25 ans de rénovation urbaine
Un ouvrage de Jean-Baptiste JEHIN, Directeur du Département du Logement, de la Régie foncière et du Développement économique et commercial de la Ville de Liège (mars 2026).
Un ouvrage de Jean-Baptiste JEHIN, Directeur du Département du Logement, de la Régie foncière et du Développement économique et commercial de la Ville de Liège (mars 2026).
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25 ANS
DE RÉNOVATION
SERVICE DU LOGEMENT - RÉGIE FONCIÈRE VILLE DE LIÈGE
Jean-Baptiste
Jehin
URBAINE
Retour d’expérience
de l’Opérateur Logement
de la Ville de Liège
Coordination:
Gaétan Wijnants
Attaché de Cabinet – Echevinat du Logement
Mise en page:
OANNA srl
Route du Condroz 323/1 - 4550 Nandrin
www.oanna.be
Laurence Tellier
Ville de Liège - Instruction Publique/Cellule graphique
Impression:
Centre d’impression et d’Approvisionnement
Rue Louis Boumal, 70 - 4000 Liège
Imprimé en 100 exemplaires à Liège.
Mars 2026
Les propos repris dans cet ouvrage reflètent l’expérience et les
positions de son auteur à titre personnel. Ceux-ci n’engagent pas
le Département du Logement, la Ville de Liège ni aucun de leurs
institutions et partenaires politiques ou administratifs.
3
SOMMAIRE
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
INTRODUCTION 6
Partie 1 : Considérations générales 11
Partie 2 : Présentation des projets et de leurs spécificités 49
Conclusion générale 207
Table des matières complète 210
REMERCIEMENTS
La concrétisation de ces projets n’aurait pas été possible sans la décision des Collèges
et Conseils communaux successifs de soutenir financièrement les projets de rénovation
urbaine au cours des 20 dernières années, et notamment :
- Maggy YERNA :
Échevin du logement
- Willy DEMEYER :
Bourgmestre
Remerciements au trésorier de la régie foncière pour sa disponibilité, son efficacité et son
approche constructive dans la mise en œuvre des projets :
- Jean-François HUART
Remerciements pour le travail de graphisme et le choix des photos :
- Gaétan WIJNANTS - Jean-Pierre ERS
Remerciements particuliers pour leur aide à la réalisation de ce travail :
- Alexandre Caroline
- Brandt Pierre
- Dewael Audrey
- Jaminon Christine
- Kech Sylviane
- Kunysz Pavel
- Lagae Claire
- Landrain Anne
- Lemoine Pierre
- Lepot Olivier
- Noirhomme Patricia
- Pierard Darlanne
- Schrouff Arnaud
- Vanhamel Marie-Anne
Remerciements aux collaborateurs et collaboratrices qui travaillent ou ont travaillé (en leurs
titres et qualités) au sein des services du logement et de la régie foncière au cours des 20
dernières années et ont participé à cette belle aventure :
- Abinet Arnaud
- Abbevi Messan
- André Véronique
- Bachelet Lise
- Banyoshanabi Joséphine
- Basiaux Sabine
- Ben Slama Monia
- Beuken Emile
- Boota Dario
- Brassine Coralie
- Brico Véronique
- Bui Anh
- Chaineux Géraldine
- Charpentier Nathalie
- Collard Cindy
- Coumanne Fabienne
- Dassenoy Sandrine
- Dayez Éléonore
- Dejeneffe Joseph
- Denis Laurence
- Deom Myriam
- Depinois Kevin
- Derselle Valérie
- Di Barbora Riccardo
- Dufour Alan
- Dufrasne Michel
- Elias Grégory
- Elias Ginette
- Evrard Antoine
- Fioret Muriel
- Gabriel Antoine
- Galere Thierry
- Georges David
- Gerbehaye Joseph
- Godfirnon Mathieu
- Halleux Dominique
- Hannequart Marie
- Hensens Jenny
- Iapparova Ludmila
- Irskens Cécile
- Jandric Andrée
- Janray Julien
- Laruelle Stéphane
- Malherbe Alain
- Marcuzzo Sylvia
- Mariette Charles
- Michel Cyrille
- Musilli Jennifer
- Mouti Zouhair
- Nancy Tomat
- Nandrin Hughes
- Nihant Pierre
- Quaedvlieg Véronique
- Rensonnet Myriam
- Seferiadis Hélène
- Smitz Gaël
- Stangherlin Grégor
- Struvay Cécile
- Utamuliza Marie-Rose
- Taels Dominique
- Theral Kevin
- Truillet Clémentine
- Vancraywinkel Laetitia
- Vanderlinden Frédérique
- Wolter Georges
PRÉFACE
Espaces d’innovation et nœuds des
communications, les villes ont évolué au
gré des mutations et doivent s’adapter,
répondre à de nouveaux enjeux. Au fil
des siècles, leur bâti s’est renouvelé,
soumis aux changements techniques, aux
guerres, aux incendies ou simplement à
l’action du temps. Inlassablement, elles
se reconstruisent pour répondre aux
nouveaux besoins des habitants, à la
mobilité, aux nouvelles conceptions de
la société ou, comme aujourd’hui, aux
changements climatiques, en perdant
souvent une partie de leur histoire, mais en
en créant de nouvelles.
Au début des années 2000, profitant de la
mise en œuvre par les différents niveaux
de pouvoir de politiques spécifiques de
la Ville et de l’amélioration de son habitat
au sens large, la Ville de Liège, à travers
la création d’un service du logement,
a mené de multiples opérations de
rénovation urbaine dans des quartiers
prioritaires. Vingt-cinq ans plus tard, il
nous a semblé utile d’en dresser le bilan
et de présenter ces actions et le travail
des équipes qui se sont relayées pour
changer, par petites touches, l’image et
la vie dans ces espaces centraux souvent
délaissés, et cumulant les problèmes de
précarités et de vétustés. Les quartiers
de Grand-Léopold, Saint-Léonard ou
Sainte-Marguerite en sont des exemples.
La qualité, l’accessibilité à des prix décent
et l’amélioration de la performance
énergétique des logements ont toujours
été au cœur des projets initiés par la régie
foncière et le service du logement de la
Ville de Liège au profit des citoyens.
Cette démarche veut également saluer
le travail minutieux, inventif et de longue
haleine des agents communaux et
des différents membres du Collège
et du Conseil ainsi que des multiples
acteurs concernés et impliqués dans la
concrétisation de ces objectifs parfois
semés d’obstacles.
Jean-Baptiste JEHIN
1 er Directeur Administratif
Service du Logement, de la Régie Foncière
et du Développement économique et commercial
6
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Introduction
Il y a une vingtaine d’années, la Ville de Liège a
décidé de devenir un acteur important de la
politique du logement sur son territoire.
Si les sociétés de logements de services
publics sont les opérateurs incontournables
depuis des décennies et gèrent un nombre
élevé de logements, la Ville a décidé
d’agir dans les quartiers plus centraux
et péricentraux concentrant souvent des
problèmes de précarité et de qualité du bâti.
Espaces par ailleurs délaissés par les acteurs
traditionnels en raison notamment de la
complexité des interventions (forte densité et
imbrication des immeubles) qui engendrent
des opérations inévitablement plus coûteuses.
7
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Ces dernières concernent des bâtiments
anciens, parfois classés et généralement dans
un très mauvais état, voire à l’abandon.
La ville de Liège, et plus précisément son
service du logement et sa régie foncière,
a construit son propre modèle d’action,
en engageant des sommes importantes
sur fonds propres et en s’insérant dans
les différents dispositifs d’aides régionaux
ou fédéraux existants pour atteindre ses
objectifs. Elle a ainsi mené des projets seule
ou en partenariat avec différents acteurs
publics ou privés. Ces réalisations permettent
de montrer l’importance de réhabiliter ces
quartiers et de donner une impulsion pour
inciter les promoteurs privés et les particuliers
à intervenir également et participer au
renouvellement urbain. Ce dernier a par
ailleurs toute sa pertinence au regard de la
lutte contre le réchauffement climatique.
La présente publication a pour objet de
décrire différents projets menés au cours
de cette période, et la stratégie de la Ville
pour les mettre en œuvre. Elle abordera
dans un premier temps des considérations
générales sur les objectifs poursuivis, le
contexte historique et politique dans lequel
ils s’inscrivent, les outils utilisés, les processus
décisionnels, et des remarques et conseils
techniques et administratifs pour faire aboutir
les actions.
La seconde partie décrira les opérations
concrètes et leurs spécificités, chacune ayant
un objectif relatif à la qualité et l’aménagement
de l’environnement immédiat des logements.
Il s’agit d’indiquer ce que le projet apporte
aux futurs locataires et aux habitants du
quartier. Dans certains lieux une attention
toute particulière a été portée à l’architecture,
l’image véhiculée étant fondamentale
8
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
dans la reconstruction d’un espace et de
son appropriation par la population. Les
dispositifs de lutte contre l’inoccupation et
l’insalubrité des logements et des commerces,
la valorisation des réserves foncières des
pouvoirs publics, ou encore l’amélioration de
l’efficacité énergétique des immeubles seront
également abordés dans un dernier volet du
travail.
Vu le nombre d’opérations réalisées et leurs
particularités, nous espérons que ce retour
d’expériences permettra à d’autres villes,
communes ou opérateurs publics et privés de
s’en inspirer pour mener leurs propres actions.
L’historique des dossiers, et les difficultés
rencontrées lors des montages juridiques
et financiers des projets peuvent s’avérer
particulièrement utiles. Comme nous le verrons,
le logement est au centre des stratégies
de rénovation urbaine et de reconstruction
de la ville sur la ville, développées par les
autorités liégeoises. Le logement joue le rôle
de catalyseur permettant la concrétisation
d’objectifs complémentaires que nous
décrirons dans les différentes parties du
document. La végétalisation des espaces
urbains centraux en vue d’améliorer la qualité
de vie des citoyens, et de lutter contre les « îlots
de chaleur » qui affecteront les grandes villes
plus fréquemment à l’avenir en est un exemple
parmi d’autres.
Notons que la Ville de Liège soutient le
développement de « grands projets »
(logements, services, commerces) par le privé
et/ou par le public dans des sites stratégiques
(comme par exemple ceux de Bavière, de
Coronmeuse, du Val Benoît, des Guillemins,
de Droixhe). Si ces projets sont à la base de la
création d’une part importante des nouveaux
logements sur le territoire communal, la
concrétisation de projets de plus petite taille
(tout ou partie d’îlots d’habitations) par la Ville,
et qui nous concernera dans cet ouvrage,
est complémentaire et aussi nécessaire. Ces
projets de 3, 10 ou 20 logements maximum
revitalisent les quartiers et permettent
d’expérimenter des idées innovantes en
matière de requalification urbaine.
9
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Nous n’aborderons donc dans cette
monographie qu’une partie de la politique
du logement que peut mener une Ville telle
que Liège : son volet opérationnel, basé sur
les actions concrètes développées dans
les quartiers. Ainsi par exemple, nous ne
détaillerons pas le rôle fondamental du
département de l’urbanisme dans la création
de nouveaux logements et de la Ville de
demain (voir le schéma de développement
territorial communal, les impacts de la mise
en circulation du tram et l’aménagement de
parcs, de places et de lieux de convivialité au
sein des quartiers avec l’aide du département
de la gestion des espaces publics), ou celui de
la Ville dans les décisions d’investissements
des Sociétés de Logements de Services
Publics dans la construction et la rénovation
de logements pour les ménages les plus
précarisés.
Avant d’aborder la première partie relative
aux considérations générales sur ce retour
d’expériences, il nous paraissait utile de
définir, même succinctement, le concept de
rénovation urbaine, en reprenant les idées
maitresses des nombreux énoncés existants
dans la littérature et les textes réglementaires.
On peut considérer qu’il s’agit d’un processus
d’aménagement qui vise à transformer,
moderniser ou requalifier un quartier ou une
zone urbaine existante, souvent marquée par
la dégradation du bâti, le déclin économique
et la précarité sociale. Elle ne se limite pas
à la réhabilitation ou la reconstruction des
bâtiments, mais comprend également
la réorganisation des espaces publics,
le développement de nouveaux services
et équipements, et la reconstitution du lien
social, dans des espaces souvent enclavés
en recherche d’une nouvelle identité. Les
dispositifs concourant à la mise en œuvre
d’une politique de rénovation urbaine sont
multiples, et ceux qui ont été utilisés par le
service du logement et de la régie foncière
de la Ville de Liège au cours des 25 dernières
années, principalement pour créer des
logements, seront présentés dans les différents
chapitres.
11
PARTIE 1
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Considérations générales
12
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.1. OBJECTIFS DE LA POLITIQUE COMMUNALE
EN MATIÈRE DE LOGEMENT
Au fil des années, les objectifs concrets
poursuivis par la Ville de Liège en
mettant en œuvre différents projets
en tant qu’opérateur sont restés constants.
Ces objectifs opérationnels s’inscrivent au
sein de différentes politiques et répondent
aux stratégies développées dans des
documents, de portée obligatoire ou
facultative, initiés par les différents niveaux
de pouvoirs.
Ainsi, la déclaration de politique communale
en matière de logement prévue au
paragraphe 1er du Code wallon du logement
et de l’habitat durable précise que « les
communes élaborent une déclaration de
politique du logement déterminant les
objectifs et les principes des actions à
mener en vue de mettre en œuvre le droit à
un logement décent ». Cette déclaration doit
être adoptée dans les neuf mois suivant le
renouvellement du conseil communal. Elle
comprend l’ensemble des mesures, priorités
et actions que la commune entend mener
au cours de la législature en matière de
logement. Elle pourra ainsi porter sur des
objectifs visant à améliorer la salubrité des
logements et leur performance énergétique,
à lutter contre l’inoccupation, à soutenir les
acteurs locaux, à promouvoir la rénovation
des logements existants et la construction
de nouveaux logements publics dans un
cadre de vie de qualité, à diversifier l’offre de
logements, à créer plus de mixité sociale, et
à agir dans les quartiers les plus dégradés,
pour en citer quelques exemples.
13
OBJECTIFS DES PROJETS
MENÉS PAR LA VILLE DE LIÈGE
1. Rénovation lourde de logements
inhabitables ou inoccupés
2. Assainissement de friches
industrielles et reconstruction de
logements
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
3. Accès à des logements décents à
des prix inférieurs au marché
4. Aménagement d’espaces publics,
de parcs et jardins à proximité des
nouveaux logements
Ce document est notamment basé sur
la déclaration de politique communale
(pacte de majorité), mais également le Plan
Stratégique Transversal communal (décret du
19 juillet 2018) qui sont des textes de référence
définissant les objectifs stratégiques pour la
législature.
Le logement est un droit fondamental. C’est en
effet un facteur indispensable pour construire
tout projet de vie. Un objectif central est de
permettre à chaque citoyen de trouver un
logement sur le territoire de la ville, adapté à
ses besoins et à un coût qui corresponde à ses
moyens. Il est un élément déterminant de la
restructuration des liens sociaux, et un facteur
essentiel au renforcement de la cohésion
sociale. L’accès au logement conditionne
en effet l’accès à d’autres droits (tels que le
travail, la santé, la sécurité…). La politique du
logement est une politique de proximité menée
en vue de rencontrer les besoins diversifiés
recensés dans la commune.
5. Curetage et/ou remembrement
d’intérieur d’îlots et valorisation de
chancres urbains
6. Réaffectation en logements de
bâtiments publics inoccupés
Réoccupation de logements
vides aux étages d’immeubles de
commerce
7. Création de logements
accessibles, adaptés et
adaptables pour les personnes
à mobilité réduite
8. Rénovation d’immeubles à haute
valeur patrimoniale
Amélioration de la performance
énergétique des logements
9. Lutte contre les vendeurs de
sommeil
10. Lutte contre l’imperméabilisation
des sols et les îlots de chaleur
urbain
14
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La réduction de l’empreinte écologique de
nos sociétés passe par la densification des
villes. Celle-ci ne peut être envisagée qu’en
travaillant en parallèle sur la qualité de vie
en milieu urbain, par la création d’espaces
publics et d’espaces extérieurs (parcs, places,
piétonniers, cours, jardins collectifs, potagers
communautaires, terrasses, etc.) qui sont
autant d’espaces de respiration au cœur de
la ville. Les grandes villes sont les opérateurs
de la rénovation urbaine et la Ville de Liège
doit rester pionnière en investissant dans
ce type de projets.
La Ville dispose par ailleurs dans son
patrimoine de terrains à bâtir situés sur
l’ensemble du territoire communal. La
valorisation de ces espaces permettra et
a déjà permis la création de centaines de
logements dans le cadre de partenariats
avec des opérateurs publics et des
promoteurs privés. Les « marchés de
promotion » et les « appels à intérêts » font
partie des outils juridiques utilisés pour
concrétiser ces partenariats et orienter les
projets vers plus de durabilité (voir point 1.7.3,
1.7.4, 2.7.6).
Liège, c’est également l’une des grandes
villes étudiantes de la Fédération Wallonie-
Bruxelles. Il est nécessaire de comprendre
qu’une part importante des milliers
d’étudiants de l’enseignement supérieur
habite à Liège durant toute l’année. Le
département du logement agit par le biais
de conventions avec les promoteurs privés
pour aider les étudiants les plus démunis à
se loger à un prix décent dans de nouvelles
résidences disposant de tout l’équipement
dont ils ont besoin pour mener à bien leurs
études. Elle contrôle également la qualité des
petits logements collectifs ou individuels via la
règlementation sur les « permis de location »
pour permettre leur occupation en toute
sécurité. Elle développe par ailleurs un projet
de création d’une centaine de logements
sociaux pour étudiants dans le cadre de la
reconversion d’un ancien hôpital.
Notons encore que le développement d’une
politique efficace en matière de logement
nécessite d’intégrer des objectifs propres,
mais également des objectifs transversaux
concernant la mobilité, la propreté, la sécurité,
la solidarité, la tolérance, l’offre de services
à la population, la proximité d’espaces de
respiration (voir les différents plans existants
en la matière). Ainsi par exemple, l’accès
à un espace vert à moins de 15 minutes
de son domicile est une priorité de la Ville
notamment pour améliorer la qualité de vie
des citoyens. La mise en service du tram dans
l’axe de la vallée et le développement des
pistes cyclables en sont d’autres exemples.
15
De nombreux d’étudiants de l’enseignement supérieur habitent
à Liège durant toute l’année. Le département du logement agit
par le biais de conventions avec les promoteurs privés pour
aider les étudiants les plus démunis à se loger à un prix décent.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
VILLE DE LIÈGE EN QUELQUES CHIFFRES
Population (Nb de personnes domiciliées reprises au registre national)
Population vivant réellement sur le territoire communal
(estimation intégrant notamment les étudiants kotteurs)
Nombre d’habitants au sein de l’agglomération
Population étrangère
Nombre de ménages au 1/01/24
Nombre de ménages isolés
Nombre de familles monoparentales
Nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur
Nombre de logements : données du cadastre (2024)
Nombre de logements : estimation sur base du logiciel LISHAB
développé par la Ville (Nb unités de logements)
Logements construits avant 1945
Nombre de logements d’utilité publique
Nombre de personnes en attente d’un logement social
au 1/01/24 (données des SLSP)
Immeubles à appartements
(par rapport au total des immeubles de logements)
Taux de maisons unifamiliales
Taux de propriétaires de leur logement
Nombre de logements inoccupés (estimation)
Nombre de logements inoccupés taxés (année 2024)
Nombre de permis de location (petits logements – 28 m²)
Nombre de logements neufs par an (en moyenne)
Nombre de logements créés par transformation d’immeubles
existants par an (en moyenne)
Vente de logements neufs par type
Nombre de commerces
197.323 au 1/01/2025 - 185.629 au 1/01/2000
215.000
627.000
9,35 % intra européenne et 11,53 %
extra européenne (soit 20%)
98.774
51.493 soit 52,1% contre 37,3 % pour la Wallonie
11.945 (soit 12% des ménages)
53.000 dont 19.000 « kotteurs »
113.590
117.000
63,3 %
8.124 (au 1/01/2025)
+/- 5.000
61 % (dont 28 % sont des maisons divisées)
39 % (dont 3,2 % de maisons 4 façades)
48 % contre 63,8 % en Wallonie
Voir point 2.7.1
965
10.000
270
260
Appartements 77 %
4 façades : 10 %
3 façades : 7 %
2 façades : 6 %
4800
16
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.2. RÔLE D’ENSEMBLIER DE LA VILLE
À TRAVERS L’ANCRAGE
COMMUNAL DU LOGEMENT
Pour atteindre les objectifs décrits au point
précédent, la recherche de moyens
financiers est essentielle et nécessite
d’identifier et d’intégrer les politiques
proposées par les différents niveaux de
pouvoir. Au cours des 20 dernières années les
dispositifs ont évolué. Certains sont toujours
existant mais d’autres ont disparu ou évolué
au gré des changements de gouvernements.
Une veille relative à la mutation de ces
outils indispensables à l’action des pouvoirs
locaux a donc été nécessaire, et impose une
attention de tous les instants. Les objectifs
opérationnels de base ne changent pas
et ont permis de répondre à ces différents
programmes d’investissements. Ainsi, au
début des années 2000, le Code wallon de
l’Habitation Durable (art 187) a reconnu la
commune comme un opérateur important
en raison de ses spécificités et de sa capacité
d’action.
« Les différents paramètres,
qui interviennent dans la
problématique du logement
(paramètres environnementaux,
économiques et sociaux),
rendent nécessaire une approche
transversale et proche tant
du territoire que du citoyen,
dont la commune est l’actrice
privilégiée. Le rôle de véritable
pivot fédérateur des différentes
politiques, indispensable, est la
pierre angulaire de l’ancrage
local du logement et trouve sa
concrétisation dans l’élaboration
de l’outil stratégique et
opérationnel qu’est le programme
communal. » Cite l’UVCW.
Le rôle d’opérateur de la commune
reconnu par le Code Wallon du Logement
et de l’Habitat Durable (CWLHD) se traduit
notamment par des synergies avec la
Wallonie, ainsi qu’avec les autres acteurs
« locaux » du logement : les Sociétés de
Logement de Service Public (SLSP), Le
Fonds du Logement wallon (FLW), l’Agence
Immobilière Sociale (AIS), les Associations
de Promotion du Logement (APL), le CPAS,
les partenaires privés. La commune joue le
rôle de « coordinateur-ensemblier » de ces
différents opérateurs.
Sur base de la déclaration de politique du
logement et des orientations régionales,
la commune a élaboré de 2000 à 2014 des
programmes d’actions subsidiés par la région
wallonne. Ces programmes identifiaient,
année après année, chaque opération, son
maître d’ouvrage, les intervenants associés,
son délai de réalisation, le nombre et le
type de logements concernés, les modes
de financement. Ils étaient préparés en
concertation avec tous les acteurs et leurs
spécificités (logements sociaux, d’insertion,
de transit, pour familles nombreuses, etc).
Cette démarche permettait de rencontrer
les opérateurs et d’évaluer les besoins pour
chaque public cible. Les différentes demandes
pouvaient ainsi être intégrées aux programmes
d’actions et permettaient de maintenir un
diagnostic dynamique de la situation existante.
Le Gouvernement wallon (GW) n’a toutefois plus
lancé d’appel à subsidiation de programmes
d’actions dans le cadre de l’ancrage communal
depuis l’année 2014. La majorité des articles du
CWLHD relatifs au dispositif n’ont cependant
pas été abrogés et imposent donc toujours
aux communes de disposer d’un service du
logement et de divers inventaires concernant
les logements inoccupés ou les possibilités
de relogement d’urgence notamment.
Les sociétés de logements ont vu leur rôle
d’acteur traditionnel renforcé bénéficiant de
programmes de subsidiation à la rénovation
de leur parc (plan approuvé en 2020 par le
GW) ou à l’acquisition de logements neufs.
Dans le cadre du Plan de relance, le GW a en
effet approuvé fin 2022 un tel appel sous forme
d’un Partenariat Public-Privé afin de disposer
17
plus rapidement de logements à proposer aux
personnes se trouvant sur « liste d’attente ». Cet
appel était accessible aux communes, mais
la Ville, vu les projets déposés par les SLSP,
notamment, n’y a pas répondu. La probabilité de
voir sa candidature retenue par la Wallonie était
en effet très faible au vu des moyens globaux
accordés pour l’ensemble des opérateurs
wallon. Les grandes Villes comme Liège ont donc
intégré d’autres dispositifs qui seront présentés
dans le chapitre suivant. La disparition des
programmes d’ancrage a eu un impact sur la
concertation entre les acteurs. Ils représentaient
une opportunité pour les communes d’aider
à la diversification des logements par le biais
ANCRAGE COMMUNAL DU LOGEMENT
des Associations de promotion du Logement
(APL). La Ville a perdu un rôle important : celui de
prioriser les actions (demandes de subsidiation)
dans le cadre d’une vision d’ensemble de sa
politique de logement pour les habitants les plus
précaires notamment.
La mise en œuvre des programmes
d’ancrage successifs a permis la création
sur le territoire communal de plusieurs
centaines de logements publics (635)
par les différents opérateurs.
PROGRAMME COMMUNAL D’ACTIONS
EN MATIÈRE DE LOGEMENTS
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
DIAGNOSTIC | CONCERTATION
OPÉRATEURS / PARTENAIRES
PARTENAIRES
SOCIÉTÉS DE LOGEMENTS
DE SERVICE PUBLIC
Maison Liégeoise
et Logis Social
COLLÈGE
CONSEIL
SERVICE
LOGEMENT
WALLONIE
CPAS
VILLE
RÉGIE
FONCIÈRE
PROVINCE
FONCTIONNAIRE DÉLÉGUÉ
AIS
FONDS DU LOGEMENT
LOGEMENTS PUBLICS
ET ASSIMILÉS PAR OPÉRATEUR
(NOMBRE AU 1/01/2024)
La Maison Liégeoise SCRL 3986
Le Logis Social de Liège 3140
APL-MILIEU ASSOCIATIF :
Habitat Service, Suraya,
Thaïs, Oxygène, Les
Tournières, CVFE, Maison
d’Accueil Sans Logis
LOGEMENTS DE TRANSIT
ET D’URGENCE INDIVIDUELS
OU COLLECTIFS
La Régie foncière
de la Ville de Liège
Fonds du Logement de Wallonie
CPAS
L'Office Central d'Action Sociale
et Culturelle de la Défense
300
146
132
91
(NOMBRE AU 1/01/2024)
CPAS
Asbl SURYA
Asbl THAÏS
Asbl Habitat Service
28
16
14
15
L'Agence Immobilière Sociale
270
Asbl CVFE
33
Liège Logement
Asbl Maison d’accueil
20
Habitat Service
59
des Sans Logis
Total
8124
Total
126
18
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.3. PÔLES LOGEMENT
LOCAUX
La Déclaration de Politique régionale de
juin 2024 indique que le gouvernement
wallon souhaite une rationalisation
du secteur du logement, trop morcelé,
et dispose que « L’ensemble des services
des acteurs locaux du logement seront
accessibles au sein de guichets uniques,
en un seul lieu, tant sur le terrain que
de manière digitale, (…). Seront ainsi
déterminés des « pôles logement locaux »
clairement identifiables pour les citoyens ».
Une définition précise des missions de
ces nouveaux pôles est toutefois encore
nécessaire. Notons que ces « pôles »
pourraient prendre le relais du dispositif
« ancrage communal du logement »
en ce qui concerne la fédération des
acteurs et l’analyse de la problématique
et des besoins en matière de logement.
La commune, en raison de sa vision large
du territoire, pourrait y jouer le rôle de
coordinateur comme elle l’a déjà fait par le
passé. La Ville de Liège dispose par ailleurs
d’une Maison de l’Habitat qui regroupe, au
centre de la cité, rue Léopold, différents
acteurs du logement (voir fiche projet 2.1.5).
L’extrait suivant de la déclaration de politique
communale en matière de logement 2025
traduit l’intérêt de la Ville pour faire de ce
dispositif son futur « pôle logement local »:
« Les synergies déjà établies avec les acteurs
du logement – SLSP, FLW, AIS, APL, CPAS,
partenaires privés et services régionaux –
trouveront dans cette structure un cadre
privilégié pour se renforcer et se développer.
La Ville de Liège, parfaitement consciente
des spécificités de son territoire et des
besoins de ses habitants, reconnaît le rôle
clé de chaque acteur pour garantir à tous un
logement adapté : les sociétés de logement
jouent un rôle majeur dans la production
massive et nécessaire de logements publics,
tandis que les associations de promotion du
logement et le CPAS jouent un rôle essentiel
dans l’accompagnement et l’hébergement
des publics vulnérables.
La Ville soutient activement ces organismes
dans leurs missions, valorisant leur
contribution fondamentale à l’inclusion
sociale. Les liens étroits et les partenariats
développés témoignent de l’importance
d’une action coordonnée, conformément
à la vision portée par le Code wallon de
l’Habitation durable (CWHD).
La Maison de l’Habitat incarne d’ores et déjà
l’approche transversale prônée par la Région
wallonne, ancrée dans le territoire et centrée
sur le citoyen, jouant pleinement son rôle de
pivot fédérateur des politiques locales du
logement. »
19
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.4. DIFFÉRENTS DISPOSITIFS
DE SUBSIDIATION DANS LE CADRE
DES POLITIQUES POUR LES VILLES
Les programmes de subsidiation décrits cidessous
ont permis à la Ville de Liège de
développer ses actions de renouvellement
urbain au cours des 25 dernières années.
La régie foncière communale ordinaire, qui
est, comme nous le verrons dans le chapitre
suivant, l’outil utilisé par la Ville de Liège
pour mener à bien ses projets de logement,
a bénéficié de différents apports financiers
pour atteindre les objectifs fixés dans la
déclaration de politique communale du
logement.
Certains projets n’ont pu être réalisés que
grâce à la combinaison de plusieurs des
programmes dont question, les modes de
subsidiation variant d’un dispositif à l’autre.
Selon l’état d’avancement des dossiers,
les subsides ont été affectés à l’acquisition
d’immeubles ou de terrains, tout ou partie
des travaux, ou encore aux frais d’études
architecturales et de stabilité.
Il est essentiel de mentionner au début de
ce chapitre, que l’intervention de la Ville de
Liège, via des dotations à sa régie foncière
depuis 2005, ou en mobilisant la trésorerie
de cette dernière, a contribué de manière
conséquente à la concrétisation des projets.
Les subsides ne couvrant qu’une partie des
coûts des opérations, il est nécessaire de
compléter le montage financier par l’apport
de fonds propres. Ceux-ci se sont élevés à
plus de 31 millions d’euros en 20 ans (voir
tableau 1.3). La Ville a en effet considéré
le logement comme une priorité et a
soutenu avec force le développement de sa
politique de rénovation urbaine. Son service
du logement a ainsi répondu au fil des ans à
20
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
différents appels et programmes d’actions
lancés par les pouvoirs subsidiants. Notons
que leurs principaux objectifs se rejoignent
généralement avec, pour axes centraux,
l’augmentation du nombre de logements
de qualité peu énergivores et à loyers
modérés, ou la remise sur le marché locatif
des logements inoccupés et insalubres. Les
programmes de subsidiation dont question
sont les suivants :
1.4.1 L’ANCRAGE COMMUNAL
DU LOGEMENT (SERVICE
PUBLIC DE WALLONIE)
Les programmes d’ancrage communaux
(art.187 du CWLHD), qui concernent les
projets initiés par les différents opérateurs
du logement présents sur le territoire
communal, ont permis à la Ville de Liège
d’introduire des demandes de subsidiation.
Les montants perçus par la
régie foncière se sont élevés
à environ 10.000.000 d’euros
depuis les années 2000. Ces
subsides ont contribué à la
mise en œuvre d’une vingtaine
de projets. Durant cette période,
tous opérateurs confondus, ce
sont 635 logements publics,
de transit, d’urgence ou des
résidences services sociales qui
ont été construits ou rénovés.
Même si le dispositif était nécessaire et
utile pour fédérer les différents acteurs et
a permis le développement de nombreux
projets, il n’était pas adapté à une
politique de rénovation urbaine telle que
développée par la Ville de Liège. Le délai
de 3 ans pour mener une opération est en
effet trop court vu les nombreuses étapes
à franchir. Le montant des subsides était
par ailleurs assez faible au regard des
coûts globaux de ces projets développés
dans des quartiers densément bâtis et aux
immeubles fortement dégradés (30 à 40%
des dépenses réelles en raison des plafonds
imposés par le CWLHD). D’autres moyens
(fonds propres, emprunts) ont dès lors
été nécessaires pour assurer le montage
financier des dossiers. Ces montants élevés
ne permettent pas aux SLSP d’intervenir
dans ces espaces centraux. Les loyers
sociaux pratiqués sont en effet trop
faibles pour compenser les fonds propres
nécessaires.
L’approbation de nouveaux programmes
d’ancrage par le Gouvernement wallon,
mais adaptés à la durée d’une législature,
et tenant compte de l’évolution du marché
immobilier (revoir les plafonds de subsides
par logement), serait judicieuse pour une
diversification des types de logements sur le
territoire communal et pour maintenir le rôle
de « coordinateur-ensemblier » de la Ville de
Liège (voir point 1.2).
La procédure administrative nécessitait de
nombreux aller-retour avec le département
logement du Service Public de Wallonie pour
validation des décisions du collège et du
conseil communal notamment aux étapes
suivantes : avant-projet, projet, permis
d’urbanisme, désignation de l’adjudicataire.
Une fois l’accord sur le démarrage des
travaux obtenu, les subsides étaient
libérés en 3 tranches sur présentation des
pièces justificatives et l’envoi des lettres
de créances. Rappelons que le dernier
programme triennal couvrait la période
2014-2016. Les projets retenus devaient
par ailleurs concerner un terrain ou un
immeuble précis.
21
1.4.2 LA POLITIQUE FÉDÉRALE
DES GRANDES VILLES (PFGV)
Cette politique a été développée par
le Gouvernement fédéral au début des
années 2000, soit un peu après la mise
en œuvre de l’ancrage communal par la
Wallonie. Il s’agissait d’un programme de
soutien à l’amélioration du cadre de vie
dans les quartiers défavorisés des grandes
villes. Le logement est devenu une des
priorités des « contrats de villes » à partir
de l’année 2025. Ce programme a été à
l’origine de l’amplification des actions de
rénovation urbaine menées par la Ville. Les
montants Ce annuels programme importants a été à alloués l’origine aux
actions de logements l’amplification ont notamment des actions permis de
l’acquisition rénovation d’ensembles urbaine d’immeubles
menées par
inoccupés la ou Ville. insalubres Les montants dans annuels des quartiers
prioritaires. importants De 2005 alloués à 2014 aux près actions de
21.000.000 logements d’euros ont ont notamment ainsi été permis investis
dans l’acquisition le cadre d’ensembles des contrats d’immeubles
logements.
On doit inoccupés souligner la insalubres grande souplesse dans des de
ce quartiers dispositif prioritaires. sur le plan administratif. De 2005 à 2014 Un
contrat près était de 21.000.000 défini pour d’euros une ou ont plusieurs ainsi
années. été investis Il reprenait dans le cadre des projets des contrats précis ou
des zones logements. d’actions prioritaires On doit souligner au sein
desquelles la grande seraient souplesse sélectionnées de ce dispositif les
opérations, sur le plan in fine, administratif. subsidiées. Un L’adresse contrat
précise était de l’action défini pour ne devait une ou donc plusieurs pas être
déterminée années. Il reprenait préalablement des projets à l’approbation
précis
du contrat, ou des ce zones qui laissait d’actions une prioritaires grande
latitude dans au le sein choix desquelles interventions. seraient
sélectionnées les opérations, in
fine, subsidiées. L’adresse précise
de l’action ne devait donc pas
être déterminée préalablement à
l’approbation du contrat, ce qui
laissait une grande latitude dans
le choix des interventions.
Cela permettait de saisir des opportunités
d’acquisition et de financer tout ou partie des
projets parfois déjà en cours. Les premiers
contrats ont ainsi permis la constitution de
réserves foncières pour travailler sur des
ensembles de bâtiments et dédensifier le
cœur des îlots d’habitation en créant des
espaces de respiration au centre de la Ville.
Il faut également souligner la simplicité et
l’efficacité du dispositif qui prévoyait un
contrôle annuel des factures. Un représentant
de la « cellule des grandes villes » (intégré
au SPP intégration sociale, lutte contre la
pauvreté et économie sociale), accompagné
d’un représentant de la Cour des comptes,
venaient vérifier les factures, les décisions
du collège et du conseil communal, et les
documents relatifs aux marchés publics.
Aucune autre autorisation intermédiaire ne
devait être sollicitée, ce qui a fait gagner
beaucoup de temps dans la mise en œuvre
des opérations et qui a permis le lancement
d’une politique de renouvellement urbain
significative par les services de la Ville.
Le « contrat logement » était basé sur la
confiance faite aux villes partenaires et à
la responsabilisation de celles-ci au niveau
des différentes démarches à mener pour
concrétiser les actions.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
22
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.4.3. LA PERSPECTIVE
DE DÉVELOPPEMENT
URBAIN (PDU)
La Politique Fédérale des Grandes Villes
(PFGV) a été largement régionalisée
en 2012. Les contrats logements ont été
supprimés, mais une période de transition
de 2 ans a toutefois permis aux services de
la Ville de poursuivre les actions en percevant
des montants complémentaires (du fédéral)
jusqu’en 2014. Le dispositif général a été
remplacé en 2018, par la Perspective de
Développement Urbain (ou PDU).
Au départ d’une analyse
contextuelle, la PDU identifie
les ambitions et les actions
à mettre en œuvre au cours
de la législature communale.
Intégrée au Plan Stratégique
Transversal (PST), la PDU vise à
formaliser une vision stratégique,
et s’impose comme l’instrument
de mise en œuvre du projet
de développement urbain de
chaque ville wallonne. La volonté
du Gouvernement wallon était
de poursuivre l’ancienne PFGV.
Projets de rénovation
de logements
inoccupés
et insalubres
notamment à
proximité de l’Hôtel
de Ville dans des
bâtiments anciens.
À travers ce dispositif, la Wallonie vise
à mettre en œuvre des politiques
publiques de soutien adaptées aux villes
dans certains domaines clefs tels que
la cohésion sociale, la lutte contre la
pauvreté, la dynamisation de l’économie
locale, l’attractivité, la végétalisation des
centres-villes et la revitalisation des centres
urbains. Encourager la reconstruction de la
ville sur la ville et privilégier un logement et
un cadre de vie de qualité, sont les objectifs
principaux du dispositif. Une fois le projet
global validé par le pouvoir subsidiant, les
procédures de liquidation sont précises
et efficaces (par l’intermédiaire d’un outil
informatique, le « guichet unique », de
transmission des pièces justificatives et de
validation de la procédure). La politique du
logement de la Ville de Liège a été créditée de
3.110.000 euros pour la période 2019-2024. Elle
devrait également bénéficier d’un montant
similaire pour la période 2025-2030. Le
dispositif a permis l’acquisition d’immeubles,
et le co-financement de projets de rénovation
de logements inoccupés et insalubres
notamment à proximité de l’Hôtel de Ville
dans des bâtiments anciens. Les projets,
localisés dans des quartiers prioritaires,
doivent répondre à des objectifs généraux
qui correspondent à ceux présentés dans le
chapitre 1.1. La perspective de développement
urbain est régie par l’arrêté du Gouvernement
wallon du 8 novembre 2018 (AGW 13
décembre 2018).
23
1.4.4. LA RÉNOVATION
URBAINE (RU)
Le programme de rénovation urbaine
existe en Région wallonne depuis le
début des années 1970. Comme l’indique
le Géoportail de la Wallonie, il s’agit
d’une « opération ayant pour ambition
de tenter de fournir une réponse aux
situations urbaines dégradées, tant d’un
point de vue urbanistique que socioéconomique
». Généralement, l’opération
vise à redynamiser les quartiers en déclin
grâce à un projet global d’urbanisme
regroupant dans une vision d’ensemble
plusieurs interventions concernant tant le
bâti que les espaces publics. Il s’agit d’une
action d’aménagement concertée car elle
rassemble autour d’un même projet l’autorité
communale et les habitants et forces vives
du quartier. Avant la refonte complète du
dispositif en 2023 (que nous aborderons
ci-dessous), la procédure prévoyait que la
commune délimite un périmètre d’action et
confie à un bureau d’urbanisme une étude
des atouts et des faiblesses de cet espace,
basée sur l’analyse de données multiples
et variées (définies par un arrêté du GW).
Une consultation de la population venait par
ailleurs enrichir la réflexion afin de définir
les opérations à mener au cours des 15
années à venir. La commune transmettait
ensuite une demande de reconnaissance
de ces « projets de quartier » à la Wallonie. La
procédure qui nécessitait une approbation
par le Gouvernement wallon et différentes
instances d’avis pouvait être assez longue.
A Liège, cinq quartiers prioritaires ont
bénéficié de cette reconnaissance ; Sainte-
Marguerite, Saint-Léonard, Amercoeur,
Grand Léopold et Guillemins (notons
que les périmètres de plus petites tailles
permettent de mieux cibler et concentrer les
actions sur quelques îlots d’habitations ou
groupes d’immeubles spécifiques à l’image
des « contrats de quartier » bruxellois).
Chaque année, les communes pouvaient
introduire une demande de subsidiation
pour une ou plusieurs opérations précises et
localisées dans un de ces périmètres. Pour
En 20 ans, la régie foncière
de la Ville de Liège a perçu
un peu plus de 10 millions
d’euros pour la création
d’espaces publics et de
nouveaux logements
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
24
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
chaque action retenue, une « convention
exécution » devait être approuvée par les
parties. Les projets étaient bien subsidiés
(jusqu’à 90% du coût total des travaux), et le
dispositif était bien adapté à une politique
de renouvellement des espaces centraux
densément bâtis et dégradés. En 20 ans, la
régie foncière de la Ville de Liège a perçu
un peu plus de 10 millions d’euros pour la
création d’espaces publics (places, espaces
verts, cours, etc) et de nouveaux logements.
Toutefois, le dispositif a été totalement
modifié et redéfini par le Gouvernement
wallon en 2023. Seules les villes de
moins de 50.000 habitants peuvent
dorénavant introduire des demandes
de subsidiation dans le cadre d’une
opération dite de « développement urbain
(DU) ». Un programme de substitution
a heureusement été mis en place pour
les plus grandes villes dont Liège. Il
s’agit de la « Politique Intégrée de la
Ville » (ou PIV) particulièrement souple et
efficace, et sur laquelle nous reviendrons
au point suivant. Toutefois, si ce dernier
plan (PIV) n’est pas renouvelé après l’année
2024, les arrêtés ministériels prévoient que
les grandes villes puissent déposer des
demandes de financement dans le cadre
Les villes de plus de
50.000 habitants peuvent
introduire des demandes de
subsidiation dans le cadre
d’une opération dite de
« développement urbain (DU) »
du nouveau dispositif dont question (à
partir du 1er janvier 2025 – article 37 de
l’arrêté de 2023 référencé ci-dessous). Les
communes doivent désormais déposer un
dossier de « Perspective de Développement
Urbain » (différents des « PDU grandes villes »
présentées précédemment) définissant une
vision stratégique à l’échelle de la commune
et des objectifs à poursuivre au niveau de
quartiers prioritaires (« exit » la délimitation
et la reconnaissance de « périmètres » de
rénovation urbaine). La ville établie pour
ces quartiers des programmes d’actions
triennaux (PATO) reprenant la description des
actions et les délais de mise en œuvre. La
subsidiation ne s’élève désormais plus qu’à
50 % du coût des travaux et la commune doit
préfinancer l’ensemble des investissements.
L’enveloppe globale prévue au budget
régional pour l’année 2025 (18 millions
d’euros) est fort faible par rapport aux
nombres de demandes introduites par les
pouvoirs locaux. Rappelons que ce nouveau
dispositif a été conçu pour les villes de
petites tailles, et ne semble donc pas adapté
aux grandes villes. Les délais prévus sont
particulièrement courts pour des opérations
de rénovation urbaine. La réalisation des
études architecturales sera nécessaire avant
tout dépôt des candidatures pour espérer
introduire les justificatifs dans les délais
imposés.
L’arrêté du Gouvernement wallon du 13
juillet 2023 (M.B. 05.10.2023) portant sur
« l’accompagnement et le soutien financier
apportés aux opérations de développement
urbain » reprend les nouvelles dispositions
et abroge les arrêtés qui organisaient
les programmes de rénovation et de
revitalisation urbaine. Ces derniers sont
définis depuis 2017 par les articles D.V.13 et
D.V.14. du Code du Développement Territorial
[Logo CODT] (CoDT - https ://territoire.
wallonie.be/fr/codt) qui a remplacé l’article
173 du CWATUPE.
1.4.5. LA POLITIQUE INTÉGRÉE
DE LA VILLE (PIV)
La PIV décidée par le Gouvernement
dans le cadre du Plan de relance pour la
Wallonie post-covid, la PIV vise à soutenir
financièrement les grandes villes wallonnes
(+ de 50.000 habitants) pour la période
2021 à 2024. Elle a pour but de redynamiser
l’économie locale et régionale. Le droit de
tirage a été conditionné à la validation
préalable de plans d’actions proposés
par les villes concernées. Sur base de ce
« droit de tirage » dont les montants par
ville sont fixés au prorata de leur nombre
d’habitants, chaque entité peut disposer
des moyens nécessaires pour mettre en
œuvre, sur une période de quatre ans,
25
un plan d’actions se conformant aux
orientations stratégiques arrêtées dans le
PST (et donc dans la PDU), et respectant
les orientations et objectifs poursuivis dans
la Déclaration de Politique Régionale 2019-
2024 en matière de politique intégrée de
la ville. La Ville de Liège a ainsi indiqué
dans son plan d’actions et dans chacune
des fiches descriptives ses intentions en
matière de dépenses d’investissements,
de fonctionnement ou de transferts ainsi
qu’un planning d’exécution réaliste et
précis. Elle a également affecté, comme
demandé, une part minimale de 35% du
budget global à des actions spécifiques
portant sur la rénovation énergétique.
La Ville devrait ainsi percevoir, une fois le
plan d’actions mis en œuvre (dépenses
réalisées avant fin 2026), un montant de
58 millions d’euros dont plus de 20 millions
sont affectés à des projets de rénovation/
démolition/reconstruction de logements et
d’assainissement de sites pollués à vocation
résidentielle ou économique 1 . Le dispositif
est conséquent au niveau des montants
engagés et permet le développement
d’opérations de grandes tailles qui auront
un impact au niveau de la reconstruction de
la ville sur elle-même. La PIV présente une
grande souplesse au niveau de la procédure
de justification des dépenses, ce qui permet
de gagner un temps précieux dans la
mise en œuvre des projets (https ://www.
plateforme-villes-wallonie.be/). Une analyse
du dispositif par les experts de l’UVCW va
dans le même sens en tirant un bilan positif
de cette expérience, et en insistant sur
l’intérêt du principe de droit de tirage. La
PIV sera-t-elle prolongée après 2025 ? Lors
d’une interpellation au parlement wallon
en octobre 2025, la réponse du Ministre
compétent a été très claire. Il n’y aura pas
de reconduction du programme malgré sa
contribution très nette au renforcement des
capacités d’action des villes concernées.
1
Les subsides relatifs à ces dernières
dépollutions suivent la procédure des « sites à
réaménager » (SAR - https ://geoportail.wallonie.
be/catalogue/8e2cf269-cedb-4fbe-943b-
41a7587490e3.html ).
Cette décision s’inscrit dans le souhait de
réduire les déficits publics. Des dotations
seraient toutefois prévues pour soutenir les
grandes villes dans le cadre de la mise en
place d’un Fonds Extraordinaire Régional
d’Investissement (FERI) qui a vocation à
simplifier les procédures existantes. Au
moment d’écrire ces lignes, le caractère
incomplet des solutions proposées pour
les grandes villes risque de paralyser
les actions en faveur de la rénovation et
du renouvellement de leur territoire. Le
secteur privé ne pourra pas remplacer
une intervention des pouvoirs publics
essentielle pour initier une dynamique dans
les quartiers prioritaires.
Si elles veulent continuer à agir, les grandes
villes devront intégrer le dispositif prévu par
l’arrêté du GW du 13 juillet 2023 (voir point
précédent), mais qui n’a pas été conçu
pour les villes de plus de 50.000 habitants.
1.4.6. PRÉSERVATION
DU PATRIMOINE
Depuis de nombreuses années, la Wallonie
octroie des subsides couvrant une partie
des travaux de restauration des monuments
classés et des monuments inscrits sur la liste
du patrimoine exceptionnel de Wallonie (entre
40 et 65 % du coût des travaux éligibles). Cette
aide s’adresse aux propriétaires qu’ils soient
publics ou privés. Un des objectifs prioritaires
de la Ville de Liège étant de sauvegarder les
immeubles à grande valeur patrimoniale,
notamment dans le cœur historique de la cité
(ex : rue Souverain-Pont), sa régie foncière
a systématiquement introduit auprès de
l’AWAP (Agence Wallonne du Patrimoine) des
demandes de subsidiation lorsque les projets
répondaient aux conditions d’octroi. Notons
que la procédure d’obtention du certificat de
patrimoine, nécessaire avant de notifier le
démarrage des travaux, peut parfois prendre
plus d’un an et demi, ce qui a nécessité des
demandes de prolongations au niveau des
autres programmes de subsidiation activés
sur ces opérations. Les subsides ne couvrent
en effet que les travaux relatifs aux parties
classées des immeubles (chapitre 2 du Code
wallon du patrimoine ou CoPat – décret du
28 septembre 2023). La régie foncière a ainsi
perçu 1.500.000 euros au cours des dernières
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
26
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Titre1
années, et devrait percevoir 1.900.000 euros
pour les projets en cours de chantiers
(principalement la restauration du Cloitre
Saint-Jean Place Xavier Neujean – voir point
2.1.9.). D’un point de vue pratique, la procédure
de liquidation des subsides était longue et
complexe, mais elle a évolué et gagné en
efficacité. En effet, les subsides pouvaient
être versés de nombreux mois (voire années)
après la réception définitive des travaux. La
régie foncière devait donc avancer les fonds
nécessaires à la réalisation des projets avec
les difficultés de trésorerie que cela pouvait
engendrer.
La Province de Liège subsidie également
les travaux relatifs aux parties classées
des immeubles. Cette intervention
complémentaire s’élève à 4% des montants
éligibles.
1.4.7. LA REVITALISATION
URBAINE
Concrétisée au début des années 1990,
action visant, à l’intérieur d’un périmètre
défini, la revitalisation urbaine vise à
l’amélioration et le développement intégré
de l’habitat, en ce compris les fonctions
de commerce et de services. Elle met en
œuvre un partenariat entre le secteur
privé (promoteurs immobiliers, sociétés,
habitants, commerçants, etc.) et le secteur
public (les communes et la Wallonie). Le
but est d’encourager l’investissement privé
dans les centres urbains. Ce partenariat se
formalise dans une convention qui balise
les investissements à consentir par chaque
partie. Deux périmètres de revitalisation ont
été concrétisés à Liège dans le quartier Saint-
Léonard d’une part dans le cadre d’un projet
d’habitat groupé de 34 logements avec le
collectif les « zurbains » (subside de 1.250.000
euros pour réaliser une passerelle cyclopédestre
enjambant la voie ferrée – voir point
2.3.7.7), et dans le quartier Sainte-Marguerite
d’autre part pour la création d’un parc
(dit des Franciscains rue de Hesbaye)
(voir point 2.2.2.).
Les demandes et l’intérêt du privé pour
ce type de partenariat est resté limité
sur le territoire de la commune de Liège
(notamment en raison de la lourdeur de la
procédure).
La revitalisation urbaine est désormais régie
par l’article D.V.13. du Code du Développement
Territorial CoDT). Il est complété par l’arrêté du
27
Gouvernement wallon du 13 juillet 2023 (M.B.
05.10.2023) portant sur « l’accompagnement
et le soutien financier apportés aux opérations
de développement urbain ».
1.4.8. LE SERVICE DU LOGEMENT DE LA VILLE
A ÉGALEMENT ACTIVÉ D’AUTRES DISPOSITIFS
OU ACTEURS PONCTUELLEMENT
• Le plan de relance de la Wallonie (2023
- 2026) pour la création (projet en
cours – voir point 2.7.7) d’une centaine
de kots d’étudiants dans le cadre de la
reconversion d’un ancien établissement
hospitalier (subside de 5,7 millions
d’euros).
• Le programme européen Greeneff (2020-
2023), qui est un Réseau transfrontalier de
soutien aux projets innovants en matière
de développement durable et de sobriété
énergétique dans la « Grande Région ». Il
est intervenu dans le financement d’un
projet de rénovation de 8 logements à
l’angle de la rue de la Madeleine et de la
rue Cathédrale (subside de 298.000 euros
– voir point 2.1.7)
• Les aides régionales suite aux inondations
exceptionnelles du mois de juillet 2021.
Un subside de 2.750.000 euros a permis
l’acquisition de 15 appartements rue de
la Cathédrale pour le relogement des
sinistrés des quartiers de Chênée et
d’Angleur fortement impactés (voir point
2.1.2)
• La Province de Liège est également
intervenue, quand elle en avait encore
la compétence, pour aider le service du
logement de la Ville dans ses actions
visant à réhabiliter des logements aux
étages d’immeubles de commerces
dans le cadre de son opération « Vivre
au centre », mais aussi dans le cadre
de la rénovation de bâtiments classés
(subsides de 1.560.000 euros perçus entre
2007 et 2023).
• Le plan Territoire Zéro Sans-Abrisme
(TZSA) de la Wallonie, a permis
l’acquisition en 2024 de 9 appartements
neufs qui ont été cédés en gestion
à l’Agence Immobilière Sociale (voir
point 2.7.6). Il s’agit d’apporter au public
cible une amélioration qualitative de
sa situation, ainsi que des perspectives
positives autour de son projet de vie
et d’insertion. Parallèlement, le projet
propose des actions visant les personnes
présentant des difficultés en termes
d’assuétudes et de santé mentale ou
toute autre difficulté fréquemment
rencontrée par les personnes en situation
de grande vulnérabilité (subsides de
2.100.000 euros).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
28
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.4.9. POLITIQUE DU LOGEMENT
DE LA VILLE DE LIÈGE
Pour soutenir les opérations de rénovation
urbaine dans les quartiers identifiés
comme prioritaires, la Ville de Liège
a transféré chaque année à sa régie
foncière des montants importants
montrant ainsi sa volonté de renouveler
des espaces au bâti dégradé, délaissé,
et où elle est le seul acteur public (avec
le FLW) à agir significativement en
raison de la complexité des opérations.
Ces Fonds propres sont nécessaires
pour financer les parties non subsidiées
des projets. Comme nous l’avons vu
précédemment, la majorité des dispositifs
ne contribuent en effet qu’à hauteur d’un
certain pourcentage du coût total des
acquisitions, des études ou des travaux.
Les actions de la Ville dans ces espaces
sont fondamentales pour impulser la
rénovation des quartiers et inciter le
secteur privé à y réinvestir. Le quartier
« Grand Léopold », situé au centre de la Ville,
en est un exemple. De nombreux acteurs
privés et publics ont suivi le mouvement
de renouvellement initié par la Ville,
et le quartier est aujourd’hui en pleine
mutation. Les opérations innovantes, à
caractère économique et résidentiel, y sont
particulièrement nombreuses.
PROGRAMMES DE SUBVENTIONNEMENT ACTIVÉS
AU COURS DES 25 DERNIÈRES ANNÉES ET FONDS
PROPRES MOBILISÉS PAR LA VILLE DE LIÈGE
POUR SA POLITIQUE DE RÉNOVATION URBAINE
(AU 01/01/25)
Pouvoir subsidiant
Ville de Liège (Fonds propres) - transferts
Ville de Liège (Fonds propres) – trésorerie
Ville de Liège (Fonds propres) – intervention ponctuelle
département des bâtiments communaux
Politique Fédérale des Grandes Villes (PFGV)
Ancrage communal du logement (SPW)
Patrimoine classé (SPW – AWAP)
Rénovation urbaine (SPW)
Province de Liège
Greeneff (Europe)
SPW plans divers (inondations, plan de relance,
art 44, Plan Territoire Zéro Sans-Abrisme)
Perspective de Développement Urbain (SPW)
Politique Intégrée de la Ville (SPW)
PIV – Sites A Réaménager (SPW)
Revitalisation urbaine (SPW)
Divers
Total
Montants perçus (€)
25.000.000
5.158.000
1.594.000
22.327.000
10.283.000
1.505.000
10.207.000
1.586.000
245.000
6.039.000
2.932.000
10.049.000
4.212.000
784.000
79.000
102.000.000
Montants à perçevoir(€)
900.000
0
28.000
0
545.000
1.876.000
1.672.000
139.000
54.000
5.822.000
178.000
6.256.000
2.161.000
755.000
0
19.486.000
29
EN CONCLUSION
Cette présentation des programmes de
subventionnement activés par la Ville de
Liège au cours des 25 dernières années
montre un changement fréquent des
« politiques de la ville » menées par les
différents niveaux de pouvoirs. Cette
évolution nécessite des adaptations
continuelles des services communaux.
Elle freine le processus de renouvellement
urbain qui a besoin d’une stabilité et d’une
vision à long terme pour se développer. Les
objectifs de ces différentes politiques étant
pratiquement identiques et les constats
partagés, ces modifications semblent donc
davantage liées à l’évolution du cadre
institutionnel ou à des considérations d’ordre
budgétaires. Des ajustements réguliers
des textes et des procédures, pour plus
d’efficacité, sont toutefois nécessaires suite
aux retours d’expériences des opérateurs
et aux mutations de la société. N’oublions
pas que les villes sont les moteurs du
développement économique des bassins
de vie et par extension de la région dans
son ensemble. Une intervention forte
des pouvoirs publics y est essentielle
pour poursuivre le travail et inciter les
investissements privés.
CES ANNÉES DE PRATIQUE NOUS
CONDUISENT PAR AILLEURS À FORMULER LES
RECOMMANDATIONS SUIVANTES
(si les procédures d’appels
à candidature le permettent)
1. L’expérience montre qu’il est plus judicieux
d’introduire des fiches projets portant sur
un espace ou une zone, sans cibler un
projet particulier (adresse précise) excepté,
naturellement, si le ou les immeubles sont
déjà acquis. Cette stratégie permet de saisir
d’éventuelles opportunités et de transférer
des subventions d’un projet à l’autre si les
délais de mise en œuvre s’avèrent trop
courts. Des difficultés rencontrées au niveau
des acquisitions, de l’obtention de permis ou
de la situation de l’adjudicataire (faillite par
exemple) peuvent parfois remettre en cause
une opération. Ne pas cibler dès le départ
les bâtiments permet d’éviter la perte des
subsides, et de réorienter les moyens sur une
autre opération, avant la date limite fixée pour
la transmission des pièces justificatives.
2. Pour gagner du temps et de l’efficacité,
il est nécessaire d’anticiper les programmes
aux niveaux :
> de l’acquisition du foncier (procédures
parfois longues notamment dans le cas
d’une expropriation avec intervention du
comité d’acquisition)
> des études architecturales et des
procédures d’obtention des permis
d’urbanisme ou de certificats de
patrimoine
> de l’approbation préalable « d’accordscadres
» (marchés publics) en vue de
la démolition de biens ou d’expertises
diverses (estimation de la valeur des biens,
études de stabilité, inventaires amiante,
etc.)
3. La combinaison de plusieurs programmes
de subventionnement permet de mener
des opérations de plus grande taille et
ainsi augmenter l’impact du projet sur la
rénovation du quartier. A Liège, une partie
importante des moyens a été concentrée
sur des ensembles d’immeubles (îlots
d’habitation), non seulement parce qu’ils
induisent une impulsion marquante dans les
quartiers, mais encore parce qu’ils permettent
d’élargir la qualité de l’habitat à celle de
l’environnement immédiat. La constitution
de partenariats public-privé ou publicpublic
permet également de mutualiser les
investissements et produire davantage de
logements.
4. La trésorerie de la régie foncière (voir point
1.5.) étant un élément central du dispositif
mis en place pour mener à bien les projets,
il est essentiel de veiller à la récupération
des subsides pour maintenir un niveau de
liquidité suffisant pour payer les factures
dans les délais. Cette étape est souvent
dépendante de la procédure de liquidation
des subventions. Les actes à poser pour
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
30
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
récupérer les sommes concernées doivent
être clairement identifiés et planifiés pour
chaque programme de subventionnement
afin d’éviter les oublis. Il importe, par
exemple, d’être vigilant au niveau de l’envoi
des demandes de créances et des pièces
justificatives dans les délais, et de vérifier
si les montants ont bien été perçus. Une
responsabilisation des agents administratifs
concernés est nécessaire. Ces derniers, selon
leur fonction, ne sont, en effet, pas toujours
conscients de l’importance des enjeux
au niveau financier et de leur rôle dans le
processus de récupération des subsides.
5. Il est essentiel que la Wallonie maintienne
des dispositifs permettant le financement par
les grandes villes d’opérations de rénovation/
démolition/reconstruction dans les espaces
centraux et dégradés où elles sont les seules
à intervenir. C’est une condition indispensable
au renouvellement urbain, à la réduction de
l’empreinte écologique des villes et à la mixité
sociale.
Ces remarques nous paraissent
nécessaires pour finaliser les projets
dans le temps imparti par les pouvoirs
subsidiants. Le temps d’un projet (souvent
long vu les différentes étapes à franchir)
ne correspond pas toujours aux souhaits
de ces derniers pour une occupation des
logements la plus rapide possible. Il importe
donc d’anticiper et d’accomplir certaines
tâches préalablement à la publication des
marchés de travaux.
