Haiti Liberte 6 Mai 2026
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Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
SALAIRE MINIMUM :
QUELLE AUGMENTATION ?
Repiblik Dominiken
anonse l ap kontribye
20 Milyon Dola nan
Finansman FRG a
Page 6
Haïti sous-traitée :
le Tchad comme bras
armé d’une stratégie
américaine de basse
visibilité
Page 7
Voir page 3
Conférence de presse tenue par le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, flanqué de la ministre
du Plan, Sandra Paulémon, et de plusieurs syndicalistes, dans les locaux du Fonds d’assistance
économique et sociale (FAES).
HAÏTI VISÉE PAR L’OPÉRATION
« SOUTHERN SPEAR »
1915 Redux:
Operation Southern
Spear Begins to
Establish De Facto
U.S. Military Bases
in Haiti
page 9
L’industrie du
mensonge : l’IA
au service de la
propagande anti-
Chine
page. 10
Voir page 4
Des Marines américains et salvadoriens s’entraînent au combat à La Unión, au Salvador. De plus en plus, l’opération
« Southern Shield » prévoit de mener davantage d’actions terrestres, et non plus seulement de faire exploser des
embarcations en mer. Photo : SouthCom
Pete Hegseth accusé
de « crimes de guerre
» après des attaques
contre des bateaux
iraniens
Page 17
Editorial
HAITI
LIBERTÉ
Soutien critique du Secteur privé au
gouvernement de facto !
1583 Albany Ave
Brooklyn, NY 11210
Tel: 718-421-0162
Fax: 718-421-3471
3, 2ème Impasse Lavaud
Port-au-Prince, Haiti
Par Berthony Dupont
Au mois de janvier de cette année, le secteur privé haïtien à travers
l’ADIH, Haïti AmCham, la CCI, la CCIHC et l’Institut Macaya
avait apporté un soutien sans équivoque au Premier ministre Alix
Didier Fils-Aimé, menacé de révocation par le Conseil Présidentiel
de Transition (CPT). Ce secteur insistait sur la nécessité de préserver
la stabilité et la continuité de l’État haïtien. Cette classe avait même
souligné que des progrès significatifs ont été enregistrés dans la lutte
contre l’insécurité sous le leadership du Premier ministre, grâce à
l’action de la Police Nationale d’Haïti et des Forces Armées, avec
le soutien international. Or, la raison pour laquelle le CPT voulait le
limoger était du fait qu’il avait été jugé d’une nullité absolue. Lors,
malgré la flambée de violence qui se propageait dans le pays, ce
secteur gardait un silence de plomb. Ce d’autant plus que, ça faisait
longtemps déjà que le pays est au bord du gouffre.
Quelle a été la position du secteur privé contre la vague
d’enlèvements frappant la population ? Ce n’est que maintenant
qu’il décide enfin de réagir. Cela signifie-t-il que ces privilégiés perçoivent
une certaine menace à l’horizon ou bien pressentent-ils
qu’une force serait en gestation dans le camp populaire ? En effet,
dans une correspondance ouverte adressée au Premier ministre,
cette classe sociale a manifesté une certaine inquiétude et de lassitude
par rapport à une situation qui perdure. Elle alerte sur l’inaction
de l’État face à l’insécurité et exige la mise en œuvre urgente d’un
plan de sécurité crédible et concret. La question qu’un citoyen averti
pourrait se poser est la suivante : pourquoi soulève-t-elle cette question
à ce moment précis ? Alors que, depuis un certain temps, on
n’entendait pas le moindre bruit de sa part ce qui laissait comprendre
que les choses tournaient comme sur des roulettes et qu’elle n’avait
rien à craindre.
Aujourd’hui, ce cri dans le désert n’a rien de surprenant. En
réalité, tout indique que le peuple commence à s’agiter quelque peu
contre le pouvoir bourgeois. Et de fait, ce secteur privé se met soudainement
à réagir pour prétendre être en désaccord avec l’État. Y
a-t-il vraiment de la sincérité dans cette prise de position ou juste
une forme de connivence avec le gouvernement corrompu ? Nous
savons bien jusqu’à quel point les différents courants de cette bourgeoisie
parasite sont de mèche avec le pouvoir pour acculer et liquider
les initiatives populaires. D’ailleurs, la gouvernance de l’État
est complètement entre les mains de cette classe dominante ; les
dirigeants sont, en fait, ses instruments qui manœuvrent dans le
sens de ses propres intérêts.
C’est la raison pour laquelle, rien de ce que fait ce système n’a
jamais servi les intérêts des masses défavorisées, et ne saurait apporter
la moindre amélioration pour les travailleurs qui vivent dans
une situation se dégradant de jour en jour. Tout est donc planifié.
Depuis que certaines routes ont été bloquées sous le prétexte de «
zones de non-droit » ou de « Territoires perdus », l’État ne s’en est
nullement soucié en fermant les yeux sur la situation, car s’agissant
de territoires où vit la majorité de la population pauvre. Le secteur
privé ne s’en plaint jamais de cette aberration. L’éventualité d’un
changement politique en Haïti ne semble pas pour demain. Il est
clair que c’est la mobilisation sur les réseaux sociaux par le mouvement
populaire pour exiger la réouverture de l’aéroport de Port-au-
Prince et les routes qui paraissent inquiéter le secteur des affaires.
Ces oligarques ont fini par « découvrir » que les voies d›accès
à l›aéroport sont désormais impraticables à cause de l’insécurité.
Pourquoi ce secteur n’avait-il rien vu auparavant, compte tenu de
l›état de chaos dans lequel le pays a sombré depuis l›assassinat du
Président Jovenel Moïse ? Étaient-ils aveugles ou sourds ? Peutêtre
n›ont-ils jamais entendu les revendications des masses populaires.
Quelle découverte stupéfiante viennent-ils faire ? Selon eux,
« le pays est vulnérable à l’insécurité. Ce phénomène d’insécurité
persistante paralyse leurs activités, expose leurs employés à des
risques constants et perturbe gravement leurs services sociaux. »
Mais depuis quand ces individus manifestent-ils une telle préoccupation
pour la population ? On peut comprendre qu’ils se soucient de
leurs propres intérêts, mais lorsqu’ils évoquent leurs employés et la
perturbation des services sociaux... cela nous laisse perplexe et même
nous inquiète.
Cela fait déjà des années que les ordures ménagères, la boue et
la poussière ont envahi toute la ville de Port-au-Prince et ses banlieues
mêmes les plus huppées, voilà que c’est aujourd’hui seulement
que nous entendons le secteur privé des affaires déclarer : «
Il est désormais impossible de circuler normalement sur les axes de
Drouillard, Cazeau, BIM et Carrefour Rita. » Ne devrait-il pas dire
plutôt : Il est désormais impossible de circuler normalement dans tout
le pays. Une simple averse suffit à inonder une ville entière et c’est
cela qui a mis en ébullition les populations de certaines villes du pays
contre le gouvernement en place. Cette gymnastique médiatique de la
bourgeoisie, est-ce pour brouiller les cartes en vue de la réouverture
de l’aéroport international Toussaint Louverture exigé par le peuple
ou seulement pour apporter un soutien critique au gouvernement ?
Ne fait-elle pas, en fin de compte le jeu cynique du pouvoir dont
l’objectif fondamental demeure la manipulation pour se maintenir
et la liquidation du pays, quand elle a déclaré : « On ne sécurise
pas un aéroport en abandonnant les routes qui le desservent. » Et
de surcroit « que toute stratégie visant à sécuriser l’aéroport sans
garantir l’accès aux routes qui y mènent est incohérente ». En un
sens, le secteur privé dit : Non à la réouverture de l’aéroport !
La sortie de cette lumpen-bourgeoisie qui veut se faire passer
pour le pilier essentiel de l’économie nationale, et attend désormais
des mesures immédiates, visibles et coordonnées, à la hauteur de
la gravité de la situation contre l’insécurité est démagogique. Cette
grande conspiration du secteur privé réclamant notamment, un niveau
minimal de sécurité, la libre circulation sur ces axes stratégiques
et une présence effective des forces de l’ordre n’a qu’un objectif : faire
diversion aux revendications populaires en cours. Il ne faut pas avoir
peur de le dire, c’est une illustration maquillée de leur soutien crucial
au pouvoir de transition imposé par l’impérialisme américain. S’il est
un secteur qui a tiré profit de cette insécurité planifiée, c’est bien cette
classe des affaires !
Email :
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Berthony Dupont
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RÉDACTION
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2 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
A Travers Haiti
Salaire minimum : quelle augmentation ?
Par Isabelle L. Papillon
Le lundi 4 mai 2026, le gouvernement
*de facto* haïtien, par l’intermédiaire
du ministre de l’Économie
et des Finances, Serge Gabriel Collin,
a annoncé, lors d’une conférence de
presse tenue dans les locaux du Fonds
d’assistance économique et sociale
(FAES) à Delmas, qu’il avait augmenté
de 46 % le salaire minimum journalier
pour le secteur de la sous-traitance.
C’est désormais la somme de 1 000
gourdes pour 8 heures de travail par
jour que l’État a choisi d’allouer aux
travailleurs. Compte tenu du taux d’inflation,
peut-on vraiment qualifier cela
d’augmentation de salaire ?
Au cours de cette réunion, plusieurs
personnalités étaient présentes,
telles que le ministre par intérim des
Affaires sociales et du Travail (MAST),
Marc Elie Nelson, la ministre de la
Planification, Sandra Paulemon, et
le directeur général du FAES, Kesner
Romilus ; ils étaient tous venus soutenir
le gouvernement du Premier ministre
Alix-Didier Fils-Aimé, qui les avait
nommés à des postes au sein de l’appareil
d’État.
Depuis 2023, les salaires sont
restés inchangés, tandis que le coût
de la vie n’a cessé de grimper. Dans
la zone métropolitaine de la capitale,
Port-au-Prince, les travailleurs du Parc
industriel (Sonapi) ont manifesté, tout
comme les travailleurs de la Compagnie
de développement industriel (Codevi) à
Ouanaminthe (Nord-Est), réclamant 2
500 gourdes avant l’augmentation du
prix de l’essence par l’État, et 3 000
gourdes après la hausse du prix des
produits pétroliers. Passer de 625 à 1
000 gourdes pour une journée de travail
ne changera absolument rien aux
conditions de vie des travailleurs.
Après une semaine de discussions,
les syndicats devraient accepter
ces 1 000 gourdes, car cet État exploiteur
— qui défend les intérêts de la bourgeoisie
— avait initialement proposé
une somme comprise entre 810 et 950
gourdes. Pour apaiser la population —
recourant à une manœuvre de diversion
— le gouvernement annoncé qu’il
mettrait à disposition une enveloppe de
625 millions de gourdes afin de soutenir
le pouvoir d’achat des travailleurs
au cours des cinq derniers mois de l’exercice
fiscal 2025-2026.
Le ministre ment avec un tel
aplomb qu’il est incapable de préciser
les modalités de répartition de cette
somme. Ce n’est pas la première fois
que les dirigeants se moquent de la
population en lui faisant de fausses
promesses, alors même que leurs propres
affaires prospèrent. L’État n’a pas
l’argent nécessaire pour augmenter
convenablement les salaires des travailleurs,
mais il a trouvé plusieurs
millions de dollars à investir, pour une
cinquantaine d’années environ, dans
des mercenaires américains chargés
d’assurer une prétendue sécurité.
Pour rappel, le salaire minimum
varie selon les secteurs d’activité.
Depuis 2022, il oscille entre 350
gourdes pour le personnel domestique
et 770 gourdes pour certains travailleurs
de l’industrie. D’autres catégories
sont fixées à 615 gourdes pour le personnel
de soutien, 540 gourdes pour
les petites entreprises et 685 gourdes
pour les industries d’assemblage destinées
à l’exportation.
C’est un salaire minimum qui
laissera toujours les travailleurs de la
sous-traitance affamés.
La conférence grotesque annonçant une quelconque augmentation du salaire minimum.
Les travailleurs réclamaient entre 2 500 et 3 000 gourdes par jour, mais les dirigeants ne
leur en versent que 1 000.
A bas la faim !
Que pourront bien faire mille gourdes par jour pour ces pauvres travailleurs des industries de
la sous-traitance ?
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Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Haiti Liberté
3
A Travers Haiti
Haïti visée par l’opération « Southern Spear »
Par Kim Ives
L
’opération « Southern Spear » débute
et vise à établir des bases militaires
américaines *de facto* en Haïti
L’opération « Southern Spear »
du Pentagone a fait la une de la presse
mondiale en septembre 2025, lorsque
l’US Navy a commencé à bombarder de
petites embarcations dans la mer des
Caraïbes et l’océan Pacifique.
Bien que l’administration Trump
ait prétendu vouloir intercepter des narcotrafiquants
acheminant de la drogue
vers les États-Unis, il est désormais
établi que bon nombre (si ce n’est la
quasi-totalité) des victimes, attaquées
illégalement et tuées de manière extrajudiciaire
par les drones et les missiles
du Commandement Sud, étaient d’innocents
pêcheurs, passeurs, voyageurs
ou autres civils n’ayant aucun lien avec
le trafic de drogue.
Certains des blessés ayant survécu
à ces attaques affirment avoir été par
la suite arrêtés et torturés par les forces
américaines. « Trente-six survivants
de deux attaques survenues dans le
Pacifique [...] ont allégué avoir été
enlevés et torturés par les forces américaines,
puis transportés par bateau
jusqu’au Salvador avant d’être renvoyés
en Équateur », et ce, uniquement
grâce aux efforts de leurs familles ; c’est
ce qu’a rapporté *Drop Site News* dans
une enquête approfondie publiée le 21
avril.
En raison de leur petite taille, aucune
des embarcations détruites n’avait
la moindre chance d’atteindre les côtes
américaines.
Au moment de la rédaction de
cet article, et ce depuis le 2 septembre
2025, les États-Unis ont mené 55
frappes — 17 dans les Caraïbes et au
moins 36 dans le Pacifique —, détruisant
56 bateaux et tuant à tort au moins
188 civils, selon un blog régulièrement
mis à jour par le *Center for Economic
and Policy Research* (CEPR) de Washington,
D.C.
Haïti également dans le collimateur
C’est le 3 février 2026 que
l’opération « Southern Spear » a ciblé
Haïti pour la première fois : des navires
de guerre américains — l’USS
*Stockdale*, l’USCGC *Stone* et l’USC-
GC *Diligence* — ont alors fait leur entrée
dans la baie de Port-au-Prince afin
d’adresser un message à l’ensemble du
peuple haïtien. Ce message indiquait
que Washington ne souhaitait aucune
reconduction du Conseil présidentiel
de transition (CPT) — dont le mandat
devait expirer le 7 février — et que le
Premier ministre *de facto*, Alix Didier
Fils-Aimé, assumerait à lui seul la
totalité du pouvoir exécutif. Toutefois,
au cours des trois derniers mois, le
Pentagone a commencé à déployer ses
forces de manière croissante sur terre
plutôt que sur mer.
La première démarche de Washington
consiste à faire désigner, par son
Département d’État, des « organisations
terroristes désignées » ; cette classification
sert ensuite de justification à
une action militaire unilatérale. Ainsi,
en Équateur — pays désormais placé
sous la poigne de fer du président Daniel
Noboa, proche allié de Donald Trump
—, les « terroristes désignés » sont des
trafiquants de drogue présumés. Le 3
mars, « les forces d’opérations spéciales
américaines ont [apporté leur] soutien
à des raids menés par des unités d’élite
équatoriennes contre des installations
présumées de «traitement et d’expédition»
de cartels de la drogue » en
Faisant partie des forces de l’opération « Southern Spear », des Marines
américains descendent en corde lisse depuis un hélicoptère à bord de
l’USS Fort Lauderdale, dans la mer des Caraïbes, le 15 avril 2026. Photo :
SouthCom
Équateur, a rapporté *The Intercept* le
4 mars.
« Il était inévitable que la situation
s›intensifie », a confié à *The Intercept*
un responsable gouvernemental
américain s›exprimant sous le sceau de
l›anonymat, en référence à l›opération
*Southern Spear*. « Il était impensable
de se limiter indéfiniment à de simples
frappes navales. »
Débarquement
Tout comme Haïti, l’Équateur
est doté d’une interdiction constitutionnelle
concernant le déploiement
de troupes étrangères sur son sol. En
novembre 2025, 60 % des Équatoriens
ont voté pour le maintien de cette interdiction,
qui remonte au gouvernement
anti-impérialiste de Rafael Correa en
2007. Trump a récemment reconnu publiquement
son mépris pour le droit international,
déclarant : « Nous sommes
comme des pirates. »
Connaissant la fibre nationaliste
des Haïtiens, les États-Unis ont adopté
une approche plus insidieuse en Haïti.
Tout d’abord, depuis novembre 2024,
la Federal Aviation Administration
(FAA) a interdit à toutes les compagnies
aériennes commerciales quittant
l’espace aérien américain de desservir
l’aéroport international Toussaint
Louverture de Port-au-Prince, qui constitue
historiquement la principale porte
d’entrée internationale vers Haïti. Cette
interdiction a été imitée par le Canada,
la France et la République dominicaine.
La fermeture de l’aéroport de
Port-au-Prince a causé de grandes souffrances
et une profonde détresse aux
Haïtiens. Ceux de la diaspora qui souhaitent
se rendre dans leur pays doivent
voyager à grands frais, soit en passant
par l’aéroport, bien plus modeste, du
Cap-Haïtien dans le nord du pays, soit
Survivants d’une attaque menée le 25 mars par l’opération « Southern
Spear » contre le bateau de pêche *Don Maca* dans le Pacifique ;
document fourni à *Drop Site News*.
par la République dominicaine.
En réaction, un mouvement national
s’est levé aujourd’hui en Haïti
pour exiger la réouverture de l’aéroport.
« L’une des revendications clés de
cette mobilisation est que l’aéroport de
la capitale ne soit, en aucun cas, transformé
en base militaire américaine », a
écrit Berthony Dupont dans un éditorial
paru le 22 avril dans *Haïti Liberté*. «
Nous ne pouvons contraindre aucune
nation à entretenir des relations commerciales
ou toute autre forme d’interaction
avec nous ; inversement,
elles ne sauraient violer nos droits en
fermant notre aéroport à leur guise,
allant même jusqu’à intimider d’autres
nations ou les empêcher d’y atterrir. »
Le 1er mai, à l’occasion de la
Journée internationale des travailleurs,
des centaines d’Haïtiens ont défilé et
manifesté à Port-au-Prince pour exiger
la réouverture de l’aéroport. Fils-Aimé
a semblé se moquer des manifestants
haïtiens lorsqu’il s’est mis à scander des
slogans et à hocher la tête au rythme
de la foule qui lui criait : « Débloquez
la nation ! » et « Ouvrez l’aéroport ! »
Sa réponse facétieuse constitua un faux
pas, car elle faisait écho à une remarque
similaire de son prédécesseur politique,
le président René Préval, qui, deux
décennies plus tôt, avait déclaré de
manière tristement célèbre et cavalière
— alors qu’il faisait face à une foule en
colère exigeant qu’il agisse : « La prochaine
fois que vous manifesterez, passez
au Palais pour venir me chercher ;
je me joindrai à vous. »
Or, l’aéroport de Port-au-Prince
a, de fait, été transformé en une base
militaire américaine *de facto*, où sont
stationnées les troupes de la « Force de
répression des gangs » (GSF) — parrainée
et financée par les États-Unis —
tout comme l’était avant elle la « Mission
multinationale d’appui à la sécurité
» (MSS). Des avions militaires américains
y sont régulièrement observés à
l’atterrissage.
