03.04.2026 Vues

25 ans de rénovation urbaine

Un ouvrage de Jean-Baptiste JEHIN, Directeur du Département du Logement, de la Régie foncière et du Développement économique et commercial de la Ville de Liège (mars 2026).

Un ouvrage de Jean-Baptiste JEHIN, Directeur du Département du Logement, de la Régie foncière et du Développement économique et commercial de la Ville de Liège (mars 2026).

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25 ANS

DE RÉNOVATION

SERVICE DU LOGEMENT - RÉGIE FONCIÈRE VILLE DE LIÈGE

Jean-Baptiste

Jehin

URBAINE

Retour d’expérience

de l’Opérateur Logement

de la Ville de Liège


Coordination:

Gaétan Wijnants

Attaché de Cabinet – Echevinat du Logement

Mise en page:

OANNA srl

Route du Condroz 323/1 - 4550 Nandrin

www.oanna.be

Laurence Tellier

Ville de Liège - Instruction Publique/Cellule graphique

Impression:

Centre d’impression et d’Approvisionnement

Rue Louis Boumal, 70 - 4000 Liège

Imprimé en 100 exemplaires à Liège.

Mars 2026

Les propos repris dans cet ouvrage reflètent l’expérience et les

positions de son auteur à titre personnel. Ceux-ci n’engagent pas

le Département du Logement, la Ville de Liège ni aucun de leurs

institutions et partenaires politiques ou administratifs.


3

SOMMAIRE

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

INTRODUCTION 6

Partie 1 : Considérations générales 11

Partie 2 : Présentation des projets et de leurs spécificités 49

Conclusion générale 207

Table des matières complète 210


REMERCIEMENTS

La concrétisation de ces projets n’aurait pas été possible sans la décision des Collèges

et Conseils communaux successifs de soutenir financièrement les projets de rénovation

urbaine au cours des 20 dernières années, et notamment :

- Maggy YERNA :

Échevin du logement

- Willy DEMEYER :

Bourgmestre

Remerciements au trésorier de la régie foncière pour sa disponibilité, son efficacité et son

approche constructive dans la mise en œuvre des projets :

- Jean-François HUART

Remerciements pour le travail de graphisme et le choix des photos :

- Gaétan WIJNANTS - Jean-Pierre ERS

Remerciements particuliers pour leur aide à la réalisation de ce travail :

- Alexandre Caroline

- Brandt Pierre

- Dewael Audrey

- Jaminon Christine

- Kech Sylviane

- Kunysz Pavel

- Lagae Claire

- Landrain Anne

- Lemoine Pierre

- Lepot Olivier

- Noirhomme Patricia

- Pierard Darlanne

- Schrouff Arnaud

- Vanhamel Marie-Anne

Remerciements aux collaborateurs et collaboratrices qui travaillent ou ont travaillé (en leurs

titres et qualités) au sein des services du logement et de la régie foncière au cours des 20

dernières années et ont participé à cette belle aventure :

- Abinet Arnaud

- Abbevi Messan

- André Véronique

- Bachelet Lise

- Banyoshanabi Joséphine

- Basiaux Sabine

- Ben Slama Monia

- Beuken Emile

- Boota Dario

- Brassine Coralie

- Brico Véronique

- Bui Anh

- Chaineux Géraldine

- Charpentier Nathalie

- Collard Cindy

- Coumanne Fabienne

- Dassenoy Sandrine

- Dayez Éléonore

- Dejeneffe Joseph

- Denis Laurence

- Deom Myriam

- Depinois Kevin

- Derselle Valérie

- Di Barbora Riccardo

- Dufour Alan

- Dufrasne Michel

- Elias Grégory

- Elias Ginette

- Evrard Antoine

- Fioret Muriel

- Gabriel Antoine

- Galere Thierry

- Georges David

- Gerbehaye Joseph

- Godfirnon Mathieu

- Halleux Dominique

- Hannequart Marie

- Hensens Jenny

- Iapparova Ludmila

- Irskens Cécile

- Jandric Andrée

- Janray Julien

- Laruelle Stéphane

- Malherbe Alain

- Marcuzzo Sylvia

- Mariette Charles

- Michel Cyrille

- Musilli Jennifer

- Mouti Zouhair

- Nancy Tomat

- Nandrin Hughes

- Nihant Pierre

- Quaedvlieg Véronique

- Rensonnet Myriam

- Seferiadis Hélène

- Smitz Gaël

- Stangherlin Grégor

- Struvay Cécile

- Utamuliza Marie-Rose

- Taels Dominique

- Theral Kevin

- Truillet Clémentine

- Vancraywinkel Laetitia

- Vanderlinden Frédérique

- Wolter Georges


PRÉFACE

Espaces d’innovation et nœuds des

communications, les villes ont évolué au

gré des mutations et doivent s’adapter,

répondre à de nouveaux enjeux. Au fil

des siècles, leur bâti s’est renouvelé,

soumis aux changements techniques, aux

guerres, aux incendies ou simplement à

l’action du temps. Inlassablement, elles

se reconstruisent pour répondre aux

nouveaux besoins des habitants, à la

mobilité, aux nouvelles conceptions de

la société ou, comme aujourd’hui, aux

changements climatiques, en perdant

souvent une partie de leur histoire, mais en

en créant de nouvelles.

Au début des années 2000, profitant de la

mise en œuvre par les différents niveaux

de pouvoir de politiques spécifiques de

la Ville et de l’amélioration de son habitat

au sens large, la Ville de Liège, à travers

la création d’un service du logement,

a mené de multiples opérations de

rénovation urbaine dans des quartiers

prioritaires. Vingt-cinq ans plus tard, il

nous a semblé utile d’en dresser le bilan

et de présenter ces actions et le travail

des équipes qui se sont relayées pour

changer, par petites touches, l’image et

la vie dans ces espaces centraux souvent

délaissés, et cumulant les problèmes de

précarités et de vétustés. Les quartiers

de Grand-Léopold, Saint-Léonard ou

Sainte-Marguerite en sont des exemples.

La qualité, l’accessibilité à des prix décent

et l’amélioration de la performance

énergétique des logements ont toujours

été au cœur des projets initiés par la régie

foncière et le service du logement de la

Ville de Liège au profit des citoyens.

Cette démarche veut également saluer

le travail minutieux, inventif et de longue

haleine des agents communaux et

des différents membres du Collège

et du Conseil ainsi que des multiples

acteurs concernés et impliqués dans la

concrétisation de ces objectifs parfois

semés d’obstacles.

Jean-Baptiste JEHIN

1 er Directeur Administratif

Service du Logement, de la Régie Foncière

et du Développement économique et commercial


6

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Introduction

Il y a une vingtaine d’années, la Ville de Liège a

décidé de devenir un acteur important de la

politique du logement sur son territoire.

Si les sociétés de logements de services

publics sont les opérateurs incontournables

depuis des décennies et gèrent un nombre

élevé de logements, la Ville a décidé

d’agir dans les quartiers plus centraux

et péricentraux concentrant souvent des

problèmes de précarité et de qualité du bâti.

Espaces par ailleurs délaissés par les acteurs

traditionnels en raison notamment de la

complexité des interventions (forte densité et

imbrication des immeubles) qui engendrent

des opérations inévitablement plus coûteuses.


7

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Ces dernières concernent des bâtiments

anciens, parfois classés et généralement dans

un très mauvais état, voire à l’abandon.

La ville de Liège, et plus précisément son

service du logement et sa régie foncière,

a construit son propre modèle d’action,

en engageant des sommes importantes

sur fonds propres et en s’insérant dans

les différents dispositifs d’aides régionaux

ou fédéraux existants pour atteindre ses

objectifs. Elle a ainsi mené des projets seule

ou en partenariat avec différents acteurs

publics ou privés. Ces réalisations permettent

de montrer l’importance de réhabiliter ces

quartiers et de donner une impulsion pour

inciter les promoteurs privés et les particuliers

à intervenir également et participer au

renouvellement urbain. Ce dernier a par

ailleurs toute sa pertinence au regard de la

lutte contre le réchauffement climatique.

La présente publication a pour objet de

décrire différents projets menés au cours

de cette période, et la stratégie de la Ville

pour les mettre en œuvre. Elle abordera

dans un premier temps des considérations

générales sur les objectifs poursuivis, le

contexte historique et politique dans lequel

ils s’inscrivent, les outils utilisés, les processus

décisionnels, et des remarques et conseils

techniques et administratifs pour faire aboutir

les actions.

La seconde partie décrira les opérations

concrètes et leurs spécificités, chacune ayant

un objectif relatif à la qualité et l’aménagement

de l’environnement immédiat des logements.

Il s’agit d’indiquer ce que le projet apporte

aux futurs locataires et aux habitants du

quartier. Dans certains lieux une attention

toute particulière a été portée à l’architecture,

l’image véhiculée étant fondamentale


8

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

dans la reconstruction d’un espace et de

son appropriation par la population. Les

dispositifs de lutte contre l’inoccupation et

l’insalubrité des logements et des commerces,

la valorisation des réserves foncières des

pouvoirs publics, ou encore l’amélioration de

l’efficacité énergétique des immeubles seront

également abordés dans un dernier volet du

travail.

Vu le nombre d’opérations réalisées et leurs

particularités, nous espérons que ce retour

d’expériences permettra à d’autres villes,

communes ou opérateurs publics et privés de

s’en inspirer pour mener leurs propres actions.

L’historique des dossiers, et les difficultés

rencontrées lors des montages juridiques

et financiers des projets peuvent s’avérer

particulièrement utiles. Comme nous le verrons,

le logement est au centre des stratégies

de rénovation urbaine et de reconstruction

de la ville sur la ville, développées par les

autorités liégeoises. Le logement joue le rôle

de catalyseur permettant la concrétisation

d’objectifs complémentaires que nous

décrirons dans les différentes parties du

document. La végétalisation des espaces

urbains centraux en vue d’améliorer la qualité

de vie des citoyens, et de lutter contre les « îlots

de chaleur » qui affecteront les grandes villes

plus fréquemment à l’avenir en est un exemple

parmi d’autres.

Notons que la Ville de Liège soutient le

développement de « grands projets »

(logements, services, commerces) par le privé

et/ou par le public dans des sites stratégiques

(comme par exemple ceux de Bavière, de

Coronmeuse, du Val Benoît, des Guillemins,

de Droixhe). Si ces projets sont à la base de la

création d’une part importante des nouveaux

logements sur le territoire communal, la

concrétisation de projets de plus petite taille

(tout ou partie d’îlots d’habitations) par la Ville,

et qui nous concernera dans cet ouvrage,

est complémentaire et aussi nécessaire. Ces

projets de 3, 10 ou 20 logements maximum

revitalisent les quartiers et permettent

d’expérimenter des idées innovantes en

matière de requalification urbaine.


9

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Nous n’aborderons donc dans cette

monographie qu’une partie de la politique

du logement que peut mener une Ville telle

que Liège : son volet opérationnel, basé sur

les actions concrètes développées dans

les quartiers. Ainsi par exemple, nous ne

détaillerons pas le rôle fondamental du

département de l’urbanisme dans la création

de nouveaux logements et de la Ville de

demain (voir le schéma de développement

territorial communal, les impacts de la mise

en circulation du tram et l’aménagement de

parcs, de places et de lieux de convivialité au

sein des quartiers avec l’aide du département

de la gestion des espaces publics), ou celui de

la Ville dans les décisions d’investissements

des Sociétés de Logements de Services

Publics dans la construction et la rénovation

de logements pour les ménages les plus

précarisés.

Avant d’aborder la première partie relative

aux considérations générales sur ce retour

d’expériences, il nous paraissait utile de

définir, même succinctement, le concept de

rénovation urbaine, en reprenant les idées

maitresses des nombreux énoncés existants

dans la littérature et les textes réglementaires.

On peut considérer qu’il s’agit d’un processus

d’aménagement qui vise à transformer,

moderniser ou requalifier un quartier ou une

zone urbaine existante, souvent marquée par

la dégradation du bâti, le déclin économique

et la précarité sociale. Elle ne se limite pas

à la réhabilitation ou la reconstruction des

bâtiments, mais comprend également

la réorganisation des espaces publics,

le développement de nouveaux services

et équipements, et la reconstitution du lien

social, dans des espaces souvent enclavés

en recherche d’une nouvelle identité. Les

dispositifs concourant à la mise en œuvre

d’une politique de rénovation urbaine sont

multiples, et ceux qui ont été utilisés par le

service du logement et de la régie foncière

de la Ville de Liège au cours des 25 dernières

années, principalement pour créer des

logements, seront présentés dans les différents

chapitres.



11

PARTIE 1

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Considérations générales


12

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.1. OBJECTIFS DE LA POLITIQUE COMMUNALE

EN MATIÈRE DE LOGEMENT

Au fil des années, les objectifs concrets

poursuivis par la Ville de Liège en

mettant en œuvre différents projets

en tant qu’opérateur sont restés constants.

Ces objectifs opérationnels s’inscrivent au

sein de différentes politiques et répondent

aux stratégies développées dans des

documents, de portée obligatoire ou

facultative, initiés par les différents niveaux

de pouvoirs.

Ainsi, la déclaration de politique communale

en matière de logement prévue au

paragraphe 1er du Code wallon du logement

et de l’habitat durable précise que « les

communes élaborent une déclaration de

politique du logement déterminant les

objectifs et les principes des actions à

mener en vue de mettre en œuvre le droit à

un logement décent ». Cette déclaration doit

être adoptée dans les neuf mois suivant le

renouvellement du conseil communal. Elle

comprend l’ensemble des mesures, priorités

et actions que la commune entend mener

au cours de la législature en matière de

logement. Elle pourra ainsi porter sur des

objectifs visant à améliorer la salubrité des

logements et leur performance énergétique,

à lutter contre l’inoccupation, à soutenir les

acteurs locaux, à promouvoir la rénovation

des logements existants et la construction

de nouveaux logements publics dans un

cadre de vie de qualité, à diversifier l’offre de

logements, à créer plus de mixité sociale, et

à agir dans les quartiers les plus dégradés,

pour en citer quelques exemples.


13

OBJECTIFS DES PROJETS

MENÉS PAR LA VILLE DE LIÈGE

1. Rénovation lourde de logements

inhabitables ou inoccupés

2. Assainissement de friches

industrielles et reconstruction de

logements

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

3. Accès à des logements décents à

des prix inférieurs au marché

4. Aménagement d’espaces publics,

de parcs et jardins à proximité des

nouveaux logements

Ce document est notamment basé sur

la déclaration de politique communale

(pacte de majorité), mais également le Plan

Stratégique Transversal communal (décret du

19 juillet 2018) qui sont des textes de référence

définissant les objectifs stratégiques pour la

législature.

Le logement est un droit fondamental. C’est en

effet un facteur indispensable pour construire

tout projet de vie. Un objectif central est de

permettre à chaque citoyen de trouver un

logement sur le territoire de la ville, adapté à

ses besoins et à un coût qui corresponde à ses

moyens. Il est un élément déterminant de la

restructuration des liens sociaux, et un facteur

essentiel au renforcement de la cohésion

sociale. L’accès au logement conditionne

en effet l’accès à d’autres droits (tels que le

travail, la santé, la sécurité…). La politique du

logement est une politique de proximité menée

en vue de rencontrer les besoins diversifiés

recensés dans la commune.

5. Curetage et/ou remembrement

d’intérieur d’îlots et valorisation de

chancres urbains

6. Réaffectation en logements de

bâtiments publics inoccupés

Réoccupation de logements

vides aux étages d’immeubles de

commerce

7. Création de logements

accessibles, adaptés et

adaptables pour les personnes

à mobilité réduite

8. Rénovation d’immeubles à haute

valeur patrimoniale

Amélioration de la performance

énergétique des logements

9. Lutte contre les vendeurs de

sommeil

10. Lutte contre l’imperméabilisation

des sols et les îlots de chaleur

urbain


14

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La réduction de l’empreinte écologique de

nos sociétés passe par la densification des

villes. Celle-ci ne peut être envisagée qu’en

travaillant en parallèle sur la qualité de vie

en milieu urbain, par la création d’espaces

publics et d’espaces extérieurs (parcs, places,

piétonniers, cours, jardins collectifs, potagers

communautaires, terrasses, etc.) qui sont

autant d’espaces de respiration au cœur de

la ville. Les grandes villes sont les opérateurs

de la rénovation urbaine et la Ville de Liège

doit rester pionnière en investissant dans

ce type de projets.

La Ville dispose par ailleurs dans son

patrimoine de terrains à bâtir situés sur

l’ensemble du territoire communal. La

valorisation de ces espaces permettra et

a déjà permis la création de centaines de

logements dans le cadre de partenariats

avec des opérateurs publics et des

promoteurs privés. Les « marchés de

promotion » et les « appels à intérêts » font

partie des outils juridiques utilisés pour

concrétiser ces partenariats et orienter les

projets vers plus de durabilité (voir point 1.7.3,

1.7.4, 2.7.6).

Liège, c’est également l’une des grandes

villes étudiantes de la Fédération Wallonie-

Bruxelles. Il est nécessaire de comprendre

qu’une part importante des milliers

d’étudiants de l’enseignement supérieur

habite à Liège durant toute l’année. Le

département du logement agit par le biais

de conventions avec les promoteurs privés

pour aider les étudiants les plus démunis à

se loger à un prix décent dans de nouvelles

résidences disposant de tout l’équipement

dont ils ont besoin pour mener à bien leurs

études. Elle contrôle également la qualité des

petits logements collectifs ou individuels via la

règlementation sur les « permis de location »

pour permettre leur occupation en toute

sécurité. Elle développe par ailleurs un projet

de création d’une centaine de logements

sociaux pour étudiants dans le cadre de la

reconversion d’un ancien hôpital.

Notons encore que le développement d’une

politique efficace en matière de logement

nécessite d’intégrer des objectifs propres,

mais également des objectifs transversaux

concernant la mobilité, la propreté, la sécurité,

la solidarité, la tolérance, l’offre de services

à la population, la proximité d’espaces de

respiration (voir les différents plans existants

en la matière). Ainsi par exemple, l’accès

à un espace vert à moins de 15 minutes

de son domicile est une priorité de la Ville

notamment pour améliorer la qualité de vie

des citoyens. La mise en service du tram dans

l’axe de la vallée et le développement des

pistes cyclables en sont d’autres exemples.


15

De nombreux d’étudiants de l’enseignement supérieur habitent

à Liège durant toute l’année. Le département du logement agit

par le biais de conventions avec les promoteurs privés pour

aider les étudiants les plus démunis à se loger à un prix décent.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

VILLE DE LIÈGE EN QUELQUES CHIFFRES

Population (Nb de personnes domiciliées reprises au registre national)

Population vivant réellement sur le territoire communal

(estimation intégrant notamment les étudiants kotteurs)

Nombre d’habitants au sein de l’agglomération

Population étrangère

Nombre de ménages au 1/01/24

Nombre de ménages isolés

Nombre de familles monoparentales

Nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur

Nombre de logements : données du cadastre (2024)

Nombre de logements : estimation sur base du logiciel LISHAB

développé par la Ville (Nb unités de logements)

Logements construits avant 1945

Nombre de logements d’utilité publique

Nombre de personnes en attente d’un logement social

au 1/01/24 (données des SLSP)

Immeubles à appartements

(par rapport au total des immeubles de logements)

Taux de maisons unifamiliales

Taux de propriétaires de leur logement

Nombre de logements inoccupés (estimation)

Nombre de logements inoccupés taxés (année 2024)

Nombre de permis de location (petits logements – 28 m²)

Nombre de logements neufs par an (en moyenne)

Nombre de logements créés par transformation d’immeubles

existants par an (en moyenne)

Vente de logements neufs par type

Nombre de commerces

197.323 au 1/01/2025 - 185.629 au 1/01/2000

215.000

627.000

9,35 % intra européenne et 11,53 %

extra européenne (soit 20%)

98.774

51.493 soit 52,1% contre 37,3 % pour la Wallonie

11.945 (soit 12% des ménages)

53.000 dont 19.000 « kotteurs »

113.590

117.000

63,3 %

8.124 (au 1/01/2025)

+/- 5.000

61 % (dont 28 % sont des maisons divisées)

39 % (dont 3,2 % de maisons 4 façades)

48 % contre 63,8 % en Wallonie

Voir point 2.7.1

965

10.000

270

260

Appartements 77 %

4 façades : 10 %

3 façades : 7 %

2 façades : 6 %

4800


16

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.2. RÔLE D’ENSEMBLIER DE LA VILLE

À TRAVERS L’ANCRAGE

COMMUNAL DU LOGEMENT

Pour atteindre les objectifs décrits au point

précédent, la recherche de moyens

financiers est essentielle et nécessite

d’identifier et d’intégrer les politiques

proposées par les différents niveaux de

pouvoir. Au cours des 20 dernières années les

dispositifs ont évolué. Certains sont toujours

existant mais d’autres ont disparu ou évolué

au gré des changements de gouvernements.

Une veille relative à la mutation de ces

outils indispensables à l’action des pouvoirs

locaux a donc été nécessaire, et impose une

attention de tous les instants. Les objectifs

opérationnels de base ne changent pas

et ont permis de répondre à ces différents

programmes d’investissements. Ainsi, au

début des années 2000, le Code wallon de

l’Habitation Durable (art 187) a reconnu la

commune comme un opérateur important

en raison de ses spécificités et de sa capacité

d’action.

« Les différents paramètres,

qui interviennent dans la

problématique du logement

(paramètres environnementaux,

économiques et sociaux),

rendent nécessaire une approche

transversale et proche tant

du territoire que du citoyen,

dont la commune est l’actrice

privilégiée. Le rôle de véritable

pivot fédérateur des différentes

politiques, indispensable, est la

pierre angulaire de l’ancrage

local du logement et trouve sa

concrétisation dans l’élaboration

de l’outil stratégique et

opérationnel qu’est le programme

communal. » Cite l’UVCW.

Le rôle d’opérateur de la commune

reconnu par le Code Wallon du Logement

et de l’Habitat Durable (CWLHD) se traduit

notamment par des synergies avec la

Wallonie, ainsi qu’avec les autres acteurs

« locaux » du logement : les Sociétés de

Logement de Service Public (SLSP), Le

Fonds du Logement wallon (FLW), l’Agence

Immobilière Sociale (AIS), les Associations

de Promotion du Logement (APL), le CPAS,

les partenaires privés. La commune joue le

rôle de « coordinateur-ensemblier » de ces

différents opérateurs.

Sur base de la déclaration de politique du

logement et des orientations régionales,

la commune a élaboré de 2000 à 2014 des

programmes d’actions subsidiés par la région

wallonne. Ces programmes identifiaient,

année après année, chaque opération, son

maître d’ouvrage, les intervenants associés,

son délai de réalisation, le nombre et le

type de logements concernés, les modes

de financement. Ils étaient préparés en

concertation avec tous les acteurs et leurs

spécificités (logements sociaux, d’insertion,

de transit, pour familles nombreuses, etc).

Cette démarche permettait de rencontrer

les opérateurs et d’évaluer les besoins pour

chaque public cible. Les différentes demandes

pouvaient ainsi être intégrées aux programmes

d’actions et permettaient de maintenir un

diagnostic dynamique de la situation existante.

Le Gouvernement wallon (GW) n’a toutefois plus

lancé d’appel à subsidiation de programmes

d’actions dans le cadre de l’ancrage communal

depuis l’année 2014. La majorité des articles du

CWLHD relatifs au dispositif n’ont cependant

pas été abrogés et imposent donc toujours

aux communes de disposer d’un service du

logement et de divers inventaires concernant

les logements inoccupés ou les possibilités

de relogement d’urgence notamment.

Les sociétés de logements ont vu leur rôle

d’acteur traditionnel renforcé bénéficiant de

programmes de subsidiation à la rénovation

de leur parc (plan approuvé en 2020 par le

GW) ou à l’acquisition de logements neufs.

Dans le cadre du Plan de relance, le GW a en

effet approuvé fin 2022 un tel appel sous forme

d’un Partenariat Public-Privé afin de disposer


17

plus rapidement de logements à proposer aux

personnes se trouvant sur « liste d’attente ». Cet

appel était accessible aux communes, mais

la Ville, vu les projets déposés par les SLSP,

notamment, n’y a pas répondu. La probabilité de

voir sa candidature retenue par la Wallonie était

en effet très faible au vu des moyens globaux

accordés pour l’ensemble des opérateurs

wallon. Les grandes Villes comme Liège ont donc

intégré d’autres dispositifs qui seront présentés

dans le chapitre suivant. La disparition des

programmes d’ancrage a eu un impact sur la

concertation entre les acteurs. Ils représentaient

une opportunité pour les communes d’aider

à la diversification des logements par le biais

ANCRAGE COMMUNAL DU LOGEMENT

des Associations de promotion du Logement

(APL). La Ville a perdu un rôle important : celui de

prioriser les actions (demandes de subsidiation)

dans le cadre d’une vision d’ensemble de sa

politique de logement pour les habitants les plus

précaires notamment.

La mise en œuvre des programmes

d’ancrage successifs a permis la création

sur le territoire communal de plusieurs

centaines de logements publics (635)

par les différents opérateurs.

PROGRAMME COMMUNAL D’ACTIONS

EN MATIÈRE DE LOGEMENTS

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

DIAGNOSTIC | CONCERTATION

OPÉRATEURS / PARTENAIRES

PARTENAIRES

SOCIÉTÉS DE LOGEMENTS

DE SERVICE PUBLIC

Maison Liégeoise

et Logis Social

COLLÈGE

CONSEIL

SERVICE

LOGEMENT

WALLONIE

CPAS

VILLE

RÉGIE

FONCIÈRE

PROVINCE

FONCTIONNAIRE DÉLÉGUÉ

AIS

FONDS DU LOGEMENT

LOGEMENTS PUBLICS

ET ASSIMILÉS PAR OPÉRATEUR

(NOMBRE AU 1/01/2024)

La Maison Liégeoise SCRL 3986

Le Logis Social de Liège 3140

APL-MILIEU ASSOCIATIF :

Habitat Service, Suraya,

Thaïs, Oxygène, Les

Tournières, CVFE, Maison

d’Accueil Sans Logis

LOGEMENTS DE TRANSIT

ET D’URGENCE INDIVIDUELS

OU COLLECTIFS

La Régie foncière

de la Ville de Liège

Fonds du Logement de Wallonie

CPAS

L'Office Central d'Action Sociale

et Culturelle de la Défense

300

146

132

91

(NOMBRE AU 1/01/2024)

CPAS

Asbl SURYA

Asbl THAÏS

Asbl Habitat Service

28

16

14

15

L'Agence Immobilière Sociale

270

Asbl CVFE

33

Liège Logement

Asbl Maison d’accueil

20

Habitat Service

59

des Sans Logis

Total

8124

Total

126


18

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.3. PÔLES LOGEMENT

LOCAUX

La Déclaration de Politique régionale de

juin 2024 indique que le gouvernement

wallon souhaite une rationalisation

du secteur du logement, trop morcelé,

et dispose que « L’ensemble des services

des acteurs locaux du logement seront

accessibles au sein de guichets uniques,

en un seul lieu, tant sur le terrain que

de manière digitale, (…). Seront ainsi

déterminés des « pôles logement locaux »

clairement identifiables pour les citoyens ».

Une définition précise des missions de

ces nouveaux pôles est toutefois encore

nécessaire. Notons que ces « pôles »

pourraient prendre le relais du dispositif

« ancrage communal du logement »

en ce qui concerne la fédération des

acteurs et l’analyse de la problématique

et des besoins en matière de logement.

La commune, en raison de sa vision large

du territoire, pourrait y jouer le rôle de

coordinateur comme elle l’a déjà fait par le

passé. La Ville de Liège dispose par ailleurs

d’une Maison de l’Habitat qui regroupe, au

centre de la cité, rue Léopold, différents

acteurs du logement (voir fiche projet 2.1.5).

L’extrait suivant de la déclaration de politique

communale en matière de logement 2025

traduit l’intérêt de la Ville pour faire de ce

dispositif son futur « pôle logement local »:

« Les synergies déjà établies avec les acteurs

du logement – SLSP, FLW, AIS, APL, CPAS,

partenaires privés et services régionaux –

trouveront dans cette structure un cadre

privilégié pour se renforcer et se développer.

La Ville de Liège, parfaitement consciente

des spécificités de son territoire et des

besoins de ses habitants, reconnaît le rôle

clé de chaque acteur pour garantir à tous un

logement adapté : les sociétés de logement

jouent un rôle majeur dans la production

massive et nécessaire de logements publics,

tandis que les associations de promotion du

logement et le CPAS jouent un rôle essentiel

dans l’accompagnement et l’hébergement

des publics vulnérables.

La Ville soutient activement ces organismes

dans leurs missions, valorisant leur

contribution fondamentale à l’inclusion

sociale. Les liens étroits et les partenariats

développés témoignent de l’importance

d’une action coordonnée, conformément

à la vision portée par le Code wallon de

l’Habitation durable (CWHD).

La Maison de l’Habitat incarne d’ores et déjà

l’approche transversale prônée par la Région

wallonne, ancrée dans le territoire et centrée

sur le citoyen, jouant pleinement son rôle de

pivot fédérateur des politiques locales du

logement. »


19

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.4. DIFFÉRENTS DISPOSITIFS

DE SUBSIDIATION DANS LE CADRE

DES POLITIQUES POUR LES VILLES

Les programmes de subsidiation décrits cidessous

ont permis à la Ville de Liège de

développer ses actions de renouvellement

urbain au cours des 25 dernières années.

La régie foncière communale ordinaire, qui

est, comme nous le verrons dans le chapitre

suivant, l’outil utilisé par la Ville de Liège

pour mener à bien ses projets de logement,

a bénéficié de différents apports financiers

pour atteindre les objectifs fixés dans la

déclaration de politique communale du

logement.

Certains projets n’ont pu être réalisés que

grâce à la combinaison de plusieurs des

programmes dont question, les modes de

subsidiation variant d’un dispositif à l’autre.

Selon l’état d’avancement des dossiers,

les subsides ont été affectés à l’acquisition

d’immeubles ou de terrains, tout ou partie

des travaux, ou encore aux frais d’études

architecturales et de stabilité.

Il est essentiel de mentionner au début de

ce chapitre, que l’intervention de la Ville de

Liège, via des dotations à sa régie foncière

depuis 2005, ou en mobilisant la trésorerie

de cette dernière, a contribué de manière

conséquente à la concrétisation des projets.

Les subsides ne couvrant qu’une partie des

coûts des opérations, il est nécessaire de

compléter le montage financier par l’apport

de fonds propres. Ceux-ci se sont élevés à

plus de 31 millions d’euros en 20 ans (voir

tableau 1.3). La Ville a en effet considéré

le logement comme une priorité et a

soutenu avec force le développement de sa

politique de rénovation urbaine. Son service

du logement a ainsi répondu au fil des ans à


20

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

différents appels et programmes d’actions

lancés par les pouvoirs subsidiants. Notons

que leurs principaux objectifs se rejoignent

généralement avec, pour axes centraux,

l’augmentation du nombre de logements

de qualité peu énergivores et à loyers

modérés, ou la remise sur le marché locatif

des logements inoccupés et insalubres. Les

programmes de subsidiation dont question

sont les suivants :

1.4.1 L’ANCRAGE COMMUNAL

DU LOGEMENT (SERVICE

PUBLIC DE WALLONIE)

Les programmes d’ancrage communaux

(art.187 du CWLHD), qui concernent les

projets initiés par les différents opérateurs

du logement présents sur le territoire

communal, ont permis à la Ville de Liège

d’introduire des demandes de subsidiation.

Les montants perçus par la

régie foncière se sont élevés

à environ 10.000.000 d’euros

depuis les années 2000. Ces

subsides ont contribué à la

mise en œuvre d’une vingtaine

de projets. Durant cette période,

tous opérateurs confondus, ce

sont 635 logements publics,

de transit, d’urgence ou des

résidences services sociales qui

ont été construits ou rénovés.

Même si le dispositif était nécessaire et

utile pour fédérer les différents acteurs et

a permis le développement de nombreux

projets, il n’était pas adapté à une

politique de rénovation urbaine telle que

développée par la Ville de Liège. Le délai

de 3 ans pour mener une opération est en

effet trop court vu les nombreuses étapes

à franchir. Le montant des subsides était

par ailleurs assez faible au regard des

coûts globaux de ces projets développés

dans des quartiers densément bâtis et aux

immeubles fortement dégradés (30 à 40%

des dépenses réelles en raison des plafonds

imposés par le CWLHD). D’autres moyens

(fonds propres, emprunts) ont dès lors

été nécessaires pour assurer le montage

financier des dossiers. Ces montants élevés

ne permettent pas aux SLSP d’intervenir

dans ces espaces centraux. Les loyers

sociaux pratiqués sont en effet trop

faibles pour compenser les fonds propres

nécessaires.

L’approbation de nouveaux programmes

d’ancrage par le Gouvernement wallon,

mais adaptés à la durée d’une législature,

et tenant compte de l’évolution du marché

immobilier (revoir les plafonds de subsides

par logement), serait judicieuse pour une

diversification des types de logements sur le

territoire communal et pour maintenir le rôle

de « coordinateur-ensemblier » de la Ville de

Liège (voir point 1.2).

La procédure administrative nécessitait de

nombreux aller-retour avec le département

logement du Service Public de Wallonie pour

validation des décisions du collège et du

conseil communal notamment aux étapes

suivantes : avant-projet, projet, permis

d’urbanisme, désignation de l’adjudicataire.

Une fois l’accord sur le démarrage des

travaux obtenu, les subsides étaient

libérés en 3 tranches sur présentation des

pièces justificatives et l’envoi des lettres

de créances. Rappelons que le dernier

programme triennal couvrait la période

2014-2016. Les projets retenus devaient

par ailleurs concerner un terrain ou un

immeuble précis.


21

1.4.2 LA POLITIQUE FÉDÉRALE

DES GRANDES VILLES (PFGV)

Cette politique a été développée par

le Gouvernement fédéral au début des

années 2000, soit un peu après la mise

en œuvre de l’ancrage communal par la

Wallonie. Il s’agissait d’un programme de

soutien à l’amélioration du cadre de vie

dans les quartiers défavorisés des grandes

villes. Le logement est devenu une des

priorités des « contrats de villes » à partir

de l’année 2025. Ce programme a été à

l’origine de l’amplification des actions de

rénovation urbaine menées par la Ville. Les

montants Ce annuels programme importants a été à alloués l’origine aux

actions de logements l’amplification ont notamment des actions permis de

l’acquisition rénovation d’ensembles urbaine d’immeubles

menées par

inoccupés la ou Ville. insalubres Les montants dans annuels des quartiers

prioritaires. importants De 2005 alloués à 2014 aux près actions de

21.000.000 logements d’euros ont ont notamment ainsi été permis investis

dans l’acquisition le cadre d’ensembles des contrats d’immeubles

logements.

On doit inoccupés souligner la insalubres grande souplesse dans des de

ce quartiers dispositif prioritaires. sur le plan administratif. De 2005 à 2014 Un

contrat près était de 21.000.000 défini pour d’euros une ou ont plusieurs ainsi

années. été investis Il reprenait dans le cadre des projets des contrats précis ou

des zones logements. d’actions prioritaires On doit souligner au sein

desquelles la grande seraient souplesse sélectionnées de ce dispositif les

opérations, sur le plan in fine, administratif. subsidiées. Un L’adresse contrat

précise était de l’action défini pour ne devait une ou donc plusieurs pas être

déterminée années. Il reprenait préalablement des projets à l’approbation

précis

du contrat, ou des ce zones qui laissait d’actions une prioritaires grande

latitude dans au le sein choix desquelles interventions. seraient

sélectionnées les opérations, in

fine, subsidiées. L’adresse précise

de l’action ne devait donc pas

être déterminée préalablement à

l’approbation du contrat, ce qui

laissait une grande latitude dans

le choix des interventions.

Cela permettait de saisir des opportunités

d’acquisition et de financer tout ou partie des

projets parfois déjà en cours. Les premiers

contrats ont ainsi permis la constitution de

réserves foncières pour travailler sur des

ensembles de bâtiments et dédensifier le

cœur des îlots d’habitation en créant des

espaces de respiration au centre de la Ville.

Il faut également souligner la simplicité et

l’efficacité du dispositif qui prévoyait un

contrôle annuel des factures. Un représentant

de la « cellule des grandes villes » (intégré

au SPP intégration sociale, lutte contre la

pauvreté et économie sociale), accompagné

d’un représentant de la Cour des comptes,

venaient vérifier les factures, les décisions

du collège et du conseil communal, et les

documents relatifs aux marchés publics.

Aucune autre autorisation intermédiaire ne

devait être sollicitée, ce qui a fait gagner

beaucoup de temps dans la mise en œuvre

des opérations et qui a permis le lancement

d’une politique de renouvellement urbain

significative par les services de la Ville.

Le « contrat logement » était basé sur la

confiance faite aux villes partenaires et à

la responsabilisation de celles-ci au niveau

des différentes démarches à mener pour

concrétiser les actions.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


22

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.4.3. LA PERSPECTIVE

DE DÉVELOPPEMENT

URBAIN (PDU)

La Politique Fédérale des Grandes Villes

(PFGV) a été largement régionalisée

en 2012. Les contrats logements ont été

supprimés, mais une période de transition

de 2 ans a toutefois permis aux services de

la Ville de poursuivre les actions en percevant

des montants complémentaires (du fédéral)

jusqu’en 2014. Le dispositif général a été

remplacé en 2018, par la Perspective de

Développement Urbain (ou PDU).

Au départ d’une analyse

contextuelle, la PDU identifie

les ambitions et les actions

à mettre en œuvre au cours

de la législature communale.

Intégrée au Plan Stratégique

Transversal (PST), la PDU vise à

formaliser une vision stratégique,

et s’impose comme l’instrument

de mise en œuvre du projet

de développement urbain de

chaque ville wallonne. La volonté

du Gouvernement wallon était

de poursuivre l’ancienne PFGV.

Projets de rénovation

de logements

inoccupés

et insalubres

notamment à

proximité de l’Hôtel

de Ville dans des

bâtiments anciens.

À travers ce dispositif, la Wallonie vise

à mettre en œuvre des politiques

publiques de soutien adaptées aux villes

dans certains domaines clefs tels que

la cohésion sociale, la lutte contre la

pauvreté, la dynamisation de l’économie

locale, l’attractivité, la végétalisation des

centres-villes et la revitalisation des centres

urbains. Encourager la reconstruction de la

ville sur la ville et privilégier un logement et

un cadre de vie de qualité, sont les objectifs

principaux du dispositif. Une fois le projet

global validé par le pouvoir subsidiant, les

procédures de liquidation sont précises

et efficaces (par l’intermédiaire d’un outil

informatique, le « guichet unique », de

transmission des pièces justificatives et de

validation de la procédure). La politique du

logement de la Ville de Liège a été créditée de

3.110.000 euros pour la période 2019-2024. Elle

devrait également bénéficier d’un montant

similaire pour la période 2025-2030. Le

dispositif a permis l’acquisition d’immeubles,

et le co-financement de projets de rénovation

de logements inoccupés et insalubres

notamment à proximité de l’Hôtel de Ville

dans des bâtiments anciens. Les projets,

localisés dans des quartiers prioritaires,

doivent répondre à des objectifs généraux

qui correspondent à ceux présentés dans le

chapitre 1.1. La perspective de développement

urbain est régie par l’arrêté du Gouvernement

wallon du 8 novembre 2018 (AGW 13

décembre 2018).


23

1.4.4. LA RÉNOVATION

URBAINE (RU)

Le programme de rénovation urbaine

existe en Région wallonne depuis le

début des années 1970. Comme l’indique

le Géoportail de la Wallonie, il s’agit

d’une « opération ayant pour ambition

de tenter de fournir une réponse aux

situations urbaines dégradées, tant d’un

point de vue urbanistique que socioéconomique

». Généralement, l’opération

vise à redynamiser les quartiers en déclin

grâce à un projet global d’urbanisme

regroupant dans une vision d’ensemble

plusieurs interventions concernant tant le

bâti que les espaces publics. Il s’agit d’une

action d’aménagement concertée car elle

rassemble autour d’un même projet l’autorité

communale et les habitants et forces vives

du quartier. Avant la refonte complète du

dispositif en 2023 (que nous aborderons

ci-dessous), la procédure prévoyait que la

commune délimite un périmètre d’action et

confie à un bureau d’urbanisme une étude

des atouts et des faiblesses de cet espace,

basée sur l’analyse de données multiples

et variées (définies par un arrêté du GW).

Une consultation de la population venait par

ailleurs enrichir la réflexion afin de définir

les opérations à mener au cours des 15

années à venir. La commune transmettait

ensuite une demande de reconnaissance

de ces « projets de quartier » à la Wallonie. La

procédure qui nécessitait une approbation

par le Gouvernement wallon et différentes

instances d’avis pouvait être assez longue.

A Liège, cinq quartiers prioritaires ont

bénéficié de cette reconnaissance ; Sainte-

Marguerite, Saint-Léonard, Amercoeur,

Grand Léopold et Guillemins (notons

que les périmètres de plus petites tailles

permettent de mieux cibler et concentrer les

actions sur quelques îlots d’habitations ou

groupes d’immeubles spécifiques à l’image

des « contrats de quartier » bruxellois).

Chaque année, les communes pouvaient

introduire une demande de subsidiation

pour une ou plusieurs opérations précises et

localisées dans un de ces périmètres. Pour

En 20 ans, la régie foncière

de la Ville de Liège a perçu

un peu plus de 10 millions

d’euros pour la création

d’espaces publics et de

nouveaux logements

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


24

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

chaque action retenue, une « convention

exécution » devait être approuvée par les

parties. Les projets étaient bien subsidiés

(jusqu’à 90% du coût total des travaux), et le

dispositif était bien adapté à une politique

de renouvellement des espaces centraux

densément bâtis et dégradés. En 20 ans, la

régie foncière de la Ville de Liège a perçu

un peu plus de 10 millions d’euros pour la

création d’espaces publics (places, espaces

verts, cours, etc) et de nouveaux logements.

Toutefois, le dispositif a été totalement

modifié et redéfini par le Gouvernement

wallon en 2023. Seules les villes de

moins de 50.000 habitants peuvent

dorénavant introduire des demandes

de subsidiation dans le cadre d’une

opération dite de « développement urbain

(DU) ». Un programme de substitution

a heureusement été mis en place pour

les plus grandes villes dont Liège. Il

s’agit de la « Politique Intégrée de la

Ville » (ou PIV) particulièrement souple et

efficace, et sur laquelle nous reviendrons

au point suivant. Toutefois, si ce dernier

plan (PIV) n’est pas renouvelé après l’année

2024, les arrêtés ministériels prévoient que

les grandes villes puissent déposer des

demandes de financement dans le cadre

Les villes de plus de

50.000 habitants peuvent

introduire des demandes de

subsidiation dans le cadre

d’une opération dite de

« développement urbain (DU) »

du nouveau dispositif dont question (à

partir du 1er janvier 2025 – article 37 de

l’arrêté de 2023 référencé ci-dessous). Les

communes doivent désormais déposer un

dossier de « Perspective de Développement

Urbain » (différents des « PDU grandes villes »

présentées précédemment) définissant une

vision stratégique à l’échelle de la commune

et des objectifs à poursuivre au niveau de

quartiers prioritaires (« exit » la délimitation

et la reconnaissance de « périmètres » de

rénovation urbaine). La ville établie pour

ces quartiers des programmes d’actions

triennaux (PATO) reprenant la description des

actions et les délais de mise en œuvre. La

subsidiation ne s’élève désormais plus qu’à

50 % du coût des travaux et la commune doit

préfinancer l’ensemble des investissements.

L’enveloppe globale prévue au budget

régional pour l’année 2025 (18 millions

d’euros) est fort faible par rapport aux

nombres de demandes introduites par les

pouvoirs locaux. Rappelons que ce nouveau

dispositif a été conçu pour les villes de

petites tailles, et ne semble donc pas adapté

aux grandes villes. Les délais prévus sont

particulièrement courts pour des opérations

de rénovation urbaine. La réalisation des

études architecturales sera nécessaire avant

tout dépôt des candidatures pour espérer

introduire les justificatifs dans les délais

imposés.

L’arrêté du Gouvernement wallon du 13

juillet 2023 (M.B. 05.10.2023) portant sur

« l’accompagnement et le soutien financier

apportés aux opérations de développement

urbain » reprend les nouvelles dispositions

et abroge les arrêtés qui organisaient

les programmes de rénovation et de

revitalisation urbaine. Ces derniers sont

définis depuis 2017 par les articles D.V.13 et

D.V.14. du Code du Développement Territorial

[Logo CODT] (CoDT - https ://territoire.

wallonie.be/fr/codt) qui a remplacé l’article

173 du CWATUPE.

1.4.5. LA POLITIQUE INTÉGRÉE

DE LA VILLE (PIV)

La PIV décidée par le Gouvernement

dans le cadre du Plan de relance pour la

Wallonie post-covid, la PIV vise à soutenir

financièrement les grandes villes wallonnes

(+ de 50.000 habitants) pour la période

2021 à 2024. Elle a pour but de redynamiser

l’économie locale et régionale. Le droit de

tirage a été conditionné à la validation

préalable de plans d’actions proposés

par les villes concernées. Sur base de ce

« droit de tirage » dont les montants par

ville sont fixés au prorata de leur nombre

d’habitants, chaque entité peut disposer

des moyens nécessaires pour mettre en

œuvre, sur une période de quatre ans,


25

un plan d’actions se conformant aux

orientations stratégiques arrêtées dans le

PST (et donc dans la PDU), et respectant

les orientations et objectifs poursuivis dans

la Déclaration de Politique Régionale 2019-

2024 en matière de politique intégrée de

la ville. La Ville de Liège a ainsi indiqué

dans son plan d’actions et dans chacune

des fiches descriptives ses intentions en

matière de dépenses d’investissements,

de fonctionnement ou de transferts ainsi

qu’un planning d’exécution réaliste et

précis. Elle a également affecté, comme

demandé, une part minimale de 35% du

budget global à des actions spécifiques

portant sur la rénovation énergétique.

La Ville devrait ainsi percevoir, une fois le

plan d’actions mis en œuvre (dépenses

réalisées avant fin 2026), un montant de

58 millions d’euros dont plus de 20 millions

sont affectés à des projets de rénovation/

démolition/reconstruction de logements et

d’assainissement de sites pollués à vocation

résidentielle ou économique 1 . Le dispositif

est conséquent au niveau des montants

engagés et permet le développement

d’opérations de grandes tailles qui auront

un impact au niveau de la reconstruction de

la ville sur elle-même. La PIV présente une

grande souplesse au niveau de la procédure

de justification des dépenses, ce qui permet

de gagner un temps précieux dans la

mise en œuvre des projets (https ://www.

plateforme-villes-wallonie.be/). Une analyse

du dispositif par les experts de l’UVCW va

dans le même sens en tirant un bilan positif

de cette expérience, et en insistant sur

l’intérêt du principe de droit de tirage. La

PIV sera-t-elle prolongée après 2025 ? Lors

d’une interpellation au parlement wallon

en octobre 2025, la réponse du Ministre

compétent a été très claire. Il n’y aura pas

de reconduction du programme malgré sa

contribution très nette au renforcement des

capacités d’action des villes concernées.

1

Les subsides relatifs à ces dernières

dépollutions suivent la procédure des « sites à

réaménager » (SAR - https ://geoportail.wallonie.

be/catalogue/8e2cf269-cedb-4fbe-943b-

41a7587490e3.html ).

Cette décision s’inscrit dans le souhait de

réduire les déficits publics. Des dotations

seraient toutefois prévues pour soutenir les

grandes villes dans le cadre de la mise en

place d’un Fonds Extraordinaire Régional

d’Investissement (FERI) qui a vocation à

simplifier les procédures existantes. Au

moment d’écrire ces lignes, le caractère

incomplet des solutions proposées pour

les grandes villes risque de paralyser

les actions en faveur de la rénovation et

du renouvellement de leur territoire. Le

secteur privé ne pourra pas remplacer

une intervention des pouvoirs publics

essentielle pour initier une dynamique dans

les quartiers prioritaires.

Si elles veulent continuer à agir, les grandes

villes devront intégrer le dispositif prévu par

l’arrêté du GW du 13 juillet 2023 (voir point

précédent), mais qui n’a pas été conçu

pour les villes de plus de 50.000 habitants.

1.4.6. PRÉSERVATION

DU PATRIMOINE

Depuis de nombreuses années, la Wallonie

octroie des subsides couvrant une partie

des travaux de restauration des monuments

classés et des monuments inscrits sur la liste

du patrimoine exceptionnel de Wallonie (entre

40 et 65 % du coût des travaux éligibles). Cette

aide s’adresse aux propriétaires qu’ils soient

publics ou privés. Un des objectifs prioritaires

de la Ville de Liège étant de sauvegarder les

immeubles à grande valeur patrimoniale,

notamment dans le cœur historique de la cité

(ex : rue Souverain-Pont), sa régie foncière

a systématiquement introduit auprès de

l’AWAP (Agence Wallonne du Patrimoine) des

demandes de subsidiation lorsque les projets

répondaient aux conditions d’octroi. Notons

que la procédure d’obtention du certificat de

patrimoine, nécessaire avant de notifier le

démarrage des travaux, peut parfois prendre

plus d’un an et demi, ce qui a nécessité des

demandes de prolongations au niveau des

autres programmes de subsidiation activés

sur ces opérations. Les subsides ne couvrent

en effet que les travaux relatifs aux parties

classées des immeubles (chapitre 2 du Code

wallon du patrimoine ou CoPat – décret du

28 septembre 2023). La régie foncière a ainsi

perçu 1.500.000 euros au cours des dernières

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


26

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Titre1

années, et devrait percevoir 1.900.000 euros

pour les projets en cours de chantiers

(principalement la restauration du Cloitre

Saint-Jean Place Xavier Neujean – voir point

2.1.9.). D’un point de vue pratique, la procédure

de liquidation des subsides était longue et

complexe, mais elle a évolué et gagné en

efficacité. En effet, les subsides pouvaient

être versés de nombreux mois (voire années)

après la réception définitive des travaux. La

régie foncière devait donc avancer les fonds

nécessaires à la réalisation des projets avec

les difficultés de trésorerie que cela pouvait

engendrer.

La Province de Liège subsidie également

les travaux relatifs aux parties classées

des immeubles. Cette intervention

complémentaire s’élève à 4% des montants

éligibles.

1.4.7. LA REVITALISATION

URBAINE

Concrétisée au début des années 1990,

action visant, à l’intérieur d’un périmètre

défini, la revitalisation urbaine vise à

l’amélioration et le développement intégré

de l’habitat, en ce compris les fonctions

de commerce et de services. Elle met en

œuvre un partenariat entre le secteur

privé (promoteurs immobiliers, sociétés,

habitants, commerçants, etc.) et le secteur

public (les communes et la Wallonie). Le

but est d’encourager l’investissement privé

dans les centres urbains. Ce partenariat se

formalise dans une convention qui balise

les investissements à consentir par chaque

partie. Deux périmètres de revitalisation ont

été concrétisés à Liège dans le quartier Saint-

Léonard d’une part dans le cadre d’un projet

d’habitat groupé de 34 logements avec le

collectif les « zurbains » (subside de 1.250.000

euros pour réaliser une passerelle cyclopédestre

enjambant la voie ferrée – voir point

2.3.7.7), et dans le quartier Sainte-Marguerite

d’autre part pour la création d’un parc

(dit des Franciscains rue de Hesbaye)

(voir point 2.2.2.).

Les demandes et l’intérêt du privé pour

ce type de partenariat est resté limité

sur le territoire de la commune de Liège

(notamment en raison de la lourdeur de la

procédure).

La revitalisation urbaine est désormais régie

par l’article D.V.13. du Code du Développement

Territorial CoDT). Il est complété par l’arrêté du


27

Gouvernement wallon du 13 juillet 2023 (M.B.

05.10.2023) portant sur « l’accompagnement

et le soutien financier apportés aux opérations

de développement urbain ».

1.4.8. LE SERVICE DU LOGEMENT DE LA VILLE

A ÉGALEMENT ACTIVÉ D’AUTRES DISPOSITIFS

OU ACTEURS PONCTUELLEMENT

• Le plan de relance de la Wallonie (2023

- 2026) pour la création (projet en

cours – voir point 2.7.7) d’une centaine

de kots d’étudiants dans le cadre de la

reconversion d’un ancien établissement

hospitalier (subside de 5,7 millions

d’euros).

• Le programme européen Greeneff (2020-

2023), qui est un Réseau transfrontalier de

soutien aux projets innovants en matière

de développement durable et de sobriété

énergétique dans la « Grande Région ». Il

est intervenu dans le financement d’un

projet de rénovation de 8 logements à

l’angle de la rue de la Madeleine et de la

rue Cathédrale (subside de 298.000 euros

– voir point 2.1.7)

• Les aides régionales suite aux inondations

exceptionnelles du mois de juillet 2021.

Un subside de 2.750.000 euros a permis

l’acquisition de 15 appartements rue de

la Cathédrale pour le relogement des

sinistrés des quartiers de Chênée et

d’Angleur fortement impactés (voir point

2.1.2)

• La Province de Liège est également

intervenue, quand elle en avait encore

la compétence, pour aider le service du

logement de la Ville dans ses actions

visant à réhabiliter des logements aux

étages d’immeubles de commerces

dans le cadre de son opération « Vivre

au centre », mais aussi dans le cadre

de la rénovation de bâtiments classés

(subsides de 1.560.000 euros perçus entre

2007 et 2023).

• Le plan Territoire Zéro Sans-Abrisme

(TZSA) de la Wallonie, a permis

l’acquisition en 2024 de 9 appartements

neufs qui ont été cédés en gestion

à l’Agence Immobilière Sociale (voir

point 2.7.6). Il s’agit d’apporter au public

cible une amélioration qualitative de

sa situation, ainsi que des perspectives

positives autour de son projet de vie

et d’insertion. Parallèlement, le projet

propose des actions visant les personnes

présentant des difficultés en termes

d’assuétudes et de santé mentale ou

toute autre difficulté fréquemment

rencontrée par les personnes en situation

de grande vulnérabilité (subsides de

2.100.000 euros).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


28

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.4.9. POLITIQUE DU LOGEMENT

DE LA VILLE DE LIÈGE

Pour soutenir les opérations de rénovation

urbaine dans les quartiers identifiés

comme prioritaires, la Ville de Liège

a transféré chaque année à sa régie

foncière des montants importants

montrant ainsi sa volonté de renouveler

des espaces au bâti dégradé, délaissé,

et où elle est le seul acteur public (avec

le FLW) à agir significativement en

raison de la complexité des opérations.

Ces Fonds propres sont nécessaires

pour financer les parties non subsidiées

des projets. Comme nous l’avons vu

précédemment, la majorité des dispositifs

ne contribuent en effet qu’à hauteur d’un

certain pourcentage du coût total des

acquisitions, des études ou des travaux.

Les actions de la Ville dans ces espaces

sont fondamentales pour impulser la

rénovation des quartiers et inciter le

secteur privé à y réinvestir. Le quartier

« Grand Léopold », situé au centre de la Ville,

en est un exemple. De nombreux acteurs

privés et publics ont suivi le mouvement

de renouvellement initié par la Ville,

et le quartier est aujourd’hui en pleine

mutation. Les opérations innovantes, à

caractère économique et résidentiel, y sont

particulièrement nombreuses.

PROGRAMMES DE SUBVENTIONNEMENT ACTIVÉS

AU COURS DES 25 DERNIÈRES ANNÉES ET FONDS

PROPRES MOBILISÉS PAR LA VILLE DE LIÈGE

POUR SA POLITIQUE DE RÉNOVATION URBAINE

(AU 01/01/25)

Pouvoir subsidiant

Ville de Liège (Fonds propres) - transferts

Ville de Liège (Fonds propres) – trésorerie

Ville de Liège (Fonds propres) – intervention ponctuelle

département des bâtiments communaux

Politique Fédérale des Grandes Villes (PFGV)

Ancrage communal du logement (SPW)

Patrimoine classé (SPW – AWAP)

Rénovation urbaine (SPW)

Province de Liège

Greeneff (Europe)

SPW plans divers (inondations, plan de relance,

art 44, Plan Territoire Zéro Sans-Abrisme)

Perspective de Développement Urbain (SPW)

Politique Intégrée de la Ville (SPW)

PIV – Sites A Réaménager (SPW)

Revitalisation urbaine (SPW)

Divers

Total

Montants perçus (€)

25.000.000

5.158.000

1.594.000

22.327.000

10.283.000

1.505.000

10.207.000

1.586.000

245.000

6.039.000

2.932.000

10.049.000

4.212.000

784.000

79.000

102.000.000

Montants à perçevoir(€)

900.000

0

28.000

0

545.000

1.876.000

1.672.000

139.000

54.000

5.822.000

178.000

6.256.000

2.161.000

755.000

0

19.486.000


29

EN CONCLUSION

Cette présentation des programmes de

subventionnement activés par la Ville de

Liège au cours des 25 dernières années

montre un changement fréquent des

« politiques de la ville » menées par les

différents niveaux de pouvoirs. Cette

évolution nécessite des adaptations

continuelles des services communaux.

Elle freine le processus de renouvellement

urbain qui a besoin d’une stabilité et d’une

vision à long terme pour se développer. Les

objectifs de ces différentes politiques étant

pratiquement identiques et les constats

partagés, ces modifications semblent donc

davantage liées à l’évolution du cadre

institutionnel ou à des considérations d’ordre

budgétaires. Des ajustements réguliers

des textes et des procédures, pour plus

d’efficacité, sont toutefois nécessaires suite

aux retours d’expériences des opérateurs

et aux mutations de la société. N’oublions

pas que les villes sont les moteurs du

développement économique des bassins

de vie et par extension de la région dans

son ensemble. Une intervention forte

des pouvoirs publics y est essentielle

pour poursuivre le travail et inciter les

investissements privés.

CES ANNÉES DE PRATIQUE NOUS

CONDUISENT PAR AILLEURS À FORMULER LES

RECOMMANDATIONS SUIVANTES

(si les procédures d’appels

à candidature le permettent)

1. L’expérience montre qu’il est plus judicieux

d’introduire des fiches projets portant sur

un espace ou une zone, sans cibler un

projet particulier (adresse précise) excepté,

naturellement, si le ou les immeubles sont

déjà acquis. Cette stratégie permet de saisir

d’éventuelles opportunités et de transférer

des subventions d’un projet à l’autre si les

délais de mise en œuvre s’avèrent trop

courts. Des difficultés rencontrées au niveau

des acquisitions, de l’obtention de permis ou

de la situation de l’adjudicataire (faillite par

exemple) peuvent parfois remettre en cause

une opération. Ne pas cibler dès le départ

les bâtiments permet d’éviter la perte des

subsides, et de réorienter les moyens sur une

autre opération, avant la date limite fixée pour

la transmission des pièces justificatives.

2. Pour gagner du temps et de l’efficacité,

il est nécessaire d’anticiper les programmes

aux niveaux :

> de l’acquisition du foncier (procédures

parfois longues notamment dans le cas

d’une expropriation avec intervention du

comité d’acquisition)

> des études architecturales et des

procédures d’obtention des permis

d’urbanisme ou de certificats de

patrimoine

> de l’approbation préalable « d’accordscadres

» (marchés publics) en vue de

la démolition de biens ou d’expertises

diverses (estimation de la valeur des biens,

études de stabilité, inventaires amiante,

etc.)

3. La combinaison de plusieurs programmes

de subventionnement permet de mener

des opérations de plus grande taille et

ainsi augmenter l’impact du projet sur la

rénovation du quartier. A Liège, une partie

importante des moyens a été concentrée

sur des ensembles d’immeubles (îlots

d’habitation), non seulement parce qu’ils

induisent une impulsion marquante dans les

quartiers, mais encore parce qu’ils permettent

d’élargir la qualité de l’habitat à celle de

l’environnement immédiat. La constitution

de partenariats public-privé ou publicpublic

permet également de mutualiser les

investissements et produire davantage de

logements.

4. La trésorerie de la régie foncière (voir point

1.5.) étant un élément central du dispositif

mis en place pour mener à bien les projets,

il est essentiel de veiller à la récupération

des subsides pour maintenir un niveau de

liquidité suffisant pour payer les factures

dans les délais. Cette étape est souvent

dépendante de la procédure de liquidation

des subventions. Les actes à poser pour

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


30

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

récupérer les sommes concernées doivent

être clairement identifiés et planifiés pour

chaque programme de subventionnement

afin d’éviter les oublis. Il importe, par

exemple, d’être vigilant au niveau de l’envoi

des demandes de créances et des pièces

justificatives dans les délais, et de vérifier

si les montants ont bien été perçus. Une

responsabilisation des agents administratifs

concernés est nécessaire. Ces derniers, selon

leur fonction, ne sont, en effet, pas toujours

conscients de l’importance des enjeux

au niveau financier et de leur rôle dans le

processus de récupération des subsides.

5. Il est essentiel que la Wallonie maintienne

des dispositifs permettant le financement par

les grandes villes d’opérations de rénovation/

démolition/reconstruction dans les espaces

centraux et dégradés où elles sont les seules

à intervenir. C’est une condition indispensable

au renouvellement urbain, à la réduction de

l’empreinte écologique des villes et à la mixité

sociale.

Ces remarques nous paraissent

nécessaires pour finaliser les projets

dans le temps imparti par les pouvoirs

subsidiants. Le temps d’un projet (souvent

long vu les différentes étapes à franchir)

ne correspond pas toujours aux souhaits

de ces derniers pour une occupation des

logements la plus rapide possible. Il importe

donc d’anticiper et d’accomplir certaines

tâches préalablement à la publication des

marchés de travaux.

