LG-272
À travers le Luxembourg, une transformation silencieuse mais profonde est en cours. Elle ne fait pas toujours la une de l’actualité nationale, et pourtant, elle façonne déjà le pays de demain. Cette transformation se joue au coeur de nos communes. À Dudelange et Differdange, d’anciennes friches industrielles comme la Schmelz et la Neischmelz se réinventent pour accueillir de nouveaux quartiers, mêlant logements, activités et qualité de vie. À Biwer et Erpeldange, ce sont près de 400 logements qui voient le jour, illustrant une volonté forte de développer une offre résidentielle accessible et équilibrée, y compris en dehors des grands centres urbains. À Grevenmacher, les quais de la Moselle se redessinent pour reconnecter la ville à son fleuve, tandis qu’à Mertert, le port fluvial se renforce pour soutenir l’économie nationale et les flux logistiques européens. Dans le nord, la Nordstad s’organise, entre infrastructures routières structurantes et modernisation des équipements ferroviaires, pour accompagner sa montée en puissance. Ces projets ne sont pas isolés. Ils dessinent une vision. Une vision d’un Luxembourg plus équilibré, où chaque région trouve sa place. Une vision d’un territoire qui mise sur la qualité de vie, la durabilité et la cohérence. Une vision, surtout, portée par les communes. Car ce sont elles qui, au quotidien, traduisent les grandes orientations nationales en réalisations concrètes. Ce sont elles qui planifient, concertent, investissent et innovent. Ce sont elles qui construisent le Luxembourg réel. Dans un contexte de pression démographique, de transition énergétique et de mutation économique, leur rôle n’a jamais été aussi central. Lëtzebuerger Gemengen continuera, plus que jamais, à mettre en lumière ces dynamiques locales, à valoriser les initiatives et à donner la parole à celles et ceux qui font avancer le pays. Car comprendre le Luxembourg, c’est d’abord comprendre ses communes..
À travers le Luxembourg, une transformation silencieuse mais profonde est en cours.
Elle ne fait pas toujours la une de l’actualité nationale, et pourtant, elle façonne déjà le pays de demain.
Cette transformation se joue au coeur de nos communes.
À Dudelange et Differdange, d’anciennes friches industrielles comme la Schmelz et la Neischmelz se réinventent pour accueillir de nouveaux quartiers, mêlant logements, activités et qualité de vie.
À Biwer et Erpeldange, ce sont près de 400 logements qui voient le jour, illustrant une volonté forte de développer une offre résidentielle accessible et équilibrée, y compris en dehors des grands centres urbains.
À Grevenmacher, les quais de la Moselle se redessinent pour reconnecter la ville à son fleuve, tandis qu’à Mertert, le port fluvial se renforce pour soutenir l’économie nationale et les flux logistiques européens.
Dans le nord, la Nordstad s’organise, entre infrastructures routières structurantes et modernisation des équipements ferroviaires, pour accompagner sa montée en puissance.
Ces projets ne sont pas isolés. Ils dessinent une vision.
Une vision d’un Luxembourg plus équilibré, où chaque région trouve sa place.
Une vision d’un territoire qui mise sur la qualité de vie, la durabilité et la cohérence.
Une vision, surtout, portée par les communes.
Car ce sont elles qui, au quotidien, traduisent les grandes orientations nationales en réalisations concrètes.
Ce sont elles qui planifient, concertent, investissent et innovent.
Ce sont elles qui construisent le Luxembourg réel.
Dans un contexte de pression démographique, de transition énergétique et de mutation économique, leur rôle n’a jamais été aussi central.
Lëtzebuerger Gemengen continuera, plus que jamais, à mettre en lumière ces dynamiques locales, à valoriser les initiatives et à donner la parole à celles et ceux qui font avancer le pays.
Car comprendre le Luxembourg, c’est d’abord comprendre ses communes..
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AVRIL 2026 - n˚272
www.gemengen.lu
SWECO
vers une ingénierie au-delà de la conception
COMMUNE
DE MERSCH
Mersch, un pôle régional
stratégique en plein essor
COMMUNE
DE SCHIFFLANGE
Schifflange, une commune en
pointe de la transition énergétique
KÄL TÉITENG
Käl Téiteng : dessine son avenir
entre urbanisme, écoles
et nouveaux quartiers
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3
ÉDITO
Le Luxembourg se construit
commune par commune
PAR ARMAND D'ANTONIO
À travers le Luxembourg, une transformation silencieuse
mais profonde est en cours.
Elle ne fait pas toujours la une de l’actualité nationale, et
pourtant, elle façonne déjà le pays de demain.
Cette transformation se joue au cœur de nos communes.
À Dudelange et Differdange, d’anciennes friches industrielles
comme la Schmelz et la Neischmelz se réinventent pour
accueillir de nouveaux quartiers, mêlant logements, activités
et qualité de vie.
À Biwer et Erpeldange, ce sont près de 400 logements qui
voient le jour, illustrant une volonté forte de développer
une offre résidentielle accessible et équilibrée, y compris en
dehors des grands centres urbains.
À Grevenmacher, les quais de la Moselle se redessinent pour
reconnecter la ville à son fleuve, tandis qu’à Mertert, le port
fluvial se renforce pour soutenir l’économie nationale et les
flux logistiques européens.
Dans le nord, la Nordstad s’organise, entre infrastructures
routières structurantes et modernisation des équipements
ferroviaires, pour accompagner sa montée en puissance.
Ces projets ne sont pas isolés. Ils dessinent une vision.
Une vision d’un Luxembourg plus équilibré, où chaque région
trouve sa place.
Une vision d’un territoire qui mise sur la qualité de vie, la
durabilité et la cohérence.
Une vision, surtout, portée par les communes.
Car ce sont elles qui, au quotidien, traduisent les grandes
orientations nationales en réalisations concrètes.
Ce sont elles qui planifient, concertent, investissent et
innovent.
Ce sont elles qui construisent le Luxembourg réel.
Dans un contexte de pression démographique, de transition
énergétique et de mutation économique, leur rôle n’a jamais
été aussi central.
Lëtzebuerger Gemengen continuera, plus que jamais, à
mettre en lumière ces dynamiques locales, à valoriser les
initiatives et à donner la parole à celles et ceux qui font
avancer le pays.
Car comprendre le Luxembourg, c’est d’abord comprendre
ses communes.
4
| DOSSIER
LËTZEBUERGER GEMENGEN
Publication éditée par Living Green sàrl-s
www.gemengen.lu
Société éditrice
Living Green sàrl-s
24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange
Régie publicitaire
Julien Malherbe
julienm@livinggreen.lu
IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
FORMATION
Administration
Lucia Ori
Tél. 58 45 46 29
secretariat@livinggreen.lu
Rédaction
Armand D'Antonio
Pierre Birck
pierreb@livinggreen.lu
Barbara Pierrot
Barbarap@livinggreen.lu
SOMMAIRE
Conception et réalisation graphique
Joana Sabri
Joanas@livinggreen.lu
Photographie
Nader Ghavami / Photopro Luxembourg
Alain Bianco
Impression
Imprimerie Centrale
08
Sweco
COVERSTORY
Sweco
: vers une ingénierie au-delà de la conception
IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
12 | BDO Luxembourg
Les clés juridiques et fiscales d’un projet immobilier réussi
14 | EGDL
Construire aujourd’hui, accompagner demain
© Living Green
Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.
Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la
rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord
de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas
restitués. Les reportages signés n’engagent que
leurs auteurs.
Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et
peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne
pourrait nullement être tenu pour responsable.
16 | Fondation pour l’Accès au Logement
Coach logement : un accompagnement renforcé
au service de l’inclusion
18 | ALHO
La construction modulaire permet d’élargir
l'offre éducative
20 | Fonds du Logement
« Réhabiliter, c’est aussi un acte durable »
22 | TAFF S.à r.l.
Wer darf Fassaden und Dächer reinigen?
Der Beforter Reinigungsdienst TAFF warnt vor einer
wachsenden Grauzone
24 | Ministre du Logement
Logement au Luxembourg : un marché en quête
de repères
ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
DIGITAL ET INNOVATION
ACTUALITÉS COMMUNALES
FORMATION
28 | Chambre des salariés
Chambre des salariés : Se former continuellement pour
évoluer ou se réorienter
30 | House of Training
Former pour transformer : le pari gagnant
des entreprises
ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
34 | Enovos
Enoprimes : dix ans pour accélérer la transition
énergétique au Luxembourg
36 | SWIO
SWIO amorce un virage stratégique
38 | Luxcontrol
Luxcontrol : Entre déconstruction, réemploi, dépollution
et revalorisation
40 | Energiepark Réiden
Interview : Paul Kauten
DIGITAL & INNOVATION
50 | Ministre du Travail
Dialogue social : préserver l’équilibre, préparer l’avenir
52 | LPEA
Private Equity : un levier stratégique pour l’économie
réelle et la transformation durable
ACTUALITÉS COMMUNALES
56 | Commune de Mersch
Mersch, un pôle régional stratégique en plein essor
60 | Commune de Schifflange
Schifflange, une commune en pointe
de la transition énergétique
66 | MC luxembourg
MC luxembourg : structurer le logement de demain
avec une vision 2050
68 | Käl Téiteng
Käl Téiteng : dessine son avenir entre urbanisme, écoles
et nouveaux quartiers
80 | EuRegio SaarLorLux+
EuRegio SaarLorLux+ : la coopération transfrontalière
au service des territoires
46 | Fujitsu Luxembourg
Entre innovation et souveraineté, le nouvel équilibre
des entreprises
6
INDEX
8 | JEANNOT SCHROEDER
Discipline Lead Circularité
chez Sweco
12 | ALINE BROCHARD
Director, Local Market,
Accounting & Corporate
Services
BDO Luxembourg
12 | NICOLAS DEVILLERS
Tax Partner
BDO Luxembourg
14 | EMMANUEL BRIOT
Directeur général
EGDL
16 | PAULIN JACQUEMART
Coach logement
Agence Immobilière
Sociale
16 | FRÉDÉRIK NOEL
Coach logement
Agence Immobilière
Sociale
20 | TOMA JANYSZEK
Chefs de projets
Fonds du Logement
20 | STEVE MAJERUS
Chefs de projets
Fonds du Logement
7
22 | MARCO SCHMITZ
TAFF Geschäftsführer
24 | CLAUDE MEISCH
ministre du Logement
28 | STEFANO ARAUJO
Conseiller en formation
Chambre des salariés
30 | MURIEL MORBÉ
CEO de la House of Training
34 | LAURENT MAGI
Responsable des services
liés à la transition
énergétique
Enovos
34 | YOANN LINTZ
Ingénieur et responsable
service Subsides
Enoprimes
Energieagence
36 | MARVIN RASSEL
Responsable de la marque
SWIO
38 | CHRISTOPHE BUBEL
Head Account Manager
Luxcontrol
38 | CAMILLE JONGY
Responsable adjointe
du secteur Pôle Sites
et Sols Pollué
Luxcontrol
38 | RÉGIS REICHER
Responsable de secteur
Pôle Sites et Sols Pollué
Luxcontrol
46 | FRANCK NIATEL
Head of Intelligent
Automation
Fujitsu Luxembourg
46 | OLIVIER GOURDANGE
Head of Digital Sales
Fujitsu Luxembourg
8
| COVERSTORY
SWECO : VERS UNE INGÉNIERIE
AU-DELÀ DE LA CONCEPTION
Face à des bâtiments toujours plus techniques et des standards plus
exigeants, les pratiques de l’ingénierie sont appelées à évoluer. Longtemps
centrée sur la conception, leur mission s’étend progressivement
vers le suivi et la compréhension de l’exploitation. Un changement
d’approche encore en construction, que nous décrypte Jeannot
Schroeder, Discipline Lead Circularité chez Sweco.
Avec la complexité croissante
des bâtiments, pourquoi devientil
essentiel pour les bureaux
d’ingénierie de rester impliqués
au-delà de la phase de conception
et de livraison ?
Pendant longtemps, la mission des bureaux
d’ingénierie s’arrêtait à la livraison
du bâtiment. Une fois le projet terminé, la
gestion et l’exploitation sont reprises par
d’autres acteurs. Cette organisation relativement
segmentée s’explique en grande
partie par l’évolution du secteur ; autrefois,
les bâtiments étaient plutôt simples
sur le plan technique : un système de
chauffage, de l’éclairage, de l’électricité…
leur fonctionnement restait intuitif et ne
nécessitait pas d’accompagnement particulier.
Aujourd’hui, la situation est différente.
Les bâtiments sont devenus des
objets techniques complexes, intégrant
de multiples systèmes destinés, entre
autres, à améliorer les performances énergétiques,
le confort des usagers ou encore
l’efficacité des installations.
S’impliquer davantage dans la phase
d’exploitation représente avant tout une
opportunité d’apprentissage. Observer le
fonctionnement réel d’un bâtiment, analyser
les usages et identifier les éventuels
écarts entre les performances prévues et
celles constatées permet d’acquérir un
Jeannot Schroeder, Discipline Lead Circularité chez Sweco
9
retour d’expérience précieux, puisque
ces enseignements peuvent ensuite être
réinjectés dans des projets futurs afin
de progressivement améliorer les choix
techniques et les approches de conception.
Cette démarche prend d’autant plus
de sens dans un contexte marqué par les
enjeux de durabilité et d’économie circulaire
; le défi ne consiste plus seulement
à construire des bâtiments plus performants,
mais aussi à garantir une gestion
efficace de ces infrastructures sur le long
terme.
Les performances énergétiques
des bâtiments sont parfois en deçà
de ce qui était prévu sur le papier.
En quoi le suivi de l’exploitation
peut-il aider à mieux comprendre
cet écart ?
L’un des principaux enjeux consiste précisément
à comprendre comment les bâtiments
sont réellement utilisés une fois
livrés. Il existe souvent un décalage entre
la manière dont les ingénieurs imaginent
le fonctionnement d’un bâtiment au moment
de la conception et la façon dont
il est réellement exploité au quotidien.
Suivre cette phase permet justement
d’identifier les raisons pour lesquelles certaines
performances ne sont pas atteintes.
Dans cette équation, le facteur humain
joue un rôle essentiel. Un bâtiment n’est
pas seulement un ensemble de technologies
; il est occupé, géré et utilisé par différents
acteurs dont les comportements
influencent directement son fonctionnement.
Il y a généralement trois parties
prenantes, ceux qui ont conçu le bâtiment,
ceux qui l’exploitent ou le gèrent et ceux
qui l’occupent au quotidien. Ces derniers,
les occupants, cherchent souvent des solutions
simples pour répondre à un inconfort
immédiat ; si une pièce est chaude,
il est plus facile d’ouvrir une fenêtre que
de contacter le gestionnaire du bâtiment
pour ajuster la régulation du système de
chauffage ou de ventilation. Ce type de réaction
est parfaitement compréhensible,
mais il peut conduire à une utilisation
inefficace des installations techniques.
Cette approche répond également à un
enjeu important lié à l’utilisation des données.
Les bâtiments génèrent aujourd’hui
une quantité importante d’informations
sur leur fonctionnement. Pourtant, ces
données sont encore peu exploitées dans
la phase de conception, notamment parce
qu’elles restent souvent entre les mains
des gestionnaires ou des exploitants,
qui ne participent pas directement à la
conception des projets. L’enjeu consiste
donc à les transformer en un outil d’apprentissage
pour améliorer les projets de
demain. La force d’un bureau d’ingénierie
présent sur de nombreux chantiers réside
précisément dans sa capacité à analyser
ces informations à plus grande échelle. En
observant le fonctionnement de dizaines
de projets similaires, il devient possible
d’identifier des tendances d’usage et des
problématiques récurrentes. À terme,
cette accumulation d’expérience permet
de construire un savoir partagé au sein
des équipes, plutôt que de dépendre uniquement
de l’expérience individuelle d’un
ingénieur ayant déjà travaillé sur quelques
projets similaires.
Par ailleurs, un des grands défis que nous
rencontrons et sur lequel nous souhaitons
travailler réside dans la manière dont ces
données sont collectées et structurées.
D’un projet à l’autre, les capteurs ne sont
pas placés au même endroit, les données
ne sont pas relevées à la même fréquence,
les sous-compteurs ne sont pas identiques
et les informations ne sont pas toujours
stockées dans les mêmes systèmes ni dans
les mêmes formats. Résultat ; même si les
données sont là, elles restent difficiles à
exploiter à grande échelle. Si chaque projet
nécessite un travail d’expertise pour
simplement comprendre quelles données
sont disponibles et comment elles
sont structurées, les coûts d’analyse deviennent
rapidement trop importants.
La force d’un bureau
d’ingénierie présent
sur de nombreux chantiers
réside précisément dans
sa capacité à analyser ces
informations à plus grande
échelle. En observant le
fonctionnement de dizaines
de projets similaires, il
devient possible d’identifier
des tendances d’usage et des
problématiques récurrentes
Dans cette démarche
d’apprentissage et d’analyse des
données, en quoi l’appartenance
à Sweco permet-elle de tirer parti
d’un retour d’expérience plus large,
notamment en s’inspirant de
projets réalisés dans d’autres pays ?
Cela nous permet de nous appuyer sur des
expériences développées dans d’autres
marchés, notamment en Belgique, où la
question de l’exploitation des bâtiments
et de la gestion du patrimoine immobilier
fait déjà l’objet d’une attention importante.
En Flandre, par exemple, la question
des coûts liés à l’exploitation et à la
nécessité de mieux gérer les bâtiments sur
le long terme est déjà largement implémentée.
Pouvoir analyser ce qui a été mis
en place ailleurs et en tirer des enseignements
nous permet d’adapter certaines
approches au contexte luxembourgeois.
Cette perspective est d’autant plus importante
que, lorsque l’on se projette vers
2050, près de 80% des bâtiments qui existeront
sont déjà construits aujourd’hui.
10
| COVERSTORY
Autrement dit, la transition ne reposera
pas uniquement sur de nouvelles constructions,
mais aussi sur une meilleure gestion
du parc immobilier existant. Si nous voulons
réduire les émissions de carbone ou
diminuer notre dépendance aux énergies
fossiles, il faudra nécessairement agir sur
la manière dont ces bâtiments sont exploités
et gérés. Dans ce contexte, accompagner
les propriétaires ou les communes,
qui possèdent des dizaines de bâtiments,
dans la gestion de leur patrimoine devient
pertinent, notamment pour optimiser la
planification de la rénovation, l’analyse
financière et la dimension énergétique et
technique. L’intervention d’un acteur indépendant
peut apporter une valeur ajoutée,
en offrant un regard extérieur sur le
fonctionnement réel des bâtiments et en
identifiant les pistes d’amélioration.
Selon vous, l’accompagnement des
bâtiments sur l’ensemble de leur
cycle de vie est-il appelé à devenir
progressivement la norme au
Luxembourg ?
Il est toujours difficile de prédire l’évolution
d’un secteur. Cela dépendra avant
tout de la capacité des acteurs à démontrer
que cette approche présente un véritable
intérêt économique. Aujourd’hui,
les coûts d’exploitation des bâtiments
sont souvent considérés comme une donnée
presque immuable. Les gestionnaires
ont l’habitude de payer chaque mois des
charges relativement élevées et finissent
par considérer cette situation comme normale.
Or, certaines études montrent que
les écarts peuvent être considérables entre
deux bâtiments comparables. Une analyse
menée en Allemagne sur plus d’un million
de mètres carrés de surface a, par exemple,
mis en évidence que les coûts d’exploitation
peuvent varier du simple au double
entre un bâtiment bien conçu et correctement
exploité et un autre qui l’est moins.
Ces différences s’expliquent à la fois par
les choix réalisés lors de la conception et
par la manière dont les installations sont
gérées au quotidien.
Un des principaux défis consiste à faire
prendre conscience de ce potentiel. Tant
que les acteurs considèrent les charges
d’exploitation comme immuables, il reste
difficile de remettre en question les pratiques.
Pourtant, au-delà de l’enjeu économique,
cette question rejoint également
les objectifs environnementaux ; des dépenses
énergétiques élevées impliquent
généralement une consommation plus
importante de ressources, qu’il s’agisse
d’énergie ou de matériel.
SWECO
2, route de Luxembourg
L-4972 Dippach
25, rue Henri Koch
L-4354 Esch-sur-Alzette
17 Rue de Flaxweiler
L-6776 Grevenmacher
5, Zac Salzbaach
L-9559 Wiltz
11 rue de l’Industrie
L-8399 Windhof
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12
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
Aline Brochard, Director, Local Market, Accounting & Corporate Services et Nicolas Devillers, Tax Partner
LES CLÉS JURIDIQUES
ET FISCALES D’UN PROJET
IMMOBILIER RÉUSSI
Au Luxembourg, la réussite d’un
projet immobilier ne repose pas
uniquement sur l’emplacement
ou le financement. Le choix de
la structure juridique, les arbitrages
entre asset deal et share
deal, la gestion de la TVA ou encore
les méthodes comptables
influencent durablement la rentabilité
et les risques. Explications
avec Nicolas Devillers, Tax
Partner, et Aline Brochard, Director,
Local Market, Accounting
& Corporate Services, chez BDO
Luxembourg.
Pourquoi le choix de la structure
juridique constitue-t-il un
facteur clé de succès dans
un projet immobilier ?
AB : Le choix du véhicule juridique influence
l’ensemble de la vie du projet. Il
détermine notamment la gouvernance,
c’est-à-dire la manière dont les décisions
seront prises entre les différents partenaires
impliqués. Les opérations immobilières
mobilisent en effet de nombreux
acteurs : investisseurs, promoteurs, financeurs
ou encore partenaires opérationnels.
Dans ce contexte, une organisation
claire des responsabilités et des pouvoirs
est essentielle pour garantir l’efficacité du
projet sur le long terme.
Au Luxembourg, plusieurs structures
peuvent être envisagées. Les sociétés
commerciales, et en particulier les SARL,
restent les plus utilisées en raison de
leur relative simplicité de mise en œuvre.
D’autres solutions existent toutefois,
comme les fonds d’investissement, les
Special Purpose Vehicle (SPV), les sociétés
civiles immobilières ou encore les sociétés
momentanées. Ces dernières sont
appréciées en raison de leur grande flexibilité.
Il convient toutefois de souligner
qu’un projet de loi visant à moderniser les
règles comptables est en cours d’élaboration.
Celui-ci devrait introduire certaines
obligations supplémentaires pour ce type
de structures. Par ailleurs, ces sociétés
momentannées se caractérisent par un
régime de transparence fiscale : l’imposition
ne s’effectue pas au niveau de l’entité
elle-même, mais directement auprès des
associés.
Au-delà de la gouvernance, la structure
choisie peut également conditionner l’accès
au financement. Les établissements
bancaires privilégient souvent la mise en
place d’une société dédiée par projet, ce
qui permet d’isoler le risque de crédit et
de rendre les sûretés plus lisibles.
Quels sont les avantages
et les inconvénients d’un asset
deal par rapport à un share deal ?
ND : Dans le cadre d’une transaction immobilière,
le choix entre la vente d’un actif
(asset deal) et la cession des titres de
la société détentrice de l’immeuble (share
13
deal) constitue un arbitrage stratégique.
L’asset deal est généralement soumis à
des droits d’enregistrement. À l’inverse,
le share deal permet souvent d’éviter ces
coûts, ce qui explique sa popularité sur
le marché luxembourgeois, mais certains
impacts fiscaux sont susceptibles d’être
cachés. Il présente également l’avantage
de maintenir en place les contrats existants
liés à l’immeuble.
Cependant, cette solution implique une
analyse approfondie. L’acquéreur reprend
en effet l’ensemble des droits et obligations
attachés à la société : engagements
contractuels, passifs fiscaux potentiels ou
risques juridiques. Une due diligence complète
et rigoureuse s’impose donc avant
toute opération.
Du point de vue du vendeur, la fiscalité
peut également différer selon la structure
retenue. Si la cession de titres est parfois
perçue comme plus avantageuse, chaque
situation nécessite une analyse spécifique
afin d’identifier d’éventuels impacts fiscaux
moins visibles.
Comment la TVA immobilière
influence-t-elle l’équilibre
financier d’un projet ?
ND : La TVA constitue un élément déterminant
dans la rentabilité des opérations
immobilières. En principe, la vente/location
d’un immeuble est exonérée de TVA.
Cette exonération peut toutefois s’avérer
pénalisante, car elle empêche la récupération
de la TVA supportée sur les coûts de
construction ou de rénovation.
Un mécanisme d’option à la TVA permet,
dans certains cas, d’éviter cet effet de
renchérissement. Cette option est toutefois
soumise à plusieurs conditions :
l’acquéreur ou le locataire doit utiliser
le bien à des fins ouvrant droit à déduction
et une formalité administrative doit
être accomplie auprès de l’administration
compétente.
Par ailleurs, même lorsque la TVA a été
récupérée, une période de régularisation
de dix ans doit être prise en compte. Un
changement d’affectation du bien ou de
locataire peut entraîner une restitution
partielle de la taxe précédemment déduite,
générant un impact financier parfois
important.
La question du taux de TVA se pose également
pour les projets résidentiels béneficiant
d'un taux réduit jusqu'à un certain
seuil. Dans les opérations en vente en futur
état d’achèvement (VEFA), la situation
peut même se complexifier : les parties
déjà construites au moment de la signature
relèvent des droits d’enregistrement
et non de la TVA. Cela entraine des calculs
qui sont très difficiles et influent sur la
rentabilité d’un projet.
Quelles méthodes
de reconnaissance du résultat
peuvent être appliquées
dans un projet immobilier ?
AB : Les projets immobiliers s’étendent
sur plusieurs années et comprennent
des investissements significatifs engagés
bien avant la livraison du bâtiment. Dans
ce contexte, deux méthodes comptables
principales peuvent être utilisées pour reconnaître
la marge : la méthode à l’achèvement
et la méthode à l’avancement.
La première consiste à comptabiliser l’intégralité
du résultat au moment de la finalisation
du projet. Pendant la phase de
construction, les charges sont neutralisées
dans un compte d’encours afin qu’aucun
bénéfice ne soit enregistré avant la
livraison.
La seconde, quant à elle, permet de reconnaître
progressivement la marge en
fonction de l’état d’avancement des travaux.
Celui-ci peut être estimé sur la base
des coûts engagés par rapport au budget
total. Cette approche conduit à une imposition
étalée dans le temps, le résultat fiscal
étant en principe aligné sur le résultat
comptable.
Le choix de la méthode doit être cohérent
et acté : une société ne peut pas en changer
au gré des projets ou de sa situation
fiscale. Une application rigoureuse suppose
également un suivi analytique précis
et une réévaluation régulière des hypothèses
financières.
Pourquoi observe-t-on une
professionnalisation accrue
du secteur immobilier ?
