVÈNEMENT
© Cédric Locqueneux
Une fois enfilé, l’exosquelette donne clairement
l’impression de retrouver des « jambes neuves » après
une journée entière passée à arpenter le salon du CES.
▼
importante, vitesse accrue sur terrain dégagé,
capacité à monter des pentes que l’utilisateur
n’aurait pas pu affronter seul. Pour un senior
ou une personne en convalescence, ce type
d’appareil peut faire la différence entre rester
enfermé chez soi ou retrouver la possibilité
de sortir, aller faire des courses ou visiter des
proches.
Une troisième catégorie cible directement la rééducation
fonctionnelle. Des dispositifs comme
HMedi Pro ou DNSYS Z1 sont conçus pour
accompagner des séances de rééducation après
un accident vasculaire cérébral, une opération
ou une chute. Ils imposent ou assistent des trajectoires
de mouvement très précises, adaptent
l’effort à la progression du patient, enregistrent
les données de chaque séance et permettent au
thérapeute de suivre l’évolution de manière objective.
Ces systèmes étaient déjà visibles lors de
l’édition précédente, mais les modèles montrés
cette année paraissent plus compacts, mieux finis
et plus « portables » dans un environnement
domestique.
Si l’on regarde tout cela sous l’angle de la Silver
Économie, la maison commence à ressembler
à un véritable « aidant numérique ». La convergence
entre domotique, gestion d’énergie, IA
et robotique modifie profondément la manière
d’aborder le vieillissement à domicile. On ne
parle plus de dispositifs stigmatisants affichant
ouvertement « produit pour personnes âgées »,
mais d’objets et de services qui se fondent
dans le paysage technologique général. Cairns
Health illustre bien cette tendance : son assistant
IA est conçu pour les seniors, mais dans
l’usage il ressemble à un assistant numérique
moderne, capable de surveiller l’état de santé,
détecter des signaux faibles, rappeler les rendezvous
ou la prise de médicaments, et prévenir les
proches ou les professionnels si nécessaire. Les
appareils auditifs nouvelle génération, comme
ceux d’Elehear, ou des lunettes spécialisées
comme EchoVision, utilisent l’IA et la connectivité
Bluetooth pour offrir un confort sonore
ou visuel optimisé, tout en restant discrets et
proches des wearables grand public.
Le suivi de santé bascule lui aussi vers une logique
beaucoup plus continue et prédictive. Des
solutions comme Meet Pete de Starling Medical
permettent d’analyser l’urine chaque jour à
domicile, de façon automatique, pour détecter
très tôt des infections urinaires, des problèmes
rénaux ou d’autres pathologies fréquentes chez
les personnes âgées. D’autres dispositifs, tels que
Throne, proposent des approches similaires en
intégrant les capteurs directement dans les toilettes.
Le tout se déroule en arrière-plan, sans
changer les habitudes de la personne. Des solutions
comme SleepQ combinent pour leur part
IA et médicaments en lien avec le sommeil, en
ajustant les prises et les doses au fil du temps
pour améliorer la qualité des nuits. Parallèlement,
des équipements comme Nemonic Dot
facilitent l’accès au braille en convertissant
du texte numérique en impression tactile, ce
qui améliore l’autonomie des personnes malvoyantes.
En arrière-plan, la question de la polypharmacie
et des interactions médicamenteuses devient un
enjeu central. Des dispositifs et organisations
comme Iatroprev montrent qu’en coordonnant
mieux le travail des médecins, pharmaciens et
gériatres, et en s’appuyant sur des outils numériques,
on peut réduire de manière significative
les hospitalisations liées aux erreurs ou aux incompatibilités
de traitements. La pharmacogénétique,
citée parmi les grandes tendances santé,
va encore plus loin en adaptant les prescriptions
au profil génétique de chaque patient, à l’aide
d’algorithmes capables d’identifier en amont
les combinaisons dangereuses ou les posologies
inadaptées. Dans ce cadre, l’IA ne se contente
pas de rappeler de prendre les comprimés : elle
participe à définir quels médicaments administrer,
quand et à quelle dose.
Sur le plan de la mobilité et de l’autonomie à la
maison, les exosquelettes ne sont plus seuls en
jeu. Des fauteuils roulants intelligents comme
le Strutt ev1 peuvent se déplacer presque seuls,
contourner les obstacles et aider à évoluer dans
des logements parfois encombrés. Les multiples
capteurs embarqués permettent un guidage
assisté qui sécurise les déplacements et réduit
l’effort de pilotage. Wheelmove propose une
approche intéressante pour le parc existant :
un système motorisé transportable qui vient
© Cédric Locqueneux
Grâce à ses nombreux capteurs, le Strutt ev1
permet de se déplacer très facilement.
▼
se greffer sur presque n’importe quel fauteuil
manuel pour le transformer en fauteuil assisté,
avec un coût et une complexité bien plus faibles
qu’un fauteuil électrique complet. ReviMo Niko
se concentre davantage sur les déplacements à
l’intérieur du domicile, en aidant à traverser un
couloir, franchir un seuil ou passer d’une pièce à
l’autre sans risque de chute.
À côté de ces aides à la mobilité, des solutions
de confort comme les fauteuils Bodyfriend
mêlent massage, relaxation et fonctions de
rééducation douce. Pour un senior ou une personne
en convalescence, ce type d’équipement
peut encourager de petits exercices réguliers,
améliorer la circulation, réduire les douleurs
et, plus largement, contribuer au bien-être
général. L’ensemble compose un paysage où la
maison n’est plus seulement un toit, mais un
environnement actif qui aide à se déplacer, à se
soigner, à communiquer et à rester autonome,
en arrière-plan du travail des soignants et des
aidants humains. •
L’avis d’ SMARTHOME
Vu de notre métier, le message est
complémentaire : les produits deviennent
plus standards (Matter, Z‐Wave LR),
plus puissants (HEMS, IA), mais aussi
plus dépendants d’une conception
sérieuse des réseaux, de l’énergie et
des scénarios. Les installations seront
presque toutes multi‐protocoles,
bordées par des exigences de confort,
de sécurité, d’économie d’énergie et,
de plus en plus, de santé. Les chantiers
« tirer des fils et visser des prises »
laisseront progressivement la place à
des projets où l’expertise réside dans
l’architecture globale.
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 15
ÉVÈNEMENT
SALON
ISE 2026, un salon qui parle
de plus en plus aux électriciens
L’ISE 2026, organisé à Barcelone fin janvier, a confirmé son statut de rendez-vous majeur pour
l’audiovisuel professionnel, le smart home et le smart building. Les halls dédiés au résidentiel, aux
espaces intelligents et à l’innovation n’ont pas désempli, avec un discours très clair des fabricants :
simplifier la vie des intégrateurs, rendre les systèmes plus interopérables et mieux préparer la
convergence entre électricité, réseau et domotique. Pour des électriciens et installateurs domotiques,
l’édition 2026 ressemble de plus en plus à une grande maquette du bâtiment connecté de demain,
dans lequel bus terrain, radio, IP et interfaces utilisateur doivent cohabiter sans heurts.
Les organisateurs revendiquent une fréquentation
en hausse, des halls saturés et
une zone résidentielle et smart building
particulièrement dense. L’impression sur place
va dans le même sens, avec des allées pleines
dès l’ouverture, des stands pris d’assaut et des
conférences souvent complètes. L’Innovation
Park, dédié aux startups, continue d’augmenter
en taille, preuve que les usages émergents
autour de la santé, de l’éducation ou du retail
intéressent autant les intégrateurs que les
géants de l’audiovisuel.
Au fil des discussions, une constante revient :
tout le monde parle de l’intégrateur. Les stands
mettent en avant des systèmes plus rapides à
installer, des configurations assistées, des mises
à jour simplifiées, des diagnostics à distance.
Un interlocuteur résume bien la tendance en
expliquant que même sur des produits très
simples, les constructeurs cherchent à retirer
des vis, réduire le temps au plafond ou au rack,
et éviter à l’installateur des heures de réglages
fastidieux. L’objectif ne consiste pas à retirer de
la valeur au métier d’intégrateur, mais à lui dégager
du temps pour le conseil, la conception
et le suivi des installations.
Sur le volet technologique, sans surprise, l’IA
reste partout, mais le discours est moins naïf.
Des conférences reviennent sur les échecs de
projets d’IA, la difficulté à passer des preuves
de concept aux déploiements, le besoin de
gouvernance des données et de modèle économique
clair. L’IA générative est comparée à
une commodité, un point de départ plus qu’un
aboutissement, et la question devient : comment
l’intégrer dans des produits ou services
réellement utiles, qu’il s’agisse de supervision,
d’analyse de données de bâtiment, d’assistants
de configuration ou d’optimisation énergétique.
Côté résidentiel, le CEDIA (Association
for Smart Home Professionals, co-organisateur
avec AVIXA, Audiovisual and Integrated
Experience Association, du salon ISE, Integrated
Systems Events) insiste davantage sur
des usages concrets, comme l’ajustement intelligent
de la lumière, de la température ou du
son en fonction des habitudes, plutôt que sur
des promesses abstraites.
Réseau, AV sur IP et outils
de configuration : le nouveau socle
technique
L’audio-vidéo sur IP poursuit son implantation
comme socle des installations, y compris dans
des contextes proches de l’habitat et du tertiaire
léger. Des solutions à 1 gigabit mettent
en avant des latences très faibles, la possibilité
de mixer vidéo, audio, USB et contrôle sur le
même réseau, ainsi que des fonctions de multiview
permettant d’afficher plusieurs sources
sur un seul écran. Des fabricants expliquent
leur choix d’une architecture de plus en plus
décentralisée, où chaque endpoint embarque
ses propres capacités de traitement audio et
parfois vidéo.
Dans l’écosystème NACS par exemple, chaque
élément du réseau peut jouer le rôle de source,
de processeur et de destination, rendant possible
un mode karaoké complet en combinant
simplement une source Bluetooth, un micro
et quelques réglages de routing. Sur la vidéo
sur IP, la gamme NVX évolue avec l’ajout du
multiview, déjà connu sur certaines références,
▼
Les commandes gravées améliorent immédiatement l’intuitivité des contrôles.
© Alexis Schneider
16 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
ÉVÈNEMENT
© Alexis Schneider
mais désormais généralisé sur plus de produits.
Cela permet d’envisager des murs d’images
ou des écrans de supervision dans des salles
techniques, des locaux tertiaires ou même des
grandes résidences, avec une logique purement
réseau. En parallèle, des solutions d’analyses
acoustiques sur smartphone, comme celles
couplées à NACS, permettent de faire des
mesures de type sweep dans une pièce et de
pousser directement les corrections dans l’écosystème.
Le réseau devient aussi central côté audio, avec
des enceintes alimentées en PoE ou PoE+, parfois
compatibles AES67, capables d’alimenter
plusieurs enceintes esclaves à partir d’un seul
point d’injection. L’un des modèles présentés
partage ainsi 25 watts entre une enceinte
maître et jusqu’à trois satellites, pour un niveau
sonore maximal de 98 dB, ce qui suffit pour de
nombreuses salles de réunion ou petits commerces.
Là encore, un câble réseau remplace
alimentation et câble haut-parleur, à condition
de maîtriser les notions de PoE, VLAN, QoS
et sécurité.
L’innovation ne se limite pas au cœur du système.
De nombreux stands mettent en avant la
qualité d’usage et le design des interfaces murales.
Dans la gamme Kameo, par exemple, les
claviers s’encastrent dans des boîtiers de type
américain et se clipsent sans vis, ce qui impose
une pose parfaitement plane et de niveau. La
personnalisation est poussée très loin, avec plus
de cent configurations de boutons possibles et
la possibilité de commander les façades directement
gravées, sans surcoût, pour éviter les
hésitations du client final face à des boutons
vierges. Pour des gammes plus sophistiquées
▼
Crestron est bien sûr un incontournable à l’ISE.
© Alexis Schneider
Le caisson de basses architectural Sonance à technologie bandpass avec conduit déporté est
conçu pour une intégration invisible derrière cloison ou mobilier.
▼
comme Horizon, une commande dès l’origine
avec la bonne répartition de touches et le bon
marquage devient quasiment obligatoire, au
risque de ne jamais finaliser le projet.
Les motorisations de stores et rideaux ont
aussi leur place, avec des partenariats qui
visent clairement à adapter des systèmes nés
aux États-Unis au marché européen. Un fabricant
explique ainsi travailler avec une société
britannique, Shadow, qui reprend moteurs,
tubes et rails pour y associer ses propres tissus,
conformes aux normes feu européennes.
Pour les intégrateurs français, cela simplifie
le discours : efficacité d’un système éprouvé,
mais conformité aux exigences locales.
Les enceintes et leur intégration dans des environnements
difficiles sont également abordées.
Les profils pour enceintes Sonance sont déjà
préconfigurés dans certains écosystèmes audio,
ce qui réduit le travail de réglage sur chantier.
La question de leur usage au-dessus d’une
piscine, exposées aux projections d’eau et à
l’humidité, reste en revanche à clarifier avec le
support technique américain, preuve que certaines
idées séduisantes demandent encore à
être validées en conditions réelles.
Côté éclairage, les modules de contrôle évoluent
aussi. Le support du protocole DALI
DT8 est confirmé, de quoi gérer plus finement
températures de couleur et scénarios de lumière
dynamique. Surtout, de nouveaux variateurs
de phase pour tableau électrique font leur
apparition, nettement plus compacts que les
anciennes références, tout en conservant une
architecture à quatre sorties avec communs
dédiés. La puissance maximale semble revue à
la baisse par rapport aux historiques modules
4 x 1 200 watts, mais ces nouvelles références
ciblent clairement des charges led modernes,
moins gourmandes.
Un autre dossier important du salon concerne
les plateformes logicielles de configuration et
de supervision, qui deviennent progressivement
des outils autant pour les intégrateurs
que pour les bureaux d’études. Configure Pro, le
nouveau logiciel de configuration d’automates
qui remplace XPanel chez Crestron, illustre
bien l’évolution. Il fonctionne sur macOS et
Windows, permet de travailler à plusieurs sur
le même contrôleur (l’un sur l’éclairage, l’autre
sur l’audio par exemple) et repose sur une philosophie
simple : représenter le bâtiment avec
des étages et des pièces, puis y affecter les équi-
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 17
ÉVÈNEMENT
© Alexis Schneider
Speak’nX est un produit KNX qui intègre les fonctions de diffusion de sons ou de messages
déclenchables par télégramme KNX. Il intègre aussi des sondes de température et d’hygrométrie, deux
entrées et un voyant RGBW. Tout est paramétrable pour diffuser la bonne information au bon moment.
▼
pements. Certaines pièces techniques peuvent
être masquées dans l’interface client, ce qui
évite de polluer l’expérience utilisateur finale
tout en gardant une vision complète pour
l’intégrateur.
L’outil intègre une recherche de drivers
connectée à une base en ligne, avec des informations
précises sur l’origine du pilote, son caractère
payant ou non, le niveau d’intégration
et les protocoles exploités. Pour un intégrateur
habitué à devoir dénicher des fichiers divers
sur les sites constructeurs, cette centralisation
apporte un vrai gain de temps. Sur le plan domotique,
l’intégration KNX via une passerelle
1Home est déjà très aboutie pour l’éclairage,
avec retours d’état et variation, tandis que les
ouvrants restent en cours d’alignement pour
offrir une ergonomie identique.
Configure Pro franchit aussi une étape en matière
de logique. Les scènes restent des états
préconfigurés, que le client final peut modifier
à sa convenance, mais les actions deviennent
des raccourcis figés, capables d’enchaîner
plusieurs scènes avec des délais et de gérer
des conditions. L’un des exemples présentés
consiste à faire clignoter une lumière en
créant une action séquentielle : allumage via
une scène, attente, extinction, répétition. Ce
genre de construction, impossible auparavant
dans l’ancienne interface, ouvre de nouvelles
possibilités sans forcément basculer dans du
code personnalisé. La configuration reste pour
l’instant réalisée localement, mais une fonction
de configuration à distance via Cloud Relay
doit arriver, pour permettre aux intégrateurs de
prendre la main sur un site sans déplacement.
La bascule vers ce nouvel outil doit toutefois
être gérée avec prudence pour les chantiers à
livrer avant sa sortie finale, annoncée pour l’été,
car il reste en phase de bêta.
Smart Living by Nice
et interopérabilité :
radio, IP et contrôle d’accès
L’une des grandes annonces de l’ISE cette
année pour le résidentiel concerne Smart Living
by Nice. Le groupe Nice met en avant ce
concept comme un fil conducteur de sa stratégie,
avec un stand centré sur les interfaces,
les usages et une nouvelle manière de combiner
radio et IP dans un même projet. Au cœur du
dispositif, deux systèmes d’exploitation cohabitent
et dialoguent : Elan OS, bien connu sur
le marché haut de gamme, et Yubii OS, qui
anime la box Yubii Home.
Elan OS 9 reste la plateforme centrale pour les
projets premium, capables de couvrir sécurité,
audio-vidéo, éclairage, CVC et divertissement
dans des résidences ou des petits tertiaires
complexes. Yubii OS, de son côté, devient la
couche radio polyvalente, basée notamment
sur Z-Wave et les protocoles radio Nice, pour
assurer pilotage de motorisations, détecteurs,
actionneurs variés. L’intégration présentée à
Barcelone montre comment un contrôleur
Elan peut s’appuyer sur Yubii Home comme
passerelle radio unique, à la place de multiples
passerelles spécialisées.
Pour les installateurs, l’intérêt est double. Sur
le plan architectural, le schéma devient plus
lisible : un cerveau Elan sur IP, un nœud radio
Yubii, et derrière, tout l’écosystème d’accessoires
Z-Wave et Nice. Sur le terrain, la gestion
de la portée radio, du maillage et du nombre
de périphériques est nettement améliorée, avec
des capacités supérieures aux anciennes passerelles
limitées en nombre et peu adaptées aux
grandes maisons. Cela ouvre des scénarios évolutifs
très concrets. Une installation peut démarrer
modestement autour de motorisations
© Alexis Schneider
Elan OS 9 est spécialement étudié pour les projets premium, capables de couvrir sécurité, audio-vidéo,
éclairage, CVC et divertissement dans des résidences ou des petits tertiaires complexes.
▼
Suite au rachat de Fibaro en 2018, Nice dispose à son
catalogue de nombreux périphériques Z-Wave.
▼
© Alexis Schneider
18 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
ÉVÈNEMENT
© Alexis Schneider © Alexis Schneider
Le tout dernier clavier intelligent
Moorgen, issu de la série audacieuse
Rock’N Fire de Philippe Starck.
Quand l’innovation rencontre un
design emblématique.
▼
de portails, de volets ou de quelques éclairages
pilotés via Yubii Home, puis migrer vers un
projet pleinement orchestré par Elan OS à
mesure que le budget ou les besoins du client
augmentent, sans démonter l’existant.
