Boxoffice Pro n°512 – 18 mars 2026
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Bimensuel N°512 / 18 mars 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
Bimensuel N°512 / 18 mars 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
[Accessibilité]
Trouver les bons signes
L'édito
Sommaire
Fenêtre ou ne pas être
Ce n’est pas la porte ouverte à toutes les fenêtres, mais
cela ressemble à s’y méprendre à une déclaration d’amour
de Universal Pictures à la salle de cinéma. Soyons clair,
l’amour est ici intéressé, et il n’y a rien de dogmatique
dans la décision du studio d’étendre la fenêtre d’exclusivité
de la salle de trois à cinq week-ends en 2026, et
à sept en 2027. C’est le fameux pragmatisme des affaires
– le même qui a incité Netflix a déclarer vouloir conserver
les films Warner Bros. en salle – qui a ici dicté cette
décision. Et c’est une bonne nouvelle, dans la mesure
où c’est le seul point qui compte peu ou prou de l’autre
côté de l’Atlantique, comme les dernières semaines
l’ont illustré.
Comment faut-il, alors, analyser cette décision ? Probablement
à l’aune de la décrépitude du marché de la
vidéo – DVD, Blu-ray, EST, VOD transactionnelle…
– qui pèse de moins en moins. Selon le Digital Entertainment
Group, l'organisme de référence qui mesure
les dépenses des consommateurs aux États-Unis, ce
segment pesait en 2020 près de 10 Md $ pour 5 Md $
en 2024. Et vraisemblablement moins aujourd’hui.
Mais la véritable motivation – à l’image des déclarations
de Paramount et de Disney – se situe certainement
dans le constat que la salle reste le moteur financier et
le premier facteur de rentabilité d’un film, et qu’une
exploitation sur la durée l’améliore. Après avoir douté
d’elles lors de la pandémie, les salles semblent donc
avoir regagné la confiance des studios, et on se dirige
à moyen terme tout droit vers un fenêtrage sans vidéo
physique – où le Blu-ray sera au cinéma ce que le vynil
est à la musique, un objet de collection pour passionnés
– et sans la traditionnelle fenêtre vidéo pour précéder
la SVOD.
est une publication de
Laurent Cotillon
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
P. 6 à 8
ACTUS
Fusion Paramount-Warner, quelles suites
Universal étend sa fenêtre
d’exclusivité salles
Oscars 2026 :
Jackpot pour Une bataille après l’autre
Rencontres de Gérardmer :
le programme
Mouvements chez Paramount France et
au Majestic Bastille
P. 11 à 19
ACCESSIBILITÉ ET
INCLUSION SUR TOUS LES
FRONTS
L’enjeu de la formation :
Ciné Relax, CST/Inclusiv’
Marius de l'audiodescription,
une exigence à préserver
Les affiches parlantes
des Zeugma Concepts
Inclusion, la bataille de Julien
Richard-Thomson
Autour de Plus fort que moi et Sorda
P. 23
CHIFFRES
Quel bilan pour les vacances d’hiver ?
P. 24
RENCONTRES ART ET
ESSAI RÉPERTOIRE
Échange avec Éric Miot et Sabine Putorti,
responsables du groupe Répertoire de
l’AFCAE
P. 27
RENCONTRES DU SUD
François Aymé, Victoire du Cinéma 2026
P. 30 à 37
EXPLOITATION
Europa Cinemas, au cœur de la créativité
du cinéma et des cinémas européens
Véo programmation, une entente qui
pèse sur le marché
Réouverture du
Normandy de Vaucresson
Validations en CDACi à Héricourt,
Sedan et Châteauroux
Aire-sur-Adour entre dans Le Grand Bain
P. 38
MISCELLANÉES
Départ à la retraite au Pathé Bellecour
de Lyon, Les Palmes d’honneur à Cannes,
Save the date : AG SCARE et Rencontres
du Cinéma Indépendant, Soutiens,
Agenda de la profession…
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4 N°512 / 18 mars 2026
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Bill
Skarsgård
Dacre
Montgomery
Cary
Elwes
Myha’la
avec Colman
Domingo
et Al
Pacino
LA
CORDE
AU COU
Un film de
Gus Van Sant
AU CINÉMA LE 15 AVRIL
Actualités
FUSION PARAMOUNT-WARNER
QUELLES SUITES ?
Après avoir tenu le devant de la scène avec le spectaculaire duel contre Netflix, le rachat de Warner Bros. Discovery par
Paramount Skydance entre dans le terrain, tout aussi miné, des approbations réglementaires. Et l’examen d’un dossier
aux enjeux industriels et culturels si sensibles promet d’être scrupuleux, particulièrement de notre côté de l'Atlantique.
Aux États-Unis, le procureur général de Californie,
Rob Bonta, tout comme plusieurs sénateurs d’États
démocrates, ont déjà prévenu que la transaction
et ses impacts seront méticuleusement surveillés.
Mais entre un président Trump qui n’a jamais caché
ses faveurs et une administration fédérale qui ne
s’est, jusqu’ici, jamais farouchement opposée aux
grandes fusions ces dernières années, c’est plutôt
le vieux continent qui pourrait résister. Du moins
le plus longtemps…
En Europe en effet, les autorités de la concurrence
ont toujours fait preuve de plus de vigilance face
aux concentrations. Et la fusion Paramount-WBD
réunirait, de toute évidence, un ensemble d’actifs
comparables et d’une taille rarement atteinte dans
l’industrie du divertissement et des médias : les
studios historiques Paramount et Warner Bros.,
les réseaux d’information CBS News et CNN,
des dizaines de chaînes TV linéaires et un portefeuille
de plateformes de streaming qui pourrait
dépasser 219 millions d’abonnés. Pour résumer,
en dehors des géants comme Amazon, Apple ou
Netflix, peu d’acteurs disposeraient d’un ensemble
aussi vaste d’actifs audiovisuels. Une taille critique
qui va naturellement conduire la Commission
européenne à un examen d’autant plus attentif
qu’il implique 27 marchés.
Une fois l’opération officiellement notifiée à Bruxelles,
la direction générale de la concurrence ouvrira une
première phase d’examen (d’une durée de 25 jours
ouvrés). Durant cette période, régulateurs et services
de la Commission consulteront acteurs du secteur,
concurrents comme partenaires, pour une pleine
évaluation de l’impact du rapprochement. Si les
préoccupations persistent, Bruxelles pourra ouvrir
une enquête approfondie dite de “phase II”, prolongeant
l’examen de plusieurs mois. Dans ce cas, Paramount
pourrait être amené à proposer des concessions pour
lever les préoccupations concurrentielles, comme la
cession de certains actifs audiovisuels en Europe. Parmi
les scénarios les plus souvent évoqués figure par exemple
la vente d’une des deux chaînes jeunesse, Nickelodeon
ou Cartoon Network.
Les exploitants européens entendent également peser
dans le débat, notamment l’Union internationale des
cinémas (UNIC) qui observe le dossier avec attention.
Notamment sur la les fenêtres d’exclusivité salles dans
l’ensemble des territoires, et d’un solide calendrier de
sorties ; le souvenir du rachat de 21st Century Fox par
Disney en 2019 est encore vif dans la mémoire de la
profession, et des parlementaires européens ont déjà
alerté la Commission sur l’impact de cette fusion
sur la quantité, mais également la variété de
l’offre de films.
Enfin, parmi les examens approfondis, figurera le
point, éminemment sensible, du montage financier
de la transaction évaluée à près de 111 milliards
de dollars. Elle est certes assurée par Larry Ellison,
mais également par des fonds souverains du Moyen-
Orient – notamment le Public Investment Fund
d’Arabie saoudite, la Qatar Investment Authority
et l’Imad Holding d’Abou Dhabi –, et l’Europe
dispose d’un règlement strict destiné à lutter contre
les aides publiques déloyales provenant de gouvernements
non membres de l’UE.
Au-delà des 2,8 milliards de dollars que Paramount
va prendre en charge pour régler l’indemnité de
rupture dûe à Netflix, le groupe de David Ellison
s’est, pour rappel, engagé à verser à WBD 7 milliards
de dollars de “frais de résiliation” si la transaction
devait échouer pour des raisons réglementaires.
Sans oublier le “ticketing fee” de 0,25 $ par action
qu’il reversera aux actionnaires pour chaque trimestre
durant lequel la transaction n’aura pas encore été finalisée,
à partir du 30 septembre 2026. La question n’est donc
pas tant de savoir si l’Europe approuvera la fusion, mais
quelles garanties et concessions elle exigera – et ce que
l’ensemble du processus coûtera à Paramount.
©TopSphere Media / Unsplash
Des parlementaires
européens ont déjà
alerté la Commission
sur l’impact
de cette fusion
A.A.
Universal étend sa fenêtre d’exclusivité salles
L’attente sera désormais plus longue avant qu’une sortie
cinéma de la major soit disponible sur plateforme. Le
studio a annoncé allonger sa fenêtre d’exclusivité salles de
trois à cinq semaines dès cette année, avant de la porter à
sept semaines en 2027. Une modification qui n’affecte
toutefois pas les titres Focus Features – la filiale plus
“auteur” d’Universal, à l’origine de Hamnet ou Bugonia
–, dont l’exclusivité restera d’environ 17 jours à compter
de leur sortie américaine. Si Donna Langley, présidente
de NBCUniversal, déclare auprès du New York Times que
« [leur] stratégie de diffusion a toujours été conçue pour évoluer
avec le marché », elle affirme croire « fermement à la primauté
de l'exclusivité en salles et à la nécessité de travailler en étroite
collaboration avec nos partenaires exploitants pour soutenir
un écosystème cinématographique sain et durable ». La question
de la fenêtre d’exclusivité salles est, depuis plusieurs mois,
au centre des enjeux au sein de la filière nord-américaine.
Au dernier CinemaCon, Michael O’Leary, président de
Cinema United, avait notamment plaidé pour une durée
minimale de 45 jours, et Disney s’était même vanté d’avoir
la plus longue fenêtre de tous les grands studios hollywoodiens.
Récemment, à l'occasion de l'annonce du rachat
de Warner Bros. Discovery, Paramount promettait une
fenêtre mondiale minimale de 45 jours pour toutes ses
sorties, extensible à 60 voire 90 jours pour les titres majeurs.
J.D.
6 N°512 / 18 mars 2026
Actualités
Oscars 2026
Jackpot pour Une bataille après l’autre
©Warner Bros.
Paramount France
accueille une
coordinatrice ventes
Depuis le 2 mars, Anne-Marie Gavric participe au
déploiement commercial et marketing des sorties Paramount
auprès des exploitants. Elle est notamment en
charge de coordonner la diffusion des supports promotionnels
(affiches cinéma, matériel trade marketing et
DCP/KDM), mettre en place des actions marketing et
des événements dans les salles, ainsi que de collecter et
analyser les données box office comme les tendances
du marché.
Anne-Marie Gavric a auparavant fait ses armes
avec des stages en tant qu’assistante chargée
d'études marketing cinéma chez Canal+, et en tant
qu’assistante marketing distribution chez Universal
Pictures France et chez Studiocanal.
A.A.
Une bataille après l’autre
Après les Golden Globes et les Baftas, Une bataille
après l’autre termine son ascension en dominant,
comme attendu, la 98 e cérémonie des Oscars. Le film,
produit et distribué par Warner, repart avec, entre autres,
les prix du meilleur réalisateur et du meilleur film. C’est
donc la première fois que Paul Thomas Anderson
remporte ces récompenses, après trois nominations
infructueuses – pour There Will Be Blood en 2008,
Phantom Thread en 2018 et Licorice Pizza en 2022.
Warner a connu une soirée particulièrement dorée avec,
en plus, les quatre Oscars de Sinners, dont celui du
meilleur acteur pour Michael B. Jordan, l’Oscar de la
meilleure actrice dans un second rôle pour Amy Madigan
pour Évanouis et l’Oscar du meilleur son pour F1.
Parmi les autres récompensés, Jessie Buckley repart avec
la statuette de la meilleure actrice pour Hamnet et
Avatar : De feu et de cendres est distingué pour ses
effets visuels. Également, Netflix est auréolé de cinq
prix : trois pour Frankenstein et deux pour KPop
Demon Hunters. Enfin, Valeur sentimentale remporte
l’Oscar du meilleur film international.
LE PALMARÈS
Meilleur film : Une bataille après l’autre de Paul Thomas
Anderson (Warner)
Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson pour Une
bataille après l’autre
Meilleur acteur : Michael B. Jordan dans Sinners de
Ryan Coogler (Warner)
Meilleure actrice : Jessie Buckley dans Hamnet de Chloé
Zhao (Universal)
Meilleur acteur dans un second rôle : Sean Penn pour
Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson
Meilleure actrice dans un second rôle : Amy Madigan
pour Évanouis de Zach Cregger (Warner)
Meilleur casting : Une bataille après l’autre de Paul
Thomas Anderson
Meilleur scénario original : Sinners de Ryan Coogler
Meilleur scénario adapté : Une bataille après l’autre de
Paul Thomas Anderson
Meilleurs décors et direction artistique : Frankenstein
de Guillermo Del Toro (Netflix)
Meilleurs costumes : Frankenstein de Guillermo Del Toro
Les Rencontres de Gérardmer
déroulent leur programme
La 28 e édition de l’événement vosgien se déroulera
du 7 au 10 avril prochains au cinéma du
Casino Joa.
Vendredi 10 avril
9h - Une année italienne de Laura Samani (Arizona, 10/06/26)
11h - Trois Adieux d’Isabel Coixet (Nour, à dater)
Un nouveau directeur
au Majestic Bastille
Un mois après le transfert de sa directrice vers le Reflet
Médicis, le cinéma parisien de la Maison Dulac accueille
en remplacement Émile Audap. Ce dernier, après une
licence de Cinéma et Audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle,
a fait ses armes au MK2 Nation, d’abord en tant qu’agent
d’accueil, puis en tant que responsable de hall, chef de
cabine et enfin assistant directeur.
« Je suis très heureux de prendre la direction du Majestic
Bastille, car il est situé dans le quartier où j’ai grandi, et est
l’un des premiers cinémas que j’ai fréquenté lors de séances
organisées par mon école élémentaire », déclare-t-il. Émile
Audap prendra la direction du Majestic Bastille à compter
du 16 mars. Pour rappel, l’établissement de deux écrans
du 11 e arrondissement parisien a enregistré 85 600 entrées
en 2025.
J.D.
Le programme
Mardi 7 avril
15h - Sorda d’Eva Libertad (Condor, 29/04/26)
17h - Vivaldi et moi de Damiano Michieletto
(Diaphana, 29/04/26)
19h15 - De la Comédie-Française de Martin Darondeau
et Bertrand Usclat (Zinc., 22/07/26)
Mercredi 8 avril
9h30 - La Ligne bleue de Marie Dumora (Dulac, 16/09/26)
13h45 - Mon grand frère et moi de Ryôta Nakano (Art
House, 06/05/26)
16h45 - Fils de personne de Safy Nebbou (Sony, 10/06/26)
19h30 - Deviens génial de Léo Grandperret (Apollo, 13/05/26)
Jeudi 9 avril
8h45 - Seuls les rebelles de Danielle Arbid (JHR, 24/06/26)
11h - D’un monde à l’autre de Jérémie Rénier (Pan, 10/06/26)
14h30 - La Poupée de Sophie Beaulieu (Ad Vitam, 22/04/26)
17h - L’Étrangère de Gaya Jiji (Tandem, 17/06/26)
19h30 - Pour le plaisir de Reem Kherici (Studio TF1, 06/05/26)
8 N°512 / 18 mars 2026
QU’AURIEZ-VOUS FAIT À LEUR PLACE ?
Melocoton Films présente
Pour Klára
un film de Olmo Omerzu
AU CINÉMA LE 8 AVRIL 2026
MATÉRIEL DISPONIBLE
AFFICHES ET AFFICHETTES
FILM-ANNONCE
PROGRAMMATION
CARTES POSTALES
ET DÉPLIANTS
Barry Ward Dexter Franc Barbora Bobul'ová Timon Šturbej Antonín Chmela
EPICENTRE FILMS : 01 43 49 03 03
GUILLAUME@EPICENTREFILMS.COM, ANDY@EPICENTREFILMS.COM, LOU@EPICENTREFILMS.COM
réalisation OLMO OMERZU écrit par OLMO OMERZU, NEBOJŠA POP-TASIĆ, KASHA JANDÁČKOVÁ image KRYŠTOF MELKA montage JAROSŁAW KAMIŃSKI son MICHAŁ FOJCIK décors ANTONÍN ŠILAR musique originale MONIKA OMERZU MIDRIAKOVÁ chanson originale BLISS composée et interprétée par PAPOOZ
produit par JIŘÍ KONEČNÝ coproduit par ROK BIČEK, MARIUSZ WŁODARSKI, MARTA GMOSIŃSKA, MICHAL SIKORA, JAROSLAV SEDLÁČEK, IVAN OSTROCHOVSKÝ, ANKICA JURIĆ TILIĆ, DRAGAN JURIĆ, HÉLÈNE MITJAVILE, THÉO LABOULANDINE directeurs de production MICHAL SIKORA, ZUZANA ZMÍTKOVÁ
une production ENDORFILM en co-production avec CVINGER FILM, LAVA FILMS, LONELY PRODUCTION, ČESKÁ TELEVIZE, PUNKCHART FILMS, KINORAMA, MELOCOTON FILMS, RTV SLOVENIJA, DIGITAL DISTRICT avec le soutien de STÁTNÍ FOND AUDIOVIZE, JIHOMORAVSKÝ FILMOVÝ NADAČNÍ FOND
POLSKI INSTYTUT SZTUKI FILMOWEJ, SLOVENSKI FILMSKI CENTER, AUDIOVIZUÁLNY FOND, HRVATSKI AUDIOVIZUALNI CENTAR, VIBA FILM, AIDE AUX CINÉMAS DU MONDE, CENTRE NATIONAL DU CINÉMA ET DE L’IMAGE ANIMÉE, INSTITUT FRANÇAIS, PLZEŇSKÝ KRAJ
co-financé par l’Union Européenne NEXT GENERATION EU ventes internationales CERCAMON distribution France EPICENTRE FILMS
www.epicentrefilms.com
KIT
RÉSEAUX SOCIAUX
ARTWORK CHECK MORRIS
LA FÉDÉRATION NATIONALE DES CINÉMAS FRANÇAIS
et LA CONSTRUCTION PAR LE CCCA-BTP présentent
- Premium Events 500 122 312 au RCS de Paris
*
PARTENAIRE MAJEUR
WWW.PRINTEMPSDUCINEMA.COM
*Tarif unique de 5€ la séance dans tous les cinémas participant à l’opération et à toutes les séances du dimanche 22 au mardi 24 mars 2026 inclus
(hors majoration pour les films en 3D, séances spéciales et prestations complémentaires). Offre non cumulable avec d’autres avantages tarifaires.