ND : Depuis quelques années, le marché
immobilier s’est profondément transformé.
La volatilité des prix, la hausse des
taux d’intérêt et un accès parfois plus difficile
au financement réduisent les marges
et la tolérance à l’erreur. Dans ce contexte,
les acteurs du secteur doivent anticiper
davantage les impacts juridiques, fiscaux
et comptables de leurs décisions.
En parallèle, le cadre réglementaire devient
plus exigeant et les opérations se
complexifient, notamment avec l’émergence
de structurations sophistiquées
ou de partenariats multiples. De nombreux
groupes commerciaux, dont l’activité
principale n’est pas l’immobilier, se
positionnent également sur ce marché
et doivent acquérir ou externaliser des
compétences spécifiques. Cette évolution
renforce inévitablement la nécessité d’un
accompagnement spécialisé tout au long
du cycle de vie d’un projet : choix du véhicule
juridique, optimisation fiscale, gestion
comptable, obligations déclaratives,
assistance lors de transactions, etc.
Quel services et conseils en la
matière délivrez-vous chez BDO ?
ND : Notre cabinet intervient dès les premières
étapes des opérations immobilières,
en apportant un éclairage sur les
implications fiscales directes et indirectes,
sur les flux de trésorerie ou sur la structuration
juridique la plus adaptée. Nous
pouvons également vous soutenir dans
l’étude de financement de votre projet
immobilier et vous guider auprès de votre
banquier. Notre expertise se prolonge ensuite
durant la phase d’exploitation, à travers
des services comptables, déclaratifs
ou d’évaluation.
AB : Nous accompagnons également les
acteurs du marché lors des opérations
d’acquisition ou de cession en réalisant
des audits d’achat ou de vente et en analysant
la valeur des actifs et des structures
sociétaires. Nous disposons d’une
connaissance fine du marché local, couplée
avec notre réseau international, ce
qui constitue enfin un atout dans le cadre
de transactions transfrontalières.
BDO Luxembourg
1, rue Jean Piret
L-2350 Gasperich
www.bdo.lu
14
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
CONSTRUIRE AUJOURD’HUI,
ACCOMPAGNER DEMAIN
EGDL, un courant de confiance
au service des territoires
Dans une commune, notre présence se fait
discrète, mais elle accompagne chaque
instant du quotidien. Dans une école où
l’on apprend, une maison des jeunes où
l’on grandit, une administration où l’on
décide, une salle communale où l’on se
retrouve. Autant de lieux de vie, utilisés
chaque jour par tous. Et derrière leur bon
fonctionnement, il y a un partenaire capable
de comprendre ces réalités.
Depuis 2004, EGDL s’est imposée comme
l’un de ces partenaires au Luxembourg.
Spécialisée dans les installations électriques,
l’intégration de systèmes et les
services associés, l’entreprise intervient là
où la technique disparaît, dissimulée dans
les murs ou les plafonds, pour mieux laisser
place à l’usage.
Car tout l’enjeu est là : concevoir des bâtiments
qui fonctionnent, durablement. Accès
sécurisés, éclairage performant, équipements
intelligemment programmés…
EGDL ne se contente pas d’installer. Elle
conçoit, coordonne et optimise l’ensemble
des systèmes techniques afin d’améliorer
l’accessibilité, l’efficacité et le confort au
quotidien.
Ce qui fait la différence,
c’est la relation
Dans les projets publics, les délais sont
contraints, les usages multiples et les
interlocuteurs nombreux. Il faut savoir
s’adapter, expliquer, ajuster. Être présent,
disponible et, surtout, fiable.
C’est précisément là qu’EGDL revendique
sa valeur ajoutée.
« Notre rôle ne se limite pas à livrer une
installation. Il s’agit d’accompagner les
communes dans la durée, avec des solutions
efficientes et une relation de
15
confiance », explique Emmanuel Briot,
nouveau directeur général en poste depuis
début janvier.
Un message en parfaite cohérence avec
l’ADN de l’entreprise. Son slogan, « un
courant de confiance », prend ici tout
son sens : un fil conducteur qui guide les
équipes dans la construction de relations
solides, concrètes, fondées sur l’écoute et
la transparence.
Toujours plus de proximité
Être proche ne relève pas seulement de la
géographie. C’est comprendre les enjeux
locaux, connaître les contraintes d’une
maison relais accueillant de jeunes enfants,
anticiper les besoins d’une administration
ou encore s’adapter aux réalités
budgétaires des communes. C’est aussi
être en mesure d’intervenir rapidement
lorsque le terrain l’exige.
Au cœur des communes
EGDL contribue à faire émerger des infrastructures
utiles et vivantes, ancrées
dans leur environnement, qu’il s’agisse
de constructions neuves ou de projets de
rénovation. Des projets sensibles, où la
fiabilité des installations et le confort des
usagers ne laissent aucune place à l’approximation.
« Une école est un bâtiment en activité
permanente. Tout doit fonctionner, en
continu. Lorsqu’un problème survient, il
faut pouvoir intervenir sans délai. C’est là
que la proximité et la réactivité prend tout
son sens », souligne Emmanuel Briot.
Une présence qui se prolonge après
le chantier
Car une fois les travaux terminés, un
nouveau chapitre débute : maintenance,
suivi et optimisation. EGDL s’inscrit
dans une logique « tout inclus ». Pour les
communes, l’enjeu est majeur : assurer la
continuité de service, maîtriser les coûts,
éviter les pannes critiques. Autant de défis
qui nécessitent un partenaire fiable dans
la durée.
Un acteur engagé dans
le futur énergétique
L’entreprise accompagne également les
collectivités dans leurs transitions. Aujourd’hui,
les communes sont en première
ligne face aux enjeux énergétiques et environnementaux
: réduction des consommations,
amélioration de la performance
des bâtiments, intégration de solutions
durables. Les attentes évoluent rapidement.
Sur ce terrain, EGDL ne se positionne
pas comme un simple exécutant, mais
comme un partenaire capable de proposer,
d’orienter et d’anticiper.
« On observe une réelle volonté des communes
d’évoluer vers des bâtiments intelligents
plus responsables. Notre rôle est
de leur apporter des solutions concrètes,
adaptées à leurs projets comme à leurs
moyens. » précise le directeur général.
Cette capacité à se projeter dans les besoins
de demain repose sur une exigence
interne forte : formation continue des
équipes, veille technologique et adaptation
aux normes en constante évolution.
L’arrivée du nouveau directeur général
s’inscrit pleinement dans cette dynamique,
avec un objectif clair : consolider
les forces existantes — proximité, qualité,
engagement — tout en impulsant un nouveau
développement.
« Nous disposons d’une base solide, avec
des équipes compétentes et reconnues.
L’enjeu, aujourd’hui, est de poursuivre
notre croissance tout en fédérant et renforçant
nos liens avec les acteurs publics. »
Un équilibre assumé, que les équipes résument
simplement : « C’est cette capacité
à porter des projets ambitieux tout en
restant accessibles, réactifs et proches du
terrain qui fait notre différence. »
Des équipes au cœur du projet
Pour accompagner cette ambition, l’entreprise
recrute. Chefs de projet, techniciens,
profils expérimentés ou en devenir : EGDL
recherche des collaborateurs prêts à s’investir
dans des projets concrets, utiles et
visibles.
Rejoindre EGDL, c’est participer directement
à la construction des infrastructures
publiques de demain, aux côtés d’équipes
engagées, qui font de la qualité et de la relation
humaine une priorité.
Au fond, c’est peut-être cela, le véritable
sens d’un « courant de confiance » : une
énergie discrète mais essentielle, qui relie
les équipes, les communes et les citoyens
— et qui, chaque jour, fait avancer
les territoires.
EGDL
16 rue Robert Krieps
L-4702 Pétange
www.tralux.lu
16
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
COACH LOGEMENT :
UN ACCOMPAGNEMENT
RENFORCÉ AU SERVICE
DE L’INCLUSION
Avec le renforcement de son équipe et de nouveaux outils pédagogiques,
le service de coaching logement de l’Agence Immobilière
Sociale (AIS) gagne en efficacité. Alliant suivi technique et accompagnement
humain, il vise à prévenir les difficultés, responsabiliser
les locataires et favoriser leur autonomie dans la gestion durable de
leur logement. Explications avec Frédérik Noel et Paulin Jacquemart,
coachs logement de l’AIS.
Un service qui monte en puissance
Depuis sa création, le service de coaching
logement de l’AIS repose sur une présence
active sur le terrain. Chaque année, plusieurs
centaines de visites sont réalisées
dans des logements répartis sur l’ensemble
du territoire grand-ducal. « Nous
sommes au plus proche des réalités vécues
par les bénéficiaires. Mon travail ne se résume
pas à un simple contrôle technique »,
rappelle Frédérik Noel, coach logement.
Une évolution majeure est venue renforcer
ce dispositif l’an dernier avec l’arrivée
d’un second coach, Paulin Jacquemart.
Cette collaboration permet désormais une
meilleure organisation du service et une
répartition géographique plus efficace
des interventions. « Lorsque j’étais seul,
une fois les premières visites réalisées, il
était relativement compliqué de revenir
une deuxième fois. Aujourd’hui, on peut
assurer un suivi plus régulier, voire une
troisième ou une quatrième visite si nécessaire
», explique-t-il.
Cette montée en puissance ne se traduit
pas uniquement en volume, mais aussi en
qualité. « Nous avons aujourd’hui plus de
temps pour une meilleure coordination
entre le service social, le service technique
et le service opérationnel », souligne Paulin
Jacquemart.
Un accompagnement technique…
et humain
L’intervention du coach logement débute
très rapidement après l’entrée des nouveaux
bénéficiaires dans les lieux. Cette
première visite constitue une étape clé
pour poser les bases d’une occupation
sereine du logement. « Nous donnons
énormément d’informations en une seule
fois. D’où l’importance de répéter, reformuler
et adapter les explications »,
reconnaît Frédérik Noel.
Les thématiques abordées sont variées :
ventilation, chauffage, entretien des équipements,
hygiène ou encore relations
de voisinage. L’objectif est clair : prévenir
les difficultés techniques avant qu’elles ne
s’installent. « Il s’agit de vérifier l’état du
logement, de comprendre les besoins des
locataires, mais aussi de prévenir les éventuelles
dérives », précise-t-il.
Mais au-delà des aspects techniques, la
dimension humaine reste centrale. « Chaque
logement est différent et nous nous
acclimatons à la culture des différentes
personnes que nous rencontrons », déclare
Paulin Jacquemart.
Une coordination renforcée entre
les acteurs
Le développement du service a également
permis d’améliorer la collaboration entre
les différents intervenants. Les deux coachs
logement travaillent en lien étroit
avec les assistants sociaux et les équipes
techniques. Chaque visite donne lieu à un
rapport partagé qui facilite le suivi des situations.
« Cela permet aux assistantes sociales,
avant leur propre visite, de voir ce
qui a été signalé et de vérifier si les choses
ont évolué », explique Fréderik Noel.
Prévenir, mais aussi intervenir
Si la prévention reste au cœur du métier,
certaines situations nécessitent un accompagnement
plus intensif. « Nous constatons
que certaines familles nécessitent
un suivi beaucoup plus conséquent »,
constate-t-il. Il peut s’agir de logements
fortement encombrés ou insuffisamment
entretenus.
Pour répondre à ces situations, l’AIS envisage
de développer un accompagnement
spécifique, basé sur le volontariat des fa-
17
Paulin Jacquemart et Frédérik Noel, coachs logement de l’AIS
milles. « Le but, c’est de pouvoir les remettre
sur les rails », explique-t-il. Cela passe
parfois par des étapes concrètes : désencombrer,
trier, réorganiser, puis réapprendre
les bases de l’entretien. « Si nous n’intervenons
pas dans ces cas de figure, nous
n’avons alors pas réussi notre mission »,
insiste Paulin Jaquemart. Car au-delà du
logement, c’est tout un parcours d’insertion
qui peut être fragilisé.
Un nouvel outil :
le fascicule illustré
Parmi les nouveautés mises en place, le
fascicule pédagogique est un outil clé du
coaching. Celui-ci est distribué aux locataires
et reprend l’ensemble des bonnes
pratiques liées à l’utilisation du logement.
Disponible en plusieurs langues (français,
anglais et arabe), et bientôt élargi à d’autres,
ce support se veut accessible au plus
grand nombre. « Le but est que nos bénéficiaires
aient toutes les clés en main pour
comprendre, notamment grâce aux images
», précise Frédérik Noel.
Ce format papier a été privilégié pour
une raison simple : sa durabilité. « Nous
avions pensé à l’envoyer par WhatsApp,
mais les messages se perdent. Là, ils
l’ont toujours à disposition », rappelle
Paulin Jacquemart.
Sensibiliser pour mieux
responsabiliser
Dans la très grande majorité des cas, les
bénéficiaires prennent soin de leur logement,
mais certaines situations de dégradation
subsistent. Celles-ci sont souvent
liées à un manque d’information. Le
rôle du coach est alors de sensibiliser, sans
stigmatiser. « Nous privilégions toujours
le dialogue et l’explication. Nous rappelons
également les engagements liés
à l’occupation du logement », souligne
Frédérik Noel.
Cette pédagogie passe aussi par des
aspects très concrets. Une fuite d’eau non
signalée, par exemple, peut entrainer des
conséquences financières importantes.
« Nous nous prévenons ainsi des situations
où une intervention rapide peut éviter
des dégradations plus lourdes ».
Au-delà de la gestion du logement, le coaching
s’inscrit dans une mission plus large
d’inclusion par le logement. « Apprendre
à gérer son lieu de vie, c’est aussi gagner
en autonomie, préparer l’avenir et pouvoir
accéder au premier marché immobilier »,
conclut Paulin Jacquemart.
Fondation pour l’Accès au Logement
202 B, rue de Hamm
L-1713 Hamm Luxembourg
www.fondation-logement.lu
18
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
LA CONSTRUCTION
MODULAIRE PERMET
D’ÉLARGIR L'OFFRE ÉDUCATIVE
Le Lycée Privé Emile Metz propose
des formations de qualité
pour la vie professionnelle
de demain.
Le Lycée Privé Emile Metz (LPEM) a ouvert
ses portes à Luxembourg-Dommeldange
dès 1914. À l'époque déjà, l'objectif
était de préparer les jeunes d'une région
marquée par l'industrie à la vie en général
et à la vie professionnelle en particulier.
Au fil des ans, le LPEM a ainsi contribué
de manière significative à créer les bases
scolaires nécessaires à la formation d'une
main-d'œuvre hautement qualifiée dans
l'industrie, dont la Grande Région avait un
besoin urgent.
Plus de 100 ans plus tard, le contexte
économique de la région a certes changé,
mais l'accent mis sur les matières scientifiques
(mathématiques, informatique,
sciences naturelles et technique) et les relations
étroites entre l'école et l'industrie
sont restés inchangés.
Le concept intégratif de l'école prévoit des
cours dans des classes aussi petites que
possible, comptant entre 12 et 20 élèves,
afin de pouvoir offrir un soutien ciblé. En
outre, l'école souhaite contribuer à surmonter
les barrières linguistiques et créer
les bases nécessaires à la formation d'un
nombre aussi important que possible de
jeunes intéressés. C'est pourquoi les cours
sont dispensés en allemand et en anglais,
selon le domaine, et peuvent également
être suivis par des jeunes en situation de
handicap.
Afin d'augmenter sa capacité d'accueil
de 500 à 600 élèves, le LPEM a ouvert
dès 2023 un deuxième site à Differdange.
Celui-ci vient d'être agrandi. Le nouveau
bâtiment, conçu et réalisé par ALHO en
tant qu'entrepreneur total sous forme de
construction modulaire, permet d'accueillir
350 élèves supplémentaires.
La planification du nouveau bâtiment scolaire
a débuté à la mi-janvier 2024. Dès le
début, la collaboration entre les responsables
du LPEM et ALHO s'est déroulée de
manière très harmonieuse, déterminée et
axée sur les solutions. Le projet a donc pu
avancer à un rythme soutenu. Les travaux
de fondation ont commencé en mai 2024.
Parallèlement, la fabrication des 89 modules
a débuté dans l'usine ALHO.
Le montage des modules a eu lieu fin juin
2024, puis la phase d'aménagement 1 a
commencé pour la moitié du bâtiment,
19
de sorte que cette partie a pu être mise
en service dès la rentrée scolaire mi-septembre
2024. La deuxième moitié du bâtiment
a été aménagée de septembre à
mi-décembre 2024. Grâce au haut degré de
préfabrication des modules et au chantier
propre et silencieux qui en a résulté, cela a
été possible sans problème, parallèlement
au fonctionnement normal de l'école.
Le nouveau bâtiment scolaire en forme de
L a une superficie totale d'environ 4 600
m2 et s'étend sur quatre étages. L'entrée
accueillante et baignée de lumière, qui
s'ouvre sur deux étages, constitue un point
fort et attire immédiatement le regard dès
que l'on pénètre dans le bâtiment.
Au rez-de-chaussée se trouve le restaurant
scolaire avec un espace cuisine attenant. Il
peut accueillir au total 250 personnes.
Son aménagement haut de gamme et
confortable contribue au bien-être des
élèves pendant leurs pauses, leur permettant
de se détendre et de passer du temps
avec leurs amis en toute décontraction. La
conception, la livraison et le montage de
la cuisine professionnelle ont été entièrement
pris en charge par ALHO.
Une salle de sport avec vestiaires encourage
l'activité physique et permet ainsi de
compenser le quotidien scolaire.
Au total, cinq salles de classe traditionnelles,
quatre ateliers modernes et six
laboratoires entièrement équipés pour
l'électricité, l'informatique et la chimie, y
compris des salles de stockage et de préparation,
ainsi que deux salles de projet sont
répartis sur les trois étages supérieurs. Les
salles thématiques sont chacune parfaitement
adaptées aux objectifs d'apprentissage
et de performance de l'école ainsi
qu'aux professions qui y sont enseignées.
Les jeunes bénéficient ainsi d'une multitude
de possibilités de formation pratique
dans un environnement professionnel et
acquièrent des compétences importantes.
Comme l'école utilise fréquemment des
outils et des machines, des exigences particulièrement
élevées ont été imposées en
matière d'isolation acoustique. C'est pourquoi
les locaux ont été équipés de plafonds
acoustiques et de portes insonorisées.
Il était particulièrement important pour
le maître d'ouvrage que le bâtiment réponde
aux dernières normes techniques et
énergétiques. C'est pourquoi, en matière
d'équipement technique du bâtiment, une
installation photovoltaïque, une pompe à
chaleur et un système de ventilation avec
récupération de chaleur ont notamment
été prévus.
Outre les aspects écologiques, les aspects
socioculturels ont également été déterminants
pour la planification. Le nouveau
bâtiment devait être conçu de manière
optimale pour former les élèves dans un
environnement agréable, conforme aux
normes actuelles. L'accent a été mis sur
un équipement technique et moderne de
l'école, afin que les jeunes puissent rapidement
s'intégrer dans la vie professionnelle
après avoir obtenu leur diplôme et
se familiariser avec les machines et les
équipements modernes utilisés dans les
entreprises.
Au printemps 2025, les aménagements
extérieurs ont été réalisés afin d'offrir aux
élèves un environnement agréable et motivant.
L'espace extérieur est spécialement
conçu pour être utilisé pendant les pauses
afin de favoriser la détente, les échanges et
les activités en plein air. En outre, un terrain
de sport extérieur multifonctionnel
est intégré, sur lequel les élèves peuvent
pratiquer différents sports et se dépenser
physiquement.
En février 2025, le nouveau bâtiment modulaire
du Lycée Privé Emile Metz (LPEM)
à Differdange a été inauguré.
ALHO Systembau S.à r.l.
3, Rue Fontebierg
L-3381 Livange
www.alho.com
20
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
Toma Janyszek et Steve Majerus © Fonds du Logement
« RÉHABILITER, C’EST AUSSI
UN ACTE DURABLE »
À Eisenborn, l’ancien château s’apprête à écrire un nouveau chapitre
de son histoire. Porté par le Fonds du Logement, le projet de
réhabilitation transformera ce site classé en 14 logements en location
abordable. Entre exigences patrimoniales, découvertes archéologiques
majeures et défis techniques hors normes, le chantier
illustre la complexité de redonner vie à l’existant. Rencontre avec
Toma Janyszek et Steve Majerus, chefs de projets au cœur de cette
transformation ambitieuse.
Le Fonds du Logement rénove
actuellement le château
d’Eisenborn. Que deviendra le site
une fois les travaux terminés ?
Toma Janyszek (TJ) : Le site accueillera
14 logements en location abordable, répartis
entre l’ancien couvent rénové et
un nouveau bâtiment reconstruit dans le
volume de l’ancienne grange. Au total, 48
personnes pourront y résider. L’idée, c’est
de redonner un cycle de vie à ce patrimoine,
tout en répondant à notre mission
première, celle de produire des logements
abordables et de qualité.
Steve Majerus (SM) : Ce site appartient
au Fonds du Logement depuis 1992
et a longtemps accueilli des réfugiés de
l’ex-Yougoslavie notamment. Mais il avait
perdu de sa vitalité. Aujourd’hui, nous
lui redonnons une fonction résidentielle
pérenne, pleinement intégrée au cœur
d’Eisenborn.
Pourquoi avoir fait le choix de la
réhabilitation plutôt que du neuf ?
SM : Le bâtiment et ses abords sont classés
monument national depuis 2015. Dès
lors, la démolition n’était plus envisageable
: le statut de protection impose sa
conservation.
Au-delà de cette contrainte réglementaire,
le site possède une valeur patrimoniale
21
majeure, tant historique qu’architecturale.
Son authenticité et son intégrité ne pourraient
être recréées dans le cadre d’une reconstruction.
Bien qu’une démolition aurait
été juridiquement envisageable avant
le classement, le Fonds du Logement a fait
le choix de privilégier la transmission et la
pérennisation de cet héritage bâti.
La réhabilitation s’inscrit également dans
une logique de développement durable.
Elle permet de conserver la matière existante,
de limiter les émissions de CO₂
liées à une construction neuve et d’optimiser
les ressources déjà mobilisées. Cette
approche contribue en outre à renforcer
l’identité locale et à accompagner la requalification
ainsi que la dynamisation
du centre d’Eisenborn. Pour la commune,
le projet représente ainsi une véritable
plus-value patrimoniale, urbaine et environnementale.
TJ : Réhabiliter, c’est aussi un acte durable.
On conserve la matière existante, on
limite l’empreinte carbone et on valorise
l’identité locale. En ce sens, le projet participe
aussi à la revalorisation du centre
d’Eisenborn. Pour la commune, ce sera
une vraie plus-value.
La réhabilitation engendre
de nombreux défis. Quels sont les
principaux enjeux patrimoniaux
et techniques de ce projet ?
TJ : Le vrai défi, c’est de trouver l’équilibre
entre préservation et exigences contemporaines.
Nous avons conservé un maximum
d’éléments : encadrements en pierre
de taille, porche monumental, pavés, volets
battants, porte d’entrée historique,
cheminées, poutres, planchers structurels…
Tout ce qui pouvait rester en place
a été maintenu.
SM : Chaque élément a été scanné en 3D
afin d’être reposé ensuite à l’identique.
Mais adapter un bâtiment ancien aux
normes actuelles, comme la sécurité incendie,
accessibilité, performance énergétique,
exige des solutions sur mesure.
Cela change-t-il votre manière de
piloter un projet ?
TJ : Complètement. Avec un bâtiment
classé, l’INPA devient un véritable partenaire
décisionnaire. Il faut dialoguer et
trouver des compromis en permanence
pour répondre aux exigences de chacun.
SM : Certaines interventions techniques
initialement prévues, notamment les
saignées pour l’intégration des réseaux
techniques (électricité, HVAC, sanitaires),
n’ont pas pu être réalisées en raison des
contraintes patrimoniales. Nous avons
donc dû repenser entièrement le concept
de distribution des installations, en privilégiant
des solutions alternatives compatibles
avec les exigences de conservation,
telles que les cheminements apparents,
les gaines techniques dédiées ou les doublages
réversibles. Cette reconfiguration a
entraîné des adaptations importantes lors
de la phase d’exécution, impactant directement
à la fois le planning et l’enveloppe
budgétaire du projet.
Un projet de rénovation réserve
aussi souvent des imprévus.
Qu’en a-t-il été jusqu’ici ?
SM : Oui, et de taille ! C’est la nature
même de la rénovation. En 2020, les premiers
sondages archéologiques se sont
révélés immédiatement positifs. Après la
démolition de l’ancienne étable en 2022,
des fondations d’un château plus ancien
ont été découvertes, ainsi que des vestiges
en bois parmi les plus anciens du pays.
TJ : Nous avons dû interrompre le grosœuvre
pour permettre les fouilles de l’IN-
RA. Nous avons tenté d’avancer en parallèle
ailleurs, mais cela a inévitablement
retardé le chantier. Heureusement, nous
avons pu compter sur des entreprises partenaires
compréhensives.
SM : Sans oublier la découverte de peintures
murales du XVIIIe siècle lors des démolitions.
Il a été décidé de les protéger et
de les mettre en valeur.
La rénovation est intense,
exigeante, mais extrêmement
enrichissante. Et la fierté,
à la fin, est immense.
Au-delà du patrimoine,
il y a également la biodiversité…
TJ : Effectivement. L’ancienne étable abritait
des hirondelles et des espèces protégées.
Avant toute démolition, nous avons
dû mettre en place des mesures compensatoires,
notamment la construction de
deux cabanons équipés de nichoirs artificiels.
Comment concilier patrimoine
et performance énergétique ?
TJ : Dans l’ancien couvent, le sous-sol accueillera
les locaux techniques avec une
chaudière à pellets qui alimentera également
un autre projet du Fonds du Logement
situé en face. Les radiateurs en fonte
sont maintenus dans la partie rénovée.
SM : Dans la nouvelle construction, nous
avons opté pour un plancher chauffant
basse température. Dans la partie rénovée,
nous avons aussi intégré un système
de sprinklage pour sécuriser l’escalier en
bois historique.
Un projet aussi complexe
suppose une coordination étroite.
Concrètement, quel est votre rôle
en tant que chefs de projet ?
TJ : Nous centralisons toutes les informations,
traduisons les exigences patrimoniales
en prescriptions techniques, et
assurons le suivi du planning et du budget.
En rénovation, c’est particulièrement
complexe.
SM : Il faut être diplomate. Les discussions
peuvent être longues, parfois complexes,
mais nous avons toujours trouvé
des solutions.
Jusqu’ici, que retenez-vous
humainement de cette expérience ?
SM : La résilience. On n’est jamais à l’abri
d’une surprise, et il faut savoir revoir ses
certitudes. La patience et un peu de diplomatie
sont aussi indispensables. Un défi,
c’est une opportunité d’apprendre, et surtout,
c’est une preuve qu’on avance.
