17.03.2026 Vues

Boxoffice Pro n°512 – 18 mars 2026

  • Aucun tag trouvé…

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

Bimensuel N°512 / 18 mars 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA



Bimensuel N°512 / 18 mars 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

[Accessibilité]

Trouver les bons signes


L'édito

Sommaire

Fenêtre ou ne pas être

Ce n’est pas la porte ouverte à toutes les fenêtres, mais

cela ressemble à s’y méprendre à une déclaration d’amour

de Universal Pictures à la salle de cinéma. Soyons clair,

l’amour est ici intéressé, et il n’y a rien de dogmatique

dans la décision du studio d’étendre la fenêtre d’exclusivité

de la salle de trois à cinq week-ends en 2026, et

à sept en 2027. C’est le fameux pragmatisme des affaires

– le même qui a incité Netflix a déclarer vouloir conserver

les films Warner Bros. en salle – qui a ici dicté cette

décision. Et c’est une bonne nouvelle, dans la mesure

où c’est le seul point qui compte peu ou prou de l’autre

côté de l’Atlantique, comme les dernières semaines

l’ont illustré.

Comment faut-il, alors, analyser cette décision ? Probablement

à l’aune de la décrépitude du marché de la

vidéo – DVD, Blu-ray, EST, VOD transactionnelle…

– qui pèse de moins en moins. Selon le Digital Entertainment

Group, l'organisme de référence qui mesure

les dépenses des consommateurs aux États-Unis, ce

segment pesait en 2020 près de 10 Md $ pour 5 Md $

en 2024. Et vraisemblablement moins aujourd’hui.

Mais la véritable motivation – à l’image des déclarations

de Paramount et de Disney – se situe certainement

dans le constat que la salle reste le moteur financier et

le premier facteur de rentabilité d’un film, et qu’une

exploitation sur la durée l’améliore. Après avoir douté

d’elles lors de la pandémie, les salles semblent donc

avoir regagné la confiance des studios, et on se dirige

à moyen terme tout droit vers un fenêtrage sans vidéo

physique – où le Blu-ray sera au cinéma ce que le vynil

est à la musique, un objet de collection pour passionnés

– et sans la traditionnelle fenêtre vidéo pour précéder

la SVOD.

est une publication de

Laurent Cotillon

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

P. 6 à 8

ACTUS

Fusion Paramount-Warner, quelles suites

Universal étend sa fenêtre

d’exclusivité salles

Oscars 2026 :

Jackpot pour Une bataille après l’autre

Rencontres de Gérardmer :

le programme

Mouvements chez Paramount France et

au Majestic Bastille

P. 11 à 19

ACCESSIBILITÉ ET

INCLUSION SUR TOUS LES

FRONTS

L’enjeu de la formation :

Ciné Relax, CST/Inclusiv’

Marius de l'audiodescription,

une exigence à préserver

Les affiches parlantes

des Zeugma Concepts

Inclusion, la bataille de Julien

Richard-Thomson

Autour de Plus fort que moi et Sorda

P. 23

CHIFFRES

Quel bilan pour les vacances d’hiver ?

P. 24

RENCONTRES ART ET

ESSAI RÉPERTOIRE

Échange avec Éric Miot et Sabine Putorti,

responsables du groupe Répertoire de

l’AFCAE

P. 27

RENCONTRES DU SUD

François Aymé, Victoire du Cinéma 2026

P. 30 à 37

EXPLOITATION

Europa Cinemas, au cœur de la créativité

du cinéma et des cinémas européens

Véo programmation, une entente qui

pèse sur le marché

Réouverture du

Normandy de Vaucresson

Validations en CDACi à Héricourt,

Sedan et Châteauroux

Aire-sur-Adour entre dans Le Grand Bain

P. 38

MISCELLANÉES

Départ à la retraite au Pathé Bellecour

de Lyon, Les Palmes d’honneur à Cannes,

Save the date : AG SCARE et Rencontres

du Cinéma Indépendant, Soutiens,

Agenda de la profession…

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Directeur général délégué média & stratégie

Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr

Rédacteurs

Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr

Base de données Films

guillaume.martin@webedia-group.com

Publicité / Base de données distributeurs

Pauline Luigi / pauline.luigi@webedia-group.com

Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com

Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com

Réalisation CINE GROUP

Maquette / Infographie

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr

Impression

ORMONT IMPRIMEUR

4 Rue Antoine de Saint-Exupéry

88100 Saint-Dié-des-Vosges

La Rédaction

Crédit page 3 : ©Condor Films

Certifié PEFC

Ce produit est issu de

forêts gérées

durablement

JULIEN MARCEL

Directeur de la

publication

LAURENT COTILLON

Directeur général délégué

média & stratégie

AYSEGÜL ALGAN

Journaliste

CÉCILE VARGOZ

Journaliste

JULES DREYFUS

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

10-31-1542

www.pefc-france.org

@BoxofficeFrance

@Boxoffice_fr

@boxofficefr

Boxoffice Pro France

4 N°512 / 18 mars 2026


©CARACTÈRES - CRÉDITS NON CONTRACTUELS

Bill

Skarsgård

Dacre

Montgomery

Cary

Elwes

Myha’la

avec Colman

Domingo

et Al

Pacino

LA

CORDE

AU COU

Un film de

Gus Van Sant

AU CINÉMA LE 15 AVRIL


Actualités

FUSION PARAMOUNT-WARNER

QUELLES SUITES ?

Après avoir tenu le devant de la scène avec le spectaculaire duel contre Netflix, le rachat de Warner Bros. Discovery par

Paramount Skydance entre dans le terrain, tout aussi miné, des approbations réglementaires. Et l’examen d’un dossier

aux enjeux industriels et culturels si sensibles promet d’être scrupuleux, particulièrement de notre côté de l'Atlantique.

Aux États-Unis, le procureur général de Californie,

Rob Bonta, tout comme plusieurs sénateurs d’États

démocrates, ont déjà prévenu que la transaction

et ses impacts seront méticuleusement surveillés.

Mais entre un président Trump qui n’a jamais caché

ses faveurs et une administration fédérale qui ne

s’est, jusqu’ici, jamais farouchement opposée aux

grandes fusions ces dernières années, c’est plutôt

le vieux continent qui pourrait résister. Du moins

le plus longtemps…

En Europe en effet, les autorités de la concurrence

ont toujours fait preuve de plus de vigilance face

aux concentrations. Et la fusion Paramount-WBD

réunirait, de toute évidence, un ensemble d’actifs

comparables et d’une taille rarement atteinte dans

l’industrie du divertissement et des médias : les

studios historiques Paramount et Warner Bros.,

les réseaux d’information CBS News et CNN,

des dizaines de chaînes TV linéaires et un portefeuille

de plateformes de streaming qui pourrait

dépasser 219 millions d’abonnés. Pour résumer,

en dehors des géants comme Amazon, Apple ou

Netflix, peu d’acteurs disposeraient d’un ensemble

aussi vaste d’actifs audiovisuels. Une taille critique

qui va naturellement conduire la Commission

européenne à un examen d’autant plus attentif

qu’il implique 27 marchés.

Une fois l’opération officiellement notifiée à Bruxelles,

la direction générale de la concurrence ouvrira une

première phase d’examen (d’une durée de 25 jours

ouvrés). Durant cette période, régulateurs et services

de la Commission consulteront acteurs du secteur,

concurrents comme partenaires, pour une pleine

évaluation de l’impact du rapprochement. Si les

préoccupations persistent, Bruxelles pourra ouvrir

une enquête approfondie dite de “phase II”, prolongeant

l’examen de plusieurs mois. Dans ce cas, Paramount

pourrait être amené à proposer des concessions pour

lever les préoccupations concurrentielles, comme la

cession de certains actifs audiovisuels en Europe. Parmi

les scénarios les plus souvent évoqués figure par exemple

la vente d’une des deux chaînes jeunesse, Nickelodeon

ou Cartoon Network.

Les exploitants européens entendent également peser

dans le débat, notamment l’Union internationale des

cinémas (UNIC) qui observe le dossier avec attention.

Notamment sur la les fenêtres d’exclusivité salles dans

l’ensemble des territoires, et d’un solide calendrier de

sorties ; le souvenir du rachat de 21st Century Fox par

Disney en 2019 est encore vif dans la mémoire de la

profession, et des parlementaires européens ont déjà

alerté la Commission sur l’impact de cette fusion

sur la quantité, mais également la variété de

l’offre de films.

Enfin, parmi les examens approfondis, figurera le

point, éminemment sensible, du montage financier

de la transaction évaluée à près de 111 milliards

de dollars. Elle est certes assurée par Larry Ellison,

mais également par des fonds souverains du Moyen-

Orient – notamment le Public Investment Fund

d’Arabie saoudite, la Qatar Investment Authority

et l’Imad Holding d’Abou Dhabi –, et l’Europe

dispose d’un règlement strict destiné à lutter contre

les aides publiques déloyales provenant de gouvernements

non membres de l’UE.

Au-delà des 2,8 milliards de dollars que Paramount

va prendre en charge pour régler l’indemnité de

rupture dûe à Netflix, le groupe de David Ellison

s’est, pour rappel, engagé à verser à WBD 7 milliards

de dollars de “frais de résiliation” si la transaction

devait échouer pour des raisons réglementaires.

Sans oublier le “ticketing fee” de 0,25 $ par action

qu’il reversera aux actionnaires pour chaque trimestre

durant lequel la transaction n’aura pas encore été finalisée,

à partir du 30 septembre 2026. La question n’est donc

pas tant de savoir si l’Europe approuvera la fusion, mais

quelles garanties et concessions elle exigera – et ce que

l’ensemble du processus coûtera à Paramount.

©TopSphere Media / Unsplash

Des parlementaires

européens ont déjà

alerté la Commission

sur l’impact

de cette fusion

A.A.

Universal étend sa fenêtre d’exclusivité salles

L’attente sera désormais plus longue avant qu’une sortie

cinéma de la major soit disponible sur plateforme. Le

studio a annoncé allonger sa fenêtre d’exclusivité salles de

trois à cinq semaines dès cette année, avant de la porter à

sept semaines en 2027. Une modification qui n’affecte

toutefois pas les titres Focus Features – la filiale plus

“auteur” d’Universal, à l’origine de Hamnet ou Bugonia

–, dont l’exclusivité restera d’environ 17 jours à compter

de leur sortie américaine. Si Donna Langley, présidente

de NBCUniversal, déclare auprès du New York Times que

« [leur] stratégie de diffusion a toujours été conçue pour évoluer

avec le marché », elle affirme croire « fermement à la primauté

de l'exclusivité en salles et à la nécessité de travailler en étroite

collaboration avec nos partenaires exploitants pour soutenir

un écosystème cinématographique sain et durable ». La question

de la fenêtre d’exclusivité salles est, depuis plusieurs mois,

au centre des enjeux au sein de la filière nord-américaine.

Au dernier CinemaCon, Michael O’Leary, président de

Cinema United, avait notamment plaidé pour une durée

minimale de 45 jours, et Disney s’était même vanté d’avoir

la plus longue fenêtre de tous les grands studios hollywoodiens.

Récemment, à l'occasion de l'annonce du rachat

de Warner Bros. Discovery, Paramount promettait une

fenêtre mondiale minimale de 45 jours pour toutes ses

sorties, extensible à 60 voire 90 jours pour les titres majeurs.

J.D.

6 N°512 / 18 mars 2026



Actualités

Oscars 2026

Jackpot pour Une bataille après l’autre

©Warner Bros.

Paramount France

accueille une

coordinatrice ventes

Depuis le 2 mars, Anne-Marie Gavric participe au

déploiement commercial et marketing des sorties Paramount

auprès des exploitants. Elle est notamment en

charge de coordonner la diffusion des supports promotionnels

(affiches cinéma, matériel trade marketing et

DCP/KDM), mettre en place des actions marketing et

des événements dans les salles, ainsi que de collecter et

analyser les données box office comme les tendances

du marché.

Anne-Marie Gavric a auparavant fait ses armes

avec des stages en tant qu’assistante chargée

d'études marketing cinéma chez Canal+, et en tant

qu’assistante marketing distribution chez Universal

Pictures France et chez Studiocanal.

A.A.

Une bataille après l’autre

Après les Golden Globes et les Baftas, Une bataille

après l’autre termine son ascension en dominant,

comme attendu, la 98 e cérémonie des Oscars. Le film,

produit et distribué par Warner, repart avec, entre autres,

les prix du meilleur réalisateur et du meilleur film. C’est

donc la première fois que Paul Thomas Anderson

remporte ces récompenses, après trois nominations

infructueuses – pour There Will Be Blood en 2008,

Phantom Thread en 2018 et Licorice Pizza en 2022.

Warner a connu une soirée particulièrement dorée avec,

en plus, les quatre Oscars de Sinners, dont celui du

meilleur acteur pour Michael B. Jordan, l’Oscar de la

meilleure actrice dans un second rôle pour Amy Madigan

pour Évanouis et l’Oscar du meilleur son pour F1.

Parmi les autres récompensés, Jessie Buckley repart avec

la statuette de la meilleure actrice pour Hamnet et

Avatar : De feu et de cendres est distingué pour ses

effets visuels. Également, Netflix est auréolé de cinq

prix : trois pour Frankenstein et deux pour KPop

Demon Hunters. Enfin, Valeur sentimentale remporte

l’Oscar du meilleur film international.

LE PALMARÈS

Meilleur film : Une bataille après l’autre de Paul Thomas

Anderson (Warner)

Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson pour Une

bataille après l’autre

Meilleur acteur : Michael B. Jordan dans Sinners de

Ryan Coogler (Warner)

Meilleure actrice : Jessie Buckley dans Hamnet de Chloé

Zhao (Universal)

Meilleur acteur dans un second rôle : Sean Penn pour

Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson

Meilleure actrice dans un second rôle : Amy Madigan

pour Évanouis de Zach Cregger (Warner)

Meilleur casting : Une bataille après l’autre de Paul

Thomas Anderson

Meilleur scénario original : Sinners de Ryan Coogler

Meilleur scénario adapté : Une bataille après l’autre de

Paul Thomas Anderson

Meilleurs décors et direction artistique : Frankenstein

de Guillermo Del Toro (Netflix)

Meilleurs costumes : Frankenstein de Guillermo Del Toro

Les Rencontres de Gérardmer

déroulent leur programme

La 28 e édition de l’événement vosgien se déroulera

du 7 au 10 avril prochains au cinéma du

Casino Joa.

Vendredi 10 avril

9h - Une année italienne de Laura Samani (Arizona, 10/06/26)

11h - Trois Adieux d’Isabel Coixet (Nour, à dater)

Un nouveau directeur

au Majestic Bastille

Un mois après le transfert de sa directrice vers le Reflet

Médicis, le cinéma parisien de la Maison Dulac accueille

en remplacement Émile Audap. Ce dernier, après une

licence de Cinéma et Audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle,

a fait ses armes au MK2 Nation, d’abord en tant qu’agent

d’accueil, puis en tant que responsable de hall, chef de

cabine et enfin assistant directeur.

« Je suis très heureux de prendre la direction du Majestic

Bastille, car il est situé dans le quartier où j’ai grandi, et est

l’un des premiers cinémas que j’ai fréquenté lors de séances

organisées par mon école élémentaire », déclare-t-il. Émile

Audap prendra la direction du Majestic Bastille à compter

du 16 mars. Pour rappel, l’établissement de deux écrans

du 11 e arrondissement parisien a enregistré 85 600 entrées

en 2025.

J.D.

Le programme

Mardi 7 avril

15h - Sorda d’Eva Libertad (Condor, 29/04/26)

17h - Vivaldi et moi de Damiano Michieletto

(Diaphana, 29/04/26)

19h15 - De la Comédie-Française de Martin Darondeau

et Bertrand Usclat (Zinc., 22/07/26)

Mercredi 8 avril

9h30 - La Ligne bleue de Marie Dumora (Dulac, 16/09/26)

13h45 - Mon grand frère et moi de Ryôta Nakano (Art

House, 06/05/26)

16h45 - Fils de personne de Safy Nebbou (Sony, 10/06/26)

19h30 - Deviens génial de Léo Grandperret (Apollo, 13/05/26)

Jeudi 9 avril

8h45 - Seuls les rebelles de Danielle Arbid (JHR, 24/06/26)

11h - D’un monde à l’autre de Jérémie Rénier (Pan, 10/06/26)

14h30 - La Poupée de Sophie Beaulieu (Ad Vitam, 22/04/26)

17h - L’Étrangère de Gaya Jiji (Tandem, 17/06/26)

19h30 - Pour le plaisir de Reem Kherici (Studio TF1, 06/05/26)

8 N°512 / 18 mars 2026


QU’AURIEZ-VOUS FAIT À LEUR PLACE ?

Melocoton Films présente

Pour Klára

un film de Olmo Omerzu

AU CINÉMA LE 8 AVRIL 2026

MATÉRIEL DISPONIBLE

AFFICHES ET AFFICHETTES

FILM-ANNONCE

PROGRAMMATION

CARTES POSTALES

ET DÉPLIANTS

Barry Ward Dexter Franc Barbora Bobul'ová Timon Šturbej Antonín Chmela

EPICENTRE FILMS : 01 43 49 03 03

GUILLAUME@EPICENTREFILMS.COM, ANDY@EPICENTREFILMS.COM, LOU@EPICENTREFILMS.COM

réalisation OLMO OMERZU écrit par OLMO OMERZU, NEBOJŠA POP-TASIĆ, KASHA JANDÁČKOVÁ image KRYŠTOF MELKA montage JAROSŁAW KAMIŃSKI son MICHAŁ FOJCIK décors ANTONÍN ŠILAR musique originale MONIKA OMERZU MIDRIAKOVÁ chanson originale BLISS composée et interprétée par PAPOOZ

produit par JIŘÍ KONEČNÝ coproduit par ROK BIČEK, MARIUSZ WŁODARSKI, MARTA GMOSIŃSKA, MICHAL SIKORA, JAROSLAV SEDLÁČEK, IVAN OSTROCHOVSKÝ, ANKICA JURIĆ TILIĆ, DRAGAN JURIĆ, HÉLÈNE MITJAVILE, THÉO LABOULANDINE directeurs de production MICHAL SIKORA, ZUZANA ZMÍTKOVÁ

une production ENDORFILM en co-production avec CVINGER FILM, LAVA FILMS, LONELY PRODUCTION, ČESKÁ TELEVIZE, PUNKCHART FILMS, KINORAMA, MELOCOTON FILMS, RTV SLOVENIJA, DIGITAL DISTRICT avec le soutien de STÁTNÍ FOND AUDIOVIZE, JIHOMORAVSKÝ FILMOVÝ NADAČNÍ FOND

POLSKI INSTYTUT SZTUKI FILMOWEJ, SLOVENSKI FILMSKI CENTER, AUDIOVIZUÁLNY FOND, HRVATSKI AUDIOVIZUALNI CENTAR, VIBA FILM, AIDE AUX CINÉMAS DU MONDE, CENTRE NATIONAL DU CINÉMA ET DE L’IMAGE ANIMÉE, INSTITUT FRANÇAIS, PLZEŇSKÝ KRAJ

co-financé par l’Union Européenne NEXT GENERATION EU ventes internationales CERCAMON distribution France EPICENTRE FILMS

www.epicentrefilms.com

KIT

RÉSEAUX SOCIAUX

ARTWORK CHECK MORRIS


LA FÉDÉRATION NATIONALE DES CINÉMAS FRANÇAIS

et LA CONSTRUCTION PAR LE CCCA-BTP présentent

- Premium Events 500 122 312 au RCS de Paris

*

PARTENAIRE MAJEUR

WWW.PRINTEMPSDUCINEMA.COM

*Tarif unique de 5€ la séance dans tous les cinémas participant à l’opération et à toutes les séances du dimanche 22 au mardi 24 mars 2026 inclus

(hors majoration pour les films en 3D, séances spéciales et prestations complémentaires). Offre non cumulable avec d’autres avantages tarifaires.