[Accessibilité]
Trouver les bons signes
Séances adaptées, information du public, formation des
personnels… et emploi des personnes en situation de
handicap dans le cinéma en général : l’inclusion et l'accessibilité
progressent, avec une attention portée aux publics déficients
sensoriels et cognitifs. L’action des pouvoirs publics y
contribue – celle du CNC, de la Commission nationale culture
et handicap… – et de nombreuses associations, qui inventent
des solutions et contribuent à la formation. Les éditeursdistributeurs,
qui participent aux côtés des exploitants et
des industries techniques à l’observatoire de l’accessibilité
du CNC, s’engagent aussi de plus en plus à communiquer de
façon plus accessible autour de leurs films… accessibles. Tour
d’horizon, non exhaustif, de l’inclusion en 2026.
N°512 / 18 mars 2026
11
Accessibilité
©Wayna Pitch
Satoshi de Jumpei Matsumoto, sorti en 2024 par Wayna Pitch, raconte l’histoire vraie d’un jeune homme aveugle et sourd.
ACCESSIBILITÉ ET INCLUSION
SUR TOUS LES FRONTS
En attendant le prochain
observatoire de l’accessibilité du
CNC, qui se réunira fin mars, la
secrétaire générale Leslie Thomas et
les représentants de la FNCF Erwan
Escoubet et Agathe de Foucher
font un point d’étape des récentes
avancées… et de ce qui reste à
améliorer.
Ces dernières années, l’accent a été mis sur l’accessibilité
des salles et des films pour les personnes atteintes de
handicaps sensoriels et cognitifs. Des handicaps pas
toujours visibles, de même que les professionnels ayant
une RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur
handicapé) ne le font pas toujours savoir. Si le travail
– et le retour – des associations montre que l’inclusion
progresse, « il est difficile de savoir précisément où en sont
les salles, car on peut supposer que celles qui répondent aux
sondages sont celles qui sont les mieux équipées et les plus
impliquées, analyse Erwan Escoubet, en charge de ces
questions à la FNCF. En tant que directeur des affaires
réglementaires et institutionnelles de la fédération des
cinémas, il participe activement à l’observatoire de l’accessibilité
du CNC, aux côtés notamment des représentants
de la FNEF, et salue le travail de Leslie Thomas en
particulier. La secrétaire générale du Centre rappelle de
son côté les avancées significatives de cette année. « En
2026, le CNC va récupérer la gestion du portail de l'audiodescription,
développé par le ministère de la Culture en
2023 et qui référence déjà plus de 2 800 films, via six
Lorsque l’AD ou les STME sont présents
sur le DCP, ils doivent être proposés
systématiquement à toutes les séances
Erwan Escoubet
Leslie Thomas (CNC) et Erwan Escoubet (FNCF) au Congrès 2023
©Jean-Luc Mege Photography
12 N°512 / 18 mars 2026
plateformes partenaires. En devenant l'opérateur du portail
à partir du 1 er juillet, nous allons donc le faire vivre plus
largement auprès des publics en situation de déficience visuelle. »
Vers une meilleure information…
Autre changement important, « nous avons réussi en
décembre dernier à faire signer un nouvel arrêté par trois
ministres – en charge de l'économie, de la culture et des
comptes publics –, qui modifie le cahier des charges des
systèmes de billetterie des cinémas ». Les fournisseurs de
logiciels de billetterie doivent désormais permettre d’intégrer,
pour chaque séance, les indications de son accessibilité
pour les personnes malentendantes et malvoyantes,
et ont six mois pour se mettre en conformité. Ces données
remonteront donc systématiquement sur AlloCiné et les
sites des cinémas, « ce qui répond à ce que soulevaient les
associations d’usagers, rappelle Erwan Escoubet, à savoir
le manque d’information et d'instantanéité de l’information
sur les séances pour le public ». Autre chantier lié à l’information
: s’assurer que les sites internet, mais aussi tout
le matériel, dont les bornes automatiques, sont bien
accessibles pour tous. « Cela ne figurait pas dans la loi
Handicap de 2005… car ce matériel n’existait pas. Mais
la directive de l’an dernier mentionne que l’on doit mettre
à disposition des casques audio et des touches en braille »,
précise le directeur juridique de la FNCF. Bref, comme
résume Leslie Thomas, « tout doit devenir accessible dans
les cinémas, sachant que l’on va plutôt vers une dématérialisation
qu’une multiplication des salariés ».
… et 100 % de séances accessibles ?
Quant à l'offre de films adaptés en elle-même, la
secrétaire générale du CNC indique la création, dans
le cadre de la Commission nationale culture et handicap
(CNCH) le 22 juillet dernier, d’un groupe de travail
avec les associations représentant les différentes formes
de handicap, les représentants des distributeurs, des
exploitants et des industries techniques. « La troisième
réunion a eu lieu le 13 mars et nous espérons aboutir fin
juin sur des propositions pour améliorer l’offre de ces
séances ». Pour Erwan Escoubet, il convient de rappeler
que « lorsque l’AD ou les STME sont présents sur le DCP,
ils doivent être proposés systématiquement à toutes les
séances ». Pour Leslie Thomas, « très clairement, 100 %
des films devraient être audiodécrits ». Or, malgré l’obligation
depuis 2020 pour tous les films français de
fournir les fichiers d’audiodescription et de sous-titrages
– sachant que les petites productions sont aidées en
cela par le CNC – et malgré la recommandation
technique de la CST sur l'emplacement de ces fichiers
sur le DCP, « il arrive qu’ils n’existent pas, ou que ce soit
le fichier pour la télévision qui arrive en salles (donc
inutilisable), ou qu’il soit au mauvais endroit », constate
le représentant de la FNCF. Ou que les exploitants
aient du mal à les repérer, comme l’explique Mathieu
Guetta de la CST [voir p. 15].
Les Petits Singuliers, programme de courts métrages pour enfants, qui célèbre la singularité et la façon de l’accepter.
Dès lors que les différentes versions existent, les cinémas
doivent être équipés correctement… et les spectateurs
aussi. « On s’oriente en effet de plus en plus vers des
solutions mixtes, entre équipement collectif en salle et
matériel individuel, pour des spectateurs qui veulent être
en autonomie », souligne Leslie Thomas, qui voit là
l’un des effets des Jeux paralympiques de 2024. « C’est
un débat qui nous mobilise beaucoup avec la FNCF,
pour que les solutions soient plus légères pour les cinémas.
On constate en effet aujourd'hui une défaillance sur la
maintenance de certains matériels, en même temps qu’un
changement d'usage. » Les spectateurs peuvent utiliser
Nous aimerions avoir
davantage de projets
permettant l’accès
à l’emploi dans les salles
de cinéma
Leslie Thomas
©Wayna Pitch
leurs smartphones et casques personnels, « ou prêtés
par la salle, à condition qu’ils soient bien utilisables,
précise Erwan Escoubet. Mais s’il y a peu de problème
pour les personnes malvoyantes, c’est plus compliqué pour
les malentendants : les sous-titres SME sur grand écran
restent mal acceptés, et ce n’est pas pratique de lire des
sous-titres sur son téléphone. Les lunettes connectées, avec
sous-titres intégrés voire langue des signes, sont une solution
intéressante, qui se développe avec succès dans le spectacle
vivant, notamment à la Comédie-Française. »
Reste que la multiplication des versions et des systèmes
pour y accéder – y compris pour les troubles cognitifs
– est complexe à gérer pour les exploitants. « Beaucoup
de solutions sont commercialisées, mais à la FNCF nous
souhaiterions qu’elles soient universelles : un film doit
être accessible quel que soit l’opérateur, sans coût pour
les utilisateurs, ni surcoût pour les salles qui ne peuvent
payer plusieurs systèmes. » Pour rappel, ces équipements
sont éligibles aux aides du CNC, mais il est difficile
de savoir si les salles utilisent leur fonds de soutien
spécifiquement pour améliorer leur accessibilité.
« Généralement, ces dépenses sont intégrées parmi d’autres,
dans le cadre d’une modernisation », constate la secrétaire
générale du CNC. Au-delà de son observatoire, on
voit bien que la cohésion au sein de toute la filière est
essentielle : Erwan Escoubet en est convaincu, qui a
initié un autre groupe de travail interprofessionnel,
réunissant les exploitants et tous les producteurs,
éditeurs, la FICAM et l’ADRC.
Accessibilité à l’emploi
S’il reste essentiel de former les personnels des cinémas
à l’accueil des publics [voir pages suivantes], un autre
enjeu reste l’accès à l’emploi pour les personnels en
situation de handicap, dans le et les cinémas. Côté CNC,
c’est l’objectif de l’appel à projets Les uns et les autres.
« La prochaine édition sera lancée en avril, avec un nouveau
partenaire financier qui sera dévoilé à cette occasion. » Leslie
Thomas en attend « une nouvelle impulsion, pour un
dispositif qui a toute son importance, car en dehors de
l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion
des personnes handicapées), il y a peu d'accompagnement
public spécifique à nos filières, en matière d'emploi de
personnes en situation de handicap » [voir aussi p.18].
Hormis le projet inclusif du cinéma de Boulogne, Les
uns et les autres a soutenu jusqu’ici « principalement
des projets de films et séries, mais aussi des affiches parlantes
[voir p16] ou des actions de formation. Il est vrai que
nous aimerions avoir davantage de projets permettant
l'accès à l'emploi dans les salles de cinéma… ce qui pourrait
bouger cette année ».
©Les Films du Préau
A Second Life de Laurent Slama sortira le 10 juin 2026.
N°512 / 18 mars 2026
13
Accessibilité
La FNCF, de son côté, après une charte signée en
avril 2022 pour tendre vers plus d’inclusion, a
rouvert la négociation en octobre dernier avec les
partenaires sociaux. « Un accord devrait être signé
dans les prochains mois, indique Agathe de Foucher,
secrétaire générale administrative de la Fédération,
afin de renforcer les enjeux d’information et de formation
autour du handicap, d’après les réticences qu’on a pu
observer. » La FNCF communiquera auprès de ses
adhérents très régulièrement, avec un onglet dédié
sur son site, sur la question de l’emploi d’un salarié
en situation de handicap. Il s’agit d’abord de sensibiliser,
en s'appuyant sur Audiens et sa Mission
Handicap, sur les aménagements spécifiques du
poste de travail, la formation des managers, et un
accompagnement positif des professionnels. « Nous
avons le projet d’une vidéo qui mette en avant des
situations positives, pour montrer que ça marche chez
certains ; sept exploitants se sont déjà portés volontaires
pour témoigner de leur expérience. Nous avons aussi
demandé à la mission Audiens d’organiser un séminaire
à destination des managers. »
Le deuxième axe est de faciliter l’intégration du
handicap dans la vie des entreprises, ce qui passe
aussi par l’aménagement du bâti. La FNCF a sensibilisé
les architectes de l’ADRC, pour que cette
dimension soit intégrée au cahier des charges. Sur le
recrutement, « nous essayons de conseiller à toutes les
phases : où trouver des candidats, comment rédiger une
fiche de poste adaptée à différentes formes de handicaps,
avec des critères pour évaluer l’employabilité d’un salarié.
L’enjeu du tutorat, avec des passeurs dans l’entreprise,
est aussi important et il ne faut pas oublier le maintien
dans l’emploi, pour un salarié qui commence à avoir
un handicap ou des problèmes de santé. »
Enfin, il s’agit de faciliter la RQTH, sans laquelle
on ne peut bénéficier d'aménagements du poste ou
d’horaires de travail. « Ce n’est pas toujours facile à
demander, ni à faire savoir, souligne Agathe de
Foucher. Or la RQTH permet à l'entreprise de remplir
ses quotas, et au salarié de faciliter ses conditions de
travail, son évolution, et une médiation qui peut éviter
une surfragilisation psychique ». Selon la permanente
de la FNCF, « tous les partenaires sociaux sont très
motivés par le sujet ».
Cécile Vargoz
Bientôt un cinéma inclusif
à Boulogne
Soutenu par le CNC et l’Agefiph dans le cadre de l’appel à
projets “Les uns et les autres” en 2023, ce projet de quatre
écrans et 480 fauteuils, né d’un partenariat entre la
Fondation Perce-Neige et la Mairie de Boulogne-Billancourt,
sera le premier espace culturel inclusif de France, tourné plus
spécifiquement vers l’insertion professionnelle de personnes
en situation de handicap mental et cognitif. Validé en CDACi
en nov 2024, il devrait ouvrir en 2027.
L’ENJEU DE LA FORMATION
Mieux accueillir les publics en situation de handicap est d’abord un enjeu
humain et sociétal, c’est aussi une obligation légale depuis 2015. Parmi les
formations proposées par les associations, celles de Culture Relax et de la CST
s’adressent particulièrement aux personnels et médiateurs des cinémas.
Lors d'une formation à Belfort
Ciné Relax : accompagner les
bénévoles… et les salariés
L'association Culture Relax, qui fédère les 95 salles
proposant des séances inclusives “relax”, forme les
bénévoles mais aussi les salariés des cinémas. Pour
rappel, une séance Ciné Relax accueille tous les publics,
mais en se voulant plus attentive aux spectateurs porteurs
d’un handicap complexe (personnes autistes, polyhandicapées,
avec un handicap intellectuel ou psychique,
ou encore atteintes de la maladie d’Alzheimer). Cela
passe par des aménagements techniques – pas de pub
ni de FA, son abaissé, lumière s'éteignant progressivement…
– mais, surtout, par un accompagnement
humain important. « Les bénévoles sont indispensables,
pour accueillir les familles de personnes handicapées, mais
aussi expliquer aux autres spectateurs que des comportements
atypiques peuvent s'exprimer pendant la projection »,
rappelle Carole Jullienne, coordinatrice nationale du
réseau Ciné Relax. « Il est important de sensibiliser aussi
tous les personnels du cinéma, qui, parfois, n’ont pas toutes
les infos sur le déroulement d’une séance Relax et qui ne
savent pas quelle posture adopter face à ces publics. » Celle
qui assure ces formations auprès des bénévoles, comme
la semaine dernière au Kinepolis de Belfort où Ciné
Relax vient d'être lancé, précise que « les directeurs de
cinémas y assistent en général, ou à défaut les assistants,
mais aussi les caissiers et projectionnistes ».
Si Culture Relax a toujours assuré la formation des
bénévoles dans les salles proposant le dispositif, l’association
est certifiée Qualiopi depuis un an et peut donc
aussi proposer une formation plus spécifiquement aux
salariés. Car il s’agit de conseiller « sur la bonne attitude
à adopter, ne pas être maladroit auprès de publics différents,
mais aussi sur la façon de communiquer autour de ces
séances, au-delà des structures et collectivités locales qui
s’en font le relais ».
Et les salles sont de plus en plus motivées. L'opération
“Tous ensemble au cinéma”, organisée sur un week-end
d’octobre 2025 autour d’une avant-première inclusive
de Marcel et Monsieur Pagnol, a rassemblé 4 500 spectateurs
dans 206 cinémas, soit au-delà de la centaine de salles
inscrites au dispositif. « Cette opération a vraiment fait
prendre conscience de la qualité de ces séances et donné envie
de les pérenniser. De nombreux cinémas veulent adhérer à
Ciné Relax, et nous avons eu une soixantaine de premiers
rendez-vous en 2025 pour présenter le dispositif et les conditions
de la mise en place de séances Relax, sans compter les
circuits qui nous sollicitent sur plusieurs, voire tous
leurs cinémas. »
Culture Relax propose ainsi une formation de sensibilisation
pour préparer les équipes de cinémas (hors réseau
Ciné Relax) à accueillir toute personne en situation de
handicap, qu'elle adapte selon les besoins du commanditaire.
Carole Julienne l’a déjà animée pour le réseau
itinérant CinéLigue et bientôt aux CEMEA (Centres
d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active), qui
organisent le Festival du film d'éducation, ou encore aux
bus de CineMo. Afin de répondre à la forte demande de
formation des cinémas et d’accompagnement à la mise
en place de séances Relax, l’association réfléchit, en
partenariat avec des circuits tels que CGR ou Pathé, au
développement d’une offre de formation personnalisée
aux besoins de chaque circuit. Celles-ci pourraient être
déployées avec l’appui de formateurs formés et accompagnés
par Carole Jullienne.
Au 1 er septembre 2025, 258 personnes (bénévoles et
personnels des cinémas) ont été formées.
©Nadia Laayssel
Cécile Vargoz
14 N°512 / 18 mars 2026
CST/Inclusiv’ : un parcours en 4 modules
Lancée en 2023, en partenariat avec Inclusiv’ et soutenue
par Retour d’Image et Ciné Sens, la formation de la CST
se décline en 4 modules – Technique, Programmation,
Communication, Accueil et Médiation –, qui peuvent
être suivis dans leur ensemble ou séparément. Elle gagne
du terrain avec, en 2025, 9 sessions pour 70 professionnels
formés, principalement à Paris dans les locaux de la CST,
mais aussi en régions. Ainsi dans celle de Toulouse, où
« les équipes d'Inclusiv et de Retour d'Images sont descendues
quatre fois », souligne Mathieu Guetta, référent exploitation
à la CST et impliqué dans la pédagogie des 4 modules.
Un « vrai succès », pour une quarantaine de professionnels
formés, accueillis aux cinémas ABC (photo) et Véo Muret.
Une journée a aussi été organisée au Café des Images à
Hérouville-Saint-Clair, à sa demande. « Le module programmation
ayant déjà été suivi par les responsables, nous avons
synthétisé les aspects techniques, accueil et communication
inclusive sur une journée, pour la totalité des personnels, y
compris ceux du bar, ce qui témoigne d’une dynamique
complète au sein de l'équipe. »
Clarifier les aspects techniques
Des équipes auxquelles il manque souvent des « idées
claires », selon Mathieu Guetta, sur la partie technique.
« Les opérateurs des salles mélangent souvent les différentes
solutions, d’autant que les termes indiqués sur les DCP
ne sont pas ceux utilisés dans le langage courant : OCAP
(Open Caption), pour les sous-titrages sourds et malentendants
(SME) qui s'affichent à l'écran, et CCAP (Closed
Caption), pour les sous-titres SME sur des appareils
individuels. VI (Visual Impaired) désigne l'audiodescription
sur le DCP, et HI (Hearing Impaired) le renfort
sonore. » La formation détaille aussi l'ensemble des
solutions techniques disponibles aujourd'hui sur le
marché français, alors que l’on est dans une période
de transition. « Beaucoup des solutions sur lesquelles les
exploitants avaient misé, qui reposaient sur les ondes HF,
sont aujourd'hui progressivement abandonnées, à cause
de l'obsolescence du matériel mais aussi de l’abandon des
ondes radio. La tendance est de les remplacer par des
systèmes qui fonctionnent soit en Wi-Fi, soit à l'avenir
avec de l’Auracast, un bluetooth qui n'est plus un one to
one, mais un émetteur vers plusieurs récepteurs. Dans ce
cas, les spectateurs utilisent leur smartphone ou une
application pour capter le signal. »
Car on voit aussi arriver des applications autonomes,
sur des plateformes où le public peut charger sa version
accessible avant d'aller au cinéma, qui va se synchroniser
automatiquement au démarrage de la projection. C’est
le cas de Greta (chez Megarama, Pathé, UGC…), de
CinéAccess (chez CGR), mais aussi de La Bavarde et
de Movie Reading pour la VAST (Version originale
audio sous-titrée). « Ainsi, de plus en plus, la salle est
propriétaire de son émetteur et le spectateur vient avec
son propre récepteur. Beaucoup d’exploitants doivent
Les modules Technique,
Programmation,
Communication, Accueil et
Médiation, peuvent être
suivis ensemble
ou séparément
racheter du matériel et sont un petit peu perdus », d’où
l’intérêt de cette session technique. Elle aborde aussi
l’accessibilité pour les PMR, avec un architecte de
l’ADRC qui rappelle les dispositions nécessaires et
l'obligation légale de tenir un registre
d’accessibilité.