Nice insiste aussi sur la notion d’expérience.
Les interfaces murales présentées, les télécommandes,
les applications mobiles cherchent à
rester cohérentes entre les univers Elan et Yubii.
Pour un intégrateur domotique qui connaît
déjà KNX, ce type d’offre peut jouer un rôle
complémentaire : bus filaire pour les fonctions
critiques et l’éclairage principal, radio Z-Wave
pour les zones difficiles à câbler ou les extensions
dans une rénovation. La présence de
Nice sur le stand de l’alliance Z-Wave renforce
ce message, avec des démonstrations de retrofit
sur bâtiments existants.
L’interopérabilité ne se limite pas à Nice. Plusieurs
écosystèmes affichent des intégrations
poussées avec du contrôle d’accès comme
▼
Moorgen a également collaboré avec le designer Kengo Kuma
pour une autre collection d’interrupteurs, qui deviennent de véritables
œuvres d’art.
▼
De nombreux acteurs membres de KNX étaient bien sûr présents, comme le français Can’nX.
© Alexis Schneider
Doorbird, permettant d’afficher les appels
sur des écrans de contrôle, de piloter les relais
d’ouverture et de gérer des scénarios multi-écrans
sans serveur SIP externe. La limite
actuelle se situe dans l’impossibilité d’afficher
en simultané les flux de plusieurs portiers sur
une même interface, mais pour la plupart des
projets résidentiels ou petits tertiaires, ce point
n’est pas bloquant.
Le secteur de la santé illustre également de
nouvelles opportunités pour les intégrateurs.
Au sein de l’Innovation Park, le Barcelona
Health Hub et le Madrid Health Hub détaillent
comment des solutions audiovisuelles,
de télémédecine et de télémonitoring peuvent
répondre aux défis liés au vieillissement, aux
maladies chroniques et au manque de personnel
soignant. Un centre de santé barcelonais
explique, par exemple, sa réflexion sur la transformation
du parcours de soin, en s’appuyant
sur des technologies de communication améliorant
les échanges entre cliniciens et patients,
ainsi que sur des outils de suivi à distance. Les
startups présentes travaillent autant sur des
environnements immersifs pour la formation
médicale (simulation de cœur en VR, projection
d’images sur écrans géants) que sur des
dispositifs destinés au confort des patients.
Derrière ces solutions, on retrouve les mêmes
briques : réseau, écrans, sonorisation, capteurs,
sécurité des données.
Évolution du métier : de la pose
à la conception globale
Les discussions sur les talents et la formation
reviennent souvent dans les allées et les conférences.
De nombreux intervenants évoquent
une pénurie de profils capables de conjuguer
compréhension business, compétences réseau
et maîtrise des solutions audiovisuelles. L’intégrateur
n’est plus seulement celui qui tire des
câbles et pose des équipements, mais un partenaire
qui conçoit l’architecture globale, discute
cybersécurité avec le service informatique, se
coordonne avec l’architecte sur l’intégration
esthétique et échange avec le client final sur
les usages. CEDIA comme AVIXA martèlent
que l’intégrateur devient aussi essentiel qu’un
électricien ou un plombier sur les projets de
bâtiments intelligents.
Pour des installateurs domotiques, cette édition
2026 de l’ISE montre que le salon n’est
plus réservé à l’audiovisuel événementiel ou
aux grandes infrastructures de diffusion. Une
bonne partie des solutions présentées concerne
directement leurs chantiers, qu’il s’agisse de
distribution audio multiroom, de pilotage
d’éclairage, de contrôle d’accès, de gestion de
stores, de supervision énergétique ou de services
dans la santé et l’éducation. L’écosystème
Smart Living de Nice, les évolutions d’outils
comme Configure Pro, les plateformes audio
et vidéo sur IP, les nouvelles gammes de dimmers
ou d’enceintes PoE configurées pour
fonctionner avec des standards ouverts, tout
converge vers un même message : le métier se
complexifie, mais les outils deviennent plus
puissants pour ceux qui acceptent de monter
en compétences sur le réseau, l’IA, la sécurité
et l’ergonomie.
Pour ceux qui ne connaissaient pas encore le
salon, l’édition 2026 fournit de solides arguments
pour inscrire Barcelone à leur calendrier
dans les années à venir, non seulement comme
vitrine technologique, mais aussi comme
espace de rencontres et d’échanges avec les
marques et les autres intégrateurs, confrontés
aux mêmes défis d’interopérabilité et de montée
en valeur du métier. •
Merci à Alexis Schneider d’AJS TECHNOLOGIE
et Olivier Darnault de SMART TECH
ENERGIES pour ce retour sur l’ISE !
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 19
DOSSIER
DOMOTIQUE
Matter en habitat et petit tertiaire :
quelle place pour les pros entre
KNX, Thread et le nouveau
standard universel ?
Dans le résidentiel comme dans le petit tertiaire, Matter n’est plus un simple buzzword marketing,
mais un standard que les clients commencent à citer au même titre que KNX, Zigbee ou le WiFi.
Porté par les géants du numérique et pensé pour fonctionner au-dessus d’IP, ce protocole promet
une interopérabilité réelle entre marques et écosystèmes (Apple, Google, Amazon, Samsung…),
tout en s’ouvrant progressivement à des usages plus techniques comme la gestion de l’énergie,
les bornes de recharge ou les caméras. Pour l’installateur, la question n’est plus de savoir si Matter
va s’imposer, mais comment l’intégrer intelligemment aux solutions existantes, notamment en
passerelle avec KNX et les infrastructures réseau professionnelles.
© CSA
▼
Logo officiel Matter.
incompatibilités temporaires avec certaines
plateformes. Pour un professionnel, ces retours
d’expérience sont précieux : ils incitent à tester,
à cadrer une gamme de produits validés et à
éviter les assemblages hasardeux de marques et
de routeurs Thread.
En quelques années, Matter a quitté le
terrain du simple « futur standard » pour
devenir une réalité dans les catalogues
des fabricants, les mises à jour de box grand public
et, surtout, dans les demandes des clients.
Ils ne parlent plus seulement de KNX, de Zigbee
ou de « box domotique », mais demandent
désormais si leurs luminaires, leurs volets roulants
ou leurs prises seront compatibles avec
Apple Home, Google Home, Alexa… et Matter.
Pour un intégrateur, cela change la façon
d’aborder un chantier : il ne s’agit plus seulement
de choisir un protocole technique, mais
aussi de garantir une interopérabilité durable
avec des écosystèmes pilotés par les géants du
numérique.
Matter se présente comme une couche applicative
IP commune, fonctionnant au-dessus de
réseaux que vous maîtrisez déjà au quotidien :
Ethernet, Wi-Fi et, de plus en plus, Thread
pour la partie radio maillée. L’idée est simple
sur le papier : un produit certifié Matter doit
pouvoir être ajouté à plusieurs univers (Apple,
Google, Amazon, Samsung, etc.) sans qu’il
soit nécessaire de multiplier les firmwares
ou les passerelles propriétaires. Pour le client
final, c’est la promesse de pouvoir changer de
smartphone ou d’assistant vocal sans remettre
en cause l’installation. Pour le professionnel,
c’est l’espoir de réduire les appels SAV liés aux
incompatibilités entre marques et aux changements
d’applications.
Dans le même temps, les contraintes réglementaires
et énergétiques se resserrent sur
le résidentiel et le petit tertiaire : suivi des
consommations, pilotage des charges (chauffage,
climatisation, VE, eau chaude), confort
et sécurité des occupants deviennent des sujets
centraux. Les dernières évolutions de Matter
intègrent justement des fonctions de mesure
et de gestion de l’énergie, de support des
bornes de recharge, de pilotage d’équipements
thermiques ou encore de caméras et serrures
connectées. Autrement dit, on sort progressivement
du simple « gadget grand public » pour
toucher des domaines qui rejoignent ceux des
bus filaires professionnels comme KNX ou
Modbus.
Cependant, la réalité de terrain rappelle que le
standard reste jeune. Le lancement récent de
gammes complètes d’appareils Matter chez
certains acteurs, comme Ikea évoqué dans
notre dossier consacré au salon CES, montre
que la promesse d’interopérabilité se heurte
encore à des problèmes concrets : difficultés
de mise en service, instabilités en Thread,
MATTER EN BREF : PRINCIPES
TECHNIQUES ET AMBITIONS
Origines et gouvernance
Matter est né fin 2019 sous le nom de projet
Connected Home over IP (CHIP), lancé
par Amazon, Apple, Google et la Zigbee Alliance,
devenue depuis la Connectivity Standards
Alliance (CSA). L’objectif affiché était
de sortir de la fragmentation des protocoles
domotiques grand public en créant un langage
commun, basé sur IP, que tous les objets
pourraient comprendre. En 2021, le projet est
officiellement rebaptisé « Matter » et la CSA le
présente comme un standard ouvert, avec un
programme de certification et une spécification
publique.
Aujourd’hui, plus de 600 entreprises sont
membres de la CSA autour de Matter, des
géants des plateformes (Apple, Google, Amazon,
Samsung SmartThings) aux fabricants
d’éclairage, de chauffage, d’électroménager,
en passant par les fournisseurs de puces et de
stacks logiciels. Cela signifie que le protocole
n’est pas porté par un seul constructeur mais
par un consortium large, ce qui limite le risque
de voir la technologie disparaître du jour au
lendemain. La gouvernance repose sur des
groupes de travail thématiques (sécurité, éner-
20 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
DOSSIER
© CSA
▼
Quelques-uns des nombreux membres Matter.
gie, transport, nouveaux types d’appareils), qui
font évoluer la spécification par versions successives.
Architecture technique : IP partout
Techniquement, Matter est une couche applicative
qui fonctionne au-dessus d’IP, et non un
nouveau protocole radio en soi. Il s’appuie sur
des technologies réseau déjà bien maîtrisées :
Ethernet et Wi-Fi pour la partie filaire et radio
classique, Thread pour le maillage radio basse
consommation, et Bluetooth Low Energy
pour la phase de mise en service (commissioning).
Un même produit peut donc exister
en plusieurs variantes (Wi-Fi, Thread), tout
en exposant les mêmes « clusters » et services
Matter, ce qui garantit une cohérence fonctionnelle
pour les applications.
Un concept clé pour les pros est le modèle
« multi‐admin » : un équipement Matter peut
être intégré simultanément à plusieurs contrôleurs,
par exemple une installation professionnelle
(box domotique, superviseur IP) et,
en parallèle, Apple Home ou Google Home
pour l’utilisateur final. La sécurité repose sur
un système de certificats, de clés et de sessions
chiffrées de bout en bout, avec un processus
de mise en service sécurisé et une exigence
de certification pour afficher le logo Matter.
Pour l’installateur, cela se traduit par des équipements
qui parlent un langage normalisé,
sur IP, tout en restant intégrables dans une
architecture réseau maîtrisée (VLAN, QoS,
firewall, etc.).
Ambitions et périmètre fonctionnel
L’ambition de Matter est de réduire drastiquement
la complexité d’intégration entre
marques et plateformes, en définissant des
modèles d’objets (éclairage, prises, capteurs,
thermostats, caméras, bornes de recharge, fermetures,
électroménager, etc.) suffisamment
précis pour que chaque fabricant n’ait pas à
réinventer sa propre API. Pour le client final,
c’est la promesse d’une expérience plus simple :
un produit certifié Matter doit pouvoir être inclus,
découvert et piloté de manière cohérente
quelle que soit la passerelle. Pour le professionnel,
c’est un socle commun sur lequel bâtir des
projets en combinant des produits de plusieurs
marques sans devoir gérer une multitude d’intégrations
propriétaires.
Il est toutefois important de bien cerner le
périmètre : Matter n’a pas vocation à remplacer
une GTB complète, un bus KNX ou un système
de sécurité incendie certifié. Le protocole
vise la couche applicative et l’interopérabilité,
pas la définition de logiques complexes de sûreté
de fonctionnement, de scénarios normatifs
ou de stratégies d’optimisation avancées.
Là où KNX, Modbus ou BACnet restent les
outils de référence pour les fonctions critiques,
Matter apporte une brique de standardisation
▼
Home Assistant permet par exemple d’afficher les flux énergétiques des capteurs Matter.
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 21
DOSSIER
pour les objets connectés, l’interface avec les
écosystèmes grand public et, de plus en plus,
la visualisation et le pilotage simple de l’énergie.
Pour un intégrateur, la bonne approche
consiste donc à voir Matter comme un complément
IP interopérable, destiné à dialoguer
avec l’existant via des passerelles, plutôt qu’un
remplaçant des solutions métier éprouvées.
LES GRANDES ÉTAPES DE MATTER :
DE LA PROMESSE À LA RÉALITÉ
Des premières spécifications à
Matter 1.2
Le projet naît officiellement en 2019 sous le
nom Connected Home over IP, avec une ambition
claire : créer un langage commun pour
la maison connectée, porté par un consortium
rassemblant plateformes, fabricants de puces
et industriels de l’éclairage ou du chauffage.
Au départ, le calendrier est ambitieux, mais les
premières versions prennent du retard, le temps
de stabiliser la sécurité, le modèle d’objets et les
outils de certification. La version 1.0 finit par
arriver en 2022, avec un périmètre volontairement
limité : éclairage, prises et interrupteurs,
quelques capteurs (température, présence, ouverture),
serrures et commandes simples.
Cette première étape vise surtout à prouver
que la promesse d’interopérabilité est tenable :
un même module d’éclairage ou une prise
connectée Matter peuvent être intégrés dans
les univers Apple, Google, Amazon ou Samsung
sans firmware spécifique. Rapidement,
une version 1.1 vient corriger des problèmes
de jeunesse, fiabiliser le processus de mise en
service, améliorer la gestion des erreurs et la
stabilité des liaisons, sans ajouter encore beaucoup
de nouveaux types d’appareils. Avec
Matter 1.2, le périmètre s’élargit : davantage de
capteurs, certains équipements d’électroménager
et de petits automatismes font leur entrée,
ce qui commence à rendre le standard intéressant
au-delà du simple éclairage domestique.
Matter 1.3 et 1.4 : énergie,
scènes et infrastructure
Les versions suivantes marquent un tournant,
en particulier pour les usages professionnels
légers. Matter 1.3 introduit des fonctions de
mesure d’énergie et de suivi de consommation,
ainsi qu’un support plus abouti des bornes de
recharge de véhicules électriques, de certains
équipements liés à l’eau (détection de fuites,
compteurs) et de commandes plus structurées.
L’apparition de mécanismes de scènes et de
commandes groupées permet de réduire l’effet
« popcorn » où les équipements réagissent les
uns après les autres, et d’offrir des scénarios
plus fluides côté utilisateur.
Matter 1.4 poursuit cette logique en renforçant
la partie énergétique : prise en charge
plus large de la production (photovoltaïque),
du stockage (batteries) et des équipements
thermiques (pompes à chaleur, chauffe-eau),
avec l’idée de pouvoir orchestrer les grandes
charges d’un bâtiment de manière harmonisée.
En parallèle, l’infrastructure réseau n’est pas
oubliée : meilleure gestion des objets sur batterie,
optimisation des échanges pour éviter de
saturer les réseaux, prise en compte des routeurs
et hubs comme éléments à part entière
de l’écosystème. Pour le résidentiel et le petit
tertiaire, cela ouvre la voie à des scénarios de
pilotage de charges et de suivi énergétique qui
commencent à dialoguer avec les préoccupations
réglementaires.
Matter 1.5 : caméras, fermetures
et montée en puissance
Avec Matter 1.5, la norme franchit un nouveau
cap en incluant deux familles d’équipements
particulièrement sensibles pour les
professionnels : les caméras et les fermetures
(portes, portails, ouvrants motorisés). Cette
évolution permet, sur le principe, d’intégrer
de manière unifiée interphones vidéo, caméras
de surveillance, serrures et motorisations dans
le même socle interopérable que l’éclairage ou
le chauffage. La version 1.5 améliore aussi la
gestion des flux lourds (mise à jour firmware,
images, données plus volumineuses) et affine
des points de sécurité et de fiabilité.
Sur le terrain, cela signifie que Matter commence
à couvrir une part significative des
usages courants d’un logement ou d’un petit
bâtiment tertiaire : éclairage, confort thermique,
énergie, accès et télésurveillance
peuvent théoriquement être harmonisés dans
un même univers. Néanmoins, le standard
reste en évolution rapide, avec des implémentations
parfois incomplètes selon les marques,
des fonctions optionnelles et des différences
d’interprétation. Pour le professionnel, la
bonne lecture de cette chronologie est double :
d’un côté, Matter est désormais suffisamment
mature pour entrer dans les études sérieuses de
projets ; de l’autre, il faut accepter qu’il s’agisse
d’une technologie vivante, dont les capacités et
les bonnes pratiques continueront d’évoluer au
fil des versions, imposant une veille régulière et
des validations sur le terrain.
QUI POUSSE MATTER,
ET AVEC QUELS OBJECTIFS ?
Les grands écosystèmes
et les fabricants
Matter bénéficie d’un soutien massif des géants
de la maison connectée : Apple (HomeKit),
Google (Google Home), Amazon (Alexa) et
Samsung (SmartThings) forment le noyau dur
du projet depuis ses origines en 2019. Ces acteurs
voient dans Matter un moyen de simplifier
leurs catalogues d’intégrations, en évitant
de devoir négocier des API propriétaires avec
chaque fabricant d’équipements. Leur implication
garantit que les box, enceintes et applications
associées reçoivent des mises à jour régulières
pour supporter les nouvelles versions du
protocole.
Côté fabricants, l’adhésion est large : Eve,
Nanoleaf, Philips Hue, Osram, Schneider
Electric, Legrand, Somfy, Tuya, Aqara et
bien d’autres ont certifié des gammes entières
d’éclairage, de prises, de capteurs et de motorisations.
Les fournisseurs de puces (Silicon
Labs, Nordic, Texas Instruments, Qualcomm)
jouent un rôle clé en intégrant des stacks
Matter dans leurs modules Thread/Wi-Fi,
rendant l’adoption technique plus accessible.
Même Ikea, avec sa récente gamme Matterover-Thread,
illustre cette dynamique, malgré
les retours terrain mitigés qui rappellent que la
maturité n’est pas encore uniforme.
© CSA
▼
Les fabricants arborent tous aujourd’hui une compatibilité Matter.
Les acteurs professionnels
et énergétiques
De plus en plus d’industriels du bâtiment et de
l’énergie s’intéressent à Matter : des fabricants
de pompes à chaleur (Daikin, Mitsubishi),
22 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
DOSSIER
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 23
DOSSIER
© Aqara
▼
La dernière serrure connectée Smart Lock U400 d’Aqara est certifiée Matter.
de bornes de recharge (Wallbox, Zaptec), de
compteurs d’énergie ou de batteries domestiques
voient dans les versions 1.3 à 1.5 un
socle pour harmoniser la mesure et le pilotage
des consommations. Dans le petit tertiaire,
des éditeurs de GTB légère ou de supervision
(Delta Dore, Somfy, Fibaro) explorent des
passerelles pour exposer des données KNX
ou Modbus vers Matter, répondant ainsi à la
demande croissante d’interfaces utilisateur
simplifiées.