[Accessibilité]

Trouver les bons signes

Séances adaptées, information du public, formation des

personnels… et emploi des personnes en situation de

handicap dans le cinéma en général : l’inclusion et l'accessibilité

progressent, avec une attention portée aux publics déficients

sensoriels et cognitifs. L’action des pouvoirs publics y

contribue – celle du CNC, de la Commission nationale culture

et handicap… – et de nombreuses associations, qui inventent

des solutions et contribuent à la formation. Les éditeursdistributeurs,

qui participent aux côtés des exploitants et

des industries techniques à l’observatoire de l’accessibilité

du CNC, s’engagent aussi de plus en plus à communiquer de

façon plus accessible autour de leurs films… accessibles. Tour

d’horizon, non exhaustif, de l’inclusion en 2026.

N°512 / 18 mars 2026

11


Accessibilité

©Wayna Pitch

Satoshi de Jumpei Matsumoto, sorti en 2024 par Wayna Pitch, raconte l’histoire vraie d’un jeune homme aveugle et sourd.

ACCESSIBILITÉ ET INCLUSION

SUR TOUS LES FRONTS

En attendant le prochain

observatoire de l’accessibilité du

CNC, qui se réunira fin mars, la

secrétaire générale Leslie Thomas et

les représentants de la FNCF Erwan

Escoubet et Agathe de Foucher

font un point d’étape des récentes

avancées… et de ce qui reste à

améliorer.

Ces dernières années, l’accent a été mis sur l’accessibilité

des salles et des films pour les personnes atteintes de

handicaps sensoriels et cognitifs. Des handicaps pas

toujours visibles, de même que les professionnels ayant

une RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur

handicapé) ne le font pas toujours savoir. Si le travail

– et le retour – des associations montre que l’inclusion

progresse, « il est difficile de savoir précisément où en sont

les salles, car on peut supposer que celles qui répondent aux

sondages sont celles qui sont les mieux équipées et les plus

impliquées, analyse Erwan Escoubet, en charge de ces

questions à la FNCF. En tant que directeur des affaires

réglementaires et institutionnelles de la fédération des

cinémas, il participe activement à l’observatoire de l’accessibilité

du CNC, aux côtés notamment des représentants

de la FNEF, et salue le travail de Leslie Thomas en

particulier. La secrétaire générale du Centre rappelle de

son côté les avancées significatives de cette année. « En

2026, le CNC va récupérer la gestion du portail de l'audiodescription,

développé par le ministère de la Culture en

2023 et qui référence déjà plus de 2 800 films, via six

Lorsque l’AD ou les STME sont présents

sur le DCP, ils doivent être proposés

systématiquement à toutes les séances

Erwan Escoubet

Leslie Thomas (CNC) et Erwan Escoubet (FNCF) au Congrès 2023

©Jean-Luc Mege Photography

12 N°512 / 18 mars 2026


plateformes partenaires. En devenant l'opérateur du portail

à partir du 1 er juillet, nous allons donc le faire vivre plus

largement auprès des publics en situation de déficience visuelle. »

Vers une meilleure information…

Autre changement important, « nous avons réussi en

décembre dernier à faire signer un nouvel arrêté par trois

ministres – en charge de l'économie, de la culture et des

comptes publics –, qui modifie le cahier des charges des

systèmes de billetterie des cinémas ». Les fournisseurs de

logiciels de billetterie doivent désormais permettre d’intégrer,

pour chaque séance, les indications de son accessibilité

pour les personnes malentendantes et malvoyantes,

et ont six mois pour se mettre en conformité. Ces données

remonteront donc systématiquement sur AlloCiné et les

sites des cinémas, « ce qui répond à ce que soulevaient les

associations d’usagers, rappelle Erwan Escoubet, à savoir

le manque d’information et d'instantanéité de l’information

sur les séances pour le public ». Autre chantier lié à l’information

: s’assurer que les sites internet, mais aussi tout

le matériel, dont les bornes automatiques, sont bien

accessibles pour tous. « Cela ne figurait pas dans la loi

Handicap de 2005… car ce matériel n’existait pas. Mais

la directive de l’an dernier mentionne que l’on doit mettre

à disposition des casques audio et des touches en braille »,

précise le directeur juridique de la FNCF. Bref, comme

résume Leslie Thomas, « tout doit devenir accessible dans

les cinémas, sachant que l’on va plutôt vers une dématérialisation

qu’une multiplication des salariés ».

… et 100 % de séances accessibles ?

Quant à l'offre de films adaptés en elle-même, la

secrétaire générale du CNC indique la création, dans

le cadre de la Commission nationale culture et handicap

(CNCH) le 22 juillet dernier, d’un groupe de travail

avec les associations représentant les différentes formes

de handicap, les représentants des distributeurs, des

exploitants et des industries techniques. « La troisième

réunion a eu lieu le 13 mars et nous espérons aboutir fin

juin sur des propositions pour améliorer l’offre de ces

séances ». Pour Erwan Escoubet, il convient de rappeler

que « lorsque l’AD ou les STME sont présents sur le DCP,

ils doivent être proposés systématiquement à toutes les

séances ». Pour Leslie Thomas, « très clairement, 100 %

des films devraient être audiodécrits ». Or, malgré l’obligation

depuis 2020 pour tous les films français de

fournir les fichiers d’audiodescription et de sous-titrages

– sachant que les petites productions sont aidées en

cela par le CNC – et malgré la recommandation

technique de la CST sur l'emplacement de ces fichiers

sur le DCP, « il arrive qu’ils n’existent pas, ou que ce soit

le fichier pour la télévision qui arrive en salles (donc

inutilisable), ou qu’il soit au mauvais endroit », constate

le représentant de la FNCF. Ou que les exploitants

aient du mal à les repérer, comme l’explique Mathieu

Guetta de la CST [voir p. 15].

Les Petits Singuliers, programme de courts métrages pour enfants, qui célèbre la singularité et la façon de l’accepter.

Dès lors que les différentes versions existent, les cinémas

doivent être équipés correctement… et les spectateurs

aussi. « On s’oriente en effet de plus en plus vers des

solutions mixtes, entre équipement collectif en salle et

matériel individuel, pour des spectateurs qui veulent être

en autonomie », souligne Leslie Thomas, qui voit là

l’un des effets des Jeux paralympiques de 2024. « C’est

un débat qui nous mobilise beaucoup avec la FNCF,

pour que les solutions soient plus légères pour les cinémas.

On constate en effet aujourd'hui une défaillance sur la

maintenance de certains matériels, en même temps qu’un

changement d'usage. » Les spectateurs peuvent utiliser

Nous aimerions avoir

davantage de projets

permettant l’accès

à l’emploi dans les salles

de cinéma

Leslie Thomas

©Wayna Pitch

leurs smartphones et casques personnels, « ou prêtés

par la salle, à condition qu’ils soient bien utilisables,

précise Erwan Escoubet. Mais s’il y a peu de problème

pour les personnes malvoyantes, c’est plus compliqué pour

les malentendants : les sous-titres SME sur grand écran

restent mal acceptés, et ce n’est pas pratique de lire des

sous-titres sur son téléphone. Les lunettes connectées, avec

sous-titres intégrés voire langue des signes, sont une solution

intéressante, qui se développe avec succès dans le spectacle

vivant, notamment à la Comédie-Française. »

Reste que la multiplication des versions et des systèmes

pour y accéder – y compris pour les troubles cognitifs

– est complexe à gérer pour les exploitants. « Beaucoup

de solutions sont commercialisées, mais à la FNCF nous

souhaiterions qu’elles soient universelles : un film doit

être accessible quel que soit l’opérateur, sans coût pour

les utilisateurs, ni surcoût pour les salles qui ne peuvent

payer plusieurs systèmes. » Pour rappel, ces équipements

sont éligibles aux aides du CNC, mais il est difficile

de savoir si les salles utilisent leur fonds de soutien

spécifiquement pour améliorer leur accessibilité.

« Généralement, ces dépenses sont intégrées parmi d’autres,

dans le cadre d’une modernisation », constate la secrétaire

générale du CNC. Au-delà de son observatoire, on

voit bien que la cohésion au sein de toute la filière est

essentielle : Erwan Escoubet en est convaincu, qui a

initié un autre groupe de travail interprofessionnel,

réunissant les exploitants et tous les producteurs,

éditeurs, la FICAM et l’ADRC.

Accessibilité à l’emploi

S’il reste essentiel de former les personnels des cinémas

à l’accueil des publics [voir pages suivantes], un autre

enjeu reste l’accès à l’emploi pour les personnels en

situation de handicap, dans le et les cinémas. Côté CNC,

c’est l’objectif de l’appel à projets Les uns et les autres.

« La prochaine édition sera lancée en avril, avec un nouveau

partenaire financier qui sera dévoilé à cette occasion. » Leslie

Thomas en attend « une nouvelle impulsion, pour un

dispositif qui a toute son importance, car en dehors de

l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion

des personnes handicapées), il y a peu d'accompagnement

public spécifique à nos filières, en matière d'emploi de

personnes en situation de handicap » [voir aussi p.18].

Hormis le projet inclusif du cinéma de Boulogne, Les

uns et les autres a soutenu jusqu’ici « principalement

des projets de films et séries, mais aussi des affiches parlantes

[voir p16] ou des actions de formation. Il est vrai que

nous aimerions avoir davantage de projets permettant

l'accès à l'emploi dans les salles de cinéma… ce qui pourrait

bouger cette année ».

©Les Films du Préau

A Second Life de Laurent Slama sortira le 10 juin 2026.

N°512 / 18 mars 2026

13


Accessibilité

La FNCF, de son côté, après une charte signée en

avril 2022 pour tendre vers plus d’inclusion, a

rouvert la négociation en octobre dernier avec les

partenaires sociaux. « Un accord devrait être signé

dans les prochains mois, indique Agathe de Foucher,

secrétaire générale administrative de la Fédération,

afin de renforcer les enjeux d’information et de formation

autour du handicap, d’après les réticences qu’on a pu

observer. » La FNCF communiquera auprès de ses

adhérents très régulièrement, avec un onglet dédié

sur son site, sur la question de l’emploi d’un salarié

en situation de handicap. Il s’agit d’abord de sensibiliser,

en s'appuyant sur Audiens et sa Mission

Handicap, sur les aménagements spécifiques du

poste de travail, la formation des managers, et un

accompagnement positif des professionnels. « Nous

avons le projet d’une vidéo qui mette en avant des

situations positives, pour montrer que ça marche chez

certains ; sept exploitants se sont déjà portés volontaires

pour témoigner de leur expérience. Nous avons aussi

demandé à la mission Audiens d’organiser un séminaire

à destination des managers. »

Le deuxième axe est de faciliter l’intégration du

handicap dans la vie des entreprises, ce qui passe

aussi par l’aménagement du bâti. La FNCF a sensibilisé

les architectes de l’ADRC, pour que cette

dimension soit intégrée au cahier des charges. Sur le

recrutement, « nous essayons de conseiller à toutes les

phases : où trouver des candidats, comment rédiger une

fiche de poste adaptée à différentes formes de handicaps,

avec des critères pour évaluer l’employabilité d’un salarié.

L’enjeu du tutorat, avec des passeurs dans l’entreprise,

est aussi important et il ne faut pas oublier le maintien

dans l’emploi, pour un salarié qui commence à avoir

un handicap ou des problèmes de santé. »

Enfin, il s’agit de faciliter la RQTH, sans laquelle

on ne peut bénéficier d'aménagements du poste ou

d’horaires de travail. « Ce n’est pas toujours facile à

demander, ni à faire savoir, souligne Agathe de

Foucher. Or la RQTH permet à l'entreprise de remplir

ses quotas, et au salarié de faciliter ses conditions de

travail, son évolution, et une médiation qui peut éviter

une surfragilisation psychique ». Selon la permanente

de la FNCF, « tous les partenaires sociaux sont très

motivés par le sujet ».

Cécile Vargoz

Bientôt un cinéma inclusif

à Boulogne

Soutenu par le CNC et l’Agefiph dans le cadre de l’appel à

projets “Les uns et les autres” en 2023, ce projet de quatre

écrans et 480 fauteuils, né d’un partenariat entre la

Fondation Perce-Neige et la Mairie de Boulogne-Billancourt,

sera le premier espace culturel inclusif de France, tourné plus

spécifiquement vers l’insertion professionnelle de personnes

en situation de handicap mental et cognitif. Validé en CDACi

en nov 2024, il devrait ouvrir en 2027.

L’ENJEU DE LA FORMATION

Mieux accueillir les publics en situation de handicap est d’abord un enjeu

humain et sociétal, c’est aussi une obligation légale depuis 2015. Parmi les

formations proposées par les associations, celles de Culture Relax et de la CST

s’adressent particulièrement aux personnels et médiateurs des cinémas.

Lors d'une formation à Belfort

Ciné Relax : accompagner les

bénévoles… et les salariés

L'association Culture Relax, qui fédère les 95 salles

proposant des séances inclusives “relax”, forme les

bénévoles mais aussi les salariés des cinémas. Pour

rappel, une séance Ciné Relax accueille tous les publics,

mais en se voulant plus attentive aux spectateurs porteurs

d’un handicap complexe (personnes autistes, polyhandicapées,

avec un handicap intellectuel ou psychique,

ou encore atteintes de la maladie d’Alzheimer). Cela

passe par des aménagements techniques – pas de pub

ni de FA, son abaissé, lumière s'éteignant progressivement…

– mais, surtout, par un accompagnement

humain important. « Les bénévoles sont indispensables,

pour accueillir les familles de personnes handicapées, mais

aussi expliquer aux autres spectateurs que des comportements

atypiques peuvent s'exprimer pendant la projection »,

rappelle Carole Jullienne, coordinatrice nationale du

réseau Ciné Relax. « Il est important de sensibiliser aussi

tous les personnels du cinéma, qui, parfois, n’ont pas toutes

les infos sur le déroulement d’une séance Relax et qui ne

savent pas quelle posture adopter face à ces publics. » Celle

qui assure ces formations auprès des bénévoles, comme

la semaine dernière au Kinepolis de Belfort où Ciné

Relax vient d'être lancé, précise que « les directeurs de

cinémas y assistent en général, ou à défaut les assistants,

mais aussi les caissiers et projectionnistes ».

Si Culture Relax a toujours assuré la formation des

bénévoles dans les salles proposant le dispositif, l’association

est certifiée Qualiopi depuis un an et peut donc

aussi proposer une formation plus spécifiquement aux

salariés. Car il s’agit de conseiller « sur la bonne attitude

à adopter, ne pas être maladroit auprès de publics différents,

mais aussi sur la façon de communiquer autour de ces

séances, au-delà des structures et collectivités locales qui

s’en font le relais ».

Et les salles sont de plus en plus motivées. L'opération

“Tous ensemble au cinéma”, organisée sur un week-end

d’octobre 2025 autour d’une avant-première inclusive

de Marcel et Monsieur Pagnol, a rassemblé 4 500 spectateurs

dans 206 cinémas, soit au-delà de la centaine de salles

inscrites au dispositif. « Cette opération a vraiment fait

prendre conscience de la qualité de ces séances et donné envie

de les pérenniser. De nombreux cinémas veulent adhérer à

Ciné Relax, et nous avons eu une soixantaine de premiers

rendez-vous en 2025 pour présenter le dispositif et les conditions

de la mise en place de séances Relax, sans compter les

circuits qui nous sollicitent sur plusieurs, voire tous

leurs cinémas. »

Culture Relax propose ainsi une formation de sensibilisation

pour préparer les équipes de cinémas (hors réseau

Ciné Relax) à accueillir toute personne en situation de

handicap, qu'elle adapte selon les besoins du commanditaire.

Carole Julienne l’a déjà animée pour le réseau

itinérant CinéLigue et bientôt aux CEMEA (Centres

d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active), qui

organisent le Festival du film d'éducation, ou encore aux

bus de CineMo. Afin de répondre à la forte demande de

formation des cinémas et d’accompagnement à la mise

en place de séances Relax, l’association réfléchit, en

partenariat avec des circuits tels que CGR ou Pathé, au

développement d’une offre de formation personnalisée

aux besoins de chaque circuit. Celles-ci pourraient être

déployées avec l’appui de formateurs formés et accompagnés

par Carole Jullienne.

Au 1 er septembre 2025, 258 personnes (bénévoles et

personnels des cinémas) ont été formées.

©Nadia Laayssel

Cécile Vargoz

14 N°512 / 18 mars 2026


CST/Inclusiv’ : un parcours en 4 modules

Lancée en 2023, en partenariat avec Inclusiv’ et soutenue

par Retour d’Image et Ciné Sens, la formation de la CST

se décline en 4 modules – Technique, Programmation,

Communication, Accueil et Médiation –, qui peuvent

être suivis dans leur ensemble ou séparément. Elle gagne

du terrain avec, en 2025, 9 sessions pour 70 professionnels

formés, principalement à Paris dans les locaux de la CST,

mais aussi en régions. Ainsi dans celle de Toulouse, où

« les équipes d'Inclusiv et de Retour d'Images sont descendues

quatre fois », souligne Mathieu Guetta, référent exploitation

à la CST et impliqué dans la pédagogie des 4 modules.

Un « vrai succès », pour une quarantaine de professionnels

formés, accueillis aux cinémas ABC (photo) et Véo Muret.

Une journée a aussi été organisée au Café des Images à

Hérouville-Saint-Clair, à sa demande. « Le module programmation

ayant déjà été suivi par les responsables, nous avons

synthétisé les aspects techniques, accueil et communication

inclusive sur une journée, pour la totalité des personnels, y

compris ceux du bar, ce qui témoigne d’une dynamique

complète au sein de l'équipe. »

Clarifier les aspects techniques

Des équipes auxquelles il manque souvent des « idées

claires », selon Mathieu Guetta, sur la partie technique.