TJ : La rénovation est intense, exigeante,
mais extrêmement enrichissante. Et la
fierté, à la fin, est immense.
22
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
WER DARF FASSADEN UND
DÄCHER REINIGEN? DER
BEFORTER REINIGUNGSDIENST
TAFF WARNT VOR EINER
WACHSENDEN GRAUZONE
Wer sein Haus reinigen lassen
möchte – ob Fassade, Dach oder
gepflasterte Flächen – geht
meist davon aus, dass jede Firma
solche Arbeiten auch ausführen
darf. Das ist jedoch ein
gefährlicher Irrtum.
Denn viele Tätigkeiten an Gebäuden unterliegen
klaren gesetzlichen Regelungen.
Für Arbeiten an Fassaden, Dächern oder
Steinflächen sind spezielle Handelsermächtigungen
des Wirtschaftsministeriums
erforderlich. Dennoch treten immer
wieder Anbieter auf, die ohne diese Genehmigung
arbeiten.
Parallel dazu warnen Polizei und Verbraucherschützer
zunehmend vor problematischen
Geschäftsmodellen im Bereich
der Außenreinigung. Hausbesitzer
berichten von Firmen, die mit extrem
günstigen Preisen werben, unangekündigt
an Haustüren klingeln oder über
soziale Netzwerke spontane Angebote
machen. Im schlimmsten Fall kann das für
Eigentümer teuer werden: Fehlerhafte Arbeiten
an der Gebäudehülle führen oft erst
Monate später zu sichtbaren Schäden –
dann jedoch mit hohen Sanierungskosten.
Zwei Entwicklungen bereiten
Experten Sorgen
Fachleute sehen aktuell vor allem zwei
Risiken:
1. Anbieter ohne Genehmigung
Ein Teil der Firmen bietet Fassaden-, Dachoder
Steinreinigungen an, ohne über die
gesetzlich vorgeschriebene Handelsermächtigung
zu verfügen. Für Hausbesitzer
ist das schwer zu erkennen: Professionelle
Webseiten, Social-Media-Auftritte oder
gebrandete Fahrzeuge vermitteln Seriosität,
die tatsächlich nicht gegeben ist.
Dabei sind die gesetzlichen Anforderungen
nicht ohne Grund streng. Arbeiten an
der Gebäudehülle erfordern Fachwissen,
geeignete Technik und zugelassene Reinigungsmittel.
Fehler können erhebliche
Schäden verursachen.
2. Das „Klingelgeschäft“
Immer häufiger berichten Eigentümer von
Firmen, die gezielt an Haustüren klingeln
oder kurzfristige Angebote online verbreiten.
Typisch ist die Aussage: „Wir arbeiten
gerade in Ihrer Straße und könnten Ihr
Dach direkt mit reinigen.“
Oft wird zusätzlicher Druck aufgebaut,
etwa durch angeblich zeitlich begrenzte
Angebote. Die Arbeiten sollen sofort erfolgen,
verbunden mit der Aufforderung
zur direkten Bezahlung. Viele Betroffene
berichten später, dass die Anbieter nicht
mehr erreichbar waren oder unter neuen
Namen erneut auftreten.
TVA-Nummer ist keine
Arbeitserlaubnis
Ein verbreiteter Irrtum betrifft die sogenannte
TVA-Nummer. Anbieter verweisen
häufig darauf, in Luxemburg steuerlich
registriert zu sein. Doch eine TVA-Nummer
sagt nichts darüber aus, ob ein Unternehmen
berechtigt ist, bestimmte Arbeiten
auszuführen. Gerade bei Fassaden-,
Dach- und Steinreinigungen gelten klare
gesetzliche Vorgaben.
Diese Genehmigungen
sind erforderlich
Für Dachreinigungen ist eine entsprechende
Handelsermächtigung notwendig,
etwa im Bereich Dach- und Schornsteinarbeiten:
„ramoneur – fumiste – nettoyeur
TAFF Geschäftsführer Marco Schmitz
23
Technik im TAFF Reinigungsfahrzeug
TAFF Dachreinigung mit Lanze und Steiger
de toitures – constructeur – poseur de
cheminées et de poêles“. Für Fassadenund
Steinreinigungen wird die Genehmigung
„nettoyeur de bâtiments et de monuments“
benötigt.
Ohne diese darf ein Unternehmen die Arbeiten
offiziell nicht durchführen. Hausbesitzer
können die Berechtigung über
die Plattform des Wirtschaftsministeriums
prüfen: guichet.public.lu
Lockangebote
und irreführende Preise
Neben fehlenden Genehmigungen beobachten
Experten zunehmend aggressive
Preisstrategien. In Anzeigen oder sozialen
Netzwerken wird mit extrem niedrigen
Quadratmeterpreisen geworben, etwa
„9,90 € pro m² – nur für kurze Zeit“.
In der Praxis dient dieser Preis oft nur
dazu, den Auftrag schnell zu sichern. Vor
Ort werden dann zusätzliche Kosten berechnet
– etwa für stärkere Verschmutzung,
zusätzliche Mittel oder angebliche Zusatzarbeiten.
Auch Flächen werden nachträglich
anders berechnet. Am Ende liegt der
Preis häufig deutlich über dem ursprünglichen
Angebot.
Typisch ist zudem, dass Kunden unter
Zeitdruck gesetzt werden, um sofort zu
unterschreiben.
Fragwürdige Referenzen
Ein weiteres auffälliges Phänomen: Identische
Vorher-Nachher-Bilder tauchen bei
verschiedenen Anbietern auf – teilweise
sogar in unterschiedlichen Ländern.
Für Hausbesitzer ist kaum nachvollziehbar,
ob diese Referenzen echt sind.
Experten gehen davon aus, dass Bilder
häufig aus dem Internet übernommen
oder weitergegeben werden, um Professionalität
vorzutäuschen.
Weitere Warnsignale
Mehrere Faktoren können auf unseriöse
Anbieter hindeuten:
• keine klare Firmenanschrift, nur Mobilnummer
oder Social-Media-Profil
• mangelnde Erreichbarkeit nach Auftragserteilung
• Arbeiten ohne Sicherheitsausrüstung
oder geeignete Technik
Gerade der Arbeitsschutz ist ein wichtiger
Indikator. Fassaden- und Dacharbeiten
erfordern häufig spezielle Geräte und geschultes
Personal.
Fachwissen entscheidet
über den Werterhalt
Die Reinigung von Fassaden, Dächern und
Steinflächen ist technisch anspruchsvoll.
Fehler können langfristige Schäden verursachen:
• Hochdruckreiniger können Fassadenoberflächen
zerstören, sodass Feuchtigkeit
eindringt
• Dächer verlieren durch falsche Reinigung
ihre Schutzschicht
• Naturstein reagiert empfindlich auf
ungeeignete Chemikalien
• Biozidprodukte unterliegen strengen
EU-Vorschriften und müssen zugelassen
sein
Viele Schäden zeigen sich erst nach Monaten.
Dann ist der Anbieter oft nicht
mehr erreichbar – und die Kosten trägt der
Eigentümer.
TAFF Reinigungsdienst: Fachbetrieb
mit geprüfter Qualifikation
Beispiel eines seriösen Anbieter in Luxemburg
ist der Reinigungsdienst TAFF
aus Befort. Das Unternehmen beschäftigt
35 Mitarbeiter und ist auf professionelle
Außenreinigung spezialisiert.
Geschäftsführer Marco Schmitz weist darauf
hin, dass viele Hausbesitzer die Genehmigungspflicht
nicht kennen: „Wenn
jemand an der Haustür klingelt oder ein
Angebot online macht, wird oft automatisch
angenommen, dass die Firma die
Arbeiten auch ausführen darf. Das ist aber
oft nicht der Fall.“
TAFF arbeitet ausschließlich mit den
erforderlichen Handelsermächtigungen,
geschultem, eigenen Fachpersonal
und zugelassenen Reinigungsverfahren.
Zum Einsatz kommen materialschonende
Techniken, die auf den jeweiligen
Untergrund abgestimmt sind – etwa Niederdruckverfahren
bei empfindlichen Fassaden
oder Reinigung mit Reinwasser bei
der Reinigung von Solaranlagen.
Zudem setzt das Unternehmen auf Zukunftsfähigkeit
durch gute Organisation und
ein top-aufgestelltes Team mit modernster
Ausstattung und Arbeitsvorbereitung.
Für maximale Transparenz sorgen
nachvollziehbare, faire Angebote und
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24
| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
LOGEMENT AU LUXEMBOURG : UN
MARCHÉ EN QUÊTE DE REPÈRES
Le marché immobilier luxembourgeois tente de se stabiliser après
plusieurs mois de turbulences. Mieux encadrer l’action publique
et soutenir le secteur : Claude Meisch, ministre du Logement et de
l’Aménagement du territoire, détaille les enjeux et les mesures mises
en place pour répondre à cette situation.
L’enjeu est de trouver des
leviers intelligents, capables
de soutenir l’activité sans
alimenter la spéculation
ni recréer les déséquilibres
structurels du marché
25
Le marché du logement
luxembourgeois est aujourd’hui
décrit comme étant en
« permacrise ». Partagez-vous
ce constat ?
Nous sommes toujours dans une phase de
réajustement après la flambée des prix que
l’on a connue entre 2017 et 2022. À un moment,
les taux d’intérêt ont très vite augmenté
et cela a stoppé une grande partie
des ventes. Aujourd’hui, on observe une
situation contrastée. Le marché de l’ancien
commence à retrouver une certaine
fluidité, avec des ajustements de prix qui
permettent progressivement de reconnecter
l’offre et la demande. En revanche,
d’autres segments restent nettement plus
fragiles, en particulier la vente sur plan,
qui peine à redémarrer. Nous sommes
donc dans une phase intermédiaire, où le
marché cherche un nouvel équilibre entre
des prix qui se corrigent, des conditions de
financement plus strictes et une demande
qui reste présente, mais plus prudente.
L’enjeu, pour les mois à venir, sera d’accompagner
cette transition sans recréer
les tensions qui ont conduit à la situation
que nous avons connue.
La vente en état futur
d’achèvement (VEFA) semble en
effet particulièrement touchée.
Comment expliquez-vous cette
situation ?
La principale difficulté tient à une perte
de confiance assez profonde. Les faillites
de certains promoteurs et l’arrêt brutal
de chantiers ont laissé des traces, parfois
très lourdes, pour des ménages qui avaient
déjà investi une partie importante de
leur épargne dans un projet qui ne s’est
jamais concrétisé. Ce type de situation
est évidemment extrêmement marquant
et a conduit de nombreux acquéreurs à se
détourner de la vente sur plan, au profit de
biens existants, perçus comme plus sûrs et
plus immédiats.
À cela s’ajoute une incertitude structurelle
liée au fonctionnement même de la VEFA.
Les délais de réalisation restent souvent
difficiles à anticiper, notamment lorsque
le démarrage du chantier dépend du rythme
de commercialisation. Pour un acquéreur,
cela signifie qu’il est parfois compliqué
de se projeter concrètement dans le
temps, ce qui renforce l’hésitation. Dans
ce contexte, il est essentiel de renforcer
le cadre juridique pour mieux protéger les
acheteurs et sécuriser les opérations. Une
réforme est en préparation pour apporter
davantage de garanties et de transparence,
avec l’objectif de restaurer la confiance
dans ce mécanisme, qui reste indispensable
pour assurer la production de nouveaux
logements.
Un nouveau « paquet logement »
est en préparation. Quelles en
seront les grandes orientations ?
Nous travaillons effectivement sur un
ensemble de mesures qui visent à soutenir
la reprise de l’activité, tout en évitant
de recréer une dynamique de hausse des
prix. C’est un exercice d’équilibre particulièrement
délicat. Certaines mesures fiscales
temporaires ont été introduites ces
dernières années pour stimuler le marché
et nous devons aujourd’hui en évaluer
précisément les effets afin de déterminer
lesquelles doivent être maintenues, adaptées
ou abandonnées. L’idée n’est pas d’agir
de manière uniforme, mais de cibler
les dispositifs qui ont un réel impact sur
l’accession à la propriété et la production
de logements.
En parallèle, nous réfléchissons à des
ajustements des aides individuelles, notamment
pour mieux accompagner les
ménages à revenus modestes ou intermédiaires,
qui sont aujourd’hui particulièrement
affectés par les nouvelles conditions
de financement. Il s’agit de leur redonner
une capacité d’accès au marché, dans
un contexte où les taux d’intérêt se sont
stabilisés à un niveau plus élevé qu’auparavant.
Mais nous restons vigilants : une
stimulation trop forte pourrait mécaniquement
se traduire par une remontée des
prix, ce que nous voulons absolument éviter.
L’enjeu est donc de trouver des leviers
intelligents, capables de soutenir l’activité
sans alimenter la spéculation ni recréer
les déséquilibres structurels du marché.
L’État a fortement accru ses
investissements dans le logement
abordable ces dernières années.
Comment évaluez-vous l’efficacité
de cette stratégie ?
Elle répond à un double objectif. D’une
part, elle permet de soutenir le secteur de
la construction qui traverse une période
difficile, en apportant des débouchés
concrets à des projets qui, sans intervention
publique, pourraient rester à l’arrêt.
D’autre part, et c’est sans doute l’essentiel,
elle permet à l’État de constituer
progressivement un parc de logements
qu’il peut mettre à disposition à des conditions
abordables. Dans ce sens, il ne s’agit
pas d’une dépense à fonds perdu, mais
d’un investissement pour la politique
du logement.
Nous constatons également des effets
indirects positifs. Lorsqu’un projet
est partiellement acquis par l’État, cela
peut faciliter le financement du reste de
l’opération, en rassurant les partenaires
financiers et en sécurisant une partie des
ventes. Il y a donc un véritable effet de
levier. Mais au-delà de ces aspects économiques,
l’objectif reste avant tout social :
augmenter l’offre de logements accessibles
pour les ménages qui en ont le plus
besoin. Dans un marché aussi tendu que
celui du Luxembourg, le développement
d’un parc locatif public solide constitue un
outil essentiel pour garantir une certaine
cohésion sociale.
Les communes semblent jouer
un rôle de plus en plus important
dans cette dynamique. Comment
renforcer cette coopération ?
Les communes sont effectivement des
acteurs clés et leur implication s’est nettement
renforcée ces dernières années.
Dès le début de mon mandat, j’ai souhaité
établir un dialogue direct avec elles,
notamment en allant à la rencontre des
équipes locales pour mieux comprendre
leurs contraintes et leurs attentes. Cela
a permis d’installer une relation de confiance
et de faire émerger une dynamique
plus collaborative autour des enjeux du
logement.
Nous avons néanmoins identifié certains
freins, notamment dans les mécanismes
de financement et de subventionnement,
qui peuvent parfois décourager les initiatives
locales. C’est pourquoi un projet
de loi est en cours pour simplifier et optimiser
ces dispositifs, afin de donner aux
communes davantage de moyens et de
flexibilité. Nous observons déjà des résultats
concrets : de plus en plus de communes
développent leurs propres projets de
logements abordables, parfois en intervenant
directement sur le marché. Cette mobilisation,
combinée à celle des promoteurs
publics, des associations et du secteur
privé, contribue à créer une approche plus
collective et plus structurée de la production
de logements.
26
BRÈVES
MINISTERIELLES
PAR ARMAND D'ANTONIO
LOGEMENT : LE PACTE
LOGEMENT 2.0 POUR SOUTENIR
LES COMMUNES
Le ministère du Logement poursuit la
mise en œuvre du Pacte Logement 2.0,
un dispositif destiné à soutenir activement
les communes dans la création
de logements abordables. L’État encourage
notamment les communes à
acquérir des terrains et à développer
de nouveaux quartiers résidentiels durables.
Plusieurs projets pilotes ont été
lancés dans différentes communes afin
de favoriser la mixité sociale et l’accès
au logement pour les jeunes ménages.
Le gouvernement accompagne ces
initiatives par des aides financières
importantes et par un cadre réglementaire
simplifié. Les communes qui s’engagent
dans cette démarche peuvent
ainsi bénéficier d’un soutien technique
et financier pour développer des projets
de logements publics ou mixtes,
contribuant à répondre à la pression
immobilière qui touche le pays.
INNOVATION ET ÉCONOMIE :
SOUTENIR LES SMART CITIES
Le ministère de l’Économie poursuit
ses efforts pour soutenir l’innovation
et le développement des Smart Cities
au Luxembourg. Plusieurs initiatives
visent à encourager l’utilisation des
technologies numériques dans la gestion
des infrastructures urbaines. Des
projets pilotes permettent par exemple
de tester des solutions de gestion intelligente
de l’énergie, de mobilité durable
ou encore de collecte de données urbaines.
Ces initiatives sont menées en
collaboration avec les communes, les
entreprises et les centres de recherche
afin de développer des solutions innovantes
adaptées aux besoins des territoires.
TRANSITION ÉNERGÉTIQUE :
LE PROGRAMME KLIMABONUS
SE POURSUIT
Le ministère de l’Environnement et du
Climat continue de déployer le programme
Klimabonus, destiné à encourager
la transition énergétique au
Luxembourg. Ce dispositif soutient des
projets concrets tels que l’installation
de pompes à chaleur, la rénovation
énergétique des bâtiments ou la mise
en place de panneaux photovoltaïques.
Les communes peuvent également
bénéficier de ces aides pour améliorer
l’efficacité énergétique de leurs infrastructures
publiques. Le programme
vise à réduire les émissions de CO₂ et
à encourager l’utilisation des énergies
renouvelables. En parallèle, l’État accompagne
les citoyens et les collectivités
locales dans leurs démarches de
rénovation énergétique grâce à des
conseils techniques et à des incitations
financières.
RECHERCHE ET INNOVATION : REN
FORCER LA COOPÉRATION SCIEN
TIFIQUE
Le ministère de la Recherche et de
l’Enseignement supérieur poursuit la
mise en œuvre de la stratégie nationale
d’innovation. Celle-ci vise à renforcer
les collaborations entre universités,
centres de recherche et entreprises.
Plusieurs programmes soutiennent des
projets dans des domaines tels que
l’intelligence artificielle, la santé ou la
transition énergétique. L’objectif est de
renforcer la compétitivité du Luxembourg
et de favoriser le développement
de technologies innovantes. Ces projets
contribuent également à attirer des
talents internationaux et à renforcer
l’écosystème scientifique national.
DIGITALISATION : RENFORCER L’IN
CLUSION NUMÉRIQUE
Le ministère de la Digitalisation poursuit
ses initiatives visant à réduire la
fracture numérique. Plusieurs programmes
ont été lancés afin de permettre
aux citoyens d’acquérir des
compétences digitales essentielles.
Des formations gratuites sont notamment
proposées en collaboration avec
des associations et des communes. Le
gouvernement développe également
de nouveaux services administratifs en
ligne afin de simplifier les démarches
des citoyens. L’objectif est de rendre
les services publics plus accessibles et
plus efficaces grâce aux technologies
numériques. Les administrations communales
jouent un rôle clé dans ce
processus en facilitant l’accès aux outils
numériques et en accompagnant les citoyens
dans leurs démarches digitales.
MOBILITÉ : MODERNISER LES IN
FRASTRUCTURES DE TRANSPORT
Le ministère de la Mobilité et des Travaux
publics poursuit la modernisation
des infrastructures de transport au
Luxembourg. Plusieurs projets visent
à améliorer la fluidité du trafic et à encourager
les modes de déplacement
durables. Le développement du réseau
de pistes cyclables nationales, l’amélioration
des infrastructures ferroviaires
et l’extension des réseaux de transport
public figurent parmi les priorités. L’objectif
est de proposer des alternatives
efficaces à la voiture individuelle tout
en accompagnant la croissance démographique
du pays.
À LA RECHERCHE D’UNE
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COURS DU SOIR
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28
| FORMATION
SE FORMER
CONTINUELLEMENT
POUR ÉVOLUER OU
SE RÉORIENTER
Dans un contexte de transformation du marché du travail, la formation
continue s’impose comme un levier essentiel d’évolution
professionnelle. Entre montée en compétences et reconversion, les
parcours se diversifient selon les besoins. Au Luxembourg, l’offre
s’adapte aux contraintes des actifs grâce à des formats flexibles et
une pédagogie axée sur la pratique. L’essor de l’intelligence artificielle
renforce par ailleurs le besoin de formation, afin de permettre
à chacun d’en comprendre les usages et d’en maîtriser les enjeux. Explications
avec Stefano Araujo, conseiller en formation à la Chambre
des salariés.
Monter en compétences…
ou changer de secteur
Deux notions structurent aujourd’hui les
parcours de formation : la montée en compétences
et la reconversion (upskilling et
reskilling).
La montée en compétences, tout d’abord,
concerne les personnes souhaitant approfondir
leurs connaissances ou élargir
leur champ d’expertise. « C’est acquérir de
nouvelles compétences, souvent dans son
domaine, mais pas uniquement », précise
Stefano Araujo. Cela peut aller de l’apprentissage
d’outils bureautiques à des
formations en leadership ou encore à la
prise en main d’outils liés à l’intelligence
artificielle.
À l’inverse, la reconversion s’inscrit dans
une logique de changement plus profond.
« Il s’agit, là, d’évoluer de manière horizontale,
de changer de secteur ou d’activité
», explique-t-il.
Une offre adaptée aux contraintes
des apprenants
Pour répondre à ces besoins variés, l’offre
de formation doit elle-même s’adapter.
Au Luxembourg, une grande partie des
apprenants suit des formations en parallèle
de leur activité professionnelle. Cela
implique une organisation spécifique.
« Cours du soir, formations concentrées
en fin de semaine, séminaires ponctuels :
les formats sont pensés pour s’intégrer
dans des emplois du temps souvent chargés.
Les personnes continuent à travailler.
Les formations sont ainsi aménagées en
fonction de leurs contraintes », souligne
Stefano Araujo.
Les entreprises peuvent également libérer
leurs salariés pour suivre des formations
ou encore coconstruire des programmes
sur mesure. « Nous offrons la possibilité
d’élaborer des formations adaptées à
leurs besoins spécifiques, que ce soit en
cybersécurité, en secrétariat ou dans bien
d’autres domaines », ajoute-t-il.
Contrairement à des
formations plus théoriques,
les participants travaillent sur
des cas concrets, manipulent
des outils et bénéficient d’un
encadrement personnalisé
Une pédagogie tournée
vers la pratique
L’accent est mis sur des approches
concrètes et directement applicables.
« Nous privilégions le hands-on. L’objectif,
c’est que les participants puissent utiliser
immédiatement ce qu’ils apprennent »,
insiste Stefano Araujo. Contrairement à
des formations plus théoriques, les participants
travaillent sur des cas concrets,
manipulent des outils et bénéficient d’un
encadrement.
Dans de nombreux cas, ces formations
débouchent sur des certifications ou des
diplômes, ce qui renforce leur valeur sur le
marché du travail. Elles demandent également
un investissement personnel important.
« Il y a souvent du travail en dehors
des cours, des révisions, des préparations.
Mais à la fin, il y a une reconnaissance,
parfois même une évolution professionnelle
», rappelle-t-il.
29
Il y a un vrai besoin d’éclaircir ce
qu’est l’IA et comment l’utiliser
Stefano Araujo, conseiller en formation à la Chambre des salariés
L’intelligence artificielle,
un accélérateur de transformation
S’il est un sujet qui cristallise les évolutions
actuelles, c’est bien celui de l’intelligence
artificielle puisqu’elle accélère les
transformations en cours et soulève de
nombreuses questions. « Aujourd’hui, elle
s’intègre progressivement dans les formations,
que ce soit comme outil ou comme
sujet d’apprentissage », déclare Stefano
Araujo.
Pourtant, comme toutes les technologies,
son utilisation nécessite un cadre clair.
« Il faut apprendre à utiliser l’IA de manière
raisonnée et responsable car les
enjeux sont multiples : protection des
données, confidentialité, fiabilité des informations…
Ce sont autant de points
qui nécessitent une vigilance accrue », insiste-t-il.
Former pour mieux comprendre
et maîtriser
« Il y a un vrai besoin d’éclaircir ce qu’est
l’IA et comment l’utiliser », explique le
conseiller. L’objectif n’est pas de remplacer
l’humain, mais de lui donner les moyens
de garder le contrôle sur ces outils. « L’IA
peut être un très bon outil, mais seulement
si elle est utilisée et dirigée par des
personnes qui maîtrisent leur domaine ».
Cette approche se retrouve également
dans d’autres secteurs, notamment l’industrie,
où les métiers évoluent vers davantage
de supervision, d’analyse et d’anticipation.
« On demande de plus en plus
aux personnes de surveiller, d’interpréter
et de réagir », souligne-t-il.
Au service des salariés
Au-delà des formations elles-mêmes,
l’enjeu est aussi de rendre la formation
accessible au plus grand nombre. « Notre
objectif, c’est de permettre à chacun de se
former, quel que soit son parcours ou son
niveau initial », rappelle Stefano Araujo.
Cela passe notamment par la reconnaissance
de l’expérience professionnelle qui
peut ouvrir l’accès à des formations universitaires
; une manière de valoriser les
parcours atypiques et de favoriser l’évolution
professionnelle.
Pour s'inscrire aux formations, rendez-vous
sur : www.LLLC.lu
Notre objectif, c’est
de permettre à chacun
de se former, quel que soit son
parcours ou son niveau initial
Luxembourg Lifelong Learning Centre
2-4, rue Pierre Hentges
L-1726 Luxembourg
www.lllc.lu
30
| FORMATION
FORMER POUR
TRANSFORMER :
LE PARI GAGNANT
DES ENTREPRISES
S’adapter, évoluer, anticiper : au Luxembourg, la formation continue
guide les entreprises à chaque étape de leurs transformations. Bien
plus que le développement de compétences, elle façonne de nouvelles
manières de travailler et de progresser. Regards croisés avec
Muriel Morbé, CEO de la House of Training.
Pouvez-vous nous présenter la
House of Training et sa mission au
sein de l’écosystème économique
luxembourgeois ?
La House of Training a été créée en 2015
à l’initiative de la Chambre de commerce
et de l’ABBL (Association des Banques et
Banquiers Luxembourg), avec une mission
centrale : soutenir la compétitivité de
l'économie luxembourgeoise en développant
et renforçant les compétences des
entreprises, de leurs dirigeants et de leurs
collaborateurs, grâce à des programmes et
des plans de formations adaptés aux besoins
du marché. Dès le départ, l’ambition
a été d’anticiper les évolutions du marché
du travail, en identifiant à la fois les be-
soins immédiats et ceux à venir, afin d’accompagner
les acteurs économiques dans
leurs transformations.
