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Haiti Liberte 6 Mai 2026

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Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

SALAIRE MINIMUM :

QUELLE AUGMENTATION ?

Repiblik Dominiken

anonse l ap kontribye

20 Milyon Dola nan

Finansman FRG a

Page 6

Haïti sous-traitée :

le Tchad comme bras

armé d’une stratégie

américaine de basse

visibilité

Page 7

Voir page 3

Conférence de presse tenue par le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, flanqué de la ministre

du Plan, Sandra Paulémon, et de plusieurs syndicalistes, dans les locaux du Fonds d’assistance

économique et sociale (FAES).

HAÏTI VISÉE PAR L’OPÉRATION

« SOUTHERN SPEAR »

1915 Redux:

Operation Southern

Spear Begins to

Establish De Facto

U.S. Military Bases

in Haiti

page 9

L’industrie du

mensonge : l’IA

au service de la

propagande anti-

Chine

page. 10

Voir page 4

Des Marines américains et salvadoriens s’entraînent au combat à La Unión, au Salvador. De plus en plus, l’opération

« Southern Shield » prévoit de mener davantage d’actions terrestres, et non plus seulement de faire exploser des

embarcations en mer. Photo : SouthCom

Pete Hegseth accusé

de « crimes de guerre

» après des attaques

contre des bateaux

iraniens

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Soutien critique du Secteur privé au

gouvernement de facto !

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Par Berthony Dupont

Au mois de janvier de cette année, le secteur privé haïtien à travers

l’ADIH, Haïti AmCham, la CCI, la CCIHC et l’Institut Macaya

avait apporté un soutien sans équivoque au Premier ministre Alix

Didier Fils-Aimé, menacé de révocation par le Conseil Présidentiel

de Transition (CPT). Ce secteur insistait sur la nécessité de préserver

la stabilité et la continuité de l’État haïtien. Cette classe avait même

souligné que des progrès significatifs ont été enregistrés dans la lutte

contre l’insécurité sous le leadership du Premier ministre, grâce à

l’action de la Police Nationale d’Haïti et des Forces Armées, avec

le soutien international. Or, la raison pour laquelle le CPT voulait le

limoger était du fait qu’il avait été jugé d’une nullité absolue. Lors,

malgré la flambée de violence qui se propageait dans le pays, ce

secteur gardait un silence de plomb. Ce d’autant plus que, ça faisait

longtemps déjà que le pays est au bord du gouffre.

Quelle a été la position du secteur privé contre la vague

d’enlèvements frappant la population ? Ce n’est que maintenant

qu’il décide enfin de réagir. Cela signifie-t-il que ces privilégiés perçoivent

une certaine menace à l’horizon ou bien pressentent-ils

qu’une force serait en gestation dans le camp populaire ? En effet,

dans une correspondance ouverte adressée au Premier ministre,

cette classe sociale a manifesté une certaine inquiétude et de lassitude

par rapport à une situation qui perdure. Elle alerte sur l’inaction

de l’État face à l’insécurité et exige la mise en œuvre urgente d’un

plan de sécurité crédible et concret. La question qu’un citoyen averti

pourrait se poser est la suivante : pourquoi soulève-t-elle cette question

à ce moment précis ? Alors que, depuis un certain temps, on

n’entendait pas le moindre bruit de sa part ce qui laissait comprendre

que les choses tournaient comme sur des roulettes et qu’elle n’avait

rien à craindre.

Aujourd’hui, ce cri dans le désert n’a rien de surprenant. En

réalité, tout indique que le peuple commence à s’agiter quelque peu

contre le pouvoir bourgeois. Et de fait, ce secteur privé se met soudainement

à réagir pour prétendre être en désaccord avec l’État. Y

a-t-il vraiment de la sincérité dans cette prise de position ou juste

une forme de connivence avec le gouvernement corrompu ? Nous

savons bien jusqu’à quel point les différents courants de cette bourgeoisie

parasite sont de mèche avec le pouvoir pour acculer et liquider

les initiatives populaires. D’ailleurs, la gouvernance de l’État

est complètement entre les mains de cette classe dominante ; les

dirigeants sont, en fait, ses instruments qui manœuvrent dans le

sens de ses propres intérêts.

C’est la raison pour laquelle, rien de ce que fait ce système n’a

jamais servi les intérêts des masses défavorisées, et ne saurait apporter

la moindre amélioration pour les travailleurs qui vivent dans

une situation se dégradant de jour en jour. Tout est donc planifié.

Depuis que certaines routes ont été bloquées sous le prétexte de «

zones de non-droit » ou de « Territoires perdus », l’État ne s’en est

nullement soucié en fermant les yeux sur la situation, car s’agissant

de territoires où vit la majorité de la population pauvre. Le secteur

privé ne s’en plaint jamais de cette aberration. L’éventualité d’un

changement politique en Haïti ne semble pas pour demain. Il est

clair que c’est la mobilisation sur les réseaux sociaux par le mouvement

populaire pour exiger la réouverture de l’aéroport de Port-au-

Prince et les routes qui paraissent inquiéter le secteur des affaires.

Ces oligarques ont fini par « découvrir » que les voies d›accès

à l›aéroport sont désormais impraticables à cause de l’insécurité.

Pourquoi ce secteur n’avait-il rien vu auparavant, compte tenu de

l›état de chaos dans lequel le pays a sombré depuis l›assassinat du

Président Jovenel Moïse ? Étaient-ils aveugles ou sourds ? Peutêtre

n›ont-ils jamais entendu les revendications des masses populaires.

Quelle découverte stupéfiante viennent-ils faire ? Selon eux,

« le pays est vulnérable à l’insécurité. Ce phénomène d’insécurité

persistante paralyse leurs activités, expose leurs employés à des

risques constants et perturbe gravement leurs services sociaux. »

Mais depuis quand ces individus manifestent-ils une telle préoccupation

pour la population ? On peut comprendre qu’ils se soucient de

leurs propres intérêts, mais lorsqu’ils évoquent leurs employés et la

perturbation des services sociaux... cela nous laisse perplexe et même

nous inquiète.

Cela fait déjà des années que les ordures ménagères, la boue et

la poussière ont envahi toute la ville de Port-au-Prince et ses banlieues

mêmes les plus huppées, voilà que c’est aujourd’hui seulement

que nous entendons le secteur privé des affaires déclarer : «

Il est désormais impossible de circuler normalement sur les axes de

Drouillard, Cazeau, BIM et Carrefour Rita. » Ne devrait-il pas dire

plutôt : Il est désormais impossible de circuler normalement dans tout

le pays. Une simple averse suffit à inonder une ville entière et c’est

cela qui a mis en ébullition les populations de certaines villes du pays

contre le gouvernement en place. Cette gymnastique médiatique de la

bourgeoisie, est-ce pour brouiller les cartes en vue de la réouverture

de l’aéroport international Toussaint Louverture exigé par le peuple

ou seulement pour apporter un soutien critique au gouvernement ?

Ne fait-elle pas, en fin de compte le jeu cynique du pouvoir dont

l’objectif fondamental demeure la manipulation pour se maintenir

et la liquidation du pays, quand elle a déclaré : « On ne sécurise

pas un aéroport en abandonnant les routes qui le desservent. » Et

de surcroit « que toute stratégie visant à sécuriser l’aéroport sans

garantir l’accès aux routes qui y mènent est incohérente ». En un

sens, le secteur privé dit : Non à la réouverture de l’aéroport !

La sortie de cette lumpen-bourgeoisie qui veut se faire passer

pour le pilier essentiel de l’économie nationale, et attend désormais

des mesures immédiates, visibles et coordonnées, à la hauteur de

la gravité de la situation contre l’insécurité est démagogique. Cette

grande conspiration du secteur privé réclamant notamment, un niveau

minimal de sécurité, la libre circulation sur ces axes stratégiques

et une présence effective des forces de l’ordre n’a qu’un objectif : faire

diversion aux revendications populaires en cours. Il ne faut pas avoir

peur de le dire, c’est une illustration maquillée de leur soutien crucial

au pouvoir de transition imposé par l’impérialisme américain. S’il est

un secteur qui a tiré profit de cette insécurité planifiée, c’est bien cette

classe des affaires !

Email :

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Website :

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Victoria T. H. Sylvain

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Eddy Toussaint

Edmond Bertin

Robert Garoute

Jacques Nési

Ed Rainer

Elysée Luckner Vil

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

Didier Leblanc

DISTRIBUTION: MIAMI

Pierre Baptiste

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COMPOSITION ET ARTS

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2 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


A Travers Haiti

Salaire minimum : quelle augmentation ?

Par Isabelle L. Papillon

Le lundi 4 mai 2026, le gouvernement

*de facto* haïtien, par l’intermédiaire

du ministre de l’Économie

et des Finances, Serge Gabriel Collin,

a annoncé, lors d’une conférence de

presse tenue dans les locaux du Fonds

d’assistance économique et sociale

(FAES) à Delmas, qu’il avait augmenté

de 46 % le salaire minimum journalier

pour le secteur de la sous-traitance.

C’est désormais la somme de 1 000

gourdes pour 8 heures de travail par

jour que l’État a choisi d’allouer aux

travailleurs. Compte tenu du taux d’inflation,

peut-on vraiment qualifier cela

d’augmentation de salaire ?

Au cours de cette réunion, plusieurs

personnalités étaient présentes,

telles que le ministre par intérim des

Affaires sociales et du Travail (MAST),

Marc Elie Nelson, la ministre de la

Planification, Sandra Paulemon, et

le directeur général du FAES, Kesner

Romilus ; ils étaient tous venus soutenir

le gouvernement du Premier ministre

Alix-Didier Fils-Aimé, qui les avait

nommés à des postes au sein de l’appareil

d’État.

Depuis 2023, les salaires sont

restés inchangés, tandis que le coût

de la vie n’a cessé de grimper. Dans

la zone métropolitaine de la capitale,

Port-au-Prince, les travailleurs du Parc

industriel (Sonapi) ont manifesté, tout

comme les travailleurs de la Compagnie

de développement industriel (Codevi) à

Ouanaminthe (Nord-Est), réclamant 2

500 gourdes avant l’augmentation du

prix de l’essence par l’État, et 3 000

gourdes après la hausse du prix des

produits pétroliers. Passer de 625 à 1

000 gourdes pour une journée de travail

ne changera absolument rien aux

conditions de vie des travailleurs.

Après une semaine de discussions,

les syndicats devraient accepter

ces 1 000 gourdes, car cet État exploiteur

— qui défend les intérêts de la bourgeoisie

— avait initialement proposé

une somme comprise entre 810 et 950

gourdes. Pour apaiser la population —

recourant à une manœuvre de diversion

— le gouvernement annoncé qu’il

mettrait à disposition une enveloppe de

625 millions de gourdes afin de soutenir

le pouvoir d’achat des travailleurs

au cours des cinq derniers mois de l’exercice

fiscal 2025-2026.

Le ministre ment avec un tel

aplomb qu’il est incapable de préciser

les modalités de répartition de cette

somme. Ce n’est pas la première fois

que les dirigeants se moquent de la

population en lui faisant de fausses

promesses, alors même que leurs propres

affaires prospèrent. L’État n’a pas

l’argent nécessaire pour augmenter

convenablement les salaires des travailleurs,

mais il a trouvé plusieurs

millions de dollars à investir, pour une

cinquantaine d’années environ, dans

des mercenaires américains chargés

d’assurer une prétendue sécurité.

Pour rappel, le salaire minimum

varie selon les secteurs d’activité.

Depuis 2022, il oscille entre 350

gourdes pour le personnel domestique

et 770 gourdes pour certains travailleurs

de l’industrie. D’autres catégories

sont fixées à 615 gourdes pour le personnel

de soutien, 540 gourdes pour

les petites entreprises et 685 gourdes

pour les industries d’assemblage destinées

à l’exportation.

C’est un salaire minimum qui

laissera toujours les travailleurs de la

sous-traitance affamés.

La conférence grotesque annonçant une quelconque augmentation du salaire minimum.

Les travailleurs réclamaient entre 2 500 et 3 000 gourdes par jour, mais les dirigeants ne

leur en versent que 1 000.

A bas la faim !

Que pourront bien faire mille gourdes par jour pour ces pauvres travailleurs des industries de

la sous-traitance ?

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Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

Haiti Liberté

3


A Travers Haiti

Haïti visée par l’opération « Southern Spear »

Par Kim Ives

L

’opération « Southern Spear » débute

et vise à établir des bases militaires

américaines *de facto* en Haïti

L’opération « Southern Spear »

du Pentagone a fait la une de la presse

mondiale en septembre 2025, lorsque

l’US Navy a commencé à bombarder de

petites embarcations dans la mer des

Caraïbes et l’océan Pacifique.

Bien que l’administration Trump

ait prétendu vouloir intercepter des narcotrafiquants

acheminant de la drogue

vers les États-Unis, il est désormais

établi que bon nombre (si ce n’est la

quasi-totalité) des victimes, attaquées

illégalement et tuées de manière extrajudiciaire

par les drones et les missiles

du Commandement Sud, étaient d’innocents

pêcheurs, passeurs, voyageurs

ou autres civils n’ayant aucun lien avec

le trafic de drogue.

Certains des blessés ayant survécu

à ces attaques affirment avoir été par

la suite arrêtés et torturés par les forces

américaines. « Trente-six survivants

de deux attaques survenues dans le

Pacifique [...] ont allégué avoir été

enlevés et torturés par les forces américaines,

puis transportés par bateau

jusqu’au Salvador avant d’être renvoyés

en Équateur », et ce, uniquement

grâce aux efforts de leurs familles ; c’est

ce qu’a rapporté *Drop Site News* dans

une enquête approfondie publiée le 21

avril.

En raison de leur petite taille, aucune

des embarcations détruites n’avait

la moindre chance d’atteindre les côtes

américaines.

Au moment de la rédaction de

cet article, et ce depuis le 2 septembre

2025, les États-Unis ont mené 55

frappes — 17 dans les Caraïbes et au

moins 36 dans le Pacifique —, détruisant

56 bateaux et tuant à tort au moins

188 civils, selon un blog régulièrement

mis à jour par le *Center for Economic

and Policy Research* (CEPR) de Washington,

D.C.

Haïti également dans le collimateur

C’est le 3 février 2026 que

l’opération « Southern Spear » a ciblé

Haïti pour la première fois : des navires

de guerre américains — l’USS

*Stockdale*, l’USCGC *Stone* et l’USC-

GC *Diligence* — ont alors fait leur entrée

dans la baie de Port-au-Prince afin

d’adresser un message à l’ensemble du

peuple haïtien. Ce message indiquait

que Washington ne souhaitait aucune

reconduction du Conseil présidentiel

de transition (CPT) — dont le mandat

devait expirer le 7 février — et que le

Premier ministre *de facto*, Alix Didier

Fils-Aimé, assumerait à lui seul la

totalité du pouvoir exécutif. Toutefois,

au cours des trois derniers mois, le

Pentagone a commencé à déployer ses

forces de manière croissante sur terre

plutôt que sur mer.

La première démarche de Washington

consiste à faire désigner, par son

Département d’État, des « organisations

terroristes désignées » ; cette classification

sert ensuite de justification à

une action militaire unilatérale. Ainsi,

en Équateur — pays désormais placé

sous la poigne de fer du président Daniel

Noboa, proche allié de Donald Trump

—, les « terroristes désignés » sont des

trafiquants de drogue présumés. Le 3

mars, « les forces d’opérations spéciales

américaines ont [apporté leur] soutien

à des raids menés par des unités d’élite

équatoriennes contre des installations

présumées de «traitement et d’expédition»

de cartels de la drogue » en

Faisant partie des forces de l’opération « Southern Spear », des Marines

américains descendent en corde lisse depuis un hélicoptère à bord de

l’USS Fort Lauderdale, dans la mer des Caraïbes, le 15 avril 2026. Photo :

SouthCom

Équateur, a rapporté *The Intercept* le

4 mars.

« Il était inévitable que la situation

s›intensifie », a confié à *The Intercept*

un responsable gouvernemental

américain s›exprimant sous le sceau de

l›anonymat, en référence à l›opération

*Southern Spear*. « Il était impensable

de se limiter indéfiniment à de simples

frappes navales. »

Débarquement

Tout comme Haïti, l’Équateur

est doté d’une interdiction constitutionnelle

concernant le déploiement

de troupes étrangères sur son sol. En

novembre 2025, 60 % des Équatoriens

ont voté pour le maintien de cette interdiction,

qui remonte au gouvernement

anti-impérialiste de Rafael Correa en

2007. Trump a récemment reconnu publiquement

son mépris pour le droit international,

déclarant : « Nous sommes

comme des pirates. »

Connaissant la fibre nationaliste

des Haïtiens, les États-Unis ont adopté

une approche plus insidieuse en Haïti.

Tout d’abord, depuis novembre 2024,

la Federal Aviation Administration

(FAA) a interdit à toutes les compagnies

aériennes commerciales quittant

l’espace aérien américain de desservir

l’aéroport international Toussaint

Louverture de Port-au-Prince, qui constitue

historiquement la principale porte

d’entrée internationale vers Haïti. Cette

interdiction a été imitée par le Canada,

la France et la République dominicaine.

La fermeture de l’aéroport de

Port-au-Prince a causé de grandes souffrances

et une profonde détresse aux

Haïtiens. Ceux de la diaspora qui souhaitent

se rendre dans leur pays doivent

voyager à grands frais, soit en passant

par l’aéroport, bien plus modeste, du

Cap-Haïtien dans le nord du pays, soit

Survivants d’une attaque menée le 25 mars par l’opération « Southern

Spear » contre le bateau de pêche *Don Maca* dans le Pacifique ;

document fourni à *Drop Site News*.

par la République dominicaine.

En réaction, un mouvement national

s’est levé aujourd’hui en Haïti

pour exiger la réouverture de l’aéroport.

« L’une des revendications clés de

cette mobilisation est que l’aéroport de

la capitale ne soit, en aucun cas, transformé

en base militaire américaine », a

écrit Berthony Dupont dans un éditorial

paru le 22 avril dans *Haïti Liberté*. «

Nous ne pouvons contraindre aucune

nation à entretenir des relations commerciales

ou toute autre forme d’interaction

avec nous ; inversement,

elles ne sauraient violer nos droits en

fermant notre aéroport à leur guise,

allant même jusqu’à intimider d’autres

nations ou les empêcher d’y atterrir. »

Le 1er mai, à l’occasion de la

Journée internationale des travailleurs,

des centaines d’Haïtiens ont défilé et

manifesté à Port-au-Prince pour exiger

la réouverture de l’aéroport. Fils-Aimé

a semblé se moquer des manifestants

haïtiens lorsqu’il s’est mis à scander des

slogans et à hocher la tête au rythme

de la foule qui lui criait : « Débloquez

la nation ! » et « Ouvrez l’aéroport ! »

Sa réponse facétieuse constitua un faux

pas, car elle faisait écho à une remarque

similaire de son prédécesseur politique,

le président René Préval, qui, deux

décennies plus tôt, avait déclaré de

manière tristement célèbre et cavalière

— alors qu’il faisait face à une foule en

colère exigeant qu’il agisse : « La prochaine

fois que vous manifesterez, passez

au Palais pour venir me chercher ;

je me joindrai à vous. »

Or, l’aéroport de Port-au-Prince

a, de fait, été transformé en une base

militaire américaine *de facto*, où sont

stationnées les troupes de la « Force de

répression des gangs » (GSF) — parrainée

et financée par les États-Unis —

tout comme l’était avant elle la « Mission

multinationale d’appui à la sécurité

» (MSS). Des avions militaires américains

y sont régulièrement observés à

l’atterrissage.