1.5. OUTIL DE MISE EN ŒUVRE
DES PROGRAMMES D’INVESTISSEMENT
– SERVICE DU LOGEMENT ET RÉGIE
FONCIÈRE ORDINAIRE
Pour mener à bien ses opérations de
création de logements, la Ville de
Liège a décidé au milieu des années
2000 de développer des liens forts entre
sa régie foncière ordinaire et son service
du logement. Ce dernier dispose de chefs
de projets ou conseillers en rénovation
urbaine (souvent des géographes, sociologue
ou historien) dont les missions consistent
notamment à identifier, sur base de leur
connaissance de terrain, mais aussi de
diagnostics et/ou projets de quartiers,
les immeubles ou groupes d’immeubles
prioritaires pour une intervention. Ils effectuent
le montage des dossiers, le suivi administratif
et financier, contactent les propriétaires et
informent les habitants par le biais notamment
des commissions de rénovation urbaine si elles
existent. Ils assurent également le lien avec les
pouvoirs subsidiants (transmission des pièces
justificatives et des lettres de créances). Une
fois le marché de service finalisé et l’auteur de
projet désigné, « le bureau d’étude et de suivi
technique » du service du logement composé
de plusieurs architectes (4) et d’un agent
technique en chef prend le relais, et se charge
du suivi technique et administratif jusqu’à la
réception des logements :
• participation aux réunions de chantier
comme représentant du maître d’ouvrage
• validation des procès-verbaux de chantier
rédigés par les auteurs de projets
• approbation des états d’avancement, et
des factures
• analyse des décomptes finaux et des
Procès-Verbaux de réception provisoire et
définitive
31
Dès réception des logements, la régie foncière
et ses 12 agents prend en charge outre la
gestion locative de ceux-ci, leur entretien et
leur suivi technique. Elle comprend en effet :
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
• un pôle « gestion comptable et locative
des logements » (5 agents)
• un pôle « marchés publics » (1 agent)
• un pôle « gestion technique du
patrimoine » (6 agents)
• un pôle « accompagnement social »
(1 agent)
• un trésorier (responsable de la gestion
financière et du contrôle des procédures)
La régie foncière ordinaire (sans
personnalité juridique propre) qui gère
le patrimoine privé de la Ville est le bras
financier de toutes ces opérations. Selon
ses statuts, elle a pour objet de promouvoir
une politique immobilière active en
vue d’assurer un bon aménagement
du territoire communal et la réalisation
de projets urbanistiques. Sa trésorerie
permet le préfinancement des projets dès
l’acquisition et les premières expertises
du bien (estimation de leur valeur, état
sanitaire, inventaire amiante, etc). Notons
que la souplesse de son fonctionnement,
et la réactivité qui en découle, permettent
de négocier avec les propriétaires et de
saisir des opportunités qui se présentent
sur le marché immobilier. Ce mode d’action
permet de constituer des réserves foncières
en vue d’anticiper les programmes de
subventionnement (le temps écoulé entre
l’intention et la concrétisation d’un projet
peut durer plusieurs années).
Son patrimoine est composé de plus de 300
logements, de 20 commerces, de plusieurs
dizaines d’emplacements de parking (cédés
en gestion à un acteur privé pour la majorité),
de 36 baux emphytéotiques (dont certains à
l’euro symbolique concédés à des opérateurs
pour produire du logement social ou
assimilé), et de nombreux terrains, pour bon
nombre loués comme potagers individuels
ou communautaires. Elle a permis l’activation
des programmes d’actions initiés par les
différents niveaux de pouvoir en jouant le rôle
de réceptacle des subsides. Les logements
sont loués à des loyers inférieurs de 20 à 25
% au prix du marché et leur conception vise à
réduire au maximum, pour les locataires, les
dépenses liées aux énergies. Les candidats
locataires sont intégrés dans une liste
d’attente et doivent répondre à des conditions
de revenus telles que définies par la Wallonie.
La régie foncière essaye toutefois de favoriser
la mixité sociale au sein d’un même ensemble
(immeuble ou groupe d’immeubles).
32
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Le service de « gestion technique du
patrimoine » est essentiellement composé
d’agents techniques en chef (ou ATC –
gradués en construction) et ne compte pas
d’ouvrier dans ses rangs ; juste un agent
technique. Tous les travaux d’entretien des
bâtiments ou liés à d’éventuelles urgences
sont en effet confiés à des entreprises externes.
Des « accords-cadres » (marchés publics)
permettent de répondre aux différents besoins :
chauffage-sanitaire, entretien et maintenance
d’installation d’électricité, contrôle des
installations alimentées en gaz, menuiserie
- parachèvement, entretien et maintenance
de gros-œuvre, peinture, gros-œuvretoitures,
évacuation de déchets, entretien et
aménagement des espaces verts, entretien
et maintenance préventive des équipements
de détection incendie, élagage et abattage
d’arbres, traitement de l’amiante, nettoyage
des parties communes des immeubles,
estimation des biens immobiliers, rédaction
des états des lieux d’entrée et de sortie des
logements, etc. Les ATC sont chargés d’évaluer
les travaux à effectuer et d’assurer le suivi de
leur mise en œuvre dans les règles de l’art.
Si les logements représentent la grande
majorité des projets développés, la régie
foncière intervient également en appui des
actions de redynamisation des commerces
menées par le service du développement
économique et commercial, et plus
particulièrement son bureau du commerce.
Citons la mise en œuvre du projet « Cré@
shop Quartiers » (voir point 2.7.8.3) qui
consiste à acquérir et rénover des
immeubles de commerces, pour affecter,
dans les cellules aménagées, des activités
artisanales et créatives, et ainsi donner une
nouvelle identité au quartier. Des logements
sont systématiquement rénovés aux étages
des bâtiments en recréant des entrées
indépendantes (projet vivre au centre – voir
point 2.1.). La caractéristique de cet appel
réside dans l’application de loyers évolutifs
sur 3 ans (40 %, 60 % et 90 % du loyer de
base la troisième année), pour permettre
à l’activité de s’implanter durablement.
Cette action a donné naissance à plusieurs
variantes dont « Cré@shop Liège » qui
finance jusqu’à 60% du montant des
investissements consentis dans le cadre de
l’ouverture d’un commerce dans une cellule
commerciale vide.
Vu son succès, cette action a été reprise en
2017 par la Wallonie qui octroie des aides pour
permettre l’implantation de commerces de
qualité dans de nombreux cœurs de Villes
de la région.
Le Code de la démocratie locale et de la
décentralisation reconnaît deux types de
régies : la régie communale ordinaire et la
régie communale autonome. Pour aboutir
à des résultats concrets sur le terrain en
matière de rénovation urbaine, la Ville de
Liège a choisi, comme nous l’avons indiqué,
le modèle de la régie foncière ordinaire. Cette
dernière, qui reste un service communal et ne
dispose donc pas d’une personnalité juridique
distincte de celle de la commune a été
dotée annuellement par celle-ci de manière
33
SCHÉMA ORGANISATIONNEL
EN VUE DE L’ACTIVATION
DES PROGRAMMES DE SUBVENTIONNEMENT
PLANS
D’INVESTISSEMENTS
PARTENARIATS
CO-FINANCEMENT
ET PARTENARIATS
> WALLONIE
> GOUVERNEMENT
FÉDÉRAL
> PROVINCE
> SLSP
> FLW
> AIS ET AUTRES ASBL
PROJETS
VILLE DE LIÈGE
DOTATIONS
RÉGIE FONCIÈRE
12 agents
> GESTION LOCATIVE
> ENTRETIEN DU
PATRIMOINE PRIVÉ
Réceptacle des
moyens financiers
FONDS DE ROULEMENT
location / vente
SERVICE DU LOGEMENT
6 tech. et 2 chefs projets
... ÉQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE
> RECHERCHE DE PROJETS
> MAÎTRISE D’OUVRAGE
> APPELS D’OFFRES
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
> ACTIONS SUR DES
ENSEMBLES D’IMMEUBLES
(ÎLOTS) - VISIBILITÉ
> MIXITÉ DE LOGEMENTS
Valorisation
des réserves
foncières
> VENTE DE PARCELLES AUX
PARTICULIERS (LOTISSEMENTS)
> DÉVELOPPEMENT DE PARTENARIATS
PUBLIC-PRIVÉ OU PUBLIC-PUBLIC
> VENTE DE MAISONS UNIFAMILIALES (NON
STRATÉGIQUES) OU D’APPARTEMENTS RÉNOVÉS
conséquente au cours des 20 dernières années
pour atteindre ses objectifs (voir tableau 1.3.).
Le souhait, à terme, serait de créer un fonds de
roulement qui permettrait, grâce aux recettes
générées, de financer directement des projets
supplémentaires. Notons que la régie foncière
ordinaire dispose d’une trésorerie propre et
est gérée selon des méthodes commerciales
(voir l’Arrêté du Régent du 18.6.1946 relatif à la
gestion financière des régies communales),
par du personnel communal spécialement
affecté. Les actes adoptés par la régie foncière
sont pris au nom de la commune. Dès lors,
tant la tutelle sur les communes que la
législation relative aux marchés publics lui
sont applicables. La comptabilité comprend
le bilan, le compte d’exploitation et le compte
de pertes et profits, qui comme le budget de
trésorerie de la régie, doivent être approuvés
par le conseil communal indépendamment
du budget et des comptes de la Ville. Notons,
et c’est un avantage, que la régie foncière
ordinaire ne paye pas d’impôts sur les recettes
générées par l’exploitation des logements
considérés comme étant d’utilité publique.
Les montants des salaires des agents
communaux mis à la disposition de la régie
par la Ville pour sa gestion quotidienne sont
transférés (remboursés) annuellement sur le
compte de cette dernière. Les dépenses de
personnel sont en effet à charge de la trésorerie
de la régie foncière. Remarquons encore que
le collège communal délègue en début de
législature, par arrêté, la gestion quotidienne
de la régie aux membres du « collège des
régisseurs », comme le prévoit l’article 6 de
l’arrêté du régent.
Il est important de noter que toutes les
décisions d’approbation des cahiers des
charges relatifs aux marchés publics, de
désignation des adjudicataires ou de vente et
d’acquisition de biens par les Collège et Conseil
communaux, sont soumises à l’analyse et à
l’accord du service du contrôle des finances,
directement sous la responsabilité du Directeur
financier de la Ville de Liège.
34
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La trésorerie de la régie foncière fluctue
au cours des mois et des années en
fonction de l’évolution des dossiers et de
la récupération des subsides et transferts
divers. Il importe toutefois de veiller à
disposer au quotidien des ressources
suffisantes pour faire face aux multiples
factures liées aux opérations. Des tableaux
permettant d’analyser les prévisions des
dépenses et des recettes pour les cinq
années à venir sont établis annuellement
(sur base de l’état d’avancement des projets)
lors de l’élaboration du budget (demande du
CRAC). Pour rappel, ce dernier est soumis à
l’approbation du Conseil communal et doit
être présenté à l’équilibre.
Le tableau ci-dessous reprend quelques
chiffres permettant d’avoir un aperçu des
principaux postes de dépenses et de recettes
annuelles, et leur ordre de grandeur. Il ne se
veut pas exhaustif mais pédagogique pour
mieux appréhender la vie quotidienne d’une
régie foncière. Ainsi pour les dépenses liées
aux « missions de gestion », nous avons utilisé
les chiffres du budget 2025. Pour les recettes
d’exploitation, en augmentation chaque
année d’environ 15% (locations, concessions,
baux emphytéotiques), la donnée est extraite
des comptes de l’année 2024. Pour les autres
postes (et pour les raisons expliquées cidessous),
nous avons calculé une moyenne
annuelle (un lissage) sur base des données
des comptes 2022, 2023 et 2024 (qui
correspondent aux montants réels perçus ou
dépensés par la régie foncière, ce qui nous
semble plus pertinent qu’une estimation
inscrite dans le budget de trésorerie).
PRINCIPALES DÉPENSES ET RECETTES DE LA RÉGIE FONCIÈRE
EXTRAITS DES COMPTES (2022 À 2024) ET DU BUDGET (2025)
Dépenses liées aux missions
de gestion courantes (en € - budget 2025)
Recettes d’exploitation (en €)
Frais de locaux (location à la Ville)
Frais de véhicules
16.730
4.240
Locations, concessions, baux emphytéotiques
(comptes 2024)
2.620.833
Entretien et réparations des immeubles
Entretien des terrains
400.000
90.000
Ventes de terrains et immeubles
(moyenne annuelle - comptes 2022 à 2024)
542.200
Eau, gaz, électricité (provisions, chantiers)
150.000
Récupérations charges (comptes 2024)
147.679
Assurances diverses
85.000
Frais administratifs (dont informatique)
28.555
Honoraires avocats – contentieux - indemnités
50.000
Honoraires notaires et experts immobiliers
30.000
Frais de personnel
947.000
Précompte immobilier
Charges financières (charges d’emprunt)
505.000
177.000
Récupération du PI auprès des commerces
(budget 2024)
82.000
Baux emphytéotiques
153.000
Total
2.636.525
Total
3.392.712
Dépenses d’investissements (en €)
Recettes relatives aux investissements (en €)
Acquisitions (moyenne annuelle -
comptes 2022 à 2024)
Travaux (moyenne annuelle -
comptes 2022 à 2024)
5.703.198
5.149.667
Subsides pour acquisitions
et travaux d’investissements
(moyenne annuelle - comptes 2022 à 2024)
8.868.686
Aménagements lotissements – démolitions
(budget 2025)
70.000
Transferts du budget
communal – fonds propres ville
(moyenne annuelle - comptes 2022 à 2024)
1.354.000
Total
10.922.865
Total
10.222.686
35
Les chiffres montrent que les recettes
liées à la « location et aux concessions
des biens » permettent de financer les
dépenses relatives aux missions de
gestion du patrimoine privé de la Ville
(fonctionnement du service et entretien
du parc immobilier). Selon les années, les
ventes d’immeubles ou de terrains (dans le
cadre du développement de lotissements
notamment) permettent de dégager
un surplus qui servira à reconstituer la
trésorerie. Cette dernière qui s’élevait à
environ 11.000.000 d’euros en début d’année
2025 est en effet sollicitée pour équilibrer
le budget en fonction des investissements
projetés. Notons que les investissements
dont question, qui représentent les montants
les plus importants du budget, peuvent
varier fortement d’une année à l’autre en
fonction des chantiers en cours ou des
acquisitions prévues dans le cadre des
programmes de subsidiation. Les recettes
évoluent également en fonction de l’année de
récupération des subsides qui ne correspond
pas nécessairement à l’année de dépense.
C’est la raison pour laquelle nous avons utilisé
dans le tableau 1.4, pour certains postes, des
moyennes annuelles extraites des comptes et
bilans.
Pour plus de renseignements sur les régies
foncières ordinaires voir le site internet
https ://www.uvcw.be/focus/paralocaux/art-
2352.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.6. AUTRE STRUCTURE
RÉFLEXION EN COURS
Si la régie foncière communale ordinaire
présente de nombreux avantages et a
joué un rôle essentiel dans la politique
de rénovation urbaine de la Ville de Liège,
une réflexion est en cours en vue de la
création d’un « véhicule financier » externe
à la commune, dont la forme juridique
reste à définir. La suppression de certains
programmes d’actions par les pouvoirs
subsidiant, liée à la problématique des
finances publiques, nécessite de mettre
en place de nouveaux outils permettant
notamment de disposer d’une capacité
d’emprunt pour développer de nouveaux
projets. Cet outil pourrait partiellement
remplacer la régie foncière ordinaire
dans ses missions de rénovation et de
renouvellement urbain, en utilisant des
modes d’actions différents et innovants.
La SCRL « Filiale Immobilière publique
de Liège » FIP) dont l’objet social est la
requalification du quartier de Droixhe
en est un exemple (voir point 2.5.5.).
36
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.7. CONSIDÉRATIONS
GÉNÉRALES SUR LA MISE
EN ŒUVRE DES PROJETS
1.7.1. LOCALISATION ET NOMBRE
DE LOGEMENTS CRÉÉS
Depuis qu’elle intervient comme opérateur
logement, soit plus d’une vingtaine d’années,
la Ville de Liège a mis sur le marché plus
de 390 nouveaux logements suite à des
travaux de rénovation ou de démolition/
reconstruction (hors projet de requalification
du quartier de Droixhe – voir point 2.5.). La
majorité de ces logements ont été intégrés
dans le patrimoine de la régie foncière et mis
en location. D’autres ont été vendus dans
le cadre de projets visant une mixité des
types de logements (locatifs et acquisitifs).
Plusieurs centaines de logements indirects
ont par ailleurs été créés par le secteur privé
sur des terrains propriété de la Ville, suite au
lancement d’appels à intérêt (voir point 1.7.3.).
Les montants investis par la régie foncière
pour ces opérations s’élèvent à plus de 102
millions d’euros pour la période considérée.
Notons que près de 130 logements « directs »
et plusieurs centaines de logements
« indirects » sont en cours de construction,
de rénovation ou de projet. Ces nouvelles
opérations représentent un investissement,
par la régie foncière, d’environ 35 millions
d’euros au cours des cinq prochaines années.
Les actions menées ont été effectuées dans
des quartiers considérés par le Conseil
communal comme prioritaires, et dont
certains ont été reconnus comme périmètres
de rénovation urbaine par la Wallonie. Ces
derniers cumulent en effet des difficultés
d’ordres urbanistiques (bâti dégradé),
sociales et économiques (voir point 1.4).
QUARTIERS RECONNUS COMME
PÉRIMÈTRES DE RÉNOVATION URBAINE
PAR LA WALLONIE
1. Quartier Sainte-Marguerite
(reconnaissance en 2000 et prolongation
par le GW en 2016 pour 15 ans – nouveau
projet de quartier – 7.650 habitants)
2. Quartier Saint-Léonard (reconnaissance
de 1999 à 2019 – 11.000 habitants)
3. Quartier Grand-Léopold (reconnaissance
en 2013 pour 15 ans -1.650 habitants)
4. Quartier Amercoeur (reconnaissance en
2020 pour 15 ans – 2.400 habitants)
5. Quartier de Droixhe (reconnaissance PRU
en 2007 – 1.700 habitants)
37
La Ville a également
décidé d’intervenir dans le
quartier d’Outremeuse et
plus largement le centreville
où la problématique
principale (outre celles
déjà citées pour les autres
La quartiers) Ville a également concerne décidé
d’intervenir plus particulièrement
dans le quartier
d’Outremeuse l’inoccupation et des plus
largement logements le aux centre-ville étages des où la
problématique immeubles de commerces.
principale (outre
celles Une opération déjà citées dénommée pour les
autres « Vivre au quartiers) centre » concerne a ainsi plus
particulièrement été initiée pour répondre l’inoccupation à
des l’objectif logements de redynamisation
aux étages des
immeubles de ces espaces. de commerces. Une
opération dénommée « Vivre
au centre » a ainsi été initiée
pour répondre à l’objectif de
redynamisation de ces espaces
Chaque projet réalisé poursuit un ou
plusieurs objectifs opérationnels et, vu sa
spécificité, peut être considéré comme
une expérience pilote. Cette particularité
peut concerner les caractéristiques du
logement (taille, isolation, équipement,
terrasse, valeur patrimoniale, etc) ou de son
environnement immédiat (accès à un parc,
des cours, un jardin individuel ou collectif,
une place, un potager communautaire).
Le type de bâtiment, dont la Ville se rend
toujours propriétaire, contraint la taille
des logements produits, mais, chaque
fois que la situation le permet, la mixité
des logements (nombre de chambres
notamment) est favorisée.
1.7.2. DIFFÉRENTES ÉTAPES
DES PROJETS
Une étape importante de la vie d’un
projet est le choix de l’auteur de projet.
Si les services de la Ville, en tant que
maîtres d’ouvrage, définissent les
objectifs de la mission, une certaine
latitude et créativité sont laissées aux
bureaux d’architecture sélectionnés
dans le cadre des marchés publics.
Afin d’apporter de la diversité, et de
l’originalité aux projets, et valoriser le
savoir-faire des bureaux d’architecture,
notamment locaux, presqu’aucun dossier
n’est réalisé en interne par les architectes
du « bureau d’étude et de suivis techniques »
du service du logement, dont les missions
sont de veiller au respect du cahier des
charges, des délais de réalisation et du
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
38
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
budget des opérations. Et ce, afin de
répondre aux conditions imposées par les
différents programmes de subsidiation.
Lors de l’analyse des offres, les critères
de sélections relatifs aux intentions de
l’auteur de projets sont les plus importants.
Ces derniers sont invités à présenter
aux équipes de la Ville leur proposition
afin de bien appréhender les idées et la
faisabilité du projet. Dans certains cas, la
plus-value architecturale est une donnée
essentielle en raison de la localisation
du projet, mais la qualité des logements
produits et les coûts des travaux restent
LIGNE DU TEMPS DES OPÉRATIONS
DE RÉNOVATION HORS IMPRÉVUS
prioritaires. La confiance entre les parties
est fondamentale à la bonne exécution et
concrétisation des actions.
Le temps entre la genèse d’un projet et
la mise en location des logements peut
être long dans le cadre des opérations de
rénovation urbaine. Il faut parfois faire
face à des obstacles d’ordre juridiques,
financiers, administratifs ou techniques
en cours de chantier, ou lors de la phase
préparatoire de celui-ci. Des mesures
de stabilisation ou de démolitions
s’imposent en effet dans certains cas.
1. Choix du site d’intervention (sur base
des études et des diagnostics préalables
montrant l’intérêt de l’opération pour le
quartier)
2. Procédure d’acquisition du ou des biens
ciblés (négociations avec le ou les
propriétaires, évaluation des biens par un
expert externe, transmission obligatoire
du dossier au comité d’acquisition dans
le cadre d’une procédure d’expropriation.
Pour rappel, les comités d’acquisition
dépendent de la Wallonie et réalisent
pour compte des autorités publiques,
les opérations immobilières, depuis
l’estimation de la valeur vénale des
biens jusqu’à la signature des actes
authentiques. Ils offrent un service global
tant au niveau de l’acquisition pour cause
d’utilité publique que de la vente)
3. Définition du programme (types
de logements, objectifs spécifiques
poursuivis)
4. Montage financier du projet (première
estimation des coûts, recherche
de subventions et introduction des
demandes)
5. Choix de l’auteur de projet (rédaction
du cahier des charges sur base du
programme défini, choix de la procédure
de sélection, publication du marché de
services)
6. Approbation par les instances
communales et le pouvoir subsidiant des
avant-projets, du permis d’urbanisme,
du certificat de patrimoine, des projets
d’exécution
7. Procédure de sélection des entreprises
chargées des travaux et approbation du
choix par les différentes instances et les
pouvoirs subsidiants (le type de marché
peut varier : voir ci-dessous)
8. Suivi du chantier (contrôle des PV des
réunions de chantier, vérification des
états d’avancement, validation et
paiement des factures)
9. Gestion, avec l’aide du service juridique,
des éventuels contentieux (problèmes
avec les propriétaires des immeubles
voisins ou avec les adjudicataires)
10. Envoi des lettres de créances en vue de la
récupération des subsides
11. Réception des travaux et du décompte
final (à faire approuver par le Conseil
communal)
12. Mise en location ou vente des logements
par les services de la régie foncière
13. Entretien des immeubles et des espaces
extérieurs.
39
1.7.3. PROCÉDURES
DE MARCHÉS PUBLICS
Comme le montre la ligne du temps
décrite au point précédent, la maitrise
par les agents communaux des
règlementations en matière de marchés
publics est essentielle afin de se protéger
des éventuels litiges. Outre les services
juridiques et du contrôle des finances,
le département du logement et de la
régie foncière dispose d’un référent
en la matière, et chaque agent suit
régulièrement des formations pour
disposer des connaissances minimales
au montage des dossiers. Nous avons en
effet pu constater que les plus grandes
entreprises disposent d’équipes d’experts
qui étudient les documents du marché
afin d’y trouver des failles à exploiter en
cours de chantier, en vue de réclamer
des suppléments ou des jours de travaux
supplémentaires (pour respecter les
délais inscrits dans leur offre). Les
relations peuvent parfois être tendues
notamment lors de la découverte
d’imprévus. Il importe donc d’agir avec
précision à cette étape de la procédure
afin de gagner du temps et de l’argent.
Une bonne cohésion et organisation des
équipes est par ailleurs nécessaire pour
éviter les retards de procédure. Le rôle
de chaque agent doit être bien défini
et nécessite, quel que soit son rôle, une
grande motivation et implication pour le
bon aboutissement des dossiers.
Afin de faciliter le suivi des chantiers et
éviter les retards, la Ville de Liège a choisi,
en se basant sur l’expérience acquise au
cours des années, de faire appel à des
entreprises générales pour la gestion des
chantiers. Ce choix permet de réduire
le nombre de « lots » et ainsi de limiter
le nombre d’interlocuteurs et donc de
conflits potentiels. Dans la réalité, les
opérations se déroulant sans le moindre
problème n’existent pas. L’attribution par
« lots » peut paraitre financièrement plus
intéressante, la marge financière réalisée
par l’entreprise générale pour son travail
de coordination étant inexistante dans
ce cas précis. Mais, au final, il apparait,
en tenant compte des différents
paramètres, que cette stratégie permet
de réaliser des économies notamment
en raison d’une plus grande efficacité
dans la gestion des chantiers et du
respect des délais. Le travail de suivi de
chantier est plus confortable pour les
agents techniques et les architectes du
service du logement qui ne doivent pas
gérer le planning des travaux. C’est la
responsabilité de l’entreprise générale de
composer avec ses sous-traitants. Des
pénalités peuvent être appliquées si les
délais de réalisation ne sont pas respectés.
Plus tôt les logements sont mis en location,
plus tôt la régie foncière perçoit les loyers
et peut amortir ses investissements.
La loi du 17 juin 2016 définit les différentes
procédures de marché publics. La
procédure négociée avec ou sans publicité
est généralement utilisée par la régie
foncière pour les marchés de services
(mission d'architecture notamment) et
la procédure ouverte pour les marchés
de travaux. Notons que deux variantes
de cette dernière ont été activées pour
développer des partenariats avec
des acteurs privés et publics en vue
de mutualiser les risques financiers et
développer des projets plus ambitieux.
VARIANTE 1
LE MARCHÉ DE PROMOTION
Dans le cadre de cette procédure ouverte,
une entreprise privée construit des
logements sur un bien de la Ville, dont un
nombre défini dans le cahier spécial des
charges est acquis par la régie foncière.
Les autres logements sont vendus à des
tiers par le promoteur privé. Dans ce cas,
l’acheteur final acquiert le tréfond (quotte
part terrain) à la Ville de Liège lors de la
signature des actes. Cela permet au promoteur
d’éviter les couts liés à l’acquisition
du terrain. Ce type de marché permet de
partager les risques et favorise une plus
grande mixité sociale. La procédure est
plus rapide et permet la mise sur le marché
immobilier d’un plus grand nombre
de logements. Attention qu’une fois l’offre
acceptée, plus aucune modification ne
peut être demandée par le maître d’ou-
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
40
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
vrage. Le cahier spécial des charges doit
donc être très précis en ce qui concerne les
caractéristiques des logements souhaités.
La régie foncière acquiert les logements qui
lui reviennent en fin de travaux lors de la
réception provisoire. Elle ne s’acquitte donc
d’aucune facture intermédiaire en cours
de chantier. Un suivi technique est toutefois
assuré pour vérifier la bonne exécution
des travaux (pour des exemples voir points
2.1.2., 2.3.9 et 2.3.10).
VARIANTE 2
LE MARCHÉ CONJOINT
Ce type de procédure a été utilisé
par la régie foncière dans le cadre de
partenariats avec un autre opérateur
public (SLSP et FLW). Elle permet de
réaliser des économies d’échelle et de
finaliser le chantier dans les mêmes délais
pour les deux opérateurs. La livraison
simultanée des logements évite aux
premiers locataires les désagréments liés
aux travaux. Tous les occupants du site
emménagent au même moment (voir
points 2.3.11 et 2.6.3.). Cette procédure
s’accompagne généralement d’une
délégation de maitrise d’ouvrage à l’un des
partenaires.
Notons encore que pour certaines opérations,
la Ville a utilisé un mode de gestion de
projet de type « design and build ». Dans
ce cas, la Ville contracte avec une seule
entité, qui va fournir à la fois les services
de design (conception et architecture)
et de construction (maîtrise d’ouvrage et
exécution des travaux). Le nombre d’étapes
administratives étant réduit, ce mode
de gestion permet de concrétiser plus
rapidement le projet.
1.7.4. QUELQUES
REMARQUES
1.7.4.1. Démolition/reconstruction ––
Si les immeubles concernés par
le projet ne présentent pas de
valeur patrimoniale particulière et
se trouvent dans un très mauvais
état, il apparait plus judicieux de
démolir les biens et de reconstruire
de nouveaux bâtiments plutôt que
d’effectuer une rénovation lourde. Au
global, les coûts d’une démolition/
reconstruction sont identiques voire
moindres, et les logements produits
répondent mieux aux standards de
qualité actuels notamment au niveau
de la performance énergétique et
de l’insonorisation des mitoyens et
des planchers entre les étages. Dans
certains cas, seules les façades
peuvent être conservées si elles
présentent un intérêt ou sont classées.
41
Ce type d’opération de démolition/
reconstruction peut valoriser le site par
une architecture parfois audacieuse qui
participe au renouveau de la ville et peut
donner une identité au quartier. N’oublions
pas qu’au fil des siècles les villes se
reconstruisent en partie sur elles-mêmes.
Si un geste architectural peut jouer un
rôle important, nous insistons sur le fait
que cela ne doit pas être au détriment de
la qualité du logement pour le locataire
et du coût par logement pour le maître
d’ouvrage.
Au-delà des « grands projets » réalisés par
le privé et/ou le public, la concrétisation
de projets de plus petite taille (pouvant
aller d’un immeuble à une partie d’un
îlot urbain) revitalise les quartiers.
Comme l’expliquent les représentants
de la Ville d’Anvers dans un article paru
dans la revue les Echos du Logement
(2010) relatif à la politique foncière et
immobilière de cette dernière : « L’achat
stratégique d’immeubles à l’abandon et
de parcelles en friche s’apparente à une
forme « d’acuponcture » : les nouvelles
habitations soignent le tissu urbain au
niveau de ses points faibles de façon
à ce que, par un effet catalyseur, de
nouvelles initiatives puissent voir le jour
dans le quartier. De ce fait les effets de la
politique foncière et immobilière de la ville
s’inscrivent dans la vision globale urbaine.
Par ailleurs, ils offrent à la ville la possibilité
d’expérimenter des idées innovantes en
matière de rénovation urbaine. (…) La
ville d’Anvers recourt sciemment à une
architecture novatrice pour se renouveler ».
Cet extrait correspond en tout point à la
politique menée par la Ville de Liège, son
service du logement et sa régie foncière.
1.7.4.2. Performance énergétique
des logements ––
Un des objectifs des différents projets est
la réduction de l’empreinte écologique de
nos sociétés en créant des logements à
haute performance énergétique. Si dans
le cadre de nouvelles constructions ou de
démolitions/reconstructions, il est possible
de répondre à cet objectif (en créant
notamment des logements passifs ce qu’a
fait la Ville de Liège), il est plus difficile de
l’atteindre dans le cadre de rénovations
du bâti existant (dans le cas d’immeubles
classés par exemple).
La régie foncière et le service
du logement ont toutefois
mené différentes opérations
qui montrent qu’il est possible
d’obtenir, en utilisant des
techniques innovantes, un
certificat PEB (performance
énergétique des bâtiments)
avec un label A malgré la
conservation du bâti existant
(voir point 2.1.7).
Pour rappel, l’échelle utilisée qui va de G
à A++ indique la consommation spécifique
d’énergie primaire par an et par m² du
logement. La régie foncière, dans le cadre
de la PIV 2021-2024 (Politique Intégrée de
la Ville), réalise par ailleurs des travaux afin
d’améliorer la performance énergétique
des bâtiments les plus anciens de son
patrimoine en remplaçant les chaudières, les
châssis et en isolant l’ensemble des toitures
notamment.
1.7.4.3. Appel à intérêt ––
Afin de valoriser son patrimoine sans
intervenir elle-même, la Ville a activé à
plusieurs reprises une procédure de vente
permettant de sélectionner l’acquéreur
proposant le projet répondant le mieux aux
objectifs du cahier des charges. Il s’agit
de la procédure dite « d’appel à intérêt ».
La Ville de Liège vend un ou plusieurs
biens à un promoteur moyennant la
réalisation d’un programme demandé. Ce
type d’appel évite à la Ville d’investir des
montants importants tout en permettant
le développement d’un projet dont elle
impose les principales caractéristiques
(ex : écoquartier, assainissement d’un îlot
d’habitation). Il peut s’agir de la valorisation
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
42
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
d’un terrain ou d’un ensemble d’immeubles
généralement à démolir. Un jury dont la
composition est déterminée par la Ville
a pour mission de sélectionner parmi les
« bouwteams », composés de concepteurs
et de promoteurs, celui qui a déposé le
projet urbanistique répondant le mieux
aux exigences souhaitées. La sélection se
fait en deux temps, les soumissionnaires
retenus étant auditionnés pour améliorer
leur première proposition. Le montant
proposé pour l’acquisition du site n’est
qu’un critère parmi d’autres. Un prix de
vente minimum est repris au cahier des
charges, et fixé sur base de la réalité
économique du projet. Plusieurs exemples
sont présentés aux points 2.1.10.1 (rue
Léopold - rue de la Madelaine), 2.1.10.2
(rue Cathédrale – Régence), 2.1.10.3
(rue Nagelmackers – Quai sur Meuse),
2.2.2 (site des Franciscains), 2.2.5 (pôle
multifonctionnel Agimont -Académie), 2.2.7
(îlot Légia – Hesbaye), 2.3.7.7 (site Vivegnis
– les Zurbains), 2.3.9 (rue Morinval), 2.5.8
(quartier de Droixhe), 2.6.5 (îlot ICADI).
1.7.4.4. Le bail emphytéotique – –
Le « bail emphytéotique » est régulièrement
utilisé par la régie foncière lors du
développement de partenariats avec
d’autres opérateurs publics ou des
associations de promotion du logement. Ce
contrat particulier permet au propriétaire
d’un bien immobilier de le confier à un
preneur pour une très longue durée,
entre 15 et 99 ans. Le preneur, appelé
emphytéote, dispose alors de droits
étendus sur le bien, proches de ceux d’un
propriétaire, en échange d’un « canon
emphytéotique ». Celui-ci généralement
faible (1 euro symbolique dans la majorité
des partenariats) permet à l’opérateur de
mobiliser ses moyens financiers pour créer
des logements. Pour la Ville (lorsqu’elle met
un bien à disposition) l’intérêt réside dans la
cession des obligations qui incombent au
propriétaire d’une part (charges, réparations,
sécurité, etc.), et dans l’aide à la création,
par un acteur reconnu, de « logements
publics assimilés » d’autre part. Autant
d’investissements qu’elles ne doit pas réaliser
elle-même, tout en multipliant le nombre et
le type de logements produits.
Ce dispositif se distingue du bail ordinaire
par sa durée exceptionnellement longue et
43
les droits conférés à l’emphytéote, qui peut
notamment construire, modifier ou démolir
les bâtiments existants. La Ville a ainsi
convaincu plusieurs propriétaires de lui céder
leur bien en emphytéose pour rénovation
voire démolition/reconstruction. Ces derniers
retrouveront, après 27 ans dans les cas
concernés, la pleine propriété d’un immeuble
en bon état à la fin du bail. Ils percevront
par ailleurs une redevance annuelle dont le
montant sera fonction de l’investissement
consentit par la régie foncière. Cet outil
(encadré par la loi du 10 janvier 1824 du Code
civil) peut être un levier intéressant pour
inciter un propriétaire à céder son bien à la
Ville (ou un autre opérateur) plutôt que le
laisser en déshérence.
1.7.4.5. Programmes de subsidiation
acquisition d’appartements neufs ––
Ces dernières années, plusieurs programmes
de subsidiation ont permis l’acquisition
d’appartements neufs directement sur le
marché auprès de promoteurs. Comme le
prévoit la réglementation, l’estimation des
biens par un expert externe a été nécessaire.
Cette procédure est bien entendu
beaucoup plus rapide pour disposer des
logements à proposer aux nombreux
demandeurs, mais parait plus coûteuse
que par la voie classique d’un marché de
travaux. Même si l’objectif est louable,
il ne faudrait toutefois pas qu’à l’avenir
les subsides octroyés aux opérateurs
publics (SLSP, communes) n’autorisent
plus l’acquisition que de logements
neufs dans des complexes immobiliers
développés par le secteur privé. Pour les
raisons déjà évoquées, ces promotions
ne sont généralement pas menées dans
les quartiers les plus dégradés où une
politique de rénovation urbaine, comme
nous l’avons décrite précédemment, est
indispensable pour leur renouveau et la
vitalité des centres-villes.
1.7.4.6. Augmentation du coût des travaux ––
Au cours des dernières années, les
coûts de construction et de rénovation
des immeubles ont fortement
augmenté (+ 29 % entre 2020 et 2025),
notamment en raison de l’inflation
due à la pénurie de matériaux (suite
à la crise du COVID-19), la hausse des
prix de l’énergie et la perturbation de
la chaine d’approvisionnement. Les
révisions en cours de chantier sont aussi
conséquentes, et il importe d’en tenir
compte dans les projections budgétaires.
Plusieurs marchés ont ainsi dû être
annulés ou reportés. Dans ce dernier
cas, les projets sont retravaillés par les
bureaux d’études afin de trouver des
pistes d’économies. Des modifications
substantielles sont parfois nécessaires
pour faire baisser les coûts et permettre
une nouvelle mise en adjudication. Cette
situation entraine inévitablement des
retards dans la concrétisation des actions.
Si les montants proposés à l’ouverture
des offres restent malgré tout trop
élevés, l’opération sera définitivement
abandonnée. Il importe d’être réaliste et
de ne pas finaliser le dossier à tout prix. Les
options suivantes pourront être envisagées :
revoir l’ambition du projet (diminution
du nombre de logements ou du nombre
de chambres par unité par exemple),
ou lancer un marché de promotion ou
un appel à intérêt pour mutualiser les
dépenses avec un partenaire public ou
privé.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
44
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.7.4.7. Equipement et organisation
des logements | accessibilité et
adaptabilité PMR ––
Lors de l’élaboration d’un projet, l’accent
est toujours mis sur la qualité des espaces
de vie afin qu’ils soient agréables,
mais également fonctionnels pour les
futurs habitants. Une attention toute
particulière est portée sur les espaces de
rangement, notamment pour les familles
qui ont des enfants en bas âge et utilisent
quotidiennement des poussettes par
exemple. La présence d’une buanderie
et d’un nombre suffisant de sanitaires
est aussi essentiel pour bien adopter
son logement. Ces considérations assez
simples, tout comme l’organisation
interne des différentes pièces, doivent
souvent être rappelées aux auteurs de
projets. Dans la mesure du possible, il
importe de réfléchir à l’aménagement
de locaux poubelles et de parcage des
vélos qui sont, pour une part de plus en
plus importante des locataires habitant
le centre-ville un moyen de locomotion
incontournable. Nous avons pu le
constater à de nombreuses reprises.
Dans le cas d’opérations en intérieur d’îlot,
la conception d’espaces de respiration tels
que des terrasses et des jardins privatifs,
ainsi que des cours et petites places
partagées sont recommandées. N’oublions
pas qu’un projet réussi est un projet dans
lequel les ménages se sentent bien et se
sont approprié les lieux. La faible rotation
des locataires dans les logements gérés
par la régie foncière et le nombre de
contentieux assez limité sont certainement
liés à la qualité des logements proposés et
au montant des loyers abordables.
En ce qui concerne
l’équipement, notons que
dès qu’elle en a la possibilité,
la Ville de Liège crée des
logements adaptables ou
adaptés pour les personnes
à mobilité réduite (30 % des
nouveaux logements). Un
logement adaptable est un
logement accessible qui tient
compte dès sa conception
du fait que les occupants et
leurs besoins évoluent au fil du
temps. Il peut être aisément
transformé en un logement
adapté si nécessaire.
Ce dernier répond à des critères
normés, notamment en termes
d’accessibilité, mais aussi de facilité
d’utilisation du domicile (dimension des
pièces, des portes, salle de bains de
plein pied, accessibilité des interrupteurs
etc.). Des ascenseurs sont par ailleurs
installés dès que l’organisation des lieux
le permet.
45
1.7.4.8. Règlement d’ordre
intérieur | respect entre voisin ––
Lors de la signature de leur bail locatif, les
locataires d’un logement de la régie foncière
approuvent un Règlement d’ordre intérieur
(ROI). Ce dernier définit les conditions
d’occupation du logement et invite les
habitants à réaliser des gestes simples
pour un bon usage du bien. Ventiler et
aérer correctement son logement permet
d’éviter les problèmes d’humidité ou de
condensation par exemple. Des articles
de ce règlement concernent également
la vie en collectivité qui est fondamentale
pour de bonnes relations de voisinage. Il
s’agit de mesures visant essentiellement
à éviter des comportements pouvant
importuner les autres locataires. Cela
peut concerner l’utilisation des appareils
audiovisuels et d’instruments de musique,
de l’usage de barbecues, de l’usage des
communs, etc. Le bail prévoit par ailleurs la
possibilité à un délégué de la régie foncière,
généralement un ou une assistante sociale,
de visiter le bien. Ce dernier intervient
principalement suite à des plaintes du
voisinage ou pour vérifier l’état de la maison
ou de l’appartement. Un accompagnement
social comme le pratique les agences
immobilières sociales serait nécessaire
dans de nombreuses situations. Une seule
assistante sociale fait toutefois partie du
personnel actuellement. Un renforcement de
l’équipe parait souhaitable pour accomplir
cette mission dans les meilleures conditions.
L’éducation au « bien loger » est fondamentale
pour le locataire comme pour le propriétaire.
Pour les ensembles d’immeubles disposant
d’espaces communautaires intérieurs
comme extérieurs (salle de réunion,
cours, jardins, placettes, potagers, zones
de circulation piétonne) une « charte de
bonne gestion » doit être approuvée par les
locataires. Ces espaces partagés permettent
aux habitants de se rencontrer, d’échanger,
et sont ainsi fortement appréciés. Mais dans
certains cas, ils peuvent être la source de
nuisances ou de conflits si des règles de « vie
en commun » ne sont pas respectées. Les
problèmes de propreté ou de bruit peuvent
parfois prendre des proportions nécessitant
une intervention du personnel de la régie
foncière. Le profil des habitants a un rôle
déterminant dans le bon fonctionnement de
ce type de lieu. On ne peut savoir à l’avance
quelle sera l’implication des uns et des autres
à une dynamique collective. L’entente entre
voisins ne se décrète pas quelle que soit la
qualité des espaces créés et des logements
mis à disposition.
1.7.4.9. Lutte contre l’imperméabilisation
des sols et les îlots de chaleur urbains ––
À l’horizon 2050, la population des centres
urbains (Liège ne fera pas exception) est
susceptible de faire face à des vagues
de chaleur deux fois plus fréquentes
qu’actuellement. La Ville de Liège affiche
donc sa volonté d’atténuer les Îlots
de Chaleur Urbains (ICU) en mettant
progressivement en place un Plan Canopée
à travers une stratégie d’adaptation aux
changements climatiques. Dans ce cadre,
une attention particulière est apportée à
la plantation massive d’arbres dans les
espaces publics ou privés, voire selon
les possibilités de créer de véritables
« forêts urbaines ». Des études montrent
en effet que la présence d’arbres permet
de réduire la température mais constitue
aussi une méthode naturelle de captage
et de stockage du carbone contribuant
à la réduction des gaz à effets de serre.
Outre cet objectif, le plan envisage de
développer une stratégie de végétalisation
des espaces bâtis et non bâtis permettant
de limiter l’imperméabilisation du sol.
Comme nous le verrons dans la partie
consacrée à la présentation des différents
projets, chaque opération vise, depuis
de nombreuses années déjà, à intégrer
cette problématique notamment en
dédensifiant et en végétalisant les
intérieurs d’îlots par la création de parcs,
de jardins, de potagers communautaires
et de cheminements non minéralisés. Ces
aménagements permettent de favoriser
l’infiltration des eaux de pluie et de mieux
maitriser leur écoulement notamment pour
éviter les inondations dans la partie aval du
quartier. Cet objectif est essentiel dans le
contexte d’augmentation de la fréquence
des épisodes de précipitation intense.
Notons que la présence d’eau dans les sols
permet lors des épisodes de fortes chaleurs
d’humidifier l’air ambiant par évaporation
et évapotranspiration des végétaux.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
46
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
1.7.4.10. Non concrétisation
de tous les projets ––
CAUSES RELEVÉES
Comme nous le verrons dans la partie
consacrée à la présentation des projets,
le temps nécessaire à leur concrétisation,
qu’ils soient ou non repris dans un schéma
directeur ou dans un plan d’actions, est
parfois très long. La complexité de l’opération,
son ampleur, le type de programme de
subventionnement, ou encore le choix de la
procédure de marché public, conditionnent la
durée de mise en œuvre du projet, depuis la
décision d’acquérir les premiers biens jusqu’à
la mise en location des logements. Ce temps
long peut parfois être à la base de l’abandon
d’un projet.
Toutes les démarches entamées
n’aboutissent pas nécessairement à la
réalisation du projet. Les échecs sont
inévitables et les causes peuvent être
multiples.
1. Les coûts de travaux trop élevés à
l’ouverture des offres (problématique
abordée précédemment)
2. La perte d’un subside attendu suite au
dépassement de délais pour réaliser
l’opération, la réorientation des moyens
vers d’autres dossiers, ou encore la
suppression d’un programme d’actions
par le pouvoir subsidiant (fin de la
reconnaissance d’un périmètre de
rénovation urbaine par le Gouvernement
wallon ou changement de bénéficiaire du
programme de subventionnement par
exemples)
3. Le retrait d’un partenaire qui décide
de mettre fin aux discussions ou
négociations avec la Ville de Liège,
après parfois un ou deux ans de travail
administratif, d’analyses techniques ou
juridiques, de propositions modifiées et
corrigées pour trouver un dénominateur
commun (par exemple : échec suite à
la crainte du partenaire de se lancer
dans un projet innovant sans disposer
d’un retour d’expérience. Ce fut le cas
avec un acteur privé qui a renoncé
au partenariat la veille de la signature
d’un bail emphytéotique avec la Ville
de Liège, et portant sur l’obtention, par
cette dernière, d’un droit réel de 27 ans
sur les 20 logements inoccupés situés
aux étages d’un ensemble immobilier
47
commercial. Ces unités devaient
être rénovées dans le cadre d’un
programme de subventionnement à
l’ancrage communal. Le site avait été
identifié au cours d’une étude menée
par le bureau Mertens&Steffens dans
le courant des années 2000 montrant
l’existence de nombreux espaces
vides aux étages d’immeubles de
commerces, et proposant des lieux où
une action commune public/privé était
envisageable vu la configuration des
biens. Cet ensemble présentait des
solutions d’accès aux niveaux supérieurs
– escaliers et coursives extérieures)
4. Les difficultés juridiques et financières
rencontrées au niveau du montage
du projet (par exemple : échec d’une
expérience pilote visant la mise en
place d’un « community land trust »
avec différents partenaires en vue de la
construction d’une dizaine de logements
dans le quartier de Grivégnée. Ce type
de projet est surtout présent au niveau
des zones à forte pression foncière
comme Bruxelles ou le Brabant wallon
où il est financièrement avantageux
pour les différents intervenants et
notamment les futurs habitants. Ceuxci
ne financent en effet pas le foncier
au moment de la construction de leur
maison ou appartement. Ils ne perçoivent
toutefois pas la plus-value au moment
de la revente du bien immobilier. Une
« fondation » prend en charge l’acquisition
des terrains ou des immeubles et la
gestion des plus-values.
5. Les demandes de participation de la ville
de Liège à des projets menés par des
associations actives dans le secteur du
logement. Ces demandes concernent
généralement une intervention de
la commune au niveau du montage
financier de l’opération. Dans certains
cas, l’apport demandé, sous forme d’un
« subside » ou d’une mise à disposition
d’un bien immobilier (par cession en
gestion ou cession d’un droit réel) peut
être excessif. La Ville doit par ailleurs
respecter certaines règles, et ne peut
accepter un partenariat qui ne répondrait
pas aux prescrits légaux. Dans tous les
cas « l’utilité publique » de l’action doit être
justifiée.
6. L’absence d’investisseur privé lors du
lancement d’un appel à intérêt lié à un
problème d’attractivité économique du
projet ou d’inadéquation de l’offre avec
le programme imposé dans le cahier des
charges.
Notons que le caractère innovant d’une
action, que ce soit sur le plan juridique ou
financier, est souvent source d’échec. Il est
toutefois essentiel de tester de nouvelles
formes de collaborations ou de nouveaux
modèles de production de logements
pour atteindre les objectifs de la politique
communale en la matière.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
49
PARTIE 2
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Présentation des projets et de leurs spécificités
50
VILLE DE LIEGE
– SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Dès le lancement de sa politique d’actions
en matière de logement, la Ville de Liège
a décidé d’intervenir dans des quartiers
prioritaires. Certains de ces quartiers ont fait
l’objet d’une demande de reconnaissance
par la Wallonie comme périmètre de
rénovation urbaine (dispositif régi par
l’article 173 du CWATUPE – voir point 1.4 et
1.7.1).
Par soucis de cohérence avec les objectifs
poursuivis, les différents projets présentés
seront donc regroupés par quartiers
(Centre-ville, Sainte-Marguerite, Saint-
Léonard, Amercœur et Droixhe). La sixième
partie reprendra des projets menés dans
le cadre de partenariats avec différents
opérateurs sur l’ensemble du territoire
communal (APL, AIS, SLSP, Promoteurs
privés). Quant au dernier chapitre, il sera
consacré aux politiques menées par
la Ville sur l’ensemble de son
territoire, et ayant un impact
direct sur la rénovation
urbaine des différents
quartiers.
51
Les informations suivantes seront reprises
pour chaque opération :
• Projet : définition de la localisation
précise du projet (nom de la rue), et
bref résumé des objectifs poursuivis
• Présentation – spécificités : description
de la genèse du projet et de ses
principales caractéristiques et
particularités (ce qui en fait une
expérience pilote et un exemple dont
pourrait éventuellement s’inspirer tout
opérateur public ou privé)
• Financement : dénomination des
pouvoirs subsidiant ayant participé au
financement de l’opération
• Réalisation des travaux : date de
début et de fin du chantier (hors études
architecturales)
• Cout total de l’opération (TVAC) :
montant reprenant le coût des travaux
et des études
• Acquisition : montant pour l’achat des
immeubles et/ou des terrains
• Nombre de logements et/ou surfaces
commerciales, de bureaux ou de
services créés dans le cadre du projet
• Auteur de projet : bureaux
d’architectures
• Entreprises : adjudicataires
Rappelons, comme précisé dans
l’introduction, que les programmes
subventionnés auxquels la Ville a recouru
sont multiples et ont été combinés avec
l’apport de fonds propres pour permettre
la réalisation de projets ayant une portée
significative dans des espaces délaissés
par les différents acteurs. L’action de la
Ville prend ici tout son sens pour lancer une
dynamique essentielle au renouveau de ces
quartiers.
Nous constaterons que selon le quartier
et son histoire économique et sociale, les
actions se porteront davantage sur la
sauvegarde de bâtiments à haute valeur
patrimoniale et les logements vides aux
étages d’immeubles de commerces (dans
le cas du centre-ville), la reconversion de
chancres urbains et de friches industrielles
en démolissant des entrepôts et en
dépolluant les sols (dans le cas de Saint-
Léonard), la dédensification du bâti en
intérieur d’îlot dans le but de créer des
espaces verts tant privatifs que collectifs,
et de nouvelles liaisons piétonnes et/ou
cyclables permettant de désenclaver et
d’interconnecter différentes parties du
quartier (dans le cas de Sainte Marguerite),
ou encore la mise en œuvre de partenariats
publics/privés sous forme de marché de
promotion et d’appel à intérêts pour la
requalification du quartier (dans le cas
de Droixhe), pour citer quelques exemples
parmi d‘autres.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
• Maitre de l’ouvrage : opérateur en
charge du projet
52
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1. PROGRAMME « VIVRE
AU CENTRE » - RÉNOVATION
URBAINE GRAND-LÉOPOLD
A
l’instar de nombreux quartiers
centraux des grandes agglomérations,
le centre-ville de Liège, et notamment
le quartier Grand Léopold, a connu un déclin
commercial et une dégradation du bâti
ancien, par ailleurs de plus en plus morcelé.
Cette tendance s’est accentuée dans les
années 1980-1990, s’accompagnant de la
fuite des habitants, de l’augmentation des
bâtiments inoccupés et de la baisse de la
qualité des commerces. Le développement
des « activités de nuit » et de la prostitution
dans plusieurs rues du quartier n’étaient
pas étrangères à cette situation. Sur base
de différentes études, la Ville de Liège a
approuvé en 2006 le programme « Vivre
au centre » dont les principaux objectifs
consistent à :
1. proposer des logements de qualités pour
des ménages à revenus moyens dans le
centre-ville à proximité des transports en
communs et des services (mixité sociale)
2. réhabiliter des ilots urbains fortement
dégradés
3. réoccuper les logements vides aux étages
des immeubles de commerces (et ainsi
améliorer la convivialité et le contrôle
social, exploiter des ressources inutilisées,
lutter contre le sentiment d’insécurité)
4. sauvegarder et rénover des immeubles de
grandes valeurs patrimoniales (classés ou
repris à l’inventaire du patrimoine).
5. redynamiser la structure commerciale,
et définir une nouvelle identité au
quartier Cathédrale Nord en maîtrisant
la programmation des fonctions
économiques (de type artisanales) à
inscrire notamment dans les immeubles
acquis par la ville (projet « Créashop »).
53
Par la mise en œuvre de cette action, la Ville
a souhaité montrer qu’habiter en ville, vivre
la ville, et y faire du commerce sont des
fonctions complémentaires et absolument
nécessaires à un développement urbain
durable et intégré.
Un périmètre de rénovation urbaine,
compris entre les rues Souverain Pont,
Neuvice, Cathédrale et Place du Marché,
a par ailleurs été approuvé par le
Gouvernement wallon le 27 mars 2014.
Cette reconnaissance, pour une durée de
15 ans, donne à la Ville de Liège un accès à
des subsides pour concrétiser les « fiches
actions » détaillées et priorisées dans
le projet élaboré par le bureau d’étude
Baumans et Deffet, avec la participation de
la population et des forces vives du quartier.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Les quatre objectifs principaux définis dans
le schéma directeur sont les suivants :
• Améliorer la convivialité, le rôle et la
qualité des espaces publics
• Valoriser le tissu ancien (îlots urbains)
et le patrimoine
• Offrir un habitat de qualité adapté à
une population diversifiée
• Développer un quartier de centre-ville
multifonctionnel et attractif
L’étude met l’accent sur la nécessité de
travailler à l’échelle des îlots. Ce niveau
d’analyse permet de conserver une vision
d’ensemble sur leur devenir avant de
développer des projets plus spécifiques
et singuliers. Il est également conseillé de
développer une architecture contemporaine
de qualité en centre ancien, des bâtiments
adéquats et intégrés qui puissent devenir
le patrimoine de demain. La rénovation
et la valorisation du patrimoine existant
constituent un objectif majeur du projet de
quartier, notamment afin de développer son
attrait touristique, commercial et culturel.
Le projet de rénovation urbaine constitue
aussi une occasion pour renouveler un parc
immobilier vieillissant par une opération
« levier » permettant l’aménagement de
logements adaptés aux modes de vie et aux
normes actuels.
54
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.1. PROJET : RUE SOUVERAIN PONT, LAMBERT
LOMBARD ET GÉRARDRIE
Sauvegarde d’un ensemble de bâtiments
insalubres de grande valeur patrimoniale
- lutte contre l’inoccupation des étages
d’immeubles de commerces par la création
de plus d’une vingtaine de logements -
maintien de cellules commerciales en vue
de donner une nouvelle identité au quartier
(dans le cadre du projet « Créashop »)
Présentation – spécificités :
La première opération d’envergure dans
le quartier Grand-Léopold, qui a mis 8
ans à se concrétiser depuis l’acquisition
des immeubles (inoccupés et insalubres)
jusqu’à la fin des chantiers, concerne la
création et la rénovation de 23 logements et
5 commerces rue Souverain Pont 7, 13, 15, 17
et rue Lambert Lombard 6 à 10.
Les bâtiments classés ou repris à l’inventaire
du patrimoine confèrent à cette action son
exemplarité. De nombreuses techniques
très spécifiques ont été utilisées par des
artisans reconnus pour la restauration de
ces immeubles. Notons que l’obtention des
certificats de patrimoine, étape nécessaire
et essentielle, a retardé la mise en œuvre
du chantier de plus d’une année. L’idée
maîtresse du projet était par ailleurs d’offrir
aux habitants d’un piétonnier de « l’hypercentre
» de Liège des appartements
spacieux et calmes (malgré la proximité
d’axes de circulation très fréquentés), mais
également des espaces de respiration grâce
à l’aménagement de terrasses privatives
et de cours intérieures. Ces dernières ont
dû être créées ou dégagées, la surface
de l’îlot étant entièrement recouverte par
des annexes ou des extensions de rez-dechaussée
commerciaux. Un jeu subtil de
transparence invite désormais le passant
à percevoir depuis la rue Souverain-Pont
la vie intérieure des immeubles. Chacun
d’eux est équipé d’un local affecté au
rangement des vélos. Cet espace, souvent
complet malgré une capacité adaptée à la
résidence, rencontre un vif succès auprès
des locataires qui ont adopté des stratégies
de mobilité en adéquation avec leur habitat
en centre urbain.
55
Le financement de l’opération, s’élevant
à 6 millions d’euros, a été rendu possible
grâce à l’apport important de la Politique
Fédérale des Grandes Villes (PFGV), qui, avec
une intervention de 3,3 millions d’euros a
permis à la Ville de Liège de se rendre maitre
du foncier. La Wallonie est quant à elle
intervenue à hauteur de 1,5 millions d’euros
dans le cadre des programmes d’ancrage
communal du logement et de sauvegarde
du patrimoine. La conjugaison des moyens
financiers a permis d’agir prioritairement
sur des groupes d’immeubles afin
d’accroître la visibilité de l’action et, par effet
d’entraînement, d’inciter les propriétaires
et les promoteurs à rénover les habitations
voisines et, plus largement, d’intervenir
dans l’ensemble du quartier Grand Léopold.
Ce dernier est aujourd’hui le théâtre de
nombreuses opérations menées par des
acteurs privés faisant le pari du « vivre en
centre-ville ». La mise en circulation du tram,
qui le traverse, a certainement joué un rôle
important dans ces investissements.
Notons que la concrétisation de tels projets,
malgré leur grande complexité (montage
financier, nombreux acteurs, accès au
chantier, quartier en développement,
statut des bâtiments, permis et certificats,
…), est possible en fédérant les différents
partenaires.
Soulignons pour terminer qu’un auteur de
projet différent a été désigné pour chaque
bâtiment (diversité des approches), mais
qu’un marché de travaux unique a été lancé
pour faciliter la coordination de l’ensemble
du chantier (limitation du nombre
d’intervenants), et pour réduire les coûts
(mutualisation de certaines dépenses).
Cette action, dont nous détaillons cidessous
l’intervention dans les différents
bâtiments, a montré la faisabilité technique
et l’intérêt pour la collectivité de créer des
logements adaptés aux normes actuelles
aux étages d’immeubles de commerces
anciens et inoccupés de grande valeur
patrimoniale.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La volonté de la Ville était par ailleurs de
participer au renouveau commercial du
quartier, en orientant son développement vers
une typologie prédéterminée, par la mise à
disposition de cellules à loyers adaptés
et évolutifs. C’est le projet Créashop
(voir description au point 1.5.). La Ville,
qui a souhaité collaborer avec des
partenaires spécialisés dans l’accueil et
l’accompagnement de porteurs de projet,
depuis l’idée jusqu’au lancement puis au
développement de leur entreprise, a établi
un partenariat avec l’asbl Job’In en 2012.
Un appel à projet a été lancé afin d’affecter
les surfaces dont question. Les activités
recherchées étaient définies comme des
activités artisanales originales, productives et
créatives offrant à la rue une nouvelle identité.
56
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.1.1. Rue Souverain Pont 7 :
Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation
avec création de :
• 8 logements dont : 4 logements 1
chambre, 3 logements 2 chambres, 1
logement 3 chambres
• 1 cellule commerciale de 120 m²
Cette surface de taille importante a été
attribuée après appel à projet au commerce
« Wattitude » qui propose exclusivement des
produits conçus, créés et/ou fabriqués en
Wallonie : articles de mode, de design, mais
aussi spécialités gourmandes, découvertes
musicales, livres et jouets. L’activité est
toujours présente aujourd’hui.
L’ensemble patrimonial du XVIIIe siècle avec
un fort remaniement au début du XXe siècle
se dispose autour d’une cour intérieure au
fond de laquelle un petit immeuble neuf a
été construit en remplacement d’anciennes
annexes liées au commerce. Les façades
avant et arrière, ainsi que les toitures
sont classées au patrimoine. Notons que
deux pièces avaient conservé des décors
de plafonds du XIXe siècle qui ont été
entièrement restaurés.
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement et patrimoine
– Province - Ville de Liège
Réalisation des travaux : mars 2011 à
août 2014
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.381.000 €
Acquisition : 450.000 € (en 2006)
Auteur de projet : AC&T – Entreprises :
SM Moury-Wust
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
57
2.1.1.2. Rue Souverain Pont 13
Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation
avec création de :
• 5 logements dont : 3 logements 1
chambre, 2 logements 3 chambres
• 1 cellule commerciale de 40 m²
Cette surface a été attribuée après appel
à projet à une bijoutière qui y a installé
son atelier-boutique et propose des bijoux
artisanaux (métaux précieux et pierres fines)
et ses conseils d’expert. L’activité est toujours
présente aujourd’hui.
Les façades et toitures sont classées au
patrimoine. La ferronnerie du balcon indique
la date de construction 1777. Pendant les
travaux, deux façades arrière d’origine,
ainsi qu’un perron en pierre, jusque-là
dissimulés derrière des cloisons ont été
mises à jour. Cet ancien hôtel de maître qui
a été minutieusement restauré présente un
escalier monumental (redressé, renforcé,
greffé), et des toitures mansardées avec de
belles charpentes.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement et patrimoine
– Province - Ville de Liège
Réalisation des travaux : mars 2011 à
août 2014
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.152.000 €
Acquisition : 220.000 € (en 2006)
Auteur de projet : M. & V. Fellin –
Entreprises : SM Moury-Wust
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
58
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.1.3. Rue Souverain Pont 15
Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation
avec création de :
• 4 logements dont : 1 logement 1
chambre, 2 logements 2 chambres, 1
logement 3 chambres
• 1 cellule commerciale de 50 m²
Cette surface a été attribuée après appel à
projet à un jeune créateur de vêtements qui
s’était lancé dans le prêt-à-porter réalisé
par ses soins. Une autre créatrice de mode a
pris le relais il y a quelques années.
L’immeuble, datant de la moitié du XVIIIe
siècle, comprend deux bâtiments, le
bâtiment principal à rue dont la façade
avant et la toiture sont classées, et une
maison en second rang qui présente une
façade de style mosan remarquable dont
les châssis de fenêtre ont été réinterprétées.
La cave, accessible par l’extérieur, cache
une cheminée Renaissance (qui a fait
l’objet d’une étude archéologique). Les deux
immeubles s’articulent autour d’une cour
aménagée.
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement et patrimoine
– Province - Ville de Liège
Réalisation des travaux : mars 2011 à
août 2014
Cout total de l’opération (TVAC) :
912.000 €
Acquisition : 200.000 € (en 2006)
Auteur de projet : F. Hennequin –
Entreprises : SM Moury-Wust
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
59
2.1.1.4. Rue Souverain Pont 17 –
Lombard 6 à 10
Ces immeubles ont fait l’objet d’une
rénovation avec création de :
• 6 logements 2 chambres
• 1 cellule commerciale de 50 m²
• 1 bureau/commerce de 30 m²
La première surface a été attribuée après
appel à projet à une mercerie, Koxinels,
doublée d’un atelier où la créatrice
accompagnait des projets personnalisés.