Nous nous positionnons comme un partenaire
de formation proche du terrain, au
service des dirigeants comme des collaborateurs.
Notre rôle est de proposer des parcours
adaptés à la diversité des secteurs et
des profils présents au Luxembourg. Notre
offre s’est ainsi fortement développée,
avec aujourd’hui plus de 1.400 formations
réparties dans 23 domaines, allant de l’entrepreneuriat
aux compétences transversales.
comme les ressources humaines,
le droit ou la fiscalité, en passant par des
formations sectorielles, notamment dans
la finance, mais aussi dans l’immobilier,
l’industrie ou l’Horeca. Notre modèle repose
sur une collaboration étroite avec
l’écosystème : nous travaillons avec une
soixantaine de partenaires (associations
et fédérations professionnelles) et un réseau
de plus de 800 formateurs experts
issus du monde professionnel. Cette approche
nous permet de proposer des
contenus concrets, en prise directe avec
les réalités du terrain et d’offrir également
des formations catalogue et sur-mesure,
adaptées aux besoins spécifiques
des entreprises.
Muriel Morbé, CEO
31
Au-delà de l’acquisition
de compétences, comment
la formation peut-elle, selon vous,
transformer concrètement
le quotidien des entreprises
et le travail de leurs équipes ?
La formation n’est pas seulement un
moyen d’apprendre : c’est un véritable
catalyseur d’efficacité et d’innovation
au sein des entreprises. Elle permet aux
équipes de réfléchir différemment, de partager
leurs expériences, d'appréhender les
transformations et les transitions comme
des opportunités et de tester de nouvelles
approches. Par ailleurs, nos formations
favorisent les échanges entre participants
de différentes entreprises confrontées aux
mêmes défis, ce qui enrichit les pratiques
et ouvre de nouvelles perspectives.
Nous veillons également à ce que chaque
formation ait un impact concret : les
contenus sont directement applicables et
les participants repartent avec des outils
qu’ils peuvent utiliser dès le lendemain
dans leur fonction. Cela renforce non
seulement les compétences individuelles,
mais stimule aussi la collaboration, la
créativité et la capacité à résoudre des
problèmes réels. La formation devient ainsi
un moteur pour améliorer les processus,
fluidifier la communication et renforcer la
compétitivité et l'efficacité collective, tout
en donnant aux collaborateurs un vrai
sentiment de progression et d’autonomie.
C’est précisément là que notre
rôle prend tout son sens :
accompagner les entreprises
pour identifier leurs besoins et
les orienter vers des formations
réellement utiles. Car dès lors
que l’impact devient tangible,
l’engagement suit beaucoup
plus naturellement
Quels sont aujourd’hui les
principaux freins qui empêchent
encore certaines entreprises
d’investir dans la formation ?
Il est important de rappeler que la formation
relève d’une responsabilité partagée.
Elle implique à la fois l’employeur, qui doit
créer un cadre et insuffler une véritable
culture d’apprentissage et les collaborateurs,
qui doivent s’inscrire avec le manager
dans cette dynamique avec une volonté
d’évoluer. Tant que cette dimension n’est
pas pleinement intégrée, il est plus difficile
de faire de la formation un levier naturel
de développement.
Dans les faits, le principal obstacle reste
bien souvent le temps. Bien avant la
question budgétaire, c’est la disponibilité
des équipes qui peut être un frein. Dans
un contexte de tension sur le marché de
l’emploi, où de nombreuses entreprises
peinent à recruter, libérer un collaborateur
pendant une ou plusieurs journées
représente un véritable défi organisationnel.
Cela suppose d’anticiper, de redistribuer
les tâches.
La question du coût existe, bien sûr, mais
le cofinancement permet de faciliter l’investissement
dans la formation professionnelle
continue. En revanche, un autre
enjeu apparaît souvent : celui d'identifier
les compétences à développer en réponse
aux défis actuels et futurs. Face à une offre
abondante, il n’est pas toujours évident
pour une entreprise d’identifier les programmes
les plus adaptés à ses besoins
spécifiques et à sa stratégie de développement.
C’est précisément là que notre rôle
prend tout son sens : accompagner les
entreprises pour identifier leurs besoins
et les orienter vers des formations réellement
utiles. Car dès lors que l’impact
devient tangible, l’engagement suit beaucoup
plus naturellement.
Ces dernières années, avezvous
observé une évolution
des compétences recherchées,
notamment avec l’essor de
l’intelligence artificielle ?
Le changement est indéniable et il s’inscrit
dans une transformation beaucoup
plus large du monde du travail. L’accélération
technologique, portée notamment
par l’intelligence artificielle, entraîne
l’émergence de nouvelles compétences,
en particulier dans des domaines comme
la data, la cybersécurité ou encore la compréhension
des cadres réglementaires,
eux aussi en constante évolution. Mais
au-delà de ces compétences techniques,
c’est surtout la nature même des parcours
professionnels qui a profondément changé.
Nous ne sommes plus dans un modèle
où l’on apprend un métier une fois pour
toutes, au début de sa carrière, pour ensuite
l’exercer de manière relativement
stable pendant plusieurs décennies. De
la même manière, les trajectoires au
sein d’une seule et même entreprise deviennent
plus rares. Cette réalité impose
une évolution continue des compétences.
Dans ce contexte, la capacité d’adaptation
s’impose comme la compétence clé. Être
en mesure d’apprendre, de se réinventer
et d'évoluer en permanence face aux
transformations devient essentiel. Cette
agilité intellectuelle et professionnelle
est aujourd’hui tout aussi importante, sinon
plus, que la maîtrise d’un savoir-faire
précis. Les chiffres confirment d’ailleurs
cette tendance : d’ici 2030, près de 40%
des compétences devraient évoluer et environ
90% des métiers seront impactés par
l’intelligence artificielle. Ces perspectives
peuvent susciter des inquiétudes, mais
il est important de les appréhender avec
recul. L’intelligence artificielle doit avant
tout être perçue comme un levier, un outil
capable de faciliter certaines tâches et de
libérer du temps pour des missions à plus
forte valeur ajoutée. Cela implique néanmoins
un effort d’accompagnement. La
formation et la sensibilisation jouent un
rôle central pour aider les professionnels
à comprendre ces évolutions, à en saisir
les opportunités et à dépasser les craintes
qu’elles peuvent générer. C’est un investissement
stratégique, tant pour les entreprises
que pour les individus.
Dans cette dynamique, l’intelligence artificielle
est désormais pleinement intégrée
dans les dispositifs de formation. D’un
côté, elle fait l’objet de programmes dédiés
et de l’autre, elle s’invite plus largement
dans l’ensemble des parcours, tant elle
est devenue transversale. Parallèlement,
elle transforme aussi les méthodes pédagogiques
elles-mêmes : personnalisation
des parcours, développement de formats à
distance, adaptation plus fine aux besoins
individuels. Pour autant, ces outils restent
complémentaires. L’échange, l’interaction
et l’apprentissage collectif conservent une
place centrale, que la technologie vient
enrichir plutôt que remplacer.
House of Training
7, rue Alcide de Gasperi - BP490
L-2014 Luxembourg
www.houseoftraining.lu
32
BRÈVES
ÉCONOMIQUES
PAR ARMAND D'ANTONIO
MOBILITÉ ÉLECTRIQUE
La mobilité du futur se développe au
Luxembourg et dans la Grande région
La transition vers la mobilité électrique
se développe rapidement dans
la Grande Région. Au Luxembourg, le
groupe énergétique Encevo a déployé
le réseau national de bornes de recharge
Chargy, qui permet aux véhicules
électriques de circuler facilement
dans tout le pays.
Des coopérations existent également
avec les réseaux de recharge en Belgique,
en Allemagne et en France afin
de faciliter les déplacements transfrontaliers.
Plusieurs constructeurs
automobiles européens et entreprises
énergétiques collaborent ainsi pour
développer des infrastructures compatibles
dans toute la région.
SIDÉRURGIE
Un pilier industriel de la Grande Région
Le groupe ArcelorMittal reste l’un des
principaux acteurs industriels de la
Grande Région. L’entreprise exploite
plusieurs sites industriels au Luxembourg,
notamment à Belval et Differdange,
mais également en Lorraine et
en Belgique.
Cette présence transfrontalière illustre
l’interconnexion industrielle de la région,
où les chaînes d’approvisionnement
dépassent largement les frontières
nationales. ArcelorMittal investit
actuellement dans la modernisation et
la décarbonation de ses installations
afin de réduire les émissions de CO 2
et d’adapter la production d’acier aux
exigences environnementales européennes.
LOGISTIQUE
Le Luxembourg au cœur des flux européens
Grâce à sa position géographique centrale,
le Luxembourg joue un rôle important
dans la logistique européenne.
L’entreprise CFL Multimodal développe
notamment des solutions de transport
combiné rail-route reliant le Luxembourg
aux grands centres économiques
de France, de Belgique et d’Allemagne.
Les plateformes logistiques situées au
Luxembourg permettent d’organiser le
transport de marchandises dans toute
la Grande Région et contribuent à renforcer
l’attractivité économique du territoire.
ÉNERGIE ET CARBURANT
Les prix de l’essence influencent l’économie
régionale
Les variations du prix de l’essence ont
un impact direct sur l’économie de la
Grande Région. Les stations-service
luxembourgeoises attirent régulièrement
les automobilistes frontaliers
lorsque les prix du carburant sont plus
compétitifs qu’en France, en Belgique
ou en Allemagne.
Ce phénomène de « tourisme à la
pompe » contribue de manière significative
à l’activité économique du secteur
pétrolier luxembourgeois. À l’inverse,
lorsque les prix augmentent, les
volumes de carburant vendus peuvent
diminuer et affecter la fréquentation
des stations-service.
INNOVATION
Le Luxembourg attire les entreprises
technologiques
Le Luxembourg renforce également
son attractivité dans les secteurs technologiques
et spatiaux. L’entreprise
SES, basée au Luxembourg, est aujourd’hui
l’un des leaders mondiaux
dans le domaine des satellites de télécommunication.
Autour de cet acteur majeur s’est développé
un véritable écosystème spatial
regroupant start-ups, centres de recherche
et entreprises technologiques.
Ce secteur contribue à positionner le
Luxembourg comme un acteur innovant
dans l’économie européenne et
mondiale.
FONDS D’INVESTISSEMENT
Le Luxembourg reste une place financière
mondiale
Le Luxembourg confirme son rôle de
premier centre européen des fonds
d’investissement et deuxième place
mondiale après les États-Unis. Les
fonds domiciliés au Luxembourg gèrent
plusieurs milliers de milliards d’euros
d’actifs et attirent des investisseurs du
monde entier.
Cette industrie constitue l’un des piliers
de l’économie luxembourgeoise et emploie
directement ou indirectement des
dizaines de milliers de personnes dans
les secteurs de la finance, du droit et de
l’audit. Grâce à un cadre réglementaire
stable et à une expertise reconnue, le
Luxembourg reste une plateforme privilégiée
pour la création et la gestion de
fonds internationaux.
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| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
ENOPRIMES : DIX ANS POUR
ACCÉLÉRER LA TRANSITION
ÉNERGÉTIQUE AU LUXEMBOURG
Lancé en 2015 pour répondre à une directive européenne, le programme
enoprimes s’est progressivement imposé comme un levier
clé de la transition énergétique au Luxembourg. Porté par Enovos et
animé par l’energieagence, il accompagne particuliers et professionnels
dans leurs projets d’économies d’énergie. En dix ans, les résultats
sont significatifs, tant sur le plan économique qu’environnemental,
illustrant la montée en puissance d’un dispositif désormais incontournable.
Laurent Magi, responsable des services liés à la transition
énergétique chez Enovos et Yoann Lintz, responsable du service enoprimes
& Subsides à l’energieagence, nous en disent plus.
Cette progression s’explique par plusieurs
facteurs : la simplification des procédures,
le développement d’outils numériques
performants, mais aussi l’extension d’un
réseau de partenaires aujourd’hui fort de
800 acteurs. « Nous ne pouvons pas atteindre
nos objectifs seuls. Ce sont nos
partenaires qui sont en contact direct avec
les clients et qui jouent un rôle clé », insiste-t-il.
Une montée en puissance
progressive
« Au départ, il faut bien comprendre que cela
découle d’une obligation européenne »,
rappelle Laurent Magi, responsable des
services liés à la transition énergétique
chez Enovos. La directive de 2012 fixe en
effet des objectifs ambitieux en matière
d’économies d’énergie et laisse aux États
membres le choix des mécanismes pour
les atteindre. Le Luxembourg a opté pour
un modèle impliquant directement les
fournisseurs d’énergie, dont fait partie
Enovos.
Le programme a été lancé en 2015 et développé
initialement en interne chez
Enovos. « Très vite, il s’est rapidement
structuré autour d’un partenariat renforcé
avec l’energieagence, qui a aujourd’hui
la charge de l’opérationnel. Nous nous
sommes effectivement vite rendu compte
qu’il ne suffisait pas de gérer des dossiers
administratifs. Il fallait de l’ingénierie et
de l’expertise technique », explique-t-il.
L’agence située à Howald assure désormais
l’ensemble du suivi des projets, de
l’analyse technique jusqu’à la validation
des économies d’énergie.
Aujourd’hui, le programme repose sur
une organisation solide et transversale.
« Notre rôle, c’est d’identifier, de valoriser
et d’accompagner des projets d’économie
d’énergie, quel que soit le secteur », précise
Yoann Lintz, responsable du service
enoprimes & Subsides à l’energieagence.
Particuliers, entreprises, industries ou
administrations : tous peuvent bénéficier
du dispositif, à condition de démontrer un
gain énergétique mesurable.
Des résultats significatifs en dix ans
Après une première phase en demi-teinte
pour atteindre les objectifs fixés, le programme
a connu une accélération notable
à partir de 2020. « Nous avons capitalisé année
après année, gagné en efficacité et aujourd’hui
nous atteignons nos objectifs »,
souligne Laurent Magi.
Certains chiffres témoignent de cette
montée en puissance. En dix ans, enoprimes
a permis de générer environ 1.600
GWh d’économies d’énergie, soit l’équivalent
d’une fois et demie la consommation
annuelle d’électricité des ménages
luxembourgeois. Plus de 40 millions d’euros
de primes ont été distribués, et près
de 27.000 projets ont été soutenus. Le
nombre de dossiers traités illustre également
cette dynamique. « De quelques
centaines à ses débuts, le programme est
passé à plus de 55.000 projets analysés
en 10 ans. Nous sommes sur une évolution
exponentielle, que ce soit en volume
d’économies ou en nombre de dossiers »,
confirme Yoann Lintz.
35
Un dispositif fondé
sur l’accompagnement
Au-delà des chiffres, enoprimes se distingue
par son approche. « Ce programme
n’est pas un guichet où l’on dépose un
dossier pour obtenir une aide. Il y a un vrai
travail de conseil et d’accompagnement
», souligne Yoann Lintz. Le montant des
primes est directement lié aux économies
d’énergie générées. Cette logique incitative
permet de valoriser des projets très
variés, allant de la rénovation énergétique
des logements à l’optimisation de procédés
industriels. « Quel que soit le projet,
à partir du moment où il y a un gain
d'économie d'énergie quantifiable, nous
sommes en mesure d’intervenir », résume
Laurent Magi.
Un réel impact environnemental
Si les bénéfices économiques sont évidents,
l’impact environnemental du dispositif
est tout aussi significatif. « Depuis
2024, nous intégrons systématiquement la
quantification des réductions d’émissions
de CO₂ aux projets », poursuit Yoann Lintz.
Sur la seule base du remplacement des
systèmes thermiques chez les particuliers,
les économies réalisées représentent
déjà 41.000 tonnes de CO₂ évitées. « Et
si l’on prend en compte l’ensemble des
projets, nous dépassons largement les
140.000 tonnes », précise-t-il.
Un dispositif en constante
adaptation
Au fil des années, de nombreuses actions
spécifiques ont aussi été mises en place
pour stimuler la participation : distribution
de kits d’économie d’énergie, campagnes
de sensibilisation, primes renforcées
pour certains équipements ou
secteurs. En 2022, la crise énergétique liée
à la guerre en Ukraine a également marqué
un tournant. « Nous avons eu carte
blanche pour intensifier nos actions et
accompagner au maximum la réduction
des consommations », se souvient Laurent
Magi. Cette période a contribué à renforcer
la visibilité du programme et à accélérer
son adoption.
Aujourd’hui, de nouvelles pistes sont explorées,
notamment l’intégration de l’intelligence
artificielle pour automatiser
le contrôle des dossiers standards. « Cela
permettra de libérer du temps pour nos ingénieurs
afin qu’ils puissent se concentrer
sur des projets à plus forte valeur ajoutée »,
explique Yoann Lintz.
Relever de nouveaux défis
« Après dix années de croissance, nous
avons déjà capté une grande partie des
projets les plus évidents. Désormais, il
va falloir aller chercher de nouvelles opportunités
», reconnaît Laurent Magi. Le
ciblage des petites et moyennes entreprises,
ainsi que le renforcement des actions
auprès des communes, constituent
des axes de développement prioritaires. La
vision évolue également, avec une attention
croissante portée à la décarbonation.
Enfin, enoprimes bénéficie aujourd’hui
d’une reconnaissance croissante auprès
du public. « Près d’un résident sur deux au
Luxembourg déclare connaître le dispositif
ou en avoir entendu parler », conclut
Yoann Lintz.
Yoann Lintz et Laurent Magi
36
| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
SWIO AMORCE
UN VIRAGE STRATÉGIQUE
Au départ ахé sur les infrastructures dе recharge, SWIO s’еngagе
dans un développement stratégique significatif аu Luхembоurg.
Grâce à unе rеfоnte dе sоn imagе de marquе, l’еntrеprise sоuhаite
élargir sоn сhamp d’aсtiоn au-delà dе l’électrоmоbilité pоur s’аffirmеr
cоmme un actеur inсоntоurnаblе dаns le sеcteur dе l’énergie,
еn аdéquatiоn avеc l’évоlutiоn rapidе des usagеs et des besоins du
marсhé. Zoom sur les contours de ce rebranding avec Marvin Rassel,
responsable de la marque.
Marvin Rassel
37
SWIO s’est d’abord imposé comme
un spécialiste des infrastructures de
recharge. Comment décririez-vous
aujourd’hui votre rôle dans l’écosystème
luxembourgeois et la manière
dont il a évolué ces dernières années
?
À l’origine, notre cœur de métier était effectivement
très centré sur la recharge :
nous accompagnions nos clients de
l’étude à la mise en œuvre des infrastructures,
en passant par l’exploitation et le
service après-vente, avec tout le volet nécessaire
pour gérer et intégrer les bornes
dans un système cohérent. Mais, assez rapidement,
nous avons cherché à aller plus
loin en proposant des solutions complètes
et en anticipant les besoins du marché,
notamment à travers des développements
internes comme des bornes mobiles pour
les chantiers.
Aujourd’hui, notre rôle s’est élargi. Nous
accompagnons les entreprises dans l’électrification
de leurs flottes, un enjeu majeur
au Luxembourg où les véhicules de société
représentent une part très importante du
parc. En parallèle, nous travaillons étroitement
avec les communes pour déployer
des infrastructures publiques et répondre
aux contraintes du terrain, notamment
dans les zones où l’installation de bornes
privées est plus complexe. Cette proximité
avec les différents acteurs nous permet
d’avoir une vision très concrète des usages
et des besoins et de faire évoluer notre positionnement
en conséquence.
Vous évoquez justement une évolution
des usages. Quels changements
observez-vous sur le terrain et en
quoi ont-ils contribué à faire émerger
ce rebranding ?
Le changement est très net. Il y a encore
deux ou trois ans, lorsque nous réalisions
un diagnostic chez un particulier pour
installer une borne, la décision était généralement
rapide : le besoin était identifié
et la solution assez évidente. Aujourd’hui,
les discussions sont beaucoup plus riches,
mais aussi plus complexes. Les clients
s’interrogent sur le photovoltaïque, sur
les prix dynamiques de l’électricité, sur la
manière d’optimiser leur consommation
ou de combiner différents équipements
entre eux. Cela traduit une montée en
maturité du marché, mais aussi une complexification
globale du sujet énergétique.
L’électromobilité ne peut plus être pensée
isolément. Elle s’inscrit dans un ensemble
beaucoup plus large, où interviennent de
nombreuses variables.
C’est précisément ce constat qui a également
motivé notre rebranding. Il ne s’agit
pas d’une rupture, mais plutôt d’une évolution
naturelle. En avançant dans notre
métier, nous avons compris que notre valeur
ajoutée résidait de plus en plus dans
la capacité à orchestrer l’énergie dans son
ensemble. Nous avons donc fait le choix
de nous repositionner comme « SWIO, The
Energy Company », afin de refléter cette
réalité et d’apporter une réponse plus globale
aux attentes du marché.
Nous avons donc fait le choix
de nous repositionner comme
« SWIO, The Energy Company »,
afin de refléter cette réalité et
d’apporter une réponse plus
globale aux attentes du marché
Concrètement, comment se traduit
ce nouveau positionnement et
quelles sont les différentes briques
que vous développez à travers cette
nouvelle identité ?
Ce nouveau positionnement se traduit
par une structuration beaucoup plus
claire de notre offre, autour de plusieurs
volets complémentaires qui forment un
écosystème énergétique cohérent. L’idée
est vraiment de couvrir l’ensemble de
la chaîne de valeur, en partant de l’infrastructure
jusqu’à l’optimisation et à la
gestion de l’énergie.
Le premier pilier reste celui des infrastructures
de recharge, qui constitue
notre base. Nous continuons à concevoir,
installer et opérer des bornes, que ce soit
pour les entreprises, les particuliers ou les
collectivités. Ce volet reste essentiel, mais
il est désormais intégré dans une vision
plus large.
Le deuxième axe concerne les systèmes de
gestion de l’énergie, les EMS (Energy Management
System), que ce soit à l’échelle
d’un foyer ou d’une entreprise. À travers
ces solutions, nous permettons de piloter
intelligemment la consommation en
fonction de plusieurs paramètres : les prix
du marché, la production photovoltaïque,
l’état des batteries ou encore les habitudes
d’usage. L’objectif est d’optimiser
à la fois les coûts et l’efficacité énergétique,
en automatisant des décisions qui
deviennent de plus en plus complexes à
gérer manuellement.
Enfin, le troisième volet, plus récent, est
celui des communautés énergétiques.
Nous avons développé une plateforme en
interne qui permet de connecter des producteurs
et des consommateurs au sein
d’un même système, avec un processus
d’intégration et une facturation automatisée.
Concrètement, cela permet, par
exemple, à une commune de redistribuer
l’électricité qu’elle produit à ses habitants,
plutôt que de l’injecter dans le réseau,
créant ainsi un modèle plus local, plus efficace
et avantageux pour tous.
Au-delà de ce rebranding, comment
envisagez-vous l’avenir du secteur,
au Luxembourg et plus largement
en Europe ?
Nous sommes convaincus que l’électromobilité
va continuer à se développer,
mais surtout à s’intégrer de plus en plus
dans une logique énergétique globale.
Ce qui se dessine, c’est une convergence
entre mobilité, production et gestion de
l’énergie, avec des systèmes de plus en
plus intelligents et interconnectés.
Parmi les évolutions majeures, la recharge
bidirectionnelle va jouer un rôle clé. Elle
permettra d’utiliser les véhicules comme
des sources d’énergie, capables d’injecter
de l’électricité dans un bâtiment ou dans
le réseau aux moments où la demande
est forte, puis de se recharger lorsque les
conditions sont plus favorables.
Finalement, le message est assez simple :
la mobilité électrique ne doit plus être
perçue uniquement comme une alternative
technologique, mais comme une composante
d’un système énergétique plus
large, porteur d’opportunités. C’est cette
vision que nous portons aujourd’hui et
que notre rebranding vient formaliser.
SWIO
5, rue de Joncs
L-1818 Howald
www.swio.lu
38
| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
LUXCONTROL :
ENTRE DÉCONSTRUCTION,
RÉEMPLOI, DÉPOLLUTION
ET REVALORISATION
Luxcontrol accompagne depuis
plusieurs décennies les mutations
industrielles et urbaines.
À travers ses différentes expertises,
l’entreprise est en mesure
d’intervenir à chaque étape de
la vie d’un site, de son exploitation
jusqu’à sa reconversion en
intégrant des enjeux environnementaux
qui imposent de repenser
en profondeur la manière de
construire, déconstruire et réutiliser.
Explications avec Christophe
Bubel, Murielle Dauvin,
Régis Reicher et Camille Jongy.
Assistance à la maitrise des risques
Créée en 1978 dans un contexte industriel
marqué par la sidérurgie, Luxcontrol
s’est progressivement imposée comme
un acteur de référence dans l’assistance
à la maîtrise des risques, de la santé, de
la sécurité et de l’environnement sur une
multitude de secteurs. « Nous sommes
présents sur l’ensemble de la durée de
vie d’un bien : de l’étude initiale jusqu’à
la cessation d’activité et la remise en état
du site », résume Christophe Bubel, Head
Account Manager.
Son cœur de métier peut ainsi se définir
comme une mission globale d’assistance
à la maîtrise des risques. « Nous agissons
principalement dans les domaines de la
santé, de la sécurité et de l’environnement
et couvrons l’ensemble des activités qui en
découlent », poursuit-il.
Déconstruire
La phase de déconstruction occupe une
place stratégique. Loin de se limiter à
une simple démolition, elle constitue aujourd’hui
un moment clé pour anticiper les
impacts environnementaux et envisager
le réemploi des matériaux. Avant toute intervention,
une première étape s’impose :
celle de sécuriser le site et comprendre
ce que l’on va déconstruire. « La première
chose, c’est l’analyse. Nous devons savoir
si le site est accessible, s’il y a des risques,
des déchets dangereux ou des pollutions »,
explique Murielle Dauvin, directrice du
service contrôle technique construction.
C’est à ce stade que les premières investigations
sont menées.
Vient ensuite le temps de la réflexion : que
faire du site, et surtout, que faire des matériaux
qui le composent ? « Derrière chaque
chantier de déconstruction se cache une
question centrale : celle de la valorisation.
Un matériau issu d’une démolition est, par
défaut, considéré comme un déchet. A ce
moment-ci, tout l’enjeu, c’est de lui redonner
une valeur », poursuit-elle.
39
Ce travail de requalification est relativement
complexe. Contrairement à des
matériaux neufs, parfaitement normés et
documentés, les éléments issus de la déconstruction
sont souvent dépourvus de
traçabilité. « D’où viennent-ils ? Quelles
sont leurs caractéristiques ? Peuvent-ils
être réutilisés en toute sécurité ? Autant
de questions auxquelles il faut répondre
avant d’envisager une seconde vie », déclare
Murielle Dauvin.