1.5. OUTIL DE MISE EN ŒUVRE

DES PROGRAMMES D’INVESTISSEMENT

– SERVICE DU LOGEMENT ET RÉGIE

FONCIÈRE ORDINAIRE

Pour mener à bien ses opérations de

création de logements, la Ville de

Liège a décidé au milieu des années

2000 de développer des liens forts entre

sa régie foncière ordinaire et son service

du logement. Ce dernier dispose de chefs

de projets ou conseillers en rénovation

urbaine (souvent des géographes, sociologue

ou historien) dont les missions consistent

notamment à identifier, sur base de leur

connaissance de terrain, mais aussi de

diagnostics et/ou projets de quartiers,

les immeubles ou groupes d’immeubles

prioritaires pour une intervention. Ils effectuent

le montage des dossiers, le suivi administratif

et financier, contactent les propriétaires et

informent les habitants par le biais notamment

des commissions de rénovation urbaine si elles

existent. Ils assurent également le lien avec les

pouvoirs subsidiants (transmission des pièces

justificatives et des lettres de créances). Une

fois le marché de service finalisé et l’auteur de

projet désigné, « le bureau d’étude et de suivi

technique » du service du logement composé

de plusieurs architectes (4) et d’un agent

technique en chef prend le relais, et se charge

du suivi technique et administratif jusqu’à la

réception des logements :

• participation aux réunions de chantier

comme représentant du maître d’ouvrage

• validation des procès-verbaux de chantier

rédigés par les auteurs de projets

• approbation des états d’avancement, et

des factures

• analyse des décomptes finaux et des

Procès-Verbaux de réception provisoire et

définitive


31

Dès réception des logements, la régie foncière

et ses 12 agents prend en charge outre la

gestion locative de ceux-ci, leur entretien et

leur suivi technique. Elle comprend en effet :

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

• un pôle « gestion comptable et locative

des logements » (5 agents)

• un pôle « marchés publics » (1 agent)

• un pôle « gestion technique du

patrimoine » (6 agents)

• un pôle « accompagnement social »

(1 agent)

• un trésorier (responsable de la gestion

financière et du contrôle des procédures)

La régie foncière ordinaire (sans

personnalité juridique propre) qui gère

le patrimoine privé de la Ville est le bras

financier de toutes ces opérations. Selon

ses statuts, elle a pour objet de promouvoir

une politique immobilière active en

vue d’assurer un bon aménagement

du territoire communal et la réalisation

de projets urbanistiques. Sa trésorerie

permet le préfinancement des projets dès

l’acquisition et les premières expertises

du bien (estimation de leur valeur, état

sanitaire, inventaire amiante, etc). Notons

que la souplesse de son fonctionnement,

et la réactivité qui en découle, permettent

de négocier avec les propriétaires et de

saisir des opportunités qui se présentent

sur le marché immobilier. Ce mode d’action

permet de constituer des réserves foncières

en vue d’anticiper les programmes de

subventionnement (le temps écoulé entre

l’intention et la concrétisation d’un projet

peut durer plusieurs années).

Son patrimoine est composé de plus de 300

logements, de 20 commerces, de plusieurs

dizaines d’emplacements de parking (cédés

en gestion à un acteur privé pour la majorité),

de 36 baux emphytéotiques (dont certains à

l’euro symbolique concédés à des opérateurs

pour produire du logement social ou

assimilé), et de nombreux terrains, pour bon

nombre loués comme potagers individuels

ou communautaires. Elle a permis l’activation

des programmes d’actions initiés par les

différents niveaux de pouvoir en jouant le rôle

de réceptacle des subsides. Les logements

sont loués à des loyers inférieurs de 20 à 25

% au prix du marché et leur conception vise à

réduire au maximum, pour les locataires, les

dépenses liées aux énergies. Les candidats

locataires sont intégrés dans une liste

d’attente et doivent répondre à des conditions

de revenus telles que définies par la Wallonie.

La régie foncière essaye toutefois de favoriser

la mixité sociale au sein d’un même ensemble

(immeuble ou groupe d’immeubles).


32

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Le service de « gestion technique du

patrimoine » est essentiellement composé

d’agents techniques en chef (ou ATC –

gradués en construction) et ne compte pas

d’ouvrier dans ses rangs ; juste un agent

technique. Tous les travaux d’entretien des

bâtiments ou liés à d’éventuelles urgences

sont en effet confiés à des entreprises externes.

Des « accords-cadres » (marchés publics)

permettent de répondre aux différents besoins :

chauffage-sanitaire, entretien et maintenance

d’installation d’électricité, contrôle des

installations alimentées en gaz, menuiserie

- parachèvement, entretien et maintenance

de gros-œuvre, peinture, gros-œuvretoitures,

évacuation de déchets, entretien et

aménagement des espaces verts, entretien

et maintenance préventive des équipements

de détection incendie, élagage et abattage

d’arbres, traitement de l’amiante, nettoyage

des parties communes des immeubles,

estimation des biens immobiliers, rédaction

des états des lieux d’entrée et de sortie des

logements, etc. Les ATC sont chargés d’évaluer

les travaux à effectuer et d’assurer le suivi de

leur mise en œuvre dans les règles de l’art.

Si les logements représentent la grande

majorité des projets développés, la régie

foncière intervient également en appui des

actions de redynamisation des commerces

menées par le service du développement

économique et commercial, et plus

particulièrement son bureau du commerce.

Citons la mise en œuvre du projet « Cré@

shop Quartiers » (voir point 2.7.8.3) qui

consiste à acquérir et rénover des

immeubles de commerces, pour affecter,

dans les cellules aménagées, des activités

artisanales et créatives, et ainsi donner une

nouvelle identité au quartier. Des logements

sont systématiquement rénovés aux étages

des bâtiments en recréant des entrées

indépendantes (projet vivre au centre – voir

point 2.1.). La caractéristique de cet appel

réside dans l’application de loyers évolutifs

sur 3 ans (40 %, 60 % et 90 % du loyer de

base la troisième année), pour permettre

à l’activité de s’implanter durablement.

Cette action a donné naissance à plusieurs

variantes dont « Cré@shop Liège » qui

finance jusqu’à 60% du montant des

investissements consentis dans le cadre de

l’ouverture d’un commerce dans une cellule

commerciale vide.

Vu son succès, cette action a été reprise en

2017 par la Wallonie qui octroie des aides pour

permettre l’implantation de commerces de

qualité dans de nombreux cœurs de Villes

de la région.

Le Code de la démocratie locale et de la

décentralisation reconnaît deux types de

régies : la régie communale ordinaire et la

régie communale autonome. Pour aboutir

à des résultats concrets sur le terrain en

matière de rénovation urbaine, la Ville de

Liège a choisi, comme nous l’avons indiqué,

le modèle de la régie foncière ordinaire. Cette

dernière, qui reste un service communal et ne

dispose donc pas d’une personnalité juridique

distincte de celle de la commune a été

dotée annuellement par celle-ci de manière


33

SCHÉMA ORGANISATIONNEL

EN VUE DE L’ACTIVATION

DES PROGRAMMES DE SUBVENTIONNEMENT

PLANS

D’INVESTISSEMENTS

PARTENARIATS

CO-FINANCEMENT

ET PARTENARIATS

> WALLONIE

> GOUVERNEMENT

FÉDÉRAL

> PROVINCE

> SLSP

> FLW

> AIS ET AUTRES ASBL

PROJETS

VILLE DE LIÈGE

DOTATIONS

RÉGIE FONCIÈRE

12 agents

> GESTION LOCATIVE

> ENTRETIEN DU

PATRIMOINE PRIVÉ

Réceptacle des

moyens financiers

FONDS DE ROULEMENT

location / vente

SERVICE DU LOGEMENT

6 tech. et 2 chefs projets

... ÉQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE

> RECHERCHE DE PROJETS

> MAÎTRISE D’OUVRAGE

> APPELS D’OFFRES

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

> ACTIONS SUR DES

ENSEMBLES D’IMMEUBLES

(ÎLOTS) - VISIBILITÉ

> MIXITÉ DE LOGEMENTS

Valorisation

des réserves

foncières

> VENTE DE PARCELLES AUX

PARTICULIERS (LOTISSEMENTS)

> DÉVELOPPEMENT DE PARTENARIATS

PUBLIC-PRIVÉ OU PUBLIC-PUBLIC

> VENTE DE MAISONS UNIFAMILIALES (NON

STRATÉGIQUES) OU D’APPARTEMENTS RÉNOVÉS

conséquente au cours des 20 dernières années

pour atteindre ses objectifs (voir tableau 1.3.).

Le souhait, à terme, serait de créer un fonds de

roulement qui permettrait, grâce aux recettes

générées, de financer directement des projets

supplémentaires. Notons que la régie foncière

ordinaire dispose d’une trésorerie propre et

est gérée selon des méthodes commerciales

(voir l’Arrêté du Régent du 18.6.1946 relatif à la

gestion financière des régies communales),

par du personnel communal spécialement

affecté. Les actes adoptés par la régie foncière

sont pris au nom de la commune. Dès lors,

tant la tutelle sur les communes que la

législation relative aux marchés publics lui

sont applicables. La comptabilité comprend

le bilan, le compte d’exploitation et le compte

de pertes et profits, qui comme le budget de

trésorerie de la régie, doivent être approuvés

par le conseil communal indépendamment

du budget et des comptes de la Ville. Notons,

et c’est un avantage, que la régie foncière

ordinaire ne paye pas d’impôts sur les recettes

générées par l’exploitation des logements

considérés comme étant d’utilité publique.

Les montants des salaires des agents

communaux mis à la disposition de la régie

par la Ville pour sa gestion quotidienne sont

transférés (remboursés) annuellement sur le

compte de cette dernière. Les dépenses de

personnel sont en effet à charge de la trésorerie

de la régie foncière. Remarquons encore que

le collège communal délègue en début de

législature, par arrêté, la gestion quotidienne

de la régie aux membres du « collège des

régisseurs », comme le prévoit l’article 6 de

l’arrêté du régent.

Il est important de noter que toutes les

décisions d’approbation des cahiers des

charges relatifs aux marchés publics, de

désignation des adjudicataires ou de vente et

d’acquisition de biens par les Collège et Conseil

communaux, sont soumises à l’analyse et à

l’accord du service du contrôle des finances,

directement sous la responsabilité du Directeur

financier de la Ville de Liège.


34

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La trésorerie de la régie foncière fluctue

au cours des mois et des années en

fonction de l’évolution des dossiers et de

la récupération des subsides et transferts

divers. Il importe toutefois de veiller à

disposer au quotidien des ressources

suffisantes pour faire face aux multiples

factures liées aux opérations. Des tableaux

permettant d’analyser les prévisions des

dépenses et des recettes pour les cinq

années à venir sont établis annuellement

(sur base de l’état d’avancement des projets)

lors de l’élaboration du budget (demande du

CRAC). Pour rappel, ce dernier est soumis à

l’approbation du Conseil communal et doit

être présenté à l’équilibre.

Le tableau ci-dessous reprend quelques

chiffres permettant d’avoir un aperçu des

principaux postes de dépenses et de recettes

annuelles, et leur ordre de grandeur. Il ne se

veut pas exhaustif mais pédagogique pour

mieux appréhender la vie quotidienne d’une

régie foncière. Ainsi pour les dépenses liées

aux « missions de gestion », nous avons utilisé

les chiffres du budget 2025. Pour les recettes

d’exploitation, en augmentation chaque

année d’environ 15% (locations, concessions,

baux emphytéotiques), la donnée est extraite

des comptes de l’année 2024. Pour les autres

postes (et pour les raisons expliquées cidessous),

nous avons calculé une moyenne

annuelle (un lissage) sur base des données

des comptes 2022, 2023 et 2024 (qui

correspondent aux montants réels perçus ou

dépensés par la régie foncière, ce qui nous

semble plus pertinent qu’une estimation

inscrite dans le budget de trésorerie).

PRINCIPALES DÉPENSES ET RECETTES DE LA RÉGIE FONCIÈRE

EXTRAITS DES COMPTES (2022 À 2024) ET DU BUDGET (2025)

Dépenses liées aux missions

de gestion courantes (en € - budget 2025)

Recettes d’exploitation (en €)

Frais de locaux (location à la Ville)

Frais de véhicules

16.730

4.240

Locations, concessions, baux emphytéotiques

(comptes 2024)

2.620.833

Entretien et réparations des immeubles

Entretien des terrains

400.000

90.000

Ventes de terrains et immeubles

(moyenne annuelle - comptes 2022 à 2024)

542.200

Eau, gaz, électricité (provisions, chantiers)

150.000

Récupérations charges (comptes 2024)

147.679

Assurances diverses

85.000

Frais administratifs (dont informatique)

28.555

Honoraires avocats – contentieux - indemnités

50.000

Honoraires notaires et experts immobiliers

30.000

Frais de personnel

947.000

Précompte immobilier

Charges financières (charges d’emprunt)

505.000

177.000

Récupération du PI auprès des commerces

(budget 2024)

82.000

Baux emphytéotiques

153.000

Total

2.636.525

Total

3.392.712

Dépenses d’investissements (en €)

Recettes relatives aux investissements (en €)

Acquisitions (moyenne annuelle -

comptes 2022 à 2024)

Travaux (moyenne annuelle -

comptes 2022 à 2024)

5.703.198

5.149.667

Subsides pour acquisitions

et travaux d’investissements

(moyenne annuelle - comptes 2022 à 2024)

8.868.686

Aménagements lotissements – démolitions

(budget 2025)

70.000

Transferts du budget

communal – fonds propres ville

(moyenne annuelle - comptes 2022 à 2024)

1.354.000

Total

10.922.865

Total

10.222.686


35

Les chiffres montrent que les recettes

liées à la « location et aux concessions

des biens » permettent de financer les

dépenses relatives aux missions de

gestion du patrimoine privé de la Ville

(fonctionnement du service et entretien

du parc immobilier). Selon les années, les

ventes d’immeubles ou de terrains (dans le

cadre du développement de lotissements

notamment) permettent de dégager

un surplus qui servira à reconstituer la

trésorerie. Cette dernière qui s’élevait à

environ 11.000.000 d’euros en début d’année

2025 est en effet sollicitée pour équilibrer

le budget en fonction des investissements

projetés. Notons que les investissements

dont question, qui représentent les montants

les plus importants du budget, peuvent

varier fortement d’une année à l’autre en

fonction des chantiers en cours ou des

acquisitions prévues dans le cadre des

programmes de subsidiation. Les recettes

évoluent également en fonction de l’année de

récupération des subsides qui ne correspond

pas nécessairement à l’année de dépense.

C’est la raison pour laquelle nous avons utilisé

dans le tableau 1.4, pour certains postes, des

moyennes annuelles extraites des comptes et

bilans.

Pour plus de renseignements sur les régies

foncières ordinaires voir le site internet

https ://www.uvcw.be/focus/paralocaux/art-

2352.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.6. AUTRE STRUCTURE

RÉFLEXION EN COURS

Si la régie foncière communale ordinaire

présente de nombreux avantages et a

joué un rôle essentiel dans la politique

de rénovation urbaine de la Ville de Liège,

une réflexion est en cours en vue de la

création d’un « véhicule financier » externe

à la commune, dont la forme juridique

reste à définir. La suppression de certains

programmes d’actions par les pouvoirs

subsidiant, liée à la problématique des

finances publiques, nécessite de mettre

en place de nouveaux outils permettant

notamment de disposer d’une capacité

d’emprunt pour développer de nouveaux

projets. Cet outil pourrait partiellement

remplacer la régie foncière ordinaire

dans ses missions de rénovation et de

renouvellement urbain, en utilisant des

modes d’actions différents et innovants.

La SCRL « Filiale Immobilière publique

de Liège » FIP) dont l’objet social est la

requalification du quartier de Droixhe

en est un exemple (voir point 2.5.5.).


36

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.7. CONSIDÉRATIONS

GÉNÉRALES SUR LA MISE

EN ŒUVRE DES PROJETS

1.7.1. LOCALISATION ET NOMBRE

DE LOGEMENTS CRÉÉS

Depuis qu’elle intervient comme opérateur

logement, soit plus d’une vingtaine d’années,

la Ville de Liège a mis sur le marché plus

de 390 nouveaux logements suite à des

travaux de rénovation ou de démolition/

reconstruction (hors projet de requalification

du quartier de Droixhe – voir point 2.5.). La

majorité de ces logements ont été intégrés

dans le patrimoine de la régie foncière et mis

en location. D’autres ont été vendus dans

le cadre de projets visant une mixité des

types de logements (locatifs et acquisitifs).

Plusieurs centaines de logements indirects

ont par ailleurs été créés par le secteur privé

sur des terrains propriété de la Ville, suite au

lancement d’appels à intérêt (voir point 1.7.3.).

Les montants investis par la régie foncière

pour ces opérations s’élèvent à plus de 102

millions d’euros pour la période considérée.

Notons que près de 130 logements « directs »

et plusieurs centaines de logements

« indirects » sont en cours de construction,

de rénovation ou de projet. Ces nouvelles

opérations représentent un investissement,

par la régie foncière, d’environ 35 millions

d’euros au cours des cinq prochaines années.

Les actions menées ont été effectuées dans

des quartiers considérés par le Conseil

communal comme prioritaires, et dont

certains ont été reconnus comme périmètres

de rénovation urbaine par la Wallonie. Ces

derniers cumulent en effet des difficultés

d’ordres urbanistiques (bâti dégradé),

sociales et économiques (voir point 1.4).

QUARTIERS RECONNUS COMME

PÉRIMÈTRES DE RÉNOVATION URBAINE

PAR LA WALLONIE

1. Quartier Sainte-Marguerite

(reconnaissance en 2000 et prolongation

par le GW en 2016 pour 15 ans – nouveau

projet de quartier – 7.650 habitants)

2. Quartier Saint-Léonard (reconnaissance

de 1999 à 2019 – 11.000 habitants)

3. Quartier Grand-Léopold (reconnaissance

en 2013 pour 15 ans -1.650 habitants)

4. Quartier Amercoeur (reconnaissance en

2020 pour 15 ans – 2.400 habitants)

5. Quartier de Droixhe (reconnaissance PRU

en 2007 – 1.700 habitants)


37

La Ville a également

décidé d’intervenir dans le

quartier d’Outremeuse et

plus largement le centreville

où la problématique

principale (outre celles

déjà citées pour les autres

La quartiers) Ville a également concerne décidé

d’intervenir plus particulièrement

dans le quartier

d’Outremeuse l’inoccupation et des plus

largement logements le aux centre-ville étages des où la

problématique immeubles de commerces.

principale (outre

celles Une opération déjà citées dénommée pour les

autres « Vivre au quartiers) centre » concerne a ainsi plus

particulièrement été initiée pour répondre l’inoccupation à

des l’objectif logements de redynamisation

aux étages des

immeubles de ces espaces. de commerces. Une

opération dénommée « Vivre

au centre » a ainsi été initiée

pour répondre à l’objectif de

redynamisation de ces espaces

Chaque projet réalisé poursuit un ou

plusieurs objectifs opérationnels et, vu sa

spécificité, peut être considéré comme

une expérience pilote. Cette particularité

peut concerner les caractéristiques du

logement (taille, isolation, équipement,

terrasse, valeur patrimoniale, etc) ou de son

environnement immédiat (accès à un parc,

des cours, un jardin individuel ou collectif,

une place, un potager communautaire).

Le type de bâtiment, dont la Ville se rend

toujours propriétaire, contraint la taille

des logements produits, mais, chaque

fois que la situation le permet, la mixité

des logements (nombre de chambres

notamment) est favorisée.

1.7.2. DIFFÉRENTES ÉTAPES

DES PROJETS

Une étape importante de la vie d’un

projet est le choix de l’auteur de projet.

Si les services de la Ville, en tant que

maîtres d’ouvrage, définissent les

objectifs de la mission, une certaine

latitude et créativité sont laissées aux

bureaux d’architecture sélectionnés

dans le cadre des marchés publics.

Afin d’apporter de la diversité, et de

l’originalité aux projets, et valoriser le

savoir-faire des bureaux d’architecture,

notamment locaux, presqu’aucun dossier

n’est réalisé en interne par les architectes

du « bureau d’étude et de suivis techniques »

du service du logement, dont les missions

sont de veiller au respect du cahier des

charges, des délais de réalisation et du

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


38

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

budget des opérations. Et ce, afin de

répondre aux conditions imposées par les

différents programmes de subsidiation.

Lors de l’analyse des offres, les critères

de sélections relatifs aux intentions de

l’auteur de projets sont les plus importants.

Ces derniers sont invités à présenter

aux équipes de la Ville leur proposition

afin de bien appréhender les idées et la

faisabilité du projet. Dans certains cas, la

plus-value architecturale est une donnée

essentielle en raison de la localisation

du projet, mais la qualité des logements

produits et les coûts des travaux restent

LIGNE DU TEMPS DES OPÉRATIONS

DE RÉNOVATION HORS IMPRÉVUS

prioritaires. La confiance entre les parties

est fondamentale à la bonne exécution et

concrétisation des actions.

Le temps entre la genèse d’un projet et

la mise en location des logements peut

être long dans le cadre des opérations de

rénovation urbaine. Il faut parfois faire

face à des obstacles d’ordre juridiques,

financiers, administratifs ou techniques

en cours de chantier, ou lors de la phase

préparatoire de celui-ci. Des mesures

de stabilisation ou de démolitions

s’imposent en effet dans certains cas.

1. Choix du site d’intervention (sur base

des études et des diagnostics préalables

montrant l’intérêt de l’opération pour le

quartier)

2. Procédure d’acquisition du ou des biens

ciblés (négociations avec le ou les

propriétaires, évaluation des biens par un

expert externe, transmission obligatoire

du dossier au comité d’acquisition dans

le cadre d’une procédure d’expropriation.

Pour rappel, les comités d’acquisition

dépendent de la Wallonie et réalisent

pour compte des autorités publiques,

les opérations immobilières, depuis

l’estimation de la valeur vénale des

biens jusqu’à la signature des actes

authentiques. Ils offrent un service global

tant au niveau de l’acquisition pour cause

d’utilité publique que de la vente)

3. Définition du programme (types

de logements, objectifs spécifiques

poursuivis)

4. Montage financier du projet (première

estimation des coûts, recherche

de subventions et introduction des

demandes)

5. Choix de l’auteur de projet (rédaction

du cahier des charges sur base du

programme défini, choix de la procédure

de sélection, publication du marché de

services)

6. Approbation par les instances

communales et le pouvoir subsidiant des

avant-projets, du permis d’urbanisme,

du certificat de patrimoine, des projets

d’exécution

7. Procédure de sélection des entreprises

chargées des travaux et approbation du

choix par les différentes instances et les

pouvoirs subsidiants (le type de marché

peut varier : voir ci-dessous)

8. Suivi du chantier (contrôle des PV des

réunions de chantier, vérification des

états d’avancement, validation et

paiement des factures)

9. Gestion, avec l’aide du service juridique,

des éventuels contentieux (problèmes

avec les propriétaires des immeubles

voisins ou avec les adjudicataires)

10. Envoi des lettres de créances en vue de la

récupération des subsides

11. Réception des travaux et du décompte

final (à faire approuver par le Conseil

communal)

12. Mise en location ou vente des logements

par les services de la régie foncière

13. Entretien des immeubles et des espaces

extérieurs.


39

1.7.3. PROCÉDURES

DE MARCHÉS PUBLICS

Comme le montre la ligne du temps

décrite au point précédent, la maitrise

par les agents communaux des

règlementations en matière de marchés

publics est essentielle afin de se protéger

des éventuels litiges. Outre les services

juridiques et du contrôle des finances,

le département du logement et de la

régie foncière dispose d’un référent

en la matière, et chaque agent suit

régulièrement des formations pour

disposer des connaissances minimales

au montage des dossiers. Nous avons en

effet pu constater que les plus grandes

entreprises disposent d’équipes d’experts

qui étudient les documents du marché

afin d’y trouver des failles à exploiter en

cours de chantier, en vue de réclamer

des suppléments ou des jours de travaux

supplémentaires (pour respecter les

délais inscrits dans leur offre). Les

relations peuvent parfois être tendues

notamment lors de la découverte

d’imprévus. Il importe donc d’agir avec

précision à cette étape de la procédure

afin de gagner du temps et de l’argent.

Une bonne cohésion et organisation des

équipes est par ailleurs nécessaire pour

éviter les retards de procédure. Le rôle

de chaque agent doit être bien défini

et nécessite, quel que soit son rôle, une

grande motivation et implication pour le

bon aboutissement des dossiers.

Afin de faciliter le suivi des chantiers et

éviter les retards, la Ville de Liège a choisi,

en se basant sur l’expérience acquise au

cours des années, de faire appel à des

entreprises générales pour la gestion des

chantiers. Ce choix permet de réduire

le nombre de « lots » et ainsi de limiter

le nombre d’interlocuteurs et donc de

conflits potentiels. Dans la réalité, les

opérations se déroulant sans le moindre

problème n’existent pas. L’attribution par

« lots » peut paraitre financièrement plus

intéressante, la marge financière réalisée

par l’entreprise générale pour son travail

de coordination étant inexistante dans

ce cas précis. Mais, au final, il apparait,

en tenant compte des différents

paramètres, que cette stratégie permet

de réaliser des économies notamment

en raison d’une plus grande efficacité

dans la gestion des chantiers et du

respect des délais. Le travail de suivi de

chantier est plus confortable pour les

agents techniques et les architectes du

service du logement qui ne doivent pas

gérer le planning des travaux. C’est la

responsabilité de l’entreprise générale de

composer avec ses sous-traitants. Des

pénalités peuvent être appliquées si les

délais de réalisation ne sont pas respectés.

Plus tôt les logements sont mis en location,

plus tôt la régie foncière perçoit les loyers

et peut amortir ses investissements.

La loi du 17 juin 2016 définit les différentes

procédures de marché publics. La

procédure négociée avec ou sans publicité

est généralement utilisée par la régie

foncière pour les marchés de services

(mission d'architecture notamment) et

la procédure ouverte pour les marchés

de travaux. Notons que deux variantes

de cette dernière ont été activées pour

développer des partenariats avec

des acteurs privés et publics en vue

de mutualiser les risques financiers et

développer des projets plus ambitieux.

VARIANTE 1

LE MARCHÉ DE PROMOTION

Dans le cadre de cette procédure ouverte,

une entreprise privée construit des

logements sur un bien de la Ville, dont un

nombre défini dans le cahier spécial des

charges est acquis par la régie foncière.

Les autres logements sont vendus à des

tiers par le promoteur privé. Dans ce cas,

l’acheteur final acquiert le tréfond (quotte

part terrain) à la Ville de Liège lors de la

signature des actes. Cela permet au promoteur

d’éviter les couts liés à l’acquisition

du terrain. Ce type de marché permet de

partager les risques et favorise une plus

grande mixité sociale. La procédure est

plus rapide et permet la mise sur le marché

immobilier d’un plus grand nombre

de logements. Attention qu’une fois l’offre

acceptée, plus aucune modification ne

peut être demandée par le maître d’ou-

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


40

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

vrage. Le cahier spécial des charges doit

donc être très précis en ce qui concerne les

caractéristiques des logements souhaités.

La régie foncière acquiert les logements qui

lui reviennent en fin de travaux lors de la

réception provisoire. Elle ne s’acquitte donc

d’aucune facture intermédiaire en cours

de chantier. Un suivi technique est toutefois

assuré pour vérifier la bonne exécution

des travaux (pour des exemples voir points

2.1.2., 2.3.9 et 2.3.10).

VARIANTE 2

LE MARCHÉ CONJOINT

Ce type de procédure a été utilisé

par la régie foncière dans le cadre de

partenariats avec un autre opérateur

public (SLSP et FLW). Elle permet de

réaliser des économies d’échelle et de

finaliser le chantier dans les mêmes délais

pour les deux opérateurs. La livraison

simultanée des logements évite aux

premiers locataires les désagréments liés

aux travaux. Tous les occupants du site

emménagent au même moment (voir

points 2.3.11 et 2.6.3.). Cette procédure

s’accompagne généralement d’une

délégation de maitrise d’ouvrage à l’un des

partenaires.

Notons encore que pour certaines opérations,

la Ville a utilisé un mode de gestion de

projet de type « design and build ». Dans

ce cas, la Ville contracte avec une seule

entité, qui va fournir à la fois les services

de design (conception et architecture)

et de construction (maîtrise d’ouvrage et

exécution des travaux). Le nombre d’étapes

administratives étant réduit, ce mode

de gestion permet de concrétiser plus

rapidement le projet.

1.7.4. QUELQUES

REMARQUES

1.7.4.1. Démolition/reconstruction ––

Si les immeubles concernés par

le projet ne présentent pas de

valeur patrimoniale particulière et

se trouvent dans un très mauvais

état, il apparait plus judicieux de

démolir les biens et de reconstruire

de nouveaux bâtiments plutôt que

d’effectuer une rénovation lourde. Au

global, les coûts d’une démolition/

reconstruction sont identiques voire

moindres, et les logements produits

répondent mieux aux standards de

qualité actuels notamment au niveau

de la performance énergétique et

de l’insonorisation des mitoyens et

des planchers entre les étages. Dans

certains cas, seules les façades

peuvent être conservées si elles

présentent un intérêt ou sont classées.


41

Ce type d’opération de démolition/

reconstruction peut valoriser le site par

une architecture parfois audacieuse qui

participe au renouveau de la ville et peut

donner une identité au quartier. N’oublions

pas qu’au fil des siècles les villes se

reconstruisent en partie sur elles-mêmes.

Si un geste architectural peut jouer un

rôle important, nous insistons sur le fait

que cela ne doit pas être au détriment de

la qualité du logement pour le locataire

et du coût par logement pour le maître

d’ouvrage.

Au-delà des « grands projets » réalisés par

le privé et/ou le public, la concrétisation

de projets de plus petite taille (pouvant

aller d’un immeuble à une partie d’un

îlot urbain) revitalise les quartiers.

Comme l’expliquent les représentants

de la Ville d’Anvers dans un article paru

dans la revue les Echos du Logement

(2010) relatif à la politique foncière et

immobilière de cette dernière : « L’achat

stratégique d’immeubles à l’abandon et

de parcelles en friche s’apparente à une

forme « d’acuponcture » : les nouvelles

habitations soignent le tissu urbain au

niveau de ses points faibles de façon

à ce que, par un effet catalyseur, de

nouvelles initiatives puissent voir le jour

dans le quartier. De ce fait les effets de la

politique foncière et immobilière de la ville

s’inscrivent dans la vision globale urbaine.

Par ailleurs, ils offrent à la ville la possibilité

d’expérimenter des idées innovantes en

matière de rénovation urbaine. (…) La

ville d’Anvers recourt sciemment à une

architecture novatrice pour se renouveler ».

Cet extrait correspond en tout point à la

politique menée par la Ville de Liège, son

service du logement et sa régie foncière.

1.7.4.2. Performance énergétique

des logements ––

Un des objectifs des différents projets est

la réduction de l’empreinte écologique de

nos sociétés en créant des logements à

haute performance énergétique. Si dans

le cadre de nouvelles constructions ou de

démolitions/reconstructions, il est possible

de répondre à cet objectif (en créant

notamment des logements passifs ce qu’a

fait la Ville de Liège), il est plus difficile de

l’atteindre dans le cadre de rénovations

du bâti existant (dans le cas d’immeubles

classés par exemple).

La régie foncière et le service

du logement ont toutefois

mené différentes opérations

qui montrent qu’il est possible

d’obtenir, en utilisant des

techniques innovantes, un

certificat PEB (performance

énergétique des bâtiments)

avec un label A malgré la

conservation du bâti existant

(voir point 2.1.7).

Pour rappel, l’échelle utilisée qui va de G

à A++ indique la consommation spécifique

d’énergie primaire par an et par m² du

logement. La régie foncière, dans le cadre

de la PIV 2021-2024 (Politique Intégrée de

la Ville), réalise par ailleurs des travaux afin

d’améliorer la performance énergétique

des bâtiments les plus anciens de son

patrimoine en remplaçant les chaudières, les

châssis et en isolant l’ensemble des toitures

notamment.

1.7.4.3. Appel à intérêt ––

Afin de valoriser son patrimoine sans

intervenir elle-même, la Ville a activé à

plusieurs reprises une procédure de vente

permettant de sélectionner l’acquéreur

proposant le projet répondant le mieux aux

objectifs du cahier des charges. Il s’agit

de la procédure dite « d’appel à intérêt ».

La Ville de Liège vend un ou plusieurs

biens à un promoteur moyennant la

réalisation d’un programme demandé. Ce

type d’appel évite à la Ville d’investir des

montants importants tout en permettant

le développement d’un projet dont elle

impose les principales caractéristiques

(ex : écoquartier, assainissement d’un îlot

d’habitation). Il peut s’agir de la valorisation

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


42

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

d’un terrain ou d’un ensemble d’immeubles

généralement à démolir. Un jury dont la

composition est déterminée par la Ville

a pour mission de sélectionner parmi les

« bouwteams », composés de concepteurs

et de promoteurs, celui qui a déposé le

projet urbanistique répondant le mieux

aux exigences souhaitées. La sélection se

fait en deux temps, les soumissionnaires

retenus étant auditionnés pour améliorer

leur première proposition. Le montant

proposé pour l’acquisition du site n’est

qu’un critère parmi d’autres. Un prix de

vente minimum est repris au cahier des

charges, et fixé sur base de la réalité

économique du projet. Plusieurs exemples

sont présentés aux points 2.1.10.1 (rue

Léopold - rue de la Madelaine), 2.1.10.2

(rue Cathédrale – Régence), 2.1.10.3

(rue Nagelmackers – Quai sur Meuse),

2.2.2 (site des Franciscains), 2.2.5 (pôle

multifonctionnel Agimont -Académie), 2.2.7

(îlot Légia – Hesbaye), 2.3.7.7 (site Vivegnis

– les Zurbains), 2.3.9 (rue Morinval), 2.5.8

(quartier de Droixhe), 2.6.5 (îlot ICADI).

1.7.4.4. Le bail emphytéotique – –

Le « bail emphytéotique » est régulièrement

utilisé par la régie foncière lors du

développement de partenariats avec

d’autres opérateurs publics ou des

associations de promotion du logement. Ce

contrat particulier permet au propriétaire

d’un bien immobilier de le confier à un

preneur pour une très longue durée,

entre 15 et 99 ans. Le preneur, appelé

emphytéote, dispose alors de droits

étendus sur le bien, proches de ceux d’un

propriétaire, en échange d’un « canon

emphytéotique ». Celui-ci généralement

faible (1 euro symbolique dans la majorité

des partenariats) permet à l’opérateur de

mobiliser ses moyens financiers pour créer

des logements. Pour la Ville (lorsqu’elle met

un bien à disposition) l’intérêt réside dans la

cession des obligations qui incombent au

propriétaire d’une part (charges, réparations,

sécurité, etc.), et dans l’aide à la création,

par un acteur reconnu, de « logements

publics assimilés » d’autre part. Autant

d’investissements qu’elles ne doit pas réaliser

elle-même, tout en multipliant le nombre et

le type de logements produits.

Ce dispositif se distingue du bail ordinaire

par sa durée exceptionnellement longue et


43

les droits conférés à l’emphytéote, qui peut

notamment construire, modifier ou démolir

les bâtiments existants. La Ville a ainsi

convaincu plusieurs propriétaires de lui céder

leur bien en emphytéose pour rénovation

voire démolition/reconstruction. Ces derniers

retrouveront, après 27 ans dans les cas

concernés, la pleine propriété d’un immeuble

en bon état à la fin du bail. Ils percevront

par ailleurs une redevance annuelle dont le

montant sera fonction de l’investissement

consentit par la régie foncière. Cet outil

(encadré par la loi du 10 janvier 1824 du Code

civil) peut être un levier intéressant pour

inciter un propriétaire à céder son bien à la

Ville (ou un autre opérateur) plutôt que le

laisser en déshérence.

1.7.4.5. Programmes de subsidiation

acquisition d’appartements neufs ––

Ces dernières années, plusieurs programmes

de subsidiation ont permis l’acquisition

d’appartements neufs directement sur le

marché auprès de promoteurs. Comme le

prévoit la réglementation, l’estimation des

biens par un expert externe a été nécessaire.

Cette procédure est bien entendu

beaucoup plus rapide pour disposer des

logements à proposer aux nombreux

demandeurs, mais parait plus coûteuse

que par la voie classique d’un marché de

travaux. Même si l’objectif est louable,

il ne faudrait toutefois pas qu’à l’avenir

les subsides octroyés aux opérateurs

publics (SLSP, communes) n’autorisent

plus l’acquisition que de logements

neufs dans des complexes immobiliers

développés par le secteur privé. Pour les

raisons déjà évoquées, ces promotions

ne sont généralement pas menées dans

les quartiers les plus dégradés où une

politique de rénovation urbaine, comme

nous l’avons décrite précédemment, est

indispensable pour leur renouveau et la

vitalité des centres-villes.

1.7.4.6. Augmentation du coût des travaux ––

Au cours des dernières années, les

coûts de construction et de rénovation

des immeubles ont fortement

augmenté (+ 29 % entre 2020 et 2025),

notamment en raison de l’inflation

due à la pénurie de matériaux (suite

à la crise du COVID-19), la hausse des

prix de l’énergie et la perturbation de

la chaine d’approvisionnement. Les

révisions en cours de chantier sont aussi

conséquentes, et il importe d’en tenir

compte dans les projections budgétaires.

Plusieurs marchés ont ainsi dû être

annulés ou reportés. Dans ce dernier

cas, les projets sont retravaillés par les

bureaux d’études afin de trouver des

pistes d’économies. Des modifications

substantielles sont parfois nécessaires

pour faire baisser les coûts et permettre

une nouvelle mise en adjudication. Cette

situation entraine inévitablement des

retards dans la concrétisation des actions.

Si les montants proposés à l’ouverture

des offres restent malgré tout trop

élevés, l’opération sera définitivement

abandonnée. Il importe d’être réaliste et

de ne pas finaliser le dossier à tout prix. Les

options suivantes pourront être envisagées :

revoir l’ambition du projet (diminution

du nombre de logements ou du nombre

de chambres par unité par exemple),

ou lancer un marché de promotion ou

un appel à intérêt pour mutualiser les

dépenses avec un partenaire public ou

privé.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


44

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.7.4.7. Equipement et organisation

des logements | accessibilité et

adaptabilité PMR ––

Lors de l’élaboration d’un projet, l’accent

est toujours mis sur la qualité des espaces

de vie afin qu’ils soient agréables,

mais également fonctionnels pour les

futurs habitants. Une attention toute

particulière est portée sur les espaces de

rangement, notamment pour les familles

qui ont des enfants en bas âge et utilisent

quotidiennement des poussettes par

exemple. La présence d’une buanderie

et d’un nombre suffisant de sanitaires

est aussi essentiel pour bien adopter

son logement. Ces considérations assez

simples, tout comme l’organisation

interne des différentes pièces, doivent

souvent être rappelées aux auteurs de

projets. Dans la mesure du possible, il

importe de réfléchir à l’aménagement

de locaux poubelles et de parcage des

vélos qui sont, pour une part de plus en

plus importante des locataires habitant

le centre-ville un moyen de locomotion

incontournable. Nous avons pu le

constater à de nombreuses reprises.

Dans le cas d’opérations en intérieur d’îlot,

la conception d’espaces de respiration tels

que des terrasses et des jardins privatifs,

ainsi que des cours et petites places

partagées sont recommandées. N’oublions

pas qu’un projet réussi est un projet dans

lequel les ménages se sentent bien et se

sont approprié les lieux. La faible rotation

des locataires dans les logements gérés

par la régie foncière et le nombre de

contentieux assez limité sont certainement

liés à la qualité des logements proposés et

au montant des loyers abordables.

En ce qui concerne

l’équipement, notons que

dès qu’elle en a la possibilité,

la Ville de Liège crée des

logements adaptables ou

adaptés pour les personnes

à mobilité réduite (30 % des

nouveaux logements). Un

logement adaptable est un

logement accessible qui tient

compte dès sa conception

du fait que les occupants et

leurs besoins évoluent au fil du

temps. Il peut être aisément

transformé en un logement

adapté si nécessaire.

Ce dernier répond à des critères

normés, notamment en termes

d’accessibilité, mais aussi de facilité

d’utilisation du domicile (dimension des

pièces, des portes, salle de bains de

plein pied, accessibilité des interrupteurs

etc.). Des ascenseurs sont par ailleurs

installés dès que l’organisation des lieux

le permet.


45

1.7.4.8. Règlement d’ordre

intérieur | respect entre voisin ––

Lors de la signature de leur bail locatif, les

locataires d’un logement de la régie foncière

approuvent un Règlement d’ordre intérieur

(ROI). Ce dernier définit les conditions

d’occupation du logement et invite les

habitants à réaliser des gestes simples

pour un bon usage du bien. Ventiler et

aérer correctement son logement permet

d’éviter les problèmes d’humidité ou de

condensation par exemple. Des articles

de ce règlement concernent également

la vie en collectivité qui est fondamentale

pour de bonnes relations de voisinage. Il

s’agit de mesures visant essentiellement

à éviter des comportements pouvant

importuner les autres locataires. Cela

peut concerner l’utilisation des appareils

audiovisuels et d’instruments de musique,

de l’usage de barbecues, de l’usage des

communs, etc. Le bail prévoit par ailleurs la

possibilité à un délégué de la régie foncière,

généralement un ou une assistante sociale,

de visiter le bien. Ce dernier intervient

principalement suite à des plaintes du

voisinage ou pour vérifier l’état de la maison

ou de l’appartement. Un accompagnement

social comme le pratique les agences

immobilières sociales serait nécessaire

dans de nombreuses situations. Une seule

assistante sociale fait toutefois partie du

personnel actuellement. Un renforcement de

l’équipe parait souhaitable pour accomplir

cette mission dans les meilleures conditions.

L’éducation au « bien loger » est fondamentale

pour le locataire comme pour le propriétaire.

Pour les ensembles d’immeubles disposant

d’espaces communautaires intérieurs

comme extérieurs (salle de réunion,

cours, jardins, placettes, potagers, zones

de circulation piétonne) une « charte de

bonne gestion » doit être approuvée par les

locataires. Ces espaces partagés permettent

aux habitants de se rencontrer, d’échanger,

et sont ainsi fortement appréciés. Mais dans

certains cas, ils peuvent être la source de

nuisances ou de conflits si des règles de « vie

en commun » ne sont pas respectées. Les

problèmes de propreté ou de bruit peuvent

parfois prendre des proportions nécessitant

une intervention du personnel de la régie

foncière. Le profil des habitants a un rôle

déterminant dans le bon fonctionnement de

ce type de lieu. On ne peut savoir à l’avance

quelle sera l’implication des uns et des autres

à une dynamique collective. L’entente entre

voisins ne se décrète pas quelle que soit la

qualité des espaces créés et des logements

mis à disposition.

1.7.4.9. Lutte contre l’imperméabilisation

des sols et les îlots de chaleur urbains ––

À l’horizon 2050, la population des centres

urbains (Liège ne fera pas exception) est

susceptible de faire face à des vagues

de chaleur deux fois plus fréquentes

qu’actuellement. La Ville de Liège affiche

donc sa volonté d’atténuer les Îlots

de Chaleur Urbains (ICU) en mettant

progressivement en place un Plan Canopée

à travers une stratégie d’adaptation aux

changements climatiques. Dans ce cadre,

une attention particulière est apportée à

la plantation massive d’arbres dans les

espaces publics ou privés, voire selon

les possibilités de créer de véritables

« forêts urbaines ». Des études montrent

en effet que la présence d’arbres permet

de réduire la température mais constitue

aussi une méthode naturelle de captage

et de stockage du carbone contribuant

à la réduction des gaz à effets de serre.

Outre cet objectif, le plan envisage de

développer une stratégie de végétalisation

des espaces bâtis et non bâtis permettant

de limiter l’imperméabilisation du sol.

Comme nous le verrons dans la partie

consacrée à la présentation des différents

projets, chaque opération vise, depuis

de nombreuses années déjà, à intégrer

cette problématique notamment en

dédensifiant et en végétalisant les

intérieurs d’îlots par la création de parcs,

de jardins, de potagers communautaires

et de cheminements non minéralisés. Ces

aménagements permettent de favoriser

l’infiltration des eaux de pluie et de mieux

maitriser leur écoulement notamment pour

éviter les inondations dans la partie aval du

quartier. Cet objectif est essentiel dans le

contexte d’augmentation de la fréquence

des épisodes de précipitation intense.

Notons que la présence d’eau dans les sols

permet lors des épisodes de fortes chaleurs

d’humidifier l’air ambiant par évaporation

et évapotranspiration des végétaux.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


46

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

1.7.4.10. Non concrétisation

de tous les projets ––

CAUSES RELEVÉES

Comme nous le verrons dans la partie

consacrée à la présentation des projets,

le temps nécessaire à leur concrétisation,

qu’ils soient ou non repris dans un schéma

directeur ou dans un plan d’actions, est

parfois très long. La complexité de l’opération,

son ampleur, le type de programme de

subventionnement, ou encore le choix de la

procédure de marché public, conditionnent la

durée de mise en œuvre du projet, depuis la

décision d’acquérir les premiers biens jusqu’à

la mise en location des logements. Ce temps

long peut parfois être à la base de l’abandon

d’un projet.

Toutes les démarches entamées

n’aboutissent pas nécessairement à la

réalisation du projet. Les échecs sont

inévitables et les causes peuvent être

multiples.

1. Les coûts de travaux trop élevés à

l’ouverture des offres (problématique

abordée précédemment)

2. La perte d’un subside attendu suite au

dépassement de délais pour réaliser

l’opération, la réorientation des moyens

vers d’autres dossiers, ou encore la

suppression d’un programme d’actions

par le pouvoir subsidiant (fin de la

reconnaissance d’un périmètre de

rénovation urbaine par le Gouvernement

wallon ou changement de bénéficiaire du

programme de subventionnement par

exemples)

3. Le retrait d’un partenaire qui décide

de mettre fin aux discussions ou

négociations avec la Ville de Liège,

après parfois un ou deux ans de travail

administratif, d’analyses techniques ou

juridiques, de propositions modifiées et

corrigées pour trouver un dénominateur

commun (par exemple : échec suite à

la crainte du partenaire de se lancer

dans un projet innovant sans disposer

d’un retour d’expérience. Ce fut le cas

avec un acteur privé qui a renoncé

au partenariat la veille de la signature

d’un bail emphytéotique avec la Ville

de Liège, et portant sur l’obtention, par

cette dernière, d’un droit réel de 27 ans

sur les 20 logements inoccupés situés

aux étages d’un ensemble immobilier


47

commercial. Ces unités devaient

être rénovées dans le cadre d’un

programme de subventionnement à

l’ancrage communal. Le site avait été

identifié au cours d’une étude menée

par le bureau Mertens&Steffens dans

le courant des années 2000 montrant

l’existence de nombreux espaces

vides aux étages d’immeubles de

commerces, et proposant des lieux où

une action commune public/privé était

envisageable vu la configuration des

biens. Cet ensemble présentait des

solutions d’accès aux niveaux supérieurs

– escaliers et coursives extérieures)

4. Les difficultés juridiques et financières

rencontrées au niveau du montage

du projet (par exemple : échec d’une

expérience pilote visant la mise en

place d’un « community land trust »

avec différents partenaires en vue de la

construction d’une dizaine de logements

dans le quartier de Grivégnée. Ce type

de projet est surtout présent au niveau

des zones à forte pression foncière

comme Bruxelles ou le Brabant wallon

où il est financièrement avantageux

pour les différents intervenants et

notamment les futurs habitants. Ceuxci

ne financent en effet pas le foncier

au moment de la construction de leur

maison ou appartement. Ils ne perçoivent

toutefois pas la plus-value au moment

de la revente du bien immobilier. Une

« fondation » prend en charge l’acquisition

des terrains ou des immeubles et la

gestion des plus-values.

5. Les demandes de participation de la ville

de Liège à des projets menés par des

associations actives dans le secteur du

logement. Ces demandes concernent

généralement une intervention de

la commune au niveau du montage

financier de l’opération. Dans certains

cas, l’apport demandé, sous forme d’un

« subside » ou d’une mise à disposition

d’un bien immobilier (par cession en

gestion ou cession d’un droit réel) peut

être excessif. La Ville doit par ailleurs

respecter certaines règles, et ne peut

accepter un partenariat qui ne répondrait

pas aux prescrits légaux. Dans tous les

cas « l’utilité publique » de l’action doit être

justifiée.

6. L’absence d’investisseur privé lors du

lancement d’un appel à intérêt lié à un

problème d’attractivité économique du

projet ou d’inadéquation de l’offre avec

le programme imposé dans le cahier des

charges.

Notons que le caractère innovant d’une

action, que ce soit sur le plan juridique ou

financier, est souvent source d’échec. Il est

toutefois essentiel de tester de nouvelles

formes de collaborations ou de nouveaux

modèles de production de logements

pour atteindre les objectifs de la politique

communale en la matière.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE



49

PARTIE 2

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Présentation des projets et de leurs spécificités


50

VILLE DE LIEGE

– SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Dès le lancement de sa politique d’actions

en matière de logement, la Ville de Liège

a décidé d’intervenir dans des quartiers

prioritaires. Certains de ces quartiers ont fait

l’objet d’une demande de reconnaissance

par la Wallonie comme périmètre de

rénovation urbaine (dispositif régi par

l’article 173 du CWATUPE – voir point 1.4 et

1.7.1).

Par soucis de cohérence avec les objectifs

poursuivis, les différents projets présentés

seront donc regroupés par quartiers

(Centre-ville, Sainte-Marguerite, Saint-

Léonard, Amercœur et Droixhe). La sixième

partie reprendra des projets menés dans

le cadre de partenariats avec différents

opérateurs sur l’ensemble du territoire

communal (APL, AIS, SLSP, Promoteurs

privés). Quant au dernier chapitre, il sera

consacré aux politiques menées par

la Ville sur l’ensemble de son

territoire, et ayant un impact

direct sur la rénovation

urbaine des différents

quartiers.


51

Les informations suivantes seront reprises

pour chaque opération :

• Projet : définition de la localisation

précise du projet (nom de la rue), et

bref résumé des objectifs poursuivis

• Présentation – spécificités : description

de la genèse du projet et de ses

principales caractéristiques et

particularités (ce qui en fait une

expérience pilote et un exemple dont

pourrait éventuellement s’inspirer tout

opérateur public ou privé)

• Financement : dénomination des

pouvoirs subsidiant ayant participé au

financement de l’opération

• Réalisation des travaux : date de

début et de fin du chantier (hors études

architecturales)

• Cout total de l’opération (TVAC) :

montant reprenant le coût des travaux

et des études

• Acquisition : montant pour l’achat des

immeubles et/ou des terrains

• Nombre de logements et/ou surfaces

commerciales, de bureaux ou de

services créés dans le cadre du projet

• Auteur de projet : bureaux

d’architectures

• Entreprises : adjudicataires

Rappelons, comme précisé dans

l’introduction, que les programmes

subventionnés auxquels la Ville a recouru

sont multiples et ont été combinés avec

l’apport de fonds propres pour permettre

la réalisation de projets ayant une portée

significative dans des espaces délaissés

par les différents acteurs. L’action de la

Ville prend ici tout son sens pour lancer une

dynamique essentielle au renouveau de ces

quartiers.

Nous constaterons que selon le quartier

et son histoire économique et sociale, les

actions se porteront davantage sur la

sauvegarde de bâtiments à haute valeur

patrimoniale et les logements vides aux

étages d’immeubles de commerces (dans

le cas du centre-ville), la reconversion de

chancres urbains et de friches industrielles

en démolissant des entrepôts et en

dépolluant les sols (dans le cas de Saint-

Léonard), la dédensification du bâti en

intérieur d’îlot dans le but de créer des

espaces verts tant privatifs que collectifs,

et de nouvelles liaisons piétonnes et/ou

cyclables permettant de désenclaver et

d’interconnecter différentes parties du

quartier (dans le cas de Sainte Marguerite),

ou encore la mise en œuvre de partenariats

publics/privés sous forme de marché de

promotion et d’appel à intérêts pour la

requalification du quartier (dans le cas

de Droixhe), pour citer quelques exemples

parmi d‘autres.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

• Maitre de l’ouvrage : opérateur en

charge du projet


52

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1. PROGRAMME « VIVRE

AU CENTRE » - RÉNOVATION

URBAINE GRAND-LÉOPOLD

A

l’instar de nombreux quartiers

centraux des grandes agglomérations,

le centre-ville de Liège, et notamment

le quartier Grand Léopold, a connu un déclin

commercial et une dégradation du bâti

ancien, par ailleurs de plus en plus morcelé.

Cette tendance s’est accentuée dans les

années 1980-1990, s’accompagnant de la

fuite des habitants, de l’augmentation des

bâtiments inoccupés et de la baisse de la

qualité des commerces. Le développement

des « activités de nuit » et de la prostitution

dans plusieurs rues du quartier n’étaient

pas étrangères à cette situation. Sur base

de différentes études, la Ville de Liège a

approuvé en 2006 le programme « Vivre

au centre » dont les principaux objectifs

consistent à :

1. proposer des logements de qualités pour

des ménages à revenus moyens dans le

centre-ville à proximité des transports en

communs et des services (mixité sociale)

2. réhabiliter des ilots urbains fortement

dégradés

3. réoccuper les logements vides aux étages

des immeubles de commerces (et ainsi

améliorer la convivialité et le contrôle

social, exploiter des ressources inutilisées,

lutter contre le sentiment d’insécurité)

4. sauvegarder et rénover des immeubles de

grandes valeurs patrimoniales (classés ou

repris à l’inventaire du patrimoine).

5. redynamiser la structure commerciale,

et définir une nouvelle identité au

quartier Cathédrale Nord en maîtrisant

la programmation des fonctions

économiques (de type artisanales) à

inscrire notamment dans les immeubles

acquis par la ville (projet « Créashop »).


53

Par la mise en œuvre de cette action, la Ville

a souhaité montrer qu’habiter en ville, vivre

la ville, et y faire du commerce sont des

fonctions complémentaires et absolument

nécessaires à un développement urbain

durable et intégré.

Un périmètre de rénovation urbaine,

compris entre les rues Souverain Pont,

Neuvice, Cathédrale et Place du Marché,

a par ailleurs été approuvé par le

Gouvernement wallon le 27 mars 2014.

Cette reconnaissance, pour une durée de

15 ans, donne à la Ville de Liège un accès à

des subsides pour concrétiser les « fiches

actions » détaillées et priorisées dans

le projet élaboré par le bureau d’étude

Baumans et Deffet, avec la participation de

la population et des forces vives du quartier.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Les quatre objectifs principaux définis dans

le schéma directeur sont les suivants :

• Améliorer la convivialité, le rôle et la

qualité des espaces publics

• Valoriser le tissu ancien (îlots urbains)

et le patrimoine

• Offrir un habitat de qualité adapté à

une population diversifiée

• Développer un quartier de centre-ville

multifonctionnel et attractif

L’étude met l’accent sur la nécessité de

travailler à l’échelle des îlots. Ce niveau

d’analyse permet de conserver une vision

d’ensemble sur leur devenir avant de

développer des projets plus spécifiques

et singuliers. Il est également conseillé de

développer une architecture contemporaine

de qualité en centre ancien, des bâtiments

adéquats et intégrés qui puissent devenir

le patrimoine de demain. La rénovation

et la valorisation du patrimoine existant

constituent un objectif majeur du projet de

quartier, notamment afin de développer son

attrait touristique, commercial et culturel.

Le projet de rénovation urbaine constitue

aussi une occasion pour renouveler un parc

immobilier vieillissant par une opération

« levier » permettant l’aménagement de

logements adaptés aux modes de vie et aux

normes actuels.


54

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.1. PROJET : RUE SOUVERAIN PONT, LAMBERT

LOMBARD ET GÉRARDRIE

Sauvegarde d’un ensemble de bâtiments

insalubres de grande valeur patrimoniale

- lutte contre l’inoccupation des étages

d’immeubles de commerces par la création

de plus d’une vingtaine de logements -

maintien de cellules commerciales en vue

de donner une nouvelle identité au quartier

(dans le cadre du projet « Créashop »)

Présentation – spécificités :

La première opération d’envergure dans

le quartier Grand-Léopold, qui a mis 8

ans à se concrétiser depuis l’acquisition

des immeubles (inoccupés et insalubres)

jusqu’à la fin des chantiers, concerne la

création et la rénovation de 23 logements et

5 commerces rue Souverain Pont 7, 13, 15, 17

et rue Lambert Lombard 6 à 10.

Les bâtiments classés ou repris à l’inventaire

du patrimoine confèrent à cette action son

exemplarité. De nombreuses techniques

très spécifiques ont été utilisées par des

artisans reconnus pour la restauration de

ces immeubles. Notons que l’obtention des

certificats de patrimoine, étape nécessaire

et essentielle, a retardé la mise en œuvre

du chantier de plus d’une année. L’idée

maîtresse du projet était par ailleurs d’offrir

aux habitants d’un piétonnier de « l’hypercentre

» de Liège des appartements

spacieux et calmes (malgré la proximité

d’axes de circulation très fréquentés), mais

également des espaces de respiration grâce

à l’aménagement de terrasses privatives

et de cours intérieures. Ces dernières ont

dû être créées ou dégagées, la surface

de l’îlot étant entièrement recouverte par

des annexes ou des extensions de rez-dechaussée

commerciaux. Un jeu subtil de

transparence invite désormais le passant

à percevoir depuis la rue Souverain-Pont

la vie intérieure des immeubles. Chacun

d’eux est équipé d’un local affecté au

rangement des vélos. Cet espace, souvent

complet malgré une capacité adaptée à la

résidence, rencontre un vif succès auprès

des locataires qui ont adopté des stratégies

de mobilité en adéquation avec leur habitat

en centre urbain.


55

Le financement de l’opération, s’élevant

à 6 millions d’euros, a été rendu possible

grâce à l’apport important de la Politique

Fédérale des Grandes Villes (PFGV), qui, avec

une intervention de 3,3 millions d’euros a

permis à la Ville de Liège de se rendre maitre

du foncier. La Wallonie est quant à elle

intervenue à hauteur de 1,5 millions d’euros

dans le cadre des programmes d’ancrage

communal du logement et de sauvegarde

du patrimoine. La conjugaison des moyens

financiers a permis d’agir prioritairement

sur des groupes d’immeubles afin

d’accroître la visibilité de l’action et, par effet

d’entraînement, d’inciter les propriétaires

et les promoteurs à rénover les habitations

voisines et, plus largement, d’intervenir

dans l’ensemble du quartier Grand Léopold.

Ce dernier est aujourd’hui le théâtre de

nombreuses opérations menées par des

acteurs privés faisant le pari du « vivre en

centre-ville ». La mise en circulation du tram,

qui le traverse, a certainement joué un rôle

important dans ces investissements.

Notons que la concrétisation de tels projets,

malgré leur grande complexité (montage

financier, nombreux acteurs, accès au

chantier, quartier en développement,

statut des bâtiments, permis et certificats,

…), est possible en fédérant les différents

partenaires.

Soulignons pour terminer qu’un auteur de

projet différent a été désigné pour chaque

bâtiment (diversité des approches), mais

qu’un marché de travaux unique a été lancé

pour faciliter la coordination de l’ensemble

du chantier (limitation du nombre

d’intervenants), et pour réduire les coûts

(mutualisation de certaines dépenses).

Cette action, dont nous détaillons cidessous

l’intervention dans les différents

bâtiments, a montré la faisabilité technique

et l’intérêt pour la collectivité de créer des

logements adaptés aux normes actuelles

aux étages d’immeubles de commerces

anciens et inoccupés de grande valeur

patrimoniale.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La volonté de la Ville était par ailleurs de

participer au renouveau commercial du

quartier, en orientant son développement vers

une typologie prédéterminée, par la mise à

disposition de cellules à loyers adaptés

et évolutifs. C’est le projet Créashop

(voir description au point 1.5.). La Ville,

qui a souhaité collaborer avec des

partenaires spécialisés dans l’accueil et

l’accompagnement de porteurs de projet,

depuis l’idée jusqu’au lancement puis au

développement de leur entreprise, a établi

un partenariat avec l’asbl Job’In en 2012.

Un appel à projet a été lancé afin d’affecter

les surfaces dont question. Les activités

recherchées étaient définies comme des

activités artisanales originales, productives et

créatives offrant à la rue une nouvelle identité.


56

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.1.1. Rue Souverain Pont 7 :

Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation

avec création de :

• 8 logements dont : 4 logements 1

chambre, 3 logements 2 chambres, 1

logement 3 chambres

• 1 cellule commerciale de 120 m²

Cette surface de taille importante a été

attribuée après appel à projet au commerce

« Wattitude » qui propose exclusivement des

produits conçus, créés et/ou fabriqués en

Wallonie : articles de mode, de design, mais

aussi spécialités gourmandes, découvertes

musicales, livres et jouets. L’activité est

toujours présente aujourd’hui.

L’ensemble patrimonial du XVIIIe siècle avec

un fort remaniement au début du XXe siècle

se dispose autour d’une cour intérieure au

fond de laquelle un petit immeuble neuf a

été construit en remplacement d’anciennes

annexes liées au commerce. Les façades

avant et arrière, ainsi que les toitures

sont classées au patrimoine. Notons que

deux pièces avaient conservé des décors

de plafonds du XIXe siècle qui ont été

entièrement restaurés.

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement et patrimoine

– Province - Ville de Liège

Réalisation des travaux : mars 2011 à

août 2014

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.381.000 €

Acquisition : 450.000 € (en 2006)

Auteur de projet : AC&T – Entreprises :

SM Moury-Wust

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


57

2.1.1.2. Rue Souverain Pont 13

Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation

avec création de :

• 5 logements dont : 3 logements 1

chambre, 2 logements 3 chambres

• 1 cellule commerciale de 40 m²

Cette surface a été attribuée après appel

à projet à une bijoutière qui y a installé

son atelier-boutique et propose des bijoux

artisanaux (métaux précieux et pierres fines)

et ses conseils d’expert. L’activité est toujours

présente aujourd’hui.

Les façades et toitures sont classées au

patrimoine. La ferronnerie du balcon indique

la date de construction 1777. Pendant les

travaux, deux façades arrière d’origine,

ainsi qu’un perron en pierre, jusque-là

dissimulés derrière des cloisons ont été

mises à jour. Cet ancien hôtel de maître qui

a été minutieusement restauré présente un

escalier monumental (redressé, renforcé,

greffé), et des toitures mansardées avec de

belles charpentes.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement et patrimoine

– Province - Ville de Liège

Réalisation des travaux : mars 2011 à

août 2014

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.152.000 €

Acquisition : 220.000 € (en 2006)

Auteur de projet : M. & V. Fellin –

Entreprises : SM Moury-Wust

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


58

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.1.3. Rue Souverain Pont 15

Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation

avec création de :

• 4 logements dont : 1 logement 1

chambre, 2 logements 2 chambres, 1

logement 3 chambres

• 1 cellule commerciale de 50 m²

Cette surface a été attribuée après appel à

projet à un jeune créateur de vêtements qui

s’était lancé dans le prêt-à-porter réalisé

par ses soins. Une autre créatrice de mode a

pris le relais il y a quelques années.

L’immeuble, datant de la moitié du XVIIIe

siècle, comprend deux bâtiments, le

bâtiment principal à rue dont la façade

avant et la toiture sont classées, et une

maison en second rang qui présente une

façade de style mosan remarquable dont

les châssis de fenêtre ont été réinterprétées.

La cave, accessible par l’extérieur, cache

une cheminée Renaissance (qui a fait

l’objet d’une étude archéologique). Les deux

immeubles s’articulent autour d’une cour

aménagée.

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement et patrimoine

– Province - Ville de Liège

Réalisation des travaux : mars 2011 à

août 2014

Cout total de l’opération (TVAC) :

912.000 €

Acquisition : 200.000 € (en 2006)

Auteur de projet : F. Hennequin –

Entreprises : SM Moury-Wust

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


59

2.1.1.4. Rue Souverain Pont 17 –

Lombard 6 à 10

Ces immeubles ont fait l’objet d’une

rénovation avec création de :

• 6 logements 2 chambres

• 1 cellule commerciale de 50 m²

• 1 bureau/commerce de 30 m²

La première surface a été attribuée après

appel à projet à une mercerie, Koxinels,

doublée d’un atelier où la créatrice

accompagnait des projets personnalisés.