« Les opérateurs des salles mélangent souvent les différentes

solutions, d’autant que les termes indiqués sur les DCP

ne sont pas ceux utilisés dans le langage courant : OCAP

(Open Caption), pour les sous-titrages sourds et malentendants

(SME) qui s'affichent à l'écran, et CCAP (Closed

Caption), pour les sous-titres SME sur des appareils

individuels. VI (Visual Impaired) désigne l'audiodescription

sur le DCP, et HI (Hearing Impaired) le renfort

sonore. » La formation détaille aussi l'ensemble des

solutions techniques disponibles aujourd'hui sur le

marché français, alors que l’on est dans une période

de transition. « Beaucoup des solutions sur lesquelles les

exploitants avaient misé, qui reposaient sur les ondes HF,

sont aujourd'hui progressivement abandonnées, à cause

de l'obsolescence du matériel mais aussi de l’abandon des

ondes radio. La tendance est de les remplacer par des

systèmes qui fonctionnent soit en Wi-Fi, soit à l'avenir

avec de l’Auracast, un bluetooth qui n'est plus un one to

one, mais un émetteur vers plusieurs récepteurs. Dans ce

cas, les spectateurs utilisent leur smartphone ou une

application pour capter le signal. »

Car on voit aussi arriver des applications autonomes,

sur des plateformes où le public peut charger sa version

accessible avant d'aller au cinéma, qui va se synchroniser

automatiquement au démarrage de la projection. C’est

le cas de Greta (chez Megarama, Pathé, UGC…), de

CinéAccess (chez CGR), mais aussi de La Bavarde et

de Movie Reading pour la VAST (Version originale

audio sous-titrée). « Ainsi, de plus en plus, la salle est

propriétaire de son émetteur et le spectateur vient avec

son propre récepteur. Beaucoup d’exploitants doivent

Les modules Technique,

Programmation,

Communication, Accueil et

Médiation, peuvent être

suivis ensemble

ou séparément

racheter du matériel et sont un petit peu perdus », d’où

l’intérêt de cette session technique. Elle aborde aussi

l’accessibilité pour les PMR, avec un architecte de

l’ADRC qui rappelle les dispositions nécessaires et

l'obligation légale de tenir un registre

d’accessibilité.

Programmer et communiquer, avec les

distributeurs

Le module programmation accueille aussi les distributeurs,

pour aider à préparer en amont une séance

accessible. La chaîne de fabrication des différentes

versions, le rôle des producteurs, des éditeurs et des

exploitants, et les outils (Cinedi, les sites des associations…).

« L’équipe de Condor est venue pour Sorda,

ce qui a nourri une réflexion en profondeur sur la façon

de communiquer en amont sur les versions accessibles,

notamment en VO [voir p.19]. Et surtout, « le dialogue

entre distributeur et exploitant a été extrêmement

fructueux ».

La partie communication de la formation est aussi

essentielle en ce qu'elle apprend à communiquer de

façon accessible, en faisant remonter les informations

sur sa newsletter et son site et, « par exemple, les rendre

compréhensibles par une liseuse pour personnes malvoyantes ».

Quant au module Accueil et Médiation, « il est important

de rappeler qu’il est obligatoire pour les professionnels

des établissements accueillant plus de 200 personnes ».

Mathieu Guetta souligne que les 4 modules de formation

sont parfois suivis par la même personne, dans le cas

d’un mono écran, ou parfois par un même cinéma mais

à travers quatre interlocuteurs différents, en fonction du

poste occupé. Certes, il n’est pas toujours simple pour

les salles de se déplacer ou de consacrer du temps à se

former, sachant que les exploitants « ont la tête dans le

guidon sur de multiples sujets », reconnaît le référent de la

CST. « Mais il faut tendre vers l’exemplarité, et la formation

donne aussi l’occasion d’échanger et de partager son expérience

». D’autant plus que, hormis les sessions datées à

Paris jusqu’en décembre 2026, la formation peut se

déplacer à domicile : une ou deux journées sont en

préparation entre Montpellier et Perpignan, pour rassembler

plusieurs salles du territoire.

Cécile Vargoz

Loi n° 2015‐988 du 5 août

2015 et article L. 4142‐3‐1

du Code du travail

« Dans les établissements recevant du public dont la

capacité d'accueil est supérieure à deux cents personnes,

l'employeur met en œuvre une formation à l'accueil et à

l'accompagnement des personnes handicapées à

destination des professionnels en contact avec les usagers

et les clients. »

©Sébastien Lefebvre - CST

Le cinéma ABC de Toulouse a accueilli la formation CST, organisée dans la région.

N°512 / 18 mars 2026

15


Accessibilité

PRÉSERVER L’EXIGENCE DE L’AUDIODESCRIPTION

À l'occasion de leur victoire aux Marius pour

Dossier 137, Katia Lutzkanoff et Nasrredine Nasli-

Bakir évoquent les difficultés actuelles de l'audiodescription,

qui pâtit encore d'un manque

d'accessibilité en salle et de la concurrence de

l'intelligence artificielle.

Première agence française dédiée à l’audiodescription,

ZeugmaConcepts propose des affiches de films

“parlantes”, co-écrites par des auteurs voyants et

aveugles, et enregistrées par des comédiens professionnels,

« ce qui est l'ADN de mon projet » rappelle

Raphaëlle Valenti, comédienne et fondatrice de l’agence,

mais aussi autrice distinguée par deux Marius. L’an

dernier, le concept a remporté l’appel à projet Les Uns

et les autres [voir Boxoffice Pro du 22/10/25], dans le

cadre duquel le CNC finance 50 affiches, qui seront

disponibles sur le portail de l’audiodescription. Ce

portail est désormais piloté par le CNC, comme

confirmé lors de la cérémonie des Marius. Une bonne

nouvelle pour Raphaëlle Valenti, « car mon objectif est

de travailler sur 2 800 titres du portail ».

Reste l’enjeu d’une présence dans les cinémas. Techniquement,

les affiches parlantes y sont facilement

©apiDV

Le 25 février dernier, la neuvième édition des Marius

de l’audiodescription a consacré le travail de Katia

Lutzkanoff pour la seconde fois. Trois ans après avoir

été distinguée pour La Nuit du 12 de Dominik Moll,

l’autrice est célébrée pour Dossier 137, du même cinéaste.

Pour cette occasion, elle a remis son trophée à Nasrredine

Nasli-Bakir, son relecteur aveugle. Le binôme collabore

depuis plus de dix ans, et est témoin des évolutions du

métier, avec lesquelles viennent un certain nombre de

craintes. Comme l’a souligné le président du CNC

Gaëtan Bruel lors de la cérémonie, « des progrès ont été

accomplis, mais ce n’est pas suffisant », et le principal

problème pointé du doigt est, justement, l’accessibilité

de l’accessibilité. « Nous ne sommes pas assez au courant

des films audiodécrits diffusés en salle », regrette Nasrredine

Nasli-Bakir, qui souligne en outre qu’une fois au cinéma,

une personne aveugle se heurte très souvent à des bornes

non accessibles. Sans oublier des problèmes de matériel

très fréquents et l’impossibilité, encore trop récurrente,

pour « une personne malentendante et une personne aveugle

d’assister à la même séance ».

À cela s’ajoute la menace grandissante de l’intelligence

artificielle sur le travail des audiodescripteurs, tant dans

l’écriture que l’interprétation : « Le Marius récompense

bien plus qu’un dispositif technique, selon Gaëtan Bruel.

L’audiodescription est l’art de restituer la matière des films

par la justesse des mots. » Katia Lutzkanoff remarque de

LES AFFICHES PARLANTES DE ZEUGMACONCEPTS

accessibles, via un QR code ou une puce NFC, qui

déclenche le son sur le smartphone du spectateur ou

un casque Bluetooth. La solution est gratuite pour

l’exploitant, qui reçoit les fichiers MP3. À ce jour,

ZeugmaConcepts a audiodécrit une vingtaine d’affiches

– dont celles d’Amélie et la métaphysique des tubes,

L’Attachement ou encore « ce bijou qu'est L'Épreuve

du feu » –, et travaille actuellement sur l’affiche de

Sorda [voir p.19], grâce à l’implication de Condor.

Car au-delà du soutien des pouvoirs publics, « l’idée

est de travailler directement et systématiquement avec

les distributeurs, pour que ces affiches soient accessibles

au moment de la sortie du film ». Raphaëlle Valenti

appelle aussi de ses vœux un partenariat avec AlloCiné,

« médium incontournable pour l'information de tous les

publics. » D’autant plus que les affiches audiodécrites

ne concernent pas seulement les déficients visuels,

« mais de plus en plus les personnes autistes, illettrées,

son côté que « des auteurs, jusqu’alors très prolifiques,

peinent à trouver du travail aujourd’hui ». L’IA dérègle

le marché et ses tarifs, et malgré une baisse de qualité

constatée par tous les représentants d’organisations du

handicap visuel, elle est désormais privilégiée par de

plus en plus de productions. « Les audiodescripteurs

travaillent avec un niveau d'exigence qui a permis une

grande qualité. Il faut être vigilant à ne pas reculer. »

Celle qui travaille depuis 2022 chez Poly Son – structure

de post-production cinématographique et audiovisuelle

– remarque toutefois des évolutions positives dans son

métier. Particulièrement, les cinéastes sont de plus en

plus investis dans la relecture du texte, à l’instar de

Dominik Moll. « Les réalisateurs sont souvent très intéressés

de découvrir comment leur film sera perçu par un non-voyant »,

explique-t-elle. En dehors des cinémas, le CNC a

également annoncé prendre la gestion du portail de

l’audiodescription, Gaëtan Bruel justifiant cette décision

par « le choix, assumé au niveau du ministère de la Culture,

d’une accessibilité cohérente, de la production des œuvres

jusqu’à leur diffusion ». Une nouvelle reçue positivement

lors de la cérémonie du Marius, bien que Katia Lutzkanoff

regrette l’absence de crédit pour les auteurs de

l’audiodescription.

Jules Dreyfus

allophones, et les enfants qui peuvent facilement les écouter ».

Mais Raphaëlle Valenti, avec la trentaine d’auteurs

qu’elle a formés depuis plus de deux ans, fait un métier

de l'ombre. Un travail sans IA et qui engage toute la

sensibilité humaine, comme « celle de mon grand ami

et collaborateur Emmanuel Curtil, voix VF de Jim Carrey,

que l’on a vu dans la lumière aux César ». Le comédien

a notamment lu l’affiche du Seigneur des Anneaux :

Le Retour du Roi, comme d’autres que l’on peut écouter

sur le site et la chaîne YouTube de ZeugmaConcepts.

En attendant de pouvoir travailler sur l’ensemble des

sorties, Raphaëlle Valenti et son équipe collaborent à

nouveau avec le Festival international d'Annecy pour

son affiche officielle, et avec le FIFI, festival du film

inclusif, qui aura lieu à Cannes du 16 au 21 juin 2026.

C.V.

©ZeugmaConcepts

Les affiches parlantes

©ZeugmaConcepts

Affiche de film

Nom du film en braille

QR code de l’affiche

et/ou

Puce NFC

Prototype visuel non exhaustif

Dans le cadre des formations menées par ZeugmaConcepts, Aziz Zogaghi (à droite) a animé une masterclass

sur l’audiodescription auprès d’étudiants de l’Université de Bretagne-Occidentale à Brest.

16 N°512 / 18 mars 2026



Accessibilité

INCLUSION, LA BATAILLE DE

JULIEN RICHARD-THOMSON

©Jaguarundi Films

du récit. « On exige des cinéastes en situation de handicap

d’aborder prioritairement ce sujet, comme on pouvait demander

autrefois aux femmes de faire des films “de femmes”. »

Pendant ce temps, aux États-Unis notamment, des militants

s’opposent farouchement au “cripping-up”, soit le fait pour

un acteur valide de jouer un rôle d’handicapé. Julien

Richard-Thomson se dit plus nuancé – « un acteur homosexuel

peut très bien jouer un hétéro » –, mais sachant qu’un

acteur en fauteuil a du mal à trouver du travail, « on comprend

qu’il en aura encore moins quand il va à un interprète connu ».

Des écrans plus inclusifs

Certes, l’inclusion progresse. L’immense succès de Un p’tit

truc en plus, et avant lui des films comme Intouchables, La

Famille Bélier ou Le Huitième jour, ont contribué à faire

évoluer les mentalités. Y compris celles des producteurs

« qui voient que le talent de professionnels en situation de

handicap, comme dans le film d’Artus, peut être rentable ».

Les pouvoirs publics s’impliquent, via le CNC, la Mission

Handicap d’Audiens – financée par l’AGEFIPH –, ou

encore la commission nationale Culture et Handicap,

« dont Charlotte Parmentier-Lecocq, alors ministre chargée

de l'autonomie des Personnes handicapées, a annoncé la

réactivation lors de notre rendez-vous cannois, Écrans inclusifs,

lancé l’an dernier [voir Boxoffice Pro du 25 juin 2025] ».

Une mission dédiée à l’accessibilité des métiers de la culture

et du cinéma a alors été confiée à Lætitia Bernard, journaliste

(et cavalière) non-voyante.

Julien Richard-Thomson sur le stand du SPCH au Salon Paris Images

Le président du Syndicat des

professionnels du cinéma en situation

de handicap, qui a lancé les Écrans

Inclusifs au Festival de Cannes l’an

dernier, publie Inclusion, La bataille

des écrans, un livre sur l’accès aux

métiers du cinéma et de l'audiovisuel.

« Si j’ai toujours eu un comportement un peu bizarre, j’ai

pris conscience assez tard qu’il pouvait s’agir d’un handicap »,

explique Julien Richard-Thomson. Atteint du syndrome

Gilles de la Tourette, ses tics ne l'empêchent pas de vivre

une scolarité normale, ni de réaliser très vite des films et

webséries. Mais, comme il le relate dans son livre publié

en janvier dernier, « c’est en étant confronté ensuite à des

producteurs et décideurs que j’ai constaté une méfiance.

Même quand mon projet plaisait, on me regardait curieusement

et je représentais un risque. À 40 ans, je me suis

aperçu que ma carrière avait vraiment du mal à décoller. »

Le réalisateur finit donc par demander une RQTH

(reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé)

et décide de parler de son syndrome plutôt que de le

cacher. « Pas seulement pour moi, mais en montant une

association – le SCPH n’est pas encore officiellement un

“syndicat” –, pour faire du lobbying auprès d'organismes

professionnels et du CNC. On pourrait penser que la culture

est plus ouverte, mais curieusement, l’inclusion y est plus en

retard que dans l’industrie automobile. »

En témoigne cette rencontre sur l’inclusion au Festival de

Cannes en 2019, « qui concernait principalement la place

des femmes dans le cinéma, un peu les minorités sexuelles et

les gens des quartiers… mais sans un mot sur les handicapés.

J’ai réussi à voler un micro pour intervenir, en rappelant que

le handicap reste la première discrimination en France, et

j’ai annoncé la création du SCPH ». On parlait alors déjà

d’accessibilité des œuvres et des salles, mais pas très peu

de l’accès aux métiers. Or « considérer les personnes handicapées

comme de seuls consommateurs de culture et leur

interdire de produire la culture est une aberration », écrit

Julien Richard-Thomson dans son livre.

Pas de bras, pas de cinéma ?

Il réalise l’année suivante un documentaire, produit par

Otago Productions et financé par le groupe Canal+, intitulé

Pas de bras, pas de cinéma ?. « J’y abordais la représentation

du handicap dans les films à travers l’histoire, mais aussi

l’emploi des personnes handicapées, quasiment absentes des

équipes de tournage. » Ce film reçoit une aide du CNC,

avec lequel le réalisateur contribue par ailleurs au lancement

de l’appel à projets Les uns et les autres en 2021. Plus

récemment, alors qu’il ne fait plus partie du jury, il postule

pour un projet de série TV qui prévoyait l’embauche de

25 % de collaborateurs handicapés… mais n’est pas retenu

au motif qu’il ne place pas le thème du handicap au centre

L’insertion commence par un meilleur accès aux écoles

– comme l’EICAR et l’ESRA où Julien Richard-Thomson

donne des cours –, ce qui sera mis en avant pour la 2 e

édition des Écrans inclusifs, qui réunira professionnels

et organismes à Cannes le 21 mai prochain. De son côté,

le SCPH milite pour réformer le régime des intermittents

du spectacle, en abaissant le nombre d’heures exigé pour

les personnes ayant une RQTH, « qui, sans ce statut, sont

souvent contraintes de quitter leur métier ». On constate

aussi que l’évolution des technologies – le numérique en

général, certains outils d’IA… – a facilité l’accès à des

postes techniques, tout comme elle améliore l’accessibilité

des salles de cinéma. Des salles qui sont « des endroits

formidables pour débattre du handicap. Et il y a tant

d'associations concernées que souvent, cela garantit un public

pour les films traitant du handicap, même très modestes »,

constate Julien Richard-Thomson. Et bien sûr, les cinémas

peuvent eux aussi offrir des emplois, à l'accueil ou en

projection. « Il est essentiel de croiser toute la filière »,

souligne celui qui est membre de l'observatoire de l’accessibilité

du CNC… et reste en cela optimiste.

« Au moment où les États-Unis reculent sur l’inclusion, la

France est sur un chemin vertueux. »

Cécile Vargoz

Le livre deJulien Richard-Thomson analyse la représentation du handicap à l’écran et le sort

des artistes et techniciens handicapés, et formule des solutions pour l'améliorer. Il propose

aussi une série d'entretiens avec des personnalités concernées ou engagées en faveur de

l'inclusion (les cinéastes Éric Toledano et Olivier Nakache, la productrice Fanny Riedberger,

la monteuse Diane Maroger les comédiens Sam Karmann, Ness Merad ou Charles

Peccia-Galletto…).

Jaguarundi Editions - en librairie et par correspondance

18 N°512 / 18 mars 2026


PLUS FORT QUE MOI, TROUVER LE BON GESTE

En salles ce 1 er avril, le nouveau long métrage

de Kirk Jones raconte, sur une trentaine d’années,

l’histoire vraie de John Davidson, Anglais

atteint du syndrome Gilles de La Tourette. Mirana

Rakotozafy, directrice de la distribution chez

Tandem, et Coline Aymard, présidente de l’agence

Citizen 7, détaillent les enjeux de cette sortie.

Le 22 février dernier, Plus fort que moi a connu une

exposition soudaine avec ses trois Baftas, dont celui du

meilleur acteur pour Robert Aramayo. Une soirée dorée,

accompagnée d’une polémique : alors que Michael B.

Jordan et Delroy Lindo étaient sur scène pour remettre

un prix, John Davidson a proféré des insultes racistes à

leur encontre. Une manifestation du syndrome Gilles

de La Tourette dont est atteint le Britannique cinquantenaire,

qui dit et fait des choses qui ne reflètent pas sa

pensée… car c’est plus fort que lui. Pour Tandem, accompagné

de Citizen 7, ce moment a été une opportunité

pour communiquer sur ce qu’est le trouble, tout en

prolongeant la ligne que développent le distributeur et

l’agence. « Nous nous adressons à toutes les personnes atteintes

de troubles neurodéveloppementaux, explique Coline

Aymard. Mais aussi, par l’universalité du récit, nous pensons

pouvoir toucher toutes les personnes concernées par les questions

de solitude ou de santé mentale. »

Plusieurs partenariats sont mis en place, comme avec

l’Association française du syndrome Gilles de la Tourette

(AFSGT) qui accompagne de nombreuses séances, ainsi

qu’un kit de projection-débat clé en main. Pour sensibiliser

le grand public, l’agence mobilise des créateurs

thématiques sur Instagram, TikTok, mais aussi LinkedIn

©One Story High/ Tempo Productions, I Swear

afin d’éclairer sur l’inclusion dans le monde du travail,

thème faisant partie intégrante de Plus fort que moi.

