16.04.2026 Vues

LG-272

À travers le Luxembourg, une transformation silencieuse mais profonde est en cours. Elle ne fait pas toujours la une de l’actualité nationale, et pourtant, elle façonne déjà le pays de demain. Cette transformation se joue au coeur de nos communes. À Dudelange et Differdange, d’anciennes friches industrielles comme la Schmelz et la Neischmelz se réinventent pour accueillir de nouveaux quartiers, mêlant logements, activités et qualité de vie. À Biwer et Erpeldange, ce sont près de 400 logements qui voient le jour, illustrant une volonté forte de développer une offre résidentielle accessible et équilibrée, y compris en dehors des grands centres urbains. À Grevenmacher, les quais de la Moselle se redessinent pour reconnecter la ville à son fleuve, tandis qu’à Mertert, le port fluvial se renforce pour soutenir l’économie nationale et les flux logistiques européens. Dans le nord, la Nordstad s’organise, entre infrastructures routières structurantes et modernisation des équipements ferroviaires, pour accompagner sa montée en puissance. Ces projets ne sont pas isolés. Ils dessinent une vision. Une vision d’un Luxembourg plus équilibré, où chaque région trouve sa place. Une vision d’un territoire qui mise sur la qualité de vie, la durabilité et la cohérence. Une vision, surtout, portée par les communes. Car ce sont elles qui, au quotidien, traduisent les grandes orientations nationales en réalisations concrètes. Ce sont elles qui planifient, concertent, investissent et innovent. Ce sont elles qui construisent le Luxembourg réel. Dans un contexte de pression démographique, de transition énergétique et de mutation économique, leur rôle n’a jamais été aussi central. Lëtzebuerger Gemengen continuera, plus que jamais, à mettre en lumière ces dynamiques locales, à valoriser les initiatives et à donner la parole à celles et ceux qui font avancer le pays. Car comprendre le Luxembourg, c’est d’abord comprendre ses communes..

À travers le Luxembourg, une transformation silencieuse mais profonde est en cours.
Elle ne fait pas toujours la une de l’actualité nationale, et pourtant, elle façonne déjà le pays de demain.
Cette transformation se joue au coeur de nos communes.
À Dudelange et Differdange, d’anciennes friches industrielles comme la Schmelz et la Neischmelz se réinventent pour accueillir de nouveaux quartiers, mêlant logements, activités et qualité de vie.
À Biwer et Erpeldange, ce sont près de 400 logements qui voient le jour, illustrant une volonté forte de développer une offre résidentielle accessible et équilibrée, y compris en dehors des grands centres urbains.
À Grevenmacher, les quais de la Moselle se redessinent pour reconnecter la ville à son fleuve, tandis qu’à Mertert, le port fluvial se renforce pour soutenir l’économie nationale et les flux logistiques européens.
Dans le nord, la Nordstad s’organise, entre infrastructures routières structurantes et modernisation des équipements ferroviaires, pour accompagner sa montée en puissance.
Ces projets ne sont pas isolés. Ils dessinent une vision.
Une vision d’un Luxembourg plus équilibré, où chaque région trouve sa place.
Une vision d’un territoire qui mise sur la qualité de vie, la durabilité et la cohérence.
Une vision, surtout, portée par les communes.
Car ce sont elles qui, au quotidien, traduisent les grandes orientations nationales en réalisations concrètes.
Ce sont elles qui planifient, concertent, investissent et innovent.
Ce sont elles qui construisent le Luxembourg réel.
Dans un contexte de pression démographique, de transition énergétique et de mutation économique, leur rôle n’a jamais été aussi central.
Lëtzebuerger Gemengen continuera, plus que jamais, à mettre en lumière ces dynamiques locales, à valoriser les initiatives et à donner la parole à celles et ceux qui font avancer le pays.
Car comprendre le Luxembourg, c’est d’abord comprendre ses communes..

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AVRIL 2026 - n˚272

www.gemengen.lu

SWECO

vers une ingénierie au-delà de la conception

COMMUNE

DE MERSCH

Mersch, un pôle régional

stratégique en plein essor

COMMUNE

DE SCHIFFLANGE

Schifflange, une commune en

pointe de la transition énergétique

KÄL TÉITENG

Käl Téiteng : dessine son avenir

entre urbanisme, écoles

et nouveaux quartiers


Un Partenaire.

Des Techniques.

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Un courant de confiance.

Depuis plus de 20 ans, EGDL accompagne le développement

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Dans l’industrie, le tertiaire et les infrastructures, nous concevons et

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3

ÉDITO

Le Luxembourg se construit

commune par commune

PAR ARMAND D'ANTONIO

À travers le Luxembourg, une transformation silencieuse

mais profonde est en cours.

Elle ne fait pas toujours la une de l’actualité nationale, et

pourtant, elle façonne déjà le pays de demain.

Cette transformation se joue au cœur de nos communes.

À Dudelange et Differdange, d’anciennes friches industrielles

comme la Schmelz et la Neischmelz se réinventent pour

accueillir de nouveaux quartiers, mêlant logements, activités

et qualité de vie.

À Biwer et Erpeldange, ce sont près de 400 logements qui

voient le jour, illustrant une volonté forte de développer

une offre résidentielle accessible et équilibrée, y compris en

dehors des grands centres urbains.

À Grevenmacher, les quais de la Moselle se redessinent pour

reconnecter la ville à son fleuve, tandis qu’à Mertert, le port

fluvial se renforce pour soutenir l’économie nationale et les

flux logistiques européens.

Dans le nord, la Nordstad s’organise, entre infrastructures

routières structurantes et modernisation des équipements

ferroviaires, pour accompagner sa montée en puissance.

Ces projets ne sont pas isolés. Ils dessinent une vision.

Une vision d’un Luxembourg plus équilibré, où chaque région

trouve sa place.

Une vision d’un territoire qui mise sur la qualité de vie, la

durabilité et la cohérence.

Une vision, surtout, portée par les communes.

Car ce sont elles qui, au quotidien, traduisent les grandes

orientations nationales en réalisations concrètes.

Ce sont elles qui planifient, concertent, investissent et

innovent.

Ce sont elles qui construisent le Luxembourg réel.

Dans un contexte de pression démographique, de transition

énergétique et de mutation économique, leur rôle n’a jamais

été aussi central.

Lëtzebuerger Gemengen continuera, plus que jamais, à

mettre en lumière ces dynamiques locales, à valoriser les

initiatives et à donner la parole à celles et ceux qui font

avancer le pays.

Car comprendre le Luxembourg, c’est d’abord comprendre

ses communes.


4

| DOSSIER

LËTZEBUERGER GEMENGEN

Publication éditée par Living Green sàrl-s

www.gemengen.lu

Société éditrice

Living Green sàrl-s

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange

Régie publicitaire

Julien Malherbe

julienm@livinggreen.lu

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

FORMATION

Administration

Lucia Ori

Tél. 58 45 46 29

secretariat@livinggreen.lu

Rédaction

Armand D'Antonio

Pierre Birck

pierreb@livinggreen.lu

Barbara Pierrot

Barbarap@livinggreen.lu

SOMMAIRE

Conception et réalisation graphique

Joana Sabri

Joanas@livinggreen.lu

Photographie

Nader Ghavami / Photopro Luxembourg

Alain Bianco

Impression

Imprimerie Centrale

08

Sweco

COVERSTORY

Sweco

: vers une ingénierie au-delà de la conception

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

12 | BDO Luxembourg

Les clés juridiques et fiscales d’un projet immobilier réussi

14 | EGDL

Construire aujourd’hui, accompagner demain

© Living Green

Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.

Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la

rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord

de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas

restitués. Les reportages signés n’engagent que

leurs auteurs.

Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et

peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne

pourrait nullement être tenu pour responsable.

16 | Fondation pour l’Accès au Logement

Coach logement : un accompagnement renforcé

au service de l’inclusion

18 | ALHO

La construction modulaire permet d’élargir

l'offre éducative

20 | Fonds du Logement

« Réhabiliter, c’est aussi un acte durable »

22 | TAFF S.à r.l.

Wer darf Fassaden und Dächer reinigen?

Der Beforter Reinigungsdienst TAFF warnt vor einer

wachsenden Grauzone

24 | Ministre du Logement

Logement au Luxembourg : un marché en quête

de repères


ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

DIGITAL ET INNOVATION

ACTUALITÉS COMMUNALES

FORMATION

28 | Chambre des salariés

Chambre des salariés : Se former continuellement pour

évoluer ou se réorienter

30 | House of Training

Former pour transformer : le pari gagnant

des entreprises

ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

34 | Enovos

Enoprimes : dix ans pour accélérer la transition

énergétique au Luxembourg

36 | SWIO

SWIO amorce un virage stratégique

38 | Luxcontrol

Luxcontrol : Entre déconstruction, réemploi, dépollution

et revalorisation

40 | Energiepark Réiden

Interview : Paul Kauten

DIGITAL & INNOVATION

50 | Ministre du Travail

Dialogue social : préserver l’équilibre, préparer l’avenir

52 | LPEA

Private Equity : un levier stratégique pour l’économie

réelle et la transformation durable

ACTUALITÉS COMMUNALES

56 | Commune de Mersch

Mersch, un pôle régional stratégique en plein essor

60 | Commune de Schifflange

Schifflange, une commune en pointe

de la transition énergétique

66 | MC luxembourg

MC luxembourg : structurer le logement de demain

avec une vision 2050

68 | Käl Téiteng

Käl Téiteng : dessine son avenir entre urbanisme, écoles

et nouveaux quartiers

80 | EuRegio SaarLorLux+

EuRegio SaarLorLux+ : la coopération transfrontalière

au service des territoires

46 | Fujitsu Luxembourg

Entre innovation et souveraineté, le nouvel équilibre

des entreprises


6

INDEX

8 | JEANNOT SCHROEDER

Discipline Lead Circularité

chez Sweco

12 | ALINE BROCHARD

Director, Local Market,

Accounting & Corporate

Services

BDO Luxembourg

12 | NICOLAS DEVILLERS

Tax Partner

BDO Luxembourg

14 | EMMANUEL BRIOT

Directeur général

EGDL

16 | PAULIN JACQUEMART

Coach logement

Agence Immobilière

Sociale

16 | FRÉDÉRIK NOEL

Coach logement

Agence Immobilière

Sociale

20 | TOMA JANYSZEK

Chefs de projets

Fonds du Logement

20 | STEVE MAJERUS

Chefs de projets

Fonds du Logement


7

22 | MARCO SCHMITZ

TAFF Geschäftsführer

24 | CLAUDE MEISCH

ministre du Logement

28 | STEFANO ARAUJO

Conseiller en formation

Chambre des salariés

30 | MURIEL MORBÉ

CEO de la House of Training

34 | LAURENT MAGI

Responsable des services

liés à la transition

énergétique

Enovos

34 | YOANN LINTZ

Ingénieur et responsable

service Subsides

Enoprimes

Energieagence

36 | MARVIN RASSEL

Responsable de la marque

SWIO

38 | CHRISTOPHE BUBEL

Head Account Manager

Luxcontrol

38 | CAMILLE JONGY

Responsable adjointe

du secteur Pôle Sites

et Sols Pollué

Luxcontrol

38 | RÉGIS REICHER

Responsable de secteur

Pôle Sites et Sols Pollué

Luxcontrol

46 | FRANCK NIATEL

Head of Intelligent

Automation

Fujitsu Luxembourg

46 | OLIVIER GOURDANGE

Head of Digital Sales

Fujitsu Luxembourg


8

| COVERSTORY

SWECO : VERS UNE INGÉNIERIE

AU-DELÀ DE LA CONCEPTION

Face à des bâtiments toujours plus techniques et des standards plus

exigeants, les pratiques de l’ingénierie sont appelées à évoluer. Longtemps

centrée sur la conception, leur mission s’étend progressivement

vers le suivi et la compréhension de l’exploitation. Un changement

d’approche encore en construction, que nous décrypte Jeannot

Schroeder, Discipline Lead Circularité chez Sweco.

Avec la complexité croissante

des bâtiments, pourquoi devientil

essentiel pour les bureaux

d’ingénierie de rester impliqués

au-delà de la phase de conception

et de livraison ?

Pendant longtemps, la mission des bureaux

d’ingénierie s’arrêtait à la livraison

du bâtiment. Une fois le projet terminé, la

gestion et l’exploitation sont reprises par

d’autres acteurs. Cette organisation relativement

segmentée s’explique en grande

partie par l’évolution du secteur ; autrefois,

les bâtiments étaient plutôt simples

sur le plan technique : un système de

chauffage, de l’éclairage, de l’électricité…

leur fonctionnement restait intuitif et ne

nécessitait pas d’accompagnement particulier.

Aujourd’hui, la situation est différente.

Les bâtiments sont devenus des

objets techniques complexes, intégrant

de multiples systèmes destinés, entre

autres, à améliorer les performances énergétiques,

le confort des usagers ou encore

l’efficacité des installations.

S’impliquer davantage dans la phase

d’exploitation représente avant tout une

opportunité d’apprentissage. Observer le

fonctionnement réel d’un bâtiment, analyser

les usages et identifier les éventuels

écarts entre les performances prévues et

celles constatées permet d’acquérir un

Jeannot Schroeder, Discipline Lead Circularité chez Sweco


9

retour d’expérience précieux, puisque

ces enseignements peuvent ensuite être

réinjectés dans des projets futurs afin

de progressivement améliorer les choix

techniques et les approches de conception.

Cette démarche prend d’autant plus

de sens dans un contexte marqué par les

enjeux de durabilité et d’économie circulaire

; le défi ne consiste plus seulement

à construire des bâtiments plus performants,

mais aussi à garantir une gestion

efficace de ces infrastructures sur le long

terme.

Les performances énergétiques

des bâtiments sont parfois en deçà

de ce qui était prévu sur le papier.

En quoi le suivi de l’exploitation

peut-il aider à mieux comprendre

cet écart ?

L’un des principaux enjeux consiste précisément

à comprendre comment les bâtiments

sont réellement utilisés une fois

livrés. Il existe souvent un décalage entre

la manière dont les ingénieurs imaginent

le fonctionnement d’un bâtiment au moment

de la conception et la façon dont

il est réellement exploité au quotidien.

Suivre cette phase permet justement

d’identifier les raisons pour lesquelles certaines

performances ne sont pas atteintes.

Dans cette équation, le facteur humain

joue un rôle essentiel. Un bâtiment n’est

pas seulement un ensemble de technologies

; il est occupé, géré et utilisé par différents

acteurs dont les comportements

influencent directement son fonctionnement.

Il y a généralement trois parties

prenantes, ceux qui ont conçu le bâtiment,

ceux qui l’exploitent ou le gèrent et ceux

qui l’occupent au quotidien. Ces derniers,

les occupants, cherchent souvent des solutions

simples pour répondre à un inconfort

immédiat ; si une pièce est chaude,

il est plus facile d’ouvrir une fenêtre que

de contacter le gestionnaire du bâtiment

pour ajuster la régulation du système de

chauffage ou de ventilation. Ce type de réaction

est parfaitement compréhensible,

mais il peut conduire à une utilisation

inefficace des installations techniques.

Cette approche répond également à un

enjeu important lié à l’utilisation des données.

Les bâtiments génèrent aujourd’hui

une quantité importante d’informations

sur leur fonctionnement. Pourtant, ces

données sont encore peu exploitées dans

la phase de conception, notamment parce

qu’elles restent souvent entre les mains

des gestionnaires ou des exploitants,

qui ne participent pas directement à la

conception des projets. L’enjeu consiste

donc à les transformer en un outil d’apprentissage

pour améliorer les projets de

demain. La force d’un bureau d’ingénierie

présent sur de nombreux chantiers réside

précisément dans sa capacité à analyser

ces informations à plus grande échelle. En

observant le fonctionnement de dizaines

de projets similaires, il devient possible

d’identifier des tendances d’usage et des

problématiques récurrentes. À terme,

cette accumulation d’expérience permet

de construire un savoir partagé au sein

des équipes, plutôt que de dépendre uniquement

de l’expérience individuelle d’un

ingénieur ayant déjà travaillé sur quelques

projets similaires.

Par ailleurs, un des grands défis que nous

rencontrons et sur lequel nous souhaitons

travailler réside dans la manière dont ces

données sont collectées et structurées.

D’un projet à l’autre, les capteurs ne sont

pas placés au même endroit, les données

ne sont pas relevées à la même fréquence,

les sous-compteurs ne sont pas identiques

et les informations ne sont pas toujours

stockées dans les mêmes systèmes ni dans

les mêmes formats. Résultat ; même si les

données sont là, elles restent difficiles à

exploiter à grande échelle. Si chaque projet

nécessite un travail d’expertise pour

simplement comprendre quelles données

sont disponibles et comment elles

sont structurées, les coûts d’analyse deviennent

rapidement trop importants.

La force d’un bureau

d’ingénierie présent

sur de nombreux chantiers

réside précisément dans

sa capacité à analyser ces

informations à plus grande

échelle. En observant le

fonctionnement de dizaines

de projets similaires, il

devient possible d’identifier

des tendances d’usage et des

problématiques récurrentes

Dans cette démarche

d’apprentissage et d’analyse des

données, en quoi l’appartenance

à Sweco permet-elle de tirer parti

d’un retour d’expérience plus large,

notamment en s’inspirant de

projets réalisés dans d’autres pays ?

Cela nous permet de nous appuyer sur des

expériences développées dans d’autres

marchés, notamment en Belgique, où la

question de l’exploitation des bâtiments

et de la gestion du patrimoine immobilier

fait déjà l’objet d’une attention importante.

En Flandre, par exemple, la question

des coûts liés à l’exploitation et à la

nécessité de mieux gérer les bâtiments sur

le long terme est déjà largement implémentée.

Pouvoir analyser ce qui a été mis

en place ailleurs et en tirer des enseignements

nous permet d’adapter certaines

approches au contexte luxembourgeois.

Cette perspective est d’autant plus importante

que, lorsque l’on se projette vers

2050, près de 80% des bâtiments qui existeront

sont déjà construits aujourd’hui.


10

| COVERSTORY

Autrement dit, la transition ne reposera

pas uniquement sur de nouvelles constructions,

mais aussi sur une meilleure gestion

du parc immobilier existant. Si nous voulons

réduire les émissions de carbone ou

diminuer notre dépendance aux énergies

fossiles, il faudra nécessairement agir sur

la manière dont ces bâtiments sont exploités

et gérés. Dans ce contexte, accompagner

les propriétaires ou les communes,

qui possèdent des dizaines de bâtiments,

dans la gestion de leur patrimoine devient

pertinent, notamment pour optimiser la

planification de la rénovation, l’analyse

financière et la dimension énergétique et

technique. L’intervention d’un acteur indépendant

peut apporter une valeur ajoutée,

en offrant un regard extérieur sur le

fonctionnement réel des bâtiments et en

identifiant les pistes d’amélioration.

Selon vous, l’accompagnement des

bâtiments sur l’ensemble de leur

cycle de vie est-il appelé à devenir

progressivement la norme au

Luxembourg ?

Il est toujours difficile de prédire l’évolution

d’un secteur. Cela dépendra avant

tout de la capacité des acteurs à démontrer

que cette approche présente un véritable

intérêt économique. Aujourd’hui,

les coûts d’exploitation des bâtiments

sont souvent considérés comme une donnée

presque immuable. Les gestionnaires

ont l’habitude de payer chaque mois des

charges relativement élevées et finissent

par considérer cette situation comme normale.

Or, certaines études montrent que

les écarts peuvent être considérables entre

deux bâtiments comparables. Une analyse

menée en Allemagne sur plus d’un million

de mètres carrés de surface a, par exemple,

mis en évidence que les coûts d’exploitation

peuvent varier du simple au double

entre un bâtiment bien conçu et correctement

exploité et un autre qui l’est moins.

Ces différences s’expliquent à la fois par

les choix réalisés lors de la conception et

par la manière dont les installations sont

gérées au quotidien.

Un des principaux défis consiste à faire

prendre conscience de ce potentiel. Tant

que les acteurs considèrent les charges

d’exploitation comme immuables, il reste

difficile de remettre en question les pratiques.

Pourtant, au-delà de l’enjeu économique,

cette question rejoint également

les objectifs environnementaux ; des dépenses

énergétiques élevées impliquent

généralement une consommation plus

importante de ressources, qu’il s’agisse

d’énergie ou de matériel.

SWECO

2, route de Luxembourg

L-4972 Dippach

25, rue Henri Koch

L-4354 Esch-sur-Alzette

17 Rue de Flaxweiler

L-6776 Grevenmacher

5, Zac Salzbaach

L-9559 Wiltz

11 rue de l’Industrie

L-8399 Windhof

www.sweco.lu


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12

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

Aline Brochard, Director, Local Market, Accounting & Corporate Services et Nicolas Devillers, Tax Partner

LES CLÉS JURIDIQUES

ET FISCALES D’UN PROJET

IMMOBILIER RÉUSSI

Au Luxembourg, la réussite d’un

projet immobilier ne repose pas

uniquement sur l’emplacement

ou le financement. Le choix de

la structure juridique, les arbitrages

entre asset deal et share

deal, la gestion de la TVA ou encore

les méthodes comptables

influencent durablement la rentabilité

et les risques. Explications

avec Nicolas Devillers, Tax

Partner, et Aline Brochard, Director,

Local Market, Accounting

& Corporate Services, chez BDO

Luxembourg.

Pourquoi le choix de la structure

juridique constitue-t-il un

facteur clé de succès dans

un projet immobilier ?

AB : Le choix du véhicule juridique influence

l’ensemble de la vie du projet. Il

détermine notamment la gouvernance,

c’est-à-dire la manière dont les décisions

seront prises entre les différents partenaires

impliqués. Les opérations immobilières

mobilisent en effet de nombreux

acteurs : investisseurs, promoteurs, financeurs

ou encore partenaires opérationnels.

Dans ce contexte, une organisation

claire des responsabilités et des pouvoirs

est essentielle pour garantir l’efficacité du

projet sur le long terme.

Au Luxembourg, plusieurs structures

peuvent être envisagées. Les sociétés

commerciales, et en particulier les SARL,

restent les plus utilisées en raison de

leur relative simplicité de mise en œuvre.

D’autres solutions existent toutefois,

comme les fonds d’investissement, les

Special Purpose Vehicle (SPV), les sociétés

civiles immobilières ou encore les sociétés

momentanées. Ces dernières sont

appréciées en raison de leur grande flexibilité.

Il convient toutefois de souligner

qu’un projet de loi visant à moderniser les

règles comptables est en cours d’élaboration.

Celui-ci devrait introduire certaines

obligations supplémentaires pour ce type

de structures. Par ailleurs, ces sociétés

momentannées se caractérisent par un

régime de transparence fiscale : l’imposition

ne s’effectue pas au niveau de l’entité

elle-même, mais directement auprès des

associés.

Au-delà de la gouvernance, la structure

choisie peut également conditionner l’accès

au financement. Les établissements

bancaires privilégient souvent la mise en

place d’une société dédiée par projet, ce

qui permet d’isoler le risque de crédit et

de rendre les sûretés plus lisibles.

Quels sont les avantages

et les inconvénients d’un asset

deal par rapport à un share deal ?

ND : Dans le cadre d’une transaction immobilière,

le choix entre la vente d’un actif

(asset deal) et la cession des titres de

la société détentrice de l’immeuble (share


13

deal) constitue un arbitrage stratégique.

L’asset deal est généralement soumis à

des droits d’enregistrement. À l’inverse,

le share deal permet souvent d’éviter ces

coûts, ce qui explique sa popularité sur

le marché luxembourgeois, mais certains

impacts fiscaux sont susceptibles d’être

cachés. Il présente également l’avantage

de maintenir en place les contrats existants

liés à l’immeuble.

Cependant, cette solution implique une

analyse approfondie. L’acquéreur reprend

en effet l’ensemble des droits et obligations

attachés à la société : engagements

contractuels, passifs fiscaux potentiels ou

risques juridiques. Une due diligence complète

et rigoureuse s’impose donc avant

toute opération.

Du point de vue du vendeur, la fiscalité

peut également différer selon la structure

retenue. Si la cession de titres est parfois

perçue comme plus avantageuse, chaque

situation nécessite une analyse spécifique

afin d’identifier d’éventuels impacts fiscaux

moins visibles.

Comment la TVA immobilière

influence-t-elle l’équilibre

financier d’un projet ?

ND : La TVA constitue un élément déterminant

dans la rentabilité des opérations

immobilières. En principe, la vente/location

d’un immeuble est exonérée de TVA.

Cette exonération peut toutefois s’avérer

pénalisante, car elle empêche la récupération

de la TVA supportée sur les coûts de

construction ou de rénovation.

Un mécanisme d’option à la TVA permet,

dans certains cas, d’éviter cet effet de

renchérissement. Cette option est toutefois

soumise à plusieurs conditions :

l’acquéreur ou le locataire doit utiliser

le bien à des fins ouvrant droit à déduction

et une formalité administrative doit

être accomplie auprès de l’administration

compétente.

Par ailleurs, même lorsque la TVA a été

récupérée, une période de régularisation

de dix ans doit être prise en compte. Un

changement d’affectation du bien ou de

locataire peut entraîner une restitution

partielle de la taxe précédemment déduite,

générant un impact financier parfois

important.

La question du taux de TVA se pose également

pour les projets résidentiels béneficiant

d'un taux réduit jusqu'à un certain

seuil. Dans les opérations en vente en futur

état d’achèvement (VEFA), la situation

peut même se complexifier : les parties

déjà construites au moment de la signature

relèvent des droits d’enregistrement

et non de la TVA. Cela entraine des calculs

qui sont très difficiles et influent sur la

rentabilité d’un projet.

Quelles méthodes

de reconnaissance du résultat

peuvent être appliquées

dans un projet immobilier ?

AB : Les projets immobiliers s’étendent

sur plusieurs années et comprennent

des investissements significatifs engagés

bien avant la livraison du bâtiment. Dans

ce contexte, deux méthodes comptables

principales peuvent être utilisées pour reconnaître

la marge : la méthode à l’achèvement

et la méthode à l’avancement.

La première consiste à comptabiliser l’intégralité

du résultat au moment de la finalisation

du projet. Pendant la phase de

construction, les charges sont neutralisées

dans un compte d’encours afin qu’aucun

bénéfice ne soit enregistré avant la

livraison.

La seconde, quant à elle, permet de reconnaître

progressivement la marge en

fonction de l’état d’avancement des travaux.

Celui-ci peut être estimé sur la base

des coûts engagés par rapport au budget

total. Cette approche conduit à une imposition

étalée dans le temps, le résultat fiscal

étant en principe aligné sur le résultat

comptable.