Suite à sa fermeture en 2025, une tannerie

artisanale occupe désormais la cellule

commerciale. L’autre surface commerciale a

été occupée pendant plusieurs années par

le concept-store Jangala (pépinière urbaine

et curiosités végétales).

Les immeubles situés au coin de la rue

Souverain-Pont et de la rue du Lombard,

sont repris à l’Inventaire du Patrimoine. Ils

ont probablement été construits en 1889 par

le père de Gustave SERRURIER-BOVY. Le choix

de l’auteur de projet a été de conserver

un maximum d’éléments existants en les

mettant en valeur, et en les distinguant des

interventions contemporaines. L’escalier

métallique extérieur, qui dessert tous les

étages est une pièce maitresse dans cette

rénovation.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

En continuité de cette première opération

ambitieuse, les projets suivants ont été

réalisés avec les mêmes objectifs et se

poursuivent encore aujourd’hui.

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement – Ville de Liège

Réalisation des travaux : mars 2011 à

août 2014

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.074.000 €

Acquisition : 340.000 € (en 2006)

Auteur de projet : P. Lorenzi –

Entreprises : SM Moury-Wust

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


60

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.1.5. Rue Souverain-Pont 24

Cet immeuble a fait l’objet d’une rénovation

avec création de :

• 1 logement 2 chambres et 1 logement 3

chambres

• 1 cellule commerciale de 140 m² répartie

entre le rez-de-chaussée et le niveau

-1 (une partie de la cave voutée) rendu

accessible par un escalier central afin

d’augmenter la superficie de vente

et de permettre l’aménagement d’un

atelier.

Dans le cadre du projet « Créashop », cette

surface a été attribuée après appel à projet

à une jeune créatrice liégeoise de lingeries,

robes et accessoires, hauts de gamme,

relatifs à l’univers du mariage.

Pour ce bâtiment du XVIIIème siècle, dont

la façade est classée, le respect des

caractéristiques architecturales fut une

priorité. Le travail d’artisans spécialisés qui

ont contribué à la restauration de chaque

pierre, menuiserie ou badigeon de la façade

a inévitablement entrainé une augmentation

des coûts. Afin que l’espace jouisse d’une

lumière naturelle abondante, de grandes

baies ainsi qu’une cour intérieure ont été

prévues à l’arrière du bâtiment suite à la

démolition d’annexes. Aux étages, dans le

prolongement des séjours, les logements

disposent de balcons qui permettent de

s’installer autour d’une petite table. Dans

la cour, accessible à l’artisan comme aux

résidents, un abri de rangement est mis à

disposition de tous, en plus de l’espace vélo

dans le hall. Cette action incite au retour

d’habitants et de commerçants dans cette

rue historique et piétonne de Liège.

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement et patrimoine

– Province - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2017 à 2018

Cout total de l’opération (TVAC) :

586.400 €

Acquisition : 285.000 € (en 2010)

Nombre de logements : 2

Auteur de projet : Gérard - Lemaire

& associés – Entreprises : Entreprise

générale Liégeois

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


61

2.1.1.6. Rue Souverain-Pont 14 –

Rue Gérardrie 13

Ces deux maisons de commerce du

XVIIIème siècle, ayant été remaniées et

réunies dans le passé, ont été acquises

en 2024 par la Ville de Liège dans le cadre

de la Politique Intégrée de la Ville (ou PIV -

voir point 1.4.). Cet ensemble, inoccupé et

insalubre, dont les façades et toitures sont

reprises à l’inventaire du patrimoine, fera

l’objet d’une réhabilitation avec création de

logements aux étages et d’un commerce

traversant aux rez-de-chaussée (136 m²).

Cette cellule sera affectée, dans le cadre

d’un futur appel à projet « Créashop », à

une activité artisanale et créative pour

poursuivre la redynamisation du quartier

et ainsi renforcer sa nouvelle identité. Les

étages de l’immeuble situés côté Gérardrie

sont actuellement condamnés (absence

d’accès indépendant).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Véritable trait d’union entre plusieurs

quartiers, cet axe joui d’un passage

important qui mérite d’être valorisé. Pour

capter ces flux de chalands potentiels, la

reconstitution d’un linéaire commerçant

de qualité est essentielle. C’est l’objectif

poursuivi par la Ville en réhabilitant des

cellules inoccupée et/ou dégradées, et en

créant de nouveaux logements aux étages

des immeubles. Le nombre d’habitants

domiciliés qui s’élevait à 20 en 2000 a en

effet diminué de moitié en 25 ans.

Financement : SPW PIV – Ville de Liège

Acquisition Souverain-Pont 14 –

Gérardrie 13 : 357.000 € (en 2024)

Acquisition Gérardrie 11 : 156.000 €

(en 2025)

Acquisition Gérardrie 5 : 177.000 €

(en 2025)

Nombre de logements : 6 (projet en

cours – études architecturales 2026)


62

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.2. PROJET : RUE DE LA CATHÉDRALE 16 À 24

ET RUE DE GUELDRE 9 À 15

Démolition-reconstruction d’un ensemble

d’immeubles inoccupés et fortement

dégradés en 25 logements et 2 commerces

- dédensification et verdurisation d’un

intérieur d’îlot au cœur de la Ville dans le

cadre d’un marché public de promotion de

travaux

Présentation – spécificités :

Cet ensemble d’immeubles a été identifié,

dans l’étude de rénovation urbaine du

périmètre Grand-Léopold, comme îlot

d’intervention prioritaire. La Régie foncière

de la Ville de Liège a ainsi acquis, après

de longues négociations, une dizaine de

bâtiments, très anciens pour certains,

fortement dégradés et inoccupés.

La fiche projet du schéma directeur du

quartier prévoyait la démolition complète

des bâtiments existants et de leurs

annexes, suivie de la reconstruction de deux

ensembles distincts, l’un de 10 logements

situé rue de Gueldre, et l’autre de 15

logements et 2 surfaces commerciales rue

Cathédrale. Le « curetage » de l’intérieur d’îlot

devait par ailleurs permettre de verduriser

l’intérieur de l’îlot totalement bâti, et de créer

une grande cour commune à destination

de l’ensemble des habitants. La démolition

totale des immeubles, malgré l’inscription de

3 façades à l’inventaire du patrimoine a été

motivée par les arguments suivants :

• La dégradation trop forte des bâtiments

ne permettait pas une rénovation,

même partielle, des immeubles

pour des questions financières mais

également techniques (stabilité des

constructions)

• La conservation du bâti existant (petites

pièces notamment) était incompatible

avec les standards d’habitat actuels

(optimisation des espaces de vie)

• L’objectif du schéma directeur était

de créer un projet fort, avec une

architecture innovante et marquante,

capable de contribuer à l’identité et à la

revitalisation de l’environnement urbain.

• La reconstruction de la ville sur la ville

devait permettre de développer des

logements répondant aux enjeux du

réchauffement climatique (réduction de

l’empreinte carbone).

• Il importait de créer les conditions

d’une intervention du secteur privé en

augmentant le nombre de logements

potentiels (notamment en raison des

coûts de démolition, de sécurisation et

d’acquisition élevés des bâtiments dans

ce quartier commerçant).

Des discussions relatives à l’opportunité de

conserver tout ou partie des biens ont été

menées avec différents experts (ingénieurs,

historiens, urbanistes, géographes, financiers,

juristes) avant d’opter pour une intervention

aussi radicale. Au terme de l’analyse, la

valeur patrimoniale des immeubles n’a pas

été jugée suffisante au vu des enjeux et

de la nécessité de redynamiser le quartier

par l’arrivée de nouveaux habitants et de

nouvelles activités commerciales.


63

Une des spécificités de l’opération réside

par ailleurs dans la procédure de mise

en œuvre du programme. Un marché de

promotion (dont l’intitulé était : « conception,

financement et construction de logements

et de surfaces commerciales en ce compris

la démolition d’immeubles existants ») a

ainsi été publié par la Ville le 12 décembre

2016. L’objectif était de partager les risques

et les investissements avec un partenaire

privé, et créer de la mixité sociale.

Le promoteur (bouwteam) a été désigné

par le collège communal en décembre

2017. Un droit de superficie lui a été accordé

pour entamer les travaux de démolition/

reconstruction. Il s’agit d’un droit réel qui

permet dans le cas présent à une société

d’être propriétaire de ce qui est bâti sur

le terrain d’autrui (le tréfoncier). Le Cahier

des charges prévoyait que la Ville de Liège

acquière les 10 logements (dont 3 PMR)

situés rue de Gueldre et les deux cellules

commerciales de la rue Cathédrale (afin

de poursuivre le programme Créashop),

et finance l’aménagement des espaces

communs en intérieur d’îlot. Les commerces

ont des surfaces de 84 m² et 91 m². Les 10

logements (PEB A) se répartissent de la

manière suivante : 2 logements 1 chambre,

6 logements 2 chambres et 2 logements 3

chambres. Les logements disposent d’une

terrasse privative, et un local vélo, poussette

et poubelle est accessible au rez-dechaussée

du nouveau bâtiment.

Il était prévu que les 15 logements du volet

privé soient vendus par le promoteur aux

clients finaux, vis-à-vis desquels, la Ville, en

tant que tréfoncier, s’engageait à vendre

les quotités de terrain. Toutefois, suite aux

inondations catastrophiques du mois de

juillet 2021, et à la nécessité de reloger

les sinistrés des quartiers de Chênée et

d’Angleur, la Ville de Liège a perçu des

subsides pour acquérir, en urgence, en

2023, les 15 logements mis en vente par le

promoteur.

Notons que la procédure de marché de

promotion (voir point 1.7.3.) a permis de

gagner beaucoup de temps au niveau de

la concrétisation de l’action, et d’acquérir

les logements à moindre coût que dans le

cas d’un marché de travaux classique. Le

promoteur, qui préfinançait les travaux, a en

effet mis tout en œuvre pour réduire la durée

du chantier. Ce type de marché permet

par ailleurs d’éviter les imprévus, réguliers

dans le cadre d’opérations menées dans un

contexte aussi complexe.

Financement : SPW ancrage communal

du logement, plan inondations et PIV -

PFGV - Province de Liège - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2020 à 2023

Cout total de l’opération pour

l’acquisition des 10 logements de la

rue Degueldre et l’aménagements des

espaces collectifs en intérieur d’îlot -

TVAC) : 2.751.000 €

Acquisition des immeubles à démolir

(11) : 1.574.000 € (dès 2012)

Inventaire amiante et désamiantage :

86 260 €

Nombre de logements : 25 (+ 2 cellules

commerciales)

Acquisition de 15 logements

complémentaires dans le cadre

du plan inondation (rue de la

Cathédrale) : 4.286.000 €

Bouwteam (promoteur) : Serbi SA et D.

Lacomble

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


64

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.3. PROJET : PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

FRANÇAISE 27 ET 29

Acquisition dans le centre commerçant

de Liège des étages de 2 immeubles

de commerce avec constitution d’une

copropriété - regroupement des « plateaux »

par niveau en vue de la création de

logements plus spacieux

Présentation – spécificités :

Une des priorités du projet de Ville, élaboré

après consultation de la population, est

de créer, ou réhabiliter des logements aux

étages des immeubles de commerces,

qui sont, pour beaucoup, vides depuis

des années. Comme l’indiquent différents

relevés, ces étages inoccupés et

généralement insalubres sont nombreux

dans certaines rues commerçantes. Pour

répondre à cette attente des citoyens,

la régie foncière a acquis les étages de

deux immeubles de commerces contigus,

localisés Place de la République Française.

L’activité commerciale dans cette partie

de l’hypercentre ne connaissant pas de

difficultés particulières, le projet s’est

concentré sur les étages laissés à l’abandon,

en négociant avec les propriétaires des

immeubles la constitution d’une copropriété.

Notons que ces derniers ne souhaitaient

pas se séparer des cellules commerciales

et de leurs rentrées locatives, mais ne

voyaient pas d’inconvénients à céder les

parties supérieures des bâtiments. Cette

solution « gagnant-gagnant » a évité à

la Ville d’acquérir les rez-de-chaussée

commerciaux des immeubles, dont la valeur

au m² est beaucoup plus élevée. Un des

deux immeubles disposait d’une entrée

indépendante, mais le second en était

dépourvu rendant impossible l’exploitation

des étages.

Cette opération a ainsi permis de réunir

les « plateaux » des immeubles en perçant

les murs mitoyens (les dispositions

techniques le permettant), et d’aménager

4 logements de deux chambres (77 à 91 m²)

et un cinquième d’une chambre (57m²),

tout en maintenant la largeur des cellules

commerciales existantes. L’appartement

situé au dernier niveau dispose d’une

grande terrasse avec vue sur la place et son

animation.


65

Ce type de projet innovant n’aurait pu se

concrétiser sans accord des propriétaires

sur la cession d’une partie de leur bien, et

sans la compréhension des commerçants

confrontés aux désagréments causés par

les travaux (bruit, poussières, échafaudages,

bâches, etc.). Convaincre les différents

partenaires de l’utilité et de l’intérêt individuel

et collectif d’une telle action a toutefois

nécessité la tenue de longues négociations

et le développement d’une argumentation

pertinente. Cette expérience pilote propose

une piste originale, et reproductible par

d’autres acteurs, pour donner une nouvelle

vie à ces espaces délaissés.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Plusieurs actes techniques (comme le

remplacement de la toiture) ont été

programmés en dehors des plages

d’ouverture des commerces pour nuire le

moins possible à leur activité. L’installation

de chantier a également été conçue afin de

maintenir en permanence la visibilité des

vitrines. Les commerçants ont bien compris

l’intérêt du retour des habitants en centreville,

dont ils sont les premiers bénéficiaires.

Au niveau du marché de travaux, notons

que le nombre élevé de lots a entrainé des

difficultés de coordination.

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement - Ville de Liège

Réalisation des travaux : septembre

2009 à février 2011

Cout total de l’opération (TVAC) :

573.800 €

Acquisition des étages : 185.000 €

Nombre de logements : 5

Auteur de projet : Luc Nelles –

Entreprises : D. Stoffels, Driessens-

Lambert F., F. Philippart, J-C Wansart.

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


66

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.4. PROJET : RUE DU STALON N°2 À 12

ET RUE SAINTE CATHERINE 1 ET 3

Intervention architecturale contemporaine

dans le centre ancien protégé à proximité

de l’Hôtel de Ville suite à la démolition d’un

ensemble de petites maisons dégradées

- reconstruction de 5 logements et d’un

commerce tout en conservant 3 façades à

haute valeur patrimoniale

Présentation – spécificités :

Cet ensemble d’immeubles a été identifié

dans l’étude de rénovation urbaine du

quartier Grand-Léopold, comme îlot

d’intervention prioritaire. La Régie foncière

a ainsi acquis 7 bâtiments et leurs annexes,

fortement dégradés et inoccupés. En

application de la philosophie du plan

d’ensemble avalisé dans cette étude, des

interventions « franches » étaient préconisées

pour construire de nouveaux logements

et des commerces, en y développant une

architecture contemporaine de grande

qualité dans le respect de l’esprit du site.


67

Si la réhabilitation des immeubles 5 à 11

de la rue Ste Catherine, acquis par un

investisseur privé en vue de la création d’un

hôtel, a été jugée opportune en termes de

patrimoine, de taille de bâti, de richesse en

intérieur d’îlot, la rénovation vers l’angle de

la rue du Stalon (propriétés de la Ville) a été

considérée dans la fiche-projet du schéma

directeur comme difficile. Au vu de la petite

taille des maisons, du découpage foncier

et du mauvais état du bâti, il n’était pas

imaginable que des logements qualitatifs

puissent s’y développer. C’est pour ces

raisons qu’il a été demandé à l’auteur

de projet désigné de démolir l’existant

et d’ériger de nouveaux immeubles. La

reconstruction d’un bâtiment d’angle, enjeu

central de l’action en terme des visibilité,

doit créer un point d’appel depuis la rue

Léopold. Son intégration dans le tissu urbain

ancien se traduit par une attention portée

à la volumétrie, aux ouvertures, et au choix

des matériaux, garantissant une cohérence

avec le bâti historique. Conformément au

cahier des charges, il a toutefois été décidé

de conserver et restaurer les façades des

immeubles situés rue du Stalon n°8, 10, et

12 qui présentent une valeur patrimoniale

certaine dans ce quartier composé de

petites ruelles. La suppression des annexes

en intérieur d’ilot permet par ailleurs de

développer des vues pour les habitants

des rues concernées (espace commun

verdurisé).

Le chantier, qui a débuté en 2023, a connu

des difficultés techniques liées à la stabilité

des immeubles voisins eux-mêmes anciens

et en cours de travaux. Les différentes

constructions étant fort imbriquées,

chaque démolition a nécessité des études

spécifiques pour éviter tout affaissement

des parties conservées pour leur qualité

patrimoniale notamment.

Parmi les cinq logements créés, trois

comprennent 2 chambres, un 1 chambre,

et un 3 chambres (de 63 à 110 m²). Ces

logements, dont 2 sont accessibles aux

personnes à mobilité réduite, possèdent

tous des terrasses individuelles allant de 8

à 27 m². Ils disposent par ailleurs de caves

privatives, d’un local poubelle et d’un

local vélo, essentiels pour faciliter la vie

quotidienne des résidents.

La cellule commerciale, d’une superficie de

100 m², sera affectée à un usage HoReCa.

Un appel à projet a été lancé en avril 2025

dans le cadre de l’opération Créashop (voir

point 1.5.). Les établissements candidats

doivent être créatif/novateur non seulement

par le concept qu’ils présentent, mais

plus particulièrement par l’assortiment

qu’ils proposent (productions locales ou

régionales), par les valeurs mises en avant

(humaines, écologiques, inclusives, ...), par

la qualité démontrée de l’aménagement du

rez-de chaussée commercial et de la vitrine,

et enfin par leur faculté de participation

à l’action de rénovation urbaine et de

redynamisation commerciale. Ces activités

ne devront en aucun cas affecter la

quiétude de l’environnement proche.

Financement : SPW rénovation urbaine

– Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2023 à 2025

Cout total de l’opération (TVAC) :

2.780.000 € (avant décompte final)

Acquisitions : 818.000 €

Nombre de logements : 5 – Nombre de

commerces : 1

Auteur de projet : Olivier Fourneau

Architectes – Entreprises : SERBI SA

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


68

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.5. PROJET : RUE LÉOPOLD 37

ET RUE DE LA CITÉ 1

Transformation d’un immeuble de

commerce en une Maison de l’Habitat et

aménagement de 5 logements aux étages

Présentation – spécificités :

La spécificité de ce projet consiste en la

création, dans un immeuble de commerce

inoccupé, d’une Maison de l’Habitat gérée

par la Ville de Liège. Les services qui y sont

offerts s’inscrivent dans la perspective des

défis climatiques et sociétaux actuels. Le

citoyen en recherche de conseils techniques

en vue de rénover son habitation pour en

améliorer la performance énergétique, de

conseils sur les modes de financement et

de prêts, de conseils en matière d’utilisation

rationnelle de l’énergie, de réponses à un

problème d’ordre juridique ou simplement

en recherche d’un logement y trouvera

réponse à ses questions. Elle accueille une

diversité de publics et regroupe plusieurs

organismes tels que l’Agence Immobilière

Sociale, le Guichet de l’Énergie Wallonie,

l’asbl Liège Énergie, le service Énergie de la

Ville (information et sensibilisation), ainsi

qu’une permanence juridique du service

du logement. De nombreuses formations

et conférences y sont organisées dans une

salle polyvalente aménagée au sous-sol du

bâtiment et pouvant accueillir une trentaine

de personnes.

Bâtiment d’angle, véritable repère visuel

marquant l’une des entrées principales

du centre-ville, la Maison de l’habitat

est idéalement localisée à proximité des

transports en commun et notamment sur

l’axe du tram. La présence de parkings à

proximité la rend par ailleurs facilement

accessible pour tous les publics. La surface

de bureaux au sein de la Maison de l’habitat

s’élève à environ 700 m² :

• rez-de-chaussée : locaux d’accueil et

d’information au public.

• 1 er et 2 ème étage : bureaux des services et

réfectoire.

• Sous-sol : salle de conférence et de

réunion.

La présence d’un ascenseur permet l’accès

aux personnes à mobilité réduite. Construit

en 1876, cet immeuble qui a initialement

abrité un magasin de textile a connu une

transformation marquante dans les années

1940. Les deux premiers niveaux de la façade

ont été repensés, tandis que les étages

supérieurs ont été préservés dans leur

état d’origine.Plutôt qu’une restauration à

l’identique de la façade d’origine, le choix

s’est porté sur la réouverture des baies en

plein afin d’établir un dialogue visuel entre

les espaces intérieurs et l’espace public,

renforçant ainsi la lisibilité de la vocation

publique du lieu.


69

Cinq logements, dont

quatre de deux chambres

et un d’une chambre,

ont été rénovés aux

deux derniers niveaux,

et notamment dans les

combles jusqu’alors inoccupés, participant

ainsi au retour d’habitants dans le centre

de la Ville. Le lancement d’un marché

« design and build » pour la partie logement

a permis de gagner du temps au niveau de

la réalisation du chantier. Les appartements

bénéficient d’une isolation thermique

renforcée, de chaudières à condensation, et

d’un système de ventilation double flux avec

récupération de chaleur, garantissant une

efficacité énergétique optimale. L’isolation

acoustique des cloisons et planchers, ainsi

que l’installation de fenêtres et vitrages

performants, renforcent la qualité des

espaces de vie.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Cette opération, réalisée dans le cadre

de l’action « Vivre au centre », participe

pleinement à la requalification du quartier

Grand Léopold actuellement en pleine

mutation, en combinant la présence de

services aux citoyens, et la lutte contre

l’inoccupation des logements aux étages

des immeubles de commerce.

Financement : PFGV - Province - Ville de

Liège

Réalisation des travaux : août 2009 à

juillet 2011

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.521.000 €

Acquisition : 720.000 €

Nombre de logements : 5 - Bureaux :

700 m²

Auteur de projet : Olivier Fourneau

Architectes – Entreprises : T. Palm

(Logements), G. & Y. Liégeois, Dema,

Sogepar Construct, Altheas, Balteau,

Apruzzese, Köne (Bureaux)

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


70

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.6. PROJET : RUE LÉOPOLD 10

Réhabilitation de 3 logements aux étages

d’un immeuble de commerce avec création

d’une entrée indépendante - affectation

d’une « cellule commerciale partagée »

pour des créateurs.trices souhaitant tester

leur projet et se confronter à la réalité du

marché (projet « Créashop » - partenariat

avec l’Asbl Job’In)

Présentation – spécificités :

Le projet porte sur la rénovation d’un

immeuble en trois logements et un

commerce. Il s’inscrit dans l’opération « Vivre

au Centre », qui vise à recréer des logements

de qualité en centre-ville, notamment audessus

des commerces, tout en respectant

les objectifs de requalification du quartier

Grand-Léopold.

La spécificité du projet consiste notamment

en l’organisation d’un espace commercial

sur deux niveaux avec une partie bureau/

atelier à l’étage, reflétant l’architecture

haussmannienne caractéristique de la rue

Léopold. La superficie du rez-de-chaussée

est augmentée par celle du premier étage,

rendant le commerce plus attractif pour les

activités que la Ville souhaite encourager.

Ce modèle d’aménagement illustre

parfaitement la faisabilité de rénovations

qualitatives et abordables financièrement

pour ce type de bâtiments.

à deux pas de la Pace Saint-Lambert.

L’occupation du commerce est voulue

très flexible en termes de durée et de

forme : expo, vernissage, atelier, coworking,

ventes privées, événement, réseautage,

matérialisation d’un e-commerce, etc.

Il peut être simultanément occupé par

plusieurs créateur·trice·s ou réservé pour

une seule entreprise durant une soirée, une

journée, une semaine, un mois, un trimestre…

Le programme résidentiel propose deux

logements d’une chambre et un logement

de deux chambres, adaptés à la typologie

de cet immeuble de rapport du XIXe

siècle. Les logements de cette taille sont

forts recherchés en centre-ville. Dans les

logements d’une chambre, les espaces

de vie sont orientés vers la rue, en façade

Au niveau commercial, le projet s’intègre

dans l’opération « Créashop ». Depuis de

nombreuses années, la Ville de Liège et

l’asbl Job’In (Structure d’Accompagnement

à l’Auto-Création d’Emploi agréée par la

Wallonie) collaborent dans un objectif

commun : développer et pérenniser

l’activité économique du centre-ville de la

cité ardente. Fort de cette expérience, le

partenariat s’est poursuivi, en 2019, avec la

création de « Léopold, commerce partagé ».

La cellule rénovée par la Ville est louée

par l’Asbl Job’In et mise à la disposition

de créateur·trice·s souhaitant tester la

faisabilité de leur projet et se confronter à la

réalité de leur marché. L’espace commercial

composé de 40 m² au rez-de-chaussée

et de 40 m² en mezzanine est lumineux et

aménagé avec du mobilier modulable.

Il profite d’une large visibilité grâce aux

passages fréquent des piétons et des

véhicules dans cette artère commerçante


71

avant, tandis que les chambres et les

sanitaires se situent à l’arrière, profitant du

calme de l’intérieur d’îlot. Ce choix assure

une connexion des espaces de vie avec

l’animation de la rue tout en préservant le

repos des habitants. Un duplex avec terrasse

occupe les deux derniers niveaux : les

espaces de nuit se trouvent au quatrième

étage, tandis que les pièces de vie au

dernier étage offrent une vue dégagée et

traversante sur les toits de la ville.

Ladésignation d’une entreprise générale

pour la réalisation des travaux, et un projet

sans transformation architecturale majeure,

a permis une maitrise des coûts, et in fine

la concrétisation d’un projet de qualité à

un prix raisonnable pour le programme

proposé.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : PFGV - SPW ancrage

communal du logement - Province -

Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2017 à 2018

Cout total de l’opération (TVAC) :

682.000 €

Acquisition : 485.000 €

Nombre de logements : 3 – Commerce :

1

Auteur de projet : Dany Lacomble –

Entreprises : G. & Y. Liégeois

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


72

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.7. PROJET : RUE DE LA MADELEINE 38

ET RUE DE LA CATHÉDRALE 28 À 34 (ÉTAGES)

Création de 9 logements à haute

performance énergétique (PEB A et A+)

aux étages d’un ensemble d’immeubles

de commerce dans le périmètre de

rénovation urbaine Léopold – réhabilitation

et restructuration du bâti existant

(programme Interreg GReENEFF)

Présentation – spécificités :

Une des spécificités de ce projet pilote

réside dans la volonté de la Ville de Liège

de montrer qu’il est possible d’atteindre un

PEB A+ pour des logements créés au sein

d’un ensemble de bâtiments existants, et

dont la construction remonte à la fin du

XXe siècle. Forte de cet objectif de création

de logements à très haute performance

énergétique dans le cadre d’une rénovation,

et non d’une nouvelle construction, la Ville

de Liège a déposé une candidature en

tant que projet exemplaire dans le cadre

du programme Interreg GReENEFF. Ce

programme, concernant en particulier le

logement social, soutien des projets innovant

en matière de développement durable et de

maîtrise des charges énergétiques dans la

Grande Région (qui s’étend sur 4 pays dont

l’Est de la Belgique, la Lorraine française,

le Luxembourg, la Sarre et la Rhénanie

allemandes). La candidature a été retenue

et des subsides (environ 250.000 €) alloués

au projet par l’Europe. L’isolation renforcée,

l’étanchéité à l’air et le système de ventilation

intelligent C+ (adapté aux variations de

la qualité de l’air) ont permis d’inscrire ce

projet dans une démarche de performance

énergétique exemplaire. Des expertises

techniques auprès de bureaux spécialisés ont

été sollicitées pour obtenir le meilleur résultat.

Une autre particularité du projet réside dans

l’acquisition par la régie foncière des étages de

quatre immeubles (rue de la Cathédrale 28 à

32 et rue de la Madeleine 38), inoccupés depuis

de nombreuses années. La cellule commerciale

du rez-de-chaussée demeure la propriété d’un

particulier (désormais la société Noshaq - fonds

d’investissement et développeur de projets

au capital public) ce qui a permis à la Ville de

limiter les coûts de l’opération (au niveau de

l’acquisition et des travaux d’aménagement

du rez-de-chaussée). Une petite partie du

commerce a toutefois été acquise pour créer un

local vélo/poussette à l’entrée de l’immeuble.

Un cinquième bâtiment (rue de la Cathédrale

34) incendié il y a une vingtaine d’année, et

qui présentait un risque d’effondrement, a

également été acquis vu sa contiguïté au projet.

Pour une question de sécurité, cette maison a

été démolie et reconstruite, tout en conservant

la façade du XIXe siècle. Sans intervention

de la Ville, le bien serait probablement resté

à l’abandon durant de nombreuses années

encore. Les 9 appartements aménagés (de 1 à 3

chambres) répondent aux exigences de confort

de vie actuelles pour des familles, que ce soit en

termes de superficie, de volumes de rangement,

d’espaces extérieurs privatifs (6 logements

bénéficient de terrasses) ou de communs.


73

Notons que les immeubles occupent une

position d’angle stratégique en

terme d’impact sur la rénovation urbaine du

quartier Léopold. Le coût total de l’opération,

vu les objectifs poursuivis (dont le retour

d’habitants au cœur de la ville, la sobriété

énergétique des logements et la disparition

de chancres) et les équipements proposés,

est tout-à-fait raisonnable.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La majeure partie du reste de l’îlot (compris

entre les rue de la Cathédrale, rue de la

Madeleine, rue Jamin Saint Roch et rue

Souverain Pont) est par ailleurs propriété

de la société Noshaq qui développe le

projet immobilier Madeleine 4.0. qui a la

particularité de proposer un dispositif

innovant de partage d’énergie, une première

en Wallonie. Le projet s’est notamment

accompagné d’un désencombrement de

l’intérieur d’îlot, permettant de libérer les

espaces et de créer un jardin intérieur.

L’immeuble mixte, maintenant achevé,

se compose d’environ 610 m² net de

commerces, de 2.240 m² net de bureaux,

d’un parking de 64 places – dont 8 pour

véhicules électriques et de larges espaces

pour vélos – et de 16 unités d’habitations

(dont 6 grands penthouses).

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement – Interreg

GReENEFF - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2018 à 2020

Cout total de l’opération (TVAC) :

2.180.000 €

Acquisition : 363.500 €

Nombre de logements : 9

Auteur de projet : Service du Logement

(MAV - Conception) – Olivier Fourneau

Architectes (détails et suivi de chantier)

– Entreprises : TP Rénovation

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


74

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.8. PROJET : RUE PUITS-EN-SOCK, 30 À 36

Démolition de 4 immeubles et

reconstruction de 5 logements dont 2 PMR,

d’un commerce de grande taille (suite au

remembrement des parcelles), et d’un

espace collectif arboré dans un ancien

faubourg commerçant - aménagement

d’un passage vers l’intérieur de l’îlot en vue

de créer des connexions et des accès aux

étages d’immeubles de commerces voisins

dépourvus d’entrée indépendante

Présentation – spécificités :

Une étude menée par le bureau

Mertens&Steffens dans le courant des

années 2000 a montré l’existence de

nombreux espaces vides aux étages des

immeubles de commerces. Certaines

rues commerçantes ne comptent plus

aujourd’hui que quelques habitants

domiciliés. Les raisons de cette inoccupation

sont diverses. Elles peuvent être liées au

bail commercial qui porte sur l’ensemble de

l’immeuble, à la vétusté des biens, ou encore

à l’absence d’entrée indépendante pour y

accéder. Il est donc nécessaire, comme l’ont

fait certaines villes, d’imaginer des solutions

pour permettre leur réappropriation.

La spécificité de ce projet réside dans

l’aménagement d’un passage latéral large

vers l’intérieur de l’îlot. Ce dernier pourrait,

dans le futur, être utilisé pour créer des

accès aux étages des immeubles voisins,

dépourvus d’entrée indépendante au

niveau de la façade avant. Les immeubles

de la rue Puit-en-Sock, assez étroits, ne

disposent, généralement, que d›un accès

à la cellule commerciale. Dans le passé,

les commerçants habitaient en effet dans

des logements situés au-dessus de leur

activité. Il importera dans le futur de signaler

aux propriétaires voisins la possibilité de

valoriser les étages des immeubles en

aménageant des accès (coursives, cages

d’escaliers extérieures) par l’arrière des

bâtiments.


75

Quatre maisons étroites et en très mauvais

état ont été acquises par la Ville pour

réaliser cette opération. La démolition de

l’ensemble a été indispensable pour obtenir

des logements de qualité. Les nouvelles

constructions, dotées d’un ascenseur situé

à l’extérieur, comprennent désormais cinq

logements, dont trois de trois chambres

(115 m²) sur la partie avant, et deux d’une

chambre ( 75 m²) dans un nouveau

volume en second rang. Particularité de

l’action ; trois unités sont « adaptables »

aux personnes à mobilité réduite et deus

sont PMR. Chaque logement bénéficie d’un

accès à un espace extérieur collectif arboré,

où les locataires et leurs enfants peuvent

se rencontrer. Cet espace, conçu pour

s’intégrer harmonieusement au tissu urbain,

pourra également permettre une connexion

future avec des immeubles voisins. Chaque

logement (pourvu d’une cuisine équipée)

dispose d’une terrasse (8,5 ou 13 m²) ou

d’un jardin privatif. Ils jouissent par ailleurs

d’une isolation thermique et acoustique

performante accompagnée d’une bonne

étanchéité à l’air et d’un système de

ventilation double flux. Notons que les

communs sont alimentés électriquement

par des panneaux photovoltaïques. Un

local pour parquer les vélos est également

disponible au rez-de-chaussée de

l’immeuble principal.

Le commerce, résultant du remembrement

de petites cellules, a une superficie

appréciable de 83 m². L’occupant a

été sélectionné dans le cadre du projet

Créashop (voir point 1.5.).

Le concept architectural de cette réalisation

respecte les traces de l’ancien parcellaire,

tout en assurant une unité volumétrique

et une intégration parfaite au front bâti

existant. En réinterprétant les éléments

patrimoniaux du site, le projet valorise

l’histoire du quartier tout en répondant aux

besoins contemporains.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2019 à 2022

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.985.000 €

Acquisitions : 430.000 € (2008 – 2014)

Nombre de logements : 5 – Nombre de

commerces : 1

Auteur de projet : Association

momentanée AURAL sprl et TPF

engineering sa – Entreprise : CHENE sa

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


76

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.9. PROJET : PLACE XAVIER NEUJEAN, 34 À 44

ET CLOÎTRE SAINT-JEAN, 1 À 7

Sauvegarde d’un édifice religieux à

haute valeur patrimoniale - création

d’une quinzaine de logements, de salles

polyvalentes à usage de la communauté

des Dominicains et d’un espace public

verdurisé en intérieur d’îlot (cloitre Saint-

Jean l’Evangéliste)

Présentation – spécificités :

La spécificité de ce projet réside dans la

sauvegarde d’un édifice religieux à haute

valeur patrimoniale en y développant

la fonction résidentielle et des espaces

communautaires accessibles au public.

La Ville de Liège est propriétaire du cloître

Saint-Jean l’Evangéliste depuis la signature

d’un acte recognitif en décembre 2010.

Cet acte précise que l’aile nord reste à

disposition de la Fabrique d’église pour

héberger, comme c’est le cas actuellement,

la communauté des Frères Dominicains.

Les autres parties, utilisées comme dortoirs

dans le passé, mais transformées au cours

du temps en petits logements et en cellules

individuelles, sont fortement dégradées voire

insalubres. Vu le caractère exceptionnel

du lieu qui a fait l’objet d’un classement au

patrimoine architectural de Wallonie en

2013 (et plus précisément les galeries du

cloitre et leurs étages en façade, les toitures

et la cour intérieure, les deux salles situées

dans les bâtiments annexes dont une cave

de l’époque gothique), la Ville de Liège a

décidé, pour le sauvegarder, de transformer

le site en logements de qualités, et de rendre

les espaces extérieurs accessibles au public.

Vu leur forte imbrication dans la propriété de

la Ville, deux immeubles situés aux numéros

42 et 44 de la place Xavier Neujean seront

intégrés au projet. Ces biens appartenant

à la fabrique d’église font l’objet d’un bail

emphytéotique d’une durée de 33 ans

et dont le canon annuel s’élève à un peu

moins de 5000 euros. Ce sont donc au total

15 logements de tailles variées qui seront

aménagés dans les ailes Sud et Ouest du

cloître pour 10 d’entre eux, et dans les deux

bâtiments dont question ci-dessus pour les

5 restants. La typologie des logements est la

suivante :

• 5 appartements 1 chambre dont la

superficie varie entre 49 et 80 m²

• 5 appartements 2 chambres dont la

superficie varie entre 73 et 93 m²

• 3 appartements 3 chambres dont la

superficie varie entre 106 et 125 m²

• 2 appartements 4 chambres de 126 et

152 m²

Notons que cinq logements sont adaptables

et conçus pour la circulation de personnes

à mobilité réduite, et que 10 appartements

bénéficient de jardins ou de terrasses en

plein cœur de la ville. Ils disposent d’une

entrée commune, indépendante du cloître

et de l’église Saint-Jean. Un ascenseur,

complétant la cage d’escalier centrale,

dessert les logements situés aux étages.

L’espace intérieur du cloître sera traité avec

simplicité : un revêtement en grandes dalles

de pierre, légèrement inclinées, agrémenté

d’un filet d’eau et d’un parterre végétalisé

le long de l’aile Est. Des bancs en pierre,

dans la cour, et en acier, dans les galeries,

viennent compléter l’aménagement.

Le projet architectural allie esthétique

et sérénité, en préservant l’atmosphère

apaisante des lieux.

L’intervention sur les bâtiments numéros 42

et 44, situés à l’angle Sud-Ouest du cloître,

permettra de combler une « dent creuse » et

de reconstituer le tissu urbain environnant

sur presque 70 mètres de long, créant ainsi

une continuité harmonieuse avec le quartier.


77

Une des intentions du projet est de

permettre à la communauté des

Dominicains de poursuivre ses activités,

et notamment le projet « 42 », lieu de

convivialité, de prière et de détente

pour tous les étudiants et les jeunes

professionnels liégeois. Pour ce faire, une

salle polyvalente, ouverte sur le quartier et

en lien avec les salles gothiques du soussol,

sera aménagée au rez-de-chaussée

de l’immeuble donnant sur la place Xavier

Neujean. Les activités développées devront

toutefois se faire dans le respect des

locataires des nouveaux logements qui

partageront désormais le site et ses espaces

intérieurs avec les « frères prêcheurs ».

Parallèlement au présent projet, le service

des bâtiments communaux de la Ville de

Liège développe un projet de restauration

complète de la Collégiale Saint-Jean

L’Évangéliste (reconnue patrimoine

exceptionnel et attenante au cloitre) qui

abrite un ensemble remarquable d’éléments

historiques et architecturaux tels que

notamment une tour romane fondée par

le prince évêque Notger, et un des trois

carillons de concert de Liège. Ce nouveau

pôle d’attraction touristique s’intégrera

dans le circuit des Collégiales. Outre les

éléments classés déjà cités, un haut-relief

de Guillaume de Wavre daté du XVème

siècle fera également l’objet d’une attention

toute particulière.

Cette opération, très couteuse en raison

notamment de son caractère patrimonial,

ne pourrait être concrétisée sans la

combinaison de multiples sources de

financement (voir ci-dessous).

Des fouilles archéologiques ont été menées

dans la cour et les allées du cloitre, mettant

au jour de nombreuses tombes datée

aux alentours de l’an 1000. Ces fouilles,

nécessaires, ont inévitablement retardé

le démarrage du chantier. Il faut en tenir

compte lors de la mise en œuvre de projet

exceptionnels de ce type. Ce projet montre

par ailleurs que la négociation avec les

propriétaires d’immeubles voisins, permet,

en proposant des solutions juridiques et

financières équitables, de réaliser des

opérations plus cohérentes, et dont l’impact

sur la redynamisation du quartier est

majoré. Les travaux ont débuté en 2023 et se

termineront en 2026 .

Financement : SPW Patrimoine,

ancrage communal du logement et

PIV - Province de Liège (Patrimoine &

Tourisme) - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2023 à 2026

(chantier en cours)

Cout total de l’opération (TVAC) :

9.225.000 €

Acquisition : obtention d’un

droit réel sous forme d’un bail

emphytéotique pour les immeubles

n°42 et 44 de la place Xavier Neujean :

150.000 € (durée 33 ans)

Nombre de logements : 15 (+ 2 salles

polyvalentes et un espace public

extérieur)

Auteur de projet : AC & T – Entreprises :

Monument Hainaut S.A., N.V. Denys,

S.A. Menuiserie Marcel Adelaire, S.R.L.

Jacques Vereecke, S.A. Juffern

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


78

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.10. PROJET : APPELS À INTÉRÊTS EN VUE

DE LA CRÉATION DE LOGEMENTS NEUFS ET DE

COMMERCES PAR DES OPÉRATEURS PRIVÉS

La Ville de Liège a lancé plusieurs appels à

intérêt dans le quartier Grand-Léopold pour

répondre aux objectifs du projet « Vivre au

centre ». Dans le cadre de cette procédure

(voir point 1.7.4.3.), la Ville vend un ou

plusieurs biens à un promoteur, moyennant

la réalisation d’un programme dont elle

impose les principales caractéristiques.

Ce type d’appel limite l’intervention

financière des pouvoirs publics tout en

permettant le renouvellement du tissu

urbain dégradé et inoccupé. Afin de rendre

le projet viable économiquement et attractif

pour les promoteurs, le marché intègre

généralement plusieurs immeubles (à

démolir) ou un terrain vierge de plusieurs

centaines de mètre carré.

Un jury, dont la composition est déterminée

par la Ville dans son cahier des charges,

a pour mission de sélectionner parmi les

« bouwteams », composés de concepteurs

et de promoteurs, celui qui a déposé le

projet urbanistique répondant le mieux aux

différents critères de sélection. L’intérêt de

cette procédure pour la Ville réside dans

le retour d’habitants de classes moyennes,

à moyennes supérieures, dans le centreville.

Ces nouveaux résidents participent

à la redynamisation commerciale par

leurs achats dans les magasins du

quartier, et leur présence renforce le

contrôle social, l’animation et la vie des

rues désertées après la fermeture des

activités économiques. Ce retour s’exprime

également au niveau financier. Ces

nouveaux ménages contribuent en effet à

l’augmentation des recettes communales

via l’Impôt sur les Personnes Physiques (IPP),

la taxe relative au précompte immobilier

des nouveaux logements, ou encore la

taxe urbaine (collecte des déchets et des

encombrants).


79

Projet : rue Léopold 18 -20 et rue de la

Madeleine 7, 9 et 11

Présentation – spécificités :

Suite à une explosion ayant coûté la vie à 14

personnes en janvier 2010, deux immeubles

de la rue Léopold ont été détruits et plusieurs

bâtiments de la rue de la Madeleine ont été

fortement endommagés. Afin d’obtenir la

maitrise foncière des parcelles concernées

et ainsi permettre la reconstruction du site

conformément à la fiche-projet de l’étude

de rénovation urbaine du quartier Grand-

Léopold, le Conseil communal de la Ville

de Liège a adopté en 2011 un périmètre

d’expropriation reconnu d’utilité publique

par la Wallonie en juin 2012. Parallèlement à

cette démarche qui a pris plusieurs années,

une procédure d’appel à intérêt a été lancée

en 2013. Le bouwteam sélectionné a ainsi

construit un nouvel ensemble

(Eco-résidence-Léopold), intégralement

conçu en ossature bois (construction

Carbone 0), comprenant 12 appartements

(PEB A+) de 1 à 3 chambres (de 90 à 160 m²)

avec terrasses aux étages, et 3 cellules

commerciales au rez-de-chaussée pour

une surface totale de vente de 200 m².

Notons que des panneaux photovoltaïques

sont présents en toiture de l’immeuble.

Grâce à une hauteur identique aux

constructions voisines et à un langage

de baies verticales similaires, le bâtiment

s’intègre bien au cadre bâti existant, mais

tranche volontairement, afin de marquer le

lieu. Sa façade lisse, asymétrique et blanche

contraste en effet avec les bâtiments de la

rue datant de la fin du 19ème siècle (style

haussmannien). Au rez-de-chaussée, un

passage a été ouvert vers le quartier de la

Madeleine et ses restaurants.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Montant des acquisitions par la Ville :

700.000 €

Revente des biens au promoteur :

130.000 €

Financement : SPW (subside

exceptionnel) – Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2016-2019

Bouwteam : Auteur de projet : Ateliers

d›architecture du Sart-Tilman en

association avec AC/DC - Maître

d’Ouvrage : JAN DE NUL Invest &

Corporate - construction bois par

Timberteam.


80

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Projet : Rue Cathédrale 57 à 61

et rue de la Régence 43

Présentation – spécificités :

Les immeubles relatifs à cet appel à intérêt

ont été acquis par la Ville en raison de leur

situation à une des entrées du quartier

Grand Léopold, dans une zone actuellement

peu dynamique mais en plein redressement

urbanistique et économique.

Ils forment par ailleurs un angle bien visible

au croisement de deux axes commerçants

importants du centre-ville.

Les bâtiments, fortement imbriqués entre

eux, présentaient un état de délabrement

tel qu’une restauration individuelle des

immeubles ne permettait pas la réalisation

d’un projet économiquement viable et de

qualité.

Il a dès lors été décidé de les réunir dans

un appel à intérêt unique, en vue de les

réhabiliter ou de les reconstruire. Un des

objectifs était de fournir une réponse

architecturale contemporaine ambitieuse

mais qui respecte le contexte urbanistique

du lieu (élévation, respect des gabarits,

matériaux, tonalités, ouvertures, etc).

Parmi les offres déposées, c’est le projet

de la société Matexi qui répondait le mieux

à ces attentes. Comprenant 6 étages, le

nouvel ensemble est un signal fort à l’entrée

du quartier. Ce partenariat a permis la

mise sur le marché de 10 logements neufs

disposant d’un PEB A, dont 2 appartements

de 1 chambre de 83 m², 8 appartements

de 2 et 3 chambres de 116 à 144 m² et une

surface commerciale de 140 m² au rezde-chaussée

du nouvel immeuble grâce

au remembrement des cellules existantes.

Chaque appartement bénéficie d’une

terrasse privative. L’espace vélo est bien

marqué et visible de la rue, comme l’entrée

des logements également bien mise en

évidence.

Montant des acquisitions par la Ville

des 4 immeubles : 600.000 €

Revente des biens au promoteur :

320.000 €

Réalisation des travaux : 2022-2025

Bouwteam : Auteur de projet : Bureau

Altiplan - Maître d’Ouvrage : Matexi

Liège SA


81

Projet : Rue Nagelmackers 11 –

Quai sur Meuse à 4000 Liège

Présentation – spécificités :

La régie foncière était propriétaire depuis de

nombreuses années d’un terrain de 308 m²

situé à l’angle de la rue Nagelmackers et

du quai Sur Meuse. Les bâtiments construits

sur ce terrain avaient été démolis dans le

cadre des travaux d’adaptation à la mobilité

routière des années 1960-1970. Il s’agissait

alors d’élargir l’assiette de la voirie à cet

endroit.

Depuis, le site, véritable dent creuse à

l’abandon, n’a jamais été reconstruit.

Il a été utilisé temporairement pour le

stockage de matériel du service communal

d’entretien de la voirie. La présence de deux

pignons aveugles recouverts de panneaux

publicitaires renvoyait, par ailleurs, aux

passants et aux touristes, une image

négative de cette partie fort fréquentée du

bord de Meuse, siège du marché dominical

de la Batte. Le maintien du site en l’état

n’était plus acceptable dans la perspective

de la requalification du quartier et de la

valorisation de l’axe stratégique de la ligne

de tram. L’objectif du marché était dès lors

de faire émerger un projet qualitatif, tant

dans sa manière de cicatriser le tissu urbain

que par son architecture intrinsèque et le

programme proposé.

Le bouwteam sélectionné en 2016 (parmi 13

candidatures - ce qui montre l’intérêt des

promoteurs pour ce type de localisation)

a ainsi développé un immeuble dont

l’architecture contemporaine valorise le

front de Meuse (bâtiment d’angle très

visible) et contribue à améliorer l’image du

quartier de la Grand Poste. Le bâtiment de

7 étages comprend, au rez-de-chaussée

et au 1 er étage, quatre espaces pouvant

accueillir du commerce ou des bureaux.

Neuf appartements ont été créés aux étages

supérieurs : un duplex de quatre chambres,

trois de trois chambres, quatre de deux

chambres, et un d’une chambre. L’immeuble

en bord de Meuse est particulièrement bien

orienté avec des terrasses semi-couvertes

offrant des logements lumineux et spacieux.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Montant des acquisitions : 0 €

Revente des biens au promoteur :

215.600 €

Réalisation des travaux : 2018-2020

Bouwteam : Auteur de projet : Olivier

Fourneau Architectes - Maître

d’Ouvrage : LGV.NV


82

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.1.11. PROJET : RUE RUTXHIEL 3

Regroupement de petits logements

insalubres aux étages d’un immeuble

multifonctionnel en un grand duplex pour

une famille avec enfants

Présentation – spécificités :

La spécificité de ce projet, localisé dans un

bâtiment de la rue Rutxhiel, réside dans la

réunification de deux petits logements en

un duplex de 3 chambres de 142 m² sur deux

niveaux. Cet immeuble, propriété de la Ville

de Liège, accueille le Théâtre Arlequin au

niveau du rez-de-chaussée et du premier

étage. Les deux étages supérieurs étaient

en très mauvais état, et nécessitaient

une rénovation en profondeur. La régie

foncière a dès lors profité du départ des

locataires pour transformer les petites

unités existantes en un grand appartement

familial disposant d’une buanderie et d’un

espace de rangement nécessaires pour le

confort d’utilisation. Ce type de logement

spacieux, loué à un prix abordable, et

pouvant accueillir un ménage avec enfant,

manque en effet dans les quartiers du cœur

de la cité. Le projet, visant la réoccupation

d’espaces vides et insalubres aux étages

d’un immeuble multifonctionnel, répond

parfaitement aux objectifs de l’opération

« vivre au centre ». La toiture a fait l’objet

d’une attention particulière au niveau de

l’isolation et en système de ventilation

performant a été installé (C+)X.

Notons que ce type d’opération de

restructuration, même s’il présente un grand

intérêt, est toutefois fort couteux.

Financement : SPW ancrage communal

du logement - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2023 - 2025

Cout total de l’opération (TVAC) :

294.000 €

Acquisition : 0 € (propriété Ville)

Nombre de logements : 1

Auteur de projet : Pierre Ploumen –

Entreprises : Association momentanée

IRENO srl – ZUNE Construction srl

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


2.2. QUARTIER SAINTE-

MARGUERITE

Vu le déclin prononcé du commerce,

la dégradation du bâti et l’impact

durable de la percée de la voie

rapide Fontainebleau divisant le quartier

les habitants et la Ville de Liège se sont

mobilisés dès le milieu des années 1990

pour le renouveau de Sainte-Marguerite.

Une commission de rénovation urbaine

rassemblant les représetnants des habitants

et acteurs locaux a été créée par le Conseil

communal en 1996. Elle a accompagné

l’étude et la mise en œuvre d’une opération

de rénovation urbaine, dont le périmètre

a été reconnu en 2002 par la Wallonie.

L’opération s’est clôturée en 2016 et a vu la

concrétisation d’un ensemble de projets de

création de logements et de réhabilitation

du bâti, ainsi que l’aménagement de

plusieurs espaces publics.

Ce premier projet de quartier de rénovation

urbaine a été abrogé par la Wallonie en

2016 et remplacé par un deuxième projet

de quartier reconnu pour une période de 15

ans (2016-2030). L’étude a été supervisée

par l’association des bureaux PLURIS, Bruno

Bianchet, Transitec et Gesplan.

Lors de l’élaboration du deuxième projet

de quartier, les préoccupations et les

demandes des habitants ont porté

principalement sur les thématiques

suivantes :

• le logement : à côté des dynamiques

positives constatées depuis le début des

années 2000, la précarité d’une partie

de la population et la qualité médiocre

d’une part importante du parc de

logements sont restées problématiques.

La lutte contre les vendeurs de sommeil,

l’inoccupation et l’insalubrité des

logements a dès lors été maintenue

comme revendication prioritaire

• l’apaisement du quartier : certaines

rues perdent des habitants en raison de

la pression automobile (tant au niveau

de la circulation que du stationnement)

• la cohésion sociale : la multiculturalité

est perçue de façon positive par les

habitants du quartier qui ont toutefois

exprimé le regret que cette diversité

ne se concrétise pas autour de projets

communs

• la création d’espaces de loisirs et de

rencontre : de nombreuses familles avec

enfants, à l’étroit dans leur logement, par

ailleurs dépourvu de cour ou de jardin,

sont en attente d’espaces de proximité

et de lieux de détente et de loisirs

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

83


84

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La définition d’objectifs autou

de 3 grands axes :

A partir du diagnostic contextuel, et de

l’analyse AFOM (Atouts – Faiblesses –

Opportunités – Menaces) qui en découle,

les auteurs de projet ont établi une

série d’objectifs pour le quartier Sainte-

Marguerite. Ceux-ci s’inscrivent dans les

axes de développement définis dans le

précédent schéma directeur et répondent à

une thématique globale : “Sainte-Marguerite,

un quartier créatif et connecté”

Axe 1 - Spécifier et développer le quartier :

• jouer le rôle de faubourg en appui du

centre-ville

• valoriser les fonctions urbaines

structurantes (administrations, parcs,

écoles)

• encourager l’interculturalité

• favoriser une gestion sociale et urbaine

de proximité

• faire émerger une identité pour le

quartier valorisant sa riche histoire et

ses dynamiques actuelles

Axe 2 - Resituer Sainte-Marguerite dans le

maillage urbain liégeois :

• réduire les effets négatifs liés à la

topographie et à la pénétrante urbaine

• tirer parti de l’arrivée du tram à

proximité et de la création d’un TCSP /

BHNS sur la pénétrante Urbaine

• étendre les circuits touristiques existants

vers le quartier

• développer la trame verte et bleue dans

le quartier

Outils de planification :

Ces objectifs ont servi de base à la

construction de deux outils de planification

essentiels à la définition et la mise en œuvre

des vingt fiches-projets détaillées dans

l’étude de rénovation urbaine. A savoir :

• un schéma d’intention qui définit

les grandes lignes et orientations de

l’opération. Il sert à synthétiser les

idées directrices et à communiquer la

vision du projet aux différentes parties

prenantes (élus, partenaires, citoyens,

etc.). Il peut être ajusté et affiné au

fur et à mesure de la concrétisation

des actions. Ce schéma comprend

des intentions urbanistiques et socioéconomique

à l’horizon 2030

• un Masterplan qui traduit les

objectifs du schéma d’intention au

niveau urbanistique en présentant

graphiquement les projets identifiés. Il

reprend l’implantation des nouvelles

constructions, les volumétries

envisageables, l’aménagement des

espaces publics, la restructuration

des voiries, et l’évolution des intérieurs

d’îlots (dédensification). Chaque

opération devra faire l’objet d’une étude

architecturale et/ou paysagère plus

précise. Les propositions du masterplan

permettent de se représenter le

potentiel de chaque site et l’impact sur

l’environnement immédiat. Il sert ainsi

à prioriser les actions à entreprendre

et d’outils d’aide à la décision pour les

autorités.

Axe 3 - Considérer Sainte-Marguerite en

qualité de “cadre de vie” :

• conserver le caractère mixte du quartier

(actions sur le bâti existant)

• valoriser les espaces publics sousutilisés

• agir sur la réduction de la

consommation énergétique/pollution


85

Les vingt fiches-actions proposées dans le

projet de quartier reprennent la description

du projet, des propositions d’affectations

pour chaque site, la pertinence de

l’opération en termes de cadre de vie et visà-vis

des atouts et faiblesses du quartier,

l’estimation des couts, les subventions

possibles, un croquis succinct de la situation

projetée et de la localisation précise de

l’action, la chronologie de mise en œuvre, et

les acteurs et partenaires à mobiliser. Toutes

ne seront pas concrétisées en l’état pour des

raisons juridiques, techniques ou financières.

Certaines ne verront même jamais le jour,

d’autres seront réalisées en partie. De

multiples acteurs doivent parfois intervenir

pour permettre aux dossiers d’aboutir, et les

obstacles sont nombreux.

De manière synthétique plusieurs

priorités d’intervention se dégagent de

ces différentes propositions d’actions, et

recoupent les trois axes stratégiques de

manière transversale :

• restructuration de la pénétrante

urbaine et de ses espaces

limitrophes : l’objectif est de transformer

l’autoroute actuelle qui coupe le

quartier en un boulevard urbain

apaisé grâce notamment à une

réduction significative de l’emprise

des voiries principalement au niveau

du carrefour Fontainebleau. La

proposition de transformation de la

voie rapide est pensée de façon à

permettre le développement ultérieur

d’un transport urbain dit structurant

(bus à haut niveau de service), avec

pour intention de faciliter l’accès à

ce transport collectif fort pour les

habitants du quartier. Le programme

va aussi faciliter les déplacements à

pied et à vélo suite à l’aménagement

de couloirs dédiés aux modes

doux. Un vaste espace récréatif

sera implanté en pied de colline, en

recréant la continuité perdue entre

le Haut et le Bas du quartier et avec

le grand espace vert de la colline de

Naimette/Xhovémont, peu accessible

et peu visible en créant de nouveaux

cheminements. Des centaines de

nouveaux logements pourront par

ailleurs être développés sur les terrains

ainsi libérés.

• recréation de la ville sur la ville : cet

enjeu prioritaire a pour objectif de

réhabiliter et cureter les îlots dégradés,

de développer des logements familiaux

et diversifier l›offre, de rentabiliser

l›occupation du sol, de planifier à long

terme la valorisation des grandes

réserves foncières du quartier (ex: îlot

Légia, terrains de Bas-Rhieux, secteur

Haut-Pré), de redynamiser les activités

commerciales, et de changer l’image

du quartier.

• trame d’espaces publics de qualité : la

mise en place d’une véritable trame

structurante d’espaces publics dans le

quartier est nécessaire pour répondre

au légitime besoin des habitants de

disposer de lieux de vie extérieurs de

qualité, dans un quartier densément

bâti. De multiples sites souvent occupés

par du stationnement gratuit ou des

intérieurs d’ilots encombrés par des

annexes, des « box » de garages ou des

hangars, peuvent être transformés

en espaces verdurisés collectifs ou

privatifs.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


86

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.1. PROJET : RUE SAINT-LAURENT 28 –

PARC SAINTE-AGATHE

Création de deux logements et d’un

passage vers un nouveau parc public de 10

ha en intérieur d’îlot (ancien hospice Saint-

Agathe) - reconstruction d’une maison

détruite par une explosion de gaz

Présentation – spécificités :

Parmi les demandes prioritaires exprimées

par les habitants lors de l’élaboration du

Projet de quartier Sainte-Marguerite, au

début des années 2000, figurait la création

d’un espace vert public. Pour y répondre, un

parc de plus de 10 000 m² a été aménagé

sur les terrains de l’ancien hospice Sainte-

Agathe (fermé en 1985), situé entre les

rues Saint-Laurent, Publémont et Hullos.

Initialement, le parc était uniquement

accessible par la rue Hullos, au sud du

site (partie basse). La Ville a cherché

une solution pour désenclaver le parc en

aménageant un second accès au nord de

l’îlot (partie haute). L’immeuble numéro

28 de la rue Saint-Laurent, fortement

endommagé par une explosion de gaz,

constituait une opportunité pour atteindre

cet objectif en démolissant la ruine

menaçant, par ailleurs, la sécurité des

riverains. La maison a été acquise par la

régie foncière suite au lancement d’une

procédure d’expropriation. Outre la création

d’un passage traversant le rez-de-chaussée

de la nouvelle construction pour accéder à

l’intérieur de l’ilot, deux logements ont été

aménagés :

• un appartement familial de 4 chambres

situé dans la partie avant du bâtiment

donnant sur la rue (superficie de

120 m²), et disposant d’une terrasse

privative au dernier niveau

• un appartement « conciergerie » de 2

chambres situé dans le volume arrière

du bâtiment (superficie de 90 m²),

disposant d’une cour privative, et

bénéficiant de vues directes sur le parc

public.

La façade de la nouvelle résidence a été

réalisée en « bardeaux » de terre cuite. Le

choix de ce matériaux et l’architecture

contemporaine du nouvel ensemble en font

un signal fort du renouveau du quartier, et

un appel à pénétrer à l’intérieur de l’ilot pour

découvrir ce nouvel écrin de verdure.

Notons que la concrétisation du projet

d’aménagement du parc repose sur un

partenariat avec le CPAS de Liège qui a mis

la majeure partie des terrains à disposition

de la Ville pour un montant symbolique,

renonçant ainsi à la valorisation financière

de ses propriétés au bénéfice des habitants

du quartier (abandon de la vente à un

promoteur privé).

La société LAMPIRIS (reprise en 2016 par le

groupe Total), qui occupe les bâtiments

de l’ancien hospice Sainte-Agathe depuis

2010 (siège social), a quant à elle accepté

un échange de parcelles avec la Ville,

permettant une organisation plus cohérente

de l’intérieur de l’ilot et un agrandissement

de la partie réservée au parc public.


87

L’aménagement du parc Sainte-Agathe

comprend notamment :

• un chemin public de liaison piétonne

entre la rue Hullos et la rue Saint-

Laurent (connexion inter-quartiers)

• un espace de jeux destiné aux enfants

en bas âge

• un pavillon de jardinage

• un jardin collectif de près de

900 m² (216 m² cultivables), lieu

d’expérimentation, d’échanges

d’informations et de sensibilisation

aux techniques de jardinage. Une

Convention a été conclue entre la

Ville de Liège et la Coordination socioculturelle

de Sainte-Marguerite pour

la gestion des jardins et potagers

communautaires.

Pour des raisons de sécurisation des

promeneurs et des propriétés riveraines, le parc

public est ouvert en journée et fermé la nuit.

Les habitants se sont rapidement approprié

les lieux devenus propices à la détente et

à la rencontre entre les générations et les

cultures.

Financement des logements : SPW

rénovation urbaine - Ville de Liège

Financement du parc : PFGV – SPW

rénovation urbaine - Ville de Liège

Réalisation des travaux : logements :

2009 à 2011 - parc : phase 1 en 2010 et

phase 2 de 2013 à 2015

Cout total de l’opération pour les

logements (TVAC) : 450.000 €

Cout total de l’opération pour le parc

(TVAC) : 1.057.000 €

Acquisition maison n°28 rue St Laurent :

54.000 €

Acquisition terrains - parc : 82.000 €

+1 € (terrain mis à disposition en bail

emphytéotique par le CPAS de Liège)

Nombre de logements : 2

Auteur de projet logements : A.M. De Wit

et Henry – Entreprise : Liégeois

Auteur de projet parc public : Anne

Rondia (Ville de Liège) – Entreprises :

Eloy SA, Ateliers Melens & Dejardin,

Lemaire Parcs et Jardins Sprl

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


88

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.2. PROJET : SITE DES FRANCISCAINS –

RUE DE HESBAYE

Partenariat entre la Ville de Liège et la

Fondation néerlandaise « Servatius » dans le

cadre de la mise en œuvre d’un programme

de revitalisation urbaine sur le site dit

« des Franciscains » - aménagement d’un

parc public et de voiries, construction de

70 logements privés et de 29 logements

publics, de surfaces commerciales et d’un

parking en ouvrage de 87 places

Présentation – spécificités :

La spécificité de ce projet réside dans la

convention de partenariat entre la Ville de

Liège et la société néerlandaise « Servatius »

pour la réalisation d’une opération

commune de construction d’un ensemble

de logements, de surfaces commerciales,

ainsi que l’aménagement d’espaces publics

sur le terrain dit « des Franciscains ».