Enfin, un guide à destination des exploitants – et plus

largement du public en salles – sera proposé pour

accompagner l’accueil des personnes atteintes du syndrome.

Cet outil est coordonné par Citizen 7, en collaboration

avec l’AFSGT et le Dr Andreas Hartmann (neurologue

spécialiste du syndrome de Gilles de la Tourette), avec

l’appui des ressources de la Délégation interministérielle

pour les troubles du neurodéveloppement.

Dans un mélange de cinémas indépendants art et essai

et de circuits, Tandem compte distribuer le film sur au

moins 300 copies et, dans la continuité de l’inclusion

qu’il valorise, proposera une VF, en plus de la VO.

« C’est une sortie très populaire, qui s’adresse à tout le

monde, en témoignent ses prix du public à Arras ou aux

Arcs », déclare Mirana Rakotozafy. Plus fort que moi

obtient également une grande résonance auprès du

public jeune : les jurys jeunes des festivals l’ont souvent

plébiscité, et il a obtenu le soutien du Comité 15-25

de l’AFCAE. Une adhérence qui n’écarte pas les seniors,

car, comme l’affirme la directrice de la distribution de

Tandem, « c’est un film adapté de 14 à 94 ans ! ».

J.D.

POUR SORDA, CONDOR TEND L’OREILLE

Daté au 29 avril, le premier long métrage de

l’Espagnole Eva Libertad suit le parcours d'une

femme sourde. Alexis Mas, PDG de Condor, et

Lucie Commiot, directrice de la distribution,

doublent leur approche de sortie classique par

une stratégie axée sur l'accessibilité et l'inclusion.

Pour Condor, l'aventure Sorda démarre à la Berlinale

2025, où le film obtient le Prix du public et le Prix

CICAE de la section Panorama. Le distributeur fait

alors le choix, au vu du sujet, de « prendre le temps de

comprendre toutes les problématiques de l'accessibilité en

formant [ses] équipes avec la CST », explique Lucie

Commiot. À l’été, la structure entre en concertation

avec les prestataires et les associations spécialisées afin

de développer « la meilleure expérience du film », souligne

Alexis Mas. Ainsi, des partenariats sont montés avec

l’Institut national de jeunes sourds de Paris, Infosens,

Ciné-sens, la CST, Les Yeux Dits, La Bavarde, Retour

d’image, Unanimes et Les Affiches Parlantes. Cette

ambition s’incarne dans un dispositif spécifique : toutes

les séances proposeront des sous-titres SME et le film,

exclusivement en VO, bénéficiera d’une bande-annonce

inclusive pour sourds et malentendants.

©Condor Films

Ce travail est également mis en place pour les déficients

visuels : l’audiodescription, disponible à chaque projection,

sera doublée des affiches parlantes développées par

ZeugmaConcepts [voir p. 16]. Toutes ces initiatives ont

pu être testées au Festival Premiers Plans d’Angers, où

Condor a rencontré le jury de la Fondation VISIO,

composé uniquement de personnes aveugles et malvoyantes.

À la suite des formations de la CST, le distributeur a

imaginé un kit de médiation clé en main, afin de permettre

aux exploitants de faire découvrir une séance audiodécrite

ou avec sous-titres SME. « Nous avons sélectionné le court

métrage de la réalisatrice, Deaf, qui est une sorte de préquel

de Sorda, développe Alexis Mas. Une voix off guide les

spectateurs à travers deux moments : un sans image mais

avec le son, et un autre sans le son mais avec l’image et des

sous-titres SME. » Le DCP, d’une durée de 20 minutes,

pourra être mis en avant-séance que les exploitants

devront alors indiquer.

En attendant la sortie le 29 avril, la réalisatrice sera en

France à partir de fin mars pour faire la tournée des

festivals de cinéma espagnol. Sorda arrivera dans les salles

avec une belle exposition grâce à ses trois Goya, dont

celui du meilleur premier film et du meilleur espoir

féminin pour Miriam Garlo, devenue à cette occasion

la première interprète sourde à recevoir une récompense

à la cérémonie espagnole. De bon augure pour Condor,

qui sait que ce coup d’essai inclusif pourra être réitéré

pour de prochaines sorties.

J.D.

N°512 / 18 mars 2026

19


Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S12

18 MARS

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PLUME ET SILLONS DISTRIBUTION 57KM 01h50 G.Descave et S.Mathelin

POWERHOUSE PRODUCTIONS AADU 3 02h20 M.Thomas Jayasurya, S.Kurup, D.Bolgatty

ASSOCIATION CINÉMA BERRYWOOD

PRODUCTION ADNAN ET SES CHÈVRES 01h20 H.Maisari X.Gauthier, F.Gauthier, C.Bobbio

DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS ALLO LA FRANCE 01h17 F.Devigne

MATSYLIE PRODUCTIONS COMPOSTELLE, LE CHEMIN DES ETOILES 01h28 L.Granier

SAJE DISTRIBUTION DAVID 01h49 B.Dawes et P.Cunningham P.Wickham, A.Chaudhry, B.Engman

CHANDELIER DERNIÈRE SOIRÉE 01h10 N.Dozol L.Cecchi, R.Gérard, U.Condolo

FRIDAY ENTERTAINMENT DHURANDHAR: THE REVENGE 03h55 A.Dhar R.Singh, A.Khanna, S.Dutt

JOUR2FÊTE LA DANSE DES RENARDS 01h34 V.Carnoy S.Kircher, F.Anaflous, J.Cuppens

PANAME DISTRIBUTION LA GIFLE 01h26 F.Hambalek L.Geiseler, J.Jentsch, F.Kramer

DIAPHANA DISTRIBUTION LA GUERRE DES PRIX 01h36 A.Dechaux A.Girardot, O.Gourmet, J.Frison

MALAVIDA FILMS LA PRINCESSE, L'OGRE ET LA FOURMI 00h41 E.Nazarov

DULAC DISTRIBUTION LAS CORRIENTES 01h40 M.Mumenthaler I.Gonzalez Sola, E.Bigliardi, C.Sanchez

LES FILMS DU TITAN LE POUVOIR DE L’INSIGNIFIANT 01h11 O.Flamion

ANDANA FILMS LES CHAILLÉES DE L'ENFER 01h42 L.Boudet

METROPOLITAN FILMEXPORT LE SIFFLET 01h40 C.Hardy D.Keen, P.Hynes White, S.Nélisse

GAUMONT DISTRIBUTION LES RAYONS ET LES OMBRES 03h19 X.Giannoli J.Dujardin, N.Golubeva, A.Diehl

FANNY DORIAN DISTRIBUTION L'ÉTAGE SECRET...BAD GASTEIN 01h36 N.Lechner S.John, A.Benzin, M.Reinwald

PATHÉ FILMS POLICE FLASH 80 01h26 J.Saurel F.Damiens, A.Lamy, X.Lacaille

WAYNA PITCH PRÉCIEUSE(S) 01h17 F.Guiard-Norel

SONY PICTURES RELEASING FRANCE PROJET DERNIÈRE CHANCE 02h37 P.Lord et C.Miller R.Gosling, S.Hüller, M.Vayntrub

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR REMINDERS OF HIM 01h55 V.Caswill M.Monroe, T.Withers, R.Pankow

LA TRAVERSE

RÉTROSPECTIVE PIERRE ZUCCA (4 FILMS)

OUTPLAY FILMS SCÈNES DE NUIT 01h59 F.Matzembacher et M.Reolon G.Faryas, C.Luna, H.Barreira

MEDIA ART SILENTIUM 01h33 N.Chatta M.Dahech, A.Chouayet, R.Hayouni

PATHÉ LIVE TRISTAN ET ISOLDE (METROPOLITAN OPERA) 05h27 Y.Sharon L.Davidsen, E.Gubanova, M.Spyres

FRIDAY ENTERTAINMENT USTAAD BHAGAT SINGH 02h30 H.Shankar P.Kalyan, Sreeleela, A.Rana

POWERHOUSE PRODUCTIONS YOUTH 02h20 K.Karunas K.Karunas, S.Devi, A.Anilkumar

S13

25 MARS

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PATHÉ LIVE ALAIN SOUCHON - LE CONCERT AU CINÉMA 02h10 T.Teston

MALAVIDA FILMS ALICE COMEDIES 00h48 W.Disney

CONDOR DISTRIBUTION ANEMONE – LES RACINES DU MENSONGE 02h05 R.Day-Lewis D.Day-Lewis, S.Bean, S.Morton

CGR EVENTS ASSASSINATION CLASSROOM THE MOVIE : OUR TIME M.Kitamura J.Fukuyama, M.Fuchigami, N.Okamoto

PATHÉ LIVE

BRING ME THE HORIZON : L.I.V.E. IN SÃO PAULO (LIVE IMMERSIVE

VIRTUAL EXPERIMENT)

01h54 C.HEaD et O.Sykes O.Sykes, M.Kean, L.Malia

UGC DISTRIBUTION CEUX QUI COMPTENT 01h38 J.Leonetti S.Kiberlain, P.Lottin, L.Labeque

VRAIVRAI FILMS DERRIÈRE LES DRAPEAUX, LE SOLEIL 01h31 J.Pereira

ÉLEVONS NOUS DROITS DANS LEURS BOTTES 01h25 N.Lay

CINÉMA PUBLIC FILMS EDMOND ET LUCY - LA FORÊT, C'EST L'AVENTURE 00h45

JHR FILMS JULIAN 01h31 C.Kusters N.Meurisse, L.Roothooft, R.Cuevas

ARP SÉLECTION LA COULEUVRE NOIRE 01h25 A.Vernhes-Lermusiaux A.Lozano Tafur, M.Viera, Á.Rodríguez (II)

SPLENDOR FILMS LA DAME DE SHANGHAI 01h27 O.Welles R.Hayworth, O.Welles, E.Sloane

MEMENTO LES FILLES DU CIEL 01h36 B.McNeese H.Volle, S.Nataf, Y.Tshikaya

DALINO MEDIA LES FRACTURES INVISIBLES 01h15 J.Loutoby L.Michanol, A.Rene, F.Fostan

NORTE DISTRIBUTION LES SAISONS 01h23 M.Fazendeiro

THE JOKERS L’ÎLE DE LA DEMOISELLE 01h41 M.Wald S.Dewaels, L.Peres, C.Bouchet

BAC FILMS L'ODYSSÉE DE CÉLESTE 01h26 K.Koala

LES FILMS DU PRÉAU L'ODYSSÉE DE CHOUM 00h38 J.Bisaro et S.Rohleder T.Desroses, P.Bozo, O.Pauleau

ART HOUSE LOVE ON TRIAL 02h03 K.Fukada K.Saito, Y.Kura, E.Karata

STUDIOCANAL L'ULTIME HÉRITIER 01h45 J.Ford G.Powell, M.Qualley, J.Henwick

EUROZOOM LUPIN THE IIIRD THE MOVIE: LA LIGNÉE IMMORTELLE 01h30 T.Koike K.Kurita, A.Ôtsuka, D.Namikawa

MK2.ALT MISSION ROSETTA - LA QUÊTE DES ORIGINES 01h15 Micode

MAVERICK DISTRIBUTION PLUS FORTS QUE LE DIABLE 01h24 G.Guit M.Poupaud, A.Argento, M.Vacth

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE SEIJUN SUZUKI (8 FILMS)

CGR EVENTS SIEGFRIED (THE ROYAL OPERA) 05h30 B.Kosky A.Schager, P.Hoare, C.Maltman

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE THE REVENANT 02h36 A.González Iñárritu L.DiCaprio, T.Hardy, D.Gleeson

WARNER BROS. FRANCE THEY WILL KILL YOU 01h34 K.Sokolov Z.Beetz, T.Felton, H.Graham

AD VITAM UNE JEUNESSE INDIENNE - HOMEBOUND 01h59 N.Ghaywan I.Khatter, V.Jethwa, J.Kapoor

LE PACTE UN JOUR AVEC MON PÈRE 01h33 A.Davies S.Dirisu, C.Egbo, G.Egbo

LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION

(EX CINÉ SORBONNE) VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU 02h14 M.Forman J.Nicholson, L.Fletcher, W.Redfield

KMBO WALTER LAPIN 01h22 C.Origer M.Goode, K.Lord Cassidy, S.Mangan

5

S14

1 ER AVR.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

APOLLO FILMS COMPOSTELLE Y.Samuell A.Lamy, J.Le Berre, M.Doutey

PYRAMIDE DISTRIBUTION DERRIÈRE LES PALMIERS 01h34 M.Benm’Barek S.Giraudeau, D.Ramdi, N.Kounda

ESC FILMS DOLLY 01h23 R.Blackhurst F.Therese, S.Scott, E.Suplee

SINGULARIS FILMS HÉLÈNE TRÉSORE TRANSNATIONALE 01h34 J.Abitbol H.Hazera, C.Chuzel, L.Miesseroff

L'ATELIER DISTRIBUTION HOLDING LIAT 01h33 B.Kramer

LES FILMS DU CAMELIA LE FLEUVE DE LA MORT 01h32 L.Buñuel C.Domínguez, M.Torruco, J.Cordero

LES ACACIAS LE GOÛT DES AUTRES 01h52 A.Jaoui J.Bacri, G.Lanvin, A.Chabat

TRIDAC FILMS LE SECRET DU LOUP D’ÉTHIOPIE 01h00 B.Deturche et A.Lesaffre

DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS L'HEURE DE LA LIBÉRATION A SONNÉ 01h02 H.Srour

PAN DISTRIBUTION MAUVAISE PIOCHE 01h32 G.Jugnot G.Jugnot, P.Lacheau, T.Lhermitte

MÉTÉORE FILMS NUESTRA TIERRA 01h59 L.Martel

CGR EVENTS PEPPA AU CINÉMA : LA FAMILLE S’AGRANDIT ! 00h49

TANDEM PLUS FORT QUE MOI 02h01 K.Jones (II) R.Aramayo, S.Henderson, M.Peake

KMBO SILENT FRIEND 02h27 I.Enyedi T.Leung Chiu-Wai, L.Seydoux, L.Wedler

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR SUPER MARIO GALAXY LE FILM 01h38 A.Horvath et M.Jelenic C.Pratt, A.Taylor-Joy, C.Day

METROPOLITAN FILMEXPORT THE DRAMA 01h45 K.Borgli Zendaya, R.Pattinson, G.Cohen

MALAVIDA FILMS TRILOGIE WIVES A.Breien

HAUT ET COURT YELLOW LETTERS 02h08 İ.Çatak Ö.Namal, T.Biçer, L.Cabas

20 N°512 / 18 mars 2026


S15

8 AVR.

12

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

ED DISTRIBUTION AN EVENING SONG (FOR THREE VOICES) 01h26 G.Swon D.Campbell, H.Gross, P.Vack

FACTORIS FILMS BISONS 01h45 P.Monnard I.Hair, A.Bencherif, K.Barras

PATHÉ LIVE BTS WORLD TOUR 'ARIRANG' IN GOYANG : LIVE VIEWING 03h00 J.Ha BTS, RM, Jin

SND COCORICO 2 J.Hervé C.Clavier, D.Bourdon, S.Testud

PARAISO PRODUCTION DIFFUSION DANS LA CHAMBRE DU SULTAN 01h37 J.Rebollo F.Moati, P.López de Ayala, I.Kadri

JOUR2FÊTE LA FEMME DE 01h33 D.Roux M.Thierry, E.Caravaca, A.Valois

ASC DISTRIBUTION L’AFFAIRE ABDALLAH 01h41 P.Carles

SOLARIS DISTRIBUTION LA RANDONNÉE 01h40 N.Roeg J.Agutter, L.Roeg, D.Gulpilil

BOBINE FILMS LA VILLE ET LES CHIENS 02h15 F.Lombardi P.Serra, G.Bueno, J.Manuel Ochoa

LES FILMS DU LOSANGE LE CRI DES GARDES 01h49 C.Denis I.de Bankolé, M.Dillon, M.McKenna-Bruce

NEW STORY LE DERNIER POUR LA ROUTE 01h40 F.Sossai F.Scotti, S.Romano, P.Capovilla

STUDIOCANAL L'ENFANT DU DÉSERT G.de Maistre N.Tran, Z.Sekkat, N.Bouazzaoui

GEBEKA FILMS LES CONTES DU POMMIER 01h10 P.Pass Jr. et J.Rozec

DELASTRE FILMS L'OEUVRE INVISIBLE 01h11 J.Rochefort, A.Aimée, J.Perrin

CGR EVENTS NIKON FILM FESTIVAL 2026 02h00

EPICENTRE FILMS POUR KLÁRA 01h50 O.Omerzu B.Ward, D.Franc, A.Chmela

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION

RÉTROSPECTIVE ALEXANDRE ROCKWELL (2 FILMS)

AD VITAM ROMERÍA 01h55 C.Simón L.Garcia, Mitch, T.Ulloa

MEMENTO SAUVAGE 01h41 C.Ponsin C.Sallette, L.Lampros, B.Belin

JOUR J PRODUCTIONS SUR LE SENTIER 01h42 G.Jumel G.Jumel, F.Branger, C.Briand

ED DISTRIBUTION THE WORLD IS FULL OF SECRETS 01h38 G.Swon E.Burger, D.Gregory, A.Guttman

PATHÉ LIVE TOSCA 02h05 D.Caïozzi M.Serafin, M.Álvarez, L.Tézier

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE WEDDING NIGHTMARE : DEUXIÈME PARTIE 01h48 M.Bettinelli-Olpin et T.Gillett S.Weaving, K.Newton, S.Gellar

S16

15 AVR.

19 19

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

UFO DISTRIBUTION AFFECTION AFFECTION A.Walther et M.Matray A.Bonitzer, N.Richard, C.Paou

STUDIOCANAL BAGARRE J.Royal N.Lyes, R.Bedia, A.Lamy

PATHÉ LIVE BTS WORLD TOUR 'ARIRANG' IN JAPAN : LIVE VIEWING 03h00 J.Ha BTS, RM, Jin

CARLOTTA FILMS GINZA COSMETICS 01h27 M.Naruse K.Tanaka, R.Hanai, Y.Hori

METROPOLITAN FILMEXPORT GOOD LUCK, HAVE FUN, DON'T DIE 02h15 G.Verbinski S.Rockwell, J.Temple, H.Richardson

DAMNED DISTRIBUTION HAYAT 02h40 Z.Demirkubuz M.Daner, B.Dakak, C.Davran

GAUMONT DISTRIBUTION JUSTE UNE ILLUSION O.Nakache et E.Toledano L.Garrel, C.Cottin, P.Lottin

ARP SÉLECTION LA CORDE AU COU 01h45 G.Van Sant B.Skarsgård, D.Montgomery, C.Domingo