Le choix de la méthode doit être cohérent

et acté : une société ne peut pas en changer

au gré des projets ou de sa situation

fiscale. Une application rigoureuse suppose

également un suivi analytique précis

et une réévaluation régulière des hypothèses

financières.

Pourquoi observe-t-on une

professionnalisation accrue

du secteur immobilier ?

ND : Depuis quelques années, le marché

immobilier s’est profondément transformé.

La volatilité des prix, la hausse des

taux d’intérêt et un accès parfois plus difficile

au financement réduisent les marges

et la tolérance à l’erreur. Dans ce contexte,

les acteurs du secteur doivent anticiper

davantage les impacts juridiques, fiscaux

et comptables de leurs décisions.

En parallèle, le cadre réglementaire devient

plus exigeant et les opérations se

complexifient, notamment avec l’émergence

de structurations sophistiquées

ou de partenariats multiples. De nombreux

groupes commerciaux, dont l’activité

principale n’est pas l’immobilier, se

positionnent également sur ce marché

et doivent acquérir ou externaliser des

compétences spécifiques. Cette évolution

renforce inévitablement la nécessité d’un

accompagnement spécialisé tout au long

du cycle de vie d’un projet : choix du véhicule

juridique, optimisation fiscale, gestion

comptable, obligations déclaratives,

assistance lors de transactions, etc.

Quel services et conseils en la

matière délivrez-vous chez BDO ?

ND : Notre cabinet intervient dès les premières

étapes des opérations immobilières,

en apportant un éclairage sur les

implications fiscales directes et indirectes,

sur les flux de trésorerie ou sur la structuration

juridique la plus adaptée. Nous

pouvons également vous soutenir dans

l’étude de financement de votre projet

immobilier et vous guider auprès de votre

banquier. Notre expertise se prolonge ensuite

durant la phase d’exploitation, à travers

des services comptables, déclaratifs

ou d’évaluation.

AB : Nous accompagnons également les

acteurs du marché lors des opérations

d’acquisition ou de cession en réalisant

des audits d’achat ou de vente et en analysant

la valeur des actifs et des structures

sociétaires. Nous disposons d’une

connaissance fine du marché local, couplée

avec notre réseau international, ce

qui constitue enfin un atout dans le cadre

de transactions transfrontalières.

BDO Luxembourg

1, rue Jean Piret

L-2350 Gasperich

www.bdo.lu


14

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

CONSTRUIRE AUJOURD’HUI,

ACCOMPAGNER DEMAIN

EGDL, un courant de confiance

au service des territoires

Dans une commune, notre présence se fait

discrète, mais elle accompagne chaque

instant du quotidien. Dans une école où

l’on apprend, une maison des jeunes où

l’on grandit, une administration où l’on

décide, une salle communale où l’on se

retrouve. Autant de lieux de vie, utilisés

chaque jour par tous. Et derrière leur bon

fonctionnement, il y a un partenaire capable

de comprendre ces réalités.

Depuis 2004, EGDL s’est imposée comme

l’un de ces partenaires au Luxembourg.

Spécialisée dans les installations électriques,

l’intégration de systèmes et les

services associés, l’entreprise intervient là

où la technique disparaît, dissimulée dans

les murs ou les plafonds, pour mieux laisser

place à l’usage.

Car tout l’enjeu est là : concevoir des bâtiments

qui fonctionnent, durablement. Accès

sécurisés, éclairage performant, équipements

intelligemment programmés…

EGDL ne se contente pas d’installer. Elle

conçoit, coordonne et optimise l’ensemble

des systèmes techniques afin d’améliorer

l’accessibilité, l’efficacité et le confort au

quotidien.

Ce qui fait la différence,

c’est la relation

Dans les projets publics, les délais sont

contraints, les usages multiples et les

interlocuteurs nombreux. Il faut savoir

s’adapter, expliquer, ajuster. Être présent,

disponible et, surtout, fiable.

C’est précisément là qu’EGDL revendique

sa valeur ajoutée.

« Notre rôle ne se limite pas à livrer une

installation. Il s’agit d’accompagner les

communes dans la durée, avec des solutions

efficientes et une relation de


15

confiance », explique Emmanuel Briot,

nouveau directeur général en poste depuis

début janvier.

Un message en parfaite cohérence avec

l’ADN de l’entreprise. Son slogan, « un

courant de confiance », prend ici tout

son sens : un fil conducteur qui guide les

équipes dans la construction de relations

solides, concrètes, fondées sur l’écoute et

la transparence.

Toujours plus de proximité

Être proche ne relève pas seulement de la

géographie. C’est comprendre les enjeux

locaux, connaître les contraintes d’une

maison relais accueillant de jeunes enfants,

anticiper les besoins d’une administration

ou encore s’adapter aux réalités

budgétaires des communes. C’est aussi

être en mesure d’intervenir rapidement

lorsque le terrain l’exige.

Au cœur des communes

EGDL contribue à faire émerger des infrastructures

utiles et vivantes, ancrées

dans leur environnement, qu’il s’agisse

de constructions neuves ou de projets de

rénovation. Des projets sensibles, où la

fiabilité des installations et le confort des

usagers ne laissent aucune place à l’approximation.

« Une école est un bâtiment en activité

permanente. Tout doit fonctionner, en

continu. Lorsqu’un problème survient, il

faut pouvoir intervenir sans délai. C’est là

que la proximité et la réactivité prend tout

son sens », souligne Emmanuel Briot.

Une présence qui se prolonge après

le chantier

Car une fois les travaux terminés, un

nouveau chapitre débute : maintenance,

suivi et optimisation. EGDL s’inscrit

dans une logique « tout inclus ». Pour les

communes, l’enjeu est majeur : assurer la

continuité de service, maîtriser les coûts,

éviter les pannes critiques. Autant de défis

qui nécessitent un partenaire fiable dans

la durée.

Un acteur engagé dans

le futur énergétique

L’entreprise accompagne également les

collectivités dans leurs transitions. Aujourd’hui,

les communes sont en première

ligne face aux enjeux énergétiques et environnementaux

: réduction des consommations,

amélioration de la performance

des bâtiments, intégration de solutions

durables. Les attentes évoluent rapidement.

Sur ce terrain, EGDL ne se positionne

pas comme un simple exécutant, mais

comme un partenaire capable de proposer,

d’orienter et d’anticiper.

« On observe une réelle volonté des communes

d’évoluer vers des bâtiments intelligents

plus responsables. Notre rôle est

de leur apporter des solutions concrètes,

adaptées à leurs projets comme à leurs

moyens. » précise le directeur général.

Cette capacité à se projeter dans les besoins

de demain repose sur une exigence

interne forte : formation continue des

équipes, veille technologique et adaptation

aux normes en constante évolution.

L’arrivée du nouveau directeur général

s’inscrit pleinement dans cette dynamique,

avec un objectif clair : consolider

les forces existantes — proximité, qualité,

engagement — tout en impulsant un nouveau

développement.

« Nous disposons d’une base solide, avec

des équipes compétentes et reconnues.

L’enjeu, aujourd’hui, est de poursuivre

notre croissance tout en fédérant et renforçant

nos liens avec les acteurs publics. »

Un équilibre assumé, que les équipes résument

simplement : « C’est cette capacité

à porter des projets ambitieux tout en

restant accessibles, réactifs et proches du

terrain qui fait notre différence. »

Des équipes au cœur du projet

Pour accompagner cette ambition, l’entreprise

recrute. Chefs de projet, techniciens,

profils expérimentés ou en devenir : EGDL

recherche des collaborateurs prêts à s’investir

dans des projets concrets, utiles et

visibles.

Rejoindre EGDL, c’est participer directement

à la construction des infrastructures

publiques de demain, aux côtés d’équipes

engagées, qui font de la qualité et de la relation

humaine une priorité.

Au fond, c’est peut-être cela, le véritable

sens d’un « courant de confiance » : une

énergie discrète mais essentielle, qui relie

les équipes, les communes et les citoyens

— et qui, chaque jour, fait avancer

les territoires.

EGDL

16 rue Robert Krieps

L-4702 Pétange

www.tralux.lu


16

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

COACH LOGEMENT :

UN ACCOMPAGNEMENT

RENFORCÉ AU SERVICE

DE L’INCLUSION

Avec le renforcement de son équipe et de nouveaux outils pédagogiques,

le service de coaching logement de l’Agence Immobilière

Sociale (AIS) gagne en efficacité. Alliant suivi technique et accompagnement

humain, il vise à prévenir les difficultés, responsabiliser

les locataires et favoriser leur autonomie dans la gestion durable de

leur logement. Explications avec Frédérik Noel et Paulin Jacquemart,

coachs logement de l’AIS.

Un service qui monte en puissance

Depuis sa création, le service de coaching

logement de l’AIS repose sur une présence

active sur le terrain. Chaque année, plusieurs

centaines de visites sont réalisées

dans des logements répartis sur l’ensemble

du territoire grand-ducal. « Nous

sommes au plus proche des réalités vécues

par les bénéficiaires. Mon travail ne se résume

pas à un simple contrôle technique »,

rappelle Frédérik Noel, coach logement.

Une évolution majeure est venue renforcer

ce dispositif l’an dernier avec l’arrivée

d’un second coach, Paulin Jacquemart.

Cette collaboration permet désormais une

meilleure organisation du service et une

répartition géographique plus efficace

des interventions. « Lorsque j’étais seul,

une fois les premières visites réalisées, il

était relativement compliqué de revenir

une deuxième fois. Aujourd’hui, on peut

assurer un suivi plus régulier, voire une

troisième ou une quatrième visite si nécessaire

», explique-t-il.

Cette montée en puissance ne se traduit

pas uniquement en volume, mais aussi en

qualité. « Nous avons aujourd’hui plus de

temps pour une meilleure coordination

entre le service social, le service technique

et le service opérationnel », souligne Paulin

Jacquemart.

Un accompagnement technique…

et humain

L’intervention du coach logement débute

très rapidement après l’entrée des nouveaux

bénéficiaires dans les lieux. Cette

première visite constitue une étape clé

pour poser les bases d’une occupation

sereine du logement. « Nous donnons

énormément d’informations en une seule

fois. D’où l’importance de répéter, reformuler

et adapter les explications »,

reconnaît Frédérik Noel.

Les thématiques abordées sont variées :

ventilation, chauffage, entretien des équipements,

hygiène ou encore relations

de voisinage. L’objectif est clair : prévenir

les difficultés techniques avant qu’elles ne

s’installent. « Il s’agit de vérifier l’état du

logement, de comprendre les besoins des

locataires, mais aussi de prévenir les éventuelles

dérives », précise-t-il.

Mais au-delà des aspects techniques, la

dimension humaine reste centrale. « Chaque

logement est différent et nous nous

acclimatons à la culture des différentes

personnes que nous rencontrons », déclare

Paulin Jacquemart.

Une coordination renforcée entre

les acteurs

Le développement du service a également

permis d’améliorer la collaboration entre

les différents intervenants. Les deux coachs

logement travaillent en lien étroit

avec les assistants sociaux et les équipes

techniques. Chaque visite donne lieu à un

rapport partagé qui facilite le suivi des situations.

« Cela permet aux assistantes sociales,

avant leur propre visite, de voir ce

qui a été signalé et de vérifier si les choses

ont évolué », explique Fréderik Noel.

Prévenir, mais aussi intervenir

Si la prévention reste au cœur du métier,

certaines situations nécessitent un accompagnement

plus intensif. « Nous constatons

que certaines familles nécessitent

un suivi beaucoup plus conséquent »,

constate-t-il. Il peut s’agir de logements

fortement encombrés ou insuffisamment

entretenus.

Pour répondre à ces situations, l’AIS envisage

de développer un accompagnement

spécifique, basé sur le volontariat des fa-


17

Paulin Jacquemart et Frédérik Noel, coachs logement de l’AIS

milles. « Le but, c’est de pouvoir les remettre

sur les rails », explique-t-il. Cela passe

parfois par des étapes concrètes : désencombrer,

trier, réorganiser, puis réapprendre

les bases de l’entretien. « Si nous n’intervenons

pas dans ces cas de figure, nous

n’avons alors pas réussi notre mission »,

insiste Paulin Jaquemart. Car au-delà du

logement, c’est tout un parcours d’insertion

qui peut être fragilisé.

Un nouvel outil :

le fascicule illustré

Parmi les nouveautés mises en place, le

fascicule pédagogique est un outil clé du

coaching. Celui-ci est distribué aux locataires

et reprend l’ensemble des bonnes

pratiques liées à l’utilisation du logement.

Disponible en plusieurs langues (français,

anglais et arabe), et bientôt élargi à d’autres,

ce support se veut accessible au plus

grand nombre. « Le but est que nos bénéficiaires

aient toutes les clés en main pour

comprendre, notamment grâce aux images

», précise Frédérik Noel.

Ce format papier a été privilégié pour

une raison simple : sa durabilité. « Nous

avions pensé à l’envoyer par WhatsApp,

mais les messages se perdent. Là, ils

l’ont toujours à disposition », rappelle

Paulin Jacquemart.

Sensibiliser pour mieux

responsabiliser

Dans la très grande majorité des cas, les

bénéficiaires prennent soin de leur logement,

mais certaines situations de dégradation

subsistent. Celles-ci sont souvent

liées à un manque d’information. Le

rôle du coach est alors de sensibiliser, sans

stigmatiser. « Nous privilégions toujours

le dialogue et l’explication. Nous rappelons

également les engagements liés

à l’occupation du logement », souligne

Frédérik Noel.

Cette pédagogie passe aussi par des

aspects très concrets. Une fuite d’eau non

signalée, par exemple, peut entrainer des

conséquences financières importantes.

« Nous nous prévenons ainsi des situations

où une intervention rapide peut éviter

des dégradations plus lourdes ».

Au-delà de la gestion du logement, le coaching

s’inscrit dans une mission plus large

d’inclusion par le logement. « Apprendre

à gérer son lieu de vie, c’est aussi gagner

en autonomie, préparer l’avenir et pouvoir

accéder au premier marché immobilier »,

conclut Paulin Jacquemart.

Fondation pour l’Accès au Logement

202 B, rue de Hamm

L-1713 Hamm Luxembourg

www.fondation-logement.lu


18

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

LA CONSTRUCTION

MODULAIRE PERMET

D’ÉLARGIR L'OFFRE ÉDUCATIVE

Le Lycée Privé Emile Metz propose

des formations de qualité

pour la vie professionnelle

de demain.

Le Lycée Privé Emile Metz (LPEM) a ouvert

ses portes à Luxembourg-Dommeldange

dès 1914. À l'époque déjà, l'objectif

était de préparer les jeunes d'une région

marquée par l'industrie à la vie en général

et à la vie professionnelle en particulier.

Au fil des ans, le LPEM a ainsi contribué

de manière significative à créer les bases

scolaires nécessaires à la formation d'une

main-d'œuvre hautement qualifiée dans

l'industrie, dont la Grande Région avait un

besoin urgent.

Plus de 100 ans plus tard, le contexte

économique de la région a certes changé,

mais l'accent mis sur les matières scientifiques

(mathématiques, informatique,

sciences naturelles et technique) et les relations

étroites entre l'école et l'industrie

sont restés inchangés.

Le concept intégratif de l'école prévoit des

cours dans des classes aussi petites que

possible, comptant entre 12 et 20 élèves,

afin de pouvoir offrir un soutien ciblé. En

outre, l'école souhaite contribuer à surmonter

les barrières linguistiques et créer

les bases nécessaires à la formation d'un

nombre aussi important que possible de

jeunes intéressés. C'est pourquoi les cours

sont dispensés en allemand et en anglais,

selon le domaine, et peuvent également

être suivis par des jeunes en situation de

handicap.

Afin d'augmenter sa capacité d'accueil

de 500 à 600 élèves, le LPEM a ouvert

dès 2023 un deuxième site à Differdange.

Celui-ci vient d'être agrandi. Le nouveau

bâtiment, conçu et réalisé par ALHO en

tant qu'entrepreneur total sous forme de

construction modulaire, permet d'accueillir

350 élèves supplémentaires.

La planification du nouveau bâtiment scolaire

a débuté à la mi-janvier 2024. Dès le

début, la collaboration entre les responsables

du LPEM et ALHO s'est déroulée de

manière très harmonieuse, déterminée et

axée sur les solutions. Le projet a donc pu

avancer à un rythme soutenu. Les travaux

de fondation ont commencé en mai 2024.

Parallèlement, la fabrication des 89 modules

a débuté dans l'usine ALHO.

Le montage des modules a eu lieu fin juin

2024, puis la phase d'aménagement 1 a

commencé pour la moitié du bâtiment,


19

de sorte que cette partie a pu être mise

en service dès la rentrée scolaire mi-septembre

2024. La deuxième moitié du bâtiment

a été aménagée de septembre à

mi-décembre 2024. Grâce au haut degré de

préfabrication des modules et au chantier

propre et silencieux qui en a résulté, cela a

été possible sans problème, parallèlement

au fonctionnement normal de l'école.

Le nouveau bâtiment scolaire en forme de

L a une superficie totale d'environ 4 600

m2 et s'étend sur quatre étages. L'entrée

accueillante et baignée de lumière, qui

s'ouvre sur deux étages, constitue un point

fort et attire immédiatement le regard dès

que l'on pénètre dans le bâtiment.

Au rez-de-chaussée se trouve le restaurant

scolaire avec un espace cuisine attenant. Il

peut accueillir au total 250 personnes.

Son aménagement haut de gamme et

confortable contribue au bien-être des

élèves pendant leurs pauses, leur permettant

de se détendre et de passer du temps

avec leurs amis en toute décontraction. La

conception, la livraison et le montage de

la cuisine professionnelle ont été entièrement

pris en charge par ALHO.

Une salle de sport avec vestiaires encourage

l'activité physique et permet ainsi de

compenser le quotidien scolaire.

Au total, cinq salles de classe traditionnelles,

quatre ateliers modernes et six

laboratoires entièrement équipés pour

l'électricité, l'informatique et la chimie, y

compris des salles de stockage et de préparation,

ainsi que deux salles de projet sont

répartis sur les trois étages supérieurs. Les

salles thématiques sont chacune parfaitement

adaptées aux objectifs d'apprentissage

et de performance de l'école ainsi

qu'aux professions qui y sont enseignées.

Les jeunes bénéficient ainsi d'une multitude

de possibilités de formation pratique

dans un environnement professionnel et

acquièrent des compétences importantes.

Comme l'école utilise fréquemment des

outils et des machines, des exigences particulièrement

élevées ont été imposées en

matière d'isolation acoustique. C'est pourquoi

les locaux ont été équipés de plafonds

acoustiques et de portes insonorisées.

Il était particulièrement important pour

le maître d'ouvrage que le bâtiment réponde

aux dernières normes techniques et

énergétiques. C'est pourquoi, en matière

d'équipement technique du bâtiment, une

installation photovoltaïque, une pompe à

chaleur et un système de ventilation avec

récupération de chaleur ont notamment

été prévus.

Outre les aspects écologiques, les aspects

socioculturels ont également été déterminants

pour la planification. Le nouveau

bâtiment devait être conçu de manière

optimale pour former les élèves dans un

environnement agréable, conforme aux

normes actuelles. L'accent a été mis sur

un équipement technique et moderne de

l'école, afin que les jeunes puissent rapidement

s'intégrer dans la vie professionnelle

après avoir obtenu leur diplôme et

se familiariser avec les machines et les

équipements modernes utilisés dans les

entreprises.

Au printemps 2025, les aménagements

extérieurs ont été réalisés afin d'offrir aux

élèves un environnement agréable et motivant.

L'espace extérieur est spécialement

conçu pour être utilisé pendant les pauses

afin de favoriser la détente, les échanges et

les activités en plein air. En outre, un terrain

de sport extérieur multifonctionnel

est intégré, sur lequel les élèves peuvent

pratiquer différents sports et se dépenser

physiquement.

En février 2025, le nouveau bâtiment modulaire

du Lycée Privé Emile Metz (LPEM)

à Differdange a été inauguré.

ALHO Systembau S.à r.l.

3, Rue Fontebierg

L-3381 Livange

www.alho.com


20

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

Toma Janyszek et Steve Majerus © Fonds du Logement

« RÉHABILITER, C’EST AUSSI

UN ACTE DURABLE »

À Eisenborn, l’ancien château s’apprête à écrire un nouveau chapitre

de son histoire. Porté par le Fonds du Logement, le projet de

réhabilitation transformera ce site classé en 14 logements en location

abordable. Entre exigences patrimoniales, découvertes archéologiques

majeures et défis techniques hors normes, le chantier

illustre la complexité de redonner vie à l’existant. Rencontre avec

Toma Janyszek et Steve Majerus, chefs de projets au cœur de cette

transformation ambitieuse.

Le Fonds du Logement rénove

actuellement le château

d’Eisenborn. Que deviendra le site

une fois les travaux terminés ?

Toma Janyszek (TJ) : Le site accueillera

14 logements en location abordable, répartis

entre l’ancien couvent rénové et

un nouveau bâtiment reconstruit dans le

volume de l’ancienne grange. Au total, 48

personnes pourront y résider. L’idée, c’est

de redonner un cycle de vie à ce patrimoine,

tout en répondant à notre mission

première, celle de produire des logements

abordables et de qualité.

Steve Majerus (SM) : Ce site appartient

au Fonds du Logement depuis 1992

et a longtemps accueilli des réfugiés de

l’ex-Yougoslavie notamment. Mais il avait

perdu de sa vitalité. Aujourd’hui, nous

lui redonnons une fonction résidentielle

pérenne, pleinement intégrée au cœur

d’Eisenborn.

Pourquoi avoir fait le choix de la

réhabilitation plutôt que du neuf ?

SM : Le bâtiment et ses abords sont classés

monument national depuis 2015. Dès

lors, la démolition n’était plus envisageable

: le statut de protection impose sa

conservation.

Au-delà de cette contrainte réglementaire,

le site possède une valeur patrimoniale


21

majeure, tant historique qu’architecturale.

Son authenticité et son intégrité ne pourraient

être recréées dans le cadre d’une reconstruction.

Bien qu’une démolition aurait

été juridiquement envisageable avant

le classement, le Fonds du Logement a fait

le choix de privilégier la transmission et la

pérennisation de cet héritage bâti.

La réhabilitation s’inscrit également dans

une logique de développement durable.

Elle permet de conserver la matière existante,

de limiter les émissions de CO₂

liées à une construction neuve et d’optimiser

les ressources déjà mobilisées. Cette

approche contribue en outre à renforcer

l’identité locale et à accompagner la requalification

ainsi que la dynamisation

du centre d’Eisenborn. Pour la commune,

le projet représente ainsi une véritable

plus-value patrimoniale, urbaine et environnementale.

TJ : Réhabiliter, c’est aussi un acte durable.

On conserve la matière existante, on

limite l’empreinte carbone et on valorise

l’identité locale. En ce sens, le projet participe

aussi à la revalorisation du centre

d’Eisenborn. Pour la commune, ce sera

une vraie plus-value.

La réhabilitation engendre

de nombreux défis. Quels sont les

principaux enjeux patrimoniaux

et techniques de ce projet ?

TJ : Le vrai défi, c’est de trouver l’équilibre

entre préservation et exigences contemporaines.

Nous avons conservé un maximum

d’éléments : encadrements en pierre

de taille, porche monumental, pavés, volets

battants, porte d’entrée historique,

cheminées, poutres, planchers structurels…

Tout ce qui pouvait rester en place

a été maintenu.

SM : Chaque élément a été scanné en 3D

afin d’être reposé ensuite à l’identique.

Mais adapter un bâtiment ancien aux

normes actuelles, comme la sécurité incendie,

accessibilité, performance énergétique,

exige des solutions sur mesure.

Cela change-t-il votre manière de

piloter un projet ?

TJ : Complètement. Avec un bâtiment

classé, l’INPA devient un véritable partenaire

décisionnaire. Il faut dialoguer et

trouver des compromis en permanence

pour répondre aux exigences de chacun.

SM : Certaines interventions techniques

initialement prévues, notamment les

saignées pour l’intégration des réseaux

techniques (électricité, HVAC, sanitaires),

n’ont pas pu être réalisées en raison des

contraintes patrimoniales. Nous avons

donc dû repenser entièrement le concept

de distribution des installations, en privilégiant

des solutions alternatives compatibles

avec les exigences de conservation,

telles que les cheminements apparents,

les gaines techniques dédiées ou les doublages

réversibles. Cette reconfiguration a

entraîné des adaptations importantes lors

de la phase d’exécution, impactant directement

à la fois le planning et l’enveloppe

budgétaire du projet.

Un projet de rénovation réserve

aussi souvent des imprévus.

Qu’en a-t-il été jusqu’ici ?

SM : Oui, et de taille ! C’est la nature

même de la rénovation. En 2020, les premiers

sondages archéologiques se sont

révélés immédiatement positifs. Après la

démolition de l’ancienne étable en 2022,

des fondations d’un château plus ancien

ont été découvertes, ainsi que des vestiges

en bois parmi les plus anciens du pays.

TJ : Nous avons dû interrompre le grosœuvre

pour permettre les fouilles de l’IN-

RA. Nous avons tenté d’avancer en parallèle

ailleurs, mais cela a inévitablement

retardé le chantier. Heureusement, nous

avons pu compter sur des entreprises partenaires

compréhensives.

SM : Sans oublier la découverte de peintures

murales du XVIIIe siècle lors des démolitions.

Il a été décidé de les protéger et

de les mettre en valeur.

La rénovation est intense,

exigeante, mais extrêmement

enrichissante. Et la fierté,

à la fin, est immense.

Au-delà du patrimoine,

il y a également la biodiversité…

TJ : Effectivement. L’ancienne étable abritait

des hirondelles et des espèces protégées.

Avant toute démolition, nous avons

dû mettre en place des mesures compensatoires,

notamment la construction de

deux cabanons équipés de nichoirs artificiels.

Comment concilier patrimoine

et performance énergétique ?

TJ : Dans l’ancien couvent, le sous-sol accueillera

les locaux techniques avec une

chaudière à pellets qui alimentera également

un autre projet du Fonds du Logement

situé en face. Les radiateurs en fonte

sont maintenus dans la partie rénovée.

SM : Dans la nouvelle construction, nous

avons opté pour un plancher chauffant

basse température. Dans la partie rénovée,

nous avons aussi intégré un système

de sprinklage pour sécuriser l’escalier en

bois historique.

Un projet aussi complexe

suppose une coordination étroite.

Concrètement, quel est votre rôle

en tant que chefs de projet ?

TJ : Nous centralisons toutes les informations,

traduisons les exigences patrimoniales

en prescriptions techniques, et

assurons le suivi du planning et du budget.

En rénovation, c’est particulièrement

complexe.

SM : Il faut être diplomate. Les discussions

peuvent être longues, parfois complexes,

mais nous avons toujours trouvé

des solutions.