Le contrôle américain sur l’aéroport

a semblé se confirmer cette semaine

lorsque, dans l’émission *Micro

Vérité* de Radio Télé Éclair, un officier

anonyme de la Police nationale d’Haïti

(PNH) a révélé que l’ambassade des

États-Unis avait donné instruction au

gouvernement haïtien et aux hauts

gradés de la police d’interdire aux Haïtiens

de manifester à l’aéroport.

La désignation de « Viv Ansanm

» comme organisation terroriste

Le 2 mai 2025, le secrétaire

d’État américain Marco Rubio a qualifié

la coalition « Viv Ansanm » (Vivre ensemble)

— regroupant divers groupes

armés de quartiers du grand Port-au-

Prince — d’« organisation terroriste

désignée », ouvrant ainsi la voie à une

nouvelle intervention militaire américaine.

Exactement un an plus tard, le

2 mai 2026, « dans le cadre de l’opération

*Southern Spear*, un contingent

de militaires américains aurait atterri à

Ouanaminthe, en Haïti, aux alentours

de midi », a rapporté le site Haitilibre.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en compagnie du général

Francis L. Donovan, du Commandement Sud des États-Unis, lors d’une

conférence du SouthCom le 5 mai à Doral, en Floride. Photo : SouthCom

com. Un hélicoptère « aurait atterri

sur l’héliport des douanes haïtiennes,

transportant des soldats américains

accompagnés [d’officiers de la PNH]...

Selon les informations disponibles (bien

qu’officieuses), les missions prioritaires

du contingent américain déployé à

Ouanaminthe consistent à combattre le

narco-terrorisme, à empêcher les gangs

de se replier vers la République dominicaine

et à endiguer le trafic d’armes. »

Il semble donc désormais que

les États-Unis aient stationné des

contingents de l’opération *Southern

Spear* tant à Ouanaminthe qu’à Portau-Prince.

Le Commandement Sud des

États-Unis n’a pas répondu à la demande

de confirmation adressée par

*Haïti Liberté*. Quant à l’objectif d’empêcher

les « gangs » de « se replier

vers la République dominicaine », la

surveillance du point de passage frontalier

du nord-est, entre Ouanaminthe

et Dajabón, ne présente guère de logique.

Aucun des groupes armés affiliés

à « Viv Ansanm » ou opérant dans la

vallée de l’Artibonite n’est présent dans

les départements du Nord ou du Nord-

Image extraite d’une vidéo montrant une petite embarcation dans le

Pacifique oriental, quelques secondes seulement avant d’être pulvérisée

par un missile américain, tuant les trois hommes inexpérimentés et

inconnus qui se trouvaient à bord. La plupart des victimes de ces 55

attaques ont été des civils innocents. Photo : SouthCom

Est d’Haïti. Par ailleurs, la République

dominicaine dispose désormais d’une

frontière hautement surveillée et militarisée

avec Haïti, en particulier aux

abords de Dajabón.

En dépit d’une situation désastreuse

et en pleine détérioration —

marquée par sa guerre contre l’Iran et

la menace imminente d’une crise économique

mondiale —, les États-Unis

prévoient de maintenir leur « Opération

Southern Spear » au moins jusqu’en

2028, selon le média *The Intercept*.

« Mark Cancian, analyste

au Centre d›études stratégiques et

internationales (CSIS), a déclaré à

suite à la page(16)

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4 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


AVI

SOU ODYANS PIBLIK, VOTE POU BIDJÈ AK ELEKSYON

DISTRI LEKÒL WESTBURY LAVIL NAN NORTH HEMPSTEAD

ak HEMPSTEAD NASSAU COUNTY WESTBURY, NEW YORK

AVI SA A BAY: dapre yon rezolisyon nan KOMISYON KONSÈY EDIKASYON NAN DISTRI

LEKÒL WESTBURY, VIL NAN HEMPSTEAD AK NORTH HEMPSTEAD, NASSAU COUNTY ETA

NEW YORK, adopte, 1 jiyè 2025, yon odyans piblik nan kalifye elektè nan Distri Lekòl Westbury,

Nassau County, Westbury, New York ap fèt nan Oditoryòm nan Westbury High School, One Post

Road, Old Westbury, New York nan madi 5 me 2026 a 7:30. PM (tan nòmal) pou yo revize bidjè

yo pwopoze a ak pou tranzaksyon nan biznis tankou otorize pa Lwa Edikasyon nan Eta New York.

Nenpòt moun ki rete nan distri lekòl la ka resevwa yon kopi deklarasyon bidjè a, sou demann,

apati 28 avril 2026 nan Biwo Administrasyon an, Two Hitchcock Lane, Old Westbury, New York.

AK PLIS AVI A BAY: vòt yo ak eleksyon pa elektè yo ki anrejistre nan Distri Lekòl Westbury,

Lavil Hempstead ak North Hempstead, Nassau County, Westbury, New York ap fèt nan zòn

eleksyon yo dekri nan paragraf sa yo nan madi, 19 me 2026 epi vòt la pral ant 6:00 AM ak 9:00

PM (tan nòmal) nan lekòl yo deziyen jan yo mansyone nan paragraf yo pou rezon sa yo:

Pou vote sou bidjè anyèl Distri a pou ane lekòl 2026-2027 la epi pou otorize prelèvman taks

sou pwopriyete taksab Distri a pou rezon ki anwo yo.

Eleksyon de (2) manm nan Komisyon Konsèy Edikasyon an, yo chak pou yon manda konplè

twa (3) ane ki kòmanse 1ye jiyè 2026 ak ekspire 30 jen 2029.

De (2) responsab prezan yo se Robin L. Bolling ak Rodney A. Caines.

Pou vote sou lòt pwopozisyon ki kapab byen vini anvan reyinyon an epi fè lòt

zafè jan lalwa otorize.

AK PLIS AVI A BAY, yo ka jwenn yon kopi bidjè a oswa deklarasyon an si yon moun k ap

viv nan distri lekòl la mande li pandan lè biznis apati 28 avril 2026, eksepte samdi, dimanch oswa

konje yo, nan Biwo Administrasyon an, Two Hitchcock. Lane, Old Westbury, New York ak nan

chak lekòl nan Distri a pandan 9:00 AM a 3:00 PM (tan nòmal) nan biwo direktè lekòl la nan chak

nan lekòl ki anba a ak nan Westbury Memorial Public Library (bibliyotèk piblik la):

Westbury High School, One Post Road, Old Westbury, New York

Westbury Middle School, 455 Rockland Street, Westbury, New York

Drexel Avenue School, 161 Drexel Avenue, Westbury, New York

Powells Lane School, 603 Powells Lane, Westbury, New York

Park Avenue School, 955 Park Avenue, Westbury, New York

Dryden Street, School, 545 Dryden Street, Westbury, New York

Westbury Memorial Public Library, 445 Jefferson Street, Westbury, New York

Westbury School District Website – www.westburyschools.org

AK PLIS AVI BAY ke, dapre Real Property Tax Law Section 495 (lwa sou taks sou pwopriyete)

mande pou Distri a tache ak bidjè li pwopoze a yon rapò egzanpsyon. Rapò ekzanpsyon sa a, ki

pral tou tounen yon pati nan bidjè final la, pral montre ki jan valè total evalye wòl evalyasyon

final la itilize nan pwosesis bidjè a egzante de taks, lis tout kalite egzanpsyon akòde pa otorite legal

yo, epi montre enpak kimilatif chak kalite egzanpsyon, kantite lajan kimilatif yo espere resevwa

kòm peman nan plas taks (PILOT) ak bay tout egzanpsyon yo. Anplis de sa, rapò egzansyon sa a

dwe afiche sou nenpòt tablo afichaj Distri a kenbe pa Distri pou Avi Piblik yo, osi byen ke sou sit

entènèt Distri a.

AK PLIS AVI A BAY : petisyon ki gen omwen vennsenk (25) siyati nan elektè yo ki kalifye

kandida nominasyon pou biwo a nan Manm nan Komisyon Konsèy Edikasyon an dwe depoze nan

Grefye Distri a nan 6 Hitchcock Lane, Old Westbury, NY ant 9:00 AM ak 5:00 PM (tan nòmal)

pa pita pase lendi 20 avril 2026; petisyon sa yo dwe endike tou non ak adrès chak siyatèr, e dwe

endike non ak adrès kandida a.

AK PLIS AVI A BAY: aplikasyon pou bilten vòt pa korespondans yo ka aplike pou nan Bilding

Administrasyon an pandan lè biznis yo lendi jiska vandredi, eksepte jou konje oswa sou sit entènèt

UFSD Westbury pa pi bonè pase 20 avril 2026. Si yo dwe voye bilten vòt la pa lapòs ba elektè yo,

Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon ou ranpli, pa pita ke 12 mai 2026. Si Biwo Grefye Distri

a dwe delivre pèsonèlman elektè a nan bilten vòt la, se Grefye Distri a ki dwe ranpli aplikasyon an

pa pita ke lendi 18 mai 2026. Grefye Distri a dwe resevwa bilten vòt pa korespondans pa pita ke

5:00 PM (tan nòmal) nan madi, 19 mai 2026.

Yon lis tout moun ki dwe resevwa bilten vòt absan yo ap disponib nan Biwo Grefye a nan

Distri a pandan lè travay lekòl la nan chak nan senk (5) jou yo anvan jou eleksyon an, eksepte

dimanch, ak nan samdi, 16 mai 2026 ant 9:00 AM ak l2:00 PM ak nan biwo vòt yo nan jou

eleksyon an. Nenpòt ki elektè ki kalifye ki prezan nan biwo vòt la kapab fè objeksyon pou vote

bilten vòt la sou rezon ki apwopriye pou fè defi li yo ak rezon ki fè sa nan yon Enspektè Eleksyon

anvan fen biwo vòt yo.

AK PLIS AVI A BAY: dapre Seksyon 2018-e nan Lwa Edikasyon an, aplikasyon pou bilten vòt

pa lapòs bonè yo ka jwenn nan Biwo Grefye Distri a nan Distri Lekòl la, pandan tout jou Distri Lekòl

la nan sesyon. Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon ki ranpli yo pa pi bonè pase 20 avril 2026

ak anvan 12 mai 2026, si yo dwe voye bilten vòt la pa lapòs bonè bay elektè a. Si yo remèt bilten

vòt la pa lapòs bonè pèsonèlman nan Biwo Grefye Distri a, Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon

ki ranpli a pa pita pase 18 mai 2026. Yo p ap voye bilten vòt lapòs bonè sòf si yo resevwa li nan

Biwo Grefye Distri a nan Distri Lekòl la pa pita pase 5:00 p.m. le 19 mai 2026. Yon lis tout moun

yo te bay bilten vòt bonè yo ap disponib nan Biwo Grefye Distri a lè biwo a ouvri nan epi apre le 13

mai 2026 jiska 18 mai 2026, eksepte samdi 16 mai 2026 ant 9:00 AM ak 12:00 PM, sou randevou

davans, epi lis sa a pral afiche tou nan biwo vòt la nan eleksyon manm konsèy edikasyon an. Yon

defi pou yon bilten vòt bonè pa ka fèt sou baz ke votè a te dwe aplike pou yon bilten vòt absan.

Distri a te divize zòn eleksyon yo jan sa a:

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 1 konsiste de tout zòn ki sitiye ant lès nan Post Road ak Post

Avenue, nan sid ak nan lwès North Hempstead la - Oyster Bay Town Line, nan nò jiska Brush

Hollow Road, Union Avenue rive School Street nan Old Country Road ak nan nò Old Country.

Road. Vòt ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt nan WESTBURY MIDDLE SCHOOL, 455

ROCKLAND STREET, WESTBURY, NEW YORK.

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 2 konsiste de tout zòn ki sitiye nan lwès Post Avenue, Westbury

ak Post Road, Old Westbury, lès nan Ellison Avenue ak nan nò Old Country Road. Vòt

ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt nan DREXEL SCHOOL, 161 DREXEL AVENUE,

WESTBURY, NEW YORK.

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 3 konsiste de tout zòn ke yo rele New Cassel, Vil North Hempstead,

ki chita lès nan School Street ant Long Island Railroad ak Union Avenue ak Brush Hollow

Road; tou sa chita ant Grand Boulevard ak fwontyè a lès nan distri a, nan nò Old Country Road

ak nan sid Long Island Railroad la. Vòt ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt nan PARK

SCHOOL, 955 PARK AVENUE EAST, WESTBURY, NEW YORK.

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 4 konsiste de tout zòn ke yo rele New Cassel, Vil nan North

Hempstead, ki chita nan sid Long Island Railroad e nan nò Old Country Road, lès nan School Street

ak limite nan nòdès la pa Grand Boulevard. Vòt ak anrejistreman nan distri eleksyon sa a ap fèt

nan DRYDEN SCHOOL, 545 DRYDEN STREET, WESTBURY, NEW YORK.

AK PLIS AVI BAY ke Votè ki nan Militè ki pa anrejistre pou vote kounye a ka aplike pou

enskri kòm yon elektè ki kalifye nan Distri a lè yo kontakte Grefye Distri a nan 6 Hitchcock Lane,

Old Westbury, NY, pa telefòn 516-874-1828, oswa imèl: districtclerk@westburyschools.org pou

resevwa yon aplikasyon pou enskri kòm yon elektè ki kalifye nan Distri a pou Reyinyon Anyèl la

19 mai 2026. Votè ki nan Militè a ka endike preferans yo pou resevwa aplikasyon enskripsyon an

pa lapòs, pa faks oswa pa lapòs elektwonik (imèl). Grefye Distri a dwe resevwa aplikasyon pou

enskri a pa pi ta pase 5:00 PM nan 23 avril 2026. Rejis elektè yo prepare ak depoze nan biwo grefye

distri a dwe enkli non tout elektè militè ki soumèt yon enskripsyon elektè ki valab. Yon elektè

militè vle di yon elektè kalifye nan Eta New York ki nan sèvis militè aktyèl e ap, konsa, absan nan

Distri a kote li kalifye pou vote nan jou enskripsyon an oswa eleksyon an oswa revoke/mete deyò

nan sèvis militè nan 30 jou nan yon eleksyon oswa yon mari oswa madanm, paran, pitit oswa

depandan votè nan militè si yon elektè kalifye nan Eta New York ak yon okipan nan distri lekòl la

kòm vote nan militè yo, oswa pèsonèl militè k ap viv sou yon lakou militè nan yon distri lekòl nan

Eta New York pou yon peryòd 30 jou imedyatman anvan eleksyon an.

AK PLIS AVI BAY ke Votè ki nan Militè ki kalifye pou votè nan Distri a ka jwenn yon aplikasyon

pou yon bilten militè lè yo kontakte Grefye Distri a nan 6 Hitchcock Lane, Old Westbury,

NY, pa telefòn 516-874-1828, oswa imèl: districtclerk@westburyschools.org. Grefye Distri a dwe

resevwa aplikasyon pou yon bilten militè pa pita ke 5:00 PM nan 24 avril 2026. Votè Militè a ka

endike preferans yo pou resevwa aplikasyon pou yon bilten militè ak bilten militè a pa lapòs, pa

faks oswa imèl. Yo pral voye bilten vòt militè yo pa lapòs oswa distribiye otreman pa pita pase

25 avril 2026. Grefye Distri a dwe resevwa bilten militè yo (1) anvan yo fèmen biwo vòt yo nan

jou eleksyon an epi ki montre yon mak anilasyon nan sèvis lapòs Etazini oswa nan sèvis lapòs

yon peyi etranje, oswa ki montre yon otorizasyon dat pou yon lòt ajans nan Gouvènman Etazini/

Ameriken oswa (2) pa 5:00 PM nan jou eleksyon an epi siyen epi gen date pa votè militè yo ak

yon temwen ladan yo, ak yon dat ki detèmine yo dwe pa pita pase jou a anvan eleksyon an. Yon

lis tout moun ki gen bilten militè yo te bay yo ap disponib pou enspeksyon nan elektè yo ki kalifye

nan Distri a nan Biwo Grefye Distri a pandan lè biwo a ant 9:00 am a 4:00 pm, tan dominan, jouk

jou eleksyon Distri Lekòl la ak Vòt la.

AVI SOU ENSKRIPSYON

AK PLIS AVI A BAY: enskripsyon pèsonèl votè yo egzije swa dapre Seksyon 2014 Lwa

Edikasyon oswa dapre Atik 5 Lwa Eleksyon an (Lwa sou Edikasyon yo). Si yon elektè anrejistre

anvan dapre Seksyon 2014 Lwa sou Edikasyon an epi li te vote nan yon Reyinyon Distri Anyèl

oswa Espesyal (eleksyon) ki te fèt pandan kat (4) ane kalandriye anvan yo, li kalifye pou vote nan

eleksyon sa a; si yon elektè anrejistre epi kalifye pou vote dapre Atik 5 Lwa Eleksyon an, li kalifye

tou pou li vote nan eleksyon sa a. Tout lòt moun ki vle vote dwe enskri.

Okipan ki kalifye nan Distri a ap pèmèt yo enskri pou reyinyon distri lekòl yo ak eleksyon

nan Biwo Grefye Distri a, ki nan 6 Hitchcock Lane, Old Westbury, NY ant 9:00 AM ak 12:00 PM epi

ant 2:00 PM ak 4:00 PM nan mèkredi lè lekòl la louvri kòmanse ak premye jou prezans elèv yo nan

mwa septanm nan epi ki fini ak dènye jou prezans elèv yo nan mwa jen, ak ant 9:00 AM a 1:00

PM nan jou biznis regilye pandan mwa jiyè ak out. Dat final la pou enskri pou Reyinyon Anyèl

la sou 19 mai 2026 se jedi 14 mai 2026 ant 9:00 am ak 12:00 pm epi ant 2:00 pm ak 4:00 pm.

Komisyon Konsèy Enskripsyon an ap rankontre, avèk Grefye Distri a, nan jedi 14 mai 2026

ant 2:00 PM ak 8:00 PM (tan nòmal) nan bi pou yo enskri tout elektè yo ki kalifye nan Distri a

dapre sa a. Seksyon 2014 nan Lwa sou Edikasyon, yo ajoute nenpòt non adisyonèl nan Rejis la

yo dwe itilize nan eleksyon an deja mansyone, nan ki tan nenpòt moun ki pral pèmèt li gen non

li oswa li mete sou Rejis la, si nan reyinyon Komisyon Konsèy Enskripsyon a yo rekonèt li oswa

pwouve nan satisfaksyon Komisyon Konsèy Enskripsyon a pèmèt yo vote nan eleksyon an enskri

a prepare, nan kote sa yo:

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 1

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 2

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 3

ZÒN ELEKSYON NIMEWO 4

WESTBURY SCHOOL SCHOOL

455 Rockland Street, Westbury, New York

DREXEL AVENUE SCHOOL

161 Drexel Avenue, Westbury, New York

ARK AVENUE SCHOOL

955 Park Avenue, Westbury, New York

DRYDEN STREET SCHOOL

545 Dryden Street, Westbury, New York

Touswit apre yo fin enskri a, yo dwe depoze li nan Biwo Grefye Distri a, kote nenpòt elektè ki

kalifye pou Distri a dwe enspekte li ant 9:00 AM ak 3:00 PM (tan nòmal) sou chak nan senk (5)

jou yo anvan jou a etabli pou Reyinyon Anyèl eksepte dimanch ak samdi, 16 mai 2026 ant 9:00

AM ak 12:00 PM ak nan biwo vòt la(yo) nan jou eleksyon an.