Le contrôle américain sur l’aéroport
a semblé se confirmer cette semaine
lorsque, dans l’émission *Micro
Vérité* de Radio Télé Éclair, un officier
anonyme de la Police nationale d’Haïti
(PNH) a révélé que l’ambassade des
États-Unis avait donné instruction au
gouvernement haïtien et aux hauts
gradés de la police d’interdire aux Haïtiens
de manifester à l’aéroport.
La désignation de « Viv Ansanm
» comme organisation terroriste
Le 2 mai 2025, le secrétaire
d’État américain Marco Rubio a qualifié
la coalition « Viv Ansanm » (Vivre ensemble)
— regroupant divers groupes
armés de quartiers du grand Port-au-
Prince — d’« organisation terroriste
désignée », ouvrant ainsi la voie à une
nouvelle intervention militaire américaine.
Exactement un an plus tard, le
2 mai 2026, « dans le cadre de l’opération
*Southern Spear*, un contingent
de militaires américains aurait atterri à
Ouanaminthe, en Haïti, aux alentours
de midi », a rapporté le site Haitilibre.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en compagnie du général
Francis L. Donovan, du Commandement Sud des États-Unis, lors d’une
conférence du SouthCom le 5 mai à Doral, en Floride. Photo : SouthCom
com. Un hélicoptère « aurait atterri
sur l’héliport des douanes haïtiennes,
transportant des soldats américains
accompagnés [d’officiers de la PNH]...
Selon les informations disponibles (bien
qu’officieuses), les missions prioritaires
du contingent américain déployé à
Ouanaminthe consistent à combattre le
narco-terrorisme, à empêcher les gangs
de se replier vers la République dominicaine
et à endiguer le trafic d’armes. »
Il semble donc désormais que
les États-Unis aient stationné des
contingents de l’opération *Southern
Spear* tant à Ouanaminthe qu’à Portau-Prince.
Le Commandement Sud des
États-Unis n’a pas répondu à la demande
de confirmation adressée par
*Haïti Liberté*. Quant à l’objectif d’empêcher
les « gangs » de « se replier
vers la République dominicaine », la
surveillance du point de passage frontalier
du nord-est, entre Ouanaminthe
et Dajabón, ne présente guère de logique.
Aucun des groupes armés affiliés
à « Viv Ansanm » ou opérant dans la
vallée de l’Artibonite n’est présent dans
les départements du Nord ou du Nord-
Image extraite d’une vidéo montrant une petite embarcation dans le
Pacifique oriental, quelques secondes seulement avant d’être pulvérisée
par un missile américain, tuant les trois hommes inexpérimentés et
inconnus qui se trouvaient à bord. La plupart des victimes de ces 55
attaques ont été des civils innocents. Photo : SouthCom
Est d’Haïti. Par ailleurs, la République
dominicaine dispose désormais d’une
frontière hautement surveillée et militarisée
avec Haïti, en particulier aux
abords de Dajabón.
En dépit d’une situation désastreuse
et en pleine détérioration —
marquée par sa guerre contre l’Iran et
la menace imminente d’une crise économique
mondiale —, les États-Unis
prévoient de maintenir leur « Opération
Southern Spear » au moins jusqu’en
2028, selon le média *The Intercept*.
« Mark Cancian, analyste
au Centre d›études stratégiques et
internationales (CSIS), a déclaré à
suite à la page(16)
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4 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
AVI
SOU ODYANS PIBLIK, VOTE POU BIDJÈ AK ELEKSYON
DISTRI LEKÒL WESTBURY LAVIL NAN NORTH HEMPSTEAD
ak HEMPSTEAD NASSAU COUNTY WESTBURY, NEW YORK
AVI SA A BAY: dapre yon rezolisyon nan KOMISYON KONSÈY EDIKASYON NAN DISTRI
LEKÒL WESTBURY, VIL NAN HEMPSTEAD AK NORTH HEMPSTEAD, NASSAU COUNTY ETA
NEW YORK, adopte, 1 jiyè 2025, yon odyans piblik nan kalifye elektè nan Distri Lekòl Westbury,
Nassau County, Westbury, New York ap fèt nan Oditoryòm nan Westbury High School, One Post
Road, Old Westbury, New York nan madi 5 me 2026 a 7:30. PM (tan nòmal) pou yo revize bidjè
yo pwopoze a ak pou tranzaksyon nan biznis tankou otorize pa Lwa Edikasyon nan Eta New York.
Nenpòt moun ki rete nan distri lekòl la ka resevwa yon kopi deklarasyon bidjè a, sou demann,
apati 28 avril 2026 nan Biwo Administrasyon an, Two Hitchcock Lane, Old Westbury, New York.
AK PLIS AVI A BAY: vòt yo ak eleksyon pa elektè yo ki anrejistre nan Distri Lekòl Westbury,
Lavil Hempstead ak North Hempstead, Nassau County, Westbury, New York ap fèt nan zòn
eleksyon yo dekri nan paragraf sa yo nan madi, 19 me 2026 epi vòt la pral ant 6:00 AM ak 9:00
PM (tan nòmal) nan lekòl yo deziyen jan yo mansyone nan paragraf yo pou rezon sa yo:
Pou vote sou bidjè anyèl Distri a pou ane lekòl 2026-2027 la epi pou otorize prelèvman taks
sou pwopriyete taksab Distri a pou rezon ki anwo yo.
Eleksyon de (2) manm nan Komisyon Konsèy Edikasyon an, yo chak pou yon manda konplè
twa (3) ane ki kòmanse 1ye jiyè 2026 ak ekspire 30 jen 2029.
De (2) responsab prezan yo se Robin L. Bolling ak Rodney A. Caines.
Pou vote sou lòt pwopozisyon ki kapab byen vini anvan reyinyon an epi fè lòt
zafè jan lalwa otorize.
AK PLIS AVI A BAY, yo ka jwenn yon kopi bidjè a oswa deklarasyon an si yon moun k ap
viv nan distri lekòl la mande li pandan lè biznis apati 28 avril 2026, eksepte samdi, dimanch oswa
konje yo, nan Biwo Administrasyon an, Two Hitchcock. Lane, Old Westbury, New York ak nan
chak lekòl nan Distri a pandan 9:00 AM a 3:00 PM (tan nòmal) nan biwo direktè lekòl la nan chak
nan lekòl ki anba a ak nan Westbury Memorial Public Library (bibliyotèk piblik la):
Westbury High School, One Post Road, Old Westbury, New York
Westbury Middle School, 455 Rockland Street, Westbury, New York
Drexel Avenue School, 161 Drexel Avenue, Westbury, New York
Powells Lane School, 603 Powells Lane, Westbury, New York
Park Avenue School, 955 Park Avenue, Westbury, New York
Dryden Street, School, 545 Dryden Street, Westbury, New York
Westbury Memorial Public Library, 445 Jefferson Street, Westbury, New York
Westbury School District Website – www.westburyschools.org
AK PLIS AVI BAY ke, dapre Real Property Tax Law Section 495 (lwa sou taks sou pwopriyete)
mande pou Distri a tache ak bidjè li pwopoze a yon rapò egzanpsyon. Rapò ekzanpsyon sa a, ki
pral tou tounen yon pati nan bidjè final la, pral montre ki jan valè total evalye wòl evalyasyon
final la itilize nan pwosesis bidjè a egzante de taks, lis tout kalite egzanpsyon akòde pa otorite legal
yo, epi montre enpak kimilatif chak kalite egzanpsyon, kantite lajan kimilatif yo espere resevwa
kòm peman nan plas taks (PILOT) ak bay tout egzanpsyon yo. Anplis de sa, rapò egzansyon sa a
dwe afiche sou nenpòt tablo afichaj Distri a kenbe pa Distri pou Avi Piblik yo, osi byen ke sou sit
entènèt Distri a.
AK PLIS AVI A BAY : petisyon ki gen omwen vennsenk (25) siyati nan elektè yo ki kalifye
kandida nominasyon pou biwo a nan Manm nan Komisyon Konsèy Edikasyon an dwe depoze nan
Grefye Distri a nan 6 Hitchcock Lane, Old Westbury, NY ant 9:00 AM ak 5:00 PM (tan nòmal)
pa pita pase lendi 20 avril 2026; petisyon sa yo dwe endike tou non ak adrès chak siyatèr, e dwe
endike non ak adrès kandida a.
AK PLIS AVI A BAY: aplikasyon pou bilten vòt pa korespondans yo ka aplike pou nan Bilding
Administrasyon an pandan lè biznis yo lendi jiska vandredi, eksepte jou konje oswa sou sit entènèt
UFSD Westbury pa pi bonè pase 20 avril 2026. Si yo dwe voye bilten vòt la pa lapòs ba elektè yo,
Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon ou ranpli, pa pita ke 12 mai 2026. Si Biwo Grefye Distri
a dwe delivre pèsonèlman elektè a nan bilten vòt la, se Grefye Distri a ki dwe ranpli aplikasyon an
pa pita ke lendi 18 mai 2026. Grefye Distri a dwe resevwa bilten vòt pa korespondans pa pita ke
5:00 PM (tan nòmal) nan madi, 19 mai 2026.
Yon lis tout moun ki dwe resevwa bilten vòt absan yo ap disponib nan Biwo Grefye a nan
Distri a pandan lè travay lekòl la nan chak nan senk (5) jou yo anvan jou eleksyon an, eksepte
dimanch, ak nan samdi, 16 mai 2026 ant 9:00 AM ak l2:00 PM ak nan biwo vòt yo nan jou
eleksyon an. Nenpòt ki elektè ki kalifye ki prezan nan biwo vòt la kapab fè objeksyon pou vote
bilten vòt la sou rezon ki apwopriye pou fè defi li yo ak rezon ki fè sa nan yon Enspektè Eleksyon
anvan fen biwo vòt yo.
AK PLIS AVI A BAY: dapre Seksyon 2018-e nan Lwa Edikasyon an, aplikasyon pou bilten vòt
pa lapòs bonè yo ka jwenn nan Biwo Grefye Distri a nan Distri Lekòl la, pandan tout jou Distri Lekòl
la nan sesyon. Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon ki ranpli yo pa pi bonè pase 20 avril 2026
ak anvan 12 mai 2026, si yo dwe voye bilten vòt la pa lapòs bonè bay elektè a. Si yo remèt bilten
vòt la pa lapòs bonè pèsonèlman nan Biwo Grefye Distri a, Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon
ki ranpli a pa pita pase 18 mai 2026. Yo p ap voye bilten vòt lapòs bonè sòf si yo resevwa li nan
Biwo Grefye Distri a nan Distri Lekòl la pa pita pase 5:00 p.m. le 19 mai 2026. Yon lis tout moun
yo te bay bilten vòt bonè yo ap disponib nan Biwo Grefye Distri a lè biwo a ouvri nan epi apre le 13
mai 2026 jiska 18 mai 2026, eksepte samdi 16 mai 2026 ant 9:00 AM ak 12:00 PM, sou randevou
davans, epi lis sa a pral afiche tou nan biwo vòt la nan eleksyon manm konsèy edikasyon an. Yon
defi pou yon bilten vòt bonè pa ka fèt sou baz ke votè a te dwe aplike pou yon bilten vòt absan.
Distri a te divize zòn eleksyon yo jan sa a:
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 1 konsiste de tout zòn ki sitiye ant lès nan Post Road ak Post
Avenue, nan sid ak nan lwès North Hempstead la - Oyster Bay Town Line, nan nò jiska Brush
Hollow Road, Union Avenue rive School Street nan Old Country Road ak nan nò Old Country.
Road. Vòt ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt nan WESTBURY MIDDLE SCHOOL, 455
ROCKLAND STREET, WESTBURY, NEW YORK.
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 2 konsiste de tout zòn ki sitiye nan lwès Post Avenue, Westbury
ak Post Road, Old Westbury, lès nan Ellison Avenue ak nan nò Old Country Road. Vòt
ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt nan DREXEL SCHOOL, 161 DREXEL AVENUE,
WESTBURY, NEW YORK.
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 3 konsiste de tout zòn ke yo rele New Cassel, Vil North Hempstead,
ki chita lès nan School Street ant Long Island Railroad ak Union Avenue ak Brush Hollow
Road; tou sa chita ant Grand Boulevard ak fwontyè a lès nan distri a, nan nò Old Country Road
ak nan sid Long Island Railroad la. Vòt ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt nan PARK
SCHOOL, 955 PARK AVENUE EAST, WESTBURY, NEW YORK.
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 4 konsiste de tout zòn ke yo rele New Cassel, Vil nan North
Hempstead, ki chita nan sid Long Island Railroad e nan nò Old Country Road, lès nan School Street
ak limite nan nòdès la pa Grand Boulevard. Vòt ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt
nan DRYDEN SCHOOL, 545 DRYDEN STREET, WESTBURY, NEW YORK.
AK PLIS AVI BAY ke Votè ki nan Militè ki pa anrejistre pou vote kounye a ka aplike pou
enskri kòm yon elektè ki kalifye nan Distri a lè yo kontakte Grefye Distri a nan 6 Hitchcock Lane,
Old Westbury, NY, pa telefòn 516-874-1828, oswa imèl: districtclerk@westburyschools.org pou
resevwa yon aplikasyon pou enskri kòm yon elektè ki kalifye nan Distri a pou Reyinyon Anyèl la
19 mai 2026. Votè ki nan Militè a ka endike preferans yo pou resevwa aplikasyon enskripsyon an
pa lapòs, pa faks oswa pa lapòs elektwonik (imèl). Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon pou
enskri a pa pi ta pase 5:00 PM nan 23 avril 2026. Rejis elektè yo prepare ak depoze nan biwo grefye
distri a dwe enkli non tout elektè militè ki soumèt yon enskripsyon elektè ki valab. Yon elektè
militè vle di yon elektè kalifye nan Eta New York ki nan sèvis militè aktyèl e ap, konsa, absan nan
Distri a kote li kalifye pou vote nan jou enskripsyon an oswa eleksyon an oswa revoke/mete deyò
nan sèvis militè nan 30 jou nan yon eleksyon oswa yon mari oswa madanm, paran, pitit oswa
depandan votè nan militè si yon elektè kalifye nan Eta New York ak yon okipan nan distri lekòl la
kòm vote nan militè yo, oswa pèsonèl militè k ap viv sou yon lakou militè nan yon distri lekòl nan
Eta New York pou yon peryòd 30 jou imedyatman anvan eleksyon an.
AK PLIS AVI BAY ke Votè ki nan Militè ki kalifye pou votè nan Distri a ka jwenn yon aplikasyon
pou yon bilten militè lè yo kontakte Grefye Distri a nan 6 Hitchcock Lane, Old Westbury,
NY, pa telefòn 516-874-1828, oswa imèl: districtclerk@westburyschools.org. Grefye Distri a dwe
resevwa aplikasyon pou yon bilten militè pa pita ke 5:00 PM nan 24 avril 2026. Votè Militè a ka
endike preferans yo pou resevwa aplikasyon pou yon bilten militè ak bilten militè a pa lapòs, pa
faks oswa imèl. Yo pral voye bilten vòt militè yo pa lapòs oswa distribiye otreman pa pita pase
25 avril 2026. Grefye Distri a dwe resevwa bilten militè yo (1) anvan yo fèmen biwo vòt yo nan
jou eleksyon an epi ki montre yon mak anilasyon nan sèvis lapòs Etazini oswa nan sèvis lapòs
yon peyi etranje, oswa ki montre yon otorizasyon dat pou yon lòt ajans nan Gouvènman Etazini/
Ameriken oswa (2) pa 5:00 PM nan jou eleksyon an epi siyen epi gen date pa votè militè yo ak
yon temwen ladan yo, ak yon dat ki detèmine yo dwe pa pita pase jou a anvan eleksyon an. Yon
lis tout moun ki gen bilten militè yo te bay yo ap disponib pou enspeksyon nan elektè yo ki kalifye
nan Distri a nan Biwo Grefye Distri a pandan lè biwo a ant 9:00 am a 4:00 pm, tan dominan, jouk
jou eleksyon Distri Lekòl la ak Vòt la.
AVI SOU ENSKRIPSYON
AK PLIS AVI A BAY: enskripsyon pèsonèl votè yo egzije swa dapre Seksyon 2014 Lwa
Edikasyon oswa dapre Atik 5 Lwa Eleksyon an (Lwa sou Edikasyon yo). Si yon elektè anrejistre
anvan dapre Seksyon 2014 Lwa sou Edikasyon an epi li te vote nan yon Reyinyon Distri Anyèl
oswa Espesyal (eleksyon) ki te fèt pandan kat (4) ane kalandriye anvan yo, li kalifye pou vote nan
eleksyon sa a; si yon elektè anrejistre epi kalifye pou vote dapre Atik 5 Lwa Eleksyon an, li kalifye
tou pou li vote nan eleksyon sa a. Tout lòt moun ki vle vote dwe enskri.
Okipan ki kalifye nan Distri a ap pèmèt yo enskri pou reyinyon distri lekòl yo ak eleksyon
nan Biwo Grefye Distri a, ki nan 6 Hitchcock Lane, Old Westbury, NY ant 9:00 AM ak 12:00 PM epi
ant 2:00 PM ak 4:00 PM nan mèkredi lè lekòl la louvri kòmanse ak premye jou prezans elèv yo nan
mwa septanm nan epi ki fini ak dènye jou prezans elèv yo nan mwa jen, ak ant 9:00 AM a 1:00
PM nan jou biznis regilye pandan mwa jiyè ak out. Dat final la pou enskri pou Reyinyon Anyèl
la sou 19 mai 2026 se jedi 14 mai 2026 ant 9:00 am ak 12:00 pm epi ant 2:00 pm ak 4:00 pm.
Komisyon Konsèy Enskripsyon an ap rankontre, avèk Grefye Distri a, nan jedi 14 mai 2026
ant 2:00 PM ak 8:00 PM (tan nòmal) nan bi pou yo enskri tout elektè yo ki kalifye nan Distri a
dapre sa a. Seksyon 2014 nan Lwa sou Edikasyon, yo ajoute nenpòt non adisyonèl nan Rejis la
yo dwe itilize nan eleksyon an deja mansyone, nan ki tan nenpòt moun ki pral pèmèt li gen non
li oswa li mete sou Rejis la, si nan reyinyon Komisyon Konsèy Enskripsyon a yo rekonèt li oswa
pwouve nan satisfaksyon Komisyon Konsèy Enskripsyon a pèmèt yo vote nan eleksyon an enskri
a prepare, nan kote sa yo:
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 1
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 2
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 3
ZÒN ELEKSYON NIMEWO 4
WESTBURY SCHOOL SCHOOL
455 Rockland Street, Westbury, New York
DREXEL AVENUE SCHOOL
161 Drexel Avenue, Westbury, New York
ARK AVENUE SCHOOL
955 Park Avenue, Westbury, New York
DRYDEN STREET SCHOOL
545 Dryden Street, Westbury, New York
Touswit apre yo fin enskri a, yo dwe depoze li nan Biwo Grefye Distri a, kote nenpòt elektè ki
kalifye pou Distri a dwe enspekte li ant 9:00 AM ak 3:00 PM (tan nòmal) sou chak nan senk (5)
jou yo anvan jou a etabli pou Reyinyon Anyèl eksepte dimanch ak samdi, 16 mai 2026 ant 9:00
AM ak 12:00 PM ak nan biwo vòt la(yo) nan jou eleksyon an.