Jusqu’ici, que retenez-vous

humainement de cette expérience ?

SM : La résilience. On n’est jamais à l’abri

d’une surprise, et il faut savoir revoir ses

certitudes. La patience et un peu de diplomatie

sont aussi indispensables. Un défi,

c’est une opportunité d’apprendre, et surtout,

c’est une preuve qu’on avance.

TJ : La rénovation est intense, exigeante,

mais extrêmement enrichissante. Et la

fierté, à la fin, est immense.


22

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

WER DARF FASSADEN UND

DÄCHER REINIGEN? DER

BEFORTER REINIGUNGSDIENST

TAFF WARNT VOR EINER

WACHSENDEN GRAUZONE

Wer sein Haus reinigen lassen

möchte – ob Fassade, Dach oder

gepflasterte Flächen – geht

meist davon aus, dass jede Firma

solche Arbeiten auch ausführen

darf. Das ist jedoch ein

gefährlicher Irrtum.

Denn viele Tätigkeiten an Gebäuden unterliegen

klaren gesetzlichen Regelungen.

Für Arbeiten an Fassaden, Dächern oder

Steinflächen sind spezielle Handelsermächtigungen

des Wirtschaftsministeriums

erforderlich. Dennoch treten immer

wieder Anbieter auf, die ohne diese Genehmigung

arbeiten.

Parallel dazu warnen Polizei und Verbraucherschützer

zunehmend vor problematischen

Geschäftsmodellen im Bereich

der Außenreinigung. Hausbesitzer

berichten von Firmen, die mit extrem

günstigen Preisen werben, unangekündigt

an Haustüren klingeln oder über

soziale Netzwerke spontane Angebote

machen. Im schlimmsten Fall kann das für

Eigentümer teuer werden: Fehlerhafte Arbeiten

an der Gebäudehülle führen oft erst

Monate später zu sichtbaren Schäden –

dann jedoch mit hohen Sanierungskosten.

Zwei Entwicklungen bereiten

Experten Sorgen

Fachleute sehen aktuell vor allem zwei

Risiken:

1. Anbieter ohne Genehmigung

Ein Teil der Firmen bietet Fassaden-, Dachoder

Steinreinigungen an, ohne über die

gesetzlich vorgeschriebene Handelsermächtigung

zu verfügen. Für Hausbesitzer

ist das schwer zu erkennen: Professionelle

Webseiten, Social-Media-Auftritte oder

gebrandete Fahrzeuge vermitteln Seriosität,

die tatsächlich nicht gegeben ist.

Dabei sind die gesetzlichen Anforderungen

nicht ohne Grund streng. Arbeiten an

der Gebäudehülle erfordern Fachwissen,

geeignete Technik und zugelassene Reinigungsmittel.

Fehler können erhebliche

Schäden verursachen.

2. Das „Klingelgeschäft“

Immer häufiger berichten Eigentümer von

Firmen, die gezielt an Haustüren klingeln

oder kurzfristige Angebote online verbreiten.

Typisch ist die Aussage: „Wir arbeiten

gerade in Ihrer Straße und könnten Ihr

Dach direkt mit reinigen.“

Oft wird zusätzlicher Druck aufgebaut,

etwa durch angeblich zeitlich begrenzte

Angebote. Die Arbeiten sollen sofort erfolgen,

verbunden mit der Aufforderung

zur direkten Bezahlung. Viele Betroffene

berichten später, dass die Anbieter nicht

mehr erreichbar waren oder unter neuen

Namen erneut auftreten.

TVA-Nummer ist keine

Arbeitserlaubnis

Ein verbreiteter Irrtum betrifft die sogenannte

TVA-Nummer. Anbieter verweisen

häufig darauf, in Luxemburg steuerlich

registriert zu sein. Doch eine TVA-Nummer

sagt nichts darüber aus, ob ein Unternehmen

berechtigt ist, bestimmte Arbeiten

auszuführen. Gerade bei Fassaden-,

Dach- und Steinreinigungen gelten klare

gesetzliche Vorgaben.

Diese Genehmigungen

sind erforderlich

Für Dachreinigungen ist eine entsprechende

Handelsermächtigung notwendig,

etwa im Bereich Dach- und Schornsteinarbeiten:

„ramoneur – fumiste – nettoyeur

TAFF Geschäftsführer Marco Schmitz


23

Technik im TAFF Reinigungsfahrzeug

TAFF Dachreinigung mit Lanze und Steiger

de toitures – constructeur – poseur de

cheminées et de poêles“. Für Fassadenund

Steinreinigungen wird die Genehmigung

„nettoyeur de bâtiments et de monuments“

benötigt.

Ohne diese darf ein Unternehmen die Arbeiten

offiziell nicht durchführen. Hausbesitzer

können die Berechtigung über

die Plattform des Wirtschaftsministeriums

prüfen: guichet.public.lu

Lockangebote

und irreführende Preise

Neben fehlenden Genehmigungen beobachten

Experten zunehmend aggressive

Preisstrategien. In Anzeigen oder sozialen

Netzwerken wird mit extrem niedrigen

Quadratmeterpreisen geworben, etwa

„9,90 € pro m² – nur für kurze Zeit“.

In der Praxis dient dieser Preis oft nur

dazu, den Auftrag schnell zu sichern. Vor

Ort werden dann zusätzliche Kosten berechnet

– etwa für stärkere Verschmutzung,

zusätzliche Mittel oder angebliche Zusatzarbeiten.

Auch Flächen werden nachträglich

anders berechnet. Am Ende liegt der

Preis häufig deutlich über dem ursprünglichen

Angebot.

Typisch ist zudem, dass Kunden unter

Zeitdruck gesetzt werden, um sofort zu

unterschreiben.

Fragwürdige Referenzen

Ein weiteres auffälliges Phänomen: Identische

Vorher-Nachher-Bilder tauchen bei

verschiedenen Anbietern auf – teilweise

sogar in unterschiedlichen Ländern.

Für Hausbesitzer ist kaum nachvollziehbar,

ob diese Referenzen echt sind.

Experten gehen davon aus, dass Bilder

häufig aus dem Internet übernommen

oder weitergegeben werden, um Professionalität

vorzutäuschen.

Weitere Warnsignale

Mehrere Faktoren können auf unseriöse

Anbieter hindeuten:

• keine klare Firmenanschrift, nur Mobilnummer

oder Social-Media-Profil

• mangelnde Erreichbarkeit nach Auftragserteilung

• Arbeiten ohne Sicherheitsausrüstung

oder geeignete Technik

Gerade der Arbeitsschutz ist ein wichtiger

Indikator. Fassaden- und Dacharbeiten

erfordern häufig spezielle Geräte und geschultes

Personal.

Fachwissen entscheidet

über den Werterhalt

Die Reinigung von Fassaden, Dächern und

Steinflächen ist technisch anspruchsvoll.

Fehler können langfristige Schäden verursachen:

• Hochdruckreiniger können Fassadenoberflächen

zerstören, sodass Feuchtigkeit

eindringt

• Dächer verlieren durch falsche Reinigung

ihre Schutzschicht

• Naturstein reagiert empfindlich auf

ungeeignete Chemikalien

• Biozidprodukte unterliegen strengen

EU-Vorschriften und müssen zugelassen

sein

Viele Schäden zeigen sich erst nach Monaten.

Dann ist der Anbieter oft nicht

mehr erreichbar – und die Kosten trägt der

Eigentümer.

TAFF Reinigungsdienst: Fachbetrieb

mit geprüfter Qualifikation

Beispiel eines seriösen Anbieter in Luxemburg

ist der Reinigungsdienst TAFF

aus Befort. Das Unternehmen beschäftigt

35 Mitarbeiter und ist auf professionelle

Außenreinigung spezialisiert.

Geschäftsführer Marco Schmitz weist darauf

hin, dass viele Hausbesitzer die Genehmigungspflicht

nicht kennen: „Wenn

jemand an der Haustür klingelt oder ein

Angebot online macht, wird oft automatisch

angenommen, dass die Firma die

Arbeiten auch ausführen darf. Das ist aber

oft nicht der Fall.“

TAFF arbeitet ausschließlich mit den

erforderlichen Handelsermächtigungen,

geschultem, eigenen Fachpersonal

und zugelassenen Reinigungsverfahren.

Zum Einsatz kommen materialschonende

Techniken, die auf den jeweiligen

Untergrund abgestimmt sind – etwa Niederdruckverfahren

bei empfindlichen Fassaden

oder Reinigung mit Reinwasser bei

der Reinigung von Solaranlagen.

Zudem setzt das Unternehmen auf Zukunftsfähigkeit

durch gute Organisation und

ein top-aufgestelltes Team mit modernster

Ausstattung und Arbeitsvorbereitung.

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24

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION

LOGEMENT AU LUXEMBOURG : UN

MARCHÉ EN QUÊTE DE REPÈRES

Le marché immobilier luxembourgeois tente de se stabiliser après

plusieurs mois de turbulences. Mieux encadrer l’action publique

et soutenir le secteur : Claude Meisch, ministre du Logement et de

l’Aménagement du territoire, détaille les enjeux et les mesures mises

en place pour répondre à cette situation.

L’enjeu est de trouver des

leviers intelligents, capables

de soutenir l’activité sans

alimenter la spéculation

ni recréer les déséquilibres

structurels du marché


25

Le marché du logement

luxembourgeois est aujourd’hui

décrit comme étant en

« permacrise ». Partagez-vous

ce constat ?

Nous sommes toujours dans une phase de

réajustement après la flambée des prix que

l’on a connue entre 2017 et 2022. À un moment,

les taux d’intérêt ont très vite augmenté

et cela a stoppé une grande partie

des ventes. Aujourd’hui, on observe une

situation contrastée. Le marché de l’ancien

commence à retrouver une certaine

fluidité, avec des ajustements de prix qui

permettent progressivement de reconnecter

l’offre et la demande. En revanche,

d’autres segments restent nettement plus

fragiles, en particulier la vente sur plan,

qui peine à redémarrer. Nous sommes

donc dans une phase intermédiaire, où le

marché cherche un nouvel équilibre entre

des prix qui se corrigent, des conditions de

financement plus strictes et une demande

qui reste présente, mais plus prudente.

L’enjeu, pour les mois à venir, sera d’accompagner

cette transition sans recréer

les tensions qui ont conduit à la situation

que nous avons connue.

La vente en état futur

d’achèvement (VEFA) semble en

effet particulièrement touchée.

Comment expliquez-vous cette

situation ?

La principale difficulté tient à une perte

de confiance assez profonde. Les faillites

de certains promoteurs et l’arrêt brutal

de chantiers ont laissé des traces, parfois

très lourdes, pour des ménages qui avaient

déjà investi une partie importante de

leur épargne dans un projet qui ne s’est

jamais concrétisé. Ce type de situation

est évidemment extrêmement marquant

et a conduit de nombreux acquéreurs à se

détourner de la vente sur plan, au profit de

biens existants, perçus comme plus sûrs et

plus immédiats.

À cela s’ajoute une incertitude structurelle

liée au fonctionnement même de la VEFA.

Les délais de réalisation restent souvent

difficiles à anticiper, notamment lorsque

le démarrage du chantier dépend du rythme

de commercialisation. Pour un acquéreur,

cela signifie qu’il est parfois compliqué

de se projeter concrètement dans le

temps, ce qui renforce l’hésitation. Dans

ce contexte, il est essentiel de renforcer

le cadre juridique pour mieux protéger les

acheteurs et sécuriser les opérations. Une

réforme est en préparation pour apporter

davantage de garanties et de transparence,

avec l’objectif de restaurer la confiance

dans ce mécanisme, qui reste indispensable

pour assurer la production de nouveaux

logements.

Un nouveau « paquet logement »

est en préparation. Quelles en

seront les grandes orientations ?

Nous travaillons effectivement sur un

ensemble de mesures qui visent à soutenir

la reprise de l’activité, tout en évitant

de recréer une dynamique de hausse des

prix. C’est un exercice d’équilibre particulièrement

délicat. Certaines mesures fiscales

temporaires ont été introduites ces

dernières années pour stimuler le marché

et nous devons aujourd’hui en évaluer

précisément les effets afin de déterminer

lesquelles doivent être maintenues, adaptées

ou abandonnées. L’idée n’est pas d’agir

de manière uniforme, mais de cibler

les dispositifs qui ont un réel impact sur

l’accession à la propriété et la production

de logements.

En parallèle, nous réfléchissons à des

ajustements des aides individuelles, notamment

pour mieux accompagner les

ménages à revenus modestes ou intermédiaires,

qui sont aujourd’hui particulièrement

affectés par les nouvelles conditions

de financement. Il s’agit de leur redonner

une capacité d’accès au marché, dans

un contexte où les taux d’intérêt se sont

stabilisés à un niveau plus élevé qu’auparavant.

Mais nous restons vigilants : une

stimulation trop forte pourrait mécaniquement

se traduire par une remontée des

prix, ce que nous voulons absolument éviter.

L’enjeu est donc de trouver des leviers

intelligents, capables de soutenir l’activité

sans alimenter la spéculation ni recréer

les déséquilibres structurels du marché.

L’État a fortement accru ses

investissements dans le logement

abordable ces dernières années.

Comment évaluez-vous l’efficacité

de cette stratégie ?

Elle répond à un double objectif. D’une

part, elle permet de soutenir le secteur de

la construction qui traverse une période

difficile, en apportant des débouchés

concrets à des projets qui, sans intervention

publique, pourraient rester à l’arrêt.

D’autre part, et c’est sans doute l’essentiel,

elle permet à l’État de constituer

progressivement un parc de logements

qu’il peut mettre à disposition à des conditions

abordables. Dans ce sens, il ne s’agit

pas d’une dépense à fonds perdu, mais

d’un investissement pour la politique

du logement.

Nous constatons également des effets

indirects positifs. Lorsqu’un projet

est partiellement acquis par l’État, cela

peut faciliter le financement du reste de

l’opération, en rassurant les partenaires

financiers et en sécurisant une partie des

ventes. Il y a donc un véritable effet de

levier. Mais au-delà de ces aspects économiques,

l’objectif reste avant tout social :

augmenter l’offre de logements accessibles

pour les ménages qui en ont le plus

besoin. Dans un marché aussi tendu que

celui du Luxembourg, le développement

d’un parc locatif public solide constitue un

outil essentiel pour garantir une certaine

cohésion sociale.

Les communes semblent jouer

un rôle de plus en plus important

dans cette dynamique. Comment

renforcer cette coopération ?

Les communes sont effectivement des

acteurs clés et leur implication s’est nettement

renforcée ces dernières années.

Dès le début de mon mandat, j’ai souhaité

établir un dialogue direct avec elles,

notamment en allant à la rencontre des

équipes locales pour mieux comprendre

leurs contraintes et leurs attentes. Cela

a permis d’installer une relation de confiance

et de faire émerger une dynamique

plus collaborative autour des enjeux du

logement.

Nous avons néanmoins identifié certains

freins, notamment dans les mécanismes

de financement et de subventionnement,

qui peuvent parfois décourager les initiatives

locales. C’est pourquoi un projet

de loi est en cours pour simplifier et optimiser

ces dispositifs, afin de donner aux

communes davantage de moyens et de

flexibilité. Nous observons déjà des résultats

concrets : de plus en plus de communes

développent leurs propres projets de

logements abordables, parfois en intervenant

directement sur le marché. Cette mobilisation,

combinée à celle des promoteurs

publics, des associations et du secteur

privé, contribue à créer une approche plus

collective et plus structurée de la production

de logements.


26

BRÈVES

MINISTERIELLES

PAR ARMAND D'ANTONIO

LOGEMENT : LE PACTE

LOGEMENT 2.0 POUR SOUTENIR

LES COMMUNES

Le ministère du Logement poursuit la

mise en œuvre du Pacte Logement 2.0,

un dispositif destiné à soutenir activement

les communes dans la création

de logements abordables. L’État encourage

notamment les communes à

acquérir des terrains et à développer

de nouveaux quartiers résidentiels durables.

Plusieurs projets pilotes ont été

lancés dans différentes communes afin

de favoriser la mixité sociale et l’accès

au logement pour les jeunes ménages.

Le gouvernement accompagne ces

initiatives par des aides financières

importantes et par un cadre réglementaire

simplifié. Les communes qui s’engagent

dans cette démarche peuvent

ainsi bénéficier d’un soutien technique

et financier pour développer des projets

de logements publics ou mixtes,

contribuant à répondre à la pression

immobilière qui touche le pays.

INNOVATION ET ÉCONOMIE :

SOUTENIR LES SMART CITIES

Le ministère de l’Économie poursuit

ses efforts pour soutenir l’innovation

et le développement des Smart Cities

au Luxembourg. Plusieurs initiatives

visent à encourager l’utilisation des

technologies numériques dans la gestion

des infrastructures urbaines. Des

projets pilotes permettent par exemple

de tester des solutions de gestion intelligente

de l’énergie, de mobilité durable

ou encore de collecte de données urbaines.

Ces initiatives sont menées en

collaboration avec les communes, les

entreprises et les centres de recherche

afin de développer des solutions innovantes

adaptées aux besoins des territoires.

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE :

LE PROGRAMME KLIMABONUS

SE POURSUIT

Le ministère de l’Environnement et du

Climat continue de déployer le programme

Klimabonus, destiné à encourager

la transition énergétique au

Luxembourg. Ce dispositif soutient des

projets concrets tels que l’installation

de pompes à chaleur, la rénovation

énergétique des bâtiments ou la mise

en place de panneaux photovoltaïques.

Les communes peuvent également

bénéficier de ces aides pour améliorer

l’efficacité énergétique de leurs infrastructures

publiques. Le programme

vise à réduire les émissions de CO₂ et

à encourager l’utilisation des énergies

renouvelables. En parallèle, l’État accompagne

les citoyens et les collectivités

locales dans leurs démarches de

rénovation énergétique grâce à des

conseils techniques et à des incitations

financières.

RECHERCHE ET INNOVATION : REN

FORCER LA COOPÉRATION SCIEN

TIFIQUE

Le ministère de la Recherche et de

l’Enseignement supérieur poursuit la

mise en œuvre de la stratégie nationale

d’innovation. Celle-ci vise à renforcer

les collaborations entre universités,

centres de recherche et entreprises.

Plusieurs programmes soutiennent des

projets dans des domaines tels que

l’intelligence artificielle, la santé ou la

transition énergétique. L’objectif est de

renforcer la compétitivité du Luxembourg

et de favoriser le développement

de technologies innovantes. Ces projets

contribuent également à attirer des

talents internationaux et à renforcer

l’écosystème scientifique national.

DIGITALISATION : RENFORCER L’IN

CLUSION NUMÉRIQUE

Le ministère de la Digitalisation poursuit

ses initiatives visant à réduire la

fracture numérique. Plusieurs programmes

ont été lancés afin de permettre

aux citoyens d’acquérir des

compétences digitales essentielles.

Des formations gratuites sont notamment

proposées en collaboration avec

des associations et des communes. Le

gouvernement développe également

de nouveaux services administratifs en

ligne afin de simplifier les démarches

des citoyens. L’objectif est de rendre

les services publics plus accessibles et

plus efficaces grâce aux technologies

numériques. Les administrations communales

jouent un rôle clé dans ce

processus en facilitant l’accès aux outils

numériques et en accompagnant les citoyens

dans leurs démarches digitales.

MOBILITÉ : MODERNISER LES IN

FRASTRUCTURES DE TRANSPORT

Le ministère de la Mobilité et des Travaux

publics poursuit la modernisation

des infrastructures de transport au

Luxembourg. Plusieurs projets visent

à améliorer la fluidité du trafic et à encourager

les modes de déplacement

durables. Le développement du réseau

de pistes cyclables nationales, l’amélioration

des infrastructures ferroviaires

et l’extension des réseaux de transport

public figurent parmi les priorités. L’objectif

est de proposer des alternatives

efficaces à la voiture individuelle tout

en accompagnant la croissance démographique

du pays.


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28

| FORMATION

SE FORMER

CONTINUELLEMENT

POUR ÉVOLUER OU

SE RÉORIENTER

Dans un contexte de transformation du marché du travail, la formation

continue s’impose comme un levier essentiel d’évolution

professionnelle. Entre montée en compétences et reconversion, les

parcours se diversifient selon les besoins. Au Luxembourg, l’offre

s’adapte aux contraintes des actifs grâce à des formats flexibles et

une pédagogie axée sur la pratique. L’essor de l’intelligence artificielle

renforce par ailleurs le besoin de formation, afin de permettre

à chacun d’en comprendre les usages et d’en maîtriser les enjeux. Explications

avec Stefano Araujo, conseiller en formation à la Chambre

des salariés.

Monter en compétences…

ou changer de secteur

Deux notions structurent aujourd’hui les

parcours de formation : la montée en compétences

et la reconversion (upskilling et

reskilling).

La montée en compétences, tout d’abord,

concerne les personnes souhaitant approfondir

leurs connaissances ou élargir

leur champ d’expertise. « C’est acquérir de

nouvelles compétences, souvent dans son

domaine, mais pas uniquement », précise

Stefano Araujo. Cela peut aller de l’apprentissage

d’outils bureautiques à des

formations en leadership ou encore à la

prise en main d’outils liés à l’intelligence

artificielle.

À l’inverse, la reconversion s’inscrit dans

une logique de changement plus profond.

« Il s’agit, là, d’évoluer de manière horizontale,

de changer de secteur ou d’activité

», explique-t-il.

Une offre adaptée aux contraintes

des apprenants

Pour répondre à ces besoins variés, l’offre

de formation doit elle-même s’adapter.

Au Luxembourg, une grande partie des

apprenants suit des formations en parallèle

de leur activité professionnelle. Cela

implique une organisation spécifique.

« Cours du soir, formations concentrées

en fin de semaine, séminaires ponctuels :

les formats sont pensés pour s’intégrer

dans des emplois du temps souvent chargés.

Les personnes continuent à travailler.

Les formations sont ainsi aménagées en

fonction de leurs contraintes », souligne

Stefano Araujo.

Les entreprises peuvent également libérer

leurs salariés pour suivre des formations

ou encore coconstruire des programmes

sur mesure. « Nous offrons la possibilité

d’élaborer des formations adaptées à

leurs besoins spécifiques, que ce soit en

cybersécurité, en secrétariat ou dans bien

d’autres domaines », ajoute-t-il.

Contrairement à des

formations plus théoriques,

les participants travaillent sur

des cas concrets, manipulent

des outils et bénéficient d’un

encadrement personnalisé

Une pédagogie tournée

vers la pratique

L’accent est mis sur des approches

concrètes et directement applicables.

« Nous privilégions le hands-on. L’objectif,

c’est que les participants puissent utiliser

immédiatement ce qu’ils apprennent »,

insiste Stefano Araujo. Contrairement à

des formations plus théoriques, les participants

travaillent sur des cas concrets,

manipulent des outils et bénéficient d’un

encadrement.

Dans de nombreux cas, ces formations

débouchent sur des certifications ou des

diplômes, ce qui renforce leur valeur sur le

marché du travail. Elles demandent également

un investissement personnel important.

« Il y a souvent du travail en dehors

des cours, des révisions, des préparations.

Mais à la fin, il y a une reconnaissance,

parfois même une évolution professionnelle

», rappelle-t-il.


29

Il y a un vrai besoin d’éclaircir ce

qu’est l’IA et comment l’utiliser

Stefano Araujo, conseiller en formation à la Chambre des salariés

L’intelligence artificielle,

un accélérateur de transformation

S’il est un sujet qui cristallise les évolutions

actuelles, c’est bien celui de l’intelligence

artificielle puisqu’elle accélère les

transformations en cours et soulève de

nombreuses questions. « Aujourd’hui, elle

s’intègre progressivement dans les formations,

que ce soit comme outil ou comme

sujet d’apprentissage », déclare Stefano

Araujo.

Pourtant, comme toutes les technologies,

son utilisation nécessite un cadre clair.

« Il faut apprendre à utiliser l’IA de manière

raisonnée et responsable car les

enjeux sont multiples : protection des

données, confidentialité, fiabilité des informations…

Ce sont autant de points

qui nécessitent une vigilance accrue », insiste-t-il.

Former pour mieux comprendre

et maîtriser

« Il y a un vrai besoin d’éclaircir ce qu’est

l’IA et comment l’utiliser », explique le

conseiller. L’objectif n’est pas de remplacer

l’humain, mais de lui donner les moyens

de garder le contrôle sur ces outils. « L’IA

peut être un très bon outil, mais seulement

si elle est utilisée et dirigée par des

personnes qui maîtrisent leur domaine ».

Cette approche se retrouve également

dans d’autres secteurs, notamment l’industrie,

où les métiers évoluent vers davantage

de supervision, d’analyse et d’anticipation.

« On demande de plus en plus

aux personnes de surveiller, d’interpréter

et de réagir », souligne-t-il.

Au service des salariés

Au-delà des formations elles-mêmes,

l’enjeu est aussi de rendre la formation

accessible au plus grand nombre. « Notre

objectif, c’est de permettre à chacun de se

former, quel que soit son parcours ou son

niveau initial », rappelle Stefano Araujo.

Cela passe notamment par la reconnaissance

de l’expérience professionnelle qui

peut ouvrir l’accès à des formations universitaires

; une manière de valoriser les

parcours atypiques et de favoriser l’évolution

professionnelle.

Pour s'inscrire aux formations, rendez-vous

sur : www.LLLC.lu

Notre objectif, c’est

de permettre à chacun

de se former, quel que soit son

parcours ou son niveau initial

Luxembourg Lifelong Learning Centre

2-4, rue Pierre Hentges

L-1726 Luxembourg

www.lllc.lu


30

| FORMATION

FORMER POUR

TRANSFORMER :

LE PARI GAGNANT

DES ENTREPRISES

S’adapter, évoluer, anticiper : au Luxembourg, la formation continue

guide les entreprises à chaque étape de leurs transformations. Bien

plus que le développement de compétences, elle façonne de nouvelles

manières de travailler et de progresser. Regards croisés avec

Muriel Morbé, CEO de la House of Training.

Pouvez-vous nous présenter la

House of Training et sa mission au

sein de l’écosystème économique

luxembourgeois ?

La House of Training a été créée en 2015

à l’initiative de la Chambre de commerce

et de l’ABBL (Association des Banques et

Banquiers Luxembourg), avec une mission

centrale : soutenir la compétitivité de

l'économie luxembourgeoise en développant

et renforçant les compétences des

entreprises, de leurs dirigeants et de leurs

collaborateurs, grâce à des programmes et

des plans de formations adaptés aux besoins

du marché. Dès le départ, l’ambition

a été d’anticiper les évolutions du marché

du travail, en identifiant à la fois les be-

soins immédiats et ceux à venir, afin d’accompagner

les acteurs économiques dans

leurs transformations.