AK PLIS AVI BAY ke, dapre Seksyon 2014 Lwa Edikasyon Eta New York, Komisyon Enskripsyon

an ak Grefye Distri a pral rankontre nan WESTBURY MIDDLE SCHOOL, 455 Rockland

Street, Westbury, New York (pou Zòn Eleksyon No. 1 jan sa eksplike deja) ak DREXEL AVENUE

SCHOOL, 161 Drexel Avenue, Westbury, New York (pou Zòn Eleksyon No. 2 jan sa eksplike deja)

ak PARK AVENUE SCHOOL, 955 Park Avenue, Westbury, New York (pou Zòn Eleksyon No. 3 jan

sa eksplike deja) ak DRYDEN STREET SCHOOL, 545 Dryden Street, Westbury, New York (pou Zòn

Eleksyon No. 4 jan sa eksplike deja) sou 14 mai 2026 ant 2:00 PM ak 8:00 PM (tan nòmal) nan bi

pou yo prepare ENSKRI Distri Lekòl la pou reyinyon yo ak eleksyon ki te fèt apre Reyinyon Anyèl

la ki te fèt nan 19 mai 2026.

AK PLIS AVI BAY ke, dapre yon règ adopte pa Komisyon Konsèy Edikasyon an dapre Seksyon

2035 ak 2008 nan Lwa sou Edikasyon nan Eta New York, nenpòt referandann oswa pwopozisyon

yo pou amande/chanje bidjè a oswa otreman yo dwe soumèt pou vote nan eleksyon sa yo, ki pa

lalwa egzije yo dwe enkli nan avi legal la pou vòt la, yo dwe depoze nan Komisyon Konsèy Edikasyon

an nan Bilding Administrasyon, Two Hitchcock Lane, Old Westbury, New York sou oswa

avan 20 avril 2026 a 5:00 pm, yo dwe tape oswa enprime nan lang angle, yo dwe dirije nan Biwo

Grefye Distri a, yo dwe siyen pa omwen vennsenk (25) elektè kalifye nan Distri a; e dwe mete

non chak moun ki siyen. Nenpòt pwopozisyon kapab refize pa Komisyon Konsèy Edikasyon an

si bi pou pwopozisyon se pa nan pouvwa votè yo, oswa ki kote depans la nan lajan an egzije nan

pwopozisyon, si pwopozisyon a echwe epi pa enkli ladan espesifik afektasyon ki nesesè.

KALIFIKASYON POU VOTE NAN NENPÒT REYINYON NAN DISTRI LEKÒL LA

A. Yon moun dwe sitwayen Etazini.

B. Dizwit an oswa plis.

C. Dwe ap viv nan distri a pou yon peryòd trant jou oswa plis pou eleksyon kap vini

an kote li pral vote.

D. Dwe anrejistre pou vote nan Nassau County oswa nan Eleksyon Lekòl yo.

Beverley Cathnott

Grefye Distri a

Komisyon Konsèy Edikasyon

Westbury Union Free School District

Towns of Hempstead and North Hempstead

County of Nassau

Westbury, New York

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

Haiti Liberté

5


Kwonik Kreyòl

Yon mèsenè Erik Prince yo

maspinen yon polisye

Yè aprèmidi, polisye Paul Junior ki

se yon ajan UDMO te ale bò kote

yon biznis ki tou pre enstiti Ayisyano-merilken

an sou Channmas la, pou

l t al fè ranje yon telefòn. Pandan l ap

tann teknisyen an fini ak travay la,

kat (4) nèg an sivil pwoche bò kote l.

Youn nan yo te gen yon bout chòt sou

li. Kareman, yo mande ajan polis la

pou l idantifye l.

Polisye a ki konnen se li ki gen

dwa mande moun kesyon konsa, li

etone pou yon moun mande l sa. Li

te reponn yo byen fèm pou l mande yo

tou a ki tit pou y ap mande yon otorite

nan lapolis pou l idantifye l. Misye t ap

eseye kanpe djanm mete lwa Desalin

sou li.

Nan diskisyon a mesye yo, 4

nèg yo deplase, yo antre anndan Le

Plaza Hotel (kote nèg Task Force yo ak

gwoup Eric Prince la baze). Yon ti tan

aprè, yo tounen ak yon ranfò nèg an

sivil. Yo bat polisye Paul Junior byen

bat, maspinen l ak kout baton, yo kase

tèt li, epi yo sezi zam li, ak badj li.

Sa vle di nou se etranje nan

pwòp peyi nou. Si politisyen isit te

kab mennen kolonbyen vin fè koudeta,

sasinen yon prezidan, se pa de

twa kalòt ak kèk kout baton sèlman

y ap ban nou pou kontinye imilye

nou, montre noumenm nou pa moun,

komkwa nan peyi a se ak etranje nou

rete. Pi ta pi tris, si pèp sa a pa leve

kanpe pou fini ak klas moun sa yo k

ap dirije peyi a.

Se sa mèsenè yo bliye yo pa fè polisye a

Konsèy Elektoral Pwovizwa a (KEP) te rankontre

ak dirijan Fòs Represyon Gang (FRG)

Repiblik Dominiken

anonse l ap kontribye

20 Milyon Dola nan

Finansman FRG a

Roberto Álvarez ak Atul Khare

Dirijan Repiblik Dominiken yo anonse

vandredi 1ye me a, y ap pote

kontribisyon pa yo nan finansman Fòs

Represyon Gang (FRG). Yo fè konnen,

y ap bay 20 milyon dola vèt. Se Minis

Afè Etranjè dominiken an menm, Roberto

Álvarez, ki fè anons lan apre yon

reyinyon ak Atul Khare ki se Sekretè

Jeneral Adjwen Nasyonzini pou Sipò

Operasyonèl. Li te vizite Ayiti ak tout

Repiblik Dominiken soti 29 mas pou

rive 2 avril 2026.

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Gade yo mezanmi manm KEP yo ak Ofisye Afè Politik FRG a, Lavoi Beppe nan mitan yo

Eske moun sa yo byen

nan tèt yo, depi se

etrranje ki vin yo foure

yo nan kòsaj yo. Men

kounyea se KEP k ap

diskite ak fòs FRG sou

sekirite eleksyon yo. Yon

moun tou wè, se yon fòs

okipasyon ki vini sou

pretèks ensekirite, konbat

gang elatriye pou yo regle

zafè yo. Men sa k pi tris

la, se konpòtman manm

KEP yo. Yo kontan, y ap

fwote ak etranje.

Se lendi 4 me

a reyinyon sa a te fèt

ant Konsèy Elektoral

Pwovizwa a ak Fòs

Represyon Gang. Manm

KEP yo te akonpaye ansanm

ak Direktè Egzekitif

yo, Uder Antoine, pou yo

te rankontre ak Ofisye

Afè Politik FRG a, Lavoi

Beppe. Objektif la se te

pou evalye kondisyon

sekirite ki nesesè pou

òganize eleksyon yo.

Men kote fòs polis nou

genyen nan peyi a, kote

militè yo ?

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6 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


Perspectives

Haïti sous-traitée : le Tchad comme bras

armé d’une stratégie américaine de basse visibilité

Par Reynoldson Mompoint

Il y a, dans le déploiement tchadien

en Haïti, quelque chose de plus qu’un

simple concours international à la sécurité.

Ce qui se joue dépasse la lutte contre

les gangs, dépasse même l’urgence humanitaire

que l’on agite pour légitimer

l’intervention. C’est une mutation du

mode opératoire des grandes puissances

— en particulier des États-Unis — qui se

déploie sous nos yeux : une guerre sans

drapeau, une influence sans uniforme,

une domination sans occupation formelle.

Haïti, une fois de plus, sert de

terrain d’essai.

Dans cette architecture nouvelle,

le Tchad n’est ni un acteur autonome, ni

un simple partenaire multilatéral. Il est

une interface militaire, un relais opérationnel

dans un dispositif où la puissance

stratégique reste ailleurs. Cette externalisation

de la force, soigneusement

emballée dans le langage des Nations

unies et de la coopération internationale,

constitue l’un des tournants les plus significatifs

de la gestion contemporaine des

crises dites “périphériques”.

La montée d’un modèle : intervenir

sans apparaître

Depuis les échecs politiques et les

coûts réputationnels des interventions

directes — de l’Irak à l’Afghanistan — les

États-Unis ont progressivement redéfini

leur doctrine d’intervention. L’occupation

frontale cède la place à des mécanismes

hybrides : partenariats sécuritaires, délégation

militaire, coalitions sous mandat

international.

Dans ce schéma, l’objectif est clair

: contrôler sans assumer, influencer sans

s’exposer, stabiliser sans s’enliser. Haïti

entre parfaitement dans cette catégorie

d’espaces où l’intervention directe serait

politiquement toxique, mais où l’absence

d’intervention risquerait de produire un

chaos incontrôlable aux portes de la région

caraïbe, zone d’intérêt stratégique

pour Washington. La solution ?

Sous-traiter la coercition.

Le choix du Tchad : une logique

de compatibilité militaire et politique

Pourquoi le Tchad ? La question

mérite d’être posée sans naïveté. Le

Tchad dispose de plusieurs caractéristiques

qui en font un candidat idéal dans

ce type d’opération : Une armée habituée

aux conflits asymétriques (Boko Haram,

Sahel, opérations régionales. Une tradition

d’engagement dans des missions

internationales. Une relation historique

de coopération sécuritaire avec les États-

Unis. Une dépendance structurelle à

l’aide militaire et logistique occidentale.

Autrement dit, le Tchad est interopérable,

discipliné dans les cadres multilatéraux,

et politiquement disposé à jouer ce rôle.

Mais il y a plus. Dans la géopolitique

contemporaine, certains États sont

progressivement transformés en “fournisseurs

de sécurité” pour des théâtres

extérieurs. Ils deviennent des extensions

fonctionnelles de stratégies conçues ailleurs.

Le Tchad, dans le cas haïtien, n’est

pas seulement présent : il est mobilisé.

Haïti : laboratoire d’une sécurité

externalisée

Depuis l’effondrement progressif

des institutions haïtiennes, la question

sécuritaire est devenue l’argument central

de toutes les initiatives internationales.

Mais ce qui change aujourd’hui, ce

n’est pas la présence étrangère — c’est

sa nature. La MINUSTAH, mission emblématique

du passé, reposait sur une occupation

multinationale visible, avec une

chaîne de commandement relativement

identifiable. Elle a laissé derrière elle un

héritage lourd : accusations d’abus, introduction

du choléra, dépendance institutionnelle.

Aujourd’hui, la nouvelle architecture

est plus diffuse, plus technique, plus

opaque. La force en cours de déploiement

— soutenue logistiquement par

les États-Unis — fonctionne selon une

logique différente : capacité offensive

accrue, mandat d’arrestation, opérations

ciblées contre des groupes armés,

intégration de contingents issus de pays

tiers. Et au cœur de ce dispositif, les

troupes tchadiennes apparaissent comme

élément pivot.

Les États-Unis en retrait apparent,

en contrôle réel

Il serait naïf de lire cette configuration

comme un retrait américain. Il

s’agit en réalité d’un repositionnement

stratégique. Les États-Unis continuent

de jouer un rôle déterminant à plusieurs

niveaux : Renseignement : surveillance,

analyse, ciblage ; Logistique : transport,

ravitaillement, équipements ; Formation

: structuration doctrinale des forces engagées

; Diplomatie : orchestration du

cadre multilatéral.

Ainsi, même en l’absence de

troupes américaines visibles, la matrice

opérationnelle reste profondément influencée

par Washington. Ce que l’on observe,

ce n’est pas une absence — c’est

une invisibilité organisée.

Une guerre par procuration ?

Pas exactement, mais presque

Le terme “guerre par procuration”

peut sembler excessif. Pourtant,

certains éléments y ressemblent fortement.

Le Tchad agit sur le terrain, prend

les risques, engage ses hommes. Mais

les paramètres essentiels — objectifs,

financement, architecture stratégique —

échappent en grande partie à son contrôle.

Il ne s’agit pas d’un conflit entre

puissances rivales, mais d’un modèle

asymétrique de projection de puissance,

où : les États centraux conservent la décision,

les États périphériques exécutent,

les territoires fragiles servent de théâtre.

Haïti, dans cette configuration, n’est ni

acteur ni arbitre. Elle est l’espace d’application.

Les conséquences pour la souveraineté

haïtienne

C’est ici que le problème devient

politique. Car au-delà de la question

sécuritaire immédiate, cette configuration

produit des effets structurels.

1. Érosion de la souveraineté

Lorsque la sécurité nationale

dépend de forces étrangères, même indirectes,

l’État perd son monopole de la

violence légitime.

2. Déresponsabilisation des élites

locales

Les dirigeants haïtiens, souvent

enfermés dans des luttes de pouvoir

intestines, trouvent dans cette externalisation

une échappatoire à leurs propres

échecs.

3. Institutionnalisation de la

dépendance

Chaque intervention renforce

l’idée que la solution viendra de l’extérieur.

4. Risques d’abus et d’impunité

L’expérience passée montre que

les forces internationales ne sont pas

toujours soumises à une redevabilité

claire.

Une classe politique absente,

voire complice

Pendant que cette architecture se

met en place, la classe politique haïtienne

brille par son silence — ou pire, par son

opportunisme.

Au lieu de poser les termes du débat,

d’exiger des garanties, de défendre

une vision souveraine de la sécurité, elle

se perd dans des querelles de positionnement,

dans une lutte permanente pour

l’accès au pouvoir. Cette attitude révèle

une réalité dérangeante : l’absence de

projet national. Dans ce vide stratégique,

les décisions se prennent ailleurs.

Le facteur régional : Haïti comme

enjeu de stabilité caribéenne

Il serait réducteur de limiter l’analyse

à une simple relation bilatérale entre

Haïti et les États-Unis. La crise haïtienne

a des implications régionales majeures

: flux migratoires vers les États-Unis

et la Caraïbe, instabilité aux frontières

dominicaines, risques de criminalité

transnationale.

Dans ce contexte, stabiliser Haïti

devient une priorité géopolitique. Mais

stabiliser ne signifie pas reconstruire. Et

c’est toute l’ambiguïté de l’intervention

actuelle.

Le Tchad : acteur ou instrument

?

Revenons à la question centrale.

Le Tchad est-il un acteur souverain dans

cette mission, ou un simple instrument ?

La réponse se situe probablement

entre les deux. D’un côté, N’Djamena

tire des bénéfices : reconnaissance internationale,

soutien diplomatique, renforcement

de ses capacités militaires. De

l’autre, il s’inscrit dans une logique qui

le dépasse. Le Tchad agit, mais dans un

Le déploiement tchadien en Haïti

cadre défini par d’autres. Il exécute, mais

ne décide pas entièrement.

Vers une normalisation de la

sous-traitance militaire

Ce qui se joue en Haïti pourrait

bien annoncer une tendance plus large.

Face aux crises multiples du XXIe siècle,

les grandes puissances semblent privilégier

un modèle où : les interventions

sont indirectes, les responsabilités sont

diluées, les coûts politiques sont externalisés.

Dans ce système, certains pays

deviennent des opérateurs de sécurité

globale, intervenant là où les puissances

centrales ne souhaitent plus apparaître.

Et Haïti dans tout cela ?

Haïti, une fois encore, se retrouve

au cœur d’un dispositif qui la dépasse.

Non pas comme sujet, mais comme objet.

Non pas comme décideur, mais comme

terrain.

La question n’est donc pas

seulement sécuritaire. Elle est existentielle

: Quel État haïtien émergera d’un

système où la sécurité est importée, pilotée

et exécutée de l’extérieur ?

Une souveraineté sous condition

Le déploiement tchadien en Haïti

n’est pas un simple fait militaire. C’est un

signal. Le signal d’un monde où la puissance

se reconfigure, où les interventions

se masquent, où les États fragiles deviennent

des espaces de gestion plutôt que

des partenaires.

Dans cette configuration, Haïti

risque de s’installer durablement dans

une position de dépendance sécuritaire.

Et le plus inquiétant n’est peut-être pas

la présence du Tchad. C’est l’acceptation

silencieuse d’un système où : la souveraineté

devient négociable, la sécurité

externalisée, et l’avenir piloté à distance.

Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 20 avril 2026

Les Forces armées argentines préparent leur état-major au

déploiement de troupes en Haïti

Les Forces armées argentines poursuivent

la présélection des officiers

destinés à intégrer l’état-major de la

Force multinationale de répression des

gangs en Haïti (FSRB), la force multinationale

soutenue par les Nations Unies

pour lutter contre les gangs armés qui

contrôlent de vastes zones de ce pays

caribéen. Cette initiative fait suite à des

informations obtenues par Escenario

Mundial, qui appelle à identifier les militaires

volontaires répondant aux critères

de candidature pour cette mission.

Ce processus est mené par

l’état-major interarmées des Forces

armées, qui a déjà lancé une procédure

interne pour identifier les militaires éligibles

aux différents postes au sein de la

structure de commandement de la mission.

Selon nos sources, la priorité est

donnée dans un premier temps aux officiers

affectés à la planification, la coordination,

la liaison, le soutien opérationnel

et le commandement au sein de la composante

multinationale. Cette information

marque une étape concrète pour

l’Argentine en vue d’une éventuelle participation

à la nouvelle architecture de

sécurité internationale pour Haïti.

La Force de répression des gangs

(GSF) a été autorisée par le Conseil de

sécurité des Nations Unies en tant que

force multinationale dotée d’un mandat

initial de 12 mois. Son objectif est

d’appuyer les autorités haïtiennes dans

la neutralisation des gangs armés, la

protection des infrastructures critiques et

la garantie de l’accès humanitaire dans

un pays en proie à une crise sécuritaire

extrême.

Cette nouvelle force remplace

la Mission multinationale d’appui à la

sécurité (MMASS), dirigée par le Kenya,

qui avait été déployée avec des ressources

limitées et n’avait jamais atteint

l’effectif prévu. Contrairement à cette

dernière, la GSF a été conçue comme

une structure plus robuste, avec une

capacité d’environ 5 550 personnes,

personnel en uniforme et civil compris.

La détérioration de la situation

en Haïti a conduit les Nations Unies et

divers acteurs internationaux à promouvoir

une réponse plus large. D’après les

rapports de l’ONU, des bandes armées

contrôlaient jusqu’à 90 % de Port-au-

Prince, tandis que plus de 1,3 million de

personnes ont été déplacées par la violence,

les enlèvements, les attaques contre

les infrastructures et l’effondrement

des services essentiels.

Dans ce contexte, la participation

potentielle de l’Argentine s’inscrit

dans le cadre d’une mission distincte

des opérations de maintien de la paix

traditionnelles. La Force de répression

des bandes armées aura pour mandat

de lutter contre les structures criminelles

armées, de sécuriser les sites

stratégiques et d’appuyer les autorités

haïtiennes dans la reconstruction de

leurs capacités de sécurité intérieure.

L’Argentine a déjà participé à

des missions internationales, notamment

à des déploiements en Haïti sous

mandat des Nations Unies. Cependant,

le nouveau scénario présente un profil

opérationnel plus délicat : il ne s’agit

plus seulement de stabilisation ou de

maintien de la paix, mais d’une force

spécifiquement conçue pour affronter les

organisations armées qui exercent un

contrôle territorial.

Escenario Mundial 01 mai 2026

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

Haiti Liberté

7


Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (12)

Ariel, CPT et Fils-Aimé, Haïti, les 100 jours qui ne servent à rien !