Les associations et organismes comme la KNX
Association suivent de près, avec des travaux
en cours sur des passerelles KNX/Matter pour
éviter l’isolement des installations filaires.
Cette convergence est cruciale pour les pros :
elle positionne Matter non comme un concurrent
de KNX ou Modbus, mais comme une
couche d’interopérabilité IP qui peut valoriser
les investissements existants en les rendant accessibles
aux occupants via leurs smartphones
ou assistants vocaux.
Les ambitions officielles
et les limites assumées
L’objectif premier de la Connectivity Standards
Alliance est simple : « Créer un écosystème
IoT unifié, interopérable et sécurisé, où les appareils
fonctionnent ensemble indépendamment de
la marque ou de la plateforme. » Royalty-free
et ouvert à tous, Matter vise à réduire la fragmentation
qui freine l’adoption massive des
objets connectés, en standardisant les modèles
d’objets (clusters) et les interactions. Pour les
installateurs, cela promet des choix de produits
plus larges, avec une garantie de compatibilité
multi-écosystèmes et une pérennité logicielle
accrue.
Les ambitions incluent aussi une scalabilité
vers des usages plus avancés : gestion énergétique
fine, intégration de la mobilité électrique,
scénarios multi-occupants dans le collectif.
Cependant, la CSA assume des limites : Matter
n’est pas conçu pour la sûreté de fonctionnement
critique (SSI, GTB classe A), les
temps réels durs ou les topologies industrielles
complexes. Il excelle dans l’interopérabilité
applicative et l’expérience utilisateur, laissant
aux bus dédiés comme KNX le cœur des
logiques métier. Pour l’intégrateur, l’enjeu est
donc stratégique : maîtriser Matter pour élargir
son offre sans renoncer à la robustesse des
solutions filaires, en utilisant des passerelles
intelligentes pour hybrider les mondes pro et
grand public.
(border routers) IP standards, intégrés dans les
box opérateur, Apple TV, Google Nest Hub ou
passerelles dédiées. Dans un contexte résidentiel
ou petit tertiaire, cela permet de déployer
des réseaux maillés auto-organisants d’interrupteurs,
capteurs, têtes thermostatiques ou
luminaires, avec une portée et une redondance
supérieures aux solutions stars Wi-Fi.
Pour l’installateur, Thread change la donne
en termes de conception réseau : il faut anticiper
le placement des routeurs (un par zone
de 100-200 m², alimentés en continu), gérer
la coexistence avec le Wi-Fi 6/6E (canaux 15
et 16 réservés), et limiter les interférences avec
le Bluetooth. Les enjeux pratiques incluent
la stabilité en cas de panne d’un nœud, la
consommation des appareils sur pile (optimisée
par Matter 1.4), et la mise à l’échelle sur
plusieurs étages ou bâtiments collectifs. Une
bonne pratique consiste à cartographier le
réseau Thread dès la phase étude, avec des tests
de débit multicast pour valider la couverture
avant livraison.
Passerelles KNX/Matter :
pourquoi et comment
KNX reste le bus filaire de référence pour
l’éclairage, les stores, le CVC et la GTB en
résidentiel haut de gamme et petit tertiaire,
grâce à sa normalisation européenne, sa durée
de vie de 20-30 ans et sa robustesse. Cependant,
ses clients finaux veulent souvent visualiser
et piloter ces fonctions via leur smartphone
ou assistant vocal, ce que KNX seul ne facilite
pas nativement. Une passerelle KNX/Matter
expose alors des groupes d’adresses KNX
(lumière, température, énergie) comme objets
Matter standardisés, accessibles simultanément
par une supervision pro et les écosystèmes
grand public.
Plusieurs implémentations existent : des passerelles
IP dédiées (comme celles de Gira, ABB
© Shelly
Shelly, qui s’adresse de plus en plus aux
professionnels, propose des micro-modules multiprotocoles
: Wi-Fi, Bluetooth, Zigbee, et Matter.
▼
MATTER, THREAD ET KNX : QUEL
RÔLE POUR LES PASSERELLES ?
Thread en milieu professionnel
Thread est un protocole radio maillé basse
consommation basé sur IPv6, conçu spécifiquement
pour l’IoT et nativement compatible
avec Matter. Contrairement au Zigbee,
qui nécessite souvent des hubs propriétaires,
Thread s’appuie sur des routeurs de bordure
Le serveur KNX Matter d’Elsner est « powered by
1Home » et relie KNX à Matter.
▼
© Elsner
24 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
DOSSIER
© Hager
La passerelle Domovea de Hager permet de faire cohabiter KNX
et Matter, et bien plus encore.
▼
ou Jung) intègrent un stack Matter/Thread
pour mapper les datagrammes KNX vers les
clusters Matter ; des box hybrides (type Home
Assistant ou openHAB avec plugins) jouent le
rôle de pont logiciel ; enfin, des serveurs industriels
sur Raspberry Pi ou mini-PC offrent
une flexibilité pour des projets sur mesure.
L’intérêt pour l’intégrateur est double : préserver
l’architecture KNX pour les automatismes
critiques tout en offrant une interface Matter
fluide, sans multiplier les applis. Des fabricants
comme MDT, Theben ou Ekinex proposent
déjà des prototypes certifiés, avec un mappage
fin (états, mesures, scénarios).
Points de vigilance
et bonnes pratiques
Malgré ces avancées, les passerelles ne sont
pas magiques : la latence KNX-Matter peut
atteindre 500 ms en cas de surcharge réseau,
les clusters Matter ne couvrent pas toujours la
richesse des objets KNX (logiques conditionnelles
complexes), et une panne du pont isole
les occupants des fonctions de confort. Il faut
aussi gérer les fabrics multi-admin : attribuer
des droits granulaires pour que l’installateur
garde le contrôle admin sur les fonctions pros,
tandis que le client voit une vue simplifiée.
En résumé, Thread et les passerelles KNX/
Matter positionnent l’électricien comme architecte
hybride : bus filaire pour la fiabilité,
IP/Matter pour l’interopérabilité, avec une clé
succès dans la validation terrain de ces ponts
avant généralisation sur chantier.
MATTER SUR LE TERRAIN :
CAS D’USAGE EN HABITAT
ET PETIT TERTIAIRE
Habitat individuel et collectif
Dans une maison individuelle ou un appartement
en copropriété, Matter permet de
mutualiser des équipements de confort quotidien
: luminaires, prises connectées, volets roulants,
thermostats et capteurs de présence ou
d’ouverture sont pilotables de façon homogène,
que ce soit via une interface professionnelle ou
les applications Apple Home, Google Home
et Alexa. Par exemple, un scénario « départ vacances
» peut fermer les stores, baisser le chauffage
et activer une caméra Matter 1.5, avec des
retours d’état remontés simultanément vers
une supervision KNX via passerelle.
Pour l’installateur, l’intérêt réside dans la simplification
des choix : au lieu de multiplier les
protocoles propriétaires, une gamme certifiée
Matter (Philips Hue, Aqara, Legrand) s’intègre
nativement à plusieurs écosystèmes, réduisant
les risques d’obsolescence applicative.
Qu’est-ce que Thread, et en
quoi ça change la donne par
rapport au Zigbee ?
Thread est un réseau maillé IPv6 pour
l’IoT, avec une topologie full mesh (chaque
nœud relaie), une sécurité DPA (Device
Pairing Authentication) et une scalabilité
jusqu’à 250 nœuds. Contrairement à Zigbee
(propriétaire, hubs obligatoires), Thread est
ouvert, IP-natif et s’appuie sur des routeurs
grand public. Pour un pro : moins de hubs,
meilleure résilience, mais exigence d’une
ingénierie réseau (répartition routeurs,
QoS). Idéal pour capteurs/prises en habitat
collectif, avec Matter comme applicatif unifié.
Dans le collectif, Thread brille par sa résilience :
un réseau maillé relie les capteurs d’appartements
via routeurs partagés (box opérateur +
Apple TV), avec Matter exposant les consommations
énergétiques par logement pour une
facturation fine ou un délestage harmonisé.
Petit tertiaire : bureaux, commerces,
santé légère
En bureaux ou commerces de proximité, Matter
couvre les usages phares : gestion zonale
de l’éclairage et des stores, suivi énergétique
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 25
DOSSIER
© CSA
▼
Matter propose aujourd'hui un large catalogue de périphériques pour tous les besoins.
IP, Wi-Fi, Thread, Zigbee…
qui fait quoi ?
• IP/Ethernet : backbone filaire stable pour
gros flux (supervision, caméras).
• Wi-Fi : star pour appareils gourmands
(prises puissantes, thermostats).
• Thread : maillé IPv6 basse conso pour
capteurs/interrupteurs (250 nœuds max).
• Zigbee : concurrent historique, hubs
propriétaires ; Matter le rend obsolète sur
IP. Matter unifie l’applicatif au-dessus, sans
toucher la couche physique.
des zones (mesure en temps réel via Matter
1.3), alertes fuites ou présence anormale, et
contrôles d’accès simplifiés (serrures, portails
Matter 1.5). Une borne de recharge EV dans
le parking peut être orchestrée avec les PAC
et le PV, priorisant les charges en fonction des
tarifs heures pleines/creuses, le tout visible sur
une appli grand public pour le gestionnaire.
Ces scénarios positionnent Matter comme
complément aux GTB dédiées : KNX pilote
“
Matter est un
protocole de connectivité
IP unifié, construit sur des
technologies éprouvées,
qui aide à connecter et à
construire des écosystèmes
IoT fiables et sécurisés.
Connectivity Standards
Alliance
“
les automatismes critiques (éclairage sécurité,
SSI), tandis que Matter offre une vue occupant-friendly
et des mesures énergétiques normalisées,
idéales pour le décret tertiaire ou les
obligations RGE.
Avantages et limites pratiques
L’atout majeur pour le professionnel est la
pérennité : un investissement dans des clusters
Matter (énergie, scènes, multimédia) reste
valable sur 10 ans, même si le client change
de smartphone ou d’assistant. La certification
CSA garantit un minimum de conformité, et
les mises à jour OTA (Over-The-Air) facilitent
la maintenance à distance. Cependant, les limites
persistent : pas de gestion temps réel dur
(<100 ms), clusters parfois trop simplistes pour
des logiques GTB complexes, et dépendance
aux routeurs Thread/Wi-Fi pour la couverture.
Pour réussir ces déploiements, l’intégrateur
doit valider les couples « équipement/plateforme
» en amont, documenter les fabrics multi-admin
et prévoir un plan de reprise en cas
de défaillance réseau. Matter transforme ainsi
le pro en intégrateur hybride, capable d’allier
robustesse filaire et fluidité IP pour des clients
exigeants.
RETOURS DU TERRAIN :
PROMESSES, FRUSTRATIONS
ET CAS IKEA
Les bénéfices constatés et les progrès
Sur le terrain, Matter tient déjà certaines
promesses, notamment en simplifiant l’intégration
multi-marques pour les installateurs.
Des retours d’électriciens en résidentiel haut
de gamme soulignent une réduction des interventions
SAV : une fois les fabrics configurés,
les occupants basculent facilement entre Apple
Home et Google Home sans perte de fonctions,
et les mises à jour OTA corrigent les bugs
sans déplacement. Les versions 1.1 à 1.4 ont
nettement amélioré la stabilité des connexions,
avec moins de déconnexions aléatoires sur Wi-
Fi et une résilience accrue en Thread pour les
réseaux maillés de 50-100 nœuds.
La gestion énergétique (Matter 1.3+) séduit
particulièrement : mesure en temps réel des
PAC, bornes VE et compteurs PV permet un
suivi granulaire accessible aux occupants via
appli, tout en alimentant une supervision pro
via passerelle. Des intégrateurs rapportent des
gains de 10-15 % sur les consommations grâce
à des scénarios délestage simples, compatibles
avec les exigences du décret tertiaire pour le
petit tertiaire. Ces avancées positionnent Matter
comme un outil mature pour les projets
non critiques, où l’interopérabilité prime sur la
complexité.
L’exemple Ikea : un déploiement
massif… et douloureux
Fin 2025, Ikea a lancé une gamme étendue
d’équipements Matter-over-Thread : éclairage,
capteurs température/humidité, prises, télécommandes
et stores motorisés, avec la promesse
d’une compatibilité universelle via sa
passerelle Dirigera. L’ambition était de passer
du Zigbee propriétaire à un standard ouvert
pour toucher tous les écosystèmes. Pourtant,
les retours utilisateurs et professionnels sont
largement négatifs : taux d’échec de pairing
jusqu’à 50 %, déconnexions récurrentes avec
Apple Home ou Alexa, et instabilités en multi-routeurs
Thread (box opérateur + Dirigera +
Nest Hub).
Ces problèmes s’expliquent par une implémentation
Thread immature chez Ikea, des conflits
26 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
DOSSIER
de border routers concurrents saturant le mesh IPv6, et des
bugs firmware non résolus malgré des mises à jour. Des
utilisateurs ont dû repasser en Wi-Fi pur ou isoler les produits
Ikea dans un fabric dédié, perdant l’interopérabilité
promise. Ce cas illustre les pièges d’un standard jeune : la
certification CSA ne garantit pas une exécution parfaite,
et les déploiements massifs révèlent des faiblesses réseau
invisibles en labo.
Enseignements pour les pros
Ces retours terrain valident l’approche prudente : tester
rigoureusement les couples « produit/plateforme » sur site
pilote avant généralisation, privilégier Ethernet/Wi-Fi
pour les flux critiques, et limiter Thread à des zones inférieures
à 100 nœuds avec un seul type de border router dominant.
Pour les passerelles KNX/Matter, valider le mapping
clusters (exemple : groupes KNX vers énergie Matter)
évite les pertes de fonctions. L’expérience Ikea rappelle
aussi l’importance d’un contrat de maintenance clair : qui
gère les OTA, les resets fabrics et les conflits multi-admin ?
Malgré ces frustrations, les progrès sont réels et rapides :
Matter 1.5 corrige nombre de bugs Thread, et les fabricants
leaders (Philips, Legrand) affichent une fiabilité supérieure.
Pour le professionnel, la clé est de capitaliser sur ces retours
pour se positionner en expert : sélectionner des gammes
validées, hybrider avec KNX pour la robustesse, et communiquer
sur les limites réelles auprès des clients. Ainsi,
Matter devient un atout différenciant plutôt qu’un risque. •
L’avis d’ SMARTHOME
Matter s’impose progressivement comme le
socle IP de la domotique interopérable, reliant
éclairage, énergie, accès et confort dans un
langage commun accessible aux occupants et
aux professionnels. Entre Thread pour les réseaux
maillés résilients, passerelles KNX/Matter pour
hybrider robustesse filaire et fluidité grand public,
et évolutions constantes (1.3 à 1.5), le standard
offre aujourd’hui des outils concrets pour le
résidentiel et le petit tertiaire, tout en préparant les
exigences énergétiques à venir.
Pour l’électricien et l’intégrateur, le message à
retenir : ne pas ignorer Matter, mais ne pas tout
miser dessus non plus. Sélectionnez des gammes
certifiées et testées, concevez des réseaux IP
solides, et positionnez-vous comme architecte
hybride capable d’articuler KNX, Modbus et
Matter. Les retours terrain comme Ikea montrent
les pièges, mais aussi l’opportunité : celui qui
maîtrise ces ponts protocolaires gagne en
crédibilité et en pérennité face à des clients de
plus en plus connectés et exigeants.
L’avenir ? Une domotique unifiée où vos
installations KNX s’exposent en Matter sans effort,
où le pilotage énergétique devient un service
récurrent, et où vous restez maître d’œuvre face
aux géants du numérique. La transition est en
cours : équipez-vous, testez, et transformez Matter
en avantage compétitif.
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 27
DOSSIER
NF C 15-100
Une mise à jour pour répondre
aux nouveaux usages électriques
Après plus de deux décennies sans mise à jour majeure, la norme NF C 15-100 évolue en
profondeur pour s’adapter aux nouveaux besoins du secteur électrique. Publiée en 2024 et
applicable obligatoirement depuis août 2025, cette nouvelle version, dont l’architecture a été
totalement repensée, intègre de nouveaux usages électriques et des avancées technologiques,
et prend également en compte les enjeux environnementaux au travers de l’efficacité
énergétique. Fruit de dix années de concertation entre les acteurs du secteur, cette refonte
marque une étape clé pour les installations électriques en basse tension, qu’elles soient
résidentielles, tertiaires ou industrielles.
© DR
La mise à jour de la NF C 15-100 a pour
objectif de prendre en compte les nouveaux
usages électriques et les nouvelles
charges qui impactent le bâtiment. Cette
norme n’a pas été révisée depuis 22 ans, la précédente
version datant de 2002. Cinq amendements
avaient été apportés entre 2008 et
2015, introduisant des mises à jour sur toutes
les parties de la norme. En France, la commission
Afnor U 15 « installations électriques à
basse tension » avait pour rôle d’adapter les
dispositions internationales et européennes au
marché français.
Retour sur le processus
de normalisation
Il y a 10 ans, la commission Afnor U 15 a décidé
de réviser la norme NF C 15-100 pour
prendre en compte les évolutions normatives
et technologiques. Elle oriente les travaux des
groupes de travail et définit les priorités des
sujets à traiter, notamment en fonction des
documents d’harmonisation du Comité européen
de normalisation en électronique et en
électrotechnique (Cenelec) qui sont publiés.
Chaque partie de la norme a donc été confiée
à un groupe de travail. Leur rôle était d’étudier
les textes existants, les textes européens et
internationaux ainsi que les nouveautés réglementaires
françaises. Après la rédaction de la
norme par les différents groupes de travail, la
commission Afnor U 15 a validé l’ensemble
du texte, qui a été soumis à une enquête publique
courant 2023. « Nous avons reçu plus de
1 200 commentaires, que nous avons examinés un
à un pour les intégrer à la version finale lorsqu’ils
faisaient consensus », explique Angélique Branton,
responsable Infrastructure électrique -
Évacuation et mise à l'abri des personnes chez
Ignes, membre de la commission de normalisation
Afnor U 15 « installations électriques à
basse tension » et de ses groupes de travail.
Le collège d’intervenants est regroupé au
sein de l’Afnor et comprend les installateurs,
les bureaux de contrôle, l’Ignes, le Gimelec
et les acteurs économiques de l’électrotechnique.