Programmer et communiquer, avec les
distributeurs
Le module programmation accueille aussi les distributeurs,
pour aider à préparer en amont une séance
accessible. La chaîne de fabrication des différentes
versions, le rôle des producteurs, des éditeurs et des
exploitants, et les outils (Cinedi, les sites des associations…).
« L’équipe de Condor est venue pour Sorda,
ce qui a nourri une réflexion en profondeur sur la façon
de communiquer en amont sur les versions accessibles,
notamment en VO [voir p.19]. Et surtout, « le dialogue
entre distributeur et exploitant a été extrêmement
fructueux ».
La partie communication de la formation est aussi
essentielle en ce qu'elle apprend à communiquer de
façon accessible, en faisant remonter les informations
sur sa newsletter et son site et, « par exemple, les rendre
compréhensibles par une liseuse pour personnes malvoyantes ».
Quant au module Accueil et Médiation, « il est important
de rappeler qu’il est obligatoire pour les professionnels
des établissements accueillant plus de 200 personnes ».
Mathieu Guetta souligne que les 4 modules de formation
sont parfois suivis par la même personne, dans le cas
d’un mono écran, ou parfois par un même cinéma mais
à travers quatre interlocuteurs différents, en fonction du
poste occupé. Certes, il n’est pas toujours simple pour
les salles de se déplacer ou de consacrer du temps à se
former, sachant que les exploitants « ont la tête dans le
guidon sur de multiples sujets », reconnaît le référent de la
CST. « Mais il faut tendre vers l’exemplarité, et la formation
donne aussi l’occasion d’échanger et de partager son expérience
». D’autant plus que, hormis les sessions datées à
Paris jusqu’en décembre 2026, la formation peut se
déplacer à domicile : une ou deux journées sont en
préparation entre Montpellier et Perpignan, pour rassembler
plusieurs salles du territoire.
Cécile Vargoz
Loi n° 2015‐988 du 5 août
2015 et article L. 4142‐3‐1
du Code du travail
« Dans les établissements recevant du public dont la
capacité d'accueil est supérieure à deux cents personnes,
l'employeur met en œuvre une formation à l'accueil et à
l'accompagnement des personnes handicapées à
destination des professionnels en contact avec les usagers
et les clients. »
©Sébastien Lefebvre - CST
Le cinéma ABC de Toulouse a accueilli la formation CST, organisée dans la région.
N°512 / 18 mars 2026
15
Accessibilité
PRÉSERVER L’EXIGENCE DE L’AUDIODESCRIPTION
À l'occasion de leur victoire aux Marius pour
Dossier 137, Katia Lutzkanoff et Nasrredine Nasli-
Bakir évoquent les difficultés actuelles de l'audiodescription,
qui pâtit encore d'un manque
d'accessibilité en salle et de la concurrence de
l'intelligence artificielle.
Première agence française dédiée à l’audiodescription,
ZeugmaConcepts propose des affiches de films
“parlantes”, co-écrites par des auteurs voyants et
aveugles, et enregistrées par des comédiens professionnels,
« ce qui est l'ADN de mon projet » rappelle
Raphaëlle Valenti, comédienne et fondatrice de l’agence,
mais aussi autrice distinguée par deux Marius. L’an
dernier, le concept a remporté l’appel à projet Les Uns
et les autres [voir Boxoffice Pro du 22/10/25], dans le
cadre duquel le CNC finance 50 affiches, qui seront
disponibles sur le portail de l’audiodescription. Ce
portail est désormais piloté par le CNC, comme
confirmé lors de la cérémonie des Marius. Une bonne
nouvelle pour Raphaëlle Valenti, « car mon objectif est
de travailler sur 2 800 titres du portail ».
Reste l’enjeu d’une présence dans les cinémas. Techniquement,
les affiches parlantes y sont facilement
©apiDV
Le 25 février dernier, la neuvième édition des Marius
de l’audiodescription a consacré le travail de Katia
Lutzkanoff pour la seconde fois. Trois ans après avoir
été distinguée pour La Nuit du 12 de Dominik Moll,
l’autrice est célébrée pour Dossier 137, du même cinéaste.
Pour cette occasion, elle a remis son trophée à Nasrredine
Nasli-Bakir, son relecteur aveugle. Le binôme collabore
depuis plus de dix ans, et est témoin des évolutions du
métier, avec lesquelles viennent un certain nombre de
craintes. Comme l’a souligné le président du CNC
Gaëtan Bruel lors de la cérémonie, « des progrès ont été
accomplis, mais ce n’est pas suffisant », et le principal
problème pointé du doigt est, justement, l’accessibilité
de l’accessibilité. « Nous ne sommes pas assez au courant
des films audiodécrits diffusés en salle », regrette Nasrredine
Nasli-Bakir, qui souligne en outre qu’une fois au cinéma,
une personne aveugle se heurte très souvent à des bornes
non accessibles. Sans oublier des problèmes de matériel
très fréquents et l’impossibilité, encore trop récurrente,
pour « une personne malentendante et une personne aveugle
d’assister à la même séance ».
À cela s’ajoute la menace grandissante de l’intelligence
artificielle sur le travail des audiodescripteurs, tant dans
l’écriture que l’interprétation : « Le Marius récompense
bien plus qu’un dispositif technique, selon Gaëtan Bruel.
L’audiodescription est l’art de restituer la matière des films
par la justesse des mots. » Katia Lutzkanoff remarque de
LES AFFICHES PARLANTES DE ZEUGMACONCEPTS
accessibles, via un QR code ou une puce NFC, qui
déclenche le son sur le smartphone du spectateur ou
un casque Bluetooth. La solution est gratuite pour
l’exploitant, qui reçoit les fichiers MP3. À ce jour,
ZeugmaConcepts a audiodécrit une vingtaine d’affiches
– dont celles d’Amélie et la métaphysique des tubes,
L’Attachement ou encore « ce bijou qu'est L'Épreuve
du feu » –, et travaille actuellement sur l’affiche de
Sorda [voir p.19], grâce à l’implication de Condor.
Car au-delà du soutien des pouvoirs publics, « l’idée
est de travailler directement et systématiquement avec
les distributeurs, pour que ces affiches soient accessibles
au moment de la sortie du film ». Raphaëlle Valenti
appelle aussi de ses vœux un partenariat avec AlloCiné,
« médium incontournable pour l'information de tous les
publics. » D’autant plus que les affiches audiodécrites
ne concernent pas seulement les déficients visuels,
« mais de plus en plus les personnes autistes, illettrées,
son côté que « des auteurs, jusqu’alors très prolifiques,
peinent à trouver du travail aujourd’hui ». L’IA dérègle
le marché et ses tarifs, et malgré une baisse de qualité
constatée par tous les représentants d’organisations du
handicap visuel, elle est désormais privilégiée par de
plus en plus de productions. « Les audiodescripteurs
travaillent avec un niveau d'exigence qui a permis une
grande qualité. Il faut être vigilant à ne pas reculer. »
Celle qui travaille depuis 2022 chez Poly Son – structure
de post-production cinématographique et audiovisuelle
– remarque toutefois des évolutions positives dans son
métier. Particulièrement, les cinéastes sont de plus en
plus investis dans la relecture du texte, à l’instar de
Dominik Moll. « Les réalisateurs sont souvent très intéressés
de découvrir comment leur film sera perçu par un non-voyant »,
explique-t-elle. En dehors des cinémas, le CNC a
également annoncé prendre la gestion du portail de
l’audiodescription, Gaëtan Bruel justifiant cette décision
par « le choix, assumé au niveau du ministère de la Culture,
d’une accessibilité cohérente, de la production des œuvres
jusqu’à leur diffusion ». Une nouvelle reçue positivement
lors de la cérémonie du Marius, bien que Katia Lutzkanoff
regrette l’absence de crédit pour les auteurs de
l’audiodescription.
Jules Dreyfus
allophones, et les enfants qui peuvent facilement les écouter ».
Mais Raphaëlle Valenti, avec la trentaine d’auteurs
qu’elle a formés depuis plus de deux ans, fait un métier
de l'ombre. Un travail sans IA et qui engage toute la
sensibilité humaine, comme « celle de mon grand ami
et collaborateur Emmanuel Curtil, voix VF de Jim Carrey,
que l’on a vu dans la lumière aux César ». Le comédien
a notamment lu l’affiche du Seigneur des Anneaux :
Le Retour du Roi, comme d’autres que l’on peut écouter
sur le site et la chaîne YouTube de ZeugmaConcepts.
En attendant de pouvoir travailler sur l’ensemble des
sorties, Raphaëlle Valenti et son équipe collaborent à
nouveau avec le Festival international d'Annecy pour
son affiche officielle, et avec le FIFI, festival du film
inclusif, qui aura lieu à Cannes du 16 au 21 juin 2026.
C.V.
©ZeugmaConcepts
Les affiches parlantes
©ZeugmaConcepts
Affiche de film
Nom du film en braille
QR code de l’affiche
et/ou
Puce NFC
Prototype visuel non exhaustif
Dans le cadre des formations menées par ZeugmaConcepts, Aziz Zogaghi (à droite) a animé une masterclass
sur l’audiodescription auprès d’étudiants de l’Université de Bretagne-Occidentale à Brest.
16 N°512 / 18 mars 2026
Accessibilité
INCLUSION, LA BATAILLE DE
JULIEN RICHARD-THOMSON
©Jaguarundi Films
du récit. « On exige des cinéastes en situation de handicap
d’aborder prioritairement ce sujet, comme on pouvait demander
autrefois aux femmes de faire des films “de femmes”. »
Pendant ce temps, aux États-Unis notamment, des militants
s’opposent farouchement au “cripping-up”, soit le fait pour
un acteur valide de jouer un rôle d’handicapé. Julien
Richard-Thomson se dit plus nuancé – « un acteur homosexuel
peut très bien jouer un hétéro » –, mais sachant qu’un
acteur en fauteuil a du mal à trouver du travail, « on comprend
qu’il en aura encore moins quand il va à un interprète connu ».
Des écrans plus inclusifs
Certes, l’inclusion progresse. L’immense succès de Un p’tit
truc en plus, et avant lui des films comme Intouchables, La
Famille Bélier ou Le Huitième jour, ont contribué à faire
évoluer les mentalités. Y compris celles des producteurs
« qui voient que le talent de professionnels en situation de
handicap, comme dans le film d’Artus, peut être rentable ».
Les pouvoirs publics s’impliquent, via le CNC, la Mission
Handicap d’Audiens – financée par l’AGEFIPH –, ou
encore la commission nationale Culture et Handicap,
« dont Charlotte Parmentier-Lecocq, alors ministre chargée
de l'autonomie des Personnes handicapées, a annoncé la
réactivation lors de notre rendez-vous cannois, Écrans inclusifs,
lancé l’an dernier [voir Boxoffice Pro du 25 juin 2025] ».
Une mission dédiée à l’accessibilité des métiers de la culture
et du cinéma a alors été confiée à Lætitia Bernard, journaliste
(et cavalière) non-voyante.
Julien Richard-Thomson sur le stand du SPCH au Salon Paris Images
Le président du Syndicat des
professionnels du cinéma en situation
de handicap, qui a lancé les Écrans
Inclusifs au Festival de Cannes l’an
dernier, publie Inclusion, La bataille
des écrans, un livre sur l’accès aux
métiers du cinéma et de l'audiovisuel.
« Si j’ai toujours eu un comportement un peu bizarre, j’ai
pris conscience assez tard qu’il pouvait s’agir d’un handicap »,
explique Julien Richard-Thomson. Atteint du syndrome
Gilles de la Tourette, ses tics ne l'empêchent pas de vivre
une scolarité normale, ni de réaliser très vite des films et
webséries. Mais, comme il le relate dans son livre publié
en janvier dernier, « c’est en étant confronté ensuite à des
producteurs et décideurs que j’ai constaté une méfiance.
Même quand mon projet plaisait, on me regardait curieusement
et je représentais un risque. À 40 ans, je me suis
aperçu que ma carrière avait vraiment du mal à décoller. »
Le réalisateur finit donc par demander une RQTH
(reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé)
et décide de parler de son syndrome plutôt que de le
cacher. « Pas seulement pour moi, mais en montant une
association – le SCPH n’est pas encore officiellement un
“syndicat” –, pour faire du lobbying auprès d'organismes
professionnels et du CNC. On pourrait penser que la culture
est plus ouverte, mais curieusement, l’inclusion y est plus en
retard que dans l’industrie automobile. »
En témoigne cette rencontre sur l’inclusion au Festival de
Cannes en 2019, « qui concernait principalement la place
des femmes dans le cinéma, un peu les minorités sexuelles et
les gens des quartiers… mais sans un mot sur les handicapés.
J’ai réussi à voler un micro pour intervenir, en rappelant que
le handicap reste la première discrimination en France, et
j’ai annoncé la création du SCPH ». On parlait alors déjà
d’accessibilité des œuvres et des salles, mais pas très peu
de l’accès aux métiers. Or « considérer les personnes handicapées
comme de seuls consommateurs de culture et leur
interdire de produire la culture est une aberration », écrit
Julien Richard-Thomson dans son livre.
Pas de bras, pas de cinéma ?
Il réalise l’année suivante un documentaire, produit par
Otago Productions et financé par le groupe Canal+, intitulé
Pas de bras, pas de cinéma ?. « J’y abordais la représentation
du handicap dans les films à travers l’histoire, mais aussi
l’emploi des personnes handicapées, quasiment absentes des
équipes de tournage. » Ce film reçoit une aide du CNC,
avec lequel le réalisateur contribue par ailleurs au lancement
de l’appel à projets Les uns et les autres en 2021. Plus
récemment, alors qu’il ne fait plus partie du jury, il postule
pour un projet de série TV qui prévoyait l’embauche de
25 % de collaborateurs handicapés… mais n’est pas retenu
au motif qu’il ne place pas le thème du handicap au centre
L’insertion commence par un meilleur accès aux écoles
– comme l’EICAR et l’ESRA où Julien Richard-Thomson
donne des cours –, ce qui sera mis en avant pour la 2 e
édition des Écrans inclusifs, qui réunira professionnels
et organismes à Cannes le 21 mai prochain. De son côté,
le SCPH milite pour réformer le régime des intermittents
du spectacle, en abaissant le nombre d’heures exigé pour
les personnes ayant une RQTH, « qui, sans ce statut, sont
souvent contraintes de quitter leur métier ». On constate
aussi que l’évolution des technologies – le numérique en
général, certains outils d’IA… – a facilité l’accès à des
postes techniques, tout comme elle améliore l’accessibilité
des salles de cinéma. Des salles qui sont « des endroits
formidables pour débattre du handicap. Et il y a tant
d'associations concernées que souvent, cela garantit un public
pour les films traitant du handicap, même très modestes »,
constate Julien Richard-Thomson. Et bien sûr, les cinémas
peuvent eux aussi offrir des emplois, à l'accueil ou en
projection. « Il est essentiel de croiser toute la filière »,
souligne celui qui est membre de l'observatoire de l’accessibilité
du CNC… et reste en cela optimiste.
« Au moment où les États-Unis reculent sur l’inclusion, la
France est sur un chemin vertueux. »
Cécile Vargoz
Le livre deJulien Richard-Thomson analyse la représentation du handicap à l’écran et le sort
des artistes et techniciens handicapés, et formule des solutions pour l'améliorer. Il propose
aussi une série d'entretiens avec des personnalités concernées ou engagées en faveur de
l'inclusion (les cinéastes Éric Toledano et Olivier Nakache, la productrice Fanny Riedberger,
la monteuse Diane Maroger les comédiens Sam Karmann, Ness Merad ou Charles
Peccia-Galletto…).
Jaguarundi Editions - en librairie et par correspondance
18 N°512 / 18 mars 2026
PLUS FORT QUE MOI, TROUVER LE BON GESTE
En salles ce 1 er avril, le nouveau long métrage
de Kirk Jones raconte, sur une trentaine d’années,
l’histoire vraie de John Davidson, Anglais
atteint du syndrome Gilles de La Tourette. Mirana
Rakotozafy, directrice de la distribution chez
Tandem, et Coline Aymard, présidente de l’agence
Citizen 7, détaillent les enjeux de cette sortie.
Le 22 février dernier, Plus fort que moi a connu une
exposition soudaine avec ses trois Baftas, dont celui du
meilleur acteur pour Robert Aramayo. Une soirée dorée,
accompagnée d’une polémique : alors que Michael B.
Jordan et Delroy Lindo étaient sur scène pour remettre
un prix, John Davidson a proféré des insultes racistes à
leur encontre. Une manifestation du syndrome Gilles
de La Tourette dont est atteint le Britannique cinquantenaire,
qui dit et fait des choses qui ne reflètent pas sa
pensée… car c’est plus fort que lui. Pour Tandem, accompagné
de Citizen 7, ce moment a été une opportunité
pour communiquer sur ce qu’est le trouble, tout en
prolongeant la ligne que développent le distributeur et
l’agence. « Nous nous adressons à toutes les personnes atteintes
de troubles neurodéveloppementaux, explique Coline
Aymard. Mais aussi, par l’universalité du récit, nous pensons
pouvoir toucher toutes les personnes concernées par les questions
de solitude ou de santé mentale. »
Plusieurs partenariats sont mis en place, comme avec
l’Association française du syndrome Gilles de la Tourette
(AFSGT) qui accompagne de nombreuses séances, ainsi
qu’un kit de projection-débat clé en main. Pour sensibiliser
le grand public, l’agence mobilise des créateurs
thématiques sur Instagram, TikTok, mais aussi LinkedIn
©One Story High/ Tempo Productions, I Swear
afin d’éclairer sur l’inclusion dans le monde du travail,
thème faisant partie intégrante de Plus fort que moi.
Enfin, un guide à destination des exploitants – et plus
largement du public en salles – sera proposé pour
accompagner l’accueil des personnes atteintes du syndrome.