Nous nous positionnons comme un partenaire

de formation proche du terrain, au

service des dirigeants comme des collaborateurs.

Notre rôle est de proposer des parcours

adaptés à la diversité des secteurs et

des profils présents au Luxembourg. Notre

offre s’est ainsi fortement développée,

avec aujourd’hui plus de 1.400 formations

réparties dans 23 domaines, allant de l’entrepreneuriat

aux compétences transversales.

comme les ressources humaines,

le droit ou la fiscalité, en passant par des

formations sectorielles, notamment dans

la finance, mais aussi dans l’immobilier,

l’industrie ou l’Horeca. Notre modèle repose

sur une collaboration étroite avec

l’écosystème : nous travaillons avec une

soixantaine de partenaires (associations

et fédérations professionnelles) et un réseau

de plus de 800 formateurs experts

issus du monde professionnel. Cette approche

nous permet de proposer des

contenus concrets, en prise directe avec

les réalités du terrain et d’offrir également

des formations catalogue et sur-mesure,

adaptées aux besoins spécifiques

des entreprises.

Muriel Morbé, CEO


31

Au-delà de l’acquisition

de compétences, comment

la formation peut-elle, selon vous,

transformer concrètement

le quotidien des entreprises

et le travail de leurs équipes ?

La formation n’est pas seulement un

moyen d’apprendre : c’est un véritable

catalyseur d’efficacité et d’innovation

au sein des entreprises. Elle permet aux

équipes de réfléchir différemment, de partager

leurs expériences, d'appréhender les

transformations et les transitions comme

des opportunités et de tester de nouvelles

approches. Par ailleurs, nos formations

favorisent les échanges entre participants

de différentes entreprises confrontées aux

mêmes défis, ce qui enrichit les pratiques

et ouvre de nouvelles perspectives.

Nous veillons également à ce que chaque

formation ait un impact concret : les

contenus sont directement applicables et

les participants repartent avec des outils

qu’ils peuvent utiliser dès le lendemain

dans leur fonction. Cela renforce non

seulement les compétences individuelles,

mais stimule aussi la collaboration, la

créativité et la capacité à résoudre des

problèmes réels. La formation devient ainsi

un moteur pour améliorer les processus,

fluidifier la communication et renforcer la

compétitivité et l'efficacité collective, tout

en donnant aux collaborateurs un vrai

sentiment de progression et d’autonomie.

C’est précisément là que notre

rôle prend tout son sens :

accompagner les entreprises

pour identifier leurs besoins et

les orienter vers des formations

réellement utiles. Car dès lors

que l’impact devient tangible,

l’engagement suit beaucoup

plus naturellement

Quels sont aujourd’hui les

principaux freins qui empêchent

encore certaines entreprises

d’investir dans la formation ?

Il est important de rappeler que la formation

relève d’une responsabilité partagée.

Elle implique à la fois l’employeur, qui doit

créer un cadre et insuffler une véritable

culture d’apprentissage et les collaborateurs,

qui doivent s’inscrire avec le manager

dans cette dynamique avec une volonté

d’évoluer. Tant que cette dimension n’est

pas pleinement intégrée, il est plus difficile

de faire de la formation un levier naturel

de développement.

Dans les faits, le principal obstacle reste

bien souvent le temps. Bien avant la

question budgétaire, c’est la disponibilité

des équipes qui peut être un frein. Dans

un contexte de tension sur le marché de

l’emploi, où de nombreuses entreprises

peinent à recruter, libérer un collaborateur

pendant une ou plusieurs journées

représente un véritable défi organisationnel.

Cela suppose d’anticiper, de redistribuer

les tâches.

La question du coût existe, bien sûr, mais

le cofinancement permet de faciliter l’investissement

dans la formation professionnelle

continue. En revanche, un autre

enjeu apparaît souvent : celui d'identifier

les compétences à développer en réponse

aux défis actuels et futurs. Face à une offre

abondante, il n’est pas toujours évident

pour une entreprise d’identifier les programmes

les plus adaptés à ses besoins

spécifiques et à sa stratégie de développement.

C’est précisément là que notre rôle

prend tout son sens : accompagner les

entreprises pour identifier leurs besoins

et les orienter vers des formations réellement

utiles. Car dès lors que l’impact

devient tangible, l’engagement suit beaucoup

plus naturellement.

Ces dernières années, avezvous

observé une évolution

des compétences recherchées,

notamment avec l’essor de

l’intelligence artificielle ?

Le changement est indéniable et il s’inscrit

dans une transformation beaucoup

plus large du monde du travail. L’accélération

technologique, portée notamment

par l’intelligence artificielle, entraîne

l’émergence de nouvelles compétences,

en particulier dans des domaines comme

la data, la cybersécurité ou encore la compréhension

des cadres réglementaires,

eux aussi en constante évolution. Mais

au-delà de ces compétences techniques,

c’est surtout la nature même des parcours

professionnels qui a profondément changé.

Nous ne sommes plus dans un modèle

où l’on apprend un métier une fois pour

toutes, au début de sa carrière, pour ensuite

l’exercer de manière relativement

stable pendant plusieurs décennies. De

la même manière, les trajectoires au

sein d’une seule et même entreprise deviennent

plus rares. Cette réalité impose

une évolution continue des compétences.

Dans ce contexte, la capacité d’adaptation

s’impose comme la compétence clé. Être

en mesure d’apprendre, de se réinventer

et d'évoluer en permanence face aux

transformations devient essentiel. Cette

agilité intellectuelle et professionnelle

est aujourd’hui tout aussi importante, sinon

plus, que la maîtrise d’un savoir-faire

précis. Les chiffres confirment d’ailleurs

cette tendance : d’ici 2030, près de 40%

des compétences devraient évoluer et environ

90% des métiers seront impactés par

l’intelligence artificielle. Ces perspectives

peuvent susciter des inquiétudes, mais

il est important de les appréhender avec

recul. L’intelligence artificielle doit avant

tout être perçue comme un levier, un outil

capable de faciliter certaines tâches et de

libérer du temps pour des missions à plus

forte valeur ajoutée. Cela implique néanmoins

un effort d’accompagnement. La

formation et la sensibilisation jouent un

rôle central pour aider les professionnels

à comprendre ces évolutions, à en saisir

les opportunités et à dépasser les craintes

qu’elles peuvent générer. C’est un investissement

stratégique, tant pour les entreprises

que pour les individus.

Dans cette dynamique, l’intelligence artificielle

est désormais pleinement intégrée

dans les dispositifs de formation. D’un

côté, elle fait l’objet de programmes dédiés

et de l’autre, elle s’invite plus largement

dans l’ensemble des parcours, tant elle

est devenue transversale. Parallèlement,

elle transforme aussi les méthodes pédagogiques

elles-mêmes : personnalisation

des parcours, développement de formats à

distance, adaptation plus fine aux besoins

individuels. Pour autant, ces outils restent

complémentaires. L’échange, l’interaction

et l’apprentissage collectif conservent une

place centrale, que la technologie vient

enrichir plutôt que remplacer.

House of Training

7, rue Alcide de Gasperi - BP490

L-2014 Luxembourg

www.houseoftraining.lu


32

BRÈVES

ÉCONOMIQUES

PAR ARMAND D'ANTONIO

MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

La mobilité du futur se développe au

Luxembourg et dans la Grande région

La transition vers la mobilité électrique

se développe rapidement dans

la Grande Région. Au Luxembourg, le

groupe énergétique Encevo a déployé

le réseau national de bornes de recharge

Chargy, qui permet aux véhicules

électriques de circuler facilement

dans tout le pays.

Des coopérations existent également

avec les réseaux de recharge en Belgique,

en Allemagne et en France afin

de faciliter les déplacements transfrontaliers.

Plusieurs constructeurs

automobiles européens et entreprises

énergétiques collaborent ainsi pour

développer des infrastructures compatibles

dans toute la région.

SIDÉRURGIE

Un pilier industriel de la Grande Région

Le groupe ArcelorMittal reste l’un des

principaux acteurs industriels de la

Grande Région. L’entreprise exploite

plusieurs sites industriels au Luxembourg,

notamment à Belval et Differdange,

mais également en Lorraine et

en Belgique.

Cette présence transfrontalière illustre

l’interconnexion industrielle de la région,

où les chaînes d’approvisionnement

dépassent largement les frontières

nationales. ArcelorMittal investit

actuellement dans la modernisation et

la décarbonation de ses installations

afin de réduire les émissions de CO 2

et d’adapter la production d’acier aux

exigences environnementales européennes.

LOGISTIQUE

Le Luxembourg au cœur des flux européens

Grâce à sa position géographique centrale,

le Luxembourg joue un rôle important

dans la logistique européenne.

L’entreprise CFL Multimodal développe

notamment des solutions de transport

combiné rail-route reliant le Luxembourg

aux grands centres économiques

de France, de Belgique et d’Allemagne.

Les plateformes logistiques situées au

Luxembourg permettent d’organiser le

transport de marchandises dans toute

la Grande Région et contribuent à renforcer

l’attractivité économique du territoire.

ÉNERGIE ET CARBURANT

Les prix de l’essence influencent l’économie

régionale

Les variations du prix de l’essence ont

un impact direct sur l’économie de la

Grande Région. Les stations-service

luxembourgeoises attirent régulièrement

les automobilistes frontaliers

lorsque les prix du carburant sont plus

compétitifs qu’en France, en Belgique

ou en Allemagne.

Ce phénomène de « tourisme à la

pompe » contribue de manière significative

à l’activité économique du secteur

pétrolier luxembourgeois. À l’inverse,

lorsque les prix augmentent, les

volumes de carburant vendus peuvent

diminuer et affecter la fréquentation

des stations-service.

INNOVATION

Le Luxembourg attire les entreprises

technologiques

Le Luxembourg renforce également

son attractivité dans les secteurs technologiques

et spatiaux. L’entreprise

SES, basée au Luxembourg, est aujourd’hui

l’un des leaders mondiaux

dans le domaine des satellites de télécommunication.

Autour de cet acteur majeur s’est développé

un véritable écosystème spatial

regroupant start-ups, centres de recherche

et entreprises technologiques.

Ce secteur contribue à positionner le

Luxembourg comme un acteur innovant

dans l’économie européenne et

mondiale.

FONDS D’INVESTISSEMENT

Le Luxembourg reste une place financière

mondiale

Le Luxembourg confirme son rôle de

premier centre européen des fonds

d’investissement et deuxième place

mondiale après les États-Unis. Les

fonds domiciliés au Luxembourg gèrent

plusieurs milliers de milliards d’euros

d’actifs et attirent des investisseurs du

monde entier.

Cette industrie constitue l’un des piliers

de l’économie luxembourgeoise et emploie

directement ou indirectement des

dizaines de milliers de personnes dans

les secteurs de la finance, du droit et de

l’audit. Grâce à un cadre réglementaire

stable et à une expertise reconnue, le

Luxembourg reste une plateforme privilégiée

pour la création et la gestion de

fonds internationaux.


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34

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

ENOPRIMES : DIX ANS POUR

ACCÉLÉRER LA TRANSITION

ÉNERGÉTIQUE AU LUXEMBOURG

Lancé en 2015 pour répondre à une directive européenne, le programme

enoprimes s’est progressivement imposé comme un levier

clé de la transition énergétique au Luxembourg. Porté par Enovos et

animé par l’energieagence, il accompagne particuliers et professionnels

dans leurs projets d’économies d’énergie. En dix ans, les résultats

sont significatifs, tant sur le plan économique qu’environnemental,

illustrant la montée en puissance d’un dispositif désormais incontournable.

Laurent Magi, responsable des services liés à la transition

énergétique chez Enovos et Yoann Lintz, responsable du service enoprimes

& Subsides à l’energieagence, nous en disent plus.

Cette progression s’explique par plusieurs

facteurs : la simplification des procédures,

le développement d’outils numériques

performants, mais aussi l’extension d’un

réseau de partenaires aujourd’hui fort de

800 acteurs. « Nous ne pouvons pas atteindre

nos objectifs seuls. Ce sont nos

partenaires qui sont en contact direct avec

les clients et qui jouent un rôle clé », insiste-t-il.

Une montée en puissance

progressive

« Au départ, il faut bien comprendre que cela

découle d’une obligation européenne »,

rappelle Laurent Magi, responsable des

services liés à la transition énergétique

chez Enovos. La directive de 2012 fixe en

effet des objectifs ambitieux en matière

d’économies d’énergie et laisse aux États

membres le choix des mécanismes pour

les atteindre. Le Luxembourg a opté pour

un modèle impliquant directement les

fournisseurs d’énergie, dont fait partie

Enovos.

Le programme a été lancé en 2015 et développé

initialement en interne chez

Enovos. « Très vite, il s’est rapidement

structuré autour d’un partenariat renforcé

avec l’energieagence, qui a aujourd’hui

la charge de l’opérationnel. Nous nous

sommes effectivement vite rendu compte

qu’il ne suffisait pas de gérer des dossiers

administratifs. Il fallait de l’ingénierie et

de l’expertise technique », explique-t-il.

L’agence située à Howald assure désormais

l’ensemble du suivi des projets, de

l’analyse technique jusqu’à la validation

des économies d’énergie.

Aujourd’hui, le programme repose sur

une organisation solide et transversale.

« Notre rôle, c’est d’identifier, de valoriser

et d’accompagner des projets d’économie

d’énergie, quel que soit le secteur », précise

Yoann Lintz, responsable du service

enoprimes & Subsides à l’energieagence.

Particuliers, entreprises, industries ou

administrations : tous peuvent bénéficier

du dispositif, à condition de démontrer un

gain énergétique mesurable.

Des résultats significatifs en dix ans

Après une première phase en demi-teinte

pour atteindre les objectifs fixés, le programme

a connu une accélération notable

à partir de 2020. « Nous avons capitalisé année

après année, gagné en efficacité et aujourd’hui

nous atteignons nos objectifs »,

souligne Laurent Magi.

Certains chiffres témoignent de cette

montée en puissance. En dix ans, enoprimes

a permis de générer environ 1.600

GWh d’économies d’énergie, soit l’équivalent

d’une fois et demie la consommation

annuelle d’électricité des ménages

luxembourgeois. Plus de 40 millions d’euros

de primes ont été distribués, et près

de 27.000 projets ont été soutenus. Le

nombre de dossiers traités illustre également

cette dynamique. « De quelques

centaines à ses débuts, le programme est

passé à plus de 55.000 projets analysés

en 10 ans. Nous sommes sur une évolution

exponentielle, que ce soit en volume

d’économies ou en nombre de dossiers »,

confirme Yoann Lintz.


35

Un dispositif fondé

sur l’accompagnement

Au-delà des chiffres, enoprimes se distingue

par son approche. « Ce programme

n’est pas un guichet où l’on dépose un

dossier pour obtenir une aide. Il y a un vrai

travail de conseil et d’accompagnement

», souligne Yoann Lintz. Le montant des

primes est directement lié aux économies

d’énergie générées. Cette logique incitative

permet de valoriser des projets très

variés, allant de la rénovation énergétique

des logements à l’optimisation de procédés

industriels. « Quel que soit le projet,

à partir du moment où il y a un gain

d'économie d'énergie quantifiable, nous

sommes en mesure d’intervenir », résume

Laurent Magi.

Un réel impact environnemental

Si les bénéfices économiques sont évidents,

l’impact environnemental du dispositif

est tout aussi significatif. « Depuis

2024, nous intégrons systématiquement la

quantification des réductions d’émissions

de CO₂ aux projets », poursuit Yoann Lintz.

Sur la seule base du remplacement des

systèmes thermiques chez les particuliers,

les économies réalisées représentent

déjà 41.000 tonnes de CO₂ évitées. « Et

si l’on prend en compte l’ensemble des

projets, nous dépassons largement les

140.000 tonnes », précise-t-il.

Un dispositif en constante

adaptation

Au fil des années, de nombreuses actions

spécifiques ont aussi été mises en place

pour stimuler la participation : distribution

de kits d’économie d’énergie, campagnes

de sensibilisation, primes renforcées

pour certains équipements ou

secteurs. En 2022, la crise énergétique liée

à la guerre en Ukraine a également marqué

un tournant. « Nous avons eu carte

blanche pour intensifier nos actions et

accompagner au maximum la réduction

des consommations », se souvient Laurent

Magi. Cette période a contribué à renforcer

la visibilité du programme et à accélérer

son adoption.

Aujourd’hui, de nouvelles pistes sont explorées,

notamment l’intégration de l’intelligence

artificielle pour automatiser

le contrôle des dossiers standards. « Cela

permettra de libérer du temps pour nos ingénieurs

afin qu’ils puissent se concentrer

sur des projets à plus forte valeur ajoutée »,

explique Yoann Lintz.

Relever de nouveaux défis

« Après dix années de croissance, nous

avons déjà capté une grande partie des

projets les plus évidents. Désormais, il

va falloir aller chercher de nouvelles opportunités

», reconnaît Laurent Magi. Le

ciblage des petites et moyennes entreprises,

ainsi que le renforcement des actions

auprès des communes, constituent

des axes de développement prioritaires. La

vision évolue également, avec une attention

croissante portée à la décarbonation.

Enfin, enoprimes bénéficie aujourd’hui

d’une reconnaissance croissante auprès

du public. « Près d’un résident sur deux au

Luxembourg déclare connaître le dispositif

ou en avoir entendu parler », conclut

Yoann Lintz.

Yoann Lintz et Laurent Magi


36

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

SWIO AMORCE

UN VIRAGE STRATÉGIQUE

Au départ ахé sur les infrastructures dе recharge, SWIO s’еngagе

dans un développement stratégique significatif аu Luхembоurg.

Grâce à unе rеfоnte dе sоn imagе de marquе, l’еntrеprise sоuhаite

élargir sоn сhamp d’aсtiоn au-delà dе l’électrоmоbilité pоur s’аffirmеr

cоmme un actеur inсоntоurnаblе dаns le sеcteur dе l’énergie,

еn аdéquatiоn avеc l’évоlutiоn rapidе des usagеs et des besоins du

marсhé. Zoom sur les contours de ce rebranding avec Marvin Rassel,

responsable de la marque.

Marvin Rassel


37

SWIO s’est d’abord imposé comme

un spécialiste des infrastructures de

recharge. Comment décririez-vous

aujourd’hui votre rôle dans l’écosystème

luxembourgeois et la manière

dont il a évolué ces dernières années

?

À l’origine, notre cœur de métier était effectivement

très centré sur la recharge :

nous accompagnions nos clients de

l’étude à la mise en œuvre des infrastructures,

en passant par l’exploitation et le

service après-vente, avec tout le volet nécessaire

pour gérer et intégrer les bornes

dans un système cohérent. Mais, assez rapidement,

nous avons cherché à aller plus

loin en proposant des solutions complètes

et en anticipant les besoins du marché,

notamment à travers des développements

internes comme des bornes mobiles pour

les chantiers.

Aujourd’hui, notre rôle s’est élargi. Nous

accompagnons les entreprises dans l’électrification

de leurs flottes, un enjeu majeur

au Luxembourg où les véhicules de société

représentent une part très importante du

parc. En parallèle, nous travaillons étroitement

avec les communes pour déployer

des infrastructures publiques et répondre

aux contraintes du terrain, notamment

dans les zones où l’installation de bornes

privées est plus complexe. Cette proximité

avec les différents acteurs nous permet

d’avoir une vision très concrète des usages

et des besoins et de faire évoluer notre positionnement

en conséquence.

Vous évoquez justement une évolution

des usages. Quels changements

observez-vous sur le terrain et en

quoi ont-ils contribué à faire émerger

ce rebranding ?

Le changement est très net. Il y a encore

deux ou trois ans, lorsque nous réalisions

un diagnostic chez un particulier pour

installer une borne, la décision était généralement

rapide : le besoin était identifié

et la solution assez évidente. Aujourd’hui,

les discussions sont beaucoup plus riches,

mais aussi plus complexes. Les clients

s’interrogent sur le photovoltaïque, sur

les prix dynamiques de l’électricité, sur la

manière d’optimiser leur consommation

ou de combiner différents équipements

entre eux. Cela traduit une montée en

maturité du marché, mais aussi une complexification

globale du sujet énergétique.

L’électromobilité ne peut plus être pensée

isolément. Elle s’inscrit dans un ensemble

beaucoup plus large, où interviennent de

nombreuses variables.

C’est précisément ce constat qui a également

motivé notre rebranding. Il ne s’agit

pas d’une rupture, mais plutôt d’une évolution

naturelle. En avançant dans notre

métier, nous avons compris que notre valeur

ajoutée résidait de plus en plus dans

la capacité à orchestrer l’énergie dans son

ensemble. Nous avons donc fait le choix

de nous repositionner comme « SWIO, The

Energy Company », afin de refléter cette

réalité et d’apporter une réponse plus globale

aux attentes du marché.

Nous avons donc fait le choix

de nous repositionner comme

« SWIO, The Energy Company »,

afin de refléter cette réalité et

d’apporter une réponse plus

globale aux attentes du marché

Concrètement, comment se traduit

ce nouveau positionnement et

quelles sont les différentes briques

que vous développez à travers cette

nouvelle identité ?

Ce nouveau positionnement se traduit

par une structuration beaucoup plus

claire de notre offre, autour de plusieurs

volets complémentaires qui forment un

écosystème énergétique cohérent. L’idée

est vraiment de couvrir l’ensemble de

la chaîne de valeur, en partant de l’infrastructure

jusqu’à l’optimisation et à la

gestion de l’énergie.

Le premier pilier reste celui des infrastructures

de recharge, qui constitue

notre base. Nous continuons à concevoir,

installer et opérer des bornes, que ce soit

pour les entreprises, les particuliers ou les

collectivités. Ce volet reste essentiel, mais

il est désormais intégré dans une vision

plus large.

Le deuxième axe concerne les systèmes de

gestion de l’énergie, les EMS (Energy Management

System), que ce soit à l’échelle

d’un foyer ou d’une entreprise. À travers

ces solutions, nous permettons de piloter

intelligemment la consommation en

fonction de plusieurs paramètres : les prix

du marché, la production photovoltaïque,

l’état des batteries ou encore les habitudes

d’usage. L’objectif est d’optimiser

à la fois les coûts et l’efficacité énergétique,

en automatisant des décisions qui

deviennent de plus en plus complexes à

gérer manuellement.

Enfin, le troisième volet, plus récent, est

celui des communautés énergétiques.

Nous avons développé une plateforme en

interne qui permet de connecter des producteurs

et des consommateurs au sein

d’un même système, avec un processus

d’intégration et une facturation automatisée.

Concrètement, cela permet, par

exemple, à une commune de redistribuer

l’électricité qu’elle produit à ses habitants,

plutôt que de l’injecter dans le réseau,

créant ainsi un modèle plus local, plus efficace

et avantageux pour tous.

Au-delà de ce rebranding, comment

envisagez-vous l’avenir du secteur,

au Luxembourg et plus largement

en Europe ?

Nous sommes convaincus que l’électromobilité

va continuer à se développer,

mais surtout à s’intégrer de plus en plus

dans une logique énergétique globale.

Ce qui se dessine, c’est une convergence

entre mobilité, production et gestion de

l’énergie, avec des systèmes de plus en

plus intelligents et interconnectés.

Parmi les évolutions majeures, la recharge

bidirectionnelle va jouer un rôle clé. Elle

permettra d’utiliser les véhicules comme

des sources d’énergie, capables d’injecter

de l’électricité dans un bâtiment ou dans

le réseau aux moments où la demande

est forte, puis de se recharger lorsque les

conditions sont plus favorables.

Finalement, le message est assez simple :

la mobilité électrique ne doit plus être

perçue uniquement comme une alternative

technologique, mais comme une composante

d’un système énergétique plus

large, porteur d’opportunités. C’est cette

vision que nous portons aujourd’hui et

que notre rebranding vient formaliser.

SWIO

5, rue de Joncs

L-1818 Howald

www.swio.lu


38

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

LUXCONTROL :

ENTRE DÉCONSTRUCTION,

RÉEMPLOI, DÉPOLLUTION

ET REVALORISATION

Luxcontrol accompagne depuis

plusieurs décennies les mutations

industrielles et urbaines.

À travers ses différentes expertises,

l’entreprise est en mesure

d’intervenir à chaque étape de

la vie d’un site, de son exploitation

jusqu’à sa reconversion en

intégrant des enjeux environnementaux

qui imposent de repenser

en profondeur la manière de

construire, déconstruire et réutiliser.

Explications avec Christophe

Bubel, Murielle Dauvin,

Régis Reicher et Camille Jongy.

Assistance à la maitrise des risques

Créée en 1978 dans un contexte industriel

marqué par la sidérurgie, Luxcontrol

s’est progressivement imposée comme

un acteur de référence dans l’assistance

à la maîtrise des risques, de la santé, de

la sécurité et de l’environnement sur une

multitude de secteurs. « Nous sommes

présents sur l’ensemble de la durée de

vie d’un bien : de l’étude initiale jusqu’à

la cessation d’activité et la remise en état

du site », résume Christophe Bubel, Head

Account Manager.

Son cœur de métier peut ainsi se définir

comme une mission globale d’assistance

à la maîtrise des risques. « Nous agissons

principalement dans les domaines de la

santé, de la sécurité et de l’environnement

et couvrons l’ensemble des activités qui en

découlent », poursuit-il.

Déconstruire

La phase de déconstruction occupe une

place stratégique. Loin de se limiter à

une simple démolition, elle constitue aujourd’hui

un moment clé pour anticiper les

impacts environnementaux et envisager

le réemploi des matériaux. Avant toute intervention,

une première étape s’impose :

celle de sécuriser le site et comprendre

ce que l’on va déconstruire. « La première

chose, c’est l’analyse. Nous devons savoir

si le site est accessible, s’il y a des risques,

des déchets dangereux ou des pollutions »,

explique Murielle Dauvin, directrice du

service contrôle technique construction.

C’est à ce stade que les premières investigations

sont menées.

Vient ensuite le temps de la réflexion : que

faire du site, et surtout, que faire des matériaux

qui le composent ? « Derrière chaque

chantier de déconstruction se cache une

question centrale : celle de la valorisation.

Un matériau issu d’une démolition est, par

défaut, considéré comme un déchet. A ce

moment-ci, tout l’enjeu, c’est de lui redonner

une valeur », poursuit-elle.


39

Ce travail de requalification est relativement

complexe. Contrairement à des

matériaux neufs, parfaitement normés et

documentés, les éléments issus de la déconstruction

sont souvent dépourvus de

traçabilité. « D’où viennent-ils ? Quelles

sont leurs caractéristiques ? Peuvent-ils

être réutilisés en toute sécurité ? Autant

de questions auxquelles il faut répondre

avant d’envisager une seconde vie », déclare

Murielle Dauvin.