La Ville de Liège a acquis ce terrain d’environ

14.000 m² en 1979 pour y développer un

programme de logements sociaux qui n’a

pas abouti. Le site est resté sans affectation

particulière durant plusieurs décennies,

hormis comme lieu non aménagé de

promenade pour les riverains.

Dans le schéma directeur de quartier,

approuvé par le Conseil communal en juin

2000, les options retenues pour ce terrain

étaient la construction de logements et le

maintien sur place d’une fonction de loisirs

et d’espace vert.

Souhaitant se tourner vers le marché

immobilier liégeois, la Fondation privée

« Servatius », qui gère plus de 12 000

logements à Maastricht, notamment des

unités destinées aux ménages à revenus

modeste, s’est montrée intéressée par

le projet et l’acquisition d’une partie du

site. Vu l’expérience de cette société aussi

bien dans la gestion de logements que

dans le développement de programmes

multifonctionnels de réhabilitation de

quartiers urbains, et vu sa capacité

financière pour développer un projet

d’envergure rue de Hesbaye, une convention

de partenariat a été approuvée entre

les parties en février 2002 pour la mise

en œuvre d’un projet commun. Pour ce

faire, les partenaires ont confié au bureau

d’architecture Quadra une mission générale

de coordination du projet, impliquant

la réalisation d’une étude urbanistique

et architecturale des logements et des

aménagements publics. Sur base du plan

masse, La Ville de Liège a dès lors sollicité

auprès de la Wallonie la reconnaissance

d’un périmètre de revitalisation urbaine, et

l’obtention d’une subvention (décret du 20

décembre 1990) pour l’aménagement des

espaces publics sur les terrains dont elle est

restée propriétaire. Le présent partenariat

public-privé répondait parfaitement aux

conditions émises dans le décret pour

obtenir l’approbation du Gouvernement

wallon.


89

Les différents chantiers ont débuté en 2005

et 2006 et ont conduit à la création :

• De 88 logements privés répartis dans 4

résidences de la manière suivante (voir

plan masse) :

‒ Complexe A : 17 appartements 2

chambres

‒ Complexe B : 41 appartements 2 et

3 chambres (dont certains avec

terrasses)

‒ Complexe C : 12 duplex modulables

de 2 à 4 chambres

‒ Complexe F et E : 18 appartements 1

et 2 chambres

‒ Un parking en ouvrage de 87

places sous les bâtiments

• De 9 logements publics « adaptables »

gérés par la régie foncière (complexe

D), et répartis de la manière suivante :

‒ 2 logements 1 chambre de 65 m²

(avec un espace extérieur privatif)

‒ 7 logements 2 chambres de 81 m²

(avec un espace extérieur privatif)

Notons qu’en 2012, la Ville est devenue

propriétaire des 17 appartements de

la résidence A, portant à 26 le nombre

d’appartements publics dans le projet. A

ceux-ci sont venus s’ajouter les 3 logements

de la résidence E acquis par la Slsp La Maison

Liégeoise dès la fin du chantier en 2008.

Les aménagements du domaine public dans

le cadre du programme de revitalisation

urbaine ont consisté notamment en :

• la mise en valeur des arbres

remarquables, l’intégration d’un espace

arboré au parc, la plantation d’essences

particulières (jeux de couleurs selon

les saisons), et l’engazonnement de la

majeure partie du site

• l’installation d’infrastructures de loisirs

et de jeux pour enfants

• la création de cheminements piétons

propices aux promenades, et d’un

passage (vers la rue Eugène Houdret)

renforçant les liaisons entre sousquartiers

• l’installation de mobilier urbain (bancs,

poubelles, etc)

• l’aménagement d’espaces (placettes)

essentiellement minéraux et ponctués

d’éléments végétaux entre les nouveaux

bâtiments

• la création d’une desserte avec parking

(durée limitée) comme espace tampon

entre les immeubles et le trafic de

transit (plus de sécurité pour l’accès aux

logements et aux commerces)

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


90

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

En mettant son terrain à disposition d’un

partenariat avec une société privée, la Ville

de Liège a permis le développement d’un

projet ayant conduit :

• à la création d’une centaine de

logements neufs dans un quartier en

requalification

• à la création de mixité au niveau de

l’offre locative : locataires/propriétaires,

logements pour personnes aux revenus

modestes à moyens, logements PMR

• à la reconstruction du front bâti, en

éliminant une friche qui occasionnait

une rupture dans le tissu urbain, tout en

maintenant un espace vert et de loisir

accessible à tous

• à lutter contre l’imperméabilisation

des sols grâce au maintien d’espaces

végétalisés et à des aménagements

adéquats

• au renforcement de l’attractivité

du site par la création de surfaces

commerciales.

Remarquons toutefois que les cellules

commerciales n’ont attiré que des fonctions

libérales et des services (maison médicale,

avocats, bureau de comptabilité, atelier

d’architecture, agence immobilière, etc.).

Financement des logements publics :

SPW rénovation urbaine - Ville de Liège

Financement des espaces publics :

SPW revitalisation urbaine et Espaces

verts - Ville de Liège

Réalisation des travaux : logements :

2006 à 2008 - parc : 2005 à 2008

Cout total de l’opération pour les 9

logements (TVAC) : 1.160.000 €

Cout total de l’opération pour les

espaces publics (TVAC) : 1.393.000 €

Investissements par le privé :

14.000.000 €

Acquisition terrain : 0 € (terrain

communal)

Acquisition des 17 appartements du

complexe D en 2012 : 1.900.000 €

Vente du terrain au partenaire privé :

678.940 €

Nombre de logements : 97 dont 29

publics et sociaux – commerces/

bureaux : 11

Auteur de projet logements : Bureau

Quadra – Entreprise : SA Wust

Auteur de projet espaces publics :

Bureau Quadra – Entreprises : AB Tech

et Leidgens

Maitres de l’ouvrage : Ville de Liège et

Société « Servatius »


91

Nouvelle liaison piétonne et cyclable vers la

rue Sainte-Marguerite pour désenclaver le

parc public dit « des Franciscains » - projet

en cours (voir plan masse)

En complément des travaux déjà réalisés il

y a une quinzaine d’années, la Ville de Liège

souhaite créer une nouvelle connexion,

pour les modes doux, reliant la rue Sainte-

Marguerite au parc public des Franciscains.

Ce projet est inscrit dans le programme

de revitalisation urbaine et fait donc

l’objet d’un subventionnement régional.

Cette nouvelle liaison, prévue initialement

dans l’étude urbanistique, a nécessité de

longues années de négociations avec le

voisinage et les propriétaires de biens à

acquérir, pour permettre les aménagements

indispensables à la concrétisation de cet

accès. L’opération a été identifiée comme

prioritaire dans le nouveau projet de

quartier. Sur un terrain acquis rue Sainte-

Marguerite, la Ville de Liège prévoyait la

construction d’un bâtiment pour marquer

l’entrée vers le parc public. Cet immeuble,

qui devait intégrer un passage au niveau

du rez-de-chaussée et deux logements

aux étages, aurait permis de supprimer une

dent creuse et de cicatriser le tissu urbain.

Un marché de travaux a ainsi été lancé en

2022. La partie logement de l’opération,

qui bénéficiait d’un subside à l’ancrage

communal du logement, a toutefois dû

être abandonnée en raison des montants

trop élevés à l’ouverture des offres en

2023. Dans l’attente de l’élaboration d’un

nouveau projet et d’un nouveau programme

de subventionnement, il a été décidé de

poursuivre l’objectif principal de l’action,

à savoir, l’aménagement de la liaison,

nécessaire au désenclavement du parc et

à la création de nouvelles connexions entre

sous-quartiers. Les travaux débuteront en

2026.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Auteur de projet : Lorigami/Opale -

Maitre d’ouvrage : Ville de Liège (Bureau

d’étude GEP) – Estimation travaux

liaison : 550.000 € - Financement : SPW

revitalisation urbaine.


92

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.3. PROJET : RUE SAINT-SÉVERIN 46-48

Ouverture d’une mairie de quartier et

rénovation « lourde » de 4 logements dans

deux immeubles très dégradés repris à

l’inventaire du patrimoine

Présentation – spécificités :

Cette opération a été la première menée par

la Ville de Liège et sa régie foncière dans le

périmètre de rénovation urbaine du quartier

Sainte Marguerite, fraîchement reconnu

par le gouvernement wallon au début

des années 2000. Déjà à l’époque, c’est la

conjonction des sources de financement

qui a permis la concrétisation de ce projet,

et la sauvegarde d’immeubles repris à

l’inventaire du patrimoine immobilier wallon.

En l’occurrence, des subsides octroyés par

le SPW dans le cadre de la création de 4

logements aux étages des immeubles, et la

Politique Fédérale des Grandes Villes pour

l’aménagement de locaux adaptés aux

besoins d’un service à la population au rezde-chaussée

de ceux-ci.

L’opération a consisté en l’acquisition de

deux immeubles fortement dégradés et

inoccupés, dont certaines parties datent

du XVIIe siècle. Les bâtiments ont été

réunis pour procéder à un remembrement

des propriétés, et ainsi accroître les

surfaces disponibles. Seules les façades

et les structures en colombages ont été

conservées. Vu l’état des constructions,

le reste du bâti a dû être démonté et

reconstruit, ce qui a permis l’aménagement

de logements conformes aux attentes

actuelles notamment au niveau des

espaces de vie, de la luminosité, de

l’agencement des différentes fonctions,

de l’isolation thermique, et de l’isolation

acoustique. La programmation est la

suivante :

• 1 er étage : 1 appartement familial avec

3 chambres de 110 m²

• 2 e étage : 2 appartements dont 1

appartement, 1 chambre de 78 m²,

et 1 duplex de 47 m²

• 3 e étage : 1 appartement 1 chambre

de 87 m²

La mise en location de logements destinés

à des ménages aux revenus moyens répond

au souhait affirmé des autorités de créer

plus de mixité sociale dans un quartier

comprenant une part importante de

personnes précarisées.

Le rez-de-chaussée du nouvel ensemble

accueille, quant à lui, une « mairie de

quartier ». Les habitants avaient manifesté

leur souhait de disposer de ce service lors

de la consultation préalable à l’adoption du

schéma directeur. La « mairie de quartier »

intègre un service décentralisé de l’État

civil qui offre une large gamme de services

de proximité et facilite les démarches

administratives des habitants. Une salle de

réunion est par ailleurs mise à disposition

des associations du quartier pour organiser

des rencontres.

Notons que les couts importants de

l’opération sont liés à l’état de profonde

dégradation des deux immeubles avant

travaux (des mesures de stabilisation

conséquentes ont été nécessaires avant le

démarrage du chantier), et de l’inscription

des façades à l’inventaire du patrimoine qui

oblige à respecter le caractère patrimonial

sans cependant obtenir de subsides pour la

restauration (seul un classement le permet).

Financement : PFGV – SPW rénovation

urbaine - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2004 à 2005

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.014.500 €

Acquisition : 49.500 €

Nombre de logements : 4

Auteur de projet : Fabienne Hennequin &

associés – Entreprises : Réforme et Nizet

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


93

2.2.4. PROJET : ILOTS FIRQUET-SAINT-SÉVERIN

Dédensification et réhabilitation d’îlots

d’habitation dégradés dans un contexte

de lutte contre les vendeurs de sommeils,

d’inoccupation et d’insalubrité des

logements - démolition de ruines et

d›annexes illégales, rénovation lourde

et reconstruction de 30 logements -

création de jardins et potagers partagés et

sauvegarde de bâtiments à haute valeur

patrimoniale – partenariat avec le FLW

Présentation – spécificités :

Il y a 25 ans, lors de la consultation des

habitants de la ZIP/QI Sainte-Marguerite

pour l’élaboration du Projet de quartier,

une problématique majeure évoquée

par la population était la question de la

taudification de certains îlots bâtis, leur

inoccupation, et l’exploitation outrancière

des logements par des marchands de

sommeil.

Deux ensembles ont été identifiés par la

Ville de Liège comme prioritaires pour

mener une action globale de réhabilitation

et d’assainissement :

• le premier que nous dénommerons

dans la suite « îlot Firquet-Saint-Séverin

1 » délimité par les rues Hocheporte/

Saint-Séverin/Coqraimont et Firquet

• le second que nous dénommerons

dans la suite « îlot Firquet-Saint-Séverin

2 » délimité par les rues Coqraimont/

Saint-Séverin/des Cloutiers et Firquet.

Pour ces deux îlots, les constats suivants

ont été dégagés dans le cadre d’une étude

urbanistique réalisée en 2002-2003 (voir

plan masse) :

• les deux îlots fermés à front de rue sur

l’ensemble de leur périmètre présentent

une trame étroite et profonde

• leur intérieur est principalement occupé

par des bâtiments en mauvais état,

partiellement habités ou abandonnés.

Le taux d’occupation du bâti au sol est

respectivement de 83 % pour l’îlot 1 et

91 % pour l’îlot 2. Très peu d’espaces

ouverts sont végétalisés.

• un grand nombre d’immeubles ne

répond pas à la législation en vigueur

en termes de permis de location, de

permis d’urbanisme, de salubrité…

• les accès en intérieur d’îlot sont étroits

et individuels par propriété. Il n’existe

aucune traversée d’îlot ni entrée pour

véhicules (par exemple d’urgence)

• les bâtiments sont principalement des

immeubles de rapport peu aménagés

et souvent de petite taille. Les prix de

ventes et les loyers sont élevés au

vu de la qualité et de la situation des

biens. Ils sont cependant occupés vu

la demande, majoritairement par des

personnes isolées ou des familles en

situation de précarité

• La minéralisation des îlots pose la

problématique d’imperméabilisation

des sols, et dès lors de l’infiltration et

de l’écoulement des eaux pouvant

causer des inondations lors des fortes

précipitations.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


94

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

En 2003, le Conseil communal de Liège a

décidé de réaliser un ambitieux programme

de réhabilitation de ces deux îlots pour initier

le renouveau du quartier Sainte-Marguerite

et particulièrement de la rue Saint-Séverin,

fortement marquée par la problématique

des marchands de sommeil et des

logements insalubres.

Les grandes lignes du plan d’action initié en

2003 par la Ville de Liège visent à :

• assurer prioritairement la maîtrise

foncière de l’intérieur d’îlot – afin de

pouvoir y réaliser certaines démolitions

d’annexes et de bâtiments insalubres

• rénover ce qui peut l’être – démolir et

reconstruire si nécessaire en fonction

de l’état des immeubles

• développer des logements à la taille et

aux loyers variés pour créer de la mixité

• aménager l’intérieur de l’îlot urbain au

profit des habitants en y créant des

jardins et potagers partagés

Notons que des difficultés liées à la vétusté

des immeubles privés situés en bordure

des zones d’intervention de la Ville ont été

rencontrées en cours de chantier. Les murs

de ces bâtiments, en colombage pour

certains, ont dû être consolidés suite à leur

mise à nu consécutive à la démolition de

volumes existants. Des annexes, parfois

illégales, et ne faisant pas partie des biens

acquis par la régie foncière ont également

été concernées par cette problématique.

Ces imprévus ont engendrés des coûts

supplémentaires et des retards inévitables

dans la réalisation des travaux. Lorsque

les difficultés rencontrées n’ont pas

trouvé de solution à l’amiable (démarche

privilégiée par la Ville), le service juridique

de la commune ou les propriétaires des

bâtiments voisins ont parfois dû saisir la

justice, entrainant des procédures longues

et fastidieuses.


95

2.2.4.1. Projet : Ilot Firquet-Saint-Séverin 1

Parmi les opérations menées par la Ville,

celle-ci est sans conteste une des plus

emblématique à la fois par son ampleur, sa

complexité et les nombreux objectifs qu’elle

rencontre.

La réhabilitation de cet îlot a duré

une quinzaine d’année de 2003 (plan

urbanistique et premières acquisitions) à

2016 (fin du dernier chantier).

La mise en œuvre du scenario retenu a

nécessité le lancement de trois marchés

de travaux par le service du logement et la

régie foncière. La ville a par ailleurs cédé

en emphytéose au Fonds du Logement de

Wallonie trois immeubles, dans le cadre

d’un partenariat qui prévoyait la rénovation

complémentaire de 6 logements. Dans son

ensemble, le projet a ainsi permis la mise sur

le marché locatif de 30 logements répartis

comme suit :

• 6 logements 1 chambre

• 14 logements 2 chambres

• 9 logements 3 chambres

• 1 logement 4 chambres

La mixité intervient également au niveau

de l’affectation des appartements. Le

programme comprend en effet 17 logements

« moyens » et 13 logements « sociaux » ou

« sociaux assimilés ».

La spécificité du projet repose aussi sur

le partage par les résidents des espaces

de cours et jardins, favorisant ainsi le lien

social et la convivialité. Le choix a été fait

de réaliser des espaces communautaires

(700 m²), associant zone de jardin

d’agrément, zone de potager collectif, coin

enfant, cheminements, mis à disposition de

l’ensemble des locataires, qui en assurent

collectivement le nettoyage, l’entretien et la

gestion (signature d’une charte). Ce cadre

participatif encourage une gestion collective

et respectueuse des lieux, renforçant

ainsi le sentiment d’appartenance et de

responsabilité partagée.

Maitrise foncière : la Ville de Liège a négocié

à l’amiable les premières acquisitions

en 2005, puis, pour éviter la spéculation,

a poursuivi la maitrise foncière via

l’approbation d’un plan d’expropriation pour

cause d’utilité publique. La régie foncière est

ainsi devenue propriétaire de 23 immeubles

dans l’îlot 1 dont dix ont été démolis. Cette

dédensification a permis de créer des vues

y compris pour les habitants des immeubles

privés situés autour du projet public.

Notons que les locataires des immeubles

acquis par la Ville de Liège ont été relogés

dans deux immeubles de la rue Coqraimont

puis via l’Agence immobilière Sociale. Un

accompagnement dans la recherche d’un

nouveau logement a également été proposé

à tous les locataires qui le souhaitaient.

Le détail des interventions de la Ville est le

suivant :

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Ilot 2

Ilot 1


96

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.4.1.1. Opération 1 : rue Saint-Séverin

(58 à 86) et rue Firquet 3 à 4000 Liège

Les particularités de ce projet résident dans :

• la création de 15 logements dont 6

« sociaux » et 9 destinés aux ménages à

revenus « moyens », assurant une mixité

sociale au sein de l’îlot

• la rénovation de 4 logements par le FLW

aux numéros 64 et 66 de la rue Saint-

Séverin (bail emphytéotique de 66 ans

à l’euro symbolique)

• la restauration de l’immeuble classé

situé au n°76 de la rue Saint séverin,

édifié au début du XVIIIe siècle et

caractéristique du style mosan « à

croisée ».

• la démolition d’annexes et de bâtiments

insalubres pour créer des cours et

jardins

• la rénovation d’un ensemble de

maisons ouvrières (type corons) du XIXe

siècle, construites autour d’une cour

centrale en intérieur d’îlot

• la création d’une liaison piétonne

traversant l’ilot et reliant les rues Firquet

et Saint-Séverin

• la démolition et reconstruction de 3

immeubles étroits du côté de la rue

Saint Séverin (démolitions ayant permis

l’accès en intérieur d’îlot durant le

chantier)

Financement : PFGV ville durable – SPW

ancrage communal du logement et

Patrimoine – Province de Liège - Ville de

Liège

Partenaire : FLW

Réalisation des travaux : 2009 à 2013

Cout total de l’opération (TVAC) :

4.950.000 €

Acquisitions : 850.000 €

Nombre de logements : 15 Ville de Liège

+ 4 FLW

Auteur de projet : AC&T

Entreprises : Thiran

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


97

2.2.4.1.2. Opération 2 : rue St-Séverin 92 à

100 à 4000 Liège

Les particularités de ce projet résident dans :

• la rénovation lourde de 6 logements

destinés à des ménages aux revenus

« moyens »

• la restauration d’un ensemble, datant

de la seconde moitié du XVIIIe siècle,

inscrit à l’Inventaire du Patrimoine

wallon. Les bâtiments se distinguent

par leurs murs en colombages et

une tourelle, témoins précieux de

l’architecture d’époque, qui ont été

minutieusement préservés et valorisés

• la restructuration en logements des rezde-chaussées

à rue autrefois occupés

par des commerces

• la création d’un passage au

rez-de-chaussée du bâtiment

• la démolition du n° 94 de la rue Saint-

Séverin et d’annexes, permettant

de libérer des espaces pour les

aménagements extérieurs privatifs

et collectifs

Financement : PFGV ville durable – SPW

ancrage communal du logement - Ville

de Liège

Réalisation des travaux : 2009 à 2012

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.500.000 €

Acquisitions : 250.000 €

Nombre de logements : 6

Auteur de projet : Fabienne Hennequin

& Associés – Entreprises : Liégeois

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


98

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.4.1.3. Opération 3 : rue Coqraimont

2 à 6 à 4000 Liège

Les particularités de ce projet résident dans :

• la création de 3 logements dont 1 pour

les familles à revenus modestes et

2 destinés aux ménages à revenus

« moyens »

• la rénovation de 2 logements par le FLW

aux numéro 6 de la rue Coqraimont

(bail emphytéotique de 66 ans à l’euro

symbolique)

• la création d’un accès carrossable de

plain-pied (accès PMR) vers l’intérieur

d’îlot par la création d’un passage sous

bâtiment

• la reconstruction d’une façade en

« acier corten » apportant une touche

contemporaine et esthétique à

l’architecture, tout en respectant

l’identité du quartier

• la création d’un jardin et d’un

potager communautaire suite à la

démolition d’annexes (lutte contre

l’imperméabilisation des sols)

• la coordination avec le propriétaire d’un

immeuble voisin du site pour la création

de nouvelles ouvertures permettant

d’améliorer la salubrité des logements

privés concernés

• la pose de panneaux photovoltaïques

en toiture reliés au compteur des

communs (éclairage des cages

d’escaliers et sous-sols, des locaux

de rangement et espaces collectifs

extérieurs, extraction forcée de l’air dans

les caves), et l’installation d’un système

de récupération des eaux de pluie avec

citerne pour l’arrosage du potager.

Financement : PFGV ville durable – SPW

ancrage communal du logement - Ville

de Liège

Partenaire : FLW

Réalisation des travaux : 2015 à 2016

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.534.000 €

Acquisitions : 430.000 €

Nombre de logements : 3 Ville de Liège

+ 2 FLW

Auteur de projet : AC&T

Entreprises : Bajart

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


99

2.2.4.2. Ilot Firquet-Saint-Séverin 2 - Rue

Saint-Séverin 110, 112, 114, 118, 120, 122, 126 et

rue Firquet 19, 21, 23, 25

La réhabilitation de cet îlot, composé d’un

« imbroglio » de constructions disparates et

de taudis, présente beaucoup de similitudes

avec l’opération décrite précédemment

(îlot 1). Il s’agit aussi d’un projet d’ampleur

concernant un grand nombre de bâtiments,

et tout aussi complexe.

Les démarches en vue d’acquérir les biens

ont débuté en 2005 et se sont poursuivies

jusqu’en 2014. Douze immeubles, et de

nombreuses annexes souvent illégales,

sont ainsi devenus propriétés de la ville

de Liège. Une procédure d’expropriation

a été nécessaire pour un bâtiment, la

négociation à l’amiable avec le propriétaire

n’ayant pas abouti. Notons que sans

l’intervention de la Politique Fédérale des

Grandes villes, ces acquisitions (s’élevant

à 1.342.000 €) n’auraient pu être réalisées.

La conjonction des sources de financement

apparait plus que jamais nécessaire pour

la concrétisation de ce type d’opération, vu

notamment les coûts importants engendrés

par les nombreuses démolitions et les

mesures de sécurisation et de stabilisation

des immeubles voisins.

L’avant-projet initial, présenté par le bureau

d’étude, envisageait la création de 11

logements et d’espaces extérieurs privatifs

et collectifs. Cependant, vu l’estimation des

coûts très élevée pour mettre en œuvre le

scénario urbanistique avalisé en 2003 par

le Conseil communal, la Ville a décidé de

chercher un partenaire afin de mutualiser

les dépenses. Les 4 immeubles de la rue

Firquet ont ainsi été vendus au Fonds du

Logement de Wallonie, qui est déjà intervenu

dans la requalification de l’îlot 1. Cette

décision a toutefois nécessité l’approbation,

par les parties, d’une convention de « cession

partielle du marché public de services

relatif à la mission complète d’études et de

surveillance des travaux ». Un changement

d’opérateur a par ailleurs été sollicité auprès

du SPW pour permettre au FLW de bénéficier

des subsides à l’ancrage communal du

logement.

L’intervention de la Ville de Liège s’est

dès lors concentrée sur la démolition des

immeubles de la rue Saint-Séverin et des

annexes des immeubles de la rue Firquet

d’une part, et sur la reconstruction :

• de 6 logements de 1 à 4 chambres

d’une superficie de 50 à 143 m² avec

terrasses privatives, dont 3 sont

adaptables grâce notamment à

l’installation d’un ascenseur. Chacun

dispose par ailleurs d’une cave

individuelle

• de 2 cellules commerciales de 130 et

80 m², dont l’une peut être facilement

adaptée en logement si aucune activité

n’y prend place. Un appel à projet

Créashop (voir point 1.5 et point 2.7.1) a

été lancé en 2025 pour l’affectation des

deux commerces

• d’un local de 60 m² destiné au parcage

des vélos et des poussettes, et d’un

espace de 13 m² pour le tri des déchets

• d’une salle polyvalente de 63 m²

destinée aux habitants du quartier

(accessible aux PMR), et équipée

d’une cuisine et de sanitaires (charte

d’occupation)

• d’espaces extérieurs communautaires

végétalisés de 504 m² suite à la

démolition et l’assainissement de

nombreuses annexes et ruines

• d’une liaison piétonne permettant de

traverser l’îlot via un large passage

(3,40 mètres) en rez-de-chaussée du

nouveau bâtiment du côté de la rue

Saint-Séverin et d’une servitude du côté

de la rue Firquet

Les immeubles numéros 110, 112 et 114 de

la rue Saint-Séverin, vu leur étroitesse, ne

rencontraient pas les critères minimaux

de salubrité du Code Wallon du Logement

et de l’Habitat Durable. La trame du

parcellaire des bâtiments 120 et 122 de la

même rue, n’était quant à elle pas optimale

pour rénover les espaces disponibles en

logements de qualité. Un relevé détaillé

de l’état sanitaire de l’ensemble des

constructions a par ailleurs montré la

dangerosité et la dégradation de la presque

totalité des structures existantes. L’auteur

de projet a dès lors été confronté dès

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


100

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

l’entame de sa mission aux questions de la

conservation, ou non, des 3 bâtiments repris

à l’inventaire du patrimoine, du confort

de vie des futurs occupants, de la mixité

des fonctions, et du développement de

minimum 30% de logements adaptables

imposés par la Wallonie pour l’obtention des

subsides. Comment concilier le programme

demandé, l’habitabilité des logements et

la maitrise du coût des travaux avec

l’ancienneté et la configuration complexe du

bâti existant ?

Après une réflexion approfondie et de

multiples échanges avec le maitre

d’ouvrage, la nécessité de procéder à

la démolition des immeubles de la rue

Saint-Séverin s’est finalement imposée en

privilégiant la construction de nouvelles

façades plutôt que de conserver les

anciennes. Cette dernière option

(façadisme) restait très contraignante,

notamment pour la future organisation

des logements. La conception des

nouveaux volumes et la validation du

projet de démolition/reconstruction ont été

longuement discutés avec l’administration

wallonne et les membres de la commission

de rénovation urbaine du quartier. Deux

ensembles d’expression contemporaine

viennent finalement s’insérer dans la rue

autour du n° 116 en respectant la volumétrie

traditionnelle des maisons voisines, et en

intégrant des détails de façades qui font

référence au bâti en place. Le n°116 dont

question a en effet été rénové par ses

propriétaires occupants, et dès lors conservé

dans le cadre de l’opération. Le maintien de

ce bâtiment a toutefois eu une incidence sur

l’organisation du chantier. Les démolitions

ont été programmées en deux phases, afin

de stabiliser (soutenir) le petit bâtiment

dont question, et ainsi veiller à la sécurité

des habitants, qui ont décidé d’y vivre

durant la période de chantier malgré une

proposition de relogement temporaire dans

un appartement de la régie foncière au sein

du quartier.

In fine, ce projet est un bel exemple de

reconstruction de la ville sur la ville ayant

nécessité de peser les avantages et les

inconvénients des différentes propositions

d’actions.

L’intervention du FLW s’est quant à elle

concentrée sur la rénovation des 4

immeubles de la rue Firquet en 5 logements

pour ménages à revenus modestes. Trois

d’entre eux sont destinés à des familles

nombreuses (3 et 4 chambres). Ces

bâtiments plus récents, moins dégradés,

et disposant d’une configuration plus

généreuse adaptable aux normes

d’habitabilité actuelles ne nécessitaient pas

d’être démolis. L’intérieur des immeubles

fait toutefois l’objet d’une restructuration

complète, mais l’intervention sur les façades

à rue est minimaliste. Ces appartements

pourront naturellement bénéficier des

espaces communs en intérieur d’îlot

grâce au cheminement créé depuis la rue

Saint-Séverin. Les travaux, dont le montant

avoisine 900.000 euros, ont débuté en 2024.

Financement : PFGV ville durable – SPW

ancrage communal du logement et

Rénovation urbaine – Ville de Liège

Partenaire : FLW

Réalisation des travaux : 2021 à 2026

Cout total de l’opération (TVAC) :

3.980.000 €

Acquisitions : 1.342.000 €

Vente de 4 immeubles au FLW :

168.000 €

Nombre de logements : 6 Ville de Liège

+ 5 FLW

Auteur de projet : Daniel Delgoffe –

Entreprises : Etablissements Jean Wust

s.a.

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


101

2.2.5. PROJET : PÔLE MULTIFONCTIONNEL

AGIMONT – HOCHEPORTE - ACADÉMIE

Comblement d’une dent creuse à l’angle

des rue Agimont et Hocheporte par une

crèche de 42 lits, 6 logements à haute

performance énergétique et 9 places

de parking au rez-de-chaussée d’un

nouvel immeuble, d’une placette pour

les habitants du quartier, d’un second

bâtiment accueillant des services à la

population, et d’une liaison piétonne reliant

le bas de l’îlot à la rue de l’Académie où

d’anciens ateliers communaux ont été

transformés en espaces entreprises par la

société Novacitis

Présentation – spécificités :

Une grande partie de l’îlot compris entre les

rues Agimont, Hocheporte et Academie est

constituée de biens propriétés de la Ville de

Liège.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Le projet de quartier prévoyait d’assainir

le chancre constitué par les terrains et

les bâtiments en mauvais état situés

au pied de la rue Hocheporte. Il invitait

aussi les autorités à valoriser les grands

pignons aveugles de l’école communale

Agimont en remaniant le tissu urbain, à

réaffecter les ateliers (ancienne menuiserie

communale) de la rue de l’Académie par de

l’activité économique, et à créer une liaison

piétonne pour traverser l’îlot. La nécessité

de recoudre le tissu urbain apparaissait

aux yeux de tous les intervenants (auteurs

de projets et population) comme une

évidence. Notons que la maîtrise foncière

du site a représenté un atout incontestable

lors du développement de ce projet

multifonctionnel.

Plusieurs phases de travaux ont été

nécessaires pour concrétiser ce scénario

d’intervention.


102

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.5.1. Opération 1 : pôle social

Dans un premier temps, suite à la démolition

du bâti dégradé et inoccupé du bas de la

rue Hocheporte (ancienne serrurerie de la

Ville), un nouvel ensemble devait accueillir

le commissariat de quartier de Sainte-

Marguerite. La police a toutefois décidé

de s’installer définitivement, en 2017, à la

caserne militaire Saint-Laurent, mieux

localisée et mieux adaptée pour mener ses

interventions. L’immeuble, déjà en cours

de construction, a alors été affecté à des

services d’aide aux citoyens. On peut ainsi y

trouver une maison intergénérationnelle, une

antenne du CPAS, un Relais de l’emploi du

FOREM et l’association La régie des quartiers

de Liège. Ces différents services viennent

s’ajouter à la Mairie de quartier située à

quelques dizaines de mètres, dans des

immeubles rénovés par la régie foncière rue

Saint-Séverin.

Auteur de projet : AURAL – Entreprise :

Batitec - Maitre d’Ouvrage : Ville de

Liège/département des bâtiments

communaux - Montant des travaux :

2.100.000 € - Date de réalisation : 2017 à

2019


103

2.2.5.1. Opération 2 : une crèche, des

logements et une liaison piétonne

Dans une deuxième phase, la Ville de Liège

a construit, sur le terrain mitoyen à l’école

communale, et contre son pignon, un nouvel

immeuble de 5 niveaux destiné à accueillir :

• Une crèche de 42 lits occupant les deux

premiers étages. L’accès à la crèche

se fait par un ascenseur indépendant

ou un large escalier , facilitant l’arrivée

des familles. Ce projet s’inscrit dans le

cadre du « plan cigogne » du SPW et du

programme « Zéro déchet » de la Ville

de Liège. Il résulte d’une collaboration

étroite avec les départements de la

Petite Enfance, de l’Environnement et de

l’ONE

• 6 logements basse énergie (PEB A –

installation photovoltaïque partagée)

occupant les trois niveaux supérieurs

de l’immeuble, chacun étant doté

d’une terrasse ou d’un balcon, de belles

vues sur le quartier, et d’espaces de

vie spacieux. L’ensemble comprend

3 logements de 4 chambres (114 m²),

et 3 logements PMR de 2 chambres

(92 m²). Afin de limiter l’impact sur le

stationnement dans le quartier, un

parking de 9 places est intégré au

rez-de-chaussée de l’immeuble qui

comprend également un parking

vélo sécurisé. Soulignons que 4 de

ces logements ont été attribués aux

familles sinistrées lors des inondations

catastrophiques du mois de juillet 2021

La Ville a également aménagé une placette

arborée, équipée de bancs et de quelques

jeux pour enfants. Une liaison piétonne

relie par ailleurs un axe fort de transport en

commun (rue de l’Académie) au cœur du

quartier. Ce nouvel itinéraire piéton mettra

par ailleurs en connexion les activités situées

dans le haut et le bas de l’îlot.

Financement : SPW ancrage communal

du logement et rénovation urbaine -

SPW Infrastructures Plan Cigogne - SPW

Fonds Régional d’Investissement des

Communes - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2019 à 2021

Cout total de l’opération logements

(TVAC) : 2.197.000 €

Cout total de l’opération crèche

(TVAC) : 2.030.000 €

Cout total de l’opération espaces

publics (TVAC) : 550.000 €

Acquisition : 0 € (biens communaux)

Nombre de logements : 6 – Crèche : 42

places

Auteur de projet : Atelier d’Architecture

Daniel Delgoffe – Entreprises : S.M.

Moury - Wust

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

(services du logement, des bâtiments

communaux, et de la gestion de

l’espace public)

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


104

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.5.3. Opération 3 : La Menuiserie -

Un centre d’entreprises innovant

Plutôt que de vendre au plus offrant les

anciens ateliers dont elle était propriétaire

rue de l’Académie, la Ville de Liège a décidé

de lancer, en 2018, un appel à intérêt afin

de sélectionner un partenaire privé chargé

d’y développer des activités à caractère

économique. C’est ainsi que la société

coopérative à finalité sociale Novacitis a

été désignée pour mettre en œuvre son

projet de centre d’entreprise innovant

« La Menuiserie ». Ce dernier propose des

bureaux privés, un espace de coworking, des

salles de réunion et de formation, ainsi qu’un

service de domiciliation d’entreprises. Le

bâtiment a été rénové dans une logique de

préservation des ressources et de réduction

de l’impact environnemental. Il accueille

des structures engagées dans des projets à

impact social, écologique ou économique. Le

site se trouvant le long de la nouvelle liaison

piétonne, un partenariat a été négocié, avec

les services de la Ville compétents, pour la

gestion des ouvertures et fermetures des

accès, et pour la valorisation d’un potager

communautaire dans l’îlot. Un restaurant

coopératif est par ailleurs niché au cœur

de « La Menuiserie ». À TABLE !, plus qu’un lieu

pour se restaurer, est un espace convivial de

rencontres et d’échanges, ouvert à toutes et

tous. On y savoure une cuisine locale, avec

des produits de saison et de circuits courts.

Il accueille aussi des événements culturels,

artistiques et culinaires, et fait vivre des

valeurs d’économie solidaire, inclusive et

engagée.

Financement : privé – levée de fonds

auprès de coopérateurs

Réalisation des travaux : 2022 à 2023

Vente par la Ville : 305.000 €

Partenaire : Scrl à finalité sociale

Novacitis

Auteur de Projet : Hélium 3

Plus d’informations : https ://novacitis.be/

la-menuiserie/


105

2.2.6. PROJET : RUE VANDERVELDE 88

Construction d’un immeuble de 5

logements Q-Zen (Quasi Zéro Energie)

après démolition d’une maison unifamiliale,

et aménagement d’une placette donnant

accès à un futur parc en intérieur d’îlot

Présentation – spécificités :

Cette opération de démolition/

reconstruction d’un immeuble résidentiel,

constitue une partie d’un projet plus vaste

repris dans le schéma directeur du quartier

Sainte-Marguerite 2015-2030. La particularité

de ce projet réside dans la création d›un

traversée verte par un intérieur d’îlot arboré

entre le bas de la côte d’Ans et le haut de la

rue Vandervelde. En 2014, la Régie foncière a

eu l’opportunité d’acquérir le bâtiment de la

rue Vandervelde n°88, et son « jardin » d’une

superficie de 3500 m² s’étendant sur une

grande partie de l’îlot. Le bien, vu sa taille

et sa configuration, était parfaitement situé

pour amorcer la concrétisation de la fiche

projet précitée.

Un terrain complémentaire d’une

superficie de 1950 m², enclavé en intérieur

d’îlot et mitoyen de la parcelle de la rue

Vandervelde, ainsi que l’immeuble n°51 de

la rue Eugène Houdret ont également été

acquis au cours des dernières années. Ces

biens, reliant les deux axes, permettront à

terme de développer le scénario approuvé

par les autorités communales et les

citoyens, avec une attention particulière

pour le rôle écologique de cet intérieur

d’ilot, riche de sa biodiversité urbaine.

Une étude précise du cheminement et

de l’aménagement de l‘intérieur d’ilot

devra être commandée dans les années

à venir afin d’envisager ses possibilités

de financement. Dans l’attente de ce

plan urbanistique, et du lancement d’un

programme d’actions par la Wallonie, les

services techniques de la régie foncière

entretiennent les terrains en faisant appel,

notamment, à un éleveur de moutons. Vu

le dénivelé important entre le haut et le bas

du site, une attention toute particulière est

portée à la consolidation et à la rénovation,

des nombreux murs de soutènement.

La première étape, finalisée en 2023, a

consisté en la démolition de la maison de

la rue Vandervelde n°88, peu propice à une

reconversion en immeuble de logements

multiples, et ne présentant pas d’intérêt

remarquable au niveau patrimonial. En

complément du bâtiment principal, le bâti

était composé d’éléments hétéroclites

ajoutés au fil du temps, sans cohérence

architecturale ou technique, et dont la

configuration, le long de la rue, bloquait tout

passage vers l’arrière de l’immeuble, et donc

vers le futur parc.

Le principe de création d’une cour à front

de voirie, jouant le rôle de parvis à l’entrée

de l’intérieur d’ilot, et créant un espace

de respiration dans le bâti, a été retenu.

Il reproduit une typologie existante à

plusieurs endroits dans la rue, et permet

une orientation du nouveau bâtiment qui

maximise les prises de lumière et les vues

pour les logements. Ce dernier se développe

sur 3 niveaux côté rue Vandervelde, et

3niveaux côté intérieur d’îlot, sachant qu’il

y a 1 niveau de différence entre la rue et

l’arrière du site. Sa volumétrie est adaptée

à la typologie des immeubles de la rue, et

son implantation minimise les vues vers les

propriétés voisines.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


106

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La configuration de l’immeuble en cours de

construction (2023-2026) comprenant 5

logements Q-Zen (Quasi Zéro Energie) est la

suivante :

• niveau -1 (niveau du terrain naturel à

l’arrière) : caves (côté rue Vandervelde)

− 1 logement 3 chambres de 88m² à

l’arrière avec jardin (surface nette)

• niveau 0 (rez-de-chaussée): 1

logement PMR d’une chambres de

71 m² (surface nette) avec terrasse à

l’arrière – 5 places de parking – des

locaux techniques comme les locaux

poubelleset vélos individuels (5 places)

• niveau + 1 : 1 appartement 1 chambre de

72 m² avec terrasse et 1 appartement

2 chambres de 76m² avec terrasse

(surfaces nettes)

• niveau + 2 : 1appartement 2 chambres

de 79 m² (surface nette)

Le bâtiment dispose de deux toitures plates

(afin de limiter les déperditions et les

volumes chauffés)et de deux toitures en

pente orientées est-ouest et sur lesquelles

sont posés des panneaux photovoltaïques.

Ceux-ci participent au caractère Q-Zen

du bâtiment et permettent ainsi à

chaque appartement de bénéficier d’une

production continue d’électricité sur la

journée. Les volumes proposés et l’utilisation

d’un bardage bois sur une partie des

façades, donnent une touche résolument

contemporaine à l’architecture de la

nouvelle construction.

Une seconde phase, démarrant par la

démolition de l’immeuble délabré de la rue

Houdret, indispensable à la réfection des

murs de soutènement, sera amorcée en

2026.

Financement : SPW rénovation urbaine

- Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2023 à 2026

Cout total de l’opération (TVAC) :

2.050.000€ (dont 90.593,26€ pour le lot

1 (démolitions) et 1.634.727,20€ pour le

lot 2 (construction) estimés)

Acquisition Vandervelde 88 : 215.000 €

Autres acquisitions : rue E. Houdret 51

– 95.000 € et parcelle Vandervelde 86 :

15.700 €

Nombre de logements : 5

Etude urbanistique : Bureau TELLUS –

Auteur de projet : AC DC – Entreprises :

Legros démolition srl (lot 1) et Gillard s.a,

(lot 2)

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


107

2.2.6. PROJET : FONTAINEBLEAU –

ILOT LÉGIA - BAS-RHIEUX À 4000 LIÈGE

Remaillage urbain et paysager du site de

Fontainebleau dans le quartier Sainte-

Marguerite, par l’aménagement d’espaces

publics végétalisés, la diminution de

l’emprise des voiries, la reconnexion

au parc de la colline de Naimette/

Xhovémont - valorisation de terrains

publics par la création de logements privés

et sociaux - transformation de la voie

rapide en boulevard urbain apaisé avec

développement d’un réseau de bus à haut

niveau de service (Busway) et de nouveaux

itinéraires cyclopiétons

Présentation – spécificités :

Issu d’une percée autoroutière des années

70, le secteur de Fontainebleau à Sainte-

Marguerite concentre un maximum d’enjeux

pour la requalification du quartier : voie

rapide et carrefour tentaculaire, traversées

piétonnes et cyclables particulièrement

difficiles, paysage urbain dégradé, colline de

Naimette/Xhovémont inaccessible, site de

l’ancien hôpital Saint-Joseph à reconvertir,

et parking Bas-Rhieux en attente d’une

nouvelle vie (voir plan/photo).

Ces enjeux font de la requalification du

périmètre de Fontainebleau la priorité n° 1

du projet de rénovation urbaine du quartier

Sainte-Marguerite. Trois opérations

spécifiques sont reprises dans le schéma

d’intention et le master plan approuvés

en 2015 par le Conseil communal pour

concrétiser cette action majeure pour la Ville

(voir point 2.2). Ces « fiches-projets » sont

inscrites dans l’Axe 1 « Spécifier le quartier »,

et l’Axe 2 « Resituer Sainte-Marguerite dans

le maillage urbain liégeois ».

La décision du Gouvernement wallon

approuvant le périmètre et le programme de

rénovation urbaine du quartier reprennent par

ailleurs les priorités d’interventions suivantes

relatives à la reconfiguration du site :

• aboutir à la transformation progressive

de la pénétrante urbaine Cadran-

Burenville en un boulevard urbain apaisé

• améliorer l’accessibilité du quartier

à la colline de Naimette-Xhovémont,

et aménager à son pied un espace

dédié aux loisirs et aux sports urbains

(20.000 m²)

• promouvoir la reconstruction de la ville

sur la ville en dégageant des potentiels

fonciers mobilisables (création de 350

logements)

• mettre en place une trame d’espaces

publics de qualité (réduction de

l’emprise routière).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


108

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

L’ambition globale, à l’horizon 2030,

concernant ce secteur du quartier Sainte-

Marguerite est de remailler progressivement

les espaces qui avaient été déstructurés

lors de la création de la percée autoroutière

dans les années 70.

L’îlot bâti formé par les rues de la Légia,

Sainte-Marguerite et de Hesbaye se trouve

à l’interface de ces différents ensembles

(Fontainebleau, Bas-Rhieux, colline

Naimette/Xhovémont), et jouera un rôle

central dans la mise en œuvre du projet. En

effet, pour pouvoir déclasser la bretelle

routière et les voiries de transit en pied de

colline et réaffecter ces espaces, il convient

de reporter la circulation les empruntant

actuellement par la rue de la Légia. L’assiette

actuelle de cette dernière étant d’un gabarit

insuffisant pour faire face à l’augmentation

des flux ainsi qu’à l’aménagement d’espaces

de circulation différenciés pour les différents

usagers (bus, voitures, cyclistes, piétons), il

y a nécessité de l’élargir. La démolition de

l’îlot s’impose donc pour amorcer l’opération

dans sa globalité.

C’est la raison pour laquelle, le Collège

communal a décidé d’un important

programme d’investissements pour

enclencher une dynamique et inciter les

autres acteurs publics et privés à participer au

redéveloppement de cette partie de la Ville.

Parmi les actions déjà menées par la Ville de

Liège notons :

• la maîtrise foncière de l’îlot Légia : les

premières acquisitions ont été réalisées

par la régie foncière dès l’année 2016.

Un certain nombre de propriétés

n’ayant pu être acquises à l’amiable,

un périmètre d’expropriation, reconnu

d’utilité publique, a été adopté par

le Conseil communal en mai 2021.

La procédure s’est terminée dans

le courant de l’année 2024. Au total,

environ une trentaine de biens ont

été acquis par la Ville de Liège pour

un montant de 7.183.000 euros, dont

la majeure partie sur fonds propres.

Il s’agit de la plus grande opération

menée par le service du logement et

la régie foncière, qui a été confrontée

à des problèmes de squat nécessitant

plusieurs expulsions et la condamnation

des différents accès aux bâtiments.

• démolition du bâti : les immeubles ne

présentant pas d’intérêt architectural

particulier, et les constructions formant

un ensemble hétéroclite (immeubles à

appartements ou maisons unifamiliales

à l’abandon ou insalubres pour la

plupart, dents creuses, entrepôts vides,

commerces, etc), il a été décidé de

démolir l’ensemble de l’îlot. Les travaux

se sont achevés en mai 2025 et ont

coûté un peu plus de 550.000 euros.

• élargissement de la rue de la Légia : un

permis d’urbanisme pour l’élargissement

de la voirie a été octroyé par la Wallonie

à la Ville de Liège. Le département de

gestion de l’espace public a lancé un

marché de travaux attribué dans le

courant de l’année 2025. Le chantier

s’étalera le long de l’année 2026.


109

• étude de cadrage urbanistique et

immobilier : afin de mettre en œuvre

les intentions du dossier de rénovation

urbaine, le Collège communal a

commandé en mai 2020 l’élaboration

d’un « master plan » au bureau

d’urbanisme et d’architecture Baumans

et Deffet. Sur le plan immobilier, cette

étude exploratoire préconise (voir plan) :

‒ la construction d’un ensemble de

84 logements privés avec parkings

et de 1.200 m² de commerces sur le

nouvel îlot Légia. Un appel à intérêt

sera lancé par la Ville en 2026 afin

de sélectionner le meilleur projet

pour le quartier

‒ la construction d’environ 75

logements publics et privés répartis

dans plusieurs immeubles sur les

terrains du Bas-Rhieux, propriétés

de la Slsp La Maison liégeoise et

de la Ville de Liège. Un partenariat

public-privé permettra la

concrétisation de cet ensemble.

‒ Remarque : les terrains concernés

sont pollués ; leur assainissement

préalable, financé sur des fonds

FEDER et PIV, démarrera en

2026 pour permettre la future

reconstruction.

• accompagnement du privé pour

requalifier l’ancien hôpital Saint-

Joseph : la société Matexi envisage de

développer un projet de construction

de 173 logements, des bureaux, des

commerces et des espaces verts sur

ce site. Le permis d’urbanisme a été

délivré fin 2023, et les démolitions

devraient débuter en 2026. La Ville de

Liège porte une attention particulière

à accompagner le secteur privé pour

que la requalification du site de la

clinique Saint-Joseph soit qualitative

et s’inscrive dans le scénario global de

requalification du site de Fontainebleau.

La Wallonie a également inscrit des

budgets conséquents pour réaliser des

aménagements de la voie rapide en faveur

d’un axe fort de transport en commun.

L’étude, réalisée par l’OTW, porte sur

l’implantation d’une ligne de bus à haut

niveau de service (Busway), dont la

reconversion de la N3, et se coordonne

avec d’autres objectifs, notamment

cyclables, soutenus par le le plan régional

«Infrastructures» 2020-2026 du SPW-Routes.

Planning prévisionnel des futurs étapes du

projet :

• 2026 : lancement d’appels à intérêt et/

ou de marchés de promotion pour la

création de logements privés et publics

• 2026 - 2027 : assainissement et

remembrement des terrains –

élargissement de la rue de la Légia

• 2027 - 2029 : chantiers d’aménagement

des espaces publics et du nouveau

boulevard urbain

• 2028 - 2030 : démarrage des chantiers

de construction des logements Saint-

Joseph et Légia

Le calendrier du développement des

terrains Bas-Rhieux sera, lui dépendant des

éventuelles sources de financements futures

visant le logement social et public.

Acquisitions îlot Légia : 7.183.000 €

(financement : Ville de Liège – SPW/ PDU

et PIV)

Acquisitions terrains Bas-Rhieux : 0 €

(propriété Slsp La Maison Liégeoise)

Estimations et financement pour

la réalisation du projet global :

construction des logements (environ

350), des commerces (2.000 m²), de

2 parkings, dépollution des terrains,

réorganisation des voiries et de la voie

rapide, déplacement des réseaux,

aménagement des espaces publics en

pied de colline :

investissements privés : 37 millions

d’euros

investissements publics : 25 millions

d’euros (SPW/PIV, SPW/OTW BUSWAY,

SPW/SAR, FEDER, SPW/Logement, Ville de

Liège, Slsp La Maison Liégeoise)

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


110

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2.7. PROJET : ÎLOT « GOFFIN-BOVY »

Transformation d’une dent creuse (friche

commerciale utilisée comme parking peu

qualitatif) et de 3 bâtiments insalubres et

inoccupés, en espaces publics végétalisés

et arborés équipés d’une nouvelle

infrastructure multisports, et en nouveaux

immeubles de logements (15) construits

contre des pignons aveugles peu sécurisant

et peu esthétiques (opération 4 du projet

de quartier - restructuration de l’îlot Waha/

Goffin-Bovy)

Présentation – spécificités :

La dent creuse située entre la rue Sainte-

Marguerite et la rue des Meuniers, d’une

superficie de 2.600 m², accueillait autrefois

(dès le début du 20eme siècle), les

bâtiments et ateliers de l’établissement

« Goffin−Bovy », magasin réputé pour la

vente de soierie, mercerie et tissus. Suite au

déclin socioéconomique et commercial du

quartier, l’entreprise a été contrainte à la

fermeture, et les constructions tombées en

ruine, ont été démolies dans les années 1980.

Depuis lors, cet espace accueille une aire

de sport urbain de type « agoraspace »

fréquentée par les jeunes des rues

avoisinantes, et est utilisé pour le

stationnement des voitures (environ 75

emplacements sans aménagements

spécifiques). Peu qualitatif et entièrement

minéral, le site rencontre par ailleurs des

problèmes de délinquance du fait d’un

manque de dispositifs favorisant le contrôle

social.

En 30 ans, de nombreux projets de

requalification ont été envisagés, tant par

des acteurs publics que des acteurs privés,

mais rien ne s’est jamais concrétisé.

Toutefois, depuis 2016, l’opération 4 du

dossier de rénovation urbaine de Sainte−

Marguerite II prévoit la « restructuration de

l’îlot Waha/Goffin Bovy ». Le site revêt en effet

plusieurs enjeux importants pour le quartier.

Il est envisagé de transformer cet espace

très peu qualitatif, en aménageant une

place publique arborée avec une identité

forte pour le quartier, et en reconstruisant de

nouveaux immeubles de logements contre

les pignons aveugles.

C’est en décembre 2022 suite à la réalisation

d’un marché de services d’architecture,

qu’un plan urbanistique précis relatif à

la reconfiguration du site a été adopté

par le conseil communal. La zone d’étude

comprenait le terrain dont question et les

immeubles n°28, 30 et 50 de la rue Sainte-

Marguerite acquis par la régie foncière (voir

plan/photo), et situés de part et d’autre de

la parcelle.

Le principe d’aménagement proposé par

les bureaux « Olivier Fourneau Architectes »

et « Multiplicity architecture & urbanism »,

auteurs de projets retenus suite au marché

de services, est de travailler sur un bâti

renouvelé, et implanté de façon à conserver

un maximum d’espaces ouverts dans cette

partie densément construite du quartier.


111

L’espace public sera organisé en trois

parties :

• sur le bas du site, une place légèrement

arborée, permettant la tenue d’activités

de quartier (fêtes, brocantes, etc.)

sera créée en lien avec la rue Sainte-

Marguerite ;

• dans une zone de transition, au centre

de l’îlot, un espace multisport bordé

d’un gradin permettra une multitude

d’appropriation par les jeunes des

alentours ;

• à hauteur de cet espace de loisir,

débutera un double cheminement

(PMR) pour mobilité douce, inséré dans

un parc avec des plantations d’arbres

hautes et basses tiges. Un parvis

d’accès à l’école Saint-Joseph jouxtant

le site sera également aménagé,

animant le site en journée.

Comme indiqué sur le plan, du côté bas

du site, l’immeuble n°30 de la rue Sainte

Marguerite, qui présente une très faible

largeur et comprend 3 logements de

moins de 28 m² insalubres, sera démoli. La

façade de l’immeuble n°28 sera quant à

elle conservée et intégrée à une nouvelle

résidence composée de 9 logements.

L’ensemble sera implanté en continuité des

bâtiments de la rue et le long de la place,

créant ainsi un nouveau front bâti délimitant

l’espace public. Cette construction (3 à 4

niveaux) bénéficiera d’un stationnement

privatif pour 9 voitures et 35 vélos (dont une

quinzaine proposée à la location pour des

externes dans un local distinct accessible

par la place ) au rez-de-chaussée, et

offrira un programme varié de logements

à haute performance énergétique de 1, 2

et3 chambres, y compris des logements

PMR avec ascenseur. Chaque logement

disposera d’un espace extérieur privatif.

Le bâtiment abritant autrefois une

pharmacie, au n° 50 de la rue Sainte-

Marguerite, sera conservé et rénové en

maison unifamiliale. La Ville cherche un

partenaire pour cette partie du projet.

Des négociations sont en cours pour

vendre le bien au FLW qui le réhabilitera

conformément au plan masse. Des

ouvertures seront créées dans le pignon

en colombages vers la future place, afin

de créer une animation de la façade et de

renforcer le contrôle social. L’annexe de

l’immeuble sera démolie afin d’aménager

un jardin pour les futurs locataires.

Pour des raisons techniques et budgétaires,

la mise en œuvre du programme défini

comprendra plusieurs étapes. Le collège

communal a ainsi approuvé, en mai

2025, les documents relatifs à un marché

de travaux concernant l’aménagement

des espaces publics et la construction

de l’immeuble de 9 logements situé du

côté de la rue Sainte-Marguerite. Malgré

des montants élevés à l’ouverture des

offres, le marché a été attribué en octobre

2025 aux entreprises G. COLLARD pour le

premier lot (construction de l’immeuble

de 9 logements) et BATITEC pour le second

(aménagement des espaces publics).

Les travaux, entamés à la fin de l’année

2025, devraient être achevés pour fin 2027

. L’augmentation régulière des coûts de

construction est malheureusement une

réalité à laquelle les pouvoirs publics sont

confrontés depuis plusieurs années. La

problématique des finances publiques

est également au cœur des difficultés

rencontrées. La vente de tout ou partie

des logements produits est par ailleurs

envisagée par la Ville pour équilibrer le

financement du projet.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Dans la partie supérieure du site, un nouvel

immeuble de 5 logements viendra s’appuyer

sur le pignon aveugle du n°25 de la rue des

Meuniers, s’ouvrant tant sur la rue que sur

l’espace public.


112

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Notons que cette même opération avait

connu un premier coup d’arrêt en juillet 2024

suite à la « non attribution » d’un marché

de type « Design & Build » portant sur la

conception et la construction de l’ensemble

dont question et des espaces publics.

La seule offre reçue avait été considérée

comme irrégulière, son montant global et

forfaitaire dépassant en effet largement

(de plus de 1.600.000 euros) l’estimation

maximale imposée dans le cahier spécial

des charges.

Ce montant pouvait notamment s’expliquer

par :

• l’absence de dossier d’exécution précis,

dont une étude approfondie de la

stabilité de l’immeuble à construire

(présence possible d’anciens puits de

mines) ;

• l’imposition de remettre un prix global et

forfaitaire pour un dossier comportant

l’exécution de travaux pouvant être

impactés par d’éventuelles découvertes

fortuites (pollution des sols, stabilisation

des mitoyens et d’éléments de façade,

présence de puits de mine) ;

• l’imposition d’un délai strict d’exécution.

En conclusion, cette opération illustre bien

les difficultés et les obstacles rencontrés

par les villes et communes lors de

l’élaboration de nouveaux projets. Pour de

multiples raisons, aussi bien techniques

qu’administratives ou politiques, le

temps nécessaire à la requalification de

certains sites peut être long et se heurter à

l’incompréhension et au mécontentement

des habitants.

Cette expérimentation d’un montage de

type « conception et construction » n’ayant

pas été concluante, la Ville a décidé,

pour la suite du dossier, de revenir à une

procédure de marché de travaux dite

« ouverte » plus habituelle (voir point 1.7.3.).

Un projet d’exécution repensant l’économie

de l’opération avait ainsi été commandé

aux bureaux d’études (en juillet 2024) avant

l’approbation des documents du nouveau

marché de travaux (en mai 2025).

La résidence de 5 logements située sur le

haut du site sera réalisée ultérieurement,

probablement dans le cadre d’un marché

de promotion.

Notons que le projet global s’inscrit dans

le cadre du Plan Canopée de la Ville de

Liège qui place les arbres urbains au centre

de la stratégie d’adaptation de la cité aux

changements climatiques, et contribue aux

objectifs communaux et régionaux de lutte

contre l’artificialisation des terres.

Financement : SPW PIV - Ville de Liège

Réalisation des études (plan masse) :

2022

Réalisation des études (projet

d’exécution) : 2024-2025

Réalisation des travaux logements et

espace public : fin 2025 - 2027

Cout total de l’opération (TVAC) :

5.971.000 €

Acquisition des immeubles : 250.000 €

(la Ville est propriétaire du terrain)

Nombre de logements : 15 (9 en

première phase)

Auteur de projet : Olivier Fourneau

Architectes – Entreprises : G. Collard SA,

Bâtiment et Technique SA

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


2.3. QUARTIER

SAINT LÉONARD

Le quartier Saint-Léonard a été reconnu

par la Wallonie comme périmètre de

rénovation urbaine en 1998. Après 20

années d’existence, le dispositif a été abrogé

par le Gouvernement wallon (août 2019). La

Ville de Liège considère cependant toujours

le quartier comme prioritaire, et y poursuit

ses actions sur base des objectifs et des

propositions d’interventions définies dans

le projet co-construit par ses habitants,

ses forces vives, et le bureau d’urbanisme

AURAL.

L’objectif de base du schéma directeur est

de « Valoriser le quartier en tant que milieu

de vie ». Les objectifs stratégiques suivants

ont été énoncés sur base de la situation

existante :

• Désenclaver le quartier : l’isolement et la

mise à l’écart volontaire ont fortement

contribué au déclin du quartier. II était

donc nécessaire d’améliorer les accès

depuis les autres quartiers, la voie

rapide des quais et de créer des accès

nouveaux vers la Meuse, les coteaux

verdoyants et le réseau ferroviaire (train

mais aussi désormais le tram).

• Revaloriser l’image du quartier : le

Quartier Nord pâtissait en 1998 d’une

image négative aussi bien aux yeux

de la population liégeoise qu’aux yeux

de la plupart de ses propres habitants.

Psychologiquement, il était important

de rompre cette tendance en prenant

des initiatives positives audacieuses,

à contre-courant des préjugés : un

quartier d’innovations plutôt qu’un

lieu en déclin. II s’agissait de favoriser

l’émergence d’une identité nouvelle.

• Améliorer le cadre de vie et les

équipements : l’amélioration du cadre

de vie impliquait nécessairement

lݎlimination des ruines et

l›assainissement des sites d›activités

abandonnés (pour offrir la possibilité de

créer des jardins en prolongement des

habitations qui en sont dépourvues).

L›aménagement de l›espace

public devait privilégier les vues et

dégagements vers les éléments naturels

qui entourent le quartier : la Meuse et

surtout les coteaux verdoyants.

• Créer des conditions d’accueil

d’activités économiques : iI importait

de maintenir les activités économiques

et améliorer la capacité d’accueil

d’entreprises « modernes » et nouvelles

dans le quartier. La création de « parcs

urbains d’activité » par l’assainissement

de sites d’activité économique

désaffectés était une voie à suivre.

Ces objectifs restent encore aujourd’hui

d’actualité et à la base des actions menées

par les pouvoirs publics et les acteurs privés.

Notons qu’au milieu du 19ème siècle,

le quartier a connu un véritable essor

économique. Le terrain disponible, sa

proximité avec le centre urbain et ses

divers moyens de communication tels

que la Meuse ou la rue St Léonard ont créé

une attractivité particulière à l’installation

d’outils industriels importants. Les activités

étaient assez diverses : mines, armurerie,

secteur automobile, construction métallique,

fonderie,… En réponse aux besoins de

l’industrialisation et d’une main d’œuvre

disponible sur place, de nombreuses

habitations se sont développées dans le

quartier.