Cet outil est coordonné par Citizen 7, en collaboration
avec l’AFSGT et le Dr Andreas Hartmann (neurologue
spécialiste du syndrome de Gilles de la Tourette), avec
l’appui des ressources de la Délégation interministérielle
pour les troubles du neurodéveloppement.
Dans un mélange de cinémas indépendants art et essai
et de circuits, Tandem compte distribuer le film sur au
moins 300 copies et, dans la continuité de l’inclusion
qu’il valorise, proposera une VF, en plus de la VO.
« C’est une sortie très populaire, qui s’adresse à tout le
monde, en témoignent ses prix du public à Arras ou aux
Arcs », déclare Mirana Rakotozafy. Plus fort que moi
obtient également une grande résonance auprès du
public jeune : les jurys jeunes des festivals l’ont souvent
plébiscité, et il a obtenu le soutien du Comité 15-25
de l’AFCAE. Une adhérence qui n’écarte pas les seniors,
car, comme l’affirme la directrice de la distribution de
Tandem, « c’est un film adapté de 14 à 94 ans ! ».
J.D.
POUR SORDA, CONDOR TEND L’OREILLE
Daté au 29 avril, le premier long métrage de
l’Espagnole Eva Libertad suit le parcours d'une
femme sourde. Alexis Mas, PDG de Condor, et
Lucie Commiot, directrice de la distribution,
doublent leur approche de sortie classique par
une stratégie axée sur l'accessibilité et l'inclusion.
Pour Condor, l'aventure Sorda démarre à la Berlinale
2025, où le film obtient le Prix du public et le Prix
CICAE de la section Panorama. Le distributeur fait
alors le choix, au vu du sujet, de « prendre le temps de
comprendre toutes les problématiques de l'accessibilité en
formant [ses] équipes avec la CST », explique Lucie
Commiot. À l’été, la structure entre en concertation
avec les prestataires et les associations spécialisées afin
de développer « la meilleure expérience du film », souligne
Alexis Mas. Ainsi, des partenariats sont montés avec
l’Institut national de jeunes sourds de Paris, Infosens,
Ciné-sens, la CST, Les Yeux Dits, La Bavarde, Retour
d’image, Unanimes et Les Affiches Parlantes. Cette
ambition s’incarne dans un dispositif spécifique : toutes
les séances proposeront des sous-titres SME et le film,
exclusivement en VO, bénéficiera d’une bande-annonce
inclusive pour sourds et malentendants.
©Condor Films
Ce travail est également mis en place pour les déficients
visuels : l’audiodescription, disponible à chaque projection,
sera doublée des affiches parlantes développées par
ZeugmaConcepts [voir p. 16]. Toutes ces initiatives ont
pu être testées au Festival Premiers Plans d’Angers, où
Condor a rencontré le jury de la Fondation VISIO,
composé uniquement de personnes aveugles et malvoyantes.
À la suite des formations de la CST, le distributeur a
imaginé un kit de médiation clé en main, afin de permettre
aux exploitants de faire découvrir une séance audiodécrite
ou avec sous-titres SME. « Nous avons sélectionné le court
métrage de la réalisatrice, Deaf, qui est une sorte de préquel
de Sorda, développe Alexis Mas. Une voix off guide les
spectateurs à travers deux moments : un sans image mais
avec le son, et un autre sans le son mais avec l’image et des
sous-titres SME. » Le DCP, d’une durée de 20 minutes,
pourra être mis en avant-séance que les exploitants
devront alors indiquer.
En attendant la sortie le 29 avril, la réalisatrice sera en
France à partir de fin mars pour faire la tournée des
festivals de cinéma espagnol. Sorda arrivera dans les salles
avec une belle exposition grâce à ses trois Goya, dont
celui du meilleur premier film et du meilleur espoir
féminin pour Miriam Garlo, devenue à cette occasion
la première interprète sourde à recevoir une récompense
à la cérémonie espagnole. De bon augure pour Condor,
qui sait que ce coup d’essai inclusif pourra être réitéré
pour de prochaines sorties.
J.D.
N°512 / 18 mars 2026
19
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S12
18 MARS
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PLUME ET SILLONS DISTRIBUTION 57KM 01h50 G.Descave et S.Mathelin
POWERHOUSE PRODUCTIONS AADU 3 02h20 M.Thomas Jayasurya, S.Kurup, D.Bolgatty
ASSOCIATION CINÉMA BERRYWOOD
PRODUCTION ADNAN ET SES CHÈVRES 01h20 H.Maisari X.Gauthier, F.Gauthier, C.Bobbio
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS ALLO LA FRANCE 01h17 F.Devigne
MATSYLIE PRODUCTIONS COMPOSTELLE, LE CHEMIN DES ETOILES 01h28 L.Granier
SAJE DISTRIBUTION DAVID 01h49 B.Dawes et P.Cunningham P.Wickham, A.Chaudhry, B.Engman
CHANDELIER DERNIÈRE SOIRÉE 01h10 N.Dozol L.Cecchi, R.Gérard, U.Condolo
FRIDAY ENTERTAINMENT DHURANDHAR: THE REVENGE 03h55 A.Dhar R.Singh, A.Khanna, S.Dutt
JOUR2FÊTE LA DANSE DES RENARDS 01h34 V.Carnoy S.Kircher, F.Anaflous, J.Cuppens
PANAME DISTRIBUTION LA GIFLE 01h26 F.Hambalek L.Geiseler, J.Jentsch, F.Kramer
DIAPHANA DISTRIBUTION LA GUERRE DES PRIX 01h36 A.Dechaux A.Girardot, O.Gourmet, J.Frison
MALAVIDA FILMS LA PRINCESSE, L'OGRE ET LA FOURMI 00h41 E.Nazarov
DULAC DISTRIBUTION LAS CORRIENTES 01h40 M.Mumenthaler I.Gonzalez Sola, E.Bigliardi, C.Sanchez
LES FILMS DU TITAN LE POUVOIR DE L’INSIGNIFIANT 01h11 O.Flamion
ANDANA FILMS LES CHAILLÉES DE L'ENFER 01h42 L.Boudet
METROPOLITAN FILMEXPORT LE SIFFLET 01h40 C.Hardy D.Keen, P.Hynes White, S.Nélisse
GAUMONT DISTRIBUTION LES RAYONS ET LES OMBRES 03h19 X.Giannoli J.Dujardin, N.Golubeva, A.Diehl
FANNY DORIAN DISTRIBUTION L'ÉTAGE SECRET...BAD GASTEIN 01h36 N.Lechner S.John, A.Benzin, M.Reinwald
PATHÉ FILMS POLICE FLASH 80 01h26 J.Saurel F.Damiens, A.Lamy, X.Lacaille
WAYNA PITCH PRÉCIEUSE(S) 01h17 F.Guiard-Norel
SONY PICTURES RELEASING FRANCE PROJET DERNIÈRE CHANCE 02h37 P.Lord et C.Miller R.Gosling, S.Hüller, M.Vayntrub
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR REMINDERS OF HIM 01h55 V.Caswill M.Monroe, T.Withers, R.Pankow
LA TRAVERSE
RÉTROSPECTIVE PIERRE ZUCCA (4 FILMS)
OUTPLAY FILMS SCÈNES DE NUIT 01h59 F.Matzembacher et M.Reolon G.Faryas, C.Luna, H.Barreira
MEDIA ART SILENTIUM 01h33 N.Chatta M.Dahech, A.Chouayet, R.Hayouni
PATHÉ LIVE TRISTAN ET ISOLDE (METROPOLITAN OPERA) 05h27 Y.Sharon L.Davidsen, E.Gubanova, M.Spyres
FRIDAY ENTERTAINMENT USTAAD BHAGAT SINGH 02h30 H.Shankar P.Kalyan, Sreeleela, A.Rana
POWERHOUSE PRODUCTIONS YOUTH 02h20 K.Karunas K.Karunas, S.Devi, A.Anilkumar
S13
25 MARS
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PATHÉ LIVE ALAIN SOUCHON - LE CONCERT AU CINÉMA 02h10 T.Teston
MALAVIDA FILMS ALICE COMEDIES 00h48 W.Disney
CONDOR DISTRIBUTION ANEMONE – LES RACINES DU MENSONGE 02h05 R.Day-Lewis D.Day-Lewis, S.Bean, S.Morton
CGR EVENTS ASSASSINATION CLASSROOM THE MOVIE : OUR TIME M.Kitamura J.Fukuyama, M.Fuchigami, N.Okamoto
PATHÉ LIVE
BRING ME THE HORIZON : L.I.V.E. IN SÃO PAULO (LIVE IMMERSIVE
VIRTUAL EXPERIMENT)
01h54 C.HEaD et O.Sykes O.Sykes, M.Kean, L.Malia
UGC DISTRIBUTION CEUX QUI COMPTENT 01h38 J.Leonetti S.Kiberlain, P.Lottin, L.Labeque
VRAIVRAI FILMS DERRIÈRE LES DRAPEAUX, LE SOLEIL 01h31 J.Pereira
ÉLEVONS NOUS DROITS DANS LEURS BOTTES 01h25 N.Lay
CINÉMA PUBLIC FILMS EDMOND ET LUCY - LA FORÊT, C'EST L'AVENTURE 00h45
JHR FILMS JULIAN 01h31 C.Kusters N.Meurisse, L.Roothooft, R.Cuevas
ARP SÉLECTION LA COULEUVRE NOIRE 01h25 A.Vernhes-Lermusiaux A.Lozano Tafur, M.Viera, Á.Rodríguez (II)
SPLENDOR FILMS LA DAME DE SHANGHAI 01h27 O.Welles R.Hayworth, O.Welles, E.Sloane
MEMENTO LES FILLES DU CIEL 01h36 B.McNeese H.Volle, S.Nataf, Y.Tshikaya
DALINO MEDIA LES FRACTURES INVISIBLES 01h15 J.Loutoby L.Michanol, A.Rene, F.Fostan
NORTE DISTRIBUTION LES SAISONS 01h23 M.Fazendeiro
THE JOKERS L’ÎLE DE LA DEMOISELLE 01h41 M.Wald S.Dewaels, L.Peres, C.Bouchet
BAC FILMS L'ODYSSÉE DE CÉLESTE 01h26 K.Koala
LES FILMS DU PRÉAU L'ODYSSÉE DE CHOUM 00h38 J.Bisaro et S.Rohleder T.Desroses, P.Bozo, O.Pauleau
ART HOUSE LOVE ON TRIAL 02h03 K.Fukada K.Saito, Y.Kura, E.Karata
STUDIOCANAL L'ULTIME HÉRITIER 01h45 J.Ford G.Powell, M.Qualley, J.Henwick
EUROZOOM LUPIN THE IIIRD THE MOVIE: LA LIGNÉE IMMORTELLE 01h30 T.Koike K.Kurita, A.Ôtsuka, D.Namikawa
MK2.ALT MISSION ROSETTA - LA QUÊTE DES ORIGINES 01h15 Micode
MAVERICK DISTRIBUTION PLUS FORTS QUE LE DIABLE 01h24 G.Guit M.Poupaud, A.Argento, M.Vacth
CARLOTTA FILMS
RÉTROSPECTIVE SEIJUN SUZUKI (8 FILMS)
CGR EVENTS SIEGFRIED (THE ROYAL OPERA) 05h30 B.Kosky A.Schager, P.Hoare, C.Maltman
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE THE REVENANT 02h36 A.González Iñárritu L.DiCaprio, T.Hardy, D.Gleeson
WARNER BROS. FRANCE THEY WILL KILL YOU 01h34 K.Sokolov Z.Beetz, T.Felton, H.Graham
AD VITAM UNE JEUNESSE INDIENNE - HOMEBOUND 01h59 N.Ghaywan I.Khatter, V.Jethwa, J.Kapoor
LE PACTE UN JOUR AVEC MON PÈRE 01h33 A.Davies S.Dirisu, C.Egbo, G.Egbo
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION
(EX CINÉ SORBONNE) VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU 02h14 M.Forman J.Nicholson, L.Fletcher, W.Redfield
KMBO WALTER LAPIN 01h22 C.Origer M.Goode, K.Lord Cassidy, S.Mangan
5
S14
1 ER AVR.
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
APOLLO FILMS COMPOSTELLE Y.Samuell A.Lamy, J.Le Berre, M.Doutey
PYRAMIDE DISTRIBUTION DERRIÈRE LES PALMIERS 01h34 M.Benm’Barek S.Giraudeau, D.Ramdi, N.Kounda
ESC FILMS DOLLY 01h23 R.Blackhurst F.Therese, S.Scott, E.Suplee
SINGULARIS FILMS HÉLÈNE TRÉSORE TRANSNATIONALE 01h34 J.Abitbol H.Hazera, C.Chuzel, L.Miesseroff
L'ATELIER DISTRIBUTION HOLDING LIAT 01h33 B.Kramer
LES FILMS DU CAMELIA LE FLEUVE DE LA MORT 01h32 L.Buñuel C.Domínguez, M.Torruco, J.Cordero
LES ACACIAS LE GOÛT DES AUTRES 01h52 A.Jaoui J.Bacri, G.Lanvin, A.Chabat
TRIDAC FILMS LE SECRET DU LOUP D’ÉTHIOPIE 01h00 B.Deturche et A.Lesaffre
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS L'HEURE DE LA LIBÉRATION A SONNÉ 01h02 H.Srour
PAN DISTRIBUTION MAUVAISE PIOCHE 01h32 G.Jugnot G.Jugnot, P.Lacheau, T.Lhermitte
MÉTÉORE FILMS NUESTRA TIERRA 01h59 L.Martel
CGR EVENTS PEPPA AU CINÉMA : LA FAMILLE S’AGRANDIT ! 00h49
TANDEM PLUS FORT QUE MOI 02h01 K.Jones (II) R.Aramayo, S.Henderson, M.Peake
KMBO SILENT FRIEND 02h27 I.Enyedi T.Leung Chiu-Wai, L.Seydoux, L.Wedler
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR SUPER MARIO GALAXY LE FILM 01h38 A.Horvath et M.Jelenic C.Pratt, A.Taylor-Joy, C.Day
METROPOLITAN FILMEXPORT THE DRAMA 01h45 K.Borgli Zendaya, R.Pattinson, G.Cohen
MALAVIDA FILMS TRILOGIE WIVES A.Breien
HAUT ET COURT YELLOW LETTERS 02h08 İ.Çatak Ö.Namal, T.Biçer, L.Cabas
20 N°512 / 18 mars 2026
S15
8 AVR.
12
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
ED DISTRIBUTION AN EVENING SONG (FOR THREE VOICES) 01h26 G.Swon D.Campbell, H.Gross, P.Vack
FACTORIS FILMS BISONS 01h45 P.Monnard I.Hair, A.Bencherif, K.Barras
PATHÉ LIVE BTS WORLD TOUR 'ARIRANG' IN GOYANG : LIVE VIEWING 03h00 J.Ha BTS, RM, Jin
SND COCORICO 2 J.Hervé C.Clavier, D.Bourdon, S.Testud
PARAISO PRODUCTION DIFFUSION DANS LA CHAMBRE DU SULTAN 01h37 J.Rebollo F.Moati, P.López de Ayala, I.Kadri
JOUR2FÊTE LA FEMME DE 01h33 D.Roux M.Thierry, E.Caravaca, A.Valois
ASC DISTRIBUTION L’AFFAIRE ABDALLAH 01h41 P.Carles
SOLARIS DISTRIBUTION LA RANDONNÉE 01h40 N.Roeg J.Agutter, L.Roeg, D.Gulpilil
BOBINE FILMS LA VILLE ET LES CHIENS 02h15 F.Lombardi P.Serra, G.Bueno, J.Manuel Ochoa
LES FILMS DU LOSANGE LE CRI DES GARDES 01h49 C.Denis I.de Bankolé, M.Dillon, M.McKenna-Bruce
NEW STORY LE DERNIER POUR LA ROUTE 01h40 F.Sossai F.Scotti, S.Romano, P.Capovilla
STUDIOCANAL L'ENFANT DU DÉSERT G.de Maistre N.Tran, Z.Sekkat, N.Bouazzaoui
GEBEKA FILMS LES CONTES DU POMMIER 01h10 P.Pass Jr. et J.Rozec
DELASTRE FILMS L'OEUVRE INVISIBLE 01h11 J.Rochefort, A.Aimée, J.Perrin
CGR EVENTS NIKON FILM FESTIVAL 2026 02h00
EPICENTRE FILMS POUR KLÁRA 01h50 O.Omerzu B.Ward, D.Franc, A.Chmela
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION
RÉTROSPECTIVE ALEXANDRE ROCKWELL (2 FILMS)
AD VITAM ROMERÍA 01h55 C.Simón L.Garcia, Mitch, T.Ulloa
MEMENTO SAUVAGE 01h41 C.Ponsin C.Sallette, L.Lampros, B.Belin
JOUR J PRODUCTIONS SUR LE SENTIER 01h42 G.Jumel G.Jumel, F.Branger, C.Briand
ED DISTRIBUTION THE WORLD IS FULL OF SECRETS 01h38 G.Swon E.Burger, D.Gregory, A.Guttman
PATHÉ LIVE TOSCA 02h05 D.Caïozzi M.Serafin, M.Álvarez, L.Tézier
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE WEDDING NIGHTMARE : DEUXIÈME PARTIE 01h48 M.Bettinelli-Olpin et T.Gillett S.Weaving, K.Newton, S.Gellar
S16
15 AVR.
19 19
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
UFO DISTRIBUTION AFFECTION AFFECTION A.Walther et M.Matray A.Bonitzer, N.Richard, C.Paou
STUDIOCANAL BAGARRE J.Royal N.Lyes, R.Bedia, A.Lamy
PATHÉ LIVE BTS WORLD TOUR 'ARIRANG' IN JAPAN : LIVE VIEWING 03h00 J.Ha BTS, RM, Jin
CARLOTTA FILMS GINZA COSMETICS 01h27 M.Naruse K.Tanaka, R.Hanai, Y.Hori
METROPOLITAN FILMEXPORT GOOD LUCK, HAVE FUN, DON'T DIE 02h15 G.Verbinski S.Rockwell, J.Temple, H.Richardson
DAMNED DISTRIBUTION HAYAT 02h40 Z.Demirkubuz M.Daner, B.Dakak, C.Davran
GAUMONT DISTRIBUTION JUSTE UNE ILLUSION O.Nakache et E.Toledano L.Garrel, C.Cottin, P.Lottin
ARP SÉLECTION LA CORDE AU COU 01h45 G.Van Sant B.Skarsgård, D.Montgomery, C.Domingo
ART HOUSE LA FILLE DU KONBINI 01h16 Y.Ishibashi E.Karata, H.Imô
CGR EVENTS LA FLÛTE ENCHANTÉE (THE ROYAL OPERA) 03h30 D.McVicar L.Crowe, A.Pati, H.Montague Rendall
2BO PRODUCTIONS LA NIÈVRE DU SAMEDI SOIR 01h11 A.Chevalier S.Billiau, A.Chevalier, A.Debehault
LES FILMS DE L'ATALANTE LA PETITE GRAINE 01h38 M.Rifkiss et C.Rifkiss S.Chassagne, L.Massin, O.Kheddam
PATHÉ LIVE LAURA LAUNE - GLORY ALLELUIA 01h40 J.Bloch L.Laune
HÉSIODE L'EDEN C.Carron D.Kadosh, J.Amaro
WARNER BROS. FRANCE LE RÉVEIL DE LA MOMIE L.Cronin J.Reynor, L.Costa, V.Falcón
TAMASA DISTRIBUTION LOOKING FOR YOTAM 01h22 G.Benayoun
CONDOR DISTRIBUTION MORLAIX 02h04 J.Rosales A.Audiard, M.Thierry, S.Kircher
LES FILMS DU TITAN PULSATION 01h11 S.L. Roussin L.Bereni-Brière, A.Romantini, A.Doux