« L’élaboration de la NF C 15-100 a
nécessité 8 années de travail très complexe, avec
des échanges âpres entre les différentes parties en
présence », explique Bernard Gioan, installateur
électricien, chef de file de la FFIE pour la
NF C 15-100 et membre de la commission de
normalisation Afnor U 15 « installations électriques
à basse tension ».
Des changements importants
dans la forme
La première évolution notable vient de l’architecture
de la norme. Dans la précédente
version de la norme de 2002, la NF C 15-100
était une norme unique. Dans la nouvelle version,
il s’agit d’une série de normes, avec chacune
sa référence. « Les différentes normes dédiées,
usuellement appelées "Parties 7" sont à lire
en conjonction avec la norme de base NF C 15-
100-1 », explique Angélique Branton. La
NF C 15-100-1 définit les exigences générales,
applicables à tous types d’installations
électriques, répertoriées dans les titres 1 à 6.
La série 7 (NF C 15-100-7-7xx) regroupe
17 normes applicatives, dédiées aux locaux ou
aux emplacements spéciaux. « Le fait d’avoir
séparé cette série de normes nous permet de réviser
les textes indépendamment », explique Bernard
Gioan. Le titre 8 (NF C 15-100-8-1) se focalise
sur la performance énergétique, avec un
ensemble de recommandations techniques.
Le titre 10 (NF C 15-100-10) concerne les
locaux d’habitation, pour lesquels les changements
sont très minimes. Enfin, le titre 11
(NF C 15-100-11) fixe les règles pour les
28 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
DOSSIER
© Afnor Éditions
Couverture du guide d’application de la norme
NF C 15-100 de l’Afnor.
▼
réseaux de communication des bâtiments
d’habitation.
Un socle commun : NF C 15-100-1
La NF C 15-100-1 fixe les règles applicables
à tous types d’installations électriques. Globalement,
la nouvelle version de la NF C 15-100
adapte le niveau de sécurité requis aux nouvelles
exigences, ce qui constitue le scope principal
de la norme. Le premier sujet concerne la
sécurité du bâtiment, notamment avec l’introduction
des Euroclasses de câbles, pour renforcer
la protection contre la diffusion et la nocivité
des incendies. « Ce sujet a toujours existé,
mais a pris une grande importance ces dernières
années », ajoute Bernard Gioan. Pour les installateurs,
la tendance générale est de les protéger
au maximum pour limiter leur responsabilité
personnelle en cas de sinistre. D’ailleurs,
le législateur s’est emparé du sujet incendie,
puisqu’au 23 mai 2025, les câbles R2V(c2)
ont été remplacés par les câbles Cca-s2, d2,
a2 pour les établissements recevant du public
(ERP) toutes catégories et dans les immeubles
de grande hauteur (IGH).
D’autre part, plusieurs changements notables
sont à souligner. Le premier concerne les
DPDA (dispositifs de protection contre les
défauts d’arc), qui sont recommandés par la
norme, notamment pour la protection des
circuits « prises de courant » dans des lieux
critiques. Ils permettent de surveiller en
continu de nombreux paramètres électriques
du circuit qu’ils protègent. En présence d’arcs
électriques dangereux, les protecteurs d’arcs
mettent en sécurité la partie de l’installation
électrique concernée afin de réduire les risques
d’incendie. Les principaux défauts pouvant
générer des arcs dangereux restent les câbles
entaillés ou rongés et les prises électriques en
mauvais état. Il est également recommandé
d’installer un protecteur d’arc sur le circuit
de la VMC, cet équipement fonctionnant en
permanence.
Le deuxième changement notable concerne
les DDR (dispositifs différentiels résiduels)
de type F, qui complètent la gamme existante.
Ils garantissent un niveau de protection au
moins égal à celui de type A. Ils sont exigés
pour la protection des personnes en tête des
circuits alimentant des équipements avec variateur
de vitesse monophasé, que ce soit en
résidentiel, tertiaire ou industrie : pompes de
piscine, climatisation, pompe à chaleur…
Troisième modification importante, la protection
foudre. Pour le tertiaire et l’industrie,
l’ensemble de la méthodologie a été revue pour
se baser sur les évolutions méthodologiques
des normes européennes et internationales. Si
le bâtiment répond à l’un des 7 critères définis
dans la norme, l’installation d’un parafoudre
principal à l’origine de l’installation basse tension
et du réseau de communication est obligatoire
:
- conséquences sur la vie humaine (service de
sécurité, hôpitaux...) ;
- conséquences sur le service public ou le patrimoine
(services publics, centre de communication,
musées, monuments…) ;
- conséquences économiques sur l’activité
commerciale et industrielle (usines, hôtels,
banques, centres commerciaux, fermes...) ;
Bernard Gioan, installateur électricien,
chef de file de la FFIE pour la NF C
15-100 et membre de la commission de
normalisation Afnor U 15 « installations
électriques à basse tension ».
▼
- conséquences sur la présence d’un nombre
important de personnes (ERP, bureaux, bâtiments
scolaires) ;
- conséquences sur la sûreté de fonctionnement
(contrôle d’accès, vidéosurveillance,
incendie) ;
- si un paratonnerre protège l’installation ;
- structures avec risque d’explosion (ICPE).
Si le bâtiment ne rentre pas dans les critères
définis par la norme, le gestionnaire doit soit
se soumettre à une analyse de risque simplifiée,
soit installer un parafoudre à l’entrée de
l’installation.
© DR
© Adobe Stock
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 29
DOSSIER
© PxHere
Angélique Branton, responsable Infrastructure
électrique - Évacuation et mise à l’abri des
personnes chez Ignes, membre de la commission de
normalisation Afnor U 15 « installations électriques
à basse tension » et de ses groupes de travail.
▼
La NF C 15-100-1 introduit également la
notion de parafoudre supplémentaire, à installer
au plus près des équipements à protéger.
Il doit être installé si le parafoudre principal
a un niveau de protection trop élevé ou si le
bâtiment est soumis à des surtensions de manœuvre.
Si l’équipement à protéger est situé à
plus de 10 mètres du parafoudre principal, il
est recommandé d’installer un parafoudre supplémentaire.
Côté habitat, un seul changement notable est
à mentionner et concerne le positionnement
▼
© DR
des parafoudres supplémentaires à installer au
plus près des équipements. La distance a été
raccourcie de 30 mètres à 10 mètres. Les circuits
de communication raccordés à un réseau
extérieur en cuivre doivent également être protégés,
à partir du moment où un parafoudre
est mis en œuvre sur l’installation électrique à
basse tension.
Pour les luminaires et installations d’éclairage,
regroupés dans l’article 559, la NF C 15-100-1
reprend un certain nombre de guides (UTE)
sur les luminaires et les installations d’éclairage
séparés de la norme jusqu’ici. « L’objectif
était de reclarifier les règles des différents guides,
notamment par la création d’un volume technique
autour du luminaire pour éviter la propagation
d’incendies, en rendant obligatoire l’ajout d’un
capot de protection entre le spot et l’isolant si le luminaire
n’est pas prévu pour être recouvert par de
l’isolant (§ 559.4) », explique Bernard Gioan.
Un volet apporte des indications supplémentaires,
notamment sur les règles de fixation des
luminaires au plafond, l’ajout obligatoire d’une
boîte d’encastrement en bout de ligne pour les
canalisations noyées ou encastrées et revoit les
règles particulières pour la très basse tension
de sécurité (TBTS), en définissant l’ampérage
par section.
IRVE : NF C 15 100-7-722
Cette norme remplace le guide pratique
UTE C15-722 qui datait de juillet 2012. Elle
définit les exigences pour le raccordement des
IRVE (infrastructures de recharge de véhicules
électriques), lorsqu’elles sont alimentées par un
bâtiment quel qu’il soit. « Cette nouvelle norme
est notamment l’occasion de reposer le vocabulaire
La NF C 15-100-1 a repris les exigences des groupes de normalisation européens et internationaux et
proscrit les générateurs raccordés via une prise de courant.
et de préciser les exigences en matière de raccordement
d’IRVE », précise Angélique Branton.
Au-delà de la sémantique, la NF C 15 100-
7-722 fixe un certain nombre d’obligations.
Premièrement, les IRVE doivent être raccordées
via un circuit spécialisé. Deuxièmement,
chaque point de recharge doit être protégé
individuellement avec un DDR (dispositif
différentiel résiduel) de 30 mA. Cela permet
d’éviter qu’un point de recharge dysfonctionnel
rende inutilisable l’ensemble des IRVE de
l’installation, dans une logique de continuité
de service. Ensuite, pour les bornes à courant
réglable – par l’installateur –, la norme définit
le dimensionnement des câbles et des protections.
Enfin, la norme maintient l’obligation
de présence d’obturateurs pour la recharge
normale et la recommande pour la recharge
rapide.
Côté câblage, le dimensionnement des câbles
a été revu, avec un nouveau tableau de câbles
(52.1A et 52.1B) reprenant les Euroclasses,
qui modifie les appellations des câbles et les
tableaux 52.3A et 52.3B précisant également
les normes et les conditions d’influence externes.
Les modes de pose ont été harmonisés
et ont été regroupés par méthode de référence.
Pour chaque méthode, les électriciens doivent
se référer à de nouveaux tableaux de courants
admissibles. Donc nouvelle numérotation
des modes de pose et nouvelles méthodes de
référence d’installations. Les hauteurs sur les
modes de pose évoluent sur les dispositifs de
constructions, mais aussi pour les installations
sur tablettes chemins de câbles. Les logiciels
de calculs devront donc être mis à jour.
Efficacité énergétique :
NF C 15 100-8-1
L’efficacité énergétique est une nouveauté importante
de la série NF C 15-100, mais reste
pour le moment au stade des recommandations.
« L’objectif est de poser les bases pour conjuguer
efficacité énergétique et sécurité, en conception
et en exploitation », explique Angélique Branton.
Cette norme est applicable à tous les types
de bâtiments, neufs et existants, et repose sur
le principe d’amélioration continue. La norme
fournit une échelle pour positionner son installation
en matière d’efficacité énergétique.
La norme s’articule autour de 3 principes généraux.
Le premier concerne la réduction des
pertes d’énergie dans l’installation électrique.
Dans cette optique, la norme propose notamment
la méthode du barycentre : les transformateurs
et les tableaux de distribution doivent
être positionnés au plus proche des fortes
charges.
Le deuxième principe vise à favoriser l’utilisation
de l’énergie au bon moment, selon les
besoins. Par exemple, pour les bâtiments ter-
30 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
DOSSIER
tiaires, elle recommande de créer plusieurs
circuits par espace, pour gérer et piloter les
usages. Elle intègre la notion de maille, autrement
dit des usages qui fonctionnent en même
temps à un instant T. « La répartition des circuits
ne suffit pas. Il faut un gestionnaire d’énergie
pour piloter l’utilisation de l’énergie en fonction
des sources disponibles, des charges à alimenter, des
besoins de l’utilisateur, des données d’environnement…
», poursuit Angélique Branton. Enfin,
le dernier volet concerne le maintien et l’amélioration
des performances de l’installation,
via la mesure des consommations d’énergie
aux échelles pertinentes. L’application de cette
norme contribue à répondre aux obligations
des décrets BACS et tertiaire.
Installations photovoltaïques :
NF C 15-100-1 et NF C 15-100-10
La norme apporte des évolutions mineures
sur les installations solaires, qui font partie
des prochains travaux de révision. La principale
modification concerne le raccordement
d’une nouvelle source d’électricité en amont du
tableau électrique. Le dimensionnement de ce
dernier tient désormais compte de la puissance
fournie par le réseau public de distribution et
par la production locale.
Enfin, pour les générateurs raccordés via une
prise de courant, la NF C 15-100-1 a repris
les exigences des groupes de normalisation
européens et internationaux, qui proscrivent
le branchement de ces générateurs sur un circuit
terminal par l’intermédiaire d’un socle de
prise de courant. Pour raccorder un générateur
en toute sécurité, il est important de suivre
les mesures figurant dans la NF C 15-100-1
ou les règles applicables aux installations
photovoltaïques (documents normatifs de la
série C 15-712). Des discussions normatives
se poursuivent concernant les modes de raccordement
des générateurs aux installations
électriques fixes.
Entrée en vigueur
Le normalisateur a prévu un délai de 1 an entre
la publication et l’application obligatoire fixée
à août 2025. Tous les projets dont les dépôts
de permis de construire ont été effectués avant
août 2025 peuvent se conformer à l’ancienne
norme. Pour ceux déposés après août 2025,
ils devront se conformer à la nouvelle norme.
L’ancienne norme fait également foi pour les
textes réglementaires qui citent la NF C 15-100
de 2002.
Consuel a communiqué sur les référentiels
qu’il prendra en compte pour les contrôles.
Les deux normes, la version de 2002 et la nouvelle
version de la NF C 15-100 vont coexister
pour le moment et s’appliqueront en fonction
de la date de dépôt de permis de construire ou
de début des travaux de rénovation.
La normalisation est un travail continu, car
les commissions poursuivent leurs missions
pour faire évoluer la norme en fonction des
nouveaux usages, des nouveaux risques... En
France, les évolutions sont réalisées progressivement,
pour laisser le temps aux installateurs
de digérer la norme. •
Alexandre Arène
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 31
INTERVIEW
Aurélien Hillairet-Falzon,
le nouveau visage du Collège
Intégrateurs KNX France
Élu représentant le 18 décembre 2025, ce Lyonnais expert en résidentiel et petit tertiaire
partage avec nous sa vision pour booster le KNX auprès des électriciens et installateurs pros.
© KNX France
Aurélien HILLAIRET-FALZON, représentant
du Collège Intégrateurs KNX France.
▼
Électricien+ - Aurélien, pouvez-vous
vous présenter à nos lecteurs, ainsi
que votre société ?
Aurélien Hillairet-Falzon - Je suis donc
Aurélien Hillairet-Falzon, nouveau
représentant du Collège Intégrateurs
KNX France. J’ai une société d’intégration
domotique sur Lyon, Adel Smart Building
Solutions, qui entame sa 4 e année
d’activité. Cela fait une petite vingtaine
d’années que j’interviens dans l’intégration
KNX, principalement dans le résidentiel
et le petit tertiaire.
animant une communauté d’intégrateurs
engagés, et renforcer le dialogue avec
les constructeurs pour encourager
l’innovation.
Électricien+ - Pouvez-vous nous
présenter la nouvelle équipe dirigeante
du Collège ?
A. H.-F. - Avec moi, il y a Daniel Guillen,
vice-représentant, de la société IDtique
basée à Aix-en-Provence. Robert Van
Middelkoop, qui s’occupe de la partie
« événementiel et formation » – il la gérait
déjà, mais nous allons la renforcer avec des
initiatives concrètes comme une formation
annuelle sur le pilotage énergétique avec
visite de fabricants, une formation HVAC
alliant théorie et pratique, une journée
de rencontres dédiée aux intégrateurs
pour partager expériences et bonnes
pratiques, ainsi que des webinaires variés
sur des sujets techniques et d’actualité.
Fabrice Lucien, d’E.R.T., est responsable
« développement » et son objectif est
d’augmenter considérablement le nombre
de membres dès cette année 2026. Le
Collège compte actuellement 42 membres
Advanced, avec une bonne couverture
géographique sur un axe Nord-Sud-
Est : Paris Sud, Lyon, Rhône-Alpes en
général, et l’Est comme Strasbourg ou
Franche-Comté. L’Ouest, et notamment
la Bretagne, reste aujourd’hui une zone où
nous souhaitons renforcer notre présence.
L’idée centrale, c’est que les intégrateurs
adhèrent à notre charte qualité pour offrir
aux clients des installations vraiment
sereines et durables.
Électricien+ - Quelles sont vos priorités
pour ce mandat au Collège ?
A. H.-F. - Ma priorité consiste à renforcer
la dynamique du Collège en fédérant
davantage de membres. Plus notre réseau
s’élargit, plus notre capacité d’action et
notre visibilité progressent, au bénéfice de
l’écosystème KNX en France.
Le Collège reflète déjà une grande
diversité de projets et d’expertises, du
résidentiel au gros tertiaire, y compris
du yachting, avec des réalisations à forte
valeur ajoutée. L’enjeu aujourd’hui réside
dans une meilleure sensibilisation des
prescripteurs afin d’intégrer pleinement
les spécificités KNX dès la phase de
conception.
Notre objectif vise à promouvoir une
approche structurée de l’intégration,
reconnue comme un véritable lot
technique. KNX constitue une
Électricien+ - Comment avezvous
rejoint le Collège et été élu
représentant ?
A. H.-F. - J’ai été membre actif et
responsable communication du Collège
Intégrateurs KNX France avant d’être
élu représentant le 18 décembre dernier.
Ce qui m’anime, c’est la volonté de
renforcer l’image du KNX et de favoriser
son adoption en France. Concrètement,
je souhaite développer des actions
ciblées auprès des donneurs d’ordres et
des professionnels de terrain, valoriser
une approche KNX qualitative dès la
conception des projets, faire remonter
les problématiques du terrain tout en
▼
Le Bureau du Collège Intégrateurs KNX France.
© KNX France
32 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
INTERVIEW
© KNX France
▼
Visite du Collège Intégrateurs KNX France chez Theben.
“
Représenter
le Collège
Intégrateurs
KNX France,
c’est porter une
vision exigeante
et collective
du bâtiment
intelligent.
“
Aurélien HILLAIRET-FALZON,
représentant du Collège
Intégrateurs KNX France
infrastructure pérenne, capable de couvrir
l’essentiel des fonctions du bâtiment et
d’accompagner ses évolutions dans le
temps.
KNX est la colonne vertébrale du
bâtiment : un bus terrain bien installé
communique déjà 80 % des fonctions, et
absorbe ensuite CTA, clim ou supervision.
Il faut prouver que ce n’est pas plus cher à
long terme : les extensions sont plus aisées,
et nous avons 35 ans de maintenance
prouvée contre des solutions propriétaires
éphémères.
Il importe également de rappeler que la
performance d’une solution ne se mesure
pas uniquement à l’investissement initial,
mais à sa durabilité, sa maintenabilité et
sa capacité d’adaptation. KNX s’inscrit
pleinement dans cette logique de valeur à
long terme.
Électricien+ - Quelle est la valeur
ajoutée d’un intégrateur KNX
aujourd’hui ?
A. H.-F. - Aujourd’hui, ce qui fait la force
de KNX, c’est son ouverture qui procure
une grosse valeur ajoutée. Nous avons
plus de 500 marques compatibles derrière
nous, ce qui nous donne la possibilité
de trouver vraiment des solutions sur
mesure qui correspondent aux besoins des
clients, et pas seulement à ce qui facilite
l’installation pour l’installateur. La vraie
force du protocole KNX réside dans son
interopérabilité avec différents protocoles
et fabricants. Cela nous offre la possibilité
de proposer des solutions qui collent à
100 % aux attentes du client. Bien sûr,
il y a plein d’intégrateurs qui travaillent
sur d’autres protocoles et cela fonctionne
très bien, il n’y a pas de souci. Mais je
pense sincèrement qu’aujourd’hui, être
intégrateur KNX représente une vraie
force compétitive sur le marché.