Suite à sa fermeture en 2025, une tannerie
artisanale occupe désormais la cellule
commerciale. L’autre surface commerciale a
été occupée pendant plusieurs années par
le concept-store Jangala (pépinière urbaine
et curiosités végétales).
Les immeubles situés au coin de la rue
Souverain-Pont et de la rue du Lombard,
sont repris à l’Inventaire du Patrimoine. Ils
ont probablement été construits en 1889 par
le père de Gustave SERRURIER-BOVY. Le choix
de l’auteur de projet a été de conserver
un maximum d’éléments existants en les
mettant en valeur, et en les distinguant des
interventions contemporaines. L’escalier
métallique extérieur, qui dessert tous les
étages est une pièce maitresse dans cette
rénovation.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
En continuité de cette première opération
ambitieuse, les projets suivants ont été
réalisés avec les mêmes objectifs et se
poursuivent encore aujourd’hui.
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement – Ville de Liège
Réalisation des travaux : mars 2011 à
août 2014
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.074.000 €
Acquisition : 340.000 € (en 2006)
Auteur de projet : P. Lorenzi –
Entreprises : SM Moury-Wust
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
60
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.1.5. Rue Souverain-Pont 24
Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation
avec création de :
• 1 logement 2 chambres et 1 logement 3
chambres
• 1 cellule commerciale de 140 m² répartie
entre le rez-de-chaussée et le niveau
-1 (une partie de la cave voutée) rendu
accessible par un escalier central afin
d’augmenter la superficie de vente
et de permettre l’aménagement d’un
atelier.
Dans le cadre du projet « Créashop », cette
surface a été attribuée après appel à projet
à une jeune créatrice liégeoise de lingeries,
robes et accessoires, hauts de gamme,
relatifs à l’univers du mariage.
Pour ce bâtiment du XVIIIème siècle, dont
la façade est classée, le respect des
caractéristiques architecturales fut une
priorité. Le travail d’artisans spécialisés qui
ont contribué à la restauration de chaque
pierre, menuiserie ou badigeon de la façade
a inévitablement entrainé une augmentation
des coûts. Afin que l’espace jouisse d’une
lumière naturelle abondante, de grandes
baies ainsi qu’une cour intérieure ont été
prévues à l’arrière du bâtiment suite à la
démolition d’annexes. Aux étages, dans le
prolongement des séjours, les logements
disposent de balcons qui permettent de
s’installer autour d’une petite table. Dans
la cour, accessible à l’artisan comme aux
résidents, un abri de rangement est mis à
disposition de tous, en plus de l’espace vélo
dans le hall. Cette action incite au retour
d’habitants et de commerçants dans cette
rue historique et piétonne de Liège.
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement et patrimoine
– Province - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2017 à 2018
Cout total de l’opération (TVAC) :
586.400 €
Acquisition : 285.000 € (en 2010)
Nombre de logements : 2
Auteur de projet : Gérard - Lemaire
& associés – Entreprises : Entreprise
générale Liégeois
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
61
2.1.1.6. Rue Souverain-Pont 14 –
Rue Gérardrie 13
Ces deux maisons de commerce du
XVIIIème siècle, ayant été remaniées et
réunies dans le passé, ont été acquises
en 2024 par la Ville de Liège dans le cadre
de la Politique Intégrée de la Ville (ou PIV -
voir point 1.4.). Cet ensemble, inoccupé et
insalubre, dont les façades et toitures sont
reprises à l’inventaire du patrimoine, fera
l’objet d’une réhabilitation avec création de
logements aux étages et d’un commerce
traversant aux rez-de-chaussée (136 m²).
Cette cellule sera affectée, dans le cadre
d’un futur appel à projet « Créashop », à
une activité artisanale et créative pour
poursuivre la redynamisation du quartier
et ainsi renforcer sa nouvelle identité. Les
étages de l’immeuble situés côté Gérardrie
sont actuellement condamnés (absence
d’accès indépendant).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Véritable trait d’union entre plusieurs
quartiers, cet axe joui d’un passage
important qui mérite d’être valorisé. Pour
capter ces flux de chalands potentiels, la
reconstitution d’un linéaire commerçant
de qualité est essentielle. C’est l’objectif
poursuivi par la Ville en réhabilitant des
cellules inoccupée et/ou dégradées, et en
créant de nouveaux logements aux étages
des immeubles. Le nombre d’habitants
domiciliés qui s’élevait à 20 en 2000 a en
effet diminué de moitié en 25 ans.
Financement : SPW PIV – Ville de Liège
Acquisition Souverain-Pont 14 –
Gérardrie 13 : 357.000 € (en 2024)
Acquisition Gérardrie 11 : 156.000 €
(en 2025)
Acquisition Gérardrie 5 : 177.000 €
(en 2025)
Nombre de logements : 6 (projet en
cours – études architecturales 2026)
62
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.2. PROJET : RUE DE LA CATHÉDRALE 16 À 24
ET RUE DE GUELDRE 9 À 15
Démolition-reconstruction d’un ensemble
d’immeubles inoccupés et fortement
dégradés en 25 logements et 2 commerces
- dédensification et verdurisation d’un
intérieur d’îlot au cœur de la Ville dans le
cadre d’un marché public de promotion de
travaux
Présentation – spécificités :
Cet ensemble d’immeubles a été identifié,
dans l’étude de rénovation urbaine du
périmètre Grand-Léopold, comme îlot
d’intervention prioritaire. La Régie foncière
de la Ville de Liège a ainsi acquis, après
de longues négociations, une dizaine de
bâtiments, très anciens pour certains,
fortement dégradés et inoccupés.
La fiche projet du schéma directeur du
quartier prévoyait la démolition complète
des bâtiments existants et de leurs
annexes, suivie de la reconstruction de deux
ensembles distincts, l’un de 10 logements
situé rue de Gueldre, et l’autre de 15
logements et 2 surfaces commerciales rue
Cathédrale. Le « curetage » de l’intérieur d’îlot
devait par ailleurs permettre de verduriser
l’intérieur de l’îlot totalement bâti, et de créer
une grande cour commune à destination
de l’ensemble des habitants. La démolition
totale des immeubles, malgré l’inscription de
3 façades à l’inventaire du patrimoine a été
motivée par les arguments suivants :
• La dégradation trop forte des bâtiments
ne permettait pas une rénovation,
même partielle, des immeubles
pour des questions financières mais
également techniques (stabilité des
constructions)
• La conservation du bâti existant (petites
pièces notamment) était incompatible
avec les standards d’habitat actuels
(optimisation des espaces de vie)
• L’objectif du schéma directeur était
de créer un projet fort, avec une
architecture innovante et marquante,
capable de contribuer à l’identité et à la
revitalisation de l’environnement urbain.
• La reconstruction de la ville sur la ville
devait permettre de développer des
logements répondant aux enjeux du
réchauffement climatique (réduction de
l’empreinte carbone).
• Il importait de créer les conditions
d’une intervention du secteur privé en
augmentant le nombre de logements
potentiels (notamment en raison des
coûts de démolition, de sécurisation et
d’acquisition élevés des bâtiments dans
ce quartier commerçant).
Des discussions relatives à l’opportunité de
conserver tout ou partie des biens ont été
menées avec différents experts (ingénieurs,
historiens, urbanistes, géographes, financiers,
juristes) avant d’opter pour une intervention
aussi radicale. Au terme de l’analyse, la
valeur patrimoniale des immeubles n’a pas
été jugée suffisante au vu des enjeux et
de la nécessité de redynamiser le quartier
par l’arrivée de nouveaux habitants et de
nouvelles activités commerciales.
63
Une des spécificités de l’opération réside
par ailleurs dans la procédure de mise
en œuvre du programme. Un marché de
promotion (dont l’intitulé était : « conception,
financement et construction de logements
et de surfaces commerciales en ce compris
la démolition d’immeubles existants ») a
ainsi été publié par la Ville le 12 décembre
2016. L’objectif était de partager les risques
et les investissements avec un partenaire
privé, et créer de la mixité sociale.
Le promoteur (bouwteam) a été désigné
par le collège communal en décembre
2017. Un droit de superficie lui a été accordé
pour entamer les travaux de démolition/
reconstruction. Il s’agit d’un droit réel qui
permet dans le cas présent à une société
d’être propriétaire de ce qui est bâti sur
le terrain d’autrui (le tréfoncier). Le Cahier
des charges prévoyait que la Ville de Liège
acquière les 10 logements (dont 3 PMR)
situés rue de Gueldre et les deux cellules
commerciales de la rue Cathédrale (afin
de poursuivre le programme Créashop),
et finance l’aménagement des espaces
communs en intérieur d’îlot. Les commerces
ont des surfaces de 84 m² et 91 m². Les 10
logements (PEB A) se répartissent de la
manière suivante : 2 logements 1 chambre,
6 logements 2 chambres et 2 logements 3
chambres. Les logements disposent d’une
terrasse privative, et un local vélo, poussette
et poubelle est accessible au rez-dechaussée
du nouveau bâtiment.
Il était prévu que les 15 logements du volet
privé soient vendus par le promoteur aux
clients finaux, vis-à-vis desquels, la Ville, en
tant que tréfoncier, s’engageait à vendre
les quotités de terrain. Toutefois, suite aux
inondations catastrophiques du mois de
juillet 2021, et à la nécessité de reloger
les sinistrés des quartiers de Chênée et
d’Angleur, la Ville de Liège a perçu des
subsides pour acquérir, en urgence, en
2023, les 15 logements mis en vente par le
promoteur.
Notons que la procédure de marché de
promotion (voir point 1.7.3.) a permis de
gagner beaucoup de temps au niveau de
la concrétisation de l’action, et d’acquérir
les logements à moindre coût que dans le
cas d’un marché de travaux classique. Le
promoteur, qui préfinançait les travaux, a en
effet mis tout en œuvre pour réduire la durée
du chantier. Ce type de marché permet
par ailleurs d’éviter les imprévus, réguliers
dans le cadre d’opérations menées dans un
contexte aussi complexe.
Financement : SPW ancrage communal
du logement, plan inondations et PIV -
PFGV - Province de Liège - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2020 à 2023
Cout total de l’opération pour
l’acquisition des 10 logements de la
rue Degueldre et l’aménagements des
espaces collectifs en intérieur d’îlot -
TVAC) : 2.751.000 €
Acquisition des immeubles à démolir
(11) : 1.574.000 € (dès 2012)
Inventaire amiante et désamiantage :
86 260 €
Nombre de logements : 25 (+ 2 cellules
commerciales)
Acquisition de 15 logements
complémentaires dans le cadre
du plan inondation (rue de la
Cathédrale) : 4.286.000 €
Bouwteam (promoteur) : Serbi SA et D.
Lacomble
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
64
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.3. PROJET : PLACE DE LA RÉPUBLIQUE
FRANÇAISE 27 ET 29
Acquisition dans le centre commerçant
de Liège des étages de 2 immeubles
de commerce avec constitution d’une
copropriété - regroupement des « plateaux »
par niveau en vue de la création de
logements plus spacieux
Présentation – spécificités :
Une des priorités du projet de Ville, élaboré
après consultation de la population, est
de créer, ou réhabiliter des logements aux
étages des immeubles de commerces,
qui sont, pour beaucoup, vides depuis
des années. Comme l’indiquent différents
relevés, ces étages inoccupés et
généralement insalubres sont nombreux
dans certaines rues commerçantes. Pour
répondre à cette attente des citoyens,
la régie foncière a acquis les étages de
deux immeubles de commerces contigus,
localisés Place de la République Française.
L’activité commerciale dans cette partie
de l’hypercentre ne connaissant pas de
difficultés particulières, le projet s’est
concentré sur les étages laissés à l’abandon,
en négociant avec les propriétaires des
immeubles la constitution d’une copropriété.
Notons que ces derniers ne souhaitaient
pas se séparer des cellules commerciales
et de leurs rentrées locatives, mais ne
voyaient pas d’inconvénients à céder les
parties supérieures des bâtiments. Cette
solution « gagnant-gagnant » a évité à
la Ville d’acquérir les rez-de-chaussée
commerciaux des immeubles, dont la valeur
au m² est beaucoup plus élevée. Un des
deux immeubles disposait d’une entrée
indépendante, mais le second en était
dépourvu rendant impossible l’exploitation
des étages.
Cette opération a ainsi permis de réunir
les « plateaux » des immeubles en perçant
les murs mitoyens (les dispositions
techniques le permettant), et d’aménager
4 logements de deux chambres (77 à 91 m²)
et un cinquième d’une chambre (57m²),
tout en maintenant la largeur des cellules
commerciales existantes. L’appartement
situé au dernier niveau dispose d’une
grande terrasse avec vue sur la place et son
animation.
65
Ce type de projet innovant n’aurait pu se
concrétiser sans accord des propriétaires
sur la cession d’une partie de leur bien, et
sans la compréhension des commerçants
confrontés aux désagréments causés par
les travaux (bruit, poussières, échafaudages,
bâches, etc.). Convaincre les différents
partenaires de l’utilité et de l’intérêt individuel
et collectif d’une telle action a toutefois
nécessité la tenue de longues négociations
et le développement d’une argumentation
pertinente. Cette expérience pilote propose
une piste originale, et reproductible par
d’autres acteurs, pour donner une nouvelle
vie à ces espaces délaissés.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Plusieurs actes techniques (comme le
remplacement de la toiture) ont été
programmés en dehors des plages
d’ouverture des commerces pour nuire le
moins possible à leur activité. L’installation
de chantier a également été conçue afin de
maintenir en permanence la visibilité des
vitrines. Les commerçants ont bien compris
l’intérêt du retour des habitants en centreville,
dont ils sont les premiers bénéficiaires.
Au niveau du marché de travaux, notons
que le nombre élevé de lots a entrainé des
difficultés de coordination.
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement - Ville de Liège
Réalisation des travaux : septembre
2009 à février 2011
Cout total de l’opération (TVAC) :
573.800 €
Acquisition des étages : 185.000 €
Nombre de logements : 5
Auteur de projet : Luc Nelles –
Entreprises : D. Stoffels, Driessens-
Lambert F., F. Philippart, J-C Wansart.
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
66
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.4. PROJET : RUE DU STALON N°2 À 12
ET RUE SAINTE CATHERINE 1 ET 3
Intervention architecturale contemporaine
dans le centre ancien protégé à proximité
de l’Hôtel de Ville suite à la démolition d’un
ensemble de petites maisons dégradées
- reconstruction de 5 logements et d’un
commerce tout en conservant 3 façades à
haute valeur patrimoniale
Présentation – spécificités :
Cet ensemble d’immeubles a été identifié
dans l’étude de rénovation urbaine du
quartier Grand-Léopold, comme îlot
d’intervention prioritaire. La Régie foncière
a ainsi acquis 7 bâtiments et leurs annexes,
fortement dégradés et inoccupés. En
application de la philosophie du plan
d’ensemble avalisé dans cette étude, des
interventions « franches » étaient préconisées
pour construire de nouveaux logements
et des commerces, en y développant une
architecture contemporaine de grande
qualité dans le respect de l’esprit du site.
67
Si la réhabilitation des immeubles 5 à 11
de la rue Ste Catherine, acquis par un
investisseur privé en vue de la création d’un
hôtel, a été jugée opportune en termes de
patrimoine, de taille de bâti, de richesse en
intérieur d’îlot, la rénovation vers l’angle de
la rue du Stalon (propriétés de la Ville) a été
considérée dans la fiche-projet du schéma
directeur comme difficile. Au vu de la petite
taille des maisons, du découpage foncier
et du mauvais état du bâti, il n’était pas
imaginable que des logements qualitatifs
puissent s’y développer. C’est pour ces
raisons qu’il a été demandé à l’auteur
de projet désigné de démolir l’existant
et d’ériger de nouveaux immeubles. La
reconstruction d’un bâtiment d’angle, enjeu
central de l’action en terme des visibilité,
doit créer un point d’appel depuis la rue
Léopold. Son intégration dans le tissu urbain
ancien se traduit par une attention portée
à la volumétrie, aux ouvertures, et au choix
des matériaux, garantissant une cohérence
avec le bâti historique. Conformément au
cahier des charges, il a toutefois été décidé
de conserver et restaurer les façades des
immeubles situés rue du Stalon n°8, 10, et
12 qui présentent une valeur patrimoniale
certaine dans ce quartier composé de
petites ruelles. La suppression des annexes
en intérieur d’ilot permet par ailleurs de
développer des vues pour les habitants
des rues concernées (espace commun
verdurisé).
Le chantier, qui a débuté en 2023, a connu
des difficultés techniques liées à la stabilité
des immeubles voisins eux-mêmes anciens
et en cours de travaux. Les différentes
constructions étant fort imbriquées,
chaque démolition a nécessité des études
spécifiques pour éviter tout affaissement
des parties conservées pour leur qualité
patrimoniale notamment.
Parmi les cinq logements créés, trois
comprennent 2 chambres, un 1 chambre,
et un 3 chambres (de 63 à 110 m²). Ces
logements, dont 2 sont accessibles aux
personnes à mobilité réduite, possèdent
tous des terrasses individuelles allant de 8
à 27 m². Ils disposent par ailleurs de caves
privatives, d’un local poubelle et d’un
local vélo, essentiels pour faciliter la vie
quotidienne des résidents.
La cellule commerciale, d’une superficie de
100 m², sera affectée à un usage HoReCa.
Un appel à projet a été lancé en avril 2025
dans le cadre de l’opération Créashop (voir
point 1.5.). Les établissements candidats
doivent être créatif/novateur non seulement
par le concept qu’ils présentent, mais
plus particulièrement par l’assortiment
qu’ils proposent (productions locales ou
régionales), par les valeurs mises en avant
(humaines, écologiques, inclusives, ...), par
la qualité démontrée de l’aménagement du
rez-de chaussée commercial et de la vitrine,
et enfin par leur faculté de participation
à l’action de rénovation urbaine et de
redynamisation commerciale. Ces activités
ne devront en aucun cas affecter la
quiétude de l’environnement proche.
Financement : SPW rénovation urbaine
– Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2023 à 2025
Cout total de l’opération (TVAC) :
2.780.000 € (avant décompte final)
Acquisitions : 818.000 €
Nombre de logements : 5 – Nombre de
commerces : 1
Auteur de projet : Olivier Fourneau
Architectes – Entreprises : SERBI SA
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
68
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.5. PROJET : RUE LÉOPOLD 37
ET RUE DE LA CITÉ 1
Transformation d’un immeuble de
commerce en une Maison de l’Habitat et
aménagement de 5 logements aux étages
Présentation – spécificités :
La spécificité de ce projet consiste en la
création, dans un immeuble de commerce
inoccupé, d’une Maison de l’Habitat gérée
par la Ville de Liège. Les services qui y sont
offerts s’inscrivent dans la perspective des
défis climatiques et sociétaux actuels. Le
citoyen en recherche de conseils techniques
en vue de rénover son habitation pour en
améliorer la performance énergétique, de
conseils sur les modes de financement et
de prêts, de conseils en matière d’utilisation
rationnelle de l’énergie, de réponses à un
problème d’ordre juridique ou simplement
en recherche d’un logement y trouvera
réponse à ses questions. Elle accueille une
diversité de publics et regroupe plusieurs
organismes tels que l’Agence Immobilière
Sociale, le Guichet de l’Énergie Wallonie,
l’asbl Liège Énergie, le service Énergie de la
Ville (information et sensibilisation), ainsi
qu’une permanence juridique du service
du logement. De nombreuses formations
et conférences y sont organisées dans une
salle polyvalente aménagée au sous-sol du
bâtiment et pouvant accueillir une trentaine
de personnes.
Bâtiment d’angle, véritable repère visuel
marquant l’une des entrées principales
du centre-ville, la Maison de l’habitat
est idéalement localisée à proximité des
transports en commun et notamment sur
l’axe du tram. La présence de parkings à
proximité la rend par ailleurs facilement
accessible pour tous les publics. La surface
de bureaux au sein de la Maison de l’habitat
s’élève à environ 700 m² :
• rez-de-chaussée : locaux d’accueil et
d’information au public.
• 1 er et 2 ème étage : bureaux des services et
réfectoire.
• Sous-sol : salle de conférence et de
réunion.
La présence d’un ascenseur permet l’accès
aux personnes à mobilité réduite. Construit
en 1876, cet immeuble qui a initialement
abrité un magasin de textile a connu une
transformation marquante dans les années
1940. Les deux premiers niveaux de la façade
ont été repensés, tandis que les étages
supérieurs ont été préservés dans leur
état d’origine.Plutôt qu’une restauration à
l’identique de la façade d’origine, le choix
s’est porté sur la réouverture des baies en
plein afin d’établir un dialogue visuel entre
les espaces intérieurs et l’espace public,
renforçant ainsi la lisibilité de la vocation
publique du lieu.
69
Cinq logements, dont
quatre de deux chambres
et un d’une chambre,
ont été rénovés aux
deux derniers niveaux,
et notamment dans les
combles jusqu’alors inoccupés, participant
ainsi au retour d’habitants dans le centre
de la Ville. Le lancement d’un marché
« design and build » pour la partie logement
a permis de gagner du temps au niveau de
la réalisation du chantier. Les appartements
bénéficient d’une isolation thermique
renforcée, de chaudières à condensation, et
d’un système de ventilation double flux avec
récupération de chaleur, garantissant une
efficacité énergétique optimale. L’isolation
acoustique des cloisons et planchers, ainsi
que l’installation de fenêtres et vitrages
performants, renforcent la qualité des
espaces de vie.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Cette opération, réalisée dans le cadre
de l’action « Vivre au centre », participe
pleinement à la requalification du quartier
Grand Léopold actuellement en pleine
mutation, en combinant la présence de
services aux citoyens, et la lutte contre
l’inoccupation des logements aux étages
des immeubles de commerce.
Financement : PFGV - Province - Ville de
Liège
Réalisation des travaux : août 2009 à
juillet 2011
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.521.000 €
Acquisition : 720.000 €
Nombre de logements : 5 - Bureaux :
700 m²
Auteur de projet : Olivier Fourneau
Architectes – Entreprises : T. Palm
(Logements), G. & Y. Liégeois, Dema,
Sogepar Construct, Altheas, Balteau,
Apruzzese, Köne (Bureaux)
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
70
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.6. PROJET : RUE LÉOPOLD 10
Réhabilitation de 3 logements aux étages
d’un immeuble de commerce avec création
d’une entrée indépendante - affectation
d’une « cellule commerciale partagée »
pour des créateurs.trices souhaitant tester
leur projet et se confronter à la réalité du
marché (projet « Créashop » - partenariat
avec l’Asbl Job’In)
Présentation – spécificités :
Le projet porte sur la rénovation d’un
immeuble en trois logements et un
commerce. Il s’inscrit dans l’opération « Vivre
au Centre », qui vise à recréer des logements
de qualité en centre-ville, notamment audessus
des commerces, tout en respectant
les objectifs de requalification du quartier
Grand-Léopold.
La spécificité du projet consiste notamment
en l’organisation d’un espace commercial
sur deux niveaux avec une partie bureau/
atelier à l’étage, reflétant l’architecture
haussmannienne caractéristique de la rue
Léopold. La superficie du rez-de-chaussée
est augmentée par celle du premier étage,
rendant le commerce plus attractif pour les
activités que la Ville souhaite encourager.
Ce modèle d’aménagement illustre
parfaitement la faisabilité de rénovations
qualitatives et abordables financièrement
pour ce type de bâtiments.
à deux pas de la Pace Saint-Lambert.
L’occupation du commerce est voulue
très flexible en termes de durée et de
forme : expo, vernissage, atelier, coworking,
ventes privées, événement, réseautage,
matérialisation d’un e-commerce, etc.
Il peut être simultanément occupé par
plusieurs créateur·trice·s ou réservé pour
une seule entreprise durant une soirée, une
journée, une semaine, un mois, un trimestre…
Le programme résidentiel propose deux
logements d’une chambre et un logement
de deux chambres, adaptés à la typologie
de cet immeuble de rapport du XIXe
siècle. Les logements de cette taille sont
forts recherchés en centre-ville. Dans les
logements d’une chambre, les espaces
de vie sont orientés vers la rue, en façade
Au niveau commercial, le projet s’intègre
dans l’opération « Créashop ». Depuis de
nombreuses années, la Ville de Liège et
l’asbl Job’In (Structure d’Accompagnement
à l’Auto-Création d’Emploi agréée par la
Wallonie) collaborent dans un objectif
commun : développer et pérenniser
l’activité économique du centre-ville de la
cité ardente. Fort de cette expérience, le
partenariat s’est poursuivi, en 2019, avec la
création de « Léopold, commerce partagé ».
La cellule rénovée par la Ville est louée
par l’Asbl Job’In et mise à la disposition
de créateur·trice·s souhaitant tester la
faisabilité de leur projet et se confronter à la
réalité de leur marché. L’espace commercial
composé de 40 m² au rez-de-chaussée
et de 40 m² en mezzanine est lumineux et
aménagé avec du mobilier modulable.
Il profite d’une large visibilité grâce aux
passages fréquent des piétons et des
véhicules dans cette artère commerçante
71
avant, tandis que les chambres et les
sanitaires se situent à l’arrière, profitant du
calme de l’intérieur d’îlot. Ce choix assure
une connexion des espaces de vie avec
l’animation de la rue tout en préservant le
repos des habitants. Un duplex avec terrasse
occupe les deux derniers niveaux : les
espaces de nuit se trouvent au quatrième
étage, tandis que les pièces de vie au
dernier étage offrent une vue dégagée et
traversante sur les toits de la ville.
Ladésignation d’une entreprise générale
pour la réalisation des travaux, et un projet
sans transformation architecturale majeure,
a permis une maitrise des coûts, et in fine
la concrétisation d’un projet de qualité à
un prix raisonnable pour le programme
proposé.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : PFGV - SPW ancrage
communal du logement - Province -
Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2017 à 2018
Cout total de l’opération (TVAC) :
682.000 €
Acquisition : 485.000 €
Nombre de logements : 3 – Commerce :
1
Auteur de projet : Dany Lacomble –
Entreprises : G. & Y. Liégeois
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
72
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.7. PROJET : RUE DE LA MADELEINE 38
ET RUE DE LA CATHÉDRALE 28 À 34 (ÉTAGES)
Création de 9 logements à haute
performance énergétique (PEB A et A+)
aux étages d’un ensemble d’immeubles
de commerce dans le périmètre de
rénovation urbaine Léopold – réhabilitation
et restructuration du bâti existant
(programme Interreg GReENEFF)
Présentation – spécificités :
Une des spécificités de ce projet pilote
réside dans la volonté de la Ville de Liège
de montrer qu’il est possible d’atteindre un
PEB A+ pour des logements créés au sein
d’un ensemble de bâtiments existants, et
dont la construction remonte à la fin du
XXe siècle. Forte de cet objectif de création
de logements à très haute performance
énergétique dans le cadre d’une rénovation,
et non d’une nouvelle construction, la Ville
de Liège a déposé une candidature en
tant que projet exemplaire dans le cadre
du programme Interreg GReENEFF. Ce
programme, concernant en particulier le
logement social, soutien des projets innovant
en matière de développement durable et de
maîtrise des charges énergétiques dans la
Grande Région (qui s’étend sur 4 pays dont
l’Est de la Belgique, la Lorraine française,
le Luxembourg, la Sarre et la Rhénanie
allemandes). La candidature a été retenue
et des subsides (environ 250.000 €) alloués
au projet par l’Europe. L’isolation renforcée,
l’étanchéité à l’air et le système de ventilation
intelligent C+ (adapté aux variations de
la qualité de l’air) ont permis d’inscrire ce
projet dans une démarche de performance
énergétique exemplaire. Des expertises
techniques auprès de bureaux spécialisés ont
été sollicitées pour obtenir le meilleur résultat.
Une autre particularité du projet réside dans
l’acquisition par la régie foncière des étages de
quatre immeubles (rue de la Cathédrale 28 à
32 et rue de la Madeleine 38), inoccupés depuis
de nombreuses années. La cellule commerciale
du rez-de-chaussée demeure la propriété d’un
particulier (désormais la société Noshaq - fonds
d’investissement et développeur de projets
au capital public) ce qui a permis à la Ville de
limiter les coûts de l’opération (au niveau de
l’acquisition et des travaux d’aménagement
du rez-de-chaussée). Une petite partie du
commerce a toutefois été acquise pour créer un
local vélo/poussette à l’entrée de l’immeuble.
Un cinquième bâtiment (rue de la Cathédrale
34) incendié il y a une vingtaine d’année, et
qui présentait un risque d’effondrement, a
également été acquis vu sa contiguïté au projet.
Pour une question de sécurité, cette maison a
été démolie et reconstruite, tout en conservant
la façade du XIXe siècle. Sans intervention
de la Ville, le bien serait probablement resté
à l’abandon durant de nombreuses années
encore. Les 9 appartements aménagés (de 1 à 3
chambres) répondent aux exigences de confort
de vie actuelles pour des familles, que ce soit en
termes de superficie, de volumes de rangement,
d’espaces extérieurs privatifs (6 logements
bénéficient de terrasses) ou de communs.
73
Notons que les immeubles occupent une
position d’angle stratégique en
terme d’impact sur la rénovation urbaine du
quartier Léopold. Le coût total de l’opération,
vu les objectifs poursuivis (dont le retour
d’habitants au cœur de la ville, la sobriété
énergétique des logements et la disparition
de chancres) et les équipements proposés,
est tout-à-fait raisonnable.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La majeure partie du reste de l’îlot (compris
entre les rue de la Cathédrale, rue de la
Madeleine, rue Jamin Saint Roch et rue
Souverain Pont) est par ailleurs propriété
de la société Noshaq qui développe le
projet immobilier Madeleine 4.0. qui a la
particularité de proposer un dispositif
innovant de partage d’énergie, une première
en Wallonie. Le projet s’est notamment
accompagné d’un désencombrement de
l’intérieur d’îlot, permettant de libérer les
espaces et de créer un jardin intérieur.
L’immeuble mixte, maintenant achevé,
se compose d’environ 610 m² net de
commerces, de 2.240 m² net de bureaux,
d’un parking de 64 places – dont 8 pour
véhicules électriques et de larges espaces
pour vélos – et de 16 unités d’habitations
(dont 6 grands penthouses).
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement – Interreg
GReENEFF - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2018 à 2020
Cout total de l’opération (TVAC) :
2.180.000 €
Acquisition : 363.500 €
Nombre de logements : 9
Auteur de projet : Service du Logement
(MAV - Conception) – Olivier Fourneau
Architectes (détails et suivi de chantier)
– Entreprises : TP Rénovation
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
74
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.8. PROJET : RUE PUITS-EN-SOCK, 30 À 36
Démolition de 4 immeubles et
reconstruction de 5 logements dont 2 PMR,
d’un commerce de grande taille (suite au
remembrement des parcelles), et d’un
espace collectif arboré dans un ancien
faubourg commerçant - aménagement
d’un passage vers l’intérieur de l’îlot en vue
de créer des connexions et des accès aux
étages d’immeubles de commerces voisins
dépourvus d’entrée indépendante
Présentation – spécificités :
Une étude menée par le bureau
Mertens&Steffens dans le courant des
années 2000 a montré l’existence de
nombreux espaces vides aux étages des
immeubles de commerces. Certaines
rues commerçantes ne comptent plus
aujourd’hui que quelques habitants
domiciliés. Les raisons de cette inoccupation
sont diverses. Elles peuvent être liées au
bail commercial qui porte sur l’ensemble de
l’immeuble, à la vétusté des biens, ou encore
à l’absence d’entrée indépendante pour y
accéder. Il est donc nécessaire, comme l’ont
fait certaines villes, d’imaginer des solutions
pour permettre leur réappropriation.
La spécificité de ce projet réside dans
l’aménagement d’un passage latéral large
vers l’intérieur de l’îlot. Ce dernier pourrait,
dans le futur, être utilisé pour créer des
accès aux étages des immeubles voisins,
dépourvus d’entrée indépendante au
niveau de la façade avant. Les immeubles
de la rue Puit-en-Sock, assez étroits, ne
disposent, généralement, que d›un accès
à la cellule commerciale. Dans le passé,
les commerçants habitaient en effet dans
des logements situés au-dessus de leur
activité. Il importera dans le futur de signaler
aux propriétaires voisins la possibilité de
valoriser les étages des immeubles en
aménageant des accès (coursives, cages
d’escaliers extérieures) par l’arrière des
bâtiments.
75
Quatre maisons étroites et en très mauvais
état ont été acquises par la Ville pour
réaliser cette opération. La démolition de
l’ensemble a été indispensable pour obtenir
des logements de qualité. Les nouvelles
constructions, dotées d’un ascenseur situé
à l’extérieur, comprennent désormais cinq
logements, dont trois de trois chambres
(115 m²) sur la partie avant, et deux d’une
chambre ( 75 m²) dans un nouveau
volume en second rang. Particularité de
l’action ; trois unités sont « adaptables »
aux personnes à mobilité réduite et deus
sont PMR. Chaque logement bénéficie d’un
accès à un espace extérieur collectif arboré,
où les locataires et leurs enfants peuvent
se rencontrer. Cet espace, conçu pour
s’intégrer harmonieusement au tissu urbain,
pourra également permettre une connexion
future avec des immeubles voisins. Chaque
logement (pourvu d’une cuisine équipée)
dispose d’une terrasse (8,5 ou 13 m²) ou
d’un jardin privatif. Ils jouissent par ailleurs
d’une isolation thermique et acoustique
performante accompagnée d’une bonne
étanchéité à l’air et d’un système de
ventilation double flux. Notons que les
communs sont alimentés électriquement
par des panneaux photovoltaïques. Un
local pour parquer les vélos est également
disponible au rez-de-chaussée de
l’immeuble principal.
Le commerce, résultant du remembrement
de petites cellules, a une superficie
appréciable de 83 m². L’occupant a
été sélectionné dans le cadre du projet
Créashop (voir point 1.5.).
Le concept architectural de cette réalisation
respecte les traces de l’ancien parcellaire,
tout en assurant une unité volumétrique
et une intégration parfaite au front bâti
existant. En réinterprétant les éléments
patrimoniaux du site, le projet valorise
l’histoire du quartier tout en répondant aux
besoins contemporains.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2019 à 2022
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.985.000 €
Acquisitions : 430.000 € (2008 – 2014)
Nombre de logements : 5 – Nombre de
commerces : 1
Auteur de projet : Association
momentanée AURAL sprl et TPF
engineering sa – Entreprise : CHENE sa
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
76
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.9. PROJET : PLACE XAVIER NEUJEAN, 34 À 44
ET CLOÎTRE SAINT-JEAN, 1 À 7
Sauvegarde d’un édifice religieux à
haute valeur patrimoniale - création
d’une quinzaine de logements, de salles
polyvalentes à usage de la communauté
des Dominicains et d’un espace public
verdurisé en intérieur d’îlot (cloitre Saint-
Jean l’Evangéliste)
Présentation – spécificités :
La spécificité de ce projet réside dans la
sauvegarde d’un édifice religieux à haute
valeur patrimoniale en y développant
la fonction résidentielle et des espaces
communautaires accessibles au public.
La Ville de Liège est propriétaire du cloître
Saint-Jean l’Evangéliste depuis la signature
d’un acte recognitif en décembre 2010.
Cet acte précise que l’aile nord reste à
disposition de la Fabrique d’église pour
héberger, comme c’est le cas actuellement,
la communauté des Frères Dominicains.
Les autres parties, utilisées comme dortoirs
dans le passé, mais transformées au cours
du temps en petits logements et en cellules
individuelles, sont fortement dégradées voire
insalubres. Vu le caractère exceptionnel
du lieu qui a fait l’objet d’un classement au
patrimoine architectural de Wallonie en
2013 (et plus précisément les galeries du
cloitre et leurs étages en façade, les toitures
et la cour intérieure, les deux salles situées
dans les bâtiments annexes dont une cave
de l’époque gothique), la Ville de Liège a
décidé, pour le sauvegarder, de transformer
le site en logements de qualités, et de rendre
les espaces extérieurs accessibles au public.
Vu leur forte imbrication dans la propriété de
la Ville, deux immeubles situés aux numéros
42 et 44 de la place Xavier Neujean seront
intégrés au projet. Ces biens appartenant
à la fabrique d’église font l’objet d’un bail
emphytéotique d’une durée de 33 ans
et dont le canon annuel s’élève à un peu
moins de 5000 euros. Ce sont donc au total
15 logements de tailles variées qui seront
aménagés dans les ailes Sud et Ouest du
cloître pour 10 d’entre eux, et dans les deux
bâtiments dont question ci-dessus pour les
5 restants. La typologie des logements est la
suivante :
• 5 appartements 1 chambre dont la
superficie varie entre 49 et 80 m²
• 5 appartements 2 chambres dont la
superficie varie entre 73 et 93 m²
• 3 appartements 3 chambres dont la
superficie varie entre 106 et 125 m²
• 2 appartements 4 chambres de 126 et
152 m²
Notons que cinq logements sont adaptables
et conçus pour la circulation de personnes
à mobilité réduite, et que 10 appartements
bénéficient de jardins ou de terrasses en
plein cœur de la ville. Ils disposent d’une
entrée commune, indépendante du cloître
et de l’église Saint-Jean. Un ascenseur,
complétant la cage d’escalier centrale,
dessert les logements situés aux étages.
L’espace intérieur du cloître sera traité avec
simplicité : un revêtement en grandes dalles
de pierre, légèrement inclinées, agrémenté
d’un filet d’eau et d’un parterre végétalisé
le long de l’aile Est. Des bancs en pierre,
dans la cour, et en acier, dans les galeries,
viennent compléter l’aménagement.
Le projet architectural allie esthétique
et sérénité, en préservant l’atmosphère
apaisante des lieux.
L’intervention sur les bâtiments numéros 42
et 44, situés à l’angle Sud-Ouest du cloître,
permettra de combler une « dent creuse » et
de reconstituer le tissu urbain environnant
sur presque 70 mètres de long, créant ainsi
une continuité harmonieuse avec le quartier.
77
Une des intentions du projet est de
permettre à la communauté des
Dominicains de poursuivre ses activités,
et notamment le projet « 42 », lieu de
convivialité, de prière et de détente
pour tous les étudiants et les jeunes
professionnels liégeois. Pour ce faire, une
salle polyvalente, ouverte sur le quartier et
en lien avec les salles gothiques du soussol,
sera aménagée au rez-de-chaussée
de l’immeuble donnant sur la place Xavier
Neujean. Les activités développées devront
toutefois se faire dans le respect des
locataires des nouveaux logements qui
partageront désormais le site et ses espaces
intérieurs avec les « frères prêcheurs ».
Parallèlement au présent projet, le service
des bâtiments communaux de la Ville de
Liège développe un projet de restauration
complète de la Collégiale Saint-Jean
L’Évangéliste (reconnue patrimoine
exceptionnel et attenante au cloitre) qui
abrite un ensemble remarquable d’éléments
historiques et architecturaux tels que
notamment une tour romane fondée par
le prince évêque Notger, et un des trois
carillons de concert de Liège. Ce nouveau
pôle d’attraction touristique s’intégrera
dans le circuit des Collégiales. Outre les
éléments classés déjà cités, un haut-relief
de Guillaume de Wavre daté du XVème
siècle fera également l’objet d’une attention
toute particulière.
Cette opération, très couteuse en raison
notamment de son caractère patrimonial,
ne pourrait être concrétisée sans la
combinaison de multiples sources de
financement (voir ci-dessous).
Des fouilles archéologiques ont été menées
dans la cour et les allées du cloitre, mettant
au jour de nombreuses tombes datée
aux alentours de l’an 1000. Ces fouilles,
nécessaires, ont inévitablement retardé
le démarrage du chantier. Il faut en tenir
compte lors de la mise en œuvre de projet
exceptionnels de ce type. Ce projet montre
par ailleurs que la négociation avec les
propriétaires d’immeubles voisins, permet,
en proposant des solutions juridiques et
financières équitables, de réaliser des
opérations plus cohérentes, et dont l’impact
sur la redynamisation du quartier est
majoré. Les travaux ont débuté en 2023 et se
termineront en 2026 .
Financement : SPW Patrimoine,
ancrage communal du logement et
PIV - Province de Liège (Patrimoine &
Tourisme) - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2023 à 2026
(chantier en cours)
Cout total de l’opération (TVAC) :
9.225.000 €
Acquisition : obtention d’un
droit réel sous forme d’un bail
emphytéotique pour les immeubles
n°42 et 44 de la place Xavier Neujean :
150.000 € (durée 33 ans)
Nombre de logements : 15 (+ 2 salles
polyvalentes et un espace public
extérieur)
Auteur de projet : AC & T – Entreprises :
Monument Hainaut S.A., N.V. Denys,
S.A. Menuiserie Marcel Adelaire, S.R.L.
Jacques Vereecke, S.A. Juffern
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
78
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.10. PROJET : APPELS À INTÉRÊTS EN VUE
DE LA CRÉATION DE LOGEMENTS NEUFS ET DE
COMMERCES PAR DES OPÉRATEURS PRIVÉS
La Ville de Liège a lancé plusieurs appels à
intérêt dans le quartier Grand-Léopold pour
répondre aux objectifs du projet « Vivre au
centre ». Dans le cadre de cette procédure
(voir point 1.7.4.3.), la Ville vend un ou
plusieurs biens à un promoteur, moyennant
la réalisation d’un programme dont elle
impose les principales caractéristiques.
Ce type d’appel limite l’intervention
financière des pouvoirs publics tout en
permettant le renouvellement du tissu
urbain dégradé et inoccupé. Afin de rendre
le projet viable économiquement et attractif
pour les promoteurs, le marché intègre
généralement plusieurs immeubles (à
démolir) ou un terrain vierge de plusieurs
centaines de mètre carré.
Un jury, dont la composition est déterminée
par la Ville dans son cahier des charges,
a pour mission de sélectionner parmi les
« bouwteams », composés de concepteurs
et de promoteurs, celui qui a déposé le
projet urbanistique répondant le mieux aux
différents critères de sélection. L’intérêt de
cette procédure pour la Ville réside dans
le retour d’habitants de classes moyennes,
à moyennes supérieures, dans le centreville.
Ces nouveaux résidents participent
à la redynamisation commerciale par
leurs achats dans les magasins du
quartier, et leur présence renforce le
contrôle social, l’animation et la vie des
rues désertées après la fermeture des
activités économiques. Ce retour s’exprime
également au niveau financier. Ces
nouveaux ménages contribuent en effet à
l’augmentation des recettes communales
via l’Impôt sur les Personnes Physiques (IPP),
la taxe relative au précompte immobilier
des nouveaux logements, ou encore la
taxe urbaine (collecte des déchets et des
encombrants).
79
Projet : rue Léopold 18 -20 et rue de la
Madeleine 7, 9 et 11
Présentation – spécificités :
Suite à une explosion ayant coûté la vie à 14
personnes en janvier 2010, deux immeubles
de la rue Léopold ont été détruits et plusieurs
bâtiments de la rue de la Madeleine ont été
fortement endommagés. Afin d’obtenir la
maitrise foncière des parcelles concernées
et ainsi permettre la reconstruction du site
conformément à la fiche-projet de l’étude
de rénovation urbaine du quartier Grand-
Léopold, le Conseil communal de la Ville
de Liège a adopté en 2011 un périmètre
d’expropriation reconnu d’utilité publique
par la Wallonie en juin 2012. Parallèlement à
cette démarche qui a pris plusieurs années,
une procédure d’appel à intérêt a été lancée
en 2013. Le bouwteam sélectionné a ainsi
construit un nouvel ensemble
(Eco-résidence-Léopold), intégralement
conçu en ossature bois (construction
Carbone 0), comprenant 12 appartements
(PEB A+) de 1 à 3 chambres (de 90 à 160 m²)
avec terrasses aux étages, et 3 cellules
commerciales au rez-de-chaussée pour
une surface totale de vente de 200 m².
Notons que des panneaux photovoltaïques
sont présents en toiture de l’immeuble.
Grâce à une hauteur identique aux
constructions voisines et à un langage
de baies verticales similaires, le bâtiment
s’intègre bien au cadre bâti existant, mais
tranche volontairement, afin de marquer le
lieu. Sa façade lisse, asymétrique et blanche
contraste en effet avec les bâtiments de la
rue datant de la fin du 19ème siècle (style
haussmannien). Au rez-de-chaussée, un
passage a été ouvert vers le quartier de la
Madeleine et ses restaurants.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Montant des acquisitions par la Ville :
700.000 €
Revente des biens au promoteur :
130.000 €
Financement : SPW (subside
exceptionnel) – Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2016-2019
Bouwteam : Auteur de projet : Ateliers
d›architecture du Sart-Tilman en
association avec AC/DC - Maître
d’Ouvrage : JAN DE NUL Invest &
Corporate - construction bois par
Timberteam.
80
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Projet : Rue Cathédrale 57 à 61
et rue de la Régence 43
Présentation – spécificités :
Les immeubles relatifs à cet appel à intérêt
ont été acquis par la Ville en raison de leur
situation à une des entrées du quartier
Grand Léopold, dans une zone actuellement
peu dynamique mais en plein redressement
urbanistique et économique.
Ils forment par ailleurs un angle bien visible
au croisement de deux axes commerçants
importants du centre-ville.
Les bâtiments, fortement imbriqués entre
eux, présentaient un état de délabrement
tel qu’une restauration individuelle des
immeubles ne permettait pas la réalisation
d’un projet économiquement viable et de
qualité.
Il a dès lors été décidé de les réunir dans
un appel à intérêt unique, en vue de les
réhabiliter ou de les reconstruire. Un des
objectifs était de fournir une réponse
architecturale contemporaine ambitieuse
mais qui respecte le contexte urbanistique
du lieu (élévation, respect des gabarits,
matériaux, tonalités, ouvertures, etc).
Parmi les offres déposées, c’est le projet
de la société Matexi qui répondait le mieux
à ces attentes. Comprenant 6 étages, le
nouvel ensemble est un signal fort à l’entrée
du quartier. Ce partenariat a permis la
mise sur le marché de 10 logements neufs
disposant d’un PEB A, dont 2 appartements
de 1 chambre de 83 m², 8 appartements
de 2 et 3 chambres de 116 à 144 m² et une
surface commerciale de 140 m² au rezde-chaussée
du nouvel immeuble grâce
au remembrement des cellules existantes.
Chaque appartement bénéficie d’une
terrasse privative. L’espace vélo est bien
marqué et visible de la rue, comme l’entrée
des logements également bien mise en
évidence.
Montant des acquisitions par la Ville
des 4 immeubles : 600.000 €
Revente des biens au promoteur :
320.000 €
Réalisation des travaux : 2022-2025
Bouwteam : Auteur de projet : Bureau
Altiplan - Maître d’Ouvrage : Matexi
Liège SA
81
Projet : Rue Nagelmackers 11 –
Quai sur Meuse à 4000 Liège
Présentation – spécificités :
La régie foncière était propriétaire depuis de
nombreuses années d’un terrain de 308 m²
situé à l’angle de la rue Nagelmackers et
du quai Sur Meuse. Les bâtiments construits
sur ce terrain avaient été démolis dans le
cadre des travaux d’adaptation à la mobilité
routière des années 1960-1970. Il s’agissait
alors d’élargir l’assiette de la voirie à cet
endroit.
Depuis, le site, véritable dent creuse à
l’abandon, n’a jamais été reconstruit.
Il a été utilisé temporairement pour le
stockage de matériel du service communal
d’entretien de la voirie. La présence de deux
pignons aveugles recouverts de panneaux
publicitaires renvoyait, par ailleurs, aux
passants et aux touristes, une image
négative de cette partie fort fréquentée du
bord de Meuse, siège du marché dominical
de la Batte. Le maintien du site en l’état
n’était plus acceptable dans la perspective
de la requalification du quartier et de la
valorisation de l’axe stratégique de la ligne
de tram. L’objectif du marché était dès lors
de faire émerger un projet qualitatif, tant
dans sa manière de cicatriser le tissu urbain
que par son architecture intrinsèque et le
programme proposé.
Le bouwteam sélectionné en 2016 (parmi 13
candidatures - ce qui montre l’intérêt des
promoteurs pour ce type de localisation)
a ainsi développé un immeuble dont
l’architecture contemporaine valorise le
front de Meuse (bâtiment d’angle très
visible) et contribue à améliorer l’image du
quartier de la Grand Poste. Le bâtiment de
7 étages comprend, au rez-de-chaussée
et au 1 er étage, quatre espaces pouvant
accueillir du commerce ou des bureaux.
Neuf appartements ont été créés aux étages
supérieurs : un duplex de quatre chambres,
trois de trois chambres, quatre de deux
chambres, et un d’une chambre. L’immeuble
en bord de Meuse est particulièrement bien
orienté avec des terrasses semi-couvertes
offrant des logements lumineux et spacieux.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Montant des acquisitions : 0 €
Revente des biens au promoteur :
215.600 €
Réalisation des travaux : 2018-2020
Bouwteam : Auteur de projet : Olivier
Fourneau Architectes - Maître
d’Ouvrage : LGV.NV
82
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.1.11. PROJET : RUE RUTXHIEL 3
Regroupement de petits logements
insalubres aux étages d’un immeuble
multifonctionnel en un grand duplex pour
une famille avec enfants
Présentation – spécificités :
La spécificité de ce projet, localisé dans un
bâtiment de la rue Rutxhiel, réside dans la
réunification de deux petits logements en
un duplex de 3 chambres de 142 m² sur deux
niveaux. Cet immeuble, propriété de la Ville
de Liège, accueille le Théâtre Arlequin au
niveau du rez-de-chaussée et du premier
étage. Les deux étages supérieurs étaient
en très mauvais état, et nécessitaient
une rénovation en profondeur. La régie
foncière a dès lors profité du départ des
locataires pour transformer les petites
unités existantes en un grand appartement
familial disposant d’une buanderie et d’un
espace de rangement nécessaires pour le
confort d’utilisation. Ce type de logement
spacieux, loué à un prix abordable, et
pouvant accueillir un ménage avec enfant,
manque en effet dans les quartiers du cœur
de la cité. Le projet, visant la réoccupation
d’espaces vides et insalubres aux étages
d’un immeuble multifonctionnel, répond
parfaitement aux objectifs de l’opération
« vivre au centre ». La toiture a fait l’objet
d’une attention particulière au niveau de
l’isolation et en système de ventilation
performant a été installé (C+)X.
Notons que ce type d’opération de
restructuration, même s’il présente un grand
intérêt, est toutefois fort couteux.
Financement : SPW ancrage communal
du logement - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2023 - 2025
Cout total de l’opération (TVAC) :
294.000 €
Acquisition : 0 € (propriété Ville)
Nombre de logements : 1
Auteur de projet : Pierre Ploumen –
Entreprises : Association momentanée
IRENO srl – ZUNE Construction srl
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
2.2. QUARTIER SAINTE-
MARGUERITE
Vu le déclin prononcé du commerce,
la dégradation du bâti et l’impact
durable de la percée de la voie
rapide Fontainebleau divisant le quartier
les habitants et la Ville de Liège se sont
mobilisés dès le milieu des années 1990
pour le renouveau de Sainte-Marguerite.
Une commission de rénovation urbaine
rassemblant les représetnants des habitants
et acteurs locaux a été créée par le Conseil
communal en 1996. Elle a accompagné
l’étude et la mise en œuvre d’une opération
de rénovation urbaine, dont le périmètre
a été reconnu en 2002 par la Wallonie.
L’opération s’est clôturée en 2016 et a vu la
concrétisation d’un ensemble de projets de
création de logements et de réhabilitation
du bâti, ainsi que l’aménagement de
plusieurs espaces publics.
Ce premier projet de quartier de rénovation
urbaine a été abrogé par la Wallonie en
2016 et remplacé par un deuxième projet
de quartier reconnu pour une période de 15
ans (2016-2030). L’étude a été supervisée
par l’association des bureaux PLURIS, Bruno
Bianchet, Transitec et Gesplan.
Lors de l’élaboration du deuxième projet
de quartier, les préoccupations et les
demandes des habitants ont porté
principalement sur les thématiques
suivantes :
• le logement : à côté des dynamiques
positives constatées depuis le début des
années 2000, la précarité d’une partie
de la population et la qualité médiocre
d’une part importante du parc de
logements sont restées problématiques.
La lutte contre les vendeurs de sommeil,
l’inoccupation et l’insalubrité des
logements a dès lors été maintenue
comme revendication prioritaire
• l’apaisement du quartier : certaines
rues perdent des habitants en raison de
la pression automobile (tant au niveau
de la circulation que du stationnement)
• la cohésion sociale : la multiculturalité
est perçue de façon positive par les
habitants du quartier qui ont toutefois
exprimé le regret que cette diversité
ne se concrétise pas autour de projets
communs
• la création d’espaces de loisirs et de
rencontre : de nombreuses familles avec
enfants, à l’étroit dans leur logement, par
ailleurs dépourvu de cour ou de jardin,
sont en attente d’espaces de proximité
et de lieux de détente et de loisirs
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
83
84
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La définition d’objectifs autou
de 3 grands axes :
A partir du diagnostic contextuel, et de
l’analyse AFOM (Atouts – Faiblesses –
Opportunités – Menaces) qui en découle,
les auteurs de projet ont établi une
série d’objectifs pour le quartier Sainte-
Marguerite. Ceux-ci s’inscrivent dans les
axes de développement définis dans le
précédent schéma directeur et répondent à
une thématique globale : “Sainte-Marguerite,
un quartier créatif et connecté”
Axe 1 - Spécifier et développer le quartier :
• jouer le rôle de faubourg en appui du
centre-ville
• valoriser les fonctions urbaines
structurantes (administrations, parcs,
écoles)
• encourager l’interculturalité
• favoriser une gestion sociale et urbaine
de proximité
• faire émerger une identité pour le
quartier valorisant sa riche histoire et
ses dynamiques actuelles
Axe 2 - Resituer Sainte-Marguerite dans le
maillage urbain liégeois :
• réduire les effets négatifs liés à la
topographie et à la pénétrante urbaine
• tirer parti de l’arrivée du tram à
proximité et de la création d’un TCSP /
BHNS sur la pénétrante Urbaine
• étendre les circuits touristiques existants
vers le quartier
• développer la trame verte et bleue dans
le quartier
Outils de planification :
Ces objectifs ont servi de base à la
construction de deux outils de planification
essentiels à la définition et la mise en œuvre
des vingt fiches-projets détaillées dans
l’étude de rénovation urbaine. A savoir :
• un schéma d’intention qui définit
les grandes lignes et orientations de
l’opération. Il sert à synthétiser les
idées directrices et à communiquer la
vision du projet aux différentes parties
prenantes (élus, partenaires, citoyens,
etc.). Il peut être ajusté et affiné au
fur et à mesure de la concrétisation
des actions. Ce schéma comprend
des intentions urbanistiques et socioéconomique
à l’horizon 2030
• un Masterplan qui traduit les
objectifs du schéma d’intention au
niveau urbanistique en présentant
graphiquement les projets identifiés. Il
reprend l’implantation des nouvelles
constructions, les volumétries
envisageables, l’aménagement des
espaces publics, la restructuration
des voiries, et l’évolution des intérieurs
d’îlots (dédensification). Chaque
opération devra faire l’objet d’une étude
architecturale et/ou paysagère plus
précise. Les propositions du masterplan
permettent de se représenter le
potentiel de chaque site et l’impact sur
l’environnement immédiat. Il sert ainsi
à prioriser les actions à entreprendre
et d’outils d’aide à la décision pour les
autorités.
Axe 3 - Considérer Sainte-Marguerite en
qualité de “cadre de vie” :
• conserver le caractère mixte du quartier
(actions sur le bâti existant)
• valoriser les espaces publics sousutilisés
• agir sur la réduction de la
consommation énergétique/pollution
85
Les vingt fiches-actions proposées dans le
projet de quartier reprennent la description
du projet, des propositions d’affectations
pour chaque site, la pertinence de
l’opération en termes de cadre de vie et visà-vis
des atouts et faiblesses du quartier,
l’estimation des couts, les subventions
possibles, un croquis succinct de la situation
projetée et de la localisation précise de
l’action, la chronologie de mise en œuvre, et
les acteurs et partenaires à mobiliser. Toutes
ne seront pas concrétisées en l’état pour des
raisons juridiques, techniques ou financières.
Certaines ne verront même jamais le jour,
d’autres seront réalisées en partie. De
multiples acteurs doivent parfois intervenir
pour permettre aux dossiers d’aboutir, et les
obstacles sont nombreux.
De manière synthétique plusieurs
priorités d’intervention se dégagent de
ces différentes propositions d’actions, et
recoupent les trois axes stratégiques de
manière transversale :
• restructuration de la pénétrante
urbaine et de ses espaces
limitrophes : l’objectif est de transformer
l’autoroute actuelle qui coupe le
quartier en un boulevard urbain
apaisé grâce notamment à une
réduction significative de l’emprise
des voiries principalement au niveau
du carrefour Fontainebleau. La
proposition de transformation de la
voie rapide est pensée de façon à
permettre le développement ultérieur
d’un transport urbain dit structurant
(bus à haut niveau de service), avec
pour intention de faciliter l’accès à
ce transport collectif fort pour les
habitants du quartier. Le programme
va aussi faciliter les déplacements à
pied et à vélo suite à l’aménagement
de couloirs dédiés aux modes
doux. Un vaste espace récréatif
sera implanté en pied de colline, en
recréant la continuité perdue entre
le Haut et le Bas du quartier et avec
le grand espace vert de la colline de
Naimette/Xhovémont, peu accessible
et peu visible en créant de nouveaux
cheminements. Des centaines de
nouveaux logements pourront par
ailleurs être développés sur les terrains
ainsi libérés.
• recréation de la ville sur la ville : cet
enjeu prioritaire a pour objectif de
réhabiliter et cureter les îlots dégradés,
de développer des logements familiaux
et diversifier l›offre, de rentabiliser
l›occupation du sol, de planifier à long
terme la valorisation des grandes
réserves foncières du quartier (ex: îlot
Légia, terrains de Bas-Rhieux, secteur
Haut-Pré), de redynamiser les activités
commerciales, et de changer l’image
du quartier.
• trame d’espaces publics de qualité : la
mise en place d’une véritable trame
structurante d’espaces publics dans le
quartier est nécessaire pour répondre
au légitime besoin des habitants de
disposer de lieux de vie extérieurs de
qualité, dans un quartier densément
bâti. De multiples sites souvent occupés
par du stationnement gratuit ou des
intérieurs d’ilots encombrés par des
annexes, des « box » de garages ou des
hangars, peuvent être transformés
en espaces verdurisés collectifs ou
privatifs.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
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VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.1. PROJET : RUE SAINT-LAURENT 28 –
PARC SAINTE-AGATHE
Création de deux logements et d’un
passage vers un nouveau parc public de 10
ha en intérieur d’îlot (ancien hospice Saint-
Agathe) - reconstruction d’une maison
détruite par une explosion de gaz
Présentation – spécificités :
Parmi les demandes prioritaires exprimées
par les habitants lors de l’élaboration du
Projet de quartier Sainte-Marguerite, au
début des années 2000, figurait la création
d’un espace vert public. Pour y répondre, un
parc de plus de 10 000 m² a été aménagé
sur les terrains de l’ancien hospice Sainte-
Agathe (fermé en 1985), situé entre les
rues Saint-Laurent, Publémont et Hullos.
Initialement, le parc était uniquement
accessible par la rue Hullos, au sud du
site (partie basse). La Ville a cherché
une solution pour désenclaver le parc en
aménageant un second accès au nord de
l’îlot (partie haute). L’immeuble numéro
28 de la rue Saint-Laurent, fortement
endommagé par une explosion de gaz,
constituait une opportunité pour atteindre
cet objectif en démolissant la ruine
menaçant, par ailleurs, la sécurité des
riverains. La maison a été acquise par la
régie foncière suite au lancement d’une
procédure d’expropriation. Outre la création
d’un passage traversant le rez-de-chaussée
de la nouvelle construction pour accéder à
l’intérieur de l’ilot, deux logements ont été
aménagés :
• un appartement familial de 4 chambres
situé dans la partie avant du bâtiment
donnant sur la rue (superficie de
120 m²), et disposant d’une terrasse
privative au dernier niveau
• un appartement « conciergerie » de 2
chambres situé dans le volume arrière
du bâtiment (superficie de 90 m²),
disposant d’une cour privative, et
bénéficiant de vues directes sur le parc
public.
La façade de la nouvelle résidence a été
réalisée en « bardeaux » de terre cuite. Le
choix de ce matériaux et l’architecture
contemporaine du nouvel ensemble en font
un signal fort du renouveau du quartier, et
un appel à pénétrer à l’intérieur de l’ilot pour
découvrir ce nouvel écrin de verdure.
Notons que la concrétisation du projet
d’aménagement du parc repose sur un
partenariat avec le CPAS de Liège qui a mis
la majeure partie des terrains à disposition
de la Ville pour un montant symbolique,
renonçant ainsi à la valorisation financière
de ses propriétés au bénéfice des habitants
du quartier (abandon de la vente à un
promoteur privé).
La société LAMPIRIS (reprise en 2016 par le
groupe Total), qui occupe les bâtiments
de l’ancien hospice Sainte-Agathe depuis
2010 (siège social), a quant à elle accepté
un échange de parcelles avec la Ville,
permettant une organisation plus cohérente
de l’intérieur de l’ilot et un agrandissement
de la partie réservée au parc public.
87
L’aménagement du parc Sainte-Agathe
comprend notamment :
• un chemin public de liaison piétonne
entre la rue Hullos et la rue Saint-
Laurent (connexion inter-quartiers)
• un espace de jeux destiné aux enfants
en bas âge
• un pavillon de jardinage
• un jardin collectif de près de
900 m² (216 m² cultivables), lieu
d’expérimentation, d’échanges
d’informations et de sensibilisation
aux techniques de jardinage. Une
Convention a été conclue entre la
Ville de Liège et la Coordination socioculturelle
de Sainte-Marguerite pour
la gestion des jardins et potagers
communautaires.
Pour des raisons de sécurisation des
promeneurs et des propriétés riveraines, le parc
public est ouvert en journée et fermé la nuit.
Les habitants se sont rapidement approprié
les lieux devenus propices à la détente et
à la rencontre entre les générations et les
cultures.
Financement des logements : SPW
rénovation urbaine - Ville de Liège
Financement du parc : PFGV – SPW
rénovation urbaine - Ville de Liège
Réalisation des travaux : logements :
2009 à 2011 - parc : phase 1 en 2010 et
phase 2 de 2013 à 2015
Cout total de l’opération pour les
logements (TVAC) : 450.000 €
Cout total de l’opération pour le parc
(TVAC) : 1.057.000 €
Acquisition maison n°28 rue St Laurent :
54.000 €
Acquisition terrains - parc : 82.000 €
+1 € (terrain mis à disposition en bail
emphytéotique par le CPAS de Liège)
Nombre de logements : 2
Auteur de projet logements : A.M. De Wit
et Henry – Entreprise : Liégeois
Auteur de projet parc public : Anne
Rondia (Ville de Liège) – Entreprises :
Eloy SA, Ateliers Melens & Dejardin,
Lemaire Parcs et Jardins Sprl
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
88
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.2. PROJET : SITE DES FRANCISCAINS –
RUE DE HESBAYE
Partenariat entre la Ville de Liège et la
Fondation néerlandaise « Servatius » dans le
cadre de la mise en œuvre d’un programme
de revitalisation urbaine sur le site dit
« des Franciscains » - aménagement d’un
parc public et de voiries, construction de
70 logements privés et de 29 logements
publics, de surfaces commerciales et d’un
parking en ouvrage de 87 places
Présentation – spécificités :
La spécificité de ce projet réside dans la
convention de partenariat entre la Ville de
Liège et la société néerlandaise « Servatius »
pour la réalisation d’une opération
commune de construction d’un ensemble
de logements, de surfaces commerciales,
ainsi que l’aménagement d’espaces publics
sur le terrain dit « des Franciscains ».