Par Catherine Charlemagne

Dans les systèmes démocratiques,

tout au moins où l’alternance

politique se fait régulièrement, on a

coutume de faire un premier bilan des

actions du gouvernement sur ses cents

premiers jours à la tête du pays. Certes,

en Haïti, même si l’on est très loin de

la démocratie, on ne peut non plus

parler de dictature, ce qui supposait

que cet exercice collerait parfaitement

à tout nouveau gouvernement ayant

la gestion du pays. Mais voilà, depuis

l’odieux assassinat du Président Jovenel

Moïse en 2021, la société haïtienne

tourne en rond. Et pour cause. Même

s’il n’y a jamais eu d’élections depuis

cette date, les Haïtiens ont connu une

succession de dirigeants au sommet de

l’État. Cela va d’un Premier ministre/

Président (Ariel Henry) à une collection

de « Présidents » (Conseil Présidentiel

de Transition), pour finir par retourner

à un super Premier ministre/Président

(Alix Didier Fils-Aimé) sans qu’on sache

réellement où cette inflation de chef

du pouvoir Exécutif veut emmener le

pays.

Malgré tout, on avait fait un bilan

des cents jours de la gouvernance

d’Ariel Henry comme nous le faisons

depuis toujours et notamment celle de

Jovenel Moïse à son arrivée à la présidence

de la République. Le but de ce

premier bilan dit « Les cents jours »,

sous Ariel Henry était d’essayer de

comprendre ce que voulait réaliser celui

qui prenait de facto la succession

d’un chef d’État élu et qui avait une

date pour quitter le pouvoir. Au cours

de l’exercice, on avait vite compris que

l’équipe entourant le Premier ministre/

Président n’avait en vérité qu’un objectif

: rester définitivement à la tête d’Haïti

sans passer par le moindre scrutin. Cent

jours après ce quasi-coup d’État politique

réalisé avec la complicité tacite de

Mme Helen La Lime, à l’époque cheffe

du Bureau Intégré des Nations-Unies en

Haïti (BINUH), il n’y avait aucun signe

pour sortir Haïti de la Transition et de

l’instabilité politique.

Plus de trois ans plus tard, arriva

ce qui devrait arriver : Ariel Henry

et son équipe s’effondrèrent, comme

c’était prévisible, dans une cacophonie

générale. La nature ayant horreur du

vide, pour prendre le relais, la Communauté

internationale avait brusquement

concocté ou enfanté un monstre à neuf

têtes entre trois capitales - Kington,

Nassau et Port-au-Prince -. Cet animal

quasi-inconnu, d’autres diraient « inédit

», se nommait : Conseil Présidentiel

de Transition (CPT). Pas moins de neuf

individus avides de pouvoir, de reconnaissance

et surtout de richesses. Le

pire, c’est que tout ou presque les oppose.

Durant le temps du mandat de

cette créature insolite que l’International,

avec son accord, avait fixé à deux

ans, c’était encore pire. Les 9 Président/

Conseillers ou l’inverse n’ont même pas

cherché à faire la différence par rapport

à Ariel Henry qu’ils avaient tant reproché,

critiqué et attaqué pour son immobilisme

et sa volonté de s’accrocher au

pouvoir.

Là aussi, cent jours après leur arrivée

mouvementée au Palais national,

ensuite à la Villa d’Accueil, on avait

tenté de trouver ce qui les distingue

du régime intérimaire d’Ariel Henry.

On avait beau creusé, le résultat a été

néant. En guise de bilan de leurs cents

jours à la présidence de la République,

c’est à un énorme scandale de corruption

que les Haïtiens ont dû faire face.

Si certains parmi les neuf fainéants

politiques avaient vite fait d’avoir la

peau de leur « Mouton blanc » en la

personne du Premier ministre Garry

Conille, d’autres, à l’inverse, s’étaient

plutôt adonnés à piller les caisses du

Trésor public, entre autres, les caisses

de la BNC (Banque Nationale de Crédit).

En clair, les cents premiers jours

de la présidence des neuf membres du

Les cents premiers jours de la présidence des neuf membres du Conseil

Présidentiel de Transition ont été une catastrophe annonciatrice

Conseil Présidentiel de Transition ont

été une catastrophe annonciatrice de ce

qu’allait être le bilan final au moment

de leur départ après plus de deux années

de mandat. A part des Firmes de

mercenaires qui ont été grassement

payées pour un résultat nul, pas un

chien n’a vraiment été inquiété sur

le plan sécuritaire. En revanche, des

sommes considérables ont été englouties

soi-disant pour réaliser une réforme

constitutionnelle et un référendum qui

n’ont jamais vu le jour après que les

autorités aient elles-mêmes fait hara-kiri

du projet alors même que tout était

quasi ficelé. Aujourd’hui encore, certains

se demandent ce qui s’est passé.

En quoi les 9 membres du CPT ont-ils

été utiles à Haïti ? Peut-être un jour la

Nation demanderait les comptes, ou un

ouvrage reviendrait sur le passage déroutant

et la gestion calamiteuse de ces

9 Conseiller/Présidents qui n’ont servi à

rien, sauf à profiter des deniers publics

pour s’enrichir.

Enfin, il reste le cas d’Alix Didier

Fils-Aimé. Ce citoyen est un cas particulier

dans l’histoire politique contemporaine

d’Haïti. Nous n’allons pas revenir

sur les circonstances et les raisons

qui ont fait de ce monsieur l’homme fort

d’Haïti du moment. Nous l’avons suffisamment

développé dans la chronique

suivant sa première nomination à la

place de Garry Conille, il y a deux ans.

D’ailleurs, c’est pourquoi nous l’avons

dit, l’actuel chef de la Transition doit

être vu sur ses deux facettes. D’abord,

comme pour tout nouvel exécutif, il a

eu droit à un bilan pour ses cents jours

après son arrivée à la Primature en tant

que Premier ministre du Conseil Présidentiel

de Transition. Compte tenu du

contexte dans lequel il avait été nommé,

Alix Didier Fils-Aimé pouvait prétexter

qu’il n’avait pas les mains libres

pour appliquer la politique pour laquelle

il avait pourtant été désigné.

A sa décharge, la conjoncture

était mortifère à tout point de vue et

il n’avait pas un mais neuf patrons,

entre autres, le Coordonnateur principal

à qui il fallait obéir et qui, sans doute,

avait son propre agenda. À l’époque,

l’on était très magnanime avec le nouveau

chef du gouvernement qui devait

donner des gages de garantie à tout

le monde à Port-au-Prince et à Washington,

histoire d’asseoir son pouvoir

et son autorité. Alix Didier Fils-Aimé

avait consacré les cents premiers jours

à la Primature à consolider ses assises

auprès de ses amis en Haïti, le Secteur

économique et des affaires et auprès

des lobbyistes étrangers pour vendre

son image auprès de ceux qui comptent

dans la capitale fédérale américaine

- institutions internationales, et naturellement

auprès du gouvernement

américain - sans qui rien n’aurait été

possible.

Alix Didier Fils-Aimé est le seul maitre à bord de ce bateau fantôme

qu’on appelle encore l’État d’Haïti

Pour ce premier bilan, l’on s’était

contenté de dire d’où venait ce Premier

ministre et aussi qu’il ne fallait pas attendre

des miracles. Somme toute, deux

ans après, c’est-à-dire au moment où

il allait hériter de l’ensemble des pouvoirs,

le moins que l’on puisse dire, il

faut le reconnaitre, c’est que nous nous

n’étions pas trompés. Maintenant, venons

sur le bilan de ces 100 jours qu’il

vient de passer à la tête du pays non

seulement en tant que chef du gouvernement,

mais aussi en tant qu’unique

chef de la Transition dans la mesure où

il est à la fois Premier ministre et Président

de facto de la République. Ici,

l’on n’est plus dans l’inédit. De pareilles

situations, le pays en a connu beaucoup

depuis la disparition de Jovenel

Moïse il y a six ans déjà où la Transition

se conjugue au passé composé

avec Ariel Henry, au passé antérieur

avec le CPT et au futur avec Alix Didier

Fils-Aimé qui nous promet, comme ses

prédécesseurs : sécurité, élection et stabilité.

Trois mots clés ou magiques qui

sonnent comme de vœux pieux dans la

tête de tous les dirigeants qui se sont

succédé soit au Palais national ou à la

Primature depuis 2007, soit 19 ans.

Depuis le 7 février 2026, Alix

Didier Fils-Aimé est le seul maitre à

bord de ce bateau fantôme qu’on appelle

encore l’État d’Haïti. Sans aucune

opposition officielle et homme lige des

autorités américaines à Port-au-Prince,

il ne peut se soustraire à un bilan qu’il

soit positif ou négatif depuis les cents

jours qu’il occupe le devant de la scène

politique haïtienne. Sans le moindre

contre-pouvoir, pas même un article X

comme il en a eu lors de la précédente

administration pour dire qu’il devait

mettre en place un quelconque « Comité

Théodule » pour surveiller ses faits

et gestes, l’actuel chef de cette Transition

permanente n’a de compte à rendre

qu’à lui-même. Certains diraient, tout

ça pour ça, en pensant à la lutte qu’ils

ont menée pour chasser Ariel Henry qui

se comportait en Roi fainéant qu’on finissait

par appeler le « Roi Henry » tant

il cumulait les titres et les pouvoirs sans

rien réaliser pour le pays, sinon que

s’adonner à faire des promesses non

tenues.

Jeudi 7 mai 2026 soit demain fera

cents jours depuis que le représentant

de la classe dominante et des oligarques

occupe sans partage un pouvoir hérité

de l’incompétence sinon d’un plan calculé

de la cohorte présidentielle qui assumait

le contrôle du pays. Arrivé par

hasard là où il se retrouve depuis cents

jours, au sommet de l’État, Alix Didier

Fils-Aimé ne demandait pas autant.

Certes, il ambitionnait de faire de la

politique, c’était un vieux rêve devenu

réalité. Mais, jamais au grand jamais,

il n’aspirait à devenir un jour le seul

maitre d’Haïti. Comme disent les jeunes

d’aujourd’hui, « même pas en rêve ». Il

se serait contenté d’être sénateur de la

République s’il n’avait pas été battu par

un certain Don Kato de son vrai nom

Antonio Chéramy, du parti politique

« VERITE », celui du feu Président de la

République René Préval. Mais, le destin

et un gros coup de pouce de sa classe

sociale et du Secteur économique et

d’affaires en ont voulu autrement.

Le voilà depuis cent jours chef

impuissant d’une République qui ne demande

qu’à lui obéir à condition qu’il

ait des idées et surtout de la volonté.

Car le temps presse. Depuis la mort de

Jovenel Moïse, la République va à vaul’eau.

Après Ariel Henry et les 9 autres

rigolos qui ont passé leur temps à se

chamailler, il est la troisième tentative

pour reprendre en main un pays qui se

délite, puisque l’expression tombée en

faillite ne colle plus. Haïti dépasse largement

ce SAS de sécurité. Pourtant, ce

pays concentre tout ce qui peut se faire

en matière de sécurité pour le rendre

sûr, stable et fonctionnel. Il s’agit de la

police nationale, Forces armées, mercenaires

officiellement recrutés, Forces de

Répression des Gangs (FRG) de l’ONU,

multiples Services de renseignement

étrangers, forces obscures du gouvernement,

militaires étrangers non officiels

sur le terrain.

Aux dernières nouvelles, un

contingent de militaires américains

accompagnés des agents de la police

haïtienne est arrivé le samedi 2 mai à

Ouanaminthe dans le cadre de l’opération

Southern Spear apparemment

pour lutter contre ce qu’ils appellent

les narcoterroristes et les gangs qui

auront l’intention de fuir vers la République

dominicaine. Bref une multitude

de corps et d’agents pour combattre un

seul ennemi : les quelques groupes armés

qu’on qualifierait presque de loups

solitaires qui se battent pour leur survie.

On arrive presque à se demander

de qui on se moque dans cette Transition.

La République est verrouillée de

l’intérieur comme de l’extérieur comme

si la volonté d’étouffer, d’étrangler et

FRANTZ BOISSON, EA

Licensed: US Treasury Dept.

TAX & ACCOUNTING

Individual, Self-employed, Corporate, Cabbies,

Aliens, Business Set-up, Proposals

IRS REPRESENTATION

Audits, Back taxes, Warrants, Levies, Appeals

3415 Avenue I

(near Flatbush Ave.)

Brooklyn, NY

d’asphyxier fait partie d’un plan commun

afin d’en finir une fois pour toute

avec ce peuple, ce pays dont l’histoire

dérange.

Cent jours que l’homme qui a été

placé sous les yeux vigilants des Marines

américains stationnés dans la baie

de Port-au-Prince juste en face de la

Villa d’Accueil n’a pu rouvrir une seule

route fermée depuis plus de quatre ou

cinq ans. Et que dire de cette histoire

d’aéroport Toussaint Louverture, fermé

lui aussi depuis l’épisode du « pays

lock » ou « DDN » l’opération qui a enfermé

dehors l’ancien Premier ministre

Ariel Henry, interdit par Barbecue et ses

hommes de retourner au bercail ? La

plaisanterie va si loin que, depuis ces

années, cette structure aéroportuaire a

été transformée en base militaire pour

l’armée américaine et autres armées

du monde déversant leurs soldats jour

et nuit en Haïti sans savoir à quoi ils

servent. Ou du moins, si. D’après certains

échos arrivant jusqu’à nous, il

semblerait que ceux des Etats-Unis

serviront de tête de pont pour une future

opération contre Cuba après celle

de l’Iran.

Tandis que les autres ne sont

que des leurres. En réalité, les soldats

tchadiens dont on annonce l’arrivée à

grand renfort de publicité ne seront pas

plus efficaces que leurs homologues

kenyans qui se sont cassé les dents face

aux groupes armés locaux connaissant

le moindre recoin de cette terre qu’ils

ont appris à connaitre depuis leur plus

tendre enfance en plus biberonnés par

le nationalisme et le patriotisme haïtien

qui ne sont plus à démontrer. Depuis

ces cents jours, le Premier ministre/Président

ne parle que des élections. Sauf

que tous les observateurs politiques s’y

perdent un peu, à force de voir les autorités

gouvernementales et électorales

incapables de s’accorder sur quoi que ce

soit, ni sur les coûts, ni sur les dates, ni

sur la sécurité.

Ça fait beaucoup de divergences

sur un seul dossier pour qu’on soit

sûr qu’ils arriveront à s’entendre d’ici

le mois d’août comme l’avait promis

Jacques Desrosiers, le Président du CEP,

pour un premier tour des scrutins. En

conclusion, sauf si l’on veut se mentir,

on peut dire que les cents jours de cette

nouvelle administration de Alix Didier

Fils-Aimé ne sont pas différents des

autres. Ce sont plus de trois mois qui

n’ont servi à rien. Sinon qu’à gagner du

temps dans une Transition qui ne profite

qu’à ceux qui ont déjà tout. Alors que la

grande majorité de la population végète

dans la misère et la désolation. Comme

disait l’autre : pendant ce temps, en

Haïti, la crise continue !

C.C

646-249-5204

8 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


This week in Haiti

1915 Redux:

Operation Southern Spear Begins to Establish

De Facto U.S. Military Bases in Haiti

By KimIves

The Pentagon’s Operation Southern

Spear burst into the world’s headlines

in September 2025 when the U.S.

Navy began to bomb small boats in the

Caribbean Sea and Pacific Ocean.

While the Trump administration

claimed it was stopping narco-traffickers

running drugs to the

U.S., it is now well established that

many (if not almost all) of the victims

illegally attacked and extrajudicially

killed by the Southern Command’s

drones and missiles were innocent

fishermen, ferrymen, travelers, or other

civilians with no connection to the

drug trade.

Some of those wounded in

the attacks say they were later arrested

and tortured by U.S. forces.

“Thirty-six survivors of two Pacific

attacks... alleged that they were abducted

and tortured by American forces

and taken by boat all the way to

El Salvador before being returned to

Ecuador,” thanks only to the efforts of

the families, reported Drop Site News

in an in-depth Apr. 21 exposé.

Due to their small size, none

of the vessels blown up had even a remote

chance of reaching U.S. shores.

As of this writing, since Sep.

2, 2025, the U.S. has carried out 55

strikes, 17 in the Caribbean and at

least 36 in the Pacific, destroying 56

boats and wrongfully killing at least

188 civilians, according to a regularly

updated blog kept by the Center for

Economic and Policy Research (CEPR)

in Washington, DC.

Haiti Also in the Cross-hairs

The first time Operation Southern

Spear targeted Haiti was on Feb.

3, 2026, when U.S. warships – the

USS Stockdale, USCGC Stone, and US-

CGC Diligence – cruised into the Bay

of Port-au-Prince to send a message to

all Haitians that Washington wanted

no renewal of the Transitional Presidential

Council (CPT), whose mandate

was to expire on Feb. 7, and that de

facto Prime Minister Alix Didier Fils-

Aimé alone would assume all executive

power.

But in the last three months,

the Pentagon has begun to deploy its

forces increasingly on land rather than

sea.

Washington’s first step is to

have its State Department create “designated

terrorist organizations,” which

becomes the justification for unilateral

military action. For instance, in

Ecuador, now gripped by the iron-fist

of close-Trump-ally President Daniel

Noboa, the “designated terrorists” are

suspected drug traffickers. On Mar.

3, “U.S. Special Operations [assisted]

in raids by elite Ecuadorian forces on

suspected drug cartel ‘processing and

shipping’ facilities” in Ecuador, reported

The Intercept on Mar. 4.

“This was always going to

escalate,” an anonymous U.S. government

official told The Intercept,

referring to Operation Southern Spear

“It wasn’t going to be just boat strikes

forever.”

Coming Ashore

Just like Haiti, Ecuador has a

constitutional ban on the deployment

of foreign troops on its soil. In November

2025, 60% of Ecuadorians voted

to uphold this ban, which dates back

to the anti-imperialist government of

Rafael Correa in 2007. Trump recently

publicly acknowledged his disregard

for international law, declaring: “we’re

like pirates.”

Knowing Haitians’ nationalist

disposition, the U.S. has taken a

more sneaky approach in Haiti. First,

since November 2024, the Federal

Aviation Administration (FAA) has

prohibited all commercial airlines

leaving U.S. airspace from flying to

Port-au-Prince’s Toussaint Louverture

International Airport, which historically

has been the principal international

gateway into Haiti. This ban has been

copied by Canada, France, and the Dominican

Republic.

PAP’s closure has caused

great suffering and distress to Haitians.

Those in the diaspora wishing

to visit their country must travel at

great expense either through the much

smaller Cap Haïtien airport in Haiti’s

north or the Dominican Republic.

In response, there is today a

nationwide movement in Haiti to reopen

the airport. “One of this mobilization’s

key demands is that the capital’s

airport must under no circumstances

be transformed into an American military

base,” wrote Berthony Dupont in

an Apr. 22 Haïti Liberté editorial. “We

cannot force any nation to maintain

commercial relations or any other form

of interaction with us; conversely, they

cannot violate our rights by closing

our airport as they wish, even going

so far as to intimidate or prevent other

nations from landing there.”

On May 1 st , International

Workers Day, hundreds of Haitians

marched and demonstrated in Portau-Prince

to demand the airport’s reopening.

Fils-Aimé seemed to mock

Haitians when he began to chant

and head bob along with demonstrators

shouting at him “Unblock the

nation” and “Open the airport.” His

jocular response was a faux pas because

it echoed a similar one by his

political predecessor, President René

Préval, who two decades earlier had

infamously and cavalierly said, when

faced with an angry crowd demanding

that he take action: “When you next

demonstrate, stop by the Palace to get

me, I will join you.”

But the Port-au-Prince airport

has, in fact, been converted into

a de facto U.S. military base where

the troops of the U.S.-sponsored and

financed “Gang Suppression Force”

(GSF), like the “Multinational Security

Support” (MSS) before it, are garrisoned.