Électricien+ - Pour un électricien
lecteur qui veut aller plus loin – gestion
énergétique, solaire, VE –, quel
parcours conseillez-vous au-delà de la
certification Partner/Advanced ?
A. H.-F. - Tout commence par une
formation solide, idéalement dispensée
dans un centre indépendant et multimarques,
afin de bénéficier d’une vision
large et de retours d’expérience terrain.
C’est aussi l’opportunité de découvrir
différentes approches et solutions, au-delà
d’un seul écosystème produit. Débutez
par des projets de taille raisonnable,
qu’il s’agisse de projets personnels ou de
l’aménagement de vos propres locaux
professionnels, afin de consolider vos bases
et gagner en assurance. La formation
initiale KNX Basic permet déjà de réaliser
des projets concrets bien structurés.
Ensuite, l’expérience terrain devient le
véritable accélérateur pour aborder, étape
par étape, des projets plus ambitieux
et complexes. Transformez vos devis
d’électricité traditionnelle en intégrant
du KNX d’office, en maîtrisant les coûts
pour ne pas exploser le budget : vous serez
un peu plus cher, mais vous apportez une
solution évolutive, et vous développez les
possibilités sur la question du client. La
communauté du Collège Intégrateurs
KNX France est essentielle : notre groupe
WhatsApp permet d’obtenir rapidement
des retours d’expérience concrets, des
réponses issues du terrain, venant
compléter efficacement l’accompagnement
proposé par les fabricants.
Il faut être certifié Advanced pour nous
rejoindre aujourd’hui, mais nous avons
un projet pour 2026-2027 qui ouvrirait
aux Partners. Enfin, l’expérience terrain
reste irremplaçable : elle permet d’analyser
les solutions complexes, de programmer
des systèmes avancés, de mixer des
protocoles, et de gérer les aléas chantier
comme un CVC qui change de marque
au dernier moment – là, vous improvisez
sereinement.
Électricien+ - Votre message final
aux électriciens et intégrateurs
qui nous lisent ?
A. H.-F. - Présentez toujours vos solutions de
manière claire et professionnelle, et soyez
irréprochables sur vos chantiers. Un projet
bien mené, c’est aussi un projet correctement
transmis : fournir les fichiers sources,
expliquer le fonctionnement et permettre
au client de devenir pleinement propriétaire
de son installation. Cette transparence évite
ensuite des reprises complexes, coûteuses
et décourageantes, que ce soit pour des
dépannages ou des extensions.
N’hésitez pas à travailler et à échanger
avec vos confrères électriciens, plombiers et
chauffagistes. Nous avons besoin les uns des
autres : beaucoup d’intégrateurs ne réalisent
pas eux-mêmes les tableaux électriques, et
les autres corps de métiers intègrent de plus
en plus de technologies sans toujours en
avoir conscience.
Proposez des solutions globales et
cohérentes, plutôt qu’une accumulation
d’applications indépendantes : une seule
expérience utilisateur pour l’éclairage, le
chauffage, l’audiovisuel ou les équipements
de confort comme une piscine ou un spa.
L’accompagnement est clé, tout comme
la pédagogie auprès des clients et des
partenaires.
Enfin, valorisez votre métier et parlez-en
autour de vous. Le Collège Intégrateurs
permet de fédérer les compétences, de
partager des retours d’expérience terrain et
de donner un véritable poids collectif à la
profession, dans un contexte où tous les lots
deviennent de plus en plus techniques et
interconnectés. •
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 33
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LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF
S M A R T H O M E
LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF
SMARTHOME
Toute l’actualité de l’intégration domotique
et installation électrique dans l’habitat
résidentiel, collectif et le petit tertiaire
ÉVÈNEMENT
Rexel Expo : un carrefour
d’innovations pour installateurs
domotiques et électriciens
LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF
S M A R T H O M E
DOSSIER
DOSSIER
ÉVÈNEMENTS
Berlin : tendances
et nouveautés
IBS édition 2025 :
GTB et LoRaWAN en vedette
INTERVIEWS
David Le Souder,
Smart Green Execution
Ludovic Bécourt, B.E.G.
Jean-Marc Vogel, Ledvance
Nicolas Roy, Sylvania
Aurore Alric, Citel
Claire Blouin, Cogelec
Cyril Malinvaud,
Hager Group
Antonio Calvo, Airzone
Romaric Thevenet, Wago
Frédéric Bettega, Erard
Joël Chrisment, Agi-Robur
FORMATION
L’atelier des Chefs :
on a testé la formation
CAP Électricien
Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr
Une publication de 3e Médias
DOSSIERS
Éclairage intérieur connecté :
solutions de pilotage pour les
logements et le petit tertiaire
Réseaux mesh résidentiels :
simplifier l’installation et
la gestion du Wi-Fi
Stockage d’énergie pour le
résidentiel : les solutions pour
maximiser l’autonomie énergétique
Applis pour électricien :
l'essentiel pour smartphone
et tablette
INTERVIEWS
Charley Ruminy - La Domotique & Moi
Germain Martinez - Digital Electric
Paul Calinescu - ABB
Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr
Une publication de 3e Médias
ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 100 - OCTOBRE 2025
ÉVÈNEMENTS
Retour sur le CES 2026 :
la maison autonome se construit
dès aujourd’hui
ISE 2026 : un salon qui parle
de plus en plus aux électriciens
Milwaukee à Rome : puissance,
numérique et solutions métier
pour les électriciens
DOSSIERS
Matter en habitat et petit
tertiaire : quelle place pour les
pros entre KNX, Thread et le
nouveau standard universel ?
NF C 15-100 : une mise à jour
pour répondre aux nouveaux
usages électriques
ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 101 - DÉCEMBRE 2025
INTERVIEWS
Aurélien Hillairet-Falzon -
Collège Intégrateurs KNX
France
Erwan Emery - WAGO
Dominik Naumann - Wiha
Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr
ÉCLAIRAGE
Gestion de l’éclairage intérieur
connecté : solutions de pilotage
pour les logements et petit tertiaire
Éclairage connecté dans un logement, gestion d’ambiance dans un commerce, pilotage automatique
dans un petit bureau : les usages se multiplient et les attentes des clients aussi.
Entre ampoules connectées, appareillage mural, bus Dali ou KNX et box domotiques, le choix peut vite
tourner au casse-tête. Le point sur les solutions disponibles.
L’
éclairage est souvent le premier Les fabricants ont suivi le mouvement, parfois
contact du client avec le bâtiment. même en l’accélérant. Gammes grand public
C’est ce qu’il touche en entrant, ce d’ampoules connectées, appareillage mural
qu’il voit en ouvrant la porte, ce qui va donner
le ton dans un salon, une salle d’attente ou un circuit classique en circuit connecté, bus
radio ou IP, micromodules pour transformer
un bureau. Quand la lumière est bien pensée, Dali ou KNX pour le tertiaire, box domotiques,
superviseurs et plateformes cloud :
l’espace paraît plus agréable, plus fonctionnel,
plus moderne. Quand elle est mal gérée, on l’offre explose. Résultat, le client final arrive
se retrouve avec des pièces trop sombres, trop souvent avec des idées (et des applications)
éblouissantes, ou des luminaires qui restent déjà en tête, pas toujours cohérentes entre elles.
allumés pour rien.
Pour l’installateur, le défi est clair. Il ne suffit
plus d’installer des points lumineux et des
Avec la généralisation des leds, des capteurs et
des réseaux sans fil, le pilotage de l’éclairage a interrupteurs. Il faut être capable de proposer
complètement changé de visage. On ne parle une architecture de pilotage, de choisir des
plus seulement d’allumer ou d’éteindre, mais protocoles, de combiner des produits grand
de scènes, de température de couleur, de détection
de présence, de variation en fonction de restant lisible et
public et des gammes professionnelles, tout en
la lumière du jour, de programmation horaire. maintenable
Dans un même bâtiment, un simple couloir dans le temps.
peut être géré par un détecteur autonome, alors C’est aussi une
qu’une salle de réunion bénéficie d’un scénario vraie opportunité
de mon-
complet, et qu’une vitrine joue sur le rendu des
couleurs pour mettre les produits en valeur. ter en valeur :
“
Pour l’installateur, le défi est
clair. Il ne suffit plus d’installer
des points lumineux et des
interrupteurs. Il faut être capable
de proposer une architecture
de pilotage, de choisir des
protocoles, de combiner des
produits grand public et des
gammes professionnelles, tout
en restant lisible et maintenable
dans le temps.
“
concevoir une solution d’éclairage connecté
cohérente, c’est vendre du confort, des économies
d’énergie et une image moderne du bâtiment,
bien au-delà du simple devis luminaires.
Pourquoi connecter l’éclairage
des logements et du petit tertiaire
Un logement moderne ou un petit local tertiaire
ne se contente plus d’un simple interrupteur
près de la porte. Les attentes ont
changé. Les occupants veulent du confort,
une ambiance lumineuse adaptée à chaque
moment, tout en gardant la main sur la facture
d’électricité. De l’autre côté, les propriétaires et
gestionnaires cherchent des solutions durables,
faciles à maintenir, qui ajoutent de la valeur au
bâtiment.
L’éclairage pèse
encore une
part notable
de la consommation
électrique,
surtout
Philips Hue est une référence depuis de nombreuses années dans le
domaine de l’éclairage connecté grand public.
© Signify
© Legrand
La gamme Céliane With Netatmo permet de
rendre un éclairage connecté tout en conservant
l’esthétique des célèbres interrupteurs Céliane.
dans le petit tertiaire où les luminaires restent
souvent allumés plus longtemps que nécessaire.
Dès qu’on ajoute détection de présence,
variation, gestion horaire ou mesure de luminosité,
les économies deviennent très visibles,
sans sacrifier le confort.
Pour l’installateur, l’éclairage connecté est un
terrain idéal pour proposer plus qu’un simple
remplacement de luminaire. C’est l’occasion de
vendre un projet global : ambiances, scénarios,
économies d’énergie, sécurité, image moderne
du lieu. Les clients n’attendent pas forcément
une solution ultra technique, mais une installation
fiable, simple à utiliser, qui ne deviendra
pas obsolète au bout de deux ans. C’est précisément
là que le professionnel fait la différence :
choisir les bons produits, organiser l’architecture,
anticiper maintenance et évolutions.
Entre ampoules connectées grand public et bus
d’éclairage pro, le marché peut sembler confus.
Un même chantier peut mélanger des spots
led dimmables, des bandeaux décoratifs, des
appliques connectées, des variateurs radio, des
détecteurs de présence et une box domotique.
Panorama des architectures
de pilotage
Le premier niveau reste le pilotage local simple.
Interrupteurs, boutons-poussoirs, variateurs
muraux, détecteurs autonomes : tout cela continue
de très bien fonctionner et ne disparaît pas
avec le connecté. Un détecteur de présence avec
cellule de luminosité dans un couloir de bureaux,
par exemple, reste une solution rentable
et robuste, même sans réseau radio ou box.
© Nodon
Le micromodule Nodon s’installe derrière un interrupteur classique pour connecter n’importe quel éclairage.
Viennent ensuite les luminaires ou sources Autre approche : les actionneurs déportés.
directement connectés. On remplace la lampe Les micromodules, variateurs ou contacteurs
par une version connectée, ou on pose un se placent derrière l’interrupteur, dans une
plafonnier pilotable. Chaque point lumineux boîte de dérivation ou au tableau électrique.
devient adressable, sans modifier le câblage. Le circuit reste classique, mais chaque groupe
C’est la logique des ampoules type Philips Hue, d’éclairage est piloté par un module relié à
Ikea Tradfri, Lidl Home ou Nanoleaf, qui sont un réseau radio ou bus. Des marques comme
des produits grand public par excellence, mais Legrand with Netatmo, Schneider Electric
aussi des panneaux led et plafonniers connectés Wiser, Yokis, Nodon ou Delta Dore proposent
proposés par de plus en plus de fabricants. ce type de solution.
Enfin, le niveau supérieur consiste à centraliser
le pilotage via une passerelle ou une box
domotique. Les points lumineux sont commandés
par différents modules ou luminaires
connectés, mais l’ensemble est orchestré par un
cœur de système : box domotique résidentielle,
superviseur tertiaire, contrôleur KNX ou Dali.
C’est ce qui permet de créer des scénarios globaux,
des tableaux de bord, des historiques et
une maintenance à distance.
Protocoles et écosystèmes :
du grand public au professionnel
Les solutions grand public reposent souvent sur
le Wi-Fi ou le Zigbee. Les lampes connectées
type Philips Hue ou Ikea Tradfri utilisent une
passerelle Zigbee vers le réseau IP. D’autres
produits, notamment d’entrée de gamme, se
connectent directement en Wi-Fi à la box
internet et sont pilotés via le cloud. On trouve
aussi des solutions en Bluetooth mesh, très intéressantes
pour de petites surfaces, grâce à un
maillage simple entre luminaires et commandes.
Aqara fait cohabiter de nombreux protocoles Les gammes d’appareillages connectés
professionnels, tels que KNX, Dali, BACnet, etc. comme Legrand with Netatmo, Schneider
© Cédric Locqueneux
Une publication de 3e Médias
12 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 101 - DÉCEMBRE 2025 SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 101 - DÉCEMBRE 2025 - 13
ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
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dédiée au résidentiel et petit tertiaire.
3 QUESTIONS À
Borne WAGO 221 Green Range :
la connexion durable
Et si un produit aussi courant qu’une borne de raccordement devenait un levier concret de
transition environnementale sur les chantiers ? Avec la gamme 221 Green Range, WAGO
revisite sa célèbre série à leviers en intégrant des plastiques recyclés et bio-circulaires, tout
en conservant strictement les mêmes performances électriques. Erwan Emery, responsable
distribution chez WAGO, nous en dit un peu plus à son sujet.
© Wago
© Wago
Face aux exigences croissantes en matière
de performance, de sécurité et désormais
de responsabilité environnementale, les
industriels du matériel électrique doivent
repenser leurs standards sans jamais
compromettre la fiabilité. Avec la gamme
221 Green Range, WAGO décline l’une
de ses bornes les plus emblématiques
dans une version intégrant des plastiques
recyclés et bio-circulaires, tout en
conservant les caractéristiques techniques
qui ont fait le succès de la série 221.
Déclinée en versions 4 mm², 6 mm²,
Inline et désormais en 10 pôles, cette
gamme vise clairement les professionnels
du résidentiel, du collectif et du
petit tertiaire. Nous avons souhaité
comprendre la démarche, les enjeux et les
bénéfices concrets pour les installateurs.
Chaque extension adresse un besoin terrain bien réel : plus de modularité, plus de puissance admissible,
et des solutions toujours plus adaptées aux configurations d’installations modernes.
▼
avec la Green Range concernent
uniquement les matières premières, pas
la conception de la borne : l’architecture,
le design interne, les composants
conducteurs et les paramètres de
fabrication restent strictement inchangés.
La nouveauté réside dans l’utilisation
de polymères bio-circulaires et issus de
filières de recyclage : leur part est attribuée
selon des règles d’allocation certifiées
(Mass balance) : jusqu’à 77 % de matériaux
recyclés pour le boîtier, et environ 26 à
27 % pour les leviers, selon les versions.
Le certificat ISCC PLUS garantit la
traçabilité de l’ensemble de la chaîne
d’approvisionnement*.
Cet exercice est particulièrement
exigeant : dans le domaine du matériel
électrique, tous les plastiques – recyclés
ou non – doivent satisfaire les mêmes
critères d’isolement, de tenue dans le
temps et de résistance mécanique fixés
par la norme EN 60998.
C’est précisément ce respect strict des
normes qui garantit que les performances
restent 100 % identiques à la série 221
classique. Les spécifications ne changent
pas :
• 450 V,
• 32 A en 4 mm²,
• 41 A en 6 mm²,
• température d’utilisation jusqu’à 85 °C,
• les mêmes certifications et les mêmes
tests qualité.
Au final, seule l’origine des matériaux
évolue ; les performances, elles, sont
absolument inchangées.
Électricien+ - La série 221 est devenue
une référence sur les chantiers. Avec
la Green Range, vous introduisez des
matériaux recyclés et bio-circulaires.
Concrètement, qu’est-ce qui change
dans la conception de la borne, et
comment garantissez-vous des
performances strictement identiques
à la version classique ?
Erwan Emery - Les évolutions apportées
La version 10 pôles répond à une forte demande
des installateurs.
▼
© Wago
Électricien+ - La gamme couvre
désormais le 4 mm², le 6 mm², l’Inline
et la nouvelle version 10 pôles. Pour
quels types d’applications terrain cette
extension est-elle particulièrement
stratégique, notamment en résidentiel
collectif et petit tertiaire ?
E. E. - L’extension de gamme apporte des
réponses très attendues sur le terrain, en
particulier dans le résidentiel collectif
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 35
3 QUESTIONS À
© Wago
▼
Seule l’origine des matériaux évolue ; les performances, elles, sont absolument inchangées.
et le petit tertiaire où la densité des
installations et la diversité des besoins
exigent flexibilité et compacité.
La version 10 pôles répond à une forte
demande des installateurs : elle est idéale
pour regrouper les liaisons équipotentielles
(vert/jaune) dans les boîtes ou dans les
GTL, d’autant plus avec son support rail
DIN. Elle s’impose également comme
une solution simple et compacte pour la
distribution de polarités dans les tableaux
de contrôle/commande, offrant une
alternative pratique aux blocs de jonction.
La version Inline a surpris par
son potentiel : bien qu’il s’agisse
fonctionnellement d’une 2 pôles
existante, son format « en ligne » ouvre
de nouvelles possibilités d’intégration,
notamment lorsque l’organisation des
câbles dans les enveloppes impose un
routage axial ou plus linéaire. C’est
typiquement le genre de détail qui
change la vie sur chantier.
La gamme en 6 mm² est tout aussi
stratégique. Elle permet le raccordement
de circuits fortement chargés tels que la
plaque de cuisson en résidentiel, mais
aussi des équipements plus exigeants
comme certaines pompes à chaleur.
Dans le petit tertiaire, certaines lignes
dépassent les 40 A, par exemple dans
les hôpitaux ou bâtiments techniques :
pouvoir connecter du 6 mm² avec la
même simplicité que le reste de la
gamme est un atout décisif pour les
installateurs.
Au final, chaque extension adresse
un besoin terrain bien réel : plus de
modularité, plus de puissance admissible,
et des solutions toujours plus adaptées
aux configurations d’installations
modernes.
Électricien+ - Les installateurs sont de
plus en plus sollicités sur les critères
RSE et l’empreinte carbone des
chantiers. Pensez-vous que ce type
de produit puisse devenir un argument
différenciant dans les appels d’offres
ou les démarches environnementales
des maîtres d’ouvrage ?