La Ville de Liège a acquis ce terrain d’environ
14.000 m² en 1979 pour y développer un
programme de logements sociaux qui n’a
pas abouti. Le site est resté sans affectation
particulière durant plusieurs décennies,
hormis comme lieu non aménagé de
promenade pour les riverains.
Dans le schéma directeur de quartier,
approuvé par le Conseil communal en juin
2000, les options retenues pour ce terrain
étaient la construction de logements et le
maintien sur place d’une fonction de loisirs
et d’espace vert.
Souhaitant se tourner vers le marché
immobilier liégeois, la Fondation privée
« Servatius », qui gère plus de 12 000
logements à Maastricht, notamment des
unités destinées aux ménages à revenus
modeste, s’est montrée intéressée par
le projet et l’acquisition d’une partie du
site. Vu l’expérience de cette société aussi
bien dans la gestion de logements que
dans le développement de programmes
multifonctionnels de réhabilitation de
quartiers urbains, et vu sa capacité
financière pour développer un projet
d’envergure rue de Hesbaye, une convention
de partenariat a été approuvée entre
les parties en février 2002 pour la mise
en œuvre d’un projet commun. Pour ce
faire, les partenaires ont confié au bureau
d’architecture Quadra une mission générale
de coordination du projet, impliquant
la réalisation d’une étude urbanistique
et architecturale des logements et des
aménagements publics. Sur base du plan
masse, La Ville de Liège a dès lors sollicité
auprès de la Wallonie la reconnaissance
d’un périmètre de revitalisation urbaine, et
l’obtention d’une subvention (décret du 20
décembre 1990) pour l’aménagement des
espaces publics sur les terrains dont elle est
restée propriétaire. Le présent partenariat
public-privé répondait parfaitement aux
conditions émises dans le décret pour
obtenir l’approbation du Gouvernement
wallon.
89
Les différents chantiers ont débuté en 2005
et 2006 et ont conduit à la création :
• De 88 logements privés répartis dans 4
résidences de la manière suivante (voir
plan masse) :
‒ Complexe A : 17 appartements 2
chambres
‒ Complexe B : 41 appartements 2 et
3 chambres (dont certains avec
terrasses)
‒ Complexe C : 12 duplex modulables
de 2 à 4 chambres
‒ Complexe F et E : 18 appartements 1
et 2 chambres
‒ Un parking en ouvrage de 87
places sous les bâtiments
• De 9 logements publics « adaptables »
gérés par la régie foncière (complexe
D), et répartis de la manière suivante :
‒ 2 logements 1 chambre de 65 m²
(avec un espace extérieur privatif)
‒ 7 logements 2 chambres de 81 m²
(avec un espace extérieur privatif)
Notons qu’en 2012, la Ville est devenue
propriétaire des 17 appartements de
la résidence A, portant à 26 le nombre
d’appartements publics dans le projet. A
ceux-ci sont venus s’ajouter les 3 logements
de la résidence E acquis par la Slsp La Maison
Liégeoise dès la fin du chantier en 2008.
Les aménagements du domaine public dans
le cadre du programme de revitalisation
urbaine ont consisté notamment en :
• la mise en valeur des arbres
remarquables, l’intégration d’un espace
arboré au parc, la plantation d’essences
particulières (jeux de couleurs selon
les saisons), et l’engazonnement de la
majeure partie du site
• l’installation d’infrastructures de loisirs
et de jeux pour enfants
• la création de cheminements piétons
propices aux promenades, et d’un
passage (vers la rue Eugène Houdret)
renforçant les liaisons entre sousquartiers
• l’installation de mobilier urbain (bancs,
poubelles, etc)
• l’aménagement d’espaces (placettes)
essentiellement minéraux et ponctués
d’éléments végétaux entre les nouveaux
bâtiments
• la création d’une desserte avec parking
(durée limitée) comme espace tampon
entre les immeubles et le trafic de
transit (plus de sécurité pour l’accès aux
logements et aux commerces)
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
90
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
En mettant son terrain à disposition d’un
partenariat avec une société privée, la Ville
de Liège a permis le développement d’un
projet ayant conduit :
• à la création d’une centaine de
logements neufs dans un quartier en
requalification
• à la création de mixité au niveau de
l’offre locative : locataires/propriétaires,
logements pour personnes aux revenus
modestes à moyens, logements PMR
• à la reconstruction du front bâti, en
éliminant une friche qui occasionnait
une rupture dans le tissu urbain, tout en
maintenant un espace vert et de loisir
accessible à tous
• à lutter contre l’imperméabilisation
des sols grâce au maintien d’espaces
végétalisés et à des aménagements
adéquats
• au renforcement de l’attractivité
du site par la création de surfaces
commerciales.
Remarquons toutefois que les cellules
commerciales n’ont attiré que des fonctions
libérales et des services (maison médicale,
avocats, bureau de comptabilité, atelier
d’architecture, agence immobilière, etc.).
Financement des logements publics :
SPW rénovation urbaine - Ville de Liège
Financement des espaces publics :
SPW revitalisation urbaine et Espaces
verts - Ville de Liège
Réalisation des travaux : logements :
2006 à 2008 - parc : 2005 à 2008
Cout total de l’opération pour les 9
logements (TVAC) : 1.160.000 €
Cout total de l’opération pour les
espaces publics (TVAC) : 1.393.000 €
Investissements par le privé :
14.000.000 €
Acquisition terrain : 0 € (terrain
communal)
Acquisition des 17 appartements du
complexe D en 2012 : 1.900.000 €
Vente du terrain au partenaire privé :
678.940 €
Nombre de logements : 97 dont 29
publics et sociaux – commerces/
bureaux : 11
Auteur de projet logements : Bureau
Quadra – Entreprise : SA Wust
Auteur de projet espaces publics :
Bureau Quadra – Entreprises : AB Tech
et Leidgens
Maitres de l’ouvrage : Ville de Liège et
Société « Servatius »
91
Nouvelle liaison piétonne et cyclable vers la
rue Sainte-Marguerite pour désenclaver le
parc public dit « des Franciscains » - projet
en cours (voir plan masse)
En complément des travaux déjà réalisés il
y a une quinzaine d’années, la Ville de Liège
souhaite créer une nouvelle connexion,
pour les modes doux, reliant la rue Sainte-
Marguerite au parc public des Franciscains.
Ce projet est inscrit dans le programme
de revitalisation urbaine et fait donc
l’objet d’un subventionnement régional.
Cette nouvelle liaison, prévue initialement
dans l’étude urbanistique, a nécessité de
longues années de négociations avec le
voisinage et les propriétaires de biens à
acquérir, pour permettre les aménagements
indispensables à la concrétisation de cet
accès. L’opération a été identifiée comme
prioritaire dans le nouveau projet de
quartier. Sur un terrain acquis rue Sainte-
Marguerite, la Ville de Liège prévoyait la
construction d’un bâtiment pour marquer
l’entrée vers le parc public. Cet immeuble,
qui devait intégrer un passage au niveau
du rez-de-chaussée et deux logements
aux étages, aurait permis de supprimer une
dent creuse et de cicatriser le tissu urbain.
Un marché de travaux a ainsi été lancé en
2022. La partie logement de l’opération,
qui bénéficiait d’un subside à l’ancrage
communal du logement, a toutefois dû
être abandonnée en raison des montants
trop élevés à l’ouverture des offres en
2023. Dans l’attente de l’élaboration d’un
nouveau projet et d’un nouveau programme
de subventionnement, il a été décidé de
poursuivre l’objectif principal de l’action,
à savoir, l’aménagement de la liaison,
nécessaire au désenclavement du parc et
à la création de nouvelles connexions entre
sous-quartiers. Les travaux débuteront en
2026.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Auteur de projet : Lorigami/Opale -
Maitre d’ouvrage : Ville de Liège (Bureau
d’étude GEP) – Estimation travaux
liaison : 550.000 € - Financement : SPW
revitalisation urbaine.
92
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.3. PROJET : RUE SAINT-SÉVERIN 46-48
Ouverture d’une mairie de quartier et
rénovation « lourde » de 4 logements dans
deux immeubles très dégradés repris à
l’inventaire du patrimoine
Présentation – spécificités :
Cette opération a été la première menée par
la Ville de Liège et sa régie foncière dans le
périmètre de rénovation urbaine du quartier
Sainte Marguerite, fraîchement reconnu
par le gouvernement wallon au début
des années 2000. Déjà à l’époque, c’est la
conjonction des sources de financement
qui a permis la concrétisation de ce projet,
et la sauvegarde d’immeubles repris à
l’inventaire du patrimoine immobilier wallon.
En l’occurrence, des subsides octroyés par
le SPW dans le cadre de la création de 4
logements aux étages des immeubles, et la
Politique Fédérale des Grandes Villes pour
l’aménagement de locaux adaptés aux
besoins d’un service à la population au rezde-chaussée
de ceux-ci.
L’opération a consisté en l’acquisition de
deux immeubles fortement dégradés et
inoccupés, dont certaines parties datent
du XVIIe siècle. Les bâtiments ont été
réunis pour procéder à un remembrement
des propriétés, et ainsi accroître les
surfaces disponibles. Seules les façades
et les structures en colombages ont été
conservées. Vu l’état des constructions,
le reste du bâti a dû être démonté et
reconstruit, ce qui a permis l’aménagement
de logements conformes aux attentes
actuelles notamment au niveau des
espaces de vie, de la luminosité, de
l’agencement des différentes fonctions,
de l’isolation thermique, et de l’isolation
acoustique. La programmation est la
suivante :
• 1 er étage : 1 appartement familial avec
3 chambres de 110 m²
• 2 e étage : 2 appartements dont 1
appartement, 1 chambre de 78 m²,
et 1 duplex de 47 m²
• 3 e étage : 1 appartement 1 chambre
de 87 m²
La mise en location de logements destinés
à des ménages aux revenus moyens répond
au souhait affirmé des autorités de créer
plus de mixité sociale dans un quartier
comprenant une part importante de
personnes précarisées.
Le rez-de-chaussée du nouvel ensemble
accueille, quant à lui, une « mairie de
quartier ». Les habitants avaient manifesté
leur souhait de disposer de ce service lors
de la consultation préalable à l’adoption du
schéma directeur. La « mairie de quartier »
intègre un service décentralisé de l’État
civil qui offre une large gamme de services
de proximité et facilite les démarches
administratives des habitants. Une salle de
réunion est par ailleurs mise à disposition
des associations du quartier pour organiser
des rencontres.
Notons que les couts importants de
l’opération sont liés à l’état de profonde
dégradation des deux immeubles avant
travaux (des mesures de stabilisation
conséquentes ont été nécessaires avant le
démarrage du chantier), et de l’inscription
des façades à l’inventaire du patrimoine qui
oblige à respecter le caractère patrimonial
sans cependant obtenir de subsides pour la
restauration (seul un classement le permet).
Financement : PFGV – SPW rénovation
urbaine - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2004 à 2005
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.014.500 €
Acquisition : 49.500 €
Nombre de logements : 4
Auteur de projet : Fabienne Hennequin &
associés – Entreprises : Réforme et Nizet
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
93
2.2.4. PROJET : ILOTS FIRQUET-SAINT-SÉVERIN
Dédensification et réhabilitation d’îlots
d’habitation dégradés dans un contexte
de lutte contre les vendeurs de sommeils,
d’inoccupation et d’insalubrité des
logements - démolition de ruines et
d›annexes illégales, rénovation lourde
et reconstruction de 30 logements -
création de jardins et potagers partagés et
sauvegarde de bâtiments à haute valeur
patrimoniale – partenariat avec le FLW
Présentation – spécificités :
Il y a 25 ans, lors de la consultation des
habitants de la ZIP/QI Sainte-Marguerite
pour l’élaboration du Projet de quartier,
une problématique majeure évoquée
par la population était la question de la
taudification de certains îlots bâtis, leur
inoccupation, et l’exploitation outrancière
des logements par des marchands de
sommeil.
Deux ensembles ont été identifiés par la
Ville de Liège comme prioritaires pour
mener une action globale de réhabilitation
et d’assainissement :
• le premier que nous dénommerons
dans la suite « îlot Firquet-Saint-Séverin
1 » délimité par les rues Hocheporte/
Saint-Séverin/Coqraimont et Firquet
• le second que nous dénommerons
dans la suite « îlot Firquet-Saint-Séverin
2 » délimité par les rues Coqraimont/
Saint-Séverin/des Cloutiers et Firquet.
Pour ces deux îlots, les constats suivants
ont été dégagés dans le cadre d’une étude
urbanistique réalisée en 2002-2003 (voir
plan masse) :
• les deux îlots fermés à front de rue sur
l’ensemble de leur périmètre présentent
une trame étroite et profonde
• leur intérieur est principalement occupé
par des bâtiments en mauvais état,
partiellement habités ou abandonnés.
Le taux d’occupation du bâti au sol est
respectivement de 83 % pour l’îlot 1 et
91 % pour l’îlot 2. Très peu d’espaces
ouverts sont végétalisés.
• un grand nombre d’immeubles ne
répond pas à la législation en vigueur
en termes de permis de location, de
permis d’urbanisme, de salubrité…
• les accès en intérieur d’îlot sont étroits
et individuels par propriété. Il n’existe
aucune traversée d’îlot ni entrée pour
véhicules (par exemple d’urgence)
• les bâtiments sont principalement des
immeubles de rapport peu aménagés
et souvent de petite taille. Les prix de
ventes et les loyers sont élevés au
vu de la qualité et de la situation des
biens. Ils sont cependant occupés vu
la demande, majoritairement par des
personnes isolées ou des familles en
situation de précarité
• La minéralisation des îlots pose la
problématique d’imperméabilisation
des sols, et dès lors de l’infiltration et
de l’écoulement des eaux pouvant
causer des inondations lors des fortes
précipitations.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
94
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
En 2003, le Conseil communal de Liège a
décidé de réaliser un ambitieux programme
de réhabilitation de ces deux îlots pour initier
le renouveau du quartier Sainte-Marguerite
et particulièrement de la rue Saint-Séverin,
fortement marquée par la problématique
des marchands de sommeil et des
logements insalubres.
Les grandes lignes du plan d’action initié en
2003 par la Ville de Liège visent à :
• assurer prioritairement la maîtrise
foncière de l’intérieur d’îlot – afin de
pouvoir y réaliser certaines démolitions
d’annexes et de bâtiments insalubres
• rénover ce qui peut l’être – démolir et
reconstruire si nécessaire en fonction
de l’état des immeubles
• développer des logements à la taille et
aux loyers variés pour créer de la mixité
• aménager l’intérieur de l’îlot urbain au
profit des habitants en y créant des
jardins et potagers partagés
Notons que des difficultés liées à la vétusté
des immeubles privés situés en bordure
des zones d’intervention de la Ville ont été
rencontrées en cours de chantier. Les murs
de ces bâtiments, en colombage pour
certains, ont dû être consolidés suite à leur
mise à nu consécutive à la démolition de
volumes existants. Des annexes, parfois
illégales, et ne faisant pas partie des biens
acquis par la régie foncière ont également
été concernées par cette problématique.
Ces imprévus ont engendrés des coûts
supplémentaires et des retards inévitables
dans la réalisation des travaux. Lorsque
les difficultés rencontrées n’ont pas
trouvé de solution à l’amiable (démarche
privilégiée par la Ville), le service juridique
de la commune ou les propriétaires des
bâtiments voisins ont parfois dû saisir la
justice, entrainant des procédures longues
et fastidieuses.
95
2.2.4.1. Projet : Ilot Firquet-Saint-Séverin 1
Parmi les opérations menées par la Ville,
celle-ci est sans conteste une des plus
emblématique à la fois par son ampleur, sa
complexité et les nombreux objectifs qu’elle
rencontre.
La réhabilitation de cet îlot a duré
une quinzaine d’année de 2003 (plan
urbanistique et premières acquisitions) à
2016 (fin du dernier chantier).
La mise en œuvre du scenario retenu a
nécessité le lancement de trois marchés
de travaux par le service du logement et la
régie foncière. La ville a par ailleurs cédé
en emphytéose au Fonds du Logement de
Wallonie trois immeubles, dans le cadre
d’un partenariat qui prévoyait la rénovation
complémentaire de 6 logements. Dans son
ensemble, le projet a ainsi permis la mise sur
le marché locatif de 30 logements répartis
comme suit :
• 6 logements 1 chambre
• 14 logements 2 chambres
• 9 logements 3 chambres
• 1 logement 4 chambres
La mixité intervient également au niveau
de l’affectation des appartements. Le
programme comprend en effet 17 logements
« moyens » et 13 logements « sociaux » ou
« sociaux assimilés ».
La spécificité du projet repose aussi sur
le partage par les résidents des espaces
de cours et jardins, favorisant ainsi le lien
social et la convivialité. Le choix a été fait
de réaliser des espaces communautaires
(700 m²), associant zone de jardin
d’agrément, zone de potager collectif, coin
enfant, cheminements, mis à disposition de
l’ensemble des locataires, qui en assurent
collectivement le nettoyage, l’entretien et la
gestion (signature d’une charte). Ce cadre
participatif encourage une gestion collective
et respectueuse des lieux, renforçant
ainsi le sentiment d’appartenance et de
responsabilité partagée.
Maitrise foncière : la Ville de Liège a négocié
à l’amiable les premières acquisitions
en 2005, puis, pour éviter la spéculation,
a poursuivi la maitrise foncière via
l’approbation d’un plan d’expropriation pour
cause d’utilité publique. La régie foncière est
ainsi devenue propriétaire de 23 immeubles
dans l’îlot 1 dont dix ont été démolis. Cette
dédensification a permis de créer des vues
y compris pour les habitants des immeubles
privés situés autour du projet public.
Notons que les locataires des immeubles
acquis par la Ville de Liège ont été relogés
dans deux immeubles de la rue Coqraimont
puis via l’Agence immobilière Sociale. Un
accompagnement dans la recherche d’un
nouveau logement a également été proposé
à tous les locataires qui le souhaitaient.
Le détail des interventions de la Ville est le
suivant :
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Ilot 2
Ilot 1
96
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.4.1.1. Opération 1 : rue Saint-Séverin
(58 à 86) et rue Firquet 3 à 4000 Liège
Les particularités de ce projet résident dans :
• la création de 15 logements dont 6
« sociaux » et 9 destinés aux ménages à
revenus « moyens », assurant une mixité
sociale au sein de l’îlot
• la rénovation de 4 logements par le FLW
aux numéros 64 et 66 de la rue Saint-
Séverin (bail emphytéotique de 66 ans
à l’euro symbolique)
• la restauration de l’immeuble classé
situé au n°76 de la rue Saint séverin,
édifié au début du XVIIIe siècle et
caractéristique du style mosan « à
croisée ».
• la démolition d’annexes et de bâtiments
insalubres pour créer des cours et
jardins
• la rénovation d’un ensemble de
maisons ouvrières (type corons) du XIXe
siècle, construites autour d’une cour
centrale en intérieur d’îlot
• la création d’une liaison piétonne
traversant l’ilot et reliant les rues Firquet
et Saint-Séverin
• la démolition et reconstruction de 3
immeubles étroits du côté de la rue
Saint Séverin (démolitions ayant permis
l’accès en intérieur d’îlot durant le
chantier)
Financement : PFGV ville durable – SPW
ancrage communal du logement et
Patrimoine – Province de Liège - Ville de
Liège
Partenaire : FLW
Réalisation des travaux : 2009 à 2013
Cout total de l’opération (TVAC) :
4.950.000 €
Acquisitions : 850.000 €
Nombre de logements : 15 Ville de Liège
+ 4 FLW
Auteur de projet : AC&T
Entreprises : Thiran
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
97
2.2.4.1.2. Opération 2 : rue St-Séverin 92 à
100 à 4000 Liège
Les particularités de ce projet résident dans :
• la rénovation lourde de 6 logements
destinés à des ménages aux revenus
« moyens »
• la restauration d’un ensemble, datant
de la seconde moitié du XVIIIe siècle,
inscrit à l’Inventaire du Patrimoine
wallon. Les bâtiments se distinguent
par leurs murs en colombages et
une tourelle, témoins précieux de
l’architecture d’époque, qui ont été
minutieusement préservés et valorisés
• la restructuration en logements des rezde-chaussées
à rue autrefois occupés
par des commerces
• la création d’un passage au
rez-de-chaussée du bâtiment
• la démolition du n° 94 de la rue Saint-
Séverin et d’annexes, permettant
de libérer des espaces pour les
aménagements extérieurs privatifs
et collectifs
Financement : PFGV ville durable – SPW
ancrage communal du logement - Ville
de Liège
Réalisation des travaux : 2009 à 2012
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.500.000 €
Acquisitions : 250.000 €
Nombre de logements : 6
Auteur de projet : Fabienne Hennequin
& Associés – Entreprises : Liégeois
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
98
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.4.1.3. Opération 3 : rue Coqraimont
2 à 6 à 4000 Liège
Les particularités de ce projet résident dans :
• la création de 3 logements dont 1 pour
les familles à revenus modestes et
2 destinés aux ménages à revenus
« moyens »
• la rénovation de 2 logements par le FLW
aux numéro 6 de la rue Coqraimont
(bail emphytéotique de 66 ans à l’euro
symbolique)
• la création d’un accès carrossable de
plain-pied (accès PMR) vers l’intérieur
d’îlot par la création d’un passage sous
bâtiment
• la reconstruction d’une façade en
« acier corten » apportant une touche
contemporaine et esthétique à
l’architecture, tout en respectant
l’identité du quartier
• la création d’un jardin et d’un
potager communautaire suite à la
démolition d’annexes (lutte contre
l’imperméabilisation des sols)
• la coordination avec le propriétaire d’un
immeuble voisin du site pour la création
de nouvelles ouvertures permettant
d’améliorer la salubrité des logements
privés concernés
• la pose de panneaux photovoltaïques
en toiture reliés au compteur des
communs (éclairage des cages
d’escaliers et sous-sols, des locaux
de rangement et espaces collectifs
extérieurs, extraction forcée de l’air dans
les caves), et l’installation d’un système
de récupération des eaux de pluie avec
citerne pour l’arrosage du potager.
Financement : PFGV ville durable – SPW
ancrage communal du logement - Ville
de Liège
Partenaire : FLW
Réalisation des travaux : 2015 à 2016
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.534.000 €
Acquisitions : 430.000 €
Nombre de logements : 3 Ville de Liège
+ 2 FLW
Auteur de projet : AC&T
Entreprises : Bajart
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
99
2.2.4.2. Ilot Firquet-Saint-Séverin 2 - Rue
Saint-Séverin 110, 112, 114, 118, 120, 122, 126 et
rue Firquet 19, 21, 23, 25
La réhabilitation de cet îlot, composé d’un
« imbroglio » de constructions disparates et
de taudis, présente beaucoup de similitudes
avec l’opération décrite précédemment
(îlot 1). Il s’agit aussi d’un projet d’ampleur
concernant un grand nombre de bâtiments,
et tout aussi complexe.
Les démarches en vue d’acquérir les biens
ont débuté en 2005 et se sont poursuivies
jusqu’en 2014. Douze immeubles, et de
nombreuses annexes souvent illégales,
sont ainsi devenus propriétés de la ville
de Liège. Une procédure d’expropriation
a été nécessaire pour un bâtiment, la
négociation à l’amiable avec le propriétaire
n’ayant pas abouti. Notons que sans
l’intervention de la Politique Fédérale des
Grandes villes, ces acquisitions (s’élevant
à 1.342.000 €) n’auraient pu être réalisées.
La conjonction des sources de financement
apparait plus que jamais nécessaire pour
la concrétisation de ce type d’opération, vu
notamment les coûts importants engendrés
par les nombreuses démolitions et les
mesures de sécurisation et de stabilisation
des immeubles voisins.
L’avant-projet initial, présenté par le bureau
d’étude, envisageait la création de 11
logements et d’espaces extérieurs privatifs
et collectifs. Cependant, vu l’estimation des
coûts très élevée pour mettre en œuvre le
scénario urbanistique avalisé en 2003 par
le Conseil communal, la Ville a décidé de
chercher un partenaire afin de mutualiser
les dépenses. Les 4 immeubles de la rue
Firquet ont ainsi été vendus au Fonds du
Logement de Wallonie, qui est déjà intervenu
dans la requalification de l’îlot 1. Cette
décision a toutefois nécessité l’approbation,
par les parties, d’une convention de « cession
partielle du marché public de services
relatif à la mission complète d’études et de
surveillance des travaux ». Un changement
d’opérateur a par ailleurs été sollicité auprès
du SPW pour permettre au FLW de bénéficier
des subsides à l’ancrage communal du
logement.
L’intervention de la Ville de Liège s’est
dès lors concentrée sur la démolition des
immeubles de la rue Saint-Séverin et des
annexes des immeubles de la rue Firquet
d’une part, et sur la reconstruction :
• de 6 logements de 1 à 4 chambres
d’une superficie de 50 à 143 m² avec
terrasses privatives, dont 3 sont
adaptables grâce notamment à
l’installation d’un ascenseur. Chacun
dispose par ailleurs d’une cave
individuelle
• de 2 cellules commerciales de 130 et
80 m², dont l’une peut être facilement
adaptée en logement si aucune activité
n’y prend place. Un appel à projet
Créashop (voir point 1.5 et point 2.7.1) a
été lancé en 2025 pour l’affectation des
deux commerces
• d’un local de 60 m² destiné au parcage
des vélos et des poussettes, et d’un
espace de 13 m² pour le tri des déchets
• d’une salle polyvalente de 63 m²
destinée aux habitants du quartier
(accessible aux PMR), et équipée
d’une cuisine et de sanitaires (charte
d’occupation)
• d’espaces extérieurs communautaires
végétalisés de 504 m² suite à la
démolition et l’assainissement de
nombreuses annexes et ruines
• d’une liaison piétonne permettant de
traverser l’îlot via un large passage
(3,40 mètres) en rez-de-chaussée du
nouveau bâtiment du côté de la rue
Saint-Séverin et d’une servitude du côté
de la rue Firquet
Les immeubles numéros 110, 112 et 114 de
la rue Saint-Séverin, vu leur étroitesse, ne
rencontraient pas les critères minimaux
de salubrité du Code Wallon du Logement
et de l’Habitat Durable. La trame du
parcellaire des bâtiments 120 et 122 de la
même rue, n’était quant à elle pas optimale
pour rénover les espaces disponibles en
logements de qualité. Un relevé détaillé
de l’état sanitaire de l’ensemble des
constructions a par ailleurs montré la
dangerosité et la dégradation de la presque
totalité des structures existantes. L’auteur
de projet a dès lors été confronté dès
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
100
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
l’entame de sa mission aux questions de la
conservation, ou non, des 3 bâtiments repris
à l’inventaire du patrimoine, du confort
de vie des futurs occupants, de la mixité
des fonctions, et du développement de
minimum 30% de logements adaptables
imposés par la Wallonie pour l’obtention des
subsides. Comment concilier le programme
demandé, l’habitabilité des logements et
la maitrise du coût des travaux avec
l’ancienneté et la configuration complexe du
bâti existant ?
Après une réflexion approfondie et de
multiples échanges avec le maitre
d’ouvrage, la nécessité de procéder à
la démolition des immeubles de la rue
Saint-Séverin s’est finalement imposée en
privilégiant la construction de nouvelles
façades plutôt que de conserver les
anciennes. Cette dernière option
(façadisme) restait très contraignante,
notamment pour la future organisation
des logements. La conception des
nouveaux volumes et la validation du
projet de démolition/reconstruction ont été
longuement discutés avec l’administration
wallonne et les membres de la commission
de rénovation urbaine du quartier. Deux
ensembles d’expression contemporaine
viennent finalement s’insérer dans la rue
autour du n° 116 en respectant la volumétrie
traditionnelle des maisons voisines, et en
intégrant des détails de façades qui font
référence au bâti en place. Le n°116 dont
question a en effet été rénové par ses
propriétaires occupants, et dès lors conservé
dans le cadre de l’opération. Le maintien de
ce bâtiment a toutefois eu une incidence sur
l’organisation du chantier. Les démolitions
ont été programmées en deux phases, afin
de stabiliser (soutenir) le petit bâtiment
dont question, et ainsi veiller à la sécurité
des habitants, qui ont décidé d’y vivre
durant la période de chantier malgré une
proposition de relogement temporaire dans
un appartement de la régie foncière au sein
du quartier.
In fine, ce projet est un bel exemple de
reconstruction de la ville sur la ville ayant
nécessité de peser les avantages et les
inconvénients des différentes propositions
d’actions.
L’intervention du FLW s’est quant à elle
concentrée sur la rénovation des 4
immeubles de la rue Firquet en 5 logements
pour ménages à revenus modestes. Trois
d’entre eux sont destinés à des familles
nombreuses (3 et 4 chambres). Ces
bâtiments plus récents, moins dégradés,
et disposant d’une configuration plus
généreuse adaptable aux normes
d’habitabilité actuelles ne nécessitaient pas
d’être démolis. L’intérieur des immeubles
fait toutefois l’objet d’une restructuration
complète, mais l’intervention sur les façades
à rue est minimaliste. Ces appartements
pourront naturellement bénéficier des
espaces communs en intérieur d’îlot
grâce au cheminement créé depuis la rue
Saint-Séverin. Les travaux, dont le montant
avoisine 900.000 euros, ont débuté en 2024.
Financement : PFGV ville durable – SPW
ancrage communal du logement et
Rénovation urbaine – Ville de Liège
Partenaire : FLW
Réalisation des travaux : 2021 à 2026
Cout total de l’opération (TVAC) :
3.980.000 €
Acquisitions : 1.342.000 €
Vente de 4 immeubles au FLW :
168.000 €
Nombre de logements : 6 Ville de Liège
+ 5 FLW
Auteur de projet : Daniel Delgoffe –
Entreprises : Etablissements Jean Wust
s.a.
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
101
2.2.5. PROJET : PÔLE MULTIFONCTIONNEL
AGIMONT – HOCHEPORTE - ACADÉMIE
Comblement d’une dent creuse à l’angle
des rue Agimont et Hocheporte par une
crèche de 42 lits, 6 logements à haute
performance énergétique et 9 places
de parking au rez-de-chaussée d’un
nouvel immeuble, d’une placette pour
les habitants du quartier, d’un second
bâtiment accueillant des services à la
population, et d’une liaison piétonne reliant
le bas de l’îlot à la rue de l’Académie où
d’anciens ateliers communaux ont été
transformés en espaces entreprises par la
société Novacitis
Présentation – spécificités :
Une grande partie de l’îlot compris entre les
rues Agimont, Hocheporte et Academie est
constituée de biens propriétés de la Ville de
Liège.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Le projet de quartier prévoyait d’assainir
le chancre constitué par les terrains et
les bâtiments en mauvais état situés
au pied de la rue Hocheporte. Il invitait
aussi les autorités à valoriser les grands
pignons aveugles de l’école communale
Agimont en remaniant le tissu urbain, à
réaffecter les ateliers (ancienne menuiserie
communale) de la rue de l’Académie par de
l’activité économique, et à créer une liaison
piétonne pour traverser l’îlot. La nécessité
de recoudre le tissu urbain apparaissait
aux yeux de tous les intervenants (auteurs
de projets et population) comme une
évidence. Notons que la maîtrise foncière
du site a représenté un atout incontestable
lors du développement de ce projet
multifonctionnel.
Plusieurs phases de travaux ont été
nécessaires pour concrétiser ce scénario
d’intervention.
102
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.5.1. Opération 1 : pôle social
Dans un premier temps, suite à la démolition
du bâti dégradé et inoccupé du bas de la
rue Hocheporte (ancienne serrurerie de la
Ville), un nouvel ensemble devait accueillir
le commissariat de quartier de Sainte-
Marguerite. La police a toutefois décidé
de s’installer définitivement, en 2017, à la
caserne militaire Saint-Laurent, mieux
localisée et mieux adaptée pour mener ses
interventions. L’immeuble, déjà en cours
de construction, a alors été affecté à des
services d’aide aux citoyens. On peut ainsi y
trouver une maison intergénérationnelle, une
antenne du CPAS, un Relais de l’emploi du
FOREM et l’association La régie des quartiers
de Liège. Ces différents services viennent
s’ajouter à la Mairie de quartier située à
quelques dizaines de mètres, dans des
immeubles rénovés par la régie foncière rue
Saint-Séverin.
Auteur de projet : AURAL – Entreprise :
Batitec - Maitre d’Ouvrage : Ville de
Liège/département des bâtiments
communaux - Montant des travaux :
2.100.000 € - Date de réalisation : 2017 à
2019
103
2.2.5.1. Opération 2 : une crèche, des
logements et une liaison piétonne
Dans une deuxième phase, la Ville de Liège
a construit, sur le terrain mitoyen à l’école
communale, et contre son pignon, un nouvel
immeuble de 5 niveaux destiné à accueillir :
• Une crèche de 42 lits occupant les deux
premiers étages. L’accès à la crèche
se fait par un ascenseur indépendant
ou un large escalier , facilitant l’arrivée
des familles. Ce projet s’inscrit dans le
cadre du « plan cigogne » du SPW et du
programme « Zéro déchet » de la Ville
de Liège. Il résulte d’une collaboration
étroite avec les départements de la
Petite Enfance, de l’Environnement et de
l’ONE
• 6 logements basse énergie (PEB A –
installation photovoltaïque partagée)
occupant les trois niveaux supérieurs
de l’immeuble, chacun étant doté
d’une terrasse ou d’un balcon, de belles
vues sur le quartier, et d’espaces de
vie spacieux. L’ensemble comprend
3 logements de 4 chambres (114 m²),
et 3 logements PMR de 2 chambres
(92 m²). Afin de limiter l’impact sur le
stationnement dans le quartier, un
parking de 9 places est intégré au
rez-de-chaussée de l’immeuble qui
comprend également un parking
vélo sécurisé. Soulignons que 4 de
ces logements ont été attribués aux
familles sinistrées lors des inondations
catastrophiques du mois de juillet 2021
La Ville a également aménagé une placette
arborée, équipée de bancs et de quelques
jeux pour enfants. Une liaison piétonne
relie par ailleurs un axe fort de transport en
commun (rue de l’Académie) au cœur du
quartier. Ce nouvel itinéraire piéton mettra
par ailleurs en connexion les activités situées
dans le haut et le bas de l’îlot.
Financement : SPW ancrage communal
du logement et rénovation urbaine -
SPW Infrastructures Plan Cigogne - SPW
Fonds Régional d’Investissement des
Communes - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2019 à 2021
Cout total de l’opération logements
(TVAC) : 2.197.000 €
Cout total de l’opération crèche
(TVAC) : 2.030.000 €
Cout total de l’opération espaces
publics (TVAC) : 550.000 €
Acquisition : 0 € (biens communaux)
Nombre de logements : 6 – Crèche : 42
places
Auteur de projet : Atelier d’Architecture
Daniel Delgoffe – Entreprises : S.M.
Moury - Wust
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
(services du logement, des bâtiments
communaux, et de la gestion de
l’espace public)
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
104
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.5.3. Opération 3 : La Menuiserie -
Un centre d’entreprises innovant
Plutôt que de vendre au plus offrant les
anciens ateliers dont elle était propriétaire
rue de l’Académie, la Ville de Liège a décidé
de lancer, en 2018, un appel à intérêt afin
de sélectionner un partenaire privé chargé
d’y développer des activités à caractère
économique. C’est ainsi que la société
coopérative à finalité sociale Novacitis a
été désignée pour mettre en œuvre son
projet de centre d’entreprise innovant
« La Menuiserie ». Ce dernier propose des
bureaux privés, un espace de coworking, des
salles de réunion et de formation, ainsi qu’un
service de domiciliation d’entreprises. Le
bâtiment a été rénové dans une logique de
préservation des ressources et de réduction
de l’impact environnemental. Il accueille
des structures engagées dans des projets à
impact social, écologique ou économique. Le
site se trouvant le long de la nouvelle liaison
piétonne, un partenariat a été négocié, avec
les services de la Ville compétents, pour la
gestion des ouvertures et fermetures des
accès, et pour la valorisation d’un potager
communautaire dans l’îlot. Un restaurant
coopératif est par ailleurs niché au cœur
de « La Menuiserie ». À TABLE !, plus qu’un lieu
pour se restaurer, est un espace convivial de
rencontres et d’échanges, ouvert à toutes et
tous. On y savoure une cuisine locale, avec
des produits de saison et de circuits courts.
Il accueille aussi des événements culturels,
artistiques et culinaires, et fait vivre des
valeurs d’économie solidaire, inclusive et
engagée.
Financement : privé – levée de fonds
auprès de coopérateurs
Réalisation des travaux : 2022 à 2023
Vente par la Ville : 305.000 €
Partenaire : Scrl à finalité sociale
Novacitis
Auteur de Projet : Hélium 3
Plus d’informations : https ://novacitis.be/
la-menuiserie/
105
2.2.6. PROJET : RUE VANDERVELDE 88
Construction d’un immeuble de 5
logements Q-Zen (Quasi Zéro Energie)
après démolition d’une maison unifamiliale,
et aménagement d’une placette donnant
accès à un futur parc en intérieur d’îlot
Présentation – spécificités :
Cette opération de démolition/
reconstruction d’un immeuble résidentiel,
constitue une partie d’un projet plus vaste
repris dans le schéma directeur du quartier
Sainte-Marguerite 2015-2030. La particularité
de ce projet réside dans la création d›un
traversée verte par un intérieur d’îlot arboré
entre le bas de la côte d’Ans et le haut de la
rue Vandervelde. En 2014, la Régie foncière a
eu l’opportunité d’acquérir le bâtiment de la
rue Vandervelde n°88, et son « jardin » d’une
superficie de 3500 m² s’étendant sur une
grande partie de l’îlot. Le bien, vu sa taille
et sa configuration, était parfaitement situé
pour amorcer la concrétisation de la fiche
projet précitée.
Un terrain complémentaire d’une
superficie de 1950 m², enclavé en intérieur
d’îlot et mitoyen de la parcelle de la rue
Vandervelde, ainsi que l’immeuble n°51 de
la rue Eugène Houdret ont également été
acquis au cours des dernières années. Ces
biens, reliant les deux axes, permettront à
terme de développer le scénario approuvé
par les autorités communales et les
citoyens, avec une attention particulière
pour le rôle écologique de cet intérieur
d’ilot, riche de sa biodiversité urbaine.
Une étude précise du cheminement et
de l’aménagement de l‘intérieur d’ilot
devra être commandée dans les années
à venir afin d’envisager ses possibilités
de financement. Dans l’attente de ce
plan urbanistique, et du lancement d’un
programme d’actions par la Wallonie, les
services techniques de la régie foncière
entretiennent les terrains en faisant appel,
notamment, à un éleveur de moutons. Vu
le dénivelé important entre le haut et le bas
du site, une attention toute particulière est
portée à la consolidation et à la rénovation,
des nombreux murs de soutènement.
La première étape, finalisée en 2023, a
consisté en la démolition de la maison de
la rue Vandervelde n°88, peu propice à une
reconversion en immeuble de logements
multiples, et ne présentant pas d’intérêt
remarquable au niveau patrimonial. En
complément du bâtiment principal, le bâti
était composé d’éléments hétéroclites
ajoutés au fil du temps, sans cohérence
architecturale ou technique, et dont la
configuration, le long de la rue, bloquait tout
passage vers l’arrière de l’immeuble, et donc
vers le futur parc.
Le principe de création d’une cour à front
de voirie, jouant le rôle de parvis à l’entrée
de l’intérieur d’ilot, et créant un espace
de respiration dans le bâti, a été retenu.
Il reproduit une typologie existante à
plusieurs endroits dans la rue, et permet
une orientation du nouveau bâtiment qui
maximise les prises de lumière et les vues
pour les logements. Ce dernier se développe
sur 3 niveaux côté rue Vandervelde, et
3niveaux côté intérieur d’îlot, sachant qu’il
y a 1 niveau de différence entre la rue et
l’arrière du site. Sa volumétrie est adaptée
à la typologie des immeubles de la rue, et
son implantation minimise les vues vers les
propriétés voisines.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
106
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La configuration de l’immeuble en cours de
construction (2023-2026) comprenant 5
logements Q-Zen (Quasi Zéro Energie) est la
suivante :
• niveau -1 (niveau du terrain naturel à
l’arrière) : caves (côté rue Vandervelde)
− 1 logement 3 chambres de 88m² à
l’arrière avec jardin (surface nette)
• niveau 0 (rez-de-chaussée): 1
logement PMR d’une chambres de
71 m² (surface nette) avec terrasse à
l’arrière – 5 places de parking – des
locaux techniques comme les locaux
poubelleset vélos individuels (5 places)
• niveau + 1 : 1 appartement 1 chambre de
72 m² avec terrasse et 1 appartement
2 chambres de 76m² avec terrasse
(surfaces nettes)
• niveau + 2 : 1appartement 2 chambres
de 79 m² (surface nette)
Le bâtiment dispose de deux toitures plates
(afin de limiter les déperditions et les
volumes chauffés)et de deux toitures en
pente orientées est-ouest et sur lesquelles
sont posés des panneaux photovoltaïques.
Ceux-ci participent au caractère Q-Zen
du bâtiment et permettent ainsi à
chaque appartement de bénéficier d’une
production continue d’électricité sur la
journée. Les volumes proposés et l’utilisation
d’un bardage bois sur une partie des
façades, donnent une touche résolument
contemporaine à l’architecture de la
nouvelle construction.
Une seconde phase, démarrant par la
démolition de l’immeuble délabré de la rue
Houdret, indispensable à la réfection des
murs de soutènement, sera amorcée en
2026.
Financement : SPW rénovation urbaine
- Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2023 à 2026
Cout total de l’opération (TVAC) :
2.050.000€ (dont 90.593,26€ pour le lot
1 (démolitions) et 1.634.727,20€ pour le
lot 2 (construction) estimés)
Acquisition Vandervelde 88 : 215.000 €
Autres acquisitions : rue E. Houdret 51
– 95.000 € et parcelle Vandervelde 86 :
15.700 €
Nombre de logements : 5
Etude urbanistique : Bureau TELLUS –
Auteur de projet : AC DC – Entreprises :
Legros démolition srl (lot 1) et Gillard s.a,
(lot 2)
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
107
2.2.6. PROJET : FONTAINEBLEAU –
ILOT LÉGIA - BAS-RHIEUX À 4000 LIÈGE
Remaillage urbain et paysager du site de
Fontainebleau dans le quartier Sainte-
Marguerite, par l’aménagement d’espaces
publics végétalisés, la diminution de
l’emprise des voiries, la reconnexion
au parc de la colline de Naimette/
Xhovémont - valorisation de terrains
publics par la création de logements privés
et sociaux - transformation de la voie
rapide en boulevard urbain apaisé avec
développement d’un réseau de bus à haut
niveau de service (Busway) et de nouveaux
itinéraires cyclopiétons
Présentation – spécificités :
Issu d’une percée autoroutière des années
70, le secteur de Fontainebleau à Sainte-
Marguerite concentre un maximum d’enjeux
pour la requalification du quartier : voie
rapide et carrefour tentaculaire, traversées
piétonnes et cyclables particulièrement
difficiles, paysage urbain dégradé, colline de
Naimette/Xhovémont inaccessible, site de
l’ancien hôpital Saint-Joseph à reconvertir,
et parking Bas-Rhieux en attente d’une
nouvelle vie (voir plan/photo).
Ces enjeux font de la requalification du
périmètre de Fontainebleau la priorité n° 1
du projet de rénovation urbaine du quartier
Sainte-Marguerite. Trois opérations
spécifiques sont reprises dans le schéma
d’intention et le master plan approuvés
en 2015 par le Conseil communal pour
concrétiser cette action majeure pour la Ville
(voir point 2.2). Ces « fiches-projets » sont
inscrites dans l’Axe 1 « Spécifier le quartier »,
et l’Axe 2 « Resituer Sainte-Marguerite dans
le maillage urbain liégeois ».
La décision du Gouvernement wallon
approuvant le périmètre et le programme de
rénovation urbaine du quartier reprennent par
ailleurs les priorités d’interventions suivantes
relatives à la reconfiguration du site :
• aboutir à la transformation progressive
de la pénétrante urbaine Cadran-
Burenville en un boulevard urbain apaisé
• améliorer l’accessibilité du quartier
à la colline de Naimette-Xhovémont,
et aménager à son pied un espace
dédié aux loisirs et aux sports urbains
(20.000 m²)
• promouvoir la reconstruction de la ville
sur la ville en dégageant des potentiels
fonciers mobilisables (création de 350
logements)
• mettre en place une trame d’espaces
publics de qualité (réduction de
l’emprise routière).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
108
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
L’ambition globale, à l’horizon 2030,
concernant ce secteur du quartier Sainte-
Marguerite est de remailler progressivement
les espaces qui avaient été déstructurés
lors de la création de la percée autoroutière
dans les années 70.
L’îlot bâti formé par les rues de la Légia,
Sainte-Marguerite et de Hesbaye se trouve
à l’interface de ces différents ensembles
(Fontainebleau, Bas-Rhieux, colline
Naimette/Xhovémont), et jouera un rôle
central dans la mise en œuvre du projet. En
effet, pour pouvoir déclasser la bretelle
routière et les voiries de transit en pied de
colline et réaffecter ces espaces, il convient
de reporter la circulation les empruntant
actuellement par la rue de la Légia. L’assiette
actuelle de cette dernière étant d’un gabarit
insuffisant pour faire face à l’augmentation
des flux ainsi qu’à l’aménagement d’espaces
de circulation différenciés pour les différents
usagers (bus, voitures, cyclistes, piétons), il
y a nécessité de l’élargir. La démolition de
l’îlot s’impose donc pour amorcer l’opération
dans sa globalité.
C’est la raison pour laquelle, le Collège
communal a décidé d’un important
programme d’investissements pour
enclencher une dynamique et inciter les
autres acteurs publics et privés à participer au
redéveloppement de cette partie de la Ville.
Parmi les actions déjà menées par la Ville de
Liège notons :
• la maîtrise foncière de l’îlot Légia : les
premières acquisitions ont été réalisées
par la régie foncière dès l’année 2016.
Un certain nombre de propriétés
n’ayant pu être acquises à l’amiable,
un périmètre d’expropriation, reconnu
d’utilité publique, a été adopté par
le Conseil communal en mai 2021.
La procédure s’est terminée dans
le courant de l’année 2024. Au total,
environ une trentaine de biens ont
été acquis par la Ville de Liège pour
un montant de 7.183.000 euros, dont
la majeure partie sur fonds propres.
Il s’agit de la plus grande opération
menée par le service du logement et
la régie foncière, qui a été confrontée
à des problèmes de squat nécessitant
plusieurs expulsions et la condamnation
des différents accès aux bâtiments.
• démolition du bâti : les immeubles ne
présentant pas d’intérêt architectural
particulier, et les constructions formant
un ensemble hétéroclite (immeubles à
appartements ou maisons unifamiliales
à l’abandon ou insalubres pour la
plupart, dents creuses, entrepôts vides,
commerces, etc), il a été décidé de
démolir l’ensemble de l’îlot. Les travaux
se sont achevés en mai 2025 et ont
coûté un peu plus de 550.000 euros.
• élargissement de la rue de la Légia : un
permis d’urbanisme pour l’élargissement
de la voirie a été octroyé par la Wallonie
à la Ville de Liège. Le département de
gestion de l’espace public a lancé un
marché de travaux attribué dans le
courant de l’année 2025. Le chantier
s’étalera le long de l’année 2026.
109
• étude de cadrage urbanistique et
immobilier : afin de mettre en œuvre
les intentions du dossier de rénovation
urbaine, le Collège communal a
commandé en mai 2020 l’élaboration
d’un « master plan » au bureau
d’urbanisme et d’architecture Baumans
et Deffet. Sur le plan immobilier, cette
étude exploratoire préconise (voir plan) :
‒ la construction d’un ensemble de
84 logements privés avec parkings
et de 1.200 m² de commerces sur le
nouvel îlot Légia. Un appel à intérêt
sera lancé par la Ville en 2026 afin
de sélectionner le meilleur projet
pour le quartier
‒ la construction d’environ 75
logements publics et privés répartis
dans plusieurs immeubles sur les
terrains du Bas-Rhieux, propriétés
de la Slsp La Maison liégeoise et
de la Ville de Liège. Un partenariat
public-privé permettra la
concrétisation de cet ensemble.
‒ Remarque : les terrains concernés
sont pollués ; leur assainissement
préalable, financé sur des fonds
FEDER et PIV, démarrera en
2026 pour permettre la future
reconstruction.
• accompagnement du privé pour
requalifier l’ancien hôpital Saint-
Joseph : la société Matexi envisage de
développer un projet de construction
de 173 logements, des bureaux, des
commerces et des espaces verts sur
ce site. Le permis d’urbanisme a été
délivré fin 2023, et les démolitions
devraient débuter en 2026. La Ville de
Liège porte une attention particulière
à accompagner le secteur privé pour
que la requalification du site de la
clinique Saint-Joseph soit qualitative
et s’inscrive dans le scénario global de
requalification du site de Fontainebleau.
La Wallonie a également inscrit des
budgets conséquents pour réaliser des
aménagements de la voie rapide en faveur
d’un axe fort de transport en commun.
L’étude, réalisée par l’OTW, porte sur
l’implantation d’une ligne de bus à haut
niveau de service (Busway), dont la
reconversion de la N3, et se coordonne
avec d’autres objectifs, notamment
cyclables, soutenus par le le plan régional
«Infrastructures» 2020-2026 du SPW-Routes.
Planning prévisionnel des futurs étapes du
projet :
• 2026 : lancement d’appels à intérêt et/
ou de marchés de promotion pour la
création de logements privés et publics
• 2026 - 2027 : assainissement et
remembrement des terrains –
élargissement de la rue de la Légia
• 2027 - 2029 : chantiers d’aménagement
des espaces publics et du nouveau
boulevard urbain
• 2028 - 2030 : démarrage des chantiers
de construction des logements Saint-
Joseph et Légia
Le calendrier du développement des
terrains Bas-Rhieux sera, lui dépendant des
éventuelles sources de financements futures
visant le logement social et public.
Acquisitions îlot Légia : 7.183.000 €
(financement : Ville de Liège – SPW/ PDU
et PIV)
Acquisitions terrains Bas-Rhieux : 0 €
(propriété Slsp La Maison Liégeoise)
Estimations et financement pour
la réalisation du projet global :
construction des logements (environ
350), des commerces (2.000 m²), de
2 parkings, dépollution des terrains,
réorganisation des voiries et de la voie
rapide, déplacement des réseaux,
aménagement des espaces publics en
pied de colline :
investissements privés : 37 millions
d’euros
investissements publics : 25 millions
d’euros (SPW/PIV, SPW/OTW BUSWAY,
SPW/SAR, FEDER, SPW/Logement, Ville de
Liège, Slsp La Maison Liégeoise)
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
110
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2.7. PROJET : ÎLOT « GOFFIN-BOVY »
Transformation d’une dent creuse (friche
commerciale utilisée comme parking peu
qualitatif) et de 3 bâtiments insalubres et
inoccupés, en espaces publics végétalisés
et arborés équipés d’une nouvelle
infrastructure multisports, et en nouveaux
immeubles de logements (15) construits
contre des pignons aveugles peu sécurisant
et peu esthétiques (opération 4 du projet
de quartier - restructuration de l’îlot Waha/
Goffin-Bovy)
Présentation – spécificités :
La dent creuse située entre la rue Sainte-
Marguerite et la rue des Meuniers, d’une
superficie de 2.600 m², accueillait autrefois
(dès le début du 20eme siècle), les
bâtiments et ateliers de l’établissement
« Goffin−Bovy », magasin réputé pour la
vente de soierie, mercerie et tissus. Suite au
déclin socioéconomique et commercial du
quartier, l’entreprise a été contrainte à la
fermeture, et les constructions tombées en
ruine, ont été démolies dans les années 1980.
Depuis lors, cet espace accueille une aire
de sport urbain de type « agoraspace »
fréquentée par les jeunes des rues
avoisinantes, et est utilisé pour le
stationnement des voitures (environ 75
emplacements sans aménagements
spécifiques). Peu qualitatif et entièrement
minéral, le site rencontre par ailleurs des
problèmes de délinquance du fait d’un
manque de dispositifs favorisant le contrôle
social.
En 30 ans, de nombreux projets de
requalification ont été envisagés, tant par
des acteurs publics que des acteurs privés,
mais rien ne s’est jamais concrétisé.
Toutefois, depuis 2016, l’opération 4 du
dossier de rénovation urbaine de Sainte−
Marguerite II prévoit la « restructuration de
l’îlot Waha/Goffin Bovy ». Le site revêt en effet
plusieurs enjeux importants pour le quartier.
Il est envisagé de transformer cet espace
très peu qualitatif, en aménageant une
place publique arborée avec une identité
forte pour le quartier, et en reconstruisant de
nouveaux immeubles de logements contre
les pignons aveugles.
C’est en décembre 2022 suite à la réalisation
d’un marché de services d’architecture,
qu’un plan urbanistique précis relatif à
la reconfiguration du site a été adopté
par le conseil communal. La zone d’étude
comprenait le terrain dont question et les
immeubles n°28, 30 et 50 de la rue Sainte-
Marguerite acquis par la régie foncière (voir
plan/photo), et situés de part et d’autre de
la parcelle.
Le principe d’aménagement proposé par
les bureaux « Olivier Fourneau Architectes »
et « Multiplicity architecture & urbanism »,
auteurs de projets retenus suite au marché
de services, est de travailler sur un bâti
renouvelé, et implanté de façon à conserver
un maximum d’espaces ouverts dans cette
partie densément construite du quartier.
111
L’espace public sera organisé en trois
parties :
• sur le bas du site, une place légèrement
arborée, permettant la tenue d’activités
de quartier (fêtes, brocantes, etc.)
sera créée en lien avec la rue Sainte-
Marguerite ;
• dans une zone de transition, au centre
de l’îlot, un espace multisport bordé
d’un gradin permettra une multitude
d’appropriation par les jeunes des
alentours ;
• à hauteur de cet espace de loisir,
débutera un double cheminement
(PMR) pour mobilité douce, inséré dans
un parc avec des plantations d’arbres
hautes et basses tiges. Un parvis
d’accès à l’école Saint-Joseph jouxtant
le site sera également aménagé,
animant le site en journée.
Comme indiqué sur le plan, du côté bas
du site, l’immeuble n°30 de la rue Sainte
Marguerite, qui présente une très faible
largeur et comprend 3 logements de
moins de 28 m² insalubres, sera démoli. La
façade de l’immeuble n°28 sera quant à
elle conservée et intégrée à une nouvelle
résidence composée de 9 logements.
L’ensemble sera implanté en continuité des
bâtiments de la rue et le long de la place,
créant ainsi un nouveau front bâti délimitant
l’espace public. Cette construction (3 à 4
niveaux) bénéficiera d’un stationnement
privatif pour 9 voitures et 35 vélos (dont une
quinzaine proposée à la location pour des
externes dans un local distinct accessible
par la place ) au rez-de-chaussée, et
offrira un programme varié de logements
à haute performance énergétique de 1, 2
et3 chambres, y compris des logements
PMR avec ascenseur. Chaque logement
disposera d’un espace extérieur privatif.
Le bâtiment abritant autrefois une
pharmacie, au n° 50 de la rue Sainte-
Marguerite, sera conservé et rénové en
maison unifamiliale. La Ville cherche un
partenaire pour cette partie du projet.
Des négociations sont en cours pour
vendre le bien au FLW qui le réhabilitera
conformément au plan masse. Des
ouvertures seront créées dans le pignon
en colombages vers la future place, afin
de créer une animation de la façade et de
renforcer le contrôle social. L’annexe de
l’immeuble sera démolie afin d’aménager
un jardin pour les futurs locataires.
Pour des raisons techniques et budgétaires,
la mise en œuvre du programme défini
comprendra plusieurs étapes. Le collège
communal a ainsi approuvé, en mai
2025, les documents relatifs à un marché
de travaux concernant l’aménagement
des espaces publics et la construction
de l’immeuble de 9 logements situé du
côté de la rue Sainte-Marguerite. Malgré
des montants élevés à l’ouverture des
offres, le marché a été attribué en octobre
2025 aux entreprises G. COLLARD pour le
premier lot (construction de l’immeuble
de 9 logements) et BATITEC pour le second
(aménagement des espaces publics).
Les travaux, entamés à la fin de l’année
2025, devraient être achevés pour fin 2027
. L’augmentation régulière des coûts de
construction est malheureusement une
réalité à laquelle les pouvoirs publics sont
confrontés depuis plusieurs années. La
problématique des finances publiques
est également au cœur des difficultés
rencontrées. La vente de tout ou partie
des logements produits est par ailleurs
envisagée par la Ville pour équilibrer le
financement du projet.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Dans la partie supérieure du site, un nouvel
immeuble de 5 logements viendra s’appuyer
sur le pignon aveugle du n°25 de la rue des
Meuniers, s’ouvrant tant sur la rue que sur
l’espace public.
112
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Notons que cette même opération avait
connu un premier coup d’arrêt en juillet 2024
suite à la « non attribution » d’un marché
de type « Design & Build » portant sur la
conception et la construction de l’ensemble
dont question et des espaces publics.
La seule offre reçue avait été considérée
comme irrégulière, son montant global et
forfaitaire dépassant en effet largement
(de plus de 1.600.000 euros) l’estimation
maximale imposée dans le cahier spécial
des charges.
Ce montant pouvait notamment s’expliquer
par :
• l’absence de dossier d’exécution précis,
dont une étude approfondie de la
stabilité de l’immeuble à construire
(présence possible d’anciens puits de
mines) ;
• l’imposition de remettre un prix global et
forfaitaire pour un dossier comportant
l’exécution de travaux pouvant être
impactés par d’éventuelles découvertes
fortuites (pollution des sols, stabilisation
des mitoyens et d’éléments de façade,
présence de puits de mine) ;
• l’imposition d’un délai strict d’exécution.
En conclusion, cette opération illustre bien
les difficultés et les obstacles rencontrés
par les villes et communes lors de
l’élaboration de nouveaux projets. Pour de
multiples raisons, aussi bien techniques
qu’administratives ou politiques, le
temps nécessaire à la requalification de
certains sites peut être long et se heurter à
l’incompréhension et au mécontentement
des habitants.
Cette expérimentation d’un montage de
type « conception et construction » n’ayant
pas été concluante, la Ville a décidé,
pour la suite du dossier, de revenir à une
procédure de marché de travaux dite
« ouverte » plus habituelle (voir point 1.7.3.).
Un projet d’exécution repensant l’économie
de l’opération avait ainsi été commandé
aux bureaux d’études (en juillet 2024) avant
l’approbation des documents du nouveau
marché de travaux (en mai 2025).
La résidence de 5 logements située sur le
haut du site sera réalisée ultérieurement,
probablement dans le cadre d’un marché
de promotion.
Notons que le projet global s’inscrit dans
le cadre du Plan Canopée de la Ville de
Liège qui place les arbres urbains au centre
de la stratégie d’adaptation de la cité aux
changements climatiques, et contribue aux
objectifs communaux et régionaux de lutte
contre l’artificialisation des terres.
Financement : SPW PIV - Ville de Liège
Réalisation des études (plan masse) :
2022
Réalisation des études (projet
d’exécution) : 2024-2025
Réalisation des travaux logements et
espace public : fin 2025 - 2027
Cout total de l’opération (TVAC) :
5.971.000 €
Acquisition des immeubles : 250.000 €
(la Ville est propriétaire du terrain)
Nombre de logements : 15 (9 en
première phase)
Auteur de projet : Olivier Fourneau
Architectes – Entreprises : G. Collard SA,
Bâtiment et Technique SA
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
2.3. QUARTIER
SAINT LÉONARD
Le quartier Saint-Léonard a été reconnu
par la Wallonie comme périmètre de
rénovation urbaine en 1998. Après 20
années d’existence, le dispositif a été abrogé
par le Gouvernement wallon (août 2019). La
Ville de Liège considère cependant toujours
le quartier comme prioritaire, et y poursuit
ses actions sur base des objectifs et des
propositions d’interventions définies dans
le projet co-construit par ses habitants,
ses forces vives, et le bureau d’urbanisme
AURAL.
L’objectif de base du schéma directeur est
de « Valoriser le quartier en tant que milieu
de vie ». Les objectifs stratégiques suivants
ont été énoncés sur base de la situation
existante :
• Désenclaver le quartier : l’isolement et la
mise à l’écart volontaire ont fortement
contribué au déclin du quartier. II était
donc nécessaire d’améliorer les accès
depuis les autres quartiers, la voie
rapide des quais et de créer des accès
nouveaux vers la Meuse, les coteaux
verdoyants et le réseau ferroviaire (train
mais aussi désormais le tram).
• Revaloriser l’image du quartier : le
Quartier Nord pâtissait en 1998 d’une
image négative aussi bien aux yeux
de la population liégeoise qu’aux yeux
de la plupart de ses propres habitants.
Psychologiquement, il était important
de rompre cette tendance en prenant
des initiatives positives audacieuses,
à contre-courant des préjugés : un
quartier d’innovations plutôt qu’un
lieu en déclin. II s’agissait de favoriser
l’émergence d’une identité nouvelle.
• Améliorer le cadre de vie et les
équipements : l’amélioration du cadre
de vie impliquait nécessairement
lݎlimination des ruines et
l›assainissement des sites d›activités
abandonnés (pour offrir la possibilité de
créer des jardins en prolongement des
habitations qui en sont dépourvues).
L›aménagement de l›espace
public devait privilégier les vues et
dégagements vers les éléments naturels
qui entourent le quartier : la Meuse et
surtout les coteaux verdoyants.
• Créer des conditions d’accueil
d’activités économiques : iI importait
de maintenir les activités économiques
et améliorer la capacité d’accueil
d’entreprises « modernes » et nouvelles
dans le quartier. La création de « parcs
urbains d’activité » par l’assainissement
de sites d’activité économique
désaffectés était une voie à suivre.
Ces objectifs restent encore aujourd’hui
d’actualité et à la base des actions menées
par les pouvoirs publics et les acteurs privés.