THE JOKERS FILMS THE MAD DOG OF EUROPE 01h23 R.Shah
SPLENDOR FILMS TOPSY-TURVY 02h40 M. Leigh J. Broadbent, A. Corduner, T. Spall
SHELLAC TRULY NAKED 01h42 M.d'Ansembourg C.O'Gorman, A.Howard, A.Savage
NOUR FILMS UNE FILLE EN OR J.Gaget P.Clément, A.Dupont, É.Caen
S17
22 AVR.
26
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
BLAST ALICE AU PAYS DES COLONS 01h45 Y.Mhamdi
MEMENTO À VOIX BASSE 01h53 L.Bouzid E.Bouteraa, H.Abbass, M.Barbeau
LES ALCHIMISTES CARAVANE 01h43 Z.Kirchnerová-Spidlova A.Geislerovà, D.Vostrčil, J.Olhová
SUDU CONNEXION DIDY 01h24 G.Kamilindi
OUTPLAY FILMS DRUNKEN NOODLES 01h22 L.Castro L.Khalifeh, E.Kornel, M.Risch
NEW STORY LA GRÈVE 00h55 G.Stemmer J.Faure
AD VITAM LA POUPÉE 01h20 S.Beaulieu V.Macaigne, Z.Marchal, C.de France
WILD BUNCH DISTRIBUTION L'ARNAQUEUSE W.Meance F.Camara, J.Balasko, J.Zadi
MOTHER & SUN LA TERRE DE MON GRAND-PÈRE (PARTIE 1 : L’HÉRITAGE) 01h25 M.Esposito
ARIZONA DISTRIBUTION LES FLEURS DU MANGUIER 01h39 A.Fujimoto M.Uddin, S.Uddin
GRINDHOUSE PARADISE PICTURES MĀRAMA 01h29 T.Stappard A.Osborne, T.Stephens, U.Myers
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR MICHAEL 02h07 A.Fuqua J.Jackson, C.Domingo, N.Long
PYRAMIDE DISTRIBUTION NOUS L’ORCHESTRE 01h30 P.Béziat K.Mäkelä
LE PACTE POUR LE MEILLEUR M.Mention-Schaar P.Rabine, L.Pointeaux, S.Bonnaire
LES FILMS DES DEUX RIVES PREMIÈRE LIGNE 01h26 M.Allouache N.Asli, F.Ouared, I.Benaibouche
CARLOTTA FILMS
RÉTROSPECTIVE HAROLD LLOYD (4 FILMS)
KMBO SOUMSOUM, LA NUIT DES ASTRES 01h41 M.Haroun M.Miawama, E.Ebouaney, A.Souleymane
UNA MATTINA FILMS UN LUGAR MAS GRANDE 01h55 N.Défossé
CHARYBDE DISTRIBUTION VIL & MISÉRABLE 01h54 J.Leblanc F.Cloutier, P.Funk, A.Bossé
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°512 / 18 mars 2026
21
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
La sortie, le 1 er avril, de Super Mario Bros. Galaxy, chez
Universal, marque la réapparition, après un an d’absence,
d’un titre d’animation d’envergure pour les vacances de
Pâques. Retour en chiffres sur les performances en salles
de trois précédentes sorties animées sur la même période,
ayant chacune dominé la fréquentation.
KUNG FU PANDA 4 SUPER MARIO BROS. SONIC 2
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
27/03/2024 05/04/2023 30/03/2022
UNIVERSAL UNIVERSAL PARAMOUNT
2 395 786 7 375 873 2 236 393
97 777 281 442 155 635
554 856 1 364 123 712 678
14 078 15 101 11 365
39 90 63
4,65 5,59 5,15
25 26 14
3,3 4 3,2
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 2 SEMAINES
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 11/03/2026
WONG KAR-WAI : L'INTÉGRALE DES ANNÉES
HONG KONG (10 FILMS)
THE JOKERS 12 3972 133 30
2 04/03/2026 PÉDALE RURALE SURVIVANCE 13 1 979 70 28
3 04/03/2026 JUMPERS DISNEY 530 347 340 12 569 28
4 04/03/2026 ALTER EGO TANDEM 258 89 213 3 293 27
5 04/03/2026 PILLION MEMENTO 70 19 399 896 22
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2026
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77
2 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59
3 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54
4 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43
5 25/02/2026 ORWELL: 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40
6 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40
7 07/01/2026 MR. NOBODY AGAINST PUTIN LOCO 5 1 180 30 39
8 11/02/2026 AUCUN AUTRE CHOIX ARP 158 80 089 2 107 38
9 18/02/2026 MARTY SUPREME METROPOLITAN 512 331 262 8 855 37
10 31/12/2025 MAGELLAN (SORTI EN 2025) NOUR 68 15 980 440 36
Joli succès pour la rétrospective en dix films Wong Kar-wai :
L’intégrale des années Hong Kong qui réalise 30 entrées par séance
(e/s). Diffusé sur moins de 100 projections, Pédale rurale obtient
une moyenne de 28 e/s ; le documentaire distribué par Survivance
a connu quelques projections “sèches” complètes, mais également
d’autres accompagnées par le réalisateur. À quelques dixièmes
d’entrées derrière, Jumpers embarque 347 000 entrées pour 28
e/s, et se positionne au-dessus de Elio (147 000 entrées pour 11
e/s) et de Élémentaire (306 000 entrées pour 23 e/s) ; un bon
démarrage avant le Printemps du Cinéma. Lancement solide
également pour Alter Ego, chez Tandem, qui réalise 27 e/s, bien
au-dessus des 18 e/s de Classe moyenne, également porté par
Laurent Lafitte. Enfin, Pillion boucle le classement avec 22 e/s.
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
22 N°512 / 18 mars 2026
QUEL BILAN POUR LES VACANCES D’HIVER ?
Anciennement dorées, les vacances d'hiver ont connu une forte décote depuis
la pandémie. Pourtant, le bilan de cette édition 2026 s’avère moins sombre :
portée par une offre complémentaire et des paris payants, la fréquentation
confirme un élan solide et une attractivité retrouvée.
À mi-mars, le constat est clair : les premiers mois de
2026 sont très positifs. Avec 33,82 millions d’entrées
cumulées en janvier et février, ce début d’année devance
même ceux de 2023 (32,85 millions d’entrées), 2024
(28,77 millions) et 2025 (28,13 millions). La fréquentation
a notamment été stimulée par des vacances d’hiver
très fructueuses, portées entre autres par un Marsupilami
à plus de 5 millions d’entrées, soit le troisième plus grand
succès français depuis 2021 après Un p’tit truc en plus et
Le Comte de Monte-Cristo. Sur Boxoffice Live*, Émilien
Robert, Business Analyst chez The Boxoffice Company,
souligne que les cinq semaines cinématographiques de
congés ont généré plus de 10,17 millions de tickets,
juste derrière les 10,66 millions de 2023. Ce résultat
découle en partie de la dynamique observée depuis fin
décembre – ayant conduit à un mois de janvier à près
de 16 millions d’entrées, le meilleur post-Covid –,
renforcée par une offre conséquente et diversifiée.
©Christophe Brachet
En effet, les dix plus grands succès de ces vacances
visent des publics très complémentaires [voir graphique
ci-contre]. Cette diversité s’est particulièrement illustrée
lors de la semaine du 11 février : six nouveautés ont
intégré le top 10 des séances, et cinq d’entre elles se
sont hissées dans le top 10 du box-office hebdomadaire,
confirmant la force d'attraction de l'offre. Il s’agit par
ailleurs de la meilleure semaine de ces vacances avec
2,62 millions de tickets recensés sur Boxoffice Live
– soit environ 5 millions d’entrées nationales. Une
performance atteinte grâce à la forte densité du marché :
le 20 e film hebdomadaire, Le Chant des forêts, a enregistré
58 000 entrées, soit le meilleur résultat post-Covid
observé pour un titre à ce niveau du tableau. L’offre a
donc été plurielle et attractive, en plus d’être appréciée.
De la première semaine de janvier à la première de
Marsupilami
mars, les films avec plus de 100 notes spectateurs
recensées sur AlloCiné ont obtenu une moyenne de
3,6 ; la meilleure depuis 2022.
Cette conjoncture favorable n’a cependant pas empêché
un fléchissement de la fréquentation un peu plus sévère
lors des dernières semaines, imputable à plusieurs
facteurs. Il y a tout d’abord le calendrier scolaire : cette
année, comme en 2023, la zone A était la première
Profils des spectateurs AlloCiné pour le top 10 films des vacances
(de 90 jours à 10 jours avant la sortie respective des films)
Hommes
concernée, avant la zone B, puis la zone C. Cette
dernière – l’Île-de-France et l’Occitanie – n’a pas
maintenu la dynamique globale. Sur l'ultime semaine
des vacances, les entrées recensées sur Boxoffice Live
ont reculé de 31 %, contre -12 % et -20 % sur les
périodes équivalentes de 2023 et 2024. Cette baisse
s’explique aussi par une offre américaine qui, contrairement
à celle française, manque pour l’instant de
locomotives majeures comparables à Creed III (2023)
ou Dune : Deuxième partie (2024), sortis tous deux
entre fin février et début mars. La météo a également
été peu favorable pour les salles, avec des températures
très douces par rapport aux normes de saison. C’est
sans doute pour ces raisons que le troisième mois de
2026 n’atteindra pas, sauf surprise majeure, le record
post-Covid des 15,8 millions d’entrées de 2023, sans
pour autant s’effondrer. L'exploitation observe en effet
une fréquentation de fond très solide, qui profitera
d'un coup d'accélérateur du 22 au 24 mars avec le
Printemps du Cinéma, avant d'aborder un mois d’avril
qui s’annonce galactique, porté par une offre d’une
très grande densité. De quoi viser le cap des 20 millions ?
Jules Dreyfus
18-25 ans 65 ans et +
* Outil référence de remontée et suivi des entrées en temps réel et à la séance
en France, qui couvre plus de la moitié des entrées nationales, dont les plus
gros circuits (Pathé, CGR, Kinepolis, Mégarama, Cinéville...).
Femmes
Description :
Plus la bulle est à gauche, plus les spectateurs
ayant consulté la fiche film sont jeunes. Plus elle
est en haut, plus les spectateurs sont masculins.
La taille de la bulle correspond au niveau d’intérêt
pour le film (volume de visites organiques).
N°512 / 18 mars 2026
23
Rencontres
©AFCAE
Aujourd’hui,
il faut incarner la
séance répertoire
Éric Miot
RENCONTRE AVEC
ÉRIC MIOT ET SABINE PUTORTI
GROUPE RÉPERTOIRE DE L’AFCAE
Du 25 au 27 mars, les Rencontres
nationales Art et Essai Répertoire
s’installent à Tours pour une 25 e
édition. Éric Miot et Sabine Putorti,
responsables du groupe Répertoire
de l’AFCAE, détaillent leurs ambitions
à travers cet événement militant, qui
s’attache à montrer que le patrimoine
en salles est bien vivant.
Après Strasbourg en 2024 et Agen en 2025, les
Rencontres s’établissent cette année à Tours.
Pourquoi ce choix ?
Éric Miot : Nous organisons chaque année un appel
à candidature. Parmi les six que nous avons reçues –
signe d’un enthousiasme pour le répertoire –, Tours a
été retenue, notamment pour le travail des Studios sur
le patrimoine et sa situation géographique.
Justement, concernant le programme [voir cicontre],
y a-t-il une tendance qui relie les huit
films ?
E.M. : Il nous semblait important que la sélection
témoigne d’une diversité géographique : voyager de
l’Amérique latine au Japon en passant par l’Europe,
l’Australie… Nous voyageons aussi dans le temps, de
1949 à 1981, afin de refléter les époques.
Sabine Putorti : Nous avons aussi sélectionné deux
réalisatrices, Anja Breien et Elaine May, dans un souci
de faire émerger des femmes laissées de côté par l’Histoire
du cinéma. Nous mettons également en avant de grands
classiques comme Riz amer de Giuseppe De Santis ou
L’Homme qui voulut être roi de John Huston, sans
oublier des perles rares comme La Persécution d’Anja
Breien et Bye Bye Brasil de Carlos Diegues. Nous cherchons
un équilibre éditorial, tout en jouant avec les
contraintes de programmation qui nous empêchent
d'intégrer l'ensemble des distributeurs.
En plus de la présentation de la prochaine édition
du festival Play it Again !, vous intégrez pour
la première fois une présentation du Marché
international du film classique (MIFC). D’où
vient cette nouveauté ?
E.M. : Depuis plusieurs années, nous organisons un
rendez-vous au MIFC en collaboration avec l’ADRC.
C’est un moment important pour nous qui mérite
d’être mieux exposé, d’où sa présentation lors des
Rencontres. Cela permet également de mieux marquer
les deux temps forts annuels du groupe Répertoire, se
déroulant à six mois d’intervalle.
Enchaîner L’Attentat d’Yves Boisset avec la rencontre
sur le cinéma politique des années 1970
n’est pas anodin. Pourquoi se pencher sur ce
sujet ?
S.P. : D’une certaine manière, nous prolongeons la
réflexion entamée l’année dernière sur notre manière
de regarder les films d’hier avec les yeux d’aujourd’hui.
24 N°512 / 18 mars 2026
Lors de notre revisionnage des films d’Yves Boisset
[décédé il y a pile un an, ndlr.], nous avons été frappés
par la tonalité de ce cinéma français de cette époque,
que nous avions probablement oubliée. Cela nous a
poussés à réinterroger ces films en les mettant en perspective
avec le présent, notre actualité, nos réflexions
et notre regard sur le répertoire.
E.M. : Et, à l’époque, le public avait une réelle appétence
pour ce cinéma engagé : les films de Costa Gavras ou
d’Yves Boisset faisaient beaucoup d’entrées ! Cette année,
les Rencontres se tiennent peu après les élections municipales,
dans un moment où, plus que jamais, la société
parle de politique. Il semble donc intéressant d’étudier
la place du cinéma dans un tel contexte.
Est-ce que la table ronde “Cinéma de répertoire :
parent pauvre du mouvement Art et Essai ?” part
d’un constat sur une diffusion de plus en plus
marginalisée de ces films ?
E.M. : Il n’y a pas de désintérêt pour le répertoire ; les
projections fonctionnent souvent bien, voire très bien,
mais les exploitants ont de plus en plus de mal à leur
trouver une place en raison du nombre conséquent de
sorties chaque semaine. Les séances demandent un
investissement important en amont ; il nous faut réfléchir
à la manière de mieux les valoriser, notamment dans le
classement Art et Essai, à l’image de celles de films Recherche
et Découverte qui bénéficient désormais d’une majoration.
Car le patrimoine est indispensable dans la construction
de la cinéphilie du public et de l’identité des cinémas, et
les exploitants ne doivent pas se décourager.
S.P. : Ce moment s’inscrit également dans le militantisme
de ces Rencontres : nous incitons l’ensemble des salles
du réseau à programmer davantage de répertoire, mais
alertons aussi sur la manière dont il est considéré. Par
exemple, dans les comités de pilotage des dispositifs
d’éducation à l’image où nous devons toujours négocier
sa place. L’avantage est que cela nous incite à innover
dans notre manière de proposer du patrimoine aux jeunes
– si tant est qu’on ait suffisamment de crédits à disposition,
notamment du pass Culture. Le répertoire ne doit pas
être isolé, il doit irriguer tous les dispositifs, de Ma classe
au cinéma, en passant par Ambassadeurs jeunes ou encore
au Comité 15-25, pour prouver sa vitalité.
Le décalage temporel
est précieux, et
témoigne d’une Histoire
du cinéma qui s’enrichit
chaque année
Sabine Putorti
Parmi les autres temps forts des Rencontres, les
ateliers sont, pour la plupart, axés sur l’animation
et la médiation. Est-ce que, plus que jamais,
c’est par ce biais que le cinéma de répertoire
peut exister en salles ?
E.M. : Cela dépend des titres, mais en grande majorité,
il faut incarner la séance de répertoire. C’est d’ailleurs
ce qui fait peur à certains exploitants et que nous
essayons de décomplexer : il n’est pas nécessaire d’être
un historien du cinéma pour animer une projection,
une petite présentation suffit, voire un quizz. À travers
ses outils, le groupe Répertoire montre qu’il y a maintes
façons d’aborder le répertoire face à des spectateurs qui
sont demandeurs.
S.P. : Il s’agit aussi de désacraliser cette séance qui peut
être tout autant sérieuse que ludique. Nous aborderons
également l’échange avec les spectateurs, notamment
via la question des ciné-clubs qui redevient presque
une mode, tout en étant un peu fourre-tout. Dans tous
les cas, nous constatons que la régularité du rendez-vous
est très importante pour fidéliser le public.
Un autre atelier questionnera le répertoire dans
les territoires. Et-ce qu’aujourd’hui le patrimoine
concerne toute la France, ou est davantage
affaire d’une cinéphilie des grandes villes ?
E.M. : Il y a de l’envie partout, et le groupe Répertoire
incarne cette diversité qui est une des constituantes de
l’exception française. Mais il ne faut pas non plus
idéaliser la réalité : nous constatons une inégalité entre
les régions, et le travail des associations territoriales est
essentiel pour tenter d’y pallier. D’où notre atelier, qui
coïncide avec le début d’une réflexion avec le groupe
des Associations territoriales de l’AFCAE, afin de
répartir au mieux la diffusion des films classiques et
répondre à l’intérêt du public.
Il y a donc toujours une ferveur pour le cinéma
de patrimoine ?
S.P. : Il y a un engouement pour les salles incarnées.
Le public vient dans nos cinémas pour trouver de
l’humain, du vivant, et le répertoire crée une émotion
tout à fait particulière car il fait voyager les spectateurs
dans le temps. Pour les jeunes particulièrement, vivre
cette expérience constitue un moment très fort : ils
s’émerveillent de découvrir à l’écran un film des années
1970, rempli d’éléments qui n’existent plus aujourd’hui.