E. E. - Aujourd’hui, ce n’est plus un
simple argument commercial : c’est
devenu une obligation économique.
Dans de nombreux appels d’offres
publics, la dimension environnementale
est désormais déterminante, et une
candidature peut être écartée si la
réponse RSE n’est pas jugée suffisante.
Sur certaines consultations, le volet
environnemental peut représenter jusqu’à
20 % de la note globale, ce qui change
profondément la manière dont les
installateurs préparent leurs dossiers.
À l’échelle d’un chantier, une
borne Green WAGO peut sembler
anecdotique, mais ce serait mal
comprendre les enjeux opérationnels
actuels : les installateurs doivent justifier
chaque choix, du plus petit composant au
matériel le plus visible. Tout est scruté,
tout compte dans le bilan carbone global,
et la cohérence de l’ensemble devient un
critère d’évaluation.
Est‐ce différenciant ? Oui et non.
Oui, parce que tous les fabricants ne
s’aventurent pas encore dans les principes
de l’économie circulaire. Mais non, car
cette situation est transitoire : très vite, ce
type de solution deviendra un pré‐requis,
et l’ensemble du marché devra s’aligner.
C’est une excellente évolution pour la
filière.
Pour les artisans, l’enjeu est tout
aussi important. Ils veulent eux aussi
contribuer à la réduction de l’usage
des ressources fossiles et répondre aux
attentes croissantes des clients finaux.
Le fait que WAGO propose la version
Green au même prix que la version
classique lève définitivement les freins à
l’adoption : il n’y a plus aucune barrière
économique ou technique pour s’engager
dans une démarche plus responsable.
L’arrivée imminente des fiches PEP
liées à ces connecteurs apporte enfin une
preuve technique supplémentaire : en
quantifiant les impacts sur l’ensemble du
cycle de vie, elles offrent aux installateurs
un argument solide, transparent et
directement mobilisable dans les appels
d’offres. •
* La certification selon le schéma ISCC PLUS garantit
la traçabilité des flux de matières certifiées ainsi que
le respect des critères de durabilité tout au long de la
chaîne d’approvisionnement.
La borne Inline ouvre de nouvelles possibilités
d’intégration lorsque l’organisation des câbles dans
les enveloppes impose un routage axial ou plus
linéaire.
▼
© Wago
36 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 37
CE SONT EUX QUI EN PARLENT LE MIEUX
WIHA SPARKIFY :
quand le test électrique entre
dans l’ère du cloud et de l’IA
Avec ses nouveaux testeurs connectés et la plateforme Sparkify,
Wiha ne se contente plus de mesurer : la marque transforme la
gestion complète des contrôles électriques. NFC, reconnaissance
d’images et cloud redessinent le quotidien des électriciens. Une
évolution qui pourrait bien faire basculer le métier dans une nouvelle
dimension numérique. Dominik Naumann, de l’équipe innovation
Wiha, nous en dit plus à ce sujet.
Longtemps, les appareils de mesure ont été
perçus comme de simples outils techniques,
centrés sur la précision des relevés.
Wiha propose aujourd’hui une approche
radicalement différente. En associant des
testeurs optimisés à une plateforme cloud
multi-constructeurs, connectée via NFC
et enrichie par l’intelligence artificielle,
la marque allemande entend simplifier
la documentation, fiabiliser la traçabilité
et réduire drastiquement le temps
administratif sur chantier. Au-delà d’un
nouveau produit, c’est une nouvelle logique
de travail qui s’installe, où la donnée
devient un véritable levier de performance
pour les entreprises d’électricité.
Électricien+ - Wiha annonce une innovation
majeure avec ses nouveaux testeurs
connectés. En quoi cette solution marquet-elle
une rupture par rapport aux testeurs
d’installations électriques traditionnels ?
Dominik Naumann - Les appareils de test
traditionnels fonctionnent le plus souvent
avec une mémoire interne et un transfert
manuel des données via Bluetooth ou PC.
Notre solution connectée permet de gagner
du temps et de simplifier nettement les
processus.
La documentation des contrôles s’effectue
directement via une plateforme multiconstructeurs
sous forme d’application.
Les données de mesure et les
informations relatives aux équipements
sont enregistrées automatiquement par
NFC, photo et intelligence artificielle.
Les données sont stockées de manière
centralisée dans le cloud et peuvent être
exportées au format PDF.
Les électriciens peuvent ainsi réduire
jusqu’à 50 % le temps consacré à
la documentation des contrôles
d’équipements. Cela est rendu possible
grâce à la reconnaissance d’images, aux
données préremplies et à la transmission
NFC. L’attribution manuelle des résultats de
mesure aux équipements contrôlés ou aux
points de mesure de l’installation électrique
n’est plus nécessaire.
Le recours à du matériel supplémentaire
comme des tablettes, ordinateurs portables,
imprimantes ou scanners est également
réduit, car de nombreuses fonctions sont
désormais assurées par le smartphone.
Les responsables en bénéficient aussi : la
charge liée à l’archivage et à la gestion des
rapports de contrôle diminue.
La documentation est ainsi externalisée
de l’appareil lui-même. La mémoire
interne, les programmes et les interfaces
de transmission filaire ne sont plus
nécessaires. Les appareils restent ainsi
clairs, simples et centrés sur leur fonction
de mesure.
L’interaction entre la plateforme et un
matériel optimisé permet de réduire les
sources d’erreur, de simplifier l’organisation
des projets et de faciliter la collaboration
grâce au partage des données en temps
réel via le cloud.
Électricien+ - La connexion NFC entre les
testeurs et l’application mobile est un
point fort de votre solution. Concrètement,
comment cela simplifie-t-il le quotidien d’un
électricien sur chantier ?
D. N. - La connexion NFC entre les appareils
de test Wiha et l’application Sparkify
facilite considérablement le travail sur
le chantier. Les données mesurées sont
transmises directement de l’appareil de
test au smartphone aussi simplement et
rapidement que lors d’un paiement sans
contact.
Les saisies manuelles ne sont plus
nécessaires, ce qui réduit les sources
d’erreur. L’appairage via Bluetooth n’est
également plus requis.
Les formulaires papier et les notes
manuscrites sont remplacés par des
rapports de contrôle numériques. Ceux-ci
comprennent les valeurs de mesure,
des photos et d’autres informations,
et peuvent être créés directement sur
site. Les rapports peuvent ensuite être
transmis au format PDF ou via un lien. Un
QR code permet d’accéder à nouveau à la
documentation à tout moment.
La saisie des données reste possible même
sans connexion Internet. L’application
enregistre les informations localement
sur le smartphone et les synchronise
automatiquement dès qu’une connexion est
rétablie.
La solution garantit une traçabilité fiable
et conforme aux normes, notamment
dans le cadre des contrôles Consuel
ou des opérations de maintenance. La
transmission NFC inclut également des
informations telles que l’horodatage, la date
d’étalonnage, le numéro de série et le type
d’appareil. L’origine des données peut ainsi
être clairement retracée.
Électricien+ - Vous évoquez la
reconnaissance automatique des appareils
via photo et analyse IA. Comment
fonctionne cette technologie et quel
est son niveau de fiabilité aujourd’hui ?
D. N. - La reconnaissance d’images
s’appuie sur le serveur d’intelligence
artificielle français « Mistral ». L’équipement
photographié est comparé à des images
de produits disponibles en ligne. Le type
d’appareil et le fabricant peuvent ainsi être
identifiés et enregistrés dans l’application.
La qualité de la reconnaissance dépend de
plusieurs facteurs : la qualité de l’image,
le contraste et la lisibilité de la plaque
signalétique. L’IA assiste l’électricien
lors de la création d’un équipement à
contrôler et pour le renseignement des
données techniques. Dans certains cas,
quelques informations doivent encore être
complétées ou vérifiées.
La reconnaissance permet également
de réduire les erreurs d’attribution des
équipements contrôlés. L’analyse repose
toujours sur l’image capturée. Celle-ci
38 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
CE SONT EUX QUI EN PARLENT LE MIEUX
© Wiha
est enregistrée avec le code-barres et les
données techniques, puis intégrée à la
documentation.
Lors d’un contrôle périodique, l’équipement
peut être rappelé directement via le codebarres.
Les données n’ont pas besoin d’être
saisies à nouveau. Les valeurs de mesure
peuvent ainsi être comparées sur la durée
et l’évolution de l’état de l’équipement peut
être suivie.
Électricien+ - La gestion numérique des
rapports et des données est un enjeu fort
dans le résidentiel comme dans le petit
tertiaire. Votre solution s’intègre-t-elle
dans les flux existants (export PDF, cloud,
ERP, logiciel de devis, archivage sécurisé) ?
D. N. - Sparkify est conçue comme une
plateforme. L’objectif n’est pas seulement
de numériser des tâches isolées, mais
de rendre les données exploitables entre
différents systèmes.
Un exemple est la collaboration
avec l’application Easy Pro d’ABB
ou un logiciel allemand de schéma
électrique (stromlaufplan.de). Dans ces
environnements, des données sont déjà
générées dès la phase de planification,
notamment pour la construction de
tableaux électriques. Elles peuvent
être reprises directement dans la
documentation. Les transferts manuels
deviennent inutiles et les risques d’erreur
sont réduits.
À l’issue d’un projet, une documentation
complète peut être générée au format PDF.
Celle-ci peut être signée numériquement
directement sur site.
La plateforme est conçue pour évoluer.
À long terme, des interfaces ouvertes
permettront d’y connecter d’autres
systèmes, par exemple des données
d’ordres de travail ou des modèles de
documentation issus de systèmes ERP.
L’approche plateforme constitue ainsi une
alternative assumée aux solutions isolées
et non interconnectées.
Électricien+ - Pensez-vous que ce type
d’outil va redéfinir la manière dont
les entreprises d’électricité gèrent la
conformité et la maintenance dans les
prochaines années ?
D. N. - Dans le quotidien des électriciens,
une grande quantité de documentation est
produite. Parallèlement, les assureurs et
les exploitants imposent des exigences de
plus en plus élevées en matière de preuves
et de contrôles.
Lorsque l’application Sparkify est utilisée
de manière systématique, les données de
mesure ne servent plus uniquement de
documentation. Elles peuvent également
être exploitées pour analyser l’évolution
de l’état des installations et des
équipements. Les changements peuvent
ainsi être identifiés et évalués sur de
longues périodes.
Les clients disposent ainsi d’un moyen
fiable pour prouver dans la durée le
bon état de leurs installations et, si
nécessaire, de prendre des mesures à un
stade précoce.
Tous les documents sont stockés dans
le cloud et peuvent être restaurés à
tout moment. Cela est particulièrement
important lors de changements de
personnel au sein de l’entreprise
d’électricité ou, du point de vue du client,
en cas de changement d’entreprise,
d’insolvabilité ou de changement
d’exploitant, car les informations sont
sinon souvent perdues et doivent être
reconstituées.
Sparkify offre aux électriciens un
outil pratique et orienté processus.
L’accent se déplace de la documentation
complexe vers le travail artisanal luimême,
tandis que les données restent
disponibles sur le long terme.
Jusqu’à présent, les appareils de mesure
étaient principalement considérés
comme de simples instruments de
mesure. Avec Sparkify, ils deviennent
partie intégrante d’un système de
documentation continu.•
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 39
FOCUS
OUTILLAGE
Milwaukee à Rome : puissance,
numérique et solutions métier
pour les électriciens
À Rome, Milwaukee n’a pas simplement dévoilé une série de nouveautés. La marque a exposé
une vision structurée du chantier professionnel, où performance, traçabilité et sécurité forment
un ensemble cohérent. Batteries Forge plus puissantes et plus rapides à charger, outils
électroportatifs repensés pour réduire bruit et vibrations, accessoires co-développés selon la
logique « Perfect Match », intégration massive de One-Key et élargissement des gammes EPI :
tout converge vers une productivité accrue et une meilleure maîtrise des interventions.
Comme chaque année, Milwaukee Tool
a réuni ses partenaires européens pour
dévoiler sa vision et ses nouveautés,
cette fois à Rome. Le décor était spectaculaire
(show à l’américaine), mais le message, lui, était
très concret. Milwaukee accélère sur trois axes :
domination du sans-fil, intégration numérique
poussée et élargissement massif des solutions
métier, des machines aux EPI en passant par
le rangement.
La marque ne parle plus seulement d’outillage.
Elle parle d’écosystèmes complets capables de
transformer la productivité, la traçabilité et la
sécurité sur les chantiers.
UNE CROISSANCE PORTÉE
PAR LE SANS-FIL ET
L’INVESTISSEMENT MASSIF
Les chiffres annoncés donnent le ton : plus de
500 nouvelles solutions présentées, des investissements
continus en R&D et une expansion
constante des plateformes M12, M18 et
MX Fuel. En Europe, la progression est spectaculaire
sur la dernière décennie, avec une
progression à deux chiffres chaque année, et
une multiplication des parts de marché dans
de nombreux segments professionnels.
Le fil rouge reste le sans-fil. L’introduction
du lithium en 2005 a marqué une rupture. Le
RedLithium a ensuite apporté un contrôle
électronique cellule par cellule, optimisant la
charge et la longévité. Les cellules 21700 High
Output ont permis d’alimenter des machines
énergivores comme les scies à onglet ou les
meuleuses lourdes sans perte de performance.
▼
Rien ne semble arrêter la progression de Milwaukee.
Magnétiques, sécurisés pour les camions, sur USB,
allume-cigare… il existe des chargeurs pour tous les
besoins.
▼
© Cédric Locqueneux
Forge : une nouvelle architecture
batterie
La batterie Forge représente une étape
supplémentaire. L’architecture interne a
été repensée pour fluidifier la circulation
de l’énergie. L’objectif est double : délivrer
davantage de puissance instantanée et accepter
des charges beaucoup plus rapides.
Pour un électricien qui alterne perforateur,
visseuse à choc et coupe-tube sur une même
journée, cela signifie moins de temps mort et
une puissance stable jusqu’à la dernière barre
d’autonomie. Sur les plateformes les plus sollicitées,
la différence se ressent immédiatement
en usage continu.
Les solutions de charge ont évolué en parallèle.
Chargeurs USB-C bidirectionnels capables
d’alimenter ordinateur et téléphone,
superchargeurs double baie refroidis activement,
stations d’énergie MX Fuel type Roll-
On 6 kWh remplaçant avantageusement un
groupe électrogène sur des chantiers urbains
sensibles au bruit… Milwaukee structure son
offre autour de la mobilité énergétique et de
la réduction des contraintes logistiques.
One-Key : le chantier devient traçable
Nous l’avions déjà vu dans le numéro 98 de
SmartHome Électricien+ : Milwaukee One-Key
n’est plus un simple module de localisation. La
plateforme s’impose aujourd’hui comme un
véritable outil de gestion de parc et de reporting.
Lors des démonstrations, une électrosoudeuse
MX Fuel enregistrait chaque opération avec
point GPS, durée de soudure et paramètres
thermiques. Les données étaient exportables
sous forme de rapport à transmettre au donneur
d’ordre. Même logique sur les sertisseuses
M12 et M18, capables d’enregistrer les
cycles et d’indiquer visuellement la validation
correcte d’un sertissage.
Pour les électriciens intervenant en collectif
ou en tertiaire, la documentation devient
© Cédric Locqueneux
40 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
FOCUS
Livré avec têtes interchangeables codées couleur
et butée réglable, il assure un dénudage
reproductible et sécurisé.
Milwaukee annonce un gain de vitesse multiplié
par quatre par rapport aux solutions
manuelles. Sur des opérations répétitives en
industrie ou en réseaux, l’économie de temps
cumulée devient significative.
© Cédric Locqueneux
▼
Des embouts adaptés sont tout aussi importants qu’une bonne visseuse.
une exigence contractuelle. Pouvoir prouver
la conformité d’une intervention sécurise
l’entreprise et renforce la crédibilité face aux
maîtres d’ouvrage.
Perfect Match : machines et
accessoires conçus ensemble
La doctrine « Perfect Match » présentée
durant l’événement repose sur un principe
simple : machine et accessoire doivent être
développés conjointement pour supporter les
contraintes réelles d’utilisation.
Les visseuses à choc M18 Fuel atteignent aujourd’hui
226 Nm et près de 3 900 tours par
minute. Les anciennes générations d’embouts
n’étaient plus adaptées à ces niveaux de couple
et de fréquence d’impact, et pouvaient se déformer,
voire casser.
La gamme Shockwave Gen4 introduit une
découpe laser des têtes pour une meilleure
tenue dans la vis et une nouvelle gestion des
zones d’absorption d’impact. Cinquante-neuf
configurations de Shock Zone différentes ont
été développées selon la longueur et le type
d’embout. Les tests internes annoncent une
durabilité pouvant tripler par rapport à la
génération précédente.
Pour un électricien, cela signifie moins de
casse d’embouts en pleine installation de
chemins de câbles ou de rails, et une transmission
de couple plus efficace dans les vis
autoforeuses.
© Cédric Locqueneux © Cédric Locqueneux
Puissance et autonomie dans un format compact
et silencieux.
▼
LES NOUVEAUTÉS CLÉS
POUR LES ÉLECTRICIENS
M18 FIDRQ-502X : performance
et confort acoustique
La nouvelle visseuse à choc hydraulique M18
FIDRQ, évolution de la technologie Surge, vise
clairement le confort d’utilisation. Milwaukee annonce
jusqu’à 50 % de bruit en moins et trois fois
moins de vibrations. La vitesse en charge progresse
également par rapport à la génération précédente.
Sur des interventions en logement occupé, en
établissement recevant du public ou en maintenance
tertiaire, la réduction des nuisances
sonores devient un avantage opérationnel.
Moins de fatigue pour l’utilisateur, moins de
perturbation pour l’environnement.
M18 FCST : le dénudage
passe à l’électrique
Le dénudeur de câbles M18 FCST illustre
la volonté d’électrifier des tâches répétitives.
Lors de la démonstration, la vitesse de dénudage
d’un câble 50 mm² était impressionnant.
▼
Milwaukee Packout : organisation
modulaire renforcée
Le célèbre système Packout s’enrichit avec le
nouveau Packout Rolling Drawer à tiroirs,
permettant d’accéder aux outils sans démonter
l’ensemble de la colonne. La marque
propose également une caisse électricien
62 pièces pré-configurée et un sac à dos dédié.
La logique modulaire de ce système de rangement
simplifie l’organisation du matériel et
réduit les pertes de temps sur chantier, atelier,
ou même utilitaire. Pour un installateur transportant
petits outils, accessoires de connexion
et appareils de mesure, cette cohérence d’ensemble
apporte une vraie fluidité.
Sécurité : le Bolt 200 en tête
du classement
Le casque Bolt 200 avec insert Impact Armor
arrive en tête d’un classement indépendant
mené par Virginia Tech. L’insert en matériau
développé à l’origine pour des applications
aérospatiales améliore l’absorption des chocs.