Chez Luxcontrol, notre rôle est d’accompagner

et de sécuriser les démarches, mais

également de garantir la qualité des matériaux,

leur sécurité et leur conformité »,

souligne-t-elle.

Réemployer

Si le réemploi des matériaux apparaît

comme une solution évidente sur le plan

environnemental, sa mise en œuvre reste

néanmoins encore limitée. En théorie, une

grande partie des matériaux pourrait être

réutilisée. En pratique, les contraintes

techniques, réglementaires et économiques

freinent cette ambition.

« Aujourd’hui, les taux de revalorisation

sont encore assez faibles », constate Christophe

Bubel. Les matériaux sont souvent

réutilisés dans des usages secondaires,

comme le remblai ou les sous-couches

routières. Une solution utile, mais encore

loin d’un réemploi à forte valeur ajoutée.

L’un des principaux freins reste la question

de la responsabilité. Dans le secteur

du bâtiment, les professionnels doivent

garantir leurs ouvrages. « Or, un maçon

ne peut pas prendre le risque d’utiliser un

matériau sans connaître précisément ses

performances », rappelle Murielle Dauvin.

Pour faire évoluer les pratiques, un changement

de logique s’impose. « Il faut penser

les projets dès le départ en intégrant

le réemploi », insiste-t-elle. Cela suppose

une meilleure coordination entre tous les

acteurs, dès la conception. « Aujourd’hui,

on regarde après coup ce qu’on peut réutiliser.

Demain, il faudra concevoir avec ce

qui existe déjà », explique-t-elle.

Dépolluer

En parallèle, la question des sols pollués

est centrale dans la reconversion des

friches industrielles. « Sur des sites comme

celui de Esch-Schifflange, nous menons

depuis plusieurs années des études pour

identifier et caractériser les contaminations

», précise Régis Reicher, responsable

de secteur Pôle Sites et Sols Pollué.

La démarche repose sur un inventaire des

activités passées, suivi de campagnes de

forages et d’analyses. « Nous identifions

les zones à risque, puis nous vérifions

sur le terrain la présence de pollution »,

explique Camille Jongy, responsable adjointe

de ce même secteur. Ces investigations

permettent d’établir une cartographie

précise de l’état des sols.

L’objectif n’est pas d’atteindre un niveau

de pollution nul, mais de rendre le site

compatible avec ses usages futurs. « Nous

raisonnons en fonction des risques : une

zone destinée à des activités artisanales ou

industrielles n’a pas les mêmes exigences

qu’une structure plus sensible telle qu’une

crèche ou une école », poursuit-elle. Cette

approche permet d’adapter les travaux de

dépollution et d’optimiser les volumes de

terres à traiter, tout en garantissant la sécurité

sanitaire et environnementale.

Depuis une dizaine d’années, Luxcontrol

accompagne le projet de requalification

du site. « Nous prenons en charge la gestion

complète des problématiques de dépollution

», déclare Régis Reicher.

Un laboratoire d’analyse unique

Le laboratoire de Luxcontrol, accrédité

ISO 17025, vient en soutien de ces activités,

notamment pour les analyses environnementales.

Il intervient sur les sols,

les poussières ou encore les eaux afin

d’identifier les pollutions et d’en suivre

l’évolution.

« Sur les chantiers, ces analyses permettent

également de surveiller les nuisances,

comme les émissions de poussières et

d’ajuster les pratiques si nécessaire. Nous

mettons en place des suivis et des plans

d’action dès que les seuils sont dépassés »,

précise Murielle Dauvin.

Une vision holistique

En croisant déconstruction, réemploi et

dépollution, Luxcontrol est en mesure

d’offrir une approche holistique et adaptée

à la complexité des projets actuels.

Dans un contexte de transition environnementale,

cette capacité à relier les expertises

au sein d’une même entité est

primordiale. « Nous pouvons dès lors accompagner

les projets de manière cohérente,

en conciliant exigences techniques,

contraintes réglementaires et enjeux environnementaux

avec un seul et même interlocuteur

», conclut Christophe Bubel.

Luxcontrol S.A.

8, Boulevard Des Lumières

L-4369 Esch-Belval

www.luxcontrol.com


40

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

ENERGIEPARK RÉIDEN

Acteur pionnier de la transition énergétique au Luxembourg, Energiepark

Réiden développe des solutions concrètes, locales et innovantes,

en s’appuyant notamment sur des modèles coopératifs et des

communautés énergétiques. Entre projets de terrain, intelligence

énergétique et engagement citoyen, l’organisation contribue à structurer

un nouveau modèle énergétique au service des communes.

Monsieur Kauten,

Energiepark Réiden joue

aujourd’hui un rôle central dans

la transition énergétique. Quelle

est votre mission ?

Notre mission est d’accompagner concrètement

la transition énergétique au

Luxembourg, en développant des solutions

adaptées aux réalités locales.

Nous travaillons à la fois sur la production

d’énergie renouvelable, sur la gestion intelligente

de l’énergie et sur l’implication

des citoyens et des communes. L’enjeu

n’est plus seulement technique : il est systémique.

Chaque décision énergétique – qu’elle

concerne l’électricité, la chaleur ou les réseaux

– a un impact global. Notre objectif

est donc de construire un système énergétique

durable, résilient et accessible, en

ligne avec les objectifs du Plan National

Énergie et Climat.

Vous développez un modèle

basé sur les coopératives

et les communautés énergétiques.

Pouvez-vous nous expliquer

cette approche ?

C’est effectivement un pilier central de

notre stratégie.

Nous avons notamment développé des

structures coopératives comme Energy

Revolt, qui permettent aux citoyens, aux

communes et aux acteurs locaux de devenir

directement partie prenante des projets

énergétiques.

Parallèlement, nous travaillons sur des

modèles de communautés énergétiques

(e-community). Concrètement, plusieurs

communes s’associent pour produire, partager

et consommer leur propre énergie.

C’est le cas notamment avec des communes

comme Beckerich, Habscht et

Differdange, qui ont fait le choix de collaborer

dans une logique territoriale. Ce

type de modèle permet d’optimiser la

production locale, de mutualiser les ressources

et de renforcer l’indépendance

énergétique.

Ce qui est essentiel, c’est que tout est

structuré de manière professionnelle : la

gestion, la facturation, le suivi énergétique

et l’ensemble du management sont

soigneusement organisés. Cela garantit la

fiabilité du système et sa pérennité.

Vous êtes très présents sur le

terrain avec des projets concrets.

Pouvez-vous nous donner quelques

exemples récents ?

Nous privilégions en effet des projets très

concrets, directement ancrés dans les

territoires, qui démontrent que la transition

énergétique est déjà une réalité

opérationnelle.


41

Un exemple emblématique est celui du

projet « Am Pesch » à Schwebach, où nous

avons développé une véritable communauté

énergétique locale.

Ce quartier comprend 16 habitations équipées

d’une installation photovoltaïque collective,

associée à une batterie de quartier.

Ce système permet d’atteindre jusqu’à

80 % d’autoconsommation en temps réel,

ce qui constitue un niveau particulièrement

élevé.

Au-delà de la performance technique, ce

projet illustre parfaitement la capacité des

communes à structurer des modèles énergétiques

autonomes et intelligents.

Nous avons également réalisé un projet

innovant à Noerdange, avec trois maisons

en bande intégrant une approche énergétique

globale.

Chaque habitation est équipée de panneaux

photovoltaïques (environ 30 kWp

au total), d’un système de batterie et de

pompes à chaleur géothermiques.

Résultat : plus de 60 % d’autoconsommation,

avec un concept particulièrement

novateur puisque 20 ans de coûts énergétiques

sont intégrés dès le prix de vente.

C’est une approche qui sécurise les acquéreurs

et apporte une visibilité économique

à long terme.

Enfin, nous intervenons aussi dans le secteur

privé avec des solutions d’optimisation

énergétique avancées.

Chez Barthel à Housen, nous avons mis en

place un système intelligent permettant

d’optimiser l’autoconsommation solaire

pour la recharge de véhicules électriques.

L’objectif est d’utiliser au maximum

l’énergie produite localement pour alimenter

les infrastructures de recharge, en

adaptant automatiquement les flux énergétiques.

Ce type de projet démontre que la transition

énergétique passe aussi par la gestion

intelligente de l’énergie, et pas uniquement

par sa production.

Energiepark Réiden participe

aussi à des projets européens

innovants. Quel est l’intérêt

de ces collaborations ?

Ces projets nous permettent d’être à la

pointe de l’innovation. Nous participons

par exemple au projet EnerTEF, qui vise

à intégrer l’intelligence artificielle dans

la gestion énergétique à l’échelle européenne.

L’objectif est de tester et d’optimiser

de nouvelles solutions basées sur les

données.

Nous sommes également impliqués dans

des initiatives comme SmartCORE ou le

projet D2ET (Data-Driven Energy Transition),

qui visent à développer une transition

énergétique basée sur l’analyse des

données et la digitalisation.

Ces collaborations, avec des partenaires

comme le LIST, le LISER ou le SnT, permettent

de relier recherche, innovation et

applications concrètes sur le terrain.

Votre approche dépasse

largement la dimension technique.

Quelle place accordez-vous

à la dimension sociétale ?

Elle est essentielle.

La transition énergétique ne peut réussir

que si elle est acceptée et portée par la société.

C’est pourquoi nous intégrons des

modèles comme “Economy for the Common

Good”, qui placent le bien commun

au centre des décisions.

Nous sommes convaincus que l’énergie

doit être pensée comme un levier de développement

territorial, de cohésion sociale

et de durabilité.

Notre organisation repose aussi sur une

équipe à taille humaine, avec un fort esprit

collaboratif. Cette proximité nous permet

d’être réactifs, innovants et proches des

besoins des communes.

Au final, notre ambition est claire :

construire un système énergétique local,

intelligent et partagé, qui profite à l’ensemble

de la société.


42

| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

LA NOUVELLE GÉNÉRATION

DES VOITURES HYBRIDES

Face aux défis climatiques et aux exigences croissantes de mobilité durable,

les constructeurs européens accélèrent le développement de modèles hybrides.

Associant moteur thermique et propulsion électrique, ces véhicules

permettent de réduire la consommation et les émissions tout en conservant

confort et autonomie. Tour d’horizon de quelques modèles emblématiques.

Volkswagen Golf eHybrid www.volkswagen.lu

La Volkswagen Golf eHybrid associe moteur essence et propulsion

électrique pour offrir une conduite à la fois dynamique et

efficiente. Grâce à sa technologie hybride rechargeable, elle

permet de parcourir de nombreux trajets quotidiens en mode

électrique tout en conservant l’autonomie et la polyvalence d’un

moteur thermique.

BMW X1 xDrive25e www.bmw.lu

Le BMW X1 xDrive25e est un SUV hybride rechargeable

qui combine performance et mobilité durable. Son système

électrique permet de circuler silencieusement en ville, tandis

que le moteur thermique assure puissance et autonomie sur les

longs trajets. Une solution moderne pour conjuguer plaisir de

conduite et réduction des émissions.

Renault Rafale E-Tech Hybrid www.renault.lu

Le Renault Rafale E-Tech Hybrid marque l’arrivée d’un

nouveau SUV coupé dans la gamme française. Doté

d’une technologie hybride avancée, il offre une consommation

maîtrisée tout en conservant dynamisme et

confort. Il symbolise la nouvelle génération de véhicules

hybrides européens.

Peugeot 3008 Hybrid www.peugeot.lu

Le Peugeot 3008 Hybrid illustre l’évolution du SUV

familial vers des motorisations plus propres. Son

système hybride rechargeable permet de rouler en mode

électrique sur les trajets quotidiens tout en offrant

confort, technologie embarquée et efficacité énergétique

sur route comme en ville.


43

Fiat 600e (électrique) www.fiat.lu

SUV urbain compact 100 % électrique, la Fiat 600e offre

environ 400 km d’autonomie. Maniable, accessible

et économique à l’usage, elle répond aux besoins de

mobilité municipale quotidienne. Stationnement facilité,

entretien réduit et design attractif renforcent son

intérêt pour flottes communales modernes.

Škoda Superb iV www.skoda.lu

La Škoda Superb iV est une grande berline hybride

rechargeable alliant espace, confort et efficience. Son

système électrique permet de parcourir les trajets

quotidiens sans émissions locales, tandis que le moteur

essence garantit autonomie et performance pour les

longues distances.

Mercedes-Benz C 300 e www.mercedes-benz.lu

La Mercedes-Benz C 300 e incarne la berline hybride

rechargeable haut de gamme. Grâce à son autonomie électrique

importante, elle permet de nombreux déplacements quotidiens

sans utiliser le moteur thermique. Elle combine confort,

technologies avancées et réduction de la consommation.

Volvo XC60 Recharge www.volvocars.com

Le Volvo XC60 Recharge associe sécurité, confort et motorisation

hybride rechargeable. Son moteur électrique assure une conduite

silencieuse en ville, tandis que le moteur thermique prend le

relais pour les longues distances. Un SUV premium qui accompagne

la transition vers une mobilité plus durable.

Audi A3 Sportback TFSI e www.audi.lu

L’Audi A3 Sportback TFSI e propose une motorisation

hybride rechargeable compacte et efficiente. Elle combine

un moteur essence performant et une propulsion

électrique permettant de réduire les émissions et la

consommation. Une solution idéale pour les déplacements

urbains et périurbains.


44

BRÈVES

COMMUNALES DU CENTRE

PAR ARMAND D'ANTONIO

LUXEMBOURG-VILLE

Extension du tram vers l’aéroport du

Findel

La Ville de Luxembourg poursuit l’extension

de la ligne de tramway en direction

de l’aéroport du Findel, un projet

majeur pour la mobilité nationale. Ce

prolongement doit permettre de relier

directement le centre de la capitale au

principal aéroport du pays, en traversant

plusieurs quartiers stratégiques.

Les travaux comprennent la création de

nouvelles stations, l’aménagement de la

plateforme du tram et l’adaptation de

certaines voiries. L’objectif est de renforcer

l’attractivité des transports publics

et de réduire la circulation automobile

dans la capitale. Cette extension s’inscrit

dans le développement global du réseau

de tram, qui constitue aujourd’hui

l’un des piliers de la mobilité durable au

Luxembourg. À terme, la ligne permettra

d’améliorer la connexion entre la

ville, les zones d’activités économiques

et l’aéroport.

BERTRANGE

Extension de la zone d’activités Bourmicht

La commune de Bertrange poursuit

l’extension de la zone d’activités Bourmicht,

l’un des principaux pôles économiques

situés à l’ouest de la capitale.

Ce parc d’activités accueille déjà de

nombreuses entreprises actives dans

les secteurs du commerce, des services

et de la logistique. Les travaux actuels

portent sur l’aménagement de nouvelles

parcelles destinées à accueillir des

entreprises supplémentaires ainsi que

sur l’amélioration des infrastructures

d’accès. Située à proximité immédiate

de l’autoroute A6, la zone Bourmicht

bénéficie d’une localisation particulièrement

stratégique pour les activités économiques.

Le développement de cette

zone doit contribuer à renforcer l’attractivité

économique de la commune et à

soutenir la création d’emplois dans la

région.

HESPERANGE

Développement du quartier Ban de Gasperich

/ Cloche d’Or

La commune de Hesperange participe

activement au développement du quartier

Ban de Gasperich – Cloche d’Or, l’un

des projets urbains les plus importants

du Luxembourg. Ce nouveau quartier

accueille déjà des bureaux, logements,

commerces et infrastructures publiques,

dont le centre commercial Cloche d’Or et

plusieurs sièges d’entreprises internationales.

Les travaux se poursuivent avec

la construction de nouveaux immeubles

résidentiels et l’aménagement d’espaces

publics supplémentaires. Le quartier bénéficie

également d’une connexion directe

avec les grands axes routiers et les

transports publics, notamment le tram.

L’objectif est de créer un pôle urbain moderne

et dynamique capable d’accueillir

plusieurs milliers d’emplois et d’habitants.

Ce développement renforce le

rôle stratégique de la zone Cloche d’Or

dans l’économie luxembourgeoise.

CONTERN

Développement de la zone d’activités

Weiergewan

La commune de Contern poursuit le

développement de la zone d’activités

Weiergewan, un parc économique important

situé à proximité de la capitale

et de l’autoroute A1. Ce site accueille

déjà plusieurs entreprises actives dans

les secteurs industriels et logistiques.

Les travaux portent notamment sur

l’extension des infrastructures et l’aménagement

de nouvelles parcelles destinées

à accueillir des entreprises supplémentaires.

La zone bénéficie également

d’une bonne connexion ferroviaire et

routière, ce qui renforce son attractivité

pour les activités économiques. Les autorités

locales souhaitent poursuivre le

développement du site tout en intégrant

davantage des critères de durabilité, notamment

en matière de gestion énergétique

et de mobilité.

STRASSEN

Réaménagement de la route d’Arlon (N6)

La commune de Strassen poursuit le

réaménagement de la route d’Arlon

(N6), un axe routier majeur reliant la

capitale à l’ouest du pays. Les travaux

visent à améliorer la sécurité et la fluidité

de la circulation tout en intégrant

davantage d’infrastructures pour les

piétons et les cyclistes. Le projet comprend

la modernisation de la voirie, la

reconfiguration de certains carrefours

ainsi que l’aménagement de nouveaux

trottoirs et pistes cyclables. Dans une

zone fortement urbanisée et marquée

par un trafic quotidien important, ces

aménagements doivent permettre de

mieux organiser les flux de circulation

tout en améliorant la qualité de vie des

habitants. Le réaménagement de la N6

s’inscrit dans une stratégie plus large

visant à moderniser les infrastructures

routières du centre du Luxembourg.

MAMER

Aménagement de la piste cyclable PC13

La commune de Mamer participe activement

au développement de la piste

cyclable nationale PC13, reliant plusieurs

localités de l’ouest et du centre

du Luxembourg. Les travaux portent sur

l’aménagement de nouveaux tronçons

sécurisés destinés aux cyclistes ainsi

que sur l’amélioration des connexions

avec les réseaux existants. Ce projet vise

à encourager les déplacements à vélo,

tant pour les trajets quotidiens que pour

les activités de loisirs. L’aménagement

de la PC13 s’inscrit dans la stratégie nationale

de développement de la mobilité

douce, qui vise à offrir des alternatives

durables à la voiture individuelle. Cette

infrastructure contribue également à valoriser

le potentiel touristique et naturel

de la région.


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LA PRODUCTION

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TEMPS RÉEL

UN PROJET INNOVANT

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La commune de Beckerich mise sur l’avenir de l’énergie produite localement !

Avec la Communauté Energétique de Beckerich, elle vient de créer une solution

innovante et durable pour la valorisation de l’électricité éolienne et solaire.

OBJECTIFS :

> Accès à l’électricité éolienne pour tous les consommateurs

(particuliers, publics, professionnels)

> Augmentation de la part des énergies renouvelables dans la

consommation en temps réel

> Tarif intéressant et stable via un nouveau modèle économique

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46

| DIGITAL & INNOVATION

ENTRE INNOVATION

ET SOUVERAINETÉ, LE NOUVEL

ÉQUILIBRE DES ENTREPRISES

La transformation numérique

bouscule les entreprises, de la

gestion des données à l’innovation

quotidienne. Sécurité,

maîtrise des processus et adoption

de nouvelles méthodes deviennent

des enjeux clés pour

rester compétitif et autonome.

Un virage à la fois technologique,

culturel et stratégique, analysé

par Olivier Gourdange, Head of

Digital Sales, et Franck Niatel,

Head of Intelligent Automation

au sein de Fujitsu Luxembourg.

Nous entendons régulièrement

parler de souveraineté numérique

aujourd’hui. Concrètement, qu’estce

que cela recouvre pour les

entreprises ?

FN : Elle consiste avant tout à être pleinement

propriétaire de ses informations,

de sa stratégie et de ses données, sans

dépendance forte à des acteurs extérieurs

susceptibles d’influencer les décisions.

Dans le contexte géopolitique actuel, c’est

devenu un enjeu central ; on voit bien que

certains cadres réglementaires peuvent

évoluer rapidement, que des contrats ne

sont pas toujours respectés et que cela

peut fragiliser les entreprises. Cela pousse

à se reposer des questions de fond sur la

localisation des données, le niveau de sécurité

à mettre en place, mais aussi sur

les partenaires avec lesquels on choisit de

travailler.

Mais la souveraineté ne se limite pas à ces

aspects techniques, elle touche également

à la propriété intellectuelle, à la culture de

l’entreprise et à la capacité à se différencier.

Avec des technologies qui tendent à

Franck Niatel, Head of Intelligent Automation et Olivier Gourdange, Head of Digital Sales


47

s’uniformiser, ces éléments deviennent

de plus en plus stratégiques. Il s’agit donc

d’avoir une vision globale, qui intègre à la

fois la sécurité, les choix technologiques,

la confiance dans l’écosystème et la capacité

à construire une stratégie résiliente

dans le temps. Dans un cadre européen,

cela implique aussi de s’interroger sur la

solidité des équilibres politiques et économiques

ainsi que sur leur impact potentiel

à moyen terme.

OG : Quand nous parlons de souveraineté,

deux dimensions sont souvent sousestimées

; l’innovation et les talents.

Anticiper les évolutions technologiques

est une forme de souveraineté en soi. De

la même manière, développer et attirer

les compétences permet de limiter les

dépendances et de construire un écosystème

durable. L’enjeu est donc de créer

les conditions pour rester autonome sur

le long terme en maîtrisant non seulement

ses infrastructures et ses données,

mais aussi ses compétences et sa capacité

à innover.

L’enjeu est donc de créer

les conditions pour rester

autonome sur le long terme en

maîtrisant non seulement ses

infrastructures et ses données,

mais aussi ses compétences

et sa capacité à innover

Les entreprises ont aujourd’hui

une forte volonté d’innover.

Comment peuvent-elles avancer

sur ces nouvelles technologies tout

en préservant leur souveraineté

numérique ?

FN : L’innovation est dans l’ADN de nombreuses

entreprises, mais elle n’est pas

toujours structurée comme elle devrait

l’être. Innover, ce n’est pas simplement

laisser les équipes expérimenter : c’est

avant tout instaurer une véritable culture,

avec un cadre, des moyens et une vision

claire. L’un des défis majeurs reste la question

du retour sur investissement. Trop

souvent, on attend des résultats à très

court terme, alors que l’innovation s’inscrit

dans des cycles plus longs, de trois

à cinq ans. Au-delà des revenus directs,

elle permet surtout de développer les

compétences, de faire évoluer la culture

d’entreprise et d’anticiper les transformations.

Dans ce contexte, la souveraineté

numérique s’intègre naturellement dans

la réflexion. Innover, c’est manipuler des

données, tester de nouvelles technologies,

faire appel à des partenaires. Cela suppose

donc un cadre sécurisé et une maîtrise

des choix technologiques. Toutes les

entreprises n’ont pas les ressources pour

porter seules ces démarches, d’où l’intérêt

de s’appuyer sur des écosystèmes de

confiance capables d’accompagner l’innovation

tout en garantissant la protection

des données et des stratégies.

OG : La question va même encore plus

loin. La souveraineté ne se limite pas à la

sécurité ou à l’hébergement des données.

Elle concerne l’ensemble de la chaîne de

valeur. On peut disposer d’infrastructures

performantes, mais rester dépendant sur

d’autres aspects, notamment énergétiques.

L’innovation doit justement permettre

d’identifier et de réduire ces dépendances,

en faisant des choix parfois

moins performants à court terme, mais

plus durables. Il y a aussi un enjeu de sens.

Face à la multiplication des technologies,

notamment autour de l’intelligence artificielle,

il ne s’agit pas de suivre toutes

les tendances, mais de faire des choix cohérents

avec les objectifs de l’entreprise.

L’innovation doit servir une stratégie, et

non l’inverse. C’est cette approche qui

permet de concilier performance, souveraineté

et pérennité.

Ces dernières années,

avez-vous constaté une évolution

dans la manière dont les

entreprises gèrent leurs données,

notamment avec l’essor de

l’intelligence artificielle ?

FN : Il y a toujours eu un cadre réglementaire

autour des données, mais aujourd’hui,

avec l’intelligence artificielle,

on a un vrai effet d’accélération. L’IA agit

un peu comme un révélateur : elle met en

évidence tout ce qui n’a pas été bien structuré

auparavant. Si les données ne sont ni

propres, ni sécurisées, ni documentées, on

ne peut tout simplement pas déployer des

solutions à grande échelle. C’est d’ailleurs

pour cela que beaucoup d’entreprises ont

du mal à passer du stade de preuve de

concept à déploiement en production. Ce

que cela change, c'est que le traitement

des données, n'est plus seulement un sujet

des équipes de conformité, data ou IT.Revoir

ses données, cela veut dire revoir ses

processus, s’assurer de leur qualité, parfois

recontacter ses clients pour mettre à

jour des informations, structurer la manière

dont l’information circule dans l’entreprise.

C’est une transformation assez

profonde, qui touche toutes les équipes.

OG : Il y a aussi un enjeu de responsabilité

beaucoup plus fort. Avec l’IA, les décisions

ou les contenus produits engagent directement

l’entreprise. En parallèle, l’accès

aux outils est devenu très simple et cela

pose des questions de gouvernance. Un

collaborateur peut utiliser une solution

externe sans forcément se rendre compte

des risques, notamment en termes de

transfert de données en dehors de l’Union

européenne. Cela oblige à renforcer les

règles, mais aussi à faire beaucoup de pédagogie

en interne.

Et cette question dépasse même l’entreprise.

Il y a un vrai enjeu d’éducation,

notamment auprès des plus jeunes. Aujourd’hui,

avec les plateformes de streaming,

les liseuses ou les services digitaux,

tout est immédiat. On clique, on a accès

à tout instantanément. Cette culture de

l’instantanéité crée un décalage avec la

réalité des entreprises, qui sont encore en

train de se transformer. Les attentes évoluent

très vite, notamment en matière de

réactivité et de transparence.

Enfin, nous sommes dans un environnement

qui va très vite, avec des évolutions

technologiques permanentes et des

incertitudes fortes qui rendent les choix

stratégiques plus complexes. L’enjeu, aujourd’hui,

est d’être capable de construire

des bases solides, notamment sur la donnée,

tout en restant suffisamment agile

pour s’adapter. Parce que si nous n’effectuons

pas ce travail maintenant, nous

risquons de nous retrouver bloqués dans

quelques années face à des transformations

que nous ne pourrons plus suivre.