ART HOUSE LA FILLE DU KONBINI 01h16 Y.Ishibashi E.Karata, H.Imô

CGR EVENTS LA FLÛTE ENCHANTÉE (THE ROYAL OPERA) 03h30 D.McVicar L.Crowe, A.Pati, H.Montague Rendall

2BO PRODUCTIONS LA NIÈVRE DU SAMEDI SOIR 01h11 A.Chevalier S.Billiau, A.Chevalier, A.Debehault

LES FILMS DE L'ATALANTE LA PETITE GRAINE 01h38 M.Rifkiss et C.Rifkiss S.Chassagne, L.Massin, O.Kheddam

PATHÉ LIVE LAURA LAUNE - GLORY ALLELUIA 01h40 J.Bloch L.Laune

HÉSIODE L'EDEN C.Carron D.Kadosh, J.Amaro

WARNER BROS. FRANCE LE RÉVEIL DE LA MOMIE L.Cronin J.Reynor, L.Costa, V.Falcón

TAMASA DISTRIBUTION LOOKING FOR YOTAM 01h22 G.Benayoun

CONDOR DISTRIBUTION MORLAIX 02h04 J.Rosales A.Audiard, M.Thierry, S.Kircher

LES FILMS DU TITAN PULSATION 01h11 S.L. Roussin L.Bereni-Brière, A.Romantini, A.Doux

THE JOKERS FILMS THE MAD DOG OF EUROPE 01h23 R.Shah

SPLENDOR FILMS TOPSY-TURVY 02h40 M. Leigh J. Broadbent, A. Corduner, T. Spall

SHELLAC TRULY NAKED 01h42 M.d'Ansembourg C.O'Gorman, A.Howard, A.Savage

NOUR FILMS UNE FILLE EN OR J.Gaget P.Clément, A.Dupont, É.Caen

S17

22 AVR.

26

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

BLAST ALICE AU PAYS DES COLONS 01h45 Y.Mhamdi

MEMENTO À VOIX BASSE 01h53 L.Bouzid E.Bouteraa, H.Abbass, M.Barbeau

LES ALCHIMISTES CARAVANE 01h43 Z.Kirchnerová-Spidlova A.Geislerovà, D.Vostrčil, J.Olhová

SUDU CONNEXION DIDY 01h24 G.Kamilindi

OUTPLAY FILMS DRUNKEN NOODLES 01h22 L.Castro L.Khalifeh, E.Kornel, M.Risch

NEW STORY LA GRÈVE 00h55 G.Stemmer J.Faure

AD VITAM LA POUPÉE 01h20 S.Beaulieu V.Macaigne, Z.Marchal, C.de France

WILD BUNCH DISTRIBUTION L'ARNAQUEUSE W.Meance F.Camara, J.Balasko, J.Zadi

MOTHER & SUN LA TERRE DE MON GRAND-PÈRE (PARTIE 1 : L’HÉRITAGE) 01h25 M.Esposito

ARIZONA DISTRIBUTION LES FLEURS DU MANGUIER 01h39 A.Fujimoto M.Uddin, S.Uddin

GRINDHOUSE PARADISE PICTURES MĀRAMA 01h29 T.Stappard A.Osborne, T.Stephens, U.Myers

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR MICHAEL 02h07 A.Fuqua J.Jackson, C.Domingo, N.Long

PYRAMIDE DISTRIBUTION NOUS L’ORCHESTRE 01h30 P.Béziat K.Mäkelä

LE PACTE POUR LE MEILLEUR M.Mention-Schaar P.Rabine, L.Pointeaux, S.Bonnaire

LES FILMS DES DEUX RIVES PREMIÈRE LIGNE 01h26 M.Allouache N.Asli, F.Ouared, I.Benaibouche

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE HAROLD LLOYD (4 FILMS)

KMBO SOUMSOUM, LA NUIT DES ASTRES 01h41 M.Haroun M.Miawama, E.Ebouaney, A.Souleymane

UNA MATTINA FILMS UN LUGAR MAS GRANDE 01h55 N.Défossé

CHARYBDE DISTRIBUTION VIL & MISÉRABLE 01h54 J.Leblanc F.Cloutier, P.Funk, A.Bossé

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°512 / 18 mars 2026

21


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

La sortie, le 1 er avril, de Super Mario Bros. Galaxy, chez

Universal, marque la réapparition, après un an d’absence,

d’un titre d’animation d’envergure pour les vacances de

Pâques. Retour en chiffres sur les performances en salles

de trois précédentes sorties animées sur la même période,

ayant chacune dominé la fréquentation.

KUNG FU PANDA 4 SUPER MARIO BROS. SONIC 2

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

27/03/2024 05/04/2023 30/03/2022

UNIVERSAL UNIVERSAL PARAMOUNT

2 395 786 7 375 873 2 236 393

97 777 281 442 155 635

554 856 1 364 123 712 678

14 078 15 101 11 365

39 90 63

4,65 5,59 5,15

25 26 14

3,3 4 3,2

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 2 SEMAINES

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 11/03/2026

WONG KAR-WAI : L'INTÉGRALE DES ANNÉES

HONG KONG (10 FILMS)

THE JOKERS 12 3972 133 30

2 04/03/2026 PÉDALE RURALE SURVIVANCE 13 1 979 70 28

3 04/03/2026 JUMPERS DISNEY 530 347 340 12 569 28

4 04/03/2026 ALTER EGO TANDEM 258 89 213 3 293 27

5 04/03/2026 PILLION MEMENTO 70 19 399 896 22

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2026

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77

2 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59

3 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54

4 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43

5 25/02/2026 ORWELL: 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40

6 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40

7 07/01/2026 MR. NOBODY AGAINST PUTIN LOCO 5 1 180 30 39

8 11/02/2026 AUCUN AUTRE CHOIX ARP 158 80 089 2 107 38

9 18/02/2026 MARTY SUPREME METROPOLITAN 512 331 262 8 855 37

10 31/12/2025 MAGELLAN (SORTI EN 2025) NOUR 68 15 980 440 36

Joli succès pour la rétrospective en dix films Wong Kar-wai :

L’intégrale des années Hong Kong qui réalise 30 entrées par séance

(e/s). Diffusé sur moins de 100 projections, Pédale rurale obtient

une moyenne de 28 e/s ; le documentaire distribué par Survivance

a connu quelques projections “sèches” complètes, mais également

d’autres accompagnées par le réalisateur. À quelques dixièmes

d’entrées derrière, Jumpers embarque 347 000 entrées pour 28

e/s, et se positionne au-dessus de Elio (147 000 entrées pour 11

e/s) et de Élémentaire (306 000 entrées pour 23 e/s) ; un bon

démarrage avant le Printemps du Cinéma. Lancement solide

également pour Alter Ego, chez Tandem, qui réalise 27 e/s, bien

au-dessus des 18 e/s de Classe moyenne, également porté par

Laurent Lafitte. Enfin, Pillion boucle le classement avec 22 e/s.

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

22 N°512 / 18 mars 2026


QUEL BILAN POUR LES VACANCES D’HIVER ?

Anciennement dorées, les vacances d'hiver ont connu une forte décote depuis

la pandémie. Pourtant, le bilan de cette édition 2026 s’avère moins sombre :

portée par une offre complémentaire et des paris payants, la fréquentation

confirme un élan solide et une attractivité retrouvée.

À mi-mars, le constat est clair : les premiers mois de

2026 sont très positifs. Avec 33,82 millions d’entrées

cumulées en janvier et février, ce début d’année devance

même ceux de 2023 (32,85 millions d’entrées), 2024

(28,77 millions) et 2025 (28,13 millions). La fréquentation

a notamment été stimulée par des vacances d’hiver

très fructueuses, portées entre autres par un Marsupilami

à plus de 5 millions d’entrées, soit le troisième plus grand

succès français depuis 2021 après Un p’tit truc en plus et

Le Comte de Monte-Cristo. Sur Boxoffice Live*, Émilien

Robert, Business Analyst chez The Boxoffice Company,

souligne que les cinq semaines cinématographiques de

congés ont généré plus de 10,17 millions de tickets,

juste derrière les 10,66 millions de 2023. Ce résultat

découle en partie de la dynamique observée depuis fin

décembre – ayant conduit à un mois de janvier à près

de 16 millions d’entrées, le meilleur post-Covid –,

renforcée par une offre conséquente et diversifiée.

©Christophe Brachet

En effet, les dix plus grands succès de ces vacances

visent des publics très complémentaires [voir graphique

ci-contre]. Cette diversité s’est particulièrement illustrée

lors de la semaine du 11 février : six nouveautés ont

intégré le top 10 des séances, et cinq d’entre elles se

sont hissées dans le top 10 du box-office hebdomadaire,

confirmant la force d'attraction de l'offre. Il s’agit par

ailleurs de la meilleure semaine de ces vacances avec

2,62 millions de tickets recensés sur Boxoffice Live

– soit environ 5 millions d’entrées nationales. Une

performance atteinte grâce à la forte densité du marché :

le 20 e film hebdomadaire, Le Chant des forêts, a enregistré

58 000 entrées, soit le meilleur résultat post-Covid

observé pour un titre à ce niveau du tableau. L’offre a

donc été plurielle et attractive, en plus d’être appréciée.

De la première semaine de janvier à la première de

Marsupilami

mars, les films avec plus de 100 notes spectateurs

recensées sur AlloCiné ont obtenu une moyenne de

3,6 ; la meilleure depuis 2022.

Cette conjoncture favorable n’a cependant pas empêché

un fléchissement de la fréquentation un peu plus sévère

lors des dernières semaines, imputable à plusieurs

facteurs. Il y a tout d’abord le calendrier scolaire : cette

année, comme en 2023, la zone A était la première

Profils des spectateurs AlloCiné pour le top 10 films des vacances

(de 90 jours à 10 jours avant la sortie respective des films)

Hommes

concernée, avant la zone B, puis la zone C. Cette

dernière – l’Île-de-France et l’Occitanie – n’a pas

maintenu la dynamique globale. Sur l'ultime semaine

des vacances, les entrées recensées sur Boxoffice Live

ont reculé de 31 %, contre -12 % et -20 % sur les

périodes équivalentes de 2023 et 2024. Cette baisse

s’explique aussi par une offre américaine qui, contrairement

à celle française, manque pour l’instant de

locomotives majeures comparables à Creed III (2023)

ou Dune : Deuxième partie (2024), sortis tous deux

entre fin février et début mars. La météo a également

été peu favorable pour les salles, avec des températures

très douces par rapport aux normes de saison. C’est

sans doute pour ces raisons que le troisième mois de

2026 n’atteindra pas, sauf surprise majeure, le record

post-Covid des 15,8 millions d’entrées de 2023, sans

pour autant s’effondrer. L'exploitation observe en effet

une fréquentation de fond très solide, qui profitera

d'un coup d'accélérateur du 22 au 24 mars avec le

Printemps du Cinéma, avant d'aborder un mois d’avril

qui s’annonce galactique, porté par une offre d’une

très grande densité. De quoi viser le cap des 20 millions ?

Jules Dreyfus

18-25 ans 65 ans et +

* Outil référence de remontée et suivi des entrées en temps réel et à la séance

en France, qui couvre plus de la moitié des entrées nationales, dont les plus

gros circuits (Pathé, CGR, Kinepolis, Mégarama, Cinéville...).

Femmes

Description :

Plus la bulle est à gauche, plus les spectateurs

ayant consulté la fiche film sont jeunes. Plus elle

est en haut, plus les spectateurs sont masculins.

La taille de la bulle correspond au niveau d’intérêt

pour le film (volume de visites organiques).

N°512 / 18 mars 2026

23


Rencontres

©AFCAE

Aujourd’hui,

il faut incarner la

séance répertoire

Éric Miot

RENCONTRE AVEC

ÉRIC MIOT ET SABINE PUTORTI

GROUPE RÉPERTOIRE DE L’AFCAE

Du 25 au 27 mars, les Rencontres

nationales Art et Essai Répertoire

s’installent à Tours pour une 25 e

édition. Éric Miot et Sabine Putorti,

responsables du groupe Répertoire

de l’AFCAE, détaillent leurs ambitions

à travers cet événement militant, qui

s’attache à montrer que le patrimoine

en salles est bien vivant.

Après Strasbourg en 2024 et Agen en 2025, les

Rencontres s’établissent cette année à Tours.

Pourquoi ce choix ?

Éric Miot : Nous organisons chaque année un appel

à candidature. Parmi les six que nous avons reçues –

signe d’un enthousiasme pour le répertoire –, Tours a

été retenue, notamment pour le travail des Studios sur

le patrimoine et sa situation géographique.

Justement, concernant le programme [voir cicontre],

y a-t-il une tendance qui relie les huit

films ?

E.M. : Il nous semblait important que la sélection

témoigne d’une diversité géographique : voyager de

l’Amérique latine au Japon en passant par l’Europe,

l’Australie… Nous voyageons aussi dans le temps, de

1949 à 1981, afin de refléter les époques.

Sabine Putorti : Nous avons aussi sélectionné deux

réalisatrices, Anja Breien et Elaine May, dans un souci

de faire émerger des femmes laissées de côté par l’Histoire

du cinéma. Nous mettons également en avant de grands

classiques comme Riz amer de Giuseppe De Santis ou

L’Homme qui voulut être roi de John Huston, sans

oublier des perles rares comme La Persécution d’Anja

Breien et Bye Bye Brasil de Carlos Diegues. Nous cherchons

un équilibre éditorial, tout en jouant avec les

contraintes de programmation qui nous empêchent

d'intégrer l'ensemble des distributeurs.

En plus de la présentation de la prochaine édition

du festival Play it Again !, vous intégrez pour

la première fois une présentation du Marché

international du film classique (MIFC). D’où

vient cette nouveauté ?

E.M. : Depuis plusieurs années, nous organisons un

rendez-vous au MIFC en collaboration avec l’ADRC.

C’est un moment important pour nous qui mérite

d’être mieux exposé, d’où sa présentation lors des

Rencontres. Cela permet également de mieux marquer

les deux temps forts annuels du groupe Répertoire, se

déroulant à six mois d’intervalle.

Enchaîner L’Attentat d’Yves Boisset avec la rencontre

sur le cinéma politique des années 1970

n’est pas anodin. Pourquoi se pencher sur ce

sujet ?

S.P. : D’une certaine manière, nous prolongeons la

réflexion entamée l’année dernière sur notre manière

de regarder les films d’hier avec les yeux d’aujourd’hui.

24 N°512 / 18 mars 2026


Lors de notre revisionnage des films d’Yves Boisset

[décédé il y a pile un an, ndlr.], nous avons été frappés

par la tonalité de ce cinéma français de cette époque,

que nous avions probablement oubliée. Cela nous a

poussés à réinterroger ces films en les mettant en perspective

avec le présent, notre actualité, nos réflexions

et notre regard sur le répertoire.

E.M. : Et, à l’époque, le public avait une réelle appétence

pour ce cinéma engagé : les films de Costa Gavras ou

d’Yves Boisset faisaient beaucoup d’entrées ! Cette année,

les Rencontres se tiennent peu après les élections municipales,

dans un moment où, plus que jamais, la société

parle de politique. Il semble donc intéressant d’étudier

la place du cinéma dans un tel contexte.

Est-ce que la table ronde “Cinéma de répertoire :

parent pauvre du mouvement Art et Essai ?” part

d’un constat sur une diffusion de plus en plus

marginalisée de ces films ?

E.M. : Il n’y a pas de désintérêt pour le répertoire ; les

projections fonctionnent souvent bien, voire très bien,

mais les exploitants ont de plus en plus de mal à leur

trouver une place en raison du nombre conséquent de

sorties chaque semaine. Les séances demandent un

investissement important en amont ; il nous faut réfléchir

à la manière de mieux les valoriser, notamment dans le

classement Art et Essai, à l’image de celles de films Recherche

et Découverte qui bénéficient désormais d’une majoration.

Car le patrimoine est indispensable dans la construction

de la cinéphilie du public et de l’identité des cinémas, et

les exploitants ne doivent pas se décourager.

S.P. : Ce moment s’inscrit également dans le militantisme

de ces Rencontres : nous incitons l’ensemble des salles

du réseau à programmer davantage de répertoire, mais

alertons aussi sur la manière dont il est considéré. Par

exemple, dans les comités de pilotage des dispositifs

d’éducation à l’image où nous devons toujours négocier

sa place. L’avantage est que cela nous incite à innover

dans notre manière de proposer du patrimoine aux jeunes

– si tant est qu’on ait suffisamment de crédits à disposition,

notamment du pass Culture. Le répertoire ne doit pas

être isolé, il doit irriguer tous les dispositifs, de Ma classe

au cinéma, en passant par Ambassadeurs jeunes ou encore

au Comité 15-25, pour prouver sa vitalité.

Le décalage temporel

est précieux, et

témoigne d’une Histoire

du cinéma qui s’enrichit

chaque année

Sabine Putorti

Parmi les autres temps forts des Rencontres, les

ateliers sont, pour la plupart, axés sur l’animation

et la médiation. Est-ce que, plus que jamais,

c’est par ce biais que le cinéma de répertoire

peut exister en salles ?

E.M. : Cela dépend des titres, mais en grande majorité,

il faut incarner la séance de répertoire. C’est d’ailleurs

ce qui fait peur à certains exploitants et que nous

essayons de décomplexer : il n’est pas nécessaire d’être

un historien du cinéma pour animer une projection,

une petite présentation suffit, voire un quizz. À travers

ses outils, le groupe Répertoire montre qu’il y a maintes

façons d’aborder le répertoire face à des spectateurs qui

sont demandeurs.

S.P. : Il s’agit aussi de désacraliser cette séance qui peut

être tout autant sérieuse que ludique. Nous aborderons

également l’échange avec les spectateurs, notamment

via la question des ciné-clubs qui redevient presque

une mode, tout en étant un peu fourre-tout. Dans tous

les cas, nous constatons que la régularité du rendez-vous

est très importante pour fidéliser le public.

Un autre atelier questionnera le répertoire dans

les territoires. Et-ce qu’aujourd’hui le patrimoine

concerne toute la France, ou est davantage

affaire d’une cinéphilie des grandes villes ?

E.M. : Il y a de l’envie partout, et le groupe Répertoire

incarne cette diversité qui est une des constituantes de

l’exception française. Mais il ne faut pas non plus

idéaliser la réalité : nous constatons une inégalité entre

les régions, et le travail des associations territoriales est

essentiel pour tenter d’y pallier. D’où notre atelier, qui

coïncide avec le début d’une réflexion avec le groupe

des Associations territoriales de l’AFCAE, afin de

répartir au mieux la diffusion des films classiques et

répondre à l’intérêt du public.

Il y a donc toujours une ferveur pour le cinéma

de patrimoine ?

S.P. : Il y a un engouement pour les salles incarnées.

Le public vient dans nos cinémas pour trouver de

l’humain, du vivant, et le répertoire crée une émotion

tout à fait particulière car il fait voyager les spectateurs

dans le temps. Pour les jeunes particulièrement, vivre

cette expérience constitue un moment très fort : ils

s’émerveillent de découvrir à l’écran un film des années

1970, rempli d’éléments qui n’existent plus aujourd’hui.