Notons qu’au milieu du 19ème siècle,
le quartier a connu un véritable essor
économique. Le terrain disponible, sa
proximité avec le centre urbain et ses
divers moyens de communication tels
que la Meuse ou la rue St Léonard ont créé
une attractivité particulière à l’installation
d’outils industriels importants. Les activités
étaient assez diverses : mines, armurerie,
secteur automobile, construction métallique,
fonderie,… En réponse aux besoins de
l’industrialisation et d’une main d’œuvre
disponible sur place, de nombreuses
habitations se sont développées dans le
quartier.
Concernant l’objectif de désenclavement,
la mise en circulation du tram en 2025
représente un atout pour le quartier qui
dispose désormais d’un accès rapide aux
différents services, commerces et pôles
d’emploi du centre-ville. L’aménagement
de passerelles en 2023 et 2025 permet
par ailleurs aux habitants de bénéficier de
l’aménagement d’un nouveau parc public,
d’une plaine de jeux et de promenades le
long de la Meuse sur le site de l’écoquartier
de Coronmeuse (Rives Ardentes). Les
coteaux de la citadelle avaient quant à
eux déjà été rendus accessibles suite à
la création de la place Saint-Léonard, de
nouveaux cheminements, et à l’implantation
d’une passerelle cyclo-pédestre au-dessus
de la voie ferrée dans le secteur Vivegnis.
Nous y reviendrons dans la présentation des
projets concrétisés par les services de la
Ville de Liège.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
113
114
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.1. PROJET : RUE DES FRANCHIMONTOIS 9 À 13
Démolition de ruines et annexes pour
créer des espaces ouverts un intérieur
d’ilot - reconstruction d’un immeuble à
l’architecture résolument contemporaine
(revalorisation de l’image du quartier)
Présentation – spécificités :
Cette opération a été une des premières
réalisations suite à la reconnaissance du
schéma directeur du quartier. Subsidié par
la Wallonie dans le cadre du programme
de « rénovation urbaine », elle répond
précisément à l’objectif d’amélioration
du cadre de vie des habitants par la
suppression de bâtiments en ruines et de
leurs annexes encombrant les intérieurs
d’îlots. La particularité du projet réside dans
la démolition de maisons ouvrières, et leur
remplacement par une construction neuve
à l’architecture résolument contemporaine.
Cette dernière, qui s’inspire du passé
industriel du quartier Saint-Léonard,
participe au changement d’image du
quartier.
L’accès aux logements est assuré par un
arvô latéral, servant de hall d’entrée collectif
et de lieu de circulation. Ce passage est
pensé comme une transition entre l’espace
public et privé, permettant à la lumière
naturelle de traverser les bâtiments tout
en offrant un aperçu végétal du jardin
depuis la rue. Ce grand percement crée
une atmosphère accueillante et connecte
harmonieusement les espaces intérieurs
et extérieurs. Chaque logement dispose
d’une grande cave, permettant de libérer
les espaces habitables des équipements
encombrants.
Le projet a toutefois été particulièrement
coûteux et a montré toute la difficulté de la
maitrise des coûts en cours de chantier. La
gestion du marché divisé en plusieurs lots a
également été complexe et a entrainé des
retards dans la mise en œuvre.
Le rez-de-chaussée et le premier étage
accueillent deux logements dotés de deux
chambres (surface de 88 m²) avec accès à
un grand jardin privé. Le troisième logement,
un duplex de 143 m², est conçu pour une
famille nombreuse. La partie nuit comprend
trois chambres, tandis que la partie jour,
répartie sur deux niveaux, s’ouvre sur une
toiture terrasse, offrant un espace extérieur
privé et lumineux.
Financement : SPW rénovation urbaine
- Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2005 à 2008
Cout total de l’opération (TVAC) :
550.000 €
Acquisition : 63.000 €
Nombre de logements : 3
Auteur de projet : GÉ Lantair –
Entreprises : COP & PORTIER SA
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
115
2.3.2. PROJET : RUE SAINT-LÉONARD 44
Réhabilitation d’un immeuble en entrée de
quartier avec suppression d’un commerce,
de panneaux publicitaires et végétalisation
d’une façade
Présentation – spécificités :
Cet immeuble de commerce insalubre
a fait l’objet d’une rénovation lourde
pour accueillir deux logements duplex
de trois chambres à haute performance
énergétique. Cette transformation s’inscrit
dans une démarche de revitalisation d’un
quartier, mettant l’accent sur la durabilité
et l’amélioration du cadre de vie. Une
attention particulière a été portée au pignon
du bâtiment, qui marque l’entrée de la
rue Saint-Léonard. Cette façade, visible
depuis l’Esplanade, et défigurée par la
présence de deux panneaux publicitaires
existant depuis des dizaines d’années, a
été entièrement repensée pour devenir
un élément emblématique. Les panneaux
enlevés, de nouvelles baies ont été créées
pour améliorer l’esthétique et la luminosité
intérieure, tandis qu’une structure a été
installée pour permettre l’épanouissement
de plantes grimpantes, transformant le
pignon en une véritable façade végétalisée.
Le commerce, inoccupé, de petite taille et
dès lors inadapté aux standards actuels,
a été supprimé pour faciliter l’accès aux
étages du bâtiment. Cet aménagement
souligne l’entrée du quartier et renforce son
identité visuelle. Les travaux ont inclus la
démolition des annexes délabrées, suivie
de la reconstruction partielle d’une nouvelle
structure sur une profondeur d’environ 4
mètres. Le bâtiment principal de quatre
niveaux a été entièrement rénové, offrant
des espaces modernes et fonctionnels.
Les deux duplex disposent chacun d’un
espace extérieur privatif : un jardin de
ville au rez-de-chaussée pour le premier
logement et une terrasse aménagée sur
la toiture de l’annexe pour le second. Les
surfaces extérieures ont été verdurisées,
renforçant l’aspect écologique et convivial
de l’aménagement. Le chantier a été
particulièrement complexe et couteux en
raison de l’état du bâtiment d’une part, et
du souhait de conserver la partie avant de
l’immeuble et de reconstruire une annexe à
l’arrière d’autre part. La taille des logements
créés (3 chambres) a également sa part
de responsabilité dans le montant élevé
des travaux. Une analyse des dépenses
par logement indique qu’une démolition
et reconstruction complète de l’immeuble
aurait été plus judicieuse dans le cas
présent. L’identité architecturale aurait par
ailleurs pu être davantage présente dans un
projet de ce type qui aurait été justifiée par
le lieu de l’opération.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2013 à février
2015
Cout total de l’opération (TVAC) :
798.000 €
Acquisition : 174.000 €
Nombre de logements : 2
Auteur de projet : F&P Architectes –
Entreprises : DS. Stoffels SPRL
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
116
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.3. PROJET : RUE DES ARMURIERS 29 - 33
Réaffectation d’un ancien commissariat de
police en logements unifamiliaux de grande
taille avec cours et jardins privatifs -
partenariat avec la SLSP La Maison liégeoise
Présentation – spécificités :
La spécificité de ce projet réside dans la
transformation en logements d’un ensemble
de bâtiments, appartenant la Ville de Liège,
et affectés jusqu’en 2001 à un commissariat
de police et une consultation ONE.
Le projet s’inscrit dans le cadre de la
rénovation urbaine du quartier Saint-
Léonard et poursuit les objectifs
suivants : curetage des intérieurs d’îlot,
création de jardins privatifs, lutte contre
l’imperméabilisation des sols, amélioration
de la qualité du bâti et accroissement de la
mixité sociale.
L’ensemble des bâtiments rénovés offre
4 logements unifamiliaux aux espaces
généreux.
Deux logements (1 et 2) ont été réalisés
en façade de la rue des Armuriers. Les
deux autres (3 et 4) ont pris place dans les
bâtiments situés en second rang, et dont
l’accès se fait par une porte cochère, en
cheminant entre les cours.
Les caractéristiques des logements sont les
suivantes :
• le premier, d’une superficie de 153 m²,
comporte 4 chambres
• le deuxième, d’une superficie de 133 m²,
comporte 3 chambres
• le troisième, d’une superficie de 161 m²,
comporte 3 chambres
• le quatrième, d’une superficie de 130 m²,
comporte 3 chambres
Les logements disposent tous de locaux
de rangement et d’espaces extérieurs.
Des annexes ont en effet été démolies
afin de dégager des surfaces de jardins.
Ces démolitions visent à améliorer
l’ensoleillement, tant pour les nouveaux
occupants que pour le voisinage. La
réorganisation des espaces qui en découle,
a induit de multiples travaux, tels que la
pose de nouveaux poutrains-claveaux, de
chapes, de carrelage, de dallage extérieur,
et la réalisation de travaux d’égouttage
reliant les logements au réseau à rue
notamment.
117
La Ville de Liège a réalisé cette opération de
reconversion et de restructuration du bâti
en partenariat avec la Maison Liégeoise.
Elle a cédé en emphytéose (30 ans à 1
euro symbolique) la majeure partie des
bâtiments (logements 1, 2 et 3) et des jardins
à la Société de logements de services
publics, mais conserve la pleine propriété
et la gestion du logement créé en fond de
parcelle. Pour faciliter la mise en œuvre
de ce projet commun, une convention de
cession de maîtrise d’ouvrage a été conclue
entre les partenaires. La Maison Liégeoise a
financé trois logements, mais le montage et
la mise en œuvre du dossier (les marchés
d’études et de travaux, et le suivi du
chantier) ont été pris en charge par le chef
de projet et le bureau d’étude du service du
logement de la Ville.
Les travaux ont été attribués à 6 entreprises
différentes. Ce nombre élevé de « lots »
a entraîné des difficultés au niveau de
la gestion du chantier. L’organisation
du planning d’intervention est en effet
complexe si certaines entreprises
n’interviennent pas dans les délais fixés. Le
lancement de marchés publics par « lots »
devrait, en principe, réduire les coût par
rapport à la désignation d’une entreprise
générale. Comme nous l’avons expliqué
dans la première partie du document, cette
affirmation est toutefois à nuancer si on
prend en compte les coûts indirects liés
aux difficultés rencontrées et aux retards
inévitables.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Le projet, qui a débuté en 2006, n’était pas
soumis à une réglementation aussi stricte
qu’aujourd’hui en matière énergétique.
Toutefois, une attention particulière a été
apportée afin d’intégrer à ces rénovations
lourdes une isolation aussi performante que
possible (toitures et certaines maçonneries
isolés et châssis double vitrage).
Financement du logement géré par la
régie foncière de la Ville : PFGV - Ville de
Liège
Financement des 3 logement gérés
par la Maison liégeoise : SPW ancrage
communal du logement – PFGV
Partenaire : SLSP La Maison Liégeoise
Réalisation des travaux : 2007 à 2010
Cout total de l’opération (TVAC) :
550.000 €
Acquisition : 0 € (propriété Ville) – Bail
emphytéotique d’une durée de 30 ans
au profit de la SLSP : 1 € / an
Nombre de logements : 4
Auteur de projet : AC & T – Entreprises :
Sanit-Chauffe & Toitures, Philippart
François, Fontaine & Fils, Jacobs & Sohn,
Bailly-Hardy, Apruzzese
Maitre de l’ouvrage (avec délégation
pour partie) : Maison liégeoise et Ville
de Liège
118
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.4. PROJET : RUE SAINT-LÉONARD 163
Rénovation d’un immeuble du 19ième
siècle dans un quartier au passé industriel
- maintien d’un commerce et création de
2 logements dans le cadre du projet SUN
(Sustainable Urban Neighbourhoods)
Présentation – spécificités :
Au-delà de la restauration en profondeur
d’un bâtiment dégradé, l’objectif de
l’action publique est de montrer à tous les
propriétaires qu’il est possible de se lancer
dans un ambitieux projet de rénovation et/
ou de transformation de leur patrimoine.
S’il est détérioré, il n’est pas perdu ! C’est ce
qu’entend démontrer ce projet.
Le numéro 163 de la rue Saint Léonard
est un bâtiment marquant dans la rue,
en raison de sa hauteur légèrement
supérieure à la moyenne d’une part, et par
ses cinq travées de baies d’autre part. Il
a été construit au milieu du 19ème siècle,
lors de la période d’industrialisation du
quartier qui a vu de nombreux habitants
et commerces s’implanter dans les rues
principales. L’immeuble était dans un état
de délabrement avancé et n’offrait que peu
de potentiel commercial. Afin de rendre le
rez-de-chaussée attrayant, l’intervention
propose une dé-densification de la parcelle :
les annexes situées à l’arrière sont détruites,
permettant un apport de lumière qualitatif
depuis l’intérieur de l’îlot et visible de la
rue. Un travail conséquent a également
été réalisé sur l’aspect des façades :
application d’un badigeon de teinte claire
pour rendre lisible l’opération depuis la
rue ; remaniement complet de la vitrine
du commerce et des châssis aux étages.
Un locataire (actuellement un céramiste
qui vend ses productions et organise des
ateliers) a été désigné dans le cadre d’un
appel à projet Créashop (voir point 1.5).
• la cellule commerciale offre une surface
de vente de 60 m² et une terrasse
extérieure de 17 m².
S’inscrivant dans le cadre du projet S.U.N.
(Sustainable Urban Neighbourhoods)
promouvant le développement durable,
l’opération devait répondre à des normes
énergétiques strictes. L’immeuble est
équipé d’une enveloppe isolante à haute
performance, d’un système de ventilation
double flux avec récupération de chaleur et
d’une étanchéité à l’air renforcée, validée
par des tests de performance.
Outre le commerce, l’immeuble rénové
accueille désormais :
• Un logement en duplex de trois
chambres de 110 m² avec terrasse
• Un logement d’une chambre de 50 m²
au dernier niveau.
Financement : PFGV - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2013 à 2014
Cout total de l’opération (TVAC) :
665.000 €
Acquisition : 125.000 €
Nombre de logements : 2 – commerce : 1
Auteur de projet : Olivier Fourneau
Architectes – Entreprises : G. & Y.
Liégeois
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
119
2.3.5. PROJET : RUE SAINT-LÉONARD 191
Démolition d’un immeuble commercial en
ruine dans la rue principale du quartier -
reconstruction d’un bâtiment comprenant
2 logements basse énergie avec jardin et
terrasse
Présentation – spécificités :
La décision de procéder à une démolition
complète du bâtiment suivie d’une
reconstruction neuve a été motivée par
l’exiguïté des espaces intérieurs de la
maison existante et par les problèmes
de stabilité résultant de transformations
antérieures non conformes sur le site.
Des fissures étaient visibles au niveau
de la façade et la maison menaçait de
s’effondrer.
Un commerce inoccupé de longue date était
présent au rez-de-chaussée de l’immeuble.
Le nombre de cellules vides étant important
dans le quartier, et notamment dans la
principale rue commerçante qu’est la rue
Saint Léonard, une réaffectation complète
de l’immeuble à la fonction résidentielles
a été décidée par la Ville sur avis de son
service du développement économique
et commercial. La cellule a donc été
supprimée. Notons par ailleurs que la petite
taille de la cellule réduisait son potentiel
économique.
Le nouveau bâtiment accueille :
• un duplex de trois chambres (105 m²)
basse énergie avec un jardin privatif de
100 m² au rez-de-chaussée (grâce à
la démolition des annexes en intérieur
d’îlot)
• un duplex de deux chambres (105 m²)
basse énergie avec une terrasse
privative à l’arrière (étages supérieurs)
Les résidents bénéficient également
d’espaces communs pratiques, tels que des
parkings couverts pour vélos.
Les deux premiers niveaux de la façade
avant sont habillés de briques émaillées
dans des nuances variées de vert, en rappel
des matériaux présents dans la rue. Ce
revêtement et une architecture résolument
contemporaine donnent au bâtiment
une identité visuelle qui participe à la
revalorisation de l’image du quartier.
Un mur mitoyen est végétalisé à l’intérieur
de la cour, ajoutant une touche de verdure
et contribuant à l’intégration écologique du
projet.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2016 à 2018
Cout total de l’opération (TVAC) :
405.000 €
Acquisition : 90.000 €
Nombre de logements : 2
Auteur de projet : Atelier d’architecture
AIUD– Entreprises : RECO+ SPRL
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
120
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.6. PROJET : LES FORGES - RUE DES MARINIERS
- SQUARE DES PORTEFAIX
Assainissement et reconversion d’un ancien
site industriel pollué – construction de 22
logements unifamiliaux sociaux et moyens,
d’un commerce, d’une petite place et d’une
voirie
Présentation – spécificités :
Le site dit « des Forges », ancien terrain
industriel occupé par la FN (Fabrique
Nationale d’Armes), puis utilisé comme
dépôt militaire de la Défense nationale,
était devenu un véritable chancre urbain,
d’un demi-hectare, situé entre le quai de
Coronmeuse et la rue Saint-Léonard. Ce
nom a été choisi en mémoire de l’histoire
économique du quartier.
Le domaine, désaffecté, a été racheté par
la Ville de Liège en 1999. La spécificité de
cette opération réside dans la reconversion
en logements d’un terrain fortement
pollué. Parallèlement à ces travaux
d’assainissement, un concours d’idées a été
lancé en 2002 pour sélectionner le projet
rencontrant le mieux les objectifs du schéma
directeur de requalification du quartier.
Le projet retenu accueille 22 logements, un
commerce et une nouvelle place publique.
L’ensemble compte onze logements sociaux
et onze logements moyens qui s’organisent
de part et d’autre d’une nouvelle voirie
qui tisse des liens entre la Meuse et les
Coteaux de la citadelle. Un partenariat a
été établi avec la société de logements de
services publics La Maison Liégeoise pour la
gestion des logements sociaux. Les autres
appartements et maisons sont gérés par la
Régie foncière de la Ville.
Le projet propose une alternative à la
construction d’un « bloc anonyme » avec
un assemblage formé par 3 types de
logements différents répétés plusieurs fois
mais avec des déclinaisons différentes.
Il tente de répondre à l’évolution de la
structure familiale en proposant des
logements qui disposent tous du tronc
commun indispensable dans une entité
(cuisine séparée, salle à manger, salon, salle
d’eau), mais qui peuvent également profiter
d’une pièce en plus (située pour les maisons
au rez-de-chaussée de l’autre côté de la
rue), dont l’affectation est liée aux choix des
habitants : bureaux, réserve, hobby, chambre
complémentaire etc. Cette proposition était
séduisante, mais l’expérience montre que
les locataires ne se sont pas appropriés ces
espaces.
Le programme comprend des logements de :
• 3 chambres pour une superficie de 117 m²
• 2 chambres pour une superficie de 110 m²
L’aménagement du square (un « salon pour
les habitants » comme le définit l’auteur
de projet) présente un double objectif ;
interrompre la sensation d’enfermement,
l’effet « goulot » de la rue Saint Leonard
en apportant de la lumière, et affirmer
clairement par sa disposition en bordure
de rue, que cet espace de respiration est à
usage de tout le quartier et non à l’usage
exclusif des résidents du nouveau complexe.
Le commerce, situé du côté de la rue Saint-
Léonard, d’une superficie de 100 m² n’a pas
trouvé preneur et a finalement été loué à un
professionnel de la santé qui y a installé ses
activités.
121
La Ville de Liège a accepté pour ce projet
une architecture innovante, qui a d’ailleurs
reçu le grand prix d’architecture de Wallonie
en 2010. Certains « gestes » architecturaux,
certes esthétiques, peuvent toutefois
présenter de gros problèmes techniques
s’ils ne sont pas réalisés à la perfection.
Le pouvoir adjudicataire doit être vigilant
à cet égard lors du choix d’un projet. Ça
a été le cas malheureusement pour cette
opération. La pose de châssis affleurant
a, par exemple, entraîné des infiltrations
d’eau importantes dès les premières pluies.
On pourrait citer d’autres exemples où le
« beau geste » s’est fait au détriment d’une
utilisation qualitative de l’habitat par ses
occupants. Afin de remédier aux problèmes
techniques rencontrés, une procédure en
justice qui a duré de nombreuses années
(les protagonistes (auteur de projet et
entreprise) se rejetant la responsabilité des
défauts), a été nécessaire et coûteuse. Il
importe de tout faire pour éviter d’arriver à
une telle extrémité qui, in fine, nuit au bienêtre
des locataires. Il importe toutefois à la
Ville de faire valoir ses droits.
C’est une collaboration avec l’Université
de Liège, via le cours d’Architecture
et Empreintes sociétales, qui a donné
naissance au projet RacinAction (racine :
lieu-potager / action : agir activement).
Ce dernier a conduit, sur base d’analyses
et d’interviews, à la création d’une
scénographie et à l’aménagement des lieux.
Table pour semis, rangement, compost,
récoltes d’eau de pluie, abri, serre, bacs
individuels et mutualisés ont été construits
par les étudiants avec des matériaux de
récupération dans une démarche de « slow
mouvement », de durabilité et d’économies
de moyens.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Potager communautaire
Faisant partie du « site des Forges », et
propriété de la Régie foncière, le potager
communautaire des Forges est un terrain de
560 m² qui offre :
• un espace mutualisé/pédagogique :
bacs collectifs hors sol disposés en deux
modules de quatre bacs
• un espace commun : lieux de rencontres
et de convivialité
• un espace individuel : 24 bacs hors sol
pour la culture potagère
Un groupe de 12 à 15 potagistes a été
constitué pour le démarrage du projet (juin
2017). Le groupe, qui peut être élargi selon la
volonté de l’assemblée communautaire, est
intergénérationnel et comprend, en plus des
habitants, l’équipe d’animation du quartier
et l’école Morinval.
Financement : SPW Rénovation urbaine
- Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2008 à 2010
Cout total de l’opération (TVAC) :
5.064.000 € (avec dépollution)
Acquisition : 382.000 €
Nombre de logements : 22 –
commerce : 1
Partenaires : Slsp La maison Liégeoise
(convention pour la gestion de 11
logements sociaux) – pour le potager :
ULG - RacinAction
Auteur de projet : P. Blondel –
Entreprises : Louis Duchêne S.A.
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
122
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.7. SITE VIVEGNIS - PÔLE CULTUREL,
RÉSIDENTIEL, ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
En complément du schéma directeur, une
étude du bureau Pluris couvrant les coteaux
de la Citadelle et une partie du quartier Nord
(zone Vivegnis qui correspond à l’ancienne
implantation des charbonnages et d’une
brasserie désaffectée) a préconisé cinq
thématiques :
• le développement d’un centre d’art
contemporain ;
• la mise en place d’un pôle
communautaire regroupant l’associatif
local ;
• la création d’activités économiques
autour du centre d’art ;
• la construction de logements ;
• l’aménagement d’espaces récréatifs.
Différents projets ont été concrétisés pour
répondre à ces objectifs.
123
2.3.7.1. Projet : Vivegnis Housing -
Place Vivegnis 46
Construction d’un immeuble de 8
logements dont 3 sont affectés à des
résidences d’artistes en lien avec le Ravi
(Résidences-Ateliers Vivegnis), et d’un
commerce de 135 m² - démolitions de
baraquements sur un ancien site d’activité
lié à l’exploitation du charbon
Présentation – spécificités :
La Ville de Liège a acquis et assaini une
parcelle de 420 m² après démolition de
baraquements sur un ancien site industriel
(charbonnage). Le prix d’achat, peu élevé
(27.100 €), était directement lié à l’état des
lieux et à la pollution du terrain. Suite au
lancement d’un concours d’architecture, un
immeuble comprenant 8 logements et une
surface commerciale a ainsi été construit
à proximité immédiate du projet RAVI
(Résidences-Ateliers Vivegnis International),
renforçant le dynamisme culturel et
résidentiel du quartier. La particularité de
ce projet réside en effet dans l’affection de
3 logements situés au premier étage de
l’immeuble en « résidences d’artistes » louées
par la régie foncière au RAVI, lui-même géré
par le département culture de la Ville de
Liège.
Les logements disposent de caves
individuelles et d’un local réservé aux
poubelles, aux vélos et aux poussettes. Des
places de parking couvertes ont par ailleurs
été aménagées au sein du bâtiment (côté
voies ferrées). Notons que les auteurs de
projet ont été particulièrement attentifs à
l’isolation tant acoustique que thermique du
bâtiment.
Une surface commerciale de 135 m²
(complétée par un patio de 28m²)
initialement destinée à accueillir un HORECA
a été aménagée au rez-de-chaussée.
Ne trouvant pas preneur, la cellule est
finalement occupée par une bibliothèque
communale qui devait quitter son ancienne
implantation.
Le bâtiment est un véritable « phare » urbain
dans le site ou il renforce la délimitation
Est de la place Vivegnis et contribue à sa
nouvelle identité.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La nouveau bâtiment, construit sur 3 étages,
comprend :
• au 1 er étage : deux appartements 2
chambres d’une superficie de 75 m² avec
terrasse de 12 m², et un appartement 1
chambre d’une superficie de 75 m² avec
une terrasse de 12 m²
• au 2 ème étage : deux appartements 2
chambres d’une superficie de 75 m² avec
terrasse de 12 m² , et un appartement 2
chambres d’une superficie de 78 m² avec
une terrasse de 10 m²
• au 3 ème étage : un appartement 4
chambres d’une superficie de 120 m² avec
terrasse de 12 m² , et un appartement
3 chambres d’une superficie de 120 m²
avec terrasse de 16 m².
Financement : SPW rénovation urbaine
- PFGV - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2008 à 2010
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.444.500 €
Acquisition : 27.100 €
Nombre de logements : 8
Auteur de projet : Urban Platform –
Entreprises : T-Palm
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
D’autres projets ont été développés sur le
site Vivegnis directement ou indirectement
par la Ville de Liège et sa régie foncière.
124
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.7.2. Projet : La Brasserie Haecht -
Rue de la Brasserie, 6 – rue Vivegnis 253
Transformation d’une ancienne brasserie en
espaces d’équipements communautaires.
L’ancienne brasserie Haecht, un des
monuments emblématiques du quartier, a
été restaurée en partie par la SORASI (en
1995) et finalisée par la Ville de Liège au
début des années 2000. Cette dernière a
mené une réflexion sur son aménagement
et les fonctions qui y prendront place.
La Coordination Générale Saint-Léonard
(CGSL), l’ONE, le Service d’Actions Sociales
(SAS), Smartbe et l’Asbl 251 Nord sont
présents dans le bâtiment. Au rezde-chaussée,
une salle polyvalente et
une salle de réunion peuvent accueillir
les associations du quartier et des
manifestations d’ordre culturel ou social.
Les 3 e et 4 e étages hébergent des ateliers
de production artistiques. Les abords de la
Brasserie ont quant à eux été aménagés, en
2012, avec du mobilier urbain et une plaine
de jeux.
Auteur de projet : P. FERONT
Entreprise : COP & PORTIER SA
Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –
Département des Travaux.
Montant final travaux : 500 000 €
Financement : Plan Fédéral des
Grandes Villes l Date de réalisation :
2006
125
2.3.7.3. Projet : L’Espace Entreprise Vivegnis
– Rue de la Brasserie, 8
L’Espace Entreprise Vivegnis développé
par la SPI+ permet d’accueillir une dizaine
d’activités « débutantes » dans ses locaux et
ateliers. Ce bâtiment comprend 10 bureaux
meublés de 20 à 30 m², 4 ateliers de 80 à
100 m², une salle de réunion mutualisée de
35 m² et un réfectoire.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Auteur de projet : Atelier d’architecture
Alain RICHARD
Entreprise : Corman-Halleux G. & Fils SPRL
Maitre d’Ouvrage : SPI+ l Montant final
travaux : 1 179 000 €
Financement : Région wallonne
Date de réalisation : 2008
126
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.7.4. Projet : La Place Vivegnis
Autrefois liée à un arrêt ferroviaire fermé
en 1984, la place constitue l’espace public
du pôle Vivegnis. Son réaménagement
se base sur un choix parcimonieux et
pérenne des matériaux mis en œuvre en
incluant le végétal. L’équipement de cet
espace (fontaine à eau, bancs, tables,
emplacements vélos, …) permet diverses
appropriations par les citoyens.
Auteur de projet : Atelier d’architecture
Alain RICHARD
Entreprise : S.A.C.E
Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –
Département des Travaux
Montant final travaux : 725 000 €
Financement : Région wallonne et Ville
de Liège
Date de réalisation : 2011
127
2.3.7.5. Projet : La Passerelle
cyclo-pédestre Vivegnis
L’implantation d’une passerelle cyclopédestre
reliant la place Vivegnis à
l’impasse Macors, en surplombant la voie
ferrée, répond à une demande forte de la
population du quartier Saint-Léonard. Le
financement de cette infrastructure
inaugurée en 2020, suite au lancement
d’un concours d’architecture, a été rendu
possible grâce à la reconnaissance d’un
périmètre de revitalisation urbaine par la
Wallonie (partenariat public-privé entre la
Ville de Liège et les « Zurbains » - voir cidessous).
Cette passerelle (située à hauteur
de l’ancienne gare de Vivegnis) permet
de reconnecter les habitants aux vastes
espaces verts des Coteaux de la citadelle
tout en favorisant la mobilité douce et
l’accessibilité inter-quartier.
D’un point de vue technique, la structure
principale (30 mètres de long sur 3 mètres
de large) se compose d’un tablier en acier
qui repose, d’un côté de la voie ferrée, sur
un mur de soutènement existant, et de
l’autre, sur une imposante cage en bois de
12 mètres de hauteur. Ce dernier dispositif
intègre une rampe, des escaliers et des
zones de repos, le tout conçu dans une
logique de durabilité et de confort pour
les usagers. Préfabriquée en atelier pour
garantir une haute précision d’exécution,
la structure métallique a été acheminée et
posée sur site en une seule nuit.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Au-delà de son rôle utilitaire, la passerelle
officiellement baptisée « Léon Tchinis »,
constitue également un marqueur
identitaire fort du quartier. Son nom rend
hommage à un personnage folklorique du
carnaval du quartier Nord.
En outre, les abords de la passerelle ont été
aménagés de manière conviviale, intégrant
des plantations afin de créer un espace
accueillant et vivant pour les riverains.
Auteur de projet : Atelier d’architecture
Alain RICHARD
Entreprise : Serbi SA, Stabilame, Techno
Métal Industie
Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –
Département des Travaux et Service du
Logement et Régie foncière
Montant final travaux : 1.500.000 €
Financement : Revitalisation urbaine,
SPW et Ville de Liège (régie foncière)
Date de réalisation : 2019-2020
128
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.7.6. Projet : Les RAVI - Place Vivegnis 36
Le projet « Résidences-Ateliers Vivegnis
International » (RAVI) permet à des artistes
du monde entier de poser leur candidature
pour profiter, durant une période de 6 mois
à un an, d’ateliers situés dans un ancien
bâtiment industriel rénové au cœur du pôle
culturel Vivegnis. Ces créateurs bénéficient
aussi d’une bourse, d’outils de diffusions
de leur travail (site internet, publications,
expositions…) et d’un logement (Vivegnis
Housing). Une personne-ressource veille
par ailleurs au bon déroulement du séjour,
et propose des rencontres avec d’autres
créateurs. La gestion quotidienne est
assurée par une équipe de coordination
attachée à la Ville de Liège. Parmi les
missions des RAVI figure également le
développement d’un programme de
mobilité et d’échanges pour les créateurs
de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Avec
ce projet, la Ville de Liège souhaite aider les
artistes à développer leur pratique mais
aussi les appeler à s’engager dans des
débats sociétaux et à composer avec les
éléments de leur environnement. La vocation
de cet outil est de servir un rayonnement qui
articule le local à l’international.
Auteur de projet : AUID SPRL
Maitre d’Ouvrage : Ethias
Montant des travaux : 700.000 €
Gestion : Ville de Liège qui loue les
locaux : 2013
129
2.3.7.7. Projet : Les Zurbains - Projet
d’habitat groupé - Rue Vivegnis, 161 à 173
La régie foncière de la Ville était propriétaire
d’un terrain de 8.500 m² rue Vivegnis
161 à 173. Un collectif d’une vingtaine de
ménages a manifesté au début des années
2000 son intérêt pour acquérir ce bien
et y construire un ensemble cohérent de
quatre maisons, d’un loft, de dix duplex et
de treize appartements, autour d’un parc
commun de 4 800 m² et de parkings (13
voitures, 60 vélos). Cet habitat groupé,
multigénérationnel, visait à créer des
logements accessibles financièrement,
tout en construisant dans le respect
du développement durable (basse
consommation en énergie, ossature bois,
chauffage collectif à pellets, citerne d’eau
de pluie, empreinte écologique faible, etc.).
« Les Zurbains « se sont réunis à de très
nombreuses reprises pour coconstruire
ce projet participatif et permettre à
chacun de s’exprimer sur ses besoins et de
proposer ses idées. De l’aveu même des
copropriétaires, le chemin, pour concrétiser
ce qui constitue le plus grand projet
d’habitat groupé de Wallonie, a été long et
semé d’embûches, nécessitant compromis,
écoute et patience.
Le collectif des Zurbains et la Ville de Liège
ont déposé une convention de partenariat
public-privé en vue de la reconnaissance
d’un périmètre de revitalisation urbaine
auprès de la Wallonie. L’approbation de
cette candidature par le Gouvernement
wallon a permis d’obtenir des subsides pour
financer l’aménagement des trottoirs le long
des nouvelles constructions et la passerelle
cyclo-pédestre de le place Vivegnis.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Auteur de projet : J-M SCHEPERS
Maitre d’Ouvrage : Les Zurbains
Financement : privé
Date de réalisation : 2011
Projet revitalisation urbaine avec la Ville
de Liège
130
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.7.8. Projet : La Maison du Créahm – rue
Vivegnis 251
La régie foncière de la Ville de Liège a cédé
en bail emphytéotique à l’euro symbolique
et pour une durée de 27 ans à La Maison du
Créahm, un terrain d’une contenance de
1425 m² situé entre la rue Vivegnis et la rue
des Haveurs. Cette association y a construit
en 2020 un centre d’accueil et de formation
pour handicapés mentaux. La finalité sociale
et culturelle du projet s’inscrit en parfaite
harmonie avec l’activité culturelle existante
dans le quartier. Le bâtiment comprend
une salle de théâtre avec une salle de
danse (150 m²), un atelier cirque et une
grande salle pour la peinture, le dessin et
la sculpture monumentale. Les nouveaux
ateliers accueillent environ 50 personnes
par jour dans des locaux mieux adaptés à
leur handicap que sur le Quai Saint-Léonard
(précédente localisation).
Auteur de projet : Charles Vandenhove
Maitre d’Ouvrage : La Maison du
Créahm asbl
Financement : privé
Date de réalisation : 2020
Terrain Ville de Liège (emphytéose – 1 €)
131
2.3.8. PROJET : RUE PIED DU THIER-À-LIÈGE, 15, 17, 19
Démolition de plusieurs petites maisons en
ruine à l’entrée du quartier Saint-Léonard
- construction d’un ensemble de six
logements très basse énergie avec jardin
privatifs - maintien d’un cheminement
ancien à travers la parcelle
Présentation – spécificités :
La rue Pied du Thier-à -Liege, véritable porte
d’entrée du quartier Saint-Léonard, était
défigurée par plusieurs ruines menaçant la
sécurité des riverains. La Régie foncière a
dès lors acquis, par expropriation, l’ensemble
des biens à un prix peu élevé (6.000 €), et a
procédé à leur démolition répondant ainsi à
plusieurs objectifs du schéma directeur. La
qualité architecturale du nouveau projet a
donné une image de modernité à cet accès
important au quartier. L’opération joue par
ailleurs un rôle clé en articulant deux types
de voiries (un axe principal et une impasse),
et deux typologies d’habitat (des maisons
hautes et jointives d’un côté, et un habitat
modeste et discontinu de l’autre). Une
attention particulière a été portée au raccord
avec les bâtiments voisins (n°13 et n°29).
Le nouvel ensemble comprend :
• 3 appartement 2 chambres
• 1 appartement 3 chambres
• 2 maisons 2 chambres
Les façades arrières, colorées, apportent
de la convivialité aux espaces extérieurs.
Les enfants, en plus de ces lieux de détente,
bénéficient également d’une plaine de jeux
située de l’autre côté de la voirie en pied de
colline.
Notons, que lors des travaux, les services
de la Ville ont été confrontés à la présence
de « Renouées du Japon » sur les terrains.
Il s’agit d’une plante invasive dont les
racines peuvent atteindre jusqu’à 6 mètres
de profondeur. La présence du talus du
chemin de fer en fond de parcelle n’est pas
étrangère à la prolifération de cette dernière.
Une intervention lourde et couteuse (plus
de 30.000 €), a été nécessaire pour enlever
les résidus et les mettre sous bâche dans
un centre spécialisé. Sans intervention de
la SNCB sur ses propres talus, ces travaux
d’assainissement seront malheureusement
peut-être inutiles.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Une autre particularité de cette opération
réside dans la création de 6 logements très
basse énergie. Chacun d’eux dispose d’une
isolation performante, d’une ventilation
double-flux, et est équipé d’un poêle à
pellets qui assure le chauffage de toutes
les pièces de vie. Le projet s’inscrit dans une
démarche durable et innovante.
Les nouvelles constructions disposent
d’un espace extérieur privatif : jardin ou
terrasse. Ces espaces sont complétés
par un jardin partagé qui offre un cadre
de vie verdoyant aux locataires. Il facilite
par ailleurs les contacts et les interactions
entre les habitants. Le rez-de-chaussée
comprend un espace couvert pour les vélos
et les poussettes autour de la zone d’entrée,
permettant aux résidents de se rencontrer,
bricoler, entretenir leurs équipements et
échanger. Une zone de stationnement de six
places pour véhicules motorisés est prévue
en lien direct avec des caves individuelles
suffisamment vastes pour stocker les
réserves de pellets. Des locaux techniques
sont également prévus pour la gestion du tri
sélectif.
Financement : PFGV - SPW Rénovation
urbaine - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2015 à 2017
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.466.000 €
Acquisition : 11 500 € (partie SNCB) - 6
000 € (expropriation des 3 maisons en
ruine)
Nombre de logements : 6
Auteur de projet : Atelier d’Architecture
A. Richard
Entreprises : DS. Stoffels SPRL
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
132
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.9. PROJET : RUE MORINVAL, 74-76 –
PARC DES QUATRE TOURETTES
Construction d’un immeuble de 16
appartements à haute performance
énergétique dont 8 ont été acquis par la
Ville de Liège dans le cadre d’un partenariat
public-privé (marché de promotion) -
aménagement d’un parc public et d’une
plaine de jeux à destination des habitants
du quartier et des élèves de l’école
communale de Morinval
Présentation – spécificités :
A l’angle de la rue Morinval et de la rue des
Steppes, une friche urbaine, localisée à côté
du château dit « des Quatre Tourettes », était
occupée par des garages délabrés et une
parcelle arborée laissée à l’abandon. La Ville
de Liège a négocié avec les propriétaires
pour racheter et revaloriser l’ensemble du site
d’une superficie de 3.250 m². Grâce au soutien
de plusieurs pouvoirs subsidiant, un immeuble
à appartement, un parc public, une plaine de
jeux, et un aménagement sécurisé des abords
de l’école Morinval ont vu le jour.
Pour faire face au manque de logements
de qualité sur son territoire, la Ville de Liège
mobilise tous les mécanismes existants, et
valorise ses ressources foncières dans le
cadre de partenariats avec le privé. Suite au
lancement d’un marché de Promotion, la Ville
a ainsi pu développer un projet plus ambitieux
tout en assurant de la mixité sociale. Les 16
logements crées sont en effet destinés autant
à la location qu’à la vente, et ont des tailles
variées. Le risque financier est partagé, et le
préfinancement de l’opération est à charge
du promoteur. Comme prévu dans le cahier
des charges, la Ville a acquis 8 logements à la
réception définitive du chantier.
L’immeuble de 3 étages est conçu en
« basse énergie ». L’isolation performante,
la ventilation mécanique contrôlée avec
récupération de chaleur, la chaudière à
condensation au gaz centralisée font que le
bâtiment est énergétiquement très efficace.
La résidence acquise par la Ville comprend :
• 2 appartements 1 chambre de 67 m²
• 4 appartements 2 chambres de 78 m²
• 2 appartements 3 chambres de 105 m²
Les logements sont équipés d’une terrasse
de 10 m², d’un parking individuel et de locaux
vélos et poubelles situés sous l’immeuble,
partiellement construit sur pilotis. La Ville
étant sensible à la problématique des
Personnes à Mobilité Réduite (PMR), les deux
logements du rez-de-chaussée ont été
adaptés en conséquence, dans le cadre
d’une collaboration avec le Service ACCESS+.
Une autre particularité du projet réside
dans l’aménagement d’un jardin public
arboré, formant une esplanade près de
la rue, ce qui modifie la délimitation des
cours de récréation de l’école communale
de Morinval. Ce réaménagement permet
de valoriser le parc existant du « Château
des Quatre Tourettes », situé au cœur
de l’îlot, et qui est désormais accessible
aux habitants du quartier. Afin de créer
une continuité visuelle avec le paysage
environnant, les murs élevés des cours
de récréation ont été remplacés par des
grilles. Notons qu’un espace spécifique est
aménagé pour l’infiltration des eaux de
pluie issues du nouvel immeuble, favorisant
le drainage naturel et le développement
de la biodiversité sur le site. Le projet
répond parfaitement aux objectifs de
lutte contre les îlots de chaleur urbain, et
l’imperméabilisation croissante des terrains.
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement et rénovation
urbaine - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2012 à 2015
Cout total de l’opération logements (8
acquis par la ville) (TVAC) : 1.176.000 €
Cout travaux espaces verts : 455.000 €
Acquisition : 200.000 €
Nombre de logements : 16 (dont 8
acquis par la Ville)
Bouwteam : auteur de projet : A.
Lacomble – promoteur : T-Palm
Auteur de projet espaces verts :
Virginie PIGEON et Sebastien OCHEJ –
Entreprises : ELOY et KLINKELS
Procédure : marché de promotion
133
2.3.10. PROJET : ECO-RÉSIDENCE -
QUAI DE CORONMEUSE 44
Construction d’une eco-résidence de 11
logements passifs dans le cadre d’un
partenariat public-privé (marché de
promotion) sur un ancien site d’activité
industriel
Présentation – spécificités :
La création de logements à l’angle de la rue
des Mariniers et du quai de Coronmeuse, qui
s’inscrit dans le programme de rénovation
urbaine du quartier Nord/Saint-Léonard,
visait, à cet endroit stratégique et fort visible,
la construction d’un nouvel immeuble en
suture du tissu urbain, après dépollution
d’un ancien site industriel. L’opération
participe à la revalorisation de l’image du
quartier grâce à la réalisation d’un projet
architectural original à proximité de la ligne
du tram. Cette réalisation prend place sur
un terrain de 850 m² dans le prolongement
du site dit « des Forges » (voir point 2.3.6)
comprenant 22 logements avec jardins
privatifs, potagers communautaires et
espaces publics.
La particularité de ce projet réside dans
le lancement par la Ville d’un « marché
de promotion » pour la conception, le
financement et la construction d’un
ensemble de 11 logements « passifs ou
équivalents ». 5 d’entre eux ont été acquis
par la régie foncière dans le cadre du
programme d’ancrage communal du
logement de la Wallonie, et 6 autres ont
été vendus par le promoteur. Déjà dotée
de nombreux logements basse énergie de
classe A, la régie foncière a acquis dans
le cadre de cette action ses 5 premiers
logements passifs (Q-ZEN – Quasi Zero
Energie). Ces habitations se distinguent par
un coefficient d’isolation thermique global
K ≤ 20 (plus la valeur de K est basse, plus
l’isolation du bâtiment est performante),
et une consommation d’énergie primaire
particulièrement faible (Ew ≤ 30). Les besoins
nets en énergie par m² de plancher chauffé
et par an atteignent seulement 15 kWh.
Des panneaux photovoltaïques installés en
toiture complètent le dispositif de réduction
des charges locatives.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
134
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La partie de l’éco-résidence acquise par le
Ville (ensemble côté Meuse) comprend :
• 2 logements 1 chambre de 64 m²
adaptables PMR avec terrasse
• 2 logements 2 chambres de 85 m²
adaptables PMR avec terrasse
• 1 logement 3 chambres (triplex) de
108 m² avec terrasse et balcon
Notons que :
• les logements bénéficient d’un jardin
commun ensoleillé (bonne exposition
au sud)
• les toitures sont végétalisées, de même
que les parterres et les jardinières,
répondant ainsi à l’objectif d’adaptation
des pratiques aux conséquences du
réchauffement climatique
• chaque appartement est pourvu d’une
buanderie et de deux espaces de
rangements extérieurs, en plus d’un
emplacement de parking et de l’accès
à un local vélo couvert.
Cette méthode répond aux besoins de
durabilité et de résistance, et fait jeu égal
avec d’autres matériaux comme le béton
ou l’acier. Le CLT donne la possibilité de
construire et de concevoir un projet en
laissant beaucoup de liberté à la créativité.
Découpés et pré-rainurés en usine, ces
panneaux, facilement recyclable, permettent
un assemblage rapide sur chantier. La
structure est alors isolée par la pose d’un
bardage en bois ou la pose d’un crépi.
D’un point de vue urbanistique, le projet
réussit une couture urbaine difficile en
tenant compte de l’existant. Le choix de la
proximité avec les logements construits
en 2010 rue des Mariniers résout la liaison
sans « dent creuse ». Dans la continuité des
logements des « Forges », la hauteur du
nouvel ensemble augmente d’un R+2 à un
R+4 en adéquation avec la hiérarchisation
des voiries.
La technique de construction en panneaux
de bois lamellé collé croisé (CLT ou Cross
Laminated Timber) a été conçue en 1999 par
TimberTeam, une société spécialisée dans
la fabrication de panneaux multicouches
entièrement constitués de bois d’épicéa
massif.
Financement : SPW ancrage communal
du logement - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2018 à 2020
Cout total de l’opération (TVAC) :
884.000 €
Acquisition des parcelles : 0 €
(propriétés Ville)
Nombre de logements : 11 dont 5 acquis
par la Ville dans le cadre d’un marché
de promotion
Bouwteam : auteur de projet : Bureau
Architecte et Paysagiste Ziane –
promoteur : Invest & Corporate SA et
G.Y. Liégeois
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
135
2.3.11. PROJET : COUR DU GÉNÉRAL POBLETE, 1 À 11
(ANCIENNEMENT RUE DONY, 24-32)
Curetage d’un intérieur d’îlot en vue de
la construction et de la rénovation de 10
maisons pour familles nombreuses et de
2 appartements - assainissement d’un
chancre composé d’un bâti hétéroclite -
création d’un espace collectif de rencontre
arboré - partenariat avec le FLW
Présentation – spécificités :
Dans les quartiers densément bâtis, les
intérieurs d’îlot sont souvent difficiles à
réaffecter. Ils nécessitent un patient travail
de « couture » et de restructuration du tissu
urbain. Le présent site d’une superficie
de 2.400 m² était abandonné depuis plus
de vingt ans, et posait régulièrement des
problèmes de nuisibles, d’insécurité et
d’insalubrité pour le voisinage, en raison
notamment de la présence d’une dizaine de
garages, de hangars et d’entrepôts.
La Ville de Liège a acquis la parcelle en
avril 2009, et en a cédé une partie en bail
emphytéotique au Fonds du Logement de
Wallonie (FLW) pour une durée de 60 ans
à l’euro symbolique. Ce partenariat avait
notamment pour objectif de concrétiser un
projet plus ambitieux, en mutualisant les
moyens financiers.
et de travaux conjoints entre la Ville de Liège
et le Fonds du logement de Wallonie. Ce type
de marché permet de réaliser des économies
d’échelle et de finaliser le chantier dans les
mêmes délais pour les deux opérateurs. La
livraison simultanée des biens permet aux
premiers locataires d’éviter les désagréments
liés aux travaux. La localisation du site
en intérieur d’îlot, limitant les possibilités
d’accès au chantier, a également incité les
partenaires à utiliser ce type de marché.
Notons que pour faciliter le suivi du chantier,
le FLW a délégué la maitrise d’ouvrage des
travaux au service du logement de la Ville.
La Politique Fédérale des Grandes Villes a
joué un rôle essentiel dans le montage du
projet en permettant l’acquisition du site, et
le financement d’une partie importante des
travaux. Les espaces publics ont été financés
par la Wallonie dans le cadre de l’article 44.
Le nouvel ensemble, dénommé « cour du
Général Poblete » en mémoire d’un Général
chilien exilé à Liège, est renforcée par un
espace collectif de rencontre. Celui-ci est
agrémenté de haies et d’arbres, muni de
bancs et pourvu d’un abri collectif pour vélo.
Visuellement, une des caractéristiques du
projet réside dans la pose, au niveau des
étages, d’un bardage vertical ajouré en
cèdre qui donne son caractère architectural
aux nouvelles constructions.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Le bâti existant a été démoli, et 12 logements
pour familles ont été construits ou rénovés
autour d’un espace semi-public par les partenaires.
Chaque unité d’habitation dispose
d’un petit jardin entouré d’une haie, et est
pourvu de larges ouvertures vitrées qui permettent
à la lumière de traverser le logement.
Les 6 logements financés par la Ville se
répartissent en 4 maisons de 3 chambres
(108 m²), et de 2 appartements de 2 chambres
(85 m²), dont un est adapté aux Personnes à
Mobilité Réduite.
Parmi les 6 maisons gérées par le FLW, 3
anciennes habitations mitoyennes ont fait
l’objet d’une rénovation. Elles disposent de 2,
4 et 5 chambres pour des superficies allant
de 97 à 173 m². Les 3 nouvelles constructions
(R+1) comprennent 3 chambres et ont des
superficies de 95 à 98 m².
D’un point de vue juridique, l’opération a été
menée dans le cadre de marchés de services
Financement : PFGV – SPW ancrage
communal du logement et article 44
espaces publics - Ville de Liège
Partenaire : Fonds du Logement de
Wallonie
Réalisation des travaux : 2014 à 2016
Acquisition du site : 480.000 €
Bail emphytéotique octroyé au FLW :
1 € (durée 60 ans)
Nombre de logements : 12
Auteur de projet : Atelier d’architecture
D. Delgoffe – Entreprises : Strabag S.A
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
136
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.12. PROJET : RUE VIVEGNIS, 217-219-221-223
Remplacement d’un ensemble de 4
maisons ouvrières fortement dégradées
par un nouvel immeuble de 7 appartements
avec terrasses privatives et d’un grand
espace collectif végétalisé - partenariat
avec l’asbl Centre de jour Créahm Liège
pour l’occupation de 2 logements par ses
bénéficiaires
Présentation – spécificités :
Dans le courant des années 2010, la Ville
de Liège a eu l’opportunité d’acquérir,
après négociation avec les propriétaires,
4 maisons ouvrières inoccupées et en très
mauvais état rue Vivegnis. Une analyse
de l’état sanitaire des biens a rapidement
conclu à la nécessité de démolir l’ensemble
du bâti. Une rénovation de l’existant
n’aurait pas permis de créer des logements
correspondant aux standard de confort et
de performance énergétique actuels. Cette
opération de démolition et de reconstruction
de 8 appartements basse énergie présentait
par ailleurs plusieurs intérêts (listés cidessous),
répondant tant aux objectifs
du schéma directeur du quartier, que de
la politique communale en matière de
logements :
• élimination d’immeubles squattés et
insalubres permettant d’améliorer la
sécurité des riverains.
• intervention sur 4 immeubles jointifs
permettant de reconstituer le tissu
urbain sur plusieurs dizaines de mètres
(grande visibilité du projet)
• construction d’un nouveau bâtiment au
même gabarit que l’immeuble voisin
(n°215 - deux fois plus élevé que les
maisons d’origine situées aux numéros
217 à 221), permettant de créer un
nombre plus élevé de logements et de
plus grande taille. Notons que la rue
Vivegnis est caractérisée par un bâti
existant peu homogène tant par la
composition architecturale des biens
que par leur gabarit.
Le programme initial comprenait 8
logements répartis comme suit : 1 logement 1
chambre de 63 m², 4 logements 2 chambres
de 86 à 97 m², 2 logements 3 chambres de
110 à 114 m² et 1 logement 4 chambres de
129 m².
En cours de chantier, l’asbl « Centre de
jour Créahm » a émis le souhait de louer
(pour une durée minimum de 9 ans) les
deux appartements du deuxième étage
pour y héberger ses bénéficiaires (7
personnes), et le duplex des troisième et
quatrième étages pour y loger l’éducateur
de référence. Pour faciliter la gestion de
ces habitations protégées, le projet a donc
été adapté en créant une ouverture entre
les deux appartements du deuxième étage
pour aménager un logement de 243 m²
composé de 7 chambres individuelles. Les
salles de bains et les WC ont également
été modifiés pour respecter les normes
imposées par l’AVIQ en terme de circulation.
Une convention de partenariat reprend ces
demandes, et fixe également les obligations
relatives à l’accompagnement éducatif qui
devra être permanent lors de la présence
des usagers.
Une autre spécificité du projet est le parti
pris architectural d’organiser le complexe
en 4 volumes (aux hauteurs régressives
pour s’intégrer au contexte existant), et
d’utiliser comme matériaux de parement
principal le zinc (de teinte gris naturel) et
l’acier galvanisé en rappel des constructions
participant au riche passé industriel du
quartier. L’immeuble voisin situé au n°225 est
précisément une construction industrielle
du milieu du 19° siècle qui accueille depuis
sa réhabilitation en 2013 le projet des RAVI
(Résidences-Ateliers Vivegnis International -
voir point 2.3.7.6).
Les briques de réemploi issues des
démolitions sont intégrées dans le projet.
Ce choix permet de répondre au critère
environnemental fixé par le pouvoir
subsidiant.
137
Les logements situés aux étages sont
accessibles par un ascenseur, et les deux
appartements du rez-de-chaussée sont
adaptés pour les Personnes à Mobilité
Réduite (PMR). Deux places de parking pour
voiture sont prévues à l’intérieur du bâtiment
et une troisième à l’extérieur, ce qui est
appréciable pour réduire la pression sur le
stationnement automobile dans le quartier.
Deux volumes indépendants, qui prennent
place parallèlement à la construction de
l’immeuble, ont par ailleurs la fonction d’abri
pour une vingtaine de vélos, et de local de tri
des déchets.
Dès la conception du projet, une attention
particulière a été portée à l’apport de lumière
naturelle dans les logements, à la création
de vues dégagées et d’espaces privatifs
extérieurs (terrasses, toitures végétales)
contigus aux lieux de vie. Les aménagements
du jardin collectif d’une superficie de 290 m²,
à l’arrière de la résidence, permettent aux
habitants de disposer d’un lieu arboré et
sécurisé pour les enfants.
Remarquons, pour terminer, que la
procédure choisie pour le marché de travaux
est une procédure ouverte de conception et
d’exécution de travaux, qui prévoit, à charge
du soumissionnaire, l’ensemble de la phase
d’exécution du projet : prestations d’auteur
de projet et réalisation des travaux, le
tout sur base du permis d’urbanisme obtenu
préalablement par la Ville. Le choix d’un
marché unique à prix global pour l’ensemble
de la phase de réalisation permet de
gagner du temps, et de réaliser les travaux
pour un montant global et forfaitaire (sauf
réels imprévus ou demandes du maître de
l’ouvrage).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : SPW PIV - PFGV -
Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2022 à 2025
Cout total de l’opération (TVAC) :
2.236..000 €
Acquisition : 232.000 €
Nombre de logements : 7 (reconversion
possible en 8 logements)
Auteur de projet : Service du Logement
(Ville de Liège)
Procédure : marché de conception et
d’exécution
Soumissionnaire : Chêne SA - Atelier
d’architecture Dany Lacomble
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
138
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.13. PROJET : RUE LAMBERT GRISARD, 1
Création d’une Maison de quartier après
rénovation d’un immeuble insalubre
Présentation – spécificités :
La Maison de quartier de Saint-Léonard,
autrefois en ruine, a été entièrement
transformée et rénovée pour devenir un lieu
central de rencontre, d’accueil et de services
à l’entrée du quartier. Localisée à l’angle des
rues Saint-Léonard et Lambert Grisard, elle
incarne la revitalisation de cette partie de
la Ville. Elle est un symbole de la rénovation
urbaine du quartier.
Au fil des années, la Maison de quartier a
accueilli de nombreux services destinés à
soutenir et redynamiser le quartier. Elle a
été le siège de formations préqualifiantes,
d’un espace dédié à la rénovation urbaine,
du programme RELIEF (relais local pour
le logement, l’insertion, l’emploi et la
formation), du Service d’Activités Citoyennes
de la régie de quartier (SAC), d’un Espace
Public Numérique (EPN), et d’activités visant
au développement économique local.
Chaque initiative a contribué à renforcer le
lien social et à améliorer la qualité de vie
des habitants.
Aujourd’hui, la Maison de quartier héberge :
• l’équipe de quartier du département
des services sociaux et de proximité
de la Ville de Liège : cette dernière
soutien diverses activités organisées
par les habitants et le monde associatif,
organise des stages pour les enfants,
un Cyber – Atelier SmartPhone, un
atelier d’écriture, ou encore, aide au
développement de projets citoyens
tel que la gestion d’un potager
communautaire
• un relais de l’emploi du FOREM : ce
service propose des conseils pour
réaliser des démarches administratives,
accompagne les citoyens dans
leurs démarches de recherche
d’emploi (CV, lettre de motivation...),
propose des offres d’emploi, des
informations sur les métiers, les
filières de formation, et des outils
pour rechercher activement un travail
Le bâtiment accueillait par ailleurs de
nombreuses réunions, dont celles de
la commission de rénovation urbaine
réunissant les forces vives du quartier.
Financement : PFGV – SPW rénovation
urbaine - Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2003-2004
Cout total de l’opération (TVAC) :
193.700 €
Acquisition : 67.000 €
Nombre de logements : 2
Auteur de projet : ARTerre, J-M Delhaye
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
139
2.3.14. PROJET : AMÉNAGEMENTS DE PLACES,
DE PROMENADES ET D’ESPACES VERTS DANS LE
CADRE DE LA RÉNOVATION URBAINE
Parmi les nombreux projets d’aménagement
des espaces publics, nous en retiendrons
deux, particulièrement emblématiques
des objectifs poursuivis par le projet de
rénovation urbaine du quartier, et financés
dans ce cadre précis. Ces projets ont été
gérés par le département des espaces
publics de la Ville de Liège.
Projet : esplanade Saint-Léonard
Ce projet a permis l’aménagement d’un
ensemble d’espaces s’étendant de la Meuse
au sommet de la colline de la Citadelle (au
total 6 ha).
La place des Déportés, aussi appelée
« Esplanade Saint-Léonard », fut occupée
de 1850 à 1982 par une prison où furent
enfermés durant la Seconde Guerre
mondiale des résistants et des opposants
politiques. Après démolition des bâtiments,
la place a été aménagée de manière
ouverte, dressant un trait d’union entre
les coteaux de la Citadelle et la Meuse. Ce
grand site urbain, ouvert et convivial, est
composé d’espaces verts et arborés, d’une
plaine de jeux, de terrains de sports et de
nombreux bancs publics. Elle est devenue un
lieu de rencontres, de détente, de loisirs, et
accueille régulièrement des manifestations
socioculturelles.
Projet : Les coteaux Vivegnis
La réhabilitation du site des Coteaux de
Vivegnis a permis l’aménagement de
chemins et la valorisation des éléments
paysagers. Ce projet de « Coteaux verts »
avait pour but de valoriser, aménager et
améliorer l’accessibilité de l’espace vert des
Coteaux de la Citadelle depuis le quartier
Saint-Léonard, en offrant ainsi un espace de
détente et de qualité aux habitants. Un des
objectifs poursuivi était d’inscrire le quartier
dans la promenade verte des Coteaux,
en valorisant et se réappropriant des
vestiges de l’ancienne occupation du site,
notamment le charbonnage du Banneux.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Auteur de projet : A. BAUMANS et A.
BEGUIN, A. RONDIA
Entreprise : AM Galère-Duchêne
Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège
Montant final travaux : 5 000 000 € TVAC
Financement : Rénovation urbaine et
Ville de Liège
Chantier : 1999 - 2001
Auteur de projet : B. HERBECQ
Entreprises : Lannoy R. SPRL, Gehlen R.
SA et SPRL Lemaire parcs et jardins
Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –
Département des Travaux.
Montant final travaux : 455.000 €
Financement : Espaces verts,
Rénovation urbaine et Ville de Liège
Date de réalisation : 2007
140
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.4. QUARTIER AMERCŒUR
Le quartier Amercœur a été reconnu
par la Wallonie comme périmètre
de rénovation urbaine en septembre
2020 pour une durée de 15 ans. Un droit
de préemption a également été accordé
dans le périmètre par arrêté ministériel en
septembre 2021.
L’analyse des atouts et des faiblesses du
territoire, et la rencontre de ses habitants
et usagers, ont permis de définir 4 objectifs
prioritaires (projet de quartier réalisé par le
bureau ERU Urbanisme de 2015 à 2018). Ils
sont déclinés en sous-objectifs.
• Renforcer l’identité et le sentiment
d’appartenance au quartier : soutenir
la création / le renforcement d’une
centralité locale - mettre en valeur le
patrimoine historique et architectural
- renforcer les dynamiques socioculturelles
- améliorer l’image du
quartier en requalifiant ses entrées
• Désenclaver Amercœur : améliorer les
connections inter-quartiers (entrées
de quartier) -améliorer les connections
intra-quartier (cheminements doux
en intérieurs d’îlots) - renforcer le
rayonnement du quartier
• Restaurer la continuité du bâti et
requalifier les îlots : valoriser les
opportunités foncières / reconstruction
des dents creuses - améliorer la
qualité du bâti - créer des logements
qualitatifs et équilibrer les fonctions -
appuyer la reconversion qualitative des
commerces en logements - requalifier
les intérieurs d’îlots
• Améliorer la qualité des espaces
publics : apaiser la pression automobile
et favoriser les cheminements doux -
mettre en valeur les espaces publics
liés aux bâtiments repères -aménager
des espaces de qualité pour un public
jeune - renforcer la propreté - créer
et requalifier des espaces collectifs -
végétaliser les rues et espaces collectifs
De ces objectifs ont émergé une succession
d’opérations, rassemblées en 6 pôles
géographiques et un pôle d’actions
ponctuelles. Les opérations et actions
prennent la forme de projets d’espace
public, de bâti (construction neuve,
réhabilitation, rehausse, etc.) accueillant
logements, équipements ou commerces, de
revitalisation économique et de cohésion
sociale.
141
2.4.1. PROJET : “PORTE D’ENTRÉE”
DU QUARTIER AMERCŒUR
Reconstruction des « dents creuses » à
l’angle des rues Amercœur, Basse-wez et
quai Bonnaparte – phase 1 : expropriation
pour cause d’utilité publique, préemption
et acquisition de parcelles et d’immeubles
par la régie foncière de la Ville de Liège
– suppression de chancres urbains
occupés par des panneaux publicitaires –
amélioration de l’image du quartier
Présentation – spécificités :
Comme dans la majorité des milieux urbain
denses, de nombreuses « dents creuses »
existent sur le territoire liégeois. On peut les
rencontrer dans des quartiers très divers et
les causes de leur existence sont multiples.
On peut définir une dent creuse comme
une parcelle ou un groupe de parcelles
non bâties insérées dans un tissu construit.