U.S. military planes are regularly

seen landing there.

U.S. control of the airport

seemed to be confirmed this week

when, Radio Télé Éclair’s Micro Vérité

(Truth Microphone), an anonymous

Haitian National Police (PNH) officer

said that the U.S. Embassy had instructed

the Haitian government and

police brass not to allow Haitians to

demonstrate at the airport.

Designating Viv Ansanm as

Terrorist

On May 2, 2025, U.S. Secretary

of State Marco Rubio declared the Viv

Ansanm (Live Together) coalition of

armed neighborhood groups in greater

Port-au-Prince a “designated terrorist

organization,” thereby laying the

ground for another U.S. military intervention.

Exactly one year later, on

May 2, 2026, “as part of Operation

Southern Spear, a contingent of American

military personnel reportedly landed

in Ouanaminthe, Haiti, at noon,”

reported Haitilibre.com. A helicopter

“is said to have landed at the Haitian

customs heliport, carrying American

soldiers accompanied by [PNH officers]...

According to available (unofficial)

information, the priority missions

of the American contingent deployed

in Ouanaminthe are to combat narco-terrorism,

prevent gangs from retreating

to the Dominican Republic,

and stop arms smuggling.”

So it now appears that the

U.S. has stationed Operation Southern

Spear contingents in both Ouanaminthe

and Port-au-Prince.

The U.S. Southern Command

did not reply to Haïti Liberté’s

request for confirmation.

As for the objective of preventing

“gangs” from “retreating to

the Dominican Republic,” guarding

the northeastern border crossing between

Ouanaminthe and Dajabón

does not make much sense. None of

the Viv Ansanm or Artibonite Valley

armed groups have a presence in Haiti’s

North or Northeast Departments.

Furthermore, the DR now has a highly

monitored and militarized border with

Haiti, particularly around Dajabón.

Despite a disastrous and

deteriorating situation with its war

against Iran and a looming planetary

economic crisis, the U.S. is planning

its Operation Southern Spear until at

least 2028, according to The Intercept.

“Mark Cancian, an analyst

with the Center for Strategic and

International Studies, told The Intercept

that the documents suggest the

outsized American military presence

in the Caribbean could continue for

years,” the outlet wrote.

The last time that the U.S.

military set up long-term bases in

Haiti was 1915, when U.S. Marines

invaded for the first time, remaining

for 29 years, until 1934. U.S. military

interventions in 1994 and 2004

only remained in Haiti for about three

months, before passing off their occupation

to more cheaply paid UN

troops.

Interdicting Marijuana

Meanwhile, the U.S. has set a

very low bar for the drugs it is interdicting

in the Caribbean. On Apr. 30,

the U.S. Navy’s USS Billings combat

ship, with a U.S. Coast Guard Tactical

Law Enforcement Team aboard,

“stopped a suspected drug smuggling

vessel” in the Windward Passage

“approximately 8 miles off Mole

Saint-Nicolas, Haiti” (i.e. within the

12 nautical miles of Haiti’s territorial

waters), according to a Coast Guard

press release. “With the permission of

the Haitian government, the boarding

team’s investigation resulted in approximately

3,200 pounds of marijuana

being found, worth approximately

$3.8 million, and one person was detained.

The contraband and suspected

smuggler were transferred to Haitian

authorities, Sunday,” May 3.

The U.S. Coast Guard turned

over “a Jamaican citizen, Aldane

Anderson, alias ‘Ali,’ born Jan. 26,

2001,” to the PNH’s Drug Trafficking

Brigade (BLTS/North) in Cap Haïtien,

Icihaiti.com reported, along with “66

bags of marijuana, carefully wrapped

in plastic.” It is not clear why or where

Anderson was held by the Coast Guard

for three days.

Marijuana is legal in 40 out

of 50 U.S. states, although it is still

technically illegal under federal law.

Along with hemp, marijuana is illegal

in Haiti.

Ironically, nowhere did the

U.S. Southern Command assert that

the USS Billings was part of Operation

Southern Spear, whose real purpose

is not drug interdiction, but rather regime

change (in Venezuela and Cuba),

counter-insurgency (in Haiti), and

U.S. military and political domination

of the entire region.

Only time will tell if the U.S.

has overestimated its power and underestimated

popular resistance to it in

the Caribbean just as it has so dramatically

done in its spiraling debacle in

Iran.

U.S. Secretary of State Marco Rubio with U.S. Southern Command Gen.

Francis L. Donovan during a SouthCom conference on May 5 in Doral,

FL. (Photo: SouthCom)

U.S. and Salvadoran Marines train for battle in La Union, El Salvador.

Increasingly, Operation Southern Shield plans to undertake more actions

on land, not just blowing up boats at sea. (Photo: SouthCom)

Still from the video of a small boat in the eastern Pacific just seconds

before it was blown to smithereens by a U.S. missile, killing three

untried, unknown men on board. Most of the victims of 55 such attacks

have been innocent civilians. (Photo: SouthCom)

Part of the Operation Southern Spear forces, U.S. Marines fast rope from

a helicopter aboard the USS Fort Lauderdale in the Caribbean Sea on Apr.

15, 2026. (Photo: SouthCom)

Survivors of a Mar. 25 attack by Operation Southern Spear on the fishing

boat Don Maca in the Pacific, provided to Drop Site News.

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

Haiti Liberté

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L’INDUSTRIE DU MENSONGE :

L’IA AU SERVICE DE LA PROPAGANDE ANTI-CHINE

Par Xu Li

Une enquête récente de l’Asahi Shimbun,

l’un des principaux quotidiens

japonais, a révélé l’existence d’un marché

noir florissant : la production massive de

fausses vidéos au contenu anti-chinois,

générées par intelligence artificielle. Des

séquences intitulées « Des Chinois détruisant

des cerisiers » ou « Un étudiant

chinois volant la canne d’une personne

âgée », qui ont suscité l’indignation des

internautes japonais et cumulé des centaines

de milliers de vues, se sont avérées

être des produits monétisés. Il suffit d’une

poignée d’instructions pour que l’IA

génère en quelques minutes des rumeurs

incendiaires. Il ne s’agit pas seulement

d’un détournement technologique, mais

d’une guerre cognitive méthodiquement

organisée.

Il s’agit clairement d’une tentative

de manipulation de l’opinion publique

déguisée en « business du trafic web ».

En apparence, seule la quête du profit

compte : là où une vidéo classique ne

rapporte que 300 yens pour mille vues,

un contenu anti-chinois en génère 1

000. Mais derrière ces gains faciles se

cache une main invisible. Qui finance

ce flux ininterrompu de désinformation

? Pourquoi ces falsifications grossières

sont-elles présentées comme l’expression

d’une « opinion publique » ? L’histoire

offre un parallèle troublant. Avant la

Seconde Guerre mondiale, l’armée impériale

japonaise avait orchestré l’« incident

de Liutiaohu », un prétexte fabriqué pour

accuser la Chine et justifier une invasion,

tout en alimentant par la presse et la radio

une campagne de haine contre Beijing.

Aujourd’hui, cette même logique a

migré vers les algorithmes et l’IA générative.

Certains s’emploient à fabriquer un

ennemi extérieur imaginaire pour détourner

les esprits des tensions internes, favoriser

l’émergence d’agendas politiques

radicaux et entraîner, progressivement,

une population mal informée sur une

voie périlleuse.

C’est avant tout le symptôme d’un

déséquilibre culturel et d’un égarement

moral qui doivent nous alerter. Un pays

sûr de sa propre valeur n’a nul besoin de

broder la prétendue « laideur » de ses voisins

pour préserver sa cohésion ; une société

en bonne santé ne saurait admettre

que le mensonge se transforme en simple

marchandise. Ceux qui fabriquent ces

vidéos, fonctionnaires, retraités ou étudiants,

le reconnaissent sans détour : «

Je n’ai jamais mis les pieds en Chine », «

Le client nous répète que la vérité importe

peu : plus c’est extrême, plus ça rapporte.

À force d’être vues, ces fictions finissent

par s’imposer comme des vérités dans

l’esprit collectif. » Cette confession, à

elle seule, incarne toute l’absurdité et la

tragédie d’une industrie en pleine dérive.

Lorsque « aimer son pays » se confond

One time use only. Cannot be used in conjunction with any other coupon or

offer. Valid for any new service except subscription fees. Must mention

coupon at the time of sale.

avec « haïr l’autre », lorsque le sens des

valeurs cède la place à l’appât du clic,

c’est la boussole morale de la société tout

entière qui se dérègle.

Le mensonge, fût-il sophistiqué,

ne saurait occulter la réalité. Aussi réalistes

que paraissent ces vidéos générées

par l’IA, elles ne modifieront en rien la

morosité économique du Japon, son

vieillissement démographique accéléré ni

l’ampleur de sa dette abyssale. Parier sur

la calomnie et la haine envers un voisin

pour dessiner l’avenir d’un pays revient

à boire du poison en espérant étancher

sa soif. Hier, le Japon a déjà payé le prix

fort pour ses mensonges. S’il persiste aujourd’hui

à s’enivrer de cette « victoire

spirituelle » factice, il ne fera qu’empoisonner

davantage les relations sino-japonaises

et s’enliser dans une impasse

encore plus profonde. Les leçons de l’histoire,

pourtant, résonnent toujours. Ne

laissons pas l’IA se muer en catalyseur

de dérives militaristes.

Le Grand Soir 29 Avril 2026

OU PA KA

DEFÈT

AKSIDAN.

KITE PYETON

YO PASE.

10 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


Traditions are

best shared.

We honor the many ways legacy is

passed down and preserved, from

cherished recipes and timeless

wisdom to the moments that

become unforgettable memories.

“These foods remind me of my mom’s

family traditions and growing up. It’s

a way to feel close to my heritage.”

– Christina S., Georgia

“Culture grounds us. It tells us where

we come from, shapes how we see

the world, and gives us a sense of

pride and belonging no matter

where we go. Without it, we lose the

thread that ties generations together.”

– S. Daley, Florida

“Traditions can live on for many

generations. It’s how we connect

back to those who had us in mind

when they established the traditions.”

– Erica, Georgia

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

10x13.5”

Haiti Liberté

11


Perspectives

Tchad: la Cendrillon des colonies françaises

(10 ème partie)

Par Alexandra Panaguli

Sur le Logone en compagnie

d’André Gide

Manque de motivation, d’éducation,

de ressources, matérielles et financières:

le niveau de culture est très

faible. Le musée national est dépouillé,

surtout par rapport à la grandeur du bâtiment

qui a remplacé l’ancienne mairie

réquisitionné en 1964 pour accueillir

les collections, deux ans après la fondation

du musée. Quelques céramiques et

autres objets d’usage courant très sommairement

présentés, l’historique de

l’art rupestre avec photos, et une sépulture

Sao décrite par l’ethno-archéologue

français Jean-Paul Lebeuf (1907-

1994) comme étant une grande urne

au fond de laquelle le défunt était mis

en pose recroquevillée, “les bras entourant

les jambes repliées sur la poitrine,

le menton reposant sur les genoux, le

cadavre préalablement enbaumé (?),

frotté d’huile, revêtu de ses plus beaux

vêtements et orné de bijoux”.

Quelques faits politiques également,

une photo de la visite du roi

Fayçal d’Arabie saoudite à Fort-Lamy

en novembre 1972, accueilli par N’Garta

Tombalbaye. Et une introduction sur

Bourkou Louise Kabo (1934-1919),

la première femme élue à l’Assemblée

nationale du Tchad, en 1962, s’étant

battue contre l’excision et les mariages

d’enfants.

La principale attraction du musée

est une présentation de la préhistoire

dont les Tchadiens sont, à juste titre,

fiers, intitulée: “Tous d’origine Africaine”.

Nous sommes “Tous des migrants”

dit un panneau.

La tradition culinaire se résume

à la boule (de mil), servie avec diverses

sauces. Je ne parle pas des poissons

de fleuve, avant tout le très bon capitaine

(genre Lethrinus), et les viandes

que l’on cuit sur un feu ouvert et qui

n’ont rien de spécial, à part d’être dures

car souvent cuites sommairement.

Comme la chèvre que nos chauffeurs

ont été acheter à un nomade en plein

désert – choisie au milieu du troupeau

gambadant dans les rochers – puis cuite

rapidement sur un feu de bois.

La céramique pratiquée par les

potiers de Gaoui – pourtant “grand”

centre potier – ou de Bongor dont nous

avons visité les ateliers, est très basique.

On forme les pièces à la main,

assis à même le sol – assises car ce sont

des femmes qui font ce métier purement

utilitaire. Et on les cuit sommairement

devant chez soi, dans la rue même (en

terre), sur un feu fait de branchages

que l’on ramasse aux alentours, brasier

que l’on entoure de morceaux de tôles

pour faire office de four. Température

très basse (500 degrés C alors qu’il faut

minimum 1000 pour cuire en profondeur)

et temps très réduit (deux heures).

Les pièces ne résistent pas longtemps à

l’usage. Mais cela fait tourner les tours.

Cette pauvreté est d’autant plus

étonnante qu’au Tchad la poterie est

un art qui date de l’époque néolithique

avec des pièces du 7ème millénaire

avant notre ère trouvées dans l’Ennedi,

donc bien avant la céramique de la

vallée du Nil!

D’un autre côté, ici on perçoit

une symbiose avec la nature et le respect

de la terre. Un matin, nous embarquons

sur une longue pirogue à

moteur. Joseph et Rachel nous emmènent

au nord, dans des villages le

long du fleuve Logone. Là vivent les

Mousgoum, vers la fin du 19ème siècle

les rivaux des Peuls qui voulaient

les convertir, mais qu’ils ont repoussés

au royaume peul d’Adamawa, quelque

200 km à l’ouest, la partie la plus orientale

de l’empire Sokoto que j’ai mentionné

plus haut. (Peu après, en 1899-

1907, cela a été la guerre entre Peuls et

colonisateurs allemands). Depuis lors,

Mousgoum et Peuls coexistent, les premiers

vivants de la pêche, les seconds

Chaque année, il y a d’inévitables inondations quand le débit du

Logone passe de 50 mètres cube par seconde en mars à plus de 1500 en

septembre-octobre, donc 30 fois plus! En 2022, plus de 2.700 hectares et

de nombreux villages ont été détruits (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

de l’élevage.

En chemin nous remorquons

une autre pirogue qui amenait une

dizaine de marchandes au Cameroun.

Ils dérivaient depuis la veille, le moteur

en panne. Les passagères ont débarqué

avec leurs paniers sur la rive opposée.

En effet, le fleuve Logone (sur environ

la moitié de ses 1000 km) constitue

la frontière créée artificiellement par

les colonialistes français et allemands,

ces derniers ayant occupé le Cameroun

jusqu’au lendemain de la 1ère guerre

mondiale, avant d’être forcés de le

céder à la France victorieuse.

Maintenant, trois fois plus

de Mousgoum vivent en territoire

camérounien qu’au Tchad. Il y a des

vagues d’émigration vers l’ouest lors

des inévitables inondations qui surviennent

presque chaque année, quand le

débit du fleuve passe de 50 mètres cube

par seconde en mars à plus de 1500 en

septembre-octobre, donc 30 fois plus!

L’administration camérounienne étant

plus efficace que la tchadienne pour

gérer les crises. Les sacs de terre ne

peuvent contenir les flots. Nous avons

pu voir de longues digues submergées,

ainsi que des habitations inondées aux

alentours du village de Gouaye. Sans

parler des cultures. En 2022, année de

pluies particulièrement fortes, plus de

2.700 hectares ont été détruits.

Parfois c’est en sens inverse que

se fait l’émigration, comme en août

2021 quand les pêcheurs Mousgoum

et les éleveurs de bétail Choua arabes

sont entrés en conflit pour l’usage de

l’eau. Quarante villages ont été brûlés

et 10.000 Camerounais ont traversé le

Logone pour se réfugier au Tchad. Parfois

ce sont entre eux que les pêcheurs

Mousgoum se disputent pour l’accès à

l’eau, dit Midjiyawa Bakari le gouverneur

de la région de l’Extrême-Nord.

Dans le nord et le désert, nous avons

vu comment les rares puits sont jalousement

gardés par les différentes

ethnies: arabes, toubous, m’bororos.

Il faut quatre heures de navigation

lente pour arriver à Mouhouna

où nous allons loger dans une “maison

obus”, appelée tolek. C’est la plus

connue caractéristique – architecturale

– des Mousgoum, entièrement

construite en boue séchée au soleil,

chaume et eau, car le bois manque

dans ces régions fluviales. En forme

d’arc caténaire (d’où leur nom français

“obus”), avec le bas du mur plus épais

que le sommet, leur extérieur est orné

de motifs en relief qui permettent de

prendre appui quand on les construit

ou les entretient, et pour améliorer le

drainage des eaux de pluie.

Sans fenêtres, elles gardent la

fraîcheur la journée et la chaleur la nuit,

et les moustiques n’entrent pas malgré

que l’entrée soit un trou en forme de

serrure, sans porte. Pourtant nous

avons préféré dormir en plein air, sous

des tentes dans la cour, entourés de

moustiques et soumis à une très forte

humidité, venant du fleuve tout proche.

Quand de fortes inondations ont

détruit la plupart de ces habitations en

1975, les Mousgoum ont construit leurs

nouvelles en briques car chaque tolek

nécessitait environ six mois à terminer!

Il fallait attendre que chaque niveau

sèche avant de monter, à la manière de

la poterie en bobines (coil pottery). De

toute façon, cette technique s’est largement

perdue. Mais les Mousgoum gardent

quelques tolek pour montrer aux

visiteurs. Le voyageur-journaliste polonais

Kazimierz Nowak (1897-1937)

qui a traversé de 1931 à 1936 le continent

tout entier, de la Libye à l’Afrique

du sud et retour, 40.000 kilomètres,

les avaient notés : “Les ornements extérieurs,

bien que très similaires, diffèrent

dans de petits détails, de sorte

qu’il n’y en a pas deux identiques”.

Gide est plus poétique et parle de “pure

ligne courbe”, d’“élan souple”, de cannelures

qui “donnent accent et vie à

ces formes géométriques”, “un travail

non de maçon, mais de potier”. Bref, il

est subjugué par la “beauté si parfaite,

si accomplie qu’elle paraît toute naturelle”

de ces habitations qu’il décrit

en détail sur quatre pages.

Trop poétique ce Gide, au point

qu’il “aimerait voir [le Logone] durant

la crue qui, nous dit-on, le transforme

en un lac immense, semé, de loin en

loin, de petits îlots de verdure où tous

les animaux viennent se réfugier”...

Ceci n’est pour rien au monde le point

de vue des habitants qui perdent habitations,

cultures et animaux, quand

ce n’est pas la vie. Même disconnect

quand il lit Le barbier de Séville de

Beaumarchais, La steppe de Tchekhov,

ou “avance avec ravissement dans

le Second Faust” de Goethe, et relit

Iphigénie “dans un émerveillement

grandissant”, tout en se laissant bercer

par les doux remous du fleuve Logone.

Plus terre à terre, Yahya nous fait

visiter le dispensaire construit par l’association

Akwada qui nous accueille :

salle de consultation, salle d’examen,

frigo pour les vaccins polio et autres,

bureau et registres. Gide en avait vu un

à Logone-Birni, à quelque 200 km en

aval du Logone, propre, ordonné et très

bien tenu, avec 60 malades, mais avec

médecin absent. Ici, Yahya n’est qu’infirmier,

mais vu le manque de personnel

qualifié, il en est le directeur, avec

une sage-femme pour assistante. Le

manque d’équipement occasionne des

bévues. Une jeune femme a accouché,

et ensuite ils l’ont renvoyée dans son

village, sans voir qu’elle avait des

jumeaux. Le deuxième bébé est mort.