Chez Luxcontrol, notre rôle est d’accompagner
et de sécuriser les démarches, mais
également de garantir la qualité des matériaux,
leur sécurité et leur conformité »,
souligne-t-elle.
Réemployer
Si le réemploi des matériaux apparaît
comme une solution évidente sur le plan
environnemental, sa mise en œuvre reste
néanmoins encore limitée. En théorie, une
grande partie des matériaux pourrait être
réutilisée. En pratique, les contraintes
techniques, réglementaires et économiques
freinent cette ambition.
« Aujourd’hui, les taux de revalorisation
sont encore assez faibles », constate Christophe
Bubel. Les matériaux sont souvent
réutilisés dans des usages secondaires,
comme le remblai ou les sous-couches
routières. Une solution utile, mais encore
loin d’un réemploi à forte valeur ajoutée.
L’un des principaux freins reste la question
de la responsabilité. Dans le secteur
du bâtiment, les professionnels doivent
garantir leurs ouvrages. « Or, un maçon
ne peut pas prendre le risque d’utiliser un
matériau sans connaître précisément ses
performances », rappelle Murielle Dauvin.
Pour faire évoluer les pratiques, un changement
de logique s’impose. « Il faut penser
les projets dès le départ en intégrant
le réemploi », insiste-t-elle. Cela suppose
une meilleure coordination entre tous les
acteurs, dès la conception. « Aujourd’hui,
on regarde après coup ce qu’on peut réutiliser.
Demain, il faudra concevoir avec ce
qui existe déjà », explique-t-elle.
Dépolluer
En parallèle, la question des sols pollués
est centrale dans la reconversion des
friches industrielles. « Sur des sites comme
celui de Esch-Schifflange, nous menons
depuis plusieurs années des études pour
identifier et caractériser les contaminations
», précise Régis Reicher, responsable
de secteur Pôle Sites et Sols Pollué.
La démarche repose sur un inventaire des
activités passées, suivi de campagnes de
forages et d’analyses. « Nous identifions
les zones à risque, puis nous vérifions
sur le terrain la présence de pollution »,
explique Camille Jongy, responsable adjointe
de ce même secteur. Ces investigations
permettent d’établir une cartographie
précise de l’état des sols.
L’objectif n’est pas d’atteindre un niveau
de pollution nul, mais de rendre le site
compatible avec ses usages futurs. « Nous
raisonnons en fonction des risques : une
zone destinée à des activités artisanales ou
industrielles n’a pas les mêmes exigences
qu’une structure plus sensible telle qu’une
crèche ou une école », poursuit-elle. Cette
approche permet d’adapter les travaux de
dépollution et d’optimiser les volumes de
terres à traiter, tout en garantissant la sécurité
sanitaire et environnementale.
Depuis une dizaine d’années, Luxcontrol
accompagne le projet de requalification
du site. « Nous prenons en charge la gestion
complète des problématiques de dépollution
», déclare Régis Reicher.
Un laboratoire d’analyse unique
Le laboratoire de Luxcontrol, accrédité
ISO 17025, vient en soutien de ces activités,
notamment pour les analyses environnementales.
Il intervient sur les sols,
les poussières ou encore les eaux afin
d’identifier les pollutions et d’en suivre
l’évolution.
« Sur les chantiers, ces analyses permettent
également de surveiller les nuisances,
comme les émissions de poussières et
d’ajuster les pratiques si nécessaire. Nous
mettons en place des suivis et des plans
d’action dès que les seuils sont dépassés »,
précise Murielle Dauvin.
Une vision holistique
En croisant déconstruction, réemploi et
dépollution, Luxcontrol est en mesure
d’offrir une approche holistique et adaptée
à la complexité des projets actuels.
Dans un contexte de transition environnementale,
cette capacité à relier les expertises
au sein d’une même entité est
primordiale. « Nous pouvons dès lors accompagner
les projets de manière cohérente,
en conciliant exigences techniques,
contraintes réglementaires et enjeux environnementaux
avec un seul et même interlocuteur
», conclut Christophe Bubel.
Luxcontrol S.A.
8, Boulevard Des Lumières
L-4369 Esch-Belval
www.luxcontrol.com
40
| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
ENERGIEPARK RÉIDEN
Acteur pionnier de la transition énergétique au Luxembourg, Energiepark
Réiden développe des solutions concrètes, locales et innovantes,
en s’appuyant notamment sur des modèles coopératifs et des
communautés énergétiques. Entre projets de terrain, intelligence
énergétique et engagement citoyen, l’organisation contribue à structurer
un nouveau modèle énergétique au service des communes.
Monsieur Kauten,
Energiepark Réiden joue
aujourd’hui un rôle central dans
la transition énergétique. Quelle
est votre mission ?
Notre mission est d’accompagner concrètement
la transition énergétique au
Luxembourg, en développant des solutions
adaptées aux réalités locales.
Nous travaillons à la fois sur la production
d’énergie renouvelable, sur la gestion intelligente
de l’énergie et sur l’implication
des citoyens et des communes. L’enjeu
n’est plus seulement technique : il est systémique.
Chaque décision énergétique – qu’elle
concerne l’électricité, la chaleur ou les réseaux
– a un impact global. Notre objectif
est donc de construire un système énergétique
durable, résilient et accessible, en
ligne avec les objectifs du Plan National
Énergie et Climat.
Vous développez un modèle
basé sur les coopératives
et les communautés énergétiques.
Pouvez-vous nous expliquer
cette approche ?
C’est effectivement un pilier central de
notre stratégie.
Nous avons notamment développé des
structures coopératives comme Energy
Revolt, qui permettent aux citoyens, aux
communes et aux acteurs locaux de devenir
directement partie prenante des projets
énergétiques.
Parallèlement, nous travaillons sur des
modèles de communautés énergétiques
(e-community). Concrètement, plusieurs
communes s’associent pour produire, partager
et consommer leur propre énergie.
C’est le cas notamment avec des communes
comme Beckerich, Habscht et
Differdange, qui ont fait le choix de collaborer
dans une logique territoriale. Ce
type de modèle permet d’optimiser la
production locale, de mutualiser les ressources
et de renforcer l’indépendance
énergétique.
Ce qui est essentiel, c’est que tout est
structuré de manière professionnelle : la
gestion, la facturation, le suivi énergétique
et l’ensemble du management sont
soigneusement organisés. Cela garantit la
fiabilité du système et sa pérennité.
Vous êtes très présents sur le
terrain avec des projets concrets.
Pouvez-vous nous donner quelques
exemples récents ?
Nous privilégions en effet des projets très
concrets, directement ancrés dans les
territoires, qui démontrent que la transition
énergétique est déjà une réalité
opérationnelle.
41
Un exemple emblématique est celui du
projet « Am Pesch » à Schwebach, où nous
avons développé une véritable communauté
énergétique locale.
Ce quartier comprend 16 habitations équipées
d’une installation photovoltaïque collective,
associée à une batterie de quartier.
Ce système permet d’atteindre jusqu’à
80 % d’autoconsommation en temps réel,
ce qui constitue un niveau particulièrement
élevé.
Au-delà de la performance technique, ce
projet illustre parfaitement la capacité des
communes à structurer des modèles énergétiques
autonomes et intelligents.
Nous avons également réalisé un projet
innovant à Noerdange, avec trois maisons
en bande intégrant une approche énergétique
globale.
Chaque habitation est équipée de panneaux
photovoltaïques (environ 30 kWp
au total), d’un système de batterie et de
pompes à chaleur géothermiques.
Résultat : plus de 60 % d’autoconsommation,
avec un concept particulièrement
novateur puisque 20 ans de coûts énergétiques
sont intégrés dès le prix de vente.
C’est une approche qui sécurise les acquéreurs
et apporte une visibilité économique
à long terme.
Enfin, nous intervenons aussi dans le secteur
privé avec des solutions d’optimisation
énergétique avancées.
Chez Barthel à Housen, nous avons mis en
place un système intelligent permettant
d’optimiser l’autoconsommation solaire
pour la recharge de véhicules électriques.
L’objectif est d’utiliser au maximum
l’énergie produite localement pour alimenter
les infrastructures de recharge, en
adaptant automatiquement les flux énergétiques.
Ce type de projet démontre que la transition
énergétique passe aussi par la gestion
intelligente de l’énergie, et pas uniquement
par sa production.
Energiepark Réiden participe
aussi à des projets européens
innovants. Quel est l’intérêt
de ces collaborations ?
Ces projets nous permettent d’être à la
pointe de l’innovation. Nous participons
par exemple au projet EnerTEF, qui vise
à intégrer l’intelligence artificielle dans
la gestion énergétique à l’échelle européenne.
L’objectif est de tester et d’optimiser
de nouvelles solutions basées sur les
données.
Nous sommes également impliqués dans
des initiatives comme SmartCORE ou le
projet D2ET (Data-Driven Energy Transition),
qui visent à développer une transition
énergétique basée sur l’analyse des
données et la digitalisation.
Ces collaborations, avec des partenaires
comme le LIST, le LISER ou le SnT, permettent
de relier recherche, innovation et
applications concrètes sur le terrain.
Votre approche dépasse
largement la dimension technique.
Quelle place accordez-vous
à la dimension sociétale ?
Elle est essentielle.
La transition énergétique ne peut réussir
que si elle est acceptée et portée par la société.
C’est pourquoi nous intégrons des
modèles comme “Economy for the Common
Good”, qui placent le bien commun
au centre des décisions.
Nous sommes convaincus que l’énergie
doit être pensée comme un levier de développement
territorial, de cohésion sociale
et de durabilité.
Notre organisation repose aussi sur une
équipe à taille humaine, avec un fort esprit
collaboratif. Cette proximité nous permet
d’être réactifs, innovants et proches des
besoins des communes.
Au final, notre ambition est claire :
construire un système énergétique local,
intelligent et partagé, qui profite à l’ensemble
de la société.
42
| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
LA NOUVELLE GÉNÉRATION
DES VOITURES HYBRIDES
Face aux défis climatiques et aux exigences croissantes de mobilité durable,
les constructeurs européens accélèrent le développement de modèles hybrides.
Associant moteur thermique et propulsion électrique, ces véhicules
permettent de réduire la consommation et les émissions tout en conservant
confort et autonomie. Tour d’horizon de quelques modèles emblématiques.
Volkswagen Golf eHybrid www.volkswagen.lu
La Volkswagen Golf eHybrid associe moteur essence et propulsion
électrique pour offrir une conduite à la fois dynamique et
efficiente. Grâce à sa technologie hybride rechargeable, elle
permet de parcourir de nombreux trajets quotidiens en mode
électrique tout en conservant l’autonomie et la polyvalence d’un
moteur thermique.
BMW X1 xDrive25e www.bmw.lu
Le BMW X1 xDrive25e est un SUV hybride rechargeable
qui combine performance et mobilité durable. Son système
électrique permet de circuler silencieusement en ville, tandis
que le moteur thermique assure puissance et autonomie sur les
longs trajets. Une solution moderne pour conjuguer plaisir de
conduite et réduction des émissions.
Renault Rafale E-Tech Hybrid www.renault.lu
Le Renault Rafale E-Tech Hybrid marque l’arrivée d’un
nouveau SUV coupé dans la gamme française. Doté
d’une technologie hybride avancée, il offre une consommation
maîtrisée tout en conservant dynamisme et
confort. Il symbolise la nouvelle génération de véhicules
hybrides européens.
Peugeot 3008 Hybrid www.peugeot.lu
Le Peugeot 3008 Hybrid illustre l’évolution du SUV
familial vers des motorisations plus propres. Son
système hybride rechargeable permet de rouler en mode
électrique sur les trajets quotidiens tout en offrant
confort, technologie embarquée et efficacité énergétique
sur route comme en ville.
43
Fiat 600e (électrique) www.fiat.lu
SUV urbain compact 100 % électrique, la Fiat 600e offre
environ 400 km d’autonomie. Maniable, accessible
et économique à l’usage, elle répond aux besoins de
mobilité municipale quotidienne. Stationnement facilité,
entretien réduit et design attractif renforcent son
intérêt pour flottes communales modernes.
Škoda Superb iV www.skoda.lu
La Škoda Superb iV est une grande berline hybride
rechargeable alliant espace, confort et efficience. Son
système électrique permet de parcourir les trajets
quotidiens sans émissions locales, tandis que le moteur
essence garantit autonomie et performance pour les
longues distances.
Mercedes-Benz C 300 e www.mercedes-benz.lu
La Mercedes-Benz C 300 e incarne la berline hybride
rechargeable haut de gamme. Grâce à son autonomie électrique
importante, elle permet de nombreux déplacements quotidiens
sans utiliser le moteur thermique. Elle combine confort,
technologies avancées et réduction de la consommation.
Volvo XC60 Recharge www.volvocars.com
Le Volvo XC60 Recharge associe sécurité, confort et motorisation
hybride rechargeable. Son moteur électrique assure une conduite
silencieuse en ville, tandis que le moteur thermique prend le
relais pour les longues distances. Un SUV premium qui accompagne
la transition vers une mobilité plus durable.
Audi A3 Sportback TFSI e www.audi.lu
L’Audi A3 Sportback TFSI e propose une motorisation
hybride rechargeable compacte et efficiente. Elle combine
un moteur essence performant et une propulsion
électrique permettant de réduire les émissions et la
consommation. Une solution idéale pour les déplacements
urbains et périurbains.
44
BRÈVES
COMMUNALES DU CENTRE
PAR ARMAND D'ANTONIO
LUXEMBOURG-VILLE
Extension du tram vers l’aéroport du
Findel
La Ville de Luxembourg poursuit l’extension
de la ligne de tramway en direction
de l’aéroport du Findel, un projet
majeur pour la mobilité nationale. Ce
prolongement doit permettre de relier
directement le centre de la capitale au
principal aéroport du pays, en traversant
plusieurs quartiers stratégiques.
Les travaux comprennent la création de
nouvelles stations, l’aménagement de la
plateforme du tram et l’adaptation de
certaines voiries. L’objectif est de renforcer
l’attractivité des transports publics
et de réduire la circulation automobile
dans la capitale. Cette extension s’inscrit
dans le développement global du réseau
de tram, qui constitue aujourd’hui
l’un des piliers de la mobilité durable au
Luxembourg. À terme, la ligne permettra
d’améliorer la connexion entre la
ville, les zones d’activités économiques
et l’aéroport.
BERTRANGE
Extension de la zone d’activités Bourmicht
La commune de Bertrange poursuit
l’extension de la zone d’activités Bourmicht,
l’un des principaux pôles économiques
situés à l’ouest de la capitale.
Ce parc d’activités accueille déjà de
nombreuses entreprises actives dans
les secteurs du commerce, des services
et de la logistique. Les travaux actuels
portent sur l’aménagement de nouvelles
parcelles destinées à accueillir des
entreprises supplémentaires ainsi que
sur l’amélioration des infrastructures
d’accès. Située à proximité immédiate
de l’autoroute A6, la zone Bourmicht
bénéficie d’une localisation particulièrement
stratégique pour les activités économiques.
Le développement de cette
zone doit contribuer à renforcer l’attractivité
économique de la commune et à
soutenir la création d’emplois dans la
région.
HESPERANGE
Développement du quartier Ban de Gasperich
/ Cloche d’Or
La commune de Hesperange participe
activement au développement du quartier
Ban de Gasperich – Cloche d’Or, l’un
des projets urbains les plus importants
du Luxembourg. Ce nouveau quartier
accueille déjà des bureaux, logements,
commerces et infrastructures publiques,
dont le centre commercial Cloche d’Or et
plusieurs sièges d’entreprises internationales.
Les travaux se poursuivent avec
la construction de nouveaux immeubles
résidentiels et l’aménagement d’espaces
publics supplémentaires. Le quartier bénéficie
également d’une connexion directe
avec les grands axes routiers et les
transports publics, notamment le tram.
L’objectif est de créer un pôle urbain moderne
et dynamique capable d’accueillir
plusieurs milliers d’emplois et d’habitants.
Ce développement renforce le
rôle stratégique de la zone Cloche d’Or
dans l’économie luxembourgeoise.
CONTERN
Développement de la zone d’activités
Weiergewan
La commune de Contern poursuit le
développement de la zone d’activités
Weiergewan, un parc économique important
situé à proximité de la capitale
et de l’autoroute A1. Ce site accueille
déjà plusieurs entreprises actives dans
les secteurs industriels et logistiques.
Les travaux portent notamment sur
l’extension des infrastructures et l’aménagement
de nouvelles parcelles destinées
à accueillir des entreprises supplémentaires.
La zone bénéficie également
d’une bonne connexion ferroviaire et
routière, ce qui renforce son attractivité
pour les activités économiques. Les autorités
locales souhaitent poursuivre le
développement du site tout en intégrant
davantage des critères de durabilité, notamment
en matière de gestion énergétique
et de mobilité.
STRASSEN
Réaménagement de la route d’Arlon (N6)
La commune de Strassen poursuit le
réaménagement de la route d’Arlon
(N6), un axe routier majeur reliant la
capitale à l’ouest du pays. Les travaux
visent à améliorer la sécurité et la fluidité
de la circulation tout en intégrant
davantage d’infrastructures pour les
piétons et les cyclistes. Le projet comprend
la modernisation de la voirie, la
reconfiguration de certains carrefours
ainsi que l’aménagement de nouveaux
trottoirs et pistes cyclables. Dans une
zone fortement urbanisée et marquée
par un trafic quotidien important, ces
aménagements doivent permettre de
mieux organiser les flux de circulation
tout en améliorant la qualité de vie des
habitants. Le réaménagement de la N6
s’inscrit dans une stratégie plus large
visant à moderniser les infrastructures
routières du centre du Luxembourg.
MAMER
Aménagement de la piste cyclable PC13
La commune de Mamer participe activement
au développement de la piste
cyclable nationale PC13, reliant plusieurs
localités de l’ouest et du centre
du Luxembourg. Les travaux portent sur
l’aménagement de nouveaux tronçons
sécurisés destinés aux cyclistes ainsi
que sur l’amélioration des connexions
avec les réseaux existants. Ce projet vise
à encourager les déplacements à vélo,
tant pour les trajets quotidiens que pour
les activités de loisirs. L’aménagement
de la PC13 s’inscrit dans la stratégie nationale
de développement de la mobilité
douce, qui vise à offrir des alternatives
durables à la voiture individuelle. Cette
infrastructure contribue également à valoriser
le potentiel touristique et naturel
de la région.
PREMIÈRE AU LUXEMBOURG :
VALORISATION DE
LA PRODUCTION
ÉOLIENNE EN
TEMPS RÉEL
UN PROJET INNOVANT
CONÇU PAR L’ÉQUIPE
D’ENERGIEPARK
La commune de Beckerich mise sur l’avenir de l’énergie produite localement !
Avec la Communauté Energétique de Beckerich, elle vient de créer une solution
innovante et durable pour la valorisation de l’électricité éolienne et solaire.
OBJECTIFS :
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(particuliers, publics, professionnels)
> Augmentation de la part des énergies renouvelables dans la
consommation en temps réel
> Tarif intéressant et stable via un nouveau modèle économique
> Intégration de grandes batteries de stockage
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46
| DIGITAL & INNOVATION
ENTRE INNOVATION
ET SOUVERAINETÉ, LE NOUVEL
ÉQUILIBRE DES ENTREPRISES
La transformation numérique
bouscule les entreprises, de la
gestion des données à l’innovation
quotidienne. Sécurité,
maîtrise des processus et adoption
de nouvelles méthodes deviennent
des enjeux clés pour
rester compétitif et autonome.
Un virage à la fois technologique,
culturel et stratégique, analysé
par Olivier Gourdange, Head of
Digital Sales, et Franck Niatel,
Head of Intelligent Automation
au sein de Fujitsu Luxembourg.
Nous entendons régulièrement
parler de souveraineté numérique
aujourd’hui. Concrètement, qu’estce
que cela recouvre pour les
entreprises ?
FN : Elle consiste avant tout à être pleinement
propriétaire de ses informations,
de sa stratégie et de ses données, sans
dépendance forte à des acteurs extérieurs
susceptibles d’influencer les décisions.
Dans le contexte géopolitique actuel, c’est
devenu un enjeu central ; on voit bien que
certains cadres réglementaires peuvent
évoluer rapidement, que des contrats ne
sont pas toujours respectés et que cela
peut fragiliser les entreprises. Cela pousse
à se reposer des questions de fond sur la
localisation des données, le niveau de sécurité
à mettre en place, mais aussi sur
les partenaires avec lesquels on choisit de
travailler.
Mais la souveraineté ne se limite pas à ces
aspects techniques, elle touche également
à la propriété intellectuelle, à la culture de
l’entreprise et à la capacité à se différencier.
Avec des technologies qui tendent à
Franck Niatel, Head of Intelligent Automation et Olivier Gourdange, Head of Digital Sales
47
s’uniformiser, ces éléments deviennent
de plus en plus stratégiques. Il s’agit donc
d’avoir une vision globale, qui intègre à la
fois la sécurité, les choix technologiques,
la confiance dans l’écosystème et la capacité
à construire une stratégie résiliente
dans le temps. Dans un cadre européen,
cela implique aussi de s’interroger sur la
solidité des équilibres politiques et économiques
ainsi que sur leur impact potentiel
à moyen terme.
OG : Quand nous parlons de souveraineté,
deux dimensions sont souvent sousestimées
; l’innovation et les talents.
Anticiper les évolutions technologiques
est une forme de souveraineté en soi. De
la même manière, développer et attirer
les compétences permet de limiter les
dépendances et de construire un écosystème
durable. L’enjeu est donc de créer
les conditions pour rester autonome sur
le long terme en maîtrisant non seulement
ses infrastructures et ses données,
mais aussi ses compétences et sa capacité
à innover.
L’enjeu est donc de créer
les conditions pour rester
autonome sur le long terme en
maîtrisant non seulement ses
infrastructures et ses données,
mais aussi ses compétences
et sa capacité à innover
Les entreprises ont aujourd’hui
une forte volonté d’innover.
Comment peuvent-elles avancer
sur ces nouvelles technologies tout
en préservant leur souveraineté
numérique ?
FN : L’innovation est dans l’ADN de nombreuses
entreprises, mais elle n’est pas
toujours structurée comme elle devrait
l’être. Innover, ce n’est pas simplement
laisser les équipes expérimenter : c’est
avant tout instaurer une véritable culture,
avec un cadre, des moyens et une vision
claire. L’un des défis majeurs reste la question
du retour sur investissement. Trop
souvent, on attend des résultats à très
court terme, alors que l’innovation s’inscrit
dans des cycles plus longs, de trois
à cinq ans. Au-delà des revenus directs,
elle permet surtout de développer les
compétences, de faire évoluer la culture
d’entreprise et d’anticiper les transformations.
Dans ce contexte, la souveraineté
numérique s’intègre naturellement dans
la réflexion. Innover, c’est manipuler des
données, tester de nouvelles technologies,
faire appel à des partenaires. Cela suppose
donc un cadre sécurisé et une maîtrise
des choix technologiques. Toutes les
entreprises n’ont pas les ressources pour
porter seules ces démarches, d’où l’intérêt
de s’appuyer sur des écosystèmes de
confiance capables d’accompagner l’innovation
tout en garantissant la protection
des données et des stratégies.
OG : La question va même encore plus
loin. La souveraineté ne se limite pas à la
sécurité ou à l’hébergement des données.
Elle concerne l’ensemble de la chaîne de
valeur. On peut disposer d’infrastructures
performantes, mais rester dépendant sur
d’autres aspects, notamment énergétiques.
L’innovation doit justement permettre
d’identifier et de réduire ces dépendances,
en faisant des choix parfois
moins performants à court terme, mais
plus durables. Il y a aussi un enjeu de sens.
Face à la multiplication des technologies,
notamment autour de l’intelligence artificielle,
il ne s’agit pas de suivre toutes
les tendances, mais de faire des choix cohérents
avec les objectifs de l’entreprise.
L’innovation doit servir une stratégie, et
non l’inverse. C’est cette approche qui
permet de concilier performance, souveraineté
et pérennité.
Ces dernières années,
avez-vous constaté une évolution
dans la manière dont les
entreprises gèrent leurs données,
notamment avec l’essor de
l’intelligence artificielle ?
FN : Il y a toujours eu un cadre réglementaire
autour des données, mais aujourd’hui,
avec l’intelligence artificielle,
on a un vrai effet d’accélération. L’IA agit
un peu comme un révélateur : elle met en
évidence tout ce qui n’a pas été bien structuré
auparavant. Si les données ne sont ni
propres, ni sécurisées, ni documentées, on
ne peut tout simplement pas déployer des
solutions à grande échelle. C’est d’ailleurs
pour cela que beaucoup d’entreprises ont
du mal à passer du stade de preuve de
concept à déploiement en production. Ce
que cela change, c'est que le traitement
des données, n'est plus seulement un sujet
des équipes de conformité, data ou IT.Revoir
ses données, cela veut dire revoir ses
processus, s’assurer de leur qualité, parfois
recontacter ses clients pour mettre à
jour des informations, structurer la manière
dont l’information circule dans l’entreprise.
C’est une transformation assez
profonde, qui touche toutes les équipes.
OG : Il y a aussi un enjeu de responsabilité
beaucoup plus fort. Avec l’IA, les décisions
ou les contenus produits engagent directement
l’entreprise. En parallèle, l’accès
aux outils est devenu très simple et cela
pose des questions de gouvernance. Un
collaborateur peut utiliser une solution
externe sans forcément se rendre compte
des risques, notamment en termes de
transfert de données en dehors de l’Union
européenne. Cela oblige à renforcer les
règles, mais aussi à faire beaucoup de pédagogie
en interne.
Et cette question dépasse même l’entreprise.
Il y a un vrai enjeu d’éducation,
notamment auprès des plus jeunes. Aujourd’hui,
avec les plateformes de streaming,
les liseuses ou les services digitaux,
tout est immédiat. On clique, on a accès
à tout instantanément. Cette culture de
l’instantanéité crée un décalage avec la
réalité des entreprises, qui sont encore en
train de se transformer. Les attentes évoluent
très vite, notamment en matière de
réactivité et de transparence.
Enfin, nous sommes dans un environnement
qui va très vite, avec des évolutions
technologiques permanentes et des
incertitudes fortes qui rendent les choix
stratégiques plus complexes. L’enjeu, aujourd’hui,
est d’être capable de construire
des bases solides, notamment sur la donnée,
tout en restant suffisamment agile
pour s’adapter. Parce que si nous n’effectuons
pas ce travail maintenant, nous
risquons de nous retrouver bloqués dans
quelques années face à des transformations
que nous ne pourrons plus suivre.