Ces espaces interstitiels apparaissent par
exemple lorsqu’un bâtiment est détruit et
qu’il n’est pas remplacé, laissant ainsi un
espace vide. Les dents creuses sont donc
généralement entourées de murs mitoyens
aveugles peu esthétiques et peu sécurisants.
Certaines d’entre elles dénaturent
énormément le paysage urbain notamment
en raison de leur forte visibilité lorsqu’elles
sont situées à l’angle de deux rues par
exemple. Elles contribuent à une très
forte déstructuration du tissu urbain, et leur
état ou leur occupation sont contraires
au bon aménagement des lieux (pignons
aveugles, panneaux publicitaires,
aménagements « verts » médiocres, dépôts
divers, état de friche et de ruine…).
Les enjeux de la reconstruction des dents
creuses, notamment en termes d’image, ont
conduit la Ville de Liège à s’y intéresser et à
réaliser des études pour tenter de combler
ces espaces peu qualitatifs.
des commerces, des transports en commun.
Il apparaît cependant que certains terrains
présentent une situation de blocage
complexe (d›ordre urbanistique, juridique,
foncier, technique ou économique) et
qu’elles ne seront pas comblées rapidement
sans une intervention volontariste des
pouvoirs publics (accompagnement des
propriétaires, incitants financiers, taxes, voire
expropriation et maîtrise publique).
Des inventaires réalisés dans le cadre
de ces travaux ont montré l’existence de
plusieurs dents creuses le long des quais
de la dérivation, à hauteur du quartier
d’Amercœur. Il s’agit de parcelles d’angles
sur lesquelles sont implantés de grands
panneaux publicitaires. Deux de ces parcelles
sont localisées en « entrée de quartier »,
face au pont venant d’Outremeuse, à
l’angle des rues d’Amercœur et Basse-Wez
pour l’une, et des rues d’Amercœur et quai
Bonaparte pour l’autre. Les bâtiments qui y
étaient présents ont été démolis lors de la
reconstruction du pont au début des années
1980, et de l’aménagement des quais et des
trémies. Ces terrains arborent aujourd’hui
des publicités non conformes d’un point de
vue urbanistique, et dont la rentabilité freine
le développement immobilier. La phase 2
des études développe divers scénarios de
reconstruction pour chacun de ces sites.
L’accès à Amercœur depuis le centre-ville
nécessite une reconfiguration profonde pour
retrouver son caractère d’entrée de quartier.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Comme l’indique l’une d’elles, la
reconstruction des dents creuses jouissant
d›une bonne localisation peut s’effectuer
spontanément par le privé du fait de la
dynamique du marché. Des promoteurs
s›y intéressent d›ailleurs souvent de près,
lorsqu’elles sont situées dans des quartiers
plus recherchés, plus proche des services,
L’action 1.1.1, retenue comme prioritaire dans
le programme de rénovation urbaine (PRU),
insiste sur le nécessaire dialogue entre les 2
angles : les opérations menées sur ces dents
creuses doivent être liées afin de renforcer
la cohérence architecturale et urbanistique
des constructions en portant une attention
particulière aux matériaux.
142
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La reconstruction de ces parcelles doit
par ailleurs intégrer une réflexion sur la
requalification et le réaménagement des
intérieurs d’îlots, d’un point de vue tant
urbanistique qu’en termes d’opportunités et
de faisabilité financière. Une perméabilité
piétonne au travers de ce nouveau bâti
serait à envisager vers des espaces publics
de convivialité aménagés en intérieur d’îlot
(création d’un passage en rez-de-chaussée
des nouvelles constructions).
En concordance avec l’action de
« consolidation de la continuité
commerciale » du PRU (action 1.3), la fonction
préconisée aux rez-de-chaussée est de
type commercial, tandis que les étages sont
consacrés au logement.
Le projet doit permettre de rendre
son caractère identitaire et offrir une
qualité paysagère à l’entrée du quartier
d’Amercœur. Il met un terme à la présence
des panneaux publicitaires et participe
à la restructuration du front bâti. La
Ville interviendra directement pour
la reconstruction ou fera appel à des
partenaires publics ou des acteurs privés
dans le cadre de marchés de promotion ou
d’appel à intérêts. La décision relative au
montage de l’opération sera prise une fois
les acquisitions réalisées. L’aménagement
d’un petit square verdurisé est également
envisagé temporairement.
différentes études. La Ville a activé en
octobre 2025, pour la première fois, son
droit de préemption en vue d’acquérir un
bien situé au n°5 de la rue d’Amercœur. Ce
droit de préemption dans le périmètre de
rénovation urbaine a été accordé par le
Gouvernement wallon en septembre 2021,
et permet à la Ville d’acquérir un bien par
priorité à tout autre personne lorsque le
propriétaire décide de vendre.
Il s’agit en outre dans le cas présent, comme
dans celui de toutes les dents creuses
inventoriées, de traduire sur le terrain
la volonté de l’autorité communale
de « reconstruire la Ville sur la Ville ».
Des opérations de reconstruction par
une architecture de qualité devraient
également améliorer l’image des quartiers
concernés et de la ville en général : dans
les sites en question, l’impact visuel d’une
reconstruction judicieusement pensée peut
être considérable.
Les dents creuses dont question étant la
propriété de sociétés privées actives dans
la publicité, le risque de voir ces espaces
non bâtis perdurer encore de nombreuses
années est élevé. Notons que la visibilité
des parcelles, et les milliers de véhicules
empruntant quotidiennement les voiries les
jouxtant, rendent l’exploitation des panneaux
publicitaires particulièrement rentable. Cette
rentabilité rendant tout développement
immobilier peu probable, un périmètre
d’expropriation a été approuvé par le
Conseil communal en février 2025 pour
cause d’utilité publique, et ainsi permettre
à la Ville de devenir maitre du foncier. Des
négociations sont également en cours en
vue d’acquérir plusieurs immeubles pour
agrandir la zone d’intervention, et mettre
en œuvre les projets proposés dans les
Financement : Ville de Liège / régie
foncière
Approbation Périmètre d’expropriation
(conseil communal) : février 2025
Approbation du droit de préemption
(arrêté ministériel) : 16 septembre 2021
Cout estimé des acquisitions (TVAC) :
700.000 €
Nombre de logements : en cours
d’étude – dépendra de la taille du site
qui sera pris en compte
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
143
2.4.2. PROJET : RÉAFFECTATION DE L’ANCIEN
MARCHÉ COUVERT D’AMERCŒUR
Poursuite de l’assainissement et de la
sécurisation d’un ancien site d’activités
économiques dont la réhabilitation a
été partiellement réalisée par le privé –
acquisition de parcelles par la régie foncière
de la Ville de Liège - sauvegarde d’un
bâtiment à haute valeur patrimoniale et
historique (ancien dépôt de la STIL - phase 1) -
création de logements, de commerces
de proximité, de locaux à vocation
communautaire et d’espaces verts publics
pour les habitants du quartier (phase 2)
Présentation – spécificités :
Les parcelles concernées par le
projet font partie d’un site plus vaste
anciennement occupé par le marché
couvert d’Amercœur, et localisé entre la
rue Frédéric Nyst et la voie ferrée reliant
Liège à Maastricht. Véritable institution
dans le quartier, le marché (brocante),
qui a attiré des milliers de visiteurs au
cours de ses 25 années d’activités, était
un lieu de rencontre important pour ses
habitants. Suite à sa fermeture dans les
années 2000 en raison de la baisse de
fréquentation des installations, la société
BNB a déposé un projet d’ensemble pour
la réhabilitation du site d’une superficie
totale de 14.000 m². Notons que de la fin du
19éme siècle au début des années 1980,
cet ilot a accueilli successivement le dépôt
de la société « Tramway Est-Ouest » fondée
en 1896 (trams à traction chevaline puis
électrique), la STIL (société des transports
intercommunaux de Liège – trolleybus puis
autobus) et enfin les TEC Liège-Verviers qui
ont désertés les lieux il y a un peu plus de 40
ans pour rejoindre le dépôt de Robermont
(regroupement des activités).
ces derniers. Le bâtiment qui hébergeait les
bureaux de la Stil, en entrée de parcelle, a
également été rénové et reconverti en une
vingtaine d’appartements par l’opérateur
privé. Le promoteur est toutefois tombé en
faillite au début de la décennie 2020 laissant
une partie du projet inachevée.
Vu les problèmes d’insécurité liés à
l’abandon de plusieurs biens (incendies,
squats, toxicomanie), la Ville de Liège
a décidé d’acquérir en 2022 (après
négociation avec le curateur de la société)
trois parcelles pour un montant de 450.000
euros. Cette décision a été motivée par
l’identification du site comme prioritaire
dans le schéma directeur du quartier.
L’action 6 de ce dernier lui est entièrement
consacrée et insiste sur l’importance de
finaliser le programme défini dans le permis
d’urbanisme dont question ci-dessus.
Il s’agit plus précisément :
• d’un bâtiment (1.456 m²) repris à
l’inventaire du patrimoine et accueillant
l’ancienne salle des fêtes de la STIL et
l’ancienne salle des machines (que
nous dénommerons « la Halle » dans la
suite du texte)
• d’un vaste terrain en friche (1.740 m²)
• d’un espace non affecté entre la rue
Frédéric Nyst et la Halle qui deviendra
un espace public de convivialité
(2.631 m²).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Un permis d’urbanisme, concerté avec la
Ville de Liège, a été délivré à l’investisseur
en 2014. Des hangars et des bâtiments ont
été démolis, et les immeubles présentant
un intérêt patrimonial ont été conservés en
vue d’une rénovation. Une grande surface
alimentaire de 1.400 m², un parking de 80
places, ainsi qu’une douzaine de logements
(dont 7 maisons) ont été construits entre les
années 2016 et 2020, à front de voiries pour
144
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
• La fiche projet retenue dans le cadre du
dossier de rénovation urbaine, propose
de sauvegarder « la Halle » et de prévoir
des affectations variées pour faire
revivre ce bâtiment emblématique du
quartier. La partie droite de l’immeuble
(dite salle des machines) pourra trouver
une affectation orientée vers une
activité commerciale (de type brasserie
artisanale vu le volume du bâtiment).
La partie de gauche (dite salle des
chaudières) deviendra un espace
orienté vers l’animation communautaire
du quartier. Les fonctions envisagées
sont une salle polyvalente à l’étage
(sport, cinéma de quartier, animation
culturelle), un restaurant solidaire
(alimentation locale et durable pour
tous), et une école de devoirs pour les
enfants du quartier.
La préservation et la mise en valeur de « la
Halle » est essentielle vu sa grande valeur
historique et patrimoniale, et répond à
l’objectif d’amélioration de l’image du
quartier. L’aménagement d’un espace
public de convivialité devant « la Halle »
permettra par ailleurs son appropriation par
les habitants, mais également sa mise en
valeur architecturale.
La concrétisation du programme global
nécessitera quant à elle l’obtention de
subsides régionaux (ou d’un autre niveau
de pouvoir), ou la recherche d’un partenaire
public ou privé. La mise en œuvre de
la deuxième phase du projet relative
à l’aménagement et l’équipement des
installations prendra donc certainement
plusieurs années avant de permettre un
accueil du public et des habitants du
quartier. Sur un plan technique, le bâtiment
aura toutefois été sauvegardé et sécurisé
permettant ainsi une réaffectation future
au lieu d’être voué à une démolition pure et
simple.
La première phase du projet consiste à
sauvegarder et sécuriser « la Halle » reprise
à l’inventaire du patrimoine, avant qu’elle
ne se dégrade davantage. Un marché de
travaux portant sur la « réhabilitation des
anciennes halles de la STIL » a ainsi été
lancé par la Ville en juin 2025. L’intervention
prévoit le remplacement des toitures et
des menuiseries extérieures, la restauration
des maçonneries de façade, la démolition
des annexes arrières inopportunes,
l’assainissement intérieur, la réfection de
la dalle de sol de la salle des machines,
le raccordement à l’égout public. Cette
opération est subsidiée dans le cadre de
l’enveloppe budgétaire accordée pour les
projets situés dans un périmètre de Site à
Réaménager de la Politique Intégrée de la
Ville (PIV-SAR).
Financement : SPW PIV - Ville de Liège
Réalisation des travaux pour
sauvegarder la halle : 2026-2027
Cout total de l’opération (sécurisation
et sauvegarde de la Halle - TVAC) :
3.400.000 €
Acquisition : 450.000 €
Programme : à définir
Auteur de projet : Architecture Lejeune
Giovanelli
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
2.5. REQUALIFICATION DE
LA PLAINE DE DROIXHE
La présentation du projet de requalification
de la cité sociale de Droixhe dans cette
publication, et qui concerne le renouveau
et la création de centaines de logements
publics et privés, est directement liée à
l’implication de la Ville de Liège dans sa mise
en œuvre depuis une vingtaine d’années.
Notons plus particulièrement la mobilisation
depuis l’année 2005 de plusieurs agents
du département du logement chargés de
la gestion de la Filiale Immobilière Publique
de Liège (FIP – société créée par la Régie
communale autonome de la Ville de Liège
la Slsp La maison liégeoise et ISoSL), dont
l’objet social est la conception et la mise
en œuvre du plan de requalification de la
plaine. Nous y reviendrons dans la suite
de la présentation. Même si les montants
sont modestes à l’échelle globale de
l’opération, notons que la Ville de Liège
a octroyé 1.500.000 euros à la FIP dans le
cadre du programme « Ville durable » de la
Politique Fédérale des Grandes Villes, pour
la création de logements. Elle a aussi réalisé
des travaux relatifs aux espaces publics et
à la mobilité. Mais elle a surtout joué un rôle
essentiel pour convaincre divers partenaires
publics (dont la Wallonie) de la nécessité de
reconstruire le quartier.
Comme nous le découvrirons, la
concrétisation de ce type d’opération
ne s’apparente pas à un long fleuve
tranquille, mais nécessite une phase
d’essais et d’erreurs avant de découvrir
la voie la mieux adaptée. Les difficultés
juridiques, techniques et financières sont
légion, et demandent aux équipes en charge
de la mise en œuvre, persévérance et
motivation au quotidien. La requalification
d’un tel site prend du temps, mais les
résultats engrangés, pas à pas, montrent
que les efforts ne sont pas vains, grâce à la
stabilité et la ténacité du personnel politique
et administratif impliqué. Les opérations de
rénovation urbaine quelles qu’elles soient,
de petite ou, comme dans le cas présent, de
grande taille, présentent les mêmes défis et
enjeux.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
145
146
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.1. CONTEXTE HISTORIQUE
Le quartier de Droixhe est un ensemble de
logements sociaux édifiés entre 1954 et
1976, suite à un concours d’architecture
remporté par le groupe EGAU (Etudes en
Groupe d’Architecture et d’Urbanisme).
Les immeubles à appartements construits
et gérés par la SLSP La Maison Liégeoise
sont implantés en bord de Meuse. Ces
tours reprennent les formes d’habitats
modernistes définies par Le Corbusier et
que l’on peut retrouver dans la Cité radieuse
de Marseille : l’habitat se réalise en hauteur
tandis que les espaces de terrains sont
libérés et dédiés à la vie collective et à
la nature. À l’époque de leur édification,
ces immeubles divisés par appartements
ont créé un style d’habitat et de cadre de
vie nouveaux pour la population, sur un
ancien terrain de manœuvre militaire d’une
vingtaine d’hectares jusqu’alors inoccupé.
Droixhe est construit comme une véritable
ville avec ses nombreux équipements
collectifs (école, crèche, commissariat de
police, église, bibliothèque communale,
salle des fêtes, cinéma, parc, plaine de
jeux, terrains de sport, etc.). L’homogénéité
urbanistique, la rigueur et la pureté des
objets architecturaux qui composent
l’ensemble font de Droixhe un cas unique
en Belgique au moment de sa réalisation.
En fin de construction, la plaine de Droixhe
représente un ensemble de 1.820 logements
répartis au sein de 15 bâtiments de tailles
et de hauteurs variables abritant environ
4.600 habitants. L’organisation du site et
l’importance des espaces verts incitaient
à la convivialité entre les habitants, et ce
malgré une architecture, qui en certains
points rompait avec les dimensions
humaines par son ampleur.
Notons que le projet initial prévoyait la
construction de 5 tours de 12 étages
avenue de la Croix-Rouge. Fin des années
1960, portée par le succès des premières
constructions, et poussée par la demande
forte de logements liée à la croissance
démographique, la Maison Liégeoise a
modifié la programmation, et a demandé
aux architectes de densifier le bâti, et
de porter à 21 le nombre d’étages de
ces immeubles, ce qui n’a pas été sans
conséquence sur l’équilibre global du projet.
147
2.5.2. CHANGEMENT DE POPULATION DU QUARTIER
Du fait de ses différentes qualités tant
fonctionnelles qu’esthétiques, le quartier fût
à son origine un lieu recherché notamment
par les employés ou les cadres moyens,
attirés par le type d’habitat proposé
(logements spacieux et lumineux) et les
conditions de vie en commun.
Toutefois, au début des années 1980, de
nouvelles dispositions légales vont changer
le mode d’attribution des logements et
favoriser l’accès à des personnes à faibles
revenus, qui deviennent petit à petit
majoritaires sur le site, entraînant le quartier
dans une spirale d’appauvrissement. Dans
les années 1990, Droixhe est devenu un
quartier à l’image dégradée :
• dont l’objectif initial de mixité sociale
disparaît, transformant la Cité radieuse
en un grand ensemble « ghetto » pour
une population défavorisée voire exclue
• dont les inactifs représentent près de
90% des habitants
• dont les bâtiments se dégradent
et rencontrent des problèmes de
maintenance et de propreté plus ou
moins importants
• dont le sentiment d’insécurité
des habitants s’accroît suite à
des problèmes d’incivilités et de
délinquance
En 1994, le Gouvernement wallon reconnaît
le quartier de Droixhe comme une Zone
d’Initiative Privilégiée (ZIP) de type 4, c’està-dire
une zone d’intervention prioritaire
comprenant une cité sociale à requalifier en
raison de problèmes sociaux graves et de
dégradations.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
148
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.3. ETUDE PROJENOR – CRÉATION DE LA SLSP
« ATLAS »
En 1996, la Région wallonne, la Ville de
Liège et la Maison Liégeoise confient à
la société lilloise PROJENOR la réalisation
d’une étude destinée à définir les stratégies
d’actions à mener pour requalifier le
quartier de Droixhe. Cette étude portait non
seulement sur la rénovation du bâti mais
également sur un remaniement complet
des lieux : amélioration des espaces publics,
modification du profil sociologique des
habitants vers plus de mixité, dédensification
du bâti. Clairement, la nécessité de changer
l’image du quartier ressortait de cette étude
qui concluait que « la cité est la résultante
dans l’ensemble d’un bon programme,
d’une bonne conception spatiale, mais que
l’essentiel des problèmes sont liés à la saleté
ambiante et au phénomène de densité des
immeubles avenue de la Croix-Rouge ».
Ainsi, le conseil communal de la Ville de
Liège approuve en 1998 les statuts de la
société de requalification Atlas chargée
de mettre en œuvre les propositions de la
société PROJENOR. A cette fin, la Maison
Liégeoise, propriétaire des lieux, cède à la
société ATLAS (SLSP) un droit de superficie
sur l’ensemble des biens immobiliers.
Les subventions allouées à l’époque se
révèlent insuffisantes pour réaménager
l’ensemble de la plaine. La réussite de
la requalification du quartier de Droixhe
nécessite inévitablement le développement
d’un projet global en partenariat avec des
investisseurs privés.
Par ailleurs, il apparaît que la société ATLAS
rencontre de graves problèmes de gestion
et que la forme juridique de la SLSP n’est
pas la plus appropriée pour développer un
partenariat public/privé. La société est donc
dissoute en 2006, et sera remplacée par
une structure répondant mieux à ce nouvel
objectif.
Se basant sur les estimations de l’étude
PROJENOR, le Gouvernement wallon octroie,
en 1999, une enveloppe financière de 43,4
millions d’euros à la société ATLAS. Ce
subside permet d’entamer en 2002 la
rénovation des immeubles du secteur
« Truffaut-Libération » dont le coût s’élève à
34 millions d’euros. Il s’agit d’une tour de 70
logements, de quatre tours de 61 logements
et d’une tour de 121 logements localisées en
front de Meuse.
Parallèlement, diverses études
architecturales sont menées dans l’idée de
dédensifier le site. L’option de l’arasement
des tours sises avenue de la Croix-Rouge
(cinq tours de 21 étages) est proposée, mais
le coût se révèle exorbitant. Ces tours sont
vidées progressivement de leurs occupants
et murées (660 logements).
149
2.5.4. ADOPTION D’UN PÉRIMÈTRE
DE REMEMBREMENT URBAIN
En conséquence, les réflexions menées
par la Ville de Liège et la Maison liégeoise
conduisent à l’adoption par le Gouvernement
wallon en décembre 2007 d’un « Périmètre
de Remembrement Urbain » (PRU - décret
du 1 er juin 2006 modifiant les articles 4, 111 et
127 du CWATUP) qui servira de cadre à tout
développement futur du quartier. Ce PRU
définit le programme qui devra être mis
en œuvre avec pour objectifs majeurs la
mixité des fonctions, la dédensification du
bâti, et une diversité de l’offre de logements
(collectifs/individuels, locatifs/acquisitifs,
rénovés/neufs, sociaux/ moyens, privés/
publics, accessibles PMR, etc.).
Notons que l’adoption du PRU (outil
opérationnel d’aménagement du territoire
et d’urbanisme) permet l’octroi de permis
pour divers actes et travaux en s’écartant
du plan de secteur, d’un plan communal
d’aménagement, d’un règlement communal
d’urbanisme ou d’un plan d’alignement.
Cette simplification administrative
permet ainsi d’entrer rapidement dans la
phase opérationnelle du projet, condition
nécessaire pour susciter l’intérêt des
investisseurs privés potentiels.
Le programme tel que repris dans le plan
masse se détaille comme suit :
• Projet A : Construction de 165 logements
publics-privés
• Projet B1 : Construction par
l’intercommunale ISOSL d’une maison
de repos d’une capacité d’accueil de
108 lits et de 15 places dans un centre
d’accueil de jour
• Projet B2-B3 : Projet privé – Rénovation
de deux tours avenue de la Croix-
Rouge en 100 résidences services et 170
appartements destinés à la location
• Projet C : Projet privé – aménagement
de 105 logements, espaces
économiques
• Projet D-E : Projet privé – construction
de 164 appartements et 61 maisons
unifamiliales
• Projet F-G : Rénovation des immeubles
Truffaut-Libération
• Projet H : Projet public-privé portant
sur la vente de 75 logements et la
rénovation de 76 logements sociaux
• Projet I : Projet public-privé portant
sur la vente de 36 logements et la
rénovation de 39 logements sociaux
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Soulignons que le plan masse donne des
orientations d’aménagement, et qu’il est
possible de s’en écarter si les conditions de
mise en œuvre l’exigent. Comme nous le
verrons ci-dessous, ce sera le cas pour la
majorité des projets.
150
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.5. CRÉATION DE L
FILIALE IMMOBILIÈRE PUBLIQUE DE LIÈGE
Afin de mettre en œuvre le plan de
requalification de la Plaine de Droixhe,
la Filiale Immobilière publique de Liège
(FIP), dont c’est précisément l’objet
social, a été constituée en juin 2006 par
la Régie Communale Autonome Liège
Développement (créée par la Ville de
Liège en 2005), l’Intercommunale de Soins
Spécialisés de Liège (ISOSL) et la SLSP La
Maison Liégeoise. Les missions de la FIP
portent sur l’exploitation du sol, à savoir la
rénovation ou la démolition des bâtiments,
l’aménagement des infrastructures,
l’aménagement des terrains en vue des
constructions, la gestion financière et
immobilière ; la promotion et la mise en
œuvre du plan de requalification ; étant
entendu que la société est constituée
uniquement de personnes morales de
droit public et ne réalise que des missions
d’intérêt général et d’utilité publique.
Pour atteindre ces objectifs, la Maison
Liégeoise a cédé à la Filiale Immobilière
publique un droit d’emphytéose sur
l’ensemble des logements publics de la
plaine de Droixhe pour une durée de 50 ans.
Sur le plan pratique, la FIP, qui a remplacé
la SLSP ATLAS, est gérée par des agents du
service du logement de la Ville de Liège
(une cheffe de bureau spécialisée dans
les matières juridiques et financières, un
agent technique en chef et un ouvrier), en
lien étroit avec la SLSP la Maison liégeoise
qui dispose d’un mandat de gestion pour la
location des logements publics rénovés ou
nouvellement construits. La Filiale perçoit
les loyers nets et le produit des ventes
éventuelles, tel que convenu dans le bail
emphytéotique conforme à la décision du
Gouvernement wallon. Ce dernier a octroyé
en 2006 une aide financière complémentaire
de 16 millions d’euros à la FIP pour atteindre
ses objectifs. La FIP assume également, en
contrepartie, le remboursement de la dette
historique liée à la construction du site
qui s’élève encore à l’époque à 27 millions
d’euros.
151
2.5.6. E CHEC DES PREMIERS APPELS À PARTENA-
RIATS AVEC LE PRIVÉ – DÉMOLITION DES TOURS
La mise en œuvre du programme de
requalification (PRU) nécessitait une phase
de dédensification du site. Celle-ci a débuté
en 2009 par la démolition des deux tours
de 132 logements situées aux extrémités
de l’avenue de la Croix-Rouge (voir plan
masse). Quatre autres immeubles, dont
ceux du secteur Chainaye-Micha (460
logements), ont également été démolis.
Cette phase de déconstruction, qui a
profondément modifié l’image du quartier,
s’est terminée en juin 2011.
Parallèlement à ces travaux, des appels à
partenariat publics-privés européens ont
été lancés par la FIP pour la réalisation des
différents projets. Cependant, nonobstant un
intérêt manifesté par le privé, aucun marché
n’a pu aboutir malgré, dans certains cas, le
partage des risques ou les efforts consentis
par le public (mise à disposition gratuite des
tours pendant 50 ans, non prise en charge
du coût du terrain par le promoteur, garantie
de prise de location des résidences services,
achat d’une partie des logements produits).
Des motifs d’ordre financier et technique
ont été évoqués pour expliquer l’absence
ou la non-conformité des offres déposées.
Relevons plus particulièrement :
• le nombre de logements trop important,
tant à la location, qu’à la vente, compte
tenu de la simultanéité des différents
projets
• la complexité ainsi que le coût trop
élevé de la refonte technique des 3
tours restantes de l’avenue de la Croix-
Rouge (investissements supérieurs à la
démolition/reconstruction)
• le contexte économique et financier
incertain suite à la crise de 2008
la participation financière du secteur public
jugée insuffisante par les acteurs privés
Les garanties exigées par les promoteurs
ne pouvaient, par ailleurs, pas être
rencontrées par les opérateurs publics :
rachat des logements en cas d’échec de la
commercialisation, vides locatifs assumés
par le public, etc.
S’il est apparu, après analyse des causes
de ces échecs, que le contexte économique
n’était pas propice pour le lancement d’un
projet aussi ambitieux, la réhabilitation des
trois tours de l’avenue de la Croix-Rouge
a également été pointée comme un frein
majeur à la requalification du quartier. Le
manque de propreté aux abords de ces
immeubles vides et dégradés entretenait
aussi l’image négative d’un quartier
paupérisé. Les diverses solutions envisagées
pour conserver les tours ayant échoué,
la FIP a été contrainte de procéder à leur
démolition (entre 2014 et 2015).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
152
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.7. PHASAGE DU PROGRAMME – RÉALISATION
D’UNE OPÉRATION PAR LE PUBLIC POUR
AMORCER LE PROCESSUS DE REQUALIFICATION
Compte tenu des montants très importants
à investir et de la frilosité des acteurs
privés, un phasage de la requalification
était devenu inévitable pour amorcer
significativement la mise en œuvre du PRU,
et créer une dynamique. La FIP (pouvoir
adjudicateur en vertu d’une délégation
de maitrise d’ouvrage octroyée par la
Maison liégeoise) a ainsi pris l’initiative en
introduisant des demandes de subsidiation
pour développer le projet A, non plus en
marché de promotion global tel que prévu
initialement, mais en marché de travaux
par procédure ouverte. Nécessité oblige,
les autres projets se sont également
écartés sensiblement des options définies
initialement dans le master plan (PRU).
153
2.5.8. MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME
DE REQUALIFICATION – LISTE DES PROJETS
FINALISÉS ET EN COURS
2.5.8.1. Projets immobiliers résidentiels
2.5.8.1.1. Projet A – construction d’un
ensemble de 165 logements comprenant
des espaces collectifs publics et
l’aménagement d’une nouvelle voirie
Le projet vise la construction de 165
logements à l’angle de l’avenue de Nancy et
de l’avenue de la Croix-Rouge sur un terrain
d’environ 8.200 m².
La première étape, qui est achevée
depuis le mois de juin 2020, concernait
le développement d’un ensemble de 108
logements répartis en trois bâtiments de
volumétrie diverses (de Rez+3 à Rez+7 pour
le bâtiment d’angle A) et composés de
divers types de matériaux :
• A : 40 appartements dont 15
appartements pour PMR
• B : 20 appartements
• C : 48 appartements
Le projet propose une typologie de
logements variée (20 appartements une
chambre, 68 appartements deux chambres
et 20 appartements trois chambres) qui
se présente de manière traversante et en
duplex. Il s’agit, en partie, de logements à
loyers d’équilibre, c’est-à-dire de logements
dont le loyer est calculé en fonction de
sa valeur locative, comparable à un bien
privé similaire dans la même commune (ce
dernier est défini selon la grille d’évaluation
de la Wallonie). Seul l’immeuble plus élevé
comporte un ascenseur. 37 emplacements
de parking se répartissent par ailleurs dans
ces différents bâtiments.
Des ouvertures aménagées dans le front
bâti du nouvel îlot, localisées à des endroits
bien spécifiques, permettent d’offrir des
vues longues qui traversent l’îlot et le relient,
visuellement, aux espaces publics.
Un parc, composé de différentes essences
d’arbres et de plantes, et accessible aux
PMR, a été aménagé en intérieur d’îlot.
Notons encore que des bureaux (199 m²) ont
été aménagés pour l’ASBL Revivre chez soi
qui dispose de 15 logements pour personnes
à mobilité réduite dans le bâtiment A. Ce
Service d’aide à la vie journalière permet à
une quinzaine de personnes atteintes d’un
handicap physique de pouvoir bénéficier
d’un logement privatif adapté leur assurant
une autonomie optimale. Grâce à un
système de « télé-appel » qui fonctionne
24h/24 et 7j/7, l’ASBL fournit une aide dans
l’accomplissement de certains actes du
quotidien (se lever, s’habiller...)
Financement : SPW - Ancrage
communal (75 logements - 5.5 millions
d’euros) – SPW - Quartier en transition
(33 logements et les espaces publics
- 4.5 millions d’euros) – Slsp La Maison
liégeoise (solde)
• La Ville de Liège a pris en charge les
abords (trottoirs) et une part de la
nouvelle voirie
• La F.I.P. a quant à elle assuré la
démolition des tours et prend en
charge la dette historique du site
Réalisation des travaux : mai 2017 à juin
2020
Cout total de l’opération (TVAC) :
15.200.000 €
Nombre de logements : 108 - Bureaux :
199 m²
Auteur de projet : Bureau d’architecture
Altiplan, Greisch et Lemaire –
Adjudicataire des travaux : SM Wust-
Moury - Coordinateur sécurité – santé :
Convergences Architectures SC
Maitre de l’ouvrage : La Maison
liégeoise (SCRL)
Délégué à la maîtrise d’ouvrage : Filiale
immobilière publique (SCRL)
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
154
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La deuxième phase du projet portant sur
la construction de 57 appartements de
tailles diverses (bâtiment D) a fait l’objet
d’un marché de promotion publié en janvier
2020. Le nouvel ensemble, implanté dans la
continuité des immeubles construits lors de
la première phase du projet, fermera l’îlot.
Aucune offre recevable n’ayant été déposée,
un nouvel appel a été lancé, cette fois
sous la forme d’un marché de travaux par
procédure ouverte. Ce marché comprend :
• une tranche ferme de 30 logements
subsidiée par la Wallonie
• une tranche conditionnelle (dans
l’attente d’une subsidiation) de 20
résidences services sociales et de 7
logements
Batiment D
Batiment C
Batiment B
Batiment A
2.5.8.1.2. Lille 2 (projet H) – sécurisation
et rénovation d’un immeuble de 150
logements - création d’un pôle d’insertion
socio-professionnel
La Filiale immobilière Publique ayant finalisé
en 2009 la rénovation des 435 logements
de l’avenue Georges Truffaut et de la place
de la Libération (suite à la dissolution de
la société ATLAS), a décidé d’entamer des
travaux de réhabilitation de l’immeuble de
l’avenue de Lille 2. Le bâtiment composé
de 150 appartements répartis en 28 étages
et culminant à 87 mètres de hauteur, ce
qui en a fait la plus haute tour de Liège
jusqu’à la construction de la tour Paradis
dans le quartier des Guillemins, présentait
de nombreux problèmes de sécurité.
Les priorités du chantier, débuté en 2012,
ont donc porté sur la mise aux normes
des systèmes de protection incendie, le
remplacement des ascenseurs, la pose de
nouveaux parlophones (accès avec badge),
la sécurisation des accès, l’installation de
caméras à l’entrée, la suppression de fissures
dans la structure béton, l’aménagement
d’une conciergerie. Ce chantier de
sécurisation de l’immeuble, nécessaire à la
quiétude des habitants, s’est achevé en 2013.
Le deuxième volet de l’opération, toujours
en cours, consistait en la rénovation des
appartements. Les travaux ont concerné
dans un premier temps les logements
vacants et squattés (on en dénombrait une
quarantaine au début de l’intervention).
Les appartements
restant sont
rénovés, au fur
et à mesure, lors
du départ des
locataires. Cela
prend donc du
temps, et se fait
progressivement.
En 2024, sur
l’ensemble de la
tour, 86 logements
avaient fait l’objet
d’une rénovation.
Une nouvelle
chaufferie a aussi
été installée.
D’un point de vue esthétique, la tour
« Match » ou « Atlas », comme elle est parfois
dénommée, bénéficie d’un nouvel éclairage.
La façade a, par ailleurs, été ornée de fibre
de pierre, avec une couche de cristaux
liquides, pour donner un peu de couleur
et de relief au bâtiment. Les habitants du
quartier avaient par ailleurs émis le souhait
que la fresque présente sur la façade soit
restaurée. Cette dernière, réalisée il y a
une vingtaine d’années, a été rafraîchie en
2022, suite à la collaboration de l’auteur de
l’œuvre, l’artiste d’art urbain, Didier Jaba.
Notons que l’opération menée par la FIP
avait également pour objectif de reloger
plusieurs associations sur le site, dont le
Relais de l’emploi du Forem (présent dès
2013), et qui aide les demandeurs d’emploi
dans leurs démarches et leur recherche de
travail et de formation.
C’est aussi le cas de l’ASBL la Bobine (dont
les locaux sont situés au premier étage de
l’immeuble), et qui a pour but de favoriser
l’intégration des familles d’origine étrangère
avec des jeunes enfants, tant sur le plan
social que professionnel, culturel, économique
et scolaire. Elle propose un espace
interculturel d’échanges d’informations,
de formations et d’actions fondées sur des
valeurs fortes telles que la justice sociale,
l’égalité, l’émancipation et la solidarité.
Une garderie permet aux parents, et
notamment aux mamans, de venir se former
tout en étant accompagnés de leurs enfants.
Financement : FIP
Réalisation des travaux : 2012 -
toujours en cours (voir explications)
Cout total de l’opération (TVAC) :
• Sécurisation et mise aux normes,
installation d’un pôle d’insertion
socio-professionnel et associatif,
et aménagements extérieurs :
4.530.000 €
• Rénovation des appartements et
des espaces communs : 1.035.000 €
Nombre de logements : 150 (86 rénovés
fin 2024)
Auteur de projet : Bureau Biemar
Adjudicataire des travaux : SM Wust-
Moury - Art et réparation béton –
Heynen chauffage - Asbl régie des
quartiers de Liège
Maîtrise d’ouvrage : Filiale immobilière
publique (SCRL)
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
155
156
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.8.1.3. Lille 4 (projet I) – rénovation d’un
immeuble de 73 logements par le privé
Le plan de requalification du quartier de
Droixhe prévoyait initialement la vente
de 50% des logements de la tour située
avenue de Lille 2 (150 unités - projet H) et de
l’immeuble situé au numéro 4 de la même
rue (75 unités - projet I). Ce dernier bâtiment
construit en 1958 nécessitait une rénovation
très lourde. Le choix a donc été fait par la FIP
de concentrer les moyens disponibles sur un
seul immeuble (la tour Lille 2 plus récente -
1979), et de vendre l’entièreté de l’immeuble
de l’avenue de Lille 4. Les fonds dégagés par
cette vente étant réinvestis dans les travaux
de réhabilitation des autres immeubles
d’habitations sociales de la plaine.
Un candidat acquéreur s’est manifesté, et
un compromis de vente a été signé en 2019,
avec l’obligation pour l’opérateur privé de
déposer un permis d’urbanisme (obtenu
en octobre 2020) pour la rénovation du
bâti. Tous les châssis ont été remplacés,
les façades ont été isolées et recouvertes
de panneaux blancs, gris et anthracite, et
73 logements de 1 à 4 chambres (dotés
chacun d’une terrasse) ont été remis à
neuf. Aux 11 e et 12 e étages, l’espace a été
réorganisé pour créer des appartements
plus vastes de trois et quatre chambres.
Une des caractéristiques des logements de
cette tour est leur configuration traversante,
qui apporte de la lumière dans les espaces
de vie, et des vues intéressantes sur la Ville
de Liège et le quartier. Le projet compte 22
emplacements de parking pour les voitures,
dont 6 sous le bâtiment dans des garages
fermés. 95 emplacements pour vélos, dont
75 dans des espaces fermés du niveau
inférieur ont également été aménagés. Le
nombre de places de parking a été défini en
considérant la mise en circulation du tram,
fondamentale dans le changement des
modes de déplacements des habitants, et
dans l’évolution de l’image du quartier.
Les 73 appartements de la résidence
PANORAMIXHE (disposant d’un PEB indice B),
dont la rénovation s’est achevée en 2021, ont
été mis en vente par le promoteur.
Notons que le CPAS de Liège a acquis en mai
2025, dans cet immeuble, 8 appartements
neufs pour répondre aux urgences sociales
sur le territoire de la Ville. Ces logements
dits « de transit » ont été financés grâce
au soutien wallon du Plan de relance
(1,27 millions d’euros). Cette initiative fait
partie de la politique du CPAS en faveur
du logement comme outils de réinsertion
durable, et essentiel pour sortir de la
précarité. Les locataires de ces logements
bénéficieront d’un accompagnement social.
Financement (promoteur privé) et
Maîtrise d’ouvrage : Belgian Building
Project Sprl
Réalisation des travaux : 2020 à 2022
Nombre de logements (privés
acquisitifs) : 73
Auteur de projet : Bureau d’architecture
Prisma
Vente de l’immeuble par la FIP au
promoteur : 3.000.000 €
157
2.5.8.1.4. Square Micha (projet D-E) – appel
à intérêt – construction par un promoteur
privé de 306 logements, d’espaces publics
extérieurs et de commerces
Le terrain dit « Square Micha », sur lequel
deux barres de logements sociaux ont été
démolies il y a une quinzaine d’années, a
fait l’objet d’un appel à intérêts en vue d’y
ériger 300 logements et d’aménager des
espaces publics intérieurs. Les offres remises
ont fait l’objet de négociations durant le
premier semestre de l’année 2022. Au mois
de septembre de cette même année, la
décision a été prise par la FIP d’attribuer la
vente à la société Ghelamco invest SA (dont
le siège social est localisé à Ypres). En suite
de cette décision, un compromis de vente
a pu être approuvé et signé. Il s’agit d’une
vente à « réméré » et donc conditionnée au
respect de l’offre approuvée.
Le projet du promoteur privé a pour objectif
de construire un ensemble immobilier
composé de logements, de commerces
et d’un espace de parking, et présente les
caractéristiques suivantes :
• la création de 306 logements de types
variés (de 1 à 3 chambres et PMR)
répartis dans douze éléments verticaux
de gabarits rez+6 à rez+7, déposés
sur un socle abritant des surfaces
commerciales ou économiques pour
une superficie d›environ 2.200 m² (six
cellules commerciales et des zones
de stockage), deux surfaces HoReCa
(670 m²), et un parking (199 places pour
voitures et 443 places pour vélos)
• l’aménagement de liaisons piétonnes
et d’espaces collectifs végétalisés en
bordure du projet ou en intérieur d’îlot
• l’élaboration et l’exécution d’un plan
d’assainissement des sols pollués. Cette
situation entrainant des surcouts
importants pour le promoteur, le
nombre d’emplacements de parking en
ouvrage a été réduit par rapport à un
premier projet approuvé en 2024.
• les immeubles seront chauffés par des
pompes à chaleur
• les appartements produits seront
vendus par le promoteur privé
Vu l’ampleur de l’opération, un comité
d’accompagnement regroupant les
différents services de la Ville et les
partenaires concernés a été mis en place
pour suivre le projet dans sa phase de
conception jusqu’à l’obtention du permis
d’urbanisme. Ce dernier a été déposé par le
promoteur en juin 2025 et octroyé par la Ville
de Liège quelques mois plus tard.
Cet important projet, issu d’une
collaboration entre la Ville de Liège, la
Maison Liégeoise et le partenaire privé,
permettra une avancée majeure dans le
processus de requalification du quartier de
la plaine de Droixhe en pleine mutation.
Notons que le premier appel n’ayant pas
été satisfaisant, la FIP a relancé le marché
en fixant un prix de vente attractif pour
susciter l’intérêt des investisseurs, et faciliter
le montage financier du projet. Le terrain a
été cédé pour un montant d’environ deux
millions d’euros.
Financement et promotion : Ghelamco
invest SA
Auteur de projet : Atelier Chora
Estimation du coût des travaux :
45.000.000 €
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
158
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.8.1.5. Habitats inclusifs et solidaires –
projet « La grande Maison »
Un nombre croissant de personnes en
situation de handicap et d’aînés souhaite
choisir leur habitat et les personnes avec
qui le partager. Elles expriment souvent,
une demande d’aide, d’accompagnement
et de services associés au logement, dans
un environnement adaptable, adapté
et sécurisé garantissant conjointement
l’inclusion sociale et la vie en autonomie tout
en restant à domicile.
Pour satisfaire cette demande croissante,
un appel à projets intitulé « Habitats inclusifs,
autonomes et solidaires » a été lancé par
L’AVIQ dans le cadre du PNRR – Plan National
pour la Reprise et la Résilience financé par
l’Union Européenne. Cet appel à projets
s’inscrit dans une action globale de création
de logements équipés des dernières
technologies permettant d’assurer aux
personnes en perte d’autonomie (en raison
de l’âge et/ou d’un handicap) de vivre et de
vieillir dans les meilleures conditions dans
leur habitation.
Le gouvernement wallon a ainsi sélectionné
le projet « La Grande Maison » déposé
par la Maison liégeoise, et qui porte sur
la création de 15 logements (en habitat
groupé) et d’une salle polyvalente dans le
cadre d’un processus d’écoconstruction
(matériaux biosourcés, 20% plus performant
que la norme QZen). Les appartements,
subventionnés à hauteur de 3.751.000
euros, seront mis en location par la Maison
Liégeoise, mais c’est l’ASBL Jubilaction, à
l’initiative du projet, qui se chargera de
choisir les résidents.
Le nouveau bâtiment sera implanté sur un
terrain situé entre la résidence La Plaine
(maison de repos – avenue de la Croix-
Rouge), et le parc de Droixhe qui a été
réaménagé début des années 2020. Un
marché de « conception-exécution » a été
lancé en 2024, mais les délais imposés
par l’Europe pour réaliser l’opération sont
toutefois particulièrement courts (mi-
2026) faisant craindre une perte de tout ou
partie de la subvention. Et effectivement, en
septembre 2025, vu l’impossibilité de réaliser
les travaux avant le 20 août 2026, le projet
a dû être abandonné. Sa concrétisation
dépendra du lancement de nouveaux
appels à subsidiation.
L’habitat inclusif, autonome et solidaire
constitue une offre alternative au logement
dit « classique » ou à l’accueil en services
résidentiels. Il offre à la personne « un chez
soi », et est assorti d’un projet de vie sociale
et partagée, co-construit par les habitants,
avec le soutien d’un coordinateur. Il se
concrétise par l’organisation d’activités
en commun dans un esprit de solidarité,
d’entraide. Il participe aussi à la promotion
d’une nouvelle forme d’habitat adaptée
à une société de la longévité. L’habitat
inclusif n’est donc pas un simple projet de
logements locatifs adaptés. Il repose sur la
mixité et l’inclusion sociale en permettant
à des personnes en perte d’autonomie de
partager leur habitat avec des personnes
valides. Notons que le porteur du projet
associe dès le départ, en l’occurrence lors de
l’élaboration du projet, les futurs habitants.
Opérateur : la Maison Liégeoise
Financement : SPW-AVIQ – Europe
(3.751.000 €) - Abandon
Coordinateur du projet : ASBL
Jubilaction
Cout total de l’opération (TVAC) :
4.700.000 €
Nombre de logements (habitat
groupé) : 15
159
2.5.8.1.6. Angle Croix-Rouge/Rassenfosse
- Projet privé - création d’un ensemble
immobilier mixte (résidentiel, kots
d’étudiants et une surface à vocation
économique) destiné à la vente
Conformément à la mise en œuvre du
Périmètre de Remembrement urbain, le
terrain situé à l’angle de l’avenue de la
Croix-Rouge et de la rue Rassenfosse a été
mis en vente en 2020 dans le cadre d’un
appel à intérêt. Un compromis de vente a
été signé avec la société Ghelamco invest
SA en janvier 2022. Pour devenir pleinement
propriétaire du bien le promoteur
sélectionné doit obtenir un permis
d’urbanisme conforme au projet déposé
et accepté par le pouvoir adjudicataire
(condition suspensive).
Un premier programme prévoyait ainsi le
développement de +/- 15.000 m² d’espaces
à usage mixte résidentiel (63 logements)
et de bureaux (6.000 m²). Le destinataire
pressenti pour occuper les espaces
économiques n’ayant toutefois pas confirmé
son intérêt pour le site, le promoteur a
sollicité une modification du contenu de son
projet. Suite à de nombreuses discussions
et négociations, un avenant au compromis
de vente a été approuvé par les parties. Ce
dernier mentionne notamment que :
« Les signataires ont convenu de remplacer
la disposition 18.3 « Destination » du
compromis comme suit :
« L’acquéreur destine le bien à l’usage
suivant : construction d’un immeuble
(en différents volumes représentant un
maximum de 15.000 m² bruts hors sol) à un
usage mixte :
• de kots pour un maximum de 200
unités
• de logements résidentiels pour un
minimum de 140 unités. Il est précisé
que le type de logement « kot » ne
répondant pas à la notion de logement
résidentiel, ces 140 unités devront être
conçues de manière à accueillir un
autre type de logement.
• Intégration d’une surface à vocation
commerciale et/ou de services d’une
superficie indicative de 1 000 m²
Le projet ne pourra pas dépasser les
gabarits suivants : un volume moyen de
rez+4 et/ou un volume moyen de rez +7/+8
et un volume haut de rez+12. »
La société Ghelamco doit désormais
déposer une demande de permis
d’urbanisme pour valider la vente et
concrétiser son projet. Le chemin reste
toutefois encore long, et il faut désormais
espérer que le promoteur pourra réunir
les fonds nécessaires au développement
de cette opération, et par extension à la
requalification du quartier de Droixhe.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement et promotion : Ghelamco
invest SA
Auteur de projet : Atelier Chora
Estimation du coût des travaux :
25.000.000 €
160
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.8.2. Projets socio-économiques
2.5.8.2.1. Résidence « La Plaine »
Un des objectifs importants de la
requalification du quartier de Droixhe
est la création d’un pôle médico-social.
L’intercommunale ISoSL a ainsi construit
avenue de la Croix Rouge, en 2018, une
résidence disposant de 108 chambres
individuelles, dont 90 chambres en maison
de repos (MR-MRS) et 18 chambres en
« court séjour ». 15 places sont également
disponibles pour l’accueil de jour, qui
permet aux personnes âgées de passer
une ou plusieurs journées par semaine au
sein de la résidence pour regagner ensuite
leur domicile en soirée. Cette nouvelle
infrastructure redonne vie au quartier en y
attirant de nombreux visiteurs (famille des
résidents) et travailleurs (40 équivalents
temps pleins).
L’établissement propose des espaces
lumineux et modernes, conçus pour favoriser
le confort et le bien-être (12.600m² sur 4
niveaux). Les chambres, individuelles ou
doubles, sont aménagées pour répondre aux
besoins des occupants, avec une attention
particulière portée à l’accessibilité. Des
espaces communs conviviaux permettent
de se retrouver et de participer à diverses
activités adaptées (un restaurant avec un
espace de spectacle, un salon de coiffure,
plusieurs salons TV, des salons de rencontres
et des terrasses à tous les étages, un jardin
arboré équipé d’une piste de pétanque).
La volumétrie traduit la volonté de
redessiner un front bâti dans la rue. Le
projet comporte un parking en sous-sol
de 55 places et une cuisine distribuant 170
repas en interne. Les choix architecturaux
et techniques ont par ailleurs été soucieux
du développement durable. L’isolation et
l’étanchéité à l’air ont été particulièrement
soignées. Un système de cogénération a été
prévu pour la production d’électricité et la
récupération de la chaleur. L’eau de pluie
est quant à elle récupérée pour alimenter
les sanitaires et arroser les jardins. Enfin, une
toiture verte couvre la résidence permettant
de lutter contre l’imperméabilisation des sols
en milieu densément bâti.
Financement : ISoSL (17.000.000 €) –
Wallonie (7.000.000 €)
Réalisation des travaux : novembre
2015 à février 2018
Cout total de l’opération (TVAC) :
24.000.000 €
Nombre de chambres : 108
Auteur de projet : Quadra et Bureau
d’Architecture Émile Verhaegen (BAEV)
– Adjudicataire des travaux : SM Wust-
Moury
Maitre de l’ouvrage : ISoSL
161
2.5.8.2.2. Ecole Léona Platel et Centre
CiNETiquE
Ce nouvel établissement scolaire et de
réadaptation inauguré en septembre 2021
rue de la Cité radieuse (au coin de l’Avenue
de la Croix Rouge et de la rue Armand
Rassenfosse), comprend deux entités :
• l’école Léona Platel (110 places
disponibles), enseignement spécialisé
de type 4 prenant en charge l’enfant
dans sa complexité tant intellectuelle
que physique (projet porté par la Ville
de Liège)
• le centre CiNETiquE (Centre
liégeois Neuromoteur d’Education
Thérapeutique pour Enfants – 40
places disponibles), œuvrant dans
l’encadrement des enfants présentant
une atteinte neuromotrice (projet porté
par ISoSL).
Le site, d’une superficie de 5.800 m² dont
1.100 m² pour les espaces extérieurs,
intègre de manière complémentaire la
fonction pédagogique et le suivi médical et
paramédical des enfants (kinésithérapeutes,
ergothérapeutes, logopèdes,
psychomotriciens, etc.).
Suite au réaménagement du quartier de
Coronmeuse en éco-quartier, ces structures
ont été tenues de quitter leur ancienne
implantation (parc Astrid), et ont fait le choix
de participer au renouveau du quartier de
Droixhe.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement école : 4.800.000 € - Ville
de Liège - Fédération Wallonie Bruxelles
(50% du montant)
Financement Centre CiNETiquE :
4.400.000 € - ISoSL et AVIQ
Réalisation des travaux : 2019 à 2021
Cout total de l’opération (HTVA) :
9.200.000 €
Auteur de projet : Bureau Daniel
Delgoffe et Atelier Chora –
Adjudicataire des travaux : GM Moury
Maitre de l’ouvrage : ISoSL
162
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.8.2.3. Liège Expo – nouvelle halle
des foires de Liège
En bordure de la plaine de Droixhe les
nouvelles Halles de « Liège Expo » ont été
inaugurées en octobre 2024. Implantées sur
d’anciens terrains industriels en friche, elles
remplacent les emblématiques Halles des
foires de Coronmeuse devenues obsolètes.
Avec ses 11.500 m² d’espaces modulables (5
halles et une salle polyvalente), Liège Expo
a été conçu pour accueillir jusqu’à 10.000
personnes dans des conditions optimales.
Le site (16.500 m² au total), pensé pour
répondre aux exigences des organisateurs
et des visiteurs, comprend un parking de
700 places, dont 240 pour les exposants,
ainsi que de 120 emplacements pour vélos.
La proximité du tram est par ailleurs un
avantage indéniable pour le développement
des activités sur le site. Le caractère durable
du bâtiment et notamment la gestion
énergétique des infrastructures ont fait
l’objet d’une attention particulière par les
bureaux d’études.
Cette nouvelle infrastructure financée
notamment dans le cadre du Fonds
européen de développement régional
(FEDER) « Liège, Ville en transition » va
permettre d’attirer des manifestations
de niveaux international (foires, salons,
événements sportifs, culturels, musicaux),
au bénéfice de l’économie locale. La
localisation de Liège Expo dans le quartier
de Bressoux-Droixhe est un geste fort des
pouvoirs publics pour sa redynamisation,
son rayonnement au sein de l’agglomération
et son changement d’image. La présence
de cette activité économique va attirer de
nombreux visiteurs au sein du quartier et
créer des emplois, notamment peu qualifiés,
dont il a grandement besoin pour remettre
au travail de nombreux jeunes habitants
dans les rues alentours. Elle a par ailleurs
permis l’assainissement d’un site fortement
pollué occupé précédemment par des
ferrailleurs.
300 arbres ont également été plantés pour
aménager des abords végétalisés, et ainsi
répondre aux objectifs de lutte contre les
ilots de chaleur et l’imperméabilisation des
sols.
Financement : Wallonie (16.417.792 €)
- Fonds FEDER (13.037.620 €) - IGIL
(solde)
Cout total de l’opération (TVAC) :
52.900.000 €
Réalisation des travaux : 2022 - 2024
Auteurs de projet : Archipelago
architects, Francisco Mangado &
Asociados (Espagne), bureau Greisch,
Sweco
Maître d’ouvrage : IGIL (Intercommunale
de Gestion Immobilière Liégeoise)
Maître d’ouvrage délégué : SPI +
Entreprises : BPC et Moury
Gestion de Liège Expo (convention) :
WEX de Marche-en-Famenne
163
2.5.8.2.4. Développement de Bressoux-
Droixhe – Masterplan – Projet « Horizon »
rue de Jupille 16 et acquisitions d’entrepôts
rue de Droixhe
Un Masterplan couvrant la zone à caractère
essentiellement économique du quartier
de Bressoux-Droixhe, et s’étendant du site
INBEV (rue de Visé) à Liège Expo (place
Louis de Geer), a été approuvé par le
collège communal en 2024. Réalisé par un
consortium composé des bureaux LAB705,
BAHG et Écorce, il définit les principales
orientations de la reconversion de ce
périmètre caractérisé par de grandes
emprises, et du bâti vacant et/ou dégradé.
Parmi les options notons :
• la création d’un grand espace vert
structurant (voir plan), de nouveaux
espaces publics formant un vrai
maillage vert, une nouvelle relation à la
Meuse, et une mobilité améliorée
• un renforcement de l’identité agroalimentaire
de la partie ouest du
quartier par un développement du
Marché matinal en étendant les
activités sur le site des abattoirs (qui
doit fermer). Les installations du Marché
Matinal seront rénovées, et une nouvelle
« Halle des producteurs » favorisant
le circuit-court, ainsi que des « Halles
gourmandes » seront construites en
complément des filières déjà présentes
sur le site.
• la création d’un hub de services formé
par la gare ferroviaire, le centre de
maintenance du tram et le P+R en
améliorant la visibilité de la gare
• l’optimalisation du foncier existant
autour de Liège Expo par une
programmation mixte incluant du
logement de type hôtelier/appart
hôtel à proximité directe de la foire
internationale
• l’aménagement d’une « nouvelle
façade » pour Droixhe depuis le
boulevard urbain comprenant une
typologie de bâtiments favorisant la
mixité de fonctions au sein du même
bâtiment : logements, services, bureaux,
commerces
La programmation prévoit 600 nouveaux
logements, 125.000 m² d’activités
économiques et commerciales et 40.000 m²
pour le pôle agro-alimentaire.
Le Masterplan donne des lignes directrices
pour les 30 à 40 prochaines années, mais
ne sera probablement pas réalisé en l’état
vu les entreprises présentes sur le site et les
nombreuses expropriations à réaliser.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
164
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Projet Horizon – terrains rue de Droixhe
Notons toutefois que la régie foncière
a acquis rue de Droixhe une dizaine
d’entrepôts, de terrains et de bâtiments
inoccupés pour la majorité.Les travaux de
désamiantage ont été réalisés en 2025 et
une démolition complète sera implémentée
pendant le premier semestre de 2026.
Des études de la qualité des sols seront
alors à mener pour voir si des procédures
d’assainissement doivent être entreprises.
Ces nouvelles propriétés, auxquelles
s’ajoutent les immenses terrains de l’abattoir
désormais présents dans le patrimoine
de la régie foncière, participeront au
développement des activités du Marché
Matinal telles que prévues dans l’étude dont
question.
Un immeuble a par ailleurs été acquis rue
de Jupille 16 et accueille la zone logistique
du pôle circuit court liégeois. Le bâtiment,
baptisé « Horizon », a été rénové pour
répondre aux besoins opérationnels et est
déjà occupé par les coopératives Circuits
paysans, les Petits Producteurs, ainsi que par
la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise. Ce lieu
sert de hub logistique, de zone de stockage
pour les denrées alimentaires et produits
connexes. L’inauguration qui a eu lieu en
mai 2024 prend place dans le cadre du
programme européen « EU City Lab on Local
Food Systems » co-organisé avec « URBACT ».
La deuxième étape de création du pôle
agroalimentaire consiste en la construction
d’une légumerie/conserverie de 3.000 m²
exploitée depuis le mois d’octobre 2025 par
Terra Alter. Cet outil, qui est le premier à voir
le jour en Province de Liège, est dédié à la
transformation de produits locaux destinés
aux cantines scolaires, crèches, maisons
de repos, cantines d’entreprises, secteur
HORECA, CPAS, hôpitaux, cuisines collectives,
etc. L’objectif du pôle circuit court est de
répondre à une demande croissante de
légumes frais, bio et locaux, déjà découpés,
lavés et conditionnés pour les collectivités
et organismes cités. Il proposera une large
variété de produits issus de plus de 130
producteurs liégeois. Ce sont jusqu’à 1.400
tonnes de légumes et fruits bio et locaux
(payés au juste prix aux agriculteurs) qui
seront transformés et conditionnés par an
par Terra Alter. La construction du nouveau
bâtiment a été financée par le Plan de
relance de l’Europe à hauteur de 7,6 millions
d’euros et 30 emplois directs y seront créés
à terme.
Financement projet Horizon (16 rue de
Jupille) : SPW – projet européen EU City
Lab on Local Food Systems (266.507 €),
Ville de Liège (solde)
Financement acquisitions des
bâtiments et terrains rue de Droixhe 12
à 30 et rue de Jupille 16 : SPW – PIV SAR
(1.301.557 €), Ville de Liège (solde)
Réalisation des travaux rue de Jupille
16 : 2023 - 2025
Acquisition des bâtiments et terrains
par la Ville : 3.212.557 €
Couts d’aménagements du bâtiment
« Horizon » : 478.000 €
Maitre d’ouvrage : Ville de Liège
165
2.5.8.3. Projets mobilité et espaces publics
2.5.8.3.1. Parc de Droixhe
Le parc de Droixhe a toujours été le poumon
vert du quartier depuis sa création. Les
habitants s’y retrouvent pour certains
quotidiennement autour de l’étang qui en
fait, avec les différentes essences d’arbres,
un point d’attraction. Au fil du temps,
et soumis auxintempéries, cet espace
public s’était progressivement dégradé et
nécessitait un bon rajeunissement et une
modernisation de son mobilier urbain. Des
problèmes de propreté ont également été
relevés à de multiples reprises. C›est la
raison pour laquelle, le réaménagement
d’une partie du parc a été réalisé durant
l›année 2021. Le dossier s’inscrit dans le
cadre du Projet Interreg Euregio Meuse-
Rhin N-Power qui vise à permettre aux
villes de l’Euregio la mise en place, dans
certains quartiers, de projets de valorisation
locale élaborés en total partenariat avec
les acteurs locaux. A Liège, c’est le projet
participatif nommé “Autour de l’Étang” et
concernant le parc de Droixhe qui a été
retenu par le pouvoir subsidiant.
Le projet s’articule sur plusieurs axes. Il
s’agissait d’abord d’éclaircir les allées
du parc en y régulant la végétation et en
y privilégiant de nouvelles plantations
d’essences basses et colorées afin d’en
augmenter la luminosité, la convivialité et le
sentiment de sécurité.
Les bacs qui se situaient du côté de l’avenue
de Lille ont été revivifiés par de nouvelles
plantations colorées. Le site verdoyant ainsi
revalorisé a également été agrémenté par
la mise en place de tables de pique-nique
et d’un grand banc sur mesure le long de
l’étang, propices aux rencontres et à la
convivialité. Enfin, l’étang a lui aussi été
concerné puisque le jet d’eau, hors d’usage
depuis longtemps a été remis en fonction.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : Interreg Euregio Meuse-
Rhin N-Power et Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2021 à 2022
Cout total de l’opération : 188.000 €
Maitre d’ouvrage : Ville de Liège
166
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.8.3.2. Mise en circulation du TRAM
- centre de maintenance de Bressoux –
Parking P+R
Après 6 années de travaux, le tram a été
mis en circulation (avec prise en charge de
passagers) à la fin du mois d’avril 2025. Le
développement du centre de maintenance
implanté à côté de la gare ferroviaire
de Bressoux, et la présence de plusieurs
arrêts au sein du quartier constituent des
atouts importants pour la requalification
du quartier et le bien être des habitants.
Le passage de ce réseau structurant
doit permettre, selon les spécialistes, la
création et la rénovation de l’habitat au
sens large tout au long du tracé du tram
depuis la plaine de Droixhe jusqu’à Sclessin
et Coronmeuse. Les promoteurs privés
pressentis pour intervenir dans le quartier
sur la construction de nouveaux ensembles
immobiliers en ont fait un des arguments
pour la vente de leurs futurs appartements
et espaces commerciaux et de services. Le
nombre d’emplacements de parking prévu
dans les projets est d’ailleurs défini sur base
de cette mise en circulation du tram.
Le tram, par son caractère moderne
et par l’aménagement des abords qui
l’accompagnent (50 ha sur l’ensemble
de la Ville), transforme l’image de la cité
dont la réputation était difficilement
compatible avec le renouveau tant
souhaité. Ce nouveau service est donc un
atout majeur pour le développement des
projets en cours et à venir. Gageons qu’il
sera le moteur d’une implication forte des
investisseurs privés dans le processus de
reconstruction du Droixhe de demain. Les
engagements publics ont été massifs pour
créer les conditions de ce renouvellement.