À l’époque, les indigènes

n’avaient “aucune confiance dans

Les “maison obus” sont une caractéristique architecturale des Mousgoum,

construites en boue séchée au soleil car le bois manque dans ces régions

fluviales. Sans fenêtres, elles gardent la fraîcheur la journée et la chaleur

la nuit, et les moustiques n’entrent pas malgré que l’entrée soit un trou en

forme de serrure, sans porte (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

notre médecine de blancs”, mais ils

avaient développé des soins avec les

moyens du bord et comptant sur l’immunité

acquise. Compresses de bouse

de vache, “bouillie d’herbes tièdes extraites

de l’estomac d’un cabri qu’on

vient de tuer”, bol alimentaire séché

devenu poudre, rapporte Gide. Improvisation

assez pareille actuellement.

Alors que notre groupe allait voyager

Le dispensaire du chef-lieu de Mouhouna, le long du fleuve Logone,

a salle de consultation, salle d’examen, frigo pour les vaccins polio et

autres, bureau et registres. Le directeur n’est qu’infirmier vu le manque

de personnel qualifié, avec une sage-femme pour assistante (Alexandra

Panaguli/Haïti-Liberté).

pendant trois semaines dans le désert et

qu’il était composé d’étrangers, quand

un de nos chauffeurs a été piqué par

un scorpion vénéneux, ses camarades

n’avaient d’autre à appliquer sur la

morsure que de l’eau de javel. Cela a

marché.

Nous-mêmes avons été bien

piqués, mais par le cram-cram, soit le

Cenchrus biflorus, des milliers de plantes

herbacées épineuses qu’on trouve

abondamment dans le Sahel. Ces petites

épines s’accrochent fermement

aux vêtements et il est difficile – et

pénible – de s’en débarrasser car elle

blesse les doigts et crée des abcès.

Immunité acquise ou jeunesse de

la population, l’infirmier Yahya nous

dit que le covid de 2019-2021 n’a pas

causé beaucoup de morts au Tchad,

10 par million d’habitants. Comparé

à 2.615 en France, 3.770 en Grèce,

5.669 en Bulgarie.

Blanc dieu ou blanc diable

Mouhouna est là aussi où se

trouve la tombe de Jean Bindschedler

(1927-2021), un marionnettiste suisse

de Genève qui a élu domicile chez

les Mousgoums en 1997, à la recherche

de contacts plus humains. Quand

il avait déménagé à Fribourg d’où est

sa femme, «J’étais l’étranger. Les gens

observaient une grande retenue à mon

égard. Dans les bistrots, il était difficile

de lier conversation.» Et d’entonner

une litanie maintes fois entendue

par ses oreilles: ‘Genevois, quand je te

vois, c’est le diable que je vois’». Il n’y

a pas qu’en Afrique des conflits tribaux.

Ici c’est une nuée d’enfants et

d’adultes qui nous accueillent à chaque

village, et tourbillonnent autour

de nous, tout sourire et questions. Puis,

c’est la visite de politesse chez le sultan

du coin. Où chaque fois – un vrai rituel

– on nous remercie d’être venus de si

loin pour découvrir leur culture.

Celui de Katoa a vanté la culture

française et a remercié la France. Nos

deux jeunes compagnons – des Français

– n’en croyaient pas leurs oreilles. Le

sultan avait 95 ans. Autre génération,

autre position, autre mentalité. Pourtant,

un autre vieillard, à une dizaine de

kilomètres au nord d’où nous sommes,

le décrivait différemment à Gide un siècle

auparavant : “A l’arrivée du blanc,

nous dit-il, tous les gens du village

traversent le Logone et fichent le camp

dans la brousse. Seul le chef du village

ose rester et reçoit les colliers que le

blanc lui donne. Les gens reviennent

dans la nuit, mais restent terrifiés par

cette arrivée d’un être surnaturel qui

s’amène sur un bateau marchant tout

seul, et qui le lendemain matin a déjà

disparu...”.

Ce blanc était Émile Gentil (1866-

1914), décrit comme explorateur par

Gide, mais en fait un commandant

français qui remontait du Congo où il

avait été impliqué dans des massacres,

pour soumettre – hypocritement, soit

disant à la demande d’autre sultans locaux

– le royaume sahélien de Borno,

récemment conquis par Rabih az-Zubayr,

seigneur de guerre et marchand

d’esclaves soudanais. C’est ce même

Gentil qui a fondé N’Djamena en mai

1900, alors Fort-Lamy du nom d’un

autre commandant français fraîchement

tué lors d’un affrontement avec

Rabih, lequel a également péri dans

cette bataille et eu la tête coupée et

paradée.

Carnages non seulement en

nombre mais également en qualité –

nous avons l’exemple malgache rapporté

par l’historien français Philippe

Leymarie: “L’écrasement du soulèvement

[de 1947] par les Français a

entraîné la quasi-annihilation de la

classe dirigeante à Madagascar, avec

des conséquences qui ont continué à

se faire sentir pendant des décennies

après l’indépendance du pays” (voir

plus loin).

Sans parler que l’Afrique est toujours

sous la griffe du néocolonialisme.

Ce n’est que maintenant que le Tchad, à

son tour, après le Mali (2021), le Burkina

Faso (2022), le Niger (2023), se débarrasse

des troupes françaises, Abderaman

Koulamallah, ministre des Affaires

étrangères, annonçant le 28 novembre

2024 qu’il était temps pour son pays «

d’affirmer sa pleine souveraineté».

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


Perspectives

Lettre ouverte à Abigail Alexandre et Ariana Milagro Lafond !

Par Kervens Louissaint

Abigail, Ariana,

Je vais prendre le temps de vous écrire

sans posture, avec respect, mais surtout

avec lucidité. Pas pour vous corriger.

Pas pour vous exposer. Pas pour

vous freiner. Mais parce que je vois

quelque chose se mettre en place autour

de vous et que je refuse de rester

silencieux pendant que ça se referme

doucement.

Ce que vous vivez en ce moment

peut ressembler à une reconnaissance.

À une validation publique. À une

forme de victoire même. Mais c’est une

séquence.

Regardez bien la scène : l’État

que vous avez, chacune à votre

manière, questionné, bousculé, mis

face à ses contradictions, vous applaudit

aujourd’hui. Vu de l’extérieur, cela

ressemble à une reconnaissance légitime

: vous avez porté un message,

vous avez eu un impact, vous avez

été entendues. Mais sociologiquement

et politiquement, ce moment précis a

une autre lecture : un pouvoir mis en

cause choisit de célébrer celles qui l’ont

exposé.

Ce n’est pas une réaction émotionnelle.

C’est une stratégie.

Si vous ne comprenez pas ce que

cela signifie, alors je vais vous le dire

clairement : vous êtes en train d’être

intégrées. Pas détruites. Pas censurées.

Mais intégrées. Et cette intégration,

quand elle n’est pas comprise, devient

une forme de récupération.

Pourquoi ?

Parce qu’un système confronté

à une critique publique structurante a

toujours deux options : l’affrontement,

qui crée du conflit, de la polarisation,

de la visibilité négative, et l’intégration,

qui transforme la critique en élément

contrôlable. Le système préfère presque

toujours la deuxième option. Pas

parce que le système est faible. Mais

parce que le système a appris que l’intégration

est toujours plus propre, plus

discret, plus efficace que la répression

directe.

Un système stable ne cherche

pas d’abord à éliminer les éléments perturbateurs.

Il cherche à les reconfigurer.

Pourquoi ?

Parce qu’une voix libre, extérieure

au système est imprévisible,

échappe au contrôle, peut évoluer sans

contrainte, et peut radicaliser sa critique.

Mais cette même voix, une fois

reconnue, valorisée, rapprochée du

centre, c’est-à-dire, l’État, change de

nature : elle devient identifiable, liée à

une image, insérée dans des relations,

et dépendante de certains espaces —

progressivement gérable et éventuellement

gouvernable.

C’est une logique froide, presque

mécanique : ce que je ne peux pas faire

taire, je le valorise. Ce que je valorise,

je le rapproche. Ce que je rapproche, je

l’influence. Et ce que j’influence, je le

limite, sans jamais avoir besoin de le

briser.

Et le plus troublant dans tout ça,

c’est que ce processus ne ressemble

jamais à une contrainte. Il ressemble

à une opportunité. On vous ouvre des

portes. On vous donne de la visibilité.

On vous écoute. On vous place dans

des espaces où, normalement, on n’entre

pas facilement ou peu de gens ont

accès. Et vous y entrez avec sincérité

et conviction. Avec cette idée légitime :

« Si je suis là, je peux faire bouger les

choses. »

Et je comprends ça. Vraiment.

C’est noble. Mais il y a quelque chose

Ariana Milagro Lafond et Abigail Alexandre

que vous devez surveiller avec une extrême

lucidité : le système ne vous ouvre

pas seulement la porte. Il vous fait

entrer dans son cadre.

Ce que vous vivez suit une

séquence presque “scientifique”.

Étape 1 : Visibilité indépendante,

c’est-à-dire, vous parlez. Le message

circule. Il touche. Il dérange.

Étape 2 : Reconnaissance

publique, c’est-à-dire, le système valide

votre existence : on vous félicite, on

vous met en avant.

Étape 3 : Rapprochement, c’està-dire,

on vous invite. On vous inclut.

On vous donne accès à des espaces

fermés.

Étape 4 : Redéfinition implicite de

votre rôle, c’est-à-dire, vous n’êtes plus

seulement des individus. Vous devenez

des représentations!

Et c’est ici que tout commence

réellement. Le basculement invisible :

de “je” à “au nom de”. Ce moment est

crucial, et souvent imperceptible.

Au départ, vous êtes vousmêmes.

Vous parlez en votre nom.

Votre parole est brute, directe, non filtrée.

Votre feu est encore là. Puis, doucement

: On ne vous corrige pas. On

vous “oriente”.

Une nouvelle variable apparaît :

la responsabilité de représenter. Et cette

responsabilité transforme la structure

même de votre pensée.

Et ce glissement n’est jamais

violent. Il est progressif, logique,

presque raisonnable. C’est ça sa force.

Un mot devient sensible = à

nuancer. Une phrase devient délicate

= à reformuler. Un sujet devient “mal

placé” = “formule-le autrement”.

Pourquoi ?

Parce que dès que vous représentez

: vos mots engagent autre chose

que vous, vos propos ont des conséquences

relationnelles, et votre parole

devient située, observée, interprétée. Ce

qui crée un phénomène psychologique

précis : l’auto-régulation anticipée.

Personne ne va vous dire frontalement

de vous taire. Le contrôle moderne

ne fonctionne pas comme ça. Il

fonctionne par micro-ajustements progressifs

: “faites attention”, “ce n’est

pas stratégique”, “vous représentez

maintenant.”

Ces phrases ne sont pas des interdictions.

Ce sont des indications de

cadre. Elles changent la nature de votre

parole. Parce qu’à partir de cet instant,

vous ne portez plus seulement votre

voix. Vous portez une fonction. Une

image. Une ligne.

En psychologie sociale, on sait

que lorsqu’un individu perçoit des limites

implicites : il anticipe, il ajuste,

il évite le coût social, et il préserve sa

position. Donc sans contrainte directe,

vous commencez à filtrer légèrement

vos idées, reformuler vos critiques, et

hiérarchiser ce que vous dites ou non.

Pas sous la contrainte directe. Mais

parce que vous comprenez les limites.

Et un jour, sans même vous en rendre

compte : Vous ne dites plus tout ce que

vous pensez. Vous dites ce qui peut être

dit.

Et c’est ici que le contrôle devient

intelligent. Il n’est plus imposé. Il est

intégré. La censure n’est plus externe.

Elle devient interne — l’auto-censure

intériorisée. On ne vous retire pas la

parole. On définit les conditions dans

lesquelles elle est acceptable. Il ne vous

force pas. Il vous rend prudentes. Et la

prudence, quand elle devient permanente,

remplace la liberté.

Le pouvoir moderne ne fonctionne

plus principalement en fermant

la bouche des gens. Il fonctionne en

suite à la page(16)

Logements Abordables

à Louer à Newark

Loyers prévisionnels pour les ménages à revenus faibles et modérés

Occupation prévue pour l'été 2026

70 unités nouvellement construites réparties dans

deux bâtiments dans le quartier de Fairmount

à Newark, NJ

381-395 South Orange Avenue

et

331-335 South 11th Street

Phone: (862) 200-9118

Fairmount Crossing est le fruit d'un partenariat entre le RPM Development Group et

l'Urban League of Essex County. Chaque appartement bénéficie d'un aménagement

spacieux et sera équipé d'appareils électroménagers certifiés ENERGY STAR. Les

bâtiments comprendront également des espaces commerciaux au rez-de-chaussée.

Les équipements supplémentaires incluent des buanderies à chaque étage, une salle

communautaire et un service d'ascenseur dans les deux bâtiments. Des services sociaux,

des activités et des cours seront proposés sur place à l'ensemble des résidents.

Unit

Size

1 BR

2 BR

3 BR

1 BR

2 BR

3 BR

1 BR

Area Median

Income

29.98%

Monthly

Rent

$684

Units

Available

Square

Feet

700

29.98% $820 10 950

29.98%

2

$949 8 1,100

47.98% $1,141 2 700

47.98% $1,368 11 950

48.00%

$1,583 5 1,100

57.98% $1,395 9 700

Household

Size

1 people

2 people

2 people

3 people

4 people

3 people

4 people

5 people

6 people

1 people

2 people

2 people

3 people

3 people

4 people

5 people

6 people

1 people

2 people

Minimum-Maximum

Household Income

$23,451 - $28,421

$23,451 - $32,468

$28,114 - $32,468

$28,114 - $36,515

$28,114 - $40,562

$32,537 - $36,515

$32,537 - $40,562

$32,537 - $43,830

$32,537 - $47,068

$39,120 - $45,485

$39,120 - $51,962

$46,903 - $51,962

$46,903 - $58,439

$46,903 - $64,916

$54,274 - $58,464

$54,274 - $64,944

$54,274 - $70,176

$54,274 - $75,360

$47,829 - $54,965

$47,829 - $62,792

Nous acceptons dès maintenant les demandes préliminaires en ligne

La date limite de candidature est le 13 Mai 2026.

Aucun frais de dossier.

Postuler: www. FairmountCrossing.com

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le site web

2 BR

3 BR

58.00% $1,673 14 950

57.98%

$1,934 3 1,100

2 people

3 people

4 people

3 people

4 people

5 people

6 people

$57,360 - $62,814

$57,360 - $70,644

$57,360 - $78,474

$66,309 - $70,619

$66,309 - $78,446

$66,309 - $84,766

$66,309 - $91,028

Les plafonds de revenus et les barèmes de loyer sont sujets à modification.

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

Haiti Liberté

13


Perspectives

État espagnol : Le mouvement socialiste mobilise des milliers de

jeunes contre la guerre impérialiste !

Le 1er mai, Journée internationale

des travailleurs, le

mouvement socialiste a mobilisé

des milliers de personnes lors

de plusieurs manifestations :

à Madrid, le Comité de coordination

de la jeunesse socialiste

(CJS) a rassemblé des milliers

de jeunes « Contre la guerre impérialiste

et le fascisme », au

départ de la Plaza Roja à Vallecas

; à Barcelone (Catalogne)

et à Valence (Campagne

valencienne), l’Organisation

de la jeunesse socialiste (OJS)

a mobilisé des milliers d’autres

jeunes sous le slogan « Debout

contre la guerre et le fascisme » ;

à Pampelune (Navarre), une autre

manifestation massive, organisée

par le Conseil socialiste du Pays

basque (EHKS), a défilé dans les

rues « Contre la guerre impérialiste

». Le Coordinateur de la jeunesse

socialiste (CMS) a organisé

une mobilisation similaire à Saint-

Jacques-de-Compostelle.

Tous soulignent que cette

journée a révélé une réalité politique

souvent passée sous silence

par les médias : « L’existence

d’une jeunesse organisée

selon des principes socialistes et

révolutionnaires, capable de se

mobiliser et désireuse d’intervenir

dans le contexte politique

actuel.» D’après les bilans des

groupes organisateurs, ces mobilisations

ont rassemblé des milliers

de jeunes dans cinq villes

d’Espagne, ce qu’ils considèrent

comme « un pas en avant vers

la consolidation d’un point de

référence politique distinct pour la

jeunesse ouvrière » face au cycle

actuel de guerres, de militarisation

et de dérive autoritaire que

connaît le bloc occidental. « La

jeunesse ouvrière refuse de payer

pour les guerres des capitalistes »,

ont-ils ajouté.

Le Mouvement socialiste

insiste sur le fait que ce 1er mai

n’était pas un événement comme

les autres, mais une journée à la

portée politique indéniable. « Aujourd’hui,

nous avons démontré

qu’il existe une jeunesse qui refuse

de capituler, qui rejette la

guerre impérialiste et génocidaire

de l’Axe américano-israélien, la

fausse solution proposée par les

progressistes, ainsi que les réactions

réactionnaires, et qui est

prête à s’organiser autrement

», ont déclaré les organisations

à l›issue de leurs marches

respectives. « Contrairement au

discours intéressé selon lequel les

jeunes ne se tournent que vers

l’extrême droite, aujourd’hui, la

rue a parlé clairement : une jeunesse

brandit résolument le drapeau

rouge. »

« Ni trumpisme ni saánchezisme

»

Concernant le contexte international

actuel, le Mouvement

socialiste a insisté sur le fait qu’il

n’existe aucune solution progressiste

au sein même du bloc

impérialiste : « Ni le trumpisme

ni le saánchezisme n’offrent une

véritable alternative à la guerre,

à la militarisation et à l’autoritarisme

auxquels nous assistons.

Les tons et les formes changent,

mais le fond reste le même. »

C’est pourquoi nous sommes descendus

dans la rue aujourd’hui

pour affirmer notre choix communiste

et internationaliste, face à

ceux qui veulent nous imposer un

choix entre différentes manières

de gérer le même désastre capitaliste.

Ils désignent ainsi les responsables,

affirmant que « le

rôle des États-Unis, de l’UE, de

l’OTAN et du sionisme dans le

cycle actuel de guerre et de militarisation

ne peut plus être occulté

».

Les groupes organisateurs

estiment que cette journée d’action

a permis de tirer une conclusion

claire : une force de jeunesse

est déterminée à s’affirmer politiquement

dans le contexte actuel.

« Aujourd’hui, nous n’avons pas

Non à la guerre impérialiste!

seulement rempli les rues de cinq

villes : aujourd’hui, nous avons

fait preuve de confiance, d’organisation

et de vision. Face à la

résignation, une jeunesse révolutionnaire

a décidé de prendre le

relais.»

« Jeunesse communiste

contre la guerre impérialiste, les

mensonges progressistes et la

montée réactionnaire »

Le Mouvement socialiste

estime que les mobilisations du

1er mai renforcent la nécessité de

poursuivre la construction d’une

alternative politique distincte pour

la classe ouvrière à l’échelle européenne

: « Nous sortons de ce 1er

mai plus forts et avec une volonté

accrue de continuer à développer

ce mouvement. Aujourd’hui n’est

pas une fin, c’est un commencement.

Nous avons démontré qu’il

est encore possible de construire

une option communiste contre

la guerre impérialiste, les mensonges

progressistes et la montée

réactionnaire. Nous avons montré

que le drapeau rouge flotte à

nouveau parmi la jeunesse. »

Diario Socialista 2 mai 2026

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l’audience précitée, pour

le profit, déclare fondée ladite action ; admet

en conséquence le divorce du sieur Faustin

GABRIEL d’avec son épouse née Emmanuella

COX pour injures graves et publiques aux torts

de l’épouse, prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre lesdits époux

; ordonne à l’officier de l’état civil de Portau-Prince.