AK PLIS AVI BAY ke, dapre Seksyon 2014 Lwa Edikasyon Eta New York, Komisyon Enskripsyon
an ak Grefye Distri a pral rankontre nan WESTBURY MIDDLE SCHOOL, 455 Rockland
Street, Westbury, New York (pou Zòn Eleksyon No. 1 jan sa eksplike deja) ak DREXEL AVENUE
SCHOOL, 161 Drexel Avenue, Westbury, New York (pou Zòn Eleksyon No. 2 jan sa eksplike deja)
ak PARK AVENUE SCHOOL, 955 Park Avenue, Westbury, New York (pou Zòn Eleksyon No. 3 jan
sa eksplike deja) ak DRYDEN STREET SCHOOL, 545 Dryden Street, Westbury, New York (pou Zòn
Eleksyon No. 4 jan sa eksplike deja) sou 14 mai 2026 ant 2:00 PM ak 8:00 PM (tan nòmal) nan bi
pou yo prepare ENSKRI Distri Lekòl la pou reyinyon yo ak eleksyon ki te fèt apre Reyinyon Anyèl
la ki te fèt nan 19 mai 2026.
AK PLIS AVI BAY ke, dapre yon règ adopte pa Komisyon Konsèy Edikasyon an dapre Seksyon
2035 ak 2008 nan Lwa sou Edikasyon nan Eta New York, nenpòt referandann oswa pwopozisyon
yo pou amande/chanje bidjè a oswa otreman yo dwe soumèt pou vote nan eleksyon sa yo, ki pa
lalwa egzije yo dwe enkli nan avi legal la pou vòt la, yo dwe depoze nan Komisyon Konsèy Edikasyon
an nan Bilding Administrasyon, Two Hitchcock Lane, Old Westbury, New York sou oswa
avan 20 avril 2026 a 5:00 pm, yo dwe tape oswa enprime nan lang angle, yo dwe dirije nan Biwo
Grefye Distri a, yo dwe siyen pa omwen vennsenk (25) elektè kalifye nan Distri a; e dwe mete
non chak moun ki siyen. Nenpòt pwopozisyon kapab refize pa Komisyon Konsèy Edikasyon an
si bi pou pwopozisyon se pa nan pouvwa votè yo, oswa ki kote depans la nan lajan an egzije nan
pwopozisyon, si pwopozisyon a echwe epi pa enkli ladan espesifik afektasyon ki nesesè.
KALIFIKASYON POU VOTE NAN NENPÒT REYINYON NAN DISTRI LEKÒL LA
A. Yon moun dwe sitwayen Etazini.
B. Dizwit an oswa plis.
C. Dwe ap viv nan distri a pou yon peryòd trant jou oswa plis pou eleksyon kap vini
an kote li pral vote.
D. Dwe anrejistre pou vote nan Nassau County oswa nan Eleksyon Lekòl yo.
Beverley Cathnott
Grefye Distri a
Komisyon Konsèy Edikasyon
Westbury Union Free School District
Towns of Hempstead and North Hempstead
County of Nassau
Westbury, New York
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Haiti Liberté
5
Kwonik Kreyòl
Yon mèsenè Erik Prince yo
maspinen yon polisye
Yè aprèmidi, polisye Paul Junior ki
se yon ajan UDMO te ale bò kote
yon biznis ki tou pre enstiti Ayisyano-merilken
an sou Channmas la, pou
l t al fè ranje yon telefòn. Pandan l ap
tann teknisyen an fini ak travay la,
kat (4) nèg an sivil pwoche bò kote l.
Youn nan yo te gen yon bout chòt sou
li. Kareman, yo mande ajan polis la
pou l idantifye l.
Polisye a ki konnen se li ki gen
dwa mande moun kesyon konsa, li
etone pou yon moun mande l sa. Li
te reponn yo byen fèm pou l mande yo
tou a ki tit pou y ap mande yon otorite
nan lapolis pou l idantifye l. Misye t ap
eseye kanpe djanm mete lwa Desalin
sou li.
Nan diskisyon a mesye yo, 4
nèg yo deplase, yo antre anndan Le
Plaza Hotel (kote nèg Task Force yo ak
gwoup Eric Prince la baze). Yon ti tan
aprè, yo tounen ak yon ranfò nèg an
sivil. Yo bat polisye Paul Junior byen
bat, maspinen l ak kout baton, yo kase
tèt li, epi yo sezi zam li, ak badj li.
Sa vle di nou se etranje nan
pwòp peyi nou. Si politisyen isit te
kab mennen kolonbyen vin fè koudeta,
sasinen yon prezidan, se pa de
twa kalòt ak kèk kout baton sèlman
y ap ban nou pou kontinye imilye
nou, montre noumenm nou pa moun,
komkwa nan peyi a se ak etranje nou
rete. Pi ta pi tris, si pèp sa a pa leve
kanpe pou fini ak klas moun sa yo k
ap dirije peyi a.
Se sa mèsenè yo bliye yo pa fè polisye a
Konsèy Elektoral Pwovizwa a (KEP) te rankontre
ak dirijan Fòs Represyon Gang (FRG)
Repiblik Dominiken
anonse l ap kontribye
20 Milyon Dola nan
Finansman FRG a
Roberto Álvarez ak Atul Khare
Dirijan Repiblik Dominiken yo anonse
vandredi 1ye me a, y ap pote
kontribisyon pa yo nan finansman Fòs
Represyon Gang (FRG). Yo fè konnen,
y ap bay 20 milyon dola vèt. Se Minis
Afè Etranjè dominiken an menm, Roberto
Álvarez, ki fè anons lan apre yon
reyinyon ak Atul Khare ki se Sekretè
Jeneral Adjwen Nasyonzini pou Sipò
Operasyonèl. Li te vizite Ayiti ak tout
Repiblik Dominiken soti 29 mas pou
rive 2 avril 2026.
LA DIFFERENCE
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LEARN TO DRIVE
Gade yo mezanmi manm KEP yo ak Ofisye Afè Politik FRG a, Lavoi Beppe nan mitan yo
Eske moun sa yo byen
nan tèt yo, depi se
etrranje ki vin yo foure
yo nan kòsaj yo. Men
kounyea se KEP k ap
diskite ak fòs FRG sou
sekirite eleksyon yo. Yon
moun tou wè, se yon fòs
okipasyon ki vini sou
pretèks ensekirite, konbat
gang elatriye pou yo regle
zafè yo. Men sa k pi tris
la, se konpòtman manm
KEP yo. Yo kontan, y ap
fwote ak etranje.
Se lendi 4 me
a reyinyon sa a te fèt
ant Konsèy Elektoral
Pwovizwa a ak Fòs
Represyon Gang. Manm
KEP yo te akonpaye ansanm
ak Direktè Egzekitif
yo, Uder Antoine, pou yo
te rankontre ak Ofisye
Afè Politik FRG a, Lavoi
Beppe. Objektif la se te
pou evalye kondisyon
sekirite ki nesesè pou
òganize eleksyon yo.
Men kote fòs polis nou
genyen nan peyi a, kote
militè yo ?
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6 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Perspectives
Haïti sous-traitée : le Tchad comme bras
armé d’une stratégie américaine de basse visibilité
Par Reynoldson Mompoint
Il y a, dans le déploiement tchadien
en Haïti, quelque chose de plus qu’un
simple concours international à la sécurité.
Ce qui se joue dépasse la lutte contre
les gangs, dépasse même l’urgence humanitaire
que l’on agite pour légitimer
l’intervention. C’est une mutation du
mode opératoire des grandes puissances
— en particulier des États-Unis — qui se
déploie sous nos yeux : une guerre sans
drapeau, une influence sans uniforme,
une domination sans occupation formelle.
Haïti, une fois de plus, sert de
terrain d’essai.
Dans cette architecture nouvelle,
le Tchad n’est ni un acteur autonome, ni
un simple partenaire multilatéral. Il est
une interface militaire, un relais opérationnel
dans un dispositif où la puissance
stratégique reste ailleurs. Cette externalisation
de la force, soigneusement
emballée dans le langage des Nations
unies et de la coopération internationale,
constitue l’un des tournants les plus significatifs
de la gestion contemporaine des
crises dites “périphériques”.
La montée d’un modèle : intervenir
sans apparaître
Depuis les échecs politiques et les
coûts réputationnels des interventions
directes — de l’Irak à l’Afghanistan — les
États-Unis ont progressivement redéfini
leur doctrine d’intervention. L’occupation
frontale cède la place à des mécanismes
hybrides : partenariats sécuritaires, délégation
militaire, coalitions sous mandat
international.
Dans ce schéma, l’objectif est clair
: contrôler sans assumer, influencer sans
s’exposer, stabiliser sans s’enliser. Haïti
entre parfaitement dans cette catégorie
d’espaces où l’intervention directe serait
politiquement toxique, mais où l’absence
d’intervention risquerait de produire un
chaos incontrôlable aux portes de la région
caraïbe, zone d’intérêt stratégique
pour Washington. La solution ?
Sous-traiter la coercition.
Le choix du Tchad : une logique
de compatibilité militaire et politique
Pourquoi le Tchad ? La question
mérite d’être posée sans naïveté. Le
Tchad dispose de plusieurs caractéristiques
qui en font un candidat idéal dans
ce type d’opération : Une armée habituée
aux conflits asymétriques (Boko Haram,
Sahel, opérations régionales. Une tradition
d’engagement dans des missions
internationales. Une relation historique
de coopération sécuritaire avec les États-
Unis. Une dépendance structurelle à
l’aide militaire et logistique occidentale.
Autrement dit, le Tchad est interopérable,
discipliné dans les cadres multilatéraux,
et politiquement disposé à jouer ce rôle.
Mais il y a plus. Dans la géopolitique
contemporaine, certains États sont
progressivement transformés en “fournisseurs
de sécurité” pour des théâtres
extérieurs. Ils deviennent des extensions
fonctionnelles de stratégies conçues ailleurs.
Le Tchad, dans le cas haïtien, n’est
pas seulement présent : il est mobilisé.
Haïti : laboratoire d’une sécurité
externalisée
Depuis l’effondrement progressif
des institutions haïtiennes, la question
sécuritaire est devenue l’argument central
de toutes les initiatives internationales.
Mais ce qui change aujourd’hui, ce
n’est pas la présence étrangère — c’est
sa nature. La MINUSTAH, mission emblématique
du passé, reposait sur une occupation
multinationale visible, avec une
chaîne de commandement relativement
identifiable. Elle a laissé derrière elle un
héritage lourd : accusations d’abus, introduction
du choléra, dépendance institutionnelle.
Aujourd’hui, la nouvelle architecture
est plus diffuse, plus technique, plus
opaque. La force en cours de déploiement
— soutenue logistiquement par
les États-Unis — fonctionne selon une
logique différente : capacité offensive
accrue, mandat d’arrestation, opérations
ciblées contre des groupes armés,
intégration de contingents issus de pays
tiers. Et au cœur de ce dispositif, les
troupes tchadiennes apparaissent comme
élément pivot.
Les États-Unis en retrait apparent,
en contrôle réel
Il serait naïf de lire cette configuration
comme un retrait américain. Il
s’agit en réalité d’un repositionnement
stratégique. Les États-Unis continuent
de jouer un rôle déterminant à plusieurs
niveaux : Renseignement : surveillance,
analyse, ciblage ; Logistique : transport,
ravitaillement, équipements ; Formation
: structuration doctrinale des forces engagées
; Diplomatie : orchestration du
cadre multilatéral.
Ainsi, même en l’absence de
troupes américaines visibles, la matrice
opérationnelle reste profondément influencée
par Washington. Ce que l’on observe,
ce n’est pas une absence — c’est
une invisibilité organisée.
Une guerre par procuration ?
Pas exactement, mais presque
Le terme “guerre par procuration”
peut sembler excessif. Pourtant,
certains éléments y ressemblent fortement.
Le Tchad agit sur le terrain, prend
les risques, engage ses hommes. Mais
les paramètres essentiels — objectifs,
financement, architecture stratégique —
échappent en grande partie à son contrôle.
Il ne s’agit pas d’un conflit entre
puissances rivales, mais d’un modèle
asymétrique de projection de puissance,
où : les États centraux conservent la décision,
les États périphériques exécutent,
les territoires fragiles servent de théâtre.
Haïti, dans cette configuration, n’est ni
acteur ni arbitre. Elle est l’espace d’application.
Les conséquences pour la souveraineté
haïtienne
C’est ici que le problème devient
politique. Car au-delà de la question
sécuritaire immédiate, cette configuration
produit des effets structurels.
1. Érosion de la souveraineté
Lorsque la sécurité nationale
dépend de forces étrangères, même indirectes,
l’État perd son monopole de la
violence légitime.
2. Déresponsabilisation des élites
locales
Les dirigeants haïtiens, souvent
enfermés dans des luttes de pouvoir
intestines, trouvent dans cette externalisation
une échappatoire à leurs propres
échecs.
3. Institutionnalisation de la
dépendance
Chaque intervention renforce
l’idée que la solution viendra de l’extérieur.
4. Risques d’abus et d’impunité
L’expérience passée montre que
les forces internationales ne sont pas
toujours soumises à une redevabilité
claire.
Une classe politique absente,
voire complice
Pendant que cette architecture se
met en place, la classe politique haïtienne
brille par son silence — ou pire, par son
opportunisme.
Au lieu de poser les termes du débat,
d’exiger des garanties, de défendre
une vision souveraine de la sécurité, elle
se perd dans des querelles de positionnement,
dans une lutte permanente pour
l’accès au pouvoir. Cette attitude révèle
une réalité dérangeante : l’absence de
projet national. Dans ce vide stratégique,
les décisions se prennent ailleurs.
Le facteur régional : Haïti comme
enjeu de stabilité caribéenne
Il serait réducteur de limiter l’analyse
à une simple relation bilatérale entre
Haïti et les États-Unis. La crise haïtienne
a des implications régionales majeures
: flux migratoires vers les États-Unis
et la Caraïbe, instabilité aux frontières
dominicaines, risques de criminalité
transnationale.
Dans ce contexte, stabiliser Haïti
devient une priorité géopolitique. Mais
stabiliser ne signifie pas reconstruire. Et
c’est toute l’ambiguïté de l’intervention
actuelle.
Le Tchad : acteur ou instrument
?
Revenons à la question centrale.
Le Tchad est-il un acteur souverain dans
cette mission, ou un simple instrument ?
La réponse se situe probablement
entre les deux. D’un côté, N’Djamena
tire des bénéfices : reconnaissance internationale,
soutien diplomatique, renforcement
de ses capacités militaires. De
l’autre, il s’inscrit dans une logique qui
le dépasse. Le Tchad agit, mais dans un
Le déploiement tchadien en Haïti
cadre défini par d’autres. Il exécute, mais
ne décide pas entièrement.
Vers une normalisation de la
sous-traitance militaire
Ce qui se joue en Haïti pourrait
bien annoncer une tendance plus large.
Face aux crises multiples du XXIe siècle,
les grandes puissances semblent privilégier
un modèle où : les interventions
sont indirectes, les responsabilités sont
diluées, les coûts politiques sont externalisés.
Dans ce système, certains pays
deviennent des opérateurs de sécurité
globale, intervenant là où les puissances
centrales ne souhaitent plus apparaître.
Et Haïti dans tout cela ?
Haïti, une fois encore, se retrouve
au cœur d’un dispositif qui la dépasse.
Non pas comme sujet, mais comme objet.
Non pas comme décideur, mais comme
terrain.
La question n’est donc pas
seulement sécuritaire. Elle est existentielle
: Quel État haïtien émergera d’un
système où la sécurité est importée, pilotée
et exécutée de l’extérieur ?
Une souveraineté sous condition
Le déploiement tchadien en Haïti
n’est pas un simple fait militaire. C’est un
signal. Le signal d’un monde où la puissance
se reconfigure, où les interventions
se masquent, où les États fragiles deviennent
des espaces de gestion plutôt que
des partenaires.
Dans cette configuration, Haïti
risque de s’installer durablement dans
une position de dépendance sécuritaire.
Et le plus inquiétant n’est peut-être pas
la présence du Tchad. C’est l’acceptation
silencieuse d’un système où : la souveraineté
devient négociable, la sécurité
externalisée, et l’avenir piloté à distance.
Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 20 avril 2026
Les Forces armées argentines préparent leur état-major au
déploiement de troupes en Haïti
Les Forces armées argentines poursuivent
la présélection des officiers
destinés à intégrer l’état-major de la
Force multinationale de répression des
gangs en Haïti (FSRB), la force multinationale
soutenue par les Nations Unies
pour lutter contre les gangs armés qui
contrôlent de vastes zones de ce pays
caribéen. Cette initiative fait suite à des
informations obtenues par Escenario
Mundial, qui appelle à identifier les militaires
volontaires répondant aux critères
de candidature pour cette mission.
Ce processus est mené par
l’état-major interarmées des Forces
armées, qui a déjà lancé une procédure
interne pour identifier les militaires éligibles
aux différents postes au sein de la
structure de commandement de la mission.
Selon nos sources, la priorité est
donnée dans un premier temps aux officiers
affectés à la planification, la coordination,
la liaison, le soutien opérationnel
et le commandement au sein de la composante
multinationale. Cette information
marque une étape concrète pour
l’Argentine en vue d’une éventuelle participation
à la nouvelle architecture de
sécurité internationale pour Haïti.
La Force de répression des gangs
(GSF) a été autorisée par le Conseil de
sécurité des Nations Unies en tant que
force multinationale dotée d’un mandat
initial de 12 mois. Son objectif est
d’appuyer les autorités haïtiennes dans
la neutralisation des gangs armés, la
protection des infrastructures critiques et
la garantie de l’accès humanitaire dans
un pays en proie à une crise sécuritaire
extrême.
Cette nouvelle force remplace
la Mission multinationale d’appui à la
sécurité (MMASS), dirigée par le Kenya,
qui avait été déployée avec des ressources
limitées et n’avait jamais atteint
l’effectif prévu. Contrairement à cette
dernière, la GSF a été conçue comme
une structure plus robuste, avec une
capacité d’environ 5 550 personnes,
personnel en uniforme et civil compris.
La détérioration de la situation
en Haïti a conduit les Nations Unies et
divers acteurs internationaux à promouvoir
une réponse plus large. D’après les
rapports de l’ONU, des bandes armées
contrôlaient jusqu’à 90 % de Port-au-
Prince, tandis que plus de 1,3 million de
personnes ont été déplacées par la violence,
les enlèvements, les attaques contre
les infrastructures et l’effondrement
des services essentiels.
Dans ce contexte, la participation
potentielle de l’Argentine s’inscrit
dans le cadre d’une mission distincte
des opérations de maintien de la paix
traditionnelles. La Force de répression
des bandes armées aura pour mandat
de lutter contre les structures criminelles
armées, de sécuriser les sites
stratégiques et d’appuyer les autorités
haïtiennes dans la reconstruction de
leurs capacités de sécurité intérieure.
L’Argentine a déjà participé à
des missions internationales, notamment
à des déploiements en Haïti sous
mandat des Nations Unies. Cependant,
le nouveau scénario présente un profil
opérationnel plus délicat : il ne s’agit
plus seulement de stabilisation ou de
maintien de la paix, mais d’une force
spécifiquement conçue pour affronter les
organisations armées qui exercent un
contrôle territorial.
Escenario Mundial 01 mai 2026
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Haiti Liberté
7
Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (12)
Ariel, CPT et Fils-Aimé, Haïti, les 100 jours qui ne servent à rien !
Par Catherine Charlemagne
Dans les systèmes démocratiques,
tout au moins où l’alternance
politique se fait régulièrement, on a
coutume de faire un premier bilan des
actions du gouvernement sur ses cents
premiers jours à la tête du pays. Certes,
en Haïti, même si l’on est très loin de
la démocratie, on ne peut non plus
parler de dictature, ce qui supposait
que cet exercice collerait parfaitement
à tout nouveau gouvernement ayant
la gestion du pays. Mais voilà, depuis
l’odieux assassinat du Président Jovenel
Moïse en 2021, la société haïtienne
tourne en rond. Et pour cause. Même
s’il n’y a jamais eu d’élections depuis
cette date, les Haïtiens ont connu une
succession de dirigeants au sommet de
l’État. Cela va d’un Premier ministre/
Président (Ariel Henry) à une collection
de « Présidents » (Conseil Présidentiel
de Transition), pour finir par retourner
à un super Premier ministre/Président
(Alix Didier Fils-Aimé) sans qu’on sache
réellement où cette inflation de chef
du pouvoir Exécutif veut emmener le
pays.