Je pense que ce décalage temporel est précieux et témoigne
d’une Histoire du cinéma qui s’enrichit chaque année,
preuve qu’il s’agit d’une archive vivante.
Propos recueillis par Jules Dreyfus
Le programme des 25 es Rencontres nationales art et essai répertoire
Mercredi 25 mars
13h45 - Riz amer de Giuseppe De Santis (Les Acacias, juin/
juillet 2026)
15h45 - L’Attentat d’Yves Boisset (Tamasa, octobre 2026)
18h15 - Rencontre : Que reste-t-il aujourd’hui du cinéma politique
des années 1970 ? - En présence de 3 personnalités du
cinéma (annoncées prochainement) et modérée par Alex Masson
(critique, programmateur de festival)
19h45 - Cocktail de bienvenue et discours d’ouverture
21h15 - Wake in Fright de Ted Kotcheff (The Jokers, 19/08/2026)
Jeudi 26 mars
9h15 - Ateliers
• Le répertoire dans les territoires, échange entre – et réservé
– aux associations territoriales et aux sociétés de distribution
• Ambassadeur·rices et Ciné-clubs : comment les 15-25 s'approprient
les classiques
• Numérique et médiation : s'outiller pour l'animation du répertoire,
UPOPI par CICLIC et Padlet par l’ACC
• Le répertoire dès l’enfance : programmer et animer pour les
jeunes cinéphiles
• Pages et Images : créer une synergie entre le livre et l'écran
10h15 - L’Homme qui voulut être roi de John Huston (Splendor
Films, mai/juin 2026)
13h15 - Déjeuner offert
14h30 - Présentation : Temps de synthèse autour du Colloque des
70 ans de l’AFCAE, par William Robin (membre du groupe
Répertoire de l'AFCAE et directeur de Sceni Qua Non)
14h45 - Table ronde : « Cinéma de répertoire : parent pauvre du
mouvement Art et Essai ? », avec Lionel Bertinet (directeur du
cinéma au CNC), Anne-Laure Brénéol (distributrice Malavida), Éric
Miot (responsable du groupe Répertoire de l'AFCAE), Nathalie
Ferrand (déléguée générale de l'Association des cinémas du
centre) et modérée par Jules Dreyfus (journaliste chez
Boxoffice Pro)
16h15 - La Persécution d’Anja Breien (Malavida, 06/05/2026)
18h15 - Kwaïdan de Masaki Kobayashi (Carlotta Films, 01/07/2026)
21h30 - Cocktail offert avec DJ Set de Romain Prybilski
Vendredi 27 mars
9h - Présentation de la 12 e édition de Play it Again ! par l’ADRC
9h15 - Présentation de la 14 e édition du Marché International du
Film Classique par Gérald Duchaussoy (coresponsable MIFC)
9h30 - Bye Bye Brasil de Carlos Diegues (La Filmothèque
Distribution, 27/05/2026 à confirmer)
Mickey et Nicky d’Elaine May (Nightshift Films, août 2026)
N°512 / 18 mars 2026
25
Rencontres du sud
FRANÇOIS AYMÉ
VICTOIRE DU CINÉMA !
Il dirige depuis 36 ans le cinéma Jean Eustache à Pessac, où il a lancé le Festival du
film d’Histoire et une Université populaire, et a présidé l’Afcae pendant sept ans,
aux côtés d’une nouvelle génération d’exploitants art et essai. Mais ses rencontres
professionnelles l’ont aussi conduit à écrire et réaliser des documentaires… en
lien avec le cinéma et l’Histoire. Un engagement qui se nourrit et se complète, et
pour lequel il sera honoré lors des Rencontres du Sud ce 19 mars – où il préside
cette année le jury des Montreurs d’images. À la veille de recevoir sa Victoire du
cinéma, François Aymé revient sur son parcours.
Débuts dans le cinéma
« J’ai commencé à être cinéphile à l'adolescence, vers 15
ans, en découvrant notamment les films de Fellini et de
Tati au Studio 27 de Niort, où j’ai grandi. Lycéen, je
fréquentais ce cinéma art et essai chaque semaine et je
lisais beaucoup de livres et revues spécialisés. C’était le
milieu des années 80 et j'allais au Festival de la Rochelle,
qui proposait déjà de grandes rétrospectives. À 18 ans,
je postule à l'Idhec, ancêtre de la Fémis, et je loupe de
peu le concours du cursus réalisation. J’ai finalement fait
4 ans en IUT communication à Bordeaux, terminant
par un mémoire sur l’économie du cinéma en 1988.
Deux ans plus tard, le nouveau maire de Pessac, Alain
Rousset – aujourd’hui président de Nouvelle-Aquitaine
–, cherche un repreneur pour le cinéma de sa ville, Le
Novembre 2025 au Jean Eustache de Pessac : Fanny Busson (CNC),
Yves le Pannerer (DRAC Nouvelle-Aquitaine), Lionel Bertinet (CNC),
François Aymé, Gaëtan Bruel, Nicolas Milesi (directeur d’exploitation
Pessac), Alix Daul (adjointe d’exploitation)... et Charlie Chaplin !
©MJ2R Alain Birocheau
©Bun Phannara
Trianon, exploité par un privé et tombé en déshérence.
Certes, on était alors dans les années noires de la fréquentation,
mais le cinéma de Pessac, ville universitaire de
60 000 habitants plutôt riche, était sous-exploité. Seul
complexe de périphérie de la région, il faisait 26 000
entrées sur 3 salles. Le maire a pris conseil auprès de
l’antenne régionale du CNC et appris qu’il pouvait confier
la gestion à une association. Quand j’ai su qu’il cherchait
un directeur, je me suis renseigné auprès de l’ADRC sur
des salles comparables et suis allé à Nanterre – dont le
cinéma était dirigé par Patrick Brouiller [président de
l’Afcae pendant plus de 20 ans, NDLR], à Gennevilliers,
à Tremblay-en-France et à Montreuil, pour m’inspirer
de leur fonctionnement. J’ai fait une étude de marché
François Aymé et Nicolas Philibert devant le cinéma Jean Eustache
(ancienne formule), pour la sortie du Pays des sourds en 1993
assez scolaire, à l’inverse des autres candidats, et le maire
m’a recruté. Mais surtout, alors que toutes les communes
construisaient à l’époque des centres culturels, la Ville
de Pessac a fait le choix politique de miser sur le cinéma,
en finançant sa rénovation et en créant un festival.
L’essor du Jean Eustache
Nous avons donc développé l’art et essai, peu présent
à Bordeaux à l’époque – avec seulement le Jean Vigo et
un peu de VO à l’UGC. En trois ans, nous sommes
passés de 26 000 à 100 000 entrées, puis à 180 000
entrées cinq ans après, avec 50 % d’art et essai, la dynamique
du Festival du film d’Histoire, et dans le contexte
d’une fréquentation nationale qui repartait. C'est devenu
plus difficile entre 1998 et 2006 avec le développement
des multiplexes aux alentours – un CGR de 15 écrans,
un Megarama de 17, UGC qui passe de 11 à 18, et
surtout l'arrivée du Gaumont Talence (aujourd’hui
UGC) et d'Utopia à Bordeaux. Le Jean Eustache chute
alors à 130 000 entrées, et avec Alain Rousset, nous
décidons de réagir. En 2006, le cinéma est agrandi de
3 à 5 salles, dont une de 330 places avec un écran de
16 m, un hall qui passe de 5 à 500 m² et un espace
dédié au jeune public. Nous programmons 75 % d’art
et essai et développons de plus en plus d’événements.
En 2010, nous lançons une Université populaire, que
rejoignent très vite 1 500 adhérents. Ce n’est pas anodin :
cela représente une part significative des entrées et
contribue à notre rayonnement, avec la venue de réalisateurs
et universitaires prestigieux et internationaux.
Nous changeons donc de dimension en atteignant
200 000 entrées dès 2006 – jusqu'à 225 000 certaines
années – et autant en 2024. Et nous avons ainsi appris
un deuxième métier, celui d'organisateur de conférences,
qui est devenu une activité à part entière du Jean Eustache,
avec une économie spécifique. Le dispositif d’Université
populaire a d’ailleurs été étendu à 70 salles, avec l’Unipop
de ville en ville lancé en 2021.
N°512 / 18 mars 2026
27
Rencontres
©FEMA
J’ai commencé
à être cinéphile
à l’adolescence,
en fréquentant
Studio 27 de Niort
François Aymé et Yves Jeuland en 2017 au FEMA La Rochelle pour Un Français nommé Gabin
La présidence de l’Afcae
Avant de m’engager au sein de l’Afcae, j’ai présidé l’association
des Cinémas de proximité de Gironde, la CPG,
créée en 1998 en réaction à l’arrivée des multiplexes,
avec, entres autres, Rafael Maestro des cinémas de proximité
d’Aquitaine, devenue CINA. Je rejoins ensuite le
groupe action promotion de l’Afcae, où je participe aussi
activement aux formations Jeune public. Au milieu des
années 2010, je m'engage davantage aux côtés de l’équipe
menée par Patrick Brouiller et Alain Bouffartigues –
président et vice-président de l’Afcae pendant 21 ans.
Au bout de 15 ans à Pessac, c’est le moment de m’impliquer
plus à l’échelle nationale, à Paris pour un contact plus
proche avec les décideurs et les distributeurs. Conscient
de tout ce que l’équipe précédente a apporté à l’Afcae,
je sens aussi le besoin d’en faire évoluer l’image. J’ai donc
été candidat à la présidence en 2015, et j’ai gagné d’une
voix face à Michel Ferry. C’était la première fois que
l’Afcae était présidée par un non-Parisien – alors qu’il y
avait plus de 1 000 salles classées en province – et par
un exploitant issu du milieu associatif. Notre équipe a
marqué un changement de génération et une ouverture
sur les territoires, avec des personnes comme Jimi Andreani
pour Marseille, Emmanuel Baron à Lyon, Rafael Maestro
en Dordogne, Marc Van Maele à Toulouse… ou encore
Isabelle Gibbal-Hardy pour Paris. Avec notre délégué
général Renaud Laville, nous avons fait des choix économiques,
notamment pour renforcer l'équipe de permanents
et moderniser la communication. Dès notre arrivée, nous
avons travaillé activement à la réforme art et essai de
2016 et ses changements importants, réactivé les associations
territoriales, et, entre autres, insufflé une dynamique
sur le public des 15-25 ans et la révolution des
médiateurs. En nous appuyant sur le travail de nos
prédécesseurs, je pense que nous avons fait évoluer l’image
des salles et des films art et essai, ce que Guillaume Bachy
et David Obadia prolongent aujourd’hui.
J’ai été président sept ans, une bonne durée pour mettre
en place des actions… mais une période très intense à
titre personnel, pour mener de front la direction d’un
cinéma de 5 salles et du Festival du film d’Histoire –
même si j’ai de très bonnes équipes. D’autant qu’en
parallèle, j’ai écrit et réalisé des films.
De l’écriture de documentaires…
Dans les premières années de l’Université populaire, j’ai
préparé trois cours sur Jean Gabin. Entre 2012 et 2013,
j’ai donc revu tous ses films et fait un montage des
meilleures scènes, que j’ai montré à Yves Jeuland, réalisateur
de documentaires politiques tels que Le Président
sur Georges Frêche. Il me propose d’écrire le film, qu’il
réalise et que Michel Rotman produit… pour un prime
time à la télévision, ce qui est la voie royale. Notre parti
pris était d’utiliser uniquement des extraits et archives
de Jean Gabin, ce qui est très onéreux mais donne une
grande fluidité, avec l’idée de mettre en écho l’Histoire
de France et l’histoire de Gabin, qui a tout joué – président,
clochard, notable ou ouvrier… – , dans des films contemporains
du Front populaire, de la Seconde Guerre mondiale
ou des Trente Glorieuses. [Un Français nommé Gabin
recevra le Prix du meilleur documentaire télévision 2017
du SFCC.]
Dans la foulée, j’ai proposé à Yves Jeuland et Michel
Rotman de faire la même chose avec Charlie Chaplin.
Et c’est extraordinaire : nous avons pu faire le grand film
sur Chaplin que nous n’aurions jamais osé rêver, France
Télévisions acceptant de financer un documentaire de
2h25 basé entièrement sur des archives. Là aussi, j’ai
voulu mettre en parallèle l’Histoire du monde, du cinéma
et d’un artiste visionnaire, notamment à travers Les Temps
modernes et Le Dictateur. Nous avons travaillé de façon
extrêmement complice avec Yves, qui m’a associé au
montage, et nous nous sommes régalés. [Charlie Chaplin,
le génie de la liberté a été sélectionné à Cannes Classics
en 2020, avant sa diffusion télé en 2021, puis en 2025.]
J’ai aussi travaillé avec Patrick Rotman, frère de Michel
et grand documentariste, et l’historien Nicolas Werth
sur la série Goulag, une histoire soviétique. Diffusé sur
Arte en 3 fois 52 minutes, ce triptyque a été un énorme
succès d'audience et a été vendu dans le monde entier.
… à la réalisation
Et puis je me suis jeté à l’eau, en 2021, en décidant de
réaliser un film sur Marcel Carné. Finalement, j’ai postulé
à l’Idhec à 18 ans et j’ai fait mon premier film à 55 ans.
L’histoire de Carné est passionnante car paradoxale : celui
qui a signé parmi les plus beaux classiques, dont six chefs
d’œuvre (Drôle de drame, Le Quai des brumes, Hôtel du
Nord, Le jour se lève, Les Visiteurs du soir, Les Enfants du
paradis) n’est pourtant jamais cité comme grand cinéaste,
notamment par ceux de la Nouvelle vague qui le méprisaient.
D’abord parce que c’est Jacques Prévert qui est
généralemet mis en avant dans leurs collaborations, mais
aussi, et c’est ce que je dis dans mon film, parce qu’il a
été le premier cinéaste qui ne cache pas son
homosexualité.
Par la suite, après plusieurs projets qui n’ont pas abouti,
j’ai fini par faire Papa, t’étais où en Algérie ?, un film très
personnel, à la fois sur l'histoire de l'Algérie et de mon
père. Le projet a été déclenché par la lecture du livre d’un
de mes oncles, où il raconte les traumatismes de sa guerre
d’Algérie, 60 ans après. En parallèle, j’ai reçu au Festival
du film d’Histoire Raphaëlle Branche, qui a écrit Papa,
qu'as-tu fait en Algérie ?, où elle autopsie le silence autour
de cette guerre au sein des familles … comme dans la
mienne. J'ignorais totalement où avait été et ce qu'avait
fait mon père en Algérie, décédé depuis. J’ai donc interrogé
le reste de la fratrie – sur 11 enfants dont 9 garçons, 4
sont allés en Algérie. Des fils de paysans qui n'avaient
jamais quitté les Deux-Sèvres, parfois mineurs, et qui se
sont retrouvés dans une guerre. J’ai eu la chance inestimable
que des images de ma famille aient été tournées
par Antenne2 dans les années 70, conservées par l’INA,
ce qui est l’un des ressorts essentiels du film. Après sa
diffusion, j’ai été impressionné par le nombre de gens se
disant touchés, et fier du très bon accueil de la presse – y
compris El Watan, qui y a vu une démarche de réparation
franco-algérienne.
Des cinémas et des rencontres
Papa, t’étais où en Algérie ?, diffusé à 23h sur France 3,
a fait plus de 500 000 téléspectateurs, ce qui est considérable.
Le film sur Chaplin a été vu par plus de 3
millions de spectateurs, ceux sur Gabin et le goulag
par un million et demi chacun. Mais surtout, même
si je n’ai pas tourné de fiction ou de grosse production,
j’ai découvert une dimension artistique qui change le
regard sur les films : le travail d'écriture et de tournage,
28 N°512 / 18 mars 2026
©MJ2R Alain Birocheau
Avec Thierry Frémaux, pour la 1000 e Unipop, et l’avant-première de Lumière, l’aventure continue ! en janvier 2025 : “ Nous avions offert à Thierry un portrait original de Bertrand Tavernier dessiné par Floc’h. “
J’ai postulé à l’Idhec
à 18 ans et j’ai fait mon
premier film à 55 ans
l'histoire allemande, pour sa conférence sur les femmes
résistantes à Hitler, qui a rassemblé 400 personnes.
Demain je vais accueillir Jérôme Garcin, pour son
livre sur Gérard Philipe. Et pendant ces 36 ans, j’ai
autant appris des générations de salariés, stagiaires et
services civiques qui ont transité au Jean Eustache,
qui font partie de l'histoire du cinéma.
En tant que président de l’Afcae, j’ai pu accéder à des
lieux de pouvoir, où l’on peut être force de proposition,
et avoir des discussions très constructives avec la FNCF
ou d’autres organisations. Aujourd’hui, j’estime toutefois
que la profession doit porter le débat sur la voie publique :
c’est la première fois que le CNC est attaqué de façon
aussi virulente. Notre écosystème est menacé, et il faut
dire haut et fort toute sa valeur, en dehors de notre
sphère professionnelle. Même si le cinéma est un
domaine artistique où des gens travaillent ensemble
et ont plaisir à se retrouver… comme aux Rencontres
du Sud à Avignon. Le métier a aussi besoin de ça. »
Propos recueillis par Cécile Vargoz
très épanouissant et stimulant, celui sur la musique,
dont j’ignorais tout, ou l’enregistrement du commentaire
– surtout quand on a la chance, pour Un Français
nommé Gabin, d’avoir un acteur comme Grégory
Gadebois [p. J’avoue que c’est épuisant, notamment
la période du montage où l’on s’enferme, mais j’ai eu
une grande chance de pouvoir concilier ce travail avec
celui du Jean Eustache et du festival.
©Isabelle Nègre
Quand on s’étonne que je sois à Pessac depuis 36 ans,
c’est parce que je suis accompagné par une mairie
qui me laisse une grande liberté, ce qui est extrêmement
précieux, et par deux supers équipes, qui me
permettent de déléguer. Mais comme pour beaucoup
d’exploitants, c’est en étant dans une logique de
formation continue, en programmant des films variés,
en accueillant des cinéastes, des producteurs et des
historiens, que l’on apprend et que l’on peut faire
tant de rencontres. Je n’aurais jamais fait de films si
je n’avais pas rencontré Yves Jeuland et Michel Rotman,
reçus dans mon cinéma de Pessac. Il y a quelques
jours, j’étais avec Hélène Camarade, spécialiste de
Rencontres art et essai de Cannes 2023 : François Aymé applaudi pour ses sept ans de présidence de l'Afcae
N°512 / 18 mars 2026
29
International
EUROPA CINEMAS,
AU CŒUR DE LA CRÉATIVITÉ DU CINÉMA ET
DES CINÉMAS EUROPÉENS
Parmi les grands partenaires
internationaux de l’exploitation, le
réseau de salles à programmation
majoritairement européenne
poursuit sa vocation : faire circuler
les films, mais aussi les idées et les
pratiques du secteur. Retour sur les
rôles et accomplissements majeurs
d’Europa Cinemas, en compagnie
de sa directrice générale, Fatima
Djoumer.