Section Sud de transcrire dans les

registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y

échet; Commet l’huissier Canal GABRIEL de

ce siège pour la signification dudit jugement ;

Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé

par nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience

civile, ordinaire et publique en date du Dix-huit

décembre deux mille vingt-cinq, en présence de

Me Elysée FENELON, Substitut Commissaire

du gouvernement de Port-au-Prince et avec

l’assistance de la Greffière. Me Célène SAINT

JEAN CHERY, Greffière du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc.....

Me Ingrid Karline WOOLEY, officier de l’état civil

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l’audience précitée,

pour le profit déclare fondée ladite action ;

Admet en conséquence le divorce du sieur

Gercius TOUSSAINT d’avec son épouse Sonita

CASTOR pour injures graves et publiques

aux torts exclusifs de l’épouse, prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant

entre lesdits époux ; ordonne à l’officier de l’état

civil de Port-au-Prince. Section Sud de transcrire

sur les registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers

s’il y échet ; Commet l’huissier Canal GABRIEL

de ce siège pour la signification dudit jugement

; Compense les dépens. Ainsi Jugé et prononcé

par nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience

civile ordinaire et publique en date du quinze

Mai deux mille vingt-cinq, en présence de

Me Romain ORANGE, Substitut Commissaire

du gouvernement de Port-au-Prince et avec

l’assistance du Greffier Me Mozart TASSY, Greffier

du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

Me Ingrid Karline WOOLEY, Officier de l’état civil

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre

le défendeur à l’audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action ; Admet en

conséquence, le divorce de la dame Junot

ORIENTAL née Nadia DESPOINVILLE d’avec

son époux Junot ORIENTAL pour abandon du

toit marital aux torts de l’époux. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre

les dits époux, Ordonne à l’officier de l’état civil de

la Section Sud de Port-au-Prince de transcrire sur

les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet.

Commet l’huissier Vilneret GABRIEL de ce siège

pour la signification de ce jugement Compense les

dépens

Ainsi Jugé et prononcé

par nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du Jeudi dix-huit

Décembre deux mille vingt-cinq, en présence de

Me Elysée FENELON, Substitut du Commissaire

du gouvernement de ce ressort avec l’assistance

de Mozart TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, sur les conclusions du

Ministère public, maintient le défaut octroyé contre

le défendeur à l’audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action ; admet en conséquence

le divorce de la dame Carline ELIASSAINT d’avec

son époux Lionel DESRORES pour injures graves

et publiques aux torts de l’époux. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé

entre les dits époux ; Ordonne à l’officier de l’état

civil de la commune de Gressier de transcrire sur

les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet

; Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège

pour la signification de ce jugement; Compense

les dépens. Ainsi Jugé et prononcé par nous,

Me Nelson CILIUS , Juge en audience civile et

publique en date du vingt quatre Juillet deux mille

vingt-cinq, en présence de Me Dominique NOEL,

Substitut du Commissaire du gouvernement de ce

ressort avec l’assistance du Greffier Mozart TASSY

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre la

défenderesse à l’audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action ; Admet en conséquence

le divorce du sieur FRANTSO LOHIER d’avec son

épouse née ROSMANIE EMILE pour injures graves

et publiques aux torts de l’épouse. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre

les dits époux; Ordonne à l’officier de l’état civil de

la Section Sud de Port-au-Prince, de transcrire sur

les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet

; Commet l’huissier Canal GABRIEL de ce siège

pour la signification de ce jugement ; Compense

les dépens. Ainsi Jugé et prononcé par nous, Me

Nelson CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire

et publique du Jeudi douze Mars deux mille vingt

vingt-six, en présence de Me Elysée FENELON,

Substitut du Commissaire du gouvernement de ce

ressort et avec l’assistance du sieur Mozart TASSY,

Greffier du siège

Il est ordonné...

etc.....

En foi de quoi....etc....

Me Floréal Lubin Filius, Avocat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions du

Ministère public ; maintient le défaut octroyé contre

la défenderesse à l’audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action ; Admet en conséquence

le divorce de la dame Darline GUIRAND d’avec son

époux Stevenson FRANCK, pour injures graves

et publiques, aux torts de l’épouse ; Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre

lesdits époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de

la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire dans

les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet;

Commet l’huissier Canal GABRIEL de ce Tribunal

pour la signification de ce jugement. Ainsi Jugé et

prononcé par nous, Me Bernard SAINT-VIL, Doyen

en audience civile et publique du Jeudi vingt quatre

Juillet deux mille vingt-cinq, en présence de Me.

Shoubert BAPTISTE, Substitut Commissaire du

gouvernement de ce ressort et avec l’assistance du

Greffier Mozart TASSY

Il est ordonné...etc...

En foi de quoi....etc....

14 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


Perspectives

Historique Premier mai 2026 !

Des manifestants à Athènes, en Grèce, ont exprimé leur solidarité avec Cuba et la Palestine

lors des manifestations du 1er mai. Source : PAME

Un immense rassemblement de Cubains devant l’ambassade des États-Unis à La Havane,

le 1er mai 2026, pour protester contre les nouvelles sanctions énergétiques et économiques

imposées par l’administration Trump. Photo : Resumen Latinoamericano

Philadelphia, May 1, 2026. WW Photo: Joe Piette Philadelphia, May 1, 2026.

Des centaines de milliers de personnes ont participé aux mobilisations

du 1er mai au Sri Lanka

AVIS

C’est important d’aviser le public en général et

à tous ceux-là qui sont concernés en particulier,

qu’en date du 27 septembre 2018, le Tribunal

de Première Instance de la juridiction de Portau-Prince

a rendu un jugement par défaut

ADMETTANT le divorce du Sieur Ibrahim

Ahmad Hussein HAMDAN d’avec son épouse

née Annalie Canelles RODRIGUEZ pour injures

graves et publiques aux torts de l’épouse;

prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux.

Me. Jose Remy, Av.

Avis Matrimonial

Je soussignée, Marie Simone Porcénat, identifiée

aux numéros 005-454-133-8 ! 1112645679

demeurant et domiciliée à Port-au-Prince,

Fontamara 27, Impasse Boyer Prolongé (dos

morne) avise le public en général et le commerce

en particulier que Je ne suis plus responsable

des actes et actions de Mon époux Frantz Jeanty

pour injures graves et publiques et infidélité

conjugale, en attendant qu’une action en

divorce lui soit tentée

Port-au-Prince, le 05 Avril 2026

Marie Simone Porcénat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre le défendeur à l’audience précitée, pour

le profit déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence en conséquence le divorce de la

dame Valentin VALRIS née Johane GEORGES

d’avec son époux le sieur Valentin VALRIS pour

injures graves et publiques aux torts de l’époux.

Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux ; Ordonne à

l’officier de l’état civil de la Section Sud de Portau-Prince

de transcrire sur les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s’il y échet, commet

l’huissier Vilneret GABRIEL de ce siège pour

la signification de ce jugement ; Compense

les dépens Ainsi Jugé et prononcé par

nous, Nelson CILIUS, Juge en audience civile,

ordinaire et publique du Jeudi vingt-cinq Juillet

deux mille vingt-quatre, en présence de Me

Dominique NOËL, Substitut du Commissaire du

gouvernement de ce ressort et avec l’assistance

du sieur Mozart TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc......

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l’audience précitée,

pour le profit déclare fondée ladite action.

Admet en conséquence le divorce de la dame

Watson DASMY née Marie suzette RESILIAC

d’avec son époux le sieur Watson DASMY pour

injures graves et publiques aux torts de l’époux.

Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux ; Ordonne à

l’officier de l’état civil de Port-au-Prince, Section

Sud de transcrire sur les registres à ce destinés,

le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s’il y échet, Commet l’huissier Vilneret

GABRIEL de ce siège pour la signification de

ce jugement ; Compense les dépens Ainsi

Jugé et prononcé par nous, Me. Jacques Hermon

CONSTANT, Juge en audience civile, ordinaire et

publique, du vingt-huit Juillet deux mille seize,

en présence de Me Roger SIMPLICE ,Substitut

du Commissaire du gouvernement de ce ressort,

avec l’assistance du Greffier, Mozart TASSY

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions

du Ministère public , maintient le défaut octroyé

contre son épouse à l’audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action ; Admet en

conséquence le divorce de RUDY DANY JEAN

d’avec son épouse née NEPHTALIE ELCIDE

pour injures graves et publiques aux torts

exclusifs de l’épouse, prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre les

dits époux ; Ordonne à l’officier de l’état civil

de Taïfer, commune de Carrefour de transcrire

sur les registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers

; Compense les dépens; Commet l’huissier Canal

GABRIEL de ce siège pour la signification de ce

jugement ; Compense les dépens. Ainsi Jugé et

prononcé par nous, Nelson CILIUS, Juge en

audience civile, ordinaire du Jeudi trente Mai

deux mille vingt-quatre, en présence de Me

Dominique NOËL, Substitut du Commissaire du

gouvernement de ce ressort avec l’assistance du

sieur Mozart TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

Me Jean Luma CHARLES, officier de l’état civil

PAR CES MOTIFS

DISPOSITIF : Après examen et sur les

conclusions conformes du Ministère public,

le Tribunal au voeu de la loi, maintient le

défaut requis et octroyé à l’audience contre le

défendeur pour faute de comparaître ; pour le

profit, accueille l’action de la demanderesse, la

dame Luckyng JULES, femme née Jenny Marie

Yves GUILLAUME vu que cette demande est

juste et fondée ; Admet le divorce des époux

Luckyng JULES, femme née Jenny Marie Yves

GUILLAUME pour injures graves et publiques

et aux torts exclusifs de l’époux ; Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé

entre-eux ; Ordonne à l’officier de l’état civil de

Petit-Goâve, Section Nord de transcrire sur les

registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement ; dit qu’un extrait sera publié dans

l’un des colonnes d’un quotidiens s’éditant à

la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s’il y échet ; Commet le sieur Jean

Fruisner MONICE, huissier de notre Tribunal

pour la signification du présent jugement ;

Compense les dépens vu la qualité des parties.

Rendu par nous, Me Fritzner DUCLAIRE, Doyen

du Tribunal de première instance de Petit-

Goâve, en audience publique civile de divorce

ce jourd’hui Vingt-trois Juin deux mille vingtcinq

(23 Juin 2025), en présence de Me Joseph

André EXAVIER, Substitut du Commissaire du

gouvernement de ce ressort, assisté du sieur

Christophe BONBON, Greffier du siège

Il est ordonné...etc....

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

Haiti Liberté

15


suite de la page (13 ) Pourquoi ?

que vous retenez, une idée que vous

Parce que votre voix devient un édulcorez, une critique que vous différez,

suite de la page (13 )

définissant ce qui est acceptable

à dire. C’est ce qu’on appelle un cadre

narratif : vous pouvez parler mais

dans certaines limites non écrites. Ces

limites ne sont pas toujours explicites,

mais elles existent : ne pas fragiliser

capital symbolique — des supports de

projection collective. Et tout capital,

dans un système, doit être stabilisé,

protégé, et rendu prévisible. Donc plus

vous comptez, plus vous êtes encadrées.

une vérité que vous adaptez. C’est

là que se joue le vrai basculement.

Je ne vous dis pas de refuser les

espaces qui s’ouvrent à vous. Je ne

vous dis pas de sortir. Je vous dis de

rester vigilantes à ce qu’ils font de vous.

certaines structures, ne pas rompre certaines

À ce stade, un mécanisme De détecter le moment où votre parole

alliances, ne pas aller “trop loin”,

ne pas sortir du registre acceptable.

Autrement dit, vous êtes libres de

parler, mais à l’intérieur de lignes invisibles.

Alors souvenez-vous de ça : le

système ne gagne pas seulement quand

il vous réduit au silence. Il gagne surtout

quand il vous transforme en version

présentable de vous-même. Quand

vous commencez à vous censurer

avant même qu’on vous le demande.

Quand vous défendez des limites que

vous n’avez pas choisies. Quand vous

appelez “stratégie” ce qui est en réalité

une concession lente.

C’est ce qu’on appelle l’internalisation

du cadre. Ils ne vous arrêteront

pas. Ils vous canaliseront. Ils ne vous

feront pas taire. Ils vous apprendront à

parler sans déranger.

Et le plus dangereux, Abigael,

Ariana, c’est que ces lignes finissent

cognitif apparaît : vous vous racontez

une histoire cohérente avec votre

position : “je suis stratégique”, “je

choisis mes batailles”, “je vais parler au

bon moment” ou “je change les choses

de l’intérieur”.

Je ne dis pas que c’est faux. Je

dis que le système fonctionne très bien

avec ce type de récit. Parce que ça permet

de maintenir l’équilibre entre votre

conscience critique et votre position

intégrée. Et c’est exactement ce que le

système favorise. C’est-à-dire, produire

des voix critiques mais contenues. Des

oppositions mais compatibles. Des vérités

mais qui ne dérangent plus profondément.

Pourquoi ?

Parce qu’un opposant totalement

libre est dangereux. Mais un opposant

intégré et rationnalisé devient compatible.

À partir du moment où vous

change de nature. De sentir quand ce

n’est plus totalement vous. De ne jamais

oublier pourquoi vous avez parlé

au départ. De ne jamais perdre la version

de vous qui n’avait rien à protéger.

Je vous souhaite de réussir. Mais

surtout, je vous souhaite de rester

conscientes. Parce que dans certaines

structures, comme l’État Affranchi, le

jour où vous portez le rôle, le rôle commence

à parler à votre place.

Autrement dit, ce n’est plus toi

qui parles. C’est le rôle qui utilise ta

voix.

Si je vous écris tout ça, ce n’est

pas pour vous ralentir. C’est pour que

vous avanciez en voyant. C’est pour

que vous ne perdiez jamais ce qui vous

a rendues puissantes au départ : une

parole qui n’avait pas encore appris à

demander la permission. Parce que le

piège le plus dangereux n’est pas celui

dans lequel on tombe. C’est celui qu’on

par exister en vous. Vous commencez représentez, un contrat implicite ne voit même pas.

à anticiper. À ajuster avant même de

parler. À sentir ce qui “passera” et ce

qui ne passera pas.

Et à ce moment-là, sans violence,

sans conflit visible : le contrôle est devenu

intérieur.

Je veux aussi que vous soyez

conscientes du paradoxe que vous allez

ressentir : plus vous serez visibles, plus

vous serez écoutées. Mais plus vous

serez écoutées, moins vous serez totalement

libres.

s’installe : Vous pouvez exister. Vous

pouvez parler. Vous pouvez même

critiquer. Mais sans briser ce que vous

incarnez. Et ce contrat n’est jamais

signé. Mais il est toujours ressenti.

Le danger n’est pas que vous

mentiez. Le danger est beaucoup plus

fin : vous perdez lentement la capacité

d’aller jusqu’au bout de ce que vous

voyez, de ce que vous comprenez, de

ce que vous ressentez. Et ça ne se voit

pas. Mais vous le sentirez : une phrase

Si je peux vous laisser une seule

chose, ce serait celle-ci : ne laissez jamais

votre parole devenir uniquement

stratégique. Parce qu’une parole uniquement

stratégique finit toujours par

perdre ce qu’elle avait de plus dangereux

: sa vérité brute. Et c’est cette vérité

brute qui dérangeait au départ.

Avec attention et respect,

Kervens Louissaint

*The Intercept* que les documents

suggèrent que la présence militaire

américaine, disproportionnée, dans

les Caraïbes pourrait se poursuivre

pendant des années », a rapporté le

média.

La dernière fois que l’armée

américaine a établi des bases à long

terme en Haïti remonte à 1915,

lorsque les *Marines* ont envahi le

pays pour la première fois, y demeurant

pendant 29 ans, jusqu’en 1934.

Les interventions militaires américaines

de 1994 et 2004 ne sont restées

en Haïti qu’environ trois mois,

avant de céder l’occupation à des

troupes de l’ONU, moins coûteuses.

Interception de marijuana

Parallèlement, les États-Unis

ont placé la barre très bas en ce

qui concerne les drogues qu’ils interceptent

dans les Caraïbes. Le 30

avril, le navire de combat de l’US

Navy, l’USS *Billings* — avec à

son bord une équipe tactique d’application

de la loi des garde-côtes

américains — a « intercepté un navire

soupçonné de contrebande de

drogue » dans le passage du Vent,

« à environ 8 milles au large de

Môle-Saint-Nicolas, en Haïti » (soit

à l’intérieur de la zone des 12 milles

nautiques constituant les eaux territoriales

haïtiennes), selon un communiqué

de presse des garde-côtes.

« Avec l’autorisation du gouvernement

haïtien, l’inspection menée

par l’équipe d’abordage a permis de

découvrir environ 3 200 livres de

marijuana — d’une valeur estimée

à 3,8 millions de dollars — et une

personne a été placée en détention.

La contrebande et le contrebandier

présumé ont été remis aux autorités

haïtiennes le dimanche 3 mai. »

Les garde-côtes américains ont

remis « un citoyen jamaïcain, Aldane

Anderson, alias «Ali», né le 26

janvier 2001 », à la Brigade de lutte

contre le trafic de stupéfiants (BLTS/

Nord) de la PNH, au Cap-Haïtien, a

rapporté le site Icihaiti.com ; ils ont

également remis « 66 sacs de marijuana,

soigneusement emballés dans

du plastique ». On ignore pourquoi

et où Anderson a été détenu par les

garde-côtes pendant trois jours.

La marijuana est légale dans

40 des 50 États américains, bien

qu’elle demeure techniquement illégale

en vertu de la loi fédérale. Tout

comme le chanvre, la marijuana est

illégale en Haïti. Ironiquement, à aucun

moment le Commandement Sud

des États-Unis n’a affirmé que l’USS

Billings faisait partie de l’opération «

Southern Spear », dont le véritable

objectif n’est pas l’interception de

stupéfiants, mais plutôt le changement

de régime (au Venezuela et à

Cuba), la contre-insurrection (en

Haïti) ainsi que la domination militaire

et politique des États-Unis sur

l’ensemble de la région.

Seul l’avenir dira si les États-

Unis ont surestimé leur puissance et

sous-estimé la résistance populaire

à leur égard dans les Caraïbes, tout

comme ils l’ont fait de manière si

spectaculaire lors de leur débâcle en

spirale en Iran.

suite de la page (12)

Les grandes concessions :

démission de l’Etat français

C’est également en remontant du

Congo que Gide s’attarde et décrit avec

force détail les terribles conditions de

recrutement, d’acheminement, de logement,

de ravitaillement des milliers de

travailleurs “volontaires” pour la construction

du chemin de fer qui allait relier

Brazzaville, en République du Congo,

alors capitale de l’Afrique-Équatoriale

française, à l’océan Atlantique, soit 512

kilomètres. Le “troupeau des indigènes”,

lui, devait voyager sur des chalands

découverts pendant deux semaines en

provenance de Bangui, actuellement

capitale de la République centrafricaine,

une “circonscription des plus vastes et

mieux peuplée de l’A.E.F, particulièrement

mise à contribution pour la main

d’œuvre indigène”. Sur le millier de

kilomètres fluvial entre Bangui et Brazzaville,

moitié sur le fleuve Oubangui

(long de 1.000 km), moitié sur le Congo

(4.700 km) duquel il est l’affluent, nus,

sans protection et insuffisamment nourris,

beaucoup d’hommes succombaient à

des pneumonies attrapées les nuits froides

sur l’eau succédant aux jours étouffants.