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48
| DIGITAL & INNOVATION
L’ESCHTECHWEEK : UNE SEMAINE DÉDIÉE À L’INNOVATION
ET AU NUMÉRIQUE
L’EschTechWeek, l’événement dédié à la technologie et à l’innovation, s’est
déroulé à Esch-sur-Alzette du 23 au 28 mars dernier. Organisée sur plusieurs
jours, cette semaine vise à rassembler citoyens, communes, professionnels, étudiants
et passionnés autour des enjeux du numérique. À travers des conférences,
ateliers, débats et animations, elle permet de découvrir les dernières avancées
technologiques et d’échanger avec des experts du secteur. Accessible à tous et
gratuite, l’EschTechWeek a transformé la ville d’Esch-sur-Alzette en un véritable
hub d’innovation, favorisant la rencontre entre entreprises, start-ups et grand
public, tout en encourageant l’apprentissage et la curiosité autour des technologies
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50
| DIGITAL & INNOVATION MINISTRE DU TRAVAIL
DIALOGUE SOCIAL : PRÉSERVER
L’ÉQUILIBRE, PRÉPARER L’AVENIR
L’INTERVIEW A ÉTÉ RÉALISÉE LE 23 FÉVRIER 2026
Marc Spautz, Ministre du Travail
Dans un contexte économique
exigeant et face aux mutations
profondes du monde du
travail, le dialogue social demeure
un pilier essentiel du
modèle luxembourgeois. Entre
indexa- tion des salaires, restructurations,
intelligence artificielle
et négociations dans le
secteur de la santé, le ministre
du Travail revient pour Lëtzebuerger
Gemengen sur sa vision
d’un modèle fondé sur la
concertation, la responsabilité
partagée et la recherche de
solutions durables.
Monsieur le Ministre, vous disposez
d’une longue expérience en politique
communale et nationale, ce
qui vous donne une connaissance
fine du terrain et des réalités sociales.
En quoi ce parcours influence
t-il aujourd’hui votre approche du
dialogue social et de la politique du
travail ?
Mon parcours communal et national me
permet de garder un lien fort avec le terrain
et les réalités sociales. Je sais d’où je
viens, et je n’ai jamais renié mon engagement
syndical. Cette expérience personnelle
nourrit aujourd’hui mon respect du
dialogue social et des partenaires sociaux.
Le fait d’avoir été moi-même sur le terrain
me donne une lecture plus concrète et
plus humaine des dossiers.
Mon approche privilégie des solutions
pragmatiques, applicables et acceptables
pour toutes les parties. Je veille à garder
un équilibre entre protection des salariés
et viabilité des entreprises.
L’expérience politique m’a appris que les
réformes durables passent par le compromis
et l’écoute.
Les syndicats évoquent un climat
social tendu et estiment que le dialogue
tripartite s’est affaibli. Com-
51
ment décririez-vous aujourd’hui
l’état du dialogue social au Luxembourg
?
Le climat social est exigeant, et je ne minimise
pas les tensions qui existent aujourd’hui.
Le dialogue social a connu des
phases plus difficiles ces derniers mois.
Il est essentiel de rétablir un climat de
confiance entre tous les partenaires.
Depuis mon entrée en fonction, j’ai multiplié
les entrevues avec les syndicats et les
organisations patronales. D’ailleurs, nous
avons fixé un calendrier, afin d’aborder les
sujets importants. De même, nous avons
réussi à conclure l’accord « Lux2029 »,
qui sécurise l’avenir d’ArcelorMittal au
Luxembourg. Cela montre que nous pouvons
faire avancer les dossiers, malgré les
tensions actuelles.
En ce qui concerne le « matching » entre
les compétences disponibles et les besoins
des employeurs, notre objectif est de rapprocher
les profils des demandeurs d’emploi
des critères des postes à pourvoir. Le
rôle du ministère est de mettre en place
les instruments nécessaires pour accompagner
au mieux les transitions actuelles
du monde du travail. En même temps,
nous sommes convaincus que le dialogue
social est indispensable pour que ces
transformations profondes se réalisent de
manière socialement responsable.
Ainsi, nous pensons qu’il est plus efficace,
à terme, de nous retrouver à trois autour
de la même table. C’est dans ce cadre que
l’on parvient le mieux à élaborer des solutions
équilibrées et durables.
Le modèle luxembourgeois repose
traditionnellement sur la concertation
entre gouvernement, syndicats
et patronat. Pensez-vous que ce
modèle doit être réaffirmé dans sa
forme classique ou adapté aux réalités
actuelles ?
Le modèle tripartite fait partie de l’ADN
social du Luxembourg. Il a montré sa force,
notamment dans des phases compliquées,
par exemple dans le secteur industriel.
dans ses principes. En même temps, il doit
pouvoir s’adapter aux réalités actuelles
du monde du travail. L’essentiel est de
préserver l’esprit de concertation et de
responsabilité partagée.
L’indexation automatique des salaires
constitue un pilier du modèle
social luxembourgeois. Pouvez-vous
garantir que ce mécanisme restera
pleinement maintenu et protégé
durant cette législature ?
Oui, l’indexation automatique des salaires
reste un pilier du modèle social luxembourgeois.
Il protège le pouvoir d’achat
des salariés face à l’inflation.
Le maintien de l’indexation est par ailleurs
clairement inscrit dans l’accord de
coalition. C’est un engagement politique
que nous assumons pleinement. Il n’est
pas question de remettre en cause ce principe
durant cette législature.
La prévisibilité de ce mécanisme est importante
pour les salariés comme pour les
entreprises. L’indexation contribue à la
stabilité sociale dans notre pays.
L’introduction croissante de l’intelligence
artificielle dans les entreprises
suscite des interrogations
quant à l’avenir de certains métiers.
Comment votre ministère entend-il
encadrer cette évolution afin de
concilier compétitivité et sécurité
de l’emploi ?
L’intelligence artificielle transforme déjà
en profondeur le monde du travail. Notre
responsabilité est d’anticiper ces évolutions
plutôt que de les subir. La question
centrale est celle de l’upskilling et du
reskilling des salariés. Il s’agit de permettre
aux personnes d’évoluer avec leur
métier, ou vers de nouveaux métiers.
La compétitivité des entreprises passe par
des compétences adaptées aux nouveaux
besoins. Et la sécurité de l’emploi passe
par l’employabilité des salariés.
Des restructurations récentes ont
ravivé le débat sur les licenciements
collectifs. Envisagez-vous de renforcer
les instruments de prévention
ou d’accompagnement afin d’éviter
des suppressions d’emplois massives
?
Notre priorité est d’agir le plus en amont
possible pour éviter des licenciements
massifs. La prévention doit rester au coeur
de notre approche.
C’est dans ce contexte que nous avons prévu,
durant cette législature, une révision
du cadre légal du maintien dans l’emploi.
L’objectif est de renforcer les instruments
existants et de les rendre plus efficaces sur
le terrain. Ces questions doivent être traitées
dans le cadre du dialogue social.
Les négociations en cours dans le
secteur de la santé suscitent des inquiétudes
quant à l’égalité d’accès
aux soins. Le gouvernement peut-il
garantir que le Luxembourg restera
fidèle à son modèle solidaire, assurant
une prise en charge équitable
pour tous ?
Cette question relève évidemment en premier
lieu de la compétence de Madame la
Ministre de la Santé.
En tant qu’ancien président de la Commission
parlementaire de la Santé, je
reste toutefois très attentif à ces dossiers.
Je suis ces négociations de près, car elles
touchent à des principes fondamentaux de
notre modèle social.
Le modèle solidaire du Luxembourg repose
sur l’égalité d’accès aux soins pour
tous. C’est un acquis précieux que nous
devons préserver. Le gouvernement est
attaché à une prise en charge équitable,
indépendamment de la situation sociale
ou financière. La santé ne se négocie pas
au portefeuille !
Le dialogue social nous a permis de traverser
des périodes de tension sans ruptures
majeures. Ce modèle est un véritable
Aushängeschild pour le Luxembourg. Il
est l’un des garants de notre stabilité et
de notre paix sociale. Je suis convaincu
que ce cadre classique reste pertinent
52
| DIGITAL & INNOVATION
PRIVATE EQUITY :
UN LEVIER STRATÉGIQUE POUR
L’ÉCONOMIE RÉELLE ET LA
TRANSFORMATION DURABLE
À la tête de la Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association
(LPEA), Stéphane Pesch décrypte le rôle croissant du private
equity dans le financement de l’économie, les grandes mutations
du secteur et les opportunités qui s’ouvrent pour la place
financière luxembourgeoise.
Le rôle de la LPEA
Monsieur Pesch, le Luxembourg s’est
imposé ces dernières années comme un
centre international majeur pour le private
equity et le venture capital. Quel
rôle joue aujourd’hui la LPEA dans cet
écosystème en pleine expansion ?
La LPEA est aujourd’hui la plateforme naturelle
de représentation et de développement
de l’industrie du private equity et
du venture capital au Luxembourg. Notre
mission consiste à promouvoir activement
la place financière luxembourgeoise
auprès des investisseurs internationaux,
tout en fédérant les acteurs du secteur et
en facilitant le partage de connaissances
et de bonnes pratiques.
Au fil des années, le Luxembourg s’est affirmé
comme un hub incontournable pour
la structuration et la gestion de fonds
d’investissement alternatifs. Dans ce contexte,
la LPEA joue un rôle clé en collaborant
étroitement avec les autorités publiques,
le régulateur, les autres associations
financières et l’ensemble de l’écosystème
financier, afin de garantir un cadre à la fois
compétitif, transparent et innovant.
Impact économique du private
equity
Les fonds d’investissement jouent aujourd’hui
un rôle croissant dans le financement
des entreprises et de l’innovation.
Comment le private equity
contribue-t-il concrètement au développement
économique et à la création
d’emplois ?
Le private equity constitue un levier essentiel
pour le financement de l’économie
réelle. Par rapport aux marchés financiers
traditionnels, ces investissements s’inscrivent
plus dans une logique de long
terme et accompagnent durablement la
croissance des entreprises.
Ils permettent aux sociétés de se développer,
d’innover, d’accéder à de nouveaux
marchés et, par conséquent, de créer des
emplois. Le venture capital joue un rôle
particulièrement structurant pour les jeunes
entreprises innovantes, notamment
dans les secteurs technologiques et numériques.
Au Luxembourg, cette industrie contribue
également à renforcer l’attractivité économique
du pays en attirant des talents, de
plus en plus de gestionnaires de fonds et
d’investisseurs internationaux.
Transition énergétique
et digitalisation
La transition énergétique et la digitalisation
représentent deux défis majeurs
pour les économies européennes.
Dans quelle mesure les fonds de private
equity participent-ils aujourd’hui au financement
de ces transformations ?
Le private equity joue un rôle déterminant
dans ces transformations. De nombreux
fonds investissent aujourd’hui dans les
infrastructures énergétiques, les technologies
propres, la mobilité durable ainsi
que dans les solutions numériques innovantes.
Ces investissements permettent d’accélérer
la transition vers une économie
plus durable, plus efficiente et plus résiliente.
Les capitaux privés viennent ainsi
compléter les investissements publics en
apportant des ressources financières significatives
pour développer des projets à
fort impact.
Grâce à son expertise reconnue dans la
structuration de fonds durables, le Luxembourg
se positionne comme un acteur clé
pour accompagner ces évolutions.
Supervision européenne et rôle
de la CSSF
Au niveau européen, certaines discussions
portent sur un renforcement de
la supervision financière centralisée.
Comment le secteur du private equity
perçoit-il cette évolution ?
Ces discussions existent effectivement au
niveau européen et doivent être suivies
avec attention. A nos yeux la solution ne
réside pas dans une supervision centralisée
mais pourrait venir d’une harmonisation
« intelligente » des pratiques (réduire
les obstacles administratifs, coûts) afin de
renforcer les flux de capitaux, investissements
utiles qui pourraient ainsi offrir
davantage de sécurité juridique et de performance
aux investisseurs.
Dès lors, il est essentiel de préserver
l’expertise et la proximité des autorités
nationales. Au Luxembourg, la CSSF dispose
d’une grande expérience et d’une
compétence approfondie du secteur qui
53
Stéphane Pesch
lui permettent d’entretenir un dialogue
constant et constructif avec les différents
acteurs du marché.
L’enjeu consiste donc à trouver un équilibre
entre une coordination efficace et le
maintien de compétences nationales fortes.
Pour la place financière luxembourgeoise,
il est primordial que ces évolutions
soutiennent à la fois la compétitivité et la
capacité d’innovation.
ESG et finance durable
Les critères ESG occupent aujourd’hui
une place centrale. Comment influencent-ils
les stratégies du private
equity ?
Les critères ESG sont désormais pleinement
intégrés dans les stratégies d’investissement.
Les gestionnaires et investisseurs
accordent une attention croissante
à l’impact environnemental, social et de
gouvernance au sein leur propre entreprise
et des sociétés en portefeuille.
Pour les fonds de private equity, cela implique
d’intégrer ces critères dès l’analyse
des investissements, mais également
d’accompagner activement ces entreprises
dans l’amélioration de leurs pratiques.
Le Luxembourg s’est imposé comme l’un
des leaders européens de la finance durable,
avec un nombre croissant de fonds
spécialisés dans l’investissement responsable.
Défis et opportunités
Quels sont, selon vous, les principaux
défis et opportunités pour le secteur
dans les années à venir ?
Le principal défi sera de continuer à financer
la transformation économique de
notre pays et continent dans un environnement
international incertain. Toutefois,
les opportunités restent particulièrement
nombreuses.
Les secteurs liés à la transition énergétique,
à l’innovation technologique, à la
santé ou encore aux infrastructures durables
offrent un potentiel de croissance
considérable.
Pour le Luxembourg, l’enjeu sera de consolider
son rôle de plateforme internationale
tout en continuant à favoriser l’innovation
et l’attractivité de son écosystème
financier.
Dans un contexte mondial de tensions
énergétiques, la crise actuelle est-elle
en train de redéfinir les stratégies d’investissement
des fonds, y compris au
Luxembourg ?
La crise énergétique dépasse largement
le cadre européen et s’inscrit désormais
dans une dynamique globale qui influence
profondément de nombreuses stratégies
d’investissement qui pourraient subir
certaines répercussions au niveau de leur
croissance et création de valeur, si négligées.
Les investisseurs considèrent aujourd’hui
l’énergie à la fois comme un facteur de risque
majeur et comme un levier d’opportunités
à long terme. À l’échelle mondiale,
on observe une réallocation significative
des capitaux vers les infrastructures renouvelables,
les innovations , qui vont accélérer
les technologies liées au stockage
et à l’efficacité énergétique.
Cette évolution est amplifiée par les
enjeux géopolitiques, la sécurisation des
approvisionnements et la volonté des
États d’accélérer leur transition.
Par ailleurs, la volatilité des prix de l’énergie
incite les investisseurs à privilégier
des stratégies diversifiées et à long terme,
capables d’absorber de tels chocs externes.
En résumé, la crise énergétique agit comme
un véritable accélérateur de transformation
à l’échelle mondiale : elle redéfinit
les priorités des investisseurs tout en ouvrant
de nouvelles perspectives pour les
acteurs capables d’anticiper les mutations
du marché comme e.g. les gestionnaires
de fonds d’investissement spécialisés
dans le domaine.
54
BRÈVES
COMMUNALES DU SUD
PAR ARMAND D'ANTONIO
ESCH-SUR-ALZETTE / SCHIFFLANGE
Metzeschmelz, un nouveau quartier
pour le bassin minier
Le projet Metzeschmelz, situé entre
Esch-sur-Alzette et Schifflange, constitue
l’un des plus importants projets de
reconversion urbaine du Luxembourg.
Sur une ancienne friche sidérurgique
d’environ 60 hectares, l’État et les
communes développent un nouveau
quartier mêlant logements, activités
économiques, équipements publics
et espaces verts. À terme, plusieurs
milliers d’habitants pourraient s’y installer.
Les travaux portent notamment
sur la dépollution des sols, la création
des voiries et la mise en place des infrastructures
techniques. Le projet prévoit
également une forte intégration
des transports publics et de la mobilité
douce afin de réduire la dépendance à
la voiture et de renforcer l’attractivité
du bassin minier.
SANEM
Développement du parc d’activités Um
Woeller
La commune de Sanem poursuit le
développement du parc d’activités Um
Woeller, situé à proximité immédiate
du quartier universitaire de Belval.
Cette zone économique accueille déjà
plusieurs entreprises et continue d’évoluer
afin d’attirer de nouvelles activités.
Les travaux portent sur l’aménagement
de nouvelles parcelles destinées
aux entreprises, l’amélioration des infrastructures
techniques et l’adaptation
des accès routiers. Grâce à sa proximité
avec l’Université du Luxembourg et les
centres de recherche de Belval, le site
bénéficie d’un environnement favorable
à l’innovation et à l’économie de
la connaissance. Le développement du
parc Um Woeller doit contribuer à renforcer
l’attractivité économique du sud
du pays.
ESCH-SUR-ALZETTE
Réaménagement de la Rout Lëns
La Ville d’Esch-sur-Alzette poursuit le
réaménagement de la Rout Lëns, un
axe routier structurant reliant plusieurs
quartiers et zones d’activités de la ville.
Les travaux visent à améliorer la fluidité
du trafic tout en renforçant la sécurité
des usagers. Le chantier comprend la
modernisation de la chaussée, l’adaptation
des carrefours et l’aménagement
d’infrastructures dédiées aux piétons
et aux cyclistes. Dans une région fortement
marquée par les flux de circulation
transfrontaliers, ces aménagements
doivent permettre de mieux
organiser les déplacements et d’améliorer
la qualité de vie des habitants. Le
projet s’inscrit dans la stratégie de mobilité
durable menée dans l’ensemble
du bassin minier.
DUDELANGE
Requalification de la friche industrielle
Schmelz
À Dudelange, la reconversion de l’ancienne
friche sidérurgique Schmelz
constitue un projet majeur pour l’avenir
urbain de la commune. Ce vaste
site fait l’objet d’une transformation
progressive visant à créer un nouveau
quartier mêlant logements, activités
économiques et espaces publics. Les
travaux portent notamment sur la dépollution
des terrains, la création des
infrastructures et l’aménagement de
nouvelles voiries. L’objectif est de valoriser
ce patrimoine industriel tout en
répondant aux besoins croissants en
logements dans la région Sud. Ce projet
s’inscrit dans la dynamique de reconversion
du bassin minier luxembourgeois
et contribue à la revitalisation de
l’ensemble du territoire.
DIFFERDANGE
Transformation de la friche industrielle
Neischmelz
À Differdange, le projet Neischmelz
transforme une ancienne friche sidérurgique
en un nouveau quartier urbain
durable. Situé entre Differdange,
Niederkorn et Oberkorn, ce site industriel
historique fait l’objet d’un vaste
programme de reconversion mené par
l’État et le Fonds du Logement. Le projet
prévoit la construction de plusieurs
centaines de logements, ainsi que la
création d’équipements publics, de
commerces et d’espaces verts. Les travaux
incluent également de nouvelles
infrastructures routières et des liaisons
de mobilité douce reliant le quartier
au centre-ville. Cette transformation
doit valoriser un site emblématique du
passé industriel tout en répondant à la
forte demande de logements dans le
sud du pays.
KAYL / TÉTANGE
Réaménagement du site Schungfabrik
Les communes de Kayl et Tétange poursuivent
la transformation du site industriel
de la Schungfabrik, un projet visant
à reconvertir cette ancienne friche en
un espace urbain mixte. Les travaux
prévoient la rénovation de certains bâtiments
historiques ainsi que l’aménagement
d’infrastructures destinées à
accueillir des activités culturelles, économiques
et associatives. Des espaces
publics et des aménagements favorisant
la mobilité douce sont également
prévus. Cette reconversion s’inscrit
dans la volonté des autorités locales
de valoriser le patrimoine industriel
tout en développant de nouveaux lieux
de vie pour les habitants. À terme, la
Schungfabrik doit devenir un espace
dynamique et ouvert sur la région.
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56
| ACTUALITÉS COMMUNALES
MERSCH, UN PÔLE RÉGIONAL
STRATÉGIQUE EN PLEIN ESSOR
Située au cœur du Grand-Duché, la commune de Mersch s’affirme
comme un pôle régional en plein essor, conjuguant développement
maîtrisé, qualité de vie et vision à long terme. Composée des localités
de Mersch, Beringen, Essen, Moesdorf, Rollingen, Schoenfels, Reckange
et Pettingen elle incarne pleinement cette centralité qui fait
dire à son bourgmestre que Mersch est, à bien des égards, « le nombril
du Luxembourg ». Entre projets structurants, dynamisme territorial
et engagement en faveur du développement durable, la commune
affirme son rôle clé dans l’équilibre et l’attractivité du pays.
Monsieur le Bourgmestre, la commune
de Mersch connaît depuis plusieurs
années un développement
soutenu. Quelle est votre vision
stratégique pour positionner Mersch
comme un pôle régional dynamique
au centre du Luxembourg ?
La commune de Mersch bénéficie en effet
d’une position stratégique au cœur du
Luxembourg, ce qui constitue un atout
majeur dans son développement. Notre
vision s’inscrit dans une approche équilibrée
et durable, visant à renforcer notre
rôle de pôle régional tout en préservant la
qualité de vie de nos habitants.
La zone d’activités régionale Mierscherdall
constitue l’un des projets
économiques majeurs de la commune.
Quels sont les objectifs de ce
projet et quelles retombées attendez-vous
pour l’économie locale et
l’emploi ? (ZAMID)
La zone d’activités régionale Mierscherdall
(ZAMID) représente en effet un levier
essentiel pour le développement économique
de notre commune et de toute la
région. Ce projet s’inscrit dans une vision
stratégique visant à renforcer l’attractivité
de Mersch en tant que pôle économique
central au Luxembourg.
Enfin, la ZAMID s’inscrit dans une logique
de développement régional concerté,
en collaboration étroite avec les communes
partenaires, afin de garantir une
cohérence territoriale et un impact positif
à long terme pour l’ensemble du canton
de Mersch.
Le site du Mierscherbierg est devenu
un pôle important pour les
infrastructures sportives et les loisirs.
Comment ces équipements
contribuent-ils à l’attractivité de
la commune et à la qualité de vie
des habitants ?
Le site existant du Mierscherbierg sur près
de 25 hectares constitue aujourd’hui un
véritable poumon récréatif et économique
pour la commune de Mersch, il regroupe
pour le moment un tissu dynamique d’en-
Nous travaillons à structurer le développement
communal autour d’un master
plan cohérent à long terme, intégrant à
la fois le logement, la mobilité, les infrastructures
publiques et les services à la
population. L’objectif est de créer un cadre
de vie attractif, capable de répondre aux
besoins actuels et futurs, tout en maîtrisant
la croissance.
Une attention particulière est portée au
développement de logements accessibles,
répondant précisément aux besoins et
aux réalités socio-démographiques de
la région, afin de permettre aux jeunes
ménages, aux familles et aux seniors de
continuer à vivre à Mersch.
Enfin, nous veillons à renforcer l’attractivité
économique et la connectivité de
la commune, notamment grâce à sa position
centrale et à ses infrastructures de
transport, afin de consolider durablement
son rôle de centre régional dynamique au
Luxembourg.
L’objectif principal est de créer un espace
structuré, moderne et durable, capable
d’accueillir des entreprises issues de
secteurs variés, avec une attention particulière
portée à l’innovation, à la transition
écologique et à la création de valeur
locale. La ZAMID est pensée comme une
zone d’activités de nouvelle génération,
intégrant des infrastructures de qualité,
une gestion optimisée des ressources et
une mobilité adaptée.
Au-delà de l’accueil d’entreprises, ce projet
vise également à générer des emplois de
proximité, permettant aux habitants de la
région de travailler localement et de réduire
les déplacements pendulaires. Il s’agit
d’un enjeu majeur en matière de qualité
de vie et de durabilité. Les retombées attendues
sont multiples : dynamisation du
tissu économique local, diversification des
activités, renforcement des recettes communales
et création d’un environnement
favorable à l’entrepreneuriat.
57
treprises artisanales, industrielles et de
services, et se distingue par la présence
plusieurs surfaces commerciales , qui renforce
son attractivité en offrant une variété
de commerces et de services.
Avec un nouveau développement structuré
sur près de 26 hectares, donc 20 ha sur la
zone du ZAMID et 6 ha sur la zone communale,
il incarnera pleinement notre volonté
d’investir dans des infrastructures
modernes au service de la population.
Le projet du grand campus sportif regroupera
sur 9 hectares un ensemble d’équipements
de très grande qualité, comprenant
notamment des terrains de football,
des infrastructures dédiées au tennis en
intérieur et en extérieur, un mur d’escalade,
un dojo pour les arts martiaux, ainsi
que des espaces dédiés à la gymnastique,
au basketball et au handball.
Ces infrastructures permettront de
répondre à une demande croissante en
matière de sport et de loisirs, tant pour les
clubs que pour les écoles et les citoyens.
Elles favorisent la pratique sportive à tous
les niveaux, du loisir à la compétition, tout
en renforçant le tissu associatif local.
Au-delà de l’aspect sportif, le Mierscherbierg
joue un rôle central en matière de
qualité de vie. Il s’agit d’un lieu de rencontre,
de détente et de cohésion sociale,
où toutes les générations peuvent se
retrouver dans un environnement sain et
structuré.
Enfin, ces équipements renforceront considérablement
l’attractivité de la commune,
tant pour les habitants que pour les
nouveaux arrivants. Ils participent à positionner
Mersch comme une commune
dynamique, moderne et tournée vers le
bien-être de ses citoyens.
Comme de nombreuses communes
luxembourgeoises, Mersch est
confrontée à une forte pression
démographique. Comment la commune
aborde-t-elle la question du
logement et de l’aménagement urbain
pour répondre à cette croissance
?
La pression démographique que connaît
Mersch est en effet un défi majeur, mais
également une opportunité de structurer
un développement cohérent et durable.
Notre approche repose sur une vision globale
de l’aménagement urbain, intégrant à
la fois le logement, les infrastructures publiques
et la qualité de vie.
Le plan directeur « Quartier de la Gare »
sur 53 hectares de 2010 constitue à ce titre
un élément phare de notre stratégie.
L’élément essentiel du plan directeur est le
plan d’aménagement particulier « Quartier
de l’Alzette » qui prévoit la réalisation
d’environ 1.060 logements, intégrés dans
un environnement de qualité avec un parc
paysager et des équipements de proximité,
notamment des structures d’accueil
pour la petite enfance. L’objectif est de
créer un nouveau quartier de vie complet,
équilibré et accessible.
Parallèlement, nous investissons fortement
dans les infrastructures publiques
afin d’accompagner cette croissance. Une
nouvelle école primaire est actuellement
en construction au centre de la commune,
avec piscine et hall sportif, et pourra
accueillir environ 450 élèves. Il s’agit d’un
projet structurant pour répondre aux besoins
des familles.