Concernant l’objectif de désenclavement,

la mise en circulation du tram en 2025

représente un atout pour le quartier qui

dispose désormais d’un accès rapide aux

différents services, commerces et pôles

d’emploi du centre-ville. L’aménagement

de passerelles en 2023 et 2025 permet

par ailleurs aux habitants de bénéficier de

l’aménagement d’un nouveau parc public,

d’une plaine de jeux et de promenades le

long de la Meuse sur le site de l’écoquartier

de Coronmeuse (Rives Ardentes). Les

coteaux de la citadelle avaient quant à

eux déjà été rendus accessibles suite à

la création de la place Saint-Léonard, de

nouveaux cheminements, et à l’implantation

d’une passerelle cyclo-pédestre au-dessus

de la voie ferrée dans le secteur Vivegnis.

Nous y reviendrons dans la présentation des

projets concrétisés par les services de la

Ville de Liège.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

113


114

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.1. PROJET : RUE DES FRANCHIMONTOIS 9 À 13

Démolition de ruines et annexes pour

créer des espaces ouverts un intérieur

d’ilot - reconstruction d’un immeuble à

l’architecture résolument contemporaine

(revalorisation de l’image du quartier)

Présentation – spécificités :

Cette opération a été une des premières

réalisations suite à la reconnaissance du

schéma directeur du quartier. Subsidié par

la Wallonie dans le cadre du programme

de « rénovation urbaine », elle répond

précisément à l’objectif d’amélioration

du cadre de vie des habitants par la

suppression de bâtiments en ruines et de

leurs annexes encombrant les intérieurs

d’îlots. La particularité du projet réside dans

la démolition de maisons ouvrières, et leur

remplacement par une construction neuve

à l’architecture résolument contemporaine.

Cette dernière, qui s’inspire du passé

industriel du quartier Saint-Léonard,

participe au changement d’image du

quartier.

L’accès aux logements est assuré par un

arvô latéral, servant de hall d’entrée collectif

et de lieu de circulation. Ce passage est

pensé comme une transition entre l’espace

public et privé, permettant à la lumière

naturelle de traverser les bâtiments tout

en offrant un aperçu végétal du jardin

depuis la rue. Ce grand percement crée

une atmosphère accueillante et connecte

harmonieusement les espaces intérieurs

et extérieurs. Chaque logement dispose

d’une grande cave, permettant de libérer

les espaces habitables des équipements

encombrants.

Le projet a toutefois été particulièrement

coûteux et a montré toute la difficulté de la

maitrise des coûts en cours de chantier. La

gestion du marché divisé en plusieurs lots a

également été complexe et a entrainé des

retards dans la mise en œuvre.

Le rez-de-chaussée et le premier étage

accueillent deux logements dotés de deux

chambres (surface de 88 m²) avec accès à

un grand jardin privé. Le troisième logement,

un duplex de 143 m², est conçu pour une

famille nombreuse. La partie nuit comprend

trois chambres, tandis que la partie jour,

répartie sur deux niveaux, s’ouvre sur une

toiture terrasse, offrant un espace extérieur

privé et lumineux.

Financement : SPW rénovation urbaine

- Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2005 à 2008

Cout total de l’opération (TVAC) :

550.000 €

Acquisition : 63.000 €

Nombre de logements : 3

Auteur de projet : GÉ Lantair –

Entreprises : COP & PORTIER SA

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


115

2.3.2. PROJET : RUE SAINT-LÉONARD 44

Réhabilitation d’un immeuble en entrée de

quartier avec suppression d’un commerce,

de panneaux publicitaires et végétalisation

d’une façade

Présentation – spécificités :

Cet immeuble de commerce insalubre

a fait l’objet d’une rénovation lourde

pour accueillir deux logements duplex

de trois chambres à haute performance

énergétique. Cette transformation s’inscrit

dans une démarche de revitalisation d’un

quartier, mettant l’accent sur la durabilité

et l’amélioration du cadre de vie. Une

attention particulière a été portée au pignon

du bâtiment, qui marque l’entrée de la

rue Saint-Léonard. Cette façade, visible

depuis l’Esplanade, et défigurée par la

présence de deux panneaux publicitaires

existant depuis des dizaines d’années, a

été entièrement repensée pour devenir

un élément emblématique. Les panneaux

enlevés, de nouvelles baies ont été créées

pour améliorer l’esthétique et la luminosité

intérieure, tandis qu’une structure a été

installée pour permettre l’épanouissement

de plantes grimpantes, transformant le

pignon en une véritable façade végétalisée.

Le commerce, inoccupé, de petite taille et

dès lors inadapté aux standards actuels,

a été supprimé pour faciliter l’accès aux

étages du bâtiment. Cet aménagement

souligne l’entrée du quartier et renforce son

identité visuelle. Les travaux ont inclus la

démolition des annexes délabrées, suivie

de la reconstruction partielle d’une nouvelle

structure sur une profondeur d’environ 4

mètres. Le bâtiment principal de quatre

niveaux a été entièrement rénové, offrant

des espaces modernes et fonctionnels.

Les deux duplex disposent chacun d’un

espace extérieur privatif : un jardin de

ville au rez-de-chaussée pour le premier

logement et une terrasse aménagée sur

la toiture de l’annexe pour le second. Les

surfaces extérieures ont été verdurisées,

renforçant l’aspect écologique et convivial

de l’aménagement. Le chantier a été

particulièrement complexe et couteux en

raison de l’état du bâtiment d’une part, et

du souhait de conserver la partie avant de

l’immeuble et de reconstruire une annexe à

l’arrière d’autre part. La taille des logements

créés (3 chambres) a également sa part

de responsabilité dans le montant élevé

des travaux. Une analyse des dépenses

par logement indique qu’une démolition

et reconstruction complète de l’immeuble

aurait été plus judicieuse dans le cas

présent. L’identité architecturale aurait par

ailleurs pu être davantage présente dans un

projet de ce type qui aurait été justifiée par

le lieu de l’opération.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2013 à février

2015

Cout total de l’opération (TVAC) :

798.000 €

Acquisition : 174.000 €

Nombre de logements : 2

Auteur de projet : F&P Architectes –

Entreprises : DS. Stoffels SPRL

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


116

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.3. PROJET : RUE DES ARMURIERS 29 - 33

Réaffectation d’un ancien commissariat de

police en logements unifamiliaux de grande

taille avec cours et jardins privatifs -

partenariat avec la SLSP La Maison liégeoise

Présentation – spécificités :

La spécificité de ce projet réside dans la

transformation en logements d’un ensemble

de bâtiments, appartenant la Ville de Liège,

et affectés jusqu’en 2001 à un commissariat

de police et une consultation ONE.

Le projet s’inscrit dans le cadre de la

rénovation urbaine du quartier Saint-

Léonard et poursuit les objectifs

suivants : curetage des intérieurs d’îlot,

création de jardins privatifs, lutte contre

l’imperméabilisation des sols, amélioration

de la qualité du bâti et accroissement de la

mixité sociale.

L’ensemble des bâtiments rénovés offre

4 logements unifamiliaux aux espaces

généreux.

Deux logements (1 et 2) ont été réalisés

en façade de la rue des Armuriers. Les

deux autres (3 et 4) ont pris place dans les

bâtiments situés en second rang, et dont

l’accès se fait par une porte cochère, en

cheminant entre les cours.

Les caractéristiques des logements sont les

suivantes :

• le premier, d’une superficie de 153 m²,

comporte 4 chambres

• le deuxième, d’une superficie de 133 m²,

comporte 3 chambres

• le troisième, d’une superficie de 161 m²,

comporte 3 chambres

• le quatrième, d’une superficie de 130 m²,

comporte 3 chambres

Les logements disposent tous de locaux

de rangement et d’espaces extérieurs.

Des annexes ont en effet été démolies

afin de dégager des surfaces de jardins.

Ces démolitions visent à améliorer

l’ensoleillement, tant pour les nouveaux

occupants que pour le voisinage. La

réorganisation des espaces qui en découle,

a induit de multiples travaux, tels que la

pose de nouveaux poutrains-claveaux, de

chapes, de carrelage, de dallage extérieur,

et la réalisation de travaux d’égouttage

reliant les logements au réseau à rue

notamment.


117

La Ville de Liège a réalisé cette opération de

reconversion et de restructuration du bâti

en partenariat avec la Maison Liégeoise.

Elle a cédé en emphytéose (30 ans à 1

euro symbolique) la majeure partie des

bâtiments (logements 1, 2 et 3) et des jardins

à la Société de logements de services

publics, mais conserve la pleine propriété

et la gestion du logement créé en fond de

parcelle. Pour faciliter la mise en œuvre

de ce projet commun, une convention de

cession de maîtrise d’ouvrage a été conclue

entre les partenaires. La Maison Liégeoise a

financé trois logements, mais le montage et

la mise en œuvre du dossier (les marchés

d’études et de travaux, et le suivi du

chantier) ont été pris en charge par le chef

de projet et le bureau d’étude du service du

logement de la Ville.

Les travaux ont été attribués à 6 entreprises

différentes. Ce nombre élevé de « lots »

a entraîné des difficultés au niveau de

la gestion du chantier. L’organisation

du planning d’intervention est en effet

complexe si certaines entreprises

n’interviennent pas dans les délais fixés. Le

lancement de marchés publics par « lots »

devrait, en principe, réduire les coût par

rapport à la désignation d’une entreprise

générale. Comme nous l’avons expliqué

dans la première partie du document, cette

affirmation est toutefois à nuancer si on

prend en compte les coûts indirects liés

aux difficultés rencontrées et aux retards

inévitables.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Le projet, qui a débuté en 2006, n’était pas

soumis à une réglementation aussi stricte

qu’aujourd’hui en matière énergétique.

Toutefois, une attention particulière a été

apportée afin d’intégrer à ces rénovations

lourdes une isolation aussi performante que

possible (toitures et certaines maçonneries

isolés et châssis double vitrage).

Financement du logement géré par la

régie foncière de la Ville : PFGV - Ville de

Liège

Financement des 3 logement gérés

par la Maison liégeoise : SPW ancrage

communal du logement – PFGV

Partenaire : SLSP La Maison Liégeoise

Réalisation des travaux : 2007 à 2010

Cout total de l’opération (TVAC) :

550.000 €

Acquisition : 0 € (propriété Ville) – Bail

emphytéotique d’une durée de 30 ans

au profit de la SLSP : 1 € / an

Nombre de logements : 4

Auteur de projet : AC & T – Entreprises :

Sanit-Chauffe & Toitures, Philippart

François, Fontaine & Fils, Jacobs & Sohn,

Bailly-Hardy, Apruzzese

Maitre de l’ouvrage (avec délégation

pour partie) : Maison liégeoise et Ville

de Liège


118

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.4. PROJET : RUE SAINT-LÉONARD 163

Rénovation d’un immeuble du 19ième

siècle dans un quartier au passé industriel

- maintien d’un commerce et création de

2 logements dans le cadre du projet SUN

(Sustainable Urban Neighbourhoods)

Présentation – spécificités :

Au-delà de la restauration en profondeur

d’un bâtiment dégradé, l’objectif de

l’action publique est de montrer à tous les

propriétaires qu’il est possible de se lancer

dans un ambitieux projet de rénovation et/

ou de transformation de leur patrimoine.

S’il est détérioré, il n’est pas perdu ! C’est ce

qu’entend démontrer ce projet.

Le numéro 163 de la rue Saint Léonard

est un bâtiment marquant dans la rue,

en raison de sa hauteur légèrement

supérieure à la moyenne d’une part, et par

ses cinq travées de baies d’autre part. Il

a été construit au milieu du 19ème siècle,

lors de la période d’industrialisation du

quartier qui a vu de nombreux habitants

et commerces s’implanter dans les rues

principales. L’immeuble était dans un état

de délabrement avancé et n’offrait que peu

de potentiel commercial. Afin de rendre le

rez-de-chaussée attrayant, l’intervention

propose une dé-densification de la parcelle :

les annexes situées à l’arrière sont détruites,

permettant un apport de lumière qualitatif

depuis l’intérieur de l’îlot et visible de la

rue. Un travail conséquent a également

été réalisé sur l’aspect des façades :

application d’un badigeon de teinte claire

pour rendre lisible l’opération depuis la

rue ; remaniement complet de la vitrine

du commerce et des châssis aux étages.

Un locataire (actuellement un céramiste

qui vend ses productions et organise des

ateliers) a été désigné dans le cadre d’un

appel à projet Créashop (voir point 1.5).

• la cellule commerciale offre une surface

de vente de 60 m² et une terrasse

extérieure de 17 m².

S’inscrivant dans le cadre du projet S.U.N.

(Sustainable Urban Neighbourhoods)

promouvant le développement durable,

l’opération devait répondre à des normes

énergétiques strictes. L’immeuble est

équipé d’une enveloppe isolante à haute

performance, d’un système de ventilation

double flux avec récupération de chaleur et

d’une étanchéité à l’air renforcée, validée

par des tests de performance.

Outre le commerce, l’immeuble rénové

accueille désormais :

• Un logement en duplex de trois

chambres de 110 m² avec terrasse

• Un logement d’une chambre de 50 m²

au dernier niveau.

Financement : PFGV - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2013 à 2014

Cout total de l’opération (TVAC) :

665.000 €

Acquisition : 125.000 €

Nombre de logements : 2 – commerce : 1

Auteur de projet : Olivier Fourneau

Architectes – Entreprises : G. & Y.

Liégeois

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


119

2.3.5. PROJET : RUE SAINT-LÉONARD 191

Démolition d’un immeuble commercial en

ruine dans la rue principale du quartier -

reconstruction d’un bâtiment comprenant

2 logements basse énergie avec jardin et

terrasse

Présentation – spécificités :

La décision de procéder à une démolition

complète du bâtiment suivie d’une

reconstruction neuve a été motivée par

l’exiguïté des espaces intérieurs de la

maison existante et par les problèmes

de stabilité résultant de transformations

antérieures non conformes sur le site.

Des fissures étaient visibles au niveau

de la façade et la maison menaçait de

s’effondrer.

Un commerce inoccupé de longue date était

présent au rez-de-chaussée de l’immeuble.

Le nombre de cellules vides étant important

dans le quartier, et notamment dans la

principale rue commerçante qu’est la rue

Saint Léonard, une réaffectation complète

de l’immeuble à la fonction résidentielles

a été décidée par la Ville sur avis de son

service du développement économique

et commercial. La cellule a donc été

supprimée. Notons par ailleurs que la petite

taille de la cellule réduisait son potentiel

économique.

Le nouveau bâtiment accueille :

• un duplex de trois chambres (105 m²)

basse énergie avec un jardin privatif de

100 m² au rez-de-chaussée (grâce à

la démolition des annexes en intérieur

d’îlot)

• un duplex de deux chambres (105 m²)

basse énergie avec une terrasse

privative à l’arrière (étages supérieurs)

Les résidents bénéficient également

d’espaces communs pratiques, tels que des

parkings couverts pour vélos.

Les deux premiers niveaux de la façade

avant sont habillés de briques émaillées

dans des nuances variées de vert, en rappel

des matériaux présents dans la rue. Ce

revêtement et une architecture résolument

contemporaine donnent au bâtiment

une identité visuelle qui participe à la

revalorisation de l’image du quartier.

Un mur mitoyen est végétalisé à l’intérieur

de la cour, ajoutant une touche de verdure

et contribuant à l’intégration écologique du

projet.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2016 à 2018

Cout total de l’opération (TVAC) :

405.000 €

Acquisition : 90.000 €

Nombre de logements : 2

Auteur de projet : Atelier d’architecture

AIUD– Entreprises : RECO+ SPRL

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


120

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.6. PROJET : LES FORGES - RUE DES MARINIERS

- SQUARE DES PORTEFAIX

Assainissement et reconversion d’un ancien

site industriel pollué – construction de 22

logements unifamiliaux sociaux et moyens,

d’un commerce, d’une petite place et d’une

voirie

Présentation – spécificités :

Le site dit « des Forges », ancien terrain

industriel occupé par la FN (Fabrique

Nationale d’Armes), puis utilisé comme

dépôt militaire de la Défense nationale,

était devenu un véritable chancre urbain,

d’un demi-hectare, situé entre le quai de

Coronmeuse et la rue Saint-Léonard. Ce

nom a été choisi en mémoire de l’histoire

économique du quartier.

Le domaine, désaffecté, a été racheté par

la Ville de Liège en 1999. La spécificité de

cette opération réside dans la reconversion

en logements d’un terrain fortement

pollué. Parallèlement à ces travaux

d’assainissement, un concours d’idées a été

lancé en 2002 pour sélectionner le projet

rencontrant le mieux les objectifs du schéma

directeur de requalification du quartier.

Le projet retenu accueille 22 logements, un

commerce et une nouvelle place publique.

L’ensemble compte onze logements sociaux

et onze logements moyens qui s’organisent

de part et d’autre d’une nouvelle voirie

qui tisse des liens entre la Meuse et les

Coteaux de la citadelle. Un partenariat a

été établi avec la société de logements de

services publics La Maison Liégeoise pour la

gestion des logements sociaux. Les autres

appartements et maisons sont gérés par la

Régie foncière de la Ville.

Le projet propose une alternative à la

construction d’un « bloc anonyme » avec

un assemblage formé par 3 types de

logements différents répétés plusieurs fois

mais avec des déclinaisons différentes.

Il tente de répondre à l’évolution de la

structure familiale en proposant des

logements qui disposent tous du tronc

commun indispensable dans une entité

(cuisine séparée, salle à manger, salon, salle

d’eau), mais qui peuvent également profiter

d’une pièce en plus (située pour les maisons

au rez-de-chaussée de l’autre côté de la

rue), dont l’affectation est liée aux choix des

habitants : bureaux, réserve, hobby, chambre

complémentaire etc. Cette proposition était

séduisante, mais l’expérience montre que

les locataires ne se sont pas appropriés ces

espaces.

Le programme comprend des logements de :

• 3 chambres pour une superficie de 117 m²

• 2 chambres pour une superficie de 110 m²

L’aménagement du square (un « salon pour

les habitants » comme le définit l’auteur

de projet) présente un double objectif ;

interrompre la sensation d’enfermement,

l’effet « goulot » de la rue Saint Leonard

en apportant de la lumière, et affirmer

clairement par sa disposition en bordure

de rue, que cet espace de respiration est à

usage de tout le quartier et non à l’usage

exclusif des résidents du nouveau complexe.

Le commerce, situé du côté de la rue Saint-

Léonard, d’une superficie de 100 m² n’a pas

trouvé preneur et a finalement été loué à un

professionnel de la santé qui y a installé ses

activités.


121

La Ville de Liège a accepté pour ce projet

une architecture innovante, qui a d’ailleurs

reçu le grand prix d’architecture de Wallonie

en 2010. Certains « gestes » architecturaux,

certes esthétiques, peuvent toutefois

présenter de gros problèmes techniques

s’ils ne sont pas réalisés à la perfection.

Le pouvoir adjudicataire doit être vigilant

à cet égard lors du choix d’un projet. Ça

a été le cas malheureusement pour cette

opération. La pose de châssis affleurant

a, par exemple, entraîné des infiltrations

d’eau importantes dès les premières pluies.

On pourrait citer d’autres exemples où le

« beau geste » s’est fait au détriment d’une

utilisation qualitative de l’habitat par ses

occupants. Afin de remédier aux problèmes

techniques rencontrés, une procédure en

justice qui a duré de nombreuses années

(les protagonistes (auteur de projet et

entreprise) se rejetant la responsabilité des

défauts), a été nécessaire et coûteuse. Il

importe de tout faire pour éviter d’arriver à

une telle extrémité qui, in fine, nuit au bienêtre

des locataires. Il importe toutefois à la

Ville de faire valoir ses droits.

C’est une collaboration avec l’Université

de Liège, via le cours d’Architecture

et Empreintes sociétales, qui a donné

naissance au projet RacinAction (racine :

lieu-potager / action : agir activement).

Ce dernier a conduit, sur base d’analyses

et d’interviews, à la création d’une

scénographie et à l’aménagement des lieux.

Table pour semis, rangement, compost,

récoltes d’eau de pluie, abri, serre, bacs

individuels et mutualisés ont été construits

par les étudiants avec des matériaux de

récupération dans une démarche de « slow

mouvement », de durabilité et d’économies

de moyens.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Potager communautaire

Faisant partie du « site des Forges », et

propriété de la Régie foncière, le potager

communautaire des Forges est un terrain de

560 m² qui offre :

• un espace mutualisé/pédagogique :

bacs collectifs hors sol disposés en deux

modules de quatre bacs

• un espace commun : lieux de rencontres

et de convivialité

• un espace individuel : 24 bacs hors sol

pour la culture potagère

Un groupe de 12 à 15 potagistes a été

constitué pour le démarrage du projet (juin

2017). Le groupe, qui peut être élargi selon la

volonté de l’assemblée communautaire, est

intergénérationnel et comprend, en plus des

habitants, l’équipe d’animation du quartier

et l’école Morinval.

Financement : SPW Rénovation urbaine

- Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2008 à 2010

Cout total de l’opération (TVAC) :

5.064.000 € (avec dépollution)

Acquisition : 382.000 €

Nombre de logements : 22 –

commerce : 1

Partenaires : Slsp La maison Liégeoise

(convention pour la gestion de 11

logements sociaux) – pour le potager :

ULG - RacinAction

Auteur de projet : P. Blondel –

Entreprises : Louis Duchêne S.A.

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


122

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.7. SITE VIVEGNIS - PÔLE CULTUREL,

RÉSIDENTIEL, ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

En complément du schéma directeur, une

étude du bureau Pluris couvrant les coteaux

de la Citadelle et une partie du quartier Nord

(zone Vivegnis qui correspond à l’ancienne

implantation des charbonnages et d’une

brasserie désaffectée) a préconisé cinq

thématiques :

• le développement d’un centre d’art

contemporain ;

• la mise en place d’un pôle

communautaire regroupant l’associatif

local ;

• la création d’activités économiques

autour du centre d’art ;

• la construction de logements ;

• l’aménagement d’espaces récréatifs.

Différents projets ont été concrétisés pour

répondre à ces objectifs.


123

2.3.7.1. Projet : Vivegnis Housing -

Place Vivegnis 46

Construction d’un immeuble de 8

logements dont 3 sont affectés à des

résidences d’artistes en lien avec le Ravi

(Résidences-Ateliers Vivegnis), et d’un

commerce de 135 m² - démolitions de

baraquements sur un ancien site d’activité

lié à l’exploitation du charbon

Présentation – spécificités :

La Ville de Liège a acquis et assaini une

parcelle de 420 m² après démolition de

baraquements sur un ancien site industriel

(charbonnage). Le prix d’achat, peu élevé

(27.100 €), était directement lié à l’état des

lieux et à la pollution du terrain. Suite au

lancement d’un concours d’architecture, un

immeuble comprenant 8 logements et une

surface commerciale a ainsi été construit

à proximité immédiate du projet RAVI

(Résidences-Ateliers Vivegnis International),

renforçant le dynamisme culturel et

résidentiel du quartier. La particularité de

ce projet réside en effet dans l’affection de

3 logements situés au premier étage de

l’immeuble en « résidences d’artistes » louées

par la régie foncière au RAVI, lui-même géré

par le département culture de la Ville de

Liège.

Les logements disposent de caves

individuelles et d’un local réservé aux

poubelles, aux vélos et aux poussettes. Des

places de parking couvertes ont par ailleurs

été aménagées au sein du bâtiment (côté

voies ferrées). Notons que les auteurs de

projet ont été particulièrement attentifs à

l’isolation tant acoustique que thermique du

bâtiment.

Une surface commerciale de 135 m²

(complétée par un patio de 28m²)

initialement destinée à accueillir un HORECA

a été aménagée au rez-de-chaussée.

Ne trouvant pas preneur, la cellule est

finalement occupée par une bibliothèque

communale qui devait quitter son ancienne

implantation.

Le bâtiment est un véritable « phare » urbain

dans le site ou il renforce la délimitation

Est de la place Vivegnis et contribue à sa

nouvelle identité.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La nouveau bâtiment, construit sur 3 étages,

comprend :

• au 1 er étage : deux appartements 2

chambres d’une superficie de 75 m² avec

terrasse de 12 m², et un appartement 1

chambre d’une superficie de 75 m² avec

une terrasse de 12 m²

• au 2 ème étage : deux appartements 2

chambres d’une superficie de 75 m² avec

terrasse de 12 m² , et un appartement 2

chambres d’une superficie de 78 m² avec

une terrasse de 10 m²

• au 3 ème étage : un appartement 4

chambres d’une superficie de 120 m² avec

terrasse de 12 m² , et un appartement

3 chambres d’une superficie de 120 m²

avec terrasse de 16 m².

Financement : SPW rénovation urbaine

- PFGV - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2008 à 2010

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.444.500 €

Acquisition : 27.100 €

Nombre de logements : 8

Auteur de projet : Urban Platform –

Entreprises : T-Palm

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

D’autres projets ont été développés sur le

site Vivegnis directement ou indirectement

par la Ville de Liège et sa régie foncière.


124

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.7.2. Projet : La Brasserie Haecht -

Rue de la Brasserie, 6 – rue Vivegnis 253

Transformation d’une ancienne brasserie en

espaces d’équipements communautaires.

L’ancienne brasserie Haecht, un des

monuments emblématiques du quartier, a

été restaurée en partie par la SORASI (en

1995) et finalisée par la Ville de Liège au

début des années 2000. Cette dernière a

mené une réflexion sur son aménagement

et les fonctions qui y prendront place.

La Coordination Générale Saint-Léonard

(CGSL), l’ONE, le Service d’Actions Sociales

(SAS), Smartbe et l’Asbl 251 Nord sont

présents dans le bâtiment. Au rezde-chaussée,

une salle polyvalente et

une salle de réunion peuvent accueillir

les associations du quartier et des

manifestations d’ordre culturel ou social.

Les 3 e et 4 e étages hébergent des ateliers

de production artistiques. Les abords de la

Brasserie ont quant à eux été aménagés, en

2012, avec du mobilier urbain et une plaine

de jeux.

Auteur de projet : P. FERONT

Entreprise : COP & PORTIER SA

Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –

Département des Travaux.

Montant final travaux : 500 000 €

Financement : Plan Fédéral des

Grandes Villes l Date de réalisation :

2006


125

2.3.7.3. Projet : L’Espace Entreprise Vivegnis

– Rue de la Brasserie, 8

L’Espace Entreprise Vivegnis développé

par la SPI+ permet d’accueillir une dizaine

d’activités « débutantes » dans ses locaux et

ateliers. Ce bâtiment comprend 10 bureaux

meublés de 20 à 30 m², 4 ateliers de 80 à

100 m², une salle de réunion mutualisée de

35 m² et un réfectoire.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Auteur de projet : Atelier d’architecture

Alain RICHARD

Entreprise : Corman-Halleux G. & Fils SPRL

Maitre d’Ouvrage : SPI+ l Montant final

travaux : 1 179 000 €

Financement : Région wallonne

Date de réalisation : 2008


126

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.7.4. Projet : La Place Vivegnis

Autrefois liée à un arrêt ferroviaire fermé

en 1984, la place constitue l’espace public

du pôle Vivegnis. Son réaménagement

se base sur un choix parcimonieux et

pérenne des matériaux mis en œuvre en

incluant le végétal. L’équipement de cet

espace (fontaine à eau, bancs, tables,

emplacements vélos, …) permet diverses

appropriations par les citoyens.

Auteur de projet : Atelier d’architecture

Alain RICHARD

Entreprise : S.A.C.E

Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –

Département des Travaux

Montant final travaux : 725 000 €

Financement : Région wallonne et Ville

de Liège

Date de réalisation : 2011


127

2.3.7.5. Projet : La Passerelle

cyclo-pédestre Vivegnis

L’implantation d’une passerelle cyclopédestre

reliant la place Vivegnis à

l’impasse Macors, en surplombant la voie

ferrée, répond à une demande forte de la

population du quartier Saint-Léonard. Le

financement de cette infrastructure

inaugurée en 2020, suite au lancement

d’un concours d’architecture, a été rendu

possible grâce à la reconnaissance d’un

périmètre de revitalisation urbaine par la

Wallonie (partenariat public-privé entre la

Ville de Liège et les « Zurbains » - voir cidessous).

Cette passerelle (située à hauteur

de l’ancienne gare de Vivegnis) permet

de reconnecter les habitants aux vastes

espaces verts des Coteaux de la citadelle

tout en favorisant la mobilité douce et

l’accessibilité inter-quartier.

D’un point de vue technique, la structure

principale (30 mètres de long sur 3 mètres

de large) se compose d’un tablier en acier

qui repose, d’un côté de la voie ferrée, sur

un mur de soutènement existant, et de

l’autre, sur une imposante cage en bois de

12 mètres de hauteur. Ce dernier dispositif

intègre une rampe, des escaliers et des

zones de repos, le tout conçu dans une

logique de durabilité et de confort pour

les usagers. Préfabriquée en atelier pour

garantir une haute précision d’exécution,

la structure métallique a été acheminée et

posée sur site en une seule nuit.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Au-delà de son rôle utilitaire, la passerelle

officiellement baptisée « Léon Tchinis »,

constitue également un marqueur

identitaire fort du quartier. Son nom rend

hommage à un personnage folklorique du

carnaval du quartier Nord.

En outre, les abords de la passerelle ont été

aménagés de manière conviviale, intégrant

des plantations afin de créer un espace

accueillant et vivant pour les riverains.

Auteur de projet : Atelier d’architecture

Alain RICHARD

Entreprise : Serbi SA, Stabilame, Techno

Métal Industie

Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –

Département des Travaux et Service du

Logement et Régie foncière

Montant final travaux : 1.500.000 €

Financement : Revitalisation urbaine,

SPW et Ville de Liège (régie foncière)

Date de réalisation : 2019-2020


128

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.7.6. Projet : Les RAVI - Place Vivegnis 36

Le projet « Résidences-Ateliers Vivegnis

International » (RAVI) permet à des artistes

du monde entier de poser leur candidature

pour profiter, durant une période de 6 mois

à un an, d’ateliers situés dans un ancien

bâtiment industriel rénové au cœur du pôle

culturel Vivegnis. Ces créateurs bénéficient

aussi d’une bourse, d’outils de diffusions

de leur travail (site internet, publications,

expositions…) et d’un logement (Vivegnis

Housing). Une personne-ressource veille

par ailleurs au bon déroulement du séjour,

et propose des rencontres avec d’autres

créateurs. La gestion quotidienne est

assurée par une équipe de coordination

attachée à la Ville de Liège. Parmi les

missions des RAVI figure également le

développement d’un programme de

mobilité et d’échanges pour les créateurs

de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Avec

ce projet, la Ville de Liège souhaite aider les

artistes à développer leur pratique mais

aussi les appeler à s’engager dans des

débats sociétaux et à composer avec les

éléments de leur environnement. La vocation

de cet outil est de servir un rayonnement qui

articule le local à l’international.

Auteur de projet : AUID SPRL

Maitre d’Ouvrage : Ethias

Montant des travaux : 700.000 €

Gestion : Ville de Liège qui loue les

locaux : 2013


129

2.3.7.7. Projet : Les Zurbains - Projet

d’habitat groupé - Rue Vivegnis, 161 à 173

La régie foncière de la Ville était propriétaire

d’un terrain de 8.500 m² rue Vivegnis

161 à 173. Un collectif d’une vingtaine de

ménages a manifesté au début des années

2000 son intérêt pour acquérir ce bien

et y construire un ensemble cohérent de

quatre maisons, d’un loft, de dix duplex et

de treize appartements, autour d’un parc

commun de 4 800 m² et de parkings (13

voitures, 60 vélos). Cet habitat groupé,

multigénérationnel, visait à créer des

logements accessibles financièrement,

tout en construisant dans le respect

du développement durable (basse

consommation en énergie, ossature bois,

chauffage collectif à pellets, citerne d’eau

de pluie, empreinte écologique faible, etc.).

« Les Zurbains « se sont réunis à de très

nombreuses reprises pour coconstruire

ce projet participatif et permettre à

chacun de s’exprimer sur ses besoins et de

proposer ses idées. De l’aveu même des

copropriétaires, le chemin, pour concrétiser

ce qui constitue le plus grand projet

d’habitat groupé de Wallonie, a été long et

semé d’embûches, nécessitant compromis,

écoute et patience.

Le collectif des Zurbains et la Ville de Liège

ont déposé une convention de partenariat

public-privé en vue de la reconnaissance

d’un périmètre de revitalisation urbaine

auprès de la Wallonie. L’approbation de

cette candidature par le Gouvernement

wallon a permis d’obtenir des subsides pour

financer l’aménagement des trottoirs le long

des nouvelles constructions et la passerelle

cyclo-pédestre de le place Vivegnis.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Auteur de projet : J-M SCHEPERS

Maitre d’Ouvrage : Les Zurbains

Financement : privé

Date de réalisation : 2011

Projet revitalisation urbaine avec la Ville

de Liège


130

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.7.8. Projet : La Maison du Créahm – rue

Vivegnis 251

La régie foncière de la Ville de Liège a cédé

en bail emphytéotique à l’euro symbolique

et pour une durée de 27 ans à La Maison du

Créahm, un terrain d’une contenance de

1425 m² situé entre la rue Vivegnis et la rue

des Haveurs. Cette association y a construit

en 2020 un centre d’accueil et de formation

pour handicapés mentaux. La finalité sociale

et culturelle du projet s’inscrit en parfaite

harmonie avec l’activité culturelle existante

dans le quartier. Le bâtiment comprend

une salle de théâtre avec une salle de

danse (150 m²), un atelier cirque et une

grande salle pour la peinture, le dessin et

la sculpture monumentale. Les nouveaux

ateliers accueillent environ 50 personnes

par jour dans des locaux mieux adaptés à

leur handicap que sur le Quai Saint-Léonard

(précédente localisation).

Auteur de projet : Charles Vandenhove

Maitre d’Ouvrage : La Maison du

Créahm asbl

Financement : privé

Date de réalisation : 2020

Terrain Ville de Liège (emphytéose – 1 €)


131

2.3.8. PROJET : RUE PIED DU THIER-À-LIÈGE, 15, 17, 19

Démolition de plusieurs petites maisons en

ruine à l’entrée du quartier Saint-Léonard

- construction d’un ensemble de six

logements très basse énergie avec jardin

privatifs - maintien d’un cheminement

ancien à travers la parcelle

Présentation – spécificités :

La rue Pied du Thier-à -Liege, véritable porte

d’entrée du quartier Saint-Léonard, était

défigurée par plusieurs ruines menaçant la

sécurité des riverains. La Régie foncière a

dès lors acquis, par expropriation, l’ensemble

des biens à un prix peu élevé (6.000 €), et a

procédé à leur démolition répondant ainsi à

plusieurs objectifs du schéma directeur. La

qualité architecturale du nouveau projet a

donné une image de modernité à cet accès

important au quartier. L’opération joue par

ailleurs un rôle clé en articulant deux types

de voiries (un axe principal et une impasse),

et deux typologies d’habitat (des maisons

hautes et jointives d’un côté, et un habitat

modeste et discontinu de l’autre). Une

attention particulière a été portée au raccord

avec les bâtiments voisins (n°13 et n°29).

Le nouvel ensemble comprend :

• 3 appartement 2 chambres

• 1 appartement 3 chambres

• 2 maisons 2 chambres

Les façades arrières, colorées, apportent

de la convivialité aux espaces extérieurs.

Les enfants, en plus de ces lieux de détente,

bénéficient également d’une plaine de jeux

située de l’autre côté de la voirie en pied de

colline.

Notons, que lors des travaux, les services

de la Ville ont été confrontés à la présence

de « Renouées du Japon » sur les terrains.

Il s’agit d’une plante invasive dont les

racines peuvent atteindre jusqu’à 6 mètres

de profondeur. La présence du talus du

chemin de fer en fond de parcelle n’est pas

étrangère à la prolifération de cette dernière.

Une intervention lourde et couteuse (plus

de 30.000 €), a été nécessaire pour enlever

les résidus et les mettre sous bâche dans

un centre spécialisé. Sans intervention de

la SNCB sur ses propres talus, ces travaux

d’assainissement seront malheureusement

peut-être inutiles.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Une autre particularité de cette opération

réside dans la création de 6 logements très

basse énergie. Chacun d’eux dispose d’une

isolation performante, d’une ventilation

double-flux, et est équipé d’un poêle à

pellets qui assure le chauffage de toutes

les pièces de vie. Le projet s’inscrit dans une

démarche durable et innovante.

Les nouvelles constructions disposent

d’un espace extérieur privatif : jardin ou

terrasse. Ces espaces sont complétés

par un jardin partagé qui offre un cadre

de vie verdoyant aux locataires. Il facilite

par ailleurs les contacts et les interactions

entre les habitants. Le rez-de-chaussée

comprend un espace couvert pour les vélos

et les poussettes autour de la zone d’entrée,

permettant aux résidents de se rencontrer,

bricoler, entretenir leurs équipements et

échanger. Une zone de stationnement de six

places pour véhicules motorisés est prévue

en lien direct avec des caves individuelles

suffisamment vastes pour stocker les

réserves de pellets. Des locaux techniques

sont également prévus pour la gestion du tri

sélectif.

Financement : PFGV - SPW Rénovation

urbaine - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2015 à 2017

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.466.000 €

Acquisition : 11 500 € (partie SNCB) - 6

000 € (expropriation des 3 maisons en

ruine)

Nombre de logements : 6

Auteur de projet : Atelier d’Architecture

A. Richard

Entreprises : DS. Stoffels SPRL

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


132

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.9. PROJET : RUE MORINVAL, 74-76 –

PARC DES QUATRE TOURETTES

Construction d’un immeuble de 16

appartements à haute performance

énergétique dont 8 ont été acquis par la

Ville de Liège dans le cadre d’un partenariat

public-privé (marché de promotion) -

aménagement d’un parc public et d’une

plaine de jeux à destination des habitants

du quartier et des élèves de l’école

communale de Morinval

Présentation – spécificités :

A l’angle de la rue Morinval et de la rue des

Steppes, une friche urbaine, localisée à côté

du château dit « des Quatre Tourettes », était

occupée par des garages délabrés et une

parcelle arborée laissée à l’abandon. La Ville

de Liège a négocié avec les propriétaires

pour racheter et revaloriser l’ensemble du site

d’une superficie de 3.250 m². Grâce au soutien

de plusieurs pouvoirs subsidiant, un immeuble

à appartement, un parc public, une plaine de

jeux, et un aménagement sécurisé des abords

de l’école Morinval ont vu le jour.

Pour faire face au manque de logements

de qualité sur son territoire, la Ville de Liège

mobilise tous les mécanismes existants, et

valorise ses ressources foncières dans le

cadre de partenariats avec le privé. Suite au

lancement d’un marché de Promotion, la Ville

a ainsi pu développer un projet plus ambitieux

tout en assurant de la mixité sociale. Les 16

logements crées sont en effet destinés autant

à la location qu’à la vente, et ont des tailles

variées. Le risque financier est partagé, et le

préfinancement de l’opération est à charge

du promoteur. Comme prévu dans le cahier

des charges, la Ville a acquis 8 logements à la

réception définitive du chantier.

L’immeuble de 3 étages est conçu en

« basse énergie ». L’isolation performante,

la ventilation mécanique contrôlée avec

récupération de chaleur, la chaudière à

condensation au gaz centralisée font que le

bâtiment est énergétiquement très efficace.

La résidence acquise par la Ville comprend :

• 2 appartements 1 chambre de 67 m²

• 4 appartements 2 chambres de 78 m²

• 2 appartements 3 chambres de 105 m²

Les logements sont équipés d’une terrasse

de 10 m², d’un parking individuel et de locaux

vélos et poubelles situés sous l’immeuble,

partiellement construit sur pilotis. La Ville

étant sensible à la problématique des

Personnes à Mobilité Réduite (PMR), les deux

logements du rez-de-chaussée ont été

adaptés en conséquence, dans le cadre

d’une collaboration avec le Service ACCESS+.

Une autre particularité du projet réside

dans l’aménagement d’un jardin public

arboré, formant une esplanade près de

la rue, ce qui modifie la délimitation des

cours de récréation de l’école communale

de Morinval. Ce réaménagement permet

de valoriser le parc existant du « Château

des Quatre Tourettes », situé au cœur

de l’îlot, et qui est désormais accessible

aux habitants du quartier. Afin de créer

une continuité visuelle avec le paysage

environnant, les murs élevés des cours

de récréation ont été remplacés par des

grilles. Notons qu’un espace spécifique est

aménagé pour l’infiltration des eaux de

pluie issues du nouvel immeuble, favorisant

le drainage naturel et le développement

de la biodiversité sur le site. Le projet

répond parfaitement aux objectifs de

lutte contre les îlots de chaleur urbain, et

l’imperméabilisation croissante des terrains.

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement et rénovation

urbaine - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2012 à 2015

Cout total de l’opération logements (8

acquis par la ville) (TVAC) : 1.176.000 €

Cout travaux espaces verts : 455.000 €

Acquisition : 200.000 €

Nombre de logements : 16 (dont 8

acquis par la Ville)

Bouwteam : auteur de projet : A.

Lacomble – promoteur : T-Palm

Auteur de projet espaces verts :

Virginie PIGEON et Sebastien OCHEJ –

Entreprises : ELOY et KLINKELS

Procédure : marché de promotion


133

2.3.10. PROJET : ECO-RÉSIDENCE -

QUAI DE CORONMEUSE 44

Construction d’une eco-résidence de 11

logements passifs dans le cadre d’un

partenariat public-privé (marché de

promotion) sur un ancien site d’activité

industriel

Présentation – spécificités :

La création de logements à l’angle de la rue

des Mariniers et du quai de Coronmeuse, qui

s’inscrit dans le programme de rénovation

urbaine du quartier Nord/Saint-Léonard,

visait, à cet endroit stratégique et fort visible,

la construction d’un nouvel immeuble en

suture du tissu urbain, après dépollution

d’un ancien site industriel. L’opération

participe à la revalorisation de l’image du

quartier grâce à la réalisation d’un projet

architectural original à proximité de la ligne

du tram. Cette réalisation prend place sur

un terrain de 850 m² dans le prolongement

du site dit « des Forges » (voir point 2.3.6)

comprenant 22 logements avec jardins

privatifs, potagers communautaires et

espaces publics.

La particularité de ce projet réside dans

le lancement par la Ville d’un « marché

de promotion » pour la conception, le

financement et la construction d’un

ensemble de 11 logements « passifs ou

équivalents ». 5 d’entre eux ont été acquis

par la régie foncière dans le cadre du

programme d’ancrage communal du

logement de la Wallonie, et 6 autres ont

été vendus par le promoteur. Déjà dotée

de nombreux logements basse énergie de

classe A, la régie foncière a acquis dans

le cadre de cette action ses 5 premiers

logements passifs (Q-ZEN – Quasi Zero

Energie). Ces habitations se distinguent par

un coefficient d’isolation thermique global

K ≤ 20 (plus la valeur de K est basse, plus

l’isolation du bâtiment est performante),

et une consommation d’énergie primaire

particulièrement faible (Ew ≤ 30). Les besoins

nets en énergie par m² de plancher chauffé

et par an atteignent seulement 15 kWh.

Des panneaux photovoltaïques installés en

toiture complètent le dispositif de réduction

des charges locatives.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


134

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La partie de l’éco-résidence acquise par le

Ville (ensemble côté Meuse) comprend :

• 2 logements 1 chambre de 64 m²

adaptables PMR avec terrasse

• 2 logements 2 chambres de 85 m²

adaptables PMR avec terrasse

• 1 logement 3 chambres (triplex) de

108 m² avec terrasse et balcon

Notons que :

• les logements bénéficient d’un jardin

commun ensoleillé (bonne exposition

au sud)

• les toitures sont végétalisées, de même

que les parterres et les jardinières,

répondant ainsi à l’objectif d’adaptation

des pratiques aux conséquences du

réchauffement climatique

• chaque appartement est pourvu d’une

buanderie et de deux espaces de

rangements extérieurs, en plus d’un

emplacement de parking et de l’accès

à un local vélo couvert.

Cette méthode répond aux besoins de

durabilité et de résistance, et fait jeu égal

avec d’autres matériaux comme le béton

ou l’acier. Le CLT donne la possibilité de

construire et de concevoir un projet en

laissant beaucoup de liberté à la créativité.

Découpés et pré-rainurés en usine, ces

panneaux, facilement recyclable, permettent

un assemblage rapide sur chantier. La

structure est alors isolée par la pose d’un

bardage en bois ou la pose d’un crépi.

D’un point de vue urbanistique, le projet

réussit une couture urbaine difficile en

tenant compte de l’existant. Le choix de la

proximité avec les logements construits

en 2010 rue des Mariniers résout la liaison

sans « dent creuse ». Dans la continuité des

logements des « Forges », la hauteur du

nouvel ensemble augmente d’un R+2 à un

R+4 en adéquation avec la hiérarchisation

des voiries.

La technique de construction en panneaux

de bois lamellé collé croisé (CLT ou Cross

Laminated Timber) a été conçue en 1999 par

TimberTeam, une société spécialisée dans

la fabrication de panneaux multicouches

entièrement constitués de bois d’épicéa

massif.

Financement : SPW ancrage communal

du logement - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2018 à 2020

Cout total de l’opération (TVAC) :

884.000 €

Acquisition des parcelles : 0 €

(propriétés Ville)

Nombre de logements : 11 dont 5 acquis

par la Ville dans le cadre d’un marché

de promotion

Bouwteam : auteur de projet : Bureau

Architecte et Paysagiste Ziane –

promoteur : Invest & Corporate SA et

G.Y. Liégeois

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


135

2.3.11. PROJET : COUR DU GÉNÉRAL POBLETE, 1 À 11

(ANCIENNEMENT RUE DONY, 24-32)

Curetage d’un intérieur d’îlot en vue de

la construction et de la rénovation de 10

maisons pour familles nombreuses et de

2 appartements - assainissement d’un

chancre composé d’un bâti hétéroclite -

création d’un espace collectif de rencontre

arboré - partenariat avec le FLW

Présentation – spécificités :

Dans les quartiers densément bâtis, les

intérieurs d’îlot sont souvent difficiles à

réaffecter. Ils nécessitent un patient travail

de « couture » et de restructuration du tissu

urbain. Le présent site d’une superficie

de 2.400 m² était abandonné depuis plus

de vingt ans, et posait régulièrement des

problèmes de nuisibles, d’insécurité et

d’insalubrité pour le voisinage, en raison

notamment de la présence d’une dizaine de

garages, de hangars et d’entrepôts.

La Ville de Liège a acquis la parcelle en

avril 2009, et en a cédé une partie en bail

emphytéotique au Fonds du Logement de

Wallonie (FLW) pour une durée de 60 ans

à l’euro symbolique. Ce partenariat avait

notamment pour objectif de concrétiser un

projet plus ambitieux, en mutualisant les

moyens financiers.

et de travaux conjoints entre la Ville de Liège

et le Fonds du logement de Wallonie. Ce type

de marché permet de réaliser des économies

d’échelle et de finaliser le chantier dans les

mêmes délais pour les deux opérateurs. La

livraison simultanée des biens permet aux

premiers locataires d’éviter les désagréments

liés aux travaux. La localisation du site

en intérieur d’îlot, limitant les possibilités

d’accès au chantier, a également incité les

partenaires à utiliser ce type de marché.

Notons que pour faciliter le suivi du chantier,

le FLW a délégué la maitrise d’ouvrage des

travaux au service du logement de la Ville.

La Politique Fédérale des Grandes Villes a

joué un rôle essentiel dans le montage du

projet en permettant l’acquisition du site, et

le financement d’une partie importante des

travaux. Les espaces publics ont été financés

par la Wallonie dans le cadre de l’article 44.

Le nouvel ensemble, dénommé « cour du

Général Poblete » en mémoire d’un Général

chilien exilé à Liège, est renforcée par un

espace collectif de rencontre. Celui-ci est

agrémenté de haies et d’arbres, muni de

bancs et pourvu d’un abri collectif pour vélo.

Visuellement, une des caractéristiques du

projet réside dans la pose, au niveau des

étages, d’un bardage vertical ajouré en

cèdre qui donne son caractère architectural

aux nouvelles constructions.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Le bâti existant a été démoli, et 12 logements

pour familles ont été construits ou rénovés

autour d’un espace semi-public par les partenaires.

Chaque unité d’habitation dispose

d’un petit jardin entouré d’une haie, et est

pourvu de larges ouvertures vitrées qui permettent

à la lumière de traverser le logement.

Les 6 logements financés par la Ville se

répartissent en 4 maisons de 3 chambres

(108 m²), et de 2 appartements de 2 chambres

(85 m²), dont un est adapté aux Personnes à

Mobilité Réduite.

Parmi les 6 maisons gérées par le FLW, 3

anciennes habitations mitoyennes ont fait

l’objet d’une rénovation. Elles disposent de 2,

4 et 5 chambres pour des superficies allant

de 97 à 173 m². Les 3 nouvelles constructions

(R+1) comprennent 3 chambres et ont des

superficies de 95 à 98 m².

D’un point de vue juridique, l’opération a été

menée dans le cadre de marchés de services

Financement : PFGV – SPW ancrage

communal du logement et article 44

espaces publics - Ville de Liège

Partenaire : Fonds du Logement de

Wallonie

Réalisation des travaux : 2014 à 2016

Acquisition du site : 480.000 €

Bail emphytéotique octroyé au FLW :

1 € (durée 60 ans)

Nombre de logements : 12

Auteur de projet : Atelier d’architecture

D. Delgoffe – Entreprises : Strabag S.A

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


136

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.12. PROJET : RUE VIVEGNIS, 217-219-221-223

Remplacement d’un ensemble de 4

maisons ouvrières fortement dégradées

par un nouvel immeuble de 7 appartements

avec terrasses privatives et d’un grand

espace collectif végétalisé - partenariat

avec l’asbl Centre de jour Créahm Liège

pour l’occupation de 2 logements par ses

bénéficiaires

Présentation – spécificités :

Dans le courant des années 2010, la Ville

de Liège a eu l’opportunité d’acquérir,

après négociation avec les propriétaires,

4 maisons ouvrières inoccupées et en très

mauvais état rue Vivegnis. Une analyse

de l’état sanitaire des biens a rapidement

conclu à la nécessité de démolir l’ensemble

du bâti. Une rénovation de l’existant

n’aurait pas permis de créer des logements

correspondant aux standard de confort et

de performance énergétique actuels. Cette

opération de démolition et de reconstruction

de 8 appartements basse énergie présentait

par ailleurs plusieurs intérêts (listés cidessous),

répondant tant aux objectifs

du schéma directeur du quartier, que de

la politique communale en matière de

logements :

• élimination d’immeubles squattés et

insalubres permettant d’améliorer la

sécurité des riverains.

• intervention sur 4 immeubles jointifs

permettant de reconstituer le tissu

urbain sur plusieurs dizaines de mètres

(grande visibilité du projet)

• construction d’un nouveau bâtiment au

même gabarit que l’immeuble voisin

(n°215 - deux fois plus élevé que les

maisons d’origine situées aux numéros

217 à 221), permettant de créer un

nombre plus élevé de logements et de

plus grande taille. Notons que la rue

Vivegnis est caractérisée par un bâti

existant peu homogène tant par la

composition architecturale des biens

que par leur gabarit.

Le programme initial comprenait 8

logements répartis comme suit : 1 logement 1

chambre de 63 m², 4 logements 2 chambres

de 86 à 97 m², 2 logements 3 chambres de

110 à 114 m² et 1 logement 4 chambres de

129 m².

En cours de chantier, l’asbl « Centre de

jour Créahm » a émis le souhait de louer

(pour une durée minimum de 9 ans) les

deux appartements du deuxième étage

pour y héberger ses bénéficiaires (7

personnes), et le duplex des troisième et

quatrième étages pour y loger l’éducateur

de référence. Pour faciliter la gestion de

ces habitations protégées, le projet a donc

été adapté en créant une ouverture entre

les deux appartements du deuxième étage

pour aménager un logement de 243 m²

composé de 7 chambres individuelles. Les

salles de bains et les WC ont également

été modifiés pour respecter les normes

imposées par l’AVIQ en terme de circulation.

Une convention de partenariat reprend ces

demandes, et fixe également les obligations

relatives à l’accompagnement éducatif qui

devra être permanent lors de la présence

des usagers.

Une autre spécificité du projet est le parti

pris architectural d’organiser le complexe

en 4 volumes (aux hauteurs régressives

pour s’intégrer au contexte existant), et

d’utiliser comme matériaux de parement

principal le zinc (de teinte gris naturel) et

l’acier galvanisé en rappel des constructions

participant au riche passé industriel du

quartier. L’immeuble voisin situé au n°225 est

précisément une construction industrielle

du milieu du 19° siècle qui accueille depuis

sa réhabilitation en 2013 le projet des RAVI

(Résidences-Ateliers Vivegnis International -

voir point 2.3.7.6).

Les briques de réemploi issues des

démolitions sont intégrées dans le projet.

Ce choix permet de répondre au critère

environnemental fixé par le pouvoir

subsidiant.


137

Les logements situés aux étages sont

accessibles par un ascenseur, et les deux

appartements du rez-de-chaussée sont

adaptés pour les Personnes à Mobilité

Réduite (PMR). Deux places de parking pour

voiture sont prévues à l’intérieur du bâtiment

et une troisième à l’extérieur, ce qui est

appréciable pour réduire la pression sur le

stationnement automobile dans le quartier.

Deux volumes indépendants, qui prennent

place parallèlement à la construction de

l’immeuble, ont par ailleurs la fonction d’abri

pour une vingtaine de vélos, et de local de tri

des déchets.

Dès la conception du projet, une attention

particulière a été portée à l’apport de lumière

naturelle dans les logements, à la création

de vues dégagées et d’espaces privatifs

extérieurs (terrasses, toitures végétales)

contigus aux lieux de vie. Les aménagements

du jardin collectif d’une superficie de 290 m²,

à l’arrière de la résidence, permettent aux

habitants de disposer d’un lieu arboré et

sécurisé pour les enfants.

Remarquons, pour terminer, que la

procédure choisie pour le marché de travaux

est une procédure ouverte de conception et

d’exécution de travaux, qui prévoit, à charge

du soumissionnaire, l’ensemble de la phase

d’exécution du projet : prestations d’auteur

de projet et réalisation des travaux, le

tout sur base du permis d’urbanisme obtenu

préalablement par la Ville. Le choix d’un

marché unique à prix global pour l’ensemble

de la phase de réalisation permet de

gagner du temps, et de réaliser les travaux

pour un montant global et forfaitaire (sauf

réels imprévus ou demandes du maître de

l’ouvrage).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : SPW PIV - PFGV -

Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2022 à 2025

Cout total de l’opération (TVAC) :

2.236..000 €

Acquisition : 232.000 €

Nombre de logements : 7 (reconversion

possible en 8 logements)

Auteur de projet : Service du Logement

(Ville de Liège)

Procédure : marché de conception et

d’exécution

Soumissionnaire : Chêne SA - Atelier

d’architecture Dany Lacomble

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


138

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.13. PROJET : RUE LAMBERT GRISARD, 1

Création d’une Maison de quartier après

rénovation d’un immeuble insalubre

Présentation – spécificités :

La Maison de quartier de Saint-Léonard,

autrefois en ruine, a été entièrement

transformée et rénovée pour devenir un lieu

central de rencontre, d’accueil et de services

à l’entrée du quartier. Localisée à l’angle des

rues Saint-Léonard et Lambert Grisard, elle

incarne la revitalisation de cette partie de

la Ville. Elle est un symbole de la rénovation

urbaine du quartier.

Au fil des années, la Maison de quartier a

accueilli de nombreux services destinés à

soutenir et redynamiser le quartier. Elle a

été le siège de formations préqualifiantes,

d’un espace dédié à la rénovation urbaine,

du programme RELIEF (relais local pour

le logement, l’insertion, l’emploi et la

formation), du Service d’Activités Citoyennes

de la régie de quartier (SAC), d’un Espace

Public Numérique (EPN), et d’activités visant

au développement économique local.

Chaque initiative a contribué à renforcer le

lien social et à améliorer la qualité de vie

des habitants.

Aujourd’hui, la Maison de quartier héberge :

• l’équipe de quartier du département

des services sociaux et de proximité

de la Ville de Liège : cette dernière

soutien diverses activités organisées

par les habitants et le monde associatif,

organise des stages pour les enfants,

un Cyber – Atelier SmartPhone, un

atelier d’écriture, ou encore, aide au

développement de projets citoyens

tel que la gestion d’un potager

communautaire

• un relais de l’emploi du FOREM : ce

service propose des conseils pour

réaliser des démarches administratives,

accompagne les citoyens dans

leurs démarches de recherche

d’emploi (CV, lettre de motivation...),

propose des offres d’emploi, des

informations sur les métiers, les

filières de formation, et des outils

pour rechercher activement un travail

Le bâtiment accueillait par ailleurs de

nombreuses réunions, dont celles de

la commission de rénovation urbaine

réunissant les forces vives du quartier.

Financement : PFGV – SPW rénovation

urbaine - Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2003-2004

Cout total de l’opération (TVAC) :

193.700 €

Acquisition : 67.000 €

Nombre de logements : 2

Auteur de projet : ARTerre, J-M Delhaye

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


139

2.3.14. PROJET : AMÉNAGEMENTS DE PLACES,

DE PROMENADES ET D’ESPACES VERTS DANS LE

CADRE DE LA RÉNOVATION URBAINE

Parmi les nombreux projets d’aménagement

des espaces publics, nous en retiendrons

deux, particulièrement emblématiques

des objectifs poursuivis par le projet de

rénovation urbaine du quartier, et financés

dans ce cadre précis. Ces projets ont été

gérés par le département des espaces

publics de la Ville de Liège.

Projet : esplanade Saint-Léonard

Ce projet a permis l’aménagement d’un

ensemble d’espaces s’étendant de la Meuse

au sommet de la colline de la Citadelle (au

total 6 ha).

La place des Déportés, aussi appelée

« Esplanade Saint-Léonard », fut occupée

de 1850 à 1982 par une prison où furent

enfermés durant la Seconde Guerre

mondiale des résistants et des opposants

politiques. Après démolition des bâtiments,

la place a été aménagée de manière

ouverte, dressant un trait d’union entre

les coteaux de la Citadelle et la Meuse. Ce

grand site urbain, ouvert et convivial, est

composé d’espaces verts et arborés, d’une

plaine de jeux, de terrains de sports et de

nombreux bancs publics. Elle est devenue un

lieu de rencontres, de détente, de loisirs, et

accueille régulièrement des manifestations

socioculturelles.

Projet : Les coteaux Vivegnis

La réhabilitation du site des Coteaux de

Vivegnis a permis l’aménagement de

chemins et la valorisation des éléments

paysagers. Ce projet de « Coteaux verts »

avait pour but de valoriser, aménager et

améliorer l’accessibilité de l’espace vert des

Coteaux de la Citadelle depuis le quartier

Saint-Léonard, en offrant ainsi un espace de

détente et de qualité aux habitants. Un des

objectifs poursuivi était d’inscrire le quartier

dans la promenade verte des Coteaux,

en valorisant et se réappropriant des

vestiges de l’ancienne occupation du site,

notamment le charbonnage du Banneux.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Auteur de projet : A. BAUMANS et A.

BEGUIN, A. RONDIA

Entreprise : AM Galère-Duchêne

Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège

Montant final travaux : 5 000 000 € TVAC

Financement : Rénovation urbaine et

Ville de Liège

Chantier : 1999 - 2001

Auteur de projet : B. HERBECQ

Entreprises : Lannoy R. SPRL, Gehlen R.

SA et SPRL Lemaire parcs et jardins

Maitre d’Ouvrage : Ville de Liège –

Département des Travaux.

Montant final travaux : 455.000 €

Financement : Espaces verts,

Rénovation urbaine et Ville de Liège

Date de réalisation : 2007


140

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.4. QUARTIER AMERCŒUR

Le quartier Amercœur a été reconnu

par la Wallonie comme périmètre

de rénovation urbaine en septembre

2020 pour une durée de 15 ans. Un droit

de préemption a également été accordé

dans le périmètre par arrêté ministériel en

septembre 2021.

L’analyse des atouts et des faiblesses du

territoire, et la rencontre de ses habitants

et usagers, ont permis de définir 4 objectifs

prioritaires (projet de quartier réalisé par le

bureau ERU Urbanisme de 2015 à 2018). Ils

sont déclinés en sous-objectifs.

• Renforcer l’identité et le sentiment

d’appartenance au quartier : soutenir

la création / le renforcement d’une

centralité locale - mettre en valeur le

patrimoine historique et architectural

- renforcer les dynamiques socioculturelles

- améliorer l’image du

quartier en requalifiant ses entrées

• Désenclaver Amercœur : améliorer les

connections inter-quartiers (entrées

de quartier) -améliorer les connections

intra-quartier (cheminements doux

en intérieurs d’îlots) - renforcer le

rayonnement du quartier

• Restaurer la continuité du bâti et

requalifier les îlots : valoriser les

opportunités foncières / reconstruction

des dents creuses - améliorer la

qualité du bâti - créer des logements

qualitatifs et équilibrer les fonctions -

appuyer la reconversion qualitative des

commerces en logements - requalifier

les intérieurs d’îlots

• Améliorer la qualité des espaces

publics : apaiser la pression automobile

et favoriser les cheminements doux -

mettre en valeur les espaces publics

liés aux bâtiments repères -aménager

des espaces de qualité pour un public

jeune - renforcer la propreté - créer

et requalifier des espaces collectifs -

végétaliser les rues et espaces collectifs

De ces objectifs ont émergé une succession

d’opérations, rassemblées en 6 pôles

géographiques et un pôle d’actions

ponctuelles. Les opérations et actions

prennent la forme de projets d’espace

public, de bâti (construction neuve,

réhabilitation, rehausse, etc.) accueillant

logements, équipements ou commerces, de

revitalisation économique et de cohésion

sociale.


141

2.4.1. PROJET : “PORTE D’ENTRÉE”

DU QUARTIER AMERCŒUR

Reconstruction des « dents creuses » à

l’angle des rues Amercœur, Basse-wez et

quai Bonnaparte – phase 1 : expropriation

pour cause d’utilité publique, préemption

et acquisition de parcelles et d’immeubles

par la régie foncière de la Ville de Liège

– suppression de chancres urbains

occupés par des panneaux publicitaires –

amélioration de l’image du quartier

Présentation – spécificités :

Comme dans la majorité des milieux urbain

denses, de nombreuses « dents creuses »

existent sur le territoire liégeois. On peut les

rencontrer dans des quartiers très divers et

les causes de leur existence sont multiples.

On peut définir une dent creuse comme

une parcelle ou un groupe de parcelles

non bâties insérées dans un tissu construit.