Malgré tout, on avait fait un bilan
des cents jours de la gouvernance
d’Ariel Henry comme nous le faisons
depuis toujours et notamment celle de
Jovenel Moïse à son arrivée à la présidence
de la République. Le but de ce
premier bilan dit « Les cents jours »,
sous Ariel Henry était d’essayer de
comprendre ce que voulait réaliser celui
qui prenait de facto la succession
d’un chef d’État élu et qui avait une
date pour quitter le pouvoir. Au cours
de l’exercice, on avait vite compris que
l’équipe entourant le Premier ministre/
Président n’avait en vérité qu’un objectif
: rester définitivement à la tête d’Haïti
sans passer par le moindre scrutin. Cent
jours après ce quasi-coup d’État politique
réalisé avec la complicité tacite de
Mme Helen La Lime, à l’époque cheffe
du Bureau Intégré des Nations-Unies en
Haïti (BINUH), il n’y avait aucun signe
pour sortir Haïti de la Transition et de
l’instabilité politique.
Plus de trois ans plus tard, arriva
ce qui devrait arriver : Ariel Henry
et son équipe s’effondrèrent, comme
c’était prévisible, dans une cacophonie
générale. La nature ayant horreur du
vide, pour prendre le relais, la Communauté
internationale avait brusquement
concocté ou enfanté un monstre à neuf
têtes entre trois capitales - Kington,
Nassau et Port-au-Prince -. Cet animal
quasi-inconnu, d’autres diraient « inédit
», se nommait : Conseil Présidentiel
de Transition (CPT). Pas moins de neuf
individus avides de pouvoir, de reconnaissance
et surtout de richesses. Le
pire, c’est que tout ou presque les oppose.
Durant le temps du mandat de
cette créature insolite que l’International,
avec son accord, avait fixé à deux
ans, c’était encore pire. Les 9 Président/
Conseillers ou l’inverse n’ont même pas
cherché à faire la différence par rapport
à Ariel Henry qu’ils avaient tant reproché,
critiqué et attaqué pour son immobilisme
et sa volonté de s’accrocher au
pouvoir.
Là aussi, cent jours après leur arrivée
mouvementée au Palais national,
ensuite à la Villa d’Accueil, on avait
tenté de trouver ce qui les distingue
du régime intérimaire d’Ariel Henry.
On avait beau creusé, le résultat a été
néant. En guise de bilan de leurs cents
jours à la présidence de la République,
c’est à un énorme scandale de corruption
que les Haïtiens ont dû faire face.
Si certains parmi les neuf fainéants
politiques avaient vite fait d’avoir la
peau de leur « Mouton blanc » en la
personne du Premier ministre Garry
Conille, d’autres, à l’inverse, s’étaient
plutôt adonnés à piller les caisses du
Trésor public, entre autres, les caisses
de la BNC (Banque Nationale de Crédit).
En clair, les cents premiers jours
de la présidence des neuf membres du
Les cents premiers jours de la présidence des neuf membres du Conseil
Présidentiel de Transition ont été une catastrophe annonciatrice
Conseil Présidentiel de Transition ont
été une catastrophe annonciatrice de ce
qu’allait être le bilan final au moment
de leur départ après plus de deux années
de mandat. A part des Firmes de
mercenaires qui ont été grassement
payées pour un résultat nul, pas un
chien n’a vraiment été inquiété sur
le plan sécuritaire. En revanche, des
sommes considérables ont été englouties
soi-disant pour réaliser une réforme
constitutionnelle et un référendum qui
n’ont jamais vu le jour après que les
autorités aient elles-mêmes fait hara-kiri
du projet alors même que tout était
quasi ficelé. Aujourd’hui encore, certains
se demandent ce qui s’est passé.
En quoi les 9 membres du CPT ont-ils
été utiles à Haïti ? Peut-être un jour la
Nation demanderait les comptes, ou un
ouvrage reviendrait sur le passage déroutant
et la gestion calamiteuse de ces
9 Conseiller/Présidents qui n’ont servi à
rien, sauf à profiter des deniers publics
pour s’enrichir.
Enfin, il reste le cas d’Alix Didier
Fils-Aimé. Ce citoyen est un cas particulier
dans l’histoire politique contemporaine
d’Haïti. Nous n’allons pas revenir
sur les circonstances et les raisons
qui ont fait de ce monsieur l’homme fort
d’Haïti du moment. Nous l’avons suffisamment
développé dans la chronique
suivant sa première nomination à la
place de Garry Conille, il y a deux ans.
D’ailleurs, c’est pourquoi nous l’avons
dit, l’actuel chef de la Transition doit
être vu sur ses deux facettes. D’abord,
comme pour tout nouvel exécutif, il a
eu droit à un bilan pour ses cents jours
après son arrivée à la Primature en tant
que Premier ministre du Conseil Présidentiel
de Transition. Compte tenu du
contexte dans lequel il avait été nommé,
Alix Didier Fils-Aimé pouvait prétexter
qu’il n’avait pas les mains libres
pour appliquer la politique pour laquelle
il avait pourtant été désigné.
A sa décharge, la conjoncture
était mortifère à tout point de vue et
il n’avait pas un mais neuf patrons,
entre autres, le Coordonnateur principal
à qui il fallait obéir et qui, sans doute,
avait son propre agenda. À l’époque,
l’on était très magnanime avec le nouveau
chef du gouvernement qui devait
donner des gages de garantie à tout
le monde à Port-au-Prince et à Washington,
histoire d’asseoir son pouvoir
et son autorité. Alix Didier Fils-Aimé
avait consacré les cents premiers jours
à la Primature à consolider ses assises
auprès de ses amis en Haïti, le Secteur
économique et des affaires et auprès
des lobbyistes étrangers pour vendre
son image auprès de ceux qui comptent
dans la capitale fédérale américaine
- institutions internationales, et naturellement
auprès du gouvernement
américain - sans qui rien n’aurait été
possible.
Alix Didier Fils-Aimé est le seul maitre à bord de ce bateau fantôme
qu’on appelle encore l’État d’Haïti
Pour ce premier bilan, l’on s’était
contenté de dire d’où venait ce Premier
ministre et aussi qu’il ne fallait pas attendre
des miracles. Somme toute, deux
ans après, c’est-à-dire au moment où
il allait hériter de l’ensemble des pouvoirs,
le moins que l’on puisse dire, il
faut le reconnaitre, c’est que nous nous
n’étions pas trompés. Maintenant, venons
sur le bilan de ces 100 jours qu’il
vient de passer à la tête du pays non
seulement en tant que chef du gouvernement,
mais aussi en tant qu’unique
chef de la Transition dans la mesure où
il est à la fois Premier ministre et Président
de facto de la République. Ici,
l’on n’est plus dans l’inédit. De pareilles
situations, le pays en a connu beaucoup
depuis la disparition de Jovenel
Moïse il y a six ans déjà où la Transition
se conjugue au passé composé
avec Ariel Henry, au passé antérieur
avec le CPT et au futur avec Alix Didier
Fils-Aimé qui nous promet, comme ses
prédécesseurs : sécurité, élection et stabilité.
Trois mots clés ou magiques qui
sonnent comme de vœux pieux dans la
tête de tous les dirigeants qui se sont
succédé soit au Palais national ou à la
Primature depuis 2007, soit 19 ans.
Depuis le 7 février 2026, Alix
Didier Fils-Aimé est le seul maitre à
bord de ce bateau fantôme qu’on appelle
encore l’État d’Haïti. Sans aucune
opposition officielle et homme lige des
autorités américaines à Port-au-Prince,
il ne peut se soustraire à un bilan qu’il
soit positif ou négatif depuis les cents
jours qu’il occupe le devant de la scène
politique haïtienne. Sans le moindre
contre-pouvoir, pas même un article X
comme il en a eu lors de la précédente
administration pour dire qu’il devait
mettre en place un quelconque « Comité
Théodule » pour surveiller ses faits
et gestes, l’actuel chef de cette Transition
permanente n’a de compte à rendre
qu’à lui-même. Certains diraient, tout
ça pour ça, en pensant à la lutte qu’ils
ont menée pour chasser Ariel Henry qui
se comportait en Roi fainéant qu’on finissait
par appeler le « Roi Henry » tant
il cumulait les titres et les pouvoirs sans
rien réaliser pour le pays, sinon que
s’adonner à faire des promesses non
tenues.
Jeudi 7 mai 2026 soit demain fera
cents jours depuis que le représentant
de la classe dominante et des oligarques
occupe sans partage un pouvoir hérité
de l’incompétence sinon d’un plan calculé
de la cohorte présidentielle qui assumait
le contrôle du pays. Arrivé par
hasard là où il se retrouve depuis cents
jours, au sommet de l’État, Alix Didier
Fils-Aimé ne demandait pas autant.
Certes, il ambitionnait de faire de la
politique, c’était un vieux rêve devenu
réalité. Mais, jamais au grand jamais,
il n’aspirait à devenir un jour le seul
maitre d’Haïti. Comme disent les jeunes
d’aujourd’hui, « même pas en rêve ». Il
se serait contenté d’être sénateur de la
République s’il n’avait pas été battu par
un certain Don Kato de son vrai nom
Antonio Chéramy, du parti politique
« VERITE », celui du feu Président de la
République René Préval. Mais, le destin
et un gros coup de pouce de sa classe
sociale et du Secteur économique et
d’affaires en ont voulu autrement.
Le voilà depuis cent jours chef
impuissant d’une République qui ne demande
qu’à lui obéir à condition qu’il
ait des idées et surtout de la volonté.
Car le temps presse. Depuis la mort de
Jovenel Moïse, la République va à vaul’eau.
Après Ariel Henry et les 9 autres
rigolos qui ont passé leur temps à se
chamailler, il est la troisième tentative
pour reprendre en main un pays qui se
délite, puisque l’expression tombée en
faillite ne colle plus. Haïti dépasse largement
ce SAS de sécurité. Pourtant, ce
pays concentre tout ce qui peut se faire
en matière de sécurité pour le rendre
sûr, stable et fonctionnel. Il s’agit de la
police nationale, Forces armées, mercenaires
officiellement recrutés, Forces de
Répression des Gangs (FRG) de l’ONU,
multiples Services de renseignement
étrangers, forces obscures du gouvernement,
militaires étrangers non officiels
sur le terrain.
Aux dernières nouvelles, un
contingent de militaires américains
accompagnés des agents de la police
haïtienne est arrivé le samedi 2 mai à
Ouanaminthe dans le cadre de l’opération
Southern Spear apparemment
pour lutter contre ce qu’ils appellent
les narcoterroristes et les gangs qui
auront l’intention de fuir vers la République
dominicaine. Bref une multitude
de corps et d’agents pour combattre un
seul ennemi : les quelques groupes armés
qu’on qualifierait presque de loups
solitaires qui se battent pour leur survie.
On arrive presque à se demander
de qui on se moque dans cette Transition.
La République est verrouillée de
l’intérieur comme de l’extérieur comme
si la volonté d’étouffer, d’étrangler et
FRANTZ BOISSON, EA
Licensed: US Treasury Dept.
TAX & ACCOUNTING
Individual, Self-employed, Corporate, Cabbies,
Aliens, Business Set-up, Proposals
IRS REPRESENTATION
Audits, Back taxes, Warrants, Levies, Appeals
3415 Avenue I
(near Flatbush Ave.)
Brooklyn, NY
d’asphyxier fait partie d’un plan commun
afin d’en finir une fois pour toute
avec ce peuple, ce pays dont l’histoire
dérange.
Cent jours que l’homme qui a été
placé sous les yeux vigilants des Marines
américains stationnés dans la baie
de Port-au-Prince juste en face de la
Villa d’Accueil n’a pu rouvrir une seule
route fermée depuis plus de quatre ou
cinq ans. Et que dire de cette histoire
d’aéroport Toussaint Louverture, fermé
lui aussi depuis l’épisode du « pays
lock » ou « DDN » l’opération qui a enfermé
dehors l’ancien Premier ministre
Ariel Henry, interdit par Barbecue et ses
hommes de retourner au bercail ? La
plaisanterie va si loin que, depuis ces
années, cette structure aéroportuaire a
été transformée en base militaire pour
l’armée américaine et autres armées
du monde déversant leurs soldats jour
et nuit en Haïti sans savoir à quoi ils
servent. Ou du moins, si. D’après certains
échos arrivant jusqu’à nous, il
semblerait que ceux des Etats-Unis
serviront de tête de pont pour une future
opération contre Cuba après celle
de l’Iran.
Tandis que les autres ne sont
que des leurres. En réalité, les soldats
tchadiens dont on annonce l’arrivée à
grand renfort de publicité ne seront pas
plus efficaces que leurs homologues
kenyans qui se sont cassé les dents face
aux groupes armés locaux connaissant
le moindre recoin de cette terre qu’ils
ont appris à connaitre depuis leur plus
tendre enfance en plus biberonnés par
le nationalisme et le patriotisme haïtien
qui ne sont plus à démontrer. Depuis
ces cents jours, le Premier ministre/Président
ne parle que des élections. Sauf
que tous les observateurs politiques s’y
perdent un peu, à force de voir les autorités
gouvernementales et électorales
incapables de s’accorder sur quoi que ce
soit, ni sur les coûts, ni sur les dates, ni
sur la sécurité.
Ça fait beaucoup de divergences
sur un seul dossier pour qu’on soit
sûr qu’ils arriveront à s’entendre d’ici
le mois d’août comme l’avait promis
Jacques Desrosiers, le Président du CEP,
pour un premier tour des scrutins. En
conclusion, sauf si l’on veut se mentir,
on peut dire que les cents jours de cette
nouvelle administration de Alix Didier
Fils-Aimé ne sont pas différents des
autres. Ce sont plus de trois mois qui
n’ont servi à rien. Sinon qu’à gagner du
temps dans une Transition qui ne profite
qu’à ceux qui ont déjà tout. Alors que la
grande majorité de la population végète
dans la misère et la désolation. Comme
disait l’autre : pendant ce temps, en
Haïti, la crise continue !
C.C
646-249-5204
8 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
This week in Haiti
1915 Redux:
Operation Southern Spear Begins to Establish
De Facto U.S. Military Bases in Haiti
By KimIves
The Pentagon’s Operation Southern
Spear burst into the world’s headlines
in September 2025 when the U.S.
Navy began to bomb small boats in the
Caribbean Sea and Pacific Ocean.
While the Trump administration
claimed it was stopping narco-traffickers
running drugs to the
U.S., it is now well established that
many (if not almost all) of the victims
illegally attacked and extrajudicially
killed by the Southern Command’s
drones and missiles were innocent
fishermen, ferrymen, travelers, or other
civilians with no connection to the
drug trade.
Some of those wounded in
the attacks say they were later arrested
and tortured by U.S. forces.
“Thirty-six survivors of two Pacific
attacks... alleged that they were abducted
and tortured by American forces
and taken by boat all the way to
El Salvador before being returned to
Ecuador,” thanks only to the efforts of
the families, reported Drop Site News
in an in-depth Apr. 21 exposé.
Due to their small size, none
of the vessels blown up had even a remote
chance of reaching U.S. shores.
As of this writing, since Sep.
2, 2025, the U.S. has carried out 55
strikes, 17 in the Caribbean and at
least 36 in the Pacific, destroying 56
boats and wrongfully killing at least
188 civilians, according to a regularly
updated blog kept by the Center for
Economic and Policy Research (CEPR)
in Washington, DC.
Haiti Also in the Cross-hairs
The first time Operation Southern
Spear targeted Haiti was on Feb.
3, 2026, when U.S. warships – the
USS Stockdale, USCGC Stone, and US-
CGC Diligence – cruised into the Bay
of Port-au-Prince to send a message to
all Haitians that Washington wanted
no renewal of the Transitional Presidential
Council (CPT), whose mandate
was to expire on Feb. 7, and that de
facto Prime Minister Alix Didier Fils-
Aimé alone would assume all executive
power.
But in the last three months,
the Pentagon has begun to deploy its
forces increasingly on land rather than
sea.
Washington’s first step is to
have its State Department create “designated
terrorist organizations,” which
becomes the justification for unilateral
military action. For instance, in
Ecuador, now gripped by the iron-fist
of close-Trump-ally President Daniel
Noboa, the “designated terrorists” are
suspected drug traffickers. On Mar.
3, “U.S. Special Operations [assisted]
in raids by elite Ecuadorian forces on
suspected drug cartel ‘processing and
shipping’ facilities” in Ecuador, reported
The Intercept on Mar. 4.
“This was always going to
escalate,” an anonymous U.S. government
official told The Intercept,
referring to Operation Southern Spear
“It wasn’t going to be just boat strikes
forever.”
Coming Ashore
Just like Haiti, Ecuador has a
constitutional ban on the deployment
of foreign troops on its soil. In November
2025, 60% of Ecuadorians voted
to uphold this ban, which dates back
to the anti-imperialist government of
Rafael Correa in 2007. Trump recently
publicly acknowledged his disregard
for international law, declaring: “we’re
like pirates.”
Knowing Haitians’ nationalist
disposition, the U.S. has taken a
more sneaky approach in Haiti. First,
since November 2024, the Federal
Aviation Administration (FAA) has
prohibited all commercial airlines
leaving U.S. airspace from flying to
Port-au-Prince’s Toussaint Louverture
International Airport, which historically
has been the principal international
gateway into Haiti. This ban has been
copied by Canada, France, and the Dominican
Republic.
PAP’s closure has caused
great suffering and distress to Haitians.
Those in the diaspora wishing
to visit their country must travel at
great expense either through the much
smaller Cap Haïtien airport in Haiti’s
north or the Dominican Republic.
In response, there is today a
nationwide movement in Haiti to reopen
the airport. “One of this mobilization’s
key demands is that the capital’s
airport must under no circumstances
be transformed into an American military
base,” wrote Berthony Dupont in
an Apr. 22 Haïti Liberté editorial. “We
cannot force any nation to maintain
commercial relations or any other form
of interaction with us; conversely, they
cannot violate our rights by closing
our airport as they wish, even going
so far as to intimidate or prevent other
nations from landing there.”
On May 1 st , International
Workers Day, hundreds of Haitians
marched and demonstrated in Portau-Prince
to demand the airport’s reopening.
Fils-Aimé seemed to mock
Haitians when he began to chant
and head bob along with demonstrators
shouting at him “Unblock the
nation” and “Open the airport.” His
jocular response was a faux pas because
it echoed a similar one by his
political predecessor, President René
Préval, who two decades earlier had
infamously and cavalierly said, when
faced with an angry crowd demanding
that he take action: “When you next
demonstrate, stop by the Palace to get
me, I will join you.”
But the Port-au-Prince airport
has, in fact, been converted into
a de facto U.S. military base where
the troops of the U.S.-sponsored and
financed “Gang Suppression Force”
(GSF), like the “Multinational Security
Support” (MSS) before it, are garrisoned.
U.S. military planes are regularly
seen landing there.
U.S. control of the airport
seemed to be confirmed this week
when, Radio Télé Éclair’s Micro Vérité
(Truth Microphone), an anonymous
Haitian National Police (PNH) officer
said that the U.S. Embassy had instructed
the Haitian government and
police brass not to allow Haitians to
demonstrate at the airport.