Gide rapporte jusqu’à 37 degrés le

jour, 50 “dans la belle saison”, mais ...

seulement six la nuit. À l’achèvement

de la ligne ferroviaire, en 1934, 17.000

Africains seront mort dans ce projet!

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Déjà fin décembre 1926, Gide note: “La

mortalité a dépassé les prévisions les

plus pessimistes. À combien de décès

nouveaux la colonie devra-t-elle son bien-être

futur?”.

Il n’y a pas que les humains qui

ont été décimés en Afrique par la voracité

européenne, mais également la nature.

Déjà en 1926, Gide parle de “la dévastation

progressive des forêts (souvent à

plus de huit jours de marche pour trouver

encore du caoutchouc de liane)”,

près d’un siècle avant le covid-19, lequel

est précisément dû à la zoonose créée

par la déforestation.

Le caoutchouc et l’ivoire étaient

les principales denrées que les Européens

reluquaient, mais au moindre

coût. “Les colonies ne devaient rien

coûter à la métropole”, mais au contraire

être “une source de profit”, dit Catherine

Coquery-Vidrovitch, historienne

française, spécialiste de la colonisation

en Afrique et des grandes compagnies

concessionnaires, récipiendaire de nombreux

honneurs.

Alléché par les bénéfices du Congo

voisin, propriété privée du roi belge

Léopold Ier, et après une longue période

de marasme et de tergiversations politiques,

l’état français partagea au cours

de la dernière décennie du 19ème siècle

le Congo français entre quarante sociétés

concessionnaires, 700.000 km2 sur les

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900.000 de ce que sont aujourd’hui les

républiques gabonaise, congolaise et

centrafricaine, soit la somme folle de 70

milliards d’hectares.

Par la région des concessions,

“l’état confie la mise en valeur et l’administration

d’un territoire sous sa

souveraineté à des sociétés privées. En

échange de leurs investissements, censés

servir les intérêts locaux de la puissance

délégataire ainsi que ceux des

populations locales, elles tirent profit

de l’exploitation des ressources du territoire

et, dans le cas des empires des

puissances occidentales, des populations”.

La société privée gère le tout à

sa manière.

Dixit Catherine Coquery-Vidrovitch:

“Il s’agissait, en fait, d’une véritable

démission de l’État : renonçant

à faire lui-même les investissements

nécessaires, celui-ci espérait que l’initiative

privée, sous l’aiguillon des bénéfices

escomptés, mettrait d’elle-même le

pays en valeur”.

Comme cela a été fortement

dénoncé par André Gide dans un

échange de lettres avec des directeurs de

ces compagnies, ces sociétés privées ont

tout fait pour diminuer leur frais, surtout

au niveau des esclaves, pardon travailleurs,

africains, et augmenter leur bénéfice,

déjà considérable. Elles achetaient

le kilo de caoutchouc frais à 57 centimes

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en moyenne, et le kilo d’ivoire à 2 à 6

frs, et les revendaient en Europe à des

prix de dix à vingt fois supérieurs.

Les concessions s’accompagnaient

évidemment de clauses pour

“donner satisfaction à l’esprit de justice

de l’opinion publique et l’endormir. En

pratique elles ne furent jamais appliquées,

et les populations habitant les

immenses terrains concédés furent, en

fait, réduites à un état qui ne diffère

de l’esclavage, je voudrais que l’on me

dise en quoi?” écrit Gide dans l’article

“La Détresse de notre Afrique Equatoriale”

paru dans la Revue de Paris le 15

octobre 1927, à son retour d’Afrique.

Et il cible la Compagnie française du

Haut-Congo qui, “malgré ses bénéfices

considérables, n’a jamais rien fait pour

améliorer le sort des indigènes qu’elle

exploite: ni route, ni école, ni hôpital,

pas la moindre organisation sanitaire.

Elle laissera en s’en allant, si tant est

qu’elle s’en aille enfin, un pays saigné à

blanc et des indigènes plus misérables

qu’avant l’arrivée des blancs”. Tous éléments

qu’il a vus de ses propres yeux.

Ainsi, après avoir exploité ce

continent pendant au moins un siècle

(surtout à partir de 1870, mais les Portugais

avaient déjà saisi Ceuta en 1415)

– et alors que celle-ci a favorisé leur progression

– les Européens se demandent

maintenant pourquoi les Africains ont si

difficile à se développer.

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16 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


A Travers le monde

Israël intercepte la flottille Global Sumud

dans les eaux internationales et ouvre

une nouvelle crise de droit international

Pete Hegseth accusé de « crimes

de guerre » après des attaques

contre des bateaux iraniens

Par Claudia Aranda*

La mission civile qui faisait route

vers Gaza a été arraisonnée près de

la Crète, à des centaines de milles de

la bande de Gaza. Des organisations

de défense des droits humains et des

sources palestiniennes dénoncent une

arrestation illégale de civils, un blocage

des communications et une nouvelle

extension extraterritoriale de la

part d’Israël.

29 avril 2026. Mer Méditerranée.

Les forces israéliennes ont intercepté

des bateaux de la flottille Global Sumud

dans les eaux internationales, près de

l’île grecque de Crète et à des centaines

de milles de Gaza, selon les informations

fournies par la flottille elle-même,

Al Jazeera, Greenpeace et des médias

régionaux. L’opération a donné lieu

à des abordages, au blocage des communications,

à la présence de vedettes

militaires et de drones, et à la perte de

contact avec plusieurs navires. La flottille

dénonce le fait que des civils de

différentes nationalités ont été arrêtés

alors qu’ils participaient à une mission

humanitaire non violente visant à briser

le blocus de Gaza.

La version relayée par des sources

palestiniennes et par la flotte Global

Sumud elle-même qualifie cet incident

d’enlèvement de civils en haute mer. Le

Centre d’information palestinien a indiqué

qu’au moins 15 bateaux auraient

été interceptés et que les communications

d’urgence avaient été bloquées.

Quds News Network a également fait

état de cette interception dans les eaux

(Image Claudia Aranda / IA)

internationales.

D’un point de vue juridique, la

question centrale est grave : si l’opération

s’est déroulée en dehors des eaux

territoriales israéliennes et loin de Gaza,

Israël n’avait pas le droit de saisir ces

navires civils. Cette interception peut

constituer une violation de la liberté

de navigation, une détention arbitraire

de civils et un franchissement des limites

du blocus naval imposé à Gaza. La

qualification de « piraterie » a un impact

politique et médiatique, même si, techniquement,

le droit maritime réserve

généralement ce terme aux actes commis

par des acteurs privés ; lorsqu’une

force étatique intervient, les fondements

juridiques les plus solides sont la capture

illégale, l’usage extraterritorial de la

force et la violation potentielle du droit

international humanitaire et des droits

de humains.

Greenpeace International a indiqué

que son navire, l’Arctic Sunrise,

avait été témoin d’actes de harcèlement

et d’abordages contre la flottille dans

les eaux internationales, à environ 45

milles marins à l’ouest de Cythère et à

quelque 600 milles de Gaza. Amnesty

International avait averti avant le

départ que les États devaient garantir le

passage en toute sécurité de la flottille

et avait qualifié le blocus israélien sur

Gaza d’illégal.

Cette opération relance également

le débat sur la responsabilité des

États tiers. Si des navires transportant

des citoyens européens, latino-américains,

africains ou asiatiques ont été

arraisonnés en dehors de la juridiction

israélienne, leurs gouvernements ont

l’obligation d’exiger des informations

immédiates sur le sort de leurs ressortissants,

leurs conditions de détention,

l’accès consulaire et leur libération. Le

silence diplomatique, dans ce contexte,

n’est pas synonyme de neutralité : il

peut s’apparenter à une tolérance de fait

face à l’extension du contrôle israélien

sur la Méditerranée orientale.

Israël soutient que la flottille cherchait

à défier un blocus naval et que

l’aide devait être acheminée par des

voies « officielles ». Cependant, cette

défense se heurte au lieu où l’opération

aurait eu lieu : près de la Crète, à plus

de 1 000 kilomètres d’Israël et loin du

littoral de Gaza.

Cet événement s’inscrit dans un

contexte de siège prolongé de Gaza, de

famine, de destructions massives d’infrastructures

civiles et de dénonciations

répétées de crimes internationaux. C’est

pourquoi cette interception ne peut être

considérée comme un incident maritime

isolé, mais comme une extension

du blocus aux eaux internationales et

comme un avertissement direct aux

missions civiles qui tentent de briser le

siège humanitaire.

Au moment de la rédaction de

cet article, les informations disponibles

confirment l’interception d’une partie

de la flottille, la perte de contact avec

plusieurs navires et des allégations

d’arrestation de civils. Trois éléments

essentiels restent à éclaircir : le nombre

exact de navires arraisonnés, l’identité

des personnes arrêtées et le lieu exact

où elles ont été emmenées.

La conclusion juridique préliminaire

est claire : s’il s’avère qu’Israël a

arraisonné des navires civils dans les

eaux internationales, sans fondement

juridique suffisant et en bloquant les

communications d’urgence, cette affaire

doit être considérée comme une violation

grave du droit international, pouvant

entraîner des responsabilités pour

détention arbitraire, ingérence illicite

dans la navigation civile et recours à la

force en dehors de son territoire contre

une mission humanitaire.

*Claudia Aranda Journaliste

chilienne, spécialisée en Sémiologie et

Analyse Politique. Analyste internationale

consacrée à l’analyse prospective

des processus sociaux. Résidente à Montréal,

Québec, elle couvre pour Pressenza

les fronts d’actualité de l’agence et les

sujets de débat philosophique contemporain

dans le cadre de l’analyse de divers

faits conjoncturels, avec un accent

sur les droits humains, la géopolitique,

les conflits armés, l’environnement et le

développement technologique. Humaniste

et activiste pour des causes justes.

Pressenza 30 Avril 2026

Mohamad Safa, ancien

représentant de l’ONU

Mohamad Safa, ancien représentant

de l’ONU, a accusé le secrétaire

américain à la Guerre, Pete Hegseth,

soit d’être un « criminel de guerre », soit

un « meurtrier », à la suite d’une opération

menée contre des bateaux iraniens.

Safa rappelle par ailleurs des obligations

prévues par les Conventions de Genève

en cas de naufrage.

Dans une publication diffusée

lundi sur les réseaux sociaux, Safa

a posé une alternative radicale : si les

États-Unis étaient en guerre, alors Pete

Hegseth serait un « criminel de guerre

» ; si tel n’était pas le cas, il serait un «

meurtrier ». Il affirme que l’armée américaine

a délibérément pris pour cible

deux bateaux civils en route d’Oman

vers l’Iran, provoquant la mort de cinq

civils non armés. « Les ordres donnés

par Pete Hegseth à l’armée constituent

une violation du droit international.

Les bateaux civils se rendaient d’Oman

vers l’Iran. L’armée américaine a

délibérément ciblé deux embarcations

soit remplacée par un dirigeant capable

de promouvoir une véritable démocratie

et que le Japon maintienne des relations

amicales avec la Chine et le reste du

monde.

La Constitution japonaise, entrée

en vigueur en 1947, est souvent qualifiée

de pacifiste car son article 9 renonce

à la guerre comme droit souverain et interdit

au pays de posséder une « puissance

de guerre », telle que des forces

militaires.

Cependant, Takaichi et les forces

de droite japonaises cherchent depuis

longtemps à modifier cet article 9. Le

Le secrétaire américain à la

Guerre, Pete Hegseth

et causé la mort de cinq civils », a-t-il

ajouté.

Le Commandement central des

États-Unis (CENTCOM) a déclaré que

des hélicoptères Apache de l’armée de

terre ainsi que des MH‐60 Seahawk

de la marine avaient frappé six petites

embarcations iraniennes, identifiées

comme représentant une menace pour

la navigation commerciale.

Représentant de l’ONG Patriotic

Vision Association (PVA) auprès de

l’ONU, Safa a également rappelé les obligations

imposées par les Conventions de

Genève à toute force militaire ayant coulé

un navire.

« En vertu des Conventions de

Genève, il existe une obligation claire de

porter secours à l’équipage d’un navire

coulé. Abandonner les survivants et les

laisser se noyer est illégal et constitue un

crime de guerre », a-t-il déclaré. « Le

procès de Pete Hegseth pour crimes de

guerre sera historique », a-t-il ponctué.

PressTV 05 Mai 2026

12 avril, lors d’un congrès de son parti,

Takaichi a déclaré que « le moment

est venu » de réformer la Constitution.

« Nous souhaitons tenir le congrès de

l’année prochaine avec une proposition

d’amendement constitutionnel en main

», a-t-elle affirmé, témoignant d’une

détermination renouvelée. Ces déclarations

ont suscité une vive inquiétude et

de nombreuses critiques au sein de la

société japonaise.

Pressenza 24 avril 2026

Xinhua: Agence de presse officielle

de la République populaire de

Chine

Tokyo : 36 000 personnes manifestent

contre la volonté de la Première ministre

japonaise de modifier la Constitution

Des dizaines de milliers de personnes

au Japon se sont rassemblés dimanche

19 avril aux abords du Parlement

pour protester contre les tentatives du

gouvernement de la Première ministre

Sanae Takaichi de modifier la Constitution

pacifiste et exiger la protection de

l’article 9.

Selon les organisateurs, environ

36 000 personnes ont participé à ce

rassemblement, le deuxième rassemblement

organisé depuis le 8 avril, date

à laquelle plus de 30 000 personnes

s’étaient déjà rassemblées près du parlement

japonais pour protester contre la

réforme constitutionnelle.

« Le fait que tant de personnes

se soient rassemblées ici pour protester

contre la tentative du gouvernement

Takaichi de modifier la Constitution

montre que le peuple japonais ne veut

pas la guerre », a déclaré à l’agence

Xinhua une participante, identifié sous

le nom de Hara, qui a participé à quatre

reprises à ce type de rassemblement.

Une personne participante a accusé

Takaichi, soutenue par la large majorité

dont dispose son Parti libéral-démocrate

(PLD) à la Chambre basse, de

persister dans son projet de réforme

constitutionnelle malgré l’opposition

populaire et de tenter de faire du Japon

un pays « capable de faire la guerre »,

ce à quoi elle dit s’opposer fermement.

Une autre personne participante,

se présentant comme Takahashi, a fait

valoir que le Japon avait infligé d’immenses

souffrances à travers l’Asie

pendant la guerre et que sa Constitution

pacifiste avait été rédigée en tenant

compte de ce passé. C’est pourquoi elle

s’oppose à toute modification de celleci.

Une autre manifestante a exprimé

l’espoir que Takaichi démissionne et

Les manifestant·e·s brandissaient des banderoles sur lesquelles on

pouvait lire : « Non à la guerre », « Ne touchez pas à l’article 9 » et «

Takaichi, démission ! » Photos de Xinhua/Jia Haocheng

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026

Haiti Liberté

17


Un 1er

mai pour

la paix !

La journée du 1er mai est traditionnellement

une journée de

défense des droits des travailleuses

et travailleurs, du dialogue social

et de la démocratie, elle défend

aussi une justice sociale et fiscale

plus juste, revendique des salaires

dignes, de bonnes conditions de

travail ainsi que le renforcement de

protection sociale. Mais cette année

au regard du contexte mondial, la

mobilisation est particulièrement

tournée vers la paix et la solidarité

internationale.

Pressenza 1er mai 2026

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18 Haiti Liberté

Vol 19 #45 • Du 6 au 12 Mai 2026


ExxonMobil et Chevron

défient la pression de

Trump pour augmenter la

production pétrolière

ExxonMobil et Chevron ont clairement

défié les appels constants

de la Maison-Blanche d’augmenter la

production. Après la flambée des prix

du pétrole et la crise énergétique mondiale

déclenchée à la suite de la guerre

non provoquée contre l’Iran, le président

américain s’est vu dans la contrainte

d’implorer les géants pétroliers

de le sortir de la crise qu’il a lui-même

créée.

Les groupes pétroliers américains

ExxonMobil et Chevron ont annoncé

des bénéfices nets en reculs au premier

trimestre. Les PDG des deux compagnies

restent attachés à leurs stratégies

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actuelles, alors même que les États-

Unis sont confrontés à une hausse des

coûts du carburant liée à la guerre contre

l’Iran, rapporte The Financial Times.

Neil Hansen, directeur financier

d’Exxon, a déclaré qu’il n’y avait aucun

changement dans les opérations

du Bassin Permien (qui s’étend sur

l’ouest du Texas et le sud-est du Nouveau-Mexique),

rappelant que l’entreprise

fonctionne déjà à pleine capacité.

« Il n›est absolument pas nécessaire

d›accélérer le rythme, car nous tournons

déjà à plein régime », a-t-il affirmé,

insistant ainsi sur l›engagement

indéfectible de sa compagnie envers ses

pratiques établies.

De même, Eimear Bonner, directrice

financière de Chevron, a noté

que la crise actuelle, provoquée par

l’instabilité géopolitique, ne justifie

pas de changement significatif : « La

crise n’a entraîné aucune modification

de nos plans », a-t-elle affirmé, clarifient

que l’entreprise privilégie toujours

l’amélioration de son flux de trésorerie

disponible plutôt que la simple augmentation

de sa production « Vous

ne vous attendez pas à ce que nous

modifiions sensiblement nos plans

après huit semaines de perturbations

», a-t-elle poursuivi, faisant référence

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Les géants pétroliers résistent aux pressions américaines visant à augmenter leur production pour atténuer la

crise des carburants.

aux troubles persistants qui affectent

l›approvisionnement mondial en

pétrole.

Quelques jours après le début de

la guerre non provoquée, la République

islamique d’Iran a pris la décision de

fermer le détroit d’Ormuz à la navigation

associée aux États-Unis, à Israël et

à leurs alliés ; une mesure stratégique

qui a entraîné une flambée des prix

de l’énergie à l’échelle mondiale. Les

États-Unis ont ensuite accentué ces

perturbations sur les marchés internationaux

en imposant un blocus illégal

aux ports iraniens.

C’est ainsi que le prix du brut a

grimpé jusqu’à environ 126 dollars le

baril, tandis que le prix de l’essence

aux États-Unis a dépassé les 4 dollars

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le gallon.

Au premier trimestre de 2026,

Exxon a enregistré un bénéfice net de

4,2 milliards de dollars, soit une baisse

de 46 % par rapport à l’année précédente.

Ce recul est principalement dû à

une perte de 3,9 milliards de dollars liée

à des couvertures de cargaisons non

livrées. L’entreprise a également reconnu

que la guerre contre l’Iran a réduit

sa production mondiale d’environ 6 %.

De son côté, Chevron a annoncé

un bénéfice net de 2,2 milliards de

dollars, en baisse de 37 %, malgré une

augmentation de sa production globale

grâce à des acquisitions et à une hausse

de la production dans certaines régions.

Face à la pression croissante de

l’administration Trump, de hauts responsables

ont dialogué directement

avec les dirigeants du secteur pétrolier

et gazier afin de plaider en faveur d’une

augmentation des forages.

Cette échappatoire américaine

s’inscrit dans la poursuite de la politique

énergétique, inventée par Donald

Trump il y a longtemps, caractérisée par

le slogan de ce dernier « Drill Baby, Drill

! ».

Ainsi, à mesure que l’inflation

persistante et la hausse du prix de

l’essence menacent d’avoir des répercussions

politiques, les États-Unis font

face à un besoin urgent de la production

nationale afin d’alléger en partie

le fardeau des consommateurs américains.

PressTv 02 Mai 2026

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