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L-8303 Capellen

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48

| DIGITAL & INNOVATION

L’ESCHTECHWEEK : UNE SEMAINE DÉDIÉE À L’INNOVATION

ET AU NUMÉRIQUE

L’EschTechWeek, l’événement dédié à la technologie et à l’innovation, s’est

déroulé à Esch-sur-Alzette du 23 au 28 mars dernier. Organisée sur plusieurs

jours, cette semaine vise à rassembler citoyens, communes, professionnels, étudiants

et passionnés autour des enjeux du numérique. À travers des conférences,

ateliers, débats et animations, elle permet de découvrir les dernières avancées

technologiques et d’échanger avec des experts du secteur. Accessible à tous et

gratuite, l’EschTechWeek a transformé la ville d’Esch-sur-Alzette en un véritable

hub d’innovation, favorisant la rencontre entre entreprises, start-ups et grand

public, tout en encourageant l’apprentissage et la curiosité autour des technologies

de demain.


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50

| DIGITAL & INNOVATION MINISTRE DU TRAVAIL

DIALOGUE SOCIAL : PRÉSERVER

L’ÉQUILIBRE, PRÉPARER L’AVENIR

L’INTERVIEW A ÉTÉ RÉALISÉE LE 23 FÉVRIER 2026

Marc Spautz, Ministre du Travail

Dans un contexte économique

exigeant et face aux mutations

profondes du monde du

travail, le dialogue social demeure

un pilier essentiel du

modèle luxembourgeois. Entre

indexa- tion des salaires, restructurations,

intelligence artificielle

et négociations dans le

secteur de la santé, le ministre

du Travail revient pour Lëtzebuerger

Gemengen sur sa vision

d’un modèle fondé sur la

concertation, la responsabilité

partagée et la recherche de

solutions durables.

Monsieur le Ministre, vous disposez

d’une longue expérience en politique

communale et nationale, ce

qui vous donne une connaissance

fine du terrain et des réalités sociales.

En quoi ce parcours influence

t-il aujourd’hui votre approche du

dialogue social et de la politique du

travail ?

Mon parcours communal et national me

permet de garder un lien fort avec le terrain

et les réalités sociales. Je sais d’où je

viens, et je n’ai jamais renié mon engagement

syndical. Cette expérience personnelle

nourrit aujourd’hui mon respect du

dialogue social et des partenaires sociaux.

Le fait d’avoir été moi-même sur le terrain

me donne une lecture plus concrète et

plus humaine des dossiers.

Mon approche privilégie des solutions

pragmatiques, applicables et acceptables

pour toutes les parties. Je veille à garder

un équilibre entre protection des salariés

et viabilité des entreprises.

L’expérience politique m’a appris que les

réformes durables passent par le compromis

et l’écoute.

Les syndicats évoquent un climat

social tendu et estiment que le dialogue

tripartite s’est affaibli. Com-


51

ment décririez-vous aujourd’hui

l’état du dialogue social au Luxembourg

?

Le climat social est exigeant, et je ne minimise

pas les tensions qui existent aujourd’hui.

Le dialogue social a connu des

phases plus difficiles ces derniers mois.

Il est essentiel de rétablir un climat de

confiance entre tous les partenaires.

Depuis mon entrée en fonction, j’ai multiplié

les entrevues avec les syndicats et les

organisations patronales. D’ailleurs, nous

avons fixé un calendrier, afin d’aborder les

sujets importants. De même, nous avons

réussi à conclure l’accord « Lux2029 »,

qui sécurise l’avenir d’ArcelorMittal au

Luxembourg. Cela montre que nous pouvons

faire avancer les dossiers, malgré les

tensions actuelles.

En ce qui concerne le « matching » entre

les compétences disponibles et les besoins

des employeurs, notre objectif est de rapprocher

les profils des demandeurs d’emploi

des critères des postes à pourvoir. Le

rôle du ministère est de mettre en place

les instruments nécessaires pour accompagner

au mieux les transitions actuelles

du monde du travail. En même temps,

nous sommes convaincus que le dialogue

social est indispensable pour que ces

transformations profondes se réalisent de

manière socialement responsable.

Ainsi, nous pensons qu’il est plus efficace,

à terme, de nous retrouver à trois autour

de la même table. C’est dans ce cadre que

l’on parvient le mieux à élaborer des solutions

équilibrées et durables.

Le modèle luxembourgeois repose

traditionnellement sur la concertation

entre gouvernement, syndicats

et patronat. Pensez-vous que ce

modèle doit être réaffirmé dans sa

forme classique ou adapté aux réalités

actuelles ?

Le modèle tripartite fait partie de l’ADN

social du Luxembourg. Il a montré sa force,

notamment dans des phases compliquées,

par exemple dans le secteur industriel.

dans ses principes. En même temps, il doit

pouvoir s’adapter aux réalités actuelles

du monde du travail. L’essentiel est de

préserver l’esprit de concertation et de

responsabilité partagée.

L’indexation automatique des salaires

constitue un pilier du modèle

social luxembourgeois. Pouvez-vous

garantir que ce mécanisme restera

pleinement maintenu et protégé

durant cette législature ?

Oui, l’indexation automatique des salaires

reste un pilier du modèle social luxembourgeois.

Il protège le pouvoir d’achat

des salariés face à l’inflation.

Le maintien de l’indexation est par ailleurs

clairement inscrit dans l’accord de

coalition. C’est un engagement politique

que nous assumons pleinement. Il n’est

pas question de remettre en cause ce principe

durant cette législature.

La prévisibilité de ce mécanisme est importante

pour les salariés comme pour les

entreprises. L’indexation contribue à la

stabilité sociale dans notre pays.

L’introduction croissante de l’intelligence

artificielle dans les entreprises

suscite des interrogations

quant à l’avenir de certains métiers.

Comment votre ministère entend-il

encadrer cette évolution afin de

concilier compétitivité et sécurité

de l’emploi ?

L’intelligence artificielle transforme déjà

en profondeur le monde du travail. Notre

responsabilité est d’anticiper ces évolutions

plutôt que de les subir. La question

centrale est celle de l’upskilling et du

reskilling des salariés. Il s’agit de permettre

aux personnes d’évoluer avec leur

métier, ou vers de nouveaux métiers.

La compétitivité des entreprises passe par

des compétences adaptées aux nouveaux

besoins. Et la sécurité de l’emploi passe

par l’employabilité des salariés.

Des restructurations récentes ont

ravivé le débat sur les licenciements

collectifs. Envisagez-vous de renforcer

les instruments de prévention

ou d’accompagnement afin d’éviter

des suppressions d’emplois massives

?

Notre priorité est d’agir le plus en amont

possible pour éviter des licenciements

massifs. La prévention doit rester au coeur

de notre approche.

C’est dans ce contexte que nous avons prévu,

durant cette législature, une révision

du cadre légal du maintien dans l’emploi.

L’objectif est de renforcer les instruments

existants et de les rendre plus efficaces sur

le terrain. Ces questions doivent être traitées

dans le cadre du dialogue social.

Les négociations en cours dans le

secteur de la santé suscitent des inquiétudes

quant à l’égalité d’accès

aux soins. Le gouvernement peut-il

garantir que le Luxembourg restera

fidèle à son modèle solidaire, assurant

une prise en charge équitable

pour tous ?

Cette question relève évidemment en premier

lieu de la compétence de Madame la

Ministre de la Santé.

En tant qu’ancien président de la Commission

parlementaire de la Santé, je

reste toutefois très attentif à ces dossiers.

Je suis ces négociations de près, car elles

touchent à des principes fondamentaux de

notre modèle social.

Le modèle solidaire du Luxembourg repose

sur l’égalité d’accès aux soins pour

tous. C’est un acquis précieux que nous

devons préserver. Le gouvernement est

attaché à une prise en charge équitable,

indépendamment de la situation sociale

ou financière. La santé ne se négocie pas

au portefeuille !

Le dialogue social nous a permis de traverser

des périodes de tension sans ruptures

majeures. Ce modèle est un véritable

Aushängeschild pour le Luxembourg. Il

est l’un des garants de notre stabilité et

de notre paix sociale. Je suis convaincu

que ce cadre classique reste pertinent


52

| DIGITAL & INNOVATION

PRIVATE EQUITY :

UN LEVIER STRATÉGIQUE POUR

L’ÉCONOMIE RÉELLE ET LA

TRANSFORMATION DURABLE

À la tête de la Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association

(LPEA), Stéphane Pesch décrypte le rôle croissant du private

equity dans le financement de l’économie, les grandes mutations

du secteur et les opportunités qui s’ouvrent pour la place

financière luxembourgeoise.

Le rôle de la LPEA

Monsieur Pesch, le Luxembourg s’est

imposé ces dernières années comme un

centre international majeur pour le private

equity et le venture capital. Quel

rôle joue aujourd’hui la LPEA dans cet

écosystème en pleine expansion ?

La LPEA est aujourd’hui la plateforme naturelle

de représentation et de développement

de l’industrie du private equity et

du venture capital au Luxembourg. Notre

mission consiste à promouvoir activement

la place financière luxembourgeoise

auprès des investisseurs internationaux,

tout en fédérant les acteurs du secteur et

en facilitant le partage de connaissances

et de bonnes pratiques.

Au fil des années, le Luxembourg s’est affirmé

comme un hub incontournable pour

la structuration et la gestion de fonds

d’investissement alternatifs. Dans ce contexte,

la LPEA joue un rôle clé en collaborant

étroitement avec les autorités publiques,

le régulateur, les autres associations

financières et l’ensemble de l’écosystème

financier, afin de garantir un cadre à la fois

compétitif, transparent et innovant.

Impact économique du private

equity

Les fonds d’investissement jouent aujourd’hui

un rôle croissant dans le financement

des entreprises et de l’innovation.

Comment le private equity

contribue-t-il concrètement au développement

économique et à la création

d’emplois ?

Le private equity constitue un levier essentiel

pour le financement de l’économie

réelle. Par rapport aux marchés financiers

traditionnels, ces investissements s’inscrivent

plus dans une logique de long

terme et accompagnent durablement la

croissance des entreprises.

Ils permettent aux sociétés de se développer,

d’innover, d’accéder à de nouveaux

marchés et, par conséquent, de créer des

emplois. Le venture capital joue un rôle

particulièrement structurant pour les jeunes

entreprises innovantes, notamment

dans les secteurs technologiques et numériques.

Au Luxembourg, cette industrie contribue

également à renforcer l’attractivité économique

du pays en attirant des talents, de

plus en plus de gestionnaires de fonds et

d’investisseurs internationaux.

Transition énergétique

et digitalisation

La transition énergétique et la digitalisation

représentent deux défis majeurs

pour les économies européennes.

Dans quelle mesure les fonds de private

equity participent-ils aujourd’hui au financement

de ces transformations ?

Le private equity joue un rôle déterminant

dans ces transformations. De nombreux

fonds investissent aujourd’hui dans les

infrastructures énergétiques, les technologies

propres, la mobilité durable ainsi

que dans les solutions numériques innovantes.

Ces investissements permettent d’accélérer

la transition vers une économie

plus durable, plus efficiente et plus résiliente.

Les capitaux privés viennent ainsi

compléter les investissements publics en

apportant des ressources financières significatives

pour développer des projets à

fort impact.

Grâce à son expertise reconnue dans la

structuration de fonds durables, le Luxembourg

se positionne comme un acteur clé

pour accompagner ces évolutions.

Supervision européenne et rôle

de la CSSF

Au niveau européen, certaines discussions

portent sur un renforcement de

la supervision financière centralisée.

Comment le secteur du private equity

perçoit-il cette évolution ?

Ces discussions existent effectivement au

niveau européen et doivent être suivies

avec attention. A nos yeux la solution ne

réside pas dans une supervision centralisée

mais pourrait venir d’une harmonisation

« intelligente » des pratiques (réduire

les obstacles administratifs, coûts) afin de

renforcer les flux de capitaux, investissements

utiles qui pourraient ainsi offrir

davantage de sécurité juridique et de performance

aux investisseurs.

Dès lors, il est essentiel de préserver

l’expertise et la proximité des autorités

nationales. Au Luxembourg, la CSSF dispose

d’une grande expérience et d’une

compétence approfondie du secteur qui


53

Stéphane Pesch

lui permettent d’entretenir un dialogue

constant et constructif avec les différents

acteurs du marché.

L’enjeu consiste donc à trouver un équilibre

entre une coordination efficace et le

maintien de compétences nationales fortes.

Pour la place financière luxembourgeoise,

il est primordial que ces évolutions

soutiennent à la fois la compétitivité et la

capacité d’innovation.

ESG et finance durable

Les critères ESG occupent aujourd’hui

une place centrale. Comment influencent-ils

les stratégies du private

equity ?

Les critères ESG sont désormais pleinement

intégrés dans les stratégies d’investissement.

Les gestionnaires et investisseurs

accordent une attention croissante

à l’impact environnemental, social et de

gouvernance au sein leur propre entreprise

et des sociétés en portefeuille.

Pour les fonds de private equity, cela implique

d’intégrer ces critères dès l’analyse

des investissements, mais également

d’accompagner activement ces entreprises

dans l’amélioration de leurs pratiques.

Le Luxembourg s’est imposé comme l’un

des leaders européens de la finance durable,

avec un nombre croissant de fonds

spécialisés dans l’investissement responsable.

Défis et opportunités

Quels sont, selon vous, les principaux

défis et opportunités pour le secteur

dans les années à venir ?

Le principal défi sera de continuer à financer

la transformation économique de

notre pays et continent dans un environnement

international incertain. Toutefois,

les opportunités restent particulièrement

nombreuses.

Les secteurs liés à la transition énergétique,

à l’innovation technologique, à la

santé ou encore aux infrastructures durables

offrent un potentiel de croissance

considérable.

Pour le Luxembourg, l’enjeu sera de consolider

son rôle de plateforme internationale

tout en continuant à favoriser l’innovation

et l’attractivité de son écosystème

financier.

Dans un contexte mondial de tensions

énergétiques, la crise actuelle est-elle

en train de redéfinir les stratégies d’investissement

des fonds, y compris au

Luxembourg ?

La crise énergétique dépasse largement

le cadre européen et s’inscrit désormais

dans une dynamique globale qui influence

profondément de nombreuses stratégies

d’investissement qui pourraient subir

certaines répercussions au niveau de leur

croissance et création de valeur, si négligées.

Les investisseurs considèrent aujourd’hui

l’énergie à la fois comme un facteur de risque

majeur et comme un levier d’opportunités

à long terme. À l’échelle mondiale,

on observe une réallocation significative

des capitaux vers les infrastructures renouvelables,

les innovations , qui vont accélérer

les technologies liées au stockage

et à l’efficacité énergétique.

Cette évolution est amplifiée par les

enjeux géopolitiques, la sécurisation des

approvisionnements et la volonté des

États d’accélérer leur transition.

Par ailleurs, la volatilité des prix de l’énergie

incite les investisseurs à privilégier

des stratégies diversifiées et à long terme,

capables d’absorber de tels chocs externes.

En résumé, la crise énergétique agit comme

un véritable accélérateur de transformation

à l’échelle mondiale : elle redéfinit

les priorités des investisseurs tout en ouvrant

de nouvelles perspectives pour les

acteurs capables d’anticiper les mutations

du marché comme e.g. les gestionnaires

de fonds d’investissement spécialisés

dans le domaine.


54

BRÈVES

COMMUNALES DU SUD

PAR ARMAND D'ANTONIO

ESCH-SUR-ALZETTE / SCHIFFLANGE

Metzeschmelz, un nouveau quartier

pour le bassin minier

Le projet Metzeschmelz, situé entre

Esch-sur-Alzette et Schifflange, constitue

l’un des plus importants projets de

reconversion urbaine du Luxembourg.

Sur une ancienne friche sidérurgique

d’environ 60 hectares, l’État et les

communes développent un nouveau

quartier mêlant logements, activités

économiques, équipements publics

et espaces verts. À terme, plusieurs

milliers d’habitants pourraient s’y installer.

Les travaux portent notamment

sur la dépollution des sols, la création

des voiries et la mise en place des infrastructures

techniques. Le projet prévoit

également une forte intégration

des transports publics et de la mobilité

douce afin de réduire la dépendance à

la voiture et de renforcer l’attractivité

du bassin minier.

SANEM

Développement du parc d’activités Um

Woeller

La commune de Sanem poursuit le

développement du parc d’activités Um

Woeller, situé à proximité immédiate

du quartier universitaire de Belval.

Cette zone économique accueille déjà

plusieurs entreprises et continue d’évoluer

afin d’attirer de nouvelles activités.

Les travaux portent sur l’aménagement

de nouvelles parcelles destinées

aux entreprises, l’amélioration des infrastructures

techniques et l’adaptation

des accès routiers. Grâce à sa proximité

avec l’Université du Luxembourg et les

centres de recherche de Belval, le site

bénéficie d’un environnement favorable

à l’innovation et à l’économie de

la connaissance. Le développement du

parc Um Woeller doit contribuer à renforcer

l’attractivité économique du sud

du pays.

ESCH-SUR-ALZETTE

Réaménagement de la Rout Lëns

La Ville d’Esch-sur-Alzette poursuit le

réaménagement de la Rout Lëns, un

axe routier structurant reliant plusieurs

quartiers et zones d’activités de la ville.

Les travaux visent à améliorer la fluidité

du trafic tout en renforçant la sécurité

des usagers. Le chantier comprend la

modernisation de la chaussée, l’adaptation

des carrefours et l’aménagement

d’infrastructures dédiées aux piétons

et aux cyclistes. Dans une région fortement

marquée par les flux de circulation

transfrontaliers, ces aménagements

doivent permettre de mieux

organiser les déplacements et d’améliorer

la qualité de vie des habitants. Le

projet s’inscrit dans la stratégie de mobilité

durable menée dans l’ensemble

du bassin minier.

DUDELANGE

Requalification de la friche industrielle

Schmelz

À Dudelange, la reconversion de l’ancienne

friche sidérurgique Schmelz

constitue un projet majeur pour l’avenir

urbain de la commune. Ce vaste

site fait l’objet d’une transformation

progressive visant à créer un nouveau

quartier mêlant logements, activités

économiques et espaces publics. Les

travaux portent notamment sur la dépollution

des terrains, la création des

infrastructures et l’aménagement de

nouvelles voiries. L’objectif est de valoriser

ce patrimoine industriel tout en

répondant aux besoins croissants en

logements dans la région Sud. Ce projet

s’inscrit dans la dynamique de reconversion

du bassin minier luxembourgeois

et contribue à la revitalisation de

l’ensemble du territoire.

DIFFERDANGE

Transformation de la friche industrielle

Neischmelz

À Differdange, le projet Neischmelz

transforme une ancienne friche sidérurgique

en un nouveau quartier urbain

durable. Situé entre Differdange,

Niederkorn et Oberkorn, ce site industriel

historique fait l’objet d’un vaste

programme de reconversion mené par

l’État et le Fonds du Logement. Le projet

prévoit la construction de plusieurs

centaines de logements, ainsi que la

création d’équipements publics, de

commerces et d’espaces verts. Les travaux

incluent également de nouvelles

infrastructures routières et des liaisons

de mobilité douce reliant le quartier

au centre-ville. Cette transformation

doit valoriser un site emblématique du

passé industriel tout en répondant à la

forte demande de logements dans le

sud du pays.

KAYL / TÉTANGE

Réaménagement du site Schungfabrik

Les communes de Kayl et Tétange poursuivent

la transformation du site industriel

de la Schungfabrik, un projet visant

à reconvertir cette ancienne friche en

un espace urbain mixte. Les travaux

prévoient la rénovation de certains bâtiments

historiques ainsi que l’aménagement

d’infrastructures destinées à

accueillir des activités culturelles, économiques

et associatives. Des espaces

publics et des aménagements favorisant

la mobilité douce sont également

prévus. Cette reconversion s’inscrit

dans la volonté des autorités locales

de valoriser le patrimoine industriel

tout en développant de nouveaux lieux

de vie pour les habitants. À terme, la

Schungfabrik doit devenir un espace

dynamique et ouvert sur la région.


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56

| ACTUALITÉS COMMUNALES

MERSCH, UN PÔLE RÉGIONAL

STRATÉGIQUE EN PLEIN ESSOR

Située au cœur du Grand-Duché, la commune de Mersch s’affirme

comme un pôle régional en plein essor, conjuguant développement

maîtrisé, qualité de vie et vision à long terme. Composée des localités

de Mersch, Beringen, Essen, Moesdorf, Rollingen, Schoenfels, Reckange

et Pettingen elle incarne pleinement cette centralité qui fait

dire à son bourgmestre que Mersch est, à bien des égards, « le nombril

du Luxembourg ». Entre projets structurants, dynamisme territorial

et engagement en faveur du développement durable, la commune

affirme son rôle clé dans l’équilibre et l’attractivité du pays.

Monsieur le Bourgmestre, la commune

de Mersch connaît depuis plusieurs

années un développement

soutenu. Quelle est votre vision

stratégique pour positionner Mersch

comme un pôle régional dynamique

au centre du Luxembourg ?

La commune de Mersch bénéficie en effet

d’une position stratégique au cœur du

Luxembourg, ce qui constitue un atout

majeur dans son développement. Notre

vision s’inscrit dans une approche équilibrée

et durable, visant à renforcer notre

rôle de pôle régional tout en préservant la

qualité de vie de nos habitants.

La zone d’activités régionale Mierscherdall

constitue l’un des projets

économiques majeurs de la commune.

Quels sont les objectifs de ce

projet et quelles retombées attendez-vous

pour l’économie locale et

l’emploi ? (ZAMID)

La zone d’activités régionale Mierscherdall

(ZAMID) représente en effet un levier

essentiel pour le développement économique

de notre commune et de toute la

région. Ce projet s’inscrit dans une vision

stratégique visant à renforcer l’attractivité

de Mersch en tant que pôle économique

central au Luxembourg.

Enfin, la ZAMID s’inscrit dans une logique

de développement régional concerté,

en collaboration étroite avec les communes

partenaires, afin de garantir une

cohérence territoriale et un impact positif

à long terme pour l’ensemble du canton

de Mersch.

Le site du Mierscherbierg est devenu

un pôle important pour les

infrastructures sportives et les loisirs.

Comment ces équipements

contribuent-ils à l’attractivité de

la commune et à la qualité de vie

des habitants ?

Le site existant du Mierscherbierg sur près

de 25 hectares constitue aujourd’hui un

véritable poumon récréatif et économique

pour la commune de Mersch, il regroupe

pour le moment un tissu dynamique d’en-

Nous travaillons à structurer le développement

communal autour d’un master

plan cohérent à long terme, intégrant à

la fois le logement, la mobilité, les infrastructures

publiques et les services à la

population. L’objectif est de créer un cadre

de vie attractif, capable de répondre aux

besoins actuels et futurs, tout en maîtrisant

la croissance.

Une attention particulière est portée au

développement de logements accessibles,

répondant précisément aux besoins et

aux réalités socio-démographiques de

la région, afin de permettre aux jeunes

ménages, aux familles et aux seniors de

continuer à vivre à Mersch.

Enfin, nous veillons à renforcer l’attractivité

économique et la connectivité de

la commune, notamment grâce à sa position

centrale et à ses infrastructures de

transport, afin de consolider durablement

son rôle de centre régional dynamique au

Luxembourg.

L’objectif principal est de créer un espace

structuré, moderne et durable, capable

d’accueillir des entreprises issues de

secteurs variés, avec une attention particulière

portée à l’innovation, à la transition

écologique et à la création de valeur

locale. La ZAMID est pensée comme une

zone d’activités de nouvelle génération,

intégrant des infrastructures de qualité,

une gestion optimisée des ressources et

une mobilité adaptée.

Au-delà de l’accueil d’entreprises, ce projet

vise également à générer des emplois de

proximité, permettant aux habitants de la

région de travailler localement et de réduire

les déplacements pendulaires. Il s’agit

d’un enjeu majeur en matière de qualité

de vie et de durabilité. Les retombées attendues

sont multiples : dynamisation du

tissu économique local, diversification des

activités, renforcement des recettes communales

et création d’un environnement

favorable à l’entrepreneuriat.


57

treprises artisanales, industrielles et de

services, et se distingue par la présence

plusieurs surfaces commerciales , qui renforce

son attractivité en offrant une variété

de commerces et de services.

Avec un nouveau développement structuré

sur près de 26 hectares, donc 20 ha sur la

zone du ZAMID et 6 ha sur la zone communale,

il incarnera pleinement notre volonté

d’investir dans des infrastructures

modernes au service de la population.

Le projet du grand campus sportif regroupera

sur 9 hectares un ensemble d’équipements

de très grande qualité, comprenant

notamment des terrains de football,

des infrastructures dédiées au tennis en

intérieur et en extérieur, un mur d’escalade,

un dojo pour les arts martiaux, ainsi

que des espaces dédiés à la gymnastique,

au basketball et au handball.

Ces infrastructures permettront de

répondre à une demande croissante en

matière de sport et de loisirs, tant pour les

clubs que pour les écoles et les citoyens.

Elles favorisent la pratique sportive à tous

les niveaux, du loisir à la compétition, tout

en renforçant le tissu associatif local.

Au-delà de l’aspect sportif, le Mierscherbierg

joue un rôle central en matière de

qualité de vie. Il s’agit d’un lieu de rencontre,

de détente et de cohésion sociale,

où toutes les générations peuvent se

retrouver dans un environnement sain et

structuré.

Enfin, ces équipements renforceront considérablement

l’attractivité de la commune,

tant pour les habitants que pour les

nouveaux arrivants. Ils participent à positionner

Mersch comme une commune

dynamique, moderne et tournée vers le

bien-être de ses citoyens.

Comme de nombreuses communes

luxembourgeoises, Mersch est

confrontée à une forte pression

démographique. Comment la commune

aborde-t-elle la question du

logement et de l’aménagement urbain

pour répondre à cette croissance

?

La pression démographique que connaît

Mersch est en effet un défi majeur, mais

également une opportunité de structurer

un développement cohérent et durable.

Notre approche repose sur une vision globale

de l’aménagement urbain, intégrant à

la fois le logement, les infrastructures publiques

et la qualité de vie.

Le plan directeur « Quartier de la Gare »

sur 53 hectares de 2010 constitue à ce titre

un élément phare de notre stratégie.

L’élément essentiel du plan directeur est le

plan d’aménagement particulier « Quartier

de l’Alzette » qui prévoit la réalisation

d’environ 1.060 logements, intégrés dans

un environnement de qualité avec un parc

paysager et des équipements de proximité,

notamment des structures d’accueil

pour la petite enfance. L’objectif est de

créer un nouveau quartier de vie complet,

équilibré et accessible.

Parallèlement, nous investissons fortement

dans les infrastructures publiques

afin d’accompagner cette croissance. Une

nouvelle école primaire est actuellement

en construction au centre de la commune,

avec piscine et hall sportif, et pourra

accueillir environ 450 élèves. Il s’agit d’un

projet structurant pour répondre aux besoins

des familles.