Designating Viv Ansanm as
Terrorist
On May 2, 2025, U.S. Secretary
of State Marco Rubio declared the Viv
Ansanm (Live Together) coalition of
armed neighborhood groups in greater
Port-au-Prince a “designated terrorist
organization,” thereby laying the
ground for another U.S. military intervention.
Exactly one year later, on
May 2, 2026, “as part of Operation
Southern Spear, a contingent of American
military personnel reportedly landed
in Ouanaminthe, Haiti, at noon,”
reported Haitilibre.com. A helicopter
“is said to have landed at the Haitian
customs heliport, carrying American
soldiers accompanied by [PNH officers]...
According to available (unofficial)
information, the priority missions
of the American contingent deployed
in Ouanaminthe are to combat narco-terrorism,
prevent gangs from retreating
to the Dominican Republic,
and stop arms smuggling.”
So it now appears that the
U.S. has stationed Operation Southern
Spear contingents in both Ouanaminthe
and Port-au-Prince.
The U.S. Southern Command
did not reply to Haïti Liberté’s
request for confirmation.
As for the objective of preventing
“gangs” from “retreating to
the Dominican Republic,” guarding
the northeastern border crossing between
Ouanaminthe and Dajabón
does not make much sense. None of
the Viv Ansanm or Artibonite Valley
armed groups have a presence in Haiti’s
North or Northeast Departments.
Furthermore, the DR now has a highly
monitored and militarized border with
Haiti, particularly around Dajabón.
Despite a disastrous and
deteriorating situation with its war
against Iran and a looming planetary
economic crisis, the U.S. is planning
its Operation Southern Spear until at
least 2028, according to The Intercept.
“Mark Cancian, an analyst
with the Center for Strategic and
International Studies, told The Intercept
that the documents suggest the
outsized American military presence
in the Caribbean could continue for
years,” the outlet wrote.
The last time that the U.S.
military set up long-term bases in
Haiti was 1915, when U.S. Marines
invaded for the first time, remaining
for 29 years, until 1934. U.S. military
interventions in 1994 and 2004
only remained in Haiti for about three
months, before passing off their occupation
to more cheaply paid UN
troops.
Interdicting Marijuana
Meanwhile, the U.S. has set a
very low bar for the drugs it is interdicting
in the Caribbean. On Apr. 30,
the U.S. Navy’s USS Billings combat
ship, with a U.S. Coast Guard Tactical
Law Enforcement Team aboard,
“stopped a suspected drug smuggling
vessel” in the Windward Passage
“approximately 8 miles off Mole
Saint-Nicolas, Haiti” (i.e. within the
12 nautical miles of Haiti’s territorial
waters), according to a Coast Guard
press release. “With the permission of
the Haitian government, the boarding
team’s investigation resulted in approximately
3,200 pounds of marijuana
being found, worth approximately
$3.8 million, and one person was detained.
The contraband and suspected
smuggler were transferred to Haitian
authorities, Sunday,” May 3.
The U.S. Coast Guard turned
over “a Jamaican citizen, Aldane
Anderson, alias ‘Ali,’ born Jan. 26,
2001,” to the PNH’s Drug Trafficking
Brigade (BLTS/North) in Cap Haïtien,
Icihaiti.com reported, along with “66
bags of marijuana, carefully wrapped
in plastic.” It is not clear why or where
Anderson was held by the Coast Guard
for three days.
Marijuana is legal in 40 out
of 50 U.S. states, although it is still
technically illegal under federal law.
Along with hemp, marijuana is illegal
in Haiti.
Ironically, nowhere did the
U.S. Southern Command assert that
the USS Billings was part of Operation
Southern Spear, whose real purpose
is not drug interdiction, but rather regime
change (in Venezuela and Cuba),
counter-insurgency (in Haiti), and
U.S. military and political domination
of the entire region.
Only time will tell if the U.S.
has overestimated its power and underestimated
popular resistance to it in
the Caribbean just as it has so dramatically
done in its spiraling debacle in
Iran.
U.S. Secretary of State Marco Rubio with U.S. Southern Command Gen.
Francis L. Donovan during a SouthCom conference on May 5 in Doral,
FL. (Photo: SouthCom)
U.S. and Salvadoran Marines train for battle in La Union, El Salvador.
Increasingly, Operation Southern Shield plans to undertake more actions
on land, not just blowing up boats at sea. (Photo: SouthCom)
Still from the video of a small boat in the eastern Pacific just seconds
before it was blown to smithereens by a U.S. missile, killing three
untried, unknown men on board. Most of the victims of 55 such attacks
have been innocent civilians. (Photo: SouthCom)
Part of the Operation Southern Spear forces, U.S. Marines fast rope from
a helicopter aboard the USS Fort Lauderdale in the Caribbean Sea on Apr.
15, 2026. (Photo: SouthCom)
Survivors of a Mar. 25 attack by Operation Southern Spear on the fishing
boat Don Maca in the Pacific, provided to Drop Site News.
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Haiti Liberté
9
L’INDUSTRIE DU MENSONGE :
L’IA AU SERVICE DE LA PROPAGANDE ANTI-CHINE
Par Xu Li
Une enquête récente de l’Asahi Shimbun,
l’un des principaux quotidiens
japonais, a révélé l’existence d’un marché
noir florissant : la production massive de
fausses vidéos au contenu anti-chinois,
générées par intelligence artificielle. Des
séquences intitulées « Des Chinois détruisant
des cerisiers » ou « Un étudiant
chinois volant la canne d’une personne
âgée », qui ont suscité l’indignation des
internautes japonais et cumulé des centaines
de milliers de vues, se sont avérées
être des produits monétisés. Il suffit d’une
poignée d’instructions pour que l’IA
génère en quelques minutes des rumeurs
incendiaires. Il ne s’agit pas seulement
d’un détournement technologique, mais
d’une guerre cognitive méthodiquement
organisée.
Il s’agit clairement d’une tentative
de manipulation de l’opinion publique
déguisée en « business du trafic web ».
En apparence, seule la quête du profit
compte : là où une vidéo classique ne
rapporte que 300 yens pour mille vues,
un contenu anti-chinois en génère 1
000. Mais derrière ces gains faciles se
cache une main invisible. Qui finance
ce flux ininterrompu de désinformation
? Pourquoi ces falsifications grossières
sont-elles présentées comme l’expression
d’une « opinion publique » ? L’histoire
offre un parallèle troublant. Avant la
Seconde Guerre mondiale, l’armée impériale
japonaise avait orchestré l’« incident
de Liutiaohu », un prétexte fabriqué pour
accuser la Chine et justifier une invasion,
tout en alimentant par la presse et la radio
une campagne de haine contre Beijing.
Aujourd’hui, cette même logique a
migré vers les algorithmes et l’IA générative.
Certains s’emploient à fabriquer un
ennemi extérieur imaginaire pour détourner
les esprits des tensions internes, favoriser
l’émergence d’agendas politiques
radicaux et entraîner, progressivement,
une population mal informée sur une
voie périlleuse.
C’est avant tout le symptôme d’un
déséquilibre culturel et d’un égarement
moral qui doivent nous alerter. Un pays
sûr de sa propre valeur n’a nul besoin de
broder la prétendue « laideur » de ses voisins
pour préserver sa cohésion ; une société
en bonne santé ne saurait admettre
que le mensonge se transforme en simple
marchandise. Ceux qui fabriquent ces
vidéos, fonctionnaires, retraités ou étudiants,
le reconnaissent sans détour : «
Je n’ai jamais mis les pieds en Chine », «
Le client nous répète que la vérité importe
peu : plus c’est extrême, plus ça rapporte.
À force d’être vues, ces fictions finissent
par s’imposer comme des vérités dans
l’esprit collectif. » Cette confession, à
elle seule, incarne toute l’absurdité et la
tragédie d’une industrie en pleine dérive.
Lorsque « aimer son pays » se confond
One time use only. Cannot be used in conjunction with any other coupon or
offer. Valid for any new service except subscription fees. Must mention
coupon at the time of sale.
avec « haïr l’autre », lorsque le sens des
valeurs cède la place à l’appât du clic,
c’est la boussole morale de la société tout
entière qui se dérègle.
Le mensonge, fût-il sophistiqué,
ne saurait occulter la réalité. Aussi réalistes
que paraissent ces vidéos générées
par l’IA, elles ne modifieront en rien la
morosité économique du Japon, son
vieillissement démographique accéléré ni
l’ampleur de sa dette abyssale. Parier sur
la calomnie et la haine envers un voisin
pour dessiner l’avenir d’un pays revient
à boire du poison en espérant étancher
sa soif. Hier, le Japon a déjà payé le prix
fort pour ses mensonges. S’il persiste aujourd’hui
à s’enivrer de cette « victoire
spirituelle » factice, il ne fera qu’empoisonner
davantage les relations sino-japonaises
et s’enliser dans une impasse
encore plus profonde. Les leçons de l’histoire,
pourtant, résonnent toujours. Ne
laissons pas l’IA se muer en catalyseur
de dérives militaristes.
Le Grand Soir 29 Avril 2026
OU PA KA
DEFÈT
AKSIDAN.
KITE PYETON
YO PASE.
10 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Traditions are
best shared.
We honor the many ways legacy is
passed down and preserved, from
cherished recipes and timeless
wisdom to the moments that
become unforgettable memories.
“These foods remind me of my mom’s
family traditions and growing up. It’s
a way to feel close to my heritage.”
– Christina S., Georgia
“Culture grounds us. It tells us where
we come from, shapes how we see
the world, and gives us a sense of
pride and belonging no matter
where we go. Without it, we lose the
thread that ties generations together.”
– S. Daley, Florida
“Traditions can live on for many
generations. It’s how we connect
back to those who had us in mind
when they established the traditions.”
– Erica, Georgia
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
10x13.5”
Haiti Liberté
11
Perspectives
Tchad: la Cendrillon des colonies françaises
(10 ème partie)
Par Alexandra Panaguli
Sur le Logone en compagnie
d’André Gide
Manque de motivation, d’éducation,
de ressources, matérielles et financières:
le niveau de culture est très
faible. Le musée national est dépouillé,
surtout par rapport à la grandeur du bâtiment
qui a remplacé l’ancienne mairie
réquisitionné en 1964 pour accueillir
les collections, deux ans après la fondation
du musée. Quelques céramiques et
autres objets d’usage courant très sommairement
présentés, l’historique de
l’art rupestre avec photos, et une sépulture
Sao décrite par l’ethno-archéologue
français Jean-Paul Lebeuf (1907-
1994) comme étant une grande urne
au fond de laquelle le défunt était mis
en pose recroquevillée, “les bras entourant
les jambes repliées sur la poitrine,
le menton reposant sur les genoux, le
cadavre préalablement enbaumé (?),
frotté d’huile, revêtu de ses plus beaux
vêtements et orné de bijoux”.
Quelques faits politiques également,
une photo de la visite du roi
Fayçal d’Arabie saoudite à Fort-Lamy
en novembre 1972, accueilli par N’Garta
Tombalbaye. Et une introduction sur
Bourkou Louise Kabo (1934-1919),
la première femme élue à l’Assemblée
nationale du Tchad, en 1962, s’étant
battue contre l’excision et les mariages
d’enfants.
La principale attraction du musée
est une présentation de la préhistoire
dont les Tchadiens sont, à juste titre,
fiers, intitulée: “Tous d’origine Africaine”.
Nous sommes “Tous des migrants”
dit un panneau.
La tradition culinaire se résume
à la boule (de mil), servie avec diverses
sauces. Je ne parle pas des poissons
de fleuve, avant tout le très bon capitaine
(genre Lethrinus), et les viandes
que l’on cuit sur un feu ouvert et qui
n’ont rien de spécial, à part d’être dures
car souvent cuites sommairement.
Comme la chèvre que nos chauffeurs
ont été acheter à un nomade en plein
désert – choisie au milieu du troupeau
gambadant dans les rochers – puis cuite
rapidement sur un feu de bois.
La céramique pratiquée par les
potiers de Gaoui – pourtant “grand”
centre potier – ou de Bongor dont nous
avons visité les ateliers, est très basique.
On forme les pièces à la main,
assis à même le sol – assises car ce sont
des femmes qui font ce métier purement
utilitaire. Et on les cuit sommairement
devant chez soi, dans la rue même (en
terre), sur un feu fait de branchages
que l’on ramasse aux alentours, brasier
que l’on entoure de morceaux de tôles
pour faire office de four. Température
très basse (500 degrés C alors qu’il faut
minimum 1000 pour cuire en profondeur)
et temps très réduit (deux heures).
Les pièces ne résistent pas longtemps à
l’usage. Mais cela fait tourner les tours.
Cette pauvreté est d’autant plus
étonnante qu’au Tchad la poterie est
un art qui date de l’époque néolithique
avec des pièces du 7ème millénaire
avant notre ère trouvées dans l’Ennedi,
donc bien avant la céramique de la
vallée du Nil!
D’un autre côté, ici on perçoit
une symbiose avec la nature et le respect
de la terre. Un matin, nous embarquons
sur une longue pirogue à
moteur. Joseph et Rachel nous emmènent
au nord, dans des villages le
long du fleuve Logone. Là vivent les
Mousgoum, vers la fin du 19ème siècle
les rivaux des Peuls qui voulaient
les convertir, mais qu’ils ont repoussés
au royaume peul d’Adamawa, quelque
200 km à l’ouest, la partie la plus orientale
de l’empire Sokoto que j’ai mentionné
plus haut. (Peu après, en 1899-
1907, cela a été la guerre entre Peuls et
colonisateurs allemands). Depuis lors,
Mousgoum et Peuls coexistent, les premiers
vivants de la pêche, les seconds
Chaque année, il y a d’inévitables inondations quand le débit du
Logone passe de 50 mètres cube par seconde en mars à plus de 1500 en
septembre-octobre, donc 30 fois plus! En 2022, plus de 2.700 hectares et
de nombreux villages ont été détruits (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).
de l’élevage.
En chemin nous remorquons
une autre pirogue qui amenait une
dizaine de marchandes au Cameroun.
Ils dérivaient depuis la veille, le moteur
en panne. Les passagères ont débarqué
avec leurs paniers sur la rive opposée.
En effet, le fleuve Logone (sur environ
la moitié de ses 1000 km) constitue
la frontière créée artificiellement par
les colonialistes français et allemands,
ces derniers ayant occupé le Cameroun
jusqu’au lendemain de la 1ère guerre
mondiale, avant d’être forcés de le
céder à la France victorieuse.
Maintenant, trois fois plus
de Mousgoum vivent en territoire
camérounien qu’au Tchad. Il y a des
vagues d’émigration vers l’ouest lors
des inévitables inondations qui surviennent
presque chaque année, quand le
débit du fleuve passe de 50 mètres cube
par seconde en mars à plus de 1500 en
septembre-octobre, donc 30 fois plus!
L’administration camérounienne étant
plus efficace que la tchadienne pour
gérer les crises. Les sacs de terre ne
peuvent contenir les flots. Nous avons
pu voir de longues digues submergées,
ainsi que des habitations inondées aux
alentours du village de Gouaye. Sans
parler des cultures. En 2022, année de
pluies particulièrement fortes, plus de
2.700 hectares ont été détruits.
Parfois c’est en sens inverse que
se fait l’émigration, comme en août
2021 quand les pêcheurs Mousgoum
et les éleveurs de bétail Choua arabes
sont entrés en conflit pour l’usage de
l’eau. Quarante villages ont été brûlés
et 10.000 Camerounais ont traversé le
Logone pour se réfugier au Tchad. Parfois
ce sont entre eux que les pêcheurs
Mousgoum se disputent pour l’accès à
l’eau, dit Midjiyawa Bakari le gouverneur
de la région de l’Extrême-Nord.
Dans le nord et le désert, nous avons
vu comment les rares puits sont jalousement
gardés par les différentes
ethnies: arabes, toubous, m’bororos.
Il faut quatre heures de navigation
lente pour arriver à Mouhouna
où nous allons loger dans une “maison
obus”, appelée tolek. C’est la plus
connue caractéristique – architecturale
– des Mousgoum, entièrement
construite en boue séchée au soleil,
chaume et eau, car le bois manque
dans ces régions fluviales. En forme
d’arc caténaire (d’où leur nom français
“obus”), avec le bas du mur plus épais
que le sommet, leur extérieur est orné
de motifs en relief qui permettent de
prendre appui quand on les construit
ou les entretient, et pour améliorer le
drainage des eaux de pluie.
Sans fenêtres, elles gardent la
fraîcheur la journée et la chaleur la nuit,
et les moustiques n’entrent pas malgré
que l’entrée soit un trou en forme de
serrure, sans porte. Pourtant nous
avons préféré dormir en plein air, sous
des tentes dans la cour, entourés de
moustiques et soumis à une très forte
humidité, venant du fleuve tout proche.
Quand de fortes inondations ont
détruit la plupart de ces habitations en
1975, les Mousgoum ont construit leurs
nouvelles en briques car chaque tolek
nécessitait environ six mois à terminer!
Il fallait attendre que chaque niveau
sèche avant de monter, à la manière de
la poterie en bobines (coil pottery). De
toute façon, cette technique s’est largement
perdue. Mais les Mousgoum gardent
quelques tolek pour montrer aux
visiteurs. Le voyageur-journaliste polonais
Kazimierz Nowak (1897-1937)
qui a traversé de 1931 à 1936 le continent
tout entier, de la Libye à l’Afrique
du sud et retour, 40.000 kilomètres,
les avaient notés : “Les ornements extérieurs,
bien que très similaires, diffèrent
dans de petits détails, de sorte
qu’il n’y en a pas deux identiques”.
Gide est plus poétique et parle de “pure
ligne courbe”, d’“élan souple”, de cannelures
qui “donnent accent et vie à
ces formes géométriques”, “un travail
non de maçon, mais de potier”. Bref, il
est subjugué par la “beauté si parfaite,
si accomplie qu’elle paraît toute naturelle”
de ces habitations qu’il décrit
en détail sur quatre pages.
Trop poétique ce Gide, au point
qu’il “aimerait voir [le Logone] durant
la crue qui, nous dit-on, le transforme
en un lac immense, semé, de loin en
loin, de petits îlots de verdure où tous
les animaux viennent se réfugier”...
Ceci n’est pour rien au monde le point
de vue des habitants qui perdent habitations,
cultures et animaux, quand
ce n’est pas la vie. Même disconnect
quand il lit Le barbier de Séville de
Beaumarchais, La steppe de Tchekhov,
ou “avance avec ravissement dans
le Second Faust” de Goethe, et relit
Iphigénie “dans un émerveillement
grandissant”, tout en se laissant bercer
par les doux remous du fleuve Logone.
Plus terre à terre, Yahya nous fait
visiter le dispensaire construit par l’association
Akwada qui nous accueille :
salle de consultation, salle d’examen,
frigo pour les vaccins polio et autres,
bureau et registres. Gide en avait vu un
à Logone-Birni, à quelque 200 km en
aval du Logone, propre, ordonné et très
bien tenu, avec 60 malades, mais avec
médecin absent. Ici, Yahya n’est qu’infirmier,
mais vu le manque de personnel
qualifié, il en est le directeur, avec
une sage-femme pour assistante. Le
manque d’équipement occasionne des
bévues. Une jeune femme a accouché,
et ensuite ils l’ont renvoyée dans son
village, sans voir qu’elle avait des
jumeaux. Le deuxième bébé est mort.