Ces espaces interstitiels apparaissent par

exemple lorsqu’un bâtiment est détruit et

qu’il n’est pas remplacé, laissant ainsi un

espace vide. Les dents creuses sont donc

généralement entourées de murs mitoyens

aveugles peu esthétiques et peu sécurisants.

Certaines d’entre elles dénaturent

énormément le paysage urbain notamment

en raison de leur forte visibilité lorsqu’elles

sont situées à l’angle de deux rues par

exemple. Elles contribuent à une très

forte déstructuration du tissu urbain, et leur

état ou leur occupation sont contraires

au bon aménagement des lieux (pignons

aveugles, panneaux publicitaires,

aménagements « verts » médiocres, dépôts

divers, état de friche et de ruine…).

Les enjeux de la reconstruction des dents

creuses, notamment en termes d’image, ont

conduit la Ville de Liège à s’y intéresser et à

réaliser des études pour tenter de combler

ces espaces peu qualitatifs.

des commerces, des transports en commun.

Il apparaît cependant que certains terrains

présentent une situation de blocage

complexe (d›ordre urbanistique, juridique,

foncier, technique ou économique) et

qu’elles ne seront pas comblées rapidement

sans une intervention volontariste des

pouvoirs publics (accompagnement des

propriétaires, incitants financiers, taxes, voire

expropriation et maîtrise publique).

Des inventaires réalisés dans le cadre

de ces travaux ont montré l’existence de

plusieurs dents creuses le long des quais

de la dérivation, à hauteur du quartier

d’Amercœur. Il s’agit de parcelles d’angles

sur lesquelles sont implantés de grands

panneaux publicitaires. Deux de ces parcelles

sont localisées en « entrée de quartier »,

face au pont venant d’Outremeuse, à

l’angle des rues d’Amercœur et Basse-Wez

pour l’une, et des rues d’Amercœur et quai

Bonaparte pour l’autre. Les bâtiments qui y

étaient présents ont été démolis lors de la

reconstruction du pont au début des années

1980, et de l’aménagement des quais et des

trémies. Ces terrains arborent aujourd’hui

des publicités non conformes d’un point de

vue urbanistique, et dont la rentabilité freine

le développement immobilier. La phase 2

des études développe divers scénarios de

reconstruction pour chacun de ces sites.

L’accès à Amercœur depuis le centre-ville

nécessite une reconfiguration profonde pour

retrouver son caractère d’entrée de quartier.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Comme l’indique l’une d’elles, la

reconstruction des dents creuses jouissant

d›une bonne localisation peut s’effectuer

spontanément par le privé du fait de la

dynamique du marché. Des promoteurs

s›y intéressent d›ailleurs souvent de près,

lorsqu’elles sont situées dans des quartiers

plus recherchés, plus proche des services,

L’action 1.1.1, retenue comme prioritaire dans

le programme de rénovation urbaine (PRU),

insiste sur le nécessaire dialogue entre les 2

angles : les opérations menées sur ces dents

creuses doivent être liées afin de renforcer

la cohérence architecturale et urbanistique

des constructions en portant une attention

particulière aux matériaux.


142

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La reconstruction de ces parcelles doit

par ailleurs intégrer une réflexion sur la

requalification et le réaménagement des

intérieurs d’îlots, d’un point de vue tant

urbanistique qu’en termes d’opportunités et

de faisabilité financière. Une perméabilité

piétonne au travers de ce nouveau bâti

serait à envisager vers des espaces publics

de convivialité aménagés en intérieur d’îlot

(création d’un passage en rez-de-chaussée

des nouvelles constructions).

En concordance avec l’action de

« consolidation de la continuité

commerciale » du PRU (action 1.3), la fonction

préconisée aux rez-de-chaussée est de

type commercial, tandis que les étages sont

consacrés au logement.

Le projet doit permettre de rendre

son caractère identitaire et offrir une

qualité paysagère à l’entrée du quartier

d’Amercœur. Il met un terme à la présence

des panneaux publicitaires et participe

à la restructuration du front bâti. La

Ville interviendra directement pour

la reconstruction ou fera appel à des

partenaires publics ou des acteurs privés

dans le cadre de marchés de promotion ou

d’appel à intérêts. La décision relative au

montage de l’opération sera prise une fois

les acquisitions réalisées. L’aménagement

d’un petit square verdurisé est également

envisagé temporairement.

différentes études. La Ville a activé en

octobre 2025, pour la première fois, son

droit de préemption en vue d’acquérir un

bien situé au n°5 de la rue d’Amercœur. Ce

droit de préemption dans le périmètre de

rénovation urbaine a été accordé par le

Gouvernement wallon en septembre 2021,

et permet à la Ville d’acquérir un bien par

priorité à tout autre personne lorsque le

propriétaire décide de vendre.

Il s’agit en outre dans le cas présent, comme

dans celui de toutes les dents creuses

inventoriées, de traduire sur le terrain

la volonté de l’autorité communale

de « reconstruire la Ville sur la Ville ».

Des opérations de reconstruction par

une architecture de qualité devraient

également améliorer l’image des quartiers

concernés et de la ville en général : dans

les sites en question, l’impact visuel d’une

reconstruction judicieusement pensée peut

être considérable.

Les dents creuses dont question étant la

propriété de sociétés privées actives dans

la publicité, le risque de voir ces espaces

non bâtis perdurer encore de nombreuses

années est élevé. Notons que la visibilité

des parcelles, et les milliers de véhicules

empruntant quotidiennement les voiries les

jouxtant, rendent l’exploitation des panneaux

publicitaires particulièrement rentable. Cette

rentabilité rendant tout développement

immobilier peu probable, un périmètre

d’expropriation a été approuvé par le

Conseil communal en février 2025 pour

cause d’utilité publique, et ainsi permettre

à la Ville de devenir maitre du foncier. Des

négociations sont également en cours en

vue d’acquérir plusieurs immeubles pour

agrandir la zone d’intervention, et mettre

en œuvre les projets proposés dans les

Financement : Ville de Liège / régie

foncière

Approbation Périmètre d’expropriation

(conseil communal) : février 2025

Approbation du droit de préemption

(arrêté ministériel) : 16 septembre 2021

Cout estimé des acquisitions (TVAC) :

700.000 €

Nombre de logements : en cours

d’étude – dépendra de la taille du site

qui sera pris en compte

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


143

2.4.2. PROJET : RÉAFFECTATION DE L’ANCIEN

MARCHÉ COUVERT D’AMERCŒUR

Poursuite de l’assainissement et de la

sécurisation d’un ancien site d’activités

économiques dont la réhabilitation a

été partiellement réalisée par le privé –

acquisition de parcelles par la régie foncière

de la Ville de Liège - sauvegarde d’un

bâtiment à haute valeur patrimoniale et

historique (ancien dépôt de la STIL - phase 1) -

création de logements, de commerces

de proximité, de locaux à vocation

communautaire et d’espaces verts publics

pour les habitants du quartier (phase 2)

Présentation – spécificités :

Les parcelles concernées par le

projet font partie d’un site plus vaste

anciennement occupé par le marché

couvert d’Amercœur, et localisé entre la

rue Frédéric Nyst et la voie ferrée reliant

Liège à Maastricht. Véritable institution

dans le quartier, le marché (brocante),

qui a attiré des milliers de visiteurs au

cours de ses 25 années d’activités, était

un lieu de rencontre important pour ses

habitants. Suite à sa fermeture dans les

années 2000 en raison de la baisse de

fréquentation des installations, la société

BNB a déposé un projet d’ensemble pour

la réhabilitation du site d’une superficie

totale de 14.000 m². Notons que de la fin du

19éme siècle au début des années 1980,

cet ilot a accueilli successivement le dépôt

de la société « Tramway Est-Ouest » fondée

en 1896 (trams à traction chevaline puis

électrique), la STIL (société des transports

intercommunaux de Liège – trolleybus puis

autobus) et enfin les TEC Liège-Verviers qui

ont désertés les lieux il y a un peu plus de 40

ans pour rejoindre le dépôt de Robermont

(regroupement des activités).

ces derniers. Le bâtiment qui hébergeait les

bureaux de la Stil, en entrée de parcelle, a

également été rénové et reconverti en une

vingtaine d’appartements par l’opérateur

privé. Le promoteur est toutefois tombé en

faillite au début de la décennie 2020 laissant

une partie du projet inachevée.

Vu les problèmes d’insécurité liés à

l’abandon de plusieurs biens (incendies,

squats, toxicomanie), la Ville de Liège

a décidé d’acquérir en 2022 (après

négociation avec le curateur de la société)

trois parcelles pour un montant de 450.000

euros. Cette décision a été motivée par

l’identification du site comme prioritaire

dans le schéma directeur du quartier.

L’action 6 de ce dernier lui est entièrement

consacrée et insiste sur l’importance de

finaliser le programme défini dans le permis

d’urbanisme dont question ci-dessus.

Il s’agit plus précisément :

• d’un bâtiment (1.456 m²) repris à

l’inventaire du patrimoine et accueillant

l’ancienne salle des fêtes de la STIL et

l’ancienne salle des machines (que

nous dénommerons « la Halle » dans la

suite du texte)

• d’un vaste terrain en friche (1.740 m²)

• d’un espace non affecté entre la rue

Frédéric Nyst et la Halle qui deviendra

un espace public de convivialité

(2.631 m²).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Un permis d’urbanisme, concerté avec la

Ville de Liège, a été délivré à l’investisseur

en 2014. Des hangars et des bâtiments ont

été démolis, et les immeubles présentant

un intérêt patrimonial ont été conservés en

vue d’une rénovation. Une grande surface

alimentaire de 1.400 m², un parking de 80

places, ainsi qu’une douzaine de logements

(dont 7 maisons) ont été construits entre les

années 2016 et 2020, à front de voiries pour


144

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

• La fiche projet retenue dans le cadre du

dossier de rénovation urbaine, propose

de sauvegarder « la Halle » et de prévoir

des affectations variées pour faire

revivre ce bâtiment emblématique du

quartier. La partie droite de l’immeuble

(dite salle des machines) pourra trouver

une affectation orientée vers une

activité commerciale (de type brasserie

artisanale vu le volume du bâtiment).

La partie de gauche (dite salle des

chaudières) deviendra un espace

orienté vers l’animation communautaire

du quartier. Les fonctions envisagées

sont une salle polyvalente à l’étage

(sport, cinéma de quartier, animation

culturelle), un restaurant solidaire

(alimentation locale et durable pour

tous), et une école de devoirs pour les

enfants du quartier.

La préservation et la mise en valeur de « la

Halle » est essentielle vu sa grande valeur

historique et patrimoniale, et répond à

l’objectif d’amélioration de l’image du

quartier. L’aménagement d’un espace

public de convivialité devant « la Halle »

permettra par ailleurs son appropriation par

les habitants, mais également sa mise en

valeur architecturale.

La concrétisation du programme global

nécessitera quant à elle l’obtention de

subsides régionaux (ou d’un autre niveau

de pouvoir), ou la recherche d’un partenaire

public ou privé. La mise en œuvre de

la deuxième phase du projet relative

à l’aménagement et l’équipement des

installations prendra donc certainement

plusieurs années avant de permettre un

accueil du public et des habitants du

quartier. Sur un plan technique, le bâtiment

aura toutefois été sauvegardé et sécurisé

permettant ainsi une réaffectation future

au lieu d’être voué à une démolition pure et

simple.

La première phase du projet consiste à

sauvegarder et sécuriser « la Halle » reprise

à l’inventaire du patrimoine, avant qu’elle

ne se dégrade davantage. Un marché de

travaux portant sur la « réhabilitation des

anciennes halles de la STIL » a ainsi été

lancé par la Ville en juin 2025. L’intervention

prévoit le remplacement des toitures et

des menuiseries extérieures, la restauration

des maçonneries de façade, la démolition

des annexes arrières inopportunes,

l’assainissement intérieur, la réfection de

la dalle de sol de la salle des machines,

le raccordement à l’égout public. Cette

opération est subsidiée dans le cadre de

l’enveloppe budgétaire accordée pour les

projets situés dans un périmètre de Site à

Réaménager de la Politique Intégrée de la

Ville (PIV-SAR).

Financement : SPW PIV - Ville de Liège

Réalisation des travaux pour

sauvegarder la halle : 2026-2027

Cout total de l’opération (sécurisation

et sauvegarde de la Halle - TVAC) :

3.400.000 €

Acquisition : 450.000 €

Programme : à définir

Auteur de projet : Architecture Lejeune

Giovanelli

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


2.5. REQUALIFICATION DE

LA PLAINE DE DROIXHE

La présentation du projet de requalification

de la cité sociale de Droixhe dans cette

publication, et qui concerne le renouveau

et la création de centaines de logements

publics et privés, est directement liée à

l’implication de la Ville de Liège dans sa mise

en œuvre depuis une vingtaine d’années.

Notons plus particulièrement la mobilisation

depuis l’année 2005 de plusieurs agents

du département du logement chargés de

la gestion de la Filiale Immobilière Publique

de Liège (FIP – société créée par la Régie

communale autonome de la Ville de Liège

la Slsp La maison liégeoise et ISoSL), dont

l’objet social est la conception et la mise

en œuvre du plan de requalification de la

plaine. Nous y reviendrons dans la suite

de la présentation. Même si les montants

sont modestes à l’échelle globale de

l’opération, notons que la Ville de Liège

a octroyé 1.500.000 euros à la FIP dans le

cadre du programme « Ville durable » de la

Politique Fédérale des Grandes Villes, pour

la création de logements. Elle a aussi réalisé

des travaux relatifs aux espaces publics et

à la mobilité. Mais elle a surtout joué un rôle

essentiel pour convaincre divers partenaires

publics (dont la Wallonie) de la nécessité de

reconstruire le quartier.

Comme nous le découvrirons, la

concrétisation de ce type d’opération

ne s’apparente pas à un long fleuve

tranquille, mais nécessite une phase

d’essais et d’erreurs avant de découvrir

la voie la mieux adaptée. Les difficultés

juridiques, techniques et financières sont

légion, et demandent aux équipes en charge

de la mise en œuvre, persévérance et

motivation au quotidien. La requalification

d’un tel site prend du temps, mais les

résultats engrangés, pas à pas, montrent

que les efforts ne sont pas vains, grâce à la

stabilité et la ténacité du personnel politique

et administratif impliqué. Les opérations de

rénovation urbaine quelles qu’elles soient,

de petite ou, comme dans le cas présent, de

grande taille, présentent les mêmes défis et

enjeux.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

145


146

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.1. CONTEXTE HISTORIQUE

Le quartier de Droixhe est un ensemble de

logements sociaux édifiés entre 1954 et

1976, suite à un concours d’architecture

remporté par le groupe EGAU (Etudes en

Groupe d’Architecture et d’Urbanisme).

Les immeubles à appartements construits

et gérés par la SLSP La Maison Liégeoise

sont implantés en bord de Meuse. Ces

tours reprennent les formes d’habitats

modernistes définies par Le Corbusier et

que l’on peut retrouver dans la Cité radieuse

de Marseille : l’habitat se réalise en hauteur

tandis que les espaces de terrains sont

libérés et dédiés à la vie collective et à

la nature. À l’époque de leur édification,

ces immeubles divisés par appartements

ont créé un style d’habitat et de cadre de

vie nouveaux pour la population, sur un

ancien terrain de manœuvre militaire d’une

vingtaine d’hectares jusqu’alors inoccupé.

Droixhe est construit comme une véritable

ville avec ses nombreux équipements

collectifs (école, crèche, commissariat de

police, église, bibliothèque communale,

salle des fêtes, cinéma, parc, plaine de

jeux, terrains de sport, etc.). L’homogénéité

urbanistique, la rigueur et la pureté des

objets architecturaux qui composent

l’ensemble font de Droixhe un cas unique

en Belgique au moment de sa réalisation.

En fin de construction, la plaine de Droixhe

représente un ensemble de 1.820 logements

répartis au sein de 15 bâtiments de tailles

et de hauteurs variables abritant environ

4.600 habitants. L’organisation du site et

l’importance des espaces verts incitaient

à la convivialité entre les habitants, et ce

malgré une architecture, qui en certains

points rompait avec les dimensions

humaines par son ampleur.

Notons que le projet initial prévoyait la

construction de 5 tours de 12 étages

avenue de la Croix-Rouge. Fin des années

1960, portée par le succès des premières

constructions, et poussée par la demande

forte de logements liée à la croissance

démographique, la Maison Liégeoise a

modifié la programmation, et a demandé

aux architectes de densifier le bâti, et

de porter à 21 le nombre d’étages de

ces immeubles, ce qui n’a pas été sans

conséquence sur l’équilibre global du projet.


147

2.5.2. CHANGEMENT DE POPULATION DU QUARTIER

Du fait de ses différentes qualités tant

fonctionnelles qu’esthétiques, le quartier fût

à son origine un lieu recherché notamment

par les employés ou les cadres moyens,

attirés par le type d’habitat proposé

(logements spacieux et lumineux) et les

conditions de vie en commun.

Toutefois, au début des années 1980, de

nouvelles dispositions légales vont changer

le mode d’attribution des logements et

favoriser l’accès à des personnes à faibles

revenus, qui deviennent petit à petit

majoritaires sur le site, entraînant le quartier

dans une spirale d’appauvrissement. Dans

les années 1990, Droixhe est devenu un

quartier à l’image dégradée :

• dont l’objectif initial de mixité sociale

disparaît, transformant la Cité radieuse

en un grand ensemble « ghetto » pour

une population défavorisée voire exclue

• dont les inactifs représentent près de

90% des habitants

• dont les bâtiments se dégradent

et rencontrent des problèmes de

maintenance et de propreté plus ou

moins importants

• dont le sentiment d’insécurité

des habitants s’accroît suite à

des problèmes d’incivilités et de

délinquance

En 1994, le Gouvernement wallon reconnaît

le quartier de Droixhe comme une Zone

d’Initiative Privilégiée (ZIP) de type 4, c’està-dire

une zone d’intervention prioritaire

comprenant une cité sociale à requalifier en

raison de problèmes sociaux graves et de

dégradations.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


148

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.3. ETUDE PROJENOR – CRÉATION DE LA SLSP

« ATLAS »

En 1996, la Région wallonne, la Ville de

Liège et la Maison Liégeoise confient à

la société lilloise PROJENOR la réalisation

d’une étude destinée à définir les stratégies

d’actions à mener pour requalifier le

quartier de Droixhe. Cette étude portait non

seulement sur la rénovation du bâti mais

également sur un remaniement complet

des lieux : amélioration des espaces publics,

modification du profil sociologique des

habitants vers plus de mixité, dédensification

du bâti. Clairement, la nécessité de changer

l’image du quartier ressortait de cette étude

qui concluait que « la cité est la résultante

dans l’ensemble d’un bon programme,

d’une bonne conception spatiale, mais que

l’essentiel des problèmes sont liés à la saleté

ambiante et au phénomène de densité des

immeubles avenue de la Croix-Rouge ».

Ainsi, le conseil communal de la Ville de

Liège approuve en 1998 les statuts de la

société de requalification Atlas chargée

de mettre en œuvre les propositions de la

société PROJENOR. A cette fin, la Maison

Liégeoise, propriétaire des lieux, cède à la

société ATLAS (SLSP) un droit de superficie

sur l’ensemble des biens immobiliers.

Les subventions allouées à l’époque se

révèlent insuffisantes pour réaménager

l’ensemble de la plaine. La réussite de

la requalification du quartier de Droixhe

nécessite inévitablement le développement

d’un projet global en partenariat avec des

investisseurs privés.

Par ailleurs, il apparaît que la société ATLAS

rencontre de graves problèmes de gestion

et que la forme juridique de la SLSP n’est

pas la plus appropriée pour développer un

partenariat public/privé. La société est donc

dissoute en 2006, et sera remplacée par

une structure répondant mieux à ce nouvel

objectif.

Se basant sur les estimations de l’étude

PROJENOR, le Gouvernement wallon octroie,

en 1999, une enveloppe financière de 43,4

millions d’euros à la société ATLAS. Ce

subside permet d’entamer en 2002 la

rénovation des immeubles du secteur

« Truffaut-Libération » dont le coût s’élève à

34 millions d’euros. Il s’agit d’une tour de 70

logements, de quatre tours de 61 logements

et d’une tour de 121 logements localisées en

front de Meuse.

Parallèlement, diverses études

architecturales sont menées dans l’idée de

dédensifier le site. L’option de l’arasement

des tours sises avenue de la Croix-Rouge

(cinq tours de 21 étages) est proposée, mais

le coût se révèle exorbitant. Ces tours sont

vidées progressivement de leurs occupants

et murées (660 logements).


149

2.5.4. ADOPTION D’UN PÉRIMÈTRE

DE REMEMBREMENT URBAIN

En conséquence, les réflexions menées

par la Ville de Liège et la Maison liégeoise

conduisent à l’adoption par le Gouvernement

wallon en décembre 2007 d’un « Périmètre

de Remembrement Urbain » (PRU - décret

du 1 er juin 2006 modifiant les articles 4, 111 et

127 du CWATUP) qui servira de cadre à tout

développement futur du quartier. Ce PRU

définit le programme qui devra être mis

en œuvre avec pour objectifs majeurs la

mixité des fonctions, la dédensification du

bâti, et une diversité de l’offre de logements

(collectifs/individuels, locatifs/acquisitifs,

rénovés/neufs, sociaux/ moyens, privés/

publics, accessibles PMR, etc.).

Notons que l’adoption du PRU (outil

opérationnel d’aménagement du territoire

et d’urbanisme) permet l’octroi de permis

pour divers actes et travaux en s’écartant

du plan de secteur, d’un plan communal

d’aménagement, d’un règlement communal

d’urbanisme ou d’un plan d’alignement.

Cette simplification administrative

permet ainsi d’entrer rapidement dans la

phase opérationnelle du projet, condition

nécessaire pour susciter l’intérêt des

investisseurs privés potentiels.

Le programme tel que repris dans le plan

masse se détaille comme suit :

• Projet A : Construction de 165 logements

publics-privés

• Projet B1 : Construction par

l’intercommunale ISOSL d’une maison

de repos d’une capacité d’accueil de

108 lits et de 15 places dans un centre

d’accueil de jour

• Projet B2-B3 : Projet privé – Rénovation

de deux tours avenue de la Croix-

Rouge en 100 résidences services et 170

appartements destinés à la location

• Projet C : Projet privé – aménagement

de 105 logements, espaces

économiques

• Projet D-E : Projet privé – construction

de 164 appartements et 61 maisons

unifamiliales

• Projet F-G : Rénovation des immeubles

Truffaut-Libération

• Projet H : Projet public-privé portant

sur la vente de 75 logements et la

rénovation de 76 logements sociaux

• Projet I : Projet public-privé portant

sur la vente de 36 logements et la

rénovation de 39 logements sociaux

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Soulignons que le plan masse donne des

orientations d’aménagement, et qu’il est

possible de s’en écarter si les conditions de

mise en œuvre l’exigent. Comme nous le

verrons ci-dessous, ce sera le cas pour la

majorité des projets.


150

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.5. CRÉATION DE L

FILIALE IMMOBILIÈRE PUBLIQUE DE LIÈGE

Afin de mettre en œuvre le plan de

requalification de la Plaine de Droixhe,

la Filiale Immobilière publique de Liège

(FIP), dont c’est précisément l’objet

social, a été constituée en juin 2006 par

la Régie Communale Autonome Liège

Développement (créée par la Ville de

Liège en 2005), l’Intercommunale de Soins

Spécialisés de Liège (ISOSL) et la SLSP La

Maison Liégeoise. Les missions de la FIP

portent sur l’exploitation du sol, à savoir la

rénovation ou la démolition des bâtiments,

l’aménagement des infrastructures,

l’aménagement des terrains en vue des

constructions, la gestion financière et

immobilière ; la promotion et la mise en

œuvre du plan de requalification ; étant

entendu que la société est constituée

uniquement de personnes morales de

droit public et ne réalise que des missions

d’intérêt général et d’utilité publique.

Pour atteindre ces objectifs, la Maison

Liégeoise a cédé à la Filiale Immobilière

publique un droit d’emphytéose sur

l’ensemble des logements publics de la

plaine de Droixhe pour une durée de 50 ans.

Sur le plan pratique, la FIP, qui a remplacé

la SLSP ATLAS, est gérée par des agents du

service du logement de la Ville de Liège

(une cheffe de bureau spécialisée dans

les matières juridiques et financières, un

agent technique en chef et un ouvrier), en

lien étroit avec la SLSP la Maison liégeoise

qui dispose d’un mandat de gestion pour la

location des logements publics rénovés ou

nouvellement construits. La Filiale perçoit

les loyers nets et le produit des ventes

éventuelles, tel que convenu dans le bail

emphytéotique conforme à la décision du

Gouvernement wallon. Ce dernier a octroyé

en 2006 une aide financière complémentaire

de 16 millions d’euros à la FIP pour atteindre

ses objectifs. La FIP assume également, en

contrepartie, le remboursement de la dette

historique liée à la construction du site

qui s’élève encore à l’époque à 27 millions

d’euros.


151

2.5.6. E CHEC DES PREMIERS APPELS À PARTENA-

RIATS AVEC LE PRIVÉ – DÉMOLITION DES TOURS

La mise en œuvre du programme de

requalification (PRU) nécessitait une phase

de dédensification du site. Celle-ci a débuté

en 2009 par la démolition des deux tours

de 132 logements situées aux extrémités

de l’avenue de la Croix-Rouge (voir plan

masse). Quatre autres immeubles, dont

ceux du secteur Chainaye-Micha (460

logements), ont également été démolis.

Cette phase de déconstruction, qui a

profondément modifié l’image du quartier,

s’est terminée en juin 2011.

Parallèlement à ces travaux, des appels à

partenariat publics-privés européens ont

été lancés par la FIP pour la réalisation des

différents projets. Cependant, nonobstant un

intérêt manifesté par le privé, aucun marché

n’a pu aboutir malgré, dans certains cas, le

partage des risques ou les efforts consentis

par le public (mise à disposition gratuite des

tours pendant 50 ans, non prise en charge

du coût du terrain par le promoteur, garantie

de prise de location des résidences services,

achat d’une partie des logements produits).

Des motifs d’ordre financier et technique

ont été évoqués pour expliquer l’absence

ou la non-conformité des offres déposées.

Relevons plus particulièrement :

• le nombre de logements trop important,

tant à la location, qu’à la vente, compte

tenu de la simultanéité des différents

projets

• la complexité ainsi que le coût trop

élevé de la refonte technique des 3

tours restantes de l’avenue de la Croix-

Rouge (investissements supérieurs à la

démolition/reconstruction)

• le contexte économique et financier

incertain suite à la crise de 2008

la participation financière du secteur public

jugée insuffisante par les acteurs privés

Les garanties exigées par les promoteurs

ne pouvaient, par ailleurs, pas être

rencontrées par les opérateurs publics :

rachat des logements en cas d’échec de la

commercialisation, vides locatifs assumés

par le public, etc.

S’il est apparu, après analyse des causes

de ces échecs, que le contexte économique

n’était pas propice pour le lancement d’un

projet aussi ambitieux, la réhabilitation des

trois tours de l’avenue de la Croix-Rouge

a également été pointée comme un frein

majeur à la requalification du quartier. Le

manque de propreté aux abords de ces

immeubles vides et dégradés entretenait

aussi l’image négative d’un quartier

paupérisé. Les diverses solutions envisagées

pour conserver les tours ayant échoué,

la FIP a été contrainte de procéder à leur

démolition (entre 2014 et 2015).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


152

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.7. PHASAGE DU PROGRAMME – RÉALISATION

D’UNE OPÉRATION PAR LE PUBLIC POUR

AMORCER LE PROCESSUS DE REQUALIFICATION

Compte tenu des montants très importants

à investir et de la frilosité des acteurs

privés, un phasage de la requalification

était devenu inévitable pour amorcer

significativement la mise en œuvre du PRU,

et créer une dynamique. La FIP (pouvoir

adjudicateur en vertu d’une délégation

de maitrise d’ouvrage octroyée par la

Maison liégeoise) a ainsi pris l’initiative en

introduisant des demandes de subsidiation

pour développer le projet A, non plus en

marché de promotion global tel que prévu

initialement, mais en marché de travaux

par procédure ouverte. Nécessité oblige,

les autres projets se sont également

écartés sensiblement des options définies

initialement dans le master plan (PRU).


153

2.5.8. MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME

DE REQUALIFICATION – LISTE DES PROJETS

FINALISÉS ET EN COURS

2.5.8.1. Projets immobiliers résidentiels

2.5.8.1.1. Projet A – construction d’un

ensemble de 165 logements comprenant

des espaces collectifs publics et

l’aménagement d’une nouvelle voirie

Le projet vise la construction de 165

logements à l’angle de l’avenue de Nancy et

de l’avenue de la Croix-Rouge sur un terrain

d’environ 8.200 m².

La première étape, qui est achevée

depuis le mois de juin 2020, concernait

le développement d’un ensemble de 108

logements répartis en trois bâtiments de

volumétrie diverses (de Rez+3 à Rez+7 pour

le bâtiment d’angle A) et composés de

divers types de matériaux :

• A : 40 appartements dont 15

appartements pour PMR

• B : 20 appartements

• C : 48 appartements

Le projet propose une typologie de

logements variée (20 appartements une

chambre, 68 appartements deux chambres

et 20 appartements trois chambres) qui

se présente de manière traversante et en

duplex. Il s’agit, en partie, de logements à

loyers d’équilibre, c’est-à-dire de logements

dont le loyer est calculé en fonction de

sa valeur locative, comparable à un bien

privé similaire dans la même commune (ce

dernier est défini selon la grille d’évaluation

de la Wallonie). Seul l’immeuble plus élevé

comporte un ascenseur. 37 emplacements

de parking se répartissent par ailleurs dans

ces différents bâtiments.

Des ouvertures aménagées dans le front

bâti du nouvel îlot, localisées à des endroits

bien spécifiques, permettent d’offrir des

vues longues qui traversent l’îlot et le relient,

visuellement, aux espaces publics.

Un parc, composé de différentes essences

d’arbres et de plantes, et accessible aux

PMR, a été aménagé en intérieur d’îlot.

Notons encore que des bureaux (199 m²) ont

été aménagés pour l’ASBL Revivre chez soi

qui dispose de 15 logements pour personnes

à mobilité réduite dans le bâtiment A. Ce

Service d’aide à la vie journalière permet à

une quinzaine de personnes atteintes d’un

handicap physique de pouvoir bénéficier

d’un logement privatif adapté leur assurant

une autonomie optimale. Grâce à un

système de « télé-appel » qui fonctionne

24h/24 et 7j/7, l’ASBL fournit une aide dans

l’accomplissement de certains actes du

quotidien (se lever, s’habiller...)

Financement : SPW - Ancrage

communal (75 logements - 5.5 millions

d’euros) – SPW - Quartier en transition

(33 logements et les espaces publics

- 4.5 millions d’euros) – Slsp La Maison

liégeoise (solde)

• La Ville de Liège a pris en charge les

abords (trottoirs) et une part de la

nouvelle voirie

• La F.I.P. a quant à elle assuré la

démolition des tours et prend en

charge la dette historique du site

Réalisation des travaux : mai 2017 à juin

2020

Cout total de l’opération (TVAC) :

15.200.000 €

Nombre de logements : 108 - Bureaux :

199 m²

Auteur de projet : Bureau d’architecture

Altiplan, Greisch et Lemaire –

Adjudicataire des travaux : SM Wust-

Moury - Coordinateur sécurité – santé :

Convergences Architectures SC

Maitre de l’ouvrage : La Maison

liégeoise (SCRL)

Délégué à la maîtrise d’ouvrage : Filiale

immobilière publique (SCRL)

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


154

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La deuxième phase du projet portant sur

la construction de 57 appartements de

tailles diverses (bâtiment D) a fait l’objet

d’un marché de promotion publié en janvier

2020. Le nouvel ensemble, implanté dans la

continuité des immeubles construits lors de

la première phase du projet, fermera l’îlot.

Aucune offre recevable n’ayant été déposée,

un nouvel appel a été lancé, cette fois

sous la forme d’un marché de travaux par

procédure ouverte. Ce marché comprend :

• une tranche ferme de 30 logements

subsidiée par la Wallonie

• une tranche conditionnelle (dans

l’attente d’une subsidiation) de 20

résidences services sociales et de 7

logements

Batiment D

Batiment C

Batiment B

Batiment A


2.5.8.1.2. Lille 2 (projet H) – sécurisation

et rénovation d’un immeuble de 150

logements - création d’un pôle d’insertion

socio-professionnel

La Filiale immobilière Publique ayant finalisé

en 2009 la rénovation des 435 logements

de l’avenue Georges Truffaut et de la place

de la Libération (suite à la dissolution de

la société ATLAS), a décidé d’entamer des

travaux de réhabilitation de l’immeuble de

l’avenue de Lille 2. Le bâtiment composé

de 150 appartements répartis en 28 étages

et culminant à 87 mètres de hauteur, ce

qui en a fait la plus haute tour de Liège

jusqu’à la construction de la tour Paradis

dans le quartier des Guillemins, présentait

de nombreux problèmes de sécurité.

Les priorités du chantier, débuté en 2012,

ont donc porté sur la mise aux normes

des systèmes de protection incendie, le

remplacement des ascenseurs, la pose de

nouveaux parlophones (accès avec badge),

la sécurisation des accès, l’installation de

caméras à l’entrée, la suppression de fissures

dans la structure béton, l’aménagement

d’une conciergerie. Ce chantier de

sécurisation de l’immeuble, nécessaire à la

quiétude des habitants, s’est achevé en 2013.

Le deuxième volet de l’opération, toujours

en cours, consistait en la rénovation des

appartements. Les travaux ont concerné

dans un premier temps les logements

vacants et squattés (on en dénombrait une

quarantaine au début de l’intervention).

Les appartements

restant sont

rénovés, au fur

et à mesure, lors

du départ des

locataires. Cela

prend donc du

temps, et se fait

progressivement.

En 2024, sur

l’ensemble de la

tour, 86 logements

avaient fait l’objet

d’une rénovation.

Une nouvelle

chaufferie a aussi

été installée.

D’un point de vue esthétique, la tour

« Match » ou « Atlas », comme elle est parfois

dénommée, bénéficie d’un nouvel éclairage.

La façade a, par ailleurs, été ornée de fibre

de pierre, avec une couche de cristaux

liquides, pour donner un peu de couleur

et de relief au bâtiment. Les habitants du

quartier avaient par ailleurs émis le souhait

que la fresque présente sur la façade soit

restaurée. Cette dernière, réalisée il y a

une vingtaine d’années, a été rafraîchie en

2022, suite à la collaboration de l’auteur de

l’œuvre, l’artiste d’art urbain, Didier Jaba.

Notons que l’opération menée par la FIP

avait également pour objectif de reloger

plusieurs associations sur le site, dont le

Relais de l’emploi du Forem (présent dès

2013), et qui aide les demandeurs d’emploi

dans leurs démarches et leur recherche de

travail et de formation.

C’est aussi le cas de l’ASBL la Bobine (dont

les locaux sont situés au premier étage de

l’immeuble), et qui a pour but de favoriser

l’intégration des familles d’origine étrangère

avec des jeunes enfants, tant sur le plan

social que professionnel, culturel, économique

et scolaire. Elle propose un espace

interculturel d’échanges d’informations,

de formations et d’actions fondées sur des

valeurs fortes telles que la justice sociale,

l’égalité, l’émancipation et la solidarité.

Une garderie permet aux parents, et

notamment aux mamans, de venir se former

tout en étant accompagnés de leurs enfants.

Financement : FIP

Réalisation des travaux : 2012 -

toujours en cours (voir explications)

Cout total de l’opération (TVAC) :

• Sécurisation et mise aux normes,

installation d’un pôle d’insertion

socio-professionnel et associatif,

et aménagements extérieurs :

4.530.000 €

• Rénovation des appartements et

des espaces communs : 1.035.000 €

Nombre de logements : 150 (86 rénovés

fin 2024)

Auteur de projet : Bureau Biemar

Adjudicataire des travaux : SM Wust-

Moury - Art et réparation béton –

Heynen chauffage - Asbl régie des

quartiers de Liège

Maîtrise d’ouvrage : Filiale immobilière

publique (SCRL)

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

155


156

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.8.1.3. Lille 4 (projet I) – rénovation d’un

immeuble de 73 logements par le privé

Le plan de requalification du quartier de

Droixhe prévoyait initialement la vente

de 50% des logements de la tour située

avenue de Lille 2 (150 unités - projet H) et de

l’immeuble situé au numéro 4 de la même

rue (75 unités - projet I). Ce dernier bâtiment

construit en 1958 nécessitait une rénovation

très lourde. Le choix a donc été fait par la FIP

de concentrer les moyens disponibles sur un

seul immeuble (la tour Lille 2 plus récente -

1979), et de vendre l’entièreté de l’immeuble

de l’avenue de Lille 4. Les fonds dégagés par

cette vente étant réinvestis dans les travaux

de réhabilitation des autres immeubles

d’habitations sociales de la plaine.

Un candidat acquéreur s’est manifesté, et

un compromis de vente a été signé en 2019,

avec l’obligation pour l’opérateur privé de

déposer un permis d’urbanisme (obtenu

en octobre 2020) pour la rénovation du

bâti. Tous les châssis ont été remplacés,

les façades ont été isolées et recouvertes

de panneaux blancs, gris et anthracite, et

73 logements de 1 à 4 chambres (dotés

chacun d’une terrasse) ont été remis à

neuf. Aux 11 e et 12 e étages, l’espace a été

réorganisé pour créer des appartements

plus vastes de trois et quatre chambres.

Une des caractéristiques des logements de

cette tour est leur configuration traversante,

qui apporte de la lumière dans les espaces

de vie, et des vues intéressantes sur la Ville

de Liège et le quartier. Le projet compte 22

emplacements de parking pour les voitures,

dont 6 sous le bâtiment dans des garages

fermés. 95 emplacements pour vélos, dont

75 dans des espaces fermés du niveau

inférieur ont également été aménagés. Le

nombre de places de parking a été défini en

considérant la mise en circulation du tram,

fondamentale dans le changement des

modes de déplacements des habitants, et

dans l’évolution de l’image du quartier.

Les 73 appartements de la résidence

PANORAMIXHE (disposant d’un PEB indice B),

dont la rénovation s’est achevée en 2021, ont

été mis en vente par le promoteur.

Notons que le CPAS de Liège a acquis en mai

2025, dans cet immeuble, 8 appartements

neufs pour répondre aux urgences sociales

sur le territoire de la Ville. Ces logements

dits « de transit » ont été financés grâce

au soutien wallon du Plan de relance

(1,27 millions d’euros). Cette initiative fait

partie de la politique du CPAS en faveur

du logement comme outils de réinsertion

durable, et essentiel pour sortir de la

précarité. Les locataires de ces logements

bénéficieront d’un accompagnement social.

Financement (promoteur privé) et

Maîtrise d’ouvrage : Belgian Building

Project Sprl

Réalisation des travaux : 2020 à 2022

Nombre de logements (privés

acquisitifs) : 73

Auteur de projet : Bureau d’architecture

Prisma

Vente de l’immeuble par la FIP au

promoteur : 3.000.000 €


157

2.5.8.1.4. Square Micha (projet D-E) – appel

à intérêt – construction par un promoteur

privé de 306 logements, d’espaces publics

extérieurs et de commerces

Le terrain dit « Square Micha », sur lequel

deux barres de logements sociaux ont été

démolies il y a une quinzaine d’années, a

fait l’objet d’un appel à intérêts en vue d’y

ériger 300 logements et d’aménager des

espaces publics intérieurs. Les offres remises

ont fait l’objet de négociations durant le

premier semestre de l’année 2022. Au mois

de septembre de cette même année, la

décision a été prise par la FIP d’attribuer la

vente à la société Ghelamco invest SA (dont

le siège social est localisé à Ypres). En suite

de cette décision, un compromis de vente

a pu être approuvé et signé. Il s’agit d’une

vente à « réméré » et donc conditionnée au

respect de l’offre approuvée.

Le projet du promoteur privé a pour objectif

de construire un ensemble immobilier

composé de logements, de commerces

et d’un espace de parking, et présente les

caractéristiques suivantes :

• la création de 306 logements de types

variés (de 1 à 3 chambres et PMR)

répartis dans douze éléments verticaux

de gabarits rez+6 à rez+7, déposés

sur un socle abritant des surfaces

commerciales ou économiques pour

une superficie d›environ 2.200 m² (six

cellules commerciales et des zones

de stockage), deux surfaces HoReCa

(670 m²), et un parking (199 places pour

voitures et 443 places pour vélos)

• l’aménagement de liaisons piétonnes

et d’espaces collectifs végétalisés en

bordure du projet ou en intérieur d’îlot

• l’élaboration et l’exécution d’un plan

d’assainissement des sols pollués. Cette

situation entrainant des surcouts

importants pour le promoteur, le

nombre d’emplacements de parking en

ouvrage a été réduit par rapport à un

premier projet approuvé en 2024.

• les immeubles seront chauffés par des

pompes à chaleur

• les appartements produits seront

vendus par le promoteur privé

Vu l’ampleur de l’opération, un comité

d’accompagnement regroupant les

différents services de la Ville et les

partenaires concernés a été mis en place

pour suivre le projet dans sa phase de

conception jusqu’à l’obtention du permis

d’urbanisme. Ce dernier a été déposé par le

promoteur en juin 2025 et octroyé par la Ville

de Liège quelques mois plus tard.

Cet important projet, issu d’une

collaboration entre la Ville de Liège, la

Maison Liégeoise et le partenaire privé,

permettra une avancée majeure dans le

processus de requalification du quartier de

la plaine de Droixhe en pleine mutation.

Notons que le premier appel n’ayant pas

été satisfaisant, la FIP a relancé le marché

en fixant un prix de vente attractif pour

susciter l’intérêt des investisseurs, et faciliter

le montage financier du projet. Le terrain a

été cédé pour un montant d’environ deux

millions d’euros.

Financement et promotion : Ghelamco

invest SA

Auteur de projet : Atelier Chora

Estimation du coût des travaux :

45.000.000 €

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


158

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.8.1.5. Habitats inclusifs et solidaires –

projet « La grande Maison »

Un nombre croissant de personnes en

situation de handicap et d’aînés souhaite

choisir leur habitat et les personnes avec

qui le partager. Elles expriment souvent,

une demande d’aide, d’accompagnement

et de services associés au logement, dans

un environnement adaptable, adapté

et sécurisé garantissant conjointement

l’inclusion sociale et la vie en autonomie tout

en restant à domicile.

Pour satisfaire cette demande croissante,

un appel à projets intitulé « Habitats inclusifs,

autonomes et solidaires » a été lancé par

L’AVIQ dans le cadre du PNRR – Plan National

pour la Reprise et la Résilience financé par

l’Union Européenne. Cet appel à projets

s’inscrit dans une action globale de création

de logements équipés des dernières

technologies permettant d’assurer aux

personnes en perte d’autonomie (en raison

de l’âge et/ou d’un handicap) de vivre et de

vieillir dans les meilleures conditions dans

leur habitation.

Le gouvernement wallon a ainsi sélectionné

le projet « La Grande Maison » déposé

par la Maison liégeoise, et qui porte sur

la création de 15 logements (en habitat

groupé) et d’une salle polyvalente dans le

cadre d’un processus d’écoconstruction

(matériaux biosourcés, 20% plus performant

que la norme QZen). Les appartements,

subventionnés à hauteur de 3.751.000

euros, seront mis en location par la Maison

Liégeoise, mais c’est l’ASBL Jubilaction, à

l’initiative du projet, qui se chargera de

choisir les résidents.

Le nouveau bâtiment sera implanté sur un

terrain situé entre la résidence La Plaine

(maison de repos – avenue de la Croix-

Rouge), et le parc de Droixhe qui a été

réaménagé début des années 2020. Un

marché de « conception-exécution » a été

lancé en 2024, mais les délais imposés

par l’Europe pour réaliser l’opération sont

toutefois particulièrement courts (mi-

2026) faisant craindre une perte de tout ou

partie de la subvention. Et effectivement, en

septembre 2025, vu l’impossibilité de réaliser

les travaux avant le 20 août 2026, le projet

a dû être abandonné. Sa concrétisation

dépendra du lancement de nouveaux

appels à subsidiation.

L’habitat inclusif, autonome et solidaire

constitue une offre alternative au logement

dit « classique » ou à l’accueil en services

résidentiels. Il offre à la personne « un chez

soi », et est assorti d’un projet de vie sociale

et partagée, co-construit par les habitants,

avec le soutien d’un coordinateur. Il se

concrétise par l’organisation d’activités

en commun dans un esprit de solidarité,

d’entraide. Il participe aussi à la promotion

d’une nouvelle forme d’habitat adaptée

à une société de la longévité. L’habitat

inclusif n’est donc pas un simple projet de

logements locatifs adaptés. Il repose sur la

mixité et l’inclusion sociale en permettant

à des personnes en perte d’autonomie de

partager leur habitat avec des personnes

valides. Notons que le porteur du projet

associe dès le départ, en l’occurrence lors de

l’élaboration du projet, les futurs habitants.

Opérateur : la Maison Liégeoise

Financement : SPW-AVIQ – Europe

(3.751.000 €) - Abandon

Coordinateur du projet : ASBL

Jubilaction

Cout total de l’opération (TVAC) :

4.700.000 €

Nombre de logements (habitat

groupé) : 15


159

2.5.8.1.6. Angle Croix-Rouge/Rassenfosse

- Projet privé - création d’un ensemble

immobilier mixte (résidentiel, kots

d’étudiants et une surface à vocation

économique) destiné à la vente

Conformément à la mise en œuvre du

Périmètre de Remembrement urbain, le

terrain situé à l’angle de l’avenue de la

Croix-Rouge et de la rue Rassenfosse a été

mis en vente en 2020 dans le cadre d’un

appel à intérêt. Un compromis de vente a

été signé avec la société Ghelamco invest

SA en janvier 2022. Pour devenir pleinement

propriétaire du bien le promoteur

sélectionné doit obtenir un permis

d’urbanisme conforme au projet déposé

et accepté par le pouvoir adjudicataire

(condition suspensive).

Un premier programme prévoyait ainsi le

développement de +/- 15.000 m² d’espaces

à usage mixte résidentiel (63 logements)

et de bureaux (6.000 m²). Le destinataire

pressenti pour occuper les espaces

économiques n’ayant toutefois pas confirmé

son intérêt pour le site, le promoteur a

sollicité une modification du contenu de son

projet. Suite à de nombreuses discussions

et négociations, un avenant au compromis

de vente a été approuvé par les parties. Ce

dernier mentionne notamment que :

« Les signataires ont convenu de remplacer

la disposition 18.3 « Destination » du

compromis comme suit :

« L’acquéreur destine le bien à l’usage

suivant : construction d’un immeuble

(en différents volumes représentant un

maximum de 15.000 m² bruts hors sol) à un

usage mixte :

• de kots pour un maximum de 200

unités

• de logements résidentiels pour un

minimum de 140 unités. Il est précisé

que le type de logement « kot » ne

répondant pas à la notion de logement

résidentiel, ces 140 unités devront être

conçues de manière à accueillir un

autre type de logement.

• Intégration d’une surface à vocation

commerciale et/ou de services d’une

superficie indicative de 1 000 m²

Le projet ne pourra pas dépasser les

gabarits suivants : un volume moyen de

rez+4 et/ou un volume moyen de rez +7/+8

et un volume haut de rez+12. »

La société Ghelamco doit désormais

déposer une demande de permis

d’urbanisme pour valider la vente et

concrétiser son projet. Le chemin reste

toutefois encore long, et il faut désormais

espérer que le promoteur pourra réunir

les fonds nécessaires au développement

de cette opération, et par extension à la

requalification du quartier de Droixhe.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement et promotion : Ghelamco

invest SA

Auteur de projet : Atelier Chora

Estimation du coût des travaux :

25.000.000 €


160

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.8.2. Projets socio-économiques

2.5.8.2.1. Résidence « La Plaine »

Un des objectifs importants de la

requalification du quartier de Droixhe

est la création d’un pôle médico-social.

L’intercommunale ISoSL a ainsi construit

avenue de la Croix Rouge, en 2018, une

résidence disposant de 108 chambres

individuelles, dont 90 chambres en maison

de repos (MR-MRS) et 18 chambres en

« court séjour ». 15 places sont également

disponibles pour l’accueil de jour, qui

permet aux personnes âgées de passer

une ou plusieurs journées par semaine au

sein de la résidence pour regagner ensuite

leur domicile en soirée. Cette nouvelle

infrastructure redonne vie au quartier en y

attirant de nombreux visiteurs (famille des

résidents) et travailleurs (40 équivalents

temps pleins).

L’établissement propose des espaces

lumineux et modernes, conçus pour favoriser

le confort et le bien-être (12.600m² sur 4

niveaux). Les chambres, individuelles ou

doubles, sont aménagées pour répondre aux

besoins des occupants, avec une attention

particulière portée à l’accessibilité. Des

espaces communs conviviaux permettent

de se retrouver et de participer à diverses

activités adaptées (un restaurant avec un

espace de spectacle, un salon de coiffure,

plusieurs salons TV, des salons de rencontres

et des terrasses à tous les étages, un jardin

arboré équipé d’une piste de pétanque).

La volumétrie traduit la volonté de

redessiner un front bâti dans la rue. Le

projet comporte un parking en sous-sol

de 55 places et une cuisine distribuant 170

repas en interne. Les choix architecturaux

et techniques ont par ailleurs été soucieux

du développement durable. L’isolation et

l’étanchéité à l’air ont été particulièrement

soignées. Un système de cogénération a été

prévu pour la production d’électricité et la

récupération de la chaleur. L’eau de pluie

est quant à elle récupérée pour alimenter

les sanitaires et arroser les jardins. Enfin, une

toiture verte couvre la résidence permettant

de lutter contre l’imperméabilisation des sols

en milieu densément bâti.

Financement : ISoSL (17.000.000 €) –

Wallonie (7.000.000 €)

Réalisation des travaux : novembre

2015 à février 2018

Cout total de l’opération (TVAC) :

24.000.000 €

Nombre de chambres : 108

Auteur de projet : Quadra et Bureau

d’Architecture Émile Verhaegen (BAEV)

– Adjudicataire des travaux : SM Wust-

Moury

Maitre de l’ouvrage : ISoSL


161

2.5.8.2.2. Ecole Léona Platel et Centre

CiNETiquE

Ce nouvel établissement scolaire et de

réadaptation inauguré en septembre 2021

rue de la Cité radieuse (au coin de l’Avenue

de la Croix Rouge et de la rue Armand

Rassenfosse), comprend deux entités :

• l’école Léona Platel (110 places

disponibles), enseignement spécialisé

de type 4 prenant en charge l’enfant

dans sa complexité tant intellectuelle

que physique (projet porté par la Ville

de Liège)

• le centre CiNETiquE (Centre

liégeois Neuromoteur d’Education

Thérapeutique pour Enfants – 40

places disponibles), œuvrant dans

l’encadrement des enfants présentant

une atteinte neuromotrice (projet porté

par ISoSL).

Le site, d’une superficie de 5.800 m² dont

1.100 m² pour les espaces extérieurs,

intègre de manière complémentaire la

fonction pédagogique et le suivi médical et

paramédical des enfants (kinésithérapeutes,

ergothérapeutes, logopèdes,

psychomotriciens, etc.).

Suite au réaménagement du quartier de

Coronmeuse en éco-quartier, ces structures

ont été tenues de quitter leur ancienne

implantation (parc Astrid), et ont fait le choix

de participer au renouveau du quartier de

Droixhe.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement école : 4.800.000 € - Ville

de Liège - Fédération Wallonie Bruxelles

(50% du montant)

Financement Centre CiNETiquE :

4.400.000 € - ISoSL et AVIQ

Réalisation des travaux : 2019 à 2021

Cout total de l’opération (HTVA) :

9.200.000 €

Auteur de projet : Bureau Daniel

Delgoffe et Atelier Chora –

Adjudicataire des travaux : GM Moury

Maitre de l’ouvrage : ISoSL


162

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.8.2.3. Liège Expo – nouvelle halle

des foires de Liège

En bordure de la plaine de Droixhe les

nouvelles Halles de « Liège Expo » ont été

inaugurées en octobre 2024. Implantées sur

d’anciens terrains industriels en friche, elles

remplacent les emblématiques Halles des

foires de Coronmeuse devenues obsolètes.

Avec ses 11.500 m² d’espaces modulables (5

halles et une salle polyvalente), Liège Expo

a été conçu pour accueillir jusqu’à 10.000

personnes dans des conditions optimales.

Le site (16.500 m² au total), pensé pour

répondre aux exigences des organisateurs

et des visiteurs, comprend un parking de

700 places, dont 240 pour les exposants,

ainsi que de 120 emplacements pour vélos.

La proximité du tram est par ailleurs un

avantage indéniable pour le développement

des activités sur le site. Le caractère durable

du bâtiment et notamment la gestion

énergétique des infrastructures ont fait

l’objet d’une attention particulière par les

bureaux d’études.

Cette nouvelle infrastructure financée

notamment dans le cadre du Fonds

européen de développement régional

(FEDER) « Liège, Ville en transition » va

permettre d’attirer des manifestations

de niveaux international (foires, salons,

événements sportifs, culturels, musicaux),

au bénéfice de l’économie locale. La

localisation de Liège Expo dans le quartier

de Bressoux-Droixhe est un geste fort des

pouvoirs publics pour sa redynamisation,

son rayonnement au sein de l’agglomération

et son changement d’image. La présence

de cette activité économique va attirer de

nombreux visiteurs au sein du quartier et

créer des emplois, notamment peu qualifiés,

dont il a grandement besoin pour remettre

au travail de nombreux jeunes habitants

dans les rues alentours. Elle a par ailleurs

permis l’assainissement d’un site fortement

pollué occupé précédemment par des

ferrailleurs.

300 arbres ont également été plantés pour

aménager des abords végétalisés, et ainsi

répondre aux objectifs de lutte contre les

ilots de chaleur et l’imperméabilisation des

sols.

Financement : Wallonie (16.417.792 €)

- Fonds FEDER (13.037.620 €) - IGIL

(solde)

Cout total de l’opération (TVAC) :

52.900.000 €

Réalisation des travaux : 2022 - 2024

Auteurs de projet : Archipelago

architects, Francisco Mangado &

Asociados (Espagne), bureau Greisch,

Sweco

Maître d’ouvrage : IGIL (Intercommunale

de Gestion Immobilière Liégeoise)

Maître d’ouvrage délégué : SPI +

Entreprises : BPC et Moury

Gestion de Liège Expo (convention) :

WEX de Marche-en-Famenne


163

2.5.8.2.4. Développement de Bressoux-

Droixhe – Masterplan – Projet « Horizon »

rue de Jupille 16 et acquisitions d’entrepôts

rue de Droixhe

Un Masterplan couvrant la zone à caractère

essentiellement économique du quartier

de Bressoux-Droixhe, et s’étendant du site

INBEV (rue de Visé) à Liège Expo (place

Louis de Geer), a été approuvé par le

collège communal en 2024. Réalisé par un

consortium composé des bureaux LAB705,

BAHG et Écorce, il définit les principales

orientations de la reconversion de ce

périmètre caractérisé par de grandes

emprises, et du bâti vacant et/ou dégradé.

Parmi les options notons :

• la création d’un grand espace vert

structurant (voir plan), de nouveaux

espaces publics formant un vrai

maillage vert, une nouvelle relation à la

Meuse, et une mobilité améliorée

• un renforcement de l’identité agroalimentaire

de la partie ouest du

quartier par un développement du

Marché matinal en étendant les

activités sur le site des abattoirs (qui

doit fermer). Les installations du Marché

Matinal seront rénovées, et une nouvelle

« Halle des producteurs » favorisant

le circuit-court, ainsi que des « Halles

gourmandes » seront construites en

complément des filières déjà présentes

sur le site.

• la création d’un hub de services formé

par la gare ferroviaire, le centre de

maintenance du tram et le P+R en

améliorant la visibilité de la gare

• l’optimalisation du foncier existant

autour de Liège Expo par une

programmation mixte incluant du

logement de type hôtelier/appart

hôtel à proximité directe de la foire

internationale

• l’aménagement d’une « nouvelle

façade » pour Droixhe depuis le

boulevard urbain comprenant une

typologie de bâtiments favorisant la

mixité de fonctions au sein du même

bâtiment : logements, services, bureaux,

commerces

La programmation prévoit 600 nouveaux

logements, 125.000 m² d’activités

économiques et commerciales et 40.000 m²

pour le pôle agro-alimentaire.

Le Masterplan donne des lignes directrices

pour les 30 à 40 prochaines années, mais

ne sera probablement pas réalisé en l’état

vu les entreprises présentes sur le site et les

nombreuses expropriations à réaliser.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


164

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Projet Horizon – terrains rue de Droixhe

Notons toutefois que la régie foncière

a acquis rue de Droixhe une dizaine

d’entrepôts, de terrains et de bâtiments

inoccupés pour la majorité.Les travaux de

désamiantage ont été réalisés en 2025 et

une démolition complète sera implémentée

pendant le premier semestre de 2026.

Des études de la qualité des sols seront

alors à mener pour voir si des procédures

d’assainissement doivent être entreprises.

Ces nouvelles propriétés, auxquelles

s’ajoutent les immenses terrains de l’abattoir

désormais présents dans le patrimoine

de la régie foncière, participeront au

développement des activités du Marché

Matinal telles que prévues dans l’étude dont

question.

Un immeuble a par ailleurs été acquis rue

de Jupille 16 et accueille la zone logistique

du pôle circuit court liégeois. Le bâtiment,

baptisé « Horizon », a été rénové pour

répondre aux besoins opérationnels et est

déjà occupé par les coopératives Circuits

paysans, les Petits Producteurs, ainsi que par

la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise. Ce lieu

sert de hub logistique, de zone de stockage

pour les denrées alimentaires et produits

connexes. L’inauguration qui a eu lieu en

mai 2024 prend place dans le cadre du

programme européen « EU City Lab on Local

Food Systems » co-organisé avec « URBACT ».

La deuxième étape de création du pôle

agroalimentaire consiste en la construction

d’une légumerie/conserverie de 3.000 m²

exploitée depuis le mois d’octobre 2025 par

Terra Alter. Cet outil, qui est le premier à voir

le jour en Province de Liège, est dédié à la

transformation de produits locaux destinés

aux cantines scolaires, crèches, maisons

de repos, cantines d’entreprises, secteur

HORECA, CPAS, hôpitaux, cuisines collectives,

etc. L’objectif du pôle circuit court est de

répondre à une demande croissante de

légumes frais, bio et locaux, déjà découpés,

lavés et conditionnés pour les collectivités

et organismes cités. Il proposera une large

variété de produits issus de plus de 130

producteurs liégeois. Ce sont jusqu’à 1.400

tonnes de légumes et fruits bio et locaux

(payés au juste prix aux agriculteurs) qui

seront transformés et conditionnés par an

par Terra Alter. La construction du nouveau

bâtiment a été financée par le Plan de

relance de l’Europe à hauteur de 7,6 millions

d’euros et 30 emplois directs y seront créés

à terme.

Financement projet Horizon (16 rue de

Jupille) : SPW – projet européen EU City

Lab on Local Food Systems (266.507 €),

Ville de Liège (solde)

Financement acquisitions des

bâtiments et terrains rue de Droixhe 12

à 30 et rue de Jupille 16 : SPW – PIV SAR

(1.301.557 €), Ville de Liège (solde)

Réalisation des travaux rue de Jupille

16 : 2023 - 2025

Acquisition des bâtiments et terrains

par la Ville : 3.212.557 €

Couts d’aménagements du bâtiment

« Horizon » : 478.000 €

Maitre d’ouvrage : Ville de Liège


165

2.5.8.3. Projets mobilité et espaces publics

2.5.8.3.1. Parc de Droixhe

Le parc de Droixhe a toujours été le poumon

vert du quartier depuis sa création. Les

habitants s’y retrouvent pour certains

quotidiennement autour de l’étang qui en

fait, avec les différentes essences d’arbres,

un point d’attraction. Au fil du temps,

et soumis auxintempéries, cet espace

public s’était progressivement dégradé et

nécessitait un bon rajeunissement et une

modernisation de son mobilier urbain. Des

problèmes de propreté ont également été

relevés à de multiples reprises. C›est la

raison pour laquelle, le réaménagement

d’une partie du parc a été réalisé durant

l›année 2021. Le dossier s’inscrit dans le

cadre du Projet Interreg Euregio Meuse-

Rhin N-Power qui vise à permettre aux

villes de l’Euregio la mise en place, dans

certains quartiers, de projets de valorisation

locale élaborés en total partenariat avec

les acteurs locaux. A Liège, c’est le projet

participatif nommé “Autour de l’Étang” et

concernant le parc de Droixhe qui a été

retenu par le pouvoir subsidiant.

Le projet s’articule sur plusieurs axes. Il

s’agissait d’abord d’éclaircir les allées

du parc en y régulant la végétation et en

y privilégiant de nouvelles plantations

d’essences basses et colorées afin d’en

augmenter la luminosité, la convivialité et le

sentiment de sécurité.

Les bacs qui se situaient du côté de l’avenue

de Lille ont été revivifiés par de nouvelles

plantations colorées. Le site verdoyant ainsi

revalorisé a également été agrémenté par

la mise en place de tables de pique-nique

et d’un grand banc sur mesure le long de

l’étang, propices aux rencontres et à la

convivialité. Enfin, l’étang a lui aussi été

concerné puisque le jet d’eau, hors d’usage

depuis longtemps a été remis en fonction.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : Interreg Euregio Meuse-

Rhin N-Power et Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2021 à 2022

Cout total de l’opération : 188.000 €

Maitre d’ouvrage : Ville de Liège


166

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.8.3.2. Mise en circulation du TRAM

- centre de maintenance de Bressoux –

Parking P+R

Après 6 années de travaux, le tram a été

mis en circulation (avec prise en charge de

passagers) à la fin du mois d’avril 2025. Le

développement du centre de maintenance

implanté à côté de la gare ferroviaire

de Bressoux, et la présence de plusieurs

arrêts au sein du quartier constituent des

atouts importants pour la requalification

du quartier et le bien être des habitants.

Le passage de ce réseau structurant

doit permettre, selon les spécialistes, la

création et la rénovation de l’habitat au

sens large tout au long du tracé du tram

depuis la plaine de Droixhe jusqu’à Sclessin

et Coronmeuse. Les promoteurs privés

pressentis pour intervenir dans le quartier

sur la construction de nouveaux ensembles

immobiliers en ont fait un des arguments

pour la vente de leurs futurs appartements

et espaces commerciaux et de services. Le

nombre d’emplacements de parking prévu

dans les projets est d’ailleurs défini sur base

de cette mise en circulation du tram.

Le tram, par son caractère moderne

et par l’aménagement des abords qui

l’accompagnent (50 ha sur l’ensemble

de la Ville), transforme l’image de la cité

dont la réputation était difficilement

compatible avec le renouveau tant

souhaité. Ce nouveau service est donc un

atout majeur pour le développement des

projets en cours et à venir. Gageons qu’il

sera le moteur d’une implication forte des

investisseurs privés dans le processus de

reconstruction du Droixhe de demain. Les

engagements publics ont été massifs pour

créer les conditions de ce renouvellement.