Nous veillons également à valoriser notre
patrimoine existant. La Villa Faber a ainsi
Michel Malherbe, Bourgmestre
58
| ACTUALITÉS COMMUNALES
été reconvertie en bibliothèque et en centre
d’archives, contribuant à la vie culturelle
de la commune.
Dans une logique de développement harmonieux,
plusieurs projets sont en cours
ou à venir : la création d’un centre de conférence
d’une capacité de 400 personnes,
dont la première pierre sera posée le 15
avril, l’agrandissement du parc communal,
ainsi que le développement d’équipements
de proximité dans les différentes
localités. À Schoenfels, l’ancienne école
sera bientôt transformée en centre culturel,
tandis qu’à Reckange a été installée
une école de musique. Des structures d’accueil
pour la petite enfance sont également
prévues dans plusieurs localités.
À travers l’ensemble de ces projets, notre
ambition est claire : faire de Mersch une
commune dynamique, attractive et inclusive,
capable d’accompagner sa croissance
tout en préservant son identité et la qualité
de vie de ses habitants.
La question du logement abordable
est aujourd’hui centrale au Luxembourg.
Comment la commune de
Mersch s’engage-t-elle concrètement
pour garantir un accès au
logement pour tous, notamment
pour les jeunes et les ménages à
revenus moyens ?
Le logement abordable constitue une
priorité majeure pour la commune de
Mersch. Face à la pression croissante du
marché immobilier, nous avons mis en
place plusieurs projets concrets visant à
faciliter l’accès au logement pour tous, et
en particulier pour les ménages à revenus
modestes.
Parmi ces initiatives, nous avons permis
par une adaptation de la réglementation
urbaniste communale le développement
d’un projet d’envergure de 78 unités route
d’Arlon, comprenant notamment des logements
de plus petite taille, spécifiquement
conçus pour rendre la location accessible
aux personnes disposant de revenus
plus faibles.
Parallèlement, dans le cadre du Pacte Logement
2.0, plusieurs résidences à prix
abordables sont actuellement en construction
sur le territoire communal. Ces
projets s’inscrivent dans une volonté claire
de proposer des solutions adaptées aux
réalités du marché et aux besoins de la
population.
En complément, des projets de plus petite
envergure, notamment des maisons unifamiliales,
sont également développés afin
de répondre à une diversité de profils et de
parcours résidentiels.
Notre objectif est clair : proposer des solutions
concrètes, adaptées et durables,
permettant aux jeunes, aux familles et aux
ménages à revenus moyens de pouvoir vivre
et rester à Mersch.
La mobilité constitue un enjeu majeur
dans une commune située au
cœur du pays. Quelles sont les mesures
mises en œuvre pour améliorer
les déplacements et encourager
la mobilité durable ?
La mobilité est en effet un enjeu central
pour une commune comme Mersch, idéalement
située au cœur du Luxembourg.
Notre objectif est de garantir des déplacements
plus fluides, tout en favorisant des
solutions durables.
Dans cette optique, un projet de contournement
est prévu afin de désengorger le
centre de la commune et d’améliorer significativement
la gestion du trafic. Cette
infrastructure permettra de fluidifier la
circulation et de renforcer la qualité de vie
des habitants.
Parallèlement, les CFL ont modernisé la
gare ferroviaire, ce qui permet aujourd’hui
d’offrir des connexions efficaces et régulières
via le réseau RGTR, tant vers Luxembourg-ville
que vers le Nord du pays. La
fréquence des liaisons constitue un atout
important pour encourager l’utilisation
des transports en commun.
La situation géographique de Mersch représente
également un avantage majeur :
la commune se trouve à proximité immédiate
de l’autoroute A7, reliant directement
Mersch à Luxembourg-ville ainsi qu’au
Nord du pays. Cette accessibilité renforce
l’attractivité de la commune tant pour les
résidents que pour les entreprises.
À travers ces différentes mesures, notre
ambition est de proposer une mobilité
plus performante, plus durable et adaptée
aux besoins quotidiens des citoyens.
Enfin, la transition énergétique
et le développement durable occupent
une place croissante dans
les politiques communales. Quelles
initiatives la commune de Mersch
met-elle en œuvre dans ce domaine
et quels sont vos objectifs pour les
prochaines années ?
La transition énergétique constitue aujourd’hui
un axe stratégique majeur
pour la commune de Mersch, avec une
volonté claire d’inscrire l’ensemble de
nos projets dans une démarche durable
et responsable.
Concrètement, la majorité des bâtiments
étatiques et communaux au centre
de Mersch sont désormais chauffés par
2 chaudières à copeaux de bois, permettant
de réduire significativement notre
empreinte carbone tout en valorisant une
ressource locale.
Au niveau du développement économique,
les entreprises qui s’implanteront dans
la zone d’activités de la ZAMID devront
intégrer des installations photovoltaïques.
Notre objectif est d’aller plus loin en
mettant en place, à terme, un système de
type coopératif permettant de redistribuer
l’énergie produite en surplus vers d’autres
sites, dans une logique d’optimisation et
de solidarité énergétique.
Nous portons également une attention
particulière aux performances énergétiques
de l’ensemble des nouvelles constructions,
tant au niveau de l’isolation
que des choix de construction et d’urbanisation.
Le futur quartier de l’Alzette,
qui sera réalisé par la société Rives de
l’Alzette s’inscrit pleinement dans cette
dynamique, notamment avec la mise en
place d’un système de chauffage basé sur
un réseau urbain froid avec des pompes
à chaleur. Enfin, la commune soutient
activement le développement de la mobilité
électrique, notamment à travers le
déploiement d’un nombre important de
bornes de recharge Chargy, afin d’accompagner
la transition vers des modes de
déplacement plus durables.
À travers ces différentes initiatives, Mersch
affirme clairement son ambition de
devenir une commune exemplaire en matière
de transition énergétique et de développement
durable.
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60
| ACTUALITÉS COMMUNALES
Pol Lamesch, conseiller climat
61
SCHIFFLANGE,
UNE COMMUNE EN POINTE
DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
Engagée depuis plusieurs années
dans une politique climatique
ambitieuse, la commune de
Schifflange multiplie les initiatives
concrètes pour réduire son
empreinte carbone et améliorer
l’efficacité énergétique de ses
infrastructures. Dans le cadre
du Klimapakt Luxembourg et
forte de l’obtention, pour la quatrième
fois, du label European
Energy Award Gold, la commune
se positionne comme un acteur
de référence en matière de développement
durable.
Pour Lëtzebuerger Gemengen,
Pol Lamesch, conseiller climat,
revient sur les actions mises
en œuvre et les perspectives
d’avenir d’une commune résolument
tournée vers la transition
énergétique.
Monsieur Lamesch, la commune
de Schifflange est souvent citée
comme une commune pionnière
en matière de politique climatique.
Comment s’inscrit concrètement
votre engagement dans le cadre
du Klimapakt ?
La commune de Schifflange s’est engagée
très tôt dans une politique climatique ambitieuse
en adhérant au programme national
Klimapakt. Ce cadre nous permet
de structurer notre stratégie énergétique
et climatique autour d’objectifs clairs
et mesurables.
Face aux enjeux liés à l’adaptation au
changement climatique et à l’évolution
de l’aménagement du territoire, nous
avons progressivement renforcé nos
actions en adoptant des mesures plus
strictes et durables.
Nous avons notamment développé des
installations photovoltaïques sur les bâtiments
publics, permettant de couvrir une
partie importante de nos besoins énergétiques.
Le surplus d’énergie produit est
valorisé, notamment pour contribuer au
chauffage de logements sociaux.
Le Klimapakt nous permet également
d’évaluer régulièrement nos progrès et
d’ajuster nos actions afin de renforcer en
continu notre engagement en faveur du
climat.
Schifflange a obtenu à plusieurs
reprises le label “Gold” du
European Energy Award. Quelles
sont les mesures clés qui ont
permis d’atteindre ce niveau
d’excellence ?
Cette distinction repose sur une approche
globale et cohérente de la transition énergétique.
Notre stratégie s’articule autour de plusieurs
axes majeurs : le déploiement
massif du solaire, l’extension du réseau
de chaleur communal, le développement
de la mobilité douce, la mise en place
de zones 30 km/h, la promotion de la
biodiversité et d’un urbanisme durable,
ainsi que le soutien actif aux citoyens à
travers des subventions et des actions
de sensibilisation.
En matière de gestion des déchets,
nous appliquons le principe du pollueur-payeur,
qui responsabilise directement
les citoyens. Les résultats sont très
encourageants : aujourd’hui, environ 75
% de nos déchets sont recyclés, tandis que
seulement 25 % finissent dans les poubelles
résiduelles. Nous procédons également
à des contrôles réguliers des poubelles
vertes afin de garantir la qualité du tri et
d’optimiser encore nos performances.
Nous intégrons également les principes de
l’économie circulaire dans nos projets et
développons des solutions innovantes de
production d’énergie en milieu urbain.
C’est cette vision transversale, structurée
et exigeante qui nous permet aujourd’hui
d’atteindre ce niveau d’excellence.
La commune transforme
actuellement une ancienne
centrale de cogénération
en système de pompe à chaleur.
Pouvez-vous nous expliquer
cette évolution ?
Ce projet constitue une étape clé dans notre
transition énergétique.
La centrale de cogénération, mise en service
en 1998, a longtemps alimenté de
nombreux bâtiments publics et privés.
Toutefois, fonctionnant au gaz, elle ne
correspond plus à nos objectifs actuels.
62
| ACTUALITÉS COMMUNALES
Depuis 2023, elle n’est plus en activité et
la production de chaleur est assurée temporairement
par des chaudières à gaz.
Nous avons fait le choix de la remplacer
par un système de pompe à chaleur fonctionnant
au CO₂, une technologie plus
efficace et respectueuse de l’environnement.
Sa mise en service est prévue pour
l’année prochaine.
Ce projet permettra d’améliorer significativement
notre efficacité énergétique tout
en réduisant notre dépendance aux énergies
fossiles.
Le réseau de chaleur communal
constitue un élément central de
votre stratégie. Quels bâtiments
sont aujourd’hui raccordés
et quelles sont les perspectives
d’extension de ce réseau ?
Le réseau de chaleur communal alimente
déjà plusieurs infrastructures publiques
importantes, notamment des bâtiments
administratifs, des infrastructures scolaires
ainsi que certains équipements sportifs.
Ce système permet de centraliser la production
de chaleur et d’améliorer l’efficacité
énergétique globale des bâtiments
raccordés. Il offre également la possibilité
d’intégrer progressivement des sources
d’énergie renouvelables.
Aujourd’hui, le réseau est déjà connecté
jusqu’au centre-ville et poursuit son extension
vers différents quartiers, notamment
la cité Emile Mayrisch. L’objectif est
d’élargir progressivement le périmètre du
réseau afin de desservir un nombre croissant
de bâtiments publics et résidentiels.
Grâce à la mise en place de ce nouveau
procédé, nous estimons que près de 70
% de notre énergie pourra être produite
localement, renforçant ainsi l’autonomie
énergétique de la commune.
Parallèlement, la commune souhaite
étendre ce réseau aux nouveaux projets
urbanistiques afin d’optimiser encore davantage
la performance énergétique du
territoire.
Au-delà des infrastructures
communales, comment la
commune accompagne-t-elle
les citoyens et les entreprises
dans la transition énergétique ?
La transition énergétique doit être collective.
Nous organisons des campagnes d’information,
des conférences et des ateliers
afin de sensibiliser les citoyens aux enjeux
énergétiques et aux solutions disponibles.
La commune encourage également l’installation
de panneaux photovoltaïques,
l’autoconsommation collective et informe
sur les aides disponibles pour la rénovation
énergétique.
Nos bureaux restent ouverts et accessibles
à toute personne souhaitant obtenir
des conseils personnalisés, ce qui permet
d’accompagner concrètement les habitants
dans leurs démarches.
Quelles sont les prochaines étapes
de votre stratégie climatique ?
Notre ambition est de poursuivre et d’intensifier
nos actions dans les années
à venir.
Nous travaillons également sur des projets
innovants, notamment la production d’énergie
dans l’espace urbain, par exemple via
l’installation de panneaux photovoltaïques
sur des infrastructures existantes.
Notre objectif reste de faire de Schifflange
une commune exemplaire, capable de
concilier innovation, durabilité et qualité
de vie pour ses habitants.
Conclusion
Notre ambition est claire : poursuivre et
renforcer notre engagement en faveur
d’une transition énergétique durable et
cohérente à l’échelle de notre commune.
À Schifflange, nous avons fait le choix
d’agir concrètement, en développant des
projets innovants, en améliorant continuellement
l’efficacité énergétique de nos
infrastructures et en impliquant activement
nos citoyens dans cette démarche.
La transition écologique ne peut réussir
que si elle est collective et portée sur le
long terme.
Nous sommes convaincus que les mesures
mises en place aujourd’hui constituent
des bases solides pour l’avenir.
Notre objectif est de continuer à faire de
Schifflange une commune exemplaire, capable
de concilier développement durable,
innovation et qualité de vie pour l’ensemble
de ses habitants.
À terme, notre ambition est clairement
de décarboner des quartiers entiers, en
commençant notamment par la cité Emile
Mayrisch, en remplaçant les systèmes de
chauffage individuels par une solution
collective plus performante et durable.
Nous continuerons à développer les énergies
renouvelables, à améliorer l’efficacité
énergétique de nos infrastructures et
à renforcer la mobilité durable.
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64 | ACTUALITÉS COMMUNALES
BRÈVES
COMMUNALES DE L’EST
PAR ARMAND D'ANTONIO
GREVENMACHER
Réaménagement des quais de la Moselle
La Ville de Grevenmacher poursuit le
réaménagement de ses quais le long de
la Moselle afin de renforcer l’attractivité
touristique et la qualité de vie des habitants.
Les travaux prévoient la modernisation
des promenades piétonnes,
l’amélioration des accès au fleuve et la
création d’espaces publics dédiés à la
détente et aux événements culturels.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie
globale de valorisation du front de Moselle,
l’un des atouts majeurs de la commune.
Les aménagements intégreront
également des infrastructures favorisant
la mobilité douce, notamment des
liaisons cyclables connectées au réseau
national. À terme, ces nouveaux espaces
devraient renforcer l’attractivité
touristique et économique de la région.
WASSERBILLIG
Modernisation de la gare et du pôle de
mobilité
La gare de Wasserbillig fait l’objet d’un
projet de modernisation destiné à
renforcer son rôle de pôle de mobilité
transfrontalier entre le Luxembourg et
l’Allemagne. Les travaux comprennent
l’amélioration des quais, l’adaptation
des infrastructures ferroviaires et la
création d’espaces facilitant l’intermodalité
entre train, bus et mobilité
douce. Les aménagements prévoient
également des installations pour les
cyclistes et une meilleure accessibilité
pour les personnes à mobilité réduite.
Située sur la ligne reliant Luxembourg à
Trèves, la gare joue un rôle clé pour les
travailleurs frontaliers et les habitants
de la région. Le projet vise à améliorer
le confort et la fluidité des déplacements.
MERTERT
Extension du port fluvial
Le port de Mertert, unique port fluvial
du Luxembourg, poursuit sa modernisation
afin de renforcer son rôle stratégique
dans le transport de marchandises.
Les projets en cours portent sur
l’amélioration des quais de chargement,
la modernisation des installations portuaires
et l’optimisation des connexions
ferroviaires et routières. Située au bord
de la Moselle, cette plateforme multimodale
joue un rôle essentiel dans
la logistique régionale. Les investissements
visent également à favoriser le
transport fluvial, considéré comme plus
durable et moins polluant que le transport
routier. Ce développement s’inscrit
dans une stratégie nationale visant
à renforcer les solutions logistiques respectueuses
de l’environnement.
JUNGLINSTER
Réaménagement du centre et nouvelle
place communale
La commune de Junglinster poursuit
la transformation de son centre-bourg
avec le réaménagement de la place
centrale et des espaces publics environnants.
Le projet prévoit la réorganisation
de la circulation, l’aménagement
de zones piétonnes et la création d’espaces
de rencontre destinés aux activités
culturelles et sociales. Les travaux
incluent également la modernisation
des infrastructures techniques et l’intégration
de solutions favorisant la mobilité
douce. Cette requalification urbaine
vise à renforcer l’attractivité du centre
et à améliorer la qualité de vie des habitants.
La commune souhaite ainsi
dynamiser son cœur urbain et renforcer
son rôle de pôle local pour les communes
voisines.
BETZDORF
Développement de la zone d’activités
Potaschbierg
La commune de Betzdorf participe au
développement de la zone d’activités
Potaschbierg, un parc économique
stratégique partagé avec plusieurs
communes de l’Est. Les travaux portent
sur l’aménagement de nouvelles parcelles
destinées à accueillir des entreprises
dans divers secteurs. Le projet
prévoit également l’amélioration des
infrastructures d’accès et l’installation
d’équipements techniques adaptés aux
besoins des entreprises. Située à proximité
de l’autoroute A1 et de la frontière
allemande, la zone Potaschbierg bénéficie
d’une localisation stratégique.
Les autorités souhaitent y intégrer des
critères de durabilité, notamment en
matière de gestion énergétique et de
mobilité, afin de renforcer l’attractivité
économique de la région.
BIWER
Construction d’une nouvelle école fondamentale
La commune de Biwer a lancé la
construction d’une nouvelle école fondamentale
afin de répondre à la croissance
démographique de la région. Le
futur bâtiment comprendra plusieurs
salles de classe modernes, des espaces
pédagogiques adaptés ainsi que des
infrastructures pour les activités sportives
et culturelles. Le projet prévoit
également l’intégration de standards
élevés en matière d’efficacité énergétique
et de durabilité. Cette nouvelle
infrastructure permettra d’améliorer
l’accueil des élèves et de répondre aux
besoins croissants des familles installées
dans la commune. Il s’agit d’un
investissement important pour accompagner
le développement du territoire
et renforcer l’offre éducative locale.
Projet « An der Schmëtt », Fonds du Logement,
164 logements.
66
| ACTUALITÉS COMMUNALES
MC LUXEMBOURG : STRUCTURER
LE LOGEMENT DE DEMAIN
AVEC UNE VISION 2050
Face à la pression croissante sur le marché immobilier luxembourgeois,
les communes doivent repenser leur développement de manière
structurée et durable.
À Mersch, la société MCL s’impose comme un partenaire stratégique,
capable d’accompagner les collectivités dans la mise en œuvre de
véritables Masterplans communaux, avec une vision à long terme à
l’horizon 2050.
Objectif : créer des quartiers cohérents, accessibles et durables, au
service des générations futures, ce qui implique un élément essentiel
et cœur de tous les débats actuels : la réalisation de logements à des
prix abordables et le rôle à jouer par les communes.
Le Luxembourg est confronté à un défi
majeur : répondre à une demande croissante
en logements tout en préservant
la qualité de vie et l’équilibre territorial.
Dans ce contexte, les communes jouent un
rôle de plus en plus central, mais doivent
s’appuyer sur des partenaires capables de
structurer des projets complexes et de les
inscrire dans une vision globale. Les communes
doivent agir rapidement et selon
leur besoins / capacités et nous on peut les
aider à avancer à vitesse constante.
Il est dès lors essentiel de respecter le
cahier des charges du Ministère du Logement,
en étroite synergie avec les communes
et de répondre aux besoins avec
une réactivité assurée. Accompagnée de
partenaires confirmés, les communes
peuvent œuvrer eux-mêmes en tant que
promoteurs sociaux et réaliser des projets
logements adaptés à leurs besoins, tout en
assurant une neutralité budgétaire à la fin
des opérations.
MCL s’est imposé comme un acteur de
référence dans cet accompagnement. Ces
projets s’inscrivent dans une logique de
planification à long terme (développement
stratégique) en cohérence avec les
ambitions nationales en matière de logement,
de climat et d’aménagement du
territoire.
Une approche fondée
sur le Masterplan
L’un des atouts majeurs de MCL réside
dans sa capacité à élaborer des Masterplans
structurés, permettant aux communes
d’anticiper leur développement sur
plusieurs décennies.
Cette approche consiste à analyser en profondeur
le territoire : potentiel foncier,
besoins démographiques, infrastructures
existantes, mobilité, équipements publics.
Sur cette base, MCL et ses partenaires proposent
une vision globale. Le Masterplan
devient ainsi un outil stratégique, permettant
d’éviter les développements fragmentés
et de garantir une cohérence d’ensemble
dans l’évolution des communes.
Au-delà de la planification, MCL inscrit
les projets dans une vision à long terme,
à l’horizon 2050. Cette projection permet
d’intégrer dès aujourd’hui les grands enjeux
de demain : transition énergétique,
adaptation climatique, évolution des modes
de vie et des besoins en logement.
Les quartiers conçus aujourd’hui doivent
être capables d’évoluer dans le temps.
Cela implique une grande flexibilité dans
l’aménagement, une qualité architecturale
durable et une intégration intelligente
des infrastructures.
Dans cette optique, la société MCL intègre
une approche socio-économique et d’évaluer
le pouvoir d’achat des futurs acquéreurs
et d’adapter les développements aux
réalités locales.
Le logement abordable
comme priorité
Dans un marché fortement sous tension,
la question du logement abordable est au
cœur des préoccupations communales.
MCL aide activement à la mise en place
de projets permettant de répondre rapidement
à cette demande, tout en maintenant
un haut niveau de qualité.
L’enjeu est de trouver le juste équilibre
entre accessibilité financière, qualité de
construction et intégration urbaine. Les
projets mis sur le marché intègrent des
typologies variées de logements, afin de
répondre aux besoins des jeunes ménages,
des familles et des seniors.
Ces projets sont conçus sur mesure, en
tenant compte des réalités et des besoins
spécifiques de la population locale.
L’objectif est clair : permettre aux jeunes
comme aux moins jeunes de rester vivre
dans leur commune, tout en garantissant
un accès au logement pour tous en réponse
aux besoins.
67
Des références concrètes
Cette approche se traduit déjà par des réalisations
concrètes dans plusieurs communes
luxembourgeoises, où MCL accompagne
des projets exemplaires.
À Mertzig, le développement de nouveaux
quartiers résidentiels met l’accent sur des
maisons unifamiliales et des habitations
à taille humaine, parfaitement intégrées
dans le tissu local. Le projet illustre une
volonté forte de proposer un cadre de vie
équilibré entre ruralité et modernité avec
une mixité adaptée aux besoins, intégrant
aussi bien des unités destinées à la location
que des unités destinées à la vente.
À Schuttrange, commune particulièrement
dynamique et attractive, sont mis
en oeuvre des projets plus denses, avec
4 maisons contemporaines – 2x2 jumelées
sur des terrains entre 2 et 3 ares. L’objectif
est de répondre à une forte pression
démographique tout en maintenant une
qualité architecturale élevée et une cohérence
urbanistique.
Enfin, à Wincrange, au cœur du nord du
pays, les projets accompagnés par MCL
privilégient une approche respectueuse
du territoire, avec des maisons individuelles
dans un tissu urbain à faible densité.
Ici, l’accent est mis sur l’intégration
paysagère et la qualité de vie typique d’un
village rural avec un degré d’urbanisation
très faible.
Ces exemples illustrent la capacité d'adapté
ces solutions aux spécificités de chaque
commune.
Des quartiers durables et intégrés
MCL réalise un service d’appui aux pouvoirs
publics, responsables politiques
et agents administratifs et technique,
lors de la conceptualisation et mise en
œuvre de projets de développement
communal.
Les projets MCL aide notamment,
outre les dossiers d’habitations abordables
que le bureau suit de longue
date dans ses fonctions de conseiller
logement agrée, des infrastructures et
équipements collectifs telles que infrastructures
scolaires et sportives,
d’encadrement socio-éducatif voire des
infrastructure dans l’intérêt général telles
que des maisons de santé.
La durabilité est au cœur de chaque réalisation,
avec une attention particulière
portée à l’efficacité énergétique, à l’utilisation
de matériaux durables et à la réduction
de l’empreinte environnementale et
ce suivant les capacités et moyens financiers
et économique de la commune.
Construire aujourd’hui
les communes de demain
À travers son engagement, MCL participe
activement à la transformation du paysage
communal luxembourgeois. En s’appuyant
sur des Masterplans solides et une
vision à long terme, l’entreprise contribue
à construire des communes plus durables,
plus inclusives et mieux préparées aux défis
futurs.
À l’horizon 2050, les communes qui auront
su anticiper et structurer leur développement
seront celles qui offriront la
meilleure qualité de vie à leurs citoyens.
MCL s’inscrit pleinement dans cette dynamique,
en accompagnant les collectivités
avec rigueur, vision et engagement.
68
| ACTUALITÉS COMMUNALES
KÄL TÉITENG : DESSINE
SON AVENIR ENTRE URBANISME,
ÉCOLES ET NOUVEAUX QUARTIERS
Face à une croissance démographique soutenue et à l’évolution des
besoins de la population, la commune de Kayl multiplie les projets
structurants pour renforcer ses infrastructures scolaires, sportives
et urbaines. Du futur Campus scolaire Widdem, en passant par la
création de logements abordables et l’élaboration d’un ambitieux
masterplan pour Tétange, la commune prépare activement son développement
pour les années à venir. Ces initiatives témoignent d’une
volonté claire : améliorer la qualité de vie des habitants tout en accompagnant
la transformation du territoire.
Des infrastructures scolaires
adaptées à la croissance
de la commune
La commune poursuit activement le développement
de ses infrastructures éducatives
avec la réalisation du futur Campus
scolaire Widdem, un projet majeur destiné
à accompagner l’augmentation du nombre
d’élèves. Ce nouvel ensemble scolaire
pourra accueillir plus que 500élèves et
constituera un véritable pôle éducatif et
sportif.
Le projet prévoit la construction d’un
bâtiment moderne répondant à des standards
élevés en matière de fonctionnalité
et d’efficacité énergétique. Les espaces
pédagogiques seront conçus pour favoriser
des méthodes d’apprentissage contemporaines,
avec des salles de classe lumineuses,
des espaces modulables et des
zones dédiées au travail collectif.
Le campus intégrera également une maison
relais, permettant d’assurer l’accueil
et l’encadrement des enfants en dehors
des heures de classe. Un centre sportif
viendra compléter l’ensemble, offrant des
infrastructures adaptées tant aux élèves
qu’aux associations locales.
Le Parc Ouerbett, un nouvel espace
de rencontre et de loisirs
Au cœur de la commune, le Parc Ouerbett
va bientôt élargir son offre d'activités de
loisirs et de détente pour les habitants.