À l’époque, les indigènes
n’avaient “aucune confiance dans
Les “maison obus” sont une caractéristique architecturale des Mousgoum,
construites en boue séchée au soleil car le bois manque dans ces régions
fluviales. Sans fenêtres, elles gardent la fraîcheur la journée et la chaleur
la nuit, et les moustiques n’entrent pas malgré que l’entrée soit un trou en
forme de serrure, sans porte (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).
notre médecine de blancs”, mais ils
avaient développé des soins avec les
moyens du bord et comptant sur l’immunité
acquise. Compresses de bouse
de vache, “bouillie d’herbes tièdes extraites
de l’estomac d’un cabri qu’on
vient de tuer”, bol alimentaire séché
devenu poudre, rapporte Gide. Improvisation
assez pareille actuellement.
Alors que notre groupe allait voyager
Le dispensaire du chef-lieu de Mouhouna, le long du fleuve Logone,
a salle de consultation, salle d’examen, frigo pour les vaccins polio et
autres, bureau et registres. Le directeur n’est qu’infirmier vu le manque
de personnel qualifié, avec une sage-femme pour assistante (Alexandra
Panaguli/Haïti-Liberté).
pendant trois semaines dans le désert et
qu’il était composé d’étrangers, quand
un de nos chauffeurs a été piqué par
un scorpion vénéneux, ses camarades
n’avaient d’autre à appliquer sur la
morsure que de l’eau de javel. Cela a
marché.
Nous-mêmes avons été bien
piqués, mais par le cram-cram, soit le
Cenchrus biflorus, des milliers de plantes
herbacées épineuses qu’on trouve
abondamment dans le Sahel. Ces petites
épines s’accrochent fermement
aux vêtements et il est difficile – et
pénible – de s’en débarrasser car elle
blesse les doigts et crée des abcès.
Immunité acquise ou jeunesse de
la population, l’infirmier Yahya nous
dit que le covid de 2019-2021 n’a pas
causé beaucoup de morts au Tchad,
10 par million d’habitants. Comparé
à 2.615 en France, 3.770 en Grèce,
5.669 en Bulgarie.
Blanc dieu ou blanc diable
Mouhouna est là aussi où se
trouve la tombe de Jean Bindschedler
(1927-2021), un marionnettiste suisse
de Genève qui a élu domicile chez
les Mousgoums en 1997, à la recherche
de contacts plus humains. Quand
il avait déménagé à Fribourg d’où est
sa femme, «J’étais l’étranger. Les gens
observaient une grande retenue à mon
égard. Dans les bistrots, il était difficile
de lier conversation.» Et d’entonner
une litanie maintes fois entendue
par ses oreilles: ‘Genevois, quand je te
vois, c’est le diable que je vois’». Il n’y
a pas qu’en Afrique des conflits tribaux.
Ici c’est une nuée d’enfants et
d’adultes qui nous accueillent à chaque
village, et tourbillonnent autour
de nous, tout sourire et questions. Puis,
c’est la visite de politesse chez le sultan
du coin. Où chaque fois – un vrai rituel
– on nous remercie d’être venus de si
loin pour découvrir leur culture.
Celui de Katoa a vanté la culture
française et a remercié la France. Nos
deux jeunes compagnons – des Français
– n’en croyaient pas leurs oreilles. Le
sultan avait 95 ans. Autre génération,
autre position, autre mentalité. Pourtant,
un autre vieillard, à une dizaine de
kilomètres au nord d’où nous sommes,
le décrivait différemment à Gide un siècle
auparavant : “A l’arrivée du blanc,
nous dit-il, tous les gens du village
traversent le Logone et fichent le camp
dans la brousse. Seul le chef du village
ose rester et reçoit les colliers que le
blanc lui donne. Les gens reviennent
dans la nuit, mais restent terrifiés par
cette arrivée d’un être surnaturel qui
s’amène sur un bateau marchant tout
seul, et qui le lendemain matin a déjà
disparu...”.
Ce blanc était Émile Gentil (1866-
1914), décrit comme explorateur par
Gide, mais en fait un commandant
français qui remontait du Congo où il
avait été impliqué dans des massacres,
pour soumettre – hypocritement, soit
disant à la demande d’autre sultans locaux
– le royaume sahélien de Borno,
récemment conquis par Rabih az-Zubayr,
seigneur de guerre et marchand
d’esclaves soudanais. C’est ce même
Gentil qui a fondé N’Djamena en mai
1900, alors Fort-Lamy du nom d’un
autre commandant français fraîchement
tué lors d’un affrontement avec
Rabih, lequel a également péri dans
cette bataille et eu la tête coupée et
paradée.
Carnages non seulement en
nombre mais également en qualité –
nous avons l’exemple malgache rapporté
par l’historien français Philippe
Leymarie: “L’écrasement du soulèvement
[de 1947] par les Français a
entraîné la quasi-annihilation de la
classe dirigeante à Madagascar, avec
des conséquences qui ont continué à
se faire sentir pendant des décennies
après l’indépendance du pays” (voir
plus loin).
Sans parler que l’Afrique est toujours
sous la griffe du néocolonialisme.
Ce n’est que maintenant que le Tchad, à
son tour, après le Mali (2021), le Burkina
Faso (2022), le Niger (2023), se débarrasse
des troupes françaises, Abderaman
Koulamallah, ministre des Affaires
étrangères, annonçant le 28 novembre
2024 qu’il était temps pour son pays «
d’affirmer sa pleine souveraineté».
suite à la page(16)
12 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Perspectives
Lettre ouverte à Abigail Alexandre et Ariana Milagro Lafond !
Par Kervens Louissaint
Abigail, Ariana,
Je vais prendre le temps de vous écrire
sans posture, avec respect, mais surtout
avec lucidité. Pas pour vous corriger.
Pas pour vous exposer. Pas pour
vous freiner. Mais parce que je vois
quelque chose se mettre en place autour
de vous et que je refuse de rester
silencieux pendant que ça se referme
doucement.
Ce que vous vivez en ce moment
peut ressembler à une reconnaissance.
À une validation publique. À une
forme de victoire même. Mais c’est une
séquence.
Regardez bien la scène : l’État
que vous avez, chacune à votre
manière, questionné, bousculé, mis
face à ses contradictions, vous applaudit
aujourd’hui. Vu de l’extérieur, cela
ressemble à une reconnaissance légitime
: vous avez porté un message,
vous avez eu un impact, vous avez
été entendues. Mais sociologiquement
et politiquement, ce moment précis a
une autre lecture : un pouvoir mis en
cause choisit de célébrer celles qui l’ont
exposé.
Ce n’est pas une réaction émotionnelle.
C’est une stratégie.
Si vous ne comprenez pas ce que
cela signifie, alors je vais vous le dire
clairement : vous êtes en train d’être
intégrées. Pas détruites. Pas censurées.
Mais intégrées. Et cette intégration,
quand elle n’est pas comprise, devient
une forme de récupération.
Pourquoi ?
Parce qu’un système confronté
à une critique publique structurante a
toujours deux options : l’affrontement,
qui crée du conflit, de la polarisation,
de la visibilité négative, et l’intégration,
qui transforme la critique en élément
contrôlable. Le système préfère presque
toujours la deuxième option. Pas
parce que le système est faible. Mais
parce que le système a appris que l’intégration
est toujours plus propre, plus
discret, plus efficace que la répression
directe.
Un système stable ne cherche
pas d’abord à éliminer les éléments perturbateurs.
Il cherche à les reconfigurer.
Pourquoi ?
Parce qu’une voix libre, extérieure
au système est imprévisible,
échappe au contrôle, peut évoluer sans
contrainte, et peut radicaliser sa critique.
Mais cette même voix, une fois
reconnue, valorisée, rapprochée du
centre, c’est-à-dire, l’État, change de
nature : elle devient identifiable, liée à
une image, insérée dans des relations,
et dépendante de certains espaces —
progressivement gérable et éventuellement
gouvernable.
C’est une logique froide, presque
mécanique : ce que je ne peux pas faire
taire, je le valorise. Ce que je valorise,
je le rapproche. Ce que je rapproche, je
l’influence. Et ce que j’influence, je le
limite, sans jamais avoir besoin de le
briser.
Et le plus troublant dans tout ça,
c’est que ce processus ne ressemble
jamais à une contrainte. Il ressemble
à une opportunité. On vous ouvre des
portes. On vous donne de la visibilité.
On vous écoute. On vous place dans
des espaces où, normalement, on n’entre
pas facilement ou peu de gens ont
accès. Et vous y entrez avec sincérité
et conviction. Avec cette idée légitime :
« Si je suis là, je peux faire bouger les
choses. »
Et je comprends ça. Vraiment.
C’est noble. Mais il y a quelque chose
Ariana Milagro Lafond et Abigail Alexandre
que vous devez surveiller avec une extrême
lucidité : le système ne vous ouvre
pas seulement la porte. Il vous fait
entrer dans son cadre.
Ce que vous vivez suit une
séquence presque “scientifique”.
Étape 1 : Visibilité indépendante,
c’est-à-dire, vous parlez. Le message
circule. Il touche. Il dérange.
Étape 2 : Reconnaissance
publique, c’est-à-dire, le système valide
votre existence : on vous félicite, on
vous met en avant.
Étape 3 : Rapprochement, c’està-dire,
on vous invite. On vous inclut.
On vous donne accès à des espaces
fermés.
Étape 4 : Redéfinition implicite de
votre rôle, c’est-à-dire, vous n’êtes plus
seulement des individus. Vous devenez
des représentations!
Et c’est ici que tout commence
réellement. Le basculement invisible :
de “je” à “au nom de”. Ce moment est
crucial, et souvent imperceptible.
Au départ, vous êtes vousmêmes.
Vous parlez en votre nom.
Votre parole est brute, directe, non filtrée.
Votre feu est encore là. Puis, doucement
: On ne vous corrige pas. On
vous “oriente”.
Une nouvelle variable apparaît :
la responsabilité de représenter. Et cette
responsabilité transforme la structure
même de votre pensée.
Et ce glissement n’est jamais
violent. Il est progressif, logique,
presque raisonnable. C’est ça sa force.
Un mot devient sensible = à
nuancer. Une phrase devient délicate
= à reformuler. Un sujet devient “mal
placé” = “formule-le autrement”.
Pourquoi ?
Parce que dès que vous représentez
: vos mots engagent autre chose
que vous, vos propos ont des conséquences
relationnelles, et votre parole
devient située, observée, interprétée. Ce
qui crée un phénomène psychologique
précis : l’auto-régulation anticipée.
Personne ne va vous dire frontalement
de vous taire. Le contrôle moderne
ne fonctionne pas comme ça. Il
fonctionne par micro-ajustements progressifs
: “faites attention”, “ce n’est
pas stratégique”, “vous représentez
maintenant.”
Ces phrases ne sont pas des interdictions.
Ce sont des indications de
cadre. Elles changent la nature de votre
parole. Parce qu’à partir de cet instant,
vous ne portez plus seulement votre
voix. Vous portez une fonction. Une
image. Une ligne.
En psychologie sociale, on sait
que lorsqu’un individu perçoit des limites
implicites : il anticipe, il ajuste,
il évite le coût social, et il préserve sa
position. Donc sans contrainte directe,
vous commencez à filtrer légèrement
vos idées, reformuler vos critiques, et
hiérarchiser ce que vous dites ou non.
Pas sous la contrainte directe. Mais
parce que vous comprenez les limites.
Et un jour, sans même vous en rendre
compte : Vous ne dites plus tout ce que
vous pensez. Vous dites ce qui peut être
dit.
Et c’est ici que le contrôle devient
intelligent. Il n’est plus imposé. Il est
intégré. La censure n’est plus externe.
Elle devient interne — l’auto-censure
intériorisée. On ne vous retire pas la
parole. On définit les conditions dans
lesquelles elle est acceptable. Il ne vous
force pas. Il vous rend prudentes. Et la
prudence, quand elle devient permanente,
remplace la liberté.
Le pouvoir moderne ne fonctionne
plus principalement en fermant
la bouche des gens. Il fonctionne en
suite à la page(16)
Logements Abordables
à Louer à Newark
Loyers prévisionnels pour les ménages à revenus faibles et modérés
Occupation prévue pour l'été 2026
70 unités nouvellement construites réparties dans
deux bâtiments dans le quartier de Fairmount
à Newark, NJ
381-395 South Orange Avenue
et
331-335 South 11th Street
Phone: (862) 200-9118
Fairmount Crossing est le fruit d'un partenariat entre le RPM Development Group et
l'Urban League of Essex County. Chaque appartement bénéficie d'un aménagement
spacieux et sera équipé d'appareils électroménagers certifiés ENERGY STAR. Les
bâtiments comprendront également des espaces commerciaux au rez-de-chaussée.
Les équipements supplémentaires incluent des buanderies à chaque étage, une salle
communautaire et un service d'ascenseur dans les deux bâtiments. Des services sociaux,
des activités et des cours seront proposés sur place à l'ensemble des résidents.
Unit
Size
1 BR
2 BR
3 BR
1 BR
2 BR
3 BR
1 BR
Area Median
Income
29.98%
Monthly
Rent
$684
Units
Available
Square
Feet
700
29.98% $820 10 950
29.98%
2
$949 8 1,100
47.98% $1,141 2 700
47.98% $1,368 11 950
48.00%
$1,583 5 1,100
57.98% $1,395 9 700
Household
Size
1 people
2 people
2 people
3 people
4 people
3 people
4 people
5 people
6 people
1 people
2 people
2 people
3 people
3 people
4 people
5 people
6 people
1 people
2 people
Minimum-Maximum
Household Income
$23,451 - $28,421
$23,451 - $32,468
$28,114 - $32,468
$28,114 - $36,515
$28,114 - $40,562
$32,537 - $36,515
$32,537 - $40,562
$32,537 - $43,830
$32,537 - $47,068
$39,120 - $45,485
$39,120 - $51,962
$46,903 - $51,962
$46,903 - $58,439
$46,903 - $64,916
$54,274 - $58,464
$54,274 - $64,944
$54,274 - $70,176
$54,274 - $75,360
$47,829 - $54,965
$47,829 - $62,792
Nous acceptons dès maintenant les demandes préliminaires en ligne
La date limite de candidature est le 13 Mai 2026.
Aucun frais de dossier.
Postuler: www. FairmountCrossing.com
Scannez le
code QR
pour visiter
le site web
2 BR
3 BR
58.00% $1,673 14 950
57.98%
$1,934 3 1,100
2 people
3 people
4 people
3 people
4 people
5 people
6 people
$57,360 - $62,814
$57,360 - $70,644
$57,360 - $78,474
$66,309 - $70,619
$66,309 - $78,446
$66,309 - $84,766
$66,309 - $91,028
Les plafonds de revenus et les barèmes de loyer sont sujets à modification.
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Haiti Liberté
13
Perspectives
État espagnol : Le mouvement socialiste mobilise des milliers de
jeunes contre la guerre impérialiste !
Le 1er mai, Journée internationale
des travailleurs, le
mouvement socialiste a mobilisé
des milliers de personnes lors
de plusieurs manifestations :
à Madrid, le Comité de coordination
de la jeunesse socialiste
(CJS) a rassemblé des milliers
de jeunes « Contre la guerre impérialiste
et le fascisme », au
départ de la Plaza Roja à Vallecas
; à Barcelone (Catalogne)
et à Valence (Campagne
valencienne), l’Organisation
de la jeunesse socialiste (OJS)
a mobilisé des milliers d’autres
jeunes sous le slogan « Debout
contre la guerre et le fascisme » ;
à Pampelune (Navarre), une autre
manifestation massive, organisée
par le Conseil socialiste du Pays
basque (EHKS), a défilé dans les
rues « Contre la guerre impérialiste
». Le Coordinateur de la jeunesse
socialiste (CMS) a organisé
une mobilisation similaire à Saint-
Jacques-de-Compostelle.
Tous soulignent que cette
journée a révélé une réalité politique
souvent passée sous silence
par les médias : « L’existence
d’une jeunesse organisée
selon des principes socialistes et
révolutionnaires, capable de se
mobiliser et désireuse d’intervenir
dans le contexte politique
actuel.» D’après les bilans des
groupes organisateurs, ces mobilisations
ont rassemblé des milliers
de jeunes dans cinq villes
d’Espagne, ce qu’ils considèrent
comme « un pas en avant vers
la consolidation d’un point de
référence politique distinct pour la
jeunesse ouvrière » face au cycle
actuel de guerres, de militarisation
et de dérive autoritaire que
connaît le bloc occidental. « La
jeunesse ouvrière refuse de payer
pour les guerres des capitalistes »,
ont-ils ajouté.
Le Mouvement socialiste
insiste sur le fait que ce 1er mai
n’était pas un événement comme
les autres, mais une journée à la
portée politique indéniable. « Aujourd’hui,
nous avons démontré
qu’il existe une jeunesse qui refuse
de capituler, qui rejette la
guerre impérialiste et génocidaire
de l’Axe américano-israélien, la
fausse solution proposée par les
progressistes, ainsi que les réactions
réactionnaires, et qui est
prête à s’organiser autrement
», ont déclaré les organisations
à l›issue de leurs marches
respectives. « Contrairement au
discours intéressé selon lequel les
jeunes ne se tournent que vers
l’extrême droite, aujourd’hui, la
rue a parlé clairement : une jeunesse
brandit résolument le drapeau
rouge. »
« Ni trumpisme ni saánchezisme
»
Concernant le contexte international
actuel, le Mouvement
socialiste a insisté sur le fait qu’il
n’existe aucune solution progressiste
au sein même du bloc
impérialiste : « Ni le trumpisme
ni le saánchezisme n’offrent une
véritable alternative à la guerre,
à la militarisation et à l’autoritarisme
auxquels nous assistons.
Les tons et les formes changent,
mais le fond reste le même. »
C’est pourquoi nous sommes descendus
dans la rue aujourd’hui
pour affirmer notre choix communiste
et internationaliste, face à
ceux qui veulent nous imposer un
choix entre différentes manières
de gérer le même désastre capitaliste.
Ils désignent ainsi les responsables,
affirmant que « le
rôle des États-Unis, de l’UE, de
l’OTAN et du sionisme dans le
cycle actuel de guerre et de militarisation
ne peut plus être occulté
».
Les groupes organisateurs
estiment que cette journée d’action
a permis de tirer une conclusion
claire : une force de jeunesse
est déterminée à s’affirmer politiquement
dans le contexte actuel.
« Aujourd’hui, nous n’avons pas
Non à la guerre impérialiste!
seulement rempli les rues de cinq
villes : aujourd’hui, nous avons
fait preuve de confiance, d’organisation
et de vision. Face à la
résignation, une jeunesse révolutionnaire
a décidé de prendre le
relais.»
« Jeunesse communiste
contre la guerre impérialiste, les
mensonges progressistes et la
montée réactionnaire »
Le Mouvement socialiste
estime que les mobilisations du
1er mai renforcent la nécessité de
poursuivre la construction d’une
alternative politique distincte pour
la classe ouvrière à l’échelle européenne
: « Nous sortons de ce 1er
mai plus forts et avec une volonté
accrue de continuer à développer
ce mouvement. Aujourd’hui n’est
pas une fin, c’est un commencement.
Nous avons démontré qu’il
est encore possible de construire
une option communiste contre
la guerre impérialiste, les mensonges
progressistes et la montée
réactionnaire. Nous avons montré
que le drapeau rouge flotte à
nouveau parmi la jeunesse. »
Diario Socialista 2 mai 2026
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen et sur les conclusions
du Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre la défenderesse à l’audience précitée, pour
le profit, déclare fondée ladite action ; admet
en conséquence le divorce du sieur Faustin
GABRIEL d’avec son épouse née Emmanuella
COX pour injures graves et publiques aux torts
de l’épouse, prononce la dissolution des liens
matrimoniaux existant entre lesdits époux
; ordonne à l’officier de l’état civil de Portau-Prince.