L’enthousiasme est unanime et partagé.

Le quartier est désormais à quelques

minutes seulement des différents services,

commerces, parcs urbains et pôles

d’emplois du centre-ville. Les 100.000

usagers qui empruntent chaque semaine

le tram ne s’y sont pas trompés, et profitent

de l’efficacité de ce nouveau mode de

déplacement comme d’un « ascenseur

urbain horizontal ». Ce dernier va modifier,

et modifie déjà après quelques mois de

fonctionnement la mobilité des habitants,

des usagers des écoles, bibliothèques et

maisons de repos présents sur le site de

Droixhe.

Le nombre de véhicules en transit par le

centre du quartier en sera par ailleurs réduit.

L’ouverture d’un parking P+R de 771 places

n’est pas étrangère à cette évolution. Pour

rappel, les parkings de transit Park&Ride

(P+R) permettent aux usagers de stationner

leur voiture ou leur vélo avant d’utiliser un

autre moyen de transport (tram, bus ou

train) pour terminer leur trajet.

Opérateur : SRWT – Tram’ardent

Tracé : 11,7 km Nombre d’arrêt dans le

quartier : 2

Fréquence : 1 tram toutes les 4min 30

sec en heure de pointe

Parking P+R : 771 places

Investissements : 460 millions d’euros

Réalisation des travaux : 2019 - 2025


167

2.5.8.3.3. Aménagement d’un boulevard

urbain le long de la Meuse

Avec l’aide de l’Europe et de la Wallonie,

des travaux ont débuté en mai 2022 afin de

transformer, sur un tronçon de 2 kilomètres,

la fin de l’autoroute E25/A25 en boulevard

urbain entre le pont-barrage de l’île

Monsin et le pont Atlas. Une nouvelle voirie

permettra par ailleurs l’accès à la zone

multimodale de Bressoux. Les travaux sont

maintenant terminés.

L’emprise des voies de circulation,

particulièrement importante le long de

la Meuse (6 bandes), a été réduite. Cet

aménagement permet d’apaiser la mobilité

motorisée, et permet de développer des

infrastructures dédiées aux modes doux.

Des pistes destinées aux vélos et aux

piétons ont ainsi été implantées des deux

côtés de ce nouvel axe. La limitation de

la vitesse à 50 km/h réduira les risques

d’accidents, mais également les nuisances

sonores pour les riverains. Des alignements

d’arbres de différentes essences (235

ont été plantés), structurent par ailleurs

le nouveau boulevard urbain. Les zones

comprises entre les voiries sont quant à elle

engazonnées (5.000 m²) et permettent de

lutter contre l’imperméabilisation des sols.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Cette nouvelle infrastructure représente

un levier puissant pour changer l’image

du quartier. Elle répond au développement

du nouvel écoquartier de Coronmeuse en

redonnant accès aux berges du fleuve, pour

les habitants comme pour les visiteurs.

Opérateur : SOFICO

Investissements : 17.000.000 €

Financement : FEDER (10.000.000) -

SOFICO (Plan Infrastructures et Mobilité

pour Tous 2020-2026 – 6.000.000 €)

– RESA (1.000.000 € - placement

impétrants)

Aménagements : tronçon de 2 km

- 235 arbres plantés – 5.000 m²

engazonnement

Réalisation des travaux : 2022 – 2025

Auteur de projet : Bureau Greisch

Entreprises : Galère – ABTECH

Maitre d’ouvrage : SPW Mobilité et

Infrastructures


168

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.5.9. POUR CONCLURE

La requalification de la plaine de Droixhe

est maintenant bien entamée comme le

montrent les différents projets présentés

dans les pages précédentes. Le chemin

reste toutefois encore long, et le démarrage

des chantiers menés par les investisseurs

privés sur les terrains du Square Micha, et à

l’angle de la rue Rassenfosse et de l’avenue

de la Croix Rouge, marquera une avancée

décisive dans la mise en œuvre du Périmètre

de Remembrement Urbain. Comme nous

l’avons vu, les obstacles et les difficultés

sont nombreuses, et la frilosité du secteur

privé à s’engager dans le processus de

reconstruction retarde le développement

du programme de réhabilitation. Mais les

premières concrétisations, essentiellement

publiques, dont la dédensification du bâti, la

création de 165 logements d’utilité publique

(projet A), la rénovation des tours restantes

(plus de 600 logements), la construction

d’une école, d’une maison de repos, ou

encore la mise en circulation du tram, ont

indéniablement et durablement modifié

l’image de la cité telle que perçue par les

habitants du quartier et les liégeois.es en

général. Les montants investis sont énormes

et montrent toute l’implication de la Ville, et

de ses partenaires, pour faire aboutir le projet.

Le nombre de logements construits et

rénovés, une fois la requalification terminée,

s’élèvera à environ 1.700 unités, de toutes

tailles et de tous types (locatifs, acquisitifs,

publics, privés, inclusifs, pour personnes

âgées, pour les étudiants), créant une réelle

mixité sociale entre les habitants.

C’est également un quartier multifonctionnel

qui aura été reconstruit, mettant au

centre des préoccupations les objectifs du

développement durable et de l’adaptation

au dérèglement climatique. La Ville de

demain devra en effet faire face à des

enjeux fondamentaux dont elle doit dès à

présent tenir compte dans ses nouveaux

projets et aménagements pour sa survie à

long terme.

Notons que la dette du passé, relative à la

construction initiale de la cité sociale de

Droixhe (encore plus de 15 millions € de

prêts à rembourser en 2025), et dont a hérité

la Filiale Immobilière Publique, constitue un

frein dans le développement des différentes

opérations de reconstruction et d’entretien

du bâti existant.

Si l’ensemble des projets décrits ci-dessus

aboutissent, un terrain d’une superficie de

3 ha restera encore à développer avenue

de la Croix Rouge dans le cadre d’un

appel à intérêt (projet C-C1-C2-B-B1). Des

logements et des espaces économiques ou

commerciaux y sont prévus dans le plan de

requalification. Un appel à promoteur pour la

conception/réalisation du projet a été lancé,

et un partenaire privé sera sélectionné après

négociations des offres.

Une vingtaine d’années se sont écoulées

depuis la reprise de l’opération de

requalification de la plaine de Droixhe par

la Filiale Immobilière Publique de Liège

suite à la dissolution de la société ATLAS.

Comme on peut le constater, la mise en

œuvre de partenariats publics/privés pour

des projets de cette ampleur peut prendre

du temps. Le pari est toutefois en bonne

voie d’être gagné, mais nécessitera de

surmonter encore bien des obstacles, dans

un contexte économique et financier difficile

tant pour les opérateurs publics que pour les

investisseurs privés.


2.6. PARTENARIATS AVEC

LES ASSOCIATIONS DE

PROMOTION DU LOGEMENT

(APL), LES OPÉRATEURS

TRADITIONNELS, ET LES

PROMOTEURS PRIVÉS

2.6.1. PROJET : QUARTIER HISTORIQUE - CVFE

Transformation d’un immeuble classé du

centre historique en un logement de transit

collectif de 15 chambres – partenariat avec

le Collectif contre les Violences Familiales et

l’Exclusion (CVFE)

Présentation – spécificités :

Dans un premier temps, le partenariat avec

le Collectif contre les Violences Familiales et

l’Exclusion consistait en la mise à disposition

d’un bâtiment inoccupé appartenant à la

Ville de Liège. Le choix de cet immeuble

était lié à la proximité avec d’autres biens

déjà mis à disposition de l’association, ainsi

qu’avec les autres services gérés par le CVFE

(centre d’insertion socioprofessionnelle,

crèche et service d’éducation permanente).

L’association a ainsi pu déposer en 2014 une

demande de subsidiation, dans le cadre

du Programme d’actions en matière de

logement 2014-2016, pour la création d’un

logement de transit collectif de 15 unités,

dans un immeuble du quartier historique.

Vu l’obligation pour chaque commune

(imposée par le Code Wallon du Logement

et de l’Habitation Durable ) de disposer d’un

logement de transit pour 5000 habitants,

et vu la nécessité de diversifier l’offre de

logement sur son territoire, la Ville a inscrit

ce projet comme prioritaire dans son plan

d’ancrage. La demande a ainsi été retenue

par le Gouvernement wallon.

La création de logements de transits permet

l’accueil de personnes ou de ménages

présentant des besoins spécifiques.

Dans le cas présent, le CVFE offre un

accompagnement social aux victimes de

violences conjugales. Ces dernières doivent

parfois s’éloigner temporairement de leur

conjoint pour leur sécurité, si possible sans

se déraciner, elles-mêmes et leurs enfants.

L’ASBL ne pouvait toutefois pas assumer

la concrétisation de l’opération pour des

raison financières. La Ville de Liège a modifié

le partenariat initial en reprenant, à la

demande du CVFE, le rôle d’opérateur pour

finaliser le projet. Malgré un dépassement du

coût des travaux de 38 % à l’ouverture des

offres, la Ville a décidé de poursuivre l’action

en raison des besoins importants pour ce

type d’hébergement.

Un logement de transit de 15 unités et pouvant

accueillir jusqu’à 24 personnes, a ainsi été

créé dans un immeuble doté d’éléments

classés au patrimoine. 5 chambres ont pris

place dans une nouvelle annexe reconstruite

à l’arrière du bâtiment, et les 10 restantes ont

été aménagées dans le corps principal de

l’immeuble suite à une rénovation lourde. Le

site comprend des parties communautaires

(cuisine, salon, terrasse, cour et jardin), et des

équipements collectifs (réserve alimentaire

avec frigos, buanderie, espaces sanitaires

répartis sur l’ensemble des étages). Ces

espaces de vie communs doivent favoriser les

échanges et les contacts entre les occupants.

Ce type d’organisation permet aux

bénéficiaires de se rendre compte qu’elles ne

sont pas seules à vivre la violence conjugale.

Notons que la localisation au centre-ville

facilite les déplacements et l’accès à de

multiples ressources.

Financement : SPW ancrage communal

du logement et patrimoine – Plan

National pour la Reprise et la Résilience

(Europe) - CVFE – Loterie nationale -

Ville de Liège

Réalisation des travaux : 2022 à 2024

Cout total de l’opération (TVAC) :

1.452.000 €

Acquisition : 0 € (propriété Ville de

Liège)

Auteur de projet : Association

momentanée Martiat-Durnez et Yves

Delincée – Entreprises : SRL G. Corman-

Halleux & Fils et Juffern S.A

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

169


170

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.6.2. PROJET : RUE DES FORTIFICATIONS, 34 À 44

ET RUE ACHILLE LEBEAU 1 – QUARTIER DE GRIVEGNÉE

Réhabilitation d›une ancienne cité sociale

reprise à l’inventaire du patrimoine et

vouée à la démolition – création de 14

logements locatifs cédés en gestion à

la SLSP le Logis Social de Liège et de 12

logements acquisitifs vendus par la Ville de

Liège à des particuliers

Partenaire : SLSP le Logis social de Liège

Présentation – spécificités :

Le partenariat entre la Ville de Liège et

le Logis social de Liège (propriétaire des

immeubles) a pour objectif de sauvegarder

une ancienne cité sociale reprise à

l’inventaire du patrimoine architectural de

Wallonie. Construit entre 1925 et 1930 par

la société « Les Maisons à Bon Marché du

canton de Grivegnée et des Communes

environnantes », cet ensemble comprenait,

avant rénovation, 37 logements sociaux

et 1 commerce. Suite à des constats

d’insalubrité, les bâtiments ont été vidés

de leur habitants en 2004. Bien qu’une

déconstruction ait été envisagée, des études

se basant sur des exemples similaires

(ex : place Seeliger) ont montré, qu’outre

la perte en matière patrimoniale pour le

quartier, la sauvegarde s’avérait aussi,

voire plus économique qu’une démolition/

reconstruction. La régie foncière a ainsi

acquis une partie du bâti au prix du terrain,

l’autre moitié lui étant cédée en bail

emphytéotique à l’euro symbolique pour

une période de 33 ans.

Le programme de réhabilitation mené par la

Ville a ainsi permis de créer :

• 12 appartements de 2 chambres

destinés à la vente. Ils ont une superficie

comprise entre 75 et 81 m² et disposent,

pour 8 d’entre eux de jardins privatifs,

et de terrasses (6 m²) pour les autres.

Deux logements sont aménagés à

destination des personnes à mobilité

réduite. Les prix, hors frais, variaient

entre 109.800€ et 122.400€. Ces

montants ont fait l’objet d’une réduction

de 10% par rapport aux prix fixés. Afin de

conserver cette réduction, l’acquéreur

devait s’engager à rester inscrit au

registre de la population à l’adresse du

logement acquis pendant une durée

ininterrompue de dix ans au moins. Vu

leurs prix attractifs, les appartements

ont tous été vendus en quelques

semaines.

• 12 appartements de 2 chambres de 70 à

86 m² disposant d’un accès à une cour

commune, et 2 maisons de 4 chambres

de 130 m² avec jardin, cédés, par

convention, en gestion au Logis social

de Liège pour la mise en location. Pour

tous les frais résultant de l’exécution

de son mandat, la SLSP perçoit des

indemnités à titre de défraiement. Elle

garantit que cet ensemble sera affecté

au logement social (8 unités) et au

logement moyen (6 unités) tels que

définis par la réglementation wallonne

en vigueur. La Ville de Liège doit, quant

à elle, garantir l’entretien technique,

l’amélioration, la réparation, et, le cas

échéant, la rénovation du patrimoine.


171

Cette opération a permis :

• de rénover des immeubles vides

et insalubres et ainsi d’améliorer la

sécurité des habitants du quartier

(bâtiments régulièrement squattés)

• mettre sur le marché acquisitif des

logements à des prix permettant à

de jeunes ménages d’accéder à la

propriété et de se fixer à Liège

• de créer de la mixité sociale, à travers

la diversité des types de logements

produits (acquisitifs, locatifs, maisons,

appartements sociaux et moyens)

• de maintenir, dans le quartier, des

jardins à l’arrière de l’ensemble

de logements (lutte contre

l’imperméabilisation des sols).

Notons qu’en raison de la faillite de la

société désignée pour la réalisation du

gros œuvre, la durée de chantier (de 2008

à 2013) a été particulièrement longue. La

sécurisation du chantier a été nécessaire

le temps de la désignation d’un nouvel

adjudicataire. Il faut par ailleurs tenir

compte d’éventuels problèmes de stabilité

lors de la mise en œuvre de tels projets

(hourdis, charpentes, balcons, dans le cas

présent).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : PFGV - SWL Programme

Exceptionnel d’Investissement - Ville de

Liège

Réalisation des travaux : 2008 à 2013

Cout total de l’opération (TVAC) :

2.787.000 €

Acquisition pour une partie : 25.000 €

(valeur terrain) - Emphytéose (partie

locative) : 1 €

Vente logements rénovés (12) :

1.200.000 €

Nombre de logements : 26

Auteur de projet : Gérard & Lemaire–

Entreprises Dejaive, M.Adelaire, Balteau,

H.Dethier & Fils

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


172

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.6.3. PROJET : RUE VIVEGNIS 202 - FLW

Démolition d’une ruine et reconstruction

d’un immeuble de 2 appartements pour

personnes précarisées - partenariat avec le

Fonds du Logement de Wallonie

Présentation – spécificités :

L’immeuble inoccupé depuis de nombreuses

années posait des problèmes de sécurité

et de salubrité. La Ville a dès lors émis

le souhait d’acquérir et d’éliminer ce

chancre urbain pour le bien des habitants

de la rue. Toutefois, comme beaucoup

de biens inoccupés, il a été difficile, voire

impossible de négocier l’achat de cet

immeuble en déshérence. La Ville a dès lors

lancé une procédure d’expropriation pour

cause d’utilité publique dans le cadre de

l’opération de rénovation urbaine du quartier

Saint-Léonard. Vu l’état de dégradation de

la maison et la nécessité de la démolir, le

montant de l’acquisition a été fixé au prix de

7.650 euros. On peut considérer que ce type

d’immeubles a une valeur « négative » vu

les coûts de démolition et de sécurisation à

engager.

La Ville a ensuite cédé le bien en

emphytéose au FLW pour y créer du

logement à destination de personnes

en situation de précarité. Comme prévu

dans l’acte, la Ville a pris en charge les

coûts de démolition, et le FLW les coûts de

reconstruction.

La conception de l’immeuble a été

influencée par l’étroitesse de la rue Vivegnis.

Ainsi, une partie de la façade avant est

construite en retrait de la voirie afin de

dégager une petite cour close qui offre

davantage d’intimité aux pièces de vie du

rez-de-chaussée et crée des espaces de

rangement pour vélos. Le nouvel immeuble,

qui se compose d’un logement 2 chambres

et d’un logement 1 chambre, respecte les

exigences actuelles en matière d’énergie,

notamment via une isolation performante

et une ventilation double-flux. Les deux

logements atteignent le label A.

Les appartements sont gérés en direct par

l’Aide locative de Liège (FLW).

Financement des travaux : FLW – SPW

ancrage communal du logement -Ville

de Liège

Réalisation des travaux : 2021 à 2022

Coût des travaux : 295.653 €

Acquisition par la Ville (expropriation) :

7.650 €

Cession en emphytéose : 1 € (durée de

66 ans)

Nombre de logements : 2

Auteur de projet : Olivier Fourneau

Architectes – Entreprises : XX

Maitre de l’ouvrage : FLW


173

2.6.4. PROJET : RUE FOIDART 61 – QUARTIER

DE BRESSOUX – ASBL HABITAT SERVICE

Cession d’un bâtiment inoccupé en bail

emphytéotique (euro symbolique) dans le

cadre d’un partenariat avec l’Association

de Promotion du Logement Habitat Service

- aménagement de deux logements

d’insertion pour familles nombreuses

Présentation – spécificités :

La Ville de Liège a acquis dans le cadre de

la Politique Fédérale des Grandes Ville un

immeuble inoccupé rue Foidart 61, dans

le quartier de Bressoux. Afin de diversifier

l’offre de logements sur son territoire, elle a

cédé ce bâtiment en emphytéose à l’euro

symbolique pour une période de 33 ans à

l’association de promotion du logement

Habitat Service en vue de la création

de logements d’insertion. Un logement

d’insertion est un logement public réservé

à une famille en état de précarité (faibles

revenus). Ce type de logement a pour but

de stabiliser la situation du ménage en lui

fournissant un logement décent à un loyer

abordable au regard des prix du marché

locatif privé.

L’association a rénové l’immeuble en deux

logements de 4 chambres à destination

de familles nombreuses qui bénéficieront

d’un accompagnement social assuré par le

personnel de l’ASBL. La résidence « Cerisier »

dispose d’un grand espace extérieur dont

peuvent profiter les occupants suite à la

démolition d’annexes en mauvais état.

L’espace intérieur du rez-de-chaussée a été

aménagé selon les critères des logements

adaptés pour PMR. Les matériaux utilisés

lors de la rénovation sont des matériaux

soit écologiques (bois, chanvre, chaux…),

soit recyclés (cellulose soufflée, panneaux

en cellulose). Le chantier a été réalisé

par la régie de quartier de Saint-Léonard

dans le cadre de son programme de

formation visant à favoriser l’insertion

socioprofessionnelle des demandeurs

d’emploi. Ce choix explique la durée assez

longue du chantier.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement des travaux : SPW

ancrage communal du logement -

ASBL Habitat Service

Réalisation des travaux : 2018 à 2023

Acquisition par la Ville : 120.000 €

(subsides PFGV)

Cession en emphytéose : 1 € (durée 33

ans)

Nombre de logements : 2

Auteur de projet : Archimad –

Entreprises : Régie de quartier de Saint-

Léonard

Maitre de l’ouvrage : ASBL Habitat

Service


174

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.6.5. PROJET : ÎLOT « ICADI » -

QUARTIER DES GUILLEMINS

Appel à intérêt conjoint de la Ville de Liège

et de la SNCB à proximité de la gare des

Guillemins - reconversion des bâtiments

anciennement occupés par « l’Institut de

la Construction, des Arts Décoratifs et

de l’Infographie » (ICADI) – construction

de nouveaux immeubles sur un terrain

en friche utilisé comme parking -

développement d’un projet multifonctionnel

à dominante résidentielle

Présentation- spécificités :

Le site du projet prend place au cœur d’un

quartier en profond redéveloppement

depuis l’annonce de l’arrivée du TGV à Liège,

et du choix du projet de construction de la

nouvelle gare des Guillemins conçue par

l’architecte Santiago Calatrava.

Suite au constat des nombreux

bouleversements rencontrés par le quartier

à cette époque, il est apparu indispensable

aux autorités de définir, pour ce dernier,

une vision d’avenir, porteuse d’une nouvelle

identité. Plusieurs réflexions successives

ont ainsi été menées fin des années 1990 et

début des années 2000 (aménagement de

la place devant la nouvelle gare, périmètre

de rénovation urbaine, révision du plan

communal d’aménagement (PCA n°43/3)),

avant que l’adoption par le Gouvernement

wallon en 2007 d’un Périmètre de

Remembrement Urbain (PRU) ne construise

une vision stratégique à long terme.

Les objectifs génériques poursuivis sont

restés sensiblement les mêmes au fil de

toutes ces années :

• améliorer les espaces publics et

décloisonner le quartier

• améliorer l’environnement, en

particulier en générant un cadre de vie

plus verdoyant

• favoriser les modes doux

• requalifier les friches et « recoudre »

le tissu urbain par les nouveaux

développements

• favoriser la densification et la mixité des

fonctions

L’ambition du PRU (document d’orientation

générale en matière d’aménagement)

vise une restructuration globale du

quartier, en proposant une nouvelle

trame urbaine organisée autour d’une

véritable esplanade entre la gare et la

Meuse, et en le désenclavant via une

nouvelle passerelle vers le parc de la

Boverie et le quartier des Vennes. Le

PRU défend aussi une densification des

fonctions en lien avec un formidable

nœud d’intermodalité que constitue le

site. Il encadre, conforte et guide aussi

la mise en relation des développements

privés avec les grands projets d’initiative

publique maintenant concrétisés : gare et

esplanade, aménagement des quais de

Meuse, passerelle cyclo-piétonne (la belle

Liégeoise), tram.

D’importants projets d’urbanisme et

d’architecture ponctuent déjà le quartier,

aux alentours directs de l’esplanade. Citons :

la requalification partielle du site Balteau

pour y implanter Design Station of Wallonia,

la réalisation de la tour des Finances,

le développement des projets privés

multifonctionnels (bureaux, commerces,

logements) « Paradis Express », Liège office

center, le Jardin des Guillemins, Crystal

Corner (dent creuse face à la gare) et rue

Paradis-Blonden 2 à 8 (en cours de travaux).

Des centaines de logements sont concernés

par ces différents opérations privées.


175

C’est dans ce contexte de mutation

d’ampleur métropolitaine que la Ville de

Liège et la SNCB ont lancé en août 2022

un appel à intérêt conjoint en vue de la

mise en vente de deux terrains adjacents,

d’une superficie totale de 9.937 m², situés

en façade nord de l’îlot dit « ICADI » formé

par les rues de Sclessin, Jean Gol, de

Fragnée et Albert de Cuyck. Il s’agit de

permettre une nouvelle urbanisation sur

le site, en y développant un programme

très majoritairement résidentiel, en

recomposant le tissu urbain (en tenant

compte du bâti historique et des nouveaux

développements), et en verdurisant

l’intérieur d’îlot conformément au prescrit du

P.R.U.

Les parcelles de la Ville de Liège et de

la régie foncière d’une superficie totale

de 5.374 m² ont été occupées par l’ICADI

jusqu’en septembre 2022. Les bâtiments

avaient été édifiés durant les années 50 sur

un ancien site d’activités industrielles.

Le cahier des charges organise la procédure

de sélection du projet lauréat en deux

phases. Sur les dix candidats ayant déposé

une offre recevable, cinq ont été retenus

par les partenaires pour la seconde étape.

Parmi les conditions nécessaires à leur

sélection, chaque « bouwteam » devait être

composé des divers métiers intervenants

dans la conception et l’exécution du projet :

architectes - promoteurs - développeurs -

investisseurs - bâtisseurs.

Après analyse des avant-projets sur

base des différents critères d’évaluation

repris dans le dossier d’appel à intérêts (à

savoir la qualité urbanistique, la qualité

architecturale, la qualité du programme,

le prix d’achat des terrains et le mode

opératoire), le jury a retenu en septembre

2023 la proposition introduite par une équipe

formée par le Groupe d’investissement

liégeois Uhoda, la société de construction

CAAAP, les bureaux d’architecture belge et

danois B2AI et Dorte Mandrup, et le bureau

d’étude et de conseil en construction

durable SuReal.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Les parcelles ont été acquises par l’équipe

lauréate au montant minimum de 3.600.000

euros tel qu’imposé par le marché. Le prix

proposé (évalué sur base d’une formule

mathématique) n’a pas été un élément

déterminant dans le choix du promoteur

malgré le dépôt d’une offre à 4.150.000

d’euros par un des candidats.


176

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Le comité de sélection insiste sur la grande

qualité du projet retenu. La conservation

et la transformation d’une majorité des

bâtiments existants, notamment dans une

logique de préservation de la mémoire des

lieux, constitue une des idées forte de la

proposition.

Les nouveaux bâtiments affichent une

identité architecturale originale et

spécifique, et par des jeux de volumes

évitent la monotonie, et permettent une

articulation judicieuse avec les parties

anciennes. Le fait de créer des gabarits

ponctuellement un peu plus élevés

(notamment à l’angle côté gare) est justifié

au regard du contexte et de la proximité

immédiate de la tour des finances et du

complexe Paradis Express. La composition

urbanistique détermine clairement la

séparation entre les parties privatives, dont

un espace vert, et les passages publics qui

traverseront l’îlot désormais reconstitué.

Le programme (117 unités d’habitation)

présente une réelle diversité de l’offre

résidentielle, avec une forte proportion de

logements de grande taille et des typologies

originales, dont une partie importante

d’unités attractives pour les familles

avec enfants. Les différentes fonctions

complémentaires sont pertinentes pour

créer un quartier vivant et contribueront

à animer les cheminements publics et les

places collectives : une crèche, des ateliers

pour l’accueil d’activités à caractère

artisanal, une supérette, des ateliers

d’artistes et une brasserie au rez-dechaussée

du bâtiment ICADI. Le projet vise

notamment l’utilisation de la géothermie

comme mode de chauffage, l’objectif étant

de développer un ensemble qui puisse être

indépendant des énergies fossiles.

L’intégration du vitrail de Jean Rets

provenant de l’ancienne gare des Guillemins

(24 m2) est une proposition intéressante

dans le cadre du fil rouge artistique

annoncé : elle restitue cette œuvre d’art au

public, tout en contribuant à l’animation

d’une nouvelle placette.

Suite au déménagement de l’ICADI en

2022, et en attendant la concrétisation du

projet immobilier, la Ville de Liège a confié

temporairement les bâtiments au Comptoir

des Ressources Créatives (CRC). Ce lieu

mutualisé et baptisé JACADI regorge d’une

foule d’activités créatives et d’événements

ouverts sur le quartier (présence d’une

soixantaine de créatrices et de créateurs).

Il s’inscrit dans la dynamique urbaine des

ateliers temporaires Rhiz[H]ome, un projet

développé depuis 2017 en collaboration

étroite avec la Ville de Liège, et qui essaime

depuis dans plusieurs villes wallonnes.

Appel à intérêt conjoint : Ville de Liège

– SNCB

Revente des biens au promoteur :

3.600.000 € (dont 1.932.000 € pour la

part Ville)

Financement : Privé (promoteur)

Réalisation des travaux : 2026 – 2027

(permis d’urbanisme 2025)

Bouwteam : Groupe d’investissement

Uhoda, société de construction CAAAP,

bureaux d’architecture B2AI et Dorte

Mandrup, bureau d’étude et de conseil

en construction durable SuReal.


177

2.6.6. PROJET : RUE DES PRÉBENDIERS 1, 3 ET 5

ET RUE D’AMERCŒUR 54

Rénovation lourde d’un ensemble

d’immeubles de logements sociaux

emblématiques du quartier Amercœur –

cession en gestion à la Maison liégeoise de

39 appartements et d’un commerce dans le

cadre d’un partenariat

Présentation – spécificités :

L’imposant groupe d’immeubles à

appartements situé rue des Prébendiers 1 à

5 et rue d’Amercœur 54 a été bâti en 1930

dans le style « Art déco » pour le compte

de la société coopérative La Maison

liégeoise. Cet ensemble de coin situé sur

un axe important d’entrée de la Ville est

emblématique du quartier et présente

un intérêt historique et patrimonial. Les

4 bâtiments le composant comptaient

initialement 42 logements et 2 commerces

répartis sur 5 niveaux (rez +4). Ils

comprenaient également des caves en

sous-sol et des greniers non aménagés sous

les combles.

Au milieu des années 1990, un rapport

d’expertise réalisé par les services de

l’enregistrement relevait le très mauvais état

d’entretien du bâtiment et son inoccupation

à hauteur de 50 %. Les logements ne

comportaient aucun confort moderne :

pas de salle de bain, pas de chauffage

central, pas de parlophone. Les installations

sanitaires pratiquement inexistantes

comprenaient juste un WC et un évier. Les

châssis simple vitrage en bois était par

ailleurs forts dégradés tout comme la toiture

dont l’absence de certaines tuiles laissaient

pénétrer des pigeons sous la charpente. Les

installations électriques apparentes étaient

vétustes, dangereuses et non conformes aux

réglementations en matière de sécurité.

Vu les montants élevés nécessaires pour

réhabiliter les immeubles, et suite à la

prise d’un arrêté d’insalubrité par la Région

wallonne en novembre 1998, les instances de

la Maison liégeoise ont décidé de procéder à

leur vente.

Afin d’éviter que ces logements ne soient

acquis par des marchands de sommeil

(comme d’autres biens dans le quartier), la

Ville de Liège, via sa régie foncière, a décidé

de se rendre maitre du foncier. Sur avis de

l’auteur de projet, il a également été décidé

de conserver et rénover le bâti existant

plutôt que de le démolir. L’objectif initial du

projet était de reconvertir les immeubles

en logements moyens et d’insertion. Les

subsides potentiels de la Wallonie ne

permettaient toutefois que la création de

logements sociaux dont :

• 5 appartements 1 chambre (47 m²)

• 26 appartements 2 chambres (60 m² à

70 m²)

• 5 appartements 3 chambres (94 m²)

Une surface commerciale de 93 m² a par

ailleurs été maintenue au rez-de-chaussée

au croisement des deux rues.

Les espaces intérieurs ont été modifiés pour

intégrer les salles de bain et les cuisines,

inexistantes à l’origine des bâtiments. La

fresque située à l’angle du bâtiment rue

d’Amercœur 54 est désormais éclairée afin

de servir de point de repère aux habitants du

quartier. C’est également le cas des accès

aux immeubles dont l’éclairage renforce la

sécurité des locataires.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


178

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Dès réception des travaux en 2004, les

logements ont été cédés en gestion à

La Maison Liégeoise dans le cadre d’une

convention de partenariat. Pour tous

les frais résultants de l’exécution de son

mandat, la SLSP perçoit des indemnités à

titre de défraiement. La Ville de Liège doit,

quant à elle, garantir l’entretien technique,

l’amélioration, la réparation, et la rénovation

du patrimoine.

Notons que le bâtiment a été intégré en

2023 au projet de la régie foncière visant à

améliorer la performance énergétique de

son patrimoine immobilier (voir point 2.7.3).

Les travaux concernent principalement la

pose de nouvelles toitures isolées pour un

coût de 321.000 euros, et l’amélioration du

corps de chauffe pour un coût de 27.000

euros. Des subsides obtenus dans le cadre

de la Politique Intégrée de la Ville (PIV)

doivent permettre à la Ville d’atteindre

dans les années à venir, après réalisation

des travaux, une PEB de niveau C ou B

(minimum) pour tous les logements de son

parc privé.

Financement : SPW (1.859.624 €) : Art 29

du code wallon de l’habitat (décret du

29 octobre 1998 (MB 4/12/1998) relatif

à l’octroi d’une aide aux personnes

morales en vue de la création de

logements sociaux locatifs) et

programme d’ancrage communal du

logement 2001-2003 pour 20 logements

- Ville de Liège (solde)

Partenaire : SLSP La Maison Liégeoise

Réalisation des travaux : 2002 - 2004

Cout total de l’opération (TVAC) :

2.402.517 €

Acquisitions : 436.915 €

Nombre de logements : 39 (+ 1

commerce)

Auteur de projet : Nadine BUOL –

Entreprises : Galère

Travaux d’isolation et d’amélioration

énergétique financés par la PIV : 2025-

2026 (321.000 €)

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


2.7. AUTRES ACTIONS DE LA

POLITIQUE EN MATIÈRE DE

LOGEMENT

Les « actions logement » intervenant dans

le processus de rénovation urbaine des

quartiers ne se limitent pas aux projets de

réhabilitation ou démolition/reconstruction

commentés dans les chapitres précédents.

Elles peuvent être multiples et concernent la

lutte contre l’inoccupation des immeubles,

l’amélioration des conditions de vie des

citoyens, la restructuration et l’amélioration

énergétique du parc de logements privés et

publics, ou encore la création de logements

à loyers réduits pour les étudiants par

exemple. Nous présenterons succinctement

les plus emblématiques d’entre-elles et les

plus régulièrement citées.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

179


180

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.7.1. LUTTE CONTRE LES LOGEMENTS INOCCUPÉS

Dans un contexte où le manque de

logements de qualité à des prix décents est

une réalité dans les grands centres urbains,

la mobilisation des immeubles vides est

souvent citée comme une des réponses à

cette problématique. On en dénombrerait

plusieurs dizaines de milliers en Wallonie

selon certaines associations et diverses

études universitaires (de 40.000 à 100.000

unités).

Ces chiffres sont toutefois difficiles à vérifier.

La mesure du phénomène est en effet

complexe et concerne des situations et

des processus très divers. Si la notion de

biens inoccupés est généralement perçue

comme néfaste pour le voisinage ou

l’image d’un quartier, il importe de rappeler

que la vacance immobilière doit être

définie de manière plus large et n’est pas

nécessairement une mauvaise chose en soi.

Ainsi, une vacance dite « normale » concerne

les biens inoccupés en raison de travaux de

rénovation, d’un sinistre, d’une transaction

en cours (vente), de délais de location ou

de succession par exemple. Ce stock de

logements est nécessaire pour répondre

correctement à la demande et au bon

fonctionnement du marché. Il s’agit dans ce

cas d’un état temporaire.

Une vacance « anormale » correspond

cependant aux bâtiments inhabitables,

insalubres, en ruine, inadaptés, ou encore

sujet à la spéculation par leur propriétaire.

Dans la majorité des cas le manque

d’investissements par ces derniers semble

être la cause principale de l’abandon du

logement parfois pour une longue période.

Il n’est pas rare d’identifier des immeubles

vides depuis de très nombreuses années.

C’est précisément cette partie du parc

immobilier qui est dans le viseur des

autorités et des associations militant pour le

droit au logement.

Dans le cadre de l’élaboration du Schéma

de Développement Communal présenté en

2023, une analyse contextuelle du territoire a

été réalisée, et s’est notamment penchée sur

les caractéristiques et les problématiques

liées au logement. En considérant les

résultats d’une recherche réalisée dans

plusieurs grandes villes (Charleroi et Namur

notamment) par le « Centre d’Étude en

Habitat Durable » (CEHD), basée sur la

consommation en eau et en électricité,

les rédacteurs du diagnostic estiment

la vacance immobilière « potentielle »

(normale + anormale), à Liège, à 6% du parc

soit environ 7500 logements. La vacance

varierait toutefois d’un quartier à l’autre pour

atteindre un taux de 10% dans certains cas.


181

Mesures pour lutter contre la vacance

immobilière « anormale »

Le service logement de la Ville de Liège

recense depuis de nombreuses années les

bâtiments n’accueillant aucune personne

domiciliée (sur base des registres de la

population), et d’apparence inoccupés suite

à un repérage depuis la voirie publique

(boites aux lettres pleines, absence

d’entretien, signes de dégradation, etc). En

retirant les immeubles manifestement en

travaux, récemment rénovés, à vendre ou

à louer, taxés comme seconde résidence,

le chiffre obtenu s’élevait à environ 1150

unités en 2024. Cette donnée qui a le mérite

d’exister, est toutefois incomplète. Elle

ne concerne en effet que des bâtiments

« individuels », et ne prend pas en compte

les appartements au sein de résidences

en copropriété, les petits logements au

sein d’immeubles divisés ou encore les

logements inoccupés aux étages des

immeubles de commerces. Ces différentes

typologies nécessitent la mise en place de

techniques de relevé spécifiques.

La rénovation et la remise sur le marché des

logements inoccupés constituent un enjeu

majeur de la rénovation urbaine en raison

notamment du climat d’insécurité et des

nuisances qu’ils génèrent. C’est la raison

pour laquelle la Ville mène diverses actions

dans ce sens depuis de nombreuses années,

et va intensifier sa lutte en activant les outils,

notamment réglementaires, à sa disposition.

Il s’agit d’une priorité de la déclaration de

politique en matière de logement et du Plan

Stratégique Transversal 2025-2030. Parmi

les mesures prises notons :

• les programmes d’investissement :

depuis les années 2000 la régie foncière

de la Ville a rénové des dizaines de

logements abandonnés dans le cadre

d’opérations d’acquisition/réhabilitation.

De nombreux ménages ont ainsi pu être

relogés dans les quartiers centraux de

Liège grâce à l’activation de dispositifs de

subventionnement régionaux et fédéraux

et en mobilisant des montants importants

sur fonds propres. Un des objectifs de ces

actions est d’enclencher une dynamique

dans les quartiers et susciter l’intervention

des acteurs privés. Les différents projets

ont été présentés dans les parties

précédentes de ce retour d’expérience.

• la taxe communale sur les immeubles

bâtis inoccupés ou délabrés : la

Wallonie autorise les communes à

percevoir une taxe sur les bâtiments

inoccupé depuis l’exercice d’imposition

2005. Elle a pour but d’inciter les

propriétaires à réhabiliter ou occuper

leur bien. Les montants dûs par ces

derniers en cas d’inaction peuvent

s’avérer particulièrement élevés et

sont perçus chaque année jusqu’à

justification de l’occupation. La base

imposable est établie par le produit de

la longueur de la façade du bâtiment

(en mètre courant) par le nombre de

niveaux inoccupés (de 30 à 100 euros

par mètre selon l’année d’imposition).

Un peu plus de 950 biens ont fait l’objet

d’un enrôlement pour l’année 2024.

Ce chiffre qui ne cesse d’augmenter

traduit la volonté de la Ville d’agir sur

cette question et montre l’efficacité

du département des finances dans

l’identification des biens concernés.

Un règlement définissant le champ

d’application de la taxe et la procédure

relative à sa perception est approuvé

par le conseil communal en début de

législature.

• le Code Wallon du Logement et

de l’Habitat Durable – Art 80 et

suivants : le CWHD prévoit des outils

administratifs et juridiques pour lutter

contre l’inoccupation des immeubles.

Ainsi, chaque année depuis, la Ville a

l’obligation de transmettre au SPW et

aux opérateurs immobiliers compétents

et reconnus une liste des logements

présumés inoccupés. Pour y être

intégrés les logements doivent répondre

à, au moins un des 4 critères suivants

(art 80) : le logement est déclaré

inhabitable, le logement n’est pas

garni du mobilier adéquat, le logement

présente des consommations en eau et

en électricité inférieures à un seuil fixé

par le Gouvernement, aucune personne

n’est inscrite pour ce logement dans les

registres de la population pendant une

période d’au moins 12 mois.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


182

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Une cellule spéciale créée au sein du

service du logement établit cette liste

depuis l’année 2024 conformément

à la procédure définie dans les textes

(notification au propriétaire qui peut

se défendre), et l’a faite approuveer

par le Collège communal. Ce travail

complexe est effectué en collaboration

avec les services juridique, des finances

et de l’urbanisme afin de traiter la

problématique de manière globale. Sur

base de la liste, plusieurs possibilités

sont offertes aux communes par le

CWHD pour mettre fin à l’inoccupation :

‒ Prise en gestion volontaire : la Ville

mène un travail d’information

auprès des propriétaires en

présentant les avantages d’une

prise en gestion volontaire par

l’Agence Immobilière Sociale, qui

(en collaboration avec le service

du logement de la Ville) évalue les

travaux à effectuer pour rendre le

bien salubre, assume la gestion

locative et garantit les revenus

locatifs. Un accompagnement est

également proposé au propriétaire

concernant les aides du FLW dont

il peut bénéficier pour financer

les travaux de rénovation (79.000

euros par unité de logement, avec

une enveloppe complémentaire

possible de 34.900 € en cas de

surcoût lié à l’amélioration des

performances énergétiques).

‒ Prise en gestion forcée : si le

propriétaire refuse la prise en

gestion volontaire sans motif

valable, la commune peut

prendre le bien en gestion via

une procédure judiciaire ou

une procédure unilatérale. Ces

possibilités ont été envisagées

mais n’ont pas été privilégiées.

Les procédures sont longues et la

jurisprudence est pratiquement

inexistante. Leur intérêt réside

toutefois dans le fait que

l’opérateur immobilier peut

effectuer les travaux et rembourser

son investissement en percevant

les loyers (sans limite de temps

et de montants). Notons que

ce dispositif peut avoir un rôle

dissuasif, et responsabiliser les

propriétaires, qui dans la crainte

de perdre temporairement la

jouissance de leur bien pourraient,

suite à cet avertissement, mettre

fin à l’inoccupation du logement.

Action en cessation : le président

du tribunal de première instance

peut ordonner, sur demande des

autorités administratives ou d’une

association, que le propriétaire

d’un logement inoccupé au

sens de l’article 80 du CWHD

prenne toute mesure utile pour

assurer l’occupation du logement

dans un délai raisonnable. Il est

possible d’assortir la décision

d’une astreinte (250euros par

jour de retard dans l’exécution

de la décision de justice). Notons

que, s’il ne dispose pas des

moyens financiers suffisants pour

rénover son bien, le propriétaire

peut le mettre en vente. La Ville

de Liège a décidé de privilégier

cette procédure plus souple, et

a désigné un avocat chargé de

présenter les dossiers au tribunal.

L’objectif en activant l’article « 85

sexies » du CWHD est d’envoyer

un signal fort aux propriétaires

sur la détermination du Conseil

communal. Les premiers résultats

sont encourageant et confortent la

Ville dans son choix d’action.

‒ Amende administrative (art 85 ter

et quater) : le dispositif présentant

une insécurité juridique, la Ville

a décidé de maintenir, pour

l’instant, son règlement taxe sur

les bâtiments inoccupés qui a

montré son efficacité et sa plus

grande souplesse de mise en

œuvre (procédure moins lourde).

Pour des raisons liées à l’égalité

de traitement des citoyens (des

propriétaires en l’occurrence),

les deux règlements ne peuvent

coexister (les sanctions étant

différentes).


183

• L’occupation temporaire et transitoire :

Suite à l’acquisition d’immeubles dans le

cadre de ses opérations de rénovation

urbaine, et dans l’attente de l’obtention des

permis d’urbanisme et de la désignation des

entreprises chargées de réaliser les travaux,

la régie foncière doit parfois gérer, durant

plusieurs années, des espaces commerciaux

ou des bâtiments vides de tout occupant.

Ces lieux sont souvent inutilisables en

raison de leur état de délabrement. Mais,

dans certains cas, une occupation totale

ou partielle est envisageable moyennant

quelques travaux de rafraîchissement et de

sécurisation. Afin d’éviter le développement

de squats dans ces lieux vides, et de

maintenir ou recréer de l’animation dans

des espaces en partie désertés, la Ville

a négocié, quand la situation le permet,

avec des associations souvent à vocation

culturelle ou sociale, la cession temporaire

de leur gestion. Une convention à titre

précaire est conclue entre les partenaires

pour définir les modalités d’occupation

de ces biens dans un esprit « gagnantgagnant

».

Cela permet à ces acteurs de développer

leurs activités à faible coût dans des lieux

bénéficiant souvent d’une excellente

localisation dans ou à proximité du

centre-ville, et à la commune de créer du

mouvement et du contrôle social. Dans les

rues commerçantes cette initiative permet

d’éviter des ruptures dans le cheminement

des chalands. Cette expérience

d’occupation « organisée » pourrait être

étendue aux biens privés.

Citons le projet Rhiz[H]omes, imaginé par

l’ASBL Comptoir des ressources créatives

(implantée dans les grandes villes

wallonnes), qui propose un premier accès

à des ateliers sous forme d’occupations

« éphémères », allant de trois à six mois,

dans des bâtiments vides en cours de

réaffectation. Les artistes bénéficient, pour

un loyer modéré, d’un espace de travail

mutualisé avec d’autres créateurs de

disciplines variées. L’occupation transitoire

de cellules commerciales situése rue du

Stalon et rue Puits-en-Sock, et de l’ancien

immeuble occupé par l’ICADI dans le

quartier des Guillemins en sont des

exemples.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


184

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Remarques :

‒ la problématique des logements

inoccupés aux étages des

immeubles de commerces fait

l’objet d’une attention particulière.

Il s’agit d’une composante de la

vacance immobilière anormale qui

n’est pas reprise dans les chiffres

dont question ci-dessus. Une étude

réalisée par le bureau « Mertens

et Steffens » dans le courant

des années 2000, au niveau de

l’hypercentre commerçant de

Liège, avait identifié un peu plus

de 1000 logements potentiels.

Depuis, des projets de rénovation

(voir partie 2) ont été réalisés

(et se poursuivent) par la régie

foncière et des promoteurs privés ;

mais ce type d’inoccupation

reste important. Les artères

commerçantes des centres des

grandes villes se sont en effet

partiellement vidées de leurs

habitants, entrainant entre autres

des problèmes d’insécurité et de

préservation du patrimoine.

‒ L’évolution des pratiques

commerciales n’y est pas

étrangère. Les actions visant à

rendre à nouveau habitables

les étages de ces immeubles

sont complexes, et se heurtent

notamment aux difficultés

suivantes : absence d’accès

indépendants aux étages (largeur

des commerces parfois très faible),

rendement basé sur un loyer

commercial élevé (ce qui entraine

un désintérêt du propriétaire

pour la création de logements

aux étages), les commerçants

n’habitent plus dans les logements

situés aux étages de l’immeuble

accueillant leur activité, les

bâtiments sont fort dégradés et

nécessitent des investissements

conséquents, le bail commercial

porte très souvent sur l’entièreté de

l’immeuble, etc.

Le service de l’urbanisme insiste

auprès des propriétaires lors des

dépôts de permis pour réaffecter

ces espaces improductifs. Une

réflexion est en cours pour intégrer

dans les directives d’urbanisme

l’obligation de prévoir un accès

aux logements lors d’une demande

de transformation de la surface

commerciale.

‒ la « colocation », le « coliving », les

« apparts-hôtels » ou les

résidences touristiques de type

AirBNB, constituent de nouvelles

manières d’habiter et de vivre la

ville qui réduisent le nombre de

logements disponibles pour les

ménages souhaitant se domicilier

sur le territoire communal. Elles

provoquent par ailleurs une hausse

des prix des loyers. Des réponses

adaptées à ces pratiques, de

plus en plus répandues, seront

nécessaires dans les années à

venir afin d’éviter d’accroitre les

tensions sur le marché locatif. Il est

important que ces résidents, non

domiciliés, participent eux aussi au

financement des services publics,

des aménagements de la cité et

de son organisation. Il s›agit d›un

enjeu majeur pour les villes de

demain et d’une question de justice

fiscale et sociale.


185

2.7.2. LUTTE CONTRE L’INSALUBRITÉ DES

LOGEMENTS ET LES « MARCHANDS DE SOMMEILS »

Selon les données du cadastre, environ 63

% des logements répertoriés sur le territoire

communal ont été construits avant 1945.

Cette ancienneté du parc immobilier

conjuguée à un manque d’investissements

et une division importante des bâtiments

en petites unités, font partie des causes

de l’existence de logements de mauvaises

qualités dans certains quartier de la

Ville. Des problèmes d’insalubrité sont

régulièrement relevés par les services

régionaux ou communaux compétents

dans ces bâtiments surexploités. Aucune

donnée fiable ne permet de quantifier le

phénomène, mais l’expérience montre

que cette problématique est davantage

présente dans le secteur locatif plus

présent dans les agglomérations urbaines

densément bâties. La proportion de

propriétaires occupants est en effet plus

importante dans les espaces périurbains et

ruraux.

Notons que ces logements de mauvaise

qualité, par ailleurs véritables « passoires

énergétiques », accueillent les populations

les plus précarisées et vulnérables. Elles

sont dès lors parfois victimes de marchands

de sommeils peu scrupuleux. La sécurité et

la santé de ces habitants sont menacées

dans certaines situations. C’est la raison

pour laquelle la Ville, en partenariat

avec les services de justice, de la police

et de prévention incendie, a décidé de

lutter fermement contre les problèmes

d’insalubrité des logements et de traite des

êtres humains via notamment des échanges

d’informations, et d’opérations de contrôle

conjoints. Mais la lutte contre ces derniers

est complexe : le phénomène est peu visible,

les victimes ne déposent pas facilement

plainte, et lorsque c’est le cas, les enquêtes

sont longues et difficiles. Les descentes

sur les lieux sont souvent des opérations

de grande envergure et elles doivent être

bien préparées et coordonnées. Comme

l’indique la police fédérale, « la jurisprudence

est limitée, les marchands de sommeil sont

quant à eux, bien organisés … ».

chacun le droit de mener une vie conforme

à la dignité humaine (article 23 de la

Constitution). La salubrité des habitations

est un facteur incontournable dans le

respect de ce droit. »

Le gouvernement wallon a ainsi adopté des

arrêtés déterminant les critères minimaux

de salubrité et de surpeuplement que tout

logement doit respecter. Ils concernent :

• la stabilité ;

• l’étanchéité ;

• les installations électriques et de gaz ;

• la ventilation ;

• l’éclairage naturel ;

• l’équipement sanitaire et l’installation

de chauffage ;

• la structure et la dimension du

logement ;

• la circulation au niveau des sols et des

escaliers.

Comme le prévoient les arrêtés, à la suite

d’une demande écrite provenant d’un

particulier, d’une administration, ou à

son initiative, le SPW Logement dresse

un rapport mentionnant les éventuels

manquements relevés dans les habitations

concernées. Les conclusions des enquêtes

sont envoyées aux personnes intéressées

(locataires, propriétaires,...) ainsi qu’aux

bourgmestres afin que ceux-ci prennent

les mesures qu’ils jugent utiles, au besoin

des arrêtés d’inhabitabilité. Ils peuvent

prendre, sur base de l’article 7 du Code

de l’Habitation durable, des mesures

conservatoires, ordonner des travaux

de réhabilitation, de restructuration, de

démolition ou prononcer l›interdiction

d›occuper.

Le Bourgmestre peut également prendre

des arrêtés d’inhabitabilité sur base de

l’article 135 de la nouvelle loi communale

principalement pour des motifs liés à

la sécurité publique. Notons qu’il existe

en matière de sécurité et salubrité des

bâtiments un règlement communal

applicable à l’ensemble des immeubles de

la Ville de Liège.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Rappelons, comme l’indique le SPW sur

son site internet, que « vivre dans un

logement décent en tant que lieu de vie,

d’émancipation et d’épanouissement

des individus et des familles, est l’objectif

poursuivi par le Code wallon de l’Habitation

durable qui traduit l’intention d’offrir à

Ce sont en moyenne 430 enquêtes de

salubrité qui sont réalisées annuellement

par les agents du Service Public de

Wallonie dans les logements liégeois. 33

% d’entre-elles considèrent les logements

comme « inhabitables améliorables »


186

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

et 18 % comme « salubres ». 47 % des

logements contrôlés sont quant à eux

déclarés « habitables améliorables ». Ces

logements présentent divers problèmes

de salubrité que leur propriétaire doit

résoudre dans un délai raisonnable, mais

ils n’empêchent toutefois pas l’occupation

à court ou moyen terme. Des problèmes

de surpeuplement sont identifiés dans 28

% des cas. Ce chiffre montre qu’une part

importante des logements contrôlés sont

de petite taille. Seul un logement visité par

an par les services techniques régionaux est

diagnostiqué « non améliorable ».

Sur base de ces contrôles régionaux, ce

sont en moyenne 247 arrêtés qui sont

pris annuellement par le Bourgmestre sur

proposition du service de sécurité et de

salubrité publique (SSSP). Il s’agit d’arrêtés,

notamment d’inhabitabilité, suite au constat

de l’existence de problèmes de salubrité

ou de sécurité (non-conformité des

installations de gaz ou d’électricité).

permis de location. Les agents du service

du logement transmettent les dossiers

refusés par le Collège communal au SPW

qui active la procédure de récupération des

montants dû. Plusieurs centaines de milliers

d’euros ont ainsi été perçus par la Wallonie

en quelques années. Ces amendes peuvent

aussi être infligées aux bailleurs qui louent

un logement pourtant déclaré inhabitable

par le Bourgmestre.

L’application de ces règlementations

communales, régionales et fédérales

conduisent, dans de nombreux cas, à la

réhabilitation des biens par leur propriétaire.

Elles participent donc à la politique

de rénovation urbaine des villes par

l’amélioration du confort et de la sécurité

des logements.

Le service du logement de la Ville dispose

quant à lui d’une équipe (3 agents

techniques et administratifs) chargée de la

mise en œuvre de la réglementation relative

aux Permis de location (art 9 du CWHD). Cet

outil a pour but de contrôler la qualité des

logements de moins de 28m² de surface

habitable et des logements collectifs mis en

location. Depuis sa création en 1998, environ

10.000 logements (soit environ 10% du parc

liégeois) répondant à cette définition ont

été identifiés sur le territoire de la Ville. Une

part de ces unités est occupée par des

étudiants (« kots »), mais deux tiers d’entreelles

constituent la résidence principale

de personnes isolées, voire de familles qui

sont forcées, en raison de leur situation

économique, de vivre dans ces espaces

de tailles réduites. Le refus du permis (43

% des dossiers) impose aux propriétaires

de remettre le logement aux normes

avant sa mise en location. Ce dernier est

motivé par le non-respect des critères

minimaux de salubrité (dont le respect des

règlements communaux en matière de

sécurité incendie) et/ou l’absence de permis

d’urbanisme pour la création des logements

dont question (la division des immeubles est

contrôlée par le département de l’urbanisme

- équipe de plusieurs inspecteurs du bâti).

Le nouveau code wallon de l’habitat durable

prévoit des amendes administratives pour

le non-respect de la législation sur le


187

2.7.3. AMÉLIORATION DE LA PERFORMANCE ÉNER-

GÉTIQUE DU PATRIMOINE IMMOBILIER DE LA RÉGIE

FONCIÈRE

En 2015, la Ville de Liège a adhéré à la

Convention des Maires pour le Climat et

l’Énergie. Cette convention réunit des milliers

de collectivités locales qui s’engagent

volontairement à réduire leurs émissions de

CO2 et à adapter leur territoire aux effets du

changement climatique. Par cette adhésion,

la Ville de Liège s’est engagée à réduire ses

émissions de CO2 de 55 % à l’horizon 2030

par rapport à 2005, année prise comme

référence. Elle a formalisé son engagement

en 2021 via son Plan Climat qui comprend

des objectifs relatifs à la diminution de la

consommation énergétique des logements

et à l’augmentation de la part d’énergie

renouvelable.

Dans le cadre des opérations de rénovation

urbaine qu’il mène depuis plus de 20 ans, le

Service du Logement répond précisément à

ces objectifs. Ces derniers sont par ailleurs

intégrés aux différents projets de quartier

à la base des actions menées par la Ville.

Notons que les nouvelles constructions et

rénovations présentées dans les chapitres

précédents, affichent une bonne, voire

très bonne, performance énergétique (A+,

A ou B). Toutefois, les bâtiments les plus

anciens du patrimoine privé de la Ville sont,

pour la majorité, mal isolés et disposent

d’équipements peu performants en matière

énergétique. C’est la raison pour laquelle le

Collège communal a décidé d’affecter une

partie des subsides alloués à la Politique

Intégrée de la Ville (2021 -2026) à cette

problématique. La fiche action n°17 de

ce programme d’investissements, dotée

d’un montant de 2.162.000 euros, est ainsi

consacrée à « l’ amélioration énergétique du

patrimoine immobilier de la Régie foncière ».

Les interventions portent sur :

• la rénovation et l’isolation des toitures et

des bardages de façade

• le remplacement des menuiseries

extérieures (vitrages, châssis)

• l’amélioration des systèmes de

chauffage et de production d’eau

chaude,

• l’installation de systèmes de

ventilation performants, de panneaux

photovoltaïques et solaires thermiques

• le renforcement de l’enveloppe des

bâtiments,

• l’assèchement des murs,

• l’optimisation des dispositifs d’éclairage,

• la mise en place de protections solaires.

Notons que 80 % du parc immobilier de la

Régie foncière atteint une performance

énergétique A+, A, B ou C, et que l’objectif

pour les 6 prochaines années est de

poursuivre la rénovation des immeubles les

plus anciens afin d’atteindre, au minimum,

une performance énergétique de niveau C

pour tous ses logements.

Notons que les sociétés de logements de

services publics améliorent également

l’efficacité énergétique de leur parc grâce

à l’obtention de subsides importants

dans le cadre d’un plan approuvé par le

Gouvernement wallon en 2020 (883 millions

d’euros pour 25.000 logements).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Financement : SPW PIV (1.729.890 €) –

Ville de Liège (solde)

Coût total de l’opération : 2.162.000 €

Opérateur : Régie foncière de la Ville de

Liège


188

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.7.4. AMÉLIORATION DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉ-

TIQUE DU PARC DE LOGEMENT PRIVÉ – SERVICES

D’ACCOMPAGNEMENT DES CITOYENS

Les statistiques du cadastre montrent

qu’une part importante du parc immobilier

liégeois est ancien et n’a jamais fait l’objet

de rénovation par leur propriétaire. Ce

constat concerne tant les logements

occupés par ces derniers que les logements

mis en location. La plupart de ces biens ont

une performance énergétique très faible de

niveau E, F ou G (pour les plus dégradés).

La politique de rénovation urbaine menée

par les communes doit dès lors prendre en

considération cette situation.

Il s’agit d’un enjeu majeur dans la lutte pour

la réduction des émissions de gaz à effet de

serre, et donc du réchauffement climatique.

Selon le site internet climat.be (du SPF

santé publique), le chauffage résidentiel

représentait fin 2023 encore 13% des

émissions totales malgré une diminution de

plus de 38 % depuis l’année 1990 (année de

référence). A Liège, une Maison de l’habitat,

dont il a été question au point 2.1.5, a été

créée pour aider les citoyens dans leurs

démarches et réflexions pour rénover leur

habitation, et ainsi répondre aux objectifs

du plan climat. Parmi les services qui y sont

présents relevons :

• le Guichet de l’énergie : composé de

5 consultants (subsidiés par le SPW),

il guide le citoyen dans les domaines

touchant à l’énergie au sein de son

habitat, et lui apporte des conseils

techniques personnalisés entièrement

gratuits (choix technologiques pour

l’isolation thermique, la ventilation ou

la production d’énergie à partir de

sources renouvelables, fonctionnement

et rentabilité des installations, formalités

PEB, aides et primes, exigences

réglementaires, organisation du marché

de l’énergie, etc.)

• l’Asbl Liège Énergie : en tant qu’Entité

locale de la Wallonie et Agence locale

de l’Énergie de la Ville de Liège, elle

a pour mission d’accompagner les

citoyens dans leurs démarches de

rénovation énergétique (prêts à taux

0, groupement d’achats, rénovation

des copropriétés, réunions et ateliers

d’information et de sensibilisation,

réalisation d’une thermographie

aérienne, accompagnement pour

la réalisation d’audits énergétiques,

analyse des devis et suivi des travaux,

démarches administratives auprès

du SPW concernant les demandes de

primes, mobilisation des partenaires

professionnels, etc.)

• le service Énergie de la Ville : il propose

différentes activités de sensibilisation

et d’informations pour aider chaque

citoyen, locataire ou propriétaire, à

maîtriser ses consommations d’énergie

(séances d’information thématiques

mensuelles (jeudi de l’énergie),

ateliers dans les quartiers, campagne

Européenne de communication

« Engage, j’agis pour le climat »).


189

2.7.5. VALORISATION DU PATRIMOINE FONCIER

DE LA RÉGIE FONCIÈRE (DIALOGUE COMPÉTITIF

ET APPELS À INTÉRÊT) - CRÉATION DE CENTAINES

DE LOGEMENTS « INDIRECTS » DANS LE CADRE DU

DÉVELOPPEMENT D’ECO-QUARTIERS PAR LE PRIVÉ

Les réserves foncières d’une commune,

qu’il s’agisse de leur patrimoine public ou

privé, peuvent jouer un rôle central dans

le développement de projets immobiliers

innovants et de qualités sur leur territoire.

La mobilisation des terrains dont la Ville de

Liège était propriétaire a ainsi permis de

chercher des partenariats, et d’influer sur les

programmes déposés par les promoteurs.

Comme cela a déjà été expliqué dans la

première partie du document (voir point

1.7.4.3), les appels à intérêt (ou autres

formules de marchés publics comme les

marchés de promotion) évitent à la Ville

d’investir des montants importants sur fonds

propres tout en permettant la concrétisation

de projets essentiellement résidentiels dont

elle impose les principales caractéristiques.

L’intérêt de cette mobilisation de biens

immeubles ou terrains par la Ville réside

dans le retour de ménages de classes

moyennes à moyennes supérieures sur

le territoire communal qui contribuent à

l’augmentation des recettes communales

(via l’Impôt sur les Personnes Physiques,

la taxe relative au précompte immobilier

des nouveaux logements, ou encore la taxe

urbaine de collecte des déchets et des

encombrants.

Plusieurs exemples ont été présentés

aux points 2.1.10.1 (rue Léopold - rue de

la Madeleine), 2.1.10.2 (rue Cathédrale –

Régence), 2.1.10.3 (rue Nagelmackers – Quai

sur Meuse), 2.2.2 (site des Franciscains), 2.2.5

(pôle multifonctionnel Agimont -Académie),

2.2.7 (îlot Légia – Hesbaye), 2.3.7.7 (site

Vivegnis – les Zurbains), 2.3.9 (rue Morinval),

2.5.8 (quartier de Droixhe), 2.6.5 (îlot ICADI).

Un des résultats les plus importants de la

mise à disposition de ces biens consiste en

l’aménagement d’écoquartiers. En résumant

les propositions les plus courantes, on

peut définir un écoquartier comme « une

zone d’habitation qui intègre des critères

de développement durable dans sa

conception et sa gestion quotidienne.