L’enthousiasme est unanime et partagé.
Le quartier est désormais à quelques
minutes seulement des différents services,
commerces, parcs urbains et pôles
d’emplois du centre-ville. Les 100.000
usagers qui empruntent chaque semaine
le tram ne s’y sont pas trompés, et profitent
de l’efficacité de ce nouveau mode de
déplacement comme d’un « ascenseur
urbain horizontal ». Ce dernier va modifier,
et modifie déjà après quelques mois de
fonctionnement la mobilité des habitants,
des usagers des écoles, bibliothèques et
maisons de repos présents sur le site de
Droixhe.
Le nombre de véhicules en transit par le
centre du quartier en sera par ailleurs réduit.
L’ouverture d’un parking P+R de 771 places
n’est pas étrangère à cette évolution. Pour
rappel, les parkings de transit Park&Ride
(P+R) permettent aux usagers de stationner
leur voiture ou leur vélo avant d’utiliser un
autre moyen de transport (tram, bus ou
train) pour terminer leur trajet.
Opérateur : SRWT – Tram’ardent
Tracé : 11,7 km Nombre d’arrêt dans le
quartier : 2
Fréquence : 1 tram toutes les 4min 30
sec en heure de pointe
Parking P+R : 771 places
Investissements : 460 millions d’euros
Réalisation des travaux : 2019 - 2025
167
2.5.8.3.3. Aménagement d’un boulevard
urbain le long de la Meuse
Avec l’aide de l’Europe et de la Wallonie,
des travaux ont débuté en mai 2022 afin de
transformer, sur un tronçon de 2 kilomètres,
la fin de l’autoroute E25/A25 en boulevard
urbain entre le pont-barrage de l’île
Monsin et le pont Atlas. Une nouvelle voirie
permettra par ailleurs l’accès à la zone
multimodale de Bressoux. Les travaux sont
maintenant terminés.
L’emprise des voies de circulation,
particulièrement importante le long de
la Meuse (6 bandes), a été réduite. Cet
aménagement permet d’apaiser la mobilité
motorisée, et permet de développer des
infrastructures dédiées aux modes doux.
Des pistes destinées aux vélos et aux
piétons ont ainsi été implantées des deux
côtés de ce nouvel axe. La limitation de
la vitesse à 50 km/h réduira les risques
d’accidents, mais également les nuisances
sonores pour les riverains. Des alignements
d’arbres de différentes essences (235
ont été plantés), structurent par ailleurs
le nouveau boulevard urbain. Les zones
comprises entre les voiries sont quant à elle
engazonnées (5.000 m²) et permettent de
lutter contre l’imperméabilisation des sols.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Cette nouvelle infrastructure représente
un levier puissant pour changer l’image
du quartier. Elle répond au développement
du nouvel écoquartier de Coronmeuse en
redonnant accès aux berges du fleuve, pour
les habitants comme pour les visiteurs.
Opérateur : SOFICO
Investissements : 17.000.000 €
Financement : FEDER (10.000.000) -
SOFICO (Plan Infrastructures et Mobilité
pour Tous 2020-2026 – 6.000.000 €)
– RESA (1.000.000 € - placement
impétrants)
Aménagements : tronçon de 2 km
- 235 arbres plantés – 5.000 m²
engazonnement
Réalisation des travaux : 2022 – 2025
Auteur de projet : Bureau Greisch
Entreprises : Galère – ABTECH
Maitre d’ouvrage : SPW Mobilité et
Infrastructures
168
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.5.9. POUR CONCLURE
La requalification de la plaine de Droixhe
est maintenant bien entamée comme le
montrent les différents projets présentés
dans les pages précédentes. Le chemin
reste toutefois encore long, et le démarrage
des chantiers menés par les investisseurs
privés sur les terrains du Square Micha, et à
l’angle de la rue Rassenfosse et de l’avenue
de la Croix Rouge, marquera une avancée
décisive dans la mise en œuvre du Périmètre
de Remembrement Urbain. Comme nous
l’avons vu, les obstacles et les difficultés
sont nombreuses, et la frilosité du secteur
privé à s’engager dans le processus de
reconstruction retarde le développement
du programme de réhabilitation. Mais les
premières concrétisations, essentiellement
publiques, dont la dédensification du bâti, la
création de 165 logements d’utilité publique
(projet A), la rénovation des tours restantes
(plus de 600 logements), la construction
d’une école, d’une maison de repos, ou
encore la mise en circulation du tram, ont
indéniablement et durablement modifié
l’image de la cité telle que perçue par les
habitants du quartier et les liégeois.es en
général. Les montants investis sont énormes
et montrent toute l’implication de la Ville, et
de ses partenaires, pour faire aboutir le projet.
Le nombre de logements construits et
rénovés, une fois la requalification terminée,
s’élèvera à environ 1.700 unités, de toutes
tailles et de tous types (locatifs, acquisitifs,
publics, privés, inclusifs, pour personnes
âgées, pour les étudiants), créant une réelle
mixité sociale entre les habitants.
C’est également un quartier multifonctionnel
qui aura été reconstruit, mettant au
centre des préoccupations les objectifs du
développement durable et de l’adaptation
au dérèglement climatique. La Ville de
demain devra en effet faire face à des
enjeux fondamentaux dont elle doit dès à
présent tenir compte dans ses nouveaux
projets et aménagements pour sa survie à
long terme.
Notons que la dette du passé, relative à la
construction initiale de la cité sociale de
Droixhe (encore plus de 15 millions € de
prêts à rembourser en 2025), et dont a hérité
la Filiale Immobilière Publique, constitue un
frein dans le développement des différentes
opérations de reconstruction et d’entretien
du bâti existant.
Si l’ensemble des projets décrits ci-dessus
aboutissent, un terrain d’une superficie de
3 ha restera encore à développer avenue
de la Croix Rouge dans le cadre d’un
appel à intérêt (projet C-C1-C2-B-B1). Des
logements et des espaces économiques ou
commerciaux y sont prévus dans le plan de
requalification. Un appel à promoteur pour la
conception/réalisation du projet a été lancé,
et un partenaire privé sera sélectionné après
négociations des offres.
Une vingtaine d’années se sont écoulées
depuis la reprise de l’opération de
requalification de la plaine de Droixhe par
la Filiale Immobilière Publique de Liège
suite à la dissolution de la société ATLAS.
Comme on peut le constater, la mise en
œuvre de partenariats publics/privés pour
des projets de cette ampleur peut prendre
du temps. Le pari est toutefois en bonne
voie d’être gagné, mais nécessitera de
surmonter encore bien des obstacles, dans
un contexte économique et financier difficile
tant pour les opérateurs publics que pour les
investisseurs privés.
2.6. PARTENARIATS AVEC
LES ASSOCIATIONS DE
PROMOTION DU LOGEMENT
(APL), LES OPÉRATEURS
TRADITIONNELS, ET LES
PROMOTEURS PRIVÉS
2.6.1. PROJET : QUARTIER HISTORIQUE - CVFE
Transformation d’un immeuble classé du
centre historique en un logement de transit
collectif de 15 chambres – partenariat avec
le Collectif contre les Violences Familiales et
l’Exclusion (CVFE)
Présentation – spécificités :
Dans un premier temps, le partenariat avec
le Collectif contre les Violences Familiales et
l’Exclusion consistait en la mise à disposition
d’un bâtiment inoccupé appartenant à la
Ville de Liège. Le choix de cet immeuble
était lié à la proximité avec d’autres biens
déjà mis à disposition de l’association, ainsi
qu’avec les autres services gérés par le CVFE
(centre d’insertion socioprofessionnelle,
crèche et service d’éducation permanente).
L’association a ainsi pu déposer en 2014 une
demande de subsidiation, dans le cadre
du Programme d’actions en matière de
logement 2014-2016, pour la création d’un
logement de transit collectif de 15 unités,
dans un immeuble du quartier historique.
Vu l’obligation pour chaque commune
(imposée par le Code Wallon du Logement
et de l’Habitation Durable ) de disposer d’un
logement de transit pour 5000 habitants,
et vu la nécessité de diversifier l’offre de
logement sur son territoire, la Ville a inscrit
ce projet comme prioritaire dans son plan
d’ancrage. La demande a ainsi été retenue
par le Gouvernement wallon.
La création de logements de transits permet
l’accueil de personnes ou de ménages
présentant des besoins spécifiques.
Dans le cas présent, le CVFE offre un
accompagnement social aux victimes de
violences conjugales. Ces dernières doivent
parfois s’éloigner temporairement de leur
conjoint pour leur sécurité, si possible sans
se déraciner, elles-mêmes et leurs enfants.
L’ASBL ne pouvait toutefois pas assumer
la concrétisation de l’opération pour des
raison financières. La Ville de Liège a modifié
le partenariat initial en reprenant, à la
demande du CVFE, le rôle d’opérateur pour
finaliser le projet. Malgré un dépassement du
coût des travaux de 38 % à l’ouverture des
offres, la Ville a décidé de poursuivre l’action
en raison des besoins importants pour ce
type d’hébergement.
Un logement de transit de 15 unités et pouvant
accueillir jusqu’à 24 personnes, a ainsi été
créé dans un immeuble doté d’éléments
classés au patrimoine. 5 chambres ont pris
place dans une nouvelle annexe reconstruite
à l’arrière du bâtiment, et les 10 restantes ont
été aménagées dans le corps principal de
l’immeuble suite à une rénovation lourde. Le
site comprend des parties communautaires
(cuisine, salon, terrasse, cour et jardin), et des
équipements collectifs (réserve alimentaire
avec frigos, buanderie, espaces sanitaires
répartis sur l’ensemble des étages). Ces
espaces de vie communs doivent favoriser les
échanges et les contacts entre les occupants.
Ce type d’organisation permet aux
bénéficiaires de se rendre compte qu’elles ne
sont pas seules à vivre la violence conjugale.
Notons que la localisation au centre-ville
facilite les déplacements et l’accès à de
multiples ressources.
Financement : SPW ancrage communal
du logement et patrimoine – Plan
National pour la Reprise et la Résilience
(Europe) - CVFE – Loterie nationale -
Ville de Liège
Réalisation des travaux : 2022 à 2024
Cout total de l’opération (TVAC) :
1.452.000 €
Acquisition : 0 € (propriété Ville de
Liège)
Auteur de projet : Association
momentanée Martiat-Durnez et Yves
Delincée – Entreprises : SRL G. Corman-
Halleux & Fils et Juffern S.A
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
169
170
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.6.2. PROJET : RUE DES FORTIFICATIONS, 34 À 44
ET RUE ACHILLE LEBEAU 1 – QUARTIER DE GRIVEGNÉE
Réhabilitation d›une ancienne cité sociale
reprise à l’inventaire du patrimoine et
vouée à la démolition – création de 14
logements locatifs cédés en gestion à
la SLSP le Logis Social de Liège et de 12
logements acquisitifs vendus par la Ville de
Liège à des particuliers
Partenaire : SLSP le Logis social de Liège
Présentation – spécificités :
Le partenariat entre la Ville de Liège et
le Logis social de Liège (propriétaire des
immeubles) a pour objectif de sauvegarder
une ancienne cité sociale reprise à
l’inventaire du patrimoine architectural de
Wallonie. Construit entre 1925 et 1930 par
la société « Les Maisons à Bon Marché du
canton de Grivegnée et des Communes
environnantes », cet ensemble comprenait,
avant rénovation, 37 logements sociaux
et 1 commerce. Suite à des constats
d’insalubrité, les bâtiments ont été vidés
de leur habitants en 2004. Bien qu’une
déconstruction ait été envisagée, des études
se basant sur des exemples similaires
(ex : place Seeliger) ont montré, qu’outre
la perte en matière patrimoniale pour le
quartier, la sauvegarde s’avérait aussi,
voire plus économique qu’une démolition/
reconstruction. La régie foncière a ainsi
acquis une partie du bâti au prix du terrain,
l’autre moitié lui étant cédée en bail
emphytéotique à l’euro symbolique pour
une période de 33 ans.
Le programme de réhabilitation mené par la
Ville a ainsi permis de créer :
• 12 appartements de 2 chambres
destinés à la vente. Ils ont une superficie
comprise entre 75 et 81 m² et disposent,
pour 8 d’entre eux de jardins privatifs,
et de terrasses (6 m²) pour les autres.
Deux logements sont aménagés à
destination des personnes à mobilité
réduite. Les prix, hors frais, variaient
entre 109.800€ et 122.400€. Ces
montants ont fait l’objet d’une réduction
de 10% par rapport aux prix fixés. Afin de
conserver cette réduction, l’acquéreur
devait s’engager à rester inscrit au
registre de la population à l’adresse du
logement acquis pendant une durée
ininterrompue de dix ans au moins. Vu
leurs prix attractifs, les appartements
ont tous été vendus en quelques
semaines.
• 12 appartements de 2 chambres de 70 à
86 m² disposant d’un accès à une cour
commune, et 2 maisons de 4 chambres
de 130 m² avec jardin, cédés, par
convention, en gestion au Logis social
de Liège pour la mise en location. Pour
tous les frais résultant de l’exécution
de son mandat, la SLSP perçoit des
indemnités à titre de défraiement. Elle
garantit que cet ensemble sera affecté
au logement social (8 unités) et au
logement moyen (6 unités) tels que
définis par la réglementation wallonne
en vigueur. La Ville de Liège doit, quant
à elle, garantir l’entretien technique,
l’amélioration, la réparation, et, le cas
échéant, la rénovation du patrimoine.
171
Cette opération a permis :
• de rénover des immeubles vides
et insalubres et ainsi d’améliorer la
sécurité des habitants du quartier
(bâtiments régulièrement squattés)
• mettre sur le marché acquisitif des
logements à des prix permettant à
de jeunes ménages d’accéder à la
propriété et de se fixer à Liège
• de créer de la mixité sociale, à travers
la diversité des types de logements
produits (acquisitifs, locatifs, maisons,
appartements sociaux et moyens)
• de maintenir, dans le quartier, des
jardins à l’arrière de l’ensemble
de logements (lutte contre
l’imperméabilisation des sols).
Notons qu’en raison de la faillite de la
société désignée pour la réalisation du
gros œuvre, la durée de chantier (de 2008
à 2013) a été particulièrement longue. La
sécurisation du chantier a été nécessaire
le temps de la désignation d’un nouvel
adjudicataire. Il faut par ailleurs tenir
compte d’éventuels problèmes de stabilité
lors de la mise en œuvre de tels projets
(hourdis, charpentes, balcons, dans le cas
présent).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : PFGV - SWL Programme
Exceptionnel d’Investissement - Ville de
Liège
Réalisation des travaux : 2008 à 2013
Cout total de l’opération (TVAC) :
2.787.000 €
Acquisition pour une partie : 25.000 €
(valeur terrain) - Emphytéose (partie
locative) : 1 €
Vente logements rénovés (12) :
1.200.000 €
Nombre de logements : 26
Auteur de projet : Gérard & Lemaire–
Entreprises Dejaive, M.Adelaire, Balteau,
H.Dethier & Fils
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
172
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.6.3. PROJET : RUE VIVEGNIS 202 - FLW
Démolition d’une ruine et reconstruction
d’un immeuble de 2 appartements pour
personnes précarisées - partenariat avec le
Fonds du Logement de Wallonie
Présentation – spécificités :
L’immeuble inoccupé depuis de nombreuses
années posait des problèmes de sécurité
et de salubrité. La Ville a dès lors émis
le souhait d’acquérir et d’éliminer ce
chancre urbain pour le bien des habitants
de la rue. Toutefois, comme beaucoup
de biens inoccupés, il a été difficile, voire
impossible de négocier l’achat de cet
immeuble en déshérence. La Ville a dès lors
lancé une procédure d’expropriation pour
cause d’utilité publique dans le cadre de
l’opération de rénovation urbaine du quartier
Saint-Léonard. Vu l’état de dégradation de
la maison et la nécessité de la démolir, le
montant de l’acquisition a été fixé au prix de
7.650 euros. On peut considérer que ce type
d’immeubles a une valeur « négative » vu
les coûts de démolition et de sécurisation à
engager.
La Ville a ensuite cédé le bien en
emphytéose au FLW pour y créer du
logement à destination de personnes
en situation de précarité. Comme prévu
dans l’acte, la Ville a pris en charge les
coûts de démolition, et le FLW les coûts de
reconstruction.
La conception de l’immeuble a été
influencée par l’étroitesse de la rue Vivegnis.
Ainsi, une partie de la façade avant est
construite en retrait de la voirie afin de
dégager une petite cour close qui offre
davantage d’intimité aux pièces de vie du
rez-de-chaussée et crée des espaces de
rangement pour vélos. Le nouvel immeuble,
qui se compose d’un logement 2 chambres
et d’un logement 1 chambre, respecte les
exigences actuelles en matière d’énergie,
notamment via une isolation performante
et une ventilation double-flux. Les deux
logements atteignent le label A.
Les appartements sont gérés en direct par
l’Aide locative de Liège (FLW).
Financement des travaux : FLW – SPW
ancrage communal du logement -Ville
de Liège
Réalisation des travaux : 2021 à 2022
Coût des travaux : 295.653 €
Acquisition par la Ville (expropriation) :
7.650 €
Cession en emphytéose : 1 € (durée de
66 ans)
Nombre de logements : 2
Auteur de projet : Olivier Fourneau
Architectes – Entreprises : XX
Maitre de l’ouvrage : FLW
173
2.6.4. PROJET : RUE FOIDART 61 – QUARTIER
DE BRESSOUX – ASBL HABITAT SERVICE
Cession d’un bâtiment inoccupé en bail
emphytéotique (euro symbolique) dans le
cadre d’un partenariat avec l’Association
de Promotion du Logement Habitat Service
- aménagement de deux logements
d’insertion pour familles nombreuses
Présentation – spécificités :
La Ville de Liège a acquis dans le cadre de
la Politique Fédérale des Grandes Ville un
immeuble inoccupé rue Foidart 61, dans
le quartier de Bressoux. Afin de diversifier
l’offre de logements sur son territoire, elle a
cédé ce bâtiment en emphytéose à l’euro
symbolique pour une période de 33 ans à
l’association de promotion du logement
Habitat Service en vue de la création
de logements d’insertion. Un logement
d’insertion est un logement public réservé
à une famille en état de précarité (faibles
revenus). Ce type de logement a pour but
de stabiliser la situation du ménage en lui
fournissant un logement décent à un loyer
abordable au regard des prix du marché
locatif privé.
L’association a rénové l’immeuble en deux
logements de 4 chambres à destination
de familles nombreuses qui bénéficieront
d’un accompagnement social assuré par le
personnel de l’ASBL. La résidence « Cerisier »
dispose d’un grand espace extérieur dont
peuvent profiter les occupants suite à la
démolition d’annexes en mauvais état.
L’espace intérieur du rez-de-chaussée a été
aménagé selon les critères des logements
adaptés pour PMR. Les matériaux utilisés
lors de la rénovation sont des matériaux
soit écologiques (bois, chanvre, chaux…),
soit recyclés (cellulose soufflée, panneaux
en cellulose). Le chantier a été réalisé
par la régie de quartier de Saint-Léonard
dans le cadre de son programme de
formation visant à favoriser l’insertion
socioprofessionnelle des demandeurs
d’emploi. Ce choix explique la durée assez
longue du chantier.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement des travaux : SPW
ancrage communal du logement -
ASBL Habitat Service
Réalisation des travaux : 2018 à 2023
Acquisition par la Ville : 120.000 €
(subsides PFGV)
Cession en emphytéose : 1 € (durée 33
ans)
Nombre de logements : 2
Auteur de projet : Archimad –
Entreprises : Régie de quartier de Saint-
Léonard
Maitre de l’ouvrage : ASBL Habitat
Service
174
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.6.5. PROJET : ÎLOT « ICADI » -
QUARTIER DES GUILLEMINS
Appel à intérêt conjoint de la Ville de Liège
et de la SNCB à proximité de la gare des
Guillemins - reconversion des bâtiments
anciennement occupés par « l’Institut de
la Construction, des Arts Décoratifs et
de l’Infographie » (ICADI) – construction
de nouveaux immeubles sur un terrain
en friche utilisé comme parking -
développement d’un projet multifonctionnel
à dominante résidentielle
Présentation- spécificités :
Le site du projet prend place au cœur d’un
quartier en profond redéveloppement
depuis l’annonce de l’arrivée du TGV à Liège,
et du choix du projet de construction de la
nouvelle gare des Guillemins conçue par
l’architecte Santiago Calatrava.
Suite au constat des nombreux
bouleversements rencontrés par le quartier
à cette époque, il est apparu indispensable
aux autorités de définir, pour ce dernier,
une vision d’avenir, porteuse d’une nouvelle
identité. Plusieurs réflexions successives
ont ainsi été menées fin des années 1990 et
début des années 2000 (aménagement de
la place devant la nouvelle gare, périmètre
de rénovation urbaine, révision du plan
communal d’aménagement (PCA n°43/3)),
avant que l’adoption par le Gouvernement
wallon en 2007 d’un Périmètre de
Remembrement Urbain (PRU) ne construise
une vision stratégique à long terme.
Les objectifs génériques poursuivis sont
restés sensiblement les mêmes au fil de
toutes ces années :
• améliorer les espaces publics et
décloisonner le quartier
• améliorer l’environnement, en
particulier en générant un cadre de vie
plus verdoyant
• favoriser les modes doux
• requalifier les friches et « recoudre »
le tissu urbain par les nouveaux
développements
• favoriser la densification et la mixité des
fonctions
L’ambition du PRU (document d’orientation
générale en matière d’aménagement)
vise une restructuration globale du
quartier, en proposant une nouvelle
trame urbaine organisée autour d’une
véritable esplanade entre la gare et la
Meuse, et en le désenclavant via une
nouvelle passerelle vers le parc de la
Boverie et le quartier des Vennes. Le
PRU défend aussi une densification des
fonctions en lien avec un formidable
nœud d’intermodalité que constitue le
site. Il encadre, conforte et guide aussi
la mise en relation des développements
privés avec les grands projets d’initiative
publique maintenant concrétisés : gare et
esplanade, aménagement des quais de
Meuse, passerelle cyclo-piétonne (la belle
Liégeoise), tram.
D’importants projets d’urbanisme et
d’architecture ponctuent déjà le quartier,
aux alentours directs de l’esplanade. Citons :
la requalification partielle du site Balteau
pour y implanter Design Station of Wallonia,
la réalisation de la tour des Finances,
le développement des projets privés
multifonctionnels (bureaux, commerces,
logements) « Paradis Express », Liège office
center, le Jardin des Guillemins, Crystal
Corner (dent creuse face à la gare) et rue
Paradis-Blonden 2 à 8 (en cours de travaux).
Des centaines de logements sont concernés
par ces différents opérations privées.
175
C’est dans ce contexte de mutation
d’ampleur métropolitaine que la Ville de
Liège et la SNCB ont lancé en août 2022
un appel à intérêt conjoint en vue de la
mise en vente de deux terrains adjacents,
d’une superficie totale de 9.937 m², situés
en façade nord de l’îlot dit « ICADI » formé
par les rues de Sclessin, Jean Gol, de
Fragnée et Albert de Cuyck. Il s’agit de
permettre une nouvelle urbanisation sur
le site, en y développant un programme
très majoritairement résidentiel, en
recomposant le tissu urbain (en tenant
compte du bâti historique et des nouveaux
développements), et en verdurisant
l’intérieur d’îlot conformément au prescrit du
P.R.U.
Les parcelles de la Ville de Liège et de
la régie foncière d’une superficie totale
de 5.374 m² ont été occupées par l’ICADI
jusqu’en septembre 2022. Les bâtiments
avaient été édifiés durant les années 50 sur
un ancien site d’activités industrielles.
Le cahier des charges organise la procédure
de sélection du projet lauréat en deux
phases. Sur les dix candidats ayant déposé
une offre recevable, cinq ont été retenus
par les partenaires pour la seconde étape.
Parmi les conditions nécessaires à leur
sélection, chaque « bouwteam » devait être
composé des divers métiers intervenants
dans la conception et l’exécution du projet :
architectes - promoteurs - développeurs -
investisseurs - bâtisseurs.
Après analyse des avant-projets sur
base des différents critères d’évaluation
repris dans le dossier d’appel à intérêts (à
savoir la qualité urbanistique, la qualité
architecturale, la qualité du programme,
le prix d’achat des terrains et le mode
opératoire), le jury a retenu en septembre
2023 la proposition introduite par une équipe
formée par le Groupe d’investissement
liégeois Uhoda, la société de construction
CAAAP, les bureaux d’architecture belge et
danois B2AI et Dorte Mandrup, et le bureau
d’étude et de conseil en construction
durable SuReal.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Les parcelles ont été acquises par l’équipe
lauréate au montant minimum de 3.600.000
euros tel qu’imposé par le marché. Le prix
proposé (évalué sur base d’une formule
mathématique) n’a pas été un élément
déterminant dans le choix du promoteur
malgré le dépôt d’une offre à 4.150.000
d’euros par un des candidats.
176
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Le comité de sélection insiste sur la grande
qualité du projet retenu. La conservation
et la transformation d’une majorité des
bâtiments existants, notamment dans une
logique de préservation de la mémoire des
lieux, constitue une des idées forte de la
proposition.
Les nouveaux bâtiments affichent une
identité architecturale originale et
spécifique, et par des jeux de volumes
évitent la monotonie, et permettent une
articulation judicieuse avec les parties
anciennes. Le fait de créer des gabarits
ponctuellement un peu plus élevés
(notamment à l’angle côté gare) est justifié
au regard du contexte et de la proximité
immédiate de la tour des finances et du
complexe Paradis Express. La composition
urbanistique détermine clairement la
séparation entre les parties privatives, dont
un espace vert, et les passages publics qui
traverseront l’îlot désormais reconstitué.
Le programme (117 unités d’habitation)
présente une réelle diversité de l’offre
résidentielle, avec une forte proportion de
logements de grande taille et des typologies
originales, dont une partie importante
d’unités attractives pour les familles
avec enfants. Les différentes fonctions
complémentaires sont pertinentes pour
créer un quartier vivant et contribueront
à animer les cheminements publics et les
places collectives : une crèche, des ateliers
pour l’accueil d’activités à caractère
artisanal, une supérette, des ateliers
d’artistes et une brasserie au rez-dechaussée
du bâtiment ICADI. Le projet vise
notamment l’utilisation de la géothermie
comme mode de chauffage, l’objectif étant
de développer un ensemble qui puisse être
indépendant des énergies fossiles.
L’intégration du vitrail de Jean Rets
provenant de l’ancienne gare des Guillemins
(24 m2) est une proposition intéressante
dans le cadre du fil rouge artistique
annoncé : elle restitue cette œuvre d’art au
public, tout en contribuant à l’animation
d’une nouvelle placette.
Suite au déménagement de l’ICADI en
2022, et en attendant la concrétisation du
projet immobilier, la Ville de Liège a confié
temporairement les bâtiments au Comptoir
des Ressources Créatives (CRC). Ce lieu
mutualisé et baptisé JACADI regorge d’une
foule d’activités créatives et d’événements
ouverts sur le quartier (présence d’une
soixantaine de créatrices et de créateurs).
Il s’inscrit dans la dynamique urbaine des
ateliers temporaires Rhiz[H]ome, un projet
développé depuis 2017 en collaboration
étroite avec la Ville de Liège, et qui essaime
depuis dans plusieurs villes wallonnes.
Appel à intérêt conjoint : Ville de Liège
– SNCB
Revente des biens au promoteur :
3.600.000 € (dont 1.932.000 € pour la
part Ville)
Financement : Privé (promoteur)
Réalisation des travaux : 2026 – 2027
(permis d’urbanisme 2025)
Bouwteam : Groupe d’investissement
Uhoda, société de construction CAAAP,
bureaux d’architecture B2AI et Dorte
Mandrup, bureau d’étude et de conseil
en construction durable SuReal.
177
2.6.6. PROJET : RUE DES PRÉBENDIERS 1, 3 ET 5
ET RUE D’AMERCŒUR 54
Rénovation lourde d’un ensemble
d’immeubles de logements sociaux
emblématiques du quartier Amercœur –
cession en gestion à la Maison liégeoise de
39 appartements et d’un commerce dans le
cadre d’un partenariat
Présentation – spécificités :
L’imposant groupe d’immeubles à
appartements situé rue des Prébendiers 1 à
5 et rue d’Amercœur 54 a été bâti en 1930
dans le style « Art déco » pour le compte
de la société coopérative La Maison
liégeoise. Cet ensemble de coin situé sur
un axe important d’entrée de la Ville est
emblématique du quartier et présente
un intérêt historique et patrimonial. Les
4 bâtiments le composant comptaient
initialement 42 logements et 2 commerces
répartis sur 5 niveaux (rez +4). Ils
comprenaient également des caves en
sous-sol et des greniers non aménagés sous
les combles.
Au milieu des années 1990, un rapport
d’expertise réalisé par les services de
l’enregistrement relevait le très mauvais état
d’entretien du bâtiment et son inoccupation
à hauteur de 50 %. Les logements ne
comportaient aucun confort moderne :
pas de salle de bain, pas de chauffage
central, pas de parlophone. Les installations
sanitaires pratiquement inexistantes
comprenaient juste un WC et un évier. Les
châssis simple vitrage en bois était par
ailleurs forts dégradés tout comme la toiture
dont l’absence de certaines tuiles laissaient
pénétrer des pigeons sous la charpente. Les
installations électriques apparentes étaient
vétustes, dangereuses et non conformes aux
réglementations en matière de sécurité.
Vu les montants élevés nécessaires pour
réhabiliter les immeubles, et suite à la
prise d’un arrêté d’insalubrité par la Région
wallonne en novembre 1998, les instances de
la Maison liégeoise ont décidé de procéder à
leur vente.
Afin d’éviter que ces logements ne soient
acquis par des marchands de sommeil
(comme d’autres biens dans le quartier), la
Ville de Liège, via sa régie foncière, a décidé
de se rendre maitre du foncier. Sur avis de
l’auteur de projet, il a également été décidé
de conserver et rénover le bâti existant
plutôt que de le démolir. L’objectif initial du
projet était de reconvertir les immeubles
en logements moyens et d’insertion. Les
subsides potentiels de la Wallonie ne
permettaient toutefois que la création de
logements sociaux dont :
• 5 appartements 1 chambre (47 m²)
• 26 appartements 2 chambres (60 m² à
70 m²)
• 5 appartements 3 chambres (94 m²)
Une surface commerciale de 93 m² a par
ailleurs été maintenue au rez-de-chaussée
au croisement des deux rues.
Les espaces intérieurs ont été modifiés pour
intégrer les salles de bain et les cuisines,
inexistantes à l’origine des bâtiments. La
fresque située à l’angle du bâtiment rue
d’Amercœur 54 est désormais éclairée afin
de servir de point de repère aux habitants du
quartier. C’est également le cas des accès
aux immeubles dont l’éclairage renforce la
sécurité des locataires.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
178
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Dès réception des travaux en 2004, les
logements ont été cédés en gestion à
La Maison Liégeoise dans le cadre d’une
convention de partenariat. Pour tous
les frais résultants de l’exécution de son
mandat, la SLSP perçoit des indemnités à
titre de défraiement. La Ville de Liège doit,
quant à elle, garantir l’entretien technique,
l’amélioration, la réparation, et la rénovation
du patrimoine.
Notons que le bâtiment a été intégré en
2023 au projet de la régie foncière visant à
améliorer la performance énergétique de
son patrimoine immobilier (voir point 2.7.3).
Les travaux concernent principalement la
pose de nouvelles toitures isolées pour un
coût de 321.000 euros, et l’amélioration du
corps de chauffe pour un coût de 27.000
euros. Des subsides obtenus dans le cadre
de la Politique Intégrée de la Ville (PIV)
doivent permettre à la Ville d’atteindre
dans les années à venir, après réalisation
des travaux, une PEB de niveau C ou B
(minimum) pour tous les logements de son
parc privé.
Financement : SPW (1.859.624 €) : Art 29
du code wallon de l’habitat (décret du
29 octobre 1998 (MB 4/12/1998) relatif
à l’octroi d’une aide aux personnes
morales en vue de la création de
logements sociaux locatifs) et
programme d’ancrage communal du
logement 2001-2003 pour 20 logements
- Ville de Liège (solde)
Partenaire : SLSP La Maison Liégeoise
Réalisation des travaux : 2002 - 2004
Cout total de l’opération (TVAC) :
2.402.517 €
Acquisitions : 436.915 €
Nombre de logements : 39 (+ 1
commerce)
Auteur de projet : Nadine BUOL –
Entreprises : Galère
Travaux d’isolation et d’amélioration
énergétique financés par la PIV : 2025-
2026 (321.000 €)
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
2.7. AUTRES ACTIONS DE LA
POLITIQUE EN MATIÈRE DE
LOGEMENT
Les « actions logement » intervenant dans
le processus de rénovation urbaine des
quartiers ne se limitent pas aux projets de
réhabilitation ou démolition/reconstruction
commentés dans les chapitres précédents.
Elles peuvent être multiples et concernent la
lutte contre l’inoccupation des immeubles,
l’amélioration des conditions de vie des
citoyens, la restructuration et l’amélioration
énergétique du parc de logements privés et
publics, ou encore la création de logements
à loyers réduits pour les étudiants par
exemple. Nous présenterons succinctement
les plus emblématiques d’entre-elles et les
plus régulièrement citées.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
179
180
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.7.1. LUTTE CONTRE LES LOGEMENTS INOCCUPÉS
Dans un contexte où le manque de
logements de qualité à des prix décents est
une réalité dans les grands centres urbains,
la mobilisation des immeubles vides est
souvent citée comme une des réponses à
cette problématique. On en dénombrerait
plusieurs dizaines de milliers en Wallonie
selon certaines associations et diverses
études universitaires (de 40.000 à 100.000
unités).
Ces chiffres sont toutefois difficiles à vérifier.
La mesure du phénomène est en effet
complexe et concerne des situations et
des processus très divers. Si la notion de
biens inoccupés est généralement perçue
comme néfaste pour le voisinage ou
l’image d’un quartier, il importe de rappeler
que la vacance immobilière doit être
définie de manière plus large et n’est pas
nécessairement une mauvaise chose en soi.
Ainsi, une vacance dite « normale » concerne
les biens inoccupés en raison de travaux de
rénovation, d’un sinistre, d’une transaction
en cours (vente), de délais de location ou
de succession par exemple. Ce stock de
logements est nécessaire pour répondre
correctement à la demande et au bon
fonctionnement du marché. Il s’agit dans ce
cas d’un état temporaire.
Une vacance « anormale » correspond
cependant aux bâtiments inhabitables,
insalubres, en ruine, inadaptés, ou encore
sujet à la spéculation par leur propriétaire.
Dans la majorité des cas le manque
d’investissements par ces derniers semble
être la cause principale de l’abandon du
logement parfois pour une longue période.
Il n’est pas rare d’identifier des immeubles
vides depuis de très nombreuses années.
C’est précisément cette partie du parc
immobilier qui est dans le viseur des
autorités et des associations militant pour le
droit au logement.
Dans le cadre de l’élaboration du Schéma
de Développement Communal présenté en
2023, une analyse contextuelle du territoire a
été réalisée, et s’est notamment penchée sur
les caractéristiques et les problématiques
liées au logement. En considérant les
résultats d’une recherche réalisée dans
plusieurs grandes villes (Charleroi et Namur
notamment) par le « Centre d’Étude en
Habitat Durable » (CEHD), basée sur la
consommation en eau et en électricité,
les rédacteurs du diagnostic estiment
la vacance immobilière « potentielle »
(normale + anormale), à Liège, à 6% du parc
soit environ 7500 logements. La vacance
varierait toutefois d’un quartier à l’autre pour
atteindre un taux de 10% dans certains cas.
181
Mesures pour lutter contre la vacance
immobilière « anormale »
Le service logement de la Ville de Liège
recense depuis de nombreuses années les
bâtiments n’accueillant aucune personne
domiciliée (sur base des registres de la
population), et d’apparence inoccupés suite
à un repérage depuis la voirie publique
(boites aux lettres pleines, absence
d’entretien, signes de dégradation, etc). En
retirant les immeubles manifestement en
travaux, récemment rénovés, à vendre ou
à louer, taxés comme seconde résidence,
le chiffre obtenu s’élevait à environ 1150
unités en 2024. Cette donnée qui a le mérite
d’exister, est toutefois incomplète. Elle
ne concerne en effet que des bâtiments
« individuels », et ne prend pas en compte
les appartements au sein de résidences
en copropriété, les petits logements au
sein d’immeubles divisés ou encore les
logements inoccupés aux étages des
immeubles de commerces. Ces différentes
typologies nécessitent la mise en place de
techniques de relevé spécifiques.
La rénovation et la remise sur le marché des
logements inoccupés constituent un enjeu
majeur de la rénovation urbaine en raison
notamment du climat d’insécurité et des
nuisances qu’ils génèrent. C’est la raison
pour laquelle la Ville mène diverses actions
dans ce sens depuis de nombreuses années,
et va intensifier sa lutte en activant les outils,
notamment réglementaires, à sa disposition.
Il s’agit d’une priorité de la déclaration de
politique en matière de logement et du Plan
Stratégique Transversal 2025-2030. Parmi
les mesures prises notons :
• les programmes d’investissement :
depuis les années 2000 la régie foncière
de la Ville a rénové des dizaines de
logements abandonnés dans le cadre
d’opérations d’acquisition/réhabilitation.
De nombreux ménages ont ainsi pu être
relogés dans les quartiers centraux de
Liège grâce à l’activation de dispositifs de
subventionnement régionaux et fédéraux
et en mobilisant des montants importants
sur fonds propres. Un des objectifs de ces
actions est d’enclencher une dynamique
dans les quartiers et susciter l’intervention
des acteurs privés. Les différents projets
ont été présentés dans les parties
précédentes de ce retour d’expérience.
• la taxe communale sur les immeubles
bâtis inoccupés ou délabrés : la
Wallonie autorise les communes à
percevoir une taxe sur les bâtiments
inoccupé depuis l’exercice d’imposition
2005. Elle a pour but d’inciter les
propriétaires à réhabiliter ou occuper
leur bien. Les montants dûs par ces
derniers en cas d’inaction peuvent
s’avérer particulièrement élevés et
sont perçus chaque année jusqu’à
justification de l’occupation. La base
imposable est établie par le produit de
la longueur de la façade du bâtiment
(en mètre courant) par le nombre de
niveaux inoccupés (de 30 à 100 euros
par mètre selon l’année d’imposition).
Un peu plus de 950 biens ont fait l’objet
d’un enrôlement pour l’année 2024.
Ce chiffre qui ne cesse d’augmenter
traduit la volonté de la Ville d’agir sur
cette question et montre l’efficacité
du département des finances dans
l’identification des biens concernés.
Un règlement définissant le champ
d’application de la taxe et la procédure
relative à sa perception est approuvé
par le conseil communal en début de
législature.
• le Code Wallon du Logement et
de l’Habitat Durable – Art 80 et
suivants : le CWHD prévoit des outils
administratifs et juridiques pour lutter
contre l’inoccupation des immeubles.
Ainsi, chaque année depuis, la Ville a
l’obligation de transmettre au SPW et
aux opérateurs immobiliers compétents
et reconnus une liste des logements
présumés inoccupés. Pour y être
intégrés les logements doivent répondre
à, au moins un des 4 critères suivants
(art 80) : le logement est déclaré
inhabitable, le logement n’est pas
garni du mobilier adéquat, le logement
présente des consommations en eau et
en électricité inférieures à un seuil fixé
par le Gouvernement, aucune personne
n’est inscrite pour ce logement dans les
registres de la population pendant une
période d’au moins 12 mois.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
182
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Une cellule spéciale créée au sein du
service du logement établit cette liste
depuis l’année 2024 conformément
à la procédure définie dans les textes
(notification au propriétaire qui peut
se défendre), et l’a faite approuveer
par le Collège communal. Ce travail
complexe est effectué en collaboration
avec les services juridique, des finances
et de l’urbanisme afin de traiter la
problématique de manière globale. Sur
base de la liste, plusieurs possibilités
sont offertes aux communes par le
CWHD pour mettre fin à l’inoccupation :
‒ Prise en gestion volontaire : la Ville
mène un travail d’information
auprès des propriétaires en
présentant les avantages d’une
prise en gestion volontaire par
l’Agence Immobilière Sociale, qui
(en collaboration avec le service
du logement de la Ville) évalue les
travaux à effectuer pour rendre le
bien salubre, assume la gestion
locative et garantit les revenus
locatifs. Un accompagnement est
également proposé au propriétaire
concernant les aides du FLW dont
il peut bénéficier pour financer
les travaux de rénovation (79.000
euros par unité de logement, avec
une enveloppe complémentaire
possible de 34.900 € en cas de
surcoût lié à l’amélioration des
performances énergétiques).
‒ Prise en gestion forcée : si le
propriétaire refuse la prise en
gestion volontaire sans motif
valable, la commune peut
prendre le bien en gestion via
une procédure judiciaire ou
une procédure unilatérale. Ces
possibilités ont été envisagées
mais n’ont pas été privilégiées.
Les procédures sont longues et la
jurisprudence est pratiquement
inexistante. Leur intérêt réside
toutefois dans le fait que
l’opérateur immobilier peut
effectuer les travaux et rembourser
son investissement en percevant
les loyers (sans limite de temps
et de montants). Notons que
ce dispositif peut avoir un rôle
dissuasif, et responsabiliser les
propriétaires, qui dans la crainte
de perdre temporairement la
jouissance de leur bien pourraient,
suite à cet avertissement, mettre
fin à l’inoccupation du logement.
Action en cessation : le président
du tribunal de première instance
peut ordonner, sur demande des
autorités administratives ou d’une
association, que le propriétaire
d’un logement inoccupé au
sens de l’article 80 du CWHD
prenne toute mesure utile pour
assurer l’occupation du logement
dans un délai raisonnable. Il est
possible d’assortir la décision
d’une astreinte (250euros par
jour de retard dans l’exécution
de la décision de justice). Notons
que, s’il ne dispose pas des
moyens financiers suffisants pour
rénover son bien, le propriétaire
peut le mettre en vente. La Ville
de Liège a décidé de privilégier
cette procédure plus souple, et
a désigné un avocat chargé de
présenter les dossiers au tribunal.
L’objectif en activant l’article « 85
sexies » du CWHD est d’envoyer
un signal fort aux propriétaires
sur la détermination du Conseil
communal. Les premiers résultats
sont encourageant et confortent la
Ville dans son choix d’action.
‒ Amende administrative (art 85 ter
et quater) : le dispositif présentant
une insécurité juridique, la Ville
a décidé de maintenir, pour
l’instant, son règlement taxe sur
les bâtiments inoccupés qui a
montré son efficacité et sa plus
grande souplesse de mise en
œuvre (procédure moins lourde).
Pour des raisons liées à l’égalité
de traitement des citoyens (des
propriétaires en l’occurrence),
les deux règlements ne peuvent
coexister (les sanctions étant
différentes).
183
• L’occupation temporaire et transitoire :
Suite à l’acquisition d’immeubles dans le
cadre de ses opérations de rénovation
urbaine, et dans l’attente de l’obtention des
permis d’urbanisme et de la désignation des
entreprises chargées de réaliser les travaux,
la régie foncière doit parfois gérer, durant
plusieurs années, des espaces commerciaux
ou des bâtiments vides de tout occupant.
Ces lieux sont souvent inutilisables en
raison de leur état de délabrement. Mais,
dans certains cas, une occupation totale
ou partielle est envisageable moyennant
quelques travaux de rafraîchissement et de
sécurisation. Afin d’éviter le développement
de squats dans ces lieux vides, et de
maintenir ou recréer de l’animation dans
des espaces en partie désertés, la Ville
a négocié, quand la situation le permet,
avec des associations souvent à vocation
culturelle ou sociale, la cession temporaire
de leur gestion. Une convention à titre
précaire est conclue entre les partenaires
pour définir les modalités d’occupation
de ces biens dans un esprit « gagnantgagnant
».
Cela permet à ces acteurs de développer
leurs activités à faible coût dans des lieux
bénéficiant souvent d’une excellente
localisation dans ou à proximité du
centre-ville, et à la commune de créer du
mouvement et du contrôle social. Dans les
rues commerçantes cette initiative permet
d’éviter des ruptures dans le cheminement
des chalands. Cette expérience
d’occupation « organisée » pourrait être
étendue aux biens privés.
Citons le projet Rhiz[H]omes, imaginé par
l’ASBL Comptoir des ressources créatives
(implantée dans les grandes villes
wallonnes), qui propose un premier accès
à des ateliers sous forme d’occupations
« éphémères », allant de trois à six mois,
dans des bâtiments vides en cours de
réaffectation. Les artistes bénéficient, pour
un loyer modéré, d’un espace de travail
mutualisé avec d’autres créateurs de
disciplines variées. L’occupation transitoire
de cellules commerciales situése rue du
Stalon et rue Puits-en-Sock, et de l’ancien
immeuble occupé par l’ICADI dans le
quartier des Guillemins en sont des
exemples.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
184
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Remarques :
‒ la problématique des logements
inoccupés aux étages des
immeubles de commerces fait
l’objet d’une attention particulière.
Il s’agit d’une composante de la
vacance immobilière anormale qui
n’est pas reprise dans les chiffres
dont question ci-dessus. Une étude
réalisée par le bureau « Mertens
et Steffens » dans le courant
des années 2000, au niveau de
l’hypercentre commerçant de
Liège, avait identifié un peu plus
de 1000 logements potentiels.
Depuis, des projets de rénovation
(voir partie 2) ont été réalisés
(et se poursuivent) par la régie
foncière et des promoteurs privés ;
mais ce type d’inoccupation
reste important. Les artères
commerçantes des centres des
grandes villes se sont en effet
partiellement vidées de leurs
habitants, entrainant entre autres
des problèmes d’insécurité et de
préservation du patrimoine.
‒ L’évolution des pratiques
commerciales n’y est pas
étrangère. Les actions visant à
rendre à nouveau habitables
les étages de ces immeubles
sont complexes, et se heurtent
notamment aux difficultés
suivantes : absence d’accès
indépendants aux étages (largeur
des commerces parfois très faible),
rendement basé sur un loyer
commercial élevé (ce qui entraine
un désintérêt du propriétaire
pour la création de logements
aux étages), les commerçants
n’habitent plus dans les logements
situés aux étages de l’immeuble
accueillant leur activité, les
bâtiments sont fort dégradés et
nécessitent des investissements
conséquents, le bail commercial
porte très souvent sur l’entièreté de
l’immeuble, etc.
Le service de l’urbanisme insiste
auprès des propriétaires lors des
dépôts de permis pour réaffecter
ces espaces improductifs. Une
réflexion est en cours pour intégrer
dans les directives d’urbanisme
l’obligation de prévoir un accès
aux logements lors d’une demande
de transformation de la surface
commerciale.
‒ la « colocation », le « coliving », les
« apparts-hôtels » ou les
résidences touristiques de type
AirBNB, constituent de nouvelles
manières d’habiter et de vivre la
ville qui réduisent le nombre de
logements disponibles pour les
ménages souhaitant se domicilier
sur le territoire communal. Elles
provoquent par ailleurs une hausse
des prix des loyers. Des réponses
adaptées à ces pratiques, de
plus en plus répandues, seront
nécessaires dans les années à
venir afin d’éviter d’accroitre les
tensions sur le marché locatif. Il est
important que ces résidents, non
domiciliés, participent eux aussi au
financement des services publics,
des aménagements de la cité et
de son organisation. Il s›agit d›un
enjeu majeur pour les villes de
demain et d’une question de justice
fiscale et sociale.
185
2.7.2. LUTTE CONTRE L’INSALUBRITÉ DES
LOGEMENTS ET LES « MARCHANDS DE SOMMEILS »
Selon les données du cadastre, environ 63
% des logements répertoriés sur le territoire
communal ont été construits avant 1945.
Cette ancienneté du parc immobilier
conjuguée à un manque d’investissements
et une division importante des bâtiments
en petites unités, font partie des causes
de l’existence de logements de mauvaises
qualités dans certains quartier de la
Ville. Des problèmes d’insalubrité sont
régulièrement relevés par les services
régionaux ou communaux compétents
dans ces bâtiments surexploités. Aucune
donnée fiable ne permet de quantifier le
phénomène, mais l’expérience montre
que cette problématique est davantage
présente dans le secteur locatif plus
présent dans les agglomérations urbaines
densément bâties. La proportion de
propriétaires occupants est en effet plus
importante dans les espaces périurbains et
ruraux.
Notons que ces logements de mauvaise
qualité, par ailleurs véritables « passoires
énergétiques », accueillent les populations
les plus précarisées et vulnérables. Elles
sont dès lors parfois victimes de marchands
de sommeils peu scrupuleux. La sécurité et
la santé de ces habitants sont menacées
dans certaines situations. C’est la raison
pour laquelle la Ville, en partenariat
avec les services de justice, de la police
et de prévention incendie, a décidé de
lutter fermement contre les problèmes
d’insalubrité des logements et de traite des
êtres humains via notamment des échanges
d’informations, et d’opérations de contrôle
conjoints. Mais la lutte contre ces derniers
est complexe : le phénomène est peu visible,
les victimes ne déposent pas facilement
plainte, et lorsque c’est le cas, les enquêtes
sont longues et difficiles. Les descentes
sur les lieux sont souvent des opérations
de grande envergure et elles doivent être
bien préparées et coordonnées. Comme
l’indique la police fédérale, « la jurisprudence
est limitée, les marchands de sommeil sont
quant à eux, bien organisés … ».
chacun le droit de mener une vie conforme
à la dignité humaine (article 23 de la
Constitution). La salubrité des habitations
est un facteur incontournable dans le
respect de ce droit. »
Le gouvernement wallon a ainsi adopté des
arrêtés déterminant les critères minimaux
de salubrité et de surpeuplement que tout
logement doit respecter. Ils concernent :
• la stabilité ;
• l’étanchéité ;
• les installations électriques et de gaz ;
• la ventilation ;
• l’éclairage naturel ;
• l’équipement sanitaire et l’installation
de chauffage ;
• la structure et la dimension du
logement ;
• la circulation au niveau des sols et des
escaliers.
Comme le prévoient les arrêtés, à la suite
d’une demande écrite provenant d’un
particulier, d’une administration, ou à
son initiative, le SPW Logement dresse
un rapport mentionnant les éventuels
manquements relevés dans les habitations
concernées. Les conclusions des enquêtes
sont envoyées aux personnes intéressées
(locataires, propriétaires,...) ainsi qu’aux
bourgmestres afin que ceux-ci prennent
les mesures qu’ils jugent utiles, au besoin
des arrêtés d’inhabitabilité. Ils peuvent
prendre, sur base de l’article 7 du Code
de l’Habitation durable, des mesures
conservatoires, ordonner des travaux
de réhabilitation, de restructuration, de
démolition ou prononcer l›interdiction
d›occuper.
Le Bourgmestre peut également prendre
des arrêtés d’inhabitabilité sur base de
l’article 135 de la nouvelle loi communale
principalement pour des motifs liés à
la sécurité publique. Notons qu’il existe
en matière de sécurité et salubrité des
bâtiments un règlement communal
applicable à l’ensemble des immeubles de
la Ville de Liège.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Rappelons, comme l’indique le SPW sur
son site internet, que « vivre dans un
logement décent en tant que lieu de vie,
d’émancipation et d’épanouissement
des individus et des familles, est l’objectif
poursuivi par le Code wallon de l’Habitation
durable qui traduit l’intention d’offrir à
Ce sont en moyenne 430 enquêtes de
salubrité qui sont réalisées annuellement
par les agents du Service Public de
Wallonie dans les logements liégeois. 33
% d’entre-elles considèrent les logements
comme « inhabitables améliorables »
186
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
et 18 % comme « salubres ». 47 % des
logements contrôlés sont quant à eux
déclarés « habitables améliorables ». Ces
logements présentent divers problèmes
de salubrité que leur propriétaire doit
résoudre dans un délai raisonnable, mais
ils n’empêchent toutefois pas l’occupation
à court ou moyen terme. Des problèmes
de surpeuplement sont identifiés dans 28
% des cas. Ce chiffre montre qu’une part
importante des logements contrôlés sont
de petite taille. Seul un logement visité par
an par les services techniques régionaux est
diagnostiqué « non améliorable ».
Sur base de ces contrôles régionaux, ce
sont en moyenne 247 arrêtés qui sont
pris annuellement par le Bourgmestre sur
proposition du service de sécurité et de
salubrité publique (SSSP). Il s’agit d’arrêtés,
notamment d’inhabitabilité, suite au constat
de l’existence de problèmes de salubrité
ou de sécurité (non-conformité des
installations de gaz ou d’électricité).
permis de location. Les agents du service
du logement transmettent les dossiers
refusés par le Collège communal au SPW
qui active la procédure de récupération des
montants dû. Plusieurs centaines de milliers
d’euros ont ainsi été perçus par la Wallonie
en quelques années. Ces amendes peuvent
aussi être infligées aux bailleurs qui louent
un logement pourtant déclaré inhabitable
par le Bourgmestre.
L’application de ces règlementations
communales, régionales et fédérales
conduisent, dans de nombreux cas, à la
réhabilitation des biens par leur propriétaire.
Elles participent donc à la politique
de rénovation urbaine des villes par
l’amélioration du confort et de la sécurité
des logements.
Le service du logement de la Ville dispose
quant à lui d’une équipe (3 agents
techniques et administratifs) chargée de la
mise en œuvre de la réglementation relative
aux Permis de location (art 9 du CWHD). Cet
outil a pour but de contrôler la qualité des
logements de moins de 28m² de surface
habitable et des logements collectifs mis en
location. Depuis sa création en 1998, environ
10.000 logements (soit environ 10% du parc
liégeois) répondant à cette définition ont
été identifiés sur le territoire de la Ville. Une
part de ces unités est occupée par des
étudiants (« kots »), mais deux tiers d’entreelles
constituent la résidence principale
de personnes isolées, voire de familles qui
sont forcées, en raison de leur situation
économique, de vivre dans ces espaces
de tailles réduites. Le refus du permis (43
% des dossiers) impose aux propriétaires
de remettre le logement aux normes
avant sa mise en location. Ce dernier est
motivé par le non-respect des critères
minimaux de salubrité (dont le respect des
règlements communaux en matière de
sécurité incendie) et/ou l’absence de permis
d’urbanisme pour la création des logements
dont question (la division des immeubles est
contrôlée par le département de l’urbanisme
- équipe de plusieurs inspecteurs du bâti).
Le nouveau code wallon de l’habitat durable
prévoit des amendes administratives pour
le non-respect de la législation sur le
187
2.7.3. AMÉLIORATION DE LA PERFORMANCE ÉNER-
GÉTIQUE DU PATRIMOINE IMMOBILIER DE LA RÉGIE
FONCIÈRE
En 2015, la Ville de Liège a adhéré à la
Convention des Maires pour le Climat et
l’Énergie. Cette convention réunit des milliers
de collectivités locales qui s’engagent
volontairement à réduire leurs émissions de
CO2 et à adapter leur territoire aux effets du
changement climatique. Par cette adhésion,
la Ville de Liège s’est engagée à réduire ses
émissions de CO2 de 55 % à l’horizon 2030
par rapport à 2005, année prise comme
référence. Elle a formalisé son engagement
en 2021 via son Plan Climat qui comprend
des objectifs relatifs à la diminution de la
consommation énergétique des logements
et à l’augmentation de la part d’énergie
renouvelable.
Dans le cadre des opérations de rénovation
urbaine qu’il mène depuis plus de 20 ans, le
Service du Logement répond précisément à
ces objectifs. Ces derniers sont par ailleurs
intégrés aux différents projets de quartier
à la base des actions menées par la Ville.
Notons que les nouvelles constructions et
rénovations présentées dans les chapitres
précédents, affichent une bonne, voire
très bonne, performance énergétique (A+,
A ou B). Toutefois, les bâtiments les plus
anciens du patrimoine privé de la Ville sont,
pour la majorité, mal isolés et disposent
d’équipements peu performants en matière
énergétique. C’est la raison pour laquelle le
Collège communal a décidé d’affecter une
partie des subsides alloués à la Politique
Intégrée de la Ville (2021 -2026) à cette
problématique. La fiche action n°17 de
ce programme d’investissements, dotée
d’un montant de 2.162.000 euros, est ainsi
consacrée à « l’ amélioration énergétique du
patrimoine immobilier de la Régie foncière ».
Les interventions portent sur :
• la rénovation et l’isolation des toitures et
des bardages de façade
• le remplacement des menuiseries
extérieures (vitrages, châssis)
• l’amélioration des systèmes de
chauffage et de production d’eau
chaude,
• l’installation de systèmes de
ventilation performants, de panneaux
photovoltaïques et solaires thermiques
• le renforcement de l’enveloppe des
bâtiments,
• l’assèchement des murs,
• l’optimisation des dispositifs d’éclairage,
• la mise en place de protections solaires.
Notons que 80 % du parc immobilier de la
Régie foncière atteint une performance
énergétique A+, A, B ou C, et que l’objectif
pour les 6 prochaines années est de
poursuivre la rénovation des immeubles les
plus anciens afin d’atteindre, au minimum,
une performance énergétique de niveau C
pour tous ses logements.
Notons que les sociétés de logements de
services publics améliorent également
l’efficacité énergétique de leur parc grâce
à l’obtention de subsides importants
dans le cadre d’un plan approuvé par le
Gouvernement wallon en 2020 (883 millions
d’euros pour 25.000 logements).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Financement : SPW PIV (1.729.890 €) –
Ville de Liège (solde)
Coût total de l’opération : 2.162.000 €
Opérateur : Régie foncière de la Ville de
Liège
188
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.7.4. AMÉLIORATION DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉ-
TIQUE DU PARC DE LOGEMENT PRIVÉ – SERVICES
D’ACCOMPAGNEMENT DES CITOYENS
Les statistiques du cadastre montrent
qu’une part importante du parc immobilier
liégeois est ancien et n’a jamais fait l’objet
de rénovation par leur propriétaire. Ce
constat concerne tant les logements
occupés par ces derniers que les logements
mis en location. La plupart de ces biens ont
une performance énergétique très faible de
niveau E, F ou G (pour les plus dégradés).
La politique de rénovation urbaine menée
par les communes doit dès lors prendre en
considération cette situation.
Il s’agit d’un enjeu majeur dans la lutte pour
la réduction des émissions de gaz à effet de
serre, et donc du réchauffement climatique.
Selon le site internet climat.be (du SPF
santé publique), le chauffage résidentiel
représentait fin 2023 encore 13% des
émissions totales malgré une diminution de
plus de 38 % depuis l’année 1990 (année de
référence). A Liège, une Maison de l’habitat,
dont il a été question au point 2.1.5, a été
créée pour aider les citoyens dans leurs
démarches et réflexions pour rénover leur
habitation, et ainsi répondre aux objectifs
du plan climat. Parmi les services qui y sont
présents relevons :
• le Guichet de l’énergie : composé de
5 consultants (subsidiés par le SPW),
il guide le citoyen dans les domaines
touchant à l’énergie au sein de son
habitat, et lui apporte des conseils
techniques personnalisés entièrement
gratuits (choix technologiques pour
l’isolation thermique, la ventilation ou
la production d’énergie à partir de
sources renouvelables, fonctionnement
et rentabilité des installations, formalités
PEB, aides et primes, exigences
réglementaires, organisation du marché
de l’énergie, etc.)
• l’Asbl Liège Énergie : en tant qu’Entité
locale de la Wallonie et Agence locale
de l’Énergie de la Ville de Liège, elle
a pour mission d’accompagner les
citoyens dans leurs démarches de
rénovation énergétique (prêts à taux
0, groupement d’achats, rénovation
des copropriétés, réunions et ateliers
d’information et de sensibilisation,
réalisation d’une thermographie
aérienne, accompagnement pour
la réalisation d’audits énergétiques,
analyse des devis et suivi des travaux,
démarches administratives auprès
du SPW concernant les demandes de
primes, mobilisation des partenaires
professionnels, etc.)
• le service Énergie de la Ville : il propose
différentes activités de sensibilisation
et d’informations pour aider chaque
citoyen, locataire ou propriétaire, à
maîtriser ses consommations d’énergie
(séances d’information thématiques
mensuelles (jeudi de l’énergie),
ateliers dans les quartiers, campagne
Européenne de communication
« Engage, j’agis pour le climat »).
189
2.7.5. VALORISATION DU PATRIMOINE FONCIER
DE LA RÉGIE FONCIÈRE (DIALOGUE COMPÉTITIF
ET APPELS À INTÉRÊT) - CRÉATION DE CENTAINES
DE LOGEMENTS « INDIRECTS » DANS LE CADRE DU
DÉVELOPPEMENT D’ECO-QUARTIERS PAR LE PRIVÉ
Les réserves foncières d’une commune,
qu’il s’agisse de leur patrimoine public ou
privé, peuvent jouer un rôle central dans
le développement de projets immobiliers
innovants et de qualités sur leur territoire.
La mobilisation des terrains dont la Ville de
Liège était propriétaire a ainsi permis de
chercher des partenariats, et d’influer sur les
programmes déposés par les promoteurs.
Comme cela a déjà été expliqué dans la
première partie du document (voir point
1.7.4.3), les appels à intérêt (ou autres
formules de marchés publics comme les
marchés de promotion) évitent à la Ville
d’investir des montants importants sur fonds
propres tout en permettant la concrétisation
de projets essentiellement résidentiels dont
elle impose les principales caractéristiques.
L’intérêt de cette mobilisation de biens
immeubles ou terrains par la Ville réside
dans le retour de ménages de classes
moyennes à moyennes supérieures sur
le territoire communal qui contribuent à
l’augmentation des recettes communales
(via l’Impôt sur les Personnes Physiques,
la taxe relative au précompte immobilier
des nouveaux logements, ou encore la taxe
urbaine de collecte des déchets et des
encombrants.
Plusieurs exemples ont été présentés
aux points 2.1.10.1 (rue Léopold - rue de
la Madeleine), 2.1.10.2 (rue Cathédrale –
Régence), 2.1.10.3 (rue Nagelmackers – Quai
sur Meuse), 2.2.2 (site des Franciscains), 2.2.5
(pôle multifonctionnel Agimont -Académie),
2.2.7 (îlot Légia – Hesbaye), 2.3.7.7 (site
Vivegnis – les Zurbains), 2.3.9 (rue Morinval),
2.5.8 (quartier de Droixhe), 2.6.5 (îlot ICADI).
Un des résultats les plus importants de la
mise à disposition de ces biens consiste en
l’aménagement d’écoquartiers. En résumant
les propositions les plus courantes, on
peut définir un écoquartier comme « une
zone d’habitation qui intègre des critères
de développement durable dans sa
conception et sa gestion quotidienne.