©Boxoffice Pro
Difficile pour la dirigeante de dresser, parmi les 1 300
établissements pour près de 3 150 écrans répartis dans
39 pays qui composent le réseau, un “profil type d’Europa
Cinema”. « Dans l’ensemble, il s’agit de salles indépendantes
de proximité, majoritairement art et essai, implantées dans
zones urbaines. » Au-delà de leur « très forte » identité, ces
cinémas se sont particulièrement distingués par leurs
efforts, ces dernières années, en matière de renouvellement
de leur modèle économique, de leur image, de leur
communication… « et avec une nouvelle génération d’exploitants,
parmi lesquels beaucoup de femmes », se réjouit
Fatima Djoumer, en soulignant l’impact de ce renouveau
sur celui des publics des salles adhérentes.
Si les chiffres 2025 des Europa Cinemas ne seront livrés
que lors de la réunion annuelle à Cannes, en mai prochain,
la directrice générale sait que les bilans restent toutefois
contrastés, entre les territoires qui « se portent mieux »
grâce à leur cinéma national – comme la Serbie, la
Croatie ou l’Italie –, et ceux pénalisés par des politiques
publiques plus limitées – à l’image de la Grèce, du
Portugal ou de la Roumanie.
Parmi les succès exemplaires, « toutes les salles qui ont
adopté la carte Cineville ont explosé leurs chiffres, bien
au-delà même de l’année de référence 2019 », note Fatima
Djoumer, en rappelant que le fonds Collaborate to
Innovate d’Europa Cinemas a permis à de nombreux
pays de se lancer dans cette aventure de l’abonnement
illimité né aux Pays-Bas. Ainsi, après la Belgique, l’Autriche,
l’Allemagne, la Suède ou encore le Danemark,
des nouveaux projets Cineville émergent du côté de la
Pologne, de l’Italie et de l’Espagne. Un modèle d’autant
plus efficace qu’il permet d’attirer les jeunes, mais aussi
de mieux analyser les comportements de fréquentation
grâce aux données recueillies par les salles. Il contribue
également à « faire évoluer l’image des cinémas et leur
communication ». [Pour rappel, en France, c’est avec Cine
Group, maison-mère de Boxoffice Pro, que la société
néerlandaise Cineville BV planche sur les offres d’abonnement
illimité dédiées aux salles indépendantes, voir
notre magazine du 7 janvier 2026].
Majoritairement financé par le programme Creative
Europe MEDIA de la Commission européenne, « sans
oublier le CNC et Eurimages qui sont à nos côtés », Europa
Cinemas disposera d’une enveloppe de 15,5 M € en
2026, dont 13 à 13,5 M € redistribués sous forme de
soutien financier direct aux exploitants du réseau.
« Près de 80 % sont dédiées au soutien à la programmation
Fatima Djoumer, directrice générale d’Europa Cinemas, était l’invitée de l’Émission Boxoffice Pro du 5 mars 2026.
européenne, tandis que 20 % financent les actions destinées
au jeune public, notamment en matière d’éducation à
l’image », précise la directrice générale.
Lancé après la pandémie, le fonds Collaborate to
Innovate constitue l’un des principaux outils d’expérimentation.
Doté d’environ 1 à 1,5 M € par an, il
finance des projets portés collectivement par les exploitants,
à une hauteur maximale de 120 000 € par initiative.
Il a par exemple permis de développer l’initiative
Cinema Without Barriers, visant à améliorer l’accessibilité
des projections pour les publics sourds et
malentendants : « une énorme innovation », qui a permis
à plusieurs salles d’élargir sensiblement leur public.
À noter que qu’à partir de cette année, le dispositif
Collaborate to Innovate modulera ses taux de financement
selon les pays : 80 % pour les projets issus des
grands marchés européens (pays dits A et B), et jusqu’à
90 % pour ceux portés par des territoires disposant de
moyens plus limités (pars C et D). Autant de soutiens
auxquels s’ajoutent, depuis 2024, les Training Boot
Camps, soit les sessions de formation « développées par
et pour les exploitants ».
La “EU Gen”
Depuis sa création en 1992, Europa Cinemas s'appuie
sur les échanges de bonnes pratiques. Le réseau organisait
sa première conférence internationale biannuelle dès
1996. Des rendez-vous enrichis, depuis, par les “Labs”,
organisés plusieurs fois par an – à Bologne, Sofia et
Valladolid – qui réunissent une quarantaine de participants
pour partager expériences et projets. « Ces
discussions entre une nouvelle génération plutôt anglophone,
qui voyage et regarde ce qui se fait ailleurs, ont permis de
revivifier l’exploitation indépendante européenne », entres
salles hybrides intégrant restaurants ou librairies, reconversion
de bâtiments religieux ou industriels (« comme
le cinéma FilmHallen aux Pays Pas installé dans un ancien
Emission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
hangar d’entretien de gare ») ou encore nouvelles approches
architecturales comme celles développées par Jean‐Marc
Lalloz au Studio 43 de Dunkerque, « un cinéma où l’on
peut aussi tourner des films ! »
Bien entendu, Europa Cinemas s’inscrit aussi dans un
dialogue permanent avec les institutions européennes
– le réseau est notamment partenaire du Lux Audience
Award du Parlement européen, qui récompense chaque
année un film européen après un vote combinant celui
du public et celui des eurodéputés. Le futur du financement
du programme AgoraEU, qui va succéder en 2028
à Europe créative, constitue naturellement un enjeu
majeur. Dans un contexte marqué par les tensions budgétaires
et « les priorités liées à la défense ou à la sécurité », il
devrait être doté de plus de 2 milliards d’euros, « mais
dont on ne connaît pas encore tous les contours ni l’agencement.
Mais il y a une vraie considération du cinéma, et par
la Commission, et par le Parlement européen », rassure
Fatima Djoumer. Après la réunion annuelle de Cannes,
en mai, Europa Cinemas proposera un parcours spécifique
pour les exploitants sera organisé lors du Festival international
du film d’animation d’Annecy en juin. Et pour
la conférence biannuelle du réseau, rendez-vous cette
année à Barcelone, du 26 au 29 novembre.
Aysegül Algan
30 N°512 / 18 mars 2026
Exploitation
©A.Algan
L’équipe Véo programmation avec les bâtisseurs de l’entente.
De gauche à droite : Sarah Decoux, Thomas Lenne, Alain
Bouffartigue, Jean-Pierre Villa, Marion Guyot, Emmanuel
Baron, Aurélien Uribelarrea, Sandrine Cheuzeville, Jean Villa,
Sandrine Gueynard, Laurence Mas, Patrice Chambon. Sans
oublier les absents de la photo : Myriam Diaz, Léa Noir, Maïa
Kirilovsky et Zindy Salgado.
VÉO PROGRAMMATION,
UNE ENTENTE QUI PÈSE SUR LE MARCHÉ
Réunis les 12 et 13 mars derniers entre l’Écran 7 de Plaisance-du-Touch et le
Véo Cartoucherie de Toulouse, les membres de l’entente de programmation
ont rappelé leur place singulière. Des “petits” qui, réunis, représentent un des
grands acteurs de l’exploitation française, malgré une équation économique –
et politique – de plus en plus fragile.
Véo, qui a enregistré sept nouvelles arrivées sur l’année
écoulée*, représente désormais un vaste réseau de 264
cinémas et 420 écrans. Son maillage, qui reste particulièrement
concentré en Nouvelle-Aquitaine (35 %),
Occitanie (33 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (22 %),
s’étend sur 45 départements et 10 régions, de la Bretagne
à… Mayotte. Et s’il reste majoritairement composé de
“petits” établissements (69 % de mono écrans), l’ensemble
n’en pèse pas moins dans le marché français. En 2025,
les salles de l’entente Véo ont ainsi généré plus de 6,6
millions d’entrées, soit 4,21 % de la fréquentation nationale,
et reversé plus de 16 M € TTC aux distributeurs.
« Véo est le cinquième client en France de l’ensemble des
distributeurs, derrière les trois premiers grands circuits et
Cinéville/Cinédiffusion », souligne le président Jean-Pierre
Villa, rappelant l’importance de ce poids collectif.
Comme l’ensemble du marché, les salles Véo ont connu
une année 2025 difficile. Après leur surperformance de
2024 (portée par Un p’tit truc en plus et Le Comte de
Monte-Cristo), elles reculent donc plus fortement que
la moyenne nationale : -16 % pour les salles de l’entente,
contre -13 % au niveau national. La fréquentation
moyenne par séance s’érode également, passant de 23
spectateurs en 2024 à 19 en 2025, tandis que le nombre
de séances augmente de 2,6 %, pour une offre élargie
de 3 851 titres (+5 %), dont 2 151 films recommandés
(+8,5 %). L’art et essai a ainsi représenté 44 % des séances
et 40 % des spectateurs ; une part de fréquentation en
augmentation « qui est révélatrice des performances décevantes
des films grand public », note le directeur général
Emmanuel Baron.
L’entente Véo programmation, une cartographie – et un maillage – des plus dynamiques
Si son podium reste trusté par le même tiercé Disney
national (Zootopie 2, Avatar 3 et Lilo et Stitch), on
retrouve dans le top 20 2025 de Véo les fondamentaux
l’entente, entre films destinés aux public familial et
film français populaires, dont Chasse gardée 2 et Les
Bodin’s partent en vrille qui y surperforment. Le top
art et essai est quant à lui dominé par une continuation
de 2024, En fanfare, suivi de La Femme la plus riche
du monde, Un parfait inconnu, L’Attachement et À
bicyclette.
Une exploitation sous contrainte
D’après l’analyse affinée que permet le bordereau à la
séance depuis trois ans, en 2025, plus de 20 500 séances
ont enregistré 0 entrée, et 48 % ont accueilli moins
de neuf spectateurs. Jean-Pierre Villa a souligné la non
rentabilité de ces séances, en regrettant que les discussions
dans les instances professionnelles « donnent
l’impression qu’il n’existe en France que des cinémas
commerciaux et des cinémas art et essai, sans place pour
des salles de proximité comme les nôtres, dont on ne
32 N°512 / 18 mars 2026
reconnaît ni le travail sur la diversité des films, ni le
besoin d’accéder rapidement à des films grand public avec
lesquels réaliser des séances à plus de 10 spectateurs ».
L’étude interne menée par Véo sur 250 de ses établissements
de 1 à 4 écrans depuis 2019 met, de fait, en
exergue une baisse notable des accès en SN et 2 e semaine,
contre une hausse des accès en 3 e , mais aussi de l’accès
en 4 e semaine – qui s'explique lui par la baisse de la
5 e semaine. Pour Emmanuel Baron, l’explosion des
plans de sortie depuis la fin des contributions numériques
relève donc plus d’une « légende urbaine » qui
vise la petite et moyenne exploitation. Dans ce contexte
« il est essentiel pour les cinémas en sortie décalée de
connaître à l'avance la date de programmation, afin de
s’emparer des films et les valoriser dans le sens de ce que
l'on souhaite défendre », et de conclure que « depuis
décembre dernier la fréquentation repartie sur de bons
rails permet d’envisager l’année 2026 avec
optimisme ».
Programmer librement,
un enjeu croissant
Aux côtés des sessions de line-ups répartis sur les deux
journées pour les présentations de 16 distributeurs**,
figuraient deux ateliers. Un, technique, consacré à la
réception dématérialisée des films, et un autre, aux
enjeux plus politiques à deux jours du premier tour
des municipales : la liberté de programmation, ses
principes fondamentaux comme les différents outils
juridiques à disposition. Deux juristes de l’Observatoire
* dont les nouveaux Cine-Lines (4 écrans) de Milly-la-Forêt ouvert en juin 2025, le Véo
Cartoucherie (4 écrans) de Toulouse ouvert en octobre, le Quai des Lumières (4 écrans)
de Frontignan ouvert en décembre… et le Ciné Pastel (3 écrans) de Lavaur ouvert ce
février 2026.
de la liberté de création (OLC) ont ainsi rappelé le
principe, central, qui lie la liberté de diffusion et de
programmation à celle de la création, et notamment
la loi du 7 juillet 2016 selon laquelle « une œuvre ne
peut être réellement libre si elle ne peut pas être mise à
disposition du public ». Mais au-delà des ingérences et
décisions municipales abusives, les pressions peuvent
également prendre la forme de cyberharcèlement, de
campagnes de dénigrement en ligne (le “review
bombing”), ou encore de chantage aux subventions
de la part de collectivités. Si ces dernières disposent
d’une compétence en matière de politique culturelle,
Accueil des adhérents Véo programmation à l’Écran 7 de
Plaisance-du-Touch, dont le hall a été rénové à l’automne 2025...
** Studio TF1, Pan Distribution, SND, Art House, Disney, Jour2Fête, Apollo Films, Haut et
Court, Warner, UGC, Studiocanal, KMBO, Metropolitan, Paname, Zinc. et Ad Vitam
elles ne peuvent en principe restreindre la liberté de
programmation, sauf cas très exceptionnel d’atteinte
à l’ordre public – un motif dont l’interprétation reste
très encadrée par le juge administratif. Au-delà du
volet juridique, les échanges ont également porté sur
les réponses concrètes à apporter face aux controverses,
comme le dialogue avec les interlocuteurs concernés.
Les juristes de l’OLC ont enfin rappelé l’existence de
permanences juridiques et d’un dispositif de signalement
en ligne. Autant d’éléments qui visent, pour les
organisateurs, autant à prévenir la censure que…
l’autocensure.
Ayşegül Algan
… et au Véo Cartoucherie de Toulouse, qui a ouvert ses portes en octobre
dernier. À noter qu’une deuxième AG Véo – plus resserrée sur la région
lyonnaise – aura lieu le 31 mars au Véo Grand Lumière de Saint-Chamond.
RÉOUVERTURE DU NORMANDY DE VAUCRESSON
La salle de deux écrans des Hauts-de-Seine rallume
ses projecteurs ce 25 mars, exploitée en
DSP par trois exploitants habitués du territoire
francilien.
Il y a un peu plus d’un an, le Normandy fermait ses
portes suite aux difficultés de son délégataire, Cinélab,
en place depuis 2022. Dans la foulée, la Ville lance
un premier appel d’offres, infructueux, puis un deuxième,
et sollicite Claudine Cornillat – également gérante
du Max Linder Panorama à Paris et du Capitole à
Suresnes – et Kevin Jardel – directeur du Capitole à
Suresnes –, qui avaient déjà participé à une consultation
de remplacement du cinéma. Ils s’associent à Jean-Fabrice
Janaudy – gérant du Vincennes et de la société
de distribution Les Acacias – et créent la société
L’Avventura, désignée pour exploiter le Normandy
pendant cinq ans.
Dirigé par Charlotte Figay, diplômée de la section
exploitation de La Fémis, l’établissement de deux écrans
et 303 fauteuils adoptera une programmation éclectique
et variée pour tous les publics, entre art et essai et
généraliste. La classification ainsi que les labels Jeune
Public et Recherche et Découverte sont visés, en plus
d’une forte mise en avant de l’animation. La semaine
d’ouverture incarnera cette volonté : une salle sera dédiée
à l’exploitation des Rayons et les Ombres de Xavier
Giannoli (Gaumont), et la seconde proposera de nombreux
événements. À terme, et au rythme d’une à deux sorties
nationales hebdomadaires, L’Avventura compte exploiter
sept à huit films par semaine – hors scolaires. Ainsi, au
sein d’une commune de 8 500 habitants à « la typologie
semblable à ce que nous connaissons déjà » comme le
souligne Jean-Fabrice Janaudy, les exploitants visent
37 000 entrées en première année, avec en ligne de mire
46 000 spectateurs. De quoi s’approcher des quelque
50 000 entrées qu’atteignait le Normandy dans ses
meilleures années. « Nous sommes très attendus par la
population, ce matin encore, une femme me faisait part
de sa tristesse de ne pas avoir de cinéma depuis un an,
affirme Claudine Cornillat. Nous avons tous envie d’apporter
notre passion pour cet établissement. »
J.D.
Les trois exploitants connaissent bien le tissu francilien,
et ont justement souhaité « reproduire [leurs] expériences
à Vaucresson », déclare Jean-Fabrice Janaudy. Ils seront
épaulés par la Ville, qui a « manifesté un grand intérêt
pour que les délégataires mènent une politique culturelle
importante », souligne Kevin Jardel, et qui a pris soin
du matériel du cinéma pendant sa fermeture. Cela
n’exclut toutefois pas, « à court ou moyen terme », la
question de la lasérisation. L’attractivité du Normandy
est accrue par « la présence juste à côté du restaurant
bistronomique le Bogart », ajoute Claudine Cornillat.
©Gilbert Long Architectures.
N°512 / 18 mars 2026
33
Exploitation
VALIDATIONS EN CDACi POUR...
LE MAJESTIC DE HÉRICOURT…
C’est un huitième cinéma qui devrait entrer sous le giron Majestic Cinémas d’ici deux
ans. La CDACi de la Haute-Saône a en effet approuvé, le 3 mars, la création d’un
établissement de cinq écrans et 806 fauteuils.
Le nouveau cinéma, suivi par le cabinet d’architectes Olivier Palatre, adoptera une ligne
« tout premium » avec un écran allant jusqu’à 21 mètres de base, une salle Odyssée et des
sièges électriques comme au Majestic Dole - Rive gauche inauguré en mars dernier. La
grille tarifaire sera adaptée à la démographie du lieu, avec un plein tarif à 10,50 €, de
quoi rendre l’établissement encore plus attractif au sein de la commune de 11 000
habitants. Grâce à un effort soutenu auprès des scolaires, le cabinet d’études Hexacom
table sur 150000 entrées annuelles en vitesse de croisière, voire « 180000 lors des belles
années », estime Jean-Yannick Tupin, directeur général du réseau, qui tient à saluer le
maire de Héricourt, Fernand Burkhalter, pour son « investissement total » sur le projet.
Si aucun recours n’est intenté, le projet, estimé au minimum à 8 millions d’euros hors
taxes, devrait voir le jour début 2028. Pour rappel, Majestic Cinémas a terminé 2025
à la douzième place des circuits français avec 1,39 millions d’entrées. J.D.
… L’APOLLO DE SEDAN…
Le projet porté par la famille Thirriot a reçu, le 11 mars, l’aval de la Commission
d’aménagement cinématographique des Ardennes. Il est destiné à remplacer leur historique
Turenne (3 salles), et prendra place sur le site, désormais rasé, d’un ancien collège.
Situé à l’une des entrées de la ville, il entend capter un bassin de spectateurs élargi grâce
à sa proximité à l’axe autoroutier reliant la Belgique à Charleville-Mézières. En somme,
un cinéma « ouvert sur le pays sedanais, voire à la Belgique dont la frontière n’est qu’à 20
km, mais également en lien direct avec le centre-ville », explique François Thirriot. De fait,
l’Apollo est à juste 1,8 km de la gare et bénéficiera d’une desserte « efficace » en termes
de mobilités, entre les transports publics, la voie verte et son parking gratuit.