La gamme intègre également des solutions
rafraîchissantes activables à l’eau et une offre
complète de lunettes au design plus affirmé.
Les vestes chauffantes M12 évoluent vers une
technologie à nanotubes de carbone offrant
une montée en température plus rapide et une
surface de chauffe élargie. •
L’avis d’ SMARTHOME
La conférence de Rome n’a pas
seulement présenté des nouveautés
produits. Elle a mis en avant une
vision structurée du chantier de
demain. Batteries haute performance,
recharge rapide, traçabilité numérique,
accessoires co-développés, rangement
modulaire et EPI intégrés dans une
logique système.
Pour les professionnels, cette
cohérence globale répond à des enjeux
très concrets : manque de main-d’œuvre
qualifiée, exigences documentaires
croissantes, pression sur les délais et
besoin de confort d’utilisation.
Milwaukee confirme sa volonté de
ne plus être uniquement un fabricant
d’outillage, mais un partenaire global
de productivité et de sécurité sur les
chantiers professionnels.
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 41
NOUVEAUTÉS PRODUITS
OMRON ELECTRONIC
Nouveau relais G9EK-1-EX : 250 A à 500 VDC
au format compact et conçu sans gaz
Omron Electronic Components Europe élargit sa série G9EK
à bornes à vis avec le G9EK-1-EX DC, un relais de puissance
normalement ouvert capable de commuter 250 A sous 500 VDC pour
l’isolement sécurisé. Il vise les architectures fortes intensités liées
à la recharge de véhicules électriques, aux énergies renouvelables
et à la mobilité électrique, où l’on cherche une alternative plus
compacte aux contacteurs. Le relais conserve un encombrement
réduit (47,7 × 86 × 64,2 mm) tout en améliorant la marge de sécurité
par rapport au G9EK-1-E (200 A/500 VDC). Sa structure interne
optimisée annonce 15 mΩ de résistance de contact en fermeture
et une faible puissance de bobine de 4 W, avec une dissipation
maîtrisée malgré un courant de commutation supérieur. La tenue
mécanique est renforcée face aux chocs et vibrations, jusqu’à
100 g, un point clé pour des usages e-mobilité comme les véhicules
guidés autonomes industriels. Les bornes limitent aussi les forces
répulsives magnétiques en cas de très forts courants, notamment
lors d’un court-circuit, pour gagner en fiabilité et longévité. Le
composant peut interrompre jusqu’à 1 000 A sous 400 V et résister à
des impulsions de 4 000 V. Les temps de réponse annoncés sont de
50 ms à l’activation et 30 ms à la désactivation, pour 200 000 cycles
mécaniques, avec une conception sans gaz. •
https://components.omron.com
© Omron Electronic
DISANO
Pastilla CCT/Power Switch : luminaire
polyvalent pour habitat et petit tertiaire
Le luminaire Pastilla CCT/Power Switch de Disano Fosnova est
conçu pour l’habitat et le petit tertiaire, offrant une installation
en applique ou plafonnier. Son corps et son diffuseur en
polycarbonate incassable, auto-extinguible, avec protection
IP65 et résistance IK10, garantissent sécurité et durabilité en
environnements exigeants. L’isolation classe II assure une
grande fiabilité. Grâce aux dip switch intégrés, l’utilisateur
configure simplement la température de couleur de la led et la
puissance, optimisant flexibilité et gestion des stocks. Proposé
de 10 à 24 W avec flux jusqu’à 2 850 lm, CRI>80 et efficacité
élevée, Pastilla offre une lumière LED stable (RG0, PF>0,9),
un maintien du flux lumineux de 30 000 h (L80B20). Idéal pour
halls, circulations, sanitaires et locaux techniques nécessitant
robustesse et performance. •
www.disano.it/fr/
© Disano
PEAKNX
Nouveaux écrans tactiles et mises à jour YOUVI pour projets KNX
À Light + Building 2026, PEAKnx a présenté une série de nouveautés autour de ses écrans tactiles KNX, de la visualisation YOUVI
et de ses interfaces. La gamme d’écrans, pensée comme poste de commande central en résidentiel comme en tertiaire, s’appuie
sur Windows IoT Enterprise LTSC et accepte, en plus de YOUVI, des visualisations Windows et web ainsi que des applications via
navigateur. Côté matériel, le nouveau Control 8 remplace le Controlmicro avec des performances en hausse, un châssis plus fin et
une installation possible en portrait ou paysage. PEAKnx a dévoilé
aussi un aperçu du futur Control 12, plus proche du Control 16, avec
touches latérales, éclairage d’ambiance, boîtier revu et haut-parleur
optimisé, tout en conservant les montages en saillie, encastré ou au
ras du mur. Le Control 19, successeur technique du Controlpro 18,5",
gagne en marge de puissance et reste compatible avec les projets
existants, tout en servant de remplacement pour le Gira Control 19
via kit d’échange. Enfin, YOUVI 5.1 apporte de nouveaux widgets,
une couleur d’accent personnalisable, un import ETS amélioré et
un rôle utilisateur limité, tandis que la KNX Modbus Gateway TCP
secure, le Home Automation Server et l’USB Connector complètent
l’offre d’intégration. •
www.peaknx.com
© PEAKnx
42 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
NOUVEAUTÉS PRODUITS
MODELEC
Balises de sol : une signature lumineuse
discrète pour couloirs et escaliers
Modelec dévoile des balises de sol au design sobre, pensées pour éclairer les zones
peu lumineuses et sécuriser les circulations. Ciblées pour les couloirs et escaliers, en
habitat comme en hôtellerie, elles diffusent une lumière subtile qui guide le passage,
structure l’espace et souligne les marches avec une touche contemporaine. Ces balises
sont proposées dans les gammes Confidence et M, avec les mêmes finitions que les
interrupteurs et prises assortis, afin d’assurer une cohérence esthétique sur chantier. La
personnalisation se fait à deux niveaux : trois températures de lumière (froide, naturelle
ou chaude) et trois intensités, soit neuf combinaisons possibles. Le réglage d’intensité
s’effectue à l’installation via un sélecteur à trois positions, pratique pour adapter l’éclairage
à l’usage du lieu sans intervention ultérieure. L’installation est prévue en encastré,
compatible avec des façades à vis ou magnétiques, pour une intégration propre et soignée.
Côté fiche technique, le format annonce 80 x 80 x 5 mm, avec un choix de matériaux selon
la collection : laiton ou aluminium. Prix indicatif : à partir de 240 €. •
www.modelec.com
© Modelec
NETATMO
Thermostat repensé, tête thermostatique
et compatibilité Matter
Netatmo renouvelle son offre chauffage avec le Thermostat
Original et la Tête Thermostatique Original, une gamme
modernisée qui mise sur la simplicité d’usage et l’interopérabilité.
Le thermostat adopte un design plus minimaliste avec écran
tactile affichant l’essentiel, et une conception plus responsable :
produit conçu en France, fabriqué en Europe, intégrant 65 %
de plastiques recyclés. Le pilotage passe par l’application
Home + Control (qui remplace Energy) pour programmer les
plages de chauffe, ajuster la consigne et consulter un suivi
d’activité. Parmi les fonctions mises en avant : anticipation pour
atteindre la bonne température à l’heure voulue, eco-assist par
géolocalisation, verrouillage, alertes en cas de dysfonctionnement
et scénarios maison (arrivée/départ) pouvant interagir avec volets
et éclairage. Un Thermo hub centralise l’installation et apporte
la compatibilité Matter, ouvrant l’intégration avec Apple Home,
Google Home, Alexa ou SmartThings, avec commandes vocales
et automatisations. Pour un pilotage pièce par pièce, la tête
thermostatique annonce un affichage led discret et orientable,
qui s’éteint automatiquement. Côté tarifs, le Thermostat Original
est proposé à 139,99 € en filaire et 149,99 € en sans-fil, avec
un bonus reprise de 40 € pour les clients déjà équipés. La tête
thermostatique est annoncée pour septembre 2026. •
www.netatmo.com
© Netatmo
VIMAR
Touch View : nouveaux superviseurs
7 et 10 pouces pour piloter toute la
maison
Vimar lance deux nouveaux superviseurs Touch view en 7
et 10 pouces, pensés comme point de commande central
pour la maison connectée. Leur interface à widgets mise sur
une prise en main directe pour superviser, depuis un seul
écran, l’éclairage, les stores et volets, la climatisation, les
consommations d’énergie, les alarmes et la vidéo. Les Touch
view couvrent aussi bien l’écosystème View wireless que
la domotique By-me plus, tout en intégrant le portier-vidéo
Elvox, l’anti-intrusion By-alarm plus et la vidéosurveillance
Elvox CCTV. Côté design, Vimar mise sur un format ultraplat
de 8,5 mm et la possibilité de personnaliser le cadre avant sur
demande, afin d’adapter l’intégration à chaque chantier, en
résidentiel comme en petit tertiaire. Un capteur de proximité
réactive l’écran en sortie de mode économie d’énergie et
affiche directement une page « favoris » avec les fonctions clés
de l’utilisateur. Des capteurs de proximité et de luminosité
ajustent automatiquement l’affichage, tandis qu’une led de
notification change de couleur selon l’événement, par exemple
alarme intrusion, alarme technique, coupure de charges ou
appel vidéo manqué. •
www.vimar.com
© Vimar
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 43
NOUVEAUTÉS PRODUITS
WAGO
Mini L-BOXX 221 Green Range : la connexion
éco-responsable, prête pour le terrain
Pensée pour les professionnels de l’électricité, la mallette Mini L-BOXX 221 Green
Range concentre dans un format compact tout le savoir-faire WAGO, avec une
dimension environnementale affirmée. Robuste, facile à transporter et parfaitement
organisée, cette mallette accompagne les électriciens sur tous leurs chantiers et
facilite les interventions au quotidien.
À l’intérieur, 250 bornes de connexion 221 Green Range sont réparties en trois
compartiments distincts pour les connexions à 2, 3 et 5 fils. Cette organisation claire
permet d’identifier immédiatement le produit adapté et de gagner un temps précieux
lors des opérations de raccordement, même en mobilité. Les installateurs retrouvent
ainsi des gestes familiers, une mise en œuvre simple et une fiabilité reconnue.
La particularité de cette édition Green Range réside dans la conception plus
responsable de ses composants. Les bornes sont fabriquées avec des matériaux
intégrant jusqu’à 77 % de plastiques bio-circulaires pour le boîtier et 27 % de PET recyclé pour les leviers. Cette évolution réduit
l’empreinte carbone tout en conservant les performances, la sécurité et la durabilité qui font la réputation de la gamme 221.
Au-delà de l’aspect technique, la mallette Mini L-BOXX 221 Green Range s’inscrit dans une démarche globale visant à accompagner
la transition environnementale de la filière électrique. Elle permet aux professionnels d’intégrer des solutions plus vertueuses sans
changer leurs habitudes de travail ni compromettre leur efficacité.
Compacte, résistante et pratique, cette mallette devient rapidement un indispensable du quotidien : transport simplifié, stockage
soigné, visibilité immédiate du contenu. Une solution complète pour les installateurs qui souhaitent conjuguer performance terrain,
qualité premium et engagement responsable dans chacun de leurs chantiers. •
www.wago.com/fr/technique-de-raccordement/d%C3%A9couvrir-bornes-d-apos-installation/green-range-221
© Wago
DISANO
Eco Janus CCT Switch :
spot LED compact et polyvalent
LÉBÉNOÏD
Sliméo : réglette extra-plate pour
un éclairage continu et sans
éblouissement
© Lébénoïd
Eco Janus CCT Switch est un spot LED encastrable Disano
Fosnova conçu pour offrir performance, fiabilité et polyvalence
dans l’habitat et le petit tertiaire. Son corps en polycarbonate
avec ressorts de fixation assure une pose rapide, tandis que
sa lentille PMMA à faible éblouissement garantit un excellent
confort visuel et une sécurité phytobiologique RG0. Le dip
switch intégré permet de choisir la température de couleur
(3 000 K, 4 000 K, 6 500 K), afin d’adapter la lumière à chaque
espace. Alimenté en AC 220–240 V, 50–60 Hz, il délivre
jusqu’à 598 lm pour 6 W (CRI≥80, 38°, 100 lm/W). Classé
IP20, IK04, il offre 25 000 heures de durée de vie (L70/B50).
Diamètre Ø 85 mm. •
www.disano.it/fr/
© Disano
Lébénoïd vient de lancer Sliméo, une réglette fine et
compacte pensée pour apporter un éclairage discret et
homogène dans les aménagements où chaque millimètre
compte. Fabriquée en France, elle vise les usages courants
sous meuble haut, dans une salle de bains, ou plus
largement dans les zones de travail qui demandent une
lumière régulière. Son design monobloc et son diffuseur
opalin sont conçus pour offrir un confort visuel sans
éblouissement, avec une diffusion continue qui limite les
zones d’ombre. Sliméo se positionne ainsi comme une
solution simple à intégrer en neuf comme en rénovation,
aussi bien en résidentiel qu’en tertiaire. Pour s’adapter
aux habitudes de pose et aux besoins des utilisateurs, la
gamme est annoncée en deux versions : avec interrupteur
intégré ou sans interrupteur. L’objectif est d’obtenir une
installation propre et discrète, tout en améliorant le ressenti
au quotidien, notamment sur les plans de travail où une
lumière mal répartie fatigue rapidement. •
www.lebenoid.fr
44 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
NOUVEAUTÉS PRODUITS
YOKIS
Kits Yokis UP : micromodules Zigbee 3.0
déjà préprogrammés pour gagner du
temps sur chantier
Urmet Yokis complète sa gamme de micromodules radio
Yokis UP (Zigbee 3.0) avec des kits prêts à l’emploi, livrés
déjà configurés pour accélérer la mise en œuvre. Le but est
de supprimer les étapes qui font perdre du temps lors d’une
première mise en service : le réseau Zigbee est créé en amont
et l’émetteur est pré-associé au récepteur. Sur site, l’installateur
n’a plus qu’à raccorder les micromodules aux équipements, et
l’installation devient immédiatement opérationnelle. Ces kits
ciblent les cas les plus courants en résidentiel, notamment le
pilotage de l’éclairage, des volets roulants et des commandes
va-et-vient, en neuf comme en rénovation. Pour l’utilisateur,
Yokis UP vise un pilotage simple en local ou à distance, avec
une ouverture vers des solutions tierces compatibles Zigbee 3.0.
L’écosystème s’appuie aussi sur l’application YnO UP, qui
permet de gérer les équipements depuis smartphone ou tablette,
à domicile ou à distance, et de piloter également d’autres
appareils Zigbee 3.0. La gamme est fabriquée sur le site Urmet
de Cholet (49) et bénéficie d’une garantie de 5 ans. •
www.urmetwithyokis.fr
© Yokis
LICHTVISION ENGINEERING GMBH
ProbitSite : diagnostic Dali sur chantier
en quelques secondes
Lichtvision Engineering
GMBH a lancé
ProbitSite, un testeur
Dali portable conçu pour
repérer rapidement les
erreurs d’installation et
les conflits d’adressage
avant la mise en service.
Une fois raccordé au
bus Dali avec deux
fils, l’appareil détecte
automatiquement
les équipements
présents sans modifier
la configuration et
affiche, sur écran couleur, la tension et la qualité du signal via des
indicateurs visuels simples. L’objectif : éviter les mauvaises surprises
à la réception, quand une boucle mal câblée, un driver « pseudo
compatible » ou une adresse en conflit peut bloquer tout un plateau
d’éclairage. ProbitSite intègre sa propre alimentation de bus, capable
de fournir au moins 190 mA, ce qui permet de réaliser des mesures
même si le contrôleur Dali n’est pas encore installé, sans chercher de
prise ni ajouter d’alimentation externe. Pensé pour le terrain, il pèse
environ 300 g, annonce jusqu’à huit heures d’autonomie, et se pilote
avec quatre boutons. Il propose des fonctions d’identification des
luminaires (dont un mode clignotement), un rapport détaillé navigable,
et l’export des données via USB pour documenter un dossier de
réception. Autre atout : l’accès à la base de données DiiA pour vérifier
la certification des produits et repérer les équipements non conformes. •
https://lichtvision-engineering.com
© Lichtvision Engineering GMBH
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 45
NOUVEAUTÉS PRODUITS
SOCOMEC
Countis P : compteurs d’énergie AC/DC
plus compacts, multi-interfaces et câblage
Quick Connect
Socomec fait évoluer sa gamme de compteurs d’énergie avec Countis P, une
nouvelle génération de compteurs AC/DC pensée pour améliorer l’efficacité
des installations, en neuf comme en retrofit. Avec 11 références, la gamme
se veut plus lisible tout en couvrant un large spectre d’applications :
bâtiments tertiaires, sites industriels, infrastructures et bornes de recharge.
Les modèles sont disponibles en monophasé et triphasé, avec du
comptage direct jusqu’à 100 A et jusqu’à 10 000 A via transformateurs de
courant. Socomec met en avant la conformité à la dernière version de la
directive MID, et une certification module B+D, pour des mesures fiables,
notamment en refacturation. Selon les versions, les compteurs intègrent
sorties impulsion et communications Modbus RTU, M-Bus ou Modbus TCP,
avec affichage LCD rétroéclairé et remontée des données (kWh, kVArh,
kVA et autres mesures) vers une supervision. Autre point pratique pour les
chantiers : une plage de fonctionnement annoncée de -40 à +70 °C, utile en tableaux extérieurs. Le raccordement vise aussi
à réduire les erreurs : la solution « Quick Connect » promet un branchement plug & play sans outil et un câblage simplifié, en
limitant le besoin d’accessoires additionnels. La gamme s’inscrit enfin dans un écosystème avec capteurs (dont Rogowski)
et le logiciel Webview pour visualisation, historique et analyse de dérives jusqu’à 200 équipements. •
https://socomec.fr
© Socomec
WIHA
Sparkify : moins de papier, plus d’avenir !
L'efficacité et la précision sont des priorités pour les
électriciens, qui ont besoin d'outils simplifiant les processus,
car les tests et la gestion documentaire sont souvent
fastidieux, sources d'erreurs et difficiles à organiser.