Cette notion englobe plusieurs aspects
tels que la réduction des émissions de
gaz à effet de serre, la gestion efficace
de l’eau, la promotion de la biodiversité et
l’incitation à utiliser des modes de transport
écologiques » (https ://transition-energie.
com).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
190
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Cas 1 : échange de terrains – dialogue
compétitif – écoquartier de Coronmeuse
(Rives Ardentes)
Dans le cadre de la candidature liégeoise à
l’organisation d’une exposition internationale
en 2017, un site d’exception avait été choisi
pour accueillir l’événement : la presqu’île
de Coronmeuse (occupée par la foire
Internationale de Liège, l’ancienne patinoire
et le parc Astrid). Ce site étant toutefois
propriété de la Wallonie, la Ville de Liège a
proposé au SPW un échange de terrains
pour devenir maître du foncier et développer
son projet. La régie foncière a ainsi été
sollicitée pour céder à la Région, dans le
cadre de cette transaction, des parcelles
industrielles situées dans le pôle d’activités
logistiques de Renory.
L’échange réalisé pour cause d’utilité
publique avait donc initialement pour but :
• De permettre au Port Autonome de
Liège d’étendre et de développer le port
de Renory
• De permettre à la Ville de Liège de
disposer de la maitrise de l’ensemble
du site de Coronmeuse identifié comme
projet métropolitain dans le projet de
Ville 2012-2022
• De favoriser les remembrements en
évitant les reliquats de propriétés
isolées (raison pour laquelle des
terrains situés au niveau du parc de la
Boverie et de l’Esplanade de l’Europe ont
également été concernés par cet acte)
L’échange, finalisé en 2014 (sans soulte),
concerne des parcelles dont la superficie
totale est de 110.200 m² pour le site de
Coronmeuse et 64.925 m² pour les parcelles
industrielles de Renory.
Malgré une campagne réussie en termes
de mobilisation citoyenne et de promotion
internationale, Liège n’a pas été retenue
pour organiser cette Expo 2017. Au
lendemain du verdict (22 novembre 2012),
les autorités liégeoises ont toutefois décidé
de poursuivre la procédure de dialogue
compétitif entamée en vue d’aménager
le site de Coronmeuse en écoquartier.
Il s’agit d’une procédure de passage
de marchés publics (instaurée par une
directive européenne) qui permet au
pouvoir adjudicateur de dialoguer avec
les candidats pour définir des solutions
adaptées à ses besoins (en l’occurrence un
projet à dominante résidentielle).
Cette procédure peut se dérouler en plusieurs
phases, permettant de réduire le nombre de
de solutions à discuter. À chaque phase, les
candidats peuvent affiner leurs propositions
en fonctions des remarques des experts de
la Ville. Le service du logement a participé
activement avec d’autres départements
communaux (urbanisme, espaces publics,
bâtiments communaux, cellule stratégique) à
cette procédure pour aboutir au projet le plus
écologique et le plus qualitatif possible pour
les futurs propriétaires, locataires visiteurs
et voisins du site. Entre autres choses, a
été imposé au consortium de vendre 10 %
des logements produits à des ménages à
revenus moyens et avec une décote de 10 %
sur le prix de vente.
En 2017, après 4 ans de rencontres avec les
191
deux candidats en lice, l’équipe et le jury en
charge du dialogue compétitif ont attribué
le marché au consortium Neolegia (projet
Rives Ardentes). Plusieurs immeubles de
logements et de bureaux sont maintenant
achevés et accueillent les premiers
occupants dont la société ETHIAS qui y a
installé son siège social liégeois. Le parc
Astrid (4 ha) a été complètement rénové
et a fait l’objet d’une extension avec des
installations sportives (piste d’athlétisme),
des installations de bien-être (parcours
Vita) et des plaines de jeux pour enfants.
Deux passerelles permettent désormais
de relier le quartier Saint-Léonard à l’écoquartier.
Les résidents tireront par ailleurs
pleinement parti de l’arrivée du tram dont
il est un des terminus depuis le mois d’avril
2025. Il faut souligner la particularité de la
production circulaire de l’énergie pour l’eau
chaude sanitaire et le chauffage. Le réseau
de chaleur qui alimente les bâtiments sur
le site de Rives Ardentes récupère l’énergie
produite par d’Intradel situé à Herstal et plus
particulièrement son Unité de Valorisation
Energétique des ordures ménagères
(UVELIA).
Une fois terminé, ce nouveau quartier
s’étendra sur une superficie de 25 ha et
comprendra :
• 1325 unités de logements en
construction HQE (basse énergie et
passive) et de typologies très variées
(maisons, appartements, lofts, habitats
groupés de toutes tailles).
• des services à la personne : hôtel,
résidence services, maisons de repos et
de soins, crèches, maison de quartier,
marché bio couvert, potagers urbains,
atelier de réparation de vélos…
L’avenir du Grand Palais (5.000 m²
au sol et plus de 20 m de hauteur),
initialement prévu à la rénovation, est
quant à lui un questionnement actuel. Son
réaménagement ou sa démolition, partielle
ou totale, dépendra en tout cas des résultats
de sa mise en vente récente, en janvier 2026.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Cout total de l’opération (TVAC) :
330.000.000 € (dont 55.000.000 € pour
l’ensemble des aménagements et des
équipements publics à charge
de Neolegia)
Intervention programme européen -
Fonds Feder 2014-2020 : 21.700.000 €
octroyés pour la viabilisation du site
(voiries/réseaux/espaces publics)
et 5.845.000 € octroyés pour la
dépollution du site
Nombre de logements : 1.325
Valorisation des terrains régie
foncière dans le cadre de l’échange
SPW : 6.000.000 €
Réalisation des travaux : 2021 à 2035
Maître de l’Ouvrage : Société publique
Immo Coronmeuse
Architectes auteurs de projets :
association de 4 bureaux d’architectes :
ALTIPLAN Architects, ARTAU
Architectures, l’atelier du SART TILMAN et
le bureau SYNTAXE
Consortium : CIT BLATON – WILLEMEN
Groep – le groupe JAN DE NUL et le
groupe LOUIS DE WAELE
192
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Cas 2 : appel à intérêt conjoint de la Ville
et de l’Université de Liège – écoquartier du
Sart-Tilman
La Ville et l’Université de Liège étaient
propriétaires depuis de nombreuses
années de terrains à bâtir contigus de
respectivement 7.170 m2 et 18.350 m2 rue
du Sart-Tilman et rue des hômes à 4031
Angleur.
Les deux institutions ont marqué leur souhait
de vendre ces parcelles pour permettre
le développement d’un nouveau quartier
d’habitat à proximité du campus. La
volonté des parties était de profiter de cette
transaction pour dépasser le cadre d’une
simple opération financière. Cette intention
s’est concrétisé au travers d’une procédure
commune visant une urbanisation de
qualité, durable e favorisant l’émulation
architecturale et la créativité.
Une procédure d’appel à intérêt a ainsi été
initiée pour sélectionner un acheteur en
vue de développer le premier écoquartier
liégeois au Sart-Tilman. L’équipe retenue
devait pouvoir justifier, en son sein,
d’une expérience dans le champ des
compétences suivantes : opérateur
immobilier et financier, architecte,
développement durable, urbanisme et
aménagement d’espaces publics.
Au terme de la procédure, en février 2011,
c’est la proposition de la société Thomas et
Piron qui a été sélectionnée par le jury. Les
premiers habitants ont pris possession de leur
logement dans le courant de l’année 2017.
Comme le décrit le lauréat, « l’écoquartier
baptisé « La Croisée du Clairbois » s’inscrit
dans un nouveau concept d’habitat et
de quartier durable. La mixité au sein du
quartier, l’architecture contemporaine,
les nombreux espaces verts, les espaces
publics, les diverses liaisons, la mobilité
douce, l’aspect énergétique (passif ou basse
énergie), l’orientation des bâtiments et la
biodiversité constituent les points forts du
projet. La prise en compte des maillages
verts et bleus a été le fil conducteur de
la conception de cet écoquartier. Le
projet compte 99 unités de logements :
69 appartements, 30 maisons (dont
logements kangourous) et 6 fonctions
complémentaires (professions libérales,
services à caractère commercial) ».
Cout total de l’opération (TVAC) :
21.000.000 €
Nombre de logements : 99 (12.000 m²)
Valorisation des terrains régie
foncière (vente) : 412.000 €
Valorisation des terrains de l’Université
de Liège (vente) : 917.500 €
Réalisation des travaux : 2014 à 2017
Maître de l’Ouvrage : Thomas & Piron -
Architecte : FHW Architectes, Ecorce, Belp
193
2.7.6. « LUTTE CONTRE LE SANS-ABRISME »
Au fil des années, les moyens consacrés
à la lutte contre la grande précarité ont
été considérablement augmentés à Liège
notamment au niveau de la dotation
accordée par la Ville au CPAS, ou encore
l’investissement effectué en 2024 pour
doubler la capacité d’accueil de l’abri de
nuit, rue sur la fontaine (4,5 millions d’euros).
Les services publics et privés sont nombreux
sur le territoire communal à proposer des
aides aux personnes les plus précaires, des
personnes sans “chez-soi” présentant de
multiples problématiques. Ces offres vont de
l’hébergement d’urgence, à l’hébergement
en maison d’accueil, de l’accueil de jour et
de soirée, à l’accompagnement en logement
Housing led, d’un dispositif d’urgence social
au CPAS, à un Relais Santé, de services
spécialisés dans la prise en charge des
assuétudes et de la réduction des risques,
à des services socio-sanitaires, ou encore
au travail de rue permettant d’accrocher et
d’accompagner les personnes les plus en
difficultés.
Cependant, malgré ces moyens importants,
la situation sociale reste difficile, comme
dans toutes les villes. C’est la raison pour
laquelle la Wallonie, dans son Plan de
Relance, a diffusé en 2023 un appel à projet
en vue du lancement d’expériences pilotes
« Territoires Zéro Sans-Abrisme ». Il s’inscrit
pleinement dans la lignée de la Déclaration
de Politique Régionale (DPR) qui fait de la
lutte contre le sans-abrisme une priorité.
Comme indiqué dans l’appel, « l’objectif
du projet est de diminuer fortement la
prévalence du sans-abrisme dans les
territoires concernés par les expériences
pilotes. Il s’agira d’apporter au public cible
une amélioration qualitative de sa situation,
ainsi que des perspectives positives
autour de son projet de vie et d’insertion.
Parallèlement, le projet proposera des
actions visant les personnes présentant
des difficultés en termes d’assuétudes et
de santé mentale ou toute autre difficulté
fréquemment rencontrée par les personnes
en situation de grande vulnérabilité ».
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
194
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Suite à la sélection de sa candidature,
l’enveloppe totale attribuée par la Wallonie à
la Ville de Liège s’élève à 5,4 millions d’euros
pour les années 2024 et 2025.
Les grands principes qui ont guidé
l’élaboration de ce plan d’actions sont les
suivants :
• augmenter rapidement l’offre de
logements pour les personnes en
situation de « mal logement » afin
qu’elles ne basculent dans la rue
• créer un lien fort avec la salle de
consommation, afin de diriger les
usagers en situation de mal logement
vers des solutions durables de
relogement, avec un encadrement
social et médical fort
• travailler avec le secteur associatif,
qui connait particulièrement bien les
difficultés de ces publics
• augmenter l’offre de soins, tant en
termes d’infrastructures que de
présence sur le terrain
La régie foncière, partenaire du projet,
a été dotée d’un montant de 2,1 millions
d’euros pour acquérir rapidement des
logements à affecter à ce public très
précarisé. 9 logements ont ainsi été acquis
dans le courant de l’année 2024 dans 5
quartiers différents de la Ville. Il s’agit de 7
appartements de 1 à 2 chambres et de 2
studios répartis au sein de résidences d’une
dizaine de logement en moyenne.
Le projet « Housing first » est également
pris en considération dans la candidature
conjointe déposée par la Ville de Liège et le
Relais Social du pays de Liège. L’Observatoire
wallon du sans-abrisme le présente comme
suit : « partant du logement, le Housing
First est une manière innovante de viser
le rétablissement des personnes ayant un
long parcours de vie en rue et cumulant
de multiples fragilités (problématiques
de santé physique/mentale/assuétude).
Pour ce public, le processus d›insertion est
souvent un long parcours du combattant
ponctué de conditions et d›étapes. Avec
le « Housing First », on change la logique : le
logement est la première étape et on peut
y accéder sans condition (sauf celles de
tout locataire : payer le loyer et respecter le
contrat de bail). Pour favoriser le maintien
en logement, une équipe pluridisciplinaire
accompagne de manière intensive
(minimum 1 visite/semaine) le locataire
dans tous les domaines de sa vie (social,
médical, juridique...) ». A Liège le projet est
coordonné par le Relais Social du pays de
Liège.
Ces logements ont été cédés en gestion à
l’Agence Immobilière Sociale dans le cadre
de conventions de prise en gestion. Elle fait
le relais avec les opérateurs sociaux, qui
assureront la sélection des bénéficiaires
d’une part, et l’accompagnement de leur
réinsertion d’autre part, via un encadrement
social et sanitaire important.
Notons qu’un montant de 600.000 euros a
également été affecté à l’AIS pour engager
des travailleurs sociaux afin d’augmenter le
nombre de logements privés pris en gestion
sur le territoire communal.
Financement : SPW – plan de relance
Partenaires : Agence immobilière
sociale, CPAS, Relais social du Pays de
Liège
Montant des acquisitions : 2.083.698 €
Co-porteur de la candidature au projet
« Territoires Zéro Sans-Abrisme » :
Relais Social du pays de Liège.
Opérateur : Ville de Liège
195
2.7.7. CRÉATION DE LOGEMENTS D’UTILITÉ
PUBLIQUE POUR ÉTUDIANTS
Logements d’utilité publique à destination
des étudiants - reconversion de l’hôpital
du Péri en 104 « kots » gérés par l’agence
immobilière sociale - convention de
collaboration imposant à tout promoteur de
résidences étudiantes collectives d’affecter
10 % des « unités » créés à la location à un
loyer modéré
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
196
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.7.7.1. Contexte liégeois -
offre et demande
La Ville de Liège avec ses 197.000 habitants
domiciliés et 99.000 ménages répertoriés
est une grande Ville d’enseignement qui
compte plus de 53.000 étudiants dans
l’enseignement supérieur, dont près de
28.000 étudiants dans les différentes
facultés de l’ULiège situées sur son territoire.
Ces étudiants proviennent pour une part
de la commune de Liège, mais la majorité
sont originaires d’autres communes de
la Province de Liège, de la Wallonie, voire
de l’étranger (environ 15 % dont la grande
majorité sont de nationalité française).
Différentes enquêtes et études indiquent
qu’environ 50 % des étudiants fréquentant
ces établissements habitent durant la
semaine dans un logement étudiant. Ces
milliers d’étudiants sont donc en recherche
d’un lieu pour se loger, qu’il s’agisse d’une
chambre chez l’habitant, d’un « kot » collectif
ou non au sein d’un immeuble divisé,
d’une colocation dans une maison ou un
appartement, d’une chambre dans un
internat ou encore une résidence de plus
grande taille. Au vu de ces données, la
pression sur le marché du logement liégeois
est donc importante, et ce d’autant plus
que la population étudiante fréquentant
l’enseignement supérieur est en hausse
de 2% par an, augmentant constamment
les besoins. Le nombre de logements
nécessaires annuellement pour répondre
à cette demande est estimé à plusieurs
centaines d’unités.
L’offre existante résulte fréquemment
de la division d’immeubles. Les données
relatives au permis de location permettent
de constater un déficit de qualité pour de
nombreux « kots » qui logent les étudiants
disposant des moyens financiers les moins
importants. Notons également qu’il existe
un manque d’offre de logements dans de
grands ensembles pour étudiants de type
« résidences », et que le parc de logements
étudiants est quasi exclusivement propriété
du secteur privé contrairement aux autres
villes universitaires.
Il apparait donc souhaitable, d’une part
de soutenir la création de nouvelles
infrastructures, rencontrant des critères
de qualité et présentant des espaces et
services communs, et d’autre part, de lutter
contre la division excessive des immeubles.
Il est indispensable de défendre la mixité
sociale dans ces grands ensembles et de
garantir l’accès à un logement de qualité
pour tous et à un loyer décent.
Considérant que le CPAS de la Ville de
Liège dénombre plus de 1.000 étudiants
bénéficiant d’un revenu d’intégration, et que
ce nombre augmente chaque année dans
l’ensemble des grandes villes universitaires,
le projet de transformation de l’hôpital
du Péri en « kots » pour étudiants trouve
toute sa pertinence dans l’appel du sousprogramme
243 du Plan de Relance de la
Wallonie visant la création de logements
d’intérêt public à destination des étudiants.
Par ailleurs, l’initiative déjà menée par la Ville
de Liège en vue d’imposer, aux promoteurs
de résidences étudiantes collective de
grande taille (plus de 40 unités) d’affecter
10 % des « kots » créés à la location à un loyer
modéré, apparait également comme un
dispositif utile pour satisfaire aux besoins
des étudiants les plus fragiles.
197
2.7.7.2. Reconversion de l’hôpital du Péri
en 104 logements d’intérêt public
à destination des étudiants
Considérations générales :
Lorsqu’ ISoSL (Intercommunale de Soins
spécialisés de Liège) a décidé il y a
quelques années de transférer ses activités
présentent sur le site de l’hôpital du Péri
dans ses nouveaux bâtiments du Val d’or
(déménagement effectué en juin 2025), elle
a cherché une solution pour la réaffectation
des installations.
La Ville de Liège s’est manifestée pour
développer un ensemble de 104 logements
d’intérêt public à destination des étudiants.
La reconversion de ce type d’infrastructure
est essentielle pour répondre à l’objectif
de reconstruction de la Ville sur la Ville. La
moitié des « kots » créés seront attribués à
des étudiants faisant partie d’un ménage
de catégorie R1 ou R2 reconnues en vertu
du Code wallon de l‘habitation durable
(précaire et modeste). En outre, le montant
du loyer sera limité au montant référencé
dans la grille des loyers du logement
étudiant établie par le Centre d’Etudes
en Habitat Durable (CEHD) soit 400 euros
charges comprises.
La gestion des locations sera confiée
à l’agence immobilière sociale « Liège-
Logement » dont les bureaux seront installés
sur place (500 m² au rez-de-chaussée).
Le projet répondait à un appel de la Wallonie
lancé en 2023 dans le cadre du plan de
relance et de résilience. Dès réception de
la confirmation par le Ministre du logement
de la sélection de la candidature de la
Ville (début 2024), un bail emphytéotique
d’une durée de 35 ans a été établi entre les
parties permettant ainsi à la Ville de Liège
de disposer d’un droit réel nécessaire à
l’obtention des subsides. Le bureau d’étude
Baumans-Deffet a été désigné en avril 2024
comme auteur de projet afin de donner
à l’immeuble une véritable personnalité
architecturale (matériaux contemporains,
couleur, variété des ouvertures, éléments
pare-soleil), reflet de sa nouvelle fonction.
Le permis d’urbanisme a été délivré en avril
2025, et le marché de travaux (procédure
ouverte avec publicité européenne en trois
lots) a été attribué en décembre de la
même année, ce qui permet d’envisager une
occupation du site à la rentrée 2027.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
198
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Le projet :
La résidence est implantée sur le site de
Favechamps qui est un véritable écrin de
verdure tout en étant à proximité directe
du centre-ville et de ses facilités. Le site
du Pèrî est à seulement 500 mètres de la
place Saint-Lambert (et donc du tram et
de la gare SNCB Liège Palais), et à quelques
minutes de grandes surfaces et de tous
les commerces quotidiens ainsi que divers
services d’intérêt à la population. De
nombreux établissements d’enseignement
supérieur se trouve également à proximité
de la future résidence.
La configuration du bâtiment se prête
particulièrement bien à sa nouvelle
affectation et dès lors à une reconversion en
logements étudiants. En effet, l’organisation
projetée est très similaire à l’organisation
existante : un hall et des locaux d’accueil
généreux, des circulations (couloirs,
escaliers, 2 ascenseurs) parfaitement
adaptées à l’usage de tous (y compris PMR),
des chambres (dont la taille varie entre 25
et 30 m²) disposant toutes d’équipements
sanitaires individuels, des kitchenettes et
de séjours communs (salle d’étude, salle de
jeux, salle multimédia) ainsi que d’un vaste
espace central commun, à chaque niveau,
pour lutter contre l’isolement des locataires.
Le projet répond parfaitement au critère de
réemploi, le bâtiment et ses équipements
étant entièrement réutilisés et une partie
du mobilier étant récupérée. Les travaux
porteront donc sur trois axes principaux :
l’enveloppe du bâtiment, les équipements
consommateurs d’énergie et la production
d’énergie. Ils vont permettre d’atteindre au
minimum un indice B au PEB et de réduire au
minimum de 60% la consommation totale
d’énergie de l’immeuble, et par conséquent
améliorer le confort des étudiants et réduire
significativement leurs charges locatives.
Les équipements de production de chaleur
(chauffage et eau chaude sanitaire) et de
ventilation seront rénovés et modernisés
afin d’atteindre des critères de performance
optimum. En termes d’énergie renouvelable,
une installation photovoltaïque de plus de
200 panneaux sera disposée en façade.
Le projet propose 18 ensembles de 5
logements et 2 ensembles de 7 logements
pour un total de 104 unités.
1 er , 2 e et 3 e étages : chaque étage se répartit
en 2 ailes de part et d’autre des circulations.
Chaque aile est organisée en 3 ensembles
formant des unités de vie de 5 chambres.
La résidence comprend également un parc
d’environ 7 800 m², une zone d’accueil avec
logement et bureau du concierge au rezde-chaussée,
et de locaux techniques en
sous-sol. Les étudiants auront l’usage d’une
partie du parking extérieur qui compte
150 places. À l’arrière, un vaste local vélos
communiquera directement avec le hall
commun.
Services complémentaires :
En parallèle à l’offre de logements
étudiants, le bâtiment rénové accueillera un
ensemble de fonctions complémentaires,
qui contribueront d’une part à assurer
le bien-être des occupants et d’autre
part à la bonne gestion du bâtiment. La
présence d’activités en journée offrira
également un certain contrôle social des
lieux. L’intercommunale de soins spécialisés
ISoSL développera sur le site (1 100 m² au
rez gauche et 500 m² au sous-sol) une
offre de soins et services orientés ados et
jeunes adultes, accessibles aux étudiants
de la résidence et à tous les jeunes :
psychologues de première ligne, clinique du
stress, éducation à l’orientation, gestion des
assuétudes, planning familial, etc.
Financement : SPW Plan de relance
(5.700.000 €) - Ville de Liège (solde)
Réalisation des travaux : 2025 à 2027
(en cours)
Cout total de l’opération (TVAC) :
9.900.000 €
Acquisition – bail emphytéotique
de 35 ans : 2.456.000 €
Nombre de logements étudiants : 104
Montant du loyer : 400 € (avec charges)
Auteur de projet : Bureau Baumans-
Deffet
Entreprises : S.M. Moury - SocatraX
Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège
199
2.7.7.3. Convention de collaboration
imposant à tout promoteur de résidences
étudiantes collectives d’affecter 10 %
des « kots » créés à la location à un loyer
modéré
De plus en plus d’étudiants connaissant
des difficultés pour financer leurs études, le
Collège communal a décidé, par l’adoption
d’une directive en date du 20 avril 2018,
d’imposer à tout promoteur de résidences
étudiantes collectives de grande dimension
(à partir de 40 logements), d’affecter 10
% des kots étudiants créés à la location à
un loyer modéré. L’initiative s’inscrit dans
le cadre de l’action prioritaire « Faire de
Liège un modèle de ville inclusive, solidaire
et émancipatrice » du Plan stratégique
transversal.
Cet objectif de mise à disposition de
logements à loyers modérés est traduit dans
une convention de collaboration à établir
entre la Ville de Liège et le développeur du
projet, préalablement à la délivrance d’un
permis d’urbanisme. Le document reprend
les obligations du porteur de projet et de
la Ville de Liège. Parmi celles-ci ont peut
relever que :
• les entités ne peuvent être louées
qu’à des étudiants inscrits dans des
institutions d’enseignement reconnues.
L’étudiant devra fournir la preuve
de son inscription dans un de ces
établissements.
• la convention est conclue jusqu’à
modification de l’affectation de la
résidence d’étudiants à une autre
fonction suite à la restructuration ou la
démolition des constructions, ou encore
jusqu’à l’abrogation de la directive
communale précitée.
• un loyer de base est défini par la
Ville et peut être indexé à la date
anniversaire du bail. Les prix de location
comprennent tous les coûts à charge
des étudiants, y compris l’usage du
chauffage, de l’eau, de l’électricité et de
tout autre service fourni aux étudiants
de la résidence. Aucun montant
supplémentaire au loyer de base ne
peut être réclamé aux étudiants des
« kots sociaux ».
• le porteur du projet ou le gestionnaire
(bailleur) établit un règlement d’ordre
intérieur dans lequel sont expliqués
les engagements concrets en matière
de gestion commune, ainsi que les
obligations des étudiants. Le règlement
d’ordre intérieur est communiqué lors
de la signature du contrat de location et
est affiché dans les parties communes.
• le porteur du projet ou le gestionnaire
doit introduire une demande de permis
de location pour l’ensemble des
logements étudiants créés.
• pour obtenir un kot social, les revenus
du ménage (où est domicilié le
candidat étudiant) doivent être
inférieurs au revenu moyen tel que
défini par le Code wallon du Logement.
• des sanctions sont prévues en cas
de non-respect de la convention et
des réunions de concertation sont
envisagées en cas de désaccord des
parties sur la mise la mise en œuvre de
cette dernière.
La sélection des candidats peut être réalisée
par le porteur de projet directement, qui
transmets dès lors à la Ville une fois par
an les dossiers pour vérification, ou par
l’Agence immobilière sociale qui analysera
la recevabilité des candidatures sur base
des conditions définies.
Plusieurs dizaines de logements ont été
attribués depuis l’approbation de la directive
dont question. 200 logements seront par
ailleurs pris en gestion en 2026 par l’AIS, suite
à un accord avec l’Université de Liège qui
achève un projet de construction/rénovation
de 818 kots d’étudiants sur le domaine du
Sart-Tilman.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
200
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.7.8. COMMERCE ET RÉNOVATION URBAINE
L’activité commerciale comme moteur de
la rénovation urbaine ! Cette affirmation
mériterait une étude à elle seule. Nous
l’aborderons toutefois succinctement en
présentant quelques actions et outils utilisés
par la Ville pour redynamiser cette fonction
essentielle sur son territoire. Non seulement
elle joue un rôle majeur dans l’animation
de la cité, mais elle exerce aussi un pouvoir
attractif sur une zone dépassant largement
les limites communales.
Si le commerce ne se décrète pas, son
dynamisme est grandement influencé
par l’action communale. La Ville doit en
effet créer des conditions optimales afin
d’attirer les investisseurs et les chalands et
ainsi soutenir l’activité commerciale. Et si le
commerce se porte bien, le bâti associé et
son occupation en bénéficieront également.
Le commerce connaît depuis de
nombreuses années des difficultés aussi
bien dans l’hypercentre que dans les
axes d’anciens faubourgs. Les raisons en
sont multiples : développement des parcs
commerciaux périphériques, travaux du
tram, nouvelles manières de « pratiquer » et
de « consommer » la ville, développement de
l’e-commerce, crise du Covid, etc.
Le service du développement économique
et commercial chargé notamment de cette
mission de redynamisation du commerce,
travaille étroitement avec le service du
logement et la régie foncière, tous trois
faisant partie du même département au
sein de l’administration communale. Les
quelques outils et actions sur lesquelles
nous souhaitons nous attarder sont les
suivants. Nous vous renvoyons aux différents
sites et études pour approfondir la présente
thématique.
201
2.7.8.1. Le schéma communal de
développement commercial (SCDC) :
il s’agit d’un « document d›orientation,
dݎvaluation, de gestion et de
programmation du développement
commercial de l›ensemble du territoire
communal » (décret du 5 février 2015).
Actualisé par les bureaux d’études UPcity
et SEGEFA, le document, qui comporte un
large diagnostic de la situation existante,
des propositions de stratégie et un plan
d’actions, a été approuvé par le conseil
communal du 27 mai 2024. Il est conçu
comme un véritable outil d’aide à la décision
pour les autorités communales.
Début 2025, la Ville a mandaté le prestataire
externe pour identifier des actions concrètes
à mener à partir du SCDC. Ce travail
a abouti à quatre fiches-projets clés,
détaillant pour chaque action, les objectifs,
les publics cibles, les modalités de mise
en œuvre, des exemples inspirants et les
ressources nécessaires. En conjuguant ces
actions, la Ville de Liège dispose d’un cadre
opérationnel et légal solide pour renforcer
la vitalité de son centre-ville, encourager
le développement économique local
et offrir un environnement commercial
attractif et dynamique. Il nous parait
toutefois intéressant de souligner deux des
éléments en lien avec la problématique de
la rénovation des centres-villes :
• Analyse des linéaires au sein des pôles
commerciaux : cette analyse a mis en
évidences des linéaires en perte de
vitalité.
La ligne de conduite préconisée par le
SCDC est d’accompagner l’évolution de
ceux-ci :
‒ au niveau urbanistique, en
autorisant (voire encourageant)
les reconversions vers d’autres
fonctions (logement notamment)
sur les segments où la densité
commerciale est trop faible et
où la fonction commerciale a
pratiquement disparu.
‒ en recadrant les primes Créashop
(voir ci-dessous) de manière à
soutenir le commerce dans les
rues (voire segments de rues) où
l’activité commerciale doit être
maintenue
• Intégration du Schéma Communal de
Développement Commercial dans le
Schéma de Développement Territorial
Communal (SDC) : ce dernier (aussi
dénommé Projet de territoire de Liège
et approuvé en 2024 - voir https ://
www.liege.be/fr/vie-communale/)
constitue le cadre des demandes de
permis d’urbanisme, notamment les
permis qui concernent les implantations
commerciales. Pour rappel, le SDC
servira de cadre de référence pour
planifier l’aménagement du territoire
de manière globale. Il proposera une
vision d’avenir pour l’ensemble du
territoire, afin de répondre aux enjeux
prioritaires relatifs au cadre de vie,
au logement, au développement
économique, et s’adapter aux
différentes crises (environnementale,
sociale, énergétique, etc .) ainsi
qu’à l’accélération du changement
climatique. En y intégrant un volet
commercial, la Ville disposera d’un
levier important pour mettre en
place des politiques ambitieuses et
cohérentes de renforcement des pôles
commerciaux. Concrètement, cela
donnera à Liège une base légale pour
déterminer où il est pertinent – ou non
– d’autoriser de nouvelles implantations
commerciales et pour encourager
le développement de véritables
centralités.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
202
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.7.8.2. Bureau du commerce –
Observatoire du commerce (ODC) :
parmi ses missions, ce service a en charge
la mise à jour permanente de l’ODC, sa base
de données informatisée et cartographiée.
Des enquêteurs-encodeurs sillonnent
quotidiennement les rues commerçantes
de Liège afin de mettre à jour cette base
de données des commerces liégeois (plus
de 5.600 fiches). Celle-ci est enrichie par
diverses enquêtes ou données comme
les flux piétons, des enquêtes auprès
des chalands, les revenus moyens des
ménages de la zone de chalandise, les
loyers commerciaux moyens, … Toutes ces
données vont permettre de motiver les
décisions ou avis remis dans le cadre des
demandes d’implantation commerciale,
de conseiller les investisseurs potentiels,
de répondre aux demandes diverses
mais aussi de mieux cibler les actions de
dynamisation développées par le Bureau du
Commerce (créashop, identités de quartiers,
promotion de l’appareil commercial liégeois,
animation des cellules commerciales vides,
mise en place, coordination et promotion
d’événements etc.)
203
2.7.8.3. Créashop :
depuis sa création en 2012, le projet
Créashop (voir point 1.5), a pour objectif de
réduire le nombre de cellules commerciales
inoccupées, tout en enrichissant l’offre de
commerces à valeur ajoutée à Liège. Cette
initiative, qui connait un énorme succès,
s’est considérablement étoffée et se décline
aujourd’hui selon les 4 formules : (https ://
place2shop.liege.be/fr/pages/investisseursprimeCréashop.aspx)
:
• Créashop Liège : vous souhaitez
occuper une cellule commerciale
vide pour lancer votre activité ? La
Ville octroie une prime jusqu’à 60%
du montant des investissements
consentis (maximum de 6.000 euros + 2
bonus de maximum 1000 euros chacun)
• Créashop Quartier : vous êtes à la
recherche d’une surface pour lancer
votre activité ? La Ville est propriétaire
de cellules commerciales inoccupées
et pratique un loyer progressif sur
3 ans. Les activités commerciales
recherchées sont définies comme
des activités artisanales ou productives,
créatives, originales et novatrices.
• Créashop Boost : votre cellule
commerciale se trouve dans une
polarité au sein de laquelle 15 % des
surfaces sont vides, et vous souhaitez
faire évoluer votre activité ? La Ville
finance jusqu’à 60% du montant des
investissements consentis dans le
cadre de la mise en place du nouveau
business model (maximum 6.000 euros
+ 2 bonus de maximum 1000 euros
chacun)
• Créashop Proprio : vous êtes
propriétaire d’une cellule commerciale
vide et vous acceptez d’appliquer un
loyer progressif ? La Ville de Liège vous
aide à rénover votre bien et finance
jusqu’à 40% du montant total des
investissements admis (HTVA) dans le
cadre de la remise aux normes, de la
mise en conformité des installations
techniques ou autres travaux
permettant d’assurer la réouverture
de la cellule commerciale (maximum
15.000 euros. Un bonus de 5000 euros
est aussi octroyé pour la rénovation des
étages en logements).
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
La Ville a par ailleurs obtenu un financement
de la Wallonie pour développer un nouveau
volet : Créashop Connect. Il s’agit d’une
plateforme de mise en relation entre les
propriétaires de cellules commerciales
inoccupées et les candidats commerçants.
204
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.7.8.4. Patrimoine de la Régie
foncière affecté à la fonction Horeca –
renforcement de l’attractivité du centreville
La Régie foncière possède dans son
patrimoine 5 immeubles commerciaux loués
à des établissements Horeca. Les bâtiments,
présents dans son patrimoine depuis de
nombreuses années, sont localisés dans des
quartiers du centre-ville à haut potentiel
touristique et historique. Les immeubles
eux-mêmes présentent une certaine valeur
patrimoniale. Au cours des dix dernières
années, pour les raisons citées ci-dessus,
mais aussi pour renforcer son attractivité, la
Ville a décidé de les rénover en tout ou en
partie avec le projet de favoriser l›installation
d›un restaurant étoilé au guide Michelin
dans l›un d›entre eux. Les investissements
ont été réalisés sur fonds propres de la Régie
foncière qui perçoit les recettes locatives.
Cette action vise à inciter les propriétaires
d’autres établissements Horeca à participer
à la rénovation des places et artères
commerçantes du centre-ville.
Rue des Bégards - Bd de la Sauvenière
70 bis : occupé par le restaurant étoilé
« ¡Toma ! » le bâtiment se trouve à quelques
pas d’un arrêt de tram. Il a été entièrement
rénové de 2017 à 2019 pour un montant de
650.000 euros . Un appel à candidature
avait été lancé pour trouver un repreneur.
Le candidat devait répondre à un profil
exigeant : au moins 10 ans d’expérience
dans l’HORECA dont cinq en tant que chef
de cuisine et l’envie de valoriser les produits
locaux et de saison.
Comme l’indique le chef lui-même ; « c’est
au cœur de la Ville de Liège, dans un de
ses plus anciens quartiers que le ¡Toma !
a pris place. Appuyé contre la colline, au
détour d’une ruelle médiévale, il est une
clairière de verdure à l’ombre des remparts.
À la fois monument historique puisque
construit dans les vestiges d’une ancienne
tour de garde et bâtiment contemporain, le
restaurant offre de larges fenêtres ouvertes
sur le potager et la terrasse qui font la part
belle à la nature ».
Impasse des Ursulines 14/24 : occupé par
la « Brasserie de la Principauté », le bâtiment
se trouve dans le centre historique de Liège
le long de la célèbre montagne de Bueren
et les 374 marches de son impressionnant
escalier reliant la rue Hors-Château à la
Citadelle. Les Coteaux réaménagés jouxtent
également ce site fort fréquenté par les
touristes. Des travaux ont été nécessaires
avant le choix du locataire pour redonner
une attractivité au bâti ancré dans le bas de
la colline.
Place du marché 5-7 et 9 : occupés
respectivement par la taverne le « Pilori »
(véritable institution liégeoise) et un
restaurant de spécialités libanaises (le
« Lazeez »), ces deux immeubles situés
dans un lieu symbolique chargé d’histoire
ont été réunis pour former un ensemble
dont les façades et les toitures sont
classées au patrimoine monumental de
Wallonie. Des travaux de restauration
sont programmés en 2026 pour inciter
les propriétaires des bâtiments voisins à
faire de même, notamment en enlevant
les grandes vérandas (illégales) qui
couvrent les terrasses et dénaturent le site
en masquant les belles façades de style
mosan. Notons qu’un « plan terrasses »
définira les emplacements possibles, les
dimensions et le style du mobilier afin
de préserver la circulation des piétons et
maintenir la qualité du cadre urbain. La Ville
accompagnera les commerçants dans leurs
démarches, simplifiera les autorisations
et veillera à ce que chaque terrasse
contribue à l’animation et à la convivialité
des rues liégeoises. Les travaux, en cours
d’adjudication, s’élèvent à 200.000 euros et
seront financés en partie par l’AWAP.
Esplanade Albert 1 er , 7 : occupé par le « RIVA
Héliport Liège », le bâtiment, situé en bord
de Meuse, profite des aménagements d’un
RAVeL, d’espaces verts d’une passerelle
(la Belle liégeoise) et d’un nouveau
boulevard urbain. Le site a été utilisé comme
« héliport » durant les années 50 à 70, et
fait face au parc de la Boverie, au palais
des Congrès ; il se trouve à proximité du
quartier des Guillemins en pleine mutation
avec le développement du Tram qui place
désormais ce quartier à quelques minutes
du centre-ville. L’immeuble a été totalement
réhabilité dans un style minimaliste. Le
montant de l’investissement s’élève à
400.000 euros.
205
2.7.9. URBANISME – DIRECTIVES
Avant de clôturer ce travail, il nous semblait
intéressant de signaler (sans entrer dans le
détail) que le département de l’urbanisme
se base sur une dizaine de directives
adoptées par la collège communal (dès
2018 pour la plupart) pour analyser les
projets de construction et d’aménagement.
Ces directives défendent des principes et
des valeurs à rencontrer dans les projets
d’urbanisme et, le cas échéant, précisent
certaines conditions dans lesquelles ces
derniers peuvent être admis.
1. Division d’immeubles en plusieurs
logements
Cette directive encadre la transformation
d’immeubles existants en plusieurs
logements afin d’éviter la disparition des
habitations familiales et la dégradation du
tissu résidentiel. Elle cherche à maintenir
une offre de logements adaptés aux
ménages de taille moyenne à grande, tout
en garantissant la qualité, la salubrité et le
respect du patrimoine bâti. Les divisions ne
sont autorisées que si elles assurent des
conditions
d’habitabilité correctes, un bon confort
et une intégration harmonieuse dans le
quartier.
3. Stationnement de véhicules
Cette directive vise à assurer une gestion
équilibrée du stationnement automobile
dans les projets immobiliers. Chaque
projet doit prévoir un nombre suffisant
d’emplacements sur le terrain privé, sans
reporter la pression sur l’espace public.
Elle prend en compte la localisation du
projet (centre, zone dense ou périphérie)
et encourage les solutions souterraines, la
mutualisation des parkings et la réduction
du
stationnement là où l’offre en transport
public est forte. Elle participe ainsi à une
mobilité plus durable et à une meilleure
gestion de l’espace urbain.
4. Stationnement pour vélos
La directive complète la précédente en
rendant obligatoire l’intégration d’espaces
dédiés aux vélos, couverts, sécurisés
et facilement accessibles. Le nombre
d’emplacements est défini selon la nature
du bâtiment (logement, commerce, bureau,
école…). Cette directive soutient la politique
cyclable de la Ville de Liège et favorise la
transition vers des modes de déplacement
doux, essentiels pour réduire la congestion
et les émissions polluantes.
5. Gabarits
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2. Programme et qualité des logements
(hors kots)
La directive fixe les critères de qualité des
logements : superficie minimale, luminosité,
ventilation, organisation fonctionnelle,
présence d’espaces extérieurs et de
rangement. L’objectif est de créer des
logements diversifiés, adaptés aux différents
types de ménages (familles, personnes
seules, seniors…), tout en maintenant des
standards élevés d’habitabilité. Elle favorise
également une mixité typologique dans
les projets de logements multiples, afin
d’éviter l’uniformité sociale et de renforcer la
cohésion urbaine.
Cette directive fixe les règles concernant
la hauteur, la profondeur et les proportions
des bâtiments pour garantir une harmonie
urbaine et un développement équilibré.
Elle vise à concilier la densification du bâti
avec le respect du contexte architectural
existant et la préservation du patrimoine. Les
rehausses ou constructions plus hautes ne
sont autorisées que si elles s’intègrent dans
le paysage et contribuent à la qualité du
cadre de vie.
6. Saillies
La directive encadre la manière de
concevoir les éléments de façade qui
débordent sur l’espace public (balcons,
corniches, loggias, etc.) afin d’assurer la
sécurité, la cohérence esthétique et la libre
circulation des piétons et véhicules. Les
saillies ne doivent pas gêner la voirie ni
altérer la qualité de l’espace public. Cette
directive vise donc à concilier création
206
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
architecturale et respect du domaine public.
7. Enseignes commerciales
Cette directive harmonise la conception
des enseignes pour préserver la qualité
visuelle des façades et des espaces urbains.
Elle définit les formats, les emplacements
autorisés, les règles d’éclairage et les
matériaux admis. L’objectif est de valoriser
les commerces sans dénaturer l’architecture
ni créer de pollution visuelle, tout en
contribuant à une atmosphère commerciale
cohérente et attractive.
8. Charges d’urbanisme
Visant un enjeu important pour la
collectivité, la directive établit les
principes selon lesquels les promoteurs
doivent contribuer financièrement ou
matériellement aux équipements publics
(espaces verts, mobilité, infrastructures,
logements sociaux…). Ces charges visent
à compenser les impacts des nouveaux
projets sur la collectivité et à financer des
aménagements bénéfiques à l’ensemble
du quartier ou de la ville. Leur montant et
leur nature sont modulés selon la taille, la
localisation et la nature du projet.
vie, réduire les îlots de chaleur et favoriser la
biodiversité.
Les directives actuelles sont consultables à
l’adresse suivante : https ://www.liege.be/fr/
urbanisme. Elles font l’objet d’une révision
après plusieurs années d’application afin
de les actualiser, de les clarifier et de les
adapter aux nouveaux enjeux urbains
et environnementaux (dont le Projet
de Territoire) en intégrant de nouvelles
thématiques comme l’électromobilité,la
qualité architecturale ou encore la
végétalisation. Ces directives renforcent les
ambitions de la Ville en matière de qualité
urbaine, de durabilité et de cohérence
territoriale.
9. Résidences étudiantes de grande taille
Cette directive encadre la création de
résidences pour étudiants afin d’assurer une
offre suffisante, de qualité et abordable. Les
projets de plus de 40 kots doivent inclure au
moins 10 % de logements à loyer modéré.
Des standards de confort et de mixité sont
également fixés. L’objectif est d’éviter la
prolifération de petits logements insalubres,
de réguler le marché du logement étudiant
et de renforcer la cohésion sociale dans les
quartiers universitaires.
10. Conservation et développement du
couvert arboré
Cette directive vise à conserver, compenser
et augmenter la présence d’arbres dans la
ville de Liège, en réponse au changement
climatique. Elle tend à la conservation
des arbres existants, à la replantation
compensatoire en cas d’abattage et fixe
des objectifs précis de couvert arboré par
quartier. Elle encourage la végétalisation des
projets urbains afin d’améliorer le cadre de
208
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.8. CONCLUSION
GENERALE
Au terme de ce travail d’analyse et
d’inventaire des outils à disposition de la
politique de rénovation urbaine de la Ville
de Liège et des projets mis en œuvre par ses
services du logement et de la régie foncière
depuis le début des années 2000, nous
pouvons relever, à titre personnel et parmi
d’autres, les enseignements suivants :
• Chaque opération est un cas particulier,
et le mode d’intervention (montage
financier et immobilier, type de marché,
etc.) dépend des objectifs spécifiques
poursuivis ;
• La Ville de Liège, en agissant dans les
quartiers centraux et péricentraux
délaissés par les opérateurs
traditionnels du logement d’utilité
publique, est devenue un acteur
central de la rénovation urbaine et doit
poursuivre son action dans ces espaces
précarisés et au bâti ancien et dégradé
• Le lancement de programmes de
subventionnement par les différents
niveaux de pouvoirs doit se poursuivre.
Ils sont essentiels à la concrétisation
d’une politique de rénovation urbaine
intégrant tant le logement que
l’aménagement des espaces publics,
et créant une dynamique incitant les
acteurs privés à amplifier le renouveau
des quartiers prioritaires ;
• Le montage et la mise en œuvre des
projets s’inscrivent dans le temps
long et nécessitent des objectifs et
stratégies stables ; Ils exigent aussi une
persévérance, une conviction et une
constance des responsables politiques
et des services compétents
209
• La réussite d’un projet dépend de
nombreux facteurs, mais nécessite
l’implication de tous les acteurs
concernés (chefs de projet,
architectes, agents techniques,
secrétaires, comptables, bourgmestres,
échevins, auteurs de projets,
partenaires, etc.)
• Le développement de partenariats
publics-privés ou public-publics permet
de mutualiser les coûts, de réaliser des
projets plus ambitieux et de réduire les
délais de mise en œuvre ;
• L’intérêt du locataire doit être central
dans la conception des projets, même
si une attention particulière doit être
portée à l’architecture dont l’image est
dans certains lieux fondamentale dans
la reconstruction d’un espace et de
son appropriation par la population. La
création de logements de qualité à des
prix abordables doit rester une priorité ;
• La Ville doit activer tous les leviers à sa
disposition pour accroitre la rénovation
des logements privés, et augmenter
l’offre de logements décents (code
wallon de l’habitat durable, règlements
taxes inoccupés, conseils et primes
énergie, etc.) ;
• Le « rôle d’ensemblier-coordinateur » de
la Ville auprès des différents opérateurs
et acteurs du logement est essentiel
pour garantir la création d’habitations
répondant aux besoins des ménages
selon leurs particularités (notamment
les plus vulnérables)
• Une bonne collaboration entre tous
les départements communaux
est essentielle à la création d’un
environnement de qualité à proximité
immédiate des logements (convivialité,
sécurité, santé) ;
• La rénovation urbaine apporte
indéniablement plus de qualité de vie
aux habitants d’un quartier.
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
210
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
• Au cours de la période considérée, nous
avons vu évoluer les préoccupations
des citoyens, et par extension du
monde politique, notamment en ce
qui concerne les objectifs relatifs au
développement durable. A côté des
objectifs principaux visant à créer un
habitat de qualité en reconstruisant la
ville sur la ville, la problématique liée
aux changements climatique et à la
nécessité d’adapter la Ville aux enjeux
de demain s’est en effet renforcée au fil
du temps. L’aménagement d’espaces
végétalisés et arborés pour réduire
l’impact de la hausse des températures
sur la vie des habitants mais aussi
lutter contre l’imperméabilisation des
sols et les inondations est devenu
une évidence lors de la conception
des projets. Il s’agit également d’une
question de justice sociale pour les
habitants des quartiers densément
bâtis des centres-villes. La consultation
de la population organisée par la Ville
de Liège pour définir les orientations
de son projet de ville 2025-2030 en
atteste tout particulièrement. Cette
consultation a par ailleurs confirmé
l’importance de poursuivre les objectifs
initiaux de lutte contre l’insalubrité et
l’inoccupation des logements.
211
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
Nous espérons que ce retour d’expériences
vous aura apporté des idées et des clés
pour mettre en œuvre vos propres projets,
que vous soyez membres d’une commune,
d’un opérateur public, d’une association de
promotion du logement, un promoteur privé
ou un particulier.
En 25 ans, ce sont un peu moins de 400
logements et leurs espaces extérieurs
(terrasses, jardins, parcs, cours, places) qui
ont été directement rénovés, reconstruits,
aménagés par la régie foncière et le service
du logement Ville de Liège dans le cadre
de sa politique de rénovation urbaine, et
plusieurs centaines de manière « indirecte »
dans le cadre de partenariats avec des
acteurs privés et publics. Avec les grands
projets urbanistiques développés (tram,
aménagement des espaces publics,
nouveaux quartiers, etc.), la Ville a changé,
et écrit une nouvelle page de son histoire.
Sa population a augmenté de plus de 11.000
habitants depuis les années 2000 et ses
quartiers centraux et péricentraux ne sont
pas en reste.
Reste alors à construire la suite. Dans la
période actuelle de hausse des coûts
des travaux, de besoin de logements de
qualité à des prix décents et d’incertitudes
au niveau des finances publiques, il sera
certainement nécessaire aux équipes
compétentes, malgré l’efficacité de l’outil
« Service du logement – Régie foncière »,
de se réinventer et de trouver de nouveaux
modes d’action et d’intervention. Tout
cela afin de poursuivre les politiques de
rénovation urbaine essentielles pour le
renouveau des cœurs de villes et la qualité
de vie et le bien-être de leurs habitants.
212
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
20 ans d’actions comme opérateur logement de la rénovation urbaine
retour d’expériences
SOMMAIRE 3
INTRODUCTION 6
Partie 1 : Considération générales 11
1.1. OBJECTIFS DE LA POLITIQUE COMMUNALE DU LOGEMENT 12
1.2. RÔLE D’ENSEMBLIER DE LA VILLE À TRAVERS L’ANCRAGE COMMUNAL DU LOGEMENT 16
1.3. PÔLES LOGEMENT LOCAUX 18
1.4. DIFFÉRENTS DISPOSITIFS DE SUBSIDIATION 19
1.4.1. L’ancrage communal du logement 20
1.4.2. La Politique fédérale des Grandes villes (PFGV) 21
1.4.3. La Perspective de Développement Urbain (PDU) 22
1.4.4. La Rénovation urbaine (RU) 23
1.4.5. La Politique Intégrée de la Ville (PIV) 24
1.4.6. Préservation du Patrimoine 25
1.4.7. La revitalisation urbaine 26
1.4.8. Autres dispositifs ou acteurs ponctuellement 27
1.4.9. Politique du logement de la Ville de Liège 29
Conclusion 30
1.5. OUTIL DE MISE EN ŒUVRE DES PROGRAMMES D’INVESTISSEMENT –
SERVICE DU LOGEMENT ET RÉGIE FONCIÈRE ORDINAIRE 30
1.6. AUTRE STRUCTURE – RÉFLEXION EN COURS 35
1.7. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA MISE EN ŒUVRE DES PROJETS 36
1.7.1. Localisation et nombre de logements créés 36
1.7.2. Différentes étapes des projets 37
1.7.3. Procédures de marchés publics 39
1.7.4. Quelques remarques 49
1.7.4.1. Démolition / Reconstruction 40
1.7.4.2. Performance énergétique des logements 41
1.7.4.3. Appel à intérêt 41
1.7.4.4. Le bail emphytéotique 42
1.7.4.5. Programmes de subsidiation - acquisition d’appartements neufs 43
1.7.4.6. Augmentation du coût des travaux 43
1.7.4.7. Equipement et organisation des logements - accessibilité et adaptabilité PMR 44
1.7.4.8. Règlement d’ordre intérieur – respect entre voisin 45
1.7.4.9. Lutte contre l’imperméabilisation des sols et les îlots de chaleur urbains 45
1.7.4.10. Non concrétisation de tous les projets 46
213
Partie 2 : Présentation des projets et leurs spécificités 49
2.1. PROGRAMME « VIVRE AU CENTRE » - RÉNOVATION URBAINE GRAND-LÉOPOLD 52
2.1.1. Projet : rue Souverain Pont, Lambert Lombard et Gérardrie 54
2.1.1.1. Rue Souverain Pont 7 56
2.1.1.2. Rue Souverain Pont 13 57
2.1.1.3. Rue Souverain Pont 15 58
2.1.1.4. Rue Souverain Pont 17 – Lombard 6 à 10 59
2.1.1.5. Rue Souverain-Pont 24 60
2.1.1.6. Rue Souverain-Pont 14 – Rue Gérardrie 13 (+ numéros 11 et 5) 61
2.1.2. Projet : Rue de la Cathédrale 16 à 24 et rue de Gueldre 9 à 15 62
2.1.3. Projet : Place de la République française 27 et 29 64
2.1.4. Projet : Rue du Stalon n°2 à 12 et rue Ste Catherine 1 et 3 66
2.1.5. Projet : Rue Léopold 37 et rue de la Cité 1 68
2.1.6. Projet : Rue Léopold 10 70
2.1.7. Projet : Rue de la Madeleine 38 et rue de la Cathédrale 28 à 34 (étages) 72
2.1.8. Projet : Rue Puits-en-Sock, 30 à 36 74
2.1.9. Projet : Place Xavier Neujean, 34 à 44 et Cloître Saint-Jean, 1 à 7 76
2.1.10. Projet : appels à intérêts en vue de la création de logements neufs
et de commerces par des opérateurs privés 78
2.1.11. Projet : Rue Rutxhiel 3 82
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.2. QUARTIER SAINTE-MARGUERITE 83
2.2.1. Projet : Rue Saint-Laurent 28 – parc Sainte-Agathe 86
2.2.2. Projet : Site des Franciscains – rue de Hesbaye 88
2.2.3. Projet : Rue Saint-Séverin 46-48 92
2.2.4. Projet : Ilots Firquet-Saint-Séverin 93
2.2.4.1. Projet : Ilot Firquet-Saint-Séverin 1 95
2.2.4.1.1. Opération 1 : rue Saint-Séverin (58 à 86) et rue Firquet 3 96
2.2.4.1.2. Opération 2 : rue St-Séverin 92 à 100 à 4000 Liège 97
2.2.4.1.3. Opération 3 : rue Coqraimont 2 à 6 à 4000 Liège 98
2.2.4.2. Ilot Firquet-Saint-Séverin 2 -
Rue Saint-Séverin 110, 112, 114, 118, 120, 122, 126 et rue Firquet 19, 21, 23, 25 99
2.2.5. Projet : Pôle multifonctionnel Agimont – Hocheporte - Académie 101
2.2.5.1. Opération 1 : pôle social 102
2.2.5.1. Opération 2 : une crèche, des logements et une liaison piétonne 103
2.2.5.3. Opération 3 : La Menuiserie - Un centre d’entreprises innovant 104
2.2.6. Projet : Rue Vandervelde 88 105
2.2.6. Projet : Fontainebleau – Ilot Légia - Bas-Rhieux à 4000 Liège 107
2.2.7. Projet : Îlot « Goffin-Bovy » 110
2.3. QUARTIER SAINT LÉONARD 113
2.3.1. Projet : Rue des Franchimontois 9 à 13 114
2.3.2. Projet : Rue Saint-Léonard 44 115
2.3.3. Projet : Rue des Armuriers 29 - 33 116
2.3.4. Projet : Rue Saint-Léonard 163 118
2.3.5. Projet : Rue Saint-Léonard 191 119
214
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.3.6. Projet : Les Forges - rue des Mariniers - square des Portefaix 120
2.3.7. Site Vivegnis - Pôle culturel, résidentiel, économique et social 122
2.3.7.1. Projet : Vivegnis Housing - Place Vivegnis 46 123
2.3.7.2. Projet : La Brasserie Haecht - Rue de la Brasserie, 6 – rue Vivegnis 253 124
2.3.7.3. Projet : L’Espace Entreprise Vivegnis – Rue de la Brasserie, 8 125
2.3.7.4. Projet : La Place Vivegnis 126
2.3.7.5. Projet : La Passerelle cyclo-pédestre Vivegnis 127
2.3.7.6. Projet : Les RAVI - Place Vivegnis 36 128
2.3.7.7. Projet : Les Zurbains - Projet d’habitat groupé - Rue Vivegnis, 161 à 173 129
2.3.7.8. Projet : La Maison du Créahm – rue Vivegnis 251 130
2.3.8. Projet : Rue Pied du Thier-à-Liège, 15, 17, 19 131
2.3.9. Projet : Rue Morinval, 74-76 – parc des quatre Tourettes 132
2.3.10. Projet : Eco-résidence - Quai de Coronmeuse 44 133
2.3.11. Projet : Cour du Général Poblete, 1 à 11 (anciennement rue Dony, 24-32) 135
2.3.12. Projet : Rue Vivegnis, 217-219-221-223 136
2.3.13. Projet : Rue Lambert Grisard, 1 138
2.3.14. Projet : Aménagements de places, de promenades
et d’espaces verts dans le cadre de la rénovation urbaine 139
2.4. QUARTIER AMERCŒUR 140
2.4.1. Projet : “porte d’entrée” du quartier Amercœur 141
2.4.2. Projet : réaffectation de l’ancien marché couvert d’Amercœur 143
2.5. REQUALIFICATION DE LA PLAINE DE DROIXHE 145
2.5.1. Contexte Historique 146
2.5.2. Changement de population du quartier 147
2.5.3. Etude PROJENOR – création de la Slsp « Atlas » 148
2.5.4. Adoption d’un périmètre de remembrement urbain 149
2.5.5. Création de la Filiale Immobilière Publique de Liège 150
2.5.6. Echec des premiers appels à partenariats avec le privé – démolition des tours 151
2.5.7. Phasage du programme – réalisation d’une opération
par le public pour amorcer le processus de requalification 152
2.5.8. Mise en œuvre du programme de requalification –
liste des projets finalisés et en cours 153
2.5.8.1. Projets immobiliers résidentiels 153
2.5.8.1.1. Projet A – construction d’un ensemble de 165 logements comprenant
des espaces collectifs publics et l’aménagement d’une nouvelle voirie 153
2.5.8.1.2. Lille 2 (projet H) – sécurisation et rénovation d’un immeuble de 150
logements - création d’un pôle d’insertion socio-professionnel 155
2.5.8.1.3. Lille 4 (projet I) – rénovation d’un immeuble de 73 logements
par le privé 156
2.5.8.1.4. Square Micha (projet D-E) – appel à intérêt – construction par un
promoteur privé de 306 logements, d’espaces publics extérieurs
et de commerces 157
2.5.8.1.5. Habitats inclusifs et solidaires – projet « La grande Maison » 158
2.5.8.1.6. Angle Croix-Rouge/Rassenfosse - Projet privé - création d’un ensemble
immobilier mixte (résidentiel, kots d’étudiants et une surface à vocation
économique) destiné à la vente 159
215
2.5.8.2. Projets socio-économiques 160
2.5.8.2.1. Résidence « La Plaine » 160
2.5.8.2.2. Ecole Léona Platel et Centre CiNETiquE 161
2.5.8.2.3. Liège Expo – nouvelle halle des foires de Liège 162
2.5.8.2.4. Développement de Bressoux-Droixhe – Masterplan – Projet « Horizon »
rue de Jupille 16 et acquisitions d’entrepôts rue de Droixhe 163
2.5.8.3. Projets mobilité et espaces publics 165
2.5.8.3.1. Parc de Droixhe 165
2.5.8.3.2. Mise en circulation du TRAM -
centre de maintenance de Bressoux – Parking P+R 166
2.5.8.3.3. Aménagement d’un boulevard urbain le long de la Meuse 167
2.5.9. Pour conclure 168
2.6. PARTENARIATS AVEC LES ASSOCIATIONS DE PROMOTION DU LOGEMENT (APL),
LES OPÉRATEURS TRADITIONNELS, ET LES PROMOTEURS PRIVÉS 169
2.6.1. Projet : Quartier historique - CVFE 169
2.6.2. Projet : Rue des Fortifications, 34 à 44 et rue Achille Lebeau 1 – quartier de Grivegnée 170
2.6.3. Projet : Rue Vivegnis 202 - FLW 172
2.6.4. Projet : Rue Foidart 61 – quartier de Bressoux – ASBL Habitat Service 173
2.6.5. Projet : îlot « ICADI » - quartier des Guillemins 174
2.6.6. Projet : rue des Prébendiers 1, 3 et 5 et rue d’Amercœur 54 177
VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE
2.7. AUTRES ACTIONS DE LA POLITIQUE EN MATIÈRE DE LOGEMENT 179
2.7.1. Lutte contre les logements inoccupés 180
2.7.2. Lutte contre l’insalubrité des logements et les « marchands de sommeils » 185
2.7.3. Amélioration de la performance énergétique du patrimoine immobilier
de la Régie foncière 187
2.7.4. Amélioration de l’efficacité énergétique du parc de logement privé –
services d’accompagnement des citoyens 188
2.7.5. Valorisation du patrimoine foncier de la régie foncière (dialogue compétitif
et appels à intérêt) - création de centaines de logements « indirects »
dans le cadre du développement d’Eco-quartiers par le privé 189
2.7.6. « Lutte contre le sans-abrisme » 193
2.7.7. Création de logements d’utilité publique pour étudiants 195
2.7.7.1. Contexte liégeois - offre et demande 196
2.7.7.2. Reconversion de l’hôpital du Péri en 104 logements d’intérêt public
à destination des étudiants 197
2.7.7.3. Convention de collaboration imposant à tout promoteur de résidences
étudiantes collectives d’affecter 10 % des « kots » créés à la location
à un loyer modéré 199
2.7.8. Commerce et rénovation urbaine 200
2.7.8.1. Le schéma communal de développement commercial (SCDC) : 201
2.7.8.2. Bureau du commerce – observatoire : 202
2.7.8.3. Cré@shop 203
2.7.8.4. Patrimoine de la Régie foncière affecté à la fonction Horeca –
renforcement de l’attractivité du centre-ville 204
2.7.9. Urbanisme – directives 205
2.8. CONCLUSION GENERALE 208
TABLE DES MATIÈRES 212
25 ANS D’ACTIONS DU SERVICE LOGEMENT
ET DE LA RÉGIE FONCIÈRE
Dès l’an 2000, profitant de la mise en
œuvre par différents niveaux de pouvoir
de politiques de la Ville et de l’amélioration
de son habitat, la Ville de Liège, à travers la
création d’un service du logement, a engagé
des opérations de rénovation urbaine dans
les quartiers prioritaires de Saint-Léonard,
Sainte-Marguerite, Léopold et Amercoeur.
Vingt-cinq ans plus tard, cet ouvrage
en dresse le bilan, présente ces actions
et souligne le travail des équipes qui se
sont relayées pour changer l’image et la
vie dans ces espaces centraux souvent
délaissés, vétustes et dotés de population
précarisées. Au cœur de cet engagement
du Département de la Régie foncière et du
Logement, la recherche de la qualité de
l’habitat pour toutes et tous, l’accessibilité du
logement à prix décent et l’amélioration de la
performance énergétique du parc bâti.
25 ANS
DE RÉNOVATION
Jean-Baptiste
Jehin
URBAINE