Conçu par le cabinet parisien Aquilone Studio dirigé par Romain Delatre, le bâtiment
adoptera une structure métallique et intégrera plusieurs dispositifs environnementaux :
panneaux photovoltaïques en toiture, récupération des eaux de pluie et parking perméable,
avec bornes de recharge électrique. À l’intérieur, dans la continuité du travail mené à
terme dans son Métropolis de Charleville l’année dernière, l’exploitant proposera 130
cm d’espacement entre les rangées et des fauteuils de 65 cm de large, « pour un grand
confort, mais raisonnable », précise François Thirriot, qui mène le projet avec son fils
Julien. « L’objectif est de rester dans des prix abordables, ce qui est une vraie question
aujourd’hui, d’autant plus que nous sommes seuls sur la zone. »
©Olivier Palatre Architecte ©Aquilone Studio
Classé art et essai depuis deux ans, le Turenne a déjà amorcé une évolution éditoriale
que le nouvel établissement doit amplifier. « Avec cinq écrans, nous pourrons proposer une
diversité plus aboutie, et également viser les labels Jeune public et Patrimoine », explique
François Thirriot. Entre le Métropolis de Charleville, situé à moins de 20 km, et l'Apollo
de Sedan, « où les comédies françaises fonctionnent particulièrement bien », la programmation
sera complémentaire « et égalitaire » sur la répartition des films porteurs.
Le projet représente un investissement prévisionnel d’environ 4,5 M €, qui bénéficie
déjà du soutien de la Ville et de la Communauté d’agglomération, en attendant ceux
du Département, de la Région et l’aide sélective du CNC en cours d’instruction. Après
les 55 000 en moyenne que réalisait le Turenne avant-Covid (« sur ses trois salles, dont
une petite de 47 places, et ses 5 jours d’ouverture hebdomadaire »), l’étude de marché réalisée
par le cabinet Ciné Conseil estime le potentiel de l’Apollo à 150 000 entrées annuelles.
Son ouverture marquera la fin de l’exploitation du Turenne, vendu à la municipalité,
qui le destine à une reconversion en casino, tout en conservant la façade historique.
Sous réserve des différents délais administratifs, François et Julien Thirriot visent un
début de chantier pour le début d’été, et une ouverture en fin d'année 2026.
A.A.
… ET LE NOUVEAU CGR DE
CHÂTEAUROUX
Le 11 mars 2026, le projet par lequel le groupe rochelais projette de moderniser en
profondeur son offre à Châteauroux a été validé par la Commission d’aménagement
cinématographique d’Indre dans la région Centre-Val de Loire. C’est donc un nouveau
multiplexe de 10 salles et 1 311 fauteuils qui doit succéder au CGR vieillissant de la
commune (8 salles et 1 078 places). Cette implantation historique – passée en 2008
sous le giron Cinémovida, puis Cap’Cinéma en 2014, avant de redevenir un CGR en
2017 –, n’avait en effet connu aucune rénovation d'envergure depuis 1995. Sa modernisation
passera par un transfert-extension, la CDACi portant spécifiquement sur la
création de 2 salles et 233 places supplémentaires.
Le projet, dessiné par ABP Architectes, sera implanté près de la gare, « sur l’ancien site,
transformé dans le cadre du plan Action cœur de ville » note Pierre Schlosser. Une démarche
de « revitalisation » à laquelle le directeur du développement de CGR Cinémas est
d’autant plus d'autant plus sensible qu’il est également directeur de la RSE du circuit.
Le nouveau CGR de Châteauroux sera, en outre, connecté par une passerelle piétonne
à la gare et son hub de transports en communs, « gratuits à Châteauroux ». Le nouveau
bâtiment répondra naturellement aux normes écologiques, « mais sera également totalement
accessible, notamment avec la solution CinéAccess pour les spectateurs porteurs de handicaps
sensoriels », complète Pierre Schlosser.
Le nouveau multiplexe comptera une salle ICE, « la 59 e du groupe en comptant l'international
». Il deviendra également le second site CGR, après celui de Brignais, à accueillir
des grands écrans LED, avec trois installations prévues : dans la salle ICE et les deux
plus grandes suivantes. Côté programmation, le nouveau CGR de Châteauroux compte
conserver son classement ainsi que ses deux labels Jeune public et Patrimoine et répertoire,
avec un volume de 15 % de séances art et essai, « et en bonne intelligence » avec le
mono écran classé Apollo de la ville.
L’étude réalisée par le cabinet Ciné Conseil estime aujourd’hui le potentiel du futur
établissement à 280 000 entrées annuelles, sur une zone d’influence cinématographique
d’environ 113 000 habitants. Les travaux devraient être lancés au plus tard à la rentrée,
pour une ouverture en décembre 2027. L’exploitation du CGR actuel sera maintenue
jusqu’au passage de relais ; une transition accompagnée de près par la municipalité, très
engagée dans ce projet majeur pour l’attractivité de son centre-ville.
A.A.
©ABP Architectes
34 N°512 / 18 mars 2026
L’ACTUALITÉ DE
L’EXPLOITATION ET DE LA
DISTRIBUTION CINÉMA
LE MAGAZINE PRO
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Focus Exploitation
©Les Cinémas d’Aire
AIRE-SUR-L'ADOUR
ENTRE DANS LE GRAND BAIN
Le nouveau complexe
cinématographique de 3 salles a
ouvert ses portes le 4 mars, sur
l'emplacement de l’ancienne piscine
municipale de la commune landaise.
Lorsqu’ils rachètent Le Galaxie (2 salles), en mai 2021,
Romain Davoine, ancien directeur des opérations de
CinéAlpes, et la famille Pfister, implantée historiquement
dans les Landes, ont déjà le projet de moderniser l’offre
cinématographique à Aire-sur-l'Adour. « Nous souhaitions
nous agrandir, et les échanges avec le maire nous ont menés
à l’ancienne piscine, qui avait fermé pendant le Covid…
et n'avait jamais rouvert depuis », explique Romain Davoine.
C’est donc sur une friche en cœur de ville, « à moins de
300 m d’une cathédrale du 12 e siècle », qu’est lancé le projet
du nouveau cinéma destiné à remplacer Le Galaxie, et
dont les travaux ont débuté en janvier 2025, « après la
CDACi obtenue en juin 2023 et le temps de boucler les
financements et de finaliser les études ».
Une reconversion architecturale et environnementale
Si le site est acquis « pour un euro symbolique » auprès
de la Ville – en contrepartie de l’engagement des
nouveaux propriétaires à y construire un cinéma –, il
implique des surcoûts. « Le vieux bâtiment a notamment
nécessité plus de 100 000 euros de désamiantage, et
quelques centaines de milliers d'euros de reprise en sousœuvre
», explique Romain Davoine, en décrivant les
défis techniques que présente la reconversion d’un
équipement aquatique à ciel ouvert en un ERP culturel.
En cohérence avec la vertu “zéro artificialisation des
sols” de leur projet, les exploitants souhaitent construire
de la manière « la moins impactante possible ». Ils optent
donc pour une structure bois (murs, charpente, bardage
et gradinage). Résultat : l’ancien grand bassin accueille
désormais la salle principale de 162 places, la pataugeoire
a laissé place à deux salles de 37 fauteuils chacune,
tandis que les anciens vestiaires abritent aujourd’hui
les espaces d’accueil, les bureaux et les sanitaires du
cinéma. Enfin, pour compléter ses efforts écologiques,
Le Grand Bain est équipé de trois projecteurs rétrofités
en laser – dont les deux anciens projecteurs du Galaxie
– et de 300 m² de panneaux solaires en toiture, « qui
vont permettre au cinéma de produire autant d’électricité
qu’il n’en consomme ».
Le budget de 3,5 M € – dont 600 000 € d’aide sélective
du CNC, 400 000 € de la Région et de 300 000 € du
Fonds vert attribué par l’État aux projets “recyclant”
des friches, complétés par un financement bancaire
– a conduit les exploitants à réduire leur projet initial.
Mais passer des 4 salles et 314 fauteuils à 3 salles et
236 fauteuils représente finalement, selon Romain
Davoine, un atout qui leur a permis de « privilégier le
confort ». Pratique encore rare dans la ruralité, Le
Grand Bain proposera en outre le placement numéroté,
de manière à conjuguer les meilleurs taux de remplissage
de ses petites jauges avec le confort des spectateurs,
qui pourront choisir leur place à l’avance.
Une fréquentation déjà en forte progression
Depuis la reprise du Galaxie en 2021, les exploitants ont
déjà engagé un travail de reconquête du public aturin.
©Les Cinémas d’Aire
36 N°512 / 18 mars 2026
Ainsi, à sa récente fermeture, « un peu anticipée par des
problèmes de pompe à chaleur » le 11 janvier dernier,
l’ancien cinéma de la commune était remonté de 11 000
entrées en 2019 à 19 000 en 2024. Dans ce Grand Bain
« que les habitants attendent avec impatience », l’objectif
est désormais d’atteindre 80 000 entrées annuelles, dans
une unité urbaine de 7 600 habitants, mais dont la zone
d’influence est estimée à 30 000 habitants. En effet, dans
un rayon de vingt minutes, Aire-sur-Adour ne compte
que les mono-écrans associatifs de Nogaro (au nord-est)
et Garlin (au sud). Sans oublier, à 30 km au nord, le
Grand Club de Mont-de-Marsan (8 salles) où Romain
Davoine est associé à la famille Pfister à part égales depuis
juillet 2025. Une nouvelle collaboration et des compétences
« très complémentaires » dont se réjouit Romain
Davoine, en saluant Benoît Pfister, sa sœur Barbara ainsi
que leurs cousins Thomas et Mathieu Paul, également à
l'œuvre au Grand Club de Dax, au Rex de Hossegor ou
encore au Rio de Capbreton.
C’est désormais Romain Davoine qui est en charge
de la programmation à Mont-de-Marsan et à Airesur-Adour.
Au Grand Bain, elle sera naturellement
généraliste et visera, avec 25 % de séances art et essai,
le classement ainsi que le label jeune public. Au-delà
de la modernisation des équipements, le nouveau
cinéma compte faire la différence avec une politique
d’animation étoffée. Le directeur Gabriel Collard,
assisté de David Destouroune (déjà présent au Galaxie),
peut en cela compter sur le renfort de Stephen Zanetti,
médiateur culturel partagé avec le cinéma de Mugron
(50 km à l’ouest). Et pour pleinement plonger dans
Le Grand Bain, un tarif “découverte” à 5 € la séance
est proposé durant le premier mois d’exploitation.
Ayşegül Algan
©Les Cinémas d’Aire ©Les Cinémas d’Aire
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : SAS LES CINEMAS D’AIRE
Maître d’œuvre / pilote : PIERRE CHICAN ARCHITECTE
Bureau de contrôle : SOCOTEC
BÂTIMENT
Gros œuvre : MAS BTP
Electricité et réseaux : ETCHART ENERGIE
Climatisation/chauffage : ETCHART ENERGIE
FAÇADE/HALL
Comptoir : CINE MOB
Système de billetterie : CINE GROUP
Signalétique intérieure : GRAFIX
Enseignes façade : GRAFIX
Affichage dynamique : SONIS
SALLES
Fauteuils : LINO SONEGO
CABINES
Installateur : CDS
EXPLOITATION
Programmation : ROMAIN DAVOINE
SITE INTERNET
Conception : CINE GROUP
*Basé sur le déclaratif de la salle
©Ville d'Aire sur l'Adour
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 162 5 14 7.1 Laser
2 37 2 6,2 7.1 Laser
3 37 2 6,2 7.1 Laser
TOTAL 236 9
Chantier piscine, février 2025
N°512 / 18 mars 2026
37
Miscellanées
Save the date :
AG du SCARE
Le Syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai
tiendra son assemblée générale annuelle le dimanche 10
mai à 14h au cinéma l’Olympia de Cannes. Elle sera
précédée de deux projections aux Arcades : une le samedi
9 mai à 20h, et la seconde le 10 mai à 10h. Le traditionnel
déjeuner du SCARE est quant à lui prévu mardi 12 mai,
13h, plage des Palmes. Date limite d'inscription : 1 er
mai 2026.
Déjeuner du SCARE 2025, à Cannes
Les Rencontres du
Cinéma Indépendant
L’événement porté par le Syndicat des distributeurs
indépendants reste dans la capitale en 2026, en collaboration
avec les Cinémas indépendants parisiens et
l’Association des cinémas de recherche d’Île-de-France.
Les 11 es Rencontres du Cinéma Indépendant se dérouleront
du 17 au 19 juin à l’Entrepôt (14 e ), au Cinéma
des Cinéastes (17 e ) et au Méliès de Montreuil. Au
programme, des films inédits, une table ronde sur le
marché parisien et ses conséquences à l’échelle du
territoire, une rencontre avec les pouvoirs publics, un
séminaire distribution, et bien d’autres événements qui
seront dévoilés en mai. Les modalités d’inscription
seront précisées prochainement.
©SCARE ©Sonia Reveyaz 2025
42 ans de fenêtre sur Bellecour
C’est le 1 er octobre 1983 que Mireille Prudonik entre
au Pathé Bellecour en tant que caissière. Son père,
alors opérateur dans un cinéma de la rue de la République
à Lyon, l’a informée qu’un poste de caissière
était vacant. Elle tente sa chance, décroche le contrat...
et y restera finalement 42 ans et demi. Devenue par
la suite agent de cinéma puis animatrice, Mireille
Prudonik n’a jamais quitté le navire : « Pour évoluer,
il aurait fallu que je quitte Lyon, mais je n’en avais pas
envie. » Au Pathé Bellecour, elle a connu les travaux
de 1986 faisant passer le cinéma de cinq à huit écrans,
puis ceux de 1995, où l’établissement ferme ses portes
pendant un an avant de rouvrir dans la forme telle
qu’on le connaît aujourd’hui, à dix salles. Elle a également
traversé les multiples bouleversements de la
filière, de la crise des années 1990 à celle du Covid,
en passant par l’arrivée des multiplexes et le passage
au numérique, notamment de la billetterie qui, pour
Cannes 2026
Les Palmes d’or d’honneur révélées
Peter Jackson et Barbra Streisand seront donc honorés
des 24 e et 25 e Palmes d’or d’honneur. Le premier, figure
majeure du blockbuster des années 2000, a noué une
relation spéciale avec le Festival de Cannes au fil des
années. Son premier film, Bad Taste, est passé par le
Marché du Film en 1988, et le premier volet du Seigneur
des Anneaux avait connu une projection exceptionnelle
de 26 minutes sur la Croisette en 2001. Le cinéaste salue
justement le Festival pour son travail autour d’un « cinéma
audacieux et visionnaire ». Avec sa trilogie en Terre du
Milieu, Peter Jackson a totalisé plus de 21 millions
d’entrées en France, et 3 milliards de recettes dans le
monde. Quelques années plus tard, sa trilogie Le Hobbit
a cumulé quelque 14 millions d’entrées en France, près
de 3 milliards de dollars au box-office. Entre-temps, le
réalisateur a également signé King Kong, en 2005, qui a
attiré plus de 3,5 millions de spectateurs en France.
Dernièrement, il s’est illustré avec sa mini-série d’archives
The Beatles : Get Back.
Mireille Prudonik, a fait « disparaître les longues files
d’attentes devant le cinéma ». De ses quarante années
de maison, elle garde des souvenirs en technicolor :
une séance de Rocky IV où les spectateurs étaient
« déchaînés » face au ring, l’émotion collective à la sortie
de Titanic, ou ses rencontres avec Jamel Debbouze et
Jean-Jacques Annaud. Mais c’est surtout l’humain
qu’elle retient, comme la réouverture de 2021 et ces
spectateurs « si heureux de retrouver les salles ». Autant
de moments qui ont forgé son attachement au cinéma
nonagénaire, et avec lesquels elle repartira pour sa
retraite, la semaine prochaine : « Quand j’ai commencé,
les équipes prenaient soin de moi, puis ça a été à mon
tour de prendre soin de mes équipes ; j’espère que je leur
manquerai un peu quand même ! Comme disait Annie
Girardot : Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma, mais
à moi, le cinéma a manqué follement ! »
J.D.
Aux côtés du réalisateur néo-zélandais, Barbra Streisand
sera saluée pour l’ensemble de sa carrière qui, au cinéma,
a démarré devant la caméra de William Wyler, pour
Funny Girl (1968). Son rôle lui vaudra l’Oscar de la
meilleure actrice, ainsi que le premier de ses 11 Golden
Globes, remportés tant en tant qu’interprète que
chanteuse ou réalisatrice, pour Yentl (1983). Elle est
d’ailleurs la première femme à remporter l’Oscar de
la meilleure chanson originale, et la première à être
distinguée du Golden Globe de la première réalisation.
Son parcours musical est tout aussi doré, avec 37
albums studios et 10 Grammy. Elle était même, jusqu’en
2023, l’artiste féminine comptant le plus d’albums
classés numéro 1 des ventes. « En ces temps difficiles, le
cinéma a le pouvoir d'ouvrir nos cœurs et nos esprits à
des histoires qui reflètent notre humanité commune,
déclare-t-elle. Le cinéma transcende les frontières et la
politique, et affirme le pouvoir de l'imagination pour
façonner un monde plus compatissant. »
J.D.
Soutiens
GNCR
Collapse d’Anat Even (JHR Films, 6 mai)
Blue Heron de Sophy Romvari
(Potemkine Films, 27 mai)
Hair, Paper, Water... de Truong Minh Quy
et Nicolas Graux (Petit Chaos, 10 juin)
Films recommandés
Cosmos de Germinal Roaux (Nour Films, 6 mai)
AGENDA DE LA PROFESSION
RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON
PRINTEMPS DU CINÉMA 22 au 24/03/26 FRANCE
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS
AG ANNUELLE DU SFTC 31/03 et 01/04/26 PARIS
RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER
JOURNÉE "VERS LA SALLE DE CINÉMA DURABLE" 09/04/26 PARIS
AG CHAMBRE SYNDICALE DES CINÉMAS DE NORMANDIE 29 et 30/04/26 FÉCAMP
AG CHAMBRE SYNDICALE DES CINÉMAS NORD-PAS-DE-CALAIS 05/05/26 LOMME
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES
FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES
RÉUNION EUROPA CINEMAS 17/05/26 Cannes
AG DU SYNDICAT DES PAYS DE SAVOIE 02/06/26 ANNECY
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE
CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 17 au 19/06/26 DINARD
RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT 17 au 19/06/26 PARIS
STUDIO SHOW 02 et 03/07/26 PARIS
38 N°512 / 18 mars 2026
LE 1 ER AVRIL
EXCLUSIVEMENT AU CINÉMA