Section Sud de transcrire dans les
registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers s’il y
échet; Commet l’huissier Canal GABRIEL de
ce siège pour la signification dudit jugement ;
Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé
par nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience
civile, ordinaire et publique en date du Dix-huit
décembre deux mille vingt-cinq, en présence de
Me Elysée FENELON, Substitut Commissaire
du gouvernement de Port-au-Prince et avec
l’assistance de la Greffière. Me Célène SAINT
JEAN CHERY, Greffière du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc.....
Me Ingrid Karline WOOLEY, officier de l’état civil
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen et sur les conclusions
du Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre la défenderesse à l’audience précitée,
pour le profit déclare fondée ladite action ;
Admet en conséquence le divorce du sieur
Gercius TOUSSAINT d’avec son épouse Sonita
CASTOR pour injures graves et publiques
aux torts exclusifs de l’épouse, prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant
entre lesdits époux ; ordonne à l’officier de l’état
civil de Port-au-Prince. Section Sud de transcrire
sur les registres à ce destinés, le dispositif du
présent jugement dont un extrait sera inséré
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers
s’il y échet ; Commet l’huissier Canal GABRIEL
de ce siège pour la signification dudit jugement
; Compense les dépens. Ainsi Jugé et prononcé
par nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience
civile ordinaire et publique en date du quinze
Mai deux mille vingt-cinq, en présence de
Me Romain ORANGE, Substitut Commissaire
du gouvernement de Port-au-Prince et avec
l’assistance du Greffier Me Mozart TASSY, Greffier
du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
Me Ingrid Karline WOOLEY, Officier de l’état civil
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
le défendeur à l’audience précitée, pour le
profit déclare fondée ladite action ; Admet en
conséquence, le divorce de la dame Junot
ORIENTAL née Nadia DESPOINVILLE d’avec
son époux Junot ORIENTAL pour abandon du
toit marital aux torts de l’époux. Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant entre
les dits époux, Ordonne à l’officier de l’état civil de
la Section Sud de Port-au-Prince de transcrire sur
les registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet.
Commet l’huissier Vilneret GABRIEL de ce siège
pour la signification de ce jugement Compense les
dépens
Ainsi Jugé et prononcé
par nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience
civile, ordinaire et publique du Jeudi dix-huit
Décembre deux mille vingt-cinq, en présence de
Me Elysée FENELON, Substitut du Commissaire
du gouvernement de ce ressort avec l’assistance
de Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen, sur les conclusions du
Ministère public, maintient le défaut octroyé contre
le défendeur à l’audience précitée, pour le profit
déclare fondée ladite action ; admet en conséquence
le divorce de la dame Carline ELIASSAINT d’avec
son époux Lionel DESRORES pour injures graves
et publiques aux torts de l’époux. Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux ayant existé
entre les dits époux ; Ordonne à l’officier de l’état
civil de la commune de Gressier de transcrire sur
les registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet
; Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège
pour la signification de ce jugement; Compense
les dépens. Ainsi Jugé et prononcé par nous,
Me Nelson CILIUS , Juge en audience civile et
publique en date du vingt quatre Juillet deux mille
vingt-cinq, en présence de Me Dominique NOEL,
Substitut du Commissaire du gouvernement de ce
ressort avec l’assistance du Greffier Mozart TASSY
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre la
défenderesse à l’audience précitée, pour le profit
déclare fondée ladite action ; Admet en conséquence
le divorce du sieur FRANTSO LOHIER d’avec son
épouse née ROSMANIE EMILE pour injures graves
et publiques aux torts de l’épouse. Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant entre
les dits époux; Ordonne à l’officier de l’état civil de
la Section Sud de Port-au-Prince, de transcrire sur
les registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet
; Commet l’huissier Canal GABRIEL de ce siège
pour la signification de ce jugement ; Compense
les dépens. Ainsi Jugé et prononcé par nous, Me
Nelson CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire
et publique du Jeudi douze Mars deux mille vingt
vingt-six, en présence de Me Elysée FENELON,
Substitut du Commissaire du gouvernement de ce
ressort et avec l’assistance du sieur Mozart TASSY,
Greffier du siège
Il est ordonné...
etc.....
En foi de quoi....etc....
Me Floréal Lubin Filius, Avocat
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen sur les conclusions du
Ministère public ; maintient le défaut octroyé contre
la défenderesse à l’audience précitée, pour le profit
déclare fondée ladite action ; Admet en conséquence
le divorce de la dame Darline GUIRAND d’avec son
époux Stevenson FRANCK, pour injures graves
et publiques, aux torts de l’épouse ; Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant entre
lesdits époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de
la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire dans
les registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet;
Commet l’huissier Canal GABRIEL de ce Tribunal
pour la signification de ce jugement. Ainsi Jugé et
prononcé par nous, Me Bernard SAINT-VIL, Doyen
en audience civile et publique du Jeudi vingt quatre
Juillet deux mille vingt-cinq, en présence de Me.
Shoubert BAPTISTE, Substitut Commissaire du
gouvernement de ce ressort et avec l’assistance du
Greffier Mozart TASSY
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi....etc....
14 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Perspectives
Historique Premier mai 2026 !
Des manifestants à Athènes, en Grèce, ont exprimé leur solidarité avec Cuba et la Palestine
lors des manifestations du 1er mai. Source : PAME
Un immense rassemblement de Cubains devant l’ambassade des États-Unis à La Havane,
le 1er mai 2026, pour protester contre les nouvelles sanctions énergétiques et économiques
imposées par l’administration Trump. Photo : Resumen Latinoamericano
Philadelphia, May 1, 2026. WW Photo: Joe Piette Philadelphia, May 1, 2026.
Des centaines de milliers de personnes ont participé aux mobilisations
du 1er mai au Sri Lanka
AVIS
C’est important d’aviser le public en général et
à tous ceux-là qui sont concernés en particulier,
qu’en date du 27 septembre 2018, le Tribunal
de Première Instance de la juridiction de Portau-Prince
a rendu un jugement par défaut
ADMETTANT le divorce du Sieur Ibrahim
Ahmad Hussein HAMDAN d’avec son épouse
née Annalie Canelles RODRIGUEZ pour injures
graves et publiques aux torts de l’épouse;
prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre lesdits époux.
Me. Jose Remy, Av.
Avis Matrimonial
Je soussignée, Marie Simone Porcénat, identifiée
aux numéros 005-454-133-8 ! 1112645679
demeurant et domiciliée à Port-au-Prince,
Fontamara 27, Impasse Boyer Prolongé (dos
morne) avise le public en général et le commerce
en particulier que Je ne suis plus responsable
des actes et actions de Mon époux Frantz Jeanty
pour injures graves et publiques et infidélité
conjugale, en attendant qu’une action en
divorce lui soit tentée
Port-au-Prince, le 05 Avril 2026
Marie Simone Porcénat
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen sur les conclusions
du Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre le défendeur à l’audience précitée, pour
le profit déclare fondée ladite action. Admet en
conséquence en conséquence le divorce de la
dame Valentin VALRIS née Johane GEORGES
d’avec son époux le sieur Valentin VALRIS pour
injures graves et publiques aux torts de l’époux.
Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre les dits époux ; Ordonne à
l’officier de l’état civil de la Section Sud de Portau-Prince
de transcrire sur les registres à ce
destinés, le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers s’il y échet, commet
l’huissier Vilneret GABRIEL de ce siège pour
la signification de ce jugement ; Compense
les dépens Ainsi Jugé et prononcé par
nous, Nelson CILIUS, Juge en audience civile,
ordinaire et publique du Jeudi vingt-cinq Juillet
deux mille vingt-quatre, en présence de Me
Dominique NOËL, Substitut du Commissaire du
gouvernement de ce ressort et avec l’assistance
du sieur Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc......
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen sur les conclusions
du Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre la défenderesse à l’audience précitée,
pour le profit déclare fondée ladite action.
Admet en conséquence le divorce de la dame
Watson DASMY née Marie suzette RESILIAC
d’avec son époux le sieur Watson DASMY pour
injures graves et publiques aux torts de l’époux.
Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre les dits époux ; Ordonne à
l’officier de l’état civil de Port-au-Prince, Section
Sud de transcrire sur les registres à ce destinés,
le dispositif du présent jugement dont un extrait
sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la
Capitale sous peine de dommages intérêts envers
les tiers s’il y échet, Commet l’huissier Vilneret
GABRIEL de ce siège pour la signification de
ce jugement ; Compense les dépens Ainsi
Jugé et prononcé par nous, Me. Jacques Hermon
CONSTANT, Juge en audience civile, ordinaire et
publique, du vingt-huit Juillet deux mille seize,
en présence de Me Roger SIMPLICE ,Substitut
du Commissaire du gouvernement de ce ressort,
avec l’assistance du Greffier, Mozart TASSY
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen sur les conclusions
du Ministère public , maintient le défaut octroyé
contre son épouse à l’audience précitée, pour le
profit déclare fondée ladite action ; Admet en
conséquence le divorce de RUDY DANY JEAN
d’avec son épouse née NEPHTALIE ELCIDE
pour injures graves et publiques aux torts
exclusifs de l’épouse, prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre les
dits époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil
de Taïfer, commune de Carrefour de transcrire
sur les registres à ce destinés, le dispositif du
présent jugement dont un extrait sera inséré
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers
; Compense les dépens; Commet l’huissier Canal
GABRIEL de ce siège pour la signification de ce
jugement ; Compense les dépens. Ainsi Jugé et
prononcé par nous, Nelson CILIUS, Juge en
audience civile, ordinaire du Jeudi trente Mai
deux mille vingt-quatre, en présence de Me
Dominique NOËL, Substitut du Commissaire du
gouvernement de ce ressort avec l’assistance du
sieur Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
Me Jean Luma CHARLES, officier de l’état civil
PAR CES MOTIFS
DISPOSITIF : Après examen et sur les
conclusions conformes du Ministère public,
le Tribunal au voeu de la loi, maintient le
défaut requis et octroyé à l’audience contre le
défendeur pour faute de comparaître ; pour le
profit, accueille l’action de la demanderesse, la
dame Luckyng JULES, femme née Jenny Marie
Yves GUILLAUME vu que cette demande est
juste et fondée ; Admet le divorce des époux
Luckyng JULES, femme née Jenny Marie Yves
GUILLAUME pour injures graves et publiques
et aux torts exclusifs de l’époux ; Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux ayant existé
entre-eux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de
Petit-Goâve, Section Nord de transcrire sur les
registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement ; dit qu’un extrait sera publié dans
l’un des colonnes d’un quotidiens s’éditant à
la Capitale sous peine de dommages intérêts
envers les tiers s’il y échet ; Commet le sieur Jean
Fruisner MONICE, huissier de notre Tribunal
pour la signification du présent jugement ;
Compense les dépens vu la qualité des parties.
Rendu par nous, Me Fritzner DUCLAIRE, Doyen
du Tribunal de première instance de Petit-
Goâve, en audience publique civile de divorce
ce jourd’hui Vingt-trois Juin deux mille vingtcinq
(23 Juin 2025), en présence de Me Joseph
André EXAVIER, Substitut du Commissaire du
gouvernement de ce ressort, assisté du sieur
Christophe BONBON, Greffier du siège
Il est ordonné...etc....
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Haiti Liberté
15
suite de la page (13 ) Pourquoi ?
que vous retenez, une idée que vous
Parce que votre voix devient un édulcorez, une critique que vous différez,
suite de la page (13 )
définissant ce qui est acceptable
à dire. C’est ce qu’on appelle un cadre
narratif : vous pouvez parler mais
dans certaines limites non écrites. Ces
limites ne sont pas toujours explicites,
mais elles existent : ne pas fragiliser
capital symbolique — des supports de
projection collective. Et tout capital,
dans un système, doit être stabilisé,
protégé, et rendu prévisible. Donc plus
vous comptez, plus vous êtes encadrées.
une vérité que vous adaptez. C’est
là que se joue le vrai basculement.
Je ne vous dis pas de refuser les
espaces qui s’ouvrent à vous. Je ne
vous dis pas de sortir. Je vous dis de
rester vigilantes à ce qu’ils font de vous.
certaines structures, ne pas rompre certaines
À ce stade, un mécanisme De détecter le moment où votre parole
alliances, ne pas aller “trop loin”,
ne pas sortir du registre acceptable.
Autrement dit, vous êtes libres de
parler, mais à l’intérieur de lignes invisibles.
Alors souvenez-vous de ça : le
système ne gagne pas seulement quand
il vous réduit au silence. Il gagne surtout
quand il vous transforme en version
présentable de vous-même. Quand
vous commencez à vous censurer
avant même qu’on vous le demande.
Quand vous défendez des limites que
vous n’avez pas choisies. Quand vous
appelez “stratégie” ce qui est en réalité
une concession lente.
C’est ce qu’on appelle l’internalisation
du cadre. Ils ne vous arrêteront
pas. Ils vous canaliseront. Ils ne vous
feront pas taire. Ils vous apprendront à
parler sans déranger.
Et le plus dangereux, Abigael,
Ariana, c’est que ces lignes finissent
cognitif apparaît : vous vous racontez
une histoire cohérente avec votre
position : “je suis stratégique”, “je
choisis mes batailles”, “je vais parler au
bon moment” ou “je change les choses
de l’intérieur”.
Je ne dis pas que c’est faux. Je
dis que le système fonctionne très bien
avec ce type de récit. Parce que ça permet
de maintenir l’équilibre entre votre
conscience critique et votre position
intégrée. Et c’est exactement ce que le
système favorise. C’est-à-dire, produire
des voix critiques mais contenues. Des
oppositions mais compatibles. Des vérités
mais qui ne dérangent plus profondément.
Pourquoi ?
Parce qu’un opposant totalement
libre est dangereux. Mais un opposant
intégré et rationnalisé devient compatible.
À partir du moment où vous
change de nature. De sentir quand ce
n’est plus totalement vous. De ne jamais
oublier pourquoi vous avez parlé
au départ. De ne jamais perdre la version
de vous qui n’avait rien à protéger.
Je vous souhaite de réussir. Mais
surtout, je vous souhaite de rester
conscientes. Parce que dans certaines
structures, comme l’État Affranchi, le
jour où vous portez le rôle, le rôle commence
à parler à votre place.
Autrement dit, ce n’est plus toi
qui parles. C’est le rôle qui utilise ta
voix.
Si je vous écris tout ça, ce n’est
pas pour vous ralentir. C’est pour que
vous avanciez en voyant. C’est pour
que vous ne perdiez jamais ce qui vous
a rendues puissantes au départ : une
parole qui n’avait pas encore appris à
demander la permission. Parce que le
piège le plus dangereux n’est pas celui
dans lequel on tombe. C’est celui qu’on
par exister en vous. Vous commencez représentez, un contrat implicite ne voit même pas.
à anticiper. À ajuster avant même de
parler. À sentir ce qui “passera” et ce
qui ne passera pas.
Et à ce moment-là, sans violence,
sans conflit visible : le contrôle est devenu
intérieur.
Je veux aussi que vous soyez
conscientes du paradoxe que vous allez
ressentir : plus vous serez visibles, plus
vous serez écoutées. Mais plus vous
serez écoutées, moins vous serez totalement
libres.
s’installe : Vous pouvez exister. Vous
pouvez parler. Vous pouvez même
critiquer. Mais sans briser ce que vous
incarnez. Et ce contrat n’est jamais
signé. Mais il est toujours ressenti.
Le danger n’est pas que vous
mentiez. Le danger est beaucoup plus
fin : vous perdez lentement la capacité
d’aller jusqu’au bout de ce que vous
voyez, de ce que vous comprenez, de
ce que vous ressentez. Et ça ne se voit
pas. Mais vous le sentirez : une phrase
Si je peux vous laisser une seule
chose, ce serait celle-ci : ne laissez jamais
votre parole devenir uniquement
stratégique. Parce qu’une parole uniquement
stratégique finit toujours par
perdre ce qu’elle avait de plus dangereux
: sa vérité brute. Et c’est cette vérité
brute qui dérangeait au départ.
Avec attention et respect,
Kervens Louissaint
*The Intercept* que les documents
suggèrent que la présence militaire
américaine, disproportionnée, dans
les Caraïbes pourrait se poursuivre
pendant des années », a rapporté le
média.
La dernière fois que l’armée
américaine a établi des bases à long
terme en Haïti remonte à 1915,
lorsque les *Marines* ont envahi le
pays pour la première fois, y demeurant
pendant 29 ans, jusqu’en 1934.
Les interventions militaires américaines
de 1994 et 2004 ne sont restées
en Haïti qu’environ trois mois,
avant de céder l’occupation à des
troupes de l’ONU, moins coûteuses.
Interception de marijuana
Parallèlement, les États-Unis
ont placé la barre très bas en ce
qui concerne les drogues qu’ils interceptent
dans les Caraïbes. Le 30
avril, le navire de combat de l’US
Navy, l’USS *Billings* — avec à
son bord une équipe tactique d’application
de la loi des garde-côtes
américains — a « intercepté un navire
soupçonné de contrebande de
drogue » dans le passage du Vent,
« à environ 8 milles au large de
Môle-Saint-Nicolas, en Haïti » (soit
à l’intérieur de la zone des 12 milles
nautiques constituant les eaux territoriales
haïtiennes), selon un communiqué
de presse des garde-côtes.
« Avec l’autorisation du gouvernement
haïtien, l’inspection menée
par l’équipe d’abordage a permis de
découvrir environ 3 200 livres de
marijuana — d’une valeur estimée
à 3,8 millions de dollars — et une
personne a été placée en détention.
La contrebande et le contrebandier
présumé ont été remis aux autorités
haïtiennes le dimanche 3 mai. »
Les garde-côtes américains ont
remis « un citoyen jamaïcain, Aldane
Anderson, alias «Ali», né le 26
janvier 2001 », à la Brigade de lutte
contre le trafic de stupéfiants (BLTS/
Nord) de la PNH, au Cap-Haïtien, a
rapporté le site Icihaiti.com ; ils ont
également remis « 66 sacs de marijuana,
soigneusement emballés dans
du plastique ». On ignore pourquoi
et où Anderson a été détenu par les
garde-côtes pendant trois jours.
La marijuana est légale dans
40 des 50 États américains, bien
qu’elle demeure techniquement illégale
en vertu de la loi fédérale. Tout
comme le chanvre, la marijuana est
illégale en Haïti. Ironiquement, à aucun
moment le Commandement Sud
des États-Unis n’a affirmé que l’USS
Billings faisait partie de l’opération «
Southern Spear », dont le véritable
objectif n’est pas l’interception de
stupéfiants, mais plutôt le changement
de régime (au Venezuela et à
Cuba), la contre-insurrection (en
Haïti) ainsi que la domination militaire
et politique des États-Unis sur
l’ensemble de la région.
Seul l’avenir dira si les États-
Unis ont surestimé leur puissance et
sous-estimé la résistance populaire
à leur égard dans les Caraïbes, tout
comme ils l’ont fait de manière si
spectaculaire lors de leur débâcle en
spirale en Iran.
suite de la page (12)
Les grandes concessions :
démission de l’Etat français
C’est également en remontant du
Congo que Gide s’attarde et décrit avec
force détail les terribles conditions de
recrutement, d’acheminement, de logement,
de ravitaillement des milliers de
travailleurs “volontaires” pour la construction
du chemin de fer qui allait relier
Brazzaville, en République du Congo,
alors capitale de l’Afrique-Équatoriale
française, à l’océan Atlantique, soit 512
kilomètres. Le “troupeau des indigènes”,
lui, devait voyager sur des chalands
découverts pendant deux semaines en
provenance de Bangui, actuellement
capitale de la République centrafricaine,
une “circonscription des plus vastes et
mieux peuplée de l’A.E.F, particulièrement
mise à contribution pour la main
d’œuvre indigène”. Sur le millier de
kilomètres fluvial entre Bangui et Brazzaville,
moitié sur le fleuve Oubangui
(long de 1.000 km), moitié sur le Congo
(4.700 km) duquel il est l’affluent, nus,
sans protection et insuffisamment nourris,
beaucoup d’hommes succombaient à
des pneumonies attrapées les nuits froides
sur l’eau succédant aux jours étouffants.