Je pense que ce décalage temporel est précieux et témoigne

d’une Histoire du cinéma qui s’enrichit chaque année,

preuve qu’il s’agit d’une archive vivante.

Propos recueillis par Jules Dreyfus

Le programme des 25 es Rencontres nationales art et essai répertoire

Mercredi 25 mars

13h45 - Riz amer de Giuseppe De Santis (Les Acacias, juin/

juillet 2026)

15h45 - L’Attentat d’Yves Boisset (Tamasa, octobre 2026)

18h15 - Rencontre : Que reste-t-il aujourd’hui du cinéma politique

des années 1970 ? - En présence de 3 personnalités du

cinéma (annoncées prochainement) et modérée par Alex Masson

(critique, programmateur de festival)

19h45 - Cocktail de bienvenue et discours d’ouverture

21h15 - Wake in Fright de Ted Kotcheff (The Jokers, 19/08/2026)

Jeudi 26 mars

9h15 - Ateliers

• Le répertoire dans les territoires, échange entre – et réservé

– aux associations territoriales et aux sociétés de distribution

• Ambassadeur·rices et Ciné-clubs : comment les 15-25 s'approprient

les classiques

• Numérique et médiation : s'outiller pour l'animation du répertoire,

UPOPI par CICLIC et Padlet par l’ACC

• Le répertoire dès l’enfance : programmer et animer pour les

jeunes cinéphiles

• Pages et Images : créer une synergie entre le livre et l'écran

10h15 - L’Homme qui voulut être roi de John Huston (Splendor

Films, mai/juin 2026)

13h15 - Déjeuner offert

14h30 - Présentation : Temps de synthèse autour du Colloque des

70 ans de l’AFCAE, par William Robin (membre du groupe

Répertoire de l'AFCAE et directeur de Sceni Qua Non)

14h45 - Table ronde : « Cinéma de répertoire : parent pauvre du

mouvement Art et Essai ? », avec Lionel Bertinet (directeur du

cinéma au CNC), Anne-Laure Brénéol (distributrice Malavida), Éric

Miot (responsable du groupe Répertoire de l'AFCAE), Nathalie

Ferrand (déléguée générale de l'Association des cinémas du

centre) et modérée par Jules Dreyfus (journaliste chez

Boxoffice Pro)

16h15 - La Persécution d’Anja Breien (Malavida, 06/05/2026)

18h15 - Kwaïdan de Masaki Kobayashi (Carlotta Films, 01/07/2026)

21h30 - Cocktail offert avec DJ Set de Romain Prybilski

Vendredi 27 mars

9h - Présentation de la 12 e édition de Play it Again ! par l’ADRC

9h15 - Présentation de la 14 e édition du Marché International du

Film Classique par Gérald Duchaussoy (coresponsable MIFC)

9h30 - Bye Bye Brasil de Carlos Diegues (La Filmothèque

Distribution, 27/05/2026 à confirmer)

Mickey et Nicky d’Elaine May (Nightshift Films, août 2026)

N°512 / 18 mars 2026

25



Rencontres du sud

FRANÇOIS AYMÉ

VICTOIRE DU CINÉMA !

Il dirige depuis 36 ans le cinéma Jean Eustache à Pessac, où il a lancé le Festival du

film d’Histoire et une Université populaire, et a présidé l’Afcae pendant sept ans,

aux côtés d’une nouvelle génération d’exploitants art et essai. Mais ses rencontres

professionnelles l’ont aussi conduit à écrire et réaliser des documentaires… en

lien avec le cinéma et l’Histoire. Un engagement qui se nourrit et se complète, et

pour lequel il sera honoré lors des Rencontres du Sud ce 19 mars – où il préside

cette année le jury des Montreurs d’images. À la veille de recevoir sa Victoire du

cinéma, François Aymé revient sur son parcours.

Débuts dans le cinéma

« J’ai commencé à être cinéphile à l'adolescence, vers 15

ans, en découvrant notamment les films de Fellini et de

Tati au Studio 27 de Niort, où j’ai grandi. Lycéen, je

fréquentais ce cinéma art et essai chaque semaine et je

lisais beaucoup de livres et revues spécialisés. C’était le

milieu des années 80 et j'allais au Festival de la Rochelle,

qui proposait déjà de grandes rétrospectives. À 18 ans,

je postule à l'Idhec, ancêtre de la Fémis, et je loupe de

peu le concours du cursus réalisation. J’ai finalement fait

4 ans en IUT communication à Bordeaux, terminant

par un mémoire sur l’économie du cinéma en 1988.

Deux ans plus tard, le nouveau maire de Pessac, Alain

Rousset – aujourd’hui président de Nouvelle-Aquitaine

–, cherche un repreneur pour le cinéma de sa ville, Le

Novembre 2025 au Jean Eustache de Pessac : Fanny Busson (CNC),

Yves le Pannerer (DRAC Nouvelle-Aquitaine), Lionel Bertinet (CNC),

François Aymé, Gaëtan Bruel, Nicolas Milesi (directeur d’exploitation

Pessac), Alix Daul (adjointe d’exploitation)... et Charlie Chaplin !

©MJ2R Alain Birocheau

©Bun Phannara

Trianon, exploité par un privé et tombé en déshérence.

Certes, on était alors dans les années noires de la fréquentation,

mais le cinéma de Pessac, ville universitaire de

60 000 habitants plutôt riche, était sous-exploité. Seul

complexe de périphérie de la région, il faisait 26 000

entrées sur 3 salles. Le maire a pris conseil auprès de

l’antenne régionale du CNC et appris qu’il pouvait confier

la gestion à une association. Quand j’ai su qu’il cherchait

un directeur, je me suis renseigné auprès de l’ADRC sur

des salles comparables et suis allé à Nanterre – dont le

cinéma était dirigé par Patrick Brouiller [président de

l’Afcae pendant plus de 20 ans, NDLR], à Gennevilliers,

à Tremblay-en-France et à Montreuil, pour m’inspirer

de leur fonctionnement. J’ai fait une étude de marché

François Aymé et Nicolas Philibert devant le cinéma Jean Eustache

(ancienne formule), pour la sortie du Pays des sourds en 1993

assez scolaire, à l’inverse des autres candidats, et le maire

m’a recruté. Mais surtout, alors que toutes les communes

construisaient à l’époque des centres culturels, la Ville

de Pessac a fait le choix politique de miser sur le cinéma,

en finançant sa rénovation et en créant un festival.

L’essor du Jean Eustache

Nous avons donc développé l’art et essai, peu présent

à Bordeaux à l’époque – avec seulement le Jean Vigo et

un peu de VO à l’UGC. En trois ans, nous sommes

passés de 26 000 à 100 000 entrées, puis à 180 000

entrées cinq ans après, avec 50 % d’art et essai, la dynamique

du Festival du film d’Histoire, et dans le contexte

d’une fréquentation nationale qui repartait. C'est devenu

plus difficile entre 1998 et 2006 avec le développement

des multiplexes aux alentours – un CGR de 15 écrans,

un Megarama de 17, UGC qui passe de 11 à 18, et

surtout l'arrivée du Gaumont Talence (aujourd’hui

UGC) et d'Utopia à Bordeaux. Le Jean Eustache chute

alors à 130 000 entrées, et avec Alain Rousset, nous

décidons de réagir. En 2006, le cinéma est agrandi de

3 à 5 salles, dont une de 330 places avec un écran de

16 m, un hall qui passe de 5 à 500 m² et un espace

dédié au jeune public. Nous programmons 75 % d’art

et essai et développons de plus en plus d’événements.

En 2010, nous lançons une Université populaire, que

rejoignent très vite 1 500 adhérents. Ce n’est pas anodin :

cela représente une part significative des entrées et

contribue à notre rayonnement, avec la venue de réalisateurs

et universitaires prestigieux et internationaux.

Nous changeons donc de dimension en atteignant

200 000 entrées dès 2006 – jusqu'à 225 000 certaines

années – et autant en 2024. Et nous avons ainsi appris

un deuxième métier, celui d'organisateur de conférences,

qui est devenu une activité à part entière du Jean Eustache,

avec une économie spécifique. Le dispositif d’Université

populaire a d’ailleurs été étendu à 70 salles, avec l’Unipop

de ville en ville lancé en 2021.

N°512 / 18 mars 2026

27


Rencontres

©FEMA

J’ai commencé

à être cinéphile

à l’adolescence,

en fréquentant

Studio 27 de Niort

François Aymé et Yves Jeuland en 2017 au FEMA La Rochelle pour Un Français nommé Gabin

La présidence de l’Afcae

Avant de m’engager au sein de l’Afcae, j’ai présidé l’association

des Cinémas de proximité de Gironde, la CPG,

créée en 1998 en réaction à l’arrivée des multiplexes,

avec, entres autres, Rafael Maestro des cinémas de proximité

d’Aquitaine, devenue CINA. Je rejoins ensuite le

groupe action promotion de l’Afcae, où je participe aussi

activement aux formations Jeune public. Au milieu des

années 2010, je m'engage davantage aux côtés de l’équipe

menée par Patrick Brouiller et Alain Bouffartigues –

président et vice-président de l’Afcae pendant 21 ans.

Au bout de 15 ans à Pessac, c’est le moment de m’impliquer

plus à l’échelle nationale, à Paris pour un contact plus

proche avec les décideurs et les distributeurs. Conscient

de tout ce que l’équipe précédente a apporté à l’Afcae,

je sens aussi le besoin d’en faire évoluer l’image. J’ai donc

été candidat à la présidence en 2015, et j’ai gagné d’une

voix face à Michel Ferry. C’était la première fois que

l’Afcae était présidée par un non-Parisien – alors qu’il y

avait plus de 1 000 salles classées en province – et par

un exploitant issu du milieu associatif. Notre équipe a

marqué un changement de génération et une ouverture

sur les territoires, avec des personnes comme Jimi Andreani

pour Marseille, Emmanuel Baron à Lyon, Rafael Maestro

en Dordogne, Marc Van Maele à Toulouse… ou encore

Isabelle Gibbal-Hardy pour Paris. Avec notre délégué

général Renaud Laville, nous avons fait des choix économiques,

notamment pour renforcer l'équipe de permanents

et moderniser la communication. Dès notre arrivée, nous

avons travaillé activement à la réforme art et essai de

2016 et ses changements importants, réactivé les associations

territoriales, et, entre autres, insufflé une dynamique

sur le public des 15-25 ans et la révolution des

médiateurs. En nous appuyant sur le travail de nos

prédécesseurs, je pense que nous avons fait évoluer l’image

des salles et des films art et essai, ce que Guillaume Bachy

et David Obadia prolongent aujourd’hui.

J’ai été président sept ans, une bonne durée pour mettre

en place des actions… mais une période très intense à

titre personnel, pour mener de front la direction d’un

cinéma de 5 salles et du Festival du film d’Histoire –

même si j’ai de très bonnes équipes. D’autant qu’en

parallèle, j’ai écrit et réalisé des films.

De l’écriture de documentaires…

Dans les premières années de l’Université populaire, j’ai

préparé trois cours sur Jean Gabin. Entre 2012 et 2013,

j’ai donc revu tous ses films et fait un montage des

meilleures scènes, que j’ai montré à Yves Jeuland, réalisateur

de documentaires politiques tels que Le Président

sur Georges Frêche. Il me propose d’écrire le film, qu’il

réalise et que Michel Rotman produit… pour un prime

time à la télévision, ce qui est la voie royale. Notre parti

pris était d’utiliser uniquement des extraits et archives

de Jean Gabin, ce qui est très onéreux mais donne une

grande fluidité, avec l’idée de mettre en écho l’Histoire

de France et l’histoire de Gabin, qui a tout joué – président,

clochard, notable ou ouvrier… – , dans des films contemporains

du Front populaire, de la Seconde Guerre mondiale

ou des Trente Glorieuses. [Un Français nommé Gabin

recevra le Prix du meilleur documentaire télévision 2017

du SFCC.]

Dans la foulée, j’ai proposé à Yves Jeuland et Michel

Rotman de faire la même chose avec Charlie Chaplin.

Et c’est extraordinaire : nous avons pu faire le grand film

sur Chaplin que nous n’aurions jamais osé rêver, France

Télévisions acceptant de financer un documentaire de

2h25 basé entièrement sur des archives. Là aussi, j’ai

voulu mettre en parallèle l’Histoire du monde, du cinéma

et d’un artiste visionnaire, notamment à travers Les Temps

modernes et Le Dictateur. Nous avons travaillé de façon

extrêmement complice avec Yves, qui m’a associé au

montage, et nous nous sommes régalés. [Charlie Chaplin,

le génie de la liberté a été sélectionné à Cannes Classics

en 2020, avant sa diffusion télé en 2021, puis en 2025.]

J’ai aussi travaillé avec Patrick Rotman, frère de Michel

et grand documentariste, et l’historien Nicolas Werth

sur la série Goulag, une histoire soviétique. Diffusé sur

Arte en 3 fois 52 minutes, ce triptyque a été un énorme

succès d'audience et a été vendu dans le monde entier.

… à la réalisation

Et puis je me suis jeté à l’eau, en 2021, en décidant de

réaliser un film sur Marcel Carné. Finalement, j’ai postulé

à l’Idhec à 18 ans et j’ai fait mon premier film à 55 ans.

L’histoire de Carné est passionnante car paradoxale : celui

qui a signé parmi les plus beaux classiques, dont six chefs

d’œuvre (Drôle de drame, Le Quai des brumes, Hôtel du

Nord, Le jour se lève, Les Visiteurs du soir, Les Enfants du

paradis) n’est pourtant jamais cité comme grand cinéaste,

notamment par ceux de la Nouvelle vague qui le méprisaient.

D’abord parce que c’est Jacques Prévert qui est

généralemet mis en avant dans leurs collaborations, mais

aussi, et c’est ce que je dis dans mon film, parce qu’il a

été le premier cinéaste qui ne cache pas son

homosexualité.

Par la suite, après plusieurs projets qui n’ont pas abouti,

j’ai fini par faire Papa, t’étais où en Algérie ?, un film très

personnel, à la fois sur l'histoire de l'Algérie et de mon

père. Le projet a été déclenché par la lecture du livre d’un

de mes oncles, où il raconte les traumatismes de sa guerre

d’Algérie, 60 ans après. En parallèle, j’ai reçu au Festival

du film d’Histoire Raphaëlle Branche, qui a écrit Papa,

qu'as-tu fait en Algérie ?, où elle autopsie le silence autour

de cette guerre au sein des familles … comme dans la

mienne. J'ignorais totalement où avait été et ce qu'avait

fait mon père en Algérie, décédé depuis. J’ai donc interrogé

le reste de la fratrie – sur 11 enfants dont 9 garçons, 4

sont allés en Algérie. Des fils de paysans qui n'avaient

jamais quitté les Deux-Sèvres, parfois mineurs, et qui se

sont retrouvés dans une guerre. J’ai eu la chance inestimable

que des images de ma famille aient été tournées

par Antenne2 dans les années 70, conservées par l’INA,

ce qui est l’un des ressorts essentiels du film. Après sa

diffusion, j’ai été impressionné par le nombre de gens se

disant touchés, et fier du très bon accueil de la presse – y

compris El Watan, qui y a vu une démarche de réparation

franco-algérienne.

Des cinémas et des rencontres

Papa, t’étais où en Algérie ?, diffusé à 23h sur France 3,

a fait plus de 500 000 téléspectateurs, ce qui est considérable.

Le film sur Chaplin a été vu par plus de 3

millions de spectateurs, ceux sur Gabin et le goulag

par un million et demi chacun. Mais surtout, même

si je n’ai pas tourné de fiction ou de grosse production,

j’ai découvert une dimension artistique qui change le

regard sur les films : le travail d'écriture et de tournage,

28 N°512 / 18 mars 2026


©MJ2R Alain Birocheau

Avec Thierry Frémaux, pour la 1000 e Unipop, et l’avant-première de Lumière, l’aventure continue ! en janvier 2025 : “ Nous avions offert à Thierry un portrait original de Bertrand Tavernier dessiné par Floc’h. “

J’ai postulé à l’Idhec

à 18 ans et j’ai fait mon

premier film à 55 ans

l'histoire allemande, pour sa conférence sur les femmes

résistantes à Hitler, qui a rassemblé 400 personnes.

Demain je vais accueillir Jérôme Garcin, pour son

livre sur Gérard Philipe. Et pendant ces 36 ans, j’ai

autant appris des générations de salariés, stagiaires et

services civiques qui ont transité au Jean Eustache,

qui font partie de l'histoire du cinéma.

En tant que président de l’Afcae, j’ai pu accéder à des

lieux de pouvoir, où l’on peut être force de proposition,

et avoir des discussions très constructives avec la FNCF

ou d’autres organisations. Aujourd’hui, j’estime toutefois

que la profession doit porter le débat sur la voie publique :

c’est la première fois que le CNC est attaqué de façon

aussi virulente. Notre écosystème est menacé, et il faut

dire haut et fort toute sa valeur, en dehors de notre

sphère professionnelle. Même si le cinéma est un

domaine artistique où des gens travaillent ensemble

et ont plaisir à se retrouver… comme aux Rencontres

du Sud à Avignon. Le métier a aussi besoin de ça. »

Propos recueillis par Cécile Vargoz

très épanouissant et stimulant, celui sur la musique,

dont j’ignorais tout, ou l’enregistrement du commentaire

– surtout quand on a la chance, pour Un Français

nommé Gabin, d’avoir un acteur comme Grégory

Gadebois [p. J’avoue que c’est épuisant, notamment

la période du montage où l’on s’enferme, mais j’ai eu

une grande chance de pouvoir concilier ce travail avec

celui du Jean Eustache et du festival.

©Isabelle Nègre

Quand on s’étonne que je sois à Pessac depuis 36 ans,

c’est parce que je suis accompagné par une mairie

qui me laisse une grande liberté, ce qui est extrêmement

précieux, et par deux supers équipes, qui me

permettent de déléguer. Mais comme pour beaucoup

d’exploitants, c’est en étant dans une logique de

formation continue, en programmant des films variés,

en accueillant des cinéastes, des producteurs et des

historiens, que l’on apprend et que l’on peut faire

tant de rencontres. Je n’aurais jamais fait de films si

je n’avais pas rencontré Yves Jeuland et Michel Rotman,

reçus dans mon cinéma de Pessac. Il y a quelques

jours, j’étais avec Hélène Camarade, spécialiste de

Rencontres art et essai de Cannes 2023 : François Aymé applaudi pour ses sept ans de présidence de l'Afcae

N°512 / 18 mars 2026

29


International

EUROPA CINEMAS,

AU CŒUR DE LA CRÉATIVITÉ DU CINÉMA ET

DES CINÉMAS EUROPÉENS

Parmi les grands partenaires

internationaux de l’exploitation, le

réseau de salles à programmation

majoritairement européenne

poursuit sa vocation : faire circuler

les films, mais aussi les idées et les

pratiques du secteur. Retour sur les

rôles et accomplissements majeurs

d’Europa Cinemas, en compagnie

de sa directrice générale, Fatima

Djoumer.