Nous veillons également à valoriser notre

patrimoine existant. La Villa Faber a ainsi

Michel Malherbe, Bourgmestre


58

| ACTUALITÉS COMMUNALES

été reconvertie en bibliothèque et en centre

d’archives, contribuant à la vie culturelle

de la commune.

Dans une logique de développement harmonieux,

plusieurs projets sont en cours

ou à venir : la création d’un centre de conférence

d’une capacité de 400 personnes,

dont la première pierre sera posée le 15

avril, l’agrandissement du parc communal,

ainsi que le développement d’équipements

de proximité dans les différentes

localités. À Schoenfels, l’ancienne école

sera bientôt transformée en centre culturel,

tandis qu’à Reckange a été installée

une école de musique. Des structures d’accueil

pour la petite enfance sont également

prévues dans plusieurs localités.

À travers l’ensemble de ces projets, notre

ambition est claire : faire de Mersch une

commune dynamique, attractive et inclusive,

capable d’accompagner sa croissance

tout en préservant son identité et la qualité

de vie de ses habitants.

La question du logement abordable

est aujourd’hui centrale au Luxembourg.

Comment la commune de

Mersch s’engage-t-elle concrètement

pour garantir un accès au

logement pour tous, notamment

pour les jeunes et les ménages à

revenus moyens ?

Le logement abordable constitue une

priorité majeure pour la commune de

Mersch. Face à la pression croissante du

marché immobilier, nous avons mis en

place plusieurs projets concrets visant à

faciliter l’accès au logement pour tous, et

en particulier pour les ménages à revenus

modestes.

Parmi ces initiatives, nous avons permis

par une adaptation de la réglementation

urbaniste communale le développement

d’un projet d’envergure de 78 unités route

d’Arlon, comprenant notamment des logements

de plus petite taille, spécifiquement

conçus pour rendre la location accessible

aux personnes disposant de revenus

plus faibles.

Parallèlement, dans le cadre du Pacte Logement

2.0, plusieurs résidences à prix

abordables sont actuellement en construction

sur le territoire communal. Ces

projets s’inscrivent dans une volonté claire

de proposer des solutions adaptées aux

réalités du marché et aux besoins de la

population.

En complément, des projets de plus petite

envergure, notamment des maisons unifamiliales,

sont également développés afin

de répondre à une diversité de profils et de

parcours résidentiels.

Notre objectif est clair : proposer des solutions

concrètes, adaptées et durables,

permettant aux jeunes, aux familles et aux

ménages à revenus moyens de pouvoir vivre

et rester à Mersch.

La mobilité constitue un enjeu majeur

dans une commune située au

cœur du pays. Quelles sont les mesures

mises en œuvre pour améliorer

les déplacements et encourager

la mobilité durable ?

La mobilité est en effet un enjeu central

pour une commune comme Mersch, idéalement

située au cœur du Luxembourg.

Notre objectif est de garantir des déplacements

plus fluides, tout en favorisant des

solutions durables.

Dans cette optique, un projet de contournement

est prévu afin de désengorger le

centre de la commune et d’améliorer significativement

la gestion du trafic. Cette

infrastructure permettra de fluidifier la

circulation et de renforcer la qualité de vie

des habitants.

Parallèlement, les CFL ont modernisé la

gare ferroviaire, ce qui permet aujourd’hui

d’offrir des connexions efficaces et régulières

via le réseau RGTR, tant vers Luxembourg-ville

que vers le Nord du pays. La

fréquence des liaisons constitue un atout

important pour encourager l’utilisation

des transports en commun.

La situation géographique de Mersch représente

également un avantage majeur :

la commune se trouve à proximité immédiate

de l’autoroute A7, reliant directement

Mersch à Luxembourg-ville ainsi qu’au

Nord du pays. Cette accessibilité renforce

l’attractivité de la commune tant pour les

résidents que pour les entreprises.

À travers ces différentes mesures, notre

ambition est de proposer une mobilité

plus performante, plus durable et adaptée

aux besoins quotidiens des citoyens.

Enfin, la transition énergétique

et le développement durable occupent

une place croissante dans

les politiques communales. Quelles

initiatives la commune de Mersch

met-elle en œuvre dans ce domaine

et quels sont vos objectifs pour les

prochaines années ?

La transition énergétique constitue aujourd’hui

un axe stratégique majeur

pour la commune de Mersch, avec une

volonté claire d’inscrire l’ensemble de

nos projets dans une démarche durable

et responsable.

Concrètement, la majorité des bâtiments

étatiques et communaux au centre

de Mersch sont désormais chauffés par

2 chaudières à copeaux de bois, permettant

de réduire significativement notre

empreinte carbone tout en valorisant une

ressource locale.

Au niveau du développement économique,

les entreprises qui s’implanteront dans

la zone d’activités de la ZAMID devront

intégrer des installations photovoltaïques.

Notre objectif est d’aller plus loin en

mettant en place, à terme, un système de

type coopératif permettant de redistribuer

l’énergie produite en surplus vers d’autres

sites, dans une logique d’optimisation et

de solidarité énergétique.

Nous portons également une attention

particulière aux performances énergétiques

de l’ensemble des nouvelles constructions,

tant au niveau de l’isolation

que des choix de construction et d’urbanisation.

Le futur quartier de l’Alzette,

qui sera réalisé par la société Rives de

l’Alzette s’inscrit pleinement dans cette

dynamique, notamment avec la mise en

place d’un système de chauffage basé sur

un réseau urbain froid avec des pompes

à chaleur. Enfin, la commune soutient

activement le développement de la mobilité

électrique, notamment à travers le

déploiement d’un nombre important de

bornes de recharge Chargy, afin d’accompagner

la transition vers des modes de

déplacement plus durables.

À travers ces différentes initiatives, Mersch

affirme clairement son ambition de

devenir une commune exemplaire en matière

de transition énergétique et de développement

durable.


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60

| ACTUALITÉS COMMUNALES

Pol Lamesch, conseiller climat


61

SCHIFFLANGE,

UNE COMMUNE EN POINTE

DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Engagée depuis plusieurs années

dans une politique climatique

ambitieuse, la commune de

Schifflange multiplie les initiatives

concrètes pour réduire son

empreinte carbone et améliorer

l’efficacité énergétique de ses

infrastructures. Dans le cadre

du Klimapakt Luxembourg et

forte de l’obtention, pour la quatrième

fois, du label European

Energy Award Gold, la commune

se positionne comme un acteur

de référence en matière de développement

durable.

Pour Lëtzebuerger Gemengen,

Pol Lamesch, conseiller climat,

revient sur les actions mises

en œuvre et les perspectives

d’avenir d’une commune résolument

tournée vers la transition

énergétique.

Monsieur Lamesch, la commune

de Schifflange est souvent citée

comme une commune pionnière

en matière de politique climatique.

Comment s’inscrit concrètement

votre engagement dans le cadre

du Klimapakt ?

La commune de Schifflange s’est engagée

très tôt dans une politique climatique ambitieuse

en adhérant au programme national

Klimapakt. Ce cadre nous permet

de structurer notre stratégie énergétique

et climatique autour d’objectifs clairs

et mesurables.

Face aux enjeux liés à l’adaptation au

changement climatique et à l’évolution

de l’aménagement du territoire, nous

avons progressivement renforcé nos

actions en adoptant des mesures plus

strictes et durables.

Nous avons notamment développé des

installations photovoltaïques sur les bâtiments

publics, permettant de couvrir une

partie importante de nos besoins énergétiques.

Le surplus d’énergie produit est

valorisé, notamment pour contribuer au

chauffage de logements sociaux.

Le Klimapakt nous permet également

d’évaluer régulièrement nos progrès et

d’ajuster nos actions afin de renforcer en

continu notre engagement en faveur du

climat.

Schifflange a obtenu à plusieurs

reprises le label “Gold” du

European Energy Award. Quelles

sont les mesures clés qui ont

permis d’atteindre ce niveau

d’excellence ?

Cette distinction repose sur une approche

globale et cohérente de la transition énergétique.

Notre stratégie s’articule autour de plusieurs

axes majeurs : le déploiement

massif du solaire, l’extension du réseau

de chaleur communal, le développement

de la mobilité douce, la mise en place

de zones 30 km/h, la promotion de la

biodiversité et d’un urbanisme durable,

ainsi que le soutien actif aux citoyens à

travers des subventions et des actions

de sensibilisation.

En matière de gestion des déchets,

nous appliquons le principe du pollueur-payeur,

qui responsabilise directement

les citoyens. Les résultats sont très

encourageants : aujourd’hui, environ 75

% de nos déchets sont recyclés, tandis que

seulement 25 % finissent dans les poubelles

résiduelles. Nous procédons également

à des contrôles réguliers des poubelles

vertes afin de garantir la qualité du tri et

d’optimiser encore nos performances.

Nous intégrons également les principes de

l’économie circulaire dans nos projets et

développons des solutions innovantes de

production d’énergie en milieu urbain.

C’est cette vision transversale, structurée

et exigeante qui nous permet aujourd’hui

d’atteindre ce niveau d’excellence.

La commune transforme

actuellement une ancienne

centrale de cogénération

en système de pompe à chaleur.

Pouvez-vous nous expliquer

cette évolution ?

Ce projet constitue une étape clé dans notre

transition énergétique.

La centrale de cogénération, mise en service

en 1998, a longtemps alimenté de

nombreux bâtiments publics et privés.

Toutefois, fonctionnant au gaz, elle ne

correspond plus à nos objectifs actuels.


62

| ACTUALITÉS COMMUNALES

Depuis 2023, elle n’est plus en activité et

la production de chaleur est assurée temporairement

par des chaudières à gaz.

Nous avons fait le choix de la remplacer

par un système de pompe à chaleur fonctionnant

au CO₂, une technologie plus

efficace et respectueuse de l’environnement.

Sa mise en service est prévue pour

l’année prochaine.

Ce projet permettra d’améliorer significativement

notre efficacité énergétique tout

en réduisant notre dépendance aux énergies

fossiles.

Le réseau de chaleur communal

constitue un élément central de

votre stratégie. Quels bâtiments

sont aujourd’hui raccordés

et quelles sont les perspectives

d’extension de ce réseau ?

Le réseau de chaleur communal alimente

déjà plusieurs infrastructures publiques

importantes, notamment des bâtiments

administratifs, des infrastructures scolaires

ainsi que certains équipements sportifs.

Ce système permet de centraliser la production

de chaleur et d’améliorer l’efficacité

énergétique globale des bâtiments

raccordés. Il offre également la possibilité

d’intégrer progressivement des sources

d’énergie renouvelables.

Aujourd’hui, le réseau est déjà connecté

jusqu’au centre-ville et poursuit son extension

vers différents quartiers, notamment

la cité Emile Mayrisch. L’objectif est

d’élargir progressivement le périmètre du

réseau afin de desservir un nombre croissant

de bâtiments publics et résidentiels.

Grâce à la mise en place de ce nouveau

procédé, nous estimons que près de 70

% de notre énergie pourra être produite

localement, renforçant ainsi l’autonomie

énergétique de la commune.

Parallèlement, la commune souhaite

étendre ce réseau aux nouveaux projets

urbanistiques afin d’optimiser encore davantage

la performance énergétique du

territoire.

Au-delà des infrastructures

communales, comment la

commune accompagne-t-elle

les citoyens et les entreprises

dans la transition énergétique ?

La transition énergétique doit être collective.

Nous organisons des campagnes d’information,

des conférences et des ateliers

afin de sensibiliser les citoyens aux enjeux

énergétiques et aux solutions disponibles.

La commune encourage également l’installation

de panneaux photovoltaïques,

l’autoconsommation collective et informe

sur les aides disponibles pour la rénovation

énergétique.

Nos bureaux restent ouverts et accessibles

à toute personne souhaitant obtenir

des conseils personnalisés, ce qui permet

d’accompagner concrètement les habitants

dans leurs démarches.

Quelles sont les prochaines étapes

de votre stratégie climatique ?

Notre ambition est de poursuivre et d’intensifier

nos actions dans les années

à venir.

Nous travaillons également sur des projets

innovants, notamment la production d’énergie

dans l’espace urbain, par exemple via

l’installation de panneaux photovoltaïques

sur des infrastructures existantes.

Notre objectif reste de faire de Schifflange

une commune exemplaire, capable de

concilier innovation, durabilité et qualité

de vie pour ses habitants.

Conclusion

Notre ambition est claire : poursuivre et

renforcer notre engagement en faveur

d’une transition énergétique durable et

cohérente à l’échelle de notre commune.

À Schifflange, nous avons fait le choix

d’agir concrètement, en développant des

projets innovants, en améliorant continuellement

l’efficacité énergétique de nos

infrastructures et en impliquant activement

nos citoyens dans cette démarche.

La transition écologique ne peut réussir

que si elle est collective et portée sur le

long terme.

Nous sommes convaincus que les mesures

mises en place aujourd’hui constituent

des bases solides pour l’avenir.

Notre objectif est de continuer à faire de

Schifflange une commune exemplaire, capable

de concilier développement durable,

innovation et qualité de vie pour l’ensemble

de ses habitants.

À terme, notre ambition est clairement

de décarboner des quartiers entiers, en

commençant notamment par la cité Emile

Mayrisch, en remplaçant les systèmes de

chauffage individuels par une solution

collective plus performante et durable.

Nous continuerons à développer les énergies

renouvelables, à améliorer l’efficacité

énergétique de nos infrastructures et

à renforcer la mobilité durable.


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64 | ACTUALITÉS COMMUNALES

BRÈVES

COMMUNALES DE L’EST

PAR ARMAND D'ANTONIO

GREVENMACHER

Réaménagement des quais de la Moselle

La Ville de Grevenmacher poursuit le

réaménagement de ses quais le long de

la Moselle afin de renforcer l’attractivité

touristique et la qualité de vie des habitants.

Les travaux prévoient la modernisation

des promenades piétonnes,

l’amélioration des accès au fleuve et la

création d’espaces publics dédiés à la

détente et aux événements culturels.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie

globale de valorisation du front de Moselle,

l’un des atouts majeurs de la commune.

Les aménagements intégreront

également des infrastructures favorisant

la mobilité douce, notamment des

liaisons cyclables connectées au réseau

national. À terme, ces nouveaux espaces

devraient renforcer l’attractivité

touristique et économique de la région.

WASSERBILLIG

Modernisation de la gare et du pôle de

mobilité

La gare de Wasserbillig fait l’objet d’un

projet de modernisation destiné à

renforcer son rôle de pôle de mobilité

transfrontalier entre le Luxembourg et

l’Allemagne. Les travaux comprennent

l’amélioration des quais, l’adaptation

des infrastructures ferroviaires et la

création d’espaces facilitant l’intermodalité

entre train, bus et mobilité

douce. Les aménagements prévoient

également des installations pour les

cyclistes et une meilleure accessibilité

pour les personnes à mobilité réduite.

Située sur la ligne reliant Luxembourg à

Trèves, la gare joue un rôle clé pour les

travailleurs frontaliers et les habitants

de la région. Le projet vise à améliorer

le confort et la fluidité des déplacements.

MERTERT

Extension du port fluvial

Le port de Mertert, unique port fluvial

du Luxembourg, poursuit sa modernisation

afin de renforcer son rôle stratégique

dans le transport de marchandises.

Les projets en cours portent sur

l’amélioration des quais de chargement,

la modernisation des installations portuaires

et l’optimisation des connexions

ferroviaires et routières. Située au bord

de la Moselle, cette plateforme multimodale

joue un rôle essentiel dans

la logistique régionale. Les investissements

visent également à favoriser le

transport fluvial, considéré comme plus

durable et moins polluant que le transport

routier. Ce développement s’inscrit

dans une stratégie nationale visant

à renforcer les solutions logistiques respectueuses

de l’environnement.

JUNGLINSTER

Réaménagement du centre et nouvelle

place communale

La commune de Junglinster poursuit

la transformation de son centre-bourg

avec le réaménagement de la place

centrale et des espaces publics environnants.

Le projet prévoit la réorganisation

de la circulation, l’aménagement

de zones piétonnes et la création d’espaces

de rencontre destinés aux activités

culturelles et sociales. Les travaux

incluent également la modernisation

des infrastructures techniques et l’intégration

de solutions favorisant la mobilité

douce. Cette requalification urbaine

vise à renforcer l’attractivité du centre

et à améliorer la qualité de vie des habitants.

La commune souhaite ainsi

dynamiser son cœur urbain et renforcer

son rôle de pôle local pour les communes

voisines.

BETZDORF

Développement de la zone d’activités

Potaschbierg

La commune de Betzdorf participe au

développement de la zone d’activités

Potaschbierg, un parc économique

stratégique partagé avec plusieurs

communes de l’Est. Les travaux portent

sur l’aménagement de nouvelles parcelles

destinées à accueillir des entreprises

dans divers secteurs. Le projet

prévoit également l’amélioration des

infrastructures d’accès et l’installation

d’équipements techniques adaptés aux

besoins des entreprises. Située à proximité

de l’autoroute A1 et de la frontière

allemande, la zone Potaschbierg bénéficie

d’une localisation stratégique.

Les autorités souhaitent y intégrer des

critères de durabilité, notamment en

matière de gestion énergétique et de

mobilité, afin de renforcer l’attractivité

économique de la région.

BIWER

Construction d’une nouvelle école fondamentale

La commune de Biwer a lancé la

construction d’une nouvelle école fondamentale

afin de répondre à la croissance

démographique de la région. Le

futur bâtiment comprendra plusieurs

salles de classe modernes, des espaces

pédagogiques adaptés ainsi que des

infrastructures pour les activités sportives

et culturelles. Le projet prévoit

également l’intégration de standards

élevés en matière d’efficacité énergétique

et de durabilité. Cette nouvelle

infrastructure permettra d’améliorer

l’accueil des élèves et de répondre aux

besoins croissants des familles installées

dans la commune. Il s’agit d’un

investissement important pour accompagner

le développement du territoire

et renforcer l’offre éducative locale.

Projet « An der Schmëtt », Fonds du Logement,

164 logements.



66

| ACTUALITÉS COMMUNALES

MC LUXEMBOURG : STRUCTURER

LE LOGEMENT DE DEMAIN

AVEC UNE VISION 2050

Face à la pression croissante sur le marché immobilier luxembourgeois,

les communes doivent repenser leur développement de manière

structurée et durable.

À Mersch, la société MCL s’impose comme un partenaire stratégique,

capable d’accompagner les collectivités dans la mise en œuvre de

véritables Masterplans communaux, avec une vision à long terme à

l’horizon 2050.

Objectif : créer des quartiers cohérents, accessibles et durables, au

service des générations futures, ce qui implique un élément essentiel

et cœur de tous les débats actuels : la réalisation de logements à des

prix abordables et le rôle à jouer par les communes.

Le Luxembourg est confronté à un défi

majeur : répondre à une demande croissante

en logements tout en préservant

la qualité de vie et l’équilibre territorial.

Dans ce contexte, les communes jouent un

rôle de plus en plus central, mais doivent

s’appuyer sur des partenaires capables de

structurer des projets complexes et de les

inscrire dans une vision globale. Les communes

doivent agir rapidement et selon

leur besoins / capacités et nous on peut les

aider à avancer à vitesse constante.

Il est dès lors essentiel de respecter le

cahier des charges du Ministère du Logement,

en étroite synergie avec les communes

et de répondre aux besoins avec

une réactivité assurée. Accompagnée de

partenaires confirmés, les communes

peuvent œuvrer eux-mêmes en tant que

promoteurs sociaux et réaliser des projets

logements adaptés à leurs besoins, tout en

assurant une neutralité budgétaire à la fin

des opérations.

MCL s’est imposé comme un acteur de

référence dans cet accompagnement. Ces

projets s’inscrivent dans une logique de

planification à long terme (développement

stratégique) en cohérence avec les

ambitions nationales en matière de logement,

de climat et d’aménagement du

territoire.

Une approche fondée

sur le Masterplan

L’un des atouts majeurs de MCL réside

dans sa capacité à élaborer des Masterplans

structurés, permettant aux communes

d’anticiper leur développement sur

plusieurs décennies.

Cette approche consiste à analyser en profondeur

le territoire : potentiel foncier,

besoins démographiques, infrastructures

existantes, mobilité, équipements publics.

Sur cette base, MCL et ses partenaires proposent

une vision globale. Le Masterplan

devient ainsi un outil stratégique, permettant

d’éviter les développements fragmentés

et de garantir une cohérence d’ensemble

dans l’évolution des communes.

Au-delà de la planification, MCL inscrit

les projets dans une vision à long terme,

à l’horizon 2050. Cette projection permet

d’intégrer dès aujourd’hui les grands enjeux

de demain : transition énergétique,

adaptation climatique, évolution des modes

de vie et des besoins en logement.

Les quartiers conçus aujourd’hui doivent

être capables d’évoluer dans le temps.

Cela implique une grande flexibilité dans

l’aménagement, une qualité architecturale

durable et une intégration intelligente

des infrastructures.

Dans cette optique, la société MCL intègre

une approche socio-économique et d’évaluer

le pouvoir d’achat des futurs acquéreurs

et d’adapter les développements aux

réalités locales.

Le logement abordable

comme priorité

Dans un marché fortement sous tension,

la question du logement abordable est au

cœur des préoccupations communales.

MCL aide activement à la mise en place

de projets permettant de répondre rapidement

à cette demande, tout en maintenant

un haut niveau de qualité.

L’enjeu est de trouver le juste équilibre

entre accessibilité financière, qualité de

construction et intégration urbaine. Les

projets mis sur le marché intègrent des

typologies variées de logements, afin de

répondre aux besoins des jeunes ménages,

des familles et des seniors.

Ces projets sont conçus sur mesure, en

tenant compte des réalités et des besoins

spécifiques de la population locale.

L’objectif est clair : permettre aux jeunes

comme aux moins jeunes de rester vivre

dans leur commune, tout en garantissant

un accès au logement pour tous en réponse

aux besoins.


67

Des références concrètes

Cette approche se traduit déjà par des réalisations

concrètes dans plusieurs communes

luxembourgeoises, où MCL accompagne

des projets exemplaires.

À Mertzig, le développement de nouveaux

quartiers résidentiels met l’accent sur des

maisons unifamiliales et des habitations

à taille humaine, parfaitement intégrées

dans le tissu local. Le projet illustre une

volonté forte de proposer un cadre de vie

équilibré entre ruralité et modernité avec

une mixité adaptée aux besoins, intégrant

aussi bien des unités destinées à la location

que des unités destinées à la vente.

À Schuttrange, commune particulièrement

dynamique et attractive, sont mis

en oeuvre des projets plus denses, avec

4 maisons contemporaines – 2x2 jumelées

sur des terrains entre 2 et 3 ares. L’objectif

est de répondre à une forte pression

démographique tout en maintenant une

qualité architecturale élevée et une cohérence

urbanistique.

Enfin, à Wincrange, au cœur du nord du

pays, les projets accompagnés par MCL

privilégient une approche respectueuse

du territoire, avec des maisons individuelles

dans un tissu urbain à faible densité.

Ici, l’accent est mis sur l’intégration

paysagère et la qualité de vie typique d’un

village rural avec un degré d’urbanisation

très faible.

Ces exemples illustrent la capacité d'adapté

ces solutions aux spécificités de chaque

commune.

Des quartiers durables et intégrés

MCL réalise un service d’appui aux pouvoirs

publics, responsables politiques

et agents administratifs et technique,

lors de la conceptualisation et mise en

œuvre de projets de développement

communal.

Les projets MCL aide notamment,

outre les dossiers d’habitations abordables

que le bureau suit de longue

date dans ses fonctions de conseiller

logement agrée, des infrastructures et

équipements collectifs telles que infrastructures

scolaires et sportives,

d’encadrement socio-éducatif voire des

infrastructure dans l’intérêt général telles

que des maisons de santé.

La durabilité est au cœur de chaque réalisation,

avec une attention particulière

portée à l’efficacité énergétique, à l’utilisation

de matériaux durables et à la réduction

de l’empreinte environnementale et

ce suivant les capacités et moyens financiers

et économique de la commune.

Construire aujourd’hui

les communes de demain

À travers son engagement, MCL participe

activement à la transformation du paysage

communal luxembourgeois. En s’appuyant

sur des Masterplans solides et une

vision à long terme, l’entreprise contribue

à construire des communes plus durables,

plus inclusives et mieux préparées aux défis

futurs.

À l’horizon 2050, les communes qui auront

su anticiper et structurer leur développement

seront celles qui offriront la

meilleure qualité de vie à leurs citoyens.

MCL s’inscrit pleinement dans cette dynamique,

en accompagnant les collectivités

avec rigueur, vision et engagement.


68

| ACTUALITÉS COMMUNALES

KÄL TÉITENG : DESSINE

SON AVENIR ENTRE URBANISME,

ÉCOLES ET NOUVEAUX QUARTIERS

Face à une croissance démographique soutenue et à l’évolution des

besoins de la population, la commune de Kayl multiplie les projets

structurants pour renforcer ses infrastructures scolaires, sportives

et urbaines. Du futur Campus scolaire Widdem, en passant par la

création de logements abordables et l’élaboration d’un ambitieux

masterplan pour Tétange, la commune prépare activement son développement

pour les années à venir. Ces initiatives témoignent d’une

volonté claire : améliorer la qualité de vie des habitants tout en accompagnant

la transformation du territoire.

Des infrastructures scolaires

adaptées à la croissance

de la commune

La commune poursuit activement le développement

de ses infrastructures éducatives

avec la réalisation du futur Campus

scolaire Widdem, un projet majeur destiné

à accompagner l’augmentation du nombre

d’élèves. Ce nouvel ensemble scolaire

pourra accueillir plus que 500élèves et

constituera un véritable pôle éducatif et

sportif.

Le projet prévoit la construction d’un

bâtiment moderne répondant à des standards

élevés en matière de fonctionnalité

et d’efficacité énergétique. Les espaces

pédagogiques seront conçus pour favoriser

des méthodes d’apprentissage contemporaines,

avec des salles de classe lumineuses,

des espaces modulables et des

zones dédiées au travail collectif.

Le campus intégrera également une maison

relais, permettant d’assurer l’accueil

et l’encadrement des enfants en dehors

des heures de classe. Un centre sportif

viendra compléter l’ensemble, offrant des

infrastructures adaptées tant aux élèves

qu’aux associations locales.

Le Parc Ouerbett, un nouvel espace

de rencontre et de loisirs

Au cœur de la commune, le Parc Ouerbett

va bientôt élargir son offre d'activités de

loisirs et de détente pour les habitants.