Gagner du temps et simplifier les démarches, c'est ce que
permettent les testeurs d’installation (MFT) et d'appareils
(PAT) avec l’application mobile Sparkify, lancée aujourd'hui
par Wiha. La documentation des tests se fait directement sur
site, avec des données collectées de manière automatisée
et un stockage centralisé dans le cloud. Un véritable gain de
temps et de sérénité pour tous ! •
https://wiha.com/fr/fr
QLIMA
Sereno et Ovido : radiateurs à inertie
connectés avec Wi-Fi intégré et détection
de fenêtre ouverte
© Qlima
© Wiha
Qlima lance deux gammes de radiateurs électriques à inertie, Sereno
(chaleur douce) et Ovido (inertie sèche), conçues pour conjuguer confort
thermique, sobriété d’usage et pilotage connecté. Les deux séries
partagent une base commune orientée « chantier » : programmation
hebdomadaire, Wi-Fi directement intégré pour le contrôle à distance
sans boîtier additionnel, détection de fenêtre ouverte, certification NF,
fabrication en Espagne et garantie 5 ans. Elles couvrent des pièces de 16
à 32 m² avec trois puissances, 1 000 W, 1 500 W et 2 000 W. La différence
se fait sur la sensation de chauffe : Sereno utilise une technologie « double
cœur » associant la fonte et la pierre naturelle Dual Kherr pour une montée
progressive et une restitution longue et homogène, adaptée aux pièces
de vie occupées longtemps. Ovido combine une résistance en aluminium
à la pierre Dual Kherr pour une chaleur régulière avec davantage de
réactivité au quotidien. Qlima ajoute une couche d’aide à la vente avec
réalité augmentée pour visualiser l’appareil à l’échelle, et une vidéo 3D
explicative pour Sereno. Côté prix publics indicatifs, Sereno démarre à
359 € (1 000 W), puis 449 € (1 500 W) et 499 € (2 000 W), tandis qu’Ovido
est annoncé à 289 €, 349 € et 399 € selon la puissance. •
www.qlima.fr
46 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
NOUVEAUTÉS PRODUITS
DUALSUN
Flashbox : routeur solaire à petit prix
pour doper l’autoconsommation et
l’eau chaude
© Dualsun
Dualsun a profité du dernier salon Energaïa pour
lancer Flashbox, un routeur solaire destiné à valoriser
automatiquement le surplus photovoltaïque en chauffant
l’eau chaude sanitaire. Le principe est simple : dès que
l’injection réseau dépasse un seuil défini dans l’application
MyDualsun, l’énergie excédentaire est redirigée vers la
résistance du ballon. L’intérêt économique est immédiat
dans le contexte actuel : Dualsun rappelle qu’un kWh vendu
autour de 4 c€ rapporte bien moins qu’un kWh utilisé
pour chauffer l’eau, facturé plutôt autour de 20 c€, soit un
différentiel annoncé de 16 c€ par kWh autoconsommé via
Flashbox. Sur une installation de 6 kWc à Toulouse pour
deux occupants, le logiciel Vesta évoque par exemple un
gain d’environ 25 % d’autoconsommation.
Côté installateur, Dualsun insiste sur une approche multicompatible,
à l’inverse des solutions « mono-marque » :
Flashbox s’adapte aux ballons électriques, onduleurs et
batteries existants. Le boîtier se pose dans le tableau, avec
une mise en service guidée par l’application, et un temps
de pose annoncé inférieur à 30 minutes. Le suivi à distance
aide aussi au SAV. Dualsun vise un prix autour de 100 € HT
pour l’installateur et met en avant l’éligibilité à la TVA 5,5 %,
renforcée par l’arrivée annoncée d’un panneau ultra bas
carbone au premier trimestre 2026. •
https://dualsun.com
DOORBIRD
Connectivité repensée : DoorBird présente
à l’ISE les premières platines vidéo IP au
monde avec 5G intégrée
À l’Integrated Systems Europe (ISE) de Barcelone, DoorBird, l’un des
leaders des systèmes de communication de porte intelligents, franchit une
nouvelle étape technologique. Avec les modèles D31TDV 5G et D31TDH
5G, l’entreprise présente les premières platines vidéo IP au monde avec
connectivité 5G intégrée. Cette innovation garantit une connexion Internet
stable et sécurisée sans câble Ethernet, offrant plus de flexibilité, de fiabilité
et de pérennité.
La 5G ouvre de nouvelles perspectives pour les bâtiments existants :
aucun recâblage n’est nécessaire, ce qui rend l’installation plus rapide et
plus économique. Développés pour les immeubles résidentiels, les sites
commerciaux et les grands complexes jusqu’à 3 000 unités, ces modèles
permettent une gestion digitale complète des accès via navigateur ou
application. Les platines seront disponibles en 2026 et sont déjà proposées
pour des projets pilotes sélectionnés. •
www.doorbird.com
© DoorBird
VOLTCRAFT
VC-771 PV : pince ampèremétrique 1 500 V DC et jusqu’à
2 000 A pour solaire et industrie
Voltcraft enrichit son offre chez Conrad avec la pince ampèremétrique haute performance
VC-771 PV, conçue pour les mesures de courants et tensions élevés en AC/DC sur des
environnements exigeants : photovoltaïque, mobilité électrique, automatisation et maintenance
industrielle. L’appareil annonce une mesure de tension jusqu’à 1 000 V AC et 1 500 V DC, et
des intensités jusqu’à 1 500 A AC et 2 000 A DC, un positionnement taillé pour contrôler des
chaînes PV et leurs courants sans interruption de service. L’ouverture de mâchoire de 52 mm
facilite les mesures sur grosses sections de câble, et un réglage de zéro en DC aide à gagner
en précision sur les mesures d’intensité continue. Pour les variateurs de fréquence, un filtre
passe-bas est prévu afin d’améliorer la qualité de mesure, un point concret sur les chantiers
tertiaires et industriels. Côté usage terrain, la VC-771 PV mise sur un écran LCD 6000 points
avec rétroéclairage automatique, la connectivité Bluetooth pour l’enregistrement via application,
et un éclairage des points de mesure intégré à la tête de pince. Elle intègre aussi des fonctions de diagnostic utiles comme NCV, datahold,
min/max, ainsi que la mesure de fréquence et de température. Enfin, la robustesse est annoncée avec une protection IP54, un cadre
caoutchouc, et une conformité sécurité cat IV 1 000 V et cat III 1 500 V, avec alertes surcharge et batterie faible et extinction automatique. •
www.conrad.fr
© Conrad
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 47
La sélection
presse
Le grand livre de l’électricité :
Septième édition
ı THIERRY GALLAUZIAUX ET DAVID FEDULLO
Véritable bible de l’électricité domestique, ce guide pratique s’adresse aux bricoleurs
avertis mais également aux professionnels soucieux de rester à jour des normes.
L’ensemble des textes et des schémas est rigoureusement conforme à la dernière
réglementation, dont la série de normes NF C 15-100.
Les dernières innovations y sont pleinement intégrées : éclairage LED, systèmes de
commande et de variation, appareillage radio (pour une transition en douceur vers une
installation connectée), gestion et programmation du chauffage, ou encore panneaux
solaires photovoltaïques en autoconsommation. •
L’installation électrique connectée facile :
Solutions et schémas pratiques»
ı THIERRY GALLAUZIAUX ET DAVID FEDULLO
Les installations domotiques ont longtemps souffert de la complexité
et du coût des systèmes filaires. L’essor des objets connectés, porté par
le haut débit et la 5G, a simplifié la programmation et démocratisé la
gestion à distance. Aujourd’hui, presque tous les équipements électriques
peuvent être pilotés via smartphone, tablette ou assistant vocal. Toutefois,
la multiplicité des protocoles (Bluetooth, Wi-Fi, radio spécifique)
complique le choix. Cet ouvrage, conforme à la norme NF C 15-100,
présente des solutions fiables pour créer ou rénover une installation
connectée, avec schémas, scénarios, alertes et conseils pour sélectionner le
protocole ou le fabricant adapté à ses besoins. •
Batiprix Bordereau 2026 - Volume 9 :
Électricité - Éclairage LED - Domotique
ı BATIPRIX
Le Volume 9 du bordereau Batiprix 2026 couvre l’ensemble des prestations du
corps d’état électricité, de la domotique filaire ou sans fil, jusqu’aux solutions
LED basse consommation, tableaux de distribution, GTB et infrastructures de
recharge pour véhicules électriques (IRVE). Pensé pour les maîtres d’ouvrage,
maîtres d’œuvre, économistes, entreprises et artisans, ce volume vous garantit
une précision technique conforme aux normes en vigueur (NF C 15-100,
RE2020, DTU, UTE, etc.). Il intègre également les évolutions les plus récentes
du secteur : connectivité, performances énergétiques et sécurité. •
48 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 49
AGENDA
17 au 19 mars
30 mars au 2 avril 1 er et 2 avril 2 et 3 juin
AMPER
Brno Exhibition Center,
Brno, République tchèque
Le salon Amper est l’un
des principaux événements
internationaux de
l’électrotechnique, de l’énergie,
de l’automatisation, de la
communication, de l’éclairage
et de la sécurité. Il se déroule
en République tchèque, avec la
participation de sociétés leaders
dans le domaine de l’ingénierie
électrique et électronique. La
liste des exposants regroupe
des entreprises de premier
plan dans l’industrie, venues
présenter leurs derniers produits
et services.
Contacts/informations
www.amper.cz
GLOBAL INDUSTRIE
Paris Villepinte
Point d’ancrage de la
réindustrialisation, Global
Industrie est le marqueur de
l’engagement et de la fierté des
acteurs de l’industrie. Vitrine des
Territoires, des savoir-faire et de
la présence incontournable de
l’industrie dans notre quotidien,
c’est avant tout le rendezvous
business de ceux qui
font l’industrie d’aujourd’hui
et de demain. Global Industrie
vous accompagne dans
votre veille, vos démarches
d’investissements et de
développement.
Contacts/informations
www.global-industrie.com
BIM WORLD
Paris Expo,
porte de Versailles
Digital Twin | BIM World
s’impose comme l’événement
de référence dédié au numérique
et à l’innovation pour les
bâtiments, les infrastructures
et les territoires. Cette nouvelle
édition s’articule autour de trois
axes majeurs : les territoires
et villes « smart and safe », les
bâtiments connectés (BIM,
jumeaux numériques, IA,
construction tech) et l’énergie.
Avec plus de 10 000 participants
et 250 exposants, le salon fédère
un écosystème international.
Contacts/informations
https://bim-w.com
SEPEM BREST
Parc des expositions
Penfeld, Brest
Depuis près de 20 ans, les
salons SEPEM Industries (Salon
des équipements, process et
maintenance) rassemblent les
acteurs de toutes les filières
industrielles pour favoriser
l’innovation, la durabilité et la
digitalisation. Avec plus de
50 éditions organisées dans
8 régions françaises et une
édition en Italie, ces événements
mettent en valeur les savoirfaire
locaux tout en offrant des
solutions pertinentes sur les
enjeux du secteur.
Contacts/informations
www.sepem-industries.com
4 au 8 septembre
28 sept au 1 er oct
14-15 octobre
9-10 décembre
IFA
Messe Berlin, Allemagne
L’IFA (Internationale
Funkausstellung Berlin) est
l’un des plus grands salons
mondiaux consacrés à
l’électronique grand public. Il
attire chaque année des milliers
d’exposants et de visiteurs
venus découvrir les dernières
innovations technologiques.
C’est une plateforme majeure
pour les entreprises qui
souhaitent lancer leurs nouveaux
produits et se connecter avec
des partenaires commerciaux
et des consommateurs.
Mais c’est également
l’occasion de découvrir les
nouvelles tendances : solaire,
stockage, etc.
Contacts/informations
www.ifa-berlin.com
BATIMAT
Porte de Versailles, Paris
Batimat est le leader mondial
des salons de la construction.
L’édition 2026 s’apprête à
réunir 1300 exposants et
environ 320000 visiteurs. Au
programme : 200 innovations
primées, solutions en électricité,
énergies renouvelables,
domotique, matériels de
chantier. Trois salons combinés :
Batimat, Interclima (génie
climatique) et Idéobain (salle de
bains). Un incontournable pour
les électriciens et installateurs
en domotique en quête de
nouveautés techniques et
commerciales.
Contacts/informations
www.batimat.com
SOLAR & STORAGE
LIVE PARIS
Le Bourget, Paris
Solar & Storage Live Paris
est un salon professionnel
dédié au photovoltaïque, au
stockage d’énergie et aux
réseaux intelligents. Il réunit
fabricants, installateurs,
développeurs de projets,
distributeurs et décideurs
publics autour des solutions
solaires, batteries, onduleurs,
EMS et autoconsommation.
Conférences, ateliers et retours
d’expérience mettent en avant
les modèles économiques, la
réglementation française et les
innovations marché, faisant de
l’événement un rendez-vous
stratégique pour les électriciens
et intégrateurs orientés ENR.
Contacts/informations
https://www.terrapinn.com/
exhibition/solar-storage-liveparis/
ENERGAÏA
Parc des expositions,
Montpellier
Energaïa est le rendez-vous
incontournable des énergies
solaires et renouvelables en
Méditerranée. Focus sur le
photovoltaïque, le stockage,
l’hydrogène, l’efficacité
énergétique et les smart grids.
Conférences, prix des énergies
intelligentes et networking avec
installateurs, électriciens et
financeurs. Idéal pour découvrir
innovations solaires, modèles
économiques et réglementations
adaptées aux pros de l’ENR en
France.
Contacts/informations
www.energaia.fr
50 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
INDEX & NOMINATIONS
LISTE DES ENTREPRISES ET ORGANISATIONS
PROFESSIONNELLES CITÉES DANS CE MAGAZINE
ABB.................................................24
Adel Smart Building Solutions.... 32, 51
AJS Technologie..............................19
Amazon..................................... 20, 22
Apple................................9, 20-26, 43
Aqara..........................9, 10, 22, 24, 25
Ascentiz...........................................14
Bluetti........................................ 11, 12
Bodyfriend ......................................15
Cairns Health...................................15
Can’nX ............................................19
Coedis...............................................5
Crestron..........................................17
Daikin..............................................22
Delta Dore................................. 24, 34
Disano....................................... 42, 44
Doorbird.................................... 19, 47
Dualsun....................................... 5, 47
E.R.T................................................32
EchoVision................................. 13, 15
EcoFlow..................................... 11, 12
EDF...................................................8
Ekinex.............................................25
Elehear............................................15
Elsner..............................................24
Eve..................................................22
Even Realities..................................13
Fibaro........................................ 18, 24
Gira.................................................24
GOGOA............................................14
Google..............................9, 20-26, 43
GRDF.................................................5
GT-Pow............................................12
Hager..............................................25
Horien Salt Battery Solutions..............7
HyperAI............................................13
Hypershell.......................................14
IDtique.............................................32
Ignes......................................... 28, 30
Ikea............................9, 20, 22, 26, 27
Jackery...........................................12
Jung................................................25
Kelkun...............................................8
Lébénoïd.........................................44
Ledvance...........................................6
Legrand......................... 22, 25, 27, 51
Lenovo...................................... 12, 13
LG...................................................14
Lichtvision Engineering ...................45
LIFX.................................................10
Looki...............................................12
LookTech.........................................13
Ludens AI.........................................14
MDT................................................25
MentorLens.....................................13
Milwaukee................................. 40, 41
Mitsubishi........................................22
Modelec..........................................43
Moorgen..........................................19
Motorola.................................... 12, 13
Mui Lab.............................................9
Nanoleaf..........................................22
Netatmo...................................... 8, 43
Netgear...........................................11
Nice........................................... 18, 19
Nordic..............................................22
Omron Electronic.............................42
Osram.............................................22
PEAKnx............................................42
Philips Hue................................ 22, 25
Pila............................................ 11, 12
pureLiFi...........................................11
Qlima...............................................46
Qualcomm.......................................22
RTE....................................................6
Samsung......................... 9, 20, 22, 43
Schneider Electric............................22
Sentigent.........................................14
Shelly..............................................24
Silicon Labs.....................................22
Smart Tech Energies........................19
Socomec.........................................46
Somfy........................................ 22, 24
Sonance..........................................17
Starling Medical...............................15
SwitchBot.............................. 9, 10, 14
Sylvania Group.................................51
Texas Instruments............................22
Theben...................................... 25, 33
Tuya.......................................... 11, 22
Vimar...............................................43
Voltcraft...........................................47
Wago................................... 35, 36, 44
Wallbox............................................24
Wheelmove......................................15
Wiha.................................... 38, 39, 46
Wirobotics.......................................14
Yokis................................................44
Zaptec.............................................24
© FIEEC © DR
© Sylvania Group
NOMINATIONS
Ancien responsable communication du
Collège Intégrateurs KNX, Aurélien
Hillairet-Falzon (Adel Smart Building
Solutions) prend la tête de cette instance avec
une ambition claire : renforcer l’adoption du
KNX en France. Ses priorités ? Développer
des actions ciblées auprès des donneurs
d’ordres et des professionnels, valoriser
une approche KNX qualitative dès la conception, faire remonter les
problématiques de terrain et animer une communauté d’intégrateurs
engagés. Il s’engage également à renforcer le dialogue avec les
constructeurs pour stimuler l’innovation (lire p. 32).
La Fédération des industries électriques,
électroniques et de communication (FIEEC)
a annoncé le 14 janvier l’élection de Benoît
Coquart, directeur général du groupe
Legrand, à sa présidence. Il succède
à Laurent Tardif, qui devient président
d’honneur. Il prend ses fonctions dans un
contexte marqué par l’accélération des
transitions énergétique et numérique, qui mobilisent fortement
l’ensemble de la filière.
Danny Ma est nommé Global & EMEA Chief
Operating Officer (COO) chez Sylvania Group.
Il aura la responsabilité de la mise en œuvre
des plans d’action annuels et supervisera
l’ensemble des opérations : usines, logistique,
produits et ventes en EMEA. Fort de plus
de 18 ans d’expérience dans l’industrie de
l’éclairage, Danny Ma a rejoint INESA Group
en 2012. Il dirige la région Asie de Sylvania Group depuis 2024 et est
membre du Global Management Committee depuis 2025.
© Sylvania Group
© Sylvania Group
© David PLAS
Tom Qi prend en charge officiellement
le rôle de CEO EMEA chez Sylvania
Group, en complément de ses fonctions
de Global CEO, garantissant ainsi une
cohérence renforcée entre transformation
et développement commercial.
Simon Reed est nommé Global
Chief Strategy Officer (CSO) chez
Sylvania Group. En complément de ses
responsabilités de Global VP, Simon
Reed pilotera la planification stratégique
du Groupe, avec un focus particulier sur
la mise en œuvre de projets structurants
majeurs, principalement dans la région
EMEA. Il agira également comme consultant senior auprès de
Tom Qi – Global et EMEA CEO – et de Danny Ma – Global et
EMEA COO.
Dans un contexte de profonde
transformation du secteur du bâtiment,
portée par la transition énergétique
et numérique, et la recherche d’une
croissance responsable, le Groupe
Legrand a confié la direction de ses
activités françaises à Morgan Malecotte.
Depuis le 2 janvier 2026, il dirige Legrand
France, qui rassemble près de 3 300 collaborateurs répartis sur
l’ensemble du territoire, et comprenant notamment 2 campus,
8 directions régionales et un siège situé à Limoges.
SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026 - 51