©Boxoffice Pro

Difficile pour la dirigeante de dresser, parmi les 1 300

établissements pour près de 3 150 écrans répartis dans

39 pays qui composent le réseau, un “profil type d’Europa

Cinema”. « Dans l’ensemble, il s’agit de salles indépendantes

de proximité, majoritairement art et essai, implantées dans

zones urbaines. » Au-delà de leur « très forte » identité, ces

cinémas se sont particulièrement distingués par leurs

efforts, ces dernières années, en matière de renouvellement

de leur modèle économique, de leur image, de leur

communication… « et avec une nouvelle génération d’exploitants,

parmi lesquels beaucoup de femmes », se réjouit

Fatima Djoumer, en soulignant l’impact de ce renouveau

sur celui des publics des salles adhérentes.

Si les chiffres 2025 des Europa Cinemas ne seront livrés

que lors de la réunion annuelle à Cannes, en mai prochain,

la directrice générale sait que les bilans restent toutefois

contrastés, entre les territoires qui « se portent mieux »

grâce à leur cinéma national – comme la Serbie, la

Croatie ou l’Italie –, et ceux pénalisés par des politiques

publiques plus limitées – à l’image de la Grèce, du

Portugal ou de la Roumanie.

Parmi les succès exemplaires, « toutes les salles qui ont

adopté la carte Cineville ont explosé leurs chiffres, bien

au-delà même de l’année de référence 2019 », note Fatima

Djoumer, en rappelant que le fonds Collaborate to

Innovate d’Europa Cinemas a permis à de nombreux

pays de se lancer dans cette aventure de l’abonnement

illimité né aux Pays-Bas. Ainsi, après la Belgique, l’Autriche,

l’Allemagne, la Suède ou encore le Danemark,

des nouveaux projets Cineville émergent du côté de la

Pologne, de l’Italie et de l’Espagne. Un modèle d’autant

plus efficace qu’il permet d’attirer les jeunes, mais aussi

de mieux analyser les comportements de fréquentation

grâce aux données recueillies par les salles. Il contribue

également à « faire évoluer l’image des cinémas et leur

communication ». [Pour rappel, en France, c’est avec Cine

Group, maison-mère de Boxoffice Pro, que la société

néerlandaise Cineville BV planche sur les offres d’abonnement

illimité dédiées aux salles indépendantes, voir

notre magazine du 7 janvier 2026].

Majoritairement financé par le programme Creative

Europe MEDIA de la Commission européenne, « sans

oublier le CNC et Eurimages qui sont à nos côtés », Europa

Cinemas disposera d’une enveloppe de 15,5 M € en

2026, dont 13 à 13,5 M € redistribués sous forme de

soutien financier direct aux exploitants du réseau.

« Près de 80 % sont dédiées au soutien à la programmation

Fatima Djoumer, directrice générale d’Europa Cinemas, était l’invitée de l’Émission Boxoffice Pro du 5 mars 2026.

européenne, tandis que 20 % financent les actions destinées

au jeune public, notamment en matière d’éducation à

l’image », précise la directrice générale.

Lancé après la pandémie, le fonds Collaborate to

Innovate constitue l’un des principaux outils d’expérimentation.

Doté d’environ 1 à 1,5 M € par an, il

finance des projets portés collectivement par les exploitants,

à une hauteur maximale de 120 000 € par initiative.

Il a par exemple permis de développer l’initiative

Cinema Without Barriers, visant à améliorer l’accessibilité

des projections pour les publics sourds et

malentendants : « une énorme innovation », qui a permis

à plusieurs salles d’élargir sensiblement leur public.

À noter que qu’à partir de cette année, le dispositif

Collaborate to Innovate modulera ses taux de financement

selon les pays : 80 % pour les projets issus des

grands marchés européens (pays dits A et B), et jusqu’à

90 % pour ceux portés par des territoires disposant de

moyens plus limités (pars C et D). Autant de soutiens

auxquels s’ajoutent, depuis 2024, les Training Boot

Camps, soit les sessions de formation « développées par

et pour les exploitants ».

La “EU Gen”

Depuis sa création en 1992, Europa Cinemas s'appuie

sur les échanges de bonnes pratiques. Le réseau organisait

sa première conférence internationale biannuelle dès

1996. Des rendez-vous enrichis, depuis, par les “Labs”,

organisés plusieurs fois par an – à Bologne, Sofia et

Valladolid – qui réunissent une quarantaine de participants

pour partager expériences et projets. « Ces

discussions entre une nouvelle génération plutôt anglophone,

qui voyage et regarde ce qui se fait ailleurs, ont permis de

revivifier l’exploitation indépendante européenne », entres

salles hybrides intégrant restaurants ou librairies, reconversion

de bâtiments religieux ou industriels (« comme

le cinéma FilmHallen aux Pays Pas installé dans un ancien

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

hangar d’entretien de gare ») ou encore nouvelles approches

architecturales comme celles développées par Jean‐Marc

Lalloz au Studio 43 de Dunkerque, « un cinéma où l’on

peut aussi tourner des films ! »

Bien entendu, Europa Cinemas s’inscrit aussi dans un

dialogue permanent avec les institutions européennes

– le réseau est notamment partenaire du Lux Audience

Award du Parlement européen, qui récompense chaque

année un film européen après un vote combinant celui

du public et celui des eurodéputés. Le futur du financement

du programme AgoraEU, qui va succéder en 2028

à Europe créative, constitue naturellement un enjeu

majeur. Dans un contexte marqué par les tensions budgétaires

et « les priorités liées à la défense ou à la sécurité », il

devrait être doté de plus de 2 milliards d’euros, « mais

dont on ne connaît pas encore tous les contours ni l’agencement.

Mais il y a une vraie considération du cinéma, et par

la Commission, et par le Parlement européen », rassure

Fatima Djoumer. Après la réunion annuelle de Cannes,

en mai, Europa Cinemas proposera un parcours spécifique

pour les exploitants sera organisé lors du Festival international

du film d’animation d’Annecy en juin. Et pour

la conférence biannuelle du réseau, rendez-vous cette

année à Barcelone, du 26 au 29 novembre.

Aysegül Algan

30 N°512 / 18 mars 2026



Exploitation

©A.Algan

L’équipe Véo programmation avec les bâtisseurs de l’entente.

De gauche à droite : Sarah Decoux, Thomas Lenne, Alain

Bouffartigue, Jean-Pierre Villa, Marion Guyot, Emmanuel

Baron, Aurélien Uribelarrea, Sandrine Cheuzeville, Jean Villa,

Sandrine Gueynard, Laurence Mas, Patrice Chambon. Sans

oublier les absents de la photo : Myriam Diaz, Léa Noir, Maïa

Kirilovsky et Zindy Salgado.

VÉO PROGRAMMATION,

UNE ENTENTE QUI PÈSE SUR LE MARCHÉ

Réunis les 12 et 13 mars derniers entre l’Écran 7 de Plaisance-du-Touch et le

Véo Cartoucherie de Toulouse, les membres de l’entente de programmation

ont rappelé leur place singulière. Des “petits” qui, réunis, représentent un des

grands acteurs de l’exploitation française, malgré une équation économique –

et politique – de plus en plus fragile.

Véo, qui a enregistré sept nouvelles arrivées sur l’année

écoulée*, représente désormais un vaste réseau de 264

cinémas et 420 écrans. Son maillage, qui reste particulièrement

concentré en Nouvelle-Aquitaine (35 %),

Occitanie (33 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (22 %),

s’étend sur 45 départements et 10 régions, de la Bretagne

à… Mayotte. Et s’il reste majoritairement composé de

“petits” établissements (69 % de mono écrans), l’ensemble

n’en pèse pas moins dans le marché français. En 2025,

les salles de l’entente Véo ont ainsi généré plus de 6,6

millions d’entrées, soit 4,21 % de la fréquentation nationale,

et reversé plus de 16 M € TTC aux distributeurs.

« Véo est le cinquième client en France de l’ensemble des

distributeurs, derrière les trois premiers grands circuits et

Cinéville/Cinédiffusion », souligne le président Jean-Pierre

Villa, rappelant l’importance de ce poids collectif.

Comme l’ensemble du marché, les salles Véo ont connu

une année 2025 difficile. Après leur surperformance de

2024 (portée par Un p’tit truc en plus et Le Comte de

Monte-Cristo), elles reculent donc plus fortement que

la moyenne nationale : -16 % pour les salles de l’entente,

contre -13 % au niveau national. La fréquentation

moyenne par séance s’érode également, passant de 23

spectateurs en 2024 à 19 en 2025, tandis que le nombre

de séances augmente de 2,6 %, pour une offre élargie

de 3 851 titres (+5 %), dont 2 151 films recommandés

(+8,5 %). L’art et essai a ainsi représenté 44 % des séances

et 40 % des spectateurs ; une part de fréquentation en

augmentation « qui est révélatrice des performances décevantes

des films grand public », note le directeur général

Emmanuel Baron.

L’entente Véo programmation, une cartographie – et un maillage – des plus dynamiques

Si son podium reste trusté par le même tiercé Disney

national (Zootopie 2, Avatar 3 et Lilo et Stitch), on

retrouve dans le top 20 2025 de Véo les fondamentaux

l’entente, entre films destinés aux public familial et

film français populaires, dont Chasse gardée 2 et Les

Bodin’s partent en vrille qui y surperforment. Le top

art et essai est quant à lui dominé par une continuation

de 2024, En fanfare, suivi de La Femme la plus riche

du monde, Un parfait inconnu, L’Attachement et À

bicyclette.

Une exploitation sous contrainte

D’après l’analyse affinée que permet le bordereau à la

séance depuis trois ans, en 2025, plus de 20 500 séances

ont enregistré 0 entrée, et 48 % ont accueilli moins

de neuf spectateurs. Jean-Pierre Villa a souligné la non

rentabilité de ces séances, en regrettant que les discussions

dans les instances professionnelles « donnent

l’impression qu’il n’existe en France que des cinémas

commerciaux et des cinémas art et essai, sans place pour

des salles de proximité comme les nôtres, dont on ne

32 N°512 / 18 mars 2026


reconnaît ni le travail sur la diversité des films, ni le

besoin d’accéder rapidement à des films grand public avec

lesquels réaliser des séances à plus de 10 spectateurs ».

L’étude interne menée par Véo sur 250 de ses établissements

de 1 à 4 écrans depuis 2019 met, de fait, en

exergue une baisse notable des accès en SN et 2 e semaine,

contre une hausse des accès en 3 e , mais aussi de l’accès

en 4 e semaine – qui s'explique lui par la baisse de la

5 e semaine. Pour Emmanuel Baron, l’explosion des

plans de sortie depuis la fin des contributions numériques

relève donc plus d’une « légende urbaine » qui

vise la petite et moyenne exploitation. Dans ce contexte

« il est essentiel pour les cinémas en sortie décalée de

connaître à l'avance la date de programmation, afin de

s’emparer des films et les valoriser dans le sens de ce que

l'on souhaite défendre », et de conclure que « depuis

décembre dernier la fréquentation repartie sur de bons

rails permet d’envisager l’année 2026 avec

optimisme ».

Programmer librement,

un enjeu croissant

Aux côtés des sessions de line-ups répartis sur les deux

journées pour les présentations de 16 distributeurs**,

figuraient deux ateliers. Un, technique, consacré à la

réception dématérialisée des films, et un autre, aux

enjeux plus politiques à deux jours du premier tour

des municipales : la liberté de programmation, ses

principes fondamentaux comme les différents outils

juridiques à disposition. Deux juristes de l’Observatoire

* dont les nouveaux Cine-Lines (4 écrans) de Milly-la-Forêt ouvert en juin 2025, le Véo

Cartoucherie (4 écrans) de Toulouse ouvert en octobre, le Quai des Lumières (4 écrans)

de Frontignan ouvert en décembre… et le Ciné Pastel (3 écrans) de Lavaur ouvert ce

février 2026.

de la liberté de création (OLC) ont ainsi rappelé le

principe, central, qui lie la liberté de diffusion et de

programmation à celle de la création, et notamment

la loi du 7 juillet 2016 selon laquelle « une œuvre ne

peut être réellement libre si elle ne peut pas être mise à

disposition du public ». Mais au-delà des ingérences et

décisions municipales abusives, les pressions peuvent

également prendre la forme de cyberharcèlement, de

campagnes de dénigrement en ligne (le “review

bombing”), ou encore de chantage aux subventions

de la part de collectivités. Si ces dernières disposent

d’une compétence en matière de politique culturelle,

Accueil des adhérents Véo programmation à l’Écran 7 de

Plaisance-du-Touch, dont le hall a été rénové à l’automne 2025...

** Studio TF1, Pan Distribution, SND, Art House, Disney, Jour2Fête, Apollo Films, Haut et

Court, Warner, UGC, Studiocanal, KMBO, Metropolitan, Paname, Zinc. et Ad Vitam

elles ne peuvent en principe restreindre la liberté de

programmation, sauf cas très exceptionnel d’atteinte

à l’ordre public – un motif dont l’interprétation reste

très encadrée par le juge administratif. Au-delà du

volet juridique, les échanges ont également porté sur

les réponses concrètes à apporter face aux controverses,

comme le dialogue avec les interlocuteurs concernés.

Les juristes de l’OLC ont enfin rappelé l’existence de

permanences juridiques et d’un dispositif de signalement

en ligne. Autant d’éléments qui visent, pour les

organisateurs, autant à prévenir la censure que…

l’autocensure.

Ayşegül Algan

… et au Véo Cartoucherie de Toulouse, qui a ouvert ses portes en octobre

dernier. À noter qu’une deuxième AG Véo – plus resserrée sur la région

lyonnaise – aura lieu le 31 mars au Véo Grand Lumière de Saint-Chamond.

RÉOUVERTURE DU NORMANDY DE VAUCRESSON

La salle de deux écrans des Hauts-de-Seine rallume

ses projecteurs ce 25 mars, exploitée en

DSP par trois exploitants habitués du territoire

francilien.

Il y a un peu plus d’un an, le Normandy fermait ses

portes suite aux difficultés de son délégataire, Cinélab,

en place depuis 2022. Dans la foulée, la Ville lance

un premier appel d’offres, infructueux, puis un deuxième,

et sollicite Claudine Cornillat – également gérante

du Max Linder Panorama à Paris et du Capitole à

Suresnes – et Kevin Jardel – directeur du Capitole à

Suresnes –, qui avaient déjà participé à une consultation

de remplacement du cinéma. Ils s’associent à Jean-Fabrice

Janaudy – gérant du Vincennes et de la société

de distribution Les Acacias – et créent la société

L’Avventura, désignée pour exploiter le Normandy

pendant cinq ans.

Dirigé par Charlotte Figay, diplômée de la section

exploitation de La Fémis, l’établissement de deux écrans

et 303 fauteuils adoptera une programmation éclectique

et variée pour tous les publics, entre art et essai et

généraliste. La classification ainsi que les labels Jeune

Public et Recherche et Découverte sont visés, en plus

d’une forte mise en avant de l’animation. La semaine

d’ouverture incarnera cette volonté : une salle sera dédiée

à l’exploitation des Rayons et les Ombres de Xavier

Giannoli (Gaumont), et la seconde proposera de nombreux

événements. À terme, et au rythme d’une à deux sorties

nationales hebdomadaires, L’Avventura compte exploiter

sept à huit films par semaine – hors scolaires. Ainsi, au

sein d’une commune de 8 500 habitants à « la typologie

semblable à ce que nous connaissons déjà » comme le

souligne Jean-Fabrice Janaudy, les exploitants visent

37 000 entrées en première année, avec en ligne de mire

46 000 spectateurs. De quoi s’approcher des quelque

50 000 entrées qu’atteignait le Normandy dans ses

meilleures années. « Nous sommes très attendus par la

population, ce matin encore, une femme me faisait part

de sa tristesse de ne pas avoir de cinéma depuis un an,

affirme Claudine Cornillat. Nous avons tous envie d’apporter

notre passion pour cet établissement. »

J.D.

Les trois exploitants connaissent bien le tissu francilien,

et ont justement souhaité « reproduire [leurs] expériences

à Vaucresson », déclare Jean-Fabrice Janaudy. Ils seront

épaulés par la Ville, qui a « manifesté un grand intérêt

pour que les délégataires mènent une politique culturelle

importante », souligne Kevin Jardel, et qui a pris soin

du matériel du cinéma pendant sa fermeture. Cela

n’exclut toutefois pas, « à court ou moyen terme », la

question de la lasérisation. L’attractivité du Normandy

est accrue par « la présence juste à côté du restaurant

bistronomique le Bogart », ajoute Claudine Cornillat.

©Gilbert Long Architectures.

N°512 / 18 mars 2026

33


Exploitation

VALIDATIONS EN CDACi POUR...

LE MAJESTIC DE HÉRICOURT…

C’est un huitième cinéma qui devrait entrer sous le giron Majestic Cinémas d’ici deux

ans. La CDACi de la Haute-Saône a en effet approuvé, le 3 mars, la création d’un

établissement de cinq écrans et 806 fauteuils.

Le nouveau cinéma, suivi par le cabinet d’architectes Olivier Palatre, adoptera une ligne

« tout premium » avec un écran allant jusqu’à 21 mètres de base, une salle Odyssée et des

sièges électriques comme au Majestic Dole - Rive gauche inauguré en mars dernier. La

grille tarifaire sera adaptée à la démographie du lieu, avec un plein tarif à 10,50 €, de

quoi rendre l’établissement encore plus attractif au sein de la commune de 11 000

habitants. Grâce à un effort soutenu auprès des scolaires, le cabinet d’études Hexacom

table sur 150000 entrées annuelles en vitesse de croisière, voire « 180000 lors des belles

années », estime Jean-Yannick Tupin, directeur général du réseau, qui tient à saluer le

maire de Héricourt, Fernand Burkhalter, pour son « investissement total » sur le projet.

Si aucun recours n’est intenté, le projet, estimé au minimum à 8 millions d’euros hors

taxes, devrait voir le jour début 2028. Pour rappel, Majestic Cinémas a terminé 2025

à la douzième place des circuits français avec 1,39 millions d’entrées. J.D.

… L’APOLLO DE SEDAN…

Le projet porté par la famille Thirriot a reçu, le 11 mars, l’aval de la Commission

d’aménagement cinématographique des Ardennes. Il est destiné à remplacer leur historique

Turenne (3 salles), et prendra place sur le site, désormais rasé, d’un ancien collège.

Situé à l’une des entrées de la ville, il entend capter un bassin de spectateurs élargi grâce

à sa proximité à l’axe autoroutier reliant la Belgique à Charleville-Mézières. En somme,

un cinéma « ouvert sur le pays sedanais, voire à la Belgique dont la frontière n’est qu’à 20

km, mais également en lien direct avec le centre-ville », explique François Thirriot. De fait,

l’Apollo est à juste 1,8 km de la gare et bénéficiera d’une desserte « efficace » en termes

de mobilités, entre les transports publics, la voie verte et son parking gratuit.