Cette notion englobe plusieurs aspects

tels que la réduction des émissions de

gaz à effet de serre, la gestion efficace

de l’eau, la promotion de la biodiversité et

l’incitation à utiliser des modes de transport

écologiques » (https ://transition-energie.

com).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


190

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Cas 1 : échange de terrains – dialogue

compétitif – écoquartier de Coronmeuse

(Rives Ardentes)

Dans le cadre de la candidature liégeoise à

l’organisation d’une exposition internationale

en 2017, un site d’exception avait été choisi

pour accueillir l’événement : la presqu’île

de Coronmeuse (occupée par la foire

Internationale de Liège, l’ancienne patinoire

et le parc Astrid). Ce site étant toutefois

propriété de la Wallonie, la Ville de Liège a

proposé au SPW un échange de terrains

pour devenir maître du foncier et développer

son projet. La régie foncière a ainsi été

sollicitée pour céder à la Région, dans le

cadre de cette transaction, des parcelles

industrielles situées dans le pôle d’activités

logistiques de Renory.

L’échange réalisé pour cause d’utilité

publique avait donc initialement pour but :

• De permettre au Port Autonome de

Liège d’étendre et de développer le port

de Renory

• De permettre à la Ville de Liège de

disposer de la maitrise de l’ensemble

du site de Coronmeuse identifié comme

projet métropolitain dans le projet de

Ville 2012-2022

• De favoriser les remembrements en

évitant les reliquats de propriétés

isolées (raison pour laquelle des

terrains situés au niveau du parc de la

Boverie et de l’Esplanade de l’Europe ont

également été concernés par cet acte)

L’échange, finalisé en 2014 (sans soulte),

concerne des parcelles dont la superficie

totale est de 110.200 m² pour le site de

Coronmeuse et 64.925 m² pour les parcelles

industrielles de Renory.

Malgré une campagne réussie en termes

de mobilisation citoyenne et de promotion

internationale, Liège n’a pas été retenue

pour organiser cette Expo 2017. Au

lendemain du verdict (22 novembre 2012),

les autorités liégeoises ont toutefois décidé

de poursuivre la procédure de dialogue

compétitif entamée en vue d’aménager

le site de Coronmeuse en écoquartier.

Il s’agit d’une procédure de passage

de marchés publics (instaurée par une

directive européenne) qui permet au

pouvoir adjudicateur de dialoguer avec

les candidats pour définir des solutions

adaptées à ses besoins (en l’occurrence un

projet à dominante résidentielle).

Cette procédure peut se dérouler en plusieurs

phases, permettant de réduire le nombre de

de solutions à discuter. À chaque phase, les

candidats peuvent affiner leurs propositions

en fonctions des remarques des experts de

la Ville. Le service du logement a participé

activement avec d’autres départements

communaux (urbanisme, espaces publics,

bâtiments communaux, cellule stratégique) à

cette procédure pour aboutir au projet le plus

écologique et le plus qualitatif possible pour

les futurs propriétaires, locataires visiteurs

et voisins du site. Entre autres choses, a

été imposé au consortium de vendre 10 %

des logements produits à des ménages à

revenus moyens et avec une décote de 10 %

sur le prix de vente.

En 2017, après 4 ans de rencontres avec les


191

deux candidats en lice, l’équipe et le jury en

charge du dialogue compétitif ont attribué

le marché au consortium Neolegia (projet

Rives Ardentes). Plusieurs immeubles de

logements et de bureaux sont maintenant

achevés et accueillent les premiers

occupants dont la société ETHIAS qui y a

installé son siège social liégeois. Le parc

Astrid (4 ha) a été complètement rénové

et a fait l’objet d’une extension avec des

installations sportives (piste d’athlétisme),

des installations de bien-être (parcours

Vita) et des plaines de jeux pour enfants.

Deux passerelles permettent désormais

de relier le quartier Saint-Léonard à l’écoquartier.

Les résidents tireront par ailleurs

pleinement parti de l’arrivée du tram dont

il est un des terminus depuis le mois d’avril

2025. Il faut souligner la particularité de la

production circulaire de l’énergie pour l’eau

chaude sanitaire et le chauffage. Le réseau

de chaleur qui alimente les bâtiments sur

le site de Rives Ardentes récupère l’énergie

produite par d’Intradel situé à Herstal et plus

particulièrement son Unité de Valorisation

Energétique des ordures ménagères

(UVELIA).

Une fois terminé, ce nouveau quartier

s’étendra sur une superficie de 25 ha et

comprendra :

• 1325 unités de logements en

construction HQE (basse énergie et

passive) et de typologies très variées

(maisons, appartements, lofts, habitats

groupés de toutes tailles).

• des services à la personne : hôtel,

résidence services, maisons de repos et

de soins, crèches, maison de quartier,

marché bio couvert, potagers urbains,

atelier de réparation de vélos…

L’avenir du Grand Palais (5.000 m²

au sol et plus de 20 m de hauteur),

initialement prévu à la rénovation, est

quant à lui un questionnement actuel. Son

réaménagement ou sa démolition, partielle

ou totale, dépendra en tout cas des résultats

de sa mise en vente récente, en janvier 2026.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Cout total de l’opération (TVAC) :

330.000.000 € (dont 55.000.000 € pour

l’ensemble des aménagements et des

équipements publics à charge

de Neolegia)

Intervention programme européen -

Fonds Feder 2014-2020 : 21.700.000 €

octroyés pour la viabilisation du site

(voiries/réseaux/espaces publics)

et 5.845.000 € octroyés pour la

dépollution du site

Nombre de logements : 1.325

Valorisation des terrains régie

foncière dans le cadre de l’échange

SPW : 6.000.000 €

Réalisation des travaux : 2021 à 2035

Maître de l’Ouvrage : Société publique

Immo Coronmeuse

Architectes auteurs de projets :

association de 4 bureaux d’architectes :

ALTIPLAN Architects, ARTAU

Architectures, l’atelier du SART TILMAN et

le bureau SYNTAXE

Consortium : CIT BLATON – WILLEMEN

Groep – le groupe JAN DE NUL et le

groupe LOUIS DE WAELE


192

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Cas 2 : appel à intérêt conjoint de la Ville

et de l’Université de Liège – écoquartier du

Sart-Tilman

La Ville et l’Université de Liège étaient

propriétaires depuis de nombreuses

années de terrains à bâtir contigus de

respectivement 7.170 m2 et 18.350 m2 rue

du Sart-Tilman et rue des hômes à 4031

Angleur.

Les deux institutions ont marqué leur souhait

de vendre ces parcelles pour permettre

le développement d’un nouveau quartier

d’habitat à proximité du campus. La

volonté des parties était de profiter de cette

transaction pour dépasser le cadre d’une

simple opération financière. Cette intention

s’est concrétisé au travers d’une procédure

commune visant une urbanisation de

qualité, durable e favorisant l’émulation

architecturale et la créativité.

Une procédure d’appel à intérêt a ainsi été

initiée pour sélectionner un acheteur en

vue de développer le premier écoquartier

liégeois au Sart-Tilman. L’équipe retenue

devait pouvoir justifier, en son sein,

d’une expérience dans le champ des

compétences suivantes : opérateur

immobilier et financier, architecte,

développement durable, urbanisme et

aménagement d’espaces publics.

Au terme de la procédure, en février 2011,

c’est la proposition de la société Thomas et

Piron qui a été sélectionnée par le jury. Les

premiers habitants ont pris possession de leur

logement dans le courant de l’année 2017.

Comme le décrit le lauréat, « l’écoquartier

baptisé « La Croisée du Clairbois » s’inscrit

dans un nouveau concept d’habitat et

de quartier durable. La mixité au sein du

quartier, l’architecture contemporaine,

les nombreux espaces verts, les espaces

publics, les diverses liaisons, la mobilité

douce, l’aspect énergétique (passif ou basse

énergie), l’orientation des bâtiments et la

biodiversité constituent les points forts du

projet. La prise en compte des maillages

verts et bleus a été le fil conducteur de

la conception de cet écoquartier. Le

projet compte 99 unités de logements :

69 appartements, 30 maisons (dont

logements kangourous) et 6 fonctions

complémentaires (professions libérales,

services à caractère commercial) ».

Cout total de l’opération (TVAC) :

21.000.000 €

Nombre de logements : 99 (12.000 m²)

Valorisation des terrains régie

foncière (vente) : 412.000 €

Valorisation des terrains de l’Université

de Liège (vente) : 917.500 €

Réalisation des travaux : 2014 à 2017

Maître de l’Ouvrage : Thomas & Piron -

Architecte : FHW Architectes, Ecorce, Belp


193

2.7.6. « LUTTE CONTRE LE SANS-ABRISME »

Au fil des années, les moyens consacrés

à la lutte contre la grande précarité ont

été considérablement augmentés à Liège

notamment au niveau de la dotation

accordée par la Ville au CPAS, ou encore

l’investissement effectué en 2024 pour

doubler la capacité d’accueil de l’abri de

nuit, rue sur la fontaine (4,5 millions d’euros).

Les services publics et privés sont nombreux

sur le territoire communal à proposer des

aides aux personnes les plus précaires, des

personnes sans “chez-soi” présentant de

multiples problématiques. Ces offres vont de

l’hébergement d’urgence, à l’hébergement

en maison d’accueil, de l’accueil de jour et

de soirée, à l’accompagnement en logement

Housing led, d’un dispositif d’urgence social

au CPAS, à un Relais Santé, de services

spécialisés dans la prise en charge des

assuétudes et de la réduction des risques,

à des services socio-sanitaires, ou encore

au travail de rue permettant d’accrocher et

d’accompagner les personnes les plus en

difficultés.

Cependant, malgré ces moyens importants,

la situation sociale reste difficile, comme

dans toutes les villes. C’est la raison pour

laquelle la Wallonie, dans son Plan de

Relance, a diffusé en 2023 un appel à projet

en vue du lancement d’expériences pilotes

« Territoires Zéro Sans-Abrisme ». Il s’inscrit

pleinement dans la lignée de la Déclaration

de Politique Régionale (DPR) qui fait de la

lutte contre le sans-abrisme une priorité.

Comme indiqué dans l’appel, « l’objectif

du projet est de diminuer fortement la

prévalence du sans-abrisme dans les

territoires concernés par les expériences

pilotes. Il s’agira d’apporter au public cible

une amélioration qualitative de sa situation,

ainsi que des perspectives positives

autour de son projet de vie et d’insertion.

Parallèlement, le projet proposera des

actions visant les personnes présentant

des difficultés en termes d’assuétudes et

de santé mentale ou toute autre difficulté

fréquemment rencontrée par les personnes

en situation de grande vulnérabilité ».

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


194

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Suite à la sélection de sa candidature,

l’enveloppe totale attribuée par la Wallonie à

la Ville de Liège s’élève à 5,4 millions d’euros

pour les années 2024 et 2025.

Les grands principes qui ont guidé

l’élaboration de ce plan d’actions sont les

suivants :

• augmenter rapidement l’offre de

logements pour les personnes en

situation de « mal logement » afin

qu’elles ne basculent dans la rue

• créer un lien fort avec la salle de

consommation, afin de diriger les

usagers en situation de mal logement

vers des solutions durables de

relogement, avec un encadrement

social et médical fort

• travailler avec le secteur associatif,

qui connait particulièrement bien les

difficultés de ces publics

• augmenter l’offre de soins, tant en

termes d’infrastructures que de

présence sur le terrain

La régie foncière, partenaire du projet,

a été dotée d’un montant de 2,1 millions

d’euros pour acquérir rapidement des

logements à affecter à ce public très

précarisé. 9 logements ont ainsi été acquis

dans le courant de l’année 2024 dans 5

quartiers différents de la Ville. Il s’agit de 7

appartements de 1 à 2 chambres et de 2

studios répartis au sein de résidences d’une

dizaine de logement en moyenne.

Le projet « Housing first » est également

pris en considération dans la candidature

conjointe déposée par la Ville de Liège et le

Relais Social du pays de Liège. L’Observatoire

wallon du sans-abrisme le présente comme

suit : « partant du logement, le Housing

First est une manière innovante de viser

le rétablissement des personnes ayant un

long parcours de vie en rue et cumulant

de multiples fragilités (problématiques

de santé physique/mentale/assuétude).

Pour ce public, le processus d›insertion est

souvent un long parcours du combattant

ponctué de conditions et d›étapes. Avec

le « Housing First », on change la logique : le

logement est la première étape et on peut

y accéder sans condition (sauf celles de

tout locataire : payer le loyer et respecter le

contrat de bail). Pour favoriser le maintien

en logement, une équipe pluridisciplinaire

accompagne de manière intensive

(minimum 1 visite/semaine) le locataire

dans tous les domaines de sa vie (social,

médical, juridique...) ». A Liège le projet est

coordonné par le Relais Social du pays de

Liège.

Ces logements ont été cédés en gestion à

l’Agence Immobilière Sociale dans le cadre

de conventions de prise en gestion. Elle fait

le relais avec les opérateurs sociaux, qui

assureront la sélection des bénéficiaires

d’une part, et l’accompagnement de leur

réinsertion d’autre part, via un encadrement

social et sanitaire important.

Notons qu’un montant de 600.000 euros a

également été affecté à l’AIS pour engager

des travailleurs sociaux afin d’augmenter le

nombre de logements privés pris en gestion

sur le territoire communal.

Financement : SPW – plan de relance

Partenaires : Agence immobilière

sociale, CPAS, Relais social du Pays de

Liège

Montant des acquisitions : 2.083.698 €

Co-porteur de la candidature au projet

« Territoires Zéro Sans-Abrisme » :

Relais Social du pays de Liège.

Opérateur : Ville de Liège


195

2.7.7. CRÉATION DE LOGEMENTS D’UTILITÉ

PUBLIQUE POUR ÉTUDIANTS

Logements d’utilité publique à destination

des étudiants - reconversion de l’hôpital

du Péri en 104 « kots » gérés par l’agence

immobilière sociale - convention de

collaboration imposant à tout promoteur de

résidences étudiantes collectives d’affecter

10 % des « unités » créés à la location à un

loyer modéré

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


196

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.7.7.1. Contexte liégeois -

offre et demande

La Ville de Liège avec ses 197.000 habitants

domiciliés et 99.000 ménages répertoriés

est une grande Ville d’enseignement qui

compte plus de 53.000 étudiants dans

l’enseignement supérieur, dont près de

28.000 étudiants dans les différentes

facultés de l’ULiège situées sur son territoire.

Ces étudiants proviennent pour une part

de la commune de Liège, mais la majorité

sont originaires d’autres communes de

la Province de Liège, de la Wallonie, voire

de l’étranger (environ 15 % dont la grande

majorité sont de nationalité française).

Différentes enquêtes et études indiquent

qu’environ 50 % des étudiants fréquentant

ces établissements habitent durant la

semaine dans un logement étudiant. Ces

milliers d’étudiants sont donc en recherche

d’un lieu pour se loger, qu’il s’agisse d’une

chambre chez l’habitant, d’un « kot » collectif

ou non au sein d’un immeuble divisé,

d’une colocation dans une maison ou un

appartement, d’une chambre dans un

internat ou encore une résidence de plus

grande taille. Au vu de ces données, la

pression sur le marché du logement liégeois

est donc importante, et ce d’autant plus

que la population étudiante fréquentant

l’enseignement supérieur est en hausse

de 2% par an, augmentant constamment

les besoins. Le nombre de logements

nécessaires annuellement pour répondre

à cette demande est estimé à plusieurs

centaines d’unités.

L’offre existante résulte fréquemment

de la division d’immeubles. Les données

relatives au permis de location permettent

de constater un déficit de qualité pour de

nombreux « kots » qui logent les étudiants

disposant des moyens financiers les moins

importants. Notons également qu’il existe

un manque d’offre de logements dans de

grands ensembles pour étudiants de type

« résidences », et que le parc de logements

étudiants est quasi exclusivement propriété

du secteur privé contrairement aux autres

villes universitaires.

Il apparait donc souhaitable, d’une part

de soutenir la création de nouvelles

infrastructures, rencontrant des critères

de qualité et présentant des espaces et

services communs, et d’autre part, de lutter

contre la division excessive des immeubles.

Il est indispensable de défendre la mixité

sociale dans ces grands ensembles et de

garantir l’accès à un logement de qualité

pour tous et à un loyer décent.

Considérant que le CPAS de la Ville de

Liège dénombre plus de 1.000 étudiants

bénéficiant d’un revenu d’intégration, et que

ce nombre augmente chaque année dans

l’ensemble des grandes villes universitaires,

le projet de transformation de l’hôpital

du Péri en « kots » pour étudiants trouve

toute sa pertinence dans l’appel du sousprogramme

243 du Plan de Relance de la

Wallonie visant la création de logements

d’intérêt public à destination des étudiants.

Par ailleurs, l’initiative déjà menée par la Ville

de Liège en vue d’imposer, aux promoteurs

de résidences étudiantes collective de

grande taille (plus de 40 unités) d’affecter

10 % des « kots » créés à la location à un loyer

modéré, apparait également comme un

dispositif utile pour satisfaire aux besoins

des étudiants les plus fragiles.


197

2.7.7.2. Reconversion de l’hôpital du Péri

en 104 logements d’intérêt public

à destination des étudiants

Considérations générales :

Lorsqu’ ISoSL (Intercommunale de Soins

spécialisés de Liège) a décidé il y a

quelques années de transférer ses activités

présentent sur le site de l’hôpital du Péri

dans ses nouveaux bâtiments du Val d’or

(déménagement effectué en juin 2025), elle

a cherché une solution pour la réaffectation

des installations.

La Ville de Liège s’est manifestée pour

développer un ensemble de 104 logements

d’intérêt public à destination des étudiants.

La reconversion de ce type d’infrastructure

est essentielle pour répondre à l’objectif

de reconstruction de la Ville sur la Ville. La

moitié des « kots » créés seront attribués à

des étudiants faisant partie d’un ménage

de catégorie R1 ou R2 reconnues en vertu

du Code wallon de l‘habitation durable

(précaire et modeste). En outre, le montant

du loyer sera limité au montant référencé

dans la grille des loyers du logement

étudiant établie par le Centre d’Etudes

en Habitat Durable (CEHD) soit 400 euros

charges comprises.

La gestion des locations sera confiée

à l’agence immobilière sociale « Liège-

Logement » dont les bureaux seront installés

sur place (500 m² au rez-de-chaussée).

Le projet répondait à un appel de la Wallonie

lancé en 2023 dans le cadre du plan de

relance et de résilience. Dès réception de

la confirmation par le Ministre du logement

de la sélection de la candidature de la

Ville (début 2024), un bail emphytéotique

d’une durée de 35 ans a été établi entre les

parties permettant ainsi à la Ville de Liège

de disposer d’un droit réel nécessaire à

l’obtention des subsides. Le bureau d’étude

Baumans-Deffet a été désigné en avril 2024

comme auteur de projet afin de donner

à l’immeuble une véritable personnalité

architecturale (matériaux contemporains,

couleur, variété des ouvertures, éléments

pare-soleil), reflet de sa nouvelle fonction.

Le permis d’urbanisme a été délivré en avril

2025, et le marché de travaux (procédure

ouverte avec publicité européenne en trois

lots) a été attribué en décembre de la

même année, ce qui permet d’envisager une

occupation du site à la rentrée 2027.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


198

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Le projet :

La résidence est implantée sur le site de

Favechamps qui est un véritable écrin de

verdure tout en étant à proximité directe

du centre-ville et de ses facilités. Le site

du Pèrî est à seulement 500 mètres de la

place Saint-Lambert (et donc du tram et

de la gare SNCB Liège Palais), et à quelques

minutes de grandes surfaces et de tous

les commerces quotidiens ainsi que divers

services d’intérêt à la population. De

nombreux établissements d’enseignement

supérieur se trouve également à proximité

de la future résidence.

La configuration du bâtiment se prête

particulièrement bien à sa nouvelle

affectation et dès lors à une reconversion en

logements étudiants. En effet, l’organisation

projetée est très similaire à l’organisation

existante : un hall et des locaux d’accueil

généreux, des circulations (couloirs,

escaliers, 2 ascenseurs) parfaitement

adaptées à l’usage de tous (y compris PMR),

des chambres (dont la taille varie entre 25

et 30 m²) disposant toutes d’équipements

sanitaires individuels, des kitchenettes et

de séjours communs (salle d’étude, salle de

jeux, salle multimédia) ainsi que d’un vaste

espace central commun, à chaque niveau,

pour lutter contre l’isolement des locataires.

Le projet répond parfaitement au critère de

réemploi, le bâtiment et ses équipements

étant entièrement réutilisés et une partie

du mobilier étant récupérée. Les travaux

porteront donc sur trois axes principaux :

l’enveloppe du bâtiment, les équipements

consommateurs d’énergie et la production

d’énergie. Ils vont permettre d’atteindre au

minimum un indice B au PEB et de réduire au

minimum de 60% la consommation totale

d’énergie de l’immeuble, et par conséquent

améliorer le confort des étudiants et réduire

significativement leurs charges locatives.

Les équipements de production de chaleur

(chauffage et eau chaude sanitaire) et de

ventilation seront rénovés et modernisés

afin d’atteindre des critères de performance

optimum. En termes d’énergie renouvelable,

une installation photovoltaïque de plus de

200 panneaux sera disposée en façade.

Le projet propose 18 ensembles de 5

logements et 2 ensembles de 7 logements

pour un total de 104 unités.

1 er , 2 e et 3 e étages : chaque étage se répartit

en 2 ailes de part et d’autre des circulations.

Chaque aile est organisée en 3 ensembles

formant des unités de vie de 5 chambres.

La résidence comprend également un parc

d’environ 7 800 m², une zone d’accueil avec

logement et bureau du concierge au rezde-chaussée,

et de locaux techniques en

sous-sol. Les étudiants auront l’usage d’une

partie du parking extérieur qui compte

150 places. À l’arrière, un vaste local vélos

communiquera directement avec le hall

commun.

Services complémentaires :

En parallèle à l’offre de logements

étudiants, le bâtiment rénové accueillera un

ensemble de fonctions complémentaires,

qui contribueront d’une part à assurer

le bien-être des occupants et d’autre

part à la bonne gestion du bâtiment. La

présence d’activités en journée offrira

également un certain contrôle social des

lieux. L’intercommunale de soins spécialisés

ISoSL développera sur le site (1 100 m² au

rez gauche et 500 m² au sous-sol) une

offre de soins et services orientés ados et

jeunes adultes, accessibles aux étudiants

de la résidence et à tous les jeunes :

psychologues de première ligne, clinique du

stress, éducation à l’orientation, gestion des

assuétudes, planning familial, etc.

Financement : SPW Plan de relance

(5.700.000 €) - Ville de Liège (solde)

Réalisation des travaux : 2025 à 2027

(en cours)

Cout total de l’opération (TVAC) :

9.900.000 €

Acquisition – bail emphytéotique

de 35 ans : 2.456.000 €

Nombre de logements étudiants : 104

Montant du loyer : 400 € (avec charges)

Auteur de projet : Bureau Baumans-

Deffet

Entreprises : S.M. Moury - SocatraX

Maitre de l’ouvrage : Ville de Liège


199

2.7.7.3. Convention de collaboration

imposant à tout promoteur de résidences

étudiantes collectives d’affecter 10 %

des « kots » créés à la location à un loyer

modéré

De plus en plus d’étudiants connaissant

des difficultés pour financer leurs études, le

Collège communal a décidé, par l’adoption

d’une directive en date du 20 avril 2018,

d’imposer à tout promoteur de résidences

étudiantes collectives de grande dimension

(à partir de 40 logements), d’affecter 10

% des kots étudiants créés à la location à

un loyer modéré. L’initiative s’inscrit dans

le cadre de l’action prioritaire « Faire de

Liège un modèle de ville inclusive, solidaire

et émancipatrice » du Plan stratégique

transversal.

Cet objectif de mise à disposition de

logements à loyers modérés est traduit dans

une convention de collaboration à établir

entre la Ville de Liège et le développeur du

projet, préalablement à la délivrance d’un

permis d’urbanisme. Le document reprend

les obligations du porteur de projet et de

la Ville de Liège. Parmi celles-ci ont peut

relever que :

• les entités ne peuvent être louées

qu’à des étudiants inscrits dans des

institutions d’enseignement reconnues.

L’étudiant devra fournir la preuve

de son inscription dans un de ces

établissements.

• la convention est conclue jusqu’à

modification de l’affectation de la

résidence d’étudiants à une autre

fonction suite à la restructuration ou la

démolition des constructions, ou encore

jusqu’à l’abrogation de la directive

communale précitée.

• un loyer de base est défini par la

Ville et peut être indexé à la date

anniversaire du bail. Les prix de location

comprennent tous les coûts à charge

des étudiants, y compris l’usage du

chauffage, de l’eau, de l’électricité et de

tout autre service fourni aux étudiants

de la résidence. Aucun montant

supplémentaire au loyer de base ne

peut être réclamé aux étudiants des

« kots sociaux ».

• le porteur du projet ou le gestionnaire

(bailleur) établit un règlement d’ordre

intérieur dans lequel sont expliqués

les engagements concrets en matière

de gestion commune, ainsi que les

obligations des étudiants. Le règlement

d’ordre intérieur est communiqué lors

de la signature du contrat de location et

est affiché dans les parties communes.

• le porteur du projet ou le gestionnaire

doit introduire une demande de permis

de location pour l’ensemble des

logements étudiants créés.

• pour obtenir un kot social, les revenus

du ménage (où est domicilié le

candidat étudiant) doivent être

inférieurs au revenu moyen tel que

défini par le Code wallon du Logement.

• des sanctions sont prévues en cas

de non-respect de la convention et

des réunions de concertation sont

envisagées en cas de désaccord des

parties sur la mise la mise en œuvre de

cette dernière.

La sélection des candidats peut être réalisée

par le porteur de projet directement, qui

transmets dès lors à la Ville une fois par

an les dossiers pour vérification, ou par

l’Agence immobilière sociale qui analysera

la recevabilité des candidatures sur base

des conditions définies.

Plusieurs dizaines de logements ont été

attribués depuis l’approbation de la directive

dont question. 200 logements seront par

ailleurs pris en gestion en 2026 par l’AIS, suite

à un accord avec l’Université de Liège qui

achève un projet de construction/rénovation

de 818 kots d’étudiants sur le domaine du

Sart-Tilman.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


200

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.7.8. COMMERCE ET RÉNOVATION URBAINE

L’activité commerciale comme moteur de

la rénovation urbaine ! Cette affirmation

mériterait une étude à elle seule. Nous

l’aborderons toutefois succinctement en

présentant quelques actions et outils utilisés

par la Ville pour redynamiser cette fonction

essentielle sur son territoire. Non seulement

elle joue un rôle majeur dans l’animation

de la cité, mais elle exerce aussi un pouvoir

attractif sur une zone dépassant largement

les limites communales.

Si le commerce ne se décrète pas, son

dynamisme est grandement influencé

par l’action communale. La Ville doit en

effet créer des conditions optimales afin

d’attirer les investisseurs et les chalands et

ainsi soutenir l’activité commerciale. Et si le

commerce se porte bien, le bâti associé et

son occupation en bénéficieront également.

Le commerce connaît depuis de

nombreuses années des difficultés aussi

bien dans l’hypercentre que dans les

axes d’anciens faubourgs. Les raisons en

sont multiples : développement des parcs

commerciaux périphériques, travaux du

tram, nouvelles manières de « pratiquer » et

de « consommer » la ville, développement de

l’e-commerce, crise du Covid, etc.

Le service du développement économique

et commercial chargé notamment de cette

mission de redynamisation du commerce,

travaille étroitement avec le service du

logement et la régie foncière, tous trois

faisant partie du même département au

sein de l’administration communale. Les

quelques outils et actions sur lesquelles

nous souhaitons nous attarder sont les

suivants. Nous vous renvoyons aux différents

sites et études pour approfondir la présente

thématique.


201

2.7.8.1. Le schéma communal de

développement commercial (SCDC) :

il s’agit d’un « document d›orientation,

dݎvaluation, de gestion et de

programmation du développement

commercial de l›ensemble du territoire

communal » (décret du 5 février 2015).

Actualisé par les bureaux d’études UPcity

et SEGEFA, le document, qui comporte un

large diagnostic de la situation existante,

des propositions de stratégie et un plan

d’actions, a été approuvé par le conseil

communal du 27 mai 2024. Il est conçu

comme un véritable outil d’aide à la décision

pour les autorités communales.

Début 2025, la Ville a mandaté le prestataire

externe pour identifier des actions concrètes

à mener à partir du SCDC. Ce travail

a abouti à quatre fiches-projets clés,

détaillant pour chaque action, les objectifs,

les publics cibles, les modalités de mise

en œuvre, des exemples inspirants et les

ressources nécessaires. En conjuguant ces

actions, la Ville de Liège dispose d’un cadre

opérationnel et légal solide pour renforcer

la vitalité de son centre-ville, encourager

le développement économique local

et offrir un environnement commercial

attractif et dynamique. Il nous parait

toutefois intéressant de souligner deux des

éléments en lien avec la problématique de

la rénovation des centres-villes :

• Analyse des linéaires au sein des pôles

commerciaux : cette analyse a mis en

évidences des linéaires en perte de

vitalité.

La ligne de conduite préconisée par le

SCDC est d’accompagner l’évolution de

ceux-ci :

‒ au niveau urbanistique, en

autorisant (voire encourageant)

les reconversions vers d’autres

fonctions (logement notamment)

sur les segments où la densité

commerciale est trop faible et

où la fonction commerciale a

pratiquement disparu.

‒ en recadrant les primes Créashop

(voir ci-dessous) de manière à

soutenir le commerce dans les

rues (voire segments de rues) où

l’activité commerciale doit être

maintenue

• Intégration du Schéma Communal de

Développement Commercial dans le

Schéma de Développement Territorial

Communal (SDC) : ce dernier (aussi

dénommé Projet de territoire de Liège

et approuvé en 2024 - voir https ://

www.liege.be/fr/vie-communale/)

constitue le cadre des demandes de

permis d’urbanisme, notamment les

permis qui concernent les implantations

commerciales. Pour rappel, le SDC

servira de cadre de référence pour

planifier l’aménagement du territoire

de manière globale. Il proposera une

vision d’avenir pour l’ensemble du

territoire, afin de répondre aux enjeux

prioritaires relatifs au cadre de vie,

au logement, au développement

économique, et s’adapter aux

différentes crises (environnementale,

sociale, énergétique, etc .) ainsi

qu’à l’accélération du changement

climatique. En y intégrant un volet

commercial, la Ville disposera d’un

levier important pour mettre en

place des politiques ambitieuses et

cohérentes de renforcement des pôles

commerciaux. Concrètement, cela

donnera à Liège une base légale pour

déterminer où il est pertinent – ou non

– d’autoriser de nouvelles implantations

commerciales et pour encourager

le développement de véritables

centralités.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


202

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.7.8.2. Bureau du commerce –

Observatoire du commerce (ODC) :

parmi ses missions, ce service a en charge

la mise à jour permanente de l’ODC, sa base

de données informatisée et cartographiée.

Des enquêteurs-encodeurs sillonnent

quotidiennement les rues commerçantes

de Liège afin de mettre à jour cette base

de données des commerces liégeois (plus

de 5.600 fiches). Celle-ci est enrichie par

diverses enquêtes ou données comme

les flux piétons, des enquêtes auprès

des chalands, les revenus moyens des

ménages de la zone de chalandise, les

loyers commerciaux moyens, … Toutes ces

données vont permettre de motiver les

décisions ou avis remis dans le cadre des

demandes d’implantation commerciale,

de conseiller les investisseurs potentiels,

de répondre aux demandes diverses

mais aussi de mieux cibler les actions de

dynamisation développées par le Bureau du

Commerce (créashop, identités de quartiers,

promotion de l’appareil commercial liégeois,

animation des cellules commerciales vides,

mise en place, coordination et promotion

d’événements etc.)


203

2.7.8.3. Créashop :

depuis sa création en 2012, le projet

Créashop (voir point 1.5), a pour objectif de

réduire le nombre de cellules commerciales

inoccupées, tout en enrichissant l’offre de

commerces à valeur ajoutée à Liège. Cette

initiative, qui connait un énorme succès,

s’est considérablement étoffée et se décline

aujourd’hui selon les 4 formules : (https ://

place2shop.liege.be/fr/pages/investisseursprimeCréashop.aspx)

:

• Créashop Liège : vous souhaitez

occuper une cellule commerciale

vide pour lancer votre activité ? La

Ville octroie une prime jusqu’à 60%

du montant des investissements

consentis (maximum de 6.000 euros + 2

bonus de maximum 1000 euros chacun)

• Créashop Quartier : vous êtes à la

recherche d’une surface pour lancer

votre activité ? La Ville est propriétaire

de cellules commerciales inoccupées

et pratique un loyer progressif sur

3 ans. Les activités commerciales

recherchées sont définies comme

des activités artisanales ou productives,

créatives, originales et novatrices.

• Créashop Boost : votre cellule

commerciale se trouve dans une

polarité au sein de laquelle 15 % des

surfaces sont vides, et vous souhaitez

faire évoluer votre activité ? La Ville

finance jusqu’à 60% du montant des

investissements consentis dans le

cadre de la mise en place du nouveau

business model (maximum 6.000 euros

+ 2 bonus de maximum 1000 euros

chacun)

• Créashop Proprio : vous êtes

propriétaire d’une cellule commerciale

vide et vous acceptez d’appliquer un

loyer progressif ? La Ville de Liège vous

aide à rénover votre bien et finance

jusqu’à 40% du montant total des

investissements admis (HTVA) dans le

cadre de la remise aux normes, de la

mise en conformité des installations

techniques ou autres travaux

permettant d’assurer la réouverture

de la cellule commerciale (maximum

15.000 euros. Un bonus de 5000 euros

est aussi octroyé pour la rénovation des

étages en logements).

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

La Ville a par ailleurs obtenu un financement

de la Wallonie pour développer un nouveau

volet : Créashop Connect. Il s’agit d’une

plateforme de mise en relation entre les

propriétaires de cellules commerciales

inoccupées et les candidats commerçants.


204

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.7.8.4. Patrimoine de la Régie

foncière affecté à la fonction Horeca –

renforcement de l’attractivité du centreville

La Régie foncière possède dans son

patrimoine 5 immeubles commerciaux loués

à des établissements Horeca. Les bâtiments,

présents dans son patrimoine depuis de

nombreuses années, sont localisés dans des

quartiers du centre-ville à haut potentiel

touristique et historique. Les immeubles

eux-mêmes présentent une certaine valeur

patrimoniale. Au cours des dix dernières

années, pour les raisons citées ci-dessus,

mais aussi pour renforcer son attractivité, la

Ville a décidé de les rénover en tout ou en

partie avec le projet de favoriser l›installation

d›un restaurant étoilé au guide Michelin

dans l›un d›entre eux. Les investissements

ont été réalisés sur fonds propres de la Régie

foncière qui perçoit les recettes locatives.

Cette action vise à inciter les propriétaires

d’autres établissements Horeca à participer

à la rénovation des places et artères

commerçantes du centre-ville.

Rue des Bégards - Bd de la Sauvenière

70 bis : occupé par le restaurant étoilé

« ¡Toma ! » le bâtiment se trouve à quelques

pas d’un arrêt de tram. Il a été entièrement

rénové de 2017 à 2019 pour un montant de

650.000 euros . Un appel à candidature

avait été lancé pour trouver un repreneur.

Le candidat devait répondre à un profil

exigeant : au moins 10 ans d’expérience

dans l’HORECA dont cinq en tant que chef

de cuisine et l’envie de valoriser les produits

locaux et de saison.

Comme l’indique le chef lui-même ; « c’est

au cœur de la Ville de Liège, dans un de

ses plus anciens quartiers que le ¡Toma !

a pris place. Appuyé contre la colline, au

détour d’une ruelle médiévale, il est une

clairière de verdure à l’ombre des remparts.

À la fois monument historique puisque

construit dans les vestiges d’une ancienne

tour de garde et bâtiment contemporain, le

restaurant offre de larges fenêtres ouvertes

sur le potager et la terrasse qui font la part

belle à la nature ».

Impasse des Ursulines 14/24 : occupé par

la « Brasserie de la Principauté », le bâtiment

se trouve dans le centre historique de Liège

le long de la célèbre montagne de Bueren

et les 374 marches de son impressionnant

escalier reliant la rue Hors-Château à la

Citadelle. Les Coteaux réaménagés jouxtent

également ce site fort fréquenté par les

touristes. Des travaux ont été nécessaires

avant le choix du locataire pour redonner

une attractivité au bâti ancré dans le bas de

la colline.

Place du marché 5-7 et 9 : occupés

respectivement par la taverne le « Pilori »

(véritable institution liégeoise) et un

restaurant de spécialités libanaises (le

« Lazeez »), ces deux immeubles situés

dans un lieu symbolique chargé d’histoire

ont été réunis pour former un ensemble

dont les façades et les toitures sont

classées au patrimoine monumental de

Wallonie. Des travaux de restauration

sont programmés en 2026 pour inciter

les propriétaires des bâtiments voisins à

faire de même, notamment en enlevant

les grandes vérandas (illégales) qui

couvrent les terrasses et dénaturent le site

en masquant les belles façades de style

mosan. Notons qu’un « plan terrasses »

définira les emplacements possibles, les

dimensions et le style du mobilier afin

de préserver la circulation des piétons et

maintenir la qualité du cadre urbain. La Ville

accompagnera les commerçants dans leurs

démarches, simplifiera les autorisations

et veillera à ce que chaque terrasse

contribue à l’animation et à la convivialité

des rues liégeoises. Les travaux, en cours

d’adjudication, s’élèvent à 200.000 euros et

seront financés en partie par l’AWAP.

Esplanade Albert 1 er , 7 : occupé par le « RIVA

Héliport Liège », le bâtiment, situé en bord

de Meuse, profite des aménagements d’un

RAVeL, d’espaces verts d’une passerelle

(la Belle liégeoise) et d’un nouveau

boulevard urbain. Le site a été utilisé comme

« héliport » durant les années 50 à 70, et

fait face au parc de la Boverie, au palais

des Congrès ; il se trouve à proximité du

quartier des Guillemins en pleine mutation

avec le développement du Tram qui place

désormais ce quartier à quelques minutes

du centre-ville. L’immeuble a été totalement

réhabilité dans un style minimaliste. Le

montant de l’investissement s’élève à

400.000 euros.


205

2.7.9. URBANISME – DIRECTIVES

Avant de clôturer ce travail, il nous semblait

intéressant de signaler (sans entrer dans le

détail) que le département de l’urbanisme

se base sur une dizaine de directives

adoptées par la collège communal (dès

2018 pour la plupart) pour analyser les

projets de construction et d’aménagement.

Ces directives défendent des principes et

des valeurs à rencontrer dans les projets

d’urbanisme et, le cas échéant, précisent

certaines conditions dans lesquelles ces

derniers peuvent être admis.

1. Division d’immeubles en plusieurs

logements

Cette directive encadre la transformation

d’immeubles existants en plusieurs

logements afin d’éviter la disparition des

habitations familiales et la dégradation du

tissu résidentiel. Elle cherche à maintenir

une offre de logements adaptés aux

ménages de taille moyenne à grande, tout

en garantissant la qualité, la salubrité et le

respect du patrimoine bâti. Les divisions ne

sont autorisées que si elles assurent des

conditions

d’habitabilité correctes, un bon confort

et une intégration harmonieuse dans le

quartier.

3. Stationnement de véhicules

Cette directive vise à assurer une gestion

équilibrée du stationnement automobile

dans les projets immobiliers. Chaque

projet doit prévoir un nombre suffisant

d’emplacements sur le terrain privé, sans

reporter la pression sur l’espace public.

Elle prend en compte la localisation du

projet (centre, zone dense ou périphérie)

et encourage les solutions souterraines, la

mutualisation des parkings et la réduction

du

stationnement là où l’offre en transport

public est forte. Elle participe ainsi à une

mobilité plus durable et à une meilleure

gestion de l’espace urbain.

4. Stationnement pour vélos

La directive complète la précédente en

rendant obligatoire l’intégration d’espaces

dédiés aux vélos, couverts, sécurisés

et facilement accessibles. Le nombre

d’emplacements est défini selon la nature

du bâtiment (logement, commerce, bureau,

école…). Cette directive soutient la politique

cyclable de la Ville de Liège et favorise la

transition vers des modes de déplacement

doux, essentiels pour réduire la congestion

et les émissions polluantes.

5. Gabarits

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2. Programme et qualité des logements

(hors kots)

La directive fixe les critères de qualité des

logements : superficie minimale, luminosité,

ventilation, organisation fonctionnelle,

présence d’espaces extérieurs et de

rangement. L’objectif est de créer des

logements diversifiés, adaptés aux différents

types de ménages (familles, personnes

seules, seniors…), tout en maintenant des

standards élevés d’habitabilité. Elle favorise

également une mixité typologique dans

les projets de logements multiples, afin

d’éviter l’uniformité sociale et de renforcer la

cohésion urbaine.

Cette directive fixe les règles concernant

la hauteur, la profondeur et les proportions

des bâtiments pour garantir une harmonie

urbaine et un développement équilibré.

Elle vise à concilier la densification du bâti

avec le respect du contexte architectural

existant et la préservation du patrimoine. Les

rehausses ou constructions plus hautes ne

sont autorisées que si elles s’intègrent dans

le paysage et contribuent à la qualité du

cadre de vie.

6. Saillies

La directive encadre la manière de

concevoir les éléments de façade qui

débordent sur l’espace public (balcons,

corniches, loggias, etc.) afin d’assurer la

sécurité, la cohérence esthétique et la libre

circulation des piétons et véhicules. Les

saillies ne doivent pas gêner la voirie ni

altérer la qualité de l’espace public. Cette

directive vise donc à concilier création


206

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

architecturale et respect du domaine public.

7. Enseignes commerciales

Cette directive harmonise la conception

des enseignes pour préserver la qualité

visuelle des façades et des espaces urbains.

Elle définit les formats, les emplacements

autorisés, les règles d’éclairage et les

matériaux admis. L’objectif est de valoriser

les commerces sans dénaturer l’architecture

ni créer de pollution visuelle, tout en

contribuant à une atmosphère commerciale

cohérente et attractive.

8. Charges d’urbanisme

Visant un enjeu important pour la

collectivité, la directive établit les

principes selon lesquels les promoteurs

doivent contribuer financièrement ou

matériellement aux équipements publics

(espaces verts, mobilité, infrastructures,

logements sociaux…). Ces charges visent

à compenser les impacts des nouveaux

projets sur la collectivité et à financer des

aménagements bénéfiques à l’ensemble

du quartier ou de la ville. Leur montant et

leur nature sont modulés selon la taille, la

localisation et la nature du projet.

vie, réduire les îlots de chaleur et favoriser la

biodiversité.

Les directives actuelles sont consultables à

l’adresse suivante : https ://www.liege.be/fr/

urbanisme. Elles font l’objet d’une révision

après plusieurs années d’application afin

de les actualiser, de les clarifier et de les

adapter aux nouveaux enjeux urbains

et environnementaux (dont le Projet

de Territoire) en intégrant de nouvelles

thématiques comme l’électromobilité,la

qualité architecturale ou encore la

végétalisation. Ces directives renforcent les

ambitions de la Ville en matière de qualité

urbaine, de durabilité et de cohérence

territoriale.

9. Résidences étudiantes de grande taille

Cette directive encadre la création de

résidences pour étudiants afin d’assurer une

offre suffisante, de qualité et abordable. Les

projets de plus de 40 kots doivent inclure au

moins 10 % de logements à loyer modéré.

Des standards de confort et de mixité sont

également fixés. L’objectif est d’éviter la

prolifération de petits logements insalubres,

de réguler le marché du logement étudiant

et de renforcer la cohésion sociale dans les

quartiers universitaires.

10. Conservation et développement du

couvert arboré

Cette directive vise à conserver, compenser

et augmenter la présence d’arbres dans la

ville de Liège, en réponse au changement

climatique. Elle tend à la conservation

des arbres existants, à la replantation

compensatoire en cas d’abattage et fixe

des objectifs précis de couvert arboré par

quartier. Elle encourage la végétalisation des

projets urbains afin d’améliorer le cadre de



208

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.8. CONCLUSION

GENERALE

Au terme de ce travail d’analyse et

d’inventaire des outils à disposition de la

politique de rénovation urbaine de la Ville

de Liège et des projets mis en œuvre par ses

services du logement et de la régie foncière

depuis le début des années 2000, nous

pouvons relever, à titre personnel et parmi

d’autres, les enseignements suivants :

• Chaque opération est un cas particulier,

et le mode d’intervention (montage

financier et immobilier, type de marché,

etc.) dépend des objectifs spécifiques

poursuivis ;

• La Ville de Liège, en agissant dans les

quartiers centraux et péricentraux

délaissés par les opérateurs

traditionnels du logement d’utilité

publique, est devenue un acteur

central de la rénovation urbaine et doit

poursuivre son action dans ces espaces

précarisés et au bâti ancien et dégradé

• Le lancement de programmes de

subventionnement par les différents

niveaux de pouvoirs doit se poursuivre.

Ils sont essentiels à la concrétisation

d’une politique de rénovation urbaine

intégrant tant le logement que

l’aménagement des espaces publics,

et créant une dynamique incitant les

acteurs privés à amplifier le renouveau

des quartiers prioritaires ;

• Le montage et la mise en œuvre des

projets s’inscrivent dans le temps

long et nécessitent des objectifs et

stratégies stables ; Ils exigent aussi une

persévérance, une conviction et une

constance des responsables politiques

et des services compétents


209

• La réussite d’un projet dépend de

nombreux facteurs, mais nécessite

l’implication de tous les acteurs

concernés (chefs de projet,

architectes, agents techniques,

secrétaires, comptables, bourgmestres,

échevins, auteurs de projets,

partenaires, etc.)

• Le développement de partenariats

publics-privés ou public-publics permet

de mutualiser les coûts, de réaliser des

projets plus ambitieux et de réduire les

délais de mise en œuvre ;

• L’intérêt du locataire doit être central

dans la conception des projets, même

si une attention particulière doit être

portée à l’architecture dont l’image est

dans certains lieux fondamentale dans

la reconstruction d’un espace et de

son appropriation par la population. La

création de logements de qualité à des

prix abordables doit rester une priorité ;

• La Ville doit activer tous les leviers à sa

disposition pour accroitre la rénovation

des logements privés, et augmenter

l’offre de logements décents (code

wallon de l’habitat durable, règlements

taxes inoccupés, conseils et primes

énergie, etc.) ;

• Le « rôle d’ensemblier-coordinateur » de

la Ville auprès des différents opérateurs

et acteurs du logement est essentiel

pour garantir la création d’habitations

répondant aux besoins des ménages

selon leurs particularités (notamment

les plus vulnérables)

• Une bonne collaboration entre tous

les départements communaux

est essentielle à la création d’un

environnement de qualité à proximité

immédiate des logements (convivialité,

sécurité, santé) ;

• La rénovation urbaine apporte

indéniablement plus de qualité de vie

aux habitants d’un quartier.

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE


210

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

• Au cours de la période considérée, nous

avons vu évoluer les préoccupations

des citoyens, et par extension du

monde politique, notamment en ce

qui concerne les objectifs relatifs au

développement durable. A côté des

objectifs principaux visant à créer un

habitat de qualité en reconstruisant la

ville sur la ville, la problématique liée

aux changements climatique et à la

nécessité d’adapter la Ville aux enjeux

de demain s’est en effet renforcée au fil

du temps. L’aménagement d’espaces

végétalisés et arborés pour réduire

l’impact de la hausse des températures

sur la vie des habitants mais aussi

lutter contre l’imperméabilisation des

sols et les inondations est devenu

une évidence lors de la conception

des projets. Il s’agit également d’une

question de justice sociale pour les

habitants des quartiers densément

bâtis des centres-villes. La consultation

de la population organisée par la Ville

de Liège pour définir les orientations

de son projet de ville 2025-2030 en

atteste tout particulièrement. Cette

consultation a par ailleurs confirmé

l’importance de poursuivre les objectifs

initiaux de lutte contre l’insalubrité et

l’inoccupation des logements.


211

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

Nous espérons que ce retour d’expériences

vous aura apporté des idées et des clés

pour mettre en œuvre vos propres projets,

que vous soyez membres d’une commune,

d’un opérateur public, d’une association de

promotion du logement, un promoteur privé

ou un particulier.

En 25 ans, ce sont un peu moins de 400

logements et leurs espaces extérieurs

(terrasses, jardins, parcs, cours, places) qui

ont été directement rénovés, reconstruits,

aménagés par la régie foncière et le service

du logement Ville de Liège dans le cadre

de sa politique de rénovation urbaine, et

plusieurs centaines de manière « indirecte »

dans le cadre de partenariats avec des

acteurs privés et publics. Avec les grands

projets urbanistiques développés (tram,

aménagement des espaces publics,

nouveaux quartiers, etc.), la Ville a changé,

et écrit une nouvelle page de son histoire.

Sa population a augmenté de plus de 11.000

habitants depuis les années 2000 et ses

quartiers centraux et péricentraux ne sont

pas en reste.

Reste alors à construire la suite. Dans la

période actuelle de hausse des coûts

des travaux, de besoin de logements de

qualité à des prix décents et d’incertitudes

au niveau des finances publiques, il sera

certainement nécessaire aux équipes

compétentes, malgré l’efficacité de l’outil

« Service du logement – Régie foncière »,

de se réinventer et de trouver de nouveaux

modes d’action et d’intervention. Tout

cela afin de poursuivre les politiques de

rénovation urbaine essentielles pour le

renouveau des cœurs de villes et la qualité

de vie et le bien-être de leurs habitants.


212

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

20 ans d’actions comme opérateur logement de la rénovation urbaine

retour d’expériences

SOMMAIRE 3

INTRODUCTION 6

Partie 1 : Considération générales 11

1.1. OBJECTIFS DE LA POLITIQUE COMMUNALE DU LOGEMENT 12

1.2. RÔLE D’ENSEMBLIER DE LA VILLE À TRAVERS L’ANCRAGE COMMUNAL DU LOGEMENT 16

1.3. PÔLES LOGEMENT LOCAUX 18

1.4. DIFFÉRENTS DISPOSITIFS DE SUBSIDIATION 19

1.4.1. L’ancrage communal du logement 20

1.4.2. La Politique fédérale des Grandes villes (PFGV) 21

1.4.3. La Perspective de Développement Urbain (PDU) 22

1.4.4. La Rénovation urbaine (RU) 23

1.4.5. La Politique Intégrée de la Ville (PIV) 24

1.4.6. Préservation du Patrimoine 25

1.4.7. La revitalisation urbaine 26

1.4.8. Autres dispositifs ou acteurs ponctuellement 27

1.4.9. Politique du logement de la Ville de Liège 29

Conclusion 30

1.5. OUTIL DE MISE EN ŒUVRE DES PROGRAMMES D’INVESTISSEMENT –

SERVICE DU LOGEMENT ET RÉGIE FONCIÈRE ORDINAIRE 30

1.6. AUTRE STRUCTURE – RÉFLEXION EN COURS 35

1.7. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA MISE EN ŒUVRE DES PROJETS 36

1.7.1. Localisation et nombre de logements créés 36

1.7.2. Différentes étapes des projets 37

1.7.3. Procédures de marchés publics 39

1.7.4. Quelques remarques 49

1.7.4.1. Démolition / Reconstruction 40

1.7.4.2. Performance énergétique des logements 41

1.7.4.3. Appel à intérêt 41

1.7.4.4. Le bail emphytéotique 42

1.7.4.5. Programmes de subsidiation - acquisition d’appartements neufs 43

1.7.4.6. Augmentation du coût des travaux 43

1.7.4.7. Equipement et organisation des logements - accessibilité et adaptabilité PMR 44

1.7.4.8. Règlement d’ordre intérieur – respect entre voisin 45

1.7.4.9. Lutte contre l’imperméabilisation des sols et les îlots de chaleur urbains 45

1.7.4.10. Non concrétisation de tous les projets 46


213

Partie 2 : Présentation des projets et leurs spécificités 49

2.1. PROGRAMME « VIVRE AU CENTRE » - RÉNOVATION URBAINE GRAND-LÉOPOLD 52

2.1.1. Projet : rue Souverain Pont, Lambert Lombard et Gérardrie 54

2.1.1.1. Rue Souverain Pont 7 56

2.1.1.2. Rue Souverain Pont 13 57

2.1.1.3. Rue Souverain Pont 15 58

2.1.1.4. Rue Souverain Pont 17 – Lombard 6 à 10 59

2.1.1.5. Rue Souverain-Pont 24 60

2.1.1.6. Rue Souverain-Pont 14 – Rue Gérardrie 13 (+ numéros 11 et 5) 61

2.1.2. Projet : Rue de la Cathédrale 16 à 24 et rue de Gueldre 9 à 15 62

2.1.3. Projet : Place de la République française 27 et 29 64

2.1.4. Projet : Rue du Stalon n°2 à 12 et rue Ste Catherine 1 et 3 66

2.1.5. Projet : Rue Léopold 37 et rue de la Cité 1 68

2.1.6. Projet : Rue Léopold 10 70

2.1.7. Projet : Rue de la Madeleine 38 et rue de la Cathédrale 28 à 34 (étages) 72

2.1.8. Projet : Rue Puits-en-Sock, 30 à 36 74

2.1.9. Projet : Place Xavier Neujean, 34 à 44 et Cloître Saint-Jean, 1 à 7 76

2.1.10. Projet : appels à intérêts en vue de la création de logements neufs

et de commerces par des opérateurs privés 78

2.1.11. Projet : Rue Rutxhiel 3 82

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.2. QUARTIER SAINTE-MARGUERITE 83

2.2.1. Projet : Rue Saint-Laurent 28 – parc Sainte-Agathe 86

2.2.2. Projet : Site des Franciscains – rue de Hesbaye 88

2.2.3. Projet : Rue Saint-Séverin 46-48 92

2.2.4. Projet : Ilots Firquet-Saint-Séverin 93

2.2.4.1. Projet : Ilot Firquet-Saint-Séverin 1 95

2.2.4.1.1. Opération 1 : rue Saint-Séverin (58 à 86) et rue Firquet 3 96

2.2.4.1.2. Opération 2 : rue St-Séverin 92 à 100 à 4000 Liège 97

2.2.4.1.3. Opération 3 : rue Coqraimont 2 à 6 à 4000 Liège 98

2.2.4.2. Ilot Firquet-Saint-Séverin 2 -

Rue Saint-Séverin 110, 112, 114, 118, 120, 122, 126 et rue Firquet 19, 21, 23, 25 99

2.2.5. Projet : Pôle multifonctionnel Agimont – Hocheporte - Académie 101

2.2.5.1. Opération 1 : pôle social 102

2.2.5.1. Opération 2 : une crèche, des logements et une liaison piétonne 103

2.2.5.3. Opération 3 : La Menuiserie - Un centre d’entreprises innovant 104

2.2.6. Projet : Rue Vandervelde 88 105

2.2.6. Projet : Fontainebleau – Ilot Légia - Bas-Rhieux à 4000 Liège 107

2.2.7. Projet : Îlot « Goffin-Bovy » 110

2.3. QUARTIER SAINT LÉONARD 113

2.3.1. Projet : Rue des Franchimontois 9 à 13 114

2.3.2. Projet : Rue Saint-Léonard 44 115

2.3.3. Projet : Rue des Armuriers 29 - 33 116

2.3.4. Projet : Rue Saint-Léonard 163 118

2.3.5. Projet : Rue Saint-Léonard 191 119


214

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.3.6. Projet : Les Forges - rue des Mariniers - square des Portefaix 120

2.3.7. Site Vivegnis - Pôle culturel, résidentiel, économique et social 122

2.3.7.1. Projet : Vivegnis Housing - Place Vivegnis 46 123

2.3.7.2. Projet : La Brasserie Haecht - Rue de la Brasserie, 6 – rue Vivegnis 253 124

2.3.7.3. Projet : L’Espace Entreprise Vivegnis – Rue de la Brasserie, 8 125

2.3.7.4. Projet : La Place Vivegnis 126

2.3.7.5. Projet : La Passerelle cyclo-pédestre Vivegnis 127

2.3.7.6. Projet : Les RAVI - Place Vivegnis 36 128

2.3.7.7. Projet : Les Zurbains - Projet d’habitat groupé - Rue Vivegnis, 161 à 173 129

2.3.7.8. Projet : La Maison du Créahm – rue Vivegnis 251 130

2.3.8. Projet : Rue Pied du Thier-à-Liège, 15, 17, 19 131

2.3.9. Projet : Rue Morinval, 74-76 – parc des quatre Tourettes 132

2.3.10. Projet : Eco-résidence - Quai de Coronmeuse 44 133

2.3.11. Projet : Cour du Général Poblete, 1 à 11 (anciennement rue Dony, 24-32) 135

2.3.12. Projet : Rue Vivegnis, 217-219-221-223 136

2.3.13. Projet : Rue Lambert Grisard, 1 138

2.3.14. Projet : Aménagements de places, de promenades

et d’espaces verts dans le cadre de la rénovation urbaine 139

2.4. QUARTIER AMERCŒUR 140

2.4.1. Projet : “porte d’entrée” du quartier Amercœur 141

2.4.2. Projet : réaffectation de l’ancien marché couvert d’Amercœur 143

2.5. REQUALIFICATION DE LA PLAINE DE DROIXHE 145

2.5.1. Contexte Historique 146

2.5.2. Changement de population du quartier 147

2.5.3. Etude PROJENOR – création de la Slsp « Atlas » 148

2.5.4. Adoption d’un périmètre de remembrement urbain 149

2.5.5. Création de la Filiale Immobilière Publique de Liège 150

2.5.6. Echec des premiers appels à partenariats avec le privé – démolition des tours 151

2.5.7. Phasage du programme – réalisation d’une opération

par le public pour amorcer le processus de requalification 152

2.5.8. Mise en œuvre du programme de requalification –

liste des projets finalisés et en cours 153

2.5.8.1. Projets immobiliers résidentiels 153

2.5.8.1.1. Projet A – construction d’un ensemble de 165 logements comprenant

des espaces collectifs publics et l’aménagement d’une nouvelle voirie 153

2.5.8.1.2. Lille 2 (projet H) – sécurisation et rénovation d’un immeuble de 150

logements - création d’un pôle d’insertion socio-professionnel 155

2.5.8.1.3. Lille 4 (projet I) – rénovation d’un immeuble de 73 logements

par le privé 156

2.5.8.1.4. Square Micha (projet D-E) – appel à intérêt – construction par un

promoteur privé de 306 logements, d’espaces publics extérieurs

et de commerces 157

2.5.8.1.5. Habitats inclusifs et solidaires – projet « La grande Maison » 158

2.5.8.1.6. Angle Croix-Rouge/Rassenfosse - Projet privé - création d’un ensemble

immobilier mixte (résidentiel, kots d’étudiants et une surface à vocation

économique) destiné à la vente 159


215

2.5.8.2. Projets socio-économiques 160

2.5.8.2.1. Résidence « La Plaine » 160

2.5.8.2.2. Ecole Léona Platel et Centre CiNETiquE 161

2.5.8.2.3. Liège Expo – nouvelle halle des foires de Liège 162

2.5.8.2.4. Développement de Bressoux-Droixhe – Masterplan – Projet « Horizon »

rue de Jupille 16 et acquisitions d’entrepôts rue de Droixhe 163

2.5.8.3. Projets mobilité et espaces publics 165

2.5.8.3.1. Parc de Droixhe 165

2.5.8.3.2. Mise en circulation du TRAM -

centre de maintenance de Bressoux – Parking P+R 166

2.5.8.3.3. Aménagement d’un boulevard urbain le long de la Meuse 167

2.5.9. Pour conclure 168

2.6. PARTENARIATS AVEC LES ASSOCIATIONS DE PROMOTION DU LOGEMENT (APL),

LES OPÉRATEURS TRADITIONNELS, ET LES PROMOTEURS PRIVÉS 169

2.6.1. Projet : Quartier historique - CVFE 169

2.6.2. Projet : Rue des Fortifications, 34 à 44 et rue Achille Lebeau 1 – quartier de Grivegnée 170

2.6.3. Projet : Rue Vivegnis 202 - FLW 172

2.6.4. Projet : Rue Foidart 61 – quartier de Bressoux – ASBL Habitat Service 173

2.6.5. Projet : îlot « ICADI » - quartier des Guillemins 174

2.6.6. Projet : rue des Prébendiers 1, 3 et 5 et rue d’Amercœur 54 177

VILLE DE LIEGE – SERVICE DU LOGEMENT – RÉGIE FONCIÈRE

2.7. AUTRES ACTIONS DE LA POLITIQUE EN MATIÈRE DE LOGEMENT 179

2.7.1. Lutte contre les logements inoccupés 180

2.7.2. Lutte contre l’insalubrité des logements et les « marchands de sommeils » 185

2.7.3. Amélioration de la performance énergétique du patrimoine immobilier

de la Régie foncière 187

2.7.4. Amélioration de l’efficacité énergétique du parc de logement privé –

services d’accompagnement des citoyens 188

2.7.5. Valorisation du patrimoine foncier de la régie foncière (dialogue compétitif

et appels à intérêt) - création de centaines de logements « indirects »

dans le cadre du développement d’Eco-quartiers par le privé 189

2.7.6. « Lutte contre le sans-abrisme » 193

2.7.7. Création de logements d’utilité publique pour étudiants 195

2.7.7.1. Contexte liégeois - offre et demande 196

2.7.7.2. Reconversion de l’hôpital du Péri en 104 logements d’intérêt public

à destination des étudiants 197

2.7.7.3. Convention de collaboration imposant à tout promoteur de résidences

étudiantes collectives d’affecter 10 % des « kots » créés à la location

à un loyer modéré 199

2.7.8. Commerce et rénovation urbaine 200

2.7.8.1. Le schéma communal de développement commercial (SCDC) : 201

2.7.8.2. Bureau du commerce – observatoire : 202

2.7.8.3. Cré@shop 203

2.7.8.4. Patrimoine de la Régie foncière affecté à la fonction Horeca –

renforcement de l’attractivité du centre-ville 204

2.7.9. Urbanisme – directives 205

2.8. CONCLUSION GENERALE 208

TABLE DES MATIÈRES 212


25 ANS D’ACTIONS DU SERVICE LOGEMENT

ET DE LA RÉGIE FONCIÈRE

Dès l’an 2000, profitant de la mise en

œuvre par différents niveaux de pouvoir

de politiques de la Ville et de l’amélioration

de son habitat, la Ville de Liège, à travers la

création d’un service du logement, a engagé

des opérations de rénovation urbaine dans

les quartiers prioritaires de Saint-Léonard,

Sainte-Marguerite, Léopold et Amercoeur.

Vingt-cinq ans plus tard, cet ouvrage

en dresse le bilan, présente ces actions

et souligne le travail des équipes qui se

sont relayées pour changer l’image et la

vie dans ces espaces centraux souvent

délaissés, vétustes et dotés de population

précarisées. Au cœur de cet engagement

du Département de la Régie foncière et du

Logement, la recherche de la qualité de

l’habitat pour toutes et tous, l’accessibilité du

logement à prix décent et l’amélioration de la

performance énergétique du parc bâti.

25 ANS

DE RÉNOVATION

Jean-Baptiste

Jehin

URBAINE

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