Pensé comme un véritable parc urbain,

un nouvel site accueillera plusieurs infrastructures

sportives accessibles à toutes

les générations : terrains de pétanque,

terrain de beach-volley et une piste Pumptrack

Au-delà des équipements sportifs, l’aménagement

prévoit également des espaces

verts soignés, des zones de repos et des


69

cheminements piétons. Par sa vocation

intergénérationnelle, le Parc Ouerbett

contribuera au dynamisme du centre de

la commune et renforcera la qualité de vie

des habitants.

Une politique active en faveur

du logement abordable

La commune poursuit également ses efforts

en matière de logement avec la réalisation

d’un projet de 24 appartements

abordables en partenariat avec le Fonds

du Logement. Situé route de Schifflange,

ce projet vise à répondre à la demande

croissante de logements accessibles pour

les jeunes ménages et les familles.

Le projet repose sur le principe du bail emphytéotique,

permettant à la commune de

mettre un terrain à disposition sur le long

terme tout en garantissant que les logements

restent durablement accessibles.

Cette approche constitue un levier important

pour les communes souhaitant favoriser

un accès au logement à prix maîtrisé.

Un masterplan ambitieux pour

le développement du centre

de Tétange

Parallèlement, la commune travaille à

l’élaboration d’un masterplan pour le développement

du centre de Tétange, afin

d’organiser de manière cohérente l’évolution

urbanistique de la localité.

Parmi les projets emblématiques figure la

transformation de l’ancien crassier situé

entre Tétange et Rumelange, actuellement

en phase d’étude d’assainissement. À terme,

ce site fera l’objet d’un projet de renaturisation,

incluant notamment la remise

en valeur du Keelbaach, afin de renforcer

la dimension environnementale et paysagère

de cet espace.

Le masterplan prévoit également une

réflexion sur plusieurs sites stratégiques,

notamment celui des ateliers communaux,

ainsi que l’organisation d’un concours

d’architectes pour l’extension de

l’école de Tétange.

Plusieurs infrastructures publiques importantes

sont également à l’étude, dont

l’agrandissement du centre de recyclage

et re-use center, la construction d’un nouveau

commissariat de police et la réalisation

d’un nouveau centre d’intervention

du CGDIS.

Des infrastructures sportives

et une mobilité renforcée

Le développement des infrastructures

sportives constitue un autre axe fort du

masterplan Tétange. Un nouveau stade de

football est prévu, tandis qu’en collaboration

avec la ville de Rumelange, le syndicat

intercommunal Sicosport permettra la

création d’un nouveau centre sportif dédié

à plusieurs disciplines telles que la gymnastique,

le karaté et la boxe.

Une piscine couverte scolaire viendra

compléter cet ensemble, renforçant ainsi

l’offre sportive à destination des jeunes et

des associations.

Enfin, la commune poursuit ses investissements

dans la mobilité et les transports

publics, afin d’améliorer la fluidité des

déplacements vers Noertzange et Luxembourg,

tout en renforçant l’accessibilité du

territoire.

À travers ces différents projets, la commune

de Kayl confirme sa volonté de préparer

l’avenir en conciliant développement

urbain, qualité de vie et durabilité, au

bénéfice de l’ensemble de ses habitants.


70

| ACTUALITÉS COMMUNALES

LES ÉLUS LOCAUX

COMMUNE DE

ESCH-SUR-ALZETTE

https://administration.esch.lu/bourgmestre-college/

Christian Weis

BOURGMESTRE - CSV

Pierre-Marc Knaff

ÉCHEVIN - DP

Meris Sehovic

DÉPUTÉ-ECHEVIN - DÉI GRÉNG

Bruno Cavaleiro

ÉCHEVIN - CSV

André Zwally

ÉCHEVIN - CSV


71

COMMUNE DE LINTGEN https://lintgen.lu/administration/politique/le-college-echevinal/

Pinto Louis ​Herr Jeff Toisul​ Jeannot

BOURGMESTRE - ENGAGÉIERT BIERGER ÉCHEVIN - ENGAGÉIERT BIERGER ÉCHEVIN - DP

COMMUNE DE ROESER

https://www.roeser.lu/p/215/0

Tom Jungen

BOURGMESTRE - LSAP

Bettina Ballmann

ÉCHEVINE - LSAP

Angelo Lourenço

ÉCHEVIN - LSAP

COMMUNE DE SANDWEILER

https://sandweiler.lu/fr/politique/college-echevinal

Claude Mousel

BOURGMESTRE - DP

Corine Courtois

ÉCHEVINE - DP

Georges Reuter

ÉCHEVIN - LSAP


72

| ACTUALITÉS COMMUNALES

COMMUNE

DE MERSCH

https://www.mersch.lu/politique/le-college-des-bourgmestre-et-echevins

Michel Malherbe

BOURGMESTRE - DP

Daniel Marques

Abby Toussaint

Henri Krier

ÉCHEVIN - DP

COMMUNE DE STEINFORT

ÉCHEVIN - CSV ÉCHEVIN - DP

https://www.steinfort.lu/la-commune/college-echevinal

Sammy Wagner Marianne Dublin-Felten Guy Erpelding

BOURGMESTRE - LSAP ÉCHEVINE - LSAP ÉCHEVIN - LSAP


Save the date

BUERGERMEESCHTERDAG

Donneschdes, den 21. Mee 2026 am Casino 2000 zu Munneref

Ënnert dem Patronage vum Kulturministère

Meng Gemeng, Meng Kultur

Gemeng Munneref


74

| ACTUALITÉS COMMUNALES

LES SYNDICATS

SE PRÉSENTENT

PAR ARMAND D'ANTONIO

SESE – GESTION DURABLE DE

L’ASSAINISSEMENT

Le SESE assure la collecte et le traitement des eaux usées

pour plusieurs communes du sud-est du pays. Il joue un rôle

essentiel dans la protection des ressources hydriques et de

l’environnement, en garantissant une épuration performante

conforme aux normes européennes. Le syndicat investit dans

des infrastructures modernes et des technologies innovantes

afin d’améliorer la qualité des rejets et d’optimiser les performances

énergétiques de ses installations. Le SESE est présidé

par Michel Gloden, engagé pour un assainissement durable

et responsable.

Mondorf-les-Bains, Schengen

LE SIDEST

Le SIDEST assure la collecte et le traitement des eaux usées

pour plusieurs communes, en veillant à la protection durable

des ressources hydriques. Grâce à des installations performantes

et régulièrement modernisées, il garantit une épuration

efficace conforme aux normes environnementales. Le

SIDEST s’inscrit également dans une démarche d’innovation,

visant à optimiser les performances énergétiques de ses infrastructures.

Il contribue ainsi activement à la préservation

de l’environnement et à la qualité de vie des citoyens. Le syndicat

est présidé par Jérôme Laurent.

Commune(s) affiliées:

Beaufort, Bech, Berdorf, Betzdorf, Biwer, Bous-Waldbredimus,

Contern, Dalheim, Echternach, Flaxweiler, Frisange, Grevenmacher,

Lenningen, Manternach, Mertert, Niederanven,

Mondorf-les-Bains, Sandweiler, Schengen, Schuttrange,

Stadtbredimus, Waldbillig, Weiler-la-Tour, Wormeldange

SIACH – GESTION INTERCOMMUNALE

DES EAUX USÉES

Le SIACH assure la collecte et le traitement des eaux usées

pour plusieurs communes du sud du Luxembourg. Il joue

un rôle essentiel dans la protection de l’environnement en

garantissant une épuration performante et conforme aux

normes en vigueur. Le syndicat investit continuellement dans

la modernisation de ses installations et dans des technologies

innovantes afin d’améliorer la qualité des rejets et préserver

les ressources naturelles. Le SIACH est présidé par Tom Ulveling,

engagé pour une gestion durable et responsable de

l’assainissement

Communes affiliées:

Differdange, Käerjeng, Pétange, Sanem

SIDEN – UNE GESTION COLLECTIVE

AU SERVICE DE L’EAU

Le SIDEN assure l’évacuation et la dépollution des eaux résiduaires

du nord du Luxembourg, à travers la gestion de stations

d’épuration et d’ouvrages techniques modernes. Il joue

un rôle essentiel dans la protection de l’environnement et la

qualité des ressources en eau.

Le syndicat regroupe de nombreuses communes : Bettendorf,

Bissen, Boulaide, Bourscheid, Clervaux, Colmar-Berg,

Consdorf, Diekirch, Erpeldange, Esch-sur-Sûre, Ettelbruck,

Feulen, Goesdorf, Grosbous, Heffingen, Parc Hosingen,

Kiischpelt, Lac de la Haute-Sûre, Larochette, Mertzig, Nommern,

Putscheid, Rambrouch, Reisdorf, Schieren, Tandel,

Troisvierges, Vianden, Vallée de l’Ernz, Wahl, Weiswampach,

Wiltz, Wincrange et Winseler.



76 | ACTUALITÉS COMMUNALES

BRÈVES

COMMUNALES DU NORD

PAR ARMAND D'ANTONIO

ETTELBRUCK

Contournement N7/N15 : un projet clé

pour la Nordstad

Le projet de contournement d’Ettelbruck,

reliant les axes N7 et N15,

constitue l’un des chantiers routiers

majeurs du nord du Luxembourg. Cette

nouvelle infrastructure vise à réduire

le trafic de transit dans le centre-ville,

fortement saturé aux heures de pointe.

Le projet prévoit la création d’un axe

périphérique permettant de dévier une

partie importante des flux de circulation,

notamment les poids lourds. Cette

opération s’inscrit dans la stratégie de

développement de la Nordstad, qui regroupe

plusieurs communes du canton

de Diekirch. L’objectif est d’améliorer la

fluidité du trafic, de renforcer la sécurité

routière et de réduire les nuisances

pour les habitants.

DIEKIRCH

Modernisation de la gare et pôle

d’échanges multimodal

La gare de Diekirch fait l’objet d’un

programme de modernisation visant

à renforcer son rôle de pôle de mobilité

régional. Les travaux comprennent

l’amélioration des quais, l’adaptation

des infrastructures ferroviaires et la

création d’un pôle d’échanges facilitant

les correspondances entre train, bus

et mobilité douce. Les aménagements

prévoient également une meilleure accessibilité

pour les personnes à mobilité

réduite ainsi que des infrastructures

pour les cyclistes. Ce projet répond à

l’augmentation du nombre de voyageurs

dans la région Nordstad et s’inscrit

dans la stratégie nationale visant à

développer les transports publics et à

réduire la dépendance à la voiture individuelle.

ERPELDANGE-SUR-SÛRE

Développement de la zone d’activités

Fridhaff

La zone d’activités Fridhaff, située

entre Erpeldange-sur-Sûre et Ettelbruck,

poursuit son développement et

s’affirme comme l’un des pôles économiques

majeurs du nord du Luxembourg.

Plusieurs entreprises y sont déjà

implantées et de nouvelles parcelles

sont actuellement aménagées pour

accueillir d’autres activités. Les travaux

portent notamment sur l’extension des

infrastructures et l’amélioration des

accès routiers. Grâce à sa proximité

immédiate de la route du Nord (A7),

la zone bénéficie d’une situation stratégique.

Ce projet vise à renforcer l’attractivité

économique de la région tout

en favorisant la création d’emplois dans

le canton de Diekirch. SNHBM, 200 logements.

GOEBELSMÜHLE

Reconstruction du pont ferroviaire

À Goebelsmühle, les CFL ont entrepris

la reconstruction d’un pont ferroviaire

important sur la ligne reliant Luxembourg

à Troisvierges. Cette infrastructure

constitue un élément clé du réseau

ferroviaire du nord du pays. Les travaux

visent à moderniser l’ouvrage afin d’en

garantir la sécurité et la durabilité à

long terme. Le chantier comprend la

reconstruction de la structure du pont,

l’adaptation des voies et la modernisation

des équipements techniques. Ces

interventions s’inscrivent dans le programme

de modernisation de la ligne

du Nord, axe essentiel pour les déplacements

quotidiens entre la capitale et

les régions de l’Oesling.

BETTENDORF

Nouvelle station d’épuration régionale

La commune de Bettendorf accueille

un projet important avec la modernisation

et l’extension de la station d’épuration

régionale gérée par le SIDEN. Cette

infrastructure assure le traitement des

eaux usées pour plusieurs communes

du nord du Luxembourg. Le projet vise

à augmenter la capacité de traitement

afin de répondre à la croissance démographique

et aux exigences environnementales

actuelles. Les travaux

prévoient l’installation de nouvelles

technologies de filtration et l’amélioration

des procédés biologiques. L’objectif

est d’améliorer la qualité des eaux

rejetées dans les cours d’eau et de

renforcer la protection des ressources

hydriques.

TROISVIERGES

Aménagement de la piste cyclable PC21

La commune de Troisvierges participe

au développement de la piste cyclable

nationale PC21, qui relie plusieurs localités

du nord du Luxembourg. Ce projet

vise à renforcer les infrastructures

dédiées à la mobilité douce et à encourager

les déplacements à vélo. Les

travaux portent sur l’aménagement de

nouveaux tronçons sécurisés et l’amélioration

des connexions avec les réseaux

existants. La PC21 s’inscrit dans

la stratégie nationale de promotion

des mobilités alternatives et contribue

également à valoriser le potentiel touristique

de la région de l’Oesling. Cette

infrastructure permet de relier différentes

communes du nord dans un

cadre durable et respectueux de l’environnement.


mcluxembourg.lu

Äre Strategieberoder

fir den

Secteur Public

STRATEGIEBERODUNG

GESTION DE PROJET

ËFFENTLECH INFRASTRUKTUREN

KLIMABERODER

CONSEILLER LOGEMENT

DEN ERFUERENE GUIDE UN ÄRER SÄIT

Strategesch. Ganzheetlech. Onofhängeg.


78

| ACTUALITÉS COMMUNALES

UN NOUVEAU ROND-POINT ET DE

MEILLEURES CONNEXIONS CYCLABLES

POUR ET AUTOUR DE REICHLANG

Yuriko Backes, ministre de la

Mobilité et des Travaux publics,

a inauguré le 25 mars 2026 le

rond-point à Reichlange, en tant

que réaménagement du carrefour

visant une amélioration de

la mobilité dans le nord du pays,

en présence de Henri Gerekens,

bourgmestre de la commune de

Redange/Attert.

Au regard de l'importance stratégique

du carrefour constitué exclusivement de

routes nationales (N12, N22 et N23) et de

son identification comme zone à risque

en raison de la dangerosité inhérente aux

intersections, il s'est avéré indispensable

d'engager la réalisation d'un nouvel aménagement

routier. De ce fait, cet aménagement

vise à supprimer les facteurs de

risque constatés et à améliorer la sécurité

routière ainsi que la fluidité du trafic.

bilité régionale et d'améliorer le trafic routier

local pour offrir à la population et aux

usagères et usagers des infrastructures

modernes et pensées pour leur bien-être

au quotidien », a affirmé Yuriko Backes,

ministre de la Mobilité et des Travaux publics.

Un chantier mené par étapes pour

garantir une circulation continue

et sécurisée

Entamés le 2 avril 2024, les travaux ont

été menés grâce à une planification précise

et à une exécution par étapes assurant

ainsi le maintien de la circulation. Ils

ont porté sur la construction complète du

nouveau giratoire, incluant les trottoirs,

les parkings, le renouvellement de l'éclairage

public ainsi que la modernisation des

réseaux d'eaux mixtes, pluviales et électriques.

La station météorologique utilisée

pour la gestion hivernale a également été

déplacée. Les aménagements cyclopiétons

et les arrêts de bus ont été réalisés conformément

aux exigences d'accessibilité.

La division de la voirie de Diekirch de

l'Administration des ponts et chaussées a

assuré la conception du projet et la coordination

du chantier. Après les travaux

routiers, l'Administration de la nature et

« L'inauguration du giratoire, la réhabilitation

du pont ainsi que la construction de

la nouvelle passerelle marquent une étape

importante pour une mobilité plus fluide

et une sécurité renforcée des déplacements

au sein de la commune et de toute

la région. Cet ensemble d'aménagements

témoignent de notre volonté conjointe,

État et commune, de promouvoir la cyclades

forêts a implanté une « tour des hirondelles

» et la commune de Redange/Attert

a procédé à l'aménagement paysager et à

l'installation d'une sculpture éclairée au

centre du giratoire.

Une nouvelle passerelle clé pour la

cyclabilité communale et régionale

En parallèle à la construction du rondpoint,

il a été procédé à la réhabilitation

du pont OA318 complétée par une nouvelle

passerelle offrant un itinéraire cyclable

sécurisé, direct et confortable. Cette

infrastructure dédiée s'inscrit pleinement

dans le développement du réseau communal,

régional et national pour un renforcement

de la cyclabilité. La nouvelle passerelle

cyclable constitue un atout majeur

pour les déplacements actifs : elle offre

une traversée séparée du trafic routier, un

espace généreux pour les cyclistes et une

expérience plus conviviale et sereine. Son

installation crée un lien essentiel entre les

itinéraires existants et contribue à encourager

l'usage quotidien du vélo.

Communiqué par le ministère de la Mobilité

et des Travaux publics et l'Administration des

ponts et chaussées


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construisons un

monde plus sûr.

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80

| ACTUALITÉS COMMUNALES

Laurence Ball

EUREGIO SAARLORLUX+ : LA CO-

OPÉRATION TRANSFRONTALIÈRE

AU SERVICE DES TERRITOIRES

Créée en 1995, EuRegio SaarLorLux+ fédère aujourd’hui près de 40

collectivités communales de la Grande Région autour d’une ambition

forte : faire de la coopération transfrontalière un levier concret de

rapprochement entre territoires. Bien au-delà d’une simple structure

de coordination, l’association agit comme un véritable facilitateur de

dialogue, d’échange et de projets entre communes, administrations

et acteurs locaux. Dans un contexte marqué par des défis majeurs

tels que le changement climatique, les mutations industrielles ou encore

le vieillissement de la population, EuRegio contribue à créer des

synergies indispensables pour renforcer la cohésion territoriale et

sociale. En favorisant la connaissance mutuelle et le développement

d’initiatives communes, elle participe activement à construire une

Grande Région plus intégrée, plus solidaire et tournée vers l’avenir.


81

Pouvez-vous nous présenter

EuRegio et son rôle dans

le développement économique

de la Grande Région ?

EuRegio SaarLorLux + est une asbl de droit

luxembourgeois qui a été créée en 1995.

Elle fédère près de 40 collectivités communales

de la Grande Région.

EuRegio s’engage moins dans le développement

économique que globalement

dans la coopération transfrontalière entre

villes et communes partant du fondement

que celle-ci est un atout qui peut contribuer

à un développement de leur territoire.

Elle s’appuie pour ce faire sur trois

objectifs :

- porter et défendre le point de vue des

communes et territoires locaux au sein de

la Grande Région,

- échanger, se rencontrer pour apprendre

à se connaître et ainsi pouvoir apprendre

à travailler ensemble,

- soutenir, accompagner et coopérer en

développant des projets concrets participant

à rapprocher les citoyens de la

Grande Région.

En quoi la coopération

transfrontalière représente-t-elle

une opportunité stratégique pour

le Luxembourg et ses communes ?

La coopération transfrontalière et les relations

de bon voisinage sont un levier essentiel

du vivre-ensemble dans un espace

ouvert et un bassin de vie où même si des

obstacles administratifs et juridiques persistent,

la notion de frontière tend à s’estomper.

Pour la cohésion sociale de notre

région, alors que les mouvements populistes

ne cessent de croitre, se connaître,

travailler ensemble la coopération transfrontalière

avec les communes de l’autre

côté de la frontière sont des aspects primordiaux.

Les forts enjeux comme le changement

climatique, les transformations industrielles,

le vieillissement de nos populations

nécessiteront un soutien des villes

et communes dans un contexte budgétaire

en outre de plus en plus contraint. La coopération

transfrontalière permet de trouver

des synergies et d’atteindre ainsi une

masse critique pour développer ensemble

des solutions que les communes seules ne

pourraient définir et mettre en œuvre.

Quels sont aujourd’hui les projets

concrets que vous développez

ou accompagnez sur le terrain ?

Dans le domaine de l’aménagement du

territoire et de la planification, EuRegio

est engagé dans trois projets Interreg (le

fonds européen permettant de financer

les projets de coopération) afin d’implique

concrètement le niveau communal.

- LATI (Laboratoire de recherche en intelligence

territoriale). Il associe chercheurs,

décideurs politiques et administrations. Il

favorise la collaboration entre science et

monde politique pour développer des solutions

concrètes communes malgré différentes

cultures de planification.

- DIALOG : ce projet a pour ambition de

mieux répondre ensemble aux défis de

l’habitat et de l’urbanisme durables, de

l’aménagement du territoire et de l'accès

au logement à l’échelle de l’aire métropolitaine

de Luxembourg.

Un autre champ d’action d’EuRegio est le

soutien à des initiatives dans le secteur

jeunesse dans lequel les communes et le

monde associatif sont des acteurs importants.

Un exemple : EuRegio est partenaire

du réseau Créajeune, un réseau transfrontalier

d’acteurs d'éducation à l'image, de

structures de jeunesse et d’acteurs institutionnels

de la Grande Région. Le festival

Créajeune est un concours transfrontalier

de courts-métrages réalisés par des

enfants, des jeunes et des étudiants qui

se déroule à Metz, Sarrebruck, Trèves et

Luxembourg avec un palmarès décerné

par un jury transfrontalier de jeunes.

EuRegio est également partenaire

d’un projet européen qui vise à promouvoir

la culture de la mémoire en

Grande Région, ECHO'GR, en développant

en particulier de nouvelles approches

et outils pédagogiques en direction

des jeunes pour faire d’eux les

véritables « transmetteurs de mémoire »

pour demain.

La promotion du multilinguisme est également

une activité emblématique de l’asbl.

Dans le cadre d’une convention avec le

Ministère luxembourgeois de l’Education

nationale et du SYVICOL, EuRegio organise

une vingtaine de cours de luxembourgeois

pour adultes dans 9 communes

lorraines prochaines de la frontalière. En

raison de la proximité entre les communes

et les écoles fondamentales, EuRegio peut

également les aider à développer des jumelages

de proximité.

Comment EuRegio contribuet-elle

à rapprocher les acteurs

publics, les communes et le monde

économique ?

EuRegio étant une petite structure, elle ne

peut aborder l’ensemble des champs d’action

des communes. Par conséquent, le

développement économique est un champ

d’action peu traité par EuRegio. En matière

de coopération transfrontalière, cet

aspect est plus du ressort des groupes de

travail du Sommet de la Grande Région, du

Comité Economique et Social de la Grande

Région ou de l’association des Chambres

de Commerce.

La transition énergétique et la

digitalisation sont au cœur des

enjeux actuels : quel rôle jouez-vous

dans ces transformations ?

EuRegio ne sera pas forcément un acteur

direct dans ces transformations. En revanche,

en participant aux différentes réunions

de groupe de travail au niveau des

instances politiques de la Grande Région

comme le Sommet de la Grande Région, le

Comité Economique et Social de la Grande

Région ou du programme Interreg, EuRegio

s’informe des lignes directrices décidées

en leur sein mais aussi des bonnes

pratiques et des grands projets stratégiques

qui y sont développés. Ainsi EuRegio

peut inciter des villes et communes à

s’engager sur un certain nombre de ces

projets ou à s’inspirer de modèle qui ont

fait leur preuve chez nos voisins.

Quel message souhaitezvous

adresser aux décideurs

communaux luxembourgeois

pour les années à venir ?

Toutes les communes luxembourgeoises

frontalières sont désormais associées et

engagées sur un territoire de coopération

transfrontalière dans le cadre du programme

Interreg Grande Région dans ce

que l’on appelle les zones fonctionnelles

et bénéficient ainsi d’une enveloppe de

fonds européens sur laquelle elles ont la

main. Preuve que la plus-value de la coopération

n’est plus à démontrer !


82

| DOSSIER

GRANDS PROJETS ET TERRITOIRES

Vodafone choisit Bettembourg

pour son hub logistique européen

En présence de Son Altesse Royale le

Grand-Duc, l’inauguration du nouveau

hub logistique paneuropéen de Vodafone

à Bettembourg marque une étape majeure

dans le développement économique

du Luxembourg. Ce projet d’envergure

illustre le rôle croissant des communes

dans l’accueil d’infrastructures stratégiques

à forte valeur ajoutée.

À Bettembourg, un projet structurant

vient confirmer la place du Luxembourg

au cœur des flux économiques européens.

L’inauguration officielle du nouveau hub

logistique paneuropéen de Vodafone, en

présence de Son Altesse Royale le Grand-

Duc, s’inscrit dans une dynamique nationale

claire : renforcer l’attractivité du

territoire et consolider son rôle de plateforme

logistique et technologique.

tation, où la rapidité des échanges, la gestion

intelligente des flux et l’intégration

des technologies digitales deviennent des

facteurs clés de compétitivité.

Implanté dans une zone déjà reconnue

pour ses infrastructures multimodales, à

proximité directe du terminal intermodal

de Bettembourg-Dudelange, ce hub bénéficie

d’un positionnement géographique

particulièrement favorable. Il renforce

ainsi la vocation du sud du pays comme

pôle logistique majeur à l’échelle européenne.

Au-delà de l’investissement, ce projet met

en lumière plusieurs enjeux essentiels

pour les communes luxembourgeoises.

D’abord, l’attractivité économique : la

capacité à accueillir des entreprises internationales

repose sur la qualité des infrastructures,

la disponibilité du foncier et

la réactivité des autorités locales. Ensuite,

l’emploi : ce type d’implantation génère

des postes qualifiés et contribue à dynamiser

le tissu économique régional.

Par ailleurs, le développement d’infrastructures

modernes s’accompagne

d’une intégration croissante des technolo-

Avec une superficie de 26 000 m², ce

centre logistique de nouvelle génération

constitue bien plus qu’un simple site opérationnel.

Il s’agit d’un outil stratégique

au service d’une économie en pleine mugies

digitales dans les chaînes logistiques.

Automatisation, traçabilité, optimisation

des flux : autant d’éléments qui transforment

en profondeur les modèles économiques

traditionnels.

La commune de Bettembourg confirme

ainsi son positionnement stratégique

dans le paysage national. En accueillant

des projets d’envergure internationale,

elle s’inscrit pleinement dans une logique

de développement durable et structuré, en

phase avec les ambitions du Luxembourg.

Enfin, ce projet illustre parfaitement l’importance

d’une collaboration étroite entre

acteurs publics et privés. C’est dans cette

complémentarité que se construisent les

projets les plus ambitieux et les plus durables.

À travers cette réalisation, Bettembourg

démontre que les communes jouent un

rôle déterminant dans la transformation

économique du pays. Elles ne sont plus

seulement des territoires d’accueil, mais

de véritables moteurs de développement

et d’innovation.


© SIP / Kary Barthelmey

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