Conçu par le cabinet parisien Aquilone Studio dirigé par Romain Delatre, le bâtiment

adoptera une structure métallique et intégrera plusieurs dispositifs environnementaux :

panneaux photovoltaïques en toiture, récupération des eaux de pluie et parking perméable,

avec bornes de recharge électrique. À l’intérieur, dans la continuité du travail mené à

terme dans son Métropolis de Charleville l’année dernière, l’exploitant proposera 130

cm d’espacement entre les rangées et des fauteuils de 65 cm de large, « pour un grand

confort, mais raisonnable », précise François Thirriot, qui mène le projet avec son fils

Julien. « L’objectif est de rester dans des prix abordables, ce qui est une vraie question

aujourd’hui, d’autant plus que nous sommes seuls sur la zone. »

©Olivier Palatre Architecte ©Aquilone Studio

Classé art et essai depuis deux ans, le Turenne a déjà amorcé une évolution éditoriale

que le nouvel établissement doit amplifier. « Avec cinq écrans, nous pourrons proposer une

diversité plus aboutie, et également viser les labels Jeune public et Patrimoine », explique

François Thirriot. Entre le Métropolis de Charleville, situé à moins de 20 km, et l'Apollo

de Sedan, « où les comédies françaises fonctionnent particulièrement bien », la programmation

sera complémentaire « et égalitaire » sur la répartition des films porteurs.

Le projet représente un investissement prévisionnel d’environ 4,5 M €, qui bénéficie

déjà du soutien de la Ville et de la Communauté d’agglomération, en attendant ceux

du Département, de la Région et l’aide sélective du CNC en cours d’instruction. Après

les 55 000 en moyenne que réalisait le Turenne avant-Covid (« sur ses trois salles, dont

une petite de 47 places, et ses 5 jours d’ouverture hebdomadaire »), l’étude de marché réalisée

par le cabinet Ciné Conseil estime le potentiel de l’Apollo à 150 000 entrées annuelles.

Son ouverture marquera la fin de l’exploitation du Turenne, vendu à la municipalité,

qui le destine à une reconversion en casino, tout en conservant la façade historique.

Sous réserve des différents délais administratifs, François et Julien Thirriot visent un

début de chantier pour le début d’été, et une ouverture en fin d'année 2026.

A.A.

… ET LE NOUVEAU CGR DE

CHÂTEAUROUX

Le 11 mars 2026, le projet par lequel le groupe rochelais projette de moderniser en

profondeur son offre à Châteauroux a été validé par la Commission d’aménagement

cinématographique d’Indre dans la région Centre-Val de Loire. C’est donc un nouveau

multiplexe de 10 salles et 1 311 fauteuils qui doit succéder au CGR vieillissant de la

commune (8 salles et 1 078 places). Cette implantation historique – passée en 2008

sous le giron Cinémovida, puis Cap’Cinéma en 2014, avant de redevenir un CGR en

2017 –, n’avait en effet connu aucune rénovation d'envergure depuis 1995. Sa modernisation

passera par un transfert-extension, la CDACi portant spécifiquement sur la

création de 2 salles et 233 places supplémentaires.

Le projet, dessiné par ABP Architectes, sera implanté près de la gare, « sur l’ancien site,

transformé dans le cadre du plan Action cœur de ville » note Pierre Schlosser. Une démarche

de « revitalisation » à laquelle le directeur du développement de CGR Cinémas est

d’autant plus d'autant plus sensible qu’il est également directeur de la RSE du circuit.

Le nouveau CGR de Châteauroux sera, en outre, connecté par une passerelle piétonne

à la gare et son hub de transports en communs, « gratuits à Châteauroux ». Le nouveau

bâtiment répondra naturellement aux normes écologiques, « mais sera également totalement

accessible, notamment avec la solution CinéAccess pour les spectateurs porteurs de handicaps

sensoriels », complète Pierre Schlosser.

Le nouveau multiplexe comptera une salle ICE, « la 59 e du groupe en comptant l'international

». Il deviendra également le second site CGR, après celui de Brignais, à accueillir

des grands écrans LED, avec trois installations prévues : dans la salle ICE et les deux

plus grandes suivantes. Côté programmation, le nouveau CGR de Châteauroux compte

conserver son classement ainsi que ses deux labels Jeune public et Patrimoine et répertoire,

avec un volume de 15 % de séances art et essai, « et en bonne intelligence » avec le

mono écran classé Apollo de la ville.

L’étude réalisée par le cabinet Ciné Conseil estime aujourd’hui le potentiel du futur

établissement à 280 000 entrées annuelles, sur une zone d’influence cinématographique

d’environ 113 000 habitants. Les travaux devraient être lancés au plus tard à la rentrée,

pour une ouverture en décembre 2027. L’exploitation du CGR actuel sera maintenue

jusqu’au passage de relais ; une transition accompagnée de près par la municipalité, très

engagée dans ce projet majeur pour l’attractivité de son centre-ville.

A.A.

©ABP Architectes

34 N°512 / 18 mars 2026


L’ACTUALITÉ DE

L’EXPLOITATION ET DE LA

DISTRIBUTION CINÉMA

LE MAGAZINE PRO

ET LES SUPPLÉMENTS

LE DIRECT

YOUTUBE

LE SITE

BOXOFFICEPRO.FR

OU SUR

BOXOFFICEPRO.FR/CATEGORY/LEMISSION/

disponibles sur

Amazon Music

Deezer

Spotify

Apple Podcasts

@BoxofficeFrance

@Boxoffice_fr

Boxoffice Pro France

@boxofficefr


Focus Exploitation

©Les Cinémas d’Aire

AIRE-SUR-L'ADOUR

ENTRE DANS LE GRAND BAIN

Le nouveau complexe

cinématographique de 3 salles a

ouvert ses portes le 4 mars, sur

l'emplacement de l’ancienne piscine

municipale de la commune landaise.

Lorsqu’ils rachètent Le Galaxie (2 salles), en mai 2021,

Romain Davoine, ancien directeur des opérations de

CinéAlpes, et la famille Pfister, implantée historiquement

dans les Landes, ont déjà le projet de moderniser l’offre

cinématographique à Aire-sur-l'Adour. « Nous souhaitions

nous agrandir, et les échanges avec le maire nous ont menés

à l’ancienne piscine, qui avait fermé pendant le Covid…

et n'avait jamais rouvert depuis », explique Romain Davoine.

C’est donc sur une friche en cœur de ville, « à moins de

300 m d’une cathédrale du 12 e siècle », qu’est lancé le projet

du nouveau cinéma destiné à remplacer Le Galaxie, et

dont les travaux ont débuté en janvier 2025, « après la

CDACi obtenue en juin 2023 et le temps de boucler les

financements et de finaliser les études ».

Une reconversion architecturale et environnementale

Si le site est acquis « pour un euro symbolique » auprès

de la Ville – en contrepartie de l’engagement des

nouveaux propriétaires à y construire un cinéma –, il

implique des surcoûts. « Le vieux bâtiment a notamment

nécessité plus de 100 000 euros de désamiantage, et

quelques centaines de milliers d'euros de reprise en sousœuvre

», explique Romain Davoine, en décrivant les

défis techniques que présente la reconversion d’un

équipement aquatique à ciel ouvert en un ERP culturel.

En cohérence avec la vertu “zéro artificialisation des

sols” de leur projet, les exploitants souhaitent construire

de la manière « la moins impactante possible ». Ils optent

donc pour une structure bois (murs, charpente, bardage

et gradinage). Résultat : l’ancien grand bassin accueille

désormais la salle principale de 162 places, la pataugeoire

a laissé place à deux salles de 37 fauteuils chacune,

tandis que les anciens vestiaires abritent aujourd’hui

les espaces d’accueil, les bureaux et les sanitaires du

cinéma. Enfin, pour compléter ses efforts écologiques,

Le Grand Bain est équipé de trois projecteurs rétrofités

en laser – dont les deux anciens projecteurs du Galaxie

– et de 300 m² de panneaux solaires en toiture, « qui

vont permettre au cinéma de produire autant d’électricité

qu’il n’en consomme ».

Le budget de 3,5 M € – dont 600 000 € d’aide sélective

du CNC, 400 000 € de la Région et de 300 000 € du

Fonds vert attribué par l’État aux projets “recyclant”

des friches, complétés par un financement bancaire

– a conduit les exploitants à réduire leur projet initial.

Mais passer des 4 salles et 314 fauteuils à 3 salles et

236 fauteuils représente finalement, selon Romain

Davoine, un atout qui leur a permis de « privilégier le

confort ». Pratique encore rare dans la ruralité, Le

Grand Bain proposera en outre le placement numéroté,

de manière à conjuguer les meilleurs taux de remplissage

de ses petites jauges avec le confort des spectateurs,

qui pourront choisir leur place à l’avance.

Une fréquentation déjà en forte progression

Depuis la reprise du Galaxie en 2021, les exploitants ont

déjà engagé un travail de reconquête du public aturin.

©Les Cinémas d’Aire

36 N°512 / 18 mars 2026


Ainsi, à sa récente fermeture, « un peu anticipée par des

problèmes de pompe à chaleur » le 11 janvier dernier,

l’ancien cinéma de la commune était remonté de 11 000

entrées en 2019 à 19 000 en 2024. Dans ce Grand Bain

« que les habitants attendent avec impatience », l’objectif

est désormais d’atteindre 80 000 entrées annuelles, dans

une unité urbaine de 7 600 habitants, mais dont la zone

d’influence est estimée à 30 000 habitants. En effet, dans

un rayon de vingt minutes, Aire-sur-Adour ne compte

que les mono-écrans associatifs de Nogaro (au nord-est)

et Garlin (au sud). Sans oublier, à 30 km au nord, le

Grand Club de Mont-de-Marsan (8 salles) où Romain

Davoine est associé à la famille Pfister à part égales depuis

juillet 2025. Une nouvelle collaboration et des compétences

« très complémentaires » dont se réjouit Romain

Davoine, en saluant Benoît Pfister, sa sœur Barbara ainsi

que leurs cousins Thomas et Mathieu Paul, également à

l'œuvre au Grand Club de Dax, au Rex de Hossegor ou

encore au Rio de Capbreton.

C’est désormais Romain Davoine qui est en charge

de la programmation à Mont-de-Marsan et à Airesur-Adour.

Au Grand Bain, elle sera naturellement

généraliste et visera, avec 25 % de séances art et essai,

le classement ainsi que le label jeune public. Au-delà

de la modernisation des équipements, le nouveau

cinéma compte faire la différence avec une politique

d’animation étoffée. Le directeur Gabriel Collard,

assisté de David Destouroune (déjà présent au Galaxie),

peut en cela compter sur le renfort de Stephen Zanetti,

médiateur culturel partagé avec le cinéma de Mugron

(50 km à l’ouest). Et pour pleinement plonger dans

Le Grand Bain, un tarif “découverte” à 5 € la séance

est proposé durant le premier mois d’exploitation.

Ayşegül Algan

©Les Cinémas d’Aire ©Les Cinémas d’Aire

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : SAS LES CINEMAS D’AIRE

Maître d’œuvre / pilote : PIERRE CHICAN ARCHITECTE

Bureau de contrôle : SOCOTEC

BÂTIMENT

Gros œuvre : MAS BTP

Electricité et réseaux : ETCHART ENERGIE

Climatisation/chauffage : ETCHART ENERGIE

FAÇADE/HALL

Comptoir : CINE MOB

Système de billetterie : CINE GROUP

Signalétique intérieure : GRAFIX

Enseignes façade : GRAFIX

Affichage dynamique : SONIS

SALLES

Fauteuils : LINO SONEGO

CABINES

Installateur : CDS

EXPLOITATION

Programmation : ROMAIN DAVOINE

SITE INTERNET

Conception : CINE GROUP

*Basé sur le déclaratif de la salle

©Ville d'Aire sur l'Adour

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 162 5 14 7.1 Laser

2 37 2 6,2 7.1 Laser

3 37 2 6,2 7.1 Laser

TOTAL 236 9

Chantier piscine, février 2025

N°512 / 18 mars 2026

37


Miscellanées

Save the date :

AG du SCARE

Le Syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai

tiendra son assemblée générale annuelle le dimanche 10

mai à 14h au cinéma l’Olympia de Cannes. Elle sera

précédée de deux projections aux Arcades : une le samedi

9 mai à 20h, et la seconde le 10 mai à 10h. Le traditionnel

déjeuner du SCARE est quant à lui prévu mardi 12 mai,

13h, plage des Palmes. Date limite d'inscription : 1 er

mai 2026.

Déjeuner du SCARE 2025, à Cannes

Les Rencontres du

Cinéma Indépendant

L’événement porté par le Syndicat des distributeurs

indépendants reste dans la capitale en 2026, en collaboration

avec les Cinémas indépendants parisiens et

l’Association des cinémas de recherche d’Île-de-France.

Les 11 es Rencontres du Cinéma Indépendant se dérouleront

du 17 au 19 juin à l’Entrepôt (14 e ), au Cinéma

des Cinéastes (17 e ) et au Méliès de Montreuil. Au

programme, des films inédits, une table ronde sur le

marché parisien et ses conséquences à l’échelle du

territoire, une rencontre avec les pouvoirs publics, un

séminaire distribution, et bien d’autres événements qui

seront dévoilés en mai. Les modalités d’inscription

seront précisées prochainement.

©SCARE ©Sonia Reveyaz 2025

42 ans de fenêtre sur Bellecour

C’est le 1 er octobre 1983 que Mireille Prudonik entre

au Pathé Bellecour en tant que caissière. Son père,

alors opérateur dans un cinéma de la rue de la République

à Lyon, l’a informée qu’un poste de caissière

était vacant. Elle tente sa chance, décroche le contrat...

et y restera finalement 42 ans et demi. Devenue par

la suite agent de cinéma puis animatrice, Mireille

Prudonik n’a jamais quitté le navire : « Pour évoluer,

il aurait fallu que je quitte Lyon, mais je n’en avais pas

envie. » Au Pathé Bellecour, elle a connu les travaux

de 1986 faisant passer le cinéma de cinq à huit écrans,

puis ceux de 1995, où l’établissement ferme ses portes

pendant un an avant de rouvrir dans la forme telle

qu’on le connaît aujourd’hui, à dix salles. Elle a également

traversé les multiples bouleversements de la

filière, de la crise des années 1990 à celle du Covid,

en passant par l’arrivée des multiplexes et le passage

au numérique, notamment de la billetterie qui, pour

Cannes 2026

Les Palmes d’or d’honneur révélées

Peter Jackson et Barbra Streisand seront donc honorés

des 24 e et 25 e Palmes d’or d’honneur. Le premier, figure

majeure du blockbuster des années 2000, a noué une

relation spéciale avec le Festival de Cannes au fil des

années. Son premier film, Bad Taste, est passé par le

Marché du Film en 1988, et le premier volet du Seigneur

des Anneaux avait connu une projection exceptionnelle

de 26 minutes sur la Croisette en 2001. Le cinéaste salue

justement le Festival pour son travail autour d’un « cinéma

audacieux et visionnaire ». Avec sa trilogie en Terre du

Milieu, Peter Jackson a totalisé plus de 21 millions

d’entrées en France, et 3 milliards de recettes dans le

monde. Quelques années plus tard, sa trilogie Le Hobbit

a cumulé quelque 14 millions d’entrées en France, près

de 3 milliards de dollars au box-office. Entre-temps, le

réalisateur a également signé King Kong, en 2005, qui a

attiré plus de 3,5 millions de spectateurs en France.

Dernièrement, il s’est illustré avec sa mini-série d’archives

The Beatles : Get Back.

Mireille Prudonik, a fait « disparaître les longues files

d’attentes devant le cinéma ». De ses quarante années

de maison, elle garde des souvenirs en technicolor :

une séance de Rocky IV où les spectateurs étaient

« déchaînés » face au ring, l’émotion collective à la sortie

de Titanic, ou ses rencontres avec Jamel Debbouze et

Jean-Jacques Annaud. Mais c’est surtout l’humain

qu’elle retient, comme la réouverture de 2021 et ces

spectateurs « si heureux de retrouver les salles ». Autant

de moments qui ont forgé son attachement au cinéma

nonagénaire, et avec lesquels elle repartira pour sa

retraite, la semaine prochaine : « Quand j’ai commencé,

les équipes prenaient soin de moi, puis ça a été à mon

tour de prendre soin de mes équipes ; j’espère que je leur

manquerai un peu quand même ! Comme disait Annie

Girardot : Je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma, mais

à moi, le cinéma a manqué follement ! »

J.D.

Aux côtés du réalisateur néo-zélandais, Barbra Streisand

sera saluée pour l’ensemble de sa carrière qui, au cinéma,

a démarré devant la caméra de William Wyler, pour

Funny Girl (1968). Son rôle lui vaudra l’Oscar de la

meilleure actrice, ainsi que le premier de ses 11 Golden

Globes, remportés tant en tant qu’interprète que

chanteuse ou réalisatrice, pour Yentl (1983). Elle est

d’ailleurs la première femme à remporter l’Oscar de

la meilleure chanson originale, et la première à être

distinguée du Golden Globe de la première réalisation.

Son parcours musical est tout aussi doré, avec 37

albums studios et 10 Grammy. Elle était même, jusqu’en

2023, l’artiste féminine comptant le plus d’albums

classés numéro 1 des ventes. « En ces temps difficiles, le

cinéma a le pouvoir d'ouvrir nos cœurs et nos esprits à

des histoires qui reflètent notre humanité commune,

déclare-t-elle. Le cinéma transcende les frontières et la

politique, et affirme le pouvoir de l'imagination pour

façonner un monde plus compatissant. »

J.D.

Soutiens

GNCR

Collapse d’Anat Even (JHR Films, 6 mai)

Blue Heron de Sophy Romvari

(Potemkine Films, 27 mai)

Hair, Paper, Water... de Truong Minh Quy

et Nicolas Graux (Petit Chaos, 10 juin)

Films recommandés

Cosmos de Germinal Roaux (Nour Films, 6 mai)

AGENDA DE LA PROFESSION

RENCONTRES DU SUD 16 au 20/03/26 AVIGNON

PRINTEMPS DU CINÉMA 22 au 24/03/26 FRANCE

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI RÉPERTOIRE 25 au 27/03/26 TOURS

AG ANNUELLE DU SFTC 31/03 et 01/04/26 PARIS

RENCONTRES DE GÉRARDMER 07 au 10/04/26 GÉRARDMER

JOURNÉE "VERS LA SALLE DE CINÉMA DURABLE" 09/04/26 PARIS

AG CHAMBRE SYNDICALE DES CINÉMAS DE NORMANDIE 29 et 30/04/26 FÉCAMP

AG CHAMBRE SYNDICALE DES CINÉMAS NORD-PAS-DE-CALAIS 05/05/26 LOMME

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES

FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES

RÉUNION EUROPA CINEMAS 17/05/26 Cannes

AG DU SYNDICAT DES PAYS DE SAVOIE 02/06/26 ANNECY

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE

CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE

12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 17 au 19/06/26 DINARD

RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT 17 au 19/06/26 PARIS

STUDIO SHOW 02 et 03/07/26 PARIS

38 N°512 / 18 mars 2026



LE 1 ER AVRIL

EXCLUSIVEMENT AU CINÉMA

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!