Pensé comme un véritable parc urbain,
un nouvel site accueillera plusieurs infrastructures
sportives accessibles à toutes
les générations : terrains de pétanque,
terrain de beach-volley et une piste Pumptrack
Au-delà des équipements sportifs, l’aménagement
prévoit également des espaces
verts soignés, des zones de repos et des
69
cheminements piétons. Par sa vocation
intergénérationnelle, le Parc Ouerbett
contribuera au dynamisme du centre de
la commune et renforcera la qualité de vie
des habitants.
Une politique active en faveur
du logement abordable
La commune poursuit également ses efforts
en matière de logement avec la réalisation
d’un projet de 24 appartements
abordables en partenariat avec le Fonds
du Logement. Situé route de Schifflange,
ce projet vise à répondre à la demande
croissante de logements accessibles pour
les jeunes ménages et les familles.
Le projet repose sur le principe du bail emphytéotique,
permettant à la commune de
mettre un terrain à disposition sur le long
terme tout en garantissant que les logements
restent durablement accessibles.
Cette approche constitue un levier important
pour les communes souhaitant favoriser
un accès au logement à prix maîtrisé.
Un masterplan ambitieux pour
le développement du centre
de Tétange
Parallèlement, la commune travaille à
l’élaboration d’un masterplan pour le développement
du centre de Tétange, afin
d’organiser de manière cohérente l’évolution
urbanistique de la localité.
Parmi les projets emblématiques figure la
transformation de l’ancien crassier situé
entre Tétange et Rumelange, actuellement
en phase d’étude d’assainissement. À terme,
ce site fera l’objet d’un projet de renaturisation,
incluant notamment la remise
en valeur du Keelbaach, afin de renforcer
la dimension environnementale et paysagère
de cet espace.
Le masterplan prévoit également une
réflexion sur plusieurs sites stratégiques,
notamment celui des ateliers communaux,
ainsi que l’organisation d’un concours
d’architectes pour l’extension de
l’école de Tétange.
Plusieurs infrastructures publiques importantes
sont également à l’étude, dont
l’agrandissement du centre de recyclage
et re-use center, la construction d’un nouveau
commissariat de police et la réalisation
d’un nouveau centre d’intervention
du CGDIS.
Des infrastructures sportives
et une mobilité renforcée
Le développement des infrastructures
sportives constitue un autre axe fort du
masterplan Tétange. Un nouveau stade de
football est prévu, tandis qu’en collaboration
avec la ville de Rumelange, le syndicat
intercommunal Sicosport permettra la
création d’un nouveau centre sportif dédié
à plusieurs disciplines telles que la gymnastique,
le karaté et la boxe.
Une piscine couverte scolaire viendra
compléter cet ensemble, renforçant ainsi
l’offre sportive à destination des jeunes et
des associations.
Enfin, la commune poursuit ses investissements
dans la mobilité et les transports
publics, afin d’améliorer la fluidité des
déplacements vers Noertzange et Luxembourg,
tout en renforçant l’accessibilité du
territoire.
À travers ces différents projets, la commune
de Kayl confirme sa volonté de préparer
l’avenir en conciliant développement
urbain, qualité de vie et durabilité, au
bénéfice de l’ensemble de ses habitants.
70
| ACTUALITÉS COMMUNALES
LES ÉLUS LOCAUX
COMMUNE DE
ESCH-SUR-ALZETTE
https://administration.esch.lu/bourgmestre-college/
Christian Weis
BOURGMESTRE - CSV
Pierre-Marc Knaff
ÉCHEVIN - DP
Meris Sehovic
DÉPUTÉ-ECHEVIN - DÉI GRÉNG
Bruno Cavaleiro
ÉCHEVIN - CSV
André Zwally
ÉCHEVIN - CSV
71
COMMUNE DE LINTGEN https://lintgen.lu/administration/politique/le-college-echevinal/
Pinto Louis Herr Jeff Toisul Jeannot
BOURGMESTRE - ENGAGÉIERT BIERGER ÉCHEVIN - ENGAGÉIERT BIERGER ÉCHEVIN - DP
COMMUNE DE ROESER
https://www.roeser.lu/p/215/0
Tom Jungen
BOURGMESTRE - LSAP
Bettina Ballmann
ÉCHEVINE - LSAP
Angelo Lourenço
ÉCHEVIN - LSAP
COMMUNE DE SANDWEILER
https://sandweiler.lu/fr/politique/college-echevinal
Claude Mousel
BOURGMESTRE - DP
Corine Courtois
ÉCHEVINE - DP
Georges Reuter
ÉCHEVIN - LSAP
72
| ACTUALITÉS COMMUNALES
COMMUNE
DE MERSCH
https://www.mersch.lu/politique/le-college-des-bourgmestre-et-echevins
Michel Malherbe
BOURGMESTRE - DP
Daniel Marques
Abby Toussaint
Henri Krier
ÉCHEVIN - DP
COMMUNE DE STEINFORT
ÉCHEVIN - CSV ÉCHEVIN - DP
https://www.steinfort.lu/la-commune/college-echevinal
Sammy Wagner Marianne Dublin-Felten Guy Erpelding
BOURGMESTRE - LSAP ÉCHEVINE - LSAP ÉCHEVIN - LSAP
Save the date
BUERGERMEESCHTERDAG
Donneschdes, den 21. Mee 2026 am Casino 2000 zu Munneref
Ënnert dem Patronage vum Kulturministère
Meng Gemeng, Meng Kultur
Gemeng Munneref
74
| ACTUALITÉS COMMUNALES
LES SYNDICATS
SE PRÉSENTENT
PAR ARMAND D'ANTONIO
SESE – GESTION DURABLE DE
L’ASSAINISSEMENT
Le SESE assure la collecte et le traitement des eaux usées
pour plusieurs communes du sud-est du pays. Il joue un rôle
essentiel dans la protection des ressources hydriques et de
l’environnement, en garantissant une épuration performante
conforme aux normes européennes. Le syndicat investit dans
des infrastructures modernes et des technologies innovantes
afin d’améliorer la qualité des rejets et d’optimiser les performances
énergétiques de ses installations. Le SESE est présidé
par Michel Gloden, engagé pour un assainissement durable
et responsable.
Mondorf-les-Bains, Schengen
LE SIDEST
Le SIDEST assure la collecte et le traitement des eaux usées
pour plusieurs communes, en veillant à la protection durable
des ressources hydriques. Grâce à des installations performantes
et régulièrement modernisées, il garantit une épuration
efficace conforme aux normes environnementales. Le
SIDEST s’inscrit également dans une démarche d’innovation,
visant à optimiser les performances énergétiques de ses infrastructures.
Il contribue ainsi activement à la préservation
de l’environnement et à la qualité de vie des citoyens. Le syndicat
est présidé par Jérôme Laurent.
Commune(s) affiliées:
Beaufort, Bech, Berdorf, Betzdorf, Biwer, Bous-Waldbredimus,
Contern, Dalheim, Echternach, Flaxweiler, Frisange, Grevenmacher,
Lenningen, Manternach, Mertert, Niederanven,
Mondorf-les-Bains, Sandweiler, Schengen, Schuttrange,
Stadtbredimus, Waldbillig, Weiler-la-Tour, Wormeldange
SIACH – GESTION INTERCOMMUNALE
DES EAUX USÉES
Le SIACH assure la collecte et le traitement des eaux usées
pour plusieurs communes du sud du Luxembourg. Il joue
un rôle essentiel dans la protection de l’environnement en
garantissant une épuration performante et conforme aux
normes en vigueur. Le syndicat investit continuellement dans
la modernisation de ses installations et dans des technologies
innovantes afin d’améliorer la qualité des rejets et préserver
les ressources naturelles. Le SIACH est présidé par Tom Ulveling,
engagé pour une gestion durable et responsable de
l’assainissement
Communes affiliées:
Differdange, Käerjeng, Pétange, Sanem
SIDEN – UNE GESTION COLLECTIVE
AU SERVICE DE L’EAU
Le SIDEN assure l’évacuation et la dépollution des eaux résiduaires
du nord du Luxembourg, à travers la gestion de stations
d’épuration et d’ouvrages techniques modernes. Il joue
un rôle essentiel dans la protection de l’environnement et la
qualité des ressources en eau.
Le syndicat regroupe de nombreuses communes : Bettendorf,
Bissen, Boulaide, Bourscheid, Clervaux, Colmar-Berg,
Consdorf, Diekirch, Erpeldange, Esch-sur-Sûre, Ettelbruck,
Feulen, Goesdorf, Grosbous, Heffingen, Parc Hosingen,
Kiischpelt, Lac de la Haute-Sûre, Larochette, Mertzig, Nommern,
Putscheid, Rambrouch, Reisdorf, Schieren, Tandel,
Troisvierges, Vianden, Vallée de l’Ernz, Wahl, Weiswampach,
Wiltz, Wincrange et Winseler.
76 | ACTUALITÉS COMMUNALES
BRÈVES
COMMUNALES DU NORD
PAR ARMAND D'ANTONIO
ETTELBRUCK
Contournement N7/N15 : un projet clé
pour la Nordstad
Le projet de contournement d’Ettelbruck,
reliant les axes N7 et N15,
constitue l’un des chantiers routiers
majeurs du nord du Luxembourg. Cette
nouvelle infrastructure vise à réduire
le trafic de transit dans le centre-ville,
fortement saturé aux heures de pointe.
Le projet prévoit la création d’un axe
périphérique permettant de dévier une
partie importante des flux de circulation,
notamment les poids lourds. Cette
opération s’inscrit dans la stratégie de
développement de la Nordstad, qui regroupe
plusieurs communes du canton
de Diekirch. L’objectif est d’améliorer la
fluidité du trafic, de renforcer la sécurité
routière et de réduire les nuisances
pour les habitants.
DIEKIRCH
Modernisation de la gare et pôle
d’échanges multimodal
La gare de Diekirch fait l’objet d’un
programme de modernisation visant
à renforcer son rôle de pôle de mobilité
régional. Les travaux comprennent
l’amélioration des quais, l’adaptation
des infrastructures ferroviaires et la
création d’un pôle d’échanges facilitant
les correspondances entre train, bus
et mobilité douce. Les aménagements
prévoient également une meilleure accessibilité
pour les personnes à mobilité
réduite ainsi que des infrastructures
pour les cyclistes. Ce projet répond à
l’augmentation du nombre de voyageurs
dans la région Nordstad et s’inscrit
dans la stratégie nationale visant à
développer les transports publics et à
réduire la dépendance à la voiture individuelle.
ERPELDANGE-SUR-SÛRE
Développement de la zone d’activités
Fridhaff
La zone d’activités Fridhaff, située
entre Erpeldange-sur-Sûre et Ettelbruck,
poursuit son développement et
s’affirme comme l’un des pôles économiques
majeurs du nord du Luxembourg.
Plusieurs entreprises y sont déjà
implantées et de nouvelles parcelles
sont actuellement aménagées pour
accueillir d’autres activités. Les travaux
portent notamment sur l’extension des
infrastructures et l’amélioration des
accès routiers. Grâce à sa proximité
immédiate de la route du Nord (A7),
la zone bénéficie d’une situation stratégique.
Ce projet vise à renforcer l’attractivité
économique de la région tout
en favorisant la création d’emplois dans
le canton de Diekirch. SNHBM, 200 logements.
GOEBELSMÜHLE
Reconstruction du pont ferroviaire
À Goebelsmühle, les CFL ont entrepris
la reconstruction d’un pont ferroviaire
important sur la ligne reliant Luxembourg
à Troisvierges. Cette infrastructure
constitue un élément clé du réseau
ferroviaire du nord du pays. Les travaux
visent à moderniser l’ouvrage afin d’en
garantir la sécurité et la durabilité à
long terme. Le chantier comprend la
reconstruction de la structure du pont,
l’adaptation des voies et la modernisation
des équipements techniques. Ces
interventions s’inscrivent dans le programme
de modernisation de la ligne
du Nord, axe essentiel pour les déplacements
quotidiens entre la capitale et
les régions de l’Oesling.
BETTENDORF
Nouvelle station d’épuration régionale
La commune de Bettendorf accueille
un projet important avec la modernisation
et l’extension de la station d’épuration
régionale gérée par le SIDEN. Cette
infrastructure assure le traitement des
eaux usées pour plusieurs communes
du nord du Luxembourg. Le projet vise
à augmenter la capacité de traitement
afin de répondre à la croissance démographique
et aux exigences environnementales
actuelles. Les travaux
prévoient l’installation de nouvelles
technologies de filtration et l’amélioration
des procédés biologiques. L’objectif
est d’améliorer la qualité des eaux
rejetées dans les cours d’eau et de
renforcer la protection des ressources
hydriques.
TROISVIERGES
Aménagement de la piste cyclable PC21
La commune de Troisvierges participe
au développement de la piste cyclable
nationale PC21, qui relie plusieurs localités
du nord du Luxembourg. Ce projet
vise à renforcer les infrastructures
dédiées à la mobilité douce et à encourager
les déplacements à vélo. Les
travaux portent sur l’aménagement de
nouveaux tronçons sécurisés et l’amélioration
des connexions avec les réseaux
existants. La PC21 s’inscrit dans
la stratégie nationale de promotion
des mobilités alternatives et contribue
également à valoriser le potentiel touristique
de la région de l’Oesling. Cette
infrastructure permet de relier différentes
communes du nord dans un
cadre durable et respectueux de l’environnement.
mcluxembourg.lu
Äre Strategieberoder
fir den
Secteur Public
STRATEGIEBERODUNG
GESTION DE PROJET
ËFFENTLECH INFRASTRUKTUREN
KLIMABERODER
CONSEILLER LOGEMENT
DEN ERFUERENE GUIDE UN ÄRER SÄIT
Strategesch. Ganzheetlech. Onofhängeg.
78
| ACTUALITÉS COMMUNALES
UN NOUVEAU ROND-POINT ET DE
MEILLEURES CONNEXIONS CYCLABLES
POUR ET AUTOUR DE REICHLANG
Yuriko Backes, ministre de la
Mobilité et des Travaux publics,
a inauguré le 25 mars 2026 le
rond-point à Reichlange, en tant
que réaménagement du carrefour
visant une amélioration de
la mobilité dans le nord du pays,
en présence de Henri Gerekens,
bourgmestre de la commune de
Redange/Attert.
Au regard de l'importance stratégique
du carrefour constitué exclusivement de
routes nationales (N12, N22 et N23) et de
son identification comme zone à risque
en raison de la dangerosité inhérente aux
intersections, il s'est avéré indispensable
d'engager la réalisation d'un nouvel aménagement
routier. De ce fait, cet aménagement
vise à supprimer les facteurs de
risque constatés et à améliorer la sécurité
routière ainsi que la fluidité du trafic.
bilité régionale et d'améliorer le trafic routier
local pour offrir à la population et aux
usagères et usagers des infrastructures
modernes et pensées pour leur bien-être
au quotidien », a affirmé Yuriko Backes,
ministre de la Mobilité et des Travaux publics.
Un chantier mené par étapes pour
garantir une circulation continue
et sécurisée
Entamés le 2 avril 2024, les travaux ont
été menés grâce à une planification précise
et à une exécution par étapes assurant
ainsi le maintien de la circulation. Ils
ont porté sur la construction complète du
nouveau giratoire, incluant les trottoirs,
les parkings, le renouvellement de l'éclairage
public ainsi que la modernisation des
réseaux d'eaux mixtes, pluviales et électriques.
La station météorologique utilisée
pour la gestion hivernale a également été
déplacée. Les aménagements cyclopiétons
et les arrêts de bus ont été réalisés conformément
aux exigences d'accessibilité.
La division de la voirie de Diekirch de
l'Administration des ponts et chaussées a
assuré la conception du projet et la coordination
du chantier. Après les travaux
routiers, l'Administration de la nature et
« L'inauguration du giratoire, la réhabilitation
du pont ainsi que la construction de
la nouvelle passerelle marquent une étape
importante pour une mobilité plus fluide
et une sécurité renforcée des déplacements
au sein de la commune et de toute
la région. Cet ensemble d'aménagements
témoignent de notre volonté conjointe,
État et commune, de promouvoir la cyclades
forêts a implanté une « tour des hirondelles
» et la commune de Redange/Attert
a procédé à l'aménagement paysager et à
l'installation d'une sculpture éclairée au
centre du giratoire.
Une nouvelle passerelle clé pour la
cyclabilité communale et régionale
En parallèle à la construction du rondpoint,
il a été procédé à la réhabilitation
du pont OA318 complétée par une nouvelle
passerelle offrant un itinéraire cyclable
sécurisé, direct et confortable. Cette
infrastructure dédiée s'inscrit pleinement
dans le développement du réseau communal,
régional et national pour un renforcement
de la cyclabilité. La nouvelle passerelle
cyclable constitue un atout majeur
pour les déplacements actifs : elle offre
une traversée séparée du trafic routier, un
espace généreux pour les cyclistes et une
expérience plus conviviale et sereine. Son
installation crée un lien essentiel entre les
itinéraires existants et contribue à encourager
l'usage quotidien du vélo.
Communiqué par le ministère de la Mobilité
et des Travaux publics et l'Administration des
ponts et chaussées
Ensemble,
construisons un
monde plus sûr.
Qualité, Hygiène, Sécurité et Santé,
Environnement …
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80
| ACTUALITÉS COMMUNALES
Laurence Ball
EUREGIO SAARLORLUX+ : LA CO-
OPÉRATION TRANSFRONTALIÈRE
AU SERVICE DES TERRITOIRES
Créée en 1995, EuRegio SaarLorLux+ fédère aujourd’hui près de 40
collectivités communales de la Grande Région autour d’une ambition
forte : faire de la coopération transfrontalière un levier concret de
rapprochement entre territoires. Bien au-delà d’une simple structure
de coordination, l’association agit comme un véritable facilitateur de
dialogue, d’échange et de projets entre communes, administrations
et acteurs locaux. Dans un contexte marqué par des défis majeurs
tels que le changement climatique, les mutations industrielles ou encore
le vieillissement de la population, EuRegio contribue à créer des
synergies indispensables pour renforcer la cohésion territoriale et
sociale. En favorisant la connaissance mutuelle et le développement
d’initiatives communes, elle participe activement à construire une
Grande Région plus intégrée, plus solidaire et tournée vers l’avenir.
81
Pouvez-vous nous présenter
EuRegio et son rôle dans
le développement économique
de la Grande Région ?
EuRegio SaarLorLux + est une asbl de droit
luxembourgeois qui a été créée en 1995.
Elle fédère près de 40 collectivités communales
de la Grande Région.
EuRegio s’engage moins dans le développement
économique que globalement
dans la coopération transfrontalière entre
villes et communes partant du fondement
que celle-ci est un atout qui peut contribuer
à un développement de leur territoire.
Elle s’appuie pour ce faire sur trois
objectifs :
- porter et défendre le point de vue des
communes et territoires locaux au sein de
la Grande Région,
- échanger, se rencontrer pour apprendre
à se connaître et ainsi pouvoir apprendre
à travailler ensemble,
- soutenir, accompagner et coopérer en
développant des projets concrets participant
à rapprocher les citoyens de la
Grande Région.
En quoi la coopération
transfrontalière représente-t-elle
une opportunité stratégique pour
le Luxembourg et ses communes ?
La coopération transfrontalière et les relations
de bon voisinage sont un levier essentiel
du vivre-ensemble dans un espace
ouvert et un bassin de vie où même si des
obstacles administratifs et juridiques persistent,
la notion de frontière tend à s’estomper.
Pour la cohésion sociale de notre
région, alors que les mouvements populistes
ne cessent de croitre, se connaître,
travailler ensemble la coopération transfrontalière
avec les communes de l’autre
côté de la frontière sont des aspects primordiaux.
Les forts enjeux comme le changement
climatique, les transformations industrielles,
le vieillissement de nos populations
nécessiteront un soutien des villes
et communes dans un contexte budgétaire
en outre de plus en plus contraint. La coopération
transfrontalière permet de trouver
des synergies et d’atteindre ainsi une
masse critique pour développer ensemble
des solutions que les communes seules ne
pourraient définir et mettre en œuvre.
Quels sont aujourd’hui les projets
concrets que vous développez
ou accompagnez sur le terrain ?
Dans le domaine de l’aménagement du
territoire et de la planification, EuRegio
est engagé dans trois projets Interreg (le
fonds européen permettant de financer
les projets de coopération) afin d’implique
concrètement le niveau communal.
- LATI (Laboratoire de recherche en intelligence
territoriale). Il associe chercheurs,
décideurs politiques et administrations. Il
favorise la collaboration entre science et
monde politique pour développer des solutions
concrètes communes malgré différentes
cultures de planification.
- DIALOG : ce projet a pour ambition de
mieux répondre ensemble aux défis de
l’habitat et de l’urbanisme durables, de
l’aménagement du territoire et de l'accès
au logement à l’échelle de l’aire métropolitaine
de Luxembourg.
Un autre champ d’action d’EuRegio est le
soutien à des initiatives dans le secteur
jeunesse dans lequel les communes et le
monde associatif sont des acteurs importants.
Un exemple : EuRegio est partenaire
du réseau Créajeune, un réseau transfrontalier
d’acteurs d'éducation à l'image, de
structures de jeunesse et d’acteurs institutionnels
de la Grande Région. Le festival
Créajeune est un concours transfrontalier
de courts-métrages réalisés par des
enfants, des jeunes et des étudiants qui
se déroule à Metz, Sarrebruck, Trèves et
Luxembourg avec un palmarès décerné
par un jury transfrontalier de jeunes.
EuRegio est également partenaire
d’un projet européen qui vise à promouvoir
la culture de la mémoire en
Grande Région, ECHO'GR, en développant
en particulier de nouvelles approches
et outils pédagogiques en direction
des jeunes pour faire d’eux les
véritables « transmetteurs de mémoire »
pour demain.
La promotion du multilinguisme est également
une activité emblématique de l’asbl.
Dans le cadre d’une convention avec le
Ministère luxembourgeois de l’Education
nationale et du SYVICOL, EuRegio organise
une vingtaine de cours de luxembourgeois
pour adultes dans 9 communes
lorraines prochaines de la frontalière. En
raison de la proximité entre les communes
et les écoles fondamentales, EuRegio peut
également les aider à développer des jumelages
de proximité.
Comment EuRegio contribuet-elle
à rapprocher les acteurs
publics, les communes et le monde
économique ?
EuRegio étant une petite structure, elle ne
peut aborder l’ensemble des champs d’action
des communes. Par conséquent, le
développement économique est un champ
d’action peu traité par EuRegio. En matière
de coopération transfrontalière, cet
aspect est plus du ressort des groupes de
travail du Sommet de la Grande Région, du
Comité Economique et Social de la Grande
Région ou de l’association des Chambres
de Commerce.
La transition énergétique et la
digitalisation sont au cœur des
enjeux actuels : quel rôle jouez-vous
dans ces transformations ?
EuRegio ne sera pas forcément un acteur
direct dans ces transformations. En revanche,
en participant aux différentes réunions
de groupe de travail au niveau des
instances politiques de la Grande Région
comme le Sommet de la Grande Région, le
Comité Economique et Social de la Grande
Région ou du programme Interreg, EuRegio
s’informe des lignes directrices décidées
en leur sein mais aussi des bonnes
pratiques et des grands projets stratégiques
qui y sont développés. Ainsi EuRegio
peut inciter des villes et communes à
s’engager sur un certain nombre de ces
projets ou à s’inspirer de modèle qui ont
fait leur preuve chez nos voisins.
Quel message souhaitezvous
adresser aux décideurs
communaux luxembourgeois
pour les années à venir ?
Toutes les communes luxembourgeoises
frontalières sont désormais associées et
engagées sur un territoire de coopération
transfrontalière dans le cadre du programme
Interreg Grande Région dans ce
que l’on appelle les zones fonctionnelles
et bénéficient ainsi d’une enveloppe de
fonds européens sur laquelle elles ont la
main. Preuve que la plus-value de la coopération
n’est plus à démontrer !
82
| DOSSIER
GRANDS PROJETS ET TERRITOIRES
Vodafone choisit Bettembourg
pour son hub logistique européen
En présence de Son Altesse Royale le
Grand-Duc, l’inauguration du nouveau
hub logistique paneuropéen de Vodafone
à Bettembourg marque une étape majeure
dans le développement économique
du Luxembourg. Ce projet d’envergure
illustre le rôle croissant des communes
dans l’accueil d’infrastructures stratégiques
à forte valeur ajoutée.
À Bettembourg, un projet structurant
vient confirmer la place du Luxembourg
au cœur des flux économiques européens.
L’inauguration officielle du nouveau hub
logistique paneuropéen de Vodafone, en
présence de Son Altesse Royale le Grand-
Duc, s’inscrit dans une dynamique nationale
claire : renforcer l’attractivité du
territoire et consolider son rôle de plateforme
logistique et technologique.
tation, où la rapidité des échanges, la gestion
intelligente des flux et l’intégration
des technologies digitales deviennent des
facteurs clés de compétitivité.
Implanté dans une zone déjà reconnue
pour ses infrastructures multimodales, à
proximité directe du terminal intermodal
de Bettembourg-Dudelange, ce hub bénéficie
d’un positionnement géographique
particulièrement favorable. Il renforce
ainsi la vocation du sud du pays comme
pôle logistique majeur à l’échelle européenne.
Au-delà de l’investissement, ce projet met
en lumière plusieurs enjeux essentiels
pour les communes luxembourgeoises.
D’abord, l’attractivité économique : la
capacité à accueillir des entreprises internationales
repose sur la qualité des infrastructures,
la disponibilité du foncier et
la réactivité des autorités locales. Ensuite,
l’emploi : ce type d’implantation génère
des postes qualifiés et contribue à dynamiser
le tissu économique régional.
Par ailleurs, le développement d’infrastructures
modernes s’accompagne
d’une intégration croissante des technolo-
Avec une superficie de 26 000 m², ce
centre logistique de nouvelle génération
constitue bien plus qu’un simple site opérationnel.
Il s’agit d’un outil stratégique
au service d’une économie en pleine mugies
digitales dans les chaînes logistiques.
Automatisation, traçabilité, optimisation
des flux : autant d’éléments qui transforment
en profondeur les modèles économiques
traditionnels.
La commune de Bettembourg confirme
ainsi son positionnement stratégique
dans le paysage national. En accueillant
des projets d’envergure internationale,
elle s’inscrit pleinement dans une logique
de développement durable et structuré, en
phase avec les ambitions du Luxembourg.
Enfin, ce projet illustre parfaitement l’importance
d’une collaboration étroite entre
acteurs publics et privés. C’est dans cette
complémentarité que se construisent les
projets les plus ambitieux et les plus durables.
À travers cette réalisation, Bettembourg
démontre que les communes jouent un
rôle déterminant dans la transformation
économique du pays. Elles ne sont plus
seulement des territoires d’accueil, mais
de véritables moteurs de développement
et d’innovation.
© SIP / Kary Barthelmey
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