Gide rapporte jusqu’à 37 degrés le
jour, 50 “dans la belle saison”, mais ...
seulement six la nuit. À l’achèvement
de la ligne ferroviaire, en 1934, 17.000
Africains seront mort dans ce projet!
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Déjà fin décembre 1926, Gide note: “La
mortalité a dépassé les prévisions les
plus pessimistes. À combien de décès
nouveaux la colonie devra-t-elle son bien-être
futur?”.
Il n’y a pas que les humains qui
ont été décimés en Afrique par la voracité
européenne, mais également la nature.
Déjà en 1926, Gide parle de “la dévastation
progressive des forêts (souvent à
plus de huit jours de marche pour trouver
encore du caoutchouc de liane)”,
près d’un siècle avant le covid-19, lequel
est précisément dû à la zoonose créée
par la déforestation.
Le caoutchouc et l’ivoire étaient
les principales denrées que les Européens
reluquaient, mais au moindre
coût. “Les colonies ne devaient rien
coûter à la métropole”, mais au contraire
être “une source de profit”, dit Catherine
Coquery-Vidrovitch, historienne
française, spécialiste de la colonisation
en Afrique et des grandes compagnies
concessionnaires, récipiendaire de nombreux
honneurs.
Alléché par les bénéfices du Congo
voisin, propriété privée du roi belge
Léopold Ier, et après une longue période
de marasme et de tergiversations politiques,
l’état français partagea au cours
de la dernière décennie du 19ème siècle
le Congo français entre quarante sociétés
concessionnaires, 700.000 km2 sur les
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900.000 de ce que sont aujourd’hui les
républiques gabonaise, congolaise et
centrafricaine, soit la somme folle de 70
milliards d’hectares.
Par la région des concessions,
“l’état confie la mise en valeur et l’administration
d’un territoire sous sa
souveraineté à des sociétés privées. En
échange de leurs investissements, censés
servir les intérêts locaux de la puissance
délégataire ainsi que ceux des
populations locales, elles tirent profit
de l’exploitation des ressources du territoire
et, dans le cas des empires des
puissances occidentales, des populations”.
La société privée gère le tout à
sa manière.
Dixit Catherine Coquery-Vidrovitch:
“Il s’agissait, en fait, d’une véritable
démission de l’État : renonçant
à faire lui-même les investissements
nécessaires, celui-ci espérait que l’initiative
privée, sous l’aiguillon des bénéfices
escomptés, mettrait d’elle-même le
pays en valeur”.
Comme cela a été fortement
dénoncé par André Gide dans un
échange de lettres avec des directeurs de
ces compagnies, ces sociétés privées ont
tout fait pour diminuer leur frais, surtout
au niveau des esclaves, pardon travailleurs,
africains, et augmenter leur bénéfice,
déjà considérable. Elles achetaient
le kilo de caoutchouc frais à 57 centimes
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prix de dix à vingt fois supérieurs.
Les concessions s’accompagnaient
évidemment de clauses pour
“donner satisfaction à l’esprit de justice
de l’opinion publique et l’endormir. En
pratique elles ne furent jamais appliquées,
et les populations habitant les
immenses terrains concédés furent, en
fait, réduites à un état qui ne diffère
de l’esclavage, je voudrais que l’on me
dise en quoi?” écrit Gide dans l’article
“La Détresse de notre Afrique Equatoriale”
paru dans la Revue de Paris le 15
octobre 1927, à son retour d’Afrique.
Et il cible la Compagnie française du
Haut-Congo qui, “malgré ses bénéfices
considérables, n’a jamais rien fait pour
améliorer le sort des indigènes qu’elle
exploite: ni route, ni école, ni hôpital,
pas la moindre organisation sanitaire.
Elle laissera en s’en allant, si tant est
qu’elle s’en aille enfin, un pays saigné à
blanc et des indigènes plus misérables
qu’avant l’arrivée des blancs”. Tous éléments
qu’il a vus de ses propres yeux.
Ainsi, après avoir exploité ce
continent pendant au moins un siècle
(surtout à partir de 1870, mais les Portugais
avaient déjà saisi Ceuta en 1415)
– et alors que celle-ci a favorisé leur progression
– les Européens se demandent
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difficile à se développer.
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16 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
A Travers le monde
Israël intercepte la flottille Global Sumud
dans les eaux internationales et ouvre
une nouvelle crise de droit international
Pete Hegseth accusé de « crimes
de guerre » après des attaques
contre des bateaux iraniens
Par Claudia Aranda*
La mission civile qui faisait route
vers Gaza a été arraisonnée près de
la Crète, à des centaines de milles de
la bande de Gaza. Des organisations
de défense des droits humains et des
sources palestiniennes dénoncent une
arrestation illégale de civils, un blocage
des communications et une nouvelle
extension extraterritoriale de la
part d’Israël.
29 avril 2026. Mer Méditerranée.
Les forces israéliennes ont intercepté
des bateaux de la flottille Global Sumud
dans les eaux internationales, près de
l’île grecque de Crète et à des centaines
de milles de Gaza, selon les informations
fournies par la flottille elle-même,
Al Jazeera, Greenpeace et des médias
régionaux. L’opération a donné lieu
à des abordages, au blocage des communications,
à la présence de vedettes
militaires et de drones, et à la perte de
contact avec plusieurs navires. La flottille
dénonce le fait que des civils de
différentes nationalités ont été arrêtés
alors qu’ils participaient à une mission
humanitaire non violente visant à briser
le blocus de Gaza.
La version relayée par des sources
palestiniennes et par la flotte Global
Sumud elle-même qualifie cet incident
d’enlèvement de civils en haute mer. Le
Centre d’information palestinien a indiqué
qu’au moins 15 bateaux auraient
été interceptés et que les communications
d’urgence avaient été bloquées.
Quds News Network a également fait
état de cette interception dans les eaux
(Image Claudia Aranda / IA)
internationales.
D’un point de vue juridique, la
question centrale est grave : si l’opération
s’est déroulée en dehors des eaux
territoriales israéliennes et loin de Gaza,
Israël n’avait pas le droit de saisir ces
navires civils. Cette interception peut
constituer une violation de la liberté
de navigation, une détention arbitraire
de civils et un franchissement des limites
du blocus naval imposé à Gaza. La
qualification de « piraterie » a un impact
politique et médiatique, même si, techniquement,
le droit maritime réserve
généralement ce terme aux actes commis
par des acteurs privés ; lorsqu’une
force étatique intervient, les fondements
juridiques les plus solides sont la capture
illégale, l’usage extraterritorial de la
force et la violation potentielle du droit
international humanitaire et des droits
de humains.
Greenpeace International a indiqué
que son navire, l’Arctic Sunrise,
avait été témoin d’actes de harcèlement
et d’abordages contre la flottille dans
les eaux internationales, à environ 45
milles marins à l’ouest de Cythère et à
quelque 600 milles de Gaza. Amnesty
International avait averti avant le
départ que les États devaient garantir le
passage en toute sécurité de la flottille
et avait qualifié le blocus israélien sur
Gaza d’illégal.
Cette opération relance également
le débat sur la responsabilité des
États tiers. Si des navires transportant
des citoyens européens, latino-américains,
africains ou asiatiques ont été
arraisonnés en dehors de la juridiction
israélienne, leurs gouvernements ont
l’obligation d’exiger des informations
immédiates sur le sort de leurs ressortissants,
leurs conditions de détention,
l’accès consulaire et leur libération. Le
silence diplomatique, dans ce contexte,
n’est pas synonyme de neutralité : il
peut s’apparenter à une tolérance de fait
face à l’extension du contrôle israélien
sur la Méditerranée orientale.
Israël soutient que la flottille cherchait
à défier un blocus naval et que
l’aide devait être acheminée par des
voies « officielles ». Cependant, cette
défense se heurte au lieu où l’opération
aurait eu lieu : près de la Crète, à plus
de 1 000 kilomètres d’Israël et loin du
littoral de Gaza.
Cet événement s’inscrit dans un
contexte de siège prolongé de Gaza, de
famine, de destructions massives d’infrastructures
civiles et de dénonciations
répétées de crimes internationaux. C’est
pourquoi cette interception ne peut être
considérée comme un incident maritime
isolé, mais comme une extension
du blocus aux eaux internationales et
comme un avertissement direct aux
missions civiles qui tentent de briser le
siège humanitaire.
Au moment de la rédaction de
cet article, les informations disponibles
confirment l’interception d’une partie
de la flottille, la perte de contact avec
plusieurs navires et des allégations
d’arrestation de civils. Trois éléments
essentiels restent à éclaircir : le nombre
exact de navires arraisonnés, l’identité
des personnes arrêtées et le lieu exact
où elles ont été emmenées.
La conclusion juridique préliminaire
est claire : s’il s’avère qu’Israël a
arraisonné des navires civils dans les
eaux internationales, sans fondement
juridique suffisant et en bloquant les
communications d’urgence, cette affaire
doit être considérée comme une violation
grave du droit international, pouvant
entraîner des responsabilités pour
détention arbitraire, ingérence illicite
dans la navigation civile et recours à la
force en dehors de son territoire contre
une mission humanitaire.
*Claudia Aranda Journaliste
chilienne, spécialisée en Sémiologie et
Analyse Politique. Analyste internationale
consacrée à l’analyse prospective
des processus sociaux. Résidente à Montréal,
Québec, elle couvre pour Pressenza
les fronts d’actualité de l’agence et les
sujets de débat philosophique contemporain
dans le cadre de l’analyse de divers
faits conjoncturels, avec un accent
sur les droits humains, la géopolitique,
les conflits armés, l’environnement et le
développement technologique. Humaniste
et activiste pour des causes justes.
Pressenza 30 Avril 2026
Mohamad Safa, ancien
représentant de l’ONU
Mohamad Safa, ancien représentant
de l’ONU, a accusé le secrétaire
américain à la Guerre, Pete Hegseth,
soit d’être un « criminel de guerre », soit
un « meurtrier », à la suite d’une opération
menée contre des bateaux iraniens.
Safa rappelle par ailleurs des obligations
prévues par les Conventions de Genève
en cas de naufrage.
Dans une publication diffusée
lundi sur les réseaux sociaux, Safa
a posé une alternative radicale : si les
États-Unis étaient en guerre, alors Pete
Hegseth serait un « criminel de guerre
» ; si tel n’était pas le cas, il serait un «
meurtrier ». Il affirme que l’armée américaine
a délibérément pris pour cible
deux bateaux civils en route d’Oman
vers l’Iran, provoquant la mort de cinq
civils non armés. « Les ordres donnés
par Pete Hegseth à l’armée constituent
une violation du droit international.
Les bateaux civils se rendaient d’Oman
vers l’Iran. L’armée américaine a
délibérément ciblé deux embarcations
soit remplacée par un dirigeant capable
de promouvoir une véritable démocratie
et que le Japon maintienne des relations
amicales avec la Chine et le reste du
monde.
La Constitution japonaise, entrée
en vigueur en 1947, est souvent qualifiée
de pacifiste car son article 9 renonce
à la guerre comme droit souverain et interdit
au pays de posséder une « puissance
de guerre », telle que des forces
militaires.
Cependant, Takaichi et les forces
de droite japonaises cherchent depuis
longtemps à modifier cet article 9. Le
Le secrétaire américain à la
Guerre, Pete Hegseth
et causé la mort de cinq civils », a-t-il
ajouté.
Le Commandement central des
États-Unis (CENTCOM) a déclaré que
des hélicoptères Apache de l’armée de
terre ainsi que des MH‐60 Seahawk
de la marine avaient frappé six petites
embarcations iraniennes, identifiées
comme représentant une menace pour
la navigation commerciale.
Représentant de l’ONG Patriotic
Vision Association (PVA) auprès de
l’ONU, Safa a également rappelé les obligations
imposées par les Conventions de
Genève à toute force militaire ayant coulé
un navire.
« En vertu des Conventions de
Genève, il existe une obligation claire de
porter secours à l’équipage d’un navire
coulé. Abandonner les survivants et les
laisser se noyer est illégal et constitue un
crime de guerre », a-t-il déclaré. « Le
procès de Pete Hegseth pour crimes de
guerre sera historique », a-t-il ponctué.
PressTV 05 Mai 2026
12 avril, lors d’un congrès de son parti,
Takaichi a déclaré que « le moment
est venu » de réformer la Constitution.
« Nous souhaitons tenir le congrès de
l’année prochaine avec une proposition
d’amendement constitutionnel en main
», a-t-elle affirmé, témoignant d’une
détermination renouvelée. Ces déclarations
ont suscité une vive inquiétude et
de nombreuses critiques au sein de la
société japonaise.
Pressenza 24 avril 2026
Xinhua: Agence de presse officielle
de la République populaire de
Chine
Tokyo : 36 000 personnes manifestent
contre la volonté de la Première ministre
japonaise de modifier la Constitution
Des dizaines de milliers de personnes
au Japon se sont rassemblés dimanche
19 avril aux abords du Parlement
pour protester contre les tentatives du
gouvernement de la Première ministre
Sanae Takaichi de modifier la Constitution
pacifiste et exiger la protection de
l’article 9.
Selon les organisateurs, environ
36 000 personnes ont participé à ce
rassemblement, le deuxième rassemblement
organisé depuis le 8 avril, date
à laquelle plus de 30 000 personnes
s’étaient déjà rassemblées près du parlement
japonais pour protester contre la
réforme constitutionnelle.
« Le fait que tant de personnes
se soient rassemblées ici pour protester
contre la tentative du gouvernement
Takaichi de modifier la Constitution
montre que le peuple japonais ne veut
pas la guerre », a déclaré à l’agence
Xinhua une participante, identifié sous
le nom de Hara, qui a participé à quatre
reprises à ce type de rassemblement.
Une personne participante a accusé
Takaichi, soutenue par la large majorité
dont dispose son Parti libéral-démocrate
(PLD) à la Chambre basse, de
persister dans son projet de réforme
constitutionnelle malgré l’opposition
populaire et de tenter de faire du Japon
un pays « capable de faire la guerre »,
ce à quoi elle dit s’opposer fermement.
Une autre personne participante,
se présentant comme Takahashi, a fait
valoir que le Japon avait infligé d’immenses
souffrances à travers l’Asie
pendant la guerre et que sa Constitution
pacifiste avait été rédigée en tenant
compte de ce passé. C’est pourquoi elle
s’oppose à toute modification de celleci.
Une autre manifestante a exprimé
l’espoir que Takaichi démissionne et
Les manifestant·e·s brandissaient des banderoles sur lesquelles on
pouvait lire : « Non à la guerre », « Ne touchez pas à l’article 9 » et «
Takaichi, démission ! » Photos de Xinhua/Jia Haocheng
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
Haiti Liberté
17
Un 1er
mai pour
la paix !
La journée du 1er mai est traditionnellement
une journée de
défense des droits des travailleuses
et travailleurs, du dialogue social
et de la démocratie, elle défend
aussi une justice sociale et fiscale
plus juste, revendique des salaires
dignes, de bonnes conditions de
travail ainsi que le renforcement de
protection sociale. Mais cette année
au regard du contexte mondial, la
mobilisation est particulièrement
tournée vers la paix et la solidarité
internationale.
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18 Haiti Liberté
Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026
ExxonMobil et Chevron
défient la pression de
Trump pour augmenter la
production pétrolière
ExxonMobil et Chevron ont clairement
défié les appels constants
de la Maison-Blanche d’augmenter la
production. Après la flambée des prix
du pétrole et la crise énergétique mondiale
déclenchée à la suite de la guerre
non provoquée contre l’Iran, le président
américain s’est vu dans la contrainte
d’implorer les géants pétroliers
de le sortir de la crise qu’il a lui-même
créée.
Les groupes pétroliers américains
ExxonMobil et Chevron ont annoncé
des bénéfices nets en reculs au premier
trimestre. Les PDG des deux compagnies
restent attachés à leurs stratégies
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actuelles, alors même que les États-
Unis sont confrontés à une hausse des
coûts du carburant liée à la guerre contre
l’Iran, rapporte The Financial Times.
Neil Hansen, directeur financier
d’Exxon, a déclaré qu’il n’y avait aucun
changement dans les opérations
du Bassin Permien (qui s’étend sur
l’ouest du Texas et le sud-est du Nouveau-Mexique),
rappelant que l’entreprise
fonctionne déjà à pleine capacité.
« Il n›est absolument pas nécessaire
d›accélérer le rythme, car nous tournons
déjà à plein régime », a-t-il affirmé,
insistant ainsi sur l›engagement
indéfectible de sa compagnie envers ses
pratiques établies.
De même, Eimear Bonner, directrice
financière de Chevron, a noté
que la crise actuelle, provoquée par
l’instabilité géopolitique, ne justifie
pas de changement significatif : « La
crise n’a entraîné aucune modification
de nos plans », a-t-elle affirmé, clarifient
que l’entreprise privilégie toujours
l’amélioration de son flux de trésorerie
disponible plutôt que la simple augmentation
de sa production « Vous
ne vous attendez pas à ce que nous
modifiions sensiblement nos plans
après huit semaines de perturbations
», a-t-elle poursuivi, faisant référence
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Les géants pétroliers résistent aux pressions américaines visant à augmenter leur production pour atténuer la
crise des carburants.
aux troubles persistants qui affectent
l›approvisionnement mondial en
pétrole.
Quelques jours après le début de
la guerre non provoquée, la République
islamique d’Iran a pris la décision de
fermer le détroit d’Ormuz à la navigation
associée aux États-Unis, à Israël et
à leurs alliés ; une mesure stratégique
qui a entraîné une flambée des prix
de l’énergie à l’échelle mondiale. Les
États-Unis ont ensuite accentué ces
perturbations sur les marchés internationaux
en imposant un blocus illégal
aux ports iraniens.
C’est ainsi que le prix du brut a
grimpé jusqu’à environ 126 dollars le
baril, tandis que le prix de l’essence
aux États-Unis a dépassé les 4 dollars
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le gallon.
Au premier trimestre de 2026,
Exxon a enregistré un bénéfice net de
4,2 milliards de dollars, soit une baisse
de 46 % par rapport à l’année précédente.
Ce recul est principalement dû à
une perte de 3,9 milliards de dollars liée
à des couvertures de cargaisons non
livrées. L’entreprise a également reconnu
que la guerre contre l’Iran a réduit
sa production mondiale d’environ 6 %.
De son côté, Chevron a annoncé
un bénéfice net de 2,2 milliards de
dollars, en baisse de 37 %, malgré une
augmentation de sa production globale
grâce à des acquisitions et à une hausse
de la production dans certaines régions.
Face à la pression croissante de
l’administration Trump, de hauts responsables
ont dialogué directement
avec les dirigeants du secteur pétrolier
et gazier afin de plaider en faveur d’une
augmentation des forages.
Cette échappatoire américaine
s’inscrit dans la poursuite de la politique
énergétique, inventée par Donald
Trump il y a longtemps, caractérisée par
le slogan de ce dernier « Drill Baby, Drill
! ».
Ainsi, à mesure que l’inflation
persistante et la hausse du prix de
l’essence menacent d’avoir des répercussions
politiques, les États-Unis font
face à un besoin urgent de la production
nationale afin d’alléger en partie
le fardeau des consommateurs américains.
PressTv 02 